Descriptions des arts et métiers
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- LART
- DU
- FACTEUR DORGUES
- Par D. Bedos de Celles, Bénédictin.
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- SECONDE PARTIE-
- M. D C C. L X X.
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- D U
- Par D. Fr ançois Bedos de Celles , Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, dans l’Abbaye de Saint Denys en France ; de VAcadémie Royale des Sciences de Bordeaux, 3C Correspondant de celle de Paris.
- SEC O N DF PARTIE-
- i
- Pratique de la Conjlruclion de l’Orgue.
- Pour devenir Faéteur d’Qrgues, il ne fufEt pas d avoir une connoiflànce 9 même parfaite, de l’Orgue ; il faut de plus être inftruit de tout le détail de la main-d'œuvre; c’eft ce qui va faire le fujet de cette féconde Partie , à laquelle j'ai fouvent renvoyé dans le cours dq la première , promettant d'y donner la defcription complette de toutes les opérations convenables & nécef-fàires à la fabrique de toutes les parties de ce grand infiniment. J'y ferai, en toute occafion, l’applicatipn des principes de méchanique enfeignés dans la première Partie. Cette fécondé peut être regardée comme la principale & la plus néceffaire ; puifqu'il s'y agit de la confira étiom de l’infirument entier. Je ne négligerai rien de tout ce qui pourra contribuer à fatisfaire là-defiùs les Amateurs, les Curieux, & ceux qui fe deftinent à devenir Faéteurs d’Orgues.' Voici donc mon plan, qui confifte en onze Chapitres.
- Le premier contiendra des avis a ceux qui veulent faire conftruire un Orgue , auffi bien qu’aux Architectes & aux Menuifiers, fur ce qui eft de leur com* pétence refpeélive par rapport à l’Orgue.
- Le fécond renfermera tout le détail néceiTaire à la conflruétion des Sommiers, avec leurs proportions. (
- Le troiiîeme, la/maniéré d’exécuter toutes les Pièces & Machines qui One relation aux Sommiers, comme les Tirants, les Pilotes tournants, les Balanciers, les Abrégés, les Claviers, Sic.
- Orgues. Il, Part, rA
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- 2 FA CTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. I.
- Le quatrième, la conftruélion de la Soufflerie & de tout ce qui en dépend.
- Le cinquième, la conftruélion des Tuyaux de bois.
- Le fixieme, la maniéré de fondre l'étain & le plomb, pour en faire des tables minces, propres à former les tuyaux.
- Le feptieme fera voir comment il faut faire les tuyaux de la Montre.
- Le huitième, comment il faut faire tous les autres tuyaux d'étain & de plomb.
- Le neuvième, la maniéré de pofer toutes les machines & les tuyaux de l’Orgue.
- Le dixième, la maniéré de faire parler les tuyaux, faire la Partition, couper les tuyaux en ton, & la maniéré d'accorder l'Orgue.
- Le onzième, la maniéré de relever ou réparer un Orgue.
- CHAPITRE PREMIER,
- Avis à ceux qui veulent faire conjlruire un Orgue , aujji bien quaux Architectes âC aux Menuifiers, fur ce qui eji de leur compétence refpeüiyc par rapport A VQrgnp.
- Lorsqu’on veut faire conftruire un Orgue, on eft dans l'ufage, lur-tout en certaines Villes, de s’adreller premièrement à un Architeéle, que l'on charge de conftruire la tribune, de donner le deiïèin de l'Orgue, d'en faire faire les Buffets & de les mettre en place. On appelle enluite un Faéteur d'Orgues, iqui, malgré un nombre d'inconvénients qu'il trouve dans un local déjà fait, & auxquels il n'eft plus poffible de remédier, du moins fans une dépenfe confidérable, eft obligé de conftruire l'inftrument le moins mal qu'il peut, félon la dilpofition & les dimensions qu'il a plu à l'Architeéle de donner au local & aux Buffets. Il arrive de4à un grand préjudice pour le Propriétaire ; parce que l'Orgue n'ayant pas pu être conftruit dans les réglés de l'Art, tout y fera gêné, à l'étroit, mal dilpofé , impoffible, ou au moins très-difficile à entretenir , liijet à de grands inconvénients , & par conféquent peu lolide. On remarque plulieurs exemples frappants de ce que je viens de dire dans Paris & ailleurs. Je connois plufîeurs Eglifes, que le relpeél que je leur dois ne me permet pas de nommer, qui ont eu le malheur de tomber dans cette imprudence. Un Architeéle peut être fort habile dans Ion Art, fans entendre, comme c'eft l'ordinaire , celui du Faéleur d'Orgues. Il n’y a pas lieu d'être autant furpris de ce qu'il dilpofera mal un local & un Buffet, que de ce qu'il veut bien fe charger d'une pareille entreprile , fans douter au moins s'il ne pourra pas y faire des fautes. Mais lorlqu'il le. concertera avec le Faéleur d'Orgues, il n’aura pas à rilquer d'occafîonner des obftacles à la bonne dilpofi-tion & à la folidité de l'inftrument. Je donnerai donc quelques avis aux
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- Sect. I. Avis aux Entrepreneurs cTun Orgue. 3
- Entrepreneurs d’un Orgue, & quelques autres en particulier au Menuifier ; ce qui fera le fujet des deux ferions fuivantes.
- Section première.
- Avis aux Entrepreneurs <Tun Orgue.
- 1
- 446. La première choie qu’il convient de faire lorfqu’on veut faire conflruire un Orgue, eft d’appeller d’abord le Facteur , qui doit examiner le local où l’on veut le placer. Après être convenu avec lui de la qualité de l’Orgue, félon la grandeur de l’Eglifè , la difpofition du lieu , & la dépenfe qu’on veut y faire ; il en dreflera le devis , & donnera les principales mefùres, tant du local que des Buffets, en le concertant avec l’Architecte. Celui-ci fera fon devis pour tout ce qui eft de là compétence ; il donnera les defïeins & les plans tant de la tribune que des Buffets, & fera conftruire l’un & l’autre s’il en eft chargé , le tout félon les mefures dont on fera convenu.
- 447. Une tribune d’Orgue eft toujours plus convenable en pierre qu’en bois.
- Si on la fait en bois, elle doit être conftruite de maniéré qu’elle ne puilîe faire aucun mouvement; il ne fuffit pas JToU^nr^ force pour porter f Orgueil faut de
- plus, quelle loit ablolument inébranlable ; cela eft efîentiel ; ceux qui conftruifènt une pareille tribune avec des poutres, quelque fortes quelles foient, quitraver-fent toute la largeur de l’Eglife , fans aucun appui intermédiaire & portant de fond, ne peuvent jamais réuffir à la rendre telle ; elle fera toujours quelque mouvement : il faut néceffairement des appuis par-deflous, foit colonnes , ou tambour, &c , afin qu elle ne foit fufceptible d’aucun ébranlement. Le moindre mouvement eft toujours fi préjudiciable à l’Orgue, qu’il en eft bien-tôt dégradé dans toutes fes parties, principalement les tuyaux, qui alors ne peuvent durer long-temps. Sur ces poutres ainfi appuyées , on aftemblera de gros fbliveaux , 8cc ; on peut couvrir & décorer le tout, y donner de l’élégance , par un bel ordre d’Architecture, avec architraves , corniches, plafonds , &c.
- 448. Si l’Architecte doit faire une voûte, il doit fpécifier dans fbn devis, quelle fera fà hauteur du raiz de chauffée ; fa largeur, fa profondeur ; fi elle fera cintrée fur fon plan en dehors ou en dedans, & de combien de pieds ; de quelle qualité de pierre il doit fe feryir ; quel genre d’Architecture & de décoration il entend y employer, &c.
- Le devis du Facteur doit contenir le détail de toute la compofition de l’Orgue projetté ; s’il fera un 16 pieds ou un 8 pieds en Montre, à combien de Claviers , & quelle fera leur étendue : quels Jeux joueront fur chaque Clavier: fi les Jeux feront de groffe ou menue taille , & quelle fera la matière de chacun ; de quelle efpèce de bois il conftruira les tuyaux de bois & les Sommiers; S il doit y avoir un Pofitif féparé, quelle fera fa Montre & fes Jeux ; s’il y aura
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- ‘ 4 FACTEUR D’ORGUES, Il Part. Chap. I.
- Planches 77 6c 78.
- 7,9 6c 80.
- des Pédales féparées, combien & quels Jeux il y aura, auffi bien que leur matière & leur étendue ; il marquera combien il y aura de Soufflets, l’elpèce de bois & leur grandeur, &c. Si le Faéteur fait l’entreprife des Buffets , il entrera en Ion devis , dans le détail de leurs principales dimensions pour la hauteur , la largeur & la profondeur, auffi bien que la qualité du bois, le genre d’ornements & de décoration, &c. On trouvera dans la troifiéme Partie de cet Ouvrage desmodeles de devis, &c, foit pour l’Àrchiteéle, le Fadeur, foit pour le Menuifier.
- 449. S’il y a quelque rofè ou quelque croifée derrière l’Orgue, qu’on veuille ménager, à caufe que le jour qu’elle donne eft nëceiîàire, on pourra faire le deffein du Buffet de l’Orgue en telle forte que les croifées faffent leur fonétion également. Je donne un exemple d’un pareil Buffet à la fin de Cet Ouvrage , PL 77 > & 78- Si l’on defire d’avoir un Orgue fans qu’aucun tuyau paroiffe en Montre , j’en donne encore une idée PL 79 & 8ù.
- 450. On évitera toujours de faire un bombement fiir le plan au milieu du
- devant du grand Buffet de l’Orgue ; parce qu’il obligeroit nécefîàirement à éloigner du devant du Buffet le grand Sommier qui ne peut aller qu’en ligne droite. Il s enluivroit qu il laudroit erilbii^cx ayant- dans le Buffet les Claviers
- pour aller chercher l’aplomb du Sommier ; ou bien fi l’on voulôit mettre les Claviers à l’ordinaire, on feroirnéceffité de multiplier les machines pour Suppléer au défaut de la plomb. L’un & l’autre feroit un grand inconvénient qu’il faut toujours éviter,
- Section seconde.
- Avis particuliers au Menuijier au fujet d'un Buffet d’Orgue.
- On peut avoir des Orgues à faire dans certains petits lieux , où les Mênuifiers dont on eft obligé de fe fervir, quoique bien fou vent intelligents & adroits dans leur métier, n’ont pas toujours des connoiflânces fuffifimtes pour la conftruétion d’un Buffet d’Orgue. C’eft un cas fort commun dans les Provinces. Plufieurs Faéleurs d’Orgues peuvent être fort habiles dans leur art , fans avoir le talent de diriger le Menuifîer dans cette efpéce de travail. Ces raifons m’ont déterminé à expliquer ici ce qui pourroit embarraffer ceux qui ne font pas experts dans ce genre. Je donnerai en même-tems les melures ou les proportions des Tourelles de toutes les grandeurs ufitées ; ce qui pourra être utile à tous ceux qui font chargés de faire des deffeins d’Orgue.
- _ 4^1. La première figure de la Pl. 53 , rèprélènte géométralement la moitié
- Planche d’un bâti d’un Buffet d’Orgue. A, B , C, D , E,font les principaux mon-tants du majjif ou pied du Buffet. Us doivent avoir une épaiffeur & une largeur proportionnées à la grandeur du Buffet, fur tout le battant A , qui doit être quarré. Tous ces montants Ibutiennent une forte traverfe F G9 fur laquelle
- on
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- Secl. L Principaux affemblages d*un Buffet d’Orgue. Ï47 on applique l'architrave du maflîf. A fix ou huit pouces de cette traverfe F G, on en met une autre un peu plus large//"/, qui eft foutenue par de petits montants K, L, M9 N, O. On applique, fur le devant de cette fécondé traverfe,une autre moulure, qui fert comme de corniche au maflîf,ou de bafe au corps d’en haut, où font les Tourelles , les Plattes-faces, &c. La confole A P , dans là partie inférieure A , eft aflemblée contre le battant A Q par la clef A, & dans fà partie fùpérieure P , au-deflous du bout de la traverfe F G. L’ef* pace AQF P compris entre le battant A Q 8c la confole A Py eft rempli par un panneau arrafé. On aflemble encore d’autres traverfes aybycydycy au-deflous de la grande traverfe F G , pour fervir de champ au-deiîous de l’architrave. On fait ordinairement les traverfes QB , CD , cintrées & ornées. Celles f 8c g font pofées pour repréfenter une partie de lambris à hauteur d’appui.
- R S eft un montant au milieu du Buffet, dont le bout inférieur S eft aflemblé fur la traverfe TE, 8c le bout fupérieur porte des mortaifes pour recevoir les tenons des traverfes HI 8c FG. TV eft la fenêtre du Clavier, qui a 3 pieds de hauteur 8c 3 pieds & demi de largeur. Si le Buffet de l’Orgue eft petit, on peut retrancher de la hauteur de la fenêtre du Clavier, par exemple, fix pouces , ou même un pied s’il eft néceüaire ; parce quon a befoin d’un certain ef-pace pour l’Abrégé, qu’on pofe au-dedans du Buffet entre le deflous du Sommier & la traverfe TE du deflus de la fenêtre du Clavier. UV dk une autre traverfe fur laquelle on pofe les Claviers. Elle eft ordinairement élevée au deflus du raiz de chauffée de 3 pieds. On n’en met point en cet endroit au bas du Buffet ; elle embarrafleroit pour pofer les machines qui doivent faire jouer le Pofitif & les Pédales.
- 452. On décore tout ce corps d’en bas ou maflîf de cadres à l’entour des panneaux ; on aflemble ces cadres en embrevement. On voit, fig, 2 , en quoi cela confifte. a, eft partie d’un montant qui porte une rainure, dans laquelle la languette b du cadre bcgd eft aflemblée. Ce cadre a aufîi une rainure c , pour recevoir le panneau ef9 dont on ne voit qu’une partie. On fait ces cadres d’une grofleur proportionnée à la grandeur du bâti, & à la diftance d’où il doit être vu. Chaque Menuifier donne aux moulures le profil qu’il juge à propos. Les panneaux h 8c l (fig. 1 ) , doivent être entourés d’un cadre à moulures moins riches 8c fort différentes des autres. Celui B X y doit re-préfenter un pilaftre, par conféquent les moulures en doivent être particulières. Les panneaux k 8c /, doivent être arrafés.
- Les moulures qui recouvrent la grande traverfe HYIJ, & celle F, Z, G Æ, forment aux endroits où font marquées ces lettres, un demi-rond faillant, repréfenté en perfpeélive en la fig. 4, & géométralement en la fig. 3. Ces demi-ronds doivent être aflemblés à ces traverfes par des clefs collées 8c chevillées dans ces demi-ronds mêmes 8c inférées bien jufte dans les mortaifes H,
- Y, /, / ,8c F, Z, <?,Æ, enforte que ces clefs qui ne doivent avoir aucune Orgues. //, Partie. P p
- Planche
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- ï48 FACTEUR D9ORGUES IL Partie, Chap. I.
- faillie au-dedans du Buffet, foient bien chevillées aux grandes traverfes par Planche Jeux chevilles à chaque clef.
- ^ 4T3* L’elpace compris entre la corniche H Y J J 9 & l’architrave FZGÆ,
- doit être ouvert , c’eft-à-dire, quon le ferme par des planches mobiles ; c’eft ce quon appelle la frife. Les parties en demiTrond {aillant, qui forment le pied des Tourelles, fe ferment par des efpéces de cerceaux 9fig. y, ou fig. 6, faits de trois pièces, affemblées comme l’on voit en a & b, fig. 5 ; & afin que ces deux parties {aillantes en demi-rond de la corniche & de l’architrave, foutien-nent mieux la charge quelles doivent porter, on y met entre deux un petit montant de fer, fig. 7, dont la place eft marquée en c , fig. ÿ : on le fait tenir dans un trou au-defîous de la corniche, & dans un autre au-deffos de l’architrave. On apperçoit ce montant de fer à la figure 3 , dans la frife. On ne le voit point en la figure 4, parce que la frife en cerceau efl: repréfentée en place , & le cache.
- 4^4. Il faut remarquer que ces demi-ronds, qui forment les pieds des Tourelles , font plus {aillants qu’un demi-cercle, comme on peut le voir en d > fig. 5 , qui efl le centre de ce demi-cercle. J’appelle ce forplus du demi-cercle un renflement, qui doit être plus ou moins grand félon la grofièur des Tourelles ; c’eft pour leur donner plus de grâce. J’en donnerai bien-tôt la mefore.
- 4^. Les montants des Tourelles font marqués k, t, m, n , o, p. Ils font repréfentés coupés vers le bas, la planche n’ayant pas aflez' de hauteur pour leur donner les proportions convenables. Leur bout inférieur efl affemblé à tenon dans les mortaifes faites ’au-deflus de la traverfe H Y IJ. La Tourelle op 9 efl terminée par un entablement, dont on voit le profil en r fi9 & le plan géo-métral en la figure 8.
- 455. La fig. 9. repréfente en perlpeélive la partie {aillante en demi-rond de cet entablement , à laquelle tiennent les deux retours qui font de la même piece, comme on le pratique ordinairement. On confirait cet entablement en entier, & on le pofe tout affemblé comme en une piece for la Tourelle, où il s’emboîte par des tenons qu’on voit au bout en r de q, fig. 1 ; on attache toutes les moulures de la corniche de l’entablement aux côtés du bâti, comme on peut le remarquer à ce plan, fig. 8, où l’on voit des mortaifes aux traverfes des côtés : elles doivent recevoir des clefs qu’on fixe audeffos des traverfes du bâti de la Tourelle ; car il faut obferver que la partie de la Tourelle , qui excède la Platte-face , comme de 0 en r 9 fig. 1, efl toute fermée for les côtés & derrière par des montants, des traverfes & des panneaux. Ce que je viens de dire d’une Tourelle, doit s’entendre de toutes les autres.
- 457. Les traverfes tm & no, qui s’àflèmblent à tenons & mortaifes for les montants des Tourelles, font-recouvertes par des ornements ; on leur donne la pente que ces ornements exigent, pour quelles ne paroiffent point du tout. On ne peut la donner comme il faut, que lorfque les ornements font défîmes.
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- Seci. Il- Principaux affemblages d’un Buffet d’Orgue. 145?
- 4j8. Il faut remarquer dans la figure 8 , la coupe cd, 8c celle a b. La pre- « miere c d, étant Amplement à ïonglet, Sc faifànt une ligne droite, eft fans difficulté ; mais la féconde a b, ne peut pas former une ligne droite, puifqu’il s’agit de faire profiler une partie droite avec une courbe ; ce qui exige néceflàire-ment que la coupe foit courbe & elle n’eft plus à l’onglet. Pour trouver la courbure de cette ligne a b, on tirera toutes ces lignes parallèles qui font repré-fentées fur la figure , ou un plus grand nombre, fi la figure eft grande Sc exaélement parallèles entr’elles ; par tous les points d’interfeélion, c eft-à-dire, dans tous les points où elles fe coupent, on mènera la ligne a b, qui fe trouvera néceflâirement courbe, quoique cette courbure ne foit prefque pas fenfible dans cette figure 8, à caufe de fà petiteflè. La régie que je viens de donner eft générale pour toutes fortes de coupes irrégulières, même pour celles quon appelle fauffes-coupes ; elle eft abfolument néceflàire, pour que toutes les moulures profilent bien, & que tous leurs membres puiffent avoir exactement la même groflèur & les mêmes dimenfions dans leur retour. Au refte, pour faire entendre cette régie des coupes irrégulières, je me fuis fervi de J a figure 8 , afin de n’en pas faire une autre ; car je viens de dire, art. 4 f <J, que le retour abc i fe fait ordinairement tout d’uuc piece avec le grand demi - rond fàillant.
- 4J9. Tous les ornements qui fervent à foutenir le devers des tuyaux des Montres, tant des Tourelles que des Plattes-faces, Sc qu’on nomme clairs-voirs doivent toujours être poféshors du nœud du bâti du Buffet de l’Orgue , afin que les tuyaux étant pofés dans leur place, affleurent le même bâti, & foient bien à-plomb.
- 460. Les clairs-voirs des Tourelles ne fe font point ordinairement en façon de cerceau, mais en douelles, ou douves collées les unes contre les autres, ob-fèrvant de leur donner en dehors une épailfeur convenable aux ornements que l’on doit y fculpter ; le bout fùpérieur de ce clair-voir fera inféré dans une groflè & profonde rainure au-deflbus de l’entablement ; les côtés qui toucheront les montants des Tourelles, y feront arrêtés par des clefs ; le tout étant bien ajufté en place, on le donnera au Sculpteur, qui y fera fon ouvrage ; lequel étant fini, on le doublera en dedans, comme on le pratique ordinairement, d’une forte toile collée avec de la colle-forte. Il y en a qui pour s’aflùrer davantage de la folidité de ce clair-voir de Tourelle , attachent un demi-cercle de laiton mince dans fbn pourtour intérieur, au moyen de petits clous ; Us en arrêtent encore les deux bouts fur les grands montants ; & enfin, on arrêtera folide-ment le clair-voir en fà place. Il ne faut pas oublier que toute fbn épaiffeur doit être hors du nœud du bâti, comme je viens de le dire ; toute fon épaiffeur devant être fur les grands montants Sc non en dedans.
- 461. On attache les clair-voirs des Plattes-faces, foit droites ou cintrées, Scc. au-devant du bâti, avec des vis ou des clous, qui prennent en partie fur les traverfes, & en partie fur les montants. Il ne faut pasfe conformer pour cette
- Planche 5 h
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- 150 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie. Chap. I
- Planche
- n-
- = partie au deffein de la planche 30, qui repréfente tous les clair-voirs pôles au-dedans du noeud du bâti du Buffet ; c’eft une faute qu’il faut éviter,
- 462. Les côtés du Buffet tiennent & font liés au-devant & au derrière par des traverfes affemblées avec les battants qui portent les mortaifos. Les traverfos H Y18c FZG doivent être affez épaiffes, pour qu’on puiffe y faire aux bouts W & P , des mortaifos pour recevoir les traverfos , flg, 10, à doubles tenons & à épaulements.
- 463. On conftruit un tambour fur le côté, dont la eonfole PA, fig. 1. fait voir la forme ; on y fait des montants, des traverfos, & des panneaux courbes : on fait ordinairement une porte fur le côté dans le bas. La partie du côté, depuis W jufqu’à fentablement qui termine le haut de la Tourelle, fe remplit jufo qu’au derrière du buffet par un compartiment des montants , traverfes & panneaux, comme je lai dit, (^$6) , de la partie des côtés de toutes les Tourelles qui font au-deffus des Plattes-faces. On mettra des planchers par-def-fus toutes les Tourelles pour les couvrir. On couvrira de même toutes les Plattes-faces ; mais on obforvera que fi on a befoin d’une plus grande hauteur que ne donnera naturellement une Platte-face, on peut rehauffer confidérablement fon plancher en derrière. Il n’y aura pas d'inconvénient quil foit beaucoup eft pente pour placer plus commodément les grands tuyaux d’Anche. Cette obfor-vation a fouvent lieu pour les Plattes-faces d’un Buffet de Polîtif, dont les planchers de Plattes-faces fe trouvent trop bas pour placer une Trompette.
- 404. Je n’entre pas dans un plus grand détail ici. J ai dit plufieurs autres chofes concernant les Buffets d’Orgues dans la Seétion première du Chapitre fi-xieme de la première Partie, où l’on trouvera des obforvatîons qu’il efl: bon de lire , & que je ne répéterai point, cela feroit inutile : on pourra s’inftruire à fond for cette matière dans le Traité de Menuiferie , fait par M. Roubo , & donné par l’Académie des Sciences, en même-temps que celui-ci.
- Proportions desTourelles pour toutes les grandeurs des Buffets d9 Orgue.
- 465. Il y a trois mefores à donner pour la conftruélion d’une Tourelle : fa largeur, c’eft-à-dire, la diftance intérieure d’un montant à l’autre ; fa hauteur , qui efl: la diftance du deflùs de l’entablement inférieur, jufqu’au deiïous de l’entablement fopérieur ; & enfin la troifieme mefore efl: le renflement, qui eft la diftance*du centre du demi-rond foillant au nœud du bâti. Outre cela, il faut encore diftinguer fi une Tourelle , par exemple, de 16 pieds, eft feule , ou s’il y en a deux. S’il n’y en a qu’une, qu’on mettra au milieu du Buffet, elle doit être plus large ; parce qu’on doit y pofer les cinq plus gros tuyaux du Jeu de 16 pieds ouvert, qui font C, D, E. S’il y a deux Tourelles de 16 pieds, elles doivent être plus étroites, parce qu’on doit mettre à chacune des tuyaux plus petits, comme ceux-ci C, E 9 G ; quoique je ne nomme que trois tuyaux,
- il
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- Secl. I. Proportions des Tourelles des Buffets d’Orgue. * 151
- il faut entendre que devant y en avoir cinq à chacune des deux Tourelles, il en faut dix , dont deux de la taille du premier C fol ut ; quatre de la taille dû premier E fi mi ^, & quatre de la taille du premier G re foi Lorfqu’il n’y a quune Tourelle de 16 pieds , on met le plus gros de la taille du premier C fol ut, deux du premier D la re , & deux du premier E fi mi. C’eft ainfl qu’il faut entendre la Table lui vante , ou Ton remarquera que je donne à chaque elpece de Tourelle une hauteur foffifonte pour contenir non-foulement le corps du tuyau avec Ion pied proportionné ; mais encore un efpace convenable au-deJfïous de l’entablement fopérieur, pour que le tuyau ne foit pas offufi qué , Sc déplus, pour placer un pont deflous Ion pied.
- K
- TABLE des dimenjions des Tourelles de tous les Buffets d’Orgue.
- {i Tourelle de 32 pieds. 2 Tourelles de 32 pieds.
- {1............ 24-opo.
- 2........... 24.0po.
- T1 ........... 2i.4po.
- I2--*-....... 21.. 4..
- {1........... ip.. o..
- 2........... ip. .0 ..
- {I...........
- 2........... 16..0..
- {I........... 12. . O. .
- 2 .... ..... 12 . .0. .
- I ......... . p.,d..
- 2........... p.. d..
- 1........... 8.. o..
- 2 .......... 8,. o..
- '1 ......... 6.. o..
- 2........... 6..0..
- 1........... 4--.P--
- ^...........‘ 4* • P • •
- 1........... 4.. o..
- 2........... 4. . o..
- 1........... 3.. o..
- 2........... 3.. o..
- C, D, E, p pieds. C, E b, G, p pieds. F, G, A, 4, »....
- F, G*,C, 4......
- G, A, B, 4......
- G, Bb,D, 3......
- A,B, C«,4.......
- A, C. E,3-------
- C, D, E, 3......
- C, Eb,G>3.......
- F, G, A, 2......
- F, G$, C, 2.....
- A , B, Cæc,2....
- A, C, E,i.......
- G, D, E, 1......
- C , Eb, G, 1....
- F, G, A, 1......
- F , G^,C, 1.....
- A, B, C'Kf 1....
- A, C, E j 1......
- C , D , E? 1....
- C, E^, G, o.....
- F, G, A , o.....
- F, Gm, C, o.....
- d pouces largeur, ppo. renflement. 35* pieds de hauteur. 2 pouces largeur. 8 po. renflement. 3 $ pieds de hauteur.
- 6.. . o.lignes... 7...............27
- 3 ... 6.lignes... 7...............27
- 1.. - 8..........7............... 24
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- 10.. . o.........4.. .6..........11.
- 8.. . o......... 4................ p.
- 5.. . 3..........4 p.
- 3.. . 8..........3................ 7.
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- 11.. . 8.........2................. 5.
- 10.. . o.........1 .. .d........... 4.
- p. .. o.........1.. .6............ 4.
- .'^pouces. .(5 pouces.
- 466. Les mefures que je viens de donner dans cette Table, fuppofent né-celfairement que les demi-ronds font réguliers à un foui centre , & qu’on mettra cinq tuyaux à chaque Tourelle, tels que ceux qui font indiqués & du Dia-pafon que j’ai donné dans la première Partie de cet Ouvrage. Si l’on vouloit donner une autre forme aux Tourelles, comme d’une anfo de panier à trois centres , ou une figure de trefle, Scc. il faudroit prendre des mefores particulières ; ce qui fo fait au moyen de cartons que l’on coupe en rond , dont chaque diamètre eft pris fur le Diapafon. Nous aurons occafion d’expliquer ceci lorfqu’il s’agira de faire les tuyaux d une Montre. Ce que je viens de dire des Tourelles en général, doit s’entendre pour celles d’un grand Buffet & pour un Pofitif.
- 467. Quand on a pofé un Buffet d’Orgue en fo place, on doit l’arrêter par des barres de fer bien fcellées dans les murs & mifes en tout fons , pour qu’il ne puiffe faire aucun mouvement. Le Buffet du Pofitif doit auffi être bien arrêté contre le grand par plufieurs barres de fer. Il eft effentiel, & je ne fourois affez
- Orgues. II. Part. Qq
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- ija FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IL
- le répéter , que les Buffets cTOrgue {oient très-folides 8c fermes à leur place , fans quoi un Orgue dépérit bien-tôt, & ne peut garder l’accord. On voit que ceux qui font pofés fur des planchers de bois, ne durent pas long-tems, à moins que ces planchers ne {oient bien {butenus en defïous par des colonnes 9 8cc. comme je l’ai déjà dit, art. 447.
- CHAPITRE SECOND.
- *
- Conflruclion des Sommiers.
- T v e s Sommiers étant le fondement de toute la méchanique de TOrgue, il eft important de les conftruire avec la plus grande attention, & de leur donner les dimenfions 8c la grandeur convenables. Il eft néceflàire de les placer à propos, afin que tout le méchanifine de l’Inftrument puifle être difpofé non-feulement à jouer comme il faut ; mais encore à être commode & d’un facile entretien. Il y a ordinairement plufieurs Sommiers dans un Orgue , fur-tout lorlqu’il eft un peu confidérable. Il y en a un qui eft le principal 3 8c qu’on appelle le grand Sommier. Il y a enfiiite le Sommier du Pofitif, le Sommier de Pédale, celui du Récit 8c celui de l’Echo. Je détaillerai la conftruélion de tous ces Sommiers après avoir expofé quelques principes généraux. Je diviferai donc ce Chapitre en fept Seétions. Dans la première > je donnerai quelques inftruélions générales fiir • lesSommiérs.Danslafecondeqe détaillerai la conftruélion d’un très-grandSommier, comme pour un 3 2 pieds bien fourni. Dans la troifiéme, je décrirai celui d’un grand Pofitif proportionné au précédent. Dans la quatrième, celui des Pédales. Dans la cinquième, celui du Récit & de l’Echo. La fixieme contiendra des réflexions importantes au fujet des Sommiers précédents ; 8c je décrirai dans la feptieme y la conftruélion de plufieurs autres Sommiers moindres que les précédents.
- Section Première.
- Infiruclions générales fur les Sommiers.
- 4 68. L’expérience nous apprend qu’on eft borné pour la largeur qu’on peut donner à un Sommier. Le vent n’a pas affez de vivacité dans de trop longues gravures ; leur longueur de 6 pieds réuffit bien ; il ne faut gueres paflèr cette dimenfion. Il n’en eft pas de même de la longueur du Sommier ; on pourroit lui en donner tant que l’on voudroit ; cela ne feroit rien à l’effet & à la fonction que le Sommier doit faire : mais fi on le fait trop grand, il ne fera jamais folide y il fera fujet à fe tourmenter , & difficile à conftruire. Il convient donc de le faire auffi court que l’on peut, pourvu que les Jeux n y {oient pas trop ferrés y ce qui ofïufqueroit les tuyaux.
- 46p. Il eft d’ufàge de divifer les grands Sommiers en plufieurs parties 9 le
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- Secl. I. Inftruclions générales furies Sommiers. 153
- plus ordinairement en deux ; quelquefois en trois, & bien fouvent en quatre. Cette pratique eft fondée for plufieurs raifons ; i°. On rend par-là les Sommiers beaucoup plus courts, par conféquent bien plus folides 8c plus faciles à exécuter comme il faut. i°. On ménage des efpaces ou allées entre les Sommiers, qui donnent la commodité 8c la facilité d’atteindre de la maiiî à tous les tuyaux: qui font pofés par-deffos le Sommier, ce qui efl: un avantage très-néceifaire 8c dont on efl privé quand les Sommiers font fort grands. 30. Ces allées donnent lieu d approcher plus aifément de tous les tuyaux de la Montre , des Cornets , 8cc. 40. On a l'avantage d'approcher le vent des tuyaux de la Montre 8c de quantité d'autres qu'on efl obligé de pofer. y°. Enfin , on ménage par-là plus commodément des places pour pofler les tuyaux. On voit donc que le partage ou la divifion des grands Sommiers en plufieurs parties , contribue à leur foli-dité , au meilleur arrangement de l'Orgue & à la facilité de l'entretien : cependant on doit faire ces allées entre les Sommiers les plus étroites que l'on peut , pour que l'Abrégé ne foit pas trop long ; car lorfqu'il l'eft trop , il ne va jamais bien. Des allées d'un pied de large ou même moins , font foffifantes, à moins que certaines circonfiances n'obligent de les faire un peu plus larges.
- 470. Chaque Faéleur <f Orgues donne Tordre qu'il veut pour l'arrangement ou la progrefîion des tuyaux des Jeux for le Sommier ; mais la meilleure maniéré efl toujours la plus fimple. La plus commode de toutes & la plus facile à exécuter , c’eft de pofer les Balles des Jeux aux extrémités, 8c les autres tuyaux de foite , toujours alternativement de chaque côté y enforte que les delfos fo trouvent vers le milieu de l’Orgue ; il ne faut pas s'embarralïer de foivre l'arrangement des tuyaux cjgda Montre , comme font plufieurs Faéteurs. Il ne faut pas imiter l'ordre des tuyfux du grand Sommier de la Planche yo , je veux dire des deux parties Q 8c R, qui n'eft pas commode ; mais l'arrangement des Baffes ' P 8c S y efl bien y 8c on eût mieux fait de foivre la même progrefîion pour les Deflusfor les parties Q 8c R des Sommiers des Delfos. Ce n'eft pas que cet arrangement fafle plus mal jouer les tuyaux ; mais c’eft qu'il eft plus embarraflànt quand on accorde, 8c que l'Abrégé en eft plus difficile & plus compliqué. Larai-fon pour laquelle on l'a ainfi repréfenté, eft que l'Orgue que j’ai fait deffiner fo trou voit ainfi arrangé.
- 471. Il eft cependant des cas où l'on eft obligé de s'écarter de cette régie; c’eft lorîqu’on n'a pas allez de hauteur pour pofer les grands tuyaux des Baffes, des Jeux d'anche. Alors il faut diftribuer ces grands tuyaux dans les Tourelles où l'on trouve ordinairement les hauteurs nécefîàires. Ce cas a lieu principalement lorfqu'on a à placer une Bombarde dont la Baffe a fes tuyaux fort grands. Ainfi quand j'ai dit ci-deflus qu'il eft mieux de mettre les tuyaux de foite alternativement de chaque côté, il faut entendre , s'il n'y a pas d'obftacles qui obligent de faire autrement.
- 472. La profondeur des gravures , qui confifte dans la largeur des barres,
- Planche
- 5°.
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- iMutaanm-i—*—am
- Planche
- Si'
- ïJ4 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. IL
- varie félon le nombre & la qualité des Jeux qui doivent jouer fur le Sommier. Plus les Jeux font grands & en grand nombre , plus les gravures doivent être profondes, 8c autant quil le faut pour pouvoir recevoir le vent qu’une foupape peut donner. S’en tenir à cet égard , comme plufieurs Faéteurs , à une mefore déterminée pour tous les Sommiers , eft un faux principe. Il y a des réglés à foi-vre, qu’il faut ici expliquer.
- 473. Les foupapes ont une connexion nécefîaire avec les gravures, puifque celles-ci reçoivent immédiatement le vent qui leur vient par celles-là. Je fop-pofe qu’il s’agit d’avoir la plus grande quantité de vent pofïible dans une gravure pour faire jouer enfomble une partie des plus grands tuyaux de l’Orgue. Il faut donc donner à la foupape & à la gravure la plus grande dimenfion, qui pourtant doit être telle que le Clavier ne foit point dur à jouer. La plus grande longueur qu’on puifîe donner aux foupapes d’un grand Sommier, eft 12 pouces ou 144 lignes, & la plus grande largeur des gravures des Baffes eft de 9 lignes. Si l’on paffe ces deux mefores, le Clavier devient trop dur. On ne peut point faire enfoncer une touche plus de 5 lignes dans les Baffes , (pour lesDeffos, elles enfoncent d'une ligne de moins ) , & en foppolànt que le point de fufpenfîon des touches du Clavier eft placé au milieu de leur longueur, ces cinq lignes font réduites à deux lignes & demie* ( voy. art. 6 ). Il s’agit donc de trouver la valeur ou la quantité de l’ouverture que forme une foupape de 144 lignes de longueur, qui baille de 2 lignes & demie & dont la gravure a 9 lignes de largeur. Il faut remarquer que cette foupape doit avoir 12 lignes de largeur, pour recouvrir la gravure d’une ligne 8c demie de chaque côté.
- 474. Nous avons expliqué, art. 45, pag. 13 , commerg|On trouve la fuperfî-cie d’un triangle , il faut le relire, Lorfqu on baiffe la fcUpape, elle forme une ouverture qui a la figure d’un triangle de chaque côté , 8c de plus un quarré long à fon bout antérieur. Le triangle ad c, jig. 8. PL y4, repréfente un des deux côtés de cette ouverture ; a d y eft le deflous des barres du Sommier ; dcy eft le def-fos de la foupape. On multipliera la longueur de, par la moitié de la largeur a c9 qui eft a b , & l’on aura la foperfïcie du triangle a de. La longueur ad , eft foppofée de 144 lignes ; la diftance a c eft de deux lignes & demie ; en multipliant l’une par l’autre, la moitié de a c qui eft a b ou cb, le produit fera 180 : voilà donc 180 lignes quarrées. L’autre côté delà foupape en donne autant ; c’eft donc 360 lignes quarrées, auxquelles il faut ajouter l’ouverture du bout antérieur de là foupape, fig. 16, qui forme un quarré long a c db y àe 12 lignes de longueur for deux lignes & demie de largeur. Ces deux dimenfions multipliées l’une par l’autre , produifent 30 lignes quarrées , qui étant ajoutées à 360 ci-deffos, font 390 lignes quarrées d’ouverture. Cette ouverture eft égale à un quarré qui auroit 19 lignes 3 quarts à chacun des quatre côtés , ou autrement dit de 19 lignes 3 quarts en quarré. Remarquez que je viens de multiplier l’ouverture antérieure de la foupape par 12 lignes qui eft fa vraie largeur,(pour recouvrir la gravure
- que
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- I
- SecL 1. Injlruclions générales fur les Sommiers. 155 que je fuppofe avoir 9 lignes de large ) ; or c eft par la hauteur de deux lignes & demie & la largeur de la foupape, quil faut multiplier cette ouverture antérieure, & non par celle de la gravure ; car il faut confidérer cette ouverture que forme la foupape , ( en baiftànt de deux lignes & demie ) , indépendamment de la gravure , comme fi celle-ci n exiftoit pas. Il eft clair alors que cette ouverture eft bien réelle, 8c doit être calculée comme je viens de le dire.
- 47^. Il eft néceflàire que la foupape faflè une ouverture un peu plus grande que la capacité de la gravure. Nous venons de voir que la foupape donne 390 lignes quarrées d’ouverture au vent ; il s’agit de donner à la gravure de 9 lignes de largeur une profondeur convenable pour que fà capacité foit un peu moindre que 390 lignes quarrées. Pour avoir la capacité d’une gravure, il faut multiplier fà profondeur par fà largeur ; le produit donnera en lignes quarrées la capacité de la gravure. Je trouve donc que 3 pouces & demi ou 42 lignes de profondeur à la gravure eft celle qu’il faut dans le cas préfent ; car 42 lignes de profondeur multipliées par les 9 lignes de largeur font 378 lignes quarrées de capacité, qui fe trouve un peu moindre que l’ouverture de la foupape de 12 lignes quarrées (a).
- 476. On peut Amplifier ce calcul en multipliant la longueur de la foupape par fon ouverture entière, qui eft deux lignes demie, au lieu de la multiplier par la moitié de cette même ouverture. Alors on ne doublera point le produit ; ce qui reviendra au même. La réglé que j’ai donnée art. 6, eft pourtant exaétement vraie, pour trouver la füperficie d’un triangle ; mais comme nous avons ici deux triangles égaux & femblables, qui font les deux côtés de l’ouverture de la foupape, il fuffira d’en calculer un feul, comme je viens de le dire, en multipliant la longueur de la foupape par fon ouverture entière, & on ajoutera toujours au prodùit 1 ouverture antérieure.
- 477. Si le point de fufpenfion ou du tirage , au lieu d’être pofé au milieu de la longueur des touches du clavier, comme je l’ai toujours fuppofé jufqu’ici, étoît déterminé plu's en devant, c’eft-à-dire , que fi divifànt la longueur de la touche en 5 parties égales, on en laifîoit rrois fur le derrière des touches & deux feulement fur le devant, comme c’eft la pratique ordinaire de bien des Faéleurs d’Orgue ; alors le clavier ainfi fùfpendu feroit ouvrir la foupape de trois lignes, qui donneroient 468 lignes quarrées d’ouverture, en fuppofànt toujours quelle auroit 12 pouces de longueur. En ce cas, il faudroit donner aux gravures 4 pouces 3 lignes de profondeur. Leur capacité auroit alors 459 lignes quarrées, par conféquent moins que l’ouverture de la foupape de 9 lignes quarrées.
- 478. U y a des Faéleurs d’Orgue qui préfèrent la méthode de faire des gravures larges, me jufqu’à 1 pouce ou peut-être davantage ; & afin d’éviter
- (a) Par le terme de capacité d’une gravure , il ne faut pas entendre fa largeur , fa profondeur & fa longueur, comme il feroit naturel ; mais nous ne la devons confidérer , pour notre objet, que dans fon bout ou fon entrée, fans faire at-
- Orgues. II. Part.
- tendon à fa longueur Comme nous nous fervi-rons fouvent de ce terme dans le cours de cet Ouvrage , il faudra toujours fe fouvenir qu’on doit l’entendre de même.
- R r
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- 15 6 FACTEUR DO RG UES, IL Partie, Chap. IL
- d’employer de groiîes foupapes, qui oppofant une grande forface au vent, eau-font une réfiftance trop fenfible, ce qui rend les touches du clavier plus dures à bailler, ils rétréciifont les bords de la gravure en la partie qui doit être recouverte par la foupape. A cet effet ils entaillent & ils collent une petite tringle de bois de chaque côté ; de forte que quoique la gravure ait, par exemple, 12 lignes de largeur, fon ouverture rétrécie de chaque côté, par une tringle de 2 lignes & demie, ou d'un feul côté, par une tringle de 5 lignes, ce qui eft mieux fera réduite à 7 lignes de large, & par conféquent la foupape, ne devant avoir que 1 o lignes de largeur, ne fera pas trop grofle.
- 479. Cette méthode eft bonne feulement en ce quelle contribue à diminuer le volume des foupapes ; mais elle eft défavantageufe d’un autre côté, en ce quelle oblige de diminuer la profondeur des gravures ; par conféquent, il faut faire les barres plus étroites, & alors un grand fommier, que je foppofo devoir être bien grand & fort chargé de tuyaux,n’eft pas fi fort.Dans l’exemple de l’article précédent, la gravure a 12 lignes de largeur. Elle ne peut avoir que 32 lignes de profondeur ; parce que 32 lignes multipliées par 12 , produifent 384 lignes-quarrées. Or nous avons vu ( 474 ) que la foupape de 144 lignes de longueur , donnoit 390 lignes quarrées d'ouverture, ain£ 390 ne forpaffànt 384 que de 6 lignes quarrées, il s’enfuit qu’on ne peut pas donner plus de 32 lignes de largeur à ces barres ; ce qui rendroit ce grand Sommier moins fort. Cependant il ne faut pas abfolument blâmer cette méthode. Je ferai voir bien-tôt dans quels cas on pourroit l’employer.
- 480. Il faut préfontement examiner s’il foroit avantageux de foivre la méthode de plufieurs Fadeurs, qui eft de faire les gravures des baffes d’un grand Sommier étroites,comme de 6 lignes de largeur,ce qui procurerait de petites foupapes & des barres fort larges pour donner allez de profondeur aux gravures, & par
- . conféquent le Sommier ferait très-fort. Dans ce cas, les gravures devraient avoir y pouces 4 lignes de profondeur, & auroient 384 lignes quarrées de capacité.
- 481. U paraît qu’il y aurait un inconvénient dans cette méthode, qui ferait que les trous deftinés à donner le vent à de grands tuyaux , par exemple , au 24 pieds , devraient être fi longs, que le regiftre en deviendrait fort large. Pour faire parler un pareil tuyau, il faut au moins une ouverture de 144 lignes quarrées. Or ce trou qui ne pourroit avoir que 6 lignes de largeur, puifque la gravure n’en aurait pas davantage, devrait en compenfàtion avoir 24 lignes de longueur ; mais cette longueur ne pouvant fe prendre que for le travers 8c non for la longueur du regiftre, il faudrait que celui-ci eût au moins 36 à 38 lignes de large. On ferait obligé de donner auffi une plus grande largeur à proportion aux autres regiftres ; ce qui rendroit le Sommier exceffivement large & par conféquent les gravures trop longues. Un focond inconvénient foroit que fi des barres fi larges (de y pouces 4 lignes) venoient à s’envoiler for le champ,c’eft-à-dire, devenir creufes dans leur deffos , & la colle & les doux ou pointes, rif
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- Secl. 1. Inftriiclions générales fur les Sommiers. 157
- queroient fort de ne pouvoir réfifter à l'effort du bois que là grande largeur ren-droit très-violent ; & de la féparation de la barre d’avec la table, il s’enfidvroit des emprunts.
- 482. Puifqu’il y a de l’inconvénient, comme nous venons de le voir, à faire des gravures fort larges, qui obligent à faire un Sommier moins fort ; ou bien fort étroites, qui donnent occafion d’avoir des gravures trop longues ; il convient donc de prendre un milieu, qui confiftera à donner 8 à 9 lignes de largeur aux gravures, plutôt 9 lignes que 8, lorfque le Sommier doit donner du vent à de fort grands tuyaux. Car alors les plus grands trous auront 9 lignes de largeur comme les gravures, fur 16 lignes de longueur prife au travers du regiftre , qui aura 30 lignes de largeur. Si l’on ne donnoit que 8 lignes aux gravures, le trou du Sommier en queftion ne pouvant avoir également que 8 lignes dans un fens , il en faudrait 18 dans l’autre pour faire le même nombre de 144 lignes quarrées; car 9 fois 16, ou 8 fois 18 , font également 144 ; mais le regiftre dans le fécond cas, devrait avoir 32 lignes de largeur, ce qui rendrait ce fommier plus large. Je fiippofe toujours qu’il s’agit d’un grand Sommier, qui doit porter un grand nombre de Jeux.
- 483. Quoique des foupapee dun pouce de largeur, telles quil les faut pour recouvrir des gravures de 9 lignes de large, ne {oient pas bien grofles, cependant fi l’on veut rendre le Clavier plus délicat, on peut employer la méthode dont j’ai parlé art. 478, pour réduire toutes les ouvertures, qui auront plus de 6 lignes de largeur, à cette mefùre ; de forte que les foupapes ne devant avoir alors que 9 lignes de largeur, elles rendront la réfiftance du vent moins fènfible. Cela même peut donner lieu à pofer le point de fùfpenfion du Clavier un peu plus en devant, fans que pour cela le Clavier devienne dur. Il ne faut au refte rien craindre à l’occafion du rétrécifièment de cette ouverture des gravures, laquelle étant de plus de 11 pouces de longueur, ou 132 lignes , ferait plus de 800 lignes quarrées d’ouverture, qui fe trouverait plus du double plus grande que la capacité de l’ouverture de la foupape ou de la gravure ; par conféquent cette ouverture de 800 lignes quarrées ferait plus que fùffifànte pour que le vent entrât bien librement dans la gravure.
- 484. Toutes les gravures d’un grand Sommier, ou même de quelque Sommier que ce foit, ne doivent pas être d’une égale largeur. Il y en a de 9 lignes, comme je l’ai déjà dit, il y en a de 8 lignes, de 7, de 6, de y & de 4, & même de moins encore , félon les Jeux qu’il s’agit de faire jouer. Les plus petites gravures d’un Sommier fort chargé de Jeux doivent être de 6 lignes de largeur.
- 485. Une gravure de 9 lignes, qui eft la plus grande largeur qu’on puifie donner dans un fommier relatif à un clavier à la main, ( car pour un Sommier de pédalé il en eft bien autrement, ) ne fçauroit fournir une quantité de vent fùf-fifimte pour faire parler, ou comme difènt les Faéleurs d’Orgues, pour nourrir les baffes des Jeux dont les tuyaux font fort grands & qui font pofés fur la même
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- 158 FACTEUR D’OGUES. IL Partie, Chapitre II.
- ' gravure , comme les 32 pieds, les 16 pieds, &c. On eft dans i'ufage d’employer deux gravures avec deux foupapes qui s'ouvrent enfèmble par une feule touche ; c eft ce quon appelle double gravure, ou double Joupape. On met ainfi de ces doubles gravures dans les baftès d'un grand Sommier une oétave & demie au moins, c'eft-à-dire, 18 ou 20, s'il y a beaucoup de Jeux. On n'en met qu'une octave , s'il y en a moins. Ces doubles gravures fourniflènt du vent au double. J'ai dit, art. 47y , qu'une gravure de 9 lignes de largeur fur 42 lignes de profondeur fournifloit ,-378 lignes quarrées d’ouverture au vent, deux gravures en donneront donc au double, c'eft-à-dire, 7J6 lignes quarrées, ce qui équivaut à une ouverture qui auroit 27 lignes & demie en quarré.
- 486. On eft partagé parmi les Faéteurs d’Orgues fur la maniéré d'employer les doubles gravures. Doivent-elles avoir enfemble une communication du vent? Chacune doit-elle prendre & donner Ion vent aux tuyaux qui font deflîis, fans qu’il y ait aucune ouverture de communication entr’elle & là voifine ? Les uns pratiquent la première méthode ; les autres, en plus grand nombre, s'en tiennent à la fécondé. Je crois que ceux-ci font le mieux.
- 487. Ce que je viens de dire dans plufieurs articles de la préfènte Seétion, étonnera peut-être quelques Faéteurs , cpi n ayant pas fait attention au petit calcul de l’ouverture des foupapes, combinée avec la capacité des gravures, ont regardé comme un principe, qu'on ne pouvoit jamais donner plus de 30 lignes de profondeur aux gravures, quelque longueur qu'ils donnent aux foupapes ; .ce qui ne peut être vrai que lorfqu'on fait les foupapes d’environ 8 pouces de longueur , qui donneront 160 & quelques lignes d'ouverture, tandis que les gravures auront 240 lignes quarrées de capacité , à les fuppofèr de 30 lignes de profondeur fur 8 lignes de largeur. Cela eft bon pour un Pofitif & pour un 8 pieds ordinaire, comme nous le verrons dans la fuite.
- Section seconde.
- Conflruclion d’un grand Sommier.
- 488. Pour Amplifier cette defcription, nous ne fuppoferons le Clavier que de 50 touches, nous en retrancherons le premier C fol ut x; mais dans la pratique on fera mieux de ne pas le retrancher. Il s'agit dans cette Seétion de conf truire un grand Sommier 330 regiftres & propre à un Orgue de 32 pieds bien rempli, qui doit être à y Claviers, dont on a vu art. 354, pag. 108, la fonétion & la défi tination. Voici les noms des Jeux qu'il faut faire jouer par le Sommier en queftion.
- 1. Grand Cornet de Bombarde. 7. Bourdon de 16 pieds.
- 2. Grand Cornet. 8. Second 8 pieds.
- 3. Montre de 32 pieds, dont on retranchera les 9. Bourdon de ï 6 pieds de Bombarde.
- 4 premiers tuyaux. 10. Bourdon de 8 pieds de Bombarde.
- 4. Montre de 16 pieds. II. Gros Nafard.
- 5. Montre de 8 pieds. 12. Bourdon de 8 pieds.
- 6. Bourdon de 32 pieds de Bombarde. 13. Preftant,
- 14. Grofle
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- I
- Secl. IL Conflruction du grand Sommier.
- *4. Grofle Tierce.
- iy. Preftant de Bombarde.
- 16. Grofle Fourniture de Bombarde de 4 tuyaux.
- 17. Quarte de Nafard.
- 18. Nafard.
- 19. Doublette.
- 20. Tierce.
- ai. Grofle Fourniture de 3 tuyaux;
- 22. Fourniture de 4 tuyaux.
- 23. Grofle Cymbale de 4 tuyaux;
- 24. Cymbale de 5 tuyaux.
- 23. Bombarde.
- 26. Trompette de Bombarde*
- 27. Clairon de Bombarde.
- 28. Première Trompette.
- 25. '. Seconde Trompette.
- 30. Clairon.
- Ce qui fait 28 Jeux en 30 regiflres;
- 159
- Je nomme ainfi ces Jeux , grand Cornet de Bombarde, Trompette de Bombay de , &c. parce qu’ils doivent jouer fur les mêmes gravures, les mêmes loupa-* pes , le même Abrégé particulier & le même Clavier que la Bombarde.
- 489. Ce Sommier doit être divifé en 4 parties, dont deux pour les BaiTes & les deux autres pour les Delîus. Les deux Sommiers des Baffes, qui contiendront 10 marches chacxmykronta triple gravure pour chaque marche. Les deux Sommiers des Delîus auront 1 j1 marches chacun , & feront à double gravurepour chaque marche. Ainli l’on voit que les deux Sommiers des Balles, contenant 10 marches chacun , ce font 20 marches pour tous les deux ; Sc les deux des defiis ayant 15 marches chacun , les deux enfomble font 30 marches , qui étant ajoutées aux 20 des deux Sommiers des Baffes, font en tout 30 marches C’eftle nombre des Touches dont nous fommes déjà convenus pourles Claviers, art. 488.
- 490. Sur chaque marche, on deftine une des triples gravures dans les deux Sommiers des Baffes, auffi bien qu’une des doubles gravures dans les deux Sommiers des Deffus, pour faire jouer les Jeux de la Bombarde & autres énoncés ci-deflus qui doivent être fur les mêmes gravures. Tous les autres Jeux prennent leur vent des doubles gravures qui relient dans les deux Sommiers des Baffes, & des limples qui relient dans les deux Sommiers des Deffus. On dillribue fur l’une des doubles gravures des deux Sommiers des Baffes une partie des Jeux, & l’autre partie lut l’autre. Car ces doubles gravures for chaque marche des Sommiers des Baffes n’ont aucune communication de vent réciproque. Voici comment on peut faire ce partage ou diltribution des Jeux for chacune des doubles gravures.
- Jeux à mettre fur la première gravure de chaque double gravure,
- 3. Montre de 32 pieds.
- 5. Montre de 8 pieds.
- 11. Gros Nafard.
- 13. Preftant.
- 17. Quarte de Nafard.
- 19. Doublette.
- 21. Grofle fourniture de 3 tuyaux fur marche.
- 23. Grofle Cymbale de 4tuyaux fur marche.
- 28. Première Trompette.
- 30. Clairon.
- Jeux à mettre fur la fécondé gravure de chaque double gravure.
- 4. Montre de 16 pieds.
- 7. Bourdon de 16 pieds.
- 8. Second 8 pieds.
- 12. Bourdon de 8 pieds.
- 14. Grofle tierce.
- 18. Nafard.
- 20. Tierce.
- 22. Fourniture de 4 tuyaux fur marche.
- 24. Cymbale de y tuyaux fur marche.
- 29. Seconde Trompette.
- Jeux à mettre fur les Jimples gravures de la Bombarde, tant des deux Sommiers des Bajfes que des deux des Dejfus.
- 1. Grand Cornet.
- 6. Bourdon de 32 pieds.
- 9. Bourdon de 16 pieds.
- 10. Bourdon de 8 pieds.
- 13. Preftant.
- 16. Grofle fourniture de 4 tuyaux fur marche.
- 23. Bombarde.
- 26. Trompette.
- 27. Clairon.
- .Voilà 20 regillres ou 20 Jeux , dont les Balles font diltribuées fur les doubles gravures des deux Sommiers des Bajîes.Les Jeux de la Bombarde au nombre de 9,qui compofont la troilieme colonne, jouent fur de fimples gravures particulières dans Orgues, IL Part. S f
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- ' 16o FA CT EU R 'D’ORGUES, IL Partie, Chap. JL
- les 4 Sommiers. Pour le grand Cornet, relatif au fécond Clavier, & qui doit jouer avec les 20 Jeuxci-deflus contenus aux deux premières colonnes, il le met fur les (impies gravures qui relient dans les deux Sommiers des Deftus. On voit que le tout enfemble fait 30 Jeux ou plutôt 30 regiftres ; car il y a deux Jeux partagés en 4 regiftres, qui font les 21 & 22, nommés grojje Fourniture 8c Fourniture ; ils ne font qu’une feule Fourniture ; de même que les 23 & 24 nommés grojp Cymbale 8c Cymbale qui ne font qu’un feul Jeu de Cymbale ; mais on doit les féparer ainfi par deux regiftres , à caufe de la multitude & fur-tout de la grandeur des tuyaux fur chaque marche, qu’on ne réulfiroit que bien difficilement à faire jouer comme il faut, fi on les mettoit fur un feul regiftre.
- 491. Quand on fera ainfi déterminé pour le nombre 8c la qualité des Jeux qu’on veut faire jouer fur le grand Sommier, on examinera quelle largeur & quelle longueur on pourra lui donner félon le local. A cet effet, on verra au-dedans du grand Buffet comment on peut en difpofer les 4 parties ; en quel fens on peut fe refferrer ou s’étendre félon que le Buffet fera^plus ou moins long, & plus ou moins profond ; ce qui déterminera les largeurs des regiftres ou l’épaif-feur des barres ; car en élargiftànt les regiftres , on élargit le Sommier , & en épaiftîflant les barres on l’alonge. U faut pourtant ne pas paffer les bornes dont j’ai fait mention ci-deffus, art. 468. On examinera quelle largeur on donnera aux allées ou paffages entre les Sommiers ; ce qui a relation à la difpofition des Layes * pour pouvoir les ouvrir commodément dans le befoin par les Vrifes du Buffet : comment on placera le Sommier du Récit avec toute la Méchanique pour faire jouer fes Regiftres 8c fes Soupapes : comment on placera les Cornets à une élévation fuffifante pour qu’il ne faille pas couder les tuyaux des defîus de certains Jeux qui doivent fè placer par-defïous leurs pièces gravées : comment on placera les tuyaux de bois & tous les autres qu’il faudra pofter : comment on placera les Sommiers des Pédales avec toute leur méchanique & leurs grands tuyaux : comment on donnera le vent à tous ces Sommiers. On mefurera les hauteurs qui doivent être fuffifàntes pour placer tous les grands tuyaux : comment on difpofera les Abrégés & toutes les autres machines. Il eft néceffaire de tout prévoir , pour que tout l’Orgue foit arrangé d’une façon propre , folide & commode à entretenir. Quand on fera déterminé pour tout l’intérieur de l’Orgue, on entreprendra le grand Sommier, 8c on commencera par en écrire toutes les mefiires 8c dimenfions à-peu-près comme dans la page fuivante ; je fuppofe quelles pourront être telles félon le local.
- 492. On voit ici trois Tables, dont les deux premières à gauche contiennent les largeurs des gravures & les épaiffeurs des barres, auffi-bien que celles des tra-verfès du Chaffis des 4 Sommiers. La troifieme Table contient les largeurs des Regiftres, celles des faux-Regiftres 8c l’épaiiïeur des deux battans des 4. Sommiers. La première Table à gauche, a quatre colçnnes de chiffres. La première dé-figne l’ordre des gravures & celui des tuyaux de chaque Jeu pour un Sommier
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- Secl. II. Conjlruclion du gr.
- Trav. du Chaf ** %• épaijf. j , 2 . P lig. largeur.
- — 8' /i£. fjJlî)/.
- i. û. o
- — 8
- B. i. 2.3
- = 8
- B.
- t!8
- 4*9 — 8
- 4.8 = 8
- y. 6.p
- y. 6.p B. y. 6.8 7- 8-9
- 8 O
- *-»
- 8 S
- n>
- C/5
- 8 p? td
- 8 g
- 7. 8.p — 8
- B. 7. 8.8 = 8 9.10.8
- 9.10.8 B. 9.10.8
- o-rt>
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- G
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- 05
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- 3
- 3
- 3’
- 11.12.8
- — 7 11.12:8
- — 7
- B. ii.12.8
- = 7 *3.14.8
- — 7
- 13.14.8
- -, — 7 ..
- B. 13.14.8
- — 7
- 15.i(5.8 o
- — <5 3
- 17.16.8 "S!
- B. ly.iôTi ^ °S
- = « I
- 17-18.8 s
- _ 6 •” ri7.18.8 _______6
- B. 17.18.8
- = 6
- 19.20.8 _ 6
- [15) .20.8
- — 6
- B.19.20.8
- Irai», du ChaJJh GG: ü ZjV. épaij,
- La longueur des deux Sommiers des Baffes eft de 41 pou-ces 7 lignes en dehors.
- Trav. du CheJJis—_ 11 lign. épaijf. 21.22 • 8 lig. largeur.
- —- 13 #flîf
- B. 21.22.8
- = 13 23.24.8
- — 13
- B. 23.24.8
- = *3
- 25.26.7
- — 13
- B. 27.26.7
- = 13
- 27.28.7
- _ ~ *3
- B. 27.28.7
- = 12
- 29.30.7
- — 12
- B. 29.30.7
- O
- t-t
- P
- <
- G
- »-»
- (T)
- co
- 8P
- td
- P
- co
- O-
- 12 « D-« G X
- TJ P
- 31.32.7 ------- 12
- B. 31.32.7
- = 12
- 33*34*7
- — 12
- B.33.54.7
- = 12
- 37.56.7
- — II
- B. 33.36.7
- = 11 °5
- 37.38.7
- - II
- B. 37.38.7
- = II
- 39.40.6 ------- II
- B. 39.40.6
- = 11
- 41.42.6
- — 11
- B. 41.42.6
- n>
- = IO M
- 43.44.6 <*>
- —10
- B. 43 •44•5
- = 10
- 45.46.6
- — 10
- B. 43.46.6
- = 10
- 47.48.6
- — 10
- B. 47.48.6
- = 10
- 49.50.6
- — 10
- B-49-J0.5
- Trav. du ChaJJiü Zfg\ épaijf
- La longueur des deux Sommiers des Deffus eft de 48 pouces deux lignes en dehors.
- <T>
- co
- Q-
- <T>
- co
- O
- fD
- O-
- G
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- P
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- 05
- O
- 3
- 3
- r*
- s»
- P'
- M
- 'O
- D-
- O
- G
- cr
- Sommier. En faire la réglé. 16r
- Battant du ChaJJi s 1— . 2 lignes épaijfeur,
- i. .Grand Cornet de Bombarde... *8 z^eur.
- /-. • j ‘ 8 épaijfeur.
- 2.. Grand Cornet...... 18 -
- — 8
- '3.. Montre de 3 2 pieds.......30
- . — 8
- 4.. Montre de 16 pieds..........24
- — 8
- 5. .Montre de 8 pieds..........20
- — 8'
- 6.. Bourdon de 3 2 pieds......30
- — 8 ‘
- 7.. Bourdon de 16 pieds...... 24 t
- — 8
- 8.. 5.cond 8 pieds....... ;....k20
- — 8 ./
- 9.. Bourdon de 16 p. de Bombarde .24 * * ^
- — 8 nT,
- 0 CfQ
- 10. .Bourdon de 8 p. de Bombarde. 20 gâ
- — 8 §.
- 11.. Gros nafard...............20 p®
- —— 8
- 12. .Bourdon de 8 pieds.........20 g
- — 8 à5
- 13.. Preff ant............... 17 ^
- — PR
- • 14. .Grolîe Tierce..............15 §
- 9 G.
- 15. .Preftant de Bombarde.......15 S
- t«Q
- — r :— 12 g
- 16. .Gr.Fournit. deBomb. de4tuy.28~ vrt-
- — 12
- 17. .Quarte de Nafard..........14 1»
- 18.. Nafard....................15 ^ “
- - Cl,
- — 9 C
- 19. .Doublette ................14 qq
- - - £0- i
- — 9 »
- 20. .Tierce....................14 °-
- T 05
- — 12 O
- 21.. Gr. Fournit, de 3 tuyaux..... 24 g
- „ — 12 o*
- 22. .Fourniture de 4 tuyaux.....24 ï1
- — 12
- 23 . .Gr. Cymbale de 4 tuyaux... .24
- 1— 12
- 24. .Cymbale de 5 tuyaux........24
- — 12
- 27.. Bombarde..................21
- — 12
- 26. .Trompette de Bombarde.....18
- — 12
- 27. .Clairon de Bombarde.......18
- — 12
- 28. .PremièreTrompette.........18 *
- — 12
- 29. .Seconde Trompette.........18
- — 12
- 30. .Clairon...................17
- Battants du ChaJ s —— 12> lignes épaijfeur,
- La largeur des 4 Sommiers eft en de” hors de 75 pouces 3 lignes, y compris les deux battants du chailis.
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- 16z FACTEUR D'ORGUES, IL Pan. Chap. IL
- des Balles ; & la fécondé colonne marque la même chofe pour l’autre Sommier f femblable.des Baffes. Les chiffres répétés de trois en trois, i, 1,1,3, 3 , 3, &c. ou bien ,2,2,2, 4, 4,4, &c. lignifient que les 3 gravures marquées de même chiffre ne font qu’une marche dont chacune eft à triple gravure. Les deux premières de chaque marche font ce qu’on appelle les doubles gravures, & la troifieme de chaque marche marquée par un B, défigne que c’eft lafimple gravure defliriéé pour la Bombarde. Chaque marche eft féparée par une double ligne marquée de trois en trois chiffres pour la faire feulement diftinguer; car quoique double, elle ne défigne qu’une barre comme les fimples lignes.
- 493. La troifieme colonne des chiffres marque la largeur de chaque gravure ; ainfi l’on voit qu’il y a des gravures de 9 lignes de largeur & d’autres de 8 lignes. Chaque gravure repréfentée par le chiffre qui défigne là largeur, eft féparée par une petite ligne. Ces petites lignes repréfentent les barres dont l’épaiffeur eft marquée par la quatrième colonne des chiffres ; ainfi l’on voit qu’il y a un nombre de barres qui font de 8 lignes d’épaiffeur, d’autres de 7 & d’autres de 6 lignes. 'Aux deux extrémités de la Table , en haut & en bas, on voit une triple ligne qui défigne répaiffeur de 22 lignes que doivent avoir les traverfos des chaffîs des 4 Sommiers, fans compter les Dentlcules.
- 494. La fécondé Table eft de même que la première à 4 colonnes de chiffres qui ont la même lignification que ceux de la première. On y voit les doubles petites lignes de deux en deux chiffres, pour faire voir que les deux Sommiers des Defius, dont cette Table contient les mefures, ne font qu’à double gravure dont celle marquée d’un B, de deux en deux, eft deftinée pour la fuite de la Bombarde Sc des autres Jeux qui doivent jouer for la même gravure ; Sc l’autre qui refte de deux en deux eft deftinée pour la fuite de tous les autres Jeux. Les deux premières colonnes de. chiffres defîgnent , comme à la première Table , l’ordre de la foite des tuyaux de chaque Jeu.
- 49^. U faut remarquer que les barres de ce Sommier des Deiïiis font beaucoup plus épaifïès que celles des Sommiers des Baffes ; parce que ceux-ci ayant de triples gravures , les tuyaux doivent s’y trouver affez au large ; car il faut compter les efpaces de trois en trois gravures. Les Sommiers des Defius n’étant qu’à doubles gravures, & les efpaces ou l’écartement des tuyaux ne devant fe compter que de deux en deux gravures, il a été néceflàire de faire les barres affez épaiffes pour que les tuyaux foient affez au large. De cette plus forte épaiffeur des barres dans le Sommier des Defius, il fuit qu’il doit être plus long que le Sommier des Baffes , puifqu’elles font dans l’un Sc dans l’autre en pareil nombre de 29 ; parce que les 29 de celui-là ayant dans leur totalité 7 pouces plus d’épaifleur que les 29 de celui-ci, elles rendent l’un de 7 pouces plus long que l’autre. Auffi voit-on au bas de la première colonne, que le Sommier des Baffes n’a que 41 pouces de longueur, & au bas de la féconde colonne, que le Sommier des Defius en a 48. 49(5, La troifieme Table défigne l’ordre Sc les largeurs desRegiftres Sc faux-
- Regiftres ,
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- Se cl. IL Conjlruclion du gr. Sommier. En faire la Réglé. 163 Regiftres; elle eft à quatre colonnes. La première marque Tordre des Jeux fur le Sommier où Ton a obfervé les réglés des articles 413 & 414 , pag. 130. La fécondé colonne contient les noms des Jeux. La troifieme , la largeur de chaque Regiftre , qui eft placée vis-à-vis de fon Jeu. Les petites lignes qui féparent chaque Regiftre , défignent les faux Regiftres , dont les largeurs font marquées dans la quatrième colonne ; elle eft terminée en haut & en bas par T épaiffeur des bat-tans du Chaffis : il faut obferver que tous les chiffres dans ces trois Tables, qui mar quent les largeurs des gravures , les épaiiïèurs des Barres & des Chaffis, les largeurs des Regiftres & faux-Regiftres, lignifient des lignes du pouce du pied-de-Roi : du refte, il n’y a quune Table des largeurs desRegiftres & faux Regiftres, parce quelle eft la même pour les quatre Sommiers, lefquels doivent être également larges.
- 497. Les mefures & dimenfions des quatre Sommiers étant écrites fur le papier, à-* peu-près comme je viens de le faire voir, il s’agit de les tracer fur deux réglés de bois, ce qu’on appelle faire la Réglé du Sommier. A cet effet, on fera deux tringles ou réglés de bois uni, comme de noyer bien fec, ou au moins de chêne ; Tune de 6 pieds 4 pouces de longueur, & l’autre de 3 pieds 6 pouces ; toutes les deux au- " ront 3 ou 4 lignes d’épaiffeur, fur environ 2 pouces ou un peu plus die largeur. L’épailfeur Sc la largeur de ces réglés eft fort arbitraire. On les tirera exactement de largeur ÔC d’épaifleur ; on les dreftèra & unira bien à la varlope ; mais il ne faut jamais les racler ; parce qu’on ne pourroit plus écrire nettement deftiis. Sur celle de 6 pieds 4 pouces, Fig. 1. PL 54, on tracera vers le bout avec une -pointe fine deux perpendiculaires ou lignes à l’équerre à 22 lignes de diftance de Tune à l’autre, conformément à la troifieme Table ; enfuite à 18 lignes, on en tracera une autre, qui marquera le premier Regiftre ; à 8 lignes de celui-ci, on tracera une autre ligne , qui fera avec la précédente la largeur du faux-Regiftre ;
- à 18 lignes plus bas , on en tracer a une autre ; ce fera le fécond Regiftre ; ainfi des autres Regiftres & faux-Regiftres, jufqu’au trentième Regiftre inclufivement, & Ton finira par le Chaffis marqué 22 lignes. Dans toutes ces opérations on aura deux compas à pointes fines. On marquera avec l’un les largeurs des Regiftres, & avec Tautre les largeurs des faux-Regiftres, & on aura foin de prendre fur un bon pied-de-Roi le plus exaétement que Ton pourra le nombre des lignes indiqué dans la Table.
- 498. Tous les Regiftres & faux-Regiftres étant tracés, on marquera un petit trait de chaque côté au milieu de chaque faux-Regiftre, comme Ton voit dans la Fig. 1, ce qui défigne la largeur des Chapes ; mais il faut obferver que ce petit trait ne doit pas être au milieu fur tous les faux-Regiftres. Il y en a quelques-uns où il eft de quelques lignes plus à côté ; c’eft entre les ij & x6Q Regiftres, entre les 16 & 17e , entre les 20 & 2,1e, & entre les 24 & 25e Regiftres. La raifon en eft qu’en ces endroits, il eft néceflàire que la Chape foit plus large , pour contenir le nombre des tuyaux fur marche qui doivent y être
- Orgues. IL Partie. T t
- Planche
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-
- Planche
- Î4-
- 164 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie, Chap. I.
- - pofés. U faut encore remarquer dans la figure première, une ligne ponétuée fur le premier Regiftre & fur le trentième ; cette ligne lignifie que les battants du Chaffis des Sommiers, qui ne font marqués que de 22 lignes d’épaiflèur, doivent avoir réellement 26 lignes. Ces 4 lignes de plus font pour les Denticules qui auront 4 lignes de profondeur ; & la railon pour laquelle on ne marque que 22 lignes for ces deux bouts de la Réglé, eft que ces 2 2 lignes défignent la largeur des premier & dernier faux-Regiftres.
- 499. Quand on aura ainfi tout tracé, on fuivra tous les traits avec une plume & de l’encre, & on écrira le nom de chaque Jeu, aulfi bien que Ion numéro, qui fera voir la place 8c le rang qu’il doit tenir fur le Sommier.
- 500. Sur l’autre face de la même réglé yfig, 2, on tracera, par des perpendiculaires, les deux traverfes,les gravures & les barres des deux Sommiers des Baffes corn formément à la première Table de la page 161. On fe fervira de deux compas, l’un pour les gravures, & l’autre pour les barres. On y écrira tous les chiffres, comme ils font marqués dans la Fig. 2, auffi bien que les B, de trois en trois gravures. On fuivra avec la plume & de l’encre tous les traits. On fait déjà que les B, lignifient les gravures de la Bombarde & des autres Jeux qui doivent raccompagner. Sur la fécondé réglé de 3 pieds 6 pouces, fig. 3 , on tracera les traverfes, les gravures & les barres, félon les mefores marquées dans la fécondé Table de la page 161 , le tout comme on le voit dans la Figure 3.
- y 01. Sur un bout de la réglé de 6 pieds 4 pouces, & for la face ou l’on a tracé les gravures & les barres du Sommier des Balles , fig. 2 , on marquera les dimen-fions des autres parties du grand Sommier : fàvoir la profondeur de la Laye , la longueur des Soupapes, avec celle de l’ouverture qu’elles doivent boucher ; la place & la grandeur des grands Flipots ; les largeurs de toutes les Soupapes & le nombre de chaque efpece, auffi bien que leur hauteur ou épaifleur ; 8c enfin la hauteur de la Laye.
- y 02. Dans les quatre Sommiers, la profondeur intérieure de la Laye doit être de 1 y pouces , à compter du bord antérieur du Chaffis, comme s’il n’y avoit point de feuillure. La longueur des Soupapes fora de 12 pouces. L’ouverture des gravures à compter du bord intérieur du Chaffis, ou des Denticules du Chaffis anterieur jufqu’aux Flipots, fera de 11 pouces 4 lignes ; les grands Flipots feront donc po-fes à x 1 pouces 4 lignes du bord intérieur des Denticules du Chaffis anterieur , & ces Flipots auront 3 pouces de largeur. A18 lignes du bord anterieur de ces grands Flipots, on marquera par une croix de S. André l’épaiffour ( qui eft un pouce ) de la planche du derrière de la Laye ; comme il y a dans les quatre Sommiers des gravures de quatre largeurs différentes, il faut auffi des Soupapes de quatre différentes largeurs. Il en faut 16 de 12 lignes de largeur, 52 de 11 lignes, 28 de 10 lignes , & 24 de 9 lignes ; ce qui fait en tout 120, dont la moitié qui eft 60 , auront 16 lignes & demie de hauteur, & les 60 autres en auront iy. La hauteur intérieure de la Laye aura 6 pouces. On voit toutes ces mefures marquées for la Figure 2 de la réglé de 6 pieds 4 pouces.
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- Secl. IL Confiruclion dugr. Sommier. En débiter les bois. 165 503. La longueur de l'ouverture des gravures étant de II pouces 4 lignes, &les Soupapes ayant 12 pouces de longueur, il s’enfuit quelles recouvriront la longueur de l’ouverture de 6 lignes du côté de la queue & de 2 lignes du côté de la tête. La Laye ayant 15 pouces de profondeur , il reftera 1 pouce pour les queues des Soupapes qui auront 1 pouce de peau auxdites queues. La Laye ayant, comme je viens de le dire ,15 pouces de profondeur fur 6 pouces de hauteur intérieure , elle aura 90 pouces quarrés de capacité. Pour rendre les Soupapes des Sommiers des Baffes toutes uniformes pour leur hauteur , j’ai pris pour mefiire celles de 11 lignes de largeur, parce qu’elles font en plus grand nombre. Or la proportion ordinaire eft de leur donner pour leur hauteur, une fois & demie leur largeur ; c’eft pourquoi je leur donne 16 lignes & demie. Les Sommiers des Def-fes ont leurs Soupapes de trois différentes largeurs, fçavoir de 11, de 10 & de p lignes. Je choifis la mefure de leur hauteur fur celles de 10 lignes pour prendre un milieu; ainfi j’ai marqué 15 lignes de hauteur pour toutes les Soupapes des Sommiers des Deflùs. Du relie, j’ai déjà dit, que les Soupapes fe font toujours de trois lignes plus larges que les gravures quelles doivent boucher.
- y 04. La Réglé du Sommier étant finie, il s’agit de choifir & débiter le bois pour conftruire le Sommier. Le bois qu’on appelle chêne de Hollande, qui vient de la Norvège par la Hollande, eft celui qu’il faut préférer à tout autre comme étant le plus propre pour un Sommier. Il doit être bien fec, fans aucune gerçure, ni nœuds , ni aubier, ou aubour. Il faut choifir le plus ferme pour les Barres, les Chaffis &les Regiftres. Les Barres feront meilleures fi on les tire de planches qui feroient fciées originairement de l’épaiffeur convenable, plutôt que de les refendre d’un gros madrier. En général le bois qu’on emploie dans là dimen-fion naturelle , efl: moins fujet à travailler ou s’envoiler, parce qu’ayant été fcié tout vert, il a eu tout le temps de fe confolider 8c de faire tout fbn effort en fé-chant. Le vieux bois qu’on tire des démolitions des vieilles maifons , doit être ordinairement rejetté ; à caufe qu’ayant perdu toute fà feve ou une certaine füb-ftance qui contribue à en lier & affermir les fibres , il eft devenu cafïànt, & eft même ordinairement plus fùjet à s’envoiler ou fe gercer que du bois neuf bien fec. Le bois de chêne de France eft encore fort bon, s’il eft doux & de fil droit. Il faut bien fe garder d’employer dans un Sommier du bois tranché , noueux , gelif, échauffé , &c. Le bois de noyer, qui eft ii propre pour les meubles, n’eft pas fi bon pour un Sommier que le bois de chêne. Cependant on peut s’en fer-vir fi l’on ne peut pas fe procurer de chêne.
- yoy. Si l’on fe trouve dans des endroits où il ne foit pas poffible d’en avoir de bien fec, on peut fe tirer d’affaire par cet expédient : on fera abattre des arbres de chêne dans une forêt, vers le mois de Décembre ou de Janvier ; on les fera /auffi-tôt refendre tout verts en planches de l’épaiffeur convenable. On mettra toutes ces planches fous l’eau, où elles demeureront environ deux mois ou un peu plus. On les ôtera de l’eau, & on les mettra toutes debout appuyées contre la
- Planche
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- 166 FACTEUR D'ORGUES, Il Partie. Chap. I
- muraille fous un hangard où le foleil ni la pluie ne puiflènt pénétrer. Il faut les arranger de façon que, s’il eft poflible , elles ne fe touchent pas. Quand ces planches auront pafle là tout l’Été, on pourra les débiter pour les Corroyer au commencement du Printemps foivant. Cependant on ferabien d’attendre plus long-tems à l’égard des planches qui feroient fort épaiffes, comme de 3 ou 4 pouces. On fait par l’expérience qu’on en fait & que j’en ai faite moi-même, que le bois qui a féjourné un certain temps dans l’eau , féche enfoite fort vite.
- y o6. On débitera toutes les pièces dont doit être compofé le Sommier ; fça-voir, les quatre Chaflis, compofés de quatre pièces chacun ; 120 Regiftres, dont le bois doit être ferme , liant & de fil droit ; les quatre Tables compofées chacune d’un nombre de pièces ; 120 Chapes ; 116 Barres ; les quatre planches desBourfottes ; celle du derrière de la Laye ; les 8 portes des Layes ; 120 Soupapes , dont le bois doit être choifi, qui ne foit point gras, pas trop dur, & qui foit de fil droit. Le bois de chêne n’eft pas tout précifément de la même couleur. Le plus rembruni eft ordinairement le plus dur & le plus pelant ; il eft plus ftijet à fo tourmenter que celui qui eft plus blanc & plus doux à travailler. C’eft celui-ci qu’il faut choifir pour les Soupapes.
- y07. Il ne faut pas manquer, en débitant le bois , de donner de l’avantage à toutes les mefiires prifes fur la réglé du Sommier ; c’eft-à-dire , que toutes les pièces doivent être plus épaifles , plus larges & plus longues qu’il ne faut, afin qu’on puifîe bien corroyer le bois. Tout étant débité, on empilera toutes les pièces en un endroit où le foleil, ni la pluie, ni aucune humidité ne puiflènt pénétrer ; & on laiflera repofer le tout pendant quelque temps, for-tout une partie de l’Été. Enfoite on corroyera toutes les pièces, & on les mettra dans leur jufte me-fore, conformément à la réglé du Sommier. S’il y a quelque piece défeétueufo , on la rejettera & on en fera une autre. Dans un Orgue tout s’emploie. Ce qui n’eft pas propre à une chofe, peut fervir pour une autre.
- a y08. Les huit battants des chaflis des quatre Sommiers étant corroyés, 8c mis à 3 pouces & demi de hauteur & de l’épaifleur marquée for la Réglé du Sommier , on prendra un des battans des Chaflis des Bafles ,ony appliquera le champ de la Réglé des gravures du Sommier des Bafles, & on marquera avec juftefle toutes les gravures pour faire les denticules, qu’on tracera d’un coup de truf-quin de 4 lignes de profondeur. On appliquera enfoite contre ce battant les trois autres battants qui doivent être égaux; & au moyen du triangle, on tracera les denticules for les quatre enfemble. On tracera en même-tems les doubles mor-taifes des bouts 9figm 6. PL 3 6, & celles de quelques Barres V9 V, qui doivent être aflemblées au Chaflis : ( ces Sommiers font aflez grands pour en mettre trois : ) on préfentera enfoite la Réglé des gravures des Sommiers des Deflus for un des battants des Chaflis des Deflus, & après en avoir pris tous les points, on tracera for les quatre battants enfemble les denticules & les mortaifes. On prendra enfoite une des traverfes Y, des Chaflis des Bafles ; on y préfentera le champ
- de
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- Secl. IL Confiriicl. d'un grand Sommier. En monter la grille. 167 de la Reo-le des Regiflres, pour y marquer les arrafements des doubles tenons Z ' ~
- v ô o r / X r n 1 1 . PLANCHE
- Sc Z y qu’on tracera for toutes les huit traverles enlemble ; car elles doivent ^6. être toutes égales. On tracera en même-temps les quatre mortaifos que l’on voit for la traverfe Y de la fig, 6.
- 509. Toutes les mortaifes, les denticules & les tenons étant faits & finis, auflt bien que la feuillure fur le bord antérieur d'un des battants de chaque Sommier du côté où doit être la Laye, on montera les quatre Chaffis avec les trois barres qui doivent y être aflèmblées. On mettra abondamment de la colle à tous les affem-blages, quil faut exécuter fi bien , qu'il ne faille ni fergents ni prefîes pour les faire joindre parfaitement. Il faut remarquer que quand on veut travailler le bois bien jufle, on ne doit jamais faire d'aflemblages forcés ; il faut que tout puifle s'aflembler à bien petits coups de maillet & prefque à la main, fans que les mortaifes faflent aucun renflement, ni que les tenons diminuent en aucun fens.
- Quand la colle fera bien feche, & non plutôt, on chevillera à la colle tous les aflembiages.
- 510. Après avoir coupé toutes les barres de la longueur précifo, &bien à l’équerre de chaque bout, on marquera le fil du bois ; c eft-à-dire, le fens dans lequel on a pouffé la varlope lorfonW* les «. droifëcs fur leur champ ; on les mettra en place, obfèrvant de les pofer, en forte que le fil du bois fe trouve dans le même fens, ou bien, comme ces Sommiers font grands, on en mettra la moitié , en forte que le fil du bois foit dans un fens , & l'autre moitié en un fons contraire, afin d’avoir la facilité de les affleurer, fans rifquer de rencontrer des rebours & de faire des éclats. Les barjres doivent être tellement ajuftées dans leurs denticules, qu’elles ne foient pas abfolument forcées ; mais qu’elles y joignent bien. En les pofànt, on mettra de la colle dans les denticules, & on trempera dans le pot à colle les deux bouts de la barre. Il faut faire en forte que les barres defàffleurent un peu le Chaflîs par-deflùs & par-deflous ; c’eft-à-dire , qu'elles foient plus larges que la hauteur du Chaflîs.
- 5 ir. Il arrive bien fouvent que quand on pofe dans les denticules des barres auflî longues ( de 71 pouces 7 lignes ) , elles ne fe maintiennent pas bien droites , n'étant retenues que par les deux bouts ; ce qui ne peut faire que des gravures fort irrégulières ; pour obvier à cet inconvénient, on fera deux réglés d'environ 3 lignes d'épaifleur & de 1 ou 2 pouces de largeur, for lefquelles on tracera les barres & gravures conformément à la Réglé du Sommier. On clouera d'une façon, à être déclouées facilement, ces deux réglés A, B & C, D , fig. 4 ,
- PL 54, aux travers des barres for les deux traverfes du Chaflîs du Sommier, en Planche forte qu’elles le divifont en trois parties égales. Il faut obforver de mettre un mor- **• ceau de carton ou de bois mince deflous chaque bout de ces réglés, avant de les clouer, afin de les relever foffifàmment, pour que les barres defàffleurent le Chaflîs aux deux faces du Sommier. U eft néceflàire encore de pofor ces réglés du cote oppofé à celui où l'on doit mettre la Table. Quand on pofera les barres, on Orçj/es. II. Partie, V v
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- Planche
- Si-
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- les fera entrer par-defliis le Chaflîs dans leurs denticules ; & lorlqu’il y en aura plufieurs en place & collées par les bouts, comme j’ai dit dans l’art, précédent, on retournera le Sommier pour les arrêter dans leur longueur au moyen des pointes qu’on fichera fur les réglés , faifont convenir exactement les barres aux traits qu’on aura marqués for les régies , ou plutôt fur leur champ , ce qui fera plus jufte & plus commode. Ces réglés doivent relier ainfi en place jufqu’à ce que la table foit pofée.
- 512. Les barres étant toutes pofées & la colle bien feche , on paffera la varlope fur toute la forface où doit être pofée la table , pour affleurer les barres avec le Chalîis. O11 les dreflera avec foin , en forte qu’en y préfentant en tout fens une réglé bien drelfée, elle touche toutes les barres & le Chaffis. La grille du Sommier en cet état fera prête à recevoir la table qu’il s’agit de faire auparavant.
- 513. Il faut choifir des planches de bois de chêne , fans aucun nœud ni rebours ni gerçures, & qui foit de fil droit. On débitera toutes les pièces dont la table doit être compofée , faifimt en forte que tous les joints fe trouvent toujours recouverts par les faux-Regiftres. Ces pièces feront mieux fi elles ne font pas bien larges , mais feulement depuis 3 ou 4 pouces jufqu’à 7 à 8 tout au plus. On refendra ces planches de long à j à 6 lignes d’épaiffeur , foppofé que le bois ait plus d’épaiffeur qu’il ne faut. On les tirera de largeur avec foin, & on les mettra à l’épaifleur tout au plus de y lignes. On les unira parfaitement d’un côté ; on fera les joints avec exaélitude, & enfoite on les préfontera en leur place for la grille du Sommier, où on les arrêtera légèrement par quelques pointes. On obforvera toujours que le fil du bois foit dans le même fons dans toutes les pièces.’ On y préfontera la Réglé pour examiner fi les joints feront tous recouverts par les faux-Regiftres. On tracera par-delfos au moyen de la Réglé des gravures, une ligne au crayon, vis-à-vis du milieu de chaque barre. On tracera auflî tous les faux-Regiftres. On ne fait tous ces traits que pour défigner la place où l’on doit ficher chaque pointe lorlqu’on pofera la table. Tous ces traits & lignes font repréfen-tés dans la fig. y. Plan, y4. Avant d’ôter toutes ces pièces de la table , on y fichera toutes les pointes qui doivent y être, fons pourtant quaucune perce toute l’épaifleur. Ces pointes de fer doivent être à tête , avoir un pouce de longueur , & être groffes à proportion. Enfoite on établira toutes les pièces de la table ,• on les ôtera & on les arrangera commodément pour les reprendre lorf-qu’il faudra les coller, ce qu’il faut faire au plutôt, de peur que quelque piece ne fo tourmente.
- y 14. Comme l’on fait une confommation confidérable de colle dans la faélure de l’Orgue, & que la folidité d’un grand nombre de pièces & de machines dépend de fo bonne qualité, il eft à propos avant de paffer outre, d’en parler. Il eft plufieurs elpeces de colle forte , ( car celle-ci eft la foule dont il faut fo forvir ) ; celle d’Angleterre eft fons contredit la meilleure, celle qui foifonne davantage & qui fait par conféquent le plus de profit, quoique la plus dbeie , & celle avec
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- Sedt.U. Conflrucl. du gr. Sommier. Faire la Colle. 169
- laquelle on travaille le plus proprement. On fait de la colle - forte en plufieurs Villes du Royaume ; mais elle eft plus noire , n’abonde pas tant, & ne tient pas û bien. Il y a une autre efpece de colle qui nous vient fous le nom de colle de Flandres ; elle n eft pas propre aux ouvrages de TOrgue, parce quelle ne tient pas fi bien que les deux autres. On doit en faire provifion à bonne heure , afin de l'entretenir bien feche ; fi elle refte long-tems humide, elle perd de fa bonté & de là force. Pour la faire fondre, on la caftera à petits morceaux dans une ef* pece de boîte de bois pour que les morceaux ne làutent point ; on en perdroit beaucoup fans cette précaution. Le fond de cette boîte eft tant foit peu concave. Uy a une efpece de contre-moule de bois allez maffif, qui eft tant foit peu convexe en deflous, & ce morceau de bois remplit entièrement la boîte. On met la feuille de colle dans le fond de la boîte, on pofe le contre-moule par-deflus la colle, & on donne quelques coups de maillet litr ce morceau de bois qui cafte la colle à petits morceaux fans quil s’en perde un feul. Toute cette opération eft faite dans un moment. Du refte, cette boîte à cafter la colle n’eft qu’un gros morceau de bois dans lequel on fait un creux d’environ 8 pouces de longueur, fur 6 pouces de largeur & 4 ou y pouces de profondeur.
- On mettra cette colle ainû caïTée dans le pot à colle ou dans un chaudron , fi l’on, a befoin d’en fondre une quantité confidérable ; on y mettra une quantité d’eau , enlorte que la colle en foit couverte d’environ 2 pouces , & on mettra tout de fuite le pot ou chaudron fur le feu. On ne fera point tremper du tout la colle d’avance, comme beaucoup d’Ouvriers le pratiquent. La colle, par cette méthode, perd d’autant plus de fà qualité qu’on la fait tremper plus long-temps. Il ne faut pas que le pot à colle ou le chaudron foient immédiatement fur le feu, mais dans un autre vafe plein d’eau, ce qu’on appelle bain-marie. Voyez le pot à colle repréfenté fig. 92 .PL 12 , & fà defcription, art. 117, pag. 34. Il eft des Ouvriers qui prétendent qu’il eft mieux de faire la colle au feu fàns bain-marie. Il eft certain qu'alors elle eft bien-tôt faite, pourvu qu’on la remue continuellement ; ils ne fe fervent du bain-marie, que lorfqu’il s’agit d’employer la colle. A rnefùre quelle fondra , on la remuera prefque toujours avec une fpatuie de bois blanc, comme de tilleul ou peuplier, mais non defapin ou de chêne. Quand la colle fera fondue, onlafera bouillir hors le bain-marie quelque temps pour la cuire; & fi elle écume, on jettera l’écume. La colle étant fondue doit être liquide, bien coulante & très-nette. A cet effet, on fera bien de la paflèr au travers d’un linge , comme plufieurs Ouvriers le pratiquent. On fera grande attention qu’il ne s’en attache point au fond du pot. Si l’on trouvoit que la colle fût trop épaifte, on y remettroit de l’eau, & fur tout de l’eau chaude & nette.. On prétend qu’il n eft pas indifférent de fe fervir de toute forte d’eau pour fondre la colle. On croit que celle de rivière ou de fontaine doit être préférée à celle de puits, ou de marais ou d’étang. On doit être encore averti que la colle eft fujette à fe tourner, & qu’il n y a que les hommes qui doivent la faire.
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- On ne doit fondre de colle que la quantité que Ton peut employer pendant huit jours. Si elle fe moifit; elle perd toute là force Sc ne vaut plus rien. U y en a qui y mêlent un peu d’eau-de-vie pour qu’elle le conferve plus long-temps. On la fera durer quelques jours de plus , fi on la fait fondre de temps en temps , quoiqu’on n’en ait pas befoin. On aura foin de jetter l’eau du bain-marie lorfqu’on ne fe fert point de la colle.
- Il eft encore une autre efpece de colle qui eft plus forte que celle d’Angleterre Sc plus blanche ; mais elle eft au moins au double plus chere que l’autre, ou plutôt elle revient au quadruple du prix, parce qu elle ne foilbnne pas de beaucoup autant que celle d’Angleterre. C’eft la colle de poifton dont je veux parler. On ne s’en fert point dans la faélure de l’Orgue. Cependant, au cas qu’on voulût en faire quelque ufàge pour quelque choie de particulier & de conféquen-te , voici la façon de la préparer. Comme cette colle eft en façon de fort parchemin , on la battra fur un tas de fer à bons coups de marteau jufqu a ce quelle commence à fe déchirer ; alors on la coupera avec des cifeaux à petits morceaux. On lavera bien toute cette colle avec de l’eau nette; on jettera cette eau* Sc on fera tremper cette colle dans d’autre eau nette pendant une nuit. Enluite on la fera bouillir dans un pot de terre, jufqu à ce que tout loit bien fondu. On la paflera au travers d’un gros linge ; lorfqu’on voudra s’en fervir * on la fera fondre à l’ordinaire au bain-marie. Si au lieu de faire fondre cette colle avec de l’eau * on y mettoit de l’eau-de-vie, elle feroit encore plus forte.
- yiy. Tout étant prêt, on pofera les deux extrémités de la grille du Sommier fiir les bords de deux établis qu’on approchera fùffifamment l’un de l’autre; voyez la Jîg. ri de la PL 3*4. On mettra à terre au-defîbus du Sommier quelques réchauds de feu, pour que la colle dont on va fe férvir ne fe fige pas trop vite. Enfiiite le pot à colle étant à portée, on enduira de colle avec un grand pinceau le deflbus de la première planche de la table ; on en mettra également fur la partie des barres que cette piece de la table doit recouvrir. On appliquera promptement celle-ci fur fà place, en la faifànt un peu aller Sc venir en tout féns pour ôter la colle fuperflue Sc en chaiïer l’air qui pourrait fé trouver enfermé dans les fùrfaces ; & on enfoncera avec diligence toutes les pointes. Comme il eft nécef-faire d’appliquer promptement chaque piece de la table, Sc d’enfoncer les pointes avec toute la diligence poilîble, on aura la précaution d’être 3 ou 4 ou y per-fonnes, autant que l’on pourra s’y placer fans s’embarraftèr ; chacun aura fon marteau , Sc travaillera à enfoncer des pointes. On aura aulîî des tenailles à portée pour arracher promptement les pointes qui fe replieront, pour en fùbftituend’au-tres en leur place.
- 51 ri. Avant de coller la féconde planche de la table, on ôtera avec grand foin toute la colle qui fe trouvera fur les barres auprès de la première planche Sc fur la face de fon joint ; afin que rien n’empêche que la féconde planche ne joigne parfaitement Sc fur les barres Sc contre la première. Si Ton veut s’épargner
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- Secl. IL ConftruB. du gr. Sommier. En faire les barres, SCc. 17 e ce foin, on fera une planche de toute la longueur du Sommier de 7 à 8 pouces de largeur, & de l’épaifleur de la table. On la dreflera bien en delfous & d’un bord* Cette planche étant faite , on préfentera la fécondé piece de la table contre la première , & cela fans colle ; on mettra la planche contre cette piece de la table , qui la ferrera bien contre la première piece , & on arrêtera la planche en cette fitua-tion par une pointe à chaque bout ; on ôtera la fécondé piece de la table ; on y mettra de la colle auffi bien que fur les barres , comme la première fois, fans oublier la partie qui doit joindre contre la première planche. On appliquera cette fécondé à là place , en la failànt un peu aller & venir ; la planche la tiendra bien pouftee contre la première piece. Enfiiite on enfoncera promptement les pointes comme à la première. On ôtera la planche , on préfentera la troifieme piece de la table , on arrêtera la planche contre celle-ci, & on collera cette troifieme piece. On continuera ainfi jufqu’à ce que toutes les planches qui doivent corn-pofer la table {oient pofées & clouées.
- y 17. Il eft bon d’obferver quil ne faut pas manquer de ficher des pointes aux deux côtés de chaque joint, comme on le voit aux figures 6 & 10 , de la PI. 54.Par ce moyen, ces joints nefe fépareront jamais. Si quelqu’une des planches dont la table eft compofee fe trouvnît large pour contenir 2 , 3 , ou 4 Regiftres , il faut mettre une rangée de pointes deiîous chaque faux-Regiftre, comme on peut le voir en K, K , &c. Fig. 2 , PI. 34 ; & même fi quelque Regiftre fe trouvoit fort large, ( ce qui n’a pas lieu au préfent Sommier ) , il faudroit mettre une rangée de pointes au milieu de fa place. Du refte, il faut toujours entendre qu’on doit mettre une pointe fur chaque barre dans chaque rangée des pointes, & deux rangées fur la partie de la table qui couvre le Chailis.
- 518. A mefure qu’on fichera des pointes, un autre Ouvrier en repouflera d’une ligne de profondeur toutes les têtes avec un repoufioir , fi g. 12 , PL ^4, où il eft repréfenté à demi-grandeur, & dont le bout inférieur doit être un peu creux & de la groflfeur des têtes des pointes. La raifon pour laquelle on doit repouiler au plutôt les pointes, eft que la collé n’étant point encore entièrement figée, il peut y avoir des endroits où cette opération fera mieux appliquer la table contre les barres. Eoye^ les art* 294 & 29^ , pag. 89 & 90, avec les figures qui y font citées. Il faut au refte entendre que tout ce que j’ai dit ci-deflus, a lieu pour
- * les trois autres parties du même Sommier, & qu’après avoir appliqué la table fur l’une, on doit de même la mettre aux autres.
- 519. j’ ai fait remarquer, art. 296, pag. 90 , qu’il y a une autre maniéré de monter ce commencement du Sommier, qui eft qu’on commence par coller en-femble toutes les pièces de la table, & après l’avoir bien replanie d’un côté, on la colle & on la cloue fur les quatre pièces du Chaffis & fur les deux ou trois barres qui y font déjà aflemblées. On y met enfùite les autres barres l’une après 1 autre, voici comment : on fait d’abord un infiniment, qui confifte y fig. 9. PL
- 54, en une tringle bien droite, a b, de 6 à 7 lignes d’épaiffeur , un peu Orgue. IL Part. y -
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- U .j'j1.1*1 jg moins large & un peu moins longue que les barres du Sommier ; on la colle 8c on la Planche cloue bien folidement fur une planche c d, d’environ trois pouces de largeur 8c ** plus longue que toute la largeur du Sommier. On arrête cet Infiniment fur l’établi par un valet à chaque bout; l’Inftrument étant prêt, on met de la colle fur la table au-dedans du Sommier , à l’endroit où la barre doit être placée, aufïi bien que dans les deux denticules ; on en met encore le long de la barre 8c aux deux bouts , on la pofe dans fa place, on retourne le Sommier, & on le pofe de façon que la barre porte bien fur la planche c d, & quelle appuyé en même-tems contre la ' tringle a h. Celle-ci fert à faire tenir la barre bien droite pendant qu’on la cloue,
- pourvu qu’on ait foin de mettre le bouge de la barre, s’il y en a, vers la tringle. Alors on la cloue tout le long en fichant des pointes à tous les endroits marqués , afin que, comme je l’ai dit précédemment, les pointes fe trouvent recouvertes par les faux-Regiftres. Quand une barre ell bien arrêtée, on retourne le Sommier , &fif on voit de la colle en quelque endroit où doit être pofée la barre fin vante, il faut l’ôter foigneufement ; enfuite on fera la même opération pour la féconde barre & pour toutes les autres ; c’eft-à-dire, qu’il faut retourner le Sommier deux fois pour chaque barre ; d’abord pour y mettre la colle, 8c la placer, & encore pour la clouer. Chacun choîfira de ces deux maniérés de monter ce commencement du Sommier celle qu’il jugera la plus commode ; chacune a fon avantage ; il me paroît que la première méthode eft préférable ; mais aucune ne di£ penfe des obfervations de l’art. y17.
- 520. Toutes les pointes étant repouffées, il faut pofer le Sommier debout, appuyé contre un mur ou autre chofe, & les gravures en dehors, ayant la précaution de le mettre de façon qu’il ne puiffe point gauchir ; on le garantira du foleil ^ & de l’humidité. Il faut le laiiîer ainfi jufqu’à ce que la colle foit parfaitement
- féche. Enfuite on l’encollera de la maniéré fuivante.
- y21. On le pofera fur un établi, la table en deflous & bien de niveau. On ôtera les deux régies qui n’y font plus nécelîaires pour retenir les barres. On remplira de colle bien chaude 4 ou y ou 6 gravures, & après l’avoir laifîee un peu de temps, comme un quart de minute, & l’avoirunpeu remuée avec un pinceau dans chacune de ces 4 ou y ou 6 gravures, on la vuidera dans un chaudron en inclinant le Sommier jufqu’à le renverfer. On l’égouttera foigneufement, on l’aidera même avec le pinceau ; enfuite on remettra de la colle (autre que celle * qui a déjà fervi, qui ne feroit pas allez chaude ) dans d’autres gravures , on la vuidera de même. On fera la même opération à toutes les gravures, ayant foin de les bien égoutter; enfuite on remettra le Sommier debout contre la muraille comme la première fois. Quand la colle fera bien féche 8c quelle fera bien dure, on encollera une féconde fois toutes les gravures de la même maniéré ; on aura foin toujours de mettre, le Sommier debout, de façon qu’il ne puilfe pas s’envoiler ; mais on le fera porter fur le côté oppofé à celui fur lequel on lavoit pofe la première fois : car quoique l’on faffe bien égouter la colle, il s’en ramalfe tou-
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- Secl. IL Conftr. du gr. Sommier. Encoller les gravures, SCc. 173
- jours un peu qui forme une petite croûte au bout des gravures.* En le pofant comme je viens de le dire fur un côté oppofé à la fécondé encollure, il £e trouvera une croûte égale de colle , aux deux bouts des gravures ; ce qui ne peut qu'y faire du bien. La raifon pour laquelle on encolle les gravures, eft pour boucher exactement les pores du bois & prévenir les emprunts. On les fait égoutter avec loin ; parce que s'il fe ramafloit de la colle en quelque endroit en aflez petite quantité, elle rifqueroit de fe moifîr & de fe pourrir. Alors la colle refte toujours humide, & ne lèche jamais bien.
- y22. Quand la colle fera devenue bien dure dans les gravures , on mettra le Sommier fur l'établi, les barres en deflous, & on dreffera la table avec la grande varlope à petit fer, afin de ne pas rifquer de faire des éclats. Il eft effentiel que la table foit bien dreflee & parfaitement unie. On le gardera bien de fe fervir d'aucun rabot ni racloir, ces outils gâteroient tout, parce qu'ils creuferoient. On voit à prélent pourquoi j'ai recommandé dans l’art. 713, de mettre toutes les planches de la table , en forte que le fil du bois le trouve dans le même lens. Sans cette précaution, il feroit prefque impoflible, ou du moins bien difficile, de bien unir la table. Afin de s'aflùrer fi la table eft parfaitement dreflee & unie, on préfentera, fig. 10. FL y4 ^ 1^ Sommier au loleil, en lui donnant une pente telle que la lumière de cet aftre affleure ou rafe la liirface de la table en travers & non en long. On appercevra alors les moindres défauts ; tous les coups de varlope paraîtront, fi on s'en eft fervi ayant trop de fer, ou file fer n'a pas été affûté aflez plat. Si l'on apperçoit des défauts, on les enlèvera en repaflant la varlope à plus petit fer affûté comme il faut.
- ^23. Quand on fe fera afluré que la table eft bien dreflee & bien unie , il s'agit d’y faire tous les trous néceflaires. Il faut d'abord déterminer comment chacune des quatre parties du Sommier doit être placée, pour favoir ou eft le devant & le derrière du Sommier, quel eft le bout ou fe mettent les premiers tuyaux ; & afin de s'entendre, il faut convenir que nous nommerons toujours le devant du Sommier le bord qui fe place du côté de la Montre de l’Orgue, & où l'on conftruit la Laye : le derrière eft le bord oppofé. Nous nommerons le côté des Baffes du S ommier, le bout où fe mettent les plus grands Tuyaux ; & le côté des Deffus, le bout où l'on place leur fuite ou les DelTus.
- 524. Quand on aura déterminé la fituation du Sommier, on préfentera à chaque bout où font les traverfes & par-deffus la table , la Réglé des Regiftres & faux-Regiftres, & par les points qu'on aura faits, on tracera des lignes à la pointe pour marquer la place des Regiftres & faux-Regiftres. On marquera aufli avec le crayon feulement d’autres lignes entre les faux-Regiftres, pour défigner la place des trous qui doivent être faits fur la table pour donner le vent aux tuyaux de chaque Jeu. Si un Jeu doit être pofé en droite ligne , on n'en tirera qu’une au milieu entre deux faux-Regiftres ; s'il doit être pofé en zig-zag, on tirera deux lignes ; mais il faut obferver en ce fécond cas, de ne pas mettre trop au bord du
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- Regiftre les trous qui doivent être grands ; on Paffoibliroit trop. Il faut quil refie toujours au moins y lignes au bord du Regiftre, après le trou fait de toute là grandeur, quil faut prévoir. On préfentera encore la Réglé des gravures des Bafles, fi l’on travaille fur un des Sommiers des Baffes, ou celle des Defîiis, fi l’on opéré fur un Sommier des Deflùs ; on préfentera, dis-je, cette Réglé fùr les bords du devant du Sommier , on en fera autant fur le bord du derrière, 8c après avoir marqué par des points le milieu de chaque gravure, on tirera des lignes au crayon d’un point à l’autre dans toute la largeur du Sommier. Ces lignes fe coupant avec celles qu’on aura faites entre les.faux-Regiftres, défigneront à chaque point d’interfeélion la vraie place de chaque trou.
- ysy. Comme le Sommier des Bafïès eft à triples gravures, il eft néceflaire de diftinguer celles qui doivent donner le vent aux Jeux de la Bombarde ; 8c celles fùr lefquelleson diftribuera les autres Jeux qui doivent jouer fur les doubles gravures, 8cc. Et afin de ne rien confondre, voici comment on pourra s’y prendre. Les lignes qui marquent le milieu des gravures de la Bombarde feront, fi l’on veut, en craie noire. Celles qui défignent le milieu de chaque première des doubles gravures , feront tracées avec la craie rouge , appellée fanguine : 8c enfin, la fécondé de chaque double gravure fera tracée avec la craie blanche ; on marquera enfùite d’un O , en craie noire, tous les points où les lignes noires fe coupent avec celles des Regiftres des Jeux de la Bombarde , & ces O défigneront la place de chaque trou convenable à ces Jeux ; on fera auffi des O, avec la craie rouge à tous les points où les lignes rouges fe coupent avec les Regiftres des Jeux qu’on a déterminé devoir être placés fùr la première des doubles gravures ; 8c enfin, on fera des O , avec la craie blanche à tous les points où les lignes blanches fe coupent avec celles des Regiftres des Jeux qu’on deftine à jouer fur la féconde des doubles gravures. On aura foin auffi d’écrire au crayon le nom de chaque Jeu fur la place de fon Regiftre. Les Sommiers des Deflùs n’ayant que des doubles gravures , il en faudra marquer une en noir, & ce fera celle de la Bombarde , & l’autre en rouge qui fera pour tous les autres Jeux.
- y26. Toutes ces opérations étant faites avec beaucoup d’attention 8c de juf-telle , on frappera chaque O d’un bon coup de pointeau. C’eft un poinçon aflez gros , affûté très-court, fg. 11. PL 54, où il eft repréfenté à demi-grandeur. On applique la pointe du pointeau fur le milieu de Y O , où l’on doit faire le trou, 8c d’un coup de marteau fur le pointeau on l’enfonce d’une bonne ligne; ce que l’on fait ainfi, afin que lorfqu’on fera le trou au même point, la meche du villebrequin foit mieux déterminée, & quelle ne s’écarte pas.
- y27. Il y a une obfervation à faire, avant de percer la table, au fùjet des Jeux des Cornets. J’ai dit à l’art. 180, page y 1, qu’on ne donne que deux Oéta-ves d’étendue aux Cornets, 8c qu’ils ne commencent qu’au C fol ut du milieu du Clavier. Dans le Sommier que nous décrivons , il y a yo marches. En numérotant chaque gravure, comme il convient, le C fol ut du milieu du Clavier, fe
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- trouvera fur la vingt-quatrieme gravure à un des deux Sommiers des Deflus, qui aura tous ces nombres pairs. Sur celui-ci, il faudra faire 14 trous, Sc omettre la première gravure, à laquelle il n’y aura point de trou pour les Cornets. A l’autre Sommier des Deflùs, dont les nombres font impairs, il n’y aura que 13 trous pour les Cornets, dont le premier trou fera for la 25e gravure ; par conféquent il faudra omettre les deux premières gravures , for lefquelles il n y aura point de trou pour les Cornets. Si nous n’avions pas retranché dans notre defoription le premier C fol ut diefe, il y auroit alors j 1 marches. Le C fol ut du milieu du Clavier fe troüveroit fur la if gravure , & il y auroit 14 trous fur le Sommier des nombres impairs, & 13 for celui des nombres pairs. J’ai cru d’autant plus néceftaire de faire faire toute cette obfervation, que j’ai vu des Orgues où l’on s’étoit trompé à percer comme il faut pour le Cornet.
- 5*28. Tous les trous étant ainfi marqués, on les percera avec une petite meche de villebrequin , de la grofleur du N°. 2 de la Plaque , fig. 62. PL 8 , qui contient toutes les grandeurs des trous des Sommiers & à laquelle nous aurons recours plufieurs fois. Ce qui étant fait, on repaflera en deux fens la grande varlope fur la table à très-peu dé fer pour emporter toutes les bavochures que la meche du villebrequin aura faites ; mais il ne faut enlever, s’il eft poffible, aucun copeau.
- y 29. Les Regiftres, comme je l’ai déjà dit, art. 299 , pag. 91, font des réglés de bois , d’un peu moins de 3 lignes d’épaiffeur. Ils font deftinés à ouvrir ou fermer le vent aux Jeux. On les pofo entre les faux-Regiftres. Il eft effentiel à leur fonétion qu’ils joignent parfaitement fur la Table. La pratique ordinaire de pref que tous les Faéleurs d’Orgues, eft de les doubler en deflbus d’une peau blanche , afin que le vent ne puifle pas s’échapper entre la Table du Sommier 6c le Regiftre. Il me paroît qu’il foroit à fouhaiter qu’on renonçât à cette pratique , à laquelle je trouve des inconvénients confidérâbles 6c qui méritent attention. 10. Le Regiftre, félon là fonétion, eft tantôt pouffe & tantôt repouffe. Ce mouvement caufe un frottement de la peau dont il eft doublé, contre la Table qui eft nécellai-rement poreufo, étant de bois. Cette peau s’ufe avec le tems par ce frottement. Il s’en détache continuellement de petites parties qui forment peu à peu un duvet, que le vent chafle dans les tuyaux, & qui s’attache à leurs lumières. Les tuyaux qui en reçoivent une certaine quantité ne parlent plus du tout. Ceux qui en reçoivent moins parlent mal, Sc ceux qui en reçoivent très-peu font au moins totalement difcords. 20. Une partie de cette ufore demeurant fous le Regiftre, celui-ci à force d’aller 6c de venir, en forme des rouleaux qui groffiflent peu à peu, & le tiennent élevé de tout leur diamètre au-deflus de la Table; ce qui produit des échappements de vent entre 1 un & 1 autre, & fait que les Regiftres deviennent quelquefois fort durs à tirer & à repouffer. 30. On eft obligé de changer de tems en tems cette peau pour remédier à tous ces inconvénients, ce qui eft une réparation confidérable & dilpendieufe. 4°. Quand il faut relever un Orgue, c’eft une augmentation confidérable de travail pour ôter le duvet quife trouve quelque-Orgues. IL Part. Y y
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- fois en grande quantité dans les pieds des tuyaux. U eft fort difficile de le faite fortir, lorfque les tuyaux font petits, à caufe que leur embouchure qui confifte en un trou au bout inférieur du pied, eft très-petite, & il eft rare qu'on en chaflè entièrement tous ces petits floccons.
- 530. Il fera donc beaucoup mieux de ne point doubler de peau les Regiftres , fi Ton peut trouver un expédient pour les faire fi bien plaquer contre la Table, que le Sommier fbit bien étanche. A cet effet, il faut que les Regiftres foient bien plans 8c d’une épaiffeur exactement égale d’un bout à l’autre. Or j’ai imaginé un Inftrument pour exécuter les Regiftres avec la précifion convenable 8c propre à rendre le Sommier bien étanche ; j’en ai fait l’expérience bien des fois ; je nomme cet inftrument une filiere. C’eft une efpece de gros rabot que j’ai décrit, art.
- = x 14, pag. 30, dont j’ai donné la figure à demi-grandeur, & détaillé les pièces aux PL 9, 10 & 11. Comme j’en ai parlé amplement, je n’en dirai pas davantage ici. Il ne s’agit que d’en montrer l’ufage.
- 531. Il faut d’abord affûter le fer du gros rabot avec grand foin , & de façon que fon tranchant fbit parfaitement droit. A cet effet, on appliquera ce tranchant fur un morceau de bois bien dre fié, fur lequel on le fituera dans la même pente 011 il eft en fà place dans le rabot. C’eft ce que j‘ai repréfenté dans la^zg. 2. PL jy. Lorfque le tranchant y touchera exactement d’un bout à l’autre , on fera alluré qu’il eft bien droit. On le mettra dans fa place, où on raffermira au moyen de fon coin, faifant en forte qu’il fafte un copeau très-mince 8c bien égal.
- J32. Il faut corroyer tous les Regiftres, les tirer très-exactement de largeur, conformément à leurs largeurs refpectives marquées fur la Réglé du Sommier ; qu’ils foient bien dreffés & bien plans d’une face ; on les tirera de trois bonnes lignes d’épaiffeur. Lorfqu’ils feront ainfi tous préparés , on fixera fur l’établi la filiere a, fîg. 1. PL y y , par deux valets b 8c c, portant chacun de fon côté au moyen d’une forte tringle de bois fur les barrettes de fer u 8c x. On relèvera plus qu’il ne faut le rabot au moyen de la vis p ; 8c après avoir un peu frotté de fàvon les deux faces du Regiftre O d, on le fera entrer dans la filiere par l’entrée O , en tel fens que la face qui a été premièrement dreffée fe trouve en défi-fous appuyée fur le couffinet y , fîg. 75 & 74, PL 9 , où fe trouvent les mêmes lettres, mais majufcules. Alors on baiffera le rabot jufqu’à ce que le fer commence à mordre fur le Regiftre. On le fera paffer tout entier en le tirant bien fortement par le bout N, fîg. x. PL 55. On le fera ainfi paffer plufieurs fois , tant qu’on verra que le fer en enleve des copeaux. Lorfque le fer ne mordra plus, on baiffera un peu plus le rabot en faifant un peu tourner la vis p, & on fera paffer plufieurs fois le Regiftre. On continuera de faire ces opérations jufqu’à ce que le rabot ne puiffe plus baiffer, 8c qu’il porte entièrement fur les deux tringles O 8c Nyfîg. 80, PL il. L’épaiffeur la plus convenable pour les Regiftres eft de deux lignes 8c demie. En général, plus les Regiftres font minces, mieux ils font leur fonction. Cependant s’ils l’étoient trop, ils rifijueroient de caffer.
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- Secl. IL Conflr. du grand Sommier. Percer la Table, SCc. 177 On voit par l'expérience que les Regiftres de deux lignes & demie d'épailïeur font aflez folides,&ne caflent point ; cependant lorfqu ils font fort étroits & fort longs, comme dans le cas préfent, il fera bon de leur donner 2 lignes trois quarts d'épaifteur au grand Sommier feulement.
- 3. U faut obferver , i9. de mettre le Regiftre dans la fîliere par le bout convenable pour que fon bois fe trouve de fil, afin de ne pas le faire couper à rebours. 2°. Lorfqu'on verra que le Regiftre eft prefque fini , on le retournera afin de faire repafler par le fer du rabot la face qui a toujours frotté contre le couffi-net y , ce frottement ayant comme écrafé la lurface des fibres du bois ; & on le changera en même-temps de bout pour ne pas le faire couper à rebours.
- 2 34* On fera les faux-Regiftres de trois bonnes lignes d'épaifteur; on les tirera bien exactement de largeur conformément à celles qui font marquées for la Réglé du Sommier, & ils feront bien drefles. On collera & on clouera avec des pointes le premier, en forte qu'il foit exactement placé conformément à la Réglé qu'on y préfentera. Celui-là étant arrêté, il fera facile de placer les autres de la maniéré foi vante : on appliquera contre le premier faux-Regiftre le premier Regiftre. Contre celui-ci, on collera & on clouera le fécond faux-Regiftre ; on appliquera contre celui-ci le fécond Regiftre , on collera ôc on clouera le faux-Regiftre foivant ; on continuera de même julqu'à ce que tous les faux-Regiftres foient ainfi arrêtés. A mefore que l'on poferales faux-Regiftres & le Regiftre, on préfentera par-deflùs la Réglé du Sommier, & on examinera fi Ton en foit exactement les divifions.Sifons'appercevoit qu on s'écartât, on rétréciroit tant foit peu un Regiftre ou faux-Regiftre félon qu'on remarqueroit où feroit le défaut. On obfervera 19 , de ne point mettre des pointes aux endroits où il faudra mettre des clous à chape ; ce qu il faudra prévoir 8c même marquer. 2°. On fera attention que toutes les pointes qu'on mettra, entrent dans des barres & non dans des gravures. 3°. On en mettra de trois en trois barres, ou de quatre en quatre feulement, & on les repouflera tout de fuite d'environ une jhgne avec le repouftoir» 4°. Enfin, on n'y mettra que peu de colle , de peur quelle ne regorge deflous les Regiftres. On ôtera ceux-ci tout de foite pour éviter qu’ils ne fe collent en quelqu'endroit : d'ailleurs, on eft obligé de les lever pour faire l'opération qui fuit.
- 535. Pour ajufter les faux-Regiftres , en forte que leur épaifleur affleure bien jufte celle des Regiftres, on accommodera une varlope onglet de la maniéré foi vante. On paffèra dans la filiere environ deux pieds de longueur d'une tringle d'un pouce ou environ de largeur. Cette tringle deviendra exactement de la même épaifleur que les Regiftres. On en collera un mor- . ceau de chaque côté, a & b , (fig. 4. P/, y5 ) , du deflous & félon la longueur d’une varlope onglet B , en forte que fon fer C foit entièrement à découvert. Ces deux tringles déborderont extérieurement cette petite varlope > qu on mettra fous un valet julqu'à ce que la colle foit bien foche, & que ces deux tringles tiennent bien. Voyez cette varlope onglet par le bout,^. 3 , PU yy.
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- • On mènera cette varlope onglet ainfi accommodée for les faux-Regiftres qu’on rabottera jufqu’à ce que le fer ne morde plus ; les deux tringles collées portant alors for la Table, tiendront la varlope onglet élevée de toute fépaifleur des Re_ giftres, & par conféquent convenable aux faux-Regiftres. Il faut obferver què quand on mettra fous le valet la varlope garnie de ces deux tringles, il ne faudra point la ferrer avec violence, pour ne pas rendre les morceaux de bois plus minces, & afin qu’il refte une petite forface ou comme une feuille de colle dont f épaifleur repréfentera la petite faillie du fer néceffaire pour couper & ra-botter les faux-Regiftres;
- y36. A l’égard des faux-Regiftres qui font for les deux battants du Sommier, on les mettra à f épaifleur convenable avec la grande varlope, leurs Regiftres étant dans leurs places : on aura foin de préfenter de temps en temps une réglé en travers à plufiéurs endroits pour s’afliirer qu’ils foient bien affleurés.
- 537. Pour ceux qui voudront s’en tenir à l’ancienne pratique de mettre de la peau aux Regiftres, voici comment cela fe fait. On préparera les Regiftres comme je fai dit ci-deflus au commencement de fart. J3 2. On choifit de la peau bien préparée & d’égale épaifleur ; on la coupe par bandes tant foit peu plus larges que chaque Regiftre. On les racle du côté liffo 3 on y met de la colle, & on les applique for le deflous du Regiftre, le côté velu en dehors ; enfoite on fait chauffer unferàrepaflerlelinge; & après avoir mis un papier for la peau, on pafle le fer deflus. On eflâye auparavant le fer for un morceau de peau ; car s’il eft trop chaud, il fait rider ou retirer la peau, ce qui gâte tout. U faut remarquer qu’on ne peut pas y appliquer le linge trempé dans l’eau chaude, parce qu’on gâteroit ainfi le duvet de 1:. peau ; c eft pourquoi on fe fert du fer à repaflèr. Quand la peau eft bien féche, on la recoupe aux côtés du Regiftre avec la pointe bien tranchante d’un couteau, afin quelle foit coupée nettement Sc bien raz.
- 538. On met tous ces Regiftres doublés de peau chacun en fa place, la peau en deftous. On les arrête par une pointe à chaque bout. Enfoite on pafle la varlope for tous les Regiftres Sc faux-Regiftres enfemble jufqu’à ce que le tout foit affleuré Sc bien uni. Alors on pofe les Chapes.
- 539. Les Regiftres pafles à la filierè étant tous faits, on broflera bien toute la Table du Sommier pour en ôter les copeaux & la pouffiere qui pourroit s’y trouver ; on mettra tous les Regiftres en leur place, entre les faux-Regiftres, avec lefquels ils doivent fe trouver bien affleurés. Us dépaflerontla longueur du Sommier de chaque bout, au moins de 4 à 5 pouces. Mais les faux-Regiftres ne feront pas plus longs que le Sommier. On arrêtera les Regiftres en leur place en y fichant une pointe à chaque bout. Il ne faut pas que ces pointes foient trop fortes, parce qu’il faudroit gâter ou déchirer les Regiftres pour les arracher. Enfoite on clouera les Chapes.
- 540. Les Chapes, comme je fai dit art. 300, pag. pr, font des planches d’environ un pouce d’épailfeur , dont la largeur doit aller de la moitié d’un faux-Re-
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- giftre à la moitié du faux-Regiftre fiiivant. Cependant ceci n eft pas une réglé , générale ; car on ne l’obfèrve pas toujours aux Chapes gravées pour le plein Jeu, comme on peut le voir en /& g> fig. 5, PL 55 :f \ eft une Chape gravée, vue par le bout ; g, le Regiftre; h & k, les faux-Regiftres, qu’on peut remarquer auffi larges que le Regiftre.
- ^41. Les Chapes doivent être dun bois de chêne bien fàin, fans nœuds, gerçures ni rebours, lur-tout celles quon deftine à être gravées ; il faut les choifir fur toutes les autres. Toutes auront un pouce d’épailfeur étant finies. On les dégauchira avec foin ; on les tirera de large conformément aux melures prifès fiir la Réglé du Sommier, & on les tirera d’épaifieur, fans les couper jufte de longueur. A mefure quon les finira, on les mettra chacune à fa place fiir le Sommier.
- ^42. Pour clouer ces Chapes, il faut avoir des clous de fer doux & de deux pouces de longueur, dont la tête foit un peu petite, mais bien faite. On la gar-“ nira de plufieurs rondelles du même cuir dont on fait les empeignes des fouliers. Pour faire cette garniture avec facilité & diligence, on fera plufieurs trous au bout d’un morceau de planche, dans lefquels un de ces clpus puiffe entrer bien aifément ; on coupera le cuir par morceaux un peu plug grands <jue les têtes des clous. On percera ces cuirs avec une pointe ; on y fera entrer un clou ; & lorfi-qu’on en aura ainfi enfilé 3 ou 4 ou morceaux, on mettra ce clou dans un des trous de la planche, bien tenue par un valet lur le bord de l’établi ; on y donnera un ou deux coups de marteau pour ferrer les cuirs en deftous de la tête, autour de laquelle on les coupera tout de fiiite avec un couteau ou un cifeau ; le tout fe fera avant d’ôter le clou de fon trou. Voyez un clou ainfi garni, fig. 7. PL 54 , dans la moitié de fà grandeur. On fait, comme je viens de le dire, plufieurs trous fur le morceau de planche, parce qu’à force de couper les cuirs, le tour du trou s’ufe ; alors on l’abandonne, & l’on fe fert d’un autre.
- 543. Les deux Sommiers des Deftus dont il s’agit, fig. 6, PL jy , ayant 48 pouces 2 lignes dé longueur, il convient d’y mettre fix couples de clous à chaque Chape, ce qui fera 12 clous pour chacune : car on les met de deux en deux • c’eft-à-dire, qu’il y aura deux clous de 9 en 9 pouces : & comme il y a 30 Chapes , il faut 360 clous. Pour le Sommier des Balfes, qui eft à-peu-près de la même longueur, il en faut autant ; ce qui fait 720 clous, qu’il faut encore doubler , parce qu’il y a quatre Sommiers ; ce font donc en tout 1440 clous, qu’il faudra ainfi garnir.
- 544. Les Chapes étant toutes pofees fur le Sommier, on tirera aux deux extrémités les lignes a b y c d> fig. 6, PL /parallèles entf elles, & vis-à-vis de 1 extrémité extérieure des traverfes du Chaffis ; ce qui fera juftement la longueur du Sommier, & qui déterminera la longueur précife des Chapes. On en tirera 6 autres parallèles^cf9gh9i kylm^nodcpqy pour défigner la place de chaque clou, comme on le voit dans la figure. On fera les trous pour les clous
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- à Chape, avec une petite meche de villebrequin proportionnée à la groflèur des clous & garnie d’un morceau de bois , Jig. 14. PL 54, pour empêcher que la meche n’enfonce trop. On commencera par la première Chape b d9 & la dernière a c 9 afin de maintenir toutes les autres. On fera les trous un peu en pente , pour ne pas rifquer de mordre fur le Regiftre , comme on peut le remarquer en la figure y 9 PL yy, où l’on voit les clous qui traverfent la Chape, le faux-Regiftre 9 la Table , & entrent dans les barres. Aufïi quand on tracera les lignes pour marquer la place des clous 9 faudra-t-il avoir grand foin que les clous percent dans des barres & non dans des gravures. On obforvera encore que lorfqu’on aura fait un trou à l’extrémité d’une Chape , on doit y mettre un clou, & l’y enfoncer incontinent ; qu’on doit enfuite, & non plutôt, faire un trou à l’autre extrémité , & y enfoncer également de fuite un clou. Si l’on ne prenoit point cette précaution, & qu’on fît un nombre de trous tout de fuite fans arrêter la Chape, celle-ci rifqueroit de changer de place à chaque trou qu’on feroit ; aucun en ce cas ne fo rencontrer oit, & par-là on gâteroit tout. On aura foin de grailler tous les clous avant de les mettre dans leurs trous. Il y en a qui les font recuire ; c eft-à-dire, qu’ils les font rougir au feu. Ce n’eft pas une bonne méthode ; parce que l5 écaille qui fo forme for les clous quand on les fait rougir, eft préjudiciable.
- 545. S’il n’eft pas poflible de s’en procurer d’un fer alfez doux, il y a une maniéré de les recuire fans qu’ils prennent d’écailie. Pour cela, il faut en faire plufleurs paquets de 100, ou de 2 ou 300 chacun; on enveloppera ce paquet d’un morceau de linge qu’on liera avec quelque gros fil. On revêtira ce paquet de terre graflè bien pétrie, & on le fera fécher peu-à-peu auprès du feu. S’il s’y forme des fentes, on les bouchera avec delà même terre ; enfin, quand les paquets feront bien focs, & qu’il n y paroîtra aucune fente , on les mettra dans un brafier de charbon enflammé , capable de les faire bien rougir. On les laiflèra ainfi dans le feu jufqu’à ce qu’il foit parfaitement éteint de lui-même, & que les paquets foient entièrement refroidis. De cette maniéré de recuire, réfultent deux effets ; ïp. La terre graflè étant un abforbant, le fer s’y décharge d’une partie de fon phlogiftique, & par-là devient plus doux & moins caflànt. 2P. Le fort enduit de terre empêchant la flamme du feu d’agir immédiatement fur le fer, le préforve de l’écaille ; & le linge dont les paquets font enveloppés difpenfo de la peine de nettoyer les clous que cette terre graflè barbouillerait fi elle les tou-choit. Du refte, on fait faire ordinairement ces clous exprès, & on en donne un modèle au Cloutier.
- y 46. Toutes les Chapes étant clouées, on retournera le Sommier fons-deflus-deflous ; c eft-à-dire, les gravures en deiîiis, au fond defquelles on verra les trous de la Table. On prendra la même meche de villebrequin qui aura fervi à les faire ; ôii la mettra dans c es trous, &on percera les Regiftres & les Chapes, prenant bien des précautions pour percer bien droit, fur-tout dans le fens de la
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- longueur des gravures.. C’eft dans ce même fens quon pourroit donner un peu de zig-zag aux trous des Chapes, les perçant par la Table ( comme il s’agit pré-fentement ) , en donnant un peu de pente au villebrequin en avant 8c en arriéré. Ce peu de zig-zag dont je parle, ne ferait à propos que pour mettre les Tuyaux un peu plus au large. Mais ce n eft pas ici le cas, parce que les Jeux étant près les uns des autres , le zig-zag n y conviendrait pas. Les Chapes qui doivent être gravées, qui font celles des Fournitures 8c des Cymbales , ne doivent être percées que julqu’à la moitié de leur épaifleur ; 8c afin de ne les percer précifément' que jufqu’où il faut, on garnira la meche ( qui doit être plus grofle que la précédente) d’un morceau de bois, fig, 15 , PL 54, qui empêchera qu’on n’aille trop avant. On remarquera la différence de ce morceau de bois, fig, 15, qui eft gros 8c cylindrique pour qu’il n’entre point dans les gravures, d’avec l’autre ,fig\ 14, qui eft conique , & en cela plus commode pour faire les trous des Chapes,' ne couvrant point ce que l’on fait.
- 547. On retournera le Sommier, les Chapes en deflus, & on paflera des mèches plus grandes dans les trous qui doivent être plus grands. Pour faire cette opération avec ordre & ne pas rifquer de fe tromper, on tirera ( fig, 6, PL $ $ ) en travers 8c par-deffos les Chapes les memes lignes quelür la Table, art, y 2 y, & avec les mêmes craies. Ces lignes pafleront for tous les trous, 8c ferviront à diftinguer, comme nous l’avons vû au même article, les gravures des Jeux de la Bombarde, auffi bien que la première & la fécondé de chaque double gravure. Parmi tous les trous qu’il faut aggrandir, il y en a de deux fortes ; les uns* doivent être quarrés, pour donner une plus grande quantité de vent , les autres refterônt ronds , ce que je ferai remarquer ; mais avant de quarrer les trous de la première forte, il faut y paffer une meche dont le diamètre convienne au plus petit trou quarré,. Ce fera celle du N°. 10. de la Plaque, fig, 62, PL 8. Ainfi quand nous parlerons des Numéros de la grandeur des trous, il faudra toujours entendre des trous ronds conformes à ceux de cette plaque de cuivre, ou de fer. Je commencerai à décrire les grandeurs des trous d’un des Sommiers des Balles, & enfoite ceux d’un Sommier des Deflus, ce qui s’entendra des deux autres Sommiers.
- 548. Dans les Sommiers des Balles, il ne doit y avoir aucun trou pour les Cornets.
- Le 3e. Jeu, qui eft la Montre de 32 pieds, aura tous ces trous du 10e. N°. On les quarreratous enfoite, comme je le Ipécifierai dans les art. 551 & 552 , ci-après. On paflera la même meche N°. 10, auxfept Jeux fuivants. Une grande partiede çes trous feront quarrés.
- Le 1 ie. Jeu, qui eft le gros Nalàrd, aura les quatre premiers trous du N°. 1 o; les quatre foivants du pe. 8c les deux autres du 8e. Il y en aura quelques-uns quarrés.
- Le 12e. Jeu, qui eft le Bourdon de 8 pieds, aura tous fes trous du 10e. N° ; quelques-uns feront quarrés.
- Le 13e. Jeu, qui eft le Preftant, aura les deux premiers trous du N°. 10. deux du £c# deux du 8e. deux du 7e. 8c deux du 6e. Ils refterônt tous ronds.
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- Le 14e. Jeu, qui eft la grofle Tierce, de même que le précédent.
- Le 15e. Jeu , qui eft le Preftant de Bombarde, de même.
- Le 16e. Jeu, qui eft la grofle Fourniture de Bombarde, nama aucun trou encore, parce que là Chape doit être gravée auparavant.
- Le 17e. Jeu, qui eft la Quarte de Nalàrd, aura huit trous du 6e. N°. & deux du y6. Ils relieront tous ronds.
- Le 18e. Jeu , qui eft le Nalàrd , aura les quatre premiers trous du 7e. N®, quatre du 6e. Sc deux du ye. Us relieront tous ronds.
- Les 19 Sc 20e. Jeux, qui font la Doublette Sc la Tierce, comme la Quarte ci-dellus.
- Les 21, 22, 23 & 24e. Jeux, qui font les deux Fournitures & les deux Cymbales, n’auront encore aucun trou, parce qu’il faut auparavant graver leurs Chapes.
- Le 25e. Jeu, qui eft la Bombarde, aura tous fes trous du 12e. N°. dont plu-lîeurs feront quarrés.
- Le 26e. Jeu, qui eft la Trompette de Bombarde, aura tous les trous du 12e. N\ Ils relieront tous ronds.
- Le 27e. Jeu, qui eft le Clairon de Bombarde, aura tous fes trous du 10e. N. Ils relieront tous ronds.
- Le a8f. Jeu, qui eft la première Trompette, comme la précédente.
- Le 29e. Jeu, qui eft la fécondé Trompette, de même.
- Le 3 oe Jeu, qui eft le Clairon, comme le précédent.
- Tous ces trous étant ainfi agrandis , on en fera de même à l’autre Sommier des BalTes, qui eft tout femblable à celui-ci.
- y 49. On prendra un des deux Sommiers des Delïus, auxquels je foppofe qu’on aura déjà palfë la meche du No. 2, qui aura percé la Table, les Regiftres Sc les Chapes; on y agrandira les trous dans l’ordre liiivant.
- Les Ier. Sc 2d. Jeux, qui font les deux Cornets, auront tous leurs trous du 10. Ils fe ront enfoite tous quarrés.
- Le 3 e. Jeu, qui eft la fuite de la Montre de 32 pieds , aura les huit premiers trous du N°. 10, qui feront quarrés. Enfoite deux du 8e. N°. deux du 7e. deuxdu de. Sc trois du 5 e.
- Le 4e. Jeu, qui eft la Montre de 16 pieds, aura les quatre premiers trous du io^. N°. qui feront quarrés. Enfoite deux du 9e. N°. deux du 8e. deux du 7e; deux du 6e. deux du 5e, Sc un du 4e. .
- Le Je. Jeu, qui eft la Montre de huit pieds, aura trois trous du 5e. N°. lix du 4e. & lix du 3?. Us relieront ronds.
- Le de. Jeu, qui eft le Bourdon de 32 pieds, aura les neuf premiers trous du 10e. N°. Ils feront quarrés. Enfoite le dixième trou fera du 8e. N°. Le onzième du 7e. deux du 6®. N°. Sc deux du ye. Ceux-ci relieront ronds.
- Le 7e. Jeu, qui eft le Bourdon de 16 pieds, aura les trois premiers trous du ^ loV
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- Secl. II- Conflr. dugr- Sommier. Y quarrertous les trous. 183 10e. N°. Ils feront quarrés. Enluite trois du 7e. N9. trois du 6e. trois du 5e. Sc trois du 4e. _ Ils relieront ronds.
- Le 8e. Jeu, qui eft le fécond huit pieds, en foppofant que toute la première o<5tave eft en Montre, Sc que tous les trente tuyaux feront fur le Sommier, il aura les trois premiers trous du 7e. N°. trois du 6e. trois du 5e. trois du 4e. Sc trois du 3e. Us feront tous ronds.
- Le 9e. Jeu, qui eft le Bourdon de feize pieds de Bombarde, comme le Bourdon de feize pieds ci-deflus , qui eft parfaitement femblable.
- Le 10e. Jeu, qui eft le Bourdon de huit pieds de Bombarde, aura les deux premiers trous du 8e. N°. deux du 7e. deux du 6e. trois du ye. trois du 4e. Sc trois du 3 e. Ils feront tous ronds.
- Le 11e. Jeu, qui eft le gros Nalàrd , comme le Bourdon de huit pieds, ci-deflus.
- Le 12e. Jeu, qui eft le Bourdon de huit pieds, comme le Bourdon femblable de Bombarde.
- Le 13e. Jeu, qui eft le Preftant, en lùppolànt qu’U doit être tout entier fur le Sommier, aura quatre trous du 6e. N°. quatre du ÿe. quatre du 4e. Sc trois du 3e. Ils relieront ronds.
- Le 14e. Jeu, qui eft la groffe-Tierce, comme le Preftant.
- Le 15e. Jeu, qui eft le Preftant de Bombarde, comme l’autre Preftant précédent.
- Le 16e. Jeu, qui eft la grolîe Fourniture de Bombarde, n aura encore aucun trou, parce qu’il faut auparavant graver la Chape.
- Le 17e. Jeu, qui eft la Quarte de Nalàrd, aura le premier trou du N°. y, quatre du 4e. quatre du 3e. & les cinq qui reftent demeureront du 2d. N°. qui eft la meche qui a lervi la première fois. Tous ces trous relieront ronds.
- Le 18e. Jeu, qui eft le Nalàrd, aura deux trous du N°. 5 , quatre du N°. 4,* & neuf du N°. 3. Ils relieront tous ronds.
- Les 19 Sc 20e. Jeux, qui font la Doublette & la Tierce, comme la Quarte de Nalàrd. ,
- Les 21,22,23 Sc 24e. Jeux, qui font les deux Fournitures & les deux Cymbales , n’auront encore aucun trou, parce qu’il faut graver les Chapes auparavant.
- Le 2ye. Jeu, qui eft la Bombarde, aura lix trous du 11e. N°. Sc neuf du 10e. Us relieront tous ronds.
- Le 26e. Jeu, qui eft la Trompette de Bombarde, aura neuf trous du 10e. N°. & lix du 9e. Tous ronds.
- Le 27e. Jeu, qui eft le Clairon de Bombarde, comme la Trompette.
- Les 28,29 & 30e. Jeux, qui font la première Trompette, la fécondé Trom*3 pette Sc le Clairon, feront percés comme la Trompette de Bombarde.
- 550. Tous les trous étant agrandis aux quatre Sommiers , il relie à quarrer ceux qui doivent être quarrés. A cet effet, on déclouera toutes les Chapes ; on Orgues. //. Part. Aaa
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- Planche
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- 184 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IL
- 3 les coupera de longueur, & on les arrangera par ordre, bien établies. On taillera , les Regiftres arrêtés par les deux pointes qui les tiennent à chaque bout, & on tracera par-deflus les quarrés des trous, qu'il faudra quarrer félon les grandeurs indiquées ci-deflbus à l'article foivant. Pour quarrer les trous, on fe fervira d’un cifeau bien affûté & bien tranchant, d'une largeur convenable. U fera plus commode d'en avoir de plufieurs largeurs. On aura foin de couper le bois bien nettement & en forte que le trou quarré fe trouve fait en même-temps au Regiftre & à la Table , jufque dans la gravure, obforvant que le trou foit de la même grandeur tant en deflûs qu'en deflous.
- 551. A commencer par le Sommier des Baffes, on tracera Sc on quarrera les trous du Regiftre & de la Table enfemble , du 3e. Jeu, qui eft la Montre de 32 pieds. Il faut fo fouvenir que nous en retranchons les quatre premiers tuyaux, & que nous ne la commençons qu'à Y R ut fa de 24 pieds. Ainfi il ne faut opérer que for la première gravure du troifieme couple des doubles gravures , que je nommerai le 3e. trou. On le fera de 9 lignes dans un fens, & de 16 lignes dans l'autre ; le 4e. de 9 lignes for iy ; le 5 e. de 8 lignes for iy ; le 6e. de 8 lignes fur 13 ; le 7e. de 8 lignes fur 12 ; le 8e. de 8 lignes for 11 ; le 9e. de 8 lignes for 10, & le 10e. de 8 lignes fur 9.
- y y 2* Avant de palïèr outre, il faut avertir qu’on doit donner les 9 lignes de largeur, félon la largeur de la gravure, & les 16 lignes félon la longueur de la gravure ; ceft-à~dire, en travers du Regiftre ; en forte que ce Regiftre de la Montre de 32 pieds, ayant 30 lignes de largeur, il reliera encore 7 lignes de largeur de bois à chaque côté du trou ; ce qui eft plus que foffifint pour que le Regiftre foit très-folide fins être fojet à cafler.
- Le 4e. Jeu, qui eft la Montre de 16 pieds, aura le premier trou de 9 lignes for 12 , un de 9 for 11, deux de 9 fur 10 , deux de 8 for 9, deux de 8 for 8 , deux de 7* fur 8.
- Le 5e. Jeu, qui eft la Montre de 8 pieds, aura un trou de 8 for 8 , un de 7 for 8, deux de 7 for 7, deux de 6 for 7, deux de 6 for 6 ; & il reliera deux trous ronds du N°. 10.
- Le 6Q. Jeu, qui eft le Bourdon de 32 pieds, dont nous retranchons les quatre premiers tuyaux, aura le 3e. trou de 8 for 18 ; le 4e. de 8 for 17 ; le ye. de 8 for 15 ; le 6e. de 8 for 13 ; le 7e. de 8 for 12 ; le 8e. de 8 for ir ; le 9e. de 8*for 10 , & le 10e. de 8 for 9 lignes.
- Le 7e. Jeu, qui eft le Bourdon de 16 pieds, aura un trou de 9 for 12, un de 9 for 11, deux de 9 for 1 o, deux de 8 for 9. deux de 8 for 8, & deux de 7 f for 8.
- Le 8e. Jeu, qui eft le fécond 8 pieds, aura un trou de 8 for 8 , deux de 7 for 8, deux de 7 fur 7, deux de 6 for 7, & trois de 6 for 6.
- Le 9e. Jeu, qui eft le Bourdon de 16 pieds de Bombarde, aura un trou de 8 for 13,un de 8 for 12, deux de 8 fur 11, deux de 8 for 9 , deux de 8 fur 8, deux de 7 for 8 lignes.
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- Secl. //• Conjlr. du gr. Sommier. Y faire tous les trous. 185
- Le 10e. Jeu, qui eft le Bourdon de 8 pieds de Bombarde, aura un trou de .......-
- 8 fur 8, un de 7 iùr 8, deux de 7 iiir 7, deux de 6 fur 7, deux de 6 fur 6, Sc il Planche
- 7 ' g^
- reftera deux trous ronds du N°. io.
- Le 11e. Jeu , qui eft le gros Nafàrd, aura deux trous de 7 fur 7 , deux de 6 fur 7 , un du 10e. N°. rond , un du 9e. deux du 8e. & deux du 7e. N°. Ainfi les quatre premiers trous feront quarrés , & les fix autres feront ronds.
- Le 12e. Jeu, qui eft le Bourdon de 8 pieds, comme le Bourdon de8 pieds de Bombarde.
- Le 13e. Jeu, qui eft le Preftant, n’a aucun trou quarré.
- Le 14e. Jeu, qui eft la groife-Tierce, n a aucun trou quarré.
- Le 15 e. Jeu, qui eft le Preftant de Bombarde , n’a aucun trou quarré.
- Le 16e. Jeu, qui eft la grofïè-Fourniture de Bombarde, aura les quatre pre* miers trous de 8 fiir 13 , & les fix autres de 8 fur 12.
- Les 17, 18 , 19 & 20\ Jeux, qui font la Quarte de Nafàrd , le Nafàrd, la Doublette & la Tierce, n’ont point de trous quarrés.
- Les 21,22,23 & 24e. Jeux, qui font les deux Fournitures & les deux Cymbales , auront chacun les quatre premiers trous de 9 for 12 5 & les fix autres de .8 for 12.
- Le 2ye. qui eft la Bombarde, aura deux trous de 8 for 10 , deux de 8 for 9, deux de 8 for 8, deux de 7 fur 8, & deux du 14 e. N°. ronds.
- Les 269 28 & 29’. Jeux, qui font les trois Trompettes, auront tous leurs dix trous du 12e, N°. ronds.
- Les 27 & 30e. Jeux, qui font les deux Clairons, auront tous leurs dix trous du 10e. N°. ronds.
- j153. Tous les trous des Regiftres & de la Table des deux Sommiers des Balles étant finis , on quarrera de même ceux qu’il faut quarrer aux deux Sommiers des Deflus. J’en décrirai feulement un. On ne fera que répéter les mêmes opérations for l’autre.
- Les deux premiers Jeux, qui font les deux Cornets, auront les trois premiers trous de 8 for 8, enfoite trois de 7 for 8, trois de 7 fur 7, & les quatre autres de 6 fur 7 lignes. Il faut remarquer que pour ces deux Cornets , il ne faut que 13 trous a un Sommier & 14 à l’autre, parce que ces deux Jeux n’ont que 27 Marches, ne commençant qu’au troifieme C fol ut, au milieu du Clavier. Voyez l’article 527, ci-defius, page 174.
- Le 3 e. Jeu, qui eft la foite de la Montre de 32 pieds, aura deux trous de 8 for 8 5 deux de 7 for 8 , deux de 7 for 7 ; deux de 6 fur 7 ; les fept autres feront ronds des Nos. marqués à l’article J49 , page 182.
- Le 4e. Jeu, qui eft la Montre de 16 pieds, aura un trou de 7 fur 7, deux trous de 6 fur 7, un de 6 fur 6, & les autres trous au nombre de 11, comme à 1 article, 549, page 182.
- Le f. Jeu, qui eft la Montre de huit pieds, aura tous les trous ronds, comme a 1 art. 549 > Page 182.
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- *86 FA CTEUR D'ORGUES, IL Partie. Chap. U
- - Le 6e. Jeu, qui eft le Bourdon de 32 pieds, aura deux trous de 8 fur 8, deux
- Planche de 7 fur 8 , deux de 7 fur 7, deux de 6 fur 7, un de 6 fur 6, i& les fix autres fe-
- ront ronds. Voyez Part. y 49 9 Page 182.
- Le 7e. Jeu, qui eft le Bourdon de 16 pieds, aura un trou de 7 fur 7, deux de 6 fiir7,un de 6 fur 6> & les onze autres feront ronds. Voy. l’art. 54183.'
- Le 8e. Jeu * qui eft le fécond huit pieds , aura tous les trous ronds, comme à * l’article y 49 , page 183.
- Le 9e. Jeu, qui eft le Bourdon de 16 pieds de Bombarde , comme le précédent Bourdon de 16 pieds.
- Le 10e. Jeu, qui eftle Bourdon de 8 pieds de Bombarde. Voy. l’art. 549,/?. 183.
- Les 11, il, 13 , 14 & iye. Jeux , qui font le gros Nafàrd, le Bourdon de 8 pieds, le Preftant, la grolfe Tierce & le Preftant de Bombarde. Voyez l’art.
- 549, page 183.
- Le 16" Jeu, qui eft la grolfe Fourniture de Bombarde, aura tous les quinze trous quarrés de 8 fur 12.
- Les 17, 18, 19 & 20e. Jeux, qui font la Quarte de Nafard, le Nafàrd , la Doublette & la Tierce. Voyez l’art. £49, page 183.
- Les 21,22, 236c 24e. Jeux, qui font les deux Fournitures & les deux Cymbales , auront tous leurs iy trous quarrés de 8 fur 12.
- Le 2 y Jeu, qui eft la Bombarde, aura quatre trous du N°. 13, cinq du N°. 12 & fix du N°. 11, tous ronds.
- Les 26, 27, 28 , 29 & 30e. Jeux, qui font les trois Trompettes & les deux Clairons. Voyez l’article y49 , page 183.
- y y 4. Tous les trous étant finis, on ôtera les Regiftres ; on les appliquera fur les Chapes , faifànt convenir tous les trous enfemble. Si tous les trous d’un Re-giftre font quarrés , il eft difficile de le bien placer fur la Chape. Mais on a la précaution de ne point quarrer les premiers & derniers trous du Re-giftre qu’on n’ait fait cette application fur la Chape. Dans ce cas/, c’eft-à - dire , les premiers & derniers trous étant encore ronds , on applique le Regiftre fur la Chape ; on remplit bien jufte ces premier & dernier trous par une cheville pour bien arrêter le tout enfemble, & on trace tous les trous du Regiftre fur la Chape avec une pointe fine, aux quatre côtés
- du dedans de chaque trou quarré. Ce qui étant fait, on arrête le Regiftre fur la \
- Chape, foit par une pointe à chaque bout ou par deux valets, on ôte les deux chevilles rondes qui bouchoient les premier & dernier trous, & onles quarre avec un cifeau, qui quarrera ^n même-temps le trou de la Chape. Enfuit e au moyen du Regiftre, on quarre les deux trous de la Table, qui n’avoient point été quar-rés auparavant. Il faut au refte obferver que la quarrure des trous doit être aufîi grande en deflus de la Chape qu’en deflous , & doit traverfer entièrement.
- y y y. Lorfqu’on aura fini de quarrer les trousses Chapes aux quatre Sommiers, on fraijera tous les trous au-delïus des Chapes, avec la fraife, fig. 64. PL 8.
- Cette
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- Secl. IL Conjlrucl. du gr. Somm. Graver les Chapes ; les percer. 187
- Cette fraife doit s'emmancher au villebrequin. On doit ébaucher à la gouge les bords des grands trous., fur-tout aux trous quarrés9 que l'on finira enfuite avec la fraife jufqu'à ce quon en ait atteint entièrement les angles. On évafera également avec la fraife tous les petits trous ronds fans les ébaucher avec la gouge enfiiite, on paffera en deux fens fur la Chape un petit rabot, pour ôter toutes les bavochures que la fraife aura faites. On donnera defious toutes les Chapes * les coups defcie dont il eft parlé article 323 ypage 98 ; & enfuite, on y paffera une lime quarrée pour emporter proprement les vives arrêtes qui relient aux deux bords de la trace de la fcie ; on abattra auflî les deux vives arrêtes du delîbus des deux côtés de la Chape , pour donner, en cas debefoin , une ifiue au vent qui pourroit venir de ces coups de fcie. Il y en a qui gravent fur la table du Sommier, des petites rainures allez femblables à celles du defious des Chapes , mais beaucoup plus légères ; ce qu’ils exécutent avec un cifèau. Cès petites gravures doivent être fines , bien peu profondes, & le bois coupé bien proprement ; c'eft line précaution fort prudente pour empêcher les échappements de vent qui pourroient venir dans la fuite entre la Chape & le Regiftre, au cas que le bois fafle quelque mouvement-.
- 556. La pratique la plus ordinaire du plus grand nombre des Faéteurs d'Or-gués, eft, de ne jamais fe fervir de la fraife; cet outil leur eft abfolument étranger : au lieu de la fraife , ils font grand ufige des fers à brûler. Voyez-en la forme, fîg*St8, PL 12 , où un de ces fers eft repréfènté géométralement ; lifez auflî l’art. 124, page 34, où vous en trouverez la defcrîption. On fait rougir au feu deux, au moins, de ces fers par le bout convenable à la grandeur des trous qu'on a à brûler; on applique la tête de ce fer rouge fur le trou, & le tenant debout ou verticalement, on le fait rouler entre les deux mains étendues luné contre l'autre * pendant le teins convenable, jufqu’à ce que l'évalèment du trou foit au point qu'on le fbuhaite. On continue d'évafer des trous avec le même fer, jufquà ce que là chaleur ne foit plus allez grande pour produire l'effet qu'on délire. Alors on remet ce fer au feu 5 on prend l’autre qui doit être rouge, & on opéré comme avec lé premier ; ainfi, on fe fert de l’un & de l’autre alternativement, jufqu’à ce qu’on ait fini fon ouvrage. On fe fert de ces fers à brûler, pour les creux desbourfettes; en un mot, à tous les ufàges auxquels on emploie la Fraife. Il paroît que l’ufage de celle-ci eft à préférer ; outre que l’ouvrage en eft bien autrement propre, elle ne dégrade point les qualités du bois. Le fer à brûler rend le bois fujet à fe déjetter, moins liant & plus caftant ; cependant il eft quelques cas où il eft bon de s en fervir, comme je le ferai remarquer dans l’occafion»
- 5 57- Certains Faéteurs ont la pratique de faire autrement les trous des Chapes où il doit y avoir des porte-vents. Lorfqu’on a pafle la petite mèche avec laquelle on a percé enfemble la Table , le Regiftre & la Chape, article 546 >pnge î8o, & avant d’agrandir le trou avec une autre meche, ils y paffent la mecbe, Orgues. //. parti r b b .
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- Planche $ 6*
- Planche S S*
- 188 FACTEUR D’ORGUES, II. Parue, Chap. IL
- • fig. ï, PL y <5, que nous appellerons quarrèe, dont le bout A étant rond, Sc rem-pliilant bien le trou de la Chape; ils creulent une ouverture cylindrique delà grofi leur que doit avoir le porte-vent ; enluite ils y paflènt la mechè ronde qu il faut pour agrandir le trou ; ils le quarrent en deiîbus, Sec. Il eft évident que le porte-Vent tient mieux dans un pareil trou , que dans un trou conique, tel qu on le fait avec la fraife ; on doit avoir alors de ces meehes quarrées de différentes groflèurs* On en voit le plan par le bout en B. Il y a dans cette méthode un petit inconvénient, qui eft, que lorlque dans certains cas , on eft obligé d’arracher ces porte-vents , ils caftent tous dans leurs trous, au lieu que félon Y autre maniéré, on les ' ôte facilement au moyen d’un cifeau , fans les endommager.
- 558. Il refte à graver les Chapes des Fournitures & des Cymbales : j’ai déjà expliqué avec quelque détail 9 la maniéré fimple de graver les Chapes pour le plein Jeu, article 313, page 9y ; Sc la maniéré double aux articles 324 Sc 32^, page 98. J’appelle maniéré Jimple de graver les Chapes, celle où il n’y a point de rainures à faire avec le bouvet, ni fiipots 9 ni tringles à rapporter 6c à coller ; ce qui eft la maniéré double. Comme on peut relire ces articles 9 je ne répéterai point ici ce qui y eft contenu ; mais je décrirai feulement Ce qui refte à expliquer. Il s’agit donc premièrement de graver la Chape de la grofle Fourniture de Bombarde. Il faut d’abord appliquer le deiïiis de fon Regiftre , Contre le deflous de fa Chape, Sc l’arrêter contre, au moyen de deux chevilles bien juftes aux premier & dernier trous ; enluite, on quarrera les trous à la grandeur indiquée ci-defïiis , article yy2 ,pag. 184, c’eft-à-dire, de 8 lignes fur 12 J on ôtera les deuxchevilles rondes, & on en mettra deux autres quarrées, à deu3£ trous déjà quarrés, & on quarrera ceux dont on a ôté les chevilles rondes» On quarrera enluite les premier & dernier trous qui reftoient à quarrer fur la Table ; on fera enforte que les trous quarrés des Chapes, ne foient profonds que jufqu à la moitié de leur épailleur.
- y y 9. Tout cela étant fait, on prélentera liir la Chape les quatre tuyaux, le premier de chacune des quatre rangées qui doivent jouer liir une Marche. Le premier de la première rangée 9 eft un tuyau de 4 pieds, Sc qui a trois pouces <le diamètre. Le premier de la fécondé rangée, eft de 2 pouces une ligne & demie de diamètre. Le premier de la troifteme rangée, eft d’un pouce 8 lignes Sc demie de diamètre; & le premier de la quatrième rangée 9 eft d’un pouce deux lignes de diamètre. O11 les fera tenir debout liir la Chape, par leur bout fiipé-rieur, le pied en haut. Le plus gros en a , ( PL y y , Fig. 7* qui repréfente une partie de la Chape dont il s’agit, avec l’arrangement des quatre tuyaux dont chaque Marche eft compofée ) , le quatrième qui eft le plus petit en b y le fécond en c, Sc le troifteme en d. On marquera fur la Chape, la place de ces quatre tuyaux, & le centre de chacun, liir lefquels centres, on tracera les lignes e f, Sc g h, tout le long de la Chape ; on tracera de même les lignes t u, Sc xy 9 le tout avec le trufquin. Ces lignes doivent fervir à marquer la place de chaque tuyau.
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- Secl. IL Conjlr. du gr. Somm. Graver les Chapes ; les percer. 189
- 560. Il faut remarquer que le tuÿaù a , Fig. 7 , PL yy , n’efl: point pofé à û place naturelle ; il a fallu le transporter un peu à gauche, à caufe de là grofleur ; on lepojle fur un petit pont , ce que j expliquerai ailleurs. Il fera beaucoup mieux , comme quelques-uns le pratiquent, de faire un petit morceau de gravure exprès , pour éloigner foffiïamment ce tuyau ; parce qu’un pont le releve , & il n en tien-* droit pas fi Solidement. On peut encore remarquer dans cette figure quelques autres Tuyaux qui font un peu hors de leur alignement, à cauïe de leur grofîèur , ce qui n a lieu que pour quelques Tuyaux des Baffes ; mais tous les autres fe trouveront à leur place naturelle.
- y61. Vis-à-vis du milieu de chaque grand trou quarré, on tracera les lignés à f équerre , i b, l m, h 0, pqy rs9 & c. On fera les trous du N°. 8 , au travers de répaifleur de la Chape, vis-à-vis des grands trous quarrés & des traits à l’équerre. On ne les fera pas plus profonds qu’il ne faut ; car il ne faut pas qu’ils percent d’outre en outre,
- y62. Avant de parler des trous qu’on doit faire for la Chape de la Fourniture pour donner le vent à chaque Tuyau, il faut obforver que dans la deforip-tion que je vais en faire, jè né m’arrêterai point à la feule Chape des Sommiers des Balles, mais que j’y joindrai la Chape correspondante du Sommier des Defius du même côté , comme fi lé grand Sommiéf àu lieu d’être partagé en quatre parties , n étoit divifé quén deux ; alors les deux Chapes n’en feroient plus qu’une , qui foroit en üné piece. Cette foppofitîôn n’âüîaliéu que dans la defcriptiôn des trous des Chapes des Fournitures & des Cymbales ; je foppofè encore que je décris les trous dé ces deux éfpeces de Jeux des deux Sommiers qui font numérotés par les nombres impairs, qui fe pofènt à la gauche de l’Orgue ; e’eft-à-dire \ du côté du Cfol ut du Clavier.
- y63. On fera les trous au-deffos de la Chape, lavoir, pour lé plus grand & premier Tuyau uyfig, 7, PL y y , du N°. 7. Pour le plus petit b, du N°. 4; pour les deux autres c , du N°. y. Pouf les deux marches foivantes ; de même.
- Pour la quatrième marche, au plus grand Tuyau, duN°. 6 ; au plus petit , du N°. 3 ; & aux deux autres, du N°. 4. On en fera de même aux deux marches foivantes*.
- Pour la feptiemé marché, au plus grand Tuyau, du N°. y ; au plus petit, du Na; 3 ; & aux: deux autres, du N°. 4. Pour la marche foivante de même;
- Pour la neuvième marche y eommé pour la quatrième, parce que la reprifë commence. Pour les deux marches foivantes, dé même.
- Pour la douzième marche, au plus grand Tuyau, du N°. y ; pour le plus petit, du N°. 3 , & aux deux autres ,du N6. 4. Pour les deux marches foivantes dé même.
- Pour la quinziéme marché, comme pour la quatrième, parce que là fécondé reprife commence* On fera de même aux deux marches foivantes.
- Pour la i8c, marche , au plus grand Tuyau, du N°; y 5 pour le plus petit* dti
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- ipo FACTEUR D’ORGUES, IL Partie , Chap. IL
- N&. 3 , & aux deux autres , du Nô. 4. On en fera de même aux deux marches fui-vantes.
- Pour la a 1 • marche, au plus grand Tuyau, du N°. 4 ; au plus petit, du N°. 2 * & aux deux autres, du N. 3. On en fera de même aux quatre marches liiivantes* 5 64. Tous ces trous étant faits au-deflus des deux Chapes , on en fera autant aux deux autres correlpondantes ; on fera enfuite les rainures en deflous; on les garnira de flipots & de tringles, comme je fai expliqué, art. 324, page 98. On y donnera les coups de fcie d’une demi-ligne de profondeur, comme on le voit, f!g. 15, PL 35. On fraifera les trous où l’on doit pofer les tuyaux, &c.
- ydy. îlfaut encore graver les Chapes de la groffe ou première Fourniture de trois Tuyaux & celle de quatre Tuyaux fur marche, auffi bien que celles de la Cymbale, dont la première efl: de quatre Tuyaux, & la fécondé de cinq Tuyaux fur marche. Pour^grayer la Chape de la première Fourniture, qui efl: de trois Tuyaux fur marche, il faut d’abordpréfenter lùr la Chape, fig. 8,£7.yy, le premier Tuyau de chacune des trois rangées félon la dilpofition marquée dans cette figure 8 , & on fera toutes les autres opérations indiquées aux art. 558, 559,560 , & 561,page 188. Voici la grandeur des trous qu’on doit faire au-deflus des Chapes pour pofer les Tuyaux.
- y66. À la première rangée de la grofle Fourniture, compofée des plus grands Tuyaux, pour les trois premiers, on percera du N°. 7 ; pour les trois luiyants, du N\ 6 ; pour les deux luiyants, du N . y. Pour les trois liiiyants , on reviendra au N°, 6, parce que la première reprife commence. Pour les trois lùivants > du N°. 5. Pour les trois luiyants, on reviendra encore au N°. 6, parce que c’eil le commencement de la fécondé reprife» Aux trois luiyants, du N\ y ; aux trois lui-vants, du N . 4 ; & aux deux autres qui relient, du N°. 3.
- A la fécondé rangée , on percera pour les trois premiers Tuyaux, du N°. y. Pour les fix fuivants, du N°. 4 ; on reprendra aux fix luiyants le N°. 4 ; on reprendra encore aux fix luiyants le N0. 4 , & les quatre autres feront du N°. 3.
- A la troifieme rangée, on percera pour les quatre premiers Tuyaux, du N\ y ; pour les 18 luiyants, du N°. 4, & pour les 3 autres du N°. y
- y 6j, La fécondé Fourniture n efl: que la fuite de la première, & ces deux Fournitures ne font proprement qu’un feul Jeu de Fourniture qu’on partage Sc qu’on dif tribue fur deux Chapes & deux Regiftres, pour éviter la trop grande largeur des unes & des autres , comme je l’ai dit ailleurs. La fig: 7 , PL y y , repréfente la dilpofition des quatre Tuyaux de cette Fourniture. En voici les Nos. des trous , bien différents de ceux de la grolfe-Fourniture de Bombarde, attendu que les Tuyaux font beaucoup plus petits ; le plus grand de cette fécondé Fourniture , n’eft que de 16 pouces de hauteur, & le plus grand de celle de Bombarde en a quatre pieds.
