Descriptions des arts et métiers
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- SEPTIEME SECTION.
- III". DIVISION DE LA I“. PARTIE.
- Co ntenant la maniéré de fabriquer les Satins unis dans tous leurs genres & à deux faces, &c ; la maniéré de leur donner Tapprêt, ainfi qu’à tous les genres d’Etoffes de Soie qui en font fufceptibles ; la maniéré de fabriquer les Etoffes ' façonnées par la Marche, telles que les Taffetas brillantes, les Cannelés, les Cirfakas dans tous leurs genres ; les Taffetas, Gros-de-Tours & Satins , aufli façonnés par la Marche; les Droguets ordinaires & à la Reine ; les Prufliennes , les Egyptiennes * les Amboifiennes & les Mufulmanes.
- Par M. P a v l et , DeJJinateur ÔC Fabriquant en Étoffes êe Soie
- de la Ville de Nîmes.
- M. D C C. LXXVIII.
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- Septième Section. I. Part. De là fabrication des Satins unis*
- CHAPITRE TROISIEME,
- De la fabrication des Satins unis*
- Les Satins unis que j’entreprends de décrire n’ont pas autant d’étendîuè que les Serges, leur fabrication n’eft pas même auffi compliquée ; c’eft pourquoi je me lèrvirai dune partie des figures qui ont feryi pour les Serges fatinées auxquelles elles ont même quelques rappprts , afin de ne point trop multiplier les deflins.
- On fabrique des Satins depuis cinq jufqu’ à dix lifles, ainfi il y en a de fix tiflùs differents, qui néanmoins fuivent entr’eux à-peu-près le même ordre ; toute la différence eft qu’on y emploie cinq , fix, fept, huit, neuf & dix Iiffes ; les armures convenables aux Satins , font, làns contre dit , les plus faciles à exécuter ; rarement on y employé le double carrette 5 la fufpenfîon des lifles eft ordinairement faite au carrette fimple contre-poids aux
- lifterons * ou avec des liflèrons plombé* oU en^n avecTdes platines.
- ILc wteutagv Jv n.a uiïtérents Satins eft le même que celui des Taffetas 8c des Serges ordinaires 3 ainfi je n’aurai rien à en dire fi ce n’eft relativement à deux genres de Satins qu’on fait par extraordinaire 9 & qu’on verra à la fin de ce Chapitre.
- Le Satin eft un genre d’Etoffe connu depuis long-temps : il paroît que fon invention n’eft pas due aux Européens ; il eft même à préfumer 9 au contraire , que la connoiflànce de cette Etoffe nous a été tranfmifè en même temps que celle des foies, ou que du moins en voulant fabriquer des Etoffes aufîi-tôc que nous avons eu de la foie, & prenant connoiflànce des Taffetas & des Etoffes façonnées , nous avons pris celle de la fabrication des Satins*
- J’ai fait toutes les recherches imaginables pour déoguvrir les premiers Inventeurs de cette fuperbe Etoffe : ce qui me fait croire que la connoiflànce nous en eft parvenue avec celle des foies & de quelques autres Etoffes, c’eft que les Satins des Indes ont été jufqu’à préfent regardés avec raifon comme fu-périeurs aux nôtres ; on ne fauroit douter que cette Nation n’ait des principes auffi anciens qu’invariables fur la fabrication ; car il eft certain qu’ils ne cherchent pas à nous copier , & nous ne voyons d’eux que les mêmes productions. Oi% n’ignore pas en Europe que lorfque les Chinois & les Indiens font arrivés à un certain point de perfection fur les ouvrages qui les occupent, ils ne paffent jamais au-delà, ils ne le cherchent pas même.
- J’ai vu des Damas des Indes des plus anciens que nous ayons eus en France ; fi on Us compare aux plus nouveaux, on n’y trouvera aucune différence , au Étoffe ^ soie. FIL Part. Ÿ 6
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- H6 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE%
- lieu que j’en ai trouvé beaucoup dans les Damas qui fe fabriquent en France f
- & dans les autres parties de l’Europe.
- Quant au fyftême du Satin , je ne fàurois décider fi on le doit aux Etoffes unies ou aux Etoffes façonnées; car les mêmes Damas des Indes, ainfi que les nôtres , ne font autre chofe qu’un Satin , qui fe fait des deux côtés par l’effet de larmure, &c. Le Lampaffe efl encore une Etoffe façonnée dont la connoiflànce nous vient des Indes, Sc dont le corps n’efl autre chofe qu’un Satin couvert en partie par des fleurs , &c.
- Je viens de dire que l’on avoit raifon de préférer les Satins des Indes à ceux de nos Manufactures ; ce n’efl: pas que nous ne puiflîons les fabriquer auffi parfaits que les Indiens & les Chinois, mais ils nous reviendraient plus cher que ceux qui nous viennent de ces contrées j en cela les Fabriquants n’o-fent pas hafarder de les imiter, attendu qu’ils y perdroient à la vente ; mais qu’on fupprime toutes les d’Etoffes qui nous viennent de l’Etranger, on verra bien-tôt que nos Tabriquants pourronst le faire à aufli bon compte que ceux des Indes , par une raifon bien fimple ; c’eft que fi nous ne confommions pas les Etoffes f^brîQuent dans cette partie de l’Afie, les Afiatiques ne fàu-
- roient a quoi employer leur *js feroient forcés de nous la vendre &
- de nous la ceder a vil prix , au lieu que ieui ^ ^nirfonimation des
- fruits de leur induftrie, non-feulement nous favorisons leur commerce au préjudice du nôtre , mais nous nous mettons dans le cas de payer cher* leur foie , dont nous avons un indifpenfàble befoin pour une grande partie de nos Manufactures; fans compter que nous nous bornons à ce qui peut nous procurer quelque bénéfice , plutôt que de monter des Etoffes fupérieures f' que nous ne {aurions exécuter {ans courir le rifque de faire des pertes confî-dérables.
- Quelle que foit l’origine des Satins, on ne fauroit dilconvenir que ce ne foit une des plus belles Etoffes pour fatisfaire le luxe de nos jours.
- Cette Etoffe, fufceptible d’un envers, efl extrêmement foyeufe à Ton endroit , qui fe fait toujours par-deflbus en travaillant. Cet endroit efl plus ou moins riche en raifon du nombre de fils dont on compofe la chaîne , & fur-tout en raifon du nombre de liffes qu’on y emploie.
- Le Satin efl une Etoffe fulceptible d’un apprêt , fur-tout ceux qu’on employé pour les robes dè femmes. L’apprêt dont j’entends parler efl une forte de collage, qui donne à cette Etoffe un maniement carteux, coinme fi l’on touchoit du papier , & qui fe donne aux Satins après qu’ils font fabriques. La maniéré de donner cet apprêt tant aux Satins qu’aux autres Etoffes légères , fera le lujet du Chapitre fuivant , comme une fuite néceflaire à la fabrication de notre Etoffe ; car les Satins depuis once l’aune jufqu’à trois onces , & même jufqu’à trois onces & demie une largeur deji d’aune, ce qui efl environ 20 pouces, ne fautoient etre
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- Septième Section. L Part. De la fabrication, dés Satins unis. y 47
- employés fins être apprêtés , & même les Fabricants ne les mettroient pas wm****^*^ en vente fins leur avoir fait donner l'apprêt. Planché
- Je n entre pas ici dans un plus grand détail à cet égard ; il foffira de voit . ^
- la maniéré de les fabriquer, pour juger du befoin indifpenfable que les Sa-* dns ont d'être apprêtés, pour pouvoir être expofés en vente*
- §. I. De la maniéré de monter & de fabriquer les Satins a dix liffes*
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- Le Satin à dix lifîes doit avoir auffi dix marches , dont chacune fait mou-voir une des liffes : la figure r , PL $8 , fait voir le tiffu de ce Satin ; on y voit feulement deux cours de chaîne & deux de trame. Le tiflu repréfente le côté de l'endroit du Satin : j'ai cru inutile de préfenter l'envers, attendu qu'en tranfpofint les duites de la trame qui font fous les eflances des fils, on les trouvera deffus : on voit auffi que chaque eflance pafîè fur neuf duites de trame , & que la dixième duite lie le fil* Ce font ici les mêmes effets , des Serges fitinées , mais les lifîes font mues différemment, ceft-à-dire , dans un autre ordre, qui tient à des combinaifons invariables „ que nous le verrons par les plans d'armures convenable* - l’execution de nos Satins.
- Je préviens ici que^iou^1^ ^*cins exigent des plans d'armures différents les uns des autres , parce que le nombre des liffes qu'on y emploie changeant fans ceffe, demandent chacun des combinaifons qui puifîènt s'accorder dans leur révolutions : d'autant que l'ordre dans lequel on fait monter les lifîes d’un Satin à dix liffes n'eft pas le même que pour un Satin à huit liffes, & ainfi des autres.
- Chaque Satin doit avoir dans le cours des duites autant de combinaifons qu'on y emploie de marches ; ces combinaifons ne font pas bien compliquées, elles ne confiftent que dans le mouvement d'une feule liflè qui dépend d'une feule des marches, de maniéré que chacune des marches correfpond à une liffe directement, & n'a rien de commun avec les autres que pour l'en-femble du tiflu.
- La figure r, rend fenfibles par les effets’ du tiffu qui ia compofe, ceux de chaque marche qui font indiqués par chaque fil : on peut- remarquer que les fils a, a, font liés par les duites /, /, que ceux b , b , font liés par celles m, m> & ainfi des autres en fuivant les fils de la chaîne par l'ordre des lettres qui les défignent, & les duites de la trame de même ; on verra que chaque duite dans un cours, lie un des fils d'un cours de la chaîne*
- Il fembleroit par l’ordre que l'on voit tenir aux lettres qui défignent les duites , qu'elles font paffées fins ordre ; c'eff à-dire, qu'après avoir paffé les daites /, /, on a laifîe un intervalle de deux duites pour venir à celles m, m: il ne înxxt pas s’y tromper, les duites de tous les tifîus en général font pafîees fucceffiVfcï^tu y de forte que la première duite s, fuit néceffiirement celle Ij
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- «àataBuimaa
- Planche 5 8»
- 548 L’ART DES ETOFFES DE SOIE. *
- 5que cellep fuit de même celle j, & de fuite de Tune à l'autre, tant quil en faut pour former le tiflu d une chaîne entière.
- J’ai fait tenir un ordre tel que celui qu on voit aux lettres qui indiquent nos duites, pour prouver la longueur des eftances de chacun des fils, & pour faire connoître dans quel ordre ils font mus. On voit que les fils a y a font-liés par les duites /, /, qui font cenfées être les premières du cours ; en renverfànt le tififu fens-deflus-defîbus, on appercevra facilement que ces fils font les derniers des deux cours, ce qui fuppofe quils appartiennent à la première lifle; ils font levés par l’impulfion de la première marche : les duites s, s, lient les fils h, h9 parce que la fécondé marche fait monter la huitième Life ; c’eft la cinquième liile qui fait monter la troifieme marche, ainfi qu’on peut le voir par les fils e} ef & qui font liés par les duites p ,p. La deuxieme lifle eft mife en mouvement par la quatrième marche ; ce qu’il efl aifé de connoître en failànt attention que les duites m , m lient les fils b, b : les fils i, i font liés par les duites t91 \ ce qui fait voir que la cinquième marche fait monter la troifieme lifle , puifque les duites n, n lient les fils c, c : les duites v ,v lient les fils k , k , cc qui nous fait voir que la marche fait monter la derniere lifle: les fils g9 g
- appartiennent a la feptieme line, mouvement par la neuvième
- marche ; ces fils font lies par les duites r, ri enfin la dixième marche fait monter la quatrième lifle, de qui dépendent les fils i> d> qui font liés par les duites 0 y 0.
- Il eft certain quen fuivant l’explication des mouvements que je viens de décrire, on pourroit trouver le moyen d’armer un Satin, mais on y rencontrèrent trop de difficultés ; il convient donc de repréfènter les dix lifles fufpendues , & de voir l’ordre qu’on fait tenir entre les carquerons & les marches, d’autant mieux que c’eft par ces deux fortes de leviers que fe fait le principal arrangement des armures de Satins. • (
- La figure 2 repréfente cet arrangement. Il eft inutile de faire voir le haut du métier , c eft-à-dire , le carrette. Il fuffira de voir les dix carquerons qui doivent y répondre, & les dix marches qui correlpondent aux carque-rons, &c.
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- Si l’on veut foivre la correfpondance que les marches Ay B9 C9 D y &c. ont avec les lifles Ly My N, O, Sec. on reconnoîtra que les eftrivieres ayb9Cyd, &c. font attachées chacune à un des carquerons 1,2, 3,4, y, &c. dont les cordes l y myn y & c. tiennent à un des bouts des aîlerons du carrette que nous ne voyons pas, mais de la même maniéré que nous avons déjà vu au carrette fimple ; de forte que les deux parties d’arcades x9 x , tiennent à l’autre bout des mêmes aîlerons.
- En fuivant l’ordre des eftrivieres une à une, & celui des lettres qui les indiquent, on verra que celle a tient au carquerou 1 , que celle b tient à celui 2 y 8c ainfi des autres ; on apperçoit que les chiffres qui indiquent les
- carquerons ,
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- Septième Section. I. Part. Monter & fabriquer les Satins a dix liffes. ^49 Carquerons, ne les prennent pas de fuite ; qu’au contraire, du chiffre r à celui 2, il y a fix carquerons d'intervalle ; que de celui 2 à celui 5 , en comptant Planche les deux derniers carquerons, & reprenant enfiiite par le premier jufqu’à ce * dernier chiffre > on trouvera encore fix carquerons de féparation ; fi l’on veut fuivre tous les chiffres de l’un à l’autre, on verra toujours fix carquerons entre eux, en allant toujours dans le fens que je viens d’indiquer , c’eft-à-dire , en comptant les carquerons du premier au dernier, & revenant prendre fur le premier lorfque le chiffre qu on cherche ne fe trouve que par une reprife. Si au contraire on veut compter du dernier carqueron en venant au premier, tous les chiffres, au lieu d’être féparés par fix carquerons, ne le feront que par deux ; dans le premier fèns, cela s’appelle armer un Satin par un pris & fix laijfies , 8c dans le fécond , c’eft par un pris 8c deux laijfes.
- Il y a des Fabriquans 8c des Ouvriers qui penfent que ce font deux differentes maniérés d’armer les Satins; ils ne prennent pas garde que les armure» font faites comme fur un cercle diyifé en autant de points qu’il y a de lifles à faire mouvoir, & que fi on laiffe un nombre égal de liffes entre celles qu’on prend en allant de droite à gauche, on y trouvera imJî/penfiblement un nombre égal en venant de gauche à droite. Les deux plans d armures ci-apres vont faire comprendre ce que je veux dire, 8c que tout bon Ouvrier & Fabriquant doivent connoître. ‘
- Le premier plan fera l’inverfe du fécond, & conforme à l’armure que nous venons de voir.
- Les zéros de ces deux plans repréfentent les liffes, ou les carquerons fi Ton veut, pourvu qu’on ne fafîe point croifer les cordes l9m9 n , &c. c’eft-à-dire que ces cordes répondent directement aux ailerons du carrette, fuivant l’ordre accoutumé ; car il y a pluiïeurs méthodes pour exécuter les armures qui font adoptées parmi les Ouvriers, & quelquefois elles deviennent nécelfaires, fuivant le cas, ainfi que la fuite nous le fera voir. Je reviens à nos plans, & je dis que fi l’on veut comparer le premier aux carquerons de la figure 2 , on verra qu’ici les zéros tiennent le même ordre que les carqueronsi
- Lorfqu’on dit armer un métier par un pris 8c deux laifles, ou par un pris 8c fix laifles, 8cc. on n’entend parler que des lifles, d’autant que ce font elles qui conf-tituent le tiffii, 8c que d’ailleurs, il eft facile de faire defcbndre les carquerons de fuite, quoique les lifles elles-mêmes foient menées conformément à 1 arnu*^ qU’on aura déterminée. C’eft ce que je ferai voir après l’explication de l’armure qui nou& occupa
- Étoffes de Soie. FII. Part» ' Z 6
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- Planche
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- 550 L'A R T DES ÉTOFFES DE SOIE.
- - Le fécond plan que nous venons de voir eft précifément l’armure connue par beaucoup de Fabriquants & d’Ouvriers, fous le titre d’un pris & deux laiffés, ,
- Si au premier plan d armure on veut compter les lilfes en allant dq A en B 9 on la trouvera de un pris & fix laifles , & fi Ton veut venir de B en A, elle fera d’un pris & deux laifles. Si fur le fécond plan on veut aller de C en D, on verra que c’eft l’armure d’un pris & de deux laifles,, & en venant de D en C, ce fera celle d’un pris & fix laifles. Ainfi, de quelque maniéré qu’on exécute cette armure fur ces deux plans, on aura le même tiflu, excepté que les fils ne feront pas mus par la même marche, ce qui ne change rien dans l’effet du Satin ; car que les fils foient liés par la première ou par la derniere duite du cours, cela importe fort peu, pourvu toutefois que l’ordre foit obfervé par une armure régulière.
- J’ai dit plus haut, qu’en général les armures fe combinoient en regardant les lifîes comme les points d’un cercle divifé en un nombre de parties .égal a celui des lifles, & qu’en prenant ce cercle en deux fens, on trouvoit 1 effet des deux combinaisons en deux façons. La figure qui fuit va le faire fentir*
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- Il faut luppofer que cette figure efl: un plan d’armure, dont les zéros qui Indiquent les lifles font mis en cercle. En partant de 1 pour venir vers 2 dans l’ordre d q F >G y H ,E 9 on trouvera que ceft le plan d’un pris & deux laifles ; & en allant de E en H, Gy vers F, le plan fera d’un pris & fix laifles. Cette figure donne la preuve que le mouvement des lifles n’eft que l’effet d’un cercle, fur la circonférence duquel on tourne , en choififlant les points qui les divifent, puifque lorfqu’on s’eft arrêté fur tous , l’on recommence. C’eft précifément l’effet de la révolution des marches qui compofent le cours.
- Par-tout les armures doivent donc être regardées comme roulant autour d’un cercle ; mais le point de rétrogradation n’eft pas toujours régulier, c’eft-à-dire, qu on ne peut pas toujours déterminer les armures avec cette régularité, qui efl donnée par 1 égalité des nombres en féparation j il faut entendre par là qu’on ne peut pas dans toutes les armures avoir un nombre égal de lifles laiflees entre celles qu on vient de faire mouvoir & celles qu’on met en mouvement. J’en donnerai Un exemple tout-a-l heure j mais je dois prévenir que cela n^efl pas adopté
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- Septième Section. I. Part. Monter & fabriquer les Satins a dix lijfes, J5T généralement, & qu’il y a des Fabriquants qui prétendent que ces armures, quon appelle irrégulièresne peuvent pas produire un beau Satin. Cette erreur vient de ce qu’on na pas fu combiner avantageufement cette forte d’irrégularité.
- Le Satin à dix lifles efl: fufceptible de deux combînaifons, qui tombent dans l’irrégularité dont je viens de parler ; ceux qui ont voulu les Faire & qui nont pas lu les finir, ont sûrement mal exécuté leur tiffu ; auffi demandez à des Ouvriers même intelligents dans la fabrication & dans l’ordre des armures ,• fi l’on connoît plufieurs maniérés d’armer ce genre de Satin, ils répondront fins héfiter qu’ils n’en connoiflènt qu’une.
- L’expérience m’a appris que le Satin, dont nous nous occupons, devenoit plus beau fous les deux armures irrégulières, que fous celle que nous venons de voir. Je ne fournis en donner précifoment la caufe, maïs je l’attribue aux rapprochements des liages des fils de la chaîne ; c’eft-à-dire , que dans l’armure que je viens de décrire , on voit d’un côté que le fil qui fe lie dans chaque cours, n’eft éloigné que de deux, tandis que de l’autre côté il efl éloigné de fix. Cet effet approche un peu de la Serge fotiné*?, au lieu que par les deux armures que je vais faire voir par «Je* pians feulement, fuivant ma méthode, on verra que ces cffàcs font plus varies.
- Premier Plan d'armure irrégulière;
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- 19472, 10 *836 • #
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- Il faut fe fou venir que dans les plans, fuivant ma méthode i les chiffres rqui font pofés fur les zéros défîgnent la montée des lifles, & que dans tous les genres d’étoffes où une marche ne fait lever qu’une foule lifle, le chiffre défigne la marche qui fait mouvoir la lifle. On voit donc ici que la premier© marche fait monter la première lifle, que la fécondé fait monter la cinquième, ainfi des autres.
- En fuivant cet arrangement, on verra que de 1 à 2 , il y a trois lifles d'intervalle ; que de 2 à 3 il y en a autant, de même que de 3 à 4 & de 4 à j*. De ce dernier chiffre à celui 6, il n’y en a que deux ; on en trouve encore trois de 6 à 7, de même que de 7 à 8 , de 8 à 9 , Sc de 9 à 10; en rétrogradant, fuivant l’idée du cercle , il eft certain que les féparations de 3 feront de y, Sc celles de a feront de 6 ; il s’enfuit que non-feulement les efpaces font variés, mais que l’irrégularité de l’efpace de % à 6 rompt totalement lés effets dé la Serge. Voyons la fécondé armure.
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- n2
- Planche
- J8.
- L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE
- Second Plan d’armure irrégulière.
- 16 4 92-7 *io 38
- IOOOOOOOOOOK
- On voie encore que ce fécond plan, tout irrégulier quil eft, a plus de variété que le premier, en ce que la difpofition de la montée des liftes fe divifo mieux, foit qu’on le prenne de 1 en K ou de K en /.
- Je fuis certain de l’effet que rendent ces Satins par les combinaifons que je
- ♦
- viens d’en donner. Ces combinaifons font dues à la néceffité , parce que dans les Satins brochés où il falloir emprunter un liage fur les fils de la chaîne ; j’ai été forcé de fortir du fyftême général pour accorder cinq HJJcs de liage avec dix liftes de Satin. Il eft vrai que je me fuis affuré de la beauté du Satin, avant que de hazarder le liage pris fur la chaîne, bien réfolu que fi le Satin n’eût pas rendu ce que j’avois lieu d’en attendre par mon calcul, je me ferois déterminé à mettre un poil pour lier. Je ne dis rien de ce liage, parce qu’il appartient aux étoffés façonnées ; }<* <ürai feulement qu’en tâtonnant, j’ai trouvé plufieurs combinaifons convenables au Satin don* U eft ici quefiion , mais elles ne fauroient cadrer avec mes liffes de liage ; cependant je crois devoir mettre une de ces combinaifons en évidence , quoique je n’en aye connu l’effet que par théorie ; & j’ofe avancer que, pour le fond fatin, il prévaudra fur tout ce que nous avons vu.
- Troijieme Plan d'armure irrégulière.
- 1 6 5 8 S 10 z 7 4 9
- G O O O O O O O O O
- Ce plan-ci a encore plus de variété que le dernier dans le nombre des fils qui féparent ceux qui lient, d’avec ceux qui viennent de lier.
- Pour connoître fi une combinaifon peut réuffir dans les révolutions des liffes, il faut prendre garde que jamais deux lilîes ne lèvent de fuite ; il faut même faire en forte d’en mettre le nombre le plus rapproché, autant qu’il eft poffible, entre celle qui va lever & celle qui vient d’être levée. Dans le Satin à dix liffes, il faut qu’entre les fils levés & ceux à lever, il refte au moins deux fils de féparation , fans quoi le Satin feroit moins beau.
- Cette manierb de combiner eft applicable à tous les Satins, excepté à ceux à cinq & à ceux à fix liftes, où l’on ne fauroit mettre plus d’une lifte d’intervalle entre celle qui a monté & celle qui va monter. C’eft ce que nous verrons par les tiftus & par les plans d’armures qui leur font analogues.
- J’ai dit plus haut que l’on ajoutoit aux liftes , pour la fabrication des Satins , des contre-poids , des platines, ou des lifterons plombés, afin de ramener les liffes à leur repos. J’ai déjà démontré dans plufieurs occafions l’effet des contrepoids & leur arrangement ; quant à celui des platines, par la fîg. 3 de notre
- Planche,
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- Septième Section. I. Part. Monter & fabriquer les Satins a dix liffès. planche , ou Ion voit une liffe A, au bas de laquelle eft attachée une platine s JS, qui tient par fes deux bouts au lilferon G, au moyen de deux petites ficelles aa9 qui la fufpendent à ce lifTeron. Quelquefois en place des ficelles on fe fert de deux petits pitons en vis bb9fig. 4, qui font plantés au-deflbus du lifTeron D, Sc de deux autres pitons cc, qu’on place au-deffus de la platine E ; alors avec deux petites elles d > Sc faites en fil de fer, on fufpend la platine au lifTeron , comme on l’apperçoit fur la platine.
- Quelle que foit la maniéré dont on fufpend les platines aux lifTerons inférieurs ’des liffes, on les met à une diftance convenable, afin quen montant avec les lifles, elles ne viennent pas frotter contre les fils ou la foie du remifle , de crainte que les frottements ne les rongent. Il faut aufîi éviter que les platines ne pofent fur les carquerons ; on doit au moins mettre un pouce de diftance entre le bas de ces platines Sc le deflus des carquerons.
- Cette méthode eft préférable à celle des contre-poids , tels que ceux qu’on voit fur la figure 2, parce que non-feulement on n’eft pas obligé d’en faire pafler les cordes entre les carquerons, mais on avance Sc l’on recule les liffes fans être gêné ; ce qu’on ne peut pas faire avec la fufpenflon des contrepoids, attendu que les cordes qui font placées entre les carquerons, de la maniéré qu’on le volt par celles 1 \, fig* 2, empêchent de faire agir librement les liffes ; fi l’on veut les tenir un peu éloignées ou un peu avancées, les contrepoids les ramènent tout de fuite.
- Quand on fe fert de contre-poids, on eft fujet à changer fouvent leurs cordes de fufpenfion, à caufe des frottements qui les rongent Sc les ufent très-vite. Si l’on eft indifpenfablement forcé de s’en fervir, il faut, au lieu de cordes, mettre des fils de fer, & fufpendre les contre-poids au bout, ou bien les mettre au bout d’un e/ lamette E, fig. y , où l’on voit un contre-poids G attaché avec une petite ficelle e -, l’on attache alors la lamette, ou plutôt on la fufpend au lifleron inférieur d’une lifîe par la ficelle f\ comme fi le contre^ poids G tenoit à une corde , Sc de maniéré qu’il y en ait deux à chaque lifTeron ; dans cet état on fait paffer les lamettes entre les carquerons, Sc l’on eft afïùré de ne point changer de cordes.
- On obfervera, autant qu’il eft pofîible, de fe fervir des contre-poids plats avec les lamettes, parce qu’ils fervent à les contenir dans le fens où on les place > au lieu que les contre-poids ronds faits en aiguilles, tels que ceux qui font fur la figure 2, tournent Sc font écarter les carquerons par la lamette. *
- Le meilleur ufàge dans la fabrication des Satins, eft de fe pafler de platine & de contre-poids ; non pas qu’il faille faire rabattre les lifles qui ne montent pas ; car il faudroit cent eftrivieres pour l’armure d’un Satin à dix lifles, tandis que nous n’en avons befoin que de dix, une pour chaque marche 5 mais en fe fèrvantdes liflerons plombés, tels que celui qu’on voitfig. y, Planche 13 9 on lia befoin d aucun lèconrs pour-faire defcendre les lifles, Sc l’on trouvé
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- = toute la liberté pofîible à les mettre à la diftance qu’on defiré.
- On peut mettre un petit lifleron à une lifte, avec un lifleron plombé fî on le juge à propos ; mais il eft à craindre que la lifte ne fo trouve trop chargée, & que par-là les mailles ne {oient trop tendues , ce qui les fait ufer trop vite, 8c en même temps fait cafter des fils de la chaîne.
- On tombe inévitablement dans le même défaut, foit avec les contre-poids* foit avec les platines, parce qu on eft forcé de mettre tout le fardeau au deffous de la lifte. C’eft ce' qu’on peut éviter par le moyen des lifterons plombés ainfi que je vais l’expliquer; mais je dois avertir que les lifterons plombés ne font pas autrement placés dans la lifte, que les lifterons ordinaires. La figure 6 fait voir une lifte où nous fuppoferons que les lifterons H I font plombés : il faut regarder cette lifte comme fufpendue dans un métier ; elle n’a befoin que de la correfpondance d’un carqueron , par la communication d’un aîleron pour la faire mouvoir.
- J’ai dit qu’on pouvoit éviter de mettre tout le fardeau d’un contre-poids au-deflous d’une lifte ; il eft certain que, fi les deux lifterons de la lifte K 9jîg. 69 font plombés, le fardeau fe trouve partagé, que les mailles en font moins fatiguées, 8c que neanmoins la lifte doit ramener & le carqueron & la marche qui la font mouvoir : il faut même, autant qu’il eft poflîble , ne mettre de poids au lifleron / que ce qui lui eft néceflàire pour tenir les mailles tendues , afin qu’en gliflànt entre la foie, elles ne fe rebouclent pas : alors on peut mettre le lifleron H beaucoup plus lourd que celui /. Une autre raifon déterminante, c’eft que lorfqu’on cafte des fils de la chaîne en travaillant, en voulant les repafter dans les mailles , elle eft trop tendue par le poids du lifleron, ou par celui des contre-poids, &c. il faut néceflairement ouvrir cette maille avec les doigts pour prendre le fil qu’on veut y pafler ; cette ouverture donne un écartement qui raccourcit la maille fur laquelle alors tout le fardeau fe trouve, ce qui la fatigue, l’allonge ou la cafte. Cet inconvénient n’arrive pas lorfque le fardeau eft proportionné à cette force, ou du moins lorfqu’il eft moins confi-dérable , il n’ufe pas fi vite les mailles qui le fupportent.
- Il importe fort peu de mettre les lifterons inférieurs moins lourds que les lifterons fupérieurs , pourvu que la marche foit ramenée à fon point de repos avec autant de vîtefte que l’exige la rapidité du travail. Ainfi, à quelque point que fe trouve la force qui tire, il fiiffit qu’elle {oit aflez bien combinée pour ramener àfon point l’objet qu’on y oppofe. Cela eft fi vrai, que certains Ouvriers,' craignant de trop charger les liftes par les contre-poids ou autrement, mettent ces contre-poids au bout des ailerons entre les branches d’arcades où font fufpendues les liftes. Voyez fig. 1, PL y9, qui repréfente un aileron A dans la pofition où font tous les aîlerons de Satin lorfque les liftes y font fufpendues: au bout de cet aîleron 8c du côté de la lifte, que je n’ai pas jugé à propos de repréfenter, eft fufpendu un contre-poids iî, dont la pofition prouve qu’il doit
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- Seconde 5ectïo>n. I. Part. Monter ô fabriquer tes Satins hdioctiffs* J5I ïamener ie coté du levier où il tient fur le point d’appui que nous devons y ; fuppofer, c’eft-à-dire , fur le chevalet du carrette.
- Si l’on a befoin de mettre une livre & demie dé poids pour ramener les marches à la hauteur déterminée, on peut fe contenter de ne mettre que demi^ livre à la lifte 8c une livre à l’aîleron ; alors cette lifte ne fera pas fi chargée que fi elle portoit tout le poids, comme le font beaucoup d’Ouvriers.
- L’arrangement que je propofe eft meilleur, fans contredit, que fi l’on met-toit tout le poids aux liftes ; mais il eft fujet à un inconvénient qui peut caufer quelqu’accîdent ; c’eft que les contre-poids étant fufpendus au-deflus des liftes, & en même temps au-deflus de la chaîne, fi par hafàrd une corde cafte , lé contre-poids tombe fur la chaîne, 8c peut cafter un grand nombre de fils. C’eft ce qui a rebuté beaucoup d’Ouvriers defuivre cette méthode, fans doute pour en adopter une plus avantageufe ; car on a pu fe fervir du carrette à batillons, que j’ai repréfenté fig. ÿ , PL ry, ou de celui fig. 7, même planche. Voyez, par la defcription que j’en ai faite alors, la maniéré dont on l’employe. On peut aufli fe fervir des carrettes à poulie, tels que ceux fig* 1,2 & 4 , PL 16* V oyez aufli la defcription que j’en ai faite.
- On peut voir les carrettes à batillon par les figures 1, Planche 23 5 le$ figures 2, 3,4, y Sc 6 de la même Planche , font voir l’emploi des carrettes à poulie pour le renvoi des marches, & la figure 7 donne un autre moyen de renvoi des marches ; c’eft un carrette qu’on place au-defîus des ailerons.
- Tous les carrettes dont je viens de parler peuvent s’employer avec avantage, pour éviter de trop charger les lifles en contre-poids & autrement ; on peut les employer les uns 8c les autres, autant pour les armures de Satin faites au carrette fimple, telle que celle que nous avons vue par la figure 2 de la Planche précédente, que pour celles faites au carrette double.
- Tous les carrettes de renvoi ont été imaginés pour les Satins ou pour les Etoffes où ce tiflu entre pour quelque chofe ; cependant on peut les rendre utiles pour toutes les Etoffes qui exigent des contre-poids aux liftes. J’en ai donné les raifbns ci-deflus. D’ailleurs, les métiers où l’on employé ces carrettes dont toujours mieux ordonnés, & les arrangements, foit pour les armures, foie pour tout ce qui concourt à faire mouvoir les lifles, en font plus parfaits & plus folides ; tellement qu’un métier, monté avec précaution, travailleroit d’une année à l’autre fans fè déranger; il n’y a que l’humidité ou la fécherefîe qui puiflent raccourcir ou allonger les cordages; du refte, les carquerons, les marches, les ailerons, & tout ce qui doit être réglé à une hauteur déterminée, ne fe dérange pas ; 8c fi l’on veut prévenir les intempéries de l’air, on n a qu à fe fervîr de fil-de-fer dans toutes les parties où il eft pofîible d’en mettre , alors les dérangements pourront être comptés pour rien.
- On a vu que l’armure du Satin , repréfentée par la figure 2 de la Planche précédente, eft faite aux carquerons ; quelquefois on la fait aux ailerons, &
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- 556 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- = d'autres fois aux liflès : alors on arme de fuite les marches aux carquerons ; c'eft-à-dire, que la première marche prend le premier carqueron , la fécondé prend le fécond, & ainfi de fuite de l'un à l'autre.
- Si l'on fait l'armure fur les ailerons , il faut que les cordes des carquerons foient croifées entr’elles, de forte que la première corde réponde au premier aileron, la fécondé au quatrième, la troifieme au feptieme, la quatrième au dixième, la cinquième au troifieme , la fixieme au fixieme, la feptieme au neuvième, la huitième au deuxieme, la neuvième au cinquième , & la dixième répond au huitième. Ceux qui font cette armure fans précaution font toujours trompés dans cet arrangement, parce qu’en travaillant, les carquerons & les ailerons font gênés, & fouvent les uns & les autres fe chevauchent. Pour prévenir cet inconvénient, il fautnéceflàirement deux planches de guides, une au brancard du carrette, & l’autre for le bout des carquerons ; de forte que la croifure des cordes fe trouve faite entre ces deux planches de guides. Voy. lafig. 2 de la Planche 59, qui repréfente les deux planches de guide A9B, dans lesquelles paient les cordes a9b9c9d9 e9f g, h9i9 k3 qui tiennent par le bas aux carquerons c> c9 c, ôte. 8c par le haut aux ailerons /,/,/, &c. La Planche A eft placée for les deux traverfos D, D, qui font cenfées former le brancard du carrette, & celle B pofe for les carquerons eux-mêmes, où elle eft retenue parles deux cordes E9 E9 que nous foppoferons tenir à quelques clous plantés for le plancher. Cette derniere planche eft d'un double ufage ; outre qu'elle fert de guide aux cordes qui partent dans fes trous, elle retient en même temps les carquerons, afin qu'ils ne montent pas plus haut que le point qu'on leur a afligné.’
- En fuivant les cordes des carquerons fuivant l’ordre alphabétique qui les défigne, on reconnoîtra que les ailerons font mis en mouvement conformément au fécond plan d'armure que j’ai donné ci-deflus , c’eft-à-dire, un pris Sc deux laides. Cette façon d'armer ne change rien au tiflu du Satin , fait fuivant l’armure régulière dont il eft fufceptible. On peut foivre cette méthode pour les armures irrégulières, fans craindre le moindre changement dans les effets qu’on en attend.
- On préféré fouvent cette maniéré d’armer à celle que nous avons vue par-la figure 2, Planche 58, parce que les marches font prifes de fuite avec les carquerons, & que par ce moyen on eft plus à portée de régler les pas des fogues. Je dois prévenir ici que nos Satins armés fuivant la méthode du carrette fimple, font fufceptibles d’un inconvénient qu’on n’a pas encore fo prévenir ; c’eft que les marches font lever les liffes plus ou moins les unes que les autres ; c’eft pourquoi bien des Ouvriers, & principalement ceux de la grande tire, (ce font ceux qui font les Etoffes brochées & les autres groffes Etoffes façonnées) préfèrent le double carrette ; parce que non-feulement ils prétendent mieux régler leur pas, mais ils ont l'avantage de ne pas trouver de marches plus pefantes les unes que les autres.
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- Septième Section* I. Part. Monter & fabriquer les Satins h dix liffes.
- Il eft certain qu’avec le carrette fimple , il doit y avoir autant de différence > dans la force de la levée des liffes , & dans la diftance qu’elles parcourent en montant, qu’il y a de marches dans le cours , parce que les eftrivieres ne font pas également éloignées du point de force ou du point de réfiftance ; enforte que l’Ouvrier qui enfonce également ou à peu-près toutes les marches, ne fait pas également defcendre les bouts des carquerons; ainfi la lifie qui dépend du carqueron qui defcend le plus , monte plus haut que celles qui dépendent des autres carquerons ; de façon que les dix liffes montent toutes différemment les unes des autres, d’autant que les eftrivieres doivent être perpendiculaires aux marches auxquelles elles font attachées.
- Les marches dont les eftrivieres fe trouvent le plus près des talons des carquerons , font fans contredit plus rudes à enfoncer que celles qui ont leurs eftrivieres plus éloignées. C’eft fans doute cette inégalité qui a fait adopter par bien des Ouvriers le carrette double, par préférence au carrette lîmple, d’autant mieux que la marckure y eft fi douce, qu’on ne fent pas la marche fous le pied ; il eft vrai qu’il faut beaucoup plus enfoncer la marche, parce que les carquerons étant partagés dans leur longueur par les eftrivieres, 8c td’ailleurs les ailerons auxquels ils correfpondent étant pb« du côté de la queue ,
- que du côté de la tête, il faut 1 es faire defcendre fuffifamment pour que la liifo leve autant qu’il le faut pour ouvrir la fogue : on partage cependant quelquefois la longueur des ailerons en deux parties égales ; le côté de la queue n’étant pas plus long que celui de la tête, on eft affuré qu’il ne faut pas faire parcourir plus d’efpace à la marche en l’enfonçant, que la liffe ne monte ; mais alors la marche eft plus dure. Toutes ces confidérations ne font pas fuffifàntes pour faire préférer le carrette fimple au carrette double pour les armures de Satin ; il ne peut y avoir
- que l’embarras qu’il donne des deux côtés du métier , & le balancement qui puif * ¥
- fent être un obftacle à fon emploi. Quant au balancement, fi l’on veut le prévenir en partie, on n’a qu’à fefervir des lifferons plombés : l’embarras que donne le carrette fur les deux côtés du métier, ne peut plus être une raifon pour ne pas fe fervir du carrette double, parce qu’on peut fe fervir du petit carrette double, qui réduit tout dans l’inté rieur du métier. Voyez la figure 18, PL 20, & la defcription qui en a été faite.
- Suivant l’arrangement de l’armure, repréfentée par la figure 2, PL ÿy, il femble que les cordes des carquerons foient d’une' feule piece depuis le bas jufqu’aux ailerons, Je ne l’ai ainfi repréfenté que pour faire diftinguer les cordes entr’elles , parce que fi j’avois deflîné les nœuds & les boucles qu’on fait pour en régler la tenfion, on n’auroit pas pu reconnoître la direction de chacune, & la figure feroit devenue inutile ; les figures 3 & 4 fuffiront pour faire connoître les moyens dont on fe fert pour régler les cordes ; la première fait voir que la principale partie de chaque corde eft attachée à un des ailerons, ainfi qu il eft ( repréfenté par celle F, qui tient au bout de l’aileron G : de4à elle paffe dans Étoffes de Soie. vil. Part. B 7
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- 558 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- *la planche de guide Hy & vient enfiler la boucle m, du gouflet /, pour enfuite fe replier & former le nœud coulant qui a été repréfenté par les figures 8 & 9 de la Planche 17 ; le gouflet / pafle dans la planche de guide K & dans le car-queron L, ou il eft retenu par-deflous par un nœud affez gros, pour que le gouflet ne puifle pas fortir malgré les efforts du travail.
- Par la figure 4 on voit quela principale partie de la corde doit être attachée au carqueron & paffée dans la planche de guide inférieur, & que de-là elle doit venir fe joindre à un collet. Voyez la corde M qui efl gancée dans Panneau du collet /z, n, qui pafle dans la planche de guide O, 8c qui efl: retenue dans Paîleron P , dans le bout duquel il efl pafle.
- On fait quelquefois le nœud coulant au lieu de la gance Q, que repréfente cette figure, en le faifant inverfement de celui R, figure précédente.
- En fe fervant du carrette double pour les Satins, on peut combiner Parmure comme celle que donne ici la figure 2 ; mais je n’y vois aucune néceflité, attendu qu’il efl indifférent à quel carqueron les marches doivent répondre. Il n’en efl pas de même du carrette fimple, il faut tâcher d’accorder la montée des lifles avec la defccnt^ dn bout des carquerons, parce que pour que la derniere lifle ouvre affez la fogue, pour pouvoir librement pafler la navette , il faut que cette lifle monte davantage que celles qui vont devant, puifcju’elle le trouve la plus éloignée, & que toutes doivent monter en proportion plus les unes que les autres ; il faut même obferver que la levée des lifles efl plus ou moins rude, en raifon de ce qu’elles font plus ou moins éloignées du tiflli; car en s’en éloignant, chacune d’elles acquiert de la légéreté de plus. C’eft fur ces remarques qu’on doit combiner une armure.
- On fait encore Parmure des Satins fur les lifles. Il efl des difpofitions de métier où cela fe trouve néceflaire pour bien l’exécuter : alors on met trois planches de guides conformément à la figure y ; la planche S fert de guide aux collets p,p9p > &c. qui font cenfés tenir aux bouts des ailerons que je n’ai pas repré-fentés. Ces collets doivent être d’une longueur fuffifànte, pour que les nœuds qu’ils forment fur les boucles q, q, q, &c. des arcades qui fupportent les lifles, n’en empêchent pas la montée ; mais auflî on ne doit pas les faire trpp longs, pour laifler aux arcades une plus grande étendue.
- Quand on fait cet arrangement, 011 commence par placer les collets aux ailerons, enfuite on les pafle dans les trous de la planche qu’on voit qu’ils occupent ; à mefure qu’on les pafle , on met à chacun une boucle d’arcade. Toutes les cordes d’arcades étant attachées aux collets, on en pafle les branches dans les deux planches de guides T, T, en commençant par les deux branches r> r 9 & fuivant par les autres dans le fens de Parmure qu’on a déterminé d’exécuter : ici cette armure efl d’un pris & deux laiffés. Lorfqu’on a pafle toutes les branches d’arcades dans les deux planches de guides, on fufpend ces mêmes planches au brancard du carrette ^ au moyen de quatre ficelles qu’on place dans
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- Septième Section, I. Part. Monter & fabriquer les Satins a dix lijfes. 5*59 les trous s, s, s; & c’eft dans cet état qu’on fufpend les lifles. Il faut cependant fuppofer que les lllîes ont de petits gouflets où font gancées les branches des arcades; quelquefois on enfile les planches de guides avec les gouflets eux^ mêmes, alors on eft obligé de gancer les arcades par-deflus ces planches. Cette derniere méthode eft pernicieufe * en ce que le croifèment des cordes fait accrocher les nœuds, & dérange la montée des liflès ; il convient mieux de faire les nœuds en deflous : on fufpend ainfi la planche S par fes deux bouts au chevalet du carrette, au moyen de deux ficelles qu’on met dans les trous t, t de la planche.
- Cette derniere planche n’eft pas indifpenfablement néceflàire, on peut s’en pafler ; mais il faut que le carrette foit extrêmement élevé, pour que les cordes d’arcades ne gênent pas les ailerons. Au furplus, on doit préférer les planches de guides, tant pour le haut que pour le bas des arcades , quand même on n’armeroit pas les Satins avec les arcades où l’on doit fe fervir d’une des plan-* ches à grille, telle que celle que repréfente la figure 14^ Planche 20, pour retenir les arcades, & pour éviter en même temps le balancement des lifles.
- Il eft encore une maniéré d’armer les Satins, qui mérite d’être mîfe en ufàge par (a fimplicité. L’on n’a befoin ni de carq«©roiis ni d eftrivieres : alors les marches font placées en echarpe, c eft-a-dire, que le talon eft derrière 1 Ouvrier , Sc le bout fort en dehors du métier à droite en deflous de 1 ’efaje, entre le pied de derrière & le pied de devant du métier. Les figures 6 & 7 feront connoître l’arrangement de cette armure : la figure 6 repréfente une partie de métier, où l’on voit un pied de devant A à droite de l’Ouvrier , portant une partie d’une eftafe B, à côté de laquelle paflent les cordes C9 qui tiennent aux marches D ; c’eft de ce côté qu’on fait fortir les marches ; ainfi les cordes qui y font attachées paflent en dehors de l’extafe Z?, pour fo joindre aux ailerons du carrette qu’on doit fuppofer être fur le métier.
- On voit que les marches font placées obliquement entre les deux pieds de métier, de maniéré que le talon , quoique plus éloigné que les pieds de métier> fe porte plus vers celui à gauche que fur celui à droite , comme on peut l’apper-cevoir fur la figure 2, qui repréfente géométralement la tête du métier. C’eft ainfi qu’on appelle le côté des pieds de devant F, C, où l’on voit les marches E dans la pofition qu’on leur donne ordinairement. Les marches font contenues par le talon dans le marcher.H; les talons font placés le plus près de terre qu’il eft poflibie, & la pointe leve à proportion de la defoente qu’on lui fait faire en travaillant ; ainfi lorfqu’on pofe ces marches, on en éleve les bouts de maniéré qu’en les enfonçant, on ait aflez de chajfe pour que les liflès, en mon-* tant, forment une fogùe convenable pour palier la navette.
- Pour fabriquer les Satins fuivant cette méthode d’armer, l’Ouvrier eft toujours aiïis fur fa banquette ; il pofe le pied gauche fur un bloc ou fur une pierre, comme il eft repréfenté for le métier de Taffetas, PU 34 , gc
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- j5o L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- — du pied droit il enfonce les marches Tune après l'autre. Pour avoir plus de force, ou plutôt plus de précifion dans fon travail, il avance le pied autant qu'il lui eft polfible du côté des cordes ; par ce moyen il ne trouve pas autant de réfifo tance, que s'il le portoit fur le côté du talon.
- Si l'on fait l'armure du Satin fur les marches en écharpe, comme le repréfonte la figure 2, on doit mettre deux planches de guides comme celles A, B ; mais fi l'on fait l'armure par les arcades, comme le repréfente la figure 5 , il ne*faut qu’une des deux planches de guides pour les cordes des marches, & c'eft celle qui tient au carrette , afin que le vacillement des cordes, qui efl: inévitable pacr renfoncement des marches, ne fo communique pas jufqu'aux ailerons, qui doivent être fixes dans leurs mouvements. D'ailleurs , fi l'on ne met point de planche de guide, on voit fouvent les cordes chevaucher fur les ailerons.
- On doit voir par l'arrangement que repréfente la figure 6\ que l'on n'a pas befoin de charger les lilfesautant que lorfqu’il y a des marches & des carque-rons, d'autant plus que celles dont on fe fert ici ne font pas plus longues que les carquerons ordinaires ; ce qui fuppofe qu'ils ne font point lourds.
- Il n efl pas d’armures moins embarraflantes que celles que nous préfente cette“ méthode ; il efl: vrai qu elle nVfi connue dans toutes les Villes de Manufactures , ou du moins elle n y efl pas mile en ufagc. Je ne fai jamais vu exécuter que dans Nifmes fur les Satins tramés de fil ; je la crois cependant auffi avanta-geufe, au moins, que les autres, & j'ai remarqué que les Ouvriers qui l'avoient mife en ufage, avançoient le travail autant que les autres, & avec moins de fatigue.’ Cette maniéré de travailler efl également propre pour les Serges fatinées, & pour une quantité d'Etoffes pour lefquelles-on n’a qu'à faire lever les lilfes. Elle ne feroit pas propre pour celles où les lilfes doivent defeendre, attendu que la po-fition des marches n'eft pas convenable à recevoir des eftrivieres de rabat ; il y a cependant des Etoffes où l'on employé à la fois & l'une & l'autre méthode ; c’eft ce que nous verrons dans l'article des Etoffes façonnées à la marche. Palfons à la fuite de nos Satins, & voyons l'armure qui convient à chacun.
- * Il faut remarquer que notre Satin à dix lifles peut faire celui à cinq ; mais je n'en donnerai le moyen que fur le tiflu de ce dernier, & lorfque j'en ferai la defeription.
- On a vu les plans d'armure les plus faciles à exécuter fur le nombre de dix lifles. Je vais faire voir comment on en donne le plan en général aux Ouvriers ; la figure 1 de la Planche 60, en repréfente un fur lequel je ferai voir plufieurs combinaifons d'armures, afin d'éviter un trop grand nombre de figures.
- La première armure efl indiquée par les zéros qui font fur les angles des carreaux formés par les lignes horizontales a9 b, c, &c. qui indiquent les lilfes, & par les lignes perpendiculaires A ,BfC9 D> &c. qui défignent les marches: il y a donç dix lilfes Sc dix marches, conféquemment dix zéros placés de maniéré à faire reconnoître que l'armure efl faite pour un pris & deux lailïes4
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- BRrC^ÉBMÜI
- SeptïeMe Section. I. Part. Monter ô fabriquer les Satins a dix lijjes, $6% Le premier de ces zéros eft placé fur la marche A , qui eft la première, & fur la « première lifte, qui efl: celle a\ en les fuivant, on verra que le fécond zéro prend fhr la liile d9 qui efl: la quatrième, & fur la marche B, qui efl: la fécondé ; de> forte que les zéros, jufqu’à dix, fuivent les marches une à une dans l’ordre où elles font marquées par les lettres qui les défignent. Ainfi, quand on voudra armer un Satin à dix liifes fur cette combinaifon, on fe conformera à ce plan 'd’armure*
- Avant que de finir d’expliquer la figure r, je dois prévenir que > pour dimi-^ nuer le nombre des figures, j’ai été obligé de compliquer quelques lignes : je m’explique. Le premier zéro fur la lifte a fert d’abord comme zéro ; & quand je me fuis fèrvi des croix, comme les liifes fe répètent quelquefois, ce même zéro fera croifé & ira avec les autres lignes, qui font des croix ; enfuite avec les lignes qui font des quarrés ponétués , & enfin avec des traits iîmples fur les angles, comme,on le voit au zéro fur la lilfe d»
- Comme je fais fervir cette figure pour plufieurs plans d’armure pour notre Satin à dix liifes, on trouvera fur les angles des carreaux plufieurs lignes indicatifs pour les différentes armures que j’ai à y démontrer : tous ceux qui
- ont une différente forme n’entrent pas dan* même combinailon. Ainfi les zéros donnent l’armure d’un pris esc deux laiftes , les petites croix donnent celle 'd’un pris de trois lailîes, dont il faut lailfer quatre pour armer la marche F J fde forte que l’on va de la lifte £•, que la marche E fait monter, à celle b 3 qu’on joint à la marche que je viens de citer. Cette armure commence auffi par la anarche A & par la liflè a* ,
- La troifieme armure eft un pris Sc cinq lailfés ; c’eft i’inverfe de celle que nous venons de voir : elle commence encore par la lifte a 8c par la première marche. Son indication eft faite par des quarrés formés par des points qui font fur les angles des carreaux, dans le fens des zéros de la première armure. Pour compléter cette armure, il faut, à la fixieme marche, paffer une lifte de plus qu’aux autres ; ainfi, pour venir de la marche E à celle il faut paffer de la lifte e à celle b ; on pourroit cependant prendre celle h -9 mais cela dérangeroit l’ordre de cette armure , fans rien changer aux effets du Satin*
- J’ai cru devoir mettre une quatrième armure , qu’on eft quelquefois forcé d’exécuter ; c’eft celle d’un pris & un laiffe : elle eft ici indiquée par des lignes fimples, qui^ coupent obliquement les angles des carreaux. Cette armure ne feuroit être fuivie précifement dans l’ordre du titre qu’elle porte , parce qu’à la fixieme marche , il faut néceflairement laifter deux liftes ; ainfi la marche E prend la lifte K, 8c celle F prend celle c, au lieu qu’elle auroit dû prendre celle b\ mais elle a été déjà prife par la marche A9 qui eft la première: d’ailleurs, j ai commencé cette combinaifon par la fécondé lifte. Cette armure eft encore fujette a une attention ; c’eft qu’il faut aufli, de la marche H à celle /, paffer .trois liffes ; de force que la première prend la iille g, 8c la fécondé prend celle Etoffes de Soie , FIL Paru C 7
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- L’ART DES ETOFFES DE SOIE.
- a : de-là l’armure finit par la lifie i.9 fans cela l’armure finiroit par la lifie a;
- • alors on auroit dans chaquè cours une marque trop fenfible , attendu que l’armure commence par celle b, ce qui feroit lever deux lifles fucceflîvement l’une à côté de l’autre ; ce qu’on doit néceffairement éviter dans tous les genres de Satins, lorfqu’on veut les avoir beaux.
- Pour concevoir plus parfaitement les mouvements de cette armure, je vais la préfenter fuivant ma méthode , on fendra mieux la rencontre des lifles & le moyen de les éviter,
- *6*7-38410*9
- 000000000 ot
- Il eft certain que fi l’on commence par faire lever la première lifie, & qu’on ,pafle fucceflîvement à la fécondé , de-là à la cinquième , à la feptieme & à la neuvième, on occupera cinq marches.1 Pour la fixieme marche, fuivant l’ordre -d’un pris & unlaifle, on tombera fur la première ; mais elle a déjà levé, puifque le nombre des liffes eft égal à celui des marches , & que chacune doit être menée par une différente marche : il faut donc, pour la fixieme, prendre la fécondé lifTc, & pour la feptieme marche on fera lever la quatrième lifie, alors la fixieme lifie fera levee par la L^irjerne niarche. Ici il faut encore interrompre l’ordre du titre de l’armure , parce que la neuvième marche devroit faire monter la huitième lifie , au lieu qu’elle fait lever la dixième, 8c que c’eft la dixième marche qui fait lever la huitième lifie : on doit donc , entre ces deux marches , faire une tranfpofition de lifie ; car fi la dixième marche faifoit lever la dixième lifie, comme il réfulte de l’ordre de l’armure, on auroit encore deux lifles prifes de fuite* puifqu’on doit faire lever la première lifie en recommençant le cours. En fuivant l’ordre du remettage, on n’aura pas de peine à concevoir que le dernier fil d’un cours eft toujours voifin du premier fil du cours fuivant : donc quand on fera lever la première lifie, on fera monter les fils qui font voifins de ceux de la derniere.
- Ces effets ne peuvent fo fentir qu’autant qu’on connoît parfaitement l’ordre des remettages ; ainfi lorfqu’on doit faire accorder quelque lifie de liage ou de rabat avec celles de montée, il faut abfolument diftinguer les fils qui doivent monter, pour qu’il n’y ait pas contrariété avec ceux qui doivent defcendre. Je démontrerai ces différents effets lors des liages pour la foie ou pour la dorure, particuliérement pour les Etoffes façonnées à la tire ; mais en attendant, je dirai quelque chofo fur celles façonnées à la marche. Je dois dès-à-préfent prévenir que, pour les Satins, on doit toujours chercher des combinaifons, qui, en donnant un fond à l’Etoffe, puiflènt s’accorder avec les liages. On trouve des difficultés de la même nature fur les Serges 8c fur les Taffetas ; mais comme les fonds de ces deux dernieres Etoffes font abfolument invariables dans leur genre, il faut néceffairement combiner les effets des liages fur celui du fond de 1 Etoffe, fans y rien déranger.
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- Septième Section. I. Part. Monter & fabriquét les Satins a neuf Liftes. $6$ On a vu , par la figure i de la Planche 58, le tiflu du Satin dont nous nous occupons exécuté par un pris & deux biffés, ou par celui d’un pris & fix'biffés , qui, comme je Fai démontré, font les mêmes. Il feroit inutile de mettre fous les yeux les tiflus qui font conftitués par les autres armures; je crois qu’ilfuffira de remarquer que, dans tous les tiflus, on ne trouvera aucune différence que celle qui détermine le point de levée des fils ; du relie, tous les fils paffent fous neuf duites de la trame, & font liés par la dixième; alors, en fuivant l’ordre de la levée des Mes , on reconnoîtra le tiflu qu elles doivent donner.
- Planche
- <5©*
- À r T ï c t e Second.
- il Des Satins à neuf lijfes ^ & de leurs armures%
- Le tiflu du Satin à neuf liflès eft repréfenté par la figure o. de la Planche 60 ; il eft fait fur Tarmure d’un pris & trois laifTés, ce qui exige neuf marches pour l’exécuter , ainfi que pour le faire fur toute autre armure. On peut encore armer régulièrement ce Satin, par la combinaifcn d’un pris & un laiffé s je ne repréfenterai pas ce fécond tiflu, le plan d’armure * 3 * le fera con-
- noître, ainfi qu’une combinaifon irrégulier ^ice ^ur un Pr*s ^ deux laifies* J’appelle cette combinaifon înéguiïere , parce qu au mouvement de là troifieme à 1a quatrième marche , il faut paffer trois lifles, de même que de 1a fixieme à la feptieme marche ; mais de 1a feptieme à 1a huitième, il faut pafler cinq lifles 9 ainfi que de cette armure à 1a neuvième ; alors, de la derniere à là première , on a trois lifles d’intervalle.
- La première de ces trois armures eft indiquée par fbn plan parles zéros; la fécondé y eft défignée par de petits quarrés pofés comme les zéros , & b troifieme par des pétites lignes qui coupent obliquement les angles formés par les jnarches & par les lifles.
- La première de ces armures commence fur la liflè G, qui fuppofe la première du cours ; 1a fécondé commence par 1a liflfe qui eft la féconde liflè J & 1a troifieme par 1a liflè n : cependant, en changeant de liflè pour commencer une armure telle qu’on veuille 1a faire , on neft pas obligé de commencer par 1a première, ni par 1a derniere liflè ; il eft arbitraire de prendre celle qu’on juge à propos, mais on doit obfèrver que de celle par laquelle on commence, on doit fuivre fur les autres dans le même ordre que porte l'armure ; il eft même indifférent de fuivre les lifles en allant de 1a première à 1a derniere, ou de la derniere à b première, pourvu que l’on fuive l’exécution d’une armure dans le même fens qu’on l’a commencée ; ce qui doit s’entendre du cas où en armant 1a v fécondé liflè, on a pris en tirant vers la derniere ; on doit armer toutes les autres de même : fi au contraire on a pris en tirant vers b première, on en fera de même à toutes les autres. Pour bien concevoir ce que je veux dire 9 voyons çes trois armures faites fuivant ma méthode*
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- Planche 6q.
- 564 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Première Armure exécutée fur le Plan figure 3.’
- 1 864197 55
- OOOOOOO OO
- Seconde Armure•
- 51627384 9
- O O OOOOOOO
- Troijleme Armure i
- “é 8 I 4 7 Ï 7~ 9 5
- OQOOÛOOOO
- En comparant ces trois plans aux armures exécutées fur le plan fig. $ , on doit Voir qu’en fuivant l’ordre des armures de gauche à droite, & paflant fur les lifles indiquées par le titre de ces mêmes armures , en les confidérant comme les points de divifion d’un cercle, il importe en général fort peu par laquelle des lifTes ion commence ; ce n’eft que dans des cas particuliers qu’on eft forcé de commencer par telle ou pai Üflè. C’eft, comme je l’ai dit dans l’article précédent ’, lorfque les lifles de liage ou de rabat y onntraignent. pour éviter qu’il y ait contrariété entre les fils montants & les fils defcendants.
- Le tiffu de Satin, /g. 2, eft compofé de deux cours de fils de chaîne & de deux cours de duites. Ce font les mêmes réglés des tiffus que nous avons déjà vus; il s’agit de remarquer que les eftances de nos fils paflent fur huit duites, & font liées par la neuvième : du refte, chaque duite commence une des eftanbes d’un des fils de chaque cours, dans quelque fens qu’on le prenne.
- L’armure qui forme ce tiffu eft régulière ; mais ce n’eft pas celle qui conftitue le plus beau Satin à neuf lifles, encore moins celle qu’on y exécute par un pris & un laifle ; car fi Ton veut faire attention à l’une & à l’autre fur le plan d’armure même, on verra que les zéros annoncent un grain de Serge par la régularité qu’ils fuivent. Cet effet eft produit de même fur l’Etoffe, & il y feroit auflî fenfible s’il n’étoit exécuté en petit. Les quarrés qui indiquent la féconde armure fe fuivent obliquement , mais moins que les zéros, ce qui prouve que fur l’Etoffe la foie ne doit pas fi bien fatiner, d’autant qu’elle n’a pas reçu la même difperfion.
- Si l’on veut faire attention à l’armure défignée par les petites lignes obliques qui coupent les angles des carreaux , on reconnoîtra que dans le cours il y a trois interruptions marquées, fàvoir celles v, x 8cy, de forte qu’à mefure que deux lifles ont marqué en quelque façon l’effet de la Serge , la troifieme vient l’interrompre, & l’on eft affiné d’avoir un beau Satin ; car le Satin n’eft beau qu’autant que le commencement des eftances ne s’avoifine pas des autres, quelles ne fuivent point de régularité dans la révolution du cours, al ors l’Etoffe
- eft
- V
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- SïrriEME Section. I. Part. Des Satins h huit & a fept Iffes. ^
- beaucoup plus farinée : elle parole plus foyeufe, ainfi elle eft plus belle, fans pour cela être meilleure.
- Plà^Che
- Article Troisième. %
- !
- Des Satins a huit & a fept lijfes*
- Les Satins à huit & à fept lifles font ceux qui dans les armures régulières donnent les plus beaux fatinés. Celui à huit lifles eft fans contredit le plus en ufàge * car tous ceux qui fo fabriquent dans les unis, à Lyon , à Nifmes , à .Tours, &c. s’exécutent par huit lifles, du moins ceux qui font tramés de foie*
- Le tiflu de ce Satin eft repréfenté par la figure 4: fon armure eft un pris &deux laifles ; beaucoup d’Ouvriers ont imaginé que ce Satin avoit encore une armure régulière en la faifimt par un pris & quatre laifles, & qu’il étoit plus beau. J’ai Vu des maîtres Ouvriers faire un myftere de cette armure, & ne la laifler voir à aucun5étranger ; mais ils ne faifoient pas attention qu’elle eft l’inverfe d’un pris &'deux laifles 3 ainfi qu’on peut s’en convaincre par le pian d’armure, fig. 1 *
- PL 6 r, dans les deux fon s oppofés où cette armure eft marquée par les zéros, Planche ,& celui qui eft ci-après exécuté foivant rna méthode.
- A 1 472- 583 6 r>
- Aooqooooqo
- r Ces'deux plans font fomblables, & fi le dernier eft fait par un pris deux laifles, en allant de A en en venant de B en A3 on le trouvera d'un pris Sc quatre laifles.
- Notre Satin eft encore fufceptible de deux armures irrégulières ; la première eft indiquée fur le plan fig. ï, au moyen des petits quarrés a, a> a, &c. qui partent des angles des carreaux : elle eft conforme à celle-ci.
- C3 1 8 , 6 4 2 7 î r\ I
- OOOOOQOQtJ
- Cette armure n’a point de réglé déterminée * puifqu’en paflànt de la premierô lifle défignée par 1, à la féconde fous le chiffre 2 * il y a trois lifles d’intervalle ; de celle-ci à la troifieme, il n’y en a que deux ; enfuite on en met trois, après on en faute deux, deux fois de fuite, comme on le voit de 4 à y & de y à 7 5 mais de 6 à 7 il y en a trois, & de 7 à 8 il y en a quatre : on fera attention que de 8 à I, pour recommencer, il y en a cinq ; ce qui prouve que l’intervalle qui fépare ces deux lifles, en le prenant dans un fons contraire, n’eft que d’une feule, qui eft celle 6 ; car fai compté les lifles de C en D.
- La fécondé armure irrégulière eft for le plan , fig. 1, indiquée par les lignes y b yh'^ Szc. elle n’eft pas d’un titre déterminé, puifque je 1 appelle irré^ guliere, mais elle tient à un pris & un laifle, ainfi qu’on peut le reconnoîtrê par le plan ci-après.
- Etoffes de Soie. VIL Part« D 7
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- Planche
- GU
- 566 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- 4 7 1 5 a 6 3 8
- E o Q Q o o o o QF
- On voie par le plan, quàcommencer par la lifTe 1 jufqu’à celle 4, on a fuivi par un pris & un laifle, qu’enfuite on eft forcé de pafler deux lifles pour aller
- de 4 à 5 ; mais de celle-ci à la lifTe 6 > on n’en paflè encore qu’une ; on pour-
- roit même aller de6a7&de7a8 dans la même dilpofition. On ne l’exécute pas ainfi, parce qu’alors 8 fe trouveroit précifément à côté de 1, ce qui, pour recommencer, feroit lever de fuite deux fils de chaque cours. Pour obvier à cet inconvénient, on place 7 à l’endroit où l’on devroit mettre 8 , & 8 à celui où l’on mettroit 7, alors de 6 à 7, il y a trois lifles d’intervalle en quelque fens qu’on le prenne, & de 7 à 8 il y en a cinq , en prennant de £ en F, & une feulëment en comptant de F en E : alors de la derniere lifle qu’on fait lever à la première pour recommencer, on met deux lifles d’intervalle.
- On ne fauroit fuivre d’autre ordre d’armure pour les Satins quon vient de voir, à moins de donner des irrégularités défeétueufes au Satin.
- Les deux armures irregulieres que nous venons de voir, procurent plus de beaute au Satin, que celle qui eit fait© par les zéros c, c, c, c3 &c. d’autant qu’elles tiennent moins aux effets de la Serge. Celle qui eft indiquée par les quarrés a3 a , a3 &c. eft plus parfaite que celle défignée par les lignes b3b 3b3 &c. parce qu’elle eft beaucoup plus irrégulière: pour reconnoître la marche*des unes & des autres, ilfuffitde les comparer entre elles, foit fui-vant le plan fig. 1, foit fûivant les trois armures marquées ci-defliis félon ma méthode.
- Il faut fe fouvenir que la première des trois armures qu’on a vues ci-deflus eft la même que celle faite par les zéros c3 c, &c. fur le plan^zg-, 1 ; la féconde eft conforme à celle qu’indiquent les quarrés a3ayay & c. & la troifieme eft' celle que nous donnent les lignes b 9b ,b, & c. Je fais cette remarque, afin que fi par un plan on ne concevoit pas les difpofitions de l’une ou de l’autre, on puifle avoir recours à l’autre plan, en les mettant en comparaifon entr’eux.
- On fera peut-être furpris que je décrive les armures régulières avant les irrégulières , ôc que je préféré celles-ci ; mais les armures régulières font généralement reçues parmi tous les Ouvriers. La plupart font prévenus que les com-binaifons doivent s’accorder avec les lifles, en leur donnant à chacune un mouvement régulier. Il eft vrai qu’il y a des circonftances où l’on ne fauroit y réuflir ; mais aufli il y en a d’autres où l’on ne fauroit obtenir une armure régulière.’ Cependant, il n’eft pas moins vrai que les armures irrégulières bien exécutées, font toujours plus propres à faire de beau Satin, que les armures régulières. C’eft par cette raifon que je me fais un devoir de faire connoître toutes celles qui doivent être préférées fur un nombre de lifles combiné.
- J’ai dit au commencement de cet article, que les Satins à huit ôc à fept lifles
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- Septième Section. î. Part. Des Satins à huit & a fept lïjjes. jj'6j
- etoïent ceux qui dans les armures régulières donnolent le plus beau fàtiné; mais : il ne s’enfuit pas de-ià que ces mêmes armures rendent ce fatiné plus beau que les armures irrégulières ; cela n’eft vrai qu’en comparant ce que je viens de dire à cet égard avec les Satins à dix, à neuf St à cinq Mes. Je ne dis encore rien de ceux à fix, dont je parierai dans l’article fuivant. Je pafle à l’exécution du Satin à fept liifes , St aux différentes armures qui lui font affeétées.
- La figure y, Pianche 60, repréfente le tiffu du Satin à fept lifles fous far-mure régulière d’un pris & deux laifles. Il paraîtra furprenant que deux nombres de lifles inégaux puiffent donner à la fois les mêmes combinaifons, c’eft-à-dire, que les combinaifons d’un pris & deux laifles puiffent convenir aux Satins a huit lifles St à ceux à fept, fans aucune irrégularité ; il faut cependant convenir que cette combinaîfon n’eft la même que dans un fens , mais non pas dans l’autre, ainfi qu’on peut le reconnoître fur le plan fig. 2 , PL 61, & fur l’armure qui fuit, qui eft la même que celle du plan.
- T~ï 6 4 ï 7 5 3 p
- 1OOOOOOOj:
- A quelqu’endrok de ces deux plans qu’on confidere les combinaifons de notre armure, on les trouvera faites par un pris St deux laifles • ce qu on recon-noîtra fur la figure 2., en fùivant les marches depuis I jufqu a P 9 par leur iiaifon avec les liffes d, e, f, g, h, i>k3 indiquée par les zéros /,/,/, Stc. St fur celle ci-deflus, en parcourant les zéros de G en H ; mais fi dans l’une ou dans l’autre on rétrograde, on verra que les combinaifons renverfées font faites par un pris & trois laifles. Il n’en eft pas de même pour les Satins à huit liffes, pui£ qu’en rétrogradant, c eft un pris St quatre laifles.
- Notre Satin eft fufceptible encore d’une armure régulière , qu’on peut exécuter fous les combinaifons d’un pris St un laifle , telle que nous la voyons exécutée fur le même pian , fig. 2, où elle eft indiquée par les petits quarrés m, m, my Stc. St telle que la donne le plan ci-après-
- ' 1 ÿ ï 6374
- QOOOOOOOR
- La rétrogradation de cette armure, dans le fens du cercle, fe trouve faîte fous les combinaifons d’un pris St quatre laifles. J’ai attention de faire remarquer l’ordre oppofé des armures que je rapporte, afin qu’on ne croye pas y trouver de nouvelles combinaifons ; car on pourroit regarder les armures d un pris St trois laifles, St celles d’un pris & quatre laifles , comme indépendantes de celles d’un pris St deux laifles, St d’un pris St un laifle , attendu que l’une eft l’inverfe de la première, St l’autre eft l’inverfe de la fécondé : alors on tom-beroit dans la méprifo de ceux qui croyent que fur huit lifles,' 1 armure d un pris St quatre laifles doit produire un plus bel effet que celle d’un pris St deux laifles.
- /
- Plan'cUIs
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- Planche
- 6i.
- 56S VART DES É TOFFES DE SOIE.
- On trouve une armure irrégulière fur le Satin à fept lilîes ; elle eft indiquée par les lignes n > ny n, &c. fur le plan fig. 2. On va la voir ci-après luivant ma méthode. .
- 1 6 4 7 z r 3
- gOOOOOOO'J’
- On préféré communément la première armure régulière de notre Satin 9 à toutes les armures régulières de ceux que nous avons vus ; cependant je fuis alluré que celle du Satin à neuf Mes, faite fur un pris & trois laifles, eft pour le moins aufli parfaite que celle-ci ; mais l’armure irrégulière dont je viens de parler, doit être préférée par les raifons que j’en ai données.
- Article Quatrième.
- Du Satin a fix Lijfies.
- On a douté fort long-temps fi l’on pourroit faire des Satins à lîx liftes, parce que ce nombre ne donne point d’armure régulière; il n’y a pas encore 12 ans qu’on aofé les hafàrder, & l’on ne les a exécutés que fur des aflemblages d Etoffes ; c eft-à-dire 3 que, jxw former des bandes de Satin fur des taffetas , Scc. on a ete force de faire des bandes Satin à lîx üHes * lorfqifon auroit voulu les faire à cinq, parce que pour accorder les marches de Satin avec celles du taffetas, il en falloit néceflàirement un nombre pair, tandis qu’un Satin à cinq liftes l’auroit donné impair : alors, au lieu de cinq marches, il en faut dix ; tandis qu’en exécutant les Bandes Satin à fix liftes, fix marches fuffifent. Nous aurons occafipn de voir ces combinaifons dans le Chapitre des Etoffes façonnées à la marche ; ceft pourquoi je ne m’étendrai pas davantage ici : je me bornerai a décrire le Satin à lix liftes, & je ferai voir que quoique les armures foient irrégulières, le Satin eft plus beau que celui qui eft produit par les armures régulières des Satins à cinq liftes, que nous verrons dans l’Article fuivant, C’eft fans doute ce qui a déterminé quelques Fabriquants à en faire fur ce compte de liftes, par préférence à cinq.
- Le Satin à fix liftes offre deux armures, qui, quoi qu’irrégulieres, donnent chacune un fort beau Satin dans fon genre. La première de ces armures eft indiquée par les zéros p9 p 9 p, Sec. fig. 3, qui eft la même que celle qui fuit.,
- 146253
- vooo o o ox
- La fécondé de ces armures eft repréfentée fur le même plan, fig. 3, par les petits quarrés eH-e femblable à celle ci-après.
- 51 4263
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- Aucune
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- Septième Section. I. Part. Des Satins à Jix lijtfes.
- Aucune de ces deux armures ne fauroit avoir un titre.qui en indique les
- combinaifons : elles font toutes interrompues par les différents nombres de îiflès qu’on laifle en intervalle*
- On ne fauroit trouver, fur le nombre de fix lifles, aucune autre armure què celles que nous venons de voir, à moins de les prendre à rebours 1 un & l’autre * ce qui, comme je fai déjà fait remarquer, rendroit les mêmes effets. Toutes celles que l’on cherchera, d’après ce que je viens de dire * tomberont dans fin* convénient de faire lever des lifles, les unes à côté des autres ; 8c toutes les fois qu’en combinant une de ces armures on trouvera qu’une lifle eft mue à côté fd’une autre, fans l’interruption d’aucune marche, il ne faut pas la fuivre, à moins qu’on n’y foit contraint par rapport aux liages ou aux rabats*
- Pour bien entendre ceci, il fufEt de jetter les yeux fur le plan d’armure fuivant; 8c on verra à quel point les combinaifons fe portent.
- Planche'
- I f 2, J 3 6
- O O O OOP
- Ce plan d*armure eft regardé parmi les Ouvriers, comme régulier, quoiqu'il he le foit pas \ mais on s’en fort pî«s communément^ que de ceux que j ai donnés plus haut : cependant ce plan tombe dans le defaut que je viens de faire connoître ; car en parcourant le mouvement que chaque lifle doit avoir, on yerra que la derniere lifle venant d’être mue, on prend la première> ce qui produit le même effet fur le Satin, que fi l’on faifoit mouvoir la lifle notée 4 après celle 1.
- La plupart des Ouvriers 8c des Fabriquants ne connoiflênt pas l’effet que cela doit produire fur le Satin ; ils fe contentent de dire que les Satins à fix lifles ne font pas beaux, fans prendre garde que la défeéluofité qu’ils y remarquent, vient de ce que les combinaifons de cette armure ne font pas faites dans l’ordre de celles des Satins. Cependant le changement qu’il y a à faire eft fi peu de chofo, qu’il eft étonnant qu’on ne l’apperçoive pas ; il fùffit de faire une tranfo pofition de mouvement entre les cinquième & fixieme lifles, c’eft-à-dire que y par la cinquième marche, on doit faire lever la lifle marquée 6, 8c par la fixieme , celle qui eft marquée 5 : alors cette armure devient la même que la fécondé que j’ai tracée ci-deffus, avec la différence que celle-ci commence par la première lifle, 8c que l’autre commence par la fécondé.
- Comme les deux armures que j’ai données font irrégulières, je ferai voir le tiflu de notre Satin par chacune d’elles ; la figure 4 eft le produit de la premiers armure, 8c la figure 5 eft le produit de la fécondé. Ces deux tiffus font formés
- chacun par deux cours des fils de la chaîne, 8c par deux cours des duites de trame. ^
- Les eftances des fils de ces deux tiffus font de cinq duites chacune ; la différence entre 1 une 8c l’autre confifte en ce que les fils des cours de chacun ne Étoffes de Soie. VIL Pan. E 7 *
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- Planche
- 57^ VART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- ! font pas également révolus, par rapport aux lifles qui les contiennent ; enfbrte que chacun doit fuivre Tordre qu’on fait tenir à ces mêmes lifles dans leur révo lution. Pour bien connoitre les effets de ces révolutions, il faut comparer un tiffu à T autre , & Ton verra quà commencer par les fils a g 9 a g des deux tiffus, Jufqu’à ceux/' m, fin , les duites n9o9p9 q, r 9s, n9 o9p, Sec. de la figure^, ne lient pas les mêmes que ceuxr, v 9 x 9y9 ^9 a9 t9v 9 x 9 Sec. de la figure 7 en les prenant chacun dans le rang quils tiennent refpeélivement dans leur cours, '
- On voit que les fils a 9 a 9 de la figure 4, font liés par les duites n9 n9n9 qui fe trouvent les premières de chaque cours, au lieu que les fils g9 gy de la figure y, font liés par les duites1 y9 y9y9 qui font les quatrièmes des cours.
- En comparant aéluellement fil par fil d’une figure à l’autre , on reconnoîtra la différence qui fè trouve dans les combinaifbns des lifles, & les effets que cette différence doit produire ; on voit qu’aucun de ces Satins ne produit aucun effet des Serges 9 Se que l’on peut fans crainte les fabriquer fous l’une ou fous l’autre des deux armures qui les compofent, ^
- Article Cinquième,;
- ^ , Du Satin a cinq LiJJesi
- Le tiffu du Satin à cinq lifles eff repréfenté par la figure 6, même Planche^ Ce tiffu ne fauroit être fait que fous une armure d’un pris & un laifle ; Se a rebours * elle eff un pris Se deux laiffés. Cette armure eff régulière & ne peut ceffer de Têtre, à moins de faire lever de fuite plufieurs lifles : voyez - la fur le "plan>fig»7 y Se fur l’armure ci-après, fuivant ma méthode.
- 14153
- o o o o o b
- Il faut faire attention que, quelque dérangement qu’on fafle des zéros b9 b9 b9 b, b9 qui font fur le plan, fig. 7, ou fous les chiffres X, 2, 3, 4* y9 qui font placés fur les zéros ci-deflus, on ne fauroit les replacer d’une autre maniéré, fans mettre à côté l’un de l’autre deux nombres qui fe fuivent, ce qui arriveroit en faifànt une tranfpofition du quatrième à la place du cinquième, Se du cinquième à la place du quatrième. Le réfultat de cette nouvelle difpo-fition d’armure ne feroit que le renverfement de cette même armure ; alors 5 fe trouveroit à côté de x, ce qui feroit lever deux lifles de fuite.
- J’ai dit dans l’article du Satin à dix lifles , qu’on pouvoit avec ces dix lifles faire un Satin à cinq. Il eff même des ouvrages où cette maniéré d’armer devient très-néceffaire : je vais la faire connoître.
- Four faire un Satin à cinq lifles avec une dipofition de dix, il faut faire
- j
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- Septième Section. I. Part, jDes Satins à cinq iijfes. 57Î
- Pouvoir deux liiles à la fois ; & pour cela il faut divifer les dix liffes en deux corps de cinq chacun 1 alors on regarde chacun de ces corps comme dHpofé pour un Satin particulier à cinq Mes; de maniéré que* lorlque là première liflé d’un corps leve, il faut que la première de l’autre corps levé aufli, Sc ainfi des autres refpeélivement, dans le rapport quelles ont de l’un à l’autre corps.
- Flanche £1% .
- Je n’ai pas cru devoir repréfénter ici la fqfpenfion des lifles, non plus que les dix Mes. Pour faire fentir la maniéré de difpofer ces deux corps de remifle , il fuffit de lavoir que les cinq premières lifles font un corps, & que les cinq dernîeres en font un autre : ainlî en faifànt mouvoir chacun de ces corps par une armure , comme on le voit par la figure 7, ou par celle qui eft ci~deflfus, on réuflîra parfaitement. Cependant de crainte de s’y tromper* on fuivra le plan , 8* où les cinq lifles a y b, c, d> e9 qui font entre les
- accolades C C9 défignetit le premier corps, & celles/', g9 h9 ifk9 entre entre les accolades D D, indiquent le fécond. On voit que les marches E9 F 9 Gy H y /, font lever chacune, une des lifles de chaque corps, & que chacun de ces corps fè trouva avoir la même armure, ç On fera attention ici que le plan d’armure eft repréféiué de maniéré que les lignes horifbntales font les marches, ôç que les lignes perpendiculaires font les lifles. J’ai été
- forcé d’en ufer ainfi à çaufe du peu d’efpace qui me reftoit dans cette Planche )* Ce plan eft conforme à celui qui fuit, qui rendra d’une maniéré plus diftinéb le moyen d’armer les dix lifles pour cinq.
- 1 4 *
- OOO
- K
- 5 3
- O O
- 1
- O
- 4 i 5
- OOO
- L
- 3
- o
- Ce Plan d’armure eft fait aufli en deux corps K Sc L. On voit que les Chiffres 1, 1, font chacun fur le premier zéro de > chaque corps ; que ceux 3Ly 2, font fur le troifieme, & ainfi des autres*
- Si par halàrd on çhangeoit de façon d’armer fur un corps, il faudroit en faire de même fur l’autre, c’eft-à-dire, que fi on vouloir commencer l’armure fur un corps par la fécondé, troifieme &c. lifles, il faudroit fiir le fécond corn* mencer par la même, Sc c,
- Çe que je recommande eft de pratique. Je naî jamais examiné C, en en ufant autrement, il en réfulteroit quelque inconvénient pour le Satin ; mais on fortiroit du Satin ordinaire à cinq liffés.
- Il feroit poffible, en armant de deux manieras les deux corps de lifles, quo l’effet du Satin fut même plus beau que le Satin à cinq Üflés ordinaire J car j’ai vu un genre de Satin qui m’a paru mériter l’attention du Fabriquant, qui, autant que j’en ai pu juger, étoit fabriqué fur deux corps de liflés,
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- 57* L’ART DES ÉTOFFES DE S 01 El
- dont un étoit fous une armure, 8c l’autre fous une armure différente ; oü du moins fi farmure des deux corps eft la même, on ne les a pas fait commencer enfomble par la même iiffe. Je n’ai pu voir qu’un échantillon de ce Satin : je l’ai examiné au microfcope ; mais il ne m’a pas été permis de le décompofer ; c eft pourquoi je ne faurois en rien dire de plus.
- Il n’eft point d’étoffe plus difficile à décompofer que le Satin, à caufe dâ l’apprêt qu’on y donne. Cet apprêt lie les parties fi intimement les unes aux autres, qu’en voulant les féparer pour les reconnoître, on les déchire le plus fouvent malgré qu’on ait la précaution d’humeéler l’étoffe avant que de la décompofer. Pour y parvenir , il faut l’effiloquer en tous fens, c’eft-à-dire, qu’il faut alternativement féparer un cours de trame & un cours de chaîne, jufqu’à ce qu’on ait une diftance convenable de l’un & de l’autre ; alors on écarte les duites & les fils de la chaîne , fans les féparer totalement : dans cet état, avec un microfcope, on voit de combien de duites les eftances font compofées ; car ce n’eft qu’à la faveur d’un microfcope qu’on peut parvenir a découvrir les différens tiffus qui compofent les étoffes de foie.
- Le hafard ma procuré un autre échantillon de Satin, qui m’a donné une peine extraordinaire pour découvrir la c^fe des effets qu’il produit. Le remet-tage eft fait à l’ordinaire, & cependant les effets font tels qu’au moyen de trois fortes de couleurs qu’on a mifes à la chaîne, on fait faire une petite mofaïque régulière dans toute l’étendue de l’étoffe. J’avoue que je n’avoîs aucune connoiffance de cette difpofition; mais par le moyen du microfcope & du dâijjage9 je fuis parvenu à connoître l’ordre de l’ourdiflàge, celui de l’armure, 8c le compte de peigne fur lequel on l’a fabriqué.
- Les trois couleurs qui compofent cet échantillon, font le noir, le jaune,1 8c le cramoifî. J’ai remarqué qu’on avoit obforvé un ordre fingulier dans l’ourdiffage, & qu’on avoit encantré fuivànt l’exemple qui fuit:
- A
- b
- jjjnnjjjcccccccc
- ccccccccjjjnnjjj
- a
- B
- Dans cet encantrage, chaque lettre qui indique un rochet j j9 &c. défigne les fils jaunes j cc9 8cc,\ font les fils cramoifîs ; & nnnn9 les fils noirs^ Onobferve en envergeant de faire paffer le premier fil'y du côté de A9 pour celui qui commence l’envergeage ; alors celui y , du côté de B, devient le dernier de la mufètte, de forte qu’en fuivant exactement cet ordre à toutes les mufettes, on trouve toujours deux fils jaunes l’un contre l’autre à la jonction
- b
- des mufettes ; alors néceffairement les fils c c font aufîi joints enfemble*
- «
- tandis
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- I
- Septïemë Section. L Part. Du Satin a, deux faces. ^73
- andIs que les autres font alternativement féparés, Sc dans Tordre ci- après ;
- jcjcjcncncjcjcjccjcjcjcncncjejcj
- ~a if de g h b
- Planché
- 6i\
- En joignant un nombre de fils à ceux défignés par ce fécond exemple, lei fils j j feront Tun contre Tautre, comme le font ceux c c. On obferve exac-
- a b à e
- tement de tourner la main à toutes les mufettes de montée feulement, ( Voyez Y Art d’ourdir les Chaînes, dans les Obfervations des Ourdijfages pour les Chaînes
- f'*. ' - •
- rayées") afin d’avoir toujours une partie de quinze fils, & Tautre de dix-fept* !
- entre les fils noirs, c’eft-à-dire, depuis le premier fil noir jufqu’au troifieme, "fy:
- & depuis le troifieme jufqu’au premier ; deforte que depuis le fil n jufqu’à ^ ^
- 7
- Celui c on compte dix-fept fils, Tun & Tautre inclus ; 3c depuis le fil n ail
- g h ?
- fil c on a quinze fils : ainfi dans toute la largeur de Tétoffe on a alternat!-
- .vement un nombre de dix-fept fils, & un de quinze. Par ce moyen dans • -
- toute la largeur de Tétoffe on doit faire régner toutes les mufettes qui la .compofent, comme celle que nous venons de voir. Il faut pour notre Satirt un peigne de 900 dents fur 20 pouces de largeur, dans lequel on met huit fils par dent, ce qui fait 7200 fils ; ce qui fait 22$ mufettes de trente-deux fils chacune, qu’on ourdit toutes égales en couleurs & en diftribution des fils.
- Par cette précaution, le Satin rend l’effet d’un deffin qui, au premier coup d’œil, femble avoir été exécuté par des lifles à jour artiftement difpofées*
- Il eft vrai qu’il faut faire l’armure fuivant le plan qui fuit :
- T 6 1 4 7 5 8 f
- ' QQQQQQQQ ‘
- Ce Plan eft different de celui que nous avons vu fur les Satins à huit liftes dont celui-ci dépend.
- Ce Satin eftfingulier dans fès effets; il eft très-joli, & propre à faire dès habits d’homme. Il doit fournir des moyens particuliers pour le concilier avec les étoffes façonnées à la marche, qui, comme on le verra, ne font prefque que des aiïèmblages de differents tiflus.
- ArtïcIé Sixième*
- Il neft pas nouveau d’exécuter des Satins à deux faces, c’eft-à-dire, à deux £55^^= côtés, Tun d’une couleur, & Tautre d’une autre, comme le font les draps de laine, qu’on voit écarlate d’un côté, & bleu de Tautre.
- Ce genre de Satin peut s’exécuter dans toutes les combinaifons des Satins Etoffes de Soie. VIL Part* F 7
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- Planche
- £2.
- 574 VART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- que nous avons vus dans les articles précédents ; ainfi on peut les faire depuis cinq iufqu’à dix lifles : alors chaque côté de l'étoffe aura un nombre de liffes convenable au genre de Satin qu’on voudra repréfenter. Si l’on veut faire un Satin à huit liffes d’un côté, il faut néceffairement que l’autre côté foit auflî à huit liffes : afin de pouvoir les accorder par le nombre des marches, il faut que la marche qui fait lever une des liffes du Satin qui fe fait en deffous, faffe en même temps defcendre une de celles qui forme celui du deffus, parce qu’on y emploie deux corps de remifle, comme nous l’avons vu pour les Draps de Soie, àla fin du Chapitre précédent : ainfi il s’agit d’ordonner le remettage, comme pour ces mêmes Draps de Soie. Il faut donc tenir un corps de lifles bas, & l’autre haut ; autrement il faudrait faire lever par chaque marche un nombre de liffes égal à celui qui conftitue le Satin.
- Je ne donnerai point de figures pour démontrer ces Satins: celles que j’ai données pour les Draps de Soie font fuffifantes. On doit faire le même arrange-^ ment aux corps de remiffe ; la différence confifte feulement dans les mouvements qu’on leur imprime : ici les armures doivent être faites pour des Satins, au lieu que les autres ont donné des Serges.
- Le double Satin doit etre fabriqué par deux corps de remifle y compofes de huit liffes chacun. Les fils a9b9 c9 d9 e9 f9 g9 k9 fig. i, font cenfés appar-tenir à un corps, & ceux i9 k> l9 m9 n9 o9 p9 q9 dépendent de l’autre. Suivant la pofition de notre tiffu, il eft néceffàire que les huit premiers fils indiqués foient du fécond corps de remifle, qui eft celui qu’on doit tenir élevé, Sc les autres paflent dans les liffes du premier corps qui eft tenu bas.
- Tous les'Satins de cette efpece doivent être fabriqués de même. Il faut donc que le remettage foit fait comme celui des Draps de Soie à deux corps de remiffe : ce n’eft pas qu’on ne les exécutât dans un remettage foivi ; mais ce feroit avec beaucoup plus de difficulté.
- Je ferai voir tous les Satins a double figure fous des plans d’armure fuivant ma méthode : ainfi le Satin à huit liffes dont nous nous occupons, doit être exécuté for le plan d’armure fuivant :
- I 4 7 Z 1 8 3 6
- O O O O O O O O O O O O O O o O
- I 4 7 Z 5 8 «3 6
- L’armure que ce plan repréfente, eft faite for un pris Sc deux laifles; conformément au tiffu repréfenté par la figure i, qui eft formé de deux cours feulement, un pour le deflus, Sc l’autre pour le deflous ; elle eft égale for chaque corps : c’eft par la montée Sc par la defcente qu’on fait mouvoir for chaque corps les liffes qui fo trouvent également placées.
- On peut faire ces Satins par des armures irrégulières ; on peut aufli ne pas fe feryir de la même armure pour un corps dont on s’eft fervi pour l’autre. Il
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- Seconde Section. î. Part. Du double Satin a dix UJfes. ÿ7S eft encore indifférent de donner une armure irrégulière à l’un , & une régulière à Tautre : ainfi en fe fervant des plans d’armure que j’ai donnés pour les Satins Planche ordinaires, on peut les exécuter fur les Satins à deux faces , un d’une façon ,
- & l’autre de l’autre.
- JDu double Satin a dix lijjes•
- Le double Satin à dix liffes préfente un tiffu de deux Satins l’un fur l’autre * dont chacun eft tel que celui qu’on a vu dans le commencement de ce Chapitre* Ils font joints l’un à l’autre par les mêmes duites, & cependant on peut les faire de deux couleurs * comme je l’ai dit du Satin précédent. L’armure du plan qui fuit * eft propre à fa fabrication*
- C D
- î 1 8 $ 1 9 6 3 i° 7 4
- 0 0 0 Û O 0 O O O O O O 1 8 O 5 O O î 9 O 6 O O 3 10 O O 7 4
- On voit que ce plan eft fait pour les deux corps de remiflè, & fut un pris Sc deux laiffés : ainfi cette armure eft régulière. On peut fbrtir de cette armure , ou en faire plufieurs irrégulières • mais dans tous les cas on aura un tiflu ou chaque deux fils feront comme ceux A, B> de la figure 2 qui les repréfente de profil : ces deux fils font contenus par les duites r9 r, r3 &c. Sc Celles s9 t, les lient fur les autres. Le nombre des duites qu’on y voit, fuppofe deux cours, dont les premiers lient c es deux fils au corps de l’étoffe : les autres fils qui la compofent, font liés par d’autres duites fucceffivement & fuivant l’ordre indiqué par le plan ci-deflus.
- La lifte i du corps C fe meut avec celle i du corps B : elles produifent Ÿeffet des deux fils repréfentés par la figure 2 : en fuivant les fils des cours dans l’ordre de l’armure , on trouvera que les liflès 2,2 produifent le même effet, & font liés par les troifiemes duites /, de chaque cours de notre figure 2 , tandis que ceux-ci le font par celles s9 t: il en fera de, même des fils 3,3,4, 4 , &c. jufqu’à ceux 10,10 , pour enfuite recommencer.
- Si l’on vouloit exécuter un Satin double, dont un côté fût fait par une armure régulière, & l’autre par une armure irrégulière, les fils qui defèen-droient & qui monteroient par une même marche rendroient bien le même effet, & feroient liés par la même duite, mais ils ne fe trouveroient pas l’un à
- côté de l’autre. Voyez le plan ci-deflbus.
- y.
- 1 1 8 5 2, 9 6 2 10 7 4 O 9^
- OOOO O O O O O O O O O O O O O O
- 1 I 6 4 9 a 7 S 10 3 8
- L’armure marquée pour le corps de remiflè E eft régulière : elle eft fèrrM blable à celle du corps C du plan précédent ; mais celle du corps F eft irrégu** liere, de forte que les fils qui defcendent & qui montent, ne fe trouvent
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- 62.
- $76 L’ART DES ETOFFES DE SOIE; jamais à côté l’un de l'autre, fi ce n’efl: à la derniere marche. Il en fera de Planche QU > qUeJque chGfe près, pour les armures quon oppofera pour les
- autres Satins : on pourra les éprouver en faifant des plans d’armure régulier & irréguliers, comme celui que nous venons de voir. Je me bornerai donc * à faire voir de profil le tiflfu des autres Satins ; je les repréfenterai tous fous les armures régulières.
- Du Satin double a neuf biffes;
- Pour exécuter le double Satin à neuf Mes, il faut deux corps de remifle de neuf liffes chacun. Son tiflu eft égal de chaque côté au Satin ordinaire à neuf lifles. Les fils C9 D9 fig. 3, repréfentent ce Satin vu de profil : on doit le fabriquer fous le plan d’armure qui fuit : •
- i $64197$ 3
- G' o o o o o o o o o
- 000000000 H
- 1864197$ 3
- Ce plan eft fait fur pr]s gç trois laifles 5 l’armure eft régulière & égale, tant fur le corps G, que fur celui JR • les deux fils font mus à côté l’un de l’autre.
- Du Satin double a fept liffes.
- L armure du Satin double à fept lifïes eft faite fuiyant le plan qu® voici ;
- 6 4 1 7 5 3
- O O O O O O OOOO I 6 4 i O 7 O 5 O 3
- Ce plan eft fait en armure régulière d’un pris & deux laifles ; elle produit le double tiflu repréfenté par les deux fils E, F, fig. 4, qui appartiennent à la1 troifieme lifle de l’un & de l’autre corps, puifque les duites v, v, v, qui les lient, font les troifîemes des cours que nous voyons.
- Du S 'atin double a Jix liffes.
- pn exécute le Satin double à fix lifles fuiyant ce plan d’armure x
- 1 4 6 1 5 3
- O O O 0 O O O 0 O 0 0 O
- 1 4 6 Z 5 3
- On doit fè fouvenir que j’ai fait remarquer dans l’article des Satins à fix lifles i qu’on étoit forcé de les exécuter fous des armures irrégulières ; ainfi on pourra les faire fous telles combinaifons qu’on jugera à propos : il faut éviter cependant toutes celles qui font dans le cas de faire lever de fuite un fil à côté de l’autre ; ce qui doit s’entendre des lifles voifines.
- Ce plan d’armure^donnera le tiflu repréfenté par les deux fils G% H, fig. $9
- qui
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-
-
- Septième Section. î. Part. Des Satins doubles a cinq lijjes. fjj
- qui fuppofent les deux quatrièmes du cours de chaque corps de remifle, attendu * qu'ils font liés par les duites 'OC ^ OC 2 oc ^ qui font paflees , lorfque les lifles fuppofées par les zéros 2, du plan ci-deflus font mifes en mouvement»
- Des Satins doubles a cinq lijjes.
- Avec un Satin ordinaire à dix liiïes, on pourroit faire le double Satin à cinq lifles ; il fuffit de favoir donner aux lifles un ordre de montée de. dô1 defeente conforme au tiflu qu’on veut obtenir : alors il faut faire le plan d’armure tel que celui qui fuit:
- t ' z î 3
- OOOO OOOOOO 1 4_____* . 5___3
- Ce plan d’armure qui n’eft connu que de très-peu d’Ouvriers, tend l’effet du double corps de remifle: il faut même, pour économifer les eftrivieres, que les lifles indiquées par le plan fous les zéros, foient tenues hautes, à moins qu’on ne voulût faire monter cinq lifles à la fois par chaque marche* ce qui feroit vingt-cinq eftrivieres, au lieu que dix doivent fufîire.
- J ai dit qu’on pouvoir faire ce Satin avec la dîipofltion ordinaire de ceux à dix lifles, fans être obligé Je remonter un métier exprès : on peut auflî l’exécuter fur la diipofition des doubles Satins à dix lifles que nous avons vue ci-deflfus ; il fuffit de doubler l’armure fur chaque corps de remifle, comme je l’ai fait obferver dans l’article des Satins à cinq lifles exécutés par dix, Sec, ' <
- Pour monter un double Satin à cinq liiïes fuivant fordre qui lui convient, on en fera le remettage en deux corps de remifle, comme potjr les autres Satins doubles que nous venons de voir, & on fuiyra le plan d’armure que voici: ;
- I 4 2, î 3 00000 0 0 OOO
- x 4 1 5. 3
- Le tiflu qui en réfultera, eft repréfenté par les fils /, if, jig* qui font les deux derniers du cours, attendu qu’ils font liés par les duites y.y y> y, y$ Incorporées dans l’étoffe par les lifles cotées 3 * 3, de chaque corps. On fuppolè qu’ils font les derniers des cours, à caufe de leur pofition apparente ; car dans le fond du tiflu, ces deux fils font cenfés liés par les lifles indiquées fur le plan ci-deflus.par les zéros marqués 5,5, attendu que ce font les dernieres lifles mifes en mouvement par la cinquième marche du cours. On peut établir pour réglé confiante que, dans les combinaifons des Satins tant doubles qu’ordinaires, il faut favoir fi c’eft des fils de la chaîne dont on parle, ou des duites de la trame. Si on parle des fils, il faut fuivre leur mouvement fuivant la montée Se la defeente des lifles ; au lieu que pour les duites de Étoffes de Soie, VIL Part. . G 7
- -• •* ~ - * -I'—'*-iVa!
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- '62%
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- 578 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. la trame, on doit les regarder Tune après l'autre. On verra donc foivant le plan ^L^CHE d’armure ci-deflus, que la cinquième duite de chaque cours eft pallée fous les mouvements des quatrièmes liftes, puifque les chiffres y, y, font placés également deffus ou deflous la même liffe fur chaque corps.
- Du Satin Serge.
- On doit s’être apperçu par les difpofitions des doubles Satins ; Sc par ce que j’ai dit, qu’on pouvoit faire telle armure qu’on jugeroit à propos fur chacun des corps de remiffe ; qu’on pouvoit auffi faire une armure de Serge à un des deux corps, tandis que l’autre foroit Satin. Le plan d’armure fuivant nous donnera le deflous de l’étoffe en Satin, & le deflus en Serge ;
- T 14715 8 36
- •’-'oooooooo
- M
- 00000000
- 1 i 3 4 1 1 3 4
- La difpofition de ce Plan eft un double corps de remiffe pour un Satin double à huit liftés. Le corps L fera un Satin à huit liftes en-deflous d’une armure régulière, tandis que le corps M fera en-deflus une Serge à quatre liflèsJ Par ce plan on voit que lorfqu’on fait mout«f line des liftes du corps L, il faut en faire defcendre deux de celui M : on pourroit néanmoins n’en faire defcendre qu’une ; alors la Serge qui en réfulteroit feroit à huit liftes. On pourroit encore en faire defcendre deux dans un ordre différent pour obtenir l’effet du croifé de Soie pour doublure, ce qui s’exécuteroit en en faifinc defcendre les liftes a, a, & fuivre jufqu’à la fin du cours , en les changeant à chaque marche.
- Je ne rapporterai pas tous les exemples qui pourroient réfulter des combinaifons poflibles fur les doubles Satins, elles iroient prefque à l’infini: je dirai feulement qu’on peut concilier toutes les armures des Serges farinées , & autres qui ont été traitées dans le Chapitre précédent, lorfque le nombre des liftes qui les compofe chacune en particulier, peut s’accorder avec celui des liftes qui fervent à fabriquer les Satins doubles dont nous nous occupons. Par exemple, les Serges à cinq liftes font analogues aux Satins à cinq & à dix liftes ; celles à quatre liftes font d’accord avec celles à huit, comme celles à trois liftes peuvent être exécutées fur les Satins à neuf & à dix lifïèsJ La même réglé a lieu pour tous les nombres de liftes qui font contenus dans un nombre plus grand, &c.
- Il eft aifé de fentir que, par le moyen de ces combinaifons, on peut trouver des tiflus à l’infini. Tous ceux que j’ai rapportés, ont été exécutés dans nos Manufactures de France ; j’en paffe même fous filence une grande quantité qu’on peut comprendre aifément par ceux que j’ai expliqués.
- y
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- Septième Section. I, Paut. Du Satin Serge* yyp
- Àvanc que de terminer cet article des Satins doubles, je dois faire remarquer que tous ceux qu’on fabrique à nombre de liifes pair fur chaque corps dere-* miffe peuvent être faits Taffetas ou Gros-de-Tours d’un côté , & Satin de fautre. Voici larmure qu’on doit y employert
- Planché
- P
- 00000000 OOOOOOOO
- ,N I2.IZI2.XZ
- Le plan d’armure qu’on voit ici, eft encore pour un Satin à huit liffes ; il eft -divifé en deux corps, dont celui iVfait le Satin, Sc celui P fait le Taffetas ou le Gros-de-Tours. Il pourroit bien arriver que la couleur du Gros-de-Tours fe fît voir dans le fond du Satin, ainfi que celle du Satin dans le fond du Gros-de-Tours, fi on vouloir les faire de couleur oppofée; & quand même ils feroient tous les deux de même couleur, il s’y trouveroit encore une imper* feétion, qu’on doit prévenir en s’y prenant de la maniéré fuivante.
- Il faut avoir deux navettes, l’une dont la duite foit fine, & l’autre plus grofle, comme deux brins de trame pour la duite fine, & cinq ou fix pour la plus grofle * alors on fait monter une des liffes du Satin, Sc on fait defcendre une de celles du Gros-de-Tours qui font marquées i9 i* lur ce mouvement on^
- paffe la navette à duite fine ; enfuite on fait defcendre ces quatre lifles, & fans en faire monter aucune du Satin, on paffe la grofle duite de trame pour le fécond coup : en faifànt monter une liffe de Satin, on fait defcendre une des liffes marquées 2,2, 2,2, pour paffer une fécondé fois la duite fine; Sc pour paffer une fécondé fois la grofle duite, on fait defcendre feulement les quatre liffes que je viens d’indiquer: on continue ainfi dans le même ordre, obfervant qu’il faut feize marches pour y parvenir.
- On doit alors avoir foin de mettre deux chaînes féparées, une pour le Gros-de- Tours, & l’autre pour le Satin, parce que la première s’éboit davantage que la fécondé, à caufe de la grofleur de la trame qui s’y incorpore , & parce que la croifure des fils eft plus multipliée dans le Taffetas que dans le Satin.
- Il faut prendre la même précaution toutes les fois qu’on voudra faire d’un côté une étoffe fenfiblement oppofée à l’autre.
- On peut donner à l’étoffe dont nous venons de parler, le nom de Satin-Gros-de-Tours ou de Satin-Taffetas, obfervant que, pour le faire Taffetas, il n’y a de différence que celle de ne point mettre la trame qui le conftitue à un auffi grand nombre de brins que celle qui fait le Gros-de-Tours ; on pourra la mettre femblable à celle qui fait le Satjn.
- Je ne dois pas oublier de faire remarquer que, pour la grofleur de la trame * du Gros-de-Tours, il peut arriver que les eftances du Satin foient trop longues ;
- (
- r
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-
-
- I
- Planche
- 62.
- 580 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE.
- : alors on fe réftreint à faire un Satin à fix liflès, ou bien on paffe deux coups de Satin pour un coup de Gros-de-Tours. Par ce moyen les eftances fe trouvent réduites à moitié de ce qu’elles feroient. Pour cet effet* il faut que l’armure ait un tiers de marches en fus du nombre qu’il en faut pour conftituer le Satin; c’eft-à-dire* que, fi c’eft un Satin à huit Mes qu’on exécute, on mettra douze marches*
- *
- Article Septième;
- Du double Satin deffus & dejjous, formant deux Etoffes fépàréeS.
- Le Satin double dont il me refte à parler efl: très-curieux. U fe fait deffus & deflous, comme ceux que nous venons de voir ; mais les deux Etoffes font féparées l’une de l’autre ; elles ne font réunies que par les lifieres. Si on ferme ces deux pièces par un bout, elles forment un fac fans couture par les contours des duites de la trame. La figure 7 repréfente ce tiflu où on remarque que les fils a a, b b, c c, d d, e e9 f g g* h A, font deux cours qui conftituent le Satin par delîus, & ceux i i, k k, l /, m m, nn3 o 0, p p, q q9 le for«vent en deffous ; les duites r9 r9 r3 Sec, font incorporées dans le Satin du defius, fans avoir de commun avec celui dut deffous que par les lifieres, comme il eft marqué en t, t9 t> &c. En fuivant la direélion de toutes ces duites, on voit qu’elles forment le Satin qui effc en deffous; ainfi il faut regarder les repliemens r, r, t9 r, 8cc. comme une des lifieres. Ordinairement les lifieres de ces doubles Satins font faites en Taffetas ; conféquemment il faut mettre deux fauffes lilîes pour en former le tiffu. Les lifieres qu’on deftine pour la partie de la chaîne qui fait le Satin du deffus, ne forment qu’un corps avec celles qui appartiennent à la partie de chaîne qui fait le Satin du deffous par un croifement continuel de Taffetas; Pour parvenir à exécuter ces lifieres, on tient une des fauffes liffes bafle i 8c l’autre haute ; conformément aux deux corps de remiflè, on fait lever une de ces Mes, & defcendre l’autre alternativement, alprs la trame s’incorpore dans les lifieres comme elles doivent être.
- L’armure de ce Satin doit avoir autant de marches que de liflès ; ainfi celui que nous venons de voir efl: feul fait ftir feize lifles, huit à chaque corps: il faut feize marches, dont une fait defcendre une liflè, & l’autre en fait monter une alternativement. Tous les autres Satins de ce genre font fabriqués de même, 8c ont un nombre de marches égal à celui des lilîes.
- Si on vouloit apporter toute la précaution nécelîàire à cette Etoffe , on ne mettroit point de lifieres, 8c alors elle paroîtroit plus particulière, en ce que tout le tour ne formeroit qu’un feul Satin où on ne reconnoîtroit pas le moyen qu’on a employé pour fa fabrication.
- 'Article
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- Septième Sect. J. Part. Obfervaùons fur la fabrique des Satins* y8î
- Article Huitième.
- Obfervation fur la maniéré de fabriquer tous les Satins contenus - dam ce
- Chapitre*
- Nous avons vu dans les Articles précédens les difpofitions des métiers, oil plutôt celles des lilTes pour la fabrication des Satins ; j y ai décrit toutes leurs armures, mais je n’ai point parlé de la maniéré de les fabriquer. Perfonne n’ignore quon fait des Satins en plufieurs largeurs, en différents comptes de peignes, & qu’on varie confidérablement dans le nombre des fils qu’on met aux, chaînes & dans la grofïeur de la trame. Cette différence eft fi confidérable, que, dans les Satins fabriqués en largeur de d’aune, on en trouve depuis une once l’aune, jufqu’à quatre onces & au-delà.
- Pour les Satins légers, depuis une once & demie ou environ, on emploie des chaînes depuis quarante-cinq portées jufqu’à quatre-vingt ; & pour les plus forts, jufqu’au poids de quatre onces & demie ou environ, on met les chaînes depuis quatre-vingt portées jufqu’à cent-dix, & quelquefois on les porte à cent-*, vingt. /
- Je ne parle ici que des Satins ordinaires ; car ceux qui font Satins deffus & deffous, font extraordinaires ; j’en parlerai auffi inceffamment.
- Pour obtenir les Satins ordinaires du poids qu’on les veut, il faut combiner le poids de la chaîne avec celui de la trame : pour les Satins d’une once $ il faut mettre demi-once de chaîne par aune, & demi-once de trame. Il faut donc que l’une & l’autre foient bien fines. On ne met qu’un feul brin ' de trame, & on fe fert d’un battant très-léger ; & pour les fabriquer plus également, on emploie un battant à cliquettes, comme celui fig. 8, PL io, au moyen duquel on peut régler la force du Satin jufqu’à deux onces & demie* il s’agit feulement d’augmenter ou de diminuer la force de ce battant, en montant ou en defcendant les cordes a a> qui lient les cliquettes r r contre les lames E E. Voyez ce que j’en ai dit dans la defcription de ce battant.
- Pour augmenter la force des Satins jufqu’au poids de deux onces & demie ou trois onces, il ne faut pas augmenter la trame en raifon de la chaîne ; il faut au contraire donner toujours plus à la chaîne qu’à la trame, foit en nombre des fils, foit en groffeur des brins, en fe fervant toujours des battants légers.
- Quant aux Satins forts, après avoir mis une chaîne depuis quatre-vingt, jufqu’à cent-vingt portées, fi on le juge à propos, il faut d’un côté tramer gros, & de l’autre employer des battants d’une force convenable, afin que les Satins foient plus épais.
- On peut juger de la différence qu’il y a entre les Satins, par les différent!
- Etoffes de Soie , FIL Part. H y
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- ET’uir-.irim—i
- Planche
- 62.
- 582 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- prix qu’on y met à la vente ; on en trouve depuis quatre livres l’aune jufqu’à
- dix-huit livres.
- Il n’eft donc pas poffible de déterminer la groffeur du brin qu’on doit mettre aux chaînes ; il faut que les Fabriquants la combinent fur le nombre des fils qu’ils veulent y mettre , & fur la force du Satin qu’ils veulent faire fabriquer.
- Jufqu’à préfent on a toujours préféré les organfins de pays à ceux de Piémont pour les chaînes des Satins ; mais on eft tombé dans un inconvénient qui rend ces Satins beaucoup moins beaux que fi on y avoit employé les organfins de Piémont ; c’eft que l’organfin qu’on y emploie n’a pas affez d’apprêt. On voit ’auffi en général que la fiirface de ces Satins efl: cotonneufe : il faut donc choifir un organfin de pays d’un fort apprêt, ou préférer celui de Piémont.
- Quant aux trames qu’on emploie pour le tillu des Satins, plus la chaîne efl légère, & plus on doit fe piquer de mettre une trame non-feulement fine, mais unie: on peut employer de la Soie fort inférieure pour les Satins forts, parce que cette Soie ne doit point y paroître.
- On fait des Satins tramés de fil ; on en trame auffi en filofelle, & d’autres fenfin en coton. Comme ces matières fourniflent généralement des brins plus gros que la Soie, on ne les emploie qu'à Satins à cinq & à fix Mes, afin que les eftances ne* fbient pas trop longues ; cependant on y déroge quelquefois.1
- Tous les Satins extraordinaires doivent être forts, parce qu’ils ne font pas fufceptibles d’être apprêtés; au-lieu que les Satins ordinaires, depuis une once jufqu’à trois, reçoivent un apprêt, ainfi que nous le verrons dans le Chapitre fuivant.
- !'
- I
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- CHAPITRE QUATRIEME,
- De la maniéré d!apprêter les Satins.
- La fabrication des Satins jufqu’au» poids de trois onces ou trois onces & demie, ne donne pas à cette Etoffe une confiftance affez forte, ni un maniement convenable pour en faciliter la vente. Plus les Satins font légers, & moins ils ont de fermeté ; ainfi lorfqu ils lortent de la main de l'Ouvrier, ils font plus molaffes que le linge le plus fin & le plus ufé ; les parties de la chaîne font à peine contenues par la trame, & fouvent tout le long d’une piece ce ne font que des Entrebats. On appelle ainfi des intervalles qui fe trouvent entre quelques duites dè trame jointes & d’autres duites auffi jointes, c’efl>à-dire, que l’Ouvrier ferre quelquefois les duites plus qu’elles ne doivent l’être ; & pour regagner enfuite l’efpace qu’il a perdu en ferrant trop, il efl: forcé de laiffer un autre efpace fans trame pour compenfer celui qui efl: trop joint afin que l’Etoffe ne devienne pas plus lourde qu elle ne doit etre. Quand ces Satins font ainfi cutrc-batus, il neft pas poffible de les apprêter comme il faut, fans auparavant avoir rapproché les duites de la trame à égale diflance? ou à peu-près, Pour y parvenir, on paffe fur l’envers de l’Etoffe une vergette à poil un peu rude, ce qui diftribue les duites comme, fi le battant les avoir réglées.
- Il y a des Ouvriers qui ont pour méthode de tirer Voreille. Cette opéra-' tion confifte à prendre l’Étoffe par les deux lifieres à une diftance à peu-près t égale à la largeur du Satin, & portant une main fur un angle, &; l’autre fur l’angle oppofé en diagonale, ils tirent l’Etoffe comme fi on vouloir écarter les deux pointes d’un triangle * après quoi l’Ouvrier prend les deux pointes oppo-fées du même quarré pour en faire autant. Par ce moyen les duites de trame font forcées de prendre leur droite ligne, & de s’efpacer également. Cette façon de régler les duites efl plus sûre 8c plus parfaite que de fe fervir de la vergette & de tout autre moyen, fi ce n’eft de fabriquer parfaitement', & de régler les duites dé trame par les coups de battant.
- C’eft d’après ces précautions qui ne conviennent qu’aux Satins les plus légers qu’on les donne à apprêter.
- L’apprêt des Satins confifte à leur donner un maniement carteux. On leur procure ce maniement au moyen d’un collage qu’on y applique avec tout l’art & toute la délicateffe poffible.
- Il y a beaucoup d’Apprêteurs de Satin & d’autres Etoffes de Soie légères qui en font fufceptibles, Quelquefois ,ce font les Fabriquants eux-mêmes
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- 584 VART DES ETOFFES DE SOIE.
- qui apprêtent ; mais comme ces apprêts ne fe donnent parfaitement qu’autant qu’on en a une expérience confommée, pour conferver le luftre de la Soie, communément on laifle cette partie à des Ouvriers qui ne s’occupent que de ce travail, . ' f
- Chaque Apprêteur a fon fecret pour la compofition du collage. Le meilleur eft celui qui colle le plus fort, fans altérer la beauté des couleurs : c’eft-là le grand point, & ceft ce que chacun croitpofleder au«de!Tus de fon confrère.
- J’ai tâché de me procurer plufieurs recettes : je ne fais pas fi elles m’ont été toutes données fidèlement ; je fuis cependant certain qu’il y en a quelques-unes qui m’ont paru ne rien changer au luftre de la Soie, & que j’ai éprouvées moi-même.
- Différentes Recettes pour le Collage de VApprêt quon donne aux Satins♦ *
- Moitié colle de poîflon bien fondue, Sc moitié gomme adragan.
- On met auflï la gomme arabique avec’ la colle de poiflon.
- On fe fert de la colle forte avec les gonuuce ^Qnt je viens de parler ; on choifit pour cela la plus fine, qu’on appelle colle d’Angleterre.
- On donne l’apprêt avec de l’eau de riz dans laquelle on fait fondre la gomme adragan ou la gomme arabique.
- On mêle cette même eau de riz avec la colle de poiflon ou avec la colle (d’Angleterre.
- On fè fert encore de la graine de lin, c eft-à-dire, de l’eau dans laquelle on la fait bouillir ; puis on joint ou une des gommes dont nous venons de parler, ou bien de la colle : quelquefois on la joint feulement à l’eau de riz.
- On fè fert d’eau d’amidon mêlée avec une des gommes adragan ou arabique.
- On fè fert quelquefois de la colle de poiflon toute feule, de même que des gommes & des colles-fortes.
- On emploie auffi la colle de peau de gant.
- On mêle d’autres fois deux des colles enfemble.'
- De toutes ces mixtions, celles qui m’ont paru les meilleures, font les colles de poiflon mêlées avec la gomme adragan ; néanmoins je m’abftiendrai de décider, parce qu’il faut néceflairement connoître les qualités des Satins où il faut les employer. Plus un Satin eft mince, plus il faut que la colle ait de confiftance, afin quelle ne pénétré pas du côté de l’endroit de l’étoffe, ~ ( car ceft du côté de l’envers qu’on le colle ), & que, fi par hafard elle y parvient, elle ne puiflè pas le tacher.
- C’eft
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- Septième Sect. I* Part. Recettes pour le Collage de ïApprêt des Satins* j>8y
- C’efl à lexpérience à apprendre le degré de force qu’on doit donner au collage. Auflî les Apprêteurs les plus confommés ne hafardent jamais leur colle , fans auparavant l’avoir éprouvée fur un bout de l’Etoffe* Ce n’efl; que par cette attention qu’ils parviennent au point de perfedtion convenable* Cette précaution leur eft d’autant plus utile, que chaque jour ils ont à apprêter des qualités différentes de Satin : or il n’efl: pas poffible de mettre la même dofe de colle à chacun ; il faut ou en augmenter, ou en diminuer la force.
- Article Premier.
- Des Moyens qu il faut obferver pour pofer fur les Satins les mixtions de Colle
- dont on fe firt pour les apprêter.
- Pour apprêter le Satin, il faut néceffairement que l’Etoffe foit tendue en tous fes fens, c’eft-à-dire, en largeur & en longueur. On doit même obferver que la chaîne {bit d’équerre avec la trame* Pour y parvenir, on a imaginé un métier dont la conftruétion foit propre à faciliter cet arrangement*
- La figure i, Planche 63, repréfente un de ces métiers, tel qu’il ÿ eh a un à Paris chez un Fabriquant d’Etoffes de Soie, qui apprête lui-même tous fes Satins (æ).
