Descriptions des arts et métiers
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- Par D. B ED OS DE Celles , Bénédictin:
- QUATRIEME PARTIE
- M. D C Cf LXXVIII.
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- SECTION PREMIERE.
- Hifloire abrégée de l’Orgue.
- A P R E N D R e le mot Orgue dans fa fignification primitive, fon origine remonte jufqu’à l’époque de la première invention des Arts. Dans les temps les plus reculés, on donnoit le nom d’ Orgue 3. toutes fortes d outils ou înûruments dont on le iervoit pour quelque ouvrage que ce fût. Par la fuite, il fut plus particuliérement affecte au* ïuftruments de mufique en général. Dans des temps moins éloignés, on remploya pour de%Iier luus Ies instruments à vent; Sc enfin, on n’entendoit plus par le terme Orgue, qu’un affemblage de tuyaux réunis, dont la compofition Sc le mélange plus ou moins variés, produisent un concert plus ou moins agréable, félon le génie des différents Artiffes. ’
- Quelques Auteurs ont donne le nom d Orgue à tout concert de perfonnes qui chantent enfemble, Sc d’autres à un nombre de Joueurs de flûtes. Les Commentateurs de l’Ecriture Sainte le re£ traignent aux feuls Inflruments à vent. Lorfqu’il efl dit dans la Genèfe que Jubal, l’un des enfants de Lamech, fut le pere ou linttiuucui des Joueurs de Cythare Sc des Joueurs d’Orgue ; ils penfent que le .terme <te comprend tout 1er Inrtruments
- à corde, Sc celui d’Orgue tous ics v / . T
- ° 1111Ul»men.ts a vent (a). Le
- mot Hébreu que la Vulgate rend par Organum , efl rendu par Abuba (b) dans'la verfion Chaldaïque ; Sc l’on voit que ce dernier terme répond affez à Ambubajarum Collegia dont fe fert Horace en parlant des Joueurs de flûte ou d’orgues antiques venues de Syrie.
- t.
- Signification du mot OtgVLè dans les jprë» miers temps*
- Le terme latin Organum fe rencontre très-fouvent dans l’Ecriture Sainte. Le faint homme Job décrivant la profpérité des Impies , dit qu’ils jouent du tambour (c) & de la harpe, Sc qu’ils fe réjouiffent au fon de l’Orgue. Venant enfuite à 'la defeription
- ( a) Synopf» Crit. in Gmef. c. iv. f. 21.
- ( b ) Dom Calmét.-.DiÏÏert, fur les tnftrum. de
- Orgues. IV. Pan.
- Mufiq. dans le 2e. vol. du Com. Litt. des Pfi p. 87» (c) Job. 21. ir. 13»
- a
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- îj PRÉFACE.
- de fes malheurs * il dit que fon Orgue (a) s’eft changé en une voix plaintive. L’Orgue eft auiïi nommé dans le Pfeaume 150 (F), 8c mis au rang des Inftruments qui fervoient à la louange de Dieu,* mais c’étoient des Inftruments bien différents de nos Orgues. L’exprefïion dont fe fert l’Auteur du Pfeaume 13 6, pour marquer la trifteffe où les Enfants d’Ifraèl étoient réduits durant la captivité de Babylone, prouve que leurs Orgues étoient des Inftruments . portatifs 8c fort légers. Nous (c) avons , dit-il , JuJpendu nos Orgues aux faules qui font au milieu de Ba-bylone.
- Dom Calmet, dans la Differtation qu'il a faite fur cette matière, penfe que l’Orgue dont il eft parlé dans l’Ecriture, étoit un com-pofé de plufieurs tuyaux, bouchés par le bout inférieur, 8c comme collés enfemble, dont on jouoit en les faifant paffer fucceflivement fur la levre intérieure. Cf eft: le même dont parle Lucrèce (d), quand il dit, unco fape labro calamos percurrit hiantes .* il pafle 8c repaffe fa levre fur des tuyaux ouverts. L’Orgue, pris en ce fèns , étoit fort connu des Auteurs profanes 8c des Poëtes, fur-tout* Virgile en attribue l’invention au Dieu Pan; d’autres lui donnent une origine différente. Ces variétés d’opinions , dit le même Dom Calmet, ne viennent que de l’ignorance où étoient ces Auteurs , de la véritable hiftoire & de l’antiquité de ces Inftruments ; que les Grecs avoient apparemment reçus des Orientaux. Le nombre des tuyaux dont cette efpece d’Orgue étoit compofée, n’étoit pas toujours le même. Un Pafteur, dans Virgile (e)> dit que le lien en avoit fept de grandeur inégale > faits de tiges de ciguë. Un autre dans Théocrite., le vante que le fien en avoit neuf (/). Un Ecrivain (g) cité par Dom Calmet, affure que les Turcs s’en fervent encore à préfent, & qu'on en voit qui ont jufqu’à quatorze ou quinze tuyaux. Dans les commencements, on croyoit que la variété des tons dépendoit uniquement de la diverfe longueur des tuyaux. Depuis, on y ajouta des trous. On a varié de même fur la matière. Ces premières Orgues étoient compofées de rofeaux, & les rofeaux du lac Orchomenien, en Grèce , étoient célébrés
- (a) Job. 30. 31.
- (b ) Pfal. 150. f. 4.
- (c) Ira falicibus in medio ejus fufpendimus organa
- nofira. Pf. 136. 2. *
- (d) Lucret. lib. 4.
- (e) Eft mihi difparibus feptm compara cicutis,
- JiJlula. Eclog. II. Ÿ. 37.
- (y) lupiyf «V gTTo'inrci ttctXav lyà hvidtpwwt Fijiulam egregiam ego feci quæ novem fonos emittit, Théocrite, Idille 8c. t. i8« (g) Pietro délia valle, Epifi. 61.
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- P R É F A CE. iij
- pour cet ufage. Le métal ayant paru plus propre à conferver long-temps la jufteffe de l'accord > on s’en eft fervi préférablement à toute autre matière. On joue un grand nombre d’airs fur cet inftrü* ment. Il y a encore à préfent certains ouvriers , comme les Chaudronniers , &c. qui, dans certaines Provinces, en jouent par les rues, pour faire connoître leur profeffion au public.
- On voit depuis quelques années à Paris, près le Pont-neuf, un Particulier qui vend de ces inftruments faits de morceaux de rofeau >
- Sc qui en joue lui-même de façon à attirer l’attention des perfonnes les plus graves. Je fai vu même s’accompagner d’une maniéré fort agréable avec une mandoline.
- La fimple Flûte que nous connoiffons, Sc qui eft en ufage aujour- IL
- Ancienneté
- d’hui, eft un infiniment fort ancien. Les Hébreux en ont eu de de la Flûte* diverfes fortes; les unes firriples, les autres compofées. Saumaife>*'mpîe fur Solin, remarque que les anciennes Flûtes n'avoient qu’un ou deux trous, d’où vient qu’on en avoit ordinairement deux enfem- N ble ; Y une au côté droit de la bouche , Sc l’autre au côté gauche.
- Enfin, la Flûte fimple percée de plufieurs trous, faifant le même effet & avec plus de facilité que tous ces divers tuyaux, on négligea ces derniers, Sc on s’en tint à la Flûte. Ces anciennes Flûtes Sc ^ïït ^ celles de Pan, dont on vient de parler, ont donné les premières grand Ojrgue* idées de l’Orgue , qui eft devenu par la fucceffion des temps, le. plus grand, le plus eftimé Sc le plus harmonieux de tous les inftruments de mufique. On l’appelle le Roi des Inftruments, parce qu’il les réunit & les imite tous, même ceux à corde : auffi a-t-il ete choifi & préféré a tous les autres pour être placé dans nos Eglifes, à caufe de fa nobleffe Sc de fa fupériorité, comme plus conforme à la majefté du culte Divin (a).
- Le mot Orgue, fi long-temps équivoque, ayant anciennement lignifié tous les Inftruments de mufique, Sc même le concert de plufieurs perfonnes qui chantent enfemble ; il eft difficile de difcerner le fens de quelques paffages épars dans différents Auteurs. On a d’autant plus de difficulté à les entendre, que la plupart, ou peut-être tous ont écrit fur une matière qui leur étoit inconnue ou peu s'en falloit : auffi s’en trouve-t-il plufieurs qui ont dit des chofes abfurdes & ont donné évidemment dans des erreurs groffieres. Je crois que
- Ça) Jérôme Diruta, Italien.
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- iv P R É F A C E.
- c’eft l’Art fur lequel on a le moins écrit, & vraifemblablement le plus mal.
- iv. On lait que les anciens ont divifés les Orgues en deux efpeces ces^’Org^es3- principales, en hydrauliques & en pneumatiques. Les unes & les queshy&rales autres n’ont jamais pu jouer que par le vent, excité dans les hy-* pneumatiques, drauliques ou par une chûte d'eau, comme à nos grandes forges
- à fer, ou par un courant d’eau, qui, faifant tourner une roue à aubes, comme dans plufieurs de nos U fines, donnoient le mouvement à des manivelles, à des pompes femblables à celles de nos machines pneumatiques, ou par la vapeur de l’eau bouillante, comme à l’Eo-lipile & à nos pompes à feu; ou enfin, par des fouffiets que leau faifoit mouvoir, par le moyen de manivelles adhérentes à leurs axes^
- v.
- Le premier Inventeur <de l’Orgue hy-drolique,
- VI.
- comme à nos moulins à fcier le bois, ou par quantité d’autres machines que chacun imaginoit, 8c où Teau étoit la caufe du mouvement qui procuroit le vent. Les Orgues pneumatiques font celles d’aujourd’hui, où l’eau n’eft point nécefîaire.
- L’Orgue hydraulique eft le plus ancien. L’invention en eft communément attribuée à Ctéfibius, Mathématicien célébré d’Alexandrie, fous le régné de Ptolomée Phyfcon, environ 120 ans avant J. C.,}du moins c’eft lui qui avoit imaginé un arbre fur lequel on faifoit chanter un grand nombre d’oifeaux, & dont le filence des Auteurs nous laifle ignorer la mécanique. Tertulien parle d’un Orgue (a) dont il fait honneur à Archimède ; mais M. l’Abbé de Saint-Blaife obferve (é) que l’Inftrument dont parle Tertulien, étoit différent de celui qu’on attribue à Ctéfibius.
- L’Orgue hydraulique le plus célèbre & dont un plus grand nom-
- La deferîp- kre $ Auteurs ayant parlé, eft celui dont Vitruve a donné la def-
- tion que tait J A
- Vitruve ^cftin Cription (c) j comme il a paru le plus merveilleux, on s’eft plus intelligible, exercé à découvrir & à concevoir fa compofition & fa mécanique, d’après l’obfcure & inintelligible defeription qu’en fait Vitruve. Je ne nommerai que deux Ecrivains également recommandables par leur fcience & leur habileté, le Pere Kircher, Jéfuite, & M. Perraut : le premier en parle alfez au long dans l’ouvrage qui a pour titre, Magia Phonocamptica, où il donne des figures gravées, pour expliquer la Defeription de Vitruve ; mais il paroît qu’il donne plutôt l’idée d’un
- {a) Dans le Traité de l’Ame, ch. 14.
- ( b) De Cantu Mufica Sacra. tom, 2, pag% 138,
- (c) De Archhtât libr, 10, cap. 13.
- Orgue
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- P R É F A C E, V v
- Orgue de fa propre compofition, que de celui dont parle Vitruve, VII auquel il n’a aucun rapport. M. Perrault a voulu éclaircir la Def-cription de Vitruve, il a même fait conflruire un Orgue en petit, d’après l’idée qu’il s’étoit faite de celui de Vitruve: cette machine fut mife dans la Bibliothèque du Roi, avec plufieurs autres, tant anciennes que modernes ; mais on ne voit pas que ce grand Architeûe ait été plus heureux que le favant Pere Kircher. Au relie, Vitruve dit expreffément (a) que pour bien l’entendre, il faudroit avoir vu la machine qu’il décrit, 8c avoir des connoiffances dans ces matières : ainfi puifqu’il eft impoffible de voir cette machine, on ne peut en porter aucun jugement : il eft même remarquable queVitruve ne dit pas avoir jamais vu cet Orgue ; s’il n’en a parlé que fur le rapport d’autrui , ou fur une tradition populaire, y auroit-il de la témérité à avoir quelque doute fur fon exiftence ?
- L’Auteur d une lettre, qu on a long-temps attribuée à S. Jérôme,
- 8c qu’on a reconnu n’être pas de lui, parle d’un Orgue qu’il dit avoir été en ufage chez les Hébreux, & qui s’entendoit de mille pas, comme de la ville de Jérufalem au Mont des Oliviers. Cette machine confiftoit en deux peaux d’éléphant, qui formoient la laye, contenant peut-être les foupapes, ( ce qu’il eft difficile de concevoir ) ; il y avoit douze grands foufflets 8c quinze tuyaux d’airain. L’Auteur, quel qu’il foit, ne donne pas une grande idée de fes lumières dans ce genre, lorfqu’il parle de cet Inftrument. Il veut trouver les deux Teftaments dans les deux peaux d’éléphant ; il imagine la figure des Patriarches 8c des Prophètes dans les quinze tuyaux, 8c celle des Apôtres dans les douze foufflets. Ce n’eft pas la peine de tranferire ce paffage. Dans les anciennes additions de Saint Jérôme, cette lettre eft la a 8e. (/£). Les derniers Editeurs de S. Jérôme l’ont rejettée parmi les ouvrages apocriphes où elle fe trouve avec ce titre : Ad Dardanum, de Inflrumentis Mujicis, tome v. pag. 191.'
- M. l’Abbé de Saint-Blaife donne deux figures de cet Orgue, telles quilles a trouvées; l’une dans un manuferit du dixième fiécle, de l’Abbaye de Saint Emmerand de Ratifbonne, 8c l’autre de fa propre Abbaye, du treizième fiécler Ces deux figures font totalement différentes , 8c paroiffent d’une compofition arbitraire. On n’eft donc
- (a) De ArchiteBura , lib. io. cap, 13. {b) Epifi. 28. ad Dardanum.
- Or gués. IP. Part.
- b
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- vj PRÉFACE.
- pas mieux fondé à croire que cet Orgue ait jamais exifté, du moins félon l’idée que plufieurs Auteurs ont tâché de nous en donner. Vin. Sous l’Empire de Néron qui régna depuis l’an 54, jufqu’à l’an
- Nouvel Orgue A v r
- hydraulique à 68 , on vit paroitre à Rome un Orgue hydraulique d une conl-
- fous
- Rome l'Empire Néron. '
- IX.
- Orgues hy-
- deStruûion inconnue jufqu’alors. Suétone rapporte (a) que ce Prince employa partie d’une journée à l’examiner avec la plus finguliere fatisfaâion. En quoi cette machine étoit-elle différente de celles qui avoient précédé ? C’eft ce que nous ignorons.
- On a prétendu que la décadence des beaux Arts entraîna la perte
- drauiiques en des Orgues hydrauliques, lorfque les nations barbares eurent ravagé
- France dans le ^ ^ a -/ 7 \ a
- neuvième fie- l’Empire Sc inondé toute l’Europe : aufli S. Auguflin (o) ne paroit-
- cîe, & en An- . ? . .
- gieterre dans il avoir connu que l’Orgue à foufnets. En admettant cette opinion* l’invention de l’Orgue hydraulique auroit été renouvellée dans le neuvième fiécle. En effet, l’hiftoire fait mention d un Orgue hydraulique que l’Empereur Louis le Débonnaire fit conftruire dans fon palais à Aix-la-Chapelle, par un Prêtre Vénitien nommé George (c). Il efl dit ailleurs qu’il fut confirait à la maniéré des Grecs (</). Ainfi Ton peut croire que l’ufage s’en étoit perdu en Occident; mais que s’étant confervé dans l’Empire Grec, il reparut dans nos contrées fous les Empereurs François. Nous ignorons, Sc le temps où l’on a commencé à introduire cette efpèce d’Orgue dans les Eglifes, Sc celui où l’on a ceffé de s’en fervir. Ce qui efl certain* c’eft que du temps de Guilhaume de Malbefburi (e) Ecrivain du douzième fiécle; on s’en fervoit encore dans une Eglife d’Angleterre.
- Il refte à favoir comment on pouvoir conftruire un Orgue hydraulique dans les Eglifes, où il n’eft certainement pas ordinaire d’avoir la commodité des rivières ou des ruiffeaux, pour fe procurer des courants Sc des chûtes d’eau. Les Auteurs ne nous apprennent rien fur cet objet. Il nous ont laiffé ignorer de même tout le détail de la conftru&ion de ces Inftruments.
- ( a) Reliquam diei partem, per Organa hydrauli-ca , novi ignotique operis circumduxit. Suet. in Ne-rone.
- (b) Organa dicuntur omnia Injîrumenta mujico-rum. Non folum ïllud Organum dicitur quod gracile efl, & inflatur follibus ,fed etiam quidquid aptatur ad cantilenam corporeum efl. Quo ïnfirumento uti-tur quicantat, Organum dicitur. S. Aug. in Pf. y 6.
- (c) Hic efl Georgius veneticus, qui de Patria fua ad imperatortm venit 9 & in Aquenfi Palatio , Organum , quod Græcè hydraula vocatur , mirifica arte
- compofuit. Eghinard, de tranflatione SS. Martyr, Pétri & Marcellini. cap, 16.
- ( d ) Prejhyter quidam de Venetia, qui diceret Organum more Grecorum pojfe cômponere, Autor vitæ Lu^ dovici Pii.
- • (e) Extant etiam apud illam Etclejiam Organa hydraulica, ubi mirum in modum aquœ calefaElæ vio-lentia, ventus emergens implet concavitatem barbiti9 per multiforatiles tranfitus Æneœ fiftulæ modulatos clamores emittunt. Villel. Malbefb. apud Ducange 3 ad vocem Ojrganum.