- A la première rangée, tous les trous feront du N°. 3* - *
- 'A la féconde & à la troifiéme rangées, du N°. 2; r
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- Secl. II. Conft. dugr. Somm. Percer les Chapes ;Reperes desRegijl. 191
- A la quatrième rangée , du N°. 1.
- 568. La fig. 7 , PL 55 , repréfente également la difpofition des Tuyaux de f la première ou grofte Cymbale. Voici les grandeurs des trous qu’il faut faire fur la Chape pour les quatre rangées des Tuyaux.
- Pour la première rangée dont le premier Tuyau eft a, fig. y, on percera pour les trois premiers , du N8. 7 ; les 18 fuivants , du N°. 6, & les quatre qui relient, duN°. 5.
- Pour la fécondé rangée dont le premier Tuyau eft c, les trois premiers trous feront du N°. 5 , les 18 fuivants , du NJ. 4, & les 4 qui relient , du
- N°. 3.
- Pour la troifieme rangée dont le premier Tuyau eft d9 les trois premiers trous feront du N°. 4, & les 22 fuivants , du N°. 3.
- Pour la quatrième rangée dont le premier Tuyau eft b, les trois premiers trous feront du N°. 3 , &les 22 fuivants, du N°. 2.
- Pour la fécondé Cymbale de cinq Tuyaux, qui eft une fuite de la première , voyez-en la difpofition en la figureq , PL $5. Elle fera percée ainfi quil s’enliiit.
- Pour la première rangée dont le premier Tuyau eft ay les trois premiers trous feront du N°. 3, ôc les 22 fuivants , du N°. 2.
- Pour la fécondé rangée de même ; fon premier Tuyau eft b.
- Toute la troifieme rangée du N°. 2 ; fon premier Tuyau eftr'<%
- Toute la quatrième rangée du N\ 1 ; fon premier Tuyau eft d.
- Toute la cinquième rangée du N\ 1 ; fon premier Tuyau eft c.
- Je ne répéterai point ici qu’on doit graver toutes ces Chapes, & y faire toutes les opérations indiquées aux art. J 5*8,8tc,page 188.
- 570. Toutes les opérations étant finies fur les Chapes, les Regiftres & la Table du Sommier , on mettra les reperes aux Regiftres, ( après leur avoir donné le jeu convenable ; c eft-à~dire, après les avoir un peu rétrécis, ) pour les faire ouvrir & fermer bien jufte. On commencera par examiner attentivement, félon quon a réfolu de difpofer les mouvements , fi l’on veut que le Regiftre ouvre en le tirant du Sommier, ou en l’y enfonçant : le plus ordinairement on l’ouvre en le tirant ; cependant, il arrive 3c même affez fouvent : que la fi-tuation des mouvements eft telle, que lorfqu’on tire un tirant au côté des Claviers , le Regiftre ouvre en s’enfonçant dans le Sommier ; l’une & l’autre maniéré font également bonnes. Ici nous luppoferons que le Regiftre ouvre en le tirant du Sommier ; mais il faut obferver qu’il eft effentiel que lorfqu’on tire un tirant, le Regiftre ouvre toujours, foie en fortant du Sommier , foit en s’y enfonçant ; enforte que l’Organifte tire toujours à foi pour ouvrir, & repoufle toujours pour fermer. ,
- 571* Il y a plufieurs maniérés en ufage pour faire les reperes aux Regiftres, elles fe réduifent à trois principales; j’en ai déjà décrit une, article 320, PaS* 97• La fécondé maniéré confifte , Fig. il . PL 3*5 , en une mortaife Orgues. II. Partie. Ccc
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- 192 FACTEUR D’ORGUES, IL Part. Chap. II.
- c , faite au milieu de la largeur du bout du Regiftre A B. La ligne f g > marque le bout extérieur du Sommier : on voit la cheville quarrée enfoncée bien folidement, & collée dans le chaffis, ou la première barre du Sommier. Cette cheville affleure le deflus du Regiftre AB; on conçoit qu'il ne peut aller & venir que de la longueur de la mortaife c , qui doit être telle que le Regiftre puifle recouvrir d'une ligne le plus grand trou lorfqu'il ferme -& que lorfqu'il eft ouvert, tous les trous de la Table & du Regiftre fe rencontrent bien exactement, comme étant faits enfemble. Cette maniéré vaut mieux que celle de l'art. 320. Il y en a qui, au lieu de la cheville de bois c, emploient un morceau de fil de fer allez fort, qui étant fiché dans la Table, traverfe le Regiftre & la Chape, enforte qu'il excede de quelques lignes en deflus ; cette maniéré a ce feul avantage , qu'on peut tirer entièrement un Regiftre du Sommier en cas de befoin, fans ôter ni les Tuyaux ni la Chape ; car on arrache ce repere comme un clou, 8c on le remet après. J'ai vu des reperes de cette forte dans quelques Orgues : je ne les ai pas trouvés folides ; le choc , bien fouvent affez violent, 8c bien fouvent répété , des deux bouts de la mortaife du Regiftre , contre ce repere de fer, l'ébranle toujours; agrandit le trou dans lequel il tient, & alonge la mortaife du Regiftre. La rouille y fait encore bien du dégât.
- ^72. La troifieme maniéré confifte à attacher & bien arrêter un morceau de bois qui double le Regiftre aux deux bouts qui fortent du Sommier. Celui dont on double le Regiftre par le bout du tirage, forme un repere lorfqu'il enfonce dans le Sommier, & celui dont on double le bout op-pofé , forme le repere quand on tire le Regiftre ; ou bien c'eft l'enfourche-ment, lorfqu'il y en a, qui fert de repere. Cette méthode eft fùjette à quelques inconvénients ; il fera mieux de s'en tenir à l'une des deux maniérés, ou à celle de l'art. 320, ou à celle du précédent art. 571 , qui confifte à ficher bien fblidement une cheville quarrée de bois dur, bien collée , & c.
- 573. On mettra donc les reperes aux Regiftres; mais remarquez qu'il faut les mettre à tous : c'eft-à-dire , un repere à chacun des quatre Regiftres défi* tinés pour un Jeu diftribué fur les quatre Sommiers ; Sc il en faut autant pour tous les Jeux. Il femble d'abord qu'il fuffiroit de n’en mettre qu'à un feul des quatre Regiftres qui tiennent enfemble par leurs enfourchements ; mais cette méthode n’eft pas bonne : un feul repere pour les quatre Regiftres ne dure-roit pas longtems en bon état, comme j'en ai vu l'expérience ; au lieu que lorfqu'il y en a quatre pour un feul Jeu, un à chacun des quatre Regiftres , il n'eft pas poffible quil arrive aucune altération dans la Juftefle néceflàire pour ouvrir & fermer les Jeux , chaque repere ne fùpportant qu'un quart de l'effort.
- 574. Le Sommier étant fini du côté de la Table, on le retournera fèns deflus deilbus, c’eft-à'-dire, que les barres alors feront en deflus ; on paflera la varlope fur toute cette furfaçe, pour ôter le bois fiiperflu des barres, &
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- on commencera à les dreftèr; mais ayant de finir entièrement cette opération , c’eft-à-dire , d’affleurer entièrement les barres, on mettra les Flipots dont nous avons dit un mot , art. 303 ,pag. 92 , voyez la fig. 3 , PL 34. P Q, font ces Flipots, aufïi bien que NO. On commencera par tirer les deux lignes de P à Q, à trois pouces au moins de diftance l’une de l’autre, & parallèles au battant. Il faut placer la première à ir pouces 4 lig. du bord intérieur du battant R S , c’eft-à-dire, qu’il y aura de P à Æ, ou de Q à S , cette mefure de 11 pouces 4 lignes , le tout conformément à ce qui eft marqué fur la Réglé du Sommier,fig. 2, PL y4.
- f7y. Pour faire ces Flipots P Q , on prendra une réglé de bois de chêne de 3 pouces de largeur , comme porte la diftance d’une ligne à l’autre , fur environ 2 lignes d’épaifteur tout au plus , exactement tirée de large. A l’égard de la longueur, on pourra la faire en plufîeurs pièces, enforte qu’il y en ait en tout fiiffifàmment pour en tirer tous les Flipots, dont il faut garnir les quatre Sommiers. On tracera fur ces réglés, des traits au travers & à l’équerre, pour marquer la longueur de chaque Flipot, qui doit être plus long d’environ trois lignes que la largeur de la gravure où il doit être collé ; quand on en aura fcié le nombre convenable, on les recalera proprement jufqu aux traits • enfiiite on les appliquera chacun fur fà place entre les deux lignes P Q , & on tracera avec une pointe fine fur les deux barres, un trait de chaque côté du Flipot. On fera deux entailles en façon de petites feuillures d’une ligne ou environ de profondeur, dans lefquelles on fera entrer le Flipot un peu jufte. Quand iis feront ainfi tous entaillés, on les collera en les enfonçant à petits coups de marteau.
- • 576. O11 a déjà pu remarquer, que tous les Flipots doivent être coupés
- 8c pofés à bois debout ou de travers, c’eft-à-dire , le fil du bois contraire, à celui des barres : fi on les mettoit à bois de fil dans le même fens que celui des barres, ils feraient fujets à fe décoller dans la fixité d’un côté ou de l’autre, parce que le bois, qui dans ce fens, travaille continuellement, c’eft-à-dire , qui tantôt s’élargit, & tantôt fe rétrécit, après avoir fait ce mouvement pendant un certain temps, fe décolle enfin ; ce qui peut caufer des inconvénients. D’ailleurs, les Flipots à bois de bout, contribuent à maintenir les barres contre les efforts qu’elles pourraient faire dans la fuite , les Flipots à bois de fil n’àuroient prefque aucune force pour produire cet effet. C’eft pour cette raifon qu’il faut mettre également à bois de bout, les petits Flipots NO, qui ne font point d’autre fonction que de maintenir les barres ; il n’eft pas necefîàire qu’ils foient entaillés ; il fïxffira qufils entrent jufte en leur place,
- & qu ils y foient bien collés ; du refte, on les placera au milieu entre les grands Flipots & l’extrémité poftérieure du Sommiçr. On leur donnera à peu près un pouce & demi de largeur.
- 577* Quand le Sommier eft extrêmement large, comme celui que nous
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- décrivons, qui a environ 6 pieds, il eft convenable de mettre deux rangées de petits Flipots , lefquelles partageront en trois efpaces égaux, toute la difiance depuis les grands Flipots, jufqu'au derrière du Sommier ; ce fl: une précaution d'autant plus utile, qu'il arrive quelquefois que les barres qui n'ont pas cet appui, font un mouvement fùffifànt pour faire fendre en plufïeurs endroits le parchemin, dont on bouche tout le deflous des gravures. Ce n eft p 7CHe^ Pas encore lnconvénient qui pourroit arriver des Flipots à bois de fil :
- 34. lorfque quelques barres s'envoilent, ou fe déjettent de côté, il y a des parties qui fe décollent & fe féparent de la Table , ce qui caufe des emprunts qui font un défaut énorme dans un Sommier ; j'en ai parlé plus haut , & ce cas n'eft , pas bien rare.
- 578. Si l'on veut que les foupapes foient étroites, comme je l’ai expliqué art. 483, on rapportera une tringle à un côté de chaque ouverture des gravures qui auront plus de fept lignes de largeur. A cet effet, on fera proprement une petite feuillure de deux lignes d'un côté de la gravure, auffi bien qu'à chaque bout, 8c on y ajuftera 8c collera une tringle de la largeur convenable , pour que cette ouverture n'ait pas plus de fept lignes de largeur.
- 3*75). Tous les Flipots étant collés, auffi bien que les petites tringles ( fi l'on veut y en mettre ) aux quatre Sommiers, & la colle étant bien feche , on paflera la varlope fur toute la furface, jufqu'à ce que les Flipots & les barres foient bien dreffés 8c affleurés avec le chafîïs, obfèrvant de ne pas faire d'éclats. On fera principalement attention à bien unir 8c dreffer à la varlope , & non autrement, la partie des barres comprifès entre P Q, 8c R S, qui doit être dans la Laye , & fur laquelle on doit pofèr les foupapes.
- 580. On choifira du parchemin pas trop fort, 8c le plus égal qu’il fe pourra dans fbn épaifleur ; on le coupera à la largeur convenable , pour qu'il puifïè couvrir tout l'efpace P Q , R S, fig. 3 , PL J 4 , enforte que les grands Flipots F Q foient couverts, auffi bien que les battants R S. On en préparera ainfi deux ou trois ou quatre pièces, pour faire toute la longueur de la Laye.On ob-fervera que les joints du parchemin fe rencontrent au milieu de quelque barre , fans que le parchemin y foit doublé l'un fur l'autre; on le fera tremper dans l'eau froide pendant quelques heures , & lorfqu’on verra qu’il en fera pénétré, on l'ôtera ; on le raclera avec un couteau du côté de la chair de l'animal.
- 581. Pour faire cette opération, l'Ouvrier mettra pour tablier une peau de parchemin, au lieu du tablier ordinaire, pour ne pas mouiller fà culotte ; il tiendra de la main gauche un bout de parchemin trempé ; il l’appuiera fur fà cuifîè par-deflus le tablier de parchemin, & tenant le couteau horifontale-ment, 8c fon tranchant appuyé fur le parchemin trempé, il tirera le par-chemin en haut, jufqu’à ce que fon bout inférieur foit parvenu fous le couteau.
- Planche Voyezlafig. 2 delà PL $6 , où l’on a repréfenté un Ouvrier en attitude,
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- Sect.II. Conjlr. dugr. Som. LaLaye ; faire SC garnir les Soup. SCc. 195 Faifànt cette opération ; elle fe réitérera en changeant le parchemin de fîtuation, jufqu’à ce qu’il foit raclé dans toute fà fiirface. Ce ratiflement du parchemin produit deux effets , 1 un -, qu’il en tire toute l’eau fuperflue, & en même temps quelque efpece de graille ou de chaux ; Sc l’autre , qu’il en ouvre les pores , Sc rend par Conféquent le parchemin plus propre à prendre la colle 9 Sc à être collé bien folidement*
- y 82. On mettra de la colle fur le parchemin du côté raclé , & après en avoir mis auffi fur toute la fiirface que le parchemin doit couvrir , on l’étendra fur fà place. On aura une ferviette pliée en quatre, on la trempera dans l’eau bien chaude, on la tordra bien fort auflî chaudement qu on pourra le fiipporter, & on étendra promptement cette ferviette pliée en quatre fur le parchemin. On appliquera les mains par-tout fur la fiiperficie de la ferviette en appuyant bien fort. Lorfqu’on jugera que cette opération aura duré fiiffifàmment pour que la colle fe foit réchauffée, on ôtera la ferviette ; Sc avec le tranchant d’un couteau de bois , on frottera toute la fiirface du par-chemin le long des barres, pour chafler les bulles d’air 8c la colle fuperflue J alors, le parchemin fera bien collé : on le frottera un peu avec la même fer-viette humide , pour ôter toute la colle ou autre mal-propreté qui pourroit fè trouver en quelques endroits.
- 583. Quand ce parchemin fera parfaitement fec, on le rabottera avec une varlope à onglet, dont la coupe foit demi - droite, comme difent les Ouvriers ; c’eft-à-dire, dont la pente tienne le milieu entre la pente ordinaire * & r angle à l’éqüerre. Si la pente ordinaire eft de jo dégrés, celle-ci doit tenir le milieu entre 50 dégrés &90 ; or, de y 0 à po y ayant 40 dégrés * il faut en ajouter la moitié, (qui eft 20 ) à 50 ; ainfi , la coupe ou la pente du fer de cette varlope à onglet aura 70 dégrés. On paffera cette varlope dans le fens de la longueur des barres, à très-peu de fer; ce que l’on continuera jufqu’à ce qu’on ait atteint toutes les parties de la furface du parchemin , qu’il foit bien dreffé & parfaitement uni ; enfuite, ôft Coupera proprement avec un canif, tout le parchemin qui bouche les gravures. Les ouvertures qu’on fera ainfi, feront recouvertes par les Soupapes.
- y 84. Anciennement, au lieu de coller furies barres & gravures dans la Laye, ce parchemin dont il eft fait mention aux trois articles précédents , on y colloit de la peau, le duvet en deflus. Par ce moyen, les Soupapes étorent parfaitement ttanchcs ; mais il y avoit un inconvénient confîdérable, en cé que par cette pratique , on rendoit les claviers plus durs à bailler. Le duvet de la peau de la Soupape, avec celui de la peau des barres Sc gravures, fe colloient pour ainfi dire enfemble , ou s’accrochoient & rendoient la réfif-tance des Soupapes plus fenfible au clavier. D’ailleurs , ces deux duvets l’un contre 1 autre , retenoient bien plus fréquemment les ordures que le vent pouffe aux Soupapes ; Sc par-là elles étoient plus fujettes aux cornements. Orgues. II. Parc, Ddd
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- y8y. Pour faire les Soupapes, on choifira du bois de chêne de droit fil en tout fens , qui ne foit point gras, qui foit doux à travailler, & le plus •blanc. Celui qui eft gras , ou fort dur , ou d’une couleur rembrunie, eft fojet à fe déjetter. On le corroyera, & on le mettra bien à l’équerre ; on le titrera de large & d’épaifleur, conformément aux mefures marquées fur la Réglé du Sommier. On imprimera tout le long, & au milieu du dos de la Soupape , un trait bien enfoncé avec un trufquin dont on limera la pointe en grain d’orge étroit & alongé ; enluite on emportera avec la varlope tout le bois fuperflu aux deux côtés, jufques bien près du coup de trufquin. On coupera proprement les = deux bouts, félon la forme de la Soupape que l’on voit, fig. 3, PL 35 > °ù elle eft repréfontée en perlpeélive, & en la fig* ^ , où elle eft vue géométralement par le bout.
- 586. Comme il convient pour la propreté de l’ouvrage, que toutes les Sou-=, papes foient coupées d’une façon uniforme ; on fe fervira d’un patron de bois , tel qu’il eft repréfenté fig. 3 , PL 56. Ce calibre n’eft autre chofe qu’une petite planche a b fi, d’une longueur arbitraire , fur laquelle on colle de champ une autre planche d e c f9 d’une largeur à volonté. On coupe en talut le bout cf, & on donne fort peu de pente à l’autre bout d e. On voit fon profil en N ; avec cet inftrument, on tracera aifément 6c uniformément les deux bouts de toutes les Soupapes de l’Orgue. ^
- y 87. Les Soupapes étant toutes formées, on les garnira d’un petit piton de fil de cuivre non recuit, allez fort, que l’on fichera dans le dos, à un pouce de l’extrémité de la tête ; à cet effet , on y fera un petit trou de la grofleur jufte du fil de laiton du piton, & qui perce entièrement la Soupape ; on y inférera le petit piton, dont la queue fera limée en pointe allez longue, & qu’on rivera comme l’on rive les clous ordinaires, enforte que la rivurefoit entièrement enfoncée dans le bois, afin que rien n’excede. On pourra donner encore quelque coup de lime pour bien affleurer la rivure, s’il le faut.
- 588. Pour finir les. Soupapes, il faut les garnir de peau ; on choifira la mieux préparée , c’eft-à-dire, qui foit fouple, épairte, & autant égale d’épaifteur & de force qu’il fe pourra. On fera grande attention de ne faire fervir à cet ufàge , aucun endroit de la peau qui foit comme double , c’eft-à-dire , qui fomble facile à fe féparer en deux dans fon épailfeur ; on le raclera avec un couteau ou un d-feau de Menuilier du côté oppofé au velu. On l’étendra fur une table, le velu en deflous, & on l’arrêtera par quelques pointes ; mais on fe gardera bien de l’é-.tirer ou alonger en aucun fons. On tirera au crayon fur un bord, la ligne AB, fig. 12, PL 55, On barbouillera de colle bien chaude toute la forface de la peau; on en mettra auffi for le deflous des Soupapes, que l’on appliquera promptement for la peau, en les faifimt un peu aller & venir pour charter lair; on les arrangera for la peau, enforte que toutes les têtes foient prédfément fur la ligne A B ; on laiflera un très-petit elpace entre chaque Soupape, pour pouvoir y pafler bien ai-
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- Se cl. IL Conjl. dugr. S omm. La Laye ; garnir ôC coller les Soup. 197 fément-la pointe d un couteau lorlqu’il faudra couper la peau pour fëparer les foupapes. Il faut les fituer lur la peau, enforte que leur longueur foit dans le même fèns que le fil du bois de la table lur laquelle on a étendnla peau , parce que la table eft plus droite dans ce fens qu’en travers. Lorfqu’on aura garni de Soupapes une piece de peau, on aura foin d’ôter entièrement la colle qui remplit ordinairement tout le long des entre-deux des foupapes. Cette opération fe fera avec précaution au moyen d’un couteau de bois.
- y 89. Lorfque la'colle fera parfaitement feche, on collera du côté velu , une bande de peau C D, lur les queues des loupapes , comme l’on voit dans la Fig. 12. Cette bande de peau doit être allez large pour couvrir la moitié du talut de la queue de la Soupape , Sc un peu plus d’un pouce au-de-là ; mais auparavant, il faut chanfrainer du côté velu, c’eft-à-dire, amincir tout le long du bord de la bande de peau, (623 ) qui doit fe coller lur le talut des queues, mais non pas à l’autre bord oppofé. Cette bande de peau étant ainli étendue fur là place, fans l’alonger ou l’étirer, on y appliquera tout le long , le linge trempé dans l’eau chaude & bien tordu ; enlinte, avec le couteau de bois, on fera encore mieux appliquer la peau aux extrémités des taluts.
- 5*90. Cette bande de peau étant bien lèche , on marquera avec un compas les points E Sc F, à un pouce de l'extrémité des taluts des Soupapes, ou encore mieux à 13 pouces de la tête des Soupapes. On appliquera lixr cesdeux points une réglé, le long de laquelle, avec un couteau, on coupera la double peau ; on en fera autant le long des têtes des Soupapes, mais fans la réglé qui n’y eft pas néceiïàire. On féparera toutes les Soupapes enpaflant le couteau dans tous les entre-deux, & alors elles feront finies , & femblables à celle qui eft reprélèntée en perlpeélivo dans la fig. 13, PL 55 , où l’on apperçoit la peau doublée a b, de la queue de la Soupape, Sc comment elle recouvre une grande partie du talut. Après qu’on a coupé &féparé les Soupapes, il refte aux deux côtés du talut un excédent de peau, qu’il faut avoir foin de couper proprement.
- 591. On remarquera qu’il faut éviter de coller les Soupapes , de façon que le dos de la peau , ou Ion milieu, fe trouve vers le milieu des Soupapes , parce que cet endroit de la peau étant ordinairement plus fort, les Soupapes ne join-droient jamais bien en leur place. Il faut oblèrver que cet endroit de la peau le trouve plutôt à la queue des Soupapes. Il eft néceflàire que la peau loit d’une épaifteur régulière.
- 592. J’ ai recommandé dans l’article 588 , de ne pas étirer la peau quand on 1 étend lur une table pour coller les Soupapes par-deflus, pour deux railons , dont l’une eft qu’en étirant la peau on diminue fbn épaifteur, Sc par conféquent Ion moelleux , ce qui feroit bien préjudiciable ; l’autre & la principale , eft , que dans la fixité cette peau fe retire, & ne couvre point en entier toute la lùr-face dudeftous de la Soupape , ce qui n’arrive jamais lorfquon a collé la peau dans fon état naturel. Il y a des Fâéleurs qui ont la pratique de coller deux peaux aü-xleflous de toutes les Soupapes; Sc je n ai fait mention que de cette méthode f
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- ip8 FACTEUR U ORGUES , II Partie, Chap. II.
- article 306 y page 93, parce qu’il y en a beaucoup qui croyent que c’eft la meilleure ; ils prétendent que par-là elles font moins fujettes aux cornements. Les ordures qui les caufent en tenant les foupapes entr’ ouvertes, s’enfoncent dans le moëlleux de la peau , & n’occafionnent point ce défordre quand ces ordures ne ibnt pas confidérables ; mais auffi il y a un défaut dans cette pratique , les deux peaux n’étanchent pas fi bien le vent, qu’une feule qui aura les qualités que j’ai indiquées ; l’expérience démontre encore que les ordures qui ont peu de volume , ne caufent point de cornements : chacun choifira la méthode qu’il jugera à propos. Au cas qu’il y ait quelqu’un qui juge qu’il efl: mieux de coller deux peaux , je dirai qu’on coupe tout ras la première aux quatre côtés de la Soupape , & qu’on colle la fécondé, comme je l’ai décrit article 588 , page 196. J’ai dit encore dans ce même article, qu’il faut ôter la colle qui le trouve dans les entre-deux des Soupapes , lorlqu’on les a collées fur la peau. Si l’on ne prenoit cette précaution, on auroit un grand travail pour ôter cette colle étant féche. D’ailleurs, on ne coupe jamais bien nettement la peau lorfqu’onfépare les Soupapes , fi on n’ufe auparavant de cette précaution.
- 593. Avant de coller les Soupapes dans la Laye, il faut la conftruire ; à cet effet , on arrêtera les deuxlupports du Sommier, qui font les deux planches A & By mfig. 1. PL 3 6 y arrêtées lür le chaffis par des tenons ou clefs. On mettra de la colle Panche dans toute la partie de ces fuppports qui joint contre le chalfis du Sommier ; on collera les clefs, Sc on les chevillera également à la colle. On fixera auffi le petit montant £, en collant fon tenon inférieur dans une barre; on collera & on fixera avec des pointes les petites tringles portant une feuillure contre les flipots & les barres, auffi bien qu’aux deux extrémités où elles feront appliquées debout contre les deux lupports , afin qu’il fe trouve une feuillure tout à l’entour des portes D Sc D du derrière de la Laye. On ajuftera par-deflus tout cela , la planche des b'ourfettes, Jig, 4 , afin qu’il n’y ait qu’à l’arrêter quand on aura collé les Soupapes.
- j'pq. Pour coller jufte les Soupapes , on,tirera avec le crayon une ligne en Planche G C ,fig* 4, PL $6, à deux lignes du bord du bout des ouvertures des gravures -f pour marquer la pofition des têtes des Soupapes. On tirera une autre ligne A B 9 à 14 ou 15 lignes de la précédente, pour marquer la place des guides^ enfifite on préfentera dans fa place la Soupape D, de façon qu’on découvre fa gravure a, en relevant un peu fa queue de peau b. Après qu’on aura parce moyen bien placé la Soupape, enforte que fon recouvrement foit égal de chaque côté, on fichera feulement d’un côté & aflez légèrement une épingle ordinaire c, qui touche la Soupape vers ce même bout ;vers le bout antérieur £, ( il faut toujours liippofèr que c’eft la même Soupape, quoique je repréfente la fuite de l’opération fur une autre , ce qui ne peut pas fe faire autrement, ) on fera reculer la Soupape , pour découvrir l’ouverture de la gravure d9 & on fichera à demeure les deux gui-desfgy qui ne doivent pas gêner la Soupape. Cette figure 4 ,eft un morceau de
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- Secî. IL Conftr. du gr. Somm. La Laye ;pofer les Soupap. t âCc. 199 Laye de Sommier. G C> eft le Chaflîs antérieur. HI, la tringle du derrière de la Laye, pour recevoir les portes de la fermeture de derrière. K L, les Barres. M, eft une Soupape collée & arrêtée ; on y voit fes deux guides.
- ypy. Pour mettre ces guides bien droits & uniformément, on fera un infiniment, qui confifte 9Jzg. y , PL y 6, en un morceau de bois H Z, d’environ cinq à iix pouces de longueur, fiir un pouce de largeur, 8c trois à quatre lignes d'é-paifleur ; on y fera un petit trou au bout Z bien à l'équerre & fur le champ, de façon que le guide d y entre un peu jufte , ou au moins (ans prefque balloter. On fe fert de cet infiniment pour ficher les guides dans leur place ; à cet effet, on fait un petit trou avec une pointe , fiir le point où l'on doit mettre le guide, 8c après l'avoir pofé, on y enfile ce morceau de bois qu'on applique fur la barre , 8c on enfonce le guide à coups de marteau , jufqu'à ce qu'il affleure le morceau de bois ; de cette maniéré , tous les guides feront plantés bien droit, 8c ils auront tous une longueur uniforme , ce qui fera plus propre.
- y96. Quand on aura ainfi fiché les deux guides pour chaque Soupape avec l'épingle, il fera fort aifé de bien pofer & coller les Soupapes de la maniéré fui vante : on mettra de la colle au-deflous de la queue, de a à b 9fig» 13 , PL yy ; enforte qu'il y en ait jufqu'à cinq à fix lignes Ueiîbus le taiut5 on en mettra également fur la partie du parchemin que cette partie de la Soupape doit couvrir : on l'appliquera fur fà place , obfervant que la tête foi t pofee jufte fur la ligne que l'on a tirée au crayon : on forcera le couteau de bois fiir la queue , pour bien faire prendre la colle. On verra qu'au moyen des guides,mis d'avance & de l'épingle, les Soupapes auront le recouvrement fur les gravures bien égal de chaque côté. On arrachera enfiiitel'épingle, qui ny fervîra plus de rien. Il y a des Faéteurs qui collent une longue bande de peau fiir toutes les queues des Soupapes pour qu'elles tiennent mieux. On fait par l'expérience que les Soupapes collées comme je viens de le décrire ne fè décollent jamais que par quelque accident extraordinaire. Il eft vraifèmblable que celles qui ont une bande de peau fiir leur queue ne réfifteront pas davantage à un accident, ou fi elles réfi-ftent , elles feront dérangées au point qu'on fera obligé de les décoller pour les remettre comme il faut. Pour décoller une Soupape , ainfi doublée d'une bande de peau, on rifque beaucoup d'en déranger quelqu’autre voifine. D'ailleurs cette opération de décoller une Soupape ainfi collée eft difficile, &c. Je conclus que la première méthode eft fans contredit la meilleure.
- y97. Les Soupapes étant toutes collées, comme on le voit repréfenté en la fig* 1. de la PL 36 , on préfentera la planche des Bourfettes , fig. 4 , ( qui doit former le deftous de la Laye ) , enforte que la furface qui doit être au dedans de la Laye y foit effectivement, 8c que fbn bord antérieur P P foit yis-à~ Vis de la tête des Soupapes ; on la reculera fuffifàmment pour cela. On marquera fur fon bord, au moyen d'une équerre ou d'un triangle, le milieu de chaque Soupape. Ce qui étant fait, on ôtera cette planche de fà place, 8c on prolongera, au , Orgues. //. paru ' Eee
- Planche
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- Planche 55*
- Planche
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- moyen d’un triangle, tous les traits autant quil le faudra. On prendra avec un compas la diftance des pitons des Soupapes jufqu’au bord antérieur de la Laye, & onia marquera fur la planche des Bourfettes. On tirera avec le trufquin fur ce point tout le long, une ligne qui coupera tous les traits tracés en travers. On donnera un bon coup de pointeau fur toutes les interfeélions, & on les percera bien droit d’un trou de trois lignes & demie de grolfeur , ou du N°. y.
- fp8. Sur la face de la planche où l’on doit faire les Bourfettes, on évafera tous les trous avec une gouge , & on les finira avec la fraife. Il faut que cet évafement foit un peu profond , au moins de fix à fept lignes : ce qui étant fait, on paflèra en deux fens un petit rabot pour enlever les bavochures que la fraife
- .aura faites. Il faut auffi pafler la fraife fur tous les trous à l’autre face de la plan-
- Planche che, pour les évafer un peu, comme on peut le voir en x, jïg<. Z, PL 3j ; cet évafement fe fait pour diminuer la ferface intérieure du trou, & par conféquent le frottement de l’ofier.
- 599. Il y a des Faéteurs qui font le creux, O , fig» Z 9 PL 37 , avec une
- Planche platte dans Je g0{,t de ceüe lafi g, } PI. $6. Ils en arrondirent le pe*
- tit bout P cylindriquement, ôc la font à deux tranchants. Alors ils n’ébauchent point le creux avec la gouge ; mais quand le trou efî fait avec la meche ordinaire du villebrequin , ils y paflent cette meche , fig, 6, qui donne au creux une meilleure forme. Tous les creux étant finis & nétoyés des bavochures, on repafièra encore la première meche dans les trous , afin qu iis foient bien nets. Alors il faudra faire les Bourfettes.
- 600. On choifira de la peau blanche , pas trop mince, mais fi fouple qu elle s’étire facilement en tout fens. On la prend ordinairement aux côtés des peaux de mouton. Il ne faut jamais fe fervir de la peau d’agneau ; elle n’eft pas allez jcompaéle ; le vent paffe aifément à travers. Celle qu’on emploiera doit être bien entière, fens qu’il y ait abfelument rien de déchiré. On en coupera plufieurs bandes de trois à quatre pouces de large, de toute la longueur de la peau, fi
- 2====rs==i elle y eft toute propre. On mettra la planche des Bourfettes A, fig, 14, PL y y % Planche fur l’établi B B , où on la fixera par un valet a. On mettra aulfi fur l’établi le pot à colle C, dans fon bain-marie ;le couteau de bois, d\ une èaiellef, avec de l’eau chaude dedans. On aura deux ‘petits bâtons, fig. iy, faits au tour, de quelque bois dur & bien uni. On n’en a repréfenté qu’un. Tout étant prêt, on opérera de la maniéré fiiivante.
- 601. Un ouvrier étendra ( dans le fens de la longueur de la planche ) , nr% bout de la bande de peau ( le côté velu en-deffous ) fer le premier creux de la planche A des Bourfettes, la tenant un peu tendue avec les deux mains. Un autre ouvrier enfoncera un des bâtons,^, iy, dans ce premier creux, où il le tiendra bien fort. Le premier ouvrier étirera la peau tout à l’entour, jufqu’à ce qu elle ne falfe pas la moindre ride. Alors il la relevera ( le bâton reliant
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- Secl. IL Conflr. du gr. Som. Faire les Bourfettes, les O fiers, ôGc. 201
- toujours dans le creux ), & mettra avec un petit pinceau de la colle tout à Tentour fur le bois feulement ; il appliquera la peau qu’il unira parfaitement avec le couteaurde bois d9 fi bien trempé dans l’eau chaude , qu’il n’en frotte jamais la peau à fée*
- 602, La première Bourfétte étant faite , & le premier bâton y demeurant toujours pour la tenir afiujétie , le premier ouvrier étendra un peu la même bande de peau fur le fécond creux, dans lequel le fécond ouvrier enfoncera le fécond bâton ? prenant bien garde de ne pas lâcher l’autre. Alors le premier ouvrier étirera la peau tout à l’entour de ce fécond bâton, jufqu’à ce qu’il n y ait aucun pli ; ce qui étant fait , le fécond ouvrier ôtera ce fécond bâton ; le premier ouvrier relevera la peau dont la Bourfette eft déjà toute formée ; il la relevera, dis-je, pour mettre fur le bois de la colle tout à l’entour du creux , obférvant foigneufément qu’il n’y en entre abfolument rien. Il remettra la peau à là même place ; le fécond ouvrier y remettra le même fécond bâton , & le premier ouvrier collera la peau, comme à la première Bourfette, faifànt toujours attention de ne laiiîér aucune ride.
- 603. Pour faire la troifieme Bourfétte, on ôtera le premier bâton de la première Bourfétte , 8c on l’enfoncera par de Mis la peau dans le troifieme trou , tenant le fécond bâton bien ferme dans la fécondé Bourfette , & on fera cette troifieme comme la fécondé & la première. On continuera ainfi tant que la bande de peau durera. Lorfqu elle fera toute employée, on la recoupera tout le long de chaque côté des Bourféttes, au moyen d’une régie & d’un couteau , pour en ôter le fuperflu, & que l’ouvrage en foit plus propre. On laiiîéra feulement de la peau environ fix lignes de largeur à chaque côté des Bourfettes. Il eft au refte néceflàire de faire tout de fuite cette derniere opération avant que la colle foit feche; autrement on ne pourroit pas détacher ce qu’on auroit coupé avec la pointe du couteau. On continuera les Bourfettes avec une autre bande de peau, & on s’y prendra comme on a commencé. La fécondé bande de peau étant employée, on la recoupera comme la première, faifant convenir enfémble les lignes de la coupe, comme fi c’étoit une feule bande de peau. Quand le tout fera bien fec, on introduira une cheville de bois dans les trous au-deflous des Bourfettes, & on les relevera.
- * éoq.. Il y a des Çaéleurs, qui, pour faire une fécondé Bourfétte , avant d’enfoncer le fécond bâton, mettent la colle du côté voifin de la première Bourfette ou de celle qu’ils viennent de finirais étendent la peau, & enfoncent le fécond bâton, qu’ils notent plus jufqu’à ce que la Bourfétte foit collée : ils ne font qu’achever de mettre la colle à une partie du tour du creux. Par cette méthode on rifque d’entraîner de la colle dans le creux lorfqu’on enfonce le fécond bâton. Quoi qu’il en foit de cette fécondé méthode , chacun fiiivra celle a laquelle il réulïira le mieux. Il y en a au refte qui n’exigent point d’aide pour faire les Bourfettes, & qui y réufliflént bien ; c’eft même afléz l’ordinaire ; mais cela parole un peu plus difficile.
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- **am"1 — 6oÿ. Toutes les Bourfettes étant faites , on les garnira de leurs ofiers. Voyez
- ^L^CHE la Fig. 3 , PL 37 , ou toute cette méchanique eft repréfentée en perfpeétive dans fa grandeur naturelle. Lifez auffi l’article 31J 9 pag. 9 y , où elle eft décrite. On choifira de l’ofier fec, bien droit & fans nœuds , du moins chaque morceau à employer. On ne fe fervira point du petit bout, parce quil eft trop tendre & fa moelle trop groffe ; ce qui feroit le trou intérieur trop grand. On ne fe fervira point non plus du gros bout, parce que fa moëlle eft trop petite. On le coupera en morceaux d’environ trois pouces de longueur tout au plus. On en chaflera la moëlle , au moyen d’un fil-de-fer non recuit ; on les mettra tous de la même grofleur d’un bout à l’autre , enfbrte qu’ils entrent librement dans les trous de la planche des Bourfettes ; on les unira parfaitement, 8c on en coupera bien proprement un petit bout de trois lignes de longueur , qu’on appelle le Chaperon, deftiné à être collé par-deffiis la Bourfètte.
- 606. On coupera du fil de laiton (non recuit & tel qu’on Tachette jaune & luifànt) de la longueur convenable, à-peu-près comme on le voit en Fig. 3 9 PL 37. On y fera un petit anneau au bout inférieur , & on enfilera cette ef-pece de broche dans l’ofier 8c ion chaperon. Cette opération étant faite à tous les ofiers ; on percera par-defîous 6c bien au milieu toutes les Bourfettes avec
- ....„ une pointe fine. Enfuite on pofera les ofiers comme il eft décrit, article 315,
- Planche Pa& 95* On fera attention que les anneaux inférieurs des ofiers fè regardent S** tous mutuellement, enfbrte qu’on pourroit les enfiler tous par une même broche fi cela étoit nécefïàire. Les anneaux qui font par-deflus les chaperons feront auffi dans la même fituation que les inférieurs. On a repréfenté autrement ces anneaux dans les figures, pour les rendre plus vifibles ; mais dans la pratique il ne faut pas les mettre dans cette difpofition , qui ne feroit pas fi commode.
- 607. Le chevalet QQ, Fig. 4, PL 3 6, ou M, Fig. 2, PL 37, eft une tringle Planches de bois d’environ huit lignes d’épaifleur , fur dix-huit à vingt lignes de largeur.
- 36? 37j On y donne par-delîus & fur la plus grande face des coups de feie entravers 8c à l’équerre, de trois lignes tout au plus de profondeur. Il faut obferver foi-gneufement que ces coups de feie foient exactement vis-à-vis du milieu des Bourfettes & du milieu des Soupapes, 8c qu’ils foient aflez larges pour que le reflbrt y foit bien libre. Il convient que la feie dont on fe fert pour faire ces entailles ait un peu plus de paflàge qu’à l’ordinaire. On pofera ce chevalet fi près des Bourfettes qu’il en touche prefque le derrière, & on l’arrêtera au moyen de quelques pointes. On doublera tout le dedans de la Laye en parche-; min bien collé , c’eft-à» dire , le derrière, les bouts & la planche des bourfettes.
- 60S. Tout ce deflus étant fini & bien fec, 8c non plutôt, on fixera à demeure la planche des Bourfettes. On l’arrêtera avec de la colle & des pointes. On collera en dehors de petites bandes de peau fur toutes les jointures. On appliquera le linge trempé dans l’eau chaude 8c bien tordu fur toutes ces bandes
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- Secl. 11. Confir.du gr.Somm. Faire les EJfes SClesReJforts. 203 de peau, & on les recoupera tout de fuite à la régie, afin que le tout foit plus propre.
- 609. Les elfes fe font en fil de laiton récuit de la même grofleur que celle des ofiers , ou même un peu plus gros, puifqu’il doit être recuit. Si on ne le recuit point, il fuffira que le fil foit de la même grofleur que celui des ofiers. Voyez la forme de ces elfes, Fig. 8 *PL 5 6. Il eft néceflaire que les parties a 8c b des elfes foient longues ; fins cela les elïès font fiijettes à fe décrocher. On aura Y attention, quand on les mettra en leur place , c eft-à-dire, lorlqu’on les accrochera au piton de la foupape , 8c à fanneau du chaperon , que la bourfotte ne foit point tendue > mais qu il y ait une bonne ligne de lâche , parce que dans là fuite les bourfettes venant à fe retirer un peu, elles tirailleraient les foupapes & cauferoient des cornements. Du relie on coupera toutes ces efles de la même longueur, & on les pliera toutes uniformément, pour la propreté de l’ouvrage.
- 610. Il ne s’agit plus que de mettre les reflorts pour avoir fini l’intérieur de la Laye. On les fait en fil de laiton bien écroui & bien dur. Celui que l’on trouve communément chez les Marchands, qui néft point recuit, n’eft pas encore allez dur. Il faut en acheter de cette elpéce, mais plus gros qu’il ne faut. On le fera encore tirer fins le recuire , 8c on le fera pafier par plufieurs trous de la filiere. Il deviendra 8c plus dur & moins gros.
- <5n. Il faut remarquer qu’il eft important pour qu un Clavier aille bien, que la grofleur du fil de laiton des reflorts foit bien convenable. S’il éft trop gros j c eft en vain qu’on les âffôiblira en les débandant foffifimment, le Clavier ira toujours mal ; il n’aura jamais cette douce élafticité qu’on doit fentir fous les doigts^ que les Organiftes appellent Vivacité, qui en fait le principal mérite, & qui contribue le plus à rendre nettes la cadence & les volubilités d’une bonne main; Si le fil de laiton eft trop mince , les reflorts feront trop foibles. Ce fêra inutilement qu’on les bandera de toute leür force , les Soupapes feront toujours fiijettes à fe tenir entrouvertes & à caufer par-là des cornements. Pour qu’un reflort fafle bien fon effet, il faut, qu’étant bandé de toute fi force, il rende la touche tant foit peu trop dure à baiifer y enfortè qu’en le débandant très-peu , elle devienne douce & vive. Alors les Claviers feront prompts, & auront toutes les qualités qu’on en exige, fi d’ailleurs tout le refte eft confirait comme il faut, je veux dire , l’Abrégé ,les Claviers, &c. comme nous le dirons en fon lieu;
- 611. A moins dune grande expérience, il eft difficile de ne pas fe tromper dans le choix de la grofleur du fil de laiton pour les reflorts. Il arrive quelquefois qu’un Faéteur curieux de la perfection de fon ouvrage , fe trouve obligé de changer tous les reflôrts lorfque tout eft monté en place & en expérience; Pour prévenir un pareil inconvénient , il y en a qui ont la pratique de ne mettre que de faux reflorts, en attendant qiie le Sommier, l’Abrégé 8c les Claviers foient en place. Alors ils ôtent un faux reflort, ils en mettent un en
- Orguesé //. Partie* Fff
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- forme à fa place, qu’ils jugent convenable, & en font l’expérience. Quand ils ont trouvé la grofleur qui convient, ils font tous les autres du même fil de laiton. On appelle Faux Rejforts , un reflort allez informe en fil de fer , même plus fort quil ne faut, & qu’on ne met que pour contenir la Soupape jufqu’à ce que le Sommier & tout le refie foit en place. Ces faux reflorts un peu plus forts qu’il ne faut ne font que du bien aux Soupapes , en ce qu’ils contribuent par leur preffion à faire imprimer la peau des Soupapes fiir les gravures qui en font mieux bouchées.
- 613. Quand on aura eflayé un refiort, 8c qu’on fera alluré 8c de fà longueur* 8c de la grofleur de fon fil de laiton, on conftruira un petit infiniment, au
- î moyen duquel on les fera tous uniformes & avec diligence. On aura une planche AB 9 fîg-J > PL 56. On fichera bien folidement vers un bout la broche de fer C > de trois à quatre lignes de grolfeur , pour faire l’œil du reflort. On fichera aufïi bien folidement une forte pointe de fil de fer D , pour y accrocher le crochet pointu du reflort. Et enfin l’autre pointe de fer E, qui indiquera où il faut couper le fil de laiton. Pour mettre ces deux pointes D 8c E à la diftance convenable, on prendra la mefiire fur le reflort mis en expérience , qui doit fervir de modèle à tous les autres.
- 614. Avant de faire le reflort, il faut d’abord drefler le fil de laiton , qui,
- ayant été tiré à la filiere, fe trouve néceflairement en rouleau. L’outil à drefler v le fil d’archal eft fort fimple ; il ne s’agit que de ficher fix à fept clous ou pointes aflez fortes for un morceau de planche de huit à neuf pouces de longueur fur fix à fept de largeur, 8c le drefloir fera fait. Cependant il y a quelque difficulté pour bien arranger ces pointes entre lefquelles le fil d’archaî doit pafler. La figure I de la Pl. 37 , repréfente la difpofition de ces clous qui doivent être fans tête 8c d’un fer bien doux, afin de pouvoir les incliner plus ou moins vers le fil d’archal félon le befoin, c’eft-à-dire, félon la roideur & la grofleur du fil d’archal. Il n’eft guere poflible de donner aucune réglé pour la diipofition de ces pointes. On ne réuflit à les arranger comme il faut, que par le tâtonnement ; il faut eflàyer plufieurs fois, jufqu’à ce qu’on voie que le fil d’archal fort bien droit du drefloir. A , fig, 2 , eft le rouleau de fil de laiton à l’entour d’un dévidoir de bois, & dont on a déjà fait pafler une partie entre les clous a9 b > c y d ,e tire avec une tenaille en allant à reculons, tandis que le
- rouleau A fe dévidé. On met ce rouleau de fil d’archal fur un gros cylindre de bois, qui peut tourner avec facilité étant emmanché fur un boulon de fer B ; ou bien on tiendra ce rouleau à la main, & on dévidera le fil de laiton à mefore qu’un autre le tirera avec la tenaille ou avec une pincette. La Planche CD, où font fichés les clous ou pointes , doit être bien arrêtée fur un établi ou autre chofe. Il faut fe fouvenir que ces clous doivent être inclinés chacun vers le fil d’archal ; fans cela il ne fe tiendroit pas dans le drefloir ; mais cette inclinaifon fera augmentée, ou diminuée félon l’effet qu’on verra que fera la Machine.
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- SecL IL Conjlr. du gr. Sorti. Faire les Rejforts, lespofer. 205 On pourra mettre les clous plus ou moins écartés, plus ou moins en ligne tortueufe, jufqu’à ce que le fil en forte bien droit à la première fois qu'il y aura parte. Ce drertoir eft dune grande diligence.' Quand il va bien, on peut drefler une quantité considérable de fil darchaldans un quart-d’heure. Les Épingliers font un grand ufage de ce drefloir, quils appellent Engin à drejjer. Cet article ejl tiré de VArt de VEpinglicr donné par V Académie Royale des Sciences.
- 615. Pour faire le reflort, on commencera par limer en pointe bien aiguë un bout de fil de laiton. Â trois lignes de longueur , on la pliera à-peu-près à l'équerre avec une pincette. On accrochera ce bout d’équerre à la pointe D ,
- fig. 7 , PL $6. On fera paflèr le fil de laiton fur la broche C, autour de la- Planche quelle on le contournera par un tour entier ; ce qui formera l’œil du reflort ; on le fera venir ju/qu’à la pointe E , où on le coupera avec une cifaille. On pliera ce bout non pointu à l’équerre de deux lignes de long feulement. On fait tenir l’inftrument fiir un établi par un valet.
- 616. Ou bien , on déploiera entièrement le premier reflort qu’on aura fait fur l’inftrument, & on coupera autant de morceaux de fil de laiton qu’il faut de reflorts , & tous exaélement de la même longueur que celui qui a été déployé. On fera à la lime la pointe à un bout de tous ces morceaux. O11 pliera à l'équerre cette pointe, & on donnera la forme à tous les reflorts fur l’inf-trument A B, fig. 7, comme je viens de le dire. Du refte, on peut voir la
- forme du reflort en la figure 4 de la Planche 37. Planche
- 617. Il faut remarquer qu’il né convient pas d’employer des reflorts de 5 7-la même forcé pour les doubles Soupapes. Il faut y en mettre qui Soient un peu
- plus foibles , afin que les Touches du Clavier qui tireront ces doubles Soupapes ne foient pas plus dures à baifler que celles qui tirent les fimples Soupapes. U eft aifé de concevoir qu’une Touche relative à deux Soupapes, dont les reflorts feroient égaux à ceux des fimples Soupapes ^ doit réfifter au double dans fon tirage ; & comme il eft néceflàire que toutes les Touches d’un Clavier /oient égales de force, c’eft-à-dire , pas plus dures à baifler les unes que les autres ; on doit proportionner les reflorts des doubles Soupapes, enforte que leurs Touches foient égales de force à celles des fimples Soupapes.
- 618. La maniéré ordinaire de mettre les reflorts eft de lés fîtuer à l’équerre ou parallèles aux foupapes, en forte que leur œil /oit vers le derrière de la Laye ; le bout pointu du haut eft placé dans la petite rainure du dos de la Soupape; car c eft pour cela que cette rainure eft faite ; & l’autre bout du reflort qu’ort appelle fon talon , eft enfoncé dans le coup de foie du chevalet, de maniéré que le petit pli en équerre l’arrête pour qu’il ne puifle point fuir en arriéré ,
- & que cependant il ne touche point la Bourfotte qui eft tout près du Chevalet.
- U y a des Faéleurs qui ne font pas en pointe le bout fupérieur du reflort * mais qui le font entrer dans un trou fait au dos de la Soupape. Ils mettent l’autre bout dans un trou fait au Chevalet dans le fond de fon entaille. Il eft certain
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- 206 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IL
- que les reflorts dont les deux bouts font arrêtés dans des trous ne peuvent jamais fortir de leur place. Voilà le foui avantage de cette méthode ; mais auffi ils n’en font jamais auffi libres , & par conféquent un Clavier n en eft jamais auffi vif. D’ailleurs ils font bien plus difficiles à ôter de leur place dans le befoin, & on ne peut point par leur moyen arranger une Soupape comme il faut; ainfi la première méthode eft à préférer.
- 619. J en ai imaginé une autre qui me paroît encore plus avantageufo pat l’expérience que j’en ai faite plufieurs fois. Je les ai difpofés à rebours. J’ai pofé la queue for le devant de la Laye , 8c les deux crochets vers le derrière.
- Planche Us font fitués obliquement. La fig. 9, de la PL 56, repréfonte cette difpofition.
- S à* C’eft le plan d’un morceau de la Laye d’un Sommier, a yl yc y dye yfy font les « Bourfettes. Les lignes ponctuées repréfentent les Soupapes, qu’il faut regarder comme tranfparentes. X Yy eft la trace de la planche du derrière de la Laye. Z Fy la trace du fupport de côté du Sommier. AB , eft le Chevalet. DP y C O y CO y font les reflorts, dont P, O, O font les queues où eft leur œil. Ey F\y font les coups de foie obliques pour y pofor des reflorts. On y remarque lè trait à l’équerre coupé obliquement «fo milieu par le coup de foie. G, eft un coup de foie donné à Fordinaire pour en faire voir la différence d’avec les entailles obliques. H y eft un reflbrt pofé à l’ordinaire. On voit à tous les reflorts leur crochet pointu. On apperçoit auffi comment le premier reflbrt Z) P eft ployé, pour qu’il ne touche point à la planche qui fait le fopport de côté du Sommier. Ils font pofés obliquement pour ne pas toucher ou embar^ rafler les Bourfettes. Le crochet du talon eft arrêté derrière le Chevalet. Cette partie du reflbrt, c eft-à-dire, l’inférieure eft plus longue que la fupérieure de la moitié de la largeur du Chevalet. Si celui-ci a dix-huit lignes de largeur, la partie inférieure du reflbrt aura neuf lignes de plus que la fopérieure. Par cette difpofition, le crochet pointu fe trouve parfaitement vis-à^vis du milieu de la Soupape. La fig. 10. de la même El. 56 y fe rapporte à la fig. 9. Celle-ci eft le plan d’un morceau de Laye d’un Sommier, &la fig. 10 en eft l’élévation en perfpeétive. Pif eft le devant du chaffis du Sommier, On y voit par-deflus Fépaifleur de la table , desRegiftres 8c des Chapes. Trois reflorts^ pofés obliquement à ma maniéré y paroiflent. On en voit un pofé à l’ordinaire pour en faire voir la différence. On y apperçoit les entailles du Chevalet obliques, ex** cepté trois vers K qui font à l’équerre à l’ordinaire, pour en faire voir la diffé^ rence. Cette figure n’a pas befoin d’autre explication*
- 62o. Par la difpofition ordinaire , on eft obligé d’ôter le reflbrt toutes les fois qu’on veut le bander ou débander, ce qui eft un travail confidérable % parce que le plus fouvent on ne peut y mettre les mains que difficilement, & quelquefois point du tout ; & fi l’on ne fait cette opération adroitement, on riP que d’éreinter une Soupape. Il eft quelquefois difficile d’empêcher qu’une Soupape ne frotte fortement contre un de fos guides ; ce qui rend la touche du Cla-
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- Secl. IL Confir. du gr. Som. Poferles ReJJorts , fermer la Laye. 207
- vier molle 8c lente. Ces inconvénients m’ont fait imaginer de difpofer? les relïbrts à rebours. Par-là on les ôte avec la plus grande facilité pour les bander quand il le faut. On neft point obligé de les ôter pour les débander ; un coup de doigt fuffit pour cela. En les avançant plus ou moins dans la Laye , on y fait aller la Soupape au milieu des deux guides , en forte quelle ne touche à aucun. On fempêche également par la même opération de fe tenir de travers , Stc. En un mot, je me fois bien trouvé de cette méthode. Je ne fais que la pro-pofer, fins prétendre décider quelle foit meilleure que l’autre.
- 621. En général , il convient qu’un Reftort appuie vers le milieu de la longueur de la Soupape , cependant un peu plus for le^ devant. Selon la pratique commune, cet appui eft trop for le devant vers la tête de la Soupape ; auffi voit-on affez fouvent que les queues des Soupapes fe relâchent ; ce qui eft un grand inconvénient. Quand on pofo un Reiïort, il ne faut pas oublier de forcer en en-haut le crochet fopérieur, pour qu’il pique par fa pointe dans la petite rainure du dos de la Soupape; c’eft pour cette raifon qu’il faut le faire bien aigu. Quand un Reflort eft pofé avec cette précaution, il ne fe déplace jamais.
- 611, Tout l’intérieur de la Laye étant fini, on collera aux quatre coins de chaque partie de la Laye, dans les angles de la feuillure,. un morceau de peau, proprement chanfreinée , en forte quelle reborde en dehors & què ce rebord foit également, collé ; mais il convient pour la'propreté que ces pièces de peau foient* uniformes. A cet effet, on coupera un morceau de peau, auquel on donnera la forme ou le contour convenable en le préfentant plufieurs fois dans fon angle. Sur ce morceau de peau, on fera un patron de bois qui aura le même contour. On appliquera ce patron de bois for de la peau , que l’on coupera avec un couteau tout à l’entôur du patron. On en coupera ainïi un nombre foffifimt, qu’il faut chanfreiner tout à l’entour. •
- 623. Pour chanfreiner la peau, on la met du côté lifte & le duvet en deftus for un marbre bien poli ; & avec un couteau fait à peu près comme un coüteau de table ordinaire , mais bien tranchant, on amincit la peau tout à l’entour, juf qu’à la rendre, pour ainfi dire, tranchante. On la coupera nettement & toujours du côté velu. On obfervera que ce chanfrein foit bien uni, bien égal par-tout & de trois à quatre lignes de large. On aura foin d’aiguifor fouvent le couteau. Tous les coins étant chanfreinés , on les collera dans les angles de la feuillure en mettant la colle du côté du duvet, & tout de foite on y appliquera le linge chaud à l’ordinaire. Au moyen du couteau de bois , on achèvera de bien appli- ' quer la peau, en forte qu’elle prenne bien exaélement la forme des angles rentrants & des feuillures. On colle cette peau, afin que le vent ne s’échappe point par-là.
- 624. Les tampons des portes des Layes font des planches de bois de chêne de 6 lignes d’épaiflèur. Elles ne doivent pas aller jufte dans leur place, c’eft-à-dire,
- Orgues. Il, Partie» Ggg
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- 208 FACTEUR D’ORGUES , IL Partie, Chap. II.
- Planche
- 5$.
- Planche
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- dans leur feuillure. On laifîera du jeu luffifamment pour l’épaifleur de la peau qu’on doit coller tout à Fentour. Quand ces tampons feront ajuftés , on y atta-' chera bien folidement vers un bout & en dehors une main de fer b, fig. 11. PL 56, ou une boucle fuffifàmment forte & dont les pitons foient rivés de fautre côté, qu’on doublera enfùite de parchemin collé à l’ordinaire ; on collera auffi du même côté une bande de peau d’un pouce & demi de largeur , par le côté lifte, en forte que cette bande de peau excède la grandeur de la planche de 8 à p lignes tout à l’entour. Ce qui fera quatre bandes de peau qu’on fera joindre bout à b'out & quarrément à leurs extrémités, quelque part quelles fe rencontrent , faifànt attention'de ne pas tacher le velu avec la colle. Pour faire cette opération comme il faut , on mettra la colle fur le bord du derrière de la planche tout à l’entour de la largeur de 8 à p lignes. On y appliquera fans l’étirer, la peau dont on aura raclé le côté lifle ; on y mettra un papier defliis , 8c on y paflera le fer chaud à repaifer.
- Lorfque la colle fera bien feche , on fera entrer à force , pourtant fans violence , les tampons dans leurs feuillures. Alors la peau fe repliera d'elle-même fur l’épaifleur des tampons, mais ne s’y collera pas encore, parce qu’on n’aura point mis de colle dans ces parties. On examinera s’ils entrent trop facilement. En ce cas on les retirera, & on collera une petite bande de peau au-deftous de la première aux endroits convenables fur l’épaifleur ou fur le champ des tampons , & on mettra auffi de la colle aji-deflous de la première peau tout à l’entour , pour que les premières bandes fe collent. On remettra les tampons dans leur place où on laifîera fécher la colle. On coupera proprement toute la peau fiiperflue qui excédera en dehors.
- 62y. Pour arrêter les tampons des Layes , il y a des Faéieurs qui fe fervent de fimples broches de fer, qui tiennent avec deux pitons , dont l’un eft fiché flir le Chaffis du Sommier , & l’autre fur la planche des Bourfettes. Ils y mettent un coin de bois qui ferre les tampons. D’autres emploient une petite bande de fer, mobile fur un clou fiché au Chaffis du Sommier ; & par l’autre bout il y a une entaille qui s’accroche à un autre clou fiché fur la planche des Bourfettes, &c. Je crois qu’il eft mieux d’employer deux crochets de fer affez forts d, 8c J 9 Jlg. 11. PL 56 p un peu bombés au milieu vers le tampon. Un clou à vis tient le bout inférieur du crochet fur la planche des Bourfettes , & le crochet s’accroche par le bout fùpérieur à un piton à vis, fiché fur le Chaffis. Cette ferrure étant bombée par le milieu, eft très-propre à bien ferrer le tampon dans fà feuillure , & à maintenir fortement la planche des Bourfettes, qui rifqueroit de fe tourmenter fans cela. Ces deux avantages ne me paroiffent pas être dans les autres maniérés d’arrêter les tampons.
- 626. La derniere opération qui refte à faire pour finir le Sommier eft de boucher les gravures. Il y a des Faéleurs qui y collent du parchemin, & c’eft la pratique la plus commune. D’autres, de fort papier ; les uns aiment mieux y cob
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- Secl.ll. Conft. dugr. Somm.TamponsdeLayes, Fermetures, ÔCc. 209
- 1er de la peau; mais les autres penfènt qu’il eft encore mieux de les tringler ; \ c eft-à-dire , qu’ils font entrer jufte dans chaque gravure une tringle mince de bois qu'ils collent ; & après avoir tout replani, ils collent par-deflus une peau ou un parchemin. Cette derniere pratique a quelques inconvénients , comme je fai dit, art. 308 , pag. 93. Quon me permette de répéter ici en partie ce que j’ai expliqué plus haut , art, 576, p. 193, en parlant des grands & petits Flipots.
- Le fil du bois de ces tringles, étant dans le même fens que celui des barres , il eft fujet à s’enfler dans les tems humides , & à fe rétrécir dans les temps fècs ou chauds. Lorfque le bois s’enfle, cette multitude de fibres que ces tringles rendent continues avec celles des barres, font dès forces réunies qui font un effort confi-dérable pour faire alonger le Sommier ; mais comme là table , dont le fil du bois eft dans un fens contraire, réfifte & 110 fauroit fe prêter à cette extenfion, il s’enfuit que le Sommier doit bomber en deflbus ; effet que la charge confidérable des Tuyaux doit favorifer, d’autant plus que prefque rien ne s’oppofe à ce born-s bernent par la conftruétion du Sommier. On fent aflez que ce mouvement caufé par le gonflement des tringles réuni à celui des barres , ne peut faire qu’un mauvais effet pour tous les affemblages du Sommier ; mais fi l’humidité malgré l’effort qu’elle occafionne , ne produit pas un bombement fi confidérable àcaufè que les tringles font fort minces , il arrivera que leurs fibres s’écraferont, pour ainfi dire , contre les barres fans fe remettre jamais dans leur premier état naturel; aufli arrive-t-il que quantité de ces tringles fe décollent d’un côté , ce que l’on voit fort ordinairement lorfque l’occafion demande qu’on défafle le parchemin ou la peau qu’on avoit collé par-defîus. Comme je ne vois pas un avantage réel 4 tringler un Sommier , & qu’il peut en arriver des inconvénients , ainfi que je viens de le dire , je crois qu’il fera mieux de préférer la peau, ou le parchemin, ou le gros papier ; ces trois chofes font bonnes ; je préférerois même le gros papier, fi l’on en colle deux ou trois l’un fur l’autre , à caufe de fà roideur.
- 627. Si c’eft de la peau qu’on veut coller, on mettra la colle du côté velu ; on ufera du linge trempé dans l’eau chaude & bien tordu ; on paflera le couteau de bois le long des barres, pour en chaffèr l’air & éviter les emprunts ; on chan-freinera les extrémités pour les joindre plus proprement enfemble. On pourra mettre les peaux prefque entières. Si l’on veut coller du parchemin, on le fera tremper quelque temps dans l’eau ; on le raclera à l’ordinaire ; on appliquerais linge chaud, & on fera comme pour la peau. Si c’eft de gros papier, on ne le fera point tremper, mais on le collera tout Amplement ; on y appliquera le 1-nge chaud comme pour la peau & le parchemin , & on paflera le couteau de bois par-deflus toutes les barres. Quand tout ce papier fera bien fec, on y en collera un autre par-deflus de la même maniéré. On fera encore mieux d’y en coller un troifieme , comme je l’ai dit dans l’article précédent.
- 62S. Le Sommier étant totalement fini,, on remettra dans leur place tous les Regiftres, fur lefquels on clouera légèrement les Chapes ; & à mefure qu’on
- Planche
- fî-
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- FACTEUR D'ORGUES , IL Partie, Chap- IL
- Planche
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- = les mettra à leur place , on les rétrécira tant foit peu de chaque côté , afin quel-les'ne fe touchent point, & qu’il y ait un petit quart de ligne de diftance de l’une à l’autre. C’eft une précaution néceflàire ; parce que dans le temps humide les Chapes s’élargiftent & tendent par-là à s’élever avec force, le bois étant aflez épais. Il arrive quelquefois quelles font un effort affez confidérable pour faire lâcher les clous ; mais lorfqu’il y aura une petite diftance entr elles, cet inconvénient ne pourra pas arriver. Pour garantir les ofiers qui lortent hors lés def-lous de la planche des Bourfottest, on y clouera légèrement une barre de bois, J qui ait dans toute là longueur une rainure foffifànte pour contenir tous les ofiers en liberté ; par-là ils feront à couvert de tout accident. Quand on tranfportera le Sommier pour le pofer, on en ôtera toutes les Chapes & tous les Regiftres.
- Section troisième.
- Conjlruclion du Sommier pour un grand Pofitif.
- J’ai déjà expliqué ce que c’eft que le Sommier d’un Pofitif aux articles 331 St fiiivants jufqu’à 338 inclufivement, pag. 102 & Jïiiv. On y a vu en quoi con-fifte fà différence d*avec le grand Sommier : la conftruélion de la Laye avec-fà fermeture ; comment on garnit les bouts des Regiftres pour leur' tirage , &c. Je ne répéterai point ici ce que j’y ai dit. Je détaillerai feulement tout ce qu’il y a de particulier pour la main-d’œuvre.
- 629. Les Jeux qui peuvent convenir dans un grand Pofitif proportionné à un trente-deux pieds, font les fiiivants, avec leur arrangement refpeétif for le Sommier.
- 1. Cornet.
- 2. Montre de 8 pieds.
- 3* Bourdon de 16 pieds, 4. Bourdon de 8 pieds, y. Preftant.
- 6. Second 8 pieds.
- 7. Flûte de 4 pieds.
- 8. Nafàrd.
- 9. Quarte.
- 10. Tierce, ri. Doublette.
- 12. Larigot.
- 13. Fourniture de 4 Tuyaux.
- 14. Cymbale de 4 Tuyaux.
- 1 y. Trompette. ' .
- 16. Cromorne.
- 17. Clairon.
- 18. Voix humaine;
- Si le local lé permet, & quil convienne à la proportion du grand Buffet, on pourra, au lieu du Bourdon de 16 pieds, mettre un 16 pieds en montre,, le commençant à VF ut fa de^i2 pieds. On poferoit les quatrè premiers Tuyaux , au-dedans & ouverts. Ou bien s’il n’y avoit pas aflez de hauteur, on mettroit
- ces,quatre premiers Tuyaux en 8 pieds bouché. En ce cas, il faudroit arranger les premiers Jeux un peu autrement, par exemple de la maniéré foivante :
- 1. Corner. I 3. Montre de 8 pieds. y. Bourdon de 8 pieds.
- 2. Montre de 16 pieds, j 4, Preftant 6* Flûte de pieds.
- Et les autres Jeux de fuite comme ils font marqués ci-deftus.
- 7. Second 8 pieds.
- 8. Nafard.
- <*30.
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- SeS. IL Sommier du Pofuif. F aire fa Réglé , le conftruire. * i î
- 620. Il s’agit de faire la réglé de ce Sommier : en voici toutes les mefures & dimenfions dans la Table jfuivante.
- ___ 22
- = 22 ^ ............l8
- 2. 8 g» 1.Cornet,............................................. 9
- | 2.Montre de 8 pieds.............................Jf 9
- L ”g"2° S 3 • Bourdon de 16 pieds.........................*J± p £
- 3 4. Bourdon de 8 pieds.................................'—a %
- JMriP 1 filant................................................. J §
- '"g-18 & <5.Second 8 pieds...............................‘JL8 p J
- "TT1® | 7.Flûte de 4 pieds..............................• 1 3 _ *
- ^T17 I 8-Nafard....................................................I
- ;_o ~Z~17 c 9 .Doublette....................................lil Q 3
- *•—16 o1 10.Tierce........,............................... •1 f g*
- 20. 7 . ^ -7: 9 5,
- 22. 7 s* 7e , ”77 P B
- — o 12.Larigot.........................................IÜ12 |
- 7!*——17 §’ 13 .Fourniture de quatre Tuyaux....................20 q.
- 20. O eu --T12 £*
- g — 14 S 14.Cymbale de quatre iuyaux........................2°i2 2*
- ‘ ——14 § ic*.Trompette.....................................24 „ £
- 3 O • 6 cr x- — P
- 34.—13 | 17.Clairon. .......................................-JÜ p]
- e-r-xa “ 18. Voix humaine....................................
- 3°- 6 —ic
- — — 02.37 2 lign»
- ___ La planche du derrière de la Laye a d’épaifleuf........12
- ——22 Largeur du Chaffie a«e^rîour qui termine le Sommier, non compri-
- p fes les Denticules..................................
- 49* JL p Largeur des Flipots fur lefquels on colle les Soupapes.36
- 4^* JL p Longueur des ouvertures pour les Soupapes............py
- 47* JL p Longueur des Soupapes.............................. i0g
- 4^ • L p Hauteur intérieure de la Laye........................48
- 4^ * JL 10 g3 Hauteur de toutes les Soupapes.......................iy
- 44* J_ jo s Largeur des barres toutes finies.....................
- 43 . S P?
- 42.” jo ? Ce Sommier aura donc 44 pouces 4 lignes de largeur à
- 41 • JL 11 | compter du derrière de la Laye jufqu'à l'extrémité poftérieu-
- -y11 ^ re , ce qui fait la partie qui contient les Regiftres & les Cha-
- 38'JLii I ‘ pes- La Laye aura hors d'œuvre dans fa partie la plus baffe
- 37* JL 12 2. 14 pouces de largeur, qui étant ajoutés à 44 pouces 4 lignes
- ^ 12 g ci-defîus , font 58 pouces 4 lignes de largeur totale du Sonv
- 31 • _L13 ^ mier > ou 4 pieds 1 o pouces 4 lignes.
- 27 "T14 8> On trouvera que j’ai obfervé les réglés contenues dans les
- 2y.~6~^ j rart.47^2&f.p.-i53 & f. parles mefiires que je viensdedon-23 - JL iy | ner pour les gravures, les barres & la longueur des Soupapes*
- is>.~7~ld J 631. Il faut remarquer que ce Sommier feroit un peu [17. LL 17 I trop gran<l s’il étoit en une feule partie ; il auroit y pieds 4
- * LL j 7 " . pouces de longueur, ce qui feroit embarrafîànt. Il fera mieux
- 11.IT18 ' & plus commode de le divifer en deux parties que l'on dif*
- 9- —19 pofera, comme l'on voit dans ces deux colonnes des barres
- y & gravures. La partie du Sommier repréfentée par la colon-
- 3 • JJ20 ne liipérieure fe pofera à gauche, & l’autre partie du Sommier
- Iolig repréfentée par la colonne inférieure, fe pofera àdroite ; ceft-
- Qrgues, IL Part. • H h h
- Planche
- la.
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-
- 212 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IL
- à-dire, du côté des Baffes du Clavier. Je foppofe qu on regarde l'intérieur du Pofî-tif, le dos tourné au Clavier. Du refte, l'elpace que fai laide entre les deux colonnes repréfente le pafîage qu'on doit faire entre les deux parties du Sommier. Pour l'explication de ces deux colonnes, la fopérieure& l'inférieure ; des barres & gravures, 8c de celles des Regiftres & faux-Regiftres, voy. les art. 492 & f. p. 160 8c f.
- 632. J'ajoute aux art. 331 & foivants, touchant le Sommier du Pofitif, que quand on aura monté la grille du Sommier, comme il eft dit, art. 510 & fuiv. p. 167, on pofera les grands Flipots de 3 pouces de largeur, comme il a été expliqué aux art. ^74 & foiv. p. 192 & foiv. on les mettra à 97 lig. du bord intérieur du battant antérieur, en forte que les ouvertures que les Soupapes doivent recouvrir, aient 97 lignes de longueur. Quand la colle fera bien feche, on re-planira non-feulement la partie qui doit être dans la Laye, mais encore la for-face toute entière des barres par le deffiis du Sommier, afin que le tout foit bien drefïe & affleuré; parce qu'on doit y coller la Table. Voyez les articles 512, pag. 168, & 579, pag. 194.
- 633. On collerale parchemin (580 8c foiv. p. 194& foiv.) for toute la partie qui doit être dans la Laye , en forte même que les Flipots en foient couverts. On le rabotera, &c. Tout cela étant fini, 8c ayant de couper le parchemin pour faire les ouvertures que les Soupapes doivent recouvrir, on clouera légèrement une planche mince for toute la partie qui doit être dans la Laye , y compris même la place de la planche du derrière de la Laye1. Cette planche mince n’eft que pour garantir de la mal-propreté & de tout accident le parchemin qu’on aura collé & rabotté. Elle fera bien dreffée for le champ qui fera du côté du derrière de la Laye. On pofera la Table du Sommier, comme il eft expliqué aux art. 513 & foiv. pag. 168 & foiv. Toutes les pointes étant repouffées & la colle bien feche , on retournera le Sommier fens-defliis-deffous, 8c on encollera les gravures, comme il efl: dit art. 521, p. 172. La colle étant bien feche, on re-planira la Table avec toutes les attentions indiquées , art. 522, pag. 173. On y tracera au moyen de la Réglé du Sommier, la place des faux-Regiftres ; 011 tirera toutes les lignes pour marquer les trous (J24). On les frappera avec le pointeau ( 526, pag. 174.) On fera attention à l'art. 527 , quand on marquera les trous pour le Cornet qui commencera à C fol ut du milieu du Clavier. On fera, les trous ( 528, pag. 175 ).
- 634. On pofera les faux-Regiftres (529). On fera les Regiftres, voyez les art. 530 &feiv. p. 1 76 &foiv. Onajuftera les faux-Regiftres ( 535 , 536). On mettra les Regiftres en leur place, où on les arrêtera (5* 39). On fera les Chapes , qu'on pofera ( 541 ). On les clouera (542 & foiv. p. 179 & foiv.). On retournera le Sommier, pour percer les Regiftres 8c les Chapes (54 6). On retournera le Sommier pour agrandir les trous ( 547)* Mais il ne fera pas nécef faire de tirer les lignes for les Chapes pour diftinguer les gravures , puifqu elles font toutes fimples , 8c que par conféquent on ne peut pas s y méprendre.
- 635. On fera les trous du Cornet femblables à ceux du grand Cornet du
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- Secl. IL Sommier du Pofitif Faire fa réglé, le confiruire. 213
- grand Somrrîier ; & on fè conformera pour tous les autres Jeux aux mefores des »_
- trous des Jeux femblables du grand Sommier ; fur quoi il faut remarquer que Planché je dis femblables pour la grandeur, mais non pas dans leurs dimenfions. Il y a plufieurs gravures dans le Sommier du Pofitif, qui ne font pas auffi larges que plufieurs de celles du grand Sommier ; ce qui eft un obftacle pour fuivre les mêmes dimenfions. Par exemple, il eft marqué dans fart. 552, p. 184, que pour le Bourdon de 16 pieds, le premier trou fera de 9 lig. for 12. On ne peut pas fuivre cette dimenfion pour le Sommier du Pofitif dont il s'agit préfentement, parce que fes plus larges gravures n'ont que 8 lig. Il faut donc prendre une autre dimenfion qui forme un trou à peu près femblable , ce fera 8 lignes for 14. Or huit fois 14 font 112 lignes quarrées, ce qui eft à peu près égal à la dimenfion du trou fomblable du grand Sommier , qui eft , comme je viens de le dire, de 9 lignes for 12. Or neuf fois 12 font 108 lignes quarrées. Ainfi il faudra fe fou-venir de la préfente obfervation toutes les fois quelle aura lieu , lorfque je citerai les trous du grand Sommier ou de quelqu'autre : & afin de donner plus de facilité à changer ces dimenfions des trous , je vais donner celles du Bourdon de j 6 pieds 8c de la Fourniture & Cymbale. Pour le Bourdon, ou Montre de 16 pieds, ( je foppofo les gravures de fuite , fans être tranfpofees* d un côté 8c d'autre , comme elles le font for deux Sommiers ) , on fera deux trous quarrés de 8 lignes for 14 lignes, deux de 8 for 13 ; deux de 8 for 12 ; deux de 8 for 11 ; deux de 8 fur 10 ; trois de 8 for 9 ; trois de 8 fur 8 ; quatre de 8 for 7 ; trois de 7 for 7 ; trois de 7 for 6 ; deux de 6 fur 6 ; & les 22 foivants comme le Jeu femblable du grand Sommier, art. y49 , page 182.
- La Fourniture&la Cymbale auront tous leurs trous quarrés de 8 lignes for 12, à la Table, au Regiftre & au-defîbuS de la Chape. Pour les trous du deflus de la Chape , on foivra les groffeurs indiquées à l’art. 5*67 , p. 190, où il s agit de la petite Fourniture. Pour la Cymbale, on foivra les groffeurs del'art^y^, p. 191, où l'on décrit les trous de la petite Cymbale, qui eft à cet art. 3*69 de cinq tuyaux fur marche. Ici elle n’eft que de quatre tuyaux for marche ; c eft pourquoi on omettra la première rangée de l'art. 569.
- 636, Il faut remarquer qu'il n'eft pas nécefîàire d'arranger les quatre Tuyaux for marche de la Fourniture, auffi bien que les quatre de la Cymbale, comme on les voit dans la fi g. 7. P/, y y. Cette dilpofition eft bonne lorfque les Tuyaux font gros. On dilpofera ceux dont il s’agit comme dans la fig. 4. PL y7. On fent bien qu’on ne doit donc pas graver les Chapes doublement, comme je lai Planche décrit art. 324. Il faut les graver fimplement, Comme je l'ai expliqué art. 313.
- 637- Toutes les opérations for les Chapes étant finies, on mettra les repères aux Regiftres, voyez les art. y 70 8c f. p. 191 & f. Ce qui étant fait, on retournera les Sommiers , les barres en deffos. On mettra deux ou trois rangées de petits Flipots pour contenir folidement les barres. V. les art. y 7 6 8c 377, p. 193. On les affleurera 8c replanira avec la varlope. On clouera avec des pointes, & on collera
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- Planche
- 38.
- 214 FACTEUR D’ORGUES ,11. Partie, Chap. IL
- s par-deflous le devant de la Laye la tringle h K ,fig. 4. PL 38 , où on la voit pat le bout ; ou K K , fig. 2. Cette tringle aura 7 à 8 lignes d'épaifleur fur 18 à 2.0 lignes de largeur. Il efl: eflentiel quelle joigne parfaitement contre le def* fous du Chaflis 8c des barres , pour éviter les emprunts. On retournera le Sommier ; on ôtera la planche qui garantifloit le parchemin de la Laye. On percera x le parchemin , on le coupera pour faire les ouvertures que les Soupapes doivent recouvrir, 8c on fera les trous pour contenir les p do tins qui doivent lever les Soupapes, comme on le voit eng^fig* 4» PI- 38. Voyez fart. 337, p.104. Ces trous doivent être bien perpendiculaires, tous fur la même ligne & d'un peu moins de 3 lignes de grofleur, en fiippofànt que les pilotins feront de bois. Il y a des Faéteurs qui aiment mieux les faire de gros fil de laiton ; ce qui paroît plus avantageux. En ce cas , il luffira de donner aux trous une ligne 8c demie, ou un peu plus de grofleur. Les pilotins en laiton font toujours plus unis 8c plus polis qu'en bois. Leur pefànteur même favorife leur jeu ; & ils ne font point fujets à fe déjetter ni à s'enfler par l'humidité. On doit avoir foin d'en arrondir le bout qui porte dans la Bourfètte pour ne pas la déchirer. Le bout fupérieur fera limé quarrément. Si les pilotins font en bois , on les fera en noyer, parfaitement arrondis, bien unis 8c bien dreffés. On arrondira leur bout inférieur.
- 638. Les trous des Pilotins étant faits, on retournera le Sommier fens-deflus-deflous , & on fera les creux des Bourfettes dans la tringle, ( 598,599, p. 200). On fera les Bourfettes (600 & fuiv. p. 200 & fuiv.). On mettra tous les Pilotins en leur place.On les coupera de longueur, en forte que portant par leur bout inférieur dans le fond de la Bourfètte , il s'en manque d’une ligne qu'ils n’affleurent le deflus des barres ; afin que lorfque les Bourfettes viendront à fe retirer, les Pilotins ne fe trouvent pas alors trop longs, & ne puiffent entrouvrir les Soupapes, & par-là caufèr des cornements ; ce que l'on voit arriver dans desOrgues neuves. Du refte , il efl: néceflàire que les Pilotins foient très-libres dans leurs trous, ^qui doivent être faits avec une meche qui coupe bien nettement.
- £39. O11 fera les Soupapes ( 585 & fuiv. p. 196 & fuiv ). On les garnira de peau, (588 &fùiv. ). On conftruira la Laye, qui ne confifte qu'aux deux bouts avec la planche de derrière d'un pouce d'épaifleur. Voyez laj^. 3 ,PL 38. Cette planche joint êc efl: appuyée dans fon bord inférieur contre la première piece de . la Table. On la fixera avec de la colle & des goujons. Elle fera aflemblée avec les deux bouts de la Laye à queue d'aronde percée, ou mieux en queue d'aronde perdue , ou autrement dit, recouverte à bois de fil, le tout collé. Si l'ouverture du bout A , fig. 3 , pour l’entrée du vent dans la Laye , fe trouve fort grande , il fera mieux de faire d'aflemblage en trois pièces ce bout de la Laye. On r arrêtera fur le Chaflis du Sommier par des tenons & mortaifes ; le tout collé ,8c chevillé. L'autre bout fera fixé par des clefs collées 8c chevillées. On fera une feuillure de 6 lignes en quarré tout à l’entour de la Laye, comme on voit
- en
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-
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- Sect. IV. Sommier de Pédale ; *fa fcglen , % i y
- en la figure 3. On fera bien attention que cette feuillure foit bien^ égale , bien quarrée, & profile bien par tout ; afin que les deux planches de la fermeture étanchent parfaitement* le vent. On doublera tôut fintérieur de la Laye ; c’eft-à-dire , la planche de derrière & les deux bouts en parchemin collé, -1. * . ?
- 640. On pofe les Soupapes, comme il eft expliqué art. 594 & fi p, rp8 & fi Il ri y faut point de piton, Elles doivent recouvrir, au moins de deux lignes les trous des Pilotins. On arrêtera le chevalet O , fig. 3 , par les deux bouts. Il entrera par un tenon à un bout de la Laye dans une mortaife ; & par f autre bout, il fera entaillé & arrêté par quelques pointes fichées en dehors. On mettra les deux brochas de fer P P , dont le bout inférieur entrera à vis en bois dans des
- barres entre les Soupapes; Si le Chevalet eft Court, on ne mettra qu’une vis. S'il eft fort long, on en mettra deux & même trois ; afin que les forces réunies des reflorts ne le faffent pas fléchir. Du refte, il faut le pofer de façon que la.pla.n~ che du deflus dç la fermeture ne puifle pâsty toucher, quand même~on mar-cheroit deflus ; ce qui arrive quelquefois. :
- 641. On fera & on mettra tous les reflorts en place. On obfèrvera à cét égard ce qui eft dit aux art. 6io 8c fiiivants,pages 203 & fui vantes, Ort^poferaTa fermeture & toute la ferrure comme il a'été expliqué art, 332, pàg.ic^. On voit dans lafigi 4. PL 38, comment eft faite cette fermeture repréfentée en coupe. Il faut garnir de. bandes de peau 1er pourtour du deflous de la planche
- O v, - '
- B ; & en faire de même à la planche C Ce qui s’exécutera comméJje fai expliqué art. 624 & 62$ ,pag. 20y & 208, _ :
- Il faut remarquer que dans cette figure 4, la Table d eft rêpréfentée pofée fur la furface toute entière de la grille du Sommier, jufques compris tout le dedans de la Laye où elle eft fciée pour faire les ouvertures que les -Soupapes doivent recouvrir. Il y a effeélivement des. Faéteurs qui le pratiquent ainfiUMais il eft mieux de ne faire aller la Table que jufquà la planche fil du derrière, de la Laye. En un mot, on fe trouvera mieux delà méthode que j’ai dëçr]tq, afo
- 632 ôc 633 9 page 212. - —
- Section Quatrième,
- ‘ - — ^ ,r » \
- ' ' - -I - J .K T
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- Conjlruclion d’un grand Sommier' de Pédales. -lmZZ ^
- .... 642. Il fùflira de donner ici toutes les meferes pour faire la Regle^Hii Sommier de Pédale dont il s’agit. J’ai détaillé toute la mainrçfœuvre du grand Sommier dans toute la Seétion fécondé du préfent Chapitre^ il feroitjfuperflu de répéter tout ce que j’y ai expliqué. Je me contenterai < de donner,feule-rnent les raifons des mefures extraordinaires que je déterminerai aux différent s parties de ce Sommier, qui dans .le r fond n’eft different du grand Som-
- * 1 . ' » •' T . Q r * r- n
- que pour les dimenfions. On le divife en deux parties pour gagner de
- la place, en pofànt une moitié de chaque-Jeu fer l’une, & l’autre moitié 'fer autre.
- ; ‘ l ? ,1 p.rroî
- tes mier
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- O RC a ES. II. Parti
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- Planche
- 38.*
- 1
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-
- 216 FACTEUR D’ORGVES, //. Partie, Ckap. Il
- 22
- I. 2.14
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- 9- 10.14
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- 8
- 6
- 6
- •6
- 6
- i16.14 iy. 16.14 ij. 16.14
- =s
- I7._l8.i4 '17. l8.I^. ip* 20.14
- 12
- 12
- 12
- 12
- ip. 20.14
- = II
- 21. 22.14
- — II
- 21. 22.14
- = II
- 23. 24.14
- — II
- 23. 24.14
- =3 10
- 2J. 26.14
- — IO
- 25*. 26.14
- = 10
- 27. 28.14
- =3 12
- 2p. 30.14
- == 12 31- 32.14
- = II
- 33. 34* *4
- =s II
- 3;. 35.14
- = 22
- == 22
- [i.Flûte de 32 pieds....... .36
- — 10
- 2. Flûte de 16 pieds...........30
- — 10
- 5. Bourdon de 32 pieds.........3 6
- — 10
- 4. Bourdon de 16 pieds.........30
- — 10
- y .Flûte de 8 pieds en étain..30
- — 10 ÎJ*
- (J.Gros Nafard.................30 cg.
- — 10 ^
- 7, Flûte de 8 pieds en bois..... .30 8
- —10 9?
- 8. Flûte de 4 pieds en étain..... .24 ^
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- p.Groffe Tierce...............24
- ÿo.Flûte de 4 pieds en étoffe. ^. .24
- 31. Nafard......................20
- [12. Quarte................... 18
- 13 .Tierce......................18
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- 14. Bombarde................24 ^
- —12 §
- iiy.Première Trompette.......20 3
- — 12 rt*
- 16.Seconde Trompette.......20
- 17.Premier Clairon...........18
- eu
- « % o.
- cu
- — 12
- 18.Second Clairon..*.............18 ^
- HE 22
- La largeur de ce Sommier efl de 4 pieds S pouces.
- Les Soupapes auront 13 pouces de longueur.
- Les ouvertures auront 8 lignés de moins de longueur que les Soupapes. * ..
- Les barres auront toutes finies & affleurées 6 pouces de largeur.
- Toutes les Soupapes auront 10 lignes de w ' hauteur.
- La hauteur intérieure de la Laye aura 6 pouces.
- 643. Il faut remarquer qu’une partie de ce Sommier eft à Amples gravures dans les BalTes & dans les Deftus, une autre partie eft à triples gravures & une autre à doubles gravures. Je mets trois fimples gravures dans le ravalement d’en bas, parce qu elles font fuffifantes pour fournir tout le vent néceflaire aux cinq Jeux d’anche qui doivent jouer pàr-deflus. Je luppofe que l’étendue de tous les Jeux à bouche de Pédale ne paflera pas dans les Bafîes le premier C Jol ut d’en-bas qui eft la huitième marche. C’eft à cettë huitième marche que commencent les cinq triples gravures, dont les Soupapes doivent baifler & s’ouvrir toutes les trois erifèmble par une fèùlë marche. On diftribuera tous les Jeux à bouche & les Jeux d anche de la Pédale iùr ces trois gravures, qui toutes les trois donneront une furabondante
- Longueur de ce Sommier 6 pieds 2 pouces 2 lign.
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- Sccl. IV. Sommier de Pédale ; fes gravures ,fes trous. 217
- quantité de vent à tous ces grands tuyaux. Après les cinq triples gravures viennent cinq doubles gravures qui feront plus que foffilàntes pour faire jouer la foite de tous les Jeux. Il refte enfin cinq fimples gravures qui fuffiront pour les plus petits tuyaux.
- 644. On trouvera une fauffe gravure entre chaque fimple gravure du ravalement en bas. Il y a ainfi trois fauffes gravures marquées par des chiffres tranchés; ce qui fignifïe qu elles ne doivent point fervir , & que par conféquent , elles ne doivent point être numérotées. Leur ouverture dans la Laye fera bouchée par une tringle entaillée & collée, ne devant y avoir aucune Soupape. Si Ton ne faifoit ainfi de fauffes gravures, il faudroit des barres de 42 lignes d’épaifleur pour efpacer luffifàmment les trous dans ces Baffes. Si des barres auffi épaifles venoient à s'envoiler, rien ne réfifteroit à leur effort, & le Sommier en foroit endommagé. C’eft pourquoi il eff bon de mettre deux barres de 8 à 10 lignes d’épaiffeur à peu près comme les autres, pour la plus grande folidité du Sommier. Si l'on emploie des barres de 8 lignes d’épaifleur , comme je l'ai marqué dans la colonne des barres & gravures , la fauffe gravure aura 28 lignes de largeur. Les barres entre les doubles gravures font beaucoup plus épaifles que celles qui font entre les triples gravures pour efpacer fufGfàrnment les trous.
- 645. Comme il faut beaucoup de vent pour faire jouer tous les Jeux fpécifiés ci-deffus, art. 642 ,pag. 21 je donne 13 pouces de longueur aux Soupapes & 6 pouces de profondeur aux gravures. Pour prouver qu’il faut que les gravures foient auffi profondes , il n’y a qu’à faire le calcul des art. 474, 47^ & 476. On peut bien fiippofer que la Soupape de Pédale ouvrira au moins de d lignes. Pour favoir combien de lignes quarrées produira cette ouverture de la Soupape , il n’y a qu’à multiplier la longueur de 13 pouces ou iyd lignes , par les d lignes de l’ouverture , (47d) le produit fera 93 d lignes : à quoi il faut ajouter l’ouverture antérieure de la tête déjà Soupape qui aura 17 lignes de largeur, lesquelles on multipliera par d lignes de hauteur ; le produit fera 102 lignes. Le total de l’ouverture de la Soupape fora donc de 1038 lignes quarrées. Or la gravure ayant 14 lignes de largeur for 72 de profondeur, & ces deux dimenflons étant multipliées l’une par l’autre, le produit fora 1008 lignes quarrées. On voit que l’ouverture de la Soupape eff un peu plus grande que la capacité de la gravure ; donc il faut donner d pouces de profondeur aux gravures.
- 6^6* Il faut obferver que quoique je n’aie marqué que trois fimples gravures dans la Baffe du Sommier de Pédale , il en faut néanmoins quatre à l’un des deux Sommiers, parce que le ravalement contient fept marches, qui font fa fa, g,
- , a, , & b. On retranchera en conféquence une des triples gravures à ce-
- hû des deux Sommiers qui aura quatre fimples gravures pour le ravalement. On fera cette attention, s’il eff jamais queftion de conftruire effêéfivement ce Sommier.
- Je donnerai ici une idée de la grandeur des trous du Sommier de Pédale pour donner le vent aux tuyaux ; je foppoferai un foui Sommier, comprenant
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- 218 FACTEUR D'ORGUES, II. Partie, Chap. II.
- s~™«’»22S2 les deux enfemble * en forte que les trous fo fuivent félon Tordre naturel des Flanche nombres# On obfervera que tous les Jeux à bouche ne commencent quà la huitième marche* ceft-à-dire* au premier Cfol uu ^
- / La Flûte de 32 pieds aura deux trous de 14 lignes for 16. Deux de 14 for 15. Deux de 14 fur 14. Deux de 13 for 14. Deux de 13 for 13. Deux de 12 for 13. Deux de 12 for 12. Deux de 11 for 12. Deux de 11 for 11. Deux de 10 for 11. Deux de 10 fur 10. Deux de 9 for 10. Deux de 9 for 9. Deux de 8 fur 9 * & un de 8 far 8,
- La Flûte de 16 pieds aura deux trous de 12 for 12. Deux de 11 for 12. Deux de 11 for 11. Deux de 10 fur 11. Deux de 10 for 10. Deux de 9 for 10. Deux de 9 for 9. Deux de 8 fur 9. Deux de 8 fur 8. Deux de y fur 8, Deux de 7 for 7. Deux de 6 fur 7. Deux de 6 for 6* & trois de fur 6,
- Le Bourdon de 3 2 pieds aura fes trous comme le 3 2 pieds ouvert.
- / Le Bourdon de 16 pieds comme la Flûte de 16 pieds.
- La Flûte de 8 pieds en étain aura deux trous de 9 for 9, Deux de 8 for 9.. Deux de 8 for 8. Trois de 7 for 8. Trois de 7 for 7. Trois de 6 for 7. Trois de 6 fur 6. Deux du 10e. N°. ronds ; je fuppofe que cette fuite du 8 pieds fera for fon vent for le Sommier. Deux du 9e* deux du 8a , deux du 7e* deux du 6% 8ç un du 5 e. N°.
- Le gros Nalàrd comme la Flûte de 8 pieds précédente.
- La Flûte de 8 pieds en bois ? comme la précédente Flûte de 8 pieds.
- La Flûte de 4 pieds. Je la fuppofe toute entière for fon vent. Elle aura deux trous du 13e. N°. ronds * deux du 12e, deux du 11e, deux du 10e * trois du 9% trois du 8e, quatre du 7e, quatre du 6e* & neuf du f. N°.
- La groffe Tierce comme la Flûte de 4 pieds.
- La Flûte de 4 pieds en étain* comme la précédente Flûte de 4 pieds.
- Le Nafard aura quatre trous du 9e. N°. quatre du 8e, fix du 7e* huit du 6° , $C fept du 5e. N .
- La Quarte aura quatre trous du 8e.N°. quatre du 7% fix du 6e> huit du^^ 7du4e,
- La T ierce ? comme la Quarte ci-deflus,
- La Bombarde ? aufo bien que les deux Trompettes & les deux Clairons auront toute rétendue du Clavier de Pédale ; & commenceront par conféquent à ÏFut fa du ravalement en bas. Chacun de ces cinq Jeux aura 36 tuyaux* au lieu que les Jeux à bouche n en auront que 29.
- La Bombarde aura fes deux premiers trous, qui feront ronds comme tous lès autres de ces cinq Jeux d’anche * de 12 lignes de diamètre ; trois de 11 lignes* quatre de 10* quatre de 9, quatre du 14e. N°. fix du 13e, les 13 fuivants du 12e. N .
- Les deux Trompettes auront quatre trous du 14e. N3, dix du 13e * & les 19 .autres du 12e. N°. ;
- Les deux Clairons auront tous leurs trous du 12e. N°. . •
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- Secl. IV. Sommier de Pédale ; fes gravures ,fes Regijlres. 219
- 648. Il faut remarquer que tous les Jeux ci-deflus de Pédale feront affez à l’é-troit. On pourra, fi le local le permet, faire le Sommier un peu plus long & un peu plus large. Les Regiftres d’un pareil Sommier peuvent avoir jufqu’à 4 pouces & demi de largeur. Mais dans ce cas , il faut fe fou venir, lorfqu’ on pofera la Table du Sommier, de mettre une rangée des pointes le long du milieu de la place des Regiftres qui feront plus larges quà l’ordinaire. Il faut encore observer qu’il eft utile de donner un fort coup de couteau, le long d’une réglé, au milieu du deflous des Regiftres fort larges. On fera la même opération en def-lùs , comme fi l’on vouloit fendre le Regiftre en deux , fans cependant le couper entièrement. Il ne faut exécuter ceci, que lorfque le Regiftre eft doublé-par les deux bouts , afin qu’il ne rifque pas de fe féparer en deux. On laifle toujours quelques pouces de long aux deux bouts fans les fendre pour lui conferver là Iblidité. On fend ainfi les Regiftres larges , afin qu’ils plaquent mieux, & qu’ils ne rifquent pas de s’envoiler. On ne manquera pas de donner légèrement quelques coups de rabot le long de la fente deflus & deflous ; parce que la pointe du couteau aura fait renfler le bois aux deux côtés de la coupe. Du refte, cette elpece de fente n’eft d’aucun inconvénient pour les trous ; parce qu’on les fait alors toujours en zig-zag.
- ' 54p. On peut ainfi diftribuer les Jeux litr les neuf triples gravures.,
- Première gravure.
- X. Flûte de 32 pieds.
- 5. Flûte de 8 pieds.
- 7. SecondeFlûte de 8 pieds. I o. Flûte de 4 pieds en étain. 15. Première Trompette. 17. Premier Clairon.
- Seconde gravure.
- 2. Flûte de 16 pieds.
- 4. Bourdon de 16 pieds. 8. Flûte de 4 p. en étoffe, ir. Nafàrd.
- 14. Bombarde.
- 18. Second Clairon.
- les dix doubles gravures.
- Troijîeme gravure.
- 3 .Bourdon de 3 2 pieds.
- *
- 6. Gros Nafàrd.
- 9. G roflè Tierce.
- 12. Quarte. ' ' ,
- 13. Tierce.
- 1 û.SecondeTrompette.
- Sur
- Première gravure.
- 1. Flûte de 32 pieds.
- 2. Flûte de 16 pieds.
- Flûte de 8 pieds, .
- 6. Gros Nafàrd.
- 10. Flûte de 4 pieds. î2. Quarte.
- *4* Bombarde.
- *6. Seconde Trompette:
- 18. Second Clairon.
- Seconde gravure.
- 3. Bourdon de 32 pieds.
- 4. Bourdon de 16 pieds*
- 7. Flûte de 8 pieds*
- 8. Flûte de 4 pieds*.
- 9. Grofle Tierce* ir. Nafàrd.
- 13. Tierce.
- 15. Première Trompette* xj. Premier Clairon.
- Orgues. II. Part.
- Kkfe
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- 220 F ACTE UR D’ORGUES, II. Partie, Chap. II.
- r
- Section cinquième.
- Sommiers du Récit SC de l’Echo.
- Sommier du Récit.
- 650. Nous donnerons à tous les Jeux du Récit trente-quatre marches d'étendue , comme c eft la mode à préfent ; c'eft-à-dire, à commencer à la clef d3F ut fa, ou autrement dit au fécond F ut fa , jufqu'au D la re en haut. Il ne faut pas mettre les tuyaux de fuite ; mais les Baflês au milieu du Sommier, & la fuite alternativement de chaque côté, en forte que les deux derniers tuyaux de chaque Jeu fo trouvent aux deux extrémités du Sommier. Ou bien on mettra les plus petits tuyaux au milieu & leur fuite alternativement de chaque côté, en-forte que les deux plus grands tuyaux de chaque Jeu fo trouvent aux deux extrémités. On choiiîra de ces deux maniérés de difpofer les tuyaux celle que l'on voudra. Toutes les deux font également bonnes. La raifon pour laquelle il ne faut pas mettre les tuyaux de fuite ; c eft-à-dire, le plus grand tuyau de chaque Jeu à un bout du Sommier, & le plus petit à l'autre bout, eft que lorfque ces tuyaux, (j’entends les Jeux d'anche), font de fuite demi-ton par demi-ton , fi le Faéteur, qui les a fait parler, les a traités délicatement comme il convient; c eft-à-dire , qu'il leur ait donné une harmonie un peu plus tendre, ils font une efpece de petit enrouement dans la cadence &dans les volubilités delà main , enforte qu'on a bien de la peine à toucher nettement, ce qui eft un défaut. Mais lorfque les demi-tons font féparés, Sc qu'il n’y a que les tons entiers qui fe foi vent, cet inconvénient n'a pas lieu. Dans les mefores de la Réglé du Sommier que je vais donner, j’ai pris la première méthode énoncée ci-deilus, de l'arrangement des tuyaux, fans prétendre faire entendre quelle fbit meilleure que la fécondé que je préférerois. Voici d’abord les Jeux que l'on peut faire jouer for le Sommier de Récit*
- 1. 8 pieds ouvert.
- 2. Bourdon de 8 pieds.
- 3. Cornet de 6 tuyaux for marche ; car j'y ajoute un 8 pieds ouvert.
- 4. Flûte conique de 8 pieds, y. Première Trompette.
- 6. Seconde Trompette.
- 7. Cromorne*
- 8. Haut-bois.
- * *
- 6$ 1. Il faut remarquer que dans cette difpofition des Jeux, il y a quatre 8 pieds à l’uniflbn quife fuivent & qui font i°. 8 pieds ouvert; 20. Bourdon de 8 pieds ; 30. Le 8 pieds ouvert du Cornet & le Bourdon du Cornet. Ce dernier Bourdon reliera à fà place naturelle. Mais le 8 pieds ouvert du Cornet, aufli bien que les deux autres 8 pieds doivent être féparés, afin qu’ils faifent
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- Seci. V. Sommier du Récit ; fa réglé , fes trous. 221
- tout leur effet. On les portera par des porte-vents, en forte qu ils foient allez éloignés les uns des autres. Voici donc la Réglé du Sommier.
- =: j s
- 50-4 — 6
- 48.4 — 6
- 45.4 — 6
- . 44.7
- 7
- 40.7
- 32.6 7 w — 8
- 36.6 — 8
- 34.6 — 8
- 32.6
- 30.0
- — p
- 28.5 '
- /- 9
- 26.7
- — 10
- 34 *7
- — 10 22.7
- — 10 £0.7
- — 11 [18.7
- — 11 [17.7
- — 11 fip*7
- — 10 >-g
- 21.7 &
- >-t
- — 10 0
- 23-7 g
- — 10
- 27.7
- WJ
- “ P, *
- 27.6
- 27.0
- — p
- 31. (5
- — 8
- 33.6
- — 8
- 37.6 — 8
- 37-6
- — 7.
- 39-7
- . — 7
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- 7
- 43-5*
- — 6’
- 47-4
- — 6 47-4 — 5
- 4P-4 = 18 3 pieds 6 poi de longueur.
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- i. .Bourdon de 8 pieds....
- 2.. 8 pieds ouvert.......
- 3. .Cornet de fix tuyaux.,..
- 4.. Flûte conique de 8 pieds 7. .Première Trompette,... <?. .Seconde Trompette.
- 7. .Cromorne..............
- 8. .Haut-bois.............
- ........................* 5 ja
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- = JtXj
- 2 pieds y pouces 2 lignes de largeur.
- 652. La Réglé des barres & gravures du Sommier de Récit dont il s’agit, n’a pas befoiïi d’autre explication que d’avertir que j’ai numéroté les gravures félon l’ordre ordinaire des Jeux entiers. Ain/î il le trouve que le Récit commence au dix-foptie-me tuyau des Jeux tels qu’ils font numérotés for le grand Sommier. J’ai cru que cela feroit plus commode pour prendre les mefores des tuyaux d’anche for les Diapafons. J’en ferai de même pour l’Echo. U faut remarquer dans la Réglé des Regiftres & faux-Regiftres, que le Cornet eft for deux Regiftres & deux Chapes. Les deux Regiftres font égaux , étant chacun de 24 lignes de largeur. Les deux Chapes font inégales. La première fora de 71 lignes de largeur, for laquelle on fera jouer les trois premières rangées du Cornet, qui font le 8 pieds ouvert, (qui fera pofté par des porte-vents ) , le Bourdon & le Preftant. La foconde Chape fora de 57 lignes de largeur, for laquelle on pofera les trois autres rangées du Cornet, qui font le Na-làrd, la Quarte & la Tierce. Les trois faux-Regiftres qui font deflous les deux Chapes du Cornet font fort larges. Le premier a 26 lignes de largeur, dont 20 lignes fe trouveront deflous la première Chape du Cornet, & les fix autres lignes fo trouveront deflous la Chape du 8 pieds ouvert. Le faux-Regiftre de 40 lignes de largeur , qui fe trouve entre les deux Regiftres du Cornet, fora recouvert de 27 lignes par la première Chape du Cornet & de 13 lignes par la fécondé. Le troilieme faux-Regiftre du Cornet eft encore de 26 lignes de largeur, dont 20 lignes feront recouvertes par la fécondé Chape du Cornet; & les 6 autres lignes fe trouveront deflous la Chape de la Flûte
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- 122 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IL
- conique. On ne manquera pas d’affembler avec grand foin les deux Regiftres A Sc B du Cornet dans des mortaifes faites aux deux morceaux de bois C Sc D , Planche un ^ chaque bout, comme on le voit dans la Jîg. 5 , Pl, y 7. Il faut coller & 57* cheviller ces deux Regiftres dans leurs mortaifes ; afin que quand on les tirera & repoulfera , ils ne puiflènt pas biaifer, ce qui feroit que l’un tireroit plus que l’autre, Un de ces deux morceaux de bois C, a un trou au milieu pour raccrocher aux mouvements du tirage. Du refte, il y aura allez de place pour pofor tout le Cornerfiir les deux Chapes ; pourvû qu’on le mette en zig-zag, Sc qu’on en pofte la première rangée, qui eft le 8 pieds ouvert, que je confeille fort de faire en .étain. Les deux faux-Regiftres, qui font l’un à l’extrémité poftérieure du Sommier, & l’autre à fon extrémité antérieure, font marqués de 15 lignes de largeur ; mais les battants du Chaflis for lefquels ils font pofés doivent avoir 18 lignes de largeur, làns compter les denticules de 3 lignes de profondeur. Voici les autres mefores.
- Les'barres auront 30 lignes de largeur toutes finies.
- Les Soupapes auront 6 pouces de longueur Sc p lignes de hauteur.
- La Laye aura 3 pouces 6-lignes de hauteur, & 8 pouces 7 lignes de profondeur.' . . ,
- * i •
- 6$ 3. Les deux Chapes du Cornet de Récit doivent être gravées Jîmplement dans le goût de celles que j’ai décrites , art. 313 , pag. py. Voyez la figure qui y eft indiquée. Comme ce Cornet eft de plus grolîe taille dans fes baffes que le grand Cornet ordinaire, ( 252 ) , Sc qu’il a une plus grande étendue , il eft bon de donner^ici les dimenfions de tous fes trous ; d’autant mieux qu’il eft partagé for deux Regiftres Sc deux Chapes. Je foppofo que les tuyaux ne font point tranf pofés, mais qu’ils font pofés de foite. Les trous feront quarrés à la Table, au Regiftre & deflous la Chape.
- -, Le premier Regiftre , for lequel doivent jouer le 8 pieds, le Bourdon Sc le Planche Preftant, aura les quatre premiers trous de 7 lignes fur p ; fix de 7 for 8 ; douze 8* de 6 for 8 ; fix de y for 8, & fix de 4 for 8.
- Le fécond Regiftre for lequel doivent jouer le Nafàrd, la Quarte Sc la Tierce aura les quatre premiers trous de 7 for 8 ; fix de 7 for 7 ; fix de 6 far 7 ; fix de 6 for 6 ; fix de y for 6, & fix de 4 for 6.
- Les trous qu’on fera au travers de l’épaifleur de la première Chape, ( 561, p. i8p ), feront du pe. N°. Sc ceux de la fécondé Chape feront du 8\ N°.
- Au-deflus de la‘première Chape, pour la première rangée de tuyaux, qui font le 8 pieds ouvert du Cornet, Sc qu’il faut pofter pour l’éloigner du Bourdon fon unilfon , il y aura douze trous du 8 e, N°. douze du 7e. & dix du 6e. Ces trous feront foffifamment grands pour y mettre des porte-vents convenables.
- Pour la fécondé rangée, qui eft le Bourdon du Cornet, il y aura huit trous du 7e. N°. huit du 6e. huit du 5e. & dix du 4e. N°.
- Pour la troifieme rangée , qui eft le Preftant, douze trous du 6e. N°. douze du f. Sc dix du 4e. N°. Pour
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- Seü. V. Sommier de VEcho. Faire fa Réglé , le conjlruire, 223
- Pouf là quatrième rangée, qui eft le Nafard fur la féconde Chape, douze trous du 6\ N°. douze du je. & dix du 4e. N°. ^
- Pour la cinquième rangée, qui eft la Quarte, douze trous du ye. N°. douze Üu 4e. & dix du 3 e. N\
- Pour la fixieme rangée, qui eft la Tierce , les trous feront de même quà la Quarte.
- Pour les deux autres 8 pieds, qui doivent être poftés, on fera les douze premiers trous du 8e. N°. douze du 7e. & dix du 6e. N°.
- Pour les quatre Jeux d’Anche, on fera les dix-fept premiers trous de 5 fur j lignes ; & les dix-fept autres de 4 lignes fur 4, tous quarrés qu on rendra ronds par-deflùs la Chape au moyen de la fraife.
- Sommier de VEcho.
- d’j'q. Le Sommier de l’Echo, félon quon le fait ordinairement, n’eft tout au plus que de trois Oétaves d’étendue, commençant au fécond C fol ut. Anciennement on mettoit un nombre confidérable de Jeux à l’Echo. Le plus fouvent on n’y fait jouer qu’un Cornet, qui même eft ordinairement de menue taille, dont on fait aller les tuyaux de fuite fans aucune alternative ; ce qui fe fait ainfi pour éviter d’y faire un Abrégé, Ce Sommier eft fans Regiftres ni Chapes. On fait la Table plus épaifte qu’à lordinaire, comme de 6 à7lignes. On la perce, & on pofe immédiatement les tuyaux fur les trous fraifés de la Table. Du refte, ce Sommier fe confirait comme celui du Poiitif, la Laye en def* fus. Voyez ci à côté les mefiires pour en faire la réglé.
- Le Sommier aura 2 pieds 10 pouces 7 lignes de longueur.
- Les Barres toutes finies auront 26 lignes de largeur. v Les Soupapes auront 4 pouces de longueur, Sc 12 lignes de hauteur* La profondeur intérieure de la Laye aura 6 pouces 7 lignes, & fon dehors 7 pouces 7 lignes.
- La hauteur intérieure de la Laye fera de 3 pouces 6 lignes.
- La largeur du Sommier, à compter du derrière de la Laye, jufqu’à fon extrémité poftérieure , fera de 9 pouces 6 lignes.
- La largeur totale du Sommier y compris la Laye , aura 17 pouces 1 ligne.
- L’épaifTeur de la Table toute finie fera de 7 iignès*
- 655. A l’égard de la grandeur des trous convenable aüx cinq ran~ gées de tuyaux qui compofent tout l’écho , on fè conformera non pas aux trous d’un Cornet ordinaire, qui feraient un peu trop grands ; mais à ceux des Jeux femblables du grand Sommier ; c eft-à-dire, qu’on percera pour le Bourdon de l’Echo, comme il eft dit pour le petit Bourdon du
- Orgues. II. Pan. Lll
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- 50.4
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- 224 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie. Chap. II.
- ~ ~ grand Sommier ; pour le Preftant de l’Echo, comme pour le Preftant du grand Planche Sommier ; pour le Nafard de l’Echo, comme pour le petit Nafard du grand Sommier; ainfi de la Quarte & de la Tierce : car les Jeux de l’Echo font les mêmes que ceux du grand Sommier, ou bien, comme ceux du Pofitif, qui font d’un peu plus menue taille, du moins pour le Nafard, la Quarte & la Tierce. Du refte, on fermera & on donnera le vent à ce Sommier, au moyen d’une Soupape pofée dans le porte-vent particulier de l’Echo ; ce que j’expliquerai quand il s’agira des Porte-vents, an. 1034.
- Section Sixième.
- Réflexions furies Sommiers décrits ci-dejfus.
- 6$6. De tous les Sommiers dont on vient de voir la defoription, c eft fans contredit le grand Sommier qui demande le plus d’attention. Celui dont j’ai expliqué la main-d’œuvre , eft un des plus confidérables que l’on puifie faire , & le plus chargé de Jeux , for tout de Jeux les plus grands & qui emploient la plus grande quantité de vent. Dans le détail que je viens de donner de ce grand Sommier, j’ai prétendu principalement faire connoître la pratique de la conf-truélion générale de tous les Sommiers. J’en ai propofé un extrêmement fourni, afin que dans fa conftruétion celle de tous les autres s’y trouvât comprife. Pour ne rien embrouiller, je n’ai pas cru devoir interrompre ma defoription pour y inférer ce que j’ai à dire préfentement, & que l’on comprendra mieux après tout ce qui a précédé. Je dois donc avertir qu’il y a certaines précautions à prendre dans un Sommier aulîl confidérable pour éviter les altérations du vent.
- 6$y. iQ. Des gravuresauffilongues que celles-ci, qui ont environ 6 pieds, peuvent réuffir, comme je l’ai dit en fbn lieu , fins faire craindre un affoiblifle-ment du vent ; cependant pour avoir encore moins de fojet de le craindre, on fera bien de pratiquer l’expédient de ne pas conferver une égale profondeur d’un bout à l’autre dans les gravures. Nous avons déterminé cette profondeur à 42 lignes. On la laifîera toute entière au bout où font les Soupapes for le devant du Sommier ; mais elle fera réduite à 34 ou 36 lignes au bout oppofé for le der-, riere du Sommier, où cette profondeur de 42 lignes n’eft pas néceflaire. Par-là les gravures iront en diminuant de profondeur for le derrière du Sommier. Ce moyen fera propre à compenfer l’afFoibliflèment du vent que pourroit faire craindre la grande longueur de la gravure, & rendra l’effet de ce Sommier afîiiré à cet égard.
- 6f8. 2q. Une autre précaution devient nécefïàire. C’eftune double Laye dont je n’ai point parlé : parce que j’ai voulu donner une connoifîànce générale de la fimple Laye, qui eft d’un ufàge ordinaire pour tous les Sommiers. Si l’on fai-foit celui-ci à fimple Laye, il y auroit aflurément une altération fonfibie dans l’harmonie ; à caufe que le vent fe partageant trop pour fournir à un nombre
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- Secl. VL Réflexions fur les Sommiers précédents. 125
- confidérable de fort grands Tuyaux qui en dépenfent nécefîairement beaucoup, s’affoibliroit, quelque abondante que fût la {oufflerie. Au moyen de la double Laye, onféparera les vents ; c’eft-à-dire, qu’on fera jouer les Jeux du grand Orgue par des fbufflets à ce deftinés, qui porteront féparément leur vent dans la Laye de devant, & celle de derrière recevra fon vent féparément par d’autres fouffiets qui feront jouer les Jeux de Bombarde. Voici comment on conftruit cette double Laye.
- 6 y 9. La fig. 3 , de la Pl. 5*7, la repréfente en profil géométral. A B eft le corps du Sommier, c’eft-à-dire, le Chaffis , les Barres, les Gravures, les bouts des Regiftres. On y apperçoit la Table, les faux-Regiftres & les Chapes, le-tout vu par le bout. C & Z) eft l'intérieur des deux Layes. E F les Soupapes. F une Soupape de la Laye de devant, & E une Soupape de la Laye de derrière. G eft la planche qui fepare les deux Layes, afin quelles" n’aient aucune communication enfemble. Cette planche porte le long de fa partie inférieure une double feuillure pour recevoir les deux planches des Bourfettes H & /. On peut encore affembler les deux planches des bourfettes en languette & rainure dans celle G. On voit dans ces deux Layes les Soupapes, les Reflbrts, le Chevalet, les Eftès , les Bourfettes , les O/îcrs , Ôec.
- On fera les grands Flipots /Z 5 de 4 pouces de largeur de R à S, pour qu’on puilfe coller les Soupapes E F. On en entaillera & on en collera de plus étroits en Q. Il luffira que ceux-ci aient 2 pouces & demi de largeur, pour recevoir le recouvrement des Soupapes repréfentées par celle E, & pour qu’on puifie attacher la tringle Q , portant une feuillure qui eft nécefîàire pour recevoir le tampon de la porte de cette Laye. On entaillera & on collera des tringles minces dans la Laye de devant aux ouvertures des Soupapes de la Bombarde pour les boucher entièrement, parce que les Soupapes de la Bombarde doivent fe po-fer dans la fécondé Laye. On entaillera & on collera également dans la fécondé Laye des tringles minces pour boucher les gravures des Jeux du grand Orgue, qui ne doivent pas fervir pour la Bombarde. Il fuffira que ces tringles foient à bois de fil dans le même fens que celui des barres. Tout cela étant fait, étant replani & bien drefîe, on collera le parchemin fur toute la lurface des barres & gravures qui doit être dans les deux Layes. On la rabottera ; on coupera enfuite le parchemin pour former les ouvertures que les Soupapes doivent recouvrir. On arrêtera la planche G du milieu au moyen de plufieurs goujons, inférés & collés dans les barres. On fixera la tringle Q avec de la colle & des pointes. On arrêtera les deux fupports à chaque bout du Sommier dans lefquels la planche du milieu G fera alîèmblée. On collera les Soupapes, on fixera les deux planches des Bourfettes, &c. Pour arrêter le tampon de la porte de la fécondé Laye, on pourra fe fervir de la ferrure indiquée en G G,fig. 2 , ScfG9Fig. 3 , PL 3 6. On y mettra auffi le petit montant E , fig. 2, au milieu, pour que les tampons ne loient pas trop longs.
- Planche
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- Planche
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- z%6 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. Il
- Pour faire jouer les Soupapes de ces deux Layes, on fera un grand abrégé double : le premier tirera les oiiers repréfentés par celui K de la Laye de devant. Le fécond Abrégé qui fera plus fàillant, tirera les doubles bafcules MO , & P N j par le piton M. La première bafcule M O eft appuyée fur le chevalet T, &la fécondé P N, eft appuyée au-deflous du Chevalet Z. La pointe qui tient & traverfe la bafcule par fon milieu eft repliée au-deiïbus de celle-ci, afin qu elle ne tombe pas en cas de décrochement. Le bout N de cette fécondé bafcule tire par fon piton l’ofier H de la Soupape E.
- 660. Il eft indubitable que cet expédient d’une double Lave pour féparer les vents , eft fuffilànt pour faire bien aller ce Sommier, quoique fi fourni de Jeux & de grands Jeux, ffir-tout avec la diminution de la profondeur des gravures par un bout; mais j’y trouve encore un défaut, qui eft d’avoir les Jeux trop ferrés ou trop près les uns des autres. J’ai été obligé , ip. d’en repréfenter & d’en décrire ainfi la Réglé pour ne pas pafler la longueur d’environ 6 pieds des gravures. 2°. J’ai cru devoir le charger d’un auffi grand nombre de Jeux pour en faire voir l’arrangement & les grandeurs des trous , me réfervant toujours de donner ici les avis convenables & les plus prudents pour exécuter un auffi grand Sommier. Quoiqu’on puifle faire bien jouer des Jeux auffi ferrés que je l’ai marqué, je con-feille cependant de les mettre un peu plus au large. Il y a toujours de l’inconvénient en ce que les Jeux foient fi près les uns des autres, parcs qu’on eft obligé de pofter un plus grand nombre de tuyaux , Sc qu’il y a par-là une augmentation d’embarras & un travail confidérable : voici donc un moyen pour écarter fuffifàm-ment les Jeux, fans augmenter la longueur des gravures ; au contraire on la diminuera.
- 661. On partagera le Sommier en deux pièces, ou pour mieux dire , on fera deux Sommiers, dont chacun fera également divifé en quatre parties, comme je ï ai décrit. Le premier Sommier fe placera fur le devant vers la Montre, & le fécond fur le derrière, au même niveau du premier. On laiflera un efpace au moins d’un pied entre les deux Sommiers pour former une allée d’un bout à l’aU'* tre. Le premier Sommier ne contiendra que vingt-un Regiftres pour faire jouer les Jeux dits du grand Orgue. Comme ce premier Sommier ne doit contenir aucun des Jeux de Bombarde, les gravures qui leur étoient deftinées, deviendront de faujjts-gravures, que l’on bouchera dans la Laye ; par conféquent on n’y mettra point de Soupapes. Tous les Regiftres &les faux-Regiftres des neuf Jeux de Bombarde étant retranchés, le Sommier en fera plus étroit d’autant, & les gravures le trouveront n’avoir qu’environ 4 pieds de longueur. On pourra donc augmenter la largeur de ce Sommier de 9 à 10 pouces, ou même un peu plus ; ce qui donnera lieu d’élargir autant qu’il le faudra les Regiftres & les faux-Regiftres , afin que les Jeux y foient plus au large.
- 662. Le fécond Sommier ne devant contenir que les neuf Jeux de Bombarde, aura fes gravures fort courtes , puifqu’elles n’iront pas à deux pieds. On aura
- donc
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- Secl. VI. Réflexions fur les Sommiers précédents. 227 donc lieu de mettre les Jeux autant au large qu’on voudra,en élargiflant fiiffifàmment les Regiftres & les faux-Regiftres. On peut regarder comme de fauffes-gravures celles qui étoient deftinées fur la Réglé pour les Jeux de Bombarde, & les boucher dans la Laye. On fe fervira des doubles gravures dans les Balfes pour faire jouer les Jeux comme au Sommier de devant. On fera au Sommier de derrière la Laye en deflùs, comme à celui d’un Pofitif, tel que je fai décrit dans la Section troifieme, art. 630 & fuiv. page 21 r.
- 663. Je confeillerois encore de décharger le Sommier de devant de la grofle Cymbale pour la pofer fur le fécond Sommier, & la placer un peu éloignée de la Fourniture de Bombarde en mettant un Jeu au moins entre deux. Par ce retranchement , on pourroit, ou rétrécir le premier Sommier, & par-là raccourcir fes gravures, ce qui ne feroit pas fort néceflàire ; ou bien, on mettroit les autres Jeux un peu plus au large , ce qui feroit mieux. Il refteroit encore aflez de plein Jeu fur le premier Sommier pour accompagner le fond, puifqu’il y auroit douze tuyaux fur marche, par conféquent les Jeux relatifs au fécond Clavier feroient toujours complets.
- 664. On fera jouer les Soupapes du Sommier de devant à l’ordinaire par un Abrégé , comme on le fait toujours. Celles du feronJ Sommier feront levées par le bout ou la tête des bafcules, tirées par leur queue au moyen d’un fécond Abrégé. On trouvera facilement un expédient pour qu’une bafcule leve les doubles Soupapes enfèmble dans les Bafles.
- 665. Tous les Jeux de fond du fécond Sommier feront pofés fur le derrière de l’intérieur du Buffet où ils feront aflez au large, auffi bien que le grand Cornet. U faut que le Buffet foit aflez profond pour qu’il refte un efpace d’environ un pied fur le derrière du fécond Sommier, pour pouvoir placer tous les tuyaux de fond , fans qu’ils recouvrent aucune partie du Sommier. Les Jeux d’Anche feront pofés vers la Laye , afin d’avoir la facilité de les accorder Sc de les entretenir. On verra donc les Jeux d’Anche du premier Sommier qui fe trouveront le long d’un bord de la grande allée , & ceux du fécond Sommier qui feront pofés le long de l’autre bord ; ce qui fera bien commode.
- 666. Comme les Jeux de ce grand Sommier dépenfent une grande quantité de vent, j ai donné la plus grande dimenfion aux Soupapes & aux gravures, lefquel-les, quoique doubles dans les Bafles, ne contiennent les deux enfemble que yjd lignes quarrées de capacité, comme nous l’avons vu , art. 485 , p. i^j. Cependant la fomme des trous quarrés du Sommier deftinés à fournir le vent à tous les Jeux qui compofent ce qu on appelle le plein-Jeu , efl confidérablement plus grande. J’ai pris pour exemple le Plein-Jeu ( fur le premier F ut fa, où commence le 32 pieds ) , parce que c’efl: le mélange où la fomme des lignes quarrées des trous du Sommier efl: la plus grande, comme on le voit dans le détail
- Orgues. II. Partie. Mmm
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- 228 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. Il
- fuivant, ou font exprimés les noms des Jeux qui compofent le mélange du Plein-
- Jeu.
- Pour la Montre de 32 pieds, le trou eft de 144 lignes quarrées*
- Pour la Montre de 16 pieds . . . . 90.
- Pour le Bourdon de 16 pieds. ...... . . . . 90.
- Pour le premier 8 pieds ouvert. .... .... 49.
- Pour le fécond 8 pieds ouvert. .... 49-
- Pour le petit Bourdon. . .. . 4p.
- Pour le Preftant .... 30.
- Pour la Doublette r » . . . . 12.
- Pour les deux Fournitures . . . .216.
- Pour les deux Cymbales . .. .216,
- Somme.. . . . .94^ lignes quarrées.
- On voit que la fomme des lignes quarrées que contiennent tous ces trous , furpafïe la capacité des deux gravures enfomble de 185? lignes quarrées* Il pa-roît donc que la dépenfo du vent étant plus grande que les deux gravures en-femble non peuvent fournir, il devroit y avoir altération des gravures ; ce qui fer oit un bien grand défaut.
- 66J. Mais il nen eft pas ainfi. Il s’en faut bien que les tuyaux en queftion dépenfent réellement autant de vent que les trous du Sommier feroient capables d’en fournir. On ne fait les trous du Sommier fi grands que pour donner une plus grande baie aux colonnes du vent portées par les porte-vents des tuyaux poftés , <& lui conferver par-là toute là vîtejfe ou la vivacité. On eft obligé de faire toujours plus grands les trous du Sommier où il doit y avoir des porte-vents i & plus les porte-vents font longs , plus les trous où ils prennent leur vent doi-yent être grands. En voici une preuve fondée lur l’expérience : je lùppofe qu’on foit obligé , comme il arrive quelquefois, de pofter un peu loin un tuyau qui étoit auparavant fur fon vent, & que le trou du Sommier fur lequel il étoit pôle ne fût qu’un peu plus que fiiffilànt pour faire bien parler le tuyau. Si l’on y mec un porte-vent j au moyen d’un petit pont, ( car par cet expédient n’inférant point le porte-vent dans le trou, on ne le rétrécit pas) ; il arrive alors > du moins ordinairement r que le tuyau n’a plus aflèz de vent, quoique étant pofté, il n’en emploie pas davantage que lorlqu’il étoit fiir fon vent. Ce qui fait voir encore qu’il ne faut pas manquer dans ce cas d’agrandir le trou du Sommier. On peut avoir remarqué que dans la defcription des trous que j’ai donnée, j’ai déterminé plus grands ceux où il devoit y avoir des porte-vents, que fi les tuyaux dévoient être fur leur vent.
- 668. On ne peut connoître à peu près la véritable dépenfo du vent que par la grandeur des lumières de la bouche des tuyaux par lefquelles le vent s’échape
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- S.ecl. VL Réflexions fur les Sommiers précédents. 229 pour les faire parler. En voici le détail for les mêmes Jeux que je viens d’énoncer danslart. 666page 228. Je foppoferai, pour la facilité du calcul, que toutes les lumières ont une ligne de large for le premier F ut fa, quoiqu’il s’en faille bien que toutes ayent cette largeur.
- La lumière de la bouche de 32 pieds ouvert a 159 lignes quarrées.
- Le 16 pieds ouvert a............. . . . ....80 \
- Le Bourdon de 16 pieds a................ . . 71
- Le premier 8 pieds ouvert a.................4°
- Le fécond 8 pieds ouvert a. ...... ........40
- Le 4 pieds bouché a.........................43
- Le Preftant................................ 2$
- La Doublette.............................. 15
- Les 16 tuyaux de Fourniture & de Cymbale a 6 lignes l’un dans l’autre...........96
- Somme J49 lignes quarrées.
- On voit par-là que les tuyaux dont il s'agit, n’emploient tout au plus que 549 Ügnes quarrées. Il relie encore 207 lignes quarrées de vent, puilque les deux gravures enfemble peuvent en fournir yj6 lignes quarrées, par confé-quent, il ne doit y avoir aucune altération. Le mélange du grand Jeu de Tierce, qui confilte dans le 32 pieds , les deux 16 pieds, les trois 8 pieds, le Preftant, les deux Nalards, les deux Tierces & la Quarte, fait à peu près la même dépenfe de vent que le plein-Jeu, quoique la fomrne des lignes quarrées des trous du Sommier pour ces Jeux, ne foit pas auftî grande que pour le mélange du Plein-Jeu. La raifon pour laquelle on fait fi grands les trous quarrés de la Table des Regiftres & du deftbus des Chapes des Fournitures & des Cymbales , eft que les Chapes étant doublement gravées, le vent eft rompu par toutes les finuofités de leurs petits conduits ménagés dans l’épaifleur des Chapes, ce qui l’affoibliroit né-ceftàirement. Par la grandeur des trous quarrés, on donne au vent une bafe foffi-fante, qui empêche que cet affoibliflèment n’ait lieu.
- 669. On objeélera peut-être que mon calcul n’eft pas jufte, étant fondé for un principe qui paroît être faux. Ne peut-on pas foupçonner que le vent paflant par des ouvertures auffi étroites que le font les lumières des bouches des tuyaux > acquiert une plus grande vîtefie, 8c que par conféquent, il en fort une plus grande quantité dans un temps donné ?
- Ce cas ne peut avoir lieu ici, on ne voit aucune caufe qui puilfe produire cette augmentation de vîtelîe. La grandeur des embouchures des tuyaux eft prefque toujours allez égale en lignes quarrées à celle des lumières. On eft toujours obligé de rendre ces embouchures bien plus petites que les trous des
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- 230 FACTEUR D’ORGUES,//. Partie, Chap. 11.
- Sommiers. On ne voit pas quun tuyau à bouche, de quelque grandeur ou petiteffe qu’il foit, puiffe parler comme il faut avec une grande embouchure ; donc il ne paroît pas que la vîteffe du vent foit augmentée en palïànt par les lumières des bouches des tuyaux.
- 670. Abfolument il auroit été plus à propos de faire jouer le Bourdon de 32 pieds fur le fécond Clavier, comme le 3 2 pieds ouvert ; mais comme c’eft un Jeu qui co fume une quantité de vent confidérable, il auroit pu épuifer le premier Sommier, qui ne pourroit jamais nourrir fans altération deux 32 pieds enfemble avec les deux 16 pieds, &c. Il eft donc mieux de féparer ces deux Jeux fur deux Sommiers différents ; on conferve par-là la force du vent. Il vaut toujours mieux qu’il y en ait de refte, ce qui ne peut rien gâter, que non pas qu’il en manque le moins du monde. Plus une gravure dépenfe de vent, plus celui-ci s’affoiblit.
- 671. On trouvera que dans le Sommier du Pofitif, la fomme des lignes quar-rées des trous du Sommier au mélange du Plein-Jeu , fur le premier C fol ut, furpafte celle de la capacité des gravures ; mais la fomme des lignes quarrées des lumières des bouches des tuyaux eft bien moindre que cette capacité des gravures ; ce qui fuffit pour qu’il n’y ait point*d’altération à cet égard. Pour ce qui eft du Sommier de Pédale 7 je dois avertir qu’il ne feroit pas abfolument nécefi* faire de le conftruire à triples gravures dans les Baffes. Les doubles fuffiroient, puifqu’elles pourroient fournir 2016 lignes quarrées de vent & que la fomme des lignes quarrées des lumières de tous les Jeux à bouche de la Pédale fur le premier Cfol ut, n’eft que de 11 à 12 cents lignes quarrées. Cependant comme il n’y a point d’inconvénient à mettre de triples gravures , on fera mieux de l’exécuter de même , fur-tout fi l’on avoit à pofter fort loin de grands tuyaux à bouche ou d’anche. On trouvera que les trois gravures enfemble peuvent donner 3024 lignes quarrées de vent, ce qui équivaut à une ouverture qui auroit 4 pouces 7 lignes en quarré. On pourra remarquer, au refte , que dans toutes les Réglés de Sommier que j’ai données ci-devant, & dans celles qui fuivent, j’y mets les Jeux le plus à l’étroit qu’il eft poffible. On peut les mettre plus au large, fi la place le permet. Mais il faut toujours fe fouvenir que n’y ayant aucun avantage à mettre les Jeux trop au large, il fera toujours mieux de faire les Sommiers aufli petits qu’il fe pourra, pourvû que les Jeux ne foient pas offufqués & qu’il n’y ait pas trop de tuyaux à pofter.
- 6ji. On a déjà pu remarquer qu’en décrivant tous les Sommiers précédents, j’ai donné l’idée d’un Orgue très-confidérable & prefque le plus grand que l’on puifle faire , du moins dans le goût régnant en France : il feroit de 77 Regiftres y compris les deux tremblants. Il ne feroit pas bien ordinaire de trouver dans quelque Eglife un emplacement affez fpacieux & commode pour placer un Orgue de cette conféquence. Il faudroit que le grand Buffet eût environ 11 pieds de profondeur fur 40 à 45 pieds de largeur. Sa hauteur deyroit être de 55 à
- 60
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- Seci. VIL Plujieurs autres Sommiers. 231
- 60 pieds. Il faudroit donc que la Tribune eût environ 20 pieds de profondeur. Sur-tout il faudroit une grande intelligence & beaucoup d’attention pour éviter la proximité des unifions dans l’arrangement & la pofition de tant de grands tuyaux qui devroient être tous poftés ; & pour obferver quaucun tuyau ne fut offufqué ; que l’on pût aller par-tout pour la facilité de l’entretien ; & qu en même-temps il y eût un tel ordre, une telle fymmétrie , que le. tout préfentât un coup d’oeil gracieux.
- Section Septième.
- Plujieurs autres Sommiers.
- 673. Il ne fera plus nécefiàire de décrire la main-d’œuvre des Sommiers fui-vants. Je fuis déjà entré dans le plus grand détail, quand j’ai expliqué la conf-truéliond’un très-grand Sommier, de celui d’un Pofitif qui lui eft proportionne, de ceux des Pédales, Récit & Echo. Il foffira donc de donner ici les mefores pour conftruire les Réglés de plufieurs autres Sommiers propres à toutes fortes d’Orgues grandes & petites. Lorfqu’il y aura quelque chofe de particulier à obferver , j’aurai foin d’en avertir.
- Réglé d9un grand Sommier pour un petit 32 pieds.
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- Longueur des Sommiers des Delïùs 48 po, i lign,
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- 4.Montre de i5 pieds...............30
- 7 .Montre de 8 pieds............ .24
- 6. Bourdon de 16 pieds.............30
- 7.Second 8 pieds................. 24
- 8. Gros Nafard................... 24 10
- 9. Bourdon de 8 pieds..............24 10
- lO.Preftant....................... 20 10
- 11 .Groffe Tierce................. 20 10
- 12 .Quarte de Nafard................18 10
- 13 .Nafard......................... 20 10
- J4.Doublette........................18 10
- 17.Tierce...........................T§ 10
- 15.Fourniture de 6 tuyaux...........27 1^
- 17. Cymbale de fept Tuyaux........77
- 18. Bombarde ................... ."24
- 19. Première Trompette.............778 12
- 20.Seconde Trompette...............7i8 12
- 21 .Clairon........................7i8 12
- =_ 22
- Largeur de tout le Sommier y pieds un pouce une ligne.
- Les Soupapes auront n pouces de longueur.
- Les Barres auront toutes finiespj lignes de largeur.
- La profondeur intérieure de la Laye aura 14 pouces, & fa hauteur 4 pouces 8 lignes.
- Je ne donne point la mefore de la Ion-
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- 32.
- ’ 132 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IL
- gueur de l’ouverture que les Soupapes doivent recouvrir, parce que Ton lait déjà qu’elle doit être de 8 lignes plus- courte que la longueur des Soupapes.
- Je ne donne pas non plus les largeurs des Soupapes. On lait quelles doivent être de 3 lignes plus larges que leurs gravures refpeétives.
- Puifque les gravures de ce Sommier n ont que 4 pieds 9 pouces , en peut joindre plufieurs autres Jeux à ceux de la Bombarde, comme un Bourdon de 8 pieds, un Preftant, une Trompette, un Clairon. Ces quatre Jeux augmenteront leur longueur d’environ 7 pouces. Ce fera ici le cas de faire à ce Sommier une double Laye, comme je l’ai décrit, art, 6 $9 , pag. 2.2$. On fera bien auffi de diminuer par un bout fur le derrière du Sommier la profondeur des gravures & de les y réduire à 32 lignes ou environ. Voyez l’art. 657 , page 224.
- CeSommier doit être divifé en quatre parties comme on le voit par la Réglé. On remarque dans celle des gravures des Baffes aux cinq premières marches, une gravure à chacune de p lignes de largeur. Elle eftdeftinée à faire jouer le 32 pieds.1 On en retranchera les premiers tuyaux,, & on le fera commencer à Y F. ut fa de 24 pieds. On pourra garni r ies premières marches d’une quinte du 16 pieds. Cette quinte donnera beaucoup de corps à l’harmonie fixr ces premières touches. On diftribueraiur les doubles gravures des Baffes une partie des Jeux fur l’une, Sc 1 autre partie fiir 1 autre , félon qu5ils dépenfènt du vent. Le Buffet le plus con-' venable pour cet Orgue, eft celui delà Pl. 32 , avec toutes fies dimenfions. On fera quatre réparations des vents. Une foufflerie fournira le vent dans la première Laye du grand Sommier ; une autre dans la fécondé ; une autre aux Pédales ; Sc enfin, une autre au Pofitif. C’eft le vrai moyen, avec les autres précautions ci-; deffus décrites, d’empêcher toute altération dans un Orgue auffi confidérable.
- Toute la Soufflerie fera compoîee au moins de neuf loufflets, qui auront chacun 8 pieds de longueur fur 4 pieds de largeur. Trois de ces loufflets porteront féparément leur vent dans la première Laye du grand Sommier. S’il y en avoit quatre ceferoit beaucoup mieux , mais trois peuvent abfolument être fuf-fifànts. Deux autres foufflets fourniront féparément le vent à la fécondé Laye du même grand Sommier. Deux autres le porteront féparément au «Sommier des pédales, & deux autres fourniront féparément le vent au Sommier du pofitif. Je décrirai dans la fixité comment on exécute cette féparation des vents, qui eft fi eflentielle pour faire jouer un grand orgue fans altération. Celui-ci doit être à cinq Claviers. C’eft une réglé générale qu’il en faut ce nombre lorfqu’il y a une Bombarde à la main, quoique bien fou vent ce Jeu foit feul fur fes gravures particulières. On la fait toujours jouer par le troifieme Clavier, au moyen d’un Abrégé qui y eft féparément relatif, comme je l’ai expliqué ailleurs. Je détaillerai en fon lieu la maniéré d’exécuter le tout. J’ai au refte retranché la voix humaine du grand Sommier, pour ne pas le charger d’un fi grand nombre de jeux, les gravures étant déjà aflez longues* On peut fans inconvénient la mettre fur le Sommier du Pofitif,
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-
- Secl. Vil. Plusieurs autres Sommiers. 233
- 674. Réglé d’un grand Sommier pour un grand 16 pieds.
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- Les Soupapes auront io pouces de longueur.
- Les Barres auront 3 pouces 4 lignes de largeur toutes finies.
- La profondeur intérieure de la Laye fera de 13 pouces , & là hauteur de 4 pouces 6 lignes.
- Il faut encore feparer les vents pour cet Orgue. Mais le grand Sommier fera à fîmple Laye, dans laquelle quatre foufflets de 8 pieds porteront leur vent, & trois autres le fourniront au Pofitif ôç aux Pédales.
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-
-
- 234 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie, Chap. IL
- 6j$. Réglé d’ün grand Sommier pour uni 6 pieds fans Bombarde.
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- == 22’
- 5 pieds 8 pouces de largeur.
- Ce Sommier , comme on le voit par la Réglé, doit être divifé en quatre parties , & quoiqu’il n’y ait point de Bombarde, il ne laide pas d’être tout entier à doubles gravures , excepté la derniere du Sommier des Balles, marquée 17, 18 , qui eft fimple, n’étant pas nécedàire d’un plus grand nombre de doubles. Le Sommier des Bades eft à l’ordinaire , on mettra une partie des Jeux fur une gravure, & l’autre partie fur l’autre, faifànt en forte qu’ils foient également diftribués à peu-près félon que les Jeux dépenlent du vent.
- 6j6. Il n’en eft pas de même des Sommiers des Def-fus. La plus large gravure de chaque marche eft defti-née à faire jouer les Jeux du grand Orgue, ou qui font la fuite des Sommiers des Bades. L’autre gravure, qui eft la plus étroite & qui eft marquée d’une R, fèrvira à faire jouer les Jeux du Récit, qui y prendront leur vent. Par-là on fera difpenfé de confttuire un Sommier parti -*
- culiex
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-
-
-
- Stct. Vil. Plujieun Réglés de grand Sommier. 235
- ticulier pour le Récit. On obfervera que le Sommier des Deflùs commence par une fimple gravure , qui eft pour le Récit, afin qu il s’en trouve le nombre convenable.
- 677. Le Cornet de Récit, qui prendra fon vent du grand Sommier par fés gravures particulières , pourra être placé fiir les mêmes pièces gravées du grand Cornet en les failànt {ùflîfàmment grandes. On les fera à cet effet àvingt-fept doubles gravures, & fèpt fimples. Les fept gravures de la Bafle feront fimples, parce quil n’y aura que la Baffe du Cornet de Récit. Cette Bafle du Cornet de Récit fe pofera de fuite alternativement fur les deux pièces gravées, & lorf-qu’on fera arrivé au Cfol ut relatif au milieu du Clavier, on pofera une marche du grand Cornet & enfuite une marche du Cornet de Récit. On entremêlera ainfi le grand Cornet avec celui de Récit, faifant aller de fuite alternativement de chaque côté fiir les deux pièces gravées , les mêmes marches de chaque Cornet ; de forte qu’il paraîtra au coup d’œil que ces deux Cornets n’en feront qu’un feul ; parce qu’on verra une gradation régulière dans les hauteurs des tuyaux. Il ne faut pas craindre dans ce cas la proximité des unifions , attendu que ces deux Jeux ne jouent jamais enfemble. La Trompette de Récit fe placera fur le grand Sommier au dix-feptieme rang , comme on le voit marqué fur la Réglé. Elle fe trouvera immédiatement après le Plein-Jeu 8e avant tous les autres Jeux d’anche. Il faudra coller un bouchon de liege dans les gravures du Récit immédiatement après la Trompette de Récit, afin que le vent n’aille pas plus loin : il en fera plus ferme.
- Les Soupapes des Jeux du grand Orgue auront 10 pouces de longueur, 8e les gravures auront 40 lignes de profondeur, comme au Sommier précédent. Mais 4 pouces de hauteur dans la Laye fuffiront, n’y ayant pas de Bombarde* La raifbn en eft, qu’il ne faut pas tant de vent, & que 4 pouces de hauteur donneront allez de capacité à la Laye.
- Les Soupapes du Récit auront feulement ÿ pouces 6 lignes de longueur. On les reculera plus que les autres d’environ un pouce ou d’un peu plus , parce que l’Abrégé du Récit doit être plus faillant que le grand Abrégé, fùppofé, comme c eft l’ordinaire , qu’on foit un peu à l’étroit. On voit déjà qu’il faut entailler & coller de petits Flipots fur les gravures vers le devant de la Laye ; & les grands Flipots que l’on met vers le derrière pour appuyer les queues des Soupapes, feront plus larges pour les gravures du Récit que pour les autres. Les Bourfettes du Récit ne fe trouveront pas fur la ligne des autres. Du refte , on peut, félon que le local le demandera, mettre les Jeux plus ou moins au large, en augmentant ou diminuant progrefîivement l’épaiffeur des Barres , les largeurs des Regiftres & faux-Regiftres. Les Réglés du Sommier que je donne, ne font pré-fentées ici que pour donner des principes & des idées fur lefquelles il eft facile de s’arranger.
- Orgues. IL Paru
- Oo o
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-
-
- *36 FACTEUR D'ORGUES, Il Partie, Chap. Il
- 6jS. Réglé d’un grand Sommier pour un grand 8 pieds.
- I. 2. I. 2.
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- 7. 87 9.10. 11.12.
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- Jp.20.
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- 21.22.
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- = 22
- 5 pieds 3 pouces 3 lignes longueur.
- [1. Grand Cornet........................
- 2.Cornet de Récit.......................
- 3 .Montre de 8 pieds...............
- 4.Bourdon de 16 pieds..................
- 3 .Bourdon de 8 pieds..................
- 6.Preflant..............................
- 7.Second 8 pieds.......................
- 8.Gros Nafard.........................v
- p*Groffe Tierce........................
- 10. Nafard.................».............
- il .Doublette............................
- 12. Tierce...............................
- 13 .Quarte.........................».....
- 14. Fourniture de quatre Tuyaux..........
- 13 .Cymbale de quatre Tuyaux.............
- 16. Trompette de Récit....................
- 17. Trompette.......................'....
- 18. Clairon...............................
- ip.Voix humaine..........................
- 4 pieds 11 pouces 7 lignes largeur.
- La longueur des Soupapes p pouces.
- La largeur des Barres 3 pouces.
- — 22 .18
- — 12 .18
- — 12 .24
- — 12 .30
- — 12 .24
- — 12 .20
- — 12 .24
- — 12 .24
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- — 12 18
- <— 12 18
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- .30 —. j 8 .24
- — ij* 24
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- ,24
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- 20
- = 22
- Ce Sommier fera divifé feulement en deux parties , qui n’ayant chacune que y pieds 3 pouces 3 lignes de longueur , ne fera point trop grand. Cependant fi, félon le local, on trouve plus commode de le divifer en quatre parties 9 il fera facile de le faire, en y employant fi Ton veut les mêmes melures. On voit quil n’y a dans les Bafies que trois doubles gravures à chacune des deux parties, ce qui eft fuffifant, n’y ayant qu’un Bourdon de 16 pieds. Les trente-quatre doubles gravures des deux Som* miers dans les Deflus 5 ferVent les unes pour les Jeux du grand Orgue ? & les autres pour les Jeux du Récit, qui commencent à 17,18.
- Regiftres & faux-Regiftres d’uri grand Sommier pour un grand 8 pieds.’
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-
-
- Secl. Vît. Plujieurs Réglés de grand Sommier- 237
- 6jq. Réglé d’un grand Sommier pour un petit 8 pieds.
- E == 22 ^
- I. 2. 8 T/î --Ô &?.
- 3. 4.T l6 “ I.Grand Cornet........................................12 g
- 5* 6,£ 16 « 2.Montre de 8 pieds..................*................24 ^
- 9.10.T ? O 3.Preftant............................................— I2 g
- ji.ia. 8 < 4.Bourdon de 8 pieds................................. v24 ^
- I3‘t^i4 i y.Nafard............................................. ^ Ia i
- l<.l6. 7 eu ' _ o 12 g*
- ï7*ia,J 14 r “Tô 12 p,
- 19.ZO.J 3 7.Tierce.................,............................' 15 §
- 1 8-Qua«e...............................................-j»” .1
- z<.z6.*é 13 c5 9.Fourniture de trois Tuyaux............................24 • ^
- î7.i8._6 ^ co 10.Cymbale de trois Tuyaux............................. 24 §
- Z£A“ I 11.Trompette..........................................|
- 33.34.~6 11 3 12.Clairon............................................ 20 ’2
- ^ , j j ^ ^
- 3*-36-J ,, g 13 .Voix humaine,, f ,* îf. f.......................... 8 12 Z
- 37.38. 6 2 --- 2
- IO § . . rr—- 22 <rs
- 39.4 .__o ^ ^ pieds 1 pouces 10 lignes de largeur. ' g.
- 43.44.“ 10 J Les Soupapes auront 8 pouces de longueur. , "
- 4**46\J g ’§• Les Barres auront 2 pouces 0 lignes de largeur. g*
- 47.48-J ; g-47.50.J_ ?
- 3 PieTs 6 pouces grand Sommier ne doit être divifé qu'en deux parties ; il efl:
- 3 lignes longueur. tout; > £mp[es gravures# On pourroit y ajouter quelques autres Jeux, mais non point de 16 pieds. La Laye pourra avoir 4 pouces dp hauteur intérieure , pour avoir plus de facilité à manier les Soupapes, &c. On pourroit au refte, faire jouer la Fourniture & la Cymbale fur une feule Chape doublement gravée en difpofànt les Tuyaux , comme on le voit fig. 10. PL ÿÿ. où l'on voit la première rangée marquée 1. la fécondé 2. la troifieme 3 , &c. On peut aulfi faire jouer fur une feule Chape des Pleins-Jeux de cinq Tuyaux, lorfqu ils font petits.
- 680. Réglé d'un grand Sommier pour un 4 pieds en Montre.
- — 20
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- 3 pieds 3 pouces 5 lignes longueur.
- 1. Grand Cornet...............
- 2. Montre de 4 pieds on Preftapt,.
- 3 .Bourdon de 8 pieds.. «......
- 4.Nafard......................
- y.Peffus de S pieds ouvert. •..,..
- 6. Doublette..................
- 7. Tierce....................*
- 8. Fourniture de 3 Tuyaux.....
- 9 . Cymbale de 2 Tuyaux.......
- JO.Trompette ................
- 11. Voix humaine...............
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- 2 pieds 8 pouces 10 lignes largeur.
- Les Soupapes auront 7 pouces de longueur.
- Les Barres auront 2 pouces 8 lignes de largeur.
- Ce Sommier efl: divifé en deux parties , & fi on le trou-yoit plus commode , on pourroit le conftruire en une feule partie , qui auroit 6 pieds 3 pouces 2 lignes.
- On peut ajouter > fi Ton veut, un Clairon.
- Regîftfés & failx-Regtft. d’un grand Sommier pour un 4 pieds en Montre.
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-
-
- a38 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IL 62 r. Réglé d’un grand Sommier pour un 8 pieds en Montre, avec G u s = “ le Pojîtif enfemble fur le même Sommier. _____________________________
- G. U 2 — 6 22
- p» !*_7 G. i .Grand Cornet......• • ............................... p
- g. 3-4.J 6 G. 2.Montre'de 8 pieds..................................,2° p
- p* 4 4 * P. 3 *8 pieds ouvert....................................*2° p
- = 6 G. 4. Bourdon de 16 pieds...............................» *24
- g! 5. 6.* "s 6 ? G. 5*. Bourdon de 8 pieds........................... «2° ^
- p. 6. 5.j 6 3 P. 6.Bourdon de 8 pieds.................................20 ^
- g, 7. 8,7 q G. 7.Preftant........................................ 18 ^
- p- 8.7.J.J § P. 8.Preftant....................................... .78 9
- G* *3 | G. p.Nafard...........................................^18 P
- P. !°. 5>._| 13 g. P. lo.Nafard............................................ 18 S>
- G. ii.iz.^o I2r ST A ---
- p. 12.11._7 g P. 11 .Flûte de 4 pieds................................ 18 9
- g. 13.r4.j5 g: G. 12. Doublette.........................................ip 9
- P’,4IS=!a ? P. 13. Doublette..................................... Ty *
- £££-!“ | G. 14.Tierce............................................77? ?
- g, 17.18.~7 ÏT P. i y .Tierce ................................... ij* 9
- p. 18.17.~i 11 I5 G. id.Quarte......................................... .“7y 9
- G, 1p.20.j7 Jx g. P.17.Larigot................................................ry £
- p* ir S G. 18.Fourniture de quatre Tuyaux. ....................... 12
- p! "f 10 5. G. ip.Cymbale de trois Tuyaux.............................. 12
- g. 25.24.7 10 ^ P.20.Fourniture de trois Tuyaux.,...................... 22 12
- p. 24.23^7 10 j? P.21 .Cymbale de deux Tuyaux........................... 20 12
- g. 22.26.7 S G.22.Trompette......................................... 18 12
- p. 26.2f.~6 ? G. 23. Clairon....................................... 778 12
- g. z7.28._7 9 P.24.Cromorne.......................................... 778 12
- P» 28.27. 6 0 ^ _
- g. 29.30.T 9 * G. 2 p. Voix humaine................................... iy
- P. 30.29,~f 9 3 ---* 22
- —1 g co
- g. 31.32. 6 o. p pieds 1 pouce p lignes de largeur,
- p. 32.31.“7 g-
- -—- 8 re
- p<’ 3^33*-^ » g Les Soupapes du grand Orgue auront 8 pouces 6 lignes de
- g. 3j.36.~6 ® | longueur. 1
- p. 36.35.5 * « 0
- G 37.38.1 7 1 Les Soupapes du Pofîtif auront 6 pouces 8 lignes de lon-
- P. 38*37. 5 w rmpnr
- — 72 eueur.
- G. 39.40. 6 5 0
- p. 4o*39.j_ 7 g Toutes les barres auront 2 pouces 7 lignes de largeur.
- p.* 42.41/7 6 « La raifon de ces différentes longueurs des Soupapes eft que
- g. 43.44.7 l g; les gravures du grand Orgue fcnt plus larges que celles du
- g. 45.46:7 6 Pofîtif, ce qui exige de plus longues Soupapes dont Tou-
- c 4^,4g*== 5 verture contenant une plus grande quantité d’air , eft plus
- p. 48.47/7 * proportionée à la capacité des gravures.
- p. 50.49.7: * Il eft des cas où l’on ne peut conftruire le Pofîtif dans un
- 5 pîedsspTr/îign. corps ou buffet féparé. U eft alors ordinaire de mettre ledit
- Pofîtif fur le même grand Sommier. Il faut obferver de pofer les Jeux du Pofîtif à rebours ou en un fens contraire de ceux du grand Orgue. C’eft-à-dire, que fl l’on met fur le Sommier à droite les nombres impairs des jeux du grand Orgue &les nombres pairs à gauche, on mettra les nombres impairs des Jeux du Po-fitif à gauche, & les nombres pairs à droite ; ce que l’on fait pour éviter la proxi- •-mité des unifions, qui par ce moyen fe trouveront fort éloignés, quoique les
- Jeux
- Regiftre* Sc faux-Kegiftres d’un grand Sommîer & Pofîtif enfemble pour un 8 pieds en Montre avec Bourdon de 16 pied*.
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-
-
- Secl. VIL Plujieurs Réglés de grand Sommier. 239
- Jeux unifions foientpofés les uns près des autres. C’efl: ainfi qu’il faut entendre la Réglé des barres & gravures de ce Sommier. Les Numéros des gravures du grand Orgue font pofés à rebours de ceux du Pofitif. On diftingue les gravures du grand Orgue par un G, & celles du Pofitif par un P. Il y a pour les Baffes trois doubles gravures à chacune des deux parties du Sommier pour les Jeux du grand Orgue, ce qui fait en tout, fix doubles gravures.
- A l’égard de la Réglé des Regiftres & faux-Regiftres , les Jeux du grand Orgue y font diftingués par un G, & ceux du Pofitif font défignés par un P. Si Ton veut mettre une Trompette au Pofitif, on peut l’ajouter immédiatement après celle du grand Orgue. Du relie, on peut conftruire différents Sommiers de cette efpece beaucoup plus confidérables & beaucoup moindres. Il fuffit d’avoir montré , par l’exemple que je viens d’en donner , comment on les arrange. S’il n y a point de 16 pieds, on n’y mettra point de doubles Soupapes.
- 6S2.
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- Réglé d’un Sommier pour un Pofitif ordinaire de 8 pieds.
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- Ce Pofitif ainfi fourni convient à un Orgue de 8 pieds en Montre ou il y auroit ou non un Bourdon de 16 pieds. Le Deflus de 8 pieds' ouvert*, doit être aufli étendu que la place peut le permettre , comme de deux Oélaves & demie ou trois Oélaves. On peut mettre à ce Jeu de 8 pieds une Baflè fonnant 4 pieds à l’unifîbn du Preftant, & femblable à la Balle de la Flûte de 4 pieds ; mais alors il convient d’éloigner ce Jeu * de la Flûte de quatre pieds. Si l’on eft à l’étroit, on peut ferrer un peu plus les Jeux & faire le Sommier un peu plus petit., Les Soupapes auront7 pouces de longueur, & les barres32
- = lignes de largeur.
- < p. tf pou. 9 U longueur.
- Orgues. II. Part.
- Ppp
- p.239 - vue 103/456
-
-
-
- 34® FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap.IL
- »
- 683. Je ne donne point la grandeur de la Laye; on la trouvera de la maniera fuivante : on ajoutera à la longueur des Soupapes un pouce pour en coller la queue ; un autre pouce pour Tépaifleur de la planche du derrière de la Laye , & enfin, la largeur du Chaffis antérieur du Sommier, en y comprenant les Den-ticules. La réglé générale pour la longueur de l’ouverture des Soupapes dans un Sommier de Pofitif* eft qu’il faut la faire plus courte que les Soupapes de prefque un pouce ; parce que les Soupapes doivent recouvrir les Pilotins. Pour trouver la hauteur de la Laye, il faut d’abord favoir celles des Soupapes. Celles-ci doivent avoir 9 lignes de largeur , ( car je la prends fur celles qui recouvrent les gravures de 6 lignes de largeur ) , par conféquent 13 lignes de hauteur. O11 donnera un pouce d’elpace entre la hauteur de la Soupape jufqu’au deflbus du Chevalet; celui-ci aura 16 lignes d’épaifleur. On donnera encore environ 3 lignes du deflus du Chevalet jufqu’au deflbus de la planche de la fermeture du deflus de la Laye. Toutes ces mefures ajoutées enfemble , feront 3 pouces 8 lignes de hauteur intérieure. Remarquez quà fuivre la réglé générale de la hauteur des Soupapes , qui doic être une fois & demie leur largeur, j’aurois dû donner 13 lig. & demie, & non 13 lig. de hauteur , attendu que une fois & demie 5? lignes font 13 lignes & demie ; mais j’ai eu égard à lapetitefle des Soupapes des deflus, dont les gravures n’ayant que4lignes de largeur, leurs Soupapes n’en doivent avoir que fept de largeur ; or celles-ci auront comme les autres 13 lignes de hauteur , ce qui fait, comme l’on voit, prefque le double de leur largeur. Ce Sommier au relie , n’eft point divifé & n’eft pas trop grand. Il y a 12 gravures dans les balles qui font tranfpofées. On peut ainfi en tranfpofer plus ou moins.
- Il eft bon de donner ici les principes qu’on fuit aujourd’hui* pour la compofi-tion des Jeux d’un Pofitif. Dans toutes les anciennes Orgues il étoit ordinairement très-peu fourni de Jeux , encore les faifoit-on tous de fort menue taille. On regardait le Pofitif, plutôt comme l’Echo du grand Orgue, qu’un corps des Jeux qui dévoient par leur effet correfpondre & fymmétrifer avec les autres. L’ufàge qu’on en faifoit n’exigeoit point de le remplir davantage ; mais depuis que de grands Organiffies ,* qui ont eu plus de goût & de génie, ont voulu faire tout un.autre ufage du Pofitif, il a fallu le fournir de prefqu’autant de Jeux que le grand Orgue, pour répondre à l’effet qu’ils prétendoient produire. De forte que, fi l’Orgue n’eft qu’un 8 pieds en Montre, fans aucun 16 pieds, cela n’érn-pêche pas qu’on n’en mette un autre femblable dans le Pofitif, ou du moins le ,plus de Tuyaux de ce Jeu qu’on peut y loger. Quoiqu’il n’y ait qu’une Trompette & un Clairon au grand Orgue, on peut mettre une autre Trompette dans le Pofitif & bien fouvent un Clairon , auflî bien qu’un Cornet qu’on fait d’une plus menue taille. Tous les Jeux de fond fe font de la même taille que les Jeux fèmblables du grand Orgue ; mais on exige^un peu plus de finefle dans le Jeu de Tierce & dans le Plein-Jeu ; c’eft pourquoi on fait de plus menue taille leNa-fàrd, la Tierce, la Fourniture & la Cymbale. On demande une harmonie plus tendre & plus délicate dans la Trompette & le Clairon, que dans le grand Orgue* ou ils doivent avoir plus d’éclat Sc de brillant; mais on peut toujours les faire de la même taille, fi l’Eglife eft grande. •
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- Se cl. VIL Plujieurs Réglés de Sommier de Pojîtif. 241
- Réglé d'un Sommier de Pojîtif de 4 pieds » avec une autre
- pour un plus petit.
- 68 4. 68 y.
- = 22 := 20 - rr 20 j?
- *• L. xz *‘JL 9 ï .Montre de 4 pieds ou Preftant..............15- »
- *•1,» tr» —10 %
- *'L lz 0 e ^ 2.Bourdon de 8 pieds..........................18 §
- 8* 6 *>• ? „ ___ 53
- 12r "7* P IO n
- ,Âi* 3-Nafard......................................^ 1
- :?:r 6 4-Doublette...................................|
- 47.4 K 47,5 ^ M IO I
- 46.7 * 46. T * “ 5.Tierce......................................i$ à
- 4f- 4 6 4Î-j_5 s . 10 p
- 44. 4 - ^ 44. 3 ! » 6.Larigot.............................%.......1$ %
- 4?- 4_ ? g 43-X < - --- 12 S
- 42.4 _ S 41. x 5 I 7.Fourniture de trois Tuyaux....................*.....18 *
- 4I*1_ 7 ^ 41 _L g 2 — 10 |>
- 40.x ? 4°’_L 6 ^ 8.Cymbale de deux Tuyaux......................i$ L
- 39.7 7 § 3*.j_ 6 § *" — JOl
- 38. x 7 s 38x 6 | p.Cromorne....................................18 g
- 37. x 8 g* 37*JL 6 I. . . 12 *
- 36. 5 8 3 36* X a S* 1 p^d 9 pouces 9 lignes largeur. ®
- 8 i “ 6 §. Les Soupapes auront 6 pouces de longueur* S
- 33. ~ g |* 33. 7 g *3 Les Barres auront 32 lignes de largeur. e
- 3^.7 ,8 § 32.7 , i .
- 30. T 8p Z 30.7 7 3* Ce Pofitif de Fartîcle 6%^ , ayec la Réglé ci-defïus des
- 9 * xs*.7 7 ^ Regiftres & faux-Regiftres, peut fervir pour un Orgue de
- ZJ6[y 9 g 71 8'pieds fans Bourdon de 16 pieds, pour moinsdépenfer.
- **• 1- 9 o* z**± 7 J Le Pofitif dont la Réglé du Sommier eft ci à côté, &
- 14#X 9 & î4*± % & -
- 23*j_ 10 |. a3*x 7 s* marquée 68y, efl: bon pour un Orgue de 4 pieds en Mon-
- 5 JQ O î'i*
- 21.I IO S* >1 7 7 | tre lorfqu’on efl fort à l’étroit. On peut y faire fervir la
- r9.T îo 11 ^“7 g ^ même Réglé des Regiftres & faux-Regiftres ; ou bien on
- l*7\ r 10 ’ 8 ? en retranchera encore, fi l’on veut, le Nafard, la Tierce
- l6'-r 11 Î<*T 8 & le Larigot.
- 15.X H 5*± 8 s &
- ^4*f. ïi ^*-1 8 ** On fait des Sommiers encore plus petits & même pas
- IZ*L II L Iî,4_ 3 plus longs que le Clavier.