- Ce Métier eft d'environ n pieds de longueur fur 4 pieds de largeur, 3c 3 pieds 6 pouces de hauteur. Il efl: compofé de fix pieds Ay A3 B9 B9 C, Z), aflemblés par le bas au moyen des traverfes E9 E9 F, Fy fur la longueur, & de celles G, G, iZ, fur la largeur : ces fix pieds & les quatre traverfes E9 Ey F y F y font forts, ainfi que celles /, K y qui affemblent chacune par le haut trois de ces pieds, & qui forment les deux côtés du métier. Les trois traverfes Z, M9 N9 pour donner plus de folidité à ce bâti de bois, font affemblées aux pieds du métier par le haut, à environ 3 pduces au-deffous du bord fupérieur des grandes traverfes /, K > où on apperçoit que les pieds forment un épaulement de 2 pouces qui fe trouve de niveau avec le deflus des traverfes L, M, N*
- A chaque extrémité du métier ëfl: placé un enfuple 0, P9 portés chacuh
- par deux crochets de fer a9 a9 dans lefquels tournent leurs tourillons aufïï'de
- fer b9 b : ces crochets font plantés dans l’épaiffeur des pieds du métier A9 A9
- B y B y deux à chaque enfuple ; mais le point de vue de la figure ne permet
- pas de voir ceux de l’autre bout du métier. Ces enfuples font faits commé
- les enfuples de derrière dont on fe fort pour la fabrication des Etoffes ; mais
- ils font garnis d’un côté chacun d’une roulette dentée c c, en forme de
- xochet, dans les dents duquel prennent les chiens dd9 pour tendre l’Etoffe
- convenablement. On fe fort pour cet effet d’une cheville de bois, fîg. 2 $
- >
- (a) C eft chez M. Conventà pere tue neuve S. Laurent, à la Ville d’Anvers.
- Etoffes joe Soie. VIL Part, I 7
- Planche
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- ÉTW.m iwiüùaatfil—MB
- Planche
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- 58Ô L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- 1 ou d’une de fer, fig. 3, à chaque bout du métier, pour n’être pas obligé de les tranlporter.
- Les grandes traverfes Q, R 9 font appellées Rames. Elles pofent fur les traverfes L, M, N, fur lefquelles on les fait mouvoir dans le fens de la largeur du métier. Elles font chacune compofées de deux pièces qui forment une efpece de boîte au moyen d’une feuillure pratiquée à chacune fur fi longueur. Ces deux pièces font jointes l’une à l’autre par les charnières e e e e pour la rame Q, & de celles f f f f pour celle R.
- Par le moyen de ces charnières, les deux pièces de bois dont efl compofée chacune des rames, s’ouvre fe ferme à volonté.
- La partie S, fig. 4, de la rame, efl: une longue tringle de bois qu’on place deffous ; c’eft elle qui pofe fur les traverfes L, M, N : le rebord g inférieur de cette piece efl garni tout au long de pointes d’aiguilles placées fur une même ligne, plantées folidement & à égale diftance, d’environ un demi-pouce; d’ailleurs plus elles font rapprochées, plus l’étoife efl retenue folidement. Il faut que ces aiguilles foient placées au milieu de la largeur du rebord, & de maniéré que la partie extérieure fe trouve a(fez large pour que le rebord h de la piece en fermant la rame, renferme les pointes d’aiguilles fans les toucher : il faut encore que la fiillie de cea pointes ne porte pas il haut que le rebord i de la piece S, afin que celui k de la piece T ne les émoufle & ne les courbe pas fous la traverfe T qui fert de couverture : lorfqu’on met ces rames en travail, on rifqueroit de fe piquer les mains, au lieu qu’on en efl garanti par le rebord i qui-doit excéder, au moins d’un bon demi-pouce, la hauteur des pointes. Cette figure 4 fait voir la rame ouverte à demi; mais on l’ouvre en entier, quand on veut placer une longueur de Satin.
- Lorfqu’on veut apprêter les Satins, on en attache les lifieres aux pointes des aiguilles qui les contiennent très - folidement.
- L’Apprêteur prépare le Satin, en le roulant fur un des enfuples O, P9 indifféremment : il a foin de choifir celui dont la pofition lui efl la plus favorable pour la clarté & félon le local : il faut encore que l’Etoffe foit roulée auffi droite que l’Ouvrier la roule en la fabriquant ; car on ne donne les Satins à apprêter qu’après les avoir aunés, pour en payer la façon. Du foin de bien rouler l’Etoffe, dépend en partie la perfection de l’apprêt. Auffi emploie-t-on, pour la rouler comme il faut, des moyens dont je parlerai bientôt.
- Quand on a placé l’Etoffe fur un des enfuples, on le met à fi place ; on é tend une longueur, & on en met en taque le bout à l’autre enfûple, comme le font les Ouvriers qui fabriquent. Voyez la figure y, qui repréfente le haut du métier fur lequel efl une piece prête à recevoir l’apprêt. ( On peut auffi confulter l’Article de YEntaquage ). On tend cette longueur autant qu’il en efl befoin, pour que l’Etoffe ne puiffe ni fléchir, ni former aucun pli.
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- SEPTIEME Sëct. I. Fart. Maniéré de pofer les Colles fur les Satins* 587 Dans cet état on avance les rames V X9 toutes ouvertes jufque fous les bords de l’Etoffe, ou de façon que les lifieres puiffent porter fur les pointes d ai* FUNCMà guilles, afin de les y accrocher : lorfque toutes les pointes font piquées , on J ferme les rames, Sc on les aflujettit après les avoir tirées également dans toute leur longueur, du côté des grandes traverfes du métier, de la maniéré qu’on va voir. {
- A la partie inférieure de la rame V font plantés trois pitons qu’on peut Voir en /, /, /, fig. 6 9 Sc qu’on ne làuroit appercevoir fur cette figure, dans lefquels paffent de groffes ficelles m , m9 m9 pliées en deux ou trois ; les bouts de ces ficelles paffent enfoite dans les trous n9 n9 n9 Sc on les lie aux pitons 0, 0, 0, qui font plantés dans la grande traverfe F, afin d’arrêter la rame A à une diftance déterminée de cette derniere traverfe. On obferve que cette diftance foit égale par les deux bouts, Sc fur le milieu ; car quand on craint que la rame ne plie, au lieu de ne mettre que trois ficelles , on . en met cinq. On a foin que la rangée des pointes qui eft à la rame, fuive la lifiere de l’Etoffe dans le milieu de là largeur ; quelquefois cependant on les pique entre la lifiere Sc l’Etoffe ; mais il eft eflentiel, en fixant la rame, que la lifiere conferve la droite ligne avec ce qu* en refte for l’enfople qui contient l’Etoffe, Sc ce qui fo place fur celle qui doit la recevoir, a me fore qu’elle eft apprêtée. On deftine un des deux enfoples pour l’Etoffe làns apprêt % ;
- Sc l’autre pour recevoir les longueurs à mefore qu’elles font apprêtées.
- 1 Quand on a fixé la première rame, on détermine la tenfion qu’on veut donner à la largeur du Satin par la fécondé rame. On y parvient par le fecours des trois tringles de bois B , B, B, fig. 5, folidement affemblées avec la partie inférieure de la rame X. Ce font les trois’ mêmes pièces qu’on voit en p j p9 p, fig• 1 ; elles paffent dans des mortaifes pratiquées pour cela aux traverfes I de cette figure , Sc dans celles C de notre figure y. Par ce moyen, on tend l’Etoffe dans fà largeur, Sc on fixe la rame en mettant , les petites chevilles y, y, y, dans un des trous pratiqués for la largeur des tringles, Sc multipliés de telle maniéré qu’on peut varier la tenfion julqu’à une ligne.
- On a foin d’attacher les petites chevilles à des ficelles r, ry r9 afin de ne les point égarer ; & pour plus de sûreté, on lie les ficelles aux petits pitons à œil s 9 s, s9 plantés à la grande traverfe C. Quand on détend une longueur apprêtée, on* retire ces chevilles, Sc on les laiffe pendre,, comme on les voit, en t9 t9 t9 fig. 1.
- Quand on a tendu une longueur de Satin en tous fens , comme nous venons de le voir, on paffe une éponge imbibée de la colle, ou de la mixtion qu’on a préparée pour l’apprêt, for cette longueur, Sc très - également, avec une certaine légéreté, afin que les frottements ne puiffent pas déranger les fils de la chaîne ’, ni les duites de la trame. Plus les Satins font minces,
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- Planche
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- 588 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. g & plus on doit avoir d’attention pour la légéreté des frottements, parce qu’un rien en dérange la texture.
- Après qu’on a collé une longueur, on la laifle fécher, & enfuite on la foule fur l’enfuple deftiné à la recevoir, & on continue cette opération tant que dure la pièce de Satin. Si cette piece ne fournit pas exactement les longueurs du métier, & que la derniere longueur ne vienne pas d’un bout du métier à l’autre, on laifle étendue une* partie de la longueur qui vient d’être apprêtée, afin que le bout de l’Etoffe forte un peu en dehors de la longueur des rames, pour pouvoir la pincer avec une faufle rame, jîg. 7, qu’on fait porter contre le bout des grandes rames ; & de crainte qu’en tendant l’Etoffe, cette faufle rame ne vacille, & ne fafle quelque tort à l’Etoffe, on l’aflujettit par les cordes v, x, qu’on roule fur l’enfuple , à peu-près comme on le pratique .pour mettre en corde la fin des chaînes. «Voyez les Planches 3^ & 36 , & ce que j’ai dit en cet endroit pour les Etoffes.
- On doit fèntir que la faufle rame dont je viens de parler, eft abfolument lèmblable aux grandes rames du métier , fig. 1 ; que fà partie inférieure eft armée de pointes d aiguilles * & que les deux parties enfemble le ferment & s’ouvrent par le moyen des deux charnières y 9 y.
- Tous les Apprêteurs ne fe fervent pas de la fauffe rame : quelques-uns arrêtent le bout de l’Etoffe avec la verge qui leur a fervi pour mettre en taque fur l’enfuple ; dans ce cas, les Fabriquants • ont foin de faire laiflèr à leurs Ouvriers ïentrebat qu’ils ont fait pour commencer leurs coupes ou leurs pièces, afin que les Apprêteurs ne fbient pas obligés de replier l’Etoffe fur la verge qu’ils mettent dans la rainure de l’enfuple : pour l’y retenir^ on coud cet entrebat fur la verge, lorfqu’on veut lui faire retenir le bout de la piece, pour ne pas fe fervir de la faufle rame. Quelquefois on néglige l’un & l’autre, & on n’arrête le bout de l’Etoffe, ni par la faufle rame, ni par la verge d’entaquage ; on fe contente de le bien tendre en écartant les grandes rames, de façon à ne point laifler lâcher la largeur de l’Etoffe fur la tirelle. Alors on laifle le bout de la piece au bout dei grandes rames, 8c on met fur l’enfuple tout ce qui a été apprêté ; alors le bout de la longueur apprêtée vient tout contre le bout des rames, afin que la colle qu’on met fur la nouvelle longueur joigne celle qu’on a mile à la derniere : c’eft ainfi qu’on en ufe à toutes les longueurs, afin qu’aucun efpace ne manque de colle. On doit auflï éviter de trop charger cette partie, parce que la colle mife fur la colle peut donner quelque défeéluofité au Satin. Pour prévenir cet inconvénient, on a foin de ne pofer la colle que légèrement au bout de la longueur du côté où l’on doit faire fuivre l’apprêt ; & quand on réunit la nouvelle colle à celle qui eft déjà féche, on y procédé avec la même légéreté ; autrement on voit fouyent dans les Satins des ombres qu’on
- prendroit
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- Septième Sect. I. Part. Maniéré de pofer les Colles fur les Satins; 589
- prendroit pour des taches qui ne proviennent que de la jonétion des deux r r Planche
- collages. 63 a
- L'ufàge de ne point arrêter le bout des Etoffes, rend cette partie dé-feétueufe ; ce qui fait que bièn fouvent les acheteurs ne veulent pas qu'on leur donne le chef, au lieu que, lorfqu'on a arrêté ces bouts foit avec une verge bien droite, foit avec la faufle rame, ce prétendu chef eft égal au^ refte de la piece ; on en coupe feulement la partie qui a été piquée ou roulée , celle qui eft féparée par l'entrebat, & on ne fauroit s’appercevoir fi la piece commence ou finit par-là, à moins que la tirelle ne refte, ce qui ne peut porter aucun préjudice à la vente, attendu que cette tirelle eft apprêtée elle-même comme le refte de la piece.
- Avant que de pafler à la defcription d'un fécond métier, je vais rapportée les moyens dont on fe fèrt pour mettre l'Etoffe qu'on doit apprêter fur un enfuple.
- Il y a des Apprêteurs qui mettent l'enfuple fur des cabres ou fur des chevalets 3 comme ceux que nous avons vus dans les pliages des chaînes ; Sc à mefure qu'une perfonne tourne l’enfuple, comme pour plier, l'autre tien
- le Satin par les lifieres pour l’étendre fur fa largeur, tandis que celui qui tourne, a foin de temps en temps de pafler la main fur 1 Etoffe a mefure qu elle fe roule, afin d’efïàcer les plis qui s'y forment. C'eft à celui qui tient l'Etoffe à faire attention que les lifieres fe roulent droites, afin que toute la largeur fe trouve roulée fur l'enfuple fur une même ligne : on a la même attention pour l'Etoffe apprêtée ; fi on la rouloit de travers, il fe formeroit des plis qui romproient l'apprêt du Satin, & qu’on ne fauroit effacer fans pafler un nouvel apprêt. 1
- La figure 1, Planche 64, repréfente une machine propre à contenir l'Etoffe également tendue dans toute fà largeur. Un brancard compofé des tra-yerfes A A, B B, portées quelquefois fur quatre pieds (7, C, C9 C, qui font ordinairement contenus par des traverfes, fait la baie de cette machine. Souvent on place le brancard dépourvu des pieds que nous y voyons,' fur une grande table , pour s’en fervir.
- Quand on met la machine fur une table, il faut que cette table foit affez longue, pour que l'Etoffe puilfe y être placée à côté de la machine. Cependant il y a des Apprêteurs qui, pour n'être pas obligés d'avoir une aufli grand embarras, déplient l'Etoffe, & la mettent en tas dans une grande corbeille au bout de la table.
- On voir fur le brancard quatre montants F9 F9 G, G, affemblés fur les
- Planche
- traverfes A, A, avec lefquelles ils forment deux triangles qui forment les deux côtés de la machine. Ces deux triangles font aflemblés lun à 1 autre par les efpeces de rouleaux Hy 13 qui reflemblent en quelque façon à ceux A K* & dont le premier eft porté par les deux petits montants L,L, y
- ÉTOFFES DE Soie. ni. Pan. K 7
- r
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- •Sens
- Planche
- 6^
- ypo L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. '
- : Les deux rouleaux D, Ky font mobiles. C’eft par le bout a9 qu’on tire
- cette Etoffe qui palîe for le rouleau D, fous le faux rouleau 77, for le rouleau K, & enfin fous le faux rouleau L
- On rend mobiles les rouleaux Df K 9 parce que l'endroit du Satin pofe deflus, & que la moindre. arrête déchireroit la Soie. Il n’en eft pas de même des deux faux rouleaux : comme ils ne touchent que l'envers du Satin, on les laiffe immobiles, afin que les frottements roidiffent l'Etoffe, Sc la faffent rouler for l’enfople avec plus de fermeté.
- Cette machine eft à peu-près femblable à une dont on fo fort pour plier les Etoffes qu’on roule for des petits rouleaux ou for des plateaux, comme on voit chez tous les Marchands de Paris : on a le foin de mettre par préférence en rouleaux celles qui rifquent de fo raccourcir, telles que font les Raz-de-Saint - Cyr, les Croifés & les Damas.
- Je ne puis me refufer à dire en paflànt que les Raz-de-Saint-Cyr fo raccourciffent, ainfi que les Croifés, parce qu’en les fabriquant, on tient la chaîne extrêmement tendue, & qu’on frappe fort for les duites de la trame. Cette trame fo trouve entaffée & retenue, tant que l’Etoffe eft contenue for lenfople ; mais lorfque PEtofPe eft mifo au crochet, & pliée à l’ordinaire, l’élafticité de cette trame tend à lui faire prendre & première fituation ; alors trouvant moins d’obftacles à vaincre, puifque la chaîne qui la contient eft lâche, elle revient à fa première groffeur, & force la chaîne à fo rac*? courcir en proportion de ce qu’elle regagne en groflèur.
- Le Damas fo raccourcit auffi, non pas tant par la tenfion de la chaîne, quë par les différents effets qui le conftituent. Comme ces effets proviennent de fa fabrication, il foroit déplacé d’en dire davantage ici ; mais on aura lieu de le reconnoître, quand je parlerai de cette Etoffe : il vaut cependant.mieux mettre les Etoffes for des rouleaux ou for des plateaux avec une machiné telle que celle que nous venons de voir, qu’en tenant l’Etoffe par les iifieres, ou en la faifànt couler le long d’un comptoir ou d’une banque, ainfi que le font plufieurs Fabriquants.
- Article Second»
- Du fécond Métier a apprêter les Satins.
- On fé fort encore, pour apprêter les Satins, d’un métier différent de celui que nous avons vu ci-deffus : il eft repréfonté par la figure 2, Planche 64, & a cet avantage for le premier, qu’il eft de moitié moins long que lui.1 Je ne m’arrêterai pas à en détailler la conftruétion : on peut aifément la fontir [à finfpeélion de la figure : ce qu’il a de particulier, c’eft que les rames font folpendues par quatre cordes R, 72, 72, Ry attachées au plancher, & jamais for les traverfes S> S. On tend l’Etoffe for fa largeur, au
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- Septième Sect. I. Part. Du fécond Métier a apprêter les Satins. jpr moyen des ficelles b9 b3 c9 c9 qui paffent dans les trous d9 d9 d9 d9 pra~ tiques fur les grandes traverfes T, T. On commence par fixer une des deux PlA^HE rames, de façon qu’elle ne foit pas plus éloignée d’un côté que de l’autre, de la traverfe T qu’elle avoifine ; après quoi on tend l’autre rame, & on l’arrête en fixant les ficelles b9 b9 ou c9 c9 fur des clous ou fur des chenilles femblables à celles e9 e.
- Le Fabriquant à qui appartiennent ces deux métiers, prétend qu’il donne un plus bel apprêt avec ce dernier qu’avec le premier. Sa raifon eft que la longueur du premier eft trop grande , & que l’Etoffe fléchit fur le milieu. Au furplus, chaque ufàge a fes partifans : les uns préfèrent les rames fufpendues ; d’autres, celles qui font fixes : pour moi, je penfe que les dernieres, exemptes de balancement 9 font préférables.
- Pour parvenir à faire fécher promptement les longueurs de Satin qu’on apprête en hiver ou en temps humide, on a recours au feu. Autrefois les Apprêteurs de Lyon mettoient un poêle dans leurs atteliers, & par-là on parvenoit à fécher les longueurs aufli promptement que dans l’été ou dans les temps fècs. On s’eft apperçu que les Satins n’avoient pas le même éclat que lorfqu’ils font féchés par l’air : on a éprouvé de faire grand feu dans une ou deux cheminées faîtes exprès dans l’endroit du travail : les Satins étoient à peu-près auffi beaux que ceux apprêtés en été ; mais, pour accélérer la fécherefiè, il en coûtoit beaucoup de bois : on a eflàyé avec fuccès de mettre une terrajfe ou poêle à trois pieds, pleine de braife, telle qu’on en voit une, fig. 3, dont la chaleur foit modérée, fous la longueur de l’Etoffe. U faut avoir foin de changer fouvent cette terraflè de place ; & pour le faire avec plus de commodité, on enchafle cette poêle dans un trou rond, pratiqué au milieu d’un plateau de bois, & aux quatre faces duquel font des anneaux de corde i9 i9 i, i.
- Ce plateau X eft porté par un affemblage de petites planches k, k9k9 ky dont la hauteur excede la profondeur de la poêle , afin que la chaleur du feu ne puiffe pas fe communiquer aux planches du métier fur lefquelles on la place.
- Le changement continuel de cette poêle devient pénible, foit par fon poids, foit parce qu’il faut fouvent fe baiflèr pour la changer de place.
- Pour prévenir cet inconvénient, on avoit d’abord imaginé de mettre quatre roulettes au-defîous du plateau : alors au lieu de la porter d’une place à l’autre, on ne faifoit que la poufïer petit à petit, jufqu’à ce que la longueur tendue fût feche.
- On s’eft encore fervi d’un poêle roulant, comme celui fig. On a prétendu que la chaleur étoit moins fufceptible d’attaquer les couleurs de 1 Etoffe, parce qu elle ne portoit pas direélement.
- kComme ces poêles roulants ou portatifs donnent beaucoup de peine, on a
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- Planche
- ]9z L’ART DE S ÉTOFFES^ DE SOIE.
- imaginé un moyen fort fimple pour les changer de place fans fe fatiguer. Au-I deflous du métier, fig. i, PL 63, font pofées deux longues traverfes E, foutenues chacune par trois montants JC, X, JC, &c. & retenues dans un écartement égal par les petites traverfes y9 y, y. Celles K, E, ont fur leur face intérieure une large & profonde rainure dans laquelle glifle la planche S, qu’on peut à l’aide des cordes T, T, promener d’un bout du métier à l’autre, ainfi que la poêle qu’on place deffus ; & comme elle fe trouve plus près de l’Etoffe , c’efl à l’Apprêteur à régler à propos l’aétivité de (on feu.
- On a remarqué que la chaleur des poêles ordinaires de faïence ou de fer portoient la chaleur en-deffus de l’Etoffe plutôt qu’en - deflous,- ce qui fait paffer la colle au travers de l’Etoffe, & en ternit l’endroit ; au lieu qu’en plaçant le feu deflous, la chaleur fait monter l’humide en vapeur, & les parties collantes reftant feches fur l’envers de l’Etoffe, la roidiffent fans avoir pénétré jufqu’à 1 endroit.
- Quelques Apprêteurs ont eflàyé avec fuccès de garnir d’une toile un peu ferrée le deflous de la longueur du métier, en la clouant en-deflous des traverfes L, M9 N, & des grandes traverfes K, K. Cette toile fe trouvant entre l’Etoffe & le feu, ne permet pas à la chaleur de monter avec autant de vivacité ; par ce moyen, les couleurs en font moins attaquées.
- Quelle que foit la maniéré de faire fécher les longueurs apprêtées , elles ne font jamais fi parfaites que lorfqu’elles fechent par la vivacité de l’air, ou par la chaleur de l’été. Auflî les Fabriquants d’Etoffes qui fe piquent d’avoir de beaux Satins, les font fabriquer & apprêter dans la belle faifbn.
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- Article Troisième. y
- Defcrlption d’un troijîeme Métier propre a l’Apprêt des Satins.
- Je crois devoir rapporter un troifieme métier propre à apprêter les Satins ; mais je n’en détaillerai que les parties qui ne lui font pas communes avec les précédents auxquels il reflemble fort.
- Ce métier eft repréfenté par la figure 6, Planche 64 : on en fàifira la conftruélion à la feule infpeélion.
- Après avoir vu la conftruétion des deux métiers précédents, on doit juger que les rames font mobiles fur les traverfes B, B, &c. & qu’on les y| aflujetit au moyen des petites chevilles l, l, /, m, m, my qu’on y voit attachées*
- * \
- Avant que de voir les autres moyens qu’on met en ufàge pour faire mouvoir les rames, il faut remarquer que celles Q, Q, du métier précédent? ne font pas faites comme celles du premier métier. Comme ces rames font fufpendues aux cordes R, R, par les pitons r, r, il faut que la partie
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- Septième Sect. I. Part. Du Troijîcme Métier pour ü apprêt des Satins. 593 inférieure de la rame foiïf plus forte pour recevoir ces pitons ; & la partie -qui recouvre, ne prend qu’à moitié de la largeur du delfus, & y eft mobile à charnière, comme on peut le voir fur la figure.
- Les rames A9 A, du métier, fig. 6, font à peu-près conftruites comme les précédentes ; elles ne different que par les mortaifes dans lefquelles paffent les traverfes B, B, B> qui doivent être faites plus près de la furface inférieure , 8c non pas au milieu de leur épaifleur, afin d’y pouvoir planter les pointes d aiguilles qui ne doivent pas traverfer jufque dans les mortaifes.
- La figure 7 eft un fragment de métier qui repréfente une autre maniéré de tendre les Satins dans leur largeur. Lune des deux rames eft immobile, & l’autre eft tendue au moyen du contre-poids D, dont la corde paffe fur la poulie E, montée fur la chape F, qui tient à la traverfe G ; & pour que ces contre-poids ne gênent en aucune façon, on forme une boucle au bout de leur ficelle, & on l’arrête à un petit crochet de fer planté dans la rame. Souvent même pour que ces contre-poids ne tombent pas à terre, quand on lâche les rames, on en paffe les cordes dans un piton à œil fig*%> & alors le nœud de la boucle les y arrête. ♦
- La figure 9 repréfente une autre maniéré de tendre l’Etoffe : c’eft une efpece de Cric dont la tige montée fur une roue en rochet d9 paffe au travers de la traverfe immobile du métier, 8c eft rivée en-deffous. On fent qu’en tournant cette tige, la corde de tenfion s’y enveloppe & appelle la rame: on en met plusieurs femblables fur la longueur d’une des traverfes dont l’autre eft immobile,
- La figure 10 repréfente une derniere maniéré de tendre les rames. Ce n’eft autre chofe qu’une longue vis à anneau /, taraudée dans toute fa longueur, & qui paffant dans un écrou de cuivre ou de fer fixé à la traverfe K% tourne librement dans la rame Z, & eft rivée par derrière: on fent que cette vis appelle à elle la rame, & tend l’Etoffe aufïï fortement qu’on le defire.
- De toutes les méthodes que nous venons de voir, celle des contre-poids me paroît la plus commode, en ce quelle eft plus prompte, foit pour tendre, foie pour détendre : il s’agit feulement de favoir régler la force des contre-poids, afin que la tenfion foit égale. Je penfe qu’il feroit à propos que cette méthode fût adaptée au métier, fig. 6, où les rames font invariables : alors on en fupprimeroic les petites chevilles /, /, &c. ainfi que les trous qu’on eft obligé de pratiquer fur les traverfes B, F, B,
- Obfervations fur quelques procédés particuliers, & fur les Etoffes qui font
- fifceptibles d'être apprêtées,
- Les Satins façonnés, comme Florentines9 Mexicaines d’hiver, Satins deux lacs, Satins brochés, &c. font fufceptibles d’être apprêtés. Les Florentines & les Satins deux lacs s’apprêtent ordinairement comme les Satins unis ; mais Etoffes de Soie. FIL Part, L7
- Planche
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- L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Planche
- pour les Mexicaines d’hiver & les Satins brochés, il eft néceffaire de prendre certaines précautions, lôrfqu’on les roule fur les enfiiples. Ces précautions con-fiftent, à toutes les deux ou trois aunes, à mettre entre l’Etoffe & l’enfuple, un fort carton plus large que rEtoffe, Sc qui étant roulé, fafle un peu plus dun tour, afin que les deux bords fe chevauchent. On ne fe fert gueres de cartons, que pour l’enfuple qui reçoit le Satin apprêté ; voici pourquoi : les Mexicaines d’été font faites à bandes, au moyen de quoi, tout le long de l’Etoffe, il y a des parties plus fournies en chaîne & en poil, que les autres. Ces bandes fé roulent fur elle-mêmes, & tirent davantage que celles qui ne font pas auffi fournies 5 &lorfqu’on déroule l’Etoffe, fi on a négligé de mettre des cartons, les bandes qui font plus fournies, creufent, tandis que celles qui le font moins font tendues. Cette défeéluofité ne fàuroit être prévenue que par des cartons de diflance en diftance, dont la force foutient les parties foibles qui n’ont pas le temps de s’étendre au préjudice des parties fortes. On prend auffi la même précaution en fabriquant l’Etoffe, ainfi que nous le verrons en fon temps.
- Ces cartons peuvent donner à l’Etoffe un autre défaut, fi l’on n’y prend pas garde ; c’eft que 'les bords, étant coupés fur une ligne droite, font tout à travers de l’Etoffe une raie qu’on a bien de la peine à effacer. Pour prévenir cet inconvénient, il faut que ces bords foient faits en bifeau dont lé commencement prenne à un pouce du bord du carton ; & pour qu’on ne foit pas dans le cas de faire écailler le bord du carton, on le garnit avec du papier dont on laiffe pafler un demi-pouce en-delà du bord : par cette pré? caution, on ne voit plus fe former de raie en travers.
- - On ne met point ordinairement de cartons, quand on fabrique les Satins brochés, parce que la variété des objets qui forment le deffin, fait que l’é-paiffeur de la Soie qui forme les fleurs, & tout ce qui compofe le deffin, ne fe rencontre pas fur une même ligne, à moins que ce ne foie des Satins à bande & brochés ; alors on eft obligé de mettre du carton : cependant ceux qui en mettent aux Satins brochés, quoique fans bandes, à grand ou à petit deffin, donnent une plus grande perfection à l’Etoffe.
- Les Apprêteurs mettent dès cartons aux Satins brochés pour prévenir le même inconvénient: ils ont même plus de raifons que les Fabriquants, parcè que pour l’apprêt il faut néceflàirement que les longueurs foient tendues à droit fil fur la largeur de l’Etoffe, ainfi que fur le fèns de la chaîne. Or elles ne peuvent pas y être, toutes les fois que les groffeurs de la Soie du brochage fe feront cumulées fur un endroit de l’enfuple, tandis que dans les autres endroits il n’y aura rien.
- Le Fabriquant à qui appartiennent les deux premiers métiers que nous avons vus, a trouvé un moyen pour fe difpenfer de cartonner les Satins ; il fe fert d’un faux enfuple pour recevoir l’Etoffe apprêtée. Lors donc qu’il apprête des Satins ou d’autres Etoffes fufceptibles d’être cartonnées, il place un troifieme
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- Septième Sect. ï. Part. Obfervations fur £ Apprêt des Etoffes. enfuple au-deflous de celui qu’il deftine ordinairement à recevoir l’Etoffe apprêtée. La figure il, & celles qui fuiyent, en feront connoître l’arran-
- gement.
- L’Etoffe M eft cenfée tendue fur la longueur du métier par le bout l ; c’eft une Etoffe brochée dont on voit l’envers indiqué par les marques qui défignent une Soie paffée. Cette Etoffe ne fait qu’un tour & un quart fur l’enfuple N qu’on deftine ordinairemeilt à recevoir l’Etoffe apprêtée : l’Etoffe eft redoublée dans la rainure m \ & y efi retenue par Jés deux baguettes* comme on le voit en n9 fig. 12. Le repliement o vient fe joindre fur l’enfuple P, fig. 11, & fe roule deflus par derrière, ainfi que la figure 13 le fait voir.
- L’enfuple N de la figure i 1 doit tenir l’Etoffe tendue dans û longueur : c’eft pourquoi on met en taque par un quart de tour de plus que le tour de l’enfuple, parce qu’il faut que ,1a partie qui eft deflus contienne par fes frottements celle p qui fe trouve néceflairement deflbus ; en même tems la rainure m fe trouve couverte , & les baguettes qui font dedans, ne peuvent en fortir que lorfqu’on a lâché l’Etoflfe.
- Il femble que, puifqu’on roule l’Etoffe fur l’enfuple P, il foroit à propos de mettre des cartons lur cet enfuple ; mais on n’en a pas befoin, parce qu’on ne roule l’Etoffe que légèrement, & pour qu’elle ne prenne point de plis ; l’envers des parties brochées forme des élévations qui étant multipliées fou-tiennent l’Etoffe.
- Je ne fais fi on parvient facilement à effacer la marque que fait le pli qui fe forme à chaque longueur qu’on met en taque ; mais la roideur de l’apprêt doit en former un très-fenfible dans la rainure m. A cela près, ôn pèut fè paffer de carton, foit pour les Etoffes brochées, foit pour celles à bandes.
- Les Taffetas noirs qu’on emploie ordinairement pour les mantelets, font fufceptibles d’apprêt. On n’en vend point en général qu’ils h’aient été apprêtés : on les appelle Taffetas luftrés, parce que l’apprêt qu’on leur donne* les rend luifànts.
- La maniéré dont on apprête ces Taffetas, n’a rien de différent de celle d’apprêter les Satins ; il s’agit feulement d’y employer des matières qui ne le blanchiflent pas ; il faut donc ne fe fervir que de la gomme arabique la plus noire, difloute dans de la biere bien cuite, ou dans du vin. On y emploie encore la colle-forte $ mais elle ne donne pas autant de luifant que la gomme.
- Les Taffetas n’ont point d’envers ; aüflî il importe fort peu de quel côté on mette l’apprêt : d’ailleurs cesrTaffetas font fi minces, que le collage les perce au point qu’on a bien de la peine à diftinguer par quel côté on a mis l’apprêt. Cet apprêt doit être proportionné à la force du Taffetas qui eft fi varié dans fes qualités, qu’on en trouve depuis 2 1. 10 f. jufqu’à 6 1. 10 f.
- Les Pékins font une forte d’Etoffe compofée de taffetas Sc de Satin, qui, à caufe de leur légéreté , font {ufceptibles d’être apprêtés. Comme cette
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- jp'tf L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- -Etoffe fo fabrique dans toute fortes de couleurs, on les traite comme les Satins légers.
- On apprête les Raz-de-Saint-Cir & les Raz-de-Saint-Maur, légers., ou que les, Ouvriers n’ont pas affez frappés.
- Les petits Taffetas de Florence unis & brochés, font dans le même cas des Raz-de-Saint-Cir, &c.
- Parmi les Croifés brochés qu’on a fabriqués à Paris, il y en a eu une bonne partie qu’on a été obligé d’apprêter, parce qu’ils ont été différemment faits que ceux de Lyon & que ceux de Nifmes, ainfi que nous le verrons par la fuite.
- En général on donne l’apprêt à toutes les Etoffes qui ont été fabriquées trop molles, afin de les vendre avantageufement : on eft même quelquefois obligé de faire apprêter les Mufulmanes, forte d’Etoffe qui, par la chaîne feulement annonce une forte Etoffe.
- Il faut remarquer que les Etoffes fortes qu’on apprête, font celles qui ont un envers : ainfî les Serges à deux faces forges, & les Satins à deux faces ïàtins, ou à deux faces forges & latins, ne làuroient être apprêtées, fans qu’une des deux faces ne devienne envers. Il faut donc les fabriquer de façon à leur donner une confiftance affez forte pour éviter de les faire apprêter.
- Les Cirlàkas en or & en argent dont le fond eft latin, qu’on appelle ordinairement Cirlàkas d’hiver, font lufoeptibles de l’apprêt, fans diftinguer li la dorure qu’ils portent, eft lancée, brochée, ou làns poil; car parmi ces fortes de Cirlàkas, on en trouve où la dorure eft employée de ces trois maniérés, & qui néanmoins font brochés en Soie ; il faut auflî les apprêter ; fouvent même on eft obligé d’apprêter les Cirfakas d’été dont le fond eft Gros-de-Tours.
- La fuite de mon Traité fera connoître le tiffu de toutes ces Etoffes. J’ai cru cependant devoir rapporter celles qui fo fabriquent en Soie, Sc qui font du reflort de l’Apprêteur.
- CHAPITRE
- »
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- CHAPITRE CINQUIEME,
- De la Manière de fabriquer les Etoffes de Soie façonnées
- par la Marche. ^
- Le s Etoffes façonnées par la marche font fans doute dérivées de celles faîtes a la Tire, parce qu'on ne les connoît gueres que depuis environ quarante ans* autant que je fai pu découvrir.
- Les Taffetas façonnés, forte d’Etoffe dont les fleurs fe Forment par un poil fimpleté ou doubleté, ont donné la première idée des Etoffes façonnées par la marche : on les a appellés Taffetas brillantes. Ainfi que toutes les inventions humaines, les premiers ont été fort Amples ; bientôt après on en a rendu f exécution plus difficile, à mefure qu’on en multipüoit les effets.
- On a fucceflivement ajouté différents ouvrages aux Taffetas î aéluellement même on en voit de tant de façons, qu’il faudroit des volumes entiers pour les décrire. Je ne me propofe que de faire connoître par des principes généraux les effets qu’on peut obtenir Air une Etoffe façonnée a la marche, Sc d’enfeigner des réglés pofltives pour y parvenir. Tout y dépend des.combinaifons propres à faifir le goût aétuel ; & le mécanifme fera détaillé de maniéré à pouvoir varier ces goûts à l’infini.
- On fait à la marche des Serges façonnées ; on fait des Satins, des PruT fienn.es, &c.
- Je vais parcourir toutes ces Etoffes dans ce Chapitre * en autant d’Articles très-courts. Quant aux Taffetas par où je commencerai, je les indiquerai chacun fous le nom le plus analogue aux différents tiffus qui les compofent ; car il n’eft gueres poiïible de leur afligner une dénomination uniforme, attendu que les Fabriquants leur en donnent une, & les Marchands qui les revendent, fur-tout ceux de Paris, leur en donnent une autre : fouvent même dans un même endroit les Marchands leur en donnent de différentes, pour tromper les Acheteurs, & donner aux Etoffes un air de nouveauté & de variété.
- Article Premier.
- De la Maniéré de fabriquer les Taffetas brillantes & les Taffetas cannelés %
- Les Taffetas brillantés ne font autre chofe que des Taffetas rayés dans le fond, Sc embellis par un poil qui produit des efpeces de deflins faciles à exé* cuter. Car les deflins qu’on fait par les marches fur les Etoffes ne fàuroient être grands, attendu qu’on ne met ordinairement que fept à huit marches de plus à une Etoffe pour les former. Cependant on a poufle jujtqu’à vingt-quatre Étoffes de Soie. VIL Part. M 7
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- 5î>8 L'ART DES ÉTOFFES DE S 01 E<l marches ; mais non pas avec tout le fuccès poffible. Il n'y a que quelques Ouvriers particuliers qui aient le talent d'en mener une grande quantité ; c eft pour cela quil eft à propos de fe reftreindre au plus petit nombre félon le deflîn qu'on doit exécuter.
- „ — IL Les premiers Brillantés qu'on ait exécutés, étoient à peu près fèmblables
- Planche à l'échantillon repréfenté par la figure I, Planche 6y. En fuppofant l'Etoffe de vingt pouces de largeur, on trouvera que cette figure de A en B en eft le huitième, de forte que les parties brillantées a, b9 b, c, c, doivent être au nombre de trente-deux : les deux parties b, b, ne doivent être regardées que comme une feule, de forte qu'en les joignant l'une à l'autre, elles en forment une égale à celles a9 c, c : elles font cenfées partagées en deux; * le blanc qu'on voit dans ces petites parties, eft le fond de l'Etoffe ; & ce qui eft brun, diftingué par des petits carreaux, eft ce qu’on appelle Brillante. Ces petits carreaux fe forment par une fécondé chaîne nommée Poil, qui peut être de la couleur qu'on juge à propos : on peut même le mettre de plusieurs couleurs , ou le nuancer, fi on veut.
- Les parties d9 d9 d9 d9 font le fond de l'Etoffe, & celles e, e9 e9 e9 f> f* f> f> ^ont ^es rales omt)r^es* Notre échantillon eft un Taffetas que nous foppoferons fait à quatre li(Tes, & les parties brillantées font formées par une cinquième. Cette lifle eft à jour, & doit avoir autant de champs qu'il y a de parties égales à celles a, b3 b, c, c, dans la largeur de l'étoffe. ( On appelle Champs, chaque affemblage de mailles formé for une lifle à jour, & deftiné à faire mouvoir les fils d'un poil, Sec. pour produire for une étoffe les effets qu'on fe propofe ). Chaque champ contient un nombre de mailles égal à celui des fils du poil, foivant la diftribution que le deflîn exige. Ainfi en fuppofant ici notre Taffetas fait à cinquante portées, on aura quatre mille fils qui, pafles quatre par quatre dans le peigne, exigeront un mille de peigne. Si nous fop-pofons les parties brillantées ayb9b9c> c, de la largeur de cinq dents chacune, & qu'il y en ait trente-deux for la largeur de l'étoffe, elles occuperont 160 dents, Se néanmoins la chaîne doit être complette, parce que les fils du poil n'ont de propriété dans cette étoffe, que l'enjolivement. Si l'on difpofe chaque champ pour employer cinq dents, ils feront compofés de dix mailles, parce que chaque dent doit contenir deux fils doubles du poil, lefquels font divifés par deux fils fimples de chaîne ; car ce n'eft que dans les parties de la chaîne où le fil doit être employé, que cet ordre des deux fils pour la feparation de ceux du poil doit avoir lieu.
- Pour difpofer la lifle à jour que nous appellerons Ligature, ainfi que celles v- dont nous parlerons par la fuite, conformément à ce que j'en ai dit dans un des derniers Articles de Y Art du RemiJJeur9 il faut faire une marque femblable à celle fig. 2, où les petits quarrés noirs indiquent les divifions for iefqu elles les dix mailles de chaque champ doivent pofer. On fera attention que cette
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- Septième Sect. I. Part. Fabrication des Taffetas brillantes SC cannelés. fpp figure, quoiqu ayant les trente-deux divifions pour notre ligature, neft deifinée que fur un tiers de la largeur de l'étoffe, de forte que pour faire une iiffe en pLAt,CHfi raifon des diftances que nous donnent les parties du brillante fur notre échan- ^ tillon, fig. i, il faut que ces divifions aient deux fois plus d’efpace qüe n’en ont entr’eux les petits quarrés placés fur la marque, fig% 2,
- Pour le remettage de cette Etoffe, on paffe un fil de poil & deux fils de chaîne, tant qu’on trouve de mailles à un champ ; & lorfque le champ eft fini, on clôt le dernier fil de poil par deux fils de chaîne; c’eft ce qu’on appelle clorre la dent par la chaîne Sc l’ouvrir par le poil. Cette façon de s’exprimer fignifie que lorfqu’on commence le remettage par le poil, on le finit par la chaîne. Voyez ce que j’ai dit à cet égard fur les Hollandoifes à poil.
- Après qu’on a clos les fils de poil d’un champ, on paffe les fils de la chaîne qu’on fait occuper jufqu’au commencement du champ fuivant. Ici on n’a pas befoin de compter les fils qui doivent former l’intervalle qui régné entre les parties brillantées, parce qu’ils doivent avoir été calculés par l’ordonnance d’Ourdiflàge, de forte qu’on paffe néceflairement le poil fur les parties a9 b, b9 cy c9 qui font défignées par les raies du fond de letofife 9 mais fi on navoit aucune raie qui indiquât les places du brillante, il faudroit abfolument faire une fupputation entre les parties de la chaîne qui font occupées par le poil,
- Sc celles qui relient libres. En fuppofant que les diftances foient égales, ainfi que le défigne l’échantillon, on diftrait le nombre des dents que le poil doit occuper de la totalité de ceux de la chaîne, & enfuite on divife ce qui refte en autant de parties qu’il y a de bandes de brillante dans la largeur de l’étoffe.
- Par exemple, le peigne qui doit faire notre Taffetas, a mille dents : les parties du brillanté qui font au nombre de trente-deux, en occupent cent-foixante ; ainfi il en refte huit-cents-quarante pour le fond, qu’il faut divifer en trente-deux parties : ces parties ne peuvent pas être précifément égales, parce que le nombre 32 n’eft pas exactement contenu dans celui de 840 ; il refte 8 en fraction ; alors on fait huit divifions de 27 dents, qui font 216 dents, Sc 24 de 26 dents qui produifont 624 dents : en additionnant 216 Sc 624, on aura au produit la fomme de 840, qui eft celle qu’on a di-yifée.
- Il ne faut pas être forpris de ce qu’on met dans les divifions une dent de plus aux unes qu’aux autres ; c’eft parce qu’une dent ne fait ici qu’un cinquième de ligne, ce qui. ne peut être fenfible à la vue ; d’ailleurs on y eft forcé pour ne point déranger l’ordre du fond de la chaîne ni du compte de peigne : car il faut remarquer que, fans fortir des comptes généraux des peignes, ni même des comptes particuliers, on peut mettre toute forte de bandes de brillanté, Sc autres, fur une étoffe, en mettant les intervalles en
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- raifon des dents qui doivent les occuper, fans s’occuper de la différence d’une dent, quand l’accord ne peut pas être autrement.
- Dans le calcul qu’on vient de voir, on auroit pu trouver un accord jufte par le nombre des fils : car 840 dents produifent 3360 fils ; dans ce'nombre on trouve 105 fois 32; donc en mettant 105 fils à chaque divifion, elles fe trouveroient toutes égales ; mais cette maniéré de remettre n’eft pas praticable , en ce qu’elle feroit trop embarraflànte pour le Remetteur, à caufè de l’accord des cours des lifies. D’ailleurs il faudroit fortir de l’ordre accoutumé de ces fortes de remettages ; & l’Ouvrier, en fabriquant l’étoffe, ne fauroit plus où il en feroit pour le paflàge des fils de chaîne avec ceux du poil. 11 faut donc, autant qu’il eft poffible, ne pas fortir d’une, réglé généralement reçue en Fabrique, qui eft'de commencer chaque dent par un fil de poil Sc le clorre par deux fils de chaîne, fi l’étoffe eft difpofée pour quatre fils par dent ; car fi elle devoit n’avoir qu’un fil par dent, ce qui arrive fort fouvent, on met toujours deux fils de poil qu’on fépare alors par un fil de chaîne feulement.
- Les remarques que je fais ici, ferviront pour tout ce qui concerne les Taffetas ou Satins brillantes & même pour bien d’autres Etoffes.
- Je viens de dire qu’on met toujours deux fils de poil par dent : cependant pour des Etoffes bien médiocres, on n’en met qu’un feul ; mais ces Etoffes ne valent pas la peine d’être décrites : car on préféré aujourd’hui d’en mettre trois Sc même plutôt quatre dans chaque dent, quoique doubles, que de n’en mettre que deux. Nous aurons bientôt occafion de voir ces exécutions.
- Tous les Briliantés en général ont été exécutés par deux fils de poil par dent, à moins qu’il n’y ait eu quelques doubletés ou tripletés, Sec. Alors on les a pouffes jufqu’à quatre, à fix, & même à huit, Se néanmoins ce nombre ne produit ces effets que comme deux fils par dent ; c’eft ce que j’expliquerai * lorfque j’en ferai à ces Articles : je reviens à l’exécution de notre échantillon.
- Il ne feroit pas poffible de repréfenter une lifle à jour dans une grandeur fuffifante pour faire fentir les champs, autant qu’on pourroit le defirer : je crois que la marque, fig. 2, fuffira pour la faire connoître. Il faut donc fuppofer que cette marque eft de 20 pouces depuis C jufqu’à D ; que fur les petits carreaux qu’on y voit, font placées les dix mailles dont j’ai déjà parlé, Sc que la hauteur de ces mailles eft d’environ 12 pouces. Du refte fi on veut avoir une notion plus complette des ligatures, il faut voir les figures 2,3 Se 4, de la Planche 1 r, de Y Art du. RemiJJeur.
- Pour fabriquer les Taffetas briliantés, on obferve que les ligatures foient placées derrière les liffes de fond. Voyez la figure 3, où les liffes g, g, g9 gf qui font celles de fond, font placées du côté de l’enfuple £, qui eft celui de devant, Se la ligature h eft placée à une petite diftance des liffes de fond.
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- Septième Sect. I. Part. Fabrication des Taffetas brillantes & cannelés. 6oï Cependant il faut que les ligatures ne foient éloignées des lifïes de fond, que d’environ deux pouces : il faut auflï que les ligatures foient tenues de Pla^he deux pouces plus baffes que les lifles. C’eft pourquoi on tient l’enfuple de poil F, plus bas que celui de chaîne G. On trouve en même temps l’aifance d’agir librement entre les deux chaînes /, K, pour raccommoder les fils qu’on cafle en travaillant, pour mettre les longueurs en train, & pourxcouler à fond les yerges i9 i9 i9 u
- L’armure du Brillante qui nous occupe, eft la même que celle des Taffetas, quant aux quatre lifles de fond ; mais pour la ligature, on la fait mouvoir feule par une marche en écharpe, conformément à l’armure du Satin dont j’ai parlé fur les figures 6 Sc 7 de la Planche y 9 : alors l’Ouvrier eft obligé de > travailler des deux pieds ; (avoir, les deux marches de fond, du pied droit ;
- Sc celle du poil, du pied gauche : l’arrangement de ces marches efl: repré-fenté par la figure 4, vue par deflus. On voit que les bouts des marches L9 M9 font oppofés à celui de la marche N, de forte que l’Ouvrier, pour, enfoncer les marches du fond, pofe le pied droit en k9 /, alternativement ^
- Sc le pied gauche doit être porté en m, ou ajpeu-près fer la marche iV: cette derniere marche n’eft mue que tous les huit ou dix coups de navette, de ferte que les petits carreaux qu on voit fer les bandes a9 b, b , c, c, doivent être de huit ou dix duites de hauteur. Ainfi quand l’Ouvrier veut former un de ces carreaux par deflus, il enfonce la marche iVqui fait monter: la ligature h, fig. 3, qui eft fefpendue à un aîleron dont la queue répond au bout de cette marche par une corde de carqueron. Il tient cette marche enfoncée tout le temps qu’il met à pafTer les coups de navette qui déter^ minent la hauteur du carreau; après quoi il laifle aller la marche, Sc la ligature eft entraînée par un contre-poids à fbn point de repos ; après cela,' il pouffe autant de coups de navette qu’auparavant 5 enfeite il enfonce de nou- -yeau la marche N, & continue ainfi de feite, ce qui rend les carreaux égaux,
- T& deflus & deflous : cependant il pourroit en faire de plus grands d’un côté que de l’autre, parce qu’il eft le maître de faire monter ou defcendre la ligature, quand il veut.
- On doit voir que la Soie qui forme le brillanté, n’eft pas tiflue du tout ; elle n’eft que faufilée. Voyez la figure y, qui repréfente notre échantillon de profil. On y remarque le fil O qui pafle deflus Sc deflous les duites n9 n9 n9 Scc« qui forment le tiflù du Taffetas qu’on diftingue par les deux fils P, Q. On reconnoîtra par cette figure que le Brillanté eft fait fer huit duites de trame , de forte que chaque eftance fe termine à tous les repliements p>p>Py &c. qui font dans la longueur de l’étoffe.
- J’ai repréfenté cette figure par deux fils de chaîne Sc par un fil de poil, pour faire fentir le Taffetas qu’on fait à quatre fils par dent, Sc à deux fils de Étoffes de Soie* FIL Part. N 7
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- 602 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. poil ; on fuppofera quë le fil O qui eft celui du poil, eft double : fi on voulôîe faire un Taffetas brillante à deux fils par dent feulement, on laifferoit le fil O paffé tel qu’on le voit, 8c le fécond fil de poil pafleroit entre le fil P & celui Q9 dans le même fens que celui O pafle contre celui P. Il en feroit de même, fi on faifoit un Taffetas brillante à quatre fils de poil par dent, on placeroit le fécond fil, comme je viens de l’expliquer ; le troifieme feroit placé après le fil Q9 & le quatrième pafferoit après un troifieme fil de fond, & la dent feroit clofe par un quatrième fil de chaîne qui contiendroit le dernier fil du poil : c eft ainfi quon en ufe quand on veut faire un beau Brillante, parce que quatre fils doubles de poil couvrent allez pour que les et tances, jointes les unes contre les autres, ne laiflènt point appercevoir les effets du fond : d’ailleurs ces parties étant plus fbyeufes donnent beaucoup plus de beauté à l’étoffe par le plus de brillant que rendent les petits carreaux.
- On économife quelquefois un fil de poil pour chaque dent, c’eft-à-dire, qu’au lieu de quatre on n’en met que trois : alors on cherche une combinaifon qui ne fafle pas fentir plus d’écart entre deux fils de poil, qu’entre deux autres : cette combinaifbn a été faite pour les Droguets ordinaires en vingt-quatre cents ; elle eft repréfentée par la figure 6 9 où on fuppofera que les marques q9 q9 r9 r, s, s, font fix fils de poil, qui occupent deux dents, 8c que celles t9 t,t9 t9 v, v, x9 font les fils de chaîne qui occupent les deux mêmes dents fuppofées par les lignes y9 y, y : on voit que les fils q9 q9 font féparés de ceux r9r9 par les fils de chaîne t9t9t9t; que ceux r9 r9 font féparés des fils s9 s9 par les fils v, v ; & que ceux s9 s9 font féparés de ceux q9 q9 par les fils x 9 x9 8c par les dents y9 y, y : on n’a pas trouvé des combinaifons plus convenables pour donner de l’égalité dans le rapprochement des fils du poil; auffi s’en fert-on toutes les fois qu’on veut mettre trois fils de poil par dent & quatre fils de chaîne.
- Il faut nécelïàirement que les fils de poil foient dîvifés par un ou deux fils de chaîne, fans quoi les deux fils qui feroient joints l’un contre l’autre, n’en formeroient qu’un feul qui, au lieu d’être double, deviendroit quadruple* Alors l’étoffe feroit défeétueufe ; & d’ailleurs ces deux fils fe réunifiant don-neroient beaucoup de difficulté au travail, quand même ils feroient féparés par la dent du peigne.
- Avec la difpofition que nous venons de voir, on peut, au lieu d’un Brillante, faire un Taffetas cannelé à bandes, femblabié à celui qui eft repréfenté jig. 7. Ce Taffetas eft feppofé exécuté avec la même difpofition des marches & des lifles qui ont fervi à fabriquer le Taffetas brillante qu’on vient de voir. Il y a cette différence entre l’un & l’autre, que dans celui dont nous allons nous occuper, le poil eft plus confidérable que dans l’autre, & que l’Ouvrier doit prendre
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- Septième Sect. L Part. Fabrication des Taffetas brillantes & cannelés. 6ù$ des précautions differentes dans le travail : il faut auflt confidérer que la ligature n’eft pas faite fur la même difpofition que celle de l'échantillon, i : au furplus, on voit par les deux échantillons que les effets ne font pas les mêmes. «
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- La figure y, qui eft le profil de l’échantillon , fig. I, prouve qu il n a point d’envers ; mais la figure 8, qui eft celui de la figure 7, démontre qu’il en a un : à celui-ci on fait l’envers par-deflus ; on met deux ligatures pour une, afin que les mailles ne foient pas trop rapprochées les unes des autres ; ce gêneroit la foie de la chaîne & celle du poil, au point que les fils cafferoient à tout moment.
- Quand on veut ordonner la ligature, on compte la quantité des fils qui compofent le poil ; on compte enfuite en particulier toutes les bandes différentes en largeur. Notre échantillon foppofé fiir le même compte de chaîne que nous avons vu, & étant de la même largeur que le précédent, donne un liuitieme de celle de l’étoffe; alors les bandes a9 a9 b9 b9 c9 d9 d9 d9 d9 font contenues fept fois de plus fiir la largeur de l’étoffe, qu’elles ne le font dans la partie que l’échantillon nous préfonte : ainfi les bandes a, a9 font contenues 16 fois dans cette largeur ; celles b9 b9 jointes l’une à l’autre, deviennent ^ femblables à celles c; elles ne font partagées que pour faire le rapport des deux bords de l’étoffe : ainfi en confidérant celles b 9 b 9 comme n’en faifant qu’une qui devient la même que celle c, on la trouvera répétée 16 fois fur l’étoffe, & les petites bandes d9d9d9d, y font répétées 32 fois, en forte que çette étoffe contient dans fe largeur, fuivant cette difpofition, 6$ bandes qui ne font regardées que comme 64, parce que celles b9 b9 jointes enfomble, n’en doivent former qu’une femblable à celle c. On doit donc regarder cet échantillon comme portant une difpofition de deffin & de rayure qui fe répété 16 fois dans la largeur de l’étoffe ; ainfi en partageant la bande c en deux parties légales, & y rapportant l’une des demi-bandes b, b, le deffin fora complet : il faut donc, pour que le Remiffour puiffo exécuter les ligatures convenables, tracer fur une marque tous les champs dans leur grandeur, autant de fois qu’ils font contenus dans la largeur de l’étoffe; la marque, fig, 9, va rendre cela fenfible. Cette marque qui ne comprend depuis le point R jufqu’au point S, que quatre répétitions dans leur grandeur naturelle, & telles qu’elles doivent être exécutées, doit être regardée comme donnant les feize répétitions, puifo qu’on peut la répéter quatre fois, ce qui donnera la largeur que doit avoir l’étoffe.
- On indique par des chiffres for chacune des traces e9 e9 f9f9 &c. g, gt &c. h9h9 & c. le nombre des mailles qu’elles doivent contenir. Pour cet effet, il faut avoir compté combien chacune des parties a9 a9 b9 b9 c9 d9 d9 d9 d9 de ^échantillon fig, 7, doiyent en occuper : on fe fort pour cela d un microfcope.
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- 604 L'ART DES ÉTOFFES DÉ SOIE.
- 1 Pour bien entendre ceci, fuppofons que les parties a9 a> contiennent 16 dents chaque ; que celles b, b, en contiennent chacune 4 ; celle c, 8 ; 8c celles d9 dy d, ^chacune 3 : en joignant tous ces nombres, on aura 60. Puifque notre échantillon n’eft que le huitième de la largeur de l'étoffe, il faut multiplier 60 par 8, ce qui donne 480 : d’où on conciliera que le poil qui doit y entrer,fera de 480 dents, ce qui nous donne, à deux fils par dent, deux fois autant de mailles quil y a de dents occupées. Il faut donc 960 mailles pour cette ligature, divifées en raifon des champs qu’on doit y former, de forte que les traces e9 e9 feront de 8 mailles chacune ; celles A, A, 8cc. de 16 ; celles f, f* &c. de 6, 8c celles g, g9 8cc. feront de 32. Il pourroit régner trop de con-fufion dans chaque champ à caufe du trop grand nombre de mailles qu’on ne peut éviter de faire à petit couüjje ; alors au lieu d’une ligature, on en fait deux, fur chacune defquelles on place la moitié des mailles : ainfi chacun des champs en contiendra un nombre égal à celui qui eft marqué deflus. Voyez; la figure 9, où fur les traces e y e9 on a marqué 4 ; fur celles /, /, 8cc. 3 ; fur celles g-, g, Scc. 16; 8c fur celles A, A, 8cc. 8; ce qui fait précifément la moitié de ce que nous avons vu ci-deflus.
- La maniéré de remettre la chaîne ôc le poil eft la même que celle que nous avons expliquée pour le premier échantillon 5 il refte feulement à divifèr les fils de la chaîne pour placer fymmétriquement chacune des bandes que forme le
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- Suivant cet échantillon, la place des bandes eft combinée dans l’Ourdiflàge *
- ce qui fe reconnoît par les rayes qui les foutiennent ; mais dans le cas où il fau-droit placer ces bandes fur une chaîne unie, il faudroit nécefîàirement combine^ les efpaces du fond qui féparent les bandes, 8c s’y prendre de la maniéré fui vante.
- Les bandes cannelées occupent dans toute la largeur de l’étoffe un nombre de 480 dents ; il en refte y 20 pour le fond qu’il faut divifer en foixante-quatre parties ; trente-deux fur un nombre, 8c trente-deux fur un autre, de forte que les efpaces i9 i9 i, i9 feront de 12 dents chacun ; & ceux k9 k9 k9k9 feront de 4; ce qui donnera y 12 dents, qui, jointes à 480,font 992. Il refte un nombre de 8 dents qu’on metjroit en fraélion ; mais on ne peut le faire par les raifons que j’en ai fait remarquer ci-deflus. Il faut donc employer ces 8 dents reliantes, dans huit des efpaces i9 z, i, i; alors tous les fils de la chaîne fe trouvent employés. On doit fuivre cette réglé pour tous les Brillantés à bandes, 8cc. •
- r Pour fabriquer les Cannelés femblables à l’échantillon 9 on fait l’endroit par-deffous. L’Ouvrier paffe régulièrement fept coups de navette, & à tous les huitièmes coups il fait lever les deux ligatures qui n’en font qu’une ; il paffe fit navette, 8c dans l’inftant il laiflè retomber fà ligature, de forte qu’un feul coup
- de
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- Septième Section» I. Part. Des Taffetas Brillantes a Deffin. rde navette lie le poil ainfi quon le voit en l, l > l, l, 19 fïg,8, où Ton peut remarquer que le fil T forme les eftances m, m, m, m, terminées par les duites qui les lient. On voit qu’entre chacune des duites qui lient le fil de poil, il y en a fept qui règlent la longueur de chaque eftance. On fait ces eftances plus ou moins longues, fi on le juge à propos : d’ailleurs c’eft la grofleur de la trame qui réglé ces longueurs.
- On peut faire un Taffetas cannelé tout à travers l’étoffe, fans rien changer à Tordre du travail : on peut même faire une difpofition de rayure fur le poil qu’on emploie, foit à bande, foit en plein. (On appelle en plein, lorfque toutes les dents d’un peigne font occupées par le poil ). On a foin alors de faire ourdir la chaîne dans les mêmes couleurs que le poil, de forte que fi une nuance rofe forme quelques raies du poil,on la fait pofor fur une pareille nuance rofe, ourdie par la chaîne. Par cette précaution, la nuance eft foutenue dans tout fon éclaç, au lieu que fi le deffous du Cannelé fe trouve d’une couleur oppofée, on l’apperçoit à travers le poil, & la vivacité des couleurs fe trouve abforbée. ,
- On fait encore différentes fortes de Cannelés à poil* qui font de deux couleurs : on en fait fans poil, & on en fait en or Sc en argent. Nous nous en occuperons après avoir vu tout ce qui dépend des Taffetas brillantés.
- Des Taffetas Brillantés a Deffin,
- Les Taffetas brillantés à deffin font ceux que nous avons déjà vus, fi g, 13 ,
- PL 26, de ÏArt de VOurdiffage, & celui fig, 1, PL 11, de l'Art du Re-miffeur. , ♦
- Le premier de ces deux échantillons eft fait pour enfeigner le moyen d’ourdir pour un Brillanté doubieté ; & le fécond, pour donner une difpofition de ligatures, & pour ordonner les liftes à jour convenables.
- La figure 10, Planche , & les fuivantes, vont nous faire connoître en entier tous les moyens qu’on emploie pour la fabrication de ces fortes de Taf- Planche fêtas brillantés. Cet échantillon qui a 6 pouces 8 lignes de longueur, fuppofe le tiers d’un Taffetas de 20 pouces : le deffin qui y eft repréfenté, eft répété deux fois dans l’échantillon ; ainfi il doit l’être fix fois dans la largeur de l’étoffe. Ce deffin eft compofé de plufieurs objets qui, chacun, rendent différents effets.
- Il faut d’abord remarquer que les étoffes façonnées à la marche ont été inventées pour pouvoir y exécuter des deffins fans le fecours d’un Tireur. Il faut donc un arrangement moins compliqué & moins embarraflànt que ceux des étoffés façonnées à la tire : c’eft pourquoi, au lieu d’un Tireur, il faut que la difpofition du métier foit telle que l’Ouvrier avec le pied gauche puîfle faire Etoffes de Soie. VIL Part. O y
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- 606 L'ART DES ETOFFES DE SOIE:
- » mouvoir les lifles à jour qu’on y emploie ; il faut auffi que ces lifles foient difpofées pour les deffins qu’on veut exécuter.
- Pour cela, il faut à chaque deffin une nouvelle dilpofition de ligatures combinée fur les effets du deffin. On a vu que pour les deux échantillons fig. 1 & fig, 7, une feule ligature a fuffi, parce que dans l’un & dans l’autre les effets des différentes parties qui les compofènt font égaux. Il n’en eft pas de même du deffin de féchantillon, fig. 10; les combinaifons qu’il faut faire pour l'exécution des ligatures font bien plus compliquées ; car pour ce deffin, il faut néceffiurement treize ligatures pour les parties figurées, indépendamment des lifles a fond : on donne fouvent aux ligatures le nom de lifles de figures , c’eft pourquoi on appelle fréquemment les parties du deffin, les parties figurées de l'étoffe. Anciennement même on donnoit à toutes les étoffes fur lefquelles le deffin fe formoit en deflus ou par un poil, quoique n’étant pas exécutées à la marche, le nom d'Etoffes figurées.
- Pour parvenir à la combinaifon des ligatures qui font néceffaires à notre deffin, ainfi qu’à tous ceux de ce même genre, il faut remarquer fur le deffin même, ou fur Féchantillon qu’on veut imiter, le rapport qu’ont entre elles les parties qui le compofènt. Ce rapport fe connoît par les eftances du poil qui forme le deffin. Les eftances fe prennent dans le fens de la longueur de l’étoffe ; ainfi il faut remarquer les graduations qui forment les contours du deffin.
- Il faut auparavant lavoir combien chaque partie contient de fils de poil ; enfuite combien l’enfemble occupe de dents dans le peigne : on doit s'aflurer en même temps des diftances qui féparent les parties du poil de l'une à l'autre. Je fuppofe encore notre Taffetas fait avec un peigne de mille dents, fur 20 pouces de largeur: il faut fuppofer les deux parties a9 a9 qui font les deux extrémités, comme celle b qui fait la partie du milieu: nous les fuppoferons compofées de 4 dents; celles c, c9 c9 cf de y dents ; celles d9 d9 d, d9 de 13 dents ; celles e9 e, e9 e9 de 10 dents ; 8c celles fi9 f9 de 48 dents. Comme ce deffin eft fymmétrique, au lieu de fix fois que j’ai fuppofé qu'il eft répété dans la largeur de l'étoffe, il doit y être douze ; mais il faudroit pour cet effet partager en deux parties égales les parties fi9 f9 8c c’eft ce qu'on ne fait jamais ; & dans ces difpofitions on regarde tout ce qui eft de la figure , depuis a jufqu’en b , de gauche à droite , comme une répétition du deffin ; 8c de b en a9 en fuivant toujours de gauche à droite, c’eft une fécondé répétition : il y aura donc dans la largeur de l'étoffe fix parties égales à celles a9 b9 a ; douze comme celles c, c9 c9 c ; douze comme celles d9 d9 d9 d; douze comme celles e, e, e, e ; 8c fix comme celle fi9 fi. On regarde celles €, e 9 e, e, comme étant égales, parce que ce font les mêmes ligatures qui les exécutent. D'ailleurs il n’y a de différence entr’elles, que les effets fymmé-triques.
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas Brillantes a Deffin. 6ùJ
- Lorfque j'ai die quil falloic employer treize ligatures, cela ne fignifîe pas quon ne puiffe en mettre davantage ; mais on ne fauroit en mettre moins. Lorfqu'on veut en mettre davantage, on ne profite pas des effets qui dans un deflîn fe trouvent égaux par le mouvement des marches ; Se dans ce cas, pour les mêmes effets, on emploie plufieurs ligatures. C'eft cependant ce qu'on doit éviter à caufe de l'embarras, & que doit prévenir celui qui compofe un deflîn pour ce genre d'étoffe.
- On donne au Remiffeur des marques femblables à celles que nous avons rapportées pour l'échantillon du Taffetas brillanté, repréfenté dans Y Art du Remiffeur. Voyez la figure r, PL n, Se les marques depuis N°. i jufqua N° io, même Planche.
- Ici la première ligature formera les parties a9h9 a9 de la figure 10, qui font tracées fur la marque, fig. il, où le nombre des.mailles efl défigné par 4, 4, & 8, ce qui indique que ces parties prennent chacune quatre dents.
- La féconde ligature fera faite pour les parties c 9 c, c, c ; les traces feront indiquées fur la marque, fig. 12, par io fur chacune, ce qui défîgne io mailles fur chaque trace.
- Les parties d9 d, d9 d9 doivent avoir deux ligatures ; une pour former les graduations i, i, i, I, 8cc. ; & l'autre pour celles 2, 2*, &c. Les premières font compofées chacune de cinq dents, & font défignées par io mailles fur la marque, fig. 13 ; & les fécondés font de trois dents, ainfî qu'on le voit* par les traces fur la marque, fig. 14, où elles font défignées pour fix mailles chacune.
- Les parties e9 e, e9 e9 dépendent des cinq ligatures fuivantes. La premiers eft la marque, fig. 15 ; elle prend les graduations 3,353,3, &c. elles font marquées pour quatre mailles chacune. La fécondé prend les graduations 4,4, Sec. fuivant la marque, fig. 16. La troifieme eft pour celles 5,5, Sec. défignées par la marque, fig. 17. La quatrième fera les graduations 69 6, &c. tracées fur la marque, fig. 18. Les traces qui fervent aux graduations que nous venons de voir, font toutes pour quatre mailles ; ce qui défigne quelles font formées de deux dents fur l’échantillon. La cinquième ligature eft tracée fur la marque,19 ; ce qui en dépend fur cette marque, font les traces indiquées pour quatre mailles : ce qui prouve que toutes ces graduations font de deux dents. Les autres traces qui font fur cette marque, font pour les graduations 8, 8, 8, &c. des parties f9 fi9 fi9 f. Il faut remarquer ici que les graduations 7, 7, Sec. Se 8,8, Sec. ont leurs effets égaux, quoique n'étant pas en même nombre de dents. On reconnoîtra l’égalité de ces effets, en remarquant que dans le fens de la hauteur du deflîn elles s'exécutent invariablement. Pour mieux fe convaincre de l'exaélitude de ces effets, il faut feulement les comparer
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- 6o8 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. aux graduations i, r, i, &c* des parties d> d, d, d. On apperçoit que ces Planche grac[Uations fur les petites efpeces de mouches g y g * &c. ont leur graduation j, i, I y &c. conformes à celles 7, 7, &c. 8,S, &c. Mais les petites croifiettes h9hyhy Sc c. prouvent par les mêmes graduations 1, 1,1, &c. que la ligature qui les forme n’eft pas également mue que celle qui fait les graduations 7, 7, Scc. Sc celles 8,8, Scc. Les traces qui déterminent le nombre des mailles pour ces dernieres graduations, font de huit mailles chacune ; donc elles font de quatre dents.
- La partie f9f9 f9 f9 dépend encore des quatre ligatures qui fui vent. Celle, jfig. 20, doit former les graduations 9,9, Scc. dont les traces font pour douze mailles. La marque, fig. 21, eft pour les graduations 10, 10, Scc. les traces y font auffi pour douze mailles.
- La marque, fig. 22, répond aux graduations rr, 11, ir, Scc. les traces font de huit mailles ; Sc enfin la marque, fig. 23 , fera les graduations 12 , 12 j 12, Scc. dont les traces font pour feize mailles. Voilà ce qui complette les ligatures de notre échantillon. En le regardant comme fimpleté, les effets i y i, &c. ky ky Scc. /, /, Scc. qui font dans les parties fiy fi y f9 f9 de l’échantillon feront regardées comme montrant le fond de l’étoffe ; mais en le fuppofant doubleté , il faut néceffairement augmenter le nombre des ligatures.
- Il faut remarquer que ce qu’on appelle doubleté eft un fécond poil, ou plutôt une partie de poil d’une couleur oppofée à celles qui l’avoifinent ; de forte que, pour obtenir des effets convenables, au lieu de deux fils de poil qu’on met dans chaque dent des parties fimpletées, on y en ajoute deux de plus qui appartiennent aux parties du doubleté : obfervant que, lorfqu’on fait mouvoir les fils du fimpleté qui eft dans une dent ou dans un des champs d’une ligature, les autres relient en deffous , afin qu’ils ne foient point mêlés ; .fans quoi on ne fàuroit diftinguer fur un deffin les différents effets que le fimpleté Sc le doubleté doivent produire l’un par l’autre.
- Je fais fervir notre échantillon pour les deux différents effets, afin de ne pas multiplier les figures : on pourra même fe former là-deffus une idée des tripletés [Sc des quadrupletés : d’ailleurs la figure iy, PL 26 y du Traité de ^ l’Ourdijfiage y donne le tripleté, & la figure 16, même planche, fait voir les
- effets du quadrupleté. On a rendu fenfibles dans l’un trois différentes couleurs qui fe furmontent les unes les autres ; & dans l’autre il y en a quatre fur la longueur de l’étoffe. En appliquant ces différents effets à nos Taffetas bril— lantés, on peut concevoir quil eft facile d’en varier les effets, autant que le goût du deffin, & félon que les différentes couleurs qu’on voudra y employer, y feront diftribuées à propos.
- Il me refte à démontrer comment on augmente le nombre des ligatures
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- Septième Section. L Part. Des Taffetas Brillâmes a Deffn. 6op dans ie doubleté. Sans rien changer au deffin de notre échantillon, les effets i9 i, 8cc. A, A, &c. /, /, &c. auront deux ligatures de plus; favoir pour iy i9 8cc. il faut une ligature conforme aux traces défignées fur la marque , jig. 23 ; & pour les effets A, A, &c. il en faut une conforme à la marque, yÿ. 22. Dans lune & dans l'autre de ces deux nouvelles ligatures, le nombre des mailles doit être égal à celui des deux dernieres figures fur lefquelles cil doit les exécuter. Quant aux effets /, /, &c. on n'a pas befoin d'une autre ligature, parce qu'on peut les faire exécuter par la ligature qui répond à la marque,^. 15, fur laquelle on ajoutera des traces m,.m, m, m, qui font faites en noir, •8c qui prendront chacune douze mailles.
- En faifànt la même remarque pour les graduations 7, 7, 8cc» 8, 8, &c. des parties e, e, e, e, f9 f, on verra que les effets /, /, &c. font à la même hauteur du deffin que les graduations 7,7, &c. 8,8, & c. 8c qu'ils ne fo répètent pas plus fouvent. Il eft vrai que, pour qu'ils aient un jufte rapport avec ces graduations, il faut qu'ils foient partagés en deux for le milieu de
- leur hauteur.
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- Il faut obfèrver que les marques qui ont fervi pour déterminer nos ligatures peuvent être prolongées autant que la largeur de l'étoffe l'exige, 8c que les traces doivent y être répétées autant de fois que le deffin eft contenu dans la largeur de l’étoffe. Il faut donc étendre les ligatures à proportion de la largeur de l'étoffe, en obfervant le plus exaélement poffible que les champs des mailles foient placés vis-à-vis des endroits de l'étoffe où ils doivent mouvoir, afin que les mailles ne faffent pas écarter les fils de la chaîne entre lefquels elles font placées.
- Le remettage des deffins brillantés fimpletés n'a rien de différent de ceux des cannelés que nous avons vus. Quant à la conduite des fils de chaîne 8c de ceux du poil, on obferve que chaque champ foit rempli de fuite, c'eft-à-dire, que toutes les mailles en foient paffées fans interruption) il faut auffi que chaque champ foit occupé par ordre, 8c de maniéré que l’un ne paflè pas devant l'autre.
- Pour donner une jufte idée de cette opération, je vais repréfonter ces treize liftes ; car foivant la meilleure méthode, qui eft celle de Lyon 8c de Nifmes, on doit paffer le poil, avant que de toucher à la chaîne.
- La figure 1, Planche 66, repréfènte de profil les treize ligatures.
- D abord on fufpend les ligatures en les plaçant les unes devant les autres dans un ordre déterminé. Le Remetteur en faifant cet arrangement doit prendre connoiffànce de toutes les ligatures en particulier pour s’afliirer des effets qu'elles doivent produire for l'étoffe. Il doit confequemment les comparer au deffin ou a 1 échantillon qu'on lui confie ; car ce n'eft pas toujours celui qui remet, qui a prdonne les ligatures ; mais on indique par écrit au Remetteur l'ordre qu'il doit Etoffes de Soie , VIL Part. ' P 7
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- 6x0 L’ART DES ETOFFES DE SOIE; ifuivre. Cette opération eft très-difficile, & le montage des Etoffes à la marche eft à la portée de beaucoup moins de perfonnes.
- Dans le montage à la marche, fi Ton confidéroit une ligature, comme on re~ garde une corde de rame dans le montage à la tire, on parviendroit très-facilement à y exécuter toutes fortes de deffins. Une corde de rame dans les métiers à la tire eft le mobile d’une des divifions de la Soie qu’on fait mouvoir pour former le deffin, ainfî qu’on le verra en fon lieu. Ici chaque ligature eft auffi une des divifions de la Soie qu’on fait monter pour déterminer les effets du Brillanté. Ainfi il y a un rapport fi immédiat de l’une à l’autre, qu’on peut ai-fément les confondre : la différence eft que les cordes de rame ne font lever tout au plus que les fils d’une dent pour chaque répétition de deffin qui fe trouve dans la largeur d’une Etoffe, au lieu que les ligatures font lever quelquefois jufqu’à dix & douze dents enfemble. Il s’agit de connoître fur un deffin ce qui en dépend pour former un champ, & ce qui peut s’accorder avec une ligature.
- Ceci doit faire connoître que les ligatures épargnent beaucoup de cordes de rames, puifquil y a moins de divifions de Soie à faire.
- Quand le Remetteur a déterminé l'arrangement de fes ligatures, il fait placer fon Porgeur, comme pour les remettages ordinaires, & il fe met à paffer les fils, félon le deffin qu’il veut exécuter.
- Pour remettre le poil de l’échantillon, fig. io, dont nous venons de nous occuper, voici la route qu’il faut tenir. Nous fuppoferons les ligatures placées dans l’ordre des figures n, 12, 13, &c. de la Planche précédente. On paffera quatre fils dans le premier champ de la ligature 1, fig. 1, PL 667 enfuite on prendra le premier champ de la ligature, compofé de dix mailles ; on paffera dix fils dans le premier champ de la ligature 3 ; delà on viendra au premier champ de la lifte 4 qui eft de fix mailles 5 on retofirne à la ligature 3 ; on paffe dix fils dans les dix mailles qui en compofont le fécond champ ; on faute fucceffivement au premier champ de la liffe 9, compofé de quatre mailles : les quatre fils foivants font paffés dans les mailles du premier champ de la ligature y : on en fait de même aux premiers champs des ligatures <5, 7 8c 8 ; après quoi on prend le fécond champ de la ligature 9, compofé de huit mailles ; on paffe de fuite aux premiers champs des liftes 10, ir, 12 & 13. Voyez fur les marques à la Planche précédente, de combien de mailles font compofés chacun de ces champs. Arrivé à cette derniere lifte, il faut retourner fur fes pas, c’eft-à-dire, qu’il faut pafler les fils en prenant les champs des ligatures dans un ordre inverfe de celui qu’on vient de tenir, de forte qu’on emplit les mailles des féconds champs des ligatures 12, 11 & 10 ; enfuite on pafle les mailles du troifieme champ de la ligature 9 ; on continue le remettage en paffànt de fuite les féconds
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- Septième Section. ï. Part. Des Taffetas Brillantes a Deffin* 6it , champs des ligatures 8, ï, 6 Sc 5 : on retourne pour prendre le quatrième champ de la ligature p ; delà on paffe les mailles du troifieme champ de la troifieme ligature; on revient fur la ligature 4, pour en employer le fécond champ : on prend après cela le quatrième champ de la ligature 3 ; on fuit par les féconds champs des ligatures 2 & r. Le dernier de ces champs recommence le deffin ; ainfi en partant delà, Sc fuivant les champs des li** .gatures, comme je viens de le décrire, on aura paffé la Soie de la fécondé * répétition du delfin ; ce qu'on continuera jufqu'à la fin du poil, Scc.
- Il arrive fouvent que le poil des Brillantés eft de plufieurs couleurs : ainfi les parties ay b, a, peuvent être d'une couleur ; celles dy dy d, dy d'une couleur oppofée ; celles*?, <?, ey e3 différentes des deux premières & celles jf, f, d'une autre. Cette diverfité de couleurs eft avantageufe au remettage, Sc fert de guide au Remetteur, parce qu'il fait que telles Sc telles couleurs doivent compofer telles & telles parties du deffin.
- Quand le poil d'un Brillante eft paffé, on prépare la chaîne qu'on tend à peu près comme celle Ay en la prenant de l'enfuple B, qui eft placé au - déifias de celui C’. On retire le montant D, & les verges a, a, à la place defquelles on met un cordon de Soie, comme nous favons dit pour les Hollandoifes à poil. Voyez la figure x, Planche 50. Il refte à divifer les fils de la chaîne conformément aux efpaces que le poil y occupe, Sc à ceux que la chaîne fépare.
- Nous avons alors fuppofé que ce Taffetas étoic fait fur un peigne de mille dents : en calculant les mailles indiquées fur les marques, on trouvera que la totalité du poil fera de 1332 fils, ce qui fait 666 dents, ainfi qu'on peut le voir en triplant ce qui eft défigné par les traces des marques faites pour nos ligatures : car on doit regarder ces marques comme faifànt le tiers de la grandeur quelles devroient avoir ; on fupprimera feulement aux nombres qui font indiqués fur les marques, ceux qui font fur les traces mymym>m% de la marque 19, comme appartenant au doubleté dont j'ai parlé ci-deffusj le compte s'y rencontrera jufte.
- Je donne ici le nombre des fils de poil, parce qu’il faut que le Remetteur prenne la même route pour finir fon remettage. Ainfi pour paffer les fils de la chaîne, il faut en diftraire un nombre égal à celui du poil, pour ce qui eft de la valeur des dents, c’eft-à-dire, que fi notre poil occupe 666 dents, 4I en refte 334 qu'il faut divifer en 48 parties fur toute la largeur de l'Etoffe. Il en faut placer 12 entre les parties du poil a c, a c9 c b c ; 12 entre celles c dy c dy cdf cd; 12 entre les parties de, dey de, de; Sc 12 entre les e f e> e fe* Les douze premières parties feront de deux dents chacune; les douze fécondés feront de quatre dents chacune ; les douze troifiemes parties feront de dix-neuf dents; Sc les douze dernieres feront de trois dents, En
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- smultipliant toutes ces parties, & les réduifant à un feul nombre, on trouvera que le produit fera de 338 dents qui joint à 666, que le poil doit 'occuper^ donneront un total de 1002 ; ce qui fait deux dents de trop. Alors dans deux endroits de parties de dix-neuf dents,, on n'en mettra que dix-huit, Sc le nombre 1000 fe trouvera jufte.
- Au moyen de ces divifions, on exécutera le deflin de notre échantillon : du refte on paflera deux -fils de chaîne Sc un fil de poil dans les endroits où le poil doit être placé, bien entendu que les 334 dents que nous venons de divifer feront totalement féparées des fils de poil.
- Le paflàge en peigne n’a rien de particulier : on fait attention feulement que dans les parties^ du deffin il y ait régulièrement deux fils de poil dans chaque dent.
- En tendant la chaîne Sc le poil pour mettre en taque, on fait les noeuds, comme nous l'avons vu par la figure 9, PL 29, Sc par celles 1 Sc 2, PL 30 5 obfervant de nouer enfemble la chaîne Sc le poil qui fe rencontrent dans les divifions de la Soie qu’on fait pour nouer féparément. Après qu'on a mis en taque, on arme le métier : nous ne fuppoferons que quatre lifles pour le fond de l'Etoffe. On armera ces lifles conformément aux quatre qui font repréfentées par la figure 3, PL 31 î mais l'armure des ligatures eft plutôt un lifage qu'une armure. La figure 2, PL 66, fait voir comment on donne le mouvement aux ligatures. ,
- Après qu’on a armé les lifles de fond, comme fi on vouloir faire un Taffetas ordinaire, on fufpend les ligatures aux ailerons d'un carrette fimple,1 au brancard duquel on a fiifpendu les chappes qui fervent à l'armure des lifles de fond, afin de fupprimer un porte-lifles, pour qu'il ne refte pas trop d'embarras au-deflus du métier.
- Je n'ai pas cru devoir repréfenter ici la fufpenfion de ces chapes : on les a vues dans la Planche 31. D'ailleurs j'aurois borné une partie de l'arrangement que je dois faire voir, Sc j’aurois été obligé de defliner plufieurs autres figures que j'ai jugées inutiles, puifque celle-ci repréfente tout cet arrangement dans la pofition la plus avantageufè. Après donc qu'on a fuf* ) pendu les ligatures E, on fufpend à chacun de leurs lifterons inférieurs un contrepoids de chaque côté, comme on le voit en F ; enfuite on appareille les ligatures, en les plaçant à la hauteur de deux pouces au-deflous des lifles de fond G, de maniéré que la chaîne H fe trouve féparée du poil I9 quoiqu'on en prenne la précaution auparavant * en mettant l'enfuple du poil au-deflous de celui de la chaîne comme on le voit en B G, fig. 1* C'eft dans cet état qu'on arme les ligatures, ou plutôt qu'on lit le deflin.1 On paffe au bout de chaque aileron K un Collet a, b> c>d, &c. Ces collets coupés tous à une égale longueur, Sc pafles dans les trous de la planche
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas Brillantes a Deffln; '6ï$ Hê guide L, que nous appellerons dorénavant Planche de Collets* On met au bout de ces collets, en-deflbus de la planche , des boucles de ficelle, # comme celle jig. 3, autant qu’on a jugé quil en faudroit pour l’exécution du deflin. Cette boucle forme deux branches 0, 0, quon n’emploie que Tune après l’autre : comme il fe rencontre quelquefois des nombres impairs, on complété ce qu’il faut au collet par une demi-boucle, Jig. 4. On enfile ces boucles par les gances p3 y, avec les collets, 8c on les noue, comme ,on le voit en M, fig. 5.
- Pour l’exécution de notre deflîn, on commence par placer deux boucles 'entières fur le collet a; trois fur celui b; une fiir celui c; deux fur celui d; une demi-boucle au collet e3 de même qu’à celui f; une à celui g; une demie au collet h, ainfi qu’à celui i ; une au collet k ; une à celui l ; deux à celui m ; 8c enfin deux boucles & demie à celui n.
- Il faut maintenant favoir par quel moyen ôn peut connoître quelle eft .la quantité de boucles qu’il faut à chaque collet. Le deflin de la Planche précédente nous forvira de guide pour tous les autres du même genre*
- Dans la hauteur de cet échantillon, le deflîn eft répété deux fois, 8c quatre fois dans le travail. Pour bien entendre ceci» on remarquera que chaque
- gradation eft le degré de hauteur d’une des eftances du poil, de forte qu on apperçoit, tout à travers l’Etoffe, que le poil eft lié par une feule duite qui termine chaque eftance en particulier. On verra donc que la hauteur du deflin, en le prenant de R en S, porte onze eftances qui, par les gr&* duations prifos ou laiffées, donnent les effets du deflin. On doit fentir qu’à chaque graduation on fait monter les ligatures qui doivent les faire reflortir* En commençant par les graduations au-deflus de R9 8c les fuivant jufqu’à celles au-deffbus de S9 on trouvera que la première fait monter huit ligatures ; que la fécondé en fait monter fix ; que la troifieme en fait monter cinq ; la quatrième en fait monter quatre ; la cinquième , cinq ; & la fixieme , fept. Il eft inutile d’en dire davantage, attendu qu’en retournant fur nos pas, on a les mêmes effets. Car fi on fait attention que cette derniere graduation
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- fe termine en T, on appercevra que les effets de R en T font les mêmes ' que ceux de T en S, C’eft pourquoi j’ai dit que le deflin étoit contenu quatre'fois dans la hauteur de l’échantillon: cette confidération eft auffi la caufe qu’au lieu de onze marches qu’il femble qu’on doit employer, on ne fe fort que de fix, comme on peut le Voir par la figure 2, PL 66.
- En comparant aéluellement les effets de chaque marche avec les marques des ligatures, l’ordre qu’elles tiennent par le remettage, & les effets de l’échantillon, on reconnoîtra que la première marche fait lever les r, 1, 3> 4> 9» 10> 12 & !3es ligatures; que la fécondé marche fait monter les 3, 4» 5, 10, ir 8c i3es; la troifieme marche mec en mouvement les Étoffes de Soie. VII. Part. Q 7
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- .1, 2, 6, n & I2es ; la quatrième marche fait aller les 2, 7, 12 8c 13** ; la cinquième marche fait lever les 1, 2, 4, 8 & 13e* ligatures ; & qu’enfin la fixieme& derniere marche fait monter les 1, 2, 3,4 , 7, 12 & 13e5 ligatures, Il faut donc que chacune de ces marches réponde diréélement aux collets qui font attachés aux ailerons, pour faire mouvoir les ligatures.
- Comme il n’eft gueres poffible qu’on puifle appercevoir la direélion des cordes du lifage N, fai féparé chaque lac pour les repréfonter'à part dans l’ordre qu’ils tiennent au lilàge même. Ainfi le premier lac eft repréfonté par la figure 6 : il appartient à la marche O ; il eft attaché à la Gavafifine r Le fécond lac eft repréfenté par la figure 7 ; il eft tiré par la marche P ; il eft joint à la gavaffine s. Le troifieme lac eft celui fig, 8 ; il eft attaché à la gavaffine t qui tient à la marche Q. La marche R tire le lac fig. qui eft attaché à la gavaffine v. Le lac fig* 10, dépend de la marche S ; il eft attaché à la gavaffine x : & le lac fig. 11, eft tiré par la marche T; il tient à la gavaffine j. •
- On voit par chacune des figures qui repréfentent les lacs en particulier, qu’on a pris foin de nouer enfemble toutes les branches de boucles dont ils font compofés, avant de les joindre aux gavaffines, ainfi qu’on i’ap-perçoit en fur chaque figure. On remarquera encore fur
- ces figures que les branches qui forment chaque lac en particulier, tiennent aux collets qui ont été défignés, & que les collets qui ne tirent pas, y1 font fans boucles.
- La planche de collets L doit être fixée fur le bout du brancard du car-rette F, de maniéré que les nœuds qui font formés par les boucles & les collets, viennent prefque toucher contre. Ces nœuds doivent être tous à la même hauteur : on prend garde quils n’empêchent les ailerons de pofes du côté des arcades fur le chevalet X.
- La figure 2. n’eft pas vue fuivant les réglés de la Perlpeélive ; mais elle fait voir tout ce quon peut remarquer fur un métier ; ce qui n’auroit pu être apperçu quen multipliant les figures. Par la même raifon, j’ai été obligé, de ne point deffiner le métier. On foppofora donc le carrette VI for un métier.
- Je ne dois pas oublier de dire que , lorfqu’on a formé les lacs, on a foin que toutes les branches d’arcades dont ils font compofés, foient également tendues, afin que les ligatures montent toutes à la hauteur où elles doivent monter ; & pour cela on fait les nœuds de maniéré que les liga-i tures les plus reculées montent davantage que celles qui font près, afin que la Soie du poil ne gêne pas le pafîàge de la navette dans la fogue. Ainfi la Soie qui monte du poil, doit être de niveau au moins avec celle de la chaîne, quand la fogue eft ouverte. Pour réuffir à faire monter les ligatures
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- Septième Section. î. Part. Des Taffetas Brillantes a Dejffin. 6îf que tire un lac* dans une proportion convenable, on tend également les branches d’arcades ; mais on leur fait prendre une direction telle qu’en enfonçant la marche dont le lac .dépend , les lifles montent par gradation. Il faut donc pour cet effet emmener toutes les branches du lac des points a> a, a, ay a9 a9 a 9 au point b9 fig. 19 PL Oj, où eft formé le nœud qui contient toutes les branches. On doit appercevoir que la gavaffine c tirant, par la marche d 9 la branche de lifàge e9 doit tirer davantage que celle fi. Il fuit delà que les autres branches qui le trouvent entre ces deux extrêmes, montent à proportion de l’obliquité que donne la marche, quand on l’enfonce. Ces remarques font de la derniere importance : ainfi fi Ton avoit trop donné dobliquité des points a9 a9 Sec. au point b9 on l’ap-perçoit en faifant monter les ligatures ; alors on cherche le point convenable.
- - Après tous ces. arrangements, il ne refie plus qu’à fabriquer TEtoffè; L’Ouvrier le place comme pour tout autre genre de fabrication s il travaille des deux pieds, comme on va le voir.
- Suppofons que les lifles de fond G > fig. 2, PL 669 font màes par deux marches de Taffetas : l’Ouvrier enfonce la marche O avec le pied gauche, tandis qu’avec le pied droit il fait aller alternativement les deux marches de fond, obfervant de tenir enfoncée celle de figure, tout le temps qu’il pâlie un nombre déterminé de coups de navette, pour donner aux eftances du poil la longueur qu’elles doivent avoir. Ces eftances peuvent être plus ou moins grandes, fuivant que le deffin l’exige ; conféquemment on paffe plus ou moins de coups de navette : d’ailleurs on fo réglé fur la grofleur de la trame. Quand on a paffé le nombre déterminé des duites qui règlent la hauteur des eftances, on laifîe aller la marche qu’on a enfoncée; on ne paffe qu’un feul coup de navette, & de fuite on enfonce la marche P ; on paffe autant de coups de navette, Sc l’on découpe les eftances par un feul coup de navette, Sc de cette maniéré on paffe fucceflîvement à celle Q9 enfoite à celle R9 delà à celle S9 Se enfin à celle T. Quand cette derniere marche a fait fon effet, on retourne fur fos pas en revenant par les marches S9 R, Q9 P, jufqu’à celle O. Suivant le deffin fig. io, de la Planche précédente, on doit enfoncer deux fois de foite cette même marche, ainfi qu’on peut en juger par les graduations 7, 7, Sec. & celles 8,8, Sec. qui ne feroient pas doubles, fi l’on ne reprenoit deux fois de fuite la marche O. Alors ces graduations feroient terminées comme celles I, I, I, Sec. des petites croifettes h,'h9 Sec.
- On peut juger par-là qu’on peut- faire dans un deffin des eftances plus grandes les unes que les autres : on peut auffi les régler de façon que les graduations ne foient pas toutes l’époque de la découpure des eftances. Voyez
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- 6x6 L'A R T DES É TOFFES DE SOIE.
- :1a figure 2, PL 6j, où des points g, g, aux points k9 h9 on voit le poil qui forme cinq eftances ; ainfi que des points k9 k9 aux points i, i, chaque découpure forme un cannelé donc les extrémités ont une double graduation, ce qui prouve quon ne découpe pas à toutes les marches de figure. Pour former ce deffin, il faudroit neuf marches a retour9 c’eft-à-dire, quil faut auffi revenir fur fes pas, à moins d’en mettre dix-fept. Alors en commençant louvrage par les points k9 h9 les deux premières marches formeront les cannelés i,i, i, i;les deux fui vantes formeront ceux 2, 2, 29 2; les cannelés 3, 3, 3, 3, feront faits par les marches $ 8c 6 ; celles 7 & 8 feront les cannelés 4, 4, 4, 4 & la neuvième fera les cannelés 5, La
- conduite de ces marches eft telle que, fûppofànt que les grandes eftances foient de huit coups de navette, les petites qui terminent les bouts, ne feront que de quatre. Par conféquent on pafle de la première à la fécondé marche, fans découper : on pafle de même de la troifieme à la quatrième, ainfi de la cinquième à la fixieme, & de la feptieme à la huitième 5 mais pour la neuvième, on pafle fous fa levée huit coups de navette.
- Les graduations qui forment ce deffin, font faites par autant de ligatures différentes : c eft pourquoi en les combinant on trouvera qu’il en faut neuf, dont chacune forme une de ces graduations. Quand même la partie m feroît doubletée, on n’augmenteroit pas pour cela le nombre des ligatures, parce que les graduations de cette partie feroient faites par les ligatures qui forment celles du premier cannelé : il n entreroit pas une corde de plus au lifàge ; il y auroit feulement une plus grande quantité de fils au poil, ainfi que je Fai obfervé pour le deffin de Féchantillon fig. 10 de la Planche 65. Le doubleté de cette dèrniere figure ne fauroit s’exécuter fans un plus grand nombre de cordes de lifàge , attendu qu’il y faut deux ligatures de plus X ainfi, au lieu de treize ailerons, il en faudroit quinze; alors le poil fim-pleté qui eft de 1332 fils, fera de 1668, parce que les parties doubletées augmentent le poil de 336 fils; dans ce cas, au remettage, on place les ligatures, comme les treize que nous avons vu es, fig. 1, Planche .66; au lieu de 13, il en faut 15 ; les deux de plus, concernant le doubleté, font placées les dernieres. Quand il s’agit de paffer les fils de poil, lorfqu’on eft arrivé à l’endroit du doubleté, on prend alternativement les mailles de deux ligatures, comme je vais l’expliquer. Suppofons que les parties f, f, de l’échantillon fig. 18, P/. 65, foient couleur de rofe, & que la partie doubletée qui y entre foie en verd, alors on pafle un fil verd dans une maille du troifieme champ de la neuvième ligature, & un fil rofe dans une maille de la onzième ligature : on fait cette alternative, tant qu’il y a de mailles de l’un Sc fie l’autre champ. Quand les deux champs font remplis, on paflè fucceffivement au premier champ de la douzième ligature avec le
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- Septième Section. L Part. Des Taffetas Brillantes k Deffîn. 617
- premier de la quatorzième que nous avons fuppofée, & dont on voit feu- = lement le numéro fur la figure r de la Planche fuivante : delà on paffe au Plâ^HÊ premier champ des ligatures 13 Sc ijes ; on vient fur les féconds champs
- des 14 Sc I2es ligatures ; delà on paffe fur le fécond champ _de la 11e ligature , & fur le quatrième de la 9e. On doit fe fouvenir que les champs de cette ligature qui font deftinés pour le doubleté, font tracés en noir fur la marque figure 19, PL -
- Dans Tétât où nous venons de voir le Remettage, il s’agit de faire le lijfàge. Il faut Texécuter fur quinze ailerons ; ce qui fe fait fans augmenter le nombre des marches : on n’a rien à changer pour les parties fimpletées dont nous avons vu le lifàge; on ajoutera feulement une corde de lifàge au fécond lac qui prendra le 14e aileron, ce qui foppofe la 14e ligature ;
- Sc au troifieme lac on mettra auffi une corde de lifàge qui fera monter la * Xÿ ligature. ^
- Je n’ai pas cru devoir augmenter le nombre des figures pour, faire con-noître l’arrangement du doubleté ; j’ai jugé qu’on pourroit Texécuter, fiir ce que je viens dire : j’ai même penfé que par les figures on pourroit parvenir à l’exécution de plufieurs autres difpofitions de defiïn ; car ces défi-fîns font variés à l’infini, tant dans les doubletés, que dans les fimpletés ; quant aux tripletés & quadrupletés, on peut les varier davantage , parce qu’ils font cenfés avoir trois Sc quatre couleurs les unes fur les autres; mais ils font moins en ufage que les doubletés, parce qu’ils font plus difficiles à exécuter, Sc qu’il faut une plus grande quantité de Soie, ce qui les rend plus chers.
- Quoique les Taffetas tripletés Sc les quadrupletés ne foient pas fi fréquemment fabriqués que les fimpletés & les doubletés, je ne crois pas pouvoir me difpenfer de faire connoître ce qui doit fervir effentiellement à leur fabrication : je n’entrerai pas dans un détail circonftancié for tout ce qui les concerne ; mais je ferai voir par le rapport qu’ils ont avec les autres, qu’on peut facilement les monter.
- Toutes les fois que dans un deffin de tripleté ou de quadrupleté on pourra kn concilier les effets fur les ligatures, c’eft-à-dire , que lorfqu’une ligature pourra forvir pour plufieurs couleurs, on n’héfitera pas de les y employer, afin d’en diminuer le nombre. Quant au remettage, dans les endroits du deffin où il y a des parties doubletées, on prend, comme nous l’avons déjà expliqué ci-deffus, un champ d’une ligature Sc un champ d’une autre; Sc lorfqu’on tombe dans une partie de tripleté, on paffe fuccefliyement un £1 de chaque dénomination fur chacun des champs qui leur font deftinés* ïl faut donc occuper trois champs à la fois, comme pour les parties qua-drupletées. On paffe un fil de chaque couleur fucceffivement, ce qui exige Étoffes de Soie. VIL Parc. R 7
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- Planche
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- 6iZ L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- quatre champs, un de chaque couleur fur quatre ligatures differentes. ïi arrive quelquefois que les champs qu’on pafle, ne font pas compofés d’un nombre de mailles égal entr’eux ; dans ce cas, quand on a fini le moindre , on le remplace par un autre qui doit néceffairement fe trouver, à moins que ce ne foient des effets qui terminent quelque extrémité. Dans cette circonftance, la Soie du tripleté, Scc. manquant, on pourfoit l’opération fur les autres, comme s’ils n’étoient que doubletés ou fimpletés.
- Quand on paffe les doubletés avec les fils de la chaîne, on paffe ordinairement deux fils de poil, un d’une couleur, l’autre de l’autre, & deux
- fils de chaîné, autant qu’il y en a : fi c’eft dans une partie de tripleté, on
- paffe un fil de chaque couleur ; ce qui fuppofe trois fils de poil & deux
- fils de chaîne ; & pour le quadrupleté on paffe quatre fils de poil & deux fils de chaîne, de forte que les deux, trois, oü quatre fils de poil font toujours féparés par deux fils de chaîne. C’eft même la meilleure méthode ; car fouvent pour le doubleté on met un fil de poil & un fil de chaîne : alors tous les fils de chaîne fervent à féparer ceux de poil. Cette méthode eft vicieufe en ce que la chaîne fatigue davantage, & qu’en travaillant on caffe beaucoup de fils. On ne fauroit fuivre cet arrangement pour les tripletés, parce qu’alors le nombre de fils de poil excede celui de la chaîne, c’eft-à-dire, qu’on ne met que quatre fils de chaîne dans chaque dent, & qu’il faut néceffairement fîx fils de poil, deux de chaque dénomination. Pour les quadrupletés, on met huit fils de poil par dent, & quatre fils de chaînes néanmoins on doit les féparer quatre par quatre, par deux fils de chaîne, afin de pouvoir travailler plus commodément ; car fi on les fépare deux par deux, avec un fil de chaîne feulement, ce fil ne fe trouve pas affez fort pour foutenir les chocs de ceux du poil. On ne doit fuivre cette méthode, que lorfqu’on y eft abfolument forcé, aipfi que nous le verrons par la fuite.
- Quoique je difo qu’on met quatre, fix, ou huit fils de poil dans chaque dent, c’eft comme s’il n’y en avoit que deux, parce qu’il n’y en a jamais que deux qui foient mis en mouvement, & que, fi on en faifoit fortir davantage, les couleurs feroient abforbées les unes par les autres. Du refte la fabrication de ces quatre différents genres de Taffetas eft la même ; ainfî on termine les eftances, comme nous l’avons vu pour les Taffetas fimpletés.
- On n’a pas toujours des échantillons à imiter. Il faut fouvent compofor des deffins pour commencer; car on ne peut pas diftribuer un deflin for une Etoffe, qu’il n’ait été auparavant deffiné de maniéré qu’on puiffe 1 exécuter. Il a donc fallu trouver un moyen , 8c ce moyen eft le Papier réglé 9 fur lequel on calcule plus facilement que fur l’Etoffe,
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas Brillantes à Deffm; 6iÿ
- Je n’entrerai pas ici dans un grand détail2 fur le Papier réglé ; il nous jet— teroit trop loin : j en reforve la defcription pour le commencement des Etoffes façonnées à la tire, pour lefquelles ce papier eft entièrement nécefTaire &
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- Planche 6 Z*
- deftiné : cependant la figure 3, PL 6j, donnera une idée fuffifante de ce papier fur lequel on voit le deffin qui eft fur la figure 2. Il faut donc fe repréfenter la figure 2 comme étant l’Etoffe, & la figure 3 , comme étant le deffin qui a fervi de modèle pour' fon exécution.
- Il faut confidérer les entre-lignes horifontales de la figure 3 , comme autant de duites qu’on doit faire entrer dans la hauteur du deffin ; 8c les entre-lignes perpendiculaires, comme autant de dents que le poil occupe dans cette partie du deffin. Le titre du papier réglé que nous préfente cette figure, eft du dix en dix, que nous appelions communément Papier quatre. Ce titre eft déterminé par les grands carreaux formés par les grofîes lignes, tant perpendiculaires qu’horifontales, Pour en connoître la valeur , il faut remarquer que chacun de ces grands carreaux 'en contient cent petits formés par dix lignes en largeur & dix lignes en hauteur, de forte que, de quelque fens qu’on le prenne, on aura dix petits carreaux entre deux lignes.
- Par le moyen de ces carreaux, on peut facilement lavoir de combien font les eftances du poil, & combien cette partie du poil occupe de dents. Pour connoître les grandes eftances, on voit qu’elles font terminées par toutes les huitièmes entre-lignes horifontales ; ce qui fuppofe qu’elles portent fept duites de hauteur , & qu’elles font découpées par la huitième. On voit en même temps que les petites eftances qui terminent les bords des cannelés, font de trois duites de hauteur, de forte que la hauteur de ce deffin eft de huit dixaines : il porte dix eftances de huit, en comptant la découpure ; ce qui occupe toute la hauteur du papier réglé. On appelle dixaine, en parlant du papier réglé, tous les grands carreaux formés par les groffes lignes, de quelque compte que foit le papier, & dans quelque fens qu’on le prenne. Ainfi le quarré du papier fur lequel eft porté notre deffin, a huit dixaines de hauteur & huit dixaines de largeur. En examinant cette largeur, on verra que le poil occupe foixante-deux entre-lignes perpendiculaires; ce qui foppofe que dans le peigne il occupera foixante-deux dents.
- En comptant les graduations depuis k jufqu’en /, Jig. 3, on en trouvera neuf, & autant en defoendant de k en m* En obfervant les graduations de la partie fupérieure, & les mettant en comparaifon avec celles de la partie inférieure, on appercevra qu’elles font égales entrelles, par le nombre de dents ; ce qui fait entendre que les premières graduations fopérieures avec les premières graduations inférieures occupent le même nombre de dents ;
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- 620 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- = ainfi ce font les mêmes fils du poil qui forment les unes & les autres. En fuivant les autres graduations dans le même fens, on voit qu’elles font toutes formées par les mêmes fils de poil, ce qui fe reconnoît par le rapport qu’on y remarque dans les entre-lignes perpendiculaires. C’eft fur cette remarque qu’on établit les ligatures ; par conféquent tout ce qui fe trouvé fur une égale terminaifon doit dépendre de la même ligature. On doit donc trouver ici neuf ligatures, quoiqu'il y ait du doubleté, parce que la partie brune qui indique le doubleté, peut être exécutée par les ligatures qui font les premières & les fécondés graduations.
- Ce même deflin peut fervir pour la compofition des Brillantés fimpletés & doubletés : celui, fig. 4, repréfente un deflin de quadrupleté par lequel on connoîtra ce que font les tripletés, d’autant mieux que nous n’aurons qu’une couleur à fupprimer. En fuivant la méthode que nous avons expliquée fur la figure 3, pour connoître la quantité des ligatures qui y conviennent, on trouvera qu’il en faut 17. Je n’entrerai point dans le détail des graduations qui doivent compofer chacune des ligatures en particulier ; ce détail meneroit trop loin. Nous Remarquerons que les eftances font ici de quatre duites de hauteur ; que les effets des couleurs fent fuppofés par les différentes teintes ; que la hauteur du deflin en entier eft de 4J duites ; de forte qu’il eft répété deux fois fur la figure. Il n’y a de quadrupleté que dans la partie n qui rend les quatre effets à la fois, c’eft-à-dire, doubleté, fimpleté, tripleté & quadrupleté ; ce que je fais remarquer pour faire connoître que, quand on parle d’un quadrupleté, on ne doit pas entendre que tout ce qui compofe le deflin ait quatre couleurs qui fe furmontent ; il fuffit qu’il y en ait dans un endroit du deflin, pour qu’il foit du genre des quadrupletés ; car dans la partie n que nous examinons, il n’y a que quatre dents en quadrupleté, qui font le milieu de la partie. Elle eft fuivie des deux côtés par quatre dents de tripleté, & par neuf dents de doubleté. Elle feroit terminée par cinq dents de fimpleté( ; mais les deux parties 0,0, rentrent fur les bords ; au lieu de cinq dents,, elles n’en laiffent que deux qui font les quatre & les cinq avant-dernieres. Les trois qui terminent cette partie /z, fe doubletent avec les trois premières des parties 0,0; ces deux parties font doubletées & fimpletées, ainfi que les parties p p , q q, r r; celles ^ s font toutes deux fimpletées ; & les parties t3 t, r, &c. font de petites raies qui appartiennent au fond de l’étoffe.
- Pour combiner fur un deflin la quantité de fils qu’on doit mettre au poil, il faut d’abord voir pour combien de répétitions il eft fait. Pour cet effet, il faut compter les dixaines qui font ici au nombre de vingt ; ce qui fait deux cents dents, qui font le cinquième de mille. Il faut donc que le deflin foit contenu cinq fois fur la largeur d’un Taffetas fabriqué avec un peigne de mille dents. La
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas Brillantis k Dejjln.
- La partie n, Sc celles o, o, font cenfées n’en faire qu’une feule, puif. », » .. quau lieu d avoir des dents de fond qui les féparent, elles le lient l’une Pi-anche à l’autre par trois, dents de doubleté, ainfi que nous l’Ivons remarqué tout- *** à-l’heure. Cette partie feule contient 84 dents, dont 14 en fimpleté <0 .en doubleté, 8 en tripleté, 8c 12 en quadrupleté. *
- Les parties p p qui par les railbns de rapport ne doivent former qu’une feule partie compofée de r4 dents, dont 4 de doubleté &'dix de llmpleté-celles q q 8c celles r r font compofees chacune de 6 dents, dont 3 de doublete & 3 de fimplete ; ce qui fait entr’elles 24 dents ; Sc enfin les parties s s font de quatre dents chacune. Il réfulte de ce calcul que le poil occupe iyo dents dans la largeur du deffin ; ce qui fait y$o dans la largeur de 1 étoffé 5 relie 2yo dents en fond, comme on en voit par les efpaces v, v, v, v, Sc ceux x, x, x, x, qui font entre eux jo dents, lelquels1 répétés cinq fois donnent le total de 2y g que nous venons de
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- Par la quantité des dents fimpletées, doubletées, tripletées, Sc quadru-pletees, dont on vient de faire le calcul, il doit y avoir un nombre de qyo fils fur notre deffin, lefquels multipliés par y donneront un total de 27J0 fils pour le poil.
- Le remettage du poil & de la chaîne doit être fait comme ce que nous .avons vu fur les explications précédentes : le lifage fera fait fur dix-fept ailerons, conformément au nombre de dix-fept ligatures Sc de cinq marches du pied gauche, qu’on travaillera avec le retour; autrement il en faudrait neuf. <
- Je crois qu’il feroit inutile que je m’étendiffe davantage fur la defcription de ce deffin : il fuffira d’examiner les différentes teintes rendues lènfîbles par la gravure, pour reconnoître les effets des doubletés, tripletés Sc qua-drupletés. Je ferai remarquer encore qu’on peut nuancer le poil dans certaines parties, conformément à celui que nous avons vu ,6g. 13, FL 2 6 de Y Art de l OurdiJJeur. C ell à 1 intelligence du Deffinateur ou du Fabriquant à déterminer les parties qu’on doit nuancer, Sc de prendre garde quelles rendent des effets agréables.
- Je n ai point donné de parties nuancées, afin de ne point ablorber les effets des deflins.
- La différence qu'il y a ( entre la grandeur des deflins mis en cartes ( on .appelle ainfi un deffin execute fur le papier réglé, comme le font ceux figures 3 & 4 } & 1 execution fur 1 étoffe, efl; en railbn de la différence qu il y a entre le rapprochement des dents d’un peigne, Sc celui des lignes perpendiculaires du papier réglé, par les dents d'un peigne fait en mille ,dents fur 20 pouces de longueur : les deux cents dents portent quatre pouces Etoffes ue Soie. VIL Part. S 7
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- 622 L’ART DES.ÉTOFFES D E SOIE.
- ite'rw) uïjwawmij—mmmt & les deux cents entre-lignes du papier réglé, tel que celui dont Je me 'Planche fujs fervi, portent fept pouces huit lignes ; ce qui fait prefque le double.
- Ainfi on remarque que les deffins mis en étoffes diminuent environ des trois quarts de leur grandeur, moitié en largeur & moitié en hauteur. Cette différence peut fe mefurer par l'échantillon-, fig. 2, & par le deffin, fig, 3, P/. 6jy dont l’un eft tiré de l'autre.
- Notre deffin, fig. 4> eft marqué pour avoir lés eftances de quatre duites de hauteur ; mais je dois faire obferver qu'en général on détermine ces eftances à un nombre de duites impair , 8c qu'on les fait découper par la duite qui rend le nombre pair , afin que l'Ouvrier ait une aétion réglée pour découper, c'eft-à-dire, qu'il eft plus sûr de faire les eftances égales, lorfqu'il les découpe par les duites lancées de la même main ; au lieu que s’il découpe par un nombre pair donné à la hauteur des eftances, il eft forcé de découper une fois par la navette lancée par la main droite, & l'autre fois lancée par la main gauche : cette alternative interrompt fon travail ; &, quelque foin qu'il y apporte, il eft fujet à fe tromper. Alors les eftances ne font pas toujours égales ; ce qui eft une imperfection pour l'étoffe : il faut donc prendre le moyen le plus sûr pour bien fabriquer, qui eft de découper par un nombre qu'on appelle de fept le huit, de cinq le fix , &c. Quand les Cannelés ont une eftance découpée fur les bords feulement, c'eft-à-dire, qui ne découpé pas tout à travers , comme on en voit fur l'échantillon , fig. 2, & fur le deffin, fig* 3 , on quitte la marche à nombre pair ou impair pour les petites eftances, mais toujours fur un nombre déterminé fur lequel l'Ouvrier fe fixe.
- Dans toutes les Villes de Manufaétures, & parmi tous les Ouvriers, on n’a pas la méthode d'armer les métiers des Taffetas brillantés avec des marches en écharpe : on les arme auffi avec les marches en long, en y mettant des carquerons , comme nous le voyons par la figure y. Alors on met les v marches de figure avec celles de fond, c’eft-à-dire, au même marcher où font celles qui fervent à faire le Taffetas. Les uns les mettent à droite ; les autres à gauche. Ici elles font à droite, ainfi qu’on le voit en a> b9 c9 d>e9 qui font.les marches de figure. Quoique ces marches foient placées au même marcher que celles de fond, on les y tient feparées par un elpace de trois à quatre pouces, parce qu'on eft néanmoins obligé de travailler des deux
- On fait paffer les eftrivieres de fond ff9 g g, pour les attacher aux marches 7 h h9 devant les carquerons*.^, B, C, D, E, parce que les ligatures doivent être placées derrière les liftes i i9 k k. Chaque marche d'eftriviere répond à un des carquerons par une des eftrivieres /, m, n9 o9 p ; ainfi chacune des marches fait defcendre un des carquerons P 8c chaque carqueron tire un
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas Brillantes a Deffn. 61$
- des lacs Fj G, H> /, K, par une des gavaffmes q9 r, 5, r, v, auxquelles les lacs font attachés. Par cette figure , on doit juger qu on augmente le nombre des marches de figure, ou qu’on le diminue, félon que l'exige le deflîn.
- Quand on fabrique l'étoffe, on enfonce une des marches de figure, & on la tient enfoncée, autant de temps qu’il en faut pour paffer le nombre de coups de navette néceflaire pour la hauteur des eftances. y
- Je ne dirai rien fur la différence de mettre les marches de fond au pied gauche, ou au pied droit ; c’eft à l’Ouvrier à choifîr ce qui lui eft le plus commode ; d’ailleurs c’eft une affaire d’habitude. Quant à la méthode de mettre les marches en long fùivant les marches de fond, ou de les mettre en écharpe, comme nous les avons vues ci-devant, cela n’eftpas indifférent. Avec les marches de figure en écharpe, on n’a pas befoin de contre -poids fi forts pour les ligatures que lorfqu’elles font en long, comme nous les fait voir la figure y, parce qu’elles n’ont pas un poids fi lourd à remuer. Cette considération doit l’emporter fur le plus de facilité qu’on a de travailler avec les marches en long : cependant en fe fervant d’un des carrettes de renvoi pour faire revenir les marches Sc les carquerons à leurs points de repos, les marches en long doivent être préférées : on doit aufîi préférer les carrettes à poulies que nous avons vus, fig. 4, y, 6y PL 23, à ceux qui font fur les figures précédentes de la même planche, parce que, pour ramener les marches avec les premiers, les cordes de renvoi font attachées aux carquerons, Sc que les autres ramènent feulement les marches. Il refte dans ces derniers le poids des carquerons à contre-balancer : il faut donc que les contre-poids des ligatures foient allez pefànts pour que les carquerons reviennent à leur hauteur déterminée. Ces contre-poids fatiguent les mailles, gênent les fils du poil, & en font cafler un grand nombre : d’ailleurs la trop grande ten-fion de ces mailles occafionne des frottements trop durs contre les fils de la chaîne, & en fait caffer une quantité. Il eft donc à propos d’éviter de trop charger les ligatures, qui, pour un métier bien monté, ne doivent avoir de poids, qu’autant qu’il leur en faut pour defcendre à leur point de repos, fans que les mailles puiffent fe reboucler. On doit même faire attention que les ligatures foient chargées à proportion de ce quelles ont de mailles : car dans le nombre des ligatures qu’il faut pour un Brillanté, il y en a de plus fortes en mailles les unes que les autres : il peut même y avoir des difpo-fitions de deflîn qui ne donnent pas deux ligatures égales en mailles d’un nombre de quinze ou vingt. Il eft aifé de concevoir que fi on met des contrepoids de fix onces fur une ligature qui n’aura que 30 mailles, & qu’on en mette d’un même poids pour en faire defcendre une qui en aura cent, les mailles de cette derniere feront moins fatigués que celles de la première,
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- 624 V'ART des ÉTOFFES DF SOIE.
- , parce qu’elles feroient moins tendues, puifque le poids fe divife en autant de parties qu’il y a de mailles qui le fupportent.
- Je nai jamais éprouvé le poids néceffaire pour ramener une ligature dun tel ou d’un tel nombre de mailles ; mais je prenois la précaution de vérifier leur tenfion, & d’en éviter les rebouclements. Avec cette précaution , les Ouvriers que j’employois, faifoient de bien plus fortes journées que lorfqu’onf montoit un métier {ans précaution , comme on le fait ordinairement, parce que les fils ne fe caftent pas fi fouvent, & l’Etoffe en eft beaucoup mieu£ fabriquée. *
- Il me femble donc qu’on doit fe déterminer en faveur des marches en long,1 fi on ne craint pas l’embarras des carquerons qui, fuivant moi, eft confidé-rable à caufe des contre-poids qu’on eft obligé de faire paffer entre. Je me fuis fervi des carretres de renvoi avec avantage, en mettant les marches de figure en écharpe, 8c j’ai trouvé que mes métiers étoient beaucoup plus dégagés qu’avec les marches en long.
- On ne fe fert pas toujours du carrette fimple pour la fufpenfion des ligatures : on emploie fou vent le carrette à poulies, tel que celui ^qu’on a vu, fig. 8, PL 15 > en ne fe fervant que d’un côté, ou en le faifant fimple > comme il eft en Z, fig. 6, PL 67, où l’on voit fept ligatures M fufpen-dues à fept cordes de Rames Ny dont un des bouts fort par la petite planche de guide O, où font attachées les arcades P; & les autres bouts font paffés L dans la planche de guide Q. C’eft à ces bouts qu’on attache les boucles des cordes de lifage, comme aux collets des carrettes à ailerons. Il faut que de ce côté les noeuds qui lient les boucles aux cordes de rame, foient allez gros pour qu’ils s’arrêtent contre la planche de guide, ou bien il faut faire un gros nœud à chaque corde de rame, comme on le voit en x fur la corde J?, jig% 7 : alors on attache les boucles de lifage au bout Qf & on lailïe une petite diftance entre le nœud des boucles & celui xf afin qu’on puifle les faire mouvoir plus facilement : du refte on fait le lifage du defïïn, comme pour le carrette à ailerons ; & les lacs répondent de même aux marches de figure ; car ils font faits dans le même fens, ainfi qu’on en voit cinq en Sy jig. 5 ; on n’a plus qu’à les joindre aux gavaffines : du refte il n’y a rien de différent dans la fabrication.