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- X.
- Le premiêï
- P R E P A CE. vit
- Nous ne connoiffons pas mieux le premier Inventeur de l’Orgue pneumatique ou fans eau, ni le nombre & la quantité de jeux dont Inventeur de il étoit compofé dans les premiers temps, non plus que leur éten- fl°?UfaLf°Uie due. Il eft à préfumer qu’il n’y eut d’abord d’autre différence entre î^bconnu. ces deux efpèces d’Orgues, qu’en ce qu’au lieu de l’eau dont on fe fervoit pour pouffer le vent dans les tuyaux, quelqu’un imagina de faire mouvoir les foufflets fans le fecours de l’eau, afin d’éviter les grands inconvénients qui dévoient en réfulter, comme beaucoup d’humidité , & par conféquent le prompt dépériffement de toute la machine. Au refie, nous ne favons rien de plus certain fur la conftrudion de cette fécondé efpèce d’Orgue dans fon commence- , ment que fur celle des hydrauliques.
- C’eft contre toute vraifemblance que quelques-uns ont attribué xr> l’invention de l’Orgue fans eau à l’Empereur Théophile. Il y eut Théophile , * des Orgues de cette efpèce au moins dans le cinquième fiécle,
- S. Auguflin en parle, & cet Empereur n’a vécu que dans le neu-tres-vieme. Ce qui a trompé les Auteurs de cette opinion , c’eft qu’ils ont mal entendu deux paffages de Conflantin Manaffés & de Michel Glycas. Selon le Grammairien Léon, cité par Ducange, l’Orgue de Théophile, dont parlent ces Hifloriens, étoit un arbre avec des oifeaux dont il imitoit le chant.
- Dans les recherches qu’on peut faire fur l’antiquité de l’Orgue xii. fans eau, & fur le temps où l’on a commencé de s’en fervir dans les Eglifes, il faut fe fouvenir que le nom d’Orgue, fe donnoit, comme duabn^de" nous l’avons déjà dit. non-feulement à tous les Inflruments de mu- }ê°r|gUfesdanï fique, mais quelquefois encore à ce qui n’étoit qu’un concert de plufieurs voix réunies. On ne peut donc pas l’appliquer à l’Orgue à foufflets, à moins que celui dont on parle ne foit bien diftingué & caradérifé par les Auteurs. Le paffage de S. Auguflin, rapporté ci-deffus , prouve qu’il étoit connu en Occident au moins dans le cinquième fiecle. Mais étoit-il en ufage dans les Eglifes ou feulement dans les concerts particuliers ; c’eft fur quoi l’on n’a rien de pofitif.
- L’illuftre Duranti, Premier Préfident du Parlement de Touloufè, examine cette queftion dans fon excellent Traité des Rits de l’Eglife Catholique (a). Il croit qu’il y a long-temps qu’on a commencé àdé”tr0Qr^°“
- dans les Edi-
- fes.
- XïlL
- Opinions irL certaines fut
- Ça) Lib. i. cap. 13. de Organis.
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- XIV.
- L’Orgue inconnu en Occident depuis l’invafion des Barbares juf-qu au huitième fiecle.
- viij PREFACE.
- introduire les Orgues dans les Eglifes. Son opinion eft fondée fur ce qu’un Commentateur de l’Ecriture Sainte, plus ancien, dit-il, que Saint Grégoire le Grand, dit en expliquant un verfet de Job , que tuf âge des Orgues riètoit point défendu .( <2) , puifquon peut s'en frvir par un Jentiment de piété, & quon s9en fert même dans les Eglifes. Nous ne connoiffons point cet Auteur; mais plus il eft ancien, plus on doit préfumer qu’il a pris l’Orgue dans un fens général pour.tout Infiniment de mufique, ou même pour un accord de plufieurs voix réunies. S’il avoit voulu parler de l'Orgue dont il s’agit ici, Sc que S. Auguftin appelle grand Orgue & à foufflets, il fe feroit fans doute expliqué d’une maniéré plus pofitive. La même équivoque peut avoir trompé les Auteurs des Pontificaux ou des Vies des Papes, qui difent en parlant du Pape Vitalien, élu en 657, & mort en 6/2, qui/ régla le chant Eccléfajlique (/) , & quel y employa des Inflruments communément appeUes Orgues. Bullée, cité par M. l’Abbé de Saint-Blaife, rapporte deux vers d’un Poëte Mantouan, dont le fens eft, que le Pape Vitalien, natif de Ségni (c), établit des Orgues corn-pofées de métal qui jouoient aux grandes Fêtes, pendant le fer-vice divin. Quelle que foit l'autorité de ce Poëte, les Orgues dont il parle n’étoient pas celles que Saint Auguftin appelle les grandes Orgues.
- Il paroît que depuis l’invafion des Barbares, l’ufage en fut inconnu en Occident jufqu’à l’époque célébré où l’Empereur Conftantin Copronyme envoya, vers l'an 757, un Orgue au Roi Pépin. La maniéré dont les Auteurs ont parlé de cet Orgue, 8c même d’un autre que Charlemagne reçut vers l’an 812 de l’Empereur Conftantin Curopalate, prouve qu’on les regardoit comme des Inflruments de mufique nouvellement inventés, ou du moins inconnus jufqu’alors dans toute l’étendue de l’Empire François; & de-là il s’en fuit que ces Orgues étoient d’une efpece bien différente de celles qu’on veut que le Pape Vitalien ait employées à Rome dans les grandes folem-nités. Celles-ci dévoient confifter en des Inflruments de mufique, à vent, propres à foutenir Sc à faire mieux paroître les voix, mais dont la forme nous eft d’ailleurs inconnue. Après tout, l’autorité du Poëte de Mantoue, n’eft pas d’un affez grand poids pour qu’il foit
- (a) Neque enim Organorum ufus prohibitus erat, quando quidem hoc ipfum cum pietate péri potefi. In templis enim funt illis ipji uji. Ibid. pag. 92 & 5)3. ( b ) Jnftituit cantum, adhibiîis Injlrumentis, quœ
- vulgari nomine Organa dicuntur. Vit. Pontifie.
- (c) Signius adjunxit molli confiata métallo, Organa quee fejlis régnant ad facra diebus, De Cantu & Mufica Sacra, tom. 2. p. 141.
- néceffaire
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- PREFACE. îx
- néceffaire de l’expliquer. Le fiience de Baronius & de M. Fleuri fur cet établiffement du Pape Vitalien, forme un grand préjugé contre ce qu’en ont dit les Pontificaux. Ces deux Auteurs ne manquent jamais d’obferver les établifiements qui ont été faits fous le Gouvernement de chaque Pape. Le fiience qu’ils gardent fur cet objet effc donc une preuve qu’ils ne fe font pas crus affez fondés pour en faire honneur au Pape Vitalien.
- Tous nos Auteurs ont parlé de l’Orgue dont l’Empereur Conf- xv. tantin Copronyme fit préfent au Roi Pépin, vers l’an 757; mais Pe°nrgue^ J aucun n’a dit à quel ufage il fut employé, ni où il fut placé ; fi ce Charlemagne, fut à l’Eglife ou dans le Palais de Compiégne où le Roi tenoit alors une alfemblée de la Nation. Même fiience de la part des Hiftoriens, fur l’ufage que fit Charlemagne d’un autre Orgue qui lui fut envoyé de Confiantinople, vers l’an 812, par l’Empereur Conftantin Curo-palate.
- Ducange a cru voir dans deux Chartres rapportées par Ughelli (a), Xvr, que fous le régné de Charlemagne, il y avoit un Orgue dans l’Eglife Vé?ônne fols de Véronne. Le favant Muratori n’efi pas de ce fentiment. Ce qui ^atreft™sile’ le porte à lerejetter, c’efi qu’il ne s’agit dans ces deux Chartres, que d’une partie de la ville de Véronne, appellée la Forte de tOrgue; car de cette dénomination, & de ce qu’auprès de cette porte on aura conf ruit un Monaflere nommé Sainte-Marie de £ Orgue, il ne s’enfuit pas, dit-il, qu’il y eût dans l’Eglife un Orgue de l’efpece dont nous parlons.
- Le premier Orgue à foufflets, fans le fecours de l’eau, qui paroiflè Xvu. certainement avoir été en ufage dans les Eglifes, efl celui que l’Em- gUe re<kns pereur Louis le Débonnaire fit placer dans celle d’Aix-la-Chapelle. îe Celui-ci étoit différent de l’Orgue hydraulique dont on fe fervoit bon«alrf5àAix, dans le Palais Impérial, & que le même Prince avoit fait conflruire par le Prêtre Vénitien dont nous avons déjà parlé. Walafride Strabon ( b ) obfervant que cet ouvrage étoit un de ceux dont la Grece fe vantoit d’être en poffeffion, donne à entendre i°. que c’étoit un Orgue de la même efpece que celui que Charlemagne avoit reçu en préfent de l’Empereur de Conflantinople, & qui étoit certainement à foufflets, comme on le verra dans la fuite. 20. Que ni
- (a) Ital. Sdcr. tom, V. pag* 604. & 6iq.
- (b) In quels præcipuè Jaciabat Grcecia fefe Organa Rex magnus non inter maxima ponit.
- Or gués, IV. Part.
- Walafrid. Strabo, carmina dé apparatu l’empli Aquifgran.
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- XVIII. Orgue à Frifingue,
- XIX. rA Rome,
- XX.
- En Italie.
- * PREFACE.
- Romaine ni aucune autre de l’Empire d’Occident, ne s'étoit vantée jufqu’alors d’avoir à fon ufage un Orgue de la même efpece.
- L’habile Faâeur qui avoit préfidé à fa conftruétion, forma des Eleves qui en firent bientôt de femblables dans les autres Eglifes d’Allemagne; de forte que 30 ou 40 ans après la mort de Louis le Débonnaire, l’Allemagne fe trouva en état de fournir à Rome des Orgues & des Faéteurs; c’efi: ce qu’on voit par une Lettre du Pape Jean VIII à Annon, Evêque de Frifingue, dans la haute Bavière. Ce Pape fut élu en 872, & mourut en 882. Nous vous prions, dit-il (a) , de nous envoyer le meilleur Orgue, avec un Artijie capable de le bien gouverner, & de le mettre fur tous les tons nécejfaires pour la perfection de notre mufque. C’efi: probablement le premier Inftrument de cette nature qui ait été en ufage dans les Eglifes de Rome ; du moins n’a-t-on pas de preuves certaines qu’il y en eût auparavant.
- De Rome, l’Art de faire des Orgues pa/fa bien-tôt au refte de l’Italie y Sc il paroît que les Moines devinrent habiles en cette partie. On peut l’aflurer en particulier de Bobio, Abbaye fondée par Saint Colomban, dans le Milanois. Gerbert, Abbé de ce Monaftere, & depuis Pape fous le nom de Sylveftre fécond, étoit le plus grand Mathématicien de fon temps. Gérard, Abbé d’Aurillac, dans la haute Auvergne, qui avoit eu foin de fon éducation, lui écrivit vers l’an 98 6 pour lui demander un Orgue. Sa réponfe fut que les guerres d’Italie ne le lui permettoient pas. L’année fuivante, Gérard étant mort, Gerbert écrivit à fon fuccelfeur, que fe voyant obligé de fuivre en xxi. Allemagne l’Impératrice Théophanie, il ne pouvoit lui rien dire de
- Orgues dM**
- talie connues pofitif, ni au fujet de l’Orgue d’Italie qu’il demandoit, ni au fujet en Fiance. ^ j^ej£g£eux qU’Ü pouvoit charger de la conduite de cet ouvrage. Ces
- deux Lettres de Gerbert fe trouvent dans le 4e. tom. des Annales de DomMabillon, p. 34 & 40. Elles prouvent qUe dans le dixième fiecle les Orgues d’Italie avoient de la réputation ; qu’elles étoient Connues en France, & que le Monaftere d’Aurillac vouloit en avoir auiïï dans fon Eglife. Mais ni ces Lettres, ni aucun autre monument de l’Hif-toire, ne nous apprennent fi cet Abbé parvint à fe procurer cette fatisfaâion.
- En lifànt une piece de vers en l’honneur de Sigon, Abbé de Saint
- xxn.
- Orgue de S. Florent de
- Saurnus dou- (Æ) Precamur autem ut optimum Organum cum teux. artifice, qui hoc moderari, & facere ad omnem mo-
- dulations efficaciam pojfit, ad infiruftionem muficœ
- difeiplinæ, nobis aut déféras, aut mit tau Èpift, Joan, Pap. VIII.
- j
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- PREFACE. xj
- Florent de Saumur en Anjou, on fe fent porté à croire, qu’au moins à cette époque, il y avoit un Orgue dans fon Eglifé, car on loue fon habileté dans la mufique organique (a). Le texte n’eft pas allez clair pour convaincre qu’il s’agifle ici de l’Orgue dont nous parlons.
- M. l’Abbé de Saint-Blaife penfe même (^) qu’on peut l’entendre d’un concert de pluiieurs voix , qu’on appelloit vulgairement Concerts organiques.
- Le premier Orgue de France dont ont ait une connoiflance bien xxnr. , aflurée, ne remonte pas au-delà du douzième fiecle : alors il y en gufXFrance avoit un dans l’Eglife de l’Abbaye de Fécamp. Baudri, Archevêque ^àn" rAbbaye de Dol, écrivant aux Religieux de cette Abbaye, témoigne la fatif- doSemTfc* fadion qu’il a eue de l’entendre. Une courte defeription qu’il en cl6‘ donne, fait voir que c’étoit un Orgue à foufflets comme les nôtres : de plus, il en prend la défenfe contre certaines gens qui, n’étant pas en état de s en procurer de femblables, trouvoient à redire qu’on en eut introduit l’ufage dans les Eglifes.
- Il paroît que cet ufage a commencé bien plutôt en Angleterre xxiV» qu’en France. On voit par quelques vers de Wolftan, Moine de dans^efUEgi;-Weftminfter, en l’honneur d’Elfage, Evêque du Heu, au milieu du Angleterreen dixième fiecle, un Orgue confidérable dans l’Eglife même de Weft- iu’enFiaBce' minfter, qui étoit Cathédrale & Abbatiale. C’eft tout de que nous pouvons dire déplus certain fur l’époque de l’introdudion de l’Orgue dans les Eglifes. Les vers latins de Wolftan feront rapportés plus bas, N®. XXXII.
- Nous voudrions préfentement pouvoir nous étendre fur toutes les xxv. parties dont 1 Orgue à foufflets étoit compofé dans les commen- eftp°”çôntme cements j dire par quels degrés il eft parvenu au point de nerfec- '? conftru®0tl
- A * * de ces ancien-
- tion où nous le voyons, & nommer les Artifl.es qui ont eu quelque nes Orgues. part à fes accroilfements ; mais les anciens nous ont lailfé fur tous ces objets, dans une ignorance qu’il n’eft pas poflible de diffiper.
- On a déjà vu que les premières Orgues, c’eft-à-dire, les Flûtes à Xxvi. pluiieurs tuyaux, dont les divers aifemblages ont fait naître les pre- oïTfait mieres idées des grandes Orgues, étoient de rofeaux, & que dans la fuite on y employa le métal comme étant plus propre à conferver long-temps l’accord ; mais od a fait aufli des Orgues avec d’autres matières. Il s’eft trouvé des Artiftes curieux qui ont voulu lîgnaler
- (a) Singularis Organali regnabat in mufica» Apud t (i>) Page 14?„
- Mabîll, Annal, tom. IV. pag. 4.
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- xij PREFACE.
- leur adrefle 8c leur indufirie en y employant le verre, 8c Ÿon étoit parvenu à lui donner beaucoup de fon. On parle d’un Ouvrier Napolitain, qui en avoit fait un dont les tuyaux, & même le clavier, étoient d’albâtre. Cet ouvrage avoit également bien réuffi, & Ion auteur en fît préfent à Frédéric, Duc.de Mantoue. Léandre, félon le rapport de Majolus (a), affure avoir vu cet Orgue à Venife. D’autres en ont fait avec du carton. Il y a maintenant à Paris un Particulier, rue des Cifeaux, qui s’efl fait un Orgue dont tous les tuyaux, tant à bouche qu’à anches, font faits avec des cartes à jouer. 11 paroît qu’on ne s’eft fervi de ces matières que pour la curiofîté 8c la Angularité, fans être perfuadé quelles fuffent les plus propres à ces fortes d’ouvrages. On en a fait avec For, l’argent & le cuivre, mais les métaux qu’on a trouvés les plus commodes à faire les tuyaux d’Orgue, c’efl le plomb 8c l’étain. Ils ne font pas chers comme for 8c l’argent ; ils ne font pas difficiles à travailler comme les autres métaux, 8c ils rendent un fon doux 8c harmonieux. On employoit auffi beaucoup le bois, comme on le fait encore aujourd’hui, xxvii. Les Anciens fe fervoient fou vent de l’airain ou du cuivre. Le terme
- d’OrgueTchez > qu’on trouve dans tous les Auteurs Latins, fe rend en François
- écoieâ^d’ai-Par mot Cuivre, qu’on entend le plus ordinairement du cuivre vre" °CeS que rouge- Cependant il paroît que le grand nombre des Anciens a airainCque cet vou^u défîgner par cette expreffion, un mélange de plulieurs métaux dont le cuivre rouge faifoit la bafe 8c la principale partie. On nomme encore quelquefois aujourd’hui airain, le bronze dont on fait les ftatues & les canons ; c’efl un mélange de cuivre rouge, de laiton 8c d’un peu d’étain. Le bronze dont on fait les cloches, efl bien fou-vent nommé airain; c’efl un mélange de cuivre rouge avec un peu d’étain. On ignore de quelle efpece de métal ou mélange étoit cet airain dont on faifoit les tuyaux d’Orgue. Etoient-ils faits d’un cuivre battu & réduit en lames allez minces pour être roulées & foudées ? Ou bien, étoient-ils jettés en fonte? C’efl ce qu’aucun Auteur ne nous a expliqué.