- ?.7 ” *.7 9 685. On conftruit quelquefois des Orgues où il n’y a
- **± il 5* L 7 point de Pofitif. Pour cette raifon ou pour quelques au-
- i*.T 11 i. f 9 très, on demande que piufieurs Jeux foient brifés; c’eft-à-
- 5 pouces , pied» s pouces dire > qu>en tiraîlt un tirant a droite, on ouvre feulement
- 2 lige, longueur. 7 Üg •• longueur, 1 1 /T" J T 1 • r-/ • 1 r J 1 1 T> /T* o
- le deilus du Jeu brile indépendamment de la Balle , & quen tirant un tirant du côté gauche , on ouvre la Bafte du même Jeu indépendamment du Deflus, en forte que pour ouvrir le Jeu entier , il faut tirer deux tirants, l’un h droite & l’autre à gauche. Ces Jeux brifés font commodes pour fuppléer en quelque façon au défaut d’un Pofitif. Quelques-uns trouvent de la difficulté à difpoler cette brilure fans inconvénient. Voici, à ce qu’il me pa-roît, la meilleure maniéré. Je fuppofe que tous les Tuyaux du Sommier foient tranfpofés alternativement d’un côté & de l’autre , comme on le voit dans la fig. 7, PI» 57* Tous les chiffres que l’on y voit, défignent l’ordre & l’arrangement des Tuyaux. Il faut nécelfairement, félon cette brifure, deux Regiftres entiers poux un feul Jeu. A £ & C D fout ces deux Regiftres lun près de l’autre, mais
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- 34* FA CTEUK D'ORGUES, II. Partie, Chap. Il
- qui ne fe touchent point , étant féparés par quelques pointes a> b, c, d , de fil de laiton un peu fort, & qui nexcédent point l’épaifleur des Regiftres. Cette féparation eft néceflàire, afin que le mouvement d’un Regiftre n’entraîne pas l’autre par leur frottement mutuel, quand on le tire ou qu’on le repoufle. C D eft le Regiftre qui contient les trous de la Baflè du Jeu que Ton veut être brifé. On voit au bout C le trou de fon tirage. A B eft celui qui contient les trous du Deflus. Le trou de Ion tirage le voit au bout B ; en forte qu’en tirant celui-ci du côté droit , on ouvre les deflus du Jeu, & en tirant l’autre du côté gauche par le bout C, on ouvre les Baffes du même Jeu. E F eft la Chape qui le cloue par-deflus les deux Regiftres. On voit la correfpondance des trous de la Chape avec ceux des deux Regiftres, par les chiffres qui fe rapportent & par les lignes ponéluées qui les défignent. Voici la maniéré d’exécuter le tout.
- On perce d’abord la Table félon l’arrangement & la dilpofition qu’on voit dans la figure des deux Regiftres. On y met enfuite les deux Regiftres qu’on arrête par une pointe à chaque bout, & on cloue la Chape par-deflus. On retourne le Sommier fens-defllis-deflous. On perce entièrement la Table , le Regiftre &.la Chape, & dans toute la grandeur que le trou doit avoir, ( fi les gravures font allez larges) pour ceux qui font numérotés , 4 , 8,12,16 , 20,26, 30,34,38,42,46,50,47,43,39,35,31,27,21,17,13,9, 5 , 1. Si les gravures ne font pas aflez larges, on quarrera enfuite les trous. Tous les autres trous ne perceront pas d’outre en outre , mais feulement jufqu’à la moitié de l’épaifleur de la Chape. Toute cette opération étant faite, on ôtera la Chape, que l’on gravera de la maniéré fuivante. On fera des trous dans fon épaiffeur à tous les endroits 011 l’on n'a percé que jufqu’à la moitié de fon épaif feur ; {avoir , par le côté KL on fera les trous 2,6, 10, 14, 18, 22 , 23 , 19 , 15 , 11,7, 3. Par c°zé & H> ceux 24, 28 , 32 , 36,40, 44 , 48,49 , 45,4r , 37, 33 , 29 , 2j. On n’enfoncera ces trous que juf-qu’à ceux que l’on fera enfuite par-deflus ; de forte que l’on fera un zig-zag comme l’on voit dans la figure en E F. On bouchera l’entrée de tous les trous faits for le champ ou dans l’épaifleur de la Chape E F, avec une bande de parchemin collé , ou bien avec des bouchons de liege collés.
- 687. Après avoir donné dans cette fixieme Seétion un nombre de Réglés de Sommier de plufieurs efpeces, il me paroît convenable d’enfeigner préfente-ment à trouver foi-meme les largeurs des Regiftres, afin de mettre certains Jeux aflez au large pour qu’on ne foit obligé de pofter aucun tuyau. Je foppofe que le local foit tel qu’on ne foit point gêné pour la largeur du Sommier. Lorfqu’on fera déterminé pour fà longueur , aufll bien que pour la largeur des Gravures & l’épaifleur des Barres , on tracera dans toute leur grandeur for une Table quelques gravures avec leurs barres de la Baffe du Sommier. Voyez la fig. 6 de la Pl. 57, qui repréfente l’opération dont il s’agit, a b, cd9 efïgh, &c. font les gravures ; les efpaces entre les gravures font les barres. a>c)e9g9 ^nt ^es denticules. A 8c B le Chaflis du Sommier. Je foppofo qu’on veuille trouver la largeur du Regiftre de la Doublette. On prendra fur le diapafon le diamètre de fon premier Tuyau, & après en avoir pris le rayon,
- c’eft
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- Secl. VIL Réflexions fur les Sommiers précédents. 243
- c eft-à-dire , la moitié du diamètre , on tracera le cercle a 21 9 dont on pofera le centre au milieu & vers le bout antérieur de la première gravure a ^
- On prendra enfuite le diamètre ou plutôt le demi-diâmetre du troifieme Tuyau ç (je foppofe que les Tuyaux feront tranfpofés alternativement d'un côté & de l’autre ). On tracera le cercle 22 , pofànt fon centre 22 for la fécondé gravure c d% de façon que ce cercle {bit à une petite diftance du premier a 21, afin que ces deux Tuyaux ne fe touchent point. Sur le centre 21, on tirera la ligne iy, 16% parallèle au bord du Sommier. Sur le centre 22 9 on tirera une autre ligne parallèle 13 , 14. Ces deux lignes marqueront l’écartement du zlg-zag quil faudra donner aux trous du Sommier pour ce Jeu , comme 21 9 22 9 l9 n 9 &c.
- Si l’on fait enfoite d'autres cercles /, /z, fur les mefores des Tuyaux foivants du même Jeu 9 on verra qu'ils y feront aifez au large. Il foffira d’avoir tracé les deux premiers. Pour le Jeu foivant, que je foppofe être, par exemple, la Tierce, on prendra le demi-dîametre de fon premier Tuyau ; on fera le cercle i% for la même gravure a b9 de façon que ce cercle ne touche point celui 22, & on tirera for fon centre i9 la ligne y , 6. On prendra de même le demi-diametre du ; troifieme Tuyau, & on fera for la féconde gravure c d 9 le cercle k, qui ne tou- : ~
- chera point le cercle z. On tirera la ligne 3,4 pâlie fur le centre k. On pourra de même, fi l'on veut, tracer les ye. & 7*. Tuyaux en pofant leur centre refpeétif m 0 , for la ligne y , 6, & for celle 3,4. On verra qu'ils feront allez au large. Ces opérations étant faites for ces deux Jeux, on fera de même pour tous ceux dont on ne voudra pofter aucun Tuyau. Il s’agit préfentement de dé- j terminer les largeurs des Regiftres. A cet effet, on tirera la ligne 17, 18 , en forte qu'elle foit foffifàmment éloignée de celle iy , 16, pour que les trous qu'on doit faire le long de celle-ci n'affoibliiîent pas le Regiftre, & qu'il y ait toujours y à 6 lignes de bois à côté des plus grands trous. On donnera la même-diftance à l'autre bord 11, 12 du Regiftre , Sc la largeur du Regiftre fera déter- -minée par les deux lignes 17, 18, & 11, 12. On fera de même for l'autre Regiftre ; on tirera les deux lignes 7,8&i,2, lefquelles détermineront la largeur du fécond Regiftre. Pour les Chapes, on fait qu'en général leur largeur ordinaire eft du milieu d’un faux-Regiftre au milieu du faux-Regiftre foivant.
- Dans la préfente figure 6, on voit la largeur d’une Chape de la ligne p , 10, qui eft le milieu d’un faux-Regiftre, à la ligne 23,24, qui eft cenfée être le milieu d'un autre faux-Regiftre. L’autre Chape va depuis la ligne p, 10 , jufqu'à la ligne ip, 20, qui eft le bord du Sommier. On fait que les premières & dernieres Chapes recouvrent entièrement le Chaflis du Sommier. On opérera de même pour tous les autres Jeux. On s'y prend ainfi pour marquer les trous des pièces gravées des Cornets, & ceux de la Table du Sommier de l'Echo. En un mot, on fe fert de cette méthode lorlqu’on veut faire un Sommier for lequel tous les tuyaux puifo fent être pofés for leur vent.
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- Orgues. II. Partie,
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- *44 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. III.
- CHAPITRE TROISIEME,
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- Conjlruciion des Claviers, des Abrégés , des Tirants, des Pilotes
- tournants ôG des Balanciers.
- Sections diviferont ce Chapitre. La première contiendra la conftruétion des Claviers à la main, 8c celui des Pédales. La fécondé celle des Abrégés ; 8c la troifieme celle des Tirants, des Pilotes tournants 8c des Balanciers.
- Section Première.
- Conjlruciion des Claviers à la main.
- £88. Les Claviers à la mainy font ceux qu’on touche avec les doigts ; ceux qu’on touche avec les pieds s’appellent Claviers de Pédales : quand on dit tout Amplement Clavier,. on entend toujours un Clavier à la main. Il le conftruit fur —les principes du Levier du fécond genre (2) , dont j’ai donné l’explication art. 9 * Planche 10 8c il , page 5. Il faut voir la fig. PL /, où l’on en remarquera les trois points eflentiels, A, F, P. Le point d’appui eft A ; le fardeau eft en F, 8c la _____ puiflànce eft en jP, Pour faire l’application de ces trois points , voyez la fig. r Planche de la Pl. 41. Au premier Clavier 1 1, ou A A, on voit en h d le point d’appui:
- en F, le fardeau; & en 10, la puiflànce. La même application fe fera au fécond Clavier 2 2, ou E B ; le point d’appui eft g C: le fardeau eft u, 8c la puiflànce eft m n. Semblablement au troifieme Clavier 3 3 , ou D C, le point d’appui eft fb\ le fardeau eft^y, & la puiflànce eft qp. Enfin au quatrième Clavier, 4 4, ou jF E, le point d’appui eft e a ; le fardeau eft Z, & la puiflànce eft r s. On appelle fardeau toute efpece de réfiftance quelconque qu’il s’agit de vaincre. Ainfi au Clavier, le fardeau eft la Soupape, qui eft la réfiftance qu’il faut vaincre en l’ou-yrant. Le Reflort & le vent font les deux caufes de cette réfiftance. Plus on donne d’avantage au Levier, qui eft ici la touche du Clavier, moins la réfiftance eft difficile à vaincre. On appelle donner de Vavantage au Levier, approcher du point d’appui, le point du fardeau,qui eft ici le point de fufpenfion de la touche ; mais plus on approche le point du fardeau du point d’appui, moins le point du fardeau ou de fiilpenfion ou de tirage parcourt d’efpace. Ainfi l’on perd d’un côté ce qu’on gagne de l’autre. Le plus grand nombre des Faéleurs mettent le point de fufpenfion des Touches de maniéré qu’il n’y a que les deux cinquièmes de la longueur de la Touche fur le devant, 8c que les trois cinquièmes font for le derrière,d’autres le placent au quart for le devant, & laiflent les trois quarts for le derrière. Les premiers donnent plus d’avantage au Levier du Clavier que les féconds. Dans la première difpofition, on doit moins fentir la réfiftance lorfqu’on touche.
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- Secl. L Conflruclion des Claviers à la main , SCc. 245
- Je fiippofe que la Touche baiflé de 5 lignes: dans le premier cas, le point de fiifpenfion parcourt 3 lignes d’efpace; il s’enfuit que la Soupape ouvre d’autant, les fers d’Abrégé étant fuppofés égaux. Dans le fécond cas, la Touche & la Soupape baillent de 3 lignes trois quarts. Il eft évident que dans ces maniérés de placer le point de fufpenfion, foit aux deux cinquièmes, foit aux trois quarts, on a l’avantage de faire ouvrir confidérabiement les Soupapes ; mais le Clavier n en eft pas fi doux à toucher. La double réliftance & des reflorts & du vent eft plus fenfible, fur-tout dans le fécond cas où l’on eft fùjet à un autre inconvénient,qui eft qu’on eft obligé de faire les tiges des Touches extrêmement longues : en voici la preuve. On ne peut pas donner moins de 6 pouces 10 lignes du bord antérieur des Touches du fécond Clavier (lorfqu’ii y en a quatre) au point de fufpenfion. Si l’on quadruple (dans le fécond cas) ces 6 pouces xo lignes, le produit féra 27 pouces 4 lignes ; ce fera la longueur de la Touche. Le Clavier du Pofitif fera encore plus long: il aura 31 pouces 8 lignes; mais s’ily a cinq Claviers, les Touches féront bien plus longues. Il faudra néceflairement donner du bord antérieur des Touches du fécond Clavier au point de fufpenfion, 9 pouces 9 lignes; ce qui étant multiplié par 4, le produit fera 39 pouces. Or, cette longueur exceffive des Touches les rend néceflairement bien pelantes , ce qui fait que le Clavier ne fàuroit avoir la promptitude & la vivacité qu’on en exige. Il eft d’ailleurs extrêmement rare que des Touches fi longues fe confervent bien droites; & pour peu qu’elles viennent à fe déjetter, elles font fujettes à s’arrêter fréquemment fous les doigts de l’Organifte. Enfin des Touches fi longues font plus flexibles, Sc c’eft encore un grand défaut.
- 689. Je ne prétends point blâmer ceux qui donnent au point de fufpenfion les deux cinquièmes au-devant des Touches,& les trois cinquièmes fur le derrière. Il eft des cas où cette méthode eft bien entendue. Elle n’oblige pas à faire les Touches exceflivement longues.Lorfqueles Soupapes font petites, on peut l’employer utilement. Mais celle qui me paroît préférable eft de mettre le point de fufpenfion au milieu de la longueur des Touches. On les fait alors les plus courtes qu’il eft poflîble. Par-là elles font plus inflexibles, plus légères & ne rifquent pas tant de fe tourmenter; laréfiftance, fùr-tout celle du vent, qui^end le Clavier le plus défagréable à toucher, eft bien moins fenfible. Le feul inconvénient qu’il y ait, eft que la Soupape ouvre un peu moins ; mais cette perte, à laquelle on peut fuppléer d’ailleurs, foit par la longueur des Soupapes, foit en faifànt le fer d’Abrégé qui fufpend la Touche, un peu plus court que celui auquel la vergette de la Soupape eft accrochée, eft bien compenfée par les autres avantages. J’ai fuivi cette méthode dans les defléins des profils des Claviers que j’ai donnés aux Pl. 41 & 42. Je dois avertir qu’il y a une faute dans la Pl. 41, fig. 2. La traverfe de derrière du fécond Clavier doit être reculée en arriéré d’environ 3 lignes, ce qui en grand viendra à 6 lignes. Comme j’ai expliqué aflêz au long le méchanifme des Claviers, art. 339 & fuiv. page 104 &fuiv. je ne parierai que de leur conftruétion.
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- 246 FACTEUR D'ORGUES, Il Partie. Chap. III.
- 690. Si l’on veut que des Claviers aillent bien, il faut les travailler avec un© grande juftefle, Le bois le plus propre pour les chaflis eft le Noyer , lorfqu’il eft bien fec 8c de fil droit. C’eft celui qui fe coupe le plus net 8c le plus jufte. Le meilleur bois pour les Touches eft le Chêne. Il faut le choifir avec le même foin que celui des Soupapes (j8y page 196). On le prendra dans des planches qui fe trouvent le plus approchant de l’épaifteur convenable. Il n eft pas bon d’en refendre le bois dans de greffes pièces ; on n’en feroit pas fi affûré. Il faut qu’il foie doux à travailler ; qu’il ne foit point gras ni fpongieux ; il doit être de fil droit. Le tnerrain, lorfqu’il n’eft point gras ni fpongieux, y eft très-propre.
- 69r. Pour faire les Claviers, on peut en prendre toutes les mefures fur les PL 41 & 42. Si l’on ne veut en faire qu’un feul, on en prendra les dimenfions fur le fécond, jîg. 1, P/. qr. Si l’on veut en faire deux, on en prendra les mefures fur le fécond & le troifieme. Si on veut en faire trois,on prendra les fécond, troifieme 8C quatrième. Si on veut faire un feul Clavier qui foule, on prendra le premier. Dans quelque cas que ce foit, on pourra les compofer fur ceux que j’ai repréfentés , en doublant toutes les dimenfions, c’eft-à-dire, chaque longueur, chaque largeur* chaque épaiffeur & la grandeur de chaque affemblage. Il faut toujours fe fouvenir qu’il ne faut pas qu’aucun affemblage foit forcé. On travaillera fi jufte que tout s’aflemble à coups de main. On collera tous les afïemblages fans fergent, ni preUe* ni étreignoir. On ne fe trouveroit jamais jufte fi l’on faifoit autrement,
- * 69 2. Avant de commencer les Claviers , il faut faire ce qu’on appelle la Réglé
- du Clavier, de la maniéré fui vante : On aura une réglé de bois bien uni, comme de Noyer ou de Poirier, 8cc. de 30 lignes de largeur, de 3 lignes d’épaiffeur , de 26 pouces de longueur , 8c bien dreffée. On tirera à 16 lignes d’un bord la ligne H P avec un trufquin à pointe fine. Voyez la fig. 1 de la Pi. 58, qui re-Planche Préfente cette Réglé à demi-grandeur. On prendra le long de cette ligne la lonn gueur de 2y pouces 2 lignes, 8c on marquera deux points H8c P à cette diftance, un à chaque bout. On divifera l’efpace du point H à l’autre point P, en 30 efpaces égaux, qui feront les trente Touches qui compofent les quatre oétaves du Clavier, plus une Touche. Pour faire aifément cette divifion, on divifera premièrement, cet efpace HP en deux parties égales. Secondement on divifera en trois chaque moitié; & enfin on divifera en cinq parties égales chaque tiers de chaque moitié, 8ç on aura la divifion faite en trente efpaces égaux. Sur les points Z, R9 M9Oy U,Y, Z 9 X 9 J 9 Q on tirera des perpendiculaires de toute la largeur de la réglé. Sur tous les autres points,on en tirera d’autres qui fe termineront fur la ligne H P,
- Pour avoir les feintes, on divifera la largeur d’une touche a h en 8 parties égales,defquelles on en prendra cinq,que l’on portera de a en l; 8c on marquer^ le point b. On prendra cette ouverture de compas a b, que l’on portera de c en e% Scï on marquera le point e. On divifera en trois efpaces égaux, la diftance de c à b, &r on marquera les points d 8c i. On fera précifément les mêmes opérations fur les efpaces MO 9U Y, Z X. Par4à on aura les Cz 8c tous les E^.
- Pouç
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- Secl. I. Conftruclïon. des Claviers; en faire la Réglé, <5Ce. ^47
- Pour avoir les autres feintes, on divifera encore la largeur d une Touche y M en 5 parties égales, defquelles on en prendra trois, que Ton portera de m à o, 8c on marquera le point 0. On prendra cette ouverture de compas m o, qu'on portera de c à g, & on marquera lé point g. On divifera en y efpaces égaux la diftance de 0 à g, & on marquera les quatre points nprl. On fera les mêmes opérations fur les diftances de O à Z7, de Y à Z > de X à /. On aura alors tous les Fx , , & tous les 2? K A l'égard du dernier C», on le mettra au milieu
- entre le dernier C & le dernier D de la largeur des autres Cm. Enfùite ayant coupé bien proprement & quarrément les deux bouts furperflus de la Réglé fiir les première & derniere perpendiculaires, onfuivratous les traits avec une plume & de l'encre, & l'on y écrira le nom de chaque Touche Sc de chaque feinte, comme l'on voit fur la figure, & la Réglé du Clavier fera finie.
- 693. On tracera, au moyen de la longueur de la Réglé du Clavier les arra-fements des tenons des traverfès du derrière du Chafîls. On y fera les rainures avec un bouvet, toujours à petit fer & avec attention, afin qu elles foient bien nettes. On fera toutes les mortaifes & les tenons avec précifion, fans amaigrir le dedans des aflemblages pour faire mieux joindre le dehors, comme font les mauvais ouvriers. On fera juftes les mortaifes dans lefqueiles entrent les tenons qui lient les Claviers enfemble; mais celles qui doivent laiflèr mouvoir certains Claviers d'avant en arriéré feroht tant foit peu plus larges, fans pourtant que le tenon y ballotte, afin de faire avancer & reculer les Claviers fans effort. On fera fi bien attention à ce que toutes les pièces des Chaffis foient bien dégauchies, bien dre£ fées, bien à l'équerre, & les affemblages bien quarrés, que les Chaffis étant montés enfemble les uns fur les autres, ils joignent parfaitement, & foient bien affleurés par les côtés en dedans & en dehors.
- 694. Pour faire les Touches,on conftruira un panneau A B CD^fig. 2, PL y 8, qui eft repréfenté géométralement & à demi-grandeur : il fera compofé de plu-fieurs planches de 6 lignes & demie d'épaiflèur. On les collera l'une contre l'autre à plat-joint, faifànt enforte que les joints fe rencontrent fur quelqu'une des lignes perpendiculaires de la Réglé du Clavier, laquelle on y préfèntera à cet effet. La largeur CB de ce panneau doit être précifément de toute la longueur de la Réglé. Sa Jongueur A B doit être du fond de la rainure de la traverfè de derrière du chaffis jufqu'à affleurer exactement le devant des bras du Chaffis. On fera chauffer les joints, on y mettra de la colle bien chaude, & on prellèra le tout dans des étreignoirs. La colle étant bien feche, on dreflëra exaélement le panneau ; on le rendra bien uni & dégauchi. On fera tout le long du bout A D Sc en deflous une feuillure dont on voit la forme en c ,fig. 3 , PL 43. Pour la faire comme il faut, on préfentera plufieurs fois le panneau dans là place. Il faut quil puifle faire le même mouvement que les Touches, c eft-à-dire, hauflèr Sc bailler, & que cependant cette efpece de languette, qui doit être exaélement égale d'un bout à 1 autre, aille jufte dans fa rainure fans ballotter le moins du monde; c eft à quoi il Orgues. Part. Rrr
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- *48 FACTEUR D'ORGUES , IL Partie, Chap. III.
- faut faire une grande attention. Il faut enfin, que le panneau entre librement entre les deux bras de fon Chaflis ; mais non pas encore ayec tout le jeu qu’il doit avoir.
- Le panneau étant ainfi ajufté & bien drefle , on y tracera le Clavier de la maniéré fuivante. On tracera avec une pointe, à 16 lignes du bord antérieur B C, la ligne parallèle HP, fi g. 2. A deux lignes de celle-ci on tracera une autre parallèle tu. A quatre pouces ou environ du bord antérieur , on en tracera une autre s x. A deux ou trois lignes de celle-ci, on tracera celle q k. Au milieu de la longueur des Touches , ou pour mieux dire, à l’endroit où Ton a réfolu de placer le point de fiifpenfion , on tracera la ligne y £. A l’endroit où, 'félon le profil des Claviers, PL 41, il faudra placer les mortaifes dans les Touches pour faire palier les demoifelles du Clavier inférieur, s’il y en a , on tirera deux lignes que je fuppofe devoir être en fl ôc g h , félon la longueur quil faudra donner aux- mortaifes,
- 696. La ligne HP, termine la longueur des palettes des Touches^ Cette longueur varie félon la place ou le rang que le Clavier doit tenir. Lorfqu’il y a cinq Claviers, on fait les palettes du premier de 16 lignes ; celles du fécond de 15 lignes ; celles du troifieme de 14 lignes ; celles du quatrième de 13 lignes , & celles du cinquième dé 12 lignes. On fait ainfi cette longueur en diminuant , premièrement pour ne pas trop reculer les Claviers fiipérieurs, ce qui feroit incommode ; fecondement pour ne pas trop reculer les points de fùfpem* lion du fécond Clavier, dont les demoifelles doivent néceflàirement palier derrière le bout des feintes du dernier Clavier, pour quoiilfaudroit faire les Touches plus longues.
- 6<) 7. La ligne tu, qui eft à deux lignes environ (lorfqu’on travaille en grand J de celle HP, fert à marquer les mortaifes qu’il faut faire pour féparer les bouts des feintes des autres Touches. Ces mortaifes qui font fort petites au-deffiis du panneau, doivent être beaucoup plus longues en dellous. Voyez la fig. 3 de la Pl. 59. AB eft une Touche à demi-grandeur naturelle, d h eft le deflus dé la petite mortaife dont nous parlons ; f g eft fon deflbus.
- 6p8. La longueur du placage va du bord antérieur B C, jufqu’à la ligne s 'xi Quelquefois il ne va pas fi loin , quelquefois davantage , félon que le Clavier eft plus ou itloins découvert. La ligne q k, défigne la rangée des trous qu’il faut faire pour les guides , qui doivent répondre au-deftus de la traverfe antérieure du Chaflis dü Clavier. Ces guides doivent toujours fe mettre auflî en devant qu’il éft poftible. La ligné y £ , marque la rangée des pitons fervant à accrocher le titagë du les demoifelles. Les lignes/7& g h, défignent la longueur desmor-v taifes qüi fervent de paflâge au tirage du Clavier inférieur, s’il y en a. Ces mortaifes doivent être d’environ trois lignes de longueur, fi le Clavier inférieur doit être immobile : s’il doit être mobile, ces mortaifes doivent être de toute la lorigüëùr de la courfe que le Clavier inférieur doit faire , & même un peu plus longues , afin que le tirage ou les demoifelles n’y frottent point ^ foit que le
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- $ecï. 1. Conjlruclion des Claviers ; les plaquer 9SCc. M9 Clavier inférieur foit tiré en avant ou pouffé en arriéré. Du refte , ces mortaifes n auront quune bonne ligne de largeur.
- 6pp. Tout étant tracé, comme je viens de l’expliquer, on mettra le panneau dans la place ; c’eft-à-dire, dans Ion Chaflîs 3c dans là rainure. On l’arrêtera par un ou deux valets. On fera d’abord les trous des goupilles , perçant en-femble & entièrement la traverfe du Chaflîs & le panneau, le long de la ligne A D , qu’on aura tracée fur la traverfe. A mefure qu’on percera on mettra les goupilles , qui feront en fil de laiton écroui, plutôt qu’en fil de fer. Voyez une de ces goupilles dans fadimenfion naturelle,/^. 6, PL 43. On fera enfuite les trous far laiigne qk> (fig. 2. PL 58.) pour les guides un peu plus gros que ceux des goupilles : mais on ne percera point la traverfe qui le trouve au deflous, il ne faut qu’y marquer les trous. A cet effet, on garnira la meche ou pointe d’un morceau de bois, afin qu’elle n’enfonce pas plus qu’il ne faut. On fe fert plus ordinairement d’une pointe d’acier pour faire de petits trous, que d’une meche de villebrequin, attendu qu’il n’eft pas toujours aifé de trouver de ces meches allez petites. Cette pointe confifte en un morceau d’acier quarré de 2 ou 3 pouces de iongueurqu’on termine en tranchant arrondi & plat par le bout. On la fait rougir au feu, & on la jette dans l’eau froide. Enfuite on la blanchit avec une pierre-ponce & de l’eau , 3c après l’avpir effuyée avec un linge , on la met fur des charbons ardents jufqu’à ce quelle foit devenue bleue. O11 la retire à i’inftant, & on la laiffe refroidir. Si l’on doit l’emmancher à un villebrequin de bois, on aura la précaution de la faire platte & large au bout inférieur pour la faire tenir dans la boîte du villebrequin. Si r on doit l’emmancher dans un villebrequin de fer, on fera fon bout inférieur quarré & affez gros pour remplir le trou quarré de la tête du villebrequin. Il faut une pointe emmanchée avec un manche ordinaire pour faire des trous à la main dans l’occafion. Du refte, il convient d’avoir plufieurs de ces pointes , parce quil arrive quelquefois qu’elles caffent. Il y en a qui achètent des aiguilles de Bourrelier. Pour les emmancher, on fait un trou dans un morceau de bois, on le remplit d’étain fondu , & on y enfonce promptement le bout troué de l’aiguille. On râpe cet étain quarrément jufqu’à ce qu’il entre jufte & bien droit dans le trou quarré de la tête du villebrequin. Ces aiguilles font affez propres à faire des trous dans les cas où le bois ne rifque pas de fendre. Revenons au panneau du Clavier. On l’ôtera enfuite de fà place, & on y fera les mortaifes comprifes entre les lignes H P 3c tu. Ces mortaifes n’auront pas plus de 2 lignes de profondeur en deflîis ; mais comme on doit les faire beaucoup plus longues en deflous, on aura lieu de les approfondir fuffifàmment pour les faire percer. On fera auflî les autres mortaifes pour les palîàges des tirages du Clavier inférieur'. On les travaillera deffus 8c deflous après avoir chantourné les traits.
- 700. Toutes ces opérations étant faites, on mettra le placage fur le deflîis du devant du panneau. Ce placage fe fait en os * ou en ébene noire, Le placage en
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- *50 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. III.
- os eft préférable pour les Claviers des Orgues ; parce que cette matière étant plus dure, elle réfifte plus long-temps. Les os fe tirent des jambes des bœufs. *On fciè ces os , & on en fait des lames de la largeur des Touches. On les vend à Paris toutes faites à trois fols la piece ; mais dans les Provinces, fi Ton n a pas la commodité de les faire venir de Paris , on eft obligé de les faire foi-même ; on les ébauchera à la foie & avec la râpe. Avant de les finir, on les blanchira de la maniéré lui vante. »
- 701. On mettra dans un poêlon , un morceau gros comme le poing de chaux vive, que Ton difloudra avec un peu d eau. La chaux étant éteinte & réduite en pâte, on y jettera à peu près deux pintes ou trois ou quatre livres d'eau. On y ajoutera un peu d'alun broyé. Tout cela étant bien mêlé , on y jettera les os. On mettra le poêlon fer le feu, & lorfqu’il aura bouilli tout au plus deux ou trois minutes, on ôtera le poêlon du feu. L'eau ayant perdu un peu de fà grande chaleur, on ôtera doucement toute l’écume. On laiflèra refroidir entièrement le tout, & on ôtera les os , qu’on lavera avec l’eau fraîche. On les laiflèra fécher bien doucement à l’air qui ne foit pas chaud. Si on les faifoit fécher trop vîte y ou au foleil, ils fendroient. Il faut remarquer que fi l'on faifoit bouillir les os plus long-temps que je n ai dit ci-defliis, ils fe brûleroient ou fe calcineroient,
- & on gâteroit tout,
- 702. Lorfque les os feront bien focs, on finira de les travailler. On les drefo fora for une face avec un rabot à fer droit & dentelé. On les mettra de la largeur jufte comme les Touches. On les quarrera aux deux bouts. Enfoite on les enfoncera dans un moule de bois où on les rabottera, d’abord avec le rabot à dents, & on les finira avec un rabot à fer droit non dentelé. Ce creux dans lequel on met ces lames d'os, eft propre à les tirer d'une épaifleur égale & unifor- • me. Ce qui étant fait, on les collera l’une après l’autre à leur place fur le panneau du Clavier, en mettant la colle du côté où l’on a palfé le fer dentelé. Enfuite on les couvrira de papier, & par-deflus d’un linge doublé. Au-deflus du linge, on mettra une forte barre ou foliveau qui aura en quarré toute la longueur des lames d’os. On le preffera au moyen de deux ou trois valets. La colle étant parfaitement feche, on rabottera ces os avec un rabot à fer droit ou avec un rabot ordinaire dont le fer fora tourné, & on les unira avec foin. Enfuite , au moyen de la Réglé du Clavier, on tracera par-deflus ces os tous les traits & toutes les lignes qu’ils ont recouverts fur le panneau.- On tracera encore quelques autres lignes tout le long, les unes grofles, les autres fines, pour repréfonter des moulures chacun félon fon goût, à peu près comme l’on voit dans la fig. 1. VL 40. On fera par-deflus les os les petites mortaifos deftinées à féparer les bouts des feintes d’avec les Touches. Il ne s’agit pour cela que de traverfor les os pour rencontrer les mortaifos déjà faites dans le panneau. Si l’on fait le placage en ébene , on la fciera par feuilles de la largeur que ce bois fo trouvera ; & après les avoir rabottées avec le rabot dont le fer fora droit & dentelé 7 on les dreflera for
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- Se cl. 1. Confiruçlion des Claviers ; faire les talons , ôCc. 251
- le champ de chaque côté, afin que chaque feuille joigne bien lune contre l’au-tre, fans s’embarraffer où fe trouveront les joints ; on les collera Tune contre l’autre, en mettant également de la colle deflus & deflous, pour empêcher qu elles ne s’envoilent ; on couvrira le tout d’un ou de deux papiers, & on fera le refte comme je l’ai dit du placage en os.
- 703. Il y a plufieurs Faéteurs qui, avant de fcier le Clavier , collent les talons ou au-deflùs du panneau ou au-deflous, félon que ces talons doivent être deflus ou delïous le Clavier. A cet effet, après avoir tracé deux lignes en travers du panneau d’un bout à l’autre, diftantes entr’elles de toute la longueur des talons, ils collent entre ces deux lignes une tringle à laquelle ils donnent la forme des talons. Ils collent enfuite une bande de peau qui recouvre entièrement cette tringle ; de forte que le Clavier étant fcié, les talons fe trouvent tout faits & collés à leur place , recouverts d’une peau comme ils doivent l’être.
- Il y a un défaut dans cette pratique , en ce que le fil du bois des talons croife celui des touches, ce qui dans la fuite peut les faire décoller. Pour remédier | ce défaut, au lieu de faire une tringle à bois de fil, il faut la faire à bois de travers ou de bout ; on peut la faire de plufieurs pièces. Lorfqu’on l’a collée, on peut achever de lui donner la véritable forme des talons avec le guillaume, de y coller enfuite la bande de peau. On doit mettre la colle du côté velu. On prendra la mefiire pour la place, la forme & la grandeur des talons, fur le profil des Claviers, par exemple, fur ceux de la Planche 41 ou 42.
- 704. U faut obferver que les talons inférieurs ne doivent pas toucher les talons fupérieurs ; il convient qu’il y ait un efpace dîenyiron une demi-ligne entre deux, comme on peut le remarquer à ceux qui font repréfèntés PL 41, fig. I & % , où l’on voit ce petit efpace qui eft la moitié de ce qu’il doit être en grand. La raifon de ce petit efpace , eft que par-là la Soupape relative au Clavier fupérieur s’ouvrant un inftant imperceptible avant celle que le Clavier inférieur fait ouvrir (les Claviers étant enfemble), il n’y a pas deux réfiftancesde vent à vaincre enfemble ; par eonféquent le Clavier eft plus doux à bailler que fi les talons fe touchoient ; car alors ce feroient deux forces réunies qu’il faudroit fur-monter. Une autre raifon eft que les touches d’un Clavier ne fe foutenant pas toujours bien égales de hauteur, lorlque quelqu’une baifleroit un peu, elle porteroit fur la touche inférieure ; ce qui cauferoit un cornement. Du refte, foit que l’on colle tous les talons à la fois, foit qu’on les colle l’un après l’autre ; on doit obferver de ne pas les pofer à rebours , comme font beaucoup d’ouvriers, qui les mettent de maniéré qu’ils peuvent s’accrocher l’un devant l’autre, lorf que quelque touche fiipérieure eft baiffée, & que les Claviers font féparés ; car alors il arrive que quand on met les deux Claviers enfemble , un talon accrochant l’autre , il faut néceflairement que l’un ou l’autre fe décolle & tombe entièrement. On aura donc foin de les pofer dans le fèns que l’on voit dans les figures de la Pi. 41 ; & que l’inférieur & le fupérieur aient la même hauteur, Orgues. IL Part. Sff
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- afin que le peu de mouvement circulaire que fait la toudie en baillant y foit moins fènfible.
- 70y. On fciera le Clavier avec une fcie à tenon à dents fines, bien ajuftée , qui ait fuffifàmment de palîàge, 8c qui ne déchire pas le bois. Du refte, il ne faut = pas qu'elle foit'plus mince quà l'ordinaire , afin qu'il y ait un petit efpace raifon-nable entre les touches. On fera une finguliere attention à fcier bien à-plomb 8c bien quarrément. On fera premièrement paffer la fcie fur les lignes 2, 3; 4, y ; (J, 7; 8,9; 10, il ; 12, 13; 14, iy & 16, 17 ; par cette première opération on fep arera le panneau en neuf pièces. Secondement, on fera palier la fcie fur les lignes 18, 19,20, 2r, 22, 23 , 24, 2y , 26,*27, 28,29,30, 31,32, 33 , 34 , 3y , 3<5, 37 & 38, en arrêtant fur la ligne H P. Troisièmement, on fciera les feintes en les prenant par le bout où eft la feuillure. On fera palier la fcie au milieu des traits, 8c quand on fera arrivé au commencement du placage ou à la ligne s x, on détournera un peu la fcie du côté de la feinte, pour laif f fer entier le trait marqué fur le placage du côté de la Touche qui porte la palette. Il faut, comme je l'ai dit, une grande attention pour fcier comme il faut un Clavier ; afin que les Touches fe trouvent à l'équerre en tout fens, 8c que la fcie pâlie toujours au milieu des traits , excepté, je le répété encore , vers le bout antérieur des feintes, dans le terrein defquelles on fera entrer la fcie pour laiffer franc le trait des Touches marqué fur le placage.
- 706. Le Clavier étant tout fcié, on palïera un petit rabot le long des côtés des tiges, des touches 8c des feintes, pour emporter la plus grande partie des veftiges de la fcie. On recalera , fur-tout bien proprement les côtés des bouts des touches , pour qu'ils foient coupés bien net & à l'équerre , auffi bien que les côtés du placage qui regardent les feintes. On retouchera aux bouts antérieurs des feintes, comme en gd 9 fig. 3. PL yp , dont on arrachera le morceau du placage qui y tient. On retouchera de même derrière les palettes, comme en fd, afin que le tout foit coupé proprement 8c uniformément.
- 707. On fichera les guides fur la traverfe antérieure du Chaflîs, après y avoir fait les trous avec une pointe ou une alêne droite de cordonnier, fur les marques qu’aura faites la meche, comme iJ a été dit art. 699, page 249; mais il faut que ces trous foient un peu plus petits 8c un peu moins profonds.qu'il ne faut, afin que les guides tiennent bien. C'efl: une précaution nécefïàire de faire ces trous, pour que la traverfe ne fe fende point. Autre précaution, les pointes inférieures des guides feront mieux étant quarrées que rondes ; elles rifqueront moins de fendre la traverfe. On fe fervira de l'outil, fig. y , PL y 6, pour les enfoncer droit & uniformément. On voit un de ces guides dans fà grandeur naturelle, fig. 7. PL 43 ; ils iront mieux en fil de laiton fortement écroui quen fil de fer. Celui-ci fe rouille bientôt, ce qui lime peu à peu les touches & défi-ajufte le Clavier ; d'ailleurs le frottement de la touche contre le guide feroit
- plus rude fi on le faifoit en fer.
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- Sect. L Conjîr. des Clav. fcier les Touches ; tes ajujler. 153
- 708. On remettra chaque touche à fa place, & à mefure quon les pofèra, on les rendra libres ; à cet effet, on retouchera, avec une lime à dos rond ou avec une queue de rat un peu plus grofîè que les guides , aux entailles ou échancrures que les trous des guides qu’ on a faits, ( 699 , page 249 ) ont formées aux côtés des touches. On limera cette échancrure d’une façon convenable juf* quà ce que la touche joue bien librement avec tant foit peu de ballotement. On fera attention enajuftant ainfi les Touches, qu elles fe trouvent toutes à égale dif tance entr’elles ; c’eft pourquoi on ne finira point d’ajufter une Touche dans fà place, qu’on-ne préfente la luivante pour voir de quel côté il faut gagner. On appliquera auffi fouvent la Réglé du Clavier , afin d’en fuivre exaétement les divifions. Sans cette précaution, on rifqueroit de s’écarter un peu à droite ou à gauche; il s’enfuivroit que les autres Claviers ne fe rencontreraient pas exactement enfemble ; on en comprendra bientôt l’inconvénient.
- 70p. Il eft effentiel que les Touches foient parfaitement libres entre leurs guides , tant dans leur partie inférieure que dans la fùpérieure du guide. Je veux dite, que lorfque la Touche eft relevée, elle ne doit avoir ni plus ni moins de jeu entre fes guides, que lorfqu’elle porte à fond fur fà traverfe antérieure. Elle doit avoir un très-petit ballottement, qui doit être égal, foit qu’elle foit bafîè ou haute, 8c cependant il faut qu'elle ne puifîè pas toucher fà voîfîne. Lorfque les Touches font relevées , leur diftance éntr elles doit ête toujours égale & fuivre la divifion de la Réglé. U faut qu elles puiffent fe relever d’environ 2 ou 3 lignes plus qu'il n’eft nécefîàire fans aucune gêne. On fera attention que les guides touchent ou frottent également dans toute l’épaiffeur de la Touche. Il ne doit pas y en avoir une feule qui puiffe tant foit peu tourner entre les doigts ; mais toutes doivent être bien juftes dans leur rainure fins aucun ballottement, & cependant bien libres , leurs goupilles étant dans leur place. Tous ces foins font font eflèntiels. Si l’on en néglige un feul, le Clavier jouera mal.
- 710. Les Touches étant bien ajuftées , on fera les chanfreins aux deux côtés de chaque palette. Ce chanfrein efl néceilâire pour que les doigts de l’Orga-nifte ne s’accrochent point aux vives arêtes des Touches, & qu’ils gliflènt mieux dans les grandes volubilités. Il y en a qui aiment mieux arrondir ces bords des Touches. Chacun fiiivra Ion goût ; mais il faut le faire toujours bien proprement & uniformément. Si l’on vouloit que le bout antérieur des Touches fût plaqué, il faudrait le faire avant de les fcier, & lorfque le panneau eft entier & non ajufté dans fà rainure. Il en eft encore qui plaquent la partie vifible & découverte des bras des Chaffis, tout cela doit fe faire avant d’ajufter les panneaux. Je ne parle point de bien des filets d’ivoire ou d’os, dont on orne quelquefois les Claviers, parce que ce n’eft guere l’ufage pour ceux des grandes Orgues.
- 711* On ôtera toutes les Touches de leur place. On achèvera de bien nettoyer les mortaifès au travers cefquelles les demoifelles doivent pafler. On fichera dans leurs trous tous les pitons du tirage qu’on rivera en deflous. Ils doi-
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- 254 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. III.
- vent être femblables à ceux des Soupapes. Ces pitons doivent être faits en fil de laiton un peu fort & non recuit, tel qu’on 1’ acheté communément chez les Marchands. On les difpofera tous, en forte quils fo regardent & qu’une même broche pût les enfiler tous en travers du Clavier, s’il étoit néceflaire. On polira le , placage des Touches , s’il eft en os , en le frottant avec de la prêle & de l’eau , jufqu à ce qu’il n’y paroiffe aucun trait du rabot ni du gratoir. Enfoite, avec un bouchon de linge ou de chapeau fin, on frottera, en y mettant du tripoli en poudre très-fine & de l’eau. S’il faut polir de l’ébene, on le prêtera d’abofd avec de l’eau , & on finira avec le tripoli & de l’huile. , '
- 712. Il refte à faire les feintes. On en voit une repréfentée en perfpeélive, fi g, 2. PL 40 , & plufieurs autres dans leur place , fig. 1. (dans laquelle il faut remarquer en paflant, qu’on y a repréfonté trop grande une partie de Clavier. ) Si le Clavier eft plaqué en os, on fera les Feintes en bois d’ébene noire. S’il eft plaqué d’ébene , les Feintes feront en os. Il faut remarquer qu’il feroit bien plus facile de faire les Feintes & même de plaquer les Claviers en ivoire qu’en os. Je crois qu’il en coûteroit moins, & qu’il feroit plus aifé de trouver de l’ivoire, que des os de la groffeur & de l’épaiffeur qu’il le faut ; il feroit plus facile à travailler, & même d’abord plus propre ; mais il devient avec le temps d’une couleur jaunâtre fort défegréable. Les os confervent beaucoup mieux leur blancheur, & font bien plus durs que l’ivoire ; par conféquent ils doivent être d’un plus long ufàge. Les Feintes doivent être plus longues aux premiers Claviers qu’aux derniers. On leur donne quelquefois jufqu’à 3 pouces de longueur, lorfqu’il n y a qu’un Clavier ; mais cela feroit impratiquable pour les Orgues, lorfqu’il y a plufieurs Claviers.
- . 713. Au premier Clavier, les Feintes pourront avoir 2 pouces de longueur ; au fécond, 1 pouce 9 lignes ; au troifieme, 1 pouce & demi ; au quatrième, 1 pouce 3 lignes, & au cinquième, 1 pouce. On les fera de 6 lignes de hauteur dans les Baffes pour les premier <Sc fécond Claviers , s’il n y en a que quatre. S’il y a cinq Claviers, on les fera de la même hauteur pour le troifieme. Mais pour le Récit & l’Echo , auffi bien que pour les Deflùs des autres Claviers, on ne leur donnera que cinq lignes de hauteur. En un mot, il faut que lorfqu’on baiffe une Feinte, le doigt ne puifle pas toucher les Touches plaquées ; par conféquent, il eft néceffaire que les Feintes foient un peu plus hautes que l’abbaiffement des Touches. Du refte, on fera ces Feintes bien uniformes ; un peu plus baffes for le derrière que fur le devant ; taillées bien régulièrement & bien dreffées. On -émouffera, prefqueinfenfiblement, les vives arêtes, & on les polira de la même maniéré que le placage. Pour les mettre en leur place, on montera le Clavier , c’eft-à-dire, qu’on mettra toutes les Touches chacune en leur place. On les arrêtera avec les goupilles. On fera quelques traits en tout fens en deflous des Feintes pour leur faire mieux prendre la colle. On mettra de la colle en deflous aflez abondamment; on pofera la Feinte dans fa place, enforte quelle fafle un
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- Secl. I. Confir. des Clav. à la main ; y opérer de fuite, SCc. 255
- Vuide égal de chaque côté & fur le devant. Ce vuide doit être à peu près égal à celui qui fera entre les Touches. La colle étant bien feche, on démontera encore le Clavier pour ôter la colle fuperflue qui pourra fe trouver aux Feintes, 8c qui pourroit tenir aux Touches. Le Clavier étant fini, on y accrochera les demoifel-les, s’il doit y en avoir; & on collera une bande de lifiere de drap fur le bord antérieur de la traverfe qui porte les guides , afin d’empêcher par ce moyen que les Touches ne faflent du bruit.
- 714. Toutes les opérations que je viens de décrire pour conftruire un Clavier , ont lieu pour les autres. Quand ils feront finis, & à mefure qu’on les montera enfèmble , on fera pafter les demoifelles dans les Touches fupérieures cor-relpondantes. Il faut que le tout foit fi bien exécuté, & les Claviers fi égaux pour la divifion des Touches , que les demoifelles ne touchent abfolument à rien dans les mortaifes par où elles paffent lorlque leurs Touches feront fùfpendues par l’Abrégé 8c les Soupapes , loit que quelque Clavier foit reculé ou avancé. Il faut que les Claviers mobiles foient fi bien ajuftés par leurs mortaifes & par leurs tenons qui déterminent leur mouvement horifontal, qu’en les pouffant ou les retirant par un feul de leurs bras , ils reculent ou reviennent en avant comme fi on les repoufioit ou retiroit par leurs deux bras enfemble ; & que cependant ils ne foient pas allez faciles dans ce mouvement pour reculer d’eux-mêmes quand on Touche l’Orgue. Il y a des Faéteurs qui ont la coutume d’arrêter les Claviers mobiles par deux verroux ou quelqu’autre ferrure, lorfqu’ils font retirés en avant, afin qu’ils ne puifîènt point reculer quand on touche. Il efl; certain que par ce moyen ils font très-fixes. Mais il efl: encore mieux de les ajufter fi bien qu’on n’ait pas befoin de ce fecours. Pour éviter d’y avoir recours, il fera toujours mieux de rendre mobile le Clavier du Pofitif que le fécond. Celui-ci dans ce cas, refte immobile, & celui du Pofitif portant le fardeau des autres , n efl: jamais fujet à s’en retourner lorfqu’on l’a tiré en avant 8c que l’on touche.
- 713*. Je dois avertir que dans la conftruétion d’un Clavier, on tomberoit dans des inconvénients confidérables, fi l’on différoit de pourfuivre le travail lorfqu’on en efl parvenu jufqu’à un certain point ; ce que je vais faire entendre. Lorfqu’on aura collé les différentes pièces qui compofent le panneau , on peut bien le laif fer là, & différer tant que l’on voudra à faire le refte. Mais lorfqu’on l’aura ajufté 8c tracé, il faut néceflàirement le percer , mortaifèr, plaquer 8c tracer fur le placage les petites mortaifes 8c les Touches, & cela tout de fuite. On peut différer de le fcier 8c de faire tout le refte pour le finir. La raifon de cela eft, que le panneau changeant de largeur continuellement, ne fe trouverait pas jufte avec la Réglé du Clavier. Si après l’avoir plaqué, on différoit un temps confi-dérable à tracer une fécondé fois les petites mortaifes & les Touches , il arriverait que quand on viendrait à faire cette opération au moyen de la Réglé du Clavier, ces petites mortaifes ne fe rencontreraient plus exactement avec celles qu’on auroit faites auparavant fur le panneau. Si l’on différoit à faire les trous Orgues. IL Pan. T 11
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- 25ig FACTEUR D%ORGUES, i/. Partie, Chap.IIL
- des guides pour les marquer fur la traverfe antérieure du Chaffis, le panneau ayant changé de largeur, ces trous feraient marqués un peu faux 8c les Touches ne fiiivraient pas exactement les divifions de la Réglé du Clavier. Il faut en dire de même fi l'on différait à faire les trous des goupilles. Il s'enfuivroit de tout cela que les Claviers n'étant point parfaitement égaux enfemble, les mortaifes par où pafîent les demoifelles , ne feraient pas bien vis-à-vis les unes des autres, & ne fe répondant point exactement, elles n’auroient jamais leur jeu libre. Les talons ne fe rencontreroient pas non plus exaélement. En un mot, on trouverait encore dans la pratique bien des embarras & des difficultés.
- Clavier des Pédales.
- yr6. Pour coriftruire ce Clavier, dont on peut revoir la defcription 9 art. 359 & fiiiv. page 110 & fuir, il faut d'abord en tracer la Réglé de la maniéré fui— vante. Sur une réglé de bois d'environ 2 pouces de largeur, de 3 ou 4 lignes d’épaifleur & de deux ou 3 pieds de longueur, PL yp,fig. 1 , qui eft à demi-grandeur naturelle ; on tracera avec un trufquin , la ligne hiy au milieu & tout le long de la réglé. A un bout, on tirera les deux perpendiculaires mn, & kl9 de toute la largeur de la Réglé, & diftantes l'une de l'autre de 1 y lignes. Ce fera l'épaiffeur d'un des deux côtés ou bras du Chaffis du Clavier. Après la perpendiculaire kl y on laifïera une ligne de diftance jufqu’à la première marche, que l'on marquera par les deux perpendiculaires 2,3 ; & 4, y ; diftantes entr'elles de 10 lignes. On voit dans le milieu de cette marche la place de la Touche C, de 4 lignes d'épaifleur. Ce C 9 fignifie C fol ut. Après cette marche, on laifîera une ligne de diftance, & on tracera deux autres perpendiculaires 6, 7 ; & 8, 9 ; diftantes entre elles de 10 lignes. Ce fera la fécondé marche C fol ut %, comme l'on voit dans la figure. Après cette fécondé marche, on laifîera une ligne d'intervalle, & on tracera la troifieme 10, 11; & 12, 13; de 10 lignes de largeur, au milieu de laquelle on marquera l'épaiiïèur de la Touche D la re. Après avoir laifîe une ligne d'intervalle, on tracera la quatrième marche E fi m&y marquée 14, 1 y; & 16,17. Après celle-ci, on marquera la cinquième marche E fi miy défignée par les perpendiculaires 18, rp ; &20, ai. De E fi mi cinquième marche à VF ut fa fuivant, fixieme marche, on laifîera un pouce d'intervalle, qui eft la place d’une marche avec une ligne de chaque côté. On omet cette marche, parce que de E fi mi à F ut fa, il n'y a qu’un demi-ton. Enfùite on continuera de tracer les fept marches fuivantes, comme les cinq premières. Ces fèpt marches font F ut fa; F ut fa%\ G re fil ; G re fol x ; Amila ; B fafi^ ; B fa fi. On laiffera encore un efpace d'un pouce , & on tracera les cinq marches fuivan-tes. On continuera ainfi jufqu’à ce qu’on ait l’étendue ou le nombre des marches qu’on veut donner au Clavier de Pédale. Enfin, on terminera la Réglé, comme on l’a commencée ; c’eft-à-dire, qu’on marquera à l’autre bout la même épaifîeur de i y lignes o p & r s, pour l’autre bras du Chaffis. La Réglé qui eft repréfentée
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- Seü. I. Conftruion du Clavier de Pédales. 257
- par la fig. 1, ne commence qu’à C fol uty & finit en A mi la ; ce qui comprend une Oétave & une Sixte , la place n’ayant pas permis de faire cette Réglé plus étendue. J’ai jugé plus commode de la repréfenter par la moitié de fes véritables di-menfions. U faut remarquer que la plupart des Faéleurs donnent 7 à 8 , ou 9 lignes d’épaifleur aux Touches du Clavier de Pédale. Je crois qu’il eft mieux de n en donner que 4 lignes ; parce que ce retranchement de 3 , ou 4 ou 5 lignes dans l’épaifleur de chaque Touche, raccourcit fort confidérablement ce Clavier, fins, pour ainfi dire, rapprocher davantage les Touches ; en quoi il fera plus commode.
- 717. La Réglé de ce Clavier étant finie, on choifira du bois de Chêne de fil droit & bien liant, dont on fera le nombre de marches qui doivent compofer le Clavier de Pédale. Elles auront 13 à 14 pouces de longueur, 6 lignes d’épaifleur , 8c 10 lignes de largeur. On pourra faire le Chaffis en bois de Noyer ou de Chêne. On en voit toutes les dimenfions à demi-grandeur, aufli bien que la forme, dans la fig. 1. PL 45. On le voit tout monté dans la Pl. 44.fig. 1. On collera tous les aflemblages ; 8c après avoir mis les guides de fil de laiton pour féparer & maintenir les marches , on arrêtera avec de la colle 8c des pointes la traverfe 6 S, fig. 1. Tl. 4J 9 vue par le bout, dont on remarque la place dans l’entaille S,fig. 1. Ces guides 6 <5, fig. 1. PL 45 , feront arrêtés par les deux bouts, l’inférieur dans la grande traverfe R, fig. 1. & le bout fii-périeur dans la petite traverfe 6 S. Les trous des guides aufli bien que ceux des pioches , qui retiennent les marches dans leur rainure, feront marqués au moyen de la Réglé du Clavier ; & on fera ces trous, les marches étant dans leur place, en forte qu’ils fe trouvent faits aux deux joues de la rainure & à la marche en même-temps. A cet effet, on arrêtera toutes les marches dans le Chaflis & la rainure, au moyen d’une barre mife par-deflus & en travers, aflujettie par un valet à chaque bout. Ces trous étant faits, on y mettra les pioches de fil de laiton dont on entaillera la tête ou le pli, pour les affleurer. On rendra toutes les marches bien libres , tant dans leur rainure qu’entre leurs guides ; ce qui fe fera au moyen d’une lime, ne les laiflànt ballot ex que le moins qu’il fera poflible.
- 718. Les reflorts doivent être beaucoup plus forts, au moins au double que ceux des Soupapes des Sommiers, 8c feront faits de fil de laiton bien écroui. Il faut obferver d’en mettre aux marches des feintes qui feient un peu plus forts qu’à celles des autres Touches, afin que la réfiftance fe faffe fentir également aux unes & aux autres, Tous ces reflorts enfemble font une force réunie confi-dérable, qui feroit fléchir en en-haut la petite traverfe 6 S, fig. 1. C’eft pour-» quoi l’on mettra une ou deux longues vis, ( dont la tête fera entaillée & affleurée ) , vers le milieu des traverfes des guides ; en forte que celle de deflus, qui eft la plus foible, foit foutenue par celle de deflous. Le tout étant bien ajufté, on doublera d’une lifiere de drapledeflùs de la traverfe inférieure & le deflous de la traverfe fupérieure, afin que les marches ne falfent point de bruit.
- Planche
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- Planches
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- 258 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie. Chap. III.
- 71p. Le meilleur bois pour faire la Table, eft le Noyer, parce quil fe coupe .. , plus net. Cependant le Chêne y fera bon. On y tracera au moyen de la Réglé
- Planche toutes les mortaifes, comme on le voit dans la fîg. 2. PL 5* *9, qui repré-
- $9* fente à demi-grandeur une Table de Clavier de Pédale , AB CD , avec toutes
- fes mefùres , mais pas plus étendue que la Réglé , faute de place. Il faut ob-fèrver que toutes ces mortaifes par où palferont les Touches, doivent être plus grandes en deflous de deux lignes au moins aux deux côtés & aux deux bouts qu’en deflus, de forte qu’elles feront confidérablement évafées en deflous, & le bois fera coupé en droiture en maniéré de chanfrein jufqu’à vive arête. Voyez la
- Planche %• IOt ^ ^on a repréfenté une coupe d’un morceau de cette Table
- 6o* MP N O. M P, eft le defliis de la Table, 8c N O, le deflous. On voit le def-
- fiis des mortaifes marquées a, b, c, & comment le deflous eft évafé en droiture jufqu’à vive arête. Ceci demande d’être exécuté avec précaution, afin que le bois foit coupé bien nettement, 8c qu’en deflus les vives arêtes foient bien confer-vées. La raifbn de la néceflîté de cet évafement eft, que n’y reftant plus aucune furface où la pouflîere & les autres ordures des fouliers qui fe dépofent fur le
- * Clavier de Pédale , puiflent s’engager, les Touches feront beaucoup moins fù-jettes à s’arrêter.
- 720. On arrêtera la Table au-deffus du Chaflis par quatre ou fix vis, félon que le Clavier aura de longueur. Enfuite on collera les Touches, qu’on fera en bois de Noyer , 8c qui entrent librement dans les mortaifes. Le trou des pioches fera le centre de la courbe qui leur donne la forme & la tournure. (PL 4^ .Jîg, I .J Planche Qn en voit une en I, & une feinte en I, toutes montées en leur place. On voit les mêmes féparément & en perfpeétive 18c L 9fig. j1 & 4, collées fur leurs marches. On voit encore fig. 6 , les mêmes Touches / & L , féparées de leur marche. On les tirera exactement d’épaifleur, & on les mettra bien à l’équerre fur leur champ , fur-tout en defloUs , qui eft leur aflîette. Pour les pofèr,1 on mettra de la colle en deflous, & on les mettra en leur place, obfèrvant avec grand foin qu’elles foient parfaitement droites & bien au milieu de l’ouverture ou mortaife. Quand la colle fera parfaitement feche, on ôtera la Table, on démontera toutes les marches, & on fichera deux pointes au-deflbus de chacune , en forte qu elles entrent fuffifamment dans les Touches. On remontera le tout comme auparavant, & on rendra toutes les Touches bien libres, en retouchant avec une lime, partie aux mortaifes & partie aux Touches félon le befoin. U faudra à cet effet, démonter & remonter plufieurs fois le Clavier, jufqu’à ce qu’il aille bien. On obfervera toujours qu’il ne faut pas que les Touches, ayent trop de jeu dans leurs mortaifes. On n’y en laiflera que le moins qu’il fera poflible. Je ne répété point ici ce que j’ai dit du Clavier de Pédale, aux art. 3 59 & fuiv. pag. 1 ro. Du refte, chaque Faéleur a là maniéré de conftruire ce Clavier. Celle que je viens de donner me paroît bonne ; je ne prétends point la préférer à d’autres. Chacun choifira celle qu’il trouvera la meilleure.
- Section
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- Se cl. II. ConJlruSion des Abrégés. àjp
- Section seconde.
- Conftruclion des Abrégés.
- 721. Je renvoie à ce que fai dit des Abrégés, art. 363 & fuivants, pag. r 12 ••••• ' - —
- * & fuivantes. J’en ai repréfenté un des plus fimples, Pl. 46 ,fig. 1, pour en faire ^L^CHE entendre la méchanique. En voici un, PL 60, fig. x , qui eft fort compofé & r==r:r= propre pour un très-grand Orgue. AB, CD, EF, GH, repréfentent les Planche quatre parties du grand Sommier divifé en quatre, ou plutôt les lignes AB ,CD,
- EF, GH y contiennent les points qui repréfentent les bouts inférieurs des ofiers. Us fortent de deflous les Layes du Sommier, & communiquent aux Soupapes. Les deux Sommiers des Baffes A B , & G H, font à triples Soupapes, comme le défignent les accolades, dont chacune eft marquée d’un chifre , qui dénote l’ordre des gravures. On voit tout le côté droit qui a fes numéros impairs I, 3 , y , 7, &c. &le côté gauche a tous fes numéros pairs 2,4, 6 ,
- S, &c. La Soupape ou fon ofier deftinée à faire jouer la Bombarde & les Jeux qui l’accompagnent, eft marquée par-tout par un b\ les doubles Soupapes ou les ofiers qui leur répondent, comme en a , font marquées par une petite ligne ho-rifontale , qui paroît accoupler les deux ofiers. Les deux Sommiers des Deilus CD , & E F, font à double Soupape, dont une eft deftinée à donner le vent à la Bombarde & à fes Jeux ; elle eft marquée par un b ; & l’autre Soupape eft pour tous les autres Jeux du grand Orgue.
- 722. Cet Abrégé eft double ; c’eft-à- dire, qu’il y en a deux , l’un pour le grand Orgue, relatif à fon Clavier refpeélif ; & l’autre pour la Bombarde , & relatif à fon Clavier particulier. Toutes les lignes horifontales repréfentent les rouleaux de l’Abrégé, & les verticales défignent les vergettes. Le Clavier eft repréfenté par 1K. On y voit les chiffres qui en défignent l’ordre. Il faut s’imaginer qu’on eft au-dedans de l’Orgue & qu’on regarde devant foi le derrière des Claviers & l’Abrégé dans leur fituation naturelle. Tous les points qui terminent les rouleaux d’Abrégé ou les lignes horifontales, repréfentent les fers ou les petits bras de l’Abrégé. Il faut encore imaginer que toutes les lignes verticales ou les vergettes LM, qui vont jufqu’au Clavier, font toutes doubles, quoiqu’elles paroiflènt fimples ; l’une étant foppofée devant l’autre, on n’en peut voir qu’une. Ces deux vergettes aboutilîent par leur bout inférieur à deux Claviers différents, l’une au Clavier de Bombarde, & l’autre à celui du grand Orgue.
- Les vergettes ou les lignes verticales, qui aboutiffent aux ofiers des Soupapes font toutes fimples. Cette explication fera entendre comment chaque vergette inférieure du Clavier, quoiqu’il paroifle n’y en avoir qu’une, eft pourtant double, & aboutit à deux rouleaux d’Abrégé. Tous ceux-ci font numérotés aulîi bien que toutes les vergettes, pour rendre fenfible la correfpondance de chaque Touche du Clavier à fa Soupape refpeélive; ce qu’on peut examiner & fuivre avec les Orgues. II. Partie. V v v
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- s.6o FACTEUR D’ORGUES , il Partie, Chap. IJI.
- yeux. Cet Abrégé eft ainfi repréfenté ayecdefimples ligu as fî ffement pour faire voir comment on le trace ; maintenant voici comment on l'exécute.
- 723. Les Sommiers étant pofés & fixés en leur place, on commence par pré-fenter une longue réglé defîous les ofiers, & on marque un point fur la réglé vis-à-vis de chaque ofier ; on numérote tous ces points félon la difpofition du Sommier, & ayant noté fur cette réglé l à-plomb du Clavier, on marquera plus bas les points qui le repréfentent au moyen de la Réglé du Clavier. On numérotera également ces points du Clavier ; enfuite on tracera l'Abrégé comme on le voit dans lafig. r. Dans celui-ci, je me fuis conformé à la difpofition du grand Sommier , tel que je l’ai décrit dans le Chapitre troifieme ; c’eft-à-dire, que je fuppofe que les premiers Tuyaux de chaque Jeu font pofés aux extrémités , 8c fuccefïivement les deffus vers le milieu de l'Orgue alternativement de chaque côté , comme j'ai dit que c'étoit la meilleure difpolition. J'en ai repréfenté une
- Planche autre dans PL 61 , fig* I , où je n'ai mis que les Deffus, comme l'ordre des 6i. chiffres le fait voir. J'ai prétendu y faire remarquer feulement, comment on peut difpbfer les rouleaux de l'Abrégé, lorfque l'ordre du Sommier eft tel qu'il eft "" repréfenté dans la Pl. 50. Je crois que par ces deux feules figures d’Abrégé, Planche on faura aifément en conftruire de toutes les façons, quel que foie l'ordre qu'on * aura été obligé de donner au Sommier. Voici quelques obfervations à faire dans la conftruétion d'un Abrégé.
- 724. i°. Il eft néceffaire de réfer ver un efpace d'environ 2 pouces 8c demi entre Planche un fer d'Abrégé, m, & celui n, fig. 1. PL 60 , qui eft fur un rouleau voifinpofq
- fur la même ligne ; ce qu'on trouvera obfervé dans tous les rouleaux qui font dans ce cas, comme le font ceux de d à e ; & de Y à X. Pour parvenir à trouver cet efpace , il ne faut pas commencer l'Abrégé en plaçant fur la même ligne les deux premiers rouleaux ; car alors les fers d'Abrégé n'auroient qu'en-viron 6 lignes de diftance de l'un à l'autre ; on eft donc obligé de faire comme on voit en la même fig. 1. où le premier rouleau à droite, fdy eft plus bas que le premier à gauche a c. De même le premier rouleau à droite Of, eft bien plus bas que celui g Z , à gauche. La raifon pour laquelle il faut réfer ver cet efpace eft, (fig. 3 , PL 46) , qu'il faut y placer un tourillon double O , c’eft à-dire, d'environ 8 lignes d’épaifleur, pour recevoir deux pivots des deux rouleaux P & Q. Les fers d’Abrégé font marqués r & S , entre lefquels je viens de dire qu’il faut un efpaçe de deux pouces & demi ou environ , ou 30 lignes ; le tourillon doit avoir environ 8 lignes d'épaiiïeur ; il refte donc 11 lignes d'efpace aux bouts des deux rouleaux, ce qui fait fuffifàmment de bois pour bien tenir le fer d'Abrégé auffi bien que le pivot, auquel on donnera 4 lignes de faillie.
- 725. 20. Comme on eft ordinairement à l'étroit pour la hauteur dans la place de l’Abrégé, il eft néceffaire de ménager le terrein. A cet effet, il faut accoupler les rouleaux, c’eft-à-dire, en placer au moins deux fur la même ligne. Il arrive quelquefois qu'on en place trois, & même jufqu'à quatre dans certains
- Planche 4 6.
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- $ecl. H. Confiruction des Abrégés ; les Rouleaux. 261
- cas où la difpofition du Sommier par rapport à Tà-plomb du Clavier le permet.
- Cependant Ton eft quelquefois obligé de fortir de cette réglé, comme on en
- voit un exemple en A B, fig. r. PL 61, où il y a deux lignes d’un côté qui ne Planche
- font pas remplies. 6ï'
- 5. 3°. Il eft eflèntiel dans un Abrégé qu’aucun rouleau ne fe torde dans fon mouvement, afin que l’abaiflement de la Touche du Clavier foit tranfmis toiit entier ou fans la moindre diminution jufqu à la Soupape. Pour expliquer ceci,
- imn«ywr-ii| m'.TBiï i 11 ~ftr i "irrr -inimi
- je fuppofe un rouleau d’Abrégé A B, fig* i r. PL 6o , de 12 pieds de longueur pI/kNCHi? & d’un pouce de diamètre, à huit faces égales ; car c’eft la forme la plus ordi- <fo. naire 8c la plus convenable ; on accrochera une vergette a b, au bras a, en forte qu elle foit arrêtée fixement en en-haut au clou b» On accrochera de même au bras c, la- vergette ed y au bout inférieur de laquelle , on attachera un poids d^ de 12 ohces. Il eft vraifomblable que le rouleau fo tordra, par la pefanteur ou le tirage du poids d, qui defcendra peut-être de 4 lignes.’Des rouleaux d’Abrégé , qui fe tordent ainfi, plus ou moins, font qu’on baifîe prefqu entièrement oti plus ou moins les Touchés du Clavier, fans que les Soupapes ouvrent encore.
- C’eft un grand défaut, qui rend un Orgue lent à parler, Sc dans les volubilités de la main , on baifle bien des Touches, fans foire ouvrir du tout ou que bien imparfaitement les Soupapes. Le Clavier d’ailleurs eft mou Sc a un taél défagréa-ble. Pour remédier à un fi grand inconvénient, on fera lés rouleaux d’Abrégé d’une grofleur fuffifante Sc proportionnée à leur longueur. Des rouleaux de 5 à 6 pieds de longueur doivent avoir environ un pouce de diamètre. Si l’on eft obligé de les faire plus longs , comme de 7 à 8 ou ÿ pieds, il convient de leur donner un peu plus de grofleur comme de 13 lignes, & même jufqù’à 14 ou 1 j lignes, s’ils ont 10 à n ou 13 pieds de longueur. On le fait toujours en bois de chêne bien choifi. Pour tracer les 8 faces égales des rouleaux d’Abrégé & de toutes les autres pièces-qui doivent avoir cette forme , comme les grands pilotes tournants, & c. on corroyera le bois à l’ordinaire, & on le mettra quarré à qua-tre faces égales. Je foppofe que A BCD , fig. 6, PL 61, eft un morceau de Planche rouleau d’Abrégé, & qu’il eft quarré. On appliquera le triangle onglet for une 6lu face , au moyen duquel on tracera à l’onglet, la ligne E G. On prendra avec un compas la largeur totale d’une face E F, & on la portera de l’arête E for la ligne E G, au point H. Car du point H au bord E, ce fera la largeur d’une des 8 faces. On ajuftera le trufquin for ce point H, Sc on tracera deux lignes for chaque face avec le trufquin ainfi déterminé. On emportera le bois des quatre angles jufqu’à ces traits, & le rouleau fe trouvera à huit faces égales.
- 727. 40. Quand les rouleaux d’Abrégé font de 5) à 10 ou 12 pieds , on eft obligé de les couper en deux parties. La raifon en eft, que des rouleaux fi longs ne fe maintiendroient pas long-temps bien droits. Pour peu qu’ils vinflent à fo déjetter, ils fe toucheroient mutuellement, ce qui cauferoit des arrêts bien fré-quents aux Touches du Clavier. Dans la fig, 1. Pl. 60, les rouleaux relatifs aux P^CKS
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- 262 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. III.
- deux Sommiers des Baffes, font partagés en deux, & dilpofés en forte qu’ils forment comme un Abrégé, qui en fait mouvoir un autre. O Y X P, eft une partie de cet Abrégé qui fait mouvoir l’autre partie T S Q R. Il en eft de même de l’autre côté ; Y Z V X, eft une partie qui mene l’autre J UIV Æ.
- 728. H eft à remarquer que quoique l’on coupe en deux les rouleaux d’A-brégé , on n’eft pas moins obligé de les faire de la groiïèur convenable comme s’ils étoient entiers. La feule raifon pour laquelle on doit les faire gros, eft afin qu’ils ne fe tordent point, du moins fenfiblement, lorlqu'on les fait jouer. Si on les coupe en deux , chacune des deux parties ne fe tordra que de la moitié du total ; mais il s’enfuivra toujours que les deux parties enfemble fe tordront de la même quantité que fi le rouleau étoit entier. Un rouleau de 12 pieds de longueur, en une piece, d’un pouce de diamètre , fufpendant une Touche par la vergette attachée à la Soupape, fe tordra, par exemple, peut-être de 4 lignes dans fon total, ce tortillement fe diftribuant néceflàirement dans toutes les parties de fe longueur ; la moitié de fe longueur, qui fera de 6 pieds, fe tordra donc de deux lignes ; le quart de fe longueur , qui fera de 3 pieds, fe tordra d’une ligne , ce qui revient à un tiers de ligne pour chaque longueur d’un pied. Si en* foite on coupe ce long rouleau en deux parties égales, qui feront de 6 pieds chacune, & qu’on en faffe un Abrégé en deux briferes, comme les Baffes de Planche ce^u* ^e 6° y Ü s’enfuivra certainement que ces deux morceaux en-
- 6q% femble quoiqu’en deux pièces , fe tordront autant que fi le rouleau étoit entier , parce que chaque partie fe tordant de deux lignes , comme avant la divifion en deux parties , le total fe tordra de 4 lignes ; attendu que le bois étant divifé na pas changé de nature. Il eft bien vrai que la moitié d’un rouleau eft au double plus fort que fon total ; mais il ne s’agit pas ici de confidérer féparément la force de la moitié d’un rouleau : puifqu une moitié fait mouvoir l’autre moitié, il s’en-lùivra néceflàirement le même effet que fi le rouleau étoit entier ou en une piece, 72p. 6°. En foppofent qu’un rouleau d’Abrégé de 12 pieds de longueur, brifé ou non brifé, & d’un pouce de diamètre, fe tord de 4 lignes par la réfifo tance de la Soupape, lorfqu’on veut la faire ouvrir en baiflant la Touche , le vent y étant, il s’enfuivroit, ce femble, qu’afin que le rouleau fut aflez fort pour vaincre cette réfiftance fens fe tordre, il faudroit lui donner 2 pouces de diamètre, qui eft le quadruple de fe grofleur, afin qu’il ne tordît point du tout. Mais il ne faut pas raifonner ainfi. Suppofons que le rouleau en queftion ait 12 dégrés de force, il peut fe faire que la Soupape n’ait que 13 dégrés de réfiftance ; alors un rouleau de 12 dégrés de force ne pourra jamais vaincre fe réfiftance fens fe tordre ; mais 13 dégrés & un quart de force la vaincront infailliblement ; ainfi il fera toujours mieux de s’en tenir à l’expérience, & de donner, par exemple, 13 lignes de diamètre au rouleau, après tout félon la qualité du bois & la grandeur des Soupapes, &c. car cette ligne de plus qu’on lui donnera , étant fur deux côtés, fait un nombre confidérabie de lignes cubiques que le rouleau
- aura
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- Se cl. IL Conftr. des Abrégés ; la Table ; les RouleauxôGc. ù.63
- aura de furplus , ce qui le rendra notablement plus fort. 11 Faut s’en tenir à lart.
- 7 26, page 261, fondé fur l'expérience. Tout ce que j'ai dit dans celui-ci, n’eft que pour faire voir comment il faut raifonner fur cette matière. Du refte , fai infifté là-deiiiis , peut-être trop longuement ; mais j'ai cru devoir détromper plusieurs Faéleurs, qui ont fait jufqu'à quatre brifures, fans groffir les rouleaux, croyant rendre par-là un Abrégé plus fort. Non-feulement, ils n'ont pas eu lieu d'être Satisfaits de leur opération , mais encore ils font tombés dans un autre inconvénient , en ce qu'ils ont quadruplé la perte du mouvement, laquelle eft produite par les pivots & par un peu d'élafticité des garnitures des vergettes , &c. ils ont donc rendu par-là l'Abrégé plus 'mauvais.
- 730. 70. Comme les rouleaux d'un Abrégé font de différente longueur, on choifira ceux dont le bois eft le plus pefànt pour les employer aux places où ils doivent refter les plus longs. Il eft bien certain que plus le bois eft pelant, plus il eft dur ; & plus il eft dur, moins il fe tordra. En un mot, on donnera toute fbn attention pour que l'Abrégé n'ait pas ce grand défaut. Cependant il ne faut pas donner dans une extrémité oppofée , qui feroit de faire inutilement les rouleaux trop gros ; car plus iis le feroient, plus ils feroient pelants ; alors leur mouvement feroit plus lent, les frottements fur les pivots plus durs, &c. Moins les rouleaux feront gros , mieux l'Abrégé ira , pourvu qu'ils ne fe tordent point.
- 731. Lorfqu’on aura tracé en grand tout l'Abrégé , fur un parquet, ou fur une muraille, ou mieux fur des planches jointes enfemble , comme on le voit en petit dans la ligure 1. PL 60, par de limples lignes ; il fera bon pour éviter la confulion que pourroit occafionner le double Abrégé de diftinguer les rouleaux du grand Orgue d'avec ceux de la Bombarde par des lignes faites avec des craies de différentes couleurs , auili bien que celles qui repréfenteront leurs vergettes refpeélives. Sur chaque ligne horifontale , qu'on prolongera fuffifàm-ment, on fera un point à chaque bout extérieur de tous les rouleaux , à 15 ou iS lignes de celui qui défigne la place du fer d’Abrégé , pour marquer la place du tourillon ; ce qui fe fera au moyen d'un compas. On marquera auffi la place des tourillons doubles à tous les endroits où il doit y en avoir. Ce point doit être au milieu de deux fers d'Abrégé.
- 732. Quand un Abrégé eft fort grand, commecelui-ci, ou même lorfqu'il eft médiocrement grand, il eft mieux d’en conftruire la Table par des pièces affem-blées à tenons & mortaifes, comme on peut le remarquer dans la fig* 1, PL 60 f par les lignes ponéhiées , qui repréfentent quinze planches d'un pouce d'épaif* feur ou un peu plus , fur y pouces de largeur, affemblées les unes avec les autres & placées par-tout où il faut ficher des tourillons. La table ainfi conftruite eft plus folide que fi elle étoit faite de longues planches jointes enfemble. Cette dernîere méthode n'eft bonne que pour de petits Abrégés. D’ailleurs, il ne feroit peut-être pas poffible d'introduire dans le pied du Buffet de l’Orgue une auffi grande Table toute en une piece. U faut fe fouvenir, lorfqu’on trace l'Abré-
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- „. -..... gé , de réferver la place pour attacher le bout des grandes traverfes fupérieures
- Planche qui tiennent le haut des grands pilotes tournants. On voit PL 50 , ces deux *°* traverfes fupérieures marquées 1J & 16. Un de leurs bouts donne le plus fou-vent dans l’Abrégé. Il faut avoir foin de placer au-defius de ces traverfes 1 j' & ï 6, s’il eft poffible, les rouleaux dont les fers d’Abrégé & les Soupapes fo trouveront vis-à-vis de ces traverfes ; car fi on les mettoit par defîbus , il faudroit y faire des ouvertures pour le pailage des vergettes ; ce qui feroit plus embarraf-fànt. Ces deux places à réferver dans l’Abrégé , pour ces deux traverfes, exigent que l’on arrange un peu autrement certains rouleaux. Je n ai point marqué cette difpofition dans la PL 60 ; parce que ce deilein d’Abrégé n’étant deftiné pour aucun Orgue particulier , il n’a pas été poffible de {avoir précifément la place de ces traverfes.
- 733. On doit faire les tourillons en bois de Cormier ou Poirier, ou au moins de Noyer. O11 fait les tourillons fimples de 3 à 4 lignes d’épailfeur, & de deux
- ^ lignes moins larges que la grofleur des rouleaux. On voit leur forme à demi-
- Planche grandeur en Nrfig. 4. PL 46. Pour faire bien égaux les tenons i, de tous les
- ' 46- tourillons, on fera un trou d’une grandeur convenable ; on lui donne ordinai-
- rement pour diamètre toute i’épaifteur des tourillons fimples. On préfentera ces tenons dans ce trou. On fera à chaque tourillon un petit trou h , où on le voit marqué dans la figure , & pour placer tous ces trous uniformément, on les marquera au compas. On fera les tourillons doubles comme les fimples , mais de 8 lignes d’épaifleur. On fera grande attention de les percer bien droits. Sans cette précaution, on ne paryiendroit jamais à rendre les pivots libres.
- 734. U y a des Faéteurs qui paffènt un fil de fer rouge dans le trou des tourillons : on ne peut pas blâmer cette pratique. Lorlqu’on fait les trous dans le bois > la pointe abat, ou couche plutôt les fibres du bois, qu elle ne les coupe* Dans la fixité du temps, ces fibres ainfi couchés viennent à fe relever, & gênent le pivot du rouleau ; mais lorlqu’on pafïe le fer rouge dans le trou, on brûle les fibres du bois, 8c on ôte à celles qui relient toute leur élafticité , en forte qu’il n efl pas poffible quelles fe relèvent jamais.
- 735* Quoique j’aie déjà enfoigné , an. dpp , pag* 24p , la maniéré de faire une pointe propre à faire de petits trous, je crois qu’il fera encore utile de décrire ici un infiniment qui, quoique affez connu, ne l’eft pas de tous les Faéleurs : il y en a plufieurs qui s’en forvent à faire de petits trous, foit dans le bois, foit dans le cuivre, &c. Il eft repréfenté & détaillé dans toute là gran-
- PlÂnche^ ^CUr Par ^ ^ 9 ^°* nomme Porte-foret ; il eft compofé du che-
- 60. valet qu’on fixe ou en le faififiant à l’étau par la tige quarrée C, ou le mettant dans un trou fur une planche ou une table ; on l’arrête en défions par l’écrou à oreilles D. La partie A du chevalet a fon trou conique pour recevoir l’arbre E F, qui eft proprement le porte-foret, puifqu’il porte à fa tête F un trou quarré, ou encore mieux triangulaire , dans lequel on arrête le foret G F, par la vis de prefi* fion H. Cet arbre eft garni d’une bobine I E. L’autre partie B du chevalet porte
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- Un trou taraudé pour recevoir ia vis K, arrêtée par le contre-écrou B. Cette vis K eft pointue, Sc entre un peu dans la queue E , de larbre E F. On avance plus ou moins cette vis , pour que l'arbre tourne librement fans balotter. On a foin de mettre de temps en temps un peu d'huile à la tête conique de l'arbre, &àfàqueue, pour foulager les frottements. On voit afiez qu'en fé férvant d'un archet, dont la corde entoure la bobine, on fait tourner l'arbre avec rapidité, Sc par conféquent le foret, au-devant duquel on préfente la piece qu'on veut percer. aby repréfente l'arbre géométralement. dy efl: la partie conique, qui roule dans le trou conique du chevalet, a e, efl là partie quarrée fur laquelle on arrête la bobine K. r,eft la vis de prefîion pour arrêter le foret, g i, efl la vis qui porte la queue de l'arbre par fa pointe u Cette vis fe fixe en tournant & ferrant le contre-écrou h, ou^ Le foret efl repréfenté par /, où il efl vu de face, ou félon fà largeur. On voit fon épaif feur en n. On doit avoir un nombre de ces forets, pour faire des trous de différentes groffeurs. m, efl une fraife pour ébifeler des trous en cas de befoin.
- 73(5. Plufieurs Faéteurs aiment mieux employer des tourillons de laiton que de bois. Us font effectivement plus propres à faire un bon Abrégé , qui d evient même plus facile à exécuter. Je ne crois pas que cette pratique rende un Abrégé beaucoup plus coûteux. On peut voir la forme d'un de ces tourillons en 4. VL 46 ; il efl à demi-grandeur. Il y a deux maniérés de les faire. La première efl de prendre des plaques de laiton d’une ligne d'épaifïéur. On coupera avec des cifailles cette plaque par bandes, delà largeur que doivent avoir les tourillons ; & après en avoir fait un pour fervir de modèle , on tracera tous les autres fur ce modèle. On les ébauchera tous avec la cifaiile ; enfuite on en limera plufieurs enfémble en les mettant à l'étau avec le modèle, & on les percera tout de fuite enfemble. La féconde maniéré fera plus expéditive. On fera , par exemple, douze tourillons en étain, d'une bonne ligne d'épaifïéur. Pour faire ces modèles en étain , on peut faire un moule dans une pierre ou avec du plâtre. On leur donnera de la dépouille, c'eft-à-dire , qu'ils ne feront pas tout-à-fait à l'équerre fur leur champ. On les donnera à un Fondeur , qui en moulera 8c en fondra enfemble douze de laiton, & on lui recommandera de n'y en employer que du plus doux. On n'aura enfuite qu'à les ébarber Sc les percer. On obfervera que les doubles tourillons étant de bois, doivent avoir 8 lignes d'é-paiffeur, comme je l'ai dit plus haut ; mais étant en laiton , ils doivent avoir la même épailfeur que les {impies, ceft-à-dire, environ une ligne ; la feule différence efl ( félon la méthode de plufieurs Faéteurs) dans la largeur ; les doubles auront une ligne de plus que les fimples, & porteront deux trous, comme l'on voit dans la fig. 12 de la Pi. 60. Ces deux trous doivent recevoir les deux Planche pivots des deux rouleaux pofés fur la même ligne ; mais on fera encore mieux 6°* de mettre deux tourillons fimples à 6 lignes de diftance l'un de l'autre, ce qui fera le même effet qu’un tourillon double de bois, & on aura lieu de mettre des pivots aux rouleaux de 3 à 4 lignes de longueur, comme pour des touril-
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- Ions doubles en bois ; au lieu qu’en employant les tourillons à deUx trous, on ne pourroit mettre des pivots que d’environ une ligne de longueur.
- <73y. Il faut remarquer qu’on doit faire des tourillons plus longs pour les rouleaux relatifs aux Soupapes & au Clavier de la Bombarde. Voyez la fig. 2 , de la PL 60 , qui repréfente à demi-grandeur , en profil géométral, un morceau de ce grand Abrégé. CD, A B , VX, font les tourillons plus longs que les autres, 8c deftinés pour les Soupapes 8c le Clavier de Bombarde. Q R , ST, font les tourillons courts. 18c H, font les rouleaux vus par le bout. K , L , font des fers d’Abrégé. F G, 8c E CD, font des tourillons de laiton, dont la queue F 8c E , traverfo 8c dépafle fépaifleur de la Table d’Abrégé M N. Les tenons des tourillons de bois font marqués O 8c P. On conçoit à i’inlpeétion de la figure, comment on difpofe toutes ces pièces.
- 738. Tous les tourillons étant finis, on fera les trous for la Table d’Abrégé , & on y collera les tourillons, s’ils font de bois, excepté aux endroits où il y a des aflemblages ; on les y frappera feulement. Si les tourillons font de cuivre , on les fichera 8c on les rivera chacun à leur place ; mais on ne les rivera pas aux endroits où il y aura des aflemblages. On coupera les rouleaux de longueur, pour qu’ils aillent chacun en leur place avec une demi-ligne de jeu ; ce qui fera un quart de ligne de balottement à chaque bout félon la longueur. On marquera for les rouleaux la place de chaque fer d’Abrégé. On en arrondira & on en unira bien les deux bouts avec une lime , pour en diminuer le frottement contre le tourillon. On y marquera le centre par' deux traits en croix, au moyen d’un trufquin ou autrement.
- 73p. Pour faire les fers d’Abrégé , on aura du fil de fer, dont on voit la grofo four 5 fig. 2. PL 44. On le coupera à morceaux de 3 pouces de longueur, on les fera rougir ; 8c étant rouges , on en applatira un bout pour l’élargir. On limera à froid ce même bout, pour lui donner la forme ronde, comme on le voit dans la même figure. On y fera le petit trou d’un coup de poinçon , le pofont for les mâchoires de l’étau entr’ouvertes. On en limera for le plat la bavochure ; on repaflera le même poinçon dans le trou , en un fons oppofé , afin qu’il foit rond & bien net. U eft néceflàire que le fil de laiton qui doit palfer dans ce trou , y foit fort libre.
- 740. Il y a trois maniérés de pofer & de fixer les fers d’Abrégé for les rouleaux de bois. La première eft d’en faire les fers pointus comme des clous ; & au moyen d’une petite vrille ou d’une meche de villebrequin, on fait un petit trou dans le bois, 8c on y frappe le fer fofîifomment pour qu’il y tienne bien. On peut même le faire traverfor de a à 3 lignes, 8c river cet excédent, comme l’on rive la pointe d’un clou. En ce cas, on fera les fers d’Abrégé un peu plus longs. On peut faire cette pointe à chaud à la forge, ou à froid à la lime.
- 741. La fécondé maniéré eft de faire à vis en bois avec la lime les bouts des fers d’Abrégé • 8c après avoir percé d’un petit trou le rouleau de bois, on y inférera
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- férera le fer d’Abrégé, en le tournant avec une pincette , jufqu’à ce qu’ il foit enfoncé fuffifàmment, &quil tienne bien.
- 742. La troifieme maniéré, qui me paroît la meilleure 8c la plus expéditive , confifte à ne faire autre chofe à un bout du fer d’Abrégé après qu’on l’a coupé, que d’en limer exactement les bavochures. Pour le pofer, on choifira une meche de villebrequin ou une vrille, qui faiTe dans le rouleau un trou tellement jufle que le fer d’Abrégé y entre à force & à petits coups de marteau. On le fait tra-verfer d’une ligne. On fàifit enfoite allez fortement dans l’étau, la partie longue du fer d’Abrégé fort près du bois, & l’on rive la partie excédente du fer, en y faifànt avec la pane du marteau, comme une tête, qui empêche le fer de for-tir de fa place. On difpofera les fers d’Abrégé dans le rouleau , en forte que leurs faces aplaties fe regardent mutuellement. On obfervera dans ces trois maniérés, que lorfqu’on fait le trou dans le rouleau de bois, 8c qu’on y fait entrer le fer d’A-brégé , le bois fbit ferré dans l’étau ou fous le valet. Sans cette précaution, le bois fe fendroit immanquablement. On fera en forte que tous les fers aientmne égale faillie , qui peut être d’environ 2 pouces. Il eft bon d’avertir qu’à proportion de ce que les fers d’Abrégé feront plus longs, le frottement fur les pivots fera réduit à une moindre valeur. Cependant s’il y a de l’avantage de ce côté-là à les faire longs, leur trop grande longueur feroit d’un autre côté préjudiciable. Il faudroit les faire plus gros à proportion & par conféquent plus pefants ; l’Abrégé en deviendroit plus lent dans fon mouvement.
- 743. Tous les fers d’Abrégé étant pofés, on fichera à demeure un des deux pivots dans un bout de chaque rouleau , en forte qu’il n’ait qu’environ 3 lignes de faillie. Ces pivots font de deux fortes ; les uns font plus courts que les autres. Le pivot court fe met le premier 8c à demeure, & celui qui eft un peu plus long ne fe pofe que lorfque le rouleau eft dans fa place , en forte qu’on en laifîe jfortir un petit morceau hors du tourillon pour pouvoir l’arracher dans le befoin. Avant de pofer les pivots, on fera leur trou avec une pointe ou* une alêne droite , la tenant ferme d’une main 8c faifànt tourner le rouleau de l’autre , afin que le trou foit fait bien droit. Les pivots doivent avoir environ trois quarts de ligne de grofleur , afin qu’ils ne fléchifïènt point. Si l’Abrégé n’eft pas bien grand & qu’il foit conftruit avec une table de plufieurs planches jointes en-femble , on pourra pofer tous les rouleaux en leur place, avant de mettre l’Abrégé en fon véritable lieu. On examinera foigneufement chaque rouleau pour le rendre parfaitement libre , fans qu’il y en ait un foui qui foit gêné le moins du monde dans fon mouvement. Si la table d’Abrégé eft en plufieurs pièces d’affemblage à jour, comme celui de la Pl. 60 , on ne mettra les rouleaux que lorfque toutes les pièces de la table feront affemblées & collées au-dedans du Buffet de l’Orgue. Alors on pofera tous les tourillons qu’on n’avoit pas pà mettre en leur place. On les rivera, s’ils font en cuivre ; ou on les collera, s’ils font en bois. La table étant fixée en fà place, on pofera tous les rouleaux, les garniflànt chacun de fon long pivot.
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- 744. Pour ce qui efl de l’Abrégé de fer, décrit art. 3 65 , pag. 114, la meilleure maniéré de le conftruire efl: de river les petits bras vers les bouts de la tringle de fer. Voyez la fig. 3 de la Pi. 39. Les trous peuvent s’y faire de deux maniérés. La première efl de les faire à chaud. C’eft bien plutôt fait ; mais par cette opération, on écrafela tringle de fer ; le fer d’Abrégé n’y tient pas folide-ment, le pivot fe fait mal, & l’ouvrage efl mal-propre. On fera beaucoup mieux à tous égards, de percer les tringles au foret, & d’y ajufter & river les petits bras. On limera les deux bouts en façon de pivots bien arrondis & bien adoucis. U y a des ouvriers qui aiment mieux percer au foret les deux bouts de la tringle, & rapporter dans ces trous les pivots en les y chaflànt bien juftes. Il paroît que cette pratique efl préférable , fiir-tout quand les tringles font grolfes. Lorlqu’on mettra ces rouleaux de fer en place, on fera plier foffifàmment les deux tourillons de laiton en les écartant, & le rouleau étant placé on fera revenir les tourillons en leur premier état* Ces fortes d’Abrégés de fer vont fort bien, lorfqu’ils font conftruits avec le foin convenable. Ils font d’une grande reflource dans des cas où la place ne permet pas de loger un Abrégé de bois. On voit dans la fig. 2 , pi. 39, une autre maniéré fort ufitée de conftruire ces Abrégés de fer, qui con-lifte à ployer à l’équerre les deux bouts de la tringle pour en faire les deux fers d’Abrégé. On fait tenir dans là place cette tringle par deux pitons ou deux brides. On font bien que cette méthode efl certainement la moins bonne , attendu qu’il y a néceilàirement de grands frottements dans les deux pitons.
- 74J. Quoique tout ce que nous avons dit jufqu’à préfont ne regarde que les Abrégés tirants, on doit en faire l’application aux Abrégés foulants. En ceux-ci les fers d’Abrégé font difpofés en un autre fons que ceux des Abrégés tirants. Les faces de ces fers doivent être parallèles à la longueur des rouleaux, parce qu’on attache des vergettes aux Abrégés tirants, & qu’on emploie des pilotes aux Abrégés foulants. Il efl même des Abrégés qui font tirants & en même-temps foulants*? Voyez la fig. 4, de la Pl. j6. Je l’expliquerai ailleurs plus particuliérement. A ceux-ci on attache une vergette au fer d’un bout du rouleau, & on met un pilote au fer de l’autre bout. En ce cas les deux fers ne font point pofés for la même face du rouleau ; mais l’un efl fiché à une face & l’autre à la face oppofée, en forte que les deux fers font la bafcule ; tandis que l’un baiiTe par le tirage de la vergette, l’autre rehaulfo le pilote qui y efl attaché. On voit en la fig. 2. PL 42, un Abrégé foulant propre à faire jouer les Soupapes d’un Sommier de Pofitif ordinaire. Je n ai pas cru néceflàire d’en donner un deflêin plus en grand & plus détaillé, parce que, quand on aura bien entendu ceux des Pl. 60 & 6t, on aura toutes les facilités convenables pour en conftruire de toutes les efpeces. torique nous en forons à la defcription de la maniéré de pofor toutes les pièces du méchanifme de l’Orgue, nous expliquerons comment fl. faut pofor un Abrégé, garnir & pofor les vergettes, les pilotes, &c.
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- Secl. III. Conftr. des Tirants , des Pilotes tourn. des Balanciers. 269 Section troisième.
- Conftr uBion des Tirants, des Pilotes tournants ÔG des Balanciers.
- 746. Les tirants font des bâtons quarrés en bois de Chêne ou de Noyer, qui ont ordinairement 1 o lignes à chaque face ; ils font deftinés à faire ouvrir & fermer les Jeux. Ils font pofés au travers de deux planches percées, comme on peut le voir en FF 9 fig. 2 , PL 33. On les nomme communément les Reglfi tres, mais improprement. Us font placés aux deux côtés de la fenêtre du Clavier , pour être à la portée de f Organifte. Ils vont aboutir au plus long bras des grands pilotes tournants , auxquels ils font accrochés par un enfourchement. On peut en voir un féparément & repréfonté en perfpeèiive en la fig. 13 de la Pl. 47. On y remarquera fenfourchement fait à un bout & une pomme à l’autre bout. On peut faire cet enfourchement de deux maniérés. On le trace d’abord de deux bonnes lignes de large, par un double trait aux deux côtés op-pofés, & on févuide avec un bédâne. L’autre maniéré, qui eft la plus expéditive , confifte à faire cette entaille avec une foie , qui a plus de partage qu’à l’ordinaire , & on la recale avec le cifeau 8c quelques coups de bédâne. Mais avant de faire fenfourchement d’une maniéré ou de l’autre, on y fait le trou pour y mettre la pioche ; car alors le bois étant plus fort eft moins fojet à fe fendre. Il faut au refte, choifir une meche ou une vrille qui farte le trou bien jufte à la pioche, afin quelle y entre un peu à force.
- 747. Le trou 8c fenfourchement étant faits, on accroche le tirant au bras du pilote tournant, 8c foppofant que tout ce qui y eft relatif, eft en place & fait là fonction, on enfonce le tirant autant qui! peut enfoncer, 8c on coupe fexcédent à un pouce près hors la planche percée. On ôtera enfoite le tirant de û place ; on fera un trou bien droit 8c bien au milieu dans le bout qu’on vient de couper, & après qu’on l’aura recalé proprement, on y collera la pomme, fig. 12. PL 47, que l’on arrêtera encore par une petite cheville collée qui en tra-yerfera le tourillon. Voilà toute la façon qu’il y a à faire aux tirants.
- 748. Les grands pilotes tournants font de deux fortes. Plus communément on les fait en bois, fur-tout lorfqu’on eft fuffifamment au large ; G on eft trop à l’étroit, on les fait en fer, parce que ceux-ci tiennent moins de place. L’une & l’autre méthode font bonnes. Si on les fait en bois, on choifira le Chêne le plus ferme , quoique rude à travailler ; on leur donnera une grofleur proportionnée à leur hauteur. S’ils n’ont que 3^4 pieds de hauteur, 2 pouces en quarré de grofleur fofBront, On les fera de 2 pouces & demi ou 3 pouces s’ils font un peu plus grands ; & enfin de 3 pouces & demi, s’ils ont 7 à 8 à 10 pieds de hauteur. Il eft toujours néceflaire qu’ils foient très-forts, afin qu’ils ne fléchiifent ou ne tordent point du tout dans le mouvement que leur fait faire f Organifte. Du
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- a7o FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. III.
- refte, on les fait à huit faces égales, à moins qu’on ne foupçonne qu’ils ne deJ viennent trop foîbles ; alors on laiflè les quatre principales faces un peu plus grandies que les quatre autres.
- 749. Les tournants de bois doivent être garnis de leurs deux bras de fer. On fait ordinairement celui d’en bas où s’accroche le tirant, de 8 pouces de longueur ; & celui d’en haut, de la moitié moins long. La fig. il. de la Pi. 47, repréfente un de ces bras de fer. On le voit accroché à un bout d’un tirant, & arrêté avec une pioche. Le pêtit bout du bras, où f on fait deux ou trois trous , ne doit avoir tout au plus qu’une ligne & demie dépaiffeur, fur un pouce de largeur ; mais le gros bout où commence la pointe qui entre dans le bois, doit avoir environ 6 lignes d’épaiiïèur fur 1 j1 lignes de largeur , & aller en diminuant jufqu au petit bout. La pointe doit être forte, &plus longue de 7 à 8 lignes que le diamètre du tournant. Pour pofer ce bras, on percera le tournant d’abord avec une petite meche , qui le traverfera. On agrandira le trou jufqu à moitié bois avec une autre meche un peu plus grofle. On croîtra encore le trou jufqu’au quart du diamètre du bois ; enfuite on enfoncera le bras de fer dans ce trou ainfi fait, &r on rivera la pointe excédente en la faifànt rentrer dans le bois, comme l’on rive les clous ; & afin de pouvoir faire cette rivure avec folidité, on faifira fortement à l’étau le bras de fer allez près du bois, 8c l’on frappera la rivure avec aifànce. Il y en a qui ne paflent qu’unè meche affez petite pour faire le trou dans le tournant. Ils font rougir la pointe du bras de fer, & le mettent ainfî dans le trou du bois. Le fer rouge , qu’on n’enfonce pas tout-à-fait autant qu’il conviendrait, fait fà place à i’inftant, & on le retire. Lorfqu 11 eft froid, on le remet & on le rive. Cette pratique eft bonne. Il n’eft pas néceflàire que le petit bras du tournant foit tout-à-fait auffi fort que le grand bras, puifqu’il eft plus court de moitié ; mais comme il force autant que l’autre , il faut diminuer fort peu fon épailîeur & fà largeur. On le rivera de même que l’autre, en forte que dans fà fituation, il forme une équerre refpeélivement à l’autre bras , dans le fens convenable, comme je l’expliquerai dans la fuite. ,
- 7^0. On garnira le pilote tournant de bois de fes deux pivots ou tourillons de fer, qui doivent avoir environ 3 lignes 8c demie de diamètre. On leur fera à la forge une pointe quarrée , & ils feront tous exactement de la même groffeur. A cet effet, on pourra les faire en gros fil de fer. On en fichera un à demeure dans le bout inférieur de chaque tournant, après avoir fait le trou auparavant un peu plus petit qu’il ne faut. On l’enfoncera d’environ un pouce & demi, & ils auront tous 1 lignes de fàillie. On commencera par arrondir un peu les deux bouts du tournant, afin d’en diminuer le frottement. On ne mettra le tourillon fupé-rieur que lorfqu’on pofera tous les tournants, comme nous le verrons dans la fuite. Ceux qui ont la pratique de ménager une refuite dans la partie fupérieure des tournants, en plaçant la grande traverfe plus haut, font mal ; l’effort qu’on fait faire aux tournants par le mouvement qu’on leur imprime tend à ébranler &
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- Secl. 1IL Confir. des Tirants> des Pilotes tourn. des Balanciers, zyt
- à arracher le pivot fupérieur ; attendu que fon extrémité fupérieure foutient tout cet effort. Il eft donc mieux que la traverfe fupérieure touche prefque le haut des tournants fans leur donner aucune refuite. Lorfqu’on veut les ôter de leur place, on arrache avec une tenaille le pivot fùpérieur, qui, à cet effet, doit être fuffifàmment long , pour avoir une faillie convenable au-defliis de la traverfe , qui foutient les tournants. On voit un de ces tournants de bois tout garni, fig. 4. PL 47.
- 7j 1. Les tournants de fer doivent être conftruits avec certaines attentions. Sans cela, ils font fort fujets à cafler. Il ne faut pas écouter à cet égard les Serruriers , qui ne manquent pas d’aflùrer avec la plus grande confiance que leurs pièces font en état de réfifler à des efforts immenfes. On voit un de ces tournants de fer en la figure 5 , Planche 47. La tige eft une barre de fer , quelquefois d’un pouce en quarré , fi le tournant eft long ; il peut avoir 9, 10 à 11 lignes en quarré, à proportion quil eft court. Pour aflembler-les deux bras, il faut faire les mortaifès allez grandes, 8c laifîer renfler le fer aux deux côtés pour ne rien affaiblir. On fera un fort tenon au bras avec .une em-bafe , comme on le voit en la fig. 9. On le limera, en forte que fbn embafèfoit bien faite , qu’elle joigne bien dans fa place, 8c que le tenon remplifiè exactement fà mortaife. On le rivera à chaud. Ce tournant de fer , fig. 5 , a fon bras fiipérieur en crochet ; c’eft ainfi qu’on le fait ordinairement pour les Regiftres des Pédales, pour ceux du Pofitif, &c ; mais pour les grands tournants relatifs au grand Sommier, ce bras doit être ordinairement droit, comme ceux qu’on attache aux tournants de bois. Celui qui eft repréfenté par la fig. 10 , eft bien un bras deftiné pour les tournants de fer ; mais fon tenon n’eft pas dans le fens qu’il le faut. C’eft une faute ; il devrait être repréfenté comme celui de la fig. 9. Du refte , ces deux bras doivent être de la même mefùre , & avoir la même force que ceux qui font deftinés pour les tournants de bois. Il n’y a que l’aflem-blage qui eft différent.
- 752. Les tourillons des tournants de fer font faits de la même piece. Letou^ ïilion inférieur ne doit avoir tout au plus qu’un pouce de longueur ; mais le tou* rillon fupérieur aura deux pouces 8c demi de longueur, & fera un peu plus gros. C’eft ici le cas où l’on eft obligé de donner une refuite au tournant pour l’ôter de fà place, dans le befbin, en le rehauflànt. Ces fortes de tournants , quand ils font confidérablement grands, doivent tourner fur une petite plaque de fer quar-xée , percée au milieu & entaillée dans la traverfe inférieure qui porte les tournants. Si on n’ufoit de cette précaution, le tournant par fbn poids creuferoit fbn fupport de bois. On limera avec foin les deux tourillons, aufli bien que l’embafe du tourillon inférieur.
- 75 3 • La fonélion des grands pilotes tournants eft de tranfmettre le mouvement des tirants aux balanciers, & en même-temps ils augmentent la force au . double, parce que le bras d’en-bas du tournant, contigu au tirant, eft au double plus long, que le bras fùpérieur. Ainfi fi la force de l’Organifte qui tire ou Orgues. Il. Paru Z z z
- Planche
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- 2jz FA CT EUR D'ORGUES, Il Partie. Chap. 111.
- qui poufîe le tirant eft équivalente à io livres, le bout du petit bras équivaut à une force de 20 livres. C’eft le levier du premier genre, dont lê point d’appui eft au pivot, la puiftànce eft au bout du long bras du tournant, & le fardeau eft au bout du petit bras. Voyez la Seétion du Chap. I. de la première Partie, pages 3. £4.
- ^ 754. J ai dit, art. 377 & 378 , pag. il8 , ce que c’eft que les balanciers, &
- Planche quelle eft leur fonétion. La partie L, fig. 2. PL 47, qui repréfente un balan-
- 47* cier, doit avoir au moins 6 lignes d’épaifleur , fur 2 pouces de largeur , & aller
- en diminuant dans le bas, julqu’à n’avoir en O , qu’un pouce de largeur, fur une ligne & demie tout au plus d’épaifteur. La partie fupérieure L M conferve à peu près la même épaifleur, & eft terminée par un tourillon bien cylindrique, d’environ cinq lignes de diamètre, qui doit pafler au travers du bout d’un Re-giftre du Sommier. De L à M, il doit y avoir 6 pouces ou un peu plus, & de L à O, deux pieds. On fera attention que la partie cylindrique de tous les balanciers foit bien égale de grofleur, auffi bien que tous les tourillons L Sc les trous des balanciers, dans lefqueis ils doivent aller iufte {ans balloter , mais cependant librement. Les pilotes tournants, avec les balanciers, forment deux leviers contigus. Voyez les art. 16 8c luiv. pag. 6 & 7 ; en voici les propriétés. Il eft clair , par les dimenfions que je viens de donner du balancier , qu’il quadruple la force, parce que du point d’appui L jufqu’à O , il y a quatre fois plus de longueur que de Z à M. C’eft un levier du premier genre ; voyez les art. 1,2, 3,4, &c. pag. 3 & 4. Nous venons de voir art. 7J3 , que le grand pilote tournant, au moyen de fes deux bras , doubloit la force, & que 10 livres de force au tirant devenoient équivalentes à 20 livres. Cette double force de 20 livres étant tranfmife au balancier qui la quadruple, il s’enfuit néceftairement que les dix livres de force qu’emploie l’Organifte lur le tirant, deviennent oéluples au Regiftre du Sommier ; c’eft-à-dire, que cette force équivaut à quatre-vingt livres. Outre cette augmentation de force, qui vient des leviers, il faut enconfidérer une autre propriété ; c’eft l’augmentation du mouvement du côté de la puiftànce. Le Regiftre, dans fà plus grandejçourfe, ne parcourt que 10 lignes de chemin ; parce qu’il ne faut que 10 lignes pour recouvrir les plus grands trous du Sommier. Le bout inférieur du balancier, qui comme nous l’avons dit, quadruple la force, quadruple de même la longueur de la courfe du Regiftre ; il parcourt donc 40 lignes. Ces 40 lignes de courfe parviennent au petit bras du grand tournant , qui double cette courfe au moyen de fon long bras, ainft le tirant aura 80 lignes de mouvement ou de courfe , ce qui fait 6 pouces 8 lignes.
- 7j j. Il eft de conféquence que tous les trous qui doivent recevoir des pioches dans le fer, fcient faits au foret , ( non à chaud ou avec un poinçon ) d’une grandeur bien jufte aux pioches. Les tourillons des pilotes tournants, de queL que efpece qu’ils fbient, doivent aller jufte & librement dans leurs trous fans balloter. Ceft pour faciliter cette bonne exécution que j’ai déjà tant recommandé
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- Chap. IV. Sect. 1. Maniéré de çonflruire un Soufflet. 273
- l’uniformité dans les grofîeurs des tourillons , des pioches , &c ; à cet effet , on choifira la meche qu’on deftine à tous ces trous. On percera un morceau de plaque de fer , en forte que la meche y aille bien. Ce morceau de fer fervira de calibre au Serrurier pour faire les groffeurs uniformes de tous les tourillons. On lui donnera auffi une pioche, afin quelle lui ferve de modèle, pour faire les trous juftes aux bras des tournants & aux bouts inférieurs des balanciers.
- CHAPITRE QUATRIEME,
- Conflruclion de la Soufflerie SC de tout ce qui en dépend.
- D A N s la première Seétion de ce Chapitre , après quelques avis préliminaires 9 je ferai voir en détail la maniéré de conftruire un Soufflet ; dans la fécondé , celle de faire les Gofiers ; & dans la troifieme , je donnerai les réglés pour trouver les proportions des groffeurs des porte-vents , & la maniéré de les faire. Le méchanifine de toutes ces parties eft décrit an. 385 & fuiv*tpag. izo & fuiv.
- Section première.
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- Maniéré de conflruire un Soufflet.
- 755. En général, les grands Soufflets font préférables à de plus petits ; par exemple, des Soufflets de 8 à 9 pieds de longueur, fur 4 pieds ou 4 pieds & demi de largeur , iront mieux pour un Orgue, que ceux qu’on fait ordinairement de 6 pieds de longueur fur 3 pieds de largeur. i°. Les grands Soufflets donnent le vent plus égal, puifqu’ils ouvrent à un plus petit angle. Un Soufflet de 8 pieds , ouvrant de 3 pieds, forme un angle d’environ 20 dégrés. Un Soufflet de 6 pieds ouvrant également de 3 pieds, comme c’eft l’ordinaire , fait un angle de fept à huit dégrés de plus. 20. Ils font plus fofoeptibles des plus grands plis, qui par leur largeur feroient impratiquables dans de petits Soufflets. Ces grands plis rendent le Soufflet plus folide, en ce qu’il ne faut pas tant de cuir pour là conftruétion ; car plus il faut de cuir, plus le Soufflet eft foible, attendu que le cuir n’eft pas fi fort que le bois. 30. Un grand Soufflet étant fofcepti-ble de grands plis, il n’en faut pas un fi grand nombre ; ce qui eft un avantage confidérable. Quand un Soufflet ouvre , toutes^ les édifiés, qui forment les plis des côtés, fe gauchiffent & fe tordent jufqu’à certain point. Par leur élafti-cité, elles tiraillent en en-bas d’autant plus fortement la Table de defiiis, qu’il y a un plus grand nombre de plis. Il s’enfoit néceflàirement que le vent doit être plus fort quand la Table de defius eft tout-à-fait en haut, que lorlqu’elle eft plus bas, les plis alors étant moins gauches. 40. Moins il y a de plis, moins il y faut de cuir pour la conftruétion, comme je l’ai dit ci-defiiis ; & moins il y a
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- û74 FA CTEUR D'ORGUES, II. Partie, Chap. IV.
- de cuir, moins il fe perd de vent; carl’air paflê en plus grande quantité à tra^ vers le cuir, quoique double , qu’à travers le bois , fojp-tout étant doublé de parchemin. y0. Un grand Soufflet {buffle pendant plus long-temps , ayant plus de capacité ; par conféquent, il donne le vent plus égal. b°. Enfin, on ne doit pas méprifer une raifon d’économie , for-tout quand elle fe rencontre avec d’autres avantages. Il faut un moindre nombre de Soufflets, puifqu’il eft certain que trois grands Soufflets de 8 pieds de longueur fur 4 pieds de largeur, équivalent au moins à cinq autres qui n’auroient que 6 pieds de longueur fur 3 de largeur , ou même les forpaflènt ; or trois Soufflets, quoique plus grands, ne coûteront jamais autant que cinq, parce auil y a moins de façon. De plus dans l’entretien des Soufflets, & lorlqu’il faut les remonter en cuir neuf, il n’y a pas tant de frais à faire.
- 757. Je fai qu’il y a des Faéleurs fort partifants des petits Soufflets , qui di-fènt que les grands font des Soufflets à l’Allemande , 8c qu’ils font bons pour les Orgues d’Allemagne, & non pour ceux de France. Je réponds que les Orgues d’Allemagne font traités à fort vent ; par conféquent, on a befoin pour- les faire bien jouer de meilleures fouffleries qu’en France. Or fi les fouffleries à la Fran-çoifo, compofées de petits Soufflets, font infoffifontes ou moins propres pour faire jouer les Orgues d’Allemagne ; il eft donc évident que les fouffleries Allemandes font meilleures 8c préférables.
- 758. On peut regarder comme un principe, qu’il ne fournit jamais y avoir trop de vent dans un Orgue , & qu’une très-nombreufe foufflerie , fût-elle com-pofée de cinquante grands Soufflets, n’y feroit d’aucun autre inconvénient, que d’avoir donné lieu à une dépenfe fuperfiue , mais ne porteroit aucun préjudice à l’Orgue , quand même il feroit petit. Le grand nombre de Soufflets, ne rend pas le vent plus fort ; il ne fait qu’en fournir plus abondamment. U n en entre pas davantage dans le grand porte-vent, ni dans les Layes des Sommiers, ni dans les gravures, &c. Un feul Soufflet doit faire jouer l’Orgue dans toute fo force, de même que fi toute la foufflerie donnoit ; mais il ne foufflera qu’un mo-' ment. On peut en faire l’expérience par l’anémometre. A cet effet, on le po* fera for un grand porte-vent. On fera jouer un feul Soufflet ; on remarquera à quel point il fait monter la liqueur. On fera enfoite jouer tous les Soufflets en-femble, & on verra que la liqueur ne montera pas plus haut que lorfqu’un feul Soufflet jouoit.
- 75*9. Nous avons vu art. 756, page 273 , l’inconvénient d’un trop grand nombre de plis : on en met ordinairement cinq dans un Soufflet de 6 pieds ; fi on n’en met que quatre, il faudra les faire plus larges ; ils diminueront alors trop fenfiblement la capacité du Soufflet. Car plus les plis font larges, plus ils prennent d’efpace dans l’intérieur du Soufflet. On voit par-là que les petits Sou-flets ne font pas propres à être conftruits avec un petit nombre de plis. S’il s’agit d’un grand Soufflet, on peut le faire à trois plis foiilants, fans ure diminution
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- Secl. L Confie. des Soüffl. Calculer la capacité d'un Soufflet. 27^
- tion fenfible de fa capacité, à caufe de fa grandeur. Il y en a même qui les font ordinairement à deux plis {aillants , & même quelquefois à un pli faillant, fi lé Soufflet a 9 pieds ; mais dans ce dernier cas , on eft obligé de le faire fi large qu’il faut lui donner une épaifleur confidérable , qui le rendroit trop pelant. On doit défàpprouver la méthode de ceux qui ne font qu’un feul pli rentrant. Un Soufflet ainfi confirait ne peut jamais aller bien. Il faut donc prendre un milieu *
- 8c je crois que le mieux pour de grands Soufflets , eft de les faire à trois plis fail-lants, fans pourtant blâmer la méthode de les conftruire à deux plis {aillants , qui eft auffi très-bonne, & peut-être préférable, félon le fentiment de certains Faéteurs habiles & expérimentés*
- 760. Si l’on eft curieux de connoître la capacité intérieure d’un Soufflet, ou combien de pieds cubes d’air il contient ; voici la maniéré de le calculer. Un Soufflet ouvert forme à fes côtés un triangle équilatéral. Voyez la fig. 1. PL 62 , qui repréfente géométralement le côté d’un Soufflet ouvert. A B , C D , font les Tables de defius & de deflous. E F 9 repréfontent les extrémités des plis. Il faut confidérer que , le Soufflet étant fermé , les deux Tables ne fe tou-^ chent point. Il y refte un intervalle d’environ trois pouces qu'il ne faut point compter dans la capacité du Soufflet, à caufe que l’air que peut contenir cette partie, ne fe vuide point. On tirera donc, où l’on foppofera les lignes a b, cd9 parallèles aux deux Tables , 8c qui en feront éloignées d’environ un pouce & demi. On tirera encore , ou l’on foppofera la ligne droite h g 9 vers le milieu des plis au fond du Soufflet. Cette ligne h g , rigoureufement parlant, devrait former une courbe dont la charnière à la tête du Soufflet feroit le centre ; mais comme cette courbe rendroit notre problème plus compofé & plus difficile , & que la différence dans le réfoltat ne feroit prefque pas fenfible, il fera plus Ample de tirer la ligne g h droite , qui partage à peu près la faillie & la rentrée de ces plis. Tout cela ainfi entendu , venons au calcul. Suppofons donc qu’il s’agit d’un Soufflet de 8 pieds de longueur ou de 96 pouces , for 4 pieds ou 48 pouces de largeur. Suppofons que la perpendiculaire ef9 tirée au milieu de la bafe du triangle hgf9 ait 85 pouces de longueur, & qu’il y ait 15 pouces de e\gi ( il faudra multiplier 85 pouces , qui font la hauteur du triangle , par la moitié de la longueur de là bafe, qui eft 15 pouces ; le produit fera 1275 pouces quarrés* Pour les avoir cubiques, qui exprimeront la capacité du Soufflet, il faut multiplier le nombre 127J , par la largeur du Soufflet* La fig. 2. de la même Pl. 62* repréfente les plis des côtés & du fpnd du Soufflet. On tirera les lignes à b 8c c d, parallèles au bord de la Table, 8c qui partagent à peu près la faillie & la rentrée des plis. Suppofons donc qu’il y ait de a à c, ou, ce qui eft la même chofe, de ^ à d, 36 pouces, ce fera par 36 pouces qu’il faudra multiplier le fofdit nombre de 127J ; le produit fera 4^900 pouces cubes , qui feront la capacité intérieure du Soufflet, que nous foppofons ouvert de 3 pieds de hauteur. Pour favoir combien de pieds cubes contiennent ces 45900 pouces cubes , Orgues♦ IL Partie* Aaaa
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- Planche
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- 275 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IV.
- on le divifera par 1728 pouces cubes, que contient un pied cube, La divi-fion étant faite, on trouvera que ces 45900 pouces cubes font 26 pieds cubes & prefque deux tiers de pied cube. On pourrait avec plus de travail trouver plus précifément la capacité d'un Soufflet ; mais la méthode que je viens de donner eft fuffifomment jufte pour la pratique.
- 761. Si l'on veut fe donner la peine de calculer la capacité d'un Soufflet de 6 pieds, ouvrant également de 3 pieds, on trouvera quil contient à peu près 14 pieds cubes , & environ un fixieme de pied cube. On n'a quà comparer une Soufflerie compofée de cinq petits Soufflets de 6 pieds, avec une autre corn-pofee de trois Soufflets de 8 pieds, on verra que celle-ci contient près de 80 pieds cubes d’air, tandis que la première, quoique compofée de cinq Soufflets, n’en contient que près de 71 pieds cubes. Donc'la Soufflerie de trois grands Soufflets, furpafle celle de cinq petits Soufflets. Tout ce que je viens de dire en faveur des grandsr Soufflets, fiippofe que le local de la Soufflerie permet de les bien placer & d'y adapter des bafcules d’une longueur proportionnée à leur grandeur. Car plus les Soufflets font grands, plus ils font pefants ; & plus ils font pelants , plus les bafcules doivent être longues, comme nous le verrons dans la fuite.
- 762. Les Tables d’un Soufflet fe conftruifent de deux maniérés. JLa première , qui eft la plus ufitée , eft de corroyer , c’eft-à-dire , dégauchir , dreffer & tirer d’épaifleur plufieurs planches, les joindre fur leur champ l’une contre l'autre au moyen d’une rainure aux deux côtés de chacune, dans laquelle on rapporte une languette. Outre cela, on fait trois ou quatre clefs à chaque joint. On colle le tout enfomble, & on cheville les clefs. Sur la Table de deflus , on attache avec la colle & des clous, dont la tête fe met en dedans, les deux fortes barres FEyfig. 2. PL 48 , à 10 ou 12 pouces l’une de l’autre. Sur la Table de def-fous , on met trois barres K, K, K , fig. 3 » moins épaifles, mais plus larges. On les fixe avec la colle & des clous. Ces barres font deftinées à maintenir la Table , qui ne fe foutiendroit pas long-temps en bon état, à caufe des grandes -ouvertures deftinées aux Soupapes 8c aux gofiers. Ces Tables doivent être en bois de Chêne de deux pouces d’épaifleur pour des Soufflets de 8 pieds : s’ils n’ont que 6 pieds, un pouce & demi fuffiront; Dans la Table de deflus, on laif-fera la planche du milieu de 6 à 8 pouces plus longue que les autres, comme l’on voit en D ^ fig. 2. & 3. On y fera une mortaife de 6 lignes de large & d’un pouce & demi de longueur. On fera un trou de 6 lignes de diamètre au travers de l’épaifleur du bois, vis-à-vis du milieu de la mortaife, pour y inférer un boulon de fer, qui doit accrocher la tringle de fer du tirage. On obfervera de faire ce trou, non pas au milieu de l’épaifleur du bois, mais un peu au-deflous, afin qu’il refte plus de force de bois en deflus qu’en deflous ou elle n’eft pas nécefo foire.
- 763. Outre les barres dont je viens de faire mention > il en faut encore une
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- Secl. I.Confir. des Souffi. Faire tes Tables , les chajjis des Soup. 277
- autre à chaque Table ; on la voit à 1 une & à 1 autre par le bout en m,n, k1. PL 62 , & félon la longueur en ok^fig. 2 , où Ion remarquera que les deux bouts o & k, font coupés un peu en biais, pour fuivre la forme du petit bout des plis. Il faut encore obferver dans ces deux barres que le côté qui regarde le fond du Soufflet ne doit pas être fi épais que le côté qui regarde le dehors, comme on peut s'en appercevoir en mn, fig* i. Ces deux barres auront un pouce 8c demi d’épailfeur chacune, au côté qui regarde le dehors du Soufflet, & 16 lignes au côté qui regarde le dedans. Elles auront 3 pouces de largeur. On les collera fur leur place, & on les clouera en même-temps, obfervant de ne pas mettre de clôus aux endroits où il faudra faire des trous pour les cordes qui doivent fervir de charnières. Ces deux barres doivent affleurer les bouts des Tables & être parfaitement égales dans leur longueur, afin que les deux bouts, le Soufflet étant monté, faftent un plan bien uni, fur lequel les petits bouts des plis doivent appuyer. Du refte, on voit aflezpar la fi g. 2 , que ces deux barres doivent avoir une longueur telle qu'il refte fur la Table, la place du petit bout des plis & un bon pouce au-delà de chaque côté.
- 764. A trois ou quatre pouces du bord intérieur des plis, Iq, fig. 2 , on fera l'ouverture pour y pofer le chaffisdes Soupapes, que quelques-uns appellent ventaux. Mais auparavant il faut avoir déterminé la grandeur de ce chaffis, qui dépend de celle des Soupapes, comme celle des Soupapes dépend de celle du Soufflet. En voici la réglé. On donnera à L ouverture que les Soupapes doivent boucher autant de fois 3 pouces quarrès que la grandeur de la Table contient de pieds quarrés. Faifons l’application de cette réglé à l'exemple préfent, ce qui la fera bien entendre. Le Soufflet dont nous parlons, eft fuppofé avoir 8 pieds de longueur fur 4 pieds de largeur ; ces deux dimenfions étant multipliées l'une par l'autre, font 32 pieds quarrés de fuperficie. Nous venons de dire que les ouvertures dont il s’agit doivent avoir 3 pouces quarrés pour chaque pied quarté de la Table. Or trois fois 32, font 96. Il faut donc que les ouvertures des Soupapes contiennent, prifes enfemble,96 pouces quarrés. Comme il eft plus avantageux d'employer quatre Soupapes que deux , parce que n'étant pas auffi grandes, ‘elles feront moins fiijettes à s’envoiler, nous partagerons en quatre ouvertures la Ibmme de 96 pouces quarrés. Ce fera donc 24 pouces quarrés que devra avoir chaque ouverture. Or chacune ayant 6 pouces de longueur fiir 4 de largeur , c’eft juftement 24 pouces quarrés pour chacune, 8c 96 pour les quatre enfemble. On feroit encore mieux de conftruire le chaffis à fix Soupapes au lieu de quatre. Les ouvertures ne devroient avoir alors que r 6 pouces quarrés , au lieu de 24. Ainfi il ne faudroit aux ouvertures que 5 pouces de longueur fur 3 pouces 2 ou 3 lignes de largeur. Ces Soupapes étant plus petites feroient encore plus sûres. Si l'on vouloit n'employer que deux Soupapes, il faudroit que chacune des deux ouvertures eût 8 pouces de longueur fur 6 pouces de largeur. Or comme les Soupapes doivent être encore plus grandes pour avoir le re-
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- a?8 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IV.
- —Mnaat çQuyrement ncccfîâirc , il leroit bien a crâindrc elles ne le maintinftent pss Planche long-temps* On voit par l’expérience que les grandes Soupapes des Soufflets s en-voilent toujours.
- j6$. S’il s’agit d’un Soufflet de 6 pieds de longueurlùr 3 pieds de largeur, on trouvera également par la précédente réglé, la proportion de l’ouverture des Soupapes ; en multipliant 6 pieds par 3 pieds, on a 18 pieds quarrés de fùperficie de la Table. En multipliant encore, conformément à la réglé, r8par 3 , le produit fera 54. Les ouvertures des Soupapes doivent donc avoir J 4 pouces quarrés. Deux Soupapes feront convenables, parce que les ouvertures n’auront que 27 pouces quarrés ; c’efbà-dire , 6 pouces 9 lignes de longueur fur 4 pouces de largeur. Or deux fois 27 pouces quarrés, en font 54. Il faut obfer-ver qu’il ne faut jamais diminuer cette proportion. Il vaudroit mieux l’augmenter de quelque peu. Si l’ouverture des Soupapes n’eft pas affez confidérable, le Soufflet fera fort dur à lever promptement ; mais auffi fi l’on fait les ouvertures plus grandes qu’il ne faut, on tombera à pure perte dans l’inconvénient des grandes Soupapes , qui font toujours plus lujettes à s’envoiler que des petites. On peut avoir remarqué que nous faifons les Soupapes beaucoup plus longues que larges ; parce que le fil du bois eft bien moins fujet à s'envoiler dans là longueur ;,:v que dans fa largeur. D’ailleurs, comme on met la charnière de peau à la Soupape félon là longueur, elle fait fou mouvement en fe levant Sc en tombant avec plus de légéreté, Sc c’eft un avantage.
- 7(5(5. Quand on fait la grandeur des ouvertures des Soupapes, il eft facile de ' donner les dimenfions convenables au chaffls qui doit les porter. On donnera 2 pouces de largeur à chaque battant & au montant du milieu ; ce feront 6 pouces , lefquels ajoutés à deux fois 4 pouces, qui font la largeur des ouvertures , feront en tout 14 pouces de largeur que doit avoir le chaffls. Pour ce qui eft de là longueur , on donnera 2 pouces de largeur aux deux principales traverfès, un pouce Sc demi à celle du milieu ; cela fera .y pouces & demi, qui étant ajoutés à deux fois 6 pouces, ( longueur des deux ouvertures ) , feront en tout pour toute la longueur du Chaffls 17 pouces Sc demi. Ce*Chaffis doit être en-chaffé au deffous de la Table du Soufflet dans une groffle feuillure d’un pouce en quarré ; par conféquent, il faut que la grande ouverture de la Table foit plus petite que le dehors du Chaffls d un pouce aux quatre côtés. Ainfi elle aura en tout 15 pouces Sc demi de longueur, fflr 12 pouces de largeur. On voit en fgy fig. 2 , l’ouverture avec le Chaffls contenant les quatre petites ouvertures h, i, m y n , des Soupapes. La ligne ponéluée, qui eft aux quatre côtés de la grande ouverture , défigne la grandeur totale du Chaffls, qui paroît au travers du bois comme s’il étoit tranlparent.
- 767. Il y a vers la tête du Soufflet deux autres ouvertures b Sc d y fg. 2, qui font pour les deux gofiers. Nous ne parlons pas encore de leur grandeur ; ce fera quand nous aurons déterminé celle des gofiers. Il faut feulement remarquer,
- qu’il
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- Secl.I. Conjlr. des Souffl.F aire les Tables, les ChaJJis des Soup. 179 qu'il y a un chanfrein ou un talut qui commence en r, ou s, & qui fe termine dans l'ouverture jufqu'à ne lailfer qu'environ trois lignes d'épaifleur au bois dans le deflous. Cette pente peut commencer à 3 ou 4 pouces de diftance de l'ouverture. La fig. 3 , repréfente la coupe de cette ouverture avec Ton talut. AB eft un morceau de la Table de deflous du Soufflet, e eft la barre de la tête du Soufflet, a g eft une barre ou traverfe clouée & collée deflous la Table pour maintenir les ouvertures des gofiers. a b de eft l'ouverture pour le gofier. On voit le talut c a, qui eft néceflàire en cet endroit, pour que l'épaiflèur de la Table du Soufflet n'ofïufque point le devant de la Soupape du gofier.
- 768. La fécondé maniéré de conftruire les Tables des grands Soufflets eft de les faire d'affemblage. A cet effet, on fera deux battants de toute la longueur de la Table, d'environ 3 pouces d'épaifleur, fur 6 à 7 pouces de largeur. Ces deux battants feront aflembiés à tenons & mortaifes avec deux traverfes, une à chaque bout. On y aflèmblera de même au milieu & félon la longueur de la Table , un montant de la même dimenfion, & encore deux traverfes ; ce qui formera une croix. On remplira les quatre grandes ouvertures de quatre panneaux d'un bon pouce d'épaifleur, arrafés du côté de l'intérieur du Soufflet, & mis a glace pour le dehors. Voilà en gros la conftruétion de la Table. Mais il eft bon d'obferver plufieurs chofes qui contribueront à rendre l'ouvrage bien fo-lide.
- 769. i°. La traverfe de l'extrémité de la Table de deflus du côté de la tête bu charnière du Soufflet, doit être fuffifàmment épaifle, pour qu elle puifle porter toute en une piece la barre 0 k , fig, 2, PL 62 ; & comme cette traverfe ne doit pas être aufli longue que la barre 0 k , on fera un enfourchement à côté de l'aflèmblage, afin que cette barre ok , fe trouve de la longueur convenable f quoique l'arrafement de la traverfe foit plus court.
- 770. 2°. Il faut en dire de même de la traverfe de l'autre bout de la Table » vers le fond du Soufflet. Il faut quelle foit fuffifàmment épaifle , pour que la grofle & forte barre F, fig, 2. PL 48 , s'y trouve toute en une piece. O11 y fera également un enfourchement.
- 771. On mettra une autre traverfe fous l'autre barre E, fig. 2 , PL 48, qui {oit allez épaifle, pour que la barre E s'y trouve de la même piece. L'entre-deux de ces deux groffes barres fera rempli par un panneau de toute l'épaiflèur du bâti* arrafe deflus & deflous. Comme dans cette fécondé maniéré de conftruire la Table , on ne peut faire fortir ou dépaffer le morceau D, pour le tirage ; on mettra un gros & fort piton de fer & fourchu au milieu de la traverfe & barre F $ qu'on arrêtera fortement en deflous, foit par un écrou, foit en le rivant fiir un morceau de plaque de fer, le tout entaillé dans l’épaiflèur du bois, allez profondément , pour qu'on puifle recouvrir lecrou ou la rivure, par un petit morceau de bois entaillé & collé.
- 772. A l'égard de la Table de deflous, la première obferyation ( 769 ) a lieu , l Orgues, IL Part. B b b b
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- a8o FA CTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. IF.
- au fûjet de la traverfe de la tête du Soufflet. On ne mettra aucune barre en defe fous ; mais on fera des alfemblages, en mettant des traverfes St des montants aux quatre côtés de la grande ouverture des Soupapes, pour munir & fortifier cette partie. On mettra encore une traverfe , qui bordera les ouvertures des go-fiers , en forte quelles fe trouveront entre ces deux traverfes , comme celle des Soupapes. Pour mieux entendre cet arrangement des montants & des traverfes, on pourra jetter un coup d’œil fer la fig. 2 , PL 62, où Ton verra à peu près cette difpofition, par les lignes ponétuées à points ronds qui la défignent. On remplira avec des panneaux arrafés du côté du dedans du Soufflet , tous les vui-des que lailferont les montants & les traverfes. On n aura aucun égard à ces lignes à points ronds , fi l’on conftruit les Tables félon la première maniéré. On remarquera que l’on fait ordinairement la Table de deflous plus longue de 3 ou 4 pouces que celle de deflus. Si l’on vouloir emboîter les Soufflets pour les garantir des rats, il feroit néceflàire de faire la Table de deflus plus large d’un pouce aux deux côtés & au bout du fond du Soufflet , pour quelle fît un recouvrement fur les trois planches qui formeraient la boîte aux deux côtés & au bout inférieur.
- 773. Les Tables étant finies St tous leurs affemblages collés, chevillés, & le tout étant repiani, on y mettra les charnières, qui ne font que de cordes. Elles font plus folides que de véritables charnières de fer ou de cuivre, St elles durent plus long-temps. Ces cordes doivent être d’une grofleur proportionnée à la grandeur des Soufflets. Pour un Soufflet de 8 pieds ou environ, il en faut de lignes de groifeur, tiflues d’un grand nombre de fines ficelles, & le tout doit être tordu de façon à ne point faire une corde dure St roide ; elle cafleroit plutôt. On détordra St on effilochera un bout de la corde, pour l’attacher à un bout de fil de fer d’environ un pied de long, & à peu près d’une ligne de groifeur, au bout duquel, on fera, avec la pincette, comme un petit anneau ; & au moyen de la colle St du fil ordinaire, on y arrêtera la corde. Ce fil de fer fervira comme d’une aiguille pour enfiler la corde dans les trous.
- 774. On fera donc les trous pour mettre les cordes. Voyez la fig. 2, PL 62 9 où l’on remarque for la barre ok9 quatorze petites échancrures. Il y en a cinq vers les.deux bouts St quatre au milieu, éloignées les unes des autres d’environ un pouce. Ces trous doivent être aulîi juftes qu’il fera poffible à la groifeur de la corde, en forte qu’à peine elle puilfe palfer. Ces trous feront faits en biais, comme on le voit en la fig. 4, PL 62, où l’on a repréfenté un morceau de la Table de deflus en A, St en B la Table de deflous. C St D, font les deux barres intérieures de la tête du Soufflet. On voit en EF 9 St en E G, comment les trous font faits en biais.
- 775. Avant d’enfiler les cordes, on collera le long St par-defius les deux barres quelques morceaux, ou bien une bànde de peau, afin qu’elles ne fe touchent point quand elles feront l’une for l’autre. C’eft une précaution que l’on prend, afin que lorfque le Soufflet jouera , il ne crie pas par le frottement du
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- Secl. L Confir. des Soufifl. les Charnières ; doubl. en parch. 28 r
- bois côntre bois. Cette peau étant bien féche, on mettra les deux Tables lune fur l’autre dans leur véritable fituation. On enfilera les cordes qu on laiiTera for-tir de quelques pouces de plus qu’il ne faut, & on les arrêtera d’un bout, voici comment. On détordra & on effilochera, par exemple, le bout F, fi g* 4, /Y. 62 , même un peu avant dans le trou. On imbibera de colle-forte toute cette partie effilochée, & on y chaffera à force une cheville de bois trempée dans la colle, faifànt en forte que tout l’effort de la cheville fe faffo contre le bois de bout & non autrement, de peur de fendre le bois. Quand on aura ainfi arrêté les quatorze bouts de corde for la Table de deffos & qu’on fora afluré que la colle fora parfaitement féche 8c dure , on tournera le Soufflet pour arrêter les autres bouts des cordes. Après qu’on les aura effilochées & imbibées de colle, un ouvrier en prendra le bout avec une tenaille, il le tirera avec violence, comme qui arrache un clou ; & alors un autre ouvrier y enfoncera la cheville collée. On fera la même opération à tous les autres bouts, faifànt attention que la colle ne pénétré pas à l’endroit E ,fig. 4, de la corde, qui doit fléchir pour faire charnière. Quand la colle fera bien feche, on coupera proprement les deux bouts des cordes & leurs chevilles.
- 776. On ouvrira entièrement 8c à plat les deux Tables du Soufflet pour les doubler en parchemin for toute leur forface intérieure; on le collera comme je l’ai dit, art. 581 & 582 , pag. 194. & 19 ; mais auparavant on doit coller for toutes les jointures de petites bandes de peau, qu’on chanfreinera tout le long des deux bords ( 623 ). On en collera aufîî le long des deux barres où font les charnières du côté du dedans du Soufflet, aufli bien qu’à leurs deux bouts , pour que leur forface n’écorche point la peau du petit bout des plis des côtés. Lorfqu’on collera les bandes de peau for les joints , qui vont jufque dans les ouvertures , foit des Soupapes, foit des gofiers , on les fera aller for toute la partie du joint qui fo trouvera dans l’ouverture, jufqu’entiérement au dehors du Soufflet. Du refte, quand on collera le parchemin, on ne doit pas tant ôter la colle avec le couteau de bois. Il foffira de faire fortir l’air qui s’enferme fous le parchemin. Celui qui eft neuf eft le meilleur ; car le parchemin ancien, qui a été gratté de chaque côté, ne bouche pas fi bien les pores du bois. Comme il faut avoir foin de laifler un bon pouce aux deux bords & au bout des Tables qui ne foit point couvert de parchemin, auffi-tôt qu’on l’aura collé on le coupera avec le couteau le long d’une réglé.
- 777. J’ai déjà dit, an. 7 y 9 , pag. 274, qu’il falloit garnir ce Soufflet de trois plis fàillants, qui forment quatre plis rentrants. On les fera en bois de Chêne, de 11 pouces de largeur, 8c d’une épaiffour de 3 lignes égale d’un bout à l’autre pour ceux qu’on deftine au fond du Soufflet. Cette épaifleur doit être la même pour les plis des côtés dans la partie qui eft la plus large , ( qui aura également 11 pouces ) , & aller infenfiblement en diminuant, juf-qu’à environ une bonne ligne d’épaifleur au petit bout, lequel n’aura qu’un
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- aS2 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IV.
- pouce de largeur. On les Iciera dans des planches, auxquelles on donnera au-paravant la longueur, la largeur & la forme que les plis doivent avoir, comme " on la voit en la fig. 2, PL 62. lq 3 f, défignent les plis du fond d’un Soufflet ; 8c a e O y ou, c4 A, ceux des côtés. Il faut remarquer que la coupe u e t, où les plis des côtés vont le rencontrer avec ceux du fond du Soufflet, ne doit pas être à l’onglet ; mais on retranchera de l’onglet au moins un pouce de chaque côté, en forte que les plis étant enfemble à leur place & couchés fur leur plat, il fe trouve au moins deux pouces de diftance de e à r, & autant à l’autre côté de 3 à 4. Ce vuide eft néceflàire pour loger la peau des aînés qui fè pliflè lorfque le Soufflet efl: fermé. Si ce vuide étoit trop étroit, la peau des aînés fe couperoit & fe perceroit bientôt. Lorfque les plis feront fciés, on achèvera de les mettre à la fhfdite épaifîèur, 8c on les unira bien. On arrondira dans toute leur longueur les vives-arêtes avec une mouchette. Mais il faut faire bien attention de ne pas arrondir les arêtes qui doivent joindre & fe toucher enfemble. On ne fera cette opération qu’à celles qui font extérieures, tant au-dedans du Soufflet quen dehors. Et afin de ne pas s’y méprendre, on établira tous les plis.
- 778. Les plis qui feront au nombre de huit édifies, pour le fond du Soufflet , & de 16 édifies pour les côtés, étant tous finis , on en doublera exactement en parchemin la fùrface qui doit fe trouver au-dedans du Soufflet. Si l’on appercevoit quelque gerçure ou quelque petite fente, on y colleroit auparavant de la peau chanfreinée , & enfiiite le parchemin par-defïus. On obfèrvera de n’en point couvrir environ 9 lignes au bord de chaque édifie, où l’on a arrondi la vive arête, parce qu’on doit y coller de la peau, qui tiendra mieux fur le Jrais que fur le parchemin. A mefiire qu’on aura collé le parchemin à une écMè, on la mettra de plat fur une planche ou Table, le parchemin en defliis. Lorfqu’on aura doublé une autre édifie, on la mettra fur la première , & la troifieme fur la fécondé, ainfi de même de toutes les autres de la même efpece, en forte que le parchemin fè trouve toujours en defïùs ; par ce moyen il ne fe rencontrera jamais parchemin contre parchemin, ce qui ne conviendrait pas. On obfèrvera de mettre toujours une planche fur les édifiés, en forte qu’elles ne foient jamais à découvert. Quand la pile fèra finie, on y laifîèra la planche, qui ne doit pas être bien pelante. On empile ainfi les édifiés à mefiire qu’on les double de parchemin, pour quelles fe confervent planes. Si on les laifîoit fécher fans cette précaution , elles s’envoileraient & l’on ne pourrait que très-difficilement les aflèmbler. Quelques heures après que la pile fèra finie, on la démontera piece par piece, de peur que quelqu’endroit ne tienne l’un contre l’autre ; après oa réempilera comme auparavant. On défera ainfi la pile une fois par jour, &onla remontera jufqu’à ce que toutes les pièces foient bien lèches.
- 779. On coupera la quantité convenable de bandes de peau. A cet effet, on aura deux réglés de bois, de 6 à 7 lignes d’épaflTeur 8c de 20 lignes de largeur,
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- Seâ. L Cûnfîr. des Souffi. Doubl. en parchemin ; monter les plis. 283
- {îir environ 3 pieds de longueur. On les appliquera toutes les deux Tune contre l'autre au milieu de la peau félon fa longueur, quon coupera avec la pointe dun couteau le long de la première réglé. On l'ôtera de fà place, & on la mettra derrière 8c contre la fécondé réglé. On coupera le long de celle-ci, quon ôtera de û place avec la bande de peau , & on placera cette fécondé réglé derrière & contre la première. On coupera le long de la fécondé réglé. On continuera ainfi tant que Ton voudra couper des bandes. Cette pratique eft générale pour couper les bandes de peau & de parchemin. On doit avoir des couples de réglés de plufieurs largeurs, félon celle qu'on veut donner aux bandes. Il y a des ouvriers qui aiment mieux fe fèrvir d'une feule réglé quarrée de 20 lignes de largeur à chaque face. Quand on en faitufàge, on l'applique fur la peau, que l'on coupe le long de la réglé. On tourne celle-ci, on coupe encore ; 8c l'on continue ainfi en tournant la réglé après chaque coupe du couteau. Il paroît que cette méthode eft préférable , étant plus expéditive ; mais il faut que la table fur laquelle on travaille, foit bien droite, attendu que cette grofle réglé ne fléchit point. On obfervera que comme il faut coller des doubles bandes de peau fur tous les plis, on aura deux autres réglés ou bien une autre réglé quarrée pour couper des bandes de peau un peu plus larges, pour être collées par-defliis les premières.
- 780. Il faut remarquer que toutes les parties de la peau ne font pas propres à faire des bandes pour joindre les écliflès enfemble ; car on doit choifir pour cela tout ce qu'il y a de plus fort. On n'en doit guere tirer que quatre bandes au milieu & félon là longueur où elle eft plus forte. Les côtés de la peau doivent fervir pour les aînés, dont nous parlerons bientôt ; & fi l'on jugeoit que ce qui reftera aux côtés de la peau, après en avoir tiré quatre bandes, ne dût pas ê tre aflez large pour les aînés, il vaudroit mieux n'en tirer que .trois au milieu. Toutes les bandes étant coupées, on les chanfreinera aux bouts feulement.
- 781. On accouplera de deux en deux les édifies de même efpece, la doublure de parchemin en dedans. On les fera tenir enfemble au moyen des cavaliers , ( art. 119 , pag. 34, fi g. 94 > PL 12 ) , que l'on mettra félon le be-foin, tantôt fur la couple des édifies immédiatement, tantôt fur la peau collée fi le bois tend à s’écarter ; ces cavaliers les ferreront. Ainfi on collera une bande de peau tout le long & fur le dos des deux édifies jointes enfemble. On obfervera de ne pas mettre fi abondamment de colle fur la peau, quelle rifque de pénétrer entre les deux écliflès, & de les coller enfemble. On n'étirera pas beaucoup la bande de peau félon fa longueur ; mais feulement autant qu’il le faut, pour que la peau ne foit pas ridée. On l'étirera bien fort & tant qu'on le pourra, félon fa largeur ; fur-tout après y avoir appliqué le linge mouillé bien chaud & bien tordu auparavant. La raifbn pour laquelle il ne faut pas étirer la bande de peau félon fa longueur, eft qu'on la rend beaucoup plus mince , & que parla on ouvre fes pores. Il eft indifpenfable de l'étirer félon fà largeur* Sans
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- Gela elle prêteroit confidérablement ; & en s’étendant, quand le Soufflet joue* roit, les plis ne feroient pas liés enfemble, d’une façon ferme & folide. Il efl: bien vrai quen étirant la peau félon (a largeur, on élargit fes pores ; mais c’eft une abfolue néceffité pour la folidité de l’ouvrage ; ce feroit bien pire fl on l’é-tiroit encore félon fà longueur ; car on ne feroit pas pour cela difpenfé de l’étirer félon fa largeur. Après tout, de ces deux étirements , où il y a de l’inconvénient , il faut au moins en éviter un.
- 782. Quand on aura collé une bande de peau, & qu’on en aura ôté les taches de colle avec le linge chaud, on en collera une autre au bout de celle-là pour parfaire toute la longueur des écliffes. On obfervera que le bout de la première bande de peau, que la fécondé bande doit recouvrir, foit chanfreiné, auflî bien que le bout de celle-ci qui recouvre la première de quelques lignes. Aufll-tôt qu’on aura collé les bandes de peau dans la longueur entière des deux édifies, on recoupera la peau le long d’une réglé fuffifàmment longue, avec un couteau,pour en ôter celle qui fe trouvera fuperflue. Il fuffira que la peau ait 7 à 8 lignes de largeur de chaque côté du pli. On fera en forte que cette largeur foit égale Sc uniforme à tous les plis. Pour ne pas s’y tromper & pour faire cette opération avec plus de diligence, on fera une réglé de toute la longueur des plis des côtés , laquelle portera un rebord dans toute la longueur. On appliquera cette réglé fur le bord du pli, en forte que le rebord appuie, Sc on coupera la peau le long de la réglé. Voyez cette réglé en perfpeétive, Jig. 5. PI. 62, & Ion profil vu par le bout, fig. 6.
- 783. Cette première bande de peau collée d’un bout à l’autre fur la couplé d’écliffes , étant bien feche , on en collera une fécondé un peu plus large. Mais Celle-ci ne tiendra pas abfolument toute la longueur du pli. A ceux des côtés, il fuffira quelle aille jufqu’à environ y pouces près du petit bout, attendu que les rabats qui doivent fe mettre à cette partie, la doubleront fuffifamment; Vers le grand bout, on en laifîera environ un pouce & demi fans le doubler, auflî bien qu’aux deux bouts des plis du fond du Soufflet. Les coins qu’on doit y coller, doubleront allez ces bouts. A l’égard de la partie des plis qui doit fe trouver au-de-dans du Soufflet, la fécondé bande de peau qu’on y collera fur la première , ira entièrement comme celle-ci d’un bout à l’autre.
- 784. Toutes les écliffes, tant celles du fond du Soufflet que celles des côtés, étant ainfi liées de deux en deux, & la colle étant bien feche, on les joindra de quatre en quatre ; c’eft-à-dire, deux couples enfemble que l’on affujettira au moyen des cavaliers, & on y collera de même de doubles bandes de peau avec les mêmes précautions Sc les mêmes façons que la première fois. La Colle étant bien feche, on aflemblera une autre couple à cette double couple, ce qu’oit pourfuivra jufqu’à ce que toutes les écliffes qui doivent tenir enfemble, foient aflèmblées 8c collées.
- 785. Tous les plis étant affemblés 8c la colle étant bien feche, on les éten-
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- Se et. 1. Conftr. des Soufl. Collet la peau, les brides , les rabats. 28;
- dira for une table prefque à plat, & on collera des bandes de parchemin d’environ 18 lignes de largeur tout le long des angles rentrants , tant dans ceux qui fe trouveront dans l'intérieur du Soufflet, que dans ceux de dehors. On obfervera de ne pas retourner fens-deflus-deflbus les plis , que le parchemin quon aura collé ne foie bien foc. On collera ce parchemin avec foin ; on l'arrangera bien avec le couteau de bois. Du relie, j'ai expliqué avec quelles précautions on doit coller le parchemin, art. 581&582, pages 194 & 195.
- j86. Tous les plis étant amenés à ce point, on les pliera comme s'ils étoient dans le Soufflet fermé ; on les couchera for l'établi ; on les ferrera en mettant une planche par-defius & deux valets ; on égalifera avec la varlope à onglet les grands bouts, & on les préfontera à leur place, comme on le voit en la fig. 2. On examinera li les plis Iq, ne font pas trop longs ; s'il y a allez de vuide aux onglets^ fi les plis des côtés ao 8c c k, font de la longueur jufte ; car il faut que le petit bout y, 8c x, de ceux-ci, affleure le dehors de la tête du Soufflet. On verra encore, fi l'enfemble des plis forme dans les coins extérieurs p, 8c u, des onglets, un angle bien à l'équerre de haut en basfans quoi toutes les pointes ne fe toucheroient pas.
- 787. Les plis étant bien ajuftés à leur place, on émoulîera légèrement la pointe des coins p 8c u , auffi bien que les angles extérieurs des petits bouts y , & x. Ceux-çi doivent être arrondis un peu confidérablement, & on en émoulîera légèrement auffi les vives arêtes extérieures ; on émoulîera ainfi un peu les vives arêtes aux endroits que je viens d'indiquer pour quelles ne coupent point la peau. Tout cela étant fait, il s'agit de garnir les plis de tout ce qu’il leur faut.
- 788. On les ôtera de leur place, & on commencera de garnir les plis l q, du fond du Soufflet. Il faut avoir du ruban de fil d'environ un pouce ou plus de largeur , du plus fort 8c le mieux tiflu. Si du ruban plus étroit fe trouvoit mieux tiflu, de meilleur fil & plus fort, il faudroit le préférer. Il en faut à peu près 18 pieds ou cinq aunes pour un Soufflet. On mettra les plis du fond du Soufflet for une table , les faces du dedans du Soufflet tournées en delïus, ou bien for deux réglés, dilpofées à peu près comme on le voit fig. 7. On les arrêtera par une pointe à chaque bout, en forte qu'il y ait 5? pouces d'un pli à l'autre 8c bien également elpacés. On coupera le ruban de fil en morceaux de 14 à 15 pouces de longueur. Pour les pofer, on en trempera dans la colle les deux bouts, que l'on collera for les plis, en forte que le ruban y foit tendu. On collera tout de fuite for ces bouts de ruban collés une piece de peau pour les foutenir. On voit dans la fig. 7, comment toutes ces brides font dilpofées : car c'eft ainfi qu’on nomme ces rubans de fil par rapport à leur fonélion, qui confifte à déterminer l'étendue de l’ouverture de chaque pli du Soufflet dans fon élévation ; les quatre dernieres, lavoir, a,b,c, d, ne feront collées que d'un bout feulement. Elles font deftinées à être arrêtées, comme nous le dirons bientôt, auxdeuxTabiesduSoufflet.
- 789. Il y a plus de façon à faire aux brides des plis des côtés. Qn coupera fix
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- î morceaux de ruban de fil d’environ un pied de'longueur, a b, AB, fig. 8, rè* préfontent les plis d’un des côtés du Soufflet, les faces du dehors tournées en deffos ; ils font pofës for une table, & étendus prefque à plat, ou du moins beaucoup plus ouverts qu’ils ne doivent l’être, quand ils joueront dans le Soufflet. On remarque dans cette fig. 8 , que n’y ayant que trois plis Taillants , il n’y a que trois plis qui préfentent un dos en dehors ; par conféquent, il n’y faut que trois brides. On trempera un bout du ruban de fil de la longueur de 3 pouces dans la colle, & on le collera for le dos du petit bout a b, d’un des plis. Auflî-tôt qu’on l’aura collé , on collera par-deffos une bande de peau un peu plus large que le ruban de fil, qui en fora recouvert de trois ou quatre lignes plus haut. On chanfreinera toute la partie du bout de cette bande de peau que l’on colle. On obforvera que cette bande de peau ( qui doit être à peu près de la même longueur que le ruban de fil ) foit choifie de maniéré qu’on puiiTe l’étirer bien fort quand il le faudra , fans qu elle fo rompe. Dans toute cette opération, il faut faire attention de ne mettre de la colle précifément qu’à la partie qu’on applique for le pli. Si on en mettoit au-delà , cette portion du ruban & de la bande de peau deviendroit roide, & foroit embarraflànte pour les opérations qu’il faudra faire enfuite. Pour faire mieux entendre tout ceci, on n’a repréfenté dans la fig. 8 , qu’une bride compofée de fon ruban de fil & de là bande de peau par-deffos ; un autre pli, où il n’y a que le ruban de fil, & le troifieme où il n’y a encore rien du tout.
- 790. On fera enfoite les rabats. Ce font des pièces de peau dont AB CD i fig. 9, en repréfente une ; il en faut quatre pour un Soufflet, qui feront de la même largeur, c’eft-à-dire, de 13 à 14 pouces; pour la longueur, deux en auront 13 à 14 pouces comme leur largeur, & les deux autres auront deux ou 3 pouces de longueur de plus. La fig. 9, n’en peut donner qu’une idée générale. Mais pour en avoir la véritable grandeur, il faut en prendre la mefore for la place avec du papier qu’on appliquera par-deffos les brides & quelques lignes au-delà pour les couvrir. Voyez la fig. 10. On fera entrer bien exactement le papier dans toutes les finuofités des plis, obfervant qu’il,en refte environ un pouce au-delà de chaque côté. Ce papier fora le patron du rabat, dont le bout AB, fig. 9 , formera une ligne un peu courbe, qui deviendra droite , quand le rabat fera collé. Il en faut deux : l’un plus long que l’autre, relativement aux deux longueurs différentes des rabats ci-deffos preforites.
- 7^1. Les quatre rabats étant coupés de mefore for le patron de papier , on les efîàyera en les appliquant à leur place comme fi on les colloit, & ayant chan-freiné le bord A B , on y mettra de la colle du côté du duvet à l’ordinaire , de la largeur de 3 pouces & demi ou un peu plus. On mettra ce rabat au-deffos des brides & 6 à 8 lignes au-delà. On l’arrangera exactement avec le couteau de bois mouillé , faifànt en forte que la peau foit intimement bien appliquée dans le pli. On y paffora le linge chaud bien tordu, en forte qu’il touche bien par-
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- Se ci. I. Confir- des Souffl. Coller la peau, les brides, les rabats. 287
- tout, & on y repaiera enfuite le couteau de bois, afin que le rabat foit bien . étendu Sc collé proprement. Lorfque la colle fera bien feche, on collera le fécond rabat par-deifus le premier, & avec les mêmes foins ; mais on le fera avancer au- delà du premier de 6 à 8 lignes. Il faut entendre que le premier rabat que l’on colle eft le plus court, Sc que le plus long fe colle par-deifus. Du relie, on obfervera toujours de ne mettre de la colle fur le rabat qu’en la partie qui doit être collée, pour les raifons que j’ai dites ci-deifus art. 785), pag. 285.
- 792. Lorfqu’on aura pofé toutes les brides & les rabats, on collera une bande de peau de 2 pouces de largeur fur le bord extérieur des deux dernieres éclif-fes des plis , tant des côtés que dü fond du Soufflet, comme en A a, & B b, fig. ^ ’ ou a b > & de, jig. 7. On ne collera cette bande de peau que fur fon bord , en forte quelle dépaifera hors de lecliiTe d’un peu plus que de la moitié de fa largeur, obfervant de ne mettre de la colle que dans la partie qui doit être collee lùr 1 ecliiïe 5 Sc afin de ne pas riiquer d en mettre plus avant qu’il ne faut dans la largeur de la bande de peau, on n’en mettra que 4 ou j lignes de largeur fur le bord de la peau, Sc autant fur le bord de l’éclilfe. On la collera avec foin, & on la recoupera à la réglé. Il ne faut pas encore coller la double bande de peau.
- 793. Tous les plis étant ainfi garnis de tout ce qu’il leur faut, Sc le tout étant bienlèc, on les mettra au-dedans du Soufflet, comme on voit en la fig. 2. On fera des trous avec le villebrequin , juftement aux endroits de l’une & de l’autre Table, où l’on voit les brides a, b, c ,d, fig. 7, comme aux points 3 Sc t, fig. 2. On fermera le Soufflet, Sc on fera palier au travers de ces trous les rubans de fil , tant en la Table de deiïùs qu a celle de deiîous. On mettra un clou au travers des quatre bouts de ruban de fil en dehors, afin qu’ils ne rifquent point de rentrer dans le Soufflet, en attendant qu’on les arrête à demeure.
- 794. Tous les plis étant bien ferrés par la pefanteur naturelle de la Table de defflis, approchez bien exactement aux coins pScu, Jig. 2, toutes les peaux - flottantes étant en dehors , tant les bandes que les rabats avec leurs brides, y ayant un efpace égal aux deux côtés Sc aux bouts, tant en la Table de deiTus qu’à celle de delfous, & la tête du Soufflet étant bien affleurée auflï bien que les petits bouts des plis. On collera les bandes de peau des côtés & du fond contre la Table.
- 79 f. On obfervera de fe fervir du couteau de bois, pour que la peau rentre bien au bord de lecliiTe contre la Table. On fera attention de ne pas mettre tellement de colle, quelle puiffe pénétrer au-deffous de l’écliiTe. La colle étant féche, on tournera le Soufflet fens-deflùs-defflous, Sc avec précaution, pour ne rien déranger. On collera également les bandes des côtés & du fond contre l’autre Table.
- 790. La colle étant bien feche, on ouvrira un peu le Soufflet, pour mettre au travers de chaque coin entre chaque pli, fig. 2 , un morceau de bois v 7, d environ un pied de longueur fur 7 à 8 lignes en quarré. On met ainfi ce mor-Orgues, IL Part. D d d d
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- Planche ^2 «
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- m FACTEUR DVRGUES, IL Partie, Chap. IV.
- —..- - ~J ceau de bois pour féparer foffifomment les plis, afin de les lier & arrêter enfem-
- Planche On mettra un fort petit morceau de peau ( mouillé avec la colle de chaque
- côté ) entre les deux coins de chaque pli, comme en p 9 Sc en u , fig. 2 , afin que le coin des plis des côtés ne frotte point immédiatement bois contre bois contre le coin de ceux du fond du Soufflet. Enfuite on collera à chaque coin un petit morceau de peau alfez forte d’environ 2 pouces de longueur fur 8 à 1 o lignes de largeur ; mais avant de la coller , il faut lui faire faire la poche ; c’eft-à-dire, que tenant des deux mains les deux bouts de ce morceau de peauy on le frottera avec effort dans foh milieu contre fangle du coin du pli, ce qui lui produira un creux commode pour le bien appliquer for ces coins. On y mettra le linge chaud à l’ordinaire, &c ; alors les plis feront arrêtés Sc unis enfemble. Quand la colle fera feche, on ôtera tous les bois qui féparoient les plis.
- 797. On mettra le Soufflet fur un côté; on l’ouvrira de telle maniéré que les derniers plis rentrants , tant celui qui touche la Table de deffus que celui qui touche la Table de deflous, foient exactement du même angle Sc de la même ouverture que les autres , dont les angles font déjà déterminés par les brides intérieures ; on s’en aflurera avec le compas. Alors on arrêtera à demeure, au moyen de la colle Sc d’une cheville , les rubans de fil y qui paffent au travers des Tables du delîus Sc du deflous. Quand on mettra cette cheville , on tirera un peu le ruban de fil y afin qu’il refte auffi tendu que les autres bandes ; cette cheville ne doit pas dépaffer en dedans. Alors on collera une fécondé bande de peau, for celle qui attache les plis aux Tables. On la recoupera à la réglé. On fera en forte y que for fécliffe, cette fécondé peau dépaffe un peu la première, afin que celle-ci ne paroiffe point.
- .. 798. On fera deux tringles de bois de chêne de deux pouces de large for
- Planche un p°uce & demi d’épaiffeur. Voyez la fig. 1. PL 63., On y fera une entaille A?* A Sc B y vers chaque bout & for le champ, pour recevoir l’épaiffeur de la Table , Sc affez profondes pour que la tringle touche les deux demi-plis ; c’eft-à-dire, ceux qui font attachés aux deux Tables. On arrêtera cette tringle avec une bonne vis à chaque bout. On attachera une autre tringle femblable de l’autre côté du Soufflet Sc vis-à-vis de la première. Ces deux tringles font néceflai-res pour tenir toujours le Soufflet invariablement ouvert au même point, jufqu’à ce qu’il foit totalement fini. Il faut quelles tiennent folidement, afin de pouvoir tourner & retourner le Soufflet lorfqu’il fera néceflàire , fans quelles rifi-quent de fe défaire. Il faut maintenant coller les aînés.
- 799, Le Soufflet étant ouvert, comme il elt repréfenté par la fig. 1. PL 63,
- forme de grandes ouvertures g h y dans les coins rentrants des plis. Ce font ces
- ouvertures qu il s’agit de fermer par des pièces de peau, qu’on appelle les aines.
- Planche Qn en yQ‘lt ja forme en fjpr. j PL 62. Pour en avoir la véritable dimenfion , 62. 1 ^
- —— on prendra la mefore de ces ouvertures , avec un papier. La fig. 2 , PL 63 , Planche repréfonte géométralement Sc à plat, un pli A y du fond du Soufflet. B Sc C, un morceau des plis des côtés, ah c y un côté de louyerture de l’aine, e de , la
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- SeB. I.Conftr. des Souffl. Les brides, les rabats, les coins. a8p
- peau qui ferme cette ouverture & à laquelle on donne proprement le nom d9ai* ' ne. On voit quelle eft plus large de 4 à 5 lignes que l’ouverture. La longueur de laine doit être le double de a b à c, & dun pouce en outre à chaque bout. Lorfqu’on aura toute la dimenfion avec le papier, on fera fur ce patron un calibre de bois de 4 à 6 lignes d’épaifleur qu’on coupera conformément au patron. O11 en fera un fécond de la même longueur, mais plus large d’environ 3 lignes de chaque côté d’un bout à l’autre.
- 800. La peau des aines ne doit pas être aulïï forte que celle des bandes deC tinées à joindre les plis. Celle qui relie aux côtés de la peau après en avoir tiré les bandes dans fon milieu, fera très-propre pour cela, comme je l’ai dit ailleurs. On étendra fur une table ces pièces de peau ; on appliquera le calibre par-def* fus, & le tenant ferme d’une main, on coupera la peau tout à l’entour avec la pointe bien tranchante d’un couteau. Il faut huit aines pour un Soufflet à trois plis fàil-lants. On les chanfreinera toutes proprement tout à l’entour. On les étirera enfoite avec les doigts fur les bords AB, fig. 11, PL 62, à un ou deux pouces de chaque côté jufques vers E & F. On nétirera point en largeur, mais en longueur fur les bords feulement, comme je viens de le dire. On fait cette opération pour les coller plus aifément.
- 8or. Avant de coller les aines, on émoufîera légèrement avec un cifeau la vive arrête des deux côtés de l’ouverture qu’il s’agit de boucher, afin quelle ne coupe point la peau dans la fuite. On mettra de la colle fur toute la fur-face du çôté du duvet de l’aine : on l’appliquera fur l’ouverture ; & comme elle eft plus longue d’environ un pouce à chaque bout, on redoublera cet excédent fur le coin fàillant, .le faifant venir fur le commencement de l’ouverture du pli foivant. On aura foin de faire entrer la peau avec le couteau de bois dans les angles rentrants [for les endroits que l’on a étirés auparavant. Enfuite on y appliquera le linge chaud bien tordu $ & on achèvera, avec le couteau de bois, de bien étendre la peau, en forte quelle ne fafle en aucun endroit la moindre ride. On collera l’aine fiiivante de la même maniéré , & on fera aller les deux bouts for les deux coins faillants & au-delà ; enforte que le premier coin qui avoit été déjà recouvert par l’excédent de l’aine précédente, fe trouvera recouvert une fécondé fois par l’excédqnt de la fécondé aine. Toutes les premières aines étant collées, & la colle étant bien feche , on collera les petites pièces avant de coller les fécondés aines.