- J’ai toujours préféré ce carrette au carrette à ailerons, parce qu’il eft moins embarrafîànt & plus régulier ; d’ailleurs on peut y joindre le carrette de renvoi ; ou plutôt en allongeant les traverfos T9 T, qui en forment le brancard, & y mettant un troifieme rang de poulies 8c une troifieme planche •de guide, on peut y trouver un carrette de renvoi : dans ce cas, c’eft du côté du lifage qu’on doit allonger ces traverfes.
- Voilà ce qui concerne en général les Brillantes fimpletés, doubletés, &c.
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas Brillantes à Deffîn» excepté qu on y ajoute quelquefois des bandes farinées, comme nous en avons Vu un échantillon repréfenté par la figure 14, Planche 26 de Y Art de VOur-
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- dijfage. Je dois faire obferver que,, pour ce genre de deftm, on eft obligé de faire les bandes du Satin avec le fond de l’étoffe, fans en pouvoir dimi-* nuer de celles de figure ; car dans cette forte de combinaifon, le Satin n’a rien de commun avec le Brillanté. Ainfi fi le Satin eft’à fix liftes, on met fix marches pour le fond ; s’il eft à huit, il faut huit marches ; & il en faut dix, fi le Satin eft à dix liftes. On fera attention que Ton ne joint jamais un Satin à ces fortes d’Etoffes qu’à nombre de liftes pair, 'afin que les marches puiflent s’accorder avec celles du Taffetas, à moins qu’on n’en double le nombre, de forte que fi on vouloit faire un Satin à* cinq liftes, on mettroit dix marches pour en doubler le cours ; alors* le nombre de ces marches fo-roit pair, & l’armure du Taffetas feroit contenue cinq fois dans l’armur.e du fond.
- Les bandes de Satin |bnt faites avec des ligatures 9 de même que les Brillantés. Je n’en ferai point ici la defcription, non plus que des armures, parce que nous aurons occafion de les voir dans les Articles fuivants : je ferai remarquer feulement que le nombre des ligatures augmente celles des parties du Brillanté, en raifbn du genre de Satin dont on fait les bandes ; mais ces ligatures ne font pas également fufpendues. Ordinairement l’endroit de fétofïe fe fait par-deflus ; il faut en conféquence que les liftes de Satin foient té-; nues à la hauteur à laquelle on fait monter celles du Brillanté : bien entendu que celles du Satin defcendent, quand celles du Brillanté montent;
- Ainfi les ligatures de Satin font armées comme les liftes de rabat. Vojqz la figure 3, PL 17, où la lifte a fuppofe une des ligatures de Satin, Sc celle b, une ligature du Brillanté. Il faut donc fe fervir d’un carrette fimple à deux chevalets, l’un pour porter la tête des ailerons des ligatures du Brillanté , Sc l’autre pour porter la queue des ailerons du Satin , qui font attirés par des contre-poids, comme l’eft celui c, même fig., par le contrepoids e. On voit par cette obfervation que les ligatures de Satin n’ont pas befoin de contre-poids.
- Il y a plufieurs Etoffes qui imitent les Brillantés ; on en fait entr’autres dont la chaîne Sc le poil font de Soie ; mais on trame de fleuret, de laine, de coton, ou de fil. Ces dernieres font les plus communes ; on les appelle Bredas. Elles n’ont de différence avec les Brillantés que je viens de décrire^ que la trame, la largeur, Sc la quantité des fils qu’on met à la chaîne. La largeur eft ordinairement de 16 à 17 pouces. La quantité des fils de la chaîne eft en raifon d’un 800 dents de peigne à deux fils par dent, de forte qu’à l’endroit où le poil paffe, les fils y font divifés par un fil de chaîne feulement, foit qu’ils foient fimpletes ou doubletés : on ne fait jamais dans ce ,
- Étoffes de Soie« FIL Paru T 7
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- 6i6 L'ART DES ETOFFES DE SOIE. ï genre, ni tripletés, ni quadrupletés. Les Bredas ont befoin d’être calendrés.
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- Article Second*
- Des Cannelés fans Poil.
- Outre les Cannelés dont nous avons parié jufqu ici, il y en a encore dune efpece particulière dans lefquels il n’entre point de poil, c’eft-à-dire,1 qu’on n’y emploie point de double chaîne pour former ce qui fait le Cannelé# Ceux que nous avons vus jufqu’ici, font les Cannelés à bande Sc les Cannelés qui fe forment tout à travers l’Etoffe par un poil auquel on donne les eftances de la hauteur qu’on juge à propos# On peut faire de ces Gan-nelés en doubletés tout à travers, Sc de maniéré que l’Etoffe n’ait point d’envers.
- Quoique le titre de cet Article annonce des Cannelés fa ns poil, il y en a cependant qui portent ce nom, Sc auxquels on met une féconde chaîne qu’on a nommée Poil, Sc à laquelle le nom de Liage conviendroit beaucoup mieux. Cependant on y a ajouté par nécefïité le nom de Poil de Liage j parce que bien fouvent on fabrique des Etoffes où Ton met un poil de figure Sc un poil de liage.
- Je développerai ces différentes fortes de poil, à mefure que les genres de Cannelés dont j’ai à parler l’exigeront.
- On fabrique des Cannelés fans poil & fans autre fecours que celui de la ^rame, en forte que la chaîne eft précifément celle d’un Gros-de-Tours, d’un ’Gros-de-Florence, Sec. ; mais on fe fert de deux navettes, dont l’une fournit des duites très-fines, Sc l’autre en fournit de très-groflès. Il ne s’agit que de conduire ces navettes fuivant l’ordre qui convient aux effets des Cannelés qu’on veut fe procurer.
- On fait ordinairement cette forte de Cannelé, en pouflànt deux coups de trame fine Sc un coup de groffe trame. Quelquefois on en tifle deux de chacune alternativement. Comme la grofleur de ces duites eft fenfiblement différente l’une de l’autre, on peut juger que les coups de la greffe duite montent beaucoup au-deffusdes duites fines; car communément on met douze brins de trame pour former la grofle duite, tandis que l’autre n’eft compofée que de deux 5 fouvent même on la fait avec deux brins d’organfin# Cette oppofition eft d’autant plus confidérable , que les gros coups dominent davantage fur les petits. C’eft par-là qu’on diftingue ce genre de Cannelé des différents Gros-de-Tours & de toutes les Etoffes a gros grains.
- Quelquefois on fabrique ce Cannelé avec de la filofelle pour former les groffes duites, & de la foie pour faire les petites. La grofleur des duites eft déterminée par la grojjeur du grain /qu’on veut faire paroître, foit en foie,
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- SEPTIEME Section. I. P art. Des Cannelés fans Poil '
- Cil filofèlle* ou en coton î car on en fait aufïï en coton fur les mêmes chaînes de Soie dont on fe fert pour les Gros-de-Florence, &c. On en fait aufiî en laine , en poil de chevre, & en fil.
- Quelle que foit la matière qu’on emploie pour le tiflu de ces Cannelés * on eiî réglé la grofîeur à proportion du grain qu’on en veut obtenir ; de forte que plus on mettra de différence entre les duites fines & les greffes* plus on rendra fenfible le grain du Cannelé.
- Les figures i, 2 Sc 3 * PL 68, repréfentent cette Etoffe de profil fous trois points différents d’exécution.
- La première repréfente le Cannelé exécuté fous une duite fine & une grofle duite paflees fuccefîivement.
- La figure 2 préfente un Cannelé dont la tfame fine a été paffée deux fois . de fuite Sc la groffe crame une fois feulement.
- Enfin le Cannelé, fig. 3, a été exécuté par deux coups de navette à groffe trame Sc par deux à trame fine.
- On doit voir, en fuivant les fils A, B, fig. r, ceux Cf D, fig. 2, Si ceux E, F, de la troifieme, que le tiflu de ces Cannelés eft fait comme celui des Taffetas, Sc que la feule différence confifte dans les deux grofleurs de trame qu’on y emploie.
- On varie ce genre de Cannelé, autant qu’on le defire, par le plus ou le moins de grofles duites , ou de duites fines. On en fait même à trois navettes, ce qui fuppofe trois différentes groffeurs de trame, ou bien qu’il y en a une qui n’eft pas de la couleur des autres, afin de mieux faire fentir les intervalles qui féparent les grofles duites d’avec les fines.
- Depuis environ deux ans, il a paru un genre de Cannelé foie Sc coton, qui tient beaucoup de celui que nous venons de voir, par la variété des grofleurs des duites ; mais il en différé par le tiflu. Cette invention eft très-ingénieufe, Sc mérite des éloges. D’ailleurs ce Cannelé eft déjà très-connu , puifqu’en 1776 il en a paru, à Paris, plus de cinq cents habits d’homme, Sc qu’au furplus il s’en fabrique actuellement dans cette Capitale; mais il s’en fabrique beaucoup plus à Rouen ; j’ai même vu chez certains Fabriquants jufquà 20 métiers montés de cette Etoffe.
- La figure 4 fait voir le tiflu de ce Cannelé. En fuivant les fils de la chaîne dans toutes leurs révolutions, on trouvera les moyens quon a em^ (ployés pour les faire mouvoir.
- Cette figure préfente douze fils qui fuppofènt deux cours ; ils font mar* qués par abcdefi9abcde fi. Chacun des fils dans chaque cours a une révolution différente. Les fils a a paffent fur les duites g g g, i i i, l 11y Sc fous celles h h h9 k k A, m m m9 n n n. Les fils b b ont leurs révolutions oppofées à ceux a a, Les fils c c paffent fur les duites h h hf
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- \k k k9 n n n9 Sc fous toutes les autres duites. Il faut faire attention le cours des duites eft compofé de fept, Sc que dans notre figure il y eft répété trois fois. Les fils d d font réyolus de maniéré qu’ils paffent for les duites ggg9 i i i9'Lll9 mmm9 Sc fous les trois autres duites de chaque cours. Les fils e e font oppofés à ceux d d ; Sc les fils f f font les mêmes révolutions que les fils b b.
- Nous avons remarqué qu’il y a fix fils par cours ; ce qui prouve qu’il faut fix liftés pour former notre tifîa ; Sc par le nombre de duites on voit qu’il faut fept marches9 afin que l’Ouvrier n’ait qu’à travailler de fuite : car fi oh * vouloit abréger, on pourroit l’exécuter avec trois ou cinq; mais pour plus de sûreté on doit en mettre fept, & armer le métier fur le plan, fig. y. Avant d’entrer dans l’explication de ce plan, il faut remarquer quelles font les groffes duites Sc les fines. Celles g g g* h h h9 k k A, / //, font cen-fées être de coton à un feul brin incorporé par une première navette. Celles ' i i i, font de quatre à cinq brins de Soie ; elles font tiffues par une féconde navette. Celles mmm9nnn9 font compofées de trois ou quatre brins de coton ; elles appartiennent à une troifieme navette : toutes ces navettes font lancées fuivant l’ordre qu’elles doivent tenir pour rendre les effets du Cannelé, tel qu’il doit être, & tel qu’on devroit le voir, fi la figure 4 étoic faite dans les proportions de l’Etoffe ; mais non-feulement ici les duites font repréfentées vues au microfcope, mais elles font auffi éloignées les unes des autres, afin qu’on puiffe voir comment les fils de la chaîne les contiennent.» Ces fils de la chaîne font rapprochés de maniéré que dans un pouce de largeur il doit y avoir 150 fils doubles ; car la chaîne eft ourdie double.
- Pour mieux juger de la proportion que doivent garder les duites en rai-fon de la chaîne, for ce que je viens d’en dire, il faut que dans un pouce d’étoffe il y ait environ 36 duites, ce qui forme fept cours.
- Les duites de Soie qu’on emploie, font ordinairement d’une couleur op~ pofée à celle de coton, qui font toujours de la couleur de la chaîne. Le côté que préfente le tifïu, eft celui de l’endroit dê l’Etoffe ; l’autre côté eft beaucoup moins riche, parce que du côté de l’endroit il fort environ un quart de plus de chaîne, que du côté oppofé : en outre la duite de Soie ne fe trouvant liée par-defïus que par un tiers de la chaîne, elle refte plus découverte, St offre un brillant qu’on n’apperçoit qu’à peine à l’envers.
- J’ai dit qu’on pouvoit exécuter cette Etoffe avec trois marches, avec cinq, ou fept ; il eft à propos de le faire connoître, afin que les Ouvriers puiffent abréger l’embarras des marches Sc des eftrivieres : car en mettant fept marches, fi l’on veut faire monter les liftés Sc les faire defeendre, il faut néceflaîre-, ment quarante-deux eftrivieres : fi on fabrique cette Etoffe avec cinq marches, il n’en faudra que trente s Sc avec trois marches dix-huit eftrivieres fuffiront.
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- Seîtîeme Sèctîôn\, L Pari*. Des Cannelés pins PoiL 629 Cette diminution de marches & d eftrivieres eft très-commode : ainfi le plan, j%- s> étant fait fur fept marches, celle G fait monter les lifles O 9 R; & en même temps elle fait defcendre celles P9 Q% $, T ; la marche H fait monter ces quatre dernieres lifles, 8c les deux premières que la marche précédente fait monter, defcendent par celle-ci; les marches /, Z, font monter 8t defcendre les mêmes lifles que celle G ; 8c les marches K, N 9 les mêmes que celle H. Si ces trois marches donnent chacune le même mouvement aux lifles, on peut faire avec une ce qu’on fait avec trois; 8c fi, comme nous yenons de le voir, les marches G, /, L9 font égales entr’elles pour imprimer chacune le même mouvement aux fix lifles, une de ces marches doit fuf-fire ; donc deux marches par, leur oppofition, produiront le tiflu de toutes les duites de la figure 4, excepté celui des duites m m m9 qui eft produit par la marche M de la figure f, de forte que cette marche leve la moitié de la chaîne, tandis que celles G, I9 L9 nen font lever qu’un tiers, 8ç .que celles H9 K, N, font lever les deux tiers.
- Si on vouloir économifer les eftrivieres, il faut armer de maniéré à ne point faire defoendre les lifles ; alors avec fept marches il faudra feulement yingt-une eftrivieres ; avec cinq marches, il n’en faudra que quinze; 8c avec trois marches, neuf eftrivieres fufiifent. U s’agit actuellement de régler l’ordre du trayail, 8c par-là on verra quel eft le nombre démarchés qu’on doit préférer,
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- Si l’on occupe fopt marches pour fix lifles, en faifant monter les lifles to, r9fig. 69 par les marches V9 Y9 A, fig. 7, 8c celles p9 q9 s9 t9 par les marches X9 Z, B9 on formera le tiflu de toutes les duites de la figure 4, excepté de celles m m m9 qui fera formé par la marche G, fig. 7. Voici l’ordre que l’Ouvrier doit tenir,
- Il doit avoir trois navettes ; une pour la trame à un bout de coton ; une pour celle à trois ou quatre bouts du même coton ; 8c une pour la trame à quatre ou cinq brins de Soie. En enfonçant la première & la fécondé marches , il pafle la navette de coton à un bout, Ualler & le venir ; ce qui fait deux duites : enfuite il pafle la navette qui porte la trame de Soie, en enfonçant la marche Y, qui eft la troifieme ; il en poulie un coup feulement 8c reprend la navette où le coton n’eft qu’à un bout, c’eft-à-dire, celle qu’il a paflee la première, & la pafle encore deux fois de fuite ; une fois en enfonçant la marche Z, & une fois fur celle A ; après quoi il prend la navette à trois bouts de coton, dont il pafle deux duites, une fur la marche By 8c l’autre en enfonçant la marche C; 8c pour continuer, il recommence le cours des marches, palfant toujours les navettes dans l’ordre que je viens d’établir.
- Je n’ai encore rien dit for le montage de cette Etoffe ; il n’a rien de particulier , excepté que la chaîne eft paflee dans le peigne par trois fils dans ^ Etoffes de Soie , VII. Part. Y 7
- _ 11 J. n.in I ^.i ( <•* liiif1\
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- - chaque dent ; ce qui indique la moitié de chaque cours. Par ce que j’ai dit ci-deflus qu’un pouce contenoit 150 fils, on doit juger que ce même pouce contient au peigne fo dents, Sec; fi l’étoffe eft de vingt pouces, comme le font, ordinairement tous les genres de Cannelés, ce peigne eft en mille dents. Cependant il eft libre au fabriquant de donner à fon Etoffe telle largeur qu’il juge à propos ; mais pour bien fabriquer celle-ci, il doit la faire exécuter à raifon de 50 dents par pouce, Sc de trois fils doubles dans chaque dent fur une largeur à volonté.
- Quant à la fufpenfion des liffes on la fait au carrette fimple ou au carrette double ; mais le premier eft moins embarraflànt : on peut l’exécuter, domme je lai déjà dit, en faifant delcendre les liftes Sc en les failànt monter, ou en les failànt monter feulement. Ce dernier moyen eft le plus fimple Sc moins variable.
- Pour exécuter notre Cannelé avec cinq marches, il faudroit lupprimer celles B, £7 de la figure 7, & conduire les autres fur le plan d’amure fig. 8, ou l’on voit que les marches D, F, font mouvoir les liffes ay d\ que celles E, G, font monter celles b c, efs Se que celles b /, font mifes en mouvement par la marche H. A fuivre ce cours dans l'ordre déterminé par cette figure, il manqueroit deux duites , puifque chaque cours de la figure 4 en donne fept ; il faut donc trouver dans quel ordre on peut les faire mouvoir pour obtenir les mêmes effets produits 'par les fept marches indiquées fur le plan; fig. y , Se par l’impulfion de celles fig. 7.
- J’ai dit que l’on devoit fupprimer deux marches de cette derniere figure^ Alors l’Ouvrier fait mouvoir les marches V9 JT, pour les deux premiers coups de trame de coton à un bout, il paffe celui de foie fur la marche Y, il repafîe fis première navette fur la marche Z Se fur celle JT, fur laquelle il retourne. Après cela il prend la navette de trame de coton à trois bouts , la paflë fur la marche A, & fur celle Z ; par-là il finit Ion cours , puis il le recommence. On doit remarquer que c’eft une fujétion confidérable d’aller & de venir fur ces marches ; que cela eft capable d’embrouiller un Ouvrier, Sc que la perfection de l’Etoffe peut en dépendre : cependant il fe trouve des ouvriers qui préfèrent cette maniéré de fabriquer à celle d’avoir trop de marches ; par cette même raifon, on préférera l’armure à trois marches faite fur le plan, fig. On voit fur cette armure que la marche /, fait monter les liftes g A, que celle K fait mouvoir les liffes A, i, /, m , & que celle L, met en mouvement les liffes h, k, m : il faut comparer ce plan , ainfi que celui fig• $ & celui fig. 8, avec les liffes o9p9q9r9 s , t de la figure 6, afin d’en mieux concevoir la difpofition. Quant au mouvement qu’on doit imprimer aux liffes, fuivant le plan fig. 9, il faut le faire exécuter par les marches K, X, Yr fié' 7 > & Opprimer les quatre auttes ; alors l’Ouvrier paffe la navette de coton
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- 5 UH bout fur les marches F , X 5 il paffè celle de (oie fur la marche P” qu’il reprend ; il fuit fon cours par la marche X, Sc retourne fur celle F, pour repafler deux fois la navette de coton à un bout ; après quoi, il prend celle !Jr, oh il paflè le premier coup de coton à trois bouts , Sc le fécond eft paffé fur la marche X 5 puis on recommence le cours comme on vient de le voir. Ici le cours des marches n’eft que de trois , mais il eft imparfait, ainfi que £elui de cinq que nous avons vu, eu égard au cours des duites qu’il faut palier pour obtenir feffet qu’exige le Cannelé ; il faut donc fuppléer au dé* faut du nombre des marches, par le double ou le triple emploi quon fait jde quelques-unes ; car fi l’on veut y prendre garde , on trouvera que dans l’armure à cinq marches, la première , la fécondé Sc la cinquième ne font mifes qu’une fois en mouvement, Sc que la troifieme & la quatrième font -jenfoncées deux fois ; par-là on a obtenu l’effet de fept marches qui doivent completter le cours des duites dont notre Cannelé eft compofé. On trouvera auffi que , pour travailler avec trois marches , les deux premières font .enfoncées trois fois chacune , Sc que la troifieme ne l’eft qu’une fois à cha* gue cours. Cette obfervation eft néceflairè , afin que fi l’on n’entendoit pas affez parfaitement l’armure fur les plans, ou plutôt la conduite des marches , pn put la reconnoltre par les mouvements qu’on doit leur imprimer.
- L’Etoffe dont on vient de parler, eft fort jolie ; elle eft propre à faire des habits d’été , SC produit cependant l’effet du velours de printems : quant à l’ufer, je doute qu’il foit des meilleurs , à caufe de la trame ; car, pour gue la chaîne réfifte bien contre le coton, il faut qu’elle foit bien fournie s je penfe que, fi on donnoit à cette Etoffe quatre fils doubles par dent, fans Augmenter le nombre des liftes, elle en feroit plus belle & d’un bien meilleur îulàge : il eft vrâi que le prix doit augmenter en raifon de la chaîne qu’on mettroit de plus. Cette chaîne , fur vingt pouces, actuellement compoféede trois mille fils , le feroit de quatre mille ; alors les liftes qui font compofées 'de 500 mailles chacune, le feroient de 66j, fur quoi on auroit deux mailles de trop.
- On pourroit faire ce Cannelé en poil de chevre pour la trame, fans rien changer à la chaîne que je viens d’établir, & ce feroit une très-belle Sc bonne Etoffe.
- Sft au lieu du coton , on employoit de la foie, cette Etoffe feroit encore plus belle Sc d’un bien meilleur ufèr; il eft vrai quelle feroit d’un prix bien au-deflus.
- Depuis long-temps on fait d’autres genres de Cannelés en foie & cordon-^ net, ou lame or ou argent, avec filet or Sc argent, ou avec du frifé auffi o£
- 6 argent ; on en fait auffi avec la cannetille Sc avec la chenille ; fouvent même pn mêle du cordonnet de foie avec la lame or ou argent, ainfi que la che«
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- ê32 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE, i nille avec le cordonnet, &c. Sec. Ces fortes de cannelles font fabriqués quelquefois fins poil de liage, & d’autres fois on y ajoute un de ces poils. Nous allons donner le détail des uns & des autres.
- Des Cannelés fans Poil de liage;
- On appelle Cannelé fans poil de liage une Etoffe dont le fond eft uri Oros-de-Tours fur lequel on fait paroître une lame , un frifé ou un filé or ou argent ; on fait reflortir cette dorure autant qu’il eft poffible, pour qu’elle montre toute là richefîè : il faut cependant que quelque moyen la retienne fur fEtoffe, & en même temps, de maniéré que la trame ne l’abforbe pas : il a même fallu trouver le moyen que cette dorure fe plaçât fur les duites de la trame , afin quelle couvrît autant qu’ileftpoffible, le fond de l’Etoffe dans les endroits où on la met. On arme le métier de façon que cette lame, filé, Sec. fe pofèfur une des duites de la trame, c’eft-à-dire, que chaque duite de dorure couvre la duite de la trame fur laquelle elle repofo ; il faut donc con-| duire les navettes fuivant l’armure; car on emploie, outre la navette du fonds, autant de navettes qu il y a de différentes dorures à faire paroître for l’Etoffe* Ceci doit faire comprendre qu’il y a de ces Cannelés où Ton emploie, différentes dorures Se différentes difpofitions de foierie ; car le cordonnet, la cannetille 9 la chenille , la Joie de Grenade, le furbec font employés enfèmBle ou féparés pour les Cannelés en queftion. Souvent même on les joint à la dorure pour en varier les effets, fans cependant rien changer à l’armure.
- Pour fixer ces matières fur l’Etoffe , voici comme on s’y prend. J ai fait remarquer dans les armures des Taffetas, que l’on faifoit des Gros-de-Tours à huit liffes. Voyez la figure 4, Planche XXXI, ou plutôt celle 1 Planche XXXII.
- C’eft for cet arrangement qu’on difpofe les liftes de nos Cannelés 9 a caufo du carrette fimple qui eft de beaucoup plus commode pour ce genre, d’Etoffe,, que ne le font les chappes de la figure 4, Planche XXXI,
- Je vais expliquer un Cannelé à lame en argent.
- Ce genre de Cannelé préfente des intervalles où l’on ne voit que fo. fond de l’Etoffe, & d’autres où l’on apperçoit deux, trois, quatre, &c* duites de lames qui fe joignent l’une à l’autre 3 Se qui ne lai fient aucun intervalle entr’elles. Il faut donc que l’Ouvrier ait deux navettes, une pour U trame qui conftitue le fond , Se l’autre pour la lame qui détermine le Can-< nelé. Suppofons qu’on laifle un efpace de huit duites de trame entre chaque quatre duites de lame ; alors il faut douze coups de trame à pafler pour ren-* dre l’effet du Cannelé, parce qu’il faut que chacune des duites de la lame pofe fur une duite de trame qui en fait le lit j caramefore qu’on vêutpaflèe
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- Septième Sect. I. Part. Des Cannelés fans Poil. la navette qui porte la lame , on palfe auparavant un coup de trame fur lequel * la lame vient fe placer ; quelquefois on eft obligé d’avoir deux navettes pour la trame, parce que fon doit donner au lit de la lame une trame dont la grofe feur fournifle à la largeur de cette même lame» On prendra garde ici qu’on n’emploie pas toujours une lame de la même largeur; on diftingue cette matière par numéro , de forte que chaque numéro change la largeur & même l’épaif» feur de la lame ; il faut donc que la trame qui en fait le lit, foit plus groffe ou plus fine, fùivant que la largeur de la lame l’exige : on réglé la groffeur de cette trame par la quantité des brins qu’on met enfemble. Si la largeur de la lame s’accorde avec la groffeur de la trame qui forme le fonds de l’Etoffe, une feule navette de trame eft fuffilante ; fi au contraire elle eft trop grofle ou trop fine, on fe fert néceffàirement de deux navettes ; alors on paffe pour le fond, çelle qui conftitue le fond, & pour la lame celle qui doit en former le lit.
- L’armure du métier eft faite fur quatre marches, conformément au plan , fig* Uo; de forte que les marches M, O fervent à faire le fond de l’Etoffe, & pelles N, P font pour la lame.
- Il faut fe fouvenir que notre Étoffe , quoique fabriquée à huit liffes , n’a que quatre fils par dent, dont le cours des mailles eft divifé dans deux dents ; quant au compte du peigne f il eft de 800 , de 900, de 1000 dents fur 20 pouces de largeur ; c eft fur ces trois différents comptes du peigne , qu’on exécute les Cannelés. Quel que foit le compte de chaîne qu’on emploie pour ces ouvrages, on ne change rien à l’armure , & l’on fe fert toujours du même plan, à moins qu’on ne veuille lier la lame de plus près; c’eft ce que nous allons développer*
- Quand l’Ouvrier travaille, il enfonce la première & la tfoifieme marche autant de fois qu’il le faut pour paffer le nombre des duites déterminé pour former l’efpace qui doit féparer les parties de lame qu’on veut placer fur l’Etoffe. Suppofbns que le Cannelé qu’on fe propofe de faire , exige huit Iduites de fond & quatre duites de lame, la figure 7 fur laquelle on fuppri-mera les marches A, B, C, fuffira pour entendre ce que j’ai à dire. Les quatre qui relieront, ferviront pour notre Etoffe ; alors l’Ouvrier enfoncera quatre fois la marche V, 8c quatre fois celle Y, en paflànt alternativement de l’une à l’autre , comme pour former un Taffetas ; après cela, il enfoncera la marche V, & la duite de foie qui fera paffée , formera le lit de la premier© duite de lame qu’il palfe en enfonçant la marche X ; après quoi, il enfonce la marche Y, pour faire le lit de la fécondé duite de lame qu’il paffe en enfonçant la marche Z : il fait encore une fois le même mouvement pour palier les deux autres duites de lame , ainfî que les deux duites de fond, comme il a fait les deux premières ; après quoi il recommence fon cours , car il faut regarder comme un cours , l’efpace qui rend tous les effets du Cannelé , c’eft-Étoffes de Soie. VIL Pan. X 7
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- .634 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. î à-dire , qu’ici, félon notre fuppofition, nous avons huit duites de fond , quatre duites pour le lit de la lame,& quatre duites de lame qui fe placent fur ces quatre dernieres duites de foie : voilà donc le cours entier qui fe trouve compofé de douze duites de foie 6c de quatre duites de lame, ainfi qu’on peut le voir, fig. Il, qui repréfente deux cours de ce Cannelé , vus de profil ; on y apperçoit toutes les duites de la trame pafifées & contenues entre les deux fils , & les duites de lame a b , ab , ab, a b, font retenues fur les duites cd9 cd, cdy cd, par les fils S 9 T. Comparons actuellement cet arrangement avec l’armure , & voyons par quel moyen chaque duite de lame vient prendre place fur une des duites de trame. La ligne qui défigne la première marche en M9 figure 10 , indique que cette marche fait lever les lifles n 9p , r y t, fur cette marche , où partent les duites c c c c de la figure il ; enfuite la marche N fait monter la liiïe n feulement. C’eft à cette levée qu’on pafle les duites a9 a9 a9a: cette lifie a déjà monté pour le coup de trame qu’elle doit couvrir ; elle remonte encore pour celui de la lame. Comme les lifles p, r, t relient fur le coup de la trame , il eft impoflible qu’en frappant avec le battant, on ne fafle parvenir la lame fur la duice de la trame , puifqu’elle pourroit faire par-deflus l’effet d’une fécondé Etoffe. Il en eft de même des marches O, P ; la première ouvre le pas pour recevoir les duites d9d, d, d, & la fécondé reçoit les duites de lame b9b9 b , b: on voit qu’à mefure que la marche O fait lever les lifles o , q9 s 9 v ; les fils qui font mus par les marches M9 N, font liés par la duite qui lui fuccede : conféquemment les duites de lame fe trouvent contenues par les fils qui appartiennent à la lifie n , qui paflent fous la duite qu’on incorpore en faifant lever les lifles o9 q , s , v. Les duites de lame qu’on pafle fous les fils de la liffe 0, font dans le même cas que les précédentes, par les duites de trame qu’on pafle dans la fogue que fait ouvrir la marche M. Ce tiffu eft repréfenté d’une autre maniéré par la figure 1 , PL 6p. Cette figure préfente deux cours des fils de la chaîne ; elle contient, par les duites qui y font repréfentées, deux fois les effets qui doivent être exécutés fur la longueur d’une piece. Les fils de la chaîne font compris depuis AA , B B &c, jufqu’à fi H 9 ce qui forme deux cours, & huit fils par cours : les duites de la trame font comprifes depuis a a , b b, &c , jufqu’à mm y ce qui fait voir deux cours de douze duites chacun ; & les duites de lame font indiquées fous les lettres ILy IL9 & c. elles font au nombre de quatre par cours* Les duites II, &c. font liées par les fils de chaîne A A ; & celles ZZf &c. le font par les fils B B ; de forte que fur chaque cours de chaîne , il n’y a qu’un fil qui contient la lame , c’eft ce qu’on appelle lier la dorure par un huitième de la chaîne, 6c autrement on dit plus communément lier la dorure de fept le huit. On doit entendre par-là qu’on laiiïe fept fils en fond ordinaire, 6c qu’on fait lever le huitième pour le liage de la lame. On ne
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- faurok avec huit lifles laifler la lame plus à découvert que je ne dis, à moins jde mettre un poil de liage , comme nous aurons occafîon de le voir bientôt.
- Les duites de trame ni celles en lame ne font ici repréfentées que dans l'état où elles font incorporées dans la chaîne ; mais elles ne font pas jointes comme elles doivent l'être dans l'Etoffe : car non-feulement le coup de battant rap* proche les duites de la trame au point de fe toucher entre les fils de la chaîne ; mais il range les duites de lame de maniéré qu'elles fo touchent & qu'elles fo placent fur les duites de trame qui forment le ur lit: par exemple , les duites de lame /, I fe placent fur les duites de trame i, i ; celles Lf L fe rangent for les duites k k ; celles M M vont for les duites U , & celles N N for les duites m m. On peut juger de la facilité avec laquelle le battant peut ïamener la lame for les duites qui en forment le lit, fi l'on veut faire attention que rien ne les retient , & que le feul fil qui doit leur forvir de liage , paffe for la duite de trame for laquelle on veut que la lame fe porte : cet arrangement de la lame eft fi bien entendu que l'on n en apperçoit aucun vef-tige à l'envers de l'Etoffe ; de forte que pour l'avancement de l'ouvrage , la lame compte pour zéro, parce qu’elle n'y occupe de place que par-deflùs. On appelle cette maniéré de travailler , pour le paflàge de la navette de lame, coup perdu , parce qu'il ne fe place pas entre les duites de la trame.
- * La lame liée par un huitième de la chaîne, laifle des intervalles qui rendent l'Etoffe brillante, mais peu folide pour la lame qui d'elle-même eft cafîànte , de forte qu'à^l'ufer elle difparoît bientôt. Pour rendre cette lame plus folide, au lieu de la lier par un huitième, on la fait lier par un quart ; alors le brillant: çft beaucoup plus abforbé par le liage, mais la lame n’eft pas fi fujette à fe jcaflèr , & elle dure prefque autant que l'Etoffe.
- Quelquefois on fait lier par un fixieme de la chaîne ; alors il faut que le fond de l'Etoffe foit fabriqué à fix lifles , ce qui s’exécute rarement.
- Il faut obferver que toutes les fois qu'on veut faire un Cannelé où il y ait plufieurs duites de lame rapprochées, on doit faire attention que le fil qui lie la lame fe leve avec la duite de trame qui en fait le lit, làns quoi il y auroit contrariété ; alors on appercevroit un écart défectueux entre les duites ide la lame, & même on la verroit fe placer for fon champ, au lieu de fe mettre for fon plat ; 8c pour que cette Etoffe foit belle , il faut que la lame foit bien couchée dans toute la largeur de l'Etoffe, de maniéré qu'on n'y voie ni contour ni repli, parce qu'alors elle diamante9 ce qui fait un mauvais effet.
- Sur l'armure que nous voyons, on peut faire plufieurs difpofitions de Cannelé en lame en toutes fortes de dorures & de foyeries. Il foffit que la chaîne foit d3 une couleur telle qu'on n'ait pas à craindre qu'elle domine trop for les objets qui déterminent le Cannelé ; car fi fur une chaîne blanche on veut faire
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- un Cannelé en or, les fils blancs qui lieront cet or, domineront & abforberont cette dorure; de même, fi, fur une chaîne cramoifie, bleue, verte, Scc. on vou-loic faire des Cannelés en argent ou en foie, cordonnet, chenille, d’une couleur oppofée , il eft certain que le liage n’étant pas de la couleur de la matière qui conftitue le Cannelé ; il n’eft jamais fi beau que s’il étoit de la même couleur : c’eft pour cette raifon qu’on met des poils de liage pour pouvoir les affortir au Cannelé , Sc lailïer le fond de l’Etoffe tel qu’il doit être. Nous examinerons cela de plus près.
- J’ai dit plus haut que pour varier notre Cannelé , on pouvoit mettre plus ou moins de coups de lame , faire le fond plus ou moins grand, en y faifànt entrer plus ou moins de duites de trame pour féparer la dorure ou la foie qui fait le Cannelé. On peut auffi exécuter des effets en argent ; alors on pourra paflèr quatre coups de fond, deux coups de lame, huit coups de fond, fix coups de lame , huit coups de fond, deux coups de lame , fix coups de fond , deux coups de lame ; de forte que les effets foient toujours fymmétriques par la combinaifon que je viens de donner : le cours des effets du Cannelé , eft de de 32 coups de trame dont 22 en fond , & dix pour le lit de la lame. Sur cette combinaifon , on pourra facilement en compofer d’autres ; c’eft une affaire de goût, ainfi que de faire jouer plufieurs dorures enfemble , ou de faire jouer la dorure & la foie de grenade, la canetille , la chenille , &c•
- Quelquefois on pa(fe deux coups de frifé, quatre ou fix coups de lame g Sc deux coups de frifé ; alors la lame fe trouve former une raie à travers l’Etoffe, Sc cette raie eft bordée de deux coups de frifé , un deflus & un deffous : on laiife enfuite un efpace de fond tel qu’on le juge à propos. Souvent pour donner plus d’effet à cette raie compofée de huit à dix coups de* dorure qui fe touchent, on en fait une petite en frifé , en lame ou de toutes les deux enfemble, qu’on fépare par quelque diftance : on en fait de mêm^ avec la chenille, avec le cordonnet, &c.
- Avec la difpofition d’une armure fans poil de liage , on fait une Etoffe en lame qui ne laiffe point d’intervalle ; de forte qu’on paffe autant de coups de fond que de coups de lame ; chaque duite de trame fèrt de lit à une duite de lame : il eft vrai qu’on lie par un quart de la chaîne , & fou vent ce liage eft en Serge ; il faut pour cet effet huit marches Sc quatre ou huit li/Tes, ce qu’on fait fur le plan d’armure 9fig. 2. On voit fur ce plan que les marches PP font lever les lifles npr t, & que celles R X font monter les Mes 0 q su. Ces quatre marches font le fond de l’Etoffe qui eft toujours un Taffetas ; mais les marches Q S V Y9 fervent au liage de la dorure ; en forte que chacune de ces marches fait mon^ ter deux lifles, mais aucune ne fait mouvoir celles de l’autre ; ainfi la marche Qfait monter les lifles n v ; celle S fait mouvoir les liffes os ; les liffes £t font menées par la marche V* Sc celles q v , le font par la marche Y 9 Sc
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- Septième Section. I. Part. Dès Carifidà fans PoiL 6yf
- observant lordre que donne cette armure, on verra qüé fi Ton faîfôît mou* s Voir feulement ces quatre marches, on fabriqueroit une Serge fatinée â quatre liffès ; ainfi fur l'Etoffe dont nous nous occupons, c’eft une Serge d’argent d’un côté , 6c de l’autre un Gros-de-Tours. Je ne reprélènteraî pas le tiflu de cette Etoffe, je crois pouvoir le faire comprendre fur la figure i : quon imagine que les fils E E delà chaîne lient les duites de lame II enfemble , avec les fils AA\ que les fils FF lient les duites LL enfemble, avec les fils B B ; que les duites M M font liées par les fils CC, G G, & non par les fils A A ; & qu’enfin les duites N N font liées par les fils D D , HH „ au lieu de l'être par ceux B B ; qu’on fuppofe actuellement que tout le tiffu eft conforme à ces duites de lame & à celles i i 9 k k> //, mm qui leur fervent de lit. Ici on réglé la groffeur de la trame à celle de la lame.
- Quand on fait ce genre d'Etoffe avec quatre liffès, on y met huit mar^ ches, & on les arme comme font les marches de la figure 2 , avec les liffèi n op q , ou avec celles r s t ÿ»
- Ces difpofitions fervent auflî pour les Moeres d’argent ; ôn les fait for une chaîne fomblable à celle des Cannelés : on lie la lame fans poil ; on pafîe deux coups de trame pour un coup de lame , de forte que pour l’armure, on ne met ordinairement que trois marches ; le plan de l'armure qu'on exécute eft le même que pour les trois premières marches du plan figure 2 : on les exécute quelquefois avec fix marches ; alors on arme ces marches fur celles PQR, T VX de notre plan ; on en fupprime celles S, Y*
- * On voit par cette difpofition qu’une duite de lame fo trouve liée Une fois par les liffès nr9 8c l’autre fois par celles p t ; on en ufé ainfi afin de ne pas fatiguer la même foie , car la foie qui lie la lame, fatigue davantage que celle qui compofe le corps de l'Etoffe ; auflî a-t-on foin de changer environ toutes les quatre ou cinq aunes l’armure, afin que ce ne foit pas toujours les mêmes brins de la chaîne qui lient la lame , ce qui s'exécute en faifimt monter par les marches de liage, les liffès qui n'y ont pas encore fervi : cette pré* caution contribue autant à la perfection de l'Etoffe qu'à prévenir la rupture des fils que ce trop de tenfion occafiotîne.
- •Pour changer l'armure à caufe du liage , on ne change précifément que U montée des liffès du liage , on ne touche pas aux marches de fond. Les marches de fond font celles qui font mues pour la trame , comme le font celles P R TX de la figure 2 ; les quatre autres font les marches de liage. A l'armure faîte par ce plan, on n’a jamais rien à changer, parce que toutes les liffès font également révolues dans l'efpace d'un cours feulement. Il en eft de même fi l'on exécute les mitres * avec quatre liffès, parce que l’on ne làuroit en faire l'ar*
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- * Sorte d’Etoffe dont la lame paffe à tout coup de trame , au point qu’elle doit être couverte par dorure : c’eft cette même Etoffe qui fert à faire les mitres des Evêques,
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- 538 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- . mure (ans que toutes les liffes lèvent pour lier dans le cours des huit marches^ ^8A&C6 ES CC ne^ ^onc 9ue l°r%u,°n exécute quelques Cannelés qu’on eft obligé de faire ce changement.
- Dans le principe des Cannelés en dorure, on cherchait à les rendre apparents & non riches ; on en fait encore de même chez quelques Fabriquants, fur-tout à Lyon. Pour y parvenir , on paffoit une foie d’accompagnage ; de forte que fi le Cannelé étoit en argent on accoffipagnoit la lame avec une foie blanche , St û c’étoit en or, on foutenoit la dorure avec une foie couleur d’or. Cet accompagnage fe tilîoit comme fi l’on avoit voulu border le Cannelé, d’un agrément pour le rendre plus riche ; comme fi , par exemple , les duites de lame //, N N >fîg. 1, étoient de la foie , & que celles If, MM, fuffent de la lame ^ celles de foie feroient paffées de même fous le même liage. Cette foie qui flotte au-defliis de l’Etoffe détache la dorure’du corps du tiffu de la trame fur lequel elle fe place.
- On a remarqué que cet accompagnage, en détachant les effets du corps de l’Etoffe , abforboit la dorure , quoiqu’on fît le lit de la lame de la même couleur ; car fi on paffe une lame en argent fur un fond rofe, cramoifi , &c. on fe fert d’une navette de plus dont la trame eft blanche, ainfi que pour for on ajoute une navette couleur d’or ; de forte que lorfqu’il s’agit de former le lit de la lame , on fubftitue cette navette à la place de celle dja fond, & on la pafîe autant de fois .que l’on a de coups de lame & de coups d’accompagnage à paffer : ainfi pour un Cannelé à fond vert, rofe ou autres que le blanc ou le jaune fur lequel on place une lame en argent ou en or, il faut néceflàirement quatre navettes , une pour le fond , une pour faire le lit de la lame qui eft cen-féeêtre auffi pour le fond, une pour la lame ,& l’autre pour l’accompagnage. On prend le même foin lorfqu’il y a un poil de liage, tel qu’on l’emploie en
- On fabrique aufli de ces Cannelés dont le corps de l’Etoffe n’eft que Taffetas , c’eft-à-dire , dont la trame eft fine, & fouvent la chaîne ourdie fimple; alors il faut deux duites de trame pour former le lit de la lame ; cependant on ne meC point de poil pour lier. On met toujours huit liffes afin de donner plus de dégagement à la chaîne, & l’on arme ainfi avec huit marches, fur le pian figure 3.
- Pour un Cannelé fans accompagnage , & dont la chaîne 8c le fond font de la couleur de la dorure, il faut néceflàirement trois navettes ; une pour le fond de l’Etoffe & le lit de la lame , une pour lier au corps de l’Etoffe la partie de la chaîne qui lie la trame, & l’autre pour la lame ou autre dorure. Voici comme on travaille.
- Suppofons qu’on ait paffé les coups de fond qui doivent former le corps de l’Etoffe, & fur-tout les efpaces qui doivent féparer les parties de dorure qui
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- Septième Section. L Part. Des Connéles Jdrîs Poih 6%p
- confîituent les Cannelés ; ces coups de fond doivent être pafles fur les maî> ches i m, ou fur celles m n, ou fur celles n q ; mais quand il s’agit de for-mer le Cannelé , on pafle deux coups de fond pour former le lit de la laine : pour cela on enfonce la marche i qui fait lever les lits à,c, e , g. Pour le premier & pour le fécond , on enfonce la marche k qui enleve les lifles a * b 9 d > e , f , h , de forte qu’elle fait monter fîx lifles» dont deux qui ont déjà monté avec la première marche. On pafle de fuite la première duite de lame fur la marche l qui fait lever pour la troifieme fois les lifles a3 e9 d’où il ré* fuite que les fils que les lifles font mouvoir , ne. font pas liés au corps do î’Etofife par les deux duites de trame qu’on a pafles : ainfi la lame paflant entre les fils & l’Etoffe qui s’eft formée deffous par ces deux coups, fe place deffus fans aucun obftacle ; alors il faut faire contenir la duite de lame en fixant 1 ei fils qui la lient : c’eft ce qu’on fait au moyen d’une navette dont la duite eft à un feul brin d’organfin bien fin, en enfonçant la marche m \ après quoi on commence à former, le lit de la fécondé duite de lame , ce qui s’exécute par les deux marches n, o ; le fécond coup de lame fè pafle fur la marche p; & pour lier les fils de la chaîne qui doivent contenir la lame , on pafle la navette fine fur la marche q ; ainfi , dans l’exécution du Cannelé, les marches iy k,n * € fervent pour le lit de la lame ; celles /, p font pour la lame , & celles m , q lient les fils de la chaîne qui fervent de liage à la lame# On voit par-là que dans les Etoffes il entre deux fortes de liage , l’une qui fe fait par la chaîne ou par un poil exprès, & l'autre par une navette.
- Je ne donnerai pas le tiffu de cette efpece de Cannelé , quoiqu'on le rnettd en ufage ; il eft fujet à un inconvénient qu’on n’a jamais fu prévenir que par le fecours d’un poil. Cet inconvénient eft tel, que jamais la lame ne peut fe rapprocher autant que la richefle de l’Etolfe l’exige , parce que le coup de liage fait par la troifieme navette , écarte les duites de lame fans qu’on puifle l’éviter; cet écartement eft occafîonné par les lifles de liage qui lèvent fucceffivement après que la trame de liage en a lié les brins au corps de l’Etoffe 5 voyez les lifles a , e, que les marches z, k9l font lever de fuite. La foie que contiennent ces lifles eft liée par la marche m, qui reçoit la trame fine, & la marche n fait remonter cette même foie. D’ailleurs la marche n fait le contre-pas de celle m ; & quoique la trame foit fine & qu’on frappe un grand coup de battant, cette foie forme une duite à laquelle la croifure de la chaîne fait tenir un efpace d’autant plus fenfibîe qu’il devient plus défeélueux. Cette confidération me fit chercher un moyen d’armer ce genre d’Etoffe dont l’arrangement fît di£ paroître le défaut dont je viens de parler ; je réuflis ; l’Etoffe en devint plus parfaite , & on la fabriqua avec plus de facilité, car j ai trouvé le moyen de fup-primer deux marches & la navette du liage ; de forte que, moyennant deux navettes & fix marches, on peut fabriquer cette Etoffe avec précifion.
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- '640 L’ART DES ÊTOFF.ES DE SOIE.
- La Figure 4 repréfonte le plan d’armure que j’ai mis en ufoge : quelques autres figures nous donneront le tiffu que cette armure a produit. Il faut d’abord remarquer que les marches a , b font le lit de la première duite de lame 9 Sc celles d, e celui de la fécondé ; alors la marche c reçoit la première de ces duites, & celle/' eft pour la deuxieme : quand on veut faire le fond de l’Etoffe , pour féparer de quelques coups de fond , les effets de la lame ou autres matières , on fe fert des marches a, e ; par ce moyen on forme le tiflii que repréfente la figure y , où Ton voit que dans un cours des fils de chaîne dont la figure eft compofée, il y a quatre fils qui fervent de liage pour la lame,& que néanmoins dans ce qui fait corps d’Etoffe, ces mêmes fils travaillent autant que les autres, excepté fur les duites de trame qui fervent de lit à la lame.
- Les fils h, i , m9n lient les duites de lame A , B , C 9 D ; ceux k, l, 0 ? p forment par-tout le corps de l’Etoffe, ainfi qu’on peut le voir. Les quatre duites de trame q9r9s > t {ont tiflues dans tous les fils delà chaîne ; de forte qu’en les confidérant feuls avec ces mêmes fils, nous avons le tifïù d’un Taffetas à quatre fils par dent. Voyons actuellement les duites u9 x9 y9^t a9b9 c9d^ féparons d’elles les duites A 9 B 9 C, D, de les fils de chaîne h9i9m9n> nous aurons un Taffetas encore, mais il fera fait à deux fils par dent ; de ces 4 derniers fils de chaîne, 2 lient les duites A, C, Sc les deux autres lient celles B9Dm Si l’on fupprimoit actuellement les fils k y l, 0 , p 9 Sc toutes les duites de trame , on verrait que ces quatre duites de lame forment auffi un Taffetas à deux fils par dent, dont elles forment la texture. Il eft aifé de fentir que les différents moyens dont on fe fert pour les liages ou pour d’autres effets, font toujours combinés fur les principes généraux ; de forte que lorlqu’on veut joindre plufieurs matières à un corps d’Etoffe quelconque, on ne {aurait donner aux fils de la chaîne ou du poil que des mouvements tirés des Taffetas, des Serges ou des Satins. Quelquefois on peut leur faire rendre des effets tirés des Cannelés à poil de figure, ainfi que la fuite le fera voir.
- Comparons à préfent notre tiffu avec le plan d’armure, fig. 4 ; on verra que pour avoir formé le Taffetas conftitué par les quatre duites q, r 9s 9t9 il a fallu faire mouvoir les marches a9e de la figure 4, comme il fuit. Par la première, on a fait lever les liffes r9 t9x, £ qui ont reçu les duites q, s 9 de la figure J ; Sc parla marche e9 les liftes s9 v ?y f g ont été mifes eh mouvement pour les duites r9 u Pour juger de ces effets, il faut remarquer que chacun des fils h, h9 m , o, appartient à une des liffes qui fait mouvoir la marche a , Sc que les quatre autres fils appartiennent à celles que font mues par la marche e\ chacun dans fon ordre , c’eft-à-dire, que le fil h du tiffu, dépend de la lifte vp celui k appartient à la lifte t, Scc. ainfi des autres. On verra encore que la duite v eft la première paffée pour faire le lit de la duite de lame A, elle
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- SEPTIEME Section I. Part. Des Cânnèlés fans Poli. 64.I
- elt paffée fur la marche a9 Sc la duite x efl: paffée fur la marche b ; elle fait “ la fécondé duite pour la lame A qu’on paffe fucceflîvement fur la marche à La marche d Sc celle e font pour les deux duites qui font le lie de la lame B, Sc la marche f ouvre le pas pour palier cette lame. Les duites a9 b9 font paffées comme celles v, x, & celles c9 d le font comme celles jy, £, de même que la duite de lame C efl: paffée par la marche qui a fervi à la lame A, Sc celle D a été paflee comme la lame B.
- .. Il efl: aifé de voir que les duites de lame peuvent fans dbftacle fe placer fut les duites qui forment leur lit, étant liées par des fils qui n’ont aucune croi-fure avec la trame fur laquelle elles doivent palier ; car les fils h , m ont du lever trois fois de fuite pour faire les lits ou pour recevoir les duites de trame v, x, a9 b, & pour recevoir auffi celle de lame A, C ; ces fils ont levé trois fois de fuite * parce qu’on a fait lever fucceflîvement les trois marches a , b , c de la figure 4 : on a un effet inverfo par les marches d9 e y ff de forte quelles ont fait lever trois fois de fuite les fils i , m. Il réfulte de cette combinaifbn que lorfque les fils h9 m font mus trois fois de fuite pour lier en-deflus de l’Etoffe, ceux i9n font auffi mus trois fois fans monter, ce qu’on appelle refier trois fois en^dejfous ; Sc c es derniers , montant à leur tour trois fois de fuite , ceux h, m relient deflbus. En confidérant ces fils, on verra que les premiers paflènt fur les duites v,x, A ; a , h, C, tandis que les au-très font reliés par deflbus ; Sc que lorfque les fils i, n, paffent au-deflus de$ duites y 9\9 B9 c 9d9 D , ceux h, m, font par-deffous.
- D’après cette defoription , je crois qu’on doit préférer cette manière d’exécuter notre Etoffe, à celle que nous avons vue ci~deflus ; cependant il peut arriver qu’à huit lifles, le corps de l’Etoffe n’ait pas tout-à-fait autant de con* fiftance qu’on le defireroit : pour le rendre tel qu’il le faut , je l’ai fait auffi exécuter fur fix lifles armées for le plan fig. 6 : cette armure donne un tiflu égal à celui^zg*. 5, fi on en fopprime les deux fils m9 n 9 ou ceux h , Z, parce que ce cours ne doit être que de fix fils , attendu qu’on n’a que fix lifles.
- Il efl: certain que faifànt une Etoffe tout au long par deux duites de trama pour le lit d’une lame, ce dernier plan donnera plus de confiilance à l’Etoffe, fans cependant lui donner plus de beauté ; mais s’il s’agit de traiter un Can-nelé for un Taffetas leger, le tiflu, figure $, tel qu’il efl, doit être préféré.
- Je ne crois pas devoir entrer dans un détail plus circonflancié for ce nouveau plan d’armure. U foffit de remarquer que les marches ë,f9 font defli— nées à faire le lit de la première duite de lame qu’on paffe for la marche g , & que celles h, i font le lit de la fécondé lame qui doit être paffée for là marche k; du refte, les 1,3 Sc 7e5 fils du tiflu, figure 5 , appartiennent
- aux lifles Z, n9 p du nouveau plan; Sc les 2,4 Sc Se€ fils de ce même
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- Etoffes de Soie. VIL Part. Z 7
- Planchë
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- 642 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- : tifïu, font partes dans les lifles m, 0, q. Il refte à faire la comparaifon de ces deux figures dans le même fens que je l’ai faite pour le plan , fig. 4, & Ton trouvera le réfultat qu’on doit en attendre.
- Sur l’armure du plan 2, on peut faire les coutils de foie & d’argent; il faut feulement parter quatre coups de lame Sc quatre coups de foie fur les marches de liage Sc fans interruption : fi l’on ne veut pas faire le coutil en argent , on parte quatre coups de foie au lieu de lame , & on laifle quelques coups de fond pour les féparer ; on en ufe à cet égard comme pour le Cannelé , excepté qu’il faut abfolument que le liage foit fergé.
- On fait des Cannelés en fond Sc fans intervalle de fond ; on parte quatre coups de filé or ou argent, Sc quatre coups de lame ; dans ce cas , onfait toujours le lit de la lame ou du filé ou du frifé ; on varie même cette forte de Cannelé par le goût ; mais on le fait fur quatre lirtfes Sc fur huit marches ; de forte que l’armure eft telle qu’on la voit par les quatre premières ou les quatre dernieres liftes du plan 9jîg. 2. Ces Cannelés font tramés de fils, Sc la chaîne eft de 20 portées fur un 800 de peigne, largeur de 20 pouces à deux fils par dent ; on emprunte encore le liage fur les fils de la chaîne.
- Cette Etoffe fert pour des habits de Théâtre, ainfi qu’une autre forte de Cannelé , où l’on pafle un coup de lame fur toutes les quatre duites de fil. On fait pour le même ufàge des Coutils en foie & argent ; mais l’argent ou l’or qu’on y met eft faux : le fond eft tramé de fil blanc ou jaune , fuivant la couleur de la dorure qu’on y met ; Sc avec la même chaîne & la même dif-pofition d’armure, on fait de la même maniéré une Moëre qu’on^ appelle Mo'ére d’acier ; le fond eft^tiflu de fil noir, la chaîne eft noire aufli, Sc l’on pafle tous les deux coups une lame d’argent faux ; quelquefois c’eft du filé de la même matière : on en fait avec du Surbet ; c’eft une lame d’argent faux montée fur un fil noir qu’on emploie enfuite fur les Etoffes comme la lame, ou le filé , Scc.
- On a fait des Moëres d’acier en argent fin, foit en lame paffée, foit en fil, foit en Surbet ; mais ce dernier eft monté fur de la foie noire. Voyez ce que j’ai dit du Surbet dans l’Art de faire les Cannettes. ,
- Des Cannelés a Poil de liage.
- Les Cannelés pour lefquels on emploie des poils de liage, font toujours plus beaux, & ne font pas fi difficiles à fabriquer; néanmoins il y en a dont les armures font extrêmement compliquées ; mais la beauté de l’Etoffe mérite bien qu’on fe donne la peine de les armer comme ils doivent l’être.
- La chaîne qu’on met à ces Cannelés eft ordinairement la même que celle . des Cannelés précédents ; le nombre des lifïes pour la chaîne eft le même ;
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- Septième Section. I. Part. Des Cannelés h Poil dèliâgèt 643 Mais ôn y ajoute deux ou quatre lifTes de poil, fuivant le liage quoft veut faire. Si donc on veut un liage Sergé , on doit mettre quatre lifTes, au lieu que pour un liage Taffetas qu’on appelle liage ordinaire , on n en a befoin que de deux : cependant il eft à propos de mettre toujours quatre lifTes de liage , parce qu’avec ce nombre, on peut faire un liage Taffetas quand on veut ; au lieu qu’avec deux lifTes on ne fauroit faire un Sergé ; il eft donc préférable de mon* ter un métier fur lequel on puifle varier les effets*
- Le poil quon met à un Cannelé pour faire un liage/Taffetas, eft ordinairement de 800 fils pour un 800 de peigne d’un fil dans chaque dent : fi le peigne eft de 900 dents, on met 900 fils , & ainfi des autres.
- D’après le compte que je viens d’établir pour le poil de liage , on voit que pour le faire mouvoir en Taffetas, la matière qui en eft liée , fait un écart fem-blable à celui qui eft repréfenté fur les duites de lame /, 1 > L , L , &c. de la figure 1 : mais fi l’on vouloit ce liage en Serge , les écarts feroient trois fois aufli grands * il eft à propos d’éviter cette trop grande diftance* fur-tout poui la lame qui eft fujette à fe cafter très-facilement même en l’employant : plus la lame eft liée de près , & moins l’Ouvrier a de peine à l’employer ; d’ailleurs, comme je l’ai déjà dit, l’ufer en eft bien meilleur. Il faut donc pour que le Sergé puifle lier fans faire plus d’écart que le Taffetas , au lieu d’un fil pat dent, en mettre deux ; c’eft-à-dire, que le poil doit être ourdi dans un nombre double de ce que nous venons de voir.
- Si alors Ton trouve que ce poil eft trop confidérable pour lier la lame en Taffetas , on fait mouvoir deux liftes à la fois , afin que les diftances ne foient pas trop petites , de maniéré que les deux fils voifins montent enfemble, ce qui rend*l’effet d’un liage ourdi double : fi cet effet eft trop fonfible , on fait mouvoir deux des liftes du poil dans le corps de l’Etoffe , & les deux autres liftes fervent pour le liage.
- Commençons par un tiflii de Cannelé avec un poil liant en Taffetas; enfuite nous en verrons un qui liera en Sergé : par ces deux effets, nous connoL trons toutes les combinaifons qu’on peut tirer fur des métiers ainfi armés.
- Ces tiflus ont des poils de liage d’une couleur oppofee à celle de la chaîne ; car pour ceux qui font de la couleur de la chaîne , on les fait mouvoir dans le corps de l’Etoffe, comme appartenant à la chaîne : on ne change leur mouvement que lorfqu’il s’agit de remplir des objets pour lefquels ils font deftinés, c’eft-à-dire, qu’on les fait lier la lame ou autre matière, fuivant l’ordre qu’on s’eft propofé de leur faire tenir.
- Pour fe convaincre de ce que je viens de dire , il fuffit de jetter les yeux fur la figure 5 , & confidérer les fils h, z, & m9 n, comme les fils d’un liage dont la couleur eft la même que celle de la chaîne, il eft facile de concevoir que ces fils peuvent entrer dans le corps de l’Etoffe fans y nuire , parce
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- jwe* «m i. a—Ha—ien—
- Planche
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- 644 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- qu’il n’y a point d’oppofition entre les couleurs ; mais fi ces fils étoient blancs ou jaunes , & que la chaîne fût bleue , verte , rofe , cramoifi, Scc. ces fils de poil formeroient une raie tout le long de l'Etoffe , & la rendroient défeétueufe. Quoique le poil foit d’une couleur oppofée à la chaîne, il faut employer ce poil de maniéré à ne le faire paroître qu’aux endroits nécelïàires ; il faut même éviter qu’il ne tranfpire , c’eft-à«dire , qu’on ne l’apperçoive à travers les duites de trame qui forment le fond de l’Etoffe, & néanmoins il faut prendre garde qu’il ne traîne pas à l’envers de l’Etoffe, du moins un grand efpace; car les fils h , i^m^n de la figure y , traînent fous les duites v, y &c. mais deux duites font de fi peu de conféquence qu’on n’y prend pas garde ; au lieu que fi les eftances de ces fils étoient de huit ou dix duites de longueur ; le liage ne feroit pas allez folide , Sc la lame fur-tout badineroit entre l’Etoffe Sc le poil qui doit la contenir, Sc ne feroit jamais fur fon plat ; il faut donc trouver le moyen de faire perdre le poil : c’eft ce que nous allons voir par la figure 7 9 qui repréfente un tilfu de Cannelé à poil perdu. Cette figure comprend un cours de dix fils qui doit être divifé dans deux dents du peigne, cinq par cinq : les fils a , b appartiennent au poil qui eft cenfé plié fur un enfuple féparé de celui de la chaîne , Sc placé au-delfous de cette même chaîne à laquelle appartiennent les fils c, d, e 9f, g, h } i 3 k : on a befoin pour cette opération de dix lilfes, huit pour la chaîne Sc deux pour le poil. Les huit liftes de chaîne font placées derrière, & celles du poil devant, c’eft-à-dire , entre les liflès de chaîne & le peigne ; les lilfes de poil font égales en mailles à celles de la chaîne ; le poil eft ourdi fimple , Sc la chaîne efl: ourdie double.
- Pour que la difpofition du remettage puilfe fournir un fil de poil dans chaque dent, il faut qu’elle foit faite de manière que toutes les fois qu’on a palfé quatre fils de chaîne , on en paffe un de poil. La figure 8 fait voir de profil les dix lilfes qui font néceflaires pour ce remettage ; les lilfes G, H font celles du poil, Sc les huit autres font pour la chaîne. Le Remetteur commence par palfer ces quatre premiers fils de chaîne, en prenant fur la lilfe Q ; de-là il palfe à celles P, O, N> après quoi, il prend un fil de poil, il le pafle fur la lifle H ; il palfe encore quatre fils de chaîne en prenant fur les lilfes M 9 L , K , /, Sc il palfe le fécond fil de poil fur la lilfe G ; c’eft en fuivant cet ordre qu’il achevé fon remettage. Quand il s’agit de piquer le peigne, il prend la maille fur laquelle eft pafle le premier fil de poil ; il l’écarte de droite à gauche , ce qui fépare les quatre fils de chaîne qui doivent être placés dans la première dent ; après cela il prend la première maille de la lilfe G, qui contient le fécond fil de poil ; il écarte encore quatre fils de la chaîne qui doivent être mis dans la fécondé dent ; de forte que prenant alternativement une maille fur les lilfes H, G , dans toute la largeur de la chaîne , on pafle le peigne fans qu il y ait aucune faute , & il fe trouve toujours un fil de poil dans chaque
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- Septième Section* I. Part. Des Cannelés et Poil de liage* dent. Pour obtenir le tiflu que repréfente la figure 7, il faut faire farmure fuivant le plan fig. I, Pl. 70, que nous allons comparer avec celles 7 & Jonches 8 de la Planche précédente. La marche A , figure i, PL 70, fait lever les lifles /, L, N, / de la figure 8, P/. 65?, ce qui forme le tiflu des duites /, p9fig. 7-La marche B fait aufli lever les quatre mêmes lifles, & de plus celles G, H î il faut remarquer que les lifles æ , de notre plan, répondent à celles G 9 H de la figure 8 , ainfi que celles c 9d 9 e 9 f9 g 9 k9 i, k répondent à celles 1, K> jufqu’à celles Q ; & que par le même ordre des lettres qui les défignent, cette fécondé marche produit le tiflfu des duites m9 q. La marche C fait mouvoir les lifles K , M9 O 9 Q ; 8c forme le tiflu des duites n 9 r. La marche D conftitue le tiflu des duites o9 s> en faifànt monter les mêmes lifles de la marche précédente , & de plus celles G , H. Ces quatre marches forment le fond de l'Etoffe , & quoique les fils a 9 h 9 de la figure 7, foîent cenfés n être pas de la même couleur de la chaîne 9 ils ne doivent pas être apperçus, étant placés entre deux trames. Examinons ces effets de plus près : les duites /, m9 r9 s font paffées fous le même pas de la chaîne , puifque les deux marches A 9 B que nous venons de voir, font lever les mêmes lifles de fond fous la montée des lifles de poil qui fe fait par ladeconde de ces deux marches ; les deux duites n n n en forment exaéiement qu’une feule ; mais elles fe trouvent divifées que par les fils de poil, 8c ces fils font paffer ces duites l’une fur l’autre ; de forte que fur l’Etoffe on ne fourok les diftinguer 9 même au microfcope. Il faut avoit foin que les duites 19n9p 9 r foient plus rapprochées que celles m9o, q9 s ; il faut même entre celles-ci une diftance fenfible ; car fi les premières de ces duites font de fix brins de foie, les autres ne doivent être que de deux. On régie cette ~ groffeur des duites , fuivant qu’on veut donner de force au fond de l’Etoffe * de forte que fi l’on vouloit faire un Cannelé tramé à quatre bouts y on en mettroit trois pour la groffe duite, & un pour la fine. Pour cela, il faut néceflàirement deux navettes qu’on fait aller alternativement dans les parties de fond. On obferve une différence aufli fenfible entre les deux groffeurs de la trame, afin que la plus grofle pafîant par-deflus la fine , la couvre totalement & qu’elle repouffe les effets que le poil pourroit produire fi les deux trames étoient d’une égale groflèur ; car il eft certain que jamais les duites de trame ne font intimement rapprochées les unes des autres , puifque la croifure de la chaîna s’y oppofe j mais comme la trame majeure paffe par-deflus ce poil, elle y porte ül couleur 5 & l’on ne doit pas voir fa réfraéüon fur l’envers de l’Etoffe. Telle eft la maniéré de faire perdre le poil. Il eft certain que l’Ouvrage en va plus lentement, parce que fur deux coups de navettes qu’on paffe 3 il y en a un de perdu ; mais le prix de i’Etoffe dédommage de cette perte de temps, & même ce poil perdu donne une qualité de plus à l’Etoffe, en la rendant beaucoup plus carteufe , parce que ces fils font prelque tendus dans les parties Etoffes de Soie. VU* Part. A 8
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- L__JiJSHHBa
- Planches 69 & 70.
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- 646 L’ART DES ETOFFES DE SOIE.
- qui conftituent le fond : cette tenfion eft fi forte que Ton a toutes les peines imaginables à faire glifler un de ces fils d’entre les deux duites qui le contiennent. C’eft un des principaux moyens qu’on met en ufage pour faire tenir le poil d’un velours dans le corps de l’Etoffe qui le conftitue. Paflbns aux autres marches qui font fur notre plan d’armure. La marche E fait monter les liffes de fond / ,!, N, P , & la lifle de poil H; cette marche fert pour tiffer les duites t3 t , r qui forment le lit des lames E E E , qu’on pafle fous la levée de la marche F qui fait monter feulement la lifle de poil H dont les fils lient les duites de lame que je viens d’indiquer. Lamarche G met en mouvement les liffes K , M, O , Q qui appartiennent à la chaîne$ elle fait mouvoir aufli la^ lifle G qui eft une lifle du poil : fou s.la levée de cette marche, on tifle les duites v v v , qui font pour le lit des lames FFF; 8c la marche H fait monter feulement la lifle G qui fert à lier les lames ; on voit par-là que le poil celle d’être perdu, lorfque l’on ceffe de faire le fond de l’Etoffe, & qu’alors ce poil fait lui-même l’effet de la chaîne d’un Taffetas dont les duites t tt> vvv9Sc celles de lame, forment la trame: car fi l’on féparoit les fils de la chaîne, on trouveroit à l’endroit de la lame que ces duites font corps avec le poil, tandis que les autres n’y tiendroient à rien : cette obfervation fera fentir la différence qui fe trouve entre le tiflu de l’endroit des lames avec celui du fond qui les fépare , & l’on pourra former pour d’autres liffes, des combi-naifons relatives à celles-ci.
- Par ce qu’on vient de dire des duites de trame qui contiennent le poil dans le corps de l’Etoffe , on doit préfumer que celles qui forment le lit de la lame, doivent avoir quelque chofe de différent ; car. à moins qu’on ne fafle le lit de la lame par deux coups de trame fine, il faut que celle qui fe fait à un feul coup, foit aufli groflè que celle qui forme le corps de l’Etoffe ; il faut donc ici une troifieme navette de foie qu’on fait marcher avec celle de la lame : il faut donc pour fabriquer le Cannelé qui nous occupe, quatre navettes* dont trois pour la foie & une pour la lame.
- Si l’on trouve que le liage foit trop écarté , il faut mettre deux fils de poil par dent , & deux lifles de plus, comme nous verrons par le poil dont on fè fert pour lier en Serge la lame qui forme le Cannelé ou autres dorures,
- La figure 2 repréfente le tiflu de ce Cannelé lié en Serge avec un poil qui doit être de la couleur de la dorure ou de la foie qui rend les effets du Cannelé : ce poil eft perdu dans le fond du Taffetas; voyez-en les fils /, m , n , o , qui font pafles entre les duites p q , p q, &c. dans le même fens des fils a , b , fig. 7, de la Planche précédente. Je ne dirai rien de la trame qu’on emploie ici, c eft la même que pour le tiflu ,fig. 7. Par rapport au remettage , il fautpaffer deux fils de chaîne & un fil de poil pour lequel on a foin de placer les lifles devant celles de chaîne * comme le font celles a * b , c yfig. 3 , PU 70. Alors on a pafle deux
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- Septième Section. I. Part. Des Cannelés à Poil de tiâgê* £47 fils de chaîne fur la lifle m , l ,Sc un de poil fur celle d : deux de chaîne fur les s lifles k , i y Sc un de poil fur celle c, deux de chaîne fur les Mes h, g9 Sc un de poil fur la lifle b ; enfin on pafle deux fils de chaîne fur les lifles fi9 e , & un de poil fur celle a , par - là finit le cours : ainfi tous les cours doivent être pafles comme celui que nous venons de voir. Quant au piquage de peigne , on divife les quatre lifles de poil en deux; de forte qu’on prend tou-* jours la première maille qui fe préfente de la lifle c , elle emmene avec elle tous les fils de chaîne Sc de poil qui doivent entrer dans la première dent ; pour la fécondé dent, c’eft la première maille qui fe prélente de la lifle a f qui fait ouvrir le$ fils de poil Sc de chaîne qu’on doit y pafler ; de forte qu’on prend alternativement les premières mailles qui fe préfentent fur la gauche , Suivant 1 ordre du remettage , fur les deux lifles c , a ; par ce moyen chaque dent contient quatre fils de chaîne & deux fils de poil : il relie à voir quelle eft l’armure qu’il faut faire pour former le tiflu que repréfente la figure 2, Le plan d’armure, figure 4 , eft celui qu’on doit employer ; il exige douze lifles qui répondent à celles de la figure 3 ; celles /, K9L9 M9 répondent à celles de poil a 9b9 c 9d9 elles font féparées fur le plan, pour faire fontir que leur emploi eft différent de celui des lifles N, O , P , Q9 R , S 9T, V9 qui font cen-fées les mêmes que celles e 9f9 g9 h, i, k , l9m de la figure 3. On doit re~ connoître le mouvement que les marches n9 0, p, q , v doivent donner aux lifles , Sc les effets que le tiflu Sc le Cannelé doivent produire : je vais com-* parer ces trois figures pour indiquer l’ordre que l’Ouvrier doit tenir dans le le travail. Pour faire le fond de l’Etoffe dans les parties qui féparent les aflem-blages des duites de lame & qui forment le Cannelé, l’Ouvrier fait mouvoir les marches n, 0 Sc celles p , q\ car c’eft par ces marches que le poil fe perd entre deux trames ; il eft facile de s’en appercevoir, fi l’on fait attention que la marche n fait monter les lifles N9 P 9 R 9 T, qui font les mêmes que celles f9 h9 k , 7 de la figure 2 ; la marche 0 fait aufîi monter les quatre mêmes lifles, &en même-temps les quatre lifles du poil /, K ,L,M qui répondent à celles a, b 9 c 9d ^e la figure 3. Sur la première de ces marches, on pafle les duitespp , fig. 2 ; for la fécondé, on pafle celles q q ; fur la troifieme celles r r , & for la quatrième celles s s. On voit que le poil ne monte pas avec la première ni avec la troifieme marche, mais feulement avec la fécondé Sc avec la quatrième, & que néanmoins les deux duites pp Sc qq paflent dans la même fogue ouverte for la chaîne par ces mêmes marches, ainfi que les duites rr & ss font dans la fogue de la chaîne ouverte par les marches p9 q, fig• 4. Par ces mouvements, les fils du poil fe trouvent placés entre deux duites qui montent néceflairement l’une fur l’autre, comme oii le voit, fig. ,
- où le fil X repréfente un fil de poil placé entre les duites b b, Sc c. Sc celles ccc9 Sçc. qui font cenfées être tiflues entre les fils Y9 Z, qui ftippo-
- Planches Ce 70*
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- Planches Ôc 70.
- 648 VART DES ÉTOFFES DE S 0 ! E. *
- fent deux fils de chaîne mus alternativement pour chaque deux duîtes ; car ils ont levé une fois chacun fans le fil de poil, 8c fautre fois ils ont monté avec lui : c’efl ce mouvement qui forme le tiflii : on voit en même-temps par cette figure que le fil de poil étant tendu, le coup de battant force chaque deux duites à fe placer Tune fur fautre, 8c que fi celles b b , & c. font plus grofles que celles ccc9 &c. le poil doit paroître à l’endroit de l’Etoffe.
- Les huit marches qui relient fur la figure 4, font employées lorfque Ton ^eut palier la lame 8c les duites de trame qui en doivent former le lit ; la marche r ouvre le pas de la chaîne, 8c fait monter la première lifle de poil. La fogue qu’elle forme, reçoit les duites 11, fig. 2 , qui forment les lits des lames A A paflees fous la levée de la marche s qui fait monter feulement la même lifïe de liage que la marche précédente a fait mouvoir, La marche t fait monter les quatre lifles de fond oppofées à celles que vient de mettre en mouvement la marche r ; elle fait monter avec elle la féconde lifle de poil; fà fogue reçoit les duites v v qui font le lit des lames B B , lefquelles font paflees par la marche v. Les duites x x forment le lit des lames C C % elles font paflees dans la fogue produite par la marche x ,fig. 4, qui fait mouvoir les quatre lifles de fond de la marche v, avec la troifieme lifle de liage qui eft mife enfuite en mouvement par la marche y qui reçoit les deux dernières lames dont je viens de parler : enfin, la marche £ qui fait la croifure des lifles de fond avec celle X, fait monter avec les quatre lifles de ce même fond, la derniere lifle de poil, pour faire le lit des lames DD % qui font paflees fous la levée de la marche a*
- On doit reconnoître par la fuite de cette opération que le cours des marches ne fauroit être au-deflous du nombre de douze fans augmenter les difficultés ; car il feroit poflible à la rigueur de le faire avec fept, mais on ne fauroit s’en fervir fans retarder confidérablement la fabrication. On voit la néceflité des quatre premières marches pour faire perdre le poil dans le fond de l’Etoffe qui fépare le Cannelé , 8c d’en avoir huit autres pour l’endroit de la lame, fans quoi le liage ne feroit point en Serge, ou plutôt le liage forme roi t fur la lame l’envers d’une Serge à quatre lifles, fi l’on fupprimoit ici les fils £ £ , 8cc, de la chaîne, fig. 2.
- Par l’armure des huit dernieres marches qu’on vient de voir, on fait les tifi-fus en or 8c argent : c es tiflus ne different des effets que repréfèntent les duites tt9vvyxx 9 y y, 8c les lames A A , B , C C, D D de la figure 2 qu’en ce qu’au lieu de c es mêmes lames, on tifîe de filé en or ; quelquefois on fait des Cannelés tout couverts, c’eft-à-dire, qui ne laiflent voir aucunement le fond de l’Etoffe ; on pafle de la lame or avec du filé argent ou du frife, fuivant qu’on veut rendre l’Etoffe plus ou moins riche , ou plus ou moins apparente ; dans ce cas, on peut fe difpenfer de faire perdre le poil ; on l’incorpore
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- $Ep?ïemê Sect. L Part. D’un nouveau genre dè Cannelé\
- Corpore néanmoins dans l’Etoffe ; mais comme le fond de cette Étoffe eft toujours couvert, quoique le poil foit dune couleur différente du fond , on ne craint point qu’il y nuife : on doit cependant éviter que le poil ne tfaîne en deffous;il faut alors faire l’armure fur le plan figure <5, qui eft de huit ' marches feulement. On pourra juger par l’armure, de la maniéré dont les fils du poil lient la dorure Sc font liés au corps de l’Etoffe, fi l’on fait attention que la marche E fait monter avec les quatre liffes de fond qui partagent la chaîne, deux lifles de poil, tandis que la marche F qui doit fervir à faire lier la dorure, ne fait monter qu’une de ces deux liffes ; ce qui prouve que les fils de la liffe de poil qui ne remonte pas à la fécondé marche , font joints à l’Etoffe* Les marches G, /, L, font aufll monter chacune quatre liffes de fond & deux liffes de poil, Sc celles H, K9 Mne font monter qu’une liffe de poil, de même que celle F : ces quatre marches font appellées marches de liage ; elles font niouyoir chacune une des liffes de poil, ce qui conftitue un liage fergé, âinfi que nous l’avons vu par les marches s , v, y, a de la figure 4.
- Les tiffus en or, ni les Cannelés n’ont pas toujours quatre lilïes de poil à liage fèrgé : fouvent on les fait à liage Taffetas ; alors * au lieu de huit marches , on n’en met que quatre, qu’on peut adapter au plan d’armure , figure 6* Pour ne pas multiplier les plans, on peut prendre les quatre premières ou les quatre dernieres marches qui y font indiquées ; Sc au lieu d’une’ feule liffe de poil que les marches F9H ou if, M font monter, elles en font monter deux* qui doivent être les mêmes que celles que la marche de fond vient de faire monter ; par exemple, la marche E, fait monter les liffes de poil ; il faut que celle F faffe monter les liffes b, c; la mardhe G, fait mouvoir les liffes d> e ; il faut que ces deux mêmes liffes foient menées par la marche H\ ainfî fi l’on veut le fèrvir des quatre autres marches pour connoître ce nouveau plan * il faut les armer comme je viens de le démontrer pour les quatre premières*
- Article Troisième.
- D'un nouveau genre de Cannelé,\
- Nous venons de voir que l’on fabrique des Cannelés avec un poil de Couleur oppofée à celle de la chaîne ; on en fabrique aufîi avec deux différents poils de liage : celui que je vais rapporter a été fabriqué à Paris lors du mariage de Louis XVI, alors Dauphin de France. C’eft un des Cannelés le plus riche qui fe foit encore fabriqué (*) ; le fond de ce Cannelé étoit Gros-de-Tours, comme les autres ; mais il y avoit trois fortes de dorure, Sc une lame
- (*) Il y en a encore un échantillon chez M. Deîance, Fabriquant cVEtoffes , rue Quincampoix, à paris.
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- Etoffes de Soie. VIL Part. B 8
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- 6so VART DES ÉTOFFES DÉ SOIE.
- en argent dune largeur ordinaire , qui faifoit le fond de l'Etoffe ; cette lame Planches £tojt en Taffetas , & n’exigeoit que deux liffes de poil : le fond étoit d'environ fept lignes de longueur ; après quoi on paffoit deux duites de frifé en or à double brin ; enfuite on paffoit quatre coups d'une lame en or, d'une largeur & d'une épaiffeur extraordinaires, car elle avoit environ trois quarts de lignes de largeur : ces quatre duites de lame étoient fermées par deux duites de frifé en or , paffées avec la même navette qui avoit conduit les premières, 8c le fond de lame argent recommençoit après , de forte que d'une répétition à l'autre de l'efpece de deffin, ou plutôt de rayure que cela formoit, il y avoit environ onze lignes.
- Le poil qui lioit la lame argent, fé perdoit ou plutôt s'incorporoit au fond de l'Etoffe. Lorfqu'on employoit le frifé 8c la lame en or, ce frifé 8c cette lame étoient liés par un même poil jaune ourdi double , 8c qui ne pafloit qu’à toutes les quatre dents, c’eft-à-dire, qu’à chaque quatre dents on avoit paffé deux fils doubles de ce poil, afin que le liage fût droit, 8c que la groffe lame fût découverte autant qu'il étoit poffible , fans gauder, c’eft-à-dire, {ans ondoyer, en fe détachant trop du corps de l'Etoffe ; car fi la groffe lame avoit été liée de plus loin que par la quatrième dent, elle fe feroit détournée de fbn plat , 8c dans bien des endroits elle fe feroit mife fiir fon champ.
- Le poil qui lioit la groffe lame & le frifé, ne pouvoit être perdu dans le 1 corps de l'Etoffe , fous le fond de lame , fans retarder le travail qui, comme on le verra bientôt, étoit long à exécuter ; on le laiflà traîner, de maniéré qu’il n’étoit lié qu’à toutes les quatre duites de fond, par une navette à un feul brin i ainfi que pour faire le fond lame : il falloit trois navettes ; une pour les duites du fond , une pour celle de la lame argent, 8c l’autre pour lier le poil jaune; pour faire le lit du frifé & celui de la grofle lame , on pafloit néceflairement deux coups de trame à fept ou huit brins ; & pour que le fond de l'Etoffe ne tranfpirât pas à travers les duites de dorure, cette trame étoit jaune : il falloit donc encore trois navettes ;une pour la trame jaune, une pour le frifé, & une pour la groffe lame. Il y avoit donc fix navettes à conduire pour la fabrication de ce Cannelé.
- Le poil qui lie la lame argent eft féparé de celui qui lie la lame en or, c eft-à-dire , qu’ils font l'un 8c l'autre fur un enfuple différent: voyez la figure 7, qui repréfente douze liffes vues de profil, avec la chaîne N pliée fùrl'enfuple Of & paffée dans les lifles, a , b, c > d 9 e 9 f, g> h\\e poil P efl: plié fur l'en-fuple Q, & pafle fur les liffes i, k ; c’eft le poil qui lie la lame en argent : le poil R efl plié fur l’enfuplety, & pafle dans les lifles /, m ; c’eft lui qui lie la groffe lame en or, 8c le filé.
- Voici quel efl l’ordre du remettage de la chaîne & des deux poils: on commence par paffer quatre fils de chaîne, un fur chacune des liffes h ,g>f9e^
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- Septième Section. I. Part. D9un nouveau genre de Cannelé,
- & un fil du poil A, fur la lifle k ; enfuite on pafle encore quatre fils de chaîne fur les liffes d, c, b, a, & un du même poil P, fur la liffe ï. Ceci fait un cours des liffes de chaîne & un de celles du poil qui doit lier la lame du fond de l’Etoffe. On paffe un fécond cours femblable à celui qu’on vient de voir avant de toucher au poil R : quand ce fécond cours eft pafle, on pafle deux fils de la chaîne fur les liffes h9 g; après quoi, on pafle fucceflivement deux fils du pojl R fur les liffes m , /; puis on pafle deux fils de chaîne fur les liffes f9e9 & un du poil P fur la lifle k : on finit ce cours par>quatre fils de chaîne fur les liffes d, c, b, a 9 8c par un fil du poil P fur la lifle L On pafle enfuite un cours entier comme les deux premiers, fans y joindre aucun fil du poil R; & après le fécond fil du cours fuivant, on pafle deux fils de ce poil, de même que les deux par lefquels on a commencé ; en forte qu’entre chaque deux fils de notre poil R , il faut qu’il y ait feize fils de chaîne & quatre fils du poil P. Alors en piquant le peigne, on prend alternativement toute la foie qu’emmene chacune des mailles des lifles k, i; par ce moyen chacune des dents du peigne contient quatre fils de chaîne, & un fil de poil P, & toutes les quatrièmes dents contiennent de plus deux fils du poil R.
- Si c’eft fur un mille de peigne qu’on fabrique ce Cannelé, ainfi que je l’ai fait exécuter à Paris , les liffes du poil P feront égaies à celles de la chaîne , de forte qu’elles font compofées chacune de yco mailles, & celles du poil R n’en ont que 250.
- Les fils de ce dernier poil font pafles à côté l’un de l’autre , pour former un liage droit, c’eft-à-dire, que comme chacun de ces fils lie fucceflivement une des groffes duites de lame en or , ces deux fils femblent n’en faire prefque qu’un feul, quoique liant en Taffetas , parce qu’ils fe trouvent fur une même ligne, & qu’ils ne font féparés par aucun autre fil; au lieu que s’ils étoient fé-parés par quelques dents, comme fi au lieu de les écarter de quatre dents , on en avoit mis un de deux en deux dents, la lame auroit eu la même partie découverte dans toute fon étendue ; mais la duite fuivante n’auroit pu joindre fes parties découvertes avec celles de la première : voyez les figures 8 & 9. La première de ces figures fuppofe quatre lames qui font marquées entre les lignes horifontales, dont le liage eft droit : le liage eft fuppofe par les lignes perpendiculaires qui paflent un peu à côté les unes des autres , mais qui fe touche-roient fi elles n’étoient interrompues ; c’eft en grand l’effet de notre liage vu fur l’Etoffe , au lieu que la figure 9 ne fait voir que ces mêmes fils de liage pafles dans deux dents de feparation entr’eux : cette façon de lier eft en quinconge.
- Voyons aéluellement comment on doit armer les lifles de la figure 7, pour faire notre Cannelé, dont le tiflu eft repréfenté par la figure 1, PL 71. On a befoin pour cette armure de onze marches, dont quatre pour faire le fond
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- Planche.
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- 652 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- lame argent, une pour faire lier le poil R, 8c fix pour pafler le frifé & la grofle lame or. Cette armure fera exécutée fuivant le plan, fig. 2 ; les fils a b9 a b font les fils du poil R 9fig. 7 de la Planche précédente ; ceux c d9 c d font ceux du poil P, & ceux e, f’9g9 h 9 i , k9 /, m , 8cc. font ceux de la chaîne. Pour bien faire concevoir ce tiflu, j’ai cru devoir mettre la valeur d’un cours du deffin, fuivant le remettage que j’en ai donné : la différence confifte en ce qu’ici j’ai commencé mon tiflu par deux des fils de poil a b, a b 3 qui fervent à lier la groffe lame ; au lieu que , par l’explication du remettage, il paroît que le tiflu commence par quatre fils de la chaîne : je l’ai ainfi repréfenté, afin qu’on vît plus facilement feffet de la révolution des fils, fuivant le plan d’armure dont nous allons nous occuper. Il faut fuivre les duites qui compofent notre tiflu , afin de favoir fi elles font employées fuivant les mouvements de l’armure prife fur le plan 9 fig* 2. Les duites no, no , no9 forment le lit des lames d’argent p q, p q, p q ; celles r s, r s , r s forment de deux à deux le lit de chacune des duites du frifé or , x m; 8c celles t v , tv, tv , tv qui font paffees également à celles r s, &c. forment le lit des duites de lame or, yyyy • ces lames 8c les duites du frifé n’ont rien de différent pour leur lit, ni pour leur liage ; de forte qu’on pourroit pafler du frifé or au lieu de la lame , comme on pourroit pafler la lame à la place du frifé , fans rien déranger à l’armure , ni à l’ordre de la fabrication , que la fubftitution d’une navette à une autre : c’efl ce qu’il eft facile de comprendre en fuivant la révolution des fils tant de la chaîne que des deux poils. Les duites ^ fervent à lier les fils de poil ab % ab , au corps de l’Etoffe,
- Il y a feize fils de chaîne entre les fils de poil a b, a b , ainfi que je l’ai annoncé dans le remettage de ce tiflu ; il y en a quatre du poil qui lie la lame argent pour former le fond de l’Etoffe : ces mêmes fils font chacun féparés par quatre fils de la chaîne ; car fi l’on veut continuer ce tiflu pour en doubler les effets ; ou fi l’on veut le confidérer comme l’Etoffe , dans toute là largeur, on verra que le nombre des fils que repréfente cette figure, eft contenu 2^0 fois dans une Etoffe fabriquée fur un mille de peigne , à quatre fils par dent ; de forte que , confidérant ce peigne fur 20 pouces de largeur, la totalité du tiflu re~ préfenté ici fe réduiroit au:deffous d’une ligne de largeur ; quant à la longueur 3 elle feroît en raifon de la groffeur de la trame qu’on y auroit employée.
- La marche JV, figure 2 , fait mouvoir les lifles E, G, /, L qui appartiennent à la chaîne ; celle A leve auflî par cette marche ; elle appartient au poii P , fig• 7 j Planche précédente. Cette lifte eft la même que celle / de cette figure qu’il faut comparer avec les deux premières de notre Planche. Cette première marche reçoit les duites nnn\ la marche O fait mouvoir la même lifte de poil feule ; elle reçoit les lames p p p , dont la marche précédente a formé le lit. La marche P fait monter les quatre autres liftes de chaîne > que
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- la première a laiflee en fond , ou qu elle a fait rabattre. Elle fait monte? aufti la lifte B qui eft la féconde lifté du poil qui lie la lame de fond. Cette mar-che eft mife en mouvement pour les duites o 0 0, & celle Q qui fait monter feulement cette derniere lifte., eft armée pour recevoir les duites de lame qqq* Avec ces quatre marches, on détermine le fond de l’Etoffe ; l’Ouvrier le fait aufli grand 8c aufîi petit qu’il le faut pour la compofition du Cannelé qu il doit exécuter : car , quoique j’aie annoncé ce tiffu comme celui que j’ai fait exé-cuter, il n’eft pas le feul que j’aie eflayé & qu on puifle faire : 011 peut le varier à l’infini, ainfi c’eft à l’Ouvrier à fuivre la dilpofition qu’on lui donne ou celle qu’on lui ordonne. Je mets une différence entre ces difpofitions, parce que l’un peut être en échantillon ou en deflîn, 8c l’autre- ordonné par écrit, comme on le fait très-fouvent, de maniéré que fur l’ordonnance on fixe le nombre des duites de la foie 8c de la dorure qu’on doit employer , afin que dans toute la longueur de la piece, il régné une régularité parfaite. L’Ouvrier obferve dans le fond, de lier de temps en temps les fils du poil a b , a b qui appartiennent au poil R, toutes les quatre duites de trame , 8c pour le plus tard , toutes les fix duites, en enfonçant la marche R ; il faut même qu’auparavant il ait rempli les objets des marches P9 Q , fans quoi ce liage occafionneroit une défeéfuofité à l'Etoffe ; ainfi il ne doit jamais lier ce poil après avoir quitté les marches N O, ni après avoir fait travailler aucune des autres ; il faut donc que les duites ^ paftent feulement fur la marche R, 8c non fur aucune autre, parce que, comme je viens de le faire remarquer, on doit appercevoir que les marches S, T, V, X, Y y Z, ne font mifes en mouvement que pour employer le frifé or & la groflè lame ; de forte que les deux premières de ces marches, 8c celles X Y9 forment les lits des duites de frife xxxx, 8c celles de la lame yyyy , tandis que les marches V Z reçoivent la lame 8c le frifé.
- Le Cannelé dont on vient de voir le détail, n’étoit pas connu lorlque je le fis monter à Paris ; ce fut fur un affemblage de dorure que fit un Marchand d’Etoffes de foie , que je l’exécutai : ainfi les combinaifons de l'armure & l’ordre du montage du métier font de mon invention. Ce fut pour ce genre d’Etoffe , que je fus obligé d’inventer cette nouvelle navette repréfentée fig.ir , PL 24 : voyez ce que j’en ai dit, page 23*3 8c fuiv.
- Je me fuis apperçu que, depuis l’invention de cette Etoffe , les Fabriquants de Lyon en avoient fait de femblables ou à peu-près, 8c que quoique celle-ci foit fort riche par elle-même , on l’avoit fait fervir de fond pour la broderie, ce qui la rendoit infiniment plus riche encore.
- On a encore fait de femblable Cannelés avec de greffes lames peintes en couleur comme les paillons qu’on emploie à la broderie.
- 'Plan chs
- Étoffes de Soie. FIL Part.
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- 6si L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE<
- Article Quatrième.
- Tfun autre genre de Cannelé a poil perdu , imité avec avantage par la
- Fabrique de Lyon.
- Planche
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- L’idée du Cannelé dont nous allons nous entretenir, me fut fùggérée pat la même perfonne qui me mit dans le cas d’exécuter celui que nous venons de voir ; c’étoit pour la Fabrique de M. Delance : on l’exécute même encore chez quelques-uns de fes Ouvriers.
- On doit fe fouvenir que j’ai dit que l’on mettoit des accompagnages de foie pour la dorure ; cette foie , en faifant un effet plus fortant que la dorure , rend cet effet beaucoup plus mefquin, parce que l’or ou l’argent qui fe trouvent entre cette foie , en font abforbés, de forte qu’on s’eft bientôt laffé de voir cette Etoffe ; elle étoit fur le point d’être abandonnée , lorfqu’on me propofà de trouver le moyen de faire relïortir la dorure fur l’Etoffe, en fupprimant cet aceompagnage , & de maniéré que le fond de l’Etoffe ne pût pas fe montrer entre les duites de lame qui formoient les effets du Cannelé, car on vouloir avoir des Etoffes fur toutes fortes de fonds de couleur, &l’on n’y étoit parvenu qu’en faifant à la lame un lit couvert de la trame d’accompagnage qui en enterroit la moitié du brillant : on n’avoit même pas encore trouvé le moyen de faire perdre le poil dans le corps de l’Etoffe, on le faifoit tramer par-deflous , lorfqu’on en mettoit un de la couleur de la dorure, fur une Etoffe d’une couleur oppofée. Ce fut en combinant les effets qu’on me demandoit que je trouvai le double moyen de fupprimer la foie d’accompagnage , & de faire perdre le poil. Ce n’eft pas qu’il fût nouveau de faire perdre un poil & même une fécondé chaîne ; mais on n’avoit pas fu l’appliquer à cette Etoffe. J’ai tiré mon inven-; tion de quelques Etoffes plus anciennes que les Cannelés $ il ne s’agilfoit que de faire des combinaifbns qui puffent s’accorder avec l’Etoffe que je voulois faire : il a fallu trouver un moyen bien plus difficile que de faire perdre le poil, c’eft de faire faire deux Etoffes l’une fur l’autre , à l’endroit où pofe la lame feulement, foit que l’Etoffe quifurmonte fût ou blanche ou couleur d’or ; il faut donc une double chaîne & un poil qui fe perde dans le fond de l’Etoffe : voilà ce qu’il a fallu trouver pour remettre en vigueur les Cannelés en or & argent, Sc ce que je me propofe de décrire dans cet article.
- La figure 3 , PI. <71, repréfente le plan d’armure 5 celle 4 donnera le nom-: bre des liffes dont j’ai eu befoin ; & celle y , eft le tiffu qui en a réfulté.
- Il faut d’abord expliquer l’ordre du remettage. Il eft fait fur quatorze liffeSjl dont huit pour la chaîne de fond, T, Jïg. 4 ; quatre pour la chaîne, de couleur de la dorure V, & deux pour le poil X. La chaîne de fond eft toujours à quatre fils doubles par dent ; celle de la dorure n’a que deux fils dans chaque dent \
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- Septième Section. ï. Part. Des Taffetas Brillantes a Deffin* 65 y Sc le poil nen a qu’un feul; les liflès font rangées de forte que Celles du poil font du côté de l’enfople de devant Z ; ce font celles r s : celles tv9 tv de la chaîne F 9 qui viennent enfuite, Sc celles * y 9 xy , &c. font les lifles de là chaîne de fond. Le remettage fe fait de façon que les deux fils de la chaîne de dorure foient placés au milieu de la dent, par ce moyen ils ont à chaque côté deux fils de la chaîne de fond, & le poil ferme la dent, de forte que ce n eft qu’après avoir pafle quatre fils de la principale chaîne , & deux de la chaîne Vy qu’on en pafle un du poil : voici comme on s’y prend.
- On pafle un fil de la chaîne T fur chacune des lifles de fond r , %, enfuite on en pafle un fur chacune des lifles r * 2 de la chaîne F; enfuite on en pafle encore un fur chacune des lifles de fond 3, 4 , Sc après quoi on en pafle un fur la liflè du poil 1 ; cette révolution fournit pour une dent, mais elle ne fait que la moitié du cours. Pour le finir on pafle un fil de la chaîne de fond fur chacune des lifles y, 6 , un fil de la chaîne ou dorure fur chacune des lifles 3,4, qui lui appartiennent ; on en pafle encore un de la principale chaîne fur chacune des lifles 7, S 9 Sc l’on termine le cours par un du poil for la liflè 2 qui lui eft deftinée 5 on continue le remettage jufqu’à la fin dans l’ordre que nous venons d’établir ; enfuite on pique le peigne, ce qui s’exécute en prenant pour chaque dent, toute la foie qu’emmene chaque première maille des lifles du poil. Après avoir pafle le peigne, on tend les chaînes 9 Sc Ton arme le métier.
- Suivant le plan d’armure fig. 3, on a dix marches à placer : celles g, k i ri,k font pour le fond de TEtofife, & celles l9m, n , 0, p , q pour faire le lit de la dorure & pour la paflèr. Comparons aéluellement ces trois figures entre elles : la marche g fait lever les lifles de fond e e ee \ elles font les mêmes que celles yyyy9fig- 1; fous cette levée, on pafle les duites 119fig. fï ces duites ne font paffees que fous les quatre fils AA, C C ; la marche k met en mouvement les quatre mêmes lifles de fond que nous venons de voir, avec celles cc de la chaîne de dorure & celle a du poil. Cette derniere liffb eft la même que celle ^ de la figure 4, & les deux précédentes font celles vv de la même figure. Sous la levée de cette fécondé marche, on pafle les duites K K qui font couvertes par les fils de chaîne de fond A A, C C, pat ceux de la chaîne de dorure EE, & par celui G qui eft un fil de poil : la marche i fait monter les lifles oppofées à celles g ; ces lifles font les mêmes que celles x x x x : c’eft pour les duites L L , que l’on fait mouvoir cette marche ; Sc pour celles M M, on fait mouvoir la marche k. On voit que les premières de ces duites paflent feulement fous les fils B B , D D , qui appartiennent à la chaîne de fond, & que les fécondes paflent fous ces quatre mêmes fils , fous ceux F F qui dépendent de la chaîne dè dorure, qui font mus par les lifles 11, & fous celui H, qui eft un fil de poil mis en mouye^ jnent par la liflè r.
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- 6$6 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- - Il eft facile de voir que ces quatre marches, dans leur révolution, ont mis en mouvement toutes les Mes ; donc les chaînes & le poil fe trouvent pris dans le corps du tiflu qu’ils ont formé : on apperçoit auflï que les duites KK étant ferrées par le battant, doivent pafler fous celles II, ainfi que celles MM fous celles LL. C’eft par ce moyen que la chaîne de dorure & le poil fe perdent fans nuire à la beauté de l’Etoffe, pourvu que les duites qui paffent deflous foient plus fines que celles qui les couvrent ; ainfi pour les duites fines deux brins de foie doivent fuffire ; alors on met aux duites de fond ce qu’elles doivent avoir de plus, pour qu’enfemble elles règlent la groffeur des duites qu’on employeroit à lin Cannelé ordinaire.
- On fait mouvoir les quatre marches dont on vient de parler, autant de fois qu’il le faut pour déterminer les efpaces de fond qu’on veut mettre entre les parties de la dorure ; mais quand il s’agit de cette dorure , on pafle aux marches fuivantes ; la première eft celle L qui fait mouvoir à la fois la moitié des lifles de fond , toutes les lifles de la chaîne à dorure, & une des lifles de poil, ce qui fait neuf lifles ; c’eft fous cette levée qu’on pafle les duites NNN; elles font fous quatre fils de chaîne de fond , fous tous ceux de la chaîne à dorure & fous un fil de poil. Lamarche rn qui fuit ne fait lever que trois lifles, dont deux de la chaîne à dorure & une de poil ; ce font les duites O O O que cette marche reçoit: c’eft la même lifle de poil qui a levé par la marche précédente que l’on fait lever ici. C’eft encore cette même lifle de poil qui fait lever la marche n , de forte que cette lifle leve trois fois de fuite ; mais elle leve feule à cette derniere marche : c eft fous fon liage qu’on pafle les duites de lame RRR. La marche o fait lever neuf lifles aufli, mais les quatre de fond qu’elle met en mouvement font oppofées à celles qu’a fait lever la marche l ; elle fait monter toutes les lifles de la chaîne à dorure & la lifle a du poil. C’eft pour paf-fer les duites TP P qu’on fait mouvoir cette marche; ces duites fur le tiflii font couvertes de neuf fils, elles en çroifent cinq par deflous. Pour les duites QQQ, on fait mouvoir la marchep qui eft inverfe à celle n ; cette marche ne fait mouvoir que deux lifles de la chaîne à dorure , & la lifle de poil i, qui leve pour la troifieme fois par la marche q ; elle leve toute feule par cette marche , & c’eft elle qui lie les duites de lame S S S.
- Tels font les effets que produifent les fix dernieres marches. On peut remarquer que le tiflu qui fe forme fous la lame eft celui de deux corps d’Etoffes féparés; car les duites OOO peuvent facilement paffer fur celles NNN au feul coup de battant, ainfi que celles Q Q Q fur les duites P P P. On doit prendre garde que les duites NNN & celles P P P forment un corps d’Etoffe avec les fils de là chaîne de fond, 8c fans avoir aucune liailon avec aucun fil de la chaîne à dorure , & que celles OOO , QQQ forment un fécond corps d’Etoffe par le moyen de la chaîne à dorure, fans avoir aucune
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- Septième Section. I. Pari*. Des Cannelés fans Poil. 6fj
- relation avec les fils de la chaîne de fond , de forte que ie dernier corps de l'Etoffe fe forme fur le premier* Il faut obferver aàuellement que ceS p:l^mt deux corps d’Etoffe font joints l’un à l'autre par les fils du poil qui adaptent la lame fur celle du deffus. On pourroit, fi on le jugeoit néceffaire , féparet ces deux corps d’Etoffe ; il fuffiroit pour cela que les marches /, 0 de là % ure 4 , fiflènt chacune monter les deux liflès de poil ; alors la lame feroit adaptée à l'Etoffe du defîus, fans aucune liaifbn avec celle du deflous.
- Il eft aifé de fentir que la trame qui forme le corps de l'Etoffe du deflbus doit être différente de celle qui en fait le deflus, qui doit être de la couleur de la dorure qu'on emploie ; & même pour plus grande perfection , on met la trame de l'Etoffe de deffous de la même couleur que celle de deffus , excepté quelle eft moins groffe, afin que celle du corps fupérieur de l'Etoffe puiffe couvrir l’autre : ainfi les duites IV NIV 9 PP P ne feront que de quatre brins, tandis que celles O O O, QQQ feront de fix ou fept : ceci doit fè régler fuivant la largeur de la lame que l'on emploie.
- On peut voir auflî que le corps fupérieur d’Etoffe eft un Taffetas à deux fils par dents, tramé gros, au lieu que celui du deflous eft un Taffetas à quatre fils par dent, tramé fin ; l'idée que j'eus en le faifant ainfi exécuter , c'eft que la trame étant groflè & peu gênée par la chaîne, donne plus de reflet , parce qu'elle fè difperfe mieux ; & par la même raifon , elle couvre davantage l'Etoffe qui fe trouve par deflous : j'en ai fait exécuter à quatre fils par dent, mais je ne l'ai pas trouvée aufli belle.
- Voilà en quoi confiftent les principaux Cannelés ; car fi j'entrois dans un détail circonftancié de tout ce qui peut fe faire dans ce genre, je ne fini-rois jamais. Les combinaifons font infinies ; mais on peut en connoître la marche par ce qu’on a vu, & former de nouveaux plans.
- Je n'ai point parlé de la maniéré d'armer les métiers qui font employés à fces Cannelés. Ceux qui les exécutent à Paris font certainement bons Ouvriers,1 mais ils tiennent à des fyftêmes anciens ; ils arment toutes les liffes fans contre-poids , de forte qu’il faut rabattre les liflès qui ne montent pas : comme mon fentiment eft contraire à cet arrangement, & que je fuis fondé fur l'expérience , je crois devoir imputer à erreur d'armer les métiers autrement qu’au carrette fimple 8c aux contre-poids, & d'y admettre les carrettes de renvoi, afin de ne point trop charger les liffes. Pour prouver que l'armure doit être mieux faite à contre-poids, on n’a qu’à fe relïouvenir de ce que j’ai dit à l'égard du trop grand nombre d'eftrivieres : on peut voir les deux pians d'armure que préfente la Planche 71, 8c combien ils prennent d'eftrivieres chacun, quoi-qu’à contre-poids : celui, fig. z , en prend quarante-quatre , 8c fi l'on vouloir faire rabattre les liffes qui ne montent pas, il en faudroit cent trente-deux ; car il faut à chaque marche autant d'eftrivieres qu’il y a de liffes , pour conf-Etoffes de Soie , VII. Part. D 8
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- Planche
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- '6$8 L'ART DES ETOFFES DE SOIE.
- tituer un tiiîu, parce que fi fur douze il y en a quatre qui montent, il y en a néceflàirement huit qui defcendent; donc il faut douze eftrivieres pour chaque marche : ce plan préfente onze marches ; il faut donc onze fois douze eftrivieres, ce qui fait cent trente-deux, & quatre-vingt-huit de plus que ce que j’en mets.
- Pour le Plan, jig. 4 , il faut quarante-huit eftrivieres, fuivant ma méthode ; 8c fuivantcelle que je condamne, il en faudroit cent quarante, ce qui feroit qua-' tre-vingt-douze de plus.
- Il eft certain qu’on na pas auflî vite réglé cent quarante eftrivieres, que quarante-huit ; d’ailleurs, j’ai prouvé que les métiers armés à contre-poids, ne fe dérangeoient jamais, que par l’ufure des cordes, &c. à moins de quelque accident extraordinaire , ôc qu’au furplus * l’Ouvrier y travailloit avec beaucoup plus de facilité , ce qui contribue finguliéremenc à la perfection de ' l’Etoffe, & à l’avancement du travail.
- Puifque j’en fuis fur les articles des Etoffes en dorure faites à la Marche , Je vais paffer en revue d’autres genres d’Etoffes qui fe fabriquent de même.
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- Septième Sect. I. Part. Des Cirfakas.
- CHAPITRE SIXIEME.
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- Manière de fabriquer les Cirfakas dhiver SC d’été 9 toutes les Etoffes rayées en or SC en argent , ainfi que toutes les Etoffes en dorure qui fe font par la Marche. Moyen de fabriquer des Etoffes toutes en foie , fur la difpoftion des Métiers deflinés pour la dorure ; ainfi que toutes les Etoffes mêlées de plufieurs dorures SC de foie , pour hs parties façonnées.
- Article Premier*
- Des Cirfakas d'été.
- T,e Cîrfàlcas à’été eft une Etoffe rayée en or ou en argent , Sc le fond eft Gros- de-Tours ou Taffetas très-fort ; Ion tiffu eft fait de maniéré que les rayes d’or ou d’argent font dans le fens de la longueur de l’Etoffe , quoiqu’elles loient produites par une navette qui porte la dorure : ordinairement cette Etoffe eft formée par deux petites rayes , l’une en fond, & l’autre eît dorure; voyez la figure i, PL 72 , qui en reprélente un échantillon: aaa9 Scc. font les parties de fond, & celles bhb, &c. font des rayes d’or ou d’argent : cette dorure eft du filé lancé par une navette que l’Ouvrier paffe après toutes les duites ou toutes les deux duites de la trame, fuivant qu’on veut donner de richelfe à l’Etoffe ; car il eft certain que fi l’on paffe alternativement une duite de trame & une duite de dorure, l’Etoffe fera plus brillante que fi l’on ne paffe qu’une duite de dorure fur deux duites de trame. Cependant on dirige la dorure de maniéré qu’elle ne laiflë pas trop d’intervalle entre les duites. C’eft en réglant la groffeur de la trame qu’on parvient à donner à cette Etoffe la qualité qu’on defire : on obferve aufïi d’employer du ifilé d’une groffeur convenable à çelle de la trame, afin qu’il couvre mieux#; Il faut remarquer que le filé or Sc argent * ainfi que la lame , ont des groffeurs déterminées par les Tireurs d’or: on les fait par numéros: la lame fe diftin-gue par un nombre d’s, & le filé par un nombre de p ; de forte que la lame trois a , eft moins large que celle quatre a , Sc de fuite , en augmentant julqu’à la plus forte largeur. Il en eft de même du filé, celui quatre p eft plus fin que celui cinq p : c’eft fur ces grofîeurs que les Fabriquants fe guident , Sc en échandllant cette dorure, ils lavent ce qui doit en entrer dans une aune d’Etoffe : ainfi quand ils voyent que la dorure eft trop grofîe, ils la prennent plus fine, où ils font tramer plus gros le fond de l’Etoffe.
- Çomme le filé eft rond, lorfque l’Etoffe eft fabriquée , on apperçoit tou*
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- Flanche,
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- omïïssæzssmiuBtÊmam
- Planche
- 73.
- 660 U A R T DES ÉTOFFES DE SOIE.
- jours un intervalle fenfible entre les duites de la dorure , quelques rappro-prochées quelles foient, par la fineflè de la trame & par le coup du battant % d’ailleurs cette forte de dorure n’offre pas beaucoup d’eclat ; c eft pour lui en procurer que , lorfqu on a fabriqué l’Etoffe , on la paffe au cylindre. Le cylindre donne au filé un brillant qui approche celui de la lame. Je ne traiterai pas dans cette Partie la maniéré de cylindrer les étoffes de foie qui en font fufceptibles ; je renvoie cette defcription au Traité des Cirfakas à fleurs, parce qu’alors nous aurons vu plufieurs des Etoffes qui doivent recevoir cet apprêt. Je dirai feulement ici que le cylindre applatit le filé , & que c’eft par-là qu’il acquiert le reflet de la lame*
- Dans notre échantillon la dorure ne paroît que dans les rayes b b, &c. du côté de l’endroit ; & du côté de l’envers elle paroît fur les rayes a a a, &c. de forte qu’en retournant l’Etoffe, les rayes bb> &c. n’en montrent que le fond, & celles a a, &c. font voir la dorure : ainfi fi la largeur des rayes de fond avec celles des rayes en dorure, étoient égales, cette Etoffe n’au-roit point d’envers, parce que de quelque côté qu’on la vît > elle préfèn-teroit les mêmes effetSi On traite cependant cette Etoffe pour qu’elle ait un envers &'un endroit, & cet endroit eft le côté le plus riche ; c eft pourquoi on fait en deflus les rayes delà dorure plus larges que celles du fond; les rayes ne font cependant pas toujours égales à celles de l’échantillon , il y en a de plus grandes & de plus petites. J’ai repréfenté celui-ci comme le plus en ufàge jetant dans les Cirfakas d’été que dans ceux d’hiver.
- Le filé qu’on emploie n’eft point adapté au corps de l’Etoffe, il palïè deflus & déffous fans avoir rien de commun avec la chaîne ni avec la trame , chaque duite n’eft paflee que comme faufilure, ce qu’on obtient par une ouverture de pas fort finguliere , que nous allons voir dans l’inftant.
- Cette Etoffe ne peut s’exécuter que par des ligatures ou liflès à jour qui font en même temps liffes de fond ; car c’eft dans ces ligatures qu’eft paffée la chaîne en, entier ; le nombre des liflès eft invariable pour ces Cirfakas, mais la quan* tité des mailles qu’elles contiennent varie eft raifon de la difpofition des rayes qui les compofent. Si l’on faifoit une difpofition à rayes égales, tant pour le fond que pour la dorure * chaque liffe auroit fans contredit un même nombre de mailles , de forte que fi l’on faifoit c es rayes de quatre dents de largeur fur un huit cents de peigne à quatre fils par dent pour huit liflès qu’il faut , chaque liflè devenant égale, elles auroient chacune quatre cents mailles; mais il faut que ces mailles foient efpacées quatre par quatre , & que chaque champ de quatre laiflè un efpace égal à celui qu’il occupe : alors, pour le re* metttage, on range ces liflès quatre par quatre : ces huit liflès forment deux efpeces de corps de remiflè qu’on place l’un devant l’autre ; de forte que les chaînes des mailles de l’un foient placées en face des efpaces qui féparent les
- champs
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- Septième Séctiôn. I. Part. Des Cirjakàs d’êtii 66r
- champs de l’autre. La figure 2 repréfente ces deux corps de remi/Tes vus par g-gur'.': par-deflus, & joints l’un à l'autre pour être difpofés au remettage i on voitquè Ï>L^CMÊ les champs des mailles cc, &c. du corps A , rempliflent les vuides de celui du corps B, comme ceux o /, otyoly &c. rempliflent les vuides du corps Quand ces remifles font ainfi placées y on remet de la maniéré foivante les Fuit lifles C y D y E , F , G, H , I, K y fig. 3 ; les quatre premières repré-*
- Tenteront le premier corps de remiflè, & les autres le fécond. On pafle les premiers champs des lifles du premier corps de remiflè, foivant l'ordre général du remettage du Taffetas à quatre lifles, & enfuite on pafle les premiers champs des lifles du fécond corps ; de forte que chaque champ d'un corps , fuivant la divifion des mailles établies ci-deflus, doit former quatre cours de quatre mailles chacun :ainfi toutes les fois qu'on a pafle quatre cours fur un corps de remiflè y on pafle à l'autre corps pour y en pafle r autant y ce qu'on exécute alternativement d'un corps à l'autre ; bien entendu que for le premier corps, le cours de chacun eft foivi par les lifles CyDyFyFy & fur le fécond corps, les cours de chacun font pafles dans les lifles G, H, /, if.
- Quand les corps de remifles font inégaux par le nombre des mailles qui les compofent, on ne fuit point d’autre méthode , on change feulement la difpo-lition des lifles ; car , en fuppofànt que notre échantillon , fig. I, foit fait fur un mille de peigne à quatre fils par dents, on aura des rayes de fond de deux dents, & celles en dorure feront de quatre ; ainfi les lifles qui ferviront pour le fond , auront la moitié moins de mailles dans chaque champ que celles qui feront les rayes de dorure : on ne change donc au remettage que la quantité des fils qu'on pafle de plus dans les champs d'un *corps de remifle que dans ceux de l'autre corps ; mais on foit alternativement d'un champ à l'autre fur les deux corps de remifles quel que foit le nombre des mailles qui les compofent.
- Quant au piquage du peigne, la première lifle de chaque corps de remifle' emmene tous les fils qui doivent entrer dans une dent ; ainfi tant que chaque champ dure, on prend pour chaque dent tous les fils qui feparent les mailles dé de la lifle F, figure 2, celles qui feparent les mailles de la lifle K , ref-peélivement chacun dans les champs qui dépendent des corps de remiflè aux* quels elles appartiennent.
- J'ai fait remarquer qu'on pafle une ou deux duites de trame pour chaque' duite de filé or ou argent ; cette différence d'une à deux duites paflees doit néceflairement changer l'ordre du travail, & doit faire quelque changement dans le tiflu, quoique la dorure ne foit pour rien au corps de l’Etoffe. La figure 4 repréfente le tiflu de notre Etoffe fabriquée par deux duites de trame 8c une duite de dorure, & la figure 5 fait voir ce même tiflu par une duite dé trame & une duite de dorure.
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- Quant à la figure 4, on voit que les duites de dorure M9 M9 M 9 M> n’oht été paflees qu’après celles de fond ef9 ef9 ef9 ef: fuppofons actuellement que les fils gh9gh9 gh9gh9 font autant de dents paflées dans le peigne , ainfi que ceux ik 9 ik9 il eft évident que les duites M9 M9 &c. paflent fous les deux dents indiquées par ik9 & fous les quatre défignées par gh9àx. Il faut donc que les deux dents fous lefquelles paflent les duites de dorure » foient levées à la fois & fans divifion , toutes les fois qu’on veut lancer la navette qui contient cette dorure, ce qui donnera 1 échantillon, fîg. 1 ; exécuté par le plan d’armurzfig.6: ce plan comprend les huit lifles 19 m , n 9 o 9 p y q 9 p 9 q 9 qui font cenfées former les deux corps de remiflês dont on a befoin , & qui font comprifes fous les accolades N O ; la première accolade comprend le corps de remifle foppofé par les lifles G 9 H, /, K de la figure 3, & la fécondé eft celui que défignent les lifles C9 D, E 9F\ Les marches P Q de notre plan font mouvoir les lifles moitié par moitié dans le même fens de l’armure d’un Gros-de-Tours à huit liffes 9 Sc la marche R fait monter à la fois 1 es quatre lifles /, m9 n , 0 9 qui font cenfées faire enfemble un corps de remifle. C’eft fur la levée de cette marche qu’on lance le coup de dorure , ce qui fe fait fans interruption, c’eft-à-dire, que fur les deux premières marches l’Ouvrier paflè fes deux coups de fonds, & fur la troifieme il paflè celui de la dorure. On doit prendre garde que la fogue qui s’ouvre pour cette derniere navette 5 laifle du jour f puifqu’elle fait monter à la fois toute la foie qui fe trouve paflee dans les dents du peigne qui reçoivent celle qui eft paflée dans le corps du remifle mis en mouvement ; de forte qu’il peut y avoir un efpace vuide de deux, trois ou quatre dents , plus ou moins, foivant la difpofition des rayes & la grandeur de celles qui compofent le fond. Si ce vuide eft trop confidérable , il eft à craindre que la navette ne tombe à terre ou dans le fac qu’on met au-defîous de la faffure , afin que les fers de la navette ne puiflent point s’émoufler. Pour prévenir l’inconvénient de la chute de la navette , on 'met au-devant du peigne une languenette qui lui fort de guide ; c’eft une efpece de réglé de bois d’environ un pouce de largeur qu’on attache folidement à la mafle du battant, & fur laquelle repofo toute la foie du remifle qui ne leve pas ; cette languenette, par ce moyen, bouche toutes les ouvertures qui fo font entre les parties de la chaîne qui n’eft point mife en mouvement, & fort en même-temps de voie à la navette qui, dans fà courfo, pafle toujours deflus.
- Le tifîu , Jzg,. 5 , fait voir que les duites de dorure s9 s9 r, s> s9 s font paflees alternativement avec celles rt9rt9rt\ dans l’un & dans l’autre tiflu , je n’ai pas repréfenté le nombre des fils de chaîne néceflâire pour faire voir le tiflu avec le nombre des fils en deflous & en deflus defquels paflent les duites de dorure ; il en auroit fallu trop : car pour repréfonter deux fois le cours des effets, il
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- eût falïu quarante-huit fils à chaque figure , ce qui aurôit prefque tenu toute la Planche ; il faut donc regarder ceux que fai tracés comme tenant lieu chacun de quatre : ce qui m’a déterminé à les repréfènter ainfi, ceft que la dorure n a de commun avec le corpsrie l’Etoffe, qu’un enlaffement dont la combinaifon eft toute fimple ; puifque ces fils n’ont aucune divifion dans les dents du peigne, ni dans aucun des cours de remiffes , étant levés entiers. Nous oonfidérerons donc les fils v,v,v , &c,jfig. y, comme formant deux champs entiers de chacune des liffes d’un remiffe , & ceux x, x,x,x9 comme formant deux champs des liftes du fécond remiffe : dans cet état, on voit que les duites s, s9 &c. font paffées fous la levée de ce dernier remiffe ; l’exécution de ce tiffii eft faite fur le plan d’armure figure 7,
- Comme il faut pafler alternativement une navette de dorure & une navette de fond, voici comme on doit faire mouvoir les marches T, K 9 X: la marche Veft pour la dorure, puifquelle fait lever un corps de remiffe en entier , ce qu’on reconnoîtra en comparant cette figure avec celle 3 ; & les marches T9 X font pour le fond : ainfi pour que l’Ouvrier puilfe pafler alternativement les deux navettes, il faut qu’il aille Sc vienne fur les trois marches ; il commence par celle T 9 fur laquelle il paffe une duite de trame ; delà il vient à celle V9 où il paffe une duite de dorure, puis à celle X pour pafler une fécondé duite de trame ; & pour pafler une fécondé duite de dorure , il revient à la marche V9 pour recommencer par la marche T; car fi l’on y prend garde, la révolution des effets eft de quatre duites, deux de fond, & deux de dorure , ce qui fe voit par la reprifè de la marche fi l’on vouloit éviter cette reprifè , il* faudroit une quatrième marche qui eft abfblument inutile.
- Quant à l’armure, ou plutôt à la fufpenfion des liffes , elle doit être faite au carrette fimple, avec des contrepoids aux liftes, parce qu’on n’a befoin que de les faire monter.
- On voit par ces tiffus que la dorure n’a point de lit, & quelle fe trouve conféquemment placée toujours entre deux duites; il faut qu’elle (oit bien frappée , pour qu’elle ne tienne aucun efpace dans l’Etoffe ; ce n’eft que par-là qu’elle peut couvrir le fond fur lequel elle paroît ; néanmoins, on voit toujours quelques petits intervalles plus ou moins fenfibles , fuivant la groffeur de la dorure & celle de la trame du fond.
- On fait quelquefois cette Etoffe avec deux bouts de dorure qu’on pafle à la Fois; alors la cannette de dorure eft faite à deux bouts; quelquefois aufli on lance du frifé à un ou à deux bouts , au lieu de filé ; on en fait encore où 1 on paffe alternativement quatre ou fix coups de frifé, & quatre ou fix coups de filé double ou fimple, fuivant qu’on le veut rendre riche ; d autres fois , on pafle de la lame & du frifé, ou du filé par nombre de duites déterminé. Quand on paffe du frifé ou delà lame, on ne fait pascylindrer 1 Etoffe , parçe que
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- = le frifé perdrait de fe beauté en s’applatiflànt, Sc que la lame fe cafleroît au cylindre. Lorfqu’on fait le Cirfekas à deux bouts de filé , & qu’on le pafle au cylindre, le fond de l’Etoffe ne tranfpire aucunement fous la dorure, néanmoins pour que ce fond perce moins, on a foin de mettre la partie de chaîne qui fait le fond de l’Etoffe fur laquelle pofe la dorure, de la couleur même de la dorure ; & quand on veut ne point tant mettre de dorure , & cependant la rendre apparente , on met une navette d’accompagnage dont la trame eft de la couleur de la dorure qu’on laifle flotter à l’envers de l’Etoffe, Sc qu’on fait lier à l’endroit par un quart de la chaîne ; cependant ceux qui lavent tirer avantage de cet accompagnage pour donner plus de confiftance à Ion Etoffe, la font lier à l’envers comme à l’endroit: pour l’un & pour l’autre il faut des plans d’armures differents.
- Pour faire lier la trame d’accompagnage en deffus feulement, il faut armer les liflès fer le plan 3 fig. 8 ; le nombre des liflès eft le même que celui que nous avons déterminé, mais il faut cinq marches. Celles^?, B 9 fervent pour le fond de l’Etoffe ; celles C>D pour les duites d’accompagnage , & celle E eft deftinée pour la dorure. On voit que la première de ces marches fait monter les liftes aa9 cc; en les comparant avec celles de la figure 3 , on Verra qu’elles répondent à celles 1, 3 , y & 7, ce qui prouve toujours la croifure du Taffetas ; la fécondé marche fait monter les liflès a b , a b , & la première de celle c c. Ces liflès font les mêmes que celles r, 2, 3 , 4 & y de la figure 3 ; de forte que les quatre premières lèvent pour les duites de trame d’accompagnage qui paflènt pour flotter deflous l’Etolfe, & celle f lie cette même trame en deflfus à l’endroit où fe porte la dorure. La marche C fait lever les liflès que celle A laiflè en fond ; mais celle D eft encore pour la trame d’accompagnage , elle fait lever les quatre premières liflès que fait monter la marche B ; & pour la cinquième , au lieu de celle y , c’eft celle 6 : cette derniere fert aufli pour lier la trame d’accompagnage, tandis qu’elle flotte fous tout ce que les autres font lever, ce qui fuppofc qu’il n’y a aucun liage fous les petites rayes a a, &c. de la figure 1, pas même de la do* rure qu’on y emploie. Cette armure eft faite pour paifer deux duites de fond, pour une de dorure ; ainfi on pafle deux coups de fond & deux coups d’accompagnage pour un coup de dorure ; mais fi l’on veut pafler un coup de dorure pour chaque coup de fond , il faut armer le métier fur le plan, fig. 9 ; de forte que les marches F, I font pour les duites de fond ; celles Gf K pour les duites d’accompagnage, & celles H9 L pour la dorure: on voit ici à quelles liflès de la figure 3 , répondent celles ef9 ef9 g h , g h : fui* vant ce plan , la foie d’accompagnage flotte deflous ; mais fi dans l’un & dans l’autre plan , on veut que cette foie ne flotte pas, il faut feulement foppri-mer à la marche B, fig. 8, le zéro r & à la marche D, celui ky alors ces
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- Si au lieu du filé ou du frifé, on vouloir employer de la lame or ou argent , il faudroît néceflàirement que cette lame fût liée par-deflbus, fans quoi, elle ne fe placerait pas fur fon plat, ce qui défàprécieroit de beaucoup l’Etoffe * d’ailleurs, le moindre effort fait cafîèr cette lame : néanmoins il convient do paflèr une trame d’accompagnage qu’on fait lier deflus , & qu’on laifle flot^ ter en deflbus ; pour employer une duite de lame, fur deux duîtes de fond * îl faut cinq marches comme le repréfonte le plan , fig. 8 ; mais il faut qu’il y ait quelque différence entre l’armure qu’on doit faire , Sc celle qui eft indiquée par ce plan ; les marches^ C Sc celle B reftent telles qu’elles font, il faut feulement que la marche E , ne fafle lever que trois des liffes qui y font marquées , il faudrait fupprimer conféquemment un des zéros nn9 Sc laiffer fub-fifter les trois autres.
- Pour faire l’Etoffe dont il s’agit par un Coup de fond, & un coup delamo avec fon accompagnage, il faudrait fe fervir du plan , fig, 2, en fùpprimant un des zéros p p, que fait lever la marche L, & laiflànt fubfifler le refte du plan , comme il eft repréfènté pour la première armure.
- On a vu dans les tiffus des Cannelés la révolution des fils de chaîne , qui lioient la lame ou les autres dorures par deffus, il fufnt d’y jetter les yeuse pour reconnoître comment on peut faire lier par deflbus, & comment on peut faire lier la trame deflus ou deflbus * ou deflus Sc deflbus. En confidérant les huit liffes comme deux corps de ramifie de quatre Mes chacune, on re«* connoîtra que pour faire lier en deflus par le quart de la chaîne, il faut feu* lement faire lever une des quatre lifles, Sc que c’en foit une de celles qui viennent de monter pour le coup de fond qu’on vient de paflèr : qutf pour faire lier en deflbus de l’Etoffe , il faut que de quatre liffes on ert fafle monter trois , de forte qu’il n en refte qu’une en repos , Sc que ce foit une de celles qui ont refté en deflbus pour le coup de fond qu’on af paflTé le dernier.
- Article Second.
- Des Cirjakas £Hiver & <£Automne*
- Les dilpofitîons de Cirfakas d’hiver Sc de ceux d’automne font les mêmes que celles que j’ai décrites ci-deflus, ce font toujours des petites rayes en dorure , féparées par des rayes de fond. La différence eft, que les rayes de fond dans les Cirfakas d’hiver, font en Satin , & celles pour les Cirlà-kas d’automne font en Serge. Ce dernier peut fo fabriquer fur le mêmes nombre de liflèsque nous venons de voir; car on fabrique l’un Sc l’autre Etoffes de Soie. VIL Part. F 8(
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- " en ne changeant que l’armure ; mais pour ceux d’hiver , il faut néceffairement douze lifles au moins, & même ceux qui veulent économifor de la foie, en mettent feize : je vais commencer par le Cirfàkas d’automne.
- L’échantillon , fig• 1, offre une dilpofition de rayures où l’on fuppofera que les raies aaa 9 Sec. font en foie, & celles b h b 9 Scc. font en dorure. La partie de l’Etoffe fur laquelle porte cette dorure eft un fond Taffetas ; il faut donc que le tiffu foit différent de celui que nous ayons vu. Sans m’étendre trop 9 je vais donner le tiffu de cette Etoffe, Sc le moyen de l’exécuter : ce tiffu eft repréfenté par la figure 10 , on peut remarquer les duites de fond cd, efi,cd; les duites d’accompagnage gh3ik9 g h, & les duites de dorure A A , B B, CC: j’ai fuppofé que les fils l mn o9lmno pourroient être regardés comme quatre dents de Taffetas 9 ou qu’on pourroit placer à côté de chaque quatre fils un nombre de douze qui, de quatre en quatre, étant révolus autant de fois que ceux que nous voyons , préfenteroient quatre cours qui forment l’efpace des quatre dents qu’occupe la dorure par chacune des raies b 9b de l’éêhantillon, fig. 1. Il en feroit de même fi l’on vouloit aggrandir cet ef-. pace en mettant un plus grand nombre de fils , & en le faifant mouvoir par les mêmes lifles : comme fi l’on vouloit les efpaces moindres, il faudroit que le nombre des cours fût moins grand. La même obfervation a lieu pour les fils p qr s, p qr s, qui fuppofent deux , trois, Sc quatre cours fergés ^ pour former les petites raies a , a9 &c. de notre échantillon fig. 1.
- Pour bien entendre les effets de notre tiffu qui eft ici repréfenté du côté de l’endroit, il faut le confidérer d’abord fous plufieurs combinaifbns d’armu-j res ; les duites cd9 ef9cd font tiflùes en Taffetas avec les fils l m n o i Im no, Sc elles font tiffuee en Serge fatinée avec ceux pqr s , p qr s. Les duites g g, h h qui forment l’accompagnage de la dorure, font liées deflus & deflous, ceft-à-dire, quelles font adaptées aux parties fergées ôc aux parties Taffetas , mais de maniéré quelles ne peuvent paroître dans la première : ce font les fils //du Taffetas qui lient celles g g par deflus , & les fils p p de la Serge les lient par deflous. Les fils rit, m lient les fils h, h par deflus, Sc ceux q, q lient ces mêmes duites par deflous. Les duites d’accompagnage / k 9 ne font liées qu’à la partie du Taffetas ; ce font les fils l9l qui lient celle i9 & ceux m m lient celle A. Les duites de dorure A A , CC \ ne font point liées, mais celles B B , font adaptées aux parties forgées par les fils de chaîne; r9 r, pour la duite B, & par ceux s, s pour la duite D.
- J’ai dit que notre tiffu étoit exécuté fous plufieurs combinaifbns d’armures 1 en effet, on a pu remarquer que toutes les duites d’accompagnage ne font pas également tifliies ainfi que celles de dorure, ce qui offre l’effet de quatre armures differentes que je vais tâcher de faire connoître fous un foui Sc même plan. L’armure fur laquelle on peut exécuter la partie du tiffu repréfenté par
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- Septième Section. I. Part. Des Cirfakas d'hiver & <£cuitommi :66*J les duites de trame c c, dd, ef celles daceompagnage ghyg A ; & Celles de s dorure A A, CC, exigent un plan : fi avec ces mêmes combina}fon$ on veut , à la place des duites de dorure , mettre celle B D 9 ou , pour mieux dire y fi Ton veut que la dorure foit paflee comme ces deux dernieres duites, il faut un autre plan ; fi Ton veut conferver ces duites avec la combinaifbn de celles de fond ef Se de celles i k , il faut exécuter un troifieme plan d'accompagnage * fi l'on veut exécuter ces dernieres duites comme celles gg9 h h , il faut un quatrième plan 5 il en faudroit même un cinquième , en failànt une tranipo* fition de ces duites d'accompagnage pour les joindre aux deux différentes opérations des duites de la dorure i par la même raifon, il faudroit cinq tiflus différents, fi je ne les avois pas réduits à un feui : ceft aux Fabriquants ou aux Ouvriers intelligents àfàifir la nature de cse tiflus, pour connoître la révolution des fils, le paflage des duites , Se pour pouvoir les exécuter par l'explication que je vais en donner fur le plan 9 fig. iï. Il faut fe fouyenir que tous les effets de notre tiflu font tels que fi les duites d'accompagnage rif étoient point, ce feroit un coup de dorure Sc un coup de fond ; & que fi dans ce cas on vouloit pafler deux coups de fond pour un coup de dorure, on pafleroit aufli deux coups d'accompagnage , liés à l'envers ou à l'endroit feulement. Quant à la dorure , on la paffèroit flottante de toutes parts , ou liée à l'envers ; alors on ne fe fèrt que d'une feule lifle pour lier , fi on le juge à propos : mais comme le cours du Sergé eft de quatre lifles ; il convient de changer de lifles à chaque deux coups de fond , ceft-à-dire, deux fois dans un des cours des marches ; on en doit faire autant pour l'accompagnage qui {q lie au-deflbus , fans quoi la dorure Se l'accompagnage paroîtroient à l'en-? droit de l'Etoffe où l'un Se l'autre doivent être couverts par les fils du Sergé; Tous ces effets font dûs aux combinaiüons d'armures bien exécutées ; ceft pourquoi nous allons appliquer toutes ces connoiflànces à un plan par lequel on pourra juger des bons & des mauvais effets que peuvent produire les armures bien ou mal fuivies.
- Pour notre Cirlàkas à petites raies Serge 9 il ne faut que huit lifles, non! plus que pour celui que nous avons traité ci-deflus J la difpofition de ces lifles Se le remettage font les mêmes , la feule différence confifte dans la maniéré de faire mouvoir les lifles ; c’eft donc dans les plans d'armures qu'il faut la trouver. Pour faire les tiflus tels que repréfente la figure ro, il faut néceflàirement douze marches, ainfi que le fait voir la figure il que je vais mettre en comparaifon avec les lifles de la figure 3. On fuppofe que celles x , 2, 3 Sc 4 forment le corps de remiffe E de la figure 1 r , & que les quatre lifles fùh vantes forment celui E : le premier de ces corps fait la petite raie fèrgée } Se le fécond fait le fond Taffetas fur lequel pafle la dorure. U faut prendre garde ici que l'endroit de l’Etoffe fe fait par deflous, Se que fi l’on veut les
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- - faire faire par deffus, il renverfera Tordre de Tarmure , c’eft-à-dire , qui! faut faire monter à chaque marche les lifles qu’elles laiffent en fond , & biffer en fond celles quelles font mouvoir.
- L’armure qu’on peut exécuter foivant le plan que nous avons fous les yeuxy eft telle que la dorure eft liée du côté de Tenvers de l’Etoffe , & que Tac-, compagnage eft lié à Tenvers par les liftes de fergé, & à l’endroit par celles de Taffetas. Comme notre cours eft de douze marches, & qu’il eft fuppofé n’être que de quatre, à caufe des effets principaux qui font apparents, je veux dire la Serge, car les autres marches ne font que des accefloires pour l’Etoffe , j’ai fait lier la dorure & Taccompagnage en Serge. Pour connoître le liage de l’accompagnage, il faut voiries marches H, L, O, i2, fur lefquelles paf-font les duites de ce nom, on y remarquera que les liffes a9b,c, d levant fucceffivement par chacune de ces marches, lient la foie qu’elles reçoivent dans la fogue qu’elles forment, & que ces mêmes marches laiffent en fond Sc par ordre les liftes <?,/*, g, h; cette foie fe trouve liée par deflbus fur la partie de l’Etoffe qui fait le Taffetas ; car ce font ces demie res lifles qui font le Taffetas, tandis que les quatre premières font armées en Serge. On peut s’en convaincre , en examinant Tarmure des marches C, K, iV, Q> Sc par celles /, Af, P, S, on verra que la dorure eft liée feulement par les lifles a, b c , d9 & à Tenvers de l’Etoffe , tandis qu’à Tendroit elle flotte fur les; parties Taffetas quelle doit couvrir.
- A moins que la dorure ne. foit une lame , il faut éviter de la faire lier g parce qu’il y a toujours à craindre , for-tout dans la raie Serge, que l’éclat ne paroiffe au travers, & fi par hafard la lame qu’on emploie fe montroit à travers la Serge, il faudroit mettre des lifles déplus avec un poil de liage , comme dans les Cannelés.
- Quand on veut que Taccompagnage ni la lame ns foient point liés à l’en-vers de l’Etoffe, on ne fait monter aucune des lifles de Serge, lorfqu’on en paffe les duites ; ainfi Ton peut fopprimer fur le plan les zéros i, i , i , k, k, n9n* & biffer fobfifter le refte de Tarmure.
- Ces fuppreflions fe font for un métier déjà armé fur le plan , tel que nous le voyons ; il fuffit dans ce cas de retirer les eftrivieres qui font mouvoir les lifles qu’on veut laiffer en repos fur telle ou telle marche.
- On doit juger, par lafuppreflion que je propofe, qu’il eft facile de laiffer exifter celles des lifles qu’on trouve néceflàires , c eft-à-dire, que fi Ton veut lier la dorure ou Taccompagnage, on le peut fans que l’un ait rien de commun avec l’autre ; ainfi, il eft arbitraire de donner à ces lifles les mouvements qu’on trouve les plus convenables pour faire le tiflu de l’Etoffe, tel qu’on le defire.
- Si Ton vouloit que Taccompagnage ne fût pas lié en Serge, on le feroit lier
- feulement
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- SêPTièmè SECTtotf. I. Part. T)es Cir/akas d'hivét & étàutoftinèï 66$ feulement pat deux des lifles du Taffetas * 8c ce feroient celles ëif** ^ü’on laifleroit en fond , ou celles g9 k ; car fi on vouloir faire lier par celles g ou par celles f9 h , le liage feroit faux , & produiroit des écartements dé* feélueux pour l’Etoffe. Mais pour bien faire on laifleroit fubfifter les marches H 9 L telles qu’elles font pour le corps de remifle F , & l’on armeroit celle O , comme le font celle H , celle R & celle L : alors on ôteroit le zéro l de la marche O , pour le mettre à la place de la petite croix, & on changerait le zéro n de la marche R, pour le placer à l’endroit de la croix p.
- Comme il importe peu que ce foient les deux premières ou les deux dernières lifles du Taffetas qui lient la foie d’accompagnage, je crois qu’il efl inutile de donner d’autres notions fur cette armure * cependant, fi dans quelques cas qu’on ne prévoit pas toujours, on vouloir changer l’ordre de deux lifles de liage pour faire lier les deux autres, alors on arrneroit les marches d’ac~< eompagnage, conformément à celles O , R- Il efl: poffible aufli de prendre pour lier cette foie les lifles e, h , ou celles f9 g, parce que chacune de ces lifles dépend d’une des marches du fond Taffetas fur lequel on doit ré* gler le mouvement des lifles de liage : il faut toujours que ce fait une des lifles qui a refté en fond pour le Taffetas qui refte pour le liage ; ainfî, en fe conformant à cette réglé , on fera certain de fon opération.
- On doit fo fouvenir que i’ai dit que le tiflu , fig. i o , ainfi que le plan j Soient en raifon d’un coup de fond , d’un coup de dorure 8c d’un coup d’accompagnage ; mais fi pour un coup de dorure , on vouloit palier deux .Coups de fond 8c deux coups d’accompagnage , il faudroit fupprimer les deux marchés I, P, & fi l’on vouloit ne pafîèr qu’un coup d’accompagnage avec un coup de lame fur deux coups de fond, il faudroit fupprimer encore les marches H, O, ou I, R ; alors on n’auroit befoin que de huit marches : fl l'on vouloit ne point mettre d’accompagnage du tout, on retireroit les qua~) £re dernieres marches, Sc on n’en auroic befoin que de lix, à moins qu’on Éie voulut palier un coup de fond & un coup de dorure fucceflivement ; alors en ôtant les quatre marches, on laifleroit fubfifter toutes celles qui reftenc au plan, & fous les mêmes combinaifons d’armures : toutes ces combinaifons font en ufage, & fouvent tel Fabriquant fait fabriquer cette Etoffe fur une combinaifon, tandis que d’autres l’exécutent fur une autre : c’eft à ceux qui s’en occupent à voir laquelle leur efl la plus avantageufe. Il efl certain que Cette Etoffe fabriquée à un coup de dorure & un coup d’accompagnage pour chaque coup de fond , efl: plus belle que lorfqu’on ne met qu’un coup de dorure pour deux coups de fond & deux coups d’accompagnage, & ainfi des autres combinaifons.
- Je ne dois pas oublier de faire remarquer que la difpofition des lifles , telle
- on vient de la voir, produit un genre d’Etoffe dont on le 1ère pour habit Étoffes de Soie. FII. Pan. G 8
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- Planche
- 670 L'ART DES ÉTOFFES DÉ SOIE.
- d'homme : cette Etoffe tient des Amboifiennes , 8c l'on en reconnoîtroit le tiffu en fupprimanc les duites de dorure 8c celles d’accompagnage de la figure 10 9 de maniéré qu’il n’y reliât que celles de fond c d9 ef,cd. Pour exécuter cette Etoffe, il faut fur le plan d’armure, ne laifler fubfiller que les marches G, Q, armées comme elles font indiquées. Je renverrai à cet ar-
- ticle quand j en ferai venu à celui des Amboifiennes qui tiennent beaucoup des Cirfakas d'été.
- Article Tr 01 $ 1 e m e.
- Des Cirfakas d’hiver > ô de plufieurs Etoffes qui font fabriquées fur la mèrtiê
- difpofition.
- Les Cirfakas d’hiver different de ceux que nous venons de voir f en ce que* au lieu de raies Serges, ce font des raies Satin , ainfi que je l’ai fait obferver au commencement de l'article précédent.
- On fait de ces Cirfakas fur plufieurs difpofitions de Mes, ainfi qu’on peut en juger, fiTon fe fouvient des différents genres de Satins que j’ai traités dans le troifieme Chapitre de cette Partie. On pourroit donc yarier cettd Etoffe autant que nous avons vu qu’on peut varier les fonds de Satin : mais je ne crois pas qu’il foit nécellàire de traiter dans cet article de toutes cesf variétés.
- Le premier de nos Cirfakas fera fur une difpofition de douze lilïès , dont quatre failànt un fond Taffetas fur lequel pofe la dorure, & huit poûr faire les rayes Satins: ces liffes feront rangées fuivant la figure 12, PI. 72; d© forte que les lifies 1, 2,3,4 feront pour le Taffetas , 8c celles y , 6,7 i S, 10, 11 8c 12 font pour le Satin. Ces Mes font faites à jour , de même que celles dont nous avons parlé pour les Cirfakas d’été & d’automne 9 8c le compte des mailles efl: en raifon des dents qu’occupe chaque champ des liffes dans le peigne. Suppofons encore la même difpofition de rayures que celle qui eft repréfentée par l'échantillon fg. I ; que les rayes a9a9 &c* foient en Satin , & que celles b, b , &c. foient en dorure , 8c que le fond de ces dernieres foit Taffetas. On fuppofèra que les premières de ces rayes occupent deux dents chacune dans le peigne , & que les autres en occupent quatre : ainfi il faudra que chacune de ces deux dents contienne huit fils de Satin , 8c que celles de Taffetas en contiennent quatre : il faut donc que cha-* cune des lifïes du Taffetas ait un nombre de mailles double de celles du Satin. Si l’on traite cette Etoffe fur un 800 de peigne, chaque Me de Satin aura 266 mailles efpacées deux par deux , 8c chaque liffe de Taffetas aura 534 mailles efpacées de quatre en quatre. On range ces Mes, comme j©
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- SEFtiEME Sect. î. Part. Des Cirfakas ethiver, &£. €fî
- lai fait remarquer pour les liffes des Cirlàkas précédents, par la figiife a. *****iS?^ Le remettage fe fait comme il fuit : il faut d’abord deux chaînes, l’une pour y2% le Taffetas & l’autre pour le Satin. La chaîne du Taffetas eft ordinairement ourdie double, <?c celle de Satin eft ourdie fimple ; les deux chaînes font indifpenfables , tant par l’accord du travail que pour la différence de four-* diflàge. ( On doit en ufer de même pour les Cirfakas d’automne , quoique la partie du Sergé , foit ourdie double, ainfi que celle du Taffetas ). La raifon qui détermine les deux chaînes, eft que celle du Satin ne s’éboitpas, au lieu que celles du Taffetas s’éboit très-fenfiblement : il réfulteroit de-là que les rayes de Satin fèroient trop lâches , & celles de Taffetas trop tendues. On
- . s
- doit avoir néceffairement cette précaution pour toutes les Etoffes dans lefquelles la chaîne nzs’étijje pas également dans toute leur largeur, foit pour les Etoffes faites à la Tire , foit pour celles faites à la Marche ; fans cette pré* caution , on ne fàuroit parvenir à les fabriquer.
- Pour l’Etoffe dont nous nous occupons , il convient que la chaîne du Taffetas ïoit ourdie de la couleur de la dorure blanche ou couleur d’or , afin qu’on foit difpenfé de mettre une foie d’accompagnage qui renchérit l’Etoffe par fà valeur 8c en augmente la main-d’œuvre, puifqu’il faut mener une navette de plus, 8q que cette foie eft en pure perte, & même que l’Etoffe en eft moins bonne*’
- Le remettage de notre Etoffe fuit l’ordre que nous avons établi pour leâ premiers Cirfakas ; les cours font paffés auffi fouveilt fur les liffes que leâ champs peuvent en contenir : ainfi fi les champs de Taffetas font de quatre cours, on paffe de fuite feize fils de la chaîne du Taffetas : fi les champs de Satin font de deux cours , on paffe auffi feize fils de la chaîne du Satin qui ne doivent former que deux cours, puifque nous avons huit liffes. Ainfi pour le Taffetas , on prend pour chaque cours par les liffes i, 2,5 8c 4, qu’on recommence autant de fois qu’il le faut pour remplir les mailles du champ; & pour le Satin on prend par les liffes y,6, 7,8, 9, 10,
- 11 & 12,8c l’on recommence ainfi autant de fois que l’exige la quantité des mailles qu’il y a fur chaque lifle , bien entendu qu’on paffe alternativement un champ du Taffetas , & un champ de Satin, autant qu’il y en a ; pour cet effet on prépare les deux chaînes à la fois pour le remettage : cependant ceux qui veulent avancer la befogne, commencent par paffer une chaîne de fuite ,
- & enfuite ils paffent l’autre : alors ils ont d’autant moins de difficulté qu’ils font le remettage de la première chaîne fans interruption , & n’ont befoin de compter que pour la fécondé.
- Quand on veut paffer les deux chaînes à la fois , on met toutes les liffes ; celles de Satin & celles du Taffetas ; mais quand on veut les paffer lune apres 1 autre, on ne met d’abord que celles qui appartiennent a la chaîne par laquelle on veut commencer. Suivant la difpofition des liffes, de notre
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- Planche •j 2,
- '6ji L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE; figure T2 , on feroic obligé de commencer le remettage par la chaîne du Taffetas, parce que les liflès qui en dépendent font placées derrière. Après cela on place les huit lifles de Satin devant celles de Taffetas Sc l'on en fait le remettage, de forte que toutes les fois qu’on a pafle un champ de ces lifles * on en prend un des lifles de Taffetas qui eft déjà paffé , Sc Ton en pafle la foie entre le champ qu’on vient de paflèr au Satin , Sc celui qu’on va paf-fer. Suppofons que la partie B, fig. 2 3 foit le remiflè de Taffetas qu’on a déjà pafle, Sc que celles? foit celui du Satin qu’on veut pafler. On regardera les champs d9 d 9 Scc. comme remplis , Sc ceux c9 c 9 Scc. comme étant à remettre. Il faudra donc pafler la foie de ces derniers entre les champs d, d* Sec. Se. larder celle des premiers entre les champs c 9c9c9 Scc. On appelle larder la foie , lorfqu’elle dépend d un corps de remiflè, ou d’un corps de maillons, & qu’elle doit pafler entre les mailles d’un autre corps de remiflè ^ ou entre celles d’un corps à maillon.
- Quant aux difoofitîons du remettage , ce font les mêmes que celles qud celles que j’ai décrites dans le §. 1, de l’article vm du Chapitre premier.*1 Voyez les Planches 26 , 27 Sc 28 , Sc ce que j’en ai dit au Chapitre des Serges , dans l’article des Serges fatinées, Sc des Hollandoifes faites avec un poife
- J’obferverai cependant ici que la chaîne de Taffetas étant placée deflus , comme on peut l’appercevoir par la difpofition de celle C de notre figure X2 y qui eft cenfée dépendre des lifles A B 9 A B 9 il y a une petite difficulté pour paflèr la chaîne D qui fe trouve placée par-defîous, ce qui paroît d’abord devoir embarrafler le Porgeur qui donne les fils. Pour lever cette difficulté 9 on place l’enluple fur lequel eft pliée la chaîne C9 fur les eftafes du métier , de maniéré que cette chaîne vient fe replier contre le remiflè qui la contient, Sc les fils tombent perpendiculairement avec les fils des mailles ; par ce moyen la chaîne ne gêne plus, & le Porgeur agit comme s’il n’y en avoit point ; c’eft au Remetteur à ranger la foie de cette chaîne de façon , que fans nuire au paflàge de celle D 9 il puiflè en prendre les champs en entier pour les joindre à ceux qu’il vient de paflèr, en fe fervant des méthodes indiquées dans l’article du Remettage, Sc repréfentées par les figures 12, 13, 14, X$ 9 16 Sc 17 de la Planche 26.
- Quand la chaîne D eft paflee , on remet celle C dans l’état où elle doit être pour difpofer le piquage du peigne qui fe fait en prenant à chaque champ la première des mailles qui fe préfente fur la liflè 4 pour le Taffetas, Sc fur la liflè 12 pour le Satin : ce piquage n’a rien de particulier , puifque les champs font paffés de maniéré qu’ils fe fuccedent les uns aux autres , dans 1 ordre qu’ils doivent faire tenir aux effets de l’Etoffe : ainfi quand on a pafle toute la foie qui s’eft préfentée par un champ du remiflè de Taffetas, on paflè celle qui yient de fuite au remiflè de Satin 2 ce qui ne foufîre aucune interruption
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- Septième Section. I. Part. Des Cirfakds d'hiver, &C* ruptîon, & Ion termine cette opération par tendre les deux chaînes , le plus également poffible , afin qu’en travaillant on n’ait pas les difficultés qu’occafionne toujours le commencement des chaînes dont la tenfion des fils ou de quelque partie de la foie le trouve plus ou moins grande que le refte s cela fini', il faut armer le métier.
- L’armure de notre Etoffe peut être exécutée de plufieurs façons, fuivant les effets qu’on veut obtenir. Si l’on veut pouffer ude duite de dorure & une duite de trame, & ne voulant travailler que d’un pied, il faut néceffàirement feize marches ; fi au contraire on veut travailler des deux pieds, neuf marches fuffiront : il y a encore une obfervation à faire , c’eft de lavoir fi l’on fera le Taffetas à fimple ou à double croifure, c’eft-à-dire , fi l’on formera le grain du Taffetas fur lequel doit paffer la dorure par une des duites du Satin , ou fi l’on mettra deux de ces duites pour une du Taffetas qui alors devient néceffàirement Gros-de-Tours. Comme cette derniere méthode l’emporte fur la première , c’efl: celle que j’expliquerai. La figure r , Planche 73 , va faire connoitre le tiffu 9fig. 2 , qui doit en rélulter , & qui efl le même que je vais expliquer : ce tiffu n’exige que douze marches, en travaillant d’un pied feulement ; mais on paffè deux duites de Satin pour en former une de Gros-de-Tours , ainfi qu’on va le voir.
- Les liffes comprifes fous l’accolade A, fur le plan d*armure , jig. 1 J font celles de Satin ; l’armure eft exécutée par un pris & deux laifîés : il faut remarquer que l’endroit de l’Etoffe fe fait par-deflous ; & que le tiffu re-préfenté par la figure 2, efl: vu du côté de l’endroit. Cette obfervation eft néceffaire, parce que fi l’on avoit quelque difficulté pour concilier les effets du tiffu avec les mouvements donnés par l’armure , on pourroit en renver-lèr l’ordre , & regarder les zéros qui indiquent la montée des liffes, comme en défignant le repos , tandis que toutes celles 011 il n’y a point de zéros , feroient mifes en mouvement : par ce moyen on feroit l’endroit de l’Etoffe par-deflus. Les huit lifîes de Satin comprifes fous cette accolade indiquent celles $ * <5, 7,8,9, 10, 11 St 12 de la figure 12, Planche précédente ; & celles comprifes fous l’accolade B défignent les liffes 1,2, 3 & 4 de la même figure ; elles fervent pour le fond Taffetas ou Gros-de-Tours.
- Il faut prendre garde que les marches C, D, jF, G , I, R , M, N9 font celles qui font mouvoir le Satin , en faifant faire le fond Gros-de-Tours. Ces marches, deux par deux, font mouvoir les mêmes liffes de Gros-de-Tours, iucceflîvement, comme on peut le voir ; car les marches C, D font mouvoir de fuite les lifîes de Taffetas a, a, ainfi que celles I,K, mais chacune de ces marches fait mouvoir une différente lifîe de Satin : celles F , G font monter les liffes de Taffetas b yb, ainfi que celles M, N ; & chacune de çes quatre marches met auffi en mouvement une différente liffe de Satin ; de Étoffes de Soie. FIL Paru H 8
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- ' forte que les huit marches défignées, font chacune mouvoir une des huit lifles de Satin dans Tordre que j’ai expliqué. Comme les mêmes lifles de Taffetas lèvent deux fois de fuite , il eft certain qu’elles ouvrent deux fois le même pas, tandis que chacune d’elles fait changer le pas du Satin : il y a donc deux duites du Satin reçues dans la même fogue du Taffetas ; il réfulte de-là que le grain de ce Taffetas devient nécelfairement le grain d’un Gros-de-Tours, en ce que les deux duites de Satin réunies enfembie dans le pas du Taffetas, forment une duite bien plus groflè que celles qu’on emploie pour le Taffetas le plus fort; car le moins de groffeur qu’on puiffe donner aux duites de trame pour le Satin , ce font deux gros brins, ce qui en fait quatre pour le Taffetas. Or toutes les fois qu’un Taffetas eft fabriqué à quatre gros brins de trame , on lui donne le nom de Gros-de-Tours.
- On doit reconnoître for le tiflu $ figure 2f que les duites, a9 b, c9 dp e>f> g> b9 c9 d9 c9f9g9 h9 font paflees,deux par deux, fous le
- même pas ouvert par les fils i i, k k , //, mm , qui défignent les bandes Taffetas,qui du côté de l’endroit de l’Etoffe font couvertes par les duites de dorure P, Q9R9 S ; P , Q , R, S. Ces mêmes duites de dorure , à l’envers de l’Etoffe , couvrent Tenvers des bandes de Satin , fuppofées par les fils n n, Scc. 00, &c. qui relient en fond, tandis que ceux du Taffetas lèvent tous enfembie , lorfqu on veut paffer la dorure, ainfi qu’il eft combiné par les marches E9 H9 JL, O de la figure r, qui font celles fur lefquelles on paffe la dorure ; ces marches ne font mouvoir aucune lifle de Satin.
- Si Ton vouloir travailler des deux pieds , on n’auroit befbin que de neuf marches , on fopprimeroit celles E, H, L, & toutes les fois qu’on auroit paffé deux duites de trame for deux des marches de l’Etoffe , on enfonceroit celle O, pour paffer la dorure ; il ne faut pas que l’Ouvrier fe trompe, finon l’Etoffe deviendroit défeétueufo. Cette maniéré de travailler n’eft pas fi sûre qu’avec douze marches, parce qu’on ne fiuroit fe tromper par cette méthode,’ à moins de reprendre plufieurs fois la même marche, ce qui ne peut manquer de s’appercevoir en repaflant la navette fur le même pas, Scc.
- Le tiflu dont nous nous occupons , préfente deux duites de Satin pour une de Taffetas , cependant on en fait qui font en même nombre, & ou toutes les duites de Satin font divifées dans le Taffetas par la croifore des fils de la chaîne. Je ne donnerai point de figures pour ce tiflu, il foffira de remarquer que chacune des duites aa9 b b, Scc. peut être féparée par la croi-; fore des fils i i, k k , / /, mm 3 qui repréfentent la chaîne du Taffetas, comme ils font féparés par la révolution des fils n n, &c. o o , Scc. lefquels fup-pofent la chaîne du Satin. Pour parvenir à former notre Etoffe conformément au tiflu que je propofe , il faut que l’armure foit traitée autrement que ne tepréfente le plan figure I : il faut cependant le même nombre de mar-
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- Septième Section. I. Part. Des Cirfakas £hiver , êCc» 679
- cîies, fans rien changer à la quantité des Mes , ni à leur difpofition. Je vais tâcher de rendre fenfibles les combinaifons de l'armure fur notre plan même 5 Sc la liaifon que doivent avoir les marches avec les Mes , y fera indiquée par des croix fur les angles des carreaux : on ne fera pas furpris fi les zéros qui indiquent la première armure font croifes, on les regardera toujours comme fimples pour la première armure , & malgré la rencontre des croix avec les
- Planche
- ih
- zéros, ces croix indiqueront la nouvelle armure ; cependant j’éviterai autant que je pourrai, que les zéros fe rencontrent avec les croix ; on n’en trouvera point fur les liffes de Satin ; mais ils font inévitables fur celles du Taffetas, attendu que les marches D, G, K, N font mouvoir ici les mêmes liffes de Taffetas qu’elles ont fair mouvoir pour le tiffu fig, 2 , il n’y a de changement que dans les marches C > F 919 M; car les marches E, H9L9 O relient armées comme elles étoient. Quant à la partie de Satin , au lieu d’avoir commencé l’armure par la liffo p qui eft foppofée la première, je l’ai fait commencer par celle q qui eft la derniere.
- On a vu dans le Traité du Satin qu’il importe fort peu quelle eft celle rdes liffes par où commence l’armure, pourvu qu’elle foit fuivie dans l’ordre régulier déterminé, ou fuivant l’ordre irrégulier , en parcourant comme les points d’un cercle divifés en autant de parties qu’il y a de liftes dans le genre de Satin qu’on s’eft propofé de fabriquer ; ainfi on ne trouvera pas extraordinaire que l’armure du Satin de ce nouveau tiffu ne foit pas commencée par la même lifte que celle marquée par les zéros ; mais on prendra garde quelle eft régulière , & faite par un pris & deux laiffés , en fuivant les liffes du bas en haut, au lieu que la première eft exécutée en fuivant les mêmes liffes de haut en bas ; ce qu’on pourroit appeller inverfité d’armure.
- J’ai fait remarquer fur cette derniere armure que les duites de trame qu’on employeroit , feroient divifées autant dans le pas de Taffetas que dans celui du Satin : voici quelles font les raifons pour traiter cette Etoffe en plusieurs fortes de tiflàges. Le premier que j’ai décrit fait rapprocher les duites de la trame plus que le dernier ; je m’explique : en fuppofant la groffeur de la trame égale dans lun & dans l’autre, le rapprochement de ces duites vient de ce que la croifure ici ne produit d’écart que toutes les deux duites , au lieu qu’à l’autre elle écarte toutes les duites : or il eft impofîîble que tramant chacun de ces tiffus avec la même trame 9 Sc frappant également Sc même plus fort dans le dernier que dans le premier, il n’y ait une différence fènfi-ble dans les écartements des duites ; cet écartement s’apperçoit for-tout par les duites de dorure qui fe trouvent fonfiblement plus éloignées qu’elles ne font au premier tifîu. Le grain qui fe forme en Gros-de-Tours fur ce premier tiflu eft plus fortant que dans le Taffetas, & rend l’effet de la dorure plus |iche que ne fait le Taffetas : d’ailleurs les eftances du Satin deviennent moins
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- longues, 8c c’eft une des principales raifbns qui font préférer le premier tiflu au fécond ; il eft vrai que le dernier a une qualité plus carteufè, 8c néanmoins on fait fouvent donner lapprêt 8c à 1 un 8c à lautre, après les avoir fait cyiindrer.
- La grandeur des eftances eft fi déterminante pour régler le fond du Taffetas qui fe fait dans ces Etoffes , que fouvent on fijit le Satin à cinq liftes
- If
- 8c à dix fils par dent ; alors on met quinze marches, dont dix pour le Satin 8c cinq pour la dorure ; ou fi l’on veut paflèr la dorure à toutes les duites de trame, on ne met que onze marches, mais on travaille des deux pieds : on a donc une marche pour la dorure, 8c dix pour le Satin; 8c fi l’onvou-loit ne travailler que d’un pied, il faudroit vingt marches, ce qui feroit un trop grand embarras.
- Si l’on met dix liftes de Satin, c’eft pour en doubler l’armure afin de la faire accorder avec le Taffetas pour lequel il faut néceflairement un nombre de marches pair ; or comme le Satin à cinq liftes donne un nombre impair > 8c qu’il faut que chacune des marches produife à la fois une combinaifon de Satin 8c une combinaifon de Taffetas ; il faut que dans ces dix marches l’armure du Satin foit faite deux fois, 8c que celle du Taffetas le foit cinq fois. Il n’eft même pas pofîible de former un grain Gros-de-Tours, par deux duites de Satin , pour une de Taffetas , car on tomberoit dans l’armure des cinq liftés du Satin, fans pouvoir y retrouver l’effet d’une fixieme qu’il faudroit néceflai-rement.
- Les dix fils qu’on met dans chacune des dents du Satin, fervent à rendre cette partie de l’Etoffe plus foyeufe quelle ne fèroit avec cinq. Quelquefois on fe contente de mettre cinq fils doubles ; l’Etoffe n’eft pas aufïi belle qu’avec dix fils fimples , mais elle eft plus facile à fabriquer.
- Si l’on vouloit faire un grain ^ Gros-de-Tours & un Satin à cinq liftés, il faudroit vingt marches pour le fond feulement, 8c une pour la dorure qu’on pafléroit après chaque duite de trame, ou après deux duites, fuivant qu’on le jugeroit à propos ; mais il faudroit inévitablement travailler des deux pieds ; je dis qu’il faudroit vingt marches, parce qu’il faut faire quatre fois l’armure du Satin pour ouvrir dix fois le pas du Gros-de-Tours , en comptant deux des marches du Satin pour une des marches de Gros-de-Tours. Je ne donnerai point de figures pour l’un ni pour l’autre ; j’obferverai feulement que le premier de ces deux Cirfakas doit fe faire à fond Taffetas par préférence au fond Gros-: de-Tours ; d ailleurs, comme il n’a que cinq liftés, on peut tramer un peu gros j làns craindre que les eftances du Satin foient trop allongées , alors on met onze marches, comme je fai déjà dit.
- Pour travailler plus commodément , 8c faire un Satin dont les eftances ne foient pas trop grandes, on le fait à fix liftés ; on arme feulement une fois le Satin, fuivant les armures que j’ai données pour ce genre, & l’on
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- Septième Section. L Part. Des Clrfikas d*hiver> &c* 677
- arme trois fois le Taffetas; de forte que fix marches fuffifent pour le CôfpS de «SSS l'Etoffe, & trois pour la dorure. On place ces trois marches en divifant les Pl^ngMS fix du corps de l’Etoffe , deux par deux comme le font celles de la figure 1, où Ton voit que les marches E, H> L, O qui fervent pour paffer la dorure* divifent ^es huit autres deux par deux, ce qui prouve qu’on doit paffer deux Suites de fond pour une duite de dorure ; car fi dans le nouveau Cirfaka que je propofe, on vouloit paffer une duite de dorure pour une duite de fond, il faudroit néceflàirement fix marches de fond , & fix marches pour la dorure f St que toutes ces marches fuffent placées alternativement*
- Je ne ferai voir ni le tiflii à cinq liffes , ni celui à fix ; je renvoie aux tîffus que j’ai fait voir dans le Traité du Satin , à l’article des Satins à cinq & à fix liffes : en mettant à côté de ces tiffus, un tiflu de Taffetas , on verra les effets qu’ils doivent produire.
- Il faut fe fouvenir que tous les effets dont je viens de parler dans cet article' de Cirfakas, n’ont pas befoin de dorure pour former un corps d’Etoffe agréable St même en ufàge : nous voyons fréquemment des Taffetas St des Gros-de-Tours exécutés avec des rayes de Satin ; leur agrément dépend de la variété des rayures qu’on y exécute : cette variété va prefqu’à l'infini. On en voit qui ont de petites rayes de Satin, & où le fond du Taffetas n’eft pas plus grand que ce qui eft repréfenté par la figure 1 de la Planche précédente ^ c’eft-à-dire, que les bandés a a, Stc. font Satin , & que celles h b $ Stc. font ,Taffetas ; d’autres fois, c’eft le contraire ; quelquefois on en fait qui font à rayes égales ; d’autres fois, ce font des rayes d’un pouce , Stc. & des bandes de fond d’un demi-pouce , &c. On varie encore cette Etoffe par les couleurs, tantôt le fond eft blanc, & le Satin couleur de rofe , vert, bleu, &c. Cette Etoffe a été en ufàge il y a environ trente années; elle avoit eu fort peu de fùccès* mais depuis environ douze ans qu’on l’a reprifo , on l’a portée à un degré fort éminent : ceft la variété qu’on a fu en faire 3 qui l’a mife en vogue ; de forte qu’on voit de petits Taffetas à deux fils par dents, ornés de rayures de Satin accompagnées de Cannelé, St depuis environ fix ans, ony a ajouté des bouquets brochés.
- On fait encore un genre de Cirfakas que je crois inutile de rappof* ter ; car la feule différence qu’il y a entre celui-ci St ce que nous avons vu , eft que tout fe fait en Satin , autant ce qui efl: fous la dorure* que ce qui fe montre, ainfi tout efl: armé en Satin, excepté les marches de la dorure qui font toujours lever un des corps de remifîe * comme s’il étoft en Taffetas; St pour ne pas travailler * des deux pieds, on met douze marH ches, dont huit pour le Satin, St quatre pour la dorure. On prétend que le «Satin étant en-deflbus de la dorure St de couleur propre à lui feryir d’ac* Etoffes de Soie. VIL Part. I 8
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- <J78 L'ART DES ÉTOFFES LE SOIE.
- 5 compagnage , l'Etoffe en eft plus belle, mais elle eft fufceptible d'un plus fort apprêt que les autres Cirfakas.
- Depuis quatre ou cinq ans on fait un genre de Satin qui fèrt pour robes de femmes pour des mantelets & des peliffes, dont la rayure imite encore notre échantillon, figure 1, Planche précédente: il n'y a aucune différence avec le travail des Satins à huit iiffes, ni dans l'armure : ce qui produit la petite raye eft la trame qui fe montre, parce qu'il n'y a point de chaîne dans la dent où la trame paroît ; de forte que fi les rayes b b9 &c. de notre échantillon font farinées , celles a a a &c. lont produites par la trame qui n’eft point couverte du tout : dans les comptes fins des peignes 3 comme le font les mille, on laiffe deux dents vuides & quatre ou cinq dents pleines , plus ou moins ; & dans les peignes en huit cents, on n'en laiffe qu'une fur trois ou quatre; ces Satins font un fort joli effet par-tout où ils font employés.
- J’ai placé ici ce genre de Satin, parce qu'il tient aux Etoffes façonnées à la marche , & qu'il approche de celles que je viens de décrire.
- Les Etoffes dont j'ai parlé , qui fe fabriquent fans dorure fur la dilpofition des Cirfakas , ont le nom de Tafferas ou de Gros-de-Tours fatinés, quand on les fait à grandes rayes ; mais à petites rayes , comme celles que nous avons vues par la figure 1 de la Planche 72 , elles font appellées Egyptiennes ; elles entrent dans le genre des Amboifiennes qui font beaucoup moins anciennes , & que j'aurai foin de décrire.
- Les Cirfakas dont nous venons de nous entretenir, font fabriqués de ma-niere que la dorure fe paffe à travers par une navette ; mais il s'en fait un au4 tre genre dont la dorure eft en long, de forte que c'eft un poil en or ou en argent qui en forme les rayes. C'eft ce que nous allons voir dans les articles fuivans.
- Article Quatrième.
- Des Cirfakas d!été, d'automne, & de ceux d'hiver dont la dorure eft enchaînée4
- Les Etoffes dont nous allons nous entretenir, ainfi que celles qui ont été décrites dans les articles précédents de ce Chapitre , ne font pas connues partout fous le nom de Cirfakas ; il en eft beaucoup d’autres que nous verrons dans la fuite qui feront comprifes fous un nom, & à qui bien des Débitants donnent des noms différents pour les faire valoir davantage ; quelquefois même ce font les Fabriquants qui , par un feul changement dans la difpofition des rayures, ou autres petits effets dans le deffin, .changent d’abord le nom d'une Etoffe , quoique ce foit fous le même tiffu qu’on la fabrique.
- Cette remarque m'a paru néceflàire afin qu'on ne confondît pas les objets pat
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- Septième Section. I. Part. Des Cirfakas d'été 9 d'automne 9&c* 6jÿ les objets eux-mêmes. Il faut feulement examiner le rapport qu*ont les Etoffes ï entr’elles par leur tiffu , & non par le nom qu’on leur donne. Ainfi les Cirfakas dont il fera parlé dans cet article, different de ceux qui ont précédé en ce que la dorure quon y emploie eft en chaîne & non en duite, ce qui change confia dérablement l’ordre du tiffu, 8c conféquemment la maniéré de travailler*
- Dans les Cirfakas que nous avons vus, les accompagnages fe faifoient par la trame y 8c ici on les fait par la chaîne ; fouvent on y ajoute un poil blanc couleur d’or qui fe lie au corps de l’Etoffe avec la dorure ; quelquefois ce poil eft une fécondé chaîne qui remplit elle-même l’efpace que la dorure oc** cupe, 8c elle fait un travail différent de celui du fond ; c’eft ce que nous aurons occafion de voir par la defcription que je vais en faire.
- On fabrique de ces Cirfakas pour l’été , pour l’automne & pour l’hiver. La plupart des Etoffes d’automne fervent pour le printemps , c’eft pour cela qu’on ne nomme guere que trois fàifons : ainfî on regardera les Cirfakas d’automne comme une Etoffe de printemps.
- Les Cirfakas d’été font en Taffetas pour le fond ; ceux d’automne font en Serge ou Gros-de-Tours , & ceux d’hiver font en Satin. Quelquefois on mêle du Satin avec le Taffetas pour en faire une Etoffe de trois fàifbns.
- On fait de nos Cirfakas pour les trois faifons avec une chaîne d or ou d’ar* gent en filé ou en lame. Quelquefois on met de l’une ÔC de l’autre, lavoir, une chaîne de lame 8c une chaîne de filé.
- Quand on ne met qu’une chaîne de filé, il eft facile de faire le montage du métier ; car ce filé devient un poil, comme nous avons vu dans les Bril-lantés ou dans les Cannelés à bandes. On fe fort alors des liffes à jour, mais elles font à maillon de verre, comme on en a vu fur la fin du traité du Re-^ mifleur. Voyez les premières figures de la derniere Planche de cet Art.
- La différence qui fe trouve entre les poils de foie & ceux en or , c’eft qu ordinairement on ne met qu’un fil d’or par dent : il eft vrai qu’on fe fort de peignes très-fins pour que cette dorure foit plus rapprochée ; cependant quand la dorure ne couvre pas affez, on la met double , & néanmoins elle ne compte que comme un fil de chaîne ourdi double, & on ne le divifo ni dans l’envergeure, ni dans les maillés des liflès.
- Les bandes en or ou en argent qu’on fait faire à la dorure font ordinai-j rement en Serge ; de forte que fi le fond eft Taffetas ou Satin , la bande de dorure forme une Serge fàtinée à quatre lifles ; quelquefois on la fait découper en Cannelé ; d’autres fois , on la fait chevronner à la maniéré des Hol~ landoifes. On obforve en général que le fond fur lequel pofo la dorure foie Gros-de-Tours ou Taffetas, mais toujours de la couleur de la dorure. On a voulu mettre des poils d’accompagnage pour faire mieux détacher la dorure des effets du fond ; on y a réuffi en ce que le jaune & le blanc a dominé
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- 6Bo L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- = fur les fonds de couleur fur lefquels on a exécuté ces Etoffes ; mais cela enterre la dorure, parce que l’on a fait ferger ou fatiner ce poil d’accompagnage , & la dorure n’a pas pu furmonter : j’ai trouvé un moyen qui a mieux reuffi , c’eft qu’au lieu d’un poil, j’ai fait paffer une navette d’accompagnage : alors on a fait les corps de remiftes comme ceux que nous avons vus pour les Cirfakas précédents, afin de paffer la navette d’accompagnage comme celle de dorure ; par ce moyen la dorure de ces nouveaux Cirfakas s’eft croifée avec l’accompagnage : & elle en a dominé davantage. Mais la fabrication en devient un peu plus longue , parce qu’il faut toujours deux navettes confécu* tives dont une de fond & l’autre d’accompagnage.
- Le remettage de ces Cirfakas eft le même que fi l’on paffoit une bande de Taffetas & une bande de Satin pour ceux d’hiver, c’eft-à-dire, qu’il faut des lifles à jour pour qu’elles puiffent remplir les objets qu’on fe propofe de faire ; ainfi on réglé les lifîes en raifon de la grandeur des rayes qu’on veut faire paroître.
- Les Cirfakas qui ne font qu’en filé ne font pas difficiles à monter; niais ceux qui font à lame demandent un arrangement très-régulier , & bien différent de ceux qui ne font qu’en filé. La difficulté d’employer la lame dans nos Etoffes, dans le fens de la longueur de la chaîne exige des cantres faites dans le goût de celles des velours cifelés , ainfi que nous allons le voir.
- Les poils en filé font ourdis avec la précaution dont j’ai parlé dans l’Art de l’Ourdiflâge. Voyez l’avant-derniere Planche de ce Traité : mais la lame n’en eft pas de même, car on ne fauroit en faire un corps de chaîne , pas : même l’employer double ; il faut donc autant de roquetins , fig. 3 , PL 73 ; que l’on met de brins de lames dans la largeur de l’Etoffe : ainfi il faut que la cantre foit d’une grandeur fuffifànte pour contenir tous les roquetins : on a même des cantres qui peuvent tenir jufqu’à 400 roquetins, afin de pouvoir en mettre un nombre convenable à la rayure qu’on veut exécuter.
- La figure 3 fàit voir un roquetin en perfpeétive , & la figure 4, le repréfente de profil. Ces roquetins ne font pas femblables à ceux dont on fe fert pour les velours : cependant ils font faits à trois aîles ou têtes les uns comme les autres. La figure y eft un roquetin à velours ; les aîles a, a, b de ce dernier, ne font pas placés comme celles c9c9d do la figure 3; d’ailleurs , elle font plus grandes , & le fond e, f de chaque divifion eft con-î
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- cave , tandis que le fond g de celui de la figure 4, eft droit, & qu’il n’a de concave que la partie L Les divifions des roquetins ne font pas égales , & celles de la figure 5 , le font. Le diamètre du roquetin à lame , figure 4, n’eft pas fi grand que celui du roquetin, figure y. C’eft pour que ce premier roi quetin ne tienne pas tant de place, qu’on a rendu le diamètre de fes aîles moins grand; par ce moyen, la cantre qui doit en contenir un grand nom-t
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- Septième Section. I. Part. Des Cir/kkas dite\ et automne, &£* 68l
- bre , fe trouve moins longue , & les roquetins y font réunis en un point où Ion peut mieux les appercevoir d un coup d’œil, ce qui eft néceffaire quand en fabriquant l’Etoffe, il fe caffe quelque lame, pour favoir de quel roque" tin dépend la lame qu’on veut raccommoder. Il paroît qu’on pourroit pro-fiter de cet avantage pour les roquetins de velours ; mais ces roquetins ne contiendroient pas une quantité de foie fuffifante pour former une longueur ordinaire de velours ; car il faut remarquer que pour faire dix aunes de .velours, la foie du roquetin doit avoir foixante aunes, ce qui fera démontré dans le Traité des Velours. Au lieu que pour la lame, il ne faut pas plus de longueur de lame , à une aune près, qu’on ne veut faire d’Etoffe : li l’on veut faire vingt aunes d’Etoffe , on dévidera fur chaque roquetin une Ion* gueur de vingt-une aunes de lame, parce qu’il en refte nécelÇirement une partie à laquelle on attache celle qu’on fubftitue pour une nouvelle chaîne ; Il faut même faire enforte que la quantité qu’on en met fur un roquetin, n’aille pas au-delà de ce qu’on veut fabriquer, afin d’avoir moins de perte. On a foin de mettre la lame dans la divîfion g qui eft droite , en faifànt attention quelle s’y dévidé fur fon plat : on prend pour cela les mêmes précautions que j’ai recommandées pour les Cannettes de lame. Voyez l’Art de faire les Cannelés de lame ; car c’eft avec un rouet à cannttes qu’on dévidé cette lame fur les roquetins de defius une petite bobine , figure 6 , qu’on place dans une des cantres à faire les Cannettes, de la même maniéré que font placés les ïoehets. Voyez l’Art de faire les Cannettes. C’eft fur cette bobine que les Tireurs d’or dévident leurs lames à mefure qu’ils la tirent la derniere fois qu’on la pafle au cylindre-laminoir.
- On doit devider fur chaque roquetin une longueur de lame autant égale qu’il eft poffible : pour y parvenir, on mefure une longueur de fil fin, telle que doit être la longueur de la lame dont on a befoin ; alors on met un roquetin à la broche du rouet à cannettes ; & l’on compte en combien de tours de manivelle cette longueur de fil eft employée, après quoi on donne le même nombre de tours de manivelle pour chaque roquetin de lame ; par ce moyen, on a à peu-près la même longueur de lame fur tous les roquetins. Il y a des Fabriquants qui portent leurs foins plus avant : après avoir mefuré le fil, ainfi que je viens de le dire, ils mettent fur une même broche $jig, 7 , un roquetin pour receyoir la lame, & un pour recevoir le fil mefuré; par ce moyen ces deux roquetins tournent enfemble ; quand l’un eft plein de fil, l’autre 3 pris à peu-près une pareille longueur de lame ; & pour éviter toute erreur, on fixe chaque bout du fil, comme on le voit fig. 8. Quand la bobine D qui reçoit le fil eft pleine , on retire le roquetin B qui eft plein, on en fubfti-tue un vuide , de on remet la bobine Z? à la place de celle E qui eft devenue yuide , & ainfi alternativement.
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- Planche
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- : C’eft une fojétion confidérable de faire glifler la broche H hors de la can-
- tre , toutes les fois qu’on veut tranfpofor les bobines D, E, ce qui arrive chaque fois qu’on a garni de lame un des roquetins qu’on deftine à notre Etoffe; il eft même dangereux que l’élaflicité de cette lame ne la faffe lâcher de défi-fus la bobine, Sc quelle ne s’embrouille en en laiffant échapper quelques tours : pour prévenir cet inconvénient , on a imaginé un moyen fort commode , Sc tel que le repréfente la figure 9 ; ce n’eft autre choie qu’un montant K planté dans une planche forte L qui lui fert de bafe, & qu’on peut porter par-tout ou on le juge nécefïàire ; au haut de ce montant eft une broche de fer n, plantée au milieu de là longueur, Sc d’une manière oblique, afin que la petite bobine o gliffe toujours du côté du montant : on a donné le nom de faujje cantre à cette figure. Lorfque les roquetins font garnis de lame , on les place dans la cantre, comme nous le verrons à la planche fuivante, Sc de maniéré que les axes p, q, fig. 3 Sc 4 , y foient placés horifontalement ; & pour ten* dre la lame on y met de petits contrepoids de plomb rr, s s, fig. 3 & ïo ^ pendus aux petites ficelles t, v de ces deux mêmes figures ; ces contrepoids ne font autre choie que des baLles de plomb de demi-once ou environ, qui font percées & enfilées comme des grains de chapelets , Sc arrêtées par en bas au moyen des petits nœuds x, x. Les ficelles de ces contrepoids font afin-jetties fur les petites divifions des roquetins, comme bn le voit L M, fig. 3 ; c eft pourquoi ces divifions font concaves, voyez en h, fig. 4 ; & afin que la rondeur des baies paffe plus facilement , il faut les faire vaciller, ai-nfi qu’on en verra la néceffité daus l’opération du travail,
- La figure 1, PL 74 , eft une cantre pour la dorure , repréfentée en pro* portion de deux pouces par pied, & efteompofée de quatre cents roquetins t le bâti de cette cantre eft compofé de quatre pieds A A, B B, affemblés par le bas au moyen des traverfes D D , E E. Ces pieds portent un grand chaffis en quarré long , formé par les traverfes GGf qui en forment les côtés , & par celles Hy I qui en font les deux extrémités. La largeur de ce chaf* fis eft divifée en feize parties égales par les traverfes a9a9a> Sc c. qui font; au nombre de quinze ; elles «font foutenues for leur longeurpar trois traver-, fes K K K , qu’on ne peut appercevoir que par un des bouts plus large qu© les autres. J’ai cru devoir repréfenter féparément les deux traverfes H, I x 3$ deux de celles a , a , &c. pour en faire voir la conftruétion & les affembla-* ges. Comme ces deux traverfes font en face l’une de l’autre , elles font afo femblées par leurs tenons avec les grandes traverfes GG; les mortaifos b h * &c. Sc celles e c 9 &c. reçoivent les tenons dd, ce des traverfos jfig» 4 Sc £ qui font deux , celles a a , Sec. de la figure 1 : il y a autant de mortaifos dan$ l’une & dans l’autre traverfe qu’il y a de divifions fur la cantre. Comme il com* yient que ces divifions reftent toujours égales dans toute la longueur de 1$
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- cantre , on loutient les traverfes a, a, &c. par celles K 9 K 9 K qui font conftruices, comme on en voie une, fig. 6, où Ton peut remarquer que les ^L^CHi entailles &c. saffemblent avec celles g-, g, h, h, h des figures
- 4 & y ; on fent que par ce moyen les traverfes a9a9a9 Scc. ne peuvent pas plier fur leur longueur; du refte les tenons des unes & des autres tra-yerfes, fur-tout de celles , fig. 2 ,3 Sc 6 9 font chevillées * de forte que leur aflemblage foie très-folide : cette cantre eft plus élevée d'environ la moitié du côté de /, que de celui H ; c’eft pour faire mieux lifivre aux roquetins Tordre des enluples dont ils tiennent la place, qu'ôn donne cette pente, & ce font les plus proches du remifle qui font les plus bas 9 ainfi que la figure 7 nous le fera connoître bientôt.
- Chaque roquetin a un axe en particulier pour pouvoir à volonté les changer de place. On a fait des cancres où chaque rang de roquetins avoit un axe commun à tous ceux du même rang ; mais lorlqu'on vouloit retirer un roque-tin , foit pour le changer, foit pour en choifir le bout de la lame quand il le perd , ce qui arrive louvent, il falloit de néceflîté ôter tous ceux des roquetins qui étoient placés lur le même axe , avant celui duquel on avoit à faire. Pour parvenir à lortir Sc à remettre làns beaucoup de difficulté Taxe de chaque roquetin , on le fait porter par chaque bout dans un trou profond d'environ deux lignes, fait à chacune des traverfes GG &à celles a9 a>a9 Scc. Ces trous font faits de maniéré que des deux qui reçoivent Taxe , il y en a un au- ^
- [quel communique une petite rainure par où on le met en place. Ces deux traverfes font repréfentées une d'un côté Sc l'autre de l’autre, & néanmoins elles ont toutes les deux une égale quantité de trous làns rainure, Sc une égale quantité avec rainure ; de forte que chaque traverfe a vingt-cinq trous làns rainure , tous du même côté, & du côté oppofé elles ont autant de trous avec des rainures. Ces trous font faits de maniéré que fi Ton les failoit percer de r part en part, ils fe trouveroient fur la même ligne , Sc le communiqueroienc 'de façon que deux n'en feroient qu’un feul ; mais on donne demi pouce d'é-paiflèur à chacune de ces traverfes, & Ton laiflè deux lignes de féparation entre les deux trous, c’eft-à-dire, furie milieu de l'épailfeur des traverfes, afin que les trous ne le communiquent pas. Les traverfes G G , fig. x, n'ont de trous que d'un côté feulement.,
- Dans certaines cantres, on a voulu éviter la rencontre de ces trous, craignant de percer trop avant dans l'épaifleur des traverfes , Sc voulant donner plus de profondeur à ces mêmes trous : pour y parvenir on a placé les roquetins en quinconce ; par cet arrangement on a effeéUvement l'avantage de pouvoir donner trois & même quatre lignes de profondeur aux trous des axes Sc aux rainures ; mais cette grande profondeur devenoit inutile, Sc meme nui-i IJble, parce que lorlqu’on veut ôter un roquetin de place , il faut faire lortir
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- 684 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- ' ».- Taxe du côté de la rainure , & le trou oppofé s’aggrandit infenfiblement ou
- Planche ggne la fortie de Taxe : d’ailleurs les rangs de roquetins qu’on ne voit qu en ^ travers quand la cantre eft garnie , fe trouvent fi confondus, qu’à peine on distingue fun de l’autre ; ainfi on n’a pas la même facilité de paffer la main, Sd quelquefois le bras , entre les longueurs de lame qui font néceffairement étendues.
- Pour faire ufoge de. la cantre $ on y place autant de roquetins qu’il en faut pour faire le deflein ou la rayure qu’on s’eft propofé d’exécuter ; après quoi on place la cantre fous les chaînes & poils qu’on a préparés pour l’Etoffe. Voyez la figure 7, où la cantre L eft placée fous la chaîne ikf, & fous le poil N* (Cette figure repréfente tous les objets de profil, afin qu’on puiffe mieux les reconnoître). En plaçant les roquetins, on attache à chacun un contrepoids de deux ou de trois balles, fuivant la grolfeur des balles & à proportion du poids qu’il faut donner pour la tenfion de chaque brin de lame : la quantité des balles qu’on met pour un foui contrepoids eft non-feulement pour régler le poids dont chaque lame a befoin ; mais on évite , autant qu’il eft poffible , de mettre les balles grofîes , il vaut mieux en employer un plus grand nombre , afin qu’elles fo logent plus facilement dans la divifion du roquetin qui leur eft deftinée, lorfqu’on tire l’Etoffe pardevant ; car ces contrepoids font fixés fur le roquetin par la petite ficelle. Voyez la figure 3 de la Planche précédente , où la ficelle eft attachée à la divifion M par un nœud coulant qu’on voit en Q, fi g. 10, même Planche. Cette ficelle étant arrêtée fur le roquetin, il faut néceflàirement qu’à mefure qu’on roule l’Etoffe pardevant i cette ficelle fe roule fur la divifion du roquetin où elle eft arrêtée ; & quand toute la longueur de la ficelle eft employée,ces balles retombent fufpendues," comme on les voit en O, fig, 7 de notre Planche 74. Il eft certain que fi l’Ouvrier n’y portoit un peu attention , ces balles refteroient quelques inftants en équilibre fur la divifion du roquetin : alors le brin de lame n’auroit pas affez de tenfion, même quelquefois il fe replieroit dans le tiflu de l’Etoffe * dans ce cas on tire un tant foit peu le brin , ce qui fait tomber le contrepoids , & on laiffe aller le brin qui reprend aufïï-tôt fa tenfion. L’Ouvrier doit même, toutes les fois qu’il defoend de fon métier pour arranger queE ques fils , foit de lame ou autrement, prendre garde , avant que de remonter , fi tous les contrepoids font en bon ordre : toutes ces précautions font d’autant plus effentielles , qu’en général toutes ces Etoffes font fabriquées l’endroit par deffous, ce qui prive l’Ouvrier de voir les effets de la lame qui ne tranfpire jamais à 1 envers de l’Etoffe , à moins qu’on ne lui fafle former quelques deffeins ; c eft de quoi je ne parlerai pas ici , car cela regarde les Etoffes façonnées à la Tire. Je dis que la lame ne tranfpire jamais à l’envers de l’Etoffe ; parce quon a foin de ne la faire lier que par une navette particulière
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- Septième Section. L Part. Des Clrfakas d'éte ? laatomnè , &c> 68 y
- Cüliere , dont la trame fe trouve plus fine que celle qui forme réellement * le fond de l'Etoffe, & dont chaque duite entre dans le rang des coups per* dus , parce qu’on la palTe ordinairement fur le même pas de fond , pour le* quel on ne fait d’autre changement que la levée des brins de lame qui doi* yent en être liés.
- Le remettage de cette Etoffe doit répondre à l'arrangement dès roqüetins. Suppofons qu on veuille faire un Gros-de-Tours fur un peigne à huit cents dents 5 & employer tous les roquetins que nous avons à la cantre, fîg% x , on mettra alternativement une lame dans une dent, Sc point dans la fui-vante , à moins de vouloir faire quelques difpofïtions de rayures combinées; Sc néanmoins, il y auroit toujours le même nombre de dents occupées par la lame, puifque Ton ne met jamais qu’une lame par dent : on palferoit huit fils de chaîne avant de palier un brin de lame ; de forte qu’entre chaque brin de lame, il y auroit huit fils de chaîne , dont quatre palfés dans une dent » fans le brin de lame, Sc les quatre autres feront palfés dans la dent fuivante avec le.brin de lame. Il faut prendre garde que ce remettage ne fe traite pas avec la lame comme avec un poil ordinaire ; & que, quoique les lilfes dellinées pour la lame foient ordinairement placées devant celles de la chaîne , on ne les pâlie que les dernieres ; on palfe donc le remiffe du fond Comme pour une Etoffe unie. Après que cette chaîne eft palfée , on place les lilïes deftinées pour la lame , devant celles qu’on vient de palfer , quelque nombre qu’il y en ait ; dans cet état, on ne fait que larder les fils de la chaîne entre les mailles des lilfes de la lame, fuivant l’ordre qu’elles doivent tenir. Suppofons qu’on veuille rendre un effet de Serge farinée par la lame , on fé ièrt de quatre lilfes de cent mailles chacune ; on prend huit fils de la chaîne ; après quoi on place la première maille de la derniere lilïè des lames ; on re* prend huit autres fils de la chaîne , pour placer enfuite la première maille de la fécondé lilfe de lame ; Sc pour finir le premier cours, on prend aulîi huit fils de chaîne, Sc l’on met après la première maille de la première lilïè de lame, Sc l’on continue cette opération, cours par cours, jufqu’à ce qu’on ait palfé tous les fils de la chaîne , pour placer toutes les mailles des lilïès defti* .nées pour la lame. Cette opération finie , on pafle le peigne comme à l’or« dinaire, c’eft-à-dire , fans avoir égard aux lilfes de lame ; on tend la chaîne ; on arme le fond de l’Etolfe, Sc l’on fait même la tirelle. Ce n’eft qu’a-près cela qu’on pafle la lame dans les maillons des lilfes : cette opération, «exige deux perfonnes , l’une qui reçoit les brins de lame par-devant, Sc qui les palfe dans chaque maillon , à mefure que l’autre les lui donne dans chaque ouverture que celui qui eft devant lui fait pour indiquer l’endroit ou le brin Üe lame doit être porté : on commence ordinairement par le cote gauche ; tuais celui qui donne les brins de lame fe place du côté droit, &~*fe tient Etoffes de Soie , VII. Part, h 8
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- 6S6 L'A R T DES ÉTOFFES DE SOIE.
- 1 debout pour aller & venir de la cantre au remifle, & du remifle à la cantre : il fuit les roquetins un par un & rang par rang, en commençant du bas en haut, 8c quand il a donné vingt-cinq brins de lame, il fe trouve conféquerament avoir donné le dernier du rang : il recommence le rang fuivant par en bas, ainfî que tous les autres fucceflîvement ; de forte qu’on peut regarder chaque rang du bas en haut comme un cours de roquetins : ainfî quand il y a quelque brin de laine à raccommoder, foit par caffure ou autre événement , on dit : c’eft dans le premier, dans le fécond cours ; comme on dit : c’eft le troifieme ou le quatrième rang.
- Il faut remarquer que quand celui qui pafle les brins de lame dans le remifle à chaque rang, a fini, il les pafle de fuite en peigne , ce qui! fait avec une paffette ordinaire ; & quand tous les brins d’un rang font dans le peigne , on a foin de les nouer enfemble & de les arrêter à une verge qu’on fixe derrière la tirelle. Par cette précaution on fe trouve dans l’inftant débarraffé de ces brins qu’on ne laifïe pas lâches, afin qu’ils ne s’embrouillent pas entr’eux , Sc qu’ils n’empêchent pas de continuer l’opération qui fe pourfuit par le fécond rang comme pour le premier, <3cainfi de l’un à l’autre jufqu’à la fin. Après cela il fait une fécondé tirelle, ou plutôt il réunit les brins de lame au corps de l’Etoffe, afin qu’ils n’échappent point.
- Quelle que foit la difpofition de la rayure qu’on veut faire, il faut toujours fuivre la méthode que je viens d’indiquer pour le remettage des brins de lame. On pourrait cependant l’exécuter de même en fuivant le rang du haut en bas ; mais on ne le feroit pas avec autant de facilité, parce que celui qui donne les lames feroit obligé d’éviter les brins qui fe trouveroient néceffairement fur fà main ; au lieu qu’en commençant par le bas de la cantre , les brins du rang paffés les premiers, fe trouvent deflous.
- J’ai dit qu’on employoit fouvent un poil en or , avec un poil en lame ; car il faut regarder ici la lame comme un poil qu’on ajoute à une Etoffe : ainfî nous fuppoferons que la figure 7 eft une difpofition de métier ou l’on employé le filé or & la lame, de forte que la chaîne M efl: deftînée pour le fond de l’Etoffe, celle N efl un poil en filé or , & celui en lame efl fuppofé par les brins P qui, de la cantre L , vont fe joindre au remifle Q : ce remifle efl compofé de neuf liffes ; les quatre premières font pour le poil lame, la cinquième efl pour celui en filé, & celles 6 , 7, 8 & ÿ font pour faire le Fond de l’Etoffe que nous fuppoferons encore comme pour un Gros-de-Tours ou un Taffetas. Quelquefois on met un plus grand nombre de lifles , fuivant les effets qu’on veut faire faire au poil. Ici, c efl un Cannelé par le poil & un Sergé par la lame : il faut donc neuf marches pour cette Etoffe, & faire l’armure fuivant le plan yfig. 1, PL 75 , où l’on voit que les marches k , my oyq font lever les liffes a, hy c, d 9 qui font fuppofées les liffes de lame ;
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- Septième Section. I. Part. Des Cirfakas d'été, d’automne, êCc. 687 que celle s fait monter la lilîè e , qui appartient au poil de filé, & que celles l, n, p, r font monter les Mes/, g, h, /, qui font les Mes de fond. Je dois prévenir que fouvent, au lieu de ces quatre liffes ; on en met huit qui rie fatiguent pas autant la lame , parce qu’elles ne font pas tant chargées en mailles, fur-tout quand au lieu d’un huit cents de peigne, on emploie un mille * à moins que le remiffo ne loit fait avec de la foie de remijfe. Voyez l’Art du Remifleur.
- Quand on met huit lifles pour notre Etoffe, il faut doubler l’armure que donne le plan , fig. r , c’eft-à-dire , que s’il y avoit encore quatre lifles fous l’accolade A, il faudroit placer autant de zéros, & dans le même ordre que ceux qu’on y voit, & qui indiquent la liaifon des marches k9l9m9n9o9p9 q 9r 9 ayec les lifles/’, g 9 h 9 i: ces marches font de deux en deux lever les mêmes lifles de fond; mais les liflès de lame qui font {bus l’accolade B 9 font prifes alternativement ; de forte qu’elles font connoître que dans l’ordre de la fabrication , il y a un coup de navette deftiné pour chacune des lifles féparément ; ce coup de navette efl fait d’un trame à un brin un peu gros , & l’Ouvrier, pour fabriquer , paffe alternativement la navette de fond & celle de liage : cette fécondé navette ne fèrt que pour lier la lame au corps de l’Etoffe ; & fi elle efl: fine , c’efl; pour ne point abforber la richefîe de la lame.: Il faut encore une troifieme navette pour lier le poil en filé ; mais comme les effets font cannelés, on. ne pafle cette navette que tous les quatre ou tous les huit Coups de fond ; mais plus fouvent fur quatre que fur huit, à moins jque ce ne foit fur un fond Satin , comme nous le verrons dans l’article luisant. On peut voir par l’armure que préfente ce plan, que le pas du fond efl: ouvert trois fois de fuite for la fin du cours, pour recevoir focceffîve-ment les trois navettes.
- On pourroit s’épargner cette derniere marche pour le poil de filé, fi l’on tyouloit lier le poil avec la navette de la lame , ou avec celle du fond ; quelquefois on le fait ainfi, & d’une façon & de l’autre ; alors on fopprime la marche s ; & fi l’on veut lier le poil de filé avec la lame, on trace le plan avec le zéro r, & fi c’efl avec la navette de fond qu’on veut lier ce poil, au lieu du zéro t, on fe fort de celui v. Cette derniere méthode efl plus en ulàge que l’autre, non-feulement pour ne pas faire lever les deux dorures à la fois; mais encore pour fopprimer une navette qui fait toujours un retard à la fabrication.
- Ce plan d’armure donne une Etoffe telle que préfonte l'échantillon, fig* % 9 dont je vais faire connoître la compofition ; mais auparavant, il faut obferver
- en fopprimant de ce plan la lifle e, on feroit l’armure du Cirfoka, dont j ai donné le remettage ci-devant, pour faire connoître l’ordre dans lequel on faifoit marcher les roquetins.
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- 688 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- L’échantillon , fig. 2 , eft compofé des deux poils, dont je viens de parler en expliquant la figure 7 de la Planche précédente : les raies qu’on y ap-perçoit font faites par la dorure ; celles a a a a , bbbb, font faites en filé , ÔC celles cc cc, dd d d, font produites par la lame : la grandeur de cet échantillon donne un cinquième de la largeur dune Etoffe qui a vingt pouces. Je fuppofe que cette Etoffe ait été faite fur un mille de peigne dans la largeur que nous venons d’établir, alors notre échantillon contiendroit deux cents dents dans le nombre defquelles la dorure en occuperoit quatre-vingt-huit , & le furplus eft en fond ; ainfi les raies a a a a9 font cenfées de huit dents chacune , ce qui nous fait trente-deux brins de filé 5 celles bbbb , font de quatre dents, ce qui donne encore feize dents de la même dorure, en tout quarante-huit dents : les raies c c, font de douze dents de lame , ce qui fait pour ces deux raies vingt-quatre brins de lame* & celles dddd font de quatre dents chacune, ce qui ajoute feize brins de lame au nombre vingt-quatre , en tout quarante brins de la même dorure. Par le calcul de ces deux parties de dorures, fait for notre échantillon , on voit que la totalité de l’Etoffe doit avoir deux cents brins de lame , Sc deux cents quarante brins de filé ; il s’agit de la diftribution des raies pour le remettage, & de l’ordre qu’on doit obferver en l’exécutant ; pour cet échantillon, on emploie le même nombre de liffes que pour la figure 7, Planche précédente. Quand on veut faire le remettage, on difpofe la chaîne de fond comme pour le remettage d’une Etoffe unie , & on la paffe de même ; après quoi, on place le poil de filé en deffous de la chaîne, & on le difpofo pour être paffe comme fi c etoit un poil de foie. Comme on ne manqueroit pas d’être gêné par la chaîne, on la releye avec une canne à tordre, qu’on pafle en deflbus, & qu’on place tout de fuite for les eftafes du métier : cet arrangement eft repréfenté par la figure 5, où l'on voit la chaîne C foutenue par la canne D qui pofo fur l’eftafe du métier E : cette chaîne, par ce moyen, fe replie & vient prefque s’appliquer contre les liffes F F qui foppofent les quatre lifîès de Taffetas occupées déjà par la chaîne qu’on a paffée : on approche la canne D des liffes, autant qu*il eft poffible , afin que la partie e de la chaîne vienne plus perpendiculairement ; de forte que cette partie de foie vient toucher la derniere des lifles ; il faut pour cela arrêter la canne D fur les eftafos en droiture de cette derniere lifle £ parce qu’il faut conferver à cette chaîne , un peu de tenfion qui attire néceffairement la canne à-peu-près for le milieu de la longueur qui eft déployée ; c eft pourquoi on eft obligé de la fixer au point ou elle doit relier pour tenir la partie de chaîne e aufîî perpendiculairement. Il faut remarquer que lorfque la chaîne eft paflee , on fubftitue des verges à la place des cannes qui ont fervi pour le remettage , comme on en voit deux en ff ; quelquefois au lieu de ces verges, on met un cordon de foie qui tient lieu de
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- Septième Section. II. Part. Des Cirfakas d'eté, d! automne , &c.
- Verges fur la partie e de la chaîne, entre la canne D Sc les lifTes F F ; mais la ! bonne méthode eft de les placer entre l’enfuple G & la canne D , parce que s’il arrivoit quelque accident à la chaîne , il eft moins grand entre les verges Sc le remifle , qu’entre les verges Sc l’enfuple de derrière. J'ai repréfenté la chaîne dans l’état ou nous la voyons , parce que généralement les Remetteurs ont l’ufage de la placer ainfi ; mais fuivant ma méthode, & celle de quelques Ouvriers Sc Fabriquants prévoyants, au lieu de faire foutenir la chaîné par une canne fur les eftafes du métier , on doit avoir le foin de couler l’en-yergeure le plus près poflible de l’enfuple ; enfuite on roule la chaîne Sc les verges fur cette enfuple qu’on ôte de la place où il étoit quand on a remis ; delà on le porte fur les eftafes du métier , de maniéré que la foie qui refte depuis lps liftes jufqu’à l’enfùple, vient perpendiculairement fe joindre à la dernière des liftes : on a foin aufli-tôt que l’enfuple eft placé fur les eftafes du métier, de l’y fixer ; de forte qu’ayant la longueur de foie fiiffifànte à l'opération du remettage, il ne s’en puifle pas dérouler davantage : tous ces foins font effentiels pour prévenir les malheurs qui pourroient arriver à cette chaîne en paflant les poils ou la dorure ; c’eft même ce qui a fait prendre le parti à plufîeurs Fabriquants de remettre tout à la fois. Il eft vrai qu’il vaut mieux fuivre cette derniere méthode, quoiqu’extrêmement longue pour l’opération * que de s’expofer à écharpir la foie de la chaîne & des poils > s’il y en a.
- Après cela, on pafle le poil d’or, fuivant la rayure de l’échantillon , fig.ni Il faut calculer les efpaces qu’occupera le poil en or, & ceux qui doivent former les féparations des parties de ce même poil : on a vu plus haut que ce poil devoit occuper 240 dents dans toute la largeur de la chaîne ; il refte „donc 760 dents à divifer en quarantp-une partie , ou plutôt en 40 ; car on confidere les deux petites parties gg> comme n’en formant qu’une égale à celle h : fur notre échantillon le deflîn des rayures eft répété deux fois, ainfi il fera contenu dix fois dans la largeur de l’Etoffe : c’eft en raifon de ces répétitions que nous devons calculer vles efpaces que laiflent entr’elles les bandes de la rayure formées par le poil en or, en y comprenant néceflairement la valeur de celles qui pour la même rayure font formées par les bandes de lame.
- On a vu que la totalité de la dorure occupoit dans la largeur de l'Etoffe* '440 dents; les 560 qui complettent la chaîne, fourniffent aux intervalles qui féparent les unes des autres les bandes de dorure : on réduira l’échantillon aux 200 dents qu’il doit contenir, comme faifànt le cinquième de l’Etoffe qui doit en contenir 1000 : il réfulte de ce calcul que les deux parties de fondggt feront de deux dents chacune , Sc celle h fera de quatre, ce qui fera pour les trois parties huit dents : les petites bandes i i i i font de trois dents chacune, en tout douze dents ; les parties kkhk font chacune de Étoffes de Soie. FIL Part. M 8
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- 69o L’ART DES ETOFFES DE SOIE. douze dents, ce qui fait 48 ; & celles Llll font de onze dents chacune, & enfembie quarante-quatre : le total de ces parties donne pour le fond vuide de réchantillon, cent douze dents , à quoi ajoutant quatre-vingt huit dents de dorure , on aura deux cents dents , {omme totale de notre échantillon ; & en le répétant cinq fois, on aura cinq cents foixante dents qui rempli* ront les efpaces non occupés par la dorure. Il faut actuellement, pour pafi* fer le poil , diftrai re les parties de fond, & fupprimer celles qui occupent les bandes de lame. Après avoir placé la liiïè qu’on deftine à être placée devant celle de fond, il faut retirer deux dents pour former la petite partie de fond du premier g9 &fi Ton veut faire clore la dent par un fil de dorure, on reprend environ quatre fils de chaîne qu on joint aux huit premiers , & Ton prend un fil de poil quon pafle dans la première maille de fà lifle : fi au contraire on veut faire clore la dent par les fils de chaîne ; après avoir pris les huit fils qui déterminent la première partie du fond g, on pafle le premier fil de poil du filé. Quelle que foit la marche qu’on veuille fuiyre en paflant les fils de dorure , pour commencer ou pour finir la dent, on place toujours quatre fils de chaîne pour fëparer chacun des fils du poil : lorsque la première bande fera paflee, on prendra dix-neuf dents de fond tout de fuite , fans paflfer aucun brin de filé ; enfuite on paflera la bande première b \ puis on laiflera en fond trente-quatre dents fins poil, & l’on paflera la fécondé bande b ; & avant de commencer la fécondé bande a, on laiflera en fond dix-neuf dents : on laiflera en fond quatre dents pour commencer la troifieme bande a, qui eft cenfée recommencer la féconde répétition de la rayure , & ainfi de fuite pour toutes les répétitions de la rayure.
- Quand on a pafle le poil, on place une ficelle au lieu des cannes mm 9 pour tenir l’envergeure du poil H, fig. 3 9 & l’on met l’enfuple I, fur les efila fes du métier, à côté de celui de la chaîne, qu’on doit y avoir mis, au lieu de la canne D ; mais auparavant, on retire la marche K, & fa fembla-ble qui doivent être reflées placées Fune devant Fautre, pour tenir les cannes mm 9 tant pour le remettage de la chaîne C, que pour celui du poil H\ après cela on fufpend une groflè canne entre le poil en or & la chaîne , afin que le filé ne s’accroche pas avec la foie ; enfuite on place les quatre liflès ou doivent pafler les bandes de lame, on place la cantre comme le repréfente la figure 7, Planche précédente, & Fon pafle le brin de lame avec précaution , & en fuivant l’ordre que les roquetins doivent occuper dans la cantre ; il ne refte qu’à fuiyre celui qui doit être tenu pour former les bandes de la rayure portée fur notre échantillon. On a vu que le nombre des brins de lame doit fè monter à deux cents : on doit occuper les rangs les plus éle-» vés de la cantre , & en occuper toute la largeur. Gomme la cantre , fig. 1 , Planche précédente, eft compofée de quatre cents roquetins fur yingt-cinq
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- Septième Section.! Part. Des Clrfakas d'ité, d9automne, &c. 6 gi
- rangs de hauteur , on fe fervira de douze rangs & demi les plus éle- ~ yés.
- On place la cantre dans l’intérieur du métier,à l'endroit ou Ion juge qu elle eft, figure 7 de la Planche 74 ; alors on placera les quatre lifles qui doivent contenir la lame devant celle où Ion vient de pafler le poil ; & pour en pafler les brins, on fuivra les rangs du bas en haut, comme je l'ai déjà dit. On obfèrvera dans le remettage de placer les brins de lame, comme on aura pafle ceux de poil en or, c’eft-à-dire, que fi la dent s ouvre par un fil dn poil dans les bandes de lame, la dent commencera par un brin de lame ; fi au contraire c’eft le fils de poil qui clôt la dent, on la fera clore par un brin de lame.
- On obfervera d ailleurs de fùivre le calcul qu’on aura fait pour les divifions Sdes bandes de dorure & des parties de fond, afin de placer les brins de lame aux endroits marqués par les bandes de notre échantillon. Avant donc de pafler le premier brin de lame * on mettra de côté toute la première bande#, qu’on a déjà pafle en filé or, enfemble les deux dents qui forment la première partie du fond g. On ajoutera à cela trois dents de fond qui fhppofènt le premier des fonds i iii ; & fi la dent doit être clofe par un brin de lame , on joindra une quatrième dent à celles du petit fond , & l’on paflera deflus le premier brin de lame fur la première maille de la lifle, la plus proche de celle du poil; de-là fur la fécondé dent, on paflera le fécond brin de lame fur la première maille de la féconde lifle > de-là à la première maille de la troifieme lifle , & l’on fuivra le cours par la première maille de la quatrième lifle 9 mettant toujours quatre fils de chaîne que j’ai appelle une dent, entre chaque brin de lame. Ce premier cours formera la première bande d ; pour venir à la première bande c, on mettra en intervalle douze dents ou douze cours pour la première partie de fond A, toute la première bande de filé b 9 à laquelle on ajoutera onze cours de chaîne pour la première partie du fond e ; après cela on paflera douze brins de lame , comme on a palfé les quatre premiers; en-fuite on mettra en féparation onze cours pour former le fécond efpace de fond /, enfemble la fécondé bande b, à laquelle on ajoutera douze cours de la chaîne pour faire le deuxieme fond k ; delà on paflera quatre brins de lame pour former la fécondé bande d : ici fe termine tout ce que doit prendre de lame une des répétitions de la rayure. Pour recommencer, on mettra en intervalle trois cours pour le fond i , & toute la fécondé bande a ; quatre cours pour le fond h, & toute la troifieme bande a , & trois cours pour le troifieme fond i ; on en fera de même à toutes les répétitions jufqu’à la fin. Après quoi l’on piquera le peigne dans les parties de dorure , fi la dent eft clofe par les brins de lame & de filé. Quand on fera venu aux bandes, on prendra chacune ides premières mailles des liflès de dorure, qui fè préfenteront ; elles emmene-
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- 692 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE, i ront avec elles tous les fils qui doivent entrer dans la dent où doit être le brin de dorure qu'elles contiennent : fi au contraire les brins de dorure ouvrent la dent, il faut que ce {oit la première maille qui fe préfente de la première des lilfes de fond qui en emmenant avec elle tous les fils de chaîne qui doivent entrer dans la même dent, emmene le fil de dorure qui doit les y accompagner. Quant auxpartiesde fond , il faut qu'elles foient données pour le peigne, en prenant toujours la première maille qui fe préfente de la premiers îiife, comme pour un Taffetas.
- Le piquage du peigne étant fini ,* on remet les enfuples fur leurs oreillons ; après cela on fait les nœuds Sc l'on met en taque , voyez PL 29 & 30. Après avoir mis en taque, on exécute l'armure , en fuivant le plan, fig. 1, & l'Ouvrier conduit fes navettes fuivant la maniéré dont on a déterminé de lier la dorure,
- : * On peut varier à l'infini les effets des dorures par la combinaifon des rayures ; on peut même faire lier le poil de filé en Serge comme la lame ; Sc celle-ci en Cannelé comme le filé : on peut auffi obtenir de petits deffins à l'un Sc à l'autre ; par la marche on peut aufli ajouter des effets de poil en foie, ombrés 6c autres ; il faut donc alors changer le nombre des lilfes & celui des marches , par conféquent, il faut de nouveaux plans d'armure.
- Il eft certain que ces variétés nous fourniroient une carrière immenfe ; mais bn pourra par ce que j’en ai dit, aller auffi loin qu'on le voudra.
- Avant de paffier aux Cirfakas d’automne , & à ceux d'hiver , il faut remarquer que pour notre échantillon ; les lilfes qui fervent à faire mouvoir la dorure , font à jour , Sc qu’il faut, autant qu'il eft poffible , qu'elles foient faites à maillons , comme on en voit une ,figure 7; PL XII de l'Art du Rémiffieur ; cependant on peut faire des lilfes poftiches avec des maillons & des aiguilles de plomb, comme on fait les corps à maillons pour les Etoffes façonnées à la Tire : la figure 4 en repréfente une à-peu-près en grandeur naturelle : la figure J en repré fente la partie fupérîeure. Une maille eft ordinairement compofée de cinq parties ; le delfus L de la maille , figure 4 , le maillon M, le deflous N de la maille & le gouffet O ; l'aiguille de plomb P , dont nous^ ne voyons ici que le haut, eft un contre-poids qu'on attache au bas de la maille pour la tenir tendue.
- Comme toutes les mailles doivent être d'une même longueur , voici comme on s'y prend : on dévidé du fil à lilfes fur la partie p q ou vx d'une petite planche , félon la longueur dont on a befoin, Sc coupant tous ces fils en un même point, on eft afîuré de leur égalité. On prend deux des brins de fils qu'on vient de couper ; on les ajufte tous les deux par une de leurs ex* trémités , afin de les palfer dans un des trous du maillon de verre R , fig. 7 ; quand on a paffé ces deux bouts de fils enfemble dans le même trou du maillon , on les ajufte encore par les deux extrémités, Sc on les noue les uns aux
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- Septième Sectïom. I. Part. Des Clrjakas ctitè3 ctautofnne &c> 693
- autres par le nœud à /’ongle, comme on le voie en r. On pafle enfuite un pareil fil dans le trou inférieur du maillon , & on en noue les extrémités de la même Planche maniéré. Voyez en S qui eft le bas T de la maille ,fig. 7; enfin on les noue avec le gouflet F qui eft pafte dans le trou de l’aiguille de plomb X 9 fig. 8*
- On fait encore ici le nœud à Fongle qu’on appelle le nœud du T fier and, que fai démontré fur les figures iy, 16 9 17; 18 & 19 de la Planche 34,
- Pour fubftituer les mailles de corps aux liftes à jour , il faut faire en forte d’avoir des aiguilles de plomb fort légères, & que cependant elles aient au v moins cinq à fix pouces de longueur ; car le nombre qu’il en faut dans certains cas, rendrait la marche très-rude à enfoncer; ainfi ces aiguilles ne doivent pas peler au-delà de deux ou trois gros pour les plus fortes, Sc un gros & demi pour les plus légères : il faut cependant que la tenfion du fil ou de la dorure ne porte pas le plomb. Je donnerai un détail plus circonftancié en traitant les Etoffes façonnées à la Tire. Il fuffit d’obferver ici que les aiguilles de plomb dont nous nous fervons , font tirées à la filiere de la même maniéré 1
- à-peu-près que le fil d’archal. Lorfque l’on a tiré ces aiguilles de la grofleur qu’elles doivent être pour donner un poids déterminé ; on les coupe par longueurs , enfuite on les applattit fur un tas 3 3c avec un poinçon on y fait un trou fur le milieu de la partie applattie ; voyez en X, fig. 8. Quelquefois on a befoin que le deflus de la maille foit plus court que le deffous ; c’eft alors qu’on fe fert des différentes longueurs qu’on voit à la Planchette , fig. 6m
- Quand on a une quantité fuffifànte de mailles , on les place fur les lifferons ; ainfi en fuivant l’ordre de notre échantillon, fig. 2 , nous verrons que la lifte, qui doit produire les effets du filé or, fuivant la détermination que j’en ai donnée,1 doit être compofée de 240 mailles ; il faut donc placer 240 mailles à maillons , telles que celles fig. 4, fur un même lifferon , conformément aux effets produits par cette même dorure, dans le même ordre que produit la rayure fur i’é-! chantillon. Comparons maintenant la figure 2 à celle 9 >3c l’on reconnoîtra que cette derniere eft conforme , par la difpofition des mailles qui font fur le lifte-tony, aux effets de l’échantillon produits par le poil en or ; car en rapportant les bandes a a a a de l’échantillon avec les champs de mailles yy y y * il faut que ces derniers foient de huit mailles chacune, puifque les bandes aaaa font compofées de huit brins : par la même raifon , il faut que les champs ç répondent au nombre des fils des bandes b b b b ; ils font donc de quatre mailles chacun. Il faut aufli que les champs de cette nouvelle lifte foient dans des écar-temens égaux à ceux qui régnent fur TEtoffe, entre les bandes qu’elle doit y produire ; autrement le frottement des mailles gêneroit la foie , & en feroic cafter les brins.
- On voit en Z9 fig. 10 , un lifferon qui porte une diftribution de mailles convenable pour une des quatre liftes qui produifent les bandes de lame que porte notre échantillon. Nous avons dit que fur la totalité de cet échantillon, il Étoffes de Soie. FIL Part. • N 8
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- tfp 4 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE.
- —» y a 40 brins de lame ; les Mes qui en produifent les effets, devant être égales
- Flanche en nornbre de mailles , chacune doit en avoir dix, ce qui, multiplié cinq fois3 7
- nous en donnera yo pour la valeur entière de chaque lifte ; donc les quatre liffes produiront un nombre de 200 mailles, qui eft précifément celui de la quantité des lames qui doivent être employées dans la largeur de notre Etoffe» Les mailles qui font fur ce lifferon doivent être diftribuées dans l’ordre que j’y ai donné , parce que cet ordre répond à celui des bandes que nous voyons fur ‘ l’échantillon. Les petites bandes dddd ont été regardées chacune comme contenant quatre brins de lame ; chacun des brins de chaque bande , doit être paffé dans une maille d’une lilfe différente, conformément a ce que j’en ai dit pour le remettage : ainfi ces bandes feront exécutées par des champs d’une maille, ‘comme ceux A A A A de notre figure 10 , lefquels feront égaux fur les quatre liffes, & les champs B B de cette même lifîe répondent aux bandes C C de l’échantillon. Il faut fe fbuvenir que nous avons fixé c es bandes à douze brins de lame chacune ; il faut donc que chaque lifîe ait trois mailles à tous les champs qui doivent fournir aux effets de ces bandes, ainfi nos bandes B B B B, font chacune de trois mailles.
- Je n’ai pas cru devoir donner à ces lifîes plus d’étendue j j’ai penfé même qu’il étoit à propos que je les donnaffe en grandeur naturelle pour la partie que nous en voyons, parce qu’en prolongeant les lifferons jufqu’à la largeur de l’Etoffe, & en multipliant les champs dans les mêmes proportions de ceux qui font exécutés, on aura les lifîes telles quelles doivent être.
- Je n’ai pas fait voir en entier les mailles qui compofènt nos parties de liffes, fig. 9 & 10. On doit avoir foin de mettre les nœuds du fil des mail-les toujours en defîus du lifferon , comme on les y voit.
- Il peut arriver que les mailles qui ne font que pofees feulement fur le lifferon , fe dérangent, fur-tout lorfque les lifterons ne font pas fufpendus ho-rifontalement ; Sc pour prévenir cet inconvénient, on fixe les fils des Jifîes dans de petites entailles fur les angles fupérieurs des lifferons dans toute leur longueur. On peut aufîi arrêter chaque champ en particulier, fi l’on veut les fixer avec une ficelle ; mais cela eft fort long.
- On doit fentir combien il eft avantageux de faire les lifîes à jour par des mailles à maillon, parce qu’il eft facile de varier les difpofitions de rayures autant qu’on le veut, fans être obligé de refaire des liffes, attendu que les mailes de celles qui ont fervi pour une peuvent fervir pour les autres , plus grandes ou plus petites, ou en augmentant ou diminuant leur nombre.
- Ce tranfport des mailles m’a paru préférable au foin de défaire les lifîes, lorfque le fil eft bon. Les mailles font toutes faites Sc propres à être mifes en ufage en leur donnant fur le lifferon l’ordre qu’elles doivent avoir : il s’agit feulement de mettre les aiguilles de plomb les plus légères fur les lifterons les plus fournis en mailles, Sc les plus pefantes fur ceux qui le feront le moins.
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- Sepîieme Sect. I. Part. Des Cirfakas a poil en or ê à lame,. Article Cinquième.
- §. I. Des Cirfakas d’automne t à poil en or & à larnei
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- Les Cirfakas dont nous allons nous occuper ne different de ceux dont nous avons parlé , quen ce que le fond de l’Etoffe eft Serge, au lieu qu’aux autres, il eft Taffetas ou Gros-de-Tours : ou pourroit avec la même difpofi-
- tion de métier, rendre les effets de ce genre de Cirfakas, mais il faudroit né-ceflairement que tout le corps de l’Etoffe fût Serge, ce qui feroit perdre une grande partie de la richeffe de la dorure, parce quelle l’entererroit entre les eftances de la Serge , produites par la conftitution naturelle du fond de l’Etoffe,
- Plufieurs Fabriquants ont cru faire de beaux Cirfakas d’été en faifànt faire Serge fous les bandes de dorure, en y mettant la foie de la couleur de la dorure. Il eft vrai que l’on voit dans cette forte de travail ou beaucoup de blanc ou beaucoup de jaune dans les bandes qui en compofent la rayure ; mais on perd au moins trois quarts du brillant de la dorure. J’ai donc préféré de faire en Taffetas le deflous des bandes, en les mettant de la couleur de la dorure qui doit porter deffus, par ce moyen, cette même dorure préfente toute fà richeffe , de l’Etoffe en eft certainement plus belle.
- Pour parvenir à faire un Taffetas fous la dorure, il faut néceflàirement augmenter le nombre des liftes ; il faut donc faire, comme nous l’avons vu pour les Cirfakas faits par la dorure paffée à travers ; ainfî au lieu de neuf liffes qu’il faut pour faire notre échantillon, fig. 2 , en Taffetas ? on en mettra treize, mais toutes à jour ; cependant les liffes de fond feront fans maillon ni plomb ; car je n’ai entendu parler dans l’article précédent, que des liffes de figure pour les faire avec des maillons ; la quantité des mailles deviendrait trop confidérable, & l’Ouvrier fe trouverait trop fatigué pour les faire mouvoir ; ainfi je me fuis toujours borné à faire avec des maillons de des aiguilles de plomb , les ligatures. » <
- Des treize liflès que nous employerons pour notre Cirfaka , il faut en mettre quatre pour le fond ; quatre pour les bandes 3 quatre pour la lame de une pour le filé ; quant à l’armure, on la fera telle que les liftes de fond lèvent en Serge, Sc celles qui forment les bandes lèveront en Taffetas. La figure 1, PI. 76 , repréfente cette armure telle qu’il faudra la fuivre. Ce plan différé de celui, fig. 1 de la Planche précédente par les quatre liftes f 9 g, h 9 i qui font fous l’accolade C. Ce font celles de fond armées en Serge, foit pour la navette de fond qui doit paffer par l’enfoncement des marches p yx, foit par l’enfoncement de celles o9q> s9vy qui doivent ouvrir le pas pour la navette fine qui doit lier la lame. Quant à la lifte c
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- 69 4 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE. qui eft fous l’accolade elle appartient au poil de filé , & la marche y forme le Cannelé qu’on fait faire à cette dorure à la hauteur qu’on defire ;car fi on ne vouloit le faire que de quatre coups de navette , on n’auroit pas befoin de cette neuvième marche ; on feroit monter cette lifle par la marche x 3 Sc pour compléter Tordre du plan d’armure on tranfporteroit le zéro e en alors le Cannelé feroit, découpé par un coup de fond, Sc dans le cas où on trouveroit la découpure trop greffe , au lieu de mettre le zéro en £, on le mettroit en E : dans cette difpofition le coup de navette qui lieroit la lame, découperoit en même-temps le Cannelé. Par ces deux dernieres méthodes , on n’auroit be-, foin que de deux navettes, Sc cependant on n’auroit pas le même avantage que de laiffer la marche y armée , de maniéré quelle ne fît mouvoir que la lifte e ; alors en travaillant l’Ouvrier auroit foin d’enfoncer cette marche à telle révolution des autres qu’il jugeroit à propos, ou qu’on lui auroit marquée 9 obfervant que ce fût avec une de celles qui font mouvoir une des Mes de lame a, b , c, d9 qui font fous l’accolade A , afin que le filé foit lié par la même navette qui lie cette lame. Les lifles k9l, m 9 n 9 font les quatre liftes qui forment le Taffetas qui doit fo faire fous les bandes de la dorure. L’armure de Taffetas eft répétée deux fois fur les huit premières marches, cependant elle paroît y être quatre fois ; mais ces huit marches font cenfées n’en faire que quatre quant aux duites, car les duites qui forment le fond, fe réunifient à celles qui lient la dorure de la maniéré que je vais l’expliquer. On paflè la navette qui lie la lame par chacune des marches o9q9s9vySc celle de fond par les marches p, r , t, x : la marche o & celle p font lever les mêmes liffes de fond, Sc les deux mêmes lifles de Taffetas. Sur la première de ces marches on paffe la navette qui lie la lame , qui fe meut par la lifte a9 Sc par la fécondé on fait le coup de fond de l’Etoffe ; il n’y a de différence entre ces deux premières marches que par la levée de la lifte a : il réfulte de-là que ces deux duites de navettes n’en forment qu’une feule pour le fond ; le même réfultat fera produit par les marches q , r > par celles s , t & par celles v9 x ; c’eft pourquoi on ne doit compter la révolution du cours de ces marches que pour quatre duites : for cela on doit régler les eftanses qu’on veut donner au filé or, & faire mouvoir la marche y en conféquence.
- Quant au remettage de ce genre d’Etoffe, il n’y a de différence avec celui que nous avons vu dans l’article précédent, qu’en ce qu’on regarde les huit lifles à jour, comme n’en formant que quatre, obfervant de paffer de foite dans les mailles de champ qui doivent conftituer le même genre d’Etoffe; Voici comme on doit entendre ce remettage : on range les quatre liftes qui doivent former le Taffetas , & on^ les paflè comme fi Ton n’a voit aucune autre chaîne à pafter.' Voyez la figure 2. ; on y remarquera qu’il faut une chaîne de plus qu’on n’en met aux Cirfakas d’été : ainfi la chaîne F eft cenfés
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- Septième Section* L Part. Des Cirfakas à poil) tn Or Ù à lame. 697
- pafler dans les mailles des M'es io , n , 12 6c 13* Lorfque cette chaîne eft paffée. On en met l’enfùple fur les eftafes du métier , ainlî que je fai die dans l'article précédent ; après cela, on place les lilfes 6,7,8 & 9 > devant celles qui contiennent la première chaîne paffée , 6c Ton parte dans ces liffes la chaîne G. Il faut prendre garde que la difpofition des liffes 10,11 5 J2&13 eft prife fur les bandes a a a a , b b b b> cc> dddd de notre échan^ tillon , fig. 3 , PL 75,6c que les liffes qui doivent contenir la chaîne G font difpofées fur les bandes de fond g g , h9iiii9 kkk k> 11 il 9 du même échantillon ; de forte que pour paffer cette fécondé chaîne , on commence par en paffer deux cours qui doivent former le premier champ de ces liffes ; après ce champ, on larde la foie du premier champ des liffes du Taffetas qui répond à la première bande a\ de-là on paffe le fécond champ des dernieres liffes placées, & on larde de fuite la foie que contient le fécond champ des premières liffes, & fucceffivement d'un bout à l'autre de ces liffes ; on parte un champ fur les unes , 8c on larde un champ de l’autre. Cette partie du remettage étant finie , on met l'enfùple qui contient la chaîne G fur les ef* tafes, à côté de celui du Taffetas. On place la lifle £ pour pafler dans fès mailles ou plutôt dans les maillons de cette lifle qui eft cenfée être une lifte telle que celle fig. 9 de la Planche précédente, tous les brins du filé contenus dans le poil H y dans le même ordre expliqué par le remettage précédent, c’eft-à~ dire; qu’ils ouvriront ou qu'ils cloront la dent, Sc qu'au furplus ils porteront fur les champs des liffes 10, 11, 12 & 13 ; qui répondent aux bandes a a aa3 Ibb b de l'échantillon fig. 2 de la Planche précédente. Après qu'on aura paffé ce poil, on placera les liffes 1,2, 3 6c 4, dans l'ordre qu'elles tiennent fur notre figure 2, & l'on paffera dans les maillons tous les brins de lame contenus dans la cantre 1, ce qu'on exécutera après avoir placé l'enfùple du poil fur les eftafes du métier, avec les mêmes précautions que j'ai recommandées. En paflant les brins de lame , on aura la même attention qu'au paf-làge des brins de filé, & l’on fuivra le même ordre pour clore ou pour ouvrir la dent ; obfervant auflî que ces brins de lame ne portent que fur les champs de ces liffes qui répondent aux bandes ce , dddd de notre échantillon.
- On fépare la chaîne du fond d'avec celle qui forme les bandes fur lef» quelles pofe la dorure, parce que cette derniere s'éboit beaucoup plus que la première : on doit fe reflouvenir que dans tous les cas où cette différence a lieu dans une Etoffe, il faut néceflairement féparer les chaînes, afin que l'Ouvrier puifle travailler plus commodément, 6c afin que la fabrication de l’Etoffe foie plus parfaite.
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- Etoffes de Soie. VII. Part.
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- 6^8 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE*
- §. IL Des Cirfak as et Hiver.
- = La différence qui fe trouve entre les Cirfakas d'hiver & ceux d automne, eft très-petite ; elle confifte à mettre en Satin, la partie du fond que nous avons exécutée en Serge ; du refte , il faut que les parties de l'Etoffe fur lef-quelles portent les bandes de dorure, foient Taffetas tramé à deux bouts feulement ; en cela on n’a befoin que du nombre des marches qui conftituent le Satin , parce que c’eft ordinairement un Satin à huit liftes ; fi c'en étoit un autre, il faudroit beaucoup multiplier les marches, afin de les faire accorder avec les effets de la dorure & avec ceux du Taffetas qui fe forme fous cette dorure. La différence de ces deux genres de Cirfakas eft très-petite, relative» ment aux effets , mais pour l’exécution elle eft de quelque conféquence ; car fi F on veut obtenir notre dorure fuivant les effets portés par notre échantillon , au lieu de treize liftes que nous venons d'employer, il nous en faudra dix-fept. Il eft vrai qu'il n’y aura de différence dans le remettage que huit liftes pour faire le fond du Satin. La figure 3 repréfente l’ordre que tiennent les liftes néceflàires à notre Etoffe ; mais pour le remettage, on les placera de la maniéré fuivante : on fufpendra les quatre liftes 17 , 16 , 15 & 14 * pour paffer la chaîne K ; ces quatre liftes formeront le Taffetas qui doit porter les bandes de dorure. On placera les liftes 13,12, 11, 10, 9,8,7 & 6 pour paffer la chaîne L ; c’eft cette chaîne qui doit produire le fond de l'Etoffe , conféquemment c’eft la chaîne du Satin : on peut juger que les douze liftes que nous avons employées font des liftes à jour, conformément à celles des Cirfakas d’automne : ainfi quand on paflêra le Satin , on fuivra la route que j’ai tracée pour le remettage de la chaîne G ,figure 2 , à 1 égard de tenire~ lardage des champs : on pafle enfuite la chaîne M fur la lifte y qu’on place après avoir remis la chaîne L ; après cela on place les liftes 1,2, 3 , 4 pour le remettage des lames N.
- L’armure de ces Cirfakas fera faite fur le plan fig. 4, fi l’on veut que les bandes pofent fur un fond Taffetas ; alors il faut répéter deux fois l’armure Serge pour la lame, ainfi qu’on le voit par les quatre liftes aaaa qui font fous l’accolade O ; la lifte b, fous l’accolade P, fera mouvoir le poil de filé ; elle lèvera feulement par la marche v qui eft cenfée finir le cours. Les liftes c , d, e , f9 g, h 3 z, k qui font fous l'accolade Q , font armées en Satin par un pris & deux laifies , & les liftes / /, m m , qu’on voit fur l’accolade forment le Taffetas qui doit conduire les bandes de dorure. On voit que pour faire mouvoir toutes ces liftes, les huit marches n9o9pyq9r9s>t% v % fuffifent.
- Comparons le pian de cette armure avec la figure 3 ; les liftes aaaa
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- Septième Section. I. Part. Des CirfakaS £hiver* 699
- répondent à celles 1*2*3 *^4 5 celle 6 eft la même que celle J > celles c, d9 e ,f, g> * font les mêmes que celles 5,7,8,9 , iû, ir,
- ,12 Sc 13 * & enfin celles II, mm font les liftes 14, 15, 16 Sc Par cette comparaifon , on jugera du mouvement que Ton imprime àces liftes; que l'Ouvrier n’a à faire mouvoir quune feule navette qui fért atout, ceft-à-dire, qu’en même temps qu’elle forme le fond tant du Satin que du Taffetas, elle fort à lier la lame & le filé ; de forte que la lame fe trouve liée toutes les quatrièmes duites, & que le filé n’eft lié que par les huitièmes ; il réfulte de-là que le filé a fes eftafes plus que doubles en longueur de celles de la lame. Si la groffeur de la trame rendoit les eftances du filé trop longues, on peut les réduire à la longueur de celles de la lame ; & l’on peut faire monter la lifte 6 par la marche q ; alors ces eftances feront de trois coups feulement, puife que toutes les quatrièmes lieront ; & pour le plan d’armure on poferoit un zéro en x.
- Il arrive fou vent que la trame repouffée par la croifure du Taffetas donne trop de longueur aux eftances du Satin ; alors on eft obligé de faire du Taffetas un Gros-de-Tours, fens cependant rien changer dans l’ordre du remet** tage ni des liftes, on change feulement l’armure , & on l’exécute fur le plan, fig. J, de maniéré que fi l’on veut ne donner aux eftances de la lame que quatre duites, on les arme comme l’indiquent les zéros qui font pofés fur les liftes yyyy qui font fous l’accolade S : fi au contraire on veut donner aux eftances une double longueur , on fait mouvoir ces lifles comme l’indiquent les petites lignes qui font pofées fur les quatre mêmes lifles ^
- mais qui nous font voir qu’elles ne font mifes en mouvement que par les marches a, c, e, g, Quant au filé, on peut lui donner la longueur de ces eftances , en faifimt monter la lifte i qui eft fous l’accolade T, par la marche a feulement, ou par deux en y joignant dans le cours celle e, conformément aux deux zéros pofés for cette lifte.
- Les huit liftes k,k, &c. qu’on voit fous l’accolade V, font les liftes de Satin ; elles font fous le même genre d’armure que fur le plan précédent ; en cela elles n’ont aucun effet particulier à produire : mais les quatre liftes llll de Taffetas qui font fous l’accolade X, au lieu de rendre un Taffetas, produiront un Gros-de-Tours : en faifint attention à l’ordre dans lequel elles doivent être mues, on reconnoîtra quelles ouvrent deux fois de fuite le même pas ; de forte que l’aller Sc le venir de la navette qui formera deux duites dans le Satin, n’en formera qu’une feule dans cette partie de l’Etoffe : il fuit de-là que fi le Satin eft tramé à trois bouts , le Gros-de-Tours le fera à raifon de fix ; alors les eftances du Satin feront beaucoup moins longues queci-devant, même avec la trame à deux bouts, par la raifon que quatre coups de Gros-de-Tours
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- 700 L'ART DES ETOFFES DE,S OIE.
- - à fix bouts ne portent pas fi long que huit coups de Taffetas tramé à deux bouts, quoique de la même grofleur de tramé.
- Quand on veut que la dorure fe fou tienne dans Ion éclat & dans là forcer il faut donner de la confiftance à FEtoffe, il faut la rendre carteufe autant qu'il eft poffible ; car fi elle eft mollafle, la dorure fe replie, fe cafle ou les brins fe féparent.
- On peut varier les effets de la dorure, même fur la difpofition de nos liffes , par les eftances. Si Ton vouloit fur Fun & fur l'autre de nos derniers plans que la lame & le filé euffent de petites & de grandes eftances, on pourroit donner des eftances de quatre duites & des eftances de deux : on peut voir la maniéré de s'y prendre par le plan fig. 5*
- Si c'eft fur le filé qu'on veut obtenir les deux différences d'eftances, on n'aura qu'à fe fervir du zéro m pour commencer la première eftance, & delà on la portera à la petite croix u qui la finira ; par ce moyen la première eftance fera de deux duites qui pafferont fous les mouvements des marches bc9 & la fécondé de ces eftances fera de quatre duites qui pafferont fous les duites reçues par les liffes mifes en mouvement par les marches e >f,gi h\ alors on ne fera point ufàge du zéro p , qui a fervi pour une des armures précédentes. Quant à ce qui concerne les liffes de la lame 5 il fera fort facile d'en obtenir les mêmes effets fans fortir de l'ordre de la Serge ; on fera l'armure fur les lignes qqq q , rrrr des liffes y y y y qui font fous l'accolade S ; alors on fupprimera lçs zéros s s s s.
- Avec nos quatre liffes de lame, fans rien déranger au refte de l’armure , on peut avoir des effets Cannelés ; on fera lever les deux premières de ces liffes par la marche a, & les deux dernieres par celle e ; on fera de petits carreaux qui changeront totalement l'ordre des bandes que nous avons vues fur l'échantillon figure 2 de la Planche précédente. On peut auflï faire faire un Cannelé de trois duites découpé par la quatrième, & faire luivre le refte du cours en Serge ; de forte que la marche a & celle e feroient monter toutes les liffes de lame ; enfuite celles f,g> h , en feroient monter trois fucceflivement, fuivant l'ordre des trois derniers zéros s s s.
- On pourroit encore trouver une grande quantité d'effets agréables que les différentes combinaifons feroient rendre ; il s’agit feulement de les bien faire exécuter, & toujours fans fortir de notre armure de Satin , ni de celle du Taffetas.
- C'eft par le nombre des liffes, par la maniéré de les placer & de les faire mouvoir, qu on peut varier ces effets. On peut aufli faire des renverfements , c’eft-à-dire , faire rendre au filé les effets de lame , Sc à la lame ceux du filé $ ce qui confifte à faire faire Serge au filé, comme nous l'avons vu pour la lame *
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas & Crô$-de~Tolir$y&c* 701 3c qu’on peut faire faire Canneie par la lame ; on peut non-feulement changer « la difpofition des rayures, mais encore faire des bandes mêlées de lame 8c de filé. On fait de ces Cirfàkas qui ont de petits deffins dans leurs bandes ; mais nous ne verrons cela qu’aux Etoffes façonnées à la Tire : je paffe à d’autres genres d’Etoffes en dorure 8c façonnées par la marche*
- Article Sixième.
- De differents genres de Taffetas , Gros-de-Tours & Satins façonnés par la marche , en dorure SC en Soie.
- §. I. Des Taffetas & Gros-de~Tours.
- Il faut fe fou venir que les Taffetas 3c les Gros-de-Tours ne different entr’eux que par la groffeur de la trame qui les conftitue , & par celle de la chaîne; quant à la maniéré de les fabriquer, nous n’y admettons aucune différence , ainfi en traitant l’un , on traitera l’autre : on obfèrvera feulement de régler la grofleur de la trame , en raifon de la dorure ou de la foie qu’on employera pour faire rendre les deffins avec toute la régularité néceflàire*
- Dans le principe des Taffetas façonnés par la marche y on avoit admis un ufage qu’on pratique pour ceux façonnés à la tire ; mais on n’a pas fabriqué avec le même fuccès. Voici quel étoit le premier ufage : on faifoit les liffes de fond telles qu’on les fait pour les Etoffes à la tire, 8c l’on ne paffoit la foie que par-deffus : on plaçoit derrière les liffes les ligatures qui dévoient concourir a former le deflïn. Ces ligatures qui noccupoient qu’une partie de la chaîne J laiffoient l’autre partie libre , & on étoit obligé de la pafîet à crochet, au lien que tout ce qui étoit dans les ligatures ne pouvoit être paffe que par-deffùs dans les liffes de fond : voyez les figures 1 Sc 5 , PL 2 de l’Art du Remiffeur, 8d leur explication ; voyez auffi les figures y,d,7, 8,9, ro & n de la Planche 27 de cette première Partie, enfemble ce qui en eft dit dans l’article du Remettage, notamment dans les pages 283 8c 284.
- Ces deux fortes de remettage for un même remifle occafionnent beaucoup, de difficultés dans le travail y 8c doivent être rejettées ; ainfi je n’en dirai rien*' On a pris le parti de faire le remiffàge tout en liffes à jour, 8c d’en faire les mailles à petits couliffes : voyez dans l’Article du Remettage, l’avantage que ces fortes de mailles ont for les mailles à crochet. Par ce moyen on fabrique avec plus de précifion, & on efl: affùré de la beauté de l’Etoffe.
- Les liffes à jour font en même-temps le deffin 8c le corps de l’Etoffe , au lieu que fuiyant la méthode que je viens de rejetter, il falloir des liffes pour l’Etoffe, 8c d’autres pour le deffin. Il efl donc à propos s en tenir à ce qui efl moins embarraflànt.
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- 702 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- L’échantillon , fig. l de la Planche 77, faic voir deux des effets qu*on peut obtenir par la marche ^ St fur lefquels on peut en combiner plufieurs autres : elle nous repréfente deux deffins différents exécutés cependant par les mêmes lifles à jour ; le premier eft compris de A A en B B > St le fécond eft de B B en C C ; les effets qu’on y voit peuvent être produits par des lancés de foie , d’or ou d’argent, en lame , en filé , frifé ou autres fortes de dorures , ainfi qu’en cordonnet , cannetille, chenille, &c. On peut même faire des affortiments en dorure St foie , ainfi qu’en foie nuancée , Scc. Tous ces effets dépendent St du goût St de la richeffe quon veut procurer à l’Etoffe, On fait encore de ce genre d’Etoffe, ou la trame feule produit les effets du defïin ; c’eft ce que nous verrons après avoir vu comment les effets du deffin peuvent être produits par le lancé.
- Je dois prévenir que tous les métiers montés dans ce genre d’Etoffe, n’ont pas le même nombre de lifles à jour que celui que nous allons voir ; il y en a de plus grands St de moindres ; les difpofitions font variées à proportion des effets qu’on veut obtenir, ce qui eft déterminé par le deffin qu’on fait fur le papier réglé : c’eft fur ce deffin qu’on détermine le nombre des ligatures qui doivent être employées pour fon exécution, à moins que ce ne foie for quelque échantillon qu’on fe modèle. Il eft vrai que for la difpofition d’un métier, on peut fans deffin mis en carte, imaginer plufieurs deffins, St les faire exécuter en combinant le mouvement des lifles à jour ; mais il faut être bien afluré de la valeur de chacune des lifles, St de l’ordre qu’elles tiennent dans le remettage : mais quand on connoît bien fes lifles, on peut varier les deffins prefqu’à l’infini. Il eft même des difpofitions de métier où l’on peut } par l’arrangement des marches , varier confidérablement les effets des deffins.,
- J’ai déjà dit que pour l’exécution des deffins portés par notre échantillon , il falloit toutes lifles à jour ; néanmoins nous en regarderons un nombre , quoiqu’à jour, comme lifles de fond qui cependant deviennent à leur tour lifles de figure, parce qu’on les fait mouvoir à leur tour pour produire des effets dans le deffin. Il eft même à propos qu’on apprécie toutes ces lifles pour qu’enfuice les mettant en parallèle entr’elies, & les comparant enfemble avec la méthode que j’ai établie, on fente combien il y a de différence entre ces deux maniérés d’exécuter les deffins dans le genre d’Etoffe qui nous occupe;
- Il faut lavoir que les lifles de figures ici fervent en même-temps pour le fond , & qu’en général on ne les diftingue pour lilîes de figures que parce qu’elles concourent plus fouvent aux effets des deffins ; c’eft auffi ce qui augmente le nombre de ces lifles. Car il en faut néceflairement deux pour une,’ à caufe de la croifure quelles doiyent procurer au fond du Gros-de-Tours; ou à celui du Taffetas qui conftitue l’Etoffe.
- Pour bien déterminer le nombre des lifles néceflaires pour faire une Etoffo conforme à notre échantillon, il faut confulter les deux deffins mis en carte,
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- Septième Sêct. L Part. Des Taffetas & Orôs-de~T'oiirs, &c» 703
- , dont celui fig> 1 > eft le premier deffin qu on voit fur l'échantillon > Sc celui , fig- 3 f Porte fecond fur notre échantillon ; l’un & l’autre deffin eft répété quatre fois : cet échantillon eft un huitième de la largeur de l’Etoffe que nouâ fuppoferons être faite fur un 800 de peigne en vingt pouces de largeur ; alors on aura trente-deux répétitions dans la largeur de l’Etoffe; de forte que notre deffin fera fait fur vingt-cinq cordes de rame ; mais comme on ne pourroit pas appercevoir toutes les combinaifons qui peuvent refulter de ce deffin, à caufe des ligatures que nous appellerons liffes de fond , & celles de ligure , fai fait les deux deffins fur cinquante cordes de rame chacun.
- J ai mis fous les yeux ces deux deffins , afin que les comparant fun avec l’autre, on puiffe reconnoître que le même nombre de ligatures fuffit à l’un comme à l’autre, ou plutôt on verra que les ligatures qui produifent les effets de l’un produiront auffi les effets de l’autre, en en combinant les mouvements en railbn de ces mêmes effets. Par ces deffins on déterminera le nombre des liffes qu’on doit employer pour les faire paroître fur l’Etoffe tels que l’échantillon les repréfente.
- Dans les deffins des Taffetas brillantés que nous avons vus dans un des Chapitres précédents , fai dit qu’on comptoit les dents qui dévoient occuper le poil dans le peigne, par autant d’entre-lignes perpendiculaires couvertes de couleur qu’on en voyoit fur le papier réglé : ici on apperçoit que toutes ces lignes font couvertes dans toute la largeur des deffins ; mais il ne faut avoir égard pour un moment qu’à ce que la couleur couvre depuis DD 9fig, 2, jufqu’à E E 9Sc depui $E F 9fig> 3, jufqu’à G G ; après quoi nous combinerons ce qui fe trouve depuis E E jufqu’à H H 9 pour la première de ces figures, Sc depuis G G jufqu’à II pour la fécondé. II ne faut confidérer actuellement que les mouches aaa 9 b b b 9 cc 9 dd9 Sc l’on verra qu’elles occupent fix cordes de rame , ce qui nous défigne qu’elles feront fur l’Etoffe de fix dents de largeur : nous voyons en même-temps que chacune de ces mouches a trois graduations de chaque côté ; que chaque graduation des deux côtés eft d’une dent feulement, & que celle du milieu eft de deux dents. Cette derniere graduation divife les autres également, qui de deux en deux rendent aux mouches des effets fymmétriques, ce qui fait connoître que la même lilîe peut fervir pour former ces graduations deux par deux : ainfi pour former les mouches aa a 9 bb b 9 on met fix liflès de figures, & pour celles c c, dd9 on ,en met fix encore. Ce qui pour nos deffins fait fix ligatures : il faut actuellement quatre ligatures pour remplir les efpaces ef9 ef9 ef9 ef9 de l’un Sc de l’autre deffin ; c es quatre ligatures font celles que nous appellerons liffes de fond, parce qu’elles font plus confidérables que les autres, puifqu’à chaque champ , elles auront fix & fept mailles , c’eft- à-dire , fix mailles pour remplir les efpaces^y, Scc. qui font de fix dents, Sc fept mailles pour remplir les efpaces ee ee9 qui font de fept dents chacun, »
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- 704 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Il n’eft pas poffible fur cette combinaifon de deffin, que les efpaces qui féparent les mouches foient précifement égaux ; le plus iufte calcul qu’on puilTe faire, eft de trouver un accord régulier qui puiflè régner fur toute la largeur d’une Etoffe : ainfi les mouches a aa>bb by{\iir l’un & fur l’autre deffin , font également efpacées entr’elles ; celle c c 9dd, qui font cenfées faire le reverjîble des précédentes, font auffi également efpacées : il n’y a donc d’irrégularité dans ces elpaces, que ce qui fépare les premières des fécondés mouches ; d’ailleurs, la différence qu’on y trouve , eft d’une dent feulement. Cette différence n’eft guere fènlible fur le deffin, elle i’eft encore moins fur l’Etoffe, où tous les objets diminuent prefque de la moitié.
- Je fais faire cette remarque, afin qu’on ne foit pas furpris lorfqu’on combine un échantillon, de trouver des irrégularités telles que celles que nous venons de voir ; car on pourroit quelquefois mettre un peigne d’un compte plus ou moins fin, en fe fixant à l’égalité des elpaces ; & cette différence fur les peignes devient confidérable pour la plus grande quantité de chaîne qu’on pourroit y employer , ou pour l’infériorité de l’Etoffe , en voulant y fuppri-mer de la foie. Il faudroit auffi faire faire des peignes fur des comptes particuliers , ce qui occafionne des dépenfès inutiles. Si l’on vouloir mettre tous les efpaces à fix dents, au lieu d’un 800 de peigne que nous employons fuivant notre deffin, il faudroit un peigne de 76S ; & fi l’on mettoit ces efe pacesàfept dents, on feroit obligé d’avoir 832 dents au peigne; il réfulta de-là que toutes les fois qu’il faudroit une différente combinaifon de ligatu-* £es, on auroit befoin de fè procurer de différents comptes de peignes.
- On doit fe fouvenir que dans les Articles des Brillantés , & dans ceux des Cannelés à bandes formés par un poil, j’ai fait remarquer qu’on ne divifoit jamais les fils d’une dent. Il en eft de même ici, & par les mêmes raifbns que j’en ai données alors ; ainfi on ne mettra pas fix dents & demie dans chacun de nos efpaces, comme on pourroit le faire pour les égalifèr.
- Paflons maintenant à l’ordonnance néceflaire pour les ligatures, tant pouç les figures, que pour celles de fond.
- Nous avons vu qu’il falloit en tout fèize liftes, dont douze pour les mou-: ches de quatre pour le fond : des douze premières, on en fera huit fur la mar-* que fig. 4, & quatre fur celle fig. 5 : les quatre liftes de fond feront faites fur la marque fig. 6, & on allongera ces marques de fept fois de plus quelles ne font fur la Planche, où chacune ne comprend qu’un huitie me de la longueur, & conféquemment qu’un huitième des mailles qu’elles doivent contenir. Je n’ai pas cru devoir étendre davantage ces marques, par-; ce que la grandeur de la Planche ne permettroit pas qu’elles fuflent dans leurs entières longueurs, & que d’ailleurs on peut fort bien entendre fur un huitième tout ce qui doit comprendre la totalité des liftes* Pour s’aflurer
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- que l’ordonnance de nos liffes doit produire un nombre de mailles foffifànt à notre Etoffe, il faut multiplier la valeur de chacune, & en faire un nombre total : ainfi on trouvera que chacune des huit premières lilfes, eft de 128 mailles, ce qui produit...................1024 mailles
- Les quatre fuivantes feront auffi de 128 mailles, en tout ,
- Et les quatre liffes de fond font de 416 mailles chacune, ce qui fait en tout]...................... -................1664
- Le produit total de ces feize liffes eft donc de ... 3200 mailles^
- 8c qui forme le nombre des fils compris dans la chaîne de notre Etoffe * ainfi qu’on peut le voir par le nombre des dents du peigne qui eft de 800 , & qui , multiplié par quatre, nous donnera la femme de 3200.
- Il paroîtra d abord forprenant qu’on (bit obligé de faire douze ligatures pour former les mouches de nos deflîns ; mais comme ces mêmes ligatures concourent à former le corps de P Etoffe; on eft obligé d’en faire deux pour une* afin que lorfqu’on a lancé la navette qui produit les effets des deffins , on puiflè faire le tiflù de cette Etoffe en faifànt croifer les fils de la chaîne en Taffetas. Il faut que le remettage réponde aux mouvements qu’on doit donner aux liffes ; il faut auffi que les liffes foient elles-mêmes placées dans un ordre convenable à celui du remettage : ainfi pour difpofer le remettage , on commence par mettre devant les quatre liffes de fond ; enfuite, on met quatre des ligatures faites fur la marque , figure 4 9 puis on en place deux de celles faites fur la marque figure 5 ; celles-ci font fumes des quatre autres liffes faites fur la marque figure 4; & l’on termine par les deux autres faites fur celle figure 5 ; de forte que ces liffes feront placées comme on les voit, fig. 7 : il faut prendre garde que les ligatures 5,6, 7,8, 9 & 10, font deftinées à produire fur l’Etoffe , les mouches a, a, a, b 9 b, b , de nos deux deffins * & que celles 1 r, 12, 13 , 14, 15 & 16 font pour les mouches c c, d d : il eft donc néceflàire que les mailles qui font fur les fix premières de ces ligatures ne foient pas mifes en lignes direéles de celles qui font fur les fix dernieres ; au contraire, il faut que non-feulement elles foient à côté , champ par champ , mais encore que les champs des liffes 1,2,3 & 4 foient placés de maniéré à féparer toutes les mailles des fix premières* & celles des fix dernieres ligatures qui fervent à former une mouche for la largeur de l’Etoffe ; ainfi en comptant les fix premières mouches 3c le reverfible, on trouvera foixante-quatre mouches fur cette même largeur ; on aura donc foixante-quatre champs aux liffes de fond pour féparer toutes ces mouches les unes des autres. Les liffes ainfi placées, on commence le remettage par pafler quatre fils en Taffetas fur les ligatures 9 & 10 : on pafle en Taffetas en prenant alternativement une maille for chacune des deux ligatures qui concou-Étoffes de Soie. FIL Part. Q 8
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- * rent à produire une des graduations des mouches. Après avoir pafle ces quatre fils, on en paflè encore quatre, toujours en Taffetas , fur les ligatures 7 & 8 ; les quatre fuivantes font paflees fur celles y 8c 6 : les douze fils que nous venons depaflèr font les demi-mouches qui fe trouvent fur le bord du deffin, elles fe trouveront donc fur celui de FEtoffe ; alors on paffe le premier champ fur les quatre liflès de fond 1,2,3 & 4. Ici on conduit le remettage comme fur un Taffetas à quatre liffes, & l’on paffe le premier champ qui doit être de 28 fils ; après quoi on paffe quatre fils fur les ligatures 11, 12 ; quatre fur celles 13 ,14 ; huit fur celles 15 & 16 : on revient fur celles 13 Se 14 pour paffer encore quatre fils ; & Fon finit la mouche par quatre fils paffés fur les ligatures 11,12 ; après cela on paffe le fécond champ des quatre liffes de fond , celui-ci eft de vingt-quatre fils feulement ; enfuite on commence une autre mouche, ce qu’on fait toujours par quatre fils fur les ligatures ç , 6 ; quatre fur celles 7,8; huit fur celles 9,10 ; quatre fur celles 7, 8, & quatre fur celles 5, 6.
- Toutes les fois qu’on a paffé vingt-quatre fils pour une des mouches qui font formées alternativement par les fix ligatures ^,6,7^8, 9 & 10 , & par les fix autres II, 12, 13, 14,15 & 16 , on paflè entr elles un champ des lifîès de fond ; ces mêmes champs font alternativement de 28 Sc de 24 fils, ce qui répond aux fix Se aux fept dents qui déterminent fur les defîins, les efpaces qui féparent les mouches. Quant au piquage de peigne , on le fait de maniéré à mettre toujours quatre fils par dent ; ainfi dans les liflès des mouches on prend fur les deux premières Se fur les deux dernieres graduations , les quatre fils qui font paffés fur les ligatures qui doivent les conftituer : on fépare en deux la graduation du milieu , parce quelle eft compofée de huit fils ; mais au champ des liflès de fond, on prend toujours la première maille qui fe préfente fur la liflè X, & elle emmene néceffairement les quatre fils qu’on doit mettre dans la dent.
- Quand on a tendu la chaîne, il s’agit de faire l’armure ; cette armure eft un petit liflàge tel à-peu-près que nous en avons vu un dans les Taffetas brillan-tés Se pour travailler des deux pieds. Il faut prendre garde que les ligatures font fucceflivement mifès en mouvement, foit pour le lancé, foit pour le fond de l’Etoffe ; c eft fur cette obfervation qu’on doit faire le liflàge Se Farmure ; car nous diftinguerons ici l’un de l’autre, afin de nous mieux entendre.
- On regardera comme armure les marches qui feront mouvoir les liflès pour Conftituer le fond de l’Etoffe, Se nous appellerons lijfagc l’arrangement des çordes qui concourt à faire reffortir les mouches fur FEtoffe.
- Par l’ordre quon a obfèrvé dans le paflàge des fils au remettage, on doit appercevoir que chaque deux ligatures forment à chaque côté une des graduations des mouches , Se par la féparation qu’on doit mettre entr’elles , on voit que chaque champ des liflès de fond fépare une des mouches de celle qui doit former fon réverfible : car ici, comme dans tous les defîins en gé-
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- Septième Sect. I. Part. Des Taffetas & Gm-àe-Tours , SCe> 707 néral, un objet devient nécefïàirement ie reverfible de l’autre ; on y remarquera feulement que les mouches a a font placées de maniéré à partager les efpaces qui féparent les mouches c c, de même que ces dernieres mouches partagent les efpaces qui féparent les mouches a a > de forte q*?e ces mouches font placées en quinconce , parce quen fabriquant, on ne fait travailler que les fix ligatures qui forment un des rangs de mouches fur la largeur de l’Etoffe, Sc après que le rang eft formé, on en fabrique un efpace déterminé fans aucune mouche, lequel efpace fépare les mouches fur la longueur de l’Etoffe, C’efl après cet efpace qu on commence le fécond rang des mouches, ainfi que nous le verrons après avoir parlé de l’armure & du lifîàge.
- Je dois prévenir que nos mouches peuvent être faites en liferé ou en lancé c’eft-à-dire , par la navette de fond, ou par une navette d’une couleur oppofée au fond ; par la première maniéré , il faut que l’armure tienne avec le lif* làge , & qu’elle ait trois corps de marches, qu’on met en long ou en écharpe, ou bien partie en écharpe, & partie en long , de maniéré qu’on puiffo facilement diflinguer un corps de l’autre. Voici comme il faut entendre ceci.
- Si l’on veut faire feulement les mouches a a , c c, de la figure 2 , il faut fix marches pour faire les premières, deux pour faire le fond, & fix pour faire les fécondés ; ainfi pour le total , il faut quatorze marches. On peut comprendre cette maniéré d’armer fur le plan d’armure fig. 8 ; il faut fut pendre les liffes à un Carrette fimple ; mettre deux contre-poids à chacune, fe fervir d’un carrette de renvoi pour les marches, & ranger toutes les cordes de liffage , ainfi que celles qui répondent aux liffes de fond, dans le même ordre de celles du lifîàge des Brillantes, voyez Planche 66 : on fuivra cet ufàge , foit qu’on mette les marches en long, foit qu’on les mette en écharpes Il faut confidérer notre plan d’armure comme faifànt l’endroit deflbus, ainfi tous les zéros qui indiquent une liaifon entre les marches K, L M, N, O , P, &c. jufqu’à Z , avec les liffes ab, ah, c, d jufqu’à celle 0, donnent la montée de ces mêmes lifles. Dans le lifîàge * il faut autant de branches de cordes de lifîàge, pareilles à celles 00 de la boucle p , fig. 3 , PL 66, qu’il y a de zéros fur notre plan d’armure , ainfi qu’en boucles ou en demi-boucles , comme celle q, fig, 4 , même Planche ; il faudra cent trente-fix branches pour le lifîàge de notre deffin, & pour l’armure de notre Etoffe ; & ces boucles feront placées aux colets qui tiendront à la queue des ailerons auxquels les liffes feront fufpendues , afin que les lacs foient difpofês comme le font ceux N y fig• 2 , de la même Planche 66 : chacun de ces lacs comprendra autant de branches de lifîàge qu’il y a de zéros fur chaque marche ; ainfi on aura autant de lacs qu’il y a de marches fur notre plan, puifque chacune de ces marches doit tirer un lac. Il réfulte de cet arrangement que
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- 708 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE. chaque marche fera monter autant de Mes quelle a de liaifons avec elles par ce qu’indiquent les zéros.
- Je viens de dire que le nombre de cent trente-fix branches ferait pour l’ar* mure & pour le lilîàge ; cependant il ne faut confidérer ici quun feulobjet fous deux dénominations, attendu qu’il n’y aura de différence entre Tordre de l’armure & celui du liflàge, que par la maniéré dont l’Ouvrier doit fe conduire dans le travail , comme on va le voir.
- Le plan d’armure donne trois corps de marches 8c trois corps de liilès : les trois premiers corps font pour fervir de conduite à l’Ouvrier, & les trois féconds pour déterminer les mouvements des liffes : car fi dans des opérations de cette nature, on ne fixoit une difpofition connue , on ne fauroit parvenir ni à l’armure , ni au liflàge, & l’Ouvrier ne fauroit conduire fon ouvrage avec régularité. Par la divifion des Mes en trois corps, on s’affure que les liffes a b f a b> formeront les efpaces qui féparent les mouches dans le fens de la largeur de l’Etoffe ; 8c quelles doivent être mifes continuellement en mouvement, tant dans le temps que l’Ouvrier exécute les mouches, qu’en faifànt les ef* paces qui en féparent les rangs dans le fens de la longueur de l’Etoffe. On détermine le premier rang des mouches par les Mes c „ â, e 9f9g* h; 8c le fécond rang par celles i, k > /, n, o ; cet arrangement déterminé , l’Ouvrier eft averti , fi ce n’eft pas lui qui Ta fait, que le premier corps des marches que nous voyons fous l’accolade A , eft pour former le premier rang des mouches ; que celui compris fous l’accolade B , produit les efpaces de fond qui féparent les rangs de mouches les uns des autres, 8c que celui compris fous Taccolade C, eft pour exécuter le fécond rang des mouches ; il faut donc qu’en travaillant, il fe conduife de la maniéré fuivante : il commence par la marche K jufqu’à celle P ; il revient fiir celle O, puis à celle P, 8c il retourne jufqu’à K : par ce moyen il a formé un rang de mouches ; il pafle fucceflivement aux marches Q, Rf avec lefqu elles il fabrique un efpace aflfez confidérable pour fèrvir de féparation aux rangs des mouches. Il ob-ferve de commencer par celle R , par les raifons que nous verrons tout-à-Theure. La grandeur de cet efpace eft déterminée en raifon de ce qu’on veut plus ou moins multiplier les rangs de mouches fur l’Etoffe ; à cet égard , l’Ouvrier reçoit Tordre du Fabriquant, & s’y conforme : après qu’il a formé la grandeur du premier efpace, il paffe de fuite à la marche S, obfèrvant d’avoir fini l’efpace par celle Q> parce que celle R ouvre le même pas que celle S ; c’eft une attention qu’il faut que l’Ouvrier ait néceflàirement, fans quoi les deux duites de trame fe trouveraient fous le même pas, ou, pou* mieux dire, la duite qu’on croirait renfermée dans la fogue, attirerait celle qu’on vient de palfer. Il faut remarquer que la marche R fait monter les mêmes liffes que celle S> ce qui s’apperçoit par les zéros qui font pofés fut
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- Septième Section. I. Part. Des Taffetas & Gro$-de~Toiif$ , ôc. 709 lune & fur l'autre : ainfi l'Ouvrier paffe de la marche S, à celle Z ; il revient fur celle Y, il retourne à celle Z 9 & de-là à celle 5; après quoi il fepaflè à celle Q R f Pour fabriquer un efpace de fond qui fépare le rang des mou* ches qu'il vient de faire d'avec celui qu'il fera après.
- Quand l'Ouvrier a formé ce dernier efpace de fond, il recommence pat faire un rang de mouches femblables au premier , c'eft-à-dire, quil fait mou-* voir les marches qui font fous l'accolade A , de-là il paffe à celles de l'accolade B, de-là à celle de l'accolade C, pour revenir comme il vient d'être expliqué.
- J'ai fait remarquer que notre plan d'armure faifoit faire l'endroit de l'Etoffe, par-deffous ; ce n’eft pas qu'avec notre difpofition de liflès, on ne puiffe bien le faire par-deffus ; mais l'endroit de l'Etoffe étant par-deffous , eft toujours plus éclatant.
- Cependant quelquefois on prend le parti de faire l'endroit deffus, parce que quand on le fait en dellous , il y a trop de liflès à faire monter par chaque marche ; par exemple, fuivant notre plan d'armure , nous avons vu qu’il faut pour l'exécution du deflin & du fond 9 en faifànt l’endroit del-fous , cent trente-fix branches de liflàge, & fi on l'exécutoit par-deflùs , il n'en faudroit que quatre-vingt-huit, ce qui fait quarante-huit de moins ; cependant on préféré de faire l'endroit deflous, pour la plus grande beauté de l'Etoffe.
- Pour faire l'endroit deffus & fuivre notre plan,il faut laiflèr en fond les liailons marquées par les zéros, & faire monter conformément aux angles des carreaux qui n'ont point de zéros ; & à la fabrication, fuiyre néanmoins l’or-; dre que j'ai indiqué, fans y rien changer.
- Ce que nous venons de voir fur notre armure ne produira que les mouches du deflin, 2 ; mais s'il faut exécuter enfèmble les petites croifettes gg% h h h y qui font fur le même deflin , il faut ajouter des cordes de liflàge, fi l'on veut faire l'endroit deffous, afin que les liflès qui doivent former ces petites croifettes entre les mouches, foient mifes en mouvement ; & fi l'on veut faire l'endroit de l'Etoffe par-deflus , il faut diminuer les Mes, mais il faut obferver que les mêmes liffes qui ont formé les mouches aaa doivent former les croifettes h h h , & que celles qui ont fait les mouches c c 9 fer-; viront à faire les croifettes g g*
- Les petites lignes pp, q q, rr9 s s , que j'ajoute fur notre plan d'armure," jîg. 8 , où il n'y a point de zéros, indiquent l’augmentation ou la diminurion qu'il faut faire fur la montée des liflès ; de forte que fi l'on infifte à faire l'endroit par-deflous , il faudra néceffairement augmenter le liflàge d’autant de branches de boucles qu'il y aura de lignes qui coupent les angles ; & fi au contraire 3 on veut faire l'endroit par-deffus, il faudra fupprimer une quan-; Etoffes e>e Soie. VIL Part. R 8
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- 710 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- tité de branches de liflage égales à celles des lignes dont il s'agît ici.
- Malgré l'augmentation ou la diminution des cordes de liflage qu'on fera obligé de faire pour ajouter les croifettes aux mouches, on ne changera ni le nombre des marches qui font indiquées fur le plan , ni l'ordre de la fabrication que nous avons donné pour les mouches, parce que les croifettes s'exécutent en même-tems que les mouches, au moyen de ce que le liflage fe trouve porté dans ces endroits fur les deux corps des liftes qui font deftinées pour les mouches, & ce n’efl: que par la maniéré de faire mouvoir ces liflès-qu'on obtient des effets différents : par-là on doit commencer à connoître que l'on
- peut facilement varier ces mêmes effets.
- Par notre plan d'armure, quelle que foit la maniéré dont on l'exécute, on ne fàuroit donner un corps d'Etoffe à l'endroit des mouches , lorfqu'elles font faites en liféré : nous appelions liféré, les effets d'un deflin produit par la trame. Ici » c'eft la trame qui paroît à l'endroit des mouches, ou deflus ou deflous l'Etoffe fans être tiflue, c'eft-à-dire , qu'elle flotte en travers de cette même Etoffe dans les efpaces déterminés par la grandeur des mouches, & en raifon des graduations qui concourent à en former la rondeur : on peut voir fur l'échantillon, fig. 1, que le flotté de la trame eft en travers.
- Puifque la trame dans les effets de ce genre de deflin , ne forme aucun corps de tiflu, il réfulte que la chaîne dans ces mêmes endroits en fait de même : il faut donc que la chaîne flotte derrière la trame , & que la direction de cette foie flottée foit dans le fens de la longueur de l'Etoffe : ceci peut s’entendre à l'infpeâion de la figure ou les lignes tranfverfales indiquent la
- trame.
- J'ai dû faire cette obfervation, parce que fouvent on peut voir l'Etoffe aléa; vers , & comme elle y préfente le même deflin qu'à l'endroit , on peut confondre l'un avec l'autre ; cependant la trame produit plus d'éclat que la chaîne , en cela on pourroit facilement diftinguer l'un de l'autre.
- On ne fait pas toujours ces mouches en liféré ; on les fait plus fouvent en lancé en foie , en or ou en argent : alors on n'a pas befoin d'un fi grand nombre de marches qu'il y en a fur le plan , fig. 8 , parce que pour lancer, on ne fait que lever les lifles nécefîàires aux effets des deffins / & la navette qu’on lance pour ces mêmes effets, n’a rien de commun avec le corps de l'Etoffe ; & l’endroit & l'envers ne font plus équivoques : on voit même à l'envers de 1'Etofle que la matière lancée quelle qu'elle foit, flotte d'un objet à l'autre tout à travers, & difparoît aux endroits où elle doit produire les effets du deflin. Quand on lance ces deflins , on fait communément l'endroit deflous , non-feulement pour la beauté de l'Etoffe, mais pour l'économie des cordes.
- On n'a pas befoin d’un fi grand nombre de marches pour les deflins lancés
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- Septième Section, L Part. Des Taffetas & Gros-de-Tours9 &c. 71 ï
- Sans ce genre , que pour les deffins liférés, parce qu’on a deux navettes, Tune pour le fond f Sc l autre pour les effets des deffins ; la derniere navette n’efî lancée que for chaque deux coups de fond , ainfi au lieu de douze marches , on n’en occupe que fix pour former les mouches, trois pour chaque rang* Il faut alors que l’Ouvrier travaille avec les deux pieds , car il faut qu’en outre il ait les deux marches de fond ; ainfi on divife ces huit marches en trois corps, mais différemment de ce qu’indique le plan d’armure , fig< 8. Cette différence confifte en ce que les deux corps de marches pour le deffin font placés à la gauche de l’Ouvrier , Sc que les deux marches de fond font placées à la droite; je m’explique : on diyife les fix marches qui forment le corps compris fous l’accolade A , en deux corps, chacun defquels eft féparé comme le marquent les accolades. D E qui font à l’autre bout des lignes qui indiquent les marches : le premier de ces deux corps fera mouvoir les liffes qui font deflinées à former un rang de mouches , Sc les fix liffes qui doivent fervir à l’autre rang , feront mifes en mouvement par les trois marches qui font le focond corps. Pour le fond on laifïera fobfifler les deux marches Q armées fous l’indication des zéros, fans y rien changer; mais aux deux corps DE , on fupprimera tous les zéros qui indiquent la première armure , Sc les lignes pp > qq qui ont été ajoutées pour la fécondé, Sc l’on fera le lifîàge par les petits quarrés qui renferment une partie des zéros : ces quarrés font au nombre de douze fur chaque corps fix à chacune des marches M P, quatre fur chacune des marches LO , Sc deux fur chacune de celles K JSf: ce nombre de quarrés défigne que pour le lifîàge de nos mouches, il ne faut en tout que vingt-quatre branches de cordes de lifîàge, & feize pour l’armure de fond, en tout quarante branches, Sc fi l’on vouloit faire l’endroit par-deffus, il en faudroit foixante-douze ; fi l’on veut ajouter les petites croifettes aux mouches , il faudra ajouter fur le corps D , les lignes t r, vv, & fur celui £, on fera yaloir celles xx9 y y.
- Les marches de ces deux corps feront placées comme les marches de fond cm en écharpe , fuivant que l’Ouvrier le defirera pour fà plus grande commodité. Voici comme il doit fe conduire dans le travail.
- U fait un efpace de fond comme s’il avoit déjà fait un rang de mouches , ènfuite il enfonce avec le pied gauche, la marche K, fous la levée de laquelle il paffe la navette du lancé, quelle que foit la matière qu’elle contienne; fur cette paffée , il pouffe deux coups de fond ; il enfonce enfuite la marche L pour la navette de lancé ; il repaffe deux coups de fond ; après quoi il enfonce la marche M pour le lancé, il repaffe deffus deux coups de fond, il renfonce encore la même marche M, de-là il revient à celle L , Sc il finit fon rang de mouches par la marche K quia commencé : il faut donc à chaque coup de lancé, féparer la foie, l’or, l’argent, &c. qui forment le deffin, par deux
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- 712 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. coups de fond : il en eft de même pour chaque rang de mouches. Ainfi , quand il a fabriqué une efpace de fond pour former la féparation d’un rang à un autre ; il commence cet autre par la marche N, fuit fur celle 0 > il pafle à celle P qu’il enfonce deux fois de fuite ; il revient en 0, 8c termine fi mouche en N. On appelle cette façon de travailler, avoir trois marches à retour pour chaque rang de mouches. :
- Jufqu a préfent je n’ai rien dit de la partie i de notre deffin fig. 2. C’eft pas> le liffage de cette partie qu’on fait rendre fur l’Etoffe celle qu’on voit en 55, qui traverfe l'échantillon fig. 1 ; on pourroit faire cette partie en liféré, mais le nombre des marches qu’elle ajouteroit au plan, feroit de feize, ce qui joint aux quatorze que nous y voyons, feroit trente : c’eft pourquoi je n’en ai pas parlé, parce que , quoiqu’on puifle l’exécuter fur un pareil nombre , il eft trop embarrafïànt, 8c l’on trouve très-peu d’Ouvriers qui foient en état de bien fabriquer avec un auffi grand nombre de marches ; auffi n’ajoute-t-on ces effets aux deflîns que lorfqu’on les fait en lancé, afin de diminuer de moitié la quantité des marches du liféré ; ainfi en ajoutant huit marches au plan figure 8, & lupprimant les fix qui font comprifes fous l’accolade C , on exécute le liffage de cette partie du deffin qui donne un troifieme effet par un quatrième corps de marches : voyez la figure 9 qu’on peut regarder comme une partie du plan féparée de celui fig. 8 , & comparer avec les trois corps de marches compris fous les accolades B, D, E, fans avoir égard à celui qui eft fous l'accolade C.
- Il faut remarquer que les liflès comprifes fous les accolades de cette par-, tie de clan , font les mêmes qu’on voit fur le plan8 : ainfi les quatre lit-iès qui font fous l’accolade /, font les mêmes que celles du plan fig. 8, qu’on voit fous l’accolade F ; celles qui font auffi fous l’accolade K ,fig. 9 , font les mêmes que celles de l’accolade G , & celles qui font fous l’accolade L , font les mêmes que celles de l’accolade H. Il faut donc donner aux marches qui font fur le plan fig, 9 , la correfpondance quelles doivent avoir avec les lifles & ligatures, conformément à celles que nous avons données aux marches du plan fig 8. Par ce moyen, l’Etoffe que cette partie de liffage doit rendre , fera telle qu’on fe le promet.
- Quant à l’ordre que l’Ouvrier doit tenir en fabriquant, lorfqu’il a formé deux rangs de mouches, & qu’il a fabriqué une efpace de fond d’Etoffe convenable à la féparation qui doit régner entre les objets du deffin , il pafle do fuite aux huit marches de notre partie de plan fig. 9 , qui doivent être placées à côté des deux corps de marches compris fous les accolades D , E de la fi-; gure 8, pour faire fuite aux marches de figure ; car ici les marches n’ont rien de commun avec le fond de l’Etoffe , parce que le deffin fe fait en lancé*
- Quand l’Ouvrier exécute la derniere partie de notre deffin , fuiyant,lo
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- plan fig. p , il va fucceflivement dune marche à l’autre * fans interruption que pour les deux coups de fond quil pafle entre chaque duite de lancé ; mais il importe peu qu’il vienne de la marche M jufqu’à celle N, fans en fàuter une dans tout le cours, ou qu’il aille dans le même ordre de celle N à celle M f parce que d’une façon ou de l’autre, il obtient toujours les mêmes effets , lorlque le liflàge eft fait conformément au plan.
- Par l’exécution du deflin qu’on vient de voir , on doit fèntir à peu-près les moyens de rendre celui fig.. 3 : je dois prévenir qu’en lifëré, on n’en exécute point d’auffi confidérable fi ce n’eft à bouton , parce qu’il faudroit un trop grand nombre de marches, puilque pour les mouches b b b , d d feulement , il en faudroit vingt-huit, Sc les deux marches de fond, ce qui feroit en tout trente marches; & fi l’on vouloit ajouter aux mouches la partie k du même deflin qui rendroit l’effet que nous voyons en P P, fig. 1, il faudroit douze marches de plus j- ce qui feroit en tout quarante-deux ; mais en exécutant notre deflin en lancé , on le fuit dans le même ordre que celui fig. 2 , c’eft-à-dire , qu’on difpofe le liflàge fur trois corps de marches, Sc l’armure fur un quatrième corps.
- Le premier corps des marches forme le premier rang des mouches, & le fécond forme le deuxieme rang. Ils feront l’un Sc l’autre de fept marches, & le troifieme corps qui rend la partie k du deflîn, fera de fix marches ; il n’eft pas pofîible de faire voir fur la hauteur de cette planche, le plan d’armure dans toute fon étendue ; mais en le divifànt en trois parties, je pourrai l’y tracer , & le faire entendre fufîilàmment pour parvenir à fon exécution. Il faut prendre garde auparavant, que les mouches que préfente ce deflin, 11e font pas femblables à celles du deflîn fig. 2 , elles ne peuvent être exécutées que par un nombre de marches déterminé, c’eft-à-dire, qu’on n’a pas la facilité d’abréger ce nombre de marches par le retour ; il faut donc que le cours des marches qu’on emploie pour chaque mouche, foit conforme à la quantité d’entre-lignes ; & que chacune d’elles en occupe huit fur la hauteur du deflin : il faudroit donc huit marches ; mais comme le troifieme & le quatrième entre-lignes font occupés également , une feule marche peut faire pour deux ; c’eft pour cette raifon que les corps des marches deftinés pour les mouches ne feront que de fept chacun. Il fuffit que l’Ouvrier fâche qu’il faudra faire aller deux fois de fuite la troifieme marche de chacun des plans , fig. 10 & 11 > qui font chacun pour lé liflàge d’un rang de mouches : ces deux plans font également combinés; mais il.faut faire attention que les lilfes qui font fur le premier répondent à celles 5,6,7,8, p,io, de la figure 7, & que celles qui font fur celui, fig. 11, font analogues à celles 11, 12, 13 , 14» de la même figure 7. Ces deux plans font de fopt mar-
- ches chacun : cependant un Ouvrier attentif pourroit n’en employer que cinq; Étoffes de Soie. Fil. Part. S 8
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- s alors il en diminueroit quatre fur la totalité ; il faudroit que lorfqu’il feroic Planche arrivé à la cinquième , il revint à la fécondé, 8c qu’il terminât le rang par la 77j* première, il fupprimeroit la fixieme 8c la feptieme marches de chacun des
- plans * fig. io & n.Ici la conduite de l’ouvrage eft la même que celle que nous avons vue pour'le deflin, fig. 2 ; de forte qu’après chaque rang de mouches , 8c après la partie k du deflin , il fait un efpace de fond tel que 'nous l’avons déjà vu ; ce fond fe fait par les deux marches , fig. 13 , qui font armées de même que celles Q9R, fig. 8, Nous obferverons ici que le plan , fig. 12 , ne préfente l’armure que fur les lifles qui font pour former les mouches , de forte que les marches r , 2 8c 3 * font mouvoir feulement les liifes 5, é, 7, 8,5 8c 10 de la figure 7 ; celles 4,5 8c 6 font mouvoir les lit fes 11, 12 , 13 , 14, 15 & 16 de la même figure 7 : quant aux lifles 1 , 2,3 8c 4 , elles doivent être mifes en mouvement par le même plan ; ainfî on les ajoutera toutes quatre à chacune des marches 3 & 4 de notre plan , fig. 12 , comme elles le font fur les marches O S, du plan , fig. 9, dont les lifles font comprifes fous l’accolade I ; ainfi on pourra armer les deux marches 3 & 4 de notre plan, fig. 12; favoir , celle 3 , comme la marche S 3 du plan, fig. 9 9 8c celle 4 , comme celle O du même plan,
- » Par le produit de l’armure 8c du iiflàge de ce dernier deflin, nous verrons
- l’effet de l’échantillon, fig. 19 depuis FF, jufqu’à B B , excepté les petits effets qui font entre les mouches ; mais fi l’on vouloit faire rendre ces effets, il faudroit que la marche 3 du plan, fig. 10, fît monter les lifles VV dii plan, fig. ir , & que la marche 3 de ce plan , fît monter les lifles XX dut plan , fig. 10.
- L’exécution de nos deux deflins 8c les plans d’armure & de liflâge qui leur " font analogues , doivent fuffire pour faire comprendre comment on peut varier les effets des deflins ; néanmoins par le focours des marches, on doit recon-noître qu’il efl: beaucoup plus facile de varier les effets par le lancé que par le liféré , à caufe du trop grand nombre de marches qu’il faut employer pour cette derniere façon de travailler.
- On fait des Satins à mouches fur la difpofition de celles de nos deflins ; mais ordinairement ces Satins font liférés : auflî a-t-on la précaution de ne faire de mouches que bien petites, à caufe de la trop grande quantité de marches qu’il faudroit employer ; car ordinairement le fond du Satin en prend huit, & alors le moindre nombre qu’on y en ajoute , devient confidérable ; mais 011 fuit une méthode qui en facilite l’exécution plus qu’on ne faifoit autrefois : la première méthode étoit de faire les ligatures très-multipliées ; de forte que pour notre deflin , fig. 2 , il auroit fallu cinquante-fix , tant lifles de fond que ligatures , parce qu’il faut que chaque fil foit divifé par une maille, afin que, lorfqu’on fait les efpaces du fond , ces fils fe divifent pour former le tiflii du
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- Satin ; au lieu que , tandis qu’on fait les rangs de mouches, ces mêmes fils lèvent 3c ne fe lient pas au corps de l'Etoffe, ainfi que je lai fait remarquer fur les Taffetas liférés que nous venons de voir.
- En jettant les yeux fur nos deux deffins, & faifànt attention que chaque graduation des objets qu’ils repréfentent , font par dents entières, on recon-noîtra que la moindre de ces graduations comprend une dent entière : il faut donc pour cette dent une divifion de ligature conforme au nombre de fils quî font contenus dans la dent ; de forte que fi l’on doit mettre huit fils par dent, il faut huit ligatures differentes pour les faire lever enfemble , lorfqu’on forme les mouches , ou quelques-uns des effets du deffin, & pour les faire lever fépa-rément , quand il faut joindre ces fils au corps de l’Etoffe. On a tenté pour éviter ces embarras, plufieurs moyens qui ont réufli plus avantageufement les uns que les autres. On a d’abord fait les lifles de fond comme fi Ton vouloir faire des Satins unis ; de maniéré que le remifle comprît un nombre de mailles égal à celui des fils de la chaîne : après quoi on fait faire des ligatures où le nombre des mailles efl: égal fur chacune à celui des fils qu’elles doivent faire monter ; mais la difficulté eft de paflèr ces fils pour les faire mouvoir par les lifies de fond & par les ligatures, fans que le mouvement des unes puiflè nuire à celui des autres.
- Suppofons aéluellement que nous voulions faire exécuter fur un Satin les mouches qui font fur notre deffin, fig. 2 , on fè ferviroit pour faire faire les ligatures des mêmes marques, jïg. 4 (J y de notre Planche 77, avec cette différence que fur la première marque où les divifions font faites pour deux mailles, on les porterait à huit ; que celles qui le font pour quatre fur la féconde feroient à feize ; que celles qui font à deux fur la même, feraient auffi à huit : les lifies de fond tiennent lieu de la marque 9 jîg. 6 : il ne faut donc des ligatures que fur deux marques ; on en feroit quatre fur la marque , fig. 6, & deux fur celle , fig. y, ce qui produit fix ligatures feulement : alors le nombre des lifies n’eft pas plus grand que pour le Taffetas que nous avons vu. Quant au remettage de ces Satins, les fils de la chaîne qui doivent être mis en mouvement dans l’endroit des mouches ou autres parties du deffin, paflènt dans les mailles des ligatures & fur celles des lifies de fond, au lieu que dans les intervalles qui féparent les mouches, &c. les fils de cette même chaîne, font paffé$ à crochets ou plutôt dans les petits coulifies des mailles dont les lifies doivent être compofées ; car il faut préférer de faire les lifies à mailles à petits coulifies, plutôt qu’à crochets, par les raifons qui en ont été déjà dites en plufieurs endroits de ce Traité.
- Comme les fils qu’on met dans les mailles des ligatures doivent paflèr dans celles des lifies de fond qui doivent y correfpondre, on ne les paflè que fur la demi-maille qui forme Ibas du petit couliflè , Sc l’on laiflè vuide celle
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- qui en forme le haut, ainfi qu’on peut le voir par la figure I , PL 78, qui eft di/pofée pour faire voir comment on doit placer les fils ; elle doit auflî faire comprendre comment les fils peuvent lever {ans obftacles, étant pafles fur deux corps de remifle , ou de maillons , &c.
- On voit fur cette figure que le fil A eft pafle dans le coulifle de la maille B d’une,des ligatures , & que de-là , il vient pafler fur la demi-maille a de la maille C, qui fuppofe une des lifles de fond : il faut fe fou venir que pour chaque dent, les ligatures doivent-avoir huit mailles qui fourniflent un fil à chacune des huit mailles qui compofent le cours fur les liftes de Satin. Tous ces fils doivent être pafles de même que celui A que nous venons de voir, excepté que dans les lifles de fond ils fuivent le cours par ordre , conformément aux remettages généraux, & paflànt toujours fur une demi «maille feulement. /
- Le nombre de huit mailles fur les ligatures pour fournir à chacun des cours des lifles de fond dans les endroits du deflin, eft avantageux pour épargner une trop grande quantité de ligatures ; mais ce nombre de mailles devient trop gênant au travail, à caufe de la largeur qu’elles tiennent fur la partie qu elles occupent ; d’ailleurs, ces ligatures font diipendieufes par la quantité de fil ou de foie qu’on y emploie.
- Pour éviter un inconvénient, on eft tombé dans un autre, on a voulu ne mettre qu’une maille pour huit, & pafler tous les fils dans le coulifle de cette maille, comme nous le fait voir la figure 2 ; de-là ces fils paflent fuivant l’or-j dre des lettres qui les indiquent, dans les mailles des lifles de fond ; de forte que de ces huit lifles on forme un cours entier. Cette méthode épargne bien des mailles, puifqu’une feule fait pour huit ; mais quoiqu’on en fafle le coulifle un peu plus grand que les petits coulifles ordinaires, & qu’on y emploie un numéro de fil un peu plus gros & plus fouple, Sc que même fou-vent, au lieu de fils, on fafle ces ligatures avec de la foie de remifle, on gêne le dégagement que doivent avoir les brins de foie qu’on y pafle $ ces mêmes brins , étant aflemblés , s’entrefrottent confidérablement dans le travail ;, de Portent que les bavures qui fe détachent, forment des tenues qui font cafler des fils & qui occafionnent de fréquentes piquûres à l’endroit du Satin. On ne {àuroit bien fabriquer, fuivant cette méthode, qu’en y portant la plus exaéle attention.
- On a prévenu une bonne partie des défauts qu’occafionne la maniéré de pafler les huit fils dans une feule maille, en les paflant dans un feul maillon , comme le font ceux k, /, m , /z, o, p , q 9 r de la figure 3. Ce maillon eft repréfenté à peu-près dans la grandeur naturelle , mais les fils qu’on y voit pafles font beaucoup plus gros qu’ils ne doivent être ; je les ai ainfi repréfentés afin qu’on les apperçut mieux ; ces fils font ainfi pafles un par
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- tm dans les mailles des lifles de fond * dans le même ordre que ceux de la figure précédente : il faut remarquer que notre maillon doit être fufpendu à un lifleron par fa partie de maille F ; & à la partie de maille G * doit être attachée une aiguille de plomb , comme nous lavons déjà vu dans un des Articles précédents, pour faire mouvoir les chaînes en or & argent * filé * lame , &c. On difpofe fur un lifleron un nombre fuffifànt de maillons * félon la quantité des mailles de la ligature dont on lui fait tenir place* Ainfi, fi pour le deffin à mouches dont nous avons parlé, il faut fix ligatures * on en difpofo fix femblables avec les maillons, comme celui E * SccJ
- Quelque foin qu’on prenne avec cette efpece de maillon* on ne prévient" pas tous les défauts qui peuvent réfulter de ces aflemblages de fils* cependant il y a des Ouvriers qui ne favent par quel moyen fe tiret de cette méthode qui eft même adoptée pour les Etoffes façonnées à la Tire* principal lement pour les Brochés, les Damas,* les Lampafles, &c. Cependant on a trouvé le moyen de prévenir toutes les piquûres qui peuvent fe former fur un Satin, provenant des fils pafles dans les mailles ou maillons. La figure 4 * fait voir en LL, l deux maillons à fix trous chacun, occupés dans le premier pat les fils s, t, v Sc par les parties de mailles y , ç ; & dans le fécond Ces trous font occcupés par les fils a , h * c , d, & par les parties de mailles e * f On remarque que les parties des mailles* tant à fun qu’à fautre maillon * n’occupent* que les trous fupérieurs & inférieurs des maillons, Sc que les fils de la chaîne font paflfés dans les trous intermédiaires ; delà ils paffent fuivant l’ordre des lettres qui les défignent, dans les mailles des lifles de fond, conformément? au fil A de la figure 1 ; Sc pour compléter le cours de ces mailles * il faut* y employer les fils contenus dafis ces deux maillons* puifque ce cours doit être compofé de huit fils, & que nos deux maillons n’en contiennent que quatre chacun : il en faut donc deux pour un ; on fait donc les ligatures avec ces derniers maillons d’un nombre double de ceux du premier : on obferve que les aiguilles de plomb qu’on y attache foient plus légères que celles qu’on met aux maillons qui contiennent huit fils , ou fi l’on fe fert des mêmes aiguilles , on en met une à chaque deux maillons, en les attachant au bas des deux parties inférieures des mailles, comme le repréfente la figure 5, qui fup-pofe que les parties de mailles e e, ff appartiennent à deux différents maillons, Sc nouées enfemble au gouflet g qui enfile l’aiguille dont on ne voit que le haut.
- On doit juger par la maniéré dont les fils de la chaîne fe trouvent divifés dans les trous des maillons, qu’il n’eft guere poffible qu’ils puiflent fe lier les uns aux autres entre les maillons 8c le corps des lifles de fond qui les reçoivent , quoiqu on fbit obligé de mettre entre les uns Sc les autres un efpace de neuf pouces au moins , afin que lorfque les lifles de fond font mifes en mou-Etoffes de Soie, VIL Part. T 8
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- : vement, les brins de foie aient aflez d’élafticité pour ne point fe caflèr, eh-luttant contre les efforts de la tenfion qu’on eft obligé de donner a la chaîne ,
- 8c l’oppofition que fait le poids des aiguilles de plomb qui empêchent nécef-fairement les maillons de monter avec les fils que les Mes de fond font monter, lorfquel’Ouvrier enfonce fa marche ; c’eft ce qu’on appelle donnerfuffifammetit du jeu à la chaîne entre le corps & le remise, Il eft aifé de fentir que fi les aiguilles de plomb, ou le contre-poids qu’on met en pareil cas aux ligatures, n’é-' toient pas d’un poids fuffifant, les maillons feroient entraînés par la montée des lifles de fond ; les autres fils que ces maillons contiennent, & qui doivent, abfblument être indépendants de ceux que la lifte mife en mouvement ' fait mouvoir, feroient eux-mêmes entraînés ; il réfulteroit de-là que le Satin feroit généralement piqué , c’eft-à-dire, qu’aux endroits ou ces fils leveroient, au lieu d’appercevoir la chaîne formant un velouté de Satin, ce feroit la trame au contraire qui fe monpreroit. On doit même tenir le corps des ligatures plus bas au moins d’un pouce que celui des lifles de fond, afin que fi la tenfion de la chaîne caufoit la montée de quelques-uns de ces fils qui font pafles dans les maillons, ces fils étant retenus plus bas que les autres, la navette ne puifle pas pafler par-deflous.
- Quant à la maniéré de difpofer les lifles & les ligatures, voyez la figure 6 ou l’on apperçoit en K le corps des lifles de fond ; en Z, celui qui doit former le premier rang de mouches, & en M celui qui doit former le fécond*’
- Il faut pour exécuter les mouches* a a 3c c, que nous avons vu fur le défi-fin, fig. 2, de la Planche précédente , deux corps de marches de trois chacun, & huit marches pour le fond ; l’armure doit être faite fur le plan 9jïg. 7 , PL 78 : l’Ouvrier eft forcé de travailler à la fois des deux pieds tout le temps qu’il met pour former chaque rang de mouches ; il ne travaille que d’un quand il fait les parties de fond qui féparent les rangs les uns des autres ; les marches de figure font mifes droites ou en écharpe, & toujours pour le pied gauche , divifées par trois, afin qu en formant un rang de mouches, on ne foit pas fujet à prendre les marches qui font deftinées à faire le rang oppofé ; ainfi les marches TV, O, P, Q , R, S, T, F de notre plan, font deftinées à faire le fond de l’Etoffe conformément à l’armure qui y eft démontrée, par la liai-fon que doivent avoir les lifles a a , &c. qui font fous l’accolade X : les lifles b , c % dj qui font fous l’accolade Y, font rangées & armées pour un des deux ¥ rangs de mouches; elles font mifes en mouvement par les marches A, B, Cf & celles e , f9 g qui font fous l’accolade Z , doivent faire le fécond rang de mouches ; elles font mifes en mouvement par les marches D , E, F ; de forte que les marches qui font fous l’accolade G font le corps de l’Etoffe ; celles qu’on voit fous les accolades H, /, font les mouches ; mais, fi l’on veut ajouter aux rangs des mouches les petites croifettes^-^, h h h9 qui font au deA
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- fin , fig. 2 de la Planche précédente , il faut ajouter a l'armure, dé manière que le corps des marches compris fous l'accolade H 9 fera mouvoir deux des lifles mifes fous 1 accolade Z , & les marches du corps qui eft fous 1 accolade /, mettront en mouvement deux des lifTes qu'on voit fous l'accolade Y 9 le tout conformément aux petites lignes h h 9i i , qui fur l'un & l'autre corps des lifles coupent quelques-uns des angles des carreaux.
- Le corps des lifles qui eû fous l'accolade X y répond à celui K de la figure 6 de noîre Planche 78 ; celui des ligatures qu'on voit fous l'accolade Y, dé* ligne celui qui, fur la même figure <5 y eft indiqué en L y & le corps des ligatures que nous avons mis fous l'accolade Z, eft le même que celui qui eft défigné en M, meme figure. En comparant les trois corps de lifles & ligatures «de notre plan, figure 7, avec ceux de la figure 6 9 on reconnoîtra pourquoi & comment nos trois corps de marches peuvent imprimer les mouvements tant aux lifles qu'aux ligatures, puifqu'on voit que le corps des lifles en X9 avec le corps des marches en G, nous donnent une armure régulière pour la fabrication d’un Satin , faite par un pris & deux laifles. On voit en même-temps que la liaifon des ligatures des autres deux corps Y Z , doit produire un effet de deflm fur l’Etoffe : il refte à expliquer la conduite que l'Ouvrier doit tenir.
- J’ai déjà dit que l'Ouvrier doit travailler des deux pieds à la fois : avec le pied gauche il enfonce la marche A9 ilia tient enfoncée pendant qu'il fait mouvoir celles N O avec le pied droit ; il pafle fuccefîîvement à la marche B 9 qij’il tient enfoncée tandis qu'il fait mouvoir les marches P Q; de-là il vient enfoncer la marche C , qu’il contient tout le temps qu'il met en mouvement les marches R 9S ,T 9 Y. On voit ici que cette derniere marche de figure eft enfoncée pour quatre duites de trame , tandis que les autres ne l’ont été que pour deux ; c’eft ce qu'on appelle faire deux fois la même marche : après qu'il a fait la marche C, il revient fur fes pas, c'eft-à-dire, à retour 9 il reprend la marche B qu'il retient pour paffèr deux duites l’une fur la marche N 9 Sc l'autre fu^r celle O; de-là il reprend la marche A9 fous laquelle il pafle deux duites .en trçetfant en mouvement les marches P Q 9 moyennant quoi, le premier rang des mouches eft fini : jl n'interrompt pas pour cela le cours des marches tde fqncj, il le continue au contraire, & le reprend autant de fois qu’il le pour former sun efpace convenable pour féparer les rangs des mouches ; enfuite on commence le fécond rang par la marche Z?. On fuit par celle E y ton va à celle F 9 on revient fur celles ED: on fe conduit de même pour les marches de fond ; de forte qu'on pafle toujours deux coups de navette fur les deux premières, foit en allant ou en revenant, Sc quatre fur la derniere.
- Par cette maniéré de travailler, on fait le Satin liferé; fi Ion veut le faire lancé ? on ne change rien que dans l'ordre de la fabrication ; ce change-
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- g"**": ment confîfte à avoir deux navettes, une pour le fond & l’autre pour le lancé; l^gCHE l’Ouvrier enfonce avec le pied gauche la marche A fur laquelle il lance un coup ; il la laiflè aller & paffe de fuite deux coups de fond , il lance après cela un coup fous la marche B, puis il paffe deux coups de fond, 8c lance fur la marche C, un coup ; il lance un fécond coup fur la même marche C, il paffe deux coups de fond , il revient fur les marches B , A, fur chacune defquelles il lance un coup qu’il fépare chaque fois par deux coups de fond, après quoi il fait la féparation des rangs de mouches ; il fait le fécond rang par les marches D, E, Fy fur chacune defquelles il paffe un coup de lancé ; il revient fur elles, en fuivant le même ordre qu’il a tenu pour les marches A, B, C.
- Quoiqu’en général on ne faffe les Satins façonnés à la marche, qu’à mouches , on en fait cependant dont les mouches font femblables à celles du def lin , fig. 3 de la Planche précédente : alors, au lieu de trois marches à chacun des corps H 1, il en faut ^huit pour que l’Ouvrier puifle aller fans craindre de fe tromper , & s’il eft intelligent, il ne lui en faut que cinq ; mais comme il eft à craindre que tout Ouvrier ne puiffe pas y parvenir, je vais donner un plan d’armure pour les mouches feulement : 8c pour que ce plan ne nous tienne pas un trop grand elpace, je ferai forvir les huit marches pour les deux rangs de mouches, voyez la figure 8. Nous fuppoferons donc que depuis K K jufqu’en L L, ce font huit marches qui font mouvoir les liffes i kl qui doivent faire le premier rang des mouches ; & que depuis L L jufqu’en MM, ce font huit autres marches pour faire le fécond rang avec les liffes n o p. On obfervera que les huit liffes q q q , &c, font celles de fond qui n’ont ici, comme dans le plan précédent, aucune liaifon avec les marches de figure -, & l’on mettra huit marches pour le corps H, & huit pour le corps I du plan précédent : quant à la fabrication, on paffera toujours deux coups de fond pour chaque marche de figure , foit qu’on faffe le Satin liféré, foit qu’on le fafle lancé.
- J’ai dit qu’au lieu de huit marches, on peut fe fervir de cinq feulement pour chaque corps ; ainfi on pourroit fur notre plan, fig. 8 , fupprimer celles 4, 7 & 8 , parce que celle 4 fait mouvoir les mêmes ligatures que celle 3 ; en enfonçant deux fois de fuite la marche 3 , on auroît les mêmes effets qu’en paftant füccefîîvement de celle 3 à 4 ; la marche 7 fait monter les mêmes ligatures que celle 2 , & celle 8 la même que celle 1 : il eft donc facile lorfqu’on eft arrivé à la marche 6, de reprendre celle 2, 8c enfuite celle r , fans avoir égard à celles 7 & 8 , puifqu’elles produifent les mêmes effets : ainfi au lieu de vingt-quatre marches , on n’en aura que dix-huit, cinq pour cha-^ que corps de ligatures, 8c huit pour le fond.
- —» On fabrique encore par la marche un genre de Satin qui eft fort en ufàge Planche (jeplljs trojs ou qUatre ans ; on emploie ce Satin pour des habits d’hommes ; ü 19‘ - ' ' fort
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- Septième Section, ÎL Part. Des Taffetas ê Cro$-de-Tours, &c. jil fert pour des fonds de broderies en foie, en or, argent , & pour les habits d’hiyer ; on Ta auffi mis en ufàge pour le broché, pour habits, veftes , robes, Scc.
- Comme la plus grande quantité de ces Etoffes fè fabrique à la Marché , j’ai cru devoir la décrire ici feulement pour ce qui la conftitue par la marche , fans rien dire de la maniéré dont on fabrique le broché, &c*
- Ce Satin ne forme que de petits carreaux de deux dents de largeur , & de quatre coups de navettes lancées fur la hauteur conformément à l’échantii-lon , Fig. r , Planche 79 : ces petits carreaux font formés par les effets d’une trame qui fait un liféré produit par une navette lancée qui, fans être la navette du fond, y incorpore cette trame à l’envers de l’Etoffe, tandis qu’à l’endroit elle flotte de maniéré à déterminer les petits effets que nous voyons en travers de l’Etoffe. Tout ce qui préfente des lignes tranfverfàies fur l’échantillon , eft produit par cette trame lancée , & tout ce qui eft perpendiculaire eft produit par la chaîne qui dans cet endroit fait paroître le fond de l’Etoffe , qui eft en Satin ; car ce qui eft deflous les parties de trame eft Satin auffi.
- Voici comment on parvient à exécuter cette Etoffe ; on établit feize liflës à jour en deux corps de remiffe de huit liflès chacun. Chaque lifle contient un nombre de mailles égal au feizieme des fils de la chaîne ; ces mailles font diftribuées deux par deux , également fur chaque lifle , Sc forment autant de petits champs qffil y a de fois deux mailles fur une lifle, Suppofons que notre Etoffe foit fabriquée par un peigne de mille dents fur ±1 de largeur , & qu’on mette huit fils dans chaque dent : chacune des liffes fera compofée de $00mailles , lefquelles diftribuées deux par deux, donneront 2jo champs. Il eft bien difficile de mettre de l’efpace entre chaque deux mailles, lorf-que le nombre eft auffi grand; mais on ne fait que le marquer par un tour de fil fur le criftelle , afin qu’en remettant, on foit sûr de ne point fè tromper ; cependant on peut faire ces liffes toutes pleines : c’eft à celui qui les remet d’en ufer comme fi les mailles étoient féparées deux par deux ; de forte qu’il faut qu’ayant défigné fes deux corps de remiffe, il paffe alternativement deux cours fur un corps Sc deux cours fur l’autre , jufqu’à la fin du remettage. Quant au piquage du peigne , on obferve que les fils qui font paffés dans un des corps de remiffe , ne foient pas placés dans les mêmes dents de ceux de l’autre corps : ainfi on prend cours par cours fur chacun de ces deux corps, & on .place chacun des cours dans une dent féparée.
- Je ne crois pas qu’il foit poffible de bien donner à entendre l’armure , fans en mettre un plan fous les yeux ; la figure 2 le repréfènte ; on y voit feize marches , afin de ne travailler que d’un feul pied : on pourroit faire la même Etoffe avec dix marches , én travaillant des deux pieds, & pour en faire l’armure , on fupprimeroit fur notre plan les fix dernie-Étoffes ve Soie. VII. Part. V 8
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- 7*2 L'ART DES ÉTOFFES DE SOI.E. res marches, on armeroit en Satin les liffes a a, Scc. qui font fous l’accolade lijAyp.HE A , Sc qui forment le premier corps de remiffe ; de même celles b b , Scc. qui font fous l’accolade B, fur les huit premières marches. On fupprimeroit auflî tous les zéros qui font fur les marches 2,4, 6 Sc 8, qui lient ces marches avec les Mes a a, &c. en ny laifïant fiibfifter que ceux c, d, e >f, qui fervent à déterminer Far mure du Satin fur les huit lifîes : on arme la marche 9 , de maniéré qu’elle fafîe monter toutes les lifîes a a , Sec. fans en faire monter aucune de celles b h ; Scc. On arme la marche 10 , pour qu’elle fafîe mouvoir toutes les lifîes b b9 Scc. fans qu’elle ait aucune communication avec celles aaa , Scc. les deux dernieres marches font placées à gauche dans le métier , Sc les autres le font à droite , Sc de maniéré à former un corps féparé , afin que l’Ouvrier puiffe facilement travailler des deux pieds à la fois.
- Quand on fabrique cette Etoffe fuivant la première difpofition de notre * plan , on a deux navettes, une dont la trame eft à deux brins, comme pour
- un Satin ordinaire, Sc la fécondé à quatre brins ; en travaillant, on poufîê ces deux navettes alternativement, de maniéré que celle à trame fine , pafîe fous la levée des marches 3 , 5**7,9.it> 13 & 15 , & l’autre paffe fous la levée des marches 2, 4, 6, 8 , 10 , 12 , 14 & 16.
- Pour fabriquer félon la fécondé difpofition d’armure, on enfonce la marche 9 avec celles 2,4,6 Sc 8 , à chaque fois qu’on fait mouvoir une de ces quatre marches ; Sc lorfqu’on eft arrivé à la huitième , on fait mouvoir la mar-0 che 10, comme celle 9 , avec les marches 2, 4, 6, 8; de forte que toutes
- les fois qu’on a fait un cours des huit premières lifîes, on change une des marches 9 & 10: on paffe la navette à grofîe trame, toutes les fois qu’on fait mouvoir une de ces deux dernières marches , & on ne pafîe celle à trame fine que fous les levées des marches r , 3 , y & 7. Il réfulte de cette maniéré de fabriquer que la grofîe trame forme les petits carreaux dont les lignes font en travers, & que la trame fine ne paroît aucunement. Tels font les procédés qui conftituent les Satins & les Gros-de-Tours, façonnés par la marche, fuivant les méthodes les plus en ufage.
- J’ai dit au commencement de cet article qu’on pouvoir avec le nombre des ligatures que j’avois défignées , varier les deffins ; mais je dois prévenir que toutes ne font pas faites fur les mêmes difpofitions, ni en nombres égaux, & que ce qui détermine l’un Sc l’autre font les différents goûts ; on pourra juger par trois figures repréfentant chacune une échantillon dont l’Etoffe s’exécute à Lyon Sc dans nos meilleures Fabriques de France, qu’il n’eft pas po£ fible que les ligatures qui ont été employées pour faire l’échantillon, fig. x de la Planche 77 , puiffent faire^celui fig. 3 de la Planche 79, Sc que celles qui ont fervi pour faire ce dernier échantillon, ne peuvent fèrvir pour faire celui 4 de la même Planche , ainfi que les dernieres ligatures de cet
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- Septième Section. L Part. Des Taffetas & Gro$-de-ToUfS, <7*13
- échantillon ne pourroient pas fervir pour exécuter l’Etoffe de celui figure 5 : ces Etoffes font exécutées en lame or ou argent; & pour les effets qu elles Fl^HE portent, le fond eft ou Gros-de - Tours ou Taffetas: celui fig. 3 , laifïe jes intervalles en tous fens entre les rangs des mouches. Quoique Tordre que les mouches y tiennent foit bien différent de celui figure 1, P/. 77 9 ft ne faut pas pour cela un plus grand nombre de ligatures , ni même un plus grand nombre de marches ; la différence confifte dans la dilpofition de ces ligatures qui doit être prife fur le deffin, figure 6, Je n’ai pu me difpenfer de donner les deffins dont on peut tirer le montage de ces Etoffes.
- Le deffin, figure 6, doit fervir pour l’exécution de l’échantillon, fig. 3 ; il eft contenu feize fois dans la largeur d’une Etoffe de de largeur que nous fuppoferons^être fabriquée par un peigne de huit cents dents ; il faut douze ligatures pour faire les mouches, fix pour chaque rang , & quatre pour faire le fond. On fuivra le plan d’armure qui a fervi pour le deffin, fig. 2, PL 77, excepté les croifettes. Si Ton vouloit faire la même dilpofi-don de deffin en Satin, on l’exécuteroit de même que les Satins à mou-, ches, &c.
- Le deffin fig. 7 , fervira pour l’échantillon fig. 4 ; il faut dix - huit ligatures tant pour rendre les effets du deffin, que pour les parties de fond fur la largeur de l’Etoffe, parce que ces parties de fond n’étant que d’une dent, elles peuvent être faites fur deux liftes feulement ; ainfi pour faire chaque rang des demi-mouches , on difpofe huit ligatures, ce qui en fait feize pour les deux rangs : l’armure pour ce genre de deffin eft la même que pour faire les mouches du deffin précédent, excepté qu’il faut une marche de plus pour chaque rang des demi-mouches ; il faut cependant oblèrver pour ne pas faire des mouches entières , de ne point aller & venir fur les marches de figure, mais il faut auffi faire lever plufieurs fois de fuite deux des marches de chaque rang : on fe fervira de quatre marches pour chacun de ces rangs , ce qui fait en tout huit marches de figure qu’on divife en deux corps,
- Sc de plus, deux marches de fond : on voit qu’il n’y a pas de féparation entre les rangs ; il faut donc pour fabriquer, toutes les fois qu’on a paffé deux coups navette de fond , paffer un coup de lancé : quant aux quatre marches de chaque corps, on lance une fois fur la première , une fois fur la fécondé, deux fois fur la troifieme , & trois fois fur la quatrième ; on doit juger par-là qu’il eft très-poffible de varier les effets fur une dilpofition femblable , car ici on n’obtient que le deffin : or, en fuivant les entre lignes du papier réglé fur lequel eft porté le deffin, on verra que chaque rang de demi-mouches n’eft; compofé que de huit ; il faut fuppofer que notre deffin eft contenu feize fois dans la largeur de l’Etoffe , & que cette largeur eft la même que celles que nous avons vues ci-deflus ; alors en calculant le papier de notre deffin, on trou-
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- 724 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE* vera qu’elle eft faite avec un peigne de 1008 dents, ce qui ne compte que pour 1000, car on n’a jamais égard à l’excédent des dents toutes les fois que c’eft par une difpofition de deffin qui ne peut être contenu dans la totalité des dents 'par un nombre qui , en le multipliant , donne quelque fraélion ; alors on ne met pas un fil de plus à la chaîne , ni une dent de plus au peigne, on fait feulement rapporter le deffin dans la largeur de l’Etoffe, de maniéré qu’il s’y trouve répété foixante-quatre fois moins huit dents ; car fur notre deffin il y eft répété quatre fois, foit par le pofitif, 8c le reverjî-ble que plufieurs Fabricants appellent le contredit du deffin, prenant toujours la partie ffipérieure pour le pofitif, &c.
- En comparant le deffin >fig. 8 , avec l’échantillon >fig* $ 9 on reconnaîtra que l’un eft tiré de l’autre, 8c que c’eft le deffin qui a fervi pour exécuter l’Etoffe , d’où l’on a tiré l’échantillon ; les mêmes effets font contenus feize fois dans l’Etoffe , ce qui produit foixante-quatre fois les mêmes effets dans la largeur fur une même ligne ; on eft cependant obligé bien fouvent de répéter plufieurs fois les mêmes effets fur la largeur d’un deffin , afin de s’accor-. der avec le nombre des dents que doit contenir le peigne ; ici notre deffin fe trouve contenu foize fois dans notre Etoffe, que nous foppoforons être faite avec un peigne de huit cents dents , largeur ordinaire ; mais les effets de ce deffin , quoiqu’égaux en apparence, ne le font pas précifément ; car fur le total on en trouvera en cc 9fig. 8 , qui contiennent fept dents en largeurpojîtive, tandis que tous les autres qui ne font pas de la même colonne , n’en contiennent que fix ; il a donc fallu faire un calcul de fuppofition pour faire accorder les effets à la grandeur du deffin, & le deffin à celle de l’Etoffe. Notre deffin comprend cinquante entre-lignes : les mêmes effets font répétés fur la largeur ; en faifant ces effets for fix dents au pofitif, 8c fix dents au contredit , cela ne fait que douze dents , qui , répétées quatre fois, donnent quarante-huit ; ce nombre ne fe trouve pas jufte dans celui de huit cents dont eft compofé le peigne, puifqu’il y eft feize fois plus trente-deux dents ; il faut cependant faire un accord qui puiffe quadrer avec ce peigne, fins faire rendre au deffin des effets défeétueux ; ainfi quarante-huit dents , ne donnant pas un accord jufte, il a fallu en mettre cinquante, & donner une dent de plus à deux pofitifs des effets du deffin , & les écarter l’un de l’autre, afin qu’ils ne marquent pas fenfiblement fur l’Etoffe ; par ce moyen pn poffede le nombre cinquante , 8c un accord jufte avec le peigne de huit cents , 8cc. Il auroit été poffible cependant d’approcher le nombre de huit cents, fans hafàrder une plus forte grandeur à un des effets du deffin qu’aux autres, car il y a toujours quelque irrégularité qui choque la vue, quoique d’une feule dent; alors il faut faire le deffin de douze dents par le pofitif 8c le reverfible : on aura foixante fept fois le deffin dans la largeur de l’Etoffe, 8c Ton aura feulement
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- Septième Section. ï. Part. Des Taffetas & GfôS-dë-TôuH', %&c‘. 72 y ment quatre dents à négliger fur une des extrémités de l’Etoffe * parce que foixante-fept fois douze font huit cents quatre dents ; alors il ne fe trouve rien de défectueux. • ’ ; f >
- Cette différence dune dent de plus ou de moins ne donne pas Un plus grand nombre de ligatures ; ainfi pour fabriquer notre Etoffe , il en faut dix-huit, dont douze à foixante-quatre champs de deux mailles ; deux de foixante-quatre champs de fix Sc de huit mailles alternativement, & deux de foixante-quatre champs de fix mailles chacun. Si l’on avoit fuivi la derniere méthode pour mettre le deffin en carte , au lieu de foixante-quatre( champs dont font compofées nos ligatures, elles le feroient de foixarîte-fept : alors celles qui ont des champs de huit mailles , n’en auroient que de fix, car ces deux mailles de plus font fur trente-deux des champs de chacune des deux avant-dernieres liffes> qui produiroient trois champs de plus fur toutes. On peut en faire le calcul par les foixante-quatre mailles qu’il y a de plus fur chacune de ces deux lifîes, ce qui fait cent vingt-huit mailles dont il faut faire douze champs de fix, fàvoir, trois pour chacune des quatre dernieres lifîes, ce quï emploie fbixante-douze mailles ; il faut faire encore trente-fix champs de deux, trois pour chacune des autres liffes , ce qui emploie encore foixan-te-douze mailles ; ces deux nombres excédent de feize celui de cent vingt-huit , auffi ce font les feize mailles qu’on doit avoir de trop fur le nombre de foixante-fept fois douze, qui multiplié enfuite par quatre, donne trois mille deux cents feize, au lieu que le compte des mailles compris fur nos premières ligatures eft de trois mille deux cents mailles, ce qui donne quatre mailles par dent pour un peigne de huit centSà
- Je fuis entré dans ce détail de calcul pour faire connoître la maniéré de déterminer les différentes difpofitions des ligatures, en les comparant au nombre des effets qu’elles doivent rendre dans la largeur de l’Etoffe.
- Je n’ai pas jugé à propos de déterminer la combinaifon de mon deffin fut foixante-fept, en lui donnant un ordre régulier , plutôt que fur foixante-quatre avec un ordre irrégulier, parce que fouvent les métiers font difpofés à corps de maillons pour tenir lieu de ligatures, alors les difpofitions font déterminées par feizieme , par vingtième, Scc. Comme on veut faire des petits effets de deffin, il faut néceflairement les multiplier dans ces feiziemes, dans ces vingtièmes, &c. Sc comme on ne peut pas toujours trouver des effets qui s’accordent précifément avec le nombre de dents de la divifion déterminée , il faut alors, par de plus grands Sc de plus petits effets les uns que les autres, s’accorder à la totalité , ou changer la difpofition du métier, ce qui arrive même fur des difpofitions de ligatures ; car comme on eft actuellement dans le goût de fort petits effets dans les deffins de ce genre , Sc même prêt* que en tous genres d’Etoffes de Soie , au lieu de maillons, on ne monte ces Etoffes de Soie. L Part. X 8
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- métiers qu’avec des ligatures auxquelles on donne les difpofitions les plus avan-tageufès pour pouvoir en varier les effets fans rien déranger au montage : c’eft par une de^ces difpofitions que je pourrois terminer cet article; mais comme elle a du rapport avec les Prufîîennes à la marche, j’ai cru devoir renvoyer à l’article de cette Etoffe.
- Je finirai cet article par le détail des moyens d’exécuter l’échantillon, figure 5 : cette difpofition de deffin n’a rien de commun avec le genre de deffin à mouches : la figure 9 va nous fervir de guide.
- Il faut d’abord obferver que les champs qui font fur nos ligatures, font également diftants les uns des autres fur chacune 5 & que l’ordre que nous allons y établir , foit pour le remettage, foit pour la fabrication , eft tel que chaque couple de ligatures aura fes champs placés les uns devant les autres : ainfi les champs des ligatures 1,2, feront en face les uns des autres $ ceux des ligatures 3 & 4, de même , ainfi que celles y & 6, celles 7,8, &c. cet ordre eft abfolument néceffaire pour faciliter le remettage. Lorfqu’on voudra remettre, on commencera par paffer les deux premiers champs des ligatures 1 8c 2, en mettant alternativement un fil dans chacune de leurs mailles. De4à on paffe aux deux premiers des ligatures 3 & 4 dans le même ordre ; enfuite on vient aux deux premiers champs des ligatures y Sc 6 f delà à celles 7 & 8 : ces deux ligatures font cenfées avoir chacune leur champ de fix mailles ; on prend une maille de chaque champ pour les bien paffer ; de-là on vient furies ligatures 9 & 10, enfuite fur celles 11 & 12, puis fur celles 13 & 14; ces fix dernieres ligatures ont toutes leurs champs de deux mailles feulement , qu’on prend comme il vient d’être expliqué. On termine le cours par les premiers champs des ligatures ry & 16 : ces deux dernieres ligatures ont leurs champs de fix 8c de huit mailles ; il faut que ceux de fix de l’un foient pafles avec ceux de fix de l’autre , ainfi que ceux de huit avec ceux de huit ; après quoi l’on recommence par les féconds champs de toutes les ligatures, pour former un fécond cours des féconds aux troifiemes, & toujours pafies comme le premier, jufqu’à la fin. Le peigne doit contenir quatre fils par dent ; confequemment on prend les mailles de maniéré ,que chacune amené les quatre fils dont on a befoin pour chaque dent.
- L'armure doit fe faire fur le plan, fig: ro ; les feize lifîes ne font qu’un feul corps ; elles font mifes en mouvement deux par deux, parce que chaque deux lifîes produifent une des graduations des effets du deffin, ainfi les marches de figure font toujours armées de maniéré qu’elles prennent ou laiflent deux lifîes à la fois par les combinaifons qu’on eft obligé d’en faire, ce qui fignifie que les lifîes i i font deftinées pour une graduation ; celles kk pour une autre ; celles //en font une troifieme, celles mm font pour une quatrième , celles n n pour une cinquième, celles 0 0 pour une fixieme, celles
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- Septième Sect. I. Part. Des Taffetas & Gros-de-Tours $ &c. jij pp pour une feptieme , & celles qq pour la huitième. On ne fauroir faire lever une ligature, fans que Celle qui eft fous la même dénomination, ne monte ; autrement il y auroit un défaut ; ainfi toutes les fois qu'on en fait mouvoir une par une des marches C 9 D, E , F, Gf H 9 / , K9 il faut que là jumelle fe meuve aufli. Il faut bien prendre garde que funion des lifles deux par deux n'a lieu dans le mouvement, que pour les marches de figure que je viens de défigner ; mais pour les marches de fond L3Mf c eft tout le contraire , il faut qu'elles foient féparées , ainfi qu'on le voit par le plan d'armure où elles font toutes prifes alternativement par une marche & par l'autre,
- Pour fabriquer les trois échantillons que nous venons de voir, il ne faut que deux navettes , une pour le fond & l'autre pour la dorure ; car en générai 3 c'eft avec de la lame or ou argent qu'on exécute les deffins ; ainfi on pafle deux coups de fond pour un coup de lame , lorfqu'on fait un Taffetas ; mais quand on fait un Gros-de-Tours à gros grain, on pafle un coup de fond & un coup de lame. Pour l’échantillon, fig. 3 , on fait des intervalles de fond /pour y féparer les rangs des mouches ; pour celui fig. 4, & celui fig. 5 , il n'y a point d’interruption , l'Ouvrier pafle un ou deux coups de fond pour un coup de lame.
- Comme les Prufliennes à la marche ont beaucoup de rapport avec les articles des Gros-de-Tours & Taffetas , je vais les traiter dans le Chapitre fuivant. Je ferai remarquer que, par la difpofition des ligatures, on pour-roit faire très-avantageufement les Taffetas & les Gros - de - Tours façonnés que nous venons de voir dans ce Chapitre.
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- l'ART DES ÊTDFFÉS DE SOIE,
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- CHAPITRE VII.
- Des Prujjiennes façonnées par la Marche , des petits Droguets appellés Maubois, des Egyptiennes 3C des Amboifiennes.
- j Article Premier.
- Des Prujjiennes.
- ï j a Pruflîenne eft un genre d’Étoffe qu*on a inventé il y a environ trente ans : les Lyonnois s’en attribuent l’invention ; les Tourengeaux la leur difpu-tent. On croit communément qu’on lui a donné le nom de PruJJienne, parce qu’on en avoit déjà établi des Manufactures en Prufle , ou plutôt dans le Brandebourg ; car c’efl: à Berlin que les Manufactures de Prufle ont commence ; & c’efl: dans cette ville qu’elles ont fait le plus de progrès , eu égard aux autres Villes de la dépendance du Roi de Prufle.
- Cette Etoffe a fourni Sc fournit encore une branche considérable dans le commerce des Etoffes de Soie ; elle fe fabrique dans toutes nos Manufaélu-res, foit à la Marche, foit à la Tire. On doit préfumer que la différence qu’il y a entre les Prufîîennes fabriquées par la Marche, & celles qui font faites à la Tire, ne confifte que dans la grandeur des deffins ; ceux dont nous allons nous entretenir ne pafferont pas vingt-huit marches & trente-deux ligatures ; toutes celles qui palfent ce nombre^ doivent être faites à la Tire î je trouve même le nombre de vingt-huit marches très confidérable ; mais ori en a fait jufqu’à trente , pour éviter les frais d’un Tireur. Je n’entrerai pas ici dans la difcuflion de lavoir fi la quantité d’ouvrages que fait l’Ouvrier avec un fi grand nombre de marches, compenfe ce qu’il pourroit gagner de plus avec un Tireur ; je dirai feulement que toutes les fois qu’on trouve le moyen de s’en palier , fans même y trouver d’autre avantage que celui de pouvoir faire Ion ouvrage tout feul, on doit le faire, quand ce ne feroit que pour ne pas courir le rifque dé ne point travailler dans certains moments ou 1 indif-pofition , le caprice ou quelqu’autre événement privent 1 Ouvrier de Tireur : d’ailleurs, il efl agréable pour un Ouvrier de travailler quand il le defire, fans être obligé d’attendre un fécond. Cet inconvénient eft fi gênant, que , depuis long-temps, on a cherché le moyen de fupprimer le Tireur : on a réuffi en général, mais on n’en a pas toujours fait ufage. Je reviens aux Pruf-
- Tiennes. f
- La Pruffienne eft un genre d’Etoffe dont le fond eft Gros-de- Tours ou
- Taffetas ;
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- Septième Section. I. Part. Des PrujfienneÈ. 7^9
- Taffetas ; ce qui y fait les parties façonnées, eft la chaîne ; on ourdit cette chaîne en deux couleurs , lorfqu'on veut que les effets du deffin foient op~ pofés par les couleurs; telle a été même l'idée qui adonné lieu à l'invention de cette Etoffe ; ainfî il a fallu, en ourdifîant, mettre un pas d'une couleur , un pas d'une autre. Voyez à la treizième Seélion du onzième Chapitre de TArt d'ourdir les Chaînes , quelle eft la maniéré d'ourdir à double pas , c'eft-à-dire , un pas d'une couleur, un pas d'une autre. On a toujours bien réufll quand on a donné des oppofitions fenfibles aux deux couleurs, c eft-à-dire , lorfqu'on a mis un verd foncé avec un rofe tendre, un mor-doré avec un petit-jaune, un gris foncé avec un blanc, &c. mais il faut obferver de ne pas mettre deux couleurs à la même teinte!
- On a trouvé moyen de taire reflortir une troifieme couleur à ces Etoffes, fans pour cela rien augmenter au travail ni à l'arrangement du métier ; ce n’eft que de l'armure ou du liflàge que dépend cet effet. Il eft produit par la trame qui forme le tiflu ; de forte que fi la chaîne eft ourdie un pas gros bleu, un pas blanc, on emploie une trame couleur de rofe, couleur d'or, &c. & cette trame fait elle-même un des effets du deffin qui pour cela doit ctre fait en conféquence.
- Je ne démontrerai pas dans les deffins faits pour les marches, ces triples effets fur l'Etoffe , parce que les deffins font trop petits. Cependant je dirai un mot des moyens par lefqueis la trame produit un effet différent de celui qu'elle doit naturellement produire dans le fond de l’Etoffe, & offre en même temps une partie des effets du deffin. Voyons d'abord les effets produits par deux couleurs de la chaîne ; comparons les échantillons fig. 1,3 & y de t la Planche 80 , aux figures 2,4 & 6, dont ces échantillons font tirés : les trois échantillons font faits en deux couleurs , fans y comprendre le fond qui, par fon tiflu , rend une troifieme couleur qui doit être fenfible par rapport au croifement des deux pas, qui, étant d'une couleur oppofée , pro-duifent un effet de Cannelé qui paroît à proportion de la groffeur dont eflf la trame, c eft-à-dire , que plus la trame eft groffe, plus cet effet de Cannelé eft fenfible : il n'eft gueres poffible de le rendre par la gravure ; mais qu'on fe fouvienne d'un Cannelé fait par un poil doubleté, que nous avons vu dans un des Chapitres précédents ; il eft là en grand ce qu'on verroit ici en petit.
- Le papier fur lequel font portés nos trois deffins, eft encore du 10 en ïo ; je me fuis fervi de ce compte de papier, pour ne pas entrer encore dans# la differtation des différents comptes de papier qu'on emploie pour les Étoffes façonnées ; fouyent on emploie le papier de 8 en 10 , & quelquefois même de 8 en 12. Je n'ai pas cru devoir encore faire c es remarques 3 parce que pour les Etoffes à la marche , on peut gagner dans les proportions des effets Etoffes de Soie. FIL Part. Y 8
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- 730 VA R T DES ÉTOFFES DE SOIE.
- z d’un deffin, ce qu'on ne pourroit faire pour les Etoffes qu'on fabrique à la tire;
- Je donne trois différents defTms pour faire voir les variétés dont eft fuf ceptible ce genre d’Etoffe ; on pourra en combiner à finfini.
- L'échantillon Jzg. 1 8c celui fig. 3 , peuvent être fabriqués par un même nombre de liifes, mais non pas par un même nombre de marches.
- D’abord il faut remarquer que notre premier deffin eft fait fur dix cordes de rame , 8c qu'il n’a que treize coups de hauteur, tandis que le fécond fait fur le même compte de cordes de rame, n'a que dix coups de hauteur. ( Il • faut le refîouvenir que nous appelions cordes de rame , tous les entre-lignes perpendiculaires qui font occupés par la largeur du deffin fur le papier réglé, & que par coup nous entendons les entra-lignes tranfverfàux ou horifon-taux qui font for ce même deffin : nous appelions encore lac chacun de ces derniers entre-lignes. ) Dans le genre d’Etoffe qui nous occupe, les entre-lignes tranfverfàux font cenfés défigner chacun deux marches ; ainfi autant il y a d’entre-lignes fur un deffin en hauteur, autant de fois il faut deux marches pour l'exécuter, & autant il y a d'entre-lîgnes dans fà largeur , autant de fois deux ligatures. Il faut d’abord obferver que notre deffin eft répété quatre fois for la largeur de la carte qui le contient ; de ces quatre fois , il faut en diftraire trois, car nous n’en avons befoin que d'une ; 8c fi j'ai répété plufieurs fois les effets du deffin , fur tous ceux que nous allons voir:
- . pour cette Etoffe, c'eft pour montrer qu'en fait de petits deffins de cette efpece, les Deffinateurs les répètent for la carte, afin de mieux en apper-j cevoir l'enfomble. Du refte , pour l'exécution, une feule fois en largeur 8c une feule fois en hauteur foffit, à moins qu'on ne voulût exécuter ces mêmes deffins fur un plus grand nombre de ligatures : ainfi notre deffin qui peut fe faire for vingt ligatures, pourroit fe faire for quarante , fur foixante & for quatre-vingt , 8c cela par progreffion , en augmentant toujours par vingt ; mais on ne fait ces fortes de calculs qu’autant qu’on a des métiers difpofés fur des nombres de ligatures confidérables , afin d'éviter de monter un nouveau métier , à moins qu'on ne voulût avoir un métier propre à plufieurs grandeurs de deffins ; car il ne feroit pas poffible de faire un grand deffin fur un petit nombre de ligatures , au lieu qu'on en peut faire de très-petits fur un grand nombre. Pour entendre cela, il faut remarquer que la largeur de notre deffin feroit telle qu'il la faudroit pour quatre-vingt ligatures, parce qu'elle contient quarante entre-lignes ; mais comme le def-fin eft répété quatre fois dans cette largeur > il eft certain qu'il ne prend que dix entre-lignes chaque fois : ainfi le quart du nombre de ligatures qu’il prendroit en total foffit pour une des répétitions en particulier; & néanmoins la même quantité de répétitions fe trouvera dans la largeur de l'Etoffe, parce que les ligatures ne feront pas faites d'une égale quantité de mailles, 8c lorf
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- SeptieM£ Section. 1. Part. Dès PrüffiennêS* 731
- qu’on aura quatre-vingt ligatures, elles auront chacune vingt champs de deux mailles, ce qui fait en tout feize cents champs & trois mille deux cents mailles, P^nchë
- fc 0*
- & à quatre fils par dent il faudra un huit cents de peigne fur la largeur de : fi les quatre-vingt ligatures font de vingt champs chacune , & que l’on répété quatre fois le deflîn fur leur étendue , le deflîn fera compris quatre-vingt fois; & pour revenir au même compte, vingt ligatures à quatre-vingt champs chacune , donneront auflî quatre-vingt fois le defîin fur la largeur de l'Etoffe ; quarante ligatures auront chacune quarante champs; en y répétant deux fois le deflîn en largeur , on aura encore quatre-vingt fois le deflîn fur la largeur : quoique notre deflîn porté fur dix entre-lignes puifle être exécuté fur foixante ligatures, on aura bien encore quatre-vingt fois le -deflîn fur la largeur de l’Etoffe ; mais il faut que les ligatures ayent des champs de refte, ou il faut les combiner de façon que toutes ne foient point faites fur un nombre égal de champs, parce que , fi on les fait fur vingt-fix champs, on n en aura que quinze cents foixante , ce qui fait trois mille cent vingt mailles , & il en manqueroit quatre-vingt ; fi on les fait à vingt-fept champs, foixante par vingt-fept donnent feize cents vingt, ce qui produit trois mille deux cents quarante mailles ; ce font quarante mailles de trop : il faudroit faire quarante ligatures à vingt-fept champs chacune , & vingt à vingt-fix, & le produit fè rencontreroit jufte ; mais comme il y a des combinaifons à faire pour ranger les deux differents comptes de ligatures , on les fait toutes à vingt-fept champs, & en remettant, on néglige les quarante mailles qui fe trouvent néceflàirement de refte à la fin.
- Je ne fuis entré dans l’explication de ces differents nombres de ligatures, que pour faire voir qu’on peut s’en fervir pour nos petits deflîns faits à la marche ,
- & fur-tout lorfqu’on ne veut pas faire un fécond montage de métier ; car les re-mettages de ces fortes de ligatures demandent la plus grande attention, à caufe du grand efpace qu’elles occupent quand le nombre va au-delà de quarante ; cependant je ne donnerai de defeription détaillée que pour les deflîns qui font fous nos yeux : ainfî le deflîn fig. i, doit être exécuté par vingt ligatures de cent foixante mailles chacune, efpacées deux par deux, ce qui produira, quatre-vingt champs, & les mailles feront faites à petits coulifles. Il y a deux maniérés de remettre ces ligatures ; la première , eft d’en faire deux corps,
- ]$c la fécondé eft de les pafler par corps ; on parvient également par ces deux façons de remettre, à exécuter tous les deflîns qui peuvent être exécutés fur le nombre de ligatures qu’on a déterminé ; amfi foit qu’on ait vingt ligatures à pafler ; qu’on en ait trente, plus ou moins , peu importe l’ordre qu’on leur fera tenir au remettage, pourvu qu’on le fafle régulièrement. Ce qui a donné lieu à ces deux maniérés de remettre, ce font les differents moyens qu’on a mis en ufàge pour faire mouvoir les ligatures ; ceux qui les
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- - font mouvoir par des ailerons ou par des cordes de rame, avec un petit caffzn, font le remettage en plaçant les ligatures en deux corps, dont l’un forme un pas, & l’autre forme le fécond ; par ce moyen, lorfque la chaîne eft ourdie en deux couleurs , une des couleurs pafle dans les mailles du premier corps & l’autre dans celles du fécond. Les vingt ligatures repréfentées par la figure 9 , feront comprendre Tordre des deux façons de remettre ; voici le premier : il faut avant tout obferver que la chaîne eft toujours ourdie double , fans quoi cette Etoffe eft de bien peu de valeur. Les dix liftes qui font depuis A jufqu’à B , forment le premier corps ; celles qu’on voit de B en C, forment le fécond: on prend le premier champ de la ligature 20; on pafle le premier fil dans la première maille de ce champ, & le fécond dans la première maille du premier champ de la ligature 10 ; le troifieme , eft , pafle dans la fécondé maille du premier champ de la ligature 20, & le quatrième dans la féconde maille du premier champ de la ligature 10: il réfulte du remettage de ces quatre fils que les deux ligatures qui les contiennent font remifes comme deux liftes d’un Taffetas. On pafle de-là au premier champ de la ligature 19 * & au premier de celle 9 , pour y pafler quatre fils dans le même ordre de ceux que nous venons de voir : après cela, on en pafle encore quatre fur les premiers champs des ligatures 18 & 8 , & infen-fiblement de deux à deux ligatures , dont toujours une prife fur chaque corps en fuivant les numéros depuis 20 jufqu’à il , & depuis 10 jufqu’à 1 , pour le premier cours. On vient de fuite au fécond par le deuxieme champ de chaque ligature, confervant toujours le même ordre de remettage , & fuc-ceflivement d’un champ à l’autre jufqu’au quatre-vingtieme qui eft le dernier.1 Si Ton fait attention à cette maniéré de remettre, on verra qu’en faifànt lever alternativement un des deux corps , on fera un Gros-de-Tours ou un Taffetas, parce que chacun de ces deux corps eft cenfé ne faire l’effet que d’une feule lifte ; ce n’eft donc que pour divifer la chaîne en plufieurs parties , que d’une feule lifte qu’il faudroit, on en fait dix. C’eft par le fecours de ces divifions qu’on vient à bout d’obtenir les graduations néceflàires pour former les contours des parties d’un defîin. Pour bien entendre cette maniéré de faire rendre les deflîns fur une Etoffe, par les divifions des fils de la chaîne , il faut fe fouvenir que j’ai dit ci-deflus que notre deflïnfig. 2 t exigeoit vingt ligatures, que chacune de ces ligatures étoit compofée de quatre-vingt champs, & que le deflïn fe trouvoit répété quatre-vingt fois dans la largeur de l’Etoffe. Il faut conclure de-là que chacun des champs qui divifeht les ligatures, fournit à une des répétitions de deflïn ; donc quatre-vingt champs doivent donner quatre-vingt fois la même graduation dans la largeur de l’Etoffe : or , fi une répétition étoit fufceptible de vingt graduations , en aflemblant un feui cours du remettage que nous venons de voir *
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- on auroit une répétition. Il eft à propos de remarquer que les vingt champs donc notre cours eft compofé, ne peut nous donner que les effets de dix P-akchë graduations, parce qu’on ne peut compter dans ce genre d’Etoffe , qu’un champ pour deux, à caufe qu’elle ne forme aucun envers -, car à mefure qu’on fait lever d’un corps quelque ligature , on laiiîe en fond fa pareille, c’eft-à-dire , celle qui s’accorde au remettage avec elle ; par exemple, la ligature X eft la pareille de celle i r , celle 2 de la douzième , celle 3 de la treizième , ainfî des autres jufqu’à dix pour le premier corps , & jufqu’à 20 pour le fécond ; de forte que pour ouvrir le pas, on fait toujours lever la moitié des ligatures dans un ordre conforme aux effets du deffin & à ceux du fond, 3c le même mouvement qui fait l’un fait l’autre en même temps* Ainli, li l’on fait lever les ligatures 1,3,4, 6, 7 & 9 du premier corps , on fait lever enfemble celles 12 , iy , 18 & 20 du fécond corps; on laiflè donc en fond fur le fécond corps les ligatures pareilles à celles qui montent du premier ,
- & dans celui-ci les pareilles à celles qui montent du fécond. On va voir comment dix graduations font fuffifàntes pour faire rendre les effets de notre deffin, & comment vingt champs peuvent ne donner les effets que de dix graduations. Les échantillons & les deffins qu’on a fous lés yeux préfentent deux couleurs dans leurs effets, fans y comprendre le fond; ces deux couleurs font les effets des deux différents pas de la chaîne, combinés de maniéré que lorfque l’une fe montre au-deflus , l’autre refte en defîous de l’Etoffe : par confequent, dans les endroits de cette Etoffe où paroiflent les effets du deffin , la chaîne flotte deffus & deflbus, & la trame badine entre les deux couleurs ; la précifion qu’on doit apporter à l’armure, qui eft ici un petit lifage confifte à faire monter par ordre ces deux couleurs , pour faire fentir les effets du deffin. Quant aux dix graduations que j’ai annoncé devoir fiiffire, on fe contentera de jetter les yeux fur le deffin2 , ou fur celui fig. 4, pour fentir que n’ayant l’un & l’autre que dix cordes de largeur ( puifqu’ils font l’un & l’autre répétés quatre fois fur les quatre dixaines qui les com-pofent, & que chacune de ces cordes ne fàuroit faire qu’une feule divifîon ,) les graduations ne peuvent pas être en plus grand nombre , puifqu’eiles ne font, & ne peuvent être faites que par les parties qui forment les divifions.1 Il faut cependant prendre garde que le nombre de dix graduations dont je prétends parler, ne fe borne qu’à la qualité, c’eft-à-dire, qu’il ne peut y avoir dans un deffin de dix cordes de largeur que dix fortes de graduations, tout au plus ; mais quelles peuvent être répétées autant de fois que la hauteur ou la polition des effets des deffins peuvent l’exiger. Comme nous ne ifommes pas encore aux Etoffes façonnées par la tire , je n’entrerai pas dans un plus grand détail à ce fujet, parce qu’il eft encore^ fufceptible de plufieurs démonftrations qui m’en écarteroient. U me refte à faire remar-Étoffes de Soie. FIL Pan. Z 8
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- quer ici qu’en remettant on a pris un champ fur une ligature d’un corps, & un champ fur fà pareille à l’autre corps ; on a néceffairement déterminé ces deux champs comme n’en faifant qu’un feul, car les fils de chaîne qui paffent dans tous les deux, doivent occuper la même dent : il réfulte de cette remarque que les graduations des effets du deflin, font de la valeur d’une dent. J’ai cru devoir entrer dans ce détail, parce qu’on trouve des genres d’Etoffes où les graduations font de deux dents , d’autres où elles ne font que d’une demi-dent, d’autres qui font d’un tiers de dent , & d’autres enfin qui font graduées par un quart ; il arrive même que celles qui ont les graduations de leurs deffins les plus fines, font fufceptibles de compte de peignes les plus fins.
- Voyons par quel moyen on peut trouver les combinaifons de l’armure : cette partie très-curieufè par elle-même exige beaucoup d’attention * pour être bien fentie : le deffin fig. 2 , eft fufceptible de vingt-huit marches ; fî Ton compte les coups depuis les points aa9 jufqu’aux points b b , qui donnent toute la hauteur du deffin , ou depuis b b, jufqu’à c c , qui eft la même hauteur , on en trouve treize , c’eft-à-dire, treize entre-lignes tranfverfàux ; chacun de ces entre-lignes exige deux marches , ce qui fait que pour la hauteur de treize entre-lignes, il faut vingt-huit marches. Pour armer notre métier , il faut nécelfairement un plan d’armure qui fera tiré du lifage pris fur le deffin ; fans cette précaution, je ne croirois pas pouvoir faire comprendre affez intelligiblement l’ordre qu’on doit donner au mouvement des ligatures : le planjïg-. io , nous fervira à cet effet, Sc fur ce même plan , je ferai entendre auffi l’armure des deffins fig. 4 $ 6, & même celles du deffin fig. 8. Je reviens à celui fig. 2 , & en expliquant l’ordre qui doit régner entre les marches & les ligatures , afin de leur imprimer les mouvements conformes au deffin qu’elles doivent produire , je ferai voir le rapport de ces mouvements , avec les effets du deffin: je commence d’abord par le plus bas entre-ligne pour finir par le plus haut, en les fuivant par ordre l’un après l’autre ; ainfi le premier de ces entre-lignes répond aux marches I & 2 de notre plan : il me refte à prévenir que je regarderai la couleur claire , comme étant le pas paffé fur le premier corps des ligatures^. 9; ce corps répond à celui de notre plan compris fous l’accolade D , Sc les ligatures y font dé-fignées par les mêmes* numéros. Par cette raifon la couleur brune portée fur notre deffin , appartiendra au fécond corps qui répond à celui de notre plan compris fous l’accolade E : ainfi, en fuivant notre armure, on verra que dans quelque fens & à quelqu’endroit qu’on examine notre plan, chacune des marches fait mouvoir dix ligatures prifes fur l’un ou fur l’autre corps : on ap-percevra que les oppofitions font telles entre les deux corps, que les pareilles ligatures qui ne font pas mifes en mouvement fur un corps, le font fur
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- l’autre ; la marche r fait mouvoir fept ligatures du corps D, elle laîfle en fond la fécondé , troifieme 8c quatrième de ce même corps , & pour que Manche le fond & le deflin foient d’accord , la douzième, la treizième 8c la quatorzième du corps E font mifes en mouvement ; ces trois ligatures font les pareilles de celles 2, 3 & 4 du corps D : en parcourant toutes les marches on trouvera la même combinaifon.
- Il paroît, au premier abord, qu’il faudroit que la fécondé marche fit l’inver-iîté de la première ; mais cette combinaifon feroit fauffe , 8c l’on ne pourroit en obtenir les effets des delïîns ; il faut donc s’attacher aux couleurs , & faire valoir deux marches pour chaque entre-ligne tranfverfàle : alors, en com fidérant le corps Z?, comme devant faire mouvoir la couleur claire de la chaîne, on compte tous les petits carreaux qui font blancs , c’eft-à-dire, qui appartiennent au fond , 8c on les regarde comme autant de ligatures qu’on doit faire monter par la première marche ; on y joint les carreaux qui font couverts de la couleur claire , s’il y en a ; par exemple, depuis le premier a , jufqu’à d, fur notre figure 2, on compte dix carreaux qui divifent chacun des entre-lignes tranfverfimx, ou pour mieux dire , chacun de ces entre - lignes forme dix petits carreaux ; la première a trois carreaux couverts par la couleur brune feulement ; ces trois carreaux font le fécond, troifieme 8c quatrième : comme cette couleur appartient au corps E, la marche 1 fait lever ces trois carreaux fur le corps E , & pour qu’il n’arrive pas un mélange de couleurs, elle ne fait lever fur le corps D, que les ligatures 1, 5, 6,7, 8, 9 & 10 , de forte que celles 2,3 8c 4, relient en fond ; il réfulte de ce mouvement que cette marche emmene au-deflus fept ligatures de la couleur claire, 8c trois de la couleur brune ; la fécondé marche fait lever tout le corps des ligatures qui contiennent le brun ; toutes ces ligatures font croifer la foie qu’elles font monter, avec la foie claire qui a monté avec la marche précédente, excepté les ligatures 12 , 13 14,
- qui remontent, car elles avoient déjà monté par la premiers marche. Cette fécondé marche ne fait rien monter du pas clair; le fécond entre-ligne dépend de la troifieme & quatrième marches. Si l’on veut fuivre les dix carreaux qui le compofent, 8c les comparer avec nos vingt ligatures, on trouvera que la même réglé que je viens d’expliquer, y eft obfervée, de forte que la troifieme marche prend tous les carreaux blancs fur le corps D > 8c celui qui fe trouve couvert de couleur claire, & qu’il ne prend ceux qui font couverts de couleur brune que fur le corps E ; la marche 4 fait le contraire , elle prend fur le dernier corps tout ce qui fe trouve de blanc 8c de brun , & ne prend ce qu’il y a de clair fur le defîïn que fur le corps D , qui eft cenfé contenir la foie claire. Toutes les marches foivront exactement cette combinaifon; il s’agit feulement de comparer for tous les entre-lignes tranf-
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- verfàux les petits carreaux qui les divifent, une fois pour une marche , & une fois pour l’autre , c’eft-à-dire que toujours la première des deux marches , quel que foit celui des entre-lignes tranfverfaux auquel elle appartient , prendra le fond & la couleur claire fur le corps D , 8c la couleur brune fur celui E , & la fécondé de ces deux marches prendra tout le fond & la couleur brune fur le corps E , Sc la couleur claire fur le corps D ; c’eft une réglé de laquelle nous ne fortirons pas que tous nos deffins ne foient décrits: ainfi on en ufera de même pour chaque deux marches ; obfervant de ne pas armer l’une pour l’autre ; car fi l’on faifoit cette faute, ce feroit une défec-tuofité très-grande pour l’Etoffe.
- Il me refte à faire remarquer que fur notre deflîn fig. 2 f le feptieme & le quatorzième entre-lignes tranfverfaux font tous les deux en fond , c’eft-à-dire , qu’il nsy a de couleur ni fur l’un ni fur l’autre : on obferve cette maniéré de mettre en carte , afin de pouvoir élaguer le deflîn ; de forte que fi l’on veut éloigner les rangs des petits grains qui compofent le deflîn , on en eft maître; car quand on en a fait un rang, on peut faire plufieurs fois les marches treize & quatorze , parce qu’elles font armées de maniéré à faire ün fond Taffetas ou Gros-de-Tours, ainfi qu’on peut le reconnoître en fe rap-pellant la maniéré dont on a remis, & en faifânt attention que chacune de ces deux marches fait mouvoir toutes les ligatures d’un corps fans avoir rien de commun avec celles de l’autre : les marches vingt-fept & vingt-huit font armées de même , elles font deftinées pour la divifion du fécond rang des grains.
- Je crois qu’il ne fera pas nécefiaire de répéter les explications que je viens de faire pour donnera comprendre l’armure di^ deflîn fig. 4; on doit exao» tement fuivre les mêmes combinaifons , & les faire en raifon de la couleur claire & de la couleur brune qui fe trouve fur le deflîn pour en conftituer les objets qu’il repréfente ; on en ufera de même pour les parties en blanc qui déterminent le fond de notre Etoffe.
- Le même plan fig. 10 5 peut fervir pour faire connoître l’armure de ce fécond deflîn, on prendra garde feulement qu’au lieu de zéros, ce font des lignes qui coupent les angles des carreaux , comme je l’ai déjà pratiqué dans un des Chapitres précédents.
- Il peut arriver que ces lignes coupent des zéros qui ont fèrvi à la première armure ; dans ce fécond exemple, on ne tiendra compte que de la ligne qui coupe , fans prendre garde aux zéros ; les corps tiendront ici le même rang qu’ils ont tenu pour l’armure du deflîn précédent ; cependànt nous obferverons que le fécond deflîn n’a befoin que de vingt marches , Sc qu’il a le même nombre de ligatures que celui que nous venons de voir ; ces ligatures font aufli divifées en deux corps ; ainfi en nous feryant des
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- vingt premières marches , nous combinerons notre armure avec de petites lignes tracées , comme on en a déjà vu. Pour voir fi ces lignes font chacune à la place quelles doivent indiquer , il faut regarderie deffin du point t% jufqu’au point y’ pour la largeur, 8c de ce dernier point à celui g pour la hauteur, ou de celui g à celui h , qui eft auffi la hauteur, parce que , comme je fai fait remarquer plus haut, le deffin eft répété deux fois dans la hauteur, ainfi que celui fig. 2; ils font auffi répétés quatre fois dans la largeur comme il eft déterminé fur celui fig. 2 , du premier a en d9 de d en z, de i en A, & de k en a fécond ; & fur la figure 4 de y"en e 9 en l , en m 8c en n : il réfulte de cette remarque que , quelle que {bit la répétition fur laquelle on forme £bn armure, elle devient toujours la même.
- L’une & l’autre de nos deux armures a été prife à un des points indiqués , mais il eft poffible de les prendre à tous les points que chacun des deffins peut prélenter ; voici, comme on doit entendre ceci : tous les deffins doivent être regardés comme formant un cercle en largeur, & un autre en hauteur; fi on en joint les deux extrémités , on trouvera que les objets qui le cômpo-fent, fe réunifient; je m’explique: un deffin mis fur papier réglé , eft un parallélogramme dont on peut réunir les extrémités fur la longueur ou fur la largeur : de chaque façon on verra les lignes qui le compofent , lb rencon-* trer & former un cercle fur lequel le deffin fe doit rapporter tant en hauteur qu’en largeur. Si au lieu de quatre fois que le deffin eft répété ici, on le répété à l’infini, pourvu que l’on augmente ou que l’on diminue en même proportion le nombre d’entre-lîgnes qui compofe chaque répétition du deffin, on trouvera que les répétitions qu’on aura portées fiir le cercle, feront v
- à l’infini , eu égard à la forme circulaire qu’on leur a donnée : on voit par-là qu’il eft poffible de porter un deffin fur une Etoffe quelle que foit îà largeur, pourvu qu’on ait difpofé les ligatures en conféquence : fi donc on a déterminé lès ligatures pour fournir à quatre-vingt répétitions fur vingt pouces de largeur, on pourra les augmenter dans les mêmes proportions pour vingt-cinq pouces, ce qui donnera cent répétitions, & ainfi du relie : maintenant fi l’on joint les deux bouts du deffin fur la hauteur, on verra par la idilpofition à l’infini, qu’on peut faire avec un deffin une fois monté , telle longueur que l’on délirera , fans rien changer au métier ; il fuit de-là que les extrémités d’un deffin, tant en hauteur qu’en largeur, peuvent en fe joignant le compléter.
- Nous aurons occafion de traiter ces objets avec plus de précifion ; mais j’aî cru que je devois en donner ici quelque idée, d’autant mieux que ces défi fins pouvant être variés à l’infini, quoique fur de petits nombres de ligatures : il convient que je faffe fentir par quels moyens on peut parvenir à ces yarietés. Il eft donc évident que de quelques entre-lignes perpendiculaires Etoffes de Soie. VIL Part. A 9
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- 738 L'ART DES ÉTOFFES DE SOI E. que l’on compte, en en prenant dix dans le fens de la largeur du deffin, k. 2 & 4, on y trouvera toujours tous les objets qui font contenus dans une feule répétition, parce que ce qui manquera d’un côté fe trouvera de l’autre. Je paffe à la defcription du deffin fig. 6, fur lequel, comme je l’ai déjà dit, on- a fabriqué féchantillon , fig. 5 ; les objets font répétés trois fois dans la largeur de la carte qui le contient : chaque répétition contient douze entie-lignes perpendiculaires, en comptant depuis o jufqu’à p , une depuis p jffi qu’à q, & la troifieme de q en r ; les objets font répétés deux fois dans la hauteur de o en s , & de s en t. Pour compter les répétitions fur la hauteur, quand il faut les lire, ou pour en combiner les armures , on les prend toujours par le bas , afin que fur l’Etoffe , les objets ne fe préfentent point du haut en bas. Nous aurons occafion d’entrer dans un plus grand examen à cet égard, lorfque nous en ferons aux Etoffes façonnées à la tire.
- On doit juger, que fi notre deffin efi; plus large que ceux que nous venons de voir , il doit être répété moins de fois fur la largeur de l’Etoffe, & ftp-pofànt le peigne de 800 dents, le deffin y fera compris autant de fois eue 12 eft contenu dans le nombre de 800 ; car, quoique l’on change de grandeur de deffin, on ne change pas pour cela de compte de peigne , ni de largeur d’Etoffe. Ainfi notre deffin étant compofé fur douze cordes de rame , il faut le fuppofer occuper douze dents ; douze étant compris 67 fois dans 804, le deffin fera compris foixante-fept fois dans la largeur de l’Etoffe , excepté que la derniere répétition n’y fera pas en entier , non à caufè des ligatures qui feront au nombre de vingt-quatre, compofées chacune de foixante-Ept champs, de deux mailles chacun , efpacés également, mais parce que le peigne ne contiendra que les huit cents dents, & que la chaîne ne fera ourdie qu’à trois mille deux cents fils ; il y aura feulement feize mailles de refle qui fe trouveront être les dernieres à pafler. On néglige ainfi quelques mailles dans les corps de ligatures, parce que s’il falloit avoir des peig.ies d’accord avec toutes les ^difpofitions de deffin , il en coûteroit trop , fans que pour cela l’Etoffe en acquît aucune perfeétion.
- Les vingt-quatre ligatures dont je viens de dire que notre deffin foroit çompofé, feront divifees en deux corps de douze chacun ; en forte que fi l’on veut' en ajouter quatre aux vingt qui font à la figure 9 , on aura le nombre néceflàire ; on les divifera de douze en douze ; & pour le remettage , on fe conduira comme je l’ai expliqué, pour celui des deux deffins précédents, c’eft-à-dire, qu’on paffera alternativement un fil fur chaque corps, en fuivant les ligatures dans l’ordre que j’si déterminé. Il ne refte qu’à faire voir la maniéré de faire l’armure. On voit par la hauteur du deffin que l’on n’a befoin que de vingt marches ; pour cela nous prendrons les vingt dernieres du plan, figr10f en commençant parla marche 9, juf
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- qu à la vingt-huitieme : comme notre deffin eft de vingt ligatures , & que le plan ne nous en fournit que vingt, il faut néceffairement en ajouter deux à chaque corps ; celles v, x , feront regardées comme les premières du corps & celles y , ^ deviéndront les dernieres du corps E : il s'agit de convenir des lignes qui indiqueront cette armure , pour qu’on puiffe la diftinguer de ceux qui font déjà fur notre plan. Ce#feront de petits quarrés ponétués, qui * quand • ils fe rencontreront avec les zéros de la première armure , les renfermeront.
- On fe fouviendra que le corps des ligatures D, relie toujours pour la couleur claire , & que celui E efi: pour la couleur brune ; ainfi le liflàge de cette armure (uivra nécelfairement l'ordre des autres. Je palfe aux figures 7 & 8.
- La première de ces figures eft un échantillon d’une Pruflîenne faite à une feule couleur tirée du deffin jüg\ 8. Ce n’eft qu’un petit grain qui peut être exécuté deplufieurs maniérés, & fur différents comptes de ligatures: ce def* fin de Pruffienne eft fi connu que j'ai cru ne pouvoir me difpenfèr de le décrire ; c’eft celui dont prefque toutes les femmes fe fervent pour le deflus de leurs fouliers.
- Quoique cette Pruffienne ne fe fafle qu’à une feule couleur, elle fuit néceffairement l'ordre des autres pour le remettageexcep té quelle n’eft pas fufceptible d’un auffi grand nombre de ligatures, car il n’en faut tout au plus que douze, parce qu’on peut la faire à fix, à huit 8c à dix ; quant aux marches, on ne fàuroit en employer que dix ou feize en quelque nombre de ligatures qu’on veuille la faire exécuter. *
- On doit préfumer que ce petit deffin eft fufceptible de bien des combi-haifons; cependant je ne le donnerai que fous l’armure la moins nombreufe loit en marches, foit en ligatures, mais j’expliquerai tous les autres moyens afin qu’on en puiffe tirer avantage ; car fi l’on ne monte notre échantillon qu’avec fix ligatures , on ne fauroit obtenir beaucoup de variétés ; au lieu qu’en l’exécutant avec douze, on a la facilité de s’étendre de quelque chofè de plus, non pas en largeur , mais pour rendre des objets différents fur l’Etoffe : foit donc qu’on emploie fix ou douze ligatures, on ne portera le deffin que fur fix dents de largeur, puifque fur le papier réglé il ne porte que fix cordes de rames, & que le deffin eft répété cinq fois fur la largeur du papier réglé qui le contient : on peut le prendre de a en b pour une répétition, de b en c pour une autre , de c en J, de d en e, & de e en f pour les trois autres. Il eft répété deux fois dans la hauteur du même papier, qu’on peut prendre de a en g & de g en h : on trouvera donc que la largeur du def-'fin eft de fix entre-lignes perpendiculaires, & fà hauteur eft de huit entre-lignes tranfverfàls.
- Si l’on vouloit exécuter ce deffin fans économie de ligatures, on en feroit douze qui auroient chacune cent trente-quatre champs de deux mailles cha-
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- 740 L'ART DES ETOFFES DE SOIE. cune , ce qui, multiplié par douze, feroit feize cents huit champs;-dons on auroit trois mille deux cents feize mailles pour trois mille deux cents fils dont la chaîne doit être compofée ; on auroit conféquemment feize mailles de trop qu’on lailîeroit vuides à la fin du remettage. En fuppofant qu’on veuille exécuter notre échantillon avec douze ligatures , on les divife en deux corps pour le remettage Sc pour l’armure ; Sc l’on fait le remettage , comme je l’ai expliqué pour celui des échantillons précédents , excepté qu’ici n’ayant qu’une couleur à la chaîne , on doit porter fon attention à paffer un fil fur un corps , un fil fur l’autre, & fe guider par le pas aux verges, de forte que tout ce qui eft au-delfus de la première verge qui contient l’envergeure pour féparer les fils , doit être exaéîement paffé fur un corps , & tout ce qui eft au-delfous de cette même verge , doit être paffé fur l’autre. Il importe fort peu à quel des corps appartiendra le deffus ou le deffous ; c’eft le premier fil qui doit le déterminer, de forte quel! ce premier fil vient du deffus, il appartiendra au dernier corps, Sc ce qui fera deffous, fera paffé dans le premier corps. Pour mieux entendre ceci, on peut confulter la figure 9 , & y confidérer les douze premières lifïes, fans avoir égard aux huit dernières ; qu’on divife ces douze liftes en deux corps, le premier pas qui fo pré-fentera fur la première verge, fera deftiné pour les fix ligatures qui font de F en G, Sc le fécond fera pour les fix qui font de G en H : quant à l’armure , en la fuivant comme le* deffin le détermine, on employera foize marches, puifque le deffin eft monté fur huit entre-lignes tranfverfales , & qu’ici comme pour les deffins précédents , un entre-ligne vaut deux marches, comme chaque entre - ligne perpendiculaire vaut deux ligatures : je ferai voir bien-tôt comment on peut réduire le nombre de feize marches à dix 5 mais auparavant voyons par quel moyen on peut réduire les ligatures à dix, à huit & à fix ; cette réduétion eft fou vent très avantageufo.
- En fuivant les entre-lignes perpendiculaires de a en b du deffin fig. 8 , on verra que fi l’on fait deux ligatures pour le premier, on peut les rendre propres à remplir les effets qui forment les graduations qui font fur le quatrième entre-ligne où elles font les mêmes que fur le premier : alors au lieu que les ligatures n’ayent chacune que cent trente-quatre champs, elles en auront deux cents foixante-huit, ce qui fera cinq cents trente-fix mailles : enfuite on fera quatre ligatures pour remplir les deuxieme Sc troifieme entre-lignes, & quatre pour remplir le cinquième & le fixieme ; par ce moyen le nombre des ligatures fe trouve réduit à dix : quant au remettage , lorfqu’on a paffé les champs jufqu’à la troifieme ligature de chaque corps , on revient fur les premières, & de-là onpaffe aux quatrièmes & cinquièmes , & de même à tous les cours ; quant à l’armure, on doit juger que fi les ligatures qu’on a doublées, rendent l’effet des entre-lignes un Sc quatre, il faut en fupprimer
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- un qui efl le quatrième , puifque files ligatures étoient féparées, on feroit forcé de les faire mouvoir toujours enfemble ; les deux fuffifent donc pour quatre.
- Ceux qui ont exécuté ce deffin avec huit ligatures en ont fait deux pour le premier entre-ligne , deux pour le fécond & le troifieme, puifqu'ils font fur les mêmes graduations ; deux pour le quatrième , & enfin deux pour les cinquième & fixieme, dont les graduations font égales entr'elles, & femblcibles à celles des entre-lignes deux & trois : alors au remettage le cours n'a point d'interruption , il y a feulement une petite différence, qui confifte en ce que les champs des fécondé & quatrième ligatures, (car on les place toujours for deux corps) font néceflairement de quatre mailles, tandis que les première & troifieme ne les ont que de deux. En exécutant l'armure , on prend les fécondé & troifieme , comme n'en faifànt qu'une feule , ainfi que les cinquième & fixieme.
- On monte ordinairement ce delîîn for fix ligatures, afin d'en éviter une plus grande quantité ; alors on en fait deux pour les premier 8c quatrième entre-lignes , deux pour les fécond 8c troifieme, & deux pour les cinquième & fixieme ; & l'on fait l'armure for le plan fig. 11, qui efl: réduit à ce nombre de fix ligatures & à dix marches. Nous allons voir pourquoi & comment on peut fupprimer fix marches fur notre deffin, & rendre les effets de feize qu'il paroît y en falloir néceflairement par la hauteur du deffin. Les ligatures 1, 1 qui font for chacun des corps / , K, doivent répondre aux entre - lignes premier & quatrième du deffin 5 celles 2,2, répondent aux fécond 8c troifieme de ces entre-lignes , & celles 3, 3 aux cinquième 8c> fixieme ; l'armure efl exécutée en conféquence : mais il faut favoir à quel entre - ligne tranfverfàl elle commence , & auquel elle finit ; notre armure commence au deuxieme entre-ligne au-deffus de a , & finit au fep-tieme : il faut remarquer que n'ayant qu'une couleur à prendre fur le deffin, nous fommes obligés de regarder le corps I comme celui de fond , & celui K comme le corps de figure ; c'eft d’après cette fuppofition qu’on peut reconnoître fi l’armure efl bien ou mal exécutée ; il faut confidérer l'ordre des marches fuivant les numéros qui les défignent.
- L'économie des fix marches qu’on obtient par cette armure , vient de ce que l'Ouvrier va & vient, en travaillant, de la première à la dixième, & de la dixième à la première ; on doit fentir que fi l'on avoit armé par feize marches , on auroit néceflairement répété les effets qui font for le premier entre-ligne au-deflus de a , puifque cet entre-ligne efl le même que le troifieme ; donc en allant du fécond au troifieme, & du troifieme au fécond, on obtient les mêmes effets que fi l'on alloit du premier au fécond, 8c du fécond au premier. Il en efl de même du cinquième au feptieme ; car fi l'on vient du fixieme au feptieme , ou du fixieme au cinquième, il n'y aura aucune dif-Etoffes de Soie , VIL Part. B 9
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- ; férence, attendu que les entre-lignes font également couverts de la couleur qui conftitue les effets du deffin ; quant au huitième entre-ligne, il eft en fond ; il eft le même que le quatrième ; donc en armant l’un , on arme Fautre ; lors donc qu’on eft arrivé à la cinquième & fixieme marches, on a donné les deux coups de fond qui féparent les rangs des grains que préfente le deffin ; de-là on paffe à la feptieme & huitième marches qui doivent rendre les effets du cinquième entre-ligne ; puis à la neuvième & dixième pour obtenir ceux du fixieme entre-ligne : on revient fur les marches huitième & feptieme , de-là fur les fixieme & cinquième marches ; par ces deux dernieres, on obtient les deux coups de fond : on fuit le travail en venant fur les quatrième & troifieme , 8c on finit le cours fur les fécondé & première marches ; ôc en retournant fur fes pas de la troifieme à la quatrième & de la cinquième à la fixieme, on a fait les deux coups de fond qui rendent les effets qu'on auroit par Farmure du huitième entre-ligne.
- Voilà en quoi confiftent les Pruffiennes dans la maniéré de les exécuter fuivant notre premier remettage. Je dois obferver que nos deux deffins , fig. 4 & 6 > peuvent être exécutés fur un moindre nombre de ligatures que celui fur lequel je les ai démontrés : pour s'en convaincre, il fuffit defe fouvenir de l’économie que j’ai employée fur Fexécution du deffin , fig. 8 , tant en marches qu'en ligatures, & l’on verra la poffibilité de celles que je vais mettre en ufage ; il eft eflèntiel pour un Fabriquant de fàvoir tous les moyens économiques qui peuvent être mis en ufàge dans le montage de toutes fortes
- d'Etoffes , foit unies, foit façonnées dans tous les genres ; car il eft des cas
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- où l'on ne fauroit venir à bout de faire exécuter une Etoffe , fi l'on ne trou-yoit le moyen de fupprimer une partie des liftes, ligatures , marches, cordes de rames, &c. D’ailleurs, fouvent un Ouvrier peut faire la dépenfe dp telle quantité d’uftenfiles les plus néceflaires, qui ne fauroit en faire une plus grande.
- La figure 4 peut être exécutée par douze ligatures , au lieu de vingt fur quoi nous l'avons vue, parce que les objets qui la compofent, déterminent le deffin à double pointe, forte de deffin dont nous aurons occafion de parler dans un autre temps, & dont je ne dirai ici que deux mots. En comptant les entre-lignes compris entre les points a b , fig. 4 , on verra qu’ils font au nombre de fix , & qu’en combinant les ligatures fur ces fix entre - lignes , douze ligatures fuffiront pour remplir tous les effets des vingt qu'il faut, fuivant ce que nous avons déjà vu ; voici comment on difpofèrà ces ligatures : on en fera deux pour le premier entre - ligne après a , qui auront chacune quatre-vingt champs de deux mailles ; on en fera enfuite huit pour remplir les quatre entre-lignes fiiivants , qui auront chacune cent foixante champs, & pour le dernier entre-ligne, on en fera deux conformes aux deux premières ; on difpofera encore ces douze ligatures en deux corps qui com^
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- menceront chacun par une des ligatures à quatre-vingt champs, enfuite quatre de celles a cent foixante champs , & on terminera par deux fomblables aux premières ; quand on voudra remettre , on commencera par les dernières ligatures, conformément aux autres remettages ; mais étant arrivé aux premières ou ailleurs où finit le cours , il faut retourner fur fes pas ; & quand fur chaque corps on eft venu de 1 à 6, il faut aller de 6 à 1 ; les douze zéros placés ci-deffous, vont fervir de figure pour faire comprendre comment il faut que ce remettage foit exécuté. _ 1
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- Chaque divifion de fix zéros fuppofe un corps de ligatures ; en commençant, on vient de 1, 1 à 6 , 6 ; de-là à £ , ÿ, de-là à 4, 4 , &c. jufquà X, 1 , pour retourner par 2 , 2 , 3, 3, jufqu’à 6,6; de forte que les mailles ou plutôt les champs forment des zig-zag dans toute la largeur des ligatures ; on obferve toujours qu’il y ait un corps pour la couleur brune & un pour la couleur claire , afin de mieux fentir les moyens de faire far-mure fur les fix entre-lignes perpendiculaires qui font entre a, b, jïg> 4, & for les entre-lignes tranfverfâux qui déterminent la hauteur du deffin for laquelle nous n avons rien changé : ainfi, quoique nous ayons fupprimé huit ligatures pour fexécution de notre deffin, nous ne pouvons retrancher aucune marche ; il faut donc combiner l’armure fur les entre-lignes , comme fi la totalité du deffin n’avoit pas plus d’étendue. Cette armure fe trouve faite for notre plan Jig. 10 ; on la verra telle qu’elle doit être en prenant les vingt premières marches , fupprimant les ligatures 1, 2,3 , 4 du corps D, celles 11,12,13, 14 du corps E, & fe fervant, pour lignes indicatifs, des petites lignes qui coupent les angles des carreaux formés par les grandes lignes qui défignent les marches & les ligatures.
- Le deflin fig. 6 , qui a été décrit fous vingt-quatre ligatures, peut être fait auffi avec douze, dont quatre difpofées fur foixante-fept champs de quatre mailles chacun , 8c les autres difpofées à cent trente quatre champs de deux mailles ; alors ayant la moitié moins de ligatures , nous aurons néanmoins la même quantité de mailles. Si l’on veut fe donner le foin de calculer le nombre des champs, on trouvera que les quatre premières ligatures produi-. ront mille Soixante-douze mailles , & que les huit autres en donneront deux mille cent quarante-quatre, ce qui fait en tout trois mille deux cent feize mailles, dont feize de trop comme ci-devant, avec les vingt-quatre ligatures.
- Ces douze ligatures feront divifées en deux corps égaux, & elles foivront Tordre des douze zéros pofés ci-deflus en deux divifions ; les zéros 1,1, fuppofent deux des ligatures dont les champs font à quatre mailles ; ceux
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- ? 2> î> î > 4>4 ^ défignent les huit ligatures dont les champs font
- à deux mailles , & ceux 6,6 font les deux autres ligatures dont les champs font à quatre mailles. Sur cette difpofition , on pafle à la fois les deux champs parallèles , maille fur l’un, maille fur l’autre. Ici, on va auffi en zig-zag , de maniéré qu’on vient de i, i à 6, 6, & de 6, 6 à I , I ; il faut remarquer que de quatre ligatures dont les champs font de quatre mailles, deux font faites pour remplir les premier & fécond entre-lignes qui font entrer, d9 fig. 6, & les deux autres remplirent les feptieme & huitième ; les huit ligatures dont les champs ne font que de deux mailles , doivent fournir aux troilîeme , quatrième , cinquième & fixieme de ces entre-lignes.
- Ce que je viens de remarquer eft d’autant plus efîentiel que, quoique je vienne de défîgner huit entre-lignes pour placer nos douze ligatures , il faut cependant ne combiner l’armure que fur lés fix qui fe trouvent entre les points e 9fi de notre figure 6.
- L’armure doit être combinée entre ces deux points , par rapport au remet-tage & par rapport à la difpofition des ligatures ; mais il faut toujours le nombre de vingt marches qu’on avoit auparavant, telles qu’elles font indiquées fur le plan fig. io : on trouve même cette armure toute faite fous l’indication des petits carreaux ponétués qui font pofés for les angles des grands carreaux du plan ; mais il faut y fopprimer les ligatures indiquées par v 9 x, y 9 ^9 & celles r, 8 , 9 , io , n , 12 , 13 & 20 ; ce qui refte de lignes for les autres ligatures , donne précifément l’armure telle quelle doit être ; du refte on peut la prouver par un lifage pris for une répétition de la hauteur du deffin 8c for les entre-lignes qui font entre les points e, f de notre defo fin fig, 6.
- Jufqu’ici j’ai parlé des ligatures qui concourent à faire le corps de notre Etoffe, fans rien dire des lifîeres ; il faut favoir que ce genre d’Etoffe exige des lifîeres fortes à caufe des effets que les deffins produi-fent dans le corps de l’Etoffe ; les lifîeres ne peuvent point être faites par les mouvements des ligatures ; ainfi les^ mailles qu’on y emploie doivent former deux ligatures particulières qu’il faut néceflàirement ajouter à quelque nombre qu’on en ait* pour le fond. Ces ligatures n’ont chacune que deux champs difpofés comme for la figure 12, PL 80, de maniéré que les champs L L font dans un écartement égal à la largeur de l’Etoffe : quant au nombre de mailles dont ils font compofés, il doit être égal à la quantité des fils qu’on veut mettre aux lifîeres ; de forte que fi l’on veut faire les lifîeres de fix dents chacune, & mettre quatre fils par dent, il faut que chaque champ foit de douze mailles ; alors les deux ligatures ont entr’elles quarante-huit mailles : on a foin que le fil ou la foie dont on fait ces mailles , foit double , parce qu’on met aux lifîeres trois brins de groffe foie pour former un fil, ou bien
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- quatre brins de foie Jîne, ce qui joint à une plus forte teilfiôft qu on eft =—===“» obligé d'y donner , eu égard à la chaîne , ufe promptement les mailles ; PLg^CHI mais quand elles font faites doubles , elles réfiftent plus long-temps ; d'ailleurs les lifieres en font mieux conditionnées.
- Article Second.
- De la fécondé maniéré de remettre les Prujjiennes pour exécuter
- les dejjins par la Marche*
- Le remettage dont nous allons nous entretenir, fe fait différemment de celui que nous avons vu ci-deffus pour les Pruffiennes, par rapport à la différence des armures , & de la maniéré de faire mouvoir les ligatures*
- L'ordre qu'on fait tenir aux ligatures pour les remettre, eft oppofé à ce que nous avons vu ; toutes les ligatures qui concourent à la détermination d'un compte de deffin, ne forment qu'un feul & même corps, comme font difpofées nos vingt ligatures, fig. 9 , PL 80. Il fuffit de donner à chacune de ces ligatures, la deftination qui leur eft affeétée. Je m'explique : cha« que deux ligatures forme un corps de fous-divifion qui doit concourir à toutes les graduations qui fe trouveront fur un deffin dans les entre-lignes perpendiculaires qu'elles doivent occuper tant eh deflous qu'en deflus l'Etoffe ; car il faut lavoir que notre Etoffe n'ayant point d'envers, s'il fe forme une graduation au-deffus par le mouvement d'une ligature, le repos de fa pareille en forme en même-temps une pareille au-deffous ; de forte que fui van t les def* fins que nous venons de voir, toute la différence qu'il y a entre le deflus & le deflous de l'Etoffe, c'eft que ce qui eft clair d’un côté eft brun de l'au-tre, au même endroit, mais les graduations font exactement les mêmes.
- Si les ligatures forment deux par deux les graduations que je viens d'indiquer , il faut donc qu'au remettage elles foient paffées champ fur champ, de même que lorfqu'elles font divifées en deux corps ; ainfi en jettant les yeux fur la figure 9, on verra qu'on doit remettre les champs de la ligature vingt avec ceux de la ligature dix-neuf ; ceux de celle dix-huit avec ceux de celle dix-fept, & ainfi des autres deux par deux, jufqu’à celles 2 '
- Sc 1.
- Soit que l’on paflè une chaîne d'une feule couleur, ou qu’elle foit un pas d'une couleur & un pas d'une autre ; il faut deftiner un des deux nombres pour un pas & l'autre pour l'autre , c'eft-à-dire, que toutes les ligatures qui font indiquées à nombre pair, comme 2,4, 6, 8, Stc. recevront toute la foie qui forme un pas ou une couleur ; & celles qui feront à nombre impair , feront deftinées pour l'autre pas ; ainfi nous fuppoferons que les ligatures de nombre impair for notre figure 9 > formeront le pre-Etoffes de Soie. FIL Part. C 9
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- - mier corps, & que celles pairs feront le fécond. Il faut donc pour Far-mure, foivre des combinaifons bien différentes de celles que nous avons vues, ainfi que nous le dirons bientôt : ce qui a donné lieu à ces deux différentes maniérés de remettre , c’eft que par Tune on fait monter les ligatures avec des ailerons , & par cette derniere méthode elles font mifos en mouvement par des poulies, de forte que pour le premier remettage , farmure , comme je fai déjà dit, efl: une efpece de lifage qu’on fait à côté du métier, comme pour les Brillantés, &c. au lieu que celle quon fait pour le dernier remettage , efl en deffous des ligatures, c’eft-à-dire, qu’elle répond des marches aux tire-lifles qu’on efl obligé d’y employer, à caufo de la ligne perpendiculaire qu’il faut néceffàirement conferver aux eftrivieres qui déterminent cette armure ; car c’eft avec des eftrivieres qu’on fait cet arrangement. Les poulies auxquelles font fufpendues les ligatures, font placées dans le fens de celles des Taffetas que nous avons vus, PL 19 , fig. 2 & 3 , & celles 1,2, 3 & 4 de la Planche 31, excepté qu’elles ne font pas dans des chappes femblables, & que d’ailleurs la quantité qu’il en faut pour un nombre de vingt ligatures, oblige d’employer ces poulies d’un moindre diamètre. La figure 1 , PL 8 , repréfente un arrangement de poulies tel qu’il le faut pour vingt ligatures ; on les y voit fufpendues. On jugera aifement de la néceffité qu’il y a de ne point fe fervir Vlu premier remettage : premièrement, chaque couple de cordes aa9 Ib, cc, dd9 ce9ff9 g g , h h, ii9 kk9 fort à la fofpenfion de deux ligatures , 8c chacune de ces deux cordes paffe for la même poulie ; de forte qu’en A, il y a dix couples de cordes, & autant en B j les dix premiers qouples occupent chacun une des dix poulies qui font contenues entre les deux petites traverfes 11 ( on voit fortir les axes fur lefquels ces poulies tournent ) & les dix autres couples occupent les dix poulies qui font entre les deux traverfos m m ; ces poulies font placées comme celles qu’on voit en n n, Sec. fig. 2 , en plus grande proportion, & la traverfe Cqui les contient efl femblable à une de celles //, m m, de la figure 1 : ces traverfes font ici affemblées avec les deux pièces D D, qui forment une efjsece de brancard de carrette qu’on pofo for les eftafes du métier , de maniéré que les ligatures tiennent lieu de liffos, &c* Si les ligatures tiennent deux à deux à chacun des couples de cordes, Ôç
- que ces cordes paffent fur des poulies, il efl certain qu’à mefore qu’on fera defcendre la ligature 1 , celle 2 montera ; fi l’on fait defcendre celle 4, on fera monter celle 3 ; ainfi chaque ligature en fera monter ou defcendre une autre ; mais il faut que ce foit celle qui tient à la même corde de chaque côté ; car on doit regarder chaque couple de cordes comme n’en faifànt qu’une feule, par le retour qu’elles font for la poulie ; ainfi les vingt ligatures qu’on voit fur la figure 1 , feront regardées comme fi l’on faifoit un
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- Gros rde-Tours ou un Taffetas à vingt lifles, puifqu’en failànt defceftcffe les I , 3 , j*, 7 > 9 > Il y 13 9 *j> f 17 & 19e5 ligatures, on Feroit monter les a, 4, 5,'ii, 10, 12 , 14 , 16,18 & 20e5 , & réciproquement. Il eft donc inévitable ici défaire monter une des ligatures Fans faire defcendre l’autre^ il faut donc que le remettage foit exécuté comme je viens de le dire.
- Les combinaifons qu’on doit faire pour les armures , doivent être réglées fur le remettage & fur la fufpenfion des ligatures : fur le remettage, afin de faire mouvoir les ligatures conformément aux graduations qu’elles doivent former fur le defîïn , Sc fur la fufpenfion , afin de donner les mouvements conformes^au remettage & à l’ordre de la fabrication.
- Il faut armer fur les marches , c’eft-à-dire , entre les liflèrons inférieurs des ligatures & les marches , fuivant le nombre d’eftrivieres , parce qu’on réemploie ni carqueron , ni aileron ; mais comme les armures font chargées en eftrivieres , il convient d’employer des tire-lifles, afin de faire tirer les liflerons plus perpendiculairement par les tirants qui communiquent des lit ferons inférieurs aux tire- lifles.
- Cette maniéré de monter & d’armer les Pruflïennes, avantageufe pour le travail, eft compliquée pour l’armure, & très - embarra liante pour régler la grande quantité d’eftrivieres qu’on eft obligé d’y employer ; car delfm pour defîïn , il en faut autant qu’on met de branches de lifàge aux ailerons ; ainfî pour exécuter un deflïn à vingt-huit marches fur vingt ligatures * il faut néceflàirement dix branches & dix eftrivieres par marche. Pour le deflïn fig* 2, Pl. 80 , il faut dgux cents quatre-vingt branches de lifage , & par con-féquent deux cents quatre-vingt eftrivieres : ces plans d’armures font très-difficiles à exécuter , {ur-tout pour des Ouvriers qui ne connoiflent pas l’Etoffe à fond ; auflî n’y va-t-on le plus fouvent qu’à tâtons. Pour parvenir à faire les armures de ce genre d’Etoffe fuivant le fécond remettage, il faut déterminer un plan comme lî l’on vouloit armer fur deux corps * conformément au plan fig. 10 de la Planche précédente ; enfuite faire un fécond plan , où , fans déranger l’ordre des marches, on fait une tranfpofidon des lifles qui répondent au dernier remettage : pour entendre ceci, il faut examiner le plan, Sc fans avoir égard aux lifles x , y , ne confidérer que celle 1 jufqu’à jo, & celle il, jufqu’à 20 ; mettons celle 11 entre celles 1 & 2, celle j2 entre celles 2 Sc 3 , celle 13 entre celles 3 & 4, celle 14 entre 4 Sc 5 , 1^ entre^ 5 & 6 9 16 entre 6 Sc 7, 17 entre 7 & 8 , 18 entre 8 & 9, 19 entre 9 & 10, & 2Q après 10. Les Agnes d’armures fuivrontle même tranfport, Sc le plan donnera l’armure telle qu’elle convient pour le de£ fin fur lequel on l’aura combinée. Si l’on ne veut pas faire un fécond plan, on peut encore exécuter l’armure fur le premier , comme on va le voir ; en reprenant les vingt ligatures fur le plan, on fait la tranfpofidon des ligatu*
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- PiANCHE
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- 748 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. res, c'eft-à-dire , que fi Ton arme la marche 1, en fe fervant des zéros pour figne indicatifs de l'armure, on fera monter la ligature 11 par celle 1 , la 2 e par celle 12 , la 3e par celle 13 , la 4e par celle 14, la 15e par celle 5 , la 16e par celle 6, la 17e par celle 7 5 la 18e par celle 8 , la 19e par celle 9 & la 20e par celle 10.
- On regardera ces ligatures ou comme fe fùccédant ou comme fè précédant , comme fi fur le plan la tranfpofition étoit faite. On fera de même à toutes les marches ; on pourra en ufèr ainfi pour toutes les armures contenues fur ce plan , & en former de nouvelles fur d'autres deflîns. Je vais terminer l'article des Prufliennes par quelques obfervations fur notre nouvelle fufpenfion des ligatures.
- La quantité des poulies qu'on eft obligé d'employer, eu égard à un grand nombre de ligatures, tient un efpace fort confidérable : ces ligatures fe trouvent fort écartées, & les dernieres fe trouvent fi fort éloignées, qu'il faut les faire monter bien haut pour que la fogue s'ouvre par-tout aflèz pour bien lancer la navette. Pour prévenir cet inconvénient, on fè fert de poulies d'un diamètre un peu plus grand , afin de donner plus de douceur à l'enfoncement des marches , & en même temps on les place en quinconce, de forte qu'au lieu de les mettre toutes fur un même rang , on en fait deux, comme on peut le remarquer en £*, F 3, PL 81, où l'on apperçoit les poulies ooooo) p p p p p , qui font placées en oppofition les unes des autres, de forte que les axes q q q q q font pour les premières , & ceux rrrrr appartiennent aux autres ; alors les ligatures fe trouvent rapprochées d'environ la moitié : ce rapprochement a lieu en ce qu'on fufpend les deux premières ligatures à la première des poulies 00, Sec. les deux fuivantes à la première des pou-’ lies p p, Sec. Se ainfi alternativement jufqu'à la fin. Il eft vrai qu'alors les cordes de fufpenfion paroiffent fe croifer, comme on le voit fig>, 4 , où la corde aafss pafîè fur la poulie G, celle 11 paflè fur la poulie H, celle vv pafle fur la poulie /, & qu'enfin celle xx pafle fur la poulie K. Chaque rang de poulie doit néceflàirement écarter la perpendiculaire des cordes qu’elle contient de toute la diftance qui les fépare dans le fens de la largeur de l'Etoffe ; auffi a-t-on la précaution de faire porter la fufpenfion des lifterons fupérieurs à une diftance proportionnée, afin que par les mouvements donnés dans la fabrication , ces cordes ne foient pas fujettes à fortir de la rainure des poulies. Quant au reflerrement des cordes fur le diamètre des poulies, cela importe fort peu ; d'ailleurs ceux qui le comptent pour quelque chofe , font les maîtres de fe fervir de planches de guide , qui en donnant une direction déterminée , fixent en même temps, la largeur qu'on veut que les ligatures occupent : alors on a foin, au lieu de liflerons, de n’employer que des lamettes , forte de liflerons fort minces qu’on fait quelquefois de
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- trois quarts de ligne d’épailfeur* fur environ vingt lignes de largeur.
- Les deux rangs de poulies doivent être à chaque côté du brancard fur ^£,^CHa lequel font les traverfes qui féparent les poulies, Sc quï en contiennent les axes ; l’infpèétion des figures 1,2 & 3 , feront entendre fuffifamment leur conftruétion.
- La figure 4 * ne repréfente qu'un fragment de carreite ou chappe extrâor-binaire ; j’ai cru que cela fuffiroit pour l’intelligence de la fufpenfion dès lifles & du jeu des cordes.
- On arme ici les ligatures fans y mettre aucun contrepoids, aü lieu qu'avec les ailerons , il en faut nécelfairement, ou bien il faut faire defcendre les lifles qui ne montent pas. Cette façon d’armer eft encore reçue ; mais on doit en connoître le défàvantage par les obfervations que j’ai faites dans quelques-uns des Chapitres précédents , fur la difficulté d’appareiller un grand nombre d’eftrivieres. Ici ce nombre eft d’autant plus inutile, que non-feule-' ment il en faut la même quantité qu’avec l’armure à poulie, mais il faut aufîï le même nombre de branches de cordes de lifàge : on doit en fentir la né-ceflité , puifque fl. l’on fait defcendre dix ligatures par les eftrivieres , on fait monter les dix autres pour le lifàge ; j’ai toujours penfé que cette difficulté avoit fait préférer l’ufàge des poulies ; j’ai vu des métiers en Prujjlenne , dont le remettage étoit conforme à celui que nous venons de voir , Sc néanmoins on avoit fait larmure avec des ailerons pour faire monter Sc defcendre les ligatures; j’en ai vu aufïî fur le même remettage , où l’armure, quoiqu’avec des ailerons, ne donnoit aux ligatures que la montée. • " *
- J’ai cru devoir faire remarquer toutes les différentes maniérés d’armer les Pruffiennes fabriquées par la marche. Il me refte encore à décrire la maniéré de les faire en trois couleurs, fans en augmenter le prix ni les difficultés ; mais quoiqu’on en faffe ainfi à la marche , je ne les décrirai que dans le Chapitre de ce même genre fait à la tire , parce qu’il faudroit entrer ici dans uné nouvelle defeription d’armure & de deflm que je ferois obligé de répéter alors ; ainfi je me bornerai à dire que pour former trois couleurs fur une Pru£ ïienne, on en obtient deux par l’oppofition des pas , comme je l’ai déjà dit ]
- fur les deflins^r. 2,4 Sc 69 PL,8o , Sc que la troifieme eft produite par la trame >( ce qui rend un tout autre effet que celui du fond ; car alors cette Etoffe femble être faite à quatre couleurs, quoique dans le fait, on n’y en emploie que trois.
- Il faut, pour obtenir ces couleurs, foit par l’armure , foit par le lifàge , qu elles foient portées fur le deffin , afin qu’on puiflè voir à l’exécution , par quel moyen Sc par quels mouvements ou repos des ligatures, on parvient à les faire reffortir diftinélement. On verra auffi dans le Traité de ce genre d’Etoffe , qu’on fait des Prufîiennes à deux couleurs dans le fond , dont uné Étoffes de Soie. FIL Pan. D p
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- Planche
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- dépend de la chaîne , & l’autre dépend de la trame.
- Toutes ces maniérés d’obtenir des effets différents par la tire , pourront être appliquées à la marche, & j'aurai alors foin de les faire remarquer.
- 1 Sans entrer dans un grand détail, je crois devoir dire un mot du tifîîi de ce genre d’Etoffe , tant en trois qu’en deux couleurs.
- La figure 7 , PL 8r , repréfente le tiffu de l’échantillon fig. 7 de la Planche précédente , pris fur le deffin fig. 8 ; on trouvera que le deffin eft répété deux fois dans la longueur du tiffu, & qu’il ne l’eft qu’une feule fois dans la largeur. La feule différence qu’on rencontrera entre les combinaifons du deflin & celle du tiffu, eft que j’ai mis deux coups de plus pour féparer les mouches par les duites 17 & 18 ; du refte en partant de la duite 1 à celle 16, on appercevra la révolution qui eft marquée par le nombre de huit entre-lignes horifontaux ; & de la duite 19 à celle 34 , c’eft la répétition du tiffu.
- J’ai dit plus haut que les champs des ligatures d’un corps qui étoit pareil à ceux des ligatures de l’autre corps , portoient en général leurs fils dans la même dent ; cela a lieu lorfque les champs ne font que de deux mailles ; ainfï nous devons eftimer les champs qui ont produit ce tiffu fur le pied de deux mailles chacun, & en le fuivant fur les vingt-quatre fils qui le compofent, on reconnoîtra que les fils a a , h b, dépendent d’un champ d’une des ligatures , & ceux b b, c c , du champ d’une fécondé, & ainfi des autres , en les prenant quatre par quatre jufqu’à ceux //, mm. En fuivant les révolutions de chacun de ces 4 fils on les trouvera égales entr’elles, excepté que les deux premiers indiqués fur chaque nombre de 4, produifent â l’endroit les mêmes effets que les deux derniers produifent à l’envers, ce qui eft d’accord avec ce que j’ai fait remarquer dans le cas de l’opération par les effets de l’armure , que toujours une des ligatures d'un corps étant mife en mouvement, fà pareille fur l’autre corps refte immobile. Il faut prendre garde que les douze premiers fils produifent une des petites mouches du deffin, & que les douze autres produifent une mouche oppofée, ce que nbus avons appellé le reverfible.
- Toutes les Pruffiennes à deux couleurs produites par la chaîne, ont leur tiffu dans le goût de celui que repréfente cette figure 7, excepté que les révolutions des fils font analogues aux effets du deffin ; ainfi fbit que la Pruffienne foit en deux couleurs ou en une, lorfque c’eft la chaîne feule qui doit rendre les effets du deffin, on a le tiffu tel que nous venons de le voir, &c: Si au contraire, ces effets doivent provenir & de la chaîne & de la trame, foit qu’il n’y ait qu’une feule , deux ou trois couleurs, le tiflu n’eft pas le même, non pas dans le fond de l’Etoffe qui eft toujours fond Taffetas, mais dans celui des effets du deflin ; fi l’on compare la figure 8 avec la figure 9 , on fe convaincra de cette différence.
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- La figure 8 repréfente de profil le tiffu fig„ 7 : les deux fils P, Q f°nc Voir la révolution de ceux cc Sc dd* La figure 9 efl un autre tifTu de deux fils vus suffi de profil, & dont les révolutions préfentent les effets de la trame pour rendre ceux du deffin. On voit que les parties b b de la figure 8 Sc celles c c, dd de la figure 9, forment le tiffu du Taffetas par la croifure des fils P Q , fig, 8 Sc R $, fig. 9 ; à l’une comme à l’autre , on voit des duites de trame fans croifures , comme en ee & en ff*gg\ c’efl:-là que flottent également deffus Sc deffous les fils de la chaîne pour rendre les efi* fets du deffin. On voit en h h , fig. 9 , quatre duites de trame qui ne font point incorporées entre les fils de la chaîne ; c’efl: le cas où la trame produit quelques effets fur un deffin. On doit juger que lorfque la trame efl: pour quelque chofe au deffin ; on n’a d’autres moyens de la faire paroître qu’en ne fai* fant monter aucune des ligatures : il fuit de cette opération que l’Etoffe à un envers ; parce que cette trame ne paroifîànt que d’un côté , laiffe le côté oppofé moins régulier pour le deffin ; il arrive même que les deux couleurs de la chaîne fe mêlent enfèmble, & fe préfentent fous un effet qui n’eft pas fupportable, à moins qu’on ne le prévienne: c’efl ce que nous verrons pat les Pruffiennes à la tire, lorfqu’on veut faire paroître la trame qui forme le liféré d’un côté feulement*
- On fait quelquefois paroître la trame de deux côtés , afin de ne donner aucun envers à fEtoffe : la figure 10 repréfente encore de profil le tifTu de deux fils, dont les effets du deffin doivent être égaux des deux côtés , tant par la trame que par la chaîne zi, AA, ce font les parties liférées en Taffetas ; l /, mm , font les effets rendus par la chaîne, & nn, pp, font ceux de la trame qu’on voit également en deffus Sc en deffous des fils TV9 qui forment le tiffu général de cette figure. En n n on voit deux duites deffus Sc deux deffous , & en p p > on en voit trois de chaque côté ; il efl certain que cette égale quantité de duites pour former les parties liférées d’un deffin , tant deffus que deffous à une Etoffe , rendent le deffin égal de chaque côté , puifque les effets de la chaîne en font autant ; mais il s’en faut de beaucoup que ces parties liférées foient auffi riches que lorfqu’elles font portées d’un feul côté , parce qu’on ne peut faire paroître la foie de la trame qu’aux dé^ pens de l’autre : il réfulte de ce qu’on divife cette même foie pour la faire paroître de deux côtés, que chacun de ces côtés efl trop maigre, parce que les duites de la trame ne s’y portent qu’alternativement ; de forte que la chaîne qui paffe entr’elles n’eft jamais affez couverte ; au lieu que lorfque ces duites font portées d’un même côté, il n’eft pas douteux qu’étant plus rapprochées par une double quantité qui ne tient pas un plus grand efpace que lorfqu’il y en a la moitié de moins, cette partie n’eft plus couverte, & que la phaîne ne paroît pas ; car que l’on porte le liféré tant en deffus qu’en def*
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- fous de l’Etoffe, ou qu’on le divife également à l’endroit comme à l’envers, on n’augmente pas pour cela le nombre des duites qui font déterminées pour la grandeur d’un defîin ; ainfi quoique l’ufàge de divifer les effets de la trame en deux parties , ait des partifans * je fuis affuré que celui de la porter tout d’un côté doit en avoir davantage , quand ce ne feroit que pour la vue ; d’ailleurs, il n’y a que l’idée de pouvoir faire fervir l’Etoffe des deux côtés qui puiffe l’emporter; mais quand des Etoffes de ce genre ont été ufées d’un côté , il ne refte pas beaucoup de reffource pour l’autre.
- J’ai dit fur la fin des Taffetas façonnés par la marche, que l’on auroit plus de reffources à les fabriquer comme les Pruffiennes , que de les exécuter avec des ligatures combinées , tant parce qu’on peut mieux varier les deffins, que parce qu'on peut, fans augmenter les difficultés du travail, accompagner le lancé d’un liféré & de tous les agréments dont peuvent être fufceptibles ces fortes de deffins : on doit en juger par les variétés qu’on peut donner aux tiflus des Pruffiennes.
- L’un & l’autre de ces deux genres d’Etoffes feroit parfaitement exécuté j fi au lieu de faire les champs des ligatures à deux mailles, on les faifbit à une feulement. Il eft vrai que pour faire les deffins à la même grandeur de ceux que nous avons vus, il faudroit doubler le nombre des ligatures ; cependant il conviendroit beacoup mieux pour les Taffetas & Gros-de-Tours, fur* tout quand on les exécute en riche, parce qu’alors on peut lier la dorure a volonté : on reconnoîtra encore mieux cet avantage par la fuite. Je pafïq aux Droguets.
- Article Troisième.
- De la maniéré de fabriquer les Droguets ordinaires par la marche * auxquels on a donné le nom de Droguets-Maubois , ÔC de, Droguets à la Reine. ‘
- §. I. Des Droguets ordinaires.
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- Les Etoffes qu’on appelle Droguets ordinaires, ont été des Etoffes très-* recherchées , & ont fait depuis leur invention une des principales branches du Commerce de la ville de Lyon. Il y a peu de Villes de Manufactures qui en aient fabriqué ; ce qui en a été fait ailleurs qu’à Lyon , eft de fort peu de conféquence ; car je. fuis certain que Nifmes, Tours 8c Paris n’en ont pas fait travailler vingt métiers en tout, tandis que Lyon en avoir près de deux mille.
- J’ai vu il y a environ vingt-cinq ans , qu’on regardoit encore comme uns très-habile homme celui qui étoit en état de monter un métier à faire des Droguets. L'invention
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- Septïemë Section. I. Part. Des Drogue t$ ordinaires * 7/3
- I/invention du Droguet fut d abord attribuée à plufieurs ArtifteS des plus célébrés de ce temps-là ; on n’a jamais fu précifément à qui la donner ; cependant la plus forte voix étoic pour le fameux Galantier, Avignonnois, dont le nom fera toujours célébré, non-feulement à Lyon, mais dans toutes les Villes de Manufactures. Je n’entrerai ici dans aucun autre détail fur l’origine de ces Etoffes ; je me bornerai à dire qu’elles furent d’abord exécutées à la tire , par les métiers à boutons, avec des corps à maillons ; on en fit auffi à ligatures & à la tire, mais on en .fi#c & on en fait encore à ligatures & à la marche : c’efl: de ceux-ci que nous allons nous occuper actuellement, Sc dont je vais donner la defcriptiom
- Les Droguets à la marche ne fuivirent pas l’ordre de ceux à la tire, quant à la quantité de foie qu’on mettoit à la chaîne & au poil; car il faut obfer-ver que les defîins de ce genre d’Etoffe , font produits par un poil qui efl toujours de la couleur de la chaîne ; il ne faut pas confondre les Droguets de foie qu’on fabrique à Lyon, avec ceux qui font coton Sc foie qu’on fait à* Rouen ; ce font deux genres d’Etoffes qui ne fe refîemblent en rien, ni dans les matières dont ils font compofés, ni dans les combinaifons qui concourent à leur conflitution. On aura occafion de connoître cette différence , lorfque je traiterai les Droguets à la tire , où l’on verra les moyens qu’on emploie pour fabriquer les uns & les autres,
- La différence qu’il y a entre les Droguets à la marche Sc ceux à la tire, doit être expliquée»; voici en quoi elle confifte: *
- Les Droguets à la tire fe font faits d’abord à feize cents fils doubles de poil fur des huit cents de peigne à deux fils par dent, & quatre fils de chaîne r cette chaîne dans le commencement étoit fur un feul enfuple ; enfoite on la divifà en deux parties égales, à l’une defquelles on donna le nom de Pièce tirante , & à l’autre celui de Pivot. Ce n’efl pas ici l’endroit de donner les raifons de cette divifion ; il s’agit feulement de dire qu’on en rendoit les defîins plus réguliers, que lorfque la chaîne étoit fur un feul enfuple.
- Le poil en feize cents ne couvroit pas affez le fond de fEtofle ; on mit des peignes de mille dents ; alors on mettoit deux mille fils doubles au poil; ces Droguets étoient paflàblement beaux , mais ils exigeoient une perfeétion de plus , Sc d’ailleurs la réduétion de ce peigne rendoit ce genre d’Etoffe très-difficile à fabriquer ; on eut recours encore au huit cents, auquel on mit trois fils de poil par dent, ainfi que nous le verrons par la fuite ; c’efl par ce compte de poil qu’on réuffit à faire ces beaux Droguets qu’on a vus & qu’on voit encore faire une partie du commerce des Etoffes de Lyon.
- Les Droguets-Maubois fuivirent le compte de foize cents Sc de deux mille fils au poil ; on s’eft arrêté au dernier compte pour ceux faits à la marche ; les Droguets faits à ligarures, quoiqu’à la tire , portent auffi le nom de Dro* Étoffes de Soie. VII. Part. E 9
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- guets-Maubois; on leur a confervé ce nom, parce que ce font toujours des petits deftins qu’on exécute avec les ligatures, foit à la tire , foit à la marche , parce que pour faire de grands deffins dans ce genre, il en faudroit une trop grande quantité.
- On fait à la marche des deffins comme ceux qui font repréfentés par les figures i, 2 , 3 & 4 , PL 82, & chaque dent contient deux fils; mais la découpure efl fimple , ceft-à-dire, qu’il faut deux entre-lignes de nos défi* fins pour fournir à une dent ; ainfi pour les deffins, fig. 1 & 2, il faut vingt* quatre ligatures & quatre lifles de fond ; ils fe trouveront l’un & l’autre répétés quatre-vingt-quatre fois dans la largeur de l’Etoffe ; chacune des ligatures aura conféquemment quatre-vingt - quatre mailles, & fur la totalité , il y en aura feize de refie , parce que vingt-quatre, multipliés par 84 , font deux mille feize : comme on ne veut point interrompre le compte de deux mille par rapport au peigne, on a préféré avoir des mailles de trop , plutôt que de n’en avoir pas afîez ; alors la derniere répétition ne fè trouve qu’au tiers ; ces objets font fi petits qu’on n’y fait point attention. Voyez les les figures y Sc 6, dont une efl l’échantillon de l’Etoffe fait fur le deffin , fig. 1, & l’autre efl celui tiré du deffin, fig. 2. ?
- Le deffin fig. 3 , doit être exécuté par vingt ligatures ; il fera répété cént fois dans la largeur de l’Etoffe ; & celui fig. 4, fera exécuté par dix ligatures, & fera répété deux cents fois : voyez les effets de ces deux derniers deffins fur les échantillons fig. 7 & 8, dont le premier appartient au deffin fig. 3 , & le fécond à celui fig. 4.
- Quoique pour notre genre de Droguets, il faille deux entre-lignes du deffin pour completter une dent, on ne change rien à l’ordre de l’armure & du lifage ; car ici il faut un iifàge qui réponde aux marches de figure , & l’armure efl pour les marches de fond.
- Arrêtons-nous au deffin fig. 1 , & voyons quels font les moyens qu’on emploie pour le faire à la marche.
- Il faut remarquer que le deffin efl deux fois répété dans la hauteur, & deux fois dans la largeur de la carte qui le contient ; il faut donc le fuivre du point A au point B, pour fa hauteur, & du point B à celui C pour fa largeur. En fuivant les autres parties de la carte de Cm D , en E, en F, en G & en AT, on trouvera que le deffin y efl contenu quatre fois: pour en connoître l’exécution fur le lifage ou fur l’armure, il faut feulement s’arrêter à une de ces quatre divifions, & la fuivre exaélement, & l’on fera affuré de la précifion qu’on doit y donner. *
- La hauteur du deffin efl de vingt-fix entre-lignes, & fa largeur efl de vingt-quatre , ce qui défigneroit vingt-fix marches, cependant on n’en employera que quatorze, parce qu’il y a le retour & deux de fond, car le fond efl
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- Taffetas. L'armure de ces deux dernieres marches n'a rien de commun avec les effets du deflin , que par la conduite que doit tenir l'Ouvrier i aufli je n'en ferai pas mention dans le plan de lifage qu'on va voir, & qui fervira pour tous les deflins de cette Planche,
- Il convient auparavant de voiria difpofition des liffes, & celle des lîgatu-res , pour connoître l'ordre qu'on fait tenir au remettage.
- Les ligatures font toutes égales en nombre de mailles, on les fufpendra toutes pour paffer le poil o, fig. 9 , fur les ligatures comprifes depuis 1 juf-qu’à 24 ; chaque cours eft égal en nombre de fils à celui des ligatures : ainlî fi l'on a quatre-vingt-quatre mailles fur chacune* de ces ligatures, on aura quatre - vingt - quatre cours à paffer , en commençant par la première maille de la vingt-quatrieme ligature, pour venir de l'un à l'autre {ans interruption jufqu'à la première ; de maniéré que tous les cours feront également re-mis.Après qu'on a paffé le poil, on paffe la chaîne P,dans les liffes i, &,/, m, qu'on ne place devant les ligatures qu'après que le poil eft paffe, ; on fe comporte à cet égard comme pour le remettage des Taffetas brillantés pour l'arrangement du poil & de la chaîne : quant à l'ordre qu'on fait tenir aux fils, c'eft encore le même ; on paffe un fil de poil pour deux fils de chaîne ; dans tout le remettage, on paffe les quatre liffes comme celles d'un Taffetas, à commencer par celle i, & finiflânt par celle m.
- Les liffes ni les ligatures ne doivent pas être écartées les unes des autres, ni entr'elles, comme il paroît qu’elles le font fur la figure ; ici elles font écartées afin de pouvoir mieux l'es diftinguer ; il faut que les ligatures foient plus baffes de deux pouces au .moins que les liffes : en ceci c’eft encore l'arrangement des Brillantés ; voyez la figure 2, PL 66.
- Le peigne dans lequel on paffe les chaînes pour notre Etoffe, contient toujours deux fils de poil & quatre fils de chaîne ; tous les deflins qu'on fait pour ce genre d'Etoffe , font remis & rangés de même, excepté que le nombre des ligatures n’eft pas toujours égal. Des quatre deflins que contient la Planche 82, il n'y en a que deux qui puiflent s’exécuter fur le même nombre de ligatures, celui fig. 1 & celui fig. 2 ; celui fig. 3 , n'exige que vingt ligatures de cent mailles chacune , & celui fig. 4, dix de deux cents mailles chaque : on doit juger que pour le premier de ces deux, on.fupprime quatre ligatures du nombre 24 qu'on voit fur la figure 9, & que pour le fécond , on en fupprime quatorze ; je fais cette remarque afin qu'en comparant le lifage fur le plan fig. 10, on reconnoiffe les liffes qui ont rapport aux deflins par les lifages qui y font tracés : on trouvera le lifage de chacun de ces deflins fous des lignes indicatifs différents les uns des autres.
- Pour qu'on ne confonde pas les lignes, je préviens que les zéros qui font •fur ce. plan délignent le lifage du deflin fig. 1. Les quarrés fèmblables à ceux
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- — qu’on voit en h9fig. 11 , pofés fur la croifure des lignes I , 2 , défignent la lifàge du deffin fig. 3 ; la petite ligne n , fig. 12 , qui traverfe la croifore de celles 3,4 , eft le figne indicatif du lifàge du deffin fig. 3 ; elles font po-fées fur le plan fig. p , dans le même fens que nous les voyons fur celle-ci : le lifage du deffin fig. 4, eft auffi indiqué* fur ce plan par les lignes courbes par un bout, ayant à l’autre un petit anneau ; elles font conformes à celles 0 que l’on voit fur la figure 13 , Sc pofées fur la croifure des lignes qui indiquent les ligatures & les marches , comme celle-ci l’eft fur la croifure des lignes 5 Sc 6.
- Il ne faut pas s’étonner fi l’on voit fur les croifures des lignes-marches & des "lignes-ligatures * quelquefois les quatre fignes à la fois fur une même croifure , comme on les voit fur la figure 14 : fi l’on y prend garde , on verra que le zéro p eft pour le premier lifàge ; que le quarré q , eft pour le fécond ; que la ligne r , eft pour le troifieme , & que celle s , eft pour le quatrième ; Sc néanmoins ces quatre fignes font pofés fur la croifure des lignes 7 Sc 8 , comme le font ceux qui font fur le plan : il faut donc n’avoir égard qu’à une efpece de ces fignes pour chacun des lifàges.
- Le deffin fig. 1, doit être exécuté par quatorze marches , défignées par les quatorze lignes tranfverfàles de notre plan fig. 10 , & les vingt-quatre lignes perpendiculaires défignent les vingt-quatre ligatures qui y font nécef* faires ; auffi voit-on les zéros indicatifs du lifage de ce deffin occuper toutes ces lignes, ceft-à-dire , qu’il n’y a ni marches ni ligatures fur lefquelles ces fignes ne portent. Il n’en eft pas de même des quarrés qui indiquent le fécond lifage , parce que le deffin fig. 2, pour le lifage duquel ils font placés, n’a befoin que de douze marches ; ainfi les quarrés portent fur l^s vingt-quatre ligatures, Sc fur les douze premières marches , on en a fupprimé celles qui font fous l’accolade Q ; du refte , les petits quarrés font portés for toutes les autres marches , fuivant la détermination du lifàge.
- Le deffin^. 3 * ne doit avoir que vingt ligatures Sc neuf marches ; pouf tracer fon liffage for notre plan , on a retranché les quatre liftes 19 2,3 & 4 qui font comprifes fous l’accolade R, & les trois marches qui font fous l’accolade S, ainfi que celles qui font fous l’accolade Q , on ne voit les petites lignes qui indiquent fon lifàge que for les autres lifles Sc fur les autres marches qu’on laiflfe fubfifter, comme pour former le plan quklui appartient.
- Pour exécuter le deffin fig. 4 , il faut dix ligatures Sc dix marches ; néanmoins le lifàge eft exécuté for notre plan fig. p ; mais on a féparé les quatorze ligatures qui font comprifos fous les accolades R V, Sc les quatre marches qui font fous celle T. Les fignes indicatifs de ce lifàge , font portés for les dix liftes reliantes , Sc for les dix premières marches.
- Le deffmfig. 1, fuivant fa hauteur, donnetoic yingt-fix marches pour fon
- exécution ;
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- exécution , mais par fa maniéré d’être mis en carte, on en fupprime la moitié : il en eft de même du deflin fig* 2 ; il eft fuivant fa divifion de A en I ou de / en K, de vingt-quatre marches de hauteur, cependant on l’exécutera avec douze, 8c même avec les remarques que j’y ferai faire , il feroit poflible de l’exécuter avec neuf.
- Le deflîn fig. 3 , eft auflî contenu quatre fois fur fa carte, fuivant les dm-fions de R en S, de «5* en T, en V, en X, JT, Z 8c A ; fa hauteur eft de feize marches , 8c fon exécution fe fera avec neuf.
- Le deflin fig. 4, n eft fufceptible d’aucune diminution de marches for fa hauteur ; il faut qu’il foit exécuté néceiTairement par la même quantité de marches qu’il eft porté par ce deflin ; ce deflin eft répété deux fois dans fa hauteur , 8c quatre fois dans fa largeur: voyez fes divifions de N en 2?, en C, D, E, F, G, H, /, K, Lf M ; fa hauteur eft de dix entre-lignes ; il faut abfolument dix marches à quelque point qu’on le prenne.
- Le lifage de nos deflins eft fait par le fond , parce que l’endroit fe fait par deflous ; ainfï on prend chacun des petits carreaux qui fur le papier ne font point couverts de couleur, pour en joindre au lifàge les ligatures dont ces carreaux dépendent. Celui de notre deflîn fig. 1, eft pris depuis l’entre-ligne a jufqu à celui b : en fuivant ces entre-lignes tranfVerfàux jufqu à la ligne perpendiculaire C, G, qui divife ce deflin par le milieu de fà largeur, on verra que tous les petits carreaux blancs y font pris entre-ligne par entre-ligne, au nombre de quatorze fucceflivement ; chacun de ces entre-lignes répond à une des marches; les figues indicarifs fontpofés fur le plan , en partant de JT en Y $ 8c fur le deflîn, ils font pris de gauche à droite ; c’eft même un ufage uni-yerfel. Pour reconnoître fi le lifàge eft bien exécuté, il faut parcourir tous les entre-lignes, & les comparer avec les marches auxquelles chacune d’elles doit correfpondre ; par cette précaution, on s’aflurera de la vérité du lifàge ; ainfi le premier entre-ligne répond à la première marche ; il a dix carreaux qui ne font point couverts de couleur : la marche qui le repréfente eft couverte de dix zéros qui fur elle tiennent le même ordre que les carreaux vuides tiennent fur le deflin. En prenant cette marche de Xen Y, on trouvera qu’il n y a point de zéros fur les vingt-quatre & vingt-troifieme ligatures, qu’il y en a fur les quatre fuivantes, que les fix d après n’en ont point, que les deux qui fuivent en ont un s qu’enfuite une n’en a pas , que la neuvième en a un, la huitième n’en a point ; les trois d’après en ont un chacune, & les quatre dernieres n’en ont point. Comparons actuellement le premier entre-ligne à cette marche, en le prenant de gauche à droite, on verra que les deux premiers carreaux font couverts de couleur ; ces deux carreaux répondent aux deux premières ligatures du côté de X, elles n’ont point de zéros. Les quatre carreaux fuivants défignent les quatre ligatures d’après les deux Etoffes de Soie. FIL Part* F 9
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- : premières ; ces deux carreaux font vuides, & les quatre ligatures correfpon-dantes ont chacune un zéro ; les fix qui fuivent, n’en ont point, parce que les fix carreaux qui font après ces quatre que nous venons de remarquer , font couverts de couleur ; après eux il y en a qui fe fuccédent : auffi voit-on , après les ligatures fans zéros, deux autres qui en ont ; delà une n’en a pas & l’autre en a une ; le carreau qui fuccede à ces deux eft couvert, & l’autre vuide fuivi d’un plein & de trois vuides de fuite ; ainfi des ligatures qui fuivent l’une n’a point de zéro, l’autre en a un ; celle qui vient après n’en a point, Sc les trois fuivantes en ont un chacune. Les quatre dernieres h’en ont point, parce que les quatre derniers carreaux font tous couverts de couleur.
- On peut faire la même comparaifon des entre-lignes qui fuivent celui que nous venons de voir : à les prendre en defcendant jufqu’à celui b, avec les treize autres marches , on trouvera que chacune de ces'marches contient autant de zéros que chacun de ces entre-lignes qui doit lui être comparé f laifle de petits carreaux : il feroit trop long d’en faire ici la récapitulation , elle efl: faite par le lifage.
- Le lifage du deflin fig. 2 , efl; pris de c en d ; les douze entre-lignes qui font contenus dans cet intervalle * doivent être comparés avec les douze premières marches du plan ; & pour en connoître les combinaifons, il faut que for chaque marche il y ait autant de quarrés qu’il y a de carreaux vuides for chaque entre-ligne de correfpondance , & que ces quarrés lailfent entr’eux le même nombre de ligatures, que les carreaux entr’eux ont de féparations des pleins aux vuides & des vuides aux pleins.
- Le lifage du deffin fig. 3 , eft pris depuis l’entre-ligne e , jufqu’à celui f focceffivement ; cette diftance en contient neuf qu’on mettra en comparaifon avec les neuf premières marches ; en fupprimant les lifles qui font comprifes fous l’accolade R, on trouvera que chacune de ces marches contient par ordre autant de petites lignes indicatives de fon lifage , que chaque entre-ligne laifle de petits carreaux fans couleur.
- La hauteur du deffin fig. 4, efl: de dix entre-lignes pris de N en B ou de B en C;ils répondent aux dix premières marches , & on doit retirer du plan les quatre ligatures prifes fous les accolades R, V\ alors on trouvera que les lignes indicatifs de fon lifage, fuivent fur ces marches le même ordre que les carreaux vuides tiennent dans les entre-lignes auxquels ils doivent correfpondre.
- Par les lifages que nous venons de voir, on comparera les ligatures prifès for le plan au mouvement de celles qui font for la figure p , en fupprimant ce qu’il y a de trop pour les deffins pour lefquels il n’en faut pas un nombre auffi grand : du refte, chaque ligne indicatif annonce la montée de la ligature for laquelle il • efl: placé.
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- La fufpenfion de ces ligatures eft la même que celle qui eft repréfèntée par ’ la figure 2, PL 66, faite pour les Taffetas brillantes ; les lifîes de fond feront Pl^lH£ mifes dans des doubles chappes comme celles dun Taffetas à quatre lifîes ; voyez la figure 2 , PL 31: les marches de fond y font placées de même, mais celles de figure font miles en écharpe comme celles qu’on a vues pour les Satins, PL y 9, fig. 6 ; on peut encore les mettre en long, correfpon-dantes à des carquerons auxquels les lacs de lifàge feront attachés comme le font les lacs N y fig- 2 , PL 66, aux gavafîînes 9r9s9t9v9x9y qui tiennent aux carquerons O 9 P 9 Q, R 9 S9 T ; bien entendu que notre lifàge fera exécuté de même que celui qui eft repréfenté par cette figure ; ces marches, quoiqu’ainfi rangées; n’auront rien de commun avec les deux marches de fond, parce qu’il faut que l’Ouvrier travaille des deux pieds, à moins de doubler le nombre des marches, ce qui occafionneroit un trop grand embarras.
- On fabrique notre Etoffe par un coup de plein & un coup de tire, c’eft-à-dire , que l’Ouvrier pafîè un coup de navette , fans enfoncer aucune des marches de figure, & un liir lequel il en a enfoncé une j cela eft alternatif: s’il a décidé de pafler fbn coup de plein fur la marche de fond à droite, ce doit toujours être la même fur laquelle il doit continuer de pafler le coup de fond ; ainfi il ne doit jamais pafler fà navette, ayant enfoncé la marche de fond à gauche, fans en enfoncer une de celle de figure : c’eft ainfi que fè forme le tiffu fig. 1, PL 83.
- Avant d’entrer dans la defcription de ce tiffu, voyons comment on exécute les deflïns des échantillons fig. y , 6 9 7 & 8.
- Pour exécuter le deflïn fig. 1, conformément au lifàge qui en a été tracé fur notre plan fig. 10 : l’Ouvrier commence par une des marches d’un côté,*
- & ayant parcouru jufqu’à la derniere , il revient fur fes pas, & continue de même tant que le deffin dure : ce n’eft que par ce retour qu’on trouve à la fois, la diminution de la moitié du nombre des marches que porte la hauteur du deffin, & le même nombre qu’on fupprime pour le travail: voici comme il faut entendre la raifon de cette économie.
- Les effets du deffin font les mêmes pris de ^ en b9 comme de a enr: br , s’il y a égalité en tout entre ces deux parties du deffin, en venant de a en b 9 on en trouvera la moitié, & en retournant de b en*z, l’on aura une partie parallèle à celle qu’on vient de voir,& qu’on peut voir de ren a *> ainfi l’efpace compris de t en b , détermine la hauteur du deffin , plus un entre-ligne ; & comme la moitié du deffin eft à nombre impair , c’eft cet entre-ligne de plus qui fait l’accord pour le commencement, & pour la fin de chaque demi-deffin. Il paroît au premier coup d’œil que le deffin n’ayant que vingt-fix entre-lignes de hauteur, ne devroit avoir que treize marches pour fa moitié ;
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- j6o VARTDESÊTOFFESDE SOIE. mais il faut prendre garde que lorfqu'on feroit arrivé à la derniere marche, il faudroit la faire mouvoir deux fois de fuite, fans quoi il n'en refteroit quç douze pour le retour, ce qui au lieu de vingt-fix , ne feroit que vingt-cinq pour la totalité ; il n'en eft pas de même des quatorze marches, car on peut dire, quatorze d'aller Sc treize de venir font vingt-fept ; mais ces vingt-fopt n'ont lieu que pour la première fois , puifque d’une extrémité à l’autre, on ne doit jamais compter la derniere comme appartenant au retour , elle eft toujours pour l'aller 5 c'eft-à-dire , que le retour commence ou à la fécondé ou à la troifieme marche, ainfi de 2 à 14 on trouve 13 , de même que de 13 à 1, ce qui détermine la hauteur de notre deffin.
- Il eft vrai qu’il faut prendre le lifage au point ou il eft indiqué; car à tout autre entre-ligne, on ne pourroit jamais l’exécuter fans y mettre deux fois autant de marches que {à hauteur contient d’entre-lignes.
- Le deffin fig. 3 , s’exécute avec douze marches ; ce qui fait la moitié des entre-lignes contenus dans fa hauteur ; on a pu ainlx l’exécuter, parce qu’on eft obligé de faire deux fois de fuite la première & la derniere marches : ainfi quand de la première, on eft arrivé à la douzième, on l’enfonce deux fois,’ de même que revenu à la première, on la fait mouvoir deux fois : on fentira la néceffité de cette répétition, fi l'on remarque que l’entre-ligne qui eft au-deffus de celui c , eft également couvert de couleur que c lui-même ; ainfi que à, a les mêmes carreaux couverts de couleur que l’entre-ligne qui eft au-deffous ; ainfi en faifant mouvoir la première Sc la douzième marches, par l’une on remplit l’entre - ligne c Sc celui qui eft au-deiïùs de lui , Sc par l’autre on fait rendre les effets de l’entre-ligne d, Sc ceux de l’entre-ligne de défions ; Sc comme on ne fàuroit augmenter le nombre des marr ches , fans nuire aux effets du deffin , ou fans interrompre l’ordre que doit tenir l’Ouvrier ; il fuffit d’enfoncer deux fois la derniere Sc la première marches.
- Si l’on vouloit réduire ce deffin à neuf marches , il faudroit alors que i’Ou-yrier interrompît l'ordre de fon travail , Sc qu’après avoir pris la cinquième marche , il enfonçât deux fois la fixieme, puifqu’il retournât à la cinquième y enfoite à la quatrième, de-là à la feptieme, huitième Sc la neuvième , celle-ci deux fois de fuite , comme nous l’avons dit, Sc le même ordre pour le retour : pour économifer trois marches., on s’expoforoit à faire continuellement des fautes , fans pour cela avancer le travail. Je n’ai fait cette remarque que pour faire connoître ce qui eft poffible; tout l’avantage qu’on peut en tirer, c’eft d’attacher doubles gavaffines à ces lacs qui tirent les mêmes ligatures , afin d’économifer les cordes qu’on met au lifage ; ainfi en venant de cen on trouvera que le lac qui doit produire les effets du quatrième entre-ligne , eft égal à celui qui doit rendre ceux du neuvième ; que celui
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- # Septiemé Section. I. Part. Des Droguetà ordinaires* j6i
- qui eft pour le cinquième, eft égal au huitième , & que celui qui eft pour le fixieme eft égal au feptieme : pour le lifage , on n exécute que neuf lacs ; on attache deux gavaflines à ceux qui produifent un double lac, & ion joint ces gavaflines aux marches qui dans le corps doivent tirer ces lacs ; de forte que deux marches confécutives ou interrompues tirent un même lac.
- Le defîin fig. 3, eft du genre de celui fig. ï , c'eft-à-dire, qu’il a un impair dans la moitié de fa hauteur, non pas dans celle du deflin lui-même > puifqu'il eft de feize entre-lignes , mais des mouches qui le compofont, & qui font portées fur fept entre-lignes de hauteur : pour en exécuter une & fon reverfible, il faut neuf marches & le retour; fon lifàge eft pris de fentrer ligne e à celui f : ces neuf marches rendent l'effet de feize.
- Le deflin fig* 4, eft tout différent des autres ; fà hauteur eft de dix entre-lignes , & il exige dix marches ; mais l'Ouvrier à chaque cours, vient recommencer par la première , fans retourner fur fes pas.
- Je fuis entré dans le détail de ces quatre deflîns pour faire fentir la dif* férence qu’on peut mettre entre les deflins de ce genre, quoique faits à la marche : on doit juger qu'il eft poflible de les varier à l'infini, pourvu qu’on trouve des accords combinés pour faire des objets un peu plus grands par le focours du retour des marches ; car à les porter au - delà de ce que nous venons de voir, ce foroît trop, à caufe du différent mouvement que l’Ouvrier eft obligé de donner en travaillant des deux pieds 5 ce qui eft inévitable pour former le tiffu que nous allons voit, fig* 1. PL 83. Ce tiflu eft produit par le deflin fig. 4 de la Planche précédente ; les fils a , b jufqu’à k font ceux du poil, & ceux l> m jufqu'à v , font ceux de la chaîne ; de forte que vingt fils de chaîne & dix fils de poil donnent une répétition au delfin* Les révolutions des fils du poil font prifes fur le bord du deflin du côté AT* B, C, & ils en contiennent toute la hauteur puifqu'on a quarante duites de trame. Il faut fo fouvenir que l'Ouvrier en travaillant pafle un coup de plein & un coup de tire fucceflivement : cette maniéré de fabriquer donne deux duites pour chaque entre-ligne horifontai du deflin, & en même-temps elle fournit un moyen de ne laiflèr paroître le poil qu'aux endroits où il doit rendre les effets du deflin , & de le faire perdre à l'envers de l'Etoffe : ici cette Etoffe eft vue du côté de l'endroit. Si l'on fait attention à la maniéré dont les fils de poil font révolus , on reconnoîtra que toutes les fois qu'ils ne doivent rien produire fur l'Etoffe, ils font pris entre deux duites de trame: c’eft ce qu’on appelle un coup de plein & un coup de tire ; car on ne fait tirer le poil que dans les parties de fond ; c’eft donc pour le faire perdre dans les endroits où il ne doit pas paroître ; c’eft par ce moyen qu’on fait ref-fortir les parties de poil qui forment le deflin , & qu’on fait difparoître celles Etoffes de Soie. FIL Part. G 9
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- 762 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. qui déterminent le fond, qui ordinairement dans ce genre d’Etoffe , n’eft pas bien considérable ; il n’eft pas difficile de fentir comment ces parties de poil dit-paroiflent, li l’on fait attention que toujours le poil & la chaîne font d’une même couleur, ainfi que la trame : quelquefois pour donner quelqu’effec de plus , ou plus d’oppofition, on met la chaîne & le poil d’une demi-teinte de différence entr’eux, & f on affortit la trame avec la chaîne.
- Les #coups de plein fur notre tiffu font défignés par les duites qui ne font point marquées ; mais celles qui font défignées depuis 1 jufqu’à 20, font les duites paffées fous le coup de tire : ce font celles qu’on lance en enfonçant une des marches de figure avec une des marches de fond ; car les coups de plein ne font paffés que fur la marche de fond contraire à celle qui eft mife en mouvement au coup de tire. On doit voir par les deux fils l ceux m , &c. jufqu’à v qui appartiennent à la chaîne, que toute cette chaîne qu’ils re-préfentent, fait un fond Taffetas ; car fi l’on retiroit de ce tiflu les dix fils de poil, ce qui refteroit, feroit précifément femblable au tiflu du Taffetas qui eft repréfenté jïg, 1 , PL 1.
- Il Taut remarquer que toutes les eftances des fils de poil font déterminées par des nombres de duites impairs : ainfi, fi les eftances font combinées fur le deffin, on trouvera que ce qui fe perd de poil, eft pris fous une duite de trame ; mais quand'fur le deffin il y a un carreau feul d’entre-ligne couvert de couleur, il paroît fous trois duites ; s’il y en a deux qui fe fuccedent dans un entre-ligne perpendiculaire, on les voit fous cinq duites , s’il y en a trois, elles font fous fept, s’il y en a quatre , elles font fous neuf, & s’il y en a cinq , elles font fous onze. On voit que chaque fois que l’on augmente d’un carreau, on doit augmenter de deux duites : ainfi , pour ne point s y tromper, quand on verra fix, huit , dix, &c. carreaux couverts de fuite dans une entre-ligne perpendiculaire ; le fil du poil qui doit en produire l’effet , fera né-ceflairement fous un nombre de duites double de ce nombre de carreaux , plus un, parce que le coup de plein laiffe tous les fils du poil en-deffous, & ce coup eft cenfé ne compter pour rien dans les effets du deffin, il ne compte que pour le corps de l’Etoffe ; le coup de tire qui lui fuccede, ne fait monter que les fils de poil qui, fur l’entre-ligne horizontal de qui il dépend, font défignés par les carreaux vuides ; il réfulte de-là que ceux qui n’ont pas monté au premier coup de plein , & qui ne montent pas au premier coup de tire , font déjà fous deux duites. Comme ce coup de tire eft encore fuivi par un autre coup de plein qui ne fait rien monter du poil, il fournit une troifieme duite fous ces fils qui n’ont pas monté au coup de tire : maintenant fi on fait monter par un fécond coup de tire , l’eftance de chacun de ceux qui monteront, fera déterminé fous trois duites , attendu que la quatrième les lie au corps de l’Etoffe ; ainfi, en allant plus avant, on augmentera toujours les eftances
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- Septième Section. L Part. Dès Droguets à la Reine. 76Z
- de deux coups, fans pouvoir leviter ou fans changer l’ordre général de l’ou-,vrage: dans ce cas , on ne feroit plus un Droguet ordinaire , ce feroit ce qu’on appelle Droguets a la Reine , parce que la partie du poil qui ne parole pas d'un côté, paroît de l’autre, 8c qu'il flotte de tous côtés : cette Etoffe eft fort en ufàge , mais elle fe fabrique différemment de celle que nous venons de voir.
- Il faut remarquer que notre Etoffe étant vue du côté de l’endroit , le poil qui fe place en deflous doit être mis en deffus, aufli voit-on les verges A A qui tiennent l’encroifure du poil féparees de celles B B qui tiennent celle de la chaîne.
- Quoique le poil foit de la même couleur que la chaîne , on les fépare l’un de l'autre, parce que l’un s’éboit moins que l’autre ; d’ailleurs on n’y met pas ordinairement les mêmes qualités de foie ; car pour bien exécuter cette Etoffe * on doit mettre un organfin de Piémont, d’environ trente-fîx deniers pour la chaîne , & un organfin du pays, de quarante deniers pour le poil. Comme le poil s’éboit moins que la chaîne , on a la précaution d’ourdir un vingtième de moins ou environ fur la longueur, ce qui refte de plus , efl: en pure perte : on doit en faire de même pour toutes les Etoffes dont le poil contribue aux deflîns qu’on leur fait produire ; on combine cette différence en raifon de l’Etoffe ; de forte que fi l’Etoffe efl forte, c’efi-à-dire, tramée gros, il faut donner plus de longueur au poil : ainfi pour ne point s’y tromper , quelque forte d’Etoffe qu’on veuille fabriquer , on doit donner au poil une longueur égale à celle qu’on veut fabriquer d’Etoffe , plus trois quarts ou une aune pour ce qu’on appelle peigne ou queue de pièce ; c’eft la foie qu’on ne fauroit employer, & qui fort pour tordre enfemble une nouvelle chaîne ou un nouveau poil : on foit ordinairement de combien une chaîne s’éboit en raifon de la groffour de la trame qu’on doit y employer, & l’on en détermine la longueur , en conféquence de ce qu’on veut faire fabriquer de cette Etoffe ; ces remarques font de la derniere importance pour le Fabriquant.
- Planche 8 2*
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- §. 2. Des Droguets à la Reine,fabriqués par la marche:
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- Les Droguets à la Reine tirent leur origine de ceux que nous venons de voir i ils ne different entr eux que par la maniéré de les fabriquer, 8c par les couleurs. Dans ceux que je viens de décrire, on efl: reftreint à mettre tout de la même couleur , au lieu que ceux dont nous nous occupons à préfont , peuvent avoir le poil d’une couleur, la chaîne de l’autre & la trame d’une autre : ces différences ne fouroient nuire à l’Etoffe, parce que le poil ne s’y incorporant point, il ne peut faire aucun faux dans le fond; ainfi ce poil flotte à l’endroit comme à l’envers. Le tiffu de ces Droguets efl re-
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- 7^4 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. préfentë par la figure a , PL 83 : il n’efi: fait que de quatre fils de chaîne , & de deux fils de poil ; ceux-ci font les mêmes que ceux a, b du tilîu fig. 1 > & les fils de chaîne font ceux /, m de la même figure , qui féparent les deux fils de poil.
- On reconnoîtra que les quatre fils de chaîne £, £ font révolus ici comme dans la figure précédente ; on verra auffi que lorfque les fils de poil x9 y ne paroiffent pas du côté de fendrait, ils flottent à fenvers, & que les eftances des fils de poil font toujours fous des nombres de duites pairs , & * cependant ils font révolus d’après le deffin fig. 4 de la Planche précédente : ce qui détermine cet ordre vient de la maniéré dont f Ouvrier conduit fon travail. On a vu que pour les Droguets - Maubois, il paflbit un coup de plein & un coup de tire ; mais ici c’efl: toujours deux coups de tire pour chaque lac , c’eft~à-dire, que chaque fois quil enfonce une des marches de figure , il paffe de fuite deux coups de navette ; ainfi à chaque deux coups il change de marche de figure , en les fuivant cependant comme pour les premiers Droguets que nous avons vus ; car il n’y a aucune différence dans l’arrangement du métier ,& même on peut faire un Droguet à la Reine, fur une piece des Droguets précédents , comme on peut faire un Droguet ordinaire fur un métier monté pour les Droguets à la Reine ; mais on a toujours cet avantage , que lorfqu’on a fini une chaîne de ces Droguets, on peut fans aucune dépenfe ni dérangement faire fabriquer fur le même métier l’autre Droguet.
- On fait suffi de ces Droguets à bandes dont la plupart font ombrés ; mais on les fait plus communément à la tire qu’à la marche, parce que les def-fins étant plus grands, offrent plus de reffources pour varier avec goût, & plus de sûreté dans les exécutions. On voit ici par les verges C C , D D, que la chaîne eft feparée du poil, néanmoins l’endroit de l’Etoffe fe fait par deflbus, quoiqu’ici il paroiiïe par deflus : cependant il y a des deflîns où l’on fait l’endroit de l’Etoffe par-deffus ; c’efl: plus fou vent à la tire qu’à la marche , parce qu’on trouve plus de légéreté d’une façon que de l’autre ; c’efl: ce qu’on aura lieu de connoître, lorfque nous traiterons les Etoffes faites à la tire.
- Article Quatrième.
- Des Egyptiennes faites à la marche dans le genre des Taffetas , des Prujjiennes ÔC des Droguets à poil & en lifièré*
- §. 1. Des Egyptiennes, Taffetas & Gros-de-Tours.
- Oh a donné le nom d’Egyptienne à un goût qu’on a fait régner depuis environ quatorze ou quinze ans fur plufieurs genres d’Etoifes* D’abord ce
- furent
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- Septième Section. ï. Part. Des Égyptiennes, Tajfetà's, &è. 76^
- furent les Taffetas qui prirent ce nom, parce qu'on avoit ajouté de petites rayes farinées deffus , comme celles aa> 6cc. de la figure 3 , FL 83 ; On a fait §^4 ces mêmes petites rayes en Serge, comme celles b b b , &c. de la même figure, fans cependant changer le nom de l'Etoffe, dont on a Fait quelquefois le fond Gros-de-Tours. Pour exécuter ces rayes foit en Sâtin , foit en Serge, on n'emploie aucun procédé différent de celui que nous avons vu pour les Cirfakas d'hiver & pour ceux d'automne , quant à la conftitutîon du corps de l'Etoffe, c’eft-à-dire , fans égard à la dorure qu’on y emploie ; quant aux petits effets qui font entre les rayes, ils font faits par un poil. On travaille ces Egyptiennes comme les Droguets à la Reine, excepté que pour le fond, on a quatre marches, fi les rayes font Serge, & qu'on en a huit fi elles font Satin. Cependant , quand on peut accorder les cours du Satin avec les effets du deffin > on fait l'un & l'autre par les marches de figure. La difpofition de cet échantillon eft tirée du deffin jig. 4 ; on peut en déterminer l'armure fur le deffin , ainfi que le lifage , & voir en même-temps fi l'on peut accorder l'une avec l'autre pour n’avoir que deux marches en fond, ou plutôt pour n’avoir que des marches de figure ; car fi le nombre n'en étoit pas bien grand , on pourrait faire monter les liffes de fond, & Celles de Satin enfèmble avec celles de figure. Pour cet échantillon , il faut néceflâirement feize ligatures, dont huit pour le Satin & huit pour les effets du deffin qui font placés entre les raies : il faut en outre quatre liftes de fond, ce qui fait en tout vingt liffes*
- Il y a des Ouvriers qui mettent les ligatures de Satin devant les liffes de fond 5 d'autres par derrière : cette derniere méthode m'a paru préférable , &
- .je ne l'ai jamais abandonnée que dans des cas de néceffité dont je rendrai compte par la fuite : quant aux liffes de figure , on les tient toujours derrière les liffes de fond, & derrière les ligatures du Satin.
- La différence qu'il y a entre les effets du deffin rendu fur notre échantillon, & ceux que nous voyons fur la carte, prouve que l’on doit compter deux entre-lignes pour chacune des dents du peigne, de forte que le deffin que nous voyons répété deux fois fur la largeur de la carte , 6c deuxfois fur fà hauteur , eft contenu dans quatorze dents ; les raies occupent chacune deux dents, 8c l'efpace de fond qui les fépare eft de cinq dents ; le deffin "contient deux rayes de cen d ± ou de d en e, 6c fa hauteur eft de e enf 6c de/'en g : là largeur eft double à caufë du reverfible qu’on obferve généralement dans tous les deffins d’Etoffes, pour leur donner plus d'agrément , & en mê* me-temps ce reverfible préfente une variété de plus.
- On peut de même exécuter ce genre de deffin en Droguet^Maubois, dans les bandes de fond ; on le fait auffi en Prufïïenne à une ou à deux couleurs , mais il faut alors doubler le nombre des ligatures qui déterminent le fond de l'Etoffe 6c les effets du deffin, & fupprimer les liftes de fond. On obfèrye Etoffes j?e Soie. VIL Part. H <?
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- Planche
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- 766 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- de placer les ligatures du Satin devant celles de figure, parce qu’il faudrait qu’elles montaflent trop haut fi elles étoient derrière ; d’ailleurs , comme chaque champ des ligatures de Satin n’a tout au plus que deux ou trois mailles, & qu’en général les fils font fimples , ces fils feroient trop fatigués par les ef* paces qu’ils auraient à parcourir, & par les frottements qu’ils auraient à ef-fuyer entre les ligatures de fond & le peigne, Sec.
- Le deflin fig. y, eu égard à la petitefîe des objets dont il eft compofé , s’exécute à double découpure, c’eft-à-dire , que chaque entre-ligne perpendiculaire vaut une dent au peigne ; aufli en le comparant avec l’échantillon fig. 8, qui eft tiré de ce deflin , on jugera facilement que les proportions ne font plus les mêmes ; qu’au contraire , elles font d’une grandeur double de celles de l’échantillon fig. 3 , & du deflin fig. 4 : on remarquera que ce défi-fin n’a point de reverfible ; qu’il eft en trois couleurs ; que par ce moyen , il ne fàuroit être exécuté qu’en Droguet à la Reine, ou en Pruflîenne, à caufè de la netteté qui doit régner fur le fond.
- Si l’on exécute ce deflin en Droguet a la Reine, il faut quatre liftes de fond, huit ligatures de Satin & cinq pour la figure ; fi au contraire on le faifoic en Pruflîenne, il faudroit huit ligatures de Satin, dix de figure & point de liffes de fond.
- On pourrait exécuter notre deflin à fimple découpure fans rien changer à l’ordre des ligatures ; alors les rayes de Satin feraient d’une feule dent; le fond ferait de cinq dents au lieu de dix, & les effets du deflin fur l’Etoffe feroient diminués de trois quarts dans leurs dimenfions , c’eft-à-dire 5 de moitié en largeur & de moitié en hauteur ; il faudroit qu’en fabriquant, l’Ouvrier eût foin de changer de marches de figure à chaque marche de fond.
- Pour faire les Egyptiennes en fond Pruflîenne , il faut accorder le nombre des marches de figure avec celui du Satin , afin de ne travailler que d’un pied, autrement le travail devient beaucoup plus pénible & plus difficile à exécuter. La hauteur de notre deflin fig. y , eft de douze entre-lignes, en comptant de h h en i i ou de i i en k k, ce qui fuppofe vingt-quatre marches ; car à caufe du Satin, on ne fauroit changer ce compte , il faudroit mettre les yingt-quatre marches enfemble , & tripler l’armure du Satin, pour qu’elle s’accordât avec la révolution des marches qui doivent déterminer là hauteur du deflin. Si l’on vouloit faire ce deflin en Droguet à la Reine , au lieu de vingt-quatre marches, il n’en faudroit que fix pour la figure qu’on ferait par-deffus y mais il en faudroit néceflàirement huit autres pour le fond : le moyen qu’on employeroit pour ne mettre que fix marches, ferait de faire mouvoir trois fois de fuite la fécondé pour produire les effets qu’on voit fur les quatre , cinq & fix entre-lignes horifontaux, & de faire mouvoir, auflî trois fois de fuite fà
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- Seï’îïhmë Section. L Part. Des Egyptiennes, Taffetas, &c. 767
- cinquième marche pour obtenir les effets qui font portés fur les neuf* dix & * onze de ces entre-lignes ; autrement il faudroit dix marches.
- Le deflln fig. 6, eft pour une Egyptienne en fond Taffetas ou Grôs-de-Tours ! ainfl que celui fig. 7, le premier a produit l'échantillon fig. 9, & le fécond a rendu celui fig. 10; les rayures qui font fur le premier font. exécutées en Serge , & celles qui font fur le fécond font en Satin ; le poil qui produit l'un Sc l'autre de nos échantillons , eft ombré , ainfi que l'indiquent les deffins ; & en outre, il a une couleur pleine , c'eft-à-dire, fans nuance. Quoique Ton traite ces Egyptiennes de Taffetas ou de Gros-de-Tours, il n'y a point de différence pour le travail avec leDroguet à la Reine , excepté qu'on le fait à un coup plein & un coup de tire ; alors quoique le fond foit de même, la maniéré de le fabriquer eft différente, & fait changer le nom de la fabrication. v
- Le deffinj£g\ 6 , fuivant les proportions de l'échantillon fig. 9 , eft fait à f mple découpure * & celui fig. 7, en le comparant avec l'échantillon fig. 1 o, eft fait à double découpure; pour le premier, il faut quatre liftes de fond* quatre ligatures de Serge , ( car les rayes font exécutées en Serge fur l'échantillon,) & dix ligatures de figure ; pour le fabriquer, il faut quatre marches de fond & huit marches de figure : le deflin fig. 4 , qui doit avoir auffi huit marches de figure , doit fe faire à retour, ainfi que celui que nous avons fous les yeux ; c'eft pour cela que le nombre des marches fe trouve amoindri : le défilai fig. 7, doit avoir quatre liftes de fond , huit ligatures de Satin , & huit ligatures de fond ; & pour l'exécuter, il faut huit marches de fond, & quatre r<de figure.
- Je ne donnerai aucun plan d'armure ni de lifàge pour ces quatre deffins ; on pourra les combiner fur ceux qui leur font analogues ; ainfi on joindra les effets du Taffetas avec ceux du Satin , ou ceux de la Pruffienne avec la Serge, ainfi que ceux du Droguet ; quant à la combinaifcn des ligatures , telles font prifes fur les graduations des objets qui compofent les deffins ; voici comment elles feront faites : celles du premier deffin pour le Satin, feront toutes égales ; nous fuppofèrons que le fond de l'Etoffe eft fait en raifon d'un mille de peigne fur onze vingt-quatriemes de largeur ; ce deffin fera contenu foixante-douze fois dans cette largeur, il y aura donc cent quarante-quatre rayes de Satin à deux dents chaque ; les ligatures qui les formeront , feront de cent quarante-quatre champs chacune & de deux mailles par champ, ce qui donnera au remettage deux cours pour chaque raye , & divifera les parties du fond fur lefquelles porte le deffin :les parties de fond feront au nombre de cent quarante-quatre, puifque le deffin eft lui-même divifé en deux parties, dont l'une eft direéte, & l'autre fait le reverfible. Les raies de Satin doivent tenir lieu de fond dans le peigne où ces rayes n’occuperont que deux dents chacune ; cependant par la dilpofition de notre deffin, il fera-
- Pla&cuê
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- 768 L'ART DES ETOFFE DE SOIE.
- ? bieroit que les rayes devroient être divifées dans trois dents, & partie mifes enfembie avec les fils de la chaîne, par la raifon que les bandes étant de cinq dents chacune , & le poil n’en occupant que quatre, il faut pour faire un accord convenable, commencer par une demi-dent de Satin avec une demi-dent de fond , ou que le poil (bit paffé de maniéré à-n’avoir qu’un fil dans la première & dans la derniere dent qu’il occupe dans la bande ; c’eft le parti qu’il faut préférer, afin de n’avoir pas de dents à partager, & fuivre le remettage de la maniéré qu’on va voir.
- S’il y a cent quarante-quatre raies de Satin à deux dents par raie, & que le Satin loit à raifon de huit lifîes , il faudra huit ligatures pour l’exécuter : fi chacune d’elles eft compofée d’un champ de deux* mailles par raie , elles auront 288 mailles chacune , & la chaîne deftinée à produire ces raies Satin, fera de deux mille trois cents quatre fils fimples. On obfervera que cette chaîne efl prefque toujours en blanc fur toutes fortes de fonds.
- La chaîne deftinée pour les cent quarante-quatre bandes de fond fur lesquelles doivent paroître les répétitions du defïin par les effets du poil, fera de deux mille huit cents quarante-huit fils fimples, & les quatre lifïès qui Serviront à la faire mouvoir, feront chacune de fept cents douze mailles, fans celles des lifieres ; on y mettra quatre fils par dents.
- On aura huit ligatures pour le poil, lavoir, fix à foixante-douze champs à fourche, d’une maille par divifion ; 8c les deux autres feront de foixante-douze champs pleins y de deux mailles chacun * (nous verrons bientôt ce qu’on appelle champs pleins ou champs à fourche). Chaque ligature deftinée au poil* fera compofée de cent quarante-quatre mailles, ce qui fait en tout onze cents cinquante - deux, le poil fera ourdi d’un nombre de fils doubles égaux à la quantité des mailles contenues dans ces ligatures.
- On pourroit ne faire qu’une feule chaîne du poil avec le Satin ; mais comme l’un eft ourdi double & l’autre fimple, on les divife pour n’avoir pas l’embarras d’avoir du fimple & du double fur le ' même enfuple ; d’ailleurs les Ouvriers confondroient fouvent l’un avec l’autre, ainfi on les range comme Planche on les voit PL 84 , jig. 1 : l’enfuple A appartient à la chaîne de fond ;
- celui B appartient à la chaîne du Satin, & celui C qui eft deftiné pour le poil ; cette même figure fait voir les quatre lifîes de fond B E, DE: de 1 à 8 font les ligatures deftinées pour le Satin, & de 9 à 16, celles qui doivent fervir pour le poil.
- On appelle champs à fourche y lorfque les mailles font rangées comme en F y F y F fîg. 2 y ou les mailles a a font féparées de celles hh y de même que celles h h le font de celles c c ; ces féparations de deux mailles par deux mailles, font beaucoup plus fenfibles que celles des deux mailles de la même dénomination entr’elles, parce qu’elles font cenfées appartenir à une des
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- répétitions de deffin, différentes les unes des autres, c eft-à-dire , que les înailes a a doivent former les graduations d un objet qui fur le deffin , eft égal de deux côtés comme à celles qui forment une des mouches : celles bb 9 c c9 font auffi pour de femblables objets ; car on ne fauroit faire rendre des effets différents aux unes ni aux autres quant à la hauteur des eftances : ainfi toutes les fois que les eftances font égales en hauteur & terminées par un même entre-ligne horifontal , on peut les faire produire par la même ligature.
- Les champs pleins font auffi ceux qui doivent déterminer fur un deffin des effets de hauteur égale , pris & terminés au même point ; ces champs font d’une ou de plufieurs mailles, nais réunies quand il y en a plusieurs , comme on peut le voir en GG G fig. 3, ainfi que celles e , f; il en fe-roit de même fi le nombre étoit plus grand. Les champs à fourche n’ont auffi point de bornes dans leurs divifions ; ils peuvent être de plufieurs mailles comme d’une feule ; mais en général deux divifions dans un champ forment ce qu’on appelle fourche, parce que fur l’Etoffe , elles doivent produire des effets fymmétriques fur un deffin : ces champs font économiques, puifqu’att lieu de deux ligatures qui ne rendroient que des graduations égales , une feule fuffit ; il s’agit de l’ordre qu’on doit leur faire tenir aü remettage.
- L’arrangement des t ligatures eft tel fur la figure r , Planche 84 , que les huit premières font deftinées pour le Satin 9 8c les huit foivantes pour le poil J les ligatures 9, 10 & 11 ont toutes leurs champs â fourche; celle il les a tous pleins ; celles 13 , 14 & 15 à fourche, & celle i<5 pleins ; les quatre premières ne différent des quatre autres que par# leur pofition , ç’eft-à-dire , que de champ en champ elles font placées en oppofition, afin que les unes faffent le reverfible des autres : c’eft ce qu’on appelle placer les liga-tures au contredit. Par cet arrangement le Rerrietteur eft toujours plus sûr dans la marche qu’il doit faire tenir au paflage des fils. Ici il commence par la première divifion du premier champ de la ligature 9 ; il paffe enfuite à la première divifion du premier champ de la ligature 10 , de-là à la première divi-6* fion du premier champ de la ligature 11 ; après quoi, il prend le premier champ plein de la ligature 12 ; il vient à la fécondé divifion du premier champ de la ligature 11 ; à la fécondé divifion du premier champ de la ligature 10 J il termine fon cours par la fécondé divifion du premier champ de la ligature 9* Le fécond cours eft pris for les ligatures 13 , 14, ij*, 16, & le retour dans le même ordre des divifions des premiers champs : on fuit le remettage de cetté maniéré jufqu’à la fin , en formant alternativement un cours for les quatre pre* mieres ligatures, & l’autre for les quatre dernieres, & lorfqu’on pafieces huit ligatures, celles du Satin ni les liffes de fond n’y font pas. Ce n’eft qu’après que le poil eft entièrement pafle , qu’on place les ligatures du Satin, 8c qu’on Etoffes de Soie. VIL Paru I <7
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- - pa(Te de maniéré que chaque raie fépare un des cours. Pour pafler le Satin, on commence par la ligature 8 ; 8c de Tune à l’autre fans interruption, on vient jufqu’à celle 1 : tous les cours du Satin font ainfi pafles ; à mefure qu’on a pafle une raie qui efl de deux dents , on larde entre , un cours de poil.
- Après avoir paffé le Satin , on place les liffes de fond ; on les remet de maniéré que chaque raie de Satin fépare cinq cours de la chaîne ; & quand on pafle ces cinq cours , on commence par deux fils de chaîne fur lefquels on larde un fil de poil ; enfuite on pafle les deux autres fils qui doivent finir le premier cours , & on larde un fécond fil de poil; on continue^ ainfi les cinq cours, & au dernier on n’a qu’un feul fil de poil, puifque pour cinq cours de chaîne , on n’a que huit fils de poil ; car il faut fe fouvenir qu’ici la découpure efl fimple ; il faut donc qu’à chaque extrémité de toutes les bandes de fond, il y ait un demi-cours qui fépare les derniers fils de poil des raies de Satin ; alors fans avoir égard au remettage , en p'affant le peigne comme à l’ordinaire, il fe trouve que la première & la derniere dent de chacune de ces bandes ne contiennent qu’un feul fil de poil, tandis que les trois du milieu en ont chacune deux.
- Des cinq ligatures de figure qu’il faut pour exécuter le deflin^zg; trois auront chacune quatre-vingt-quatre champs pleins de quatre mailles chacun ; & les deux autres quatre-vingt-cjuatre champs de quatre mailles à fourche,deux pour chaque divifion de la fourche. Pour le remettage, on placera ces ligatures les premières , qu’on peut regarder comme celles 9 , 10 , ix , 12 & 13 de la figure 1 , PL 84, 8c de maniéré que la ligature fera à fourche ; celles 10 8c n feront en champ plein , celle 12 fera à fourche , 8c celle 13 à champ plein : quand on paffera le poil, on prendra les deux premières mailles de la ligature <9 * pour pafler un fil dans chacune ; enfuite on paflera quatre fils dans le premier champ de la ligature 10: on reviendra fur la ligature 9 , pour pafler deux fils fur la leconde divifion du premier champ ; en-fuite on paflera en entier le premier champ de la ligature 11, pour lequel on emploiera quatre fils; après quoi on viendra fur la première divifion du premier champ de la ligature 12 ; on paflera de fuite tout le premier champ de la ligature 13 , qui efl de quatre mailles, & l’on terminera cette répétition par la fécondé divifion du premier champ de la ligature 12. On regardera cette première partie du remettage comme le premier cours du poil ; on paffera de même les quatre-vingt-trois reliants ; ainfi chacun de ces cours terminera une bande , & fera contenu entre deux raies de Satin de deux dents chacune ; il y aura donc quatre-vingt-quatre raies de Satin fur la largeur de l’Etoffe , féparées les unes des autres par dix dents; chacune des ligatures de Satin fera compofée de cent foixante-huit mailles &les champs feront de deux , excepté quelles auront chacune un champ partagé à leur extrémité; ainfi la
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- quatre-vingt-quatrieme raie fera divifée fur les bords de l'Etoffe entre la li-fiere & le commencement & la fin des fils de la chaîne : pour paffer ces ligatures , on les placera comme le font celles 1 jufqu à 8 ; on paffera en commençant un cours feulement, après on lardera un cours entier du poil; de* là on paffera deux cours de Satin pour chaque cours de poil qu’on fera toujours fuivre par deux cours de Satin , les ligatures 14 jufqu à 18 , n ont rien de commun avec ce remettage ; elles font ajoutées à cette figure pour fèr-vir au deffin fig* 6 de la Planche précédente * dont nous parlerons dans un inftant.
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- Après avoir placé & paffé les ligatures de Satin, on place celles de fond D D , EE9 qui doivent avoir chacune huit cents trente-deux mailles fur les lifieres : oh commence par larder entre la lifiere & le premier cours des Mes de fond , le cours de Satin qu’on a paffé en premier lieu ; après quoi on larde le premier fil du poil, enfuite on paffe deux fils de chaîne ; on larde le fécond fil de poil ; fur ces deux fils & fur le fécond fil de poil, on paffe les deux fils de chaîne qui doivent finir le premier cours ; tous les autres cours font paffés de même, &à chaque dix cours, on larde les deux cours de Satin qui doivent former une raie, & l’on continue ce remettage jufqu’à la fin.
- Par la valeur des ligatures de figure , on voit que le poil doit être com-pofé de feize cents fbixante-quatre fils, doubles ; par la valeur de celles du Satin, on trouvera que la chaîne qui le compofe eft de quatorze cens * quatre fils fimples, & par les quatre liftes de fond , on jugera que la chaîne doit être de trois mille trois cents vingt-huit fils fimples.
- Le deffin fig. 6, doit avoir dix ligatures pour le poil, cinq pour les effets direéts & cinq pour les reverfibles : de ces dix ligatures, il y en aura huit de j*3 champs à fourche , dont fix d’une maille pour chaque divifion , & deux dont les divifions feront à deux mailles : les deux ligatures reliantes feront de cinquante-trois champs pleins, de trois mailles chacun : ce deffin eft à fimple découpure, ainfi que celui fig* 4 : le total des mailles qui com-pofera notre corps de ligatures, fera de treize cents foixante-dix-huit, ce qui fait le nombre de fils qu’on donnera au poil en l’ourdiflànt ; quand on paffera ce poil, on placera les ligatures comme le font fur la figure I, PL 84, celles comprifes depuis 9 jufqu’à 18 , lefquelles feront feules pour le temps du remettage du poil ; elles tiendront l’ordre fuivant : la ligature 9 fera à fourche d’une maillepar divifion ; celle 10 à fourche , les divifions de deux mailles5 celles 11 & 12 égales à celle 9,.& celle 13 à champ plein ; ces cinq ligatures feront pour un des effets du deffin , & les cinq fuivantes feront rangées de même que celles-ci , afin de procurer les reverfibles : on les fuivra de même, en les remettant, que celles que nous avons vues pour le deffin
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- 772 VART DES ÉTOFFES DE SOIE, fig. 4, excepté que chaque cours ici en a une de plus : pour plus d’intelligence , on paffera de la ligature 9 à celle 10, de-là à celle II, à celle 12 8c à celle 13 ; on reviendra fur celles 12, 11 , 10 & 9, bien entendu que fur les quatre premières , on prendra les mailles des divifions des champs, en allant & en venant, au lieu quà celle 13 , on prendra les champs en entier. On tiendra la*même route pour le paffage des ligatures 14, iy , 16, 17 & 18, puifqu elles font faites de même que les précédentes, 8c rangées de la même maniéré.
- Après avoir remis le poil, on place la ligature de Satin , & on les remet avec la précaution que j’ai recommandée ci-deffus ; ces ligatures doivent avoir cent fix champs de deux mailles chacun , dont un partagé fur les extrémités pour fournir une demi-raie fur chaque bord de l’Etoffe : la chaîne du Satin fera de feize cents quatre-vingt-feize fils fimples. Entre chaque raie, il doit y avoir une bande de fond qui contient les effets du poil : cette bande eft de fept cours & demi; il faut donc mêler des fils de la chaîne avec des fils de Satin dans une même dent, 8c que ce mélange foit combiné de maniéré qu’à toutes les répétitions du deflin , le nombre de dents foit completté , parce que ce n’eft que la raie du milieu qui fera divifée dans trois dents de la maniéré que nous verrons tout-à-l’heure.
- Chaque entre-ligne perpendiculaire fur notre deflîn produit fur l’Etoffe y la valeur d’une demi-dent. Notre deflin fig. 6, PL 83 , pris de l en m contient' trente-huit entre-lignes , ce qui fiippofe occuper dix-neuf dents dans le peigne; mais la moitié de trente-huit produit dix-neuf demi-dents quî donnent neuf dents 8c demi : il faut donc que la raie n 8c celle o qui eft dans la même proportion, foit divifée dans trois dents; voici comme il faut faire cette combinaifon : les deux premiers entre-lignes de notre deflin, du côté de /, doivent occuper une dent, ce qui donne une demi-raie du Satin ; les quinze entre-lignes qui fiiivent & qui déterminent la grandeur d’une bande de fond, ne peuvent occuper que fept dents & demie ; il faut donc remplir cette demi-dent ou s’expofer à avoir un écart qui feroit défeétueux à l’Etoffe ; alors on met un demi-cours de Satin qui eft la valeur du dix-hui-tieme entre-ligne ; on place dans la dent fuivante la valeur des dix-neuf & vingtième entre-lignes : voilà dix dents d’occupées , il nous refte encore un demi-cours de Satin à placer pour finir cette raie ; il faut qu’il occupe une partie de la onzième dent, & que l’entre-ligne fuivant qui appartient au fond foit placé dans la même dent ; il refte encore feize entre-lignes pour completter le deffm, ce qui donne encore huit dents à remplir ; on ze 8c huit font dix-neuf: ainfi la raie p fera dans deux dents feulement, dont la première finit une des répétitions du deflin , 8c l’autre commence la répétition d’après. Par-là on doit juger de la maniéré avec laquelle le poil doit être admis
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- parmi les cours de la chaîne du fond. Cette chaîne doit être divifée fur les quatre lilîes DE, DE, qui font chacune de fept cents quatre-vingt-quinze mailles, ce qui donne trois mille cent quatre-vingt fils pour la chaîne.
- On voit fur notre deffin que les entre-lignes qui bordent les raies de Satin de tous côtés, ne prennent rien du poil; il faut donc en remettant, ob-ferver de palier ce poil en conféquence. Le nombre des fils du poil eft impair fur chaque bande il faut pour en faire un accord jufte, n'en palier à la première bande , qu’après le premier demi-cours de chaîne, & palier le dernier fil qui doit être dans cette bande après le feptieme cours. Pendant tout cet efpace on a foin de larder toujours un fil de poil entre deux fils de chaîne ; il réfulte de-là que le huitième cours n’a point de poil -, & qu’il eft lui-même divifé par les deux cours de Satin qui forment la raie n, de forte que la moitié fe trouve finir fur la bande q , & l’autre moitié commence la bande ri ici on place le premier fil de poil après ce huitième cours ; & le dernier que doit con-nir cette bande, eft placé au milieu du quinzième cours de la chaîne du fond qui doit finir une des répétitions du deffin.
- On pourroit éviter ces foins, fi l’on vouloit ne faire les deffins que fur des nombres pairs, tant en entier qu’en demi, c’eft-à-dire, que quarante donne vingt pour la moitié d’une répétition ; trente-fix donnent dix-huit , comme trente-deux donne feize, &c. Scc. mais il faut confidérer que dans les petits objets, une dent de plus ou de moins fur un deffin eft de conféquence , eu égard à la grandeur des objets qu’on veut y faire paroître ; c’eft pourquoi je fuis entré dans ce détail, afin de faire remarquer l’exaélitude Su’ on doit apporter en pareille circonftance , qui d’ailleurs arrive très-fbuvent.
- Je pâlie au deffin fig. 7, qui doit finir cet article. Ce deffin eft exécuté à double découpure , ainfi que nous l’avons déjà dit, & ainfi que les proportions de l’échantillon fig, 10 , que l’on fuppofera avoir été exécuté fur ce deffin , le démontrent ; il doit être répété quarante-deux fois fur la largeur de l’Etoffe que nous fuppofons auffi être la même que celle que nous avons vue ci-delfus , & dans le même compte de peigne , &c. Pour l’exécution de ce deffin, il faut huit ligatures pour le poil, dont fix égales de quarante-deux champs à fourche de deux mailles par divifion , & les deux autres à quarante-deux champs pleins , de quatre mailles chacun ; chaque ligature fera compofée de cent foixante-huit mailles ; enfemble elles feront un total de treize cents quarante-quatre mailles, nombre des fils dont fera com-pofe le poil : ces ligatures feront placées comme celles p, 10, jufqu’à 16, fig* x, PL 84; & celles p, 10 & 11 feront à fourche , ainfi que celles 13, 14 & 155 & celles 12 & 16 feront à champ plein : le remettage fera fait fur les quatre premières en allant de p à 12 & venant de 12 à p, pour les effets direéls du deffin ; le réverfible fera paffé de 13 allant à 16, ôc de 16 venant à Etoffes de Soie, FIL Part. K p
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- ,, , - -r 13 , obfervanc de paflèr les premières divifions des champs à fourches en al-
- Flanche lant, &les fécondés en venant, & de paffèr les champs pleins à chaque ex-* trême : ici, comme pour les autres deffins , les raies de Satin fépareront les bandes de fond ; ces raies feront de deux dents ; les ligatures qui les com-poferont, feront de 84 champs chacune , ce qui donnera treize cents quarante-quatre fils pour la chaîne du Satin. On doit prendre garde ici que le poil n occupe dans chaque bande que huit entre-lignes, & que le premier & le dernier font vuides ; ainfi la première & la derniere dent de chacune de ces bandes ne contiennent aucun des fils du poil, & Ton doit s’y conformer en remettant la chaîne; de forte qu’on ne larde de fils du poil qu’après avoir pafîe le premier cours de la chaîne dans chacune de ces bandes , Sc qu’on ceffe d’en larder après la neuvième dent, afin que la dixième n’en contienne aucun ; ’ du relie on fuit le remettage & le piquage du peigne comme à l’ordinaire.
- Je ne donnerai point de plan d’armure ni de lifàge pour l’exécution de nos deffins ; on peut les comparer avec ceux qu’on a vus jufqu’à préfent ; je dirai feulement que pour le fond de nos quatre deffins , il faut néceflàire-ment huit marches qui font occafionnées par les raies Satin. On fait accorder l’armure du Taffetas avec celle du Satin , parce que le nombre eft pair ; alors cette armure eft répétée quatre fois dans le courant de celle du Satin , ainfi que je l’ai démontré dans les Cirfàkas d’hiver : quant au lifàge , comme on doit faire l’endroit de l’Etoffe par-deffus, au lieu de faire monter les ligatures par l’indication des petits carreaux formés par les entre-lignes de nos deffins qui font couverts de couleur, on prend au contraire fur ceux qui n’en ont point ; dans ce cas, pour faire le deffin fig. 4 , il faudra dix marches de figure à retour ; pour celui fig. 5 , il en faudra douze fans retour ; pour ce-lui fig. 6 9 il en faudra huit à retour, & pour celui fig. 7, il en faudra quatorze fans retour.
- On pourroit cependant faire l’endroit de l’Etoffe par-deffus, mais il fau-droit que les ligatures du Satin fuffent tenues plus élevées que celles de fond , il faudroit même alors que la chaîne du Satin fut par-deffus, comme on le voit en H 9 fig. 4 , PL 84, où les huit ligatures du Satin font placées plus haut que les liftes de fond, & celles du poil font au-deflbus de ces mêmes liftes. Alors, au lieu de faire monter les ligatures de Satin, on les fait delcendre, on les arme en liftes de rabat, de forte que les contre-poids qu’on y emploie , au lieu de les faire delcendre, font placés pour les faire monter, comme on peut le voir par les liftes b b,fig. r, PL 18, où l’on remarque que ces liftes peuvent delcendre en tirant les eftrivieres r q , & qu’elles doivent être tenues à leur point d’élévation par les contre-poids je xx x: ainfi , il faut fuppofer les ligatures de Satin au même point de fulpenfion, & leur appliquer les
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- mêmes moyens de mouvement ; mais au lieu des eftrivieres, il faut ajouter des marches pour que l'Ouvrier puiflfe les faire mouvoir.
- En formant cet arrangement la chaîne de fond fe trouve en / , & le poil eft en K. Si Ton a quelque difficulté pour régler les ligatures de Satin , cette difficulté eft plus que balancée par l'économie du lifage , par la douceur qu’on trouve à faire monter les ligatures du poil , & par les marches de figure qu'on peut épargner ; car au lieu de dix que nous avons déterminées pour le deffin fig. 4, il n'en faudroit que huit ; au lieu de douze que nous avons donné pour le deffin fig. y, il n'en faudroit que dix. On ne fauroit diminuer le nombre des marches déterminées pour les deffins fig. 6 & 7 , mais on auroit l'avantage que ni l'un ni l'autre ne feroient pas fi pelants fous les marches qu'on difpoferoit pour leur exécution , & l'on n'auroit pas befoin d'une auffi grande quantité de cordes pour former les lacs du lifage. On a encore l'avantage de voir le deffin par-deflus , de forte que s’il s’y dérange quelque chofe , on eft bien plus à portée d'y remédier.
- Nous avons vu que les raies Satin font faites à huit ligatures, ce qui fup-pofe que l'armure doit être faite comme pour un Satin à huit liffes 5 mais on ne fait pas toujours ces accords à huit liftes, fur-tout quand on veut tramer le fond en Gros-de-Tours, parce qu'alors le Satin foroit trop long. Il faut donc prendre le parti de paffer deux navettes pour former le grain, & rompre le Satin par deux coups pour un, ou bien il faut faire le Satin à cinq liffes ; mais pour accorder ce Satin avec l’armure du Taffetas , il faut nécessairement que celle du Satin foit faite deux fois, pour que celle du Taffetas le foit cinq; alors on met dix marches pour le fond. Cependant on n’augmentera pas le nombre des fils du Satin fi l'on veut, à moins qu'on ne mette dix fils par dent, ce qui fait deux cours de Satin pour chaque dent. On le fait d'une façon & de l'autre ; il eft certain que lorfqu’on met dix fils par dent, le Satin eft plus fourni qu'avec huit, mais il en coûte de la foie de plus. Quelquefois pour ne point faire cinq fois l'armure du Taffetas ni doubler celle du Satin , on fait le Satin à fix liftes.
- Quelle que foit la difpofition qu'on donne au Satin , c'eft*à-dire, de cinq, de fix ou de huit liffes, on peut, en changeant l'armure , au lieu de Satin, faire les raies en Serge , quand même le Satin feroit de dix liffes ; car il arrive quelquefois qu'on le fait fur ce compte , & c'eft une bonne méthode , parce qu'avec dix liffes on peut faire le Satin à cinq, au lieu qu'avec cinq on ne fauroit faire celui à dix : j’ai démontré ce moyen dans le Chapitre des Satins.
- Si Ion veut faire une Serge à quatre liffes, lorfqu’il y a huit ligatures de Satin, on en fait monter deux à la fois prifes de fuite, ou bien prifes par la première & la cinquième, & les autres fucceflîvement. Par la maniéré de faire
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- 776 FART DES ÉTOFFES DE SOIE. defccndre deux liftes à la fois prifes de fuite, le grain de la Serge eft plus gros, & la découpure des eftances devient plus groffiere que lorfque les ligatures font prifes par le demi-cours ; mais on ne s’arrête à ces effets qu’au-tant qu’ils ne s’accordent pas avec le defîin ; car il arrive quelquefois que le grain groffier d’une Serge joue mieux avec les effets d’un defîin, que la Serge fine ; quelquefois c’eft le contraire dans d’autres deffins : c’eft une affaire de goût.
- On fait beaucoup de ces petites Etoffes avec des raies Serge , & des raies Satin , conformément à nos échantillons, & dans beaucoup de deffins différents , tramés en fil ou en coton. Mais alors on ne met à la chaîne de fond que deux fils par dent, & le Satin à cinq liffes & à cinq fils par dent de foie un peu groffe , pour qu’elle marque mieux. L’arrangement du métier eft cependant le même ; l’ordre du remettage ne différé qu’en ce qu’au lieu que les fils de poil ici font féparées par deux fils de chaîne , là ils ne le font que par un.
- On donne différents noms à ces Etoffes : pour Amplifier les objets, je les appellerai Egyptiennes fur fil ou Egyptiennes fur coton, &c.
- §. 2. Des Egyptiennes en Prujfiennes.
- Les Egyptiennes en Pmffiennes, en général, doivent avoir la hauteur de leur defîin , d’accord avec les ligatures de Satin ; de forte que fi le Satin doit être fait à huit liffes , il faut que la hauteur du defîin porte huit ou douze entre-lignes de hauteur, afin qu’on puifle répéter deux ou trois fois l’armure du Satin, & la faire accorder avec le nombre des lacs déterminés par le defîin , fi les effets du deffin fe portent à dix entre-lignes de hauteur, parce qu’on détermine alors le Satin à cinq ou à dix ligatures de Satin, puifque dix entredignes pr'oduifent vingt lacs , ce qui quadre avec les nombres cinq & dix : cette précaution eft néceflàire, parce qu’en général on ne met ici que des marches de figure qui en même temps fervent à faire le fond comme nous l’avons vu ci-devant dans l’article des Prufîiennes ; on n’emploie jamais les deffins à retour de marches pour ce genre d’Etoffe , à moins de faire un cçrps de marches pour le Satin qu’on fépare de celles de figure ; ce travail eft plus pénible que pour les autres genres d’Etoffes, d’autant qu’on eft forcé de changer de marche à tout coup de navette , tant pour le Satin que pour le fond de l’Etoffe ; cependant on parvient à l’exécuter.
- Pour donner un exemple de l’accord qu’on doit chercher entre le Satin & la hauteur des deffins du genre qui nous occupe , on remarquera que le deffin fig. 5 , PL 83, peut être exécuté en Pruffienne; il eft fait fur douze entre-lignes de hauteur, ce qui donne vingt-quatre lacs ; il faudroit donc vingt-
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- quatre marches, alors on fait trois fois l'armure du Satin à huit liftes fur le li/àge du deffin.
- Si ce deffin étoit exécuté en Pruffienne, il faudroit dix ligatures pour le fond , au lieu de cinq qu'il faut pour l’exécuter en Taffetas, mais on n’au-roit ni poil, ni liffes de fond ; les dix ligatures fuffiroient pour tout, excepté pour toutes les raies Satin , pour lefquelles il faudroit huit ligatures : on employeroit un huit cents de peigne, & le deffin feroit contenu foixante* fept fois dans la largeur, ainfi on auroit foixante-fept raies Satin ; comme ce deffin n a point de reyerfible, il ne fournit pas deux raies de Satin par ré* pétition.
- Quant au remettage, on pafle les ligatures de la chaîne les premières ; on les divife en deux corps, fuivant la méthode ordinaire de ce genre d'Etoffe , de forte que de dix ligatures, il y en a cinq pour chaque corpsV, faites de même que celles que nous avons dit qui fervent pour le poil du Taffetas, c eft-à-dire , que chaque corps doit avoir cinq ligatures égales , fîir les champs defc quelles on pafle un fil fur une maille de l’un fiir un corps, & un fil fur une maille de celui qui lui eft parallèle fur l’autre corps. 1
- Ici, comme pour les Etoffes que nous avons vues, on ne met point de fils du Satin dans les djents du peigne, où il y a des fils de chaîne , de forte que (Chaque raie de Satin occupe deux dents, alors le nombre des raies en total en occupe cent trente-quatre dents , ce qui compofe la chaîne qui doit y fournir , de mille foixante^quatre fils fimples J il relie pour la chaîne fîx cents Toixante-fix dents qui, à quatre fils chacune, font deux mille fix cents foi-xante-quatre fils doubles , qu’on ourdit un pas d’une couleur, un pas d’une au-» tre, ou tout uni, fi on le juge à propos. Alors on peut faire le petit point qui fépare les deux mouches de chaque répétition en liféré , fans qu’il en coûte rien de plus pour l’Etoffe ; cet effet étant produit par le lifage , on peut faire les deux mouches de la même couleur y ou d’une couleur oppofée l’une à l’autre , lorfque la chaîne eft ourdie en deux couleurs ; on doit fuivre à cet à cet égard les ufages établis dont j’ai parlé dans l’Article des Pruffiennes.
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- §. 3. Des Egyptiennes en liféré ou lancées•
- Les Egyptiennes liférées ou lancées ne different de celles à poil qu’en ce que les effets du deffin font produits par la trame qui forme le fond, ou par une navette de lancé qui eft en foie, chenille, cordonnet, dorure f Sçc*. alors on fait les ligatures qui concourent à la formation du deffin, de même que celles que nous avons vues pour les Taffetas & pour les Gros-de-Tours lancés ou liférés, on y ajoute feulement les raies de Satin qui font cenfées formées par un corps féparé des ligatures.
- Étoffes de Soie. FII. Part. L 9
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- Fl. ANCHE 84*
- 778 VART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Si le nombre des duices qui doivent être employées pour former la hauteur du deffin, s’accorde avec le Satin par cinq , huit, neuf ou dix , on
- ne fait qu’un corps de marches pour le tout; fi au contraire ces nombres ne font pas d’accord, on fe fert de marches de figure & des marches de fond * qui font toujours à un nombre égal à celui des lifTes qui confiituent les raies de Satin : on doit fe fouvenir que les marches de figure font toujours pour le liféré à un nombre double de ce qu’elles font pour le lancé , quoique l’un &l’a utre produife le même deflfin.
- On remarquera ici que les raies de Satin n’ont en général aucune commua nication dans les dents du peigne avec la chaîne du fond de l’Etoffe , de forte que fi l’on exécute le deffin fig, 4, PL 83 , en liféré ou en lancé, fur un mille de peigne 5 la chaîne du fond fera telle que nous l’ayons déterminée ,
- ainfi que celle de Satin ; alors on place les ligatures de Satin devant celles
- ' de fond , ainfi qu’aux Egyptiennes en Pruffiennes ; dans ce cas les unes & les autres n’ont befoin que de deux chaînes * elles n’occupent donc que deux ern* fupl es ; & comme l’endroit de l’Etoffe fe fait par-deflous, il faut nécefîàire-ment que la chaîne qui fournit aux raies de Satin , foit placée fous celle de fond 9 comme l’eft celle I fous celle H9 fîg. 4 , PL 84 ; alors on met les ligatures de Satin 9 quoique devant 5 plus bas que celles de la chaîne, comme fi le corps L des ligatures que nous voyons fur cette même figure, étoit défi* tiné pour le Satin , êc que celui M fût deftiné pour le fond , & que l’on regardât la figure dans un fens contraire à fa répétition, c’eft-à-dire, devant der-4 riere; alors on auroic à-peu-près l’arrangement qu’il faut, parce que le corps des ligatures du Satin peut être de dix comme de huit, & celui de la chaîne peut être de huit ou d’un autre nombre:; il faudroit donc retourner cette figure 3 & en fupprimer les liffes N.
- On doit voir par ce que je viens de dire de ce genre d’Etoffe , qu’on peut* le varier à l’infini, tant par les raies Satin qui peuvent être d’une dent comme de deux & de trois 5 que par les deffins, & les différentes grandeurs des bandes de fond, que par les différents genres d’ouvrages qu’on peut y appliquer.
- A rt 1 c l e Cinquième.'
- Des Amboijiennes fabriquées à la marche.
- Les Amboifiennes font un genre d’Etoffe inventé depuis environ huit ans , Sc qui fait actuellement une branche très-confidérable dans le commerce de nos Etoftes. J’ignore de qui eft cette invention ; il fembleroit, par le nom qu’on lui a donné, que c’eft à Amboifo qu’on a fabriqué les premières. Il feroit furprenant qu’une Manufacture toute nouvelle eût, dans fon principe $
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- Septième Section. I. Part. Des Amboifiennes fabriquées a la marche. 779 produit un auflî grand avantage dans la Fabrique. Les Tourangeaux 8c les Lyonnois s’en difputent 1 invention : je ferois plus porté à croire que cette invention appartient plutôt aux Lyonnois qu a tout autre , par le rapport que cette Etoffe a avec le Droguet 8c avec les Egyptiennes,
- Ce ne fut d’abord qu’une petite Etoffe à raie façonnée comme féchantil-Ion fig.> 5 , PL 84: de O en P, & de P en Q , les raies {ont égales, mais de deux couleurs , ainfi que nous aurons occafion de le remarquer plus particulièrement dans la defcription qui en fera faite, après ce genre de raie qu’on a appellé arrette. On a d’abord traité cette Etoffe comme le repréfènte l’échantillon fig. 6 > où l’on voit que les raies g g, 8cc. font en arrette , 8c que celles h h , font cannelées. Enfuite il parut une Amboifienne faite fur l’échantillon fig. 7 ; ceux fig. 8 , 9 6 10 font venus fucceflîvement, & une quantité d’autres qu’il fèroit trop long de rapporter : ce genre d’Etoffe , eft devenu la baie de beaucoup d’autres , on en a fait le fond de plufieurs Etoffes brochées, comme des veftes & des habits à bordure ; elle fert aufli de fond pour les yeftes 8c pour les habits brodés. Ce genre d’Etoffe fert encore pour des habits d’hommes en été , 8c en hiver; on s’en fert pour les fourrures ; il eft d’ailleurs affez connu aéluellement de tout le monde , pour que je ne m’étende plus fur l’ufage qu’on en fait.
- Le fond des Amboilîennes eft Taffetas ; les raies façonnées qui font par-deffus, font produites par les effets d’un poil ; il y a de ces raies qui portent fur le fond de l’Etoffe > 8c d’autres qui font exécutées par le poil feulement, c eft-à-dire, qu’à l’endroit du peigne où ces raies font formées, il n’y a point de fils de chaîne : toutes les raies de l’échantillon fig. y , font de cette ef-pece ; ainfi dans le remettage , on prend loin de ne point paffer de fils de chaîne entre les fils de poil.
- Ce qui fait la beauté des raies de nos Amboilîennes, c’eft quelles font beaucoup fournies en poil ; elles ont cet avantage fur toutes les Etoffes façonnées que nous avons vues ci-devant , qu’au lieu de deux fils de poil doubles par dent que les autres ont, les Amboilîennes en ont quatre : il eft vrai que la foie qu’on y met eft plus fine, mais auffi elle eft plus belle ; d’ailleurs elles font fabriquées en général à railon de mille dents de peigne fur la largeur ordinaire de onze vingt-quatrieme d’aune : fi quelques Fabriquants les ont faites fur des comptes de peigne plus groflîers , les Etoffes en ont été moins belles : la largeur de onze vingt-quatriemes eft généralement adoptée par les Fabriquants de Lyon. Ceux de Tours , de Nifmes & d’Am-boife en ont fait fur cinq douzièmes, qui eft la largeur qu’on donne aux petits Taffetas rayés auxquels on donne le nom de Petits Gros-de-Tours î les comptes de peigne font de neuf cents foixante dents dans cette largeur, ce qui rend encore les dents plus rapprochées que ne le font celles des mille
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- en onze vingt-quatrieme , parce que ces dernieres fuppofent vingt pouces â ce qui fait cinquante dents par pouce ; au lieu que les autres font de dix-huit pouces, ce qui fait à-peu-près cinquante-trois dents par pouce. Les Fabriquants de Paris ont fait des Amboifiennes fur ces deux largeurs ; mâis celles de cinq douzièmes n’ont été qu’à neuf cents vingt-quatre dents , ce qui revient à-peu-près au compte de mille fur vingt pouces , parce que les cinq douzièmes donnent quelque chofe de plus de dix-huit pouces : on en a fait aufli à Paris , & on y en fait encore fur fept feiziemes dans le même compte de neuf cents vingt-quatre ; alors le compte des dents eft moins ferré de quelque chofe qu’un mille à vingt pouces ; car fept feiziemes doivent donner dix-neuf pouces trois lignes ; alors on a quarante-huit dents par pouce , ce qui fait juftement pour le peigne de neuf cents vingt-quatre dents.
- Ces diverfes réductions de peigne paroiflènt ne devoir donner que des différences infenfibles aux Etoffes ; on les fènt fans pouvoir en diftinguer la caufe ; on l’attribue fouvent aux différentes qualités de foie qu’on y met, ou aux foins de l’Ouvrier , Scc. alors , il eft certain que cet effet n’eft produit que par les différents comptes de peignes dont on fe fert ; quant aux différentes largeurs, elles font d’autant plus connoiffabies , qu’il fuffit de les mefurer.
- Je fais ici ces remarques fur les largeurs «St fur les différents comptes de peignes, afin qu’on foit en garde contre les prétendus bons marchés qu’on trouve dans la vente de ce genre d’Etoffe.
- Pour connaître la maniéré de fabriquer une Etoffe, il faut auparavant lavoir comment on la monte, afin de diftinguer les mouvements qu’on fait faire aux liffes 8t aux ligatures qui concourent à leur conftitution. Pour monter une Amboifienne fèmblable à l’échantillon fig. 5 , de O en P, il faut en faire conftruire les ligatures fur le deffin fig. 11, qui l’indique ; on remarquera que ce deflin , ainfi que tous ceux qui vont fervir à la defcription des Amboifiennes, font exécutés fur un différent compte de papier réglé, que celui que nous avons vu jufqu’à préfent : ce papier eft de dix en vingt ; au lieu que celui dont je me fuis fèrvi pour les autres Etoffes, eft de dix en dix. Il feroit trop long d’entrer actuellement dans une explication détaillée fur la caufe de la différence de l’emploi de ce papier ; il fuffira de dire que c’eft parce qu’il quadre mieux avec le genre d’Etoffe qu’on veut faire, & félon les différentes qualités qu’on veut leur donner. J’en traiterai à fond* en parlant de la maniéré de mettre les deflîns en carte. U faut ici regarder chaque entre-ligne perpendiculaire , comme autant de quart de dent du peigne ; ainfi cette Etoffe , doit être faitex à quatre fils par dent : comme notre deffin contient cinquante-fix entre-lignes, il doit être porté dans quatorze dents ; mais il faut obfèrver qu’il eft répété deux fois dans la largeur du papier, d’où il fuit que ce deffin ne doit contenir que fept dents. Chaque entre-ligne
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- Septième Section. I. Part. Des Amboifiennes ala marche. 781 tranfverfàl indique un foui coup de navette , c’eft-à-dire , une duite de trame ; -Sc comme le deflîn eft répété trois fois fur la hauteur du papier, il ne portera que fix coups de navette de hauteur. Par la largeur du deflîn , à le prendre de R en S 9 ou de S en T 9 on trouvera quii doit être répété cent quarante-quatre fois fur la largeur d’une Etoffe faite fur un mille de peigne , & qu’on aura huit dents de plus ; alors la chaîne fera compofée de deux mille cent foi-xante fils fimples, parce qu’il ne faut point que ces fils ayent rien de commun dans le peigne avec ceux du poil , qui fera lui-même de dix-huit cents foixante-douze fils doubles ; on aura quatre lifles de fond , de cinq cents quarante mailles chacune ; ces lifles feront faites à jour , fi on le juge à propos , mais on peut fe contenter de les faire pleines , parce que la largeur des raies du poil n’efl: pas affez confidérable pour craindre qu’elle en puiffe gêner le travail ; il faut fept ligatures , dont fix de cent quarante-quatre champs de deux mailles à fourche, & la feptieme d’un même nombre de champs mais plein, & d’une maille feulement : on rangera ces fept ligatures pour pafler le poil comme le font celles depuis 1 jufqu’à 7 de la figure 1, PL 84 ; celles 1,2,3,4, 5 & 6 font celles à fourche , Sc celle 7 fera à champ plein* On remettra en commençant par celle i jufqu’à 7, & de 7 à 1, enlùite on place les quatre lifles de fond où l’on pafle huit fils; après quoi on larde un cours des ligatures de figure fur lequel on pafle quinze fils , Sc un fécond cours de poil les couvre : on pourfuit ainfi ce remettage en paflànt entre chaque cours de poil quinze fils de chaîne. Comme ces quinze fils ne com-plettent point les cours de la chaîne , on obferve toujours de le finir , en recommençant une nouvelle bande de fond ; je m’explique : la première fois qu’on a pafle quinze fils , on a pafle trois cours & trois fils ; la maille de la première lifle D qui devrait finir le cours , n’a point de fil ; alors , après qu’on a lardé , on commence la fécondé bande de fond par cette maille : ainfi à la fin de cette bande, le quinzième fil fera pour la fécondé lifle D. On commencera la troifieme bande par la première lifle E, Sc par la même raifon, la quatrième bande fera commencée par la fécondé lifle D ; à caufe de cette irrégularité , on aura foin de pafler en peigne quatre fils par dent, foit de poil, foit de chaîne ; car toutes les bandes fe termineront par un fil de poil: cependant, fi l’on vouloit mieux faire, il faudroit que la première lifle D ne fut que de trois cents quatre-vingt-feize mailles, Sc que les autres fuflent chacune de cinq cents foixante-feize ; alors on commencerait toujours le cours à l’ordinaire, & dans le peigne , la quatrième dent du fond , feroit clofe par un des fils du poil. Comme par cet ouvrage on nabefoinque de deux enfuples de derrière, celui de la chaîne fera en A9 Sc celui du poil en B ; les ligatures feront à la hauteur des lifles de fond ; Sc pour travailler plus facilement , on mettra des contre-poids à toutes, Etoffes sde Soie. FIL Part. M 9
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- 782 l’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. comme on en voit aux ligatures L, fig. 4, & Ton arme les Mes & les ligatures de maniéré à les faire monter. Notre deflîn n’a befbin que de fix marches de figure, & ces fix marches fervent en même - temps à faire le fond de l’Etoffe ; c’efl pourquoi on répété trois fois l’armure du fond. Paffons à l’autre partie de notre échantillon : la différence de cet échantillon confifte en ce que le poil de la première eft fimpleté, & que celui de la fécondé eft doubleté : voyez le deffin, fig. 12. On comprendra que pour l’exécution de notre Etoffe, il faut un nombre de ligatures double de celui que nous avons eu pour l’autre deffin ; mais elles font faites pour une couleur comme pour l’autre 5 àinfi il faut quatorze ligatures dont fept pour le brun & fèpt pour le clair ; elles feront faites comme les fèpt de l’autre deffin ; on les divi-fera en deux corps à l’inftar des ligatures des Prufliennes : le pair fera ourdi en conféquence un pas d’une couleur, un pas d’autre ; il fera compofé de trois mil fept cents quarante - quatre fils doubles ; les deux corps des ligatures feront regardés pour les premiers corps comme de 1 à 7 9fig. 1 ; & pour le fécond de 8 à 14 ; de forte qu’en remettant, on paflèra les fils , un fur le premier corps pour une couleur , & l’autre fur le fécond corps pour la couleur contraire. Sur un corps on commencera par la ligature r pour aller à celle 7, fur l’autre de 8 à 14 5 puis on reviendra de 7 à celle 1, & de 14 à celle 8, ce qui fera un cours : tous les autres cours feront pafles de même. La chaîne du fond fera paffée comme je l’ai expliqué pour l’autre partie de l’échantillon : mais pour le peigne , on obfervera de mettre dans chacune des dents que le poil occupera * le double des fils , c’eft-à-dire , quatre d’une couleur & quatre de l’autre.
- L’armure de cette partie fera faite fur dix marches, parce que notre deA fin porte fur fa hauteur dix entre-lignes horifbntaux, & l’on fera cinq fois l’armure du fond. Cette partie de notre échantillon n’a point d’envers, les effets des raies font égaux des deux côtés.
- L’échantillon fig. 6, eft différent de celui fig. 5 , en ce que la chaîne eft paffée par-tout autant dans les bandes de fond que dans les raies façonnées ; cependant les arrêtes g g , &c. femblent être faites de même que celles qui compofent la première partie de cet échantillon ; ces arrêtes different feulement par les fils du milieu , & c’eft cette différence qui exige neuf cents trente-huit fils de chaîne de plus, qu’on économiferoit fi l’on vouloit faire ces arrêtes exaélement comme les précédentes ; fi l’on examine les deffins, fig. 11 & 13 , on verra que les graduations qui compofent les arrêtes i, i du premier, ne font toutes que d’un feul fil , au lieu que les graduations de celles k , k du fécond ne font pas toutes de même, puafque le milieu de ces arrêtes eft terminé par une graduation de deux fils 5 c’eft cette feule graduation qui exige que l’on mette des fils de chaîne avec ceux
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- Septième Section. I. Part. Des Atnboijiennes à la marche. 783
- du poil, /ans quoi les deux fils qui forment ce milieu des arrêtes, feroient « fi défectueux que TEtoffe en feroit défàpréciée de la moitié ; ainfi pour l’exécuter comme il convient, il faut que Ion fafle ourdir la chaîne en entier , comme s’il n’y ayoit point de poil à ajouter ; alors la chaîne doit être de quatre mille fils fans les lifieres : le deffin eft répété foixante-fept fois dans la largeur de l’Etoffe ; il occupe quinze dents par répétition , for le total; il y a cinq dents à déduire, car à multiplier foixante-fept par quinze $ on trouvera mille cinq. La déduction de ces dents fe fait fur les bandes de l’Etoffe : ici comme ci-deyant, chaque entre-ligne perpendiculaire compte pour un fil feulement ; on n’a donc pas de difficulté pour calculer la valeur des bandes de fond, on les trouve toutes de dix-huit, ce qui fait quatre dents & demi par bandes ; chaque répétition dü deffin eft compofée de deux bandes de fond , d’une des arrêtes k9 k9 & d’une des raies de cannelé /, l, ce qui fait en tout fonçante entre-lignes ; conféquemment les quinze dents font com-plettées à chaque répétition, ce qui fait que toutes les raies du même genre deviennent égales. Chaque arrête k9 k eft compofée de quatorze entre-lignes , Sc chaque raie de cannelé /, / f eft de dix , ce qui fait vingt-quatre fils par répétition; le poil fora donc de 1608 fils doubles; on aura quatre liffes de fond de mille mailles chacune , ou plutôt on en mettra huit de cinq cents ; mais on commencera le remettage comme à l’ordinaire par les ligatures du poil qui foront au nombre de fopt, pour former les arrêtes kk , {avoir , 6 de foixante-fept champs à fourche d’une maille, & la foptieme fera d’un même nombre de champs, mais pleins & de deux mailles ; il y aura encore deux ligatures pour faire les raies cannelé, elles feront chacune de foixante-fept champs pleins, de cinq mailles chacun. Ces deux ligatures, dans le remettage, feront paffées comme deux liffes de Taffetas 9 c’eft-à-dire , qu’on prendra alternativement une maille de l’une & une maille de l’autre ; mais au travail elles ne feront regardées que comme une feule ligature , parce qu’elles ne font faites doubles que pour ôter la confufion des mailles qui régneroit, fi elles étoient toutes fur la même.
- Le remettage du poil fuivra ce que nous avons vu pour celui des arrêtes du deffinfig. 11, excepté qu’à la foptieme ligature , on prendra deux mailles de fuite , & après chaque cours d’arrêtés, on paffera une des raies du cannelé. Le remettage de la chaîne, fuivra pour les bandes de fond , les entre-lignes du deffin, & quand on fera arrivé aux arrêtes & aux cannelés , on prendra un fil de poil & un fil de chaîne, tant que la raie ou l’arrête durera. On féparera chaque arrête des raies cannelées, avec les bandes de fond compo-fées de dix-huit fils chacune. Au piquage du peigne , on finira ou l’on commencera les bandes de fond par deux fils du poil, parce que ces fonds ne font que de quatre dents & demie ; mais on n’aura point de difficulté pour
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- 7§4 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. cela, fi le remettage eft bien fait ; parce que chacune des premières mailles des cours des fils de la chaîne emmenera avec elle tout ce qui doit être renfermé dans une dent : il en fera de même pour tous les échantillons que nous allons parcourir.
- L’échantillon fig. j y eft formé d’arrêtés & de quarelés ; ces arrêtes font foC-ceptibles d’être foutenues par la chaîne, ainfi qu’on peut en juger par les graduations dont elles font formées fur le deffin fig. i, PL 8^ ; ce deffin contenu deux fois fur le papier, occupe à chaque répétition , foixante-douze entre-lignes, ce qui fait dix-huit dents pour l’Etoffe. Outre les huit Mes de cinq cents mailles chacune qu’il faut pour le fond, on met pour les arrêtes a a, fept ligatures , dont fix faites de cinquante-fix champs à fourche d’une maille, & une faite fur le même nombre de champs pleins Sc de huit mailles. Il faut encore deux ligatures fur le même nombre de champs, lavoir, une à fourche de quatre mailles , & l’autre à champ plein de quatre mailles auflî : ainfi les fix premières ligatures auront chacune cent douze mailles, la feptieme en aura cinquante-fix ; la huitième fera de quatre cents quarante-huit mailles , & la neuvième fera de deux cents vingt-quatre , en tout quatorze cents mailles , ce qui fait le nombre des fils dont doit être compofé le poil. Les ligatures des arrêtes feront placées comme celles des delfins précédents , & celles des quarrelés feront placées après ; 'de forte que la ligature à fourche fera la première, & celle à champ plein la féconde : l’ordre du remettage eft le même que ce que nous avons vu pour les autres ; & pour les raies quar-relées , on paffe un champ for la ligature à fourche, enfoite un for celle à champ plein , & l’on revient paffer le fécond champ qui conftitue la fourche ; on fait de même à chaque raie : chaque fil de poil fera féparé par un fil de chaîne* Quant aux bandes de fond, elles feront toutes de cinq dents, puifque l’on voit for le deffin qu’elles ont vingt entre-lignes perpendiculaires.
- Pour fabriquer l’Etoffe , il faudra dix marches ; cependant il n’en faudroic que cinq pour le deffin, puifquil eft porté feulement for cinq entre-lignes horifontaux ; mais comme pour le fond, il en faut un nombre pair , on eft forcé de doubler l’armure du deffin for les dix marches for lefquelies on fait cinq fois celle du Taffetas.
- L’échantillon J?g. 8 , de la Planche précédente eft fait for le deffin fig, 2, de la Planche 8j. Ici nous n’avons point d’arrêtés , cependant on appelle cette Etoffe Amboifienne, parce qu’on met quatre fils de poil par dent : il faut la chaîne entière de quatre mille fils , huit liffes de cinq cents mailles chaque pour le fond ; & pour les raies cannelées c,c ,c 9 on fera deux ligatures égaies de cinquante-neuf champs pleins de neuf mailles chacun ; pour les raies à mouches dd >on fera trois ligatures de cinquante-neuf champs à fourche , dont deux de deux mailles & une d’une; on en fera une de
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- cinquante-neuf champs pleins, de deux mailles auffi ; les deux ligatures du can- « nelé feront de fept cents foixante-deux mailles , & celles des raies à mouches feront compofées de fept cents huit mailles , en tout quatorze cents foixante & dix , nombre égal à celui des fils qui doivent compofer le poil. Ces ligatures doivent être rangées dans Tordre fuivant : la ligature à champ à fourche d’une maille, doit être placée la première ; les deux à champs à fourche de deux mailles doivent être mis enfuite , & celle à champs pleins de deux mailles doit terminer ce qui couvre les raies à mouche ; enfuite on met les deux ligatures deftinées au cannelé , qui, fuivant notre deffin , doivent avoir un champ partagé en deux. Pour former les deux bords de l’Etoffe, il faut donc commencer le remettage du poil par les ligatures du cannelé, ce qu’on exécute en prenant alternativement une maille fur chacune de ces deux ligatures, tant que le champ dure ; enfuite on paflè aux ligatures deftinées pour les raies à mouches, on prend un fil fur la première, deux fur la fécondé , deux fur la troifieme , deux fur la quatrième , deux fur la troifieme, deux fur la fécondé, & enfin fur la première un fil ; de-là à une raie cannelée, le tout conformément à ce qu’indique le deffin fig. a de la Planche 8y, fur lequel on voit que les bandes de fond font de dix-neuf entre-lignes , ce qui fuppofe cinq dents moins un fil ; mais comme chaque fil de poil eft féparé par un fil de chaîne, on ne doit pas s’inquiéter de Tordre que ceux du poil tiendront dans le peigne , puifqu’ils y feront conduits par ceux de la chaîne, fans rien déranger à l’ufàge ordinaire de piquer les peignes. Notre deffin eft fait fur fix entre-lignes horifontaux , il fera exécuté moyennant fix marches , cependant on l’exécuteroit avec quatre , parce que ce deffin eft fufceptible de retour ; mais comme le nombre de fix n eft pas bien confidérable, on s’en fert par préférence.
- Les arrêtes m, m , &c. de l’échantillon , fig, p, PL 84, different de celles n y n9 &c. de celui fig. 7 de la même Planche , & de celles des autres échantillons que nous avons vus. Pour bien reconnoître la différence qu’il y a entre ces arrêtes, il faut comparer entr’eux les deffins d’où elles ont été tirées ; ainfi le deffin3 , P/. 84, mis en comparaifon avec les deffins précédents , nous prouveront fenfiblement en quoi elle confifte, fans être obligé d’en faire aucun détail particulier ; notre deffin fera répété foixante-trois fois dans la largeur de l’Etoffe, ainfi qu’on peut en juger par la grandeur du deffin, dont chaque répétition porte fur foixante-quatre entre-lignes perpendiculaires , ce qui défigne feize dents ; il faut dix-huit ligatures pour faire les arêtes e, e, dont fept de foixante-trois champs à fourche , entte lefquelles une de deux mailles, & les fix autres d’une maille feulement ; la huitième de ces ligatures fera de foixante-trois champs pleins de quatre mailles chacun. Pour les raies ff9 il faut trois ligatures, dont deux Etoffes de Soie. FIL Part. N p
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- 78d L'ART DES ÉTOFFES DE S 01 - de foixante-trois champs à fourche de deux mailles, & l’autre de foixante-trois champs pleins de quatre mailles : le total des mailles fur les onze ligatures , fera de deux mille feize , ce qui fixe le nombre des fils du poil à pareille femme. Ces ligatures feront rangées d’abord par fix à champs à fourcha d’une maille, enfuite une à fourche de deux mailles , & par une huitième à champ plein de quatre mailles, ces huit ligatures déterminent les arrêtes; enfuite on en placera deux à fourche de deux mailles & une à champ plein de quatre mailles ; alors on remet le poil en commençant par les arrêtes , un fil fer chacune des fix premières , deux fur la feptieme, quatre ferla huitième , deux fur la feptieme , & un fer chacune des 6e , 5e , 4e 3e , 2e & première. De-là on pafle deux fils fer la neuvième, deux fer la dixième, quatre fur la onzième , deux fer la dixième, & deux fur la neuvième. C’eft ainfi qu’on fait tout le remettage du poil, en allant d’une arrête à une raie à mouche , & d’une raie à mouche à une arrête. Dans tout le remettage, la chaîne doit être remife comme celles ci-devant , en obfervant que les bandes de fond font toutes de feize fils, ce qui fait quatre dents pour le peigne.
- Quant à l’armure du métier * elle fera faite fur dix marches, ainfi qu’on peut le voir par les dix entre-lignes horifontaux fur lefquels eft porté notre defîin qu’on voit deux fois répété fur la hauteur du papier.
- L’échantillon fig. 10 , PL 84 , eft totalement différent de ceux que nous avons vus jufqu’à préfent. Il tient du genre des Etoffes façonnées à la tire, cependant il s’exécute à la marche. Je fuis informé que plufieurs Fabriquants de Paris fe difpofent à le faire monter : quelques-uns ont même déjà dilpofé les ligatures & les liftes de fond, ainfi on pourra en voir le travail. Le compte fur lequel on va le monter n’eft pas le même que celui des autres defe fins ; ce n’eft pas qu’on ne puifle le faire ; mais il eft décidé pour un peigne de neuf cents vingt-quatre dents fur fept feiziemes de largeur. Cet échantik Ion eft tiré du deflin , fig. 4 de la Planche 85. Il eft porté fur quarante-huit entre-lignes par chaque répétition, ce qui donne douze dents fur l’Etoffe ; il y eft répété foixante-dix-fept fois dans la largeur , ce qui s’accorde préci-fément avec le compte du peigne, comme on peut voir en multipliant foi-xante-dix-fept par douze j on aura au produit neuf cents vingt-quatre.
- On fera deux ligatures de foixante-dix-fept champs pleins, de quatre mailles pour les raies quarrelées g>g 9 g > & on en fera feize pour faire les petites guirlandes h, h j ces ligatures feront à champ plein d’une maille feulement, elles auront donc chacune foixante-dix-fept mailles, tandis que les deux précédentes feront de trois cents huit ; le total des mailles de nos ligatures fera de douze cents quarante ; le nombre des fils du poil fera aufli de douze cents quarante, conformément à celui des mailles qui doivent les recevoir.
- Pour le remettage, on placera les deux ligatures des raies quarrelées,
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- enfuite on mettra les feize qui doivent fervir à faire les petites guirlandes ; on commencera par palfer quatre fils dans la première ligature, quatre dans PlaJ^MS la fécondé , enfuite un dans chacune des feize autres , à commencer par la derniere & finir fur la première : on fera un cours fur les deux ligatures de$ raies quarrelées, & un fur celles des guirlandes, comme je viens de i’expli-quer ; Tordre du remettage des fils de la chaîne fera le même que celui des delfins précédents ; on remarquera feulement que les bandes de fond font de trois dents.
- - Notre delfin ne fàuroit être exécuté à moins de feize marches , ainfi qu’on le voit par les feize entre-lignes horifontaux fur lefquelles une des répétitions eft portée en hauteur: alors il faut répéter huit fois Tarmure du fond fur le nombre des marches.
- Je vais détailler les armures de tous les delfins fur deux plans feulement ; le pian fig. y , PL 8y contient, fous quatre lignes indicatifs, différents les uns des autres, les armures des delfins fig. 11 & 13 de la Planche précédente, en-* fomble celles des delfins fig. 1 & 2 de cette Planche 5 les lignes indicatifs du premier delfin font les zéros, ceux du fécond, font les quarrés ponéluéâ pofés fur les angles, comme on en voit un en i9fig. 6 ; ceux du delfin,fig. r> font des lignes qui, pofées obliquement fur les angles, paroilfent les divifèr comme en k9 fig. 7 ; ceux du delfin fig. 2 , font des lignes mixtes pofées obli* quement fur les angles des carreaux dans un fens contraire à la ligne précédente ; voyez en l fig. 8.
- U faut remarquer fur ce plan que les quatre lifïes qui font comprifes fous l’accolade A, font les quatre lifîès de fond : nous foppofèrons que toutes nos Amboifiennes n’en ont pas davantage ; & comme leur armure eft partout la même, les lignes indicatifs qui y font, quoique des,zéros , fervent pour tous les delfins ; on prendra garde feulement au nombre des ligatures indiquées par les lignes horifontales depuis 1 jufqu’à 9 , & aux lignes perpendiculaires qui défîgnent les marches depuis r jufqu’à 10. Alors on reconnoîtra que le premier delfin, par fes lignes indicatifs, occupe les fept ligatures depuis 3 jufqu’à 9 , & les fix marches depuis x jufqu à fix ; on verra aulfi que le fécond delfin prend huit ligatures depuis 2 jufqu a 9 , & qu’il prend les mêmes marches que le précédent; on appercevra aulfi que le delfin fig. 1 , PL 85,' porte fur les neuf ligatures, & que par la double armure qu’on eft obligé de faire, les dix marches y font occupées. Le delfin fig. 2 , prend feulement for les fix premières marches & for les cinq ligatures 9 * 8 > 7 ; y 8c 6 : il faut fe fouvenir que les deux ligatures que nous employons pour les raies cannelées , ne comptent que pour une , puifqu’on ne les multiplie que pour éviter la confufion qui régneroit entre les mailles par rapport au grand nombre*
- Je n’ai pas porté Tarmure du delfin fig. 12 de la Planche 84, fur ce plan*
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- 788 VART DES ÉTOFFES DE SOIE. parce que le nombre des ligatures & celui des marches font plus grands que ceux des deffins que j'y ai marqués : il fera tracé fur le plan fig. 9 de notre Planche 8y, avec ceux 3 8c 4; celui fig. ia de la Planche précédente, fera marqué par des zéros ; celui fig. 3 de cette Planche, fera tracé par des petits quarrés, comme fur la figure 6, & les lignes qui feront placés pour Farmure du deffin fig. 4, feront des lignes femblables à celles k9fig. 7.
- Pour quelque deffin que ce foit, les lignes perpendiculaires défigneront les liffies de fond 8c les ligatures, 8c les lignes horifontales donnent les marches. Ce plan fo trouve tracé autrement qu’il ne devroit être ; mais la grandeur de la Planche ne m’a pas permis de le faire autrement ; les quatre lignes perpendiculaires comprifos fous l’accolade B9 feront par-tout les lifîes de fond j celles qui font placées fous l’accolade C, ferviront pour un corps de ligatures pour le deffin fig. 12, PL 84 , 8c celles qui font fous l’accolade D , font pour l’autre corps. On doit fe fcuvenir que j’ai dit plus haut que les ligatures qui concouroient à former ce deffin, fe divifoient en deux corps comme les ligatures des Pruffiennes : comme ce deffin n’occupe que douze marches, on le verra porté fur celles depuis 1 jufqu’à 12 ; on y remarquera que c’eft la couleur qui eft prife fur l’un 8c fur l’autre corps de ligatures , au lieu que pour l’armure de tous les autres deffins , c’eft le papier qu’on prend, parce que l’endroit de l’EtoflFe fe fait par-deflous.
- Le deffin fig. 3 , PL 8y , eft contenu fur les ligatures depuis ji jufqu’à 18 , & fur les marches depuis I jufqu’à 10 , ainfi qu’on peut le voir par les lignes indicatifs qui le défignent , 8c celui fig. 4 , contient toutes les, marches & toutes les ligatures 8c les quatre liffies.
- On doit juger par ce que nous venons de voir que ces deffins font fuf-
- ceptibles d’être variés à l’infini, & qu’une fois qu’ils font armés ou montés l’Ouvrier n’a de difficulté que par la quantité des marches qu’il y met ; mais
- l’opération du travail eft comme s’il faifoit un Satin ou un Taffetas uni;
- cependant cette Etoffe eft fufceptible de maniement ; il faut donc la frapper pour la rendre bien carteufe. La fufpenfion des ligatures eft faite au carrette fimple, de même que celles des Brillantés ; les liftes de fond font auffi fofpendues de même ; les unes & les autres font ramenées par des contre-poids.
- Cette Etoffe eft fufceptible des plus belles qualités de foie, tant pour la chaîne , que pour le poil : on la trame à deux bouts de foie, montée en trame double bien fine , ou en poil d*Alais.
- On a fabriqué des Amboifiennes dans le goût des Egyptiennes, c’eft-à-dire, qu’on a mis de petits deffins lancés entre les raies qui les font difo tinguer de ce dernier genre ; comme c’eft à peu-près la même opération que les autres, je n’en dirai rien ; je ferai feulement remarquer qu’on a
- mêlé
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- Septième Section. I. Part. Des Amboifîennes à la marche; mêlé de ces petites raies façonnées en Amboifîennes, avec des raies Serge & avec des raies Satin : on en a fait de fort grandes rayures ; car j’en ai Vu de plus grandes que celles de nos deffinsjfzg. i & 2 de la Planche 85 : ces rayures réuflîflent très-bien quand on fait ménager les nuances ; car il faut obferver quon les fait alors de plufieurs couleurs.
- On a adapté ces raies à toutes fortes d’Etoffes ; aux Taffetas, aux Satins , aux Gros-de-Tours, &c. mais une Etoffe ou elles font un fort bon effet, c’eft fur un fond Hollandoije en petite raie, pour habit d’hommes, & fur-tout quand ce fond reçoit un petit deffin lancé en nuance, quoiqu’à la marche.
- Voilà en quoi confident les Âmboifiennes: je paffe aux Mufulmanes , ce qui va faire le fujet du Chapitre fuivant, & la fin de cette Partie.
- Étoffes de Soie. VIL Part.
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- L’ART DES ETOFFES DE SOIE.
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- CHAPITRE HUITIEME.
- Epoque de Vinvention d'une Etoffe de Soie façonnée par la marche 9 à laquelle on a donné le nom de Mufulmane. Sa def-cription ; maniéré de la fabriquer , ÔC moyens d'en varier le goût.
- J l y a environ douze ans que , chargé par un Fabriquant de Lyon ( a ), de monter fur un métier une Egyptienne en Pruffienne, qui étoit très-nouvelle alors , & dont par conféquent le montage étoit encore un fecret, feus l’avantage de réuffir au gré de fbn attente : fàtisfait par une autre invention que je venois de mettre au jour, & qui me valut un encouragement de la part du Gouvernement, il me chargea de trouver quelque nouveau genre d’Etoffe propre pour habits d’hommes & pour robes de femmes, 8c qui pût Xervir le printemps & l’automne , 8c même ne fût pas ridicule en hiver. Nous voulions faire des eflàis en petit ; 8c profitant des connoiflances que favois acquifes fur la partie de la PalTementerie qui concerne le paffage des rames Jïir la haute lijje, je vins à bout d’exécuter avec un feui remiiîe de Satin à huit lîffes, cinq de dix à douze deffins que j’avois faits de ce nouveau genre , à côté les uns des autres , Sc^ïkns autre armure que celle du Satin par un pris & deux laifles. Je fis enfuite la même opération fur cinq autres deffins fur un remiffie de Satin à dix Mes fur la même armure , ( ces cinq derniers me furent volés deux jours après que je les eus exécutés ) : la figure x, PL 86, repréfente trois des cinq premiers, & les figures 2,3 & 4 font les deffins dont ils ont été tirés : ainfi l’échantillon A 9fig* 1, a été fait fur le deffin fig. 2 ; celui B eft tiré du deffin fig. 3 , & celui C du deffin fig* 4. J’ai repréfenté en DfE9 F 9G9 ces trois échantillons fé-parés ; la largeur de la Planche ne m’a .pas permis d’y placer les deux autres.
- La fingularité de cette opération conlifte en ce que fous l’armure du Satin , j’ai exécuté des bandes Taffetas, des raies fergées , des raies cannelées , d’autres à doubles cannelés, auxquels on a donné le nom de Parijîenne , des bandes quarrelées, des bandes fatinées , des bandes Gros-de-Tours 8c des bandes façonnées. Je n’ai pu obtenir ces différents effets que par les différentes maniérés de paffer les fils delà chaîne qui ont été employés à chacun de ces différents tiiîus en particulier ; c’eft ce qui a étonné ceux qui
- (a) M,. Louis j fur le Quai du Rhône.
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- Septième Section. I. Part. Des Mufulmanes* jÿi
- les ont vus ; les plus habiles Fabriquants & les plus célébrés Artifles de Lyon n ont jamais pu comprendre comment les fils ont été paffés, & par quel moyen on avoit pu réunir tous ces différents tiffus fous une meme ar-mure, Sc par le feul moyen de palfer ces fils fur huit ou fur dix liffes.
- Cette maniéré d’opérer eft très-compliquée, & d'ailleurs , il faut connoî-tre la haute liflè des Paffementiers , & l'appliquer à cette opération : je conviens avec franchife que je n'aurois peut-être pas fait cette application moi-meme , s il ne m etoit venu dans l'idée que nous faifions communément en fabrique, fur-tout à la tire, ainfi que nous aurons occafion de le voir en fbn temps, les lifieres d un Satin en Taffetas, par les mêmes liffes qui forment le Satin 5 que le tout confiftoit dans la maniéré d en combiner le paffa— ge des fils ; connoilfant que ces combinaifons rendoient le tifTu du Taffetas , } ai qu on pouvoir en faire qui rendroient les différents autres tiffus.
- Comme cette operation eft tres-compliquee, j efpere qu'on ne me fàura pas mauvais gre de la détailler, afin qu on puifle la mettre à profit dans certaines occafions î ce n efl: pas que pour 1 exécution de ce genre d'Etoffe, j'aie continué de faire les remettages dont j avois befoin , fuivant ma première idee 5 il eut ete trop difficile aux Ouvriers d en fuivre la route ; je doute même qu on fût parvenu à déterminer exactement le nombre des mailles neceffaires pour un corps de remiffe ( on en jugera par les combinaifons que j'ai été obligé d’en faire : ) ainfi j’ai cru qu'après avoir trouvé un nouveau genre d'Etoffe, il convenoit d'en déterminer le montagefuivant les ufiges reçus & les plus connus ; je pris donc le parti de faire faire des ligatures analogues aux effets des échantillons qu'on devoir monter, ainfi que nous aurons occafion de le voir bientôt.
- Après que j'eus fait mes eflais, on fe décida fur le goût du defîîn fig. r ; en y faifant quelques corrections contenues fur le deffin fig. y, fur lequel j’exécutai l'échantillon fig. 6 : cet échantillon fut fait feul fur les mêmes huit liffes de Satin , fur lefquelles j'avois exécuté les premiers ; il fut fait fur environ trois pouces & demi de largeur feulement ; le deffin avoit une répétition de plus fur cette largeur qu'il n'a fur la figure 6 ( a). Lorfque cet échantillon fut ainfi exécuté , il fallut le monter dans une largeur ordinaire; c eft alors que je fis faire les ligatures pour le monter chez le même Particulier chez qui j’avois fait ces effais.
- Avant d’entrer dans la defcription du montage de cet échantillon , il eü à propos de faire connoître les moyens dont je me fuis fèrvi pour exécuter les précédents, on fentira mieux la poffibilité de mes opérations , & l'on apprendra a concilier tous les genres d Etoffes en un feul, pour en compolèr un même
- , ( a \ ^^ cet échantillon en mon pouvoir : dans la largeur de trois pouces cinq lignes , on voit une lifiere a chaque extrémité; la couleur en eft même bien paffée, ainfi qua tous ceux que j’ai faits alors.
- Planche
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- Flanche S 6.
- Flanche
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- : corps, conformément à ce que j'en ai avancé dans l'Introduélion générale de ce Traité, après la Préface, page xliij , où j'ai dit qu'on pou voit connoître les combinaifons d'une Etoffe fur de fimples échantillons.
- J'ai dit plus haut que le deffin fig. 2., FL 86, étoit celui fur lequel on avoit formé l'échantillon A , fig. 1 ; fes effets y font répétés deux fois fur la largeur & cinq fois fur la hauteur ; la largeur du deffm peut fe prendre de H en /ou de / en K ; de forte qu'il eft porté for cinquante entre-lignes perpendiculaires ; ce qui prouve que fur un peigne de mille dents, il doit être répété vingt fois : quant à la hauteur , il faut la compter fur huit entre-lignes horifontaux. Les différentes parties qui compofent ce deffin, ont fourni aux différentes combinaifons qu’il a fallu faire pour les divers tiflùs dont notre Etoffe eft compofée ; car les parties a, a, a 3 Scc. ont été faites en Taffetas, celles b3b9 b9 en Serge fàtinée à quatre liftes, celles c9c9c9 c, en double cannelé appellé Parifienne , celles d 9d >d, d en Satin , & celles e, e font quarrelées ; on peut remarquer tous ces effets fur l'échantillon.
- L'échantillon B, fig. r, eft tiré du deffin fig. 3 ; les effets font répétés fur fà largeur Sc for fa hauteur comme for le deffin précédent, ainfî qu’on peut le voir de L en M 9 & de M en N 9 ceft-à-dire deux fois ; ils font fy-
- 4
- fnétriquement diftribués for tous les genres de deffins en général ; toutes ces bandes forment des raies particulières, Sc enfemble elles compofent des goûts de rayures dont la variété peut fe porter à l'infini. Les parties fi9 f9fi3 Scc. de notre deffin font Taffetas ou Gros-de-Tours, fi on le ^uge à propos ; celles gScc. font Satin ; celles h9h9 h, A, font Serge , & celles iyi yi , i font double cannelé ; ces effets peuvent être reconnus for les échantillons.
- C'eft fur le deffin fig. 4 , qu'on a exécuté l'échantillon C, fig. 1 ; ce deffin eft répété deux fois for la carte, de même que fur l'échantillon, ainfi qu’on le voit de P en Q, Q ; on voit en k, k, Scc. les parties Taffetas ; en /, /, Scc. les parties Parifiennes ; en mym9m9 Scc. on voit des parties façonnées qui s'a-doffent contre les raies Satin m,n 3n9nyo ,0,0, 0 font des raies Satin placées chacune entre deux bandes de Taffetas \p9p font des bandes cannelées découpées par deux coups de trame.
- Tous ces différents tiffus ayant été exécutés for huit liftes de Satin ? fans aucune difpofition recherchée, peuvent être faits avec moins de difficultés for des ligatures combinées : le deffin fig. 7 3 fur lequel on a fait l'échantillon fig. n de la Planche 87 , a été fait pour être exécuté à dix liftes de Satin ; c’eft le feul de ceux que j'ai faits for ce nombre de liftes qui me foit refté : il eft auffi répété deux fois dans fa largeur qui eft de JR en S, S ; fà hauteur eft de dix entre-lignes horifontaux ; elle eft donc contenue quatre fois fur la hauteur de la carte. Les effets qui font indiqués par ce deffin, font du genre de ceux faits à huit liftes , ils en différent de peu de chofe ; ils
- ont
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- Siptieme Section. î. Part. Des Mufalmanes* 7^3
- ont feulement deux coups de navette de plus par cours, mais Cela né chan- ??**>***&*? ge rien aux bandes Taffetas a, q , &c. elles font immuables • de même Planché que celles de Gros-de-Tours, s'il y en avoir , ou plutôt s’il étoit poffible d’en admettre ; mais on ne fauroit trouver une combinaifon de Gros-de-Tours qui s’accorde avec le Satin à dix liffes, parce qu’il faut faire entrer deux des duites qui conftituent le Satin pour former une duite de Gros-de-Tours ; les deux dernieres duites de Satin entreroient dans le même pas des deux premières, ce qui, au lieu de deux duites dans un pas, en donnerait quatre ; ainfi il n’eft pas poffible de faire accorder l’un, avec l’autre ; il n’y a de poffibilité de faire un Gros-de*Tours avec un Satin, qu’avec huit liffes, ainfi que nous le verrons tout-à-l’heure.
- Les parties r9r%r de notre deffin font exécutées en Satin à dix liftes * par un pris & deux laiffés ; celles s, s, s, s font faites en Serge à cinq liffes ; celles t ? t, t, t donnent un cannelé Parifienne , & celles y, v forment un cannelé à deux eftances différentes dont une de fix coups , & l’autre de deux. Voilà '
- les effets que j’ai déterminés pour notre Etoffe : voyons par quel moyen j’y. luis parvenu.
- En faifimt mes deffins , je les ai combinés for huit oü für dix liflês , afin de pouvoir faire mes éflàis fans autre dépenfe que celle de la foie, & j’en déterminai tous les effets en conféquence , afin qu’en remettant, je puflè concilier ,les uns avec les autres fans interruption ; je paflài les fils en raifbn des effets qu’ils dévoient rendre : j’avois fait ourdir trois ou quatre aunes de chaîne » comme fi j’euflè voulu paffer une chaîne de Satin de quatre-vingt portées ; & quand il a fallu remettre, je mettois devant moi le deffin fur lequel je tra-* vaillois, & je le fuivois partie par partie, en confidérant l’ordre de l’armure du Satin.
- Pour y parvenir plus sûrement, je mis au bas de chaque deffin un plan d’armure, foivant ma méthode ; ainfi je mis huit zéros comme ci-après , for lefquels on voit l’armure de Satin déterminée par les chiffres qui font au? deffus.
- i 4 7 î i 856
- OOOO O OOO
- Comparons le deffin fig. 2 , PL S6, au plan d’armure qui eft ci-deftus, Sc aux figures qui, dans la Planche 87, font analogues à notre opération. La première bande b eft Serge, les deux entre-lignes qui forment cette bande, indiquent deux dents qu’il faut paffèr à quatre fils par dent : ici il ne doit y avoir dans chaque dent que la foie qui doit former la Serge. La figure 2, PL 87 , par les quatre fils a9 b9c, d, qui font pafles dans les mailles <d9 B, C, D, E, F, G9 Hy fait voir que le fil a paffè for les mailles Etoffes de Soie, VIL Part. P 2
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- L'ART DES ETOFFES ÜE SOIE.
- ....... A , 2?; ces deux mailles,'.fuivant l’armure du Satin qui eft indiquée par les
- f>l^CHE c^®es ^OJflt en ^e^ous > font ^es première & cinquième qui font mîfes en mouvement : il faut confidérer ces huit mailles comme fi c’étoient les huit lifles de Satin dont je me fuis fervi : alors on reconnoîrra que dans le cours de l’armure du Satin , ces deux lifles ont levé chacune une fois , & le fil qu’elles contiennent a monté deux fois , ce qui fait qu’il a reçu par cours deux eftances de trois duites chacune , liées par la quatrième. Le fil b parte fur les mailles D , H ; ce font les deuxieme & fixieme du cours de Satin ; celui c parte fur les mailles C, G , qui font les troifieme & fep-tieme du cours de Satin : le fil d pafle fur les piailles B, F ; ce font les quatrième & huitième du cours de Satin : il eft certain que chacun de ces fils aura deux eftances par chaque cours de Satin , & que chacune d’elles commence quand celle du fil voifin finit ; de forte que pour un cours de Satin, on a deux cours de Serge, ou, pour mieux me faire entendre, il en eft de même que fi pour faire une Serge à quatre lifles , on en avoit mis huit, 8c qu’on eut fait monter la première 8c la cinquième a la fécondé & la fixieme y la troifieme & la feptieme, la quatrième & la huitième ; on pafle autant de cours de fils quil en faut pour former une. raie dont on a déterminé la largeur : ici le bord de cette raie eft de deux dents; il faut deux fois quatre fils partes, comme les quatre que nous venons de voir.
- J’ai dit que les parties a9 a 9 a , Sec. de notre deffin , fig. 2 , PL 86 J étoient faites en Taffetas: voyons comment font partes les fils e9fy de la fig. 3 , PL 87 ; le premier eft pafle fur les mailles A, C, E, G, & le fe-» cond parte for celles B, D, F, H. Confidérons maintenant l’ordre que ces mailles qui repréfentent des lifles, tiennent au travail ; cet ordre quadre pré-cifément avec la levée de nos deux fils qui doit être alternative ; car ces deux fils doivent faire Taffetas ; or , le premier parte fur toutes les mailles qui, dans l’ordre naturel de leur pofition 8c dans l’ordre forcé de l’armure, font Y fous un nombre impair, & celui/'parte fur celles qui font fous un nombre pair. J’ai dit que dans l’ordre naturel, l’un eft parte for les mailles à nombre impair, & l’autre fur celles à nombre pair, parce que l’ordre de notre armure ne change rien dans celui des nombres entre les pairs & les impairs que par tranfpofition ; car fi on veut y prendre garde, on trouvera que la fécondé marche armée fait lever la quatrième lifte ; que la troifieme marche fait lever la feptieme , & c. ainfi des autres : il faut regarder ici chaque chif* fre comme une des huit marches que l’Ouvrier doit faire mouvoir , avec cette différence que ces marches font mifes de fuite, quoiqu’elles fartent mouvoir les lifles avec cette interruption qui leur eft néceflàire.
- Si l’on fuit maintenant l’ordre de l’armure , on reconnoîtra que ces fils lèvent l’un après l’autre, ainfi quoique partes chacun fur quatre mailles qui
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- Septième Sect. I. Part. Des Mufulmanes. 79^
- font cenfées appartenir chacune à une différente liffe , ils doivent ftéceflairement faire le tiflu du Taffetas. Pour remplir notre petite bande, il faut qu’il y ait huit fils pafles comme les deux dont nous venons de nous occuper, qua~ tre comme celui e, Sc quatre comme celui f ; c’eft pourquoi on les paflè alternativement.
- Planche
- 8^*
- Pour la première des bandes c9 c, &c. du defîîn fig. 2 , Pt. 86 , il faut paffer feize fils comme ceux g9 h, fig. 3, PL 87; ces deux fils font paffés for quatre mailles différentes ; de forte que celui g eft paffé fur les mailles A , B, D 9 G 9 & celui h, eft paffé fur celles C » E 9 F 9 H ; chacun de ces deux fils leve quatre fois de fuite ; donc à chaque quatre marches du cûürs , les feize fils fo croiforont & formeront un cannelé qui contiendra quatre duites deilous , ou plutôt entre , car ce genre de cannelé eft tiré des effets des defo fins des Prufliennes ; ainfi les duites de trame flottent entre les deux pas de la chaîne qui forme notre cannelé, jufqu’à la concurrence de quatre > fans être divifés par les fils de la chaîne qui fo croifont après chaque quatre duites ; ce qui prouve que ces fils lèvent quatre fois de fuite par l’armure du Satin, ce font les mailles fur lefquelles paffe le fil g , qui font fous les chiffres de l’aftnure 1 , 5a, 3 & 4 ; ces quatre marches font donc monter quatre fois de fuite ce fil, Sz les mailles fur lefquelles paffe le fil h , font fous les chiffres de l’armure y * 6 9 7 & 8 ; donc les quatre dernieres marches font monter ce fil 9 tandis que l’autre refte en fond : il en eft de même lorfque tous font ainfi pafles moitié fur les quatre premières liffes à monter , & l’autre moitié fur les quatre autres.
- Les bandes d9 d9d, d de notre deflln fig. 2 , PL 86, font toutes Satin 9 ainfi elles doivent chacune occuper fept dents qui font fopt cours de huit fils chacun ; auparavant & après on paffe deux des parties a, a, &c. pour former les féparations en Taffetas : ces petites bandes font toutes de huit fils, pour occuper deux dents. De-là on vient à la première bande quarrelée qui demande deux fils par dent, pour remplir la valeur de chaque entre-ligne, ce qui fait pour chaque bande vingt-quatre fils ; ces fils doivent être pafles Comme le font ceux i 9 k9 fig. 5, PL 87 ; de forte qu’il y en ait feize comme celui k, favoir, les huit premiers & les huit derniers * & les huit îdu milieu feront pafles comme celui i : on doit fuivre cet ordre de remettage, parce que la découpure des eftances eft au contredit ; elle fait une efpece de jeverfible, en ce qu’ellé fo contrarie ; car les deux rangs de carreaux qui fo forment for les deux bords de la bande, fe découpent par les quatrième , douzième, vingtième, vingt-huitieme & trente-fixieme entre-lignes horifon-taux ; ce qui fuppofo que les duites & le rang de carreaux qui font au milieu font découpés par les huitièmes, feizieme, vingt-quatrieme, trente-deuxieme '(& quarantième entre-lignes : ces fils font paffés deux à deux dans chaque dent,
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- où ils font foutenus par quatre fils réunis en Taffetas qui font cenfés faire la chaîne, & ceux qui font remis conformément à ceux r, k de notre figure y9 rendent les effets d’un poil dont ils dépendent. Dans toutes les opérations que nous venons de voir , je me conduifis de maniéré que pour les effets en Serge , les fils étoient doubles ; pour les bandes Taffetas , ils étoient pris fimples ; pour le cannelé Parifienne, ils furent pris doubles ; & pour les quarrelés, ainfi que pour les cannelés ordinaires, je les pris triples : cependant mes échantillons furent faits fur un peigne de mille dents, fur onze vingt-quatriemes de largeur : je fis quelques échantillons où les petites bandes qui formoient les féparations des autres parties , étoient faites en Gros-de-Tours , c'eft-à-dire, que l’ouverture du pas qui le formoit dans cet endroit, recevoit de fuite deux des duites qui conftituoient les parties de Satin, celles du Taffetas, &c. Pour ces bandes je prenois les fils doubles , & je les paP fois conformément aux deux fils /, m, fig. 6, PL 87. Quoique les fonds Gros-de-Tours foient faits comme le Taffetas, on ne doit pas être furpris fi le paffage de ces deux fils n'eft pas conforme à celui des deux fils e9f9fig. 3* qui font pafïes pour faire Taffetas, parce qu'il faut néceflairement pour faire un fond Gros-de-Tours , lorlque l'Etoffe fe trouve avoir des bandes d'un tiflu différent, que les mêmes fils lèvent deux fois de fuite, pour que la fogue qui s’y forme , puifle recevoir deux duites de la trame qui conftitue les autres tifîiis qui concourent à former l'enfemble de l'Etoffe : il faut donc combiner le paflage des fils en raifon du mouvement qu'on veut leur donner ; ainfi dans notre Etoffe, il faut que la moitié des fils qui font deftinés à la conftitution des parties Gros-de-Tours, foient levés deux fois de foite , & que l’autre partie refie en fond , pour lever après la première moitié qui en a pris la place : il réfulte de-là que dans le cours de huit marches, la première, la fécondé , la cinquième & la fixieme doivent faire mouvoir les mêmes fils* ils doivent donc être paffés conformément à celui / de notre figure 6 , & les marches troifieme, quatrième, feptieme & huitième doivent mettre en mouvement l'autre moitié qui fera paffée comme le fil m de cette même figure : on doit juger par les mailles fur lefquelles les deux fils qui nous forvent d'exemples font paffés, que le premier pafle fur les mailles A, D, E, H, qui répondent directement, fuivant notre armure, aux première, deuxieme , cinquième & fixieme marches ; & le focond pafle fur les mailles B9 C y F, G, qui défignent les troifieme, quatrième, feptieme & huitième marches : on doit juger que ces fils, à quelque nombre qu'on les mette, font toujours paffés alternativement, un d'une façon & l'autre d'une autre, afin d'obtenir un croifement de chaîne qui détermine le tiflù de Gros-de-Tours, & l'on doit mettte quatre fils par dent , quoiqu'ils foient doubles.
- Lorfque je fis ces échantillons, je ne voulus mettre que deux fils par,
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- dent, pour déterminer le Taffetas fur lequel les parties cannelées & les parties quarrelées portoient ; mais je m’apperçus que la trame paroiffoit trop dans les endroits où les eftances fe terminaient ; je pris le parti de mettre quatre fils à l’exécution de l’Etoffe ; il en réfulta un double avantage ; celui de cacher la trame, en failànt fentir plus avantageufement la découpure, & de donner plus de confiftance à l’Etoffe. *
- Il ferait inutile de nous occuper ici du deiïin fig. 3 de la Planche 26 -pour en décrire les parties , je me contenterai de les faire connoître, & fùr la conformité quelles ont avec celles du deffinfig. 2, on les traitera de même pour le montage du métier , & pour le remettage ; la différence qu’on pourra
- mettre entr eux > coiifiliera dans la diftribution des parties 3c dans leur lar— geur réciproque.
- Arrêtons-nous un peu fur les parties m,m,8cc. du deffin fig. 4 ,quï donnent de petites parties façonnées , & fur celles p, p, qui font des bandes cannelees a double découpure, ceft-à-dire, dont les eftances font terminées par deux duites de trame , ainfi que l’indiquent les deux entre-lignes horifontaux qui en féparent la couleur qui pofe fur les autres entre-lignes.
- Xi faut regarder les parties m 9 rn, 9 8cc. comme produites par un poil 1 on les fuppofera exécutées à deux fils par dent de ce poil, & à quatre fils de chaîne paffés en Taffetas; de maniéré que les deux, fils de poil foient réparés chacun par deux des fils de la chaîne, comme nous lavons vu par le remettage des Brillantés , des Droguets-Maubois, &c. Pour ne point faire une double defcription qui feroit la même , paffons aux petits deSins fig. 7 <& 8 de la Planche 87 , qui offrent chacun deux petites bandes à mouches , exécutées par le même moyen ; ainfi on pourra appliquer les combinaifons du paffage des fils qui ont concouru à rendre ces bandes de mouches, aux parties m, m, &c. du deffin fig. 4 de la Planche précédente, qui ne font que des demi-mouches adoffées contre des bandes de Satin.
- Les fils n , 0 , fig* p > PI* 87 j indiquent les combinaifons que j’ai faites pour faire rendre fur l’Etoffe le rang des mouches p du deffin fig. 7 : à prendre cette bande fur le cinquième entre-ligne perpendiculaire de ce deffin , ou fur le huitième, & fuivant les entre-lignes horifontaux de bas en haut, on trouvera que le fil. n9 fig. p , doit paffer fur les mailles A, B , C, D, qui indiquent les quatre premiers entre-lignes horifontaux, & qu’il paffe enfuite fur celles F, G , qui répondent aux feptieme & huitième entre-lignes. Le fil 0 eft paffé fur la maille A 8c fur celle D, qui répondent au premier & au fécond entre-lignes horifontaux : ce fil ne doit lever que deux fois , & par les deux premières marches ; au lieu que le fil n doit monter fix fois, dont quatre de fuite, c’eft-à-dire, par les quatre premières marches , refter en fond fur les cinquième & fixieme, & monter par les Etoffes de Soie , VIL Part. n 9
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- feptieme 8c huitième : le fil o eft palfé comme doivent être pafles les quatre fils de poil quij font deftinés à former le milieu du rang p des mouches qui fo trouvent comprifes dans les fixieme & feptieme entre-lignes perpendiculaires. Quoiqu’on voie ici que plufieurs fils^paflent fur les mêmes mailles, il ne faut pas juger qu’il en foit de même dans le remettage ; il faut que plufieurs mailles falfent mouvoir les mêmes fils, & non pas que plufieurs fils foient pafles fur les mêmes mailles ; on doit avoir attention de les fépa-rer exactement, attendu qu’il faut que les fils qui font paffés pour former le Taffetas, & qui doivent en même-temps divifer ceux du poil, ne trouvent rien qui les croife. Si l’on voit ici que les fils n, o , q, paflent fous fur la maille A, ainfi que fur celle D , 8cc. je ne l’ai fait que pour éviter une trop grande quantité de figures ; ainfi on pourra regarder tous les fils qui font fur cette figure comme s’ils étoient fur quatre figures particulières compofées chacune d’autant de mailles que celle-ci. Par les deux fils o, n, qui viennent de faire connoître le paffage des fils du poil pour former la bande des mouches p du deflîn fig. 7. on doit juger de celles dont les mouches font placées au contredit ; il fufïit de faire une tranfpofition de ces mêmes fils furies mailles qui doivent les faire mouvoir; ainfi il faut pafler les quatre fils qui doivent former les extrémités de ces mouches fur autant de mailles que l’eft celui n ,fig. 9, avec la différence qu’au lieu d’être fur celles A , B, C9 D > F, C, on les paffera fur celles B9 C9 E9 F, G, H, 8c celui 0 qui doit faire le milieu de ce même rang , au lieu de pafler for les mailles AD , paflera fur celles C, F.
- J ai encore voulu éviter de multiplier les figures pour faire voir comment on doit pafler les fils du poil, pour faire rendre les rangs des mouches r, y, de la figure 8 5 nous allons le voir par les fils n, r de notre figure 9 : il faut toujours admettre que l’endroit de l’Etoffe fe fait par-deflbus à tout ce que ‘noust avons vu dans ce Chapitre. Les fils qui forment les deux extrémités de nos mouches, ne lèvent que cinq fois de fuite : ceux du rang t que nous foppoferons être celui n , jfig. 9 , doivent pafler fur les mailles B 9Dy E , G, H9 & pour le rang v, ces fils pafferont fur les mailles A, D, C y F, H ; les fils qui forment le milieu des mouches du rang t , feront pafles comme celui r de la figure 9, c’efl-à-dire, for la maille E , & ceux du rang v ne pafferont auffi que fur une feule maille qui eft la huitième du cours de Satin ; ce fera donc fur la maille F ; bien entendu que nous prenons ici des mailles pour des lifles, car chaque fil, comme je l’ai déjà obfervé , doit pafler fur des mailles qui lui foient propres.
- La figure 9 va encore fervir pour faire connoître le paflàge des fils du poil qui forment les bandes p9 p9 qui préfentent un cannelé à double découpure ; for la figure 4 de la Planche précédente, le paflàge de ces fils eft
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- SepîîëM£ Section. I. Part. Des Mufulmdrns. fait comme celui du fil q, fig. 9 , qui p^fîe fur les mailles A , D î tous les fils de ce cannelé font paffés de même ; ils font néanmoins divïfés pat deux fils de chaîne dans le peigne, ainfi que dans le remiffe > à moins que Ton ne mette quatre fils de poil par dent ; alors on met un fil de chaîne, un fil de poil* Voilà en général en quoi confiftent tous les effets que fai fait rendre par les huit liffes de Satin : voyons actuellement la route que fai tenue pour ceux à dix liffes.
- J’ai remarqué qu’avec un plus grand nombre de liffes 9 on pouvoir davan* tage varier les effets ; & puifque nous en étions aux bandes façonnées, je vais commencer par les trois rangs x , y9 x 9 de la figure 10 , PL 87, dont les fils ay b y c % d9 e de la figure 11, vont nous fervir d’exemple. Le fil a eft paffé comme doivent l’être ceux qui forment les extrémités des mouches des rangs x9x; il paffe furies mailles A, B, D, E > G,H,K9 ce qui ré^ pond aux première , deux, trois * quatre , huit, neuf & dixième entre-li^ gnes horifontaux , le fil b eft paffé comme doivent être paffés ceux qui dans les rangs de ces mêmes mouches font deftinés à remplir les entre-lignes perpendiculaires qui forment les fécondés graduations fymmétriques ; il eft paffé furies mailles A, D9 Hy qui répondent aux première , deux & dixième entre-lignes horifontaux ; le fil c eft paffé comme doivent l’être ceux qui forment le milieu de nos deux rangs de mouches , il n’eft paffé que'fur la maille A y qui répond au premier entre-ligne horifbntal.
- Les mouches de la bande y font plus petites que les autres 9 elles lait* fent un plus grand efpace entr’elles, néanmoins elles n’occupent pas en tout au-delà de dix entre-lignes horifontaux ; les fils qui forment ces mouches font paffés comme celui d9 pour les deux extrémités , Sc comme celui e pour le milieu ; le premier eft paffé fur les mailles B 9 C 9 E 9 E, G I$ & le fè* cond fur les mailles B, G, F, /: Ce paffage de fils eft conforme à l’armure marquée en deflous des mailles qui doivent nous fervir de guide; mais quand je l’ai exécuté * ainfi que ce que nous allons voir, j’avois fous les yeüx un plan d’armure fuivant ma méthode ordinaire , qui eft exécuté par un pris & deux laiffés ; le voici s
- Planche 8?,
- I 8 5 a 9 6 3 10 7 4
- O O O O O O O O O O
- Ces bandes façonnées font loutenues par un fond Taffetas ; les fils quî forment ce fond font paffés comme ceuxjf, g 9 fig. 12, dont le premier paffe fur les mailles A,C9 E9 G 91le fécond fur celles B, D , F, H> K i c’eft ce que nous appelions pajfier fur une prije & [autre laiffée ; telle eft la maniéré de remettre les Cordelines ou les lifieres de Satin pour qu’elles faf-
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- fent Taffetas, tandis que les liffes qui les font mouvoir font armées pour Planche"* ^re ^on<^ étoffe en Satin : voyons aéluellement les autres effets fur 88« dix liffes. Les figures 1,2 & 3 , PI. 88, les fils a9 b 9 c, d9 e de la figure I, font voir un cours de Serge à cinq liffes, exécuté par dix liffes de Satin , & par l’armure faite par un pris & deux laiffés , ainfi que l'indiquent les chiffres qui font au bas de la figure ; on diftingue que ces cinq fils ne paffent point furies mêmes mailles, & que chacun d’eux efl mu de maniéré à donner des eftances de quatre duites liées par une cinquième : ainfi dans la valeur du cours des marches, chacun de ces fils efl deux fois mis en mouvement ; voyez le fil a qui paffe fur les mailles A , F; celui b, for celles D y I; celui c , for celles B 9 G; celui d9 for celles E, K, & celui e, for celles G, H : par ce paffage, on obtient la Serge fatinée à cinq liffes , telle que nous l’avons vue dans le Chapitre des Serges, &c. Les fils f>g9 fig. 2 , enfeignent la maniéré de paffer les fils pour obtenir for dix liffes, & foivant l’armure du Satin , le cannelé Parifienne : le premier de ces fils paffe for les mailles A , C >D, G , K , ce qui prouve, en foivant l’ordre de l’armure , que ce fil, dans la révolution d’un cours doit être mu cinq fois de fuite, & que le fécond qui paffe for les mailles B , E 9 F, H9 I, leve cinq fois de fuite par la même armure, mais qu’il refte en fond tandis que le premier eft mis en mouvement ; de même que le premier refte en fond, quand le fécond leve ,"&c. les eftances de ce cannelé , tant deffus que deflous , font de cinq duites * mais ils n’ont de découpure ni l’un ni l’autre, que par le croifement que les fils fe font à mefure que l’un cefle d’être mis en mouvement , & que l’autre tient fa place , ainfi qu’on aura bientôt occafion d’en juger par les tiflus que nous verrons*
- Les fils h 9 i9 fig. 3 , font paffés pour faire voir les cannelés à double eftances , Ôc pour former des quarrelés conformes à ceux du deffin fig. 4 ; c’eft: ce qui fe voit par l’oppofition du paffage entre les deux fils, puifque le fil h paffe fur les mailles H , 1, 8c que celui i paffe fur celles A , K: fi l’on paffe tous les fils d’une bande comme un de ceux que nous venons de voir, on aura une bande cannelée, comme celle v 9 v9 fig. 7, PL 86, 8c quand on les paffe partie comme celui h, & l’autre comme celle i, on forme des bandes quarrelées, comme celle L9fig. 4, PL 88 , bien entendu que tout ce qui fera comme le fil h rendra les quarrelés comme ceux k9k9k de la figure 4 ; 8c ceux qui feront comme celui i, feront comme les quarrelés l, l : on doit juger que l’on peut étendre de pareils effets autant qu’on le juge néceflaire , de même qu’on peut les diminuer. On peut faire l’un & l’autre, foit en augmentant le nombre des bandes, ou en les diminuant, foit en augmentant la largeur des quarrelés, ou en la diminuant.
- Quand on a combiné tous les différents paflages des fils que nous venons
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- tîe voir, tant fur les huit lifles que fur les dix ; on peut commencer Par- -mure à tel point qu’on jugera à propos, c’eft-à-dire, que pourvu qu’on arme les lifles en Satin, un pris & deux laifles, on rencontrera toujours les combi-naifons des effets qu on a voulu produire : je fais faire cette remarque parce qu’on pourroit imaginer qu’on eft fubordonné à l’armtfre marquée fous les figures à mailles ; mais fi l’on fo rappelle que j’ai dit ailleurs que les armures des Satins étoient comparées à un cercle divifé en autant de parties qu’il y a des lifles, alors on verra qu’il importe fort peu par quelle lifle l’armure foit commencée : ici j’ai fait commencer mes armures toujours par la première des mailles, tant fur le nombre de huit, que fur ceux de dix, mais je ne l’ai fait que pour rendre mes opérations Sc plus uniformes Sc plus intelligibles. Cependant il faut que le remettage foit fait fur un point déterminé pour l’armure, pour favoir fi on la prendra en parcourant les lifles, en venant de la derniere à la première, ou de la première à la derniere.
- Quelle que foit la defoription que j’ai faite fur les combinaifons exécutées pour les différents tiflus que j’ai voulu faire connaître , je crois qu’elle n’eft pas abfolument fuffifimte pour faire fentir l’aflèmblage de tous ces tiflus fous une feule révolution d’armure de Satin à huit ou à dix lifles ; il faut voir tous ces tiflus réunis Sc les connoître par l’incorporation de la trame dans la chaîne , Sc pâr la formation de prelque tous les tiflus qu’on puifle faire dans le genre d’Etoffes façonnées à la marche ; d’ailleurs , en confidérant les figures y Sc 6 3 PI. 88 , on pourra analyfer ces différents tiflus, Sc diftinguer les révolutions des fils qui les forment, fentir les oppofitions qui fe trouvent entr’eux , Sc dans l’occafion les féparer les uns des autres , pour en produire de différents goûts ; c eft le feul moyen de connoître for les échantillons les combinaifons qu’on a employées pour les exécuter. Voici les moyens dont on fe fort pour apprécier les combinaifons des tiflus de nos Etoffes façon** nées tant à la marche qu’à la tire : pour connoître les différents tiflus dont un échantillon eft compofé, on commence par l’examiner de près avec un microfcope : fouvent il ne foffit pas pour déterminer la quantité de fils con.» tenus dans les différentes parties dont un échantillon eft formé ; on s’en aflure en quelque façon , en meforant la largeur des objets, & en les comparant à celle d’un peigne : fi un objet eft de trois lignes de largeur à bien peu-près , on fuppofe un compte de peigne dans lequel trois lignes de largeur contiennent un nombre de dents qui cadrent avec celui qui paroît être contenu dans l’échantillon. On pourfuit enfuite fur les autres parties de l’échantillon, Sc l’on raffcmble toutes les largeurs des objets, comme le premier, relativement au compte de peigne dont on a préfumé le rapport avec l’échantillon ^ & fur le calcul on en décide la valeur.
- Par exemple, l’échantillon6, PI. 8(5, eft compofé de quatre diffé-; Etoffes de Soie. VIL Part. R p
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- Planche S 8.
- 802 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. s rents tiffus, les objets font répétés trois fois dans la largeur: il faut s’attacher à une de ces répétitions feulement que je fuppoferai du point T au point afin d’avoir à la fois toutes les parties entières a ; je déterminerai que la partie a eft un objet qui contient trente-deux fils doubles ( a ), ce qui donne huit dents : cette partie n’a point de chaîne qui la contienne, le microfco* pe le fait voir, & s’il me refte du doute {iir quelque chofe, j’aurai recours à un autre moyen que j’expliquerai ci-après : de la partie a, je paffe à celle b\ je décide que c efl: une bande Taffetas ; je compte fes fils, je la trouve de douze ce qui me donne trois dents ; je viens à la partie c, je la reconnois facilement pour une bande fàtinée ; ce genre de bande donne toujours beaucoup plus d’apparence dans là largeur que toutes les autres parties, & d’ailleurs , il efl: très-difficile d’en compter les fils avec le microlcope ; il s’agit de la me-furer & de lui donner une valeur proportionnelle à la largeur des autres : cependant elle laides foüvent un doute , néanmoins je la décide de quatre dents*; comme la bande a eft égale à celle b , elle efl: tout de fuite déterminée de trois dents ; la bande e, eft la plus facile à réfoudre fous le microlcope, parce qu’en fuivant les découpures des eftances , on apperçoit facilement la fé-paration des fils : je juge que c efl; une partie de cannelé de quatre dents, ce qui fait en tout douze dents. Par la connoiflànce qu’on doit avoir des effets fymmétriques pour ces fortes d’Etoffes , on juge bien que les parties/', Æ font égales à celles b , d, & que la bande g efl: une bande de Satin de même grandeur que celle c, ainfi il eft fort inutile d’en chercher la valeur ; il fuf-fit de remarquer que la bande e eft foutenue par des fils de chaîne, & que ce qui y eft apparent, ne font que des fils de poil,
- A melure qu*on s’eft affûté de la valeur de chaque bande , on la note ; après quoi on fait un total du produit : ainfi, huit dents en a9 trois en by quatre en c , trois en d, douze en e, trois en f, quatre en g, & trois en h, toutes ces parties réunies donnent quarante au produit: il s’agit actuellement de concilier ce nombre avec la largeur qu’il contient fur l’échantillon , pour la rapporter avec celle du peigne : or la largeur de notre répétition eft d’environ neuf lignes & demie, ce qui s’accorde avec un compte de peigne de mille dents : on aura donc vingt-cinq répétitions dans cette largeur, puilque quarante eft contenu vingt-cinq fois dans mille , & qu’il eft proportionnel à neuf & demi ; car notre peigne de mille dent doit avoir vingt pouces, ce qui fait deux cents quarante lignés ; or, neuf lignes & demie font contenues vingt-cinq fois dans le nombre vingt-quatre , plus deux lignes & demie, ce qui fait pour chaque répétition un dixième de ligne de plus qui donneroit une demi*derit. On n’entre point dans cette Ipéculation pour les mefùres ,
- - ( a ) On ne regarde ceci que comme une fuppofition, car il ne feroit pas poflîble qu’en gravure f on fit fentir un aufli grand nombre de fils de foie, dans un auflS petit efpace.
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- Septième Section. I. Part. Des Mufulmanes. 803
- maïs j’y fuis encré moi-même pour faire voir qu'on pourroit le porter jufqu'à la derniere précifion. Un Fabriquant ou un Àrtifte expérimenté fur toutes fortes de compte de peignes, en mefurant la largeur d une répétition d’un deffin quelconque , doit lavoir combien de fois il eft contenu dans la largeur d'une Etoffe, il peut même par cette connoiflànce augmenter ou diminuer cette largeur en donnant plus ou moins de répétitions, & en confer-vant toujours la même réduélion de peigne, c eft-à-dire , un peigne où les dents foient également écartées que celles de celui avec lequel l'échantib Ion qu'on veut imiter a été fabriqué. On fort quelquefois de cette réglé, en fe fervaftt d'un peigne plus ou moins réduit, alors on augmente ou Ton diminue les parties qui compofent l’échantillon, ou bien on met plus ou moins de répétition du deffin fur la largeur qu'on a déterminée.
- Si le microfcope rie donne pas afîez de précifion pour décompofèr un échantillon d’Ëtoffe façonnée , ou qu'il biffe en doute fur le tifîu de quelques-unes des parties dont il eft compofé, il faut défaire les fils de la chaîne par une des extrémités , en s'affinant de la partie qu'on veut connoître , & ôter fil à fil en les faifànt gliffèr fur la trame, qu'on a la précaution de biffer un peu longue, afin d'en découvrir la révolution & de pouvoir apprécier par combien de duites ils font féparés les uns des autres & par combien de ces mêmes duites, ils font liés ou contenus. Cette opération demande beaucoup d'exaélitude , mais on parvient à la faire comme il faut, en faifànt arrêter ces fils de chaîne ou de poil l'un après l'autre fur les parties de la trame, & de maniéré que ces fils foient fenfiblement féparés des autres: alors, avec le microfcope , on compte les duites de trame qui féparent les fils ou plutôt les eftances qu'elles déterminent fiir ces mêmes fils , puis on forme les combinaifons convenables pour faire exécuter les liftes ou les ligatures.’
- Les parties de Satin , de Serge, & toutes celles qui biffent quelques doutes fur la quantité des fils qui les compofent, doivent être éfilochées avec précaution, c eft-à-dire, qu'on doit s’affurer de toute une partie, en--ôter les fils de chaîne ou de poil qui les compofent, de maniéré à les compter avec toute l'exaélitude poffible ; c'eft par ce moyen qu'on eft véritablement affiné que telle ou telle partie eft compofée de tel ou de tel nombre de fils ; on obferve fur toute chofe de reconnoître fi ces fils font ourdis doubles, triplés, &c. afin de ne les compter que pour un dans l'opéra^ tion , on décide feulement de l'ourdiffàge fimple, double, triple , &c. en faifànt attention qu’ils fè réunifient intimement entr'eux, c'eft-à-dire, qu'on voit les fils doubles fè lier prefque l'un à l'autre , de même que les fils triples ou quadruples , de maniéré qu'en les effilochant, l'un entraîne les autres avec lui ; d’ailleurs , les duites de la trame fur lefquelles ces fils paflent uniformément, indiquent lèurs affemblages. On fènt que fi l'on comptoir des
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- 804 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. fils doubles ou des triples pour des fils fimples , on tomberoit dans des erreurs confidérables, de forte qu’on ne fauroit jamais concilier les ourdif-fages avec la détermination du nombre des mailles des remilles ou des liga-
- tures, encore moins avec celui des dents du peigne.
- Quand on a décidé la valeur des chaînes & celle des poils qui doivent fervir à imiter un échantillon, on cherche la hauteur du deflin, on la re-connoît par le nombre des duites qui en déterminent la révolution ; c eft-à-dire, qu’en fe fixant fur une duite , on fuit les effets du deflin fur fa hauteur , jufqu a ce qu’on trouve une fécondé duite qui détermine les mêmes effets que celle dont on eft parti : fi ce premier examen laiffè quelque doute, on fuit une fécondé répétition en hauteur ou même une troifieme , enfin julqu’à ce qu’on foit afluré de cette hauteur. Si celui qui fait ces recherches, eft un peu deflinateur, ou qu'il foit en état de mettre des objets tymmétriques en carte, il doit le faire d’après l’échantillon ; alors il combine avec bien plus de sûreté toutes les opérations qu’il doit faire & tous les uftenfiles qui lui font néceflàires , d’après fon deflin que d’après un échantillon ; car fi l’on n’a pas la mémoire heureufe , il faut à chaque inftant avoir le mi-crofcope à la main ; au lieu que lorlqu’on prend fes combinaifons fur la carte , il fuffit d’avoir le deflin qu’on compte fans obftacle ; d’après cela , on détermine tout ce qui doit concourir à l’exécution de l’Etoffe qu’on veutimiter.1
- Je donne cette defcription , parce que plus des trois quarts de nos Etoffes façonnées faites à la marche font imitées par des Fabriquants après leurs inventions , & parce que plufieurs de ceux qui veulent les imiter ne trouvent pas des gens capables d’y parvenir; ou bien ils y emploient des Ouvriers qui mettent huit jours à des opérations qu’on peut faire dans trois ou quatre heures ; & même fort fouvent ces Ouvriers après avoir bien travaillé, ne s’apperçoivent des fautes qu’ils ont faites dans leurs combinaifons, qu’après leurs premiers échantillons : ces fautes font quelquefois de nature à ne pouvoir être réparées qu’en refaifant toutes les opérations , quelquefois même , & bien fouvent, on eft forcé d’abandonner l’entreprifo ; car je le répété , les Etoffes façonnées par la marche font plus difficiles à combiner & à monter que les Etoffes à la tire ; ces dernieres font feulement plus longues dans leurs opérations , ainfi qu’on le verra par la fuite ; mais pour les premières , il faut une attention & une précifion confidérables : Je reviens à mes tifîus.
- Par la figure 5 , P/. 88 , on voit un tiflu formé fous les duites AA , B B , CCy D D , EE, FF, G G, HH, ou plutôt plufieurs tiflus, ainfi que nous allons le reconnoître par la defoription que je vais en faire. Il faut fe fou venir que nos duites donnent un double cours de Satin, & que tous les autres tiflus qui y font compris, font d’accord avec le nombre des
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- Septième Section. I. Part. Des Muftilmanes.
- duites qui conftituent ce Satin. Les différents tiffus que nous verrons ici fe-
- ront par cours compris fous des accolades ; ainfi les quatre qu’on voit fous Planche
- ïaccolade I, font un tiffu de Serge fatinée à quatre lilfes ; on remarque dans 88’ ce ti/Tu que les deux cours des duites de Satin forment quatre cours pour cette Serge en hauteur , tandis qu’il n’y a qu’un cours de Serge par les quatre fils en largeur ; car il faut regarder la largeur de ce tiffu par la longueur des duites de la trame , & la hauteur par celle des fils de la chaîne ou du poil: les fils qui font compris fous les accolades K , K, K , font autant de cours de quatre fils qui forment un Taffetas , pour féparer les autres tiffus & donner du foutien à l’Etoffe, afin de n’être pas obligé de lui donner aucun apprêt ; les fils qui font compris fous l’accolade L, font quatre fils tiffus de maniéré à former un cannelé parifienne de quatre duites d’eftan-ces ; le cours de ce cannelé eft conforme à ceux du Sarin, parce qu’il faut que ces fils remontent au point où ils commencent leurs révolutions ; ainfi les fils l, l, commencent leurs révolutions par les duites A A feulement parce qu’ils paffent fur les quatre premières duites de chaque cours * & fous les quatre dernieres : par les effets de ces deux fils, les fils m, m font mis en op-pofition, de forte que lorfque les premiers paffent fur quatre de ces duites , les féconds paffent fous les mêmes duites : c’eft par-là que ces révolutions font égaies. On peut regarder les effets de ces fils comme ceux d’un Taffetas ou d’un Gros-de-Tours pour le grain duquel on pafîe quatre duites : ainfi en regardant les quatre duites comme une feule , on jugera qu’il en faut huit pour en former deux , afin de faire un cours en hauteur qui eft cenfé de deux marches , étant féparé de notre tiffii ; il eft vrai que les eftances de notre cannelé ne préfentent un efpace qu’autant que les duites qui les déterminent font contenues dans d’autres tiffus qui les rangent les unes à coté des autres ; autrement elles s’entafferoient, & au lieu d’une furface cannelée, on n’obtiendroit qu’un grain de pou-de-fioie.
- Les huit fils qui font fous l’accolade M , font un cours de Satin à huit liffes ; ceux qui font fous l’accolade N, & ceux qui font fous celle O, font deux cours qui indiquent comment font révolus les fils de poil pour former des carrelés conformément à ceux des bandes e , e du deffin fig. 2 , PL 86 , ou de celle XX, fig. 5 , même Planche.
- Les deux fils n, n forment les carrelés i, i, des bandes X, X, & ceux o 0, forment ceux k, k, k ; il faut remarquer que ces quatre fils font paffés deux par deux , en oppofition, de même que les quarrelés font oppofés ; ces fils appartiennent à un poil, & font féparés chacun par deux des fils p , p >
- &c. qui appartiennent à la chaîne, & qui font tiffus en Taffetas , de même que ceux qui font fous les accolades K, K , K; les deux fils n, n, ou ceux Etoffes de Soie. FIL Part. S 9
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- Flanche
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- 806 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- • o 9 o y déterminent un cannelé découpé par une feule duite de trame, quand toute la bande eft paffée de même.
- Les fils qui font fous l’accolade P, forment un tiflu de Gros-de-Tours, ce qui ne différé de celui du cannelé Parifienne que nous avons vu fous l’accolade L y qu’en ce que ceux-ci font paffés deflus & delfous deux duites, & que les autres font paffés deffus & defîbus quatre ; mais ici les deux duf tes donnent un fonds Gros-de-Tours, parce que les eftances ne peuvent donner une furfacede cannelé affez marquante pour le faire fortir du genre fous lequel je le dénomme.
- Les fils 'q y q compris fous l’accolade Q , font deux fils de poil qui dé-fignent le tiflu d’un cannelé dont la découpure des eftances eft de deux duites, conformément à celles dont font compofées les bandes cannelées p yp 9 fig. 4, PL 86 ; ces deux fils font foutenus & féparés chacun par deux des fils r r , r r qui font tiflùs en Taffetas.
- Les fils ss y tt fous l’accolade P, font des fils de poil tiffus de maniéré à produire les petites bandes façonnées m 9 m de la figure 4 , PL 86, & les demi-mouches de la bande p , fig. 7, PL 87; les deux premiers fils rendent les effets portés fur les entre-lignes perpendiculaires qui forment les deux extrémités de ces mouches, & les deux autres rendent les effets du milieu ; ces fils font auffi foutenus par des fils de chaîne v, v yv y v 9 x , x 9 x 3 x paffés en Taffetas : on doit appercevoir que nos quatre fils ne donnent que la moitié de ces mouches 5 mais en y en ajoutant deux paffés comme ceux r, t, Sc enfuite deux comme ceux s, s, on auroit la mouche en entier. Si l’on you-loit faire le reverfible de ces mouches, pour être conforme au rang s de la même figure 7, PI. 87, il faudroît que ceux qui en feroient les bords fuf-font découpés par les duites C, D , E 3 F 9 Gy H y C y D y E9 F 9 G 9 H9 de notre figure y, PL 88, & que ceux qui formeroient le milieu fu fient découpés par les duites £ , F : fi par le même tiffu on vouloit faire le rang de mouches r, v, fig. 8 , PL 87 , on pafferoit quatre fils pour faire les deux extrémités du premier rang, de maniéré que les fils fuffent découpés par les duites Bf C, D, E, F, B9 C9 D9 £,F, & les quatre autres par les duites D , D feulement ; le reverfible ou le rang v fera découpé par les duites A y B y F y G y H y A y B 3 F y G y H * chacun de ces fils fera féparé par deux fils de chaîne pafles en Taffetas ; voilà les tiflus qui s’accordent avec le Satin à huit lifles : voyons ceux de la figure 6 qui s’accordent avec le Satin à dix lifles.
- Les dix fils qui font fous l’accolade S, font un tiffu Satin à dix lifles ; tous les fils comptés fous les accolades T, T, T,T, font autant de dents de quatre fils dont le tiflu eft Taffetas ; les quatre fils fous l’accolade V, font
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- Septième Section. L Part. Des Mufutmânes* §07
- un tiflu cannelé Parifienne ; celui-ci ne différé de celui que nous avons vu fous l’accolade L de la figure J , que par une duite de plus dans chaque eflance , du relie c’eft le même cannelé , les quatre fils qui font fous l’ac-colade X donnent un tiflu de Serge farinée à cinq liffes ; il différé auffi d’une duite de plus par ellance de la Serge que nous avons vue parles quatre fils compris fous l’accolade /, fig. j*. Les fils a 5 a qui font fous l’accolade Y de notre figure 6, défignent le tiflu du cannelé à double découpure > dont les eltances font de deux duites & de fix dans l’efpace de dix, ainfi qu’on les voit deux fois répétées fur les vingt duites dont notre figure ell compofée ; ces deux fils y font découpés par les duites H, L, H, L; c’eft ici précifément le tiflu des bandes cannelées v, v 9 fig. fi, PL 86 : les deux fils b, h qui fout fous l’accolade Z , forment un tiflu égal à celui des deux fils a f a., avec la différence qu’ils ne font pas découpés par les mêmes duites, puifque' ceux-ci font découpés par les duites O, O , R9 R -, ces deux derniers fils rendroient les mêmes bandes de cannelé , mais les quatre enfemble , par leurs oppofitions, rendent les parties quarrelées qu’on voit en A, A, A, /, /, de la bande fig. 4.
- Les fils c9 c compris fous l’accolade A ; ceux d 9 d qui font fous celle B 9 & ceux e , e, qu’on voit fous celle C, forment le tiflu de la moitié d’un des rangs x, x > fig. 10 de la Planche précédente; l^s deux premiers de ces fils rendent les effets produits par les entre-lignes perpendiculaires qui font aux extrémités ; les deux féconds rendent les effets des deux entre-lignes qui fuivent en dedans , & les deux derniers rendent les effets de l’entre-ligne du milieu : fi l’on veut fuivre ces fils , & les comparer aux entre-lignes horifontaux par les duites qui découpent, les deux premiers fils font découpés en H, /, KyLyPy Q> R> H, /, K, L, P, Q, R; Sc fur le deffin ; ce font les premier , deuxieme , troifieme , quatrième , huitième , neuvième & dixième entrelignes qui décident la découpure. Les deux féconds fils font découpés par les duites H, /, R, H, /, R ; & fur le deflîn, ce font les premier, deuxieme & dixième entre-lignes : pour les deux derniers fils , ce font les duites H, H, qui les découpent; & fur le deffin C, c’eft le premier entre-ligne. Pour complefter un de nos rangs de mouches, il faudroit encore quatre fils, dont deux pafles comme ceux d9 d y & les autres comme ceux c, c.
- Les fils f9f qui font fous l’accolade D, & ceux g, g qu’on voit fous l’accolade F, font tiflus comme doivent l’être les fils de poil qui forment le rang de mouches y , fig. 10 de la Planche 87 ; les deux premiers de ces fils font pafles pour obtenir les effets qui font rendus par la couleur fur les entre-lignes extrêmes des mouches , & les deux autres font pour rendre les effets du milieu ; ainfi, fuivant notre deffin , les deux premiers fils font dé-
- Planché
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- So8 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. coupés par les entre-lignes horifontaux 3,4, y , 6*7*8,9,io;& fuivant les tiffus fur la figure 6 9 ce font les duites K, L, Af, N> O , P , Q, i?, K y Ly M y NyOyPyQy R: pour ce qui regarde les deux autres fils, ils font découpés fur le deffin par les quatrième, cinquième , fixieme , fep-tieme & huitième entre-lignes ; & dans la figure 6 de la Planche 88, les fils font découpés par les duites L9 M, N, 09P9L9M9 N, O , P ; il faudroit encore quatre fils pour completter ce rang de mouches, deux paffés à la fuite de ceux g , g> & comme eux, & deux comme ceux f9 f paffés derrière , à la fuite des deux derniers.
- Les deux fils h, h qui font fous l’accolade F, nous montrent un tiffu de cannelé découpé par deux duites de trame ; de forte que les eftances font de huit duites , & les deux fils i, i qui font fous l’accolade G, nous font voir le tiffu de deux fils de poil, qui forment un cannelé découpé par une feule duite ; les eftances font de neuf duites.
- Tous les fils de poil que nous avons vus depuis l’accolade Y 9 jufqu’à celle G , font féparés par deux fils de chaîne tiflus en Taffetas, afin de donner plus de corps à l’Etoffe, & pour éviter de donner l’apprêt qu’on eft obligé de procurer ordinairement aux Satins.
- Par ces deux figures , ou plutôt par les affemblages des tiffus qui les conf-tituent, il eft facile noi>feulement de les connoître tous , mais auflî de pou-i voir faire des compofitions d’Etoffes, en combinant les affemblages de quelques différents tiffus, & en les accordant agréablement dans leurs effets , ainfi que nous verrons qu’on a fait fur les échantillons de mon invention, que j’ai rapportés.
- J’ai dit plus haut que l’on avoit déterminé le premier montage de métier fur l’échantillon fig. 69 PL 85 ; il fut exécuté fur le deffin fig. il étoit poflible que je fille remettre la chaîne & le poil, comme j’avois moi-même remis pour faire l’échantillon ; mais je ne le fis pas exécuter de même par les raifons que j’en ai dites ; cependant il eût été poflible de le faire exécuter fur douze ligatures par un pafiage différent de celui que j’avois fait ; mais je ne le fis pas, parce que je craignis que l’Ouvrier ne fe familiarisât pas affez avec cette maniéré de faire les ligatures ; car je pouvois me fervir des mêmes moyens de combinaifons dont je m’étois fervi pour le remettage fur huit liffes de Satin , fans même avoir recours à rien du pafiage de la haute liffe ; il fuffifoit de faire mes huit ligatures de Satin à jour ,de combiner les autres effets fur ces ligatures ; de forte que fi nos bandes de cannelé quarre-lées découpent tous les huitièmes coups, je pouvois mettre pour une découpure fur la première une ligature de Satin, en y ajoutant des champs de mailles conformes aux effets d’une des bandes de quarrelés, & fur la cinquième mettre les mailles des deux bandes, c’eft-à-dire , que la première
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- Septième Section. I. Part. Des Mufulmanes. Sop
- ligature de Satin mile en mouvement, auroic eu en Tus de ces mailles pour les bandes Satin, celle qui auroit produit les parties kf k k k des bandes X, X du deffin fig. ^ ; & fur la cinquième lifle mife en mouvement, on auroit mis les mailles des parties i, i des mêmes bandes X, X: ainfi fuivant le calcul que nous avons déjà fait fur le deffin & fur l’échantillon fié' 6, nous avons décidé qu’il devoir être répété vingt cinq fois dans la largeur de 1 Etoffe ; or il auroic fallu que les ligatures de Satin euflent eu cinquante champs de quatre mailles chacun 7 & qu’une de ces ligatures en eût eu cinquante de plus de huit mailles chacun, & que l’autre en eût eu Vingt-cinq déplus de huit mailles auffi: je pris un plan différent ; je fis faire feize ligatures, deux de vingt-cinq champs de feize mailles chacun , & un champ partagé fur les deux extrémités, afin de faire rapporter tous les objets fymmetriquement ; ces deux ligatures etoient deftinées pour former les bandes /, /, / en cannele Parifienne ; on fit quatre ligatures chacune de cinquante champs de trois mailles & de vingt-cinq champs de dix-huit mailles ; ces ligatures étoient deftinées pour faire le fond Taffetas m,m,m, &c. & en même temps les parties Taffetas fur lefquelles pofent les bandes quarrelées X, X ces ligatures étoient ordonnées, fuivant les nombres ci-après ^ , i§, ^ -
- a8, 3 , 3 , 18,3, &c. jufqu a concurrence de cinquante fois trois, & de vingt-cinq fois dix-huit, bien entendu que ces champs font efpacés conformément aux diftances qu’ils doivent former & occuper fur l’Etoffe. On fit des ligatures de vingt-cinq champs à quatre mailles chacun : pour les bandes Satin ti , Ti, n y ti de notre deftin, il fallut une ligature de cinquante champs, ou plutôt de vingt-cinq champs à fourche de huit mailles à chaque divifion ; pour faire les parties quarrelées k, k , k , k de notre deftin il fallut encore une deuxieme ligature de vingt-cinq champs pleins de huit mailles chacun pour les parties quarrelées i , I, ce qui fit feize ligatures qui furent placées conformément aux lignes perpendiculaires qui, fur le plan fig. I, Pl. 89, font indiquées par les chiffres depuis 1 , jufqu a 22 , & qui défignent des liftes ou ligatures dont on doit déterminer les armures, mais qui ne compteront que jufqu a feize, attendu que nous n’avons que ce nombre de ligatures pour notre échantillon, Sc que nous devons en voir l’armure fur notre plan. L’ordre que doivent tenir nos ligatures, eft tel que celles 1, a , 3 & 4 feront pour le Taffetas ; celles 5 & 6 jufqu a 12 feront pour le Satin; celles 13 & 14 feront pour les parties cannelées Parifiennes, & celles 15 & 16 feront pour les parties quarrelées : de ces deux dernieres on placera celle à fourche la première ; & celle à champ plein la fécondé. Quoique je fixe ici cet ordre pour les ligatures, ce n’eft pas une loi qu’on foit force de fuivre pour parvenir à l’exécution de notre Etoffe, parce qu’il eft loifible de les placer différemment ; mais l’ordre que j’établis, m’a paru Etoffes de Soie. VII. Part. T 9
- Planche
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- 8ro L’ART T)ES ÉTOFFES DE S 01 Ej
- le plus convenable tant pour la facilité du remettage que pour celle de la
- fabrication, ainlî qu’on le verra.
- Je fis divifer la chaîne en trois parties, c’eft-à-dire, que je fis mettre fur un enfuple la chaîne qui devoir fournir aux parties Taffetas ; cet enfuple fut placé defîus : je fis ourdir féparément la chaîne qui devoit fournir aux bandes Satin ; l’enfuple de cette chaîne fut placé deffous le premier ; enfuite je fis ourdir un poil pour former les bandes cannelées Parifiennes, & pour celles quarrelées. Le dernier enfuple fut placé deffous celui du Satin ; je fis moi-même le remettage ; je commençai par placer les quatre dernieres ligatures que j’ai défignées tout-à-l’heure , fuivant l’ordre que je viens d’annoncer, & je remis le poil ; je pafîài d’abord une demi-bande pour le cannelé Pari-fienne qui comprit feize, fils "doubles ; ces fils furent mis alternativement fur les mailles des deux ligatures faites pour cet ufàge, de même que fi l’on faifoit le remettage d’un Taffetas fur deux lifîes ; je pris enfuite la première partie du premier champ de la ligature à fourche deftinée pour les bandes quarrelées , fur laquelle je pafîài huit fils doubles fiiccefîîvement ; de-là je pris le premier champ de la fécondé ligature au même ufage, fur laquelle je paffai encore huit fils de fuite ; après quoi, je pris la fécondé partie du premier champ de la ligature à fourche, dans lequel je paffai huit fils auffi ; enfuite je paffai une bande entière de cannelé Parifienne fur les treizième & quatorzième ligatures, c’eft-à-dire, fur celles où j’avois commencé mon remettage , & je le continuai de même jufqu’à la fin du poil, en palîànt alternativement une bande de cannelé parifienne , & une bande quarrelé ; de forte #qu’à la fin , j’eus paffé mille fils doubles dont étoit compofé le poil. Je plaçai enfuite nos huit ligatures deftinées pour les bandes Satin, je les pafîài comme un Satin ordinaire , excepté qu’après le remettage de cha-* que bande , je lardois une bande quarrelée ou une bande Parifienne ; c’étoit encore à volonté ; car fi l’on veut y faire attention , on trouvera que les bandes produites par le poil font toutes féparées par une des bandes du Satin. Chacune de nos bandes de ce Satin eft compofée de quatre cours, ce qui fait trente-deux fils , Sc comme il y a cinquante bandes, ce feront donc feize cent fils fimples de la chaîne du Satin.
- Le remettage fut terminé par les quatre ligatures du Taffetas; je commençai par larder la demi-bande Parifienne qui forme le commencement du remettage après la première lifiere pafîee ; car ici les mailles de la lifiere font fur les lilfes de Taffetas, en fus de celles que nous avons indiquées pour la chaîne. Après avoir lardé cette demi-bande , je pafîài fur le premier champ douze fils de trois mailles de chacune de mes quatre ligatures, ce qui tne fournit trois cours 8c trois dents ; confequemment fur ces trois cours je lardai la première bande de Satin , après quoi je palfai trois cours en Taffetas fur les
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- Septième Section. I. Part. Des Mufulmanes. 811
- premiers champs de dix-huit mailles, fur lefqueb je lardai un fïl de poil de ....
- ceux paftes dans les ligatures des bandes quarrelées \ je paftai toute cette Planche bande par deux fils Taffetas, & un fil de poil lardé deflus ; je la terminai par trois cours de chaîne en Taffetas comme je l’avois commencée, & fur les trois derniers cours, je lardai la fécondé bande de Satin : je pris les féconds petits champs de trois mailles que je paftai en Taffetas, en y lardant une bande entière Parifienne, & je continuai ainfi le remettage jufqu’à la fin, en mettant toujours entre les petits champs de Taffetas, une bande Parifienne , au bord de chacun des grands champs une bande de Satin , & au milieu de ces mêmes grands champs, les bandes quarrelées qui, fur notre Etoffe , font les feules qui foient foutenues par deux fils de chaîne entre ceux du poil. La chaîne du Taffetas étoit compofée’de deux mille quatre cents fils fimples ;
- <elle occupoit fix cents dents dans le peigne.
- Le paflàge du peigne eft fait de maniéré que les bandes Parifiennes occu-poient chacune huit dents de fuite, excepté celle qui eft partagée en deux fur les bords de l’Etoffe, qui eft paflee dans quatre dents à chaque côté: les petites bandes de Taffetas occupent chacune trois dents , les bandes Satin en occupent quatre, & les bandes quarrelées en occupent douze, ainfi le tout enfemble remplit les dents d’un mille de peigne.
- La fulpenfion des ligatures fut faite au carrette fimple & aux chappes c eft-à-dire, que les quatre liftes de Taffetas furent fufpendues aux chappes à doubles poulies, & les autres ligatures furent fufpendues aux carrettes fimples ; l’armure fut déterminée conformément au plan^g-, i, de notre Planche 89 : les lignes de cette armure font des zéros ; elle eft faite fur les huit premières marches qui font indiquées par les lignes horifontales de ce plan * comprifes fous l’accolade A ; les lignes perpendiculaires comprifes fous celles B , font les quatre ligatures du Taffetas ; celles qui font fous l’accolade C, font les huit ligatures du Satin ; celles qui font mifes fous l’accolade D , font les deux liftes du cannelé Parifienne ; & celles qui font fous l’accolade jE, font les deux ligatures qui forment les bandes quarrelées, toutes ces ligatures font armées en conféquence de leurs tiffus.
- Je n’entrerai point dans les montages des autres échantillons faits à huit liftes ; j’ajouterai feulement à celui-ci quatre ligatures propres à faire la Serge fatinée à quatre liftes. Suppofons quelles fuflent exécutées par le remettage , on les armeroit conformément à celles qui font comprifes fous l’accolade F•
- Si l’on vouloit exécuter les petites bandes façonnées m9 m , &c. fig. 4, PI*
- 85, on ajouteroit quatre ligatures, & on les armeroit encore comme celles qu’on voit fous l’accolade F, mais fous les lignes des petites lignes qui coupent obliquement les angles des quarrés du plan fig. 1 9 PI* 89 ; alors les ligatures a yb feroient celles qui forment les deux extrémités de ces bandes|
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- 812 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- , & celles c, d fervent à rendre les effets du deflîn portés fur les entre-lignes perpendiculaires qui touchent aux petites bandes du Satin fur la figure 4 , PL 26.
- Si Ton eut exécuté le deflîn fig. 7 de la même Planche, on auroit obtenu une Etoffe conforme à l’échantillon fig. 1 , PI. 87 , il eût fallu vingt-deux ligatures pour y parvenir ; en fuivant la méthode d’après laquelle j’ai monté celui fig, y , Planche précédente ; ces ligatures feroient diftribuées par quatre ligatures de Taffetas , dix ligatures de Satin , cinq ligatures pour la Serge fàtinée, deux ligatures pour le* cannelé Parifienne, & une pour le cannelé à double découpure ; l’ordre du remettage auroit fuivi celui que nous venons de voir ; on auroit divifé la chaîne en trois parties , une pour le Taffetas , une pour le Satin & une pour les bandes fergées ; pour celles Parifiennes & pour celles cannelées, les ligatures euffent été rangées fuivant le plan fig. 1 ; de forte que , pour commencer, j’aurois placé les ligatures dans l’ordre fuivant : j’aurois mis celle vingt-deux de notre plan pour le cannelé ; * celles vingt-un & vingt pour les bandes Parifiennes , celles dix - neuf, dix-huit, dix-fept , feize Sc quinze pour les bandes fergées ; alors j’aurois paffé le poil , qui auroit été compofé de dix-neuf cents vingt fils doubles ; enfuite j’aurois placé les dix ligatures de Satin fous les n°\ quatorze ^treize, douze , onze , dix, neuf, huit, fept, fix, cinq, & j’aurois paffé la chaîne qui leur auroit été deftinée; elle eût été de feize cents fils fimples pour les liffes de Taffetas quî
- auroient été placées aux nos. quatre , trois, deux * un ; la chaîne qui auroit été
- _ •
- contenue dans ces liffes, eût été de dix-huit cents fils fimples. Il faut remarquer que le deflîn eft répété deux fois fur la carte , & qu’il doit l’être vingt fois fur la*largeur de l’Etoffe , ce qui eft à raifon d’un mille de peigne. Pour bien connoître tous les deffins qui font faits dans ce genre , il faut fe fou-venir que chaque entre-ligne perpendiculaire vaut une dent : le peigne eût été paffé en raifon du précédent, excepté que dans les bandes de Satin on auroit mis dix fils par dent, & que dans celles en Serge, on en auroit mis cinq doubles.
- L’armure de ce deflîn eût compris toutes les ligatures & toutes les marches qui font fur le plan fig. 1, PL 89 , elle eût été faite fuivant les lignes quarrés pofés fur les angles. Je préviens que ces fignes n’ont pas lieu fur les liffes qui indiquent le Taffetas, comprifes fous l’accolade B, étant partout de même ; mais ils feront régulièrement fur les autres , ainfi les dix liga-gatures qui font fous Tacolade C, font armées en Satin à dix liffes , un pris & deux laiffés ; en commençant par la marche dix & par la ligature y ; les cinq qui font fous l’accolade H font armées en Serge ; les deux qui font fous l’accolade /, font armées pour un cannelé Parifienne , & celle qui eft en K, forme le cannelé à double eftance dans le cours, l’une de deux duites, &
- l’autre
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- Septième Section, L Part* Des MttfulmanêS* 8rj
- Tautre de fix* Voilà les opérations que fai faites pour cette Etoffe » Sc fur lefqueiles on en a fait beaucoup d’autres depuis* Voici comme je me fuis apperçu de la rapidité avec laquelle on avoir cherché à me copier* L’Ouvrier chez qui je faifois mes efTais, communiqua mon entreprife à quelqifautres Ouvriers ; de façon que j’appris par la fuite qu’un Particulier rendait de fréquentes vifites au Piémontois chez qui je faifois mes opérations 5 mais il n’y venoit que le foir , quand j’avois ceffé de travailler î fur ce qu’il en vit, il fe hâta de monter des Etoffes qui réuffirent en peu de temps*
- J’appris bientôt qu’on leur avoit donné le nom de Mufulnianè ; ce genre de Mufulmane a été varié confidérablement, & de quelque maniéré qu’on le traite , il a tout le fuccès qu’on pouvoit en attendre ; on en a fait & on en fait encore comme l’échantilon fig. 3 , comme celui fig. 4 , & comme celui fig, 5 : tous ces échantillons font faits en cannelé, en Satin , avec la différence que les raies e9e, e9 ey de celui fig. 3 , font d’une couleur oppo-fée à celles f% f9fi>f> f, f qui font delà même couleur du cannelé; il en eft de même des raies g, g 3 g de l’échantillon fig, 4 , qui font d’une couleur différente de celles A, A , A, A, A, A qui font aufîi de la couleur du cannelé : je fais cette obfervation parce qu’on a l’ufàge de varier les couleurs ou de mettre plufieurs couleurs fur une même Etoffe de ce genre , fans altérer l’Etoffe , & fans changer la moindre chofe à l’arrangement d’un métier* On a fait en général ce genre d’Etoffe , en mettant quatre fils doubles de poil en cannelé ; mais on en fait autant à huit, à dix & à cinq Mes de Satin: l’échantillon fig. 2, celui fig. 4 & celui fig. y , font tous trois exécutés à huit Mes de Satin, conféquemment à huit marches, ainfi qu’on peut en juger par le deffin fig. 6, qui eft celui dont on a tiré l’échantillon fig. 2 : par le deffin fig. 8 qui eft celui qui a fervi pour faire l’Etoffe de l’échantillon fig. 4 ; & par le deffin fig. 9 , fur lequel on a fabriqué l’échantillon fig. y : ces trois deffins font faits avec un nombre de ligatures égal, mais non pas également difpofées. Je crois que je n’ai pas befoin d’en faire fentir la différence , l’infpeétion feule des échantillons & des deffins la rendra fenfible : il fuffit de remarquer que l’on a huit ligatures pour le Satin, deux pour le cannelé, qui ne comptent que pour une, attendu qu’on n’en fait deux que pour prévenir la trop grande confufion des mailles, & quatre pour le Taffetas ; ce qui donne en tout treize ligatures.
- i| eft inutile que j’entre dans le calcul des fils dont doivent être compo-fées les chaînes & les poils qu’on fait ourdir pour chacun de nos échantillons ; je remarquerai feulement que l’Etoffe de l’échantillon fig. 2 , contient trente-fept fois dans fa largeur la valeur du deffin , qui porte vingt-fepc dents de largeur : voyez le deffin fig. 6, de L en M> Nf on y trouvera yingt-fept entre-lignes perpendiculaires qui indiquent vingt-fept dents, ief» Etoffes de Soie , VIL Part. V 9
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- 814 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- gi-.r,,, r—— „ quelles multipliées par trente-fept, donneront neuf cents quatre-vingt-dix-^^CHE neuf dents, ce qui compte pour mille : l'Etoffe de l'échantillon fig. 4, contient fbn deffin vingt fois dans fa largeur, ainfi que l’indique le deffin fig. 8, dont la carte eft de cinquante entre-lignes perpendiculaires de O en P.
- L'Etoffe de l'échantillon fig. 5 9 contient dans fa largeur cent quarante-
- /f
- trois petites raies cannelées & autant de petites raies Satin , ainfi quil eft décidé par le deffin fig. 9 * fur lequel cet échantillon a été fait ; de forte que chacune des raies cannelées eft de cinq dents, & celles du Satin font de deux, ce qui fait fept en tout, lefquelles multipliées par cent quarante*» trois donnent mille un ; ainfi on prendra un peigne de mille, il reftera une -dent en foie.
- Les champs des ligatures de ces échantillons doivent être faits en raifon du nombre des fils qu'ils reçoivent, foit en Satin, foit en cannelé , foit en Taffetas , le remettage doit fe faire de maniéré que dans les bandes de Satin , il n'y entre aucune partie de Taffetas ; mais que celles de cannelé en {oient foute-L nues, de forte que fi on ne pallè de fils de cannelé que deux par dent, iis font foutenus par deux fils de chaîne chacun paffés en Taffetas, & fi on en met quatre, chaque fil fera féparé feulement par un fil de Taffetas; le paffage du peigne eft fait en conféquence. '
- L'armure de ces trois échantillons eft faite fur le plan fig. r, fous les lignes des lignes mixtes courbes par le haut ; on n'aura pas égard aux liffes de Taffetas , elles feront armées comme celles qui font fous l'accolade B ; les liffes de Satin feront armées comme celles que renferme l'accolade Ç : fous les lignes en zéros, il n'y aura donc que la liflè de cannelé qui ait une indica? tion différente, c’eft la ligne k qui eft fous l'accolade D ; on doit faire attention que cette armure eft combinée fur les huit premières marches com* prilès fous l'accolade A.
- L'échantillon fig. 3 , eft fait ftir deux liffes de Satin; la figure 7 en eft le v deffin, le cannelé dont il eft compofé eft à double eftançes : comme ce can-
- nelé eft confidérable, on pourroit y avoir mis quatre ligatures1, fur-tout fi l'on a mis quatre fils de poil par dent ; le Taffetas eft le même que celui des échantillons précédents ; il n’y a de différence qu'en ce que le Satin exige deux ligatures de plus : ainfi le remettage doit être conduit en conféquence. Du refte, l'armure eft la même que celle que nous avons vue ci-r devant dans les exécutions dont les Satins font à dix lifles ; les quarrés qui font fur le plan donnent l'armure du Satin fur les dix lignes comprifes fous l'accolade G ; quant au Taffetas , c'eft toujours le même, ainfi il n’y a aucun changement dans l'armure : quant au cannelé, on en fera mouvoir la ligature fur l'armure de la ligne vingt-deux qui eft fous l'accolade K.
- Il arrive quelquefois que le Satin eft trpp long dans fes eftançes, & que,
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- Sêptïemê Section. I. Part. Des Mufalmarm* 8rJ
- qtioiqufon ait dix lifles, on le fait à cinq fans rien diminuer du nombre des marches ; alors on change 1 armure du Satin , on en fait une double armure , à cinq lifTes, ou plutôt fous la#quadruple armure , conformément à celle qui eft faite fur les ligatures comprifes fous l'accolade (7, & fous les lignes d'une ligne courbée en 5, alongée fur le milieu ; on fait cette quadruple armure , pour conferver l'ordre du Taffetas , & pour foutenir les eftances des cannelés.
- On a fait encore une forte de Mufulmane dont je rapporte ici deux échan* tillons , l'un fous la figure io , & l'autre fous la figure il ; ces deux échantillons préfentent des effets différemment combinés, mais ils font toujours en Satin & en cannelé ; de forte que ce font les raies de ce genre qui donnent le nom de Mufulmane à ces deux échantillons ; aînfi les parties /, /, / , tn9 m9 &c. qui font fur l'échantillon fig. io , font Satin , & celles n , n , ii | n 9o9 o font cannelées ; les fonds p , p 9 p , p font Gros-de-Tours. Par les mêmes effets ou doit juger que les parties q, q, q, q , r, r de l'échantillon fig. n , font Satin ; celles s9s9s9s,t9t9t font cannelées, & que les parties v , v , v, v font suffi Gros-de-Tours.
- Ces deux échantillons font fufceptibles l'un & l'autre du même nombre de ligatures ; quatre pour le-Taffetas qui foutient les parties cannelées, quatre pour le fond Gros-de-Tours, huit pour le Satin & une pour le cannelé , ce qui fait en tout dix-fept ligatures ; il eft vrai qu'on en met quatre au Taffetas, afin d’éviter la confufion des mailles , ainfî qu'au Gros-de-Tours ; mais il faut néceffairement celle du Satin & celle du cannelé ; d'ailleurs, on ne fauroit exécuter l’Etoffe avec toute la facilité qu'elle exige , fi l'on ne divife les ligatures du Taffetas & celles du Gros-de-Tours. On peut juger par la grandeur de nos échantillons que le deffin eft contenu fix fois dans la largeur de l’Etoffe ; les ligatures doivent être faites en raifon des efpaces qui en déterminent les effets, le remettage doit être fait de maniéré que la ligature du cannelé foit la première paflee ; enfuite celle du Satin , puis celle du Gros-de-Tours, & enfin celle du Taffetas : pour bien combiner les effets, il faudroit quatre enfuples , un pour le poil de cannelé, un pour le Satin, un pour le Gros-de-Tours, & un pour le Taffetas; cependant pour ne point trop multiplier les embarras, on peut mettre le cannelé fur l'enfu-ple du Satin ; mais non pas mettre le Taffetas avec le Gros-de-Tours, car ce dernier s'éboit moins que le premier : on n'aura donc que trois enfiiples ; alors le remettage du Satin fo fait avec le cannelé, parce que l'on aura pris foin, en ourdiffant, d'enverger les parties du Satin à fils fimples, & celles du cannelé à fils doubles ou triples , &c. foivant qu'on voudra les faire pa-
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- roître.
- La différence des armures avec celles des échantillons fig. 2, 4 & y,
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- 2ï6 V ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- : n eft que dans le Gros-de-Tours ; car le Satin & le cannelé font paffés 8c armés de même, ainfî que le Taffetas ; il foffit de bien connoître cette armure, & de la concilier avec le Satin , le» Taffetas 8c le cannelé. Je vais la tracer fur les quatre lifîes du Taffetas qui font comprifes fous l'accolade B, fig. 19 8c fur les huit marches qui font fous l'accolade A, même ligure ; elle y fera indiquée par des lignes en forme de croiflànts qui envelopperont les zéros qui délignent l'armure du Taffetas : on voit par cette armure que les ligatures qui forment le Gros-de-Tours lèvent deux fois de fuite , 8c qu’à chaque deux marches la foie fo croife , au lieu que le Taffetas fait croi-fer la foie par chaque marche ; il réfulte de-là que le Gros-de-Tours reçoit deux duites de fuite dans le même pas, tandis que le Satin 8c le Taffetas n'en reçoivent qu'une ; c'eft ce qui forme un gros grain dans le fond de l'Etoffe , & qui ne permet pas au Satin d'avoir les eftances trop longues*
- On doit juger par l'armure du Gros-de-Tours exécutée dans les genres d'Etoffe compofés de plulieurs tilfus , qu'il n'efl: pas polfible de l'exécuter avec dix marches, puifque II l'on vouloit étendre les lignes indicatifs fur les deux marches qui font comprifes fous l'accolade Q , les ligatures x9 x fè-roient mifes en mouvement quatre fois de fuite par la reprife du cours des marches , tandis que celles y>y refteroient en fond, ce qui feroit un grain de quatre duites, ou plutôt un cannelé dans cet endroit, & changeroit les et fets du fond de l'Etoffe ; ainli toutes les fois qu'on fera un fond Gros-de-
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- Tours ou quelques parties de ce genre d'Etoffe mêlées avec d'autres tilfus, tels que le Satin , la Serge & le Taffetas, on peut être alfuré que le Satin, qui les accompagne n'efl: fait que de huit lifîes, à' moins qu'au lieu de dix marches on en eût mis vingt pour doubler l'armure, car il n'y a pas d'autres relfources pour y parvenir.
- Voilà en général ce qui conftitue les Mufolmanes en foie ; il eft aile rde fentir combien on peut les varier : d'ailleurs on en fait des habits d’hommes, des robes de femmes. J'ofe dire même que c'eft dans le genre des Etoffes de foie , une des plus riches qu'on ait connue depuis que la Fabrique exifte , car on les vend aufli cher que les Damas les plus beaux*, 8c même bien fouvent au-delîus , & cependant le Damas eft une Etoffe fabriquée à la tire , & dont les métiers font bien plus dilpendieux & p*us. longs à monter que ceux des Mufolmanes les plus compliquées.
- On a encore fabriqué des Mufulmanes brochées qui réulîîrent fort bien ; on entend par Mufulmanes brochées les Etoffes qui ont le fond Mufulmane , comme ceux des échantillons jÇg, 2,3,4 8c 5,/Y. 89, 8c qui ont par-'delfus un delfin broché à fleurs en foie nuancée, ou en or ou en argent, 8c quelquefois l'un 8c l'autre ; on en fabrique aufli qui ont des bandes Sa-àn 8c cannelé, comme les deux échantillons fig. 10 8c il, 8c qui dans le
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- fond ont des bouquets brochés en or, en argent ou en foie : je traiterai ailleurs ces articles.
- Je ne me fuis pas borné à faire la Mufulmane en foie , j’ai trouvé le moyen d’y ajouter for & fargent ; de forte que lors du mariage de notre Augufte Monarque LOUIS XVI, alors Dauphin de France , je fis fabriquer une Mufulmane en foie avec des raies en lame en argent Ça) : ce fut fous la rayure de féchantillon fig. i , PL 90 , que cette Mufulmane fut montée ; les bandes a > a 8c b , b, c, c, & c. étoient en cannelé blanc, 3c celles d , dy dy &c. étoient en lame en argent Çb). Cette Etoffe ne fut difficile à monter que par la combinaifon des ligatures ; mais elle donna beaucoup de difficulté au travail, parce que la lame étoit liée à f envers * & non à f endroit, ce qui la faifoit fouvent caffer à chaque coup de battant. C’eft par le deffin fig. 1 y qu on a pu combiner la difjpofition des raies dont eft compofé notre échantillon ; la rayure n’eft comprifo qu’une fois feulement fur le defe fein de A en B, ( j’ai mis ce deffin dans la hauteur de la Planche , parce que fa grandeur, quoique n’ayant qu’une feule répétition , né permet pas qu’elle foit en travers, ) au lieu que l’échantillon le contient deux fois de C en D 3c en E ; on doit reconnoître que les entre-lignes perpendiculaires ( il faut prendre la hauteur du deffin de F en A ou de G en B) qui font couvertes de couleur , défignent des parties cannelées qui font fur l’échantillon , 3c que celles qui ne montrent que le papier, font les parties où fur l’échantillon , la lame paroît ; ce deffin détermine un fixieme de la largeur de l’Etoffe , ce qui indique qu’il eft contenu fix fois dans cette même largeur ; en comptant les entre-lignes perpendiculaires contenues dans notre deffin, on trouvera qu’il faut un mille de peigne, puifqu’il y a cent foixante-huit entre-lignes qui, multipliés par fix, donnent mille huit ; on néglige ces huit de plus en laiflant vuides les mailles qu’on fait faire fur les ligatures qui fe trouvent de refte au remettage : en comparant le deffin à l’échantillon , on trouvera que les bandes a, a, a , font de dix-huit dents chacune, en obfervant néanmoins que les deux bandes a, a qui font fur les extrémités du deffin & de l’échantillon , ne font chacune que de .huit dents , ou plutôt ce font deux demi-bandes qui fe réuniffent à cinq endroits fur la largeur de l’Etoffe , pour former des bandes entières, comme celle a du milieu de l’échantillon ; que toutes les bandes b y b, b , Scc, font de fix dents feulement , & que celles c, c, c, c, font de vingt dents : quant aux bandes de fond * ou plutôt les bandes argent qu’on voit en d9 d, &c. elles font toutes de fépt dents ; c’eft fur ces différents comptes de bandes qu’on doit
- (<2) Ce fut pour M. Délance , rue Quincampoix 9 à Paris, que je montai c'ette. Etoffe ; elle fut fabriquée chez le fleur Brunet, Ouvrier , rue de Charonne, fauxbourg S. Antoine , & chez le fieur Cler, rue de l’Ourfine , fauxbourg S. Marcel.
- (&) J’en ai encore un échantillon en mon pouvoin
- Etoffes de Soie. VIL Part* X 9
- MaanasasiBÉisKraâË&S
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- 818 EART DES ETOFFES DE SOIE.
- établir les ligatures. Quelque nombre qu’on en mette pour les parties cannelées , on ne les comptera que pour une, puifqu’on ne veut qu’éviter la confufion des mailles. Le fond de notre Etoffe eft tout en Taffetas ; il faut huit ligatutes pour l’exécuter ; de ces huit ligatures, quatre font deftinées à former le Taffetas qui eft fous les bandes cannelées , Sc les quatre autres font deftinées à former les bandes b , b, Scc. fur lefquelles porte la lame argent ; les quatre premières font faites dans les mêmes dimenfions que celles de cannelé , en foppofant qu’on n’en fafîe que deux pour ce cannelé ; les quatre qui doivent mouvoir avec elles pour faire le Taffetas qui les fbutient, font faites de même Sc en proportion tant pour la diftance des champs , que pour l’égalité des mailles ; ce cannelé eft fait avec deux fils de poil par dent qui font féparés chacun par deux fils de chaîne. Si l’on mettoit quatre fils de poil par dent, on feroit quatre ligatures pour le cannelé, ce qui rendroit toujours les ligatures égales à celles du Taffetas, par rapport au nombre des mailles dont elles foroient compofées ; mais elles ne feroient regardées que comme n’en faifànt qu’une feule pour l’ordre de l'armure. Il réfulte de cette remarque que nos ligatures de cannelé , quel qu’en foit le nombre , doivent chacune être compofées de foixante champs dont fix de feize mailles, un defquels doit être partagé fur les deux bords, ce qui fait le foixante-unieme champ ; ces fix champs font pour les bandes a, a, a de notre échantillon fig. 1 ; elles auront douze champs de vingt mailles chacun , pour former les bandes c, c, c, c > Sc quarante-deux champs de fix mailles chacun pour fournir aux bandes b, b , &c. ainfi chacune de ces ligatures fora compofëe de cinq cents quatre-vingt-huit mailles ; les ligatures du Taffetas feront auffi en même nombre de champs & en même quantité de mailles. Les quatre autres ligatures de Taffetas feront auffi de foixante champs de fept mailles chacun ; ces champs feront pris de maniéré que leurs efpaces fervent à remplir les intervalles qui féparent les champs des ligatures du poil Sc des quatre premières de Taffetas, puifqu’elles font deftinées à former le Taffetas qui forme les bandes d >d> d9 Scc. de notre échantillon : chacune de ces ligatures fora de quatre cents vingt mailles , ce qui, ajouté à cinq cents quatre-vingt-huit dont les précédentes feront compofées, fera le nombre de mille huit ; ce qui prouve que chacune des dents du peigne contiendra un des fils paffés dans chacune de ces ligatures. '
- Le remettage de cette Etoffe eft à peu-près le même que celui des Cir-fakas d'été que nous avons vu : quant aux parties de fond, on commence par paffer le poil qui eft deftiné pour faire le cannelé , enfuite on paffe le Taffetas , & on en place les ligatures faites comme celles du cannelé , de maniéré que leurs champs foient en face de ceux des ligatures Nde cannelé par égalité de champs ; on met les quatre autres ligatures de Taffetas enfoite, Sc
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- de maniéré que les champs de ces dernieres remplirent les vuides des premières ligatures : fur les quatre premières ligatures du Taffetas, on larde toujours un fil de poil fur deux fils de chaîne , fi Ton ne met que deux fils de poil par dent ; mais fi Ton en met quatre , on larde un fil de poil fur chaque fils de chaîne. Les champs de fond font pris alternativement avec ceux du cannelé, de forte que toutes les fois quon a paffé une bande de cannelé, telle qu’elle foit, on paffe une des bandes fur les ligatures qui n’ont aucun rapport avec ce cannelé fur lefquelles la lame argent doit paroître.
- La fufpenfion des ligatures fe fait ( après le paffage du peigne qui n’a rien de particulier, ) au carrette fimple ou double , ou plutôt avec les chappes pour les ligatures de Taffetas ; cependant, pour me conformer à l’habitude des Ouvriers , je -fis faire leur fufpenfion au carrette fimple & fans contrepoids • de maniéré qu’on faifoit monter Sc defcendre toutes les ligatures de fond pour ouvrir le pas, foit pour la lame, foit pour la trame. La ligature de cannelé étoit armée à ne faire que defcendre pour en faire les découpures , confor-formément à la grandeur des eftances qu’on vouloit en obtenir ; l’armure fut faite en raifon de cette méthode ridicule, & cependant elle fut adoptée par beaucoup d’Ouvriers, & combinée pour former le tiffu fig. 3 : par ce tiffu on voit que les fils e, e, e, e font doubles ou triples , appartenans au cannelé, paffés à raifon de deux fils de chaîne pour un fil de poil ; on fait suffi que les eftances de ces fils de poil font déterminées par fept duites de trame, & liées par la huitième, les duites de la trame font ici comprifes en f9 f9 f9 &c. pour celles qui fixent la longueur des eftances, Sc par celles g9g qui les découpent. Par le nombre de ces duites comprifes fur cette figure , on voit qu’elle compofe deux cours. Le tiffu de cette Etoffe eft fait par un coup de fond & un coup de lame. Cette lame eft liée en deiïous de l’Etoffe ; car je dois obferver que l’endroit fe fait ici par-deffus, au lieu que pour les Mufulmanes en foie que nous avons vues ci-devant, l’endroit eft par deflous } la lame eft donc liée en deffous des bandes cannelées, par un quart de la chaîne, ainfi que le démontrent les fil s i9k,i9ky qui font révolus de maniéré à lier chacun la moitié des duites de lame h9h9h9 &c. Toutes les fois qu’on pafle une des duites de lame , on fait lever trois des ligatures de Taffetas qui font fous le cannelé, Sc l’on fait baiffer celles qui forment le fond ; ainfi on voit que pour paffer les duites de lame, il a fallu que les fils de chaîne /,/,/,/ aient levé avec ceux i9i Sc avec ceux k9k9 au lieu que les fils m ,m , &c. qui indiquent les bandes fur lefquelles la lame pa-roît, ont été baiffés alors; par ce tiffu on doit juger qu’on ne s’eft fervi que de deux des ligatures de Taffetas pour lier la lame en deffous , mais je la fis lier par toutes les quatre, ainfi que nous allons le voir par le plan d’armure fië* 49 ^ur ^ecluel cette Etoffe fut exécutée. Je n’ai pas mis en liage les fils
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- /,/,/,/, pour mieux faire fentir les trois ligatures qui doivent lever à la fois* 8c fur l'armure, je fis lier la lame par les quatre ligatures fucceffîvement * afin de donner à ces fils ün mouvement égal ; de forte que l'armure faite foivant le tiflu , eût pu s’exécuter avec quatre marches de fond 8c une marche pour le cannelé; au lieu que celle faite fuivant notre plan^zg; 4 exige huit marches: on remarquera fur ce plan que la ligne Heft la ligature du cannelé j que les quatre qui font fous l’accolade /, font celles du Taffetas qui foutien-nent le cannelé, 8c par lefquelles la lame eft liée en deffous ; 8c que celle qu’on voit fous l’accolade K, font les ligatures qui forment les bandes de fond : les zéros fur notre plan indiquent la montée des ligatures, & les petites lignes qui coupent les angles des carreaux, en défignent la defcente ; les duites de trame font paflees fous l’enfoncement des marches Z,,Z,Z,Z, & celles de la lame le font fous celui des marches M, M 9 M , M ; la marche O fait defcendre la ligature du cannelé : par cette marche, on détermine les eftan-ces du cannelé à la hauteur qu’on juge à propos, bien entendu qu’on la fait mouvoir avec une des marches qui font deftinées pour les duites de trame, il faut pour cela que l’Ouvrier ait foin de faire découper fon cannelé par des révolutions déterminées, fans quoi l’Etoffe deviendroit défeétueufe , ou bien il faudroit un nombre de marches égal à celui des duites de trame 8c de la lame qui compofent un cours. Il faut en ceci confidérer la valeur d’un cours d’une découpure d’un cannelé à l’autre , 8c comme notre cannelé fuivant le tiflu Jig. 3 , efl découpé par toutes les huitièmes duites de trame, il faudroit feize marches, puifqu’il en faut autant pour la lame que pour la trame ; alors la quinzième marche découperoit le cannelé : comme ce nombre de marches efl: confidérable 8c embarraflànt , 8c que d’ailleurs il exige un grand nombre d’e£ trivieres, il vaut mieux le faire, à huit 8c à quatre même, fi fon veut ne faire lier la lame que par deux ligatures ; fauf à avoir toujours la marche de poil pour faire lier le cannelé.
- L’échantillon Jig. 5 eft une Mufolmane dont les bandes n, n, n , &c# font en lame en or, & celles 0, 0, o, Sec. font en cannelé ; cet échantillon eft tiré du deflîn Jig. 6, où les bandes de couleur font pour le cannelé ; & celles qui font en papier, font celles par où l’or paroît : ce genre de Mufolmane différé de celui que nous venons de voir par un accompagnage qu’il y faut abfolument ; car je dois prévenir que l’une 8c l’autre de ces deux Etoffes a toujours été faite en cannelé blanc, 8c que pour aflortir l’or avec ce blanc j il faut abfolument une trame d’accompagnage, fans entrer dans aucun détail particulier ni pour le remettage ni pour la combinaifon des ligatures, dont celles de cannelé feront de cent champs de fix mailles , ainfi que \celles du Taffetas qui concourent avec le cannelé , 8c que celles qui forment les bandes de fond feront auffi de cent champs de quatre mailles chacun. On
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- Septième Section. L Part. Des Mufulmânes* 821
- fera les mêmes obfervatîons que nous avons faites pour le remettage de l'échantillon fig. 1 ; mais pour l’armure , il faut la faire de forte qu’on N obtienne le tiflu fig. 7 : ce tiffii ne différé de celui fig. 3 , que par les duites d’accom-pagnage p, p9 p, &c. qui font de pius , & parce que les eftances des fils du poil ne font que de quatre duites, & qu’elles font découpées par deux duites de fuite ; ainfi ces eftances paflent fur les duites r 9 r y r9 r, r 9 r 9 r , r, & font découpées par celles s 9 s, s9 s: on voit par l’ordre de ces lettres indicatives 9 que notre tiflu contient deux cours ; les duites de lame t, t9t , &c* font liées fous le cannelé , de même que celles du çiflu précédent , 8c non comme le plan d’armure fig. 4 l’indique , parce qu’il faudroit un trop grand nombre de marches , au lieu que , fuivant notre tiflu , fix marches foffiront, comme nous le verrons tout à l’heure par le plan d’armure fig. 8. Les duites d’accompagnage p>py Sec. flottent fous le cannelé, & font liées dans les bandes de fond ; les fils v, x , v , x , lient ces duites, tandis que ceux y ,y9 y,y paflent par deflous ; il faut donc à mefore qu’on lance ces duites, faire lever une des ligatures du fond, & que celles qui foutiennent le cannelé lèvent toutes les quatre à la fois : on voit encore ici que les fils £ , £ , a9 a lient alternativement la lame de même que ceux i9 k , i, k de la figure 3, Sc que ceux b 9 b, c, c9 de notre figure 7 paflent fur toutes les duites de lame: toutes ces révolutions dépendent de l’ordre qu’on donne à l’armure : voyons notre plan fig. 8, pour reconnoître la route qu’on a tenue.
- Les lignes horifontales fur notre plan défignent les marches , & les lignes perpendiculaires font les ligatures ; l’efpace qui eft entre les figures, ne m’a pas permis de le tracer comme celui fig. 4 ; ainfi les fignes qui font fous l’accolade T, font les quatre ligatures qui font le Taffetas for lequel pofo le cannelé; celles qui font fous l’accolade V9 font celles du Taffetas du fond, & la ligne X eft la ligature du poil : on arme conformément aux lignes P 9 P pour les duites de la trame ; pour celles de l’accompagnage, on arme fuivant les fignes qui font for les lignes Q , Q ; pour la lame on fe conforme aux lignes R , R, & pour le poil on le fait defeendre par la ligne S ; ainfi pour former une révolution femblable à celles qui font for le tiflu fig. 7, îl faut faire trois fois le cours des marches P, Q9 Ê j P9 Q, R, & à la troifieme, il faut que la marche S foit enfoncée avec celles P, P : fi l’on yeut donner plus d’étendue aux eftances des cannelés, on augmente la quantité des révolutions des marches, en raifon de la grandeur qu’on prétendroic leur donner ; on peut aufli faire les cannelés à doubles eftances, de deux duites & de fix, de deux & de quatre, &c.
- Si pour la fabrication de ce dernier échantillon, on vouloit faire tout un Cours tel qu’il eft déterminé for le tiflu fig. 7 , il faudroit dix-huit marches armées trois par trois, comme le font celles P , P, Q 9 Q > R * R > fig• 8 • Etoffes de Soie. FIL Part. Y p
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- 822 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- " ? alors à chacune des deux dernieres on ajouceroic une eftriviere qui feroit def-Pjlanche cenc[re la ligature Jf,^pour découper les eftances du poil ; cette maniéré d’armer feroit sûrement bien plus précife , pour que l’Ouvrier pût fe conduire fans craindre de fe tromper, mais auffi elle eft bien embarraflante tant pour la quantité des marches que pour celle des eftrivieres qui feroient au nombre de cent quarante-fix , au lieu que dans l’état du plan d’armure fi,'g. 8, ' il n’en faut que quarante-neuf ; & fi l’on armoit à ne point faire defcendre les ligatures , il ne faudroit que vingt-cinq eftrivieres pour les fix marches contenues dans notre plan , • ce qui feroit foixante-quatorze pour dix-huit marches ; Sc fans contredit l’armure feroit plus fixe, & l’Ouvrier en travaillerait infiniment plus à fon aife , ainfi que je l’ai déjà démontré dans quelques-uns des articles précédents.
- Après que j’eus donné les moyens de fabriquer l’Etoffe du premier de nos deux échantillons en argent, les Lyonnois en prirent connoiflànce , & l’exé-cuterent de même, & ils en firent en or, conformément à l’échantillon fig. y ; ce n’eft qu’après eux , & fur un échantillon venant de Lyon, que je le fis monter à Paris il y a environ deux ans ( a ).
- Cette Etoffe eft très-chere, car celle en argent coûte environ y y liv. l’aune au Fabriquant, & celle en or lui revient à 60 liv. c’eft pourquoi on n’en voit pas fi communément que de celles en foie dont les plus che-xes reviennent tout au plus à 12 ou 13 liv. l’aune.
- Je fuis entré dans un détail un peu exact pour prouver que je fuis l’Auteur d’une Etoffe qui occupe bien des Ouvriers, à Lyon fur-tout. On fènt combien mon amour-propre doit être flatté d’avoir procuré à ma patrie une branche de Commerce de laquelle elle tire un aufïî grand avantage.
- Voilà où je termine les Etoffes fabriquées par la marche : les parties fui-vantes de cette Section contiendront la maniéré de deflîner, de mettre les deffins en carte ; les différentes réductions de papier qu’on peut employer,
- & la maniéré d’exécuter tous les genres d’Etoffes qui peuvent être fabriquées à la petite Tire.
- (a) C’eft toujours pour M. Delance, Fabriquant, rue Quincampoix, que cette Mufulmane fut fabriquée ; il en a encore & des échantillons & les ligatures qui ont fervi à l’un & à l’autre : je fis même ajouter des ligatures au premier remifte pour en faire une Mufulmane en foie, il y a eus yiron quatre ans.
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- Septième Section. I: Part. Explication des Planches*
- EXPLICATION DES PLANCHES
- De la première Partie de la feptieme Seclion de U Art de fabriquer
- les Etoffes de Soie.
- PLANCHE PREMIERE.
- J^a Figure r repréfente le tiffu d’un Taffetas à chaîne fîmple , tramé à un feul brin. La Figure 2 eft un autre tiflu de Taffetas dont la chaîne eft double, ainfi que la trame. La Figure 3 eft encore un tiflu de Taffetas à chaîne triple dont la trame eft à quatre brins. Enfin, la figure 4 repréfente une chaîne quadruple pour le tiffu d’un Taffetas dont la trame eft à cinq brins : ces quatre tifïus font le Taffetas , le Gros-de-Tours , le Gros-de-Florence, &c.
- ' La Figure y eft une maille à petit coulifîe où eft paffé un fil fîmple. Celle 6 eft une pareille maille où paffe un fil double ; celle 7 eft encore une maille femblable où paffe un fil triple, & celle 8 eft une même maille qui contient un fil. quadruple : ces quatre dernieres figures indiquent que les fils doubles, triples, quadruples, &c. ne comptent jamais en Fabrique,/ que comme un fil fîmple.
- PLANCHE IL j
- La Figure 1 repréfente un métier propre à fabriquer toutes fortes d’Etoffes de foie , tel que ceux dont on fe fert à Lyon, à Nifmes & à Avignon ; il eft garni de fès enfuples, battants, marches , &c. La Figure 2 eft jun pied de devant du métier fig. 1 ; il eft vuféparé & en dedans. La Figure 5 eft une banque dans laquelle on enfilede pied du métier que nous venons de voir. Celle 4 eft une autre efpece de banque qu’on affemble au pied du métier 9 fig. 5 , vu par dehors. La Figure 6 eft la banquette fur laquelle l’Ou-yrier s’affied en travaillant. La Figure 7 eft un des deux fieges fur lefquels pofent les bouts de la banquette quand l’Ouvrier eft affis. La Figure 8 eft une des clefs DD du métier fig. 1. Les Figures 9 & 10 font deux fortes de clefs dont on fe fert pour les affemblages du métier ; elles font différentes Tune de l’autre , & toutes les deux différent de celle fig. 8. / La Figure Xi eft une forte de pied de*devant du métier de l’ancienne forme dont on fe fert encore dans prefque toutes les Manufactures ; il eft ici brifé & dépourvu de fa banque ; mais on voit fon pareil, fig. 12 , entier avec fa banque. La Figure 13 eft un des oreillons propres à retenir l’enfuple de devant. La Figure 14 repréfente un métiej à la façon de Paris. La Figure iy eft un
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- 834 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. affemblage de marches du métier,fig. i, telles quelles font placées pour faire un Taffetas. La Figure 16 eft un ponteau propre à étayer un côté de métier ; il eft entaillé par un bout ; & la Figure 17 eft un autre ponteau en-: taillé par fes deux bouts. La Figure 18 eft un des orillons qui ferventà porter l’enfuple de derrière , tels que doivent être ceux R, R fig. 1.
- PLANCHE III.
- La Figure 1 eft un enfuple de devant tout uni ; celle 2 eft auflî un enfuple de devant, mais à tête ; tous deux font faits pour être retenus par une cheville. La Figure 3 eft un enfuple de devant garni dune roulette à rochet. La Figure 4 eft une cheville de fer pour tirer devant. La Figure y eft un enfuple pareil à celui fig. 3 , mais dépourvu de fa roulette. La Figure 6 eft la roulette vue en face. La Figure 7 eft la même roulette vue en perfpeaïve. Les Figures 8, 9 & 10 font trois différents chiens mis en ufage pour retenir les enfùples de devant 5 afin que dans la tenfion des chaînes, l’Etoffe ne puilîe pas fe dérouler. La Figure 11 eft une forte de vis propre à tenir les chiens contre les pieds de métiers ou on les fixe. La figure 12 eft un reffort dont on fe fert pour repouffer le chien fig. 10, & le contenir de maniéré que fbn bout £ refte fixe dans les dents des roulettes a rochets. La Figure 13 eft une vis faite pour tenir le refTort.
- Les Figures 14,15 , 16,17 & 18 font cinq différents enfùples de derrière mis en ufage pour la fabrication des Etoffes de foie.
- La Figure 19 eft un métier fur lequel on voit une chaîne tendue par un contre-poids à balancier, au moyen de ce que l’enfuple de devant tient par une cheville. La Figure 20 fait voir comment on tend une chaîne par une cheville dont le bout eft attiré par un contre-poids dont la corde paffe fur une poulie. La Figure 21 repréfente une maniéré d’étendre les chaînes en liant le bout d’une cheville avec une corde qu’on a attachée à 1 ’efiafe d’un métier. La Figure 22 nous fait voîr le bout d’un métier au moment où l’on tire une faffure', on a pris la précaution d’entourer la corde du contre-poids à balancier fur l’enfuple de derrière , afin qu’il ne fe déroule pas trop vîte. La Figure 23 eft un enfuple de derrière où l’on voit la cheville avec un contre-poids dont la corde s entoure au bout de cette cheville a volonté.
- PLANCHE IV.
- Les figures 1, 2,3 & 4 font voir quatre pieds du métier de devant où l’on apperçoit les différents moyens qu’on emploie pour retenir les enfùples de devant par les chiens, afin qu’ils ne fe déroulent point. La Figure y eft un chien dont la conftruéfion eft propre à retenir le déroulement d’un enfù-ple , lorfque la roulette fe trouve placée en dehors de la banque. La Figure 6
- repréfente
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- Septième Section. I. Part. Explication des PlancheSr 8 2 y
- reprêfente deux pieds de devant de metier , où Ton voit comment les taques JT, X aflujettiffent l’enfople S. La Figure 7 eft un des taques. La Figure 8 ‘ fait voir de côté comment ce taque eft placé entre le pied du métier & l’en-fuple. La Figure 9 fait voir comment le taque peut être retenu lui-même dans une efpece de coulifle par la cheville n. La Figure 10 fait encore voir un moyen de retenir le taque par une vis S. La Figure 11 eft une des vis dans laquelle celle S de la figure 10 pafle. La Figure 12 eft encore une vis au même ufage. La Figure 13 eft un écrou propre à retenir la vis derrière le pied de métier qu’on vient de voir. La Figure 14 eft un moyen de contenir le taque par une vis, en mettant les écrous conduéteurs fur une plaque qu’on adapte au-devant du pied de métier ; ces écrous font comme celui Figure iy , & les plaques font comme celle Figure 16. La Figure 17 eft une plaque qu’on met fur le taque comme en e 9fig. 14 , afin que la pointe de la vis f ne pafle pas le taque. La Figure 18 eft un taque avec là coulifle, différent des autres. La Figure 19 eft le taque féparé de fa coulifle. Les Figures 20 & 21 font encore des taques propres à coulifler for une tringle de bois & retenus avec de petites chevilles de bois.
- PLANCHE V.
- r
- La Figure 1 eft une forte d’oreilion pour porter les enfoples de derrière. La Figure 2 fait voir comment on fixe ces oreillons for les pieds de métier de derrière. Les Figures 3,4 & y font encore des différents oreillons. La Figure 6 fait voir un de ces oreillons attaché à un pied de métier. Les Figures 7, 8,9, 10 &11 font des portes-enfoples de derrière ; chacun de ces portes-enfoples eft propre à quatre enfoples. La Figure 12 eft un oreillon différent de ceux qu’on a vus. La Figure 13 fait voir un pied du métier de derrière, armé de trois oreillons., ce qui foppofo qu’on peut y mettre trois enfoples. La Figure 14 efKencore un pied de métier de derrière où font plantés trois genres d’oreillons de fer femblables à ceux fig. iy , 16 & 17. La Figure 18 eft un piton de fer dont on fe fert pour porter un enfople à la place de celui fig. 17.
- PLANCHE VI.
- Les Figures r , 2 & 3 font des différentes bafoules propres à régler la tenfion qu’on donne aux chaînes. La Figure 4 eft une corde qu’on entoure for un enfople, dont un bout tient à une bafoule , & l’autre bout à un pied de métier de derrière. Les Figures 5,6, & 7 font trois différentes gan-ces qu’on fixe dans le plancher , ou a un des pieds de métier de derrière , pour arrêter le bout d’une bafcule. Les Figures 8 & 9 font voir chacune une bafoule placée, & dont la corde qui les contient pafle for un enfople. La Etoffes de Soie. FIL Part. Z 9
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- 2*6 HART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Figure io eft une corde dont les repliments & contours font voir le nœud coulant qu’on fait pour régler la hauteur de la bafcule qu’on voit à la figure S. La Figure ir, nous fait voir comment on doit corder une pierre qu’on deftine pour en faire le contre-poids de bafcule. La Figure 12 eft le bas d’un pied de métier de derrière, où l’on voit une traverfe encochée, propre à retenir les gances au gouffet qu’on eft obligé de mettre pour retenir le talon d’une bafcule, La Figure 13 repréfente l’arrangement de quatre enfuples de derrière, placés dans leurs porte-enfuples ; on voit en même-temps, comment il faut diftribuer les bafcules pour ces quatre enfuples , afin que l’une ne gêne pas l’autre.
- PLANCHE VII.
- La Figure 1 eft encore un arrangement de bafcule ; on voit fur cette figure un contre-poids frottant. Les Figures 2 & 3 font deux différentes bafcules. La Figure 4 eft un genre de bafcule appellée Valet. La Figure y fait voir comment on tend les chaînes avec les valets par des contre-poids attachés au bout des gances de cordes. Les Figures 6 9 7 , 8 Sc 9 font voir les diffé-férents moyens avec lefquels on arrête contre les pieds de métier les cordes de valets qui entourent les enfuples. La Figure iq montre comment on fc fert du valet avec le balancier pour pouvoir le placer dans l’intérieur du métier 8c au-deflous de l’enfuple. La figure 11 donne la même tenfion avec le valer, mais au lieu du balancier, il y a une poulie dans une chappe.
- PLANCHE VIII.
- Les Figures x 8c % nous font voir la maniéré de tendre les chaînes à contrepoids frottant ; dans la première les contre-poids tiennent au bout des cordes , 8c à l’autre c’eft une piece de bois qui eft fufpendue aux cordes, & les contre-poids font pendus à la piece de bois , afin d’en mettre une plus grande quantité. Les Figures 3 , 4 & 5 montrent la maniéré d’étendre les chaînes à contre-poids montants.
- La Figure 6 eft une grande roue dentée à rochet ; on s’en fert à tirer devant pour rouler l’Etoffe fur l’enfuple , {ans fe fervir de cheville, fuivant la méthode Angloife. La Figure 7 eft le bout de l’enfuple fur lequel pofe la roulette. La Figure 8 eft une vis qui retient la roulette contre le bout de'l’enfuple. Les Figures p & 10 font deux fortes de leviers qui fervent à faire tourner l’enfuple en mordant dans la roulette. La Figure 11 eft une virole de fer dans laquelle pafle un boulon ou une vis. La Figure 12 eft un autre levier pour faire tourner l’enfuple de devant. Les Figures 13, 14 & if font des vis & des écrous propres à retenir Jie levier fig. 12, contre le pied de métier de devant.
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- Septième Section. I. Part. Explication des Planches. 827
- PLANCHE IX.
- La Figure 1 eft une autre forte de levier pour tirer devant, fuivant la méthode Angloife. Les Figures 2,3,4 & y font les différents arrangements des leviers difpofés à tirer devant fans cheville, ainfi que le fait voir la figure 3 , en tirant le bouton q. La Figure 6 fait voir comment on peut arrêter fenfuple de devant par un contre-poids , afin que l’Etoffe ne fe déroule pas. La Figure 7 eft un battant. La Figure 8 en eft la maiïe féparée. Les Figures 9 & 10 font des coupes de cette maffe & de la poignée. La Figure 11 eft la poignée. La Figure 12 eft la poignée du battant fig. 13. La Figure 14 eft une autre coupe de maffe , & les Figures ry & 16 font une vis & un écrou pour retenir la poignée à un point fixe.
- La Figure 17 eft une des deux lames LyL du battant fig. 13 , féparé de la maffe & de la poignée.
- PLANCHE X.
- La Figure 1 eft un battant dont la poignée différé de celle qui eft au battant que nous venons de voir. La Figure 2 une lame de ce battant. La Figure 3 eft la poignée du battant vue par un bout. La Figure 4 eft la même poignée dépourvue des pièces de bois d, d. La Figure y eft une de ces pièces de bois. La Figure 6 eft une poignée faite différemment que celle figure 4, & la Figure 7 eft une piece de bois qui fort à retenir le peigne, en l’ajoutant à la poignée. La Figure 8 eft un battant à cliquette ; celle 9 font les cliquettes qu’on voit en r, r fur le battant auxquelles eft affemblée la poignée F. La Figure 10 eft un porte-battant dépourvu de fes deux noix. La Figure Tl eft une noix de porte-battant. La Figure 12 eft un porte-battant avec fos deux noix. La Figure 13 eft une autre efpece de porte-battant. La Figure 14 eft un des fers f, f du porte-battant. Les Figures iy & 16 font des ac-cocats fur lefquels on place les noix des porte-battants ; & celle 17 eft une forte d’accocat de fer dans les encoches duquel pofe le tranchant des fers du porte-battant fig. 13.
- La Figure 18 fait voir un battant fufpendu dans un métier; celles 19 & 20 font des cordes difpofées à bander les lames du battant ; .celle 21 eft une corde qui fixe celles du bandage avec le billon & le porte-battant, en la plaçant comme celle o du haut de battant fig. 22.
- PLANCHE XI.
- La Figure 1 fait voir une autre maniéré de fufpendre le battant ; celle 2 montre le même battant du côté oppofé. Les Figures 3 & 4 font deux bouts de lame de battant où l’on voit comment on paffo les groffos ficelles qui
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- §28 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE.
- fervent à leur ftftpenfion. La Figure y fait voir comment on peut faire monter ou defcendre un enfuple de devant, pour n’être pas obligé de déranger les corps à maillons ni les remiffes. Les Figures 6 , 7, 8 & 9 font les pièces qui contribuent à cet arrangement. La Figure 10 montre comment on peut rouler l’Etoffe fur un enfuple , fans que la quantité qu’on met deffus, puiffe contribuer au dérangement de l’Ouvrier ni de l’ouvrage. Les Figures u & 12 font les deux enfuples qu’on emploie pour ce que l’on vient de voir à l’égard de la figure 10. La Figure 13 eft un des oreillons qui portent ces deux enfuples. La Figure 14 préfente encore le même moyen, mais les enfuples tournent l’un par l’autre. La Figure iy eft aulfi pour un arrangement de la même elpece ; cette piece tient lieu de l’enfuple fupé-rieur. La Figure 16 repréfente une des banques de métier ou l’on met les oreillons pour tenir un enfople lorfqu’on fe fort de la piece de bois fig, 1 y.
- PLANCHE XII.
- La Figure 1 fait voir de profil une partie de métier vue de côté , fur lequel on fait les Etoffes façonnées à la tire. La Figure 2 eft uqe chappe Ample -, celle 3 eft fa poulie, & celle 4 en eft l’axe. La Figure y eft une chappe double ; celle 6 eft une chappe triple , & celle 7 eft une chappe quadruple. La Figure 8 eft encore une chappe double faite différemment que celle fig, y ; & celle 9 eft une chappe fimple différente de celle fig. 2.
- La Figure 10 fait voir la fulpenfion de huit liftes faite par deux chappes quadruples. Celle 11 montre comment on doit fufpendre quatre liftes à deux chappes fimples ; & celle 12 enfeigne'la maniéré de fufpendre deux liftes à une foule chappe fimple.
- PLANCHE XII I.
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- Les Figures 1,2, 3 & 4 font quatre différents lifterons ; celle y eft un lifferon fait pour être plombé. La Figure 6 eft une marche. Les Figures 7, 8, 9& 10 font quatre différentes marches. La Figure ïr eft une des poupées M, M des marches fig. 10. Les Figures 13 &_I4 font deux différents carquerons. La Figure 1 y eft un tire-liffe. La Figure 16 fait voir comment on place les carquerons, comme celui fig. 13 , & les tire-lifles comme celui fig. 1 y ; & la figure 17 montre la maniéré de ranger les carquerons faits comme celui fig. 14.
- PLANCHE XIV.
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- A
- La Figure 1 eft un aileron ou bricoteau ; celle 2 eft un carrette fimple ou châtelet -, celle 3 eft une petite piece de bois qu’on emploie pour féparer les ailerons les uns des autres. La Figure 4 eft un carrette fimple qu’on
- peut
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- Septïemê Section. I. Part. Explication des Planches* Bzg peut élargir pour augmenter le nombre des ailerons qu’on y a mis. Là Figura
- 5 eft un carrette fimple où les ailerons ont deux points de repos. La Figure
- 6 eft un carrette double. La Figure 7 eft une des grandes traveffes du bran* card de ce carrette ; celle 8 eft une des fourches ; celle 9 eft une des deux petites traverfes fur lefqueües font fixées les fourches e, e ; celle lo eft un des tringles qui fervent d’axe aux ailerons a, a, a , &c. La Figure il eft un carrette volant à deux batteries, propre à être fixé contre le plancher ; celle 12 eft une planche d’un carrette volant, mais pour des aflemblages plus folides que ceux de la figure 11. La Figure 13 eft un des montants qu’on doit affembler à la planche fîg. 12. Les Figures 14 & 15 font deux autres fortes de carrettes volants. La Figure 16 eft la fourche du carrette Volait fig. iy.
- PLANCHE XV.
- La Figure r repréfente un carrette double à batillon. Les Figures 2 , 3 , 3c 4 font trois différents batillons. Les Figures y & 7 font deux carrettes de renvoi pour les marches faites à batillon ; & celle 6 eft un petit enchaînement de fil de fer qu’on met aux ailerons au lieu de cordes. La Figure 8 eft une carrette à poulie ; celle 9 eft un des chevalets X, X du carrette. Là Figure 10 eft un autre genre de carrette à poulie. La Figure 11 eft une des fourches du carrette ; celle 12 fait voir comment les cordes font paflees fur les poulies & dans les guides; celle 13 eft un carrette à poulie pour la renvoi des marches.
- PLANCHE XVI.
- • Les Figures r , 2 & 4 font trois différents carrettes à poulie faits pour le renvoi des marches ; celle 3 eft une planche de guide. Les Figures y & 6 font deux lifterons inférieurs qui ont chacun une corde en arbalète , à l’une defquelles eft attachée une eftriviere, & à l’autre un tirant. La Figure 7, eft un arbalète ; celles 8,9 & 10 font trois bouts d’arbalete où font démontrés les moyens de fixer les cordes qu’on doit y mettre. Par la Figure ir on voit la fufpenfion de quatre liftes à quatre arbalètes, pour fervir de rabat. La Figure 12 eft la piece de bois A , dans laquelle paflent les quatre arbalètes. La Figure 13 fait voir comment on attache les arcades des liftes aux tirants qui font attachés aux cordes des arbalètes. La Figure 14 fait voir une fufpenfion de quatre liftes de rabat au bout de quatre perches fomblables à celles des tours à tourner. La Figure 1 y eft un fupplément de la longueur des quatre perches , qui montre qu’elles enfilent les deux pièces de bois G)H: ces deux figures font cenfées n’en faire qu’une feule. La Figure 16 démontre la maniéré de lier les arcades des liftes avec les gouflets qu’on met aux bouts des perches.
- Etoffes de Soie. FIL Part. ~ A
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- L'ART DES ÉTOFFES DÉ SOIE. PLANCHE XVII.
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- 830
- La Figure 1 fait voir la fufpenfion de quatre lifTes à un carrette /impie, fans point d’appui pour les ailerons, où Ton fe fert des carquerons à talon & des tire-lifles. La Figurer montre quatre ailerons en corre/pondance avec quatre carquerons qui font cenfés faire mouvoir quatre lifles qui font ramenées à leur point de repos par le contrepoids. Par la Figure 3 on voit un carrette /impie avec deux points d’appui pour les ailerons, où font fu/pendues une lifle de rabat 8c une lifle de fond. La Figure 4 eft une lifle où l’on voit les moyens de la fixer à telle hauteur quon defire * par les bouts des cordes d’arcades. La Figure y eft un gouflet noué. La Figure 6 autre gouflet où le nœud n’eft pas ferré. La Figure 7 fait voir comment on parvient à faire pafler un gouflet dans le trou d’un lifleron. Les Figures 8 & 9 font les moyens de faire & de gouverner un nœud-coulant. La Figure 10 fait voir comment on attache un contre-poids ; celle 11 donne un nœud-coulant /impie fait par un gouflet $ celle 12 fait voir le commencement de ce nœud fur un carqùeron. Les Figures , 13 , 14, 15, 16,17, 18, 19,20 8c 21 font tous des moyens de faire des nœuds de différentes e/peces, & de les fixer fur quelques marches, tire-lifles > &c,
- PLANCHE XVIII.
- La Figure 1 repréfente la fufpenfion de deux lifles de fond, 8c celle de deux lifles de rabat faites au carrette double. La Figure 2 fait voir comment 8c pourquoi il faut double arcade à chacune de ces lifles. Les Figures 3, 4, y 8c 6 y font voir les différents moyens de fixer les arcades fur les bouts des ailerons. Les figures 7 & 8 font voir différents moyens de réunir les bouts des arcades, pour les attacher au gouflet des lifferons. La Figure 9 défigne la maniéré de faire une eftriviere fans aflujettir la marche ; celles 10 & 11 font voir comment une corde d’eftriviere doit être préparée avant de la fixer fur un carqùeron ou fur un tire-lifle. Par celle 12 on voit que les marches ont des gouffets de corde, pour que les eftrivieres ne puiffent ni avancer ni reculer ; celle 13 , au lieu de gouffets, eft armée de pitons au même ufage. La Figure 14 nous fait voir deux marches corre/pondantes à quatre carquerons par quatre eftrivieres qui indiquent l’armure d’un Taffetas. La Figure j y fait voir à la fois deux eftrivieres arrêtées lur une marche , & une paflànt dans un piton. La Figure 16 eft un /àbot de marche. Par les Figures 17 & 18 on voit que les fobots font faits pour tenir les efttivieres toujours dans un égal écartement, 8c afin qu’elles fe placent perpendiculairement à celui où elles font arrêtées.
- V
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- Septième Section. I. Part. Explication des Planches* Sj!
- PLANCHE XIX*
- La Figure I fait voir comment une marche eft placée Fur un fabot. Lâ Figure 2 donne l'armure d'un Taffetas ; celle 3 fait voir un pas ouvert irré* guliérement ; celle 4 montre que pour que le pas s'ouvre comme il faut, il eft néceffaire que la première eftriviere foit lâche , tandis que la derniere eft tendue. La Figure y fait voir un pas ouvert régulièrement ; celle 6 nous donne le bas de deux liftes garnies de leurs cavaletis où font attachées les eft ri-* vieres. Les Figures 7,8,9, 10 , 11 & 12 font voir tous les moyens d’attacher les cavaletis aux lifterons inférieurs des liftes. La figure 13 montre la fufpenfion de deux liftes de fond , & celle de deux liftes de rabat faite au carrette à poulie. La Figure 14 indique le moyen de fufpendre les contre-poids avec du fil d'archal, afin que les cordes ne s'ufent pas fi vite, 8c celle 1 y donne un moyen de fiifpendre ces mêmes contre-poids au bout d'une lamette de bois, afin d'économiferles cordes. Par la Figure 16 , on voit le moyen de fufpendre les contre-poids, fans qu'ils fè touchent; & par celle 17 on voit celui de fufpendre les carquerons fans qu'ils puiflent fè chevaucher. La Figure 18 enfeigne une maniéré de former une gance.
- PLANCHE XX.
- Figure r, une platine de bois qui doit être plombée, pour tenir lieu de contre-poids. Figure 2 un contre-poids plombé. Figure 3 fufpenfion d'un contrepoids qui fait l'effet de deux. Figure 4 , fufpenfion d'un contre-poids produi-fant l'effet de quatre. Figure y , fufpenfion d'un contre-poids produifànt l'effet de huit. Figure 6, la fufpenfion d’une lifte à double arcade pour deux ailerons. Figure 7, moyen de fufpendre un nombre de liftes, & de les tenir dans un écartement déterminé. Figure 8 , maniéré de fufpendre une lifte à deux ailerons avec une feule arcade. Les Figures 10, ir, 12&13 f°nc ^cs dif~ férents moyens qu'on emploie pour fufpendre cette lifte. La Figure 14 eft une maniéré de fufpendre les liftes & de les tenir dans un écartement égal au moyen d'une planche de guide faite en grille. Figure 1 £ , la fufpenfion d'une lifte à arcade double pour faire le nœud à l'Angioife. Figure t6 la maniéré défaire ce nœud. Figure 17, autre nœud de fufpenfion. Figure 18, petit carrette double, au moyen duquel toute l'armure fe trouve renfermée dans le métier.
- PLANCHE XXI.
- La Figure 1 eft encore un moyen de fufpendre à deux ailerons une lifte avec une feule arcade. Figure 2 , la fufpenfion de huit liftes à un carrette volant, dont quatre de rabat & quatre de fond, dont l'une fait monter l'autre. Les Figures 3 , 4 8c y , font encore des carrettes du même genre
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- 83* L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- de celui que nous venons de voir. La Figure 6 fait voir une fufpenfion de lifle faite à uncarrette fig. y , dont les marches paflent derrière TOuvrier. La Figure 7 montre la fufpenfion de deux liffes faite au grand carrette volant.
- PLANCHE XXII.
- Les Figures 1, 2 , 3 , 4, $ 8c 6 font voir tous les moyens quon emploie pour parvenir à faire les nœuds à crémaillère. La Figure 7 eft une fufpenfion d’une lifle à une carrette*à poulie pour faire defcendre la lifle. La Figure 8 eft une même fufpenfion , mais pour faire monter la lifle. Les Figures p & 10 font des moyens de faire ces fufpenfions avec du fil de fer pour économifèr les cordes. ,
- PLANCHE XXIII, ,
- La Figure I repréfente le moyen d’employer le carrette de renvoi à ba-tillon pour les marches, La Figure 2 fait voir l’emploi d’un carrette de renvoi à poulie. La Figure 3 fait voir le moyen de fixer la montée des marches à une hauteur déterminée. Les Figures 4, y & 6 font voir les différents moyens de fe fervir des carrettes de renvoi volants, pour ramener les marches, les carquerons, &c.
- m PLANCHE XXIV.
- La Figure 1 eft une navette propre à fabriquer les Etoffes de foie. La Figure 2 eft le bois de la navette préparé pour être creufé. La Figure 3 eft un des deux fers A ,A. La Figure 4 eft une des goupilles qui tiennent les fers. La Figure y eft un petit anneau de verre ou de fer avec quoi on garnit le trou p de la navette. La Figure 6 eft la navette vue en face du côté du trou. La Figure 7 eft une coupe de la navette pour faire voir comment elle doit être creufée & contournée. Les Figures 8, p & g, h font voir comment on doit faire une pointizelle. La Figure 10 eft une navette à deux cafés. La Figure 11 eft un genre de navette inventée par l’Auteur de ce Traité, pour fabriquer un nouveau genre d’Etoffe. La Figure 12 fait voir le bout de cette navette. La Figure 13 eft un roquetin de lame. La Figure 14 eft une cannette pleine enfilée par fa pointizelle. La Figure iy eft une boîte fimple à efpolin ; celle 16 eft une boîte double à efpolin ; celle 17 eft un efpolin dont la pointizelle eft une plume, S eft la pointizelle de la double boîte. La Figure 18 eft une paflette à pafler les fils dans le peigne; celle ip ' eft une paflette à pafler les fils dans les maillons ou dans les mailles à
- nœud. La Figure 20 eft une pincette, & celle 2 1 eft une paire de forces.
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- PLANCHE
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- Septième Section. I. Part. Explication des Planches. 833
- PLANCHE XXV.
- La Figure 1 eft un tempia à corde ; celle 2 eft un tempîa à cheville ; & celle 3 eft un tempia à vis. Les Figures 4,y & 6, font des parties du premier tempia ; & celles 7, 8,9,10 & II font des pièces qui dépendent du1 fécond tempia, celles 12 , 13 , 14, iy , i<5, 17 , 18 & 19 font dépendantes du troifieme. La Figure 20 fait voir le bout d’un tempia où les pointes font garanties par le bois lui-même : celle 21 fait voir de profil ce même bout. La Figure 22 montre une plaque de cuivre dont le def-fos garantit les pointes d’un tempia. La Figure 23 eft une elpece de poinçon dont on fe fert pour porter les pointes à un tempia.
- PLANCHE XXVI.
- La Figure I eft une lifte qu’on place fur un iifteron. La Figure 2 repréfente plufieurs liftes préparées pour le remettage. La Figure 3 repréfente un métier fur lequel on dilpofe une chaîne à être remife. Les Figures 4 Sc y font les tabourets ou chaifes for lefquels le Remetteur & le Porgeur s’afféyent. La Figure 6 fait voir la maniéré de divifer une chaîne pour la dilpofor à être remife. La Figure 7 eft un valet qu’on doit fuppofor être fulpendu devant les liftes qu’on remet. La Figure 8 fait voir plufieurs liftes en partie remifos. Les Figures 9,10 & 11 font voir trois différents valets propres à contenir la foie lors du remettage. La Figure 12 fait voir trois différents moyens de tenir la foie pour que le Porgeur ne foit point obligé de la tenir lui-même. Les Figures 13 , 14, iy , 16 & 17 font encore des différents moyens de retenir la foie , qui font en ufàge.
- PLANCHE XXVII.
- La Figure 1 repréfonte un métier où le Remetteur & le Porgeur font occupés à paffer une chaîne. Par la Figure 2, on voit comment les fils doivent être divifés par le Porgeur pour les donner au Remetteur. La Figure 3 fait ;yoir la maniéré avec laquelle le Porgeur doit arrêter un fil qui fe cafte en le donnant, afin qu’il n’en manque pas à la chaîne. La Figure 4 montre comment le Remetteur doit foivre le cours des liftes en paflànt les fils. Les Figures y , 6 & 7 font voir les différents mouvements que fait le Remetteur pour paffer un fil dans une maille à crochet, en levant la maille. La Figure S fait voir comment un fil eft pafle à crochet dans là maille , & retenu dans le valet. Les Figures 9, 10 & 11 indiquent les différents mouvements que fait le Remetteur pour pafter un fil à crochet làns leyer la maille. La Figure 12 fait voir comment on paflè un fil dans une maille à coulifte , en levant la maille ; celles 14 , iy, 16 Sc 17 font voir tous les mouvements que fait Etoffes de Soie. FIE Part. B 10
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- 834 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE*
- le Remetteur pour pafler un fil dans une maille à coulifle , fans la lever, c’eft-à-dire, en accrochant le fil feulement avec fes doigts.
- PLANCHE XXVIII.
- La Figure r fait voir comment on difpofe les lifles à mailles à nœud pour être remifes ; celle 2 montre comment on s’y prend pour remettre ces fortes de lifles La Figure 3 fait voir le mouvement que fait le Porgeur pour mettre les fils un par un dans lapalfette du Remetteur. Les Figures 4,5 & 6 font voir deux différents moyens de placer les cannes pour le remettage. La Figure 7 eft un banc qui fert pour placer les cannes fans être obligé de les attacher, ni de fe fervir de cordes. La Figure 8 eft un montant au même ufage que le banc ; il doit avoir fbn pareil.
- PLANCHE XXIX.
- La Figure 1 eft un peigne dilpoféà être piqué. La Figure 2 fait voir la maniéré de piquer un peigne. Les Figures 3 & 4 indiquent les différents mouvements des mains de celui qui pique le peigne. Les figures y , (5 & 7 font les dit férents cours, que celui qui donne doit lavoir divifèr. La Figure 8 eft une yergette dont on a befoin de fe fervir pour égalifer la tenfion de la foie, tant pour appareiller les nœuds que pour voir fur le peigne fi l’on n’a pas fait des dents doubles ou des dents vuides. La Figure 9 fait voir un Ouvrier occupé à appareiller les nœuds de la chaîne pour faire tirant. La Figure 10 fait voir un nœud fans être ferré, Par la Figure 11 on voit tous les nœuds d’une chaîne, égalifés & retenus contre une verge. On voit par la Figure ia une chaîne tendue & mife en taque par des gancettes. La Figure 14 fait voir nouée fur la verge des nœuds , & enfilée par celle de l’enfuple. La Figure 15 eft une gancette enfilée par les deux verges. La Figure 19, qui , dans le difcours eft la figure 13 (c’eft une faute du Graveur) eft une gancette. La Figure 16 eft une chaîne dilpofée à être mile en taque par une ficelle en forme de lacet.
- PLANCHE XXX.
- La Figure I repréfente un Ouvrier placé devant fon métier, & occupé à égalifer les nœuds qu’il fait à plufieurs parties de la chaîne , fur la rainure de l’enfuple. La Figure 2 fait voir un moyen d’égalifer les nœuds d’une chaîne fur les bords d’une tringle H fixée fur les banques d’un métier. La Figure 3 montre comment on met en taque après avoir fait les nœuds avec la foie elle-même. Par la figure 4 on voit qu’on a mis en taque en fe fer-vant d’un crochet attaché au bout d’une piece de toile. La Figure y fait voir le crochet féparé de la toile ; celle 6 fait voir le bout de la toile où l’on mec
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- Septième Section. I. Part. Expllcadoifiês Planches. 8jf
- la verge pour la faire tenir dans l’armure de l’enfuple. Par la Figure 7 , on voit un crochet pafle dans des gancettes dont les bouts font pafles dans les trous de la verge qu’on doit placer dans l’enfuple pour mettre en taque. La Figure 8 eft une de ces gancettes. La Figure 9 eft un crochet de bois tenu par les deux bouts d’une corde à encorder dont on peut fe fervir pour mettre en taque. La Figure 10 eft un des crocs qui font à un crochet. La Figure 11 eft une efpece de clou dont on fe fort pour faire les crocs d’un crochet. La Figure 12 fait voir une corde à encorder, dans les gances de laquelle on paflè le crochet. La Figure 13 fait voir comment avec la corde Jig. 12 , on met en taque 9Sc la maniéré d y faire contenir le crochet. Les Figures 14 & ip font voir comment on doit faire tenir les goufïets des cordes à encorder dans les enfoples. Les Figures 16 8c 17 montrent deux différents moyens de placer les crochets au bout des corder à encorder.
- PLANCHE XXXI.
- La Figure r repréfente la fofpenfion de deux liffos aux chappes /impies, 8C l’armure d’un Taffetas ; celle 2 fait voir une fofpenfion de quatre liffos faite à des chappes doubles, & l’armure d’un Taffetas ; celle 3 montre la fufoen-fion de fix liflès par des chappes triples, & l'armure d’un Taffetas ; 8c celle 4 donne la fofpenfion de huit liffos faites à des chappes quadruples, & l’armure d’un Taffetas. Par la Figure 5 on voit comme le pas d’un Taffetas à deux liffos doit être ouvert pour recevoir la navette. Par celle 6 on voit ouvrir le pas d’un Taffetas à quatre liffos. Par cèlle 7 on voit l’ouverture du pas d’un Taffetas à fix liffos, & par celle 8 on voit comment un Taffetas à huit liffos doit avoir le pas ouvert.
- PLANCHE XXXII.
- Par la Figure 1 , on voit la fofpenfion de huit liffos faite à un carrette for les appuis, & l’armure d’un Taffetas. La Figure 2 fait voir qu’on peut dans cet arrangement % féparer les carquerons des tire-liffos. La Figure 3 montre qu’avec deux carquerons on peut faire l’armure d’un Taffetas à huit liffos. Par la Figure 4 on voit comment les deux carquerons 8c les huit tire-liffos doivent être rangés. La Figure y prouve que l’on peut armer un Taffefas pafle à huit liffos avec deux ailerons feulement,
- PLANCHE XXXIII.
- La Figure 1 eft le plan d’armure d’un Taffetas à deux liffos; celle 2 eft le plan d’armure d’un Taffetas à quatre liffos ; celle 3 eft le plan d’armure d’un Taffetas à fix liffos, 8c celle 4 eft le plan d’armure d’un Taffetas fait à huit
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- 836 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE. liffes. La Figure 6 eft le plan d'armure d'un genre de Taffetas à quatre marches ; & la Figure 7 eft le tiffu produit par le plan d'armure fig. 6,
- PLANCHE XXXIV.
- La Figure I repréfente un métier où l'on voit un Ouvrier qui fabrique du Taffetas. La Figure 2 fait voir comment on doit tenir la navette pour la lancer. La Figure 3 montre la maniéré avec laquelle on doit renvoyer le battant & attendre la navette d'une main , envoyée par l'autre. Les Figures 4, I y 69 7 & 8 font voir les differents moyens qu'on met en ufàge pour faire paffer un fil, lorfqu’il efl: cafle * dans la dent d'un peigne , par le fecours de ceux qui y font déjà palfés. Par la Figure 9, on voit le commencement d'une chaîne , & le moyen de faire tenir les fils qu’on a palfés, a une épingle piquée dans l'Etoffe, &c. Les Figures 10 , 11, 12, 13 & 14 font voir les différents mouvements qu'on doit faire pour faire ce qu'onn appelle le nœud du moulinier. Les Figures iy , 16, 17, 18 , & 19 donnent tous les tours néceflàires pour former le nœud du Tifferand appellé nœud a l'ongle. La Figure 20 efl le nœud long. Les Figures 21, 22 , 23,24, 2 J, 26 & 27 font les différents tours qu’on emploie pour faire les nœuds tirants» La Figure 28 fait voir qu'on coupe la barbe des nœuds avec les forces. La Figure 29 montre la maniéré de placer les nœuds fur le pouce pour en couper la barbe. On voit par la Figure 30 comment on extrigue pour conduire les verges. La Figure 31 montre une longueur de foie où l'on a conduit déjà une verge près de l'enfuple de derrière.
- PLANCHE XXXV.
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- La Figure 1 repréfènte une chaîne prête à finir où l'on a mis en corde^ Les Figures 2 <3c 3 font deux roftins fiir lefquels on met les cordons ou li-fierès des Etoffes. La Figure 4 fait voir le derrière du métier où l'on voit les deux roftins où font les lifieres, & la maniéré de les tendre. Les Figures 5 , 6, 7 & 8 repréfentent les différents moyens qu’on emploie pour tendre les lifieres & les cordelînes. Les Figures 9 & 10 donnent des moyens de tendre les lifieres lorfqu'elles font ourdies avec la chaîne. Les Figures 11 j 2 & 1*3 font voir deux maniérés différentes de mettre les lifieres fur les roftins. Les Figures 14 & iy font deux roquetins pour les cordelines. Par la Figure 16 on voit comment on ourdit les cordelines. Par les Figures 17 18 on voit comment on range les roquetins des cordelines. Les Figures 2:9, 20 & 21 font voir les moyens de divifer les cordelines pour leur tenir lieu d'envergeure.
- PLANCHE
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- Septième Section. I. Part. Explication des Planches«
- PLANCHE XXXVI.
- La Figure i fait voir comment on met en corde avec les gancettes. La Figure 2 eft une gancette rangée comme le font celles qui font placées fur la tringle de bois où tient la corde à encorder. Par la Figure 3 on voit une maniéré de mettre en corde avec deux tringles de bois fins gancettes ni crochets. La Figure 4 eft encore une méthode pour mettre en corde fins gancettes ni crochets. Celles $ & 6 font voir la maniéré de fixer la corde à en-corder fur les gouffets qui entourent les tringles. Par .les Figures 7 & 8 on voit les deux tringles percées qui tiennent le compafteur de la figure 4. La Figure p eft encore un moyen de mettre en corde fans crochets. La Figure 10 repréfente un crochet à auner les Etoffes lorfqu'elles font fabriquées. La Figure ir eft une des pointes h h du crochet; celle 12 eft un tuyau de fureau ou de rofeau qu'on met aux bouts des pointes pour les garantir & pour fe garantir. Les Figures 13 & 14 font les deux pièces de fer ^dont eft compofée la pointe.
- La Figure iy eft un crochet d'aune porté fur fon pied. La Figure 16 eft un pied d'aune pour l'aune ^/zg; 17; celle 18 eft un pied d'aune pour l'aune fig. ip. La Figure .20 eft un crochet d'aune qu'on fixe fur le comptoir fig. 21,
- PLANCHE XXXVII.
- La Figure'r repréfente un Ouvrier qui déroule l'Etoffe; un autre qui tient le crochet, & deux mains qui fuppofent un troifieme qui met l'Etoffe au crochet. La Figure 2 eft un enfuple où il y a de l'Etoffe defliis ; celle 3 eft un enfuple vuide ; celle 4 eft un clou à grofle tête qu'on met au bout d'un enfuple pour fervir de pivot, La Figure 5 fait voir comment l'Etoffe eft pliée par le crochet. La Figure 6 repréfente une maniéré de mettre au prochet par deux perfonnes feulement.
- . PLANCHE X XX VI IL - ?
- La Figure 1 repréfente un grand comptoir fur lequel on met l'Etoffe lorfi qu'elle eft toute fur le crochet à aune j celle 2 eft encore un comptoir fur lequel on voit les différents plis qu'on donne à l'Etoffe pour la plier & pour la mettre en magafin, &c. La Figure 3 repréfente un Ouvrier qui retourne fon Etoffe, & qui avec des pincettes en tire les bouchons qui peuvent la rendre défeétueufe. La Figure 4 fait voir un métier dont fe fervent les Ouvriers pour pinceter leur Etoffe. La Figure y montre une maniéré de retourner les Etoffes fur un comptoir pour les y pinceter. La Figure 6 fait voir une main qui tient une pincette delà maniéré qu'on doit la tenir pour bien Etoffes de Soie. FIL Part. C 10
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- S38 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE. opérer avec. La Figure 7 eft une poignée de boure de foie qu’on appelle groupe, pour frotter fur l’Etoffe , afin d’en enlever les bouchons qu’on en a arrachés avec la pincette.
- PLANCHE XXXIX.
- ^ Les Figures 1 & 2 font voir deux différentes maniérés d’arranger l’Étoffe fur une table pour la pinçeter. La Figure 3 eft une preffe portative où l’on met les Etoffes pour entretenir la carte quelles doivent avoir dans leur maniement. La Figure 4 eft une grande preffe fixe à quatre plateaux 8c quatre vis au même ufage que la précédente. Les Figures 5,6,7, 8 & p font des développements qui appartiennent à la grande preffe.
- PLANCHE XL.
- La Figure 1 repréfente une preffe faite avec deux plateaux 8c fans vis. La Figure 2 eft le plateau d’une preffe . qu’on peut ferrer fans tringles. La Figure 3 eft une corde dilpofée à ferrer ces deux fortes de prefles. La Figure 4 repréfente une chaîne fournie autant qu’on puiffe la defirer au travail ; celles y, 6 8c 7 donnent les différents moyens de faire les nœuds des ber-lins. La Figure 8 repréfente un métier où les nœuds de berlins font faits, & le crochet qui étoit à tenir le refte de la chaîne, tendu par terre : c’eft ce qu’on appelle voir un métier après la fin d’une chaîne , prêt à en recevoir une autre.
- PLANCHE XLI.
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- La Figure ï reprélènte un métier où il y a un Ouvrier qui tord une chaîne^ On obfervera que l’Auteur a prétendu faire voir le tordage exécuté de la main droite , mais qu’en général c’eft de la main'gauche qu’on tord ; aînfi le Tordeur qui eft ici placé fur le côté gauche de la Planche doit être au côté droit, ou bien nous devons ici le voir par le dos. Les Figures 2 , 3 , 4 , 5,6, 7 8c 8 font les différentes préparations du tordage ou les différents arrangements qui le précèdent. La Figure p fait voir deux fils tordus ; celle 10 montre le moment où le Tordeur avec la même gauche tord les deux fils 3 8c avec la droite il les fépare aux cannes. La Figure 11 fait voir que lorfqu’on tord fiir un fulere le pas change, fi on ne laiffe un fil devant ou derrière. La Figure 12 montre quatre fils tordus ; 8c celle 13 eft une chaîne entière tordue.
- . 1 PLANCHE XLI I.
- La Figure 1 repréfente le tiffu d’un Raz-de-Saint-Cyr. La Figure 2 reprépréfente la fufpenfion de quatre liffes armées pour faire un Raz-de* Saint-
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- Septième Sectîôm. I. Part. Explication des Planches. 839
- Cyr. La Figure 3 repréfente louverture du pas faite par la première marche de 1 armure du Raz-de-Saint-Cyr.
- PLANCHE XLIÏI.
- La Figure 1 repréfente l’ouverture du pas produite par la fécondé marche de l’armure du Raz-de-Saint-Cyr ; celle 2 repréfente l’ouverture du pas produit par la troifieme marche; & celle 3 eft l’ouverture du pas produite par la quatrième marche. La Figure 4 fait voir deux lifles dont l’armure fe contrarie entre les carquerons, les ailerons & les tire-liffes. La Figure y fait voir , non une contrariété dans l’armure des deux marches , mais un faux qui, au lieu de produire l’effet du Raz-de-Saint-Cyr, donne une défeéluofité à l’Etoffe. v
- PLANCHE X L I V.
- t La Figure 1 repréfente une fufpenfion de quatre lifles faite au carrette double , & l’armure d’un Raz-de-Saint-Cyr* La Figure 2 fait voir la précaution qu’il faut prendre pour bien régler les mouvements des ailerons des marches , &c. La Figure 3 eft une gance propre à arrêter les ailerons. La Figure 4 donne encore un moyen de bien déterminer le mouvement des liffes des marches, &c. La Figure y fait voir le moyen de régler la hauteur des liffes quand on les fufpend.
- PLANCHE X L V.
- La Figure 1 eft un moyen de régler les carquerons pour qu’ils {oient fixes tous à la même hauteur. La Figure 2 fait voir comment il faut .remettre pour pouvoir armer un Raz-de-Saint Cyr ou de Saint - Maur avec les chap- , pes. La Figure 3 repréfente quatre lifles fufpendues aux chappes & armées au Raz-de-Saint Cyr. Les Figures 4, y , 6 & 7 font voir les mouvements fdes quatre marches. La Figure 8 eft faite pour reconnoître les différentes corn-binaifons de l’armure.
- PLANCHE XLVI,
- La Figure 1 repréfente une {ufpenfion de quatre lifles dont le remettage eft fait à l’ordinaire & armées pour le Raz de Saint Cyr. Les Figures 2 , 3 , Sc 4 font des différents moyens de fixer les eftrivieres aux cavaletis. La Figure [y eft un plan d’armure de Raz de Saint Cyr , pour exécuter avec les carrettes & avec la fufpenfion de la figure 1 de cette Planche ; & celle 6 eft un plan d’armure pour exécuter fur le remettage fait fur la figure 2 de la Planche précédente. La Figure 7 eft le tiflii de la Serge à trente-fix eftrivieres qu’on appelle Croifé de foie pour doublure d’habits*
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- L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE
- PLANCHE X L V I I.
- La Figure 1 repréfente fix lifles fufpendues à un carrette double où l'armure de la Serge efl: exécutée par les fix marches. Les Figures 1 & 2 font voir les ouvertures du pas produit par la première & par la fécondé marches;
- PLANCHE XL VIII.
- Les Figures 1, 2 , 3 & 4 font voir les ouvertures des pas produits par les quatre dernieres marches de la figure I de la Planche précédente. Les Figures 5 & 6 font les deux différents plans d’armure quon peut exécuter pour les Croifés de Soie. La Figure 7 efl: pour faire voir comment dans un plan d'armure on peut indiquer les lifles de defcente. La Figure 8 efl: le tiflii d'une Serge appellée Hollandoijc•
- PLANCHE X L I X.
- Les Figures i, 2 , 3,4, f , 6 & 7 font voir en grand les différents effets des fils de chaîne & de la trame pour les différents tiflus des Hollan-doifes. La Figure 8 efl: le tiffu d'une Hollandoife faite avec un poil.
- PLANCHE L.
- La Figure I repréfente la difpofition du [remettage d'une chaîne, après avoir paffé le poil. La Figure 2 le fait voir de quatre fils de chaîne & de deux fils de poil. Par la figure 3 on voit comme on difpofe l'armure d'une HollanH doifè par des chappes pour les lifles de fond, & des ailerons pour les lifles de poil.
- PLANCHE LI.
- Les Figures r, 2, 3 & 4 font voir les ouvertures des pas produits pat les quatre marches qui déterminent les Hollandoifès faites avec un poil. Les Figures J & 6 font deux différents plans d'armures pour les Hollandoifès ; dans le premier on voit qu'on fait monter feulement les lifles du poil, & par le fécond les lifles du poil montent & defcendent. La Figure 7 efl: le tiffu d’un Croifé fait à cinq lifles.
- PLANCHE LU.
- La figure 1 fait voir les cinq lifles fùfpendues ; celles 2,3,4, 5 & 6 font voir les ouvertures des pas produits par les cinq marches. La Figure 7 efl: un plan d'armure qui indique de faire monter trois lifles : le Graveur a fait une faute , c'efl: que la marche h n'en fait lever que deux ; il faut ajouter la liffe b à cette marche, pour que le plan foit fans défaut, La Figure 8
- efl:
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- Septième Section. î. Part. Explication des Planches* 84r
- eft un plan d’armure par lequel on faic monter deux liffes fur chaque marche. La Figure 9 eft un plan d’armure où l’on peut mettre fix marches pour les cinq liffes ; mais il faut que la moitié des marches faflfe monter trois lifles, & que l’autre moitié en faffe monter deux feulement , ce qui doit être alternatif.
- PLANCHÉ L I I L
- La Figure 1 repréfente le tiflu d’une Serge fatinée à fix lifles. La Figure £ fait voir l'ouverture du pas produit par la première marche. Les Figures 3 , 4,5, 6,7 & 8 font voir les révolutions d’un des cours de Serge fatiné à fix lifles, exécuté fur le Plan fig. 10. La Figure 9 efl: un plan d’armure fait pour une Serge fatinée à fix lifles dont les eftances font découpées par une duite fur fix, & la Figure 10 efl: un plan d’armure pour faire une Serge fatinée à double découpure. Les Figures 11, 12, 13/14 & 1$ font les cinq révolutions d’un cours de Serge fatinée à cinq lifles.
- PLANCHELIV.
- La Figure 1 efl: un plan d’armure d'une Serge fàtinée faite à fix lifles Sc à trois marches, pour faire rendre l’effet d’une Serge fatinée à trois lifles. La Figure 2 eft un plan d’armure d’une Serge fatinée à fix liffes, dont les ef*
- tances font découpées par deux lifles. La Figure 3 eft un.tiflu d’une Serge
- à fept lifles dont les eftances font à trois & à deux. La Figure 4 eft la dif-pofition que doivent avoir les fept lifles pour le tiflu fig. 3. La Figure 5 efl le plan d’armure de ce tiflu. La Figure 6 eft la difpofition de huit lifles pour une Serge fatinée ou croifée. La Figure 7 eft le plan d’armure pour faire une Serge à huit lifles & à doubles eftances dans le cours, une de quatre duites & l’autre de deux. La Figure 8 eft un fil dont on voit les révolutions pour un jjCroifé conforme au tiflu fig. 9.
- PLANCHE L V.
- La Figure r eft un plan d’armure pour le tiflu fig. 2. La Figure 3 eft un ’tiflù de Serge fait avec huit lifles. La Figure 4 eft un fil dont les révolutions font voir le tiflu fig. 3. La Figure 5 eft un plan d’armure pour un genre de Serge à huit lifles qui forment le tiflu fig. 6. La Figure 7 fait voir les ré* volutions d’un des fils du tiflu fig. 6. La Figure 8 fait voir le tiflu du drap de foie fait à dix lifles. La Figure 9 repréfente deux des fils de ce tiflu dans toutes leurs révolutions.
- PLANCHE LVI.
- La Figure I repréfente le paflàge d’un cours du drap de foie fait à dix liffes ; celle 2 eft l’arrangement des dix lifles. La Figure 3 eft un plan d’ar* Etoffes de Soie. VIL Part. D 10
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- V
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- g42 '' L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- mure de ce drap , & la Figure 4 eft encore un plan d armure pour un drap
- de foie.
- PLANCHE L V I I.
- La Figure I repréfente la fufpenfion de dix lifles difpofées pour fabriquer les draps de foie. La Figure 2 fait voir la difpofition des dix lifles vues de profil. La Figure 3 eft le plan d'armure qu'on doit exécuter , & la Figure 4 fait voir l'ouverture d'un pas produit par la première marche.
- PLANCHE L VIII.
- La Figure 1 reprélènte le tiflii d'un Satin uni fait à dix lifles, vu du côté de l'endroit. La Figure 2 eft une fufpenfion de lifles propres à fabriquer le Satin où l'on yoit les dix marches & les dix carquerons ; cette fufpenfion eft fuppofée faite au s carrette fimple. La Figure 3 eft une lifle où l'on voit une platine fufpendue pour tenir lieu de contre-poids. La Figure 4 fait voir une platine fufpendue au lifleron inférieur d'une lifle, au moyen de deux efles de fil de fer , &c. au lieu que la platine de la figure précédente tient au lifleron par deux ficelles, La Figure 5* eft un contre-poids pendu à une lamette laquelle fert à féparer les carquerons , étant attachée à une lifle, afin que l'on n'ufe pas de corde par les frottements. La Figure 6 eft une lifle " où l'on fuppofe que le lifleron inférieur eft plombé, pour fe pafler de contrepoids.
- PLANCHE LIX,
- La Figure 1 repréfente un aileron où l'on voit un contrepoids à un de fes bouts, mis pour qu'on ne charge pas cdhfidérablement la lifle qu'M fait mouvoir. La Figure 2 fait voir les bouts de huit carquerons & ceux de huit ailerons fè correfpondant les uns aux autres , au moyen de huit cordes qui déterminent l'armure d'un Satin fait à huit lifles, par un pris Sc deux laifles. La Figure 3 montre la maniéré d'arranger la correfpondance d’une corde entre un aileron & un carqueron paflee dans deux planches de guide où l'an voit les nœuds Sc les boucles qui fervent à allonger la corde & à la raccourcir. La Figure 4 fait voir comment on attache les cordes des carquerons aux boucles des collets qui font aux ailerons Sc dont le nœud les retient contre la Planche fupérieure qui fert de guide. On voit par la Figure 5 le moyen de faire l'armure d'un Satin au-deflus des lifles ; on y remarque qu'il faut abfolument une planche de guide au-deflùs & une à chaque côté des arcades, afin d'éviter le rapprochement des lifles entr'elles. La Figure 6 fait voir comment pour faire un Satin on peut mettre les marches en écharpe. La Figure 7 fait voir géométralement la manière dont les marches miles en écharpe, font placées à la tête d'un métier.
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- Septième Section. I. Part. Explication des planches» §43 PLANCHE L X.
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- La Figure I eft un plan d’armure fur lequel on voit trois maniérés d affflôf un Satin fait à dix liftes défignées par les trois lignes différents pofés fur les angles des carreaux* La Figure 2 eft le tiflli d’un Satin fait à neuf liftes , par un pris & trois laifles. La Figure 3 eft un plan d’armure fait pour difpofer le mouvement des liftes d’un Satin à neuf liftes : on remarque fur ce plan une armure régulière par un pris & trois laifles , & deux armures irrégulières ; ces trois difpofitions d’armure y font indiquées par les différents lignes qui font pofés fur les angles des carreaux. La Figure 4 eft un tiflu de Satin, fait avec huit liftes par un pris & deux laifles* La Figure 5 fait voir le tiflu d’un Satin exécuté avec fept liftes par un pris & deux laifles ; les trois tiflus contenus dans cette Planche, font vus du côté de l’endroit de l’Etoffe.
- PLANCHE LXL
- La Figure r repréfonte le plan d’armure fur lequel on peut armer un Satin difpofé à huit liftes , de trois maniérés différentes , dont une régulière par un pris & deux laifles , & les autres irrégulières, ce qui eft indiqué par les différents fignes indicatifs qu’on y voit. La Figure 2 eft un plan d’armureau moyen duquel on peut faire trois armures différentes fur un Satin difpofé à fept liftes dont une par un pris 8c deux laifles , & les autres font irrégulières: yoye^ les fignes indicatifs, La Figure 3 eft encore un plan d’armure propre à exécuter deux fortes d’armures pour un Satin difpofé à être fait avec fix liftes J £es deux armures font forcément irrégulières. La'Figure 4 donne le tiffii d’un Satin fait avec fix liftes fur l’armure défignée par les zéros du plan Jîg. 3 ; j& la Figure y eft encore le tiflu d’un Satin fait avec fix liftes, mais fous l’armure indiquée par les petits carreaux pofés fur ce même plan. La Figure 6 ieft le tiflu d’un Satin fait avec cinq liftes* La Figure 7 eft le plan d’armure du Satin à cinq liftes. La Figure 8 eft un plan d’armure au moyen duquel on peut faire le tiflu d’un Satin à cinq liftes , fur la difpofition d’un Satin à dix ; ce qu’on peut appeller double plan pour une armure.
- PLANCHE L X I I.
- La Figure 1 nous fait voir* le tiflu d’un double Satin à huit liftes, c’eft-à-* dire, d’un Satin à deux faces pour lequel il faut néceifairement feize liftes, dont huit pour faire Satin d’un côté, & huit pour faire Satin de l’autre. La Figure 2 nous montre le tiflu vu de profil, d’un Satin fait à dix liftes -pour chaque face. La Figure 3 nous donne deux fils qui indiquent le tiflu d’un Satin à deux faces fait avec neuf liftes pour chaque côté de l’Etoffe. A la Figure 4 font deux fils qui font voir le double Satin fait avec fept liftes
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- 844 U ART DES ÉTOFFES DF SOIE.
- pour le deflus, 8c fept liffes pour le deffous. La Figure y repréfente deux fils d’un Satin dilpofé par douze lilfes dont fix pour faire le Satin en deflus 8c fix pour le faire en deffous. La Figure 6 nous donne encore deux fils où Ton apperçoit l’effet du tiffu d’un Satin fait à cinq liffes pour chaque face. La Figure 7 eft un double tiflu d’un Satin à huit liffes formant une double Etoffe, ce qui fait un lac.
- PLANCHE LXIII.
- La Figure 1 repréfente un métier propre à donner l’apprêt aux Satins & aux autres Etoffes légères qui font fofceptibles d’être apprêtées : ce métier eft vu {ans Etoffes deflus. La Figure 2 eft une cheville de bois pour faire tourner l’enfuple , à mefure qu’on veut rouler deflus les Etoffes à apprêter 8c apprêtées. La Figure 3 eft une cheville de fer au même ufage. La Figure 4 fait voir une des deux rames j?, R du métier fig. 1, ouverte, dont une partie eft: hériflee de pointes d’aiguilles auxquelles on accroche les lifieres des Etoffes qu’on apprête. La Figure 5 fait voir le haut du côté d’un métier fur lequel on tend l’Etoffe qu’on veut apprêter fur fà largeur, au moyen des cordes; au lieu qu’au métier fig. 1 , on tend ces étoffes par des chevilles plantées dans les trous des pièces de bois qui tiennent aux rames. La Figure 7 eft une petite rame qui fert à prendre le bout de l’Etoffe à apprêter avant qu’elle foit fur l’enfuple , 8c l’autre bout, lorfque la piece eft à la derniere longueur. La Figure 8 repréfente le haut du métier fig. 1 avec de l’Etoffe deffus, dans l’état ou elle doit être quand on l’apprête.
- PLANCHE LXIV.
- La Figure I repréfente une machine dont on fe fert pour bien tendra l’Etoffe fur unenfuple , lorfqu’on la dilpofe à être apprêtée. La figure 2 eft un autre métier propre à apprêter le Satin 8c les Etoffes légères &c. Ce métier eft plus court de la moitié que celui que nous avons vu dans la Plan-? che précédente ; il en différé d’ailleurs en ce que les rames font fufpendue? avec des cordes. Les Figures 3,4 & 5 font trois différents poêles dont op fe fert, fur-tout en hyver, pour faire fécher plus promptement les longueurs apprêtées. La Figure 6 eft un troifieme métier de la grandeur du précédent ou l’on voit que les rames font différemment arrêtées 8c mues que fur les autres. La Figure 7 nous fait voir le moyen d’étendre la largeur des Etoffes à apprêter par des contte-poidü La Figure 8 fait voir le moyen d’arrêter les contrepoids fans être obligé de les mettre par terre. La Figure 9 eft un moyen d’étendre ces mêmes largeurs avec une roue dentée en forme de rochet. La Figure 10 nous fait voir comment on peut rapprocher 8c retiret les rames avec des vis. La Figure 11 repréfente la maniéré avec laquelle on roule fur
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- Septième Section. L Part. Explication des Planches* 8q|
- deux enfuples, les Etoffes brochées , longueur par longueur , à mefuré quelles font apprêtées. La Figure 12 eft le profil de l’Etoffe mife dans la rainure de l’enfuple fupérieur. La Figure 13 eft l’Etoffe brochée vue de profil, placé© fur les deux enfuples de la Figure ix.
- PLANCHE L XV.
- La Figure I eft un échantillon de Taffetas brillante. La Figure 2 eft la marque quon emploie pour diftribuer les champs des ligatures qu’on doit faire pour le brillanté de l’échantillon fig. 1. La Figure 3 fait voir de profil les liffes, ligatures , la chaîne , le poil & les enfuples dans l’ordre qu’on leur fait tenir quand on fabrique l’Ëtôffe. Là Figure 4 montre géométralement les marches de fond & celle défiguré pour la fabrication de l’échantillon, La Figure y fait voir de profil la révolution de deux fils' du tifïii d’un Taffetas > & celle d’un fil de poil du brillanté. La Figure 6 montre une difpofition des deux cours de Taffetas qui contiennent trois fils de poil doubles. La Figure 7 eft un échantillon de Taffetas brillanté fous une difpofition différente de celle du premier. La Figure 8 fait voir deux fils de chaîne & un fil de poil formant un tiffu vu de profil. La Figure 9 eft la marque fur laquelle on doit difpofer les champs des ligatures qu’on deftine pour faire le brillanté de l’échantillon fig. 7. La Figure 10 eft un échantillon de Taffetas brillanté dont le deffin eft beaucoup plus compliqué que ceux des échantillons précédents. Les Figures 1 r 9 12 , 13 , 14, 15, 16, 17, 18,19,20 ,, 21, 22 & 23 font les marques fur iefquelles on doit difpofer les treize ligatures qui doivent concourir à former le deffin de l’échantillon fig. xo.
- PLANCHE LX VI.
- La Figure 1 fait voir de profil les treize ligatures placées pour remettre le poil du brillanté de l’échantillon précédent. La Figure 2 repréfente la di£ pofîtion des quatre liffes de Taffetas, des treize ligatures qui doivent faire le deffin du brillanté ; on apperçoit le lifàge qui doit conftituer le deflîn fur l’Etoffe. La Figure 3 eft une boucle de *corde de lifàge. La Figure 4 eft une demi-boucle. La Figure f eft un collet au bout duquel on voit deux boucles de lifàge attachées. Les Figures 6,7, 8,9,10 & Il, font les difpo-fitions des fix lacs qui divifent les parties du deffin, dont chacun doit répondre à une des fix marches de figure.
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- PLANCHE L XVII.
- La Figure I eft le premier lac de ceux que nous venons de voir ; vu de côté, & attaché à fa marche. La Figure 2 eft un échantillon de Taffetas brillanté, doùbleté. La Figure 3 eft le deffin du brillanté de la Figure 2, Etoffes de Soie. FIL Part. E 10
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- S46 L9AR T DES ÉTOFFES DE SOIE.
- mis en carte. Figure 3 , où Ion apperçoit le doubleté. La Figure 4 eft un deffin de brillanté mis en carte , où Ton remarque des parties fimpletées, des parties doubletées, des parties tripletées & des parties quadrupletées. La Figure y fait voir qu’on peut faire des brillantes en employant les carquerons , en mettant les marches de fond en long. La Figure 6 repréfente le moyen de faire des Taffetas brillantes avec un carrette à poulie. La Figure 7 montre la pofition d une des cordes de rame qui font au carrette à poulie , à un bout de laquelle font attachées les arcades qui portent les ligatures, & à l’autre bout font les cordes du lifîàge.
- PLANCHE LXVIII.
- Les Figures 1,2,3 repréfentent de profil le tifîu de trois genres de Cannelés différents. La Figure 4 eft le tilfu d’un Cannelé dont la chaîne eft: foie, & la trame de coton & de foie faite avec trois navettes. La Figure y eft le plan d’armure fur lequel on difpofe les mouvements des liffes qui font deftinées à faire le tiflîi que nous venons de voir. La Figure 6 fait voir de profil les fix liffes qui font employées à notre Cannelé. La Figure 7 montre le bout des fept marches qu’on doit employer à ce Cannelé. La Figure 8 eft un plan d’armure propre à l’exécution d’un genre de Cannelé en or , argent, &c. dont la dorure pafîe à tout coup de trame. La Figure p eft le plan d’armure d’un Cannelé dont la trame eft paffée tous les deux coups, & liée par deux liffes. La Figure 10 eft un plan d’armure où la dorure paffe tous les coups de trame liée par une lilfe. La Figure 11 eft le tiffu d’un Cannelé à lame en argent vu de profil, & fur lequel on voit les parties de lame écartées les unes des autres de quatre en quatre.
- PLANCHE L X I X.
- La Figure r repréfente le tiftu d’un Cannelé en lame dont la dorure eft liée par un huitième de la chaîne. La Figure 2 eft un plan d’armure pour une Etoffe en lame , appeliée mître, quHie la lame par un quart de la chaîne fur laquelle les fils de liages changent à chaque coup de navette pendant tout le cours ; c’eft un travail fait par un coup de fond & un coup de lame. La Figure 3 eft un plan d’armure au moyen duquel on pâlie un coup de fond , un coup de lame Sc un coup d’accompagnage. La Figure 4 eft un plan d’armure propre à faire un double tifîu pour que le coup de la dorure qu’on paffe ait fon lit fait de la couleur. La Figure y eft un tiffu de Cannelé en lame fait de maniéré qu’on paffe deux coups de fond pour faire le lit de la lame qui eft liée par un quart de la chaîne. La Figure 6 eft un plan d’armure pour un Cannelé en lame fait avec fix liffes, dont la dorure eft liée par un fixieme de la chaîne , & le lit de la lame eft de deux duites de fond. La Figure 7 eft un tiffu fait
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- Séptiemë Section. I. Part. Explication des Planches. 847
- avec un poil qui lie la lame , Sc qu’on eft obligé de faire perdre dans le corps de l’Etoffe. La Figure 8 repréfente dix lilfes vues de profil*
- PLANCHE L X X.
- La Figure r repréfente un plan d’armure pour un Cannelé en dorure dont la lame eft liée par un poil, lequel eft paffé dans deux liftes de liage* La Figure 2 eft un tiflu fait avec un poil qui lie la lame ; ce poil eft paffe dans quatre liftes, & il fe perd dans le tiflu. La Figure 3 fait voir de profil les huit liftes de fond, quatre liftes de poil, la chaîne & le poil difpofés à faire le tiflu fig, 2, La Figure 4 eft le plan d’armure fur lequel on difpofe les mouvements des liftes de fond Sc de celles du poil pour faire le tiflu. La Figure $ fait voir comment on fait perdre les fils de poil entre ceux de chaîne & les duites de trame. La Figure 6 eft un plan d’armure , au moyen duquel on lie la dorure par une des liftes du poil , en les parcourant toutes les quatre fucceflivement, & qui en même-temps fait perdre le poil entre les duites de la trame & les fils de la chaîne, afin que la couleur dont il eft ne paroifle pas fur l’Etoffe. La Figure 7 fait voir une difpofition de douze liftes, dont huit comprennent le fond d’un Cannelé , deux font pour un poil & deux pour un autre, ainfi qu’on le voit par les trois enfuples de derrière , dont un pour la chaîne, & les deux autres pour les deux poils. La Figure 8 fait Voir les effets d’un liage droit fur la lame. La Figure 9 fait voir aufîi fur la lame les effets d’un liage en quinconce.
- PLANCHE LXXI.
- La Figure 1 repréfente le tiflu d’un Cannelé fond lame, Sc divifé par de la groflé lame & par du frifé. La Figure 2 eft le plan d’armure par lequel ton a exécuté l’ordre des mouvements des liftés qui ont fait le tiflu fig. r; La Figure 3 fait voir un plan d’armure par lequel on fait à la fois deux corps d’Etoffes liés l’un à l’autre pour faire le lit de la lame de la même couleur , ceft-à-dire, en blanc ou en jaune , Scc^ & pour faire perdre en même-temps le poil qui fert à lier cette lame. La Figure 4 fait voir quatorze liftés rangées fuivant le plan d’armursjig. 3. La Figure y eft un tiflu exécuté par les mouvements des liftés, déterminés fuivant l’ordre du plan fig. 3.
- PLANCHE LXXII.
- La Figure 1 eft un échantillon de Cirlàka dont la dorure eft lancée par la navette. La Figure 2 fait voir comment on oppofe les champs des liftés propres à faire les Cirfàkas conformément à l’échantillon. La Figure 3 fait voir huit liftés dilpofées pour faire le Cirfaka. La Figure 4 eft un tiflu de
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- 848 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Cirfaka dont la dorure eft paflee toutes les deux duites de trame. La Figure ^ eft un tiflu de Cirfaka fait un coup de dorure un coup de fond. La Fi-* gure 6 eft le plan d’armure fur lequel on a difpofé les liftes du tiflu fig. 4, La Figure 7 eft un plan d’armure avec lequel on difpofè les liftes pour faire le tiflu fig. y, La Figure 8 eft un plan d’armure qui lie la dorure du Cirfaka par-deflous. La Figure 9 eft un plan d’armure au moyen duquel on lie la dorure par-deflous Sc l’accompagnage par-defîus. La Figure 10 eft un tiflu de Cirfaka fait avec une navette d’accompagnage. La Figure 11 eft un plan d’armure pour faire les bandes en Serge, & l’endroit de l’Etoffe par-deflous, avec un accompagnage lié. La Figure S fait voir de profil douze lifles difpo-fées pour faire un Cirfaka à bandes de Satin.
- PLANCHE L X XIII.
- La Figure r repréfènte un plan d’armure pour faire un Cirfaka à bande Satin. La Figure 2 eft le tiflu produit par le plan d’armure fig. I. La Figure 3 repréfènte un roquetin fur lequel on dévidé des lames d’or ou d’argent pour des Cirfakas & autres Etoffes fur lefquelles on met de la lame dans le fens de la longueur de l’Etoffe ; il eft vu en perfpeélive garni de fon contre-poids. La Figure 4 eft un roquetin femblable à celui fig. 3 mais il eft vu de profil. La Figure y eft un roquetin tel que ceux dont on fe fert pour faire les Velours cifelés , &c. La Figure 6 eft une bobine de lame or ou argent. La Figure 7 fait voir la maniéré avec laquelle on tranfïnet la lame fur les roquetins pour régler les longueurs , afin qu’un roquetin ne foit pas plus chargé que l’autre. La Figure 8 fait voir comment on arrête le fil mefuré fur la petite bobine. La Figure 9 eft un montant planté dans une forte planche , fur lequel on place la bobine de dorure pour tranfporter la dorure fur un roquetin lorfqu’on met cette dorure fans en combiner la longueur. La Figure 10 eft la maniéré d’arranger les contre-poids fur les roquetins.
- PLANCHE L XX IV.
- La Figure r eft une cantre de quatre cents roquetins, pour contenir ceux de la lame qu’on emploie pour les Cirfakas, &c. Les Figures 2, 3,4 , y & 6 font des pièces de développement de la cantre. La Figure 7 fait voir de profil la difpofition de neuf lifles d’une chaîne de poil en or, & d’une cantre de lame, pour faire un Cirfaka à raie en long,
- PLANCHE L X X V.
- La Figure I eft un plan d’armure tel qu’il le faut pour exécuter un Cirfaka à bande en long par la dorure. La Figure 2 eft un échantillon de Cirfaka où la dorure eft en lame & en fil. La Figure 3 fait voir la maniéré
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- Septième Section. ï. Part. Explication des Elanchcu 849 de difpofer le remettage pour les Cirfakas. La Figure 4 eft une maille à maillons. La Figure y eft le haut de cette même maille. La Figure 6 eft une planchette qui fert de moule ou de mefure pour couper les mailles d’une Ion* gueur déterminée* La Figure 7 eft une maille à maillon toute entière , St celle 8 eft une aiguille de plomb qu’on attache au bout de la maille. Les Figures 9 & 10 montrent la maniéré de difpofer les mailles à maillons fur des lifterons, pour former les raies qui font fur l’échantillon fig. 2.
- PLANCHE LXXVI*
- La Figure i eft un plan d’armure pour difpofer les liftes du Cirfaka con* formément à l’échantillon fig. 2 de la Planche précédente. La Figure 2 fait Voir de profil une difpofition de huit liftes ordinaires correfpondantes aux trois chaînes ou poils qui font deftinés pour un Cirfaka , St de quatre liftes à maillons St plomb qui reçoivent la dorure qui eft à la cantre. Par la Figure 3 on voit douze liftes ordinaires pour les chaînes & poils, St cinq liftes à à maillons pour la dorure de la cantre* La Figure 4 eft un plan d’armure qui répond à l’arrangement de la Figure 2; St la Figure y eft un plan d’armure qui répond à celui de la Figure 3.
- PLANCHE LXXVI I.
- La Figure 1 eft un échantillon d’un Taffetas façonné par la marche. La Figure 2 eft un deflin mis en carte d’où l’on a tiré la partie fupérieure dà l’échantillon fig. x , depuis A, A jufqu’à B, B. La Figure 3 eft un autre deflin mis en carte qui contient le deflin de la partie inférieure de ce même échantillon comprife de B, B en C, C. Les Figures 4,5,6 font trois parties des marques fur lefquelles l’on difpofe les ligatures qu’on emploie pour fabriquer l’Etoffe conformément à notre échantillon. La Figure 7 fait voir une difpofition de feize liftes St ligatures, telles qu’elles doivent être rangées pour fabriquer notre Etoffe. La Figure 8 eft un plan d’armure au moyen duquel on donne le mouvement néceflàire aux liftes St ligatures dé la Figure 7 pour fabriquer l’Etoffe que défigne l’échantillon fig. 1 : on voit fur ce plan deux fortes d’armures, pour rendre fucceflîvement les effets des deux deflins. La Figure 9 eft un plan d’armure pour faire féparément la partie qui traverfe les deflins telle qu’eft celle i, fig. 2. Les Figures 10 , ir * 22 font des plans d’armure pour les mêmes objets, & qu’on doit joindre les uns aux autres pour n’en faire qu’un foui, ainfi que celui fig. 13. Voyez ce que j’ai dit à cet égard à l’article qui fait la defoription des Figures contenues en cette Planche.
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- Etoffes ve Soie. VII. Part.
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- JJ A R T DES ÉTOFFES DE SOIE. PLANCHE LXX VIII.
- La Figure i repréfente un fil paffé dans des mailles de ligatures & dans des mailles de liiles de fond qui font deftinées à faire un Satin à mouches façonné par la marche , &c. La Figure 2 fait voir huit fils de chaîne pafles dans une maille où le coulifle eft un peu plus grand que les petits codifies ordinaires. La Figure 3 nous donne huit fils de chaîne pafles dans le bout d’un maillon. La Figure 4 nous montre deux maillons à fix trous, où les quatre du milieu contiennent chacun un fil de chaîne, & les deux extrêmes reçoivent les fils des mailles. La Figure y eft une partie d’aiguille de plomb où Ton voit le gouffet noué avec le bas d’une maille à double fil. La Figure 6 nous fait voir comment pour un Satin façonné par la marche, on devroit difpofer les lifles de fond & les ligatures. La Figure 7 eft un plan d’armure pour faire en Satin un deflin conforme à celui fig. 2 de la Planche précédente. La Fig ure 8 eft un autre plan d’armure du même genre, mais pour des effets différents: ce plan doit être.ajouté à une partie du plan précédent. Voyez; le Traité à cet égard.
- PLANCHE LXXIX.
- La Figure 1 eft un échantillon de Satin liféré fait par la marche. La Figure 2 eft le plan d’armure qui fert à l’exécution de cet échantillon. Les Figures 1,2, 3 font trois échantillons de Gros-de-Tours ou Taffetas faits par la marche , & dont les deflîns font en lame or ou argent. La Figure 6 eft le deflin d’où Ton a tiré l’échantillon fig. 3. La Figure 7 eft le deflin qui a fervi pour exécuter le deflin fig. 4. La Figure 8 eft le deflin fur le* quel on a déterminé le lifage pour l’échantillon fig. y. La Figure p fait voir dix-huit ligatures ôc lifles pour la difpofition de nos trois échantillons lamés. La Figure 10 eft un plan d’armure par lequel on arme le métier pour fabriquer ' l’Etoffe conforme à l’échantillon fig. y, tiré du deflin^. 8.
- PLANCHE L X X X.
- La Figure 1 eft un échantillon de Pruflienne faite par la marche. La Figure 2 eft le deflin fur lequel on a pris la difpofition de cet échantillon. La Figure 3 eft encore un échantillon de Pruflienne faite par la marche. La Figure 4 eft fon deflin mis en carte. La Figure y eft auflt un échantillon de Pruflienne. La Figure 6 en eft le deflin. La Figure 7 eft de même un échantillon de Pruflienne, & la figure 8 en eft le deflin. La Figure ÿ fait voir de profil vingt ligatures propres à fabriquer les Pruflîennes. La Figure 10 eft un plan d’armure ou plutôt de lifage fur lequel on trouve
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- Septième Section. I. Part. Explication des Planches„ "851
- Celui de chacun des trois deffins fig. 2 > 4 Sc 6, ce qu'on reconnoît par les fignes indicatifs. La Figure 11 eft un plan d'armure propre à exécuter ou à faire exécuter le deffin fig. 8 , par l'échantillon fig. 7. La Figure 12 fait voir comment on difpofe les deux ligatures qui fervent pour faire les lifieres des Pruffiennes. La Figure 13 eft un fupplément au plan d'armure fig* 10 9 pour completter le lifage compris fous les Agnes des petits carreaux ponétués. ^
- PLANCHE L X X X I.
- La Figure I repiéfente la fofpenfion de vingt ligatures pour fabriquer les Pruffiennes à la marche ; elles font mues par des poulies ; cette difpofî-tion eft pour la fécondé maniéré du remettage que j'ai indiqué dans le Chapitre des Pruffiennes. La Figure 2 fait voir les dix poulies for lefquelles roulent les cordes de fofpenfion des ligatures. La Figure 3 repréfente un côté d'un carrette à poulie pour les Pruffiennes , où les poulies font placées en oppofition les unes des autres. La Figure 4 fait voir comment on fait la fofpenfion des ligatures, lorfque les poulies du carrette font rangées conformément à celles de la figure 3. La Figure $ fait voir un côté d'une des grandes traverfes du brancard d'un carrette à poulie, lorfque les poulies font placées comme celles de la figure 2. La Figure 6 fait voir un bout d'une des grandes trayerfes de ce même brancard, lorfque les poulies font rangées comme à la figure 3. La figure 7 fait voir le tiffu de l’échantillon fig, 7 , Planche précédente. La Figure 8 fait voir de profil deux fils formant le tiffu d'une Pruffienne ordinaire, qu'on peut comparer à deux des fils c , d de la figure précédente. La Figure 9 fait voir deux fils formant un tiffu de Pruf* ïîenne vu de profil, où la trame forme un liféré d'un côté feulement. La Figure 10 donne le profil d'une Pruffienne dont la trame fait liféré deffos &
- deflous.
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- PLANCHE LXXXII.
- Les Figures 1 , 2,3,4 font quatre deffins de Droguets mis en carte , qu’on peut exécuter par la marche. La Figure 5 eft un échantillon de Dro-guet tiré du àeSinfig, 1. La Figure 6 eft un autre échantillon de Droguet fait for le deffin fig. 2. La Figure 7 eft encore un échantillon de Droguet pris for le deffin jig. 3. La Figure 8 eft auffi un échantillon de Droguet exécuté par le lifage de l'échantillon fig. 4. La Figure 9 fait voir l'arrangement de quatre liftes de fond & de vingt-quatre ligatures pour faire un Droguet * & fur lefquelles on peut exécuter les quatre deffins que nous venons de voir. La Figure 10 eft un pian d'armure fur lequel on peut exécuter toutes celles qui doivent être faites pour chacun des échantillons précédents, ce qui eft
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- Sp LART DES ÉTOFFES DE S O I Ej indiqué par les différents lignes qu’on y voie, La Figure il faic reconnoître le ligne des quarrés qui font fur le plan précédent. La Figure 12 fait voir un des lignes en ligne droite de ce même plan. La Figure 13 donne un des lignes en ligne mixte de notre plan. La Figure 14 fait diftinguer ce qu’on doit remarquer fur le plan d’armure, lorfque les quatre lignes indicatifs pour les différentes armures de nos quatre deffins , fe trouvent forcément réunis par les différentes combinaifons for l’angle d’un même carreau.
- PLANCHE LXXXIIL
- La Figure 1 eft le tiflu d’un Droguet fait à la marche pris for le deffin fig. 4 de la Planche précédente. La Figure 2 fait voir le tilfu d’un cours feulement d’un Droguet à la rame, pour faire voir la différence qu’il y a entre les Droguets Maubois & les Droguets à la Reine. La Figure 3 eft un échantillon d’Egyptienne en Droguet à la Reine. La Figure 4 eft le deffin qui fort à l’exécution de l’échantillon fig. 3 ; il eft à flmple découpure. La Figure y eft un deffin pour une Egyptienne en Pruffienne faite à double découpure. La Figure 6 eft un deffin pour un Egyptienne en Taffetas façonné à double découpure. La Figure 7 eft encore un defîin d’Egyptienne en Taffetas fait pour être en double découpure. La Figure 8 eft un échantillon d’Egyptienne fait fur le deffin fig. y , les petites raies font en Satin.’ La Figure 9 eft un échantillon d’Egyptienne fait for le deffin fig. 6; les petites raies font en Serge. La figure 11 eft un échantillon d’Egyptienne fait fur le deffin >fig. 7, les raies font Satin.
- PLANCHE LXXIIV,
- La Figure r repréfonte l’arrangement de quatre liftes de fond, de dix-
- fervent à faire une Egyptienne en Taffetas, lorfque l’on fait l’endroit par-deflbus. La Figure 2 faic voir ce qu’on appelle dans les ligatures champs à fourche. La Figure 3 faic voir ce qu’on nomme en ligarures champs pleins. La Figure 4 fait voir comment on doit ranger les liftes de fond , celles de Satin & les ligatures, lorfo qu’on veut faire d’une Egyptienne Taffetas ou Droguet, l’endroit par-defos fus. La Figure 5 eft un échantillon d’Amboifienne , où l’on voit des arêtes fimpletées & des raies doubletées. La Figure 6 eft auflî un échantillon d’Amboifienne compofé de raies en arêtes & de raies t cannelées. La Figure 7 eft encore un échantillon d’Amboifienne dont les raies font compofées de grandes arêtes Sc de bandes carrelées. La Figure 8 eft de même un échantillon d’Amboifienne où le deffin eft fait en grandes raies cannelées en petites bandes à mouches. La Figure 9 eft de même un échantillon d’Amboifienne dont les bandes font en grandes arêtes & en cannelés &
- mouches
- huit ligatures Sc de trois chaînes ou poils qui
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- Septième Section. I. Part. Explication des Planches. 855
- mouches. La Figure 10 eft un échantillon d'Amboifienne avec un petit def-fin fait en guirlande & des petites bandes en carrelé ; tous ces échantillons font exécutés parles marches. Les Figures 11 & 12 font les deux deffins qui ontfervi pour faire l'échantillon fig. La Figure 13 eft le deffin de l'échantillon fig. 6.
- PLANCHE LXXXV.
- La Figure 1 eft le deffin de l’échantillon fig• 7 de la Planche précédente. La Figure 2 eft le deffin de l’échantillon fig. 8 de la même Planche. La Figure 3 eft le deffin de l’échantillon fig. p ; & la Figure 4 eft le deffin de .l’échantillon fig. 10. La Figure $ eft un plan d’armure qui fert à exécuter les deffins fig. 11, 12 & 13 de la Planche précédente , & celui fig. 1 dénote cette Planche. Les Figures 6 9 7, 8 font faites pour faire reconnoître les différents lignes indicatifs pofés fur pe plan, & fur le pian fig. p qui donne l'armure des deffins fig. 2 , 3 & 4.
- PLANCHE LXXXV I.
- La Figure 1 repréfente trois échantillons différents de Mufulmane faits tous à la fois. La Figure 2 eft le deffin de l’échantillon A de la figure précédente. La Figure 3 eft le deffin de l’échantillon B. La Figure 4 eft le defo fin de l’échantillon C. La Figure £ eft un autre échantillon de Mufulmane* La Figure 6 en eft le deffin. La Figure 7 eft encore un deffin de Mufulmane , fur lequel on a fait l’échantillon fig. 1 de la Planche fui vante : tous pes deffins & ces échantillons font faits par huit- lifïes de Satin.
- PLANCHE L X XX VIL
- La Figure I eft un échantillon de Mufulmane. La Figure 2 fait voir huit mailles qui fuppofent huit liftes où l’on voit quatre fils de chaîne paffés pour faire une Serge fous l’armure d’un Satin. La Figure 3 repréfente huit mailles où l’on voit comment deux fils doivent être paffés pour faire Taffetas par l’armure d’un Satin. La Figure 4 donne encore huit mailles où l’on voit comme avec l’armure il faut paffer les fils pour faire former fur l’Etoffe un Cannelé Parifienne. La Figure 5 fait voir comment fur huit mailles, il faut paffer deux fils pour faire former fur l’Etoffe un Carrelé. La Figure 6 donne deux fils paffés fur huit mailles pour former un Gros-de-Tours fur l’armure d'un Satin. Les Figures 7, 8 , font deux deffins avec deux rangs de mouches chacun qui peuvent être exécutés par huit liftes de Satin. La Figure p fait voir comment on doit paffer les fils de la chaîne fur huit liftes pour faire paraître fur l’Etoffe les mouches de ces deux deffins. La Figure 10 eft un petit deffin à trois rangs de mouches qu’on exécute par l'armure d’un Satin
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- Etoffes de Soie. VU. Pan. G io
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- 854 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE. à dix lifles. La Figure il fait voir dix mailles qui contiennent quatre fils propres à former les mouches contenues fur notre petit deffin. La Figure 12 nous fait voir comment avec dix lifles de Satin, & {bus l’armure régulière d’un pris & deux laifles, on parvient à faire un Taffetas entre les bandes de Satin ou fous les bandes cannelées.
- PLANCHE L X X X V 11 I.
- La Figure r repréfonte Luit mailles qui contiennent quatre fils de chaîne pour faire une Serge à cinq lifles, toujours fous l’armure d’un Satin à dix lifles. La Figure a fait voir la maniéré de pafler les fils fur dix lifles pour leur faire rendre fur l’Etoffe un cannelé Parifienne. La Figure 3 nous donne le paflàge de deux fils pour obtenir, l’un le cannelé de neuf duites de coupe par la dixième, l’autre celui de fept duites de coupe par la feptieme , & de deux de coupe par la troifieme ; de forte que dans un cours de Satin de dix lifles , on découpe deux fois le cannelé. La Figure 4 eft un deflin où l’on voit une bande de carrelés découpés dans l’ordre du cannelé indiqué par le fil h de la figure 3. La Figure 5 eft un tiflii de Mufulmane for lequel on voit un af-femblagè de Taffetas, de Gros-de-Tours, de Satin, de Serge , &c. & par lequel on peut varier à l’infini ces fortes d’aflemblages dans le fens des rayures. On remarque for ce tiflu que les révolutions des fils font toutes com-prifos for huit des duites de la trame , foit en entier, en doublant ou en quadruplant, &c. La Figure 6 eft encore un aflemblage de toutes fortes de tiflus faits fur les combinaifons de dix marches & accordés avec l’armure d’un Satin à dix lifles, ainfi que la précédente figure fur l’armure d’un Satin à huit lifles : par ces deux tiflus on peut combiner une infinité de genres d’Etoffes;
- PLANCHE LXXXIX.
- La Figure I eft un plan d’armure où l’on voit les différens moyens d’armer les Mufolmanes, conformément à ce qui en a été décrit for l’article du Traité de ce genre d’Etoffe , tant pour celles à huit marches que pour celles à dix. Les Figures 2, 3 , 4 & 5 font quatre échantillons de Mufolmanes , dont la dilpofition des deflîns eft différente de l'un à l’autre. La Figure S eft le deffin de l’échantillon fig. 1. La Figure 7 eft le deflin de l’échantillon fig. 3. La Figure 8 eft le deffin de l’échantillon fig. 4 , & la Figure 9 eft le deffin de l’échantillon fig. 5. Les Figures 10 & 11 font deux échantillons de Mufolmanes qui différent entr’eux par la difpofition des bandes dont ils font compofés, & tous les deux different enfemble de ceux figures % ± 3, 4 & 5.
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- Septième Section. I. Ptcrtie. Explication des Planches.
- PLANCHE X C.
- La Figure r efl; un échantillon de Mufulmane faite en cannelé & lame en argent paffée à travers. La Figure 2 efl: le deflin de l'échantillon fig, 1. La Figure 3 fait voir le tiflh de ce genre de Mufulmane. La Figure 4 efl: le plan d’armure fur lequel on a exécuté l'Etoffe de l'échantillon fig. 1. La Figure ^ efl: un échantillon de Mufulmane cannelée & lame en or paiTée à travers. La Figure 6 efl: le deffin de l’échantillon fig. f. La Figure 7 efl: le tiflu de l'Etoffe de cet échantillon ; ce tiflu différé de celui fig. 3 , quoiqu'il paroiffe devoir être le même. La Figure 8 efl: le plan d’armure par lequel on a donné aux lifles & ligatures les mouvements déterminés pour fabriquer ce dernier genre de Mufulmane.
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET TITRES
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- D E V A R T
- DU FABRIQUANT D’feTOFFES DE SOIE
- SEPTIEME SECTION, I. PARTIE.
- NT R ODÜCTIO N. Page I
- CHAPITRE PREMIER. 3
- Article I. Ibid.
- Article II. De là différence entre les Taffetas. y. Article III. Des Métiers & UJlenJiles néceffaires à la fabrication des Taffetas. 9
- §. 1. Obfervation furies métiers. Ibid.
- §. 2, Defcription du premier métier. 10 3. De la maniéré de monter les bois de métier. 17
- Article IV. Defcription des UJlenJiles propres à la fabrication des Taffetas. 25*
- §. 1. Defcription des Enfuples de devant. Ib. §. 2. Defcription des Enfuples de derrière, 29 Article V. Des différentes maniérés de tendre les chaînes pour fabriquer les Etoffes de foie , par le fecours des chevilles de bois ou des roulettes dentées, ou en employant les bafcules , valets , contre-poids à frottement ou contre-poids montants , ou enfin en fe fervant des roulettes à VAngloife. 31
- §. 1. De la maniéré de tendre les chaînes avec les chevilles devant & derrière. Ibid. §. 2. Parallèle des trois maniérés précédentes de tendre les chaînes. 33
- §.3. Maniéré de tendre les chaînes en fe fervant des roulettes à rochets& des baf- cules; de la difpofition des chiens & de l’affu jettiffement des Enfuples de devant. 39 Des Oreillons de derrière, & de l’arrangement des Bafcules. 44
- De l’arrangement des Bafcules, pour tendre les chaînes des Etoffes de foie.
- §. 4. De la maniéré de tendre les chaînes avec les volets. 69
- §. y. De la maniéré de tendre les chaînes à contre-poids frottants. 74
- §. 6. Des Moyens de tendre les chaînes avec des contre-poids montants. 76
- §. 7. Parallèle entre l’ufage des contre-poids montants 6c des bafcules, valets 6c contrepoids frottants. 80
- §. 8. Des Roulettes à l’Angloife, ou de la maniéré de tendre les chaînes ufîtée en Angleterre. 84
- §. 9. Derniere méthode de tendre les chaînes par les enfuples de devant, qui confifte feulement en un contre-poids, 89
- Article VI. Defcriptions de Battants, des Porté-battants ,& de la maniéré de les fufpendre dans les Métiers. 91
- §. 1. Première conftruftion des Battants. Ibid. §. 2. Seconde conftru&ion des Battants. 99 §. 3. Troifieme conftrudion des Battants, ioij §. 4. Quatrième conftrudion des Battants. 104 §. y. Des Porte-battants. joy.
- §. 6. Parallèle entre les Porte - battants, 6c defcription des Accocats. 106
- §. 7. Des différentes manières de fufpendre les Battants : première maniéré. 109 §, 8. Seconde maniéré de fufpendre les Battants. 113
- Article VII. De la maniéré de faire defcendr& Venfuple de devant pour que VEtoffe foit tou-jours à la même hauteur, & de la maniéré û arranger les déchargeons Anglais ou Génois*
- §. 1, Defcription de l’arrangement propre à faire defcendre les enfuples de devant. Ibidj §. 2. De la maniéré d’arranger les déchargeons Angîois ou Génois, & des avanta-tages de cette méthode. 119
- §, 4. Parallèle entre la maniéré de fe fervir des enfuples pour rouler les Etoffes def-fus , fuivant l’ufage des Manufactures de France , 6c les déchargeons Anglois ou
- Génois. 123
- Article VIII. Des Ufenfles & Machines qxdon emploie pour faire mouvoir les liffes, comme Chappes , Carrettes , Châtelets , Arbalettes , Marches, Tire-liffes , Ailerons, Carquerons , Valets , Lifferons Porte-UJJes, 126
- §. 1. Des Chappes, de leur arrangement 6c de leur fufpenlion, des Porte-liffes 6c des Valets. Ibid.
- §. 2. De la forme des Lifferons. i^n
- §. 3. Des Marches 6c Marchers. i^yj
- §.3. (bis) des Carquerons, des Tire-liffes, de Ieurpofition, & de leur emploi. 139
- §, y. Des Aîlerons, des Châtelets, des Ca-rettes 6c des Arbalettes. 145
- §. 6. Des Carrettes volants. iy 2.
- §. 7. Des Carrettes à batillons. 156
- §. 8. Des Carrettes à poulie. 162
- §. 9. Des Carrettes à poulie pour ramener les marches* 16j
- §. 10. Parallèle des différents Carrettes propres
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- TABLE DES CHABÏTRES, Sec.
- l’enfupîe de devant * ôc dè la mèfuret en
- a ramener les marches. 171
- §. n. Des Arbalètes, & de leur emploi. 173 Article IX. De la fufpenfion des lijfes &* des marches , en employant les différents Carrettes Èr Châtelets dont on a donné la defeription , Êr des différents nœuds & boucles en ufage pour tout ce qui concerne ces fufpenfions, & tout ce qui y a rapport. 178
- $. 1. De la fufpenfion des Liffes aux Carrettes à poulies. 205
- 5. 2. Arrangement particulier à l’égard des fufpenfions des Liffes aux Carrettes à fim-pîe 8c à double batteries concernant les Arcades. 217
- §» 3. De la fufpenfion des Liiïes au grand Carrette volant à double batterie à aileron croifé ; de celle du nouveau Carrette à poulie : defeription 8c propriétés du noeud en cremaillere. 133
- §. 4. De la maniéré d’employer les Carrettes à marches qui ont été repréfentées dans les Planches 13 ôc 16. 241
- Article VII bis. Defeription de quelques Ufienfiles néceffaireS à la fabrication des Etoffes unies & façonnées à la marche, tels que les navettes les tempiâs, ou tempes, les forces, les pincettes & les paffettes. 245*
- §. 1. Des Navettes. -Ibid
- §. 2. Des Paffettes, des Forces Sc des Pincer
- tes dont on fe fert dans la fabrique des Etoffes dé foie. 2 y 6
- §. 3. Des Tempias. 2$ 7
- Article VIII bis. De la maniéré de monter les Métiers propres à faire les Taffetas, 6r de tout ce qui en dépend, favoir, le remettage , le paffage des peignes, les armures 3 la fabrication, les tordages. 266
- §. 1. Du Remettage. ^ Ibid.
- §. 2, Du paffage du peigne 3 ou du piquage
- du peigne. 296
- meme-temps.
- $. 4. De la maniéré de retourner les Etoffes pour lespinceter, afin de les rendre plus nettes ; des ufages établis pour rendre les Etoffes aux Fabriquants; de quelle manière on reçoit ce qu’on confie aux Ouvriers , ôc des Preffes dont fe fervent les Fabriquants pour confcrver la qualité des.Etoffes fabriquées. 377 > bù 'il ejl marqué par erreur. 477 Expofition abrégée des Régîemens reçus dans les Manufactures. 483 pour 383
- $. y * De l’opération dé tordre les chaînes , ôc de la maniéré de recommencer à travailler une chaîne qu’on a tordue. 493 pour 393 CHAPITRE II. De la fabrication des Serges unies. 41 £
- §. ï. De la fécondé armure des Raz-de Saint-Cyr. 43*.
- §. 2. De la troïfieme armure des Râz-de-Saint* Çyr, Raz-de-S. Maur «5c des Batavias. 440 §. 3. De la quatrième & derniere armure des Raz-de-Saint-Cyr, Raz de Saint-Maur, <5c des moyens qu’on emploie pour armer ces Etoffes. 445^
- Armure pour un Batavia, pour un Raz-de* Saint-Maur, Ôcc. avec des liiïes de lifieresv
- 4fi!
- Article I. De* la Différence quHl y a entre les Raq-de-Saint-Cyr & les Raq-de-Saint-Maur * ainjî qu entre ces deux Etoffes & les Batavias % de la maniéré de fabriquer ces trois genres d'E-» toffes.' ^ 432
- §. 1. Différence qu’il y a entre ces trois gendres d’Etoffes. Ibid.
- Des Raz de-Saint-Cyr. 434
- Des Batavias. ' 47^
- §. 2. De la maniéré de fabriquer le Raz-de-Saint-Cyr s le Raz-de-Saint-Maur ôc les Batavias. 43*7
- s. De la maniéré d’égalifer la foie après Article IL Delà fabrication des Serges ou Croi
- qu’on a piqué le peigne, ce qu’on appelle faire les nœuds, <5c de celle d’étendre les chaînes, afin de les préparer à- être fabriquées. 303*
- §. 4. Des différentes armures des Taffetas.
- 316
- SECONDE DIVISION.
- Suite de la première Partie.
- Article IX bis. De la maniéré de fabriquer les Taffetas , de tout ce qui eft néceffaire à cette fabrication 9 comme les nœuds quon fait à la foie ; les moyens d'employer une chaîne le plus avant pojjible ; celui de retirer VÉtoffe de deff fur le métier ; la maniéré d’ajouter une chaîne nouvelle à celle quon aura finie, fans remettre , ce quéon appelle tordre, les moyens de recommencer. 337
- $. 1. De la maniéré de fabriquer. Ibid.
- $. 2. De l’entretien du métier; du foin qu’on
- doit prendre de la chaîne, ôc de tout ce qui en dépend. - 347
- §.3. De la maniéré de mettre les chaînes en corde, de difpofer les lifieres des Etoffes, ôc de les relever, ainfi que les Cor-deîines. 357
- De la maniéré de retirer l’Etoffe de deffus
- Etoffes de Soie. VII. Part.
- fés dont on fe fert pour les doublures des habits % qxCon appelle parmi les Ouvriers Serge à tren-te-fix eflrivieres. 4 6 il
- §* 1. Gombinaifon du mouvement des liiïes*
- Ibid.
- $. 2. De l’armure des Serges à doublure. 453 Armures de la Serge, les fix premières com-binaifons. 45g
- Article III. Des Étoffes quon appelle Hol-landoifes. ,474
- §. 1. De la première Hollandoife. Ibid. §. 2. De la fécondé Hollandoife dont le tiflii eft encore le même que celui de la Serge qu’on a vu dans l’article précédent, mais dont le remettage différé de celui de la Hollandoife qu’on vient de voir. 476 §. 3. De la troifieme Etoffe appellée Hollandoife , dont le tiffu fe fait fous la même armure que le Raz-de Saint-Cyr. 480 §. 4. De la maniéré de fabriquer les Hollan* doifes fatinées. 481
- $. y. De la maniéré de difpofer les Hollan-landoifes faites avec un poil, 8c de leuf armure. 486
- Armure d’une Hollandoife. 4p£
- Article IV. Du Croifé à cinq lijfes. 43)8 Plan d’armure à comparer à celui figure 7 dô la Planche.y2. 303
- H10
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- TABLE DES CHAPITRES, êCc.
- Second Plan d'armure à comparer à celui figure S de la Planche 32. 304
- Article V. De la maniéré de monter & de fabriquer les Serges fatinées, le Drap de foie. 303
- S. 1. De la Serge farinée à fix liffes. Ibid. §. 2. Des Serges farinées à fept & à huit lifTes. 3 17
- 3. Obfervatïon fur les Serges contenues dans cet article. 528
- Article VI. De la Serge double fatinée ou véritable Drap de foie, 330
- De la première armure des Drâps de foie. 333 De la fécondé armure des Draps de foie. 5*34 Troifieme armure des Draps de foie, y 3 y De la quatrième armure. £37
- Obfervation fur les Draps de foie. 5-3 8
- TROISIEME D IVISIO N de la première Partie.
- CHAPITRE III. Delà fabrication des Satins unis. S* s
- Article I. De la maniéré de monter de fabriquer les Satins à dix lijfes. 3*47
- Plan d’une armure irrégulière. 531
- Second plan, id. $$2
- Troifieme plan * id. ibid.
- Article II. Des Satins à neuf lijfes , & de leurs armures. 56 3
- Article III. Des Satins à huit & à fept lijfes. $6? Article IV. Des Satins à fix lijfes. y 6 8
- Article V. Des Satins à cinq lijfes. 5*70
- Article VI. Des Satins à deux faces. 5*7 3
- Du Satin double à neuf, à fept & à fix liffes. . . J7 6
- Du Satin à cinq liftes. 377
- Du Satin Serge. $78
- Article VII. Du double Satin dejfus & deffous, formant deux Étoffes féparées. 380
- Article VIII. Obfervations fur la maniéré de fabriquer tous les Satins contenus dans ce Chapitre.
- 581
- CHAPITRE IV. De la maniéré d*apprêter les Satins. ys?
- Différentes recettes pour le collage de l’apprêt qu’on donne aux Satins. 3 84
- Article I. Des moyens à obferver pour pofer fur fur les Satins les mixtions de colle dont on fe fert " pour les apprêter. 385
- Article II. Second métier à apprêter les Satins.
- 59°
- Article III. Troifieme métier à apprêter les Satins.
- 35>2
- Obfervations fur quelques procédés parti eu* liers, & fur les Etoffes fufceptibles d’ap«» prêt. 3 9J
- CHAPITRE V. De la maniéré de fabriquer les Etoffes de foie fabriquées par la marche.
- / 597,
- Article I. Maniéré de fabriquer les Taffetas bril-lantés , les Taffetas cannelés. ibid.
- Des Taffetas brillantés à deffin. doy
- Article II. Des Cannelés fans poil. 626
- Des Cannelés fans poil de liage. 632
- Des Cannelés à poil de liage. 642
- Article III. D'un nouveau genre de Cannelé. 649 Article IV. Autre genre de Cannelé à poil perdu imité par la fabrique de Lyon. 6$4
- CHAPITRE VI. Maniéré de fabriquer les Cirfakas , les Etoffes rayées en or ér en argent, & autres Etoffes en dorure, &c. 639 Article I. Des Cirfakas d'été. Ibid.
- Article II. Des Cirfakas d'hiver d'automne. 66$ Article III. Des Cirfakas d'hiver autres Etoffes fur la même difpojition. 6yti
- Article IV. Des Cirfakas d'été , d'hiver & d'automne dont la dorure efi enchaînée. 678
- Article V. §. 1. Des Cirfakas d'automne à poil, en or & à lame. dp 3
- §. 2. Dès Cirfakas d'hiver. dp $
- Article VI. Des différents genres de Taffetas , Gros-de Tours, jo ri
- CHAPITRE VII. Des PruJJiennesfaçonnées par la marche , des Droguets appellés Mau«* bois, Egyptiennes & Amboifiennes. 728 Article I. Des Prujpennes. Ibid.
- Article II. Seconde Maniéré de remettre les PruJJiennes. 743
- Article III. Maniéré de fabriquer les Droguets • Maubois & Droguets à la Reine. 73
- §. 1. Des Droguets ordinaires. Ibid.
- ^ §.2. Des Droguets à la Reine fabriqués par la marche.
- Article IV. Des Egyptiennes faites à la marche dans le genre des Taffetas, PruJJiennes & Droguets à poil & en liférè. 7d4
- §. i« Des Egyptiennes, Taffetas & Gros-de-Tours. Ibid.
- §. 2. Des Egyptiennes en Prufliennes. 776 §. 3. Des Egyptiennes en Iiféré ou lancé. 777 Article V. Des Amboifiennes fabriquées à la marche. 778
- CHAPITRE VIII. Epoque de îinvention d'une Etoffe façonnée par la marche, appelée Mufulmane , &c. jgo
- Explication des Planches. 823
- FIN DE LA TABLE.
- EXTRAIT DES REGISTRES
- DE L’ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES,
- Du 2 Septembre 1778.
- 3\ÆEffieurs de Montigny, deVaucanson & Vandermonde ayant rendu compte à l’Académie de la feptieme Partie de l'Art du Fabriquant d'Etoffes de Soie, par M. Paulet ; l’Académie a jugé cet Ouvrage digne de l’impreffion : en foi de quoi j’ai figné le préfent Certificat. A Paris r ce p Septembre 1778.
- Signé, Le Marquis de Condorcet, Sécretaireperpétuel.
- DE L’IMPRIMERIE DE L. F. DELATOUR, 1778*
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