Descriptions des arts et métiers
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- FACTEUR
- Par D. B ed o s de Celles, Bénédictin.
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- AVERTISSEMENT.
- Jl y a certains Arts très-difficiles à décrire non-feulement parce qu'ils tiennent à beaucoup d’autres, mais encore parce qu’ils ne fe préfente pas fréquemment des occallons de les pratiquer. Le Faéleur d’Orgues eft de ce genre ; pour le bien traiter, il faut avoir des principes de Mz^Bmatiques, il fauj^être harmo-nifte , il faut connoître beaucc^Rl'Arts qui tous ^pcourent à faire ce bel & grand inftrument. Il importoit à la perfeélion de l’Hiftoire des Arts dont l’Académie s’occupe que celui- ci fût bien décrit : heureufement tous les talents néceffaires fe font trouvés réunis dans la perfonne de Dom Bedos , Religieux Bénédiétin de la Congrégation de S. Maur ; & plus heureufement encore ce favant Religieux charmé de concourir à la perfeélion de l’en-treprife de l’Académie, a fur le champ acquiefcé à l’invitation que l’Académie lui a faite d’entreprendre la defcription de l’Art du Faéleur d’Orgues. Il a bien voulu en reftraindre la théorie à ce qui étoit abfolument néceffaire pour rendre clairement les opérations pratiques ; & fachant qu’on doit traiter à part les différents Arts dont le Faéleur d’Orgues emprunte des fecours, il n’a pris de ces Arts que ce dont il avoir un befoin abfolu. Notre célébré Auteur a jugé à propos de divifer fon Ouvrage en trois Parties qui paraîtront fucceffiveqient ; elles mériteront d’autant plus l’attention du Public que nous n’avons aucun Ouvrage qui ait traité de la faélure de l’Orgue.
- Signés, Duhamel du Monceau ,
- & Grandjean de Fouchy , Commijjaircs de L'Académie.
- Orgues.
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- FACTEUR
- -P^r D. François Bedos de Celles, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, dans VAbbaye de Saint-Denys en France ; de U Académie Royale des Sciences de Bordeaux*
- L’Orgue eft un inftrument de Mufique à vent, le plus grand & le-plus complet de tous par fbn étendue, le nombre de fes jeux & la variété de fes fons. Il eft compofé d’un grand nombre de tuyaux de différentes eipe-ces, les uns d’étain, les autres de plomb, d’autres de bois ; de quantité de machines néceflàires & propres à gouverner & à leur communiquer le yent qui leur donne le fbn, & d’un grand corps de menuiferie, où le tout eft contenu, appelle le Buffet, accompagné pour l’ordinaire d’un autre plus petit fur le devant \ de grands foufflets, féparés du corps de la machine , fourniffant le vent qui va s’y rendre dans la principale pièce ,1 uppellée le Sommier, d’où il fe diftrîbue à chaque tuyau au moyen du Clavier que l’Organifte fait mouvoir avec fes doigts. Il eft affez ordinaire d’entendre nommer fpécialement Montre de VOrgue ,• cette façade qu’on voit au-dehors, & qui confifte dans la partie du grand corps de menuiferie décorée d’ornements d’Architeélure & de Sculpture, garnie dans fes vuides extérieurs de grands tuyaux d’étain poli, qu’on doit proprement nommer la Montre de VOrgue*
- L’art de conftruire cet inftrument fe nomme la Facture de T Orgue, celui qui l’exerce , Facteur d*Orgues, & Organijle celui qui joue de l’Orgue.
- Je me propofe de traiter à fondée qui concerne cet Art ; & pour le faire avec ordre, je divife ce Traité en trois Parties : la première, qui doit donner la connoiffance exaéte de l’Orgue dans toutes fes parties, expofera aufli les principes méchaniques qui font le fondement de fà cônftruétion : la fécondé, montrera en détail les opérations du Faéleur conftruifant l’Orgue, & fera voir l’application des principes à fon travail, & la néceffité Orgues. A
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- 2 FACTEUR D5ORGUES, l Partie.
- de les y appliquer. Ces deux premières Parties ne feront pas moins inté-reffantes pour les Amateurs & les Àrtiftes, quutiles aux Ouvriers qui fe deftinent à la facture de l’Orgue, & à ceux qui voudront en faire conf-truire. La troifieme Partie fera pour l’Organifte, qui y verra tout ce qui eft de fa compétence , foit pour l’entretien de l’Orgue, lorfqu’on ne peut avoir que difficilement un Faéleur, foit pour donner des devis ou pour vérifier un Orgue, le mélange des jeux, Scc.
- PREMIEP 'S PARTIE.
- Connoifunce de V Orgue ÔL les principes de fa Méchanique.
- Il n’y a point d’Ârt qui n’ait les principes. U n’eft point d’Artifte qui ne doive connoître ceux de là compétence. La faéhire de l’Orgue a les liens, comme tous les autres Arts. Il eft effentiel au Faéleur d’Orgues d’en être inftruit, pour ne pas rifquer de travailler au hazard à la conftruélion d’un inftrument de fi grande confequence, & dont la dépenlè eft toujours fort confidérable. Entre les connoiffiances qu’il doit avoir, il en eft de préliminaires qui, quoiqu’elles ne regardent pas fi direéiement fon Art que celles qui en font l’elfence, ne lui en font pas moins néceflàires. Il eft in-dilpenfable qu’il fâche au moins les principales réglés de la Méchanique, de la Statique Sc de la Menuiferie ; qu’il connoilfe les outils propres à fon genre de travail. Un de les principaux objets, c’eft de connoître tous les différents tuyaux & jeux de l’Orgue , Sc d’én lavoir faire les Diapafons pour leur donner les mefures Sc les dimenfions convenables ; enfin il doit connoître les différentes pièces qui compofent l’Orgue & comment le tout joue; Voilà un précis des connoiffiances que doit avoir le Faéleur d’Orgues.
- Je diviferai donc cette première Partie en fix Chapitres. Dans le premier; je donnerai les principales réglés de la Méchanique Sc enfemble de la Statique, que je réduirai tout fimplement en forme d’axiomes. Dans le fécond, je traiterai brièvement de ce qui eft le plus effientiel dans la Menuiferie, ou pour mieux dire je n’en ferai connoître que les principaux affemblages. Ces deux premiers Chapitres font ces connoiflànces préliminaires dont j’ai fait mention ci-deffus. Dans le troifieme, je décrirai tous les outils propres à la faélure de l’Orgue : Dans le quatrième, je ferai connoître tous les différents jeux de l’Orgue : Dans le cinquième, j’enfeignerai à en faire tous les diapafons : Dans le fixieme, fera la defcription de toutes les pièces & machines qui compofent l’Orgue , Sc comment il joue dans toutes fes parties.
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- Mèchanique, Statique : Des Leviers,
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- CHAPITRE PREMIER.
- Principales notions de la Mèchanique ÔC de la Statique.
- La Mèchanique eft une fcience qui donne les réglés pour augmenter les forces dans les machines, & pour en compofer les mouvements : l’autre fcience qu’on appelle la Statique leur fournit les loix de léquilibre. Je ne donnerai que les principes de ces deux fciences, dont j’ai pris feulement les principales réglés le plus direétement relatives à la compofition des mouvements de l’Orgue, 8c fins iefo^lles on y fait des fautes énormes.
- La fcience de la Mèchanique 8c dJB Statique confifte principalement dans la connoiflance du Levier. Les crSs premières Seélions qui divifèront ce Chapitre, en feront connoître les trois genres ; la quatrième Seétion les Leviers contigus ; dans la cinquième, j’expliquerai ce que c’eft que direction desforces pour employer les leviers avec avantage : & dans la fixieme, je ferai connoître lapoulie pu eo. le moyen de s’en fervir utilement dansl’occafiom
- Section première.
- Levier du premier genre.
- T. On appelle en général Levier, une verge de fer ou de bois, &c. qu’on fuppofe inflexible & fins pefinteur. L’on y remarque toujours trois points qui en conftituent l’efîence : l’un efl: appellé le point d'appui tel que Afig. r, Planche /, fur lequel le levier efl toujours fou tenu. L’autre efl le fardeau, comme F, Sc le troifieme efl nomme la puijfance, comme P, qui donne le mouvement au levier pour faire l’équilibre ou élever le fardeau F; celui-ci s’appelle encore la réfflance.
- 2. Le levier du premier genre, (fig* r ) efl celui dont le point d’appui A efl entre la puiflànce P Sc le fardeau F. Celui du fécond genre, (fig. 2 ) efl celui dont le fardeau F efl entre le point d’appui A 8c la puiflànce P ; 8c celui du troifieme genre, (fig. 3 ) confifle en ce que la puiflànce P efl entre le point d’appui A 8c le fardeau F.
- 3. Le levier du premier genre augmente d’autant plus la force ou l'avantage de la puiflànce P, que le point d’appui A en efl plus éloigné 8c plus près du fardeau F. Il efl bon de confidérer ceci plus en détail.
- Si le point d’appui A efl au milieu de la longueur du levier PB, comme en C y il n y aura point d’augmentation de force ; ce fera un parfait équilibre, en fuppofint que la puiflànce efl égale au fardeau.
- 4. Si le point d appui fe trouve en D > que je fuppofe être au quart de la longueur du levier du côté de la puiflànce, ce fera alors un levier ren-verfe, & il y aura une diminution de force, enforte qu’il faudra que la puiffince P fafle un effort de la valeur de trois livres, pour être égale à un far-
- Planche
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- 4 FACTEUR D’ORGUES, I. Partie, Chap. 1. Secl. 1.
- deau d’une livre ; parce que le levier du côté du fardeau F', eft trois fois plus long que du côté de la puilîànce P ; c’eft-à-dire, que la longueur de P à eft contenue trois fois dans la diftance de Z) à P.
- y. Si le point d’appui fe trouve aux trois quarts de la longueur du levier duxôté du fardeau F9 comme en A> la puiffance P aura un avantage triple, c’eft-à^dire, qu’une livre pofée en P équivaudra trois livres appliquées en B ; parce que la diftance de A a B eft contenue trois fois dans la longueur de Aafy c’eft ainfi qu’il faudra toujours évaluer l’augmentation de la force dans le levier : ,on examinera combien de fois la diftance du point d’appui au fardeau, eft contenue dans la diftance du même point d’appui à la puiffance. Si, par exemple, la premier )?iftance eft contenue huit fois dans la fécondé, une livre du côté de la p fffançe en foutiendra huit du côté du fardeau, Sic.
- 6. Il faut remarquer une autre propriété dans le levier. La puiffance P parcourt d’autant plus d’elpace dans fon mouvement Si le fardeau d’autant moins, que la force eft augmentée. Suppofons que la diftance du point d’appui A au fardeau F foit de quatre pouces , & qu’il y ait vingt pouces du même point d’appui A à la puiffance P ; la longueur de quatre pouces étant contenue cinq fois dans celle de vingt pouces, la force fera augmentée cinq fois ; c’eft-à-dire, qu’une livre appliquée à la puiffance P foutiendra cinq livres fufpendues en P, mais aulïi la puiffance P parcourra, par exemple , cinq pouces, tandis que le bout F ne fera qu’un pouce de mouvement. Il faut en dire de même de toutes les autres proportions félon l’endroit du levier ou fera pofé le point d’appui A.
- j. On reconnoît encore, par cette propriété du levier, combien fa force eft augmentée ; car dans l’exemple précédent, la puilîànce parcourant cinq fois plus d’efpace que le fardeau, l’on juge que l’avantage de la puiffance eft augmentée cinq fois; ou bien, on s’exprime autrement, en difànt que la puijjance efl au fardeau comme un efl à cinq, ce qui veut dire, qu’une livre appliquée à la puilîànce P foutiendra cinq livres fufpendues au point F.
- 8. On obferveraque* quoique nous ne parlions que de l’équilibre dans fout ce que nous avons décrit jufqu’à préfent du levier, nous croyons en dire affez pour exprimer l’augmentation de la force. Tout le monde fait que lorfque deux poids font en équilibre , pour peu que l’un foit augmenté, il pourra enlever l’autre. C’eft ainfi qu’il faudra toujours l’entendre. Quand nous difons, par exemple, qu’un levier augmente l’avantage de la puilîànce huit fois,*ou autrement, que la puilîànce eft au fardeau dans ce levier; comme un eft à huit, il faut entendre qu’un peu plus d’une livre enlevera huit livres.
- Section
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- Méchanique, Statique : Des Leviers.
- Section Seconde.
- Levier du fécond genre.
- p. Nous avons déjà vu (2) en quoi confifte le levier du fécond genre ; il s’agit d’en expliquer les propriétés. Si le fardeau F(fig* 2) eft au milieu de la longueur du levier B P , ou bien, £ la diftance du point d’appui A au fardeau Fy eft égale à la diftance du même point d’appui A , à lapuif-fance P, la force ou l’avantage de la puiflance fera augmentée au double; c’eft-à-dire, qu’une livre en P en foutiendra deux en F; & le bout P parcourra deux fois plus d’efpace que le point F.
- 10. Si le fardeau eft fufpendu au point D, que je fuppofe être aux trois quarts de la longueur du levier du côté du point d’appui A, la force fera quadruple en P \ c’eft-à-dire, qu’une livre en P en foutiendra quatre pofées au point D ; & la puiflance P parcourra 4 pouces, tandis que le point D ne fera qu’un pouce de mouvement.
- 11. Si le fardeau fe trouve au point C, que je fuppofe être aux trois quarts de la longueur du levier du côté de la puiflance, alors la puiflance ne fera foulagée que du quart du fardeau; c’eft-à-dire, que fi le fardeau pefe 4 livres, une puiflance de la valeur de 3 livres appliquée en P fera en équilibre ; & ce point P parcourra, par exemple, 4 pouces, tandis que le point C fera 3 pouces de mouvement. C’eft ainfî qu’il faudra raifonner à proportion du point quelconque du levier où l’on appliquera le fardeau. Du refte ce levier ne peut jamais devenir renverfé, comme celui du premier genre (4) ; car il deviendroit du troifieme genre.
- Section Troisième.
- Levier du troifieme genre.
- 12. Le levier du troifieme genre (j%. 3. ) n’augmente jamais la force; au contraire il la diminue toujours : c’eft celui du fécond genre renverfé. Comme l’on eft obligé de s'en fer.vir quelquefois dans l’Orgue, nous en expliquerons les propriétés, afin qu’on ne croye pas augmenter jamais la force par fon moyen , mais feulement la commodité dans certains mouvements, ce qui le rend dans plufieurs occafions d’un ufàge indifpenfàble.
- 13. Si la puiflance P eft appliquée au milieu de la longueur du levier , elle aura à foutenir le double du poids du fardeau Fy c’eft-à-dire, que fi celui-ci eft de 4 livres, il faudra 8 livres de force à la puiflance P, pour être en équilibré avec le poids ; & le fardeau F parcourra deux fois autant d’efpace que la puiflance P.
- 14. Si lü puiflance eft appliquée en D, que je fuppofe être aux trois quarts de la longueur du levier du côté du point d’appui A, elle aura à foutenir le quadruple du poids du fardeau; c’eft-à-dire, qu’il faudra que la puiflance en
- Orgues. B
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- g FACTEUR D’ORGUES, I. Part. Chap. I. Seü. IF.
- D faffe un effort de la valeur de 4 livres pour foutenir une livre en F; & le bout F parcourra 4 pouces de diftance, tandis que le point D ne fera-qu’un pouce de mouvement,
- ij*. Si la puiflànce eft appliquée au point C,que jefuppofe être aux trois quarts de la longueur du levier du côté du fardeau, il lui faudra la valeur de 4 livres de force pour en foutenir trois appliquées au bout F, qui parcourra 4 pouces d’efpace, tandis que le point C n’en parcourra que 3. Ainfi des autres proportions.
- Sectioh IV.
- Leviers contigus,
- 16. Nous ne parlerons point du levier compofê, c’efls-à-dire, de celui qui a plus de deux bras, comme n’étant d’aucune utilité dans l’Orgue; mais il eft néceflaire de bien connoître les leviers contigus, parce qu’ils font d’up fréquent ufàge. C’eft une fuite de plufieurs leviers qui agiffent les uns fur les autres, comme dans les figures 4 & y. P B F eft un levier qui agit fur un fécond G AC : celui-ci en fait mouvoir un troifieme IDE , & le fardeau total eft H, Ce font trois leviers du premier genre à caufe qu’ils ont chacun leur point d’appui entre la puiffance & le fardeau. P eft la puiflànce du premier levier P B F ; fon point d’appui eft B , de fon fardeau eft F. G eft la puiffance du fécond levier ; A eft fon point d’appui, & C eft fon fardeau. / eft la puiffance du troifieme levier ; D eft fon point d’appui, & E eft le point où le fardeau H eft appliqué. On conçoit a fiez qu’une puiflànce P (j%* 5 ) > tlran£ premier levier de droite à gauche, le bout F baiffe ; que celui-ci faifant defeendre le point G du fécond levier, fait mouvoir de droite à gauche le bout C: que celui-ci pouffe également le bout I du troifieme levier ; ce qui fait monter le bout E & le fardeau H.
- 17. Il s’agit préfentement d’examiner de quelle quantité ces leviers contigus multiplient la force & l’efpace que parcourent la puiflànce P 8c le fardeau H, ou le point E (fîg. 5 ). Le bras PB du premier levier eft au double plus long que l’autre bras BF; ou pour me fervir des expreflions précédentes, la longueur F B eft contenue deux fois dans l’efpace de B a P y par conféquent la puiffance P double fa force, enforte qu’une livre de force appliquée au point P équivaudra à deux livres au point /*; & P
- parcourra, par exemple, 8 pouces, tandis que F ne fera que 4 pouces de
- mouvement.
- Les deux livres de forces de F étant appliquées en G ( qui eft un bras du fécond levier au double plus long que l’autre AC) produifànt en C une force double, c’eft-à-dire, 4 livres, & G parcourant 4 pouces d’efpace, comme nous venons de dire de F > C fera feulement deux pouces de mouvement.
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- Méchanique, Statique : Des Leviers. y
- Le bras ID du troifieme levier eft encore au double plus long que D E; ainfi le point C communiquant 4 livres de force au point /, le bout E en reçoit 8 livres; le point / parcourant 2 pouces de chemin, le bout E ne fait qu'un pouce de mouvement.
- Il s'enfuit que ces trois leviers contigus étant fuppofés dans les proportions que nous venons de détailler, oéluplent la force, & que la puiflànce parcourt 8 fois plus d'efpace que le fardeau ; c'eft-à-dire, qu'une livre dè force en P équivaut à 8 livres en E> lequel parcourant un pouce d'elpaçe, la puiflànce P fait 8 pouces de mouvement.
- 18. Il faut remarquer i°, que fi tous les bras de ces leviers étoient égaux, il n’y auroit ni augmentation ni diminution de force, & que le fardeau Sç la puiflànce parcourroient une égale diftance dans le même temps.
- 19. 20. Qu'il eft indifférent pour l'augmentation de la force dans les leviers ( de quelque genre qu’ils foient ) que leurs verges foient coudées • comme la fig. 5 ; ou droites, comme la jig. 4 ; ils font toujours le même effet, & ils parcourent la même diftance , chacun félon là proportion. Il en fera de même s'ils font en partie coudés & en partie droits ; qu'ils foient pofés horizontalement, ou verticalement, ou d'une maniéré oblique. Il eft encore égal que la puiflànce ou le fardeau agiffent en tirant ou en pouffait, Soit que les tirages foient fort longs ou fort courts , ils font toujours le même effet.
- ao. Les leviers contigus peuvent être entre-mêlés du premier, du fécond ou du troifieme genre, & agir les uns fiir les autres. Chaque genre con-ferve toujours là propriété particulière, telle que je l'ai expliquée dans les articles précédents. ( Voye^ lajîg. 6 ). A P F cfi un levier du troilieme genre. A eft le point d'appui , P la puiflànce, F le fardeau. Ce levier agit fur un fécond qui eft du premier genre ; G eft la puiflànce, B le point d'appui, & C le fardeau. Il agit fur un troifieme levier, qui eft du fécond genre ; / eft la puiflànce, H le fardeau, & E fon point d'appui. La feule infpeébion de la figure fait allez concevoir que fi une puiflànce tire en bas par le point P, le point G doit baifler par la preflion du bout F du premier levier : le point C s'élève alors, & failànt monter le bout / du troifieme levier, éleve le fardeau H,
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- S E C T I O N V.
- De la direction des Forces.
- zi. Tout ce que nous venons de dire des propriétés des leviers, n'eft vrai qu autant qu'on y obferve les réglés au fujet des direétions; fans cela toutes les mefures prifes & tout le calcul fait avec le plus grand foin fe trouveroient faux. On appelle direction des forces dans le levier, une ligne qui reprefente le fens fuivant lequel une puiflànce fait effort en agiflànc
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- Planche
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- 8 FACTEUR D’ORGUES, I. Part. Chap. I. Seiï. V.
- fur le levier ; ou bien, c’eft une ligne fuivant laquelle une puiflance fait mouvoir le levier. Il eft auftî effentiel d’obferver les réglés de la direction des forces à Tégard du fardeau , qu’à l’égard de la puiflance ; parce que le fardeau eft toujours une elpece de puiflance, puifqu’il réiîfte en tirant de fon côté. Ceci s’expliquera par des exemples & par des figures.
- 22. La principale réglé qu’il ne faut jamais manquer de fuivre, c’eft que la direélion de tous les tirages & de toutes les réfiftances-, foit à angles droits ou à l’équerre à l’égard des bras du levier. BAC, (fig. 7 ) eft un levierd ont le point d’appui A eft au milieu. Ce levier eft fuppofé tiré de chaque bout en D Sc en E. Ces deux lignes B E & CD, qui font les deux tirages, forment chacune ce qu’on appelle la direction des forces, ces deux lignes font à l’équerre, dans l’exemple préfent , à l’égard des bras B A Sc A C.
- 23. On voit, (fig. 8 ), un autre levier B A C, dont A eft le point d’appui. Suppofons que les deux bras A B Sc A C font égaux. La direction C K à un bout de ce levier eft à l’équerre à l’égard du bras A C ; mais à f autre bout la direélion B E n’y eft pas, puifquelle eft oblique ; c’eft-à-dire, que le;tirage B E fe fait obliquement, ce qui fait perdre beaucoup de force.
- Pour lavoir au jufte en quelle quantité, prolongez indéfiniment la ligne de direélion B E ,8c tirez-lui de A la perpendiculaire AG. Cette ligne AG eft ; quant à l'effet, la véritable longueur du bras du levier. Mefurez de combien cette ligne eft plus courte que l’autre bras AC du levier, Sc vous fçaurez combien il y aura de force perdue. Si, par exemple, la ligne AG eft plus courte que A C d’un quart, il faudra 4 livres de force en E pour foutenir 3 livres en K. Si elle eft plus courte d’un cinquième, il faudra y livres contre 4, Scc.
- Si la direélion de la force ëtoit B F, il y auroit auftî une quantité conft-dérable de force perdue. Onia reconnoîtra, en tirant du point d’appui A une ligne A D à l’équerfe fur B E; on examinera de combien cette ligne A D eft plus courte que AC, & on fàura par ce moyen la quantité de force perdue.
- 24. La figu r e y repréfente un levier BAC, dont les deux bras B A
- Sc AC font égaux; mais la direélion B E D de l’effort de la puiflance D n’étant point à l’équerre à l’égard du bras B A, il n’y a point d’équilibre, quoique les forces D 8c F foient fuppofées égales ; la force F doit prévaloir. Pour en être convaincu, tirez la ligne A E à l’équerre de la direction du tirage B E D. Cette ligne A E repréfentera, quant à l’effet, la véritable longueur de ce bras du levier , laquelle fe trouvant moindre que l’autre AC, la force de celle-ci doit l’emporter^ /
- 2 J. Le levier BAC, (fig. 10), jouera mal, parce qu’il eft oblique à l’égard de fes deux direélions des tirages B D Sc C F, que je fuppofe
- parallèles :
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- Méchanique , Statique : des Leviers. 9
- parallèles. Ces deux bras B A Sc AC doivent fe confidérer comme étant réellement plus courts qu ils ne le paroilTent ; car il faut fuppofer la ligne F G àTéquerre des direélions des tirages B D Sc CE. Cette ligne F G étant plus courte que le levier B AC y rend le frottement fur le point d’appui ou pivot A plus fenlible Sc plus préjudiciable. Cette dureté augmente par le mouvement circulaire, en parcourant l’arc de a à b, & de d à c. A quoi il faut ajouter que tous ces tirages de travers fatiguent beaucoup le point d’appui ou le pivot qui confume une partie de la force des puif-lances.
- 26. Lorfqu’on fera obligé, par la difpofîtîon des machines, de faire des tirages dans des direélions irrégulières ou obliques, il faudra couder les bras des leviers, enforte qu’ils foient à l’équerre à l’égard de ces direélions, pour profiter de tout l’avantage des leviers. Par exemple, dans la figure 11, la ligne CE reprélente la direélion d’un tirage qui eft à l’équerre avec le bras A C du levier BAC, dont A eft le pivot ou point d’appui ; la direction BD de l’autre tirage, étant oblique, on eft obligé de couder ou de difpofer à l’équerre de la direélion le bras B A de ce levier ; ce qui le rend avantageux Sc régulier, les deux direélions fe trouvant par-là à l’équerre de leurs bras respectifs.
- 2.7. Il faut remarquer i°, que, quoique nous n’ayons parlé dans toute cette Seélion que de l’équilibre dans les leviers que nous avons décrits ; on doit cependant entendre qu’on peut en augmenter la force quand on le jugera à propos, en faifant le bras du côté de la puiflànce d’une longueur proportionnée à l’augmentation de la force que l’on defire, comme noüs l’avons expliqué ( art. 8 ): a0, Ce que nous avons dit dans les fix articles précédents, où nous n’avons donné des exemples que fur le levier du premier genre, eft applicable aux leviers du fécond Sc troifîeme genre* tes direélions de la puiflànce & du fardeau doivent être toujours à l’équerre de leurs bras de leviers relpeélifs.
- Section VI.
- Des Poulies.
- 28. On ne fait prefque jamais aucun ufàge des poulies dans l’Orgue, fi ce n’eft pour faire jouer les fouflets, lorfque la place ne permet pas de fe fervir des leviers ou bafcules ordinaires. Cette machine n’eft pas avanta-geufe a cet égard, comme je le ferai voir. Tout le monde connoît aflez ce que c’eft que la poulie, ainfl je me difpenferai de la décrire. Une poulie feule, lorfqu elle eft fixe, {fig* 13 ) , n’augmente point la force. On ne s’en fert que pour changer la direélion ou pour la commodité de l’homme qui tire avec plus de facilité de haut en bas que de bas en haut. Si la poulie eft mobile, ( Jig. 14), elle augmente la force du double. A eft un clou Orgues. C
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- auquel eft attaché un bout de la corde, & P eft la puiflance qui tire l’autre Planche bout de la corde de bas en haut ; ce qui fait monter le fardeau F'. On voit que cette poulie B eft mobile, puifqu’elle change de place & qu’elle monte avec le fardeau F.
- 29. La Figure if repréfente deux poulies; Tune C eft fixe & fulpendue par là chape au clou D, & l’autre B eft mobile. On voit un bout de la corde attaché au clou A, & l’autre bout eft tiré par la puiflance P pour élever le fardeau F’. Ces deux poulies n’augmentent pas plus la force que celle de la figure 14 ; parce qu’il n’y a que la poulie B qui foit mobile -& celle-là feule double k force : la poulie fixe C n’eft que "pour la commodité du tirage.
- 30. Il n’y a donc, comme nous venons de le dire, que les poulies mobiles qui augmentent la force. Il y a cependant un cas où une feule poulie mobile triple la force. C’eft celui de la Jig. 16: il y a en C deux poulies fixes qui n’augmentent point la force, & J? eft une poulie mobile; mais un bout de la corde étant attaché au bras a, qui fait partie de la chape d de la poulie mobile B, la force devient triple , c’eft-à-dire, que 100 livres appliquées à la puiflance P foutiendront 300 livres en F.
- 31. S’il y a deux poulies mobiles, comme en la Jig. 17, la force fera quadruplée, ou 100 livres feront en équilibre avec 400 livres. U faut ob~ ferver qu’il en eft des poulies comme des autres leviers, à l’égard de l’efpace parcouru par la puiflance : dans la Jig. 17, fi le fardeau/7 monte d’un pied ;
- , la puiflance P defcendra de 4 pieds. En général, il faut toujours compter qu’on tirera d’autant plus de corde que la force fera augmentée. Si la force eft triplée, on tirera trois fois plus de corde que le fardeau ne montera &c.
- 32. Il faut remarquer i°. que lorfqu’on fera obligé de fe fervir de poulies , il eft fort avantageux qu’elles foient grandes, que leurs boulons foient petits, & qu’ils foient fixés dans les poulies, afin qu’ils tournent dans leurs chapes. Par-là on diminuera beaucoup le frottement'. 2°, H faut que toutes les cordes foient parallèles 5 on perdroit d’autant plus de force que les cordes feroient plus éloignées de ce parallélilme. Pour contribuer à l’obferver, on fera un bras a> à la chape B (fig. 16); ou un bras b (Jig» 17 ), à la chape C, pour y attacher un bout de la corde : 30, Il eft eflentiel que les cordes foient extrêmement flexibles. Il faudroit qu’elles fuflent de foie & que la tifllire n’en fût pas ferrée. On ne làuroit croire combien la roideur des cordes fait perdre de force. Avec ces trois conditions on peut abfolumentfe fervir des poulies pour faire jouer une foufflerie ; mais il y aura toujours l’inconvénient que les foufflets delcendront difficilement, &par conféquent ne péferont pas aflez fur le vent; ce qui obligera de les charger plus qu’à l’ordinaire. D’ailleurs on ne pourra les lever que
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- lentement, â eaufe de la quantité de corde qu’il faudra tirer ; car fi le foufflet s’élève de 3 pieds, on fera obligé de tirer 12 pieds de corde. Je fuppofe qu’on fe fervira de la moufle à deux poulies mobiles ( fig. 17). Il n’y aura pas tant d’inconvénient, fi l’on fait ufàge de la moufle {fig. 16); Sc encore moins fi on emploie celle de la fig. iy. Mais on tombera dans un autre; le Souffleur fatiguera beaucoup, ayant la moitié ou le tiers du poids du foufflet à lever.
- Nous aurons occafion dans la fuite de parler de quelques autres réglés de la Méchanique que nous n’expliquons point ici. On les entendra mieux lorfque nous ferons dans le cas où elles pourront être utiles.
- C H A P I T R*,E SECOND.
- De la Menuiferie.
- L’Académie Royale des Sciences fe propofe de donner un traité fur l’Art du Menuifier; ainfi il feroit fort inutile de le décrire ici. Le Faéteur d’Or-gues doit fe procurer cet ouvrage pour acquérir une connoiflance fuffi-fante de la Menuiferie. Mon but n’efl que d’en donner quelques notions au fujet des principaux affemblages qu’on emploie dans certaines pièces de l’Orgue. Par-là je me ferai mieux entendre, quand je décrirai ce qu’il y a de particulier à cet égard dans la conftruélion des différentes parties de cet Infiniment. Mais auparavant il convient de connoître quelques traits la plupart néceflàires à la Menuiferie, & fur-tout pour être en état de trouver les mefures de certaines pièces, & de faire foi-même le plan de l’intérieur & de l’extérieur de l’Orgue, ce qui eft une partie effentielle. Je diviferai ce Chapitre en deux feciions. Dans la première fera la deferip-tion des lignes & traits dont nous venons de parler. Dans la fécondé, feront le nom & la figure des principaux affemblages de la Menuiferie. Ce qui n’empêchera pas que nous n’en difions davantage quand nous enfei-gnerons à conftruire chaque piece de l’Orgue.
- Section Première.
- Définitions <5G conflruclion de plujieurs Figures de Géométrie
- Pratique.
- 33. Langle eft l’ouverture de deux lignes qui fe joignent en un point en s’inclinant l’une vers l’autre, & ces lignes font appellées les cotés de l’angle. Ainfi les lignes AB, CB , {PL II, fig. 18), font les côtés de 1 angle ABC. Il faut remarquer que lorfqu’on indique un angle par trois lettres, celle du milieu défigne toujours l’angle dont on parle. Ainfi quand nous difons 1 angle AB C, la lettre B indique l’angle dont il s’agit.
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- - 34- n y a trois efpeces d’angles. L’angle aigu, lorfqu’il eft plus fermé
- que l’équerre : l’angle droit y lorfqu’il eft à l’équerre ; & l’angle obtus ,lor£-qu’il eft plus ouvert que l’équerre.
- 3 j. Un Triangle eft une figure terminée par trois lignes qui forment trois angles & trois côtés. La figure 19 eft un triangle. /
- 3 6. Un Quarré eft une figure de quatre côtés égaux & à l’équerre. La fig. 20 eft un quarré. Le quarré long eft une figure de quatre côtés, dont les quatre angles font à l’équerre 8c fes côtés oppofés égaux. La figure 21 eft un quarré long, dont les deux côtés A C 8c B D font égaux; & AB 8c C D font aufli' égaux.
- 37. Le Cercle eft un plan terminé d’une feule ligne appellée circonférence , laquelle eft partout également éloignée d’un point qui en fait le milieu, 8c qu’on nomme centre. La figure 22 eft un cercle.
- 38. Le Diamètre d’un cercle eft une ligne droite, qui paflànt par le centre, fe termine à la circonférence, comme H K (fig* 22 ). L trayon ou demi-diametre eft la moitié CK, ou Cf & C eft le centre.
- 39. Pour faire un angle droit, ou a l3 équerre, décrivez un demi-cercle A D B ( fig. 23 ) ; tirez la ligne A B qui palfe par le centre C. Prenez un point à volonté fur cette demi-circonférence, comme D. Tirez la droite du point D sl B ou le demi-cercle eft terminé par la ligne A B. Menez l’autre ligne du même point D en A, où la droite A B coupe la demi-circonférence; je dis que les deux lignes B D 8c DA font à l’équerre.
- 40. D*un point donné fur une ligne droite , en tirer une autre qui lui foit perpendiculaire ou à Véquerre Çfg* 24). Je fuppofo qu’on veuille élever la ligne à l’équerre fur le point C. Pofez une des pointes du compas fur le point C f 8c de l’autre coupez à l’ouverture qu’il vous plaira, les parties égales C D 8c CE. Des points D 8c E, comme de deux centres, & d’une même ouverture de compas, décrivez les deux Arcs ou feulions qui fo coupent en F. Menez de ce point d3 interfeclion F la ligne CF, elle fera à l’équerre avec la ligne A B.
- 41. Elever une ligne à l3équerre à Vextrémité B de la ligne A B. (fig. 25 Marquez à volonté un point C au-deflus de A B. De ce point C & de l’intervalle CB décrivez le demi-cercle ABE. Menez le diamètre A E : du point E où il coupe la circonférence, tirez au point B la droite E B i elle fera à l’équerre avec la ligne A B.
- 42. U un point donné comme C (fig. 2 6), hors la ligne A B, abaifer une perpendiculaire ou ligne a Véquerre fur A B. Mettez une des pointes du compas au point C, & de l’autre décrivez un arc qui coupe la ligne A Bi par exemple/en E 8c on F. De ces points de feétion E 8c F, décrivez avec une même ouverture de compas, deux arcs qui fe coupent en D , & du point C menez au point d’interfeétion D la perpendiculaire requife CD.
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- Conflruclion des Figures. 13
- 43, Mefurer la fuperficie d'un quarré. Je fuppofe que la figure 20, a 6 t pouces à chaque face. Il faut multiplier 6 par 6, Sc on aura 3 6 pouces quarrés»
- Si c’eft un quarré long, comme la figure 21, en fuppofant que le côté AB
- a 3 pouces, Sc que le côté A C en ait 7, on multipliera 7 par 3, & on aura 21 pouces quarrés. C’eft ainfi qu’il faudra toujours multiplier la longueur par la largeur.
- 44. Si le quarré long a, par exemple, 3 pouces 5 lignes de largeur, fur
- 7 pouces 4 lignes de longueur, il faudra réduire chaque dimenfîon en lignes ; ainfi 3 pouces 5 lignes font 41 lignes ; & 7 pouces 4 lignes font 88 lignes. Multipliez donc 88 lignes par 41 lignes, Sc vous aurez 3608 lignes quar-rées qu’il faut réduire en pouces quarrés. A cet effet divifez les 3608 lignes quarrées par 144, qui eft le nombre de lignes quarrées que contient un pouce quarré, Sc vous aurez au quotient 22 , qui feront de pouces quarrés. Ainfi un quarré long de 3 pouces y lignes de largeur fur 7 pouces 4 lignes de longueur, aura 22 pouces quarrés de fuperficie.
- 4J. Trouver la fuperficie du Triangle ABC, (fig, 27 ). Il faut d’abord tirer une ligne C D du fiommet C fur la bafie A B, qui foit à l’équerre fur AB y (42) ce qui donnera la véritable hauteur du triangle. Multipliez cette hauteur CD par la moitié de la longueur de la bafè AB ,& vous aurez la fuperficie du triangle. Par exemple, je fuppofe que la hauteur C D contienne
- 8 pouces 6 lignes, Sc que la bafe, A B ait 4 pouces. Réduifez les deux di-menfions en lignes, vous aurez 102 lignes de C à D, & 48 lignes de A à B, Multipliez 102 lignes par la moitié de 48 qui eft 24, moitié de la bafe AB y Sc vous aurez 2448 lignes quarrées, que vous réduirez en pouces quarrés ; en divifiint 2448 par 144 , vous trouverez au quotient 17;
- C’efl: le nombre de pouces quarrés que contient la fuperficie du triangle ' * — dont il s’agit. „
- 46. Trouver la circonférence d’un cercle dont on connoît le diamètre. Multipliez ce diamètre par 314, & retranchez les deux derniers chiffres du produit ; le refte exprimera la circonférence cherchée. Exemple : le diamètre d’un cercle efl: de 6 pouces ou de 72 lignes. Multipliez 72 par 314, & retranchez les deux derniers chiffres du produit 22608, le refte 226 lignes ou ip pouces fera la circonférence de ce cercle. Cette opération n’eft autre choie que 1 exécution de cette réglé de Trois/100 eft à 314 , comme 72 à 226. Il y a trois fameux rapports du diamètre du cercle cl fa circonférence: celui d’Archimede de y à 22 s celui de Métius de 11:3 a 33*5 , & celui de Lu-dolphe de 100 a 314. Dans la pratique y nous préférons ce dernier rapport aux deux autres , a caufe de la facilité de V opération. Il fujfit, comme on vient de le voir, de multiplier le diamètre par 314, Ô de retrancher les deux derniers chiffres du produit ; parce qu en retranchant ces deux derniers chiffres le produit ejl divifépar 100, Ces deux derniers chiffres expriment des centièmes. Orgues, D
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- r4 FACTEUR D'ORGUES, L Pan. Chap. II. Secl. 1SCIL
- Si Von ne veut pas en tenir compte , on fera bien d'ajouter i au refie du produit, toutes les fois que ces deux derniers chiffres feront plus grands que jo. Ainfi dans le même exemple, fi Von av oit multiplié les 6 pouces de diamètre par 314; le produit auroit été 1884, ce qui auroit défigné une circonférence de 18 pouces , en retranchant les deux derniers chiffres 84 ; mais comme ces deux derniers chifres font plus grands que yo, il vaudra mieux ajouter 1 cl 18, & prendre la circonférence de 19 pouces. Cefi auff la raifon pour laquelle, au lieu de 6 pouces, nous avons pris 72 lignes ; parce que plus les parties ferontpetites, moins on s'écartera de la véritable circonférence.
- 47. Ayant le diamètre d'un cercle trouver ,fa fuperficie. Suppofons que ce diamètre foit de 6 pouces ou de 72 lignes. Cherchez la circonférence (46) , elle fera de 226 lignes ou 19 pouces ; prenez la moitié du diamètre 72 , c'eft 36 ; prenez auffi la moitié de la circonférence 226 , vous aurez 113 ; multipliez 113 par 3 6 , il viendra 4068 pour ' produit. Ce fera en lignes quarrées la fuperficie du cercle dont le diamètre eft de 72 lignes. Si vous voulez favoir combien il y a de pouces quarrés dans 4068 lignes quarrées , divifez 4068 par 144, le quotient 28
- t fera voir qu'il y a 28 pouces quarrés & i dans 4068 lignes quarrées.
- 48. Il faut remarquer que le cercle , le quarré &le quarré long, les feules figures qui font l'objet de cette obfervation, n'ont point leurs circonférences comme les fuperficies. Je veux dire qu’un cercle qui a la même fuperficie qu'un quarré, n'a pas la même circonférence. Il en eft de même d'un quarré 8c d'un quarré long. Us peuvent avoir la même fuperficie, mais non la même circonférence. Le cercle eft la figure qui contient le plus de fuperficie & moins de circonférence. Celui dont nous venons de parler ( 47 ), a un peu plus de 28 pouces quarrés de fuperficie, & n’a qu'environ 19 pouces courants de circonférence; car les 226 lignes font 19 pouces. Le quarré, (fig. 28), dont les quatre côtés font fuppofés avoir 6 pouces, a par conféquent 36 pouces quarrés de fuperficie, & n'a que 24 pouces courants de circonférence. Nous allons voir que la figure de quatre côtés augmente d'autant plus en circonférence (lui fuppofànt toujours la même fuperficie) quelle devient plus longue & plus étroite. La figure 29, eft un quarré long qui eft fuppofé avoir 3 pouces de largeur fur 12 pouces de longueur. Cette figure a donc 5 6 pouces quarrés de fii-perficie, & 30 pouces courants de circonférence. La figure 30 eft un quarré plus allongé, auquel nous fuppofons 2 pouces de largeur fur 18 pouces de longueur. lia 36 pouces quarrés de fuperficie, & 40 pouces courants de circonférence. Enfin, la figure 31 eft un quarré beaucoup plus allongée fort étroit. Nous lui fuppofons un pouce de largeur fur 36 pouces de longueur. Il a comme les autres 36 pouces quarrés de fuperficie; mais fà circonférence eft de 74 pouces courants. Nous verrons en fon lieu l'ufàge de cet article.
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- Ajfemblages de Menuiferie.
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- Section II. Planche
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- Notion des principaux ajfemblages de Menuiferie.
- 49. Les affemblages les plus ufités dans l'Orgue fe réduifent à un petit nombre, tels que les fuivants : La figure 32 repréfente Vafemblage quarrê à tenon & mortaife avec fon épaulement, a , a. b7 efl le tenon, Sc c efl la mortaife.
- ^o. L'aflemblage quarrê à double tenon en enfourchement, (fig, 33 ).
- yi. L'affemblage quarrê a tenon & queue d’aronde en enfourchement,
- (fig. 34 )‘ ^ ten°n> Sce eûla. queue d'aronde,.
- j 2. L'affemblage quarrê à bouvement, (fig*3$)* Il a là moulure en onglet; mais l'affemblage efl: quarrê à tenon & mortaife.
- I3. L'affemblage quarrê £/z enfourchement fimple, ( fig. 3(5 ). On en fait quelquefois à double enfourchement.
- 54. L'affemblage à c&jf, ( 37 ).
- j'y. L'affemblage à onglet> (fig* 38 ). Celui qui n’eft ni quarrê ni à s'appelle en faujfi-coupe. Il en faut fouvent de cette efpece dans l'Orgue.
- $6. L'alfemblage à queue percée, (fig. 35?).
- 5*7. L'affemblage à queue perdue, ou, recouverte en bois de fil, (7%. 40 ).’
- Nous ferons voir l'application de ces différents affemblages à mefure que l'occafion fe préfentera. Nous pourrons auffi en décrire quelqu'autre dont on fait ufage dans des cas rares.
- CHAPITRE TROISIEME.
- Defcription des Outils en ufage dans la Facture de VOrgue.
- 58. Je ne donnerai point les figures des Outils de menuiferie qui font prefque tous néceilàires au Faêleur d'Orgues. Je fuppofe qu'on fera l'acqui-fition du Traité de la Menuiferie dont j’ai parlé précédemment 5 je me contenterai de nommer ceux dont on fefert particuliérement. Ce font les fuivants : l'Etabli de Menuifier avec plufieurs valets. Les grandes & petites Scies à refendre: les Scies à débiter, à tenon 8c tournante. Les Varlopes de trois efpeces, lavoir, la grande Varlope, la demi-Varlope & le Riflard. La Varlope à onglet, le Rabot, le Feuilleret. Les Bouvets de toutes les fortes & bien aflbrtis. Les Guillaumes de plufieurs épaiffeurs. Les Compas ordinaires, un grand Compas à verge. Le Triangle quarrê de plufieurs grandeurs, & un fort grand. Le Triangle onglet , la Sauterelle, le Pied de biche, le Tnifquin fimple & le Trufquin d'affembîage. Un affortiment
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- II.
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- III.
- x6 FACTEUR D’ORGUES, I. Partie, Chap. III.
- de plufieurs Fermoirs de différentes largeurs. Des Cifeaux à planche de toutes largeurs. Des Gouges de toutes efpeces. Des Bedanes de toutes largeurs. Des Râpes en bois de plufieurs fortes. Des Etregnoirs, des Sergens* une Preffe, un' Maillet, le grès à affûter les outils. Des Réglés de toutes longueurs. Il n’eft pas poiïible defe paffer de ces outils. Voici la defcription de ceux qui font propres & particuliers au Faéteur d’Orgues.
- 59. L Enclume, (PI» III. fig. 1) d’environ 18 pouces de long fur ÿ à 6 pouces de large & au moins 2 pouces d’épaiffeur. Elle doit être acérée par-deffus, trempée & polie, & les quatre arêtes un peu arrondies. On l’arrêtera fur un billot de bois {fig. 2 ) , au moyen de quatre tringles de bois, qu’on clouera fur le billot, comme on le voit dans la fig. 2. On pourra mettre fur le billot, au-deffous de l’enclume, quelque mauvais linge ou drap en plufieurs doubles, afin que l’enclume porte mieux. On enfonce ordinairement le billot de bois dans la terre, afin qu’il foit plus ferme. Sa hauteur, hors de terre, aura 22 à 24 pouces y, compris l’enclume.
- 6 o. La Mafie à forger, {fig. 3 ) : c’eft un marteau de 4 livres & demi pelant, dont la tête doit être ronde, très-peu convexe, bien acérée, trempée & polie. Le corps de cette maffe fera quarré ou oétogone, 8c Vœil d’une bonne grandeur & très-fort, afin que le manche tienne bien. On peut en avoir une autre plus petite pour forger avec une feule main dans lé befoin. Il faut remarquer que cette elpece de marteau eft affez fujet à caffer, foit à l’œil, foit que l’acier fe fépare delà tête j ainfi il convient de le faire fabriquer par un Ouvrier bien entendu.
- 61. Une grande Scie a main {fig. 4), pour couper les grandes tables d’étain , lorfqu’elles fe trouvent trop épaiffes pour être coupées au couteau. Cette fcie confifte en une grande lame, dentée affez fin. Elle doit être fortifiée par un dojfier A affez mince. On y voit une poignée de bois plate B, de près d’un pouce d’épaiffeur. On y fait une elpece de fente avec une fcie pour recevoir la lame qu’on arrête dans la poignée au moyen de deux rivures C & D. On y voit une ouverture affez grande pour y paffer les quatre doigts de la main quand on s’en fert. Cette lame de fcie a ordinairement 18 pouces de longueur.
- 62. Une petite fcie a main {fig. y ) , dont toute la monture eft en fer, excepté le manche qui eft de bois. La lame, qui a 10 à 11 pouces de long, eft ordinairement un morceau de reffort de Pendule plus finement denté que la grande fcie à main. On tendra cette lame au moyen de la vis & de l’écrou que l’on voit à fa partie fupérieure. On trouve aifément ces deux efpeces de fcies chez plufieurs Marchands dans toutes les Villes confidérables.
- 63. Une Ecouene { fig. 6 ) , d’environ .10 pouces de long fur 18 à 20 lignes de large. Çet outil eft ordinairement tout en fer, avec un manche
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- Defcription des Outils. î 7
- de bois. Il feroit meilleur s'il étoit d'acier. Le manche doic être coudé * afin que le tenant avec la main, on ne fe bleffe point contre l'ouvrage. On fera une efpece d'enroulement aü bout oppofé au manche, pour y tenir la main gauche, pendant qu'on prend le manche de la main droite. On y fera des dents en travers fur toute la largeur, comme l’on voit en B. Ces dents fe font à la lime comme aux fcies ordinaires ; & lorfqu’elles s'émouflènt par l'ufage, on les rafraîchit à la lime. La figure A repréfente le delfus de l'é-couene , & B fait voir le deffous qui eft denté.
- 64. Grofie Batte à retendre {fig. 7) ; c’eft une piece de bois du plus fort, de deux pieds & demi de long, non compris la queue A qui a ordinairement 6 pouces de long fur deux & demi de diamètre. Cette batte doit avoir deux pouces & demi d’épaiffeur fur 4 pouces de largeur, & les arêtes bien émouffées Sc arrondies.
- 6y. Petite Batte ( fig. 8 ) ; c’eft une piece de bois de chêne ou noyer, d'environ 14 pouces de long, fur deux de large & un pouce d’épaiffeur.
- Elle doit être tant foit peu ou prefque infenfiblement plus grofle dans toutes fes dimenfions dans le milieu, que vers les deux bouts. Toutes les arêtes feront émouffées. Il faut des battes plus petites & plus grandes.
- 66. Le Retendolr {fig. 9 ) ; c’eft une piece de fer plate , de l’épaiffeur
- d’environ 4 lignes. Elle doit être cintrée & bien arrondie fur fon champ, ou fur fon épaiffeur tout à l'entour, comme on le voit dans le profil A. \
- 67. Le Brunijjoir {fig. io ) ; il eft fait comme le retendoir, mais plus mince d'une ligne. Le dos B C D doit être d'acier, bien arrondi, fortement trempé & poli jufqu’au plus grand brillant. On y ajuftera à force un morceau de bois EF, pour le tenir plus commodément. Lorfqu'on aura de grandes pièces à brunir, on y attachera, par une entaille, le manche D G qu'on affermira par le coin H. On voit ce manche féparé {fig.
- 11 ), avec fon entaille /. Il pourra avoir environ deux pieds de longueur.
- 68. Pour polir le bruniiïbir, on pourra s'y prendre de la maniéré fui-vante. Il faut d’abord que la trempe foit la même que celle des limes. On v frottera le dos du bruniffoir avec une petite pierre à l’huile, la paflant toujours en long. On continuera cette opération ( remettant de l’huile de temps en temps ) jufqu’à ce qu'on n'apperçoive plus aucun trait de lime ni imprelfion du feu de la trempe. Quand le bruniffoir fera ainfi adouci, on emportera tous les traits de la pierre à l'huile, en le frottant bien fort dans une efpece de rainure ronde ou fillon très-peu profond de bois de noyer , dans lequel on aura mis de la poudre de pierre du Levant avec de l’huile. On fe gardera d'y en remettre de nouvelle, mais feulement un peu d’huile de temps en temps. On effiiiera le bruniffoir, & on examinera s'il eft
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- parfaitement adouci. Si Ton apperçoit encore quelque trait, on continuera la même opération. Après quoi dans une autre rainure femblable, où Ton mettra de la potée d'étain & de l'huile * on frottera le brunilfoir pour lui donner le brillant. Il eft bon d'avoir quelqu'autre petit brunifioir, auquel chacun donne la forme qu'il juge à propos. On les trempe & polit de même.
- 69. Une forte entaille (fi g. 12 ) , qui fert à tenir les tables d'étain Sc de plomb quand on les travaille. On choifit pour cela un morceau de bois de racine ou noueux, bien liante afin qu'il ne cafie pas aifément lorfqu'on le force avec le coin A (fig. 15 ).
- 70. Une Galere (fig. 14). C’eft une efpece de rabot, avec une queue A far le derrière, & une forte cheville B C qui le traverfe dans le bout antérieur. On en voit la coupe (fig. 13 ), & la façon de la lumière D E ; fbn fer F G eft tout droit. Ce rabot eft ordinairement jémelé en-défions par une plaque de fer, afin qu'il dure davantage ; la ns cela il s'ufe a fiez vite. Toutes les arêtes feront bien émoufîees, fur-tout à la queue A qui doit être a (fez élevée, pour qu’on ne fe bleflê pas en travaillant. -
- 71. Un Rabot à double lumière ( fig. 16. ). Il efl: commode pour raboter feul l'étain & pour finir une piece; il coupe en deux fens. Quand on s'en eftfervi pendant quelque temps dans un fens, Sc que le tranchant du fer efl: ufé, on tourne le rabot dans un fens oppofé, ainfi alternativement félon qu'on s'apperçoit que le tranchant fe tourne. On en voit la coupe (fig. 17 ) > avec la jufte pente que doit avoir le fer, qui eft pofé à rebours. La figure 18 repréfente le defiiis du rabot. A Sc B font les deux ouvertures qui forment les deux lumières. D eft la place du coin, & £ eft la place du fer. On voit a fiez que le coin & le fer fe placent dans une échancrure ou feuillure DE, afin qu'ils foient bien arrêtés & appuyés. Ces entailles vont jufqu'au fond de la lumière. Lafigure 19, fait voir le deflous du rabot & comment les deux lumières font formées. La ligne qui eft au milieu de l'ouverture rèpréfente le tranchant du fer, lequel eft appuyé fur les bouts de la lumière la plus courte : & il a de largeur toute la longueur de la plus longue lumière. Comme il n'eft appuyé que fur deux petites feuillures , on conçoit bien que s'il étoit plus étroit, il ne pourroit pas fervir ; c’eft pourquoi il convient d'en avoir un nombre de parfaitement égaux en largeur. Cette efpece de rabot n'étant pas facile à exécuter en un feul morceau , on le fera dé deux pièces qui formeront les deux côtés, comme on le voit (fig» 17 ) ; Sc lorfqu'on l'aura fini, on colera enfemble les deux pièces, qu'on arrêtera encore par deux fortes rivures ou broches de fer, qu’on rivera fur des viroles. Ce rabot doit être fémelé en fer, làns quoi il feroit bien-tôt ufé.
- 72. Un Rabot de for, (PL IV. fig. 20). Il eft fort commode à plufieurs
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- ufages. Il fert à raboter le plomb ou l’étofFe, auffi bien que les bifeaux: à drefler les bords des lames dont on fait les tuyaux, Sc pour ajufter les pieds avec les corps des tuyaux. On lui donne environ 7 pouces de longueur fur environ 20 lignes de largeur, & 16 à 18 lignes de profondeur extérieure. On le fait tout creux. Le fer i^efi: tourné à rebours, & on l'applique fur un couflînet de bois dur B qu’on a fait entrer bien jufte dans le rabot. On fixe auffi un autre petit couffinet de fer D au bord de la lumière, fur lequel le bout du fer porte. C’eft afin que la force du coin ne puifle pas faire fléchir la femele de fer à l’endroit de la lumière. Il faut que ce petit couflînet D foit hrajé, Sc qu’il tienne toute la largeur intérieure du rabot. On voit une forte traverfe T bien rivée Sc brafée de chaque bout. Elle fert à tenir le coin C, Il ne faut pas manquer de la pofer a fiez près du tranchant du fer. Sur le derrière du rabot, on rivera une forte pointe de fer pour y ajufter un manche de bois M, dans une fitua-tion horizontale. On rivera également une autre piece de fer P fur le bout antérieur, pour fervir de poignée; on en émouflera bien toutes les arêtes. Du refte , tout le corps de ce rabot fera brafé. Sa véritable coupe eft , que le fer foit le plus couché qu’il fera poffible, & fur tout la lumière fi fine, qu’à peine un copeau puifle pafler. Si l’on ne prenoit cette précaution, on perceroit les tables d’étofte en les rabotant.
- 73. Un Couteau a tailler ci bras (fig. 21 ). C’eft une forte lame, allez courte , folidement fichée au bout d’un manche de bois d’environ 18 pouces de long. On en voit a fiez la forme.
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- 74. Un Couteau a tailler a la main (fig. 22 ). Sa lame eft plus petite Sc moins forte que celle du précédent couteau. Son manche a environ y pouces.
- 7j. Une Equerre à rebord (Jig* 23 ). On la fait ordinairement en cuivre ou mieux en fer. Le rebord R ne doit excéder deflous & deflus que d’une ligne tout au plus. Sa lame L aura 7 à 8 pouces de longueur Sc un peu moins d’une ligne d’épaifleur dans tout le corps de l’équerre.
- 76. Des compas de piufieurs grandeurs , depuis un pied & demi de jambe , jufqu’à 5 à 6 pouces. Ils doivent être forts à proportion de leur grandeur. Les plus grands feront faits comme ceux des Tailleurs de pierre ou des Charpentiers, & les petits comme ceux des Menuifiers. Je n’en donne point la figure, cet inftrument étant allez connu.
- 77. Le Trace bouches ( jig. 24 ). Cet inftrument confifte en une planche de bois fort unie, dont la grandeur eft arbitraire. On peut le faire d’environ un pied & demi de longueur, fur 9 à 10 pouces de largeur & 10 à 12 lignes d’épaifleur. Pour le conftruire,on tirera avec un trufquin,à 8 à 9lignes du bord AB , la ligne A B. On en tirera une autre de l’angle C de la planche jufqu’à D, enforte qu’il y ait, des bouts B Sc D > trois eu quatre lignes
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- 20 FACTEUR D’ORGUES, 1. Parue, Chap. III.
- d’une ligne à l’autre. On appliquera une équerre contre le bord A B de la planche j 8c on tracera légèrement vers le bout A C, une ligne AC de toute la largeur de ladite planche ; on en tracera une autre vers E F qui atteigne feulement les deux lignes A B 8c C D. On divifera en huit parties égales l’efpace compris entre les deux grandes lignes, fur celle A C qu’on a tracée avec l’équerre. On en fera autant fur l’efpace compris entre les deux grandes lignes en E F. On marquera un point H, enforte qu’il y ait de C à H trois de ces 8 parties, & de A à C autres trois de ces 8 parties; il en reliera deux entre G 8c H, ce qui fera juflement le quart de la longueur A C, qui fe trouvera au milieu de A C. On fera les mêmes opérations fur la ligne E F entre les deux grandes lignes A B 8c C D ; 8c on en trouvera par ce moyen le quart qu’on marquera par les deux points g 8c h. Et des points G, g8cH,k, on tirera les deux lignes G g 8c H h, de toute la longueur de la planche. On fuivra c es deux lignes avec une plume 8c de l’encre afin qu’elles foient bien vifibles & nettes. On appliquera enfuite deux réglés de 8 à 9 lignes de large , fur 3 ou 4 lignes d’épailfeur, fur les deux grandes lignes A B 8c CD, en force qu’elles foient bien fixées 8c arrêtées bien jufte le long de ces lignes.
- 78. Un Trace - pieds 2 y ). On peut le conftruire fur la même
- planche du côté oppofé au trace-bouche, ou bien fur une autre. On fixera fur le bord de la planche une tringle IK , qui ne fera pas tout-à-fait aufïî longue que la planche. On fichera vers le bout de la planche une cheville de cuivre N, placée de façon que le point ou petit trou qu’on doit faire à fon centre, aligne parfaitement le côté antérieur, de la tringle 1K. Il s’agit préfentement de faire une alidade : pour cela on aura une autre tringle IL, aù-delfous de laquelle, vers le bout I, on fixera avec des ri-vures la petite piece de cuivre Mqui portera un trou d’une grandeur fuf-fifànte , pour que la cheville / puiiïe y entrer librement fans ballotter. Cette piece M fera pofée 8c arrêtée au-deffous de la tringle IL, de façon que le centre de fon trou aligne le côté antérieur de la même tringle IL. On mettra la tringle dans fa place, faifànt entrer la cheville I dans le trou de cuivre M: 8c on connoîtra que tout l’inftrument fera bien fait, fi en approchant la tringle IL contre celle IK, toutes les deux joignent & fe touchent bien d’un bout à l’autre. Quand on ne fe fert pas du trace-pieds, on ôte l’alidade / Z.
- 79. U ne Réglé h tracer les bouches, (fîg. 26). G’eft une piece de cuivre ^ bien dreffée des deux bords, d’environ une ligne d’épaiffeur,un pouce de largeur & 5 pouces tout au plus de longueur. Les deux bouts font relevés à peu près à l’équerre & arrondis comme l’on voit dans la figure. Ce cuivre doit être bien écroui, après qu’on aura ployé les deux bouts.
- 80. Les moules des tuyaux ( fig. 27 ). Ce font des cylindres de bois,
- unis,
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- Unis, ronds 8c bien droits. Il eft néceffaire d'en avoir un nombre coftfi- y .
- dérable de toutes les groffeurs & de différentes longueurs. On fait ordi~ Penche nairement les plus petits en fer, depuis 2 lignes de diamètre jufqu'à 3 ou 4 lignes fur 6 à 8 pouces de longueur. Ceux qui excéderont cette grandeur feront en bois 8c proportionnés aux tuyaux qu'on doit faire. On obfervera que les grands moules doivent être de quelques pieds plus longs que les tuyaux, 8c que tous les autres doivent excéder confidérableinent la longueur des tuyaux auxquels on les deftine. On les ébauche à la varlope,
- & on les finit avec des mouchettes ; mais on ne les fait jamais au tour.
- 81. Les Moules des pieds, fig. 28 , où l'on en voit la forme. Il en faut de toutes les groffeurs ; mais les plus petits font ordinairement de fer. Les moules des pieds qui font deftinés pour les tuyaux de l'intérieur de l'Orgue,feront tous de même longueur, depuis A jufqu'à B. Mais de A en C c'eft une mefure arbitraire. Ceux que l'on deftine pour les tuyaux de la Montre, auront leurs dimenfions particulières, 8c conformes aux pieds des tuyaux qu'on doit faire.
- 82. Les Moules des trompettes (fig* 29 ). Ce font des pièces de bois de figure conique, bien arrondies Se. bien droites. Il en faut de p à 10 pieds de long, & même de beaucoup plus fi l'on doit faire des bombardes. Il n’eft pas néceffaire d'en avoir pour les petits tuyaux de trompette, parce qu'on peut fe fervir des moules des pieds des tuyaux. ( 81 ).
- 83. Les Moules des pieds des Jeux d’anche , ( jig. 30). Ce font des pièces de bois dur, bien arrondies, d’un diamètre tant foit peu plus petit du côté de la pointe que de l'autre bout oppofé. La pointe doit être courte.
- Il en faut de plufieurs groffeurs conformément aux différents noyaux. Ces moules pourront avoir 12 à 14 pouces de longueur.
- 84. Le Pot au blanc (Jig* 31 ). C’eft un pot de cuivre, avec une queue de fer. On fè fert quelquefois d'un vafe de terre, pour mettre le blanc : mais on en caffe fort fouvent ; c'eft pourquoi un pot de cuivre eft plus propre à cet ufage. On y prépare le blanc pour blanchir les bords des pièces qu on doit fonder.
- 8y. Les Fers à fonder , PL V. fig. 32, 33 8c 34 J où ils font repré- y ""«y? fentes dans toute leur grandeur, excepté la queue dont il ne paroîtqu'une ^Ly C] partie 5 elle doit avoir environ iy pouces de longueur, 8c fe terminer pref-qu en pointe. La figure 32 fait voir le fer en perfpeélive; la figure 33 le reprefente geométralement vu par le deffous ou le deffus; la figure 34 ea eft le profil 8c en fait voir l'épaiffeur. A eft le deffous, qui eft un peu bombé. i? C eft limé en talus, & C eft le bout avec lequel on foude. On fait les fers a fouder en fer doux, bien foudé, fans aucune paille ni fur-chauffure. Il faut qu ils foient bien fàins. Sans toutes ces qualités, ils ne Orgues. F
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- 32 FACTEUR D'ORGUES, I. Part. Chap. III.
- m peuvent point fervir. Il en faut trois pour* un Ouvrier. On doit en avoir trois qui foient un peu plus gros que ceux qui font repréfentés dans la figure, pour fouder les-plus grands tuyaux; trois autres qui y foient fem-blables, & trois qui foient plus petits, pour fouder les plus petits tuyaux , ce qui fera 9 fers à fouder. La figure D fait voir la coupe de la queue de tous ces fers, qui ne doit pas être ronde, mais à huit faces inégales. Nous enfeignerons en Ion lieu la façon de les préparer 8c de les entretenir.
- 8 <5. Les Manches des fers à fouder (fig. W ). Ce font deux morceaux de bois de chêne qui font charnière enfemble, au moyen d'une bande de cuir blanc quon cole en dehors. On fera en dedans une entaille ou fillon de chaque côté, de haut en bas, pour contenir la queue du fer. Ils auront y à 6 pouces de long, & feront affez gros, pour qu’ils ne s’échauffent pas fi vite. Il faut en avoir trois pour un Ouvrier, afin qu’il en change à me-fure qu’ils deviennent chauds. La fig. 3y fait voir en petit, comment on pofe le manche, pour tenir le fer à fouder.
- 87. La pointe a gratter (fg. 3 6). On enfonce dans un petit manche dè bois un bout de lame de fleuret, ou bien, une lame de forts cifeaux. On éguife le bout pour former un tranchant de chaque côté, fe terminant en pointe : les deux bifeaux du tranchant feront vers la pointe aux deux côtés de la même face ; 8c l’autre furface du deffous de la lame fera toute plane, comme on le voit dans la figure.
- 88. Une Lingotiere pour la foudure (fig. 37). Ce n’eft autre chofe qu’une planche de bois de chêne ou autre bois folide, de deux à trois pieds de longueur fur environ un pouce 8c demi d’épaiffeur. On y creufera 3 à 4 rainures de y a 6 lignes en quarré, en obfervant que le fond des rainures foit un peu plus étroit que le haut; afin que quand on les aura remplies de foudure, on puiffe la faire fortir aifément. On peut faire une de ces rainures d’un pouce de large , pour faire des lingots plus gros. On ajuftera à chaque bout un morceau de bois pour boucher les bouts des rainures.
- 89. La Brique à fouder (fig- 38 ). C’eft un carreau de terre cuite. On le choifit le plus uni, le plus plan & le plus grand qu’on peut le trouver. Il eft bon d’en avoir plufieurs, pour en changer dans le befoin.
- 90. Un Moule a bifeaux (fig. 39 ). Il eft tout en bois & compofé de deux planches A 8c B, de 3 pieds de longueur fur 4 pouces de largeur & environ iy à 16 lignes d’épaiffeur. L’une de ces planches AD (fig- 40), qui repréfente ce moule en profil, eft toute unie & droite dans toute fa longueur 8c largeur ; 8c l’autre B importe au bord F une plus grande épaiffeur, qui n’excede celle de toute la planche que d’une ligne. On joint ces deux planches enfemble, l’une contre l’autre ; 8c au moyen d’un coin E qu’on met debout entre deux aux deux extrémités, il refte un vuide dans lequel on jette du plomb fondu. Afin que ces deux planches tiennent bien en-
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- femblc, on y met trois entailles, Ç ,C9C, (fig* 39 ) ; & au moyen d'un coin D > D, D, à chacune, on ferre le tout, enforte que le moule contient bien le plomb; Pour plus grande lïireté, on peut mettre encore une enta die de plus à chaque bout. Les coins E déterminent l’épaiffeur de la plaque de plomb. On les change félon les épailfeurs dont on a befoin. Les bords fupérieurs des deux planches vont en pente vers le dedans du moule, on en arrondit encore les arêtes , afin de faciliter l'entrée du plomb fondu. On voit le tout au profil, (fig* 40). On a coutume de peindre tout le dedans du moule de deux bonnes couches de blanc à la colle, afin qu'il réfifte plus long-temps à la chaleur du plomb fondu; & encore mieux, on double en tôle tout fon dedans.
- 91. Des Cifiailles (fig* 41 ). Il en faut de plufieurs grandeurs. Les plus petites feront propres à couper les languettes des jeux d'anche : d'autres un peu plus grandes pour couper les tuyaux en ton, les bifeaux de plomb, &c. les plus fortes le doivent être fuffifimment pour couper du cuivre d'une bonne ligne d'épailfeur.
- 92. Le Calibre des bouches , pour les tuyaux de montre (fig* 42 ). C'efl: une plaque de cuivre jaune bien écroui, en forme de triangle ifof-cele, de 4 pouces de largeur dans la bafe, fur 10 pouces de hauteur. Il doit avoir une ligne d'épailfeur, avec un rebord fàlllant d'un côté, le long de la bafe.
- 93. Un Racloir pour les tuyaux de montre (fig. 43 ). C'efl: une lame de bon acier, trempé & revenu bleu , de 6 à 7 pouces de longueur fur 2 pouces de largeur & d'un quart de ligne d’épailfeur. Il doit être bien uni & poli fur les deux furfaces plates ; c'efl: un outil qu'on fait faire par un Coutelier. On aiguife les deux bords bien quarrément fur une pierre à l'huile, làns lui donner aucune pente. On le palfe fur la pierre en le pouffant félon là longueur & jamais en travers. Il faut le préferver de la rouille.
- 94. Un Couteau à faire parler les tuyaux , fig. 44^ qui le repréfente dans toute fa grandeur. Le manche & la lame doit être tout d'une piece plate. On double le manche de chaque côté, de deux lames d'écaillfe ou de corne, que fon fixe au moyen de trois rivures limées tout ras. Ce couteau doit etre fort, d'une ligne d'épailfeur au dos , & fon tranchant aiguife tant foit peu court; afin que lorfqu'on coupera de l’étain un peu fort, il ne s'ébreche pas ailement.
- 9y. Un Moule à efifayer l'Etain 9 (fig* 45 ). C'efl: un morceau de carreau de terre cuite, ou degrés tendre, d'environ 4 pouces & demi de longueur, 3 pouces de largeur, & de ro à 12 lignes d’épailleur, fur lequel on fait un creux demi-rond un peu conique de 10 lignes de diamètre lur 5 a 6/lignes de profondeur; à un pouce 8c demi de ce creux, on en fait un
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- - ------autre de 4 lignes de diamètre, avec une petite rigole d'un creux à l’autre.
- Planche j^a jigUre X, repréfonte géométralement le plan de ce creux. Et la figure 4J * le profil.
- ======5 96. Le Moule a noyaux { PL VI>fig' 46 )• On le fait en cuivre jaune
- PLyjCHE 8c doux qu'on jette en fonte. Cette figure 46 le repréfente tout fermé Sc dans toute fa grandeur. A eft la charnière. Gn ne voit que le commencement des queues B B, qui doivent avoir environ 10 pouces de longueur. Les ouvertures C, C, C, C, C, font les jets par où l'on jette le plomb fondu. Les ouvertures D, D, D , D , D, qui percent de l'autre côté oppofé, au deffous du moule, fervent à placer des broches de fer, qui ne font pas parfaitement cylindriques, comme nous l'expliquerons bientôt, & dont le petit bout fort un peu par-deiïous. Les autres petits trous £, Ey £, E , £, font deflinés à placer de petites broches de fil de fer, ou encore mieux d'acier, tant foit peu coniques, & qui percent 8c fortent par delfous, comme les grolfes broches.
- La figure 47 repréfente la moitié du même moule vu en dedans. On , y remarque une quantité d'échancrures, qui, avec l'autre moitié du moule,
- qui n'efl: pas ici repréfenté, forment les ouvertures dont je viens de parler. Audi les ai - je marqués par les mêmes lettres. Les échancrures FGy FGyFG, FGy FGy {fig. 47) ? défignent les ouvertures/ qui ne peuvent pas paroître au-deifous de la figure 4 6. Les cinq demi-creux H, H y H y H y H y {fig. 47 ) , forment avec l'autre moitié du moule ( que nous ne repréfentons pas, à caufe qu'il efl; parfaitement femblable) le creux pour faire les Noyaux : il faut remarquer que les échancrures D y D y D , Dy D y font un peu plus larges que celles qui leur correlpondent, F,Fy F, .Fy F ; de même les petites échancrures £,£,£,£,£, font un peu plus larges que leurs correfpondantes Gy G7 Gy Gy G ; le tout afin que les groffes broches auffi bien que les petites, qui ont un peu plus de diamètre en un bout qu'en l'autre, puilfent tenir dans le moule fermé fans tomber.
- 57. La figure 48 repréfente cinq Noyaux en perfpe&ive. Les deux premiers 7, £, s'appellent Noyaux quarrés, étant effeélivement en quelque façon quarrés dans leur élévation, quoique ronds dans leur plan. Les trois autres Ly.MyNy font appellés Noyaux ronds, parce qu'ils font prefque ronds dans leur plan &leur élévation. On en voit mieux la forme & les juftes dimenfions dans la figure 49, où les cinq mêmes noyaux font repré-fentés géométralement. Le moule, {fig. 46 & 47) efl; celui dans lequel on fait ces cinq noyaux. Ceux d es figures 52 & Jr , fe font dans un autre moule fait exprès 8c de même que celui de la figure 46. Toute la diff érence qu'il y a , c'eft que l'un fait cinq noyaux, & l’autre n'en fait que deux. Pour celui de la figure 50, il fert fi rarement que ce n'efl pas la peine de faire la dépenfe d'avoir un moule en cuivre. Il en faut d'ailleurs un fi petit nombre, dans le
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- cas ou Ton en a befoin , qu’on peut le faire en bois 8c enfuite le mouler en plâtre ou en fable. Les fept elpeces de noyaux A, B, C, D 9 E, (fig. 49) ; P9 (jîg. 52 ) ; & Gy (j%. 51) fuffifent pour toutes fortes d’Orgues. Celui Hy (jîg. yo ) ? n’a lieu que dans les Orgues où l’on feroit defcendre la bombarde en ravalement; il n’en faudroit alors que deux ou trois.
- Les cinq noyaux de la figure 49 , font repréfentés chacun avec fes deux broches. C’efl; ainfi qu’ils fortent du moule. O T, P V9 Q X, R T, S Z y font ces broches un peu arrondies à chaque bout. On les fait fortir aifément du noyau par un coup de marteau qu’on donne fur le petit bout. Les lignes ponétuées qui parodient aux noyaux, {fig* , y 1 & yo) repré-fentent la grofleur & la vraie place de leurs broches. On comprend déjà afiez que ces deux broches que l’on met dans le moule, avant d’y jetter le plomb fondu, font deftinées à former deux trous à chaque noyau. Le plus grand fert à pofer l’anche ; & le petit, la rafette ; ce que nous expliquerons plus particuliérement en fon lieu. On doit être averti que toutes les figures de cette Planche repréfentent les pièces dans leur grandeur naturelle. Le trou marqué & ( fig. 47 ) fert à pofer une courte cheville de fer qu’on fait entrer à force, pour qu’elle foit bien fixe. Cette cheville entre librement dans un trou femblable qu’on fait vis-à-vis dans l’autre moitié du moule ; c’efl: pour fervir de repere, afin que les deux moitiés du moule s’unifient enfemble dans leur vraie place.
- 98. Je lais par l’expérience que j’en ai faite, qu’il n’eft pas facile de fo procurer les moules tels que je viens de les décrire. Les Fondeurs qui n’ont aucune connoiflance de toutes les dimenfions qu’il eft eflentiel de donner à ces noyaux , 8c de la pofition de leur broche, y manquent toujours. Il eft d’ailleurs afiez rare dans les Provinces de fe trouver à portée d’un habile Fondeur, capable de bien faire ces moules. Je crois donc qu’il eft à propos de donner les expédients convenables pour les faire faire par les Fondeurs médiocres.
- Toute la difficulté confifte à faire foi-même le modèle ; lequel étant bien fait, tout Fondeur le moulera , le fondra & le réparera aifément. Pour, faire ce modèle , voici comment on pourra s’y prendre.
- On fera d’abord les noyaux fur le tour en bois dur, auxquels on donnera les dimenfions & la forme exactement femblables à ceux qui font repréfentés dans la Planche VI : on y pofera les deux broches en fer, enforte qu’elles tiennent bien. Le tout fera très-uni : on fera une moitié du moule en plâtre, lequel étant encore mou, on y enfoncera juftement à moitié & avec beaucoup de foin les cinq noyaux de la fig, 49, après les avoir mouilles avec de l’huile. Le plâtre étant bien pris , on ôtera tout doucement les noyaux, 8c on dreffera exactement toute la furface de ce moule. On y remettra les noyaux; & fi Ton s’apperçoit, comme il eft ordinaire , qu’ils ne foiertt pas enfoncés juftement à moitié, on corrigera Orgues. G
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- ce défaut en creufant un peu le plâtre pour ceux qui ne feront pas allez enfoncés, ou on en remettra pour ceux qui le feront trop; & fi en ôtant les noyaux, on avoit écorché ou écorné quelque endroit, on le réparera avec du nouveau plâtre. Cette moitié du modèle étant bien dreffée, bien unie, Sc les noyaux bien placés comme il faut Sc bien arrangés, on mouillera légèrement avec de l’huile toute cette farface , tant du moule que des noyaux ; on mettra du plâtre par-deffus pour faire l’autre moitié du modèle. Le plâtre étant devenu fuffilamment dur, on féparera les deux pièces avec beaucoup de précaution ; on ôtera les noyaux ; & au cas qu’il y eût quel-qu’endroit du plâtre enlevé, on en remettra bien proprement. On doit faire ce modèle bien plus épais qu’il ne faut, & on n’y fera point de charnière.
- Ce modèle en plâtre étant bien fec, on en moulera chaque moitié féparément en labié, ou bien on fera faire cette opération par un Fondeur^ pour le jetter en plomb, qu’on unira parfaitement Sc qu’on réparera avec beaucoup de foin. C’efl: alors qu’on fera féparément la charnière en plomb ; on la foudera aux bouts du moule. On fera les queues qu’on foudera suffi en leur place. On fera le trou du repere dans lequel on fichera la cheville de fer. Le tout étant bien fini Sc ajufié, comme s’il devoit fervir, Sc ayant même ôté une partie des épaiifeurs fuperflues, le modèle fera fini. On fera bien attention que toutes les arêtes du dedans foient confervées bien vives.
- Cependant il convient de s’affurer plus particuliérement que ce modèle foit bien fait en dedans. Pour cela , on y mettra les broches, & on y coulera de l’étain fondu, pour y faire des noyaux d’étain, lequel ne fondra pas le plomb ni ne s’y attachera pas , pourvu qu’on ait la précaution d’enfumer ou noircir exactement tout le dedans du moule à la fumée d’une chandelle de réfine, Sc que l’étain ne foit pas plus chaud qu’il ne faut pour bien couler. On verra alors fi les noyaux font bien faits, bien ronds, s’ils fe détachent aifément du moule. Si l’on y apperçoit du défaut, on retouchera au-dedans du moule aux endroits convenables, jufqu’à ce que les noyaux foient parfaits.
- Le modèle étant reconnu bien fait, on ôtera le clou de la charnière, Sc * ‘
- on le fera mouler par un Fondeur. Lorfqu’il l’aura jetté en cuivre bien jaune & bien doux, on le limera en dehors, on le réparera en dedans, on le rendra bien uni, avec des Rifloirs, des Cifelets, ou des Gouges, Scc. On aura foin de eonferver toujours les arêtes du dedans bien vives, Sc que les noyaux fortent aifément. On y en fondra plufieurs fois, Sc on retouchera au dedans du moule jufqu’à ce que les noyaux fe faffent bien. On prendra garde de faire le moule fuffifàmment épais; autrement il arriveroit que la chaleur le feroit envoiler lorfqu’on s’en ferviroit.
- U faut remarquer que les pièces qu’on jette en fonte deviennent tou-
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- jours un peu plus maigres que le modèle. C'eft pourquoi il eft néceffaire de laifler celui-ci un peu plus épais qu'il ne faut.
- çp, Une Etampe pour les anches ( PL VII. fig. J3 ), qui la fepréfente dans toute la grandeur. On y voit aufti fon épaifleur entière. On la fait en cuivre dur, ou mieux en fer forgé. Il y en a qui la font en fer fondu; mais ce n'eft pas fi bien, à caufe de la difficulté qu'il y a de la réparer, cette matière étant trop dure & caflante. Du refte la figure fait aflez voir comment elle doit être. Pour l'exécuter, on fait un modèle en bois, que l’on fait mouler & réparer par un Fondeur; ou fi on la fait faire en fer forgé, on donne le modèle à un Serrurier qui creufera chaque canal avec des Burins & des Gifelets , & finira à la lime. Le deffous de cette etampe eft tout plat & uni. Celle-ci eft fuffifànte pour toutes les Orgues ordinaires. Mais fi l'on doit conftruire une très-grande Orgue , on fera une autre etampe en étain, dont les creux en canal foient plus grands ; elle réfiftera fuffifamment, parce qu'il faut très-peu de ces grandes anches.
- 100. Les Etampoirs (Jig. yq). Ce font des pièces de fer plat, arrondies fur le dos AF> & d'un bout B. L'angle A du bout arrondi B > doit être également arrondi en tout fens. Le bout D & le côté E, ont une forme arbitraire. Il faut avoir autant d'étampoirs qu'il y a de creux dans l'étampe, & ils doivent être d’une épaiffeur & longueur proportionnées à chaque canal, enforte que le plus grand doit être, de deux lignes moins épais que le plus grand canal de l'étampe , & 4 ou y pouces au moins plus long. L'é-tampoir du fécond canal doit être moins épais d'une ligne trois quarts que la largeur de fon canal ; & celui qui va au plus petit, doit être trois quarts de lignes moins épais que la largeur de fon canal, & trois ou quatre pouces plus long. Les largeurs des étampoirs feront à volonté. Il convient que le plus grand ait au moins un pouce de large, & le plus petit la moitié moins. La figure yq repréfente deux étampoirs ; le plus petit , & un des plus grands, marqués tous les deux par les mêmes lettres.
- lor. Les Broches des Anches (Jig* y<5 ) ; on voit toutes les grofleurs de ces broches ( fig. y5 ). Ce font des cylindres de fer, un peu arrondis par le bout fupérieur, comme on peut le remarquer dans la figure y 6, où l'on voit la plus petite broche qui correfpond à celle marquée 21 de la figure yy. Les q ou y plus petites broches doivent être d'acier. Du refte on leur donnera une longueur proportionnée à leur grofleur. Il fuffit d’avoir marqué la longueur de la plus petite, & une des plus grandes, {fig. yô ). On comprendra par-là que celles qui feront encore plus grofles doivent être plus longues. Les longueurs font aflez arbitraires; mais les grofi* feurs font effentielles. On fe conformera à celles qûi font défignées dans la figure y y. Quand on voudra les faire exécuter, on fera, dans une lame de cuivre, des trous égaux à ceux de cette figure, afin que le Serrurier y ajufte les broches.
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- 2.8 FACTEUR D'ORGUES ; I. Part. Chap. III.
- 102. Une grande Lime a drejfer les anches ( PL VIII’. fig. y8 ). Elle doit avoir deux pouces & demi de large fur 14 à iy pouces de longueur. L’épaiffeur eft arbitraire ; elle peut avoir 6 à 8 lignes. Une face fera taillée gros batard & l’autre doux. Il eft néceflàire qu’elle foit bien droite & bien dégauchie. Il faut la faire faire exprès par un faifeur de limes, parce qu’on n’en trouve point chez les Marchands.
- 103. Une Pince à bec ( fig. yp ). Les plus grandes & les plus fortes font les plus commodes. Il eft néceffaire d’en avoir de plates , bien fortes.
- 104. Une pince à long bec ( jîg. 60 ). Elle doit avoir en tout 1 y pouces de longueur, ou environ.
- ioy. D es Vrilles, dont nous ne donnons point la figure ; elle eft affez connue. Il en faut de toutes groffeurs , depuis les plus petites jufqu’aux plus greffes & bien afforties.
- ic6. Des Râpes en bois en queue de rat. Il faut en avoir de plufieurs groffeurs.
- 107. Un Villebrequin (fig. 61 ). Il doit être de fer , & beaucoup mieux en acier. Il réfiftera davantage à la fatigue ; car on l’éprouve beaucoup dans la Faélure de l’Orgue. On le fera un peu plus grand qu’à l’ordinaire. Sa douille où fe mettent les meches eft ordinairement quarrée 8c garnie d’une bonne vis d’acier trempé , afin que fon bout ne fe refoule pas. Il fera mieux de faire le trou de la douille triangulaire , & que la vis appuie fur une des faces. Par ce moyen, les meches tiendront fans vaciller. Ce Villebrequin doit être afforti d’environ yo meches de toutes groffeurs, bien fuivies, & plufieurs femblables, fur-tout des petites, pour qu’on ne foit pas embarraffé quand quelqu’une vient à dépérir. Lû figure 62 fait voir la groffeur de chaque meche. Nous expliquerons en fon lieu, l’ufage des .numéros qui y font marqués.
- 108. Outre les meches dont je viens de parler,'il y a plufieurs antres outils qui s’ajuftent au Villebrequin ^ deux meches plates ( fig. 63 ), l’une un peu plus large que l’autre. Une Fraife (fig* 64 ) ; elle eft taillée comme la noix d’un moulin à café ou à poivre, & ce bout qu’on taille ainfi doit être d’acier non trempé 5 & avoir un pouce & demi de diamètre de A eh B ; fur un pouce 9 lignes de longueur. La queue aura 8 à p pouces. Lorfque cet outil s’ufe, on le lime.
- 109. On ajufte encore au Villebrequin, des pointes pour faire de petits trous dans le bois, & voici comment on les fait tenir. Il faut avoir des aiguilles dont fe fervent les Bourreliers. Elles font de 3 à 4 pouces de longueur. On jettera de l’étain fondu dans un trou qu’on fera d’une grof-leur convenable dans un morceau de bois. L’étain étant encore liquide on y plongera bien droit* le bout percé de l’aiguille; & l’étain refroidi, -on le limera jufqu'à ce qu’il aille jufte dans la douille du villebrequin,
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- faifint attention que l’aiguille s'y tienne bien droite. Et comme ces aiguilles 2 font ordinairement alfez caffantes, avant de leur faire cette tête d’étain , on les fera bluir fur les charbons, pour en diminuer la trempe.
- ixo. Le Tour à fraijer les pieds des* tuyaux (fig; 65 ). Il eft compofe d’une planche A, A j de deux poupées ./?, D ; d’un arbre de cuivre dur CKE, avec la bobine C. On voit le bout E de l’arbre qui eft creux en forme de cône, dans lequel on ajufte un autre cône de cuivre jaune doux (fig* 72 ), qu’on y foude en foudure d’étain.
- La Figure 66 repréfente la poupée B (fig. ). Elle porte une échancrure qu’on voit en perfpeélive (fig* 68 ). On creufe dans cette échancrure une rainure de chaque côté, pour recevoir le couflînet de bois (fig* 67) lequel a une languette de chaque côté. On comprend alfez que quand cette piece efl: dans fa place, elle forme, au milieu de la poupée, un trou propre à recevoir le collet K de l’arbre CKE (fig* ). On arrête enfuite le coulîînet (fig* 6j ) dans là place B , (fig* 6$) au moyen de la cheville G /.
- La poupée B (fig* 65 ), porte un trou vers le milieu de là face, pour y inférer la queue L de l’arbre, (fig* 69 ), Ce trou ne perce point la poupée *, mais on fait une mortaife F ( fig. 65 ) , qui la traverfe dans fon épaillèur, & dans laquelle on fait entrer jufte une piece d’étain contre laquelle la queue de l’arbre appuyé. Cette piece d’étain doit être plus longue qu’il ne faut, afin de la repoulfer un peu, lorfque la queue de l’arbre a ule l’endroit où il frotte.
- La Figure 69 reprêfente l’arbre en profil. L efl: la queue ; M efl: fait en vis , & la figure 71 eft fon écrou. La partie N O de l’arbre efl: quarrée & entre jufte dans le centre de la bobine de bois ( fig. 70 ). Celle-ci efl: arrêtée fur l’arbre entre la portée O & l’écrou. K eft le collet de l’arbre ; K P eft le cône creux ; & Q eft l’autre cône foudé en étain ( à fon bord feulement) dans celui de l’arbre. Il eft au refte néceflfaire de mettre ce fécond cône de cuivre jaune doux, parce qu’à force de fervir, il s’arrondit fi bien en dedans qu’il ne fait plus aucun effet. Alors on met le cône fur des charbons ardents ; il fe détache de lui-même. Lorfqu’il eft entièrement froid , on le bat à petits coups de marteau tout à l’entour, comme fi l’on vouloit 1 arrondir ; après quoi on le foude de nouveau dans fà place. Il faut toujours lailfer un petit trou à là pointe, fàns cette précaution on ne le fouderoit pas aifément. Lorfqu’on fera ce cône, on le foudera avec de la foudure forte , ou, d argent, afin qu’il fouffre le marteau fans fe deiîouder* La Planche A A de ce tour doit avoir environ deux pieds de longueur fur quinze lignes d’épailfeur. Elle portera deux grandes mortaifes pour placer les deux poupées. Celle marquée D entrera jufte dans îà place. Mais celle B qui porte le collet de l’arbre doit avoir fà mortaife plus longue d environ fix lignes, pour pouvoir avancer ou reculer la poupée félon qu’il Orgues. H
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- • fera„néceflaire. Ces poupées fe fixeront au moyen de deux clefs au-deflous de la Planche.
- La grandeur du tour à fraifer eft aflez arbitraire. Il convient de le faire fort, parce quil fatigue confidérablement. L’angle du cône (flg. 72 ) fera de y y à 60 degrés. Il faut remarquer que l’angle de ce cône eft relatif à celui de la fraife, dont nous avons parlé ( art. 108 ,fig- 64)* H faut que l’angle de la fraife foit un peu plus aigu que celui du cône.
- Lorfqu’on veut fe fervir du tour à fraifer , on le fixe fur un établi de Menuifier au moyen d’un valet , & on fait tourner l’arbre à la main avec un grand archet fait d’une forte houfiîne ou bâton flexible d’environ trois pieds de long, dont on entortille la corde à la bobine.
- iir. Un Gratoir a deux bouts triangulaires (flg* 73 ). On le fera faire par un Coutelier, du meilleur acier bien trempé : la figure en fait voir la forme dans toute fa grandeur.
- 112. Un Fer à retendre les languettes, C’eft une petite réglé de fer d’environ 8 pouces de longueur, 9 à 10 lignes de largeur fur 3 ou 4 lignes d’épaiffeur. Elle fera bien drefiee, limée bien plate Sc unie.
- 113. Il eft néceflàire d’avoir quelques limes plates de 8 à 9 pouces de long, pour limer les languettes de cuivre. Il en faut de rudes comme celles d’Allemagne de 2 ou 3 au paquet. Celles d’Angleterre font les meilleures. On ébauche les languettes avec des limes rudes, & on les finit avec d’autres plus douces. Il en fauta tiers-point pour limer les fcies & la fraife, d’autres demi-rondes. L’ufàge dans le travail apprendra aflez de quelles limes on peut avoir befoin.
- 114. Une F Hiere pour les regiflres. C’eft une machine propre à faire des réglés de bois très-exactes dans leur épaifleur ; ce qui eft eifentiel pour les regiflres des fommiers. La flg. 74. (JPL IX.) la repréfente en perfpeétive tout© montée. Elle confifte en un grand rabot, monté dans une boîte, lequel étant mobile fur fon centre de mouvement, peut monter ou defcendre, au moyen d’une vis.
- A B D C, eft le rabot ; D , le haut ou le defliis de fà lumière ; F> le fer du rabot ; E , le coin qui fixe le fer. Le coin & le fer ont un rebord, pour les retirer dans le befoin. Y, eft un des pivots du rabot & fon centre de mouvement. N G /, eft une planche qui forme un côté de la boîte. O H K, l’autre côté de la boîte. L M, eft une autre planche qui fait le fond de la boîte. R Q, eft une traverfe qui lie les deux côtés de la boîte. Z M ; font deux languettes avec leurs rainures qui aflfemblent le fond de la boîte avec les deux planches des côtés ; où il eft à remarquer que les planches des côtés ont les languettes rapportées, & les rainures font faites fur les deux champs de la planche du fond. S T, font deux fortes vis de fer, à tête noyée , qui entrent dans des écrous de fer enchâlfés dans la planche
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- du fond, & qui fervent non-feulement à affermir les deux côtés de la boîte =======
- contre le fond, mais encore à foulager les languettes-dont nous venons' de parler, quirifqueroient de caffer fins cela. On met également deux autres vis de l'autre côté de la boîte. O, N, font deux tringles de bois qu'on peut changer quand on veut, dont la largeur détermine l’épaiffeur des regiftres 5 en forte que lorfqu'on veut les faire plus épais, on met des tringles plus larges. C'eft fur ces tringles que repofe le rabot par fes deux feuillures. P , eft une groffe vis de fer à filets fins qui traverfe fon écrou Z enchâffé dans le bout du rabot. R, eft une clavette fourchue, qui em-braffe un collet creufé à l'entour de la tige de la vis, pour empêcher la vis de monter ou defcendre. Cette clavette eft enchâffée dans la traverfe Q R. On voit que lorfqu'on tourne la vis d'un côté ou de l'autre, il faut néceffairement que le rabot monte ou defcende de ce bout. Il y a à cet effet un elpace fuffifint entre la traverfe Q R & le rabot ; celui - ci eft échancré en cet endroit pour former une place à la traverfe Q R. On fait entrer les regiftres par la grande ouverture IV O qu'on remarque au-deffous du rabt)t ; ce que nous expliquerons quand nous aurons fait le détail de toute la machine. VX, font deux fortes tringles de fer entaillées au défi fous de la boîte & bien arrêtées par deux vis à chacune. Elles fervent à affermir la machine fur un établi lorfqu'on veut en faire ufige.
- La fig ure 75 repréfente géométralement la même machine vue par le côté. Toutes les pièces intérieures paroiffent comme fi le tout étoit tranfpa-rent. F 4, eft le fer du rabot ; E 2 , le coin ; D 3 , la lumière du rabot ; 4, le tranchant du fer ; y , eft un couffinet recouvert d’une lame de fer & bien fixé fur le fond de la boîte; O TV, eft le paffage pour le regiftre qu'on veut travailler. L'endroit le plus élevé du couffinet doit fe trouver exactement vis-à-vis & fous le tranchant du fer F. 20 & 21 eft la largeur de la feuillure ' du rabot. F, eft le pivot qui fert de centre de mouvement au rabot. Il y a un autre pivot de l’autre côté. P, la vis pour hauffer ou baiffer le rabot. Q , la traverfe dans laquelle la vis eft engagée par fon collet, au moyen de la clavette fourchue R, Z, eft l'écrou delà vis P. X, V> font les tringles de fer pour arrêter la machine fur un établi.
- La figure 76 ( PL X. ) repréfente géométralement toute la filière mon-tée, & coupée par le milieu félon fi longueur. F 4, fer du rabot, & 4 fon Planche tranchant. E 2 fie coin ; D 4, la lumière. 5 , le couffinet de bois , recou-vert d'une lame de fer ; & le tout bien affermi contre le fond de la boîte, au moyen de plufieurs ckms à tête noyée & limée ras. P, la vis. Q , la traverfe. R, la clavette fourchue qui embraffe le collet de la vis. Z , l'écrou enchâffé dans le bout du rabot. 12 , 13 , lame de fer dont toute h. furface du deffous du rabot eft doublée. F, eft la tige du pivot, laquelle étant plate & quarrée dans fi longueur, paroît de cette forme , puifqu'elle eft coupé©
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- ; en travers par le milieu. V, X , font les tringles de fer entaillées & arrêtées au deffous de la boîte.
- la figure 77 repréfente en perfpeélive le rabot tout nud & hors de fa boîte. RDC, eft le deffus du rabot; D, fa lumière. 17 P , eft une entaille que la traverfe de la boîte remplit. P, eft le trou où entre la vis. A Z 9 cft la mortaife propre à recevoir bien jufte l'écrou. iy, 16 , font les deux feuillures du rabot. Y, eft un des deux pivots. Gn apperçoit au-delfous dü rabot la femelle de fer.
- La figure 78 repréfente en perfpeélive la boîte de la filiere toute montée Sc lans le rabot. L O H K , eft un côté de la boîte. M N GI, eft l'autre côté. R P Q , eft la traverfe dont on voit le bout du tenon 18. Pyle trou pour recevoir la vis. /?rmortaife dans laquelle fe met la clavette fourchue. O N> les deux tringles de bois fur lefquelles repofe le rabot par fes deux feuillures. Z, M, les deux languettes rapportées fur les côtés. 23 , le fond de la boîte. V, X, les entailles pour recevoir les deux groflès-tringles de fer. 5*, T, les deux vis de fer pour affermir les deux côtés de la boîte contre le fond : la fig. 79 les repréfente en perfpeélive. S, eft la vis , & 14 eft fon écrou qu'on ënchâffe dans la planche du fond. Il faut quatre vis de même avec fon écrou à chacune.
- La figure 80 ( PL XL ) repréfente géométralement le bout antérieur de la filiere. P , eft la vis , R } la mortaife faite dans la traverfe pour recevoir la clavette fourchue. On y apperçoit le collet de la vis. Z, autre mortaife faite dans le bout du rabot 30,27, pour recevoir l'écrou de cuivre. O, N, les bouts des deux tringles de bois fur lefquelles repofe le rabot. Z, M, les deux languettes qui tiennent aux côtés, 27,28, eft l'efpace par où l'on paffe les regiftres pour les travailler. 29 & 30, eft un vuide entre la traverfe & le rabot, pour pouvoir hauffer fe bout antérieur du rabot quand il 1e faut.
- La figure 8r repréfente en perlpeélive la planche du fond de la boîte.1 M y Z , 31, font les rainures. Elles font remplies en un petit endroit au milieu, 24 , de chaque côté, pour fervir de repere aux planches des côtés. S ,T 3 les trous des vis qui affermirent les côtés contre le fond, y , 1e coufo finet de bois dur, recouvert d'une lame de fer dreffée, limée avec grand foin & bien adoucie.
- La figure 82 repréfente en perlpeélive un des côtés de la boîte vu en dedans. M, Z, eft la languette qui eft coupée en S & T y à caufe des trous des vis, & a 2y , pour recevoir le repere 24 ( fig. 81 ). N, O y (fg. 82), une des tringles de bois, fur lefquelles repofe le rabot. Q, la mortaife pour recevoir 1e tenon de la traverfe. 6,7, une piece de fer qu'on voit féparé-ment (fig- 83 ): elle porte au bout, 7, une plus grande épaiffeur, pour fortifier 1e gros trou, qui reçoit le pivot du rabot. Cette piece eft en-
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- châffée bien jufte dans le bois, ( fig. 82 ), & y eft arrêtée par quatre clous à tête perdue. On peut, fi Ton veut, faire la tringle NO fort courte, & n’en mettre qu’un pouce & demi ou deux pouces fur la partie antérieure de la filière ; parce que les pivots ou tourillons du rabot étant juftes dans leurs trous Sc affez^gros, réfifteront de ce côté - là à tous les efforts du rabot. '
- Les figures fui van tes repréfentent les pièces feparées de la machine. La figure 84 eft la clavette fourchue R. La figure 85 , l’écrou Z. La figure 86 , la vis P, avec fa clavette fourchue R, qui en embraffe le collet ; on y voit au fil fon écrou Z, La figure 87 repréfente géométralement la même vis P, où l’on remarque fon collet 33. La figure 89 eft le pivot Y du rabot dont la tige eft quarrée. On l’enchaiTe dans le bout du deffous du rabot, & on l’arrête fortement au moyen de deux longues vis de fer, dont on en voit une (fig- 88 ) : on paffe ces vis par les trous que l’on voit vers les deux extrémités de la tige du pivot : on les fait entrer verticalement à travers toute' la hauteur du rabot, 8c on les arrête par-deffus par les écrous 8. La tête , 9, de ces vis doit être noyée au-delTous de la tige du pivot. On ne fçauroit trop prendre de précautions pour arrêter bien folidement ce pivot, qui doit réfifter à des efforts confidérables. "Lafigure 90 reprëfènte féparé-ment en perfpeétive le couffinet, y, qui doit être très-bien dreffé en travers Sc recouvert, comme nous l’avons déjà dit, d’une lame de fer. La figure 91, eft la traverfe Q. On y voit le trou P de la vis Sc la mortaife Z pour recevoir foh écrou • les deux tenons 11 & 10, entrent dans les mortaifes quarrées des côtés.
- ixy. Cette filiere telle que je viens de la décrire, n’eft pas propre à faire des regitres de plufieurs épaiffeurs fort différentes entre elles, par exemple les uns de 2 lignes Sc les autres de 4 ou y lignes ; mais auffi on n’a^pas be-foin qu’elle ait cette propriété, parce qu’on peut les faire tous delà même épaiffeur dans une Orgue. Lorfqu’ils ont deux lignes Sc demie, ils font fuffi-lamment épais. En général plus ils font minces, mieux ils font leur effet , pourvu qu’ils foient folides. Cependant on peut, fi on le veut abfolument, les faire d’une demidigne plus ou moins épais, fans aucun inconvénient. Cette filiere y fera propre, & c’eft tout ce qu’il faut. Nous expliquerons dans fon lieu , comment il faut aiguifer le fer, & l’ufage de cette machine. Je dois au refte avertir que quand on voudra exécuter cette machine, il faudra doubler toutes les dimenfions : car dans toutes les repréfentations de ces trois Planches IX, X & Xî, j’ai obfervé de donner toujours la moitié de la grandeur naturelle. Ceci doit s’entendre de toutes les figures géométra-les, & non de celles qui font en perfpeétive.
- 116. Comme on fe trouve bien fouvent à faire une Orgue dans des enJ droits où l’on ne peut avoir que fort difficilement du fil de cuivre de la Orgues. I
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- grofleur convenable, il convient d’avoir une filiere a tirer , tant pour écrouir le fil de cuivre , que pour le réduire à la grofleur qu’on demande.
- 117. Un Pot â colle { PL XIL fig. 92) : il efl: de cuivre rouge. On met dans ce pot un autre vafe cilindrique de même matière, dans lequel on met la colle. Il faut que celui-ci porte un rebord qui joigne bien fur l’orifice du pot extérieur, afin que l’eau qu’on y met s’évapore moins par l’ébullition. On, obfervera que le fond du pot intérieur ne touche point le fond du pot extérieur , auquel on peut donner environ 6 pouces de hauteur.
- 118. Un Couteau de bois {fi g. 93 ). C’efl: une piece de bois dur, comme du cormier ou poirier, de trois lignes d’épaifleur vers le milieu D qui confier ve fon épaifleur jufques vers la tête AC, mais aiguifé en A comme un fermoir de Menuifier ; & de D à. B , on le rendra mince en le diminuant peu à peu. Il aura environ 9 pouces de longueur, & fera bien uni.
- 119. Les Cavaliers {fig- 94). On les fait de gros fil de fer écroui de deux lignes de diamètre ; ils doivent faire reflort. Ils auront environ 2 pouces de grandeur. Il en faut environ 24.
- 120. Le Marbre à chanfireiner. C’efl: une piece de marbre plate & bien unie. Sa grandeur efl: arbitraire.
- 121. Un Compas a faire de grands trous (fig. 95 ). Il confifte en une tige de fer quarrée A B , dont le bout C efl: rond. On y rive les deux vis G, F, aufli-bien que la piece LE ; on y aflemble la traverfe M L qui a trois trous, dont ceux qui reçoivent les vis font ronds & celui du milieu I efl: quarré. Deux écrous à chaque vis embraflent la piece ML, & la retiennent ferme à la diftance que l’on veut de la tige A B. La piece ML porte folidement la lame dont le bout L efl: limé en fcie. H efl: un manche de bois ; & D ell un autre manche qui doit tourner comme celui d’un villebrequin.
- 122. Les Tarières pointues {fig. 96 ). Elles font faites en canal dont les deux bords font tranchants. Il en faut 3 ou 4, mais de différentes grofleurs*' La plus grofle peut avoir.deux pouces en A & un pouce en B, fur iy pouces de longueur. La plus petite pourra avoir 9 lignes en A & 4 lignes en B , fur un pied de longueur. Il efl: ordinaire d’ajufter celle-ci au villebrequin. Il ne faut pas manquer de les faire faire aflez épaifles le long du milieu, afin quelles ne rifquent pas de fe tordre quand on s’en fert.
- 123. Les Tarières ordinaires ( fig. 97 ). Il en faut avoir un aflbrtiment depuis 14 ou 15 lignes de grofleur jufqu’à environ 6 lignes, ce qui fera une douzaine de tarières.
- 124. Les Fers à brûler {fig, 98). Ce font des verges de fer d’environ 18 pouces de longueur, dont les deux bouts forment une tête en cône. L’une aura environ 15 lignes de diamètre, & l’autre 7 à 8. Il en faut deux qui foient égaux.
- 125 .Un Anémomètre (fig. 99). C’efl: un infiniment fervant à mefurer
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- la force du vent. Il confifte en une boîte de cuivre A È de deux pouces : de hauteur fur 2 pouces 6 lignes de diamètre. Au-deflus du fond fupérieur il y a trois trous, D 9 A, C; le trou Z) doit avoir 10 à 11 lignes de diamètre ; le trou A , 8 lignes ; 8c le trou C9 6 lignes. On foudera une virole tant £bit peu conique, 8c làillante d'environ 6 lignes, aux trous A & C. Les deux fonds de la boîte feront foudés. On fera un tube D E B F de iô à xx lignes de diamètre. Il aura y pouces 6 lignes de F à E; & le bouc F fera plus bas de 10 lignes que le fond inférieur de la boîte. De D à E 9 il y aura 2 pouces 6 lignes. La partie E D du tube fera prolongée & couchera le fond inférieur B de la boîte. Ce bout fera limé en façon de dents de fcie, comme on le voit en H 9 à la coupe géométrale (fig* 100) du même inllrument. Le tube fera foudé dans fon trou D du fond fupérieur (fig* 99 ) : 8c l'autre partie du tube IB fera foudée contre la boîte à laquelle il touche. Toutes c es foudures doivent être én zinc ou en argent, 8c faites avec grand foin, afin qu'il n'y ait aucun défaut. On mettra un bon bouchon de liege dans la virole C, & un autre dans celle A. On fera un trou dans celui-ci pour y faire entrer à force un tube de verre de Baromètre bien épais, dont le vuide intérieur ait tout au plus une ligne de diamètre. Ce tube de verre aura y pouces de longueur, 8c fera enfoncé d'un pouce dans le bouchon. Il fera par conféquent fidllant de 4 pouces. On colera une petite bande de papier le long du tube fur toute £à partie làillante que l'on graduera de demi-ligne en demi-ligne. On notera ces degrés en commençant en bas de y en y , & en écrivant y, 10 , iy , 20,2y , &c~ La groJÜTeur extérieure de ce tube de verre doit être au moins de 3 lignes & demi de diamètre. On trouve facilement de ces tubes de verre chez ceux qui font des Thermomètres & Baromètres.
- 126. Un Tuyau de ton. On l'appelle quelquefois un Diapafon (fig. 101 C'ell une petite flûte qui fert à donner le ton à l'Orgue 8c aux autres instruments. On le fait de bois dur, comme de buis , ébene verte ou noire, ivoire , &c. On le travaillera au tour, de 6 lignes 8c demie de diamètre intérieur 3 fur y pouces 8 lignes de hauteur de A en B. Ce diamètre intérieur doit être parfaitement égal & uni d’un bout à l'autre. On y fait une bouche en B de 4 lignes 8c demie de large, comme celle d'une flûte à bec. L inllrument fera terminé prefqu'en pointe DE, avec un trou E d'une ligne de diamètre. Il faut que la piece D E, qui forme le pied du tuyau, y foit rapportée en vis. On la voit feparément ( fig. 103 ). On met dans le tuyau une eipece de pifton , fig. 102 , où il eft repréfenté hors du tuyau. Il doit être de trois lignes plus court de C en -F que la longueur intérieure du tuyau. Son diamètre extérieur fera d'un quart de ligne plus petit que l'interieur du tuyau. On le creufera de F en H de deux pouces de profondeur. On fera ce trou auflî grand que pourra le permettre l'en-
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- 36 FACTEUR D'ORGUES , I. Pan. Chap.IIL
- taille circulaire//£, autour de laquelle on colle un cuir bien doux que Ton frottera un peu avec du favon ; enfuite on fera entrer ce piflon ainfi -fini dans fon tuyau, où il doit couler doux & jufte. On marquera le long du pifton les tons qu’on prendra fur une Orgue bien d’accord & bien au ton.
- ~ 12y. Les Aecordoirs Simples (Fl. XIII. ). Ils font repréfentés au nombre
- XlIIôtXlV. 7 dans toute leur grandeur Sc leurs mefures, & marqués A, B , C, D , £ y F, G. Ce font, comme fon voit, des cônes de cuivre , foudés en fou-dure forte & écrouis au marteau. Il ne faut point les tourner, parce que s’ils étaient fi exactement ronds, ils ne feroient point leur effet. On peut feulement -les .polir au tour. - Ils -feront fuffifamment ronds , lorfqu’on les écrouira au marteau.
- 128. Les Aecordoirs doubles. Ils font repréfentés dans toutes leurs grandeurs & dimenfions dans la PL XIV Sc marqués A y B , C, D , E , F. On les fait en cuivre, d’une -demi-ligne d’épaiffeur, foudés en foudure forte ôc les cônes bien écrouis , mais non tournés. On peut tourner les tiges Sc les moulures. Tout doit être creux , même, les moulures, afin qu’ils foient plus légers. Le nombre de fix eft fuffifant' pour toutes fortes d’Orgues. Si Ton veut faire moins de aépenfe, on peut retrancher les moulures. Il convient qu’ils foient forts pour réfifter aux chûtes Sc autres accidents. Le bout inférieur de tous ces aecordoirs qulefttout ouvert, doit avoir un peu plus de diamètre Intérieur que le bout fupérieur n’en a extérieurement.
- 129. Outre ces aecordoirs, il en .eft un autre pour accorder les jeux d’anche. Une lime à queue ou toute autre, eft tout ce qu’il faut. -Un grand couteau- y eft encore propre.
- 13 o. Les Bouchons de foie ( PL XIII. fg. 106 ). Ce font des Loup es de foie qu’on attache au bout d’un fil de fer. Pour cela, on prend un morceau de frange de foie dont on entoure un bout de fil de fer qu’on écrafe d’un coup de marteau. On lie cette frange avec du fil, & on met un peu de cole fur la ligature. Il faut un bon nombre' de ces bouchons de toutes grofleurs & grandeurs.
- 131. La Pointe à faire parler les tuyaux (fgK. 107). Elle eft repréfentée dans toute fa grandeur. Elle eft ronde. Les deux bouts au moins doivent être d’acier non trempé. Le gros bout eft applati Sc termin épar un tranchant fait à la lime d’un foui côté, comme les cifeaux de Menuifier.
- 132. Un Tourne à gauche (fig. Ï08 ). G’eftun outil tout de fer doux
- qui doit être forgé avec foin. Il doit avoir environ 14 pouces de longueur, 6 lignes en quarré vers le milieu D y avec les arêtes abattues ; mais les deux bouts auront au moins 7 lignes en quarré. Le crochet CE portera en £ 4 lignes d’efpace. Les deux boulons A Sc B, qui doivent être ronds, auront 6 lignes de diamètre fur 14 lignes de longueur, Sc 6 à 7 lignes de diftance de l’un à l’autre. ' 133.
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- Jeux de V Orgue»
- £33. La Ratijfoire à nettoyer les foupapes (fig>. 104 PL XII. ). Ce fl: un fil de laiton d’environ un pied de longueur, aflez fort St bien écroui, dont on fait recuire le bout qu’on applatit St élargit, St qu’on replie fort court* Ce repli doit être prefque tranchant,
- 134. Deux petits Etaux à main , l’un pointu St l’autre à mâchoire ordinaire* Un étau portatif à agtaffe aflez fort, & un autre à pied & fixe , qui doit être encore plus fort, du poids de 30 à 40 livres au moins. Un ou deux cifeaux en pierre qui fervent aflez fouvent ; une cuiller de fer à contenir 4 à 5* livres d’étain St une autre plus petite. Des marteaux à main; des tenailles, ôte.
- 13 j* Voilà à peu près tous les outils dont on fè fert communément dans la faélure de l’Orgue. Chaque Ouvrier en invente quelques autres pour là commodité particulière. Je ne parlerai pas ici du‘fourneau , de la chaudière , ni de la table à fondre, &c. Je décrirai tout cela lorfque j’enfeigne-rai à jetter les tables d’étain St de plomb.
- CHAPITRE QUATRIEME. . . , ' Defcription de tous les Jeux de UOrgue*
- 136* C E qu’on appelle un Jeu dans l’Orgue , eft une rangée d’un certain nombre de tuyaux de même efpece , pofès ordinairement fur un même regiftre, qui forment une fuite de tons en progreflîon chromatique de l’étendue convenable à fa qualité. Cette étendue confifte le plus fouvent en quatre oétaves. Il y a des Jeux qui n’en ont que trois, d’autres deux, Stc. parce que les uns font deflinés à faire toutes les parties de la mufique ; d’autres ne font propres qu’à faire des baffes St d’autres le deflus feulement ; de là vient la différente étendue des uns & des autres. Tous les Jeux de l’Orgue peu* vent fe divifer en deux principales efpeces ; les Jeux à bouche, St les Jeux d Anche. Comme il faut les décrire féparément, je diviferai ce Chapitre en deux Seétions. Dans la première, je ferai connoître tous les différents Jeux à bouche j St dans la fécondé, j’expliquerai ce que c’eft que les Jeux d’Anche^
- Section première.