- Planché
- 6^
- Planche
- 62.
- Planche
- 63.
- H
- 802. La fig. 12, PL 62, montre la forme de ces petites pièces, qui peuvent avoir environ un pouce & demi de longueur, for un pouce de largeur au bout le plus large. Il faut faire un calibre de bois pour couper toutes ces pièces uniformément. On choifira de la peau plutôt mince qu’é-paiffe ; on la coupera à l’entour du calibre avec la pointe du couteau , & on la chanfreinera en entier. On appliquera ces pièces dans les angles ren*
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- Planches
- 62 & 63.
- ,.*po T ACTEUR Df ORGUES, II. Partie, Chap. IV.
- : trants a, b, c, 1 , PL 63 , &c. enforte que le bout £ H, t/z£. 12, PL
- 62 , foit de 4 ou 5 lignes fur le bord de Taine, & le bout K , vers le côté oppofé,^/zg. 1 , PL 63. On collera ces pièces avec le même foin que les aines ; on les arrangera bien avec le couteau de bois, pour qu elles em trent exactement dans les angles rentrants. Toutes les petites pièces étant mifes en place , & la colle étant bien feche, on collera les fécondés aines par delîus les premières , & avec les mêmes façons ; comme elles feront un peu plus larges , elles recouvriront les premières, en forte que celles-ci ne paroîtront plus. Les petites pièces auront ainfi leur tête enfermée entre deux aines , de forte qu il n en paroîtra que le petit bout. Toutes ces opérations étant finies, & la colle étant bien feche , on collera les coins.
- 803. Les coins font des pièces de peau coupées en demi cercle B C D, fig. 13 , PL 62, & fendues au centre A de 4 lignes ou environ; de B à D , il peut y avoir 30 à 34 lignes* On fera un calibre de bois pour les couper unfi formément : on les chanfreinera en entier , même la fente. Il faut deux coins pour chaque pli {aillant , & 8 demi coins comme A D C, également chanfrei-nés ; ils ferviront pour les angles d, e , f9 k , fig, 1, PL Ô3.
- 804. Le Soufflet reliant toujours lur un des côtés, on collera les coins ; à cet effet on mettra de la colle fur une des pièces en demi-cercle ; on rappliquera fur le coin faillant d'un pli. Voyez la fig. 2 , PL 63 , où Ton voit en gf comment on met cette piece. On y apperçoit le bout g déjà pofé , & le bout f encore en l'air, 8c prêt à être replié par-deflus pour joindre 8c même un peu furmonter ou recouvrir le premier bord déjà pofé. On voit à l’autre côté c 9 cette piece pofée en entier ; on fera en forte que les deux bords A D & A B 9 fig. 13 9 PL 62 , foient mis un peu l'un fur l'autre , 8c que cette jointure fo trouve vers la table de delîus. On arrangera aulfi l'endroit fendu , le failànt croi-fer l'un for l'autre, le tout bien étendu fins faire aucune ride. En un mot, cette piece de peau doit bien envelopper tout à l'entour le coin faillant du fouf-flet. Enfin on y appliquera le linge chaud à l'ordinaire , 8c lorfqu'on l'applique adroitement, ordinairement il n'y a plus rien à retoucher. Quand on aura ainfi collé tous les coins , 8c que la colle fera bien féche 9 on en collera un fécond for le premier, mais dans un fens contraire 9 c'eft-à-dire / que la jointure doit fe trouver du côté de la Table de defious ; la raifon en eft, que lorfque le Souf-,-flet eft en place dans la Soufflerie, 8c qu'on le fait jouer, on ne voit aucune jointure à ces coins, ce qui eft plus propre. On collera enfoite les demi-coins à leur place ; ils doivent auffi être doubles. On tournera le Soufflet pour coller de la même maniéré les coins de l'autre côté.
- 805. Le fond du Soufflet étant totalement fini, on travaillera aux brides & aux rabats qui font aux deux côtés de la tête du Soufflet, qui reftera pour cela for le côté ; on fe procurera de petits clous de fer à l'ordinaire, mais étamés, pour les garantir de la rouille. Les Selliers en ont toujours, parcs qu’ils s'en
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- 'Secl. I. Conjlr. des S ouf fl. Coller les rabats ; Chajjis des Soup. 291 fervent pour leur métier ; mais au cas qu’on n en trouve point, voici la maniéré de les étamer : On fera recuire les clous, c’eft-à-dire, qu’on les fera rougir au feu; lorfqu ils feront refroidis, on les mettra dans un lac fait en forme de manche dans lequel on les promènera 8c on les agitera avec violence , afin que par leur frottement mutuel fécaille fe détache. O11 les mettra enliiite dans un pot ou marmite de fer, avec à peu-près la moitié autant pelant d’étain commun : on y jettera de la réfine en poudre & un peu de fel armoniac bien pulvérifé ; on fera chauffer le tout julqu’à ce que l’étain loit fondu & qu’il {oit bien chaud, mais non pas rouge ; alors on prendra ce pot avec des tenailles de forge ; on l’agitera fortement en tout fens, jufqu’à ce que l’étain foit figé. S’il y a des clous qui fe tiennent enfemble , ce fera une marque qu’on aura mis trop d’étain.
- 8o<5. Avant de commencer à opérer fer les brides & les rabats a c b, fig.
- 3, PL <$3 , on couvrira celles qui font de l’autre côté de du Soufflet, afin de les garantir des gouttes de colle de laquelle on va fe forvir, & qui y tom-beroient. On retroufïera les rabats c,en deffes ; on prendra par fon extrémité inférieure, avec une tenaille, une bride de ruban de fil ; on la tirera bien fort en en-bas , la tenant bien appliquée contre le bois de la tête du Soufflet : on l’arrêtera avec un clou étamé contre le bois ; 8c avant.de lâcher la tenaille , on en fichera un autre. Il faut ainfi mettre deux clous de feite, parce que fi le ruban de fil n’étoit retenu que par un clou, il fe déchireroit plutôt que de fe tenir dans la forte tenfion où on l’aura mis ; on fichera enfeite deux ou trois autres clous. On attachera de même les deux autres brides de ruban de fil ; enfeite on les barbouillera avec la colle qui pénétrera au travers du ruban & le collera contre le bois.
- 807. On clouera de même les brides de peau, en les étirant bien fort ; mais on y mettra de la colle auparavant, & on y appliquera le linge chaud. On prendra enfeite le premier rabat, on le fendra en plu fleurs endroits 8c en long avec les cifeaux, mais non pas jufqu’aux plis du Soufflet. S’il y a quelqu’endroit de la peau qui ne puiffe pas bien s’appliquer pour être trop dur, on l’applatira avec le marteau. O11 aura l’attention de mettre de la colle par-tout en deflous : on y appliquera plufieurs fois, s’il le faut, le linge chaud, pour ramollir la peau , afin qu’elle s’applique bien. S’il y a quelqu’endroit qu’on ne puifle pas parvenir à bien appliquer pour être bourfoufflé, on y mettra un clou , pourvu que ce ne foit pas en un endroit où il puiife paroître ; on fe fervira beaucoup du couteau de bois.
- 808. Pour le fécond rabat, on le fendra le moins que l’on pourra, fer-tout obfervant que ce foit un peu loin des plis : on le collera de même. On l’appliquera avec attention 8c avec propreté, foit par le fecours du linge chaud ÿ foit au moyen du marteau, du couteau de bois, &c. On fera enforte que les rabats ne foient jamais plifles au dedans des plis, dans lefquels ils doivent ctre tendus jufqu’au fond , mais feulement liir les bouts, comme on le voit en
- Orgues. II, Partie. Ee e e
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- 292 FACTEUR D’ORGUES, 77. Partie, Chap. 7F.
- A ,fig. 4, Z7/. 63. Tous ces plis de la peau doivent être proprement arrangés Sc bien applatis. Il faut prendre garde de ne pas altérer la peau à force d’appliquer le linge chaud, lequel à cet effet doit avoir été fortement tordu, pour ne pas faire perdre à la peau là foupleife ni là blancheur. Lorfquon aura fini d’arrêter les brides & les rabats d’un côté, on tournera le Soufflet, & on fera les mêmes opérations de l’autre côté.
- S09. Le Soufflet étant toujours fur le côté, on collera une forte bande de peau d’environ deux pouces de largeur, & chanfreinée aux deux bords Sc aux deux bouts , fur toute la jointure de la tête du Soufflet où font les charnières. Elle ne tiendra pas abfolument toute la largeur du Soufflet, mais feulement jufqu’à deux ou trois pouces des plis. Par-defïùs cette bande de peau , on en collera une autre affez large pour embraffer toute la tête du Soufflet , & encore environ un pouce & demi par-delîus les Tables. Cette peau doit être forte & être chanfreinée aux deux bouts feulement. On la fera aller jufte ju {qu’aux plis , de façon qu’ils foient totalement à découvert. Voyez la fig. 5 , où l’on apperçoit le bout M N de cette peau. On fent bien qu’il faut la mettre en plufieurs pièces dans {à longueur ; mais dans là largeur on la mettra toute en un morceau. On aura un foin particulier de faire bien appliquer le bout M N , au moyen du linge chaud. On recoupera à la réglé la partie de la peau qui fe trouvera fur les Tables ; & pour que le Souffleur ne puiffe la fouler en prenant la bafeule, on la garantira en la couvrant d’une tringle qu’on fixera avec des pointes ou des clous. On coupera proprement toute la peau qui fe trouvera excéder les Tables aux deux côtés du Soufflet. Toutes ces opérations étant faites, il ne manquera, pour l’avoir entièrement fini, que d’y mettre les Soupapes. On ne doit fermer le Soufflet que dans quelques jours, pour donner le temps à la colle de bien fécher & de fe confclider.
- 810. Le Chaffis des Soupapes eft compofé, comme je fai dit art. j66,f. 278, de deux battants, deux traverfes, un montant dans le milieu, & deux autres traverfes dans le milieu ; on en a vu les dimenflons. Tout le bois pourra avoir 18 lignes d’épaiffeur. Il faut en coller tous les affemblages plutôt que de les cheviller, parce que dans la fuite du temps, les chevilles délàffleurent le bâti, 'comme on le voit dans prefque tous les affemblages de me-nuiferie. On dreffera bien toute la furface de deflus avec la varlope & non au rabot. On fera par-deffous un gros chanfrein d’environ fix lignes en dehors aux quatre côtés. On fera un trou vers les quatre coins pour attacher le Chaffis dans fa feuillure au - deflous de la Table. Il femble qu’il feroit mieux d’employer pour cela quatre vis ; mais comme après un certain temps elles fe rouillent, & qu’on ne peut plus les retirer dans le befein, on aime mieux fe fervir de clous.
- 81 r. On choifira du bois'de chêne pour les quatre Soupapes, avec fe même foin que pour les Soupapes des Sommiers, & les panneaux des Claviers. Elles doivent être légères, Sc avoir à l’endroit le plus épais vers la
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- Secl.-I- Conjlr. des S ouf fl. Garnir le ChaJJis de fes Soupap. 293
- charnière , y à 6 lignes d’épaiflèur tout au plus, & aller en diminuant vers le bord oppofé à la charnière , jufqu’à deux lignes d’épaiflkir. On voit la forme de ces Soupapes aux fig. 4, 5 & 7 , PL 48. Il convient, pour couper la ~ force & ie fil du bois, d’y faire quelques trous coniques, qui en deflus pourront avoir 12 ou iy lignes de diamètre, & en defious y à 6 lignes; par cet expédient, elles feront moins fujettes à s’envoiler. Les Soupapes feront faites d’une grandeur telle qu elles puiflènt avoir 3 ou 4 lignes de recouvrement aux quatre côtésf
- 812. On prendra de la peau la plus épaifle & la plus molle ; on la collera par-defius les montants & les traverfes du Chaffis, comme il a été expliqué art. ïY/ipag' 178. On fera enforte que les jointures de la peau, qui doivent être faites bien proprement, ne fe rencontrent point fur les joints des aflemblages du Chaffis. Les Soupapes feront garnies comme je l’ai décrit art. 588 & 589 , pages 196$197 ; mais on n’en coupera les queues qu’en les préfentant en place, comme fi on vouloit les y coller, faifant aller les queues les unes fur les autres. On les coupera toutes enfemble d’un coup de couteau le long d’une réglé ; après avoir ôté tout le fiiperflu que le couteau aura coupé, on les remettra à leur place, où on les arrêtera, en y mettant une petite planche mince qui couvrira toutes les queues fans gêner les Soupapes. On fixera cette tringle par des pointes. On arrêtera enfuite au moyen de quelques clous , les morceaux de bois M, M y fig. 4 8c y, PL 48. On pourra faire au-defïus Sc au milieu de ces morceaux de bois, une grande échancrure , pour n’être pas obligé d’env ployer de grands clous.
- 813. U y a des Facteurs qui doublent le deflîis des Soupapes des Soufflets d’une peau collée, afin qu’étant ainfi recouvertes d’une peau fur leurs deux fur-faces , elles foient moins fujettes à s’envoiler. Je l’ai quelquefois fait ainfi ; mais je n’ai pas eu l’occaflon de voir dans la fuite fi ces Soupapes s’étoient bien maintenues. Cette méthode peut être bonne ; mais il ne faut pas que la peau de deflus foit plus étirée que celle de deflfous. Il en eft d’autres qui préfèrent d’y coller du parchemin ; je ne crois pas que ceux-ci faffent bien , parce que le parchemin étant préparé bien différemment des peaux, il eft à préfùmer qu’il doit faire un mouvement différent.
- 814. Le Chaffis étant garni de fes Soupapes, on lé mettra dans fà feuillure deffous la Table du Soufflet, dans laquelle il doit bien porter par-tout. On l’arrêtera avec quatre clous, & on collera une bonne bande de peau aux quatre côtés. On les recoupera à la réglé. Du refte, il eft eflentiel que cette peau foit collée avec une grande exaélitude. Le Soufflet dans cet état fera totalement fini. Si on eft curieux de l’éprouver, on mettra le Soufflet à plat par terre, la Table de deflus en defious. Pour boucher les ouvertures des gofiers, on mettra fur chacune une double peau avec une planche par-defius, qu’on arrêtera par trois ou quatre clous ; alors on éleyera au plus haut la Table de defious, & on
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- m FACTEUR D’ORGUES ,11. Partie, Chap. ÎV\
- la laiflera aller bien brufquement. On remarquera que tant quon éleverala Table , les Soupapes fe tiendront ouvertes ; mais auflî-tôtqu on laiflèra aller brufque-. ment la Table, les Soupapes fe fermeront exactement. Un homme ou même deux , peuvent monter fur le Soufflet ainfi élevé , & on ne doit pas apper-cevoir la Table defcendre : il doit être parfaitement étanche. Pour ce qui regarde la quantité de vent qu’une Soufflerie doit fournir félon la qualité de l’Orgue, ou le nombre de Soufflets qu’il lui faut, leur grandeur étant déterminée, nous en donnerons bientôt la régie.
- S E C T I O N SECOND E.
- Conjlruction des Gqfiers.
- 8 IJ. Le Golîer, dont on a vu la defcription au long, art. 389 êfi. p. 122 , eft compofé de quatre planches qui tiennent enfemble en languette & rainure. Il faut en doubler en parchemin les faces qui doivent être en dedans avant de les aftembler. On fera auffi auparavant l’ouverture de la Soupape avec une fcie en façon d’échancrure, & on rapportera à bois de fil la tringle fùpérieure , qui eft celle à laquelle on attache la Soupape. Cette tringle, qui doit être aflemblée aux deux bouts en languette & rainure , comme en enfourchement, doit avoir la même épaifleur que les quatre planches & un pouce de largeur. Elle doit être bien affleurée en dehors & en dedans avec la planche à laquelle elle eft aflemblée & collée. On fera au bout fupérieur des quatre planches, & en-dedans , une feuillure d’environ trois lignes en quarré , pour recevoir le couvercle du Gofier.
- .816. On attachera la planche f e >fïg. 8 , PL 48 , contre celle du Gofier en-dehors, avec de la colle & des pointes. Il fera encore mieux de la faire aflez haute , pour qu’elle puifle appuyer dans fa partie inférieure fur le grand Porte-vent. On fera une feuillure de 10 à 12 lignes de hauteur fur J à 6 lignes de profondeur au bas des quatre planches 8c en dehors. On attachera la Soupape °Pv 11, au moyen de fa petite tringle, fi g. 12 , après avoir auparavant garni de quatre bandes de peau , ( le duvet en deflus ) les quatre bords intérieurs de l’ouverture du Gofier. Cette Soupape doit être encore plus legere que celles des Soufflets , & être très^libre ; c’eft à quoi il faut faire une attention particulière : elle rifqueroit autrement de faire le Tremblant doux , défaut qu’il faut abfolument éviter. Tout cela étant fait, on collera les quatre planches enfemble. La colle étant feche , on y mettra le couvercle en deflus , qui doit être mince comme la profondeur de la feuillure qui le reçoit ; il doit être doublé de parchemin. On ne le collera point dans fà place ; mais on collera en deflus une petite bande de peau fur toute la jointure aux quatre côtés. Nous ver^ rons art. 832 & fuiy, comment on détermine la grandeur des Gofiers.
- Section
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- Secl. lit Conflr. des grands Porte-vents. *9$
- Section troisième.
- Conftruclion des grands Porte-vents.
- 817. Les grands Porte-vents font des canaux de bois, conftruits de qua* tre planches , dont la fonétion eft de porter & diftribuer le vent des Soufflets aux Sommiers. On diflingue plufieurs parties dans les Porte-vents. Celui qui efl; immédiatement deflous les Soufflets ; celui qui va de la Soufflerie au Tremblant doux ; celui qui du Tremblant doux va au grand Sommier ; celui qui va aux Pédales, au Pofitif, &c. Toutes ces différentes parties du grand Porte-vent doivent avoir des proportions différentes, & qui leur font propres ; car fi on les fait trop petites, fOrgue altérera; fi on les fait trop groiïes, on fera obligé de charger davantage les Soufflets , qui en feront plutôt ufés , & fatigueront le Souffleur. Il faut tâcher d'éviter ces deux inconvénients. Il s'agit donc de trouver leur véritable proportion. On lent déjà que ces différentes parties doivent être groffes félon la qualité de l'Orgue ; mais avant de donner des réglés là-deffus, il efl bon de faire quelques obfervations fur lés Porte-vents en général, pour répandre plus de lumière fur cette importante partie de l'Orgue.
- 818. La meilleure forme que l'on pût donner aux Porte-vents, feroit la ronde ; parce que le cercle efl la figure qui contient le plus de capacité & le moins de circonférence ; & la raifon pour laquelle le plus de capacité & le moins de circonférence , font les qualités les plus avantageufes pour les Porte-vents, efl qu'en une moindre circonférence il y a moins de fuperficie dans leurs parois , par conféquent moins de frottement ; il y a moins de pores , & par conféquent une moindre perte de vent.
- 819. Mais la figure ronde dans les Porte-vents feroit d’une difficile exécution & bien plus coûteufe ; je ne crois pas qu'ils fuffent folides. Quand il faudroit les affembler bout à bout dans les différents détours qu'on efl obligé de faire, il ne feroit pas facile de rendre ces affemblages affez forts & a fiez fiables. C'eft pourquoi on efl dans l'ufàge de faire tous les Porte-vents de bois, quarrés, dont la figure , après celle du cercle , contient le plus de capacité avec le moins de luperficie poflible dans les parois.
- 820. Il feroit à fouhaiter qu'on fe délabufât de faire les Porte-vents quarrés méplats, qui font fi fort en ufage. Plus on s'écartera de la figure du quarré parfait , plus on aura de fuperficie dans les parois des Porte-vents. La preuve certaine s'en tire de ce qui a été dit art. 48 , pag. 14. J'y donne l'exemple d’un quarré qui auroit 6 pouces à chacune de fes faces. On a vu qu'il auroit 36 pouces de fuperficie. Il faut fuppofer qu'il eft queftion d’un Porte-vent qui auroit intérieurement 6 pouces à chacune de fes quatre faces. Il contiendroit 36 pouces quarrés de fuperficie , que nous appellerons toujours, quoiqu impropre*
- Orgues. II. Pan. Efff
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- 296 FACTEUR D'ORGUES, Il Partie. Chap. IV.
- ment, capacité, parce que c’e A ce qui en fait la groAeur. La fuperficie de les parois intérieures ayant chacune 6 pouces de largeur, auroit 24 pouces , parce que 4 fois 6, font 24. Si Ton s’écarte de ce quarré parfait, 8c qu’on faffe ce Porte-yent méplat, comme de 9 pouces dans un fens, fur 4 pouces de l’autre , il aura alors également 3 6 pouces de capacité ; parce que 4 fois 9 , font auffi bien 36, que 6 fois 6 ; mais la fuperficie de fes parois intérieures fera augmentées, & elle fe trouvera de 2 6 pôuces : car 9 & 9 font 18 ; 4 & 4 font 8 , qui ajoutés à 18, font 26 pouces. Si l’on s’éloigne encore davantage du quarré parfait, & qu’on faffe ce Porte-vent de 12 pouces dans un fens, fur 3 pouces de l’autre, il aura également 3 6 pouces de capacité comme s’il étoit de 6 pouces en quarré ; mais la fijperficie de fes parois fera augmentée , puifqu’elle fera de 30 pouces : car 12 & 12 font 24,; 3 & 3 font 6, qui ajoutés à 24, font 30. Cette fuperficie des parois intérieures du Porte-vent fera encore augmentée , fi on le fait plus méplat, comme fi on lui donne 18 pouces dans un fens , fur 2 pouces de l’autre ; car 2 fois 18 font auffi bien 36 que 6 fois 6 ; par conféquent, le Porte-vent aura toujours la même capacité ; mais il aura en dedans 40 pouces de luperficie dans fes parois. U paroît donc clair que la méthode de faire les Porte - vents qui auront dans leur plan la figure d’un quarré parfait, doit être préférée, & que ceux qui font méplats font d’autant moins avantageux , qu’ils s’écarteront davantage du quarré parfait. Ainfi dans les me-fures que je donnerai dans la Alite pour les différents Porte-vents, je fiippoferai toujours qu’il ne s’agit que du quarré parfait.
- 821. Lorfqu’on eA obligé de dévoyer les Porte-vents, & qu’il faut y faire
- „ des coudes, on évitera autant qu’on le pourra de les faire à l’équerre, ou à peu
- Planche près ? comme eA celui de la fig. 2 , Pl. 61. Ces coudes quarrés diminuent fon-
- 6i' fiblement la force du vent. On coupera donc toujours l’angle A B de ces coudes , fig. 3 , où l’on voit en D E 8c C Fy les coupes corrigées , & le coin AB retranché. Cette méthode eA d’autant plus à préférer, qu’on raccourcit encore par là le Porte-vent ; ce qui eA un avantage confidérable. Plus la Soufflerie eA près de l’Orgue , plus le vent a de vivacité, & moins on eA obligé de charger les Soufflets. Par conféquent plus les Soufflets font éloignés de l’Orgue, plus le vent eA mou , & plus on doit charger les Soufflets , pour lui donner la vivacité néceiïaire.
- 822. Une Soufflerie étant pofée avec tous les Porte-vents, le vent fe trouvera par-tout d’une force égale ; c’eA-à-dire, que le vent fera au même point de vivacité dans les parties des Porte - vents les plus éloignées de la Soufflerie , que celui qui fera contenu dans le Porte-vent de defious les Soufflets. Cela n’empêche pas que le vent ne foit plus mou, lorfque les Porte-vents font longs, que lorfqu’ils font courts. Mais dans quelque point de force qu’il foit, il eA par-tout égal.
- 823. Le vent ne paroît faire prefque aucun mouvement dans le Porte-vent
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- Secl. III Conjlr. des grands Porte-vents. Principes. 297
- pendant le temps que l'Orgue joue, enforte que fi Ion fufpendoit dans Tinté* rieur du Porte-vent un morceau de papier au moyen d'un fil, ce papier ne remuerait prefque point ; ce que Ton pourrait voir en faifant une ouverture au Porte-vent vis-à-vis du papier, & bouchée avec un morceau de verre. Si le papier remüoit /fur-tout un peu confidérablement 5 quand l'Orgue joue, il y aurait nécellàirement de l'altération : le vent n’auroit plus alors la même force > parce qu'il n’auroit plus le même appui & la même réfiftance. La quantité de pouffiere dont les Porte-vents font toujours parfemés , prouve que le mouvement du vent eft très-peu confidérable ; & plus il l'eft 9 plus le vent s'affoi-blit, ce qui arrive lorfque l'Orgue dépenfe beaucoup de vent, & que les Porte-vents font trop petits pour fournir afîez abondamment. Ainfi, pour éviter tous les inconvénients, je vais donner des réglés pour faire les Porte-vents d'une telle dimenfion qu'ils ne foient ni trop petits ni trop grands. La Table foivante doit précéder ces Réglés.
- 824. Table de la grandeur des trous des Sommiers furie premier C fol ut feulement de certains Jeux , pour fervir d'éléments aux Réglés des grojfeurs des Porte-venis,
- Grand Sommier. Sommier du Pofitif
- 32 pieds ouvert à l’F ut fa, a fon trou de 144 lig. quar.
- Bourdon de 32 pieds à VF ut fa........144
- 16 pieds ouvert, au premier C fol ut..108
- Bourdon de 16 pieds, au premier C fol ut. 108
- 8 pieds ouvert, au premier C fol ut....64
- Bourdon de 8 pieds...............\ .... 64
- Flûte ouverte de 8 pieds...............64
- Gros Nafard............................4P
- Preftant ............................ 30
- Groffe-Tierce..........................30
- Nafard ................................18
- Quarte............................... 16
- Tierce................................16
- Somme.... 8/y lig. quar.
- Sommier de Pédale.
- 32 pieds ouvert, premier Cfol ut.........224 lig. quar.
- Bourdon de 32 pieds, premier Cfol ut...224
- 16 pieds ouvert. ....................144
- Bourdon de 16 pieds................. 144
- Flûte de 8 pieds ouvert...............81
- Flûte de 8 pieds ouvert............. 81
- Gros Nafard ..........................81
- Flûte de 4 pieds......................y°
- Flûte de 4 pieds......................yo
- Groiïe-Tierce........................S 0
- Nafard..................................
- Quarte................................18
- Tierce ............................ 18
- Bombarde.......................... 144
- Trompette........................... 64
- Trompette.............................64
- Clairon...............................48
- Clairon...............................48
- Il eft fuppofé avoir fes trous comme ceux des Jeux femblabîes du grand Sommier.
- Pour les Jeux £ Anche du Pofitif.
- Trompette........36 lign. quarrées*
- Clairon.......... .25*
- Cromorne......’.... 2y
- On doit remarquer que je ne don-' ne dans ces Tables que la fomme des lignes quarrées pour défigner la grandeur de chaque trou du Sommier. Le trou peut être entièrement quarré ou quarré-long, autrement dit , méplat* Par exemple , 144 lignes défignent un trou ) qui peut avoir 12 lignes en quarré ; ou bien p lignes dans un fens & 16 dans l’autre ; ou encore 8 lignes fur 18 ; ces différentes dimenfions feront également 144 lignes quarrées. On obfervera encore que quoique bien fouvent on ne faffe point réellement les trous des Sommiers aufli grands quils le font marqués ici, il faut néanmoins faire tous les calculs dont nous allons parler fur les grandeurs telles qu elles font défignées dans ces tables, comme fi on les faifoit de même aux Sommiers.
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- zp8 FA CTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chàp. IV.
- 82$, Voici donc les Réglés pour trouver les groffeurs des Porte-vents. J’en donnerai enfoite l’explication.
- Première Réglé. Pour le Porte-vent qui vient de la Soufflerie au Tremblant doux , Ji les vents ne font pas féparés, on additionnera les grandeurs des trous du grand Sommier fur le premier C fol ut du grand Jeu de Tierce complet, fur celui du Poftif& fur celui de tous les Jeux de Pédale, On multipliera la font-me par 6 ; & la racine quarrée du produit fera la quarrure intérieure de ce Porte-vent,
- Seconde Réglé. Si les vents font féparés , pour avoir la mefure du même Porte-vent , on additionnera les grandeurs des trous du Sommier fur le premier C fol ut du grand Jeu de Tierce, On multipliera la fomme par 11 ; & la racine quarrée du produit fera la quarrure intérieure du P or te-vent,
- Troifieme Réglé. Pour le Porte-vent particulier du Poftif & on additionnera les grandeurs des trous de fon Sommier , fur le premier C fol ut de tout le Jeu de Tierce & des Jeux J Anche, On multipliera la fomme par 10 ; & la racine quarrée du produit fera la quarrure intérieure du Porte-vent,
- Quatrième Réglé. Pour le Porte-vent particulier des Pédales, on additionnera les grandeurs des trous de fon Sommier, fur le premier C foi ut de tous les Jeux qui en compofent le fond ; on en multipliera la fomme par 10, & la ra« cine quarrée du produit fera la quarrure intérieure du Porte-vent,
- Cinquième Réglé. Pour le Porte-vent qui va du Tremblant doux au grand Sommier , on additionnera les grandeurs des trous du grand Sommier , fur le premier C fol ut du grand Jeu de Tierce ; on en multipliera la fomme par 10 ;
- <§’ la racine quarrée du produit donnera la quarrure intérieure du Porte-vent,
- Nous ajouterons une fixieme Réglé pour trouver la quantité de la Soufflerie, qui foit proportionnée à la grandeur de l’Orgue. 1
- Sixième Réglé. On fera ufage de la première Réglé , par laquelle on trouve la groffeur du Porte-vent principal, laquelle trouvée , on calculera combien de pouces quarrés cette grofeur contient. Il faut que la Soufflerie contienne dans le nombre & la grandeur des Soufflets pris enfemble, autant de fois deux pieds & demi quarrés qu il y a de pouces quarrés dans la groffeur intérieure du principal Porte-vent,
- 826, Faifons l’application de ces fix réglés. Je choisirai d’abord pour exemple le grand Orgue dont j’ai décrit le grand Sommier dans le Chapitre fécond , art, 488 & fiiiv. pages 158 & fuiv. Il s’agit de trouver la grolfour du principal Porte-vent, qui eft celui qui va de la Soufflerie au Tremblant doux; (nous foppofons qu’il ne faut pas féparer les vents). Il faut r°.félon la première réglé, additionner les grandeurs des trous du grand Sommier for le premier C fol ut de tous les Jeux qui compofent le grand Jeu de Tierce , voyez la Table , art, 824. Cette addition produira la fomme de 8 y y lignes quarrées. a9. On additionnera de même les trous du Sommier du Pofitif,
- for
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- Seci* III. Con(lr. des Portes-vents. Réglés pour leur grojfeür»
- fur le premier C fol ut de tous les J eux qui entrent dans la compofition du Jeu de tierce , ce qui fera la fomme de 256 lignes quartées. 3°4 On additionnera les grandeurs des trous du Sommier de Pédale, fur le premier C fol ut de tous les Jeux de Pédale, ce qui fera la fomme de 1558 lignes quarrées» Ces trois fommes additionnées enfemble, feront celle de 2669 lignes quarrées* On multipliera cette fomme 2 669 par 6 : le produit fera 16014 lignes quarrées. Le premier Porte - vent qui va de la Soufflerie au Tremblant doux, devrolt donc avoir pour là grolfeur ou là capacité 16014 lignes quarrées. Il s’agit donc de trouver un quarré dont la longueur & la largeur multipliées l’une par l’autre, produifent ce nombre 16014, ce quon découvrira au premier coup, en failànt l’extraélion de la racine quarrée de ce nombre» L’extraélîon étant faite, on trouvera qu’un côté du quarré eft de 126 lignes & demie , ou 10 pouces 6 lignes & demie ; ceft-à~dire, que ce premier Porte-vent devroit avoir intérieurement ro pouces 6 lignes & demie à chacune de fes faces, fi les vents n’étoient pas féparés. ( * )
- (*) On va donner ici en abrégé ia méthode ordinaire pour extraire Ja racine quarrée d’un nombre, en faveur des ouvriers qui ne fçau-roient pas faire cette opération.
- Si l’on multiplie un nombre une fois par lui-même , le produit qui en réfulte fe nomme quarré, Sc le nombre qui a été multiplié par lui-même s’appelle racine quarrée. Par exemple , en multipliant 6 par 6, on ale quarré 3 6 , dont le nombre 6, qui a été multiplié par lui-même, eft la racine quarrée.
- Extraire la racine quarrée d’un nombre , c’eft chercher le nombre qui étant multiplié une fois par lui-même , a produit le nombre quarré dont on veut avoir la racine. Extraire la racine quarrée de 25* , c’eft chercher le nombre 5 , qui, étant multiplié par lui-même, a produit le quarré 2y.
- L’extraélion de la racine quarrée n’eft qu’une éfpece de divifion un peu plus compofée que la divifion ordinaire.
- Avant d’expofer les régies qui concernent l’extraélion de la racine quarrée, il eft néceffaire de donner la Table fuivante des 9 premiers nombres & de leurs quarrés, qu’il eft utile de favoir par coeur, ou de l’avoir préfente.
- Table des neuf premiers quarrés} & de leurs Racines.
- Racines 1,2,3, 4, $ , 6, 7,8,9, 10 Quarrés 1,4,9,! d, 2f, 36, 49,64,81,100.
- I. Exemple. On veut extraire la racine quarrée du nombre 11 y6. On le partagera d’abord, par des virgules, en tranches de deux chiffres chacune , en commençant par la droite de celui qui écrit : fi le nombre des chiffres eft impair, la première tranche à gauche n’en aura qu’un.
- Il y aura autant de chiffres à la racine que le nombre quarré contiendra de tranches ; dans notre exemple le quarré ayant deux tranches, il y aura deux chiffres à la racine.
- On fera à la droite du nombre quarré un crochet comme pour la divifion ordinaire, de l’on
- Orgues. II. Part.
- 9 J-6* 2.$6
- 2 s 6
- O
- tracera vers le milieu de ce crochet 11,56(34 une ligne horifontale comme on ^ "
- voit ci à côté. ^On cherchera dans la première tranche n , par laquelle l’opération doit commencer , quel eft le plus grand quarré qui y eft contenu ; c’eft 9 , dont la racine éft 3 , comme on voit dans la Table ; on l’écrira au quotient , &fôn quarré 9 fera pofé fous le fécond chiffre de la première tranche ; ayant fouftrait ce quarré 9 de cette tranche 11 il refte 2 qu’on écrira au-deffous du 9 , & à côté de ce 2 on abaiffera la fécondé tranche 56 , ce qui donnera 256 pour la fécondé opération.
- Le nombre 256 eft un dividende dans lequel il ne faut pas encore avoir égard au dernier chiffre 6 ; ainfi 25 fera d’abord le dividende. On doublera le chiffre 3 qu’on a déjà trouvé à la racine, afin d’avoir le divifeur 6 qu’on écrira au-deffous de la racine 3 8c de la ligne horifontale. Divifant 25 par 6 , le quotient 4 eft le fécond chiffre de la racine; on l’écrira à côté du premier chiffre trouvé 3 , & aufli à la fuite du divifeur 6 ; après on multipliera le divifeur augmenté 64, par le dernier chiffre 4 pofé à la racine , 8c l’on fouftraira le produit 2y 6 du dividende entier 256 ; comme il ne refte rien * c’eft une marque que la racine du nombre nyéf eft 34 exaétemeiit.
- IL Exemple. On veut extraire la racine quarrée du nombre 7879249. On le partagera d’abord en tranches de deux - o_ _ o„_
- chiffres chacune , en allant de droite à gauche : la première tranche n’a ici qu’un feul chiffre, & comme il y a quatre tranches , on aura quatre chiffres à la racine.
- 3 g7
- 84
- 39249
- 39^*49
- 5607
- pré-efî 2
- Le plus grand quarré contenu dans là miere tranche 7 eft 4, dont la racine qui fera écrite à la fuite du crochet au-deftus de la ligne, 8c fon quarré fera pofé fous la première tranche pour en être retranché : on abaiffera à
- Gggg
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- $00 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IV.
- 827. Quoique dans l’exemple préfent cette première réglé n ait pas lieu pour ce Porte-vent, attendu que pour un auffi grand Orgue, il eft necef
- la fuite du refte 3 la fecon- 7,87,92,49, J2807
- l
- 87
- 84
- 3.8
- S6 °7
- 39249
- 39249
- de tranche 87,6c Ton aura 387 pour le fécond mem bre de la divifion. On ne prendra d’abord que 38 pour dividende,lequel aura pour divifeur le double
- 4 du premier chiffre trou- 0
- vé 2 de la racine ; on écrira toujours le divifeur à la droite du crochet fous la ligne horifontale. Divifant donc 38 par 4, on trouvera 9 pour le quotient ; en voulant continuer l’opération on trouvera qu’il eft trop grand ; c’eft pourquoi il ne faut jamais écrire à la racine le fécond chiffre ou le troifieme, 6cc. qu après avoir éprouvé s’il n’eft pas trop grand, 6c même le quotient peut convenir pour la divifion ordinaire 6c être trop grand pour l’extradion de la racine quarrée, parce qu’il faut dans cette extraction retrancher du dividende ,non le produit du divifeur fimple par le quotient , mais 3e produit du divifeur augmenté, multiplié par le quotient. On diminuera donc le quotient 9 d'une unité , 5c l’épreuve ayant appris que 8 convenoit, on le pofera à la racine après le 2, on écrira auili ce 8 à la fuite du divifeur 4 , puis on multipliera le divifeur augmenté 48 , par le dernier chiffre 8 , pofé à la racine, 6c l’on retranchera le produit 384 de tout le dividende 387. On abaiffera toujours après chaque fouf-tradion , à côté du refie qui efl ici 3 , la tranche fuivante qui efl dans ce cas 92 , 6c 392 fera le troifieme membre de la divifion. Abandonnant pour un moment le dernier chiffre 2 , on ne prendra pour dividende que 39 , lequel aura pour divifeur le double y6 du nombre 28 , déjà trouvé à la racine : enfuite on dira en 39 combien de fois y 6 ? 11 n’y efl pas une fois: c’eft pourquoi on écrira o à la racine. Mais comme en multipliant par zéro, le produit feroit nul, la fouftradion dans cette circonftance n’aura pas lieu : on abaiffera donc tout de fuite la quatrième tranche 49 , à côté de 392 , 6c l’on aura 39249 pour le quatrième membre de la divifion. On ne prendra d’abord pour dividende que 3924, îaiffant le dernier chiffre 9 : le divifeur , qui eft toujours le double du nombre déjà trouvé à la racine, fera ici le double de 280 ou 760, on l’écrira à la fuite du crochet fous la ligne; puis on dira en 3924, combien de fois 5 60 ? ou plutôt en 39 combien de fois 7 ? Il y eft fept fois : on pofera 7 à la fuite du zéro de la racine, on l’écrira auffi à côté du divifeur, 5c on aura le divifeur augmenté 7607 : il fera multiplié par le dernier chiffre 7 de la racine, 6c le produit 39249 , fera ôté du dividende entier 39249 , il ne reliera rien ; ainfi la racine quarrée du nombre propofé , eft 2807 précifément. En effet,cette racine multipliée par elle- même , donne 7879249 , qui eft le nombre dont on a extrait la racine, 6c c’eft la preuve de l’opération.
- III. Exemple. On veut extraire la racine quarrée du nombre 16014. On le coupera en tranches , puis on prendra le plus grand quarré contenu dans la première tranche 1. C’eft 1 lui-
- même, fa racine eft auffi 1 , on l’écrira à la droite du crochet, 6c l’on fouftraira fon quarré 1 de la première tranche, il ne reftera rien. On abaiffera la fécondé *
- tranche 60 , qui fera lefe- ’ ’ j 12$
- cond membre de la divi---------------
- fion. On ne prendra pour 22
- dividende que 6, 6c pour 44 246
- divifeur le double 2 de la 1614 racine trouvée 1. Divifant 1476 6 par 2 , le quotient feroit "T38 3 ; mais par l’épreuve on verra qu’il ne faut écrire que 2 à la racine : on pofera auffi de même 2 à la fuite du divifeur, 6c l’on multipliera le divifeur augmenté 22 par le dernier chiffre 2 , pofé à la racine ; puis on retranchera le produit 44 du dividende entier 60 ; on abaiffera la troifieme tranche 14 à côté du refie 16 , 6c l’on aura 1614 pour le troifieme membre de la divifion. On ne prendra d’abord pour dividende que 161 , en Iaiffant pour le moment le dernier chiffre 4. Le divifeur fera le double 24 de la racine trouvée 12. Divifant 161 par 24, on pofera le quotient 6 tant à la racine qu’à côté du divifeur ; puis on multipliera le divifeur augmenté 246 par le dernier chiffre 6 écrit à la racine ; le produit 1476 fera fouftrait du dividende entier 1614, il reftera 138. Comme il n’y a plus de tranche à abbaiffer, la racine cherchée eft 126,6c quelque chofe de plus.
- 11 arrive rarement que le nombre dont on veut avoir la racine, foit un quarré parfait, 6c con-féquemment que la racine foit exade ; mais fi le refte étoit plus grand que le double de la racine trouvée plus un, ce feroit une marqua qu’on auroit pris un quotient trop petit , 6c il fau-droit l’augmenter : cette remarque a même lieu pour chaqué membre de l’extradion.
- Pour favoir à peu près ce que vaut le refte 138, on le prendra pour le quatrième membre de la divifion lequel doit être divifé par le double 2£2 de la racine trouvée; ainfi outre la racine 126, on aura de plus 138 à divifer par 2y2 , ou la fradion ~ qui vaut un peu plus d’une demi-unité; parce que 138 efl plus de la moitié de 2y2. Afin que cette fradion foit plus exade, on ajoutera à fon dénominateur 25*2 une unité toutes les fois que la fraction vaudra plus d’un demi , mais quand la fradion ne vaudra pas un demi, on n’ajoutera pas l’unité à fon dénominateur. Ainfi dans le dernier exemple la racine la plus approchante eft 126 ’ifi
- Il y a des moyens pour approcher davantage de la vraie racine ; il feroit fuperflu de les ex-poferici; celui que nous indiquons étant bien fuffifant pour notre objet ; mais quelque grande que foit l’approximation , on ne peut atteindre à la vraie racine ; parce qu’un nombre qui n’eft pas quarré, ne peut pas avoir une racine quarrée exade en nombre.
- Pour faire la preuve du dernier exemple , on multipliera 126 par lui-même , 6c l’on ajoutera au produit le refte J38 ; fi on retrouve le nombre dont on a extrait la racine, l’opération fera jufte.
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- Secl L Confir. des Porte-vents. Réglés pour leur groffeur. 301
- faire que les vents foient feparés 5 cependant il faut s’en fervir pour trouver la proportion de la Soufflerie avec l’Orgue , comme il eft marqué dans la fixieme réglé. Il faut donc voir combien contient de pouces quarrés cette fomme ci* deflus, 16014 lignes quarrées. A cet effet on divifera cette fomme 16014 par 144, qui eft le nombre de lignes quarrées que contient un pouce quarré. Là divifion étant faite , on trouvera au quotient 111, qui font 111 pouces quarrés. Or la fixieme réglé dit ainfi : Tous les Soufflets qui compofent la Soufflerie, doivent contenir, pris enfemble , autant de fois deux pieds & demi quarrés , que la groffeur ou la capacité du principal Porte-vent contient de pouces quarrés. Deux fois & demi lu pouces quarrés font à peu-près 278. Il faut donc que les Soufflets pris enfemble, contiennent 278 pieds quarrés de feperfi-cie dans leur Table de deflus. Si ce font des Soufflets qui ayent 6 pieds de longueur fer 3 pieds de largeur, chacun contiendra 18 pieds quarrés , parce que trois fois 6 font 18. On trouvera qu’il faut ij Soufflets & près de 16 , attendu que ry fois 18 ne font que 270. Si ce font des Soufflets de 8 pieds de longueur fer 4 pieds de largeur, il en faudra environ 9 pour fournir du vent feffifàmment à l’Orgue. Nous ne comptons point ici la quantité de la Soufflerie par le nombre de pieds cubes d’ai* que contiennent tous les Soufflets enfemble ; cela n eft pas néceflàire au préfent objet. Nous ne meferons que la feperficie de la Table de deflus de chaque Soufflet.
- 828. Quand nous venons de dire qu’il faut 9 grands Soufflets pour faire jouer TOrgue dont nous parlons, il faut entendre que ce nombre eft fefEfànt pour fournir le vent néceflàire ; mais comme il eft indifpenfàble de faire jouer cet Orgue à vents feparés au moins en trois parties, il convient d’employer'iio Soufflets pour pouvoir arranger cette féparation des vents, parce qu’on ne peut pas mettre, par exemple, deux Soufflets & demi, ou trois Soufflets & demi, &c. On mettra donc quatre Soufflets de 8 pieds de longueur fer 4 pieds de largeur, qui porteront leur vent parle principal Porte-vent au grand Sommier tout feul, pour faire jouer les Jeux appellés du grand Orgue. Deux autres, qui porteront leur vent par un Porte-vent particulier, de la Soufflerie aux Sommiers de Pédale feulement. Les quatre autres porteront leur yent par un Porte-vent particulier dans la fécondé Laye du grand Sommier, pour faire jouer les Jeux appellés de Bombarde. Enfin les mêmes quatre Soufflets fourniront aufli le Vent au Pofitif, par un Porte-vent particulier venant de la Soufflerie. On pratique ainfi ces féparations des vents, afin d’éviter qu’il ne s’affoibliffe en fe partageant en groffes parties, comme il arriveroit néceflàirement aux grandes Orgues. Du refte, pour ce qui eft de la groffeur du Porte-vent qui fe met audeflous des Soufflets & qui porte les gofiers, il n’y a pas d’autre réglé que de lux donner 2 lignes de plus aux quatre faces intérieures, quà ceux dans lefquels il dégorge fon vent immédiatement. Mais revenons aux groffeurs des Porte-vents.
- 829. Pour mettre en pratique la féconde réglé, qui confifte à trquver la
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- 302 FACTEUR D'ORGUES , IL Partie , Chap. IV.
- grofîeur du Porte-vent venant de la Soufflerie jufqu’au grand Sommier feulement , fans fournir de vent ailleurs, on additionnera la grandeur des trous du grand Sommier , for le premier C fol ut du grand Jeu de Tierce, ce qui fera 855* lignes quarrées. On multipliera ce nombre par 11 , le produit fera 9405. La racine quarrée de ce produit, qui fera prefque 97, fera la quarrure intérieure de ce Porte-vent : or, 97 lignes font 8 pouces & une ligne que ce Porte-vent doit avoir dans chacune de fes quatre faces en dedans.
- 830. Pour trouver la grofîeur du Porte-vent particulier du Pofitif, il faut mettre en pratique la troifieme réglé, félon laquelle on additionnera la grandeur des trous du Sommier du Pofitif, for le premier C fol ut de tous les Jeux qui compofent le Jeu de Tierce. (Voyez quels font ces Jeux, art. 630, page 211.) On y joindra auffi la grandeur des trous des Jeux d’Anche. Le tout fera la fomme de 402 lignes quarrées. On multipliera cette fomme par 10 , le produit fera 4020 lignes quarrées , dont la racine quarrée efl 63 lignes , ou y pouces 3 lignes , ce qui fera la quarrure intérieure de ce Porte-vent.
- 831. La quatrième réglé efl: pour le Porte-vent de la Pédale. Pour en trouver la grofîeur , on additionnera la grandeur des trous de fon Sommier, fur le premier Cfol ut, de tous les Jeux qui compofont le fond ; fçavoir , les deux 32 pieds, les deux 16 pieds, les deux 8 pieds & les deux 4 pieds, ce qui produira la fomme de 998 lignes quarrées, qui étant multipliées par 10,' produiront la fomme de 9980, dont la racine quarrée efl prefque 100 lignes ou 8 pouces & prefque 4 lignes, qui feront la quarrure intérieure de ce Porte-vent. La cinquième réglé n’aura lieu que pour les Orgues ordinaires, où il ne s’agît pas de féparer les vents.
- 832. Lorfqu’on aura ainfi trouvé les groflèurs des Porte-vents, il fera aifé de déterminer celle des gofiers ou plutôt celle des ouvertures par lelquelles les Soufflets doivent dégorger leur vent. U faut que ces ouvertures foient auffi grandes que la capacité ou grofîeur entière du Porte-vent qui leur efl relatif. Nous avons vu art. 829, que la groffeur du Porte-vent, qui va de la Soufflerie au grand Sommier, de voit être de 940 J lignes quarrées. Comme il doit y avoir deux gofiers , il faut partager en deux cette fomme de 940^, ce qui fera 4703 lignes quarrées. On divifera cette fomme de 4703 lignes par 48 lignes , qui font quatre pouces ; & on aura au quotient 98 lignes , ou 8 pouces 2 lignes. Cette ouverture du gofier aura donc 4 pouces de hauteur for 8 pouces 2 lignes de longueur.
- 833. La raifon pour laquelle on doit divifer la fomme de 4703 lignes par 48 lignes 0U4 pouces, c’eft qu’on n’eft pas borné pour donner de la grandeur à Tou* verture du gofier dans îà longueur ; mais on l’eft pour îà hauteur, parce que cette ouverture doit être contenue au dedans du Soufflet, fans que le deffus de la tête du gofier touche à la Table fupérieure. Nous avons vu, art, j6o , page 275 > Siue ta diftance d’une Table à l’autre , étoit de 3 pouces , auxquels il
- faut
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- Secl. IIL Conjlr. des Porte-vents ; Gofiers; Grojf. des Porte~v. 307
- Faut ajouter le talut r, ou 5 yfig. 2 , PL 62 , qui defoend d’environ deux pouces ou même davantage, félon que la Table eft épaifTe. Ainfi en donnant 4 pouces de hauteur à cette ouverture, & un pouce en deflus pour attacher la Soupape , cela fait 5 pouces , ce qui eft à peu-près toute la place qu’il y a pour loger la tête du gofier.
- 834. Nous avons vu art. 830, page 302, que le Porte-vent particulier du Pofitif, doit avoir 4020 lignes quarrées ; mais comme les mêmes Soufflets qui donnent le vent au Pofitif, en fourniffent auffi à la fécondé Laye du grand Sommier pour les Jeux de Bombarde, il faut joindre aux402olignes quarrées ci-deflus, la grandeur du Porte-vent de Bombarde, qui eft 3460 lignes quarrées; ce fera donc en tout 7480 lignes quarrées. On partagera en deux cette fomme pour les deux gofiers. La moitié fera 3740 lignes quarrées d’ouverture que chaque gofier doit avoir : or , 4 pouces de hauteur, ftir 6 pouces 6 lignes de ion-* gueur, donneront l’ouverture de 3744 lignes quarrées.
- 835*. Les gofiers pour la Soufflerie de Pédale , doivent également être proportionnés à la grandeur de Ion Porte-vent, lequel doit avoir ( art. 831, page 302) 9980 lignes quarrées, dont la moitié ( à caulè des deux gofiers) fera 4990 lignes quarrées : or , fi l’on donne à l’ouverture de chaque gofiers, 4 pouces de hauteur lur 8 pouces 8 lignes de longueur, elle aura 4992 lignes quarrées.'
- 836. Ayant ainfi déterminé les grandeurs des ouvertures des gofiers, il fera aifé de leur donner les autres dimenfions. Par exemple , fi l’ouverture de la Soupape doit avoir 8 pouces de longueur, on ajoutera en dedans aux deux bouts, environ 9 lignes de chaque côté. Le gofier aura donc intérieurement 9 pouces & demi de largeur. On donnera au bois 10 lignes d’épaiilèur ; de forte que le dehors du gofier aura ir pouces 2 lignes de largeur. A l’égard de la profondeur , on lui donnera celle du Porte-vent for lequel il fera aflemblé, enforte qu’il affleure en dehors la largeur extérieure du Porte-vent, y compris l’épaifleur de la planche ou fopport fe, fig. 8 , P/. 48 , fi on la fait appuyer for le Porte-vent, ce qui paroît plus folide. On donnera 8 à xo pouces de hauteur, depuis le def-fus de la planche/*e, jufqu’à la feuillure b a.
- 837. Les Porte-vents en général, doivent être afflemblés en languette Sc rainure. La languette doit être quarrée , c’eft-à-dire, que fa hauteur doit être égale à fon épaifteur. Lës quatre planches dont le Porte - vent doit être conftruit, devant avoir environ xo lignes d epaifleur ou un peu plus, il faudra donner aux languettes 4 lignes d'epaifleur. Il reliera en dehors 4 lignes de joue Sc deux lignes en dedans. Voyez le plan d’un Porte-vent, enlafîg. 4, PL 61. Il efteflentiel que la languette ne foit pas trop jufte dans là rainure, pour ne pas rilquer de faire renfler la joue de la rainure. D’ailleurs , on ne parviendrait jamais à faire bien joindre cet aflèmblage ; car il faut que la colle trouve là place. En un mot, il faut qu’on puifle aflembler les quatre planches à la main, fans être obligé de frapper avec le maillet. Du relie, la languette doit remplir fa rainure jufqu’au
- Orgues. IL Part. H h h h
- Planche
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- Planche
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- 304 FACTEUR D’ORGUES, 11. Partie, Chap. IV.
- fond, & le bois doit joindre en dedans comme en dehors. Pour cela on ajufterà bien le bouvet, & on le tiendra bien droit quand on s’en fervira, fans le pencher en dedans ni en dehors.
- 838. Quand on aura ainfi bien ajufté les quatre planches, on les doublera en parchemin, comme l’intérieur des Soufflets. On recoupera à la réglé le parchemin {uperflu aux deux bords de la planche, afin qu’il n’empêche pas les joints d’être exaéts. On aura l’attention de conferver les rainures & les languettes bien nettes ; ou fi l’on venoit à les fàlir par la colle , on les nettoieroit foigneufement. A mefure qu’on doublera les planches, on les mettra l’une fur l’autre , comme on a fait pour les édifies des plis des Soufflets, pour qu elles ne s’envoilent, ce qui empêcheroit de joindre exactement. Quand la colle fera bien feche, & non plutôt, on affemblera les quatre planches, ayant mis affez abondamment de colle aux languettes & aux rainures pour quelle regorge. On ferrera le tout avec des entailles Sc des coins, jufqu’à ce que la colle foie bien feche. On ôtera les entailles, & on replanira proprement tout le dehors du Porte * vent. Il eft bon, auparavant, de faire couler de la colle le long des quatre angles intérieurs. A cet effet, on tiendra le Porte-vent en pente fur un de fes angles. On verfera de la colle bien chaude dans la partie fupé-rieure. Cette colle coulera jufqu’en bas, d'où on laiffera bien égoutter celle qui fera fuperflue. On en fera autant aux autres angles.
- 839. Les ferres de fer à vis, dont plufieurs Fadeurs fe fervent, font mieux que les entailles de bois. Ces ferres fervent encore pour coller les tuyaux de bois. Voyez-en la forme ,fg> 14 , PL 62. Le crochet B eft mobile. On le change félon le befoin, au moyen des différentes mortaifes qui font le long de fa tige. On l’arrête par la clavette C. Ces ferres peuvent avoir un pied de longueur ou plus ou moins félon les grofîèurs des Tuyaux ou Porte - vents que l’on fait le plus ordinairement.
- 840. L’exemple que je viens de donner pour trouver les proportions des Porte-vents, regarde un très-grand Orgue que l’on conftruit fort rarement. Il me paroît à propos d’en donner un autre où il s’agiffe d’un Orgue fort ordinaire, qui fera un grand 8 pieds tel que celui dont j’ai marqué les'Jeux , art. 6yS, pag. 236. Par la première réglé, art. 82^, page 25)8 , on trouvera la grof feur du premier Porte-vent, qui va de la Soufflerie au Tremblant doux. On additionnera donc, comme il y eft dit, les trous du grand Sommier fur le premier Cfol ut du Jeu de Tierce, (Voyez la Table, art. 824 , page 297, ) ce fera la fbmme de 455 lignes quarrées. On joindra à cette {bmme la grandeur des trous du Sommier du Pofitif, ( voyez-en les Jeux, art. 682 , page 239, ) fur le premier C fol ut du Jeu de Tierce , ce qui fera la fbmme de 208 lignes quarrées. On y ajoutera encore les grandeurs des trous des quatre Jeux ordinaires de Pédale fur le premier C fol ut, ce qui fera la fomme de 243 lignes quarrées. Ces trois fommes additionnées enfemble, feront celle de 9x0
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- Sect. III. Conflr. detf Porte-vents ; Gojïers ; Grojf. des Porte-v. 305*
- lignes quarrées, qui étant multipliées par 6, produiront la fomme de 5460 lignes quarrées, dont la radne quarxée fera prefque 74 lignes, ou 6 pouces 2 lignes. Ce fera la quarrure intérieure de ce Porte-vent. Celui de deflous les Soufflets aura 6 pouces 4 lignes en quarré en dedans.
- Nous nous fervirons de la même fomme de y 460 lignes quarrées, pour trouver la quantité de la Soufflerie proportionnée à la grandeur de cet Orgue. Pour cela nous chercherons, félon qu’il eft énoncé dans la fixieme réglé , combien de pouces quarrés contiennent 5460 lign es quarrées. Les ayant divifées par 144, ( qui font le nombre’de lignes quarré es que contient un pouce quarré ,) nous trouverons quelles font 38 pouces qmarrés. On multipliera 38 par deux & demi ; le produit fera c?y. Il faut donc, félon cette fixieme réglé, 9y pieds quarrés de foperficie aux Soufflets pris enfemble. Si Ton emploie des Soufflets de 8 pieds de longueur for 4 pieds de largeur, chacun aura for la Table de deffos 3a pieds quarrés. Or, trois fois 32 fon t 96 ; il faudra donc trois Souf-flets de cette grandeur pour cette efpece d’Orgue. Si Ton veut fe fervir de Soufflets de 6 pieds de longueur for 3 pieds de Margeur, chacun aura 18 pieds quarrés de foperficie ; il en faudra au moins cinq pour cet Orgue, puifque cinq fois 18 ne font que 90 pieds quarrés.
- 841. La grofleur du Porte-vent qui va du Tremblait doux au grand Sommier, fera déterminée par la cinquième réglé , art. 82y , page 298. Nous venons de voir dans farticle précédent, que les trous du grand Sommier for le premier Cfol ut du'Jeu de Tierce, faifoient la fomme de 4^9 lignes quarrées, lefquelles étant multipliées par 10, produiront la fomme de 4ypo lignes quarrées, dont la racine quarrée fera prefque 68 lignes , ou cinq pouces 8 lignes. Ce fera la quarrure intérieure de ce Porte-vent.
- 842. Pour le Porte-vent du Pofitif, qui prendra fà naiflànce dans la boîte du Tremblant doux, on additionnera, félon la troifieme réglé, les trous du Sommier du Pofitif, for le premier Cfol ut du Jeu de Tierce ; ce fora la fomme de 208 lignes quarrées, comme nous venons de le voir en farticle précédent. On y ajoutera la grandeur des trous du Sommier, for le premier C fol ut des Jeux d’Anche, qui feront la Trompette & le Cromorne. Ils feront la fomme de 61 lignes quarrées. Ces deux fommes additionnées enfemble feront celle de 269 lignes quarrées, qui étant multipliées par 10 , produiront celle de 3.69o lignes quarrées, dont la racine quarrée fera prefque y2 lignes, ou 4 pouces 4 lignes ; ce fera la quarrure intérieure de ce Porte-vent.
- 843. Il refte enfin à trouver la grofleur des Porte-vents de Pédale, qui prennent leur naiflànce aux bouts de la Laye du grand Sommier. On additionnera les trous du Sommier de Pédale , for le premier Cfol ut des Pédales de Flûte de 8 & de 4 pieds, qui font des Jeux de fond, ce qui fera la fomme de 131 lignes quarrées quon multipliera par 10; le produit fora 1310lignes quarrées, dont la racine quarrée fera 36 lignes & un peu plus. Ce fera la quarrure inté-
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- 3ot FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. F.
- rieure du Porte-vent des Pédales. A 1 egard des Porte-vents particuliers , foie pour le Récit, foit pour l'Echo, on les fera d'une groffeur à diferétion ; cela n eft pas de conféquence. J'expliquerai dans le Chapitre neuvième, comment il faut pofer la Soufflerie, le grand Treteau, les Bafcules , &c; comment ii faut aflembler les Porte-vents bout-à-bout dans les différents dévoyements , &c.
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- *3-
- Planche
- £2,
- CHAPITRE CINQUIEME.
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- Conftruclion des Tuyaux de bois.
- 844. e bois le plus propre pouf les Tuyaux de bois, eft le chêne. Il faut le choh
- ür bien fec, bien beau, & fur-tout fins nœuds, ni aubier, ni gerçures , &c. On -——s-- les confirait de quatre planches affemblées en languette & rainure, & également Planche larges. Celle de devant A> (PL G^fig* 7, qui repréfente le plan géométral d'un Tuyau,) où eft la bouche, 8c celle de derrière B , portent les rainures ; & les deux des côtés C & D, portent les languettes. Il s'enfuit de là que les Tuyaux ne font point quarrés, mais quarrés longs , comme il paroît dans cette fig. 7. On les aflemble & on les colle comme les Porte-vents. Voyez les art. 837, & foiv. pag. 303 & fuiv. mais on ne les double point de parchemin.
- 845. Pour donner à un Tuyau de bois la dimenlîon convenable, on aura recours au diapafon du Jeu que l'on veut faire. Je foppofo qu'il s'agit de conf-traire la baffe du Bourdon de 4pieds; il faut voir fon diapafon, PL22. On pofera une pointe de compas for le point C, 1,8c l'autre pointe for la même perpendiculaire, au point où commence la ligne oblique intitulée : Le dehors du Bourdon de 4 pieds. Cette ouverture du compas donnera la largeur des quatre planches qui doivent compofor le Tuy^u appellé Le premier C fol ut du Bourdon de 4 pieds. Sa longueur fera du même point C, 1, jufqu'à l'extrémité inférieure du même diapafon. Voyez l'art. 231 , page 67. Pour le fécond Tuyau nommé Ok, on prendra la diftance for la fécondé perpendiculaire C$c, 2, , à la même ligne oblique intitulée: Le dehors, &c ; 8c ce fora la largeur des quatre planches qui doivent faire le fécond Tuyau nommé C% 9 ou bien , premier C fol ut Sa longueur fora du même point C%, 2 , jufqu'à l'extrémité inférieure du diapafon : ainfî de toute la foite du même Jeu.
- 846. Quand on aura mis les quatre planches d'un Tuyau de la largeur conforme au diapafon & de la longueur requife , & qu'on les aura bien drefîees 8c bien dégauchies, on les mettra à la moitié de l'épaiffour marquée par les deux lignes, dont l'une eft intitulée, Dehors du Bourdon de 4pieds ; 8c on lit à l'autre , Le dedans du Bourdon de 4 pieds. La diftance entre ces deux lignes défigne l'épaiffeur des deux planches enfemble du Tuyau dont il s’agit, la moitié pour chaque planche. On trouvera que cette épaiflèux diminue à mefore que les Tuyaux deviennent plus petits.
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- Conftruciion des Tuyaux de bois ; les emboucher. 307
- 847. Les quatre planches étant entièrement finies , on choifira la plus belle pour en faire le devant du Tuyau. On commencera par y tracer la levre fu-périeure de la bouche. Ah g y fig. 8 , Pl. 63 , repréfentent un morceau de la planche de devant. On tracera avec un trufquin les lignes bf 8c a e, diftantes des bords g Sc h , d’environ une ligne de plus que l’épaifleur des planches. On divifera la diftance d’une ligne à l’autre, c eft-à-dire, de a à b , en quatre parties fi le Tuyau doit être bouché, ou en cinq parties s’il doit être ouvert ; & on portera une de ces parties, qui fera le quart ou le cinquième , de a\ c ; Sc on tracera à l’équerre la ligne c d >1ur le point c. On retranchera ce morceau de bois a c b d , jufqu’aux lignes qu’on a tracées. On fera attention que la coupe du dedans du Tuyau foit bien nette ; c’eft pourquoi on fera bien de retourner le trait c d, fur le derrière de la planche qui doit le trouver au dedans du Tuyau, & on commencera la coupe par là. On prendra la largeur de a à b y ou c .d ; on la portera de c d y à e fy où l’on tirera légèrement Sc à l’équerre la ligne e f On fera un talut en droiture, dont la naiflànce fera fur la ligne efy Sc qui finifle en c d, enforte que le bois à l’endroit c dy n’ait qu’environ une demi-ligne d’épaifleur. Si le Tuyau étoit grand , on don-neroit \cdy une ligne d’épaifleur ou même un peu plus, fi le Tuyau étoit fort grand. Il faut que ce talut foit coupé bien proprement, bien drefle & bien dégauchi.
- 848. Cette planche de devant étant ainfi finie, on aflemblera & on collera les quatre planches enfemble, faifànt enforte que celle de devant a b 9 fig. 9, où eft la levre lupérieure de la bouche , loit plus haute que les trois autres de la moitié de la largeur de la planche g hyfig. 8 ; c’eft-à-dire, que de b, fig. 9 , ( qui eft le bout inférieur de la planche de devant,) à dy il s’y trouve la moitié de la largeur totale d’une des planches qui compofent le Tuyau. La colle étant bien feche , on retranchera proprement la partie des languettes d f% qui fe trouvent fur les bouts des deux planches des côtés. On recalera aufîï Sc on mettra à l’équerre le bout inférieur d h, des trois planches qui forment le derrière Sc les deux côtés du Tuyau.
- 849. Il s’agit préfentement d’emboucher les Tuyaux. Il faut d’abord faire le bifeau, qui confifte en une planche A yjlg. 10, où on la voit en profil. Son épaifleur eft à volonté, comme de 6,9 ou 12 lignes. Le devant b c doit être coupé en talut en deflous, mais non pas tout à fait jufqu’à vive arrête comme on le voit dans la figure. On y remarque une petite partie d’environ une ligne de largeur vers b, qui eft à l’équerre , le refte vers C eft en talut. On le dégauchira & on le dreflera bien en deflus du côté de A ; car au-deflous, on n’y fait rien fi Ton veut. Le bois de bout regardera les côtés du Tuyau, Sc le bois de fil le devant & le derrière. On ajuftera ce bifeau enforte que fa furface fil-périeure A , affleure exactement le bout inférieur fb, fig, 9 , de la planche de devant a b ; ce que l’on éprouvera en préfentant un morceau de réglé fur le
- Orgues. //, Part* Iiii
- Planche
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- Planche
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- 308 FACTEUR D'ORGUES, 77. Partie, Chap. V.
- devant, laquelle on appuyera contre ce bout inférieur a b, & contre les deux planches des côtés. Ce bifeau doit lailTer un petit jour ou fente b , fig. 10 , qui forme la lumière de la bouche. Elle doit être bien égale d’un bout a 1 autre, & d’une largeur à peu-près telle quon pût à peine y introduire deux cartes à jouer. Si le Tuyau eft grand, cette lumière doit être un peu plus large, même julqu’à prefque une ligne pour les plus grands Tuyaux. Quand on aura ainfi collé le bifeau, on l’arrêtera par quelques pointes mifes en dehors, comme on en voit une end, fig. 10, ou bien plus proprement par de petites chevilles de bois collées. La pofition de ce bifeau eft repréfentée en la fig. 10, qui eft une coupe d’avant en arriéré.
- 850. On fera enfuite le fond fig, du Tuyau, fig. ro. C’eft une planche dont l’épailfeur eft à volonté, & dont le fil du bois fe pofe comme le bifeau. On y fera une feuillure aux trois côtés, mais non au-devant, lequel doit s’affleurer avec le devant des planches des côtés. On voit en c, fig. 12 , ce fond avec fès feuillures. On y fera un trou quarré vers le milieu pour recevoir le pied km, fig. 10, qui eft percé d’un bout à l’autre d’un trou rond, dont la grandeur doit être proportionnée à la grandeur du Tuyau. Pour les plus grands , le diamètre de ce trou va jufqu’à un pouce, ou même davantage, fi le Tuyau eft très-grand. Pour ceux de 2 ou 3 pieds de hauteur, le trou du pied fera convenable à 3 ou 4 lignes ; & à ^ à 6 pour ceux d’environ 4 pieds, &c. Lorfque ce fond fera bien ajufté, & qu’il joindra bien par-tout, on le collera & on l’arrêtera par des pointes ou des chevilles. Le pied fera collé dans fon trou quarré.
- 851. Il refte encore une piece à mettre, pour finir d’emboucher le Tuyau. C’eft la levre inférieure l g k, fig. 10. C’eft un morceau de bois qui fe met au-devant de la boîte du pied du Tuyau, & qui avec le bifeau forme la lumière. Son épaifîeur eft dans fa partie fupérieure /, égale à l’épailfeur de la planche de devant du Tuyau. Cette épailfeur va en augmentant jufqu’au milieu de la largeur, d’une moitié de plus ; & de-là au bas k, le dehors eft parallèle au-dedans. On voit cette forme en lg k , fig. 10 ; elle eft propre à maintenir cette levre pour quelle ne s’envoile pas fi facilement. Son dedans eft ordinairement plan. Cette piece doit être ajuftée avec foin : & lorfqu’elle joindra bien, & qu’on verra que la partie fupérieure l, fera dans le plan du bifeau Ab, on la collera & on l’arrêtera avec des chevilles ou des pointes.
- 852. Il y a bien des Faéteurs qui ne collent point la levre inférieure. Ils collent une petite bande de peau fur les deux planches des côtés a & b, fig. 12, & encore fur le fond c, le côté du duvet en dehors ; ils appliquent par-def-fus la levre inférieure , qu’ils arrêtent avec quatre petits clous échappes. Cette pratique eft commode, pour racommoder dans le befoin la bouche du Tuyau, là lumière, &c. On lent bien que quand on ajufte le bifeau avec la levre inférieure , il faut avoir égard à l’épailfeur de ces bandes de peau, pour donner le jour convenable à la lumière. Cette méthode a fbn utilité fur-tout pour les grands Tuyaux.
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- ConjlruB. des Tuyaux de bois ; les.emboucher ; les Tampons. 309
- 853. Le bout inférieur du pied h, fig. io, doit être tourné & fait en cône. On le voit mieux & plus en grand, en la fig. n. On voit en la fig. 12, un Tuyau embouché ; c eft-à-dire, avec le bifeau pofé , le fond & le pied, mais la levre inférieure ôtée. La fig. 13 repréfente le Tuyau tout embouché vu par le côté. Il faut remarquer que par ces cinq figures S 9 ç 9 10 9 12 Sc ; on na repréfenté que le bas d’un Tuyau. Toute leur longueur auroit occupé inutilement beaucoup de place. Du refte, on doit recaler les pièces extérieures de la bouche, & les affleurer proprement.
- 8y4. Tous les Faéteurs ne donnent pas les mêmes proportions, telles queN je viens de les décrire aux boîtes des pieds des Tuyaux de bois. Les uns les font beaucoup plus hautes, julqu’ à leur donner pour hauteur toute la largeur du Tuyau ; d’autres ne leur donnent que le quart de la largeur : mais tout cela n’eft pas eflentiel. J’ai décrit la proportion la plus ordinaire. De même il y en a qui font le commencement du talut de la levre fopérieure plus haut, d’autres plus bas. Tout cela n’eft pas de conféquence.
- 855.11 en eft qui rejettent le petit quatre que j’ai dit, ( art. 849 ) , quon de voit réferyer fur le bord antérieur du bifeau, & qui veulent que le chanfrein qu’on y fait foit jufqu’à vive arête. Il y en a qui creufent tant foit peu avec un cifeau le devant intérieur de la levre inférieure. On lait par l’expérience, qu’un Tuyau ouvert demande ordinairement, pour bien parler, que la lame de vent qui fort de la lumière, foit dirigée un peu moins en dehors qu’un Tuyau bouché , qui parle mieux lorfque fon vent l’eft un peu plus en ce fens. Cela pofé, l’échancrure faite au-dedans de la levre inférieure & le petit quarré réfervé au bord fupérieur du bifeau, font deux dilpofitions qui paroiflent propres à diriger la lame de vent plus en dedans qu’en dehors. En ce cas, cette pratique feroit plus convenable pour les Tuyaux ouverts. Celle de faire un chanfrein julqu’à vive arête au bord du devant du bifeau, & de ne point creu-fer le devant intérieur de la levre inférieure, paroît plus propre aux Tuyaux bo uchés , & même de faire le Chanfrein du bifeau plus profond. Il me paroît que ces deux pratiques ne font pas à blâmer. Chacun doit confolter fon expérience. C’eft encore une méthode qu’il ne faut pas défèpprouver, que de couvrir d’un parchemin bien collé, tout le talut de la levre fopérieure du TuyaU. Il eft vrai que cela eft un peu moins propre ; mais il y a un double avantage, l’un que ce talut devient plus fort & plus roide fans augmenter fenfiblement fon épaifïèur, & l’autre, qu’au cas que cette levre fopérieure vienne à fe fendre, comme il arrive quelquefois, cette fente ne porte pas tant de préjudice, outre quecette partie ne feroit pas fi fojette à fendre, étant plus liée & fortifiée. Il en eft d’autres qui pour éviter la mal-propreté du parchemin collé en dehors for le grand talut de la levre fopérieure , le collent en dedans, ce qüi êft encore mieux, puifqu’il fait le même effet.
- 856. Il refte à faire les tampons pour les Tuyaux bouchés, qui fervent ef-
- Planchb
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- 5io FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. V.
- , feélivement à les boucher & à les accorder ; 8c pour les Tuyaux ouverts, il efl d’ufàge , du moins chez bien des Faéteurs , d’y faire des couliffes pour les accorder. La maniéré ordinaire de faire les tampons pour les Tuyaux bouchés, confifte en une planche d’une épaiffeur à volonté, au milieu de laquelle on srssaaiMg fixe bien fclidement un manche , au moyen de la colle & avec des ferres ou Planche coins de bois. Voyez la forme d’un tampon ainfï conftruit, fig. 4, PL 60. On ajufte cette planche au-dedans du Tuyau, en forte qu’on laiffe aux quatre côtés un vuide fiiffifànt pour la peau blanche dont on enveloppe la planche. Dans le moment que cette peau eft collée, on fait entrer le tampon dans le Tuyau , où on le laiffe jufqu’à ce que la colle foit feche. On colle cette peau du côté lifle, le duvet en dehors, mais fois aucune façon. On doit frotter un peu avec du favon l’intérieur du Tuyau à quelques pouces de hauteur , afin que le tampon aille mieux. Il y a des Faéteurs qui collent une bonne & forte bande de parchemin en dehors, autour du bord fiipérieur du Tuyau, pour empêcher que l’effort du tampon ne le fafïe fendre. C’efl une fort bonne pratique.
- 8^7. On fait encore les tampons d’une autre maniéré qui paroît préférable , & dont plufieurs Faéteurs font partifois, c’efl: de choifir un morceau de bois affez gros pour porter toute la quarrure intérieure du Tuyau. Voyez-en la forme fig. y , PL 60. Le fil du bois de ce tampon étant dans le même fens que celui des quatre planches qui compofont le Tuyau, il doit faire le même mouvement que ces planches, pourvu qu’il foit de la même.qualité de bois. Ce tampon en cela paroît mieux entendu que le premier. Celui-ci dans le Tuyau efl à bois de bout dans un certain fens , & à bois de fil dans un autre ; fi le bois des planches du Tuyau fo rétrécit contre le bois de bout du tampon, il faut nécefîàh rement que ie bois du Tuyau fo fende; auffi cela arrive-t-il quelquefois. Ces tampons faits d’un gros morceau de bois à bois de bout ont l’inconvénient d’être plus difpendieux 9 & il n’eft pas toujours bien facile de trouver du bois qui foit gros & bien fec. Du relie, il efl effentiel que les Tuyaux bouchés en général le foient parfaitement, fois quoi ils ne parleroient point du tout, ou parle-roient mal; ainfi on'vifitera foigneufoment tout le Tuyau, pour qu’il n’y ait point la moindre fente ni gerçure, ni aucun autre défaut f qui puiffe occafion-ner la plus petite ouverture.
- 858. Quoiqu’il y ait bien des Faéleurs qui n’accordent pas autrement les Tuyaux de bois ouverts, qu’en y ajuftant au bout fiipérieur, une lame de plomb ou d’étain, inférée dans un coup de foie qu’ils donnent dans lepaifTeur d’une des quatre planches du Tuyau, ou bien par quelque morceau de bois qu’ils avancent, ou reculent au-delïus du bout fiipérieur pour les boucher en partie, «. & par-là baiffer le ton ; cependant, il efl plus commode d’y faire une coulilfo Planche avec deux couliffeaux. Voyez la fig. 6, PL 60, qui repréfente le bout fii-tfo. périeur d’un Tuyau ouvert. On y voit la grande échancrure , aux deux côtés de laquelle font cloués & collés deux couliffeaux A 8c B* La planche C, efl la
- couliffe
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- Conjlruclion des Tuyaux de bois. Faire les Bijeaux* 311
- coulifle qui porte une feuillure de chaque côté. Par-là cette planche peut monter ou defcendre à volonté , jufqua fermer entièrement l’échancrure. On conçoit que cette méthode eft bien commode pour accorder les Tuyaux de bois ouverts. A, fig- 7 9 eft un de ces couliflèaux, & D eft fon profil. B, fig, 8, eft la planche ou coulifle, & X eft fon profil. G H, fig. 5?, eft le plan du bout du Tuyau, où paroît féchancrure G, avec les deux couliflèauxy’, g,
- 8yp. Il y a un inconvénient confidérable dans la façon ordinaire de faire les bifeaux des Tuyaux de bois. Le fil du bois du bifeau étant mis dans le fèns que je fai décrit, c’eft-à-dire , le bois de bout étant mis vers les deux côtés, il arrive aiïez fouvent que la levre lupérieure fe fend, comme je fai dit plus haut. La caufe en eft , que les planches de devant & de derrière venant à fe rétrécir, lorfque le temps eft fort fèc, comme dans les chaleurs de Tété , le bois du bw leau ayant fbn fil dans un fèns contraire , & qui ne le raccourcit point, il faut néceflàirement que la planche de devant fe fende à la levre fùpérieure , qui eft la partie la plus foible & la plus près du bifèau. Un fécond inconvénient eft que dans les temps humides, le bifeau s’élargit quelquefois plus que les planches descôtés, & il bouche ou rétrécit trop l'ouverture de la lumière.
- 860. Si l’on mettoit le bifeau dans un fèns différent, en forte que le bois de bout fût du côté de la lumière , & le bois de fil vers les côtés du Tuyau, les inconvénients ne feroient pas les mêmes ; mais il y en auroit encore, en ce que le bord antérieur du bifeau, qui doit être fi bien coupé, pour que l’ouverture de la lumière foit bien nette, feroit, ( au moins dans la fuite, comme je l’ai remarqué en des Tuyaux ainfi conftruits, ) mal droit, inégal & raboteux. D’ailleurs , fi le bifeau vient à s’élargir plus que la Table de devant dans des temps humides , la levre fùpérieure fe fendra également.
- 861. Puifqu’il y a à peu-près autant d’inconvénient à pofer le bifèau, enforte que le fil du bois foit dans un feus ou dans un autre, il me paroît que fî l’on faifoit le bifeau de cinq pièces, comme il eft repréfenté par la fig. 14, PL
- ü y auroit bien moins d’inconvénient. On voit dans cette figure qu’il fau-droit faire un cadre aflèmblé à bois de fil aux quatre côtés, avec un panneau très-mince au milieu. En quelque fens que le fil du bois du panneau fût pofé, il nepourroit faire aucun effet, à caufe que n’ayant que deux ou trois lignes tfépaiflèur, il feroit trop foible pour faire aucun effort fur le cadre, dont le bois feroit quarré, c eft-à-dire, autant large qu’épais. Il feroit aflèmblé en en-fourchement & à l’onglet aux quatre coins , & le panneau en rainure : le tout bien collé. On ne conçoit pas qu’un bifeau ainfi confirait, pût faire aucun mauvais effet. Le feul inconvénient qu’il y auroit, ce feroit une augmentation de travail. Chacun eft libre d’adopter ou de rejetter l’idée de ce bifeau.
- Planche
- tfo.
- Planche 65.
- Orgues. IL Pan.
- Kkk k
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- FACTEUR D'ORGUES, IL Partie. Chap.VI.
- jri
- CHAPITRE SIXIEME.
- Maniéré de fondre VEtain SC le Plomb * pour en faire des tables propres à faire tous les Tuyaux de l'Orgue.
- P O u R fondre l’étain & le plomb en tables, il eft néceflàire de fournir la Fonderie de plufieurs utenfiles, dont les principaux font la chaudière dans fon fourneau, la table à fondre avec fon rable, deux cuillères de fer, &c. Il faut avoir une quantité d etain fuffifante , auffi bien que de plomb. Tout étain n eft pas propre pour les Orgues ; il convient de favoir connoître fa qualité. Pour remplir ces differents objets, je diviferai ce Chapitre en trois Seélions. Dans la première, j’enfeignerai à connoître la qualité de l’étain, par l’eflai qu’on peut en faire de trois maniérés. Je décrirai dans la fécondé la conftruétion du fourneau 8c de la table à fondre, avec tout ce qui doit l’accompagner. Et dans
- la troifieme, je décrirai la maniéré de fondre 8c de couler les tables d’étain & de plomb.
- Section première*
- Connoître VEtain , SC la maniéré d'en faire Uejfai.
- 862. On trouve chez les Marchands differentes fortes d’étain. Le meilleur 8c le plus propre pour les Tuyaux d’Orgue , eft celui qui nous vient de la Province de Cornouaille en Angleterre. Il eft ordinairement en gros fàu-mons , qui font quarrés, longs 8c épais, 8c qui pefent depuis 2$o jufqu’à 380 livres. On fond auflî cet étain, pour la commodité du débit, en lingots, en chapeaux ou en petites verges. Les lingots pefent depuis 30 jufqu’à 3 y livres. Les chapeaux peuvent pefer depuis une livre & demie jufqu’à deux livres ; 8c les petites verges environ une demi-livre. Il y a une autre fort® d’étain, qui eft encore plus doux, en forme de petit chapeau ou d’écritoire, pelant chacun depuis une demi-livre jufqu’à une livre 8c demie. Il eft le plus eftimé par les Potiers-d’étaîn. On le nomme Etain de Ma lac. U n’eft pas fi propre pour les Orgues, parce qu’il n’eft pas fi ferme ni auffi blanc que celui de Cornouaille. La raifon qui le fait pourtant préférer par les Po-tiers-d’étain , eft qu’il peut porter une plus grande quantité d’alliage, étant regardé comme mieux purifié 8c moins gras, moins fujet aux grumeaux , à la craiïè , &c. Ils corrigent là grande douceur, & en augmentent la blancheur au moyen de leur aloi, qui eft un mélange de cuivre qu’on incorpore dans l’étain. Pour faire cet aloi, on fait fondre deux livres de cuivre rouge dans un creufet ; lorfqu’il eft fondu , on y jette peu-à-peu trois ou quatre livres d’étain. Lorfqu’on aura fait fonclre 100 livres d’étain, on y jettera cette compofition qui eft ce qu’on appelle aloi. Deux livres de cuivre par cent
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- Secl. /. Connoitre VEtain , SC la maniéré d’en faire Vejfai. 313
- d’étain , eft la plus grande dofe d’aloi. Le plus fouveiit on en met une livre Sc demie feulement, & quelquefois on n en met quune livre. Mais cet aloi ne s’emploie guere pour les Tuyaux d’Orgue. On tire des Indes Efpagnoles, une autre forte d’étain fort doux, qui vient en laumons fort plats, du poids d’environ 120 à 130 livres. Il en vient auffi de Siam. Tous ces étains font bons; mais lorfqu’on a à choifir , il faut préférer celui d’Angleterre. Il ne faut point fe fervir de celui qui vient d’Allemagne, par la voie de Hambourg & de la Hollande. Il eft en fàumons du poids de 200 à 2^0 livres, ou en lingots du poids de 8 à 1 o livres, en forme de brique ; auffi lui donne-t-on le nom d’el tain en brique. Cet étain a cféja fervi* à ce que l’on croit communément, à blanchir le fer en feuille , qu’on appelle fer - blanc Les taches auxquelles les Tuyaux des montres d’Orgues font fi fujets, ne viendroient-elles pas des particules de fer qui fe trouvent incorporées dans l’étain après qu’il a fervi au fer - blanc ? Ces taches qui font très - dures & fort difficiles à ôter, fo couvrent dans la foite du temps d’une véritable rouille telle que celle du fer* Cette rouille enfle & forme comme des verrues, qui enfin crèvent & rendent le Tuyau tout percé : c’eft par-là que les Tuyaux d’Orgues en étain périiîent.
- 863. L’eflai de l’étain fo fait de trois maniérés. La première eft par la touche. On a un fer à fouder fuffifamment chaud , bien net & bien étamé, comme fi on youloit fouder. Après l’avoir tant foit peu frotté for un mauvais linge pour en ôter l’étain ou foudure qui pourroit y tenir, on touche un endroit de l’étain qu’on veut eflayer, jufqu à ce qu’il fonde un peu fous le fer. Si tout ce petit endroit fondu refte luifant, uni & blanc lorfqu’il eft figé, ce qui eft fait à l’inftant, c’eft un ligne que l’étain eft doux & neuf, par conféquent il eft fin. S’il y a un petit point mat au milieu de la touche, & que tout le refte foit luilànt, l’étain n’eft pas tout-à-fait fi doux ; mais il eft fin. Plus ce point mat eft étendu ou grand , moins l’étain eft doux. Si toute la touche eft raboteufo & matte, & cependant blanche ; l’étain eft aigre, & a été refondu plufieurs fois ; cependant il eft fin. Si la touche eft matte & grife , c’eft un ligne qu’il y a du plomb mêlé.
- 864. La fécondé maniéré d’efïàyer l’étain, eft d’en fondre un peu ; & lorfqu’il eft fuffifamment chaud pour couler, & non plus qu’il ne faut, on le jette tout doucement dans le plus petit creux de la pierre d’elîài >fig* 4jf, PL 5. De ce petit creux l’étain coule par la rigole dans le grand, ce qui produit une piece comme X, vue en plan, & vue de profil ffg. 4^ *. Lorfque l’étain eft figé, on connoît là qualité. Si celui qui eft contenu dans le grand creux eft tout lui. fant, blanc, fe terminant bien régulièrement par un petit point un peu enfoncé au milieu , l’étain fera doux, neuf & fin. Si le point du milieu eft un peu gros, l’étain ne fera pas fi doux. Si le milieu eft raboteux , mat & irrégulier, l’étain fora aigre, & d’autant plus que la partie rabo-teufe & matte eft plus grande. Si toute la furface eft matte & comme damaflee, & cependant unie, l’étain fera fin, mais non pas doux & neuf, quoiqu’il ne
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- 5i4 FACTEUR D'ORGUES, IL Farde, Chap. VI.
- ïoit pas abfolument aigre. Si la furface eft toute matte Sc raboteufe , tirant fin le gris , ce fera de mauvais étain mêlé avec du plomb, Sc fort aigre. Il eft bon d'être averti quil y a un mélange en certaine proportion d'étain & de plomb pour faire la foudure, comme nous le dirons en fon lieu, dont l’apparence , à la pierre d'eflài, imite l'étain fin & doux. La feule différence qui fait diftinguer l'un d’avec l’autre, confifte en ce que l'étain fin eft d'un iui-lànt blanc, au lieu que la foudure eft d'un luilant grisâtre.
- 865. Pour la troifieme maniéré d'eftâyer l'étain, on doit avoir un moule de balle de moufquet, ou bien de toute autre forme. On remplira ce moule du meilleur étain fin, neuf Sc doux. Cette j$£ce d'étain ainfî moulée, fer-vira toujours d'étalon. Quand on voudra effàyer de l'étain, on en fera fondre un morceau, on le verfera dans le moule. On péfèra cette piece moulée, & on la comparera avec le poids de l'étalon. Si elle pefe davantage que l'étalon , c eft un ligne que l'étain eft inférieur à celui de l'étalon , Sc d'autant plus inférieur, qu'il fé trouvera plus pefànt. L'étain eft le plus léger de tous les métaux ; s’il contient le moindre mélange de quelque métal que ce foit, on le recom noîtra au poids comparé à celui de l'étalon. On prétend même que l’étain qui eft devenu aigre à force d'avoir été fondu bien des fois , fe trouvera plus pelant que celui de l'étalon. Toutes ces maniérés de connoître l'étain font nécefi fàires, principalement pour n être pas trompé quand on l'achete.
- 866. Ce qu'on appelle étain commun, eft celui qui eft allié d'une certaine quantité de plomb , qui varie félon la police de différentes Villes, comme de X 5, de 12,de 10 ou de 8 livres de plomb par 100 d’étain. Cette efpece d’étain n'eft "bon dans les Orgues que pour mêler avec le plomb, pour en compofer Y étoffe. On mêle une certaine quantité d'étain commun avec le plomb pour confo-lider celui-ci. Le pur plomb, fur-tout quand il eft neuf, ne vaut rien pour faire des Tuyaux. On y mêle 15 à 20 livres d’étain commun par cent, ou 'plus ou moins, félon que le plomb eft doux Sc que l'étain eft doux ou aigre. Ce mélange va quelquefois jufqu'à 2 ÿ à 30 livres d'étain par cent de plomb. Chaque Faéteur a fà pratique particulière à cet égard. Il faut remarquer que tous les métaux, excepté l'or Sc l'argent, fe détériorent à la fonte. Plus on les fond, plus ils fe gâtent Sc perdent de leur qualité. Ainfi plus l'étain aura été Peuvent fondu, plus il s'aigrira. Il en eft de même du plomb. Quand on a fondu bien des fois Tétofte, elle devient fi aigre , qu'on eft obligé d'y mêler du plomb neuf pour la rendre plus douce.
- 867. Pour ce qui regarde le plomb, il n'y en a de bien connu que de deux fortes ; celui d'Angleterre, qui eft en faumons en demi-rond applati,
- & celui d'Allemagne, qui nous vient en faumons quarrés longs & épais. Les uns Sc les autres pefent de 100 à ijo livres. Le plomb d'Angleterre eft plus ferme, plus folide & mieux purifié que celui d'Allemagne. Celui-ci eft plus doux. On doit préférer pour les Orgues le plomb d'Angleterre, On tire du
- plomb
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- SeB. IL Confit, du Fourneau , de la Table à fondre. 3 r y
- plomb de bien d’autres endroits, même de la France ; mais la qualité de ce plomb n eft pas encore bien connue. On peut au refte le diftinguer à la pierre d’eflài comme rétain.
- Sectionseconde.
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- ConJlruBion du Fourneau 9 de la Table à fondre , SC de tout
- ce qui regarde la Fonderie.
- 868. Il faut d’abord avoir une chaudière de fer de fonte à trois pieds. On
- en voit la forme fi g. 1 9 PL 64. Il eft bon quelle ait environ deux pieds Planche de diamètre & autant de profondeur. On conftruira un fourneau pour l’y enfon-cer. On voit le plan de ce fourneau, fig. 2 , avec la chaudière dedans. On remarque fig. I , une forte bande de fer ABC, qui embrafîe la chaudière D 9 dans fa partie fùpérieure. C’eft pour l’arrêter folidement dans fon fourneau, afin que lorfqu’on fera obligé d’y mettre un gros faumon d’étain de 3 à 400 livres pelant , on ne rilque pas de renverfer la chaudière & le fourneau.
- Les deux bouts C A de la bande de fer feront bien Icelles dans le mur contre lequel on bâtira le fourneau. On voit au plan 9 fig. 2 , un veftige du mur E F 9 dans lequel on fcelle les deux bouts E F de la bande de fer. EFG H repréfente l’épàifleur du fourneau. e/Touverture par où on met le boi s.a 9 b 9c9d9 quatre trous pour donner de l’air au feu. A eft la chaudière.
- On remarque dans la fig. y, le fourneau entier ou'en perlpeélive, & bâti en brique avec la terre grafle. K eft la porte ou l’ouverture par où l’on met le bois. I L repréfentent une partie du mur contre lequel le fourneau eft bâti. M eft la chaudière, g, h 9 i9 19 les quatre trous pour donner de l’air au feu, & qu’on bouche par les bouchons de terre comme N9 quand on veut en diminuer l’aélivité. On voit un de ces trous g bouché. On prend ces bouchons avec des pincettes. Ils doivent être un peu coniques.
- La fig. 3 , repréfente le même fourneau en perlpeélive à moitié démoli, pour en faire voir le dedans. Il faut remarquer que la maçonnerie ne touche la chaudière qu’en la partie fupérieure. O P Q R repréfentent une partie du mur contre lequel le fourneau eft conftruit, & dans lequel la bande de fer qui em~ brafle la chaudière eft fcellée. S eft la porte du fourneau.
- 869. La fig. 4 , repréfente en perfpeélive le fourneau dans fa vraie place fous une cheminée ; fa porte eft de l’autre côté, & ne peut fe voir. Elle a été ainfî placée, afin que le feu n’incommode point les ouvriers. On voit dans toute cette vignette, l’attelier entier de la fonderie. A B eft la table à fondre , pofée en pente, & foutenue fiir trois fort tretaux. a, eft le rable que l’ouvrier C tient fortement appliqué contre la table , tandis que l’autre ouvrier D y verfè l’étain fondu qu’il a puifé dans la chaudière avec une grande cuillère de fer, que l’on voit féparément en la fig. 6. N dans la vignette, eft un établi, avec la groilè
- OR GUES. IL Partie. Llll
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- 316 FACTEUR D’ORGUES IL Partie, Chap.VI.
- batte par-deffos. M font quelques outils fo{pendus à la muraille , comme le petit & le grand couteau à tailler, l’écouene, la foie à main. O P , la grande table à tailler & à raboter, qui n eft autre chofe quune grande & forte planche très-unie. des cifailles. E , une table détain roulée. F, un balai pour balayer & ramalfer les gouttes d’étain qui tombent par terre. <?, la pierre d’efo fai. K, des pincettes. L , une pelle. H, l’écumoir. I, quelques faumons d’étain. Ç, l’auge mobile pour recevoir l’étain fuperflu loriqu’on a coulé une table. On voit féparément cette auge avec fes deux bras, en la fig. 7 & 8. Ces deux bras g m, fig. 8 , fervent à faire tenir l’auge dans fa place au bout de la table , par deux gouffets, comme la fig. 12 , qu’on cloue aU-deflbus de la table. Il faut décrire plus particuliérement les différentes pièces qui compofent la Fonderie.
- 870. Il y a plufieurs maniérés de conftruire la table à fondre ; chaque Faéteur a, pour ainfi dire, la fienne. Tout confifte à la fabriquer d’une façon qu’elle ne s’envoile pas lorfqu’elle s’échauffe par la chaleur de l’étain & du plomb ; à ouqi elle eft fort fujette* Lorfque cela arrive , elle ne peut plus fervir en cet état. Il y en a qui l’ont conftruite en façon de parquet ; mais cela n’a pas réuffi ; tous ces affembiages fe font tourmentés. D’autres ont affemblé deux fortes planches de bois de chêne en languette & rainure ; on y a mis des clefs de diftance en diftance ; mais ces planches fe font envoilées. J’ai cru devoir dire ici les expériences qu’on a faites, & qui n’ont pas réuffi , afin qu’on n’ait pas le défo-grément de travailler & de faire une dépenfe inutile.
- 871. Je vais donner quatre maniérés de conftruire une table à fondre qui ont réuffi. La plus fimple eft d’avoir une ancienne poutre de 12 à 14 pouces en quarré & de la longueur que l’on voudra, félon qu’on aura befoin que les tables d’étain foient longues * comme de de 12, 18 ou 24 pieds de longueur. On la fera refendre au milieu dans là longueur. On aura par-là deux madriers ou groffos planches de 6 à 7 pouces d’épaifleur. On les joindra enfomble for leur champ, & on les liera avec des clefs de bois de chêne de deux pouces d’é-paiffour y mifes d’efpace en elpace, à un pied de diftance l’une de l’autre. Ces clefs, qui doivent avoir 6 pouces de largeur, & un pied de longueur, feront très-juftes dans leurs mortaifes, & on les chevillera. Au-deflous de la table, ôn attachera de grofles barres de bois de chêne de deux pouces 8c demi ou 3 pouces d’épaifleur for 7 à 8 pouces de largeur, & longues prefque comme la largeur de la table. Ces barres feront mifes à la diftance d’un pied de l’une à l’autre, & clouées avec de grands clous ou chevilles de fer d’une longueur foffifente à pouvoir être rivées par-deffos la table. On enfoncera affez ces rivures dans le bois pour que l’on puiflebien dreffer & replanir la table. La poutre, au refte, peut n’être que de fapin; mais en bois de chêne elle fera encore meilleure. Cette maniéré de conftruire la table eft bonne , même lorfqu’elle doit être fort longue, & elle a bien réuffi.
- 872. La feconde maniéré de conftruire une table à fondre , eft de faire
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- Secl. IL Maniérés de conftruire la Table à fondre , SCc. 517
- deux battants de bois de chêne de toute la longueur de la table. Ils auront environ y pouces de largeur fur 3 pouces au moins d’épaifleur. On les mettra dechamp , & on y aflemblera des traverfes plates de deux pouces d’épaif feur,fùr y à 6 pouces de largeur, éloignées Tune de f autre d’environ 10 à 12 pouces ; le tout en bois de chêne. On les fera affleurer à un des deux bords des battants. On remplira tous les efpaces vuides par des panneaux arra-^ fés dun pouce d’épaifleur. C’eft pourquoi on fera des rainures aux deux côtés des traverfes & le long des battants. Après que toutes les pièces feront montées , bien jointes, & les aflemblages chevillés, on replanira toute la table , fai-fànt enforte quelle foit bien dégauchie & bien droite.
- 873. La troifieme maniéré confîfte à joindre enfemble deux fortes planches de bois de chêne très-fec, de 3 ou 4 pouces d’épaifleur, de p à 10 pouces de largeur. On les fera tenir enfemble au moyen de gros goujons ou boulons de fer, de 12 à 14 lignes de diamètre. Ils feront allez longs pour faire prefque toute la largeur de la table à deux pouces près de chaque bord. On fera des trous fur le champ de ces planches aux côtés qui doivent joindre l’un contre l’autre , mais enforte qu’ils ne percent point d’outre en outre. Ces trous feront faits bien droits , vis-à-vis les uns des autres , 8c à un pied de diftance de l’un à l’autre. On commencera par enfoncer les goujons dans les trous d’une planche ; enfuite on mettra l’autre planche par-deftus les goujons que l’on fera entrer dans les trous de celle-ci, à grands coups du gros marteau dont les Forgerons fe fervent à deux mains. On frappera ainfi avec violence fur le champ d’une des deux planches qui n’a pas encore été dreflee, jufqu’à ce que toutes les deux joignent bien. Alors on dégauchira la table, on la dreifera & on la tirera d’une largeur égale d’un bout à l’autre. On la barrera par-delïbus de pied en pied par de fortes barres bien clouées.
- 874. La quatrième maniéré de conftruire la table à fondre eft plus corn-pofée. On corroyera deux battants A B, CD , fig. 2 , PL 6$ , de toute la longueur qu’on veut donner à la table. Ils feront en bois de chêne d’environ trois pouces d’épaifleur, & de 7 à 8 pouces de largeur. On aflemblera aux deux bouts AC & D B , deux traverfes de même épailfeur & largeur en queue d’aronde percée, les quatre pièces étant miles de champ. Par ces traverfes, on donnera à la table la largeur que l’on y fouhaite. Ce fera alors un chaffis qui aura 7 à 8 pouces de profondeur. On aflemblera dans ce chaffis un nombre de traverfes également mifes de champ , de la même largeur que le chaffis, & de deux pouces d’épaifleur. Ces aflemblages feront faits à deux tenons aux deux bouts de chaque traverfè , lefquels tenons perceront entièrement dans leurs mortaifes faites aux deux battants du chaffis. Ces traverfes, qui feront pofées de 4 en 4 pouces de diftance de l’une à l’autre, feront encore emboîtées dans des entailles de 4 ou y lignes de profondeur dans les battants , Gomme on peut le remarquer dans la fig. 2. On voit féparément une de ces
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- 5 traverfes en la fig. 4. Tous les tenons feront chevillés fur les battants, met? tant une cheville à chacun en particulier, {ans faire percer les deux tenons par la même cheville. Toute la grille étant ainfi montée, comme on la- voit en entier dans la -fig* 2 , on la dreflera en paflànt la varlope fiir toutes les barres pour les bien affleurer avec les battants.
- On fera des planches de bois de chêne de toute la longueur de la table : elles auront 6 à 7 lignes d’épaifleur, fiir 4 à 5 pouces de largeur. On les tirera de largeur & d’épaifleur , & on les dreffera fur le champ, afin qu’elles joignent bien lune contre l’autre. On les clouera fur la grille l’une auprès de l’autre avec des pointes de fil de fer à tête d’une grolîèur & longueur convenables. On en fichera trois ou quatre fiir chaque barre ou traverfe , 8c on re-pouflera fiiffilamment les têtes pour pouvoir achever de. bien dreifer 8c replanir la table, qui fera ainfi finie. Remarquez fa conftruétion en la fig. r, PL 6$, où Ton voit par la déchirure de Ion bout toutes les pièces qui la compofent ; le grand chaffis , les barres, les planches clouées par-deflus, 8cc,
- 875. Que l’on faffe la table de quelle façon que l’on voudra, il faut l’accompagner d’un chaffis de bois de chêne , fig, 3 , dans lequel elle doit entrer bien librement toute entière, même avec fa garniture , comme je dirai bientôt. Le bois de ce chaffis aura un pouce d’épaifleur fur quatre pouces de largeur, 8c aflemblé en queue d’aronde percée aux quatre coins.
- 876. Il y a deux manieres^de couler les tables d’étain 8c d’étoffe. L’une, en dilpofànt la table à fondre-en pente, comme on le voit dans la Vignette, fig, 14, PI, 64, & c’efl la pratique la plus commune & la plus ordinaire: l’autre eft de mettre la table à fondre de niveau, comme en la fig. 1 & 2 , PL 66, C’efl: lins contredit la meilleure maniéré, quoiqu’elle ne foit pas fi en ulàge que l’autre. Ces deux maniérés de fondre exigent une garniture de la table différente, & un rable tout autrement fait. Je décrirai d’abord la première maniéré de fondre avec tout ce qui l’accompagne, comme étant celle qui eft la plus en ufàge, quoique ce ne {oit pas la meilleure.
- 877. Pour couler l’étain en pente , on commencera par garnir la table à fondre d’une étoffe de laine qui foit molle & épaifle, comme du molleton, de la flanelle, &c ; on en mettra deux l’une fiir l’autre. On tendra cette étoffe fiir toute la fiirface fupérieure de la table, & on l’arrêtera avec de petits clous fichés fiir le champ de la table, tout le long de deux côtés 8c aux deux bouts. Il y en a qui, au lieu de cette double étoffe, y mettent une vieille couverture de lit, ce qui eft également bon.
- 878. On mettra le chaffis , fig, 3 , PL 65 , dans fa vraie place, c’eft-à-dire, à l’entour de la table , enforte que fon bord fupérieur affleure le deffus de la table. On le loutiendra dans cette fituation , foit par des appuis , foit par quelques clous ou autrement, 8c on tendra fur ce chaffis un coutil fin , ou bien une fimple toile bien unie 8c ferrée, & on l’arrêtera bien tendue par de
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- S tel. îï. Difpofet la i aoie a petits clous pofés un peu bas fur les côtés dü
- chaffis, Jîg. 14 j PL 64 ,
- bien qu’aux deux bouts. Le coutil étant bien tendu 6c arrêté, on ôtera les appuis ou le clou qui foutenoient le grand chaffis, lequel demeurera Comme fufpendu par le coutil, & le tiendra toujours tendu par fon poids. Cé chaffis n eft utile quà cela ; fans cet expédient, le coutil eft fort fujet à s’étendre 8c à fe relâcher lorfqu’on y a coulé quelques tables d’étain, 8c l’on feroit obligé d’arracher plufieurs fois les petits clous pour le retendre.
- 87p. La table étant ainfi garnie, on la mettra en pente fur de forts tré^ taux 5*, R 9T, fig. 14, PL 64, on la placera enfortè que fon bout fiipé-rieur A foit près du fourneau , Jig. 4, à environ 30 pouces d’élévation, 8c fon bout inférieur à 7 ou 8 pouces. C’eft ce qu’on ne peut pas bien déterminer ; car fi la table eft fort longue , il peut fe faire quelle n’aura pas alors affez de pente ; & fi elle eft courte, elle en aura trop. Il faut encore fàvoir fi l’on veut faire des tables minces; en ce cas il faut plus de pente que pour les faire fortes. La table doit être exactement de niveau félon fà largeur , ce que l’on pourra éprouver en pofànt une petite boule au milieu dü bout fiipérieur ; on la laiffera rouler jufqu’à l’autre bout. Si cette boule roulé toujours au milieu de la table d’un bout à l’autre, ce fera une marque qué la table fera de niveau félon fà largeur.
- 880. On fera tenir au bout inférieur B l’auge Q, au moyen de deux gouflets 9 fig. 12 , que l’on clouera au-deflous de la table, pour recevoir les deux bras g, m, fig. 8 de l’auge, qui doit être foigneufement aflèmblée aux quatre coins en queue d’aronde percée , Sc dont le fond fera mis en rainure comme un panneau arrafé en deflous. On clouera defîous ce fond les deux bras g , qui doivent être allez forts : le tout fera de bois de chêne. Du refte on en voit la forme dans les figures 7 & 8. Son deflus doit être un peu plus bas que le defius de la table à fondre, afin que le râblé ny touche point. Cette auge doit être très-facile à ôter de fà place. On y pafîera en dedans deux ou trois couches de blanc à la colle , pour garantir le bois des effets de la chaleur de l’étain ou du plomb.
- 88r. Le rable , jig, 9, PL 64, eft un chaffis qui forme une efpece de boîte faqs fond. Il eft compofé de quatre pièces a, é, c, g . Les deux a, c , qui forment les côtés, ont à leur plus grande largeur environ 4 pouces, & viennent à un pouce ou 15 lignes à l’autre bout. La traverfe de derrière b y a 4 pouces de largeur , & elle eft affemblée avec les deux côtés a , c, à queue d’aronde percée. La petite traverfe g, eft affemblée à queue d’aronde par fes deux extrémités vers les petits bouts des deux côtés a 9 c. Elle ne doit avoir qu environ 3 pouces de largeur, fur 7 à 8 lignes d’épaiffeur ; celle des trois autres pièces fera de 14 à 1^ lignes. Le bois de chêne n’eft pas propre à faire un rable. La chaleur de la matière fondue, fur-tout celle du plomb , le fait gercer & écailler. Les bois de poirier, cormier, pom-~ Orgues. II. Part. Mm mm
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- mier, cerifier, prunier, &c, y font les plus propres, pourvu que ces bois fbiént très-fecs. Du relie ces aflemblages doivent être bien proprement ajuftés làns qu'il y ait aucun éclat ni fente. La matière fondue y entreroit & gâte-roit bientôt le rable qui ne pourroit plus fervir. On dreflera avec grand loin tout le deflous. Il efl: nécellàire qu'il foit bien dégauchi & uni. Le rable étant fini, on y attachera à un des côtés la tringle fd9 avec deux vis de fer * pour fervir de coulilfe & de conduite. Plus elle fera longue , mieux on fera couler le rable. Il faut obier ver que cette coulifle doit porter une feuillure de toute répailTeur du grand chaffis, fig. 3, PL 6$ 9 afin que le rable porte entièrement fur la table à fondre , & non fur le grand chaffis. Du relie , on pofera cette coulilfe du côté du rable ou fe mettra l'Ouvrier pour le faire couler. Il y a des Faéleurs qui aiment mieux ne point mettre au rable cette coulilfe/’, d9 au lieu de laquelle iis clouent une longue tringle d'un pouce en quarré fur le bord du chaffis aux deux côtés de la table, de façon que le rable coule entre deux. Mais d'autres elliment que cette pratique n'ell pas auffi bonne, à caufe que l'étain , qui s'échappe quelquefois quand on fait marcher le rable, s'engage dans ces tringles d’où on a bien de la peine à le retirer. On met ordinairement deux couches de blanc à la colle dans l'intérieur du rable pour mieux garantir le bois ; & on frotte tout fon deffous auffi bien que la coulifle avec du fàvon, pour le faire mieux gliifer. La fig. 10 9 repréfente féparément les pièces qui compofent le rable, comme a c, les deux côtés ; b, le derrière du rable ; & g , la petite traverfe de devant. La fig. 11 , repréfente l'écumoire, dont B efl le profil. C'eft une planche dont la longueur eft prefqu'égale à la largeur intérieure du rable.
- Section Troisième.
- Maniéré de fondre SC de couler en Tables U Etain SC U Etoffe.
- 882. O n mettra l'étain dans la chaudière ; on fera un bon feu dans le fourneau. On étendra une grande feuille de papier ffir le bout fiipérieur de k table à fondre ; on y placera le rable par-deffus. Lorfque la matière étant fondue commencera d’être chaude, on y trempera un morceau de papier blanc , quon y laiffera un moment. Si le papier en fort blanc, ce fera une marque que l'étain n efl; pas affez chaud ; fi le papier en fort tant foit peu roufli, ou qu’il ait feulement un peu changé de couleur, l'étain aura le dégré de chaleur convenable. L'Ouvrier D, (dans la Vignette, PL 64,) en puifera avec la grande cuillère, que l'on aura fait chauffer auparavant, Sc le verfera dans le rable , que l’autre Ouvrier C tiendra fortement appliqué contre le bout ffi-périeur de la table à fondre. L’Ouvrier D obfervera de tenir la cuillère bien baffe en verfant l’étain dans le rable, pour que l’étain fondu ne rejaiUiile
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- Seü. ///. Maniéré defondre 3C de couler en Tables VEtain, ôCc. 321
- point fur les mains de l’autre Ouvrier C. Après que l’Ouvrier D aura mis deux ou trois ou quatre cuillerées , en un mot la quantité foffifante d’étain dans le rable pour faire une table , il prendra l’écumoire H, 8c la paffera for toute la furface de l’étain fondu , commençant par le derrière A du rable , & finiilànt par le bout oppofé, où il pouflèra la craffe de l’étain. On remuera avec un petit bâton l’étain de moments à autres, & lorfqu’on verra que la matière devient grenée & comme fàbloneufo , mais pourtant coulante , on pouflèra le rable bien uniment jufqu'au bas de la table, le tenant toujours bien appliqué contre la table , & fà couliflè fortement appuyée contre le côté. On obfèrvera d’aller un peu plus vite vers le bas de la table , parce que rétain ne fera pas alors fi chaud. Lorfque le rable fera arrivé au bas de la table, on l’ôtera, non pas en le levant , mais en lui faifant toujours fuivre la même direction jufqu'à ce qu’il foit hors de la table. La matière fo-perflue tombera dans l’auge Q, qu'il faudra vuider à l’inftant, afin que l'étain n'ait pas le temps de s'y figer ; autrement, il emporteroit quelque partie du blanc lorfqu’on voudroit l'ôter.
- 883. Il y a de l'étain qu'il faut couler plus ou moins chaud; le même degré de chaleur ne convient pas à toutes les qualités : on le connoîtra à la première table que l’on coulera. En général, plus on coule vite le rable , Sc plus la table a de pente , plus les tables d’étain feront minces, de forte que fi l’on veut qu'elles foient fortes, on donnera moins de pente à la table, & on coulera moins vite le rable. Si l’on voit à la première table que l'on tirera, que la matière ne prend pas une certaine confifiance for toute la for-face de la toile, & for-tout qu'il y en ait des parties entièrement découvertes, ce fera une marque qu'on aura jetté trop chaud, & qu'on n'aura pas allez attendu l’étain dans le rable.
- 884. Pour ménager la toile , on fondra tout l'étain de l'Orgue avant de fondre l'étoffe. Celle-ci gâte beaucoup & brûle le coutil qui ne dure guere avec cette matière; au lieu qu’une feule toile peut foffire pour tout l’étain d’un grand Orgue. On commencera de fondre l’étain pour le plein Jeu, c'eft-à-dire, que les premières tables qu’on coulera feront affez minces pour faire les Tuyaux des Fournitures & des Cymbales. Ce font des Jeux où il faut l’étain le plus doux. Or il eft encore dans toute là qualité quand on commence à fondre. On fondra enfoite plus épais pour la Montre, & en dernier lieu pour les Jeux d’Anche ; parce qu'alors l'étain étant devenu plus ferme , il n'en fera que plus propre pour les Trompettes, & c. Si malgré l’ufàge ordinaire , on mêloit une livre de cuivre par cent livres d'étain à tout celui qu'on deftine aux pieds des Tuyaux de la Montre & à tous les Jeux d'Anche, on feroit de l’ouvrage plus folide.
- 885. Il faut remarquer que lorfqu’on tire des Tables d’étain fort longues, comme de 20 à 24 pieds, elles caffent bien fouvent en travers vers le milieu
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- FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. VI.
- de leur longueur. Toutes les tables en général ïè racourdflent en refroidiflant, Ce retirement n’eftpas fènfible dans des tables qui n'ont que 8 à il pieds ; mais lorfqu’elles font fort longues, le raccourciflement devient aflez confidérable. Pour empêcher que les tables ne cafTent, auflï-tôt quelles feront coulées & quelles commenceront à le refroidir, on en détachera tout doucement de deflus la toile les deux bouts, afin de donner lieu au retirement ; ordinairement la table réuflït au moyen de cette petite opération.
- 88(5. Pour fondre l’étoffe, on fera tout de même que pour l’étain, à la différence près que pour éprouver la chaleur de l’étofïe dans la chaudière, on y trempera un morceau de papier blanc qu’on retirera tout de fuite. S’il a rouffî tant foit peu, le plomb aura la chaleur convenable. Si le papier a noirci ou qu’il fe brûle, le plomb fera trop chaud. Si le papier n’a pas rouffi du tout, le plomb ne fera pas encore aflez chaud. Quand l’étoffe fe trouvera avoir le degré de chaleur qu’il faut, on en puiferaavec la grande cuillère bien chaude, &on la verfera dans le rable à plufieurs grandes cuillerées jufqu’à ce qu’il y en ait la quantité convenable. Tout cela doit fe faire promptement ; on écumera vite la matière dans le rable que l’on pouflèra tout de fuite jufqu’au bas de la table , comme pour l’étain. Ces tables feront minces ou fortes, félon que la table aura plus ou moins de pente, & qu’on pouffera le rable vite ou lentement : on aura foin de mettre deux feuilles de papier defïous le rable. Comme ce papier fe brûle , on le changera auffî fouvent qu’il le faudra. Les tables d’étoffe réufliffent plus facilement que celles d’étain.
- 887. A mefure que l’on fondra foit l’étain foit l’étoffe, on coupera les bouts inutiles , qui fe trouvent trop forts ou trop minces, pour les refondre. On peut réferver tout ce qu’on doit refondre , foit des tables manquées , s’il y en a, foit ce qu’on retire de l’auge, pour remettre dans la chaudière , lorfqu’on trouve trop chaude la matière qui y eft déjà ; par ce moyen on la fait refroidir plus promptement, & l’on perd moins de temps. On obfervera de ne jamais ôter une table de deflus la toile, quelle ne foit bien confolidée ; car fi on la leve trop tôt, on la cafle.
- 888. Il eft d’ufàge d’avoir une table exprès pour fondre l’étofïe. On la fait de 7 à 8 pieds de longueur , fur 12 à 13 pouces de largeur, ou même pas fi large. C’eft une économie confidérable; comme il faut changer le coutil aflez fouvent lorfqu’on fond l’étoffe, il n’en coûte pas de beaucoup autant pour regarnir la petite table que la grande. D’ailleurs on n’a jamais befoin de grandes tables d’étoffe. Cette petite table fert auffi pour couler de l’étain , lorfqu’on n’en a qu’une petite quantité à fondre. On voit par-là qu’il faut auffi un autre rable & une autre auge. Abfolument la même peut fer-vir fi on la difpofe de façon que le rable ne puifle pas y toucher.
- 889. La fécondé maniéré de fondre, & qui eft la meilleure , eft de mettre la table parfaitement de niveau dans tous les fens, & d’environ 28 pouces de
- hauteur,
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- Secl. IIL Defcrïption de la Table à fondre ; Conjlr• du Râble. 323
- hauteur, tout y compris. Elle doit être la même que pour fondre en pente, & encore mieux foutenue 8c autrement garnie. Pour la feutenir parfaitement bien , on l’enchaffera fur un pied, fig. 10, PL 66 9 où on le voit tout entier en perlpeélive. On voit la table ainfi montée fur fon pied en la fig. 1 ^ & en la fig. 2. Elle eft encore repréfentée toute montée en la fig. 1 , PL 6$. On y remarque toute là compolition par un bout en partie déchiré, comme je lai dit art. 874, page 317. Pour garnir cette table, il ne faut aucune étoffe de laine. Une fimple toile bien tendue 8c clouée fur les côtés 8c les bouts fuffira. L’étoffe de laine y porteroit du préjudice. On tendra un coutil fur le chaffis , comme je fai dit art. 878. page 318. '
- 890. Le rable doit être tout différent. Voyez-en la forme en A 9fig. I , PL 66 9 8c en B ,fig. 2. Il a environ 7 à 8 pouces de profondeur fer y à 6 de largeur. Sa longueur extérieure aura la largeur de la table. Il eft compofé de quatre pièces, dont celle de derrière eft comme la fig. 3 , celles des deux bouts comme la fig. 4 , & celle de devant comme la fig. 6. Voyez le plan de ce rable fig. 5, où on le voit tout affemblé. a b, eft la planche de derrière , affemblée en queue d’aronde percée avec les deux bouts bc 8c ae. La planche de devant efi9 n’eft pas autrement afïèmblée avec les deux bouts b c 8c a e 9 que dans des entailles e 8c fi. Et comme cette planche efne tiendroit point ainfi, il y a deux vis c8c d9 qui la retiennent bien fixée en là place. On fait deux mortaifes/’, g9 fig. 69 vers les deux bouts de la planche de devant, dans lefquelles fe mettent à force deux écrous de fer pour recevoir les deux vis h. Cette planche de devant doit être mobile pour pouvoir la hauflèr ou la bailler félon le befoin , ce que fon fait aifément en relâchant les deux vis qu’on ferrera enluite. On mettra une petite plaque de fer entaillée dans le bois aux deux trous c 8c e des planches des bouts b c 8c a e , fig. 5. g 8c h font deux ânfes de bois, qui fervent à tenir 8c à gouverner le rable, làns que la chaleur de la matière fondue qu’il contient incommode l’Ouvrier. La raifon pour laquelle la planche de devant fi e, fig. 5 , ou fg9 fig. 6, doit être mobile, eft que c’eft de cette planche que dépend la moindre ou plus forte épaiffeur des tables d’é* tain. Elle eft un peu plus élevée que les trois autres, 8c laiffe un petit jour en deflbus conforme à f épaiffeur qu’on veut donner aux |ables. Son defîous fe termine en chanfrein fait en dehors. Voyez fon profil 9fig. 7. Ce rable doit être garni d’une coulifîe a d9 fig. J , pour fervir de conduite. Cette coulifle portera une feuillure de toute f épaiffeur du grand chaflîs, & elle fera attachée au rable par deux vis de fer. Le bois du rable fera du cormier ou poirier, ou noyer, &c , & non du chêne. Il aura un pouced’épaiffeur, 8c fera aflemblé
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- 6S.
- Planche
- 66»
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- avec grand foin.
- 891. On fait encore d’une autre maniéré le rable pour couler de niveau. 222*—« La fig. 2 de la Pl. 72 le repréfente en perlpeélive tout monté. Il eft compofé de Manche cinq pièces de bois AB, B D, A C, E E & G U. Outre c es cinq pièces 12° Orgues. II. Part. Nnnn
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- 324 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie. Chap. VI. •
- i----- de bois , il y en a une de cuivre E CF D. Cette piece de cuivre qui eft une
- Flanche auge , eft repréfentée féparément en perfpeétive en la fig. i. On y remarque
- 729 deux manches de bois C & D , auffi bien que deux pivots de fer F E. De C à D , il y a une petite barre de fer, aux deux bouts de laquelle font fichés les manches. JE F eft une autre barre de fer terminée aux deux bouts par des pivots. On voit le plan géométral de ce rable en la fig. 6. A B eft la grande planche de derrière. F F celle du milieu. F C F Z) eft fange de cuivre. Cette auge peut tourner lur fes deux pivots F F, ce qui s’apperçoit en la coupe , fig. 9 , où la même auge F C A eft renverfée. On voit dans la même fig. 9 , la coupe de la planche du milieu FF, qui eft chanfreinée en deflous, & qui y laifle un jour pour régler fépaifteur des tables d’étain. La petite entaille G eft pour recevoir le collet d’un des manches de l’auge. La planche du milieu FF, fig. 2 , qui n’eft pas auffi haute que celles des côtés BD, eft mobile ; on peut la haulTer & la bailler folon fépaifteur qu’on veut donner aux tables d’étain. On lâche les vis N pour la mettre au point que l’on délire, & enfuite on l’arrête en ferrant les vis. La traverfe G H n’eft que pour afliijétir les côtés. On en voit un en la fig. 4, avec fos queues d’aflemblage , l’entaille C, & celle F M, dans laquelle on loge le bout de la planche du milieu. N eft une ouverture pour le paflage de la vis avec laquelle on arrête la planche du milieu. On voit celle-ci en entier en la fig. 7, ou l’on apper-çoit les deux vis F F. La fig. 1 r repréfonte la grande planche A B du derrière du rable. La fig. 10 repréfonte géométralement la coupe du rable. On y voit l’auge F D C ; la planche du milieu FF, dont le chanfrein inférieur F, s’ajufte avec une tringle attachée vers le bout de la table à fondre, repréfentée en partie par la lîmple ligne 1 B. Le morceau de ligne G défigne le bout de la table à fondre. Tout cela s’entendra mieux quand nous en forons à l’ufoge de ce rable.
- .... .892. La fig. 8, PL 66, repréfonte en coupe faite en travers, la table à
- Planche fondre fur fon pied, avec le premier rable par-defliis, A B eft le pied de la ta-ble. a , b, les deux traverfos du pied , vues par le bout coupé, c, d, les deux côtés du grand chaflîs vus par le bout coupé, efh. table à fondre, aflerâblée par un grand & gros goujon de fer mis en travers & qui paroît à découvert. g y h, le rable vu par devant. On y remarque les deux vis de fer qui tiennent aflujétie la planche de devant, à laquelle tient une anfo. On voit auflî fon chanfrein fait en dehors & fon jour par-deflous. On voit auffi en profil la coulifte k du rable, où fon remarque {à feuillure qui embralfo le grand chaffis.
- 893. La fig. 9, repréfente une coupe de la même table folon fa longueur. On n’en a repréfenté qu’un morceau. A , eft le pied de la table. B C, la table à fondre , où fon voit en B un boulon de fer. c 9 b , font les barres clouées au travers du deflous de la table, a, la partie du grand chaffis qui eft au bout de
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- Sect. 111. Conjîrucîiôn du Rable ; ôC fondre de niveâüè 325
- la table, fg , le premier rable Coupé par le milieu en travers. On y voit la î moitié des deux anfes. On remarque la planche du devant h g, mobile & fon chanfrein en deffous avec le jour qu'il laiffe. Tandis que le rable relie dans là place au bout de la table, ce jour eft exaélement bouché par la tringle g, fixée fur la table avec quelques pointes. Cette tringle g, n ell vue ici que par le bout; mais on la voit félon là longueur en G ,fig. 2. 11 faut quelle foit bien ajuflée fur le rable ; on mettra une feuille de papier au bout de la table pour fèrvir de fond au rable. On obfervera que j'appelle premier rable , celui que j'ai décrit le premier. J'enfeignerai l'ufàge de l'un & de l’autre*
- 85)4. Vis-à-vis du bout de la table tout près du rable, on fufpendra un peçit pot de fer de fonte B, fig. 1, qui puifle contenir à i'aife tout l'étain fondu luffilànt pour jetter une table. Tout étant ainfi préparé, & le rable un peu chaud, l’étain étant fondu & un peu moins chaud que pour jetter en pente, on en mettra avec la grande cuillère , la quantité convenable dans le pot B, autour duquel, en dedans, on paftera une chandelle de fuif, pour empêcher que l'étain ne le prenne aux bords. L'Ouvrier D , remuera continuellement cet étain avec la petite cuillère de fer, jufqu'à ce que non-feulement il commence à greneler, mais même qu'il devienne prefque en pâte. Alors on renverfèra le pot dans le rable que l'autre Ouvrier C tiendra bien appliqué contre la table, & toujours appuyé contre la tringle fixée pour boucher le jour de la planche de devant. Dans l'inftant que l'étain fera dans le rable, on pouflera celui-ci, ( Voyez la fig. 2) , jüfqu’à l’autre bout de la table. On ôtera tout de fuite l'auge pour vuider l'étain fuperflù qui y fera tombé. La raifon pour laquelle on doit remuer continuellement l'étain fondu dans le pot avant de le jetter dans le rable eft, afin qu'il ne s’y forme point de grumeaux ou gros grains qui empêcheroient de bien couler la table d'étain. On ne fait point cette opération dans le rable, parce qu'il s’y fe-roit infailliblement des grumeaux. Dans cette maniéré de fondre, il ne faut qu'un feul grumeau, fi petit qu'il foit, pour gâter une table d'étain ; parce qu'il s'engage dans le jour du rable, & étant traîné d'un bout à l'autre, il coupe la table dans toute fà longueur. Elle s'y coupe même en plufieurs bandes s'il s y trouve plufieurs grumeaux.
- 895. Le rable que j'ai décrit, art. 891, pag. 323 , paroît plus commode, en ce qu'il ne faut point de pot de fer füfpendu pour y remuer la matière fondue. Son auge de cuivre E CD F, fig. 2 , PL 72, en tient lieu. On y verfe la quantité d'étain fuffifante pour faire une table ; on y pafle une chandelle de fuif un inftant aux quatre côtés intérieurs, & on remue la matière jufqu'à ce qu'elle foit devenue en pâte ; alors on renverfe promptement l'étain dans l'autre partie AE F B du rable, en prenant l'auge par fès deux manches C D , & on coule le rable comme le premier. La fig. p, repréfènte en coupe l'auge E CA ainfi renverfée. La marche du rable eft de D à B, fig,. p , ou de G à B,
- PrÂîviCHË
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- Planchb
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- 326 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. VII.
- - fig. 2, Du refte, fi Ton fe fert de ce rabie, il ne faut pas pofer & arrêter la tringle F , fig, 10 , ( qui doit boucher le jour inférieur de la planche du milieu ) tout-à-fait au bout de la table à fondre, mais à 6 à 8 pouces plus loin ; parce que le poids de l'étain, qui feroit dans l'auge , pourroit le faire tomber. U y faut également une tringle , comme au premier rabie, pour lui fervir de conduite.
- 896. Les tables ainfi jettées font extrêmement unies & égales. Elles ont la même confiftance & la même épaiffeur dans toute leur longueur. Cette maniéré de couler les tables eft propre à faire une Montre Sc toute forte de grands Tuyaux. On peut jetter auffi épais & auffi mince que Ion veut, parce qu'on éleve ou l'on baille la planche de devant du rabie comme l'on fouhaite, au moyen des deux vis. Si l’on pouffe le rabie fort vite, les tables feront tant loit peu plus minces ; & fi l’on va plus lentement, elles feront tant {bit peu plus fortes. On peut couler de même l’étoffe ; les tables en feront plus uniformes dans toute leur étendue. On peut avoir une table à fondre exprès pour l’étoffe , comme je l’ai dit art. 888 y page 322, & pour les mêmes raifbns. On mettra l’étoffe1 un peu plus chaude qu’à l’ordinaire, à plusieurs cuillerées dans le pot B , fig. I, jufqu’à ce qu’il y en ait affez, ( ou dans l’auge y fig, 2, PL 72 , fi on fe fert de l’autre rabie ) ; on la verfera tout de fuite dans le rabie, & on partira à l’inftant. Si ion verfoit l’étoffe à plufieurs cuillerées dans le rabie, la matière y féjournant un peu de temps , il s’y formeroit des grumeaux, & on auroit bien des tables gâtées. Quoique cette féconde maniéré de jetter les tables , d’étain ou d’étoffe , foit fi avantageufe , elle n’eft pas cependant auffi en ufage, même à Paris , quelle le mérite ; elle eft plus commune dans les Provinces* Si par hafard cet écrit, qui n’eft fait que pour les apprentifs, parvient jufqu’aux Maîtres Faéleurs d’Orgues de Paris, peut-être préféreront-ils leur propre avantage & le bien de la chofe même à leur ancienne pratique.
- CHAPITRE SEPTIEME. Conjlruclion des Tuyaux de la Montre d’un Orgue.
- P O u r conftruire les Tuyaux d’une Montre, il y a plufieurs opérations à faire que je réduirai à quatre principales. iQ. Faire le plan & la diftribution des Tuyaux de la Montre félon les dimenfions & la difpofition du Buffet que je fuppofe déjà conftruit. 20. Préparer les tables pour les rendre prêtes à être rabotées. 30. Les raboter, les polir & les brunir. 40. Souder les Tuyaux ; faire les écuflons ; emboucher & finir les Tuyaux. Ces quatre principales opérations feront les quatre Seélions qui compoferont ce Chapitre.
- Section
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- Secl-I. Faire le plan des Tuyaux de la Montre.
- 3*7
- Section Première,
- Faire le plan SC la diftribution des Tuyaux de la Montre.
- 897. La première chofe qu’il faut faire avant de commencer à conftruire les Tuyaux de la Montre , eft d’en tailler les cartons. A cet effet, on aura du carton fur lequel on tracera avec un compas, la groffeur de chaque Tuyau qu’on doit mettre en Montre. Par. exemple , je liippofe que le plus gros Tuyau de la Montre fera le premier C fol ut du 8 pieds. On en prendra le demi-diametre fur le diapafon , PL 21 , c’eft-à-dire , qu’on prendra avec un compas la moitié
- de la diftance du point r , C, jufqu’à la ligne intitulée Diamètre du 8 pieds ou- Planche vert. Avec cette ouverture du compas> on tracera fur le carton un cercle, au qui fe trouvera avoir le diamètre du premier C fol ut du 8 pieds. On coupera avec des cifeaux ce carton bien jufte fur la ligne circulaire que l’on aura tracée, & on écrira fur ce rond de carton C, 1, 8 , ce qui fignifie premier C fol ut du 8 pieds. On taillera ainfi un carton pour chaque Tuyau du Jeu de 8 pieds, excepté pour ceux'que l’on croira devoir pofer en dedans fur le fommier, & qui font ordinairement les plus petits, à moins que ce ne fût une petite Montre dans laquelle on dût placer les plus petits Tuyaux de ce Jeu. On tailléra aufîî des cartons pour les Balles du Preftant. Si la Montre eft un 32 pieds, ou un 16 pieds, ou un 4 pieds , il faut également tailler des cartons pour tous les Tuyaux qui doivent être en Montre , {oit pour le grand Orgue, {bit pour le Pofitif. Lorf-qu’on aura ainfi taillé tous les cartons, il faudra les conferver comme des modèles, qui fervîront pour toutes fortes de Montres d’Orgue.
- 898. On préfèntera ces cartons fur un plan de toute la Montre , c’eft-à-dire, des Tourelles & des Plattes-faces, qu’on aura tiré dans fà grandeur naturelle; ou bien on les préfentera à leur place même au Buffet de l’Orgue, fi on en a la commodité. On obfervera qu’il faut qu’il y ait un certain efpace d’un Tuyau à l’autre ; car ce feroit un défaut s’ils étoient trop près ; l’Orgue auroit un fon éloigné comme celui d’un Echo, ce qui feroit défàgréable; d’ailleurs ils feroient fort fu-jets àfriferzn rendant leur fon, autre défaut à éviter. S’il s’agit de grandsTuyaux comme de 16 pieds, il faut laiffer un efpace d’environ 3 pouces de l’un à l’autre : pour des Tuyaux de 8 pieds, environ 2 pouces ; pour ceux de 6 & de 4 pieds, un pouce & demi ; enfin un pouce ou 7 à 8 lignes pour les petits. On choifira les cartons qui iront le mieux à leur place , en préférant ceux dont les Tuyaux qu’ils repréfentent font les plus néceflàires pour compléter les Jeux qu’on veut faire jouer en Montre. On peut y mettre les Bafles de tous les Jeux ouverts, non-feulement des Jeux d’oétave qui appartiennent au fond de l’Orgue , mais encore les Baffes du gros Nafard, de la groffe Tierce, de tous les Jeux ouverts à bouche des Pédales.
- O KG U ES, IL Part.
- O o o o
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- 899. On fera alors fon plan & la diftribution de tousles Tuyaux. On deftinera chacun à parler au ton qui conviendra le plus près qu’il fera poffible à là taille 8c à la place qu il occupera, failànt attention à éloigner tant que Ton pourra les unifions. On fera un plan en petit de toute la Montre, ou fera marquée toute cette diftribution. On y tracera en petit tous les cartons où Ton écrira leur nom tiré du diapafon, le ton & le jeu auquel on le deftine. La fig. r , de la PL 67 , donnera une idée de ce que je veux dire. C’eft un plan d’un 8 pieds dont le dom ble A mi la de 8 pieds, eft en Montre. Ce Buffet d’Orgue, qui a été exécuté , contient le grand Orgue 8c le Pofitif fur le même grand Sommier, dont on n’a repréfenté quune partie. Comme cet Orgue eft placé de côté, dans une Eglife allez petite, on n’a pas jugé convenable de mettre le Pofitif dans un Buffet féparé fur le devant. Le Buffet a la faillie hors du mur, comme il le paroît dans ce plan. Le grand Sommier eft double, contenant les gravures pour les Jeux du grand Orgue, 8c d’autres gravures pour les Jeux du Pofitif. Les deux rangées de chiffres qu’on voit fur le Sommier en défignent Tordre 8c l’arrangement.
- 900. Toute l’écriture quon voit au dehors du plan de la Montre vis-à-vis de chaque rond, défigne le nom de chaque carton conforme au diapafon. Toute celle qu’on voit au-dedans des cercles, (ou lorfque leur petiteftè n’a pas permis de la mettre toute en dedans on en a mis une partie en dehors,) défigne le ton & le jeu auxquels on a deftiné chaque Tuyau. Le plus gros Tuyau du milieu marqué en dehors a, 10,16, fignifie que c’eft L’A mi la9 10e. Tuyau du 16 pieds. On le fait fervir pour le double A mi la du 8 pieds, qui tirera fon vent de la première gravure marquée z, du Sommier à gauche. C’eft ce qui eft défigné par récriture qu’on voit au-dedans du cercle, d9 ay8 y 2 9 g* Ce g % fignifie grand Orgue. Tous les p , lignifient, Pofitif ; pr, fignifie P refiant ; pedy 8, fignifie Pédale de flûte de 8 pieds; ped ,4, fignifie Pédale de flûte de 4 pieds; d , a , /z, gy fignifie double A mi la du nafiard du grand Orgue ; d> a y pr% p , fignifie double A mi la du P refiant du Pofitif; d>aypr>g9 fignifie double A mi la du P refiant du grand Or-gue. En examinant attentivement ce plan, on y trouvera toutes les Baffes, de deux 8 pieds, l’un pour le grand Orgue 8c l’autre pour le Pofitif : le double A mi la du Preftant pour le grand Orgue 8c un autre pour le Pofitif : une partie des Pédales de Flûte de 8 pieds & de 4 pieds : avec le double A mi la du Na-làrd ouvert du grand Orgue.
- 901. On remarquera qu’on fait bien fouvent parler un Tuyau à un ton fort* différent du Diapafon, fur-tout, pour les Pédales de Flûte. On en trouvera qui doivent parler d’une tierce plus haut que leur taille ne porte naturellement. On fait déjà que les Tuyaux de ces Jeux doivent être de plusgrofîè taille que les autres ; ainfi ce n’eft pas un défaut. D’autres parlent un demi-ton & même un ton plus haut ou plus bas que ne porte la mefùre de leur Diapaïbn. Tout cela n’eft pas fenfible dans l’harmonie, pourvu que Ton faffe parler les Tuyaux comme il convient ; ceque j’expliquerai en fon lieu. On évitera tant que Ton pourra d’être
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- Secl. LF aire le plan de la Montre ; tailler les Cartons, SCe. 329
- obligé de couder des Tuyaux ; parce quon a peine à les faire bien parler. A cet z effet, quand on fera la diftribution des Tuyaux de la Montre, on remarquera fi ceux qu on defline à faire un tel ton pourront avoir lalongueur requife pour qu il ne faille pas les couder.
- 902. On trouvera encore au-dedans de ce plan la hauteur des pieds. Il y a dans la Montre, certains Tuyaux qu’on appelle principaux ; tels font, le plus gros ou celui du milieu de chaque tourelle : le plus gros de chaque platte-face. La hauteur de leur pied ne varie point, parce quon prend pour réglé générale de leur donner pour hauteur deux fois & demi leur diamètre. Par exemple , le Tuyau du milieu de la grande tourelle, marqué a> 2, 8, doit avoir 6 pouces 10 lignes de diamètre. Or deux fois &demi 6 pouces 10 lignes de diamètre, font 17 pouces ; c’eft la hauteur du pied de ce premier Tuyau. Le premier & plus gros Tuyau du milieu des 4 autres tourelles, doit avoir y pouces 9 lignes de diamètre. Or deux fois &demi cette groffeurferont 14 pouces 4 lignes; ce fera la hauteur de fonpied. Les deux premiers Tuyaux de latrefle de la tourelle du milieu, marqués £^,4,8, font encore des principaux Tuyaux. Leur diamètre efl de 4 pouces 11 lignes ; deux fois & demi ce diamettre fait 12 pouces 4 lignes ; ce fora la hauteur de leur pied. Toutes ces hauteurs font écrites à leur place fur le plan. Le plus gros Tuyau des plattes-faces, marqué g> 8, 8, a 4 pouces de diamètre; il doit avoir fon pied de 10 pouces de hauteur. On ne compte point ici le bout du pied qui doit entrer dans le trou for lequel le Tuyau doit être pofé. On ajoutera ce forplus aux hauteurs que j’indique, lefquelles doivent être entièrement apparentes.
- 903. Lorfqu’on aura ainfi déterminé la hauteur des pieds des principaux Tuyaux, on trouvera aifément la hauteur des autres. Les deux premiers Tuyaux qui font aux deux côtés du principal Tuyau de la tourelle du milieu, marqués C, 1, 8 , auront leur pied de 4 pouces & demi plus haut que celui du milieu , & les deux foivants feront de même de 4 pouces & demi plus hauts que les deux précédents. Celui du milieu, comme nous l’avons vu dans l’Article précédent, doit avoir 17 pouces de hauteur. Les 2 foivants auront donc 21 pouces 6 lignes de hauteur ; & les deux autres qui foivent ceux-ci, auront 26 pouces. Tout cela efl écrit à fà place furie plan. Ceux qui foivent les deux principaux Tuyaux des quatre autres tourelles, fe formonteront de 4 pouces refpeélivement l’un à l’autre. Ceux qui foivent les deux principaux des côtés de la trefle de la tourelle du milieu , fe formonteront de 3 pouces, comme on le voit écrit for le plan.
- 904. A l’égard des plattes-faces, on fera autrement. On les tracera dans leur jufle groffeur contre une muraille unie ou for une grande table, à peu près comme on le voit en la fig. 1. PL 68. On marquera le point A, for le premier Tuy au C D, à 1 o pouces de C, comme nous avons déterminé la hauteur de fon pied dans l’article précédent. On marquera fur le dernier Tuyau G H> le point B, à 20 pouces de H. On tirera une ligne droite du point A, au point B ; cette
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- 33o FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. VIL
- ligne coupera tous les Tuyaux intermédiaires. Chaque point d'interfeétion déterminera la hauteur du pied de chaque Tuyau de la platte-face.
- 905. Après avoir déterminé la hauteur des pieds de tous les Tuyaux de la Montre , il'faut trouver la grofleur de leur petit bout. La réglé générale fera de leur donner le tiers de la grofleur de leur Tuyau refpeélif. S'il s’agit de la circonférence du corps du Tuyau , par exemple , du premier C fol ut du 8 pieds, qui a 18 pouces de circonférence , le bout inférieur de fon pied aura 6 pouces de largeur ou de circonférence. Il en fera de même s'il s'agit du diamètre : ce premier C fol ut a 5 pouces 9 lignes de diamètre ; fon tiers fera 23 lignes. Autre exemple : un Tuyau de 4 pouces de diamètre doit avoir le bout inférieur de fon pied de 16 lignes de diamètre , ce qui fera 50 lignes & un quart de circonférence; ainfi des autres. Cependant on ne doit pasfiüvre cette réglé, s'il y a à la Montre des Tuyaux aflez petits, comme le font, par exemple , les deflîis du 8 pieds ou du Preftant ; on donnera au petit bout de leur pied quelquefois jufqu’à la moitié du diamètre de leur Tuyau ; ils deviendroient trop menus & par conféquent trop foibles , fi l'on y fuivoit la réglé générale.
- Section seconde.
- Préparer les Tables dé Etain pour les rendre prêtes à être rabotées.
- 906. Dans le nombre des Tables déjà coulées, on choifira les plus épaifles pour en faire les plus grands Tuyaux. On écrira quelle hauteur il faut à chacun pour remplir la place qu'il doit occuper à la Montre. On prendra les largeurs fur le diapafon comme les cartons les indiqueront ; mais on les taillera plus larges qu'il ne faut. Pour couper l'étain lorfqu'il eft épais, on fe fervira de la grande foie à main, fig. 4, PL 3. Voyez l'Article 61, page 16. Si les Tables ne font pas fi fortes , on fe fervira du grand couteau à tailler à bras, fig. 21, PL 4. Quand on en fait ufàge, on met fur l'épaule le bout du manche oppofé à la lame ; 8c tenant fortement la main bien près de la lame, on fuivra fur la Table d’étain la ligne que l'on y aura tracée le long d'une réglé. On marquera chaque piece. Enfiiite fi les Tables font belles, unies 8c d'égale épaifleur, on les fera forger. Si elles ne font pas unies, qu'il y ait des grumeaux & des inégalités dans l’épaifleur, ce qui arrive fouvent quand on fond en pente, on ôtera tout ce qu'il y a de plus raboteux avec une écoiiene, fig. 6 , Pl. 3. Voyez l'Article 63 , page 16. On finira avec la galere ou rabot, (fig. 14, PL 3 , ) à laquelle on mettra un fer dentelé. Voyez l'Art. 70 pag. 18. Si l'on ne peut pas faire certains Tuyaux d'une feule piece , on en taillera plufieurs, pour être foudées enfèmble, comme nous l'expliquerons article 911 & fuivants. Enfin après avoir ainfi préparé toutes les pièces, on les fera forger.
- 907. Il y a deux maniérés de forger les Tables, foit d'étain, foit d'étoffe. Voici la maniéré la plus en ufàge. On peut voir l'enclume repréfentée^*. r,
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- Secl. IL Préparer les Tables Pétain , les forger, SCc. 331 PL 3 , & fon marteau , fig. 3 , qu'on appelle la majfe à forger. Voyez la défcri-ption de lune & de l'autre, an. 59 & 60 , pag. 16. Le Batteur J5, fe dilpofera comme on le voit en la fig. y , PL 65 ; il roulera la Table d'étain D, & la déroulera à mefore qu'il la forgera. On peut remarquer le billot de bois R, avec l'enclume par-deflùs, L'Ouvrier B bat avec la mafle M, for la Table d'étain, dont la partie T N eft repréfentée déjà forgée. P font quelques Tables roulées & deftinées à être forgées, ou qui le font déjà. Les Tables ont un envers & un endroit : X envers efl: la face de la Table, où paroît l'empreinte du coutil ou de la toile , qu'elle a prifo lorfqu'on l'a coulée ; & X. endroit efl la forface oppofee. On fera toucher for l'enclume l'endroit de la Table, & les coups de marteau feront donnés for X envers, On frappera bien également & fi près-à-près que l’empreinte du coutil di/paroillè entièrement. On prendra bien garde de ne pas donner de faux coups. On tiendra toujours le marteau ferme, foit avec les deux mains, foit avec une main. On fera avancer la Table for l’enclume dans tous les fens convenables , afin que le marteau ne rifque pas de donner for le bord ou en dehors , ce qui gâterait tout. On fera for-tout attention de ne pas frapper de l'arête du marteau ; mais toujours par le milieu de la tête, afin de forger bien uniment.
- 908. L'autre maniéré de forger les Tables s'exécute au moyen d'une machine repréfentée en perlpeétive dans la fig. 1, PL 6p. On en trouvera toutes les me-fores & les proportions, par l'échelle qui efl au bas de la même Planche. A , B , C, D, E , F 9 font les montans qui compofent une partie de la charpente ou cage de la Machine. G, //, I, K, Z, M, iV, O, P, font les traverfos qui lient le tout enfemble. Q R, efl un arbre de fer, qu'on voit féparément en perfi peétive 9fig. 3, avec fesquatre mantonnets auffi de fer a, b 9 Scc. c 8cd, font les deux collets ou pivots for lefquels cet arbre tourne.j^, efl la place où l'on arrête quarrément le centre du cercle S T9 fig, 1, que l'on fixe folidement au moyen de la virole g 9fig. 3 , & de l'écrou h. Les croifées du cercle S T9 fig. r , font de fer, & le cercle efl de plomb : ce cercle ayant 18 lignes en quarré péfera environ 150 livres. On voit en la fig. 4, le plan & l'élévation des coulîînets dans lefquels roulent les deux pivots c & d9 de l'arbrey^. 3. La fig. 6 , repréfente comment font faits les mantonnets, qui fe fichent dans l'arbre, fig. 3. On voit à ces mantonnets,^-. 6, une entaille à chacun. On emmanche premièrement un mantonnet dans fil mortaifo dans l'arbre, où il entre bien jufte. L'autre mortaife où doit entrer l'autre mantonnet efl plus longue. Quand il y efl entré, on le ferre contre l'autre, & on fait entrer fon entaille dans l'entaille de l'autre, en forte qu'ils fe trouvent mutuellement enclavés. On bouche enfoite le refte de la longue mortaife par un morceau de fer qu’on rive de chaque côté. V X y fig. 1, efl le manche du marteau a. Le centre de fon mouvement ou fon effieu efl: en Y. Voyez cet effieu de fer en la fig, y ? avec fa vis & fon écrou à oreilles, pour l'arrêter au manche du marteau dans une entaille. Le bout V du manche efl garni de fer, afin que les mantonnets ne l'ufent pas fi vite. Æ efl le billot qui Orgues, IL Part. P P PP
- Punchs
- Planche
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- 33^ FACTEUR D'ORGUES IL Partie , Chap. VIL
- porte l'enclume ou le tas. Il eft engagé dans une cage que forme la charpente de la Machine. Il porte à terre. Voyez, en la fig. 2, ce billot avec fon tas, defïi-nés féparément en perlpeéUve. O P y fig• I , eft un arc, compofe d un nombre de tringles minces de bois pliant , ou encore beaucoup mieux , de deux ou trois lames de fer bien battues a froid , ou d acier y qui dureront infiniment plus que des tringles de bois. Cet arc eft arrêté au milieu fur une traverfe. La corde de cet arc eft accrochée dans fon milieu à une crémaillère fulpendue au manche du marteau , qui frappe d'autant plus fort, que cette corde eft accrochée plus haut à la crémaillère. U eft la marche, au moyen de laquelle l'Ouvrier / fait tourner le volant S T y dont l’axe fait jouer le marteau avec beaucoup de vîtefîè. L'Ouvrier tient des deux mains, comme on le voit, un morceau de lame d'étain, & le promené deflous le marteau. On a repréfenté un petit morceau d'étain pour ne pas couvrir une partie de la machine. On peut remarquer deux rouleaux de bois aux deux côtés de l'enclume, pour avoir plus de facilité à manier une grande table fous le marteau.
- /
- On comprendra mieux la conftruétion de la machine par les autres figures. Lafig, 7, repréfente géométralement la machine, vue par le côté ou eft la marche pour faire tourner le volant. On y apperçoit la crémaillère. U faut remarquer en B, trois échancrures, pour changer l'axe du marteau, félon qu'on veut le faire lever plus haut ou plus bas. C’eft ce qu'on diftingue mieux dans la fig, 8, qui eft une coupe de la machine félon là longueur. La fig. p , eft la même machine , vue géométralement par le bout où eft l'arbre du volant : & la fig. 10, eft le plan , c’eft-à-dire, la machine vue géométralement par-deflus. Cette machine étant bien exécutée, fait un effet bien fatisfailànt ; attendu que l'on forge l'étain & le plomb avec une grande diligence & beaucoup plus uni. Si l'on veut moins fatiguer, on peut faire tourner le volant par un enfant. C'eft pour cela que la manivelle eft garnie d'une bobine de bois.
- pop. Toutes les pièces étant forgées, on les dreflera de la maniéré fïiivante : on les arrangera les unes fiir les autres fur un fort établi & le plus uni. On les battra bien fort avec la groffe batte à retendre. Voyez l'art. 64 > pag. 17, & la p fig, 7, PL 3. On frappera ainfi à toute force, faifant appliquer toute la longueur
- Planche de la batte fur les tables, & la faifant aller fur tous les endroits ; enfuite on met-tra les pièces qui étoient deflous, en delfus, & on battra encore à outrance. On changera ainfi les pieçes, on fera venir en-deflus chacune en particulier tour-à-tour, de on battra à chaque fois. On continuera ces opérations jufqu'à ce que toutes les pièces foient bien dreffées, & qu'aucune ne gode.
- P10. On aura une grande & belle planche de bois de noyer, s'il fe peut, Sc bien unie. Ce fera la table à raboter. On la mettra fur un établi. On étendra fiir cette planche une feule table d'étain, & on la frottera bien fort fur toute fa fur-faeç avec le retendoir yfig, p, PL 3. Voyez l'Art. 66 y pag, 17. On tiendra ce retendoir des deux mains fur fon champ , dans la partie creufe, qui eft fon deflus y
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- Secl. IL Forge? , retendre, lijfer VEtain ; te tailler, SCc. 333
- en forte que fa longueur foit perpendiculaire à la longueur de la table. On le promènera fur toute la table d’étain , que l’on frottera fortement avec le champ convexe. On achèvera ainfi de dreffer parfaitement toute la piece. On fera la même opération à toutes les autres. On fera la même chofè aux tables d’étoffe* lorfqu’on voudra achever de les drefler.
- 911. Si l’on a des tables à ajouter, on coupera bien droit, au moyen d’une réglé, un bout d’une table. On préfentera celle qu’on veut y ajouter, en forte que fon bout foit mis defîous celui qui fera nouvellement coupé, le long duquel on fera un trait avec une pointe fur le bout de la fécondé table qu’011 veut ajouter* On le coupera. On paffera la varlope-onglet fur les deux bouts qui doivent fe toucher enfemble. On les préfentera l’un contre l’autre pour voir s’ils fe joignent bien, & fi les deux tables en forment une feule qui foit droite ; alors on préparera ces deux bouts pour les fonder enfemble.
- 912. On aura du blanc de Troyes ou d’Orléans, qu’on appelle communément blanc (TEfpagne. On le concafîera , & on le mettra dans une terrine remplie d’eau. On laiffera ainfi ce blanc pendant 10 à 12 heures. On ne le remuera point. Enfuite on verfera doucement toute l’eau. On mettra tout ce blanc, qui * fè trouvera en pâte claire, dans le pot au blanc, (fig. 31, PL 4. Voyez l’art. 84 , pag. ai. ) On y mettra de la colle forte fondue ; on mêlera bien le tout, & on mettra le pot fur le feu pour le faire chauffer. Le blanc doit être épais, mais cependant a fiez liquide pour couler. Comme il eft eflentiel qu’il y ait une certaine quantité jufte de colle, en forte que s’il y en a trop, ou s’il n’y en a pas afïez, il ne vaudra rien ; on en fera l’efîài. A cet effet, on prendra un morceau de lame d’étain ou d’étoffe, par exemple, grand comme la main ; avec un pinceau, on le blanchira avec ce blanc déjà préparé & chaud. On frottera ce blanc avec les doigts jufqu’à ce qu’il devienne grisâtre : enfuite on repaffera de nouveau blanc avec le pinceau fur le premier, & on le laiffera bien fécher. Si le blanc eft bien fait, il ne faut pas que l’ongle du doigt puifîe prefque l’entamer, & que cependant la lame puifîe plier affez confidérablement fans que le blanc fe cafïè ou qu’il fe détache. S’il fe cafle, ce fera une marque qu’on aura mis trop de colle. Pour y remédier, on fera délayer de nouveau blanc avec de l’eau comme la première fois, & on le mêlera avec celui qui fera déjà dans le pot ; & après avoir fait chauffer le tout, on en fera encore l’efîài. Si l’ongle peut y mordre un peu facilement, ce fera une marque qu’il n’y aura pas affez de colle. Il eft effentiel, je le répété encore, que le blanc foit bien préparé ; la beauté & la bonté des foudures dépend de là.
- 913. Le blanc étant bien préparé & chaud, on blanchira defîous & defliis les deux bords qui doivent être foudés enfemble ; ce qui fe fera comme quand on a N fait l’efîài. C’eft-à-dire, qu’on mettra d’abord du blanc avec le pinceau fur un bord ; on le frottera jufqu’à ce qu’il devienne gris, & enfuite fans ôter du tout ce blanc grisâtre, on repaffera le pinceau avec de nouveau blanc fur le premier,
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- au bord feulement, de la largeur d’environ 3 lignes, quoique ce que Ton a frotté avec les doigts foit beaucoup plus large. On fera en forte que le blanc foit bien égal d’épaifleur.
- 914. Lorfque le blanc fera bien fec , on grattera avec la pointe à gratter, ( fig. 36, PL 5, voyez Y art. 22) d’abord le champ oul’épaiiïeur des bords,
- enfuite les vives arrêtes de chaque côté, qu’on abattra jufqu’à former un chanfrein de chaque côté , prefque jufqu’à la moitié de l’épaifleur de la lame. On fera cette opération aux deux bouts quon doit fbuder enfemble. On frottera légèrement avec un bout de chandelle de fuif bien propre , tout ce qu’on aura gratté. On approchera les deux bouts ainfi grattés, enforte qu’il y ait un intervalle à y paffer une carte à jouer. Les deux pièces d’étain feront pofées à plat fur une table unie.
- pij1. Comme je fiippofe qu’on n’aura pas encore des fers à fbuder, (j%. 32, 33 & 34, PL 5. Voyez Y art. 8 y , pag.mj) qui foient étamés, & qu’ils ne peuvent pas fervir fans l’être, voici comment on les étame pour la première fois. Il faut que tout le deflous du fer qu’on veut étamer foit bien limé à la lime douce ; il y en a même qui le paflent fur la pierre à l’huile, afin qu’il foit très-uni. On le fera chauffer, mais non pas jufqu’à rougir. On le paflera un inftant fur un mauvais linge , pour en ôter la cendre ; on le frottera affez fort fur du fel armoniac , & on l’appliquera tout de fuite fur de l’étain avec la réfine enfemble, le tout mis fur une brique. On frottera ainfi en repaflant de temps-en-temps fur le fel armoniac, On continuera cette opération jufqu’à ce que le fer foit parfaitement étamé, ou qu’il ne foit plus allez chaud pour fondre l’étain. S’il n’efl: pas encore parfaitement bien étamé , on le fera chauffer de nouveau, & on fera la même opération. Enfin lorfqu’il fera bien étamé, on le fera encore chauffer , on le re-paflera fur l’étain, dont on prendra une goutte fur la brique, que l’on appliquera fur un bout de la jointure des deux tables d’étain. On prendra une autre goutte d’étain qu’on appliquera fur l’autre bout. On en mettra une autre au milieu, en-fuite de pouce en pouce. On appelle cette opération attacher. On garnira de foudure toute la jointure avec le fer. Quand le tout fera froid, on y paflera un bout de chandelle de fuif ; on prendra un fer bien chaud & bien étamé ; on touchera de fon bout un morceau de chandelle, & tout de fuite on le paflera fur tout le joint d’un bout à l’autre Sc tout d’un trait. Le deflus de la jointure des deux tables étant foudé, on les tournera fbns-deflus-deflous ; on garnira la jointure de foudure, & on la foudera de même. En fait des Tuyaux de Montre qui doivent être rabotés & polis, il faut néceflairement fbuder aux deux faces les jointures des pièces ajoutées enfemble. Ces foudures feront faites avec le même étain dont le Tuyau fera fabriqué, afin que la jointure ne paroifle point quand le Tuyau fera poli.
- 916.H y aplufieurs obfbrvations à faire quand on foudera. i°. Il faut y di-flinguer 4 opérations. La première eft de gratter & de faire le chanfrein aux
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- Sect. IL .Lijfer VEtain , le tailler, blanchir ôC fonder. 335 deux bords quil s’agit de fouder; la fécondé eft d’attacher les deux bords avec des gouttes de foudure ; la troifieme eft de garnir de foudure aflez abondamment toute la rigole que forment les deux chanfreins rapprochés ; & la quatrième de fouder, c’eft-à-dire , de pafter le fer bien chaud & bien étamé , après avoir fait toucher fon bout fur le fuif. La fécondé chofe à obferver, eft qu’il ne faut pas
- que le bout du fer C B ,fig. 34 , PL ÿ , foit étamé le moins du monde. S’il l’é- —'"»-..:i
- toit , il faudroit y donner quelques coups de lime, immédiatement avant de Plakcbë faire la quatrième opération de la foudure, après avoir bien étamé le fer. La ^ troifieme eft, que plus le fer fera chaud, plus il faut le pafter vite fur la foudure.
- Et la quatrième chofe à obferver eft, qu’il faut bien prendre garde de tenir la queue du fer tellement élevée , que toute la furface de deflous ne touche point la foudure , mais feulement le bout, Sc qu’elle en foit cependant très-près*
- Voyez lajïg. <5, PL 6ÿ, Si toute la furface du deflous du fer, ou même une bonne partie feulement, touchoit la foudure , on fondroit & on perceroit le Tuyau. Si l’on tenoit la queue du fer trop élevée , on ne fondroit que très-difficilement la foudure, laquelle ne foroit jamais folide. J’aurai occafîon de revenir encore à parler de la foudure lorfque nous en ferons à décrire la conftruétion des Tuyaux.
- 917. Lorfqu’on aura ainfi ajouté toutes les pièces néceflaires pour la conftruétion des Tuyaux de la Montre, on en taillera les corps dans leurs véritables me-fiires , qu’on prendra fur le diapafon, conformément à l’indication des cartons,
- & on les coupera à la hauteur écrite fur les mêmes cartons. On aura des réglés bien dreflees & de toute la longueur convenable , le long defquelles on tirera des lignes, qui marqueront leur circonférence , également diftantes à chaque bout. On fuivra ces lignes avec le couteau à tailler à bras , ou le long de la réglé. Si les pièces ne font pas bien fortes, on pourra les couper le long d’une réglé avec le couteau à. tailler à la main. On le repaflera plufieurs fois for le même endroit, afin qu’il enfonce davantage. On choifira le bout de la table le plus fort, pour y faire la bouche du Tuyau ; c’eft pourquoi on le coupera exactement à l’équerre à ce bout.
- 918. Pour tailler un pied de Tuyau de Montre, on tirera une ligne droite indéfinie, AC, fig. 7, PL 6ÿ ; on y prendra la diftance de A à G, de la hauteur qu’on doit donner au pied du Tuyau. On divifera l’efpace A G, en deux parties égales, au point B. On portera la diftance de B à G à G C; de forte que l’efpace de G à C, fera égal à celui dq G a B. Du point C, comme centre, on décrira l’arc indéfini A D. On aura une réglé de bois bien flexible, d’environ un pouce de largeur for une ligne d’épaifleur, ou bien une bande d’étain d’une longueur au moins égale à la circonférence du plus grand Tuyau qu on a à faire. On marquera fur cette réglé , ou for cette bande d’étain , la largeur ou la circonférence précife du Tuyau dont on veut faire le pied. On courbera cette réglé fur 1 arc A D, de façon quelle le touche dans tous fes points, & qu’une
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- de fes extrémités étant en A, le point de la largeur du Tuyau foit marqué en D ; on tirera la ligne droite de D à C, & de C, on tracera l’arc G O ; alors on aura A G O D, qui fera le véritable développement du pied du Tuyau dont il s’agit. La courbe GO, fera exaélement le tiers de A D. On trouvera dans l’art. 971, une autre méthode qui revient à celle-ci ; mais elle eft plus générale.
- 919. Il faut remarquer qu’il eft eflentiel de faire les pieds d’une épaifleur proportionnée à la grandeur des Tuyaux qu’ils doivent foutenir , afin qu’ils {oient aflèz forts. On voit bien fouvent des Montres d’Orgue qui périflênt par le défaut d’une épaifleur foffilànte aux pieds des Tuyaux. Il feroit bon que l’étain dont on confirait les pieds, ne fût pas auffi doux que celui des corps des Tuyaux. Je penfe que fi on aloyoit cet étain d’une livre de cuivre par cent, comme je l’ai dit art. 884 , pag. 321, cetaloi le rendrait plus fort; & par là, les pieds réfifteroient mieux au poids des Tuyaux. Voyez Y art. S62, pag. 312 ou j’ai décrit comment fe fait cet aloi. Mais je ne confeillerai point d’aloyer l’étain des corps des Tuyaux. Un autre défaut dans lequel on donne aflez fouvent, eft de faire les pieds trop pointus. C’eft pourquoi j’ai confeillé de donner au moins, au petit bout des pieds, le jtiers de la grofleur des Tuyaux refpeétifs, & au-delà du tiers lorfque les Tuyaux font petits.
- Section Troisième.
- Raboter ÔG polir les Tuyaux.
- 920. Le corps & le pied de chaque Tuyau étant taillés, on rabotera le tout. À cet effet, on mettra for la grande table à tailler la planche d’étain que nous appellerons dorénavant le Tuyau. On l’arrêtera au moyen de la groflè entaille de bois, Jzg. 12, PL 3 , & du coin A ,fig* ij1* prendra la galere, fig. 14 9 à laquelle on mettra un Ter dentelé; deux Ouvriers fe mettront à la pouffer for toute la forface du Tuyau, pour en tirer les défauts les plus confidé-râbles , changeant l’entaille de place quand il le faudra. On pouflera la galere tantôt en long, tantôt diagonalement, fajfànt croifer fouvent le fons dans lequel on la fait aller, pour éviter & couper les ondes qui s’y trouveraient fans cela. Quand on aura ébauché le Tuyau d’un côté, on le tournera de l’autre, & on y fera la même opération.
- 921. On examinera laquelle des deux faces aura le plus de dilpofîtion à devenir belle ; on la mettra en deflous, & on finira le revers du Tuyau. Oh y paffèra d’abord la galere à petit fer non dentelé. On en ôtera foigneufement toutes les ondes & tout le grain qu’aura fait le fer dentelé. On finira avec le rabot à double lumière, (Jzg. 16, PL 3. Voyez fart. 71, pag. 18 , ) le fai-fant aller tantôt en long, tantôt en travers, en biailant, &c. & fins faire
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- Seü.lIL Raboter SC polir les Tuyaux, SCc. 337
- d’autre opération , on tournera le Tuyau de l’autre côté , fur lequel on fera le même travail. On fera attention que l’épailfeur foit auffi égale qu il fe pourra, enforte que le devant du Tuyau ne foit pas plus mince que le derrière. Je lais bien que l’ordinaire eft de faire le devant du Tuyau plus mince que le derrière ; mais c’eft mal travailler. Un Tuyau qui a ce défaut ne parle jamais fi bien que lorfque Ion épaifleur eft égale & régulière. Cependant le haut peut être un peu moins fort que le bas ; mais cette diminution d’épaifleur doit être très-petite.