- xxviii. On voit encore quelques anciennes Orgues, fur-tout en Aile-Or^^^CiesmaSne> où il y a des tuyaux de cuivre. Il y en avoit dans l’Orgue dcycuivre?*11* Charlemagne (b), dans celui dont*parle Guilhaume de Malbef-
- (d) Colloq. 23.
- Çb) Per fflulas œneas, Monach. San. Gai. apud Ducange.
- buri
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- PRÉFACE; x'üj
- burî(Æ) , &dans celui de Fécamp (^). Il y avoit auffi des tüyâüx de cuivre dans celui de Ramefîe en Angleterre (c), au dixième fiecle*
- Ces Orgues dévoient rendre un fon bien aigre & bien perçant : il XXiX. étoit néanmoins bien diverfifîé. L’Orgue de Charlemagne (d) imi- dig^üx' deT toit à la fois le bruit du tonnerre, le fon de la lyre & de la cymbale. chfdeLgne Si l’enthoufiafme poétique n’entraîne pas Valafride Strabon au-delàDétonnake.1* du vrai, l’harmonie de l’Orgue que fit conftruire Louis le Débonnaire dans l’Eglife d’Aix-la*Chapelle, étoit fi raviffante * qu'une femme perdit la vie dans les tranfports quelle lui caufa (e).
- Pour ce qui efi: du nombre & de la qualité des jeux dont ces ancien* nés Orgues étoient cotnpofées, nous les ignorons abfolument. Tout entre les diffé-
- ^ ^ ^ rents jeux de
- ce qu’on peut dire avec certitude, c’efl: que l’Orgue de Charlemagne r Orgue,peu ou imitant le bruit du tonnerre, l'harmonie de la lyre qui étoit un infi avant le quin* trument à cordes, 8c le fon perçant de la cymbale, compofée dezieme 16 deux calottes d’airain, dont l’une frappoit contre l’autre (/') , devoit avoir des jeux différents ; de même que celui de Weftminfter dans le dixième fiecle, compofé de quatre cents tuyaux (g).
- Il faut néanmoins avouer que la diftindion & l’augmentation des jeux d’Orgue, n’ont été bien connues que dans le quinzième fiecle. Ce fut alors quon entendit parler du 32 pieds, du 16pieds, du 8 pieds, du 4 pieds ou preftant, du nafard ou quinte, avec la fourniture ; on connut aufïî la trompette & la voix humaine. On inventa alors le tremblant qui n’eft qu’une tnodification du vent, & dont on s’efi: fort dégoûté aujourd'hui. La régale efi le premier jeu d’anche qu’on a trouvé ; mais tous ces jeux étoient bien imparfaits dans les commencements, comme nous les voyons encore dans quelques anciennes Orgues. Il ne paroît pas qu’on ait fait de grands progrès en Allemagne pour la perfection des jeux d’anche. Ceux qu’ils ont actuellement n’approchent pas de la beauté de l’harmonie de ceux qu on fait en France quoiqu’ils en foient les inventeurs, comme on le croit communément. Le cromorne eft venu peu après le même temps.
- Les Allemands font aulli les inventeurs du hautbois & du ballon j
- (à) Ænece fijlulœ. Villelm. Malbefibur. ibid.
- (b) Fifiulis æneis compacium. Epift. Baldric.j ad Monach. Fifcan. apud Abbatem S, Blafii, tom, 2. pag. 144.
- (c) Martene, apud eundem, nota a.
- (d) Rugitu quidem, tonitrui boatum, garrulitatem lyræ. vel cymbali, dulcedinç coæquabat. Monach. San-Gall. ibid.
- (e) Dulce melos tantum vanas deludere mentes Cœpit, ut una fuis decedens fenjibus ipfam Fcemina perdiderit vocum dulcedine vitam. Walafrid. Strab. apud Abb. S. Blafii. pag. 140.
- (/) Calmet} Dijfert. fur les Injîrum. de Mufique , pag. 97.
- (g) Capfa.
- Sola quadriagentas qucefujtinet ordine mufas» Volftanus, apudDucange.
- d
- Orgues. IV. Part.
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- xm PRÉFACE.
- mais ils n'exécutent pas li bien les jeux d'anche en général qu'en France. Tous ces jeux fe trouvoient réunis dans un Orgue de Go-thingen , confirait dans le quinzième fiecle, 8c qui fubfiftoit encore en 1615. On peut donc regarder ce fiecle comme l’époque où l’on xxxi. a commencé à augmenter 8c à perfectionner la connoiflance de l'Or-quSeme ^ie- Sue 3 en un Éïiot, à y faire des progrès bien fenfibles. On s’appliquoit de qu’on a fur-tout beaucoup à lui faire rendre un fon mélodieux & fort doux, faire des pro- On ne comprend guere Prætorius, Auteur Allemand, lorfqu’il dit
- grès bien fen- # # 1
- fibles dans la" qu’il y avoit des Fadeurs qui accordoient les différents jeux de l’Or-
- perfedion de t
- l’Orgue; quon gue en ut fa, re fol, mi la: apparemment il faut prendre ces tons pour
- a inventé des J . . , . , , \
- jeux, &c. des quintes; ce qui doit s entendre principalement delà fourniture, 8c des quintes que nous appelions nafards : c’eft aufli dans le quinzième fiecle que les Orgues fe multiplièrent; on en faifoit beaucoup de toutes les efpeces.
- xxxil. Il eft difficile de concevoir qull fallût à l’Orgue de Weftminfier 'desS°UOrgues 2 6 foufflets pour quatre cents tuyaux qui compofoient tout cet faTte s/Très- Orgue au dixième fiecle ; tandis qu’aujourd’hui nous faifons jouer qu’au^dlxlep-un Orgue de deux ou trois mille tuyaux, avec 4,5 ou 6 foufflets. Ces nemefiecle. fouffleries dévoient être bien groffieres 8c bien imparfaites, puifque foixante-dix hommes vigoureux employés pour la mettre en mouvement , n’en venoient à bout qu’avec beaucoup de peine. Le vent (a) étoit reçu dans une grande caifle (6) d’où il fe diftribuoit aux quatre cents tuyaux par autant de trous.
- En 161 j, la foufflerie de l'Orgue d’Halberftat étoit compofée de vingt foufflets : il falloit 10 hommes pour la faire jouer. Les foufflets fe tenoient comme fulpendus à une perche horifontale. D’un pied, ils fouloient un foufflet, 8c avec l’autre pied ils en relevoient un autre, à peu près comme on fonne les grofles cloches en les foulant. Ces foufflets n’étoient point chargés comme les nôtres. On at-tachoit bien fortement un fabot de bois fur l’extrémité de la table fupérieure de chaque foufflet. Le. Souffleur mettoit un pied dans le fabot d’un foufflet, 8c l’autre pied dans le fabot du foufflet voifin: Ç’eft ainfi qu’il relevoit l’un 8c fouloit l’autre en s’y appuyant de tout le poids de fon corps. De cette manœuvre, qui devoit être bien fati-
- (a) Bijfeni fupra fociantur in ordine folles,
- Infer iufque jacent quatuor atque decem Quas agitant validi feptuaginta viri ;
- Brachia verfamés, multo & fudore madentes} Certatimque fuos quifque movet focios,
- Viribus ut totis impellant fiamina furfum.
- (b) Et rugiat plem capja referta finu,
- Sola quadragintas quæ fufiinet ordine mufasi Volftan, apud Ducange.
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- PRÉFACE. xv
- gante, il refultoit néceiTairement un vent fort inégal, à raifon de l’inégalité du poids de chaque homme, dont la différence pouvoit aller à plus de cinquante livres. On conçoit de-là, qu’il n’étoit pas poflible de bien accorder un Orgue. Il eft même étonnant qu’on n’eût pas encore trouvé le moyen de rendre cette opération moins difficile.
- Les Anciens n’ont parlé de leurs fommiers que d’une maniéré fort xxxnî. vague. Guilhaume de Malbelburi parle d’une grande concavité ou danfie”a”cien-caiffe, d’où le vent, diftribué dans les tuyaux par un grand nombre nes °rsuiss‘ de trous (a), leur faifoit rendre un fon mélodieux. L’Orgue de Weft-minfter, que le Moine Wolftan exalte fi fort dans fes vers (b), avoit une grande cailfe, où l’air réuni de % 6 foufflets fe trouvoit fort comprimé. Il paroît que les quatre- cents tuyaux qui compofoient cet Orgue étoient implantés fur cette caiffe.
- On ne voit pas que dans les anciennes Orgues il foit fait mention xxxiV. de foupapes ni de regiftres. Néanmoins, il eft difficile de croire , SouPaPe5
- r r ^ dans les ancien*
- que dans des Orgues confidérables, comme celui de Weftminfter,nes. °r<?ues *
- * ° - mais point d©
- on ait laiffé parler tous les tuyaux à la fois. Quel bruit confus en au- regiftres. roit-il dûréfulter? Il faîloit donc qu’il y eût des pièces au moyen defquelles l’embouchure des tuyaux fût ouverte ou fermée au vent, félon qu’il étoit néceffaire pour les airs qu'on vouloir jouer. Comment fe perfuadera-t-on que l'Orgue de Gothingen, qui avoit un fi grand nombre de jeux, n’eût point de regiftres pour donner le vent à chaque jeu en particulier, félon ceux qu’on vouloit faire parler?
- Mais une preuve qu’il n’en avoit pas, c’eft que vers la fin du feizieme fiecle, un fommier qui n avoit qu’un feul regiftre, fut regardé comme une merveille. Voici le fait tel qu’il eft rapporté par Prætorius, dont l’ouvrage fut imprimé en 1615.
- Il y a peu d’années, dit-il, qu’on trouva dans un Monaftere de Xxxv, l’Evêché de Wurtzbourg un ancien fommier fait par un Moine. ceifeP°dueprl" Un nommé Thimothée, Faéleur d’Orgues, le raccommoda, & lemier reglftre* fit fervir pour un Orgue qu’il étoit chargé de renouvelles Ce fommier avoit des gravures Sc des foupapes. Ce Faéteur arrangea le tout pour que les tuyaux ne parlaffent pas tous à la fois. A cet effet, il y avoit un regiftre, & chaque tuyau avoit fa foupape particulière. Ce fommier étant ainfi refait, fut admiré par des Hollandois, des gens
- {a) Aquæ calefaUx violemia ventus emergens, im- (b) Et rugiat pleno capfa referta Jim* plet concavitatem barbiti, O* per multiforatiles tran- Sola quadragintas quœ fujlimt oràine mufas»
- Jitus j Rinzije fifiulæ modalatos clamores emittunt.
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- XVJ
- P R E F A CE.
- XXXVÏ.
- Claviers d’Orgue : combien ils étoient imparfaits dans les commencements.
- XXXVII. Première invention du clavier de pédale.
- des Pays-Bas & du Brabant qui vinrent le voir, & en prirent fefprit & la méthode. Cette nouvelle invention ne fut connue que bien tard en France. Perrault, dont la traduction de Vitruve fut imprimée pour la fécondé fois en 1684, témoigne dans fon ouvrage (a) que les Orgues de Notre-Dame de Paris, 8c de Notre-Dame de Reims, n’avoient quun feul jeu de 20 tuyaux fur chaque marche, fans aucun regiftre. Perrault ne.fe feroit-il pas trompé en difant quil n’y avoir pas d’autres regiüres dans ces deux Orgues 1 Ces 20 tuyaux fur marche, qui étoient vraifemblablement ce qu’on nomme le plein jeu, étoient fur un feul regiftre; mais s’enfuit-il qu’il n’y eût pas d’autres jeux avec d’autres regiftres? Au relie, il ne s’explique pas plus clairement.
- Les claviers d’Orgue étant deftinés à faire ouvrir les foupapes, il faut qu’il y ait eu des claviers, aulïi-tôt qu’on a imaginé de faire parler les tuyaux, non pas tous à la fois, comme auparavant, mais chacun en fon rang, félon qu’il convenoit à la piece qu’on vouloit jQuer. On peut donc croire que les claviers font auffi anciens que les foupapes. Dans les commencements ils étoient fort grolïiers. Tant qu’ils n’eurent qu’une oftave d’étendue, on ne les touchoit qu’avec la main droite. Dans la fuite, on les étendit du côté des baffes , & alors on commença à toucher l’Orgue des deux mains. Les premiers claviers à la main, qui n’avoient que depuis 9 touches jufqu’à 13, étoient de cinq pieds fix pouces de longueur, chaque touche ayant cinq à fix pouces de largeur. Ils étoient fi durs à baififer ou à enfoncer, qu’on ne touchoit l’Orgue qu’à coups de poing. L’ancien Orgue de la Cathédrale de Magdebourg, avoit un clavier de 16 touches , de 3 pouces de large chacune, ce qui faifoit pour tout le clavier 48 pouces de longueur. Cette efpece d’Orgue a fubfifté dans le même état pendant plus de 300 ans. Il n’y avoit qu’un feul clavier à la main avec celui de pédale, 8c on y jouoit un trio malgré fon peu d’étendue.
- Un nommé Bernard, dit l’Allemand , très-habile Muficien à Ve-nife, fut le premier qui augmenta les jeux de l’Orgue, 8c inventa les pédales qu’il faifoit jouer par des cordelettes (<£).
- Dans le nouvel Orgue d’Halberftat, on a mis trois claviers 8c celui de pédale ; mais il n’ont guere plus d’étendue que le clavier de l’ancien Orgue conftruit dans cette Ville en 1361, & renouvellé en
- (a) Lib. 10. ch. 13,.
- (b) Sabelliçus, Libr. 8. mm. 10, en 1470.
- I42p
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- PREFACE> xvij
- 3:425 : il a toujours fallu le toucher avec les poings. A iüefure qu on a augmenté le nombre des touches , on a diminué leur largeur ; en forte que le même efpace qu’il falloit pour une quinte, eft devenu fuffifant pour une odave. Quand on a commencé à toucher l’Orgue avec les doigts , il a fallu néceffairement rétrécir encore les touches.
- C’eft vers le commencement du 13e. fiecle qu’on a commencé à xxxviïL
- Commencé*»
- faire la gamme chromatique. La première fut faite a Venue, dans ments de là l’Eglife de S. Sauveur ; & le premier clavier chromatique ne fut que matique*C r° de deux odaves.
- Il ne faut pas croire qu’un feûl Àrtifte ait porté l’Orgue aü degré xxXix. de perfedion où il eft aujourd'hui. Une machine fi compliquée, & nômbrecTArtif
- , * . , M rr \ • ' rr ' • 3 tes ont contrit
- dont les details lont étonnants, doit neceliairement avoir un grand buéfucceffive-nombre d’Auteurs qui fe font fuccédés les uns aux autres. D’après ™se!orgueTau la foible idée qu’on a pu donner de fes commencements, il eit cdnf- f^om^ITis tant que cet Inftrument, foit hydraulique, foit pneumatique, étoit ^ informe & grolîler, incapable de plaire ou de fixer l'attention. Eft-il donc furprenant qu'on n’ait pas été plus exad à nous tranfmettre les noms des Inventeurs! Ses progrès enfuite ont été fi lents & fi peu fenfibles, qu’à peine ils ont été apperçus : cen’eft qu après une révolution de plufieurs fiecles, qu’il eft arrivé au point de perfedion où nous le voyons préfentement ; les uns y ayant réformé ou perfectionné certaines parties, d’autres en ayant ajouté ; & ainfi fuccefïlve-ment en différents temps. Il ne faut donc pas être furpris qu’on nous ait lailfé ignorer les noms de prefque tous ceux qui ont contribué en quelque chofe à la perfedion de l’Orgue*
- Depuis le Prêtre George, Vénitien, qui fut appelle à la Cour de
- . f . Noms de quel*
- Louis le Débonnaire, pour le premier Orgue qui ait été introduit ques Artiftea dans les Eglifes, les noms de tous les autres Fadeurs font reftés dans l’oubli jufqu’au quatorzième & quinzième fiecles, où l’on eut foin de mettre dans l’Orgue d’Halberftat, deux infcriptions contenant le nom de celui qui avoit conftruit celui de cette Eglife en 1361,
- Sc de celui d’un autre Artifte qui le renouvella en 1495. preml^ qui étoit Prêtre, fe nommoit Fabri, & le fécond, Grégoire Kleng.
- Nous avons dit que l’inventeur du premier regiftre, dont on ait con-noiffance, étoit un nommé Timothée: l’inventeur du clavier de pédale, étoit Bernard, dit l’Allemand. Henri Trendorf, Fadeur d’Qr-Or GUES. IV. Part. e
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- XV U]
- PREFACE.
- XLT.
- gués, fit commencer le clavier de pédale par A mi en Tan 1475. Conrad Rotemburges, natif de Nuremberg, fils d’un Boulanger , étoit célébré dans l’Art de la Facture de l’Orgue. Il en fit un très-confidérable pour le Chapitre de Bamberg, 8c un autre pour les Cordeliers de Nuremberg. Il les avoit fabriqués dans le même goût que les autres Orgues de ce temps-là: mais 18 ans après, c’eft-à-dire, en 1493 > ce même Fadeur fit à celui du même Chapitre de Bamberg, un changement qui confiftoit à faire commencer le clavier de pédale en G re fol: mais il l’augmenta très-peu dans les deffus. Il fit de même commencer le clavier à la main en G re fol, & il l'augmenta d’une odave ; fur quoi il faut obferver que cette augmentation de touches l’obligea de porter jufqu’à dix le nombre des foufflets, tandis qu auparavant il n’y en avoit que huit. Ces foufflets avoient fept pieds fix pouces de longueur , fur deux pieds trois pouces de largeur. Les Auteurs ne font aucune mention de leur conftrudion. Nous ne con-noiffons guere la mefure de leur pied : apparemment il étoit affez approchant du nôtre.