- Jeux à Bouche.
- *37:. Les Jeux à bouche font ainfi nommés, parce qu’ils parlent au moyen de leur bouche, qui eft conftruite d’une façon à produire le fon convenable à la portée du tuyau. Voyons d’abord dans le détail comment eft fait un tuyau à bouche.
- J38. Lafigure 108 (/V, XV ) repréfente en perlpeélive un tuyau à bou-^ Orgues. K
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- 38 FACTEUR D’ORGUES, I. Part. Chap. IF. Sect. 1.
- - , che , qui eft toujours compofé au moins de 3 pièces. ^4 eft le corps du tuyau.
- Planché g en ^ pied. a C b D eft la bouche, a b eft le bifeau. C eft la levre fupé-de la bouche, 8c D en eft la levre inférieure. E eft Vembouchure du tuyau. C'eft un petit trou qui eft au bout inférieur du pied, & par lequel le tuyau prend Ion vent.
- La figure 109 repréfente la coupe géométrale 8c en profil du même tuyau. F en eft le corps. //, le pied. G eft le bifeau , dont on voit l'épaifleur 8c comment il eft coupé en talus fur le bord antérieur e ; il eft mince fur le derrière f. K eft la levre fupérieure ; &/,1a levre inférieure, d eft la hauteur de la bouche. Il faut remarquer un petit jour entre le bord de la levre inférieure I 8c le devant du bifeau e \ ce qui fait une ouverture par où le vent ( pouffé dans le pied H par l'embouchure O ) paffe en forme de lame de toute la largeur de la bouche, 8c va frapper le bord de la levre fupérieure K. Cette petite ouverture ou fente, s’appelle la lumière 9 qui eft formée par l'applatiffèment du bord du pied qu'on appelle levre inférieure , contre le bifeau.’ C'eft par cet artifice que le tuyau donne le fon qui lui eft propre.
- Lafigure ito repréfente le pian géométral du bifeau dont nous venons de parler, e en eft le devant qui eft taillé en talus. L M N eft un chanfrein qu'on fait à l'entour du deffus du bifeau , pour le fouder plus aifément fur le pied du tuyau.
- La figure ni repréfente en perfpeélive le plan du même bifeau. lL%figm 1X2 repréfente le pied du tuyau far lequel on a foudé le bifeau. g yg eft la lumière par où fort le vent en forme de lame. Après avoir foudé le bifeau fur ce pied , on y foude le corps du tuyau ; ainfi l'on voit que le vent n'a point d'autre iffue que par la lumière g g*y tout le refte, à l'entour du bifeau , eft exactement bouché 8c foudé.
- Lafigure 113 repréfente le même tuyau en perfpeélive & vu dé profil. P eft le côté de la bouche, h h eft lafoudure qui joint 8c attache le corps avec le pied.
- La figure 114 repréfente le même tuyau vu par derrière. On y voit la foudure Q R du corps & du pied, auffi-bien que celle S T qui joint ces deux pièces enfemble. On remarque comment le petit bout de chaque pied de tuyau eft fraifé, pour l'arrondir exactement, afin qu'il joigne bien fur le trou dufommier, & pour en refferrer l’orifice ou petit trou qu'on appelle Vembouchure. Il eft effentiel de ne pas la faire plus grande qu'il ne faut. C'eft par-là qu'on donne au tuyau la jufte mefure du vent qui lui convient. Toutes c es figures font de toute la grandeur naturelle, 8c ces tuyaux font de la plus grofle taille. Les pieds de tous les Jeux de l’intérieur de l'Orgue fe font ordinairement de cette hauteur qui eft de 8, ou, bien fouvenc, de 9 pouces.
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- Jeux à Bouche. 39
- 139. Les Jeux à bouche fe divifent en Jeux d'octave ou de fond, 8c en Jeux de mutation. Ceux-ci fe fou-divifent en Jeux fimples 8c en Jeux composés. Les matières dont on fabrique tous ces différents Jeux, fontl’étain ou le bois ou Yétoffé, qui eft un plomb auquel on mêle une partie peu confia dérable d’étain pour le confolider.
- 140. La plupart des Jeux d’octave ou de fond font ou ouverts ou bouchés. S’ils font ouverts , ils portent ordinairement pour nom la hauteur de leur premier tuyau qui eft le plus grand. Ainfl on dit, le 32pieds, le 16pieds le 8 pieds ; parce que le plus grand tuyau de ces Jeux a effeélivement 32 pieds ou 16 pieds ou 8 pieds. Mais le 4 pieds s’appelle Prejlant, 8c le 2 pieds porte le nom de Doublette.
- 141. Il faut remarquer qu’un Jeu, qui eft au double plus grand qu’un autre , fonne une oétave plus bas. Ainfi le 3 2 pieds fonne une oétave plus bas que le 16 pieds : celui-ci fait une oétave plus bas que le 8 pieds. Le Preftant, qui eft un 4 pieds, raijonne une oétave plus haut que le 8 pieds, 8c une oétave plus bas que la Doublette.
- 142. Le Prejlant porte ce beau nom , non pas pour l’excellence de fon harmonie, mais uniquement parce qu’on fe fert de ce Jeu pour accorder tous les autres. On le préféré pour cette fonction , à caufe que tenant le milieu dans fon étendue entre les tons les plus graves des autres Jeux plus grands, & les plus aigus de ceux qui font plus petits , il eft le plus appréciable dans le ton de tous fes tuyaux, le plus fenfible à l’oreille, & par conféquent le plus commode.
- 143. On appelle le 2 pieds Doublette, parce qu’il fonne une double oétave plus haut que le 8 pieds. Celui-ci eft regardé comme le fondement 8c le véritable ton de l’Orgue. Il eft à Uunifjon de la voix naturelle de l’homme , & de prefque tous les inftruments de Mufique , comme le Clavecin , le Violoncel, le Violon, le Serpent, le Baflbn, le Hautbois, la Flûte± &c. Les autres Jeux de l’Orgue ne font, pour ainfi dire, imaginés que pour foutenir 8c orner le 8 pieds.
- 144* Ces quatre Jeux principaux , dont je viens de parler, qui font le 32 pieds, le 16 pieds, le 8 pieds 8c le Preftant ou 4 pieds , donnent leur nom à l’Orgue entier pour donner une idée de fa qualité. Ainfi on dit d un Orgue , C eft un 32 pieds en montre , ou un 16 pieds , ou un 8 pieds * ou un 4 pieds. On met ordinairement ces Jeux en montre , autant que l’emplacement peut le permettre 8c félon la dépenfè qu’on veut faire. Il arrive quelquefois que le local étant trop bas ou trop étroit pour placer le Jeu de 16 pieds a la montre, on en pofe en-dedans les baffes, tandis qu’il n y a que le 8 pieds à la montre. Alors on s’explique autrement en parlant d un pareil Orgue ; on dit : C’eft Un 8 pieds en montre avec un 16 pieds ouvert en dedans. Ç eft toujours un vrai x6 pieds quant à l’effet, quoique
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- 40 FACTEUR D’ORGUES, I. Part. Chap. IV. SeB. 1.
- - ce Jeu ne Toit pas en montre. Il faut en dire de même d’un 4 pieds en montre dorfqu’il y a un 8 pieds ouvert en dedans ; on tient le même langage à proportion. A l’égard de l'étendue de chaque Jeu de l’Orgue ou du nombre de lès tuyaux, nous l’expliquerons bientôt. -
- 145. Il y a deux elpeces de Jeux bouchés. Ce font ceux qui le font entièrement & les tuyaux a cheminée. Ceux-ci tiennent le milieu entre les tuyaux bouchés & les ouverts. Les tuyaux bouchés parlent toujours une oélave plus bas que ceux qui font ouverts, quoiqu’ils ayent la même hauteur. Ainli le 16 pieds bouché fonne le 32 pieds ouvert, oueft à fon unif* Ion : le 8 pieds bouché fonne le 16 pieds: le 4 pieds bouché fonne le 8 pieds, &c.
- 146. Tous les Jeux bouchés s’appellent Bourdons , quand ils appartîen-; nent au fond de l’orgue ; de même ceux qui font à cheminée: tous ces tuyaux, comme nous lavons dit ( 145), parlent une octave plus bas que s’ils étoient ouverts; parce que le vent, au lieu de forcir par le haut du tuyau , comme il arrive à ceux qui font ouverts, s’y trouve arrêté par le couvercle & eft obligé de revenir pour fortir par la bouche ; ainli il parcourt deux fois la hauteur du tuyau. Ceux qui font à cheminée étant en partie ouverts & en partie bouchés , on eft obligé de leur donner prefque la même hauteur, y compris celle de la cheminée, que s’ils étoient ouverts ; à caufe qu’une partie du vent fort par la cheminée , & l’autre partie revient par la bouche ; ce qui exige que ces elpeces de tuyaux, je veux dire les bouchés & à cheminée, foient plus égueulés que ceux qui font entièrement ouverts. Cela lignifie qu’ils doivent avoir la bouche plus haute.
- 147. Les Bourdons portent ordinairement le nom de leur ton. Ainli on appelle le 16 pieds bouché, Bourdon de 32 pieds, parce qu’il parle à l’unifTon du 32 pieds ouvert. Le 8 pieds bouché porte le nom de Bourdon de 16 pieds, pour la même raifon ; & le 4 pieds bouché s’appelle Bourdon de 8 pieds. Cependant celui-ci eft bien fouvent nommé Bourdon de 4 pieds, ou petit Bourdon, parce que c’eft le plus petit de tous. Il eft à l’unifTon du 8 pieds ouvert.
- €48. Ces Jeux de fond d’Orgue ou d’octave peuvent quelquefois n’être pas entiers, & cela pour de bonnes raifons. Par exemple, il eft très-rare que le 32 pieds foient complet, c’eft-à-dire , qu’il y ait effectivement un C Jol ut de 32 pieds. L’Orgue n’en eft pas moins appellé un 32 pieds. On retranche toujours de ce Jeu, au moins, les 4 ou J premiers tuyaux & le plus fouvent 7a 8 ou p. Une des raifons eft que, outre que de fi grands tuyaux feroient d’une grande dépenfe , il feroit difficile ou fort rare de trouver une place alfez Ipacieufe pour pofer un auflî grand Buffet d’Orgue qu’il le faudroit pour cela. Mais la principale raifon eft que
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- ces grands tuyaux exigent une grande quantité de vent qui épuiferoit le Sommier. On eft borné pour la quantité de vent qu’on peut faire fournir parle fommier, parce qu’on l’eft pour le degré d'enfoncement & de force des touches du Clavier. S’il etoit permis de faire enfoncer beaucoup les touches, ou de les rendre dures à baifler, il feroic aifé de faire jouer les grands tuyaux du 32 pieds; on rendroit en ce cas le fommier propre à fournir un vent fuffilànt. Il n’en eft pas de même de la Pédale qui a fon fommier particulier : on n’y eft point borné pour la dépenfe du vent ; par conféquent il n’y a point d’inconvénient a faire jouer un 32 pieds effeétif ^ qu’on appelleroit alors Pédale de Flûte de 32 pieds.
- 149. Il y a auffi plufieurs Orgues où n’ayant pu mettre que le 12 pieds en montre ,ona été obligé de placer les 4 ou y premiers tuyaux du 16 pieds ouvert en dedans , ou bien, ces 4 ou cinq tuyaux font en bourdon de î 6 pieds ; ce n’eft pas moins un Orgue de 16 pieds, en Ipécifiant que c’eft un 12 pieds en montre. Il en eft d’autres où tout le 8 pieds n’eft pas en montre , auquel on n’aura pu mettre, par exemple, que le 6 pieds ; on s’exprimera alors à proportion, comme je viens de le dire , pour le 16 pieds. U en eft de même du 4 pieds.
- iyo. Les Jeux de mutation font ainfi nommés, parce qu’ils ne font pas ordinairement au ton d’oélave des fonds de l’Orgue , en étant à h quinte ou a la tierce. Parmi tous les Jeux de l’Orgue, on diftingue les Jeux [impies
- les Jeux compofés. Ceux-ci font toujours des Jeux de mutation. Les Jeux fimples font ceux qui île eonfiftent qu’en une feule rangée de tuyaux, laquelle on peut jouer féparément de toutes les autres, en forte qu’il n’y ait qu’un foui tuyau qui réponde à chaque touche du Clavier. On appelle Jeux compofés ceux qu’on ne peut pas féparer, confiftants néceftai-rement en un aflemblage de plufieurs rangées de tuyaux ordinairement pofés fur le même regiftre & qui parlent enfomble fur chaque touche du Clavier ; tels font les Fournitures, les Cymbales & les Cornets. La Fourniture eft toujours compofée de 3 ou 4, y , 6 ou 7 rangées de tuyaux ( félon que l’Orgue eft confidérable ) comme fi c’étoient autant de Jeux diftinéh & de toute l’étendue du Clavier. S’il y a, par exemple, cinq rangées de tuyaux, ce font cinq tuyaux qui parient enfomble fur chaque touche du Clavier , Scc. Les Cornets font toujours compofés de cinq tuyaux fur mar~ che, qui parlent enfomble, c’eft-à-dire, qu’ils font compofés de cinq rangées 'de tuyaux.
- 151. On diftingue parmi tous les Jeux de l’Orgue, ceux de meme ou petite taille, de moyenne taille & de grojfe taille. C’eft-à-dire, que les tuyaux de différents Jeux de l’Orgue n’ont pas les mêmes proportions. Suppofons un tuyau de chaque Jeu dont le corps aura 6 pouces de hauteur. Je dis que s’il eft de menue taille , il aura 6 lignes de diamètre. S’il eft de moyenne Orgues. L
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- —r—r??—-» taille & ouvert, il en aura 9. S’il eft de greffe taille & ouvert, il aura 12 lignes. S’il eft bouché , il aura 14 lignes de diamètre. La taille des Jeux varie encore félon la grandeur de l’Eglife où l’on conftruit l’Orgue, 8c félon l’effet que les Jeux doivent faire. v
- x J2. Avant de décrire les Jeux à bouche , il convient de préfenter non-* feulement la figure de chaque efpece de tuyaux qui compofent les différents Jeux, mais encore leurs proportions ; ce qui donnera une idée de ce qu’on appelle menue, moyenne & gro(Je taille. Il faut les remarquer dans la PL XVI, où je les ai repréfentés dans leur grandeur naturelle. J’ai choift
- ^ pour cela un tuyau de 6 pouces de hauteur de chaque e/pece , non compris le pied. On voit en la fig. ïij, un tuyau de très-menue taille, tel qu’il convient au Jeu de la bafie de Viole. La fig. ir6 eft un tuyau de menue taille ordinaire. C’eft ainfi que font les Fournitures de les Cymbales pour le grand Orgue. On les fait d’un peu plus menue taille pour le Po-finf La fig. nj repréfènte la moyenne taille , telle qu’il convient aux Jeux de 8 pieds ouvert, P refiant 8c Double ne. Cette proportion eft également convenable au 32 pieds 8c 16pieds , en fuppolant le tuyau plus grand. On voit dans la 118 fig. un tuyau ouvert de greffe taille, propre aux N a fards, aux Tierces & aux Cornets. La fig. 119 repréfente un tuyau bouché, commè font les Bourdons & certaines baffes qu’on eft quelquefois obligé de faire en tuyaux bouchés, n’en pouvant pas placer d’ouverts. Ce tuyau {fig. 1 rp} a fon couvercle foudé ; mais il eft des Faéteurs qui aiment mieux les boucher à calottes mobiles , comme je l’ai repréfenté en petit {fig. 120 ) On y voit par-deffus là calotte féparée. L’une & l’autre méthode font bonnes, La fig. 121 eft un tuyau à cheminée. U peut être également à calotte ; on foude alors la cheminée fur la calotte. On met toujours des oreilles aux ' deux côtés de la bouche de tous les tuyaux bouchés & à cheminée , comme on peut le remarquer au'xfig. x 19 & 121.
- 153. On obfervera que les proportions des tuyaux à cheminée font ab-folument les mêmes que celles des tuyaux bouchés; ainfi il eft aifé de mettre à cheminée tous ceux - ci ; on n’a qu’à y ajouter la cheminée fur le couvercle. Elle doit être d’autant plus haute qu’on la fait groffe ; & plus elle eft menue, plus elle doit être courte. Les plus greffes ont la moitié du diamètre du corps du tuyau. En ce cas elles doivent être prefqu’auffi hautes que le corps de leurs tuyaux. Il y a des Facteurs qui leur donnent le quart ou le demi-quart feulement de fon diamètre , elles font alors beaucoup plus courtes à proportion. Plus la cheminée eft groffe & haute , plus l’harmonie approche de celle d’un tuyau ouvert ; & plus elle eft courte 8c menue, plus l’harmonie du tuyau approche de celle d’un tuyau bouché. Ainfi dans le choix des tuyaux bouchés ou ouverts, on a égard à l’effet qu’on veut qu’ils faffent.
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- Jeux à Bouche> 43
- IJ4. La fig. 122 (P/. XVI. ) repréfente un tuyau à fiufieau, qui a à peu près la même harmonie que celui à cheminée. On ne remploie gueres que pour les défiés du Nafiard lorfque les baffes font à cheminée ; ce qui eft affez Fufage à préfent pour un pofitif. On voit pourtant encore de bonnes Orgues où le Nafard entier eft en tuyaux à fufeau fur le grand fommier, & fait un bon effet. On fe fert rarement des tuyaux coniques Çfig. 123 ) ; ils font bons pour un deffus de 8 pieds ouvert propre à mélanger dans les Flûtes : ils y font bien, parce qu’ils font un peu plus éclatants que les autres. La fig. 124 repréfente un tuyau ordinaire en bois. Il faut le concevoir beaucoup plus grand quil n’eft dans la figure. Autrefois il. étoit fort ordinaire d’en employer de fort petits, même jufqu’à 2 ou 3 pouces de hauteur. Mais ce n’eft plus i’ufage. On n’en fait gueres de plus petits que d’environ 2 pieds de hauteur ou tout au plus de 18 pouces. J’expliquerai leur conftrudion dans la fuite.
- UL Il eft à remarquer que la taille des tuyaux varie félon la place qu’ils occupent, la fonélion qu’ils doivent faire & l’effet qu’on veut qu’ils produifent. Par exemple, un Cfol ut de 4 pieds de hauteur qui, appartenant au Jeu de 16 pieds ouvert, fe trouve répondre au troifieme C fol ut du Clavier, n’aura en ce cas que 3 pouces de diamètre. Mais s’il appartient au Prefiam, on lui donnera une proportion différente. Comme il fe trouve premier C fol ut de ce Jeu, il faut qu’il ait 3 pouces & demi de diamètre. Tous les Fadeurs d’Grgues ne donnent pas les mêmes proportions aux mêmes Jeux; les uns les font un peu plus gros que les autres. Il en eft qui font partions des deffus gros , d’autres préfèrent de groffir les baffes. Ü ne faut donc pas tellement compter fur les diinenfions que je viens de donner aux tuyaux repréfentés dans la PL XVI, qu’on n’en voie affez fou vent dans des proportions un peu différentes. Mais celies-ci font les plus ordinaires ; ce qui luffit pour faire entendre en général ce que c’eft que menue, moyenne & groUc taille.
- 156'. Il s’agit préfentement d’expliquer dans le détail ce que c’eft que chaque Jeu à bouche, tels qu’ils font communément en ufàge en France. En voici le nombre. i°. Le 32 pieds ouvert. 20. Le Bourdon de 32 pieds. 30. Le 16 pieds ouvert. 40. Le Bourdon de 16 pieds. y°. Le 8 pieds ouvert. 6°. Le Bourdon de 8 pieds. y0. Legros Nafiard. 8°. Le P refiant. p°. La groffe Tierce. io°. Le Nafiard. n°. La Dôublette. 120. La quarte de Nafiard. 130. La T ici 'ce. 140. Le Larigot. iyG. La Fourniture. 16°. La Cymbale. iy°. Le Cornet. 180. La baffe de Viole. Tous les autres Jeux à bouche qui rempliffent an Orgue , ne font qu’une répétition de plufieurs de ceux-ci, auxquels on donne différents noms félon leur fonélion & le lieu qu’ils occupent.
- 157, Mais je crois devoir ici avertir & faire bien remarquer que lorfque je déterminerai la matière foie d’étain , foit de plomb, avec laquelle iis doi-
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- 44 FACTEUR D’ORGUES, 1. Partie, Chap. IV. Sec11.
- vent être fabriques , je ne prétends que faire connoître l’ulàge ordinaire ou ^on en France à cet égard. On en fait un nombre en étoffe, tels que les deffus des Bourdons , les Cornets, les Nafards , les Quartes, les Tierces,
- ' les Larigots 8c quelques Pédales de Flûte. Je penfe, avec d’habiles Facteurs
- d’Orgues, que ce n’efl que par efprit d’économie qu’on emploie le plomb pour tous ces Jeux, & qu’il feroit mieux de les faire en étain ; ils en au-roient plus de fon , plus de tranchant 8c plus d’harmonie. Les pieds de tous les tuyaux de l’intérieur de l’Orgue fe font toujours d’étoffe ; il feroit mieux de les faire en étain. Ce n’efl: pas que cette matière fît rien au fon des tuyaux ; mais elle contribueroit beaucoup à la durée de l’accord & de l’harmonie. Le plomb produit une efpece de rouille blanche en forme de fel qui altéré les embouchures des pieds des tuyaux. Le peu de folidité de cette matière fait que le jour ou la lumière des bouches ne fe maintient pas long-temps comme l’Ouvrier les a mis ; cette elpece de rouille l’altere ; suffi voyons - nous qu’en ce Royaume, on efl obligé d’accorder plus fou-vent les Orgues qu’en Allemagne, où le plomb efl entièrement banni de cet Infiniment, dont tous les tuyaux avec leurs pieds font faits en étain.
- iy8. Le 32 pieds efl un Jeu de moyenne taille , qu’on conilruit en étain fin. C’eft le plus grave ou le plus bas de tous les Jeux de l’Orgue. Voyez: PL XVII, qui contient le tableau de tous les Jeux. Celui-ci parle une oélave plus bas que le 16 pieds ouvert, & il répond au fécond Clavier. Il n’en a pas pourtant toute l’étendue comme je l’ai expliqué art. 148. On peut, fi l’on veut en faire la dépenfe, mettre un 32 pieds à la Pédale; il y feroit très-bien. Il n’auroit alors que l’étendue de ce Clavier qui n’efl tout âu plus que de trois oélaves ; on le nommeroit Pédale de Flûte de 32pieds« On peut faire ce Jeu tout en bois fi l’on ne le met pas en montre.
- iyp. Le Bourdon de 32pieds. C’efl un 16 pieds bouché dont les trois premières oélaves fe font toujours en bois & le refie en étoffe. Ce Jeu doit être de greffe taille. Il efl à l’uniffon du 32 pieds ouvert. Il n’a pas toute l’étendue du Clavier , tout de même que le 32 pieds ouvert. On en retranche toujours plufieurs tuyaux de la première oélave pour les raifons que j’ai détaillées art. 148.
- 160. Le 16 pieds ouvert, qu’on met ordinairement en montre, autant que le local 8c la dépenfe qu’on veut faire peuvent le permettre, efl un Jeu de moyenne taille qui parle une oélave plus haut que le 32 pieds ouvert. On lui donne fans inconvénient toute l’étendue du Clavier, & on le fait en étain fin. Si les grands tuyaux ne font point en montre, on les fait ordinairement en bois. Quelquefois on fait quelques tuyaux de la bafîè en 8 pieds bouché lorfque le buffet de l’Orgue efl: trop petit. Aux grandes Orgues , on met un x6 pieds ouvert à la Pédale, qu’on nomme Pédale de Flûte de 16pieds. Ce Jeu y fait un bel effet.
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- lôl.Le Bourdon de 16 pieds efl un 8 pieds bouché qui parlé à PunifTon du ; 16 pieds ouvert. On fait les deux premières oélaves en bois , & le relie en étoffe. Ce Jeu doit être de groife taille, commetous les Bourdons, pour faire un bon effet. Il efl toujours de toute rétendue du Clavier, fi la place le per-met. Dans les grandes Orgues , on met quelquefois un Bourdon de 16 pieds dans le pofitif ; on peut en mettre un à la Pédale, Ci la place ne permet pas d’y loger un 16 pieds ouvert. On le nomme Pédale de Flûte de 16 pieds.
- 162. Le 8 pieds ouvert, qu’on met ordinairement en montre, efl un Jeu de moyenne taille qui parle à l’oélave du 16 pieds. On le fait en étain, & on lui donne toute l’étendue du Clavier. Voy. l’art. 143. Dans les Orgues dont la montre efl un 16 pieds, on met un 8 pieds en montre au Pofitif Dans celles qui font moindres, on ne met qu’une partie du 8 pieds à la montre du pofitif, & on fait en bois les grands tuyaux de la baffe qu’on met en-dedans. Le 8 pieds du Pofitif doit être de moyenne taille & égal à celui du grand Orgue,
- Dans les grandes Orgues , on ne fe contente pas d’un feul 8 pieds ouvert, on en met bien fouvent deux. On peut faire le fécond d’une taille un peu plus greffe. On le nomme , pour le diflinguer de l’autre, Flûte ouverte de 8 pieds , ou, fécond S pieds. On ajoute encore quelquefois un autre 8 pieds dans les deffus, de l’étendue de deux oélaves & demie feulement, qu’on nomme Flûte de 8 pieds , ou , troijieme 8 pieds.
- 163. La principale Flûte de laPédale efl un 8 pieds ouvert de groffe taille, dont la baffe, c’efl-à-dire, les 12 ou 18 premiers tuyaux fe font en bois, & le refie d’étoffe. On nomme ce Jeu, Pédale de Flûte de 8 pieds. Dans les grandes Orgues, on met un fécond 8 pieds ouvert tout en étain. Alors pour diflinguer ces deux Jeux, on nomme Y un première Pédale de tlûte de 8 pieds, & l’autre fécondé Pédale de Flûte de 8 pieds.
- 164. Le Bourdon de 8pieds, qui efl un 4 pieds bouché, qu’on appelle auffi petit Bourdon , ou, Bourdon de 4 pieds, àTuniffon du 8 pieds ouvert* C efl un Jeu de groffe taille, de toute l’étendue du Clavier, dont on fait la première oélave de la baffe en bois, Sc le refie en étoffe , tout bouché ou à cheminée. On en met un femblable au Pofitif. On l’emploie encore à la Pédale dans les petites Orgues lorfqu’il n’y a pas affez de place pour une Pédale de Flûte de 8 pieds ouverte. Il faut ajouter qu’il n’y a point d’Orgue ou il n y ait au moins un petit Bourdon pareil, pour fervir de fondement à l’harmonie ; {ans quoi 1 Orgue parleroit une oélave plus haut ; ce qui feroit un aigu défagréable.
- l6y. Le gros Nafard. C’efl un Jeu de mutation, de groffe taille , tout ouvert, & a la quinte du 8 pieds. Son plus grand tuyau efl de y pieds 4 pouces. Il efl de toute 1 etendue du Clavier. On en fait quelques tuyaux de la baffe en bois , & le refie d étoffe. On ne met ce Jeu que dans les Orgues Orgues. iVl
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- de 16 pieds 3 à plus forte raifon dans les plus grandes. Quelquefois on met un gros Nafard à la Pédale, qu’on nomme Pédale de gros Najard ; mais ce n’eft que dans les plus grandes Orgues.
- 166. Le Prefant eft un quatre pieds ouvert, de moyenne taille, qui parle une oélave plus haut que le 8 pieds ouvert. On fait ce Jeu en étain fin & de toute l’étendue du Clavier. On en met un femblable dans le Pofitif. On emploie toujours à la Pédale un 4 pieds ouvert, de grofle taille , qu’on fait en étoffe, ou quelquefois les plus grands tuyaux en bois. On nomme ce Jeu Pédale de Flûte de 4 pieds. Il y a un autre Jeu dans l’Orgue, qu’on met le plus fouvent au Pofitif, qui eft à l’unilTon du Preftant. C’eft un deux pieds bouché ou à cheminée tout en étoffe. On le nomme fimplement Flûte. Il eft plus néceffaire dans le Pofitif que dans le grand Orgue.
- 167. La grojfe Tierce eft un Jeu de mutation , de groffe taille, tout ouvert , conftruit en étoffe, de toute l’étendue du Clavier , & qui parle à la tierce du Preftant. Pour que ce Jeu faffe bien dans un Orgue , il faut qu’il y ait au moins un Bourdon de 16 pieds. On ne le met jamais dans le Pofitif. On l’emploie quelquefois à la Pédale, & on le nomme alors Pédale de grojje Tierce. Son plus grand tuyau eft de 3 pieds 2 pouces.
- 168. Le Najard eft un Jeu de mutation, de groffe taille, tout ouvert. On le fait en étoffe & de toute l’étendue du Clavier. Il parle à la quinte du Preftant, ou à l’oélave du gros Nafàrd. On emploie ce Jeu dans toutes les Orgues tant grandes que petites. On en met toujours un dans le Pofitif, qu’on fait en cheminée & de plus menue taille. On peut faire les deflus en fufeau. Dans les grandes Orgues, on emploie quelquefois ce même Nafàrd ouvert à la Pédale, avec tous les autres Jeux que j’ai dit ci - deflus pouvoir être mis à la Pédale. On le nomme Pédale de Nafard. Son premier tuyau a 2 pieds 8 pouces.
- 169. La Douhlette eft un Jeu d’oélave & ouvert, de moyenne taille. On le fait en étain fin 8c de toute l’étendue du Clavier. Il parle à l’oélave du Preftant/ou à la double oélave du 8 pieds ouvert. Son premier tuyau a 2 pieds de hauteur. On met une Doublette femblable dans le Pofitif. On emploie ce Jeu dans toutes les Orgues.
- 170. La Q^uarte de Nafard eft un Jeu ouvert & de mutation , quoiqu’à l’uniffon de la Doublette ; on lui donne toute l’étendue du Clavier. Comme on le fait toujours en étoffe, de groffe taille, & qu’il eft deftiné à être toujours mélangé avec les Nafàrds & les Tierces préférablement à la Doublette^ il eft regardé comme un Jeu de mutation. On le nomme Quarte de Nafard -parce qu’il fonne effeélivement une quarte au-deffus du Nafàrd. On emploie auffi ce Jeu dans le Pofitif, & on le fait alors un peumoins gros de taille. Son premier tuyau a 2 pieds. On met quelquefois une Quarte de Nafàrd à la Pédale.
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- XJt. La Tierce eft un Jeu ouvert & de mutation , de groITe taille , qu’on « fait ordinairement en étoffe, quelquefois en étain , & de toute 1' étendue du Clavier. Il parle à la Tierce de la Doublette , ou à l'oétave de la groffe Tierce. On emploie auflî ce Jeu dans le Pofitif, mais d'une taille un peu moins groffe. On le met quelquefois à la Pédale. La Tierce eft en ufage dans toutes les Orgues. Son premier tuyau a ip pouces.
- 172. Le Larigot eft un Jeu ouvert & de mutation, de groffe taille, qu'on fait en étoffe & de toute l’étendue du Clavier. Il parle à la quinte de la Doublette , ou à l'oétave du Nafàrd. C'eft le Jeu le plus aigu de l’Orgue. Il n'eft en ufage que pour le Pofitif, dans lequel on le met toujours. Son premier tuyau eft de 16 pouces.
- 173. La Fourniture eft un Jeu compofé & de mutation, de menue taille & du meilleur étain fin. On lui donne toute l'étendue du Clavier. Sa pro-grefîîon eft différente de celle des autres Jeux, comme on peut le remarquer dans le Tableau (PI. XVII). La Fourniture eft compofée au moins de trois rangées de tuyaux, dont le nombre de chaque rangée eft égal à celui des touches du Clavier ; & fept rangées au plus la rendent complette aux plus grandes Orgues. Quelque nombre de rangées de tuyaux que l'on y mette, fa progreffîon va ainfi en montant : uc 1 ; ut 'K Z ; re 3 ; mi 4;mi f;fa6 ; faxj; fol 8 ; fol% $> ; la 10 ; fi * 11 ; fi 12 ; ut 13 ; lien 14 ; re iy ; mi* 16 ; mi 17; ici 1 z fa 6 précédent reprend , & on pourfuit jufqu'au mi 17 fuivant inclufivement ; après lequel le même fa 6 reprend encore, & on pourfuit jufqu'au dernier tuyau fans autre reprife. La fécondé rangée eft à la quinte delà première avec les mêmes reprijes. La troifieme langée eft à l'odtave de la première avec les mêmes reprifès. La quatrième rangée eft à la quinte de la troifieme , ou ce qui eft le même à l'oélave de la fécondé, &c. c'eft ce qu'il faut examiner dans le Tableau. Les nombres qui font écrits après chaque note défignent la progreffîon de ce Jeu, de même que les notes. Ils ont encore une autre utilité dont nous parlerons dans la fécondé Partie.
- 174. On ne met pas dans les petites Orgues toutes les fept rangées de la Fourniture comme elles font marquées dans le Tableau ; on fe contente de prendre la cinquième, la fixieme & la feptieme rangées. Dans des Orgues plus confidérables , on en met 4 rangées ; on y ajoute alors la quatrième rangée ; dans les 16 pieds, on en met cinq rangées, lavoir, la troifieme, la quatrième, la cinquième, la fixieme 8c la feptieme rangées. Mais dans les plus grandes Orgues, on emploie la Fourniture entière telle qu’elle eft dans le Tableau. Pour le Pofitif, s’il n’y a point de 8 pieds ouvert, on ne mec que les trois dernieres rangées de la Fourniture , c'eft-à-dire , la cinquième la fixieme & la feptieme. S’il y a un 8 pieds ouvert, on emploie les quatre dernieres rangées. On mettoit ce Jeu anciennement dans l'Echo, 8c même à
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- 48 FACTEUR D’ORGUES, I. Part. C%>. IF. Secl. I.
- : la Pédale. Mais ce n’eft plus l’ufage ; on ne remploie qu’au grand Orgue
- 6 au Pofitif. Du refte quand on voie en certaines Orgues des Tirans nommés greffe Fourniture , ce n’eft autre chofe que la feule Fourniture , dont on divife les rangées fur deux regiftres, afin d’éviter la trop grande largeur qu'un feulauroit fi l’on y plaçoit la Fourniture entière , de 4 ou y ou 6 ou
- 7 rangées.
- 175. La Cymbale eft un Jeu compofé, de mutation, de menue taille, tout ouvert, du meilleur étain fin & de toute l’étendue du Clavier. Ce Jeu eft différent de la Fourniture en ce qu’il n’a pas tant de grands tuyaux
- 6 par le nombre de fes reprifes. Dans la Fourniture^ il n’y a que trois
- reprifes à chaque rangée ; mais dans la Cymbale, il y en a fept. La première rangée va ainfi en montant 1 ut 1 ; utn 2 i re 3 ; 4 ; mi y ; fa 6;
- fan 7 ; fol 8 ; foin 9 ; la 10 ; fi^ 1 r ; fi 12 ; ici au lieu de dire ut, on reprend le fol 8 précédent, & on fait ^ fol 8 ; foin 9; la 10; fi^ ir ; fi 12 : on reprend le fa 6 précédent, fa 6 ; fax 7 ; fol 8 ; foin 9 ; la 10 ; ^11 ; fi 12 : on reprend encore le fol S précédent , & on fait, fol 8; fol n 9 ; la 10 ; fi ^ 11 ; fi 12 : on reprend le fa 6 précédent, fa 6 ; fan
- 7 ; fol 8 } fol'K 9 j la 10 ; ffi 11 ; fi 12 : on reprend le fol 8 précédent,
- & on dit : fol 8 ; foin 9 ; la 10 \ fi ^ ir ; fi 12 : on reprend le fa 6 précédent fa 6 ; fin 7 ; fol 8 ; foin 9 j la 10 ; fi^ 11 12 , & on
- pourfuit fans autre reprife, ut 13 ; ut % 14; re iy , félon l’étendue du Clavier. On voit aiïez par cette defeription les fept reprifes, qui font les mêmes à chaque rangée, où l’on remarquera qu’il y a des reprifes de fept tuyaux & d’autres de cinq.
- Voici comment on compofe la féconde rangée, qui fait la Quinte fur la première dans les reprifes de 7 tuyaux, & la Quarte aux. reprifes de y tuyaux, ce dont il faut toujours fe fouvenir. yS/8 ; foin 9; la 10; fif I l ; fi 12 ; ut 13 ; utn 14 ; re 15 ; ren 16 ; mi 17 ; fa. 18; fan 19: jufqu’ici nous avons fait la Quinte fur la première rangée, il faut préfentement faire la Quarte dans les cinq tuyaux fuivants qui forment la petite reprife, & elire, ut 13 ; utn 14; re iy ; mi^ 16 ; mi 17; ici il faut reprendre la Quinte qui eft fut précédent, & dire pour les fept tuyaux fuivans qui font la grande reprife, ut 13 ; utn 14; re iy ; re n 16 ; mi 17 ; fa iSffan 19 : il faut reprendre la Quarte à la petite reprife, ut 13 ; utn 14 ; re iy ; mft 16; mi 17; reprendre la Quinte, ut 13 ;utn 14; re iy ; ren 16; mi 17 ; fa 18 ; fan 19 : reprendre la Quarte , ut 13 ; utn 14; re iy ; mi ^ 16; mi 17 : reprendre la Quinte, ut 13; utn 14; re iy ; ren 16 ; mi 17; fa 18 ; fan 19 ; fol 20 ; foin 21 ; la 22. Voilà donc les fept reprifes de la fécondé rangée. La troifieme fe compofe comme la première , en la mettant par-tout une oétave plus haut. La quatrième comme la fécondé mais une oétave aufli plus haut : c’eft ainfi qu’on fera jufqu’à la neuvième
- rangée.
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- rangée. Il faut bien examiner la marche de ce Jeu dans le Tableau, ou Ton •_ en comprendra mieux la difpofition. Il faut remarquer que quoique je par- XVIL le ici de Quartes, ce font réellement des ôélaves fur le fond ; comme quand on dit en montant ut,fol, ut; de Y ut au fol il y a une quinte, 8c du fol à Y ut c’eft une quarte , laquelle eft une oélave fur le premier ut.
- ïj6. La Cymbale va toujours avec la Fourniture ; on ne fépare jamais ces deux Jeux, qui étant enfemble prennent le nom de Plein-Jeu. On met dans TOrgue plufieurs rangées de Cymbale à proportion du nombre de rangées de Fourniture qu’on emploie. Dans un 16 pieds, le moindre Plein-Jeu eft de 9 tuyaux fur Marche, c’eft-à-dire , qu’on prend les cinq dernieres rangées de la Fourniture, 8c les quatre dernieres de la Cymbale. Si c’eft un 8 pieds, le Plein-Jeu eft de 7 tuyaux fur marche ; on prend les quatre dernieres rangées de la Fourniture 8c les trois dernieres de la Cymbale. Si l’on veut faire le Plein-Jeu de 8 tuyaux fur marche , on met les quatre dernieres rangées de la Fourniture 8c les quatre dernieres de la Cymbale. Si l’Orgue eft un 32 pieds ouvert avec un Bourdon de 32 pieds, On met alors la Fourniture entière & la Cymbale entière. Pour un Pofltif, fi c eft un S pieds en montre, on met le Plein-Jeu de 7 tuyaux fur marche. S’il n’y a point de 8 pieds ouvert, le Plein-Jeu ne fera que de y tuyaux fur marche, c’eft-à-dire , les trois dernieres rangées de la Fourniture 8c les deux dernieres de la Cymbale. Lorfque le Plein-Jeu n’eft que de 4 tuyaux fur mar-* che ou de trois feulement, on prend les quatre ou les trois dernieres rangées de la Cymbale & point de Fourniture. Si le Plein-Jeu eft de 8 ou de 6 tuyaux fur marche , on prend la moitié dans la Fourniture, 8c l’autre moitié dans la Cymbale : voilà les réglés ordinaires.
- 177. Tous les Faéleurs ne fuivent pas abfolument les méthodes & les arrangements que je viens de décrire dans les trois articles précédents pour la compofition du Plein-Jeu. Il y en a qui ne font que trois reprifes à la Cymbale comme à la Fourniture; il y en a d'autres qui font quatre reprifes à la Fourniture & autant à la Cymbale : les uns n’en failànt que trois à la Fourniture, comme je l’ai dit, n’en font pas le commencement aux fa, mais aux f0ly ou , fol dièfe, 8cc. Les autres ne commencent pas la première rangée du Plein-Jeu , qui feroit, par exemple, de 9 tuyaux fur marche, par un tuyau de deux pieds , mais par une quinte plus haut. Quelques-uns ne font pas toutes les rangées de quatre oétaves comme à l’ordinaire ; ils en retranchent dans les déifias une oélave ou un peu plus, en forte que le Plein-Jeu fera bien alors, par exemple, de 9 tuyaux fur marche dans les baffes; mais il ne fera que de y, ou 6, ou 7 dans les déifias, & c. Je ne ferai point remarquer ici toutes les variations de quelques Faéleurs dans la compofition & l’arrangement du Plein-Jeu ; ce font des pratiques qui ne doivent pasfervirde modèle, quoiqu’on en trouve quel* Orgues. N
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- 50 FACTEUR D’ORGUES , I. Part. Chap. IF. Seiï. 1.
- “ ques exemples dans d’anciennes Orgues. Ce que j’en ai dit ici, n’eft que pour donner une idée de ces variations , qui font encore en bien plus grand nombre ; mais tous s’accordent toujours à ne mettre que des Quintes 8c des Oélaves, 8c jamais des Tierces.
- 178. Tout ce qu’il y a de plus harmonieux dans l’Orgue, au jugement des connoiffeurs 8c de ceux qui ont du goût pour la vraie harmonie , c’eft le Plein-Jeu , lorfqu’il eft mélangé avec tous les fonds qui le nourriffent: dans une jufte proportion ; 8c la raifon pour laquelle on met toujours enfemble les fonds de l’Orgue avec la Fourniture 8c la Cymbale eft, que iî l’on employoit celles-ci feules, dans les différentes combinaifons d’accord que fait un Organifte, elles formeroient des ions défàgréables qui diipa-roilfent à l’oreille, lorfque le mélange des fons fondamentaux les mettent au rang des fons harmoniques. Suppofons, par exemple, qu’on tienne enfemble fiir le Clavier les quatre touches fol, fi, re ,fa , qui eft un accord fort ordinaire * la Fourniture & la Cymbale, qui font toujours des Oélaves 8c des Quintes, ionneront fur le fol, les tons re fol, re fol, &c. en montant : on entendra fur le fi, les tons fa'K , fi ; fa m ,fi, &c. fur le re , on entendra les tons , la , re la \ re la , &c. on entendra fur le fa , les tons , ut, faut ; fa ut, &c. Il s’enfuit que les notes fuivantes fe feront entendre toutes enfemble , fol, la, fi, ut, re, fa, fan ; ce qui fait affurément un accord défàgréable à l’oreille. Cependant cette dureté d’harmonie s’évanouit & fe change en accord gracieux lorfqu’on y mêle les fonds de l’Orgue qui forment le fon fondamental.
- 17p. Le Cornet eft un Jeu compofé, de mutation, de groffe taille 8c tout en étoffe. Il confifte en cinq rangées de tuyaux, dont chacune porte un nom différent. La première rangée s’appelle Bourdon, parce qu’elle eft à l’uniffon des deffus du Bourdon de 8 pieds , autrement dit petit Bourdon. La fécondé rangée s’appelle P refiant, attendu qu’elle eft à i’unif* fon des deffus de ce Jeu. La troifîeme rangée s’appelle Nafard, étant à l’uniffon des deffus du Nafard, qui fonne la Quinte au-deffus du Preftant* On nomme Quarte de Nafard la quatrième rangée, comme étant à l’uni£ fon des deffus de ce Jeu, ou àl’Oélavedu Preftant. Et la cinquième rangée eft appellée Tierce , puifqu’elle eft à l’uniffon des deffus de ce Jeu qui fonne la Tierce majeure fur la Quarte de Nafard. On voit par - là que le Cornet n’eft autre chofe que la répétition des deffus du petit Bourdon, du Preftant, du Nafard , de la Quarte de Nafard 8c de la Tierce. Ainfi le premier tuyau, par exemple , fonne ut\ le fécond encore ut, oélave plus haut ; le troifieme>fol, une quinte plus haut; le quatrième , ut, oélave plus haut que Yut précédent ; 8c le cinquième , mi, une tierce majeure plus haut que le dernier ut. Voyez le Tableau ( PL XVII ) , où le Cornet eft tout noté. Quoique les cinq rangées, qui compofent le Cornet, foient
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- à l'uniffon des Jeux dont nous venons de parler, elles èri different pour- , tant pour la qualité de l'harmonie, étant de plus groffe taille. Le Cornet eft un Jeu brillant & éclatant, qui n'a lieu que pour les deffus de l'Or-
- S"16’ ,
- 18o. On met ordinairement plufieurs Cornets dans l'Orgue , fur-tout s il eft confidérable. On en met un de deux oétaves d'étendue dans le Pofitif > lorfqu'il y a une Trompette & un Clairon. On en met un autre dans lê grand Orgue , qu'on nomme grand Cornet , parce qu'on le fait plus gros dé taille que les autres. On lui donne deux oétaves d’étendue ; il commence à la clef de C fol üt, c'eft-à-dire , au milieu du Clavier» On en met un autré égal au précédent, Sc qui répond au troilîeme Glavief, lorfqu'il y a une Bombarde fur un Clavier féparé. Il y en a un qui eft relatif au quatrième Clavier, s'il y a cinq Claviers ; ou au troilîeme s'il n’y en a que quatre. Cè dernier Cornet s'appelle, Cornet de Récit, auquel ôn donne plus d'étendue qu'aux précédents. Il commence à la clef d futfa , ou au moins au fol, un ton plus haut, ce qui fait deux oélaves & demie. On le fait d'un peu plus menue taille que le grand Cornet. On en pofe un autre fur le Sommier de F Echo, qui fe nommé Cornet J Echo* On peut le faire de la même taillé que celui de Récit, ou plus petit fi l'on veut. On lui donne l'étendue que l'on juge à propos,foit de deux oélaves, ou deux oétaves Sc demie, ou trois octaves au plus»
- i8r. Un autre Jeu à Bouche, quin eft pas encore bien commun en France, c’eft la bajfe dé Viole , qu'on fait en étain, & auquel on donne toute l'étendue du Clavier» On le met indifféremment au grand Orgue ou au Po« lîtif. C'eft un 8 pieds pour la hauteur des tuyaux ; mais pour la groffeur, on fuit la taille du Preftant. Il eft affez difficile de le mettre au point qu'il faut pour qu'il imite vraiment la baffe de Violé. Quoique Ce foit un 8 pieds, on le fait O clavier, & il parle à l'uniflon du Preftant. 11 y en a qui en font un Jeu compofé, en y ajoutant une autre rangée de tuyaux qui fondent une oétave plus haut fur la première rangée jufqu'au troilîeme C fol ut, Sc la fuite reprend à l'uniffon de la première rangée ; on fait par con-féquent cette fuite toute femblable à la première ; d'autres difpofent autrement cette fécondé rangée, & font la reprife autrement»
- Section Seconde.
- Defcription des Jeux d9Anche,
- 182. Les Jeux d'Anche font ainli nommés, parce qu'ils parlent au riidyèü d une Anche. Ce font les plus brillants , & qui font le principal éclat dé l'Orgue. On peut les comparer à plufieurs autres inftruments dé Mufiqué fort connus, comme le Baffon, le Haut-bois, qui ont une Anche que l'on
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- y2 FACTEUR D’ORGUES, I. Part. Chap. IV. SeEl. IL
- , prelTe entre les levres ; le Chalumeau qui aune languette qui doit mouvoir librement, Sc qu’on met toute entière dans la bouche pour faire parler cet inftrument ; le Serpent, le Cor-de-Chafle, la Trompette, &c. ont auffi leur Anche, confiftant en leur embouchure qu’on appelle le Bocal, qui s’applique contre les levres Sc fervent de languette. Tout de même il y a des Jeux dans l’Orgue qui ne donnent leur fon que parleur Anche; tels font: la Bombarde , la Trompette, le Clairon, le Cromorne &c la Voix Humaine. Ce font les Jeux ordinaires. Il en eft deux autres plus nouveaux qui font le Haut-bois Sc la Mufette. A l’égard de la Régale, c’eft le Jeu d’Anche le plus ancien , qui n’eft plus d’ufàge dans les Orgues d’Eglife. On ne l’emploie que dans de petits Cabinets portatifs, à caufe que ce Jeu eft très-petit. Nous en parlerons pour le faire connoître. Les Anches des tuyaux d’Orgues font fort differentes de celles des autres inftrumens que nous avons nommés ci-deflus. On les fait toujours en laiton ; & toutes celles des differents Jeux font de la même figure & de la même conftruétion. Elles ne different entre elles que par leur grandeur. Je vais en décrire une médiocre ; il fuffira de bien connoître celle-là pour fe former l’idée de toutes les autres.
- 183. La Jig. 125 9 ( PL XVIII') repréfente une Anche toute montée dans fon Noyau foudé à la boîte. C’eft dans le haut de cette boîte qu’on ajufte le bout inférieur I d’un grand tuyau de Trompette. A eft VAnche ; B , la Languette \ C C, la Rafete ; D , le Noyau qui eft foudé à la boîte E E. L’Anche A , avec la Languette B, font enfoncés bien jufte dans le Noyau D y Sc affermis au moyen du coin de bois F’. Le tout eft renfermé dans le pied H Hy que j’ai repréfenté coupé fur le devant de haut en bas pour lafffer voir l’Anche avec tout ce qui l’accompagne, /eft l’embouchure du pied, auquel il faut remarquer le bout conique HT. On voit en la figure 126, le même pied , qui eft repréfenté entier. Tous les pieds des Jeux d’Anche fe font prefque toujours en étoffe, Sc ont la même figure. Ils ne different entr’eux que pour la groffeur. J’avertis au refte que les pieds de toutes les autres figures de cette PL XVIIIy font repréfentés tranlparents, pour laifler voir l’Anche, &c.
- 184. Une Anche y que quelques-uns ont autrefois appellée Echalote, eft un canal de cuivre jaune, affezfolide, fermé par le bout inférieur. Cette piece donne fon nom à tout cet afîemblage de l’Anche, de la Languette, la Rafete & fon coin. La^/zg*. 127 repréfente en perfpeélive l’Anche vue de face du côté du creux. La Jig. 128 en fait voir le profil géométral, où l’on juge par le dehors de là profondeur intérieure, hdtjig, 129 reprélente la Languette vue de face, ou fur fon plat ; Sc la Jig. 130 en fait voir le profil & l’épaifleur. C’eft une lame de cuivre jaune mince , dont l’épaifleur doit être proportionnée à la grandeur de l’Anche. Cette épaifleur varie
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- encore félon que la Languette eft plus ou moins écrouie \ car fi elle l’eft —
- beaucoup , elle doit être plus mince; & fi elle eft moins écrouie, elle fera plus épaiffe.
- i8j*. On peut remarquer dans la fig. 130, que la Languette ne doit pas être droite ou plane, mais un peu en portion circulaire. Si elle étoit droite, elle feroit la fonélion d'une Soupape ; le vent la feroit exactement appliquer contre l'Anche, & par conféquent fon iflue y feroit entièrement fer-'mée. Mais étant de figure un peu circulaire, le vent, qui tend à la faire redreffer pour l’appliquer contre l’Anche, trouve de la réfiftance par le reifort de la Languette, & l’oblige à faire un mouvement de vibration qui produit le fon du tuyau, & le palfage de l’air par l’Anche fe trouve con-fervé. Le fon eft d’autant plus aigu que les vibrations de la Languette font accélérées, & d’autant plus grave quelles font lentes. La fig. 131 repréfente de profil l’Anche, la Languette avec fon coin de bois, de la même maniéré que le tout eft fiché dans le Noyau. Ces trois pièces y font enfoncées jufqu’à la ligne AB. La fig. 132 repréfente le coin de bois en per-fpeétive.
- 186. La Rafete {fig. 133 & 134 ) eft un fil de fer écroui, dont le bout fupérieur a une hoche, ou échancrure , comme en la figure 133 , ou un cro-chet ( fig. 134) pour donner prife à VAccardoir. Le bout inférieur eft contourné de façon qu’il fait une preflîon horizontale fur la Languette, comme on le voit dans la fig. I2j\ La Rafete entre à frottement dans le petit trou du noyau, & y eft maintenue alfez fixe, pour qu’elle ne puiffe jamais changer de place d’elle-même. On bailfe ou l’on rehauife cette Rafete, au moyen de l’Accordoir, félon qu’on veut que le tuyau hauffe ou bailfe fon ton. Il eft facile de concevoir que lorfqu’on bailfe la Rafete , la Languette accéléré fes vibrations, parce qu’elle devient plus courte, par conféquent le ton du tuyau monte ; & lorfqu’on la rehaulfe, la Languette devenant plus longue, fait fes vibrations plus lentes ; alors le ton bailfe. La grolfeur du fil de fer dont on fait les Rafetes varie félon la grandeur des Anches^
- Il faut qu’il foit plus gros pour les grandes Anches & plus menu pour les petites. La fig. 13^ repréfente les plus petites Anches dont on falfe ufàge.
- 187. La figure des tuyaux des Jeux d’Anche leur donne la qualité de l’harmonie; car le fon de l’Anche ( fans le tuyau qu’on y joint toujours) eft le meme dans tous les Jeux ; puifque toutes les Anches font femblables, comme je lai dit art. 182. Lorfque le tuyau eft conique, c’eft-à-dire, plus large en haut qu’en bas, le fon de l’Anche eft augmenté de beaucoup ; cette figure étant propre à produire cet effet, par les mêmes caufes qui augmentent le fon dans le Porte-voix. Si le tuyau eft cylindrique, l’augmentation du fon n eft pas aufiî grande. Si le tuyau a une figure de cône ren-verfié, c’eft-à-dire , plus étroit en haut qu’en bas , le fon de l’Anche eft un
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- peu diminué. L'augmentation du fon n’eft pas le feul effet de la figure du tuyau , elle change encore fa qualité. Un Jeu Conique a une harmonie très-différente de celle d’un Jeu Cylindrique indépendamment de l’éclat.
- 188. ha Bombarde, la Trompette 8c le Clairon ont leurs tuyaux coniques ; auffi ce font les Jeux les plus éclatants de l’Orgue. Quoiqu’ils ayent tous la même figure , ils ne font pas également conftruits. Les plus grands, les médiocres & les petits font différents en ce que les premiers font à Noyaux quarrés 8c a boite : les médiocres font à Noyaux ronds Sc à bague, & les petits font Amplement a Noyaux ronds fans bague.
- 189. La figure 136 repréfente en petit un grand tuyau à Noyau quarré êc à boîte > foit de Bombarde ou de Trompette. Il faut le fuppofer de 16 pieds de haut, ou de n, ou de 8 , ou de 6 pieds ; car fa conftruétion eft la même. On y remarque que le bout inférieur a , du grand tuyau b, a, entre jufte ( firns y être foudé) dans la boîte d, d’environ *in pouce de profondeur. Celle-ci d> eft foudée fur le Noyau quarré c, dans lequel efl: fiché l’Anche avec fa Languette , fon Coin & fa Rafete e ; ce Noyau eft foutenu par un pied f, dans lequel il eft ajufté , en forte que l’Anche avec ce qui l’accompagne , ne touche à rien dans le pied , & la Languette a un elpace fuffifant pour faire librement fes vibrations lorfque le vent efl: pouffé dans l’embouchure du bout inférieur g, du pied c f g. On conftruit les tuyaux à noyaux quarrés & à boîte pour les deux premières oétaves de la Bombarde & la première de la Trompette.
- 190. La fig. ïyj repréfonte en petit un tuyau foit de Bombarde, de Trompette ou de Clairon , à Noyau rond & à Bague. On appelle Bague une efpece d’anneau de pur plomb B C, qu’on foude à l’entour du corps du tuyau, pour remplir le bout fupérieur du pied F, & empêcher par ce moyen que le Noyau D Sc le tuyau A n’y enfoncent trop. A eft le corps du tuyau. B C eft la Bague qu’on voit féparément en perlpective Sc dans fa grandeur naturelle dans la figure 138. On y remarque une féparation verticale a b y qui eft la place de la Rafote E ( fig. 137 ). On fait cette Bague tantôt d’une ligne d’épaiffeur ou de deux lignes félon que le tuyau fe trouve gros à l’endroit B C'. Plus le corps du tuyau eft court, plus il fe trouve gros à l’endroit B C ; & plus il eft long, plus il s’y trouve étroit. Cette Bague doit être toujours d’une figure un peu conique, comme on le voit dans la fig. 138 ; afin que le tuyau A foit mieux arrêté fur fon pied F. On fait des tuyaux à Noyaux ronds & à Bague aux deux dernieres oélaves de la Bombarde, à la fécondé de la Trompette & à la première du Clairon.
- 191. La fig. 139 repréfente en perfpeélive & en petit, un tuyau à Noyau rond fans Bague , comme on les fait à la derniere oélave de la Bombarde, aux deux dernieres oélaves de la Trompette & aux trois dernieres du Clairon. On voit affez par cette fig% 139 , que le tuyau ne pouvant pas trop enfoncer dans le pied, la Bague n’y eft point nécelîàire. Cfoft une réglé
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- générale qu’on n’emploie de Bague aux tuyaux coniques que lorfqu’ils en-fonceroient trop dans le pied fons cette piece.
- ip2. 'Lzfiè* 140 repréfente en petit un tuyau de Cromorne. Ceft un Jeu dont tous les tuyaux font cylindriques Sc terminés dans leur partie inférieure par un cône que Ton y foude , à la pointe duquel on foude le Noyau rond. On comprend aflez fa conftruétion à TinfpeéHon de la figure.
- 15)3. La fig. 141 repréfente à moitié grandeur naturelle un tuyau ordinaire de voix humaine. Il eft conftruit comme le Cromorne ; mais il eft couvert à moitié par deflus, afin qu’il foit moins criard , & qu’il imite mieux la voix naturelle de l’homme. On en fait quelquefois de différente figure ; chacun en imagine félon fon génie: mais ils ne réufTiJTent pas mieux. Ce Jeu n’a point de grands tuyaux. Le premier n’a ordinairement que 6 pouces de hauteur, & le plus fouvent moins encore.
- 194. La fig. 142 repréfente en petit & en perlpeétive un tuyau de Haut-lois. C’eft un tuyau conique de deux pièces. C D B eft un cône fort étroit ; Sc AB en efl: un autre beaucoup plus large. L’un & l’autre font foudés enfemble en B. On voit que ce tuyau imite alTez la figure du vrai Hautbois. On efl: obligé d’ajufter en D une Bague aflez épaifle pour bien remplir le pied E ; parce que le cône C D B efl: fort étroit.
- 19y. La fig. 143 repréfente un tuyau de Mufitte dont la forme efl: un cône renverfé. Il efl: la moitié plus petit en haut P, qu’en bas O. ' A cette différence près, il eft femblabie au Cromorne.
- x96. La fig. 144 repréfente un tuyau de Régale , où l’on voit qu’il n’y a que l’Anche, fans tuyau pour modifier le fon. J’ai vu des Faéteurs qui y ajoutoient un cône aflez court ( fig. 145) qu’ils ajuftoient d’une façon mobile fur le petit tube R ( fig. 144) , ce qui contribuoit à augmenter le fon aflez confidérablement.
- 197. Après avoir ainfi expliqué ce que c’eft qu’un tuyau d’Anche, & avoir fait voir la figure & la conftruâdon de chaque efpece, je donnerai la defeription de chaque Jeu pour faire entendre l’ufàge qu’on en fait dans l’Orgue. La Bombarde eft un Jeu d’Anche de 16 pieds, qui parle à l’uniflbn du 16 pieds ouvert. Tous les tuyaux en font coniques & faits en étain fin. C’eft le Jeu le plus éclatant de tous & celui qui a le fon le plus plein. On ne l’emploie que dans les grandes Orgues, & le plus ordinairement on le fait jouer par un Clavier féparé, qui fe place le troifieme. On donne à ce Jeu toute l’étendue du Clavier. On emploie encore ce Jeu à la Pédale , & alors on le nomme Pédale de Bombarde. On peut le faire defeendre jufo qu’à Y F ut fia du Ravalement ; ce qui eft difficile & rare. Cet F ut fia fait un tuyau d environ 24 pieds de hauteur qui parleroit à l’uniflbn du premier F ut fia du 32 pieds ouvert. Ce Jeu alors aufll-bien que tous les autres qui fervent à la Pédale , fe fait de plus grofle taille pour cette fonc-
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- uon que pour toute autre.
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- 198. La Trompette eft un Jeu cTAnche de 8 pieds. On le fait en étain fin , 8c tous fes tuyaux font coniques. Il parle une oélave plus haut que la Bombarde, 8c à l’uniffon du 8 pieds ouvert. Ce Jeu eft fort éclatant 8c le plus brillant de l’Orgue dont il fait le plus bel ornement par Ion grand effet. On lui donne toute l’étendue du Clavier. On met deux Trompettes aux grandes Orgues 8c quelquefois trois qui jouent par le même Clavier. Quand les Orgues font un peu confidérables, on pofe une Trompette -dans le Pofitif. On emploie encore la Trompette à la Pédale, qu’on nomme alors Pédale de Trompette, 8c qu’on fait pour cette raiion de plus groffe taille que les autres. On lui donne plus d’étendue dans la baffe qu’aux autres Trompettes, & on appelle cette étendue de furplus Ravalement, On le fait defcendre jufqu’en F ut fa, qui fait un tuyau de 12 pieds de hauteur. On met bien fouvent deux Trompettes à la Pédale. On ajoute, dans les plus grandes Orgues, une Trompette à la Bombarde à la main, qui joue fur le même Clavier féparé. On fe fert encore de la Trompette pour les Récits, & on la joue par le Clavier de Récit. On l’appelle alors Trompette de Récit. On lui donne l’étendue du Clavier de Récit, qui n’a jamais de baffes.
- 199. Le Clairon eft un Jeu d’Anche de 4 pieds. On le fait en étain fin
- & de figure conique comme la Trompette à laquelle il reffemble entièrement ; mais il parle une oélave plus haut. Il porte le nom de Clairon, parce qu’étant à l’oétave de la Trompette, il en rend le fon plus clair & plus brillant. On lui fait ordinairement une reprife dans la derniere oéta-ve, en mettant quelques-uns de fes derniers tuyaux à l’uniffon de la Trompette. On emploie le Clairon au grand Orgue. On en met deux lorfqu’il y a trois Trompettes dans les plus grandes Orgues. On met aufii un Clairon avec la Bombarde à la main lorfqu’on y ajoute une Trompette. On l’emploie auffi très-fouvent au Pofitif. On donne toujours au Clairon toute l’étendue du Clavier auquel il répond. On met prefque toujours un Clairon à la Pédale, & quelquefois. deux. On le nomme alors Pédale de
- Clairon.
- 200. Le Cromorne eft un Jeu d’Anche cylindrique & de 4 pieds, fonnanc 8 pieds , comme la Trompette. On en fait tous les tuyaux en étain fin , & on lui donne toute l’étendue du Clavier , auquel il répond. Il eft rare qu’on mette un Cromorne dans le grand Orgue 5 on l’emploie principalement au Pofitif. Comme ce Jeu ne tient pas beaucoup de place, & qu’il n’a pas un grand éclat, il eft fort ordinaire de le mettre dans les petites Orgues ; il convient dans des chambres & dans de petites Eglifes. On en mettoit un autrefois dans l’Echo ; mais ce n’eft plus l’ulàge. On fait quelquefois un Cromorne de deux pieds , fonnant quatre pieds, pour fervir de Clairon au Cromorne de 4 pieds. On y fait une reprife comme au Clai-
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- ron de la Trompette. Ce Jeu efl principalement en ufege dans de petites Orgues où Ton ne peut pas placer une Trompette ; mais il efl: rare qu’ on le mette dans les grandes Orgues.
- 20 r. La Voix Humaine efl: un Jeu d’Anche qu’on fait en étain. On lui donne toute rétendue’ du Clavier auquel il répond. Quoique fes tuyaux foient fort courts, il fonne pourtant 8 pieds, parce que fes Anches font femblables à celles des Trompettes. C efl: pour la même raifon que le Cromorne fonne 8 pieds, rufli*bien que la Régale dont nous allons parler. Ce Jeu n’a aucune mefurefïxe; chaque Faéleur lui donne les dimen-fions 8c la figure qu’il s’imagine être la meilleure ; suffi il n’eft pas queftion d’y chercher de l’harmonie. Sa bonté confifte à imiter auffi parfaitement qu’on peut le defirer , la voix naturelle de l’homme. On y réuffit rarement; mais quand on en vient à bout, c’efl un Jeu fort agréable. On le place indifféremment dans le Pofitif ou dans le grand Orgue. On en mettoit autrefois un à l’Echo , 8c même à la Pédale ; mais ce n’eft plus l’ufage.
- 202. Le Hautbois efl un Jeu d’Anche, qu’on fait en étain fin 8c conique» On le place ordinairement au Récit, 8c on lui donne fon étendue. Il eft à l’unifTon des deflus de Trompette. Il a une harmonie gracieufe & imite affez bien le vrai Hautbois.
- 203. La Mujette eft un . Jeu d’Anche en cône renverfé, qu’on fait en étain fin, 8c auquel on donne toute l’étendue du Clavier, foit du Pofitif, foit du grand Orgue. On le pofe indifféremment à l’un ou à l’autre. Ce Jeu fonne 8 pieds , quoiqu’il n’ait que quatre^pieds. Il a le fon un peu plus foibie que le Cromorne, & imite affez bien la vraie Mufette. Ce Jeu efl encore peu connu dans le Royaume*
- 204. La Régale eft un Jeu d’Anche dans lequel il n’y a que l’Anche qui donne le*fon fans aucune modification , n’y ayant point de tuyau. On lui donne toute l’étendue du Clavier. C’efl le plus ancien Jeu d’Anche ou celui qui a été inventé le premier. On fut fi content de cette découverte , qu’on lui donna, par excellence , le nom de Régale , ou, Jeu RoyaL Depuis l’invention des autres Jéux d’Anche, il n’eft plus d’ufàge dans les Orgues d’Eglife ; il a effectivement une harmonie fort feche 8c maigre , ce qu on reconnoît bien facilement quand on le compare avec les autres Jeux d’Anche.
- aoy. La defcription que je viens de faire de tous les Jeux de l’Orgue n’eft que pour en donner une fimple connoiffence, qui feroit très-infuffi-fente pour leur conftruélion. J’entrerai dans un plus grand détail , lorfqu’il s agira de les fabriquer & de les faire parler. C’efl ce qu’on verra dans la fécondé Partie de cet Ouvrage. Je ferai feulement remarquer ici qu’il ne •convient pas de faire aucun Jeu d’Anche en fer blanc, quoiqu’ils puiifent etre d’une bonne harmonie ; cette matière étant fujette à la rouille , les
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- tuyaux fe percent & par conféquent ne durent pas long-temps. Si Ton voit quelque Cromorne, quelque Trompette ou quelqu'autre Jeu d'Anche confirait de cette matière, il ne faut pas en attribuer la bonté au fer blanc dont il eft compofé. U feroit certainement meilleur en étain, s'il avoit été fait Sc traité par la même main Sc dans le$ mêmes circonftances..
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Diapafons des Jeux de VOrgue*
- 206. L E mot Diapafon, eft tiré du Grec. La progrefîion , ou , la fuite des tons de l'oélave, efl: là propre lignification ; ou bien, la mefure des tons de l'oétave ou de la Gamme. Les Diapafons , félon les Faéleurs d’Orgues, contiennent les mefures & les dimenfions de chaque tuyau : ou plutôt ces mefures Sc ces dimenfions font elles-mêmes ce qu'on appelle le Diapafon. Chaque Jeu a le lien qui lui eft propre. C'eft par fon moyen qu'on donne la jufte proportion à chaque tuyau.
- 207. Avant de palier outre ,* il eft bon de remarquer qu'il y a bien des perlonnes qui penfent qu'on peut, parle fecours de la Géométrie, donner une fi jufte proportion à chaque tuyau , qu'ils fe trouvent tous d'ac.. cord lorfqu'on les a fait parler Sc pofés dans leur place. On conçoit d'abord que cette idée eft jufte dans la théorie ; mais dans l'exécution, elle le trouve impraticable ; parce que, i°. il feroit d’une difficulté prefque in-furmontable d'exécuter effeélivement les tuyaux avec cette précifîon mathématique, telle qu'il la faudroit pour cela. Il feroit nécelfaire qu'il y eût une jufte gradation dans les épailfeurs de la matière ; que le tuyau fut parfaitement rond Sc précifément cylindrique ; il faudroit une gradation bien régulière dans la hauteur des bouches & dans l'épailfeur des bifeaux -> car ces circonftances font confidérablement au ton des tuyaux ; une autre jufte gradation pour la grandeur des embouchures des pieds des tuyaux Sc pour le jour des lumières des bouches. 20. Tout cela fuppofé d'une exécution bien exaéle, il ne refteroit aucune reflource pour faire bien parler les tuyaux, les mettre dans leur véritable harmonie & les égalifer, &c. attendu qu'on eft obligé d'altérer toutes les gradations ci-deffus pour leur donner la qualité du fon convenable, ce qui feroit nécellâirement changer le ton en quelque degré fenfible. Or les opérations qu'il faut faire pour mettre un tuyau à Ion point, font d'élargir ou rétrécir le jour de la lumière : ouvrir plus ou moins l'embouchure du pied pour lui faire prendre plus ou moins de vent ; Retrancher de la levre fupérieure ou l'augmenter ; l'enfoncer en-dedaps ou la relever en dehors; bailler ou rehaufler
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- Dîapafons des Jeux à Bouche. le bifeau , &c. Tout cela, comme je viens de le dire , change le ton du tuyau 8c altéré les juftes mefures de la gradation géométrique. Il faut encore obferver que quelque imperceptible que fût cette altération , le tuyau perdroit fon accord. U ne faut prefque rien pour faire difcorder un tuyau; il fuffit de l'ôter de fa place 8c le remettre tout de fuite, pour qu'il ne foit plus d'accord. Si on le tourne un peu d'un côté ou de l'autre,. il perd fon accord. Bien plus, on ne le croiroitpas, fi l'expérience ne nous le démontroit tous les jours, un Orgue fe difcorde de lui-même, fans qu’on y touche 8c fans qu'il arrive aucun changement fenfible aux tuyaux. 30. Toute la rigueur géométrique fuppofée non - feulement poffible , mais bien exécutée dans les tuyaux, il faudroit encore une condition eifentielle qui eft, qu'ils devroient être ifolés chacun dans leur place de tous autres tuyaux & corps quelconques , d'environ un pied tout à l'entour, ce qui exigeroit, pour un Orgue de 16 pieds, un emplacement d'environ 80 pieds de longueur fur 30 pieds de profondeur ; 8c pour le buffet du Pofitif à proportion. Tout ce que je viens de dire fuppofé poffible 8c fans inconvénient , la feule dépenfe qu'il faudroit faire, qui feroit au moins décuple , pour exécuter un Orgue dans ce goût, rendroit i'entreprife trop rare & trop difficile ; 8c enfin on n'en feroit pas plus avancé avec toutes ces dépenfes 8c ces difficultés immenfes, On auroit fait un fort mauvais Orgue, ne pouvant pas le rendre harmonieux, pour conferver ce prétendu accord.
- 208. On trouvera encore que dans la façon méchanique de faire les Diapafons, telle que je vais l’enfèigner, les tuyaux ne fe fuivent pas dans leur diamètre, félon les réglés géométriques. Il faudroit, par exemple,1 qu’un tuyau qui doit faire une oélave plus haut qu'un autre, fût non-feulement la moitié plus court, mais encore d’un diamètre la moitié plus petit. Si l'on fuivoit cette réglé à l’égard du diamètre , un Orgue feroit un mauvais effet fur-tout dans les deffus. L'expérience a fait voir qu'il faut altérer cette proportion félon la fonélion que les Jeux doivent faire 8c le fon qu'ils doivent rendre. Je m'en tiendrai donc aux méthodes ufitées qu’une longue expérience a démontré être les meilleures 8c telles que les bons Faéteurs d'Orgues les pratiquent le plus ordinairement.
- 20p. Ce n'a pas été une petite difficulté de faire trouver les Diapafons juftes fur les planches. Elle confifte en ce qu'étant néceffaire de mouiller le papier pour tirer les épreuves, c'eft-à-dire, pour y imprimer la gravure du cuivre, il fe retire enfuite en féchant, 8c alors les mefures fe trouvent fort différentes. J'ai été chez l’Imprimeur en taille-douce, où ayant confronté un nombre d'épreuves avec leurs Planches de cuivre, j'ai trouvé une grande variation dans le retirement du papier ; lequel eft plus ou moins fenfible félon que le papier eft plus ou moins épais, plus ou moins
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- do FACTEUR D'ORGUES , I. Part. Ckap. V. Sed. I.
- 3 imbibé d'eau, plus ou moins ferré par la preffe. Il a fallu donc prendre un milieu que fai déterminé à deux lignes par pied. Je me fuis réglé là-delfus dans toutes les mefures que j'ai fait donner à la gravure fur le cuivre. J’ai pris la précaution d’écrire ce Chapitre après que les Planches ont été gravées & ayant les épreuves devant moi. J’ai foin d’avertir quand le retirement du papier a été plus grand que je ne l’avois prévu.
- Je diviferai ce Chapitre en deux Seétions. Dans la première, je traiterai des Diapafons des Jeux à bouche ; & dans la fécondé, de ceux des Jeux d’Anche.
- Section première.
- Diapafons des Jeux à Bouche.
- 210. Le Diapafon d’un Jeu doit contenir les deux principales dimen-fions des tuyaux, la longueur St la largeur. Quand on veut tailler un Jeu, on a des tables ou planches d’étain ou d’étoffe , dans lefquelles on coupe la longueur & la largeur de chaque tuyau , qu’on arrondit enfuite fur un moule de bois ; lequel tuyau a pour lors le diamètre convenable. Pour trouver les longueurs, ( car nous expliquerons enfuite les largeurs, ) il ne s’agit que de déterminer celles d’une feule oélave.
- 2ir. L’octave ou la gamme eft Diatonique ou Chromatique. La Diatonique efl compofée de cinq tons St deux demi-tons * favoir, ut, re, mi , fa , Jol, la y fiy ut. La Chromatique , dans laquelle la Diatonique efl tou-: jours comprife, eft compofée de 12 demi-tons ; favoir , ut, ut%, re , mi ^ 9 mi , fa , fax , fol yfioln, la , fi^ , fi , ut. C’eft ainfi qu’elle eft toujours dans l’Orgue. Il eft d’ufàge de défigner ces notes par des lettres de l’Alphabet, dé la maniéré fuivante, C, C*c, D , , E, F, Fn, Gy
- G% , A y y B y C. Ce qui lignifie C fol ut, C fol ut diefe , D la re, Ef mi bémol, E fi mi , F ut fa , F ut fa diefe y G re fol, G re fol diefe , A mi la 9 B fa fi bémol, B fa fi , C fol ut. Les touches du Clavier fe nomment de même auffi-bien que les tuyaux de chaque Jeu.
- 212. Les demi-tons, dont nous venons de parler dans l’article précédent, ne font pas tous égaux entr’eux. Le Tempérament, que les Faéteurs d’Orgues appellent plus communément Partition, en détermine les différences. Ce que j’expliquerai dans la fécondé Partie, quand nous en ferons à Paccord. On n’en feroit pas plus avancé quand nous aurions égard à la petite différence de ces intervalles dans la divifion des Diapafons, pour les raifons que j’ai détaillées art. 207 ; ainfi nous nous en tiendrons à la méthode la plus facile St la plus fimple.
- 213. Il eft néceffaire de dire quelque chofe du Clavier y en attendant que nous en fafïïons en fon lieu la defcription entière. Il eft compofé de quatre Oétaves ou quatre Gammes. On nomme la première Oétave ; celle
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- ‘Diapafons des Jeux à Bouche. 61
- Je commence à gauche. La fuivante -s’appelle fécondé Oéiâvé ; énftiité Viennent la troifieme & la quatrième qui eft la dérnie'fê à droite. Ainfi pour diftinguer les touches, on dit, par exemple, pfemier C fol ut, fécond C fol ut, c’eft la premiers touche à gauche & le C fol ut fon oétave plus haut, c’eft-à-dire > la huitième touche, ne comptant point les feintes* On appelle , feintes , les diefes Sc les bernois. On dit le fécond C fol ut diefe* le troifieme Efi mi bémol, & c. ce qui lignifie le C fol ut diefe de la fécondé oétave ; VE fi mi bémol de la troifieme oétave, &c. On dit de même, fécond G re fol, troifieme G re fol, ce qui défigne le G re fol de là fecéndè octave , celui de la troifieme, & c. Les tuyaux portent le même nom que les touches ; ainfi Ion dit, le premier G fol ut d’un tel Jeu ; c’eft le plus grand tuyau de ce Jeu, &c*
- 214. Pour la conftruétion du Diapafon d’un Jeu, il faut connoître trois chofes. l°. La longueur & la largeur du premier ou. plus grand tuyau j 20. la largeur feulement du plus petit ou dernier ; 30. les rapports de Toc** tave, de la quarte & de la quinte. Pour la première & la fécondé dimen* fion , je les déterminerai toujours pour chaque Jeu. Pour la troifieme* voici comment il faut l’en tendre. Le rapport de P octave eft comme un à deux ; c’eft-à-dire, que fi un tuyau eft la moitié plus court qu’un autre * il fonnera une oétave plus haut que celui-ci. Par exemple , s’il s’agit de la Doublette , le premier C fol ut a deux pieds dé longueur , fon oétave plus haut n’aura que la moitié de cette longueur, c’eft à-dire, un pied» Le rapport de la quarte eft comme 3 à 4 ; c’eft-à~dire, que fi un tuyau a les trois quarts de la longueur d’un autre, il fonnera la quarte plus haut : par exemple, dans la Doublette * fon premier G fol ut a deux pieds , là quarte F ut fa, n’aura que les trois quarts de deux pieds, qui eft 18 pouces. Le rapport de la quinte eft comme 2 à 3, c’eft-à-dire, que fi le premier tuyau a deux pieds de hauteur, il faudra que celui qui doit tonner là quinte, ou G re fol, ait les deux tiers de deux pieds, c’eft-à-dire* 16 pouces. Voici une Table ou l’on pourra remarquer le développement de ces rapports pour toute une oétave*
- Table pour trouver les longueurs d’une Octave » ConjlruBion des Diapafons. fervant à la
- àiy. C, eft connu, i , *»..***»* - , C
- Les f de C, donnent la quarte , qui eft . * * * : F
- Les f de C, donnent la quinte , qui eft .... » k 9 . G
- Les r de G, donnent la quarte en defcendant . . « 4 • . D
- Les f de D, donnent la quinte • • » : A
- Les f de A> donnent la quarte en defcendant * . * . E
- Les f de E , donnent la quinte . Or g ueSi * * * Q . B
- •PlànCWe
- -xvhl
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- *>a FA CTEUR D’ORGUES, I. Partie, Chap. K SeB. I
- ... Les i de F, donnent la quarte . B*
- Planche Les i de , donnent la quinte en defcendant . m ...
- XVIIL , , . -U , . ^ r
- Les t de ml v , donnent la quarte . . . . > - * . • • (r k
- Les t de Gk, donnent la quinte en defcendant » . • , • Cx
- Les 4 deC^c, donnent la quarte »*•».***.
- Divifion d’un Diapafon.
- 2i6. Voici l'explication Sc la pratique de cette Table dans la divifion du Diapafon de la Doublette que je prends pour exemple. Tirez la ligne Diapafon de la droite JT i, (PL XIX,fig. 145? ) ; partagez-la juftement au milieu, 13 \ cela donnera l'oélave plus haut; c'eft-à-dire, que le tuyau I3,X, fon-nera une oélave plus haut que 1, X, parce qu'il eft la moitié plus
- court.
- Divifez en quatre parties égales l'efpace 13 , X ', & portez trois de ces parties de X à 18 ; ce fera la quarte Fut fa ,18, au defliis de Cfol ut ,13.
- Divifez en trois parties égales l'efpace 13 , X, & portez-en deux de X à 20, & vous aurez la quinte Grefol, 20, au defliis de C fol ut, 13.
- Divifez en trois parties l'efpace 20, X, Sc vous porterez une de ces trois parties de 20 à iy ; ce fera D la re, 15 , quarte plus bas que G re fol.
- 20.
- Divifez l'efpace iy , X, en trois parties égales, Sc portez-en deux de X à 22 ; cela fera la quinte A mi la, 22 , au deflus de D lare, ry.
- Divifez en trois parties l'efpace 22, X, Sc portez-en une de 22 à 17; vous aurez la quarte en defcendant F fi mi, 17,
- Divifez en trois parties l'efpace 17, X, Sc portez-en deux de X à 24 ; ce fera la quinte B fa fi, 24. Voilà pour la gamme Diatonique, ut, re, mi, fa,fol, la, fi, ut. U s'agit préfentement de trouver les cinq divifions qui manquent pour faire la gamme Chromatique, ce qui fe fera de la maniéré fuivante.
- Divifez l'efpace X, 18, en 4 parties, Sc portez-en 3 de X à 23 ; ce fera la quarte B fa fi bémol, 23.
- Divifez en deux parties égales l’efpace X, 23, Sc portez une de c es deux moitiés de 23 à 16 ; vous aurez une quinte plus bas, J? fi mi hemol, 16.
- Divifez en quatre parties égales l'efpace X, 16, Sc portez-en trois de X à 21 ; ce fera une quarte au defliis G re fol dieje, 2r.
- Divifez en deux parties égales l'efpace X , 21, & portez une de ces deux moitiés de 21 à 14 ; ce fera une quinte en defcendant C fol ut diefe, 24.
- Divifez en quatre parties égales l'efpace X, 14, Sc portez-en 3 de X à 19; ce fera une quarte plus haut F ut fa diefe ,19. Voilà donc toute la fécondé oétave de laDoublette divifée en fes 12 demi-tons. Cette divifion va fervir à faire les autres o&aves de la maniéré fiiivante.
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- Diapafons des Jeux à Bouche. 63
- Pouf divifèr la troifiemé bdtave, prenez lè point du milieu entré X 8c 14 ; ee point fera C fol ut diefe , 26.
- Prenez le milieu entre X Sc iy ; ce point fera Ù là re , 27.
- Prenez le milieu entre X & 16 ; ce point fera E fi mi bémol, 28.
- Prenez le milieu entre X & 17 ; ce point fera E fi mi, 29,
- Prenez le milieu entre X & 18 ; èè point fera Fut fit, 30*
- Prenez le milieu entre XSc 19 ; ee point fera Fûtfa diefe 9 3 r „
- Prenez le milieu entre X & 20 ; ee point fera G rè fol, 32.
- Prenez le milieu entre X Sc 21 ; ce point fera-G re fol diefe , 33^
- Prenez le milieu entre X' & 22 ; ee point fera A mi là, 34.
- Prenez le milieu entre X & 23 ; ce point fera B fà fi bémol , |j\
- Prenez le milieu entre X & 24 ; ce point fera B fia fi, 36.
- Prenez le milieu entre X & 2 y ; ce point fera C fol ut -, 37*
- O/2 Æ 772^72^ la quatrième Octave.
- Prenez le milieu entre X & 26; ce point fera C fol ut diefe >38*
- Prenez le milieu entre X & 27 ; ce point fera D lare , 39.
- Prenez le milieu entre X & 28 ; ce point fera E fi mi bémol, 40*
- Prenez le milieu entre X Sc 29 ; ce point fera E fi mi, 41*
- Prenez le milieu entre X 6c 30 ; ce point fera F ut fa, 42.
- Prenez le milieu entre X & 31 ; ce point fera F ut fa diefe > 43.
- Prenez le milieu entre X Sc 32 ; ce point fera G re fol, 44.
- Prenez le milieu entre X & 33 ; ce point fera G re fol diefe, 47,
- Prenez le milieu entre X & 34 ; ce point fera  mi la , 46.
- Prenez lè milieu entre X Sc 3 y ; ce point fera B fa fi bémol,
- Prenez le milieu entre X Sc 36 ; ce point fera B fit fi 9 48.
- Prenez le milieu entre X & 37 ; ce point fera C fol ut, 49.
- Prenez le milieu entre X Sc 38 ; ce point fera C fol ut diefe , ÿô*
- Prenez le milieu entre X & 39 ; ce point fera D la re , yr.
- 218. On peut de même faire une cinquième oétave, en divifant en deux chaque efpace entre X & chaqüè point de la quatrième. Si Ton vouloit une fixieme ôétave, on diviferôit également en deux chaque point de la cinquième, & Ci
- 219. Pour divifer la première oéiave de ce même Diapafbn de la Dou-blette, l’opération fera encore plus facile. Il ne s’agit que de doubler toutes les longueurs de la fécondé oéiave, par laquelle nous avons commencé la divifion de ce Diapafon* C’ejft ce quon exécutera de la maniéré fui1* vante.
- Prenez avec un Compas toute la longueur de 13 à X, & porteZ-la de 13 à 1 ; vous aurez le premier C fol ut.
- Prenez la longueur de 14 à X, Sc portez-la de 14 à 2 ; vous aurez Cfol Ut diefe.
- Planche
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- -Planche
- XIX.
- 64 FACTEUR D’ORGUES, l Part. Chap. V. SeÛ. I
- : Prenez la longueur de 15 àX, & portez-la de 15 à 3; yous aurez
- D la re.
- y*
- Prenez la longueur de 16 à X, Sc portez-la de 16 à 4; vous aurez E fi ml bémol.
- Prenez la longueur de 17 à X > & portez-la de 17 à y ; vous aurez E fi mi.
- Prenez la longueur de 18 à X, Sc portez-la de 18 à 6 ; vous aurez E ut fa.
- Prenez la* longueur de ,19 à X, Sc portez-la de ip à 7 ; vous aurez E ut fa diefe.
- Prenez la longueur de 20 à X , & portez4a de 20 à 8 ; vous aurez G re fol.
- Prenez la longueur de ai à X, & portez-la de 21 à p; vous aurez G re fol diefe.
- Prenez la longueur de 22 à X, Sc portez-la de 22 à 10; vous aurez A mi la.
- Prenez la longueur de a3 a I, & portez-la de 23 à ir; vous aurez B fa fi bémol.
- Prenez la longueur de 24 à X, Sc portez-la de 24 à 12 ; vous aurez B fa fi.
- 220. Si l’on vouloir faire un 4 pieds , il faudroit encore doubler les longueurs totales de la Doublette ou du 2 pieds. Si l’on vouloir faire un 8 pieds, on doubleroit toute la première odave du 4 pieds. Il faudroit doubler toute la première odave du 8 pieds , il l’on vouloir un 16 pieds. On doubleroit celui-ci, s’il s’agiffoit d’un 32 pieds. Ceci eft une réglé générale pour tous les Diapafons. - Je le répété encore ; il luffit de divifer une feule odave, telle que Ton voudra, par les trois rapports, comme je Fai expliqué art. zi6. On partagera enfuite en deux parties égales chaque longueur de cette odave, pour faire la fuivante en montant. On partagera encore celle-ci, pour faire celle qui doit fuivre comme je l’ai en-feigné art. 217. Pour faire les odaves en defcendant, on doublera toutes les longueurs, comme dans l’art, précédent. On aura toujours l’attention,' avant de commencer aucune divifion, de déterminer la longueur du premier ou du plus grand tuyau.
- 22i< Pour les largeurs des tuyaux, une feule ligne les donnera toutes. Il faut avoir feulement celles du premier Sc du dernier. Le premier tuyau de la Doublette ( c’eft le premier C fol ut ) doit avoir 2 pouces r ligne & demie de diamètre ; Sc le cinquième C fol ut, qui eft le dernier de la quatrième odave, doit avoir 3 lignes { de diamètre. Il ne s’agit que de trouver les circonférences de ces deux tuyaux ; ce feront les largeurs re-quifes. Le diamètre de tout cercle eft à fà circonférence comme 100 eft
- a
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- JDiapafoîU des Jeux à Bouche» 65
- à 314 ; ( Voyez l'art. 46 ) c’eft-à-dire, que fi un cercle a 100 lignes ou 100 ----
- pouces de diamètre, il aura 314 lignes ou 314 pouces de circonférence. ^L^jxHE Sur ce rapport du diamètre du cercle à la circonférence, on fera une réglé de trois, & on dira : 100 font à 314, comme 2 pouces 1 ligne & demie ,
- ( c'eft le diamètre du premier C fol ut de la Doublette) efl: au quatrième terme qu'il faut trouver» On réduira les 2 pouces 1 ligne 7 en demi-li* gnes,pour éviter la fraétion delà demi-ligne, ce qui fera y 1 demi-lignes qu'on multipliera par le fécond terme 314 , le produit fera 16014, dont on retranchera les deux derniers chiffres, qui font 14; il reliera 160, ce qui fera 160 demi-ligïïfes , ou 80 lignes , ou 6 pouces & lignes. C'eft le quatrième terme cherché & la circonférence requife.
- Pour avoir la circonférence ou la largeur du dernier C fol ut, il faut d'abord réduire fon diamètre 3 lignes \ en quarts de lignes pour éviter la fraétion i ? ce fera 15 quarts de ligne, 3c l’on dira, comme ci-deflus, 100 font à 314, comme 15 font au quatrième terme cherché. On multipliera 314 par iy , du produit 4710 on retranchera les deux derniers chiffres 10 , il reliera 47 quarts de ligne ; ce fer^ le quatrième terme & la circonférence requife. Or 47 quarts de ligné font ir lignes
- 222. On tirera à angle droit la ligne CiZ, fiir laquelle on marquera la largeur du premier C fol ut ,6 pouces 8 lignes, de 1 à Z ; on tirera une autre ligne à angle droit au point C 49, F, fur laquelle on marquera la largeur du dernier C fol ut, qui efl: 11 lignes ?. On tirera enfuite la ligne droite de Z à F prolongée jufqu'à l'extrémité V du Diapalbn quon termine par une perpendiculaire X V.
- On tirera des perpendiculaires fur chaque point de divifion de la ligne C 1 X, qu’on terminera fur l'autre ligne oblique Z F.
- 223. Il convient, pour desraifons qu'on verra dans la fuite, de marquer fur chaque Diapafon le diamètre des tuyaux; ainlî on tirera la ligne S T -dont la diftance S, r, foit le diamètre du premier C fol ut, c’eft-à-dire, 2 pouces 1 ligne t & C 49, T, foit le diamètre du dernier C fol ut. On la prolongera jufqu’au dernier tuyau feulement. C’eft ainlî que ce Diapalbn fera fini.
- 224. Je donnerai ici, fur le Pied-de-Roi, les longueurs d’une octave de 4 pieds, ce qui fera utile en certaines occallons.
- C fol ut . . 4 pieds . . 0 pouces . . 0 lignes . 0 points
- CfolutK . . 3 • • . 9 ... . 6 . . . . 9.
- D ... 3 * 6 ... . 8 . . . . 0.
- E*> . . . 3 • • * 4 * » . . 6 * . 0 . 0.
- E ... 3 • . • 1 ... . 11 . . . : r;
- F ... 3 • • • 0 . • . • 0 ... . 0.
- F% . . . 2 . 10 . . , . 2 « . . . 0.
- Orgues. R
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- 66 FACTEUR D'ORGUES, /. partie, Chap. V. Seiï. I
- Planche"” ^ * • * • 2 pieds : ; 8 pouces . . dignes . O. points
- XIX. G « . ; . 2 . • 6 . . « 4 * * * j 6m,
- a a a 2 • • • • • • • ^ * * a «
- B ^ ^ • . . 3 •••• o « » • è o,
- ^ * a a 2 • • a X • • • • ^ a « * • 4*
- C » • a 2 a • t O • • a a O a a a a O*
- Tout le monde lait que le Pied-de-Roi fe divife en 12 pouces ; le pouce en 12 lignes, 8c la ligne en 12 points.
- Diapafon delà 22;. J’ ai mis fur la même Planche XIX, le Diapafon de la Quarte de
- Quarte de Nafard. n - . . , - . A
- Najard. C efl un Jeu de 2 pieds ; mais étant de grofle taille, il doit etre un peu plus court. Ainfi je ne lui ai donné que 22 pouces 10 lignes de-puis le premier C fol ut, jufqu’à la ligne qui termine le Diapafon. Les divifions des 4 oétaves fe font de même que je fai décrit art. 216 , 217 > 218, 219. Il s’agit d’y marquer les largeurs des tuyaux. Le premier C fol ut doit avoir 2‘ pouces 8 lignes de" diamètre. On trouvera la circonférence comme je l’ai expliqué art. 221. Elle fera de 8 pouces 4 lignes f , que l’on portera fur la ligne perpendiculaire tirée fur le point du premier C fol ut* Le diamètre du dernier C Jol ut efl de y lignes > 8c fa circonférence de 16 lignes qu’on marquera fur la perpendiculaire tirée fur le point du dernier C fol ut 49. Ces deux points détermineront toutes les largeurs par l’oblique tirée de l’un à l’autre. On y marquera les diamètres, comme l’on voit dans lafig. 150.
- 2,26. Cette Quarte deNafard efl: de grofle taille. Elle convient dans le grand Orgue, aufli-bien que pour la Pédale. Mais pour le Pofitif, on fe fer-vira de la menue taille, telle quelle efl marquée fur le même Diapafon. Celle-ci fera propre pour de petites Orgues.
- Diapafon aes Sur même Diapafon de la Doublette, j’ai tracé celui desdelfus
- dS des Bour” àts Bourdons à cheminée, auxquels je donne les mêmes longueurs qu’à la Doublette, afin que les tuyaux ayant plus de dimenfion dans leur corps,
- * 8c par conféquent les cheminées plus courtes, ils aient plus d’harmonie; Le premier C fol ut de ces delfus efl marqué 13 , parce que c’eft le fécond C fol ut du Bourdon de 4 pieds, ou le troifieme du Bourdon de 16 pieds, qui feroit marqué 26, ou le quatrième du Bourdon de 32 pieds, qui fe-roit marqué 37 ; il a de diamètre 3 pouces 1 ligne f ; 8c fa circonférence a 9 pouces 10 lignes. (Il y a une faute dans le Diapafon pour ce diamètre ci-defliis, qui efl marqué un peu plus grand ). Le diamètre du dernier C fol ut 49 , efl de 9 lignes i, & fà circonférence efl de 1 pouce 6 li^ gnes f.
- 228. Ces deffus des Bourdons font de la plus grofle taille, telle qui convient aux grandes Orgues pour de grandes Eglifes. Elle convient auiïî au Pofitif, pour rendre les accompagnements plus moelleux 8c plus fenfibles.
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- Diapafons des Jeux à Bouche. 67
- l
- J*ai ajoute a cette greffe taille une autre plus menue, dont on pourra fe forvir pour de moindres Orgues ou pour le Pofitif, lorfqu’on le jugera à propos. Je n’ai marqué pour cette menue taille que le premier tuyau ,13^ &les trois ou quatre derniers, pour éviter la confufion. On tirera la ligne entière quand on voudra s’en lervir. Le premier tuyau de cette menue, taille a % pouces 8 lignes f de diamètre, & 8 pouces 8 lignes de circonférence. Le dernier C fol ut 49 > a 8 lignes i de diamètre & 2 pouces 3
- Plancha
- XIX,
- lignes f de circonférence.
- 229. On trouvera, fur le Diapafon de la quarte de Nafàrd, celui des deffus des Bourdons bouchés, qui ont le même diamètre & la même circonférence que les précédents, foit pour la grolTé, foit pour la menue taille*.
- Ils ne font différents que pour la longueur, ne devant avoir que celle dé la quarte de Nafàrd ; ce qui eft fuffifant. Les baffes des Bourdons fe font toujours eh bois & les deffus en étoffe. \
- 230. Il faut remarquer que ces deffus des Bourdons, foit bouchés, foit à cheminée, de groffe ou menue taille, peuvent forvir pour des balles de*plu-fieurs autres Jeux, comme pour les Nafàrds , pour les Flûtes & dans d’autres cas où l’on eft obligé d’en employer. On peut aifement faire monter ces Bourdons une oétave de plus, fi l’on en a befoin. Il fuffira de prolonger l’oblique qui marque les circonférences, Scc, & cela fur la taille qu’on voudra*
- 231. La Planche XX contient le Diapafon du 32 pieds ouvert lorfqu’on le fait en étain. J’ai été obligé de le mettre en raccourci, n’ayant que deux
- pieds de longueur. Il faut obferver que ce Diapafon eft en deux parties. Diapafon du-^ La première contient la première oétave depuis C, 1, jufqu’à C, 13. J’ai Pîed50UVCrt* retourné les trois autres oétaves en les faifànt revenir à côté de la première.
- Ce retour commence à C, 13 , que j’ai répété , & finit à Z), yr. Il faut concevoir que pour avoir la longueur d’un tuyau de la première oétave, ôn prendra celle des trois autres oétaves , c’eft-à-dire, 2 pieds, & on y ajoutera la longueur marquée dans la première. Par exemple, fi l’on veut avoir la longueur du premier C fol ut, on prendra les deux longueurs des deux parties du Diapafon. Si l’on veut celle du premier G fe fol, 8, on prendra toute la longueur depuis C, 13 , jufqu’à la petite extrémité du Diapafon, ,
- c*eft-a-dire, les trois oétaves, & on y ajoutera la diftance depuis C, 13 , de l’autre côté, jufqu’à G, 8. C’eft ainfi qu’il faudra faire dans plufieurs autres Diapafons que j’ai été obligé de redoubler de même. Il faut les confidérer comme fi 1 on avoit coupé le papier pour féparer ces deux parties félon leur longueur, pour les joindre enfomble bout à bout avec de la colle, faifànt convenir les deux grandes lignes ; en forte que les deux perpendiculaires^ marquées C, 13 , & C, 13 fuffent l’ime fur l’autre, & ne fiffent qu’une foule perpendiculaire. On verroit alors que le Diapafon auroit 4 pieds de longueur.
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- Planche
- XX.
- Diapafon du 16 {pieds ouvert.
- Planche
- XXI.
- Diapafon du Prenant & du 8 pieds ouvert.
- 68 FA CT EU R D’QRG UES, I. Part. Chap. V. Sec7.1.
- 232. J’ ai fait graver au bas de cette Planche comment il faut entendre ce Diapafon. On y lira qu’il faut oéhipler toutes les longueurs lorfqu’il s’agira du 32 pieds; quil faut répéter fix fois toutes les circonférences & doubler les diamètres. Par exemple , fi l’on veut le premier F ut fa, 6, on prendra d’abord toute la longueur des trois dernieres oélaves, à laquelle on ajoutera, de la première oétave, la diftancede C, 13 , jufqu’à F 6, ce qui fera 3 pieds ; on oétuplera ces trois pieds, & on aura 24 pieds qui feront la véritable longueur du premier F ut fa du 32 pieds. Pour avoir la largeur, on prendra toute la longueur de la perpendiculaire F 6 ( je me fers du même exemple ) jufqu’à la ligne oblique intitulée, Sixième Partie de la circonférence du 32 pieds ouvert : on la répétera fix fois, cela fera la largeur requife du premier F ut fa du 32 pieds ouvert. Cette perpendiculaire a fur le Diapafon 7 pouces 10 lignes, qui étant répétés fix fois, donneront 3 pieds 1 r pouces ; ce fera la largeur requife. Pour avoir le diamètre , en prendra fur la même perpendiculaire F 6, la diftance depuis Ft
- 69 jufqu’à l’oblique intitulée, demi - diamètre du 32 pieds ouvert. On y, trouvera la longueur de 7 pouces y lignes f , qu’on doublera, ce fera 14 pouces 11 lignes; on aura par-là le diamètre cherché. On fera de même dans plufieurs autres Diapafons que j’ai été obligé de donner en raccourci. Le premier C fol ut du 32 pieds ouvert a 18 pouces 7 lignes f de diamètre, & 4 pieds 10 pouces 6 lignes de circonférence»
- 233. Le même Diapafon contient celui du 16 pieds ouvert. On trouvera au bas de la même Planche comment il faut s’en fervir. Les diamètres des tuyaux y font marqués dans toute leur grandeur ; on en quadruplera toutes les longueurs aulîi-bien que les circonférences. Le premier C fol ut du 16 pieds ouvert an pouces 4 lignes de diamètre & 2 pieds 11 pouces 8 lignes de circonférence. Le dernier C fol ut 49 , a 13 lignes f de diamètre & 3 pouces 7 lignes de circonférence. J’ai mis le Diapafon de la Voix Humaine for cette Planche, pour n’en pas faire une exprès. Je l’expliquerai lorfque nous en ferons aux Jeux d’Anche.
- 234. La PL XXI contient le Diapafon du Prefiant Sc du 8 pieds ouvert. Celui du Preftant y eft dans toute fii grandeur. Le diamètre de fon premier C fol ut eft de 3 pouces 6 lignes, & fa circonférence eft de 1X pouces. Le diamètre du dernier ou cinquième C fol ut 49 , eft de y lignes de diamètre, & de iy lignes \ de circonférence.
- 23 y. Le premier C fol ut du 8 pieds ouvert eft de y pouces 9 lignes de diamètre , & de 18 pouces de circonférence. Son dernier C fol ut 49 > a p lignes f de diamètre, Sc 2 pouces 6 lignes de circonférence. On eft averti au bas du Diapafon qu’il faut doubler toutes les longueurs Sc les largeurs du 8 pieds. Les diamètres y font entiers.
- 236. Nous avons déjà vu, art. 227,228,225, la defeription &le Diapafon
- des
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- Diapafons des Jeux à Bouche. 69
- clés deffus des Bourdons , en voici les baffes dans la Planche XXII. On y —— trouvera le Diapafon des trois premières oélaves du Bourdon de 3 a pieds ^Xiï^ ou 16 pieds bouché. J’y ai encore tracé le Diapafon des deux premières Diapafons des oâaves du Bourdon de 16 pieds , ou 8 pieds bouché, & celui de la première Bourdons, oélave du 4 pieds bouché. Le premier C Jol ut du Bourdon du 32 pieds a en dedans 14 pouces 4 lignes. Son dehors n’eft pas marqué , faute de place. On lui donnera 2 pouces de plus pour que chaque Planche ait un pouce d’épaiffeur. Son quatrième C Jol ut marqué 3 7, a en dedans 2 pouces •7 lignes. On lui donnera en dehors 9 lignes de plus , afin que le bois ait 4 lignes f d’épaiffeur.
- 237'. Le dedans du Bourdon de 16 pieds a 7 pouces 4 lignes, pour fon premier C fol ut, avec 1 pouce 6 lignes en dehors. Son troifieme C fol ut marqué 2 y , a en dedans 2 pouces 7 lignes f, & 9 lignes de plus en dehors.
- 238. Le premier C fol ut du Bourdon de 4 pieds a en dedans 4 pouces 7 lignes , & un pouce de plus en dehors. Son fécond C fol ut marqué 13 , a en dedans 2 pouces 8 lignes , St en dehors 9 lignes de plus.
- 239. On eft averti au bas de la Planche, que pour le Bourdon de 32 pieds on quadruplera toutes les longueurs ,& qu’on doublera toutes les. largeurs. Pour le Bourdon de x6 pieds , on doublera toutes les longueurs; mais les largeurs feront prifes comme elles font marquées. Le Bourdon de 4 pieds eft dans toutes fes dimenfions naturelles.
- 240. On doit avoir déjà remarqué que le C fol ut 37 du Bourdon de 32 pieds; le C fol ut 2y du Bourdon de 16 pieds, & le C fol ut 13 du Bourdon de 4 pieds différent un peu dans leur taille , quoiqu’ils foient tous les trois à l’uniffon. La raifbn de cette différence de taille eft que plus un tuyau, quoiqu’à i’uniffon d’un autre, répond bas au Clavier, plus il doit être gros. Le C fol ut en queftion du Bourdon de 4 pieds, répondant à la treizième touche du Clavier, doit être plus gros que fon uniflon du Bourdon de 16 pieds qui fe trouve répondre une oélaveplus haut,c,eft-à-dire, à la vingt-cinquieme touche du Clavier. Celui du 32 pieds doit
- être un peu plus petit, parce qu’il répond à la trente-feptieme touche du Clavier , c eft-à-dire , qu’il eft pofé une oélave plus haut à l’égard du Clavier, que fon uniffoti du 16 pieds. Voyez l’art, iyy.
- 241. Ces baffes en boîs des Bourdons peuvent fervir pour d’autres Jeux ; pour des baffes de gros Nafard ; pour des Pédales de Flûte 5 pour des baffes de 8 pieds ouvert ou de 16 pieds ouvert, lorfqu’on ne peut pas placer ces Jeux entiers ouverts, &c.
- 242. La Platiche XXIII, contient les Diapafons des Nafards à la quinte du Preftant. J en ai trace de quatre efpeces, qui font, les Nalàrds à fufeau de groffe 8c de menue taille, & les Nafards ouverts de groffe & de menue
- Orgues♦ S
- Planche
- XXIII.
- y
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- Planche
- XXIII.
- 70 FA CTEUR D'ORGUES, I. Partie, Chap, V. Se& 1.
- \ taille. Les Nafards à fufeau font plus étroits dans le bout fupérieur que dans l'inférieur à la bouche du tuyau. Les diamètres & les circonférences du bas des tuyaux font marqués par des lignes à l'ordinaire ; mais les circonférences du haut des tuyaux font marquées par de petites parties de lignes interrompues, pour éviter la confuiîon. Je n'ai point marqué les diamètres du haut des tuyaux , parce que cela feroit inutile. On fait bien fou-vent des Nafards en cheminée. Si l'on veut en employer, on fe fervira du Diapafon des deffus des Bourdons en- cheminée, foit de grolfe ou menue taille, félon que le Jeu fera deftiné pour le grand Orgue , ou pour le Positif.
- 243. Le Nafard à Fufeau de grolfe taille a , dans le bas du tuyau où eft la bouche, pour fon premier C fol ut, 3 pouces y lignes 7 de diamètre , & 10 pouces 10 lignes de circonférence. Le haut du même tuyau a 7 pouces 3 lignes de circonférence. Le bas du dernier C fol ut, 4P, a
- 6 lignes de diamètre 8c 19 lignes de circonférence. Le haut du même tuyau a 9] lignes f de circonférence.
- 244. Pour la menue taille, le bas du premier C fol ut a 2 pouces 7 lignes i de diamètre , 8c fa circonférence efl de 8 pouces 3 lignes 7. Le haut du même tuyau a y pouces 7 lignes de circonférence. Le diamètre du bas du dernier C fol ut, 49 , eft de y lignes , & là circonférence eft de xy lignes 7. Le haut du même tuyau a 7 lignes 7 de circonférence. La longueur du premier C fol ut de ces deux Nafards eft de 2 pieds 4 pouces 8 lignes.
- 24y. Le Nafard ouvert de groffe taille a, pour fon premier C fol ut, 3 pouces 2 lignes de diamètre, 8c 9 pouces ir lignes f de circonférence. Le dernier C fol ut, 49 , a y lignes 7 de diamètre, & 18 lignes 7 de circonférence. Pour la menue taille, le premier C fol ut a 2 pouces 7 lignes i de diamètre, 8c 8 pouces 3 lignes 7 de circonférence. Le dernier C fol ut, 49, a y lignes 7 de diamètre, 8c 16 lignes 7 de circonférence. La longueur du premier C fol ut de ces deux Nafards ouverts eft de deux pieds
- 7 pouces. Le Nafard ouvert de groffe taille fe deftine pour le grand Orgue , 8c celui de menue taille pour le Pofitif.
- 246. On peut faire fervir le Nafard ouvert de grolfe taille à la Pédale , fi l'on doit y en mettre un. Je ne donne point de Diapafon particulier pour le gros Nafard à la quinte du 8 pieds ; parce qu'on peut prendre Ces trois dernieres oélaves dans les Nafards de la même Planche XXIII ; 8c la première, dans les balfes des Bourdons ; ou fi l’on veut les baffes ouvertes, on emploiera des tuyaux ouverts en bois dont je donnerai bientôt les Diapafons.
- M7- T ai tracé dans la XXIVe Planche les Diapafons des Tierces. Il y XXIV en a tro*s e^Peces^ ki gr°ife Tierce ,àla tierce du Preftant, & enfiiite Diapafons des les deux Tierces à la tierce de la Doublette, l'une de groffe taille pour le
- Planche
- Tierces.
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- Diapafons des Jeux à Bouche. ji
- grand Orgue, Sc [autre de menue taille pour le Pofitif. On voit que la première oétave de la grofTe Tierce eft repliée à côté des trois autres oéla-ves, comme on peut s'en appercevoir par l'ordre & la fuite des chiffres ; mais les deux autres Tierces font entières dans une feule colonne, comme on le voit par la fuite des chiffres. J’ai diftingué la Tierce de menue taille par de petites lignes interrompues.
- 248. La greffe Tierce a, pour fon premier Cfol ut, 3 pouces 6 lignes de diamètre, & ir pouces de circonférence. Le dernier C fol ut, 4.9 , à y lignes de diamètre & 15 lignes 7 de circonférence. La longueur du premier Cfol ut eft de 3 pieds. On fait toujours cette Tierce en étoffe. On peut s'en fervir pour la Pédale.
- 249. La Tierce de groffe taille a, pour fon premier C fol ut, 2 pouces 2 lignes 7 de diamètre, Sc 6 pouces 10 lignes 7 de circonférence. Son dernier C fol ut, 49 , a 4 lignes f de diamètre , & 14 lignes de circonférence. La longueur du premier C fol ut eft de 18 pouces. On peut employer cette Tierce à la Pédale.
- La Tierce de menue taille a, pour fon premier C fol ut, 2 pouces de diamètre, Sc 6 pouces 3 lignes f de circonférence. Son dernier C fol^ ut, 49, a 3 lignes 7 de diamètre & 12 lignes de circonférence. Ces deux Tierces fe font ordinairement en étoffe Sc quelquefois en étain ; ce qui eft mieux.
- 250. J'ai mis fur la même Planche XXIV, le Diapafon particulier du Larigot, lequel a* pour fon premier C fol ut, 1 pouce 9 lignes de diamètre, Sc j pouces 6 lignes de circonférence. Son dernier C fol ut, 49 ; a 4 lignes 7 de diamètre, Sc 13 lignes f de circonférence. La longueur du premier C fol ut eft de iy pouces 3 lignes. Ce Jeu fe fait toujours en étoffe.
- 2j,i. La Planche XXV, contient le Diapafon du grand Cornet qui eft com-pofé de J rangées ou de y Jeux, qui ont chacun leur Diapafon particulier. J'ai mis enfemble le Bourdon & le Preftant du Cornet qui ont les mêmes longueurs, mais les largeurs font différentes \ auflî il y a une ligne pour le Bourdon de une autre pour le Preftant. Le Nafàrd, la Quarte & la Tierce , ont chacun leur Diapafon féparé, aufîi-bien que les cheminées du Bourdon. Voici les principales mefures de ces cinq rangées du Cornet,1 auquel j'ai donné l'étendue ordinaire , qui commence au troifieme C fol ut au milieu du Clavier.
- Le Bourdon a, pour fon premier C, r , un pouce 8 lignes 7 de diamètre , Sc y pouces y lignes de circonférence. Le dernier C fol ut, 2S > a 9 lignes f de diamètre, Sc 2 pouces 6 lignes de circonférence. Les cheminées ont la moitié de la hauteur du tuyau & le quart du diamètre Sc de la circonférence.
- Planche
- XXIV,
- Diapafon ài Larigot,
- www.......
- Planche XXV.
- Diapafon du grand Cornet.
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- Planche
- XXV.
- Planche
- XXVI.
- Diapafon du Cornet de Récit.
- 72 FACTEUR D’ORGUES, I. Pan. Chap. V. Se& 1.
- Le Prenant a, pour fon premier tuyau, 17 lignes f de diamètre, & 4 pouces 7 lignes de circonférence. Le dernier C fol ut, 2 y , a 8 lignes de diamètre, Sc 2 pouces une ligne de circonférence. La longueur du premier tuyau du Bourdon & du Preftant eft de 11 pouces 8 lignes.
- Le Nafàrd a, pour fon premier tuyau, iy lignes de diamètre, & 3 pouces ji lignes de circonférence. Son dernier Cfol ut> 2j,a7 lignes! de diamètre , & 2 pouces de circonférence. La longueur de fon premier tuyau eft de 7 pouces 6 lignes. ^
- La Quarte a, pour fon premier tuyau, 12 lignes ! de diamètre, Sc 3 pouces 4 lignes de circonférence. Son dernier C Jol ut, 25 , a 6 lignes-de diamètre, Sc un pouce 8 lignes f de circonférence. La longueur de fon premier tuyau eft de y pouces y lignes. J
- La Tierce a, pour fon premier tuyau, 10 lignes ! de diamètre, Sc 2 pouces 10 lignes de circonférence. Son dernier C fol ut ,25 , a y lignes! de diamètre, 8c 16 lignes -f de circonférence. La longueur de fon premier tuyau eft de 4 pouces y lignes. Les Cornets fe font toujours en étoffe.
- 2y2. Le Diapafon du Cornet de Récit eft tracé fur la Planche XXPE Je lui ai donné la plus grande étendue dont on ait fait ufage jufqu’à pré-fent. Il commence au fécond F ut fa du Clavier. Du refte, ce Cornet eft compofé comme le précédent ; il n’en eft différent que pour l’étendue Sc pour la taille. On pourra remarquer que le Cornet de Récit eft de plus petite taille, dans les deffus que le grand Cornet, & plus gros vers les baffes. Par exemple, le premier C fol ut du Bourdon du grand Cornet a un pouce 8 lignes £ de diamètre; Sc le même C fol ut, qui fait le huitième du Bourdon du Cornet de Récit , a un pouce 10 lignes de diamètre ; ainfï celui-ci eft de plus groffe taille que fon uniflon du grand Cornet. Le dernier C fol ut du Bourdon du grand Cornet a 9 lignes f de diamètre ; & le même C Jol ut du Bourdon du Cornet de Récit n’a que 9 lignes ! de diamètre. On voit par-là, comme je viens de le dire, que le Cornet de Récit eft plus gros dans les baffes & plus petit dans les deffus que le grand Cornet. La raifon de cette différence eft que la fonélion du grand Cornet eft de fortifier & fournir dans les deffus du Grand Jeu, dans lequel on fait jouer les Trompettes & les Clairons. Ces Jeux font naturellement plus foibles dans les deffus que dans les baffes ; & comme ils font encore allez forts jufques vers le milieu de la troifieme oélave qui fe trouve vers la baffe du grand Cornet, on n’a pas befoin que celui-ci y foit fi fort. En un mot, il faut que le grand Cornet foit d’autant plus fort, que les Trompettes Sc Clairons font foibles ; Sc qu’il foit d’autant plus foible que ces Jeux fè trouvent forts. Ce feroit même un défaut que le grand Cornet fe fît trop entendre vers fes baffes , parce que dans le pafîàge de la fécondé octave à la troifieme on entendroit un changement d’harmonie trop marqué ; ce qui feroit difgracieux. L$
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- Diapafons des Jeux à Bouche. 73
- Le Cornet de Récit fait une fonétion bien différente ; il doit être aufîl Fort dans les baffes que dans les deffus. Il joue & fait là partie tout feul. Il convient qu'il tranche également dans toute Ion étendue ; & comme le propre des Jeux à Bouche eft d'être moins éclatants dans les baffes que dans les deffus, on tâche d'y fuppléer dans le Cornet de Récit /en augmentant la taille ou la groffeur des baffes. Il faut au refte entendre par les baffes du Cornet, là partie la plus grave ou fes plus grands tuyaux que j’appelle improprement de ce nom , ce Jeu n'ayant lieu que pour les delfus, comme je l'ai dit art. 17p.
- 253. Les principales mefures du Cornet de Récit font telles : le F, r du Bourdon a 17 pouces y lignes de hauteur, 2 pouces 6 lignes i de diamètre, 8c 7 pouces ir lignes de circonférence. Le C, 32 , a 9 lignes f de diamètre, 8c 2 pouces y lignes de circonférence. Les cheminées du Bourdon ont la moitié de la hauteur des tuyaux & le quart de leur diamètre 8c celui de leur circonférence.
- Le Fy 1 , du Preftant, qui a la même hauteur que le Bourdon, a 2 pouces 2 lignes de diamètre, & 6 pouces 10 lignes de circonférence. Le Cy 32 , a 7 lignes f de diamètre, & un pouce 11 lignesi de circonférence.
- Le F y 1, du Nafàrd, qui a il pouces 3 lignes de hauteur, a un pouce 9 lignes f de diamètre , 8c y pouces 7 lignes f de circonférence. Le C, 32, a 7 lignes de diamètre 8c un pouce 10 lignes de circonférence»
- Le F y 1 y de la Quarte , qui a 8 pouces 4 lignes f de hauteur, a un pouce 7 lignes de diamètre, & 4 pouces 11 lignes f de circonférence. Le £?, 32 , a 6 lignes de diamètre , un pouce 7 lignes de circonférence.
- Le F, 1, de la Tierce, qui a 6 pouces 8 lignes t de hauteur y a 16 lignes f de diamètre, & 4 pouces 4 lignes de circonférence. Le C, 32 , a 5 lignes de diamètre, un pouce 3 lignes f de circonférence. Ce Jeu fe fait en étoffe.
- 254. Le Cornet de Récit peut être employé pour l'Ècho, en lui donnant toute l'étendue ci-deffus. Ou fl l'on veut lui en donner davantage, on prolongera les lignes. Cette taille eft bonne pour les grandes Eglifes. Mais fi c'étoit pour une petite Eglife, on pourroit fe fervir pour l'Echo des mêmes Bourdon, Preftant, Nafard, Quarte & Tierce, qu'on emploie pour le Pofitif.
- 257. A l'égard du Cornet qui répondroit au Clavier de la Bombarde, le grand Cornet, art. 251, y eft très-convenable. Mais pour le Pofitif, le Cornet de Récit n’y conviendroit pas , fes baffes étant trop fortes, il faut diminuer un peu la taille du grand Cornet, en forte que les deffus foient égaux à celui du Récit, & les baffes un peu plus petites que celles du grand Cornet.
- Orgues. T
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- Planche
- XXVII.
- Dhpafon du Plein-Jeu.
- 74 FACTEUR D’ORGUES , /. Part. Chap. V. Sec?.1.
- 2$6. La Planche XXVII, contient le Diapafon du Plein-Jeu, ou Fourniture & Cymbale, auquel on remarquera cinq oétaves, quoique les autres Diapafons n en aient que quatre. Comme ceft un Jeu dont l’arrangement eft different des autres , il eft des cas ou ces cinq oétaves font néceffaires, comme on peut le voir dans le Tableau de tous les Jeux de l’Orgue, à 1 endroit où on lit ces mots , Fourniture, Cymbale ( PL XVII. ) J’expliquerai plus particuliérement l’ufage de ce Diapafon , auffi-bien que celui -de tous les autres, quand nous en ferons à la maniéré de tailler les Jeux dans la fécondé Partie. Il nous fuffira préfentement, qu’il ne s’agit que de la conftruétion des Diapafons, de remarquer que pour faire celui-ci , il eft néceffàire d’avoir la mefure de trois C fol ut ; du premier, du 13 & du 61 y à caufe que la ligne oblique ne doit être droite que de 61 à 13. Depuis le point 13 juqu’à 1,0n doit tirer une autre ligne droite ; en forte que ces deux qui aboutiffent au même point 13 , ne font pas une feule ligne droite, comme aux autres Diapafons. La raifon en eft que fi l’on tiroit une ligne de 61 à 13 , prolongée en droiture jufqu’au gros bout du Diapafon, les tuyaux de la première oétave feroient trop gros ; ainfi l’on eft obligé de dévoyer cette ligne de 13 à 1 , pour diminuer la taille des tuyaux de la première oélave.
- 2 y7. Le premier Ç fol ut de ce Diapafon* doit avoir 4 pieds o pouces 8c 6 lignes de longueur. Il n’a pourtant que 4 pieds & 2 lignes , à caufè que le papier s’eft retiré plus que je ne penfois, ou, j’ai manqué de donner affez de longueur fur la Planche de cuivre. Quand on voudra copier les longueurs de ce Diapafon, il faudra les marquer fur une bande de papier d’environ un pouce de largeur & fuffifàmment longue. Les mefures étant ainfi prifes fur les traits de la Planche, 8c marquées avec un crayon , on étendra cette bande de papier fur une réglé de bois ; on marquera fur la même réglé les dtux extrémités ; enfuite on humeétera la bande de papier en tapant également fur toute fà longueur avec un linge mouillé; & lorfqu’on verra qu’elle fe fera allongée de la quantité qu’on demande , on l’appliquera fur une planche de bois ou de plomb , comme c’eft l’ufage, fur laquelle on transportera tous les points de la bande de papier ; après quoi on tracera tout le refte du Diapafon tel qu’il eft dans la Planche XXVII.
- 258. Voici les principales mefures de ce Diapafon. Le premier C fol ut a 2 pouces 11 lignes f de diamètre, 8c fa circonférence a 9 pouces 3 lignes. Le fécond C fol ut, 13, a un pouce 8 lignes f de diamètre, & y pouces 4 lignes de circonférence ; il doit avoir 2 pieds o pouces 3 lignes de longueur. Le dernier C fol ut, 61, a 3 lignes de diamètre 8c 9 lignes f de circonférente. Ce Jeu fe fait toujours en étain le plus fin, le plus doux & le plus neuf.
- 259. On remarquera fur le même Diapafon une plus menue taille, qui
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- Dîapafons des Jeux à Bouche. 75
- cffc toujours deflinée pour le Pofitif Elle ne commence qu a C, 13 , Sc finit à 61 ; il n’y a point de menue taille fur la première oétave, parce quelle n’a jamais lieu pour le Pofitif.
- 260. Le Diapafon des tuyaux à Bouche coniques doit fe prendre fur les deflus du 8 pieds ouvert (PL XXI). On doublera les largeurs pour le haut des tuyaux. Pour les longueurs, elles feront prifes un demi-ton plus bas; c’eft-à-dire, que pour avoir la longueur, par exemple, d’unCfolut, il faut prendre celle du B fa (i\ fi c eft pour un G re fol, on prendra la longueur de F ut fa%\ fi c’eft pour un D la re, on prendra celle du C fol utM, &c. Mais les largeurs de leur bout inférieur, comme je viens de le dire, fe prendront comme pour les autres tuyaux du 8 pieds, Sc on en doublera la largeur de leur bout fupérieur.
- 261. Je ne donne point de Diapafon particulier pour la Bafe de Viole \ parce que, comme je fai dit ailleurs, on en prend toutes les largeurs & diamètres fur le Diapafon du Preflant, & les longueurs fur celui du 8 pieds ouvert ; mais il faut l'augmenter au moins de 3 pouces, c’eft-à-dire, que le premier C fol ut, doit avoir 8 pieds 3 pouces. On fera les divifions fur une réglé, comme je l'ai décrit art. 216, pour avoir toutes les longueurs. Il ne fera pas néceflàire de marquer les largeurs , puifqu’on les trouvera fur le Diapafon du Preftant.
- 262. La Planche XXVIII contient les Dîapafons.des tuyaux quarrés en bois, ouverts , tels qu’il les faut pour les Pédales de Flûte de 32 pieds, de 16 pieds , de 8 & de 4 pieds. J’ai donné à c es quatre Jeux la plus grande .étendue en haut qu’on foit en ufàge d’exécuter en tuyaux de bois, puif. que je les ai marqués jufqu’à F ut fa, de 18 pouces de longueur. Si l’on veut donner plus d’étendue dans la baffe du 16pieds, on en prendra les mefures dans l’oélave du 32 pieds ; fi c’eft au 8 pieds, on fe fervira du 16 pieds, Sc c. En voici les principales mefures.
- 263. Le premier C fol ut du 32 pieds a en dedans 16 pouces 4 lignes.
- Son dernier tuyau F ut ja, 54, a un pouce ri lignes f. Quoiqu’on ne donne jamais une pareille étendue à la Pédale, j’ai cru pourtant devoir marquer ainfi ce Diapafon, afin qu’on puiffe comparer plus facilement les ^tailles. ,
- Le premier C fol ut du 16 pieds a en dedans 10 pouces 7 lignes, Sc fort; dernier F ut fa, 42 , a un pouce dix lignes f.
- Le premier C fol ut du 8 pieds a en dedans 6 pouces 3 lignes, Sc fort dernier F ut fa , 30, a un pouce dix lignes f.
- Le premier C fol ut de 4 pieds a en dedans 3 pouces 6 lignes t, Sc fort dernier F ut fa, 18 , a un pouce dix lignes r.
- 264. Pour les deffus qu’on fait en étoffe, pour les Pédales de Flûte, foit de 8 pieds, ou de 4 pieds, on en prendra les mefures fur le Diapa-
- Planchë
- XXVII.
- Diapafon des tuyaux à Bouche coniques.
- Diapafon de la baffe de Viole.
- Planche
- XXVIIL
- Diapafon des tuyaux de bois pour les Pédales de Flûte.
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- 76 FACTEUR D’ORGUES, I. Partie, Chap. V. SecZ V
- s^r=== fon du Nafàrd ouvert ( PL XXIII ) ; mais on regardera fon premier C fol
- Pl ANCHE ^ y ci i .1 n rr* • > i, . ^
- XXVIII. comme G re fol, 8 , du 4 pieds : ce tuyau eft effectivement a 1 uniffon du premier G re fol, 8 , du Preftant. Si, par exemple, on veut faire en bois toute la première octave de la Pédale dé Flûte de 4 pieds , & que fon dernier tuyau de bois foit le fécond C fol ut de 2 pieds, on prendra pour la fuite en étoffe , fur le Nalàrd ouvert de groffe taille , le premier F ut fa 7 ; ce fera le C fol utm Sc la fuite de ces tuyaux de bois. On continuera ainfi après F ut fa%j , en montant 8 , 9 , 10 , n,&c. Si l’on ne vouloic aucun tuyau de bois à cette Pédale de Flûte de 4 pieds, mais qu’elle fut toute en étoffe, le même Diapafon du Nafard ouvert ferviroit. Il faudroit en ce cas prolonger les lignes du côté de la baffe jufqu’à 16 pouces dé - > plus, en forte que le premier C fol ut de 4 pieds eût 4 pouces de diamètre
- &12 pouces 3 lignes de circonférence.
- Dîapafbn des j[ arrjve affez fouvent qu’on ne peut pas mettre en montre les
- tuyaux en bois de ^ i I i
- «aüie médiocre. premjers tuyaux de la baffe du 8 pieds ouvert ou du 16 pieds ouvert , 8c qu’on eft obligé de les placer en dedans & de les faire en bois ; il eft certain qu’il les faut alors de plus menue taille que des Pédales de Flûte ; voici la maniéré de trouver leur jufte groffeur. On fe fervira du Diapafon
- " 1 ordinaire comme pour faire des tuyaux ronds en étain, dont on prendra
- les diamètres comme ils y font marqués ; on divifera ce diamètre par 9, i & ce qui viendra au quotient fera ce qu’il faudra retrancher de ce diamètre
- pour avoir la jufte mefure du quarré en dedans de c es tuyaux de bois. Par exemple, s’il s’agit du premier C fol ut du 16 pieds ouvert, il a 11 pouces 4 lignes de diamètre. C es 11 pouces 4 lignes, réduits en lignes, font 136 lignes, qui, divifées par 9 , donnent 15 au quotient.En retranchant iy ' de 136 , il reliera I2r , ou 10 pouces une ligne; ce fera la mefure du dedans du premier C fol ut du 16 pieds ouvert, qui formera un quarré à peu près égal au cercle du premier C fol ut en étain du 16 pieds ouvert. S’il s’agit du premier C fol ut du 8 pieds ouvert , on trouvera fur fon Diapafon qu’il a y pouces 9 lignes de diamètre ou 69 lignes , qui divifées par 9 , donneront 7 f au quotient, lequel étant retranché de 69, il reliera 61 7, c’eff-à-dire, y pouces une ligne f; ce fera la mefure du dedans du premier C fol ut quarré en bois du 8 pieds ouvert : ainfi des autres.
- Récapitulation des Diapafons des Jeux à Bouche.
- 266. J’ai cru devoir raffembler ici en une Table les principales mefures des Jeux à bouche pour fervir à la conftruélion des Diapafons.
- Diamètre
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- P
- y
- TABLE des Diapafons des Jeux à Bouche. 77
- Diamètre. Circonférence.
- pîeds ouvert. i6 pieds ouvert.
- Bourdon de 3 Z pieds en bois»
- Premier Cfol ut*. .18 pouces. 7 lig. f.. 4pieds.. 10 pouces.
- C fol ut......
- longueur z pieds."
- longueur zz pouc. i 0 lignes.
- taille , en étoffe. 49 , C............................. O
- Menue taille. J *3 *
- >ri ^ , l 49 y
- Deflus des Bourdons r .5 bouchés groffe tail-^ 3 *
- le, en étoffe,
- longueur J 3 pieds. 1
- longueur z pieds 7 pouc.
- Menue taille.
- Preftant.
- Groffe Tierce ouverte..
- Nafard ouvert groffe taille.
- Menue taille.
- Nafard à fufeau groffe taille Bas des tuyaux
- 14P>
- f
- 14P a t 4P > {«: {
- ...i
- ille. J
- faux. |
- longueur Z pieds 4 pouc. ^lignes.
- longueur z z pouc. ïolignes.
- longueur< 18 pouc."
- * t
- 49,
- 1 »
- 49, 49,
- Le haut des tuyaux. J * >
- L4P,
- Menue taille. Ç I j Bas des tuyaux, s
- Le haut des tuyaux. J * f
- 149,
- Doublette. J ’
- 4P »
- I ,
- Quarte groffe taille...
- Menue taille.
- Tierce de groffe taille.
- Menue taille.
- 4P a
- C.
- C.
- C.
- C.
- c.
- c.
- C.
- C.
- C.
- C.
- c.
- c.
- c.
- c. c. c. c. c.
- c.
- c.
- c.
- c.
- c.
- c.
- c.
- c.
- Long,
- long.
- larigot.
- IJ pouc. 3 lig.
- Bourdon,
- 11 pouc. 8 lig.
- Preftant, [long. 1 ï pouc. 8lig."
- Grand
- Cornet»
- ' long.
- long,
- Quarte,
- S pouc. 6lig.-
- Tierce,
- 4 pouc. J lig..
- Cornet ffe récit.
- Plein
- Jeu,
- Pédales de flûte ouvertes.
- Tuyaux quarrés, en bois.
- Bourdon,
- long. 17 pouc. $ lig. Preftant ,
- [long. 17 pouc. J lig., Nafard,
- long. Il pouc. 3 lig..
- Quarte, long. 8 pouc. 41. i.
- Tierce,
- , long. 6 pouc. 8 1.
- | longueur 4 pieds 61.
- longueur s6 lignes.
- 31 pieds. 16 pieds.
- 8 pieds.
- 4 pieds.
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-
-
- Planche
- XXIX.
- 78 FACTEUR D’ORGUES> I. Part. Chap. V. SecZ II.
- Section Seconde,
- Diapafons des Jeux d’Anche.
- 267. O N pourroit donner en un feul Diapafon, les trois Jeux de la Bombarde, de la Trompette & du Clairon ; ces trois Jeux étant de même nature & de même forme. La Bombarde n’efl: autre chofe , pour ainfi dire, qu’une Trompette de 16 pieds, & le Clairon une autre efpece de Trompette de 4 pieds. Ainfi un feul Diapafon de 6 oétaves fuffiroit. On y trou-veroit la Bombarde en prenant les 4 premières o&aves feulement ; on au-roit la Trompette, en retranchant la première & la fixieme oéiave; enfin en fupprimant les deux premières oétaves , on auroit le Clairon. Cependant
- pour être plus clair, je vais donner féparément les longueurs de ces trois Jeux par le nombre des pieds, pouces, lignes Sc points. On trouveta les largeurs & toutes les autres mefores fur la Planche XXIX.
- Pieds. Pouces. Lignes. Points.
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- Pieds. Pouces. Lignes. Points*
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- Pieds. Pouces. Lignes. Points^
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- G XK. p. .21. .2. . 3.. 8..3
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- Sans Bague. ______________ A Bague.
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- DIAMETRES. CIRCONFERENCES.
- Diamètres & circonférences du ravalement de la Bombarde»
- Pouces Lignes Pouces. Lignes.
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- Dïapafons des Jeux d'Ânche. 7P
- 268. La première Table à gau* ! che contient les longueurs de tous les tuyaux de la Bombarde. Il y a lîx colonnes. La première defigné le nom de chaque tuyau ; la fécondé fon quantieme, c’eft-à-dire* quel rang il tient dans fon Jeu ; la troifieme, le nombre de pieds de la longueur du tuyau ; la quatrième , le nombre de pouces ; la cinquième, le nombre de lignes, Sc la fixieme, le nombre des points. On remarquera fur cette fixieme colonne qu’il n’y a jamais que 3 , ou <5, ou 9 points ; ce qui fignifie un quart, ou, une demie, ou trois quarts de lignes. Du refte l’on voit allez par les accolades qu’il faut diftinguer différentes parties de la Bombarde, les tuyaux à boîte, ceux qui font fans boîte Sc auxquels on met une bague , & ceux qui font làns boîte ni bague. J’ai ajouté à ce Jeu les longueurs de fon Ravalement, que j’ai coté par des lettres au lieu de chiffres , pour le mieux diftinguer des autres tuyaux du même Jeu ; Sc comme on ne trouvera point fes largeurs Sc fes diamètres dans la Planche XXIX9 j’en ai placé ici une petite Table féparée.
- 269. La fécondé Table contient les longueurs de la Trompette. Voyez dans l’art, précédent l’explication des colonnes. On trouvera une colonne de plus à la Table des longueurs du Clairon. C’eft la troifieme colonne que j’ai mife pour défigner par l’ordre des chiffres comment fe fait la re-prife. Ces chiffres font relatifs à la Trompette, Sc font voir que tous les tuyaux du Clairon ne font que des tuyaux de Trompette, dont le premier C fol ut eft le 13 , ou le fécond C fil ut de la Trompette.
- 270. Il faut compter les longueurs des tuyaux à boîte depuis l’extrémité fiipérieure, b, (fig. 136, PL XVIII) , jufqu’au bout inférieur qui entre dans la boîte, d. Pour les tuyaux fans boîte & qui font à bague, comme celui de la fig. 137, auffi-bien que ceux qui font làns boîte ni bague, comme celui de la fig. 139, il faut compter leur longueur depuis l’extrémité fiipérieure jufqu’au noyau.
- -27I* On verra dans la Planche XXIX ( fig. 147), les circonférences des gros bouts des mêmes Bombarde, Trompette Sc Clairon ci-deiïus pour la groffe taille, qUi fera également bonne pour une Pédale, loit de Bombarde , foit de Trompette & de Clairon. La Bombarde commence au premier C fil ut H y Sc finit au cinquième D la re /. La Trompette commence au fécond C fil ut K, & finit au fixieme D la re L. Si c’eft une Trompette pour la Pédale, Sc qu’on y veuille ajouter le Ravalement jufqu’en F ut fa y elle commencera au premier F ut fa M, & finira félon l’étendue qu’on voudra donner à cette Pédale. On trouvera aufîî les longueurs de ce Ravalement dans celles de la Bombarde, art. 267. Le Clairon commence.
- Planché
- XXIX.
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-
- Planche
- XXIX.
- 50 FA CTEUR D’ORG UES, I. Partie, Chap. V. SecL. IL
- au troifieme Cfol ut N , 8c finie au fixieme D la re L, comme la Trompette. Au moyen de la .reprife que l'on y fait, les 4 oétaves s'y trouvent. •
- 51 ce Clairon eft deftiné pour la Pédale , & avec le Ravalement jufqu’en F ut fa, on le commencera au fécond F ut fa, O.
- 272. La figure 148 contient les largeurs des gros bouts d'une Trompette & d'un Clairon de moyenne taille, qui convient aux Orgues ordinaires , dans des Eglifes qui ne font pas bien vaftes. Cette taille peut fervir pour un Pofitif d'un très-grand Orgue, pour des Pédales dans de petites Eglifes, 8cc.
- 273. On vefra dans la figure 149 les largeurs des gros bouts d’une Trompette de menue taille. Elle convient dans de petites Eglifes, pour un Pofitif d’un Orgue médiocre.
- 274. Il eft un langage parmi les Faéteurs d’Orgues pour défigner la taille des Trompettes. Ils difent une Trompette de 6 pouces, de y ou de 4 pouces. Ils entendent par çette exprelfion , une Trompette dont le premier C fol ut a dans fon gros bout 6 pouces , ou y ou 4 pouces de diamètre. Ainfi, pour nous fervir de la même façon de parler, nous difons que la Trompette de la fig, 147 eft de y pouces 9 lignes : celle de la fig. 148 eft de 4 pouces 9 lignes, & celle de la fig. 149 eft de 4 pouces 2 lignes.
- 27y. Il faut remarquer qu’il arrive bien fouvent qu'on fait de petites Orgues dans de grandes Eglifes, foiè pour raifon d’économie, foit que la place fe trouve défavorable. Dans ce cas, il convient que le petit nombre de Jeux qu’on eft réfolu d'y mettre foit de grolfe taille. Ainfi tout ce que j’ai dit précédemment & que je dirai dans la fuite au fujet des tailles des Jeux convenables pour de petites Orgues, doit s'entendre des Orgues pofées dans de petites Eglifes.
- 276. Les dimenfions que je viens de donner pour les largeurs 8c hauteurs des Bombardes, Trompettes 8c Clairons, ne fuffifent point ; il faut encore plufieurs autres mefures. Ces tuyaux étant coniques , c’eft-à-dire, plus gros dans leur partie fupérieure que dans l’inférieure, il eft néceflaire de donner les largeurs de leur petit bout. On doit diftinguer ceux qui font à boîte 8c ceux qui font fans boîte. On trouvera dans la même Planche XXIX ( fig. iyo), la largeur du petit bout des cinq premiers tuyaux à boîte de la Bombarde j lavoir , c, ck , d> e^ , e. ( Ces largeurs feront les mêmes pour le ravalement de ce Jeu). Ce qu’on lit dans cette fig. iyo , n°. 1. 1. fignifie qu'on doit employer pour c es cinq premiers tuyaux, le n°. premier des gros noyaux quarrés, tels qu’ils font repréfentés par la fig. yi > ( PL VI) dans leur grandeur naturelle & marqués G. On voit dans la fig. iyr, la largeur du petit bout des 4 tuyaux fuivants à boîte de la Bombarde ,g, g% ; 8c l'on doit employer pour ces 4 tuyaux le n°.
- 2. 2. c’eft-à-dire, le fécond numéro des gros noyaux quarrés, comme ils
- ^ font
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- Dlapafons des Jeux d*Anche* Sx
- font repréfentês dans la fig. y2 (PI. VI) , dans leur grandeur naturelle, & marqués F. Si ces quatre tuyaux font deftinés à fervir de Ravalement pour une Pédale de Trompette, au lieu d’être la fuite de la Bombarde, il n y a aucun changement à faire,
- -La figure iy2 eft la largeur du petit bout des cinq tuyaux fuivants à boîte de la Bombarde , ou d’unePédale de Trompette. Ce fontd , $ , b , c, en y pour lefquels on fe fervira des noyaux quarrés, du nc. 1. c’eft-à-dire, du plus gros quarré du petit moule, tel quil eft repréfenté de gran^ deur naturelle, ( PL VI y fig. 49 ), coté O , A.
- La figure 153 eft la largeur des petits bouts de la fuite des tuyaux à boîte de la Bombarde ou de la Trompette. Il y en a 8, qui font d> e e, f, /*> g > gx , a. Leurs noyaux doivent être du n°. 2 , quarrés du petit moule, ( PL VI, fig. 49 ) , coté P, B. Tout cela eft bon lorfque c’eft pour la fuite d’une Bombarde ou d’une Trompette de Pédale ; mais s’il faut commencer un Jeu de Trompette, c’eft-à-dire, fi c’eft pour les premiers tuyaux d’une Trompette ou d’une Trompette de Pédale fans Ravalement , il y aura alors deux tuyaux de plus, lavoir, c, en ; ce qui fera dix tuyaux au lieu de huit, qui feront c, c n , d, e9, , g, gn, a; c’eft pourquoi on lit
- dans cettzfig. 1J3 , 10 Noyaux quarrés du n°. 2. Cependant s’il faut commencer par les premiers tuyaux d’une Pédale làns Ravalement, il fera mieux d’employer pour les trois premiers c, en, dy les Noyaux quarrés du n°. x du petit moule, parce qu’on fait les Anches un peu plus groifes.
- La fig, iy4 eft la largeur du petit bout de la fuite des tuyaux làns boîte r$c qui font à bague, delà Bombarde, ou de la Pédale de Trompette & de Clairon , ou de la Trompette, tout cela eft égal. Il y en a 9 5 lavoir, b ^ , b, c 3 en y d y y ey f y f% y pour lefquels on fe fervira du n°. 2 des Noyaux ronds, ( PL VI y fig. 49 ) , coté R, D.
- La figure iyy eft la largeur du petit bout de la fuite des tuyaux làns boîte de la Bombarde, ou de la Pédale de Trompette & de Clairon , ou de la Trompette & du Clairon. Il y en a 12, qui font g ygn , a, , b, c, cni
- d y e9 y e yfyfn; les 6 premiers doivent être à bague, & leurs Noyaux ronds du n°. 2. Les 6 autres feront làns bague & leurs Noyaux ronds du troifieme numéro, comme iis font repréfèntçs ( PL VI, fig, 49 ) , coté
- •S*, E.
- La figure ty6 eft la largeur du petit bout des tuyaux làns bague de la Bombarde, ou de la Pédale de Trompette & de Clairon , ou de la Trompette & du Clairon. Il y en a 20 , qui font g, g*. a, b'9, b, c, cm., d, e9 , e, f, /*> g, g%t, a, b9 , b, c ,cn,d. Tous les Noyaux de ces tuyaux doivent être ronds du numéro 3 ; en forte qu’il en faut 26 en tout làns bague , y compris les 6 précédents, c’eft ce qu’on voit écrit au deifus de la même figure 1 y6.
- Qr GUES.
- Planche
- xxix.
- X
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- Planche
- XXIX.
- 82 FACTEUR D’ORGUES, 1. Partie, Chap. V. SeEl. IL
- Toutes ces largeurs marquées pari qs figures 153, 154, 155 8c 1 $6 9 doivent être les mêmes pour les Trompettes & Clairons de la groffe, moyenne & menue taille. Mais il faut un plus grand nombre de tuyaux à bague, pour laTrompette & le Clairon de menue taille. Il faut obferver qu'il eft mieux de faire de greffe taille laTrompette de Récit, quoique bien des Faéteurs d'Orgues aient une pratique contraire. On demande dans ce Jeu tout l'éclat pofïible avec le tendre ôc le moelleux dans la qualité du fon. Or la groffe taille eft plus propre à produire cet effet que la menue.’
- 277. La figure lÿy eft la largeur du bout inférieur des boîtes , par lequel elles font foudées au Noyau. Je ne donne point la largeur du bout fupé-rieur; on la prend quand le corps du tuyau eft foudé. On fait un anneau d'étain qui environne jufte le petit bout du corps du tuyau ; enfuite on le redrefîe, & on a par-là la mefure du bout fupérieur de la boîte dans laquelle le petit bout du corps du tuyau doit entrer. On prend ainfi cette mefure fur chaque tuyau en particulier , avec une petite bande d'étain qui foit de la même épaiffeur que doit être la boîte. Cette largeur ( fig, 177 ), fert pour toutes les boîtes des tuyaux dont les Noyaux font du n°. 1. 1.
- . La figure 1 y 8 eft la largeur du bout inférieur des boîtes , dont les tuyaux ont le Noyau du n°. 2. 2. La figure 159 eft la largeur du bout inférieur des boîtes, pour les tuyaux dont le Noyau eft du n°. I quarré. La figure 160 eft la largeur des bouts inférieurs des boîtes, pour les tuyaux dont le Noyau eft du n°. 2 quarré.
- 278. La figure 161 eft la hauteur des mêmes boîtes, qui s’emploient depuis les tons les plus bas de la Bombarde , foit qu'elle commence au premier C fiol ut H ( fig. 147 ) , foit par tout autre ton plus bas dans le Ravalement, jufqu'au premier F ut fa de 12 pieds M (fig. 147) exclufi-vement. La fig. 162 eft la hauteur des boîtes depuis F ut fa de, 12 pieds, jufqu'à C fol ut de 8 pieds exclufîvement. La fig. 163 eft la hauteur des boîtes depuis C fol ut de 8 pieds inclufivement, jufqu'à A mi la de 4 pieds & demi inclufivement. C’eft-là où finiffent les boîtes.
- 279. On fait toujours les noyaux des Jeux d'Anche en plomb ou en étoffe. C’eft l'ufàge affez général de tous les Faéleurs d’Orgues. Mais je penfe qu'il feroit mieux de les faire en étain aufffbien que les bagues. Nous avons lieu de remarquer fouvent que les Anches, les Rafettes & les Languettes ne fe maintiennent pas long-temps dans leur ajuftage. Le plomb eft une matière qui travaille toujours ; elle cede & fe relâche. Les noyaux d'étain ne feroient pas fujets à ces inconvénients, & les Jeux d'Anche ne fe dérangeroient pas fi facilement ni fi fouvent. J'avertis, au refte, que les largeurs marquées dans la fig. 147, fe font raccourcies de 3 lignes dans la longueur totale j ainfi il faudra ufer de l'expédient indiqué dans l'art. 2y 7.
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- Diapafons des Jeux (P Anche. gj
- 280. On trouvera dans le haut de la Planche XXIX le Diapafon du ...........
- Cromorne. J’en ai marqué les longueurs dans la fig. 164, Ce Diapafon eft redoublé un peu plus de deux fois. Ces longueurs font feulement pour Diapafon du le corps du tuyau, c’eft-à~dire, pour la partie cylindrique jufqu’au cône Cromôrnc* exclufivement.
- 281. La figure ï6$ marque les largeurs des tuyaux du Cromorne j qui eft de groffe taille & qu'on met quelquefois dans de grandes Orgues 8c aufîî dans de petites lorfqu’on ne peut pas placer une Trompette. On ne voit que quatre largeurs de tuyaux. On en taille. 12 de la plus grande largeur de P à Q : 12 de la fécondé largeur de P à R: 12 de la troifie-me de P à S ; 8c 15 de la quatrième de P à f.
- 282. J’ai marqué une fécondé taille par la fig, 166 , dont on prend les largeurs comme dans la figure précédente. La fig. 16j eft une troifieme taille dont plufieurs Faéteurs d’Orgues font le plus partifans. Cependant il me paroît que la fécondé taille doit produire des baffes plus nourries d’harmonie étant un peu plus groffes. La raifon pour laquelle la troifieme taille a fes partifans eft , que les baffes étant de plus menue taille, elles imitent mieux les baffes du Baffion dont le fon eft affez maigre ; ce qui me paroît un défaut dans cetInftrument. Chacun pourra fuivre fon goût,
- & choifir celle qui lui conviendra le mieux. Pour moi je préférerois la fécondé taille. J’ai encore donné dans la figure 168 une quatrième taille qui eft la plus menue. Elle fert pour de petits cabinets d’Orgue.
- 283. Comme les tuyaux du Cromorne font faits de deux pièces, l’une cylindrique dont je viens de donner les Diapafons, & l’autre conique, à la pointe de laquelle on foude le noyau , je donne le Diapafon de ces cônes en la figure 169 , qui contient leur hauteur & la largeur du petit bout.
- La largeur du gros bout qu’on foude au corps du tuyau fe prend fur le tuyau même. Ces largeurs du petit bout des cônes changent félon la groffeur des noyaux qu’on doit y fonder. On voit d’abord la hauteur des plus grands cônes de S à X; 8c la largeur du petit bout eft la longueur de la ligne S. Il en faut ir de cette mefure qui fe fondent fiir 11 noyaux ronds du premier numéro ( PL VI, fig. 49 ) , coté Q, C, X. On en fait jo autres dont la hauteur eft de T à X, & la largeur du petit bout eft la longueur de la ligne T. Les 10 fuivans ont la hauteur de V à X ; la largeur du petit bout V eft la même que celle T, Ainfi il faut 20 noyaux ronds du fécond numéro (P/. VI, fig. 49), coté RfD>Y. Il y en a enfuite dix dont la hauteur eft de Y à X, 8c dix autres de Z à X, dont la largeur du petit bout eft la même ^ puifque les lignes Y 8c Z font d’égale longueur. Ces derniers 20 cônes doivent fe fouder fur 20 noyaux ronds du troifieme numéro ( PL VI, fig. 49 ), coté S E Z.
- 284. J ai trace au bas de la même Planche XXIX, le Diapafon du Haut- Diapafon «*u
- A Hautbois.
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- 84 FACTEUR D’ORGUES, L Part. Chap. V. Seü. II.
- Planche
- XXIX.
- Planche
- XX.
- Diapafon delà Humaine.
- bois : c’eft un Jeu qu’on met prefque toujours au Récit. Je lui ai donné la plus grande étendue dans le bas qu’on ait donnée jufqu’à préfent aux Jeux de ce Clavier. Il va jufqu’à la clef d9F ut fa, ce qui fait 34 tuyaux. Ceux du Hautbois font faits de deux pièces, ( voyez-en la forme , Planche XVIII9 fig- 142 ). L’une eft une tige un peu conique B, C, & l’autre A B eft un cône dont le petit bout B eft foudé au gros bout de la tige B C. La fig. 169*, { PL XXIX ) , contient la hauteur & la largeur du haut des tiges ou de leur gros bout. La diftance entre les lignes S V & RO , marque cette largeur. Celle des lignes T Y, & R O , font les largeurs du bas, ou bout inférieur des gros cônes, dont la hauteur eft à la fig,, 170 ; & la largeur de leur gros bout ou partie fupérieure eft à la fig. 171. Il faut obforver que la largeur du petit bout des cônes marquée par la diftance entre les lignes T V & R O , eft plus grande que la largeur du gros bout des tiges de tout l’intervalle de la ligne T Y, à la ligne S V ; par conféquent il paroît que ces deux pièces ne peuvent pas s’ajufter enfemble lorfqu’on veut les fouder. Cette inégalité eft faite pour mieux donner la forme au tuyau. On élargit avec un accordoir conique le gros bout de la tige, ( lorfqu’elle eft foudée dans là longueur) jufqu’à ce qu’il fe trouve parfaitement égal en diamètre avec le petit bout de fon cône.
- 28^. A l’égard du petit bout des tiges qui fe fonde fur le noyau , les largeurs n’en font pas différentes des petits bouts des Trompettes. On en trouvera les mefures, même Planche, zxntfig xyy & iyô, avec les mêmes noyaux. On obforvera qu’il faut des bagues prefqu’à tous les tuyaux, excepté quelques-uns des plus petits. Remarquez que ce Diapafon du Hautbois s’eft raccourci dans le total de là longueur de 4 lignes trois quarts. On lui redonnera là jufte mefure en opérant comme il eft dit art. 257.
- a$6. On trouvera dans la PL XX, le Diapafon de la Voix Humaine, dont les tuyaux font faits de deux pièces. (Voyez-en la forme PL XVIII, fig 141 ). L’une eft cylindrique & l’autre conique. Le Diapafon, ( fig. 172 ) de la Voix Humaine , ( PL XX ), contient les hauteurs de la partie cylindrique des tuyaux , & la fig. 173 en marque les largeurs. La figure J74 donnera les hauteurs & les largeurs du petit bout des cônes ou pointes. Les plus grandes hauteurs font de S à X , & la largeur du petit bout eft la longueur de la ligne S. Il en faut 6 de cette mefure qu’on fondera à 6 noyaux ronds du premier numéro. Il y en aura 6 autres dont la hauteur eft de T à X, 8c la largeur du petit bout eft la longueur de la ligne T ; il y. faut 6 noyaux ronds du fécond numéro. Il faut enfuite 12 autres pointes de Va X; 12 autres de T à X, Sc enfin iy de Z à X, ce qui fait 29 de 3 longueurs différentes, mais dont la largeur inférieure eft la même , c’eft-à-dire, comme la longueur de la ligne V, femblable à T ou à Z. Ces 29 cônes feront foudés fur 29 Noyaux ronds du troifieme numéro. La lar-
- geur
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- Defcriptlon de l'Orgue. 85
- geur du gros bout des cônes fe prend fur celle de la partie cylindrique des tuyaux.
- U faüt remarquer que je n’ai fuivi d’autres réglés que l’expérience dans toutes les mefures que je viens de donner aux Diapafons des Jeux d’An-che. Je donnerai dans la fécondé Partie celui des Anches , lorfque j’enfei-gnerai à les fabriquer. A l’égard des pieds, tant des tuyaux à Bouche que de ceux des Jeux d’Anche , j’y décrirai suffi la maniéré de les faire, en y joignant toutes les inftruétions convenables.
- CHAPITRE SIXIEME.
- Defcriptlon particulière de chaque piece qui entre dans la compo-
- ftion de la Méchanique de l'Orgue.
- A Prés avoir donné une idée fufEfante de tous les Jeux de l’Orgue , il eft néceflàire de faire connoître comment on les fait jouer. Il faut donc décrire le méchanifme qui produit cet effet & par lequel un feul homme, qui eft l’Organifte, étant affis fur fon fiege, gouverne toutes les parties de ce grand Inftrument* Sc les met en jeu félon là volonté Sc les réglés de fon art.
- On voit d’abord l’extérieur de l’Orgue, qui confiée en un grand corps de Menuiferie, décoré de divers ornements Sc d’un nombre confidérable de grands tuyaux d’étain poli, qu’on appelle la Montre , qui en rempliifent les ouvertures extérieures. Au dedans de ce corps de Menuiferie efl: une principale piece qu’on appelle le Sommier, fur lequel on pofe les Jeux* Cette piece reçoit le vent des Soufflets, &le diftribue à chaque tuyau félon la volonté de l’Organifte. Les parties les plus remarquables du Sommier font, la Laye > les Gravures & les Regijlres. La Laye efl: le réfervoir où le vent des Soufflets va fe rendre elle contient les Soupapes avec leurs refforts, &c. Les Gravures font des conduits ou rainures ( félon la largeur du Sommier) dont le bout antérieur, qui fe trouve dans la laye, efl: bouché par une des Soupapes. Il y a autant de Soupapes que de Gravures. Les Regijlres font des réglés mobiles ( félon la longueur du Sommier ) qui " fervent a ouvrir ou fermer le vent aux Jeux, au moyen des tringles quar-rées qu’on appelle Tirants 3 qu’on tire ou qu’on repouffe Sc qui font placés aux deux côtés de la fenêtre du Clavier. Ces Tirants communiquent leur mouvement aux Pilotes tournants , lefquels le tranfmettent aux Balanciers Sc ceux-ci aux Regiflres auxquels ils font accrochés. C’eft ainfi que l’Organifte ouvre & ferme les Jeux. Quand il veut toucher l’Orgue, il ouvre les Jeux dont il a deflein de fe fervir , en tirant les Tirants relatifs Orgues. Y
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- 86 FACTEUR D’ORGUES, I. Partie, Chap.VI.
- à leurs Regiftres ; il baille avec fes doigts les touches du Clavier, qui font ouvrir les Soupapes au moyen de Y Abrégé, ( c’eft une machine faite pour tranfmettre le mouvement des touches aux Soupapes). Lèvent entre alors dans les Gravures ouvertes , 8c fait parler les tuyaux des Jeux dont les Regiftres font ouverts. A mefure que l’Organifte leve fes doigts, les Soupapes, en fe relevant au moyen d’un reffort placé deffous chacune, bouchent les Gravures comme auparavant 8c les touches fe relevent en mêmefemps.
- En un endroit ordinairement féparé de l’Orgue, mais auffi près qu’il eft poflible , on place la Soufflerie compofée de plufieurs gros Soufflets, depuis deux jufqu’à douze ou quatorze Soufflets, félon la qualité de l’Orgue, lefquels un homme & quelquefois deux , font jouer continuellement tandis que l’Organifte touche; ce qui fournit au Sommier tout le vent qu’il dépenfe à faire parler les tuyaux.
- Outre le grand Buffet de l’Orgue , il en eft ordinairement un autre plus petit, pofé au devant du grand, dans lequel il y a un Sommier & des tuyaux propres à faire la fondion à laquelle ils font deftinés. Ce petit Orgue, s’appelle le Pojitif. Le fiege de l’Organifte fe place entre les deux Orgues qui ont chacun leur Clavier particulier.
- On ne fe contente pas d’un feul ou de deux Claviers, il y en a quelquefois jufqu’à cinq qui ont chacun leur deftination 8c leur ufage particulier. On place auffi dans le grand Orgue plufieurs Sommiers , fur leA quels on pofe des Jeux pour faire des fondions particulières, 8ç relatifs aux différents Claviers.
- Comme un Organifte ne pourroit point avec fes feules mains , faire toutes les parties & tout l’effet dont l’inftrument eft fufoeptible, on établit, à la portée de fes pieds , un autre Clavier, qu’on appelle Clavier de Pédale , qui eft relatif à un Sommier particulier fur lequel font pofés les Jeux propres à faire les parties & à produire l’effet que l’Organifte defîre. Chaque Clavier a fon Sommier , ou du moins fes Soupapes particulières. La difpofition des Claviers eft telle que, quoiqu’ils jouent chacun féparé-ment, on peut en toucher deux , ou même trois tout à la fois , de forte que les Jeux auxquels ils répondent jouent enfemble.
- La defcription, que je viens de donner ci-deffus, eft trop générale pour être bien entendue par ceux qui n’ont aucune connoiffance de l’Orgue. Il convient que je reprenne le tout pour l’expliquer en détail. Je divilerax donc ce Chapitre en fix Sedions. Dans la première, je traiterai des Buffets de 1 Orgue qui en contiennent toute la méchanique. Dans la fécondé , je décrirai la principale piece de tout l’inftrument qui eft le Sommier. J’expliquerai dans la troifieme 1 zs Claviers, l’Abrégé, les Tirants, les Pilotes tournants 8c les Balanciers. Dans la quatrième, je ferai connoître la Soufflerie , les Gojîers 8c les Porte-vents. Dans la cinquième , le Tremblant
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- * Defcription de lfOrgue. 87
- doux Sc le Tremblant; fort. La fixieme contiendra la defcription de Venfemble de toutes les pièces, machines Sc tuyaux, le tout monté & mis en place.
- Section première.
- Defcription des Buffets d’Orgue.
- 287. Il faut diftinguer différentes parties dans un Buffet d’Orgue. Voyez la Planche XXX qui repréfente un 16 pieds en montre ordinaire. Le corps d’en bas A , A, s’appelle le Mafff On y place une fenêtre au milieu pour pofer les Claviers. On ne peut pas la voir dans cette Flanche. Le refte du Maflîf eft un compartiment de panneaux. Au defliis de ce Maflîf eft un entablement compofé d’une Corniche B , B , d’une Frife C> C, Sc d’une Architrave D >D. Les planches qui fervent de Frife C, C, font ordinairement mobiles, pour que l’on puilfe vifiter les layes du grand Sommier qu’on pofe vis-à-vis. Au deffus de cet entablement, on éleve un autre corps de Menuiferie tout à jour, dans là façade. On appelle Tourelles E , E, E, E, E y les parties les plus élevées en forme de demi-colonnes fait-lantes d’un peu plus de leur demi-diametre. On nomme Plates-faces les efpaces F, F, F, F, qui fe trouvent entre les. Tourelles. Tous les ouvrages en fculpture, le plus louvent à jour, qui fervent à foutenir le devers des tuyaux de la montre, tant des Tourelles que des Plates-faces comme a, <z,a> a9 fe nomment Clairs voir s. Les Tourelles font fou-tenu es ou paroiffent l’être par des culs-de-lampe ornés. On conftruit un entablement G, G, G, G, G, par deifus chaque Tourelle que l’on fait ordinairement en maniéré de corniche architravée. On pofe des figures ou des ornements au deffus de ces entablements. Une façon de confole ornée termine ordinairement la partie fupérieure des Plates-faces Sc leur fert de Clair-voir. La partie des Tourelles, qui excede les Plates-faces, eft fermée par les côtés jufqu’au derrière du Buffet. Le tout eft couvert par un plancher. Les côtés extérieurs des dernieres Tourelles , auflî-bien que ceux du Maflîf, font fermés par un compartiment de montants, traverfes Sc panneaux. 1
- 2,88. LePofitif paroît fur le devant du grand Buffet. Il a trois Tourelles & deux Plates-faces. Ce petit Buffet cache la fenêtre du Clavier, que je décrirai bientôt. Du refte, on remarquera que les ornements d’un côté de ces Buffets font différents de ceux de l’autre. C’eft pour donner à choifir.
- 289. Au bas de la même Planche, on remarquera le plan des grand Sc petit Buffets dans toutes leurs proportions. P, Q, R, S, T, V, X, Y9 font les Tourelles. 1,2, 3,4, 5,6, font les Plates-faces. 7,8, eft le plan du derrière du grand Buffet, dont l’élévation fe verra dans la Planche fuivante. 9, 10, Ila 12, eft la place du grand Sommier divifé en quatre
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- Planche
- XXIX.
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- 88 FA CTEUR D’ORGUES, h Partie, Chap. VL Sect I.
- •— -» parties, où Ton voit la grandeur de chacune. 13 , 14, font les deux parties
- ï>XXXiE Sommier Pédale, iy , eft le Sommier du Pofitif, dont la Laye , qui fe place du côté ou vers 16, 17, fe trouve deffous le fiege de l'Organifle. L’efpace de 18 à 19, qui efl le derrière du Buffet du Pofitif, doit être fermé par des portes brifées. Tous les cercles qui font tracés fur ce Plan, défignent la groffeur & la pofition des tuyaux des deux montres. Je ne parle point des mefures & dimenfions de toutes les parties de ces deux Buffets ; on les trouvera aifément au moyen de l'échelle qui eft au bas de la Planche.
- .. —. 290. Le derrière du grand Buffet ( PL XXXI) efl tout fermé. Ort
- Planche ne met ordinairement qu'une porte H, dans le milieu du maffif. La tra-^ # verfe I, /, qui doit fervir de feuil aux portes K y K , K, K, L, K 9
- K, K, K , du corps d'en haut, doit être pofée vis-à-vis de l'architrave D y D 9 ( PL XXX ) ; & fins avoir égard aux Tourelles ni aux Plates-faces , on divife en efpaces égaux toute la longueur du Buffet ( PL XXXI) J pour faire ces portes K, K, 8c c. entre, chacune defquelles on ne laifle qu'un montant M, M, &c. Tous les montants foutiennent une autre tra-verfe N, N, au deffus de laquelle on fait un compartiment de panneaux pour fermer tout ce qui relie en haut du derrière des Tourelles & des Plates-faces. Sür le derrière du grand Buffet, on conftruit un plancher dont on voit la véritable place 0,0, avec fes foliveaux. Pour trouver toutes les mefures dans cette Planche, on fe fervira de l'échelle de la Planche XXX , qui efl faite pour l'une & pour l'autre.
- ^==== 291. La Planche XXXII repréfente un autre Buffet d’Orgue d'une nou-
- Planche velle compofition, beaucoup plus riche que celui de la Planche XXX. Il
- YYYTT A 11 1
- a au. ejj pajt p0Ur pieds dont XF ut fa de 24 pieds efl en montre.'
- L'échelle qui eft au bas , avec le plan, en indiquera toutes les mefures. On voit dans le plan la place 8c la grandeur des Sommiers , avec l'arrangement & la groffeur des tuyaux. Il faut remarquer que les deux grandes Tourelles des extrémités de ce Buffet doivent être pofées fur un cul-de-lampe fail-lant hors du bord extérieur de la tribune ou voûte, comme le plan l’indique affez. On y voit la place de la Baluftrade, qui tient d'un bout au Buffet du Pofitif, & de l'autre à l'encoignure du pied de la grande Tourelle du grand Buffet. Du refte , le tout doit être exécuté par des gens intelligents.
- ....-.- 292. La premiert figure de la Planche XXXIII repréfente dans les mê~
- XXXIII meS ProPort*ons ^élévation du Buffet du Pofitif appartenant au grand Orgue de la Planche XXXII. Je l'ai fait graver féparément ( PL XXXIII pour laiffer voir la difpofition de la fenêtre du Clavier du grand Orgue, (P/. XXXII) où elle eft vue trop en petit pour la bien entendre. Je l'ai fait defïïner plus en grand dans la fécondé figure de la Planche XXXIII.
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- Buffet d’Orgue. Grand Sommier.
- A , défigne les quatre Claviers. Il en faudroit cinq pour un auffî grand Orgue. LyL y font les deux boutons appliqués fur le premier Clavier appelle du Pojïtify pour le tirer ou repoufler ; 5, le Pupitre attaché fur fes deux crochets ; C & D , deux autres crochets pour accrocher le Pupitre plus haut dans le befoin. E eft un panneau mobile qui bouche la fenêtre du Clavier, auquel eft attaché le Pupitre. F, F, font les tirants des Regiftres. I y le Clavier de Pédale. Il devroit être beaucoup plus étendu pour cet Orgue. G, le panneau mobile, qui eft néceflàire pour couvrir les tirages des Pédales y afin que les genoux ou les pieds de TOrganifte ne les touchent point* On en a déchiré un morceau pour laiiTer voir une partie de la double échelle H9 qui contient les équerres defdits tirages auxquelles font accrochées les Vergettes pour porter le mouvement du Clavier jufqu’aux Soupapes des Sommiers de Pédales. K, plancher que Ton conftruit entre les deux Buffets pour couvrir tout le méchanifme qui fait jouer le Pofitif, &fur lequel on fixe le Clavier de Pédale. Dans la fécondé partie, je dirai quelque chofe de plus fur la conftruéiion des Buffets d’Orgue.
- Sectio n II.
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- Deficription du Sommier.
- 293. Le Sommier eft le fondement de toute la méchanique intérieure de l'Orgue. Les Soufflets, les Tirants extérieurs 8c les Claviers ne font faits que pour gouverner le Sommier, & pour faire jouer les tuyaux des différents Jeux qu'on pofe fur fa furface fupérieure. Il y a toujours plufieurs Sommiers, lorfque POrgue eft un peu confidérable. Je décrirai d'abord le principal j & pour le faire .mieux entendre, j’expliquerai fommairement comment on s’y prend pour le conftruire ; je décrirai enfuite les autres Sommiers, qui pourront avoir quelque différence de celui-là.
- Grand Sommier.
- 294. figure I de la Flanche XXXIV, qui repréfente feulement la : moitié d’un Sommier, tout comme les fuivantes, fait voir les premières pièces qui le compofent. AB C Z) eft un Chaflîs dont B C & A D font les traverfies. A B & C D font les battants qui portent dts Denticules FyF% dans lefquelles on fait entrer bien jufte les deux bouts des barres, qui y* doivent être bien collées. Les barres font des tringles de bois dont la largeur eft la même que l’épaiffeur des battants & des traverfes, c’eft-à-dire, de 2 à 3 pouces, félon les circonftances que j’expliquerai dans la fécondé Partie. A l’égard de leur épaifleur , elle varie encore comme la largeur* Ici elles font repréfentées d’une épaifleur égale, ce qui ne doit pas tirer à conféquence , parce qu’il ne s’y agit que de faire entendre le Sommier;
- Orguess Z
- Planche
- XXXIII.
- Planche
- XXXIV.
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- Planche
- XXXIV.
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- 90 FACTEUR D’ORGUES, I. Paru Chap. VL Sect. IL
- On voit que ce Chaffis eft afTemblé à double tenon aux quatre coins. Chaque efpace entre les barres s’appelle gravure. Cés gravures doivent être encore de différentes largeurs, comme je l’expliquerai dans la fuite. Il faut remarquer dans cette figure , quil y a quelques barres comme E, E, E, E, qui font affemblées à tenon chevillé & collé dans les battants du Chaffis. J’ai laiffé l’efpace F, F, fans y mettre les barres pour faire voir les denticules.
- 29 La grille du Sommier étant faite, comme on le voit en cette première figure, on y colle la Table, une piece l’une après l’autre; c’eft une planche d’environ 4 lignes d’épaifleur , que l’on fait de plufieurs pièces » dont le fil du bois eft félon la longueur du Sommier & au travers des barres & des gravures. C’eft ce qu’on peut remarquer dans la Jîg. 2. On ne fe contente pas de coller la Table fur les barres, on y enfonce encore un grand nombre de petits clous à tête, faits avec du fil de fer, qu’on appelle Pointes ou Clous £ épingle. Dans cette fécondé figure, la Table eft en fix pièces, dont les joints G, G , G , G, G, doivent toujours fe rencontrer fous les faux Regijlres 5 nous dirons bientôt ce que c’eft : & afin que ces joints ne puiffent point fe féparer, il faut obferver de mettre deux rangées de pointes, une à chaque côté defdits joints , comme on le voit en G , G P G , G , G , auffi-bien que fur les deux battants H9 I & Z, A/* & que toutes les pointes foient exaélement fichées dans les barres. On en met encore une autre rangée vers le milieu de chaque piece de la Table, & quelquefois deux & même trois rangées, fi elles doivent être couvertes par de faux Regiftres, comme enKpKpKpK,KpK.
- 296. Il y a des Faéteurs d’Orgue qui opèrent autrement pour la conf-truélion de ce fondement du Sommier. Le Chaffis étant afTemblé, ils y attachent la Table, dont les différentes pièces qui la compofent font auparavant collées enfemble, en forte quelle eft toute en une piece. Ils la collent, & fichent un nombre convenable de pointes fur toute la partie qui recouvre le Chaffis & les deux ou trois barres déjà affemblées & chevillées.’ Enfuite ils pofent & collent les autres barres l’une après l’autre, & les arrêtent avec des pointes fichées par deffus la Table , comme je l’ai dit ci-deflus;1 Je décrirai dans la fécondé Partie comment 8c avec quels foins on doit exécuter Tune ou l’autre opération qui demande la plus grande attention , pour éviter les emprunts, défaut très-grand dans un Sommier, & qui con-fifte en ce que le vent qui entre dans une gravure fe communique à la gravure voifine. Pour faire voir les barres & les gravures qui font fous la Table , on en a déchiré un morceau en H âc M.
- 297. La Table étant bien arrêtée , on enfonce d’une demi-ligne toutes les pointes , au moyen d’un Repouffoir qui eft une efpece de poinçon émoufTé & un peu creux au petit bout. On retourne le Sommier pour
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- Grand Sommier.
- encolleriez gravures, ce qui Ce fait en remplillânt de colle bien chaude 4 ou cinq gravures, quon vuide un moment après en renverlànt le Sommier, qu’il faut bien égouter. On continue cette opération jufqu'à ce que toutes les gravures foient encollées. Cette première couche de colle étant bien feche, on en pofe une fécondé de la même maniéré. Lorfque tout eft parfaitement lec, c eft-a-dire, lorfque la colle eft devenue dure , on pâlie la Varlope fur toute la Table; laquelle étant bien drelfée & parfaitement unie, on y colle & on y cloue 1 es faux Regijlres que quelques-uns appellent Regijlres dormants. Ce font des tringles ou réglés de bois d’environ trois lignes d epaifîeur fur environ un pouce de largeur. On doit obferver que les pointes qu’on y fiche entrent toujours dans les barres. Les faux Regiftres qu’on met fur les Battants HI & L M, doivent être plus larges que les autres, & tous doivent être de la même longueur que le Sommier.
- 298. Tous les faux Regiftres étant pofés & arrêtés à leur place en IK? G K,G K, &c. il ne paroît plus alors aucune pointe, toutes font fuppofées couvertes ; on marquera une rangée de trous fur la Table, au deftus 8c vis-à-vis des gravures entre chaque faux Regiftre • on les percera avec une petite meche de Villebrequin ; & après en avoir ôté exaélement toutes les bavochures, qui font les afpérités qui fe forment à l’entour du bord des trous fur la Table, on pofera les Regijlres.
- 299. Les Regijlres (PL XXXV, jlg. 6), lont des tringles ou réglés de bois dont la largeur varie, comme je l’expliquerai ailleurs ; mais l’épaif-feur eft toujours égale à celle des faux Regiftres. Ils doivent être plus longs que le Sommier de quelques pouces à chaque bout. Ces Regiftres doivent remplir les intervalles qui fe trouvent entre les faux Regiftres, & leur être parfaitement affleurés. On prend bien des précautions pour s’alfurer que les Regiftres joignent parfaitement fur la Table. Il eft bien des Faéteurs qui les doublent de peau • d’autres qui n’y en veulent point. Nous examinerons cette queftion dans la fécondé Partie : il fuffit préfentement de comprendre qu’il eft important que les Regiftres joignent, ou , comme difent les ouvriers,plaquent exaélement fur la Table - ce qui étant bien exécuté, l’on pofera les Chapes.
- 300. Les Chapes font des planches (jig. y) d’environ un pouce d’épaif-feur, de la même longueur que le Sommier, & dont la largeur doit être telle qu elle aille de la moitié de la largeur d’un faux Regiftre à la moitié du faux Regiftre fuivant ; par conféquent toutes les Chapes fe touchent mutuellement. U faut autant de Chapes que de Regiftres. Quand elles font pofées, on ne voit plus les faux Regiftres, & les Regiftres ne paroifTenc que par les deux bouts qui excédent de quelques pouces la longueur du Sommier. On arrête les Chapes qui doivent exaélement plaquer fur les Re*
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- , —— giftres, par des clous ordinaires qu’on garnit à leur tête de quelques ron-"XXXV ^e^es cu*r 5 ^ <lu on aPPe^e al°rs Clous a chape. On les met de distance en diftance d’environ un pied. Les Regiftres font mobiles , c’eft-à-dire , qu’ils peuvent aller & venir entre les Chapes & la Table, fans que les Chapes faffent le moindre mouvement.
- 3or. Toutes ces opérations étant faites, on retourne le Sommier qui XXXIV Porce a^ors ^ur ^Etabli Par ^es Chapes ( PL XXXIV, Jig. 3 ). On voit alors dans le fond des gravures les trous ( 298 ) dans lefquels on met la même meche de Villebrequin, avec laquelle on perce les Regiftres auftî-bien que les Chapes. Lorfqu’on a fait un trou qui traverfe un Regiftre 8c une Chape, on y met une cheville bien jufte y après quoi on fait tous les autres trous du même Regiftre. Si l’on n’arrêtoit ainfl le Regiftre, il cou-leroit ou changeroit de place à chaque trou que l’on feroit, & aucun trou ne fe rencontreroit. Il y a dés Faéteurs qui arrêtent tous les Regiftres par une pointe fichée à chaque bout avant de clouer les Chapes. Tous les trous étant faits, on retourne encore le Sommier, les Chapes en deflus , 8c on pafle des meches plus grofles dans les trous qui doivent être plus grands, félon la grandeur & la qualité des tuyaux qui doivent en prendre leur vent.
- 302. Il faut remarquer qu’il y a des Chapes dont les trous ne doivent point traverfer, & qu’il ne faut percer que jufqu’à la moitié de leur épaif-feur, pour les raifons que j’expliquerai bientôt ; pour ne pas poulfer la meche plus qu’il ne faut, on la garnira d’un morceau de bois qui empêchera qu’elle n’aille trop avant. Enfuite on quarrera tous les trous qui doivent avoir cette forme. On ôtera toutes les bavochures, 8cc.
- 303. On ôtera toutes les Chapes & les Regiftres; on retourhëra le Sommier , qui portera fur l’Etabli par les faux Regiftres , & on collera 8c entaillera dans les gravures les deux rangées de Flipots N O 8c P Q. Les premiers NO font pour maintenir les barres 8c empêcher qu’elles nepuif-Lent faire aucun effort. L’autre rangée P Q eft deftinée à porter les queues des Soupapes 8c à faire partie de la Laye y qui eft une efpece de coffret dans lequel le vent des Soufflets va fe rendre & qui contient les Soupapes, &c. On voit la place de cette Laye, R P Q S. On y a pofe quelques Soupapes X 9 avec leurs guides. On apperçoit quatre mortaifes fur les deux traverfes R P N 8c S Q O y pour tenir par des tenons les planches qui forment les deux bouts de la Laye. T, V, font deux Goujons pour en retenir le derrière, s’il doit être en une piece, comme on le fait fouvent.
- 304. Tous les Flipots bien collés 8c fecs, on paflè la Varlope fur toute cette furface, c’efLà-dire, fur toutes les barres, Chaftis & Flipots , pour affleurer le tout, le bien dreffer & fur-tout la partie R P Q S, fur laquelle on colle un parchemin qu’ori rabote pour le rendre bien égal 8c
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- uni, qu’on coupe & évuide de toute la grandeur des gravures que les —.. Soupapes doivent recouvrir pour n’en laitier que fur les barres > les Flipots XXXIV. Sc le battant du Chaffis. On colle ainfi ce parchemin afin que les Soupa-pes joignent mieux.
- o0j. La figure i de la Planche XXXVI repréfente le même Sommier retourné, la Laye en deffus. On y voit cette Laye A Sc B en partie conf- xXXVl truite , avec les Soupapes C C pofées. La grande ouverture qui eft à chaque bout A Sc B , eft pour la communication du vent d’un Sommier à l’autre ; car il faut obferver que celui que nous décrivons n’eft que là moitié d’un Sommier divifé en deux, comme je l’ai dit art. 294. C’eft la pratique la plus ordinaire. D ED eft le derrière de la Laye qu’on peut ouvrir quand il eft néceflairé, au moyen des deux portes D Sc D , réparées par le petit montant E, dont le tenon fupérieur doit entrer dans là planche qui forme le deflous de la Laye. Les bouts des Soupapes qui regardent le derrière de la Laye D E D , s’appellent les Queues , Sc les autres bouts vers C C, fe nomment ls tètes des Soupapes.
- 306. On colle au-deflbus de toutes les Soupapes , c’eft-à* dire , fur la furface qui s’applique fur l’ouverture des gravures, une double peau blanche qui eft plus longue d’un pouce ou environ du côté de la queue. On
- en colle un autre morceau par deiîus la queue pour la rendre plus folide*
- Je détaillerai dans la fuite cette opération, qui demande certaines attentions. Quand on met les Soupapes en leur place, on colle cet excédent do peau fur les Flipots. Les Soupapes font toujours un peu plus longues Sc un peu plus larges que les ouvertures des gravures, afin quelles les bouchent exactement.
- 307. On apperçoit entre chaque Soupape les Guides * qui font despoin- > tes fans tête de fil de laiton bien dur. Ces Guides maintiennent les Soupapes , en forte qu’elles ne peuvent aller d’un côté ni d’autre, quoiqu’elles; ouvrent Sc ferment bien librement. On voit les bouts des broches de fer
- en F F FF, qui font repréfentées plus en grand en f ( fig. 3 ) aufli-bien que le coin G. Le talon qui eft au bas de la broche, eft fait pour quelle ne tombe pas , au cas que le coin G vienne à fe relâcher. Ces broches & ces coins fervent à ferrer Sc arrêter les portes ou tampons des Layes, foit à leur devant ou à leur derrière. Il y en a qui préfèrent des crochets de fer pour arrêter les tampons des Layes.
- 308. La fig. 2 repréfente le même Sommier renverfé, comme celui de la fig. 1, mais vu derrière la Laye. On en a retranché une partie de la largeur en K L, ce qui fait qu’on y voit le bout des gravures & des barres ; Sc afin que ces gravures foient de véritables conduits propres à bien contenir le vent, on les couvre d’un parchemin exactement collé fur toutes les barres hors la Laye du Sommier > ce qui eft repréfenté en / H. Il y
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- a des Faâeurs qui au lieu de parchemin collent des tringles minces entre les gravures pour les fermer. C'eft une pratique bonne à certains égards, & qui a aufïï fes inconvénients , ce que nous examinerons ailleurs. I/espace de //àZeft tout à découvert pour laiffer voir les barres & les gravures. D eft un des deux tampons, qui ferment le derrière de la Laye^ E, le petit montant fixe qui fépare les deux tampons. G G font les coins avec leurs broches de fer pour arrêter les tampons. On a ôté un des tampons pour laiffer voir un nombre de Soupapes ea entier. On peut ap-percevoir un petit trait fur chaque queue des Soupapes, ce qui défigne jufqu’où va le morceau de peau qu’on colle par-deffus la queue pour doubler celle qui eft collée par deffous la Soupape ; le tout pour fervir comme d’une efpece de charnière fur laquelle fe meut la Soupape. On yoit leur anneau de fil de laiton fiché vers la tête , avec les guides. O O font les trous qui fervent à tenir les broches.
- 30p. On voit dans la fig. 4 la planche qui forme le deffous de la Laye. Elle eft renverfée pour en faire voir les Bourfettes P P, ( qui font faites avec de la peau blanche bien foupie ) , garnies de leurs ofiers 8c de leurs anneaux. Je détaillerai bientôt cette petite méchanique.. Q Q eft le Chevalet, qui eft une tringle de bois , d’environ S lignes d’épaiffeur, fur 18 ou 20 lignes de largeur. On y donne des coups de fcie au travers , vis-à-vis chaque bour-» fette pour affujétir les rcjjorts. R eft l’ouverture dans laquelle le grand Porte-vent doit être affemblé.
- 3iG. La figure y repréfente le même Sommier renverfé avec là Laye toute montée. On y voit les deux grandes ouvertures du devant de la Laye S S, par lefquelles on apperçoit en partie les Soupapes. Tout à l’en-tour de ces grandes ouvertures , il y a une fieuillure dans laquelle on fait entrer les deux tampons doublés de peau blanche pour fermer la Laye. TT eft la même planche que celle de la fig. 4 , mais vue de l’autre côté où les ofiers des bourfettes paroiffent & font terminés par un petit anneau de fil de laiton.
- 3 ix. La figure 6 repréfente deux des quatre pièces qui compo/ent les Ohaftîs du Sommier. Il y faut deux battants à denticules, comme celui X , qui portent les deux mortaifes à chaque bout, aufïï-bien que les deux autres V Vy pour aflembler 8c cheviller deux barres. La traverfe Y doit être également double, & avoir deux tenons à chaque bout. On y apperçoit les quatre petites mortaifes Z Z Z Z y pour la conftruétion de la Laye*’ & eft une entaille pour enchâffer les grands Flipots.
- 312. "La figure 2 delà Planche XXXVII repréfente en profil un morceau de Sommier dans fa fituation naturelle, qu’on a comme fcié par le milieu & le long d’une gravure. Les Chapes , les Regiftres, les faux Re-giftres, la Table , le Chaffis, la Laye , une Soupape , une Bourfette , fon
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- ofier , le tampon de la Laye , la planche de deffous 8c celle de derrière , tout fe trouve également coupé dans cette figure pour en faire voir le jeu 8c les fondions. A A eft l'intérieur de la Laye vue par le bout. B, la planche de deffous de la Laye. C, le derrière de la Laye. D, le tampon de la Laye. E, le battant de devant du Chaffis du Sommier. FF, une gravure dont on voit la barre. G H H G G G font les Chapes, i i i i i z, les faux Regiftres. kk k kk k y les Regiftres. I l l y la Table du Sommier qui eft en trois pièces, dont les joints paroiffent en o 0 ; p p p p font les trous qui traverfènt la Chape, le Regiftre &la Table , jufques dans ia gravure. J f f f eft un évafement que l'on fait toujours au bord fupérieur des trous des Chapes, afin que le tuyau quon y met y joigne bien , 8c ne perde pas fon vent par le pied.
- 313. Les Chapes HH font remarquables en ce qu'elles font gravées $ voici en quoi cela confifte» Le trou q ne va que julqu'à la moitié de l'épaifleur du deffous de la Chape. On fait un autre trou en travers de l'épaifleur, depuis 2 jufqu'à 3 , ou depuis y jufqu'à 4 ,, qui communique ;avec le trou du deilbus. On fait encore en deffus les trois trous r r r, qui percent dans celui qui eft au travers de l'épaifleur dont on bouche l'entrée 2,3. Parce moyen on fait jouer trois tuyaux enfèmble, quelquefois davantage, félon le nombre des trous r r \ c’eft ainfi que jouent ordinairement les Jeux compofés. Revenons à la Laye.
- 314. 6,6 eft le grand Elipot fur lequel porte la planche du derrière C de la Laye. La garniture de peau de la queue de la Soupape L vient depuis 7 jufqu'à 8 ; ce qui forme ou fait la fonélion d’une charnière qui tient fixe cet endroit de la Soupape, tandis que la tête 9 peut baiffer quand on voudra. N eft le reffort du fil de laiton , dont la pointe 10 eft fichée dans le deffous de la Soupape, 8c il eft l'autre bout du reflort qui eft arrêté fur le chevalet M dans une entaille faite avec une fcie. On voit dans la fig. 4 ce reffort dans toute fa grandeur. Vers la tête de la Soupape, on voit l’anneau 9 dont la tige traverfela Soupape 8c dont la pointe eft rivée en deffus. A cet anneau eft accroché une elle Vde fil de laiton-recuit , dont la partie inférieure eft également accrochée à l'anneau t du çhaperon de l'ofier. Comme le vent qui remplit la Laye pafferoit par le trou O x de l'ofier qui ne le remplit pas entièrement, on y fait une Bourfette de peau blanche bien fouple , qui n’empêche point le mouvement du tirage, 8c qui bouche cette ouverture au vent.
- 315* ^figure 3 repréfente le détail de cette petite méchanique dans la grandeur naturelle, n eft la bourfette , fuppofée tranfparente, qui tient à fon morceau de peau par lequel elle eft collée à fà place fur la planche du deffous de la Laye. m eft le chaperon de l’ofier, & b efti’ofier. t uy 1 ofier fepare de la bourfette, 8c t en eft le chaperon qu’on a coupé de
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- Tôlier u ; on fait entrer le fil de laiton £ dans Tôlier & ; on en fait palier la pointe n au dedans & au milieu de la bourfette; on l’enfonce jufqu’a ce que le bord fupérieur de Tôlier touche bien le dedans de la bourfette; Enfuite on enfile le chaperon y en ce bout fupérieur du fil de laiton qui pâlie par deflus la bourfette ; Sc enfin on replie le reliant de ce fil de laiton en façon d’anneau qui arrête le tout. On ne manque point de mettre un peu de colle aux deux fur faces de Tôlier qui touchent le dedans & le dehors de la bourfette lorfqu’on les enfile. Revenons à la fig. 2.
- 316. P (fig. 2 ) eft la bourfette. O eft un creux qu’on a pratiqué, dans la planche au deffous de chaque bourfette , devant fervir de moule pour la faire. On enfonce la peau dans ce creux au moyen d’un bout de bâton, & on colle tout à T entour l’excédent de la peau. Ce qui étant fec, on releve la bourfette qui fe trouve faite. On apperçoit un évafe-ment x autour du delfous du trou pour diminuer le frottement en dimi* nuant la lurface intérieure du trou.
- 317. Il faut préfentement concevoir que le vent étant forcé dans la Laye A A 9 fi Ton tire l’ofier u x ta enbas de deux ou trois lignes , comme on le fait par le Clavier , la bourfette P fléchit & s’applatit dans là partie fupérieure : ce mouvement fe communique à la Soupape au moyen* de Telle accrochée au chaperon de Tôlier Sc à Panneau de la Soupape. La Soupape, en baillant, fait une ouverture confidérable , dont nous examine^ rons ailleurs la furface & la valeur ; le vent entre dans la gravure à Tinftant & en remplit parfaitement la capacité, ou plutôt, il poulie & fait devenir vent l’air contenu dans la gravure; s’il y a alors des trous ouverts fur le Sommier le long de cette gravure , le vent qui palfe à travers fait parler les tuyaux qui fe trouvent pofés fur ces trous. Il faut expliquer plus particuliérement comment les Regiftres ouvrent ou ferment les trous.
- 318. La figure 1 de la Planche XXXV repréfente une partie d’un Sommier fcié au travers des barres, & le long & au milieu des trous d’un Regiftre & d’une Chape, a a efl: une Chape jbb, un Regiftre ; c c, la Table du Sommier ; dd, les traverfes du Chaflis ;ee, 1 es barres \ff> les gravures. Le Regiftre b b eft repréfenté fermé ou poufle de g vers A ; tous fes trous L i font par conféquent avancés & ne fe rencontrent plus avec ceux de la Table ni de la Chape, qui fe trouvent recouverts; c’eft donc le plein du Regiftre qui bouche les trous de la Table & de la Chape; alors fi Ton ouvre une Soupape quelle quelle foit, le vent entrera bien dans la gravure; mais ne pouvant pafler de la gravure dans le trou de la Chape , cette rangée des trous fe trouvant fermée, aucun tuyau du Jeu qui feroit pofé fur ces trous ne pourroit parler. Si tous les Regiftres du Sommier font dans la même fituation que celui dont nous parlons , c’eft-à-dire , s’ils font tous poulies , on aura beau bailler toutes les touches, aucun tuyau ne parlera.
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- 319. Mais fi , CfiSm -2 )j on tire le Regiftre de l vers k, alors tous les trous du Regiftre fe rencontrant avec ceux de la Chape & de la Table , le vent introduit dans la gravure par l'ouverture de la Soupape baiflee , trouvant un trou ouvert, y pafle & fait parler le tuyau qui fera pofé par deftiis. La même Soupape étant ouverte Sc le même vent introduit dans la gravure fera parler autant de tuyaux qu'il y aura de Regiftres ouverts. Chaque touche du Clavier relatif à ce Sommier & aux mêmes Soupapes, produira le même effet.
- 320. La figure 12 repréfènte un morceau de Sommier , ou l'on voit par quel moyen , en tirant Sc en repouflant les Regiftres , on le fait à un point fi jufte qu'ils foient bien précifément ouverts ou fermés ; car l'on conçoit que fi on les tire trop, on referme les trous, Scc, Il faut remarquer dans cette figure, les bouts des barres m m ; le bout n de la traverfe du Chaffis ; o 0 0, les gravures ; p p font les Regiftres vus par le bout par lequel on les tire ou on les pouffe ; q eft un autre Regiftre vu par le bout op-pofé au tirage ; car iis font ainfi alternativement arrangés. On apperçoit aux deux Regiftres p p , une entaille r r , Sc la cheville fi fi ; cette cheville S , qu'on voit féparément, ( fig. 9 ) eft fichée Sc collée dans la Table du Sommier Sc dans une barre, {fig* 12). Elle affleure le deffus du faux Regiftre Sc du Regiftre, Sc eiie eft quarrée dans la partie qui excede la Table. On conçoit que le Regiftre ne peut aller & venir que de la longueur de l’entaille ; c'eft ce qui en forme le Repere. Voyez cette entaille plus en grand au Regiftre entier ( fig 6 ). Il y a piufieurs autres maniérés de faire les reperes aux Regiftres qui font également bonnes. Je les décrirai dans la fécondé Partie. Du refte, on voit { fig* 6 ) comment le bout du Regiftre du côté du tirage eft doublé & fortifié par un morceau de bois en 10 , qui eft repréfente ir, ( fig. 9 ) féparé du bout D d'un Regiftre auquel il étoit arrêté.
- 321. Comme le Sommier eft ordinairement divifé en deux ou trois ou quatre parties , le même Jeu eft auffi diftribué fur ces deux ou trois ou quatre parties ; il faut que le même Regiftre foit également diftribué fur ces deux ou trois ou quatre divifions du Sommier; ce qui ne fait pourtant qu'un feul Regiftre quoiqu'en quatre pièces. On joint donc & on lie en-femble ces différentes pièces de Regiftre par des enfourchements A { fig. 6), ou B (fig. 8) que l'on voit en entier. On arrête les bouts du Regiftre dans ces enfourchements par plufieuts chevilles , comme l'on voit (fig* ^ )> avec morceau C du Regiftre fait pour entrer dans cet enfourchement. La figure j repréfente un faux Regiftre avec une petite échancrure t qui eft la place de la moitié de la groffeur de la cheville pour faire le repere qui arrête le Regiftre.
- 322. La figure 3 eft une Soupape en perfpeélive dans toute fa gran-
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- deur & fans être garnie de peau. On y voit fon anneau. Elle eft presque tranchante au dos, qui contient pourtant une très-petite rainure, ou feulement un gros trait que Ton fait avec le Trufquin pour fervir à placer la pointe du relfort. Ez figure 4 eft la même Soupape vue par le bout du côté de la tête.
- 323. La figure y repréiente une Chape ordinaire vue par le deflus. La fig. 14 repréfente un morceau de la même Chape vue par le deflous , où tous les traits qu’on y remarque défignent des coups de feie d’une ligne ou un peu moins de profondeur, qui fervent de précaution, au cas que la Chape ne joigne pas affez parfaitement fur le Regiftre ; dans ce cas, le vent pourroit parvenir jufqu’au trou voifin & faire parler deux tuyaux en-femble ; & ces coups de feie qui forment de petites rainures interceptent ce vent & l’empêchent de faire du défordre. Du relie, ces coups de feie ont cette figure, à caufe que les trous font en [ig-%pg -, car lorfqu’ils font en droiture, comme le morceau de Chape ( fig. ij ) on fait cette opération Amplement en travers.
- 324. J’ai fait voir , art. 313, comment on grave les Chapes , lorfqu’on a feulement un rang de deux ou trois, quatre ou cinq tuyaux à faire jouer enfemble le long d’un feul trou fait au travers de l’épaiiTeur de la Chape. Mais lorfqu’on en doit pofer quelques autres entre les rangées , comme l’on voit au morceau de Chape ( PL XXXV, fig. 11) il faut y ajouter d’autres opérations. Après qu’on aura fait un trou au travers de la largeur
- : de la Chape, comme à celle H ( PL XXXVII, fig. 2) & qu’au delfus de ce trou on en aura fait trois ou quatre autres, r r /; on fera, avec un Bouvet, au delfous de la Chape ( PL XXXV, fig. 10 ) deux rainures E E affez profondes pour aller prefque jufqu’au fond des trous F FFF faits au travers de l’épaiffeur de la Chape , & qui n’ayent qu’en-viron deux lignes de largeur. On paffera enfuite dans ces deux rainures un autre Bouvet dont le fer foit d’une ligne plus large ; mais il ne faut l’enfoncer que d’une ligne & demie. Cette opération forme un petit rebord ou feuillure de demi - ligne de largeur de chaque côté de la rainure. Ce qui étant fait, on collera de petits Flipots (fig* 13 ) dans les rainures aux endroits a a a a a, 8c b b b b h ; lefquels étant bien fecs, on re-paffera le Bouvet avec le même fer large, qui égalifera tous ces Flipots ; après quoi on collera une tringle au dedans & tout le long de cette double feuillure faite dans la rainure, ce qui formera la Chape, comme on le voit ( fig. 15). On la retournera & on fera les trous c c c c c c, ( fig* 11 ) ou pour mieux dire , on les fera avant de coller les Flipots, afin que les copeaux que fait la meche du Villebrequin , ne s’engagent ou ne rempliffent point les vuides de la Chape.
- 32^. Il eft aifé de comprendre comment le vent, entrant dans la Chape
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- par le grand trou quarré , fè répand d’abord dans la longueur du trou qu’on a fait au travers de la largeur de la Chape ; de-là il le diftribue dans xXXaT les deux autres trous collatéraux par les petites rainures qu’on a faites le long de la Chape ; 8c les Flipots bouchant cette rainure après le trou par lequel le vent doit palier , en empêchent la communication au trou fuivant, dans lequel le vent ne peut aller que par le grand trou quarré fuivant. On colle une bande de parchemin le long du côté ou de lepaif* feur de la Chape, afin d’en boucher l’entrée de tous les trous.
- 32 6. La figure 1 de la Planche XXXVII repréfente en perlpeétive un Sommier entier, tel qu’on le feroit pour un petit Orgue, fans être divifé xXXVII. en plufieurs parties. Je l’ai fait ainfi graver pour mieux faire entendre le grand Sommier. On en a comme déchiré un nombre de pièces pour faire voir celles qui font recouvertes par d’autres , comme l’on feroit en un vieux Sommier hors d’ufàge, dont on voudroit découvrir la méchanique 8c connoître la conftruétion. A Æ efl un des battants du Chaffis , qui porte les denticules, comme on les voit en A. B eft une des traverfes du Chaffis, qui portent un double tenon à chaque bout. C C C C C font les bouts des cinq barres qui traverfent les battants du Chaffis & qui y font chevillées. D D eft la planche du deffous de la Laye, qui porte les bourfettes 8c les ofiers dont on voit les bouts inferieurs au deflous de ladite planche DD. £ £ eft la Laye , avec le petit montant O au milieu , qui la divife en deux portes. On voit dans cette Laye les bourfettes, les 'chaperons des ofiers, le chevalet *, les refforts, les effes & les Soupapes.
- Le vent doit entrer dans cette Laye par une ouverture faite au deffous , ou par le bout B félon la difpofition du local. ^
- 327. Au deffus du Sommier, on a comme arraché & rompu un morceau de la Table, pour faire voir quelques barres & quelques gravures en F.
- On en a fait de même à plufieurs faux Regiftres, à des Regiftres & des Chapes. G eft une partie de la Table découverte, où l’on voit les trous en {ig-{ag ; & en H H on apperçoit les trous quarrés dans la Table , qui font en droiture 8c deftinés pour le Plein-Jeu. III I / ,. une partie des faux Regiftres. K K K K K K , une partie de plufieurs Regiftres, parmi lefquels on en voit un dont les trous font quarrés. M ^
- M M font les Chapes cio uées fur les faux Regiftres, dont quelques- x
- unes ne font pas entières. JY JY font deux chapes gravées à trois rangées de trous : elles font pofées fur des Regiftres dont les trous font quarrés, auffi-bien que ceux de la Table. L eft un repere d’un Regiftre. C’eftainfî que tous les autres ont un repere femblable, afin qu’on ne les tire pas trop 8c qu’on ne les pouffe pas trop. T T T T T T font les bouts des Regiftres qui font doublés par un morceau de bois pour les rendre plus propres à réfifter aux efforts du tirage. PP P P P P, le faux Som~
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- mier que quelques-uns appellent le Crible ou le Tamis. Il eft compofe de 6 planches de y à 6 lignes d’épaiffeur. On le pofe à environ 6 pouces de diftance des Chapes. Sa fonéUon eft de foutenir les tuyaux dans une fituation verticale. On voit quelques tuyaux pofés , pour faire entendre comment ils tiennent. V eft un tuyau bouché & à oreilles. V, un tuyau à cheminée. Y, un tuyau ouvert. Z , un grand tuyau de Trompette, auquel on met encore un fupport vers le haut , qui n’eft point marqué dans cette figure. W > un tuyau de VoixHumaine.il faut remarquer une partie du faux Sommier 4, 4, qui répond aux Chapes gravées N N ; c’eft la place des tuyaux du Plein-Jeu, c’eft-à-dire , de la Fourniture & de la Cymbale. L’efpace vuide y, y , où il n’y a point de faux Sommier , répond à la fécondé Chape (5,6 deftinée à faire jouer le Cornet qui n’a jamais de baffes, & pour lequel par conféquent il n’a pas fallu autant de trous fur la Chape que pour les autres Jeux. Le Cornet eft un Jeu compofe de y tuyaux fur marche. Comme il tiendroit trop de place fur le Sommier y on le pofe toujours fur une ou deux pièces gravées , élevées au defîùs du faux Sommier , Sc on y fait aller le vent par des Porte-vents de plomb affez hauts , dont un bout eft collé fur le trou de la Chape , Sc l’autre fur celui de la piece gravée. On les fait paffer par ce vuide y , y , entre les faux Sommiers. S S eft une traverfe qui foutient le faux Sommier. R R font les fupports qui foutiennent cette traverfe. Q Q Q Q font des pieds , qu’on met de diftance en diftance pour foutenir chacune des planches dont eft compofe le faux Sommier qui fléchiroit fans cette précaution. Ces pieds font arrêtés par une petite pointe de fer bien aiguifée Sc fichée à chaque bout, dont l’une entre dans la Chape Sc l’autre deffous le faux Sommier.
- \ 328. On voit comment on pojle les tuyaux lorfqu’ils font trop gros pour être pofés fur leur vent, c’eft-à-dire, fur les trous de la Chape qui doit leur fournir le vent. On les tranfporte ailleurs, par exemple , fur une piece de bois p , qu’on appelle piece gravée. On y fait aller le vent par des Porte-vents 7,7, qu’on attache , avec de la filaffe & de la colle , d’un bout fur le trou de la Chape, & de l’autre fur la piece gravée 9 ; de forte que les tuyaux ainfi poftés , parlent tout comme s’ils étoient fur leur Vent. On a placé quelques tuyaux de bois 10, fur cette piece gravée* Tous les tuyaux que l’on voit en montre dans les Orgues, font poftés de même, comme je l’expliquerai dans la fuite.
- 329. Après avoir fait connoître toutes les pièces qui compofent un Sommier, comment il eft eonftruit dans toutes fes parties, & en avoir indiqué l’ufàge en plufieurs articles précédents, 317, 318, 319, il s’agit de reprendre le tout & d’en expliquer l’enfemble & les fonctions. Il faut d’abord fe fouvenir que le Sommier étant en place Sc dans fa pofi-
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- Grand Sommier. i o f
- tien naturelle , les gravures font fituées d’avant en arriéré félon la largeur du Sommier ( PL XXXVII, fig. i) & forment des conduits dont le bout antérieur eft bouché par les Soupapes, le refte l’étant en deflus par la Table du Sommier ( 2c?y ) & en deffous par un parchemin collé , (308). Les Regiftres au contraire, & les Chapes de meme, croifent les gravures, & font fitués de gauche à droite félon la longueur.du Sommier, ( PL XXXVII, fig. x ). Les Jeux , qui forment chacun une rangée de tuyaux, comme nous l’avons allez amplement expliqué au Ch. ÏV, SeéL I, font également pofés de gauche à droite le long des Chapes & des Regiftres , un tuyau fur chaque trou de la Chape , en forte que chaque Chape , quoique quelquefois divifée en quatre parties comme le S ommier, ( 32i ) contient un Jeu entier, On a vu ( 301 ) que tous les trous répondent aux gravures. Il faut obferver que tous les Jeux étant pofés fur le Sommier, le même tuyau correfpondant ou refpeétif de chaque Jeu, fe trouve pofé fur la même gravure; je veux dire que le premier ut, par exemple, de chaque Jeu répond fur la même gravure ; tous les premiers re fur une autre , tous les féconds fol fur une autre, &c. En un mot, les Jeux font rangés de la maniéré fuivante, ou j’ai repréfenté les tuyaux par le nom de leurs tons.
- Bourdon. c cM a b c e J JM g gM a ub b c cM d e f jM g gM a bb b c cM
- Preftant. c cM d eb e J JM g gM a bh b c CM d eb e f m Cf & gM a bb b c cM
- Nafard. c cM d eb e f M g gM a bb b c cM eb e J M g gM a bb b c cM
- Doublette. c cM d eb e f /* g gM a bb b c cM d eb e f JM g gM a bb b c cM
- .Tierce. c cM d eb e f g gM a bh b c cM d eb e j M g g*U a bb b c cM
- Les lignes verticales repréfentent les barres du Sommier, & les entrelignes les gravures. Je n’ai mis qu’un petit nombre de tuyaux à chaque Jeu ; mais il faut fuppofer qu’il y en a yo. On voit qu’il y a fur chaque gravure un tuyau du Bourdon , autant du Preftant, du Nafard, de la Doublette 8c de la Tierce, & que les mêmes tons des différents Jeux font difpofés fur la même gravure. Ce que je dis de ces cinq Jeux doit s’entendre des autres. On a vu ( 318) comment les Regiftres ferment le vent aux Jeux en recouvrant les trous de la Table & de la Chape, & comment iis l’ouvrent fans caufer le moindre mouvement aux tuyaux qui font pofés fur les Chapes, quoiqu’ils ( les Regiftres) foient mobiles : comment font conf-truits leurs reperes ( 3 20 ) : comment on ouvre les Soupapes en tirant en en bas leur olîer ( 317) ; 8c comment elles fe referment au moyen de leur reffort, &c. Suppofons maintenant que tous les Regiftres foient fermés, c’eft-à-dire , qu’ils foient en telle fit nation qu’ils recouvrent les trous cor-refpondants de la Table 8c de leur Chape , comme en lafig. 1 , PL XXXV, 8c que le vent foit forcé dans la Laye bien fermée : il eft évident que fi en tirant quelque ofier en en bas, on ouvre quelque Soupape que ce foie de cette Laye, le vent entrera dans fa gravure , y fera forcé; mais il y Orgues. , Ce
- Planche
- XXXVIL
- Planché
- XXXV,
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- Planche
- XXXV..
- Planche
- XXXIV.
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- ' . I
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- demeurera dans l’inaélion, ny ayant aucun trou ouvert le long des gravures. Mais fi Von ouvre un feul Regiftre , c’eft-à-dire, que tous fes trous fe rencontrent avec ceux de la Table & de fa Chape , comme en la fi?. i de la même Planche XXXV, il y aura alors une rangée de trous ouverts , un à chaque gravure : fi, dis-je, on baifle une Soupape quelconque , le vent rempliffant à l’inftant fa gravure, fortira par le trou ouvert & fera parler le tuyau pofé par deflus*. Si Ton ouvre deux Regiftres, il y aura deux trous ouverts fur chaque gravure , & ce feront deux tuyaux qui parleront enfemble. S’il y a dix Jeux ouverts, il y aura de même dix trous ouverts fur chaque gravure. Si parmi ces dix Jeux il y en a un qui foit compofé de fix tuyaux fur marche , ce feront xy tuyaux qui parleront enfemble. Si enfin tous les Jeux' font ouverts, tous les tuyaux qui fe trouveront fur la gravure dans laquelle on fera entrer le vent, en baillant fa Soupape, parleront enfemble.
- 330. On voit un petit Infiniment repréfenté dans la fig, 4 de la PL *
- XXXIVy dont voici fufàge. On eft quelquefois obligé d’ôter ou de re-‘mettre des relforts dans les Layes, qui fie trouvent en quelques Sommiers trop baffes pour y mettre les mains. Cet Inftrument eft alors néceffaire. Il eft repréfenté dans toute la grandeur naturelle. Il eft fait de fil de fer a fie z gros 8c aflez fort 'pour ne pas fléchir aifiément. Lorfqu’on veut ôter un reftort, on prend la piece A B par le bout A d’une main -, on enfile la qlieue du reffort dans l’agraffei? ; on prend l’autre piece D C par le bout D de l’autre main ; on introduit le bec Cdans l’œil du relfort : alors tenant ferme la piece D C, on tire à foi l’autre AB, qui, au moyen de fon agraffe faifant fermer ou reflerrer le reflbrt, en détache les deux pointes de leur place 8c on l’ôte ainfi facilement. Lorfqu’on veut le remettre , on prend le reflort avec les deux pièces du même Inftrument ; comme auparavant \ on en conduit les deux bouts chacun en leur vraie place & fituation,. 8c on retire l’inftrument, qui eft du relie bien aifé à faire. La figure en fait aflez connoître la conftruétion.
- Sommier du Pojitif.
- 331. La différence qu’il y a entre le Sommier du Pofitif & celui du grand Orgue, qu’on appelle le grand Sommier y confifte en ce que celui-ci a fa Laye par deftbus les barres, comme nous venons de le voir, 8c que le Sommier du Pofitif a fa Laye par deflus les barres; ce qui-fe pratique prefque toujours > cette maniéré étant la plus commode. On le fait de même pour l’Echo le plus ordinairement. La fig. 1 de la PL XXXVIII Planche repréfente un Sommier de Pofitif, c’eft-à-dire , dont la Laye eft par deflus les barres. Il eft pofé dans fa fituation naturelle : mais il n’eft pas entier, c’eft-à-dire, qu’il n’a pas le nombre ordinaire de gravures; cela n’étant pas néceflaire pour notre objet.
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- Sommier du Pojîtîf. 103
- 332. A A font les Chapes : B, la planche mobile qui couvre & ferme «—>“....--"g
- le deifus de la Laye : C, une autre planche également mobile, qui ferme XXXVIÜ' le devant de la Laye. Ces deux planches font arrêtées & ferrées par les
- trois pièces de fer E D M quon voit féparément ( fig. 5 ) & marquées par les mêmes lettres. On comprend aifément ( fig, 1 ) que le ' bout M de la bande de fer D , étant retenu Sc accroché à un talon M,
- (voyez ce talon M > fig. y ) par là mortaife , l’autre bout étant accroché par le crochet E, retenu par une forte vis R , les deux planches i? ~
- Sc C doivent être bien ferrées en leur place. Cette bande de fer D doit être forte & un peu bombée en deifous. Le crochet E doit être de même bombé par la furface qui appuie contre la planche C* H H font deux traverfes fur lefquelles porte le Sommier ; G eft l’ouverture par où le vent entre dans la Laye. F F font les bouts des Regiftres par lefquels on les tire ou on les pouffe,,
- 333. Il faut remarquer que ces bouts de Regiftres font ordinairement garnis d’une façon différente de ceux que j’ai décrits vers la fin de l’art.
- 320 ; le morceau de bois m n eft en enfourchement, il eft horizontalement mobile fur la cheville m , & le fer qui tire le Regiftre eft accroché dans le trou 11. Ceci fera expliqué plus au long ailleurs.
- 334. La figure 2 repréfiente le même Sommier 7 qui eft renverfe pour en faire voir le deifous. On en a comme fcié une partie de la largeur. Oit en a ôté les Regiftres & les Chapes. H I H font les traverfes fur lefquelles porte le Sommier. K K, une tringle de bois dans laquelle font les petits creux fervants de moule pour faire les bourfettes qui y font collées.- On y voit les guides , qui font des pointes de fil de fer pour maintenir les bafcules, dont nous parlerons dans la fuite.
- 33y. Il faut remarquer que ce n’eft pas la meilleure méthode de mettre ainfi les guides fur cette tringle de bois ; parce que fi quelque pointe vient à cafter , le Sommier étant en place & arrêté 5 il n’eft prefque pas pollible d’y en remettre une autre. Il eft mieux de faire un rateau féparé, comme je l’expliquerai en fon lieu. Du refte, il y a un parchemin collé au deifous de ce Sommier pour en boucher les gravures. On en a déchiré un. morceau pour les faire voir. E E E font les crochets de la fermeture de la Laye. 1
- * 336. La figure 3 repréfente le même Sommier dans fa fituation naturelle , dont la Laye eft ouverte & entièrement garnie. A A font les Chapes. ( On voit que ce Sommier n’a pas toute fa largeur ). F FP les bouts des Regiftres. L , la planche fixe du derrière de la Laye. O , le Chevalet qui contient tous les relforts dans des entailles faites avec une fcie.
- Comme cette tringle de bois ferôit trop foible pour réfifter à l’effort de tous ces relforts > on la maintient par deux longues vis P P qui pren-
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- m— nent dans des barres. E E E font les crochets de la fermeture de la XXXVIII Laye- °n voit les Soupapes, leurs guides & les refforts.
- 337. La figure. q repréfente la coupe en travers de la Laye & d’une parrie du relie du Sommier. A efl-une Chape vue par le bout, avec la moitié.d’un trou, d, la Table du Sommier, b, un faux Regiflre. c,un Regiflre. B y la planche mobile du deffus de la Laye. C, la planche mobile du devant de la Laye. D> la bande de fer de la fermeture. E, le crochet de la fermeture. M, le talon de la fermeture attaché avec des clous au dehors & contre la planche fixe du derrière de la Laye. S, le dedans de la Laye. Àr, une Soupape. T, le reffort, qui par fa preffion tient la Sou-pape fermée. O ,1e Chevalet qui maintient les refforts. Q, le dedans d’une gravure, dont la Soupape ferme l’entrée. K h, la tringle de bois, contenant les petits creux qui fervent de moule aux bourfettes. A, efl ce petit creux, la bourfecte collée fur la tringle K* f h g efl le Pilotin ; c’eft une cheville de bois, dont la longueur efl de f ( qui efl le fond de la bourfette ) jufqu a la Soupape. Il y a par conféquent un trou pour contenir librement ce Pilotin , qui traverfe la tringle K h, le battant du Chaffis g du Sommier & la Table. Si l’on pouffe en en haut cette bourfette par fon deffous fy le Pilotin monte & fait lever la Soupape ; alors le vent entre de la Laye S dans la gravure (X
- 338. Il efl bon d’avertir que la defcriptiomque je viens de donner des Sommiers, ne peut être utile que pour faire connoître leur jeu, leurs effets 8c leur fonction ; mais il s’en faut bien que je n’aie dit tout ce qui efl né-ceffaire pour les conftruire effectivement. Je n’ai expliqué que bien fuper-ficiellement leur méchanique, attendu que Je dois traiter cette matière avec
- 1 tout ie détail convenable dans la fécondé Partie de cet Ouvrage, où * comme je l’ai annoncé au commencement, je dois expliquer tout ce qui regarde la pratique & la conflruélion de toutes les pièces & machines qui entrent dans la compofition de l’Orgue. Je fuivrai la même méthode pour tout ce qui me refie à dire dans cette première Partie touchant la connoiffance de cet Inftrument.
- Section troisième.
- Les Claviers, VAbrégé, les Tirants, les Pilotes tournants ôC
- les Balanciers.
- Les Claviers.
- 339. Le Clavier de l’Orgue efl une machine contenant un certain nom^ bre de touches, difpofées félonies principes de l’harmonie, fur lefquelles on appuie avec les doigts, pour mettre en mouvement quantité de pièces,
- dont
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- Les Clavietsl ïôJ
- dont l'effet eft de faire rendre du fon aux tuyaux des différents Jeux de l’Orgue , en ouvrant le paflàge au vent qui les fait jouer. L'Orgue a ordinairement plufieurs Claviers qu’on place en amphithéâtre les uns au deffus des autres ; il eft des Orgues où il y en a jufqu’à cinq , 8c il eft rare qu’il n’y en ait qu’un.
- 340. La fig. 1 de la Planche XXXIX repréfente un Clavier entier en perfpeélive, & à moitié grandeur naturelle. A A font les touches. B B, les feintes qui font les diefes & les bémols. J’ai marqué à chaque touche fon nom , dont j’ai donné l’explication art. air. Toutes ces touches font repréfentées élevées ou fufpendues , excepté le troifieme E fi mi , qui eft baiffé ou abattu. H H font les guides. Ce font des pointes fans tête de fil de fer, ou mieux en fil de cuivre. Elles font fichées fur une traverfe I I placée au deffous des touches. Outre que cette traverfe porte les guides, elle empêche encore que les touches n’enfoncent plus qu’il ne faut ; & afin qu’elles ne faffent pas de bruit quand on les baille , on colle une bande de drap fur cette traverfe , ce qui étouffe un certain cliquetis, qui fe fait entendre fans cette précaution. On met ces pointes entre les touches, afin de les maintenir & d’empêcher qu’elles ne fe frottent mutuellement.
- 341. G G font les deux battants qu’on appelle les bras du^CbaffisL rdu Clavier. C’eft dans ces deux battants qu’eft affemblée à tenons la tra^ verfe DD du derrière du Chaftis , dans laquelle on a pratiqué une rainure pour contenir librement le bout des tiges des touches. E E, queue d’aronde qui fait partie de l’affemblage de cette traverfe avec les deux bras du Chaftis.
- 342. Il faut remarquer dans la Planche XLIX, fig. 1 , cette traverfe plus en grand. On y voit là rainure pour recevoir les bouts des touches , avec les trous des goupilles, dont une eft dans la place : le tenon avec la queue d’aronde pour affembler cette traverfe dans le battant ou bras , (fig. 2), où l’on voit la mortaife & la place pour recevoir la queue d’aronde. La mortaife qu’on entrevoit à l’autre bout , eft pour recevoir le tenon de la petite traverfe qui porte les guides. Revenons à la Planche XXXIX, fig. I.
- 343 •F F (PL XXXIX, fig. i)font les goupilles pour arrêter les tiges des touches dans leur rainure, làns les gêner dans leur mouvement. Ç C font les anneaux rivés vers le milieu de la longueur des touches, auxquels on accroche le tirage.
- 344. On voit dans la PL XL , fig, r une partie de Clavier en perlpeélive & fans Chaftis, dans fa grandeur naturelle ; mais les tiges des touches n ont pas leur longueur ordinaire , faute d’une place fuffilànte. On y diftingue 1 épaiffeur & la largeur du placage , fait d’ébene noire ou d’os, Orgues. D d
- Planche
- XXXVIII.
- Planche
- 1 TiirnnriMi,
- Planche
- XLIX.
- Planche
- XXXIX.
- Planché
- XL.
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- zc6 FACTEUR D'ORGUES, I. Pan. Chap. VI. Secllll.
- qui tient de M à P* On peut y remarquer les trous des guides : le petit intervalle du paiTage de la fcie d'une touche à l'autre 3 avec le petit chan-frein que l’on fait à chaque côté 'des touches , comme en N H. On a repréfenté , dans la fig. % > une feinte en perfpeélive dans fa grandeur naturelle.
- 34J. La Planche XLl, fig. 1 repréfente le profil gêométral de quatre Claviers , tels qu'on les conftruit ordinairement pour un Orgue à quatre Claviers. Cette figure, étant précifément la moitié de la grandeur naturelle, fera utile pour l'exécution, en doublant toutes les mefures. Elle contient toutes les dimenfions Sc les aiTemblages de conftruélion , en forte que pour faire réellement ces quatre Claviers , il ne faut pas d'autre delfein. Je vais ['expliquer en détail.
- 346. 1 , 1 eft le premier Clavier, dit du Pojitif. 2,1,1 e fécond Clavier, dit du grand Orgue. 3 , 3 , le troifieme Clavier, dit du Récit : Sc 4 y 4 , le quatrième Clavier , dit de ÏEcho. A A , le Chaffis du premier Clavier. R B , le Chaffis du fécond Clavier. C D , le Chaffis du troifieme ; Sc E Fy le Chaffis du quatrième Clavier. 12, 13 > 18, iy la traverfe du derrière du Chaffis du premier Clavier , vue par lé bout ; on y voit fon affemblage avec le côté ou battant du Chaffis. 13 & 18 font deux tenons avec une jouet n de iTous. 12, une queue d'aronde dont l'épaiiTeur excede un peu au deffus du côté ou bras A A. L'épaiffeur totale de cette traverfe eft depuis le deffous de la joue, qui affleure le deffous du Chaffis, jufqu'au deffus de la queue d’aronde. 10 , 11, C eft la traverfe du fécond Clavier, qui porte un feul tenon avec un peu de joue au deffous Sc là queue d'aronde. 8 , D , 9 , b, la traverfe du troifieme Clavier , où l'on voit fon tenon , la petite joue au deffous Sc la queue d'aronde. 6 y Fy 7, a , la traverfe du quatrième Clavier avec le même affemblage qu'aux deux autres. Tout ce qu'il a de particulier, c'efl qu'on a laiffé toute l’épaiffeur à la queue d’aronde 6, parce qu’il n'y a point d'autre Clavier au deffus ; car on retranche une partie de l'épaiffeur de cette queue aux autres Claviers , afin que le Chaffis fupérieur plaque bien contre l'inférieur. Cependant la traverfe demeure de toute fon épaiffeur, comme il paroît dans le deffein. On remarquera que ces traverfes de derrière ne fe touchent point l'une au deflus de l'autre , comme les côtés ; il y a un intervalle confidérable entre chacune , comme l'on voit de 12 à 11 , de 10 à <? , & de 8 à 7. Cet intervalle eft néceffaire pour les anneaux des goupilles h g fe. tl 1 n'y a que la traverfe du premier Clavier qui affleure en deffous, comme je l'ai dit cf deffus.
- 347. Les bras ou battants du fécond Clavier B B, portent quatre tenons LM \ G H ; 1 K Sc P O. Tous les quatre font arrêtés Sc chevillés fur ce fécond Clavier, comme on le voit en Z //, K Sc P. Les tenons
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- Les Claviers. toy
- fupérieurs G H Sc i K 3 fervent à unir Sc tenir enfomble les troifîeme Sc quatrième Claviers fur le fécond ; Sc les tenons inférieurs L M Sc P O , fervent à maintenir les trois Claviers fupérieurs fur le premier A A. Il faut obferver que les mortaifos faites dans le premier Clavier pour rece^ voir les tenons L M Sc 'P O , font plus longues de tout l’efpaee R Sc Q , que les tenons ne font larges ; ce qui eft néceflaire, afin que le premier Clavier puilfe aller Sc venir d’avant en arriéré de tout cet intervalle R 8c Ç) ; nous verrons pourquoi dans un moment.
- 348. La ligne l o d repréfonte les touches du premier Clavier : MtiC, celles du fécond : q p b, celles du troifieme ; & r fa , celles du quatrième* L’épaifleur des touches eft / ô, pour le premier Clavier : m n > pour le fécond : q p, pour le troifieme ; Sc r f9 pour le quatrième, d C b a font les bouts des touches qui tiennent librement dans les rainures des traverfos du derrière du Chaflîs ; Sc h g f t font les goupilles qui arrê-* tent ces bouts des touches dans leurs rainures, ce qui s’exécute d’une ma-* niere à ne point gêner le mouvement dé la touche.
- 349. S 19 eft la large traverfe de devant du premier Chaflis. X > la petite traverfe du fécond. V, celle du troifieme; & T 3 celle du quatrième. Ces traverfos font néceiîàires pour lier, affermir&confolider chaque Chaflîs. Ces mêmes traverfes où l’on fiche les guides des touches, leur fervent d’appui pour qu’elles n’enfoncent pas trop.’ On y colle un drap tout le long, afin qu’on n’entende point de cliquetis, comme je l’ai déjà dit art. 240. La traverfe S 19 de devant du premier Chaflis .fe fait large; Sc a deux tenons dont on voit les bouts ; elle affleure le bout antérieur 19 du Chaflîs Sc le deflbus auflî. On met un bouton y aux deux bouts antérieurs du premier Clavier ; ce qui eft commode pour le tirer & le re-pouffer. 14 eft le Tourillon par lequel ce bouton eft collé Sc arrêté fur le bout du Chaflîs*
- 350. Le premier Clavier eft repréfenté poufle en arriéré, ce que l’on fait afin qu en touchant les touches du fécond, elles faflent baiffer en même temps celles du premier. Voici ce qui produit cet effet. On remarque au deffous de la touche du fécond Clavier un talon iy , qui y eft bien collé. On en voit un autre 16 précifément au deflbus de celui-là, qui eft pofé au deflus de la touche du premier Clavier* Il eft clair que fi Ton baifle la touche du fécond, celle du premier doit également bailler, au moyen de ce talon. Mais fi l’on tire à foi le premier Clavier , le talon 16 avancera & viendra à 17; alors on pourra toucher toutes les touches du fécond Clavier fans faire bailfer celles du premier', .parce que les talons ne pourront avoir aucune communication mutuelle , n’étant point vis-à-vis les uns des autres. On met ainfi des talons au deflus de toutes les touches du premier Clavier, Sc au delfous de celles du fécond,
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- Planché
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- J ,
- Planche
- XLI.
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- Planche
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- 351. Z efl le bout d'une réglé de bois , de toute la longueur du Clavier , arrêtée de chaque bout aux deux côtés 8c au deffous du premier Clavier. Elle contient autant de trous qu'il y a de touches. Cette tringle s’appelle le Guide des Pilotes. Il fert effectivement à les affujettir tous au deffous des touches du Clavier du Pofitif Y Z efl un morceau d’un de ces Pilotes. Ce font des baguettes de bois, affez femblables à celles d’un fufll, pofées verticalement ou debout, dont l’extrémité fupérieure Ytra-verfant le guide Z , va toucher & foutenir la touche l o d -, 8c le bout inférieur appuie fur i’extrémité d’une bafcule dont l’autre bout va lever une Soupape du Sommier du Politif. C’eft ce que j’expliquerai plus particuliérement.
- *3 y2. On remarquera vers le milieu de la longueur des touches des fécond> troifleme 8c quatrième Claviers, trois anneaux , u y Z auxquels font accrochées les Demoifclles, que quelques-uns appellent Pendules. Ce font des pièces de fil de laiton tu, oc y, 8c Z , auxquelles on fait, avec une pincette,un anneau à chaque bout. L’anneau inférieur efl accroché à -celui de la touche, 8c le fupé rieur au tirage, qui au moyen de Y Abrégé communique le mouvement de la touche jufqu’à la Soupape du Sommier auquel le Clavier efl relatif. La Demoifelle tu , paffe au travers d’une petite mortaife faite dans la touche du troifieme Clavier ; elle paffe encore dans une autre mortaife du quatrième. La Demoifelle x y paffe au travers de la touche du quatrième Clavier; 8c celle de celui-ci Z efl au deffus du quatrième Clavier.
- 3^3. Le Clavier (fig> 1 ) tel que je viens de le décrire , efl: bon pour un Orgue ordinaire dont le Pofitif efl dans un Buffet féparé. Mais fi le Pofitif efl fur le même Sommier que le grand Orgue, comme il arrive quelquefois, il faut alors conftruire les Claviers comme ceux repréfemés par la fig. 2 , auxquels on voit quatre tirages, ce qui en fait la différence. Ceux de la fig. 1 n’en ont que trois , puifqu’il y en a un qui fioule; c’eft celui du Pofitif. Comme tous les quatre de la fig. 2 tirent, il a fallu leur donner des mefures différentes. Du refte, leur conftruétion étant la même que ceux que je viens d’expliquer, il fuffira d’examiner -attentivement cette fécondé figure pour les bien entendre.
- 3 J4. La Planche XLII, fig. 1 repréfente en profil géométral à moitié grandeur naturelle, cinq Claviers mis enfemble, dont la conftruélion efl dans le fond femblable à ceux que je viens de décrire. Voici ce que cette compofition a de particulier. I K efl le premier Clavier 8c deftiné à faire jouer le Pofitif L M, le fécond ; il efl relatif au grand Sommier dans le grand Orgue. NO, le troifieme qui fert pour la Bombarde avec quelques autres Jeux que l’on y joint bien fouvent. P Q, le quatrième deftiné pour lè Récit; 8c R S efl le cinquième 8c fert pour l’Echo.
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- Les Claviers* 109
- 3jry. Le premier Clavier / K eft mobile^ auffi-bien que le troifieme N O. Le fécond Clavier L Mporte cinq tenons collés 8c chevillés ; favoir, A B , C D y E F, GH, V W\ Les deux grands tenons A B 8c C D fervent à maintenir enfemble les deux premiers Claviers & à arrêter fur fon aftiette dans l’Orgue toute cette machine en là place, comme je l'expliquerai ailleurs. Les trois autres tenons font néceflàires pour tenir enfemble les Claviers fupérieurs. Le premier Clavier I K eft repréfenté pouffé en arriéré, afin que les talons a b, fe rencontrant l’un fur l’autre, lorfqu’on touchera fur le fécond Clavier L M, on faffe en même temps baiffer les touches du premier. Si on le retire en avant, le talon b viendra en c à caufe que ce Clavier eft mobile de tout l’efpace L & / ; & alors ces deux Claviers n’auront aucune communication enfemble. li en, eft de même du troifieme Clavier N O ; il eft repréfenté tiré vers foi. Dans cette fituation les talons d 8c e fe rencontrant, fi l’on touche fur ce troifieme Clavier, le fécond L M jouera en même temps : & fi alors le premier eft pouffé en arriéré , il y atfra trois Claviers qui joueront enfemble. Lorfqu’on repouffera le troifieme Clavier NO , le talon d fe trouvera en f, ( car ce Clavier peut aller & venir de tout l’efpace g p 8c h, ) alors il n’y aura plus de communication. T eft la large traverfe du premier Clavier. V y la petite traverfe du fécond. X, celle du troifieme. L, celle du quatrième; 8c Z , celle du cinquième, m eft le guide des Pilotes du Pofitif. n o eft le bout fupérieur d’un de ces Pilotes, toute la partie inférieure en étant retranchée. On voit le profil d’un des trous du guide. Il eft èbifelè ou fraifé deffus de deffous, pour diminuer le frottement des Pilotes dans leur trou.
- 3 56. La première figure de la Planche XLIIl repréfente la même conff truéHon des cinq Claviers vus en perfpeélive & par devant. On y a mis quelques touches pour en faire voir la difpofition , la communication par les talons des trois premiers Claviers enfemble, les tirages, les mortaifes faites dans les touches fupérieures pour le paffage des Demoifèiiés, &c. A K eft le premier Clavier. B /, le fécond. C H, le troifieme. 'D G, le quatrième ; 8c E F, le cinquième. V V U X font les quatre grands tenons fixés dans les bras du Chaffis du fécond Clavier B /, Un de ces quatre tenons ne peut pas fe voir. Ils fervent à arrêter les cinq Claviers à leur place dans l’Orgue, 8c à lier les deux premiers Claviers en* femble. U J eft le guide qui maintient & affujétit les Pilotes i q, k p ; l 0 y rn n, au deffous de leurs touches du premier Clavier dit du Pofitif* L L eft la traverfe de derrière du cinquième Clavier. On y voit fa rainure* dans laquelle entrent les bouts des touches , dont quelques-unes y font repréfentées 8c arrêtées avec leurs goupilles. On y remarque les petits trous pour pofer les autres goupilles. MM, la traverfe du derrière du quatrième Orgues. Ee
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- y ' Clavier, où il y a auffi quelques touches* N N, celle du troifieme Cia-
- Planche vjer ^ qUj tjenc quelques touches. O O , celle du fécond Clavier, qui a également quelques touches.; 8c P P P, celle du premier Clavier où Ton voit auffi quelques touches. Q Q eft la large traverfe du premier Clavier, fur laquelle eft collée une bande de drap e e. R R, la petite traverfe du fecond>Clavier. S S,-celle du troifieme. TT> celle du quatrième ; 8cYY, celle du cinquième. On colle une bande de drap fur toutes ces petites traverfes.
- 357. On voit en r r r ; comment les talons entre les premier & fécond Claviers fe rencontrent l’un fur l’autre, auffi-bien que ceux s s s des fécond 8c troifieme Claviers. Il faut remarquer comment les Demoifelles fi du fécond Clavier y font accrochées & traverfent les touches fupérieu-
- ^ res des troifieme, quatrième & cinquième Claviers ; comment les Demoifelles g9 qui appartiennent au troifieme Clavier, paflfent au travers des touches des quatrième & cinquième ; & celles h du quatrième Clavier traverfent les touches du cinquième. Il eft à obferver que les mortaifes des touches au travers defquelles paifent les Demoifelles g , qui appartiennent au troifieme Clavier, font un peu longues; ce qui eft néceffaire pour que les Demoifelles ne foient point gênées lorfqu’on avance ou qu’on recule ce, troifieme Clavier, d e 8c b a font les tenons qui tiennent 8c lient enfemble les Claviers, & qui font fixés fur le fécond Clavier. La feule infpeélion de la figure peut faire entendre tout le refte. •
- 358. La figure 2 repréfente en perfpeftive & de grandeur naturelle une touche avec fon talon collé deffous & fes deux échancrures a 8c b, qui forment la place des guides, dont un eft repréfenté en la fig. 7. La
- fig. 3 eft une autre touche dont le talon eft collé par deffus. On voit en c, comment font faits les bouts des touches qui entrent dans la rainure de la traverfe de derrière. La fig. 4 repréfente une feinte, dont on a détaché le talon d, qui étoit collé en deffous. La fig. y repréfente deux Demoifelles ; 8c la fig. 6 une goupille pour arrêter les bouts des touches dans leur rainure. Ces trois dernieres pièces font encore dans leur grandeur naturelle. Je n’entrerai point préfentement dans un plus grand détail. Je réferve à expliquer dans la fécondé Partie comment il faut s’y prendre pour bien exécuter les Claviers, quelles réglés il faut y obferver, comment on les-divife , & c. mon but n’ayant été ici que de les faire entendre.
- Le Clavier de Pédale.
- ------ SS 9- Le Clavier de Pédale eft celui qu’on touche avec les pieds, & dont le
- Planche mouvement fait ouvrir les Soupapes du Sommier des Pédales. La fig. x de la Planche XLIV repréfente en perfpeélive un Clavier ordinaire de *
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- Clavier de Pédale:
- Pédale , dont une partie de la Table Q O Q Pentière 8c l’autre com-me caflee 8c enlevée pour laifler voir les pièces qu’elle couvroit. B A JD S F eft le Chaffis. A B eft la traverfe dans laquelle eft la rainure, qui contient les marches G 4, Gi 4, G 4, &c. H H font les pioches ou goupilles qui maintiennent les marches dans leur rainure» S R D efl: le battant ou côté du Chafïïs. F efl: une autre traverfe dans laquelle on voit quantité de petits trous. R efl: une autre traverfe dont on ne voit que le tenon de fon alfemblage. celle-ci, avec la traverfe F, contiennent dans leurs trous les guides ou pointes de fil de laiton pour affujétir les marches. Ges traverfes fervent encore pour que les marches n’enfoncent pas trop 8c ne fe relevent pas trop. La traverfe R reçoit de plus 8c aflujetic le bout des relforts qui font relever les marches, comme nous le verrons bientôt.
- 560. I I I 1 1 1 I font les touches, qui paflant par des ouvertures faites dans la Table , paroiifent au deffiis, comme on le voit en cette partie P Q O Q, qui n’eft pas enlevée. L L L L L font les feintes auffi-bien que M M. Q 8c Q font des vis qui fixent la Table au deffus du Chaffis. D 8c S font les trous des vis qui y feroient fi la Table étoit entière. F e} les queues d’aronde pour alfembler le Chaffis. 4,4,4,4 -4,4, j', y , y , J, font les bouts des marches. On y voit un petit anneau à chacune, auquel on accroche le tirage, qui va jufqu’aux Soupapes. J’ai mis fur chaque touche le nom de la note qui lui convient : du refte cette figure ne repréfente qu’un Clavier de Pédale bien ordinaire; car il n’eft pas beaucoup étendu, il eft fans Ravalement, &c. Pour mieux entendre cette conftruction , il faut voir les figures de la Planche fui van te, qui en détaillent les pièces.
- 3Ôr. La Planche XLV, fig. 1 , repréfente en profil géométral toute la difpofition de ce Clavier de Pédale, qui eft la moitié de la grandeur naturelle , auffi-bien que les autres figures de la même Planche. S H efl: le côté du Chaffis , dont Pépaifleur eft repréfentée en F au deffiis de cette fg. 1 par l’efpace compris entre les deux lignes verticales. E H ( fig. 1 ) eft la traverfe de devant vue par le bout ; elle porte la rainure : E eft la queue d’aronde de cette traverfe. 5,1e bout d’une autre traverfe , contre le def-fous de laquelle appuient les marches élevées. R , large 8c forte traverfe , au déifias de laquelle les marches appuient lorfqu’on les baillé. C’eft entre ces deux traverfes R 8c S , que fe meuvent les marches, qui font maintenues dans leur pofition 8c leur mouvement par les guides 6, 6. G 4, font les marches, avec leur petit anneau 4, auquel s’accroche le tirage. G D 6y le reflbrt de fil de cuivre dont un bout G eft rivé dans la marche, St l’autre eft appuyé dans la petite rainure , faite avec une fcie , au deffiis de la traverfe R. H eft la pioche qui arrête la marche dans ù
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- rainure. L eft une touche appellée feinte , pour la diftinguer des autres touches /. Q Q eft la Table de ce Clavier de Pédale.
- 3 62. La figure % repréfente en perfpeétive les traverfes des côtés du Clavier de Pédale. E eft ia queue d’aronde intérieure dans laquelle s’af* femble la grande traverfe A H B ( fig. 3 ) , par la queue d’aronde extérieure E. S ( fig. 2 ) , eft une entaille dans laquelle on aflemble ia tra-verfe S (fig. 1 ). R (fig- 2), eft une mortaife dans laquelle eftaffemb lé le tenon de la traverfe R ( fig. 1 ). Au deftiis de ce morceau de traverfe (fig. 3 ) repréfenté en perfpeétive, & qui porte la rainure , on voit de petites entailles H ; c’eft pour noyer le pli de la tête des pioches, qui tiennent les marches ; par ce moyen la Table du Clavier joint bien fur le Chaffis. La fig. 4 repréfente en perfpeétive une marche G 4 avec fà 'touche E, qui eft une feinte. On voit en K9 de grandeur naturelle, l’épaiffeur de toutes les touches & des feintes. 4 eft le petit anneau du bout des marches. La fig. y repréfente en perfpeétive une autre marche G 4 avec fa touche /. On voit en M N la largeur & l’épaifleur de grandeur naturelle de toutes les marches. N eft Panneau vu de profil. T V le reflbrt qu’on rive par le bout V au defTus de la marche, comme on le voit en G { fig. 1 ). Ce bout V eft repréfenté droit avant d’appliquer le relfort à la marche, mais recourbé, lorfqu’il eft attaché & rivé à la marche, comme les points que Ton voit l’indiquent. L’autre bout T eft un peu bombé, afin qu’il glilïe mieux dans fa rainure. La fig. 6 repréfente féparément & en perfpeétive la touche /, & la feinte £, avant qu’on les arrête fur les marches.
- Les Abrégés SC les Tirages , qui portent le mouvement des Claviers aux Soupapes des Sommiers.
- Abrégé ordinaire.
- 363. U Abrégé eft ainfi appellé, parce qu’il réduit, pour ainfi dire, la longueur du Sommier, auquel il eft relatif, à celle du Clavier. C’eft-à-dire, que quoique le Clavier n’ait ordinairement qu’environ deux pieds de longueur, & qu’un grand Sommier, étant divifé en quatre parties , puiffe avoir jufqu’à pieds + cependant au moyen de l’Abrégé, les tirages du Clavier vont à plomb jufqu’aux Soupapes du même Sommier ; en forte qu’il femble par-là que la longueur du Sommier foit abrégée & réduite à celle du Clavier ; c’eft ce qu’il faut expliquer. La fig. I
- ...de la Planche XLVIrepréfente en perfpeétive un Sommier , divifé en deux
- ^XLvT Part*es T> Sc E. Ce Sommier eft fans Regiftres, fans Chapes, Scc. Tout cela ne nous ferviroit de rien pour faire entendre ce dont il s’agit. G F font les Layes ouvertes de ce Sommier, c d K H f eft l’Abrégé. A eft
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- une partie du Clavier : C, les Vergettes inférieures qui vont au Clavier ; (les Vergettes font de petites verges ou tringles de bois , qui ont ordinairement environ trois ou quatre lignes de largeur for une ligne d’épaiffeur) elles font garnies à chaque bout d'un morceau de fil de laiton , pour pouvoir j par ce moyen, les accrocher par tout où il convient, fi g font les Vergettes fopérieures qui vont aux Soupapes, & correlpondent aux inférieures, d d font les Rouleaux d'Abrégé. Ce font des bâtons de bois , oélogones , d’environ un pouce de groffeur, avec un pivot de fil de laiton à chaque bout, for lefquels pivots iis roulent. Ces rouleaux font garnis encore de deux petits bras de gros fil de fer, comme l’on voit en r, & ( fig- 3)• Ces petits bras s’appellent Fers d’Abrégé, qui ont deux ou
- trois pouces de longueur & un petit trou au bout, pour y accrocher le fil de laiton dont on garnit les bouts des Vergettes. Voyez la fig. 2 de la Flanche XLIV; c’eft un de ces fers d’Abrégé dans toute là grandeur, 'dont le bout eft applati & percé. Remarquez auffi la fig. 7, qui eft un bout de Vergette a, dans toute fa groffeur. Elle eft garnie de fon fil de laiton b. Les rouleaux ( PL XLVI, fig. 1 ) , tiennent en leurs places par leurs pointes ou pivots dans des tourillons c c c c, qui font fichés & collés for la Table d’Abrégé K H. Ces Tourillons N Çfig. 4) font faits en bois, &c font percés d'un petit trou h , pour recevoir le pivot du rouleau d’Abrégé. i eft le tenon rond & cylindrique qui entre bien jufte 3c collé dans la Table de l’Abrégé. Il y a de ces Tourillons qui font doubles , c’eft-à-dire , au double plus épais pour recevoir & porter deux rouleaux d’Abrégé. Voyez la fig. 3. O eft ce Tourillon double, for lequel portent les deux morceaux Q P de rouleaux d’Abrégé. La fig. 4 repréfente en M une autre efpece de Tourillon, qui eft en cuivre, de demi-ligne d’épaiffeur. Il eft des Faéteurs qui les préfèrent aux Tourillons de bois.
- 364. Si l’on baiffe la derniere touche t du Clavier A ( fig. r ) , la Ver., gette inférieure b C u baiffera pareillement, auffi-bien que le bras ou fer d’Abrégé a ; celui qui eft à l’autre bout h du dernier rouleau a h \ droite baiffera de même , & tirera en en bas la vergette fopérieure h £ , laquelle étant accrochée à Tôlier de la première Soupape p du Sommier E, elle le fera baiffer & fera ouvrir le paffage au vent dans la gravure lorfque celui-ci remplit la Laye. Pareillement, fi Ton baiffe la première touche m, la Vergette inférieure p x baiffera auftî, fera un peu tourner le rouleau gd, qui eft à gauche, & la Vergette fopérieure V fera ouvrir là Soupape correlpon-dante e. Si Ton baiffe la fécondé touche de ce Clavier, qui eft une feinte , fa Vergette correfpondante fera baiffer le bras y , du premier rouleau y fi, qui eft à droite ; le bras y"baiffera de même, & la Soupape n du Sommier E s’ouvrira. On voit dans cette figure deux touches baiffées 0 / ; on Orgi/zs< F f
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- n’a qu’à fuivre leurs Vergettes & leurs rouleaux , on trouvera que la touche o fait ouvrir la Soupape F ; & la touche /, la Soupape G.
- 365. Tous les Abrèges ne fe font pas toujours en rouleaux de bois. On les conftruit en rouleaux de fer dans de très-petites Orgues, ou lorfqu’on n’a pas affez de place pour les faire en bois, ce qui peut arriver pour de grandes Orgues , dans certaines circonftances. Les rouleaux de fer fe font en fil de fer d’une grolTeur proportionnée à leur longueur ; ce qui peut aller depuis deux lignes de diamètre jufqu a 4 ou y ou 6 lignes. Il y a deux maniérés de les conftruire; félon la première on plie à l’équerre les deux bouts du fil de fer pour former les deux bras A & B , comme en la fig. 2 de la Planche XXXIX ; on les attache fur la Table d’Abrégé par les deux pitons C 8c D , faifant en forte qu’ils ne balottent point, 8c que pourtant ils foient bien libres. On voit féparément deux de ces pitons de fil de laiton I 8c K, qui font différents. La fécondé maniéré de conftruire ces rouleaux de fer , & qui eft certainement la meilleure, eft représentée -dans la Jïg. 3 de la même Planche XXXIX. On y voit les deux bras £ F, qui font rivés vers les extrémités du rouleau , lequel eft terminé à chaque bout en pivot G & H, foigneufement limé. On les attache à la Table d’Abrégé au moyen des Tourillons de cuivre M ( fig. 4 , PI. XLVI) ; on a foin de les faire petits , ou forts , à proportion de la grof-feur des rouleaux.
- 366. On difpofe les Abrégés de bien des maniérés, félon les arrangements différents de Jeux fur le Sommier. Lorfque les Abrégés doivent porter le mouvement des touches confidérablement loin, on divife les rouleaux en deux ou trois parties, ceft-à-dire, qu’un Abrégé en tire un autre. Ce qu’on eft obligé de faire, parce que des rouleaux fort longs fe déjetteroient & viendroient à fe toucher & froiffer les uns ^contre le*s autres. L’Abrégé qui eft repréfenté ici eft un des plus fimples , mais fuffi-fànt pour en faire entendre la fonélion 8c les effets. Je ne dirai rien ici de tout ce qu’il faut obferver pour l’exécution de cette machine, qui demande beaucoup de précaution & de foins. Cela regarde la fécondé Partie de cet Ouvrage.
- Abrégé des Pédales.
- 367. Les Abrégés pour le Clavier & les Sommiers de Pédale font faits autrement. Il y a des Faéleurs d’Orgues qui les conftruifent en rouleaux, ce qui eft fujet à de grands inconvénients. Ce Clavier doit communiquer fon mouvement ordinairement bien loin , parce que l’on place toujours les Sommiers de Pédales aux extrémités du grand Buffet de l’Orgue. Sans entrer préfentement dans les raifons qu’ont les Faéieurs intelligents de rejetter cette méthode, je ne décrirai que la meilleure, la plus ordinaire
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- Abrégé des Pédales, ïl^
- & la plus propre à porter le mouvement auftî loin que Ton voudra £ms inconvénient.
- 368. La figure 2 de la Planche XLV1 reprélente le tirage de deux touches feulement d'un Clavier de Pédale, pour le faire entendre fans confu* fion. J'ai mis ce mot (fig* 2), en trois endroits, pour faire voir que c’eft la même figure. 1, 1 eft un Clavier de Pédale. F Sc E le Sommier de Pédale divifé en deux parties que je fuppofe placées aux deux extrémités d'un Buffet d’Orgue, & fort éloignées du Clavier de Pédale. Voici comment fe fait le tirage. La touche 2 fait baiffer la Vergette y, qui fait tourner un peu réquerre 6 ; cette équerre a deux bras ou fers dé Abrégé ; à l’un eft accrochée la Vergette y; & la Vergette 6, 7 eft accrochée par le bout
- 6 à l'autre bras. Cette Vergette 6 , 7 eft accrochée par le bout
- 7 à un des bras de l'équerre 7,8, qui tire par fon autre bras la Vergette 9, 10 accrochée à un des bras de l’équerre 10; l’autre bras tire la Vergette 11 ; & celle-ci étant accrochée à un des bras du rouleau d’Abrégé 32 , l'autre bras de ce rouleau qui tient une Vergette tire la Soupape & la fait ouvrir. Ces équerres ont leurs deux bras à angles droits, excepté celles comme 10, qui font un angle aigu, afin que tous les tirages fe faffent à angles droits ; ce que j'expliquerai lorfqu'il s'agira de la conftruétion.
- 36p.» La Feinte 3 tire la Vergette 4, qui faifant tourner Péquerre 13 , tire horizontalement la Vergette 13 , 14; l’équerre 14 , iy, fait defcen-dre la Vergette iy , 16, Sc au moyen de l’équerre 16, 17, la Vergette 17 fait tourner le rouleau d'Abrégé 18, qui par fon autre bras ip, fait ouvrir la Soupape.
- 370. Il faut s'imaginer que la planche A contient autant d’équerres qu'il y a de touches au Clavier de Pédale. On y apperçoit les trous pour les placer. Les deux morceaux de bois 20 Sc 21 fervent à retenir une autre planche femblable à celle A ; Sc c'eft entre ces deux planches que toutes les équerres font retenues pouvant tourner librement fur leurs deux pivots. Cette piece ainfi montée s'appelle une double Echelle, parce qu'elle contient deux rangs d'équerres. Les quatre autres planches H 1 B C, s’appellent Echelles fimples, parce qu'elles contiennent un fimple rang d'équerres. On voit à celle H les deux morceaux de bois H 26, pour retenir une autre planche femblable ; ce qui maintient toutes les équerres ; il en eft de même des planches /, B Sc C.
- 371. La figure 3 de la Planche XLIV repréfente en perfpeétive , Sc plus ! en grand, une partie de la double échelle avec l'arrangement des équerres 8c de leurs Vergettes. Il faut s'imaginer que les bouts des marches du Clavier de Pédale font accrochés aux bouts des Vergettes a g b h c i l k e d f m. Si l'on baiffe, au moyen de la touche, la Vergette a, qui eft accrochée au bras horizontal de l'équerre n j celle A correlpondaqte,
- Planché XL VL
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- qui eft accrochée à Fautre bras vertical de la même équerre n , tirera de gauche à droite. Si cette Vergette A eft prolongée jufqu'à ne faire qu'une avec la Vergette t {fig. y ) de l’échelle fimple, on doit concevoir que la Vergette 2, fa correfpondante, qui eft accrochée à la même équerre p ? doit tirer en enbas. De même la Vergette bfifig. 3 ) qui eft accrochée au bras horizontal de Féquerre q , baillant, fera aller de gauche à droite celle B la correlpondante , qui eft accrochée à Fautre bras vertical de la même équerre q, 8c la même Vergette B étant prolongée jufqu’à 3 {fig. y); la Vergette 4 , fa correfpondante, tirera en enbas. Il en fera de même des autres Vergettes c le f, tandis que chacune baillera, leurs correfpondan-tes C D E F tireront de gauche à droite. Celles-ci fuppofées prolongées jufqu'à y , 7, 9 , { fig. y ), leurs correfpondantes 6 , 8,10, tireront en enbas. S'il y a encore un coude à palfer pour aller jufqu’à l'Abrégé du Sommier, on fe fer vira d'une autre échelle fimple , qui recevant le mou-vement de la précédente échelle fimple {fig. y ), le tranfmettra jufqu'à l'Abrégé ; ce qui eft repréfenté, comme nous l'avons vu, dans la fig. 2 de la Planche XLVI*
- 372. Il eft ordinaire de partager les leux de Pédale ? & d’en pofer la moitié d'un côté de l'Orgue & Fautre moitié de l'autre; c'eft-à-dire, qu'on fait deux Sommiers de Pédale pour pofer 8c partager ces Je^x. Gn a déjà pu remarquer en la fig. 3 de la Planche XLIV, que les Vergettes a b c l e f tirent & aboutilTent au Sommier de Pédale à gauche , & les autres g h i k d m tirent les Soupapes du Sommier pofé à droite. La Vergette g fait bailfer le bras horizontal de Féquerre r ; alors Fautre bras vertical de la'même équerre tire de droite à gauche la Vergette G. Celle-ci va aboutir à une échelle fimple , qui n'eft pas repréfentée, & qui eft de même que celle qu'on voit à gauche. Semblablement la Vergette h j fai-fant tourner Féquerre r de droite à gauche, la Vergette H fuit ce même mouvement. Il faut concevoir la même chofe des autres Vergettes l k d m , qui font cirer de droite à gauche les Vergettes correfpondantes IK
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- 373. La figure 6 repréfente en perfpeétive le morceau de bois marqué Q en la fig. 3. On y voit { fig. 6 ) le tenon R, par lequel il eft affem-blé, collé 8c chevillé fur là planche. Le bout S entre dans la fécondé planche , laquelle y eft arrêtée par une cheville quarrée ou clavette qu'on enfonce par deiTus cette fec'onde planche dans le trou quarré S. La hauteur ou diftance de R à T défigne l’efpace convenable entre les deux planches, qui eft de deux pouces ou environ. Chaque échelle a à chaque bout un morceau de bois fémblable. Du refte, on peut démonter aifé-ment cette fécondé planche , en ôtant les deux clavettes. La fig. 4 repréfente en p'erfpçéiive une équerre garnie de ces deux bra$ de fil de fer,
- &
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- Abrégé de Pédale ÔC du Pofitif t \<y
- Sc de fes deux pivots de fil de laiton ; elle eft de moitié grandeur naturelle.
- 374. Après le peu que fai dit de cette maniéré de eon-ftruire les tirages des Pédales , on conçoit qu'elle eft propre à communiquer le mouvement à telle diftance qu'on voudra, fans qu’il en réfulte aucun inconvénient j mais elle demande des foins Sc des précautions pour l'exécution ; c'eft ce que j'expliquerai dans la fécondé Partie de cet Ouvrage*
- Planché
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- Mouvements relatifs au Clavier du Pojîtif
- 37J. Le Clavier du Pofitif fait ouvrir les Soupapes de fon Sommier d'une façon différente , en ce qu'il foule 8c que les autres Claviers tirent. On voit en A fig. 6 de la Planche XLVI, une partie d'un Clavier de Pofitif. B eft une touche baiffée. C eft un bout du guide > qui eft , comme nous Pavons vu art. 3JI, une tringle ou réglé de bois percée d'autant de trous qu'il y a de touches.. CD eft un Pilote , dont le bout fupérieur C paîfê à travers le guide Sc foutient la touche, & le bout inférieur D eft garni d'une petite pointe de fil de laiton, par laquelle il eft arrêté dans un trou ^ fait au bout D de la Bafcule D E. Cette Bafcule eft une tringle de bois de cinq à fix lignes d'épailfeur fur environ 15 à 18 lignes de largeur. On augmente ou Ton diminue cette largeur félon que les Baïciiles font longues. Elle eft pofée vers fon milieu fur un Chevalet F9 au moyen d'une pointe de fil de fer fichée fur l’arête fupérieure du Chevalet ; laquelle pointe eft reçue dans uû trou fait vers le milieu de la Balcule ; de façon qu'elle peut fe bailfer librement & fe rehauffer par le bout Z),' Sc fe lever Sc baiffer par l’autre bout E. Le Chevalet eft une tringle de bois d'une longueur fuffilànte à pouvoir contenir fur fon dos toutes les Bafcules , & qui porte le même nombre dé pointes. Cfeft la Laye d'un Sommier de Pofitif. On voit afle£ que quand la touche B bailfe , le Pilote C D baille aufîî Sc fait bailfer le bout D de la Bafcule D E ; Sc qu’en même temps le bout E s'élève & fait lever la Soupape ; ce qui donne lé palfage au vent dans la gravure du Sommier. Ces Bafcules fe pofent def* fous le plancher qu on voit entre le grand Sc le petit Buffet, Sc fur lequel on place le fiege de l’Organifte. Leur enfemble a la forme d*un éventail ; c'eft-à*dire, qu'elles font alfez; ferrées entre elles par le bout qui eft du côté du Clavier Sc écartées du côté du Sommier. Il eft ordinaire de mettre quelques rouleaux d’Abrégé à ces mouvements, parce qu'il y a toujours des tuyaux tranlpofés fur le Sommier. J'expliquerai tout cela dans la fuite.
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- ri 8 FACTEUR D’ORGUES, I. Partie, Chap. VI. Secl. III.
- Planche " Les Tirants 9 les. Pilotes tournants ôC les Balanciers.
- 1 XL VI.
- 376. Après avoir expliqué la fonction des Claviers & comment ils font ouvrir les Soupapes , il s’agit de faire entendre l’effet des Tirants. Ce font des,bâtons ou tringles de bois, d’environ 10 lignes en quarré, dont les bouts extérieurs , garnis de pommettes, paroiffent aux deux côtés de la fenêtre du Clavier. Leur fonélion eft de faire ouvrir ou fermer les Jeux, en tirant ou enfonçant les Regiftres des Sommiers. Les Tirants communiquent leur mouvement aux Regiftres ; auffi appelle-t-on le plus fouvent les Tirants Amplement Regiftres. Quand l’Organifte veut toucher l’Orgue , il le propofe de faire jouer certains Jeux ; il en ouvre les Regiftres en tirant leurs Tirants ; & lorlqu’il a fini de toucher, il pouffe ou ferme ceux-ci , & il en ouvre d’autres félon fa volonté & les réglés de fon art. U y a des Tirants pour le grand Sommier ; il y en a pour les Pédales, pour l’Echo, pour le Récit y pour le Pofuif, 8cc. Je vais expliquer la me-chanique des uns 8c des autres, & faire remarquer ce que chacun a de particulier.
- Les Tirants relatifs au grand Sommier.
- Planche XL VII.
- 377. A B fig. I, (Planche XLVII) eft un Tirant qui paffe au travers de la planche percée N K. Il tient en B par un enfourchement, & eft arrêté par une pioche au bras C B du Pilote tournant de bois C D. Ce Tournant eft affujetti par fes deux pivots ou Tourillons a Se b, entre deux fortes traverfes, qui ne font pas repréfentées ici; ce Tournant a un autre bras D, ordinairement de moitié plus court que celui C B* Au bras D eft accroché un enfourchement D E par le bout D ; & l’autre E eft accroché au Balancier de fer EFG. Ce Balancier eft fufpendu fur 8c au travers d’une mortaife faite dans la planche F, qui eft folidement arrêtée entre les deux Sommiers I G H. Le bout fupérieur du Balancier eft terminé en maniéré de pivot ou Tourillon qui.entre dans Penfourchemenc adhérent aux deux Regiftres des deux Sommiers 18c G. Il faut imaginer qu’on tire le bout A du Tirant A B , qui faifimt tourner le Pilote tournant a b, fait aller l’enfourchement D E de gauche à droite. Le bout E du Balancier fuit le même mouvement ; fon bout fupérieur G va de droite à gauche , 8c entraîne le Regiftre également de droite à gauche.
- 378. C’eft ainfi qu’on place ordinairement les Balanciers entre deux Sommiers quand ils font divifés en quatre parties ; car s’ils ne le font qu’en deux, les Balanciers fo pofont, non entre les Sommiers, mais aux extrémités extérieures de l’un 8c de l’autre, moitié d’um côté , & moi-tié de l’autre. La fig. 2 repréfonte plus en grand un de ces Balanciers. On y voit en L fon Tourillon fur lequel il fe meut. Le bout M
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- Tirants, Tournants ÔC Balanciers. 119
- cft arrondi cylindriquement. Le bout inférieur O n'a qu'un peu plus i d'une ligne d'épaiflTeur, & efl: percé de deux ou trois trous , pour mettre la pioche à celui qui convient le mieux au mouvement. La fig. 6 efl: cette pioche , qui efl de fil de fer aflez gros, La fig. 8 fait voir comment le Balancier tient à fa planche , au moyen de fon Tourillon entaillé & arrêté par un cramponet à chaque bout, On voit en G la mortaife découverte pour faire entendre comment elle efl évafée en deflous pour lailFer mou-* voir librement le Balancier. On y apperçoit auffi l'entaille pour recevoir le Tourillon, auffi-bien que les deux petits trous dans lefquels on fiche les deux pointes du cramponet, pour empêcher que le Tourillon ne ferte de fa place. ' ,
- 379. On fe fert quelquefois d'un fort foliveau au lieu d'une planche pour pofer les Balanciers. La fig. 4 repréfente plus en grand un Pilote tournant en bois avec fes deux bras de fer & fes deux pivots. On voit dans la fig. 11 un de ces bras de fer, qui tient dans un enfourchement auquel il efl arrêté par une pioche. La fig. 13 repréfente un Tirant avec là pommette d'un bout & un enfourchement de l'autre; & la fig. 12 fait voir
- ' la pommette féparée de fon Tirant.
- Les Tirants relatifs aux Sommiers de Pédale.
- 380. La figure 3 repréfente comment on ouvre les Jeux des Pédales* Le mot fig. 3 efl répété trois fois en différents endroits, pour faire entendre que c'eft la même figure. P efl un morceau de Sommier de Pédale , & Q efl l'autre partie. Ces deux pièces de Sommier n'en font qu'un. Z T efl un Tirant qui pafle au travers de la planche percée Z J. Il efl accroché par le bout Y au bras X Y du Tournant X Ul qui porte un autre bras plus petit £7, lequel entre dans une mortaife faite dans la longue tringle V T. Cette tringle, qui a ordinairement un pouce en quarré ou davantage, efl aflez longue pour atteindre jufqu’aux, deux Sommiers de Pédale P & Q. C'eft-ià qu’elle efl accrochée de chaque bout aux bras V & T des Tournants ordinairement de fer V R 8c T S. Ces Tournants portent en leur partie fupérieure un autre bras qui efl coudé en en bas pour accrocher le bout du Regiftre du Sommier. Voyez la fig. 5 qui repréfente plus en grand ce Tournant de fer. La piece ( fig. 9 ) fe rive à chaud dans une mortaife en u { fig. y ) ; & l'autre piece ( fig. 10 ) fe rive aufli à chaud en t {fig. 5 ). Ce tournant {fig. $ ) a fon pivot lupé-rieur plus long que l'inférieur , pour l'ôter facilement de fa place en le rehauflant, lôrfqu'il efl néceflàire de le démonter.
- 381. Lorfqu'on tire le Tirant Z Y {fig. 3 ) accroché au bras XYdvi Pilote tournant X U, celui-ci tourne de gauche à droite, & par confér
- Planche
- XLVII»
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- Planche XL Vil.
- ï 20 FA CTEUR D’ORGUES, L Partie, Chap. VL Sec! 111.
- quent le petit bras fupérieur U fuivant ce mouvement , entraîne la Ion* gue tringle quarrée V T dans la même direction, qui fait tourner à gau*
- che le Pilote tournant V Ride à droite -l’autre Pilote tournant T S. Celui
- )
- V R enfonce le Regiftre de fon Sommier 5 & l’autre T S tire en dehors le Regiftre du fien dans le même temps; ce qui ouvre le même Jeu fur les deux Sommiers.
- 382. Pour cet effet, quand ôn met les repérés aux Regiftres, on doit prévoir s’ils doivent ouvrir les trous en tirant ou en pouffant, félon la difpofition des mouvements ; & on les pofe en forte que lorfqu’on tiré un Tirant, bn ouvré toujours le Jeu, & lorfqu’on le pouffe, on le ferme toujours. Il eft des Orgues ou l’on met deux Tirants , un de chaque côté du Clavier pour ouvrir le même Jeude Pédale } mais cela n’eft pas fi bien.
- Les Tirants relatifs au Sommier du Pojîtif
- 383. A l’égard des Jeux du Pofitif, on les Ouvré ou on les ferme par la même méchanique, mais difpofée un peu autrement. La fig, 7 la repréfente. A eft un Sommier de Pofitif. B eft fa Laye fermée. Si l’on tire le Tirant F E, on fera tourner à gauche le Pilote tournant E D, lequel tirant la tringle ou bâton quarré D C, fait tourner à gauche le Pilote tournant qui étant accroché au bout Effilant du Regiftre, le tire en dehors, & par ce moyen il ouvre le Jeu. Ce Tournant C, qui eft ordi* ftairemênt de fer, a fôn bras fupérieur en crochet , Comme celui de la
- .v_j
- fig. y. A l’égard des Tirants & mouvements pour l’Echo & pour le Récit, on les difpofe de plufieurs maniérés differentes, qui reviennent toujours à celles que j’ai décrites , étant les plus ordinaires.
- S e *c t i ô I, V.
- La Soufflerie SC les Porte-vents.
- 384. On nomme la Soufflerie de l’Orgue non feulement l’enlemblô d’un certain nombre de Soufflets pour fournir le vent néceflàire à l’Orgue, mais encore le lieu ou l’on place les Soufflets. Ce lieu doit être le plus près de l’Orgue qu’il eft poftible,& garanti des excès des températures de l’air, comme du froid exceffîf, des grandes chaleurs & de l’humidité, par des moyens que je pourrai indiquer dans la fuite. Il fuffira pour le préfent de décrire la conftruélion des Soufflets Sc de leurs gofiers , & en* fuite la Soufflerie toute montée.
- Les Soufflets.
- 385'. Les Soufflets des Orgues font différents des Soufflets ordinaires,1 tels qu’on les emploie dans les Forges des Serruriers & à quantité d’au-
- tres
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- ï 2 I
- Soufflets, Go fier s , SGc.
- très ulages ; ceux-ci ne feroient parler que très-imparfaitement les tuyaux d’Orgues. Il faut un vent plus vif Sc plus ferme. Ceux des Orgues font à plis de bois. La fig. i de la Planche XLV111 en repré fente un tout ouvert ôc dans la fituation où il doit être lorfqu’il donne du vent. A B eft la Table de delfus. H, la Table de deifous. G , les plis, au nombre de quatre plis /aillants, qui font cinq plis rentrants. Ils font faits de planches minces qui font liées enfembie par des bandes de peau blanche de Mouton, & collées avec de la colle-forte. D eft la queue du Soufflet où s’accroche le tirage pour lever la Table. C eft une pierre de taille que ron met fur la Table , pour rendre le vent alfez vif par cette preffion. E F font deux groffes barres de bois fixées fur la Table , pour alfujettir & arrêter la pierre. A eft une petite tringle de bois clouée fur le bord de la tête du Soufflet pour garantir la peau qu’on eft obligé d’y coller, if eft un morceau de gros foliveau, fur lequel on arrête le bout de la ^ Table de deifous. Q Q , le grand Porte-vent, garni de tous les Gofiers RR.
- 386. On voit dans la fig. 3 le deifous du même Soufflet tout fermé* H eft la Table de deifous. K K K font trois barres collées & clouées en travers fur la Table pour empêcher qu’elle ne s’envoile. I /, les deux ouvertures pour recevoir les deux Gofiers, que je décrirai bientôt. L eft une grande ouverture garnie d’un Chalîîs à quatre Soupapes, dont la fonétion eft de donner une libre entrée au vent dans le Soufflet Sc de l’y enfermer, en forte qu’il n’en peut fortir que par les ouvertures II.
- 387. La figure 4 repréfente plus en grand ce même Chalîîs, vu par delfus avec fes Soupapes. O O eft le bâti de ce Chalîîs, dans lequel il y'a un alfemblage qui forme une croix, avec quatre ouvertures, garnies & recouvertes des quatre Soupapes. V F, deux Soupapes fermées comme elles le font lorfque le Soufflet fouffîe. X, une Soupape entrouverte , comme elles le font lorfqu’on leve la Table fupérieure du Soufflet. P eft une des quatre ouvertures dont on a ôté la Soupape. M eft un morceau de bois qu’on fixe entre les Soupapes, pour empêcher qu’elles ne fe renver-fent. On le voit repréfenté féparément en la fig. 6, On apperçoit de grands trous fur les Soupapes. On les fait pour couper le fil du bois , lui ôter fà force Sc empêcher par-là que les Soupapes ne s’envoilent. Du. relie, ces trous font coniques, c’eft-à-dire , qu’ils font grands par le delfus Sc petits au deifous ; ils font recouverts Sc bouchés par la peau blanche qui double la Soupape.
- 388. La figure 5 eft un autre Chaffis O O, dans lequel il n’y a qu’un montant, ce qui ne forme que deux ouvertures avec deux Soupapes JY N. On y voit le morceau de bois M, qui ne lailîe ouvrir la Soupape qu autant qu’il le faut. La_/%\ 7 repréfente féparément & un peu plus en
- Orgues. H h
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- *
- Planche
- XLVIIL
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- Flanche
- XL VIII.
- 122 FACTEUR D’ORGUES, I. Part. Chap. VL S Al IV.
- grand une d.e ces Soupapes. Du relie, les Soufflets font foigneufement doublés en dedans en parchemin collé avec de la colle-forte , tant les plis que les Tables. La peau doit être double par-tout où l’on en met. Tout cela iè pratique ainfi pour qu'il fè perde moins de vent en bouchant tous les pores foit du bois foit de la peau. Je traiterai dans la fécondé Partie de la conftruétion des Soufflets avec toute l'étendue & le détail que cette portion de l'Orgue demande.
- Les Go fiers*
- 389. Les Gofiers ont été imaginés pour que les Soufflets ne puifient afpirer l'air que par les grandes Soupapes qui font pofées au delfous de leur Table inférieure. Il falloir empêcher qu'un Soufflet* qui donne actuellement fon vent dans le grand Porte-vent, ne pût le repomper quand on releve fa Table fupérieure, ni celui des autres Soufflets actuellement jouants. La Soupape des Gofiers fe fermant naturellement lorfque le Soufflet efl: tombé, l'air déjà contenu & comprimé dans le Porte-vent ne peut abfolument rentrer dans le Soufflet. Or, s’il n'y avoitpoint de Gofiers, lorfqu'on leve un Soufflet, pendant qu'un ou plufieurs autres foufflent, l'air qui efl comprimé dans le Porte-vent, rentreroit plutôt dans le Soufflet pour le remplir que l'air extérieur qui n'eft pas comprimé ; ainfi au lieu de fournir du vent tiré de l'air extérieur, il ne donneroit que celui qu'il auroit ôté de l'Orgue. G’efl pour éviter ce grand inconvénient qu'on a ingënieufement inventé les Gofiers.
- 390. La figure 2 de la Planche XLVII1 repréfente huit Gofiers RR, pour recevoir quatre Soufflets. Il n’y a dans cette figure qu'un Soufflet A H pofé en place fur deux Gofiers, en forte qu'il n’y a que fix Gofiers qui foient vifibles; les deux autres font prefque cachés par le Soufflet. La fig, 8 repréfente féparément & en perlpeélive un de ces Gofiers. a b efl: une feuillure pour pofer le Gofier fur le grand Porte-vent, d eft l'ouverture par ou le Soufflet dégorge fon vent dans le Gofier , & par-là dans le grand Porte-vent. On voit, par cette ouverture, la Soupape qui efl: en dedans & entrouverte, e f efl: un morceau de bois , folidement arrêté contre le Gofier. Cette partie fupérieure du Gofier, depuis e /’jufqu'en haut, entre dans le Soufflet, qui repole fur ce morceau de bois e fi
- . 391. La figure 9 efl: une coupe du Gofier, vu par le côté. K efl: l'inté-
- rieur du Gofier. m , le morceau de bois fur lequel le Soufflet porte. /, l'ouverture par où le vent entre dans le Gofier. On y apperçoit le profil de la Soupape , qui eft repréfentée fermée, n efl: le couvercle qui bouche exactement le deflus du Gofier , afin que le vent ne puifle entrer que par l'ouverture /. La fig. 10 repréfente la planche du devant du Gofier du côté du dedans. On y voit la Soupape g entr'ouverte, comme elle fe tient
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- Soufflets, Goflers, ôCe. 123
- lorfque le Soufflet fouffle. h eft le morceau de bois qui empêche que le Gofier n’enfonce trop dans le Soufflet. La fig. n repréfente féparément cette Soupape. On voit en o p la peau dont elle eft garnie , & qui fert comme de charnière pour l’attacher au haut du dedans du Gofier, au moyen de la petite tringle de bois (j%. 12).
- Planche
- xlviii.
- Soufflerie toute montée.
- 392. "Lû figure 1 repréfente une Soufflerie toute montée. AA A font les Soufflets fermés ou abattus. 2?, le grand Porte-vent. O O, fupports fur lefquels le Porte-vent eft pofé, pour qu’il ne touche point à terre. C eft le fécond Porte-vent qui reçoit le vent du premier B. U U, les pierres dont on charge les Soufflets. L , un Soufflet ouvert. D E, le grand Treteau pour porter les Bafcules des Soufflets. F G , Bafcules. FFF, fupports entre lefquels font fupportés les axes ou Tourillons des Bafcules. G GG9 les cordes avec plufieurs nœuds pour tirer & baffler les Bafcules. H H > les bandes de fer avec un trou à chaque bout pour les accrocher à la queue du Soufflet & au gros bout de la Bafcule au moyen d’un boulon de fer.
- 393. RPQ, Jumelles verticales pour conduire les Bafcules, afin que la maladreffe d'un Souffleur ne caufe aucun défordre à la machine. X, morceaux de bois mobiles fur leur bout fupérieur , qui fervent à accrocher & arrêter les Bafcules , pour tenir les Soufflets levés quand il le faut,
- 5 Ty P Iy deux foliveaux dont celui S T eft fuppofé arrêté au plancher,
- 8c l’autre P I eft fixé à terre. Ces deux foliveaux retiennent toutes les Jumelles au moyen de leurs affemblages à tenon & mortaife. K fl Bafcule abaiflee & arrêtée par le morceau de bois X, qui fe remet de lui-même dans la fituation verticale auffi-tôt qu’on baffle tant foitpeu la Bafcule 9 laquelle remonte fans aucun obftacle. La plupart des Faéleurs d’Orgues retranchent les guides des Bafcules des Soufflets, c’eft-à-dire, ces Jumelles
- /
- que je viens de décrire ; mais ce n’effi pas mieux.
- 394. La figure 3 de la Planche XLIX repréfente plus en grand une
- Bafcule avec fon Tourillon de fer A , que l’on voit féparément en la fig.
- 6 y & fur lequel elle fe meut. B eft fon enfourchement au gros bout^ pour recevoir la bande ,de fer ( fig. 7 ). La fig. 4 repréfente un morceau du grand treteau avec fes deux fupports , pour porter une Bafcule. On y voit la place du Tourillon. La fig. y eft un de c es fupports , auquel on voit diftinélement l’entaille pour placer le gros Tourillon de la Bafcule,1 & le grand tenon par lequel ce fupport eft alfemblé fur le treteau. La fig. 8 repréfente le morceau de planche de bois C qui fert à arrêter les Bafcules des Soufflets lorfqu’elles font abaiflees. D eft un boulon à tête large qui pafle librement dans le trou E de la planche C, 8c que l’on fiche
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- Planche
- XLVIH.
- Planche
- XLIX.
- »
- V24 FACTEUR D’ORGUES, I. Pan. Chap. VI. Secl. F.
- à force dans une des Jumelles , au derrière de laquelle on le rive, faifànc en forte Que ce morceau *de -bois fe tienne comme fiifoencu bien libre-ment.
- *3py. J ai déjà dit (390 ) que les Gofiers font aflemblés fur le grand Porte-vent Q Q(fg- 2, PLXLVIII^). Le Porte-vent S reçoit le vent de celui jÇ) Q. «De £ le vent pafle dans la boîte du Tremblant doux U T, dont j’expliquerai bientôt la méchanique. De cette boîte le vent fe diftribue au Pofitif par le Porte-vent /, & dans le grand Orgue par celui T K. On pofe ordinairement fur ce dernier Porte-vent le Tremblant fort /, dont «je donnerai incefîamment la defcription.
- ,3ç6. Tous les Fadeurs d’Orgues ne font pas & ne uiifpofent pas toujours les Gofiers comme je les ai repréfientés ; mais le principe en eft le même. Le plusordinairementon ne met qu’un feul Gofier à chaque Soufflet. Alors on le‘fait plus grand ; car il faut que fouverture de fa Soupape foit auffi grande que la*capacité du Porte-vent fur lequel il eft pofé# Il eft aifé de juger qu’une grande Soupape telle qu’il la faut, quand il *n’y a qu’un Gofier, eft plus ftujette à s’envoiler qu’une petite ; ainfi il paroît plus avantageux de fuivre la méthode de deux Gofiers dont les Soupapes font de moitié plus petites. D’ailleurs deux Gofiers foutiennent mieux les Soufflets , qui alorsm’ont pas befoin d’autres Supports.
- S £ c T I O , K V.
- Les deux Tremblants.
- )
- II y a dans f Orgue le,plus ordinairement deux Tremblants, l’un appelle le Tremblant doux, 8c l’autre nommé le Tremblant fort, que quelques-uns appellent le Tremblant a vent perdu, parce qu’il fe perd un peu de vent lorfqu’il joue. Je vais décrire d’abord le Tremblant doux.
- Le Tremblant doux•
- 397. Le Tremblant doux confifte en une Soupape garnie d’an poids attaché au bout d’un reflbrt, renfermée dans le grand Porte-vent, la* quelle étant comme fufpendue en oppofition au pailàge du vent, & fur-montée dans fon poids & fà réfiftance par celui-ci, nage , pour ainfi dire * fur fon cours, le modifie & lui communique une forte de balancement ou de libration qui fe tranfmet au fon des tuyaux. Ceci s’entendra mieux par une defcription détaillée.
- 398. Le Tremblant doux eft contenu dans une boîte, qui n’eft autre chofe qu’une augmentation de capacité du Porte-vent dans l’endroit où l’on veut le placer. La fîg. 21 de la Planche XLIX reprélente cette boîte en perfpeélive dont on a déchiré un côté pour en faire voir le dedans.
- B
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- I
- Tremblant doux SC fort. \2$
- elt l’ouverture par où le vent entre dans la boîte par le grand Porte- ; vent qui y aboutit. A eft une autre ouverture dans laquelle on affem-ble un autre Porte-vent, qui va au grand Sommier. D eft celle où s’emboîte le Porte-vent qui- va au Pofitif. C eft un Chaffis pofe un peu en pente fur lequel eft attachée la Soupape du Tremblant doux , garnie de fon reflbrt & de fon poids de plomb à fon extrémité inférieure. E eft un fer en façon d’une Faux , pour relever la Soupape lorfqu’on ne veut pas que le Tremblant doux joue. On comprendra mieux tout ceci par le détail de toutes les pièces.
- 399. La figure 9 repréfente le Chaffis F garni de là Soupape & de fon reffort G. Ce Chaffis eft dans fà fituation naturelle , comme s’il étoit dans fa boîte. La Soupape fe tient ainfi fermée , lorfqu’on veut que le Tremblant doux joue. Le vent , qui vient de la Soufflerie aux Sommiers , fait entr’ouvrir cette Soupape, qui nage, pour ainfi dire, furie vent, & lui communique le mouvement qu’elle prend elle-même au moyen de fon reffort.
- 400. La figure 10 repréfente ce Chaffis vu de face, garni en 1 de fes trois pitons de fer, pour retenir la Soupape. La fig. 11 repréfente un de ces pitons. La fig, 11 eft la Soupape garnie de fà peau, doublée en K , où l’on voit les trous pour l’attacher aux pitons du Chaffis. Lorfqu’on y a placé ainfi la Soupape, on mët par deffiis fa queue la petite planche mince ( fig, 13 ) que les pitons traverfent ; 8c on arrête le tout au moyen des coins ( fig, 14 ). En cet état la Soupape eft folidement attachée 8c comme fufpendue à fà place, 8c on peut l’ôter quand on veut ; ce qui eft quelquefois néceffaire. hz fig, 15 fait voir féparément le reflbrt garni de fon poids de plomb ; 8c la fig. 17 le repréfente féparé de fon poids W* Ce reffort eft un fil de fer d’une grofleur convenable pour produire le balancement tel qu’on le defire. Plus ce reflbrt eft gros ou court, plus fon mouvement eft accéléré ; par confequent plus il eft long ou mince, plus il eft lent dans fes vibrations. Ce reflbrt s’accroche ordinairement fur fa Soupape par quatre petits pitons ( fig. 16 ).
- 4°ï. Il y a des Faéteurs qui font dans l’ufàge de mettre à la Soupape du Tremblant doux un reflbrt fait d’une lame mince de laiton , comme celui L (fig. 18) où on le voit avec fon poids. On l’attache à la Soupape au moyen de deux petits crampons M de fil de fer. La fig. 19 repréfente le fer en façon de Faux , pour relever la Soupape du Tremblant doux, lorfqu’on ne veut pas qu’il joue. On y voit le petit boulon qui lui fert d’axs , comme on peut le remarquer en E (fig. 21 ) ; & afin que le vent ne s’échappe point par la mortaife E (fig. 21 ) on y met une bour-fette qui embraffe le fer & dont la bafe eft collée fur le bois E, & le fommet eft lié avec du fil autour du fer. La fig. 20 eft une planche un peu Orgues. Ii
- Planche
- XLIX.
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- Planche
- XLIX.
- 126 FACTEUR D’ORGUES, I.Part.Chap. VLSect. V.
- plus étroite d’un bout que de l’autre, & coupée un peu en chanfrein aux deux côtés. Elle fert à fermer la boîte du Tremblant doux ; on l’enfonce dans là place avec un marteau.
- Tremblant fort.
- Planche
- XL VI.
- \
- 402. Le 'Tremblant fort confifte en deux Soupapes pofées dans une fi-tuation réciproquement oppofée, qui, étant agitées par le vent, lui communiquent un mouvement de trépidation qui fe fait fentir dans le fon des
- - tuyaux. La fig. y de la Planche XLVI repréfente géométralement un morceau du grand Porte-vent, où eft appliqué le Tremblant fort. On a ôté une des quatre planches dont étoit conftruit ce Porte-vent, pour faire voir la méchanique intérieure du Tremblant fort. CD efl: le dedans du Porte-vent, & A B font les planches des côtés. G F E efl: le profil du Tremblant fort en la partie qui eft hors le Porte-vent. Il efl: compofé de plufieurs pièces. E efl: un morceau de bois coupé en pente , appellé le corps du Tremblant y dans lequel il y a une ouverture quarrée qui a environ y pouces de hauteur fur quatre de largeur. Cette ouverture efl: bouchée par la Soupape F en dehors, & par celle a en dedans. Celle -ci efl: contenue contre fon ouverture par le reffort b qui tient dans fa place au moyen d’un crampon de fil de fer e fiché dans le corps du Tremblant E ; Sc afin que ce reffort fe tienne toujours verticalement , fa partie fu-périeure D efl: entretenue entre deux guides ou pointes c. Les deux Soupapes peuvent être ôtées de leur place, y étant attachées chacune par une petite tringle G Sc d > arrêtée par deux ou trois clous garnis de cuir, afin de pouvoir les arracher aifément. Il eft des Faéteurs qui arrêtent ces Soupapes comme celle du Tremblant doux, ce qui eft mieux. Au bas de la Soupape intérieure a eft un petit piton e auquel eft accroché un reffort en tire-bourre C H fait de fil de laiton , dont la queue fort du Porte-vent en //. On colle une bourfette à l’entour du trou du Porte-vent par où elle pafle, afin que le vent ne s’échappe point par-là. Cette bourfette eft liée avec du fil ordinaire à l’entour du fil de laiton dont eft fait le reffort. On charge d’un morceau de plomb F la Soupape extérieure, laquelle tient à fi place, comme celle qui eft dans l’intérieur, de façon qu’on puifle l’ôter aifément,
- 403. La figure 7 repréfente en perfpective le Tremblant tout monté & prêt à être pofé fur le Porte-vent. 1 K eft le corps du Tremblant. M. iV, la Soupape extérieure, dont N eft le poids de plomb qu’on y attache. O eft la petite tringle fixée par trois clous garnis de cuir, par lef-quels la Soupape eft arrêtée. K L eft une feuillure. Cette partie du corps du Tremblant entre dans le Porte-vent & faffleure dans fon intérieur.
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- Tremblant doux SC fort. tzy
- P eft le reffort en tire-bourre, qui eft accroché à la foupape intérieure. Celle-ci ne paroît pas dans cette figure. La fig. 8 repréfente en perfpeéfive le même Tremblant vu du côté de la Soupape intérieure. Q R eft la partie qui entre dans le Porte-vent. On colle de la peau fur la furface de la feuillure ïf, qui s’applique fur l’extérieur du Porte-vent. S V eft la Soupape intérieure. S , le reffort qui la tient fermée lorfque le Trem* blant ne joue point; il fert auflî à retirer le reffort en tire-bourre lorf-qu’on le lâche. V7 les deux guides de fil de fer, pour contenir le reffort dans une fituation verticale. T, le crampon de fil de fer pour retenir par l’anneau de fon milieu le reffort S ; Sc par les côtés fe'rvir de guide à la Soupape. Z7, le reffort en tire-bourre. La^zg*. p repréfente féparément & en perfpeétive la Soupape extérieure de laquelle on a ôté le poids de plomb qu’on voit en la fig. ir. La Soupape ( fig. io ) eft l’intérieure garnie de fes deux guides dans le haut & de fon piton dans le bas. La fg. 12 eft le reffort en tire-bourre. La fig. 13 repréfente le crampon qui a un petit anneau au milieu, ôc dont les deux pointes fe fichent à force' dans les côtés du corps du Tremblant. La fig. 14 eft le reffort qui fait fermer la Soupape intérieure.
- 404. Quand on veut faire jouer le Tremblant fort, on tire,au moyen de fon Tirant, le reffort H C ( fig. y ) de droite à gauche , ce qui en-tr’ouvre la Soupape a. Le vent tend naturellement à la faire fermer,1 C eft-à-dire, à l’appliquer contre le corps du Tremblant. Cependant le reffort H C, que je fuppofe alors tendu, la fait entr’ouvrir , & le vent la fait fermer ; le redora & le vent cédant alternativement à leur force réciproque. Tandis que la Soupape intérieure frappe* contre le corps du Tremblant, elle repouffe, par le vent qui en fort, la Soupape extérieure G H, qui retombe & qui frappe à fon tour lorfque la Soupape intérieure fe ferme ; ce qui caufe le bruit & le mouvement qui fe fait affez entendre, Le poids de plomb F qu’on attache fur la Soupape extérieure, aide à ce mouvement. L’effet du Tremblant fort eft de fouetter ou agiter le vent. Quelques Organiftes s’imaginent que cette efpece de tremblement orne certaines pièces qu’ils touchent.
- Section VI.
- Defcription de Venfemble de toutes les Pièces , Machines SC Tuyaux dont VOrgue efl compofé.
- 405. J’ai fait connoître dans le détail, & chacune en particulier, toutes les pièces qui entrent dans la compofîtion de l’Orgue. Il eft à propos d’en faire voir Venfemble, c’eft-à-dire, comment on les place, & d’en expliquer la fonétion & la correfpondance. A cet effet j’ai fait repréfentejc
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- dans la Planche L la vue perfpeétive de tout l'intérieur d'un Orgue ordinaire de 16 pieds. Il a fallu le deffiner à deux points de vue pour en faire voir en même temps le corps d'en haut vu par deffus , & le corps d'en bas vu par deffous. Ce font proprement deux deffeins dont l'un eft ajouté au deffus de l'autre. A vouloir fuivre les réglés * il auroit fallu les donner féparément en deux Planches, puifqu'il ne doit jamais y avoir deux points de vue dans un même delfein. Cependant j'ai cru devoir rapprocher ces deux perlpeâives pour faire remarquer la correfpondance de tout ce qui eft au deffus des Sommiers, comme les tuyaux , 8cc. avec tout ce qui eft pofé par deffous les Sommiers , qui eft le méchanifme néceftàir© pour gouverner & faire jouer tout l'Inftrument. On a retranché toute la Menuiferie qui compofe le derrière du Buffet ; par conféquent tous les fupports & autres pièces qui y étoient attachées paroiffent en l'air. On a oté auffi les côtés des Tourelles , leurs planchers & ceux des Plates-faces, afin que rien n’empêche de voir tout l'intérieur de l’Orgue.
- Explication du Dejfein fupérieur de la Planche L.
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- Montre.
- 406. A 8c B font les côtés de la partie fupêrîeure du grand Buffet * qui font auffi* les côtés extérieurs des deux grandes Tourelles. E F G ÉL I font les cinq grandes Tourelles vues en dedans. K L M N O font les grands tuyaux de la Montre, qui rempliffent les Tourelles ; ils font Vus du dedans du Buffet. On y remarque les ouvertures qu'on leur fait par derrière vers le haut pour les mettre au ton. Les tuyaux de Montre n'ont de vraie hauteur que depuis leur bouche jufqu'à cette ouverture ; ce qui refte au deffus n'eft que pour l'ornement & pour remplir leur place.’ On iaiffe au bas de l'ouverture un morceau de la même lame du tuyau pour l'accorder en baillant' ou élevant cette lame > qu'on appelle Accor-doir. Les mêmes lettres K L M N O défignent auffi les Croisants qui affujettiffent les tuyaux des Tourelles, p t r q font les tuyaux de la Montre qui rempliffent les Plates-faces. Quoiqu'on ne voie point d'ouvertures aux tuyaux p 8c q, il faut leur en fuppofer. * On en remarquera deux à chaque tuyau des Plates-faces t 8c r. Il n’y a d’accordoir qu’au trou le plus bas} qui détermine la véritable longueur du tuyau.
- Grand Sommier.
- 407. Au dedans de ce Buffet eft placé le grand Sommier, divifé en quatre parties P Q R S 3 lequel eft folidement foutenu fur de fortes traverfes bien arrêtées fur le devant & le derrière du Buffet, comme nous le verrons art. 422.
- 408.
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- Defcrlption deVnfemble de l’EOrgue tout monte. 129
- 408. Au deflus des Sommiers , on voit les faux Sommiers X Y Z Æ, qui font arrêtés à chaque bout par des traverfes, foutenues par les fup-ports a a a a a a a a 3 ces faux Sommiers affujettiflent dans une fitua-tion verticale tous les tuyaux qui font pofés fur le Sommier.
- 409. On voit entre chaque Ÿommier un efpace T V U, qui forme une allée pour pouvoir pafler. On y voit les enfourchements qui lient les Regiftres correfpondants d’un Sommier à l’autre. On met une planche par deffus ces enfourchements pour les couvrir comme en £/, afin de pouvoir marcher par deflus. On a ôté les planches des allées T Sc V3 pour laiffer voir les enfourchements.
- 410. Il faut remarquer que puifque ces quatre parties du grand Sommier ne font qu’un feul Sommier * chacune de ces quatre parties ne contient qu’une portion de chaque Jeu. Ainfi une rangée de tuyaux, qui fait un Jeu , eft pofée fur les quatre parties du Sommier. La première rangée qui fe préfente X Y Z Æ, efl: la Voix Humaine. La partie du Sommier X en contient dix tuyaux ; celle Y en contient quatorze ; celle Z en contient encore quatorze , & celle Æ en contient dix ; ce qui fait en tout 48 tuyaux, qui, dans cet Orgue, font le nombre dont tous les Jeux fimples font compofés.
- 411. Le Regiftre qui ferme ou qui ouvre le vent, par exemple , à la Voix Humaine, fe tire ou fe repoufle en même temps aux quatre Sommiers ; parce que ces quatre Regiftres n’en font qu’un au moyen des trois enfourchements T V U qui les lient enfemble. Il en eft de même des autres Jeux & des autres Regiftres de ce grand Sommier.
- Les Jeux qui font fur le Grand Sopimier.
- 412. La fuite des nombres que l’on voit vis-à-vis de chaque tuyau de la Voix Humaine, défigne l’ordre & l’arrangement des tuyaux de chaque Jeu fur le Sommier. Le premier C fol ut qui répond à la première touche à gauche du Clavier, eft marqué 1 fur le Sommier Æ. Le fécond tuyau qui répond à la fécondé touche du Clavier D lare, eft pofé fur le Sommier X, Sc eft marqué 2. Le troifieme , qui répond à VE fi mi ^ , troifieme touche du Clavier, revient au Sommier Æ, Sc eft marqué 3. Le quatrième, qui répond à VE fi mi > quatrième touche du Clavier, eft pofé fur le Sommier X, & eft marqué 4. Et ainfi des autres alternativement d’un côté & <le l’autre fur les Sommiers X Sc Æ, jufqu’au vingtième inclufivement, qui répond au G re foin du Clavier. Le 21 qui répond au fécond A mi la du Clavier, eft pofé fur le milieu du Sommier Z. Le 22 eft pofé au milieu du Sommier Y. Le 23 revient au côté droit de 21 furie Sommier Z. Le 24 à.côté gauche de 22, fur le Sommier F. Le 2j à gauche de 21, fur le Sommier Z* Le 26 à droite de 22 fur le Sommier F; & ainfi des autres jufqu’à 48. On n’a
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- 130 FACTEUR D’ORGUES, L Partie, Chap. Vl.SeS. VI
- qu’à voir l’ordre des chiffres. Tous les autres Jeux fuivent le même arrangement fur ces quatre Sommiers , lequel, au moyen de l’Abrégé , revient de fuite à l’ordre du Clavier. On peut arranger les Jeux autrement. Chaque Faéteur les difpofe comme il lui plaît, fauf à compofer fon Abrégé en conféquence. Je ferai voir dans la leconde Partie quel eft l’arrangement le plus avantageux.
- 413. La réglé générale pour la difpofition des Jeux fur le Sommier, eft qu’il faut pofer le plus près de la montre ceux qui ont une partie de leurs tuyaux en montre, & enfuite ceux dont les tuyaux font les plus grands. On doit pofer , par exemple, plus près de la montre le Preftant, enfuite le petit Nafard , la Dou'blette après , &c. en forte que lorfqu’on eft placé vers le derrière de l’Orgue ou vers la Voix Humaine, on voie que les Jeux forment, par leur arrangement, comme un amphithéâtre , dont les plus grands Jeux font vers la montre, 3c les plus petits vers le derrière. Le Plein-Jeu, c’eft-à-dire, la Fourniture 3c la Cymbale, fe pofent toujours les derniers. Les Jeux d’Anche viennent enfuite. Ils fe trouvent toujours fur le derrière de l’Orgue, pour les pouvoir entretenir 3c accorder plus aifément. On( obferve aufîî, comme pour les autres Jeux, de placer les plus grands devant les plus petits. Toutes ces méthodes de difpofer les Jeux ne font que pour les voir 3c les entretenir plus commodément.
- 414. Il faut faire une exception dans la réglé générale dont je viens de parler. Elle n’a pas lieu lorfqu’il s’agit de pofer deux ou trois Jeux qui font à l’uniiTon , comme le 16 pieds ouvert avec le Bourdon de 16 pieds ; le 8 pieds ouvert avec le Bourdon de 4 pieds bouché j bien fouvent on met un troifieme 8 pieds, Sec. Il convient de féparer ces unifions ou de les éloigner un peu l’un de l’autre, en pofànt entre deux un autre Jeu, quoique plus petit. On doit le pratiquer ainfi pour éviter que les deux uniffons ne s’éteignent mutuellement, en forte que deux .Jeux parlants en-femble, ne font pas plus d’effet qu’un. Cet inconvénient n’a pas lieu pour les Jeux d’Anche.; on met les uniffons les uns auprès des autres lorfque c’eft le plus commode.
- 415. Le premier Jeu qui fe préfente fur le derrière de l’Orgue, au grand Sommier, eft la Voix Humaine, qui eft un Jeu d’Anche cylindrique. Voyez le Sommier Æ, ou les Jeux font les moins confus. Le fécond eft le Clairon, qui eft un Jeu d’Anche conique. Le troifieme eft le Cromor-ne, qui eft un Jeu d’Anche cylindrique. Le quatrième eft la Trompette, Jeu d’Anche conique. Le cinquième eft la Cymbale, Jeu à bouche com-pofé de quatre rangées de tuyaux. Le fixieme eft la Fourniture, Jeu à bouche compofé de cinq rangées de tuyaux. Le feptieme eft la Tierce , Jeu fimple, à bouche. Le huitième eft la quarce, Jeu fimple, à bouche. Le neuvième eft la Doublette , Jeu fimple, à bouche. Le dixième eft le Nafard , Jeu fimple, à bouche. Le onzième eft la groffe Tierce, Jeu fimple,
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- Defcriptîon de l'Enfemhle de VOrgue tout monté. 131
- à bouche* Le douzième eft lePreftant, Jeu fimple, à bouche. Le treizième eft le petit Bourdon, Jeu fimple , à bouche. Le quatorzième eft le 8 pieds ouvert, Jeu fimple, à bouche , dont les balles font en montre. Le quinzième eft le Bourdon de 16 pieds, Jeu fimple, à bouche, dont les bafles font poftées hors le Sommier ; ainfi il n’y en a aucun' tuyau fur les Sommiers Æ Sc X, qui font ceux des bafles; mais on en apperçoit les deffus fur les Sommiers Y Sc Z , tout près de la montre. Le feizieme Jeu eft le 16 pieds ouvert qui eft fimple & à bouche; il eft pofé en montre pour la plus grande partie. On en apperçoit un peu les delfus fur les Sommiers Y Sc Z près de la montre. Le dix-feptieme eft le grand Cornet, Jeu à bouche, compofé de J tuyaux fur marche. Voyez pour l'explication de tous les Jeux les art. r J8 jufqu'à 204.
- 416. Le grand Cornet n'eft jamais ou prefque jamais pofé fur fon vent au grand Sommier ; on le pojle fur des pièces gravées^ b Sc i, à une certaine élévation, afin qu'il n'embarrafle rien fur le grand Gommier. Ces pièces gravées confiftent en deux planches de 2 pouces ou environ d'épaifleur > qu’on grave, comme il eft expliqué art. 313, ou eft la defcriptîon de la maniéré de graver les Chapes du Sommier. Mais on fait les trous au double plus grands pour les pièces gravées du Cornet, & l'on y fait par deffus cinq trous au lieu de trois. On ne bouche point feutrée des trous faits au travers de l'épaifleur ; parce qu'ils fervent à donner le vent à chaque rangée de tuyaux par des conduits de plomb qu’on appelle Porte-vents, dont le bout inférieur eft collé dans le trou refpeétif de la Chape du Sommier, & le bout fupérieur eft collé dans le trou correfpondant fait au travers de l'é-paiffeur delà piece gravée. C'eft ainfi qu'on le pratique le plus ordinairement. On partage le grand Cornet fur deux pièces gravées pour en pofer la moitié fur 1' une, ôc l'autre moitié fur l'autre , le Cornet devant fuivre l’arrangement des autres Jeux. Du refte, on diftingue affez les Porte-vents quifour-niffent le vent au Cornet. On voit les pièces gravées, leur faux Sommier Sc les tuyaux.
- 417. Les bafles du Bourdon de 16 pieds o m à droite, Sc n l à gauche , font des tuyaux de bois pofés fur des pièces gravées Sc qui jouent au moyen des Porte-vents dé plomb qui leur fourniffent le vent par le Sommier; ce qui s’appelle par les Ouvriers des tuyaux pojiés. h du côté gauche & i à la droite, font la fuite de cette baffe du Bourdon de 16 pieds. Les deffus ne s’apperçoivent que bien confufément ; ils font en étoffe & pofés fur les Sommiers des deffus Q Y8c R Z. e 8c,c font les bafles en bois du Bourdon de 4 pieds, dont j’ai déjà indiqué les deffus fur les quatre Sommiers.
- 418. On a déjà pu remarquer que dans l'arrangement des Jeux fur le grand Sommier , defquels je viens défaire l'énumération, on n'a pas évité
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- 132 FACTEUR D'ORGUES, L Part. Chap. VI. SecI VI
- la proximité immédiate des unifions ; puifqu’on a pofé de fuite les deux 16 pieds, auflî-bien que les deux 8 pieds, la Quarte 8c la Doublette ; mais ce n’eft pas un exemple à fuivre, quoique celui qui a fait cet Orgue fût d’ailleurs un habile homme. De quelque fentiment que Ton foit à cet égard, on s’appercevra aifément qu’il n’y a aucun inconvénient à féparer les unifions.
- Sommier féparé pour le Récit.
- 419. Entre les deux pièces gravées du grand Cornet eft pofé le Sommier f g 8c les Jeux du Récit M au milieu de l’Orgue, contre la montre fur deux fupports. On n en peut voir que la Trompette de Récit ; le Cornet étant plus petit efl caché derrière la Trompette. Ce Sommier f g efl: repréfenté ayant fa Laye ouverte , dans laquelle on apperçoit les Soupapes , les Bourfettes , les Chaperons des ofiers, les elfes , les reflbrts 8c fon faux Sommier par deflus , qui aflujettit les tuyaux. On voit au deflbus de la Laye fon Abrégé 8c les Vergettes , dirigées en droiture jufqu’au Clavier du Récit, 8c paflant dans l’intervalle que lai fient entre eux les enfourchements des Regiftres des deux parties du grand Sommier Q Y 8c R Z. Le Porte-vent qui porte le vent à ce Sommier étant placé derrière les Vergettes, ne peut pas fe voir. Il prend le vent du gros morceau de Porte-vent qui communique le vent aux deux parties du milieu Q Y 8c R Z du grand Sommier. On a repréfenté les deux fortes tringles de fer verticales, qui paffent entre les enfourchements. Elles fervent à porter le mouvement des deux Tirants du Récit aux deux Regiftres , pour ouvrir 8c
- L fermer les deux Jeux du Récit. On apperçoit un peu vers leur bout fu-périeur un bras auquel eft accroché un enfourchement horizontal accroché au bout inférieur d’un Balancier. On voit cette méchanique à droite 8c à gauche pour les deux Jeux.
- Sommier SC Jeux de Pédale.
- 420. Aux deux extrémités du Buffet de l’Orgue à droite 8c à gauche 8c au même niveau du grand Sommier , font placées les deux parties du Sommier de Pédale 2 8c 3 , dont celui 2 à gauche a fa Laye ouverte, 8c
- - celui 3 à droite la fermée. On voit à tous les deux leur faux Sommier avec leurs fupports 8c les Jeux qui font pôles par deflus. Ces Sommiers prennent leur vent du bout de la Laye du grand Sommier par un Porte-vent quarré. Les Jeux font au nombre de quatre; lavoir, une Flûte de 8 pieds; une Flûte de 4 pieds ; une Trompette 8c un Clairon. La Pédale de Trompette eft marquée 4,4 à gauche, 8c y , y à droite. Ces tuyaux font coniques 8c commencent au G re fol du Ravalement en bas. On a retranché dans ce deflein les fupports qu’on ne manque jamais de mettre vers le haut de
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- Defcription de UE'nfèmble de VOrgue tout monté*
- ces grands tuyaux, pour ne rien offufquer. On en a fait de même pour les baffes de la Trompette pofée fur le grand Sommier. Ces fupports auroient fait un mauvais effet. La Pédale de Clairon eft marquée 6, 6 à gauche, & 7,7 à droite. C'eft un Jeu de même nature & formé que là Trompette, mais de moitié plus court; tous les deux font Jeux d’Anche*. Les deux autres Jeux font à bouche ; lavoir , la Flûte de 8 pieds dont les tuyaux font quarrés, en bois, & marqués 8 à gauche, & 9 à droite* ( Les deffus ne peuvent pas fe voir étant près de la montre ). L'autre eft la Pédale de Flûte de 4 pieds, qui ne paroît point. On voit que ces tuyaux de bois font pofés fur des pièces gravées, 8c que le vent leur eft porté par des Porte-vents qui prennent le vent de leur Chape du Sommier de Pédale. On apperçoit à chacun de ces deux Sommiers les quatre Regiftres quon tire 8c qu'on repouffe au moyen des Tournants de fer dont la méchanique paroît mieux au deffein inférieur»
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- Explication du Deffein inférieur de la même Planche L.
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- 421. Cette perfpeôftive repréfente le méchanifme ordinaire de l’Orgue > tel qu'on le voit quand on eft debout fur le plancher qui fupporte l’Orgue * yu par derrière, à cinq à fix pieds de diftance, vers le milieu. On remar* quera que ce deffein inférieur eft féparé du fupérieur par un blanc qui régné en travers la planche d'un bout à l'autre, 8c qu'il a été néceflaire d'y répéter la repréfentation des Sommiers, des enfourchements, de leurs Regiftres, &c. parce qu'effeélivement on voit le tout de même en deffous* quand on èft placé comme je viens de le dire. Durefte, toutes ces répétitions font placées exaélement vis-à-vis des mêmes pièces repréfentées dans le deffein fupérieur»
- Grand Sommier*
- 422. C 8c D font les deux côtés du Buffet vus en dedans. On volt Sabord le deffous des quatre parties du grand Sommier ( c'eft le mêm6 grand Sommier repréfenté dans le deffein fupérieur ) marquées 1,2, 3 & 4, qui paroiffent prefqu'en entier. Les enfourchements qui lient les Regif-tres d'un Sommier à l'autre, fe font affez remarquer dans les trois elpaces qui forment les trois allées, y, (5, 7, 8,9,10, ir 8c 12 font des foli-veaux qui portent les Sommiers, 8c qui, quoiqu'ils paroiffent en l'air dans cette partie à caufe du retranchement du derrière du Buffet, font fuppofes y être bien arrêtés. 13 & 14 font deux autres foliveaux ou groffes planches également bien arrêtées & placées deffous les allées du grand Sommier , ( 377,378 ) entre les parties r , 2 8c 3,4. Elles portent les Balanciers pour faire jouer les Regiftres. Ces Balanciers, qui ont leur centre dé
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- (
- "iwipwrn!;
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- mouvement dans des mortaifes faites au travers de ces grofles planches, entrent par leur bout fupérieur dans les enfourchements des Regiftres, & ils font accrochés par leur bout inférieur aux bâtons quarrés ou enfourchements placés horizontalement. Ceux-ci font accrochés par l’autre bout au bras fupérieur & court des grands Pilotes tournants, qui font verticalement pofés entre leurs fupports ou traverfes horizontales , dont les fupé-rieurs font marqués iy & 16, 8c les inférieurs 17 8c 18. Les Tirants des Regiftres qu’on voit aux deux côtés des Claviers, font accrochés aux bras inférieurs & longs des mêmes grands Tournants ( 379).
- 423. Parmi tous ces bâtons quarrés ou enfourchements horizontaux > qui font tous à-peu-près de la même longueur, on en remarque un de chaque côté au double plus long que les autres ; il fait tourner un Pilote tournant horizontal. Celui-ci , par fon autre bras , fait jouer un Balancier & par conféquent un Regiftre du grand Sommier. Comme il y a un Balancier de chaque côté qu’on n’a pas pu placer au rang des autres * à caufe que le morceau de gros Porte-vent qui porte le vent du Sommier 2 au Sommier 1, 8c du Sommier 3 à celui 4 , y étoit un obftacle , il a fallu tranfporter ces deux Balanciers l’un au bout extérieur du Sommier r, & l’autre au bout extérieur du Sommier 4. On fuit ordinairement cette méthode de pofer tous les Balanciers aux deux extrémités extérieures des Sommiers lorfque ceux-ci ne font divifés qu’en deux parties.
- 424. ip,20,21, 22, 23 , 24, 2y 8c 26 font lesLayes du grand Sommier, dont la première à gauche ip eft ouverte pour en faire voir les Soupapes, & toutes les autres font fermées ( 308). Xe Buffet de cet Orgue n’eft pas commode pour faire ouvrir les Layes en dehors par les friftss > comme on le pratique ordinairement. Il a donc fallu les faire ouvrir en dedans. On voit leurs fermetures qui confîftent en deux planches à chaque Laye, arrêtées au moyen de deux broches de fer & d’un coin de bois.
- 425. Les quatre parties du grand Sommier reçoivent le vent dans leurs Layes par le grand Porte-vent 28, 2p , 32, dont le bout fupérieur eft affembîé deffous la Laye 21, par laquelle il fe diftribue aux trois autres parties du Sommier, au moyen d’une communication qu’il y a d’une Laye à l’autre par de gros Porte-vents, qui ont pour longueur la diftance d’un Sommier à l’autre. La Soufflerie, qui eft placée derrière l’Orgue, donne le vent dans le Porte-vent 28, d’ou il entre dans la boîte du Tremblant doux 2p, à laquelle il eft affembîé ; delà il va dans le Sommier par le Porte-vent32 , comme je l’ai déjà dit, &auPofitif par celui marqué 30.
- Claviers 5 Abrégé, Tremblant doux•
- 426. 27 indique les quatre Claviers vus par derrière. Le premier > qui
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- Description de VEnfemble de VOrgue tout monté. 135
- eft placé deflous tous les autres, eft celui du Pofitif 5 le fécond eft relatif au grand Sommier ; le troifieme au Récit , & le quatrième à l'Echo. ( 34j & fuiv. ) Le fécond Clavier relatif au grand Sommier en tire & en ouvre les Soupapes au moyen de l'Abrégé 34, 35*, 37, 36 Sc 38. On apperçoit alfez diftinéiement les Vergettes fupérieures qui tirent les Soupapes, avec les rouleaux aux fers defquels elles font accrochées ; mais on ne peut voir que confufément les Vergettes inférieures qui font accrochées aux touches du fécond Clavier ( 363 , 364)» La dilpofition de cet Abrégé ne lauroit être apperçue, à caufe des pièces de l'Echo & des Vergettes du Récit qui y caufent de la confufion ; par conféquent on ne peut en examiner la conftruétion : en attendant que j'enfeigne dans la fécondé Partie différents arrangements d'Abrégé, on peut revoir la Jzg. 1 de h Planche XLVI, & Part. 363 & fuivants.
- 427. 3 r eft la fermeture du Tremblant doux ( 398 & fuiv. ). On voit au-deffus de la boîte le bout du fer, qui eft fait en façon d'une Faux pour relever la Soupape , autour duquel il y a une bourfette pour empêcher que le vent ne s'échappe par la mortaifo, au travers de laquelle ce fer palfe. On remarquera auftî le mouvement qui ne paroît qu'en partie ; le refte, qui va aboutir au Tirant placé à côté du Clavier, fe trouve caché. Les mouvements qui font jouer le Tremblant fort 33 , ne peuvent fe voir, étant cachés par les grands Pilotes tournants.
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- 428. Le troifieme Clavier, comme je l'ai déjà dit , fait jouer le Récit. On apperçoit fes Vergettes qui paflent au travers des enfourchements des Regiftres du grand Sommier, & font accrochées à l'Abrégé du Récit. Oi> voit aux deux côtés du Clavier deux barres de fer verticales , qui dans le bas portent chacune un bras auquel eft accroché le Tirant, qui fort au devant du côté du Clavier, comme les autres Tirants. Vers le haut de ces barres de fer eft rivé un autre bras plus court que celui d'en bas, auquel eft accroché horizontalement un enfourchement. Celui - ci, par fon autre bout,tient au bras inférieur d'une autre barre de fer, qui, partant au travers des intervalles entre les enfourchements des Regiftres du grand Sommier, va aboutir aux Balanciers du Sommier de Récit, comme nous l'avons remarqué art. 419. Il eft aifé de comprendre à la feule infpeélion de la figure comment ces mouvements jouent pour ouvrir & fermer les deux Regiftres du Récit.
- Echo.
- 429. 39,40, 41 eft l’Echo, qui joue par le quatrième Clavier. 39 indique les tuyaux de l’Echo qui compofent un Cornet de trois oétaves.
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- 136 FACTEUR D’ORGUES, L Partie, Chap. VL SeS. VL
- Comme ce Jeu eft enfermé dans le pied du Buffet de l'Orgue, on l'entend peu dans l’Eglife ; le fon en paroît fort éloigné. 40 eft le Sommier dont la Laye eft repréfentée ouverte. 41 déligne les Bafcules brifées ou doubles , vues par le bout qui tient aux ofiers des Soupapes. La figure * de la Planche LII repréfente ces Bafcules brifées. Les Vergettes 41 font accrochées par le bas aux touches du quatrième Clavier , Sc dans le haut aux bouts des Bafcules. Cette méthode de fe fervir des Bafcules doubles n’eft pas la meilleure. On eft pourtant obligé de s’en fervir à PEcho lorf-que la Laye de fon Sommier eft en deffous. Il eft mieux de conftruire ce Sommier la Laye en deffus, comme je fai dit art. 331. On donne le vent au Sommier de l’Echo par un Porte-vent dont un bout eft affemblé dans le grand Porte-vent, Sc l’autre dans le bout de fa Laye. Comme on ne met ordinairement qu’un Jeu dans l’Echo, il n’y a à fon Sommier ni Re~ giftres ni Chapes; les tuyaux font pofés immédiatement fur la Table qu’on fait en ce cas plus épaiffe qu’à l’ordinaire. Cependant , comme il eft quelques cas où il eft néceïïàire de fermer le vent à l’Echo * comme par exemple , s’il y furvenoit quelque cornement, on le fait au moyen d’une Soupape dans le Porte-vent particulier de l’Echo, placée dans un fens oppofé à la fituation de celle du Tremblant doux. Celle-ci eft pofée de façon que le vent tend à la faire ouvrir ; Sc celle de l’Echo étant mife dans un fens contraire, le vent tend à la faire .fermer. On y ajufte un fer recourbé pour la faire ouvrir au moyen d’un Tirant pofé à côté du Clavier, comme les autres , qu’on tire quand on veut donner le vent à l’Echo, ce qui fait relever la Soupape , & qu’on pouffe quand on veut la fermer ; ce qui laiffe tomber la Soupape que le vent pouffe contre fon Chaffis.
- 430. Lorfqu’une Soupape ne joint pas bien contre fes barres dans la Laye d’un Sommier, foit qu’il y ait quelque ordure qui la tienne entrouverte, ou par quelqu’autre eau fe, le vent entre alors dans la gravure, en plus grande ou plus petite quantité, félon la grandeur de l’ouverture de la Soupape. S’il y a quelque Regiftre ouvert, le tuyau parle continuellement, fans qu’on touche aucune touche du Clavier. Cet accident s’appelle Cornement, qu’on guérit en remédiant à ce qui tient la Soupape entrouverte. S’il y a quelque ordure à la Soupape, on l’ôte aifément au moyen de la Ratiffoire ( Planche XII ,fig% 104 ). ,
- 431. Le premier Clavier fait jouer le Pofîtif dans un corps féparé 8c pofé fur le devant du grand Buffet , comme nous le verrons dans la Planche LL On voit dans celle L, les Pilotes 27 & 42 , qu’on a mis en moindre nombre qu’il ne faut pour éviter la confuflon ( 37J ). Ils paflenc
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- Defcription de VEnfeinble de VOrgue tout monté. 137
- par leur bout fupérieur à travers leur guide deflbus le premier Clavier dont ils foutiennent les touches élevées, & portent par leur bout inférieur fur l’extrémité des Bafcules horizontales, qui vont deflbus la Laye du Sommier du Pofitif. (Voyez l’art. 375). On a retranché de cet endroit du deflein yy, yb, U Abrège foulant du Pofitif, qui auroit Couvert tout le mé-chanifine du tirage du Clavier de Pédale. Cet Abrégé retranché confifte , ( voyez PL XLIffig. Z ) , en fix rouleaux feulement, parce qu’il n’y a que fix marches des Jeux du Pofitif qui font tranlpofées, pour partager les baffes de tous les Jeux & en diftribuer une partie de chaque coté du Bulfet. On n’en a repréfenté que trois dans cette fig. 2 de la Planche XLII > pour qu’on les diftingue mieux. Pour le conftruire, on divife en deux pièces la longueur de chaque Pilote. La piece fupérieure a a une pointe fichée dans fon bas bout, qui eft reçue au deifus & dans le petit trou d’un des bras b du rouleau horizontal b c de l’Abrégé, tandis que l’extrémité d’en haut a tient dans le guide deflbus la touche. L’autre piece d e du Pilote porte une pointe à chaque bout, dont la fupérieure d eft enfilée au deflbus 8c dans le petit trou de l’autre bras c du même rouleau b c ; & l’inférieure e tient dans le trou du deflus de l’extrémité de la Bafcule e f II faut en dire de même des deux autres rouleaux du même Abrégé. On diftingue les autres Pilotes qui ne communiquent en rien à l’Abrégé. Du refte , on n’a repréfenté qu’un morceau du Clavier, qu'on a même tourné en devant pour rendre le tout plus fenfible.
- 432. 43,44 font' de grands Pilotes tournants pour ouvrir 8c fermer les Regiftres du Sommier du Pofitif. Les Tirants qui font aux deux côtés du Clavier , font accrochés au bras fupérieur & long des grands Pilotes tournants 43 8c 44. Ceux-ci portent vers leur bout inférieur 45 & 46, un autre bras plus court, auquel eft accroché un long bâton quarré, qui pafle par deflbus le plancher que l’on conftruit entre les deux Buffets, 8c va s’accrocher par l’autre bout au bras inférieur des petits Tournants qui font placés aux deux bouts du Sommier du Pofitif. Ces petits Tournants ont un autre bras vers leur extrémité fupérieure f qui eft accroché au Re-giftre. Voyez la fig. 7 delà Planche XLVII avec fon explication art. 383. On voit ( PL L ) un peu ces longs bâtons quarrés 4J 8c 46. Ces grands Pilotes tournants du Pofitif font aflujettis dans leur bout fupérieur aux fupports 17& 18 des grands Tournants du grand Sommier, & par leur bout inférieur fur deux planches arrêtées par terre. On voit aflez par la fig. 7 de la Planche XLVII, art. 3 83 , comment ces mouvements jouent , pour faire ouvrir ou fermer les Regiftres.
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- HH*
- Planche
- Orgues.
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- Planche
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- Pédales.
- 433. Les deux parties du Sommier de Pédale font marquées 47 & 48; Ces Sommiers font fupportés d’un bout par les traverfes 49 & yo. Le vent leur eft porté par les Porte-vents yr & y 2, qui le prennent eux-mêmes aux deux bouts des Layes du grand Sommier] 1 & 4. Au defl'ous de ces Porte-vents, on voit les deux autres traverfes qui portent l’autre bout des Sommiers de Pédale. A gauche, le Sommier eft repréfenté ouvert; on y voit les Soupapes, Sec. Sc celui à droite eft vu fermé.
- 434. Les bouts des marches <duClavier de Pédale paroiffent à 3*3 Sc yq; On y voit les Vergettes verticales qui y font accrochées par leur bout inférieur. Leur bout fupérieur eft accroché à un des deux bras des équerres de la double échelle yy, y6. D’autres Vergettes horizontales y(5, y8 Sc yj , y7, font accrochées d’un bout à l’autre bras des mêmes équerres de la même double échelle , & de l’autre bout elles tiennent à un des bras des fimples échelles y8 & y7. Des Vergettes verticales 61 > 62 Sc fp, 60 font accrochées par leur bout inférieur à l’autre bras de la fimple échelle 61 Sc yp, & du bout fupérieur à un des bras des fimples échelles 62 8c *60. Des Vergettes obliques 64, 66 Sc 63 , 6y font accrochées par leur bout inférieur à Pautre bras des fimples échelles 64 8c 63 ,* & par leur bout fupérieur à un des bras des rouleaux des Abrégés 66,68 Sc , 69. Les Vergettes, qui tiennent aux ofiersdes Sommiers de Pédale 48 Sc 47, font accrochées par leur bout inférieur à l’autre bras des rouleaux des Abrégés 68 Sc 6p. Pour entendre le Jeu de tout ceci, voyez \a figure 2 de la Planche XLVI, expliquée dans l’art. 368 Sc fuivants.
- 43y. J’ai déjà expliqué , art. 380,381 & 382, laméchanique du Jeu des Regiftres des Sommiers de Pédale, & j’y ai indiqué la fig. 3 de la Planche XL VII. En voici l’application. On voit d’abord ( PL L ) quatre Tournants de fer, 70 à droite & 71 à gauche , au bout de chacun des deux Sommiers de Pédale. Ils portent vers le haut un bras coudé qui accroche le Regiftre, Sc vers le bout inférieur ils ont un autre bras horizontal tout droit, à l’ordinaire , auquel eft accroché un bout d’une fort longue tringle quarrée qui va horizontalement jufqu’au Sommier pofé à l’autre extrémité de l’Orgue. L’autre bout de cette tringle eft accroché sa bras inférieur du Tournant correfpondant de l’autre Sommier de Pédale ; en forte que , par exemple , le Tournant 70 ne peut pas mouvoir que celui 71, que je fuppofè correfpondant, ne tourne aufli, puifqu’ils communiquent mutuellement, au moyen de ce long bâton quarré, dont on n’a repréfenté que les bouts 72 & 73 , accrochés aux bras inférieurs des Tournants de fer. Il faut s’imaginer qu’ils font tous les quatre de toute la longueur de 72 à 73. U a fallu , dans le deffein, les retrancher pour ne pas couvrir quantité de pièces
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- Vue de Vintérieur d'un Pojitif. ï39
- & de machines , quon n’auroic pas pu voir. On a de même fupprimé pour cette raifon les quatre grands Tournants de bois deftinés à faire agir ces longs bâtons quarrés. On les place fur le derrière du Buffet, prefqu’au milieu, du moins pas bien loin. Ils portent deux bras. L’inférieur tient le Tirant, qui pafle jufqu’en dehors aux côtés du Clavier, comme les autres Tirants, & le fupérieur eft accroché dans une mortaife faite vers le milieu de ces longs mouvements. Oh a déjà vu l’explication du Jeu de cette mé-chanique dans les articles ci-defliis cités 380 & fuivants.
- Vue de Vintérieur d'un Pojitif.
- 436. La Planche LI repréfente en perfpeélive l’intérieur d*un Pofitif ordinaire, dont on a ôté les portes de derrière les planchers des Tourelles Sc des Plates-faces, pour faire voir tout ce qui eff vifible du point de vue le plus commode que nous avons pu trouver. A 8c B font les côtés du Buffet qui fervent en même temps de côtés aux deux grandes Tourelles C 8c D. E, la Tourelle du milieu. F 8c G ,. les deux Plates - faces. H /, le dehors de la Laye du Sommier, où l’on voit la ferrure qui afîu-jettit toute la fermeture, compofée des deux planches H Sc L Les Baf-cules K L font pofées fur le Chevalet M N, 8c y tiennent au moyen des pointes fans tête qui font fichées fur l’arête fupérieure du Chevalet* Les Bafcules ont un trou vers le milieu de leur longueur, qui reçoit la pointe affez au large, moyennant quoi les Bafcules font arrêtées au Chevalet fur lequel elles peuvent mouvoir librement & fuffifamment. Elles font maintenues dans leur fituation en évantaii, au moyen d’un rateau qui eft caché deflous les Bourfettes du Sommier. Ce rateau eff une tringle de bois de toute la longueur du Sommier, fur laquelle on a fiché un nombre fuffifànt de pointes, pour recevoir le bout des Bafcules 8c les affujettir deflous chaque Bourfette. L’autre bout K L des Bafcules a un petit trou pour recevoir une pointe fichée dans le bout inférieur des Pilotes. Nous avons déjà dit, art. 431, que les bouts fupérieurs de ces mêmes Pilotes font pofés deflous les touches du Clavier du Pofitif, 8c y font aflujettis par une petite tringle qu’on appelle guide, arrêtée deflous le Clavier * 8c qui a autant de trous qu’il y a de touches. C’eft par ces trous que les Pilotes paflent ; ce qui les maintient dans leur fituation verticale, &c. Comme il y a fix marches de tuyaux tranfpofés fur la gauche du Sommier , il a été néceflaire de conftruire un Abrégé foulant de fix rouleaux. Voyez l’art. 431. Lèvent eft porté dans la Laye du Sommier par lé Porte-vent O P.
- 437. Q 8c i? font les longs bâtons quarrés, dont nous avons fait remarquer le commencement 4y 8c 46 dans le bas de la Planche L. Ceux-
- Planche
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- Planche
- LI,
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- I40 FACTEUR D’ORGUES, I. Partie, Chap. VI. Sed. VI
- gau*—ci ( PL LI) Q 8c R font les mêmes : ils vont aux côtés du Sommier, 8c
- Planche font accrochés au bras inférieur des petits Tournants, dont le bras fupé-
- » «j.I, »
- rieur coudé prend le Regiftre ; ce qui ne peut pas fe voir dans cette planche. Voyez la fig. 7 de la Planche XLVI1, avec fon explication art. 383. On diftingüe feulement ( PL LI') les traverfes ou fupports fupé-rieurs c 8c d, qui affujettiffent le Tourillon fupérieur des petits Tournants de fer.
- 438. Les Tourelles de la montre de ce Pofîtif n’ayant pas affez de hauteur pour pouvoir y placer le premier C fol ut du 8 pieds ouvert, auffi-bien que le D la re 8c VE fi mt9 , on les a poftés en dedans 8c en bois J 8c 'S, Les autres tuyaux de bois V 8c T font les baffes du Bourdon dont fix font tranfpofés 8c portés en T ; 8c fix autres font portés en PL Ils font tous bouchés , & leur fuite en bois a été placée derrière la Tourelle du milieu en Æ. Les tuyaux qui paroiffent immédiatement au deffous de Æ, font la fuite de la montre de 8 pieds , qui font fur leur vent * c’eft-à-dire, à leur place naturelle fiir le Sommier. Ceux qui viennent enfuite, qui font à cheminée, font la fuite du Bourdon. Les autres Jeux paroiffent après; lavoir, le Preftant, le Nafard, la Doublette, la Tierce, le Larigot, la Fourniture, la Cymbale. Le pénultième Jeu eft la Trompette U 8c X ; 8c le dernier Y 8c Z eft le Cromorne. a 8c b font les pièces gravées qui portent les baffes du Bourdon, aufîî-bien que les trois grands tuyaux de bois du 8 pieds ouvert. On voit les Porte - vents de plomb, qui leur portent le vent de leur Chape du Sommier. *
- Coupe d'un Orgue avec celle de fon Pojitif.
- Planche
- LU.
- 43p. La Planche LU repréfente en perfpeétive l’intérieur d’un Orgue qu’on auroit fcié de haut en bas, par le milieu , d’avant en arriéré 8c regardé par le côté. C’eft principalement le Jeu de tout ce qui regarde les Claviers que j’ai voulu faire entendre. 2 eft la moitié du Buffet du Pofitîf, dans lequel on voit beaucoup de tuyaux. 3 eft le grand Buffetg 4 eft l’Organifte en attitude jouant de l’Orgue, ayant fes doigts fur les Claviers 6, le pied gauche fur une touche 7 de Pédale, Ôc l’autre pied appuyé fur la barre de fer. Il eft afîis fur le banc 8. Le Souffleur eft marqué y, qui eft en attitude faifànt jouer U .Soufflerie p ; en baillant les Bafcules 10, 11, 12 des Soufflets 13, 14, iy. Le vent des Soufflets entre d’abord dans le Porte-vent 40, dont le bout eft ouvert, parce qu’il eft repréfenté fcié en cet endroit devant être beaucoup plus long pour pouvoir y placer plufïeurs autres Soufflets. De ce Porte-vent 40, le vent va dans la boîte du Tremblant doux 17, par le Porte-vent i<5. Du Tremblant doux, il fe diftribue 8c fe partage en deux endroits : il monte dans
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- Coupe êun Orguê. î^t
- la Laye du grand Sommier 19 , parle Porte-vent 18fSc fe rend en même temps dans celle 21 du Pofitif parle Porte-vent 20. La Laye du grand Sommier 19 fournit le vent au Sommier de Pédale 37, par un Porte-vent qu’on apperçoit allez,
- 4.4.0. On voit en 6 les quatre Claviers , coupés par le milieu d'avant en arriéré ; ce qui donne le moyen d’appercevoir un peu les principales pièces qui les compofent : les traverfes de derrière avec chacune là rainure , dans laquelle le bout des touches eft alTemblê 5 les traverfes qui fou tiennent les touches, quand on les bailfe ; les Demoifelies ; la tringle qui eft deifous le Clavier du Pofitif & qui fèrt de guide pour alfujettir les Pilotes ; le grand panneau qui eft au-devant des genoux de l'Organifte, pour empêcher qu'avec fes pieds il ne puilîe déranger le méchanifrne des Pédales*-Ce panneau eft repréfenté emboîté dans une rainure, c’eft une faute. Il faut qu'il foit dans une feuillure, parce qu'il doit être mobile.
- 441. Le Clavier de Pédale étant de même coupé , on y apperçoit les marches au bout defquelles les Vergettes font accrochées : la forte tra-verfe fur laquelle les marches appuyent quand on les b ai (Te : la traverse de devant avec fa rainure dans laquelle les marches 'tiennent : la Table au travers de laquelle les touches palfent & qui fe voyent en défais.
- 442. Au deifous du Clavier de Pédale ? on apperçoit les Bafcules horizontales 23 du Pofitif, & à leur bout poftérieur les Pilotes verticaux 24 y dont le bout fupérieur tient élevées les touches du Clavier du Pofitif, tandis que leur bout inférieur eft adhérent au deifus du bout des Baicu-les, qui font fupportées vers leur milieu par le Chevalet 25, Leur bout antérieur 27 va deifous le Sommier 21 , 26,28 , 27 du Pofitif, qui étant coupé , laiiTe voir l'intérieur de la Laye 2r, fa fermeture, le Chevalet qui alTujettit les reiforts : les Soupapes : les Pilotins 28 qui portent dans le fond de leur bourfette, fur le bout antérieur des Bafcules horizontales t les barres, dont on en voit une, 28, 26 du Sommier, On y apperçoit suffi les bouts de la Table, des Regiftres , des faux Regiftres, Chapes & faux Sommiers, avec une quantité de tuyaux : le plancher 30, 29 , 2r qui eft confirait entre le grand & le petit Buffet, pour couvrir les Bafcules & porter le Clavier de Pédale, &c;
- 443. Il faut remarquer les Vergettes 31, accrochées par leur bout inférieur aux Demoifelies, & par leur bout fupérieur à un des bras des rouleaux de l'Abrégé 32, defquels on voit le bout étant fêlés au milieu de leur longueur* On apperçoit les Soupapes dans la Laye du grand Sommier 19, au deifous de laquelle on voit les ofiers, auxquels font accrochées les autres Vergettes de l’Abrégé 32, dont le bout inférieur tient à l'autre bras des rouleaux. Le Sommier 19 eft garni de fes Regiftres , Chapes, faux Sommier, &c. avec une confufion de beaucoup de tuyaux 3-
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- 444. Les marches 7 du Clavier de Pédale > en baillant tirent les Vergettes 38, qui font mouvoir les équerres de la double échelle 33. Ce mouvement eft tranfmis aux équerres de la fimple échelle 34 , par les Vergettes accrochées à Tune Sc à l’autre ; & au moyen des autres Vergettes 39, la fimple échelle 35" tire les Vergettes obliques, qui font accrochées; à l'Abrégé 36, du Sommier de Pédale 37, dont les Soupapes s'ouvrent par tout ce tirage. On apperçoit dans la Laye de ce Sommier > qui eft ouverte 5 les Soupapes , les ofiers avec les Vergettes qui y font accrochées. Par deiïus le Sommier, on voit le faux Sommier avec quelques veftiges de tuyaux.
- 445. On remarquera enfin que la touche , qui paroît la première dans le Clavier du Pofitif, eft baiftee par le petit doigt de la main gauche de l’Organifte. Le Pilote 24, fur lequel la même touche appuie , eft de même baille, par conféquent la Baieule 23 , 27 correfpondante , qui fe trouve ici la plus vifible , l'eft auffi & élevée du côté du Sommier 27. Ce mouvement étant communiqué au Pilotin 28 , fait ouvrir la Soupape , comme on le voit. Le Tremblant fort 22 eft pofé fur le Porte-vent 18. On a retranché de cette Planche tout le méchanifme des mouvements des Re-giftres, pour rendre plus fenfible tout ce qui regarde le Jeu des Claviers Sc la communication des vents.
- Fin de la première Partie.
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- Corre&ions & Additions.
- a G e i, ligne 14, devant •, de grands : lifez devant. De grands.
- Ibidem , l. i$ , fourniflant: lifez, fourniiïent.
- Pag. 61 l. 3 <5 j forces : lifez , force.
- Pag. S , l. 9 , levierd ont : lifez , levier dont.
- Pag. 10, l. 36, ferrée : lifez, ferrée.
- Pag. zo y l. zo y trace-bouche : lifez, trace-bouches.
- Pag. z$ y l. zf > leur broche : lijez , leurs broches.
- Pag. 2.6 , l. xi y après , point de charnière ; ajoutez : Il arrive prefque toujours , qu’on eft obligé de refaire la première moitié du moule de plâtre, à caufe qu’il a été pre que im-poflïble d’y bien arranger les noyaux de bois, & qu’il a fallu ôter du plâtre en certains endroits & en remettre dans d’autres , pour enfoncer plus ou moins les noyaux, comme je l’ai déjà dit ci-deftus. Ainfi îorfque la fécondé moitié fera faite» on refera la première fur la fécondé, les noyaux y -étant & ayant mis de l’huile , &c.
- Pag. 17 y l. 13 , une très-grande Orgue : lifez, un très-grand Orgue. /
- Pag. 29 y l. 3 , bluir : lifez y bleuir.
- Pag. 33 , l. 40 , une : lifez , un.
- Pag. $6 y l. 4, une: lifez, un.
- Ibid. 1. 30, cole : lifez y colle.
- Ibid. I. 34, termin épar : lifez , terminé par.
- Pag. 40 , /. 35, foient : lifez y foir.
- Pag. 41 y L 16 y auquel: lifez y à laquelle.
- Pag. 78 y h 13 , trouvera : lifez, trouvera.
- Pag. 9s > l. 2.6 y du ; lifez , de.
- Pag. 97. I. 27, tranfponez le mot en avant le chiffre n , lifez , en 11.
- Pag. 116 , l. $ , enbas î lifez , en bas.
- Ibid. I. p , enbas : lifez , en bas.
- Pag, 12?,/. 1 , eft l’ouverture : lifez, B eft l’ouverture. Pag. 129, au titre de la page j Vnfemble de J’EOrgtte : lifer g l’Enfemble de l’Orgue*
- DE L’IMPRIMERIE DE L. F. DELATOUR. 17<56,
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- Facteur tlO ri] lier.
- Pl.XVi
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- Clavier de lorgne)
- Le grand Cornet, le) cornet de récit, le cornet d'Kcho, tCc. ne dif-t firent entre eux que par leur étendue et la • grosseur de leur taille , gue l'on proporti -orme a Info notion P gu'il? dowentfaire)-ils sont toujours —> dans les mêmes tons et les mêmes accords, comme, on le voit 101 .
- Ç ? rangée , dont le ê premier tu g eau a 3 pouces.
- B ? rangée , dont le ? premier tuzjeaxi a 4 pouces.
- erangée, dont le) premier tu g eau cl ô ' pouces.
- Ô^drarigee, dont le ) premier hggeccu a S pouces ,
- O -e rangée, dont le ) premier tip/eeui a ) 12 pouces,
- d f ratigée, dont le J premier tugeau cl) l(Ppouces
- «3 f rcuig ée , de> nt le ) premier bugecui cl) 24 pouce<r ,
- été rangée, dont le ) p rentier tggeau a 24 pouces •
- Première rangée, dont le premier tgy eau a 4 pieds .
- yérangée, dont le) premier tug eau a P pouces.
- f.e, 'ungée, dont le.) premier tug eau a 6 pouces.
- k) rein g ée , cto ut le p nctrxx. cn ly y cctix
- ef f r-atzg ce, t/ont ée premier tggeau a) iP pouces.
- 3frangée, dent le) premier tug eau a ) 24 pouces .
- ‘X ^.rangée, dont le) premier tug eau a) 32 pouces.
- Première rangée, do ru le premier tug eau a 4 pieds.
- J, a i t eg a t, a la )
- guérite de. la Doullet-te , où, a loctaoe du Hasard. xPpouces
- PlCJ^CP, a la tierce majeure de la Dcuti lette ig pouces.
- Doub lette , a loc taire du Près tant .ou , double octave du 8 pieds ouvert 2 pieds
- N as and, a la gum
- te du Près tant, où , a l octave du ^gros na-sard. 32 pouces
- Grosse Tierce, a
- la tierce majeure. ) du Près tan t . 30
- pouces .
- P res tant, a l
- du 8 pieds ouvert il y a un^jeu dans l'orgue> ju'en nomme impropre ment, PllltC, gui est a son unisson et les — Clairons de même 4 pieds .
- Gros Hasard, a
- la guuite du 8 pieds ouvert, ôif pouces.
- 8Pieds ouvert,
- l'octave du iPpieds . le 4 pieds louché est a o'on unisson de me me toutes les Trompetti Oromernes, Voue hiunai nés le V10loneel sonne 8 pieds, aussi bien que presque tous les Indru mens de musique ) -
- lô\Pieds ouvert, a
- l’octave du 3-2 pieds ou vert le Peur don de xté pieds, ou 8 pieds ticucfu est a son unisson, aussi bien que les bombardes
- ?)2 Pieds ouvert,
- ou Bourdon de 32 pi qui est îbPpieds bou -chc. c'est le g eu le ) plus bas de lorgue)>
- Claviei’ de l ’Otgue
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- L)lapason de la Onarte- De Nasard et des dessus des Bourdons Bouches.
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- cuis ce diapason dû 3 2 p ied
- o chip 1er cl boute*? le*? lonpueius et on
- et etires : on doublet a seuleni t les diametri
- cpuidrup lera toutes les longueur*
- 's aussi bien jppe toutes les circonférences
- . les diamètresj/ sont niarcj
- nés dans leupgrandeur.
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- ; mais les diamètres des tia/auæ g sant en entier
- le B giledr ouvert,' // faut e/b doubler tontes les longueurs et largeurs
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- bois composés de quatre planches egailes. Dans le Ho union, de- «5 2 pieds y an quadruplera, toutes les loiugueurs et on doublera les largeurs doublera toutes Ls longueurs les largeurs 1/ sorit entières, le Bourdon de quatre pieds est dans toute saprandeur . Vs
- • sjmil ÿ Qd 'sjmd gr 'sjmd T, £ op s-i/ojunoig svp uosudm(/
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- Taille .
- Taille et la menue.
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- (Diapason du Cornet de Me'cit
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- J)Laoiison de La Fourniture et de Ici Qy inhale, oîi
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- J7) ano ce J7////:wiw fi// 3 'L F/cfio, o/i c/j oc(u///crei /o///c,r /ec /j/c/j /yt/e/z/'s et o/j fiou/z/e/'/i 7oi/7eo Ic.r /\ /t/'z/eu/'o; D/j/zo /e /(> / ’/e fie, c/i /y/////t/~///>te/'// {o//tee les [lo/i/j//e///\i', les lut/'//c///\r a/ s ont ent/cres'. Da/io fc fiPic/Lr, on Joubtera tout es les Po/uyz/eu/'o; les Tuin/eurs y e'O/il /lâ/is leu/- e/it/c/\ Dons le -f. .Ptefis, les fio/z/jizc/z/'s et les /j z/r//e///\r ,ro//t e/itze/'es.
- ylK)l(f ^ JF ]J V JF ,(fi JF 'T'P JF J/})LF JF PJlvFJd yjF y.IO(l
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- Suitc dos longueurs diL Crornorne.
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- lajgeuj die bo-ut,mfe)'ieur des boites 2L°. 1.1 Lcuycur du bout, inférieur îles boites NI HA. Largeur' du bout, agferu’ur des boita N? 1. Largeur du bout hiferiew' des boites N° 2
- AA a.
- J\q, zSl.
- fuj. i Sq, ,
- k m 1
- o o .
- Diapason des laid] cnrs et autres mesures des Fj onibardea} Drornpeltes et Clairons ,
- /A 161.
- j u). 1S4
- JS- 20 O-
- lesbprl'inter tt/ipla bagtu’f
- fia . lOÔ .
- _ V- '
- 2noi/aaœ ro/uts da.3eNP
- Largeur Izl petit bout cleo hn/eatur, a boite de la Bombarde . N? 1.1. c, c % dt e\>,e.
- Largeur dn petit) bout des ha/eaucr a. boite de lu (o-ompette. NL 'Z.ag'&. Largeur du petit bout des buyeawr, a boite de la, Lrompeife .N°i. a, b \>tb, c, cm . l^argcur dit pclil bout ils /ui/oau.r l! boite Je lu tro/npetteN’ 2, Yi,tfe, p, J'ug.gx.a. Largeurs des petit' bouts Jes Im/eaiuv sais boite île ta trompette.^ g, bgbpsi J drj/p _ . NJ. ~\W v Laigeu/s des petits bouts des htyeMu.c sans boite de la b'ompeUe i‘2. \g, g %, a,t L LA . . J . 1 _ t? û - Largeurs des petits bolides tuyeaiursans boite de ta Uompelle 2o- hauteur des boites depuis f ut fa, fa gnedsjjùogula, Cf sot ut(t6 pzedsh)
- A A ifg
- Cf * O <v * t c- k ftr-f
- fuj. ici?) J'dx,df*>a>b'p>b>c>c-$, d,
- De
- I, argeu/s d’une Trompette de menue taille . bi Clairon y est compris.
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- hauteur des boites depuis CL. mi la. (S4-pouces)jiisqud C) sol ut($ pieds)
- hauteur des boites depuis C, sol ut (3 pieds) juseguYa. fut,falri pieds)
- Jlç. if?).
- Largeurs d’une TrompeMe de moyenne taille . le Clairon^y est compris . as
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- d, argents d ’une 1? ombarde, dtune Trorrpette et Clairon de grosse tailler
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- Il en/es cy a cote les largeurs ifs petits bouts de la trompette, celles des petits bouts des tiges du Haut-bois doivent etre les memes
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