- 922. Lorfqu’on aura paiîe le rabot à double lumière for toute la forface du Tuyau, on le raclera avec le racloir, fig. 43 , PL 5 ; voyez l’art. 93, pag. 23. On le tiendra des deux mains, enforte que les deux pouces appuyant bien dans le milieu fur le plat, les autres doigts le tirent dans un fens oppofé par les deux bouts. Comme ce racloir eft affez mince , on le fait devenir courbe ; & le tenant prefque perpendiculairement for fon champ, on l’incline tant foit peu fur fon devant. On le pouffe dans cette fituation toujours en avant, tout le long du Tuyau. Lorfqu’on fe fert bien de cet outil, on enleve de longs copeaux , &11 on unit parfaitement la forface du Tuyau. On ne fe fdtt guere de ce racloir que dans la partie du Tuyau qui doit être apparente ; parce qu’il ri’y a que celle-là qui doit être brunie. On continuera de racler ainfi jufqu’à ce qu’on ait fait difparoître tous les coups de rabot.
- 923. On fera fondre dufàvon dans de l’eau bien nette, dont on mouillera le Tuyau pour le brunir. On le couchera fur une table très-unie, & qui ne doit fervir qu’à cela. On frottera bien fort avec le bruniifoir, fig. 10, PL 3. Voyez les art. 6j Sc 68 ,pag. 17. Sa fituation fur le Tuyau eft d’être en travers, & le manche parallèle à la longueur de la table. On pourra fe mettre deux Ouvriers, & on frottera en allant & venant félon la longueur du Tuyau , for toute la forface qui doit être apparente. On repolira le bruniifoir de temps-en-temps, afin de l’entretenir toujours bien brillant. Enfoite on lavera le Tuyau , ou feulement on le frottera avec un linge mouillé & tordu, & après avec un autre linge fec. Tout cela fini, on paffera la varlope aux deux côtés de fépaifleur du Tuyau. O11 fera la même chofe aux deux côtés du pied, après qu’on l’aura poli, bruni & lavé. Lorfqu’on ne fe fervira plus du bruniifoir, on le frotter? ?vec du fuif de chandelle pour le garantir de la rouille.
- Section Quatrième.
- *
- Faire les Ecujfons , emboucher SC finir les'Tuyaux.
- 924. Tous les Tuyaux étant rabotés, polis & brunis, auffi bien que leurs pieds, on fera leurs bouches en écuflon au bout le plus épais du corps du Tuyau. V oy ez d’abord ce que c’eft que ces bouches en éculfons , repréfentées de dif-
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- j- férentes maniérés. On voit géométralement en face dans lafig. 2 , PL 6j , un Planche Tuyau en écufîbn. Il eft vu de côté & géométralement dans la fig. 3 , à demi tourné 8c en perfpeétive dans la fig. 4, & prefqu’entié rement de côté & en perlpeélive dans la fig, 5. La fig. 6, repréfente géométralement le plan du pied avecfbn bifeau pofé, 8c vu par-defîiis. Voici comment il faut s’y prendre pour faire ces écufïons.
- ======» E MNP, fig. 7, PL 6ÿ , repréfentent le bout d’une table d’étain,
- Planche laquelle doit être le Tuyau où il faut faire la bouche en écufîbn. On divifèra } en quatre parties égales la ligne a b, du bout du Tuyau. On portera le quart de cette longueur au milieu, & on marquera les points c 8c d. Sur ces deux points c 8c d, on élevera les deux perpendiculaires cfi8c d g. De la ligne a b, au point k, on donnera la diftance d’une fois 8c demie la largeur de la bouche c d. Ce point k doit être placé bien au milieu, entre les deux perpendiculaires cfSc d g; il fera le centre du demi-cercle g h fi, que l’on tracera. La diftance de A, à la ligne a b, fe trouvera de la moitié de la largeur du Tuyau, ou de la ligne a b. Il ne refte plus qu’à couper 8c féparer tout le morceau c fh g d*, on coupera dofi\c, 8c de g à d, avec le couteau le long d’une réglé ; mais pour la partie circulaire, on la coupe avec un compas dont une pointe eft tranchante. On peut fe procurer aifémentun compas de cette forte qui ne coûtera pas beaucoup. On aura un compas de fer comme ceux des Menuifîers , mais beaucoup plus fort* On racourcira de moitié les deux jambes, afin qu’il foit très-fort ; on fera fouder de l’acier à l’une des jambes , qu’on aiguifera en grain d’orge coupant, 8c l’autre jambe fe terminera en une forte pointe. Si l’on a un compas à quart de cercle , ce fera encore mieux, parce qu’il fera plus ferme , attendu qu’il y a toujours au moins une vis pour l’arrêter bien fixe à l’ouverture dont on a ' befoin.
- 926. Pour tracer l’écuffon fur le pied O D A G, on prendra la largeur c d, de la bouche du corps du Tuyau que l’on marquera au milieu de la courbe AD, par les deux points làcm. On tirera une ligne droite de l\m , au milieu de laquelle onpofera le centre e ; & de ce centre, on tracera le demi-cercle Inm, dont on coupera tout le morceau.
- 927. On attachera par un bout un moule, fig. 8, PL 65 , ( voyez 19art. 80, pag. 20, ) fur le bout d’un établi avec un ou deux valets, enfbrte qu’il foit fàillant hors de l’établi de toute la longueur du Tuyau. Si le Moule eft fort grand, on en fichera un bout dans un trou fait dans une muraille où on le confolidera bien. On mettra le Tuyau par-defÇis, & on le roulera peu-à-peu
- '» fur le moule, en le frappant avec une batte proportionnée,^. 8, PL 3 , voyez v Planche Xart. 6ÿ , pag. 17. Il faut remarquer que le Tuyau doit être roulé avec beau-^ coup de précaution, afin de ne pas gâter fon poli, 8c qu’il ne s’y faflè aucun dos d’âne, ni rides , ni arêtes , qu’il n’y ait aucun endroit bofîué. Quoique l’on doive ré^affer le Tuyau fur le moule, après qu’on l’aura foudé , il eft cependant
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- Sect. IV. Faire les Tuyaux ; compofition de la Soudure. 339
- dant nécelîàire de l’arrondir auparavant le mieux quil fe pourra. Sans cette précaution , il n’eft pas polîîble de faire une belle foudure ; parce que les bords ne feroient jamais droits. On dreffera fur-tout, avec une attention particulière les deux bords qu’on doit fouder enfemble. Si le Tuyau eft grand , on le liera d’ef-pace en efpace , avec des bandes de peau à mefure qu’on le roulera. Cet expédient aide beaucoup à arrondir le Tuyau. Quand il fera arrondi, les deux bords ne doivent pas fe toucher ; il y faut un petit efpace de l’un à l’autre. Voyez un Tuyau ainfi roulé en la fig. 9, jPL 6$. Il y a des Ouvriers qui fe fervent pour rouler les Tuyaux polis, d’une batte doublée de peau pour mieux ménager le poli. D’autres ne veulent point de peau à la batte. Ceux-ci prétendent qu’ils confervent mieux le poli ; mais il faut que le bois de la batte foit bien uni. Le pied fe roulera fer un moule des pieds, fig. 28 , PL 4, voyez Y art. 81, pag. 21 ; on attachera le moule fer le bout d’un établi.
- 528. Il s’agit de fouder le Tuyau. On commencera par le blanchir en dedans aux deux bords. A cet effet, on attache ordinairement avec du fil, un petit morceau de linge au bout d’une tringle de bois affez legere Sc luffilàmment longue. Ce linge fervira de pinceau! On le trempera dans le blanc qui doit être chaud, & on en frottera les deux bords intérieurs du Tuyau. On blanchira les deux bords en dehors , comme je l’ai décrit art. 913 ,pag. 333. On fera les mê-' mes opérations fer le pied du Tuyau pour le blanchir. C’eft une réglé générale que je ne répéterai plus ; lorfqu’il s’agit de fouder l’étain, on le blanchit dedans Sc dehors, & premièrement en dedans.
- 929. Il eft temps de parler de la compofition de la foudure dont nous n’avons encore rien dit. Car lorfqu’il a fallu ajouter des tables d’étain à d’autres , (914 , 915*, pag. 3345) on a dû fouder avec le même étain dont le Tuyau étoit fabriqué ; mais ce n’étoit pas de la foudure. On en compofe de quatre elpeces. La première eft pour fouder l’étoffe ; la fécondé, pour fouder l’étain ; la troifieme , pour fouder enfemble le corps d’un Tuyau avec fcn pied, ce qu’on appelle loudure a tourner ; Sc la quatrième eft pour fouder les noyaux & les bagues des Jeux d’anche. On fera fondre de l’étain fin Sc doux dans une cuillère de fer, ou dans la chaudière , fi l’on doit faire une grande quantité de foudure. On y mêlera environ une fixieme partie de plomb doux Sc neuf ; lorlque le tout fera fondu, on le remuera avec un bâton pour le bien mêler. On en verfera une petite quantité fer une brique froide Sc feche. S’il paroît dans la foudure de grands yeux tout brillants lorfqu’elle fera figée, elle fera bonne pour l’étoffe. Si elle devient matte & grife, ce fera une marque qu’il y aura trop de plomb. Si le mat eft blanc , il n’y aura pas aflez de plomb ; ainfi on remettra ou du plomb ou de 1’ étain, julqu’à ce qu’en ayant fait l’eflai fer la brique , on y reconnoiffe de grands yeux tout brillants. Alors on en jettera la quantité de lingots dont on aura befoin pour fouder l’étoffe. On remettra un peu plus de plomb dans la
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- fera feilai fur la brique comme la première fois : elle fera alors des yeux un peu
- Planche moins grands ; mais ils doivent cependant être prefque brillants. Cette foudure 72‘ fera bonne pour fbuder fétain. On en fera le nombre de lingots dont on aura befoin. On remettra encore un peu de plomb dans la chaudière pour mêler avec la foudure qui y relie, & après l’avoir remuée comme la première fois, on en fera l’effai. Elle doit faire des yeux plus petits & un peu mats. Ce fera alors de la foudure à tourner. On en fera les lingots néceflaires. Enfin on remettra encore un peu de plomb dans la chaudière ; on mêlera bien le tout, & on en fera l’eflài. Cette foudure doit faire des yeux encore plus petits, mais tous mats. Elle fera propre pour fouder les noyaux & les bagues des Jeux d’anche.
- 930. La raifon pour laquelle la foudure pour l’étoffe contient le moins de plomb , efl que quand on s’en fort fur l’étoffe , il s’en détache des particules de plomb qui fe mêlent avec la foudure. Celle pour l’étain contient un peu plus de plomb , parce que lorfqu’on l’emploie il fe détache des particules d’étain qui s’y mêlent & la rendent plus belle. On mêle encore un peu plus de plomb à la foudure à tourner, afin qu’elle foit moins coulante ; ce qui elt néce/Iàire , parce que fi elle étoit auffi coulante que les deux autres, on ne feroit pas facilement une belle foudure autour du Tuyau lorfqu’il s’agit d’affembler le corps avec le pied. C’efl: de celle-là qu’il faut fe fervir lorfqu’on fonde les écuilbns des Tuyaux de Montre. La foudure pour les noyaux & les bagues doit être encore moins coulante, c’efl-à-dire , qu’il y faut encore plus de plomb , parce qu’il y en faut appliquer une plus grande quantité, qui ne pouroit y tenir, lî elle étoit auffi coulante que les autres foudures. Il y a des Faéleurs qui ajoutent à la foudure pour l’étain , environ une vingtième partie d’étain de glace ou b if* mut; mais alors cette foudure devient plus callànte. A l’égard de la lingotiere dans laquelle on jette la foudure pour en former des lingots, voyez la fig. 37 9
- •..------1 PL 5 ; voyez encore l’art. 88. pag. 22. On y jettera la matière le moins chau-
- Planche bernent qff elle pourra couler. Il y en a qui au lieu de faire chaque canal à trois faces, & prefque carré dans la lingotiere , ne les font qu’à deux , enforte qu’il y ait un angle au milieu de chaque canal. Par- là les lingots fe trouvent triangulaires dans leur longueur. Je trouve cette pratique meilleure , parce que les lingots fortent plus aifément de la lingotiere.
- 931. Pour fouder le Tuyau, on le couchera for l’établi. On grattera d’abord 9 avec la pointe a gratter, le champ des deux bords, pour en ôter le blanc ; on fera un chanfrein, par-deflus feulement, aux deux bords s non pas jufqu’à vive arête , mais feulement jufqu’à un peu plus de la moitié de l’épaiffeur de la matière. Ce chanfrein doit être coupé nettement & bien égal d’un bout à l’autre. S’il y avoit quelqu’endroit de la matière qui fut un peu plus mince que le relie , on augmenteroit le chanfrein en dehors ; & s’il y avoit quelqu’endroit plus épais, on l’augmenteroit dans l’épaiffeur. Si en grattant on enlevoit du blanc%
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- Secl. IV. Souder les Tuyaux ; faire les Ecujfons. 341 m qu’il vînt à s’écailler, il faudrait en remettre un peu à l’endroit où il ferait enlevé mal-à-propos ; 8c quand il feroit fec, on continueroit l’opération. Les deux bords étant grattés comme il faut, on les frottera légèrement avec le bout bien propre d’une chandelle de fuif. Comme il faut fe fervir fouvent de la chandelle de fuif, on en enveloppera une avec du papier , enforte qu’il n’y ait que le bout du bas de la chandelle qui paroilfe ; 8c afin de faire tenir ce papier, on en tordra le bout excédant. On approchera les deux bords, jufqu’à y palier une carte à jouer. Si le Tuyau eft fort grand , on le liera en quelques endroits avec une bande de peau. On attachera par une goutte de foudure d’abord le côté où eft la bouche, dont on égalifèra bien les deux bouts; car il faut toujours commencer par-là. On mettra une autre attache de foudure un peu plus loin, ce que l’on continuera jufqu’à l’autre bout du Tuyau. On obferyera foigneufèment en mettant les attaches, qu’un bord ne foit ni plus ni moins élevé que l’autre ; qu’ils foient approchés par-tout également à l’épailïeur d’une carte près , je le répété encore ; on garnira de foudure tous les intervalles entre les attaches. A cet effet, fi le Tuyau eft grand, on fera dégoutter du lingot avec le fer chaud, des gouttes de foudure fur le blanc à côté 8c bien près de la rigole. ( Si on les faifoit dégoutter dans la rigole même, ces gouttes feraient fort fujettes à percer le Tuyau. ) En fuite avec le fer on refondra 8c on ramènera ces gouttes dans la rigole , fai-fànt enforte quelle foit bien pleine d’un bout à l’autre. En cet état, le Tuyau paraît foudé ; mais il ne l’eft ni proprement ni folidement. Le tout étant froid, on repalfera le fuif le long de la foudure. On prendra un gros fer ( fi le Tuyau eft grand ) bien chaud 8c bien étamé , mais jamais au bout ; on y fera toucher le fuif, & on le paflera d’un bout à l’autre. Voyez la fig, io, PL 6$ , qui repréfente la très-petite pente que doit avoir le Tuyau lorfqu’on le foude , aufîî-bien que la fituation du fer, qu’on diftingue encore mieux en la fig, 6. Plus le fer fera chaud, moins on donnera de pente ; 8c moins il fera chaud, plus on en donnera. Mais la différence entre ce plus ou moins de pente eft très-peu confi-dérable ; elle ne fe fait que pour rendre le petit cordon de foudure plus ou moins relevé. On foudera le pied du Tuyau de même. Relifez Y art. 9*6, pag* > où
- il s’agit de la foudure.
- 932. Le Tuyau étant foudé, on lavera le dedans 8c le dehors avec de l’eau bien chaude. Pour bien nettoyer le dedans, on attachera tin gros morceau de linge au bout d’une tringle de bois , & l’ayant trempé dans l’eau chaude, on frottera le blanc du dedans jufqu’à ce qu’il n’y en ait plus du tout. On aura foin d’ôter par la même opération toutes les gouttes de blanc qui pourraient être tombées au-dedans du Tuyau lorfqu’on l’a blanchi. On frottera le dehors avec une petite broffe & l’eau chaude jufqu’à ce qu’il ne refte aucun veftige de blanc, 8c que la foudure foit bien nette. On lavera le tout avec d’autre eau nette. Le Tuyau étant ainfi bien lavé, on le frottera avec un linge fec; ou bien on le laiftera fécher. Enfuite on le remettra fur le moule, on le frappera avec la batte jufqu’à ce
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- qu il foit bien fond, & qu’ ea y paffant la main en tout fons, tout à l’entour & d’un bout à l’autre , on n’y fente aucune côte, ni aucun autre défaut.
- 933. Il s’agit de relever l’écuflon tant au corps qu’au pied ; à cet effet, on mettra le Tuyau for le moule, en forte que celui-ci ne parvienne en-dedans que jufqu auprès de l’écuifon : on prendra un petit moule de Tuyau d’environ un pouce de diamètre , ou bien un morceau de bois cylindrique bien dur & bien uni, avec lequel on relevera peu-à-peu l’écuflon dans fa partie circulaire, ménageant avec précaution la matière , de peur qu’elle ne fe fende. On relevera Planche d’abord commencement acb > (fig. 1, P1.6S , ) de ce qui doit être relevé. Si 68. c’eft un Tuyau de 8 pieds, on prendra un pouce de matière au milieu a, afin que l’écuflon aitunpouce de faillie. Si c’eft un Tuyau de 16 pieds, on en relevera l’écuf fon d’un pouce & demi, &c. Cette opération doit fe faire partie en frappant en-deflous avec le morceau de bois, partie en frottant avec effort en-dedans. On relevera l’écuflon d’abord à là naiflance, & on viendra petit-à-petit à l’extrémité b >fig* 3 , qui repréfonte en peifpeclive un écuflon déjà relevé. Il y a deux maniérés de relever un écuflon, l’une quarrée jîg. y , qui repréfonte en profil géométral la coupe d’un Tuyau. On y voit en d & en/*, comment l’écuflon eft relevé quarrément. L’autre maniéré de relever un écuflon eft en arrondiiîànt, comme au Tuyau fig. 7, PL 6y. On voit en g & h cet arrondiflemént. Cha-Planche cun choifira la maniéré qui fera le plus de fon goût.
- 934- La piece d’étain qu’on tire de la grande échancrure de la bouche pour faire l’ouverture de lécuflon, devroit naturellement fervir à la fermer pour lui former la levre fupérieure ; mais elle eft ordinairement un peu courte & trop mince ; ainfi on doit en faire une autre plus forte & un peu plus longue, afin que le Tuyau ne rifque pas d’être trop égueulé. Il faut prévoir fi le Tuyau qu’on embouche doit parler en groffe taille, ou en menue ou médiocre taille. Pour la grolfo taille, la bouche doit être plus baffe que le cinquième de fa largeur , 8c d’autant plus baffe que l’on s’écarte davantage du ton naturel de la taille du Tuyau. S’il doit parler en menue taille, la bouche doit être un peu plus haute. S’il doit refter dans la taille médiocre & naturelle, la bouche aura le cinquième de là largeur. Car la hauteur de la bouche d’un Tuyau eft plutôt relative à la hauteur du Tuyau» qu’à la largeur de làboûche, comme je le dirai ailleurs. Du refte cette nouvelle piece'de l’écuflon doit être parfaitement égale à celle qu’on â ôtée, & précifément de la même forme, comme on le voit en la fig. 6. On la ployera à fon extrémité fopérieure, comme on peut le remarquer en la fig.
- 7. Cette levre fopérieure fervira de calibre pour l’écuflon. A mefore qu’on te relevera, on y préfentera cette piece, qui doit lui donner la forme & le contour. On y retouchera jufqu a ce que la piece y joigne bien par-tout fans rien couper, ni à la piece ni au Tuyau.
- Il y a deux maniérés d’ajufter la levre fupérieure for l’écuflon. L’une confifte à faire enforte que la jointure fe trouve entièrement for le derrière de la levre
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- SeB. IF. Souder, faire les Ecujfons ; faire les Bifeaux, ôCc. 343
- tout à l’entour ; & fautre efl: que la jointure fe trouve fur fangle, c eft-à-dire, que Ton peut en voir la fbudure fur le devant autour de la levre. Cette fécondé méthode efl: plus commode pour louder fécuflon ; mais elle n efl: pas tout-à-fait aufli propre que fautre, qui efl: plus difficile à pratiquer.
- 93 y. L’écuflon étant relevé & bienajufté, on en blanchira l’intérieur, aufli-bien que le bord extérieur. On blanchira de même les bords intérieur & extérieur de la levre fopérieure. Le blanc étant bien foc, on grattera toute la partie de Tune & de fautre piece qui doivent fo toucher enfemble, & s’appliquer l’une contre fautre. On grattera encore le champ de toute la partie circulaire , y failànt un petit chanfrein. Aux côtés de fécuflon 8c de la levre , on fera aufli un chanfrein à l’ordinaire. On paflera le foif, 8c on fondera la levre contre fé~ cuflon. On foudera facilement les côtés de fécuflon; mais pour la partie circulaire , on fera tourner le Tuyau en le fondant, afin que la partie où fe trouvera le fer à fonder foit toujours dans une fituation commode. Si fon ne réufiiflbit pas bien à faire cette foulure propre , il faudroit la réparer avec une petite rappe ou lime , & finir avec un petit brunifloir, enforte que la foudure faflè un cordon comme les autres foudures ordinaires.
- 936, On relèvera également la partie de fécuflon qui fo trouve for le pied.
- ,Voyez la fig. iy , PL <5y , qui repréfente un pied de Tuyau dont fécuflon n’efl: pas encore relevé. ïl paroît relevé dans la fig. 14. On fera exprès la levre inférieure (fig. 18 & 19, ) pour fy appliquer. Il efl: néceflaire quelle foit forte. On fera enforte, qu’étant appliquée fur là place, étant ployée & bien ajuftée > elle fafle un plan droit avec la levre fopérieure, comme on le voit fig. 7, PL 6$ 5 ce qui doit s’entendre de toute la partie de ces deux levres qui n’efl: pas ployée. On foudera cette levre inférieure fur fa place. Voyez la fig, 13, PL 6y , où la levre paroît foudée 8c le bifeau pofé. On lavera enfoite avec f eau chaude les deux écuflons en-dedans 8c en-dehors.
- 937. On fera le bifeau qui doit être de pur plomb. Voyez la fig. 39. PL 5 9 qui repréfonte le moule pour faire les bifeaux. La fig; 40, fait voir le profil de ce moule. Voyez fart. 90, pag, 22 , où j’ai expliqué la conftruéHon de ce moule. On donnera au bifeau que l’on veut faire, pour fon épaifleur, environ le tiers de la hauteur delà bouche. Voyez la fig. 11, PL 6y , qui repréfente le profil d’un bifeau , pour un Tuyau de y pouces de diamètre. Remarquez le talut a b 9 qui ne va pas tout-à-fait jufqu’à vive-arête en b9 où il refte un très-petit quarré. La pente de ce talut doit faire un angle d’environ 60 degrés. Lorfqu’on aura fondu la lame de plomb dans le moule des bifeaux plus épaifle qu’il ne faut, on la forgera à l’ordinaire. On la rabotera avec le rabot de fer deflous 8c deflus. Voyez la fig. 20. PL 4, qui repréfente ce rabot de fer. Voyez l’explication de cette fig. art. 72 9pag. 18. Lorfqu’on aura bien drefle 8c bien uni tout le bifeau 9 on fera le talut, qui doit être bien droit, bien dégauchi 8c coupé vivement. On le coupera de la grandeur du pied, enforte qu’il puifle y entrer jufte. On y fera
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- un gros chanfrein en-deflus tout-à-l’entour jufqu’aux deux bouts du talut. On voit au bout*/ du profil, 9%. il. PL 6$ , ce chanfrein. Le plan géométral du bifeau eft repréfenté en la fig. id, & en perfpeétîve 9fig. 17.
- 938. On blanchira le deflus du bifeau tout-à-Fentour , aufli-bien que les deux bouts du talut ; on blanchira auffi le dehors & le dedans du bord fupérieur du pied tôüt-à-l’entour jufqu’au commencement de Fécuflon. Quand le blanc fera bien fec * on grattera tout le chanfrein qui fera deflus & tout-à-l’entour du bifeau, 8c après y avoir pafle du fuif, on rétamera. On grattera le deflus de Fé-paifleur du pied ; on paflera du fuif for tout ce qui fera gratté. On aura une bande de papier , qui fbit aflez large pour couvrir une bonne partie de la groffeur fo-périeure du pied ; on appliquera 9fig. 12 , ce papier fg, au-deflus du pied, en-forte qu’il y fbit bien tendu : on mettra le bifeau fur le papier, & on l’attachera en quelques endroits par deux ou trois gouttes de foudure ; on otera le papier , & on fbudera le bifeau tout-à-l’entour. On prendra garde qu’il n’entre point de foudure dans la lumière. Si le bifeau étoit grand & pefànt, au-lieu de papier on pourroit fe fervir de parchemin.
- Il y a des Ouvriers qui ne fe fervent ni de papier ni de parchemin pour po-fer un bifeau. Après l’avoir étamé , ils le pofent à plat fur une planche unie , énforte qu’il y joigne bien. Ils y font tenir 3 ou 4 gouttes de foudure en quelques endroits fur le bord. Ces gouttes qui font un peu fàiilantes, forment comme de petites oreilles, qui retiennent le bifeau fur le pied fans qu’il y enfoncé. On emporte ces oreilles lorfqu’on fou de le bifeau tout-à-l’entour. Cette méthode paroît la meilleure pour les grands bifeaux.
- 939. On obfervera, i<>. Que le bifeau doit être d’une épaifleur égale d’un bout à l’autre fur le devant où eft le talut ; mais d’avant en arriéré il doit aller en diminuant ; ce qui rend le Tuyau plus facile à monter ; d’ailleurs ce feroit une épaiffeur de matière & une pefanteur inutiles, s’il étoit également épais dans toute fon étendue. 2 . On étame tout le chanfrein des gros bifeaux, afin de le fonder avec plus de facilité. Sans cette précaution, comme il faut une grande chaleur pour faire prendre la foudure fur une piece de plomb confidérable par fi mafle , on rifqueroit de fondre l’étain en fondant le bifeau. 30. On fe fert du papier ou du parchemin, ou enfin de l’expédient énoncé dans l’article précédent, pour fouder le bifeaü fur le pied, afin de le foutenir à la hauteur convenable. Sans cela on ne pourroit pas le tenir à fa vraie place ; il tomberoit dans le pied. 40. Lorfqu’on met ce papier fur le pied, on fait enforte de ne pas couvrir la lumière. 50. Le deflbus du bifeau doit prefqüe affleurer le deflus de la lévfe inférieure. 6°. Avant de mettre le bifeau en place, on paflera le rabot de fer, ou la varlope-onglet fur tout le deflus du pied auffi-bien que fur le champ de la leyre inférieure, qui doit être bien droite, ainfi que le deflus du pied bien dreflS & bien dégaüchi, enforte que fi on pofoit le deflus du pied for une table bien dreflee, il touchât par-tout fans faire le moindre Vuide. 70* On fera for-tout
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- une attention particulière en pofànt le bifeau , à bien former la lumière , afin qu’ elle foit bien égale d’un bout à l’autre en tout fens, 8c que le bifeau ne foit pas plus enfoncé à un bout qu’à l’autre. 8°. A l’égard de la largeur de la lumière, on la donne félon la grandeur du Tuyau# Si c eft un Tuyau de 16 pieds ? la lumière aura une ligne de large ; pour un 8 pieds, trois quarts de ligne fuffiront» Pour de plus petits Tuyaux, une demi-ligne fera convenable. Mais lorfque l’on confirme le Tuyau, il eft mieux de faire la lumière plutôt un peu plus large qu’il ne faut, que plus étroite , parce qu’il eft plus facile de la rétrécir que de l’élargir#
- 940» Le bifeau étant exactement foudé tout-à-l’entour, on préfentera le pied au corps. Il faut que le corps foit exactement de la même grofîeur 8c de la même rondeur que le pied. On paflera le rabot de fer au bout du corps du Tuyau, afin que celui-ci joigne bien fur le pied. Lorfqu’on les aura bien ajuftés enfemble, on blanchira le bord du bout fupérieur du pied tout-à-l’entour 8c le bout du corps également tout-à-l’entour, en-dedans 8c en-dehors. Lorfque le blanG fera bien fec , on grattera fur l’arête en dehors du bout fupérieur du pied, aufli-bien que la partie où doit porter le corps du Tuyau ; on fera un chanfrein tout-à-l’entour jufqu’à la bouche ; on grattera le champ du bout du corps, & on fera un chanfrein tout-à-l’entour en-dehors ; on frottera de fùif l’un & l’autre chanfrein. En cet état tout fera prêt pour monter le Tuyau.
- 94 ï. Pour lé faire, on affemblera le pied avec le corps , enforte que les côtés de la bouche du corps fe rencontrent exactement avec les deux bouts de la lumière , & que les deux portions de l’écuflon fè regardent bien fans gauchir. Alors tandis qu’un Ouvrier tiendra les deux pièces du Tuyau affembiées , & la bouche tournée un peu de côté, un autre Ouvrier mettra une attache par une goutte de fou dure. Le premier Ouvrier tournera un peu la bouche du côté op-pofé , 8c l’autre Ouvrier appliquera une autre attache. Enfin le premier Ouvrier tournera le Tuyau, la bouche en defîbus 8c l’autre Ouvrier mettra une autre attache fur le derrière du Tuyau. Le premier Ouvrier alors garnira de foudure tout le pourtour du Tuyau. Lorfqu’il fera refroidi, on paffera le fiiif, & avec un fer affez chaud, on le foudera faifànt tourner le Tuyau à mefùre que le fer fondra la foudure. Pour faire cette foudure aufli propre que les foudures droites, tout confifte à tenir lé fer appliqué contre la jointure, en forte que celle-ci fe trouve toujours avoir la même pente que fi l’on foudoit droit, & de maintenir cette même pente en tournant le Tuyau à propos ; car fi l’on tourne plus vite que le fer ne fond la foudure , on fera celle-ci inégale. Elle fera de même inégale , fi f on tourne le Tuyau plus lentement que la foudure ne fond. Un peu d’expérience & de pratique en enfeigneront plus là-deflus que les plus longues explications.
- 942. Le Tuyau étant fini, on le lavera avec l’eau chaude pour en ôter le blanc. Pour lui redonner tout fbn luftrë, on le remettra fur le moule , on le
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- Planche
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- frottera avec du blanc d’Efpagne en pâte & un linge : on y en paflera enfuit© en poudre feche, la changeant plufieurs fois. On le fera devenir ainfi fort brillant , & même plus blanc quil ne l’étoit lorfqu’on l’a bruni.
- 943. Comme tous les Faéteurs ne font pas tous les Tuyaux dune Montre à écuflbns, il faut indiquer ici la maniéré de les conftruire fans écuflon ; car le plus ordinairement on fait de cette forte ceux des plattes-faces. Voyez la forme
- ! des Tuyaux de cette efpece, fig, 9 , PL 68, où on en a repréfenté un géomé-tralement vu de face. La fig. 10, le repréfente vu de côté. La fig. 11, repréfente le même Tuyau développé, qui n’eft pas dans toute fà hauteur, faute de place. On coupera à féquerre le bout CD, du Tuyau A B C D. On marquera à l’ordinaire le quart de la largeur du Tuyau par deux points a 8c b au milieu. On tirera une perpendiculaire fur le point a, & une autre fur le point b. On divifera en 5 parties fefpace a b, & on portera cette cinquième partie de a en h & de b en g y fùr les deux perpendiculaires. On tirera une ligne de h a g ; ce fera la hauteur de la bouche. On fe fervira de l’inftrument appellé calibre des bouches pour les Tuyaux de Montre 9 fig. 42 , PL y. Voyez fart. 92 > pag. 23. Avant de faire tous ces traits, on tournera la face polie du Tuyau en-deflous, qu’on pofera fur une piece de peau blanche. On appliquera la bafe du calibre ( le rebord en-deflous ) contre le bout CD (fig. 11, PL 68,) du Tuyau, enforte que fbn côté touche le point h, & on tirera la ligne fih, le long du côté du calibre. On le pouffera enfuite , enforte que fon côté oppofé touche le point g, & on tirera la ligne fg, le long du calibre. Les deux lignesfhdkfg) étant marquées, on tracera bien fort avec une efpece de lame d’acier qui ne coupe point ces deux mêmes lignes , qui fe trouveront relevées fur la face polie du Tuyau. On coupera proprement la bouche fur la ligne h g, fi le Tuyau doit parler à fbn ton naturel fùivant fà taille, & on Téparera entièrement le morceau a h g b. Voyez fart. 934 , pag. 342 au fujet de la hauteur de la bouche.
- 944. Pour le pied du Tuyau , on s’y prendra, comme on aura fait pour le Tuyau en écuflon, art, 926,p. 338. On poferàle pied, le côté poli en-deflous, fur un morceau de peau, & on imprimera bien fort le demi-cercle amd, dont on pofera le centre en n. On aura à cet effet un compas dont une pointe fera émouffée, arrondie & polie. L’autre pointe qui doit être pointue à l’ordinaire , fera pofée dans un centre de cuivre ou de fer au bout d’une lame , que l’on affermira, au moyen d’un valet, au milieu de la levre inférieure.
- 945. On arrondira le Tuyau fur un moule à l’ordinaire ; mais on fera attention de ne pas appiatir ou effacer les lignes relevées qu’on a imprimées aux côtés de la levre fupérieure & à la levre inférieure. On foudera le corps du Tuyau & le pied aufli; & après les avoir repafles fur le moule, on applatira & on rendra bien platte la levre fupérieure de la bouche entre les deux lignes. Cette opération fe fera aifément au moyen d’un morceau de forte planche de bois bien dreffée. On la coupera en un bout aux deux côtés pour qu’elle fè
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- termine en pointe du même angle que celui du calibre des bouches. Cette Planche fe nomme le moule des bouches. On l’arrête fur l’établi, en forte que la pointe en eft dehors. On introduira ce moule dans le Tuyau, 8c c’eft for lui qu’on applatira la bouche en la frottant par-deffos avec un petit brunifloir pour ne pas gâter le poli. On ufera du même expédient pour applatir la levre inférieure ; mais ce fera for un moule qui fera coupé en demi-rond. On montera enfuite le Tuyau avec toutes les précautions & les foins que j’ai indiqués dans les Articles précédents.
- 946. Je crois que je ferai plaifir aux Ouvriers en donnant ici une idée d’une Montre d’Orgue que j’ai vue : c’efl: de l’Orgue de la Cathédrale de Beziers en Languedoc dont je parle. Elle fut faite en 1623 , par le Sieur Poncher, Faéleur d’Orgues Flamand. Les Tuyaux de cette Montre , quoique conflruits depuis 147 ans, fe font confervés en bon état & dans toute leur blancheur. Ils font aulîî éclatants que s’ils fortoient actuellement de la main de l’Ouvrier. Les plus grands Tuyaux, qui compofent la baffe du 16 pieds, parlent aufli fort 8c auffî diftinélement qu’une baffe de 8 pieds ordinaire. Voici ce qu’ils ont de plus re-« marquable. Ils m’ont paru d’abord extraordinairement étoffés & fi fortement attachés par le haut, qu’on ne lésa jamais ôtés de leur place. Les bouts inférieurs de leurs pieds font plus gros qu’on ne les fait communément. Lorfqu’on a confinât le Tuyau , 011 a foudé aux deux côtés de la bouche c, fig. 8, PL y 6, un morceau de plaque d’étain, qui peut avoir environ deux pouces de largeur, for près de 3 lignes d’épaiffeur. Cette piece eft fondée à plat & ornée d’une moulure aux quatre bords. On a rapporté tout le long du bord fopérieur de la levre inférieure une forte moulure horifontale g, ou h n, fig. 9, en forme de petite corniche ; elle a 7 à 8 lignes de largeur fur prefqu’autant d’épaiffeur ou de faillie. On fent bien que cette tringle d’étain étant ainfi bien foudée fortifie extrêmement cette levre. On a foudé également une autre forte moulure horifontale fid, fig. 8 , ou b d, fig. 9 , par-deffus 8c au travers de la levre fo-périeure, à environ 18 lignes de fon bord inférieur* L’écuffon inférieur eft fait à l’ordinaire ; mais le fopérieur a beaucoup plus de faillie, 8c a une forme a b> {fig-8 » vue en perfpeétive ; on' a b d fig. 9, vue de face ;) propre à fortifier davantage la bouche. Il eft évident qu’on ne peut exécuter cette elpece d’é-cuflon , que par des pièces rapportées 8c foudées. Les deux pièces des côtés 8c les deux tringles étant fort proprement rapportées 8c polies, contribuent à l’ornement du Tuyau, à le faire bien parler & à le rendre très-folide. Les plus grands Tuyaux de cette Montre font ainfi travaillés. Quelques-uns des foivants ont les 4 pièces rapportées ; mais leurs écuffons font figurés comme on les fait préfentement. La fig. 11, les repréfente ainfi. Les Tuyaux qui foivent ceux-ci, fig. 10,11’ont que la tringle de la levre inférieure avec les deux pièces des côtés , 8c n’en ont point à la levre fopérieure.
- Ce qui furprend dans tous ces Tuyaux, c’efl; leur blancheur & leur brillant ' Orgues. IL Part, T111
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- qui fè maintiennent depuis II long-temps fans altération. Oü prétend que c eft l'effet d’un vernis qu*on y appliqua lorfqu’on les Conftruifit. Ce qui peut donner une efpeCé de certitude à cette opinion eft > qü il y a dans cette Montre plu-fieurs Tuyaux vernis en couleur d ôt $ laquelle imite encore allez bien la vraie dorure. Cèlà fait raifônnablement préfümer qu ôft appliqua de meme un vernis blanc aux autres Tuyaux.
- Je ne prétends pas, en décrivant ces beaux Tuyaux , porter les Faéteurs à imiter en tout cet Ouvrage , dont le goût, quoique riche , n eft pas en ufage aujourd’hui ; mais leur faire entendre feulement * Combien il eft important de bien étoffer lés Tuyaux ; Combien il eft néeelfairê que les deux levres foient fortes, & enfin que ce feroit une chofe avantageufe de vernir les Tuyaux, pour rendre leur blancheur & leur brillant plus durables.
- Ort peut compofer ce vernis de la maniéré fuivante. On pilera bien fin la quantité. qu’on voudra de gomme-laque en grain : on la mettra dans une bouteille avec le double pefànt de bon efprh>de-vin , dans lequel on la laifiera infufèr pendant quelques jours, la remuant bien de temps-en-temps. On jettera cette infufion dans un plat prefque plein d’eau tiede, danslaquelle on la remuera bien. La gomme dépofera alors dans cette eau fa couleur rougeâtre ou brune ; car toute cette opération nè fe fait que pour blanchir la gomme. On vérfera tout doucement cette eau, 8c on fera fécher très-parfaitement la gomme ; cela eft eflèntiel. Lôrfqu elle n aura plus la moindre humidité, on la pilera avec grand foin, & on la paflera par un tamis dé foie bien fin. On la mettra dans un matras avec trois fois autant pefànt du meilleur eiprit-dé-yin; Il faut que le matras fbit deux fois au moins plus grand qu’il ne faut. On le coëffera avec un morceau de veffie bien ramolie dans l’eau ; on la liera avec une ficelle > & on y fera üft petit trou avec une épingle qu’on y laiifera. On agitera bien le matras, afin que la gomme-laque ne refte pas en maniéré de gâteau. On laifiera infufer la gomme pendant 24 heures, agitant le matras de temps-en-temps , & en ôtant l'épingle chaque fois ; on la remettra tout de fuite. Après ces 24 heures, on expofera le matras au Soleil, pendant 6 à 8 heures, ou même plus long-temps. Si l’on ne peut avoir du Soleil, ou qu il fafle froid, on mettra le matras au bain marie ou au bain de fable fur un feu bien doux, pour imiter la chaleur du Soleil. On agitera fouvent le matras en ôtant l’épingle à chaque fois. Le vernis étant ainfi aflez cuit, on le laifiera repofër pendant quelques jours ; & lorfqu’ii fera devenu bien clair, on le verfera doucement dans une bouteille bien feche, qu’on tiendra exactement bouchée.
- Pour vernir un Tuyau, il faut qu’il foit bien net 8c bien poli* On le fera chàuffèr bien également par-tout d’un bout à l’autre, en le promenant devant un feu fiiffifamment allongé, & en le faifànt tourner fans le toucher avec les mains. On fent bien que lorfqu’un Tuyau eft fort grand , il faut ufer de bien des expédients pour le tenir & le manier fans rifquer de lé gâter. On en imagi-
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- Se cl. IV. Vernir UsTuyaux de là Montre* Oti indique leurs poids. 349
- liera aflëz fins qu’il foit néceflàire que je les indique. Lorfqué le Tüyâu fera parvenu à un degré de chaleur confldérable, mais cependant qu on puifle le fupporter très-aifément en le touchant avec le defîus de la main, on y paflera le vernis avec le plus grand pinceau qti’on pourra trouver. On pourroit même fe fervir de grandes vergettes à vergetter les habits , lefquelles feroient à poil long* Plus le pinceau fera grand, plus uniment & plus également on pourra appliquer le vernis. Il eft au relie néceflàire que le Tuyau foit chaud lorlqu’on y paflô le vernis * afin qu’il relie brillant. Sans cela fon luftre foroit terni, & il de* yiendroit mat.
- Si Ton Veut vernir quelques Tuyaux en couleur d’or, on préparera le vernis de la manière foivante. Prenez 6 onces de gomme-laque en grain que vous pillerez très-fin , & que vous paflerez âü tamis de foie : une once gomme-gutte concaffee ! demi-once fing-de-dragon concafle : un gros fifran-Gâtinois : demi-» once aloe§-hépatique concalTé : demi-once rocourt concafle : deux gros findarac! deux onces terre-mérite rouge bien pilée. On mettra toutes ces drogues avec une livre & demie du meilleur elprit*de-vin dans un matras au double plus grand quil ne faut. On le coëfifera comme ci-deflus. On fera cuire le tout de même & avec les mêmes circonltances. Quand le vernis fera bien repofë pendant quelques jours* Sq qu’il fera bien clair , on le vüidera doucement dans une bouteille, prenant bien garde de n’y mettre rien de trouble. On appliquera ce vernis comme l’autre for le Tuyau bien luftré * bien poli & foffifimment chaud. On fera fort prudemment de faire des eflàis pour l’application de ces deux ver-nis, pour fe mettre bien au fait avant de vernir les Tuyaux. Lorfque le temps fera fec & chaud, on réuflira beaucoup mieux à appliquer le vernis. Celui que je viens de décrire pour vernir en couleur d’or , fera bien plus beau fi l’on blanchit la gomme-laque , comme je l’ai expliqué dans la manipulation du premier VèriliSi
- 947. Comme il efl: eflentiel de donner l’Ipaifleur convenable aux Tuyaux d’une Montre , & que je ne crois pas qu’on puifle détailler cette épaifleur, autrement qu’én indiquant à-peu-près le poids de chaque Tuyau, je donnerai à cet effet la Table foivante, qui fera encore Utile pour juger de la quantité d’é* tain néceflàire pour faire une Montre.
- Cfolutàs, 32 pieds doit pefer 640 livres
- c%................... 560
- d .....................490
- e......................380
- /de 24 pieds.......... 340
- A...................300
- g*............ 240 livres
- à . * ..........220
- L • • * • •«••• 200
- ^ * * «.««• 180
- c de 16 pieds, .... 160 .... < « ... d * 130
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- 3yo FA CTEUR D'ORGUES, IL Partie, Chap. Vil.
- £ du 16 pieds doit pefer . ioo’ a . . . . .... 14 livres
- f de 12 pieds, .... 85 à>. . . . . ... 13
- fn 75 b ... . . ... 12
- g r de 4 pieds, ... 11
- <Æ. ... t> 1$ en . . . . . ... 10
- a . . 4 s d . . . . . ... 9
- . . . 38 J*. ... G O 00 • < 00 • • • •
- b ‘34 e ... * . . . . 8
- c de 8 pieds, .... 30 jfde 3 pieds, . . . 7 8 on.
- en . . • 27 /*• • • • . . . . 7
- d 24 g . . . .
- £ . . 21 g%. . . . . ... 6
- e 19 a . . . . . • • • 00 O G
- f de 6 pieds 18 û>. ... 5
- /%••••* 17 b . . . . . . . . . 4 8 on.
- g • 16 c dè 2 pieds, ... 4
- g*
- ' Les poids de tous ces Tuyaux ne font que des à-peu-près. Ils varient félon que leurs pieds font plus ou* moins hauts. Il faut augmenter le poids d’un Tuyau, fi le corps a une plus grande hauteur que le diapafon ne porte, comme il arrive fou vent à des Tuyaux de Montre.
- CHAPITRE HUITIEME»
- Maniéré de conftruire les Tuyaux d*Etain SC d’Etoffe de Vintérieur
- de VOrgue.
- Les Tuyaux dont il s’agit dans ce Chapitre, font ceux que Ion pofe dans l’intérieur de l’Orgue , foit Jeux à bouche, ou Jeux d’Anche. Je le diviferai donc en deux Seélions. J’expliquerai dans la première comment on fait les Jeux à bouche ; St dans la fécondé , je détaillerai la conftruétion des Jeux
- d’Anche.
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- Section Première.
- Conjlruclion des Tuyaux à bouche.
- I
- 948. Il eft d’ulàge en France de faire généralement tous les pieds des Tuyaux de l’intérieur de l’Orgue en étoffe -, auffi-bien que certains Jeux, Voyez ce qu’il faut penfer de cette coutume, an. >pag. 43. Je décrirai
- cependant
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- Secî. I. Conjlruction des Tuyaux a bouché. 35Ï
- cependant comment on travaille 1 étoffe & l’étain. Je commencerai par expliquer comment on s’y prend pour faire une doüblette. Lorfqu’on aura entendu la conftruétion de ce Jeu j il fera aifé de faire l’application de toutes les ope*-rations à tous les autres Jeux dont le corps du Tuyau fera cylindrique.
- Les corps des Tuyaux de ce Jeu fe font toujours en étain. On en choifira donô une table dont l’épaiffeur foit convenable. Les plus grands Tuyaux doivent être bien plus épais que les petits. L’étain doit être forgé , bien uni , & égal d’épaiffeur. Il faut toujours éviter les inégalités d’épaiffeur de la matière pour tous les Tuyaux de quelqu’efpece qu’ils foient ; ils en parleront mieux. On
- taillera d’abord les plus grands Tuyaux : fi la matière fe trouve trop épaiffe
- «
- pour la fuite du Jeu & pour les petits Tuyaux, & qu’on n’ait point de tables plus minces, on rabotera avec le rabot à deux lumières , la pièce d’étain qui fe trouvera trop forte. On la mettra ainfi à l’épaiflèur convenable, On obfervera de raboter la table du côté de l’envers , qu’on mettra toujours àu-dedans du Tuyau. J’ai déjà expliqué plus d’une fois, comment on prend la mefùre de chaque Tuyau fur le diapafon ; je ne crois pas devoir y revenir. On coupera l’étain à la réglé avec le couteau à tailler à la main,/g*. 22, PL 4. Pour couper les deux bouts du corps du Tuyau, on fe fervira de l’équerre, fig. 23. A mefùre qu’on taillera les corps des Tuyaux, on les arrangera les uns fur les autres, comme on le voit en la fig. 7, PL 70.
- 94p. Les pieds de tous les Tuyaux qui fe pofent fur le fommier doivent avoir la même hauteur , afin que le même faux-fommier les foutienne tous. On leur donnera 9 pouces de hauteur , s’il doit y avoir fur leur*vent de grands Tuyaux , comme de 4 ou 5 pieds. Si les plus grands ne doivent avoir qu’environ 3 pieds ou un peu plus , on donnera 8 pouces à tous les pieds , ou même 7 pouces , fi les plus grands Tuyaux ne font que d’environ 2 pieds de hauteur* Il eft fort ordinaire que les plus grands Tuyaux qu’on pofe fur le fommier foient de 3 à 4 pieds ; on pourra donc s’en tenir à la hauteur de 8 pouces pour tous les pieds. Cela n’empêchera pas qu’on ne fafie plus hauts les pieds de ceux qui feront pofies s’ils font plus grands. On embouche mieux un grand Tuyau avec un pied plus long que plus court*
- 950. Pour tailler les pieds des Tuyaux, on coupera une bande d’étoffe A B D C, fig. 2, PL 70, dont la largeur A B fafie la hauteur qu’on veut donner aux pieds. On la rabotera, s’il le faut, du côté de l’envers, pour la mettre d’une épaifleur égale & convenable. Pour raboter l’étoffe, on fe fervira du rabot de fer, fig. 20, PL 4, & on tiendra toujours mouillée avec de 1 eau toute la table d’étoffe. Sans cela les copeaux s’attacheroient ou contre la table, ou contre le rabot, & on gâteroit tout. On tirera à l’équerre par tin bout la ligne A B, fig. 2, PL 70. On prendra la largeur du corps du premier Tuyau, qu’on marquera fur le bout de la bande d’étoffe en a b. On prendra le milieu c de cette largeur a b, qu’on portera de B en */, & on tirera la ligne Orgues. II. Part. Vvvv
- ^ni'Y'inttaiià
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- 352 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. VIII.
- d c parallèle à AB. On marquera fur le point d, la largeur qu’on veut donner au petit bout du pied. Je fuppofe que ce foit 16 lignes ; on marquera donc à 8 lignes de chaque côté de d les deux points f, g, a égale diftance de d. On tirera les deux lignes a g 8cbf98c on aura tracé le pied du premier Tuyau. Pour tracer le pied du fécond Tuyau, on fera de même que pour le premier, c eft-à-dire , qu’on prendra fà largeur qu’on portera de g à h. On prendra la largeur fg, on la portera en a i9 & on tirera la ligne i h. On continuera ainfi pour 4 ou 5 Tuyaux; après lefquels on fera les,mêmes opérations qu’au commencement , c’eft-à-dire , qu’après avoir pris la largeur du ye. Tuyau qu’on aura marquée fur les points D > n9 on en prendra le milieu 0, & on tirera fur ce point o y la perpendiculaire 0 p. On marquera à chaque côté de p la moitié de la largeur du petit bout du pied, qu’on ne fera pas tout-à-fait auffi large que les quatre autres, parce que les Tuyaux ne feront pas auffi grands. On continuera ainfi pour y à 6 Tuyaux ; après lefquels on tracera une autre perpendiculaire ; à la fuite de laquelle on tracera 8 à 10 pieds , en prenant la mefure de chacun fur leurs corps refpeétifs, jufqu’à ce qu’on ait fini de tracer les pieds du Jeu entier. On les coupera tous, & on les arrangera comme on le voit en la fig. 1. On fera en forte que les pieds des petits Tuyaux foient moins épais que ceux des grands. On rabotera la matière, s’il le faut.
- 9 y r. Les corps & les pieds étant tous taillés , on drefièra les corps F G, fig. 4, avec le rabot de fer. A cet effet, on les mettra fur une réglé à dreffer AB d’une telle épaifleur que le Tuyau étant pofé par-deflus, il fe rencontre au milieu du fer du rabot C D. On tiendra d’une main le Tuyau fur la réglé, & on fera couler le rabot d’un bout à l’autre étant appuyé fur la table. On drefièra ainfi tous les corps des Tuyaux aux deux bords. On fera de même à un côté des pieds. On mettra enfuite ceux-ci dans le trace-pieds, fig. y. On les avancera, ou on les éloignera du centre G, jufqu’à ce que les deux côtés touchent d’un bout à l’autre aux deux réglés F G & H G. Alors avec un compas, dont on po-fera une pointe fur le centre G, on tracera avec l’autre la courbe MN, auffi-bien que celle du petit bout fl II y a des Faéteurs qui, au lieu d’un trace-pieds , fe fervent de leur pied-de-Roi ordinaire LP R y fig. 8, au centre duquel ils ont donné un coup de pointeau ; cela revient au même. On préfentera enfuite chaque pied à fon corps refpeélif, ([Voye£ la fig. 9.) en faifànc rouler la courbe contre le bout du Tuyau, & on retranchera avec le rabot tout ce que le pied aura de plus en largeur. Il eft effentiel que la ligne courbe du pied foit exactement de la même longueur que la ligne droite du bout du corps.
- 9y2. Pour marquer la bouche à chaque Tuyau, on en mettra le corps P Q S R y fig. 6, fur le trace-bouches, enforte que le côté Q S touche tout le long de la réglé TV, & on l’avancera jufqu’à ce que l’angle P touche à la réglé X Z ; alors on marquera avec une pointe les deux points t & 1, fur les deux lignes tracées au milieu du trace-bouches. On mettra ce corps de Tuyau avec
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- Secl.L Confiruciion des Tuyaux à bouche* 353
- {on pied, fig. 9 > PL J o, enforte que lun correfpônde parfaitement avec lau* tre. On appliquera fur un des points de la bouche la réglé 9fig. 26 , PL 4, pa* rallélement aux bords du corps du Tuyau, & on tracera fortement for Tune & l’autre piece la ligne p q : on en fera autant fur l’autre point de la bouche. Ces opérations de marquer les bouches & de les tracer fur le pied & fur le corps enfemble, doivent fo faire toujours fur l’envers ; afin que ces traits fe trou* vent toujours au-dedans du Tuyau*
- 95*3. Lorfqu’on aura ainfi tracé toutes les bouches y on les coupera ( V'oyè£ la fig. 10, ) foit à coups de cifoau, ou avec le couteau à tailler. J'ai dit ailleurs plufieurs fois , que la hauteur de la bouche devoit être la cinquième partie de fà largeur pour les Tuyaux ouverts & le quart pour les Tuyaux bouchés. Cette réglé eft allez générale lorfqueles Tuyaux font d’une taille médiocre, comme le font tous les Jeux de fond. Mais lorfqu’ils font de grolfe taille, comme les Nafàrds, les Tierces, les Cornets , les Jeux de Pédale , ils feraient trop égueulés fi la bouche avoir cette proportion. A ceux-ci, on ne donnera que la fixieme partie de la largeur de la bouche pour fa hauteur. En général, on ne rifquera rien de tailler les bouches un peu baflès ; parce qu’on pourra égueuler un peu plus les Tuyaux en les faifànt parler, comme nous le dirons dans la fuite. La hauteur des bouches eft plutôt relative à celle du Tuyau, quà la lar* geur de fa bouche.
- 9y 4. Toutes les bouches étant coupées, on roulera les Tuyaux âüllî-bien que les pieds. Cette opération doit fo faire avec grand foin, fi Ton veut faire de belles foudures, comme je l’ai dit art. 927 > pag, 338. On prendra garde que les deux bords quon doit fouder enfemble ne falfènt point un dos-d'âne quand ils feront joints. Ils ne doivent pas non plus être applatis ; mais 011 leur fera bien fiiivre la rondeur du Tuyau. On les taillera entrouverts foffifamment pour pouvoir les gratter commodément. Amefore qu’on les arrondira, on les arrangera comme on le voit en M, fig. 3. Remarquez aufli en N, comment on arrange les pieds à mefiire qu’on les roule. On fo fervira des moules de différente grof-feur & d’une petite batte proportionnée. Tous les pieds & les corps étant arrondis , on les blanchira comme je l’ai décrit, art, 92.8, pag. 339. On doit tou^ jours blanchir l’étain en-dedans & en-dehors : &TétofFe en-dehors feulementè C’efî: une réglé générale.
- 955. Le blanc étant bien foc, on foudera les corps & les pieds, comme je lai enfoigné , art. 931, pag. 340. Quand les Tuyaux font petits, ou qu’ils n’ont que 2 ou 3 pieds, on les tient à la main pour les fouder. Voyt:{la fig. 3. On obfervdk de faire aux petits Tuyaux les foudures moins larges qu’aux grands, & de fo forvir pour l’étain de la fcudure qui y foit propre , & pour l’étoffe de celle qui lui eft deftinée. Quand tous les corps des Tuyaux feront foudés aufli-bien que leurs pieds, on les lavera avec de l’eau chaude pour en ôter tout le blanc en dedans & en dehors. Lorfqu’ils feront bien focs, on les repalfera fur le moule pour achever de les bien arrondir.
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- 354 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, C%. *7//.
- On applatira la levre fupérieure & la levre inférieure, en paflàntavec une force fuffifànte, une lame de couteau en dedans , & appuyant en meme* temps un peu en pente le dehors fur un morceau de bois plan & uni. Ceft une opération qui demande de l’attention. La belle forme du Tuyau en dépend. Les deux fortes lignes qui terminent la largeur de la bouche tant au corps qu’au pied, fervent beaucoup pour applatir la bouche comme il faut. On fera enfuite reprendre au Tuyau fà rondeur , à la bouche près, qui doit relier platte. On.fera la même opération au pied entre les deux traits. On ajuftera le pied avec le corps pour qu’ils joignent bien, qu’ils conviennent parfaitement enfemble dans leur-rondeur, & qu’étant mis l’un fur l’autre , le Tuyau foit bien droit. A cet effet, on paffera fur le rabot de fer les bouts du pied & du corps, pour qu’ils foient bien dreffés & unis. On fera une attention particulière à bien dreffer le bord de la levre inférieure.
- 9J7. On fera le bifeau d’une èpaiflèur convenable à la grandeur de chaque Tuyau. Cette épaifleur doit être à-peu-près le tiers de la hauteur de la bouche lorfque le Tuyau fera égueulé comme il faut. On fondra de pur plomb dans le moule à bifeaux, de l’épaifleur convenable. On coupera les bifeaux par bandes. On les forgera. On les rabotera defîus & defîous, enforte qu’ils foient minces fiir le derrière & épais fiir le devant ; & après y avoir fait le talut comme il eft dit, art. 937* pcig. 343* on les blanchira en-deftus feulement. Lorfque les Tuyaux font fort petits, les bifeaux fe feront en étoffe; parce qu’il ne fèroit pas poffible de faire le talut affez vif fur du plomb auffi mince.
- 958. On préfentera le gros bout de chaque pied, fig. ir,fur la bande de 'plomb, fig. 13 , pour déterminer la largeur de chaque bifeau que l’on marquera. On coupera le plomb à morceaux fur chaque trait par un coup de cifaille. Comme cet outil aura un peu tourmenté chaque bifeau, on le redrelfera par un petit coup de batte. On blanchira le gros bout de chaque pied en-dedans & en-dehors s’il eft d’étain ; on en fera autant au corps. On préfentera le bifeau fur le pied ; & s’il doit êtxe un peu grand, on le coupera en rond avec la cifaille ; on y fera un chanfrein, comme ifa été art, 938, pag. 344. & on le foudera en fà place , en fe fervant d’une bande de papier, fans étamer auparavant le bifeau, parce que cette opération n’eft néceftàire qu’à ceux qui font grands & forts. Si le bifeau eft petit, comme, par exemple, celui qu’il faut au fécond Cfol ut de la doublette , on fe contentera de faire en trois endroits une échancrure au chanfrein,^. 12 , & on l’attachera par ces trois endroits fur le pied, fig. 14. On coupera enfuite avec le couteau, fig, 44, PI, 5 , le refte du bifeau en rond & en chanfrein , & on le foudera. A l’égard des bifeaux qui font fort petits, on les laiffera beaucoup plus larges qu’il ne faut fur le derrière , afin de pouvoir les tenir fans fe brûler, pour les attacher fur leur pied par deux gouttes de foudure ; en-fuite on les coupera en rond à l’ordinaire. On feferttoujours delà foudure d’étoffe pour fouder les bifeaux, même lorfqu’on les foude fur des pieds d’étain. On
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- Secl. I. Conftru&ion des Tuyaux à bouche; de laDoublette, SCc. 3 y y
- ne manquera pas de gratter le deflus de la matière du pied. Du relie on obfer-yera pour bien placer le bifeau, ce qui eft dit, art. 939 >pag. 344.
- 959. Pour monter le Tuyau, on grattera le bout de fépaiflèur de la matière du corps, & on fera un petit chanfrein en dehors tout-à-fentour. On fera un autre chanfrein en dehors & tout-à-fentour du bout fupérieur du pied ; mais il ne faut pas toucher à la levre inférieure. On paflera du fuif aux chanfreins du corps & du pied. On les mettra fun fur lautre dans leur véritable fituation, appuyant le petit bout du pied contre la poitrine. On fera convenir enfemble les deux lignes qui terminent la largeur de la bouche. On obfervera que le corps 8c le pied n’avancent pas fur le devant fun plus que l’autre ; dans cet étdt, tenant le Tuyau horizontalement, on arrêtera le tout enfemble par une goutte de foudure à chaque côté. On bornoyera pour voir fi le Tuyau eft bien droit. S’il ne l’étoit pas, on refondroit avec le fer une des attaches pour le redrefler, Quand on le reconnoîtra bien droit fur le devant, on l’examinera fur le derrière , 8c lorfqu’on l’aura mis bien droit, on l’arrêtera fur le derrière par une goutte de foudure. Enfuite on le fondera tout-à-fentour avec la foudure à tourner , en faifànt tourner le Tuyau fi à propos que cette foudure fbit bien égale & unie. On lavera le Tuyau, & il fera fini. Lorfqu’on lavera les Tuyaux pour la derniereïois, on les paflera dans l’eau nette, après en avoir ôté le blanc par l’eau chaude 8c lorfqu’ils feront fecs, on les frottera avec un linge.
- 96b. On taillera 8c on conftruira de même tous les autres jeux à bouche, qui ont le corps cylindrique. Il faudra s’y prendre autrement pour ceux dont le corps eft conique, comme les Tuyaux à fufeau,^. 122, PL 16; & pour ceux qui ont leur corps en cône renverfé, comme ceux de la fig. 123. Il y a deux largeurs à prendre pour les Tuyaux à fufeau; celle du bas du Tuyau, où l’on fait la bouche, & celle du bout fupérieur. Suppofons qu’on veuille faire un Nafàrd à fufeau de menue taille. On remarquera d’abord les deux largeurs fur le diapa-fon des Nafàrds à fufeau , PL 2 3. La ligne intitulée Circonférence du bas des Tuyaux de menue taille, eft celle qui donnera la mefïire du bas du Tuyau où l’on doit faire la bouche, L’autre ligne intitulée Circonférence du haut des Tuy aux de la menue taille donnera les largeurs du bout fupérieur. Lorfqu’on aura ainfi tracé 8c coupé un Tuyau, on taillera fon pied à l’ordinaire. Ôn Remarquera dans ce diapafon, que la ligne des largeurs du haut des Tuyaux, n’eft marquée que par de petits traits qui coupent les perpendiculaires, pour éviter la confufion. On marquera & on tracera la bouche à ces Tuyaux fur le trace-bouches , & enfuite fiir. les pieds comme aux Tuyaux ordinaires. On tracera la courbe du bas du corps du Tuyau fur le trace-pieds, s’U fe peut. Autrement il faudra en trouver le centre en prolongeant les lignes des deux côtés fùffifàm-ment pour qu’elles fe rencontrent 5 leur point d’interfèélion fera le centre de la courbe, qui doit être exaéte , afin de monterle Tuyau bien droit. A f égard des Tuyaux coniques dont le cône eft renverfé, comme celui de 1| fig. 123 , Orgues. IL Part. Xxxx
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- 3;5 FACTEUR D’ORGUES, //. Partie, Chap. VIII.
- PL 16 y lifez l’art. 260 9 pag. J’y ajoute feulement qu’on tracera là courbe fiipérieure au moyen du trace-pieds s’il peut y aller, auffi-bien que là courbe inférieure, qu’il eft eflèntiel de tracer exaélement pour monter le Tuyau bien droit. Cette courbe le trouvera rentrante ou concave. On y marquera la bouche liir le trace-bouches, & on taillera le pied à l’ordinaire.
- ÿ6i. Il y a des Tuyaux à boucher. Pour cela, on choifira une bande de matière plus épaifTe que celle du Tuyau ; on fera un quarré par quatre traits liir cette bande , qui comprenne la groiîeur de chaque bout lupérieur du Tuyau , qu’on y préfentera à cet effet, & on coupera liir ces traits la matière en quarré. On blanchira les bords du deffus de ce quarré aufli-bien que le bord du bout lupérieur du Tuyau. On attachera ce quarré par quatre gouttes de foudure liir le Tuyau. On coupera en rond & en chanfrein le quarré tout-à-i’entour du , Tuyau, & on le loudera exaélement. On obfèrvera que les Tuyaux bouchés doivent être exaélement bouchés, làns quoi ils ne parleroient point du-tout , ou ils parleroient très-mal. L’opération de boucher ainfi les Tuyaux ne peut le faire que lorfqu’on les aura coupés en ton, comme nous ' le dirons en Ion lieu.
- 962. Si l’on veut les*boucher en calotte , voyez-en d’abord la forme 9jïg» 120 , PL 169 qui repréfènte un bout lupérieur de Tuyau bouché à calotte, & là calotte vue féparément. On prendra une bande de matière d’une largeur proportionnée à la grandeur du Tuyau. On en ployera un bout fur un moule , & on l’eflàyera à l’entour du bout du Tuyau. On verra par là où il faudra la couper. On prendra garde que les deux bouts foient coupés bien à l’équerre. On blanchira cette virole, on la foudera , & après l’avoir repaifée fur le moule pour l’arrondir exaélement, on y loudera par-deflus une plaque un peu plus forte, comme quand on bouche un Tuyau. Il ne faut pas que la calotte foit bien jufte au Tuyau, mais plutôt que celui-ci y entre aifément. Au moyen d’un ou deux tours d’une bande de papier dont on coëffe le bout du Tuyau , la calotte y fera très-jufte. Il y en a qui veulent que la calotte foit bien jufte au Tuyau, afin qu’il ne foit point néceflàire d’y mettre du papier. D’autres font le Tuyau plus long qu’il ne faut ; ils y foudent une plaque pour le boucher, & enfuite ils fcient le Tuyau près du bout, enforte que la calotte fe trouve faite. Ils retréciflènt avec un accordoir creux, le bout fupérieur du Tuyau & éiargiflent un peu la calotte, & la font ainfi aller fur le Tuyau fans y mettre de papier. De ces quatre maniérés de boucher un Tuyau, je choifirois celle de la calotte avec du papier , comme bouchant très-bien, & comme étant la plus commode pour accorder ; attendu que la calotte coule fàns que la matière rifque de gripper.
- p63. Si on a des cheminées à mettre, après les avoir taillées & foudées dans leur longueur, on les foudera fur le bouchon. A cet effet , avant -de fouder ceux-ci fur les Tuyaux ou fur les calottes, on fera un trou au centre, avec une gcfage d’une grandeur telle que le bout de la cheminée puifïe y entrer
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- Seü. 1. Confl. des Tuyaux à bouche ; mettre les oreilles, ôCc. 357
- jufte; on blanchira l'envers de la plaque & le bout extérieur de la cheminée. On fera un chanfrein à l'entour du trou du côté de l'envers ; on grattera le blanc, *& on fera un chanfrein au bout extérieur de la cheminée qu'on introduira dans le trou, enforte quelle affleure en-defïbus, & on lafoudera du côté de l'envers fur la plaque ; prenant garde que la cheminée foit bien droite. Enfuite on foudera la plaque fur le Tuyau ou fur la calotte, comme je l'ai dit aux deux articles précédents.
- 964. On met des oreilles aux deux côtés de la bouche des Tuyaux bouchés, de ceux qui font à cheminée, & bien fouvent aux Tuyaux à fufeau. Ces oreilles fervent à accorder le Tuyau, & ordinairement elles contribuent à le faire parler plus nettement. Il efl: rare qu'on en mette aux Tuyaux de bois quoique bouchés. Leur bouche a des côtés dans lefquels elle efl: comme enfoncée. Ces côtés font la fonélion des oreilles, dans le fens où elles contribuent à faire mieux parler le Tuyau. Il y en a qui en mettent à quantité de Tuyaux ouverts ; mais ce n’eft pas un exemple à foivre. Quand les Tuyaux ouverts font bien montés , bien embouchés, & qu'on fait les faire bien parler, on n'a pas befoin de ce fecours. Les oreilles fe font avec de l'étoffe douce, pas trop mince & d'une grandeur proportionnée à celle du Tuyau. Voyez les fig. np Sc 121, PL 16. On les coupe à la mefore qu'il faut. On blanchit les deux côtés de la bouche du Tuyau aufli-bien que le dehors dés oreilles. On fait un chanfrein le long du bord extérieur de celle-ci. On gratte une petite traînée d'une ligne de largeur aux deux côtés de la bouche de haut en bas, & ayant couché le Tuyau fur le côté, on préfente l'oreille à là vraie place, où on l'attache par une ou deux gouttes de foudure ; enfuite on la foude proprement dans toute fà longueur.
- p6ÿ. Pour tailler les Tuyaux des fournitures & des cymbales , on fe fer-yira des chiffres que l'on voit au-deffous de chaque Note, PL 17, dont je n'ai pas encore expliqué l’ufàge. Le voici. Je foppofo qu'il s'agit de tailler une Fourniture de 3 Tuyaux for marche, & une cymbale de deux Tuyaux fur marche ; on prendra les trois dernieres rangées de la Fourniture , qui font les cinquième, fixieme & feptieme rangées. On voit que le premier Tuyau de la cinquième rangée, que nous appellerons ici la première de ce petit plein Jeu, eft marqué 25. On remarque que le chiffre 2y n'eft point répété dans toutes les 3 rangées de la Fourniture, & qu'il nefe trouve point dans lesdeux dernieres de la Cymbale. Il ne faudra donc tailler qu'un foui Tuyau du n°. 2y. On en prendra la mefore for le diapafon de la Fourniture & de la Cymbale , PL 27, à l'endroit où l'on trouve le même chiffre 2y. On ne trouvera auflî quune fois , les chiffres 26y 27, 28 , 25 ; ainfi il ne faudra tailler qu'un foui Tuyau de chacun de ces numéros. Les chiffres 30,31, font répétés 3 fois dans la même ligne ; donc il faudra tailler trois Tuyaux femblables de chacun de ces deux numéros. On trouvera que les chiffres 32, 33,34,3^, 36, font ré-
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- 358 FA CTEUR D'ORGUES, Il Partie. Chap. VIH.
- pétés quatre fois; il faudra donc tailler quatre Tuyaux femblables de chacun de ces numéros. Ainfi il faudra compter dans ces trois rangées de Fourniture & dans les deux delà Cymbale combien chaque chiffre eft répété; on en fera une table à-peu-près comme celle-ci.
- Du N9. 25, il en faut tailler. 1
- ..................1
- 27 ...............1
- 28 ...............1
- 2p.............. I
- 3°................3
- 31 ...............3
- 32 ...............4
- 3 3 • • • •.......1
- 34 ...............4
- 35 ...............4
- 36 ...............4
- 37 .............. 7
- 38 ...............7
- 3S>...............7
- 40 ............. 7
- 41 ...............7
- 42................7
- 43.........v......7
- 44................8
- ................8
- 46 ............. 8
- 47 ...............8
- 48................8
- 4P...............13
- 50...............13
- yi...............13
- 52...............12
- s 3..............12
- 54 ............ .10
- 55 ............ 10
- 56 ..............10
- 57 ............ 10
- 5*8..............10
- 59 ...............^
- 60 ...............8
- 61 ...............2
- 62 ...............2
- 63 ............. 2
- On voit par cette Table combien de Tuyaux égaux on a à tailler de chaque n°. du Diapafon. Ce petit plein Jeu étant compofé de y rangées, & chaque rangée étant de 51 Tuyaux, les cinq rangées doivent faire en tout 2 y y Tuyaux , ce qui eft la preuve qu’on ne s’eft pas trompé en comptant combien de fois un chiffre eft répété dans les cinq rangées de ce plein Jeu. Si le plein Jeu que Ton veut faire étoit d’un moindre ou d’un plus grand nombre de rangées, ou enfin s’il devoit être tout entier tel qu’il eft marqué dans la planche 17, ilfaudroit compter également combien de fois chaque chiffre eft répété, on en drefleroit une Tableon travaille-roit là-deftus. A mefùre qu’on taillera les Tuyaux, on marquera fur chacun fon numéro particulier..Nous verrons encore dans l’art. 1132, quel autre ufage il faudra faire des chiffres marqués à chaque note de la PL 17. On y trouvera qu’ils font fort utiles lorf* qu’il s’agit d’arranger les rangées du plein Jeu, & de les pofèr en leur place. Quand les Tuyaux feront finis, on fera un paquet féparé de chaque numéro ; ce qui donnera une grande facilité pour former les rangées.
- 2ff Tuyaux*
- $66. Voici les poids de plufieurs Jeux à bouche, pour fervir à donner une idée de l’épaiffeur qu’il faut donner aux Tuyaux.
- Un plein Jeu de 14 Tuyaux, lequel commence au C fol ut de 4 pieds,
- tous les corps des Tuyaux en étain pefent,.......ï% ^ liy.
- Et leurs pieds en étoffe, ................. 100
- Un plein Jeu de Pofitif de 7 Tuyaux , pefe en étain, . . . 12 Et les pieds en étoffe, . . . ... . " . . . 30
- Un deflus de 8 pieds de deux Oétaves en étain, pefe, fans les pieds, 10
- Un Cornet ordinaire en étoffe, pefe.............4y
- Une doublette, pefe en étain, . . * • . . . 10
- Et les t pieds en étoffe, . ......... 8
- . Un
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- Secl. IL Conftruction des Jeux d'Anche. 35^
- Un delfos de Bourdon de 3 Oéiaves, tout en étoffe , pefe . : 32 liv«
- Les corps en étain dun Preftant, pefent....................24
- Et les pieds en étoffe, pefent.............................16
- Une grolfe Tierce, pefe *..................................4 y
- Un Nafàrd ouvert, tout en étoffe, pefe . . . . , . . 39 Une Quarte de Nafàrd, toute en étoffe, pefe ..... 22 Une Tierce, toute en étoffe, pefe ........ 20
- Un Nafàrd de Pofitif, pefe....................... 31
- Un Larigot, tout en étoffe, pefe ....... . 19
- On feppofe que tous les Jeux ci-delîus fent taillés fer les diapafons tels qu’ils font marqués dans les Planches de cet Ouvrage.
- Section seconde. -
- t
- ConJlrucHon des Jeux d'Anche.
- $6y. On s’applique ordinairement à donner encore plus de propreté aux Jeux d’Anche qu’aux autres. Il y en a qui en polilfent l’étain prefque avec le même foin qu’ils mettent à polir les Tuyaux de la Montre. Au moins on doit en forger l’étain fer une enclume polie & brillante, afin que les Tuyaux en foient plus propres. On làit déjà que les principaux Jeux d’Anche font les Jeux coniques, tels que la Bombarde, la Trompette & le Clairon. On en confirait les Tuyaux de trois maniérés, comme on en voit la forme aux trois fig. 136, 137 & 139, PL 18. Relifez les art. 188, 189, 190 , & 191, pag. £4. J’y ai expliqué ce que c’eft que ces trois conftruétions des Tuyaux coniques. Lifez auffi les art. 267 8c foiv. jufqu’à l’art. 280, pag. 78 & fuiv. où j’ai détaillé bien des chofes qu’il faut connoître à ce fojet, & que je ne répéterai point ici. J’expliquerai feulement la main-d’œuvre. On trouvera toutes les hauteurs des Bombardes, des Trompettes & des Clairons dans les Tables de la pag. 78 : 8c toutes les largeurs dans la Pl. 29.
- On commencera par tailler les Tuyaux un peu plus larges qu’il ne faut avant de forger la matière. Si l’on n’a pas des tables allez longues, ou allez larges, pour faire les plus grands Tuyaux, on les conltruira en plufieurs pièces. Avant de les forger, on mettra à l’épailfeur convenable, avec la galere ou le rabot à double lumière, tous les Tuyaux ainfi taillés ; afin de n’être pas obligé d’y retoucher lorfqu’ils feront forgés. On les forgera même mieux lorfque les épaif* fours feront régulières. On fera attention fer-tout, que les petits bouts foient affez forts. Enfuite on forgera tous les Tuyaux, on les dreffera avec la grande batte à retendre, & on achèvera de les drelfer avec le retendoir. En un mot, on y fera toutes les opérations indiquées aux art. 909 & 910, pag, 332. Pour Orgues. //. Part. Y y y y
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- 3*o FA CT EU R D'ORGUES, IL Partie, Chap. FUI.
- conferver la propreté que le grand poli de l’enclume aura communiqué aux Tuyaux, on' ne frappera avec la batte & on ne paflera le retendoir qu a leur envers.
- 968. Toutes les pièces étant bien drelTées, on commencera par ajouter & fouder enfemble les pièces qui doivent faire toute la grandeur d’un Tuyau. A cet effet, on coupera d’abord à la réglé le bout qui doit joindre avec un autre bout. Il n’eft pas néceflàire que cette coupe foit à l’équerre. Elle peut être oblique fans inconvénient. On pofera fous le bout de celle-ci le bout de la piece foivante, enforte que les deux pièces faflent un enfemble droit, & que toutes les dimenfions du Tuyau puiffent s’y trouver. On coupera alors ce fécond bout le long de la coupe du premier. On paffera la varlope-onglet le long de ces deux coupes pour les bien dreller, & on les blanchira des deux côtés. Le blanc étant fec, on grattera le champ de l’épailfeur de la matière , & on fera un chanfrein aux deux bords en-dehors feulement, jufqu’à un peu plus de la moitié de l’épaifleur de la matière. On y paflera dufoif, & ayant mis les deux pièces for une table , on les approchera enforte qu’une carte puiflè y paffer. On les foudera à l’ordinaire avec la foudure deftinée à l’étain, fans reflouder du côté de l’envers. Si le Tuyau fe trouve en 3 ou 4 pièces, on les foudera de-même. Il n’y a pas au refte d’inconvénient de faire les grands Tuyaux de plu-fieurs pièces. On laiffera les foudures entières , fans les gratter, ni les racler, ni les effacer en aucune maniéré ; du moins c’eft l’ordinaire. Si l’on vouloit abfo-lument faire difparoître les foudures, il faudroit fouder les Tuyaux des deux côtés , comme lorfqu’il s’agit de faire en plufieurs pièces un Tuyau de Montre.
- 969. Comme les moules des Baffes de Bombarde, for-tout pour un ravalement , font d’une dépenfo confidérable, qu’on n’eft pas toujours bien-aifo de faire lorfqu’on n’a qu’un ou deux Tuyaux à conftruire, comme j’ai vu le cas arriver ; on fait alors le Tuyau en deux ou trois pièces. Lorfqu’on les a bien ajuftées enfomble for un plancher, & quelles font prêtes à être foudées pour les ajouter mutuellement, on trace avec une longue regfo une ligne de chaque côté, qui donnent la dimenfion jufte de tout le Tuyau conformément au diapa-fon. On roule enfoite chaque piece en particulier for un moule ordinaire de trompette ; on les foude de long, & après avoir repaffé chaque piece for le moule , on les ajoute enfemble avec la foudure à tourner. Lorfqu’on a opéré comme il faut, ce grand Tuyau fe trouve bien rond & bien droit.
- 970. On marquera fur une réglé de bois foffifàmment longue toutes les hauteurs des Tuyaux telles qu’elles font défignées dans la table de l’art. 267 ,pag. 78. au moyen d’un pied-de-Roi de la juftefle duquel on foit afluré ; car il y en a beaucoup qui font courts. On tracera for la réglé des perpendiculaires for tous les points, qu’on numérotera conformément à la Table. On tranfportera également for une bande d’étain d’environ 18 lignes de largeur, toutes les largeurs comme elles font marquées for le diapafon des largeurs de la PL 29. On choifira
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- Se cl- IL Conjlr. des Jeux d’Anche ; tailler les Tuyaux* 361
- le diapafon de la taille dont on voudra le forvir. On tracera des perpendiculaires for cette bande d’étain. On les numérotera conformément au diapafon des largeurs. On fera attention à ce que j ai dit à la fin de fart. 279, pag. 82, au^ fu-jet du retirement 8c du raccourciflement de ce diapafon. O11 mettra en pratique le contenu de fart. 2 5*7, pag. 74.
- 971. Pour tailler un Tuyau, on s’y prendra de la maniéré fiiivante. Sur un bord de la lame d’étain, fig. 1, PL 76, on tirera une ligne droite A B, indéfinie vers B. On y prendra la diftance A D égale à la longueur du Tuyau. Aux points A & D, on élevera les perpendiculaires AC8c D HE en faifànt A C de la largeur du haut, 8c D HE de la largeur du bas ou petit bout du Tuyau. Par les points C 8c H, on tirera la ligne droite C H B jufqu’à la rencontre de la ligne A B, Du point B comme centre , on décrira par le point A un arc indéfini A G ; on prendra fur cet arc la partie A G égaie à AC, ou à la largeur du Tuyau, en appliquant fur la courbe A G la bande d’étain qui contient les largeurs du haut des Tuyaux, & la courbant de façon quelle la touche par «tout ; de G à B, on mènera une ligne droite qui coupera en F l’arc D F ,8c donnera la figure AG F D pour le développement du Tuyau. Cette maniéré de tracer un Tuyau conique peut fervir pour les pieds des Tuyaux de Montre. Elle eft plus générale que celle que j’ai donnée , art. 918, pag. 335.
- La méthode de tracer les Tuyaux de trompette, telle que je viens de la donner , n’eft pas généralement foivie par tous les Facteurs ; les uns s’y prennent d’une façon, les autres d’une autre. Il arrive de cette variation que plufieurs Trompettes taillées par des Ouvriers différents ne font jamais bien égales, quoiqu’on fe loit fervi du même diapafon. Bien plus, le même Ouvrier ne taillera pas plufieurs fois le même Jeu bien femblable. Il arrive de-là qu’une Trompette fe trouvera un peu trop longue, parce qu’on aura un peu diminué le diamètre de fes Tuyaux; l’autre fe trouvera trop courte , parce qu’on en aura augmenté le diamètre. Si l’on veut fuivre exactement ce que je viens de marquer à cet égard, on fera afîiiré de conftruire les Trompettes, Bombardes 8c Clairons bien conformes au diapafon , & par conféquent égales entr’elles*
- 972. Tous les Tuyaux étant taillés , on pafîera la varlope fur les deux champs de chacun ; on les roulera fur un moule des Trompettes *,yzg-. 29 , PL 4. voye% Lan. 82 ,pag. 21. On les blanchira, on les fondera, on les lavera. Les Tuyaux étant repaffés fur le moule , on fera les bagues pour ceux qui doivent en avoir. Pour cela , on fondra du plomb pur dans le moule à bifeaux , on le coupera par bandes d’environ un pouce de largeur, on le forgera & on le rabotera. On en roulera un bout fur un moule de Trompette, on f eflayera for là place 8c on le coupera, enforte que les deux bouts laiflent un intervalle foffifànc pour contenir la rajette. Du refie la bague doit être bien ajuftée for le Tuyau, afin qu elle y joigne bien 8c quelle y aille bien droit. Voyez la fig. 138, PL 18. Voyez 1 art. 190, pag. 54. Comme la bague eft deftinée à empêcher que le
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- Tuyau n’enfonce trop dans fon pied, il faut la placer le plus haut quil fe pourra* pour que le Tuyau en foit plus folidement établi ; mais cependant en forte que le bout inférieur de l’anche ne puiflè point defcendre julque dans la partie conique du fond de fon pied. Lorfijue la bague fera finie , on marquera là place for le Tuyau par un petit trait tout-à-l’entour en-deflus 8c en-deflous, & on la blanchira à fon extérieur. On blanchira de même cette partie du Tuyau, où l’on aura tracé la place de la bague au-deflus du trait fopérieur & au-deflous du trait inférieur. Le blanc étant fec, on grattera le champ du haut 8c du bas de la bague auflî-bien que ceux de l’intervalle. On grattera environ une ligne de large for le Tuyau, au-deflus du trait fopérieur, & autant au-deflous du trait inférieur; on mettra la bague dans là place, enforte que l’intervalle foit directement op-pofé à la foudure du Tuyau, & après y avoir paflfé du foif, on la foudera deflus & deflous avec la foudure à noyaux 8c à bague. Pendant cette opération, il faut que la rafette foit dans l’intervalle, enforte que fon bout fopérieur ne déborde point le haut de la bague. On remplira de foudure cet intervalle , 8c lorlqu’on paflera le fer à fouder au-deflus de la bague, 8c que la foudure fondra au-defliis de la rafette, on pouflera celle-ci afin quelle forme fon trou. On fera de même en foudant la partie inférieure de la bague. Il y en a qui blanchiflent le dedans du Tuyau à la partie qui répond à la bague, pour ne pas rifquer de le percer. On ne peut pas blâmer cette pratique. Cette foudure doit être faite bien proprement 8c d’une largeur égale tout-à-l’entour ; ce qui dépend beaucoup de la façon dont on aura gratté autour du Tuyau. La bague doit être toujours un peu plus grofle que le noyau qu’on doit fouder au Tuyau.
- 973. Pour fouder le noyau , on coupera bien droit le petit bout du Tuyau, afin qu’il joigne bien for le noyau. On blanchira celui-ci tout-à-l’entour vers fa partie fopérieure, & on bouchera le deflus du petit trou de la rafette avec le blanc. On ne blanchira point ni en-dedans ni en-dehors le petit bout dû Tuyau ; mais on le frottera bien avec un linge pour qu’il foit bien net. On grattera toute la partie fopérieure du noyau , & on l’étamera. On paflera du foif for la partie étamée aufll-bien que for le petit bout du Tuyau, que l’on appliquera for le noyau après y avoir introduit une cheville de bois, ou un moule de pied de Tuyau; 8c tenant appuyée cette cheville contre la poitrine, on attachera le noyau au Tuyau par une goutte de foudure. Voyez la fig. 15 , PL 70. Après s’être alforé que le noyau foit pofé bien droit au Tuyau, on y mettra une autre attache. On garnira le tout de foudure tout-à-l’entour. Après qu’elle fera refroidie, on repaflera le foif, & on foudera le noyau avec le corps en faifànt tourner le tout. On fe fervira de la foudure à noyaux. Cette foudure doit être bien unie 8c bien égale par-tout à l’entour. On fera une grande attention dans toute cette opération, que le fer à fouder ne touche jamais le Tuyau. On gâteroit tout. La fimple chaleur de la foudure la fera bien mordre contre l’étain. Du refte le trou de la rafette doit être exactement vis-à-vis de celui de la bague.
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- La fîg. 16, PI. 70 , repréfente la coupe d’un Tuyau de Trompette avec la cheville dans le noyau. La fig. 17, repréfente géométralement un noyau d’anche à talon. La fig. 18, repréfente le même noyau en perfpeétiye, & la fig. ip, en eft une coupe géométrale. Il y a bien des Faéteurs qui font fort partilàns de ces e/p eces de noyaux. Ils paroiflent avoir l'avantage de mieux fbütenir le devers de Tanche. Us ont encore un autre avantage, qui eft qu'au moyen du mamelon qu’on voit dans leur partie fiipérieure, on les loude plus aifément au Tuyau, Mais ces noyaux doivent être d'étain, ou au moins de forte étoffe, pour être
- bons & bien faire leur effet. Autrement le mamelon fléchit aifément aufll bien
- *
- que le talon, & par-là ils font moins Iblides que les autres, à moins qu'on ne retranche ablblument le mamelon. #
- 974. Les pieds des Jeux d’anche fe font, où en deux pièces ou en mitre. On voit un pied en deux pièces dans la fig. 20 , PL 70, où il eft repréfenté développé ; & en la fig. 126, PL 18 , où il eft repréfenté fou dé & fini. Celui en mitre eft repréfenté développé dans la fig. 21, PL 70, & fini en la fig. 22. L'ordinaire eft de les faire en étoffe ; mais il feroit mieux de les conftruire en étain. On leur donne la même hauteur qu'à ceux des autres Jeux, & on les fait forts à proportion de la grandeur des Tuyaux qu'ils doivent porter. Leur grof-feur fe détermine fur celle des noyaux; on fait des pieds d'autant de différentes groffeurs , qu'on a de noyaux de grofleurs différentes. On doit avoir des patrons de bois, qui étant une fois bien ajuftés aux noyaux refpeéïifs, fervent toujours à tailler les pieds. Pour faire le patron de celui de la fig. 20, PL 70. on prendra une petite bande d'étoffe, dont on entourera le noyau. On la coupera de longueur, enlbrtequelle embraffe bien jufte le noyau à fa plus grande groflèur. On déploiera cette bande d'étoffe, on l’appliquera en travers & vers le milieu du patron ; ce qui donnera la mefure jufte de cet endroit du pied. On tirera de chaque côté une ligne qui paffe fiir les deux points qu’on aura marqués, enfbrte que ces deux lignes {oient un peu plus diftantes entr'elles au haut du pied que dans le bas, & on coupera le patron fiir ces deux lignes. La partie conique du piedfe fera comme je l’ai décrit art. pi8, pag. 33 J, pour les pieds des Tuyaux de Montre, ou encore mieux, art. 971, pag. 361. On prendra la mefiire de même, pour faire le patron des pieds en mitre. On en voit la forme à demi-grandeur naturelle, en la fig. 21. Pour faire les patrons des pieds des noyaux quarrés, on en prendra la melure fiir le noyau même, comme j'ai dit ci-defliis ; & on préfentera cette mefiire déployée fiir l'extrémité fiipérieure du patron, qui fera fait aufll tant {oit peu en diminuant dans le bas comme les autres.
- 97J. Pour tailler les pieds , on en appliquera le patron de bois fiir la matière , que fon coupera avec le couteau à tailler à la main à l’entour du patron , foit en mitre, foit en deux pièces. On pafïèra le rabot de fer fiir le champ aux deux côtés, & on les roulera fur les moules faits exprès pour les pieds des Jeux d'anche, comme celui de la fig, 30, PL 4. Voyez l'art. 83 , pag. 21. Lorfqu'on Orgues, IL Pan. Zzzz
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- 5*4 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. VIII.
- aura roulé le corps du pied, ( je parle de ceux qui font en deux pièces, ) on roulera de même la partie conique ; & après les avoir blanchis, on les foudera à l'ordinaire. On repaflera le tout fur le moule, & on blanchira les bords des deux parties qu'on doit fouder enfemble. On les foudera, faifant toujours rencontrer les deux premières foudures, l'une vis-à-vis de l'autre. Si le pied eft en mitre, on le roulera for un moule, & on le foudera d'un bout-à-l'autre. On le remettra for le moule, & on fera joindre l'autre échancrure. On la blanchira, & onia foudera ; enfin on repaflera le pied for le moule. La maniéré de faire les pieds en mitre n'eft pas tant en ufage que l'autre. Elle paroît pourtant plus avantageufe , étant plus expéditive & aufl! propre & folide que l'autre.
- 976. Il faut remarquât que quoique j'aie dit qu'il doit y avoir autant de différentes groffeurs des pieds que de noyaux différens, il eft cependant un cas où il eft néceflaire d’avoir deux différentes groffeurs des pieds pour le même noyau. C'eft lorlque le noyau n'enfonce pas beaucoup dans le pied, comme il arrive aux derniers Tuyaux des deflus des Trompettes , des Clairons & du Cromorne. Pour tous ces Tuyaux, on eft obligé de faire les pieds un peu moins gros. Ainfi lorfqu'on en fera le patron, au-lieu d'appliquer la mefore de la groflèur du noyau vers le milieu du patron, on la préfentera vers fon extrémité fopérieure. Il eft efîèntiel pour un Jeu d'anche, que les noyaux foient bien juftes dans leur pied ; il faut qu'à peine ils puiflènt y entrer, mais non pas avec une force telle que le noyau fafle renfler le pied. Et afin que la matière ne rifque pas de gripper, on doit pafîèr légèrement un peu de foif autour de la partie la plus grofle du noyau. Si l'on trouve qu'un noyau ne puiffe pas entrer dans fon pied, ce qui arrive lorfque la matière de celui-ci eft plus épaifle que celle des autres, on rapera proprement le noyau en lui confervant toujours fa véritable forme. On y paflera enfoite légèrement une lime pour en ôter les gros traits que la râpe aura faits ; on y paflè même un brunifloir pour le rendre plus uni & plus propre.
- 977. On conftruit quelquefois en bois les baffes de Bombarde & même les Tuyaux de ravalement de Pédale de Trompette. Il y a de bons & habiles Fa-éteurs qui préfèrent cette méthode à celle de les faire en étain. Ces Tuyaux ont effeélivement une harmonie plus douce , plus tendre, plus moelleufe ; mais ils ont moins d'éclat, & un peu moins de tranchant. Il paroît que lorfque l'Orgue n'eft pas aflez confidérable pour* foutenir & appuyer l'éclat d'une Bombarde toute en étain, il fera mieux d'y faire les baffes en bois. Pour que ce Jeu tout en étain fafle un bon effet dans un Orgue, il convient que fon plein Jeu foie très-fourni : qu'il y ait deux bonnes Trompettes & un Clairon au grand Orgue : deux Cornets au moins : une autre Trompette avec un Clairon au Pofitif : deux fortes Trompettes & deux Clairons à la Pédale : fans tous ces Jeux , qui doivent accompagner & contrebalancer la Bombarde, elle rend l'harmonie dure & dif-proportionnée ; elle abforbe tout ; on n'entend que croacer. Ce Jeu tout en étain conviendra encore moins à la Pédale, fi l'Orgue n’eft pas fourni comme
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- Secl. II. Confir. dès Jeux d Anche > Bombardes en bois. 36y
- on vient de le dire. Il fera donc bien plus avantageux de faire les baffes en bois aux Bombardes, tant au pied qu’à la main, lorfque l’Orgue ne fera que médiocrement fourni. Cela conviendra également mieux fi l’Eglife n’efl pas grande. On les confirait de deux maniérés ; l’une eft de faire en bois non-feulement le corps du Tuyau , mais encore fon noyau & fon pied. Selon l’autre méthode, il n’y a que le corps du Tuyau qui eft en bois ; mais le noyau , la boîte & Ie pie<l f- font a 1 ordinaire, comme fi le Tuyau devoit être d’étain. ( Il eft bon d etre averti que les Tuyaux de bois en ce genre font beaucoup plus difficiles à traiter & à égalifer que ceux d’étain.)
- py8. La fig. 12, PI, 68, reprefonte un noyau de bois pour le premier CJbl ut de 1.6pieds dune Bombarde en bois. On peut en voir les véritables dimen-fions par la petite echelle qui eft au bas de la Planche. On fait ce noyau de bois dur. La partie bd, entre quarrement dans le bout inférieur du corps du Tuyau, qui n a point de boite. Ce bout de Tuyau appuie & joint exaélement ( car cela eft effentiel) fur la portée N. L’autre portée K O , eft appuyée fur le pied ,fig. 13, dans lequel toute la partie K G C du noyau, fig. 12, entre jufte. G B eft l’Anche, D la languette, A C eft la rafette. Lorfque le noyau eft dans fon pied , on affleure le tout enfemble aux quatre côtés; mais le bout inférieur du Tuyau, eft plus petit que 1 extérieur du noyau, comme on peut le remarquer au plan , fié' r4 > defîùs du noyau. La fig. 1 y, eft le plan du defîbus du même noyau. La fig. 17, repréfente géométralement le même noyau du côté de la languette, & la fig. 18, eft une coupe par le côté du même noyau. On peut y remarquer comment le talon G, fig. 18, ou 12 ou 1 y , eft creufé en façon de canal pour y loger l’Anche. La fig. 16, eft le plan du pied, où l’on voit que la planche EF, eft collée fur le corps Q du pied , lequel n’eft qu’un morceau de bois, maffif d abord , Sc qu on creufo quarrement avec un cifoau* On y rapporte une petite planche dans toute là hauteur. Le bout inférieur P, fig. 13 , eft percé d’un trou rond d’environ 8 à9 lignes de diamètre; l’extérieur de ce bout eft tourné au Tour, afin qu’étant parfaitement rond, il joigne bien fur le trou de la chàpe où il doit etre pofo. On voit au-delîùs du noyau, fig. 12, un grand morceau du haut du corps du Tuyau. Le bois de chêne eft le plus propre pour ces Tuyaux. On leur donne environ 7 lignes d’épaiffeur. Ce premier Cfiol ut de la Bombarde a intérieurement en quàrre y pouces 6 lignes dans un fons, y pouces 11 lignes dans l’autre, & de hauteur 14 pieds 7 pouces. On aurait pu faire ce Tuyau de d pouces en quarré dans le haut pour qu’il pût porter 16 pieds de hauteur y compris l’Anche.
- 979. Lorfque l’on conftruira en bois les Tuyaux des baffes de Bombarde, & c. Il fera toujours mieux de faire à l’ordinaire le noyau , les pieds & la boîte en ctain. Les bons Faéteurs, qui fo piquent de donner à leurs Ouvrages la plus grande folid'te, font les boîtes des plus grands Tuyaux en cuivre, un peu évafé Par le bout fupérieur, pour mieux recevoir le petit bout- du corps des Tuyaux ,
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- Planche
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- $66 FA CT EUR D'ORGUES, Il Partie ,Chap. VÎIÎ.
- que Ton arrondit à l’extérieur en cet endroit, afin quil y joigne bien. Ils font les pieds en bois, ronds & maflîfs d’abord ; on les creufo au Tour, & on les cercle dans leur partie fopérieure d’une yirole de fer ou de cuivre, proprement entaillée dans le bois.v Pour fouder la boîte de cuivre for le noyau , on grattera le dehors du bout inférieur de la boîte ; âc après l’avoir frotté de réfîne, on rétamera ; enfoite on le foudera aifémentfor le noyau. Cette maniéré de conftruire les bafîes d’une Bombarde en bois, ne fera pas tout-à-fait aufïï difficile à traiter que fi le noyau étoit en bois.
- 980. Pour conftruire un Cromorne, on taillera les corps cylindriques for le Diapafon qu’on aura choifl. La fîg. 164, PL 29, en contient toutes les hauteurs, Les fîg. 16$ , 166 9 167, & 168, en font les largeurs ou circonférences folon la taille à laquelle on fe fera déterminé. Voyez les art. 280, 281 , 282 & 283 , pag. 83 , auxquels j’ajoute feulement qu’on fe fert de la fîg. 169 , PL 29, pour tailler la partie conique du Cromorne. Elle fournit la mefore de la largeur du petit bout & de la hauteur de ces cônes ; ce qui foffit, puifque la largeur du gros bout fo prend fur le Tuyau même. Pour tailler ces cônes , on s’y prendra comme je l’ai dit, art. ÿjï, pag. 361, pour les defîus des Trompettes. Du refte, il faut que le Cromorne, pour être bon, pefe, fans les noyaux* ni les pieds, environ 40 livres, poids de marc, s’il eft de la fécondé taille, comme elle eft marquée, fig. 166.
- 981. On trouvera le diapafon de la voix humaine dans la PL 20. La fîg. 172, contient les hauteurs de la partie cylindrique ; la fîg. 173 , en contient les largeurs, où l’on voit qu’on doit en tailler 8 de la plus grande largeur , 8 de la fécondé largeur, 6 de la troifieme, 6 de la quatrième, 6 de la cinquième , 6 de la fixieme, & 11 de la feptieme largeur. La fîg. 174, contient les hauteurs des cônes auffi-bien que la largeur de leur petit bout. Voyez fart. 286 , pag. 84. Comme ce Jeu a fos Tuyaux courts, & que par conféquent il eft deftitué d’harmonie, il eft bon d’en boucher les Tuyaux à demi, pour que le fcn n’en foit pas fi foc ni fi criard. C’eft la pratique ordinaire des meilleurs Faéteurs, qui par-là réuffiffent ordinairement mieux à imiter la voix naturelle de l’homme. La voix humaine exécutée for ce diapafon doit pefer au moins 10 livres , fans les noyaux ni les pieds.
- 982. Pour tailler le Haut-bois, voyez les art. 284 & 28y 9 pag. 83 & 84* Relifez la fécondé Seélion du 4e. Chapitre, pag. 51. & foiv. Le Haut-bois doit pefer 12 livres au moins, fans les noyaux ni les pieds. Je ne dis rien de la Mufotte , ni de la Régale. La defcription de la main-d’œuvre des autres Jeux d’Ànche que j’ai donnée dans les articles précédents fera plus que foffifànte pour faire connoître à fond la conftruélion de ceux-ci.
- 983. Il ne foffit pas de bien conftruire les Tuyaux des Jeux d’Anche , il & encore efîentiel de les ancher comme il faut. Il eft donc à propos de décrire premièrement comment on fait une Anche. On trouvera le diapafon des grandeurs
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- Secl. IL Conftr. des Jeux à" Anche ; faire tes Anches, deûrs de toutes les Anches dans la fig. i. de la Planche 71. Il y en a de 23 grandeurs différentes & marquées chacune d’un numéro. Elles font propres à ancher tous les Tuyaux de tous les Jeux d’Anche , depuis le premier Cfol ut de 32 pieds de la Bombarde , jufqu’au plus petit Tuyau du Clairon. Les largeurs intérieures en font prifos des diamètres des 21 cercles de la fig. J j , PL 7 , qui repréfontent dans toute leur grandeur les diamètres des broches de fer fur lefquelles on arrondit les Anches quand on les fabrique. On ne trouvera point parmi ces cercles y fig» JJ , PL 7, les largeurs des deux plus grandes Anches marquées A & B y fig. 1, PL 71 ; on s’en fort fi rarement, que je n’ai pas cru devoir les faire entrer dans les numéros des autres.
- 984. Pour faire une Anche, il faut d’abord en faire le patron , pour ne pas s’expofor à une augmentation de travail confidérable fi l’on prenoit trop de matière ,ou à manquer l’Anche fi l’on n’en prenoit pas affez. Pour faire le modèle d’un patron, on coupera un morceau de lame d’étoffe, à-peu-près de la largeur & de la longueur qu’on croira la plus commode pour l’Anche qu’on voudra faire. On l’étampera, & voici comment : on la mettra à plat for un des creux en canal de l’étampe, fig. 53, PL 7, enforte que le canal en foit par-tout également couvert, & un peu plus à la tête qu’aux côtés. On pofora par-deffos le morceau d’étoffe , de champ 3c du côté arrondi, l’étampoir (fig- J 4, PL 7. Voyez l’art. 100 9pag. 27, ) qui convienne au creux dont on fo fort : on difpo-fera cet étampoir de maniéré que fon bout arrondi, qui eft le fopérieur, foit un peu éloigné de la tête du creux. Il faut qu’il foit bien au milieu & tout le long du morceau d’étoffe. L’étampoir étant ainfi couché & difpofé, on le tiendra par fon bout inférieur (que nous appellerons fo queue) de la main gauche, on le frappera avec un maillet de bois, jufqu’à ce qu’il ait enfoncé le morceau d’étoffe jufqu’au fond du creux. On lèvera l’étampoir , & on le remettra dans la même fituation, mais plus avancé vers la tête du creux ; enfoite fons le lever, on le frappera horifontalement for le bout de la queue, tandis qu’avec un gros morceau de fer , qui pourra être un valet de Menuifier, fi l’Anche eft grande, ou avec un marteau fi l’Anche eft petite, on appuyera fortement for la tête de l’étampoir. On frappera ainfi contre le bout de la queue de l’étampoir, jufqu’à ce que le morceau d’étoffe ait bien pris toute la forme du creux de l’étampe. On verra alors, fi l’on a pris trop grand ou trop petit le morceau d’étoffe ; ce qui donnera le moyen de faire le patron d’une grandeur convenable. On fera ainfi de fauffes Anches de toutes les efpeces , pour en former les patrons, qui enfoite doivent être de cuivre, & qu’on garde toujours. Voyez la fig. 19, PL 68, ou l’on peut remarquer la forme que l’on donne à ces patrons. On y en voit 8 de différentes grandeurs, qui peuvent forvir pour toutes les Anches d’une Trompette ; car un même patron , ou une même grandeur peut forvir pour deux numéros d’Anches , lorfqu’elles font petites, attendu quelles ne font Orgues♦ Il\ Part. A a a a a
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- Planché
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- 368 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. VIII.
- pas allez fenfiblement différentes. Ces 8 patrons font repréfentés arrangés les uns for les autres.
- 585. Le patron étant fait, on coupera avec des cifailles toute la quantité des morceaux de laiton qu’il faut for cette forme & cette mefore. On fera recuire ces morceaux ; c’eft-à-dire , qu on les mettra dans le feu, qui ne foit pas trop ardent, jufqu’à ce que le laiton foit devenu un peu rouge ; on le tirera alors tout doucement du feu ; car le laiton étant rouge cafte très-facilement, & on le •laiffera bien refroidir. On l’étampera, comme j’ai dit dans fart, précédent du morcèau d’étoffe ; mais lorlqu’il fera à demi étampé, on le fera recuire une fécondé fois, & enfuite on finira de l’étamper. Si l’Anche eft fort grande, on le fera recuire 3 ou 4 fois , pour l’étamper à 3 ou 4 reprifes. Cette précaution eft nécefîàire pour ne pas crever les Anches à la tête ; & s’il en creve quelqu’une , ce fera une marque qu’on aura trop avancé l’aétion de l’étamper fans recuire.
- p86. L’Anche étant étampée, on l’arrondira for la broche. La fig. $6, PL 7, repréfente deux de ces broches, une affez grande, & l’autre une des plus petites. Voyez l’art. 1019pag. 27. On choifira la broche du numéro convenable à l’Anche qu’on veut faire. On inférera la broche dans l’Anche , & appuyant le tout for l’enclume, on frappera for l’Anche, tantôt for la tête , tantôt for les côtés & tout-à-l*entour , jufqu’à ce que l’Anche touche bien la broche dans toutes fes parties. Alors on arrachera la broche de l’Anche, & l’on verra fi celle-ci eft bien droite for fon dos & aux côtés. Si elle ne l’eft pas , on la redreffera & on la remettra for la broche s’il eft nécefîàire.
- p87. Pour finir l’Anche, il faut la drefîer for les champs de fa face ouverte. On appliquera donc la partie ouverte de l’Anche for la face de la grande lime à drefîer les Anches 9fig. J8 , PL 8. Voyez l’art. 102 , pag. 28. On la tiendra avec les doigts, & on la frottera fortement for cette lime , jufqu’à ce qu’on ait atteint tous les défauts. En faîfànt cette opération , on regardera de temps-en-temps , fi on ne lime pas trop d’un bout ou de l’autre, fi on ne baiffe pas plus un côté que l’autre. On appuyera plus fort for l’endroit de l’Anche où il y aura le plus de matière à retrancher , afin que l’Anche fe trouve également profonde d’un bout à l’autre. Lorlqu’on aura atteint tous les défauts, & qu’on aura ôté toute la matière foperflue, on paffera l’Anche for la face douce de la grande lime, jufqu’à ce qu’on ait fait dilparoître les traits que l’autre côté de la lime aura faits. Enfuite on ôtera du dedans & du dehors de l’Anche, toutes les ba-vochures avec une lime douce a main , & on repaffera un moment l’Anche for la lime douce, pour ôter un refte des bavochures que la lime à main aura pu occafionner.
- 988. Pour ôter le noir que le recuit aura donné aux Anches, on les mettra dans un poêlon, qu’on remplira de lie de vin toute liquide : fi elle étoit épaiffe on y mettroit un peu d’eau. On fera bouillir le tout pendant une demi-heure. On ôtera les Anches, on les fàblonnera avec du fàblonfin, mouillé avec
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- Secl. IL Confl. des Jeux d*Anche ; iV°. des Anches. 3
- la même lie de vin chaude. On les lavera bien avec de Peau, & on les fera fé-cher auprès du feu.
- 989. Il faut remarquer que plus les Anches font grandes , plus leur matière doit être épaifle. Il faut qu’elles foient allez fermes pour qu’on ne puifle point les faire fléchir, ou les faire gauchir avec un effort confidérable. On leur donne ordinairement tant foit peu plus de profondeur intérieure , que de largeur intérieure. Cependant celles qui n ont pas tout-à-fait cette proportion peuvent fervir. Lorïqu’on les étampera, s’il fo trouve qu’un bout de la lame de laiton foit un peu plus épais que l’autre , il faudra mettre le plus épais à la tête de l’Anche. Le diapafon des Anches Pl. 71, peut donner une idée de l’épaiileur qu elles doivent avoir. Le laiton gratté eft toujours préférable à celui qui ne l’eft pas, & qu’on appelle laiton noir. Celui qui eft gratté eft ordinairement plus net, moins pailleux & plus propre. Cependant fi on a de grandes Anches à faire , il feroit difficile de trouver du laiton gratté aftez épais ; il faudra alors fe fervir de laiton noir. Le cuivre rouge n’eft point propre à faire les Anches. Outre qu’il eft plus lujet au verd-de-gris que le laiton , il eft beaucoup plus difficile à travailler & à limer. S’il fe trouve quelque Anche qui ait quelque petite crevafle derrière la tête, on la bouchera aifément avec la foudure d’étain. On grattera cet endroit, on le frottera un peu fort avec de la réfine, & on le foudera.
- 990. Ôn va voir dans les Tables foivantes combien il faut faire d’Anches du même numéro, & combien & quels numéros conviennent à chaque Jeu d’Anche.
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- des Anches; I Numéros des Anches. 1 Numéros des AncheS; I Numéros des Anches;
- 570 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. VIII.
- Cromorne ordinaire, & Mufette.
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- Noyaux.
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- Haut-Bois.
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- Noyaux.
- D, y 2p.
- On obfervera qu’il y a plufieurs fyftêraes parmi les Fadeurs d’Orgues au fujet des numéros des Anches du Haut-bois. Les uns prétendent qu’il faut l’ancher gros pour qu’il imite mieux le Haut-bois naturel. Les autres croient qu’il réuffit mieux fi on Tanche plus menu. Ceux-ci donnent même un peu de recuit aux languettes, en les mettant fur de Té-tain fondu bien chaud , jufqu’à ce qu’elles aienÇ changé de couleur. Ils ne font cette derniere opération qu’après que les languettes ont été coupées, ajuflées 6c mifes en place. Ils les ôtent alors & ils leur donnent ce petit recuit.
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- Secl. IL Conjlr. des Jeux dAnches ; faillie des Anches. 371
- 991. La première colonne des chiffres de chaque Table , indique les nu me-
- ros des Anches, lefquels numéros fe rapportent à ceux de la fig, 1, de la PL ^L^CHE 71. La fécondé indique combien il en faut de chaque numéro , 8c la troifieme colonne , quels font les Tuyaux auxquels on doit mettre les Anches du numéro dont il s’agit. On peut remarquer qu’un même numéro d’Anches fert à plu-/leurs Tuyaux différents. Quand on aura fait toutes les Anches pour un Jeu, on choifira dans chaque numéro les plus profondes & les plus épaiiîès, pour les deftîner aux plus grands Tuyaux, & les autres aux plus petits. *
- 992. Les lettres & les chiffres que l’on voit au bas de chaque Table intitu-
- lées Noyaux, indiquent le numéro 8c le nombre des noyaux propres au Jeu dont il s y agit. Par exemple , dn lit au bas de la Table pour la Pédale de Bombarde , H y 8 : Gy y : F 9 \ A 9 $ x B x D 9 6 \ cq qu’il faut entendre ainfi
- le plus gros Noyau repréfenté dans la Pl. 6 9 eft marqué H; il en faut 8 de cette
- efpece ; c’ell ce que lignifie H y 8. Le Noyau foivant eft un peu plus petit, & Planche eft coté G ; il en faut £ de cette elpece; c eft ce que lignifie G , j*. îl faut 4 Noyaux comme celui qui eft coté F. Il en faut £ , comme celui qui eft coté A*
- Il en faut 8 , comme celui qui eft coté B , 8c 6 comme celui qui eft coté D.
- Tous ces Noyaux PL 6, tous différents, font cotés H, GyF9AyB9CyD 8c E. La diftribution de tous ces noyaux eft encore expofée PL 29 , aux fig*
- *50 & fuivantes jufqu’à l$6 , comme je l’ai expliqué aux articles 276 & 277, 'Planche pag. 8o&8r. 2S)t
- 993 . J’ai donné dans la Pl. 71, la mefure de la faillie des Anches hors du ^^=^=3 noyau pour tous les Jeux. Il y a plufieurs fyftêmes parmi les plus habiles Fa-éteurs au fujet de cette faillie ; les uns font fort partifàns d’une harmonie délicate, fine, 8c qui plaît à bien du monde. Ceux-ci à cet effet voulant langueyer foible , ne donnent pas une fi grande faillie aux Anches. Les autres préfèrent une harmonie plus pleine, fiere , éclatante & cependant moëlleufo ; en con-féquence ils donnent une plus grande faillie aux Anches pour langueyer plus fort. Pour contenter les uns & les autres, je donne plufieurs mefiires des faillies des Anches. Celle de la fig. 2 , PL 71, eft la plus grande faillie que pratiquent plufieurs habiles Fadeurs accoutumés à langueyer fort ; mais cette grande faillie n’eft en ufàge que pour les Pédales. La longueur de c à s 9 eft la de l’Anche faillie hors du noyau, pour un premier C fol ut de Bombarde de 32 pieds. La longueur de o au point/’, 24/?/. eft pour VF ut fa fuivant de 24 pieds. La longueur de o à c, 16pi% eft pour un Cfol ut de 16 pieds, ce qui fait le premier C Jolut d’une Bombarde. Depuis o9 jufqu’ày", 12 pu eft pour VF ut fa foivant de 12 pieds. Il fert aufli au premier F ut fa du ravalement de la Pédale de Trompette. De o à c, 8 pu eft pour la fuite de la Bombarde au C fol ut de 8 pieds. On s’en fert auffi pour le premier C fol ut de la Pédale de Trompette. De o à c , 4 pi. eft pour le quatrième Cfol ut de la Bombarde, pour la fuite de la Trompette de Pédale, & pour le premier Cfol ut de la Pédale de Orgues, IL Paru Bbbbb
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- 37* FACTEUR D’ORGUES, IL Partie. Chap. VIII.
- Clairon. Les trois antres points font pour les trois autres C fol ut qui font la fuite de ces Jeux , ei forte que de o à la première diyifion, c eft la plus petite Anche pour le dernier C fol ut, fi Ion y faifoit monter la Pédale , ce qui n arrive pas.
- 994. La faillie des Anches marquée dans la troifieme figure eft la plus grande pour les Bombardes, Trompettes & Clairons à la main, le tout de groffe Taille. Elles peuvent fervir suffi pour des Pédales ordinaires de Trompette & de Clairon. Les mêmes marques y font écrites comme à la fécondé figure & fignifient la même chofe.
- La quatrième figure contient la plus petite faillie des Anches pour les Bombardes , Trompettes & Clairons à la main. Elle eft bonne pour langueyer plus foible & pour produire une petite harmonie fine 8c gracieufe.
- 99 La figure cinquième contient la faillie des Anches pour une Trompette ordinaire & Clairon, lorfqu’ils ne font pas de grofle taille. Elle revient au même que celles de la quatrième figure. Elle eft bonne auffi pour un gros Cromome.
- La fixieme figure contient la faillie des Anches pour un Cromorne ordinaire , auffi-bien que pour la Mufette. On peut bien fe fervir de celle de la cinquième, figure ; mais ce Jeu fera un peu plus difficile à traiter.
- 996. La feptieme figure contient la faillie des Anches pour une voix humaine Ordinaire, qui doit être langueyée plus foible que tous les autres Jeux.
- 997. On trouvera les cinq C fol feulement dans les fig. ,6 & 7 ; fi tou-» tes les faillies intermédiaires des Anches étoient marquées, il y auroit de la confufîon. On y fuppléera aifement en foppofànt tous les F ut fa au milieu entre deux C fol ut ; on divifera tout le refte à vue d’œil , à mefiire quon pofera les Anches dans les noyaux. Ce qui fera fiiffifàmment jufte. Les fig. 1,2, & 3, contiennent tous les C fol ut & les principaux F ut fa. On divifera également toutes les faillies intermédiaires à vue d’œil. On marquera for une petite tringle de fer ou de cuivre, les faillies dont on aura befoin & qu’on aura choifi. Ce petit inftrument s’appelle le calibre de la faillie des Anches.
- 998. Il eft remarquable que toutes ces différentes faillies des Anches ont toutes pour partifans les plus habiles Faéteurs d’Orgues , & ils font bien parler les Tuyaux par leur moyen. Elles produifent néceftairement des harmonies différentes & cependant bonnes. Sans prétendre décider quelle eft la meilleure pratique, je penfe que les petites faillies conviennent mieux dans les petites jEgUfes, à caufe qu’on eft obligé de langueyer foible. Les grandes faillies exigent quon langueye fort ; ce qui fera un plus bel effet dans les grandes Eglifes. Chacun fùivra fon goût. Du refte, je ne fuis point fauteur de toutes ces différentes faillies des Anches, je les ai recueillies des plus habiles Faéteurs, qui ont excellé chacun dans lem genre à bien faire les Jeux d’Anche.
- 999. Il y a deux maniérés de pofer les Anches dans les noyaux. Les uns les
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- Secl. IL Conjlr. des Jeux d’Anches ; faire les languettes. 373
- y pofent avant de fouder le noyau aux Tuyaux ; les autres, après que les noyaux font fondés aux Tuyaux. La raifon qui fait préférer la première méthode eft, i°. qu’en agrandiffent le trou des noyaux avec la meche dont on eft obligé de fe fervir, on rifque beaucoup d’éreinter les Tuyaux par l’effort con-fidérable qu’il faut faire. 20. S’il arrive qu’on perce le noyau de travers , il n y a pas d’autre refïburce que de deffouder le noyau & d’en fouder un autre • ce qui eft un inconvénient. Lorfqu’on perce les noyaux avant de les fouder aux Tuyaux, i°. on ne rifque point d’éreinter un Tuyau. 2°. Si l’on perce de tra-; vers un noyau, il eft facile d’en fubftituer un autre. Les partifens de la fe^ conde méthode répondent à ces raifons, i°. qu’on fe met à l’abri d’éreinter un Tuyau, quelqu’effortqu il faille faire, fi l’on met le noyau fous le valet entre deux morceaux de bois échancrés lorfqu’on le perce. 20. Il faudroit être allez. mal-adroit & avoir l’œil bien faux II l’on perçoit de travers, tandis que le Tuyau même fort de guide pour diriger bien droit le vilebrequin. Chacun choifira la méthode qu’il trouvera la meilleure. Je préférerois la fécondé maniéré, d’autant mieux qu’il paroît affez difficile de percer bien droit un noyau ifolé. Rien ne conduit l’œil pour tenir le vilebrequin comme il faut.
- 1000. Avant de mettre les Anches dans les noyaux , on paflera dans le petit trou du noyau une vrille qui ne foit pas plus groffe que la rafette qu’on doit y mettre ; c’eft pourquoi il eft néceffeire de bien choifir cette vrille. Il faut des meches ordinaires de vilebrequin bien affbrties, de toutes les groftèurs. Les noyaux étant moulés tout percés, il ne s’agit que d’agrandir le trou. On y paf-fera d’abord une meche qui croilfe un peu le trou. Enfoite on y en paftera une autre un peu plus groffe , enfin jufqu’à ce que l’Anche y entre avec un effort proportionné à fe force , & qu’il faille même le frapper for le dos de la tête avec une petite batte de bois , prenant bien garde de ne pas éreinter l’Anche. On préfentera à côté de l’Anche le calibre de la faillie des Anches, afin de l’enfoncer au point convenable. Il faut du moins pour les grandes Anches, qu’elles enfoncent dans le noyau de toute la hauteur de celui-ci ; & pour celles qui ne font pas grandes, c’eft-à-dire , les médiocres , ou celles qui font petites, elles doivent enfoncer allez confidérablement pour qu’on ne puifte les arracher avec les doigts qu’avec beaucoup de peine. S’il s’en trouve qui foient trop longues , on les coupera avec une lime. S’il arrive qu’on n’ait aucune meche qui agrandiffe le trou au point qu’il faut pour que l’Anche aille jufte, il vaudra mieux croître un peu le trou du noyau avec une râpe ronde, ou comme l’on dit 9 en queue de rat. On prendra garde que les Anches ne fe renverfent point for leur dos. Elles doivent aller droit en tout fens, afin quelles ne touchent point dans l’intérieur du pied du Tuyau. Si l’on avoit fait un trou un peu trop grand , ou qu’il fe trouvât tel au forcir du moule , il faudroit fouder une virole dans le trou. A cet effet, on agrandira encore davantage le trou, s’il le faut ; on roulera for un moule, un morceau de la même matière du noyau, on fou-
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- dera en long cette virole, on la mettra à force dans le trou du noyau, & on foudera le bout inférieur fur le noyau tout-à-i entour. Si le trou eft devenu trop petit, on le croîtra un peu avec la râpe. Si Ton avoit gauchi ou autrement éreinté une Ànche, il faudrait Tôter de là place , la repaflèr1, s’il eft néceflàire, fur la broche 8c fur la grande lime. Il eft eflèntiel, pour pouvoir faire bien parler un Tuyau, que l’Anche foit bien dreflee & bien dégauchie.
- ioor. Toutes les Anches étant pofées il faut les garnir de leur languettes; On les fait toujours en laiton mince quon acheté roulé & gratté. On en choifira deplufîeurs épaiflèurs. On n’en trouvera pas dans celui qui eft roulé, d’afïèz épais pour les plus fortes languettes, comme pour les baffes d’une Bombarde, &c. On fera donc obligé d’en prendre qui ne foit pas roulé. On coupera avec “des cifailles le laiton par bandes bien droites, d’une largeur convenable aux Anches auxquelles on les dcftinera. Ces bandes pourront avoir 18 à 20 pouces de longueur. On les forgera fur une enclume bien unie , enlbrte que tous les coups de marteau fe touchent. Ce marteau doit être petit. On fera attention à battre fi également & fi uni, que lorfqu’une bande fera ainfi forgée, elle fe trouve bien dreffée en‘tout fens. Il y a des Faéteurs qui les ayant forgées d’un côté les forgent encore de l’autre â afin qu’elles fbient parfaitement & fortement écrouies. Je crois qu’il eft mieux de ne pas les écrouir fi fort, & qu’il lùffit de les forger feulement d’un côté ; on en eft plus facilement le maître. Lorfqu’el-les font fortement écrouies, on a peine à leur donner la tournure convenable 8c cette tournure ne dure pas fi long-temps. Leur grande élafticité fait que dans la fiiite elles fe remettent d’elles-mêmes dans leur premier état ; par-là un Jeu D’Anche fe dégrade bientôt. Les Faéteurs les plus expérimentés prétendent que le grand écrouiflement des languettes, ôte le moelleux d’un Jeu d’Anche. Je crois qu’ils ont railon. Il en eft d’autres qui ne les écrouifïènt pas du tout. Il eft vrai qu’alors on les gouverne bien aifément ; mais auffi elles fe dérangent avec la même facilité. U paraît donc mieux de ne les écrouir que médiocrement, .c’eft-à-dire, de ne les forger que d’un côté avec un petit marteau bien uni.
- 1002. Les languettes étant forgées, on doit les blanchir, ce qui fe fait de plufieurs maniérés. i°. On en mettra une fiirun morceau de grofle réglé de bois dur Sc uni. On l’arrêtera d’un bout par un valet, & on la rabotera d’un bout à l’autre avec le rabot à double lumière jufqu’à ce qu’il n’y paroifle aucun coup de marteau. On la changera bout pour bout, & on rabotera de même le bout qui étoit lous le valet. On fera la même opération de l’autre côté. Il faut qu’une bande de languette étant finie, foit exactement dégauchie, bien dreffée 8c bien unie. 2°. Au lieu du rabot on fe fervira d’abord d’une lime d’Allemagne, Sc on finira avec une lime douce. On applique la lime obliquement fur la languette , tantôt dans un fens , tantôt dans un autre. 30. On faifira avec un étau à main, un bout de la bande de languette , &la tenant couchée fur une table unie, & appliquant la lime obliquement par-delEis, tantôt dans un fens, tantôt dans un autre,
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- on tirera la bande de languette tenant toujours la lime immobile. On continuera à limer la languette jufqu’à ce qu’il neparoifle plus aucun coup de marteau. On fera cette opération de chaque côté. On changera de bout quand il le faudra* Après avoir limé avec la lime rude , on finira avec la lime douce. Voilà trois maniérés de blanchir les languettes. Chacun choifira la méthode qui lui conviendra le mieux. On fera de ces languettes de toutes les largeurs & de toutes les épaiffèurs dont on pourra avoir befoin.
- 1003. On aura de petites tringles de bois de noyer dur & de fil bien droit* d’une longueur à volonté pour faire les coins. Elles feront planes d’un côté & demi rondes de l’autre. Il y en aura de toutes les largeurs des Anches * & d’une épaiflèur commode ; afin de n’être pas obligé de les diminuer beaucoup pour faire les coins. Il y en a qui préfèrent le cormier, le buis, &c. au noyer. J’ai trouvé que ces bois durs le relâchent plutôt que le noyer ; parce que la matière du noyau vient à céder dans la fuite. D’autres font dans l’ufàge de faire les coins en étain* Cette pratique eft bonne pour les grandes Anches * mais elle ne convient pas aux petites , félon le fentiment de certains Faéleurs.
- 1004. Pour pofer une languette, on la choifira d’une force proportionnée à la grandeur de l’Anche. On en coupera un morceau un peu plus long qu’il ne faut. On en rétrécira un bout avec la cifàille , fuffifàmment pour quelle puifle entrer jufte, bien droit, & allez avant dans le noyau. Voyez la fig. 129 , PL 18. On l’enfoncera autant qu’il fè pourra ; on la frappera même par le bout avec un morceau de bois, ou avec le manche du couteau, tenant pendant cette opération la languette bien appliquée contre l’Anche ; fans cette précaution elle plieroit. Lorfqu’on aura ainfi placé la languette, on tracera un trait par-deflus avec une pointe fine d’acier, ou avec la pointe du couteau, aux deux côtés de l’Anche , pour marquer ce qu’il en faut retrancher. On l’arrachera, foit avec les doigts, fi on le peut, ou avec la pincette, prenant bien garde de ne pas lui donner une fauffe tournure. On coupera proprement tout le fuperflu avec la cifàille le long des traits. On achèvera de bien dreflerle champ de chaque côté fur la grande lime. On ôtera toutes les bavochures avec le grattoir ,jîg> 73 , PL 8. Voyez l’art, ni, pag. 30. Enfuite on mettra cette languette fur un morceau de bois bien uni. On pafiera le dos du couteau par-deflus. Cette opération de palier le dos du couteau par-deflus la languette, fe fait pour la drefler parfaitement , la bien dégauchir & lui donner la tournure un peu courbe, comme elle eft repréfèntée en la fig. 130 , PI. 18. Cette courbure doit être plus ou moins fenfible ou confidérable, félon la grandeur & la force de la languette. On la remettra en place, on l’y frappera, afin qu’elle y tienne auflî fortement qu’il fera poflible. U y a d’habiles Faéleurs qui, après avoir coupé le morceau de languette , y font une autre opération avant de la pofer en fa place. Ils la reforgent légèrement avec un petit marteau poli, fur un tas également poli ; ils la font aller dans fa place, comme je viens de l’expliquer, & après l’avoir otée &
- Orgues. IP Part, ' Ccccc
- Planche
- iS.
- Planche
- 8.
- yiwiwiwmuMi
- Planche
- 18.
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- Planche
- 18.
- 576 FACTEVR D'ORGUES, IL Partie, Chap. VIII.
- recoupée , ils la dreffent, la dégauchiffent & lui donnent la tournure avec un brunifloir allez petit pour cela. Ils prétendent, par Inexpérience qu'ils en ont, que le Tuyau garde mieux l'accord & fe maintient davantage dans Ion harmonie après ces façons. L'ouvrage en eft d'ailleurs plus propre. Avant de couper l'excédent de la longueur, on fera & on pofera le coin.
- 100J. Les uns fe fervent d'un couteau , les autres d'uncifeau deMenuifier pour faire le coin. A mefure qu’on coupera le bois, au bout de la tringle faite exprès pour les coins, on le préfentera dans là place , & on verra par-là où il en faudra couper. On y retouchera julqu'à ce que le coin entre allez avant & qu'il remplillè exactement là place. On obfervera qu'il ne faut pas que le coin force au milieu de Ion dos ; parce que là partie plane, qui s'applique fur la languette, rilqueroit, comme il arrive quelquefois, de devenir convexe , ce qui feroit aller mal la languette. Lorfqu’on reconnoîtra le coin bien fait, on l'enfoncera & on le frappera avec un petit marteau jufqu’à ce qu'il refufe d’entrer davantage. On le coupera à une , deux, ou trois lignes du noyau, félon la grandeur de celui-ci. Les uns coupent le coin avec le couteau, les autres avec une petite fcie. On obfervera en coupant le coin, de ne pas toucher la languette , foit avec le couteau, foit avec la fcie. On coupera enfcite l'excédent de la longueur de la languette, enforte qu'elle affleure bien le bout de l'Anche. On ne coupera pas ce fcperflu de la languette au premier coup, parce que la cifàille en gauchiroit le bout, mais on le retranchera petit-à-petit.
- 1006. On a déjà vu la forme d'une rafette,j^g. 133 & 134, P/. 18. Voyez l'art. 18(5, pag. 53. On les fait ordinairement en fil de fer non recuit. On le dreflera fcir l'Engin. Voyez l'art. 614, pag. 204. Il doit être fi bien drefle qu'il n'y ait aucun endroit jarreté. On trouve dans le fil de fer de diftance en diftance de fortes impreffions , qui font les reprifes de la tenaille qui mord le fil quand on le tire dans la tréfilerie. On unira ces endroits avec une lime douce pour en ôter les alpérités. Le fil de fer le plus eftimé fe fabrique en Normandie. Il ne cafte pas aifément lorfqu'on le contourne, & qu'on le ployéfàns être recuit. On coupera ce fil de fer à morceaux d'une longueur, telle que fi l'on fait un crochet au bout fcpérieur de la rafette , comme à celle de la fig. 134 , PL 18 , on puifle la faire defcendre fiiffilàmment, pour que fcn pli inférieur fe trouve entièrement hors de l’Anche. Les Tuyaux des Jeux font quelquefois fi ferrés les uns près des autres , ou ils fe trouvent tellement dilpofés, qu'il deviendroit fort embarraflànt pour les accorder, fi les rafettes étoient courtes à l'ordinaire ; alors on les fait beaucoup plus longues & quelquefois autant que les Tuyaux. Leur pli inférieur doit être fait de façon que là longueur horifcntale n'outre-pafle point la grofleur du noyau, afin qu'aucune de ces deux parties ne puiffc point toucher dans l'intérieur du pied du Tuyau ; cependant il 'doit être aflez long pour tenir toute la largeur de la languette. Il doit être d'ailleurs très-droit & fe préfenter bien à l'équerre for la languette. Celle-ci doit être médiocre-
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- Secl. 11. CoTiflr. des Jeux d!Anche ;pofer les languettes. 377
- ment comprimée par cette partie de la rafette, mais non pas avec violence* On paflera un peu de feif fur toute la longueur de la rafette. Il y en a qui paf fent fer la lime tout fon coude horifontal , afin qu’il foit bien drefle ; ce qui eft bon. Plufieurs font les rafettes en fil de laiton non recuit. Il feroit àfouhaiter que cette pratique fût la feule enufàge. Le fil de fer venant à rouiller , lime 8c agrandit le trou du noyau. Du refte on emploie du fil menu pour les petites Anches, du médiocre pour les médiocres, & du gros pour les grandes Anches. Celles-ci doivent être comprimées plus fortement par la rafette que les petites Anches.
- 1007. Les commençants & ceux qui n ont pas une grande pratique pour choifir les languettes d’une force convenable à l’Anche quon garnit , pourront éprouver ainfi fi la languette pofée eft trop forte ou trop foible. On eftàyera de faire parler le Tuyau , foit fer le fommier, fi on en a la commodité, foit fer un foufflet* Mais il ne faut jamais y fouffler avec la bouche. Le fouffle de la bouche étant accompagné de beaucoup dhumidité, mouille l’Anche & la languette ; cela produit dans la feite du verd de gris & une grande fàleté, qui empêche le Tuyau de parler, ou du moins lui porte un grand préjudice pour fon harmonie , fer-tout aux petits Tuyaux. On mettra le Tuyau à fon ton au moyen de la rafette. On verra à quel point de la languette elle fe trouve. Si la rafette fe trouve confidérablement éloignée du coin , ce fera une marque que la languette eft trop mince. On l’ôtera , & on en mettra une autre un peu plus forte , qu’on pofera avec toutes les précautions indiquées art. 1004 , pag. 37^. On eftàyera encore le Tuyau ; & fila rafette vient à toucher le coin, fans que le Tuyau puiffe parler à fon ton , ce fera Une marque que la languette fera trop forte. On la changera encore jufqu’à ce qu’ayant mis le Tuyau à fon vrai ton, félon fà longueur , la rafette fe trouve auprès du coin. Pour que cette épreuve foit bonne , il faut que la languette foit fi bien difpofée que le Tuyau parle bien. Si elle eft trop fermée , ‘le Tuyau fera trop*prompt; alors l’épreuve dont il s’agit feroit faufle. Si la languette eft trop ouverte, te Tuyau fera tardif à parler. L’épreuve dans ce cas peut être bonne, pourvu que d’ailleurs le Tuyau ne râle point, & qu’il nait point d autre défaut dans fon harmonie. Je ne vois que ce moyen de faire connoître à ceux qui n’ont pas une grande pratique, quelle force il faut aux languettes, proportionellement aux Anches & aux Tuyaux. Il n’eft pas poflible d’en déterminer répaifleur autrement, car cela dépend beaucoup du degré d’ecrouiflèment des languettes* Sit elles font fortement écrouies, il les faut plus minces que fi elles* ne le font que médiocrement, ou point du tout. Je confeille donc à ceux qui n’ont point d’expérience, d’être exaéls à la faillie des Anches ; cette exaélitude leur étant néceflâire pour trouver la force convenable aux languettes. Ceux qui ont une grande pratique ne s’y méprennent jamais. Ils connoiffent par le feul taél l’épaifleur convenable aux languettes. Nous verrons dans la feite comment il faut manier les languettes, & comment on doit traiter les Jeux df Anche.
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- ê}78 FACTEUR D’ORGUES ,11 Partie, Chap.VIU.
- 1008. Ondoie fe fou venir que j’ai recommandé plufieurs fois d’étoffer fùffifam-rnentles Jeux. Il ne ftlffit pas de les faire folides , il faut encore qu’ils foient fournis de matière allez confidérablement, pour qu’ils aient la qualité d’harmonie qui leur convient. Cela eft général pour tous les Jeux. J’ai donné en con-féquence , an. $66 ,pag. 358 , le poids d’un nombre de. Jeux à bouche, pour faire connoître à-peu-près l’épaiffeur qu’il eft néceflàire de donner aux Tuyaux, & la quantité de matière qu’il leur faut. Cet avis n eft pas moins eflentiel pour les Jeux d’Anche. On n’en tireroit jamais ce fond, cette harmonie pleine, mâle & veloutée, qui doit faire leur caraéiere le plus eftimable , s’ils n’étoient fuffi-iàmment étoffés. Comme ils font une des parties de l’Orgue les plus remarquables , & que leur fonction eft des plus apparentes, il convient de les étoffer avec un foin tout particulier. On va voir à cet effet dans les Tables fuivantes, le poids de chaque Tuyau pour les Jeux principaux, tels que les Bombardes & les Trompettes. On jugera bien aifément du poids de chaque Tuyau du Clairon par ceux des Trompettes, puilque les Tuyaux d’un Clairon font tous contenus dans la Trompette.
- Poids des Jeux d*Anches Coniques.
- Poidsde chaqueTuyau d’une Bombarde de grofle Taille.
- H55 C 0 *< • U c P £ ST g a B H ^ e « liv.
- ' i C 47
- 2 cM 39
- 3 d è> 34
- 4 30
- S e 27
- 6 f 24
- 7 fM 22
- 8 g 20
- 9 ëX r8
- £0 a 16
- 11 bb 14
- 12 b 13 Î13 c 11 il 4 C% 10
- !*> à 9 v
- [2 5 eP 8 ,
- \lj e 7
- 118 / 6 8
- 119 P 6
- 20 g S 8
- 21 gM s
- 22 4, 4 8
- 23 bv 4
- 24 b 48
- 27 e 34
- cM 3
- Suite de la Table précédente•
- 27 â 2 12
- 28 eb 2 8
- 25> e 2 4
- 30 f 2 4
- 31 Jk I 14
- 32 g I 12
- 33 gM 1 10
- 34 a 1 8
- 37 bb 1 6
- 3* b 1 4
- 37 c 1
- 38 cM 2 •
- 39 d 0 *7
- 40 eb O 14
- 41 e O 13
- 42 / O 12
- 43 O 11
- 44 g O 10 4
- 4; g* O 10
- 4 6 a 1 k O 9 4
- 47 bv O 9
- 48 b O 8 4
- 49 c O 8
- 7° cM O 7 4
- S' d O 7
- Total du poids de la grofle Bombarde, 41b liv. 1 onç.
- Poidsde chaq. Tuyau d’une Bombarde ordinaire.
- No. des Tuyaux, n CT g *Q S H g- C f* v: liv. onc.
- i C 40
- 2 34
- 3 d eb 2p
- 4 27
- 5* e 22
- d / 20
- 7 ÏK 18
- 8 g 16
- P gM 14
- 10 a 12
- 11 bb n
- 12 b 10
- *3 c P
- 14 cM 8
- 17 d 7
- eb 6
- *7 e 7 8
- 18 / 7 «
- ip fM 4 8
- 20 g 4 .
- 21 gM 3 12
- 22 a 3 8
- 23 bb 3 4
- 24 b 3 «
- 27 c 2 12
- 26 CM 2 s
- Suite de la Table précé~
- dente.
- 27 d 2 4
- 28 eb 2 . * 1
- ^p e 1 ï4 • '
- 30 / 1 12 •
- 31 /æ 1 10 •
- 32 g 1 8 • :
- 33 gM 1 6 «J
- 34 37 a hb 1 1 4 3 • »
- 36 b 1 2 «
- 37 c 1 1 * '
- 38 cM 1 • •;
- 3P d u O 17 •]
- 40 éP 0 14 *1
- 41 e O 13 i • j
- 42 / 0 12 • '
- 43 fM O 11 •
- 44 g 0 10 4
- 47 gM 0 10 #
- 46 a & 0 P 4
- 47 0 P .
- 48 b 0 8 4
- 4P c 0 8 .
- 70 cM 0 7 4
- 7i d 0 7 •
- Total du poids de la Bombarde ordinai-
- re, 344 hv. 3 ont,
- Poids
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- Secï. IL Conflr. des Jeux d9 Anche ; leurs poids > ôCc. 379
- pôidsdechaqueTuyau PôïdsdechaqueTuyau
- d’une Trompette de Suite de la Table prece- d uneTromp ette or- Suite de la Table pre-
- grofle Taille. dente. dinaire. cédente.
- HZ 3. Z 27 d 0 . H Z n 0 g. z ? g 27 d 0 1 ; ♦
- •2 L * 3 £ 8 H S- 28 eb 0 14 . 1 »-P 2 p 3 H a. 28 eb 0 14 • ;
- - c liv. onc. gros. 2 9 e O 13 • c f» liv. anc. gros. 2p e 0 13 •
- I c I I , . 30 / O 12 • I C P • 30 / 0 12 ,]
- 2 Œ JO . . 31 /* 0 11 • 2 c'K 8 • 31 /* 0 11
- 3 à 9 . . 32 g O 10 4 3 d 7 • 3 2 g 0 10 4
- 4 eb 8 . 33 g>& 0 10 . 4 eb 5 • 33 g* 0 10 .
- S e 7 . 34 a 0 9 4 5* ke 5 8 34 a bP 0 p 4
- * f 6 8 . 35 h b 0 9 . 6 f 35* 0 p • -
- 7 fit 6 • « 36 b 0 8 4 7 M 4 8 35 b 0 8 4
- 8 g S 8 . 37 c 0 8 . 8 g 4 . 37 c 0 8 .
- 9 m S . 38 Œ 0 7 4 P gx 3 12 38 cm 0 7 4
- 10 a 4 8 . 39 d j 0 7 . 10 a 3 8 3P d eb 0 7 •
- 11 bP 4 . 40 eb 0 6 4 11 b\> 3 4 40 0 5 4
- 12 b 3 8 . 41 e 0 6 . 12 b 3 • 41 e 0 5 .
- 13 c 3 4 . • 42 / 0 S 4 ; 13 c 2 12 42 / 0 r 4
- 14 cM 3 . 43 /* 0 S . ! J4 cm 2 8 43 Jfc 0 y •
- 1$ d. 2 12 44 g 0 4 d eb 2 4 44 g 0 4 4
- 16 tb 2 8 . 45* g* 0 4 4 ' 16 2 • 45* g*c 0 4 •
- 17 e 2 4 • 4 6 a bP O 4 2 *7 e 1 14 45 a bP 0 3 £
- 18 f 2 . . 47 O 4 • ' j8 / 1 12 47 0 3 4
- T 9 M 1 14 . 48 b 0 3 d ip /* 1 10 48 b 0 3 2
- 20 g 1 12 . 4 9 c O 3 4 20 g 1 8 4P c 0 3 .
- 21 gK 1 10 . 5° c'K 0 3 2 21 g* 1 5 50 c 0 2 6
- 2.2 a 1 8 . S1 d O 3 . 22 a bP 1 4 Si à 0 2 4
- 2.3 iP 1 6 . 23 1 3 /
- 24 b 1 4 • Total du poids d une 24 6 1 2 Total du poids d’une
- 23 c 1 2 . grofle Trompette 9 2y c 1 1 Trompette ordinaire,
- 26 cK 1 • 118 liv. 13 onc. 25 cm 1 • 9S liv. 5 onc. 2 gros.
- On ne comprend point ici dans les poids des Tuyaux les Noyaux , ni les boîtes , ni les pieds. J’ai déjà donné le poids d’un Cromorne , art. 980 9pag. 3^6. Il faut feulement obferver ici qu’on peut couder en différentes maniérés le Cromorne & les Jeux Coniques , s’il eft néceflaire, fans intéreflèr leur harmonie.
- Une voix humaine ordinaire peTe environ $ livres, fans y comprendre les Noyaux ni les pieds.
- CHAPITRE NEUVIEME.
- y
- Maniéré de pofer toutes les Machines SC les Tuyaux de VOrgue.
- Ç2 o m m e il s’agit de décrire dans ce Chapitre comment il faut monter l’inftrument entier, il convient, pour éviter la confufîon, d’en réduire les différentes defcriptions à certains chefs. Je le diviferai donc en fept Seétions. Dans la première, nous verrons comment il faut pofer la Soufflerie avec tout ce qui l’accompagne. Dans la fécondé, je décrirai comment il faut pofer le grand Sommier d’abord, & enfuite tous les autres Sommiers. Dans la troifieme, comment on. doit faire la diflribution du vent de la Soufflerie à tous les Sommiers. Dans la quatrième, comment il faut pofer les Abrégés, les Claviers, avec le moyen Orgues. IL Part. D d d d d
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- 380 FA CTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. IX.
- de faire bien jouer le tout. Dans la cinquième , comment il faut pofer toutes les pièces pour faire jouer tous les Regiftres. Dans la fixieme , je décrirai la maniéré de pofer la Montre, d’y amener le vent & de pofter tous les Tuyaux qui ne doivent pas jouer fur leur vent : & dans la feptieme, j’expliquerai la maniéré de poler tous les autres Tuyaux dans l’intérieur de l’Orgue.
- Section Première.
- 0'
- Comment il faut pofer la Soufflerie, avec tout ce qui V accompagne.
- t.
- ioop. Pour rendre le local de la Soufflerie d’un Orgue impénétrable au froid exceffif, aux grandes chaleurs & à l’humidité excefflve, il ne faut pas qu il y ait de grandes fenêtres. Une- feule allez médiocre & bien vitrée peut fùffire.
- Si l’endroit peut être voûté deflùs & deflous, ce fera le mieux. On ne doit jamais fouffrir un fimple toît par-déflùs pour couverture. Il eft néceflàire de faire un plancher de bois par-deflous le toît, ou un plafond en plâtre, qu’on placera à quelque diflance du couvert. On garnira le dellus de ce plancher ou plafond, de 4 à 6 pouces d’épaiffèur de terre glaife bien pétrie, & liée avec du foin ou autre chofe. Sur-tout, on prendra toutes les précautions pofîibles pour garantir la Soufflerie des rats & des fouris , qui y font ordinairement un grand dégât lorfqu’ils peuvent y pénétrer. Le fol doit être pavé en carreaux de terre bien cuite, afin que les fouliers, & quelquefois les fabots du Souffleur n en détachent point de poufllere. Les fbufflets l’afpirent avec l’air & en rempliflent l’intérieur des porte-vents & des layes des Sommiers ; delà la pouflîere va dans les Tuyaux. Si le pavé de la Soufflerie n’eft pas de terre cuite de bonne qualité, il faut plan-chéier en bois toute l’allée où fe promene le Souffleur lorfqu’il eft en exercice. Les planches par elles-mêmes ne produifont pas la pouflîere.
- ioio. Pour placer les fbufflets, il faut les difpofer, fi le local le permet, en forte que leurs têtes (où font les charnières) foient le plus près de l’Orgue, & le fond des foufflets au côté oppofé , c’eft-à-dire, plus éloigné de l’Orgue. Il fùiîira de laifler un efpace d’environ 4 à y pieds de largeur entre les têtes des foufflets & le derrière de l’Orgue , ou le mur de féparation. On trouve des lieux deftinés pour une Soufflerie de tant de différentes fituations, qu’on ne peut donner que des réglés bien générales à cet égard. S’il faut féparer les vents, qu que tous les foufflets ne puiflent pas être placés dans un même local, on placera toujours le plus près poflible de leur fommier refpeélif les foufflets deftinés à y fournir le vent, foit pour la hauteur, foit pour la diftance. Du refte, il eft indifférent de faire aller le vent aux Sommiers en montant ou en defcendant, mais il ne l’eft pas que les foufflets foient loin ou près de leurs Sommiers refpeélifs.
- Ce qu’il y a de plus remarquable pour pofer une Soufflerie ordinaire , c’eft de donner la pente convenable aux fbufflets, & de placer, comme il faut, le^
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- Sect.I. Pofer ta Soufflerie, 381
- grand treteau qui doit porter les bafcules. L'égalité du vent dépend beaucoup de ces deux difpofitions. Il faut d'abord placer le grand porte-vent BXy (ffg* I* pi. 48 ) qui porte les gofiers , en lé difpolànt de façon que les ouvertures des gofiers R y R yfig. 2 , regardent le fond des foufflets ou le côté oppofé à l'Orgue ; & afin que le porte-vent ne fe gâte point s'il touchoit à terre , on l'élevera au-deffos du fol de deux ou trois pouces, au moyen des entailles O y O y Jzg. I, qu'on mettra par-deflous, & qu’on placera vis -à-vis de chaque gofier : on obiervera que le porte-vent porte bien fur toutes les entailles. Comme il y a toujours quelque peu de haut & de bas au pavé du loi, on fera ces entailles plus épaifîes les unes que les autres , félon que la place de chacune le demandera, Au-deflus du porte-vent Q Q y ffg. 2, feront pôles les gofiers dans des ouvertures où ils entrent en feuillure , enlbrte que le devant & le derrière affleure le devant & le derrière du porte-vent , afin qu'ils foient appuyés folidement & qu'ils ne portent point à faux. Ces gofiers fe pofcront fur leur porte-vent plus commodément à l'attelier. Ils doivent être tellement elpacés entre-eux, que les loufflets étant à leur place, ceux-ci aient une diftance d'un pouce au moins de l'un à l'autre ; ainfi on prendra bien fes mefures pour cela. Ce qui n’empêchera pas qu'on ne puifie donner un plus grand éloignement de l'un à l'autre, fi le local le permet.
- 1011. On pofera un grand & fort foliveau ou demi-poutre deffous lesboutsdes tables du fond des foufflets, & on pofera enfoite les loufflets en leur place. On élevera fur des cales ce grand foliveau, plus ou moins, félon que le demandera l'épreuve qu'on fera pour l'égalité de la force du vent. A cet effet, on mettra un foufflet en expérience. On appliquera l’anémometre for le porte-vent. On chargera le loufflet, à peu près comme on fait ordinairement. On l'ouvrira entièrement & on examinera à l’anémometre fi le vent eft égal, ou de la même force lorfque le Ibufflgt eft entièrement levé, que lorfqu’il eft bas & prêt à le repofer. S’il fpuffle plus fort lorlqu'il eft tout-à-fait levé , il faudra diminuer la pente, en élevant le gros foliveau. S’il louffle moins fort, il faudra augmenter la pente en baiffant le foliveau. Il n'eft pas poflîble de donner là-deflus une réglé générale. Le nombre des plis plus ou moins grand, leur épaiffeur plus ou moins confidérable, la grandeur des foufflets, la pelànteur & la dilpofition des bafcules & d’autres çirconftances, font qu’il faut donner plus ou moins de pente pour rendre le vent. égal. On doit entendre que pour faire cette épreuve, il faut que le grand treteau & les bafcules foient pofées.
- 1012. Il s'agit de pofer à-propos le grand treteau D E fig. 1. PL 48. qui doit porter les bafcules FF. On tracera for la muraille ou ailleurs la ligne a b, J%. 3 j PL 72 y qui repréfentera le deftus du foufflet baiffé, ayant la pente qu’il doit avoir. La diftance u a fera la longueur du foufflet, & r fa charnière. Du point r comme centre, on tracera l'arc b q c fur le point b9 qui fera celui de la queue du foufflet, où l'on place la tringle de fer pour lever le foufflet. Je foppofe que
- Planche
- 4.S4
- Planché
- Planche
- 72.
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- 38i FACTEUR D'ORGUES, Il Partie, Chap. IX.
- le foufflet a 8 pieds de longueur , & qu’il doit ouvrir de 3 pieds. On prendra donc 3 pieds en ligne droite de b à c, & on marquera le point c fur 1 arc b q c. On tirera la ligne c a, qui repréfentera la table du deflus du foufflet lorfqu’il eft ouvert. On tirera la ligne indéfinie gf9 parallèle à la table élevée du deflus du foufflet, & à 14 pouces de diflance de la ligne c a. Cette diftance fera fuffi-fente pour placer le treteau avec les fupports des bafcules, fans que rien touche à la table élevée du deflus du foufflet. On placera for cette ligne le centre A de mouvement de la bafcule, qui doit lever le foufflet. Je fuppofeque la bafcule aura 12 pieds de longueur; que du centre A de mouvement au petit bout d9 il y aura 9 pieds, & qu’il y aura 3 pieds du même centre k, au gros bout m. On tirera à plomb la ligne b hy qui tombe for le point b du tirage for la queue du foufflet. Sur la ligne g on placera le centre A à 3 pieds de diftance de la ligne à plomb b h. On tirera la ligne axy qui touche à l’angle a du foufflet, & qui pafle à un bon pouce au-deftous du point k. On en tirera une autre cl m, qui pafle à deux pouces de l’angle a du foufflet, & à 4 pouces au-deflus du centre k 9 ce qui déterminera la largeur du bois de la bafcule. On marquera le point m for la bafcule, à 3 pieds de diftance du centre k , & on placera ce point m un peu au-deflus du milieu de la largeur de la bafcule , afin de laiiTer la plus grande force du bois en deflbus, & on tirera ta ligne m A. On tirera une autre ligne de m à c, qui eft le point de la queue du foufflet 011 fe trouve le tirage lorfque le foufflet eft élevé. Du centre A on tirera l’arc indéfini mp n , qui aura 3 pieds de rayon & qui paflera, par conféquent 5 fur le point m. On prendra la diftance de mà c , on la portera de b à n for l’arc m p n. On tirera la ligne A ju A 3 pouces au-deffbus de n, on tirera la ligne n t, qui pafle à un bon pouce au-deffous du centre A. On tirera une autre ligne à un pouce au-deflus du point n9 & qui aille aboutir au point s, à 2 pouces de t.
- On voit dans cette figure la fituation du foufflet avec celle de fe bafcule lorf* qu’il eft fermé. Les lettres a b repréfentent le deflus du foufflet fermé , & q ns 19 la fituation de fa bafcule. c & a, repréfentent le deflus du foufflet ouvert, Sc x m d, la fituation de fe bafcule. Il s’agit préfentement d’examiner fi le centre A de mouvement de la bafcule eft placé de façon que le foufflet étant près d’être fermé , ait le^même avantage pour attirer la bafcule , que lorfqu’il commence à l’entraîner étant entièrement ouvert; ce qui eft néceflaire, afin que le poids de la bafcule naffbibüfle pas plus le vent en une circonftance qu’en l’autre.
- 1013. Lorfque le foufflet eft entièrement ouvert, la direétion du tirage c m9 fait un angle aigu km c, avec la bafcule A m ; par conféquent il ne faut pas prendre tout le rayon kmy pour la longueur du levier ; mais feulement la partir A 2 qu’on trouvera ainfi. On mènera par le point c deux lignes cy & c la première cy perpendiculaire \ km9 & la fécondé c ^ perpendiculaire à c a : enfoite on divifera la ligne y £ en deux parties égales au point 2 , & A 2 fora la véritable longueur du levier. Pour voir fi le levier eft le même lorfque le foufflet eft pref
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- Planche
- 72,
- Se cl. I. Pofer la Soufflerie. 383
- que fermé, on prolongera la ligne du tirage b n jufqu’ à o ; de k on abaiflera une perpendiculaire b o \ on comparera cette perpendiculaire avec k 2 ; fi elle lui eft égale , ce fera une preuve que le centre du mouvement k fera bien placé, pour que le poids de celle-ci ne rende pas le vent inégal. Si le vent né toit pas égal dans ces deux fituations, on approchera ou on éloignera de la ligne à-plomb h b, le centre de mouvement k, qu’on pofera toujours for la ligne gf Si malgré l'égalité des leviers, le vent eft plus ou moins fort lorfque le foufflet eft entièrement levé , que lorfqu'il eft près d'être fermé , on hauffera ou l'on baiiTera le grand foliveau qui eft deftous le fond des foufflets.
- 1014. Toutes ces mefiires étant prifes & vérifiées, ainfi que je viens de le décrire , il fera aifé de placer comme il faut le grand treteau. On voit dans la fig. 8, la foufflerie repréfcntée en profil géométral, avec fon treteau. On y remarque la dilpofition des bafcules lorfque les foufflets font ouverts, & lorfqu'ils font fermés y le tout arrangé félon les principes expliqués dans les deux articles précédents. On arrêtera les pieds du grand treteau for le fol avec des pattes de fer, afin qu'il foit inébranlable. On l'appuyera entre les foufflets par un ou deux fop-ports ; c'eft pourquoi on donnera une diftance foffifante entre les deux foufflets où l'on voudra placer ces fopports, lefquels doivent avoir la même figure, & être compofés des mêmes pièces que les deux principaux, mais beaucoup plus minces pour ne pas occuper tant de place. Les foufflets étant en place, on arrêtera le bout de la table de deifous fur le gros foliveau. On collera de la peau autour des gofiers à leür partie fopérieure, car pour l'inférieure on a dû la coller dans l'at-telier. On la collera en 4 bandes dont on chanfreinera feulement les bouts. On y appliquera le linge chaud à l'ordinaire , & on recoupera à la réglé cette peau avant que la colle foit feche,
- ioiÿ. Afin que les bafcules ne foient pas fojettes à fe déranger par l'impéritie d'un Souffleur , on y mettra des conduites, comme eiles font repréfentées en S G G G y P Q I y fi’g. T y PL 48, avec les arrêts V & X. Voyez la Seélion 4 du Chapitre VI, pag. 120 & fiuiv. Si on ne met qu'un feul gofier à chaque foufflet, on pofera des fopports aux deux côtés de la tête de chaque foufflet, afin qu’ils tiennent bien ferme, fans faire le moindre mouvement quand ils jouent.
- 1016. On eft quelquefois fi fort à l'étroit pour placer une foufflerie, qu on eft obligé de mettre les foufflets les uns for les autres. On conftruira alors une forte charpente, fig. I, PL 75, affez folidement aftemblée pour être inébranlable. On —==—= difpofora tellement les foufflets que les bafoules B , D, C, fe trouvent toujours Planche en même ligne & à la même hauteur, pour être également à la portée du fouf-fleur. Le grand porte-vent E F G H, fera conduit de l'un à l'autre foufflet par le plus court chemin. Les bafcules, au lieu de lever les foufflets par deflus , les lèveront par deftous. A cet effet on ajuftera de fortes barres de fer d’un pouce en quarré, ou davantage s’il le faut, au gros bout des bafcules par leur extrémité inférieure , & aux queues des foufflets par leur extrémité fopérieure. Elles fe-0RGues. IL Part. E e e e e
- Planche
- 48.
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- Planche 7S.
- 384 FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. IX.
- ront applaties & percées à chaque bout pour être commodément emmanchées. On leur donnera une tournure convenable pour quelles faflent leur fonélion fans embarras. Comme il n eft pas poffible de pofer toutes les bafcules au milieu, & que par conféquent elles ne peuvent pas lever leurs foufflets refpeétifs en droiture par leur queue , on le fervira de la piece de fer à deux bras , fig. 2, pour tranfporter le mouvement. La bafcule C ,fig. 1, par exemple, portera à fon gros bout la tringle K , qui fera emmanchée par fbn bout fùpérieur au bras L ; fautre bras M fera accroché à une tringle M N, dont le bout fupérieur fera emmanché à la queue du fcuffiet. L’axe OP, fera folidement pofé dans d’autres pièces qu’on ajoutera à la charpente, & qu’on n’a pas repréfenté dans cette figure pour éviter la confufion. L’autre piece à deux bras R , fait la même fonction que la précédente. Elle tranfporte le mouvement de la bafcule B au troi-fieme foufflet. On apperçoit affez à l’infpeétion de la fig. I, comment les fouf-flets dégorgent leur vent par leurs deux gofiers dans le grand porte-vent F H, au moyen des bras E ,G ,V, du grand porte-vent. La partie F S eft fuppofée porter le vent au grand Sommier & celle V T au Pofitif. On remarque encore dans cette fig. les groflès traverfes qui portent chaque foufflet dans la pente qu’il doit avoir. Si le local ne permet pas d’arrêter bien fortement toute cette charpente par le haut, on y aflemblera des croix de faint-André par-tout où il en faudra pour la rendre inébranlable. On peut difpofer deux machines femblables pour placer fix foufflets, mais en telle maniéré, s’il fe peut, que le Souffleur fe place entre-deux, afin qu’il puifle lever les fix foufflets fans prefque changer de place. Du refte, ceci n’eft qu’une idée d’une machine propre à polèr des fcuf-flets les uns fur les autres. On peut faire beaucoup mieux en fe fervant de toutes les reflburces que la fituation d’un local peut fournir. Lorlque le tout fera confirait avec intelligence , une Soufflerie ira auffi-bien que fi elle étoit montée & arrangée à l’ordinaire.
- 1017. Si le local de la Soufflerie eft encore fi petit qu’on ne puifle fe fèrvir de bafcules pour faire jouer les foufflets, on aura recoursaux poulies avec un cordage. C’eft fans contredit la moins avantageufo de toutes les maniérés de faire jouer une Soufflerie. Voyez à ce fojet les art. 28 Sc fuiv.pag. 9 & fuiv. On fera en forte que toutes les cordes foient également à portée du Souffleur. Il faut remarquer que les cordes ordinaires faites avec du chanvre, fe roidiflènt beaucoup lorfque le temps eft humide. Cette raideur eft extrêmement préjudiciable au jeu de la machine, & il s’enfuivra que le vent fera plus fort lorfque le temps fora foc, que lorfqu’il fera humide. Le feul moyen que je connoifle pour parer à cet inconvénient, eft d’employer des cordes de foie qui ne foient pas d’une tifliire trop ferrée.
- 1018. On ne peut point déterminer par une réglé générale la quantité de poids dont il faut charger les foufflets. Cela dépend de plufieurs circonftances. Plus les foufflets font éloignés de l’Orgue, plus il faut les charger. Plus iis
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- Secl. IL Pofer le grand Sommier. 385
- font grands, de-même. Plus les tables font pelantes, moins il faut les charger. On peut mettre 80 livres ou environ fur des foufflets de 8 pieds. S'ils n’en ont que 6,70 livres fofliront. Cependant il ne faut pas tellement compter là deflus, que les differentes circonftances n'exigent quelquefois plus ou moins de poids. Si on charge trop les foufflets , on ufera bientôt une Soufflerie, 8c les Claviers deviendront plus durs. Si on ne les charge pas aflèz, l'Orgue fera plus lent à parler ,& on ne pourra point tirer un bon parti des Jeux d'Anche. Pour ne pas fe tromper for ce point, on fera bien d'appliquer l'anémometre for un porte-vent d'un autre Orgue que l'on faura aller bien ; on verra jufqu'à quel degré le vent fait monter la liqueur. Quand on chargera les nouveaux foufflets, on y mettra la quantité de poids convenable pour que la liqueur de l'anémo-metre monte au même degré, ce qu'on éprouvera en faifànt foufller féparément chaque foufflet, afin que l’un ne fouffle pas plus fort que l'autre.
- Section seconde.
- *»
- Pofer le grand Sommier ÔC enfuite les autres Sommiers.
- 1019. Tous les Sommiers doivent être pofés bien de niveau, & fi folidement quils ne puiffènt faire le moindre mouvement. Tous les ajuftages des Claviers, des Abrégés, de tous les mouvements, &c. auffi-bien que la confervation des Tuyaux 8c la durée de l’accord dépendent de la parfaite fiabilité des Sommiers. Pour pofer le principal, qu'on appelle le grand Sommier, on fera tenir de champ de fortes traverfes de 2 à 3 pouces d'épaiflèur , for 6 à 8 pouces de largeur, félon la grandeur du Sommier, aflemblées en queue d'aronde for des gouflets à bois debout de 15 à 18 pouces de hauteur, collés & cloués contre les principaux montants du devant & du derrière de l'intérieur du grand Buffet. Ces traverfes porteront de grofles feuillures dans lefquelles chaque partie du grand Sommier s'enchâflera. Si les principaux montants du Buffet ne fe rencontrent point aux endroits commodes pour pofer ces gouflets , on fera tenir à plat 8c de champ de fortes 8c larges traverfes d'un montant à l'autre, aflemblées à tenon 8c mortaife à chaque bout for deux gouflets , tels que je viens de les défigner. On mettra des traverfes ainfi attachées également for le derrière de l’intérieur du Buffet. On aflemblera en queue for ces traverfes celles for lefquelles on doit pofer le grand Sommier. Lorlque celles-ci feront pofées on mettra une grande réglé par-defliis , pour voir fi elles font toutes à la même hauteur , fi elles fe répondent bien 8c fi leur enfemble efl: dégauchi. Lorlqu'elles feront bien arrêtées, on y mettra le grand Sommier , qui eft ordinairement divifé en plufieurs parties ; mais on aura foin en même temps d'emmancher les morceaux du grand porte-Vent, pour communiquer le vent de l'une à l'autre partie. Ces morceaux de porte-vent doivent avoir à chaque bout une feuillure de 5 à 6 lignes en quarré. C’eft
- Planche 7$.
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-
- Planche
- 3;.
- 386 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie, CA<y. /X
- parla feuillure qu’ils entrent & fe fixent dans les ouvertures des bouts desLayes;
- 1020. Si les parties qui compofont le grand Sommier font aflez longues pour faire craindre qu’elles ne fléchiflent vers le milieu , on mettra par-deflous & derrière la Laye une planche de champ, foutenue fur une forte barre de fer,. bien affermie par les deux bouts for des fopports. Et afin que cette planche ne varie point, on y mettra quelques petits goujons de fer en-deflus & qui entrent dans une barre du Sommier. Le deflous de cette planche pourra auffi être arrêté par quelques clous qui traverferont la barre de fer, à laquelle on aura fait quelques trous. Si ces parties du grand Sommier fe trouvent fort grandes , & for-' tout fi elles doivent être chargées de Jeux fort pelants, comme Bombardes, &c. il convient de les appuyer encore mieux. On aflemblera à cet effet de fortes planches de champ, en queue d’aronde percée, aux deux extrémités des deux fopports des deux bouts du Sommier. Ces planches foutiendront très-bien les battants de derrière, au-deflbus delquels elles fo trouveront polees. On en aflemblera une autre à doubles tenons , mortaifes 8c entailles vers le milieu du deflous du Sommier, & contre les mêmes apports des côtés. Cette planche qui fera unie contre les barres, empêchera qu’elles ne fléchiflent vers leur milieu for leur champ. Quand chaque partie du grand Sommier fera ainfi appuyée par ces deux traverfes , elles fo maintiendront bien quoiqu’on les charge beaucoup.