- L’imperfedion des Orgues pendant plufieurs fiecles, le fon aigre d^manciennes & bruyant que rendoient les tuyaux d’airain ou de cuivre, le bruit deTré'pugnan- du tonnerre , le fon perçant de la cymbale qu’ils imitoient, le fai-àeies admettre fixement qu’ils caufoient, le recueillement & la piété qu’ils trou-dans les Egh- bloient, voilà fans doute les principaux motifs des oppofitions qui s’élevèrent, lorfqu’il fut queftion d’introduire ces Inftruments dans les Eglifes. Cet ufage elfuya des contradidions dans le douzième fiecle, foit de la part des Catholiques, parmi lefquels on remarque le bienhèureux Alrede, Abbé de Rhiéval, foit de la part des Héréti-xlii. ques Pétrobrufiens, avant-coureurs des Albigeois. Baudry, Evêque Orguesgedans de Dol, prit la défenfe des Orgues contre les premiers, & Pierre le les Eglifesvénérable contre les autres. Ils fe fondoient l’un & l’autre fur l’e-dry & par Pier- xemple de David 8c d’Elifée, dont les Inftruments de mufique avoient
- re le Vénéra- r # *
- bIe« produit des effets merveilleux; ceux de David fur Saül, & ceux du
- Prophète Elifée fur lui-même. Ils alléguoient auffi les paffages des Pfeaumes, où il eft dit de louer Dieu avec des Inftruments à cordes & avec l’Orgue. Saint Thomas (a) ne paroît pas touché de ces raifons, & il fe montre peu favorable à l’ufage de l’Orgue dans les Eglifes. Il y en avoit néanmoins en Italie, en Allemagne, en Angleterre 8c en
- (a) 2. 2. Q.91. a. 2. ad 4.
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- PRÉFACE.
- xix
- France ou l’ufage de l’Orgue étoît ancien. Dans le Monaftere de Cave en Italie (a) , on avoit joué de l’Qrgu.e à la dédicace de l’Eglife faite par Urbain II, qui a régné depuis 1088, jufqu’à 1099. ^ >' en avoit dans l’Eglife de Meaux (b) en 1221, comme nous le verrons bientôt.
- Au quinzième fiecle, Gerfon, cité par M. de Saint-Blaife, témoi- xliîî. gne (c) que l’ufage de l’Orgue, tel qu’on étoit parvenu à le conf-Gerfon. truire depuis peu de temps, c’eft-à-dire, avec des tuyaux de plomb & d’étain, <& des claviers qui jouoient fans effort & par le feul mouvement des doigts , n’avoit rien que de raifonnable , & que c’étoit le feul Inftrument de mufique que l’Eglife eût retenu pour l’office divin.
- L’efprit de l’Eglife a été de régler l’ufage de l’Orgue plutôt que xlîv,
- * Réglementé
- de le bannir. Le Concile de Cologne (d) de Tan 1536* blâme l’ufage des Conciles» où l’on étoit dans certaines Eglifes, d’omettre en tout ou en partie» dm^de^i’fe fous prétexte de l’Orgue» certains articles principaux delà Lyturgie, divin. ^ comme l’épître, le fymbole, la préface & l’oraifon dominicale: c’eft pourquoi il ordonne de retrancher cet abus. Dix ans auparavant» le Concile de la Province de Sens (e), tenu à Paris» après avoir déclaré que l’Eglife a reçu de fes Peres l’ufage des Orgues» pour fervir à l’of> fiiee divin, défend d’y jouer des airs lafeifs » & rien qui ne foit digne de la divine pfalmodie. Enfin » le Concile de Trente (/) dans la 22e.
- Seffion tenue le 17 Septembre 1562» où fut rendu le Décret fur la célébration du S. Sacrifice de la Meffe» recommande aux Supérieurs Eccléflaftiques» de bannir de l’Eglife » foit dans fes Orgues» foit dans le chant » toute mufique ou il fe mêleroit quelque chofe contre la décence & la pureté des mœurs.
- Pour achever cette partie hiftorique, nous obferverons que l’in- xtv. terdit jetté fur une Eglife » tomboit également fur les Orgues (g). gSierffur^S Une coutume plus finguliere encore» quoique fort ancienne» c’eft £0^ que l’ufage de l’Orgue étoit fufpendu » jufqu'à ce que le Clergé du lieu » où il y en avoit» eût fatisfadion des torts qu’il prétendoit avoir reçus. Cette difeipline fe prouve par une lettre d’Amaury, Evêque de Meaux, de fan 1221, à fon Chapitre; &par un ade capitulaire
- (a) D. Martenne, apud Abb. S. Blafii. tom. 2.
- (b) Gall. Chrift. in Amalricio Epifcop. Melden.
- (0 Tom. 3. oper. 2. p. pag. 628.
- Cd) Concil. Colon, I.part. 2. cap. 12. Labbe, tom. '14. pag. jo6.
- (e) Concil. Sm. ann. 1525. in Decreiis morum« cap. 17. Labh. tom. 14. pag. 471.
- (/) Conc. Trid. Sejj. 22. Decretum de obfervandii & vitandis in celebratione MiJJis.
- (g) W^illelmus Neubregenju, apud Ducange*
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- ocx PRÉFACE.
- du Chapitre de Lyon, de Tan 1374* qu*on peut voir dans Ducange. Ce dernier aûe prouve, contre l’opinion commune, que dans le quatorzième fiecle, il y avoit des Orgues dans l’Eglife de Lyon*
- (
- SECTION SECONDE.
- Analyfe de cet Ouvrage.
- TTo ut cet Ouvrage eft divifé en quatre Parties. Dans la première* on fait connoître l’Orgue à fond. Dans la fécondé, on enfeigne à le conftruire. Dans la troifieme, on inftruit les Organises de tout ce , qui peut être de leur compétence, par rapport à la Facture de l’Orgue : & dans la quatrième, on traite des différentes efpèces de petites Orgues. On va détailler un peu plus le contenu de ce Traité, pour en donner une idée.
- Première Partie,
- L A première Partie contient fix Chapitres. Le premier n’eft qu’un petit Traité de Mécanique * tel qu’on l’a cru convenir à de fimples Ouvriers apprentifs, qu’on a toujours eu en vue; les Maîtres n’en ont pas befoin. On a fur-tout expliqué les trois genres de levier ; les leviers contigus, la direction des forces; & enfin, on y fait connoître la nature des poulies : tout cela étant d’un ufage continuel dans la mécanique de l’Orgue.
- On trouvera dans le Chapitre fécond * quelques notions de la Menuiferie ; on en indique fort fuccinâement les principaux affembla-ges, Sc on donne la conftrudion de plufieurs figures de Géométrie-Pratique.
- On décrit dans le Chapitre troifieme , les outils nécelfaires au Faûeur d’Orgues, & on y apprendra à fabriquer foi-même ceux qu’il n’efl: pas facile de fe procurer chez les Marchands ou chez des Ouvriers.
- Dans le Chapitre quatrième, on fait connoître tous les jeux de FOrgue, tels qu’ils font en ufage en France: tous les jeux à bouche, ouverts; ceux qui font bouchés & à cheminée, à fufeau ; les jeux de fond & de mutation ; les jeux fimples & les jeux compofés ; ceux
- qui
- V
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- PRÉFACE.
- qui ne font que pour les baffes, 8c d’autres qui font pour les deifus feulement. On décrit enfuite les jeux d’anche dans le plus grand détail.
- Dans le Chapitre cinquième, on donne les diapafons de tous les jeux de l’Orgue, c’eft-à-dire, les dimenfions de tous les tuyaux de chaque jeu en particulier, tant des jeux à bouche que des jeux d’anche. Celui de la trompette eft de M. Cliquot, Faéteur d’Orgues du Roi, à Paris.
- Le Chapitre fixieme, contient la defcription particulière de chaque piece qui entre dans la compofition de l’Orgue; comme des buffets d’Orgue, des fommiers de différente efpece,des pièces gravées, des petits porte-vents pour les tuyaux portés ; des claviers, foit à la main, foit de pédales; des abrégés, de leurs tirages, avec ceux qui conviennent au pofitif; de tous les mouvements; des tirants de plufieurs efpeces ; des balanciers, des enfourchements, des bafcu-les ; des deux tremblants ; de la foufflerie ; des grands porte-vents ; 8c enfin, de tout l’enfemble du mécanifme & des tuyaux, avec la difpofition de toutes ces pièces. On explique comment toutes ces pièces font dilpofées, arrangées, pofées pour remplir comme il faut leurs différentes fondions. Comment on difpofe le récit, l’écho, les pédales, le pofitif, 8cc. Là fe termine la première Partie.
- Seconde Partie.
- Cette fécondé Partie embraffe dans le plus grand détail, la fabrication de toutes les parties de l’Orgue dont on a donné la connoif-fance dans la première Partie : elle eft divifée en onze Chapitres. Le premier contient des avis à ceux qui veulent faire conftruire des Orgues ; aux Architectes & aux Menuifiers, relativement à un buffet d’Orgue. On y fait connoître les principales proportions des tourelles fuivant la grandeur de l’Orgue qu’on veut conftruire : comment il faut pofer 8c arrêter folidement le buffet.
- Dans le fécond Chapitre, on enfeigne tous les procédés néceffaires pour conftruire un grand fommier : quelles proportions fur-tout on doit y obferver ; quelles précautions il faut prendre pour qu’il ne s’y trouve aucun des défauts qui s’y rencontrent affez fouvent, comme des emprunts, des cornements, des altérations, &c. On y fait remar-Orgues. IV. Part. f
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- xxij PREFACE.
- quer les réglés pour les largeurs & la profondeur des gravures, les longueurs des foupapes, les largeurs des regifires, les grandeurs de tous les trous ; on fait voir comment il faut confiruire le fommier du pofitif, du récit, de l’écho, des pédales. On y traite en particulier d’un fommier de pédale à 18 jeux. On fait enfuitefur tous ces fom-miers des réflexions qui contribueront à une plus ample inftruâion pour apprendre à travailler par principes. On y enfeigne auffi à conf-truire d’autres fommiers pour différentes Orgues. Pour un 32 pieds, pour un grand & un petit 16 pieds, un grand & un petit 8 pieds, & enfin pour un 4 pieds. On donne les réglés de fommier pour toutes ces Orgues.
- On trouvera dans le Chapitre troifieme, la conflruâion des claviers à la main, des abrégés, des tirants, des tournants & des balan* ciers. On y explique d’abord comment fe fait la diviiion des touches d’un clavier à la main ; comment on en fait le panneau ; comment on l’ajufte dans fon chaffis ; comment on en fcie les touches. On donne des réglés pour la conflruâion du chaffis, & pour déterminer avec le plus davantage le point de fufpenfion. Lorfqu’il y à plufieurs claviers, le détail de la fabrication fe multiplie, non-feulement en raifon du nombre des claviers, mais encore par toutes les opérations qu’on eft obligé de faire de plus pour les faire jouer & convenir enfemble On trouvera auffi dans ce Chapitre, la maniéré de fabriquer tout ce qui concerne le clavier de pédale. On y décrit tout ce qu’il faut obferver pour faire les abrégés & leurs tirages ; & pour la conflruâion des tirants, des tournants & des balanciers.
- Dans le Chapitre quatrième, on traite de la conflruâion des fouffiets, ce qui demande un grand nombre d’opérations. On donne un nombre de réglés pour trouver les groffeurs des grands porte-vents, à proportion de la grandeur de l’Orgue , du nombre & de la qualité des jeux qui doivent y entrer. Un foufflet bien fait eft un ouvrage confidérable. La conflruâion des tables ; la maniéré de mettre les charnières de cordes; celle de couper la peau ou lé cuir, le coller proprement & folidement ; coller le parchemin ; monter le foufflet; y appliquer les brides & les rabats, les pièces, les coins, les aines ; donner les proportions convenables aux foupapes ; les garnir &c. voilà une partie du détail qu'il faut fuivre dans ce travail : on y trouvera le tout expliqué.
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- P R E P A CE. xxiij
- On décrit dans le Chapitre cinquième, la conftruéHon des tuyaux de bois : la maniéré d’en bien faire les joints, d’en faire les pieds,les bifeaux, de les emboucher, d’en faire les tampons.
- Le Chapitre fixieme, contient la maniéré de connoître le degré de finelfe de l’étain ; de le fondre auffi bien que le plomb, ou pouf mieux dire, l’étoffe (dont on donne la compofition) pour en faire les tuyaux de l’intérieur de l’Orgue. On décrit la forme du fourneau; quatre, maniérés de contraire la table à fondre & de la garnir ; deux maniérés de couler les tables d’étain & d’étoffe.
- On trouvera dans le Chapitre feptieme, la maniéré de faire les tuyaux d’une montre d’Orgue, ce qui exige un affez grand nombre d’opérations ; il faut faire le plan & la diftribution des tuyaux, félon la grandeur & la difpofition du buffet qu’on fe propofe de remplir. Il faut préparer les tables d’étain , & les forger : on donne deux maniérés de faire cette opération, l’une à la main, & c’eft l’ancienne méthode ; l’autre au moyen d’une machine, avec laquelle un feul homme avance plus en un jour, que dans huit lèlon l'ancienne méthode, & même l’ouvrage fe trouve mieux fait : enfuite on dreffe les tables on les liffe, on les rabote , on les polit & on les brunit; enfin, on fait les tuyaux, c’eft-à-dire , qu’on les taille, on les roule, on les foude, on releve les éculfons, on embouche les tuyaux Sc on leur donne le luftre. Telles font les opérations qui font amplement détaillées dans ce Chapitre.
- Dans le huitième, on enfeigne à conflruire tous les tuyaux d’étain & d’étoffe qui font deflinés à remplir l’intérieur de l’Orgue, & premièrement les tuyaux à bouche. On explique comment il faut tailler les tuyaux avec leurs pieds : après cela vient la maniéré de les-ajufter enfemble, de leur marquer la bouche avec le trace-bouche ; de rouler les tuyaux, de les préparer pour les fouder : la compô-fition des différentes foudures ; enfin, de les fouder & de les emboucher : la maniéré de tailler les tuyaux à fulèau, ceux à cheminée, & les coniques : les méthodes pour faire avec diligence , fans courir le rifque de fe tromper , les tuyaux de fourniture & de cymbale; On entre enfuite dans la defcription de tout ce qui concerne les jeux d anche : leurs différentes formes ; la maniéré de les tailler, de les rouler fur des moules qui leur font propres; de faire les anches, les languettes, les rafettes, &c. de pofer le tout; de faire les noyaux
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- xxiv PREFACE.
- félon leurs différents numéros; les faux noyaux ou bagues ; enfin , de faire leurs pieds conformes aux differents numéros des noyaux, &c.
- Le neuvième Chapitre renferme la maniéré de monter, de pofer toutes les machines qu’on a enfeigné à fabriquer dans les Chapitres précédents, avec tous les tuyaux , ceft-à-dire, de monter toutl’In£ trament. Ce Chapitre, qui eft néceffairement le plus long de tous, eft divifé en fept feâions. Dans la première, on fait voir comment il faut pofer une foufflerie, avec tout ce qui l’accompagne. Dans la fécondé, on enfeigne à pofer le grand fommier avec tous les autres fommiers. Dans la troifieme, on verra la maniéré de faire la diftri-bution du vent de la foufflerie à chaque fommier en particulier; dans quels cas on doit féparer les vents. 11 s’agit dans la quatrième de pofer les abrégés, les claviers, &c. de faire jouer le tout. Dans la cinquième, comment on doit dilpofer Sc faire tous les fupports Sc autres pieces néceflaires pour faire jouer facilement & avec jufteffe toutes les differentes efpèces des regiftres. Dans la fîxieme, on enfeigne à pofer les tuyaux de la montre; les differentes maniérés d’attacher & d’en foutenir les plus grands pour qu’ils foient folides dans leur place; les différentes proportions des porte-vents, pour y amener le vent ; comment on pofte tous les tuyaux qui doivent être portés. Dans la feptieme enfin, on explique comment il faut pofer tous les autres tuyaux dans l’intérieur de l'Orgue. Il eft aifé de fentir que tout le contenu de ce Chapitre, dont on vient de donner une légère idée, demande un immenfe détail dans lequel on a tâché de ne rien oublier d’effentiel.
- Dans le Chapitre dixième, on explique la maniéré de faire parler les tuyaux à bouche, de les couper en ton ; de faire la partition, de donner la qualité d’harmonie convenable, & d’en égalifer les fons. On explique auflï comment on fait les mêmes opérations fur les jeux d’anche, qui fe traitent tout différemment. Lorfqu’on travaille fur tous ces tuyaux, il furvient bien des défauts dans leur fon; les uns font tardifs à parler, les autres font trop prompts; ceux-ci piaulent, ceux-là oâavient ; d’autres font fourds & d’autres font criards : tantôt ils ont le fon trop foible , & tantôt ils l’ont trop fort. On a tâché de rendre fenfibles les moyens de pratique propres à remédier à tous ces inconvénients, comme de faire bien parler les tuyaux, de les égalifer d’harmonie & de force ; enfin, la maniéré d’accorder tout l’inftru-rnent comme il faut. On
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- PRÉFACE. xxv
- Ofi enseigne dans le Chapitre onzième, la maniéré de relever un Orgue, de le réparer s’il elt néceflaire, & d’y faire même des augmentations fi on le délire. On y traite de l'entretien des Orgues. On donne le prix à peu près de chacune des différentes pièces, machines & jeux qui compofent l’Orgue. Enfin, on termine cette fécondé Partie, par la defcription du fameux Orgue de l’Abbaye de Wingar-then en Allemagne; après quoi viennent quelques réflexions fur les Orgues fans tuyaux apparents , dont on donne une idée dans la Planche 75).