- 1021. Il faut que la Laye fo préfente bien aux frifes extérieures du Buffet. On fera avancer le Sommier auffi près de la Montre qu’il fe pourra , & on ïarrêtera fur fes traverfes. On prendra garde qu’il porte bien dans le fond des feuillures, enforte qu’il foit inébranlable en tout fens. On collera une bande de peau en 4 pièces autour de chaque jointure entre les morceaux du porte-vent & la Laye du Sommier. On ne négligera rien pour que cette opération foit bien faite, afin qu’il ne s’échappe point de vent par-là. Ce foroit un travail très - difficile s’il falloir y revenir lorfque les autres machines foront pofées.
- 1022. On broffera tout le defliis des Sommiers pour en ôter la pouflïerè ou les autres ordures. On frottera bien légèrement avec un morceau de fovon foc tous les Regiftres delfos & deflous ; on les frottera avec un morceau d’étoffe de laine & on les mettra chacun en leur place. Si on ne leur a pas donné du Jeu auparavant, on le fera alors ; c’eft-à-dire , qu’on doit les diminuer un peu de largeur de chaque côté, afin qu’ils ne foient point du tout gênés dans leur mouvement. A mefore qu’on mettra les Regiftres en leur place on les garnira de leurs enfourchements 9jîg. 8, i? , PL 35.
- 1023. Chaque bout de l’enfourchement doit être bien jufte au Regiftre. On coupera l’enfourchement de longueur, s’il ne l’eft déjà : on y emmanchera les bouts des deux Regiftres correfpondants, qui doivent y être plus ou moins enfoncés, enforte que leurs reperes touchent tout à la fois leur cheville.Tandis qu’un Ouvrier tiendra deux Regiftres bien arrêtés contre leur reperes, un autre percera avec le vilebrequin un bout de l’enfourchement & le Regiftre enfomble, d’un
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- trou de 3 ou 4 lignes de grofTeur. On y mettra1 une cheville , qui doit y aller bien jufte. On regardera encore fi les deux Regiftres font bien arrêtés à leurs repères, & on percera fautre bout de renfourchement, dans le trou duquJ en mettra encore une cheville. Enluite on fera un autre trou à une petite diftance du premier, mais non pas en droite ligne, & on y mettra une autre cheville ; enforte qu’il y aura à chaque bout de fenfourchement, au moins deux chevilles. On en met ordinairement une en fer, faite en forme de cheville de violon, & l’autre en bois. On pofera de même les autres enfourchements 8c avec les mêmes précautions, afin que les 4 parties du même Regiftre, s’il y en a 4, frappent toutes à la fois leurs reperes 8c y appuyent bien également, cela eft eflèntiel. Les bouts des enfourchements ne doivent jamais toucher au Sommier, il faut au moins une ligne de diftance entre les deux.
- 1024. Tous les Regiftres étant en leur place & liés par leurs enfourchements, on mettra les chapes. Avant de les pofer on collera une bande de parchemin, ou feulement de papier tout le long & par-defïùs tous les faux-Regiftres. Cela empêchera que les chapes ne ferrent trop les Regiftres. U y en a qui fe contentent de coller de petits morceaux de parchemin , ou de papier de diftance en diftance , aux endroits feulement où Ton met les clous à chapes ; mais fort mal-à-propos , parce qu’il arrive que les chapes portant à faux , fléchifîent fous la charge des Tuyaux, & quelles ferrent trop les Regiftres. Enfin on pofera les çhapes qu’on clouera très-légérement. On ôtera la tringle rainée qu’on avoir at-. tachée au-deffous de la Laye pour en garantir les ofîers. On comprend bien , au refte, que fi le grand Sommier n’eft divifé qu’en deux parties, on doit le pofer de la même maniéré.
- 102j. On pofe ordinairement les deux Sommiers de Pédale au même niveau , ou à la même hauteur du grand Sommier ; ce qui eft plus commode pour la communication du vent, que l’on prend du grand Sommier, pour les Orgues médiocres 8c les petites , où il n’eft queftion d’aucune féparation des vents. Si on n’a pas affez de hauteur dans les endroits du grand Buffet, où l’on pôle les Sommiers de Pédale, pour placer les grands Tuyaux de Pédale , on pofera alors leurs Sommiers plus bas. On les difpofera de façon que les baftes des Jeux, ou les plus grandsTuyaux fe trouvent fur le derrière de l’Orgue & les plus petits Tuyaux vers la Montre. Cette difpofition eft la plus avantageufe & la plus commode ; attendu que les defiùs étant plus près de la Montre,fe feront mieux entendre.
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- D’ailleurs , quand on voudra manier un grand Tuyau, on trouvera bien plus d’ai-lance vers le derrière de l’Orgue.
- 1026. Pour pofer les Sommiers de Pédale, on fera tenir les bouts de deux fortes traverfes contre le devant & le derrière de l’intérieur du Buffet, de la même maniéré que nous l’avons décrit pour le grand Sommier, fur lefquelies & dans des feuillures faites au cifeau, on enchâflera ceux de Pédales, un à chaque extrémité de l’Orgue. Voyez PL 30 fur le plan, aux nombres 13 & 14 ; Orgues. IL Part. F f f f f
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- ou PL 32, fur le plan. On laiflera un efpace fiiffifant entre les bouts de ces Sommiers & le derrière du Buffet, pour placer & faire jouer les tournants do fer, qui doivent tirer & enfoncer les Regiftres. On arrêtera ces Sommiers fur leurs fupports par des pattes de fer. On ne met pas toujours ces Sommiers dans cette fituation. On les difpofe quelquefois enforte que leur bout regarde le grand Sommier. Cet arrangement n eft pas fi commode pour faire jouer les machines qui ont relation à ces Sommiers : cependant certaines circonftances peuvent déterminer à les difpofer de la fécondé maniéré. On ne mettra point encore les Regiftres ni les chapes.
- 1027. Si Ton doit placer un Sommier de Récit, on le mettra contre le derrière de la Montre. On attachera contre les montants de la tourelle du milieu deux fortes confoles, ou deux potences faites d’affemblage, fur lefquelles on po-fera ce Sommier, qu’on enchâffera dans des feuillures, & qu’ on arrêtera par des pattes de fer ou des clous. On le mettra bien de niveau en tout fens. On l’é-levera le plus haut qu on pourra ; mais pourtant enforte quon puiffe aifément y atteindre, afin d’avoir la facilité d’en accorder les Jeux. On ne pofera point encore les Regiftres ni les chapes.
- 1028. On pofera de même les deux pièces gravées du grand Cornet le plus vis-à-vis, ou le plus à plomb qu’il fera poffible, des trous du grand Sommier qui leur doivent fournir le vent. On les mettra à une telle hauteur que les plus grands Tuyaux qu’on doit pofer deflous, puiflent s’y placer commodément, fe retirer de même, & s’accorder {ans qu’on touche à ces pièces gravées. Si l’on ne pofoit pas afTez haut les pièces gravées, on feroit obligé de couder plufieurs de ces Tuyaux, ce qui feroit un inconvénient, vu qu’on auroit de la peine à les faire bien parler. On évitera toujours autant que les circonftances le permettront de couder des Tuyaux à bouche & ouverts.
- 1029. On placera le Sommier de l’Echo fur des traverfès pofees de champ du devant du Buffet en arriéré comme les autres. On le mettra aufli bas qu’il fe pourra , pour ne pas couvrir le grand Abrégé dont on l’éloignera fuffîfàmment, pour avoir la facilité de l’entretenir avec aifànce. Sa place la plus commode fera toujours immédiatement au-deflus de la fenêtre du Clavier , c’eft-à-dire, qu’il convient que le deflits des groffes traverfes qui le portent , foient à-peu-près au même niveau du deflous de la traverfe du haut de la fenêtre du Clavier. On ne pofera point le Sommier de l’Echo qu’on n’ait mis le grand Abrégé en place, qu’on ne l’ait fait jouer & qu’il ne fbit entièrement fini ; parce que le Sommier d’Echo embarraiîèroit beaucoup s’il étoit pofé.
- 1030. On peut pofer le Sommier du Pofitif de deux maniérés ; ou fiir des traverfes attachées au-deflous du Sommier, comme on le voit en HIH, fig. 2, PL 38 , lefquelles fou tiennent le Sommier fur le fol, à l’élévation d’environ 4 pouces ; ou bien fur un chaffis d’affemblage, qui confifte en un battant à chaque bout, dont la longueur fera égale à toute la largeur du Sommier. Ces deux
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- battants feront affemblés aux bouts de deux traverfes, l’un derrière le defîous de fextrêmité du Sommier, & l’autre fur ledevant, à un pouce du derrière de» bourfettes. Il y aura une autre traverfe femblable vers le milieu du chaffis , dif-pofée félon la longueur du Sommier dans un fons contraire aux barres. On mettra deux clefs fur chaque traverfe des bouts du chaffis , qui entreront dans des mortaifes faites dans le chaffis du Sommier. Cette fécondé maniéré de pofer le Sommier du Pofitif paroît préférable à l’autre , parce qu’elle ferme abfolument toute iflue aux rats, qui fans cette précaution rongent bien fouvent la peau ou le parchemin collé au-deflous du Sommier.
- 1031. On pofera ce Sommier bien au milieu du Buffet du Pofitif, & tellement fur le derrière, c eft-à-dire, vers les Claviers, que la rangée des trous , qui eft la plus près de la Laye fe trouve à deux , ou encore mieux à trois pouces des portes du derrière du Buffet lorfqu’elles font fermées. Quand le dernier Jeu fe trouve trop près de ces portes , il n eft plus d’accord lorfqu’elles font fer-mées ; parce qu’elles en offufquent les Tuyaux. Si le Sommier du Pofitif eft en 2 ou 3 parties, on fera le chaffis en conféquence, de forte qu’il tienne tout enfemble & que chacune des deux ou trois parties du Sommier trouve fa place particulière fur le chaffis. Il fora plus commode de mettre les enfourchements pour lier les Regiftres , dans l’Attelier ; ce qui s’exécutera avec toutes les précautions que j’ai décrites pour le grand Sommier, art. 1022 & fuiv.pag. 386» Du refte, on y mettra les Regiftres & les chapes dont on enfoncera légèrement les clous.
- Section Troisième;
- Faire la diftrihution du vent de la Soufflerie aux Layes
- des Sommiers.
- 1032. Pour faire la diftribution du vent dans un Orgue ordinaire, où l’on ne doit faire aucune féparation des vents, on emmanchera le premier porte-vent dans celui qui fora au-deflous des foufflets, foit au-milieu, foit vers un bout, foit enfin bout-à-bout, félon la dilpofition du local. Le bout de ce premier porte-vent doit être fait en feuillure jufqu’à moitié bois aux quatre côtés, afin qu’il entre dans l’ouverture de l’autre porte-vent, & qu’il affleure en-dedans. L’autre bout fera affemblé de la même maniéré dans la boîte du Tremblant-doux. Il arrive affez fouvent que pour aller jufques-là , il eft néceflàire de faire plufieurs détours, mais on les fera toujours par le plus court chemin autant que les cir-conftances pourront le permettre. On évitera, autant qu’il fera poffible, de faire des coudes à l’équerre, comme je l’ai dit ailleurs. Les affemblages qui fe feront pour joindre plufieurs pièces de porte-vent, feront en rainure & en languette rapportée. Voyez la fig. y , de la Pl. 61. Après qu’on aura fait la coupe & qu’on l’aura bien ajuftée, on fera une rainure affez profonde aux deux côtés a b 8c
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- ï d du bout du porte-vent : on en fera autant aux deux côtés gf9 8c h k, du bout de fautre morceau qu on doit y joindre, & on rapportera les languettes a I8cci, qu'on collera d’un tôté feulement. Ces languettes pour être fortes, feront faites a bois de bout. On affemblera le tout fins pourtant le coller, afin que dans la fuite on puiffe le démonter dans le befoin. Le premier porte-vent fera prolongé, comme je fai dit, jufqu'à la boîte du Tremblant-doux , qu'on place ordinairement à l'endroit où tombe à plomb l'ouverture de la Laye du grand Sommier. Mais pour fùivre le principe de porter le vent au Sommier par * le chemin le plus court, on fera mieux de pofer ladite boîte G, Jtg. 4, PL 74, fur le derrière de l'intérieur du Buffet, & de placer le porte-vent en droiture de la boîte au Sommier, comme on le voit par la figure. La ligne A B repréfente une petite portion du derrière du Buffet: B C, fera la boîte du Trern-bîant-doux ; CD le fécond porte-vent ; E F, le grand Sommier. On peut remarquer qu'en prolongeant le porte-vent B , jufqu'à la boîte G du Tremblant-doux, 8c polànt par-deflhs verticalement le fécond porte-vent G D, le chemin eft plus long qu'en les faifimt aller en droiture de C à D ; outre qu'on ne tombe point dans l'inconvénient d'avoir un plus long chemin à faire, on écrite encore par-là l'équerre B G D. On juppofe dans tout ceci que le local de la Soufflerie fera fitué derrière l'Orgue. Si la difpofition de la Soufflerie eft autrement, on fera venir les porte-vents luivant le local, en mettant toujours en pratique les principes ci-defîîis énoncés. *
- 1033. Pour porter le vent au Sommier du Récit, on le fera venir d'un des porte-vents intermédiaires qui tranfînettent le vent d'une partie du grand Sommier à l'autre partie. On en choifira l'endroit le plus près du Sommier de Récit. On percera fur le côté vers la Montre, le porte-vent intermédiaire, & non par-deffus parce qu'il doit être couvert par les enfourchements ; & on y mettra en feuillure le petit porte-vent du Récit, qui fera coudé en cet endroit. On emmanchera egalement l'autre bout en feuillure dans l'ouverture qu'on aura faite exprès au-deilous ou derrière la Laye du Sommier de Récit.
- 1034. Pour porter le vent à l’Echo, il y a une efpece de boîte à faire. On conftruira d'abord le porte-vent d'environ deux pouces & demi en quarré en dedans. On prendra le vent du grand porte-vent qui fe trouvera paffer le plus près du Sommier de l'Echo. On conftruira fiir ce porte-vent de l'Echo, une boîte, comme fi on vouloit y faire un Tremblant-doux ; elle fera d'une grandeur telle qu'on puifie y loger unchafîîs, dont l'intérieur foît auflî grand que le porte-vent. Le bois de ce chaffis pourra avoir 6 à 7 lignes de large. On lui donnera fort-peu de pente, & on le difpofera à rebours de celui du Tremblant-doux, c'eft-à-dire, que fà foupape étant abattue , le vent tende à la faire mieux fermer. On fe fervira d'un fer en façon de faux, pour gouverner cette foupape. On placera cette boîte tout près du Sommier de l'Echo. Lorfqu'on voudra y donner le vent pour jouer fur l'Echo , on tirera un tirant, qui, au moyen d’une machine,
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- fera lever la foupape, & le vent fe trouvera dans la Laye du Sommier de TEcho. Lorfqu’on voudra le fermer , on laiffera tomber la foupape en pouftànt le tirant qui y fera relatif. Je fuppofe en tout ceci que l'Echo ne fera compofé que d’un feul Jeu ; mais s’il y en a deux ou davantage, comme quelques grands Orga-niftes le demandent, cette boîte n’aura pas lieu, parce qu’on fera obligé de conf* truire le Sommier avec des Regiftres & des chapes à l’ordinaire, comme on fait à lin Sommier de Pofitif. Les bouts des Layes des Sommiers de Pédale du côté de la Montre feront percés pour recevoir le porte-vent, qui viendra du bout de la Laye du grand Sommier. Ces petits porte-vents porteront une feuillure à chaque bout.
- 103 £. Le porte-vent du Pofitif fera conduit de la boîte du Tremblant-doüx à fon Sommier en droiture. On Temmanchera au bout de la Laye D B, fig. 1, PL jj, par un coude méplat a gfD, lequel fera alîemblé par-deftus celui g k l m, qui viendra du Tremblant-doux. Ce coude a gfD , doit être auffi long que le local pourra le permettre, afin qu’il y ait un elpace {uffifimt par-deffous pour faire paffer les mouvements du tirage des Regiftres. J’ai dit que ce coude doit être méplat , parce que s’il étoit quarré, comme je fuppofe que l’eft le porte-vent gklm9 on ne pourroit point l’emmancher au bout de la Laye du Sommier qui ne feroit pas affez haute pour cela.
- 103^. Tous les porte-vents étant en place fans y être collés, mais y tenant bien par leurs feuillures, leurs languettes , &c. & étant bien ajuftés, on étanchera le vent en collant une bande de peau fur toutes les jointures des affem-blages, & on la recoupera à la réglé dans toutes les parties qui pourront être vifibles. On fera cette opération avec beaucoup de foin 8c d'attention, afin que le vent ne puiffe s'échapper par aucun endroit, & qu’il ne faille pas y revenir. On y appliquera le linge chaud, &c.
- 1037. On pofera le Tremblant-fort fur le fécond porte-vent, à l’endroit le plus commode pour le faire jouer & pour l’arrêter. Il y a des Faéteurs qui font une ouverture au porte-vent à côté du Tremblant, avec une fermeture fembla-ble & qui s’arrête de même que les tampons des Layes des Sommiers. Leur rai-fon eft que fi le Tremblant fe dérange, on peut le raccommoder par cette ouverture , fans être obligé de l’ôter de fà place. Cette ouverture doit être aflèz grande pour pouvoir y pafler les mains commodément.
- 1038. S'il faut féparer les vents, on arrangera également la Soufflerie comme ci-deftus ; mais le grand porte-vent, qui fera par-deflous les foufflets, fera de plufieurs pièces. Il y aura autant de pièces féparées qu’il y aura de féparations des vents. Si, par exemple, trois foufflets doivent fournir leur vent à quelque Laye particulière d’un Sommier, le porte-vent qui feradeflous ces 3 foufflets, ne contiendra précifément que les gofiers néceflàires à ces trois foufflets, 8c rien au-delà. Si quatre foufflets doivent fournir leur vent à une autre partie particulière de l’Orgue, le porte-vent qui fera deiTous n’aura que la longueur convena-
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- ble pour porter les gofiers néceflaires à ces 4 {bufflets, 8c rien au-delà ; parce qu’il ne faut pas laiiTer des vuides inutiles , qui augmenteroient mal-à-propos les fiirfaces, les pores, &c.
- 1039. Pour porter le vent au feul grand Sommier', on emmanchera le premier porte-vent avec celui qui porte les {bufflets à ce deftinés. Il fera aflemblé par l’autre bout dans la boîte du Tremblant-doux, & de là dans la Laye du grand Sommier. Pour porter le vent aux Pédales & au Pofitif, on emmanchera le premier porte-vent propre à cela, à celui qui fera deflbus les {bufflets à ce deftinés, 8c on l’affemblera par l’autre bout dans une autre boîte de Tremblant-doux : de là on mènera le vent au Pofitif, & par un autre porte-vent également emmanché dans la même boîte , on le portera aux deux Sommiers de Pédale. Il faut autant de Tremblants-doux & de Tremblants-forts qu’il y a de fépara-tions des vents. Dans l’exemple que je propofe ici, il n’y a que deux féparations des vents ; ainfi il ne faut que deux Tremblants-doux & deux Tremblants-forts. S’il y avoit trois ou quatre féparations des vents, comme dans un très-grand Orgue, il faudrbit trois ou quatre Tremblants-doux , & trois ou quatre Tremblants forts. Quand je dis qu’il faut autant de Tremblants-doux & de Tremblants-forts , qu’il y a de féparations de vents , on doit entendre qu’il faut autant de Tremblants, qu’il y a de morceaux féparés du grand porte-vent deflbus les foufflets. Si, par exemple, on emmanchoit féparément le porte-vent du Pofitif, 8c celui des Pédales ( qui font deux porte-vents entiers) au même porte-vent du deflbus des {bufflets, deftinés à fournir le vent à ces deux parties de l’Orgue , il ne faudroit point mettre les deux Tremblants à chaque porte-vent ; il luffiroit de les appliquer lèulement à l’un ou à l’autre de ces deux porte-vents ; parce qu’étant emmanchés tous les deux au même porte-vent de deflbus les {bufflets, ceux-ci en feraient également affeétés , 8c par conféquent tout le vent qu’ils donneroient aux deux porte-vents.
- Section Quatrième.
- Pofer les Claviers ôC les Abrégés.
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- 1040. Pour pofer les Claviers il faut d’abord faire un chaflîs pour les porter. U eft compofé de trois barres d’environ 15 à 18 lignes en quarré. Voyez la fig. y , PL 72. Les deux côtés a A 8c b B , portent deux mortaifes chacun, pour recevoir les 4 tenons qui paflent au deflbus du premier Clavier. Les bouts antérieurs de ces deux bras font terminés en queue d’aronde. Le battant C D, porte deux mortaifes pour recevoir les tenons des deux pieds CE 8c D F, qui vont verticalement jufqu’à terre. Pour mettre ce chafïïs en place, on fera deux entailles A & B, fiir la traverfe H G du bas de la fenêtre du Clavier , pour recevoir bien jufte les deux queues d’aronde A 8c B, enforte qu’elles affleurent
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- avec le deflus de cette traverfe. Ce chaffis étant pofé , fera arrêté par un clou fur chaque queue d’aronde : {es pieds C E & D F porteront à terre, où on les arrêtera par des pattes de fer. Cé chaffis doit être bien de niveau en tout fens, bien uni & bien dégauchi.
- 1041. On prendra fi bien fes mefiires que les Claviers étant en place, SC leurs tenons dans les mortaifes des côtés du chaffis, le tirage ou les demoifelles du fécond Clavier fe trouvent à plomb des ofiers du grand Sommier y tant que faire fe pourra. On eft quelquefois obligé de s’éloigner tant loit peu de cet à plomb à caufe du Clavier du Pofitif, mais il ne faut pas que ce défaut d’à plomb {oit confidérable. On chevillera les quatre tenons du deilous des Claviers , qui traverferont les quatre mortaifes Ay a yB yb\ mais ces chevilles ne doivent pas être frappées ; il fuffira de les mettre allez fortement à la main. On n’en coupera point l’excédent, ni en dedans ni en dehors , afin de'"pouvoir les ôter aifément dans le befoin.
- 1042. Pour pofer le grand Abrégé, Ü convient d’y obferver l’a plomb entre les bouts des fers d’Abrégé & les ofiers, quoique les Claviers 11e fe trouvaf* fent peut-être pas bien d’à plomb. S’il y avoit du défaut dans cet à plomb de l’Abrégé , il s’enfiiivroit néceflâirement que les ofiers frotteroient contre les côtés de leurs trous, & d’autant plus fort que le défaut de l’à plomb fèroit plus confidérable. On ne viendroit jamais à bout de rendre le Clavier vif & délicat. Si l’épaiffeur des principaux montants dans l’intérieur du devant du Buffet, empê-choit par leur trop grande faillie , de placer l’Abrégé dans {bn véritable à plomb, il faudroit entailler les pièces de la table d’Abrégé dans lefdits montants ; s’ils ne font pas allez épais , enforte que l’Abrégé le trouve trop reculé , on clouera des planches de bois fur ces montants , afin d’y faire porter l’Abrégé comme j’ai ditr. On fera enforte que les rouleaux foient bien de niveau. Sans cela ils fe jetteroient vers le bout, où feroit la pente , & cauferoient des frottements proportionnés à leur pente & à leur pefimteur, Enfin lorfqu’on aura trouvé la vraie place de l’Abrégé, on i’arrêtera par des clous qu’on mettra à tous les endroits convenables. On pofera tous les rouleaux qu’on rendra parfaitement libres, comme je l’ai dit ailleurs.
- 1043. Il s’agit de garnir l’Abrégé de toutes les vergettes. A cet effet, on garnira un bout d’un nombre de vergettes en fil de laiton recuit, comme on le voit dans toute là grandeur en la fig. y, PL 44. On fera un trou à 6 lignes ou environ, du bout de la vergette. Pour ne pas rilquer de la fendre , on fe fervira d’une pointe emmanchée , dont le bout fera applati & aiguifé en demi-rond tranchant. On appliquera cette pointe fur le bois, enforte que la plus large face regarde la longueur de la vergette. On tournera & retournera cette pointe d’un quart de tour tout au plus , en la forçant lùr le bois ; elle traverfera dans l’inf* tant. Si on faifoit le trou en tenant la pointe de façon que fon épaifleur regardât la longueur de la vergette, on la fendroit infailliblement, & il faudroit
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- 394 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie, Chap. IX.
- couper & rejetter toute la partie fendue, Le trou étant fait, on y enfilera un morceau de fil de laiton récuit, le plus gros quon pourra le manier fans rif-quer de fendre ou de cafler la vergette; & après l’avoir plié en deux fur les deux larges faces de la vergette, & l’y avoir fait bien appliquer avec la pincette , on tiendra fortement cette partie avec les doigts , tandis qu’avec la pin-cette , on tordra le fil de laiton de la longueur d’environ 4 à 5 lignes. On coupera bien ras le bout le plus court fiiperflu, 8c on laiifera fubfifter le bout le plus long, qui pourra avoir environ 15 lignes de longueur. On obfervera, lorfque l’on tordra le fil de laiton, de tenir avec les deux doigts de la main gauche , les deux brins de fil de laiton qui font appliqués contre les deux faces de la vergette, en faifànt effort contre l’aélion de la pincette ; car fi l’on tenoit feulement la vergette contre cet effort, on la fendroit. La pratique fera encore mieux entendre ce que je veux dire,
- 1044. Lorfqu’on aura ainfî garni un bout d’un nombre fiiffifànt de ver-gettes, on les accrochera ( fans fermer entièrement les crochets ) à tous les ofiers. O11 tiendra l’un après l’autre chaque fer d’Abrégé horifontalement, pour prendre la mefiire de chaque vergette refpeélive , & on la coupera avec la ci-faille, chacune à la longueur quelle doit avoir ; mais on la coupera plus courte de toute la garniture de fil de laiton. On aura cette mefiire fur un compas. On ôtera une de ces vergettes ainfi coupée de longueur. On garnira le bout nouvellement coupé & on la remettra dans fà place, accrochant à demeure l’ofier & le fer d’Abrégé correfpondant. On fermera alors les crochets. On en prendra une autre, on y fera les mêmes opérations & ainfi de toutes les autres. Si Ton ne rifque pas de mêler les vergettes , on peut en prendre plufieurs en-femble , les garnir & les remettre en place. Si l’Abrégé eft en deux parties, après qu on aura mis les premières vergettes, comme je viens de le dire, on en garnira d’autres d’un bout feulement, & on les accrochera aux fers des rouleaux qui correfpondent à d’autres rouleaux ; & après avoir pris la mefiire de la longueur de chacune, comme j’ai dit ci-defîùs , on les garnira & on les remettra en place , fermant les crochets. Alors tous les fers d’Abrégé feront dans la fitua-tion horifontale. On remarquera que toutes les vergettes d’un Abrégé, fans en excepter aucune, doivent être mifes de champ, c’eft-à-dire , que les faces larges doivent fe regarder mutuellement. Lorfqu’il faudra faire autrement, j’en avertirai.
- 1045. On garnira encore par un bout d’autres vergettes, t qu’on accrochera aux fers d’Abrégé , qui répondent aux touches. On les préfentera aux demoi-felles correfpondantes , & les ayant prifes un peu plus courtes que la mefiire de leur garniture , parce qu’il faudra relever les touches, on les coupera, on les garnira, on les remettra en place & on les accrochera aux fers d’Abrégé ; on fermera les crochets , & avec la pincette à bec , on maniera la garniture inférieure pour relever les touches du Clavier à la hauteur qu’elles doivent avoir.
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- Toutes les vergettes étant pofées, on égalifèra le Clavier de hauteur, c eft-à-dire qu'au moyen de la pince à bec, on mettra toutes les touches du Clavier à une hauteur égale. On l'égalifera encore de force, pour quune touche ne foit pas plus dure à baiffer que l'autre ; c'eft pourquoi on retouchera aux reflbrts des foupapes : on bandera davantage ceux qui ne feront pas aiïez. bandés , & on débandera ceux qui le feront trop. Aurefteon ne fera qu'ébaucher ces opérations, attendu qu'on ne peut entièrement les finir que quand un jeu parlera.
- 1046. Si l'on eft obligé d'ajouter quelque vergette , on l'ajoutera en peigne 1 cela veut dire , qu'on amincira d'un peu loin, comme d'un pouce & demi ou de deux pouces , le bout de la vergette, & on le fera venir en tranchant à fon extrémité. On en fera autant à l'autre vergette qu'on doit y ajouter. On collera ces deux bouts l'un fur l'autre, & on liera fortement le tout avec du fil, qu'on ôtera quand la colle fera feche.
- 1047. On pofera l’Abrégé du Récit au moyen des gouflets, ou confoles ou arcboutants. On fera en forte qu'il tienne ferme , 8c que les bouts de fes fers étant mis horifontalement, fet trouvent bien à plomb avec les ofiers. Après avoir garni de vergettes les ofiers avec leurs fers correfpondants, on accrochera de longues vergettes aux autres fers relatifs aux touches ; on les coupera de mefii-re , on garnira les bouts inférieurs & on les mettra en place. Comme ces vergettes doivent être quelquefois fort longues, on efl: fouvent obligé de les ajouter; ce que l'on fera en peigne , comme je l'ai dit à l'art, précédent.
- 1048. Il arrive fouvent que l'Abrégé du Récit fe trouve affez éloigné -de l'a plomb de fon Clavier refpeétif ; il convient alors de faire ufàge de quelqu’un des expédients fuivants. On a la reflource d'un Abrégé tirant & foulant, comme j'en ai repréfènté un en profil avec un feul rouleau , fîg. 4, PL 76. a , efl une vergette qui efl accrochée à fon ofier par fon bout fupérieur, & au fer du rouleau b, par fon bout inférieur. L’autre fer J, du même rouleau paflè au travers de la table O f de l’Abrégé. Le pilote d g9 y efl enfilé par fon bout fupérieur, & fur la bafcule g h par fon bout inférieur. Cette bafcule efl appuyée deffous fon milieu fur le chevalet k. La vergette h i , efl accrochée à l'autre bout de la bafcule g h , & defcend jufqu'au Clavier. La bafcule peut être pofée dans un autre fens l m , félon qu'il paroîtra plus commode , eu égard à la difpofition du local. On peut faire la bafcule g h, ou / m, de la longueur convenable , félon que l'exigera l'à plomb du Clavier. Il y a une autre difpofition de la même machine ; la fig. 5 , la repréfente, a b, efl une bafcule appuyée par fon milieu fur le chevalet c. Il y a une vergette b d, à un bout de cette bafcule, elle defcend jufqu'au Clavier. afy efl un pilote enfilé par le bas à l'autre bout de la bafcule a b , 8c par le haut à une autre bafcule f g 9 foutenue au milieu du deflus par le chevalet h. La vergette g i, efl accrochée par fon bout fupérieur à l'ofier , & par fon bout inférieur à l'autre bout de la bafcule f g. On peut •donner à ces bafcules la longueur que l'on jugera convenable pour trouver
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- Tà plomb du Clavier ; mais on obfervera toujours tant pour la fig. 4, que pour la fig. 5 , de pofer les chevalets au milieu des bafcules.
- 1049. A l’égard de T Abrégé du Pofitif, on doit le pofer enfemble avec celui des Pédales ; mais il faut auparavant pofer le petit Abrégé particulier, qui fe met immédiatement au-deflbus de chaque Sommier de Pédale, comme on le
- ' voit PL 50, en 68 à droite, & en 69 à gauche. Il faut remarquer i°. que quoiqu’on ait mis dans cette Planche 50, les plus longs rouleaux au bas de l’Abrégé & les plus petits au-delîiis , il eft mieux & plus commode de faire le contraire, c’eft-à~dire , de placer les plus longs rouleaux au haut de l’Abrégé * & les petits au-delfous. On remarquera 2°. que les fers d’Abrégé qu’on fiche à un bout des rouleaux, vers 66 ou 6$ , ne doivent pas être fur la même ligne ; mais alternativement fur deux rangs , à 7 à 8 lignes l’un de l’autre , pour éviter que les vergettes ne s’embarraflent les unes contre les autres. 30. Enfin, comme les vergettes 64 , 66 , ou 63 , 6ÿ , tirent obliquement, il eft néceflaire de ficher les fers d’Abrégé 66 ou 6$ , de forte qu’ils faffent un angle droit avec le tirage, ou avec les vergettes qui doivent s’y accrocher ; ainfi il faut que ces fers regardent obliquement en haut , & ne foient point pofés ho-rifontalement. Voyez la Seétion Ve. du Chapitre I. pag. 7, où il s’agit de la direction des forces. Il eft elfentiel de bien concevoir tout ce qui y eft expliqué.
- 1050. Avant d’aller plus loin, il eft bon de faire obfèrver , comme je l’ai promis art, 367 , pag. 114, qu’il y a deux maniérés de compofer le tirage , pour faire la communication du Clavier de Pédale aux foupapes du Sommier de Pédale. L’une fe fait par des rouleaux d’Abrégé & l’autre par des vergettes. Selon la première maniéré , on conftruit un Abrégé en forme , compofe de rouleaux& de vergettes. Comme il y a ordinairement loin du Clavier de Pédale à fon Sommier , il eft néceiîàire que ces rouleaux foient fort longs ; on eft par conféquent obligé de les conftruire en deux brifures au moins, & de les faire gros à proportion. Plus ils feront gros, plus leur mouvement fera lent. Si on ne les fait pas allez gros, ils fe tordront, & par là une partie de leur mouvement fera perdu. Tout ceci doit s’entendre des grandes Orgues, où il y a un éloignement fort confidérable du Clavier de Pédale aux Sommiers de Pédale. Cette diftance va quelquefois jufqu’à 15, 18, ou 20 pieds. Dans ce dernier cas il faudroit trois brifures. Un Abrégé ainfi conftruit, eft 3 ou 4 fois plus coûteux & ne va jamais fi bien.
- iOj,i. Selon la fécondé maniéré, on conftruit ce tirage tout entier avec des vergettes & des équerres. Les vergettes ne dépenfent pas beaucoup de bois, & on les fait avec, alfez de diligence. Le bois ne s’allonge ni ne fe raccourcit pas, du moins fenfiblement, pris dans le fens de la longueur de fes fibres ; c’eft pourquoi on le préféré au fil de fer ou de laiton pour les tirages de tous les Abrégés. Les vergettes étant fort légères ne forment aucun obftacle à h
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- Secl. IV.Pofer les échelles de VAbrégé de Pédale. 397
- yîtefle du mouvement. Ce tirage tient moins de place, eft plus folide & ne coûte pas à beaucoup près autant que celui à rouleaux. Il eft propre à porter le mouvement auftî loin que Ton voudra, fans qu’on foit obligé d’y faire aucune brifure ; cependant pour les petites Orgues , le tirage à rouleaux fera fort bon , mais il fera toujours beaucoup plus difpendieux que l’autre. Je ne parlerai point de la maniéré de conftruire le tirage à rouleaux ; on le concevra aifément, par tout ce que j’ai dit en expliquant la conftruétion du grand Abrégé. Reprenons la fuite de l’art. 1049.
- 10ÿ2. On placera une fimple échelle, 62 , 64 & 63,60, PL 50 , auffi ! haut que l’on pourra, & on fera en forte que les vergettes qui y feront accrochées , puiflent tomber à plomb for l’autre échelle fimple, 58,61 adroite, & 59 9 57 à gauche, qu’on doit pofer en bas ; mais il faut bien examiner la pente qu’on pourra lui donner, pour quelle foit dans la fituation la plus avantageufe. Si on lui en donne trop, ou fi on lui donne une fituation plus approchante d’une ligne verticale, le bras vertical des échelles n’aura pas aflez de mouvement ; il touchera à l’équerre fopérieure. Si on ne lui donne pas aflez de pente, le bras horifontal touchera à l’équerre fopérieure , & il n’aura pas non plus aflez de mouvement. On prendra donc un jufte milieu pour avoir le plus de mouvement qu’il fe pourra. Il faut que lorfqu’on baiflera une touche du Clavier de Pédale, fon mouvement puifle fe faire en entier, fans qu’aucun bras d’équerre touche à l’équerre foivante ; & lorfque la touche eft relevée, il ne faut pas qu’aucun bras d’équerre touche à rien , qu’il y ait même un peu de mouvement de refte, foit qu’on baifle la touche, foit que la foupape foit fermée. Lorfqu’on aura trouvé la fituation d’une échelle fimple , on en prendra la pente au moyen de la fauter elle 8c d’un perpendicule ou fil aplomb.
- 105*3. On placera avec la même attention les échelles fimples d’en bas, y 8,61 8c $9,57, en forte quelles foient bien à plomb , comme je l’ai dit des échelles fupérieures ; ce qu’on vérifiera en mettant un perpendicule au bout du bras horifontal d’une équerre fopérieure, lequel plomb doit tomber for le bout du bras horifontal de l’équerre correfpondante , pofée dans l’échelle inférieure. Outre cela il faut encore mettre cette échelle inférieure au même niveau de l’équerre double, dont nous allons parler : & après s’être afluré qu’on lui aura donné la pente convenable , on l’arrêtera. On trouvera la conftruélion de toutes ces échelles fimples dans la fig. J, PL 44 , où il faut remarquer que les unes doivent être faites à droite, & les autres à gauche.
- 1054. On voit l’arrangement de la double échelle dans la fig. 3, PL 44. Voy ez les art. 368 & foiv. pag* 115 & foiv. On pofera la double échelle au milieu du deffous de la fenêtre du clavier , reculée ou enfoncée en dedans du Buffet, en forte que les vergettes horifontales puiflent pafler fans toucher le» principaux montants du Buffet : J à 6 lignes d’efpace foffiront. On dilpofera tellement les équerres de la double échelle, que les bras relatifs aux touches du
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- clavier de Pédale , {oient placés fur le bout du bois de l’équerre le plus avancé vers le Clavier de Pédale ; & les bras relatifs aux vergettes horifontales les plus en-dedans du Buffet : on en verra bientôt la raifon. On fera la même attention pour la pente de cette double échelle que pour les échelles fimples : on y aura égard quand on la conftruira ; parce qu’il faut obferver la diftance d’une marche à l’autre, afin que celles-ci tirent à plomb toutes les équerres. Toutes les mefures étant bien prifes , on arrêtera cette double échelle , foit fur deux petits montants qu’on attachera exprès , foit fur les montants du Buffet.
- 105y. S’il y a un Abrégé confidérable pour faire jouer le Pofitif, il fera confirait fur une Table par-deflus la face qui regardera l’intérieur du Buffet. Alors on conftruira la double échelle immédiatement fur l’autre face de la meme table d’Abrégé. On retranchera dans ce cas la planche du fond de la double échelle, en forte qu’il n’en reftera qu’une pour enfiler les pivots du bout antérieur des équerres , & les pivots de l’autre bout rouleront immédiatement dans des petits trous faits à la table d’Abrégé. Par-là, on ménagera de la place pour reculer le moins qu’il fe pourra l’Abrégé du Pofitif, afin que fon foulage fè trouve à l’endroit du defîous de fon Clavier , on l’on a réfolu de le placer.
- ioy6. Tous les Faéteurs ne difpofent pas ainfi cette partie de la Méchanique de l’Orgue. Il y en a qui pofent l’Abrégé du Pofitif fur le devant, c’eft-à-dire , le plus près du Clavier de Pédale , & l’Abrégé de Pédale de l’autre côté de la Table. Il arrive de-là qu’il faut que les marches du Clavier de Pédale paffent au travers des pilotes du Pofitif pour aller chercher leur Abrégé derrière la Table : cette difpofition eft fujette à de grands inconvénients ; car quelque mefu-re qu’on prenne , (quand même on rapporteroit aux bouts des marches des tringles de fer mince) , ces marches touchent très-fou vent quelques pilotes, & caufènt des arrêts aux touches du Clavier du Pofitif. D’ailleurs l’entretien de toute cette Méchanique devient difficile, on ne peut y travailler, pour ainfi direqu’à tâtons. Il y en a qui font encore plus mal ; ils mettent du même côté en devant les pilotes du Clavier du Pofitif, & l’Abrégé des Pédales. C’eft alors une con-fufion de pièces, c’eft une forêt où tout fe touche , fe froiflè ; il n’y a rien de fi difficile que d’entretenir cette Méchanique, qui fe dérange fouvent. La meilleure maniéré eft donc de féparer le tout, & de mettre la Méchanique des Pédales au devant, & celle du Pofitif derrière. Voyez en y y & y 5, PL yo, la double échelle ainfi difpofée, & en 42 les pilotes du Clavier du Pofitif. Par cet arrangement une Méchanique n’a aucune communication avec l’autre, & le tout eft d’un entretien très-facile ; mais, comme je l’ai déjà dit, il faut ménager la place de toutes ces pièces pour les loger à propos. Le but principal eft de prendre fi bien fes mefures que les pilotes du Clavier du Pofitif fè trouvent au milieu de la longueur des touches de fon Clavier, & que cependant l’Abrégé des Pédales foit fi bien difpofé, que fes vergettes ne foient point gênées.
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- 105*7. La double échelle étant pofée & arrêtée, aulîl-bien que les fîmples échelles, on les garnira de leurs vergettes. On mettra d’abord celles des petits Abrégés qui feront fous les Sommiers de Pédale. On obfervera foigneu-fèment, s’il y a doubles foupapes , que les deux vergettes qui y font accrochées foient bien également tendues, en forte quune foupape ne foit pas plus chargée que l’autre, & qu’elles s’ouvrent toutes deux en même temps. Il faut y regarder de bien près ; car fi cet ajuftement n’eft pas bien fait, il y aura toujours des cornements. Ceci a lieu également pour le grand Sommier, qui a ordinairement de doubles foupapes dans les balles.
- 105*8. Les vergettes étant toutes pofées aux ofiers & aux rouleaux des petits Abrégés, qui font fous les Sommiers de Pédales, on pofera les fuivantes , qui d’un bout feront accrochées au fécond fer de l’Abrégé, 8e de l’autre à un des bras de la première échelle fimple. En mettant ces vergettes , on en prendra fi bien la longueur, que les bras des équerres puilfent tirer un peu plus qu’il ne faut fans toucher à lequerre voifine, que cependant les foupapes puiflent fermer , & qu’il y ait encore un peu de jeu de relie. En un mot il eft néceflaire que les bras des équerres ne touchent à aucune équerre voifine, lorfque les foupapes feront fermées.
- 105*9. On pofera enfuite les vergettes verticales. On les accrochera d’abord à l’échelle fitpérieure , & lorfqu’on les coupera de longueur, on obfervera tout ce qui eft dit dans l’article précédent, afin que les équerres ayent tout le jeu convenable. Enfuite on pofera les vergettes horifontales , qui doivent être mi-fes de champ , de façon que leurs champs fe regardent mutuellement. On y obfervera pareillement le contenu de l’article précédent ; & afin que ces vergettes horifontales ne fléchiftent point par leur poids, ce qui cauferoit un tiraillement préjudiciable & une perte d’une partie du mouvement, on établira une échelle vers le milieu de leur chemin , au travers de laquelle on les enfilera. Par ce moyen elles feront foute nues & ne pourront fe toucher les unes les autres. Voyez une échelle pareille en 74 , PL 5*0. Elle confifte en deux tringles ou petites planches qu’on fait tenir à un pouce de diftance de l’une à l’autre, & l’on y met des échelons de fil de laiton dans des petits trous faits aux deux tringles verticales. Il y en a qui mettent tous les échelons doubles, pour que les efpaces par où paffent les vergettes foient plus petits, ce qui contient encore mieux les vergettes : il fera encore plus avantageux de mettre deux ou trois échelles; par ce moyen les vergettes étant bien affujetties fe maintiendront toujours droites. On prendra foigneufement fes mefures pour qu’elles ne foient pas du tout gênées ; à quoi l’on parviendra aifément par un fil tendu horifontalement d’une équerre à l’autre ; ce qui fera voir où l’on doit placer les échelons. On les tracera ainfi tous, en changeant fùcceffivement à toutes les équerres correfpondantes , le fil tendu horifontalement.
- 1060. Pour faire jouer le Clavier du Pofitif, on commencera par tirer le Orgues. IL Pan. I i i i i
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- plan de ï éventail for un plancher. La fig. 1, de la PL 73 , le repréfente. On marquera for une réglé fofEfemment longue, les points CD de tous les pilo-tins , qui font dans les bourfottes au-deflous de la Laye du Sommier du Pofitif ABC D. On prendra la diftance , depuis la ligne CD, qui eft celle des pi-lotins, julqu’àTa plomb des trous du guide des pilotes attachés au-deflous du Clavier du Pofitif. Je foppofo que cet à plomb fe trouve for la ligne E F. On prendra encore fa plomb des premiers & derniers trous du guide des pilotes , qui fe trouveront, je foppofo, aux points E , F. On marquera , au moyen de la Réglé du Clavier les points intermédiaires des touches du Clavier. On tirera des lignes droites de tous ces points à leurs points correlpondants des pilotins du deflbus du Sommier, On prendra le milieu jufte entre les lignes C D & E F, qui fe trouvera en G H, où Ton tracera une ligne G H. Ce fera la place du chevalet. O11 tirera une perpendiculaire for le dernier point F, qui aille fur la ligne CD , & qui la rencontrera au point Z. Au moyen de la diftance de ce point L , au point D, on marquera for le plan la vraie place de la ligne EF, à fégard du Sommier. Sans cette précaution, on rifqueroit fort de prendre de faufles mefores.
- 1061. Au moyen de cette figure & de ces mefores , il fera facile de con-ftruire féventail. On fera les bafcules félon les mefores qu’on trouvera for le plan ; car elles fe trouveront de différentes longueurs. Voyez la forme de ces bafcules en la fig. 3, PL 73. On voit leur épaiffeur en b f, & leur largeur en B D. B eft le bout qui fe met deflbus la bourfette , & qu’on appelle la tête de la bafcule ; D en eft la queue, qui ne doit avoir qu’environ 3 lignes d’épaifi feur, tandis que la tête B, doit en avoir 6 à 7 lignes. Le milieu a c, aura 18 lignes de largeur ; la tête B 7 à 8 lignes , & la queue D 13 à 14 lignes. Les largeurs de la tête & de la queue fe détermineront par l’équilibre , l’épaifleur étant réglée comme je viens de le dire. U ne faut pas qu’un bout pefe plus que l’autre ; ainfi on tirera de la largeur, ou d’un bout ou de l’autre, jufqu’à ce que la bafcule foit en équilibre. Elles doivent être les plus légères qu’il eft poflible, mais cependant inflexibles au petit effort qu elles doivent foutenir. Remarquez que je dis quelles doivent être légères ; parce que fi elles étoient pelantes , le Clavier feroit fort fojet à familier ou à rebattre ; ce qui feroit un défaut confi-dérable qu’il faut éviter. Il y en a qui font ces bafcules en lapin pour quelles, foientplus légères. Si on en a dont le fil foit ferré , droit & de la meilleure qualité, il y fera propre. L’ordinaire eft pourtant de les faire en bois de chêne, choifi avec le même foin que pour les panneaux des Claviers , afin qu’il ne travaille point, ce qui eft effentiel.
- 1062. Lorfqu’on aura corroyé toutes les bafcules, & qu’on les aura mifes d’une épaiffeur & d’une largeur égales d’un bout à l’autre, on les préfentera chacune à fa place for le plan fig. r , pour les couper à-peu-près de longueur. On les numérotera pour retrouver leur place relpeétiye. Chacune étant cou-
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- pée de longueur, on laiflera toute l’épaifleur aux têtes, mais on diminuera celle de leurs queues , comme je l’ai dit dans l’article précédent. Enfuite on les arrangera fur le plan, chacune à fà vraie place. On préfentera encore fur leurs têtes le long de la ligne C D , la réglé où l’on aura marqué les pilotins. On préfentera auffi la Réglé du Clavier fur la ligne E F ; Sc après qu’on aura fait convenir les bouts des bafcules aux points de l’une & de l’autre Réglé, on tirera par-deflus les lignes CD, EEScG H.
- 1063. Avant de déranger les bafcules, on prendra la rnefùre pour faire le rateau & le chevalet. On fera une barre de deux pouces ou environ de largeur, fur 12 à 15* lignes d’épaifleur Sc de toute la longueur intérieure du Sommier. On appliquera cette barre fur la ligne CD, au-deflus des bafcules, dont on marquera l’épaifleur & la diftance de chacune fur ladite barre. Ces points indiqueront la vraie place des pointes ou guides, qu’on fichera fur le long du champ de la barre. Ces pointes feront fans tête, Sc d’une longueur fuffi-fànte pour toucher prefque jufqu’aux bourfettes. Elles feront mieux en fil d$ laiton qu’en fil de fer.
- 1064. Pour conftruire le chevalet, on fera une barre d’environ un pouce Sc demi d’épailîeur, & d’une largeur telle , qu’étant pofée à terre fur fon champ & ayant mis une bafcule par-deffiis , celle-ci foit de niveau Sc touche en même-temps par le defîîis de fà tête le deflous des bourfettes. On mettra en dos-d’âne le deflîis du champ de cette barre. On la couchera par-deflus les bafcules fur la ligne ' G H,8c l’on marquera fur la barre le milieu de l’épaifleur de chaque bafcule. On fichera fur tous ces points une pointe à chacun, qui ait un pouce ou environ de faillie ; & le chevalet fera fait.
- ioôy. On ôtera toutes les bafcules numérotées, & on les finira. On fera un trou fur les points qu’on aura marqué fur leur champ , au milieu de la longueur &de l’épaifleur; il aura environ 14 à 15 lignes de profondeur, mais il ne traverfera point. On s’appliquera à le faire bien droit en tout fens.On fera un autre trou, mais plus petit,, vers le bout de la queue. Ce trou doit percer entièrement. On recoupera exactement les deux bouts de toutes les bafcules ; on achèvera de leur donner la forme Sc de les mettre en équilibre.
- 1066. Tout étant prêt à être monté, on pofera le chevalet à fa vraie place, conformément aux mefures que l’on aura déterminées fur le plan, Sc on l’arrêtera bien fixe au moyen de plufieurs petites pattes de fer. On pofera le rateau , en forte que fès pointes fe trouvent précifément au-deflous de la ligne C D des pilotins & on l’arrêtera , mais non pas fi fort que le chevalet ; afin qu’au cas que dans la fuite quelques pointes viennent à cafler , on puifle ôter le rateau de fà place pour les remettre. On pofera en leur place toutes les bafcules dans Tordre du numéro de chacune. On les examinera foigneufement l’une après Tautre, pour voir fi elles font parfaitement libres , tant entre leurs guides du rateau que fur les pointes du chevalet. On les ôtera, s’il eft befoin, plufieurs
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- ij.02 FACTEUR D’ORGUES, 7/. Partie, Chap. IX.
- fois, foit pour couper un peu de bois aux côtés de leur tête, fi elles font trop juftes entre les guides, foit pour incliner tant foit peu dans un fens convenable quelques pointes du chevalet, fi Ton s’apperçoit quelles tiraillent de quelque côté, ou quelles aillent de travers, foit enfin pour achever de les mettre en équilibre.
- 1067. Lorfqu’on fera afïuré que toutes les bafoules foront bien ajuftées, on mettra les pilotes, qui feront plus convenables étant quarrés qu étant ronds comme une baguette de fufil, quoique cette derniere forme foit la plus en ufege. Lorfqu un pilote eft rond & qu’il vient dans la foite à prendre quelque courbure, il touche le pilote voifin fi la courbure fo trouve par le côté. Cela caufo des lenteurs dans la touche, & la rend même fojette à s’arrêter. On y remédie en faifànt tourner un peu le pilote ; par ce moyen la courbure ne porte plus de préjudice , parce qu’on la fait trouver en devant ou en derrière : mais le pilote étant rond fe remet bientôt de lui-même comme auparavant ; alors on n’en eft pas plus avancé. Il n’en eft pas de-même quand il eft quarré. S’il vient à fe dé-jetter , on le tourne dans un fons différent & on eft affuré qu’il ne changera jamais là nouvelle fituation ; parce que les trous du guide , qui eft fous le Clavier font tous quarrés. Il faut que ces trous foient faits proprement, & le bois coupé bien net. On fera un chanfrein au bord de chaque trou en-deftous , pour en diminuer la furface intérieure & par conféquent le frottement. Les pilotes doivent être légers. Si l’on a du lapin de bonne qualité , dont les veines foient ferrées & de fil droit, il y fera très-propre ; autrement il faudra les faire en bois de chêne bien choifi.
- 1068. Pour pofer les pilotes, on en introduira un bout dans le trou du guide au-de/fous du Clavier. On le pouffera en enhaut pour relever la touche au point où elle doit l’être. On baiffera en même-temps la queue de la bafoule correfpondante , jufqu’à ce que fa tête touche le deifous du pilotin. Par cette opération on prendra la mefore de la longueur qu’il faut donner au pilote. On le coupera à la marque qu’on aura faite. On le préfentera encore, mettant fon bout inférieur for la queue de la bafoule, & fon bout fopérieur dans le trou du guide. On examinera alors fi la touche eft relevée au point qu’il faut. Si elle l’eft trop , on coupera encore un peu de la hauteur du pilote. Enfin lorfqu’on fera affuré de là jufte longueur, on fichera dans fon bout inférieur une épingle ordinaire, qui y tienne fort. On coupera avec la cifaille le bout fuperflu. Cette pointe doit avoir 6 lignes au moins de faillie. On ajuftera de même tous les autres pilotes. Si le bout inférieur d’un pilote fe trouve plus épais que le bout de la queue de la bafoule où il eft emmanché, on le diminuera, afin qu’il y foit bien affleuré. Cela eft néceiîàire, parce que fi dans la foite quelque baf-cule vient à fe déjetter, & qu’elle fe trouve fort près de fà voifine , le pilote dont l’épaifleur inférieure excéderoit la bafcule, pourroit faire baiffer la voifine ,
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- Secl. IV. Pofer les Pilotes de VAbrégé du Pofitif. 403
- fine, ce feroit deux foupapes qui ouvriroient en baiffant une feule touche. Ceft un défaut à éviter.
- Ï069. A l’égard de la maniéré de garnir les pilotes pour les rouleaux d’A-brégé, on commencera par couper de mefure , & par pofer le morceau qui doit être entre la queue de la bafcule, & le deflous du fer d’Abrégé correlpon-dant. Sa hauteur doit être propre à tenir le fer d’Abrégé dans une fituation horifontale. Enfuite on pofera le morceau fupérieur fur le fer de l’autre bout du même rouleau & dans le guide. Ces deux morceaux de pilote étant placés doivent fènir la touche élevée au même point que les autres.
- 1070. Comme nous fuppofons que les pilotes font tous quarrés, il s’agit de faire tenir dans une fituation permanente le morceau qui fera pofé entre la queue de la bafcule & le fer d’Abrégé, quoique ce morceau ne foit point maintenu par le trou quarré du guide , auquel il ne communique point. En voici le moyen : le fer d’Abrégé, au lieu d’être percé d’un trou rond à l’ordinaire, le fera avec un poinçon quarré fort menu. On fichera dans le bout fupérieur du morceau de pilote inférieur une pointe quarrée, dont la quarrure foit bien parallèle à celle du pilote. Cette pointe étant enfilée dans le trou quarré du fer d’Abrégé , empêchera que le pilote ne tourne fur lui-même, il reliera toujours dans la même fituation où on l'aura mis. Le bout inférieur du pilote fera garni d’une épingle à l’ordinaire comme tous les autres, auffi-bien que le bout inférieur du morceau fupérieur. On doit mettre les pointes des morceaux des pilotes qui s’enfilent dans les trous des fers d’Abrégé , de 6 lignes au moins de faillie comme à tous les autres. On voit , par l’expérience, que lorfque les pointes font courtes , elles fortent alfez fouvent de leur trou, le pilote fe démanche de fa place & il tombe.
- 1071. Il y a des Ouvriers qui mettent une petite rondelle de peau par-deflus le chevalet, deflous le milieu de chaque bafçule. Je ne vois pas d’inconvénient dans cette pratique, quoique je n’en fente pas l’utilité. On fe fert de petits morceaux de peau pour égalifer de hauteur le Clavier du Pofitif. On coupe de très-petits quarrés de peau, on y fait un trou au milieu & on les enfile à la pointe du bout inférieur du pilote, fi l’on reconnoît que la touche eft tropbaflè. On prendra garde que ces petits morceaux de peau n’excédent l’épaifleur de la bafcule. On égalifera le Clavier de force, en bandant ou débandant les reflorts des foupapes.
- Section Cinquième.
- Pofer toutes les pièces pour faire jouer les Regijlres.
- 1072. On commencera par faire jouer ceux du grand Sommier. On pofera d’abord les balanciers, &on fera la grofle planche qui doit les porter. S’il doit y
- Orgues. //. Pan. Kkkkk
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- 404 FACTEUR D'ORGUES, Il Partie, Chap. IX.
- avoir beaucoup de balanciers , comme 12 ou 15 , on fera cette planche d’environ 7 pouces de largeur fur 3 pouces d’épaifleur. On y fera les mortaifes, dont la fituation des Regiftres de deux en deux, donnera la diftance de lune à l’autre. On fera en forte que les balanciers y foient affez juftes, mais cependant libres. On les y arrêtera par des boulons , qu’on entaillera de toute leur épaif-feur dans le bois chacun à fa place. On fixera ces boulons par deux petits crampons. Voyez la fig. x , PL 47. Voyez auflfi lafig. 8. Lifez les art. 377, 378, pag. 118. Voyez aulïï 13,14, PL 50 , & lifez les art. 422 & 423 , pag. 133 & 134. On prendra fi bien fes mefures pour faire à propos les trous* où s’emmanchent les bouts fupérieurs des balanciers, fbit dans des enfourchements , foit dans les bouts doublés des Regiftres , que le Regiftre étant fermé , le bout inférieur du balancier fe trouve autant éloigné, ou faffe le même angle avec la ligne à-plomb , que lorfque le Regiftre fera ouvert. Il faut avoir grand foin que ces trous foient bien juftes, fans aucun balottement, & que cependant il n’y ait rien de gêné dans le mouvement du balancier. On arrêtera cette planche fi fortement quelle fbit inébranlable ; car il faut quelle réfifte à de grands efforts. On la placera en forte que fon delîus foit de 6 pouces plus bas que les bouts des Regiftres du Sommier.
- 1073. Lorfque le Buffet eft tellement difpofé qu’on ne peut pas ouvrir les frifes du devant, & que par conféquent les Layes du grand Sommier ne peuvent s’ouvrir que par derrière au-dedans du Buffet, il eft alors convenable de placer les balanciers au-deflous des enfourchements qui font au milieu de l’Orgue, foit entre les quatre Sommiers , foit entre les deux, fi le grand Sommier n’eft divifé qu’en deux parties. Par cet expédient on aura l’aifànce de vifi-ter les Layes fans embarras : on peut du moins y mettre une partie des balan^ ciers & non les autres. Tout cela dépendra du génie & de l’intelligence du Fa-éteur. Je ne fais qu’indiquer cette idée, que chacun pourra étendre félon le befoin.
- 1074. On fera les deux planches percées, qui fe mettent aux deux côtés des Claviers. On les percera d’autant de trous quarrés que Ton veut mettre de tirants, du moins c eft l’ordinaire pour les médiocres & les petites Orgues ; mais pour les grandes on fera bien de placer ceux du Pofitif féparément, & à côté des deux planches dont il s’agit, afin d’éviter la confufion d’une multiplicité de tirants. Il feroit à fouhaiter qu’on convint d’un arrangement uniforme dans toutes les Orgues pour l’ordre des tirants. Il eft fi différent, qu’un Organifte ne peut guere toucher une première fois, fans avoir auparavant bien étudié l’arrangement des Regiftres. En voici un que je propofe pour un 16 pieds ordinaire dans ' les fig. 6 & 5 , PL 74. On y voit les deux planches percées, qui doivent être pofées dans la fenêtre du Clavier, l’une à droite & l’autre à gauche. On n’y trouve pas les noms des Jeux du Pofitif, parce que je fuppofe qu’on les mettra dans un panneau féparé & également à portée de l’Organifte.
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- Secl. VFaire SC pofer les planches percées des Tirants. 405
- 107 y. Pour percer cette planche, on tirera au trufquin les lignes a b Sec d, fi g. 6, PL 74, parallèles & à un pouce & demi des deux bords. A 10 lignes de diftance de ces deux lignes, on en tracera deux autres ef9 g h. A un pouce & demi du bout fopérieur , on tirera for les deux parallèles a b 8c ef9 les deux perpendiculaires l 8c k à 10 lignes de diftance de l’une à l’autre. A 4 lignes de h, on tirera deux autres perpendiculaires à 10 lignes de diftance de l’une à l’autre, qui couperont les deux parallèles c d 8cg h. O11 continuera de même jufqu’au bout inférieur de la planche , laiftànt un intervalle où il le faudra , pour féparer les tirants appartenants à des Claviers différents, 8c donner une place foffifànte pour mettre la grande étiquette qui défîgnera cette féparation, à-peu-près comme l’on voit dans la figure. On peut écarter ou ferrer davantage les trous quarrés les uns des autres, félon le local ou la place que l’on a. S’il s’agiffoit d’un très-grand Orgue, l’on pourroit ne mettre fur ces deux planches que les Regiftres du grand Orgue, & placer les autres avec ceux du Pofitif à part, pour éviter la confufion. Il feroit encore à fouhaiter qu’on ne pofât point ces planches percées dans un enfoncement, comme l’on fait prefque toujours ; parce que n’étant point foffifàmment éclairées , on a beaucoup de peine à lire les étiquettes. Il feroit donc mieux, ce me femble, de les placer à fleur du nu du Buffet. Je n’ignore point le motif qui engage à les enfoncer ainft, c’eft fans doute afin de pouvoir fermer à clef la fenêtre du Clavier avec les Regiftres ; mais outre que cela n’eft point néceftàire dans la plupart des Orgues où leur tribune n’eft pas publique, il vaudroit bien mieux lorfqu’elle l’eft , mettre des portes à grille , fermant à clef aux deux bouts du plancher entre les deux Buffets : alors il ne faudroit que deux rideaux pour couvrir les Claviers 8c les garantir de la pouf-fiere. Les étiquettes doivent fe coller avec la colle forte.
- 1076. On pofera les grands fopports des tournants. Ce font de fortes planches de deux pouces d’épaifîeur, fur 6 à 7 de largeur. Le fupport fupérieur pourra avoir moins d’épaiffeur. On tracera for le fupport inférieur le plan des tournants pour trouver la place de chacun. Si l’on doit en placer beaucoup , on fora obligé de les faire en fer, S’il n’y en a qu’un petit nombre , on les fera en bois. La fig. 1, PL 74, repréfente la difpofition des tournants en bois, & la fig. 2 , celle des tournants en fer, a eft un tournant de bois ; c d eft une perpendiculaire , qui paffe for le centre du tournant a. c b eft le grand bras de fer inférieur ; il eft dans cette fituation lorfque le Regiftre eft pouffé ou fermé, c f eft le même bras repréfenté dans la fituation où il eft lorfque le Regiftre eft ouvert. Il faut remarquer que la diftance dz d\ b 9 lorfque le Regiftre eft pouffé, eft égale à celle de d à fi, qui eft la fituation du même bras lorfque le Regiftre eft tiré, g & h eft le petit bras fopérieur, qui eft coudé, afin d’avoir un efpace fofîifànt pour fon mouvement, lequel feroit arrêté , ou du moins gêné par le Voifinage de l’autre tournant k. Le petit bras fupérieur de ce tournant k n’a pas befoin d’être coudé, parce que l’autre tournant m eft affez éloigné pour lui laifo
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- 1 fer tout ion mouvement libre. Il ne faut pas non plus couder le petit bras du tournant m ; on voit qu’il n’y a rien qui limite fbn mouvement. On voit en p n of fig. 3 , un de ces petits bras coudés. La pointe n 0 doit être bien forte.
- 1077. On voit dans la fig. 2, la même démonftration du mouvement que les tournants de fer doivent faire. On peut remarquer qu’ils font beaucoup plus ferrés que ceux de la première figure. Au refte on prendra fes mefùres pour l’arrangement de ces tournants félon la place qu’on aura, & félon qu’on voudra diriger le mouvement, foit vers les extrémités de l’Orgue fi les balanciers y font pofés, foit vers le milieu, fi on a jugé à propos d’y placer les balanciers. Je n’ai fait qu’indiquer à-peu-près les principes fur lefquels on doit travailler , & comment il faut s’y prendre.
- 1078. Le plan & les trous pour pofer les tournants étant faits, on percera fur les planches inférieures les planches fupérieures. On mettra en place les deux grands fiipports ou planches inférieures, en obfervant ce qui fuit : on placera la planche inférieure de niveau , & on fera en forte que la ligne parallèle nf9 fig. 1, enfile droit la rangée verticale des trous la plus éloignée du Clavier. L’autre parallèle r s, fe trouvera par conféquent vis-à-vis de l’autre rangée des trous quarrés de la même planche ; car la diftance de la ligne nf9 à celle r s, ou bien la diftance perpendiculaire du centre d’une rangée des tournants à l’autre rangée for la même planche, doit être égale à celle des deux rangées verticales des trous quarrés. A l’égard de la hauteur, on placera les fiipports inférieurs, en forte que leur defliis fe trouve deux pouces plus bas que le plus bas trou quarré dans lequel on doit faire palier le tirant le plus bas accroché à un de ces tournants. Il ne faut pas compter fur les trous quarrés deftinés pour les Jeux du Po-fitif, s’ils fe trouvent fur la même planche percée ; ni fur ceux par lefquels on fait jouer les Tremblants, &c. On fera tenir bien fortement ces fiipports en queue d’arondeà chaque bout, aflemblés fur de forts gouflets, collés & cloués contre le devant & le derrière de l’intérieur du Buffet.
- 1079. La planche fupérieure, qui doitfoutenir les tournants, fera placée à une telle hauteur, que les mouvements qu’on doit accrocher au bout inférieur des balanciers & au bras fiipérieur des grands tournants, fe trouvent de niveau; Cette réglé doit fervir aufti à déterminer la hauteur des grands tournants. On attachera cette planche fupérieure avec le même foin que l’inférieure. Il eft bon qu’on puifte l’ôter de fa place dans le befoin.
- 1080. On mettra les tournants en place pour marquer fur chacun l’endroit où il faut ficher le grand bras. Pour cela, on prendra un tirant a b (fi g. 11, PL 74, ) dont on introduira un bout a, dans le plus bas trou quarré , que l’on voudra être relatif au dernier tournant b9 le plus près du derrière du Buffet; & le tenant bien horifontalement ou de niveau, on l’appliquera contre ce dernier tournant b c, qu’on marquera à cet endroit b. On ôtera du trou a le tirant a b9 & on l’enfilera dans le trou quarré fuivant*/, un peu plus haut, & tenant ce
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- tirant de niveau , on marquera le fécond tournant^’g. On changera encore le tirant a b, on le mettra au troifieme trou quarré h, & on marquera le troi-lîeme tournant m n ; ainfi des autres.
- 1081. On mettra les grands bras fur les marques que l’on aura faites. Les petits bras fe mettent ordinairement à 2 pouces & demi, ou à 3 pouces du bout fupérieur. Enfuite on mettra en place les tirants que Ton arrêtera avec leurs pioches, comme je l’ai décrit ailleurs dans la fig. ir, où tout cet arrangement eft repréfenté ; Ton y remarque la planche percée, les tirants accrochés aux grands tournants, lefquels font maintenus entre les deux grands fupports A B & C D. On fera des tringles d’un pouce en quarré avec un enfourchement à chaque bout, pour tranfmettre le mouvement des tournant!^ la queue des balanciers : fur-tout, on prendrai! bien fes mefures pour leur longueur, que lorfque le tirant fera entièrement poulie, Ion bras inférieur loit autant éloigné de la perpendiculaire que lorfqu’il fera entièrement tiré. On voit allez que cela dépend de la jufte longueur des tringles,"(qu’on appelle des mouvements,) qui vont des tournants aux balanciers. Voyez ces balanciers repréfentés en la fig. 4, PL 74, & les mouvements qui s’y tiennent. Voyez encore cette méchanique repréfen-tée dans la Pl. 47 y fig* 1.
- 1082. On rencontre quelquefois des embarras entre les tournants & les balanciers , pour placer le mouvement. C’eft ordinairement le grand porte-vent qu’on trouve fur Ion chemin. On fait alors un double coude au mouvement. Voyez en la forme, fig, 9 , PL 74. On y remarquera que le coude A B eft un morceau de planche échancrée, de la même épaifleur que le mouvement. On colle & on cloue avec des pointes aux deux extrémités À & B les deux morceaux du mouvement. Si ce coude AB, fig. 10, doit être un peu long , on fera à fon milieu un renflement, afin qu’il ne rifque point de fléchir. On coupera de longueur les tirants & on y mettra les pommes.
- 1083. Quand on aura pofé & arrêté toutes les pièces pour faire jouer les Re-giftres , & qu’on fera afluré qu’ils iront bien , on ferrera les chapes du grand Sommier. A cet effet un Ouvrier fe mettra devant le Clavier. Il prendra le tirant qui répondra au premier Regiftre, le tirera & repouflera continuellement % tandis qu’un autre Ouvrier enfoncera à coups de marteau les clous de la chape l’un après l’autre, mais légèrement ou à petits coups. Après qu’il les aura enfoncés fur les quatre Sommiers, il recommencera & les enfoncera un peu plus. On frappe ainfi les clous peu-à-peu & à plufieurs reprifès, afin d’être plus afluré que les chapes feront également ferrées. On continuera ces opérations jufqu’à ce que celui qui eft au Clavier avertifle que le Regiftre eft aflez ferré. U doit l’être de façon qu’on puiffe le tirer & repoulfer fans beaucoup d’effort ; mais aufîi il ne doit pas être trop doux à remuer. Il arrive quelquefois qu’un clou qu’on enfonce rend tout-à-coup un Regiftre trop dur à remuer. Celui qui eft au Clavier en avertira fur le champ, alors, on frappera fur la chape aux environs &
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- près du clou , ce qui pour l’ordinaire le fait lâcher un peu. Si cela ne produisit rien, on y appliqueroit la tenaille. Quand tous les clous feront enfoncés, fi le Regiftre devenoit trop dur à remuer, on frapperoit fur la chape aux quatre Sommiers. Cette opération rendra le Regiftre plus doux, parce quelle égalife la compreflîon des chapes fur les Regiftres. Lorfqu’on aura ainfi ferré toutes les chapes, on couvrira tout le Sommier avec un gros. linceul double, ou encore mieux quadruple , pour le garantir de la pouffiere, copeaux, &c. Car il le faut tenir bien net, fur-tout la partie où font les foupapes, de peur que quelqu ordure paflànt au travers des trous des chapes & des Regiftres, ne tombe for les foupapes ÿc ne caufe enfoite des çornements.
- Faire jouer les Regiftres des Pédales.
- 1084. Pour faire jouer les Regiftres des Pédales , on placera d’abord les tournants de fer, dont le crochet fopérieur traverfera les bouts des Regiftres qui font fàillants hors de leur Sommier. La Planche 50, à l’endroit marqué 71, 73 d’un côté,& 70, 72 de l’autre, pourra donner une idée pour faire tenir les tournants. Onobfervera ce que j’ai dit art. 1076 , pag. 405, pour percer à propos le bout fàillant du Regiftre, afin que leurs bras fo trouvent également éloignés de la perpendiculaire, foit que le Regiftre foit tiré ou repouffé : ce qui eft une réglé générale, pour avoir tout l’avantage poffible dans le mouvement. Sans cela , on perdroit d’autant plus de force, qu’on s’éloigneroit davantage de cette réglé. Vers le milieu du derrière de l’intérieur du Buffet, aux deux côtés de la porte de derrière, on placera les tournants, dont la hauteur fora telle que leurs petits bras fopérieurs foient à la hauteur , ou au même niveau des grands bras des tournants de fer correfpondants, & que leurs grands bras inférieurs fo trouvent au niveau, ou vis-à-vis des trous quarrésrefpeétifs de la planche percée, qui eft aux côtés des Claviers. On fera des mouvements allez longs pour aller d’un Sommier de Pédale à l’autre. On les fera de plufieurs pièces, que l’on ajoutera bien folidement. Les petits bras des tournants de bois entreront dans le mouvement par une mortaife où ils feront accrochés avec une pioche. C’eft ici où il faut bien prendre fos mefores , pour que le mouvement foit d’une longueur telle que lorfqu’on tirera le tirant, le Regiftre fo trouve parfaitement ouvert aux deux Sommiers enfemble, & bien fermé lorfqu’on poulfora le même tirant. On donnera toute fon attention à bien placer les trous des pioches aux enfourchements, qui accrochent les grands bras des tournants de fer aux deux bouts du mouvement. On ne peut bien en faire l’épreuve que lorfque les Regiftres feront forrés par les chapes. On pofora de diftance en diftance des échelles pour maintenir ces longs mouvements, dans lefquelles ils paflèront affez à l’étroit, mais cependant fans être gênés. Ces échelles les empêcheront de fléchir lorfqu’on les fera jouer. On donne à ces mouvements jufqua 1^ lignes en quarré s’ils font
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- Se cl. V. Faire jouer les Regifires des Pédales SC du Récit. 4op
- fort longs. On a reprélènté cette méchanique en la figure 3 , planche 47. »
- 108 j. Lorlqu’on aura fini de polèr toutes les pièces pour faire jouer les Re- Planche giftr es des Pédales, on ferrera les chapes de leurs Sommiers avec les mêmes foi> malités que j’ai expliquées pour le grand Sommier, an. 1083. C’eft alors qu’on examinera, comme je l’ai dit dans l’article précédent, fi les Regiftres ferment & ouvrent bien également aux deux Sommiers. Si l’on y apperçoit du défaut, on y remédiera , en faifimt un autre trou un peu plus loin ou un peu plus près, fur le bout du mouvement pour changer la pioche ; ou bien, on accrochera le bout du mouvement à un autre trou du bras inférieur du tournant de fer.
- 1086. S’il y a de la difficulté à placer les grands tournants à l’endroit ordinaire , faute de place par rapport à leur nombre , on y mettra horifontalement
- de fimples & fortes équerres de fer dans un morceau de bois maffif, fig. 7, PL pLANCHÊ 74, dans lequel on fera des entailles pour loger les angles de ces équerres, qui 74.
- y tiendront par une broche de fer verticale qui les enfilera tous. Le long bras de ces équerres accrochera le tirant, & on accrochera au petit bras un mouvement , qui ira chercher le long bras des grands tournants qu’on aura placé dans un endroit commode & a fiez au large. On voit en la fig. 8, une de ces équerres.
- 1087. Tous les Faéteurs ne font pas jouer les Regiftres des Pédales de la même façon. Les uns y ajuftent des balanciers ; mais ce font des pièces de plus,
- & la machine n eft pas auffi fimple, quoiqu’elle puiffo bien jouer. Les autres ne font pas jouer enfomble les Regiftres des deux Sommiers ; en ce cas il faut deux tirants pour un foui Regiftre ; ce qui rend la machine plus compofée & plus incommode.
- Faire jouer les Regijlres du Récit.
- 1088. Il y a prefque toujours de l’embarras pour la pofition & la compofition des pièces convenables , pour faire jouer les Regiftres du Sommier du Récit; auflî voit-on prefqu’autant de maniérés différentes qu’il y a d’Orgues. Chaque Fa-<?e ir a la fienne. La diipofidon du local doit déterminer celle des machines.
- Une des meilleures maniérés de la compofer eft celle qu’on entrevoit dans la Pl. jo. Quoiqu’elle ne paroiffe pas entièrement diftinéle, on apperçoit affez le jeu de fos pièces. Il y a d’abord deux tournants de fer qui font verticaux, qui par leurs petits bras fiipérieurs & un mouvement horifontal, qui eft accroché à chacun, font tourner deux autres tournants verticaux par leurs grands bras infé- c rieurs. Ceux-ci pafîànt au travers des enfourchements des Regiftres du grand Sommier, font jouer par leurs petits bras fiipérieurs, au moyen d’un petit mouvement horifontal, deux balanciers & par leur moyen deux Regiftres : cette machine eft bien entendue. On dilpofora tellement ces fortes de machines, qu’il ne s’y trouve aucun mouvement vertical ; parce que les machines acquiérent bien fouvent avec le temps une fi grande facilité à jouer, que les poids de ces mouvements verticaux entraînent les autres pièces & les font jouer d’elles-
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- 410 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie, Chap. IX.
- memes, contre le gré de l’Organifte, ce que j’ai vu arriver plufieurs fois*
- • 1089. Comme 11 n’eft pas facile de faire jouer un certain nombre de Régit
- ~—::; ': - très de la façon que je vie„ns de le décrire, & comme on le voit en la PL 50 , lanche > caufe du gfand embarras des autres pièces qui fe trouvent dans cette partie de l’Orgue, on peut, par un tranfport de mouvement, placer les pièces furie derrière de l’intérieur du Buffet : par exemple, on peut pofer verticalement des tournants de fer , qui “portent leur grand bras inférieur vis-à-vis des trous de la planche percée , & leur petit bras par-deflîis les enfourchements des Regiftres du grand Sommier. On accrochera à ce petit bras un mouvement horifontal, qui ira prendre le grand bras inférieur d’un autre tournant de fer vertical placé au bout du Sommier de Récit. Le petit bras fiipérieur de ce fécond tournant, étant à crochet, fera accroché dans un trou fait au bout du Regiftre. On peut difpofèr cette machine de bien d’autres maniérés ; le tout dépend de l’infpeétion feule du local. Ge que j’en ai dit eft plus que fùffifant pour faire connoître de quelle façon on peut s’y prendre.
- Faire jouer les Regijlres du Sommier du Pofetif.
- . Planche S o.
- Planche
- S1-
- Planche
- 47.
- ïopo. Pour l’ordinaire l’on pofe verticalement de grands tournants de bois au-delîous de ceux du grand Sommier. Le grand bras fe met en haut & le petit ern bas. On accroche aux petits bras des mouvements, qui paflànt par-deflous le plancher*, dont nous parlerons bientôt, vont s’accrocher par l’autre bout à de petits tournants de fer. Ceux-ci font à crochet, lequel entre dans le bout d’un enfourchement de bois, lié par une cheville au bout faillant du Regiftre c& Sommier du Pofitif. Voyez ces grands tournants de bois, (PL 5*0,) marqués 43 & 44. On apperçoit à 45 & 46 les bouts des mouvements accrochés aux petits bras. Les tirants font accrochés aux grands bras fùpérieurs des grands tournants. Ceux-ci font pofés fur une planche bien arrêtée fur le fol, & tiennent par le haut au même fupport qui foutient les grands tournants du grand Sommier. Voyez en R 8c Q , PL j 1, ces mêmes mouvements. Remarquez les planches ou fupports c Sc d, qui foutiennent les petits tournants de fer. On verra cette méchanique repréfentée dans la Pl. 47 yfig. 7.
- 1091. Il eft bon d’être averti qu’on ne doit pas manquer de donner un levier fùffifant aux tournants. Nous avons vu art. 753 & 754, pag. 271 & 272, qu’on a dû pélupler la force pour tirer les Regiftres du grand Sommier, à caufe de leur longueur , dont il a fallu vaincre la réfiftance provenant du frottement. Ceux du Pofitif, étant beaucoup plus courts, il fuffira de quadrupler la force. A cet effet, on fera les grands bras des grands tournants où s’accrochent les tirants , plus longs de moitié que les petits auxquels s’accrochent les mouvements. On fera de même les grands bras ( qui font les inférieurs ) des petits tournants, auxquels on accroche l’autre bout des mouvements, au double plus
- longs
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- Secï. V. Pofer te plancher, ôC le Clavier des Pédales. 4Tr longs que les petits, qui font à crochet. Toute cette difpofition quadruplera la force. On conftruira ces tournants de fer, en forte que leur crochet regarde en bas & jamais en haut, afin d’avoir la facilité de les ôter dans le befoin. On fera attention que la planche ou fupport fopérieur, deftiné à maintenir les tournants, ?puiflefo lever, pour pouvoir les ôter au befoin. Quand tous les Regif très du Pofitif joueront bien, on forrera les chapes, Comme il a été dit art. 108 3, pag. 407, & on couvrira le Sommier avec des toiles.
- 1092. On conftruira le plartcher qui fe met entre les deux Buffets. Il fora corn-pofé de trois planches feulement; (avoir celle for laquelle fora pofé le Clavier' de Pédale ; celle qui couvrira la Laye du Sommier, & celle qui remplira l’entre-deux de la première & de la derniere planche. Celle du Clavier de Pédale en aura toute la largeur & quelques pouces au-delà.- Ce plancher fora foutenu par les deux bouts for deux groffes planches M & N,fg. 1 , PI. 73 , qui feront folidement arrêtées contre terre. On fou tiendra encore ce plancher par deux autres planches P & O , mifes de champ & arrêtées de-même. Outre ces quatre (Apports, 011 en mettra'encore un autre R , vers le milieu entre les bafcu-les. Comme celui-ci doit être mince pour ne pas toucher aucune bafeule , on le fait le plus fouvent en fer, dont les pieds feront à pointe fi le fol eft en bois, ou bien on le feellera en plâtre s’il eft pavé. Voyez en la forme en la fig. 2 , ou il eft repréfenté féparément en peripeéHve. On le fera de la même hauteur que* les autres fopports, & d’une longueur foffifànte pour aller prefque toucher le Clavier de Pédale d’un bout, & à environ 2 pouces près du Sommier par l’autre bout. La hauteur du defliis de la Laye doit déterminer celle du plancher; il doit la couvrir entièrement. Il faut que les deux planches , qui feront le plus près du Buffet du Pofitif, püiffent s’ôter facilement. Elles feront à feuillure & non à rainure. Celle qui couvrira la Laye du Sommier, portera le battement inférieur des portes du derrière du Buffet du Pofitif.
- 1093. Il y a deux maniérés de pofer le Clavier de Pédale. L’une confifte à le pofer Amplement for le plancher, & à l’y arrêter par des goujons Sc des crochets. L’autre eft de faire une ouverture , ou une échancrure dans ce plancher, dans laquelle l’on enfonce le Clavier de Pédale tout entier, n’étant retenu au-deffus du plancher que par la table qu’on arrête avec quatre pioches. Cette fécond e maniéré eft préférable à l’autre, en ce qu’elle eft plus commode pour l’Organifte , & qu’elle laiffe le moyen de pofer plus bas la barrre de fer for la-4 quelle il appuie fes pieds.
- 1094. Le Clavier de Pédale étant préfenté & ajufté dans fe vraie place, on coupera les marches d’une longueur jufte & précife, pour que le piton qu’on fichera au bout de chacune fe trouve à fà plomb des bouts des bras des équerres. On remettra à demeure le Clavier & on le garnira de vergettes. Elles ne doivent pas être entièrement tendues ; il faut qu’elles ayent une demi-ligne de jeu : autrement il y auroit des tiraillements & de là des cornements.
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- 4» FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. /X
- 1095. On ajuftera le grand panneau mobile, qui couvrira tout 1 Abrégé de Pédale. On pofera la barre de fer à 6 pouces ou environ au-delfus du Clavier de Pédale, & on lui donnera une faillie convenable pour que l'Organifte étant aflîs fur fbn fiege, puiflê voir la barre de fer entre les feintes & les touches du Clavier de Pédale, Au refte le panneau & la barre de fer doivent etre pofes de maniéré qu'on puiflè les ôter facilement.
- Faire jouer le Tremblant-fort ôC le Tremhlant-doux.
- 1096. On fait jouer le Tremblant-fort, foit en tendant fbn relîort, foit en
- ôtant un obftacle qui empêche le mouvement de là foupape extérieure. Si c eft de la première maniéré, on fait une machine qui, au moyen d'un tirant accroché à quelque bafcule, ou à un tournant avec quelques mouvemens , on tend le relîort lorfqu’on en tire le tirant, & afin quil refte tendu pendant tout le temps qu'on veut qu'il joue, on accroche à la planche percée le tirant, au moyen d'une entaille que l'on y fait. Quand on veut le faire celïèr de jouer, on rehaufle un peu le tirant qui fe défàccroche & celle de tendre le relîort. Si l'on fait jouer le Tremblant-fort de cette maniéré, il eft nécelïàire que toutes les pièces qui compoferont la machine foient fortes, afin quelles ne faflfent pas relîort, qui feroit ajouté à celui du Tremblant. Il faut remarquer que fi l'on tiroit trop le tirant on gâteroit le Tremblant ; c eft pourquoi on mettra une petite cheville ou une pioche, qui traverfe le tirant à 6 à 8 lignes derrière la planche percée. Cette diftance de la pioche eft fiiffifànte pour tout le mouvement que doit avoir ce tirant. ' • .
- 10^7. Si l'on veut ufer de la fécondé maniéré de faire jouer le Tremblant-fort, il faut que fbn relîort foit toujours tendu. On fera une machine propre à faire mouvoir une lame de fer qui falfe relîort, laquelle lame va s’appliquer contre la foupape extérieure du Tremblant, lorfqu'on enfonce le tirant. Celui-ci doit avoir une entaille par laquelle on l'accroche à la planche percée, Sc par-là le Tremblant eft arrêté. Lorfqu'on veut le faire jouer, on rehaufle un peu le tirant pour le décrocher ; on le tire, & la lame de fer s'éloignant fùffifàmment de la foupape extérieure, le Tremblant joue aufli-tôt. U n'eft pas poffible de décrire ces petites machines. La fituation du local & des autres parties de l'Orgue, avec la difpofition des porte-vents , où le Tremblant fera appliqué, indiqueront toujours allez comment il faudra compofer cette méchanique. Lorfqu'il y aura plufieurs Tremblants-forts, les vents étant féparés, on les fera jouer enfèmble par un feul & même tirant.
- 1098. Pour le Tremblant-doux on fera une machine, qui leve fà foupape en enfonçant un tirant, qui doit s’accrocher à la planche percée , afin que le poids de cette foupape ne le falïe point fortir : alors il ne joue point. Lorfqu'on veut le faire jouer, on défaccroche le tirant ; on le tire, & alors la foupape tombant
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- Secl. VI. Paire jouer lesTremblants <3G donner le ventàlaMontre. 415
- fur fon chaffis, le Tremblant fait fon effet. S’il y a plufieurs Trçmblants-doux, les vents étant féparés, on les fera jouer enfemble par un feul tirant.
- 109p. Il fè rencontre fouvent des difficultés & des embarras pour imaginer, placer & faire jouer bien des pièces dans le méchanifme de l'intérieur de P Orgue; mais un peu de génie avec les principes de Méchanique lèveront tous les obf* tacles. Il faut toujours éviter d'enfermer certaines machines derrière d'autres, parce qu'on ne pourroit entretenir celles-là fans démonter celles-ci. On connoît qu'un Artifte a de l'intelligence, lorfque tout eft dans un fi bel ordre qu'on peut apporter du remede là où il eft nécelîaire, fans rien démonter. Toutes les çompofitions doivent être les plus Amples qu'il eft poffible. On donnera à toutdfc les pièces des dimenfions convenables, en forte qu'elles ayent la force nécef-feire pour bien remplir les fonctions., faire les effets félon leur deftination, fans pourtant aucune fuperfluité.
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- Section Sixième.
- Pofer la Montre , y amener le vent SC pofler les Tuyaux qui ne doivent pas jouer fur leur vent.
- 1100. Avant de pofer les Tuyaux de la Montre, on y fera les ouvertures par derrière, ce qu'on exécutera avec la fcie, ou avec un couteau fur lequel on frappera avec un marteau. Je crois devoir avertir que pour faire cette opération avec facilité lorfqu on fe fèrt du couteau & du marteau , comme ceft le plus ordinaire, il ne faut pas diriger le bout de la lame du couteau vers l'axe , ou le centre du Tuyau, ce qui rendroit la coupe fort dure ; mais à côté & affez loin du centre ou de l’axe du Tuyau. Alors on coupera l'étain avec beaucoup d'aifànce. Comme chaque Tuyau qui doit parler, eft deftiné à faire un certain ton, on verra fur le Diapafon du jeu dont il s'agira, à quelle hauteur il faudra faire la plus bafïe ouverture, à laquelle on laiffera toujours une langue de la même matière pour fervir d'accordoir. On fera enfuite d'efpace en efpace quelques autres ouvertures au-defliis de la plus baffe, mais cependant fans affoiblir le Tuyau : c eft pour cette raifon qu'on les fera un peu plus courtes que la première.
- 1101. Pour pofer les Tuyaux des tourelles , on fera la planche A,fig. ÿ , PI. 73, fiir laquelle on arrangera les cartons ronds, deftinés dès le commencement à repréfenter la véritable groffeur des Tuyaux , qui doivent être* pofés à la tourelle dont il s'agit. On les mettra dans la même difpofition où l'on veut que fe trouvent les cinq Tuyaux. Au moyen de ces cinq cartons, on tracera les croilfants a, b, c , d, e. On coupera le bois fuperflu , & on donnera à cette planche la forme telle qu'on la voit en la fig. 7. On clouera cette planche fur une des traverfes, qu'on a dû affembler de diftance en diftance entre les deux battans de la tourelle. On obfervera de la mettre à une telle hauteur, qu’elle
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- ne fe rencontre point vis-à-vis d’aucune des ouvertures quon aura faites derrière les Tuyaux , fur-tout vis-à-vis de celle où fera l’accordoir.
- 1102. On s’y prendra de la même maniéré pour les plattes-faces. On arrangera les cartons fur la planche B C,fig. 5, deftinée à faire les croiflànts, foit qu elle foit droite, foit quelle foît cintrée. Au moyen de ces cartons , 011 tracera la place de chaque Tuyau autour du carton. On coupera le bois fur la trace qu’on aura faite ; ce qui produira une piece conforme à celle de la fig. 6. On la fera tenir à fà place à la hauteur convenable, foit par des clous contre les montants, foit en attachant aux montants deux gouffets fur lefquels on clouera la planche des croiiîànts. Au relie, on y obfervera ce que j’ai dit à l’article précédent ^touchant la hauteur à laquelle il faudra la placer.
- 1103. Les-croiiîànts étant bien arrêtés chacun en leur place, on pofera premièrement les Tuyaux des tourelles. Si ce font de grands Tuyaux on les pofera fur des ponts. Si ce ne font que des Tuyaux de 8 pieds & au-delîbus, on les pofera immédiatement fur les plinthes. Mais il faut expliquer ici ce qu’on entend par ponts & par plinthes. Voici d’abord ce qui regarde les ponts & leur ufàge. Un pont eft un cube de bois de 3 pouces & demi, jufqu’à 4 pouces & demi, & même de y pouces en quarré en tout fen $,fig* 8, PL 73. On lai lie une oreille à chaque côté de la bafe pour l’arrêter par deux ou quatre clous. On fait un trou en-defius pour recevoir le bout inférieur du pied du Tuyau ; on en fait un fécond à côté, qui communique avec le premier. On fait une mortaife pour recevoir une clef capable de boucher le trou du côté, entièrement s’il le falloit. Ce trou du côté eft deftiné à recevoir le porte-vent. On voit le plan de ce pont en la fig. 9, & fa coupe fig. 10 , par laquelle l’on voit comment les deux trous fe communiquent, & l’effet de la clef pour boucher le trou du côté. Lorfque les Tuyaux font fort grands, on met de gros ponts, comme de y pouces en quarré, & lorfqu’ils ne font pas fi grands, on en met de plus petits.
- 1104. Quand on aura fait tous les ponts néceffaires , on mettra le plus grand Tuyau en place, avec toutes les précautions convenables pour ne pas le gâter. Si le Tuyau eft fort grand & fort pefànt, on attachera à l’entour & par-defîous le pied, des linges dont les extrémités fe réuniront à une corde , qu’on liera encore à d’autres linges, qui entoureront le corps du Tuyau vers fon milieu Sc vers fbn bout fupérieur. On montera ainfi le Tuyau dans fà place, prenant garde de ne pas le manier avec les mains nues, pour ne point le tacher. Lorfqu’il fera dans la tourelle, on mettra fous fon pied le pont, qu’on pouffera d’un côté ou de l’autre, jufqu’à ce que le Tuyau foit parfaitement à plomb en tout fens. On arrêtera alors le pont avec des clous.
- noy. Si le Tuyau eft grand , il ne fuffit pas de l’avoir ainfi mis en place : dans la fuite fon poids le feroit affaiffer & il chargeroit trop le bas de la tourelle , il eft donc néceffaire de l’attacher. Il y a plufieurs maniérés de le faire. Je n’en propoferai que deux ou trois. La première qui eft pour les plus grands Tuyaux, confifte ( voyez la fig. 18, qui repréfente le bout fupérieur d’un grand Tuyau)
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- Se cl. VI. Pofer SC arrêter les Tuyaux de la Montre. 415*
- en une traverfe de fer a, inférée hôrifontalement dans le milieu du bout du Tuyau & qui le perce à chaque bout, où l’on foude aux deux côtés en dehors une forte bande d’étain p 9 de 3 lignes d’épaifleur, pour fortifier cette partie. Au milieu de cette traverfe il y a un trou quarré, dans lequel on fait paffer un boulon de fer à tête, & quarré dans cette partie. Son extrémité fupérieure eft en vis, 8c entre dans le trou d’un étrier de fer c b. Celui-ci efl: introduit dans deux trous par fa partie fupérieure dans la corniche, au-defliis de laquelle il efl: arrêté par la clef de fer d. Au-deflus du fond de l’étrier efl un écrou à oreil-1 Qsf, au moyen duquel on tire le Tuyau en enhaut, jufqu’à ce qu’il commence à ne plus appuyer fur fon pont. Il ne faut pourtant pas le relever fi fort, qu’il y remue.
- nod. Une autre maniéré d’arrêter le Tuyau confifte, {fig* 17, ) à y fouder par derrière une forte bande d’étain affez doux g h , à la hauteur du croiflant. Lorfque le Tuyau efl en place , on ploie la bande d’étain far le croiflant, & on l’arrête par plufieurs clous. On ne manquera pas de mettre au-deflous du croif-fànt un appui qui tienne par fon bout inférieur fur une autre traverfe de la tourelle. Cette maniéré d’attacher les Tuyaux efl fuffifànte pour ceux qui ne font pas exceffivement grands.
- 1107. Il y a encore une autre maniéré d’attacher les Tuyaux, qui n’eft pas fi propre à foulager leur poids , mais qui fort beaucoup à les retenir & à les garantir d’une chute, c’eft d’y fouder un foui crochet par derrière. Ce crochet, fig. 24, PL 7j , n’eft qu’une petite lame d’étain ou d’étoffe, ployée de façon ? quelle forme un trou. Voyez le plan de ce crochet fig. 2ÿ. On fiche une forte pointe fans tête fur le bord du croiflant. On y enfile le crochet en pofant le Tuyau dans là place. On pourra fo fervir de ces trois maniérés pour arrêter les Tuyaux, & on aura égard à leurs grandeurs refpeétives pour en faire l’application. Lorfque le plus grand Tuyau fora pofé & arrêté , on pofora de-même tous les autres. On prendra garde que les Tuyaux tiennent ferme dans leur place fans remuer, & fur-tout, qu’ils ne puiffent fo toucher les uns les autres , pour éviter qu’ils ne frifent.
- 1108. La plinthe d’une tourelle efl: une planche fig. 19, PL 73 , d’environ * deux pouces d’épaiffeur ; on la gravera , c’eft-à-dire, qu’on y fera 5 trous par-deflustf, b9 c, d9 e9 qu’on placera comme je l’expliquerai dans un moment. On fera d’autres trous dans l’épaiffeur du boisf9 g 9 h , i 9 k 9 qui communiquent avec les premiers. On fera des mortaifes pour y mettre des clefs propres à boucher les trous dans le befoin. Comme dans certaines difpofitions du méchanifme de l’Orgue, il n’eft pas toujours commode de mettre les porte-vents dans les trous f9 g9h9i9k9 parce qu’il fo trouveroit quelque piece , ou quelqu’autre embarras au-devant, alors il fora mieux de faire d’autres trous par-deffus la plinthe, qui communiqueront avec ceux qui feront faits dans l’épaiffeur du bois. On bouchera l’entrée de ceux-ci f, g 9 h y i 9 k. On mettra en ce cas les porte-vents
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- à crochet. Voilà donc ce que c’eft que ces plinthes, dont on ne manquera pas de fraifer les trous deftinés à recevoir les bouts inférieurs des pieds des Tuyaux, afin qu’ils y joignent fi bien qu’ils ne perdent pas le vent.
- 1109. Avant de faire aucun trou à la plinthe, on la mettra en place , où on l’arrêtera par quelque clou à demi enfoncé. On poferales Tuyaux dont on fera aller le pied d’un côté ou de l’autre, jufqu’à ce qu’ils foient parfaitement à plomb en tout fens, & bien également efpacés d’un bout à l’autre ; ils y tiendront aifément au moyen des croifïànts que nous fiippofons déjà pofés. Alors on marquera la place de chacun par un trait de crayon fait autour du pied. On ôtera les Tuyaux & la plinthe, & après y avoir commencé les trous a9 b> c> d, e, avec la gouge, on les finira avec les meches de vilebrequin. Tous les trous & les mortaifes étant finies, on fixera à demeure la plinthe & on mettra les Tuyaux en place.
- 1 ï 10. On s’y prendra à-peu-près de même pour les Tuyaux des plattes-faces. Leurs plinthes font des barres d’environ 2 pouces en quarré, plus ou moins félon la grandeur des Tuyaux qu’on doit y mettre. On pofera une plinthe en place où on l’arrêtera médiocrement. On y-mettra les Tuyaux, & après qu’on les aura bien arrangés & qu’ils feront à plomb dans tous les fens, & également efpacés d’un bout à l’autre, on marquera au crayon leur place fur la plinthe. On ôtera les Tuyaux & la plinthe, on fera les trous comme j’ai dit dans l’art. 1108. Si les Tuyaux font d’une certaine grandeur, on y fera des mortaifes pour y mettre des clefs. On fraifera tous les trous deftinés à recevoir les pieds des Tuyaux, afin qu’ils ne perdent point le vent par leur pied. On remettra le tout en place. S’il y a des Tuyaux d’une grandeur confidérable, on y foudera par derrière des crochets, qu’on accrochera fur des pointes fichées au-defliis de la planche des croiilànts.
- 1111. La raifon pour laquelle on emploie des ponts pour pofer les grands Tuyaux de la Montre eft, i°. que fans cela on fofoit obligé de faire les plinthes d’une trop grande épaifleur , par rapport aux gravures, qui nécefîàirement devraient être grandes. 20. Il faudroit pofer les Tuyaux deux fois, comme lorfo qu’on grave les plinthes ; ce qui cauferoit un trop grand embarras ; d’ailleurs on rifqueroit beaucoup d’endommager les Tuyaux, qui, à caufe de leur grandeur , font fort difficiles à manier.
- Amener le vent aux Tuyaux de la Montre.
- 1112, On fait toujours les porte-vents en étoffe, parce que c’eft la matière la plus commode & qui coûte le moins. Elle eft cependant fujette à de grands inconvénients. i°. On voit fort fouvent les porte-vents mangés & percés par les rats. Ils rongent auffi les Tuyaux d’étoffe ; mais ils ne touchent guere à l’étain. 20. La pefànteur de cette matière rend les porte-vents fort fujets à s’af-
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- Secl. VL Faire SG pofer les porte-v. de la Montre SG des Cornets. 417
- faiffer, ce qui les fait bien fouvent décoller. Il feroit donc mieux de faire les porte-vents en étain. Pourvu qu’on choisît le plus doux , on auroit la même facilité pour les ployer félon le befoin. Cette matière étant toujours plus fo-lide que l’étoffe, ne travailleroit pas, & étant beaucoup plus légère, elle ne feroit pas fojette à s’affàifter ni à fe décoller. Il eft vrai qu’il en coûteroit d’avantage, tant à caufe du prix de la matière, (qui eft ordinairement un peu plus que quadruple) que pour la façon, qui feroit bien plus difpendieufe.
- 1113. Les porte-vents doivent avoir une grofteur proportionnée aux Tuyaux auxquels ils tranfmettent le vent. Voici une Table qui donnera une idée des différents diamètres qui peuvent convenir aux différentes grandeurs des Tuyaux.
- Pour les trois ou quatre premiers Tuyaux du 32 pieds, 14 lignes de diamètre. Pour les premiers, Sec, ... 24 pieds, 12 lignes.
- Pour les , &c. . . . * . 16 pieds, 10 lignes.
- Pour les, &c. . . . . 12 pieds, 9 lignes.
- Pour les , Sec, e • . . 8 pieds, 8 lignes.
- Pour les, &c. ... ; 6 pieds, 7 lignes.
- Pour les, 8(c. .4 . . 4 pieds, 6 lignes.
- Pour les, &c. . . . ; 3 pieds, y lignes.
- Pour les, &c. .... 2 pieds, 4 lignes.
- Pour les, &c. . • . . 1 pied, 3 lignes Se demie.
- Pour le Cornet, on donnera aux 12 premiers 9 à 10 lignes de diamètre ,* & 6 à 7 aux autres.
- 1114. Les porte-vents font des Tuyaux ronds , également gros d'un bout à l’autre. On en taillera le nombre convenable Se de la grofteur proportionnée aux Tuyaux. Après les avoir rabotés for le champ, on les roulera fur des cilin-dres , on les blanchira, on les fondera Se on les lavera à l’ordinaire. Il faut remarquer que s’ils ne font pas fondés aflèz chaud, ils fe deftbudent lorfqu’il faut les ployer. Ils doivent être affez étoffés, car lorfqu’ils font trop minces, ils fe bofluent en les ployant.
- my. Si le grand Cornet eft for le premier Regiftre, il convient d’y amener le vent avant de le donner à la Montre. On prendra la mefore de leur longueur , & on fera un crochet quarré à un bout de chacun. Pour faire ce crochet , on coupera à /’onglet un petit bout du porte-vent : en retournant ce bout coupé fur le bout du Tuyau , la coupe fe trouvera faite. On fe fer vira pour couper ainfi les porte-vents de la petite foie à main 5 , PL 3. Voyez l’art. 62, pag, 16. On ôtera les bavochures avec la pointe à gratter, on fera un petit chanfrein fur l’arête extérieure des deux coupes, & fans y faire autre chofe que d’y paffer le foif, on fondera les deux morceaux enfemble fans rien blan- „
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- chir. Voyez ce crochet en a, ou b, ou c, fig, 11, Pl. 73. Lorfqu’on a un peu Planche dufage de la foudure, on ne laiffe pas de fouder proprement les crochets, les 73*
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- 418 FA CTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. IX.
- coudes & autres ajuftages des porte-vents fans les blanchir. Je fuppofe que les porte-vents feront faits en étoffe; s’ils étoient en étain, il faudroit les blanchir.
- ni6. Pour fixer un porte-vent à là place , ce qui s’appelle le coller, on aura de la filalfe peignée. On en affemblera plufieurs petits brins, en forte qu’il y en ait gros comme une plume à écrire, plus ou moins félon quelle fera Ion» gue & félon la groffeur du porte-vent. On en trempera un bout dans la colle chaude ; on en entourera le bout du porte-vent, &on y mettra ainfi tout le refte de la filalfe. On enduira de colle toute cette garniture & on prendra garde qu’il n’en entre point dans le porte-vent, dont le bout doit relier bien net & bien ouvert. On fera la même opération à l’autre bout du porte-vent ; & l’on introduira promptement les deux bouts, l’un dans le trou convenable du Sommier, & le crochet dans la piece gravée du Cornet. Auffi-tôt après, on fera bien appliquer la filalïe avec les doigts à l’entour du trou. On aura l’attention qu’il ne coule aucune goutte de cdlle dans le trou du Sommier, & qu’il n’y ait aucun brin de filalfe par-deffiis les bouts ouverts du porte-vent. On donnera toujours à celui-ci une telle tournure , qu’il ne tende point à fortir de là place, mais qu’il puilfe même y tenir fans y être collé, s’il étoit nécelîàire. Voyez lafig. 21 ,en Z?, plufieurs porte-vents ainfi collés. La fig. 22, qui eft une coupe par bout de la piece gravée du Cornet, repréfente auffi en D, la coupe d’un porte-vent collé.
- 1117. A melure qu’on collera les porte-vents du Cornet, on les ferrera les uns contre les autres de 3 en 3, ou de 4 en 4, pour ménager entre-eux des espaces* à pouvoir palfer la main, afin d’avoir la facilité de coller les porte-vents de la Montre, qui fe trpuveront derrière ceux du Cornet. Il faut de plus remarquer que la piece gravée du Cornet fig. 21, doit avoir Ion côté B tourné yers la Montre ; par conféquent tous fes porte-yents feront collés du même côté : il y a cependant des Facteurs qui font autrement ; mais cela n’eft pas auffi propre. Ils placent au 3e. ou 4e. rang le Regiftre du Cornet; ce qui caufe beaucoup d’embarras pour accorder les defîùs des fonds d’Orgue derrière les porte-vents du Cornet.
- 1118. Lorfque les porte-vents deftinés à porter lèvent aux Tuyaux delà Montre feront faits, & qi£on aura reconnu fur le plan en petit la deflination de chaque Tuyau, on choifira les porte-vents d’une groffeur convenable. On les coupera fur la place , on les ajoutera, on les coudera, ou enfin on les ployera félon le befoin. On leur donnera la tournure que le local demandera. Voyez la fig. 11, où l’on peut remarquer plufieurs de ces porte-vents avec différentes tournures. Lorfqu’on en aura ainfi ajufté & pofé un petit nombre , on les collera ; enfuit e on en ajuftera d’autres & on les collera de même. C’efl: ainfi qu’on continuera jufqu’à ce que tous les Tuyaux du premier* Jeu, qui eft en Montre , foient garnis de porte-vents. Après cela, on garnira le Jeu fixivant & tous les Tuyaux parlants qui feront en Montre, appartenants ou relatifs au grand
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- Sec!. VI. Pofer les Porte-vents, faire les pièces gravées. 419
- Sommier. On travaillera enfin à porter le vent à ceux qui peuvent être relatifs aux Sommiers de Pédale.
- 111 9. Il y a plufieurs choies à obferver en ajuftant, pofànt Sc collant les porte-vents. i°. S’il y en a qui foient fort longs , il faut deux Ouvriers pour les ajufter, les pofer & les coller. 2Q. On les doit appuyer de diftance en distance par quelque morceau de bois ou quelque clou ; afin que leur poids ne les fade pas décoller. 30. En ajuftant les premiers porte-vents , on les difpofera de façon qu’on puifle trouver de la place pour les liiivants ; c’eft ce qu’il faudra prévoir. 40. On obfervera que les porte-vents ne recouvrent aucun trou des chapes, où l’on doit pofer quelque Tuyau fur fon vent, pour ne pas trouver d’embarras lorfqu’on mettra les Jeux en place. 5°. Quand on pofera ou qu’on collera des porte-vents , on fe donnera bien de garde de forcer ou d’ébranler aucun de ceux qui feront déjà collés ; c’eft pourquoi, fi l’on prévoit qu’il y ait du rifque à cet égard, on les laiftera bien fécher ; car fi quelque porte-vent fe décolioit, il feroit quelquefois fort difficile de le recoller , fur-tout, s’il étoit recouvert par plufieurs autres. 6°. On ne manquera pas de faire agir les Registres fur lefquels il y aura des porte-vents auffi-tôt qu’ils feront collés, & encore derechef quelque-temps après, afin de couper la colle, feppofé qu’il en fut tombé quelque peu ; ce qu’il faut éviter avec beaucoup de fein , particuliérement là où feront les foupapes.
- 1120. Tous les porte-vents des Jeux de la Montre étant pofés & collés, on travaillera à amener le vent aux Tuyaux poftés, tels que font tous les Tuyaux de bois, & quelquefois un nombre d’autres, qu’on ne peut faire jouer fur leur vent, foit à caufe de leur grandeur , foit pour éloigner des unifions, ou enfin pour caufe d’un arrangement que la fingularité d’un local, ou d’autres circonftances peuvent rendre néceftàire. U fera fbuvent plus commode pour ne pas embarrafler certains paflàges ou d’autres endroits , ou même pour la fo-Jidité , de fe fervir de pièces gravies, qui contribuent beaucoup à bien arranger l’intérieur de l’Orgue. La fig. 1 ÿ, PL 73 , en repréfente une. C’eft une planche A B C, qui doit avoir une épaifteur proportionnée à la profondeur des gravures qu’on doit y faire, & à la grandeur des Tuyaux qu’on doit pofer par-deflus. a9b9C)d9 e, f,g> h, repréfentent les trous fer lefquels on pofe les Tuyaux. A B, eft une planche collée & clouée fur le bout de la piece gravée. Elle porte les trous 1,2, 3, 4, 5,6, 7,8, pour recevoir les porte-vents qui viennent du Sommier. On voit les gravures qui communiquent depuis les trous 1,2,3, &c* ju^lu ^ ceux a, b, c, &c. On peut remarquer les mortaifes qui font faites auprès des trous a, b, c, &c. pour y mettre des clefs. On collera un parchemin au-deffus de toutes ces gravures. Pour mieux entendre la conftru-étion de cette piece gravée , l’on peut en remarquer la coupe faite fer l’endroit 2,4, 6 y 8 , en Eà fig. 1 6. La coupe marquée G, de la même fig, 16, eft faite fer le premier trou a, fig, 15. Il y a des pièces gravées qui ont des gravures aux Orgues. H. Part. Ooooo
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- 420 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie, Cfiap. IX.
- deux faces. On en fait de toutes façons. La maniéré de les pofer varie foîvant le befoin & les circonftances. On en pofe quelquefois verticalement, d’autres horifontalement : les unes à plat , les autres de champ : celles-ci font les plus ordinaires.
- 112 i. Pour faire une piece gravée, il faut déterminer quels Tuyaux on veut y faire jouer. Si ce font des Tuyaux de bois, on les arrangera fur Une table ou fur un plancher qui foit droit, en forte quils fe touchent tous, qu’ils ayent la bouche tournée en delïiis & les pieds bien égalifés. On préfentera contre ces pieds le champ de la planche dont on doit faire la piece gravée, & on y tracera un trait à l’entour de chaque pied. On fera les trous fur ces marques, & on fera les gravures au cifeau. Plus on fera de ces pièces gravées, plus on dé-barraflera l’Orgue, & plus on travaillera folidement ; elles ne font pourtant pas d’un aflez fréquent ufàge ; parce qu’on a plutôt fait de faire Sc de pofer des porte-vents que des pièces gravées; mais l’Ouvrage n’en eft pas aufli bon. Il y en a qui font jouer toute la Montre par des pièces gravées, comme on le voit encore dans d’anciennes Orgues. Elles débarrafient cette partie 4e l’Orgue d’une forêt de porte-vents ; ce qui eft beaucoup mieux, mais il en coûte davantage. Quoi qu’il en foit, on pofora les pièces gravées très-folidement, en forte qu elles foient inébranlables & quelles puiflèntbien porter les Tuyaux, qui quelquefois font un grand fardeau.
- 1122. Iln eft pas poffible de défigner tous les endroits où l’on peut pofter des Tuyaux. Cela dépend de la fituation du local, félon qu’on eft au large ou à l’étroit, félon le nombre & la grandeur des Tuyaux, Sec. On en pofte dans les tourelles, derrière les plattes-faces, aux bouts du grand Sommier, pourvu que ces Tuyaux poftés n’empêchent pas d’atteindre avec la main, à ceux qui feront for les Sommiers , & qu’ils n’embarraflent pas les partages. Quand tous ces endroits ne foffifent point, on en peut pofter en l’air à £ à 6 pieds de hauteur , & les difpofer de façon que les grands Tuyaux des Jeux d’Anche puiflènt fo placer commodément. C’eft-là où les pièces gravées, même verticales, font in-dilpenfàbles, pour ne pas faire de l’Orgue une forêt de porte-vents.
- Section Septième.
- Pofer tous les autres Tuyaux dans Vintérieur de VOrgue.
- 1x23. On commencera par pofer tous les Tuyaux poftés, parce que ce font les plus embarraflants, & qu’il faut plus d’efpace pour les manier. Les Tuyaux de bois feront pofés for leurs pièces gravées, foutenus & arrêtés par des crochets de bois; voyez la forme de ces crochets >fig. 12, PL 74, où l’on en remarque un en perfpeéfive, & en la fig. 13 , où il eft repréfenté en profil géo-métral. On les collera & on les clouera le plus ordinairement derrière le Tuyau,
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- Se3. VIL Pofer les Tuyaux dans Vintérieur de VOrgue. 41 r
- Sc quelquefois au-devant ou à côté, félon la difpofition du local. Voici la maniéré de pofer & d’afifujettir les Tuyaux de bois en leur place. On fera tenir une trayerfe horifontale & mife de champ derrière les Tuyaux. On marquera fa hauteur fiir chaque Tuyau , & on pofera le crochet à 6 ou 8 lignes plus bas que cette marque. On mettra les Tuyaux en place, & on les accrochera par leur crochet à la traverfe, en forte qu’ils fe touchent mutuellement. Leur pied ne touchera point alors à leur piece gravée , parce quils fe trouveront un peu trop élevés. On marquera fer la traverfe de derrière la place de chaque crochet; on ôtera les Tuyaux, & on fera une entaille fur la traverfe à chaque marque qu’on aura faite, pour former la place dans laquelle le crochet doit enfoncer.
- On les fera un peu plus profondes qu’il ne faut, afin que le crochet ne rilque point de toucher au fond , que le pied du Tuyau appuie bien fer fon trou de la piece gravée, & qu’il ne perde point de vent par fon pied. C’eft à quoi il faut toujours faire une attention particulière à l’égard des pieds de tous les Tuyaux poftés, foit à ceux de la Montre, foit à tous les autres.
- 1124. On fera les faux-Sommiers. Voyez la fig. 1. de la Pl. 37. Lifez l’art,
- 327, pag, 99. P, P , P , font de faux-Sommiers. On fixera fur le Sommier ^L^CHE une traverfe S S, aux deux bouts du faux-Sommier, pour le foutenfeà 6 pouces ou un peu plus de hauteur. Ces traverfes font repréfentées trop étroites dans cette figure. Il faut quelles aient environ 4 pouces de largeur fi le Sommier eft fort large , & environ 1J lignes d’épailfeur. Elles porteront une feuillure pour recevoir les bouts des faux-Sommiers. Ces traverfes feront foutenues & aflemblées en enfourchement chevillé fer des fepports S & R, cloués fer le côté du Sommier par leur queue. Le bout du fepport ne doit pas porter fer la chape, comme on l’a repréfenté dans cette figure, mais fer le faux-Regiftre ; c’eft pourquoi il faudra échancrer la chape en cet endroit. Si le Sommier eft fort large , on mettra 4 ou 5 de ces fepports diftribués à égale diftance d’elpace en efpace , qui porteront toujours fer les faux-Regiftres. Si le Sommier eft médiocrement large, on n’en mettra que 3 ou 4, en un mot, félon fa largeur ; mais ils feront toujours aflemblés avec la traverfe, comme les quatre principaux pofés aux quatre coins du Sommier.
- 1125’. On peut faire les pièces de faux-Sommier aflez larges pour contenir plufieurs Jeux ; il n’en fera que plus folide. O11 prendra exaélement les me-feres fer les chapes pour le percer, & au moyen de la Réglé du Sommier. On y fera d’abord de petits trous. On aura devant foi les Tuyaux qui doivent aller fer la rangée des trous qu’on travaille ; on marquera la hauteur du faux-Sommier fer le pied des Tuyaux ; ce qui fe fait au moyen d’un fil de fer dont on
- peut voir la tournure en la fig. 26 9 PL 7^. On fait entrer le crochet inférieur gggg.*..
- A, dans le trou du bas du pied du Tuyau, & avec la pointe du crochet fepé- Planche rieur B , l’on fait un trait vers le haut du pied. Cette marque défignera jufqu’oà le pied du Tuyau doit entrer dans le faux-Sommier. On fera tenir de champ
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- le faux-Sommier , fous un ou deux valets & on agrandira les trous avec les tarières pointues, {fig. 96, PL 12 ; voyez l’art. 122 , pag. 34 ? ) en forte que le pied du Tuyau y entre jufqu’à la marque quon aura faite. Si les trous doivent être fort grands, on fe fer vira du compas tranchant, fig. 95 , PL 12. Voyez fart. 121>pag* 34- Au refte on aura grand foin, en perçant le faux-Sommier, de bien ménager le bois pour ne pas le fendre ; c’eft pourquoi on mettra un valet vis-à-vis des trous qu’on agrandira, 8c où il y auroit du rifque. Tous les trous étant finis, on paflera le rabot deflus & deflbus le faux-Sommier pour en ôter les bavochures.
- 1126. Il arrive fort ordinairement que certains Tuyaux ne peuvent pas aller précifément à leur place naturelle. On eft obligé de les écarter un peu d’un côté ou d’un autre ; c’efl: à quoi on fera attention en agrandiflant les trous du Taux-Sommier. On éloignera le grand trou de 3 ou 4 lignes ; quelquefois d un pouce ou davantage félon le befoin. Dans ce cas on obfervera que le Tuyau ainlî écarté , ne doit pas enfoncer dans le trou du faux-Sommier, jufqu’à la marque faite fur le pied, parce que devant être pofé fur un petit pont, qui nécef-fàirement doit avoir une certaine épaifïèur, le pied du Tuyau fera d’autant plus relevé. Il y en a qui ne fe fervent prefque pas de ces petits ponts, dont ils ont l’attention de prévoir la néceffité lorfqu’ils conftruifent le Sommier. Pour luppléer aux petits ponts d’une maniéré plus avantageufe , ils gravent la chape aux endroits ou il doit y avoir quelque Tuyau à écarter : mais il eft des cas ou les petits ponts font fi néceflàires, que rien ne peut y luppléer : par exemple , lorfqu’on eft obligé de difpofer le Tuyau déplacé fur une autre chape que celle qui lui donne le vent, ou qu’il fe rencontre fur le joint entre deux chapes, &c.
- 11 ij. On fraiferale bout des pieds des Tuyaux avec le Tour à fraifer, fig.
- , PL 8. Voyez {à defoription art. 110, pag. 29. L’effet du Tour à fraifer eft de reflerrer les bouts inférieurs des pieds des Tuyaux, de lesbien arrondir & de les rendre coniques. Par-là les pieds joignent très-bien fur leurs trous des chapes. On prendra garde d’éreinter les Tuyaux en les fraifant, fur-tout les petits, qu’on tiendra de bien court pendant que le Tour jouera.
- 1128. On préfenterale faux-Sommier dans fa vraie place; on y mettra deux ou 3 Tuyaux vers chaque bout. On fera aller & venir le faux-Sommier, jufqu’à ce que les deux ou trois Tuyaux fe trouvent bien à plomb. Alors on marquera exaélement là longueur à chaque bout, afin qu’il puiflè entrer dans la feuillure des traverfes. On le coupera quarrément fur ces traits & on le remets tra en place. On mettra en même-temps plufieurs pieds ou fupports d’efpace en efpace, pour l’empêcher de fléchir ; & après avoir frappé fur le faux-Sommier aux endroits où il y aura des pieds pour faire entrer leurs pointes, on le clouera for les deux traverfes. Ces pieds ont été décrits art. 327, pag. 59. Remarquez ces pieds ^fig. 1, PL 37, en Q,Q,Q>Q* Les faux-Sommiers les plus difficiles à pofer font les premiers, qui ne font que des morceaux de faux-Sommier.
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- Se cl. VIL Poferles faux-Sommiers SC les Tuyaux. 423
- mier. Ils ne contiennent bien fouvent que quelques Tuyaux des deflus de la Montre, du Bourdon, &c. Comme il y a toujours dans ces endroits beaucoup de porte-vents les uns fur les autres, on trouve difficilement le moyen de faire bien tenir ces morceaux de faux-Sommier. On les alîurera le mieux que Tou pourra, foit par des pieds , foit par des gouffets, &c.
- 112p. A mefure quon aura arrêté une piece de faux-Sommier, on y pofera les Tuyaux, afin d’avoir la facilité de mettre de petits ponts où il en faudra. Ces ponts font de petits morceaux de bois , fig. 12, 13 , 14, PL 73. Le pont marqué i/, eft vu en perfpeétive : K 9 eft fà coupe géométrale , & I 9fig. 13 , en fait voir le deflous. L , fig. 14, en repréfente un d’une autre efpece. Il eft percé dans là longueur jufqu au trou fiipérieur M, qui doit recevoir le bout du pied d’un Tuyau lorfqu’on le pofte un peu loin. On emmanche un petit porte-vent depuis le trou de la chape jufqu’au trou L du petit pont. A l’égard de l’autre //, K, 19 fig. 12 & 13, il fe pofe avec de la colle par-defïbus, en forte que le bout N9 fig. 12 , ou /, fig. 13 , foit appliqué précifément fur le trou de la chape. On voit par-là que le Tuyau fe trouve tranfpofé à la diftance de fà vraie place telle qu’on le defire, félon la longueur donnée au petit pont* On colle auffi fur la chape l’autre efpece de petit pont, fig. 14, quand il eft né-celîàire.
- 1130. Tous les Tuyaux doivent être pofés dans leurs faux-Sommiers fans y balloter. Si en les pofànt dans leur place, on voit qu’il y en ait quelqu’un qui foit trop jufte dans fon trou du faux-Sommier, on ne le forcera point ; mais on mettra un papier fur le trou de la chape, & on rapera le trou pour l’agrandir fuffifàmment. On ôtera le papier avec précaution, afin de ne pas biffer tomber la rapure dans quelque trou. Il faut que les Tuyaux foient bien à plomb , car s’ils panchent un peu, fur-tout quand ils font d’une certaine grandeur, ils pé-riffent bientôt. Ils doivent bien appuyer fur les trous des chapes , afin qu’ils ne perdent pas le vent par le pied. On les tournera de façon que leur bouche regarde toujours le plus grand vuide voifin, obfervant cependant qu’une bouche ne foit pas tournée vers la bouche d’un autre Tuyau voifin. On aura foin d’attacher avec du fil de laiton , ceux dont la hauteur feroit craindre un renverfe-ment ; ce qui n a guere lieu pour les Tuyaux à bouche pofés fur les Sommiers.
- 1131. On pofera enfidte les faux-Sommiers des jeux d’Anche avec les mê* mes foins que ceux des autres jeux. On les arrêtera avec encore plus de folidité en y mettant un plus grand nombre de pieds. U y a des Faéteurs qui les font même un peu plus épais ; cette pratique eft fort bonne. On pofera d’abord tous les Tuyaux du premier Jeu, qui fera ordinairement une Trompette ou une Bombarde. Ce font des Tuyaux qu’il faut foigneufement foutenir & arrêter, foit en les faifànt palier dans des planches percées de grands trous, foit en les liant avec du fil de laiton, fur-tout les Tuyaux à boîte. A cet effet, on atta-
- ' chera folidement par des clous, ou mieux encore par des aftemblages , des Orgues. II. Part. P p p p p
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- Planche
- 17.
- 4a4 FACTEUR D'ORGUES, IL Partie, Chap. IX.
- barres, des tringles, des traverfes, félon la difpofition du local, pour confo-lider tous les Tuyaux. Le tout étant bien conditionné, on pofera également & félon les réglés précédentes les Tuyaux de Pédale, du Récit, de fEcho & du Pofitif.
- 1132. Il faut une attention particulière pour farrangement des Fournitures & des Cymbales, afin de ne rien embrouiller. Nous avons vu à la fin de fart. 965 , pag. 357, qu'on a dû avoir fait un paquet féparé de chaque numéro des Tuyaux du plein-Jeu. On aura devant foi la Planche 17, où tout le plein-Jeu eft noté & numéroté. Suppofons qu il s'agiffe d'arrangerun plein-Jeu de cinq Tuyaux fur marche, qui eft l'exemple propofé dans fart. 965. On difpofera dans leur ordre naturel tous les paquets de fuite félon leur numéros. On verra dans la première rangée de la Fourniture, (qui eft la cinquième de la PL 17*) les nombres de la première reprife qui font 25,26, 27,28, & les autres de fuite, jufqu'à 41 inclufivement; on tirera donc des paquets les Tuyaux ainfi numérotés, quon arrangera dans le même ordre for une table. On verra dans la PL 17, la fécondé reprife qui commence à 30, 31, &c. jufqu'à 41; on
- prendra les Tuyaux ainfi numérotés dans les paquets, & on les mettra à la fuite
- ♦
- des autres fur la table. On verra à la troifieme reprife dans la Planche 17, les nombres 30,31, Sec. jufqu'à yi inclufivement. On prendra dans les paquets les Tuyaux ainfi numérotés, & on les arrangera dans le même ordre à la fuite des deux autres reprifes for la table. Voilà donc une rangée de Fourniture dans fon ordre naturel. On viendra à la fécondé rangée , qui dans la PL 17, commence à 32,33,8cc. jufqu'à 48 inclufivement. On prendra dans les paquets les Tuyaux ainfi numérotés, & on les mettra dans le même ordre for une table au-deflous delà première rangée. On fera de même pour les fécondé & troifieme reprifes , dont on mettra les Tuyaux for la table à la fuite de la première. On voit dans la Planche 17 , que la troifieme rangée commence à 37, 38, &c, jufqu'à y 3 ; on les arrangera comme les deux autres.
- Pour la Cymbale, l'on voit dans la Planche que fà première rangée , (qui eft lafeptieme de la Planche) commence à 37 & finit fa première reprife à 48. On prendra dans les paquets les Tuyaux ainfi numérotés , & on les mettra de foite dans leur ordre for une table. La fécondé reprife commence à 37, & finit à 41. On en prendra les Tuyaux qu'on mettra à la foite des autres. La troifieme reprife commence à 37 & finit à 43. La quatrième reprife commence à 37 & finit à 41. La cinquième reprife commence à 37 & finit à 43. La fixie-me reprife commence à 37 & finit à 41. Et enfin lafeptieme commence à 37 & finit à yr. On prendra dans les paquets les Tuyaux numérotés de-même, qu'on arrangera for la table ; ce fera la première rangée de la Cymbale. Pour la fécondé, on voit dans la planche quelle commence à 44. On y trouvera les 7 reprifes que les chiffres indiqueront, on en prendra les Tuyaux dont on fera la fécondé rangée de la Cymbale, 8c la cinquième de ce petit plein-Jeu.
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- Secl. VIL Faire parler les Tuyaux à bouche, SCc. 425
- Lorlqu’ii fera ainfî en ordre, on en numérotera chaque rangée comme tous les autres Jeux, en plaçant les chiffres en un autre endroit du Tuyau .différent du premier numéro. Enfuite il n'y aura pas plus de difficulté à les pofer, quil y en a aux Jeux fimples.
- CHAPITRE DIXIEME.
- Faire parler les Tuyaux, faire la Partition , couper les Tuyaux en Ton, SC maniéré (Taccorder U Orgue,
- C’est ici le Chapitre le plus important, puifqu’il s’y agit du Son de l’Orgue. Tout l’Inftrument peut être très-bien conftruit, les Tuyaux parfaitement bien faits & bien conditionnés , & cependant faire un fort mauvais Orgue. Cet Inf-trument n’étant fait que pour être entendu , il eft effentiel de lui donner une bonne & agréable harmonie. Les opérations néceflàires pour cela fe divifent naturellement en trois parties , qui compoferont les trois Sections luivantes. Nous verrons dans la première comment il faut faire parler les Tuyaux à bouche , les couper en ton, & conféquemment nous y joindrons la maniéré de faire la partition & égalifer le fon des Tuyaux. Je décrirai dans la fécondé les mêmes opérations fur les Jeux d’Anche ; & j’enfeignerai dans la troifîeme comment il faut accorder l’Orgue.
- SectionPremiere.
- Faire parler les Tuyaux à bouche, les couper en Ton > faire la
- Partition, SC égalifer les Tuyaux.
- 1133. Le Preflant eft le premier Jeu qu’il faut faire parler, puifqu’on doit s’en fervir pour faire parler tous les autres. La raifon en eft, que pour avoir plus de facilité à faire parler les Tuyaux & pour moins rifquer de s’y tromper, il faut les couper* en ton en même-temps. Or, pour couper en ton, il eft néceftàire d’avoir un Jeu qui foit accordé, fur lequel on puiffe le régler. Le Preftant eft le plus commode pour cela ; j’en ai dit la raifon art. 142 , pag. 39. Il faut donc accorder le Preftant. Il eft évident qu’on ne peut point l’accorder qu’il ne parle auparavant. Je donnerai en conféquence ici la maniéré de faire parler les Tuyaux : j’enfeignerai toutes les reflources & les expédients qu’on peut mettre en ufage pour cela. On commencera par faire parler les Tuyaux à la bouche. i°.Si en y foufflant le Tuyau ne parle pas du tout, ce qui eft rare lorfqu’ii eft bien monté, cela viendra de ce que la lame du
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- 42(5 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. X.
- vent qui fort de la lumière, eft dirigée trop en-dehors ou trop en-dedans, & quelle ne touche point la levre fopérieure. On eflàyera de faire fortir un peu la levre fopérieure ou de la faire rentrer. Si le Tuyau alors commence à donner du fon, on reconnoitra fi la lame de vent eft dirigée trop en-dedans ou trop en-dehors. Si la levre fopérieure ne peut pas refter autant en-dehors ou en-dedans, comme on vient de la mettre , fans que le Tuyau ne perde de fit grâce, on baiflera ou on relevera le bifeau. En le baillant, on dirige le vent en-dedans, & en le rehauflànt on le dirige en-dehors. Cette opération doit fo faire avec propreté, avec beaucoup de diforétion , & peu-à-peu. On apportera tous fes foins pour rendre la lumière bien égale, tant pour la hauteur que pour la largeur. Si Ton a trop baille le bifeau, le Tuyau oétaviera ; alors on le rehaufi-fera tant foit peu, ou Ton enfoncera un peu la levre fopérieure. S’il eft tardif à parler, ce fera une marque que la levre fopérieure fera trop en dedans ; on la fera fortir tant foit peu.
- 2°. Lorfque la lumière eft trop étroite, ou autrement dit, trop fine, le Tuyau ne peut pas prendre d’harmonie ; il aura toujours le fon foc & maigre. Si on l’élargit trop , le Tuyau foufflera, il ne parlera pas net ; ainfi il faut un jufte milieu. On eflàyera donc de rétrécir ou d’élargir la lumière, pour éprouver fi le Tuyau rendra un fon qui ait du corps & qui parle nettement. En général la lumière étroite, pourvu quelle ne le foit pas exceffivement, fait parler le Tuyau plus nettement ; mais il ne donne pas une harmonie auffi moëlleufo , que lorlqu elle eft un peu plus large.
- 30. Si le Tuyau ne peut rendre aflez de fon fans oétavier, quoiqu’on ait bien dilpofélà levre fopérieure, & quelle ne foit ni trop en-dedans ni trop en-dehors, cela viendra de ce qu’il ne fora pas aflez égueulé. C’eft ici où il faut de la difi-crétion pour égueuler à propos, làns quoi on gâte un Tuyau. On ne peut couper précifément la quantité convenable de la levre fopérieure, que le Tuyau ne foit au ton. Si l’on égueule le Tuyau au point qu’il faut lorlqu’il eft trop long, on le fera bien parler, on lui donnera bien là véritable harmonie, mais lorfqu’il fora raccourci & qu’il fora au ton , il fo trouvera trop égueulé & il ne vaudra plus rien. Or un Tuyau qui a ce défaut, n’a plus de tranchant, plus de moëlleux , il crie , il eft foc, il a le fon groflïer Sc délàgréable. Alors il n’y a pas d’autre remede que de reflouder un petit morceau à la levre fopérieure , ou bien fi le Tuyau eft encore aflez long , on lui coupera la tête; c’eft-à-dire, qu’on le fciera par-deflus le bifeau & on le remontera. Pour connoître fi un Tuyau eft trop égueulé, on foufflera dedans très-légérement. S’il rend tout autre fon Sc tout autre ton qu’il ne doit fonner lorlqu’il a fon plein vent, ce fera une marque qu’il fera trop égeulé. Tout ce que j’ai dit ici regarde les Tuyaux de la Montre comme les autres. Ils font fojets de plus à frifer\ cela vient de ce qu’ils ne font pas fermes en leur place, ou qu’ils touchent contre un autre Tuyau voifin.
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- SeB. /. Remédier aux défauts dufon des Tuyaux à bouche. 427
- 40. Comme on ne peut pas couper en ton le Preftant, à mefure quon le fait parler, pour régueuler à propos , il faudra en tenir les bouches un peu baffes : on achèvera de l’égueuler à Ion véritable point à mefure qu’on ébauchera fon accord.
- 5®. Les défauts auxquels un Tuyau peut être fiijet font les fuivants : il peut être tardif à parler ; cela vient de ce que la lame de vent ne touche pas allez la levre fupérieure, ou de ce que la lumière eft trop fine. Il peut oétavier; cela peut venir de ce que la levre fiipérieure eft trop baffe, ou de ce qu’elle eft trop en dehors, ou de ce que le Tuyau a trop de vent. Il peut pioller ; cela peut venir de ce qu’il a trop de vent, ou de ce qu’il eft trop égueulé , ou de ce qu’il ne l’eft pas allez. Il peut trembler ; cela peut venir de ce que le Tuyau n’eft pas ferme dans fà place, ou de ce que la levre fupérieure eft trop en dehors , ou de ce que le Tuyau n’eft pas allez étoffe. Il peut être foible de fon ; cela peut venir de ce qu’il n’a pas allez de vent, ou de ce que fa lumière eft trop fine. Il peut fouffler ; cela peut venir de ce que la lumière n’eft pas bien égale d’un bout à l’autre, ou de ce qu’elle eft trop large. Il peut varier ; cela peut venir de ce qu’il a trop de fon, ou que fa bouche n’eft pas bien régulière , ou de ce que le Tuyau eft trop mince , ou qu’il a de l’irrégularité dans Ion épaifleur. Un Tuyau peut n’avoir aucun de tous ces défauts, & avoir le fon fec, maigre, fans fond, ni harmonie. Il faudra alors tâtonner toutes les ref* fources indiquées ci-deffus ; j’ai toujours fuppofé qu’un Tuyau n’avoit pas de défaut groflier dans fa conftruétion, comme d’être mal-monté, mai-embouché , d’avoir des crevafles , des trous, une grande irrégularité dans l’épaifleur de la matière : que le Tuyau n’étoit pas trop mince, que les foudures étoient exactes & folides. Avec un feul de ces défauts groffiers, on ne tireroit jamais aucun parti d’un Tuyau ; il feroit inutile de s’y exercer. On trouvera en général qu’un Tuyau bien fait, bien embouché & fuffifamment étoffe, ne fera pas fujet à la plûpart des défauts ci-deflus mentionnés, & qu’on le met bien facilement au point qu’il faut.
- 6°. En général fi l’on tire trop de fon d’un Tuyau, il fera criard, dur, & n’aura point d’harmonie. Si on n’en tire pas aflez, il fera foible , fec, & n’aura point de fond. U n’eft pas poflible d’exprimer par paroles la qualité du bon fon c’eft une choie que l’on fent mieux, qu’on ne peut le rendre par le difcours.
- 70. A l’égard des Tuyaux bouchés, ils font fujetsà prefquetous les défauts mentionnés dans l’article précédent, & fur-tout à pioller, à quinter & à na-fàrder ; trois défauts auxquels il n’eft pas toujours bien facile de remédier. Un Tuyau piolle, quinte’ou^nafarde lorfqu’il a trop de vent , ou qu’il n’eft pas allez égueulé, & quelquefois lorfqu’il l’eft trop. On tentera tous les expédients dont j’ai parlé, jufqu’à ce que ces défauts n’exiftent plus. Je fiippofe que les Tuyaux feront exactement bouchés, & que toute leur matière fera bien faine. Les Tuyaux de bois bouchés ou ouverts ne font pas fujets à tant de défauts, Orgues. IL Part. Q q q q q
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- 4*8 FA CTE UR D'ORGUES, Il Partie, Chap, X;
- lorfqu’ils ont été bien-faits & bien-embouchés. On n a que les quatre reflbur-ces foivantes à employer pour les faire bien parler : i°. de leur oter ou donner du vent plus ou moins : 2°. de les égueuler plus ou moins : 30. d ôter la levre inférieure pour agrandir ou diminuer la lumière : 40. enfin , de retoucher au chanfrein du bifoau, pour diriger la lame du vent de la lumière plus en-dedans* ou plus en-dehors. On trouve quelquefois un peu plus de difficulté aux grands Tuyaux de bois , fur-tout lorfqu’ils font bouchés.
- 1134. Après qu’on aura fait parler tous les Tuyaux du Preftant le mieux quon aura pu* on le mettra en place. Il fera temps alors de finir de régler le Clavier, parce que dès qu’il y a un Jeu en place en état de parler, on décou* vrira les cornements. On travaillera à les guérir tous, en nettoyant les foupapes bien exactement. Lorfqu’il n y en aura plus, on achèvera d egalifer le Clavier de force & de hauteur. On retouchera , s’il le faut, aux refîbrts des foupapes; après cela on examinera le Preftant for fon vent. S’il y a des Tuyaux qui octavient pour avoir trop de vent, on forrera un peu leur embouchure ; enfin on remédiera à tous les défauts qu’on reconnoîtra, Enfoite on commencera à ébaucher fon accord, & à faire la Partition, comme je vais l’expliquer.
- Maniéré de faire la Partition.
- 113^. La Gamme eft la progreffion des fons intermédiaires d’un ton à fon octave. Il y en a de deux elpeces , la Diatonique 8c la Chromatique. ( Nous ne parlerons point ici d’une troifieme, qu’on appelle ïEnharmonique, dont il ne s’agit pas dans l’Orgue. ) La Diatonique eft la Gamme ordinaire y ut 9re y mi > fa ^ fol, layfiy ut y qui eft compofée de cinq tons & de deux demi-tons. La Gamme Chromatique eft divifée en 12 demi-tons, qui font ut y um, re, mi^ , mi 3 fa, fa%yJbl9foM y la y JiP yfiy ut. Il n’eft pas poffible de divifer l’octave en 12 demi-tons juftes ; car fi on l’accorde de façon que tout y foit jufte , on fe trouvera outre-pafler l’octave d’une quantité très-fenfible, & jufqu’à choquer l’oreille, qui ne peutfouffrir la moindre altération dans l’octave. On ne peut accorder l’oélave de demi-ton en demi-ton ; ces intervalles ne pouvant s’apprécier aflèz fonfiblement par leur harmonie. On a imaginé d’accorder par quintes, qui font des intervalles très-fenfibles, & par conféquent bien appréciables. Comme l’octave Chromatique contient 12 demi-tons, elle contient aufli 12 tierces, 12 quartes, 12 quintes, &c. Si l’on ne peut divifer l’octave en 12 demi-tons juftes, il s’enfoit néceflàirement que les 12 tierces, les 12 quartes, les 12 quintes, & c, ne peuvent pas non plus être juftes. On eft donc obligé de rendre un peu plus petits, ou d’affoiblir d’une certaine quantité ces intervalles, pour parvenir à l’octave jufte. C’eft cette altération qu’on appelle le Tempérament y ou en termes de Faéleurs d’Orgues, la Partition. La difficulté de la* Partition confifte à trouver le jufte point de cette altération , & s’il cont
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- SeB. I. Principes pour faire la Partition. 429
- vient mieux de tempérer également ou inégalement les quintes ; ou, fi Ton fe détermine à préférer cette inégalité , fur qu elles quintes on la fera tomber. Les Savants , je veux dire, les Mathématiciens & les Harmoniftes ont fait beaucoup de recherches là-deflus : ils ont bien calculé & bien diflerté. Ils ont imaginé plu-fieurs fyftêmes de Tempérament ; chacun a prétendu avoir trouvé le moins défeélueux, ( car ils le font tous néceflàirement. ) Dans le nombre des fyftêmes qu on a inventés, il y en a deux qui font les plus remarquables. L'un qu'on appelle l'ancien fyftême, qui confifte à tempérer inégalement les quintes ; & le nouveau, félon lequel on affoiblit moins les quintes, mais toutes également. Les Mathématiciens ne fe font pas trouvés d'accord avec les Harmoniftes. Ceux-ci, ne confoltant que la nature & l'oreille, n'ont pu goûter cette nouvelle Partition , qui leur a paru dure & moins harmonieufe que Tancienne. En effet, les quintes n'y font affoiblies que d'un douzième de comma, (nous verrons bientôt ce que c'eft, ) Sc toutes le font de même ; mais aufli il n'y a aucune tierce majeure qui ne foit outrée, ce qui rend l'effet de cette Partition dur à l'oreille. Selon l'ancienne Partition, on affoiblit environ 11 quintes d'un quart de comma. Cette altération eft bien plus confidérable qu'un douzième de comma, ce qui fo fait ainfi pour làuver, ou rendre juftes 8 tierces majeures ; & comme en altérant ces quintes d'un quart de comma , on ne parviendroit pas à l'oélave jufte, on fait tomber tout ce qui manque fur une foule quinte que l'on facrifie , pour ainfi dire, & devient outrée : elle fo trouve for un ton le moins ufité. Les Faéteurs appellent cette quinte, la quinte du loup. Quelque relpeélable que foit l'autorité des Savants qui ont imaginé la nouvelle Partition , on n'a pas laiffé de l'abandonner, quoique, félon la théorie, elle paroiflè moins imparfaite que l’autre. La raifon que donnent les Harmoniftes de leur choix, çft que les quintes peuvent fouffrir une altération, ou un affoibliffoment d’un quart de comma & même un peu plus, {ans perdre leur harmonie. En ce fons leur Partition n'eft pas inférieure à la nouvelle, dont les Tierces toutes outrées choquent néceflàirement l'oreille. Leur fonélion de diftinguer effentiellement les mpdes, eft trop importante dans l'harmonie , pour ne pas préférer un lyftême, où il s'en trouve le plus grand nombre poffi-ble de juftes. Le Compofiteur au refte met à profit les défauts inévitables de cette Partition : il y trouve des avantages pour mieux caraétérifer l'e{prit de fos pièces. Veut-il compofer du gai, du trifte, du grand, du majeftueux , &c? il choifit le ton le plus propre à aider là modulation, & pour donner plus d'exprefo fion à fon idée. Il n'a pas cette reflource dans la nouvelle Partition. Tous les tons y étant égaux, ils expriment tous également, fins que rien balance la rudeffe des Tierces.*
- * Au refte quoique nous nommions nouvelle la gne à la faire. Mais je l’ai appellée nouvelle, Partition où Ton affoiblit également les quin- parce qu’on la renouvelîée de notre temps, & tes d’un douzième de comma , elle eft: peut-être que plufieurs Savants ont voulu la faire adopter, plus ancienne que l’autre, puifque le P. Mer- Nous nous en tiendrons à ce que nous appelions fenne dans fa fécondé partie de l’Harmonie uni- l’ancienne Partition dont nous allons donner la ^rfellc, imprimée en 1657, la décrit & enfei- pratique, après quelqu’explication préliminaire.
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- FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. X.
- Premier Tableau des iz quintes de la Gamme Chromatique, avec les Semi-tons , Maximes , Majeures ê Mineures qui les compofent.
- Tierces majeures.
- mm.
- ut, utya\utM, re
- min. maj.
- maj. max. mm. ma).
- re, mi b | mi b, mi J | mi , fa\fa,fa^\fu%,fol\ max. min. maj. min. ma]«
- \fol,folK\folK, U\ la , , fi\\Ji , ut | ut ,ut% | ut% , re I
- max. min. maj. min. max. min. maj.
- \re , mib \ mib 9 mi \ mi , fa\fa, fa% |j fa'K,, fol \fal,fol M \fol'K , la | max. min. maj. min. maj. max. mm.
- Ila, fib Ifib * fi\fi * ut\ ut, utMWut'K, re\re, mib|mib, mi [ maj. min. max. min, maj. max. mm.
- 1 ,mi , fa\fa,faH\fa'&,fol\fol,fol'M,\\fol%,la\la,fib\fi\> , fi\ maj. min. maj. max. min. maj. min.
- J fi , ut\ut, utM]utj£, re\rc, mib \\mib 9mi\mi , fa\fa, faM\
- mm.
- Tierces mineures.
- mm.
- max.
- max.
- mm. maj. max. mm. maj. mm.
- \fa^,fol\fol,fol^\fol^, la [la , fib\\fib , fi\fi > ut\ut,ut%\ maj. max, min. maj. min. max. min.
- j utW, re\re, mfb | miP, mi \ mi , fa lf fa, faM ifa'K, fol \ fol,fol [ maj. max. min, maj. min. maj. max.
- \folK,la\la, fib\flb , fi\fi , ut\\ut ,jit%\ut'K, re\re, mi\>\ min. maj. min. max. min. maj. max.
- J mi b, mi j mi , fa \fa, faM \faM., fol\\fel,folj& j fol'K, la\la , Jzb j min. maj. min. maj. max. min. maj.
- |Jîb , fi\fi , ut\ ut, um \ utK,re \\re , mib \mib ,mi\mi , fa\ min. max. min. maj. max. min. maj.
- \fa, fa'%]fa'%i,fol\fol,folK\folK,la\\la , \fib , fi\fi , ut\
- Somme desfemi-tons de chaque quinte. Nombre des commet dont chaque quinte eji compofée.
- max. maj. min.
- 2 2 3 34
- i 3 3 33
- 2 2 3 34
- 2 2 3 34
- 2 2 3 34
- 1 3 3 33
- 2 2 3 34
- 2 2 3 34
- 2 3 2 35
- 2 2 3 34
- 1 3 3 33
- 2 2 3 34
- Second "Tableau des j 2 tierces majeures comprifes dans la Gamme Chromatique.
- 1136. Pour bien entendre ces Tableaux , il faut lavoir que chaque quinte eft compofée de fept demi-tons, qui ne font pas égaux entre*eux ; car il y en a de Maximes, de Majeurs & de Mineurs. Les Maximes font d'un intervalle un peu plus grand que les Majeurs. On peut divifer le demi-ton Mineur en 4 comma, le demi-ton Majeur en 5 , & le demi-ton Maxime en 6. On appelle comma la 9 e. partie dun ton. On diftingue le ton en Majeur & en Mineur. Celui-ci eft foppofé com-pofé de 9 comma, & l'autre de 10. Ces comma ne font pas égaux entre-eux : il en eft de quatre elpeces, les Mineurs, les Moyens, les Majeurs & les Maximes. Tout cela eft d'une profonde théorie , qui n’eft néceiîàire qu'au Mathématicien, mais bien inutile à notre objet; puifqu'il n'eft pas queftion ici de chercher de nouveaux fyftêmes, mais de pra-
- tiquet
- Tierces. Somme des femi-tons de chaque tierce. Nombre des comma de chaque }
- ^l tierce.
- ut , mi I I 2 19
- fol 9 fi I I 2
- re , fa% Z I 2 iP
- la, ut'K I I 2
- mi, fol M I Z 2 *9
- fi, mi b I 2 I 20
- fax,fit 2 Z I 2Z
- ut M , fa Z 2 I 20
- fol $C, ut Z 2 1 20
- mib 9 fol Z I 2 *9
- fib , re 0 2 2 18
- fa , la I I 2 19
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- Se cl. L Principes pour faire la Partition. 431
- tiquer celui qui eft univerfellement adopté, & en ufage parmi tous les Facteurs d'Orgue. U foffira de lavoir qu'il y a une différence réelle entre les quintes , dont on verra bientôt les trois efpeces. Il y a auffi des tierces majeures de 4 efpeces. Il y a des quintes de 33, de 34 & de 35 comma. Il y a des tierces de 18, de 19, de 20 & de 21 comma. Il ne s'agit pas ici d'apprécier à l'oreille les comma, ni un quart de comma, dont il faut altérer les quintes dans la Partition, cela foroit prefqu'impoffible dans la pratique ; mais il y a des expédients pour exécuter le tout fans entrer dans ce détail, un peu trop abf trait pour des Ouvriers ordinaires , que nous avons toujours principalement en vue dans cet Ouvrage. Les Savants pourront confolter le Traité de l'Harmonie de M. Rameau , les Ouvrages de M. d'Alembert, & quelques autres profonds Théoriciens de ce genre.
- 1137. On trouvera dans le premier Tableau , en lifànt les lignes de droite à gauche, toutes les quintes avec les fomi-tons qui les compofent. On y remarquera la qualité de chaque demi ton. On lira ainfi : de ut à um , il y a un demi-ton mineur; de um à re, un demi-ton majeur ; de re à m'i? ^ demi-ton maxime ; de mi? à mi, demi-ton mineur , ainfi des autres. On trouvera fur la même ligne le nombre des demi-tons maximes, majeurs, & mineurs, qui compofent cette quinte ut fol ; enfoite fur la même ligne, on trouvera le nombre des comma compris dans la même quinte ut fol. Il y en a 34. On voit par-là bien fenfiblement, combien & quelles quintes font de la même efpece ou égales entre-elles. On trouvera qu'il y a 8 quintes de 34 comma, qui font par conféquent égales entre-elles. Ce font ut, fol ; re, la ; la, mi ; mi, fi ; fan , um ; um, foin ; mi? yfi?\fa> ut. Il y en a trois de 33 comma, qui doivent être un peu plus affloiblies que les 8 précédentes ; ce font fol, re ; fi yfan ; fi? 9 fa. Il en refie une dont l'intervalle eft plus grand qu'il ne faut, qui eft de 35 comma ; c'eft foin 9 mi?. Les Ouvriers appellent cette quinte, la quinte du loup.
- 1138. Les tierces majeures, au nombre de 12, font contenues dans le fécond Tableau. On y voit celles qui appartiennent à une claffe , & celles qui appartiennent à une autre par le nombre des femi-tons, & for-tout des comma qui les compofent. On trouvera qu'il y en a 7 de 19 comma ; celles-ci font parfaitement juftes, qui font, ut, mi ; fol 9 fi \re 9 finit ; la, um ; mi, foin ; mi? , fol ; fa , la. Il y en a une de 18 comma ; celle-ci eft un peu foible, mais cependant encore harmonieufe; c'eft fi? 9re. Il y en a 3 de 20 comma qui font, fi, mi? ; um, fa ; foin , ut\ celles-ci font outrées. U en refte une qui l'eft encore davantage , c'eft fan , fi?, qui eft de 21 comma.
- 1x39. Il faut remarquer quefde 12 quintes dont l'oélave eft compofée, on n’en accorde que 11 : la douzième, qui eft la quinte du loup, fo trouve d'elle-même au point ou elle doit être. On n'accorde aucune tierce, elles fo trouvent toutes juftes, ou outrées au point qui leur convient. Les 8 bonnes fervent de preuve à la jufte altération qu’on doit avoir donné aux quintes. Les Orgues. IL Part. Rrrrr -à
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- 43a FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. X.
- 4 autres feront d’elles-mêmes outrées, autant qu’elles doivent l’être. Voici en notes la pratique de la Partition.
- J-ji ^ ^rJivfVr^pji J ~l rfÙjM
- fp+f Y1 M±iffI I â - £WJ=ra^TttFdT- \h \è l_l>y±^
- E
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- Bt-
- pr. pr.
- 1140. Beaucoup de Faéleurs commencent la partition par «r, d’autres par; ce qui revient au même, comme on le voit dans ces deux lignes de mufique*. J’expliquerai la première ; on entendra par-là la féconde. Mais avant d’aller plus loin, il faut avertir qu’il efl: important de mettre l’Orgue bien au ton. Il y a le ton de Chapelle , & le ton de t Opéra : celui-ci n’eft pas un ton fixe ; on le haufte ou on le baillé d’un quart de' ton, ou même plus, félon la portée des voix. Le ton de Chapelle efl: fixe en France ; c’eft le plus à la portée des voix, & de tous les inftrumens de mufique : il faut donc monter le Tuyau de ton fur celui-=====5 là. On l’ajuftera fur un Orgue qu’on faura être parfaitement au ton de Cha-Planche pelle. Voye^ Jîg. loi, & 102, PL 12 ; liléz L art. 126, pag. 3^.
- Les notes noires repréléntent le Tuyau fiar lequel on en accorde un autre ; les notes blanches défignent le Tuyau qu’on accorde. Toutes les notes qui font fur la ligne où efl: la clef de Cfol ut, repréfentent celui du milieu du Clavier. On commencera par mettre le quatrième Cfol ut du Preftant, au ton du CJbl ut du Tuyau de ton ; mais comme nous fuppofons que le Jeu de Preftant ne féra pas encore dans là perfeétion pour fan harmonie , on mettra d’abord ce quatrième C fol ut un peu plus bas que celui du Tuyau de ton. A me-fiire qu’on mettra au ton 19ut en queftion du Preftant, & que vraifémblable-ment on en raccourcira un peu le Tuyau, on travaillera à le faire bien parler dans
- * Perfonne n’ignore que la Mufique gravée en taille-douce eft plus belle & plus elîimée que celle qu’on a toujours imprimé en caraéteres mobiles. Plufieurs Fondeurs de caraéteres d’imprimerie le font exercés depuis peu d’années à graver & à fondre des notes & des caraéteres qui imi-talTent bien la Mufique gravée. La difficulté n’étoit point d’en donner la même forme aux notes , mais, à faire difi-paroître les blancs qui proviennent de la jonétion des différentes pièces de rapport. Pour cela on a imaginé de fondre des notes & autres caraéteres féparément des filets , en fai-fànt ceux-ci tout d’une piece , pour imprimer le tout en deux fois ; par cet expédient il ne paroît plus ni blancs ni interruptions. M. Gando, Graveur & Fondeur de caraéteres d’imprimerie à Paris, a gravé & fondu avec le plus grand fuccès , en 176? , des notes & des caraéteres dans ce goût. Comme en imprimant en deux fois il elt fort rare que les notes Ce trouvent placées bien jufte fur les filets, vu la difficulté de bien replacer la feuille, laquelle d’ailleurs fé-che toujours un peu dans l’intervalle du temps ; il a inventé une preffe, au moyen de laquelle on imprime la Mufique, en deux fois à la vérité, ( les filets premièrement, & en-lùite les notes avec les autres caraéteres ) , mais ces deux opérations fe font Cut le champ, là ns qter la feuille de
- deffus le tympan & fans lever la frifquette ; ce qui donne une parfaite jufteffe, d’autant qu’on n’eft pas obligé de déplacer la feuille , & que le papier n’a pas le temps de Ce retirer ou de s’étendre. Il a prélènté une feuille de cette Mufique ainfi imprimée à l’Académie des Sciences, qui lui en a donné.lon certificat d’approbation le t Mai i7éy. Comme il auroit été trop embarraffant d’imprimer ici en deux fois ces deux prélèntes lignes de Mufique , le même Artifie , auffi eftimable par la lupériorité de lèn talent que par là modeftie, vient d’en.graver, fous nos yeux, les poinçons, d’en frapper les matrices des notes & caraéteres néceffaires, » qu’il a fondu, enlorte que chaque note eft en une piece portant lès filets,, pour pouvoir imprimer le tout en une fois avec la préfente feuille. Feu M. Fournier, Graveur & Fondeur de caraéteres d’imprimerie à Paris, ayant prétendu avoir inventé le moyen d’imiter la Mufique gravée en taille-douce, M. Gando Ce propolè, pour mettre le Public en état de porter Ion jugement lùr la vérité des faits, de donner un Ouvrage, dans lequel on verra qu’après les progrès faits à Paris en 169$, les derniers lùr la Mufique imitant la gravure, lont venus de Bologne en Italie avant 17*3 ? ceux de Léipfick n’ont paru qu’en 1774, & ceux de feu M, Fournier en
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- Se cl. I. Faire la Partition. 433
- fi véritable harmonie, & on le mettra bien jufte au ton. On accordera enliiite fon oélave plus bas, qui le trouvera être Y ut au milieu du Clavier, comme on le voit noté.
- 1141. Pour comprendre fi deux Tuyaux font ou ne font point d’accord, foit qu’ils foient à l’unifîbn, ou à la tierce, à la quinte, ou à i’oéiave, &c, il faut écouter fi l’on entend un battement ou balancement dans leur fon. Tant qu’on entendra ce battement , les Tuyaux ne feront point d’accord. Lorlqu’il celle entièrement, les Tuyaux font ordinairement d’accord. Je dis ordinairement y parce qu’il peut fe faire qu’on n’entende plus de battement, & que cependant les deux Tuyaux ne foient pas exaélement & finement d’accord, puilque lorfque le battement a celle, on peut haufler ou bailler de quelque partie le ton d’un des deux Tuyaux, firns qu’il recommence à battre , fur-tout fi les Tuy aux font grands. Ce battement, au refte, ne fo fait entendre que lorlque le Tuyau eft allez près de fon accord ; quand il en eft bien éloigné, on ne l’entend plus.
- 1142. Les deux ut y tels qu’ils font notés, étant bien d*accord, on accordera fur Y ut en bas, noté par une note noire, la quinte au-dellus qui eft fol, ( noté par une note blanche. On fera d’abord cette quinte jufte, en forte qu elle ne batte point du tout ; enfuitp on baillera un peu le fol, de façon qu’il fafîe à-peu-près 4 ou 5 battements par fécondé, ( la durée d’une fécondé eft à-peu-près comme chaque pulfàtion ou battement du pouls. ) A cet effet, on retranchera fuffilàmment de la longueur du Tuyau, & en même-temps on le fera bien parler ; ce que l’on fera à tous les autres Tuyaux à melbre qu’on les mettra au ton. On doit couper du Tuyau à plufieurs reprifos, pour ne pas rilquer de le raccourcir trop. Lorfqu’on aura tempéré comme il faut la quinte ut Joly on accordera la quinte luivante fol re , comme on le voit noté. Cette quinte fol re , doit être un peu plus alfoiblie que ut fol ; il faut quelle fafîe y ou 6 battements par féconde ; elle eft du nombre des trois qui doivent être un peu plus foibles que les huit autres. Cette quinte fol re étant mife à fon point, on fera la quinte re la ; mais comme il ne faut pas s’éloigner du milieu du Preftant, qui eft la partie la plus fenfible à l’oreille , & qu’on rilqueroit de ne pas accorder fi jufte, fi l’on montoit trop, on accordera I’oéiave en bas de ce re, félon qu’on le voit noté, & on fera la quinte re la qu’on mettra au même point que ut fol : on fera enliiite la quinte luivante la mi y qu’on tempérera au même point que ut fol.
- 1143. P°ur connoître fi l’on a bien tempéré les quatre quintes déjà accordées , on confrontera ce dernier mi déjà acpordé , avec Y ut le plus près qui aura été accordé au commencement ; ce mi doit faire une tierce majeure jufte & fins battement avec Y ut. Si on entend un battement, ce fera une marque qu’il fera trop bas ou trop haut. Pour le reconnoître, on approchera le doigt du bout fupérieur du Tuyau qui fonne ut, fans le toucher; fon ton baillera un peu.
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- 434 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. X.
- Si le battement alors celle ou qu’il diminue, c’eft-à-dire, quil devienne plus lent, ce fera un ligne certain que le mi eft un peu bas. Si, en approchant le doigt du haut du Tuyau , le battement devient plus vîte ou plus accéléré, ce fera une marque que le mi fera trop haut. Dans le premier cas, puilque le mi fe trouve un peu bas, on aura donc trop affoibli les quatre quintes ; on les re~ paffera & on les rehaullèra un peu, pour quelles battent tant foit peu plus lentement. On comparera encore le mi en queftion avec le premier ut le plus voifin, pour voir fi cette tierce eft bien jufte. Dans le fécond cas, on affaiblira un peu plus les quatre quintes, & on comparera enfemble le mi & fut. Si la tierce fe trouve bien jufte fans battement, que les trois quintes foient également tempérées, & que la quinte fol re foit tant foit peu plus affaiblie que les trois autres, on fera afluré que le plus difficile de la Partition eft bien fait.
- 1144. On continuera la Partition , & on fera mi fi quinte un peu foible , comme ut fol. Si l’on a tempéré au point quil faut cette quinte mi fi, ce fi doit faire une tierce majeure jufte, avec le fol le plus voifin déjà accordé, ce qui s’appelle la preuve , comme on le voit écrit au-deflbus de ces deux notes fi fol. Si on y entend du battement, on agira comme je viens de le dire dans l’article précédent; ceft-à-dire, qu’on reconnoîtra en approchant le doigt, file fi eft trop haut ou trop bas. S’il eft trop haut, on n’aura donc pas allez affoibli la quinte mi fi ; on l’affoiblira un peu plus. S’il eft trop bas, on l’aura trop affaiblie ; on la rehauflera un peu, Lorfque cette tierce fe trouvera jufte , on fera l’oétave en bas du fi, pour ne pas monter trop haut ; & on fera la quinte fifim un peu plus foible que les autres, ceft-à-dire, comme fol re. On comparera ce fm avec le re le plus voifin , qui doit être à la tierce majeure jufte avec le fa% ; c’eft la preuve. On fera enliüte fim um, quinte un peu foible, comme utfol. On fera la preuve, c’eft-à-dire , qu’on comparera cet um avec le la le plus voifin, qui doivent faire enfemble une tierce majeure jufte. On fera l’oétave en bas de um, & on fera la quinte um fol% : on fera la preuve comme les autres. Ce foin doit faire une tierce majeure jufte avec le mi le plus voifin.
- 114J. En pourftdvant la Partition dans le même fois que nous avons opéré jufqu’à préfent, il faudroit faire la quinte foM mi? ; mais comme c’eft la quinte du loup, félon le langage des Ouvriers, & qu’on n’accorde point cette quinte, qui doit Te trouver d’elle-même àfon point particulier & qui lui eft propre , l’on eft obligé de faire les trois autres quintes qui relient, en delcendant ; ainfl l’on accordera fur le quatrième ut du Clavier, comme on le voit noté, le fa fuivant, en defcendant. On fera d’abord cette quinte jufte ; enliiite onrehauf* fera un peu le fa pour aftbiblir la quinte , & la mettre au même point que fol ut. On -fera la preuve, qui eft de comparer ce fa avec le la le plus voifin. Si cette tierce majeure fe trouve jufte, on pourlùiyra la Partition & on fera la
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- quinte en delcendant fa fi?. Cette quinte doit être tant foit peu plus foible que fol ut ; elle doit être comme re fol. On fera la preuve, en comparant ce avec le re le plus voifin ; cette tierce doit-être un peu foible 8c battre lente-ment. On fera l’oélave au-defTus deyr, & enliiite la quinte en defcendant jv mi? un peu foible , comme fol ut. On fera la preuve en comparant ce mfr avec le fol voifin ; cette tierce doit fe trouver jufte, & la partition fera finie. Il faut remarquer qu’en failànt la Partition , on ne palïera point à une fécondé opération , qu’on ne foit bien alfuré de la juftelïe de la précédente ; ce qui a lieu * principalement lorlqu’on la fait fur un Preftant neuf, qu’on eft obligé de manier pour le mettre en harmonie, à mefure qu’on fait la Partition. Ainfi on reviendra, on examinera 8c on repaflera ce que l’on aura fait précédemment, avant de palier outre. Lorfqu’on aura fini, examiné 8c reconnu la Partition bien jufte, on accordera par oélaves tout le refte du Preftant, qui font les balles & les def* fus ; prenant bien garde de toucher aux Tuyaux de la Partition, à moins qu’on n’y fente quelque dilcord.
- 1145. Pour accorder les Tuyaux , on fe fèrvira d’accordoirs doubles ou fimples. Les doubles font repréfentés dans toute leur grandeur, PL 14, & l’on voit les fimples également» reprélentés dans toute leur grandeur dans la PL rj. Voyez les art. 127 8c 128 , pag, 36, La maniéré de fe fervir des accordons eft de les tenir verticalement au-deiliis des Tuyaux. On les fera tourner un peu en appuyant delïùs. On prendra bien garde que l’effort que l’on fera avec l’accordoir lùr le Tuyau, ne foit jamais dirigé d’une façon à le faire pencher ; on le gâterait infailliblement. Avec le bout pointu, 011 évafèra le bout du Tuyau 8c on rehauiîèra par-là le ton. On rétrécira le bout du Tuyau par le bout creux de l’accordoir , ce qui fera bailler le ton ; mais l’effet des accordons n’eft pas grand : on ne peut faire haufîer ou bailler le ton par leur moyen que de peu de choie. Si l’on vouloit bailler le ton bien fenfiblement, il faudrait ôter le Tuyau de fa place, 8c opérer delfus avec l’accordoir en tenant le Tuyau à la main. Si l’on vouloit rehaulïer le ton confidérablement, il vaudrait mieux en retrancher un peu avec la cilàille.
- 1147. On accordera toujours proprement les Tuyaux, les conlervant bien ronds 8c coupés fi juftes, qu’ils ne Ibient pas trop évafés ni trop relîerrés* On fe gardera bien d’en fendre le bout avec le couteau, comme font les mauvais Ouvriers, pour ne pas prendre la peine de les raccourcir avec la cilàille. On ne les pincera point avec les doigts pour bailfer le ton. S’il arrivoit qu’il fallût trop relferrer un Tuyau, il vaudrait mieux l’ajouter proprement. On reconnoît un Faéleur habile , lorfqu’on voit fes Tuyaux accordés proprement 8c coupés juftes ; c eft une marque qu’il ne tâtonne point, & qu’il fait bien faire parler & accorder les Tuyaux.
- 1148. Dans tout ce que j’ai dit ci-delîus pour accorder le Preftant, j’ai toujours lùppofé qu’il parloit bien , & qu’il étoit par-là en état d’être accordé. J’ai
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- donné la méthode entière de l'accorder, pour ne pas y revenir Sc ne pas le dire à différentes reprifes. Je n ai interrompu ma defcription que lorfque je l'ai cru indifpenfàble. Voici encore quelques obfervations à faire : i°. On ne peut parfaitement accorder un Tuyau quil ne parle bien ; ainfi tout Tuyau qui n eft pas dans là véritable harmonie, neft pas fufceptible d’un bon Sc véritable accord. Si le Tuyau parle trop fort, s’il a trop de vent ou s’il n’en a pas allez , s’il piol-le, s’il oélavie, s’il tarde à parler, s’il efl: trop égueulé , ou s’il ne l’eft pas afc fez, s’il varie, s’ilfrife, s’il efl: offufqué, &c, tous ces défauts font un obfla-cle à un accord bon & folide. i°. On ne peut jamais faire bien parler un Tuyau qu’il ne foit à fon véritable ton, comme je l’ai déjà dit ; je m’explique : on peut abfolument faire bien parler un Tuyau quoiqu’il foit, par exemple , trop long pour faire le ton auquel il fera deftiné ; mais lorfqu’on l’aura raccourci pour le mettre à fon ton, alors il parlera mal, parce qu’il fe trouvera trop égueulé ; c’eft pourquoi, 30. on obfervera de ne retrancher de là levre fiipérieure qu’à mefure qu’on le mettra au ton , ou qu’on le raccourcira, attendu que la hauteur de fa bouche a une connexion néceflàire à la hauteur du Tuyau. On tiendra donc les bouches un peu bafles, & on ne les mettra au point qu’il faut, que lorfque le iTuyau fera prefque entièrement au ton : je dis prefque entièrement, parce qu’il arrive fbuvent que quand il faut égalifer l’harmonie d’un Tuyau avec celle des autres, on efl: obligé d’y donner un péü plus de vent ; alors le ton du Tuyau étant un peu rehaulfé, il fe trouvera allez court. 4P. Il efl néceflàire, fur-tout à ceux qui n ont pas une grande expérience, de tenir le Preftant un peu bas, tandis qii’on ébauchera fbn accord & qu’on le fera parler, jufqu à ce qu il parle bien Sc qu’il foit égalifé ; alors on le mettra parfaitement au ton, Sc on lui donnera entièrement fbn accord, 50. Tout Tuyau , dé quelque efpecê qu’il foit, peut bien être accordé fur le champ après qu’on l’a manié, ou qu’on y a travaillé ; mais fon accord ne dure point, il baiflb fbn ton à mefure qu’il refroidit. U s’enfuit de là qu’on ne peut donner le dernier accord au Preftant, ni à tout autre Jeu , que iorfqu’il ne faut plus toucher aucun Tuyau avec les mains pour l’ôter de fa place, ou y faire quelque opération. Si l’on efl obligé de lever un Tuyau & de le manier, on doit le laifler bien repofér après l’avoir remis à fà place. On différera de l’aécorder d’autant plus long-temps , qu’on l’aura manié davantage. Le même cas a lieu lorfqu’on tourmente beaucoup un Tuyau avec laccordoir, quoiqu’on ne le touche point avec les mains; parce que cette opération réitérée de fuite échauffe le Tuyau.
- 114p. Le Preftant étant bien accordé 9 on entreprendra de faire parler la Montre. On commencera par le premier Tuyau du 8 pieds : dn ouvrira bien fbn accordoir ; il faut toujours commencer par-là. On fera fouffler continuellement , Sc un homme tiendra bafïè la touche relative au Tuyau, Sc fbn Re-giftre oùvert; alors fi le Tuyau ne parle pas du tout* cela viendra vraifembla-blement de ce que le bifeau efl un peu trop élevé : la lamé dé vent qui fort par
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- la lumière, eft dirigée trop en-dehors & ne touche point la levre lupérieure : il faut donc baiiïer un peu le bifeau ; cette opération le fera aifément en appliquant horifontalement le bout d’un bédane de Menuifier , fur un bout du bord du bifeau , & en donnant un coup de marteau fur le bédane tout près de la bouche. Quand on aura ainfi baille le bifeau par un bout, on le bailfera par l’autre ; afin que fon élévation loit bien égale dun bout à l’autre. Si après cela le Tuyau ne parle point, on baillera encore un peu le bifeau, & par cette opération le Tuyau commencera finement à parler. S’il oétavie, c’eft qu’il aura trop de vent: on baillera un peu la clef de la plinthe ou du pont , pour lui en ôter ; s’il oéla-vie encore , on baillera davantage la clef ; fi alors il devient trop foible de fon, ce fera une marque que là levre fupérieure fera trop balle. On mefurera avec le compas fi elle eft à l’élévation de la levre inférieure, de la cinquième partie de la longueur de la bouche; fi elle y eft, il ne faudra en retrancher qu’à la derniere extrémité; & même, comme je l’ai dit ailleurs, il ne faut pas que la levre lupérieure loit fi haute, lorfque le Tuyau fe trouve de groflè taille pour le ton qu’il doit faire.
- nyo. Pendant qu’on opérera far le Tuyau, la touche reliera baiffée, mais on la lèvera auffi-tôt après ; & quand on aura un peu laifîe repofer le Tuyau, pour que les vibrations de là matière celîent entièrement, on baillera la touche, & on verra fi le Tuyau prend bien fon ton Sc fon harmonie ; car il faut qu’il ait ces deux qualités. Si le Tuyau eft trop bas, il faudra l’approcher de fon ton en fendant un peu plus bas lbn accordoir, ce qu’on exécutera avec le couteau fur lequel on frappera avec un petit marteau. Enfuite on le perfectionnera un peu plus. On fera les mêmes opérations lur toute la partie de ce Jeu qui fera en Montre. On tirera autant de fon que l’on pourra des Tuyaux, pourvu qu’ils ne piollent point, qu’ils n’oélavient point, qu’ils foient prompts à parler, qu’ils ne foient pas plus égueulés que je n’ai dit, & qu’ils foient égaux de force Sc d’harmonie. On y reviendra plufieurs fois Sc à différentes reprifes , pour perfectionner toujours les Tuyaux les plus imparfaits. Egalifer de force, c’eft opérer de façon que tous les Tuyaux le faflent également entendre, & que l’un ne loit pas plus fort que l’autre. Egalifer d'harmonie, c’eft donner à tous les Tuyaux la même qualité de fon Sc d’harmonie ; car fi l’un avoit le fon fec & maigre, l’autre moelleux , &c, ils ne fèroient pas égalifés d’harmonie. Enfifite on les accordera touche par touche fur le Preftant, lorfqu’ils parleront allez bien pour être fufceptibles d’accord.
- 1151. On fera les mêmes opérations fur le Jeu de 16 pieds. On le fera bien parler, on l’approchera du ton peu-à-peu au moyen du 8 pieds ; Sc après l’avoir bien égalifé de force Sc d’harmonie , 011 l’accordera fur le 8 pieds & le Preftant enfemble. S’il y a en Montre un 32 pieds, on opérera fur ce Jeu, comme fur le 16 pieds & le 8 pieds , & on l’accordera de même. S’il y a des Pédales de Eluté en Montre ou quelqu’autre Jeu , on le traitera de même. On comprend bien que tout cela ne peut être qu’un accord ébauché & imparfait.
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- 11 $2. A l'égard de tous les autres Jeux qui feront lur le Sommier, on les ôtera de leur place l’un après l’autre, pour les ébaucher à côté du Clavier. On prendra d’abord les defliis du 16 pieds, fi c’eft le premier Jeu ; on les apportera lur un banc ou une table auprès du Clavier ; là on les fera parler ;à la bouche , & on les coupera en ton en même-temps. On remettra cette partie de Jeu en place, & on prendra le lùivant quon apportera auprès du Clavier ; on le fera parler, on le coupera en ton , & on le remettra en place. On fera de même pour tous les autres Jeux, même pour le plein-Jeu, les Cornets, 8cc. On fera parler auffi les Tuyaux des Bourdons foit bouchés ou à cheminée , on les coupera en ton en les eflàyant, bouchés avec la main ou avec un morceau de planche où l’on aura collé une ou deux peaux, & lorfqu’ils parleront bien & qu’ils feront coupés en ton, on les coëffera avec du papier 8c on les remettra en leur place. Pour les Tuyaux de bois bouchés ou ouverts , on y opérera à leur place même , avant tous ceux qui doivent parler lur leur vent.
- 1053. Tous les Tuyaux à bouche étant coupés en ton 8c remis en place, on les perfectionnera fur leur vent. On les égalifera de force & d’harmonie. Pour faire cette égalilàtion comme il faut, il eft nécellàire qu’un Ouvrier foit au Clavier, d’ou il avertira que tel Tuyau , ( en baillant là touche) eft trop fort ou trop foible. Celui qui fera en haut ôtera du vent à ceux qui feront trop forts , & l’augmentera à ceux qui feront trop foibles, au moyen de la pointe, fig. 107, PL 13. Voyez l’art. 131. pag. 36. Il corrigera tous les défauts, & mettra en même-temps tous les Tuyaux au ton, en recoupant ceux qui en auront befoin; c’eft à quoi le Preftant fervira toujours. En un mot, on mettra tous les Jeux en état de recevoir le dernier accord ; à cet effet, on les rendra allez parfaits pour qu’il ne faille plus les toucher avec la main.
- Section Seconde. *
- Maniéré de faire parler, égaliferÔC accorder les Jeux d’Anche.
- 1154. La Trompette étant languéyée & mife en place , comme je l’ai décrit art. 1001, & Juivants, pag. 374, on la fera parler fur fon vent. Pour qu’un Tuyau d’Anche parle bien, i°. là languette ne doit être ni trop ouverte ni trop fermée. 20. Il faut quelle foit bien dégauchie 8c qu’elle ait là tournure régulière. Si elle eft trop ouverte, le Tuyau fera tardif à parler. Si elle eft trop fermée, il fera trop prompt; il n’aura jamais alfez de Ion; il aura toujours une mauvaile harmonie. Si la languette eft gauche, ou que là tournure foit irrégulière , le Tuyau râlera 8c parlera mal. On connoîtra qu’une languette eft dégauchie, fi, en la règardant par Ion bout, on s’apperçoit que là diftance de l’Anche eft exaélement égale de chaque côté. Nous aurons bientôt occafion d’expliquer encore tout ceci un peu plus amplement. Revenons au Jeu de la Trompette
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- pette. On commencera à opérer par le pins petit Tuyau, qu'on fera parler avec le Preftant. Si lorfque Ton baille la touche, le Preftant parle plutôt que le Tuyau cf Anche, celui-ci fera regardé comme tardif à parler. Il faut alors prendre le Tuyau , tenir appliqué contre l'Anche le bout de la languette avec le doigt, & frotter la languette avec le dos de la lame du couteau contre F Anche. Cette opération fera fermer un peu la languette ; on elîàyera le Tuyau fur Ion vent : lî on l'a trop fermée , le Tuyau fera trop prompt ; en ce cas on l'ouvrira un peu. Pour ouvrir une languette , ce qu'on appelle lui donner plus de reffort, on paflera le couteau entre l'Anche & la languette, 8c tenant le gros doigt ( de la même main que le couteau, ) contre la languette appuyée ou portant fur la lame du couteau, on fera glifler & fortir celui-ci en le tournant un peu en-dehors.
- nyj’. Il n'en eft pas des Jeux d'Anche comme des Jeux à bouche. On ne peut faire parler comme il faut ceux-ci, que lorfqu'on les a coupés à leur véritable ton ; on en a vu la raifon, art. 1148, pag. 435. Mais on ne peut couper en ton un Tuyau d’Anche, que lorfqu'il parle bien ; autrement iLfe trouverait prefque toujours trop court. Tant que le Tuyau aura quelque défaut, comme d’être trop prompt, d'être tardif,*de râler, en un mot , tant qu'il ne parlera pas bien, on fè gardera de le couper ou de fe raccourcir.
- 11^6. Il faut diftinguer entre le ton propre d’un Tuyau d’Anche, & celui du Preftant qui lui répond. Lorfqu’on fait parler le Tuyau d'Anche, il eft ordinairement un peu plus long qu'il ne faut, par conféquent fon ton propre doit être un peu plus bas que celui du Preftant qui lui^ répond. Il faut d'abord le faire bien parler à fon ton propre, avant de le couper pour le mettre au vrai ton du Preftant. On doit remarquer que lorfqu'on veut mettre un Tuyau d'Anche au ton qui lui eft propre félon la longueur où il fe trouve, on le fait monter en baillant la rafette, ( je fuppofe que celle-ci touchoit le coin, ) le fon devient mâle , harmonieux. Si l'on baifte un peu plus la rafette , le fon devient plus doux, plus tendre, mais moins mâle & moins éclatant. Si l'on baille encore la rafette, le fon diminue, il s'éteint & devient fourd ; li l'on baifte encore la rafette , le fon double , c'elb à-dire , qu'il monte tout-à-coup d'un ton ou d'une tierce & quelquefois davantage ; il change d'harmonie, Sc ce fon ne vaut rien. On le fait redefcendre en rehauffànt la rafette, jufqu'à ce qu'il revienne à fon vrai ton, qui doit-être mâle, éclatant & harmonieux, jufqu'à faire fentir un Bourdon qui parlerait enfemble avec le Tuyau d'Anche.
- 1157. Pour reconnoître li un Tuyau d'Anche parle bien, il faut le mettre à fon propre ton ; comme c'eft l'unique moyen d’en bien juger, on les y mettra tous. On retouchera toujours à ceux qui paraîtront les plus imparfaits, jufqu'à ce que tous parlent bien fans aucun défaut. Il fera temps alors de les couper en ton, pour les accorder avec le Preftant. On les coupera peu-à-peu , une ligne à l'un, deux lignes à l'autre, trois lignes à celui-ci, quatre à celui-là, félon Orgues. IL Paru Ttttt
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- leur grandeur & félon qu'ils feront éloignés du ton du Preftant ; mais fiir-tout, on les coupera avec tant de précifion , que leur harmonie foit aufli belle qu'au-paravant. Lorfquon les aura un peu coupés, on examinera s'il y en a quelqu'un qui ait nouvellement acquis quelque défaut. Si on le reconnoît, on retouchera à là languette jufqu'à ce quil parle bien , & on achèvera de le couper petit-à-petit, jufqu'à ce qu'il foit bien au ton. Il arrive quelquefois qu'un Tuyau vient facilement au ton du Preftant , après qu'on a retouché à fa languette , quoiqu'avant cette petite opération il ne pût y monter, paroilïànt un peu trop long ; ce qui prouve combien il faut être réfervé à ne le raccourcir, que lorfqu'il parle bien & fans défaut. Lorfqu'un Tuyau parle bien, il fùpporte une plus grande longueur fâns doubler, (quand il eft d'accord avec le Preftant,) que s'il ne parloit pas fi bien. Et plus un Tuyau eft long, plus il eft harmonieux, pourvu qu'il ne foit ni fourd ni trop doux. Un habile Faéleur qui maniera bien un Jeu d’Anche, le tiendra toujours plus long qu'un autre , qui ne fera pas fi expert.
- 1158. On coupera les Tuyaux fiiffifàmment, pour qu’ils foutiennent ferme
- leur ton d'accord avec le Preftant fans doubler. Pour les éprouver , on mettra la main defïiis un inftant tandis qu'ils parlent, comme fi on vouloir les boucher : alors le Tuyau commencera à doubler ; mais il fo remettra de lui-même au ton, auffi-tôt qu'on aura ôté la main. S'il ne fe remet pas de lui-même , ce fera une marque qu'il fera un peu trop long, pourvu d'ailleurs qu'il ne foit pas trop prompt & qu'il parle bien. En ce cas, on en coupera un peu , comme , par exemple , une ligne ou une ligne & demie fi ie Tuyau eft médiocre, ou deux lignes s'il eft grand. 1
- 1159. On obfervera que pour éprouver fi un Tuyau eft aflez prompt, il faut le laifler repofer un moment, comme une demi-minute, l'ayant fait cefler de parler. On baiflera enfuite la touche ; il doit partir ou parler auflî promptement que le Preftant. En général il eft plus difficile d'allier enfemble la promptitude à parler avec la belle harmonie, que de féparer l'un de l'autre. Il eft plus aifé de faire rendre à un Tuyau une belle harmonie, fi l'on veut fouf-frir qu'il tarde un peu à parler : mais comme l’on touche les Orgues aujourd'hui avec une volubilité étonnante, il eft néceflâire de rendre les Jeux d'Anche très-prompts à parler ; parce qu’on en fait ufage dans la plus grande exécution.
- 1160. S’il y a quelque Tuyau qui râle, c'eft-à-dire, qui ne parle pas net, ce fera une marque que la languette fera gauche, ou quelle n'a pas une tournure régulière , ou que là courbe commence trop haut ou trop bas. On y remédiera , foit en paflânt le dos du couteau par-deflùs la languette fur l'endroit où elle releve trop , foit en le paflânt en-deflous pour relever l’endroit qui en a befoin. Il eft aflez rare que ces opérations réufliflent bien, lorfque la languette a une tournure qui a quelque irrégularité. Il fera mieux de l'ôter & de la re-drefler fur un bois avec le couteau ; on lui fera prendre la tournure qu'il faut, & on la remettra dans fà place.
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- X161. Plus on raccourcit les Tuyaux, plus ils ont d’éclat; mais ils font moins moelleux , le Ion en eft moins tendre, on ne fent pas fi bien leur bourdon. Si on les laiffe trop longs, ils perdent leur tranchant, ils ont le ion trop rond, ils font lourds 8c ils ont moins d’éclat. L’une & l’autre extrémité font délàgréables, 8c font que des Jeux d’Anche ne feront jamais eftimés par les connoiffeurs en harmonie : il faut donc prendre un jufte milieu , qui eft de ne les tenir ni trop longs ni trop courts. Or, pour chercher cette bonne & véritable harmonie, on les laiflèra d’abord aufti longs, qu’ils pourront loutenir ferme leur ton d’accord , làns doubler : enfuite on fera delcendre tant foit peu le ton, en rehauffant la rafette. Si en augmentant fon éclat, il conferve ou acquiert une plus belle harmonie , qui foit tendre, moëlleule, qu’on lente toujours Ion bourdon & que le fon en loit plus mâle, qu’il ait plus de corps , il ne faut pas faire difficulté de raccourcir un peu le Tuyau; ce qui étant fait, on le remettra au ton. On le fera encore delcendre ; s’il devient meilleur, on en coupera un peu plus : c’eft-là où il faut être connoiffeur en harmonie, où il convient d’avoir le bon goût ; c’eft ce qui fait l’habile Facteur. Un petit nombre acquiert cette connoiflànce par une longue expérience* Il faut de la pratique pour faire un Jeu d’Anche , qui ait toutes les qualités qui paroiflent contraires , en forte qu’il foit éclatant, brillant, tranchant, fier , mâle, prompt, & cependant moelleux.
- 1162. Ce n’eft pas en donnant plus ou moins de vent qu’on rend un Tuyau d’Anche prompt, ou d’une différente harmonie, ou plus ou moins éclatant : par coiffé que nt, ce n’eft pas par-là qu’on égalifera le Jeu. Les embouchures des pieds fe font à-peu-près de la grandeur des trous refpectifs du Sommier, 8c on n’y touche plus, du moins cela eft fort rare. La maniéré d’égalilër de force & d’harmonie un Jeu d’Anche , s’exécute toujours par la languette & la longueur du Tuyau. Si l’un eft fourd & l’autre criard, cela viendra de ce que le premier Tuyau fera trop long , & le fécond trop court. La même caufe rendra l’un doux & l’autre aigre ; fi l’un a un fon mâle, plein , & l’autre maigre & fec, cela viendra de ce que l’un a là jufte longueur, & l’autre ne fera pas allez long. Ainfi pour égalifer un Jeu d’Anche, on obfervera exactement l’égalité 8c la jufteffe des longueurs fèfpectives, & on fera en forte qu’un Tuyau ne loit pas plus prejle, ni plus lent que l’autre. Il eft encore néceflàire qu’un Tuyau ne foit pas langueyé fort, & l’autre foible ; c’eft ce qu’on reconnoîtra , comme je l’ai dit ailleurs, par l’endroit où reliera la ralette fur la languette, lorlque le Tuyau fera d’accord.
- 1163. S’il arrive qu’on ait trop raccourci un Tuyau, il ne faut pas faire difficulté de l'ajouter; mais on le gardera bien de liiivre la mauvaile pratique de certains Facteurs, qui allongent le Tuyau par l’Anche ; ils la font lortir davantage hors du Noyau ; alors on a un peu rallongé le Tuyau, mais il n’eft plus anché folidement, 8c Ion accord ne durera point ; il fera fujet à fe déranger, à
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- changer d’harmonie. Pour ajouter proprement un Tuyau conique , on le met** tra fur un moule qui y aille jufte, on fera un patron de papier, qu’on ployera autour du moule contre le bout du Tuyau. Lorfqu’on verra que ce papier ira affez bien , on taillera un morceau de la même matière & de la même épaif. leur que celle du Tuyau : onia coupera jufqu’à ce qu’elle joigne bien, & quelle fuive exactement l’angle du Tuyau, ou là figure conique; on blanchira le tout & on le ioudera avec de la foudure à tourner. On lavera tout le blanc, & on le repaffera fur le moule. On mettra le Tuyau en place, on le raccourcira au point qu’il faut. Je fuppofe qu’on en aura ajouté un peu plus qu’il n’eft néceflaire , comme cela convient. Il y en a^qui font tenir une goutte de cire au bout extérieur des languettes, lorfque les Tuyaux font grands. On prétend que cet expédient rend les Tuyaux plus prompts à parler, ou qu’ils par-
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- lent mieux. J’ai peine à croire que cela {bit d’aucune utilité, & que cette cire puiife produire aucun bon effet. Un Ouvrier qui eft au fait de bien manier _ les languettes, n’a jamais befoin d’un auffi mince fecours, pour faire bien & promptement parler un Tuyau.
- 1164. On lait qu’une Bombarde eft comme une Trompette, par confé-1 quent il faut la traiter de même. Toute la difficulté confifte dans les Balles, fiir-tout, lorfqu il y a un ravalement qui defcend plus bas que le premier Cfol ut de 16 pieds. Ces tons fi bas font fort difficiles à apprécier; c’eft ce qui fait la principale difficulté de traiter une Bombarde. On s’alfurera d’abord de la force des languettes. Voyez ce que j’en ai dit, art. 1007, pag. 377. O11 commencera à faire parier ce Jeu par les delîus, & l’on mettra bien en réglé les trois dernieres oélaves, parce qu’elles ferviront à apprécier le ton des Tuyaux des Balles. Après le Cfol ut de 8 pieds, on fera parler le B fa fi en defeendant & les fuivants, jufqu’à F ut fa de 12 pieds. Jufques-là , il n’y a'pas un grand embarras ; mais la difficulté commence à ÏE fi mi, & plus on defcend, plus la difficulté augmente, fur-tout pour ceux qui n’ont pas une grande pratique. Pour s’alîurer du ton du Tuyau, il faudra fe fervir de fon doublement. Je fizppofe qu’on travaille fur le C fol ut de 16 pieds ; on ferà monter peu-à-peu & bien lentement le ton du Tuyau en l’écoutant avec une grande attention, jufqu’à ce qu’il double : on le fera alors redefeendre , jufqu’à ce qu’il revienne à fon ton naturel. Si le Tuyau parle bien, ce doublement fera plus fenfible : mais il faut être averti qu’on ne doit pas s’attendre qu’il foit auffi fenfible ou auffi frappant, que dans un Tuyau médiocre de Trompette. Lorfque le Tuyau fera revenu à fon ton naturel, on le confrontera avec fon oélave : on examinera fi on en eft ou plus ou moins éloigné. Pour l’éprouver, on baiffera ou l’on rehauftera un peu le ton de fon oétave, & on verra par-là, fi le Tuyau dont il s’agit eft trop bas ou trop haut. Il n’eft pas encore bien facile de le reconnoître ; car un C fol ut de 16 pieds de Bombarde, faifànt entendre même allez fènfiblement la tierce dans fon harmonie, on peut bien prendre la tierce pour Y ut. Ce n’eft pas l’a£
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- Secl. IL Faire parler SC couper en ton les Jeux d* Anche. 443
- faire d un moment pour s’affurer du vrai ton de ce Tuyau ; il faut y mettre un temps fuffifànt pour le difcerner. C’eft encore bien autre chofe quand il s’agit d’un ravalement de Bombarde , fur-tout s’il defcend jufqu’en F ut fcc de 24 pieds ; & plus difficile encore , s’il defcend jufqu’au Cfol ut de 32 pieds. Lorfqu’on traite des Tuyaux fi difficiles, & qui demandent l’expérience la plus longue & la plus confcmmée, il faut interrompre l’Ouvrage , après s’y être exercé pendant quelques heures, & travailler à autre chofc ; on y reviendra une autre fois. A force de s’y remettre à différentes reprifcs, & de répéter les épreuves dont je viens de faire mention , on viendra à bout de s’affurer du ton de ces Tuyaux, pourvu que d’ailleurs on ait une grande pratique. Ce n’eft pas encore une petite difficulté de les faire bien parler & promptement : je ne confcillerois pas à un Commençant de faire une telle entreprifc. Du refte , lorfqu’on fera bien afluré du véritable ton de ces Tuyaux 9 on tâtonnera leur harmonie en les faifànt un peu defcendre, pour voir s’il faut les raccourcir ou non. Voyez là-deflus l’art. 1161.
- 1165. Pour le Clairon, il eft d’ufàge de faire parler les deflus une oc-* tave plus haut que ne porte la longueur de fes Tuyaux, pour donner plus de corps à leur Ion. Quoiqu’ils fcnnent une oétave plus haut que leur taille ne porte, ils font également fiijets à un fécond doublement comme les autres Tuyaux ; car il faut remarquer qu’un Tuyau de Trompette quel qu’il foit, même les Tuyaux des Baffes de Bombarde, qui a doublé lorfqu’on l’a fait monter plus haut qu’il ne faut , doublera encore fi on le fait monter une oélave plus haut : ce fécond doublement des Tuyaux du deflus du Clairon fcrvira également pour les mettre en harmonie. Il efl: des Faéleurs qui font monter le Clairon d’un bout à l’autre, & tout entier à funiflon du Preftant ; mais c’eft une chofe difficile. Après tout, ce n’eft pas la peine de s’exercer beaucoup à un Ouvrage fi délicat, pour ne produire prefque rien; car les 4 ou y derniers Tuyaux ne font quafi aucun effet, ils fc difcordent très-fouvent, & font fort fojets à ne point parler. Ceux qui les font parler à l’uniflbn de la Trompette , font à imiter.
- 1166. Le Cromorne fe traitera à-peu-près comme la Trompette; mais ce Jeu efl plus délicat pour la jufte longueur des Tuyaux : une ligne de plus ou de moins y efl bien fenfible, pour la qualité de l’harmonie. Le Cromorne, fur-tout dans les Balles , efl difficile à bien traiter & à faire bien parler. La courbe des languettes doit être un peu plus baffe que pour la Trompette ; mais c’eft de très-peu. Plus le Cromorne efl anché grand, plus il efl difficile à bien traiter. On en vient plus aifément à bout, lorfqu’il efl anché un peu plus petit ; mais fon Ion a moins de corps. Il ne s’agit pas de chercher un grand éclat dans ce Jeu, mais beaucoup de tendre, 8c de moëlleux. Il efl effentiel qu’il parle bien promptement & bien nettement.
- 1167. Le Haut-bois doit être langueyé un peu plus fort que les autres
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- Jeux, félon la pratique de certains bons Fa fleurs ; mais d’autres préfèrent de le langueyer plus foible : il y en a même qui donnent un peu de recuit aux languettes. Ce Jeu doit avoir beaucoup de brillant & d’éclat, fans négliger le moelleux.
- 1168. Il faut traiter la Trompette de Récit un peu plus délicatement que les autres Trompettes, c eft-à-dire, qu’ il faut la tenir tant foit peu plus longue, fans pourtant qu elle ait rien de fourd. On doit fégalifer de force & d’harmonie avec beaucoup de foin.
- 1169. La Trompette du Pofitif doit aufll fe traiter délicatement, & prêt qu autant que celle de Récit. Il faut la travailler avec beaucoup d’attention.
- 1170. Les Trompettes & Clairons de Pédale doivent avoir lefonmâle, lier, plein?, éclatant & harmonieux. Leur Ion doit être un peu plus fort que celui des autres Trompettes ; auffi on les fait de plus grofle taille , on les anche Si on les langueye plus fort. Cependant on prendra bien garde de ne pas les raccourcir trop , pour leur donner plus d’éclat ; on leur oteroit leur moël-leux & leur bourdon, qui doit toujours fe faire fentir dans tous les Jeux d’Anche.
- 1171. La Voix-humaine eft un Jeu d’une nature différente de tous les autres Jeux d’Anche. Il n eft pas queftion d’harmonie dans ce Jeu ; tous les Tuyaux y font courts. Il faut feulement s’appliquer à faire bien parler les Tuyaux & à les égalifor par les languettes. Comme on touche le plus fouvent ce Jeu avec le Tremblant-doux , il faut eflàyer chaque Tuyau avec cette modification de vent. On a quelquefois beaucoup de peine a empêcher qu’ils ne faffènt bien des grimaces, qu’ils ne varient avec le Tremblant-doux, & qu’ils ne foient lents à parler. Si le Tremblant-doux fo trouve bon, ce dont on n’eft pas toujours le maître, la Voix-humaine imitera bien la voix naturelle de l’homme : mais s’il n’eft pas bon, ce fera un Jeu de peu de conféquence, & dont on-ne fera pas grand ufàge.
- 1172. Lorfque plufieurs Jeux d’Anche jouent enfemble, ils doivent partir en même-temps, for-tout les Pédales. Il feroit fort défàgréable d’entendre plutôt la Trompette , que le Clairon ; ou le Clairon plutôt que la Trompette ; ce qui arrive lorfque les Tuyaux ne font pas également prompts.
- Section Troisième^
- Maniéré d’accorder V Orgue.
- 1173. Lorfque tous les Tuyaux à bouche parleront bien > Sc qu’ils feront bien ébauchés pour l’accord, on procédera au dernier accord , en commençant par le Pofitif. On accordera d’abord le Preftant, dont on vérifiera foigneufoment le premier Tuyau de la Partition, pour qu’il foit bien au ton de Chapelle.
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- $e3. HL Maniéré d'accorder VOrgue. 44?
- On fera enfoite la* Partition avec tous les foins indiqués art% 1142 , & fuiv* pag. 433. Si le Preftant du grand Orgue étoit bien d'accord, on pourroit accorder celui du Pofitif for l'autre touche par touche; mais comme on ne l’entend pas aflez bien, on accordera celui du Pofitif féparément, après qu’on aura pris, avec une grandepréciîion, le ton de Chapelle, comme nous venons de le dire. On obfervera toujours le milieu de l'accord, mais for les Baffes on fe tiendra au haut de l'accord , fans pourtant entendre aucun battement.
- 1174. On accordera le 8 pieds for le Preftant, en commençant par le deflus, touche par touche, & on finira par les Baffes, en les tenant toujours for le haut de l'accord, ce qui eft une réglé générale. Enfoite on accorderale 16 pieds, s'il y en a, for le 8 pieds & le Preftant enfemble : après, le petit Bourdon avec le feul Preftant. On accordera les fécondé & troifieme oétaves du Nafàrd fur le feul Preftant; lefquelles étant bien d’accord à la quinte, on fermera le Preftant, & on accordera les première & quatrième oétaves du même Jeu par oétaves. Comme on a quelquefois de la peine à reconnoître dans les plus petits Tuyaux, s'ils font trop hauts ou trop bas, on approchera, pour le bien distinguer , le doigt ou l'accordoir du bout du petit Tuyau, ou de fcn oétave for laquelle on l'accorde : on verra par-là fi le petit Tuyau eft trop haut ou trop bas. C'eft une méthode affez générale , qu'avant de toucher à un Tuyau pour le baiffer ou le hauffer, il faut connoître s'il eft haut ou bas, afin de ne pas le tourmenter inutilement. Si en approchant l'accordoir fon battement augmente , c'eft une marque qu'il eft trop bas ; s’il diminue, il eft trop haut. Si l'on approche le doigt ou l'accordoir du Tuyau for lequel on accorde , & que par-là le battement diminue, le petit Tuyau fera trop bas : fi le battement augmente, il fera trop haut. Comme dans, les grands Tuyaux, qui fonnent fort bas, on a la même peine à diftinguer fi leur ton eft trop haut ou trop bas, on approchera la main de leur bouche ou de leur accordoir ; fi le battement alors diminue, le Tuyau fera trop haut ; s'il augmente , il fera trop bas.
- 1175. Pour accorder la Tierce , on accordera premièrement la Doublette for le Preftant, & lorfqu'elie fera bien d'accord, on accordera à la tierce majeure de la Doublette la fécondé oétave de la Tierce , le Preftant étant ouvert. On fera bien attention de ne pas prendre la tierce mineure , ou la quarte, pour la tierce majeure ;les Commençants s'y trompént quelquefois. Afin de ne rien rifo quer , on fermera la Tierce & le Preftant, & on touchera la tierce majeure fur la Doublette, pour en mettre bien le ton à l'oreille : il faudra fie fervir de cet expédient, quand on coupera en ton la Tierce auprès du Clavier. Quand elle fera ainfi ébauchée , on ne rifquera plus de s'y méprendre, lorfqu’il faudra l'accorder for le Sommier. Quand on aura accordé exaétement la féconde octave , on accordera tout le refte du Jeu par oétaves, la Doublette & le Preftant étant fermés. On accordera enfin le Larigot for le Nafàrd, touche par touche. Les 7 à 8 derniers Tuyaux font les plus difficiles de tout l'Orgue à accorder,
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- attendu qu’ils font extrêmement aigus. On aura recours aux expédients indiqués dans l’article précédent, pour reconnoître leur ton , & s’ils font trop hauts ou trop bas. Il ne faut pas fe preffer beaucoup pour accorder ces Tuyaux ; on y mettra le temps néceflàire.
- 1176. Lorfqu’on aura accordé tous ces Jeux féparément, on les accordera v enfemble. Le Preftant fera toujours ouvert, & on tiendra la première touche baiffée. On ouvrira le 8 pieds, & on écoutera s’il eft bien d’accord avec le Preftant:fi on entend quelque battement, on y retouchera. On ouvrira enfoite le petit Bourdon, enfoite les 16 pieds, s’il y en a; enfoite le Nafàrd, enfoite la Doublette , enfoite la Quarte, enfoite la Tierce & enfin le Larigot. On écoutera le Tuyau de chaque Jeu à mefore qu’on l’ouvrira , 8c on l’accordera s’il en a befoin. On fermera tous les Jeux, excepté le Preftant; on baillera la touche foi vante, *on ouvrira tous ces Jeux les uns après les autres ; on retouchera aux Tuyaux qui ne feront pas bien d’accord, & on les refermera. On pourfoivra cette manœuvre for toutes les touches du Clavier ; enfoite , pour éprouver encore mieux la jufteftè de l’accord , on ouvrira tous ces Jeux, & on examinera les oélaves enfemble. Si l’on trouve de la défeéluofité dans Taccord, on y remédiera.
- 1177. Tous ces Jeux une fois bien d’accord, on accordera le Cornet for le foui Preftant ; mais auparavant il faut s’afforer fi tous les Tuyaux du Cornet parlent bien, & s’ils font égalifés de force & d’harmonie. A cet effet, on bouchera { voyez l’art. 1181, ci-après ) les 4 derniers Tuyaux du Cornet for la première marche, & on battra for la touche ( le Preftant étant fermé, ) pour voir fi le Bourdon du Cornet parle bien, félon la force & l’harmonie qu’il doit avoir. On bouchera le Bourdon du Cornet, ce qui fe fait en mettant un morceau de papier dans là bouche ; on débouchera le Preftant du Cornet, on battra for la touche. On bouchera celui-ci, & on débouchera le Nalàrd du Cornet ; on battra encore la touche. On bouchera celui-ci, on débouchera la Quarte , & on battra for la touche. On bouchera la Quarte, on débouchera la Tierce , & on battra for la touche. On fera la même manœuvre for toutes les marches du Cornet, pour éprouver s’il n’y a pas quelque Tuyau qui parle mal, & qui ait befoin d’être retouché.
- 1178. On ouvrira le Preftant, on bouchera les 4 derniers* Tuyaux de la première marche du Cornet ; & la touche du Clavier relative à cette première marche étant baiflee, pn accordera le premier Tuyau , qui eft le Bourdon du Cornet. On bouchera ce Tuyau, on débouchera le foivant, qui eft le Preftant du Cornet, & on l’accordera. On le bouchera & on débouchera le foivant, qui eft le Nafàrd du Cornet. Lorfqu’il fera accordé, on ouvrira le Nafàrd du Sommier, pour voir s’ils font bien d’accord enfemble. S’ils ne le font pas, on retouchera à l’un ou à l’autre félon le befoin. On fermera le Nafard du Sommier ; on bouchera celui du Cornet, on débouchera le quatrième Tuyau
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- du Cornet, qui eft la Quarte de Nafàrd ; on l'accordera, & on ouvrira la Quarte de Nafàrd du Sommier, pour entendre s’ils vont bien enfemble. On fermera celui-ci : on bouchera ce quatrième Tuyau du Cornet : on débouchera le cinquième, qui eft la Tierce ; on l’accordera & on ouvrira la Tierce du Sommier. Si elles vont bien enfemble, on fermera la Tierce du Sommier : on procédera de même à l’accord de la fécondé marche, & enfiiite à celui de toutes les autres.
- 117p. Lorfqu’on aura ainfi accordé féparément tous les Tuyaux du Cornet, on les accordera enfemble. A cet effet le Preftant étant ouvert, on débouchera le Bourdon du Cornet, puis le Preftant du Cornet, puis le Nalàrd du Cornet, enfiiite le Nafàrd du Sommier : enfiiite la Quarte du Cornet, & après la Quarte du Sommier ; enfin la Tierce du Cornet, puis la Tierce du Sommier. A mefiire qu’on débouchera chaque Tuyau, on verra s’il eft d’accord & s’il va avec le Jeu femblable du Sommier. Si l’on entend quelque battement, on retouchera à l’accord du Tuyau qui le caufe, foit à celui du Cornet , foit à celui du Sommier.
- 1180. Il faut remarquer que lorfqu’on accorde les Jeux, dont les Tuyaux font pofés alternativement d’un côté & d’autre fur le Sommier, comme ils le font prefque tous, il faut baiflèr les touches alternativement en en omettant toujours une ; on reviendra enfuite à toutes celles qu’on aura omifes. On le pratique ainfi pour la commodité de celui qui accorde ; afin de ne pas le faire courir continuellement d’un côté de l’Orgue à l’autre , ce qui à la longue ferait bien fatiguant : d’ailleurs il perdroit de vue la fuite des Tuyaux , qu’il faudroit chercher chaque fois qu’il changerait de place : cela feroit perdre bien du temps, & cauferoit du dégoût & de l’ennui.
- 1181. Pour accorder le plein-Jeu, c’eft-à-dire, la Fourniture & la Cymbale , on ouvrira ces deux Jeux enfemble. On mettra un plomb fur le fécond C fol ut du Clavier, car c’eft par-là qu’il faut commencer. ; & les Tuyaux parlant , on bouchera tous ceux qui feront fur cette marche. Pour boucher ce$ Tuyaux , on fè fervira de bouchons de foye, fig. 106, PL 13. Voyez l’art. 130, pag. 36. On choifira les bouchons proportionnés à la grandeur des Tuyaux. On ôtera le bouchon du premier Tuyau de la marche , c’eft-à-dire, le plus grand : on battra fur la touche pour voir s’il parle bien ; s’il a quelque défaut, on le corrigera. Quand on fera aflhré qu’il parlera félon la force & l’harmonie qu’il doit avoir, on le bouchera, & on débouchera le fuivant, fur lequel on fera la même opération. Ce fécond Tuyau étant perfectionné, on le bouchera , & on débouchera le troifieme , ainfi de tous les autres qui feront fur la même marche.
- 1182. Tous les Tuyaux de la même marche parlant bien, on ouvrira tous les Jeux de fond qui doivent être mêlés avec le plein-Jeu, comme les 8 pieds, 16 pieds, Preftant 8c Doublette. On les écoutera un moment pour voir fi Ton
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- ' n’entendra point quelque battement. On y retouchera s’il y a lieu ; car avant d’accorder une touche de plein-Jeu, on commencera toujours par s’aflurer du parfait accord du fond, les Fournitures & Cymbales étant bouchées, & cependant leurs Regiftres étant toujours ouverts. On débouchera le premier , on l'accordera , on le recoupera s’il le faut : on le bouchera enfoite, & on débouchera le fécond, qu’on accordera de même fur le fond. On le bouchera, & on accordera le troifieme, 8c ainfi des autres qui feront fur la même marche. Comme il s’y trouvera de doubles & de triples oétaves, de doubles & de triples quintes, on pourroit avoir quelque peine à accorder ces T,uyaux fi aigus & fi éloignés du fond ; alors on débouchera celui qu’on jugera convenable dans la marche fur laquelle on travaille, lequel étant déjà accordé, pourra feryir d’oétave ou de quinte intermédiaires, pour accorder les Tpyaux fuiyants, fur la même marche.
- 1183. On aura été vraifemblablement obligé de toucher & de manier quelques-uns des Tuyaux déjà accordés , foit pour les guérir de quelque défaut qu’on y aura encore trouvé , foit pour les raccourcir quelque peu, foit enfin pour y pafler à la main l’un ou l’autre boujt de l’accordoir ; il faudra donc recommencer à accorder féparément chaque Tpyau en particulier, comme la première fois.
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- 1184. Lorfqu’on aura ainfi accordé tous les Tuyaux de cette marche féparément , il faudra les accorder enfemble. A cpt effet, on les débouchera les uns après les autres & on retouchera à l’accord, s?il eft befoin, àmefore qu’on les débouchera. Ce font les Tuyaux à l’uniflbn qui font les plus fujets à n’être pas d’accord enfemble, quoiqu’ils le foient féparément. On tâtonnera avec le bout de l’accordoir, lequel des deux unifions il faudra bailler pu rehauffer, & l’on opérera en confequence.
- 1185. U faut remarquer qu’il eft facile d’accorder la Fourniture & la Cymbale, (c’eft-à-dire le plein Jeu,) lorfqueles Tuyaux parlent bien, & qu’il eft très-difficile de l’accorder quand il y a quelque Tuyau qui parle mal, foit qu’il crie, qu’il oétavie, ou qu’il piolle, 8cc, Il arrive fouvent que, quoiqu’on ait bien fait la première opération qui confifte à faire bien parler les Tuyaux, il s’en trouve pourtant quelqu’un qui acquiert quelque défaut en l’accordant, parce qu’on l’aura éreinté avec l’accordoir fans s’en appercevoir. Dans ce cas, on aura plutôt fait de revenir à la première opération, de boucher les Tuyaux ' & de faire battre la touche for chacun féparément, tout le fond étant fermé. On découvrira par ce moyen quel Tuyau fe trouvera défectueux. On y remédiera , & on le repaflèra à l’accord avec les autres, après qu’on l’aura laifîe alfez repofer. Lorfqu’on aura accordé tous les Tuyaux for une marche, en forte qu’on n’y entende plus le moindre battement, on fera les mêmes opérations for toutes les autres jufqu’au haut du Clavier.
- 1186. Après cela, on entreprendra la premier^ pélayp , dfc àmefore qu’on
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- en aura accordé une touche, on la confrontera avec fon oétave en defliis. Quoiqu'on ait bien accordé fiir le fond, par exemple, le premier Cfol ut, il £è trouve quelquefois un peu bas étant comparé avec le fécond Cfol ut, fbn oétave : en ce cas, on recommencera à accorder le premier C fol ut pour le rehaufler un peu* Tout cet accord dépend principalement de la Doublette , qui aura baifle tant foit peu ; il faudra la rehaufler julqu' à ce quelle foit prête à battre, & on raccordera la Fourniture & la Cymbale.
- 1187. Tout le plein-Jeu étant accordé, on le vérifiera en comparant toutes {es oéiaves ; car {ouvent on en trouve qui ne font pas juftes. On raccordera celles qui en auront befoin.
- 1188. Comme on ne peut accorder un Orgue dans un jour, l’on ne manquera pas au commencement de chaque journée de vifiter l'accord du Preftant, Sc de le repafler s'il le faut. Il eft eflentiel que Ion accord foit parfait : autrement on ne parviendroit jamais à accorder, comme il faut, tout l'Orgue.
- 1189. Le Pofitif étant fini d'accorder, on accordera le grand Orgue, On commencera par le Preflant, quon mettra parfaitement d'accord avec celui du Pofitif, On les confrontera enfemble, touche par touche & par oélaves. U ne faut pas qu'il y ait un feul Tuyau qui batte. Je ne fiurois aflez répéter qu’il eft important que les deux Preftants {oient bien accordés enfemble ; la réuflke de l'accord de tout l'Orgue dépend de-là.
- 1190 ,On accordera le premier 8 pieds fiir le Preftant, lorlqu’on fera bien afliiré de la juftefle de {on accord. Enluite on accordera fiir le même Jeu le fecond & le troifieme 8 pieds, chacun féparément. On accordera enluite le 16 pieds ouvert, fur le premier 8 pieds & le Preftant enfemble. On fermera ce 16 pieds, & on accordera le Bourdon de 16 pieds fiir le premier 8 pieds & le Preftant. On accordera le 32 pieds, s'il y en a, fiir le 16 pieds ouvert avec le premier 8 pieds. On fermera ces Jeux : on ouvrira le Preftant avec le petit Nafird à la quinte du Preftant : on s'y prendra comme je l'ai dit art. 1174. pag. 445* Le Nafird étant d'accord, on accordera le gros Nafard à l'oétave en bas du petit Nafird touche par touche, {ans Preftant. On accordera la Doublette à l'oétave du Preftant : enfiiite la petite Tierce à la tierce de la doublette ; on s'y prendra comme je l'ai décrit art. 117J, pag. 44J. Cette Tierce étant accordée toute entière, on accordera à l’oétave en bas de celle-ci la grofle Tierce, touche par touche & fins Preftant. On accordera la Quarte fiir le Preftant. Tous ces Jeux étant accordés féparément, on les accordera tous enfemble, comme je l’ai décrit pour le Pofitif, art. I 176. pag. 446. On accordera les Cornets quels qu’ils foient, comme je l'ai expliqué aru 1177 , & les deux fuiv. pag. 446.
- 1191. On accordera le plein-Jeu delà même maniéré que je l’ai décrit pour le Pofitif, an. xiSi, pag. 447* & fîiiv. On ouvrira tous les Jeux de fond, même le 32 pieds, pendant qu'on accordera le plein-Jeu. Lorfqu’il fera tout d'accord,, & que toutes les oétaves, ayant été comparées entre-elles, auront
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- FACTEUR D’ORGUES, II. Partie, Chap. XI.
- été trouvées juftes, on le confrontera encore avec celui du Pofitif; & s’il y â quelque chofe à reétifier, on le fera. On comparera de même tous les fonds du grand Orgue avec ceux du Pofitif : il faut que tout aille parfaitement enfemble. On'accordera tous les Jeux à bouche de Pédale, d’abord féparément, enfuite enfemble ; & on les comparera avec les Jeux fèmblables du grand Orgue , afin que tout s’ajufte enfemble.
- 1192. Comme on aura été obligé de tracafler beaucoup pour accorder tout TOrgue, & qu’il aura été néceflàire d’ôter de leur place une partie des Jeux d’Anche , ceux-ci auront befoin d’être repafles. On remettra en place tous les Tuyaux qu’on avoit déplacés, & on les repaffera Tuyau par Tuyau , jufqu’à ce qu’ils foient bien en état. On accordera la première Trompette fur le Preftant feul ; on accordera, chacune féparément, fur le Preftant fe'ul la première & la fécondé Trompette , & le Clairon auffi. S’il y aune Bombarde, on l’accordera fur la première Trompette : on verra enfuite fi tous ces Jeux vont bien enfemble. Si l’on y remarque quelque battement, on retouchera à l’accord des Tuyaux qui en auront befoin. A l’égard des Pédales, on accordera fur le grand plein-Jeu entier, chaque Trompette en particulier, s’il y en a plufieurs. On accordera le Clairon fur une Trompette; & la Bombarde fur le plein-Jeu. On examinera fi tous ces Jeux vont bien enfemble, & fi leur fon eft bien uni. Si l’on entendoit quelque battement, on retoucherait aux Tuyaux défectueux dans leur accord. Les Jeux d’Anche du Récit s’accorderont fur le Preftant.
- «
- CHAPITRE ONZIEME.
- Maniéré de relever un Orgue, d’y faire des augmentations,
- ÔC de l’entretenir.
- J e diviferai ce Chapitre en trois Seétions. Dans la première , j’expliquerai ce que c’eft que de relever un Orgue, & la maniéré d’y faire les réparations né-celîàires. Dans la fécondé, je décrirai comment, & par quels expédients on peut faire des augmentations à un Orgue déjà fait, fi on le defire. Je traiterai dans la troifieme, de l’entretien des Orgues. Je donnerai enfuite le prix à-peu-près , des différentes Pièces, Machines & Jeux de l’Orgue. Enfin je terminerai cette fécondé Partie par la lifte des Jeux de l’Orgue de Weingarthen.
- Section Première.
- Maniéré de relever ou de réparer un Orgue.
- 1193. Toutes les Orgues, même celles gui font entretenues, ont befoin,
- ÿprès
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- Secl. 1. Relever ou réparer un Orguê. 45 r
- âpres un certain nombre d années, d’être relevées. Celles qui ne font point en* tretenues, comme il eft allez ordinaire dans la plupart des Provinces , doivent être relevées plus fouvent que les autres. On ne peut déterminer précifément le temps où cette réparation devient néceflàire ; cela dépend de plufieurs cir-conftances. Il y a des Eglifes où il s’élève une plus grande quantité de pouffie-re , étant plus fréquentées que d’autres : un Orgue peut être plus ou moins fo-lidement conftruit, plus ou moins folidement placé , &c ; tout cela accéléré ou retarde le temps où il fera befoin de le remettre en état. Je vais parcourir ici quelles réparations on y fait ordinairement, & comment il faut s’y
- 1194. On vifitera d’abord la Soufflerie ; & s’il ne s’y trouve que quelques trous par où le vent fe perd, on y collera proprement des pièces de peau , chanfreinées là où il faut. S’il y a quelque trou confidérable, on arrachera l’an-demie peau & on en remettra de nouvelle, obfervant de la mettre double ou triple , & c, fi l’endroit du Soufflet le demande, comme aux coins des plis, & c. S’il y a beaucoup d’ouvrage, on ôtera les Soufflets de leur place pour les réparer plus commodément. S’il faut coller de la peau en-dedans, on ôtera le chaffis des foupapes ; on entrera au-dedans du Soufflet ,&on y fera les réparations néceflàires.
- 119^. Si après avoir examiné les Soufflets, fon y voit des brides ou des charnières cafiees, & que la peau en général foit fi vieille, qu’on juge qu’un rapièce-tage ne pourra être folide, on remontera les Soufflets en cuir neuf. Pour cet effet , on démontera tout le Soufflet en coupant la peau avec le couteau î ôn fé-parera ainfi toutes les édifies : on coupera les charnières des tables : on fera tremper dans l’eau toutes les édifies, jufqu’à ce que la peau & le parchemin puiflent fe tirer aifément fans fe déchirer. On ne fera point tremper les tables dans l’eau, ce qui les gâteroit ; mais on appliquera des linges doubles bien mouillés for toute la forface couverte de parchemin collé. On les y laiffera, (les entretenant toujours bien mouillés, ) jufqu’à ce qu’on puifie décoller aifément le parchemin fans le déchirer. Lorfque la colle fera ramollie , on i’ôtera de deflus la table & des édifies, en la raclant avec un couteau. On lavera bien le parchemin, pour qu’il n’y relie plus de colle ; & on fera fécher les édifies en les mettant les unes for les autres, pour quelles ne s’envoilent point. Le bois des tables & des édifies étant bien fec, on recollera tout le parchemin , comme on l’a vu décrit art. 778, pag. 282. On repaflera la meche du vilebrequin dans les trous des charnières pour en ôter les anciennes cordes, & enfin on remontera les Soufflets comme il efl: fpécifié art. 779 , & Juiv. pag* 282, & fuiv.
- 1196. Il pourra paroître extraordinaire que j'aie dit qu’il faut recoller le parchemin du dedans des Soufflets, quoiqu’on n’y voie rien d’endommagé J mais il y a une bonne raifon pour cela. Le bois, quoique très-fec & même an-Orgues. IL Part. Y y y y y
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- cien, fait un mouvement continuel : fes fibres s’élargifïent & fe retréciflent toujours, félon fhumidité ou la chaleur de l’air. Comme le parchemin fuit né-ceflairement ce mouvement du bois , fes pores s’ouvrent; la colle, qui en bou-choit les interftices fe cafle : il s’enfuit de là que le doublage de parchemin ne fait plus fon effet, il ne bouche plus les pores du bois, puifqu’il devient lui-même poreux ; il y efl par conféquent inutile ; ainfi il convient de le remettre dans fbn premier état, en le recollant de nouveau. On voit des Souffleries qui vont vite, quoiqu’on ne puiffe appercevoir aucune perte de vent. Ce défaut a lieu plus particulièrement, lorfque le local où font les Soufflets efl: acceffible au chaud excefflf & à l’humidité. On remarque qu’en Hyver les Soufflets ne vont pas fi vite que dans les grandes chaleurs de l’Eté. Cela vient de ce que l’humidité, qui accompagne prefque toujours la fàifon de l’Hyver , remplit de particules d’eau tous les pores du bois avec un tel effort, que fbn volume en efl augmenté, puifqu’il devient 8c plus épais & plus large ; d’où il s’enfuit que le vent ne pouvant plus pafîer au travers, les Soufflets vont lentement. Pendant l’Eté l’air efl ordinairement fort fec : il attire par cette qualité 8c par fa chaleur, les particules d’eau qui fe trouvent dans les pores du bois, lefquels reliant ouverts, laiffent une iflue libre & considérable au vent, qui filtre au travers d’une infinité de pores ; de-là vient que les Soufflets doivent aller vite.
- 1197. Les mêmes raifons qui obligent à renouveller le collage du parchemin au-dedans des Soufflets , ont lieu pour l’intérieur des porte-vents. Si l’on peut trouver le moyen de décoller une des quatre planches fans gâter le bois, on détachera le parchemin avec des linges mouillés, comme je l’ai dit plus haut ; on ôtera la colle, on lavera le parchemin, Sec, & on le recollera. Si on ne peut décoller une des quatre planches, je n’y vois d’autre refîburce que de coller de nouveau parchemin fur tout l’extérieur du porte-vent.
- 1158. On ôtera tous les Tuyaux de leur place : on les arrangera i! bien quon ne s’expofe point à les confondre , fùr-tout ceux des Fournitures & des Cymbales. Il efl d’ufàge pour ceux-ci, d’avoir une longue ficelle : on ôtera d’abord tous les Tuyaux de la première marche, en commençant, par exemple, à la gauche du Sommier. Suppofons que chaque marche foit compofée‘de 9 Tuyaux; on ôtera ces 9 Tuyaux, on les liera enfemble par un ou deux tours d’un bout de ficelle : on ôtera la marche fùivante, on la liera avec la même ficelle tout près des 9 autres Tuyaux. On ôtera la troifieme marche, qu’on liera encore tout près de la fécondé ; fon continuera ainfi en liant chaque paquet de 9 Tuyaux, jufqu à ce qu’ils foient ainfi tous liés par paquets féparés de 9 Tuyaux chacun , & tenant pourtant à la même ficelle fans la couper. On roulera enfuite tous ces paquets les uns fur les autres, & on en fera un feul gros paquet. Il faut obferver qu’on doit bien ménager les Tuyaux pour ne pas les boflùer, ni en gâter les bouches ; on les maniera & on les liera toujours bien légèrement.
- 1199. On ôtera de même tous les Tuyaux de la Montre , pour y faire les ré*-
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- paradons convenables , & pour les repolir. S'il y a des Tuyaux boflués , s’il y a quelque loudure à faire, ou enfin s’il leur eft arrivé quelqu’autre dommage, on réparera le tout. Si un Tuyau eft bofliié, on fera tenir un moule horizontalement au bout d’un Etabli ; on l’introduira dans le Tuyau , qu’on redreflera, foit en le promenant fur le moule, foit en le frappant avec une batte félon le be-foin. S’il faut le repolir, on le frottera avec un linge & du blanc d’Elpagne mouillé, & enfoiie foc, jufquà ce que le Tuyau foit bien blanc & luftré. S’il eft affaiffe à la bouche, il n’y a pas d’autre expédient à prendre que de le fcier ; alors on le redreflera bien ; on rajuftera le corps avec le pied, & on remontera le Tuy au. Si le pied eft affaifte, on le fciera à l’endroit gâté, on le redreflera & on le reflbudera proprement. S’il y a quelque Tuyau qui foit mal embouché, on le foiera , on le rembouchera , & on le remontera. Si les Tuyaux de la Montre font fi vieux qu’il y ait des verrues, & qu’ils loient couverts en plufieurs endroits de certaines croûtes qui reflemblent à de la rouille, on ne pourra mieux faire , que de les laifler en place fans y toucher; parce qu’on s’expoferoit à y faire une quantité de trous, fi on eflàyoit de les repolir; ce dont ilsn e feroient certainement pas fofoeptibles. Ces fortes de Tuyaux peuvent encore fervir un fiecle , fi l’on n’y touche point. Je foppofo qu’ils parlent bien, ou qu’on ne veuille pas faire la dépenfe d’en conftruire de neufs. On le contentera d’en ôter exactement la pouffîere avec un houflbir de plumes, & fur-tout de bien nettoyer la bouche avec une plume ou un bouchon de foie.
- 1200. On vifitera tous les Tuyaux :-on réparera ceux qui en auront befoin : on en ôtera toute la pouffîere, particuliérement à la bouche, avec une plume ou un bouchon de foie. On chaffera avec beaucoup de foin les petits flocons de peau qui feront dans les pieds ; & fi leur embouchure eft trop petite , on l’aggrandira, afin qu’il ne refte rien dans le pied. On les repaflera au moule, s’ils font boflués. Si le pied fe trouve boflué, on le fciera , on le redreflera & on le reflbudera. S’il y a des Tuyaux tellement endommagés par les rats ou autrement , qu’on ne puifle les raccommoder proprement, il fora mieux & plutôt fait d’en conftruire d’autres, que de penfor à les réparer : on ne feroit que de mauvais ouvrage.
- iaoi. On coupera la tête aux Tuyaux qui feront trop égueulés. Comme par cette opération on les raccourcit, on repoufîèra le Jeu d’un Tuyau , foppofo qu’on ait coupé la tête à un nombre confidérable , & que le Jeu d’ailleurs ne foit pas de trop grofle taille.
- 1202. U faut remarquer que lorfqu’on repoufîe un Jeu, il devient ordinairement trop égueulé ; en foppofànt qu’on eft obligé d’en raccourcir les Tuyaux. Or, comme la hauteur de la bouche eft relative à celle du Tuyau, celui-ci étant devenu plus court, la bouche fe trouvera trop haute. Lorfqu’il fe rencontre un Jeu de trop menue taille, & qu’on veut pour cette raifon le repouflèr
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- d’un, de deux ou trois Tuyaux, il faut nécefîàirement remonter tous les Tuyaux du Jeu, pour en baiflèr les bouches.
- 1203. Si le ton de l’Orgue eft trop haut, & qu’on veuille le remettre au vrai ton, cela ne peut fe faire qu en repouflànt tous les Jeux d’un Tuyau. On efl: alors obligé de couper la tête au plus grand nombre des Tuyaux, ou peut-être à tous, félon quils ont été traités dans le commencement. Il y a des Faéleurs qui font parler les Tuyaux à bouche balle , autant qu’il efl poffible ; dans ce cas , on ne fera pas obligé de couper la tête au plus grand nombre. Si l’on fe contente de repoufler les Tuyaux, fans s’embarraflèr fi les bouches deviennent trop hautes, on détériorera l’Orgue ; parce qu’il aura une mauvaife harmonie. S’il fe trouve trop haut d’un demi-ton ou à-peu-près, alors le repouflement des Tuyaux pourra avoir lieu, fims y faire aucune autre operation.
- 1204. C’eft un travail confidérable que de repoufler les Fournitures & les Cymbales : on fera obligé de faire à neuf le premier Tuyau de chaque reprife for toutes les rangées; il en faudra faire trois pour chaque rangée de Fourniture , parce qu’il y a trois reprifes à chacune ; il en faudra faire fept pour chaque rangée de la Cymbale, parce quelle a fept reprifes à chaque rangée. Tout ce repouflement ne doit avoir lieu que lorfque le plein-Jeu efl dallez menue taille pour pouvoir être repoufle ; car fi par ce repouflement il devenoit de trop grofle taille, on gâteroit tout; attendu qu’il efl eifentiel qu’il ioit de menue taille, pour avoir le caraélere qui lui efl propre. Si l’on ne peut repoufler le plein-Jeu , parce qu’il feroit peut-être déjà unpeu gros , je n’y vois pas d’autre ref-fource que d’ajouter tous les Tuyaux ; ce qui efl prefqu un auffi grand travail que de les faire tous à neuf. Du refte, s’il efl d’aflèz menue taille pour être repoufle , & qu’il foit un peu égueulé , on fera obligé de couper la tête au plus grand nombre des Tuyaux, pour leur bailler la bouche. Je foppofe toujours en tout ceci, qu’il s’agit de bailler le ton de l’Orgue d’environ un quart de ton.
- i2oy. Pour ce qui efl de la Montre, il faudra reflouder les accordons plus haut : alors les bouches ne feront plus allez hautes : on fera obligé de les égueu-ler un peu plus. Je fuppofe que les Tuyaux étoient auparavant égueulés au point jufte & convenable. S’il s’en trouvoit quelqu’un qui fût auparavant un peu trop égueulé , il reviendroit au point qu’il faut, lorfqu’on aura reflbudé les accordoirs. La Montre par cette opération deviendra d’une plus menue taille.
- 1206. Les Jeux les plus embarraflànts à repoufler font les Trompettes & les Clairons, lorfqu’il ne faut bailler le ton de l’Orgue que d’un quart de ton, ou un peu plus ; ( car s’il falloit le baiflèr d’un demi-ton, il n’y auroit aucune difficulté. ) Après avoir repoufle la Trompette, on efl obligé de raccourcir tous fes Tuyaux d’un quart de ton ; alors ce Jeu devenant de fort menue taille, fera entièrement gâté. Il ne convient donc point du tout de repoufler ces fortes de Jeux dans ces circonftances. Je ne vois rien de mieux à faire , que de ne jamais repoufler une Trompette ni un Clairon, dans le cas où il en faudroit couper
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- confidérablement ; on ralongera tous les Tuyaux pour faire baifter le ton. La Trompette deviendra par-là. de plus grofle taille ; ce qui dans le fond ne fera pas un inconvénient. J'ai décrit comment il faut faire , pour ajouter proprement ces fortes de Tuyaux, art. 1163 , pag. 441. L’on voit par tout ce que je viens de dire fur le repouflement des Jeux, que ceux qui font cylindriques, foit Jeux à bouche , foit Jeux d’Anche , deviennent par-là de plus grofte taille, & les Jeux coniques deviennent de plus menue taille.
- 1207. On réparera foigneufoment les Jeux d’Anche ; on en ôtera lapoufo fiere : fi un Tuyau eft boflué, on le repalfera au moule ; on démontera avec précaution les languettes : s'il y a du verd-de-gris, on le raclera légèrement : ôn nettoyera de même l’Anche, & s’il y a idu verd-de-gris , on fôtera. S’il y en avoit quelqu’une qu’on reconnût faufiee, on la redreftera, 8c on la repaffèra for la lime : on aflurera celles qui ne feront pas fermes dans leurs Noyaux. S’il y en a qui fe tiennent penchées for leur dos , on les remettra droites, en faifànt revenir le plomb dans fon premier état, à petits coups d’un petit marteau. On remettra la languette & on changera le coin, s’il eft devenu trop lâche. On dérouillera la rafette, fi elle eft rouillée. Si le Noyau fe trouve dégradé, & que les trous de l’Anche & de la rafette foient devenus trop grands, on changera ce Noyau 8c on en fondera un autre. Si le pied eft boflué , on le repaflera for fon moule ; s’il eft trop foible, on en fera un autre. Si fon bout s’eft élargi, ce qui a lieu for-tout pour ceux qui foutiennent des Noyaux quarrés, on le rétrécira à petits coups, en le frappant en-dehors tout-à-l’entour, avec la lame du couteau. S’il fe trouve quelque languette défeéhieufe , on la changera: s’il y en a qui ayent de faux plis, on les redreflera avec le dos du couteau, for le fer à retendre les languettes. On trouve quelquefois des Tuyaux pliés en deux & redoublés, étant tombés pour n’avoir pas été allez bien foutenus ou attachés : lorfqu’on veut redrefler ces Tuyaux, il s’y forme des ouvertures , des crevaf-fes ; on les coupera à cet endroit : on redreflera bien les deux morceaux , & on les fondera. Si en redreflànt ces Tuyaux il ne s’y faifcit qu’un petit trou , on le boucheroit avec la foudûre.
- 1208. A l’égard des Sommiers , ils peuvent être dégradés en bien des manières. Il peut y avoir des emprunts, des échappements de vent aux Chapes & aux Regiftres : il peut y avoir des reperes gâtés : quelque Regiftre cafte , ou la peau dont il fera doublé , ufée : quelque Soupape décollée ou éreintée: desbourfettes déchirées ou décollées : des ofiers caftes ; quelque guide des Soupapes qui manque ; quelque partie du parchemin for lequel les Soupapes battent, décollée ; des Chapes déjettées , 8cc. Dans tous ces cas on arrachera les porte-vents , qui donnent le vent à la Montre & ailleurs , aufti-bien que ceux du Cornet ; on ôtera les Balanciers, les Enfourchements, les Chapes, les Regiftres, faux-Sommiers, &c : on enlèvera le Sommier , & on le tranfportera à l’attelier, pour remédier , s’il eft poflible , à tous fes défauts.
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- 120p. S’il y a des emprunts, cela dénote , le plus ordinairement , que le Sommier a été mal confirait. Il n’eft pas poflible d’y remédier folidement & dune façon durable, files emprunts proviennent de quelque féparation entre la table 8c les barres, ou entre les bouts des barres & le chaftis ; fur-tout, fi le même défaut paraît en plufieus endroits. Quoique l’on faiïe, on ne pourra jamais arrêter le mouvement du bois ; le feul parti quil y ait à prendre , eft de faire un autre Sommier. S’il n’y a qu’un ou deux emprunts, ce ne fera pas tou- . jours la marque d’une vicieufe conftruétion. Il faudra introduire de la colle dans l’ouverture, 8c coller une bande de peau par-deflus avec toute l’attention poffible , en forte qu’on foit afliiré d’en avoir exaéhement bouché l’ouverture : 011 fera la même opération de l’autre côté. Si l’emprunt vient de ce qu’une barre , ou même plufieurs font fendues, il y aura plus de facilité à y remédier ; on ÿ collera de la peau , après avoir rempli la fente de colle.
- 1210. S’il y a des échappements de vent fous les Chapes , on les repaflera à la varlope pour les bien drefler. Si c’eft aux Regiftres , (pourvu qu’ils ne fbient pas doublés de peau, ) on les repaflera à la filiere. S’ils font doublés de peau , 8c que cette peau foit ufee, on l’ôtera aufli-bien que toute la colle, au moyen de l’eau chaude ; 8c lorfque le bois fera fec, on y collera de la peau neuve, comme il a été dit art. 537 & 538, pag. 178. S’il y a des reperes gâtés, on les rétablira dans le même goût où ils auront été faits. Si l’on voit que leur conftruétion foit mal entendue, on en fera d’autres qui fbient plus folides. S’il y a quelque Regiftre cafte, la meilleure maniéré de l’ajouter eft celle qu’on appelle en peigne. Si le Regiftre eft cafte vers le milieu a, fig, '2 , PL 76 , on rabottera à 4 ou y pouces loin, comme depuis b jufqu’à a ; 8c depuis a fur l’auf tre morceau jufqu’à d. On fera un morceau de tringle dc ab9 raboté également par chaque bout de d en a, & de b en a. On collera ces trois pièces difpofées comme l’on voit dans la figure, 8c on les tiendra fous le valet jufqu’à ce que la colle foit feche. On paflera enfùite la varlope-onglet, pour affleurer le defliis du Regiftre. S’il eft cafte vers un bout, comme en f9 Jîg. 3 , on rabotera le defliis de fonbout^g : on rabotera également le morceau hg9 8c on collera l’un fiir l’autre les deux morceaux, difpofés comme on le voit dans la figure.
- 1211. S’il y a quelque Soupape décollée ou éreintée, on l’ôtera de fa place & on la recollera. Si l’on trouve du défaut dans fà garniture de peau, on la changera. S’il y a quelque bourfette déchirée, on l’ôtera proprement pour ne pas gâter les voifines ; on en fera une autre dans un creux fait exprès fur un morceau de bois, & on la collera fur la place où elle manque. S’il y a quelque ofier cafte, on l’ôtera 8c on en mettra un autre. S’il manque quelque guide aux Soupapes, on en remettra. Si quelque partie de parchemin eft décollée fur les barres où battent les Soupapes, on la recollera.
- 1212. Il eft néceflàire d’examiner fi la fùrface des barres, qui eft dans la Laye, eft bien plane 8c bien affleurée avec le chaffis. Lorfqu’un Sommier eft ancien ,
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- Ü arrive quelquefois que les barres avec le chaffîs ne fe font pas bien maintenus dans le même état, lùr-tout fi le Sommier a été confirait à flipots, pofés à bois de bout, comme c’étoit anciennement l’ufage parmi bien des Faéleurs. Il faudra dans ce cas démonter entièrement la Laye & les Soupapes, replanir toute cette furface , y coller de nouveau parchemin , le raboter, recoller les Soupapes , remettre leurs guides , &c.
- 1213. La table du Sommier peut quelquefois s’être dérangée , & avoir fait du mouvement, {ans pourtant que les barres en foient Réparées : elle ne fera plus plane. Dans ce cas, on ôtera tous les faux-Regiftres, on redrefïera la table avec tous les foins indiqués art. ^22, pag. 173 : on remettra les faux-Regiftres , Sec. Il y en a qui au lieu de remettre de la peau aux Regifîres , lorlqu’il efl nécefîàire de la changer, ôtent entièrement l’ancienne ; ils repafîènt les Regifîres à la filiere, & les replacent làns peau, conformément à ce que j’en ai dit art. 529 > pag. , où j’ai prouvé que c’étoit la meilleure pratique ; il faut alors rajufter les faux-Regiftres en conféquence.
- 1214. S’il eft tombé de l’eau furie Sommier, par la pluie ou autrement, on examinera le dégât quelle pourra avoir fait, qui fera plus ou moins confidé-râble, félon que la quantité d’eau aura été plus ou moins grande , & qu’elle aura féjourné plus ou môins de temps. Lorfque les Regifîres font doublés de peau , l’eau qui y aura pénétré les aura collés contre la table. Les Soupapes fe trouveront peut-être collées contre les barres. Si l’eau eft defeendue jufqu’aux bourfettes , elles auront été décollées , elles fe feront défigurées , fe feront retirées & feront devenues roides. La peau ou le parchemin qui couvre les gravures au-defïous du Sommier, fe trouvera décollée en plufieurs endroits. Je fuppofe en tout ceci, que la quantité d’eau aura été grande , & quelle y aura demeuré long-temps. Pour remédier à tout ce dégât, on ôtera le Sommier de place, Sc on le mettra fur l’Etabli : on démontera la Laye , on changera la peau des Soupapes, auffi-bien que le parchemin fer lequel elles battent : on refera les bourfettes : on regarnira les Regifîres de peau neuve : on changera la peau ou le parchemin du defïous du Sommier. Pour toutes ces opérations je renvoie aux articles où je les ai décrites.
- 121 y. Lorfqu’on aura remonté la Laye du Sommier, on examinera fi les tampons des Layes font bien juftes, S’ils font lâches & qu’ils entrent trop facilement# on collera une autre peau par-defliis l’ancienne, ou encore mieux , on en collera une bande entre le bois & l’ancienne peau, qu’on décollera à cet effet fufi* filàmment. On fera cette opération aux quatre côtés, s’il le faut, ou à 3 feulement , ou à deux , ou même à un feul côté, félon qu’il conviendra.
- 1216. Le Sommier étant en bon état, on le remettra en place. Avant de remettre les porte-vents pour faire jouer la Montre, on leur fera toutes les réparations néceffaires. On refera, en toutou en partie, ceux qui feront endommagés par les rats, ou qui feront écrafés. On remettra en état ceux qui feront cafles,
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- applatis, boflués, &c. Comme on ne peut pafler un moule dans les porte-vents , à caufe de leurs finuofités , on les coupera s’il le faut, pour y repaflèr le moule, & on les reftoudera, obfervant qu’ils ayent toujours la même tournure. Quand ils feront én bon état, on les recollera chacun en leur place, fans ôter l’ancienne filafle, fi on n’en a pas dérangé la figure en les arrachant de leurs trous ; autrement on la coupera , on l’ôtera entièrement & on en remettra de nouvelle. Pour arracher les porte-vents , on fe fervira d’un cifeau de Menuifier ; on pincera entre la filaffe & le bois, & on lèvera ainfi le porte-vent. On les ménagera tant que l’on pourra, pour avoir moins de travail lorfqu’il faudra les replacer.
- 1217. Il eft rare de trouver un fi grand délabrement dans un Sommier : le plus fouvent il n’y a que quelques menues réparations à faire , comme de rapporter quelques bourfettes, changer quelque ofier , redrelîer quelque Chape , recoller quelque Soupape , Sec. Dans tous ces cas, on n’eft pas obligé d ôter un Sommier de û place. Ce qu’il y a de plus difficile, eft de recoller une Soupape éreintée ; voici la façon de le faire : on ôtera entièrement la Soupape, avec précaution , pour ne pas décoller le parchemin fur lequel elle étoit collée, Sç pour ne pas rifquer d’endommager les voifines : on changera la peau de cette Soupape : on fera un morceau de bois b df g n, fig. 6 9Pl. 76 , qui foit bien à la mefiire de la Soupape. Le plan d'b c a 9 doit être élevé au-deflus de l’autre plan il k h 9 de toute la hauteur de la Soupape 9 y compris la profondeur de la rainure m n. Le delibus gf de ce morceau de bois fera tout droit & parallèle aux deux autres plans. Pour coller la Soupape, on la mettra d’abord fur le morceau de bois D F G 9 fg. 7. On mettra de la colle de A à B fur la queue de la Soupape, & on l’appliquera à la vraie place au moyen du morceau de bois, qu’on fera tenir ferme contre la Soupape, avec deux petites étaies qu’on aura ajuftées auparavant ; on en placera une en F, qui eft celle qui doit forcer le plus, & l’autre en G. Lorfque la colle fera bien feche, on ôtera les étaies avec le morceau de bois. Cet expédient pour recoller une Soupape réuffit très-bien. C’eft ainfi qu’avec un peu d’induftrie, on lèvera bien d’autres difficultés. La néceffité rend l’elprit inventif.
- 12.18. On vifitera tout l’Abrégé, qui peut être dégradé à plufieurs égards.
- S’il y a des fers qui ne loient pas bien aflurés, on y remédiera. S’il y a des rou-
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- leaux qui loient déjettés, on les changera, luppofé qu’ils le foient confidéra-blement. S’il y en a quelqu’un qui ne le foit pas beaucoup, & qu'on juge qu’il foit d’une groiïèur à ne pas faire craindre qu’il ne torde, on donnera un coup de foie à l’endroit le plus concave ; ce coup de foie entrera d’un tiers du diamètre du rouleau : on mettra de la colle dans cette entaille, dans laquelle on enfoncera à coups de marteau, un coin de bois bien fait, & qui y aille bien ; la force de ce coin fera redreffor le rouleau : on coupera le foperflu du coin lorfque la colle fera fechç,
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- $ecl. /. Relever ou réparer un Orgue* 450
- Ï2ip. S’il y a des rouleaux gênés dans leur mouvement, on les rendra libres S’il y a des pivots qui foient trop au large, & qui ballottent dans les trous des tourillons , on les changera pour en mettre d’autres un peu plus gros. S’il y a des tourillons qui ne tiennent pas bien , on les recollera & on les affinera. S’il y a des garnitures de vergettes qui foient ufées ou calfées, on les ôtera & on en mettra d’autres ; ce font fur-tout celles du bout inférieur des vergettes accrochées aux demolfelles, qui font les plus fujettes à caffer, parce qu’on y retouche de temps-en-temps pour égalifer les Claviers. On renouvellera les garnitures qui ne paroîtront pas en bon état. S’il y a des vergettes calîees , ou on les ajoutera en peigne, ou on en mettra d’autres , fi en les ajoutant elles deve-noient trop courtes.
- 1220. On examinera les Claviers pour voir s’il ri’y auroit pas de touches déjettées. Si elles font bombées par le côté, en forte que la partie convexe frotte contre la touche voifîne, on placera un peu à côté le trou de la queue de la touche où entre la goupille. On ne négligera rien pour que les guides fafîent bien leur fonétion, ainfi que les talons. S’il y en a quelqu’un qui foit décollé > on le recollera > aulfi-bien que les feintes, s’il y en avoit quelqu’une qui fût déplacée. On ôtera la pouffiere dans toutes les parties où il pourra y en avoir ; on changera les lifieres de drap, fi elles avaient tellement durci qu’elles ne filfent plus leur fonction, qui eft d’empêcher le cliquetis des touches.
- 1221. On vifitera le Clavier de Pédale, qu’il faut toujours lever pour ôter une quantité de pouffiere qui fo ramafle par deflous. On examinera tous les ref* forts, les guides, les marches, les touches, afin de remédier à tout ce qui pour-roit être défeéïueux. On regardera auffi tout ce qui a relation à ce Clavier, pouf voir fi tout eft en bon état. On vifitera les bafcules du Pofitif, 8c tout ce qui y eft relatif.
- 1222. On examinera toutes les pièces qui compofent les mouvements defti-nés à faire jouer les Regiftres de tous les Sommiers. On verra fi les bras de tous les pilotes tournants font bien allurés ; fi les fers font fàins & entiers ; fi leurs pivots tiennent fortement ; fi les grands fupports font bien affermis; fi les mouvements, les enfourchements , les tirants font entiers ; s’il n’y a rien de fendu ; fi toutes les pioches tiennent ferme ; fi les balanciers jouent bien , & fi leurs pivots ainfi que leurs fupports font inébranlables* Si l’on trouve du défaut dans toutes ces différentes pièces, on y remédiera*
- 1223. parcourra to^s les grands porte-vents, tous les Soufflets & les Layes des Sommiers, pour voir s’il n’y auroit pas de perte de vent ; quelque petite quelle foit, on la bouchera. Il y en a qui préfentent une petite bougie allumée à toutes les jointures, & aux endroits où l’on foupçonne que le vent peut s’échapper ; cette recherche doit être fort exaéle.
- 1224. On recollera fur les chapes tous les petits ponts, s’il doit y en avoir, & fi l’on avoit été obligé de les défaire : on pofera les faux-Sommiers avec leurs
- Orgues. IL Paru h a a a a a
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- 46o FACTEUR D’ORGUES, Ji. Partie, Chap. XI.
- fupports & leurs pieds. On pofera bien à plomb les Tuyaux, chacun à leur place, en forte qu ils ne ballottent point, & que cependant ils ne fbient pas fi juftes dans leur faux-Sommier, qu on foit obligé de défigurer leurs pieds, pour les faire bien appuyer fur les trous des chapes. S’il y a quelque Tuyau qui ballotte dans fon trou, on fôtera ; on collera un morceau de peau fur le trou, comme pour le boucher ; la peau étant féche, on la fendra en croix par un coup de couteau, & on remettra le Tuyau.
- I22y. Tout l’Orgue étant ainfi bien en état dans toutes fes parties, on en fera parler les Tuyaux ; on les mettra en harmonie : on les égalifèra & on les accordera , comme il a été décrit aflèz au long dans tout le Chapitre précédent.
- 12 26. Les Orgues que fon a foin d’entretenir en état, 8c qui ont été bien faites, n’ont pas befoin d'un relèvement aufli confidérable que celui que je viens de détailler. Il eft rare qu’il faille ôter les Sommiers de place ; qu’il foit befoin de mettre la Soufflerie en cuir neuf, que les Tuyaux foient fort dégradés ; qu’il faille repoufïèr des Jeux, & changer le ton , &c. On ne fait ordinairement que reblanchir la Montre ; ôter tous les Tuyaux de leur place ; les nettoyer ; y faire quelques menues réparations ; chaffer la pouffiere de deffus les Sommiers ; étancher lèvent, &c. On remet enfuite les Tuyaux en leur place, on les fait parler, Sc on les accorde.
- Section Seconde. ,
- Maniéré de faire des augmentations à un Orgue.
- 122J. Anciennement on ne remplilîoit pas autant les Orgues qu’on les remplit aujourd’hui; on les compofoit même différemment, foit pour la difpofî-tion ou le choix des Jeux, foit pour leur étendue. De là vient qu’on demande fou vent quelque Jeu d’augmentation, ou une plus grande étendue dans ceux qui y font déjà. Les nouvelles Orgues ne font pas à l’abri de certains changements qu’on y defire après coup : c’efl: ordinairement quelque Jeu d’Anche , dont on veut augmenter l’inftrument, Il n’y a point de difficulté à cet égard , s’il fe trouve fur le Sommier un Jeu qui ne foit plus de mode, qu’on veuille fùpprimer pour y fubflituer le Jeu d’augmentation dont il s’agit. Dans ce cas , on agrandira, s’il le faut, avec le vilebrequin, les trous du Sommier du Je\i retranché ; & afin d’empêcher autant qu’il fera poffible, que les copeaux ne tombent dans les gravures, on fera fbuffler continuellement pendant toute l’opération , & on, mettra un plomb fur la touche relative au trou auquel on travaillera. Si le local ne permet pas de faire tourner le vilebrequin , on fè fèrvira d’un fer rouge, en faifant fouffler toujours. ‘
- 1228, Si l’on ne peut retrancher aucun Jeu, on fera obligé d’augmenter le Sommier d’une place de plus pour le nouveau Jeu; ce qu’on peut exécuter de
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- Secl. IL Augmenter un Orgue déjà fait. 4^-t
- deux maniérés : la première, qui eft la plus fimple , confifte à faire des trous horizontalement fur le battant de derrière du chaffis du Sommier, en forte qu’ils percent dans les bouts de chaque gravure. On fera une barre de toute la longueur du Sommier, de la hauteur ou profondeur des gravures, & de l’épaifleur de la table du Sommier* On fera autant de trous à cette barre, & parfaitement vis-à-vis de ceux qu’on aura faits au chaffis, comme li ces deux pièces avoient été percées enfemble ; mais ceux de la barre ne traverforont point. On donnera à cette barre une largeur fuffifànte, pour pouvoir attacher par-deflus deux faux-Regiftres & un Regiftre entre-deux. On clouera une chape for .ces deux faux-Regiftres, & on percera le tout aflez profondément, c’eft-à-dire, julqu’aux autres trous déjà faits. Tout cela étant exécuté avec les mêmes foins que fi Ton confo truifoit un Sommier , on collera une bande de peau contre le chaffis déjà percé du Sommier. On ouvrira cette peau à tous les trous, & on y appliquera bien jufte la nouvelle augmentation, qu’on arrêtera folidement avec des clous ou des vis en bois ; on peut même la coller. Il fera aifé d’ajufter en deflus un faux-Sommier, & de faire jouer le nouveau Regiftre comme les autres.
- 1229. Cette maniéré d’ajouter à un Sommier la place d’un Jeu d’Anche, a fos inconvénients. Si les gravures fe trouvoient fort près les unes des autres , on rifqueroit de fendre le chaffis, en y faifànt des trous fi près-à-près : on l’affoibliroit beaucoup ; ce qui rendroit le Sommier moins propre à fopporter la charge des Tuyaux. Cet expédient n’eft bon , que lorlque les gravures font aflez écartées les unes des autres. En voici un autre, qui, quoiqu’un peu plus compofé, eft propre à augmenter un Sommier dans tous les cas.
- 1230. On appliquera au-deflous du Sommier , tout près du chaffis de derrière , une planche de 4 ou 5 pouces de largeur, for 6 à 7 lignes d’épaifleur, & de la longueur du Sommier. On l’arrêtera bien folidement for les barres, au moyen de la colle & des pointes, avec le même foin & les mêmes précautions, que fi l’on colloit la table d’un Sommier for les barres. L^s pointes étant repouflées, & la colle étant bien féche, on dreflêra cette planche au moyen de la varlope, avec la même attention qu’on apporte à une table de Sommier. On y appliquera deux faux-Regiftres , & un Regiftre, & on y clouera à l’ordinaire une chape. On percera le tout jufques dans les gravures. On pofera & on arrêtera fortement une grofle barre, contre le derrière du Sommier, au niveau des chapes. Cette barre fera percée en-deflus d’autant de trous , que les autres chapes du Sommier, de façon qu’ils traverfont tous. On collera des porte-vents de plomb , qui feront emmanchés d’un bout dans la chape au-deflous du Sommier,’ & de l’autre au-deflous de la barre. Si l’on augmente le Sommier de deux Jeux, il faudra mettre deux Regiftres au-deflous du Sommier, deux rangées de porte-vents , & faire deux rangées de trous à la barre, qui doit-être aflez large pour contenir deux Jeux, On mettra le faux-Sommier convenable, & on fera jouer
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- 4Ô2 FACTEUR D’ORGUES, ïî. Partie, Chap. XL
- les Regiftres fort aifément. Selon cette fécondé maniéré d’exécuter l’augmeiv tation dont il s’agit, l’Ouvrage étant bien fait, fera folide 8c durable.
- 1231. Si l’on veut augmenter de deux ou trois marches l’étendue de tous les Jeux dans les deffus d’un Sommier, on pourra s’y prendre de la maniéré fuivante.
- On fera une grille compofée de barres 8c d’un chaflis, comme fi l’on vou-loit conftruire un Sommier. Cette grille n’aura que deux ou trois gravures, qui auront la même profondeur, & la même longueur que celles du Sommier qu’on veut alonger. On collera 8c on clouera à l’ordinaire fur cette grille une table, dont le fil du bois loit dans le même fens, & de la même épailfeur que celle du Sommier. On y fixera de faux-Regiftres également efpacés & de la même dimenfion que ceux du Sommier : on y mettra des Regiftres & des .chapes parfaitement femblables. On fera tous les trous nécelîaires, 8c tellement convenables, qu’ils {oient une fuite naturelle de ceux du Sommier. On fera tous ces petits Regiftres d’une longueur fuffifante, pour les accrocher à ceux du Sommier.
- Tout le deffiis de ce ralongement étant fini, on y fera une Laye en deflous ,* qu’on garnira de Soupapes, de refîorts, de bourfettes , Sec, avec une grande ouverture à un, ou aux deux bouts, félon les cir confiance s. On pofera ce ralongement près du bout du Sommier , en forte que tous les Regiftres de l’un 8c de l’autre fe correlpondent exactement ; on les accrochera enfemble, & on fera tenir par deflîis un faux-Sommier. On peut ralonger ainfi tous les Som-r miers de l’Orgue : cela demande d’être bien fait, & avec intelligence.
- 1232. S’il s’agit d’ajouter à un Sommier de Pédale un ravalement entier de fept marches dans les baffes, on pourra fiiivre l’idée fuivante : comme le Som~; mier de Pédale eft prefque toujours divifé en deux parties, on augmentera l’une de quatre marches, & l’autre de trois. Nous ne parlerons que d’une partie, attendu que toutes les opérations à faire fur l’une ., feront femblables à celles de l’autre.
- On fera la table de ce ralongement de la même épailfeur, & de la même largeur que celle du Sommier. On lui donnera une longueur telle , que les J ou 4 gravures puilîent y être fùffifàmment efpacées , pour contenir les Tuyaux qu’on doit y faire jouer. On fera tenir au-deflbus de cette table un chaflis, qui ne fera que de trois pièces ; attendu que la derniere barre tiendra lieu de la quatrième. On y attachera avec des pointes 8c de la colle les barres, qui feront delà même largeur que celles de l’ancien Sommier.|On conftruirapar delïous une Laye à l’ordinaire. La table de deflus fera alfemblée par une feuillure à moitié bois avec le bout de l’ancienne table, 8c on l’arrêtera bien avec des poin-t tes & de la colle. On aflemblera & on arrêtera de même la planche des bour-; fettes, avec le bout de celle du Sommier.
- On ajoutera en peigne les anciens Regiftres, afin foient afïèz longs
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- SeS. Ilî. Entretien des Orgues. 463
- pour couvrir le ralongement du Sommier. Les faux-Regiftres & les Chapes joindront bout-à-bout contre les anciennes : on fera une ouverture allez grande au bout de la Laye de l’ancien Sommier, pour fournir le vent à celle de l’au-gmentation. La porte de la nouvelle Laye fera d’une piece particulière, Sc féparée de celle de l’ancienne. Cette augmentation ou ralongement étant bien exécuté, avec toute la juftefle & les foins que demande un pareil ouvrage , rendra le Sommier auffi fclide, que s’il n’y avoit rien d’ajouté après coup ; mais il faut de la précifion & de l’intelligence. Je ne fais, au refte, que donner une fimple idée de ces expédients ; je foppofe en ceci, que je parle à un Ouvrier, qui connoît ce genre de travail. J’ai cru qu’il n’étoit pas nécelïàire de le détailler davantage.
- Section Troisième.
- Entretien des Orgues.
- Ï233. Tout le monde fait qu’un Orgue eft un infiniment d’un prix toujours fort confidérable ; c’eft ordinairement le meuble le plus précieux qu’on ait dans une Eglife ; il mérite donc qu’on apporte une attention fînguliere à là confer-vation. Un Orgue peut durer plus de deux fiecles, s’il a été bien fait, & fi l’on en a un foin convenable. Il n’eft rien dans le monde qui ne demande de l’entretien, jufqu’aux Edifices les plus folides ; à plus forte raifon un Orgue , qui eft compofé d’un fi grand nombre de pièces, la plupart foibles * fragiles, de peu de confiftance, & fojettes à être altérées par mille accidents. L’eau, le feu, les rats, la pouflïere , le mouvement naturel des bois, le fimple ébranlement , &c, font des caufes fùffifiintes, ou pour le faire périr entièrement, ou du moins pour le dégrader notablement. Lorlqu’on néglige d’y donner les foins convenables, les réparations s’accumulent peu-à-peu : le dépériffement augmente jufqu’à un tel point, qu’on eft obligé , ou d’y faire de grandes dépenfes pour le remettre en état, ou de l’abandonner entièrement. Il eft donc important de veiller à fon entretien, ce qui contribuera à le faire durer long-temps. Pour le faire avec fiiccès, le meilleur de tous les moyens eft de donner ce foin à un bon Faéleur d’Orgues. Je dis à un bon Facteur, attendu qu’un mauvais ou un ignorant, en touchant & retouchant aux Tuyaux, lorfqu’il eft néceftàire, foit des Jeux à bouche, foit des Jeux d’Anche, en changera l’harmonie. On voit quelquefois de bonnes Orgues devenir fort médiocres, pour avoir été entrer tenues par de mauvais Faéteurs. Il eft très-rare, même plus qu’on ne penfe, de trouver des Organiftes , qui foient en état de s’acquitter comme il faut de cette fonélion, quoique le plus grand nombre croie en être très-capable, fur-tout les petits Organiftes, qui ont le don particulier de dégrader bientôt un Orgue, en voulant fe mêler de l’entretenir.
- 1234. On n’eft point embarrafle de faire entretenir les Orgues dans les gran-Orgues. II. Part. Bbbbbb
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- 464 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. XI.
- des Villes, où il y a des Faéteurs d’Orgues ; mais il lien eft pas de même dans les Provinces, fur-tout dans les petits endroits , où Ton voit prefque toujours les Orgues dans le plus mauvais état; on les lailîe dépérir totalement. Il feroit pourtant aifé de pourvoir à Tentretien néceflâire : il y a toujours quelques Facteurs , même habiles, qui font répandus dans un Royaume. Un nombre d’Egli-fos voifines, pourroient, moyennant chacune une certaine fomme annuelle, convenir avec le Faéteur d’Orgues le plus à portée, pour venir une , deux ou trois fois Tannée , folon Téloignement, repaffer leurs Orgues relpeétives, & y réparer tout ce qui sy trouveroit dégradé. Chaque Eglife pourroit prendre fos arrangements avec le Faéteur , & choiiîr le temps convenable, pour que fon Orgue entier fut repafle à Taccord, & fe trouvât parfaitement en état pour là plus grande Fête. Il eft certain qu’au moyen de cette cotifàtion, le Faéteur fai-fent la tournée félon quon feroit convenu, on auroit l’agrément d’avoir des Orgues entretenues à peu de frais. Cela joint avec le petit entretien de l’Organifte, qui ne confifteroit qu’à tenir les Jeux d’Anche d’accord , à guérir quelques cornements en cas de befoin , &c, les Orgues fe maintiendraient long-temps, & n’auroient pas befoin de ces grandes & ruineufes réparations, dont nous avons parlé ci-defliis.
- 123y. Dans les grandes Villes, on fait entretenir les Orgues par des Facteurs qui y habitent, mais cet entretien eft trop borné. Les Faéteurs prétendent n’être tenus qu’à de très-menues réparations , comme d’accorder les Jeux d’Anche quand il le faut ; d’en faire parler les Tuyaux défeétueux, guérir les cornements s’il en fondent, remédier aux arrêts des touches, remettre quelque garniture de v'ergette lorfqu’il s’en cafte , raccrocher des mouvements s’il s’en décroche quelqu’un ; mais ils laiflent entièrement dépérir la Soufflerie, Sc ne bouchent point les pertes de vent, qui peuvent forvenir aux grands porte-vents. Si quelque petit porte-vent fe décolle , ils le laiflent ainfi : fi quelque Tuyau tombe , ils ne le relèvent point, &c. Cependant ceux à qui les Orgues appartiennent , font perfoadés que les Faéteurs ne négligent abfolument rien.
- 123 6, Il feroit important de réformer un peu cette maniéré d’entretenir les Orgues, & d’obliger les Faéteurs, en augmentant de quelque chofo leur honoraire , s’il le falloit, à ne pas laifler dégrader la Soufflerie, & à tenir le vent étanché par-tout, ce qu’on appelle réparer les pertes de vent : recoller aufli les porte-vents de plomb, qui conduifont le vent aux Tuyaux de la Montre, & aux Tuyaux poftés, fi le cas y échet, fuppofé qu’il ne fût pas néceffaire d’ôter beaucoup de Tuyaux de leur place : raccommoder ceux auxquels il feroit arrivé quelque dommage : relever & redreflèr ceux qui pourroient être tombés, fi le dégât n’eft pas confidérable. Il eft évident qu’en entretenant ainfi un Orgue au-delà de ce à quoi les Faéteurs prétendent être obligés, il ne faudrait le relever que rarement, & ce relèvement ne coûterait pas de beaucoup autan U Les Soufflets dureraient bien plus long-temps, & n’auroient pas befoin d’être fitôt
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- Se cl- Ht Efiimation des différentes pièces SC Jeux de l Orgue. 46$
- remontés en cuir neuf. A tout bien examiner, on gagneroit beaucoup dans la fuite à cette petite augmentation d’honoraire ; vu que les grandes réparations en feroient bien plus rares.
- 1237. Il faut fùppofer dans tout ce que je viens de dire, que le Faéleur qui fe charge de l’entretien d’un Orgue, le reçoit en bon état. S’il y avoit des réparations à faire, elles devroient être payées féparément , & en fus de fon honoraire annuel. De même , li tandis qu’il tient l’Orgue en bon état, il y fur-venoit quelqu’accident extraordinaire , comme la foudre, la pluie , la chute de quelque poutre, quelqu’ouragan qui y fit du dégât : des Maçons, des Vitriers, Charpentiers, ou autres Ouvriers qui endommageaflent l’Orgue, en travaillant de leur métier dans l’Eglifc, &c, les réparations qu’il y faudroit faire , dans quelqu’un de ces cas extraordinaires, devroient fe faire par un marché particulier, & indépendamment du prix de l’entretien ordinaire.
- A l’égard du détail de tout ce qu’il faut faire à un Orgue pour l’entretenir & le conferver, avec la maniéré d?exécuter le tout, nous le renvoyons au troi-fieme Chapitre de latroifieme Partie de cet Ouvrage, où l’on trouvera cette defcription.
- Ejlimation des différentes Machines , Pièces SC Jeux de V Orgue.
- 1238. Un grand Sommier de 30 Regiftres , partagé en deux , & divifé en
- quatre parties à l’ordinaire, qui fera deftiné à faire jouer des 32 pieds, Bombarde , &c, lequel fera accompagné de les Abrégés, Mouvements, Pilotes, Claviers , faux-Sommier, &c, peut valoir à-peu-près, . . 3800 liv.
- Un grand Abrégé double & à reprifes, garni de fes vergettes, &c, & jouant, vaut, eftimé féparément, . • . . . 400 liv.
- Tous les mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit grand Sommier de 30 Regiftres valent, eftimés en particulier, . 800 liv.
- L’on voit par les deux articles, que nous venons d’apprécier féparément, que l’eftimation totale du grand Sommier, doit être réduite à la fomme de 260a liv.‘dont il faut encore ôter la valeur des deux Claviers correfpondants : c’eft ainfi qu’il faudra toujours l’entendre dans toutes les eftimations fuivantes.
- Le Sommier d’un Pofitif ( proportionné au lufdit grand Sommier, ) fur le-; quel on fera jouer un 16 pieds, &c, & qui fera accompagné de Ion Abrégé , Mouvements, Clavier, Bafcuies, Pilotes, &c, peut valoir, . 1730 liv*
- L’Abrégé complet dudit Pofitif, avec fes Bafcuies, Pilotes , & c, eftimés féparément, *. . . . . . . syoliv;
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit Sommier du Pofitif, ....... . 250 liv.’
- 1239. Un grand Sommier d'environ20 Regiftres, pour un grand 16 pieds
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- 4'66 FACTEUR D’ORGUES, Il Partie, Chap. XI.
- avec Bombarde, accompagné de tous fes Mouvements, faux-Sommier , Abrégé, Clavier, &c. ..... 3000 liv.
- Un grand Abrégé double & à reprifes, tout garni de fes rouleaux, ver-gettes, &c. ... . . • 55° Üv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit grand Sommier de 20 Regiftres, . . . . 600 liv.
- Le Sommier d’un Pofitif proportionné au fiifdit grand Sommier, accompagné de tous fes Mouvements, Abrégé, Clavier , &c. . , 1490 liv.
- L’Abrégé dudit Pofitif, avec fes Pilotes, Bafcules , &c. . ‘230 liv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit Sommier du Pofitif, . . . . . 180 liv.
- 1240. Un grand Sommier pour un grand 8 pieds ordinaire, avec tous fes
- Mouvements néceflàires , fon Abrégé, Clavier, &c. . . 2400 liv.
- Un grand Abrégé fimple & à reprifes, garni de toutes les vergettes , 220 liv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit grand Sommier, . 400 Év.
- "N
- Le Sommier du Pofitif proportionné au fufdit grand Sommier, & accompagné de tous fes Mouvements, Abrégé, Clavier, Bafcules, &c. 1100 liv.
- L’Abrégé dudit Pofitif, avec fes Pilotes, Bafcules , &c. . 200 liv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit Sommier du Pofitif, . ... 160 liv.
- 1241. Un grand Sommier pour un petit 8 pieds, avec tous fes mouvements,
- Abrégé, Clavier, &c. . . . . 1680 liv*
- Un Abrégé fimple & fans reprifes, garni de toutes fes vergettes, &c. 160 liv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit grand Sommier, . . . . . 100 liv.
- Le Sommier du Pofitif proportionné au fufdit grand Sommier , avec tous fes Mouvements, Abrégé, Clavier, Bafcules, Pilotes, Scc. . 900 liv.
- L’Abrégé pour ledit Pofitif, avec toutes fes Bafcules, Pilotes, &c. 100 liv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit Pofitif, comme Pilotes , &c. . . . • 100 liv.
- 1242. Un Sommier de Pédale de iy Regiftres, fur lequel on doit faire jouer
- des 32 pieds, &c, & qui fera accompagné de tous fès Mouvements, Abrégés, Clavier de Pédale de trois Oétaves, &c. . . 2600 liv.
- Un Abrégé de Pédale de trois oétaves, garni de toutes fes vergettes, Éq uerres, Échelles, &c. . ... yyo liv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les Regiftres dudit Sommier de Pédale de 1 f Jeux, . . 700 liv.
- 1243. Un Sommier de Pédale d’environ 9 Regiftres, ou il y aura des 16
- pieds, &c, jouant avec tous fes^ Mouvements, Abrégés, Clavier de Pédale de tiois oétaves, $tc» * • » % t/joo bw
- Vn
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- EJlimation des differentes pièces SC Jeux de VOrgue. 4
- Ua Abrégé de Pédale de trois oélaves, avec toutes fes vergettes, fes équerres, &c. . . . * 400 liv*
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer les 9 Regiftres dudit Sommier de Pédale , . . 240 liv.
- 1244. Un Sommier de Pédale de 4 Regiftres à l'ordinaire & de trois oélaves,
- avec tous fes Mouvements , Clavier, Abrégé , &c. . é 900 liy.
- Un Abrégé de Pédale de trois oétaves , garni de toutes fes vergettes, équerres, &c. .... 200 liv.
- Tous les Mouvements néceflàires pour faire jouer lefdits 4 Regiftres dudit Sommier de Pédale, .... 140 liv.
- Un Abrégé de Pédale de deux oétaves, garni de toutes les vergettes, équerres, &c. .... . 150 liv.
- Mais fi cet Abrégé n'eft que de deux oétaves, le Sommier ne fera également que de deux oétaves ; dans ce cas ledit Sommier de Pédale, n'étant pas auflt grand, ne vaudra que, . . . .850 liv.
- 1245. Un Sommier de Récit propre à faire jouer à l'ordinaire un Cornet &
- une Trompette , & de 34 gravures, avec fbn Clavier & tous fes Mouvements, vaut, non compris les Jeux, • 380 liv.
- 1246» Un Sommier d'Echo, deftiné à faire jouer unfeul Cornet de 3 oétaves , lequel Sommier fera fait fans Regiftres , ni Chapes, mais pourtant accompagné de tous fes Mouvements, Clavier, &c. . . 300 liv.
- Si ledit Sommier d'Echo eft à plufieurs Jeux; comme alors il doit être conf* truit avec des Regiftres & des Chapes, il vaudra avec fbn Clavier, & c. 390 liv.
- 1247. Un Clavier à la main tout feul plaqué en os , vaut, . 80 liv.-
- Lorfqu'il y en a plufieurs enfemble, ils augmentent de prix à proportion
- de leur nombre. S’il y en a 4 ou 5 , ils valent chacun, . .100 liv.
- S’ils font plaqués en ébene, ils vaudront un peu moins.
- Un Clavier de Pédale de 3 oétaves, peut valoir, . 72 liv.
- Un Clavier de Pédale de 2 oétaves, . . . 60 liv.
- 1248. Chaque Soufflet de 10 pieds de longueur fur 5 à 6 de largeur, peut
- valoir, . ^ . . . . . . . yyo liv.
- Un Soufflet de 8 pieds de longueur fur 4 pieds de largeur, . 400 liv.
- Un Soufflet de 6 pieds, . . 300 liv.
- On comprend dans ce prix tout ce qui accompagne la Soufflerie, comme le Treteau , Bafcules , Ferrements, &c.
- 1249. Pour remonter en cuir neuf chaque Soufflet de dix pieds , avec toutes les autres opérations qu'on eft obligé d'y faire, . . 2yo liv.
- Pour remonter en cuir neuf chaque Soufflet de 8 pieds , avec toutes les autres opérations, &c. . • . . si 00 liv.
- Pour remonter de même chaque Soufflet de 6 pieds, . . 180 liv,
- 1250. Une garniture de porte-vents'pour la Montre, & tous les Tuyaux po£
- Orgues. IL Pan. C c c c c c
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- 468 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. XL
- tés d’un grand 32 pieds, y compris le prix de la matière en étoffe, mais non les porte-vents nécefîàires au Pofitif, . • • 1000 iiy.
- Pour un grand 16 pieds, Pour un grand 8 pieds, Pour un petit 8 pieds , Pour un grand Pofitif, Pour un Pofitif ordinaire,
- % • • 700 liv.
- • • • «y OO liy.
- • • • * 200 liv.
- . . . . 200 liv,
- • . . . 150 liv.
- 1251. Les Tuyaux d’une Montre de 32 pieds, mis en place & parlant,
- peuvent valoir environ . . . . 12000 liv.
- Au refte iis vaudront plus ou moins, félon que la Montre fera plus ou moins grande.
- Les Tuyaux d’une Montre de 16 pieds, . . . . y000liv.
- Si la Montre eft fort grande, elle vaudra davantage ; fi elle eft plus petite, elle vaudra moins.
- Une Montre de 8 pieds, ..... 2000 liv.
- plus ou moins , félon là grandeur.
- Une Montre de 4 pieds, . . . . 400liv.
- plus ou moins felon quelle fera grande. Le marché fe fait ordinairement à 3 liv. la livre pelant.
- 1252. Un Bourdon de 32 pieds, ou 16 pieds bouché, qui commencera au
- premier G re fol, . ... . 600 liv.
- Un 3 2 pieds ouvert en bois , commençant au premier C fol ut, pour la Pédale compofée de 29 Tuyaux, . . . . . 1000 liv.
- Un Bourdon de 16 pieds, les baffes en bois, . . 4yoliv.
- Un 16 pieds ouvert, les baffes en bois, pour la Pédale compofée de 29 Tuyaux, . . . ... 700 liv.;
- Une Pédale de Flûte de 8 pieds, en bois, de 29 Tuyaux , . 360 Üy.
- Une Pédale de Flûte de 4 pieds de 29 Tuyaux, en étoffe , , 90 liv.
- Un Bourdon de 8 pieds, ou 4 pieds bouché, les baffes en bois, 200 liv.
- Un Preftant entier, les corps d’étain, ... 120 liv.
- Un gros Nafàrd, . . . . 100 liv.
- Une groffe Tierce, . . . 90 liv.
- Un Nafàrd, . . . . „ yoliv.
- Une Doublette, les corps d’étain, . . . yo liv.
- Une Quarte, une Tierce, un Larigot, chacun de ces Jeux, . 4y Ry.
- Un grand Cornet ordinaire, avec fes pièces gravées, fes fupports & fes
- porte-vents, . . . . . iyoliv.
- Un Cornet de Récit de 34 marches , avec fes pièces gravées & fes porte-vents ; en fuppofant qu’il ne fera pas pofé fur un Sommier féparé, mais qu’il tirera fon vent du grand Sommier, . . , ê 160 liv.
- Chaque rangée du plein-Jeu, à pieds d’étain, . , y o liv.
- «
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- EJlimation des différentes pièces SG Jeux de VOrgue* 469
- Si les Tuyaux font à pieds d'étoffe, * * 40 Üv.
- S'il y a des rangées plus grandes que la Doublette, elles vaudront davantage à proportion.
- 125*3. Une Bombarde en étain, ; . . ; i^ôo liv.
- Une- Bombarde dont les baffes feront en bois, . . 800 liv.
- Une Trompette de groffe taille, . 400 liv.
- Une Trompette ordinaire, . . w, . 330 liv.
- Un Clairon, . . . . . ï6o Üv*
- Un Cromorne, * . . 240 liv.
- Une Voix-humaine ordinaire, . . . ï 180 liv.
- Une Trompette de Récit, * . . . . 80 liv*
- 12^4. Une Pédale de Trompette avec ravalement, & de 3 oétaves, 700 liv.
- Une Pédale de Clairon de la même étendue, . . 200 liv.
- Une Pédale de Trompette fans ravalement, & de deux oétaves d'étendue feulement, . ...... 260 liv.
- Une Pédale de Clairon fans ravalement , & de deux oétaves d'étendue feulement, . . . . . . . 90 liv.
- 125*5. Une Pédale de Bombarde fins ravalement, & de 29 Tuyaux, 1350 liv.
- S'il y a un ravalement, chaque Tuyau a un prix particulier, comme s'enfuit $
- Pour le double B fa fi, . . . .300 liv.
- Pour le double B fa fi.... 400 liv.
- Pour le double A mi la9 < . . ^00 liv.
- Pour le double G re fol%, . . . . 6yo liv.
- Pour le double G rejol, . . . *8(5oliv*
- Pour le double F ut fa % , .... îo6oüv*
- . Pour le double F ut fa , . . . . 1280 liv.
- 1256. Lorfqu'il s'agit de repaffer un Orgue entier à l'accord , on paie cette opération félon que l'Orgue eft confidérable. Voici à-peu-près le prix convenable à chaque efpece :
- Pour accorder en entier un 32 pieds, y compris le Pofitif, car il faut l'entendre toujours ainfi, . . . . . , j;oo liv*
- Pour un grand 16 pieds, . . . . f 400 Üv.
- Pour un petit 16 pieds, ..... 35*0 Üv.
- Pour un grand 8 pieds, ..... 300 Üy.
- Pour un petit 8 pieds, ..... 200 Üv.
- 1257. A l'égard des Buffets d'Orgue , il n’eft pas poffible d'en faire des efti-mations générales ; cela dépend de leur grandeur & de leur richeflè. Il y a une prodigieufe variété dans ces fortes de prix ; car on en fait depuis 300 liv. & encore au-deffous jufqu'à 60000 Üv. Celui qui eft repréfenté dans les Planches 77 & 78, pourroit bien coûter peut-être quelque chofe d'approchant de cette dernière femme, fi on l'exécutoit à Paris.
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- 47o FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. XI.
- 12y 8. U eft bon d’être averti que tous les prix ci-deilus mentionnés peuvent changer, félon que les matières qui entrent dans la compofition de l’Orgue, font plus ou moins cheres , & félon la cherté des vivres. Ces eflimations feront trop fortes pour certains Pays, attendu que le bois, l’étain , &c, avec les vivres n y feront pas auffi chers que 'dans d’autres. Il faut avoir égard aux années, 8c aux circonftances , qui peuvent augmenter ou diminuer , même notablement, toutes ou au moins plufieurs de ces eftimations. Nous avons au relie tout évalué , après avoir confulté là-delîus des Maîtres de l’Art, entendant toujours, que toutes les Pièces, Machines & Jeux, feront pofés 8c jouant, ûns qu’il y relie rien à faire. Il faudroit ellimer bien moins chaque chofe, Il on ne fo char-geoit pas de la pofer & de la faire jouer. Nous ne fai Ion? point l’ellimation de bien d’autres articles qui regardent l’Orgue ; on pourra la faire aifément au moyen de tout ce qui eft dit ci-deilus.
- Planche
- 77-
- Noms des Jeux qui remplirent VOrgue de VAbbaye de Weingar-then en Suabe , dont la décoration extérieure eft repréfentée dans la Planche 77.*
- 12 jp. Cet Orgue elt à 4 Claviers tous entiers , dont les touches font toutes mobiles. Les Jeux qui répondent au quatrième Clavier, qui eft le plus haut, font les fuivants :
- 1. Principal que nous appelions Montre
- 2. Cornet de 4 oftaves..................
- 3. Piffaro.............................
- 4. Violon chel, autrement dit Gambe..
- y. Flut travers.......................
- 6. Quint à ton.........v.............
- 7. Haut bois..........................
- 8. Voix- humaine.......................
- 9. Flageolet.........................
- iio. Rofr. flot, ou Flûte à cheminée....
- 4i 1. Quer Flut, ou Flûte traverfïere..
- fi2. Flûte douce.......................
- Hauteur du Nomb. des Tuy. Matîetedont 1r. Tuyau dont les Jeux les Jeux font des Jeux. font comp. compofés. ... 8 pieds 49 Tuyaux. Etain.
- 425. Etain.
- ... 4. 96. Etain.
- ...8. Etain.
- ...4. 147. Etain.
- ...8. 49. . Etain.
- .. 4. 49. Etain.
- ..8. 49. Etain.
- 49. Etain."
- ..4. 49. Etain.:
- 49. Bois;
- ..8. 49- Bois.1
- Total du nombre des Tuyaux qui répondent au quatrième Clavier, 1111.
- * Lot (que j’ai vu cet Orgue en 17.fr, je n’ai pu en examiner les Jeux dans l’intérieur des Buffets. Mr. Gabier, qui en avoit feul les clefs, étant alors abfent éloigné de l’Abbaye d’environ 30 lieues. La plupart de ces Jeux me font inconnus. Le Fadeur m’en a depuis envoyé la lifte , mais en Allemand , qui eft une Langue que je n’éntends pas. J’ai prié M. Riepp M% Fadeur d’Orgue, Allemand de Nation , qui patle tien (à langue, de me donner en François les noms de tous ces
- Jeux : il m’a répondu que s’étant uniquement & toujours appliqué à conftruire lès Orgues à la Françoifè , (car il eft établi en France, ) il n’a jamais donné lôn attention, & n’a fait aucune étude des Jeux Allemands ; & qu’il y en a nombre qu’il ne connoît point. Il m’a donné en François les noms de ceux qu’il a pu entendre. J’ai lùivi mot à mot la lifte telle qu’il me l’a envoyée.
- Jeux
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- Jeux de l’Orgue de Weingarthen.
- Jeux qui répondent au troijieme Clavier.
- 471
- Hauteur du Nomb. desTuy. Matière dont jr. Tuyau dont les Jeux les Jeux font
- 8. Quint à ton.
- des Jeux, font compofés. compofés. . 8 pieds. 4p Tuyaux. Etain.
- *4* 4P* Etain,
- .2. 4P* Etain.
- 1. 196. Etain.
- . 2. 476- Etain.
- 4. p8. Etain.
- .8. 4p. Etain.
- .8. 4P* Etain.
- 8. 4P* Etain.
- 4- 4P* Etain.
- 8. 4P- Bois.
- 6. 4P* Bois.
- nu.
- Total du nombre des Tuyaux qui répondent au troifieme Clavier,
- 1
- Les Jeux qui répondent au fécond Clavier > font les fuivants.
- 3. Fourniture..
- 4. Cymbale...
- y.Nafard.....
- 6. Viola.....
- 7. Violon chel,
- 8. Soliciohal.. p.Bourdon...
- iio.Flut creux., n.Unda maris. 22. Bourdon bc
- Total du nombre des Tuyaux qui répondent au fécond Clavier,
- Les Jeux qui répondent au premier Clavier, font les fuivants.
- 1. Montre de 16 pieds.....................................
- 2. Montre de 8 pieds......................................
- 3. Preftant.............................................* •
- 4. Fourniture............................ • • *...........
- y. Doublette..............................................
- 6. Sextquialter...........................................
- 7. Cymbale................................................ •
- 8. Piffaro................................................
- p. Trompette.....................*........................
- |io.Hol flut, ou grolîe taille..............................
- ,.8. 4P* Etain.
- ,..4. 4P- Etain.
- .. 3. IO38. Etain.
- . .2. p 8. Etain.
- .. .2. 4P* Etain.
- ..4, *8. Etain.
- .. 8. 4P* Etain.
- ..8. 4P* Etain.
- ..8. 4P* Etain.
- ..8. 4P* Bois.
- ..8. 4P* Bois.
- . 16. 4P* Bois.
- ront fuivants.
- . 16. 4P* Etain.
- ..8. 4P* Etain.
- .4. 4P* Etain.
- . .2. 600. Etain.
- . .2. 4P* Etain.
- .i|* 4S3. Etain.
- 600. Etain.
- ..8. i$6. Etain.
- ...8. 4P* Eatin.
- . .2. 4P* Eatin.
- ..8. 4P* Etain.
- . .2. Métal de cloches.
- Total du nombre des Tuyaux qui répondent au premier Clavier ;
- Orgues. II. Part.
- 2222. D d d d dd
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- 472 FA CTEUR D'ORGUES, //. Partie, Chap. XI.
- Pédales de ZO marches•
- i. Contre-baffe en Montre................
- Fourniture.............................
- 3. Violon baffe, ou groffe Gamb*e'......
- 4. Bombarde.............................
- y. Bombarde baffe.......................
- 6. O&ave baffe., ou Flûte...............
- 7. Soubbaffe ou Flûte...................
- 5. Carillon en Cloches..................
- 9. Tiropano.............................
- 10. Cuculus, qui veut dire le Coucou.....
- 11. Cymbale.............................
- j2» La Force.............................
- Total du nombre des Tuyaux de la Pédale,
- ....32. 40. Etain.
- 8. IOO. Etain.
- .... 16. 40. Etain.
- s . . . 16. 20. Etain.
- .... 15. 20. Bois.
- : i ; ;l6* 20. Bois.
- ....32. 20. Bois.
- Métal de cloGhes.
- 4. __________ Etain,
- 260.
- Seconde Pédale qui s accroche avèc la première f & même avec le premier Clavier.
- •*
- 1. Super oétave en Montre.........................
- 2. Cornet.......................................
- 3. Sextquialer. î..................................
- 4. Violon cell ; c’efl une Gambe................
- 5. Trompette....................................
- 6. Flut creux, ou groffe Flûte....................
- 7. Flut douce......................................
- 8. Fagot, ou efpece de Cromorne.................
- 9. Quint-a-ton.................................
- 10. Roffignol....................................
- 11. Tremblant.......................................
- Total du nombre des Tuyaux de la fécondé Pédale,
- Total de tous les Regiftres,
- Total de tous les Tuyaux,
- ..8. 20. Etain.
- .4. 100. Etain.'
- ..3. S 6. Etain.
- ..8. 20. Etain;
- ,.8. 20. Etain.
- ..4. 20. Etain.
- ..8. 20. Etain.
- ..8. 20. Etain.
- 16. 20. Etain.
- 2$ 6.
- 66.
- 6666.
- M. Gabier, Maître Faéleur d’Orgues de la Ville de Ravenfpurg, ou Ravensbourg dans la Suabe en Allemagne, a fait cet Orgue, & Ta fini le 24 Juin 1750.
- Remarques fur certains Jeux de cet Orgue.
- 1260. Quoique je ne connoiffe point un grand nombre de des Jeux, qu’il me foie permis d'y faire remarquer plusieurs chofes qui peuvent nous paroître fingulieres, & allez éloignées des maniérés ufitées en ce genre dans notre Royaume. Le Cornet , par exemple, eft de 4oétaves, dont le plus grand Tuyau n’eft que de deux pieds. Ce Jeu efl: compofé dans fon total de 425 Tuyaux ; [ce qui doit faire 8 Tuyaux fur marche , & il en refte encore 33, qui font vrai-femblablement diftribués dans les balles, en forte qu’elles doivent être de ÿ Tuyaux fur marche. On ne concevra pas aifément comment ce Cornet peut être de 4 oétaves, de 8 à 9 rangées de Tuyaux , dont le premier n’eft que de deux pieds. Ï1 paraît qu’il faut nécelîàirement qu’il y ait des reprifos à la maniéré
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- Remarques fur certains Jeux de cet Orgue. 473
- de notre Plein-Jeu ordinaire ; mais ce qui en doit faire la différence, eft qu apparemment ce Cornet a des tierces, & qu’il n’y en a jamais dans notre Plein-Jeu.
- On voit dans cet Orgue un autre Cornet différent du précédent : il n’efl corn-pofé dans fon total que de 196 Tuyaux ; ce qui doit faire qTuyaux fur marche : le plus grand n’efl que d’un pied. Je penfé que ce Cornet doit aller comme le précédent.
- La Fourniture, qui répond au fécond Clavier, eft compofée dans fon total de 1038 Tuyaux ; ce qui doit faire 21 Tuyaux fur marche, &il refte 9Tuyaux, qui font apparemment diftribués dans les baffes, en forte qu’elles doivent être de 22 Tuyaux. Le premier Tuyau de ce Jeu n’eft que de 3 pieds, & il a fans doute quelque chofe de moins, pour faire la quinte au-deflùs du Preftant. Puif* que cette Fourniture eft compofée d’un fi grand nombre de rangées de Tuyaux, ,& que cependant elle ne commence qu’au 3 pieds , il eft vraifemblable qu’on aura plus que doublé chaque rangée. Selon notre maniéré de compofer le Plein-Jeu , en le commençant au 4 pieds, nous ne pouvons le faire que de 16 Tuyaux for marche, en faifant toujours toutes les rangées différentes ; nous y comprenons la Fourniture & la Cymbale enfémble : il faut donc répéter plufieurs fois chaque rangée pour parvenir à faire une Fourniture foule de 21 Tuyaux.
- La Cymbale, qui accompagne cette Fourniture, n’efl que de deux Tuyaux for marche : elle commence aux deux pieds. Tout ce Plein-Jeu for le fecond Clavier eft donc de 23 Tuyaux for marche, & de 24 dans les balles.
- Une autre Fourniture, qui répond au premier Clavier eft de deux pieds : elle eft compofée en total de 600 Tuyaux; ce qui fait 12 Tuyaux for marche. Je préfome que ce Jeu eft arrangé dans le goût de la Fourniture du fécond Clavier.
- Il y a encore une autre Fourniture qui répond au troifieme Clavier : elle eft de deux pieds, & compofée en total de 476 Tuyaux ; ce qui fait 9 Tuyaux for marche , avec 35 déplus, qui font apparemment diftribués dans les baffes.
- Voilà un Plein-Jeu , en tout de 44 Tuyaux for marche qui peuvent jouer enfémble, fans y comprendre la Fourniture de la Pédale , qui eft de 8 pieds, * & qui eft compofée de y Tuyaux for marche ; ainfi le Plein-Jeu entier eft de 4P Tuyaux for marche.
- -- - r
- Les fonds pour nourrir cet immenfé Plein-Jeu, (y compris les fonds de Pédale,)confiîtent en deux 32 pieds : cinq 16 pieds : féize 8 pieds : neuf 4pieds, 8c cinq 2 pieds : tous ces fonds enfémble font en tout 37 Tuyaux for marche, lefquels étant ajoutés aux 49 de Fourniture & de Cymbale, font en tout un Plein-Jeu de 86 Tuyaux for marche. Je n’ai compté qu à-peu-près ; parce que ne connoiflant point là plupart des Jeux que je fais entrer dans le Plein-Jeu, j’en ai peut-être omis plufieurs que j’aurois dû y mettre.
- Tous les Jeux d’Anche confiftent en deux Bombardes, deux Trompettes, deux Haut-bois, qui fervent apparemment de Clairons, un Fagot & une Voix-'
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- 474 FACTEUR D’ORGUES, IL Partie, Chap. XI.
- humaine. Il n’y a pas un feul Jeu cTétoffe ou en plomb dans tout cet Orgue, les pieds mêmes de tous les Jeux font en étain.
- Il y a un Jeu de Clochettes ou de Timbres, qu’on touche avec les autres Jeux fi Ton veut. Les marteaux frappent fur les Timbres en baifîànt les touches à l’ordinaire , 8c ils fe relevent auffi-tôt, quoiqu’on tienne les touches baiffées. La Baffe de ce Jeu, c’eft-à-dire les 20 plus gros Timbres , jouent par le Clavier de Pédale.
- Réflexion furies Orgues fans Tuyaux apparents.
- *
- 1261. Il y a beaucoup de perfonnes qui fe laffènt, pour ainfi dire , de voir toujours les Orgues à Buffets compofés de tourelles 8c de plattes-faces. Les uns fouhaiteroient feulement changer cette forme ordinaire ; car il faut avouer qu elle a de grands défauts, quon eft obligé de tolérer jufqu’à ce qu’on trouve une meilleure idée , & plus conforme aux réglés de la bonne Architecture. Une tourelle, par exemple, eft garnie de plufieurs Tuyaux qui paroif* font porter & foutenir un grand entablement, furmonté d’une grande figure, ou de grands ornements. On ne trouve pas raifonnable que des Tuyaux d’étain fi minces & fi frêles , foient propres à foutenir tout cet entablement. Il eft, dit-on, contre les réglés que l’efpece de corniche, qui fort de pied ou de bafe à toutes les tourelles, foit par-tout égale, tant pour les grandes & les ^petites, que pour les plattes-faces, ce qui, difent-ils, fait néceflàirement une difformité, & une difproportion frappantes, 8cc. On ne peut donc que louer ceux qui chercheront une forme mieux raifonnée. Mais d’autres vont plus loin ; ils voudraient qu’il ne parût aucun Tuyau en-dehors. Quelque fingulier que foit le goût de ceux-ci, il s’eft trouvé des Architectes qui ont donné des projets à cet égard. Ils fe réduifent à la conftruCtion d’une immenfe colonnade , terminée par un grand entablement. Cette idée toute magnifique 8c majeftueufe qu’elle eft , paroît à beaucoup d’habiles gens contre la raifon & la vraifemblance , par conféquent contre le vrai bon goût. Ce grand Edifice, qui naturellement doit être cenfé de marbre, ou au moins de pierre de taille 8c d’un poids énorme, eft pofé fur une Tribune en voûte ou autrement. N’eft-il pas choquant , difent-ils, de voir un porte-à-faux fi formel ? Quelle gêne dans la conf truétion de l’Orgue derrière cette colonnade, pour éviter qu’aucun Tuyau nepa-roiffe aux entre-colonnes , fur-tout, s’il doit y en avoir de fort grands ? Après-tout , ajoutent-ils, qu’y a-t-il dans tout cet Edifice d’analogue à l’Orgue l Comment peut-on trouver bien admirable de laifîer au Public à deviner fi c eft un Orgue, ou un fimple ornement pour une Eglife ? En général tous ceux que j’ai confolté, gens aflurément pleins de lumière & de goût, n’ont pu approuver qu’on défigure un Orgue, en lui ôtant les marques les plus diftinc-tives pour le faire reconnoître. Us trouvent cette idée auffi bizarre, que fi l'on
- s’avifoit
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- Réflexions fur les Orgues fans Tuyaux apparents. 51$
- s’avifoit de vouloir changer la forme d’un violon, & d’en faire. dijÊparoître les cordes, C’eft ainfi que s’expriment tout ce qu’il y a de plus habile.
- Cependant pour fatisfaire ceux qui demandent quelque penfée d’un Orgue fans tuyaux apparents, & fans prétendre approuver ce goût, je propofè dans* la Planche 79,, un Buffet d’Orgue félon leur intention. Il vient d’être imaginé, par M. Caffieri, célébré Artifte, dont le vrai bon goût & les talents fup.érieurs en £on genre font connus dans Paris & dans l’Europe, J’ai eu bien de la peine à le réfoudre à s’exercer à me donner quelque idée là defïiis ; attendu qu’il défàp-prouve, comme tous les autres habiles gens, qu’on falfe un Orgue fans tuyaux apparents. M. Roubo , auteur de l’Art du Menuifîer , en a deffiné & mis la Me-nuiferie dans un ordre régulier. Cette idée pourra fèrvir à en faire naître d’autres. Chacun aura lieu de s’exercer à en trouver félon fon goût & fon génie. Ce Buffet confifte en un grand corps de menuiferie, décoré d’un nombre de figures & d’ornements, relatifs & analogues à l’Inftrument. Il fera commode pour la conftruélion intérieure de l’Orgue ; comme il eft tout à jour , le fon fe fera Bien entendre. L’avant-corps, qui eft au milieu lur le devant, eft fait pour cacher l’Organifte, ou bien, pour y placer le pofîtif, fi on ne veut pas le mettre dans le grand Buffet. En ce cas, on lui donnera une profondeur convenable. Le tout peut être pofé fans aucun inconvénient fur une tribune de quelque efpece quelle foit, pourvu, comme nous l’avons recommandé ailleurs, quelle foit ferme & inébranlable.
- Fin pe la seconde Partie.
- OkGUES. IL Pan.
- Eeeee e
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- \
- Supplément aux Corrections & Additions de la première Partie.
- D uis que la première Partie de cet Ouvrage a été publiée , plufieurs Amateurs ont bien voulu avoir la bonté de m’avertir des fautes qu’ils y ont trouvées. Je profite avec bien de la reconnoiïïànce des avis que j’en ai reçus, pour ajouter ici un fùpplément aux Corrections & aux Additions qui y font déjà. Je ne mets que les fautes les plus eflénti elles. Tag. 19 ? lign. 16, la poupée B; lifez , la poupée D.
- Tag. 33 , lig. 13, fon écrou ; lifez, la clavette fourçhue.
- Tag. 19 > %• ï Ç » raifonne ; lifez, refonne.
- Tag. 71 » art. 2yo. Ce Diapafon manque fur la Tl. 24. Mais fes principales mefures font contenues en ce même art, aujfi-bien qu'à la Table de la pag.
- Tag. 77 , dans la Table, lig. 18, à la pénultième colonne de chiffres ; 1 , lifez, 1.
- Ibid, après la ligne 9, en remontant, il manque dans la Table , aujji-bien qu'au Diapafon du Plein-Jeu, la menue taille du même Plein-Jeu ; ainfi on y ajoutera :
- Le 13 e. C fol ut aura 1 pouce 6 lignes de diamètre , & 2'pouces une ligne & demie de circonférence. Le 61*. C fol ut aura 2 lignes & demie de diamettre, & 7 lignes 3 quarts de circonférence.
- Tag. 78 , à la Table des longueurs de la Trompette y lig. 8, en remontant, G. 8.4. 10.11. 3. lifez, G. 8.4* 10. 1. 3.
- Tag. 83, lign. derniere. Il s’y agit du Diapafon du Haut-bois. On m’a averti que celui de la PI. 29 étoit défectueux. C’eft effectivement le féul que je n’eufle pas éprouvé. Un Maître FaCteur d’Orgues de Paris m’en a communiqué un autre, qu’il a exécuté lui-même , & qui fé trouve jufle. Je me fais un plaifir d’en profiter, pour en faire part aux Ama-
- teurs & aux Ouvriers qui voudront s*en fervir, il efl plus fimple & plus facile à exécuter que celui de la Pl. 251. La ligne AB, Pl. 76, fig. 12, contient la hauteur des tiges, qu’on prend, à l’ordinaire, depuis chaque perpendiculaire jufqu’au bout inférieur B du Diapalbn. Les largeurs des’ gros bouts des mêmes tiges, font contenues dans la longueur de chaque perpendiculaire, terminée par la ligne C D. La largeur du petit bout de chaque tige, fé prend comme celles des deiïus des Trompettes ; on les trouvera dans la Pl. 29 , comme il a été expliqué , art. 285, pag. 84, Ge nouveau Diapafon ne s’eft point raccourci ; parce que les mefures ont été prifés fur l’original en papier mouillé. On trouvera dans la fig. 14 , Pl. 76, les largeurs du haut de tous les cônes; & dans la fig. 13 , leurs hauteurs. Il faut remarquer que le haut des tiges, ne devant pas former une ligne aufli courbe que le bas des cônes, ceux-ci fè trouveront toujours un peu plus larges que le haut des tiges. On élargira fuffifàmment avec un accordoir le gros bout de celles-ci, pour les faire convenir enfemble : ainfi on fera égales les largeurs du bas des cônes & du haut des tiges. Effacez les 13 dernieres lignes de l’art. 284. pag. 83.
- Pag. 91, lig. 19 î 3 , lifez, 1.
- Pag. x 1 y, lign. 3 , en remontant, a g b h c i l ke dfm ; lifez, & » g* b » h, c, i, d , k, e, /, f, m.
- Tag. 116,lign. ïo; cl ef; lifez, c, à, e, f.
- Ibtd.lign. ix\ab cl e f-, lifez, a, b ,c, d, e, f.
- Ibid. lign. 2-3 , g h i k d m\ lifez, g, h , i,k,l ,m.
- Ibid. lign. 2 9\ikdm\ lifez, i, h, l, m.
- Corrections & Additions de la fécondé Partie.
- vx quatre premières pages, il y a au folio, 1, 2,3,4; lifez 143, 144,14^ , 146. & à la fignature il y a A ; lifez, N n. Les quatre Parties de cet Ouvrage étant dejlinées à être reliées en un feul volume, on a préféré de continuer la fuite des Jignamres & des folio.
- Tag. 4 , ( à laquelle on fubjlituera au folio 146, comme on vient de le dire,) ligne 14, il y a 99 & 80 ; effacez & 80.
- Pag. 149 i lign. 21, nœud , lifez, nu. Corrigez ainfi ce mot en plufieurs autrerendroits ou il efl employé dans le même fie ns.
- Tag. x y x, première ligne de la Table des dimenfions des tourel-les, 3y pieds de hauteur, lifez,36 pieds 9 pouces de hauteur.
- Ibid, fécondé ligne, 3y pieds de hauteur, lifez 36 pieds 9 pou^ ces de hauteur.
- Ibid, troifieme ligne, 27 pieds, lifez, 28 pieds 2 pouces.
- Ibid, quatrième ligne, 27 pieds , lifez, 28 pieds 2 pouces,
- Ibid. cinquième ligne, 24 pieds, lifez, 2y pieds.
- Ibid, fixieme ligne, 24 pieds, lifez, 25 pieds.
- Pag. 164, art. y 00, lig. y & é, les B, lifez, les b.
- Tag. ipi , art. y 70 , lign. 7 » allez fouvent : que, lifez, allez lbuvent, que,
- Tag. 191, à la marge en haut, Pl. y4, lifez, 3 4.
- Ibid, un peu plus bas à la marge , Pl. 34, lifez , y4.
- Ibid.plus bas à la marge, Pl. 54 , lifez ,34.
- Tag. 211, en tête , Sed. II. lifez , Sed. III.
- Tag. 213 , en tête, Sed. II. lifez , Sed. III.
- Tag. 23 y , lign. 6 àvingt-fépt, lifez, à vingt-fèpt.
- Tag. 243 , en tête ; Réflexions fur les Sommiers précédents , lifez , Réglés pour trouver les largeurs des Regifires & faux-Regiftres.
- Ibid, après la derniere ligne, ajoutez , alinéa.
- Il y a deux maniérés de faire les Pièces gravées du cornet ; l’une confifle à faire des trous avec des tarières au travers du champ d’une planche , d’environ 2 pouces d’épailfeur , comme je l’ai dit art. 416, pag. 131. On fait une moitié de ces trous de y à 6 lignes de diamètre , & l’autre moitié de 7 à 8 lignes. On les lpôuche tous d’un bout avec une tringle de bois bien collée & clouée avec des pointes ; ou bien avec
- une bande de parchemin. Ces trous formeront les gravures de ces pièces gravées. On ne manquera pas de les encoller, comme celles d’un Sommier.
- L’autre maniéré de faire les Pièces gravées, confifle à former les gravures avec la fcie, comme on le voit en la Fig. 20, Pl. 73. La planche de bois peut n’avoir qu’un pou-' ce & demi d’épaifleur. On donnera un pouce de profondeur aux gravures, au-deffous defquelles on collera & on clouera avec des pointes une planche d’environ 4 à y lignes d’épaifleur. On bouchera d’un bout toutes les gravures au moyen d’une tringle de bois , à moulures fi l’on veut ; on l’arrêtera avec de la colle & des pointes. On attachera également une autre tringle unie, mais percée d’autant de trous ronds qu’il y a de gravures & qui y correfpôndent exade-ment; on encollera toutes les gravures à l’ordinaire. On fixera aux deux bouts de la pièce gravée deux autres tringles à moulures, pour profiler avec la première. Voy. la Fig. 21, qui repréfénte une Pièce gravée ainfi conftruite.
- , Cette féconde maniéré efl plus propre que l’autre.
- •^près la page 301, au folio, il y a à tapage fuivante 307, lifez 303.
- Tag. 307, art. 849. lig. 6; C, lifez c.
- Pag. 320, vis-à-vis de la ligne 13 , mettez à la marge Pl. 64.
- Pag. 32y, art. 85*4, ligne 8 , de fer, ajoutez, Fig. 13 , Fl. 64.
- Pag. 34x, effacez au haut de la marge, Pl. 66. & de même en bas, Pl. 72.
- Pag. 342, art. 914 , vis-à-vis de la ligne 14, mettez à la marge, Pl. 68.
- Tag. 3 y y , à la pénultième ligne, monterle, lifez, monter le»
- Tag. 371, art. 993 , lig. 12, de l’Anche faillie, lifez, la faillie de l’Anche.
- Tag. 383, lig. 2. perpendiculaire bo, lifez, perpendiculaire fur b 0.
- Pag. 401. art. 1066, ligne 3 , on poféra le rateau, en forte lifez, on poféra le rateau, Fig. 4, en forte.
- Tag. 432. Comme il s'efl gliffé quelques fautes aux deux lignes de Mufique, on les redonne ici entières toutes corrigées•
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- L'ART
- D V
- FACTEUR D ORGUES.
- Par D. Fr ANC O I S B E D O S de Celles , Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, dans l'Abbaye de S. Denys en France ; de l’Académie Royale des Sciences de Bordeaux , SC Correfpondant de celle de Paris.
- TROISIEME PARTIE-
- y
- AV A N T-P RO P OS.
- 1262. Ceux qui fe propofent de faire conftruire un Orgue font affez généralement dans l'ufàge de s'adrefler pour l'exécution aux Organiftes , & de les charger de tout le détail de l'entreprife. Cette confiance ne feroit pas fans doute déplacée, fi Ton avoit le bonheur de trouver aifément des Calyieres, des Fou-quets, des Couperins, des Balbatres , &c. Mais qu'on eft à plaindre, quand à la place de ces grands hommes , on fe livre aveuglément à la difcrétion du premier venu, & qu'on fe confie fans choix & fans difcernement à tout Organifte ! Il n'en efl: aucun, fur-tout des plus minces, qui ne croie de bonne-foi être en état de diriger la faélure de ce grand Inftrument ; & dès qu'il en efl chargé J on le voit trancher & décider à fon gré fur tout l'Ouvrage. C'eft lui qui fait le Devis , qui choifit le Faéleur, qui traite avec lui, qui difpofe, en un mot , qui arrange le tout félon fbn goût particulier, ou fà maniéré favorite de toucher l'Orgue. Quelle méprife de la part de ceux qui font faire l'Orgue, ou plutôt quelle préemption dans cet Organifte !
- Le croira-t-on ? j’en ai connu de ces Organiftes médiocres , dont les uns re« jettoient les Pédales, parce qu'ils n'étoient point dans l'habitude de s'en fervir : les autres n’y admettoient qu'une oéfove, ou une oélave & demie, parce qu'ils n’auroient fu faire ufàge des deux pieds, fi elles euflent eu une plus grande étendue. Celui-ci n'y veut^point de ravalement, parce qu'il ne s'en fert jamais : Orgues• ///. Paru Ffffff
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- 478 FACTEUR D'ORGUES ,111. Partie.
- celui-là fait main-bafîe fur certains Jeux qui ne font pas de fon goût, & les exclut entièrement. Un Organifte qui fera de haute taille , voudra que les Claviers foient placés plus haut qu’à l’ordinaire ; un autre les fera pofer plus bas , par la raifon contraire. Certains, pour être plus à leur aife , exigeront un efpace beaucoup plus grand qu’il ne faut, entre les deux Buffets ; il faudra en confé-quence faire des bafoules plus longues, qui vont toujours plus mal que lès courtes. Le dirai-je ? j’en ai vu, quoique rarement, qui pouiïoient la bizarrerie jufqu’au poirit de demander des Claviers durs à manier ; tandis que d’autres , donnant dans un excès contraire, exigeoient dans les touches une légèreté , & une délicatefïè fi exceffives, que tout l’art des plus habiles Faéleurs ne fàu-roit y atteindre.
- Je ne finirois point fi je voulois rapporter toutes les différentes idées que j’ai eu occafion d’appercevoir à ce fujet. A voir un pareil Organifte préfider à la faéture d’un Orgue, on diroit que, fe croyant plus habile que le Faéleur lui-même , il eft en droit de le diriger dans la compofition de fon Inftrument ; que c’eft à lui à donner au Faéteur des leçons & des avis tels que fon imagination ou fon goût particulier peuvent le lui infpirer ; que l’Ouvrage & l’Artifte dépendent entièrement de lui ; comme fi le Particulier qui en fait la dépenfo n’avoit d’autres vues, & d’autre intérêt que de chercher uniquement à le contenter. Il eft furprenant qu’un tel Organifte s’aveugle jufqu au point de croire que fon goût doive fervir de réglé & de modèle aux autres ; & qu’il ne penfe pas que fes arrangements, très-fouvent plus que finguliers , pourroient bien déplaire à des fùcceffeurs plus habiles que lui.
- Du refte il ne faut pas croire que ces abus, dont je ne fais que donner une legere elquiffo, foient rares; je n’en parle qu’après en avoir vu une quantité d’exemples ; c’eft même ce qui m’a engagé à entrer dans ce détail. Je ne parlerai pas des menaces d’exclufion que font certains Organiftes aux Faéleurs, quand ils témoignent quelque peine de fuivre leurs idées. Tous ces abus viennent moins des Organiftes, que de ceux qui les choififlent ; & ce n’eft que pour défi-filler les yeux du public, s’il eft poffible, que j’ai entrepris.de lui faire connoî-tre jufqu’à quel point il peut être abufé.
- Pour en donner des preuves plus palpables, j’ajouterai que la fcience de toucher l’Orgue, qui regarde précifément l’Organifte, ne donne point par elle-même la connoiflànce de la Faéture ; ce font deux Arts bien différents & bien fép arés. Il n’en faut pas raifonner, comme de la Médecine, par exemple , où le Médecin exerce une efpece d’autorité, & a une certaine infpeétion théorique fur le Chirurgien & fur l’Apothicaire. Ils font les uns & les autres les Artif-tes, qui exercent la profefîion de guérir ; ils tendent au même but par différentes routes, mais avec cette différence, que les deux derniers dépendent du premier , en ce que la foience du Chirurgien & de l’Apothicaire eft renfermée dans celle du Médecin, qui en a fait effentiellement l’objet de fon étude. De-là vient
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- Avant-propos. 479
- que c’eft à lui à ordonner, & aux autres à opérer dépendamment de fon avis.
- L’Organifte au contraire, n’ayant fait aucune étude de la Faéture , n*eft pas obligé de la connoître : fon objet eft tout différent, 8c il peut être très-habile Organifte fans cette connoifîànce ; il doit donc être cenfé hors d’état de conduire le Faéteur, & d’avoir aucune infpeétion fur lui. Si cependant à la fcience de toucher l’Orgue, il joint encore celle de la Faéture, il n’y aura alors aucun inconvénient à lui en confier la direélion : ce fera même un avantage d’autant plus grand, qu’il eft plus rare de trouver dans un même homme la réunion de ces deux fciences. Mais à ces talents près, qui font plus rares qu’on ne penfe, le Faéteur habile doit être préféré. Accoutumé à voir 8c à entendre beaucoup d’Organiftes , il en connoît mieux le goût général ; & quand on le laiffera le maître du Devis & de l’exécution , il s’accommodera mieux & avec moins de préjugé, à des difpofitions commodes & favorables aux maniérés de toucher du plus grand nombre, & fur-tout des plus habiles, qui naturellement doivent fervir de modèle aux autres en ce genre. Un Organifte qui par une longue étude 8c un grand exercice, s’eft rendu habile en fon art, & qui le pratique avec génie, fait fans contredit un homme à talent, cher à la fbciété, & bien eftirnable. Il en eft de même du Faéteur d’Orgues ; il ne mérite pas moins de confidération, quand il eft devenu par un long travail fort expert dans fon art, qui demande bien autant de génie , d’étude, de connoifïàn-ces, de goût 8c d’exercice.
- Je ne doute point que ce qu’il y a de plus habile , de plus judicieux 8c de plus éclairé parmi les Organiftes, ne dépofe en faveur des principes que je viens d’établir; mais je fais aufîî qu’il fera bien difficile, pour ne pas dire impôt-fible de les faire recevoir au grand nombre , qui s’étant volontiers accoutumés à regarder les Faéteurs, tout au plus comme de minces & fimples manœuvres , feront toujours croire à ceux dont ils ont fu captiver la confiance, qu’un Faéteur leur eft fubordonné, & qu’il n’eft fait que pour obéir aveuglément à leurs dédiions; auffi n’entreprendrai-je point de réformer ce préjugé. Je fens combien il y auroit à faire ; mais cependant, pour le rendre moins abufif & moins préjudiciable au Public, que l’Organifte me permette de lui expliquer tout ce qui peut le mettre en état de répoiidre avec fuccès à la confiance qu’on aura en lui, dans tout ce qui fera de la compétence de la faéture de l’Orgue, fur laquelle il pourra être confulté.
- i°. Pour parvenir à mon objet, je donnerai d’abord douze différents Devis d’Orgue, parmi lefquels je choifirai le quatrième pour commencer : je le mettrai dans une forme juridique, afin* qu’il puifle fervir de modèle. J’y ajouterai de fuite encore un modèle de marché & d’engagement de la part du Faéteur pour l’exécution d’un Devis : ce fera un avantage pour ceux qui feront conf-truire un Orgue. Ils auront par-là le moyen de prendre des précautions pour
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- 48o FACTEUR D’ORGUES, III. Partie, Chap. I.
- ne pas tomber dans des difoufïîons, qui ne font que trop fouvent la fuite naturelle des Devis mal énoncés & des marchés mal minutés.
- Les Organiftes étant bien fouvent chargés , lur-tout dans les Provinces, de faire la vérification d’un Orgue neuf ou nouvellement réparé, trouveront ici les inftruélions convenables à cet objet; la maniéré d’y procéder, & le modèle d’un procès-verbal, ou rapport de vérification.
- 3q. Comme dans les Provinces ces mêmes Organiftes, au défaut des Faéleurs, font obligés affez ordinairement d’entretenir eux-mêmes leurs Orgues refpeéli-ves, en ce qui regarde les menues réparations, je leur indiquerai la maniéré la plus facile pour le faire avec fuccës.
- 4°, Je donnerai les principaux mélanges des Jeux, afin que le petit nombre d’Organiftes qui l’ignore, puilîè les apprendre, & tirer par-là le meilleur parti poflible de l’harmonie des Jeux de leur Orgue. Ces quatre objets feront féparé-ment traités dans les quatre Chapitres, qui vont faire tout le fojet de la troifieme partie de cet Ouvrage.
- l CHAPITRE PREMIER.
- (' *
- ; Plujieurs Devis d’Orgue.
- ii63.Vov r faire un Devis d’Orgue avec fàgeffe, il convient qu’il foit concerté entre le Faéleur, l’Organifte & l’Architeéle, attendu que chacun de ces trois Artiftes y a là partie. Il ne faut pas s’adrefîer aux premiers venus , mais on doit choifir le Faéleur le plus habile, l’Organifte le plus éclairé & l’Architeéle le plus intelligent, & qui ait le plus de goût. Nous avons déjà parlé au commen-ment de la fécondé Partie, pag. 144, de la fonétion de l’Architeéle dans une affaire de cette nature, qui eft de grande conféquence ; puifqu’il s’y agit de la conftruélion d’un Inftrument toujours fort difpendieux. Il eft donc raifonnable de prendre toutes les précautions poffibles pour faire ce Devis avec intelligence. L’Organifte ne doit y être que pour le choix des Jeux, & la détermination de leur étendue : c’eft for ce point feul, qui peut être de là compétence lorf-qu’il eft éclairé, qu’il doit fe concerter avec le Faéleur. Tout le refte eft uniquement du reflort de ce dernier. Lorfqu’on n’eft point borné pour la dépenfo, il n’y a pas tant de difficulté à faire un Devis ; mais lorfqu’on détermine d’avance, comme il arrive bien fouvent, la fomme qu’on veut employer à la conftruélion de l’Orgue , on eft quelquefois embarraffé pour faire un jufte choix des Jeux les plus convenables & les plus nécefîàires. Les 12 Devis que je donnerai pourront être de quelque fecours dans les différents cas où l’on pourra fe trouver. .Je foppoferai dans le Devis qui va foivre > que le Faéleur fera chargé de faire
- exécuter
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- Modèle (£un Devis SC Marché pour un iG pieds. 481:
- exéèuter les Buffets de l’Orgue, coitnpe c’eft l’ordinaire dans les Provinces. Au refie, j’ai préféré de mettre en forme le quatrième Devis ; parce qu’étant fait pour un Orgue,aflez confidérable & aflez ordinaire, j’ai jugé quil feroit plus propre que tout autre à fervir de modèle.
- Modèle d'un Devis , SC d'un Marché pour la conflruclion
- d'un iG pieds ordinaire.
- 1264. Il a été convenu entre Meilleurs N. N. Chanoines Commiflaires, dé-* putés du Chapitre de l’Eglife Cathédrale N. d’une part, & le Sieur N. N. Maître Faéteur d’Orgues delà Ville N. d’autre part, fàvoir : que ledit Sieur N. N. Maître Faéleur d’Orgues , promet Sc s’engage envers lefdits Meilleurs N. N. Chanoines Commiflaires députés, d’exécuter de point en point & littéralement tout le contenu du Devis fuivant d’un Orgue appellé de 16pieds, pour être placé fur une Tribune dans le fond de ladite Eglife Cathédrale.
- Les Buffets.
- i°. Sera conftruit un grand Buffet d’Orgue de 28 pieds de largeur, fur 32 pieds de hauteur, non compris les ornements qui feront pofés fur les grandes tourelles. Ce Buffet fera à cinq'tourelles & quatre plates-faces. Les deux plus grandes tourelles feront aux extrémités, les deux moyennes de fuite, Sc la plus petite au milieu. Il aura fîx pieds de profondeur hors d’œuvre ; le tout conformément au deffein du plan & de l’élévation du fhfdit Buffet, ligné & paraphé par les fufdites parties.
- Les deux grands panneaux du corps d’en bas , ou du foubalîèment du grand Buffet, feront affemblés dans des cadres embrevés. Ils feront d’une épaifleur fuffifànte, pour qu’après y avoir fculpté les ornements marqués dans le fufdit deffein , il leur refte encore un pouce d’épaifleur. Tous les autres cadres , qui entoureront les panneaux des côtés, feront ravalés. Toute la Menuifèrie en général fera faite proprement & folidement, en bons aflèmblages , fans qu’il y ait rien de cloué ou de rapporté. Les quatre principaux battants du foubaflement ou du maffif auront cinq pouces fur fîx d’équarriflàge. Tous les autres montants du bâti auront quatre pouces d’épaifleur. Toutes les traverfes de devant, de derrière & des côtés du bâti, auront au moins deux pouces d’épaifleur. Les battants des grandes tourelles auront quatre pouces & demi d’épaifleur ; & ceux des autres tourelles auront quatre pouces. On n’emploiera point de panneaux qu’ils n’ayent un pouce d’épaifleur.
- 2°. Sera conftruit un autre Buffet féparé pour le Pofîtif, qui fera à trois tourelles & deux plates-faces ; la plus grande au milieu, & les deux petites aux extrémités. Ledit Buffet aura douze pieds de largeur hors d’œuvre, Sc trois pieds Orgues, ///• Part, G g g g g g
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- 482 FACTEUR D’ORGUES, III. Partie, Chap. I.
- de profondeur en-dedans. Toutes les autres dimenlîons feront conformes au fù£ dit defîein, ligné & paraphé par lés fiifdites parties.
- 30. Toute la conftruétion defdits deux Buffets fera faite en beau bois de chêne de la meilleure qualité , bien fèc, fans nœuds ni aubier. Si cependant, à caufe de la rareté du bois de chêne, on avoit de beau lapin de Hollande fans nœuds, & de la plus belle qualité , on pourroit en faire les panneaux du derrière du grand Buffet, aufli-bien que les planchers defdits deux Buffets, & ils auront au moins un pouce ou 15 lignes d’épaifleur ; mais le lapin de France fera entièrement exclus de toutes les parties des Buffets.
- 40. Toutes les portes defdits deux Buffets feront proprement & folidement ferrées , avec des fiches à vafe & autres ferrures de Maître, d une maniéré commode ; en forte qu’une feule clef les ouvre toutes, auffi-bien que celles du Po-fitif : celles-ci feront fort légères, & feront faites à fix brifures , en forte qu’elles puifîènt fe plier les unes fur les autres. Elles feront ferrées avec intelligence & avec un foin tout particulier , pour quelles ne puifîènt s’affaifîèr, ni s’envoiler. On ne fera aucune porte à couliffe ; mais toutes feront tournantes fur leurs fiches ou charnières. Sans entrer dans un plus grand détail, on fe conformera en tout au fùfdit deffein, foit pour toutes les dimenfions, foit pour les ornements qui y font deffinés.
- y°. Les deux Buffets feront folidement pofés, arrêtés 8c bien affujettis en leur place , employant à cet effet tous les ferrements convenables , & d’une force fùffifànte, afin que le tout foit inébranlable.
- Facture de l ’Org ue.
- ' t
- i°. Seront conftraits quatre grands Soufflets de neuf pieds de longueur fur quatre pieds & demi de largeur, à deux plis fàillants*, ou trois tout au plus. Ils feront faits entièrement en beau bois de chêne bien fèc, fans nœuds, ni aubier , ni gerçure : les tables de deflùs 8c de defïous auront deux pouces d’épaiffeur. Ils feront exaélement doublés de parchemin neuf bien collé avec de la colle forte dans tout leur intérieur, tant les tables que les plis : ils feront à deux gofiers chacun. Les aines des Soufflets feront à peau double, comme toute celle qui fera employée à la conftruétion defdits Soufflets, Toute la peau dont on fe fervira fera de la meilleure qualité & bien choifie. Du refte lefdits Soufflets feront conf traits dans toutes les réglés de l’Art.
- Le grand chevalet ou treteau qui portera les bafcules fera fait, ainfi que les bafcules mêmes, en bois de chêne d’une telle dimenfion ou grofleur qu’il ne puiffe fléchir : il fera pofé & arrêté d’une façon inébranlable. On conftruira des jumelles ou conduites verticales pour guider les bafcules, afin quelles ne puif-fènt pas fe déranger. Le tout fera foigneufement difpofe félon les réglés de l’Art,
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- Modèle d'un Devis SC Marché pour un 16 pieds. 483
- 2°. Tous les porte-vents de bois feront faits en beau chêne, bienfec, fans gerçures , ni nœuds , ni aubier. Ils feront aflèmblés en languette & rainure, & feront exaétement doubles dans tout leur intérieur en parchemin neuf, bien collé avec la colle forte.
- 30. Seront conftruits quatre Claviers de j r touches chacun : ils monteront en D la re en haut. Les touches feront plaquées en os bien blanchis, & les feintes feront entièrement en ébene noire mâle. Les chaflis des Claviers feront faits en bois de noyer de la meilleure qualité, & les panneaux du plus beau chêne de Hollande bien choifi. Le premier Clavier aura toutes fes touches mobiles , & fera jouer le Pofitif ; il pourra avancer & reculer. Le fécond fera fixe ; il aura toutes fès touches mobiles, & fera jouer les Jeux dû grand Orgue : il communiquera avec le premier Clavier par des talons. Le troifieme Clavier, qui fera fixe, n’aura que 34 touches mobiles, commençant à la clef d’F ut fa , 8c finifîànt au D la re en haut. Les touches de la baffe ne ferviront que d’ornement. Ce Clavier fervira pour les Jeux du Récit. Le quatrième Clavier, qui fera fixe, aura trente-neuf touches mobiles : il commencera au fécond C fol ut, & finira comme les autres au D la re en haut. Il fera jouer l’Echo : les touches de la balle ne ferviront que d’ornement. Tous les guides , les goupilles & les demoifelles de ces Claviers , feront en fil de laiton bien écroui.
- 40. Sera confirait un Clavier de Pédale de 3(5 marches, en bois de chêne ou de noyer. Il commencera au Fa du ravalement en bas, & finira au Mi, au-def-fus de la clef de C fol ut. Tous fès reflorts, fes guides & fes pioches feront en fil de laiton bien écroui.
- ÿ. Sera confirait un grand Sommier divifé en quatre parties, en bon bois de chêne de Hollande bien choifi, très-fec , fans gerçures, ni nœuds , ni aubier; lequel Sommier fera d’une grandeur & d’une proportion propres à contenir, nourrir & faire duement jouer les Jeux fuivants :
- x. Un grand Cornet de bonne taille, à cinq Tuyaux fur marche, de vingt-fept marches, commençant à la clef de C fol ut, au milieu du Clavier, & Unifiant au D la re en haut.
- 2. Un Jeu de 16 pieds ouvert en étain fin & neuf, qui fera mis en Montre. Les Tuyaux en feront polis & brunis, bien étoffés, chacun du poids qui leur fera refpeélivement convenable : ceux qui rempliront les tourelles auront leurs bouches en Ecujfon. Tous ceux qui feront grands , feront folidement attachés & arrêtés en leur place, pour qu’ils ne puiflènt point s’affaiflèr. Ceux des plates-faces auront leurs bouches plus fimples pour diverfifier, & les diftinguer des autres. Les deflus dudit Jeu de 16 pieds feront pofés en-dedans fur leur vent.
- 3. Un Jeu de 8 pieds ouvert, dont une grande partie fera en Montre, & con- 1 ditionnée comme le Jeu de 16 pieds. Les deflus feront pofes fur leur vent.
- 4. Un Bourdon de 16 pieds, ou 8 pieds bouché, dont les 27 premiers Tuyaux
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- 484 FACTEUR D'ORGUES, III. Partie, Chap. 1
- de la Balle feront faits en beau bois de chêne de Hollande bien conditionné, & le refte dudit Jeu en étain fin.
- y. Un.Bourdon de 8 pieds ou quatre pieds bouché, dont les iJ premiers Tuyaux feront faits en beau bois de chêne de Hollande bien conditionné. Le refte dudit Jeu fera fait en étain fin.
- 6. Un gros Nafàrd ouvert, à la quinte du 8 pieds, de grofle taille.
- 7. Un fécond 8 pieds ouvert, dont les baffes pourront être en Montre , & le refte dudit Jeu fera pofé ferfbn vent, ou quelques Tuyaux poftés, s'il eft néceflàire.
- s
- 8. Un Preftant.
- 9. Une grofle Tierce ouverte, de grofle taille, à la tierce du Preftant.
- 10. Une Flûte à l'uniflon du Preftant. Les deux premières oélaves en cheminée, & les deux autres en fufeau.
- 11. Un Nafàrd ouvert de grofle taille , à la quinte du Preftant.
- 12. UneDoublette.
- 13. Une Tierce ouverte, de grofle taille, à la tierce de la Doublette.
- 14. Une Quarte ouverte, de grofle taille.
- 15. Une Fourniture de cinq Tuyaux fur marche, en étain fin le plus doux, & à trois reprifes : le plus grand Tuyau fera de 2 pieds.
- i(5. Une Cymbale de cinq Tuyaux fur marche, d'étain le plus doux : elle fera à fept reprifes : le plus grand Tuyau fera d'un pied.
- 17. Une Trompette de bonne taille, réfbnnant 8 pieds, aflèz étoffée pour avoir le poids d’environ 85 livres au moins, fans y comprendre les boîtes , les noyaux & les pieds. Ces trois pièces feront d'étain fin, comme tous les Tuyaux dudit Jeu. Les Anches, les Languettes & les Rafettes feront en laiton.
- 18. Une fécondé Trompette , de même que la précédente.
- 19. Un Clairon proportionné , conditionné comme les fefdites Trompettes 8c de même matière.
- 20. Une voix-humaine, avec fes Anches, fes Languettes & fes Rafettes en laiton.
- t,
- 6°. Sur le même grand Sommier feront réfervées 34 gravures particulières
- avec trois Regiftres, pour faire jouer, par un Abrégé particulier, les Jeux fui-
- vants pour le Récit relatif au troifieme Clavier , favoir :
- I. Un Cornet à cinq Tuyaux fer marche, de 34 marches, commençant à la clef d’F ut fa, & finiflànt au D la re en haut.
- a. Une Trompette de même étendue que le fefdit Cornet : elle fera de même taille que les Trompettes du grand Orgue , mais traitée plus délicatement.
- 3. Un Haut-bois de même étendue. Ces trois Jeux feront faits en étain fin, même leurs pieds. Ceux des Jeux d'Anche & leurs noyaux feront en étain fin.
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- Modèle d'un Devis SC Marché pour un 16pieds. 48^
- 7°. Sera conftruit un grand Abrégé à reprifes, pour tranfmettre le mouvement des touches du fécond Clavier aux Soupapes du grand Sommier : ledit Abrégé fera tout en bois de chêne de Hollande de la meilleure qualité. Tous fes pivots feront en fil de laiton bien écroui, & les fers d’Abrégé , ou petits bras, en gros fil de fer. Les vergettes feront garnies en fil de laiton recuit, le plus gros qui fe pourra employer à cet ufàge : les tourillons feront en laiton : l’Abrégé du Récit fera également conditionné. Du refte , ces deux Abrégés feront conftruits en rouleaux d’une grolfeur fuffifante, pour qu’aucun ne torde, ni ne fléchifle dans fon mouvement.
- 8°. Sera confirait un Sommier de Pédale d’une proportion , & d’une grandeur propres à contenir, nourrir & faire duement jouer les Jeux fuivants, relatifs au Clavier de Pédale, lavoir : 3
- 1. Une Flûte ouverte de 8 pieds, de grofle taille, en beau bois de chêne de Hollande. Les deflus feront faits en étain fin, aulïi-bien que leurs pieds.
- 2. Une Flûte ouverte de 4 pieds , de grofle taille & toute en étain fin.
- 3. Une autre Flûte ouverte de 8 pieds, de grofle taille & toute en étain fin.
- 4. Un Nalàrd ouvert de grofle taille , à la quinte du 4 pieds ; tout en étain fin.
- y. Une Quarte de Nafàrd de grofle taille, toute en étain fin.
- 6. Une Tierce de grofle taille , à la tierce de la Quarte précédente , toute en étain fin.
- Ces fix Jeux de Pédale n’auront que 29 Tuyaux chacun, qui commenceront au premier C fol ut en bas, & n’auront point de ravalement.
- 7. Une première Trompette de grofle taille , compofée de 36 Tuyaux, commençant au Fa du ravalement en bas. Elle fera en étain fin, aufli-bien que fes noyaux, fes boîtes & fès pieds ; les Anches, les Languettes & les Rafettes en laiton. Le plus grand Tuyau doit pefer, fans la boîte, le noyau & le pied, 24 à 25 livres ; le premier Cfol ut9 11 à 12 livres, & tous les autres à proportion; en forte que les 36 Tuyaux peferont en tout environ 236 livres, fans les boîtes, les noyaux & les pieds.
- 8. Une fécondé Trompette entièrement femblable & conditionnée comme la précédente.
- ,9. Un Clairon de grofle taille, proportionné aux fufdites Trompettes, également conditionné, du poids d’environ 71 livres, fans les pieds, les noyaux & les boîtes.
- 9°. Sera conftruit un Sommier d une grandeur & d’une proportion propres à contenir, nourrir & faire duement jouer les Jeux fuivants pour le Pofiçif, relatif au premier Clavier, lavoir :
- 1. Un Cornet de 27 marches, à cinq Tuyaux fur marche, commençant à la clef de C fol ut : il fera tout en étain, aufli-bien que fes pieds.
- 2. Un Jeu de 8 pieds ouvert9 en étain fin poli & bruni, dont les baflès feront
- Orgues, lllê Part. H h h h h h
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- 485 FACTEUR D’ORGUES, IIL Partie, Chap. I.
- en Montre, & rempliront les tourelles & les plates-faces du Buffet, dudît Pofitif. Les Tuyaux qui feront pofés aux tourelles , auront leurs bouches en écuflon. Les deflus dudit Jeu feront en étain fin, aufïi-bien que leurs pieds, Sc feront pofés fur leur vent : au refte, ce Jeu fera de la même taille que celui du grand Orgue.
- 3. Un Preftant dont quelques baffes pourront être en Montre, & les deflus feront pofés fur leur vent ; leurs corps & leurs pieds feront en étain fin.
- 4. Un Bourdon de 8 pieds, entièrement femblable Sc de même matière que celui du grand Orgue.
- 5. Une Flûte à funifîon du Preftant, femblable & de même matière que celle du grand Orgue.
- 6. Un Nafard à la quinte du Preftant : la baflè fera en cheminée , & le deflus en fufeau. Ce Jeu fera en étain fin, aufïi-bien que fes pieds.
- 7. Un deflus de 8 pieds ouvert de trois oétaves, tout en étain fin, aufïi-bien que fes pieds. Ce Jeu fera de la même taille que celui de la Montre : fà première oétave fera un deux pieds bouché , ou à cheminée.
- 8. UneDoublette comme celle du grand Orgue, Sc de même matière.
- p* Une Tierce à la tierce de la Doublette; fes corps Sc fes pieds feront en étain fin.
- 10. Une Quarte de Nafard ; fes corps & fes pieds feront en étain fin.
- 11. Un Larigot tout en étain fin, aufïi-bien que fes pieds.
- Une Fourniture de 4 Tuyaux fur marche ; les corps Sc les pieds des Tuyaux en étain fin le plus doux. Le premier Tuyau aura environ 16 pouces.
- 13. Une Cymbale de 3 Tuyaux fur marche, du meilleur étain fin : fon premier Tuyau aura 6 pouces.
- 14. Une Trompette toute en étain fin, auflî-bien que fes boîtes, noyaux Sc * pieds; fès Anches, fès Languettes & fes Rafettes en laiton. Elle fera d’une taille un peu plus menue que celle du grand Orgue, Sc elle pefèra environ 80 livres, fans les boîtes, pieds Sc noyaux : elle fera traitée un peu plus délicatement que celle du grand Orgue.
- Xy. Un Cromorne tout en étain fin , aufïi-bien que fès noyaux Sc fes pieds. Les Anches, les Languettes Sc les Rafettes feront en laiton. Il pefera de 38 à 40 livres, fans les noyaux Sc les pieds.
- 16. Un Clairon proportionné à lafufHite Trompette, de la même matière, Sc également conditionné.
- io°. Sera confirait un Sommier d’une grandeur Sc d’une proportion propres à faire duement jouer les Jeux fuivants pour l’Echo, favoir : j. Un Cornet de trois oétaves, commençant au fécond Cfol ut, & fini fiant au D la re en haut. U fera à y Tuyaux fur marche, Sc tout en étain fin, aufïi-bien que fès pieds.
- 3. Un Cromorne de la même étendue, tout en étain fin, aufïi-bien que fès
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- Modèle d'un Devis SC Marché pour un ï 6 pieds. 487
- hoyaux & fes pieds : les Anches, les Languettes & les Rafettes en laiton* ii°. Seront conftruits deux Tremblants ; l’un doux & l’autre fort, ou à vent
- 12°. Tous les Mouvements, Pilotes tournants, Rouleaux, Tirants, Ver-gettes, faux-Sommiers , Enfourchements, Supports, &c. qui (b feront en bois, feront en chêne de la meilleure qualité, fins nœuds, ni aubier, ni gerçures, ni échauffements, &c. le tout de grolfeur & de force requife, & proportionnée aux fonétions que chaque piece doit faire.
- 130. Tout ce qui fe fera en fer, {bit les Pilotes tournants, les bras des Pilotes tournants de bois, les Balanciers & tous les autres ferrements, feront faits du fer le plus doux, de la conftruétion la mieux entendue, & de la force convenable , pour que rien ne puifle cafler ni fléchir.
- 140. Tout l’étain qui fera employé dans ledit Orgue , fera neuf & doux , de la meilleure qualité, à l’exclufion de tout autre étain commun ou mélangé, de quelqu efpece qu’il puifle être. On pourra feulement aloyer d’une livre de cuivre par 100 livres d’étain, tout celui qui s’employera à la Montre, aux Jeux d’Anche Sc aux pieds de tous les autres Jeux, pour rendre l’ouvrage plus foüde.
- 1 y0. Tous les porte-vents , qui feront deftinés à porter le vent aux Tuyaux de la Montre, & à tous les Tuyaux poftés, feront faits en étain fin le plus doux.
- 16°. Tout ce que defïusétant ainfi déterminé, promet & s’engage le fufdit Sieur N. N. Maître Faéteur d’Orgues, de faire bien & duement les fufdits Ouvrages, de la maniéré qu’ils font mentionnés dans le préfent Devis : de faire bien parler les Tuyaux & les Jeux dans leur propre caraétere , & dans leur véritable, bonne , jufte, douce , & brillante harmonie : de les faire bien étoffés & bien diapafonnés chacun dans fa proportion, & de les pofer folidement en leur place : de les accorder exactement, tant féparés que dans le mélange , {ans aucune altération, & rendre les deflus proportionnés aux bafles : de conf* truire tous les Sommiers dans toutes leurs véritables proportions , {èion toutes les réglés de l’Art, fans aucun cornement, ni emprunt, ni échappement de vent : de faire bien jouer la Soufflerie, & lui faire rendre le vent égal : de rendre tous les Regiftres faciles à tirer & à repoufîèr, garnis de leurs pommettes & de leurs étiquettes bien propres , les Claviers doux , prompts, vifs & hors, d’arrêt ; tout l’Orgue bien étanche dans toutes {es parties , le tout bien proprement & {olidement exécuté. En un mot, promet d’exécuter fidellement & littéralement tout le préfent Devis félon là forme & teneur, {ans que rien y manque ; & enfin de rendre tout l’Orgue dans l’état le plus folide, le plus propre , le mieux entendu pour la commodité de l’entretien , le mieux conditionné & le plus parfait, au dire & jugement d’Expert, choifi & appellé par le fufdit Chapitre & à fes frais, du confentement du fufdit N. N. Faéteur d’Or-
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- 488 FACTEUR D'ORGUES, ///. Partie, Chap. I
- gués ; promettant de plus de commencer tous les fiifdits Ouvrages dans le mois de Mars prochain, & d’avoir fini deux ans après.
- 170. Et mefdits Sieurs N. N. Chanoines Commiflàires députés du fiifdit Chapitre de N. promettent audit Sieur N. Maître Fadeur d’Orgùes , au nom du fufdit Chapitre, de lui donner pour {on entier payement la fbmme de trente mille livres, payables en plufieurs termes, lavoir : i°. A la fignature du préfent marché, huit mille livres , pour quil pmiïè faire les achats des matériaux qu’il doit employer au fufdit ouvrage. 2,0. Au mois de Mars prochain , quatre mille livres. 30. Au mois de Septembre prochain, quatre mille livres. 40. Au mois de Mars de l’année fiiivante, quatre mille livres. $°. Au mois de Septembre fifi-vant, quatre mille livres. 6°, Au mois de Mars de l’année d’après, c’eft-à-dire, à la réception de l’Orgue totalement fini, après que l’Expert l’aura trouvé bien conditionné , on lui donnera encore quatre mille livres. Les deux mille livres qui relient, demeureront entre les mains defdits Meilleurs les Commiflàires dudit Chapitre, pour être livrées au fufdit Faéleur un an après la vifite & la réception de l’Orgue, que le fufdit Sieur Faéleur s’oblige expreffément de venir repaflfer à l’accord en entier, & d’y faire toutes les réparations qui fe trouveront alors néceflàires & convenables, le tout à fes frais. La fufdite vérification de l’Orgue fe fera immédiatement après qu’il fera fini, ou tout au plus tard un mois après ; lequel temps expiré, le Chapitre ne pourra plus faire faire la fiifi dite vérification, & il fera obligé de recevoir l’Orgue, & de faire le fufdit dernier payement de quatre mille livres, comme fi l’Orgue avoit été reçu par l’Expert. Ledit Sieur N. Faéleur d’Orgùes fera tenu d’avertir les fufdits Mefi-fieurs les Commiflàires, trois mois avant que l’Orgue foit fini. Lefdits Meffieurs les Commiflàires déclarent expreflement ne devoir abfolument rien fournir au fufdit N. Faéleur d’Orgues, que la Tribune bien complette avec fà baluftrade, pour pofer le fufdit Orgue, & un local commode pour la Soufflerie, faifànt à leurs frais, efcaliers, planchers, voûtes, fenêtres, vitres, portes fermantes , &c. En un mot, tout ce qui conviendra pour completter ledit local, même des ouvertures aux murailles, s’il eft nécelîàire, pour pofer les porte-vents; mais non pour arrêter les ouvrages. Ils fourniront au fiirplus un local pour travailler au fiifdit Orgue & rien autre chofè; ledit Faéleur étant expreifément obligé à tout fournir généralement fàtls en rien excepter, même tous les ferrements néceflàires & convenables pour pofer & aflujettir tout ledit Orgue dans fà place. Et pour l’exécution de tout ce quedeflus, ledit Sieur N. Faéleur d’Orgùes engage tous fes biens préfens & à venir, & les foumet à rigueur de Jultice. Ainfî convenu, fait & arrêté. Fait double à N. le..... du mois de.... de l’année....
- N. Chanoine Commilîàire député. N. Chanoine Commiflàire député.
- N. Faéleur d’Orgùes.
- Réflexions
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- Plufîeurs Devis (fOrgue. 489
- Réflexions fur ce Devis.
- 1265. On a dà remarquer que tous les Jeux énoncés dans ce Devis, doivent
- être faits en étain fin, auflî-bien que leurs’pieds. On a vu ailleurs quil eft beaucoup mieux pour l’harmonie, pour la folidité & la durée de l’accord, de les faire tous en étain plutôt qu’en étoffe ; mais cela rend l’Orgue plus cher. Si l’on veut diminuer la dépenfe, on peut fpécifier dans le Devis, que tels & tels J eux feront faits en étoffe ; d’autres, comme tous ceux de l’intérieur de l’Orgue, dont les corps fe font toujours d’étain , auront néanmoins leurs pieds d’étoffe, même ceux des Jeux d’Anche. On peut faire, comme il eft ordinaire, tous les porte-vents de la Montre, & tous ceux des Tuyaux poftés , en étoffe, &c. Le tout uniquement pour railon d’œconomie ; car on a vu ailleurs pourquoi l’on doit préférer l’étain à l’étoffe. f
- 1266. O11 peut arranger tout autrement les payements ; comme, par exemple , de ne payer que la moitié , ou une moindre partie de la fournie en plufieurs payements pendant qu’on fait l’ouvrage ; & pour le refte , on donnera au Faéleur une certaine partie tous les ans, pendant le nombre d’années dont on conviendra jufqu’au final & entier payement. Il y a plufieurs autres maniérés de s’arranger qu’il faut bien fpécifier. Il eft toujours très-utile de faire fes conventions, en forte que le Faéteur foit obligé de venir repaffer l’Orgue un an après qu’il aura été conftruit. On voit alors tout le dérangement que peut avoir caufé l’effort des bois ; les ferrements ayant été éprouvés, on connoîtra s’il y en a quelqu’un de mauvaife qualité, & dont les aflemblages {oient peu folides ; fi les bois des touches des Claviers, des Soupapes , des rouleaux d’Abrégé , des verget-tes ont été allez bien choifis, s’ils étoient bien fecs , &c. On répare le tout ; ce qui contribue bien efficacement à confolider l’Inftrument, & à le rendre plus
- 126j. Il ne faut pas compter fiir le prix que j’ai déterminé dans ce Devis : il peut être trop fort en certains Pays , & trop modique dans d’autres. Il y a des années où les matériaux Ions plus chers, d’autres où ils font à meilleur marché; on doit avoir égard aux circonftances où l’on fe trouve. On peut, au refte , augmenter ou diminuer le nombre des Jeux de cet Orgue, félon qu’on voudra
- Cet Orgue doit être à cinq Claviers de 3 i touches. Le premier aura toutes fes touches mobiles, Ôt fera jouer les Jeux du Pofitif: ce Clavier pourra avancer ôt reculer. Le fécond aura également toutes fes touches mobiles, ôt fera jouer les Jeux du grand Orgue. Le troifieme aura aufii toutes fes touches mobiles , ôt fera jouer les Jeux dits de Bombarde ; il pourra avancer ôt reculer. Le quatrième n aura que 3^ touches mobiles dans les deffus,
- I i i i i i
- faire plus ou moins de dépenfe.
- Premier Devis.
- Pour un grand 3 Z pieds.
- 12*8. Je ne répéterai plus la formule d’un Devis ôt d’un marché, pour être plus court : on peut ajufter la précédente à tous les autres Devis. Je marquerai feulement l’ef-fendel, qu’il lera facile de mettre en forme quand on le voudra.
- Orgues. III. Pan.
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- 490 FA CTEUR D’ORGUES, III. Partie, Chap. I
- & fera deftiné à faire jouer les Jeux du Récit. Le cinquième aura 39 touches mobiles dans les defTus : il fera deftiné à faire jouer les Jeux de l’Echo. Le furplus des touches de ces deux derniers Claviers n’y feront que pour l’ornement.
- Jeux du grand Orgue relatifs au fécond Clavier , & pofés fur un grand Sommier particulier,
- 1. Grand Cornet de 6 Tuyaux fur marche, tout en étain. Il aura 27 marches d’étendue.
- 2. Montre de 5 2 pieds, commençant à l’F ut fa de 24 pieds. Les cinq premiers Tuyaux feront à la quinte du 16 pieds, & feront pris dans la Montre.
- 3. Montre de 16 pieds.
- 4. Montre de 8 pieds.
- 5. Bourdon de 16 pieds.
- 6. Bourdon de 8 pieds.
- 7. Gros Nafard à la quinte du 8 pieds.
- 8. Flûte ouverte de 8 pieds. -
- 9. Preftant.
- 1 o. Nafard à la quinte du Preftant,
- 11. Flûte de 4 pieds.
- 12. Doublette.
- 13. Tierce.
- 14. Quarte.
- 1y, GrofTeFourniture de 3 Tuyaux, com-- mençant au 4 pieds.
- 16. Fourniture de 4 Tuyaux, commençant à
- la quinte du deux pieds. (
- 17. Greffe Cymbale de 3 Tuyaux, commençant au 4 pieds.
- 18. "Cymbale de 6 Tuyaux, commençant par un Tuyau de 16 pouces.
- 19. Première Trompette.
- 20. Seconde Trompette.
- 21. Premier Clairon.
- 22. Second Clairon.
- 23. Voix-humaine.
- 24. Mufette.
- Jeux dits de Bombarde, relatifs au troifieme Clavier, & pofés fur un autre grand Sommier particulier.
- i„ Grand Cornet, comme le précédent.
- 2. Bourdon de 32 pieds, commençant à PF ut fa de 24 pieds. Les cinq premiers Tuyaux feront à la quinte du ni pieds, le tout bouché.
- 3. Bourdon de 16 pieds.
- 4. 8 pieds ouvert, en étain, y. Preftant.
- 6. Bourdon de 8 pieds. '
- 7. Doublette.
- 8. Flûte ouverte, de 8 pieds.
- 9. GrofTe Fourniture de 4 Tuyaux, commençant au 4 pieds.
- 10. Bombarde.
- 11. Trompette.
- 12. Clairon.
- Les Pédales feront de 3 6 marches : leurs Jeux feront pofés fur des Sommiers particuliers.
- Jeux des Pédales.
- 1. Flûte ouverte de 3 2 pieds.
- 2. Flûte ouverte de i 6 pieds.
- 3. Bourdon de 32 pieds.
- 4. Bourdon de 16 pieds.
- y. Flûte ouverte de 8 pieds en étain.
- 6. Gros Nafard à la quinte du 8 pieds.
- 7. Flûte ouverte, de 8 pieds en bois.
- 8. Flûte ouverte, de 4 pieds en étain.
- 9. GrofTe Tierce.
- 1 o. Flûte ouverte, de 4 pieds en bois.
- 11. Nafard.
- 12. Quarte.
- 13. Tierce.
- 14. GrofTe Fourniture de y Tuyaux, commençant au 4 pieds.
- 1 y. GrofTe Cymbale de y Tuyaux, commençant au 4 pieds.
- Les 15* Jeux ci-defTus feront'de 29 marches , qui commenceront au premier C fol ut, & n’auront point de ravalement, y étant inutile. ^
- 16. Bombarde.
- 17. Première Trompette.
- 18. Seconde Trompette.
- 19. Premier Clairon.
- 20. Second Clairon.
- 21. Cromorne.
- Les 6 Jeux ci defTus auront toute l’étendue < du Clavier de Pédale; ils commenceront au premier F m fa du ravalement.
- Les Jeux du Récit auront 34 marches d’étendue. Ils feront pofés fur un Sommier particulier & joueront par le quatrième Clavier.
- Jeux du Récit.
- 1. Un 8 pieds ouvert, en étain ; il fera conique.
- 2. Un Bourdon de 8 pieds.
- 3. Un Cornet de 6 Tuyaux fur marche, tout en étain.
- 4. Une première Trompette, y. Une fécondé Trompette.
- 6. Un Haut-bois.
- 7. Un Cromorne.
- Les Jeux de l’Echo relatifs au cinquième Clavier, auront 34 marches d’étendue, ÔC feront pofés fur un Sommier particulier.
- Jeux de P Echo.
- 1. Un 8 pieds ouvert.
- 2. Un Cornet.
- 3. Un Bourdon de 8 pieds,
- 4. Une Trompette,
- I.
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- Plujieurs Devis d Orgue. 4Pr
- y. Un Cromorne. 8. Gros Nafard.
- 9. Second 8 pieds ouvert.
- Jeux qui joueront dans le Pofitif. io. Preftant.
- 11. Grotte Tierce.
- 1. Un Cornet de cinq Tuyaux ôcde 27 marches.
- 2. Montre de 16 pieds.
- 3. Montre de 8 pieds.
- 4. Preftant.
- 5. Bourdon de 8 pieds.
- 6. Flûte de 4 pieds.
- 7. 8 pieds ouvert.
- 8. Nafard.
- 9. Doublette.
- 1 o. Tierce.
- 11. Quarte.
- 12. Larigot.
- 13. Fourniture de 3 Tuyaux, dont le plus grand aura 2 pieds.
- 14. Cymbale de 4 Tuyaux, dont le plus grand aura environ 8 pouces.
- 13. Trompette.
- 16. Clairon.
- 17. Cromorne.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- La Soufflerie de cet Orgue fera compofée de 12 Soufflets de 9 pieds de longueur, fur 4 pieds & demi de largeur. Elle fera à quatre féparations des vents.
- Voilà l’idée du plus grand Orgue qu’on puiffe faire : ce n’eft pas qu’on ne puiffe encore l’augmenter de quelques Jeux de fan-taifie. Le plus grand obftacle à l’exécution d’un Orgue de cette conféquence, feroit le défaut d’un local fuffifant pour le placer ; la dépenfe d’ailleurs en feroit fort confidérable. J’ai donné ce Devis pour faire entendre toutes les manier.es de placer les Jeux, & quel ufage l’on peut en faire. Du refte, l’on trouve dans la fécondé Partie de cet Ouvrage, comment on peut exécuter un fi grand Orgue.
- ! "
- Second Devis.
- Pour-un J z pieds ordinaire,
- 1269, Cet Orgue doit être à j Claviers, de même qu’au précédent Devis, & dans la même difpofition.
- Jeux du grand Orgue SC de Bombarde, relatifs aux fécond & troifieme Claviers, dr pofés fur le même grand Sommier.
- 1. Grand Cornet.
- 2. Grand Cornet de Bombarde.
- 3. Montre de 32 pieds, commençant àu 24 pieds.
- 4. Montre de 16 pieds.
- 5. Montre de 8 pieds.
- 6. Bourdon de 16 pieds,
- 7. Bourdon de 8 pieds,
- 12. Nafard.
- 13. Flûte de 4 pieds.
- ' 14. Doublette.
- 15. Tierce.
- 16. Quarte.
- 17. Grotte Fourniture de trois Tuyaux de 4 pieds.
- 18. Fourniture de 4 Tuyaux.
- 19. Cymbale de 7 Tuyaux.
- 20. Bombarde.
- 21. Trompette de Bombarde.
- 22. Clairon de Bombarde.
- 23. Première Trompette.
- 24. Seconde Trompette. t
- 23. Clairon.
- Jeux des Pédales de 3 6 marches,
- 1. Flûte ouverte de 1 pieds
- 2. Flûte ouverte de 8 pieds.
- 3. Bourdon de 16 pieds.
- 4. Seconde Flûte ouverte de 8 pieds, y. Flûte ouverte de 4 pieds.
- 6. Gros Nafard.
- 7. Grotte Tierce.
- 8. Nafard.
- 9. Quarte.
- 10. Tierce.
- 11. Bombarde.
- 12. Première Trompette.
- 13. Seconde Trompette.
- 14. Clairon.
- 1 y. Cromorne.
- Tous les Jeux à bouche de la Pédale commenceront au premier C fol ut, ôc les Jeux d’Anche commenceront au premier F ut fa du ravalement.
- Les Jeux du Récit auront 34 marches d’étendue , 6t feront pofés fur un Sommier particulier , relatif au quatrième Clavier.
- Jeux du Récit.
- 1. Un Cornet de cinq Tuyaux fur marche, tout en étain.
- 2. Trompette.
- 3. Haut-bois.
- 4. Cromorne.
- L’Echo aura 39 marches d’étendue, & fera pofé fur un Sommier particulier, relatif au cinquième Clavier.
- Jeux de P Echo,
- 1. Cornet.
- 2. Trompette.
- Jeux pour le Pofitif.
- 1, Cornet de cinq tuyaux fur marche.
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- 4p2 FACTEUR D’ORGUES , III. Partie, Chap. I.
- 2. Montre de 16 pieds.
- 3. Montre de 8 pieds.
- 4. Preftant.
- y. Bourdon de 8 pieds.
- 6* Flûte de 4 pieds.
- 7. Deffus de 8 pieds ouvert, de 3 o£taves.
- 8. Nafard.
- p. Doublette. ii o. Tierce, ü 1. Quarte.
- 12. Larigot.
- 13. Fourniture de 4 Tuyaux.
- 14. Cymbale de 4 Tuyaux.
- I y. Trompette.
- II 6. Clairon.
- 17. Cromorne.
- 18. Voix-humaine.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- La Soufflerie fera compofée de p Soufflets de p pieds au moins , à 3 réparations des vents, ou encore mieux à quatre. On trou* ve affez au long dans la fécondé Partie de cet Ouvrage, la maniéré d’exécuter un Orgue de cette efpece.
- Troisième Devis.
- Pour un grand 16 pieds.
- 1270. Cet Orgue fera à cinq Claviers, de même qu’aux deux précédents Devis, ôc dans la même difpofition.
- Jeux du grand Orgue, pofés fur le grand Sommier , relatif aux fécond & troifieme Claviers.
- î . Grand Cornet.
- 2. Montre de 16 pieds.
- 3. Montre de 8 pieds.
- 4. Bourdon de 16 pieds, y. Bourdon de 8 pieds.
- 6. Preftant.
- 7. Second 8 pieds.
- 8. Gros Nafard.
- p. Flûte de 4 pieds.
- 1 o. Groffe Tierce.
- 11. Nafard.
- 12. Quarte.
- 13. Tierce.
- 14. Fourniture dey Tuyaux.
- 1 y. Cymbale de y Tuyaux.
- 16. Bombarde.
- 17. Première Trompette.
- 18. Seconde Trompette. ip. Clairon.
- 20. Voix-humaine.
- Jeux des Pédales de 36 marches.
- 1. Flûte de 8 pieds en étain, a. Flûte de 4 pieds,
- 3. Flûte de 8 pieds en bois.
- 4. Nafard, à la quinte du 4 pieds, y. Quarte.
- 6. Tierce, à la tierce de la Quarte.
- 7. Première Trompette.
- 8. Seconde Trompette, p. Clairon.
- 10. Cromorne.
- Jeux du Récit de 3 4 marches.
- 1. Cornet.
- 2. Trompette.
- Echo de jp marches.
- 1. Cornet.
- 2. Trompette.
- Jeux du Pofitif
- 1. Cornet.
- 2. Montre de 8 pieds.
- 3. Preftant.
- 4. Bourdon de 8 pieds, y. Flûte de 4 pieds.
- 6. Nafard.
- 7. Doublette.
- 8. Tierce, p. L arigot.
- 10. Fourniture de 4 Tuyaux.
- 11. Cymbale de 3 Tuyaux.
- 12. Trompette.
- 13. Clairon.
- 14. Cromorne.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- La Soufflerie de cet Orgue fera compofée de 7 Soufflets de 8 pieds, à deux fépara-tions des vents, ou encore mieux à trois.
- Quatrième Devis.
- Pour un 16 pieds ordinaire.
- C’eft celui qui a été mis en forme ; pag. 481. Voyez-y fa defcription.
- Cinquième Devis,
- Pour un grand 8 pieds.
- 1271. Un grand 8 pieds peut être pref-qu’autant fourni qu’un 16 çieds, comme on va le voir. Cet Orgue fera a quatre Claviers de y 1 touches. Toutes celles des deux premiers feront mobiles. Le troifieme n’en aura que 34, & le quatrième que 3p. Le furplus dans l’un & dans l’autre n’y fera que pour l’ornement.
- Jeux
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- PlujîeUrs Devis d*Orgue. 49$
- 'Jeux du grand Orgue , pofés fur le grand Sommier , relatif au jecond Clavier.
- 1. Grand Cornet.
- 2. Montre de B pieds.
- 3. Bourdon de 16 pieds*
- 4. Bourdon de 8 pieds.
- 5. Gros Nafard à la quinte du 8 pieds.
- 6. Preftant.
- 7. GrofTe Tierce.
- 8. Nafard.
- 9. Doubiette.
- Iio, Tierce.
- 11. Quarte.
- 12. Fourniture de 4 Tuyaux.
- 13. Cymbale de 4 Tuyaux.
- 14. Première Trompette, iy. Seconde Trompette.
- 16. Clairon.
- 117. Voix-humaine.
- On fera jouer furie même grand Sommier, par des gravures particulières, les Jeux du Récit, relatifs autroifieme Clavier.
- Jeux du Récit.
- V
- 1. Cornet de cinq Tuyaux.
- 2. Trompette.
- 3. Haut-bois.
- Les Pédales auront 36 marches d’étendue 9 commençant à 1T ut fa du ravalement en bas*
- Jeux des Pédales. -
- 1. Flûte de 8 pieds en étain.
- 2. Flûte de 4 pieds.
- 3. Flûte de 8 pieds en bois.
- 4. Nafard à la quinte du 4 pieds, y. Quarte.
- 6. Tierce.
- Ces fix Jeux commenceront au premier C fol ut, ôt n’auront que 29 Tuyaux.
- 7. Trompette.
- 8. Clairon.
- Ces deux Jeux d’Anche auront toute Té-tendue du Clavier de Pédale.
- JJ Echo fera compofé des deux Jeux fuivants , & de 3 p marches.
- 1. Cornet.
- 2. Cromorne.
- Jeux du Pofitif
- 1. Cornet.
- 2. Un Jeu de 8 pieds ouvert 9 dont le premier F ut fa fera en Montre ; les cinq premiers Tuyaux feront en bois, ôt pofés en dedans.
- 3. Preftant.
- 4. Bourdon de 8 pieds.
- Orgues. III. Part.
- y. Flûte de 4 pieds.
- 6. Un de (Tu s de 8 pieds ouvert de trois oc* taves, en étain.
- 7. Nafard à cheminée 6c à fufeau*
- 8. Doubiette. ^
- 9. Tierce*
- 1 o. Quarte.
- 11. Larigot. N
- 12. Fourniture de 3 Tuyaux*
- 13. Cymbale de 3 Tuyaux.
- 14. Trompette.
- 15. Cromorne*
- 16. Clairon.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- L a Soufflerie fera compofée de 4 Souffleta de 8 pieds.
- Sixième Devis*
- Pour un 8 pieds ordinaire.
- 1272. Cet Orgue aura les mêmes Claviers à la main, Ôt le même Clavier de Pédale, le tout de la même étendue que dans le Devis précédent.
- ^ Jeux du grand Orgue.
- 1. Grand Cornet.
- 2. Montre de 8 pieds. » -
- 3. Bourdon de . 16 pieds* (
- 4. Bourdon de 8 pieds* y. Preftant.
- 6. GrofTe Tierce.
- 7. Nafard. •
- 8. Doubiette*
- 9. Tierce.
- 10. Quarte.
- 11. Fourniture de 4 Tuyaux.
- 12. Cymbale de 3 Tuyaux.
- 13. Trompette.
- 14. Clairon.
- 1 y. Voix-humaine.
- Jeux du Récit fur le mimé grand Sommien
- 1. Cornet de 3 4 marches.
- 2. Trompette de la même étendue.
- Jeux des Pédales de 36 marches*
- 1. Flûte de 8 pieds de 29 Tuyaux.
- 2. Flûte de 4 pieds de la même étendue*
- 3. Trompette de 3 6 Tuyaux.
- 4. Clairon de la même étendue.
- 1. Cornet pour TEcho, de s9 marches. Jeux du Pofitif.
- 1. Un deffus de 8 pieds, de 3 o&aves au moins, 6c la baffe en Flûte de 4 pieds. Une
- Kkkkkk
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- 494 FACTEUR D’ORGUES, III. Farde. Chap. I.
- partie de ce Jeu fera en Montre.
- 2. Preftant, dont une partie fera en Montre.
- 3. Bourdon de 8 pieds.
- 4. Flûte de 4 pieds.
- 5. Nafard.
- 6. Doublette.
- 7. Tierce.
- 8. Quarte. 1
- 5?. Larigot.
- 10. Fourniture de 3 Tuyaux.
- !i 1. Cymbale de 2 Tuyaux.
- 12. Trompette.
- 13. Cromorne.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- La Soufflerie comme dans le Devis précédent.
- Septième Devis.
- Pour un petit 8 pieds.
- 1275. Cet Orgue fera à trois Claviers, celui de l’Echo en étant retranché. Il eft fort ordinaire de fupprimer plutôt celui du Récit , mais mal à-propos; dautant que celui-ci eft bien plus néceüaire.
- Jeux du grand Orgue.
- ï , Grand Cornet.
- 2. Montre de 8 pieds.
- 3. Preftant.
- 4. Bourdon de 8 pieds.’
- y. Nafard. «
- 6. Doublette.
- 7. Tierce.
- 8. Fourniture de 3 Tuyaux?.'
- 5>. Cymbale de 3 Tuyaux.
- ,io. Trompette.
- 11. Clairon.
- 12. Voix-humaine.
- Jeux des Pédales.
- 1. Flûte de 8 pieds, dont les baffes en bois. Elle fera de 2$ Tuyaux.
- 2. Trompette de 28 Tuyaux, commençant au double A mi la.
- Le Récit fera compofé dun Cornet de 30 marches. /
- Jeux du Pofitif.
- 1. Preftant, dont les baffes feront en Montre. )
- 2. Bourdon.
- 3. Nafard.
- 4. Doublette.
- 5. Tierce.
- 6. L arigot.
- 7. Fourniture de 3 Tuyaux.
- 8. Cymbale de 2 Tuyaux.
- 9. Cromorne.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- La Soufflerie de cet Orgue fera compo-fée de 3 Soufflets de 7 pieds de longueur.
- Huitième Devis.
- Pour un 8 pieds a 4 Claviers, dont le
- Pojitifne fera point dans un corps féparé, mais mis enfemble dans le grand Buffet.
- 1274. On pofera fur le grand Sommier les 1 y Jeux énoncés dans le fixieme Devis. On y pofera encore les 13 Jeux mentionnés pour le Pofitif ; mais non ceux du Récit, pour lefquels on fera un Sommier féparé. Pour ne pas faire le grand Sommier fl large, on mettra enfemble, fur la même chape, la Fourniture ôt la Cymbale du grand Orgue. On*en fera de même pour le plein-Jeu du Pofitif. On pourra diminuer un peu au grand Sommier, la profondeur des gravures fur le derrière.
- Tous les autres Jeux, foit des Pédales, foit de l’Echô, joueront fur leurs Sommiers particuliers à l’ordinaire. On peut faire cet Orgue moins confidérable, fl on le juge à propos, par exemple, comme celui du fep-tieme Devis. Si l’on vouloit qu’il fût plus fourni de Jeux, il faudroit faire deux Sommiers , qu’on poferoit l’un derrière l’autre, êt au même niveau, comme je l’ai expliqué, art.
- > & fuiv. pag, 224, & fuiv. Voyez l’art. 6S1, pag. 23 8, où il s’agit de la maniéré de pofer les Jeux pour éviter la proximité des unifions. Si l’on n’a pas affez de profondeur, ôc qu’on ait de la longueur , 011 pofera le Sommier du Pofitif au milieu, & le grand Sommier partagé en deux parties, aux deux bouts de celui du Pofitif; en laiflànt les paF fages fuffifants. La fituation du local doit décider de la difpofition de ces Sommiers. La raifon pour laquelle il faut, dans le cas de l’augmentation du nombre des Jeux, mettre le Pofitif & le grand Orgue fur des Sommiers féparés, eft que les gravures feroient trop longues, fi l’on faifoit le Sommier affez grand pour contenir enfemble les Jeux du grand Orgue & du Pofitif. Cela a été expliqué dans la Seêt. 6 du Chap. 2, pag. a 24, &, fuiv.
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- Plujieurs Devis d* Orgue.
- Neuvième Devis. Dixième Devis.
- Pour un petit 8 pieds à 3 Claviers 9 dont le Pofitif fera mis enfemhle feur le même grand Sommier.
- 1275. Jeux dejlinès au grand Orgue 9 relatifs au fécond Clavier•
- x. Grand Cornet.
- 2. Montre de 8 pieds.
- 3. Preftant.
- 4. Bourdon de 8 pieds.
- y, Doublette.
- 6. Trompette.
- 7. V oix-humainel
- Jeux du Pofitif 9 relatifs au premier Clavier.
- 1. Bourdon de 8 pieds.
- 2. Preftant.
- 3. Nafard. I
- 4. Doublette. y. Tierce.
- 6. Larigot.
- 7. Fourniture de 4 Tuyaux* . ,
- 8. Cymbale de 3 Tuyaux, p, Cromorne.
- Jeux des Pédales•
- 1. Flûte de 8 pieds de 18 Tuyaux , commençant au premier C fol ut.
- 2. Trompette de la même étendue.
- On mettra fur un Sommier féparé le Récit , qui confiftera en un Cornet de deux octaves.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- La Soufflerie fera compofée de trois Soufflets de 6 pieds.
- On peut, fi on le defire, faire cet Orgue un peu plus confidérable ; ou bien on peut le faire moindre, en retranchant les Pédales. Dans ce fécond cas, on y fait un Clavier de Pédale, dont les marches tirent, 6cfont baifi fer les touches des baffes du premier Clavier ou du fécond, ou de tous les deux enfembîe, quand on le defire. À cet effet, on doit conf-truire un petit Abrégé, parce que le Clavier de Pédale a fon offave 6c demie plus longue , que la même Octave 6c demie du Clavier a la main. La Pédale ainfi entendue s’appelle une Ttraffe. Le tout doit être exécuté de façon, que les Claviers à la main jouent avec la même liberté que s’il n’y avoit point de Tiraffe, ce qui demande du foin ôc de l’attention. Je n’entre point dans le détail de cette machine : on pourra l’imaginer aifé-ment, après toutes les defcriptions que j’ai données dans la fécondé Partie, où Ton en trouvera les Principes.
- Pour un pieds en Montre.
- 1276. Cet Orgue fera à 3 Claviers, dont le premier fera jouer le Pofitif, le fécond le grand Orgue, Ôc le troifieme le Récit.
- Jeux du grand Orgue.
- 1. Grand Cornet.
- 2. Montre de 4 pieds, qui fera le Preftant*
- 3. Deflus.de 8 pieds, de 3 o&aves.
- 4. Nafard.
- 5*. Bourdon de 8 pieds.
- 6. Doublette.
- 7. Tierce.
- 8. Fourniture de 3 Tuyaux.
- 5>. Cymbale de 2 Tuyaux.
- 10. Trompette.
- 11. Voix-humaine.
- Le Récit fera compofé d’un Cornet de deux oêtaves ; on le mettra fur un Sommier féparé, ou bien on le fera jouer par des gravures particulières, qu’on pratiquera dans le grand Sommier, fi le local le permet.
- Pédales.
- 1. Flûte de 8 pieds, de 18 Tuyaux, commençant au premier C fol ut.
- 2. Trompette de la même étendue.
- Jeux du Pofitif
- 1. Preftant en Montre.
- 2. Bourdon.
- 3. Nafard.
- 4. Doublette. y. Tierce.
- 6. Larigot.
- 7. Cymbale de 4 Tuyaux.
- 8. Cromorne.
- Les deux Tremblants ordinaires.
- La Soufflerie fera compofée de 3 Soufflets de y pieds.
- Les Jeux du grand Orgue 6c du Pofitif peuvent fe mettre fur le même Sommier ; ou bien, on peut mettre les Jeux du grand Orgue fur le grand Sommier à l’ordinaire, 6c ceux du Pofitif dans le pied du Buffet. Il faut alors ouvrir des panneaux fur le devant du Buffet, qu’on garnira de Tuyaux en Montre,, On pourra y employer les baffes du Preftant.
- Onzième Devis.
- Pour un petit ^ pieds en Montre.
- 1277. Cet Orgue fera à 2 Claviers, dont le premier fera jouer les Jeux du Pofitif, ôe le fécond ceux du grand Orgue.
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- 4S,6 FACTEUR D'ORGUES, 111. Partie, Chap. Il
- jeux du grand Orgue, relatifs au fécond Clavier.
- [i. Grand Cornet.
- 2. Montre de 4, pieds, ou Preflant.
- 3. Bourdon dé 8 pieds.
- 4. Doublette.
- 5. Cymbale de 4 Tuyaux.
- 6. Trompette.
- jeux du Pojitif, relatifs au -premier Clavier.
- ii P reliant > dont une partie fera en Montre.
- 2. Bourdon de 8 pieds.
- 3. Nafard.
- 4. Doublette.
- 5. Tierce.
- 4. Larigot.
- 7. Cymbale de 3 Tuyaux.
- 8. Cromorne.
- Tous ces Jeux peuvent fe mettre, fi Ton veut, fur le même Sommier.
- La Pédale fera en Tiraffe, comme il a été expliqué au neuvième Devis.
- Douzième Devis.
- Pour un petit Orgue Jans Pojitif.
- 1278. Cet Orgue ne fera qu’à un feul Clavier & un feul Sommier, fur lequel on fera jouer les Jeux fuivants.
- 1. Bourdon.
- 2. Preltant.
- 3. Nafard.
- 4. Doublette.
- 5. Tierce.
- 6. Cymbale de 3 Tuyaux.
- 7. Cromorne.
- Les Nafard, Doublette, Tierce, & Cromorne feront brifés, de forte qu’en tirant les Regiftres à droite, on ouvrira feulement les deffus de ces Jeux, depuis le C fol ut du milieu du Clavier inclulivement, jufqu’en haut ; & en tirant les Regillres à gauche, on ouvrira tout le relie de ces-mêmes Jeux. On formera un petit Cornet en ouvrant le Bourdon , le Prellant, les deffus du Nafard, de la Doublette & de la Tierce. On pourra y ajouter une Tiraffe.
- On pourra y faire, li l’on veut, les deux Tremblants ordinaires. Deux Soufflets 4e cinq pieds de longueur fourniront du vent plus qu’il n’en faudra pour un lî petit Orgue.
- 127p. On peut encore imaginer beaucoup d’autres Devis d’Orgue. J’en ai donné fuffi-famment pour fournir des idées à cet égard. Au relie, on augmentera ou l’on diminuera dans les précédents félon les circonllances, félon les avis d’un Organille de goût, & félon la dépenfe qu’on voudra faire. Je n’ai point parlé de plufieurs Jeux de fantailie, comme de la Baffe de viole, Ballon, Mu-fette, &c. On pourra les placer aifément fur tel Sommier qu’indiquera un habile Organille.
- CHAPITRE SECOND.
- I
- Maniéré de faire la vérification d’un Orgue.
- %
- 1280. A vant de traiter de la vérification de l’Orgue, quil me foit permis d’expofer ce que je penfe fur le choix qu’on doit faire du Vérificateur. L’ufàge de le choifir dans la claffe des Organiftes eft tellement établi, au moins dans les Provinces, qu’on ne penfe pas même à le prendre parmi les Faéteurs ; & fi dans Paris on affocie le plus feuvent un Faéleur à un Organifte , ce n’eft prefque que comme témoin, ou tout au plus comme en fécond, & toujours lubordonné à l’Organifte. Je crois cependant que dans cette partie, Ton doit préférer le Faéleur àl’Organifte. On jugera par les réflexions fiuvantes* fi le préjugé eft de mon côté ou de celui du Public.
- II eft confiant, & perfonne ne peut le révoquer en doute, que pour être Vérificateur d’un ouvrage quelconque, il faut connoître à fond non-feulement les principes & les réglés de l'Art auquel il appartient, mais encore l’efpece & la
- qualité
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- Maniéré de faire la vérification de U Orgue. 497
- qualité des différentes matières qui entrent dans fa compofition ; la conftruélion propre , tant intérieure quextérieure de chacune de fes parties : fon afîembla-ge , fes proportions d’étendue, d’épaiffeur : la place & la pofition qui lui conviennent , relativement aux autres ; en un mot, tous les détails* qui doivent rendre l’ouvrage le plus régulier, folide, durable , commode pour l’ufàge, & d’un entretien tout à la fois le plus facile & le moins difpendieux. Il n’efl pas moins confiant que pour acquérir cette connoifîànce , qui conftitue proprement L'Expert, il faut avoir long-temps exercé cet Art, & en avoir mis les réglés en pratique dans toutes fes parties.
- Or à qui, du Faéleur ou de l’Organifte , pourra-t-on faire une plus jufte application de ce principe, certainement inconteftable ? Lequel des deux doit avoir cette connoifîànce de l’Orgue, fi néceiîàire pour en faire la vérification ? La réponfo fe fait allez fentir d’elle-même ; aufll tout le monde convient aifo-ment qu’un Organifte ne fàuroit être autant connoifîèur que le Faéleur, dans tout ce qui concerne la conftruélion intérieure de l’Orgue. Peut-on en effet concevoir que l’Organifte , qui n’a jamais touché à l’Orgue que pour en jouer , qui ne connoît la Facture que pour y avoir peut-être vu quelquefois travailler, foit en état de juger fàinement fi une Soufflerie eft bien faite & folide, fi les Soufflets font bien pofés , &c : ( car ce feul article feroit d'un grand détail, ) fi les Tuyaux font bien diapafonnés, s’ils font de la taille & de la matière convenables , s’ils font proportionnellement étoffés, bien pofés félon les réglés, &c ; fi les Sommiers font dans toutes leurs proportions, s’ils font folidement conf* truits & affemblés, &c ; fi les Abrégés & toutes les autres machines qui entrent dans la compofition de l’Orgue, font dans leurs juftes rapports, félon les réglés de la Méchanique : fi toutes les pièces font d’une force proportionnée refpeéli-vement à la fonélion qu’elles doivent faire : fi l’exécution du tout répond bien aux principes, & s’il eft difpofé pour un facile entretien, 8cc. Tout cela eft d’un détail confidérable. On font afîez que la foience de toucher l’Orgue ne donne aucune lumière à ce fojet ; & que par conféquent, l’Organifte ne peut en être le juge compétent. On eft affez généralement d’accord ià-deftùs ; auffi ce n’eft pas là où eft la difficulté.
- On foutient qu’il eft certaines parties dans l’Orgue, dont l’Organifte doit être le juge plutôt que le Faéleur ; car, i°. il doit mieux connoître la bonté des Claviers que le Faéleur ; on ne fàuroit, dit-on, lui contefter ce point, puifque c eft fa partie principale ; il s’en fort journellement.
- n°. Il doit mieux connoître la bonté de l’harmonie ; juger fi les Jeux font bien égalifés de force & d’harmonie, & s’ils font d’accord. Voilà les connoiflàn-ces qu’on attribue à l’Organifte, préférablement au Faéleur ; & ce font les rai-fons fur lefquelles on fe fonde, pour prouver la fupériorité de la compétence de l’Organifte fur le Faéleur pour la vérification d’un Orgue. Il s’agit d’y répondre , pour faire fentir qu’il n’y a là que du faux 8c du préjugé.
- Orgues. III. Part. L11111
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- 4pB FACTEUR D’ORGUES, 111. Partie, Chap. U.
- i°. A l'égard des Claviers en particulier , je conviens que l'Organifte, par l'habitude où il eft de toucher l'Orgue, peut avoir acquis une alTez grande con-noiiîànce des Claviers, & être par conféquent compétent jufqu'à un certain point,pour juger de leur bonté ; mais la connoiflànce qu'en a le Faéleur, eft tout autrement profonde & bien plus étendue. Si le Clavier eft bon , c'eft fart du Faéleur qui l'a rendu tel : il connoît parfaitement toutes les qualités qu'il doit avoir , puifqu'il les lui donne. De plus, il jugera fans contredit mieux que l'Organifte, fi les touches ont la longueur & l'épaiflèur requifes ; fi elles font régulièrement divifées ; fi le point de fulpenfion, d'où dépend néceflàirement la jufte proportion de l'ouverture des Soupapes avec la profondeur des gravures , eft bien placé ; fi les chalïis font folides , bien aflèmblés, bien pofés, &c. Je conclus donc que quelque compétent que foit l'Organifte pour juger de la bonté des Claviers , le Faéleur l'eft encore à plus jufte titre.
- 2°. L’autre difficulté paroît plus forte, ou pour mieux dire, eft plus fédui-fànte contre mon fentiment. L'Organifte, dit-on, par l'habitude où il eft de toucher les Orgues, doit en connoître mieux l'harmonie, l'égalité des Ions, l'accord , &c , que le Faéleur. Il en eft de lui comme de l'Artifte, qui joue du Violon, de la Baiïè , de la Flûte, &c ; celui qui joue habituellement de ces inf* truments , en connoîtra certainement mieux la bonté, que le Luthier qui les aura faits.
- J'obferve d’abord que la feule force de l'objeélion confifte dans une équivoque qu'il faut lever. U harmonie peut être prife dans deux fens différents. Dans le premier, c'eft la combinaifon & la progreflion des accords dans la modulation , félon les réglés de la compofition & de la Mufique ; ou bien , c'eft la fcience de la modulation même, 8cc. Qu'il me foit permis pour le moment de l'appeller /'harmonie muficale : prife en ce fèns , je dis qu’elle eft fans contredit du reftortdes Organiftes, qu'ils en font feuls juges compétents, lorfqu’il s’agit, par exemple, de donner dans un concours la préférence à l'un d’entre-eux ; mais il eft queftion ici d'examiner un Orgue, & non un Organifte.
- Dans le fécond fèns, Vharmonie eft une qualité de fon particulière, convé-nable à chacun des Tuyaux d'un Jeu, & à chacun des différents Jeux de l'Orgue. Appellons-la, pour un moment, Vharmonie injîrumemale, pour la diftin-guer de l'autre : prife en ce fécond fens, je dis quelle eft tellement du reiîort des Faéleurs, qu'ils doivent en être pris pour juges compétents dans la réception d’un Orgue , par préférence aux Organiftes. C'eft uniquement de l'harmonie injîrumentale qu'il s'agira dans ma réponfe. Revenons à l'objeétion.
- On y fait une comparaifon du Luthier avec le Faéleur d'Orgues ; mais la parité n’eft point égale. Pour le démontrer , il fuffira de faire connoître en quoi confiftent la fonétion du Luthier, & celle du Faéleur d'Orgues.
- L'Ouvrage du Luthier fè réduit uniquement à conftruire fès Inftruments félon les réglés de fon Art ; à bien choifir fon bois, à lui donner les dimenfions,
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- Maniéré de faire la vérification d'un Orgue. 499
- l’épaifleur, la tournure, la grâce & la propreté qui lui conviennent. Après toutes Tes opérations & tousfes foins, que réfultera-t-il de Ion ouvrage lorfquil fera fini ? Il n en fait certainement rien lui-même. Il eft fi peu le maître de leur donner une bonne harmonie, que parmi un certain nombre, par exemple, de Violons de là façon, il s’en trouvera plufieurs excellents , de médiocres, & peut-être quelques-uns mauvais, làns qu’il lui refie aucune reflource pour les rendre meilleurs. Tout Ion travail confifle dans l’opération purement méchani-que de la conftruélion de fes Inftruments ; & il peut être très-habile dans fon métier fans connoître l’harmonie, attendu qu’il ne fauroit la faire ni la donner. Un’efldonc pas liirprenant que celui qui joue habituellement de ces Inftru-ments, juge mieux de leur bonté que celui qui les fait.
- Mais il n’en eft pas ainfi du Faéteur. Sa propre & principale fonétion eft de former , de créer , pour ainfi dire, & enfin de donner aux Tuyaux déjà faits la qualité du fon ou de l’harmonie : c’eft-ià précifément fa véritable fin , fon but effentiel, & fa fonétion. Que fes Ouvriers ou fes Compagnons s’attachent avec la derniere exaétitude à la conftruétion méchanique de l’Inftrument ; qu’ils faf-fent de beaux Tuyaux, qu’ils lüivent en tout les réglés de l’Art, c’eft aflèz pour eux, c’eft tout ce qu’on leur demande ; mais ce n éft pas allez pour le Faéteur. Cette opération méchanique , quoique devant être toujours dirigée par lui, n’eft pas le premier objet de là Icience ; il lui faut encore la connoiflànce de l’harmonie injlrumentale, puifque c’eft à lui à la donner ; ce que je prétends être Ion principal objet : tout le refte lui eft lubordonné. Voilà pourquoi tout habile Faéteur s’attache à ce point unique ; qu’il touche & retouche à un Tuyau, jufi-'qu’à ce qu’il lui ait communiqué le vrai caraétere, & la qualité de Ion qui lui convient : là marche même dans fes opérations eft fi infaillible, qu’il eft toujours lur d’y réuflir ; au lieu que s’il ne connoiiïbit pas bien l’harmonie, & s’il n’a-voit pas le goût bien décidé à cet égard, il ne feroit un bon Orgue que par ha-làrd, & en cela là condition ne feroit pas différente de celle du Luthier, puif-qu’il lui feroit impoffible de produire tel ou tel fon , telle ou telle harmonie, qu’il ne fentiroit pas. C’eft à ces marques qu’on diftingue le bon du mauvais Faéteur.
- J’ai vu un Orgue qu’on pouvoit regarder comme un modèle accompli : on ne pouvoit rien voir de plus parfait, pour la beauté des Tuyaux, la bonne intelligence & la propreté de toute là méchanique, avec la difpofition de toutes les parties la mieux entendue; c’étoit cependant un fort mauvais Inftrument pour le Ion. La railon en eft que le Faéteur ne connoiiïbit pas l’harmonie ; il faifoit parler fes Tuyaux au hafard ; il ne faifoit pas plus que le Luthier ; c’étoit en un mot, un mauvais Faéteur. Ainfi l’eftentiel pour un Artifte en ce genre , eft d’avoir le goût parfaitement décidé pour l’harmonie inftrumentale , d’en dilcerner la vérité, l’étendue, les rapports ; d’égalilèr, d’accorder, de rapprocher les différents Ions, les analifer, pour en former un tout agréable &
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- harmonieux. Sans ce goût, fans cette connoiflance, il ne fera jamais qu’un firn-pie Ouvrier, il naura rien au-defliis du Luthier. Je n’infifte tant fur ce point, qu afin quon fàififlè mieux la différence quil y a entre le Luthier & le Faéleur d’Orgues.
- L’Organifte par cette feule qualité diffère en tout point du Faéleur ; là fonction eft totalement diftinéle : ce n’eft pas lui qui donne à l’Orgue l’harmonie, que nous appelions ici inflrumentale ; elle eff indépendante de fon art. Il ne fait parler, il n’accorde, ni n’égalife jamais les Jeux : fà fonction confifte feulement à fe fervir des fons déjà faits, à les mettre en jeu, à les faire valoir félon les réglés de fon Art. C’efl à lui à les choifir, à les combiner en mille maniérés agréables. Plus il aura de génie & de talent, mieux il y réuflîra. Il ne peut tirer d’autre fon ou d’autre harmonie que celle que le Faéleur y a produite, & telle qu’il l’a difpofée. C’efl à lui à faire valoir celle qu’il y trouve. L’Orgue manque-t-il d’harmonie ? l’Organifte pourra déployer tout fon génie, étaler une fcience profonde, une connoiflance étendue des différents accords, faire admirer la légéreté de fa main, & la plus grande exécution ; mais il ne fera jamais rendre à fesTuyaux des fons harmonieux, fi le Faéleur ne les leur à donnés. Bien plus, il peut être très-expert & très-fàvant dans fon genre, fans connaître la bonne qualité de l’harmonie inflrumentale ; & s’il la connoît, ce n’eft pas Amplement comme Organifte, mais accidentellement, comme en ayant fait une étude particulière, diftinéle de celle de toucher l’Orgue. On ne doit donc pas préfumer que l’Organifte puifîè porter une décifion aufli infailliblement jufte, quoique connoiflànt accidentellement l’harmonie inflrumentale , fon égalité & fon accord, que le Faéleur, dont le jugement eft d’autant plus appréciable , qu’en le donnant, il ne fait qu’exercer la fcience effentiellement inhérente à fa profeflion. Son oreille d’ailleurs accoutumée, par une longue habitude] & une expérience journalière, au vrai caraélere de l’harmonie , auffi-bien qu’à la juftefle de l’accord & de l’égalité des fons, ne fàuroit s’y méprendre : au lieu que celle de l’Organifte, gâtée quelquefois par le fon des Orgues mal entretenues, mal accordées, ou de mauvaife harmonie , ne fauroit ni en faifir la précifîon, ni en connoître la bonté. Nous l’éprouvons principalement dans les Provinces, où les talents fupérieurs en ce genre font plus rares*
- Quelques grands Organiftes connoiffent l’harmonie inflrumentale ; mais ce n’eft pas comme Organiftes ; leur fcience ne leur donne aucun enfeignement à ce fujet. C’efl ainfi qu’on voit des connoiffeurs en peinture, qui ne font pas Peintres. Mais les Peintres, ayant fait une grande étude de leur art, feront toujours plus infailliblement connoiffeurs que les autres. La fcience du clair-obfcur, de' la perfpeélive, de la correétion du deffein, de la dégradation des couleurs, de leur harmonie, du vrai ton du coloris, &c, fera tout autrement connue du Peintre que de l’Amateur ; il en jugera bien plus fûrement. De-même le Faéleur s’étant formé le goût pour la bonne harmonie, fruit heureux
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- de fes recherches, de la théorie Sc d’une longue pratique également cultivées & foutenues , fera bien autrement connoifleur que tout autre. Une grande facilité , acquifo par des foins fi fouvent répétés pour la juftefle de l’accord Sc l’égalité des fons, lui en fera bien plus fûrement fentir le moindre défaut de précifion. v
- Il eft remarquable que chaque Faéleur fe forme un goût particulier félon la tournure de fon génie : l’un excellera pour une harmonie mâle, fiere, vi-goureufe, brillante ; l’autre aura pour fon goût dominant une harmonie plus douce , plus tendre, plus fine, plus veloutée. Aulïî un Faéleur qui entendra un Orgue, connoîtrafans peine au caraélere de ïharmonie, quel en efl:le Fae* teur. Il en fera comme d'un Peintre, ou d’un véritable connoifleur; il re-connoîtra le Peintre en voyant fon ouvrage ; car chacun à là maniéré. L’un a la correélion du deffein pour goût dominant, l’autre l'intelligence du clair-obfour ; celui-là a le ton plus vigoureux dans le coloris , &c. Un Organifte, en entendant toucher un Orgue, reconnoîtra quel efl l’Organifte qui le touche : il connoîtra fon goût, fon caraélere, fon génie , la main, &c. Il en jugera plus infailliblement que perfonne, aufli-bien que de fon habileté. Pourquoi cela X parce qu’il a fait une longue Sc profonde étude de cet Art, & qu’il en connoît toutes les réglés ; mais pour juger de la qualité de f harmonie de l’Orgue , de fon égalité, de fon accord, ce fera toujours le Faéleur qui en jugera le mieux; parce que, je le répété encore, il a fait de cette connoiflànce le principal objet de fon étude.
- Si l’on prétendoit former encore une difficulté for la partialité , dont on voudroic peut-être foupçonner un Faéleur vérificateur comme confrère , j’avoue ingénument que je ne croirois pas devoir y répondre. Je me contenterai de rapporter ici les faits foivants.
- Deux Orgues confidérables , que je ne nomme point par difcrétion , furent faites en différents temps par le même Faéleur. L’Ouvrage étant fini, on affem-ble 10 à 12 Organiftes pour l’examiner : cet examen fe fait avec beaucoup de pompe & de folemnité ; chaque Organifte tour-à-tour eflaie les Orgues, &c. On décide enfin unanimement & favorablement, Sc on les reçoit. Mais quelques années après on efl obligé de les refaire, tant elles étoient mauvaifes. Il en efl un troifieme encore, qui ayant été reçu dans le temps avec la même folemnité, a éprouvé le même fort. C’eft à quoi l’on efl expofé, quand on décide fur une matière dont on ne connoît point tous les reflorts Sc les dépendances. \
- Que ces exemples nous rendent donc plus làges & plus avifés, quand il fera queftion de faire un choix pour porter un jugement folide for l’Orgue : les méprifes en ce genre font d’une trop grande conféquence, comme on a pu s’en convaincre par tout ce que nous venons de dire. Nous croyons cependant qu’il peut-être utile que l’Organifte eflaie les Jeux, non pas comme juge, mais Orgues. III. Part. M m m m m m
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- afin que le Faéteur vérificateur puilîe entendre l’Orgue de loin, & difoerner fi les Jeux font proportionnés les uns aux autres , de maniéré à produire l’effet qu’on doit en attendre.
- Mais comme le Public eft fouvent, comme malgré lui, l’efclave des préjugés, & qu’il pourroit fe faire que nonobftant les folides raifons que je viens de déduire, on confiera encore aux Organiftes la vérification des Orgues, je vais leur donner quelques avis, afin qu’ils s’acquittent le moins mal qu’il fe pourra de cette importante fonélion.
- Détail de la vérification d’un Orgue.
- 1281. Le Vérificateur étant appellé pour examiner un Orgue, doit commencer par lire attentivement ie contenu du Devis & du Marché par écrit, convenu entre celui qui a fait faire l’Orgue, & le Faéleur qui fa confirait. Il examinera d’abord fi tout eft exécuté conformément au Devis : fi tous les Jeux énoncés font réellement pofes, s’ils font de la matière convenue : fi les Claviers font au nombre, & de l’étendue dont il eft fait mention ; fi celui des Pédales eft de l’étendue & de la maniéré convenue : fi le nombre des Soufflets & leur grandeur , fe trouvent conformes au Devis ; fi tous les bois font de la qualité & de l’épailîeur convenues, &c. Après avoir ainfi reconnu en gros fi tout l’Orgue eft conforme au Devis, il examinera fi toutes les parties de l’Inftrument font d’une bonne conftruéHon, s’il a l’harmonie, l’accord & l’égalité convenables ; ce qui fe fera dans le détail luivant.
- i°. Il entrera dans la Soufflerie , il fera fouffler en là préfence, & regardera fi les Soufflets jouent bien, s’ils ne baillent pas trop vite; s’ils font bien pofes & bien aftujettis ; s’ils ne font aucun mouvement irrégulier quand on les leve ; fi le vent en eft exaélement étanché , & s’ils font également chargés, pour qu’ils tombent également : s’ils ne crient point dans leur mouvement ; fi la peau eft proprement & folidement collée, & fi elle eft de bonne qualité ; fi les aînés font à double peau ; fi les Soufflets font bien bridés, c eft-à-dire , fi les plis font folidement attachés du côté des charnières ; fi les charnières font bien affermies ou tendues ; fi, lorfqu’on fouffle, elles ne lâchent point du tout, non plus que les plis ; c’eft ce qu’il examinera avec beaucoup d’attention. Il remarquera encore fi les Soufflets empruntent le vent les uns des autres ; ce qu’il reconnoîtra ainfi. i°. Si un Soufflet étant aéluellement élevé & fon voifin baffle, celui-ci fo leve un peu de lui-même. 20. Si le Soufflet élevé baille plus promptement quand on en éleve un autre : ces deux épreuves, ou une feule, feront voir que les Soupapes des gofiers ne font pas bien leur fonélion, & quelles ne bouchent pas exaélement quand il le faut. Il obforvera de plus fi quelque Soufflet ne fait pas le Tremblant-doux pendant le temps qu’il baille. Il examinera fi les tables des Soufflets ne font pas trop minces ; ce qu’il reconnoîtra fi elles flé-
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- chiflent, ou fi elles font une courbe quand le Soufflet fouffle. Il examinera fi les bafoules font allez fortes9 fi leurs tourillons font arrêtés bien folidement, aufïï-bien que les poupées fur lefquelles ils jouent ; fi le centre de mouvement eft bien placé , en forte que les Soufflets ne foient pas trop durs à lever : fi tous les ferrements font aflez forts : fi le grand treteau eft bien arrêté 9 Sc bien appuyé par-tout où il le faut ; s’il ne faitk aucun mouvement quand on fouffle ; s’il eft aflez fort : s’il ne fe fait jucun tiraillement préjudiciable & irrégulier9 quand on leve les Soufflets ; ce qpi feroit bientôt périr toute la machine. S’il y a des jumelles de conduite pour les bafcules 9 il examinera fi elles font bien faites 9 bien arrêtées 9 & fi elles font pofées de façon à ne point gêner le mouvement des bafcules. Il fera toucher tout le Plein-Jeu avec les Pédales9 Sc il examinera fi la Soufflerie eft fuffifimte 9 ce qu’il reconnoîtra en voyant fi les Soufflets baillent lentement ; car s’ils vont vite, ce fera une marque que la Soufflerie ne fera pas affez abondante.
- 2°. Il fera continuer de fouffler 9 Sc étant aux Claviers 9 il en baillera toutes les touches 9 en en touchant plufieurs enfemble, tous les Jeux étant fermés. Il verra par cette épreuve, fi tous les Regiftres ferment exactement tous les Jeux; ce qu’on appelle alors un Sommier bien étanche.
- 30. Il tirera Sc repou fiera chaque tirant en particulier, pour voir fi cette opération fo fait avec allez de facilité ; fi les reperes des Regiftres fe font bien fentir à la main ; car fi on ne les fent pas9 c’eft un défaut confidérable , qui eft caufo qu’un Organifte tire toujours , même avec violence , & repoufle de même 9 n’étant point averti par l’arrêt que le Jeu eft bien ouvert ou bien fermé. Il examinera fi les tirants ne fortent pas trop ; s’il ne fent point fléchir leurs machines quand il les met en mouvement : fi les tirants n’ont pas trop de jeu, c’eft-à-dire 9 s’il ne les tire ou repoufle pas un peu 9 fans qu’ils faflent mouvoir leur Regiftre refpeétif du Sommier : c’eft un défaut qui prouve que les mouvements font mal ajuftés ; que les pioches Sc les tourillons ou pivots ballottent dans leurs trous 9 ou qu’ils y font trop au large.
- 40. Il examinera les Claviers 9 & remarquera s’ils font de mefijre Sc bien di-vifés : fi les touches ne fe frottent point mutuellement 9 ayant trop de ballottement entre leurs guides 9 ce qui eft un grand défaut : fi elles peuvent tourner un peu fur leur plat 9 autre défaut confidérable ; fi elles font du bruit, faute d’être bien drapées en deflous : fi elles n’enfoncent pas trop , ou fi elles enfoncent aflez : fi les feintes font d’une hauteur convenable 9 de façon que lorf-qu’on en baifle une, le doigt ne rifque pas de toucher aux touches :fi tout le Clavier eft égalifé de force 9 en forte que les touches ne foient pas plus dures à bailler les unes que les autres : fi elles font bien vives Sc bien promptes à fe relever 9 fons qu’on fente aucun frottement ni tiraillement 9 ce qu’on appelle des touches coriaces. Les touches doivent être très-douces, ou très-faciles à baif-fer fans prefque fentir la réfiftance du vent. Il examinera dans un grand me-
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- lange comme celui du Plein-Jeu, fi les Tuyaux parlent, pour peu qu'on baille les touches ; car s'il falloit baiïïer une touche jufqu'à moitié avant que l'Orgue parlât, ce feroit un grand défaut, qui proviendroit de ce que les rouleaux d'Abrégé feroient trop foibles ou mal ajuftés. Il regardera les talons de communication d'un Clavier à l'autre , pour voir s'ils font bien ajuftés ; s'ils ne risquent point de s’accrocher enfemble, en cas d'inégalité de hauteur dans les touches : s'il n’y a point à craindre que quelque talon Supérieur fafte baifler deux touches à la fois dans le Clavier inférieur : s'il n’en manque aucun. Il verra s’il y a des touches qui refrappent ; c'eft un défaut auquel font fojettes les touches qui jouent par des bafcules, comme le Clavier du Pofitif.
- Il examinera encore fi les chaflis font bien faits, bien ajuftés ; fi leurs alfem-blages font Solides, s'ils ne peuvent faire aucun mouvement ni biaifer. Si les Claviers qui doivent être mobiles, font leur mouvement avec régularité Sc avec allez de facilité, & fi dans ce mouvement les demoifelles ou les tirages ne font gênés en aucune maniéré : fi les Claviers font aftez élevés les uns au-delfos des autres , pour qu'en baillant une touche, elle ne puifle toucher aucune feinte du Clavier inférieur ; mais auffi ils ne doivent être élevés que le moins poffible, pourvu que cet inconvénient n'ait pas lieu : fi , lorfque les Claviers font Séparés, quelque touche n'a pas la moindre communication avec l'inférieure correlpondante : fi toutes les touches fe répondent bien exactement dans tous les Claviers, les unes vis-à-vis des autres : fi le point de fulpenfion eft placé félon les réglés , comme on le comprendra mieux bientôt : fi les touches ne font point trop longues , & fi elles ont une épailfeur foffilànte ; fi elles font coupées bien quarrément & uniformément ; & fi enfin les Claviers en général ont le poli, la grâce, & la propreté qui leur conviennent.
- y°. Pour reconnoître s’il y a des emprunts aux Sommiers, il ouvrira un petit Jeu , comme par exemple, la Doublette ; & touchant lentement touche par touche , il écoutera s'il n'entend point parler deux Tuyaux enfemble, quoiqu'il ne baifle qu'une touche. Cette épreuve ne fuffit pas ; il faut encore faire des accords, principalement des tierces enfemble for toutes les touches de chaque Clavier : s'il entend que quelque tierce foit barbouillée, que les deux Tuyaux ne parlent pas nettement, il remarquera for quelles touches cette défec-tuofité fe fait entendre ; & ayant fermé la Doublette, il ouvrira par exemple, la Quarte, & ayant touché la même tierce , il écoutera fi elle barbouille encore : fi cela eft, il fermera la Quarte, & il ouvrira par exemple, le Nafard , ou lePreftant; il touchera la mêmé tierce. S'il entend la même chofe for ces Jeux & fur plufieurs autres, il peut s'alforer qu'il y a un vrai emprunt dans le Sommier : c’eft un fi grand défaut, que s'il eft fenfible au moindre mélange, un Orgue n'eft pas recevable : cela prouve toujours que le Sommier eft mai conf* truit. Mais s’il n'entend point fur plufieurs Jeux les deux Tuyaux qui parlent enfemble, ayant baille les mêmes touches, & que ce ne foit que for quelques
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- Jeux^fc en des endroits différents, ou ayant baiffé d'autres touches, Ce lie fera pas alors un emprunt , mais un échappement de vent , qui proviendra de ce qu’un Regiftre ne plaque pas bien contre la table du Sommier , ou Contre la chape. Si cet échappement de vent efl fenfibie au moindre mélange, c’eft un grand défaut; mais plus facile à corriger qu’un emprunt. Il faut né ce flaire ment y'faire remédier avant de recevoir l’Orgue*
- 6°. Il examinera s’il n’y a pas des altérations dans l’Orgue, il en efl: de deux efpeces ; l’altération des gravures du Sommier, & l’altération des porte-vents*
- • Voici la maniéré de les reconnoître. Il ouvrira , par exemple, le Preftant, Sù il baiffera une touche dans la première oétaye de la baffe. Après avoir bien écouté ce Tuyau, il y joindra le 8 pieds , & remarquera fi le Tuyau du Preftant s'affaiblit , ou s’il baille. Il y joindra les 16 pieds, enfuite le petit Bourdon , le Na-lard, la Quarte, & enfin la Tierce : fi le Preftant fe foutient toujours bien , Ce fera une marque qu’il n’y a point d’altération dans la gravure du Sommier. Il faut ôbferver que cette épreuvè ne doit fe faire que fur des mélanges ordinaires & réguliers ; car fi, par exemple, on ouvroit la Trompette, & qu'on y joignit les Jeux mentionnés d-defîus les uns après les autres, on s’appercevroit infaillN
- ' blement que le Ion de la Trompette s’affoibliroit, & que le Tuyau deviendroit tardif à parler; auffi on ne doit jamais faire un pareil miêlange. On peut faire cette épreuve également fur le Plein-Jeu. Pour lavoir fi les Soupapes ouvrent proportionnellement avec la profondeur des gravures, on ouvrira le Plein-Jeu entier; on baillera une des premières touches de la balle, & on écoutera un moment le fon de ce Plein-Jeu ; on tirera enfuite un peu avec les doigts la même vergette, pour faire bailler la Soupape d’une ou de deux lignes de plus. Si le Ion augmente alors fenfiblement, ce fera une marque que les Soupapes n’ouvrent pas affez à proportion de la profondeur des gravures.
- Pour reconnoître l’altération provenant des porte-vents, on fera le mélange entier du grand Jeu de Tierce ou du Plein-Jeu , le tout avec la même régularité qu’on le fait ordinairement : on mettra les Claviers enfemble ; on tiendra
- * un accord de 3 touches vers le haut de la quatrième oétave ; on écoutera bien cet accord : enfuite on touchera de moment à autre un femblable accord de 4 touches fur la première octave d’en bas. Si les deflus ne s’affoibliffent, ni ne baiffent point, & qu’ils demeurent toujours d’accord, il n’y aura point, d’altération ; ce fera une marque que les porte-vents font d’une groffeur convenable ; mais on connoîtra qu’il n’y a pas allez de vent, fi les Soufflets vont trop vite. Il n en eft pas de même fi le vent fe perd : les pertes de vent caufent d’autant plus d’affoibliffement dans le fon, quelles font plus confidérables 8c en plus grand nombre : elles peuvent occafionner des altérations.
- Il examinera fi la Pédale ne fait point altérer le Plein-Jeu, ou fi celui-ci 11e fait point altérer la Pédale ; ce qu’il reconnoîtra en tenant une touche de Pédale de Trompette 8c de Clairon , & frappant de moment à autre, avec les Orgues. III. Part. Nnnnnn
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- deux mains un grand accord fur le Plein-Jeu, les Claviers enfèmble. Si le fbn de la Pédale nebaifïe, ni ne s’affoiblit point , il n’y aura point d’altération. De même tenant tm grand accord furie Plein-Jeu, les Claviers enfèmble , il touchera la Pédale de moment à autre ; fi alors le Plein-Jeu ne baifTe ni ne s’affoi-blit point, il n’y aura point d’altération. Il remarquera encore fi le grand Orgue ne fait point altérer le Pofitif, ou fi celui-ci ne lait point altérer le grand Orgue. Il fera la même épreuve avec les Pédales de Flûte, fur-tout à l’égard du Pofitif, pourvoir fi elles ne caufent pas des houppements ou des fecouffes dans fon fbn ; ce cas arrive allez fouvent. Les différentes épreuves pour découvrir les al-. térations , ont lieu à l’égard des autres Sommiers ; mais lorfque l’Or gue eft confirait à vents féparés , il n efi pas fujet à la plupart de ces altérations.
- 70. Il ouvrira chaque Jeu en particulier ; il baillera les touches l’une après l’autre , pour voir fi tous les Tuyaux parlent bien ; s’il n’y en a point qui oc-ta vient, qui piollent, qui frifent, qui tardent : s’ils parlent chacun dans leur véritable harmonie & dans leur propre caraétere ; s’ils font bien égaiifés de force & d’harmonie , ou s’il n’y en a point de trop forts ou de trop faibles. Il examinera plus particuliérement les fonds & les Jeux d’Anche ; fi les re-prifes du Plein-Jeu, tant de la Fourniture que de la Cymbale , font bien faites ; fi tous leurs Tuyaux parlent bien, fi on n’y entend point quelques fifflements : fi tous les Jeux font chacun leur effet ; fi les deflus font proportionnés aux baffes, & fi l’harmonie efi bien fuivie, fur-tout aux Jeux d’Anche , qui doivent être traités avec beaucoup de foin, pour qu’ils aient une harmonie pleine, tranchante, fonore , éclatante; mais cependant douce, moëlleufè , tendre, & faifànt fentir leur fond par eux-mêmes, quoiqu’on les touche fans aucun fond. Il examinera fi le fond de l’Orgue fe fait fentir dans le Plein-Jeu, dans le Jeu de Tierce , dans les accompagnements ; fi les deflus ne font pas trop forts, juf-qu’à être criards, & auffi s’ils ne font pas trop foibles. Il verra fi les Jeux corn-pofés, comme les Cornets, les Fournitures & les Cymbales font bien égaiifés, & fi tous leurs Tuyaux parlent bien. Il examinera encore fi les Bourdons ou autres Jeux bouchés ne piollent point, s’ils ne nafàrdent point, fi les balles-parlent allez diftinélement & allez promptement, fi leur fond fe fait bien fentir : fi tous les Jeux de Pédale de Flûte font d’une force bien proportionnée, c’eft-à-dire, s’ils ne font pas trop foibles par rapport à leur fon 6t ion. Il faut connoître à fond l’harmonie pour bien juger de tout cela.
- 8°. Il examinera la partition fur le Preftant, & l’ayant reconnue bonne 5 ( fi elle l’eft effeétivement, ) il verra fi ce Jeu eft exactement d’accord. Il examinera de même chaque Jeu en particulier fur tous les Claviers, pour fàvoir s’il eft bien d’accord, en touchant les quatre oétaves enfemble fur toutes les touches : il fera tous les principaux mélanges ordinaires , pour voir s’iis font d’accord ; il confrontera l’accord du grand Orgue avec celui du Pofitif, celui des Pédales &c, pourvoir fi tout eft également bien d’accord, tant féparémenc
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- que dans les mélanges* Enfin il* efîayerâ ou fera èfîayer l'Orgue par quelques pièces de différents goûts, pour éprouver fi tout parle promptement, fi aucune touché ne s’arrête, fi le vent fournit bien, &c.
- 90* Après que le Vérificateur aura ainfi êxamlné tout ce dont nous venons de faire mention, étant toujours à l’extérieur de l’Orgue, il entrera dans le bas du grand Orgue, pour en voir tout le méchanifme, qu’il aura déjà fait jouer par toutes les opérations précédentes. 11 examinera le grand Abrégé , pour voir s’il eft pofé folidement * fi tous les à-plombs font obfervés ; fi les rouleaux font de bon bois 8c de la grofîeur convenable, s’ils ne font pas trop près les uns des autres , s’ils font bien droits ; fi les pivots ( qui doivent être en fil de laiton) &les tourillons tiennent bien ; fi les fers d’Abrégé font effectivement en fer & non en bois , comme on en voit quelquefois ; fi les vefgettes font bien droites & fi bien arrangées, qu’il n’y ait aucun frottement, ni rifque d’accro-chement mutuel entre leurs garnitures de fil de laiton : ces âccrochements peuvent avoir lieu le plus fou vent à l’égard de celles qui tiennent immédiatement les demoifelles.
- Il vifitera de même tous les autres Abrégés* St celui des Pédales eft confirait en rouleaux , il examinera s’ils font de la grofîeur convenable , pour qu’ils ne tordent point : s’il eft en vergettes, il verra fi elles font bien droites & bien afîujetties par des échelles fuffifàntes. Il examinera fi le Clavier de Pédale eft *bien confirait; s’il éft folidement pofé ; fi les refforts font égalîfés de force, fi les touches fo relèvent promptement, fi elles ne font pas de bruit: fi tout leur mouvement eft tranftnis en entier jufqu’aux Soupapes, s’il ne s’en perd point une partie en chemin, foit par le tortillement des rouleaux, s’il y en a, foit par le redrefïèment des vergettes , ou par le ballottement des pivots*
- Il vifitera l’Abrégé , les pilotes & les bafcules du Pofitif, pour voir fi le tout eft bien difpofé, en forte que rien ne s’embarraffe, ni ne fe frotte mutuelle-» ment, & fi l’entretien en eft facile : fi les rouleaux font d’une grofîeur convenable , n’étant ni trop foibles ni trop forts : fi lès pilotes font bien droits ; fi les bafcules font bien libres & bien droites, fi elles ne font pas trop fortes ni trop foibles : fi le plancher qui couvre toute Cette méchanique , eft folidement ap-puyé par un nombre fuffifimt de fupports, en forte qu’il foit inflexible ; & fi ces fuppbrts tiennent bien & ne peuvent toucher ni embarraffer aucune piece.
- lo°. Il examinera fi les grands pilotes tournants * & tous lès autres mouvements font d’une groffeur proportionnée, & de bon bois : fi leuts fopports font folidement arrêtés & foutenus ; s’il y a des tournants de fer, il vifitera avec attention leurs affemblages, pour voir s’ils font affez forts, c’eft-à-dire , fi leurs tenons font allez gros, & s’ils font bien rivés. Il verra fi toiis lés pivots en général des tournants, & les pioches font juftes dans leurs trous fans ballotter, en forte pourtant, que ceux qui doivent être libres le foient effeéHvement : s’il y a des pièces qui jouent de travers & contre le réglés ; s’il y â des machines,
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- qui par leur propre poids , tendent à faire fermeî ou ouvrir quelque Jeu, lorfque dans la fuite elles deviennent plus faciles à jouer : fi toutes les machines font bien entendues, bien difpofées & dirigées félon 1 es principes de la méchanique, & d’un entretien facile. Il examinera fi les grands & longs bâtons quarrés des Rcgiftres des Pédales font bien afîujettis, en forte qu’ils puiffont jouer fans fléchir, &c.
- Il examinera fî tous les Sommiers font bien arrêtés, & foutenus à proportion de leur grandeur & de leur charge ; s’il n’apperçoit aucun trou au-deffous des Sommiers ; car s’il y en avoit, ce foroit une marque que les Sommiers feroient mal conftruits. Il fera fbuffler, & il écoutera attentivement s’il n’y a aucune perte de vent en quelqu’endroit.
- Il vifitera les Layes des Sommiers, pour voir fi leurs portes ou tampons font bien juftes, & cependant allez faciles à ouvrir : fi leurs ferrures font commodes & bien entendues ; fi les bourfettes font bien faites, bien fouples, allez amples, point tendues, & proprement exécutées : fi les oiîers & leurs chaperons font bien faits , bien collés, libres dans leurs trous, & s’ils correfpondent exaéte-ment à l’a plomb des Soupapes ; Il celles-ci ont leurs véritables proportions, & fi elles ont la forme convenable : fi elles font garnies proprement & d’une double peau à leur queue : fi les barres fur lefquelies elles battent, font garnies d’un parchemin bien collé & raboté ; fî les effos font bien ajuftées : fi les refforts font pofés de façon qu’ils tiennent bien, 8c qu’ils ne gênent point le mouvement de la Soupape ; fi celles-ci ne frottent point contre leurs guides ; fi le chevalet contient & afliijettit bien les refforts, en forte qu’ils ne puiffont fe toucher les uns les autres. Il verra s’il n’y en a aucun qui touche quelque bour-fette, qui fe tienne de travers, ou qui faffe biaifer quelque Soupape. Il fera baiffer les touches qui répondent aux doubles Soupapes, pour voir fi elles ouvrent & ferment bien enfemble, en forte que l’une ne commence pas à ouvrir plutôt que l’autre. Il tâtonnera légèrement avec le doigt les deux effes, pour voir fi elles font également tendues, ce qui doit être ainfi. Il verra fi les Layes font exactement doublées en parchemin.
- Il examinera fi la profondeur des gravures efl proportionnée, non-foulement au nombre & à la qualité des Jeux qui font pofés for le Sommier, mais encore fi elle l’efl à la longueur & à l’ouverture des Soupapes. Il examinera fi les Sommiers en général font bien divifés, & s’ils font d’une bonne conftruction ; fi les bois en font d’une bonne qualité ; il les affemblages en font juftes & bien faits. Il regardera fi les enfourchements font folidement liés ; fi les faux-Som-miers font de bon bois, d’une épaiiTeur convenable, bien arrêtés & foutenus par un nombre foffifànt de pieds ou autres fopports.
- ii°. Il examinera fi les Jeux font difpofés & arrangés comme il faut, & dans l’ordre convenable, en forte que les Jeux unifions ne foient pas pofés immédiatement les uns auprès des autres ; car pour qu’ils puiffont produire tout
- leur
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- Détail de la vérification de VOrgue. S°9
- leur effet, ils doivent être féparés. Il verra fi les Tuyaux font bien pôles , s’ils font à-plomb , s’ils ne ballottent point dans leurs faux-Sommiers : fi les Tuyaux qui font longs font bien appuyés , particuliérement les bafies des Jeux d’Anche coniques , à quoi il fera une attention particulière. Il examinera fi les Tuyaux font bien étoffes , & s’ils font de la matière convenue ; s’ils font bien arrondis, bien foudés & accordés proprement ; s’ils font de la taille convenable & bien diapafonnés. Il examinera la Montre en particulier, pour voir fi tous les Tuyaux tiennent bien dans leur place ; fi les plus grands font bien arrêtés, & pofés bien à-plomb en tout fons : s’il n’y en a point qui fe touchent ou qui ballottent en leur place. Il verra encore s’ils font bien travaillés , en forte qu’on n y voie point d’ondes ; s’ils font bien arrondis , bien polis & bien foudés. Il examinera les porte-vents , tant de la Montre que des Tuyaux poftés , pour voir s’ils font d’une grolfeur convenable , s’ils Yont foutenus & appuyés aux endroits où il le faut.
- Il vifitera tous les Tuyaux de bois , pour voir s’ils font bien faits, bien aflcm-blés & d’une bonne qualité de bois ; s’ils font pofés folidement en leur place , bien foutenus & bien arrangés ; s’ils font de la taille requife & propre à la fonction qu’ils doivent faire.
- 1282. Le Vérificateur ayant ainfi examiné tout l’Orgue dans le détail, fera remarquer au Faéteur qui l’a confirait, tout ce qu’il y aura trouvé de défectueux , ( fiippofé qu’il y en trouve, ) & y fera remédier tout de fuite. Il y a un grand nombre de défauts qu’on peut corriger en fort peu de temps ; comme fi, par exemple , il y a des touches qui s’arrêtent, qui foient trop dures , inégales de force & de hauteur ; s’il fe trouve des pertes de vent ; s’il y a des Tuy aux qui aient befoin d’être attachés ou appuyés ; s’il y a des cornements ; s’il y a des Tuyaux tardifs à parler, trop forts ou trop foibles, qui frifent, qui piollent, qui doublent, ou qui ne foient pas d’accord; & bien d’autres défec-tuofités auxquelles on peut remédier facilement. Il n’en eft pas de même des altérations, des emprunts , des échappements de vent aux Sommiers , des Tuyaux mal étoffes , mal diapafonnés , trop égueulés : il peut y avoir dans les Jeux d’Anche des Tuyaux trop courts, ce qui fo connoît à leur mauvaifo har-monie. Ce font là autant de défauts eflentiels qui fe corrigent plus difficilement, & qui doivent toujours empêcher de recevoir un Orgue, tant qu’ils fobfiftent. Il convient dans tous ces cas de différer cette réception, julqu’à ce que le tout foit remis en bon état. Si le Faéleur veut tout raccommoder, & qu’on connoiflè qu’il eft en état de le faire, il faut lui en donner le temps ; après lequel le Vérificateur examinera de nouveau fi tous les défauts font corrigés.
- 1283. Si le Faéleur refufe de corriger ce qu’on lui aura fait connoître en avoir befoin, même ce qu’il y a de plus facile & de la moindre conféquence, le Vérificateur dreffera un Procès-verbal, où après avoir fait mention de la ma-
- QblGUES. ///. Part. O o o o o o
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- po FACTEUR D’ORGUES, 111 Partie, Chap. Il
- niere dont il aura agi dans cette vérification, il décrira dans le détail en quoi confident tous les défauts qu’il aura trouvés dans l’Orgue , & conclura à le déclarer non recevable. Alors ce fera à ceux qui ont fait faire l’Orgue, à obliger le Facteur à le mettre en état d’être reçu, ou à y faire travailler par un autre , fi fon incapacité efl fùffifàmment prouvée.
- 1284. L’Orgue n’efl: pas recevable, fi le Devis n’a pas été exactement obfervé Sc exécuté félon fa forme & teneur, à moins que le Facteur n’eut mieux fait que l’énoncé du Devis, ce qui doit être bien prouvé ; ou bien qu’il n’y eut eu des conventions ultérieures ; ce dont le Vérificateur doit être inftruit. L’Orgue n’efl pas encore recevable, fi tous les matériaux, foit bois, étain, plomb, fer, peaux , parchemin Scc, n’ont pas la qualité requife par le Devis, & ne font pas employés ou diftribués félon fa teneur ; à moins que le Devis n’eut été mal entendu , comme on vient de le dire ; mais il efl toujours eflentiel qu’un Vérificateur foit entendu , Sc bon connoiffeur en harmonie ; qu’il pofféde parfaitement Sc à fond l’Inftrument, pour ne pas faire de mauvaifes difficultés, Sc faire gâter ce qui efl bon, au lieu de faire perfectionner ce qui efl imparfait. Cet inconvénient arrive moins rarement qu’on ne penfe : on en voit des exemples.
- 1285. Suppofé que le Vérificateur ait trouvé l’Orgue fins défauts, ou qu’y en ayant trouvé il les ait fait corriger, il doit dreflèr un Procès-verbal de l’état ou fera actuellement l’Orgue , comment il aura procédé à fa vérification , Sc il conclura à déclarer l’Orgue recevable. Voici à-peu-près la forme d’un pareil Procès-verbal, auquel on pourra fe conformer en tout ou en partie , félon les
- • circonflances.
- Modèle du Procès-verbal, que doit faire un Vérificateur après la vérification d'un Orgue.
- 1286. Nous N. N. fouflîgnés Facteur ou Organifte de l’Eglife de N. à la requifition de Meilleurs les Chanoines du Chapitre de l’Eglife de N. N. d’une part ; &*du Sieur N. N. Maître Facteur d’Orgues de la Ville de N. d’autre : en vertu de la Commiflîon exprelîe, & du pouvoir par eux à nous refpectivement donnés, pour faire la vérification de l’Orgue confirait dans le fond de ladite Eglife, par ledit Sieur N. N. Maître Facteur d’Orgues, aurions procédé à ladite vérification , ainfi que s’enfuit.
- Nous aurions commencé par la vifite de la Soufflerie, où nous étant rendus i ayant fait fbuffler & fait toutes les épreuves néceflàires , aurions trouvé les Soufflets au nombre, de la grandeur, de la qualité de bois, Sc conformes en tout au Devis dont nous aurions déjà fait lecture ; lefdits Soufflets jouant bien, fans aucun défaut, bien pofés, folides dans leur conftruction, Sc fans aucune perte de vent : leurs bafcules avec leur chevalet bien conditionnés ; le tout bien entendu Sc de la qualité de matériaux convenue,
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- Procès-verbal pour la vérification d9un Orgue. $rr
- Nous aurions vifité les Claviers , que nous aurions trouvé au nombre, de Té-tendue & de la qualité de bois convenue : du refie confiants proprement & folidement félon les réglés de TArt, jouant avec la douceur 8c la vivacité requifes.
- Nous aurions examiné les tirants, que nous aurions trouvé faciles à tirer & repoufîer, fans y fontir aucune défeéluofité : du refie bien difpofés 8c conflruits félon Ténoncé du Devis.
- Nous aurions fait louffler ; & tous les Jeux étant fermés, nous aurions mis les mains for les Claviers, & n ayant rien entendu , nous aurions jugé les Sommiers bien étanches, ou les Regiflres fermant bien tous les Jeux. Nous aurions enfuite fait toutes les diverfes épreuves néceiîàires , nous n’aurions trouvé dans ledit Sommier ni cornements, ni emprunts , ni échappements de vent, ni aucune efpece d’altération dans tout l’Orgue.
- Nous aurions ouvert chaque Jeu l’un après l’autre, que nous aurions examiné Tuyau par Tuyau; lefquels nous aurions trouvé tous bien parler, chacun dans Ion propre caraélere, fa véritable harmonie, & bien égalifés.
- Nous aurions vérifié l’accord; & après avoir particuliérement examiné la Partition for le Preflant, l’aurions trouvée jufle, régulière, 8c tout ledit Jeu parfaitement d’accord ; nous aurions de même examiné l’accord de tous les autres Jeux, nous les aurions trouvé d’accord chacun en particulier, 8c dans leurs différents mélanges.
- Nous ferions entrés dans l’intérieur de l’Orgue où font toutes les machines, où nous aurions remarqué tous les mouvemens, lavoir les pilotes tournants, les Abrégés, les vergettes , les rouleaux, les enfourchements, les tirants , les balanciers , les bafcules, les fopports avec tous les ferrements, 8cc, nous aurions trouvé le tout de grolleur convenable, bien raifonné, folidement construit , bien arrêté, dans une difpofition commode 8c facile à entretenir ; conflruit d’ailleurs avec la qualité de matériaux convenue dans le Devis.
- Nous ferions montés au haut de l’Orgue où font les Tuyaux. Après les avoir bien examinés, nous les aurions trouvé bien étoffés, bien diapafonnés & chacun de la matière convenue dans le Devis. Nous aurions aufîî trouvé què tous les Jeux énoncés dans le Devis, étoient réellement pofés, 8c jouant à leur place refpeélive, & de f étendue convenue. Nous aurions remarqué tous lef-dits Jeux bien pofés, bien aflujettis & bien difpofés : les Tuyaux de la Montre bien à-plomb, pofés à égale diftance entre eux, & les grands Tuyaux bien aflujettis, auffi-bien que ceux des autres Jeux. Nous aurions trouvé les Tuyaux de bois, les Sommiers,, les faux-Sommiers, & toutes les autres pièces qui font en bois, de la qualité énoncée dans le Devis.
- Nous aurions examiné l’intérieur des Layes de tous les Sommiers, auffi-bien que leurs fermetures. Nous y aurions remarqué les bourfettes bien faites, les
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- jr* FACTEUR D'ORGUES, J/2. Partie, Cfcap. //.
- Soupapes dans leurs juftes proportions, les reflorts bien difpofés ; le tout proprement & folidement conftruit félon les réglés de l’Art.
- Nous aurions de même examiné l'intérieur du Pofitif, où nous aurions remarqué les Tuyaux. Nous les aurions trouvés bien difpofés , bien pofés, bien diapafonnés & étoffés ; conftruits d’ailleurs aux termes du Devis, comme auffî ceux de l’Echo, que nous aurions vifité de même.
- Nous aurions examiné le Sommier dudit Pofitif avec tous fès mouvements, qui fervent à en gouverner les différentes parties. Nous aurions trouvé le tout bien entendu, folide & bien difpofé avec tous les matériaux énoncés dans le Devis.
- Nous aurions enfin examiné les. deux Buffets de l’Orgue dans toutes leurs parties, foit en dedans foit en-dehors , avec toutes les portes & les ferrements de toute efpece ; nous aurions trouvé toutes les dimenfions conformes à la teneur du Devis, & au deffein figné par les fiifdites parties. Nous aurions auflt trouvé le tout bien affemblé, bien affujetti & conftruit avec les matériaux de la qualité convenue.
- Ayant ainfi procédé dans la fufdite vérification félon Dieu & notre confcien-ce ; ayant trouvé tout l’Orgue bien conftruit & folide dans toutes fes parties ; conforme en tout à la teneur du Devis ; le tout duement exécuté, nous aurions déclaré que le fufdit Orgue eft recevable. En foi de quoi nous aurions dreffé le prélent Procès-verbal pour fervir, & valoir en temps & lieu ce que de raifbn, lequel nous aurions figné ; à N. le .... du mois de N. de l’année....
- N. N. Faéleur, ou Organifte.
- 1287. Si l’Orgue ne fe trouve pas recevable, foit parce que le Faéteur aura refufé d’en corriger les défauts, quoique peu confidérables, foit parce qu’il fe trouvera hors d’état de le faire par fon incapacité, le Vérificateur dreflera un Procès-verbal dans la même forme à-peu-près que le précédent ; mais au lieu d’inférer dans chaque article qu’il aura trouvé tout bien, il y marquera, chacun dans fon ordre, tous les défauts qu’il aura trouvés , auflî-bien que tous les manquements à la teneur du Devis, faifànt remarquer & prouvant que ce font de vrais défauts. Il ne laiflèra pas de faire connoître dans fon rapport tout ce qu’il aura trouvé de bon. Voici un exemple de la maniéré dont on peut s’expliquer.
- ia88. Nous aurions commencé par la vifite de la Soufflerie, où nous étant rendus , nous aurions trouvé les Soufflets au nombre & de la qualité de bois, mais non de la grandeur convenue dans le Devis, qui marque que les Soufflets auront 8 pieds de longueur fur 4 pieds de largeur. Cependant ceux-ci n’ont que 7 pieds de longueur fur 3 pieds 6 pouces de largeur; cela porte un vrai préjudice à l’Orgue, attendu que toute la grandeur des Soufflets, telle qu’elle eft énoncée dans le Devis, y étoit fort néceflàire pour fournir du vent fuffifàm-
- ment.
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- Procès verbal pour faire la vérification (Tun Orgue. S1 B
- frient. Du refte nous aurions trouvé lefüits Soufflets jouant bien, fans aucun défaut, bien faits , bien pofés 8c folides.
- Nous aurions ouvert chaque Jeu l’un après l’autre, nous les aurions exa-miné Tuyau par Tuyau. Nous en aurions trouvé le plus grand nombre parlant bien, chacun dans là véritable harmonie , excepté ceux que nous allons
- Le premier D la re de la Montre de 16 pieds parle à l’oétave ; le premier Efi mi efi fi foible, qu’on a peine à l’entendre ; le fécond G re fohtL piolle très-fenfiblement dans le mélange de plufieurs autres Jeux*
- Le premier C fol ut du Bourdon de 16 pieds ne parle prefque point : le fécond F ut fa oélavie : le fécond B fa fl? piolle très-fénfiblement dans le mélange : le troifieme B fa jîeft fort tardif ; le quatrième D la re efi trop fort, 8c le quatrième F ut fa trop foible.
- Le premier G rç foin de la Trompette, double; le premier B fa fi tarde à parler ; le troifieme F ut fin efi fort foible : le troifieme A mi la efi court, 8c a par conféquent une harmonie feche, maigre & criarde.
- Le premier G re fol du Cromorne, double ; le premier B fa fl? efi court, aufii-bien que le fécond C fol ut; le cinquième C fol ut tarde à parler, 8c efi: fort foible.
- Le premier E fi mi de la Pédale de Trompette râle; le fécond B fa fi double & râle : le troifieme D la re efi lourd.
- Nous aurions vérifié l’accord , 8c après avoir particuliérement examiné la partition fur le Preftant, nous l’aurions trouvée fauflé , en ce que la quinte du G re foin à E fi ml? fe trouve jufte ; ce qui ne peut fe faire fans que toute la di-vifion de l’Oélave fé trouve fauflé. Comme c’eft un défaut efléntiel, nous n’aurions pas pafle outre dans la vérification de l’accord ; ladite partition ayant befoin d’être refaite, il efi abfolument néceflàire de raccorder tout l’Orgue. Cette opération doit entraîner néceflairement celle de remettre tous les Jeux d’Anche en harmonie.
- Nous ferions montés au haut de l’Orgue où font les Tuyaux, & après les avoir bien examinés , nous les aurions trouvés bien faits, bien diapafonnés, & de la matière convenue dans le Devis, excepté la Trompette 8c le Clairon, qui fe trouvent en étain commun, tandis qu’ils dévoient être faits en étain fin, félon la teneur du Devis ; de-là vient que le fon n’en efi pas auffi harmonieux ni fi brillant, que fi ces Jeux euflènt été en étain fin. Du refie nous aurions trouvé que tous les Jeux mentionnés dans le Devis étoient réellement pofés, 8c jouant fur leur place , 8c de l’étendue convenue , 8cc.
- Ayant ainfi procédé dans la fufdite vérification, félon Dieu & notre conféien-ce, ayant trouvé tous les défauts mentionnés ci-defliis, que le Sieur N. N. Maître Faèteur d’Orgues auroit refufé de corriger , quoique tout le refte de l’Orgue joue parfaitement bien, à l’accord près, nous aurions déclaré que Orgues* IIL Part. -^PPPPP
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- 5i4 FACTEUR D’ORGUES, III. Partie, Chap. III.
- le fofdit Orgue ne doit pas être reçu jufqu’ à ce que lefdits défauts foient corrigés , & qu’on ait réparé les inexécutions de la teneur du Devis. En foi de quoi, &c.
- **«*!*»
- CHAPITRE TROISIEME.
- Avis à V Organise pour P entretien SC la confervation
- de VOrgue.
- i.
- 128p.L'Organiste doit être averti que l’accord, & même l’harmonie de TOrgue font extrêmement dépendants de l’exaét étanchement du vent dans la Soufflerie, aux grands porte-vents & aux fermetures des Layes des Sommiers. Les pertes de vent caufent bien fouvent des altérations fonfibles : il eft donc eflentîel d’entretenir toujours tout ce qui tient le vent renfermé ; c’eft pourquoi l’Organifle vifitera de temps-en-temps la Soufflerie , les grands porte-vents & les fermetures des Layes des Sommiers. S’il y trouve des pertes de vent, il les fermera, en collant de la peau blanche for les ouvertures. Comme tous les Organises n’ont pas vu travailler à la faélure, & qu’il peut y en avoir quelques-uns qui ne favent pas coller la peau comme il faut, je crois qu’il ne fora pas hors de propos de leur faire entendre comment on la colle proprement Sc folidement.
- On aura de la colle-forte dont fo forvent les Menuifiers : la plus claire & la plus tranfparente eft toujours la meilleure. On la fondra comme le font les Menuifiers pour coller le bois l’un contre l’autre. On coupera une piece de peau .d’une grandeur & d’une forme convenables pour couvrir l’ouverture par où le vent fo perd. On la chanfreinera tout-à-l’entour, c’eft-à-dire, qu’avec un couteau qui coupe très-bien, ou un rafoir, on amincira les bords du côté velu, les rendant très-minces, & comme tranchants à toutes les extrémités ; ce qui fo fait facilement, en mettant la piece de peau for un bois dur & uni , ou for du marbre. On barbouillera de colle toute chaude, la piece de peau du côté velu , avec un pinceau, & on l’appliquera bien étendue for l’endroit deftiné. On prendra un linge ou forviette pliée en quatre , qu’on trempera dans l’eau bien chaude : on la retirera & on la tordra promptement, on l’étendra bien
- i
- chaudement for la piece de peau, preiîânt fortement avec les mains dans tous les fons convenables. Un moment après, on retirera ce linge ; Sc fi la piece de peau n’eft pas encore parfaitement bien appliquée, on achèvera de la bien étendre, partie avec les doigts mouillés avec l’eau chaude, Sc partie avec un couteau de bois, s’il eft nécefîàire ; ce qui étant fini, on efluiera tout l’endroit avec le même linge humide ; frottant bien légèrement, pour en ôter l’eau , la colle foperflue, & les taches qu’il pourroit y avoir.
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- Avis à VOrganise pour Ventretien de VOrgue* jfï|
- S’ileft néceflaire de coller une piece de peau, le côté velu en deflùs , on raclera le côté lifle avec un couteau ou un cifoau de Menuifier : on mettra la colle fur ce même côté raclé , & on appliquera proprement la peau fur l’en-droit deftiné, qui eft ordinairement quelque Soupape ou quelque fermeture de Sommier, &c , & au lieu d’un linge trempé dans l’eau chaude , on fe fervira d’un fer à repafter le linge, qui fera un peu moins chaud que pour cet ufà-ge : on mettra un papier fur la peau , & on pafïera le fer par-deffos.
- i.
- Quoique ce ne foit plus l’ufàge de mettre des volets aux Orgues, pour en couvrir la Montre, on en trouve encore quelques-unes où il y en a. On lait par l’expérience qu’ils portent un grand préjudice à l’Orgue par l’ébranlement qu’ils caufont : on fera donc bien de les laifler toujours ouverts, Sc de ne les remuer jamais ; les rideaux non plus n’y font pas utiles : s’il y en a, on fera mieux de ne les tirer jamais pour les fermer.
- 3*
- Il ne faut jamais augmenter ni diminuer le poids ou la charge qui eft for les Soufflets : le moindre changement à cet égard cauferoit une détérioration dans toute l’harmonie & l’accord de l’Orgue. Les Tuyaux ayant été ajuftés fur le degré de force de vent, déterminée au commencement par le Faéleur, au moyen des poids des Soufflets, ne pourraient que mal parler. S’il arrivoit qu’une bat cule vint à fe rompre , il faudrait en faire une autre, qui fût fort approchante du même poids que l’ancienne, afin qu’il n’arrive aucun changement au dégré de force du vent.
- 4.
- L’Organifte tiendra toujours les Claviers bien couverts, foit par un rideau, foit par des portes, pour les conforver propres , & il doit avoir grand foin de les entretenir en bon état. Il n’attendra pas qu’ils ne puifîènt plus jouer, mais à mefore qu’il y furviendra quelque défaut il y remédiera.
- Si une touche s’arrête , cela peut venir de plufieurs caufos : i°. Si la touche eft trop jufte entre fes guides: 2,0. fi quelque vergette s’accroche quelque part, en haut ou en bas, par là garniture de fil de fer ou de laiton : 3°. fi un rouleau d’Abrégé eft trop jufte dans là longueur, ou s’il frotte contre un autre rouleau pour s’être déjetté , ou fi les pivots du rouleau font trop juftes dans leurs trous : 40. fi une vergette frotte avec un peu de force contre quelque fer d’Abrégé , ou contre une autre vergette : 5°. fi un refiort eft déplacé ou caffé, ou qu’il gêne le jeu de la Soupape : 6°. fi une Soupape eft trop jufte entre fes guides. Il peut arriver quelques autres caufes de l’arrêt des touches d’un Clavier, auxquelles il eft plus difficile de remédier ; je ne ferai mention ici que de ce qu’un Organifte peut faire facilement dans les fix cas ci-deflus.
- i°. Si une touche eft trop jufte entre fes guides, on en écartera un, ou tous les deux, félon le befoin, jufqu’à ce que la touche foit libre.
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- p6 FACTEUR D'ORGUES, 111. Partie, Chap. ÏII.
- 2°. Si une vergetre s’accroche par fa garniture, il n’y a qu’à ployer fun peu de côté le repli de cette garniture, afin qu’aucun accrochement n’ait lieu.
- 3°. Si un rouleau d’Abrégé eft trop jufte dans là longueur , on arrachera un de fes pivots, on ôtera le rouleau de la place 8c fes vergettes, on le raccourcira un peu avec une lime & on le remettra en place : on aura foin d’enfoncer le pivot bien droit avec un petit marteau. Si le rouleau eft déjetté , on l’ôtera également de là place, & on en changera le centre vers le côté convenable, pour qu’il ne touche plus contre fon voifin. Pour changer le centre du rouleau, on y fera par le bout un autre trou allez profond & bien droit, plus haut ou plus bas que l’ancien, félon le befoin. Si les pivots fe trouvent trop juftes dans les trous des tourillons, on y palfera une pointe d’acier quarrée, en la failànt tourner, pour agrandir un peu le trou.
- 4°. Si une vergette frotte contre un fer d’Abrégé, on ploiera un peu le fer d*Abrégé où elle eft folpendue, ou celui contre lequel la vergette frotte ; ou fi le frottement fe fait contre une autre vergette, on chalfera également à côté l’un ou l’autre fer d’Abrégé.
- 5°. Si un relïbrt eft déplacé, on le remettra en place ; prenant garde qu’il ne touche la Soupape que de là pointe, qu’il la tienne fermée bien droit, & bien au milieu de fos guides làns y frotter, Si le relïbrt eft cafte, on en fera un autre.
- 6°. Si une Soupape eft trop jufte entre fes guides, on les écartera un peu.
- y*
- Le méchanifme d’un Politif dans un corps féparé à l’ordinaire étant différent de celui du grand Orgue, peut auffi caufer des arrêts aux touches de fon Clavier en différentes maniérés, qu’il eft bon de faire connoître : r°. fi le Pilote n’eft pas bien libre dans le trou de fon guide, au-deflous du Clavier : 2°. fi une bafcule frotte contre fa voifine, pour s’être envoilée oudéjettée : 30. fi une pointe du chevalet eft trop inclinée à contre fens : 4°. fi une bafcule eft trop jufte 8c gênée entre les guides du râteau.
- i°. Si le pilote n’eft pas bien libre dans fon trou, foit qu’il foit trop gros , ou qu’il y ait quelque afpérité qui l’empêche de bien jouer, il faudra ou le diminuer tant foit peu, ou en ôter les alpérités ; ce qui fe fera facilement avec un couteau ou une lime, qu’on conduira fuivant lefîldubois, & non en travers.
- 20. Si une bafcule frotte contre là voifine , ou pourra y remédier , foit erï changeant de place la pointe di^chevalet, foit en ployant un peu du côté op-pofé quelque pointe du râteau, foit en diminuant un peu la bafcule à l’endroit de fon frottement. Si malgré tout cela elle frotte toujours, on en fera une autre bien femblable à l’ancienne.
- 30. Si la pointe du Chevalet fe trouve inclinée mal-à-propos, 8c que cela gêne le mouvement de la bafcule, on la ploiera un peu dans un fens contraire.
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- Âvis à VOrganiJle pour Ventretien de tOrgue*
- 40. Si la bafcule eft trop jufte entre les pointes ou guides du râteau, on les écartera un peu, ou l’on diminuera l’épaifleur de la tête de la bafcule.
- 6.
- Il aura foin d’entretenir toujours les touches des Claviers dans leur jufte élévation, afin quelles n’enfoncent pas trop ; mais aufli quelles enfoncent aflfez» Cette opération d’égalifer les touches eft facile à faire , au moyen d’une pin-cette. Il eft bon de remarquer qu’un, Orgue ne parle jamais bien , quand les touches n’enfoncent pas allez; & il parlera toujours bien, quoiqu’elles enfoncent trop. Il y a des Orgues qui demandent que les Claviers enfoncent beaucoup , fans quoi elles vont néceflàirement mal : il en eft d’autres qui peuvent bien parler, fans que les Claviers enfoncent tant. On aura toujours l’attention de ne pas élever les touches jufqu’à toucher la traverfe d’appui du Clavier fii-périeur; ce qui pourroit tenir quelque Soupape entrouverte.
- 7-
- S’il fùrvient quelque cornement, ce fera toujours une preuve qü’il y a quelque Soupape entrouverte ; ce qui arrive i°. quand il y a quelquordure à la Soupape : 20. quand un reftbrt eft trop foible : 30. quand une bourfette s’eft rétrécie , & quelle tiraille la Soupape.
- i°. S’il y a quelqu’ordure à une Soupape, qui l’empêche de fermer exactement , on l’ôtera en ouvrant un peu la Soupape d’une main, & faifant tomber de l’autre cette ordure , au moyen d’une plume ou d’un morceau de (vergette bien amincie par le bout. On obfervera de ne pas trop ouvrir la Soupape & de la bien ménager, pour ne pas rifquer de l’éreinter.
- 2°. Si le reflort eft trop foible, on l’ôtera & on le rebandera. On aura l’attention en remettant le reflort, de le pofer de façon qu’il ne touche la Soupape que par fa pointe, & qu’il la pouflb bien droit, afin qu’elle ferme exaéle-ment & également de chaque côté ; elle doit être au milieu entre fes guides fans y frotter.
- 30. Si une bourfette s’eft rétrécie & qu’elle tiraille fa Soupape, ce qui peut arriver fur-tout dans les Orgues neuves, on alongera un peu Telle qui va de la bourfette à la Soupape. Le même cas peut arriver au Pofitif : fi une bourfette s’eft rétrécie , & que par conféquent elle ait diminué de fa profondeur, le pi-lotin qu’elle renferme fe trouvant rehaulfé, fera trop long & tiendra ainfi la Soupape entrouverte : on raccourcira dans ce cas le pilotin d’environ un quart de ligne, & on le coupera bien quarrément.
- 8.
- Il aura foin de tenir toujours le Clavier de Pédale bien net, & d’en ôter la boue qui fe détache des fouliers ; ce qui caufe fouvent des arrêts aux touches.1 Au cas -qu’il furvienne quelque cornement, il examinera s’il n’y auroit pas quel*, que vergette trop tendue, adhérente au Clavier de Pédale. On trouvera aifément Orgues. III. Part. , QSiSiSiSiSi
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- 5i8 FACTEUR D'ORGUES, III. Partie, Chap. Ut
- les cauies des cornements & des arrêts des touches des autres Claviers, par tout ce que nous venons de dire.
- S'il examinera de temps-en-temps toutes les autres machines, pour voir fi rien
- ne fe relâche , & s’il y a des pièces qui fortent de leur place ; s’il y a des clous qui s’arrachent, s’il y a des pivots, goupilles, clavettes , pioches qui fe déplacent , il y remédiera. Toutes ces chofes font faciles à raccommoder, quand on s’y prend de bonne heure. S’il y a quelque porte-vent de plomb qui fe décolle, il le recollera, fuppofé qu’il puiflè le faire facilement, fans rien démonter : s’il y a quelque piece de fer ou de bois qui vienne à cafter, à gauchir, ou à s’envoiler fi fort qu’elle ne puiflè plus jouer, il en fera faire une autre bien femblable à l’ancienne.
- 10.
- Si le Tremblant-fort fe dérange, on le remettra à fon point, en tendant ou détendant plus ou moins le fil d’archal qui aboutit à fbn reflèrt.
- 11.
- Si quelque Tuyau, de quelqu efpece qu’il foit, penche & menace de tomber, on aura foin de le relever , & de l’attacher avec une bande de peau, ou ruban de fil, ou avec du fil d’archal. C’eft ainfi que toute la méchanique de l’Orgue fe maintiendra en bon état. Cet Infiniment, quoique très-bien confirait, peut être fujet à quelque dérangement, étant compofé d’un grand nombre de machines , dont l’entretien eft pourtant facile, comme on le voit par tout ce que nous avons dit jufqu’ici.
- 12.
- Il refte enfin à trouver des expédients pour éviter le dégât que les rats ou les fouris font bien fouvent dans un Orgue. Le meilleur de tous eft de leur en bien fermer toutes les iflues; en forte qu’ils ne puiflènt y pénétrer en aucune maniéré : il eft rare qu’on ne puiflè en venir à bout. S’il eft abfolument impoffi-ble d’empêcher que ces animaux n’entrent dans l’Orgue , il faut y mettre en plufieurs endroits quelques plats avec de l’eau dedans. On prétend que tant qu’ils trouvent de l’eau à boire, ils ne rongent jamais le plomb : mais cela ne foffit pas ; il faut encore les détruire au moyen des piégés, des ratières & des appâts empoifonnés.
- x I3‘
- Il ne touchera jamais aux Tuyaux à bouche, foit pour les faire parler ou pour les accorder. Il entretiendra feulement les Jeux d’Anche ; ce qui demande beaucoup de prudence & quelques obfervations ; de peur qu’au lieu de les entretenir & les conferver, il ne les détruifo totalement ;* ou^ au moins qu’il ne les dégrade, ou qu’il ne les change d’harmonie; ce que j’ai vu arriver plufieurs fois. Quelqu inftruit que foit un Organifte au fojet des Jeux d’Anche, il les gâte peu-à-peu Sc infailliblement, s’il y travaille fans une néceffité indifpenfà-
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- Avis à VOrganifle pôur Ventretien de VOrgue. Sx9
- blé , ou s’il y opère autrement qu’il ne va être dit ci-après, où il verra la maniéré de les entretenir, i
- 14*
- Il les accorderatoutès les fois quils en auront befoin. Il ne s’en tiendra pas à la pratique de quelques Organiftes, qui fe fixent à certaines Fêtes pour accorder les Jeux d’Anche, & qui les lailïent la plus grande partie de l’année dans un grand difcord. Il vaut mieux qu’à mefure qu’il apperçoit quelque Tuyau , qui fait un mauvais effet allez fenfible, il l’accorde for le champ : cela n’empêche pas qu’il ne loit nécelîaire de leur donner un accord général de temps-en-temps. Dans certaines Orgues il faut les accorder plus fouvent que dans d’autres , félon que ces Jeux font bien ou mieux conftruits. Quelques bien traités qu’ils ayentété, leur accord s’altère à tous les changements de température de l’air. Lorfqu’il eft froid, le ton des Tuyaux monte, & il baille lorfqu’il eft chaud. Les orages encore font difoorder les Jeux d’Anche. La principale raifon de cette variation dans l’accord vient de ce que l’élafticité des languettes augmente ou di-* minue félon que l’air eft plus froid. ou plus chaud.
- Lorfqu’il accordera, il écoutera attentivement certaines vibrations ou battements dans le fon, plus ou moins accélérés, félon que le ton du Tuyau eft plus ou moins éloigné de l’accord avec le Tuyau du fond for lequel on l’ac^ corde : ces battements celîènt entièrement, lorfque les deux Tuyaux font d’accord enfemble. Un Organifte qui connoît un peu l’harmonie que doit avoir un Tuyau, ne fo contente pas de mettre fimplement le Tuyau d’accord ; car encore qu’il n’entende plus de vibrations, il peut faire monter ou defoendre le ton de quelque petite partie , & il n’abandonne point le Tuyau que non-feulement il ne foit d’accord ; mais encore qu’il ne foit dans fà meilleure harmonie. Il remarquera que le Tuyau change d’harmonie à chaque coup d’accordoir qu’il donne for la rafette : ceci n’a lieu que pour certaines baffes.
- 16.
- Lorfqu’il accordera un Tuyau, il obfervera de ne jamais l’éloigner de fon ton; il gâteroit bientôt par cette pratique tous les Jeux d’Anche. La rafette fait une prelîion affez forte for la languette : en la haufïànt ou en la baillant confi-dérablement, on altère infailliblement la tournure de la languette , qui n’étant plus dans fon premier état, fait que le Tuyau n’eft plus dans fon harmonie. Cette obforvation mérite d’autant plus l’attention de l’Organifte, que cet effet peut arriver la première fois qu’on aura ainfi éloigné le Tuyau de fon ton. Il y a des Faéleurs qui écrouiflent très-peu les languettes ; certains ne les écrouif-fent pas du tout ; c’eft dans ce dernier cas où il faut être le plus exaét à ne pas éloigner le Tuyau de fon ton.
- J7-
- L’Organifte fe gardera bien de couper ou raccourcir jamais aucun
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- ÿao FACTEUR D’ORGUES, ÏII. Partie, Chap. lit
- Tuyau. Il porterait un grand préjudice à fon Infiniment : cet ayis eft im* ‘ portant ; on ne fauroit trop y faire attention.
- 18.
- Il accordera la Trompette fur le Preftant, & le Clairon fur la Trompette avec le Preftant : la Voix-humaine fur le Bourdon & le Preftant ; je fuppofe que le petit Bourdon eft bien d’accord : il accordera de-même le Cromorne fur le Preftant. Pour accorder les baffes de tous les Jeux d’Anche avec plus de facilité , il le fera par oélaves. Si le Preftant n’étoit pas d’accord , il tâchera de bien accorder une oétave ; & il accordera les autres fur celle-là. La Pédale de Trompette s’accorde toujours lur le Plein-Jeu. S’il y trouve de la difficulté, en ce que le Plein-Jeu ne feroit pas affiez d’accord, il l’accordera far la Trompette du grand Orgue, 8c la Pédale de Clairon fur celle de Trompette. S’il y a des Bombardes, elfes s’accordent toujours fur les Trompettes.
- 19.
- U ne loufflera jamais avec la bouche pour faire parler un Tuyau d’Anche. L’humidité, dont fe rempliroit l’Anche, la languette & la rafette, gâteroit tout. Le Tuyau celleroit bientôt de parler, ou parleroit mal à caufè de la rouille , du verd-de-gris, ou de la pouflîere qui s’attacherait à l’humidité, principalement aux petits Tuyaux.
- 20.
- Lorfqu’un Tuyau ne parlera pas, ou qu’il parlera mal, il l’ôtera de fa place ; il examinera s’il n’y auroit pas quelque grain de fable , de pouffiere ou autre chofe entre la languette 8c l’Anche : il ôtera cet obftacle, fbit en foufflant bien fortdeffus, fbit avec la pointe d’un couteau, en ménageant beaucoup la languette. Si la rafette eft trop lâche, il la recourbera un peu avec la pincette : fi elle ne peut couler aifément, il la raclera avec un couteau, pour en ôter la rouille, 8c il la frottera légèrement avec du fuif de chandelle : fi la languette n’eft pas bien affermie, ou quelle forte plus que l’Anche, il l’enfoncera autant qu’il le faudra pour l’égalifer avec l’Anche, & il affermira le tout en enfonçant le coin. Si le coin s’enfonce totalement, & que cependant il ne ferre pas bien, il en fera un autre. Il aura l’attention en tirant ou remettant une rafette, de fou-lager fa preffion fur la languette, pour ne pas rifquer d’en altérer la tournure ; ce qui eft de conféquence, pour ne pas gâter un Tuyau d’Anche.
- 21.
- J29o. Voici à-peu-près les accidents qui peuvent arriver à un Tuyau d’An-^che, avec les moyens d’y remédier :
- i°. Si le Tuyau eft lent à parler, c eft que la languette eft trop ouverte ; on paflera le dos d’une lame d’un couteau par-defliis la languette , & on la tiendra pendant cette opération bien appliquée contre l’Anche. Si le Tuyau tarde encore à parler, on reviendra à cette opération. Il faut obferver que fi l’on en fait trop, le Tuyau deviendra trop prompt, ce qui eft un grand défaut ; il n’aura
- jamais
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- Avis à VOrganiJle pour Ventretien de VOrguè. fut
- jamais alors une bonne harmonie : il rifquera de doubler, ou il fera foible de fen , ou il ne pourra pas monter ou defeendre à fen ton, ou enfin il râlera.
- 2°. Si le Tuyau râle, cela peut venir de ce qu’il eft trop prompt : on donnera un peu plus de reflort à la languette, c eft-à-dire , quon y paflera la lame d’un couteau en-deflous, & tenant en même-temps le pouce par-deflus, ou encore mieux l’ongle du gros doigt, on donnera comme en gliflant, depuis le coin julqu’au bout, un peu plus de tournure à la languette en dehors, & toujours un peu circulaire : fi après cette opération le Tuyau eft tardif, ce fera une marque qu’on en aura trop fait ; il faudra pafler par-deflus le dos de la lame du couteau , comme il eft dit ci-devant.
- 3°. S’il râle, & qu’il foit lent à parler, cela vient ordinairement de ce que la languette eft gauche ; ce qu’on reconnoîtra en la regardant par fen ouverture au bout de l’Anche : fi l’on trouve qu’elle approche plus de F Anche d’un côté que de l’autre, elle fera gauche ; il faut la dégauchir par l’opération du couteau & du pouce , en la contournant dans un fens oppofé ; & comme ordinairement elle fe trouve trop ouverte après cette opération, on y paflera par-deflus , le dos de la lame du couteau, en l’appuyant feulement du côté où elle fe trouve trop ouverte.
- 4°. Si le Tuyau râle, & qu’il parle promptement, c’eft une marque qu’il eft trop prompt : on donnera un peu plus d’ouverture ou de reflort à la languette , par l’opération de la lame du couteau & du pouce : s’il n’eft pas trop prompt, on dégauchira la languette.
- 5°. S’il double , il eft ordinairement trop prompt, ou bien la tournure de la languette ne part pas d’aflez loin vers le coin ; la tournure eft trop courte.
- 6°. Si le ton du Tuyau ne peut defeendre aflez bas, quoique la rafette touche le coin, cela proviendra de ce que le Tuyau eft trop prompt, ou que la tournure de la languette eft trop courte , ou autrement dit, trop au bout inférieur.
- '7°. Si le Tuyau ne parle pas du tout, cela vient de ce que la languette eft trop ouverte , ou entièrement fermée, ou n’a pas du tout de tournure, étant toute droite. Mais le plus fouvent, c’eft quelque grain de pouflîere ou autre chofe, qu’il faut ôter en ménageant beaucoup la languette.
- 8°. Si le Tuyau ne peut prendre aucune harmonie & parie mal, cela vient de ce que la languette a quelque faux pli, ou qu’étant ouverte, elle eft toute droite fans aucune tournure, ou que cette tournure eft irrégulière , ou quelle eft gauche, ou enfin que le Tuyau eft trop prompt. On examinera encore fi la-languette ne touche pas dans l’intérieur du pied. Les grands Tuyaux font fojets à cet inconvénient, pour peu qu’ils foient pofés de travers. Leurs grandes An-* ches & leurs grandes languettes ne fe tiennent pas toujours bien au milieu de l’intérieur du pied , ou elles y entrent quelquefois, & y enfoncent jufqu’à fe partie conique.
- Orgues. III. Part.
- Rr nu
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- s22 FACTEUR D’ORGUES, 11L Partie, CAap. IIL
- j>°. Si Ton ne peut parvenir à faire prendre au Tuyau une bonne harmonie par toutes les opérations mentionnées ci-deflus, on ôtera la languette de là place ; on la mettra fur un bois dur & uni, & on la redreflèra exactement, en frottant bien fort deffos avec le dos de la lame du couteau, & opérant ainfi de chaque côté, julqu à ce quelle foit bien droite & bien dégauchie : alors on ne la frottera que d un côté pour lui faire prendre une tournure un peu circulaire, mais peu fenfible. On vifitera encore l’Anche : fi on la trouve gauche, on la repaflèra for une lime aifez fine & droite. On remettra & on affermira le tout dans là place.
- io°. Si le Tuyau eft foible de fon, c’eft une marque qu’il eft trop prompt, ou que la languette na pas affez de tournure vers le boutt
- Les Organiftes pourront peut-être penfer quun Tuyau ne làuroit être trop prompt à parler, mais il faut entendre cette exprefîîon. L’on dit qu’un Tuyau eft trop prompt, lorfqu’il a une fi grande facilité à parler, que le moindre zé-phir lui fait rendre du Ion. Pour qu’il foit bien à cet égard , il faut que la languette foit ouverte à un tel point, que le Tuyau ait belbin de toute la force ordinaire du vent tel qu’il eft dans l’Orgue, pour parler auffi promptement qu’un petit Tuyau à bouche.
- 22.
- * L’Organifte enfin obfervera de ne jamais toucher à la tournure d’une languette , qu’à la derniere extrémité. Quoique par tout ce que je viens de dire, il paroifîè peut-être facile de bien faire parler un Tuyau d’Anche ; cependant il n’eft rien de fi difficile dans la pratique pour ceux qui n’en ont pas un grand ufàge, & qui ne connoiflent pas parfaitement l’harmonie : il n’y a qu’un bon Fadeur qui foit en état de bien réuffir. Un Organifte agira donc prudemment de ne faire ces fortes d’opérations que très-rarement, c’eft-à-dire, que lorsqu’un Tuyau ne pourrait abfolument fervir, foit parce qu’il ne parleroit pas, ou que fon mauvais fon gâteroit tout, ou qu’il ne pourroit venir à l’accord.
- 1291. Ce n’eft pour ainfi dire qu’en tremblant, que je viens de déduire ici
- t
- la maniéré d’entretenir & conferver un Orgue : je crains beaucoup d’avoir fait plus de mal que de bien. Je fois très-convaincu que fi je ne parfois qu’à des Organiftes fàges & prudents, il n’y auroit rien à rifquer ; mais comme je fois forcé de dire devant tous ce que j’ai jugé convenable, il eft bien à craindre qu’il n’y en ait plufieurs qui en feront un mauvais ufage. Un Organifte imprudent , ( il en eft toujours quelques-uns, ) ravagera un Orgue au lieu de fentretenir & de le conferver : il vaudroit autant le livrer à la merci des rats, qu’à la légéreté d’un tel Organifte. Il ne faut donc pas être forpris fi les Ouvriers Fadeurs font toujours cette injurieufe comparaifon, & s’ils en ont fait une efe pece de proverbe, en difànt communément qu’ils ont obligation aux rats Sc aux Organiftes, & que fans eux les Orgues dureroient trop long-temps : mais encore un coup ceci ne regarde que quelques jeunes inconfidérés, qui
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- Principaux mélanges des Jeux de UOrgue. $1%
- font toujours les plus hardis Sc les plus entreprenants. Il eft heureux que le grand nombre (oient des hommes (âges, judicieux & fort jaloux de la confier-yation de leur Inftrument.
- ... - ,
- CHAPITRE QUATRIEME,
- Les principaux mélanges ordinaires des Jeux de VOrgue (a)
- Lus, examinés , corrigés & approuvés par les plus habiles & les plus célébrés Organifies de Paris , tels que MeJJieurs Cahiere , (b) Fouquet,
- Couperin , B albâtre , & autres.
- I.
- Pour le Plein-J eu.
- 1292.y mettra toutes les Montres, tous les 8 pieds ouverts, tous les Bourdons , tous les Preftants, toutes les Doublettes, toutes les Fournitures, toutes les Cymbales, tant au grand Orgue qu’au Pofitif, & on mettra les Claviers enfemble. Si Ton fe fert des Pédales, on y mettra la Trompette & le Clairon. S’il y a plufieurs Trompettes Sc plufieurs Clairons à la Pédale, on les y mettra également. On ne mêle jamais aucune Pédale de Flûte avec celles de Trompette Sc de Clairon. On peut fe fervir quelquefois au Plein-Jeu, des Pédales de Flûte , au lieu des Pédales de Trompette Sc de Clairon, (ùr-tout s’il y a des 16 pieds.
- Le grand Plein-Jeu doit fe traiter gravement Sc majeftueufement : l’on doit y frapper de grands traits d’harmonie, entrelalfés de fyncopes , d’accords diflo-nants, de fufpenfions Sc furprifes d’harmonie frappantes ; & que tout cela cependant puiffe former une modulation régulière. Le Plein-Jeu du Pofitif doit être touché plus légèrement : l’on peut y exécuter du brillant, des roulades, Sec ; le tout aboutilïànt à une harmonie (uivie. (
- II.
- Pour le Grand Jeu•
- On mettra au grand Orgue le grand Cornet, le Freftant, toutes les Trom-
- (a) Un Organifte, nommé M. le Bègue, a gements dans leurs mélanges. Ceux que je donne
- donné au Public vers le commencement de ce ici font du moins généralement pratiqués à pré»
- fiecle, plufieurs pièces d’Orgue. Il a ajouté à fon fent par le plus grand nombre & les meilleurs
- Ouvrage les mélanges des jeux qui pouvoient Organises.
- convenir, à quelque chofe près, à la maniéré (b) Quoique M. Calviere foit mort, j’ai cru
- dont on conftruifoit alors les Orgues, 6c à la qua- cependant devoir le citer, attendu qu’ayant écrit
- lité de l’harmonie qu’on leur donnoit. -Le goût ces mélanges des Jeux avant fa mort, il avoit eu
- étant changé depuis ce temps-là, à caufe des la complaifance de les examiner Sc de les corri-
- différents ufages qu’on fait des Jeux , Sc la façon ger le premier. Je fuis en état de faire voir fes
- de les traiter, il a été néccffaire de faire des chan- corre&ions écrites de fa propre mai».
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- SH FACTEUR D’ORGUES, 111. Partie, Chap. IP.
- pattes & les Clairons, s’il y en a plufieurs. On mettra également au Pofitif le Cornet, le Preftant, la Trompette, le Clairon 8c le Cromorne : (on retranchera ce dernier Jeu, s’il n’y a dans le grand Orgue qu’une Trompette & un Clairon. ) On mettra les Claviers enfemble : les Pédales feront comme au Plein-Jeu. Si l’on a befoin du Récit, on ouvrira le Cornet, ainfi qu’à l’Echo.
- Il y a plufieurs Organiftes, qui ne touchent prefque jamais le Grand Jeu, fans y faire jouer le Tremblant-fort. Il eft remarquable que ce ne font jamais les plus habiles, 8c qui ont le plus de goût ; ceux-ci fentent trop bien que cette modification du vent barbouille & gâte la belle harmonie : les Tuyaux n’en parlent pas fi bien, ni fi nettement. Ce Tremblant leur ôte tout le tendre, le velouté de leur fon : ils perdent cette harmonie pleine & mâle qu’un bon Facteur expert en fon art, a tant pris de peine à leur faire rendre. Le Cromorne fur-tout en eft le plus mal affeélé ; le Tremblant défigure tout ce qu’il a d’agréable dans fon harmonie ; ce Jeu ne fait alors que nafàrder : on fera donc très-bien de ne s’en fervir prefque jamais au Grand Jeu, à l’exemple des plus grands Organiftes, qui naturellement doivent être le modèle des autres.
- III.
- !
- Pour le Duo.
- Uya différents mélanges qui peuvent convenir au Duo, félon la maniéré dont on veut le traiter.
- i°. On mettra au grand Orgue tous les Jeux de fond, même le 32 pieds, s’il y en a, comme au Plein-Jeu. On y ajoutera les deux Nafàrds, les deux Tierces & la Quarte, fans Doublette, à moins qu’il n’y eut pas de Quarte : c’eft ce qu’on appelle le grand Jeu de Tierce.
- Au Pofitif on mettra le 8 pieds ouvert, le Bourdon de 8 pieds, le Preftant, le Nafàrd , la Quarte & la Tierce. S’il n’y a pas de Quarte, on mettra la Doublette : ce mélange s’appelle le Jeu de Tierce du Pofitif. Les Claviers feront féparés.
- On touchera le deffus fur le Pofitif, & la baffe fur le grand Orgue.
- Il faut remarquer que fi l’on fait de grandes vîteffes à la Baffe, elles ne feront aucun effet. Leur mouvement doit être tout au plus en croches d’un battement modéré. On ne fera monter les Baffes que jufqu’à la clef de G re fol ; les deffus dans ce mélange n’étant pas agréables.
- 20. On touchera le deffus fur le Cornet de Récit, & la Baffe fur le Preftant 8c le Cromorne du Pofitif. S’il n’y a pas de Cornet de Récit, on fè fervira du grand Cornet tout feui, ou bien du petit Jeu de Tierce du grand Orgue, où il n’entre que le 8 pieds ouvert, 8c le petit Bourdon, (autrement appellé le Bourdon de 8 pieds ou de 4 pieds, ) le Preftant, le petit Nafàrd , la Quarte & la Tierce.
- Les
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- Principaux mélanges des Jeux de VOrgue. $1$
- Tes deux mélanges précédents pour le Duo font les plus ufités , Sc qui conviennent davantage au caraélere de la pièce : le premier pour le grave Sc le noble ; le fécond pour la grande exécution.
- 3°. On touchera le deflus fur le Cornet de Récit, Sc la balle fur la Trompette feule du Pofitif.
- 4°. On fera le deflus fur la Trompette de Récit, & la bafle fur tout le Jeu de Tierce du Pofitif.
- j10. On fera le deffiis fur le Cromorne Sc le Preftant du Pofitif, Sc la Bafle ffir tout le grand Jeu de Tierce du grand Orgue, en obfervant de ne pas faire de grandes vîteffes fur la bafle.
- Ce mélange eft encore plus propre pour toucher un Trio, dont les deux deflus fe feront fur le Pofitif, Sc la bafle fur le grand Orgue.
- 6°. Faire les deux parties du Duo fur les tailles des Trompettes Sc Clairons 9 avec le Preftant du grand Orgue.
- Ce mélange eft moins propre pour toucher un Duo régulier, qu’un caprice irrégulier , où quelquefois il n entre que deux parties, d’autres fois trois & même quatre, félon l’imagination de l’Organifte.
- 70. Faire le deflùs fur les deux 8 pieds, la Flûte de 4 pieds Sc le Nafard du Pofitif, ou encore mieux fur le feul Cromorne avec le Preftant, Sc la bafle fur les deux 16 pieds & le Clairon du grand Orgue.
- Comme ce mélange dans le grand Orgue eft irrégulier, attendu quon mêle un Jeu d’Anche avec de grands fonds, il ne faut faire defcendre la bafle que jufqu’à la clef d’F ut fa tout au plus : elle fera plus d’effet vers la troifieme octave. On y peut toucher en harpégements , batteries, &c, le tout lié. On touche encore plus fou vent un Trio qu’un Duo fiir ce mélange.
- 8°. On fera le deffiis fur le Cornet de Récit, & la bafle fur tous les fonds du grand Orgue, avec le Cromorne & le Preftant du Pofitif, les Claviers enfem-ble. On obfervera de ne pas faire de grandes vîteflès à la bafle, afin que les fonds du grand Orgue faffent bien leur effet.
- IV.
- Pour la Fugue grave.
- On mettra au grand Orgue le Preftant, toutes les Trompettes & les Clai^-rons. Au Pofitif, on mettra la Trompette, le Clairon & le Cromorne : (on met toujours ce dernier Jeu dans ce mélange, quoiqu’il n’y ait qu’une Trompette & un Clairon au grand Orgue ; ) les Claviers feront enfemble. Si l’on fe fert des Pédales, ce feront les mêmes qu’au Grand Jeu Sc au Plein-Jeu.
- Un nombre d’Organiftes ajoute à ce mélange le grand Cornet, fans s’apper-cevoir que ce Jeu ôte tout le tranchant & la douceur dans les deffiis des Jeux d’Anche. C’eft prefque la feule occafion de les faire paroître dans tout leur Orgues. III. Paru Sfffff
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- brillant & leur beauté : on en eft privé par l’éclat du Cornet, qui les abforbe & les émouffe. D’autres font encore pis ; ils y joignent le Tremblant-fort. ^Ceux qui ont le plus de goût font bien plus attentifs à tirer de leur Infiniment toute l’harmonie dont il efl: fofceptible ; aufli ils ne tombent point dans ces inconvénients , qui marquent peu de difcernement.
- On peut encore toucher quelquefois une Fugue grave fur le mélange fui-yant, qui efl fort harmonieux : on mettra tous les fonds au grand Orgue ; 8c au Pofitif, on mettra le Cromorne avec le Preftant feulement ; les Claviers feront enfemble.
- Ce mélange efl propre à toucher auflî un caprice rempli d’accords dans les baffes, en batteries modérées fi l’on veut, 8c faire chanter les defîus en une ou deux parties.
- V.
- Pour la Fugue de mouvement.
- On la touche ordinairement for le Grand Jeu : on peut encore l’exécuter for tout le grand Jeu de Tierce, joint avec celui du Pofitif, les Claviers enfemble. Quelques Organiftes y ajoutent le Clairon au grand Orgue ; d’autres le Cromorne au Pofitif; mais ce1 mélange efl alors irrégulier, attendu qu’un Jeu d’Anche ne peut parler dans fà véritable harmonie , & dans fon accord avec tout le Jeu de Tierce.
- VI.
- Pour la Tierce en Taille.
- On mettra au grand Orgue pour l’accompagnement les deux 8 pieds , ou trois s’il y en a : au Pofitif, les deux 8 pieds, le Preftant, ( ou encore mieux, la Flûte de 4 pieds, s’il y en a, au lieu du Preftant ; ) le Nafàrd, la Quarte, (ou au défaut de la Quarte, la Doublette) la Tierce 8c le Larigot. On mettra à la Pédale pour faire la Bafle, tous les Jeux de fond de la Pédale, comme les 16 pieds, s’il y en a, les 8 pieds 8c les 4 pieds.
- Il y a beaucoup d’Organiftes qui font l’accompagnement trop près du Récit en Taille : il ne fait alors prefqu’aucun effet, il fe confond avec le Réçit. On <Joit le faire toujours le plus haut que l’on peut, par exemple, for la quatrième oélave ; l’accompagnement alors fort bien, 8c orne mieux le Récit : il eft d’ailleurs plus brillant, & imite mieux la Flûte Allemande.
- Le Récit qu’on joue for les tailles dans cette maniéré de toucher, doit être bien chantant 8c orné avec beaucoup de goût. Il y a des Organiftes qui ne font que des roulades d’un bout de Clavier à l’autre, beaucoup de rapidités, de paflàges 8c de cadences, le tout fans prefqu’aucun chant : ce n eft pas-là un véritable Récit ; il faut efïentiellement du, chant pour la mélodie.
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- VII.
- Pour le Cromorne en Taille.
- O11 mettra au grand Orgue pour l'accompagnement les mêmes Jeux quà l'article VI précédent : au Pofitif, le Cromorne avec le Preftant : à la Pédale, les Jeux de fond. S il y a un Jeu de Tierce à la Pédale , il fera encore mieux de s’en fervir pour la balle, qui fera un plus bel effet.
- Voyez la remarque de l'article VI précédent au fùjet de l'accompagnement. On touchera le Récit plutôt bas que haut, tant qu’on pourra, c'eft-à-dire , que le chant doit dominer fur la fécondé oélave, qui a toujours plus d'harmonie.
- VIII.
- Pour toucher la Trompette en Taille.
- On mettra au grand Orgue les deux 8 pieds, ou trois, s'il y en a, pour les accompagnements ; & au Politif, la Trompette feule, fi elle eft bien harmo-nieufe ; ou on y joindra le Preftant, fi elle n'eft pas allez parfaite. On mettra à la Pédale les Jeux de fond, ou encore mieux le Jeu de Tierce , s'il y en a. On touchera le Récit fur les, fécondé & troifieme oélayes de la Trompette.
- IX.
- Pour le Trio a trois Claviers, r c
- Il y a plufieurs mélanges qui y font propres ; voici les principaux :
- i°. On touchera le premier deflus fur le Cornet de Récit ; le fécond deflus fur le Cromorne du Pofitif avec le Preftant ; & la balle fur les fonds de la Pédale , ou encore mieux fiir le Jeu de Tierce, s'il y en a à la Pédale.
- Un nombre d'Organiftes mettent trop d’intervalle entre la baffe & les dellus dans toutes les elpeces de Trio. Lorfque l'harmonie eft fi éloignée, elle ne fe lie point avec les deux defliis , puifqu'on y met quelquefois jufqu'à trois oéta-ves d'intervalle. C'eft un défaut que les habiles Organiftes évitent toujours : ils ne mettent pas plus d'une oélave d’intervalle entre la baffe & les deux deflus.
- n°. On fera le premier deflus fur tout le Jeu de Tierce du Pofitif, fans Larigot ; le fécond deflus fur la Trompette de Récit ; ou s'il n'y en a poinf au Récit , fur la Trompette du grand Orgue avec le Preftant ; la Baffe fur les Pédales de Flûte ou du Jeu de Tierce.
- 3°. Le premier deflus fur le Cornet de Récit; le fécond deflus fur le Jeu de Tierce du Pofitif; & la baffe furies Pédales de Flûte ou du Jeu de Tierce.
- Quoique ces deux deflus dans ce mélange , foient d'une harmonie allez approchante l'une de l'autre , ils font cependant d un bon goût. Ils laiflent la liberté de parcourir le Clavier avec une certaine étendue : on n'y eft pas aufli gêné
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- que fi les deux mains travailloient fur le même Clavier, dans le cas où Ton veut que les deux deffùs {oient de la même harmonie. *
- 40. Le premier defiiis fur tous les 8 pieds, tant du grand Orgue que du Po~ fitif , les Claviers enfomble ; & le fécond deiîus fiir la Trompette de Récit, ou le Cornet de Récit, s’il n’y a pas de Trompette ; la Balle fur les Pédales de Flûte 5 ou du Jeu de Tierce.
- 5°. Le premier defïus fur les deux 8 pieds du grand Orgue, ou trois s’il y en a ; & le fécond deffùs fur le Cromorne & le Preftant du Pofitif : la Baffe fur les Pédales de Flûte, ou du Jeu de Tierce.
- 6°. Un deffùs fur les deux 8 pieds 8c le petit Nafàrddu grand Orgue ; on peut y joindre la Flûte de 4 pieds, s’il y en a ; & l’autre deflîis fur le Cromorne & le Preftant du Pofitif; la Baffe fur les Pédales de Flûte, ou du Jeu de Tierce.
- 70. Un defliis fer la Trompette de Récit ; & l’autre deflus, îùr les deux 8 pieds , Flûte & Nafàrd du Pofitif. S’il* n’y a pas de Trompette au Récit, on fe fervira de celle du grand Orgue : la Baffe lùr la Pédale de Flûte , ou du Jeu de Tierce.
- 8\ Un deflus fur le Jeu de Tierce du Pofitif ; & l’autre deflus lùr tous les 8 pieds du grand Orgue ; la Baffe lùr les Pédales de Flûte, ou du Jeu de Tierce.
- 90. Le premier deflus fur le Cornet de Récit, ou lùr deux 8 pieds feulement, ou lùr deux 8 pieds & le Nafàrd avec la Flûte, s’il y en a : le fécond deffùs fur la Voix-humaine, le petit Bourdon 8c la Flûte de 4 pieds , ou s’il n’y a pas de Flûte, on fe fervira du Preftant ; la Baffe fur; les Pédales de Flûte ; on y mettra le Tremblant-doux.
- io°. Les deux deffùs lùr tous les 8 pieds, tant du grand Orgue que du Pofitif, les Claviers enfomble ; & la Baffe lùr les Pédales de Flûte,
- X.
- A -
- i
- Pour le Quatuor à quatre Claviers.
- i°. On fera le premier deffùs lùr la Trompette de Récit, ou lùr deux 8 pieds ( s’ils y font féparés; ) le fécond deffùs fur le petit Jeu de Tierce du grand Orgue ; la troifieme partie for le Cromorne du Pofitif avec le Preftant ; la Baffe fer la Pédale de Flûte , ou du Jeu de Tierce ; ou bien ,
- 2°. On fera le premier deffùs for le Cornet de Récit, le fécond for la Trompette & le Preftant du grand Orgue, la troifieme partie for le Jeu de Tierce du Pofitif, & la Baffe ferla Pédale de Flûte.
- Cette maniéré de faire le Quatuor for quatre Claviers eft difficile pour l’exécution : on ne peut guere faire chanter les deux deffùs, parce qu’on eft obligé de les toucher de la feule main droite for deux Claviers differents ; ou félon la fécondé maniéré , l’on eft obligé de faire les deux parties moyennes de la foule main gauche for deux Claviers differents ; mais voici un autre mélange for
- lequel
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- Principaux mélanges des Jeux de VOrgue: 519
- lequel on pourra exécuter plus aifément le Quatuor de deux maniérés, en le faifant fur trois Claviers feulement.
- XI.
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- Pour le Quatuor a trois Claviers.
- « *
- On fera les premier & fécond deflus fur le Cornet de Récit ; là troifieme
- partie fur le Cromorne & le Preftant du Poiltif ; & la Balle fur les Pédales de Flûte, ou du Jeu de Tierce.
- Ou bien avec le même mélange, on touchera le premier deflus fur le Cornet de Récit ; les deux moyennes parties fur les tailles du Cromorne ; & la Balle fur les Pédales de Flûte ou du Jeu de Tierce ; cette fécondé maniéré aura plus de brillant & d'harmonie, fans plus de difficulté pour l'exécution.
- { XII.
- Pour toucher un Fond d!Orgue.
- On y mettra les Montres, les Bourdons, les 8 pieds ouverts , les Flûtes dé 4 pieds & les Preftants , tant au grand Orgue qu'au Politif, les Claviers en-femble, avec tous les fonds de la Pédale. On n'y fera jamais jouer le Tremblant-doux, comme le pratiquent certains Organiftes fans goût.
- XIII.
- Pour toucher une Baffe de Trompette.
- i°. On mettra au grand Orgue le Preftant, les Trompettes & les Clairons , s’il y en a plufieurs ; & au Pofitif, les deux 8 pieds , la Doublette & le Larigot. Si l'on veut faire un dialogue de deflus & de baffe , on fe fer vira du Cornet de Récit pour les deflus. Les Organiftes les plus minces y mêlent toujours le Tremblant-fort, mais ceux qui font habiles & connoifleurs en harmonie ne s'en fervent jamais, parce qu'il fait difparoître la beauté des Jeux d'Anche, dont le fon eft alors défiguré ou altéré.
- Ce mélange eft le plus ufité pour le caraétere de cette maniéré de toucher la Baffe de Trompette : le mélange fuivant fera encore plus harmonieux, mais il demande d'être traité avec goût.
- 2°. On mettra au grand Orgue les mêmes Jeux que ci-deflus ; & au Pofitif, les deux 8 pieds, le Preftant & le Cromorne, fiippofé que ces deux 8 pieds ne ralentiflTent point le Cromorne.
- On touchera un Dialogue en maniéré de Duo , imitant le Baflbn fur les tailles du Cromorne, & imitant le Cor de ehafle, & un chant de Trompette ou de triomphe fur la Trompette.
- Orgues. III. Part.
- T t tttt
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- XIV.
- Four toucher une Bajfe de Cromorne. f
- On mettra au grand Orgue tous les 8 pieds pour l'accompagnement ; & au Pofitif, le Preftant & le Cromorne.
- On touchera le Cromorne en imitant le Ballon, ou la Baffe de viole.
- XV.
- Pour toucher des Jîmples Re'cits de de (Jus.
- Tous les Récits de deffus s’accompagneront toujours avec deux 8 pieds, pour en faire la balfe. Si l’on veut toucher un delïus de Cromorne, on le tirera avec le Preftant, & on fera la balle avec les deux 8 pieds du grand Orgue , ou trois s’il y en a. Si c’eft la Trompette de Récit, on la tirera feule , & on l’accompagnera de même. Si c’eft le Cornet, on fe fervira de celui du Récit ; ou s’il n’y en a pas, on toüchera le grand Cornet tout feul, & on l’accompagnera de même. Si ce font les delïus du Jeu de Tierce du Pofitif, on le tirera tout entier, & on l’accompagnera de même. Si ce font deux Trompettes enfemble, pour tendre le Récit plus tranchant & plus éclatant, ony joindra le Preftant, & on l’accompagnera de même. Si c’eft la Trompette du Pofitif & le Cromorne enfemble , ony joindra le Preftant, & on l’accompagnera de même.
- Chacun de ces Récits doit être traité dans le goût qui lui convient. Il faut toucher l’un avec rapidité, comme les Tierces du Pofitif, le Cornet, &c ; l’autre d’un mouvement plus modéré, comme les Trompettes, imitant des Fanfares, Sec ; il faut les traiter félon leur caraétere.
- XVI. ^
- Four toucher la Voix-humaine.
- On mettra au grand Orgue, où l’on fiippofe que ce Jeu eft pofé, le Bourdon, la Flûte de 4 pieds & la Voix-humaine : fi l’on n’a pas de petite Flûte , on fe fervira du Preftant à là place; au Pofitif, on tirera les deux 8 pieds, avec lelquels on fera l’accompagnement ; on fera jouer le Tremblant-doux. Si on veut la toucher en Trio, voyez l’article IX ci-deffus, pag. 528, où il eft parlé des Trio.
- Il faut bien remarquer que c’eft le foui cas où les Organiftes, qui ont le plus de goût pour l’harmonie, fe fervent du Tremblant-doux, même lorfqu’il eft bon ; ce qui eft allez rare. Il affoiblit néceftàirement le vent ; par conféquent il change & détériore l’harmonie & l’accord de l’Orgue. Il y a de grands Organiftes qui ont nommé le Tremblant-doux, le perturbateur des Jeux de /’ Or^
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- Principaux mélanges des Jeux de VOrgue. 531
- gue. On doit pourtant le fouffrir lorfqu’il eft comme il faut, pour modifier le fbn de la Voix-humaine, qui fans cela n’imite jamais véritablement la Voix naturelle de l’homme : je n en connois que deux qui ayent bien cette qualité. (a)
- La meilleure maniéré de toucher ce Jeu , eft de faire un fimple Dialogue de deflus & de balle , & de joindre enfiiite les parties enfemble, imitant toujours la maniéré naturelle & toute fimple de chanter. Ce Jeu eft charmant lorfi* quil imite bien la voix de l’homme : il ne faut pas le toucher plus bas que le premier F ut fa, ni plus haut que le quatrième G re fol ; parce que les voix naturelles ne paftent point ordinairement cette étendue.
- Comme il eft rare de trouver un excellent Tremblant-doux, plufieurs bons Organiftes touchent la Voix-humaine avec le Tremblant-fort, 8c y joignent le Nafàrd avec le Bourdon & le Preftant. Quoique ce mélange forte du caraélere naturel de la Voix-humaine, c eft cependant ce qu’on peut faire de mieux au défaut d’un bon Tremblant-doux ; mais ce mélange imite bien imparfaitement la voix naturelle : on ne chante pas fi rudement.
- XVII.
- V
- Pour un Dialogue de Cornet, de Cromorne & d’ILcho.
- On fe fervira du Cornet de Récit, ou s’il n’y en a pas, on tirera le grand Cornet : on mettra au Pofitif le Cromorne avec le Preftant, & à l’Echo le Cornet ; on fera les accompagnements fur les deux 8 pieds du grand Orgue. Si l’on eft obligé de fe fervir du grand Cornet, on fera la bafle fur le Bourdon & le Preftant du grand Orgue, qu’on joindra au grand Cornet.
- XVIII.
- Pour toucher le Plain-chant.
- Pour toucher le Plain-chant gravement, on l’exécute fur les Pédales de Trompette & de Clairon , & on l’accompagne fur tout le Plein-Jeu , tant du grand Orgue que du Pofitif, les Claviers enfemble.
- Si on veut le toucher à la main , & rondement comme une profe', &c, on le fera fur les Trompettes, Clairons & Preftant du grand Orgue : on l’accompagnera fur le Plein-Jeu du Pofitif; on pourra mettre les Claviers enfemble, fi l’on veut, pour remplir davantage.
- XIX.
- Pour imiter la Elûte Allemande.
- On tirera au grand Orgue & au Pofitif tous les 8 pieds : on mettra les Cia-
- (a) Je crois devoir attribuer la parfaite réuiïite la bonté du Tremblant-doux, qui ayant été bien de ces deux Voix-humaines, principalement à rencontré, affe&e ces Jeux au Julie point.
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- y3a FACTEÜR D'ORGUES, III. Partie, Chap. IV.
- viers enfèmble : on n’y mêlera jamais ni Preftant, ni Flûte de 4 pieds, ni aucun 16 pieds. S’il n’y avoit dans le Pofitif qu’un Bourdon, fans 8 pieds ouvert, il ne faudroit fe fervir que du Bourdon. \
- Il faut toujours toucher le plus haut qu’on pourra fur ce mélange , imitant le goût des chants propres à la Flûte.
- XX.
- Pour imiter les petites Plûtes ,. ou Plûtes cl bec.
- \
- On mettra le Preftant du grand Orgue avec celui du Pofitif ; & s’il y a des Flûtes de 4 pieds, on les y joindra : on mettra les Claviers enfemble.
- XXI.
- ; Pour jouer une Mufette.
- S’il y a dans l’Orgue un Jeu de Mufette, on l’ouvrira avec le Bourdon de 8 pieds feulement ; on l’accompagnera avec deux 8 pieds. On met ordinairement un plomb dans la baffe fur la tonique 8c fur fa quinte : on fait deux defius fiir le même Jeu , ou bien le premier defliis fur les deux 8 pieds ; on tient aufli la tonique fur les Pédales de Flûte.
- . * S’il n’y a pas de Mufette, on fe fer vira du Cromorne fans Preftant, & on fera tout le refte comme 011 vient de le dire. f _
- \
- XXII.
- Pour imiter le Fifre.
- On mettra au grand Orgue le petit Bourdon, avec la Quarte de Nafàrd & la Doublette : au Pofitif, on mettra les deux 8 pieds, le Preftant & le Larigot. On touchera des airs de Fifre & de Tabourin fur le grand Orgue, & on battra fur le Clavier du Pofitif, pour imiter le Tambour,
- XXIII,
- Pour imiter le Flageolet.
- On mettra au grand Orgue la Quarte & la Doublette ; & au Pofitif, les deux 8 pieds pour l’accompagnement.
- XXIV.
- Pour imiter les petits oifeaux.
- On mettra le petit Nafiird au grand Orgue, un autre au Pofitif, les Claviers enfemble. On touchera une quarte plus haut, ou une quinte plus bas ; la bafle fè touchera fort haut.
- On
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- Principaux mélanges des Jeux de VOfgue. 5*33
- On imitera le ramage des petits Oifeaux par des batteries, des roulements entrelaiïes de tremblements & de cadences. La balle le fera à-peu-près dans le même goût.
- XXV.
- Pour accompagner les Voix.
- L’accompagnement des Voix doit être proportionné à leur volume & à leur éclat. S’il faut accompagner un Chœur bien fourni de Voix, & tout un Peuple qui chante, on fe feryira de tout le Plein-Jeu, & on fera la balle avec les Pédales de Trompette & de Clairon. Hors ce cas , on accompagnera les Voix avec des Jeux de fonds proportionnés. S’il y a plusieurs perfonnes qui chantent en partie, on les accompagnera avec trois ou quatre 8 pieds , fi les Voix font alfez fortes ; ou fi elles font médiocres, on n’y mettra que les deux 8 pieds du Pofitif. S’il n’y a qu’une perfonne qui chante, & qu’elle ait la voix alfez forte, on l’accompagnera de même. Si la Voix qui récite eft foi-ble , on ne fe fervira que d’un petit Bourdon. Une voix qui chante doit toujours dominer ; l’accompagnement n’eft que pour l’orner & la foutenir.
- XXVI.
- Ufage des Bombardes. ^
- Une Bombarde ne fo touche jamais feule ; s’il y en a à la Pédale, on la joindra toujours, lorfqu’on voudra s’en forvir, aux Trompettes & aux Clairons de Pédale. On s’en fort ordinairement pour toucher le Plain-chant: on peut en faire ufoge avec le Plein-Jeu , s’il efl aftez fourni pour cela : on s’en fort encore fort bien au Grand Jeu, où elle fait un grand effet, lorfqu’on la touche à propos , & que le caraélere de la piece le demande : il faut avoir pour cela du goût & du difcernement.
- S’il y a une Bombarde à la main, elle répond ordinairement au troifieme Clavier, qu’on met avec les deux autres. On s’en fort dans le Grand Jeu , pour des préludes graves ; pour certains grands accords qu’on veut exprimer plus fortement, pour des foilpenfions ou certains traits d’harmonie , pour des points d’Orgue , pour des finales, & en bien d’autres circonftances , où le ca-raétere & l’expreffion de ce qu’on joue le demande. Si l’on veut toucher une Fugue grave fur le Plein-Jeu , on peut y joindre la Bombarde, s’il eft aftez fourni : ce mélange fait un grand effet, mais on ne peut le faire que lorlque la Bombarde joue par des gravures particulières ; fons cela elle feroit altérée par le Plein-Jeu ; or ce Jeu à fes gravures diftinétes des autres , lorlqu’il joue par un Clavier féparé, qui eft le troifieme. On fo fort encore de la Bombarde pour toucher à la main le Plain-chant, en la joignant àlaTrompette & au Clairon du grand Orgue : on met les Çlaviers enfomble. En un mot, un Orga-Orgues. IIL Part. Vvvyyv
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- nifte doit avoir du goût & du génie , pour fe fervir à propos des Bombardes.
- 1293. Voilà les mélanges des Jeux les plus réguliers, les plus en ufàge & tels que les pratiquent les plus habiles Organiftes. Ils peuvent en trouver bien d’autres : ils en imaginent qui font propres à rendre avec plus d’énergie & d’expr^ffion les idées que leur fournit leur génie. Comme ils ont du goût pour là bonne harmonie & qu’ils connoiffent les propriétés & la nature des Jeux de leur Orgue , ils ne font point de nouveau mélange, qui ne foit raifonnable, & qui ne plaife. Ils s’attachent for-tout à toucher chaque mélange dans le goût qui convient à fon caraélere : il faut avoir pour cela bien du difcernement ; auflî il n’appartient pas à tous d’en inventer de nouveaux , parce qu’il ne feroit pas aifé de les caraâérifer comme il faut. Un Organise qui n’aura pas encore atteint un grand dégré de perfeétion, doit s’étudier à imiter ceux qui ont le plus de talent, & tâcher de fe conformer à leur goût & à leurs mélanges. Comme il n’eft pas facile de les retenir tous dans fà mémoire, j’ai cru leur faire plaifir de les leur préfenter ici par écrit. Il eft cependant convenable d’y faire quelque changement dans certaines cir-conftances ; parce que toutes les Orgues ne font pas également bien faites. Voici quelques réglés générales, dont on pourra faire ufege dans l’occafion; car dans tout ce que j’ai dit ci-deflus au fojet des mélanges , j’ai toujours fop-pofé que tous les Jeux de l’Orgue étoient bons & proportionnés pour la qualité & la force de leur harmonie.
- 1®. Si les Jeux d’Anche font courts, & que par conféquent ils aient une harmonie maigre, rude , feche & criarde, il fera à propos de les émoulfer un peu. On pourra à cet effet y ajouter plus de fonds, comme un petit Bourdon ; & s’il ne foffit pas pour tempérer leur aigreur, on y joindra encore un 8 pieds ouvert, & un petitNarfàrd au Grand Jeu; je foppofo que ces fonds ne les rendront pas lents à parler.
- Mais fi au contraire les Jeux d’Anche font trop longs, & qu’ils aient par eux-mêmes une harmonie lourde & trop douce, on les touchera fans fonds ; on en retranchera même le Preftant.
- i°. Si les Jeux d’Anche ont une mauvaife harmonie, & qu’ils ne foient pas d’accord, c’eft le cas ou l’on pourra fe fervir du Tremblant-fort. Cette modification du vent mettra de la confufion dans l’harmonie, & pourra peut-être maf quer un peu les défauts, fi elle ne les augmente ; mais dans les Orgues qui font bonnes & qui vont bien, on fera beaucoup mieux de ne point s’en fervir, à l’exemple des Organiftes qui ont le plus de goût, comme je l’ai déjà dit. Il eft cependant des occafions où l’on peut le faire jouer, pour donner une exprefo fion finguliere à quelque caprice que l’Organifte voudra exécuter : ces cas font allez rares.
- 30. Si les deux 8 pieds ( quon doit toujours entendre du 8 pieds ouvert & du
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- Principaux mélanges des Jeux de VOrgue. 5* 3 5*
- 4 pieds bouché ) font fi foibles , qu’ils ne faflent pas l’effet convenable dans les accompagnements, on y joindra la Flûte de 4 pieds, ou au défaut de la Flûte , lePreftant ; mais on n’y mettra jamais de 16 pieds : du relie les deux 8 pieds ne peuvent jamais trop dominer dans ces fortes d’occafions. S’il n’y avoit point de 8 pieds ouvert dans le Pofitif, on joindroit au Bourdon la Flûte de 4 pieds, ou le Preftant s’il n’y avoit point de Flûte : ceci n’eft dit que pour les accompagnements.
- 40. On ne mettra jamais aucune Tierce, ni Nafard , ni Quarte dans le mélange du Plein-Jeu ; on émoufleroit par-là fon tranchant, là finefle & fon brillant : ce font des Jeux incompatibles.
- 5°. On ne mettra point non plus aucune Tierce, ni Quarte, ni Nalàrd au Grand Jeu , que dans le cas du n°. 2 ci-deflus. Les Jeux d’Anche faifànt toute la beauté du grand Jeu, ces Jeux leur feroient perdre tout leur mérite, & tout ce qu’ils ont de gracieux : ils les rendraient plus lourds & plus lents à parler ; d’ailleurs, ils ne font pas un bon effet lorfqu’on fait des accords, comme on le pratique quelquefois au Grand Jeu.
- 6°. On a déjà pu remarquer par tout ce qui a été dit ci-deflus, qu’il faut éviter , autant qu’on le pourra, de joindre le Preftant aux 8 pieds, pour les accompagnements des differents Récits, foit en taillé, foit for les deflus : il a un aigu qui n’eft pas agréable. On ne s’en feryira que dans le cas du n°. 3 ci-deflus : il fout lui préférer toujours pour cette fonélion la Flûte de 4 pieds, s’il y en a.
- 70. Si la Pédale de Flûte eft compofée d’un ou deux 16 pieds, avec les 8 pieds & les 4 pieds, on doit fe forvir de tous ces Jeux, même du 32 pieds , s’il y en a, dans toutes les maniérés de toucher, où il eft fpécifîé qu’on doit employer la Pédale de Flûte.
- 8°. S’il y a un Jeu de Tierce à la Pédale, c’eft-à-dire Nafàrds, Quartes , & Tierces avec tous les Jeux de fond, on peut s’en fervir aux Quatuor, aux Trio à trois Claviers, 8c dans d’autres occafions où l’on jugera qu’il doit faire un bon effet : cela dépend du goût & du génie de l’Organifte.
- 9°. Il y a des Organiftes qui joignent prefque toujours un Nafàrd au Cro-morne. Ce mélange peut afîèz bien faire , iorfque le Cromorne eft court, ou -qu’il ne cruche pas allez, c’eft-à-dire , qu’il n’a pas l’harmonie qu’il doit avoir ; mais lorfqu’il a fon véritable caraélere & qu’il eft bon, il ne faut jamais y mêler aucun Nafàrd.
- io\ Un Organifte doit s’attacher à bien connoître l’Orgue qu’il touche, pour en tirer tout le parti poflîble. On a vu bien des fois un Orgue touché par deux bons Organiftes, lequel paroifloit beaucoup meilleur fous la main de l’un que de l’autre. La raifon en eft que l’un avoit plus de goût dans fes mélanges des Jeux que l’autre, & fo conformoit mieux à la portéé & à l’état aétuel de l’Orgue. Chaque mélange a fon caraélere particulier : il y en a qui font plus
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- 53<5 FACTEUR D’ORGUES, 17i. Partie, Chap. IF.
- brillants fur certaines parties du Clavier, que dans d'autres ; par exemple, tous les 8 pieds enfemble imitent mieux la vraie Flûte dans le plus haut du Clavier que plus bas : les Cornets ont un fon plus agréable en haut que plus bas : c’eft le contraire dans les Jeux d’Anche ; les derniers Tuyaux ne font pas fi brillants, ils font toujours un peu foibles. Le Plein-Jeu n'eft pas fi nourri ni fi harmonieux dans les deflus : le grand Jeu de Tierce ne fait pas bien dans les deifes ; auflî y a-t-il de très-bons Organiftes qui ne les touchent jamais : les 16 pieds y dominent trop. Il y a certains accompagnements qui doivent être pris fort bas, d'au-tres médiocrement, & d'autres fort haut. Il eft des mélanges qu’il faut toucher avec rapidité , d’autres d'un mouvement modéré , comme tous ceux où entrent les fonds de l'Orgue, & fer-tout les grands fonds, qui ne feroient aucun effet. C’eft à un Organifte qui a du goût, & qui du refte en fait allez pour être le maître de fon harmonie , à choifir non-feulement fes Jeux comme il faut, mais encore les parties de les mélanges les plus favorables; c’eft ce que j’ai tâché d'infinuer dans plufieurs de ceux que je viens de donner ; comme quand j’ai déterminé fer quels Jeux ou quels Claviers on doit faire le premier ou le fécond deflus dans les Trio , ou dans les Duo, félon le mélange dont il s’agiffoit. Plus un Organifte fera paroître l'Orgue, plus il plaira & plus il paroîtra lui-même. J'en ai vu un qui portoit fon attention jufqu’au point de ne plus toucher, pendant tout l’office, une touche fur laquelle il avoit entendu un Tuyau affez notablement difcordpour choquër l'oreille; il faut être pour cela maître de fon harmonie.
- Fin de la troisième Partie.
- Faute a corriger.
- Pag. , fécondé colonne de là note , ligne i ; font du moins généralement pratiqués à préCeot par \ lifez , font généralement pratiqués à préfènt> du moins par.
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- DE L’IMPRIMERIE DE L. F. DELATOUR. 1770.
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