- Troisième Partie.
- Cette troifieme Partie ne regarde que les Organiftes: elle contient des inftruétions pour tout ce qui peut être de leur compétence* par rapport à la faâiure de l’Orgue, contenues en quatre Chapitres. Dans le premier, on trouvera un nombre de Devis d’Orgue, dont un eft mis en forme juridique, pour faire voir comment on fait un devis & marché avec un Fadteur d'Orgue. Les Organiftes font le plus fou-vent confultés fur cet objet, principalement dans les Provinces.
- Ils font encore prefque toujours chargés aufli dans les Provinces,
- de faire des vérifications d’Orgues : on trouvera dans le Chapitre
- /
- fécond, la maniéré de la faire, & un modèle du procès-verbal qu’on doit drefler de cette vérification.
- On trouvera dans le Chapitre troifieme, toutes les inftrudions néeeflaires à un Organifte adroit 8c intelligent, pour le petit entretien de l’Orgue, qui demande beaucoup de prudence & de difcrétiôn. On entre dans le détail des inconvénients & des défauts qui peuvent fur-venir à un Orgue; on y donne les moyens d’y remédier.
- Le Chapitre quatrième Contient environ 50 mélanges des jeux, tels que les pratiquent les plus célébrés Organiftes de Paris, que j’ai confultés à cet effet. Je ne prétends pas avoir rapporté tous ceux qu’on peut faire : chaque Organifte habile & qui a du goût, en imagine un bon nombre d’autres, qui ne font ni moins harmonieux ni moins réguliers. On ne fait qu’indiquer les plus ordinaires & ceux qui font le plus en ufage*
- »
- Quatrième Partie.
- Cette derniere Partie n’étoit pas entrée dans ïé plan de irion Orgues. IF. Part. s
- (
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- XXV) PRÉFACE.
- ouvrage lorfque fai entrepris ce Traité. J’avois penfé jufqu’alors que l’Académie Royale des Sciences , qui m’avoit fait l’honneur de me charger de cet Ouvrage, ne demandoit de moi qu’un Traité fur les Orgues d’Eglife; mais des perfonnages illuftres de la même Académie, aux lumières defquels je dois déférer, m’ont engagé à y ajouter cette quatrième Partie, qui contient fept Chapitres. Il s’y agit des Orgues de concert & des petites Orgues de pluiieurs efpeces, avec l’organifaion de quelques autres Inftruments. Voici une idée de l’ordre que j’y ai fuivi.
- Le Chapitre premier contient la defcription St les devis des Orgues propres pour des grands St des petits concerts : on en donne de fix efpèces.
- On décrit dans le Chapitre fécond, les Orgues en table, de deux efpèces ; Tune fimple à un feul jeu, St lautre à deux jeux.
- Dans le Chapitre troifieme, on traite des Orgues à cylindre. On y décrit d’abord la Serinette ordinaire ; enfuite celle qui joue d’elle même, par un rouage à reffort ou à poids; d’autres Orgues plus confidérahles à manivelle. On décrit un grand Orgue d’Eglife, jouant par un cylindre St une manivelle: à cet effet, on enfeigne la maniéré de conflruire un grand St gros cylindre, avec celle de le gouverner avec facilité On explique comment on peut faire jouer par un cylindre, un grand Orgue d’Eglife déjà conftruit à l’ordinaire, en lui confervant la faculté de pouvoir être joué avec les claviers par un Organise.
- On trouvera dans le quatrième Chapitre, une ample explication fur le notage des cylindres d’Orgue. C’eft le Pere Engramelle, Religieux Auguftin de la Reine Marguerite, qui a bien voulu, par zele pour le bien public, & à ma follicitation , fe charger de compofer lui-même, tout ce que je donne fur cette matière. Ayant reconnu qu’il poffede l’Art de noter le cylindre dans un degré fupérieur, je n’ai pas cru pouvoir y faire le moindre changement : il en a même dirigé toutes les gravures.
- Le cinquième Chapitre contient la defcription du Forte-piano > St celle de fon organifation.
- On verra dans le Chapitre fixieme, l’organifation du Clavecin; St dans le feptieme, celle delà Vielle.
- i
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- XXVlj
- TABLE DES CHAPITRES
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- DES SECTIONS
- DE L’ART DU FACTEUR D’ORGUES.
- PREMIERE PARTIE.
- Connoissance de l’Orgue & des principes de fa mécanique. Page 2 CHAPITRE PREMIER. Principales notions de la Mécanique <& de la Statique. 3 Section première. Levier du premier genre, ibid, Sect. II. Levier du fécond genre. 5*
- Sect. III, Levier du troifieme genre. ibid,
- Sect. IV. Leviers contigus. 6
- Sect. V. De la direBion des forces. 7
- Sect. VI. Des Poulies. 9
- CHAPITRE II. De la Menuiferie. 11
- Sect. I. Définitions & confiruBions de plufieurs figures de Géométrie pratique. ibid.
- Sect. II. Notions des principaux ajfemblages de Menuiferie. I £
- CHAPITRE III. Defcription des Outils en ufage dans la faëlure de P Orgue» ibid.
- CHAPITRE IV. Defcription de tous les Jeux de l'Orgue. . 37
- Sect. I. Jeux à bouche.’ ibid.
- Sect. II. Defcription des Jeux d'anche, 51
- .CHAPITRE V. Diapafons des Jeux de V Orgue. 58
- Sect. I. Diapafons des Jeux à bouche. 60
- Table pour trouver les longueurs d’une oétave fervant à la conftruélion des Diapafons. 61
- Divifion d’un Diapafon. 62
- Diapafon de la Doublette. ibid.
- Diapafon de la quarte de Nazard. 66
- Diapafon des Defïus des Bourdons. ibid.
- Diapafon du 32 pieds ouvert. 67
- Diapafon du 16 pieds ouvert. 68
- Diapafon du Preftant & du 8 pieds ouvert, ibid. Diapafons des Baffes en bois des Bourdons. 69
- Diapafons des Nazards. ibid.
- Diapafons des Tierces. 70
- Diapafon du grand Cornet. 71
- Diapafon du Cornet de Récit, 72
- Diapafon du plein Jeu. 74
- Diapafon des tuyaux en bois de taille médiocre. 76 Récapitulation des diapafons des Jeux à bouche.
- ibid.
- Sect. II. Diapafons des Jeux d’anche. 78
- Diapafon du Cromorne. 83
- Diapafon du Hautbois....... On fuivra celui de la
- Planche LXXVI. ibid.
- Diapafon de la Voix humaine* 84
- CHAPITRE VI. Defcription particulière de chaque piece qui entre dans la compo* fition de la mécanique de l'Orgue.
- Sect, I. Defcription des Buffets d’Orguç. 87 Sect. II. Du Sommier. 89
- Grand Sommier. ibid.
- Sommier du Pofitif. 102
- Sect. III, Les Claviers t VAbrégé, les Tirants, les Pilotes tournants, &* Us Balanciers. 104
- Le clavier de Pédale. 110
- Les abrégés & les tirages qui portent le mouvement des claviers aux foupapes des Sommiers, Abrégé ordinaire. 112
- Abrégé des Pédales. 114
- Mouvements relatifs au clavier du Pofitif. 117 Les Tirants , les Pilotes tournants & les Balanciers. 118,
- Les Tirants relatifs au grand Sommier. - ibid. Les Tirants relatifs au fommier de Pédale. 119 Sect. IV. La Soufflerie & les Porte-vents. 120
- Les Soufflets. ibid.
- Les Gofiers. 122
- Soufflerie toute montée. 123.
- Sect. V. Les deux Tremblants. 124
- Tremblant-doux. ibid.
- Tremblant-fort. 126
- Sect. VI. Defcription de tout Venfemble de toutes les Pièces, Machines Tuyaux dont VOrgue efi compofé. 127
- Explication du deffin fupérieur de Planche L....
- Montre. 128
- Grand Sommier. ibid.
- Les Jeux qui font fur le grand Sommier, 1291 Sommier féparé pour le Récit* 132
- Sommier & Jeux de Pédale. ' ibid.
- Explication du deffin inférieur de la même Plan-
- che L.
- Grand Sommier.
- Claviers, Abrégé, Tremblant-doux.
- Récit.
- Echo.
- Pofitif.
- Pédales.
- Vue de l’intérieur d’un Pofitif.
- Coupe d’un Orgue avec celle de fon Pofitif.
- 140
- m\
- ibid.
- 134
- ibid. 136
- 138
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- TABLE DES CHAPITRES, àe.
- SECONDE PARTIE.
- Pratique de la conflrucHon de l’Orgue,
- CHAPITRE I. Avis à ceux qui veulent
- faire confiruire un Orgue auffi-bien qu’aux ArchiteBes SC aux Menuiflers, fur ce qui ejl de leur compétence refpeBive par rapport à l'Orgue. 144*
- Section I. Avis aux Entrepreneurs d'un Orgue.
- HS
- Sect. II. Avis particuliers au Menuijier au fujet d’un Buffet àûOrgue. 146
- Proportions des Tourelles pour toutes les grandeurs des Buffets d’Orgue. iyo
- Table des dimenfions des Tourelles de tous les Buffets d’Orgue. , iyi
- CHAPITRE II. ConflruBion’des Sommiers*
- 112
- Sect. I. InflruBions générales fur les Sommiers.
- ibid.
- Sect. II. ConflruBion àûun grand Sommier. iy8 Sect. Ili. ConjlruBion dûun Sommier pour un grand Pofitif. 2îo
- Sect. IV. ConflruBion du grand Sommier de Pédales. 21 y
- Sect. V. Sommiers du Récit Gr de l’Echo. Sommier du Récit. 2,20
- Sommier de l’Echo. 223
- Sect. VI. Réflexions fur les Sommiers décrits ci-deffus. 224
- Sect. VII. Plufieurs autres Sommiers. 231
- Réglé d’un grand Sommier pour un petit 32 pieds.
- ibid.
- Réglé d’un grand Sommier pour un grand 16 pieds.
- 233
- Réglé d’un grand Sommier pour un 16 pieds fans Bombarde. 234
- Réglé d’un grand Sommier pour un grand 8 pieds.
- 236
- Réglé d’un grand Sommier pour un petit 8 pieds.
- f a. • 237
- Réglé d’un grand Sommier pour un 4 pieds en Montre. ibid.
- Réglé d’un grand Sommier pour un 8 pied en Montre, avec le Pofitif enfemble fur le même Sommier. 238
- Réglé d’un Sommier pour un Pofitif ordinaire de 8 pieds. • 239
- Réglé d’un Sommier de Pofitif de 4 pieds, avec un autre pour un plus petit. 241
- CHAPITRE III. ConflruBion des Claviers 9 des Abrégés, des Tirantsy des Pilotes tournants ù* des Balanciers. 244
- Sect. I. Des Claviers à la main. ibid.
- Claviers des Pédales. 2$6'
- Sect. II. ConflruBion des Abrégés. 25*5?
- Sect. III. ConflruBion des Tirants des Pilotes Tournants des Balanciers. 269
- CHAPITRE IV. ConflruBion de la Soufflerie SC de tout ce qui en dépend. 273
- Sect. I. Maniéré de confiruire un Soufflet, ibid. Sect. II. ConflruBion des Gofiers. 25*4
- Sect. III. ConflruBion des grands Porte-vents.
- 295'
- Table de la grandeur des trous des Sommiers fur le premier Cfol ut, feulement de certains Jeux ,
- pour fervir d’éléments aux réglés des groiïeurs des Porte-vents. 297,
- Cinq réglés pour trouver les grolfeurs des grands Porte-vents. 29 8
- Méthode pour faire l’extradion de la racine quarrée.
- Note. . 299 & 300
- CHAPITRE V. ConflruBion des Tuyaux de bois. 3 06
- CHAPITRE VI. Maniéré de fondre f Etain & le Plomb y en tables propres à faire tous les tuyaux de l'Orgue. 312
- Sect. I. Connoître l'Etain, & la maniéré d'en faire Veffai. * ibid.
- Sect. II. ConflruBion du Fourneau, de la Table à fondre , £r de tout ce qui regarde la fonderie. 313*, Sect. III. Maniéré de fondre G de couler en tables l’Etain &* VEtoffe. 320
- CHAPITRE VII. ConflruBion des Tuyaux de la Montre d'un Orgue. 326
- SeCT. I. Faire le plan & la diflribution des tuyaux de la Montre. 327
- Sect. II. Préparer les Tables dû étain pour les rendre prêtes à être rabotées. 330
- Sect. III. Raboter & polir les Tuyaux. 336 Sect. IV. Faire les Ecuffons, emboucher & finir les Tuyaux. 337
- Poids de chaque tuyau d’une Montre d’Orgue.
- 3 49,
- CHAPITRE VIII. Maniéré de confiruire les Tuyaux d'étain & d'étoffe de l'intérieur de T Orgue. 330
- Sect. I. ConflruBion des Tuyaux à bouche, ibid. Poids de plufieurs Jeux à bouche. 338.
- Sect. II, ConflruBion des Jeux d'anche. ^ 3$9i
- Numéros des anches pour différens Jeux d’anche.
- 3 69
- Poids des Jeux d’anche. 378
- CHAPITRE IX. Maniéré de pofer toutes les machines & les tuyaux de l'Orgue. 37^ Sect. I. Comment il faut pofer la Soufflerie avec tout ce qui l'accompagne.. 380
- Sect. II. Pour le grand Sommier, & enfuite les • autres Sommiers.
- Sect. III. Faire la diflribution du vent de la Soufflerie aux layes des Sommiers. 389
- Sect. IV. Pofer les Claviers les Abrégés. 393 Sect. V. Pofer toutes les pièces pour faire jouer les Regiflres. 403
- Faire jouer les regiftres des Pédales. 408
- Faire jouer les regiftres du Récit. 4°9
- Faire jouer les regiftres du Sommier du Pofttifi
- 410
- Faire jouer le Tremblant-fort & le Tremblant-doux. 41:2
- Sect. VI. Pofer la Montre, y amener le vent, G* pofter les tuyaux qui ne doivent pas jouer fur leur vent. 4 î f
- Amener le vent aux tuyaux de la Montre. 416 Tables des grolfeurs des petits Porte-vents pour les tuyaux de la Montre & pour ceux qui font poftés. 417
- Sect. VII. Pofer tous les autres tuyaux dans l'intérieur de l'Orgue* 420
- CHAPITRE X.
- 1
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- TABLE DES CHAPITRES.
- CHAPITRE X. Faire parler les Tuyaux 3 faire la partition, couper les Tuyaux en ton} & manière d*accorder l Orgue, 42 S
- Section I. Faire parler les Tuyaux à bouche, les couper en ton, faire la partition, 6* égalifer le fon des Tuyaux. . . ibid.
- Maniéré de faire la partition. 42&
- Premier tableau des douze Quintes de la gamme chromatique , avec les femi-tons maximes y majeurs & mineurs qui les compofent. 43 o
- Second tableau des douze Tierces majeures com-prifes dans la gamme chromatique. ibid.
- Sect. II. Maniéré de faire parler, égalifer & accorder les Jeux Tanche. 43 ^
- Sect. III. Maniéré d'accorder VOrgue. 444
- CHAPITRE XI. Maniéré de ’ relever un
- Orgue > dy faire des augmentations > & de f entretenir. 4 S Q
- Sect. I. Maniéré de relever ou de repofer un Orgue»
- ibidi
- Sect. II. Maniéré de faire des augmentations à un Orgue. 460
- Sect. III. Entretien des Orgues. 46J
- Eftimation des différentes Machines, Pièces ôc Jeux de l’Orgue. *’' 465*.
- Noms des Jeux qui remplirent l’Orgue de l’Abbaye de Weingarthen en Suabe, dont la dé* coration extérieure efl repréfentée dans la Plan-* che LXXVII. 470
- Remarques fur certains Jeux de cet Orgue. 472 Réflexions fur les Orgues fans tuyaux apparents.
- 474
- TROISIEME PARTIE.
- Avant-propos. 477
- CHAPITRE I. Plufieurs Devis à'Orgue. 480 Modèle d’un Devis & d’un Marché pour la conf-- trudion d’un 16 pieds ordinaire. 481
- Réflexions, fur ce Devis. 489
- Premier Devis. ibid.
- Second Devis.
- Troifieme, quatrième, cinquième Devis. 492
- Sixième Devis. 45)3
- Septième , huitième Devis. - 494
- Neuvième , dixième, onzième Devis. 495*
- CHAPITRE II. Maniéré de faire la vérification T un Orgue. 49 6
- Détail de la vérification d’un Orgue. y 02
- Modèle du Procès-verbal que doit faire un Vérificateur après la vérification d’un Orgue, y 10
- CHAPITRE III. Avis à l’Organifie pour l'entretien <âr la confervation d'un Orgue.
- fi*
- CHAPITRE IV. Les principaux mélanges ordinaires des Jeux de lOrgue. y23
- Pour le plein Jeu..,. Pour le grand Jeu. ibid.
- Pour le Duo. y24
- Pour la Fugue grave. J2y
- Pour la Fugue de mouvement.... Pour la Tierce en Taille. J 2 6
- Pour le Cromorne en Taille..*, la Trompette en Taille.... pour le Trio à trois Claviers. y27
- Pour le Quatuor à quatre Claviers. 528
- Pour le Quatuor à trois Claviers.... pour toucher un fond d’Orgue.... pour toucher une Baffe de Trompette* 529
- Pour toucher une Baffe de Cromorne.... pour toucher de fimples récits de Deffus.... pour
- toucher la Voix humaine. y30
- Pour un dialogue de Cornet, de Cromorne & d’Echo.... pour toucher le Plain-chant..., pour,
- imiter la Flûte Allemande. 73 ij
- Pour imiter les petites Flûtes, ou Flûtes à bec..,* pour jouer une Mufette.... pour imiter le Fiffre..,* pour imiter le Flageolet.... Pour imiter les petits Oifeaux. y 3 %
- Pour accompagner la Voix.... Ufage des Bombar-des. s 3 %
- QUATRIEME PARTIE.
- Introduction. 737
- CHAPITRE I. Des Orgues convenables dans des Salles & dans des Chambres. y 39
- Sect. I. Compojition d’un Orgue convenable dans un très-vajle fallon, & propre pour Vufage d’un grand Concert. ibid.
- Sect. II. Compojition d’un Orgue moindre que le précédent pour une faile moins grande. 346
- Sect. III. Compojition T un autre Orgue. 347 Sect. IV. Compojition d'un autre Orgue moindre que le précédent. 349
- Réflexions fur cet Orgue. yy 1
- Sect. V. Compojition d'un autre Orgue. 332
- Sect. VI. Compojition d’un autre Orgue. 334
- CHAPITRE II. Des Orgues en table. 338
- Sect. I. Defcription d'un Orgue en table Jimple. ibid. Sect. II. Defcription d’un Orgue en table à deux Jeux. <60
- CHAPITRE III, Des Orgues à Cylindre.
- J63
- Sect. I. Defcription de la Serinette ordinaire 9 qu’on appelle aujji Turlutaine.
- £>ECT. II. Maniéré de faire jouer une Serinette ( ou
- Orgues. IV. Part.
- même un Orgue un peu plus eonjïdérable ) d'elle-même y au moyen d’un mouvement à roues £r à r effort. 5 67*
- Sect. III. Des Orgues portatives à manivelle plus confidérables. y 7 2
- Sect. IV. Conftruftion d’un Orgue de 8 pieds, pour être joué par un Cylindre, fans avoir befoin d’un Organijle. y 74
- §. I. Conftrudion d’un grand & gros Cylindre,
- y8o
- §. II. Conftruclion des pièces qu’il faut ajouter au Cylindre pour le gouverner. y83
- Faire avancer le Cylindre de gauche à droite, ou de droite à gauche, pour changer d’air, ibid. §. III. Découvrir à quel air le Cylindre fe trouve.
- §. IV. Découvrir a quelle partie de fa circonférence le Cylindre fe trouve. y8y
- §. V. Mettre le Cylindre à l’air qu’on voudra,
- ibid,
- Sect. V. ConJîruSHon d’un autre Orgue beaucoup moindre que le précédent , pour être également joué par une manivelle. 789
- Sect, VI. Moyen de faire jouer par un Cylindre
- h
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-
- XXX
- TABLE DES CHAPITRES.
- une manivelle, un Orgue déjà conftruit avec §. II. Du notage de la Barcelonnette au cadran
- des Claviers à Vordinaire, &c. de 13. 61 o
- CHAPITRE IV. Maniéré de noter un Cy- • Sect. VI. De la grojfeur des Pointes. §. I. 613
- lindre d'Orgue» 393 §• U- Du piquage du Cylindre. 614
- Sect. VII. Du notage de la Romance de M. Balbajlre fur un gros Cylindre. §. I. Obferva-
- notage des Cylindres. ibid.
- Sect. II. De la Tonotechnie ou notage des Cylindres. Des notions nécejfaires fur la Mufque , & premièrement de la valeur des notes. * 596
- §. I. De la Tenue des Notes. 5*98
- 5. II. Des lîlences d'articulation. 599 ;
- §. III. Des Tenues & des Tarées. 600
- §, IV. De la diftinétion en premières & fécondés pour les croches, & quelquefois pour les noires.
- 601
- Sect. III. Du détail des effets, avec Vexplication des caraSleres que le Pere Engramelle a imaginés pour les exprimer. 602
- Sect. IV. Ufage des principes précédents dans le
- notages des Cylindres. 604
- - I. Du notage au Cadran en général. ibid.
- *'II. Du calcul & de la combinaifon des Cadrans avec les airs. 6oj
- Sect. V. §. I. Préparation pour le notage de la Barcelonnette, 608
- tions préliminaires. 61 y
- §. II. Obfervations fur la Romance de M. Bal-baftre. 62 o
- §. III. Notage de la Romance en queftion. 624
- CHAPITRE V. Organifation d9un Piano-forte , imaginée <dr exécutée à Paris 9 par M. Lépine9 Faâleur (F Orgues du Roi. 634
- CHAPITRE VI. Organifation du Clavecin ordinaire. <*40
- CHAPITRE VII. Organifation de la Vielle»
- <*43
- Table alphabétique des Matières & des Termes contenus dam T Art du Faffeur $ Orgues» 647
- Table des Planches 9 ou Ton indique les Numéros & les Articles qui en contiennent F explication & F ufage»
- Fin de la Table des Chapitres,
- t
- *
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- Corrections & Additions a la Préface»
- a G e v, ligne 27, additions} Itfez î éditions»
- lage v/, note b, lignes % 8c 3 , gracile; /{fez : grandè.
- Page ix, note b, première ligne, in queis; lifez : en queis»
- Ibidem, //g»* 20, d'une partie ; lifez : d'une porte.
- Pag* xj > ligne 1 9, Eifage ; lifez : Elfcge.
- Corrections SC Additions a la
- Tâge xxvij, première col. entre les lignes 36 Sc 37 , mettez * Diapafon du Larigot, page 71.
- Ibidem, entre les lignes 39 Sc 40, mettez : Diapafon des tuyaux à bouche coniques , page 7*.
- Ibidem de fuite , mettez : Diapafon de la Baffe de viole , ibidem.
- Ibidem de fuite, mettez: Diapafon des tuyaux de bois pour les pédales de flûte, ibidem.
- Ibidem, ligne antépénultième, Diapafon des jeux d’anche ;
- Corrections SC Additions dans
- T AGE ? 48 , ligne a?, que l’on porte fur les côtés j lifez : que l’on pofte for les côtés.
- Page 571, ligne 27, qui eft toujours } lifez : qui y eft toujours.
- Page $ 8 r, ligne 18, d’olivier ; lifez •* d’alifier*
- Page 582, ligne première, fur fon tournant à pivot ; lifez : fur fon tourillon , ou pivot.
- Ibidem, ligne a9, les pivots en tourillons } lifez : les pivots ou tourillons.
- Ibidem, ligne pénultième, bâtis; lifez : bâti.
- Page 58? , ligne 9 , un pouce d’épaiffeur} lifez : trois pouces aépaiiïèur.
- Ibidem , ligne 34, divifion l’ouverture j lifez : divifion de l’ouverture.
- Page 587, ligne a , F F ; lifez : ED.
- Ibidem , ligne 13 , celle; lifez : celles.
- Page 5*88, à la colonne des chiffres, ligne iz, lifez ;
- 11
- Page xiij, note 9,ligne a , quadriagentas} lifez : quadringentas*
- Page xiv, note a, ligne 3, quas ; lifez : quos.
- Ibid, note b, ligne 2, quadragintas; lifez : quadringentas.
- Ibid, ligne 26, foufflets ; lifez : fouffleurs. *
- Page xv, note b , ligne a , quadragintas ; lifez : quadringentas.
- Table des Chapitres & Sections*
- ajoutez : coniques, la Bombarde, la Trompette & le Clairon, page 78. •
- Ibidem , fécondé col. entre les lignes 10 & iî, mettez : les Claviers, ibid.
- Ibidem , entre les lignes 20&21, mettez : les Tirants relatifs au fommier du pofitif, page tao.
- Page xxviij, fécondé col. ligne 40 ; Setl. II, pôur le fommier j lifez : pofor le fommier.
- Ibidem, ligne 4*» page 393 ; lifez : 19t.
- le corps de la Quatrième Partie*
- Page 189, ligne 24., voici la réglé, &c. li éz : voyez à la page précédente la réglé des barres Sc gravures du fommier propre à contenir & faire j’ouer ces jeux, avec celle-di à côté des regiûres & faux regiftres.
- Page $90 , ligne a9 , ne peuvent fervir de rien ; ajoutez t pour faire jouer l’Orgue par le cylindre.
- Page s93 , ligne ai, tadés ; lifez : tadées.
- Ibidem , ligne 27, connoîtra } lifez: connoître.
- PaSc > ligne 6, après laminoir ; ajoutez : fig.
- Page 636 , ligne io, RB , lifez : Rb.
- Ibidem , ligne 13 , ef; lifez : df, Sc df, fig. 4.
- Ibidem, ligne 19, df, fig. 1.
- Page 638 19; lifez : B, fig. a, eft.
- Page 639, //gne dernier e, E eft ; ///èz : E, fig. % , eft.
- F*g<? 640, //g«e première ; lifez : AT HI; fig. a, font*
- Page 643 > ï , plances minces} /{fez : planches minces. .
- Ibidem, ligne 24, on refermera; lifez : on renforcera.
- Corrections & Additions à la Table des Matières.
- p
- * âge 647, fécondé col. ligne 6, & quelquefois leurs pieds ; /{fez : & quelquefois leurs corps.
- Page 648 , ^ première col. ligne 40., effacez ces mots : je confeille ici de le retrancher du vernis.
- Ibidem , ligne Ç9 , ne s’altérera j //fez : n’altérera.
- Ibidem , fécondé col. ligne pénultième, a/;rèr diligence , ajoutez : chez M. Cliquot, Fadeur d’Orgues du Roi.
- Page 649, ligne 16 , rofette ; lifez : rafette.
- Ibid, fécondé col. ligne $9, en. deux coudes ; lifez : en deux cônes.
- Page 651, première col. ligne43 ,page433 ; //fez: page453.
- Ibidem , //g»e * 2, 63 ; lifez .62. J V H 6
- Ibidem, //g»e 58 , n°. 590 ; // ës? ; n°. 598.
- Page 6^z, fécondé col. ligne '37 , pour qu’il foit bien à l'équerre; lifez : pour bien feier à l’équerre.
- Page 6$3 , fécondé col. ligne 50, n°. iao8; lifez : ioa8.
- Ibidem, //g»e pénultième, & les chapes ; ///èz : & des chapes.
- Ibidem, fécondé col. ligne 49, à bouche ouverte ; ///èz : à bouche ouverts.
- Page 654, fécondé col, ligne 48 , vers deflùs ; lifez : vers fon deffus.
- Ibidem , ligne f 7 , n°. 998 ; lifez : n°. 988.
- Page ligne a8, le grand froid; ajoutez : un orage un peu confidérable, &c.
- Ibidem, ligne 3^ , l’accord; ///èz : l’écart.
- Ibid, ligne 37, la rofette ; lifez : la rafette.
- I6/d. ligne 39, accord; //fez : écart.
- Page 656. fécondé col. ligne 17, au-deflùs de chaque tirant
- ^ez : au"^effus du trou quarré de chaque tirant relpe&if fur la planche percée#
- ^a\lérécpééérem*ere C0^’ é3 > au^ qu’à ; lifez : aufli
- Page 6^, première col. ligne 6 , comme hfez; comme elle eft en elle-même.
- eft
- en elle-même ;
- Page 659ligne 44, lingotier ; /{/èz : lingotiere.
- Ibidem , //gne 48 , s'enlevent ; ///èz : s’entament.
- Ibidem , ligne J9 , page 194; /{/ez .-page 198.
- Ibidem, fécondé col. ligne 16, n8.1131 ; lifez : n°. r 13 3.
- Page (61, première col. ligne40, effacez tous ces mots : quels font les jeux d'anche qu'on peut mettre à la pédale, pag. 44, n°. ij8 —171.
- Page 661, fécondé col. ligne 24, pointe ; lifez : pointes.
- Ibid, ligne 40 , de n°. lifez : de ce n°.
- Page 663 , fécondé col. ligne 31, jeux l’Orgue; /{/èz : jeux de l’Orgue.
- Page 664, ligne 13 , voyez Notes; lifez : voyez les Notes.
- Ibid, ligne 49 , a un angle ; lifez : a un onglet. bidem, fécondé cof ligne 19 > pour un 16 pieds ; lifez : pouf un grand 16 pieds.
- Page 66$ , première col. ligne 7 , le mot en eft répété deux fois * retranchez-en un. J *
- Page 666, première col. ligne 46, lorfqu’on veut fouder, on on coupe; lifez: lorfqu’on veut fouder, on gratte d’abord & enfuite on coupe. *
- Ibid, fécondé col. lig. $ 2 , poêle ; lifez : poêlon.
- Page 667 , fécondé col. ligne 22 , il néceffaire; lifez : il eft neceffaire.
- Page 671, après la ligne 22, 'première col. effacez les cinq lignes fuivantes. *
- Page 672, première col. ligne 2, Scies Articles ; lifez : ou le* Articles.
- Page 673, à la Table des Planches, Planche 44 ,fig. *, no. 471; lifez : n°. 371.
- N. B. On n’a pas relevé ici un nombre d’autres fautes moins ef-fentielles. Le Ledeur voudra bien les corriger lui-même» Il ne faut pas au refte être forpris de ce qu’il s’en eft trouvé un nombre fi confidérable, l’imprefoon s’étant faite en l’ab-fence de l’Auteur,
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- XXXIJ
- AVIS AU RELIEUR.
- L/À r t du Faêteur d’Orgues eft fait pour être relié en un feul volume, auquel on donnera la difpofition fuivante : après le Titre , on mettra d'abord la Préface , la Table des Chapitres & Serions, & les Correôtions & les Additions ; enfuite les première , fécondé, troifieme & quatrième Parties; la Table des Matières ôc celle des Planches.
- Toutes les Planches fe mettront à la fin de tout l'Ouvrage félon l'ordre de leurs numéros : mais on obfervera de coudre dans leur place refpeétive , par le bout d'en bas oppofé à leur numéro, celles qui doivent être pliées, enforte qu'il n'y ait aucun pli qui couvre ce numéro, lequel doit toujours paroître en ouvrant le Livre dans la partie des Planches ; afin que le Leéleur ne foit jamais obligé de déployer une Planche pour voir fon numéro , qui doit fe trouver au haut, à droite.
- A l'égard des Planches Amples qui ne doivent pas être pliées, on les coudra en leur place refpe&ive, toujours félon l'ordre de leur numéro, par le côté gauche oppofé à ce même numéro; enforte que celui-ci fe préfente toujours découvert au haut, à droite de la Planche.
- Tl, y a trois grandes Planches prefque quarrées, qui font numérotées ,.L ; LXXVII; LXXVIII ; on les coudra dans leur place refpeâive ( également dans l'ordre de leur numéro, comme toutes les autres ) par le côté gauche ; elles feront pliées , enforte que leur numéro ne foit pas recouvert par aucun pli.
- Il peut fe trouver des Propriétaires de cet Ouvrage, qui feront dans le goût de faire relier féparément tout le Difcours en un volume , & de mettre toutes les Planches féparément dans un autre. On fe conformera à leur volonté.
- On retranchera les pages , 646, ôc 669 , 670, pour y fubftituer les deux cartons également numérotés.
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- L A R T
- DU
- FACTEUR DORGUES
- Par U. François Bedos de Celles , BénèdiBin de la Congrégation de Saint^Maur , dans VAbbaye de Saint Denys en France ; de VAcadémie Royale des Sciences de Bordeaux , ÔC Correfpondant de celle de Paris.
- QUATRIEME PARTIE.
- - , n — - -... '— - -
- INTRODUCTION.
- ^Lorsque j’ai entrepris de décrire l’Art du Faéteur d’Orgues * fai cru ne devoir me propofer pour objet que celles qui font en ufage dans les Eglifès* Cet inftrument paroît en effet devoir être traité en grand, pour rendre la belle harmonie qu’on eft en droit d’en attendre. Depuis ce temps* éclairé par les avis de perfonnes à qui l’étendue de leurs cônnoiflànces me fait un devoir de déférer, j’ai fenti que mon Ouvrage ne pouvoir être complet s’il n’étoit fuivi d’une quatrième Partie, qui traitât de la Fabrication de différentes Orgues qui , plus ou moins volumineufes * font l’amufement de beaucoup d’Amateurs , & le fondement de l’harmonie de différents concerts ou on les a introduites. D’ailleurs , il efl un certain public d’Amateurs qui cultivent les Arts par goût ou pour remplir les vuides que leur laiffent des occupations plus importantes, & pour qui la conftruétion des grands inftruments, tels que ceux que j’ai décrits & qu’ils ne peuvent fe procurer, efl peu intérêt faute. C’eft donc en leur faveur que je me luis cru obligé de donner des Orgues. IV. Part. Xxxxxx
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- 538 INTRODUCTION.
- réglés pour conftruire ces Cabinets d’Orgues qu’un Artifte adroit peut exécuter lui-même. Plufieurs Curés, difperfés au milieu des campagnes , cherchent à charmer les moments que leur laiflent les refpeélables & pénibles fonctions du faint Miniftere par différents exercices de leurs mains. A Taide de ce Traité, ils pourront tourner de ce côté leur induftrie, & contribuer , même par leurs amufements, à Tornement de la Maifon du Seigneur & à la magnificence de fbn culte. Je tâcherai de faire connoître tous les procédés qui concourent à la réuffite des pièces fouvent très-minucieufès, qui pour-roient caufer quelqu’embarras à ceux qui voudraient les exécuter ; mais j’avertis, en même temps, que je fuppoferai toujours qu’on a lu & bien compris le contenu de tout l’Ouvrage qui a précédé. Il ne convient pas en effet de répéter ici comment on conftruit les Claviers , les Sommiers, toutes les efpeces de Tuyaux,, les Soufflets & tout le refie de l’Orgue : il faudrait pour cela un gros volume ; ainfi cette préfente Partie fuppofe néceflairement les autres , on fera indifpenfablement obligé de les lire & de les étudier. Je ne ferai ici qu’indiquer les chofes & les maniérés;
- Je diviferai cette quatrième Partie en fept Chapitres ; dans le premier, je décrirai des Orgues propres pour de grands & de petits concerts , pour des grandes falles, des chambres , &c ; & enfin les plus petites Orgues que l’on faffe communément : on en verra de fix efpeces. Dans le fécond Chapitre, je traiterai des Orgues qui ont la forme d’une table ordinaire : j’en donnerai de deux fortes, l’une fimple ou à un feul jeu , & l’autre à deux jeux. Dans le troifieme , j’expliquerai la conftruétion des Orgues qui jouent par un cylindre * mis en mouvement, foit avec la main par une manivelle, foit par un rouage à reffort ou avec des poids : ainfi on y verra la defcription de la Serinette ordinaire , de celle qui va d’elle-même à reflbrt *, en un mot, de toutes ces Orgues portatives à cylindre, même affez confidérables. J’y donnerai la conftruélion d’un grand Orgue d’Eglife, qui peut fe jouer par une manivelle & un cylindre : on y trouvera la maniéré d’exécuter un grand Sc gros cylindre; de le gouverner & d’en faire ufage : j’y décrirai les moyens de faire l’application du cylindre à un Orgue d’Eglife, déjà conftruit à l’ordinaire, en lui confervant toujours la faculté d’être joué par les claviers ordinaires. Dans le quatrième Chapitre , je décrirai la maniéré de noter fur un cylindre f toutes fortes d’airs & de pièces à une ou plufieurs parties. Dans le cinquième; je donnerai la defcription du Forté-piano avec fbn organifàtion. Le fixieme contiendra celle du Claveffin ; & le feptieme & dernier Chapitre , fera pour l’organifation de la Vielle.
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- 539
- CHAPITRE PREMIER.
- Des Orgues convenables dans des Salles ou dans des Chambres.
- O N peut faire , pour des falles de concert ou pour tout autre appartement,' des Orgues de bien des maniérés , félon la grandeur de la piece qui doit le contenir, félon 1 ufage auquel on le deftine, & félon la dépenfè que Ton veut y faire. Si l’Orgue eft pour une bien grande falle, & quon le defline à fervir dans un grand concert , il convient de le compofer de façon à produire l’effet qu’on doit en attendre. Nous allons en décrire de plufieurs efpeces , depuis le plus confidërable, pour un femblable ufage , jufqu’au plus petit, dans autant de Seétions, afin qu’on ait lieu de choifir le devis convenable à l’objet qu’on fe propofe & à la dépenfe qu’on veut faire.
- Section première.
- Compojition d'un Orgue convenable dans un tres-vafie Salon y ÔC propre pour Vufage d'un grand Concert.
- 1294. Il faut d’abord oblerver qu’il eft à propos de compofer um pareil Orgue un peu autrement que s’il étoit pour le Service divin dans une Eglife. L’ufage qu’on en fait dans ^un concert eft différent à plufieurs égards : on ne joue point dans un concert de ce qu’on appelle verfets ; on ne le touche guere tout feul, fi ce n’eft pour quelque concerto , ou quelqu’autre piece y pour entendre un habile Organifte qui aura une main fort brillante. Il eft fur-tout néceffaire de fournir cet inftrument de tout ce qu’il y a de mieux entre tous les jeux de 1 Orgue pour les accompagnements, afin de fortifier la fymphonie, au cas que quelquefois elle fe trouvât un peu foiblé. Il convient encore de le fournir d’un grand jeu affez fort pour augmenter l’effet dans les grands chœurs, fans cependant lui rien ôter de la douceur de l’harmonie.
- 129J. On appelle plein-jeu dans un Orgue, le mélange d’un certain nombres de jeux, qui réunit tout ce que l’harmonie a de plus brillant, de plus plein & de plus moelleux. Malgré toutes ces belles qualités , je ne lais quel préjugé le fait profcrire de toutes les falles de concert. Il faut, dit-on y le reléguer dans les Eglifes ; eft-ce refpeéi, eft-ce mépris ? Peut-être en effet conviendroit-il que cette belle partie de l’Orgue ne fervît exclufivement qu’à contribuer à la majefté des louanges de Dieu ; mais ce n’eft pas vraifembla-blement là ce qu’on veut dire» Le peu de religion dont on femble faire
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- 540 FACTEUR D’ORGUES , IV. Part. Chap. 1.
- parade dans ce fiecle , ne voudroit-il pas jetter du ridicule fur ce genre d’harmonie , dont on eft fouvent ennuyé dans le Temple du Seigneur, où un refte de refpeél humain nous conduit encore? Mais ce neft pas ici le lieu d’approfondir la véritable raifon de ce dégoût. Si le plein-jeu avoit le mérite de la nouveauté , on verroit 3fè précipiter en foule un monde d’amateurs, donc les prétendues oreilles délicates ne courent qu’après ce qui eft le plus récemment découvert., Faut-il que ce qui devroit n’être fournis qu’aux réglés du vrai beau , foit affujetti à l’empire de la mode & du préjugé ? Jugeons-en donc plus làinement ; & faifànt abftraétion que le plein-jeu foit ou ne foie pas en ufage dans les Eglifes, je crois qu’il ne pourroit faire qu’un bel effet dans les accompagnements d’un grand chœur grave. En Allemagne & dans d’autres royaumes, on a grand foin de fournir le mieux cette partie des Orgues: elles ne jouent guere que lorfque le choeur chante : on accompagne le chant avec le plein*jeu, dont les pédales font entendre une baffe très-diftinéle ; rien de fl majeftueux, de fl brillant, de 11 harmonieux, & qui remplifle mieux famé du refpeél qu’on y rend au Souverain Maître du Monde. Par quelle bilàrrerie ce qui fait un 11 bel effet dans un genre de mufique , en produiroit-il un 11 mauvais qu’on le prétend, dans un autre qui y a un rapport 11 marqué l ce qui eft 11 agréable dans une Eglife doit l’être par-tout ailleurs. Ne nous laiffons pas ainfl prévenir ; û un plein-jeu foutient l’harmonie des voix & des inftruments dans un concert, pourquoi ne l’y admettroit-on pas ?
- 1296. On mettra à cet Orgue trois claviers à la main, & un clavier dq pédale. Voici les jeux que je penfe convenir fur chaque clavier.
- Grand Orgue , relatif au fécond clavier. 1
- i°. Un grand cornet de y tuyaux lur marche, commençant au troifîemd C fol utj 8c Unifiant en E fi mi en haut, tout en étain fin.
- '2°, Cornet de récit de 5 tuyaux fur marche, commençant au fécond F ut fa ^ S& Unifiant à f E fi mi en haut.
- 30. Un 8 pieds ouvert, tout en étain. Si l’on fait une montre à cet Orgue ; «on la garnira avec les tuyaux de ce jeu.
- 40. Un bourdon de 16 pieds, les baffes en bois , & le refte en étain.1
- 5°. Un bourdon de 8 pieds, les baffes en bois, & le refte en étain.
- 6°. Un preftant, tout en étain.
- y°. Ü11 fécond 8 pieds ouvert, les bafles en bois, & le refte tout en étain*'
- 8°. Une flûte de 4 pieds, à l’uniflbn du preftant , toute en cheminée & en étain.
- 90. Une doublette, toute en étain,
- Jo°. Une fourniture de 4 tuyaux fur marche, toute en étain*! !
- Un cymbale de 4 tuyaux fur marche, toute en étain.
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- )
- Sect.LDes Buffets d’Orgues propres à des Salles de Concert9ôCc. 5*41 12°. Une trompette de récit , de la même étendue que le cornet de récit.
- 130. Une fécondé trompette de récit femblable , à la précédente.
- 140. Un cromorne de récit , de la même étendue que les autres jeux
- de récit ci - deflus.
- 1 y<>. Une trompette toute en étain.
- 16°. Une fécondé trompette, toute en étain. ij°. Un clairon tout en étain.
- Pojitif , relatif au premier Clavier»
- 1297. i°. Un cornet de y tuyaux fur marche , de plus menue taille que celui du grand Orgue , mais de la même étendue, &tout en étain.
- 2°. Un 8 pieds ouvert, tout en étain. S’il y avoit une montre , on la garniroit avec ces tuyaux
- 30. Un preftant , tout en étain.
- 40. Un bourdon de 8 pieds, femblable en tout à celui du grand Orgue. 5°. Une flûte de 4 pieds, toute en étain.
- 6°. Un fécond 8 pieds ouvert de 3 oélaves, dont la première fera en flûte , fonnant 4 pieds ; le tout en étain.
- 70. Un nazard en cheminée , tout en étain.
- 8°. Une quarte de nazard , toute en étain»
- 90. Une tierce , toute étain. jo°. Une doublette, toute en étain. il0. Un larigot, tout en étain.
- 12°. Une fourniture de 3 tuyaux, toute en étain.
- 130. Une cymbale de trois tuyaux , toute en étain.
- 14°. Une trompette, toute en étain.
- Ijo. Un cromorne , tout en étain. i6°. Un clairon , tout en étain.
- , 1
- 170. Un hautbois , tout en étain ^ avec un ballon pour remplir la balle ^ également en étain.
- Les jeux du récit relatifs au troifieme clavier n’ont pas belbin d’un lom-mier particulier, puifqu’ils feront pofés fur le même grand fommier, comme il eft énoncé ci-deflus. Ils auront leurs fbupapes & leurs gravures particulières , aufli bien que leur abrégé.
- Jeux de Pédale de 36 marches,
- 1298. 1. Bourdon de 16 pieds , les baffes en bois , & le refte euj étain.
- Orgues. IV. Paru
- Yyyyyjr
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- 542 FACTEUR D'ORGUES , IV. Part. Chap. I.
- 2. Flûte de 8 pieds ouvert, les baffes en bois & le relie en étain#
- 3. Gros nazard, tout en étain,
- 4. Flûte de 4 pieds , en étain.
- ÿ. Grofle tierce , toute en étain#
- 6. Nazard , en étain.
- 7. Quart de nazard, en étain;
- 8. Tierce , en étain»
- Tous ces huit jeux commenceront au premier C fol ut, c eft - à - dire \ qu’ils auront 29 tuyaux chacun feulement ; mais les trois fuivants auront * de plus que les précédents le ravalement jufqu’en F ut fa en bas , c’eft - à « dire , qu’ils auront chacun 3 6 tuyaux.
- 9. Une trompette , toute en étain.
- 10. Une féconde trompette , toute en étain.
- 1 1. Un clairon, tout en étain.
- 1299. Un Orgue ainli compofé de ces 47 jeux , feroit affurément uni très-grand effet ; mais le grand chœur d’un concert bien fourni domineroit toujours, il en féroit bien orné 8c fort agréable. Les accompagnements fè-roient très-harmonieux, & les baffes biens marquées. On pourroit y faire fervir les pédales de flûte de 16 pieds, de 8 pieds & de 4 pieds enfemble; Pour augmenter encore l’effet dans les baffes , on y ajoutera les deux na~ zards, les deux tierces 8c la quarte. L’on peut accompagner les grands chœurs graves, avec le plein-jeu & les pédales des trompettes 8c clairon. L’on pourra ' accompagner les grands chœurs de mouvement avec le grand jeu; Un habile Organifte , qui aura du goût, fç fervira de cet Orgue , de façon à favorifer’ l’harmonie & le brillant d’un concert , & fi l’on defire l’entendre feul, on trouvera dans la compofition de cet Orgue ce qui fera nécef* faire pour exécuter tout ce qu’on peut toucher de plus beau & de plus gracieux
- Nous donnerons ici les réglés des fommiers propres à contenir & faire jouer tous les jeux énoncés ci-deffus.
- 1300. L’on trouvera N°. 6j8 , pag. 236 , la réglé d un grand fommier pour le grand Orgue ; l’on pourra fuivre toute la partie de la régie qui contient les largeurs des gravures, 8c lepaiffeur des barres ; ce qui tout enfem-, ble fait la longueur d’une des deux parties dont le grand fommier eft compofé. L’on y ajoutera une double gravure dans la bafîè pour le premier ut dieze , & deux doubles gravures dans les deflus pour le mi bémol 8c le mi en haut. Ces trois notes de plus rendront le fommier un peu plus long. Il y a quelques changements à faire pour la largeur du même fommier , en voici la réglé.
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- Secl. 1. Des Buffets â! Orgues propres à des Salles de Concert, ÔCc. 545
- 21
- i. Grand Cornet.
- 18
- La régie pour le Sommier du Po/îtifiêra comme il fuît pour la largeur des regiftres & desfaux-regiflres.
- =:22
- •12
- i. Cornet. .......*......1 j*
- , 8 pieds ouvert......,
- 4. Bourdon dè 16 pieds.
- 6. Preftant........
- 7. Second 8 pieds . 8» Flûte de 4 pieds.
- ». * 0 —12 2. 8 pieds ouvert.
- ..24 — 12 3. Preftant * v
- ..30 — 12 4. Bourdon de 8 pieds. *.
- * * .24
- —12
- . . . 20 —12 6. 3 Odaves de deffus de 8 pieds. *.
- ,..24 Nazàrd »
- 20
- 18
- ro
- IO
- IG
- >
- IO
- IO
- >
- IO
- •12
- •IG
- 20
- p. Boublette ...................18
- 10. Fourniture..........30
- •12
- 8. Doublette ................... 1S
- p. Tierce ............ iy
- • 10
- IG
- *l8
- 11. Cymbale .....................30
- —18
- 12. Trompette de récit...........24
- 13. Seconde Trompette de récit... .24
- 14. Grômorne de récit...........20
- — lSt
- iy. Trompette. .................24
- —
- li 6. Seconde Trompette........... 24
- 17. Clairon. ...........24
- EEE22
- 4 pieds 7 pouces y lignes de largeur.
- s0. Quarte.... I r. Larigot ...
- 1S
- •IG
- 12. Fourniture.................20 t
- —
- 13. Cymbale........20
- ^
- 14. Trompette..................20
- ^ —ïfj
- iy. Cromorne ..................18
- —ijj
- 15. Clairon...........*.......20
- —
- 17. Baffon 5c Hautbois.........20
- ==22'
- 3 pieds 8 pouces p lignes de largeur.
- L on trouvera les mefures des Gravures Sc des Barres, N°. 582 * pag. 2,30. On ajoutera comme au grand Sommier les trois notes qui y manquent.
- Régie pour le Sommier de Pédale.
- =H
- 2. p
- —24
- 4» p
- -24
- O. P
- —24
- 8.12 w
- —24 Si
- jio.i2 §
- -24 R,
- 12.12
- —20 £?
- H4.II <
- ***20 **
- . O
- [l5.ii **
- —20 et [1S.10 ~
- —20 3 20.10 g. —20 g;
- 22 • 9 o-—15 c
- 24. s> O1
- —16 3
- 3.6. 8 S.
- - n>
- —15 ** 28. 8 rt"
- —16 tj 30. 7 2:
- —ï5
- 1. Flûte de 15 pieds.....30
- 2. Flûte de 8 pieds....*..*....24
- 3. Gros Nazard............... 24
- 4. Flûte de 4 pieds ...........20
- y. Grofle Tierce.................20
- 6. Nazard 20
- 7. Quarte..................... 18
- 8. Tierce.......................18
- p. Trompette ...... ............30
- ïo. Seconde Trompette.......... .30
- 524
- 18
- •20
- •l8
- •l8
- •l8
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- 32. 7 —14
- 34. 5 —14
- 35. 5 ^24
- 3 pieds 8 pouces p lignes de longueur;
- il. Clairon ...»...................30
- 3 pieds 5 pouces 5 lignes de largeur.
- Les Gravures auront 3 pouces de profondeur , Sc Ieâ Soupapes auront 10 pouces de longueur.
- La Soufflerie fera compofée de 3 Soufflets de 8 pieds de longueur fur 4 pieds de largeur , ou bien, de y Soufflets de 6 pieds de longueur fur 3 pieds de largeur, félon que le local fera difpofé.
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- 5*4 FACTEUR D'ORGUES, IV. Part. Çkap.L
- i'3or. Le Buffet d'un Orgue, tel que nous venons de le détailler, doit avoir environ 22 pieds de largeur , fur à peu près autant de hauteur, & y à 6 pieds de profondeur, en fuppofànt qu’on juge à propos d’en difpofer Tinté-' rieure de la maniéré luivante.
- Le grand fommier fera divife en deux parties , qui auront chacune environ y pieds & demi de longueur , fur 3 pieds 8 à 10 pouces de largeur. On les pofera à la hauteur ordinaire , vers celle du pied des tourelles , en iaiflant un espace d’environ un pied entre deux. On pofèra les fommlers de pédale après le grand fommier , en laiffant des ailées d’un pied de largeur.
- Comme le grand fommier eft ordinairement élevé au - deffus du plancher d’environ 10 pieds, on trouvera allez de place au - deffous pour pofer le fommier du pofitif , lequel dans ce cas Ton divifera en deux parties, pour être placées Tune d’un côté & l’autre de l’autre aux deux côtés des claviers, à environ deux pieds au-deffus du plancher, afin de pouvoir loger fon abrégé par-deffous. Cet abrégé fe fait toujours en fer en pareille occafîon ; parce que deux pieds de hauteur ne fuffiroient pas , pour placer un abrégé de bois. Du deffus du fommier du pofitif, jufqu’au deffous du grand fommier, il ne refteroit qu’environ 7 pieds , ce qui ne fuffiroit pas pour les plus grands tuyaux de la trompette ; & alors on en couderoit quelques - uns dans les baffes.
- L’abrégé & les tirages des pédales fe logeront derrière l’abrégé du pofitif ; ce qui fiippofè qu’on aura foin d’écarter fiiffifàmment celui du pofitif, afin qu’il y ait affez de place pour celui des pédales.
- Lorfqu’on met le pofitif dans le foubaflement de l’Orgue, au lieu de pan-* neaux qu’on a coutume d’y faire , on garnit les ouvertures par des ornements à jour , afin qu’on entende pleinement le fon des tuyaux.
- 1302. A Tégard de la forme du Buffet de l’Orgue * j’ai fîippofé jufqu’à préfent que le local permétroit , par une hauteur fuffifante , de lui donner la figure ordinaire des Orgues d’Egiife. Si Ton ne goûtoit point cette idée , on pourroit en employer une à peu près femblable ou approchante de celle de la Planche LXXIX, dans lequel Buffet on pourroit difpofer l’Orgue à peu près comme il vient d’être dit.
- Si le local n’a pas affez de hauteur, & que Ton puiffe prendre de l’ef pace en largeur , par exemple ,30 & 32 pieds, on n’aura befoin que de 12 à iy pieds de hauteur. On placera les deux parties du grand fommier & celles du pofitif fur la même ligne , en iaiffant des allées d’un pied de largeur entre chaque fommier. Les deux abrégés feront en fer, & pourront fe pofer deff us les claviers. On mettra toutes les layes fur le derrière, •& on fera jouer lefdits abrégés par des pilottes.
- Si Ton n’a pas fiiffifàmment de largeur & qu’on ait de la profondeur, on
- mettra
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- Secl.LDes Buffets (VOrguespropres à des Salles de Concert, SCe. 545 mettra les deux fommiers du pofitif fur le devant au-deffous des claviers , Sq ceux du grand Orgue derrière ceux-ci fur la même ligne. Cette difpofition à la vérité n’eft pas bien ayantageüfe par la difficulté de l’entretien ; ainfî Ton feroit mieux de réduire le fommier du pofitif en une feule partie , on le mettroit au milieu au-delïous des claviers ; & les deux parties du grand fommier fe pofèroient fur la même ligne , un à chaque bout de celui du pofitif , en laiffant des allées convenables.
- Si encore la fituation du lieu ne permet pas de faire ulàge d’aucun des moyens précédents pour la conftruétion de cet Orgue , il faudra prendre le parti de mettre fur le même grand fommier le grand Orgue & le pofitif. Il faudroit dans ce cas en retrancher les jeux du récit , afin que le fommier ne fût pas fi large & par conféquent les gravures trop longues. L’on feroit un petit fommier féparé pour les jeux du récit.
- L’infpeélion d un local peut fournir bien des idées pour y conftruire un Orgue confidérable. Par exemple , Ton peut divifer l’Orgue en deux Buffets féparés, & placer l’un d’un côté de la falle , & l’autre qui lui faffe fymmétrie de l’autre côté ; on met alors les claviers & les tirans en un Buffet, où fon? pofés tous les jeux du grand Orgue ; les jeux du pofitif avec ceux des pédales feront pôles dans l’autre Buffet. Les claviers qui feront dans un des deux Buffets , feront ouvrir les foupapes du fommier de l’autre Buffet, quand même il y auroit 30 pieds ou plus d’un Buffet à l’autre ; ce qui fe fait par des vergettes horifontales , pofées au - deffous d’une eftrade que l’on fait exprès. Ces vergettes font maintenues d’efpace en efpace par des échelles , & font fut» pendues par des fils de laiton un peu longs de toife en toife, pour empêcher les frottements de ces vergettes , & lever par-là tout obftacle au très - facile tirage , afin que les claviers foient bien traitables. L’on fait agir aufïi les tirans des regiftres , par des mouvements ou tringles qùarrées de bois , bien maffia tenues de toife en toife par des planches percées de trous quarrés.
- 1303. L’on peut encore pofèr les claviers fur une table , faite comme une efpece d’armoire ou de fecretaire , qu’on placera au milieu entre les deux Buffets, à peu près comme l’on voit en la Planche LXXVII ; l’on y ajufte tous les tirants des regiftres, & tous leurs mouvements , auffi bien que les claviers où aboutiffent tous leurs tirages ,8c de là, l’on fait jouer tout ce qui eft con~ tenu dans les deux Buffets , qUoiqu’éloignés l’un de l’autre. Tout ce mé-canifme eft caché au - deflous d’une eftrade fort bafle.
- Je ne fais au refte qu’indiquer en gros & en général, les différentes maniérés de conftruire l’Orgue dont il s’agit, fans entrer dans aucun détail. Oïl trouvera dans le cours de ce Traité, la defcription détaillée des différentes maniérés dont on aura befoin de fe fervir félon les cîrconftances : on en fera l’application félon qu’il conviendra. Il faut néceffairement fuppléer au refte par fon propre génie , qui fera toujours la meilleure reffource. Orgues. IF» Part. s Zzzzzz
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- 546 FACTEUR D'ORGUES, IV. Part. Chap. I
- ‘pour tirer un parti avantageux du local le plus gênant,
- Section seconde; /
- Compofition d’un Orgue moindre que le précédent pour une Salle
- moins grande.
- 1304, Cet Orgue fera également à trois claviers de la même étendue qué ceux de l’Orgue décrit dans la Seét. I. Il y aura un clavier de pédale avec ravalement jufqu’en A mi la , en bas feulement. Les Jeux qui pourront corn venir à cet Orgue , feront les fuivants.
- Jeux du grand Orgue.
- 1. Un grand Cornet de 5 tuyaux fur marche , tout en étain.'
- 2. Montre de 8 pieds, toute en étain.
- 3. Preftant, tout en étain.
- 4. Bourdon de 8 pieds, les Baffes en bois , & le refte en étain.
- 5. Flûte fonnant quatre pieds , toute en étain.
- 6. Un Deffus de 8 pieds, jufqu’au fécond A mi la d’étendue, le tout en étain; Le refte de la Baffe en Flûte de 4 pieds, en étain»
- 7. Une Trompette, toute en étain.
- . 8. Un Clairon, tout en étain.
- Jeux du Pojitif.
- x. Un 8 pieds ouvert , tout en étain , ou bien les Baffes en bois.
- Cl. Un Cornet de plus menue taille à y tuyaux, tout en étain.
- 3. Un Bourdon femblable au précédent.
- y. Un Preftant, tout en étain.
- 6. Une Flûte de 4 pieds , toute en étain. ^
- 7. Une Quarte , toute en étain.
- 8. Une Tierce, toute en étain.
- 9. Une Trompette , toute en étain.
- 10. Un Cromorne , tout en étain.
- Xi. Un Baflon & un Hautbois, tout en étaim
- Jeux du Récit*
- 1. Un Cornet de cinq tuyaux fur marche, tout en étain, qui commencerai au fécond G re fol.
- 2. Une Trompette de la même étendue, toute en étain;
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- /
- SeSt.lI. Des Buffets d’Orgues propres à des Salles de Concert, SCc.^7
- Jeux de Pédale.
- x. Une Flûte de 8 pieds ; Ton pourra en faire une partie en bois, Sc le relie en étain.
- 2. Une Flûte de 4 pieds , toute en étain.
- 3. Une Trompette jufqu’au La du ravalement , toute en étain» /
- 4. Un Clairon de même étendue Sc tout en étain.
- La Soufflerie fera compofée de 4 fouffiets deé> pieds de longueur fur 4 pieds de largeur.
- Un Orgue ainfi compofé , peut fiiffire pour un Concert médiocrement fourni, dans une fille qui ne ferok pas bien grande ; il y fera un grand effet. L’on peut en mettre tous les Jeux , tant du grand Orgue que du Pofitif Sc même ceux du Récit, fur le même grand lommier en le diyifint en deux ou trois parties; parce qu’il feroit trop long en une feule. Le local doit déterminer comment on le logera dans un Buffet, Sc quelle forme Ton donnera à celui - ci, Voyez la Seét. I, pages 544,545 N°. 1301 - 1303.
- Section troisième*
- Çompojition d’un autre Orgue.
- 130^. Cet Orgue fera à deux claviers de yr touches chacun , avec un marche-pied de pédale , qui tirera les baffes des claviers.
- Jeux du grand Orgue.
- 1. Un Cornet de y tuyaux fur marche , commençant à la clef de C fol ut * le tout en étain.
- 2. Un 8 pieds ouvert, dont les Baffes feront en bois & les deffus en étain.
- 3. Un Preftant, tout en étain.
- 4. Un Bourdon de 4 pieds, fonnant 8 pieds, dont les Baffes feront en bois & les Deffus en étain.
- -, y. Une Flûte de 4 pieds, toute en étain.
- . 6. Une Trompette , toute en étain.
- 7. Un Clairon , tout en étain.
- Jeux du Pofitif
- I. Un Bourdon de 4 pieds, femblable au précédent,"
- n. Un Preftant, tout en étain.
- 3. Un Deffus de 8 pieds ouvert de 3 oétaves, tout en étain J St, la premiers oétave en 2 pieds bouché, ou en cheminée,
- 4. Un Nazard , tout en étain.
- y. Une Flûte de 4 pieds, toute en étain,*
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- I
- FACTEUR D’ORGUES, IV. Fart. Chap. I.
- sse-s-ks-esb
- Planche 8 o#
- 6. Une Quarte , toute en étain, y. Une Tierce, toute en étain.
- S. Un Cromorne , tout en étain. *
- 5>. Un Bafïbn & un Hautbois, le tout en étain.
- 1306. J’ai vu un Orgue ainfi compofé dans une fille aflez vafte , faire im bel effet en un Concert exécuté par 30 ou 40 Amateurs. Comme la mufique en avoir été faite exprès , pour que les jeux de l’Orgue , avec leurs différents mélanges fuflent entendus tour-à-tour, les Affiliants furent fort fa-tisfaits de l’effet de ce Concert , qui étoit des plus agréables.
- Voici à peu près comment cet Orgue eft conftruit. Cette idée pourra for-vir pour des Orgues plus ou moins confidérables. Voyez Planche LXXX;
- A 3 pouces de diftance du plancher 9jîg. I, eft pofé le grand fommier B , c’eft~à-dire 3 celui du grand Orgue relatif au clavier fopérieur Æ Sa largeur ne tient qu’une, partie de la profondeur du Buffet C D E F 9 ffir le derrière. L’on a pofé fur ce fommier les jeux du grand Orgue. On fait jouer les foupapes G, par des pilotes H, appuyés for le bout antérieur des bafoules K, dont le bout poftérieur L , porte au-deffous des pilotins M, qui entrent dans la laye N 9 vis-à- vis des queues des foupapes O , qui font faites en bafcule. C’eft M. Lépine , Maître Faéleur d’Orgues du Roi , à Paris, qui les a imaginées ; ce qui difpenfe de faire des bafoules brifées. Pour aflujettir les pilotins M, on les couvre en-delïous au-dehors de la layê , par des bourfettes à l’ordinaire ; on met au-dedans de la laye une conduite , qui eft une tringle percée d’autant de trous qu’il y a de foupapes. En pofint ainfi le fommier bien bas, on a toute la hauteur néceflaire pour loger une trompette P, & les baffes de 8 pieds ouvert Q , que l’on porte for les côtés.
- L’on a placé à un pied au-deffus des claviers, le fécond fommier R , fur lequel on fait jouer les jeux du pofitif relatifs au clavier inférieur S , qui peuvent s’y placer ; attendu qu’il n’y en a aucun qui ait plus de 4 pieds. L’efi pace d’un pied au-deffus des claviers fuffit de refte pour contenir un abrégé de fer T , dont les tirages doivent paffer au travers des touches du clavier fopérieur A. C/eft le clavier inférieur S , qui fait jouer les jeux du fommier fupérieur ; & le clavier fopérieur A, fait jouer les jeux du grand Orgue pofés fur le fommier d’en bas, .au moyen des pilotes verticaux, dont le bout fopérieur eft formonté & garni de morceaux de fil de laiton affez fort 8c bien écroui, pour qu’il ne fléchiffe point. L’on fait paffer librement ces pointes au travers des touches du premier clavier fans en toucher aucune ; afin qu’en évitant ainfi les moindres frottements, lès claviers foient auffi doux & auffi vifs qu’il eft convenable & néceflaire.
- La fig% 1 , repréfente cet Orgue vu de face ou par-devant. L’on y remarque fur le fommier d’en-haut R , les jeux du pofitif relatifs au premier clavier S. On y voit la laye V > dont la moitié eft ouverte. & 1 autre moitié fer-
- mée*
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-
- /
- Secl. IV.Des Buffets d’Orguespropres à des Salles de Concert, êCc. 549 mée. On y apperçoit les tirants U, U des regiftres , & le clavier de péda-le X. PtANCMÊ
- La fig. 3 repréfente le plan du même Orgue. On y remarque le fommîer d’en - haut R, & quelques parties du lommier d’en - bas B. On y voit la place qu’occupent les baffes du 8 pieds ouvert Q , Q.
- La fig. 4 repréfente en plan le fommier d’en - bas B > ou font pofés les jeux du grand Orgue , relatifs au clavier fupérieur.
- On voit par là qu’un Buffet de 9 pieds de hauteur, fur 7 à S pieds de largeur & 4 à y pieds de profondeur, peut contenir aifément cet Orgue.
- La foufflerie eft compofée de 3 loufflets de 6 pieds de longueur fur 3 pieds de largeur. Elle eft fort abondante. On pourroit même les faire un peu plus petits^
- Section quatrième*
- Compojition d’un autre Orgue , moindre que le précédent.
- *
- 1307. L’Orgue dont nous allons nous entretenir a été exécuté en très-petit Volume. Il eft à deux claviers qui font jouer les jeux fuivants.
- Jeux relatifs au premier clavier, qui eft l’inférieur;
- î. Bourdon de 4 pieds.
- 2. Flûte de 4 pieds
- 3. Nazard.T
- 4. Tierce. f
- 5. Cromorne,
- Jeux relatifs au fécond clavier.
- * /
- 1. Deffus de Bourdon de 4 pieds.
- 2. Deffus de 8 pieds ouvert.
- 3. Preftant.
- 4. Baffe de Cromorne.
- y. Hautbois.
- 6. Baffon.
- Comme la difpoiîtion intérieure de cet Orgue eft affez compliquée, parc$ qu’il eft fort à l’étroit, j’ai cru devoir le faire deffiner Sc graver , fans quoi il auroit été trop difficile d’en entendre la mécanique*
- 1308. Le Buffet fe démonte en deux parties. On les voit feparées en Y Sc X , Planche LXXXI. On remarquera les quatres tenons a ± b , c, & d, qui
- font reçus dans quatre mortaifes au-dellbus de la partie du Buffet X : l’on voit 8l*
- en D y au Buffet d’en-bas Y, le bout du porte-vent, qui étant fait en tenon , s’emboîte dans la partie fupérieure K, du même porte-vent. L’on voit encore dans le corps d’en-bas, la piece gravée E 9 qui s’applique bien juftë Orgues* IV. Paru A 7
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- 55'o
- FACTEUR D’ORGUES , IV. Part. Chap. L
- Planche
- Si»
- Planche
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- à une autre femblable piece gravée , placée au bas du corps d'en - haut, poür fournir du vent à plufieurs tuyaux de bois, appartenants au fommier du corps d’en-bas; de forte que lorfque ces deux partie s du Buffet font l’une fur l’autre elles ne forment qu’un feul Buffet. Cette féparation en deux parties a été imaginée pour rendre cet Orgue plus portatif. Je l’ai vu effectivement tranfporter dans plufieurs petites Egiifes où on l’avoit demandé.
- N M, eft le fommier d’en-bas ; O, eft fa fermeture. P Q , font des pilotins de bois , quarrés,' qui traverfent k première chape feulement. On a fiché un bout de filde laiton affez fort au-deffus du bout inférieur de ces pilotins , & ii entre affez jufte, quoique bien librement , dans des trous qui traverfent le chaflis du fommier & vont appuyer fur le bout antérieur des foupapes. On conçoit donc que fi l’on baiffè ces pilotins, les foupapes doivent s’ouvrir.
- Il y a dans cet Orgue beaucoup de tuyaux poftés, le fommier étant très-petit. L’on voit en N , un bon nombre de porte-vents. On remarque en A f des tuyaux ’de bourdon en bois ; en B les balles du nazard en bois , & C encore des baffes du même bourdon; en R , les tirants des regiftres avec leur tournants de fer. On a au refte repréfenté ce corps d’en-bas après en avoir ôté tout ce qui étoit fur le devant , afin de faire voir tout ce dont nous venons de faire mention.
- L’on voit dans le corps d’en-haut, dabord en S, les deux claviers , & aux deux côtés les tirants des regiftres du fommier T. Le faux-fommier eft marqué V. On voit en F une partie des baffes de la flûte d’en-haut, qui font en bois & bouchées : ce jeu fort de preftant. G , font des tuyaux de bois , dont les uns appartiennent alternativement à la fuite du bourdon, & les autres à la flûte.
- L, eft le foufflet double , auquel on remarque une foupape UZ, qui s’ouvre lorfque le fbufflet eft fort ouvert 5 ce qui, par ce moyen, fait perdre l’excès du vent, pour qu’on ne puifle pas le remplir trop : en ce cas, on entend roit des houpements fort défàgréables dans le fon de l’Orgue ; de plus 9 on pourroit fins cet expédient faire crever le foufflet. On apperçoit en U 9 une cheville fixe que la queue de la foupape U L atteint lorfque la table du deffus du foufflet eft fort élevée , ce qui la fait ouvrir.
- 130p. La Planche LXXXII repréfente le même Buffet monté , fans qu’il y paroiffe aucune féparation. On voit dans le corps d’en-bas le fommier A (7, avec fon faux-fommier B. L’on remarque une partie des pilotes ou baguettes D9 dont le bout inférieur porte une petite pointe qui entre dans le bout fii-périeur des pilotins quarrés. Le bout fupérieur des pilotes paffè au travers d’une conduite ou guide à trous quarrés, & ils vont jufqu’au deffous des touches' du premier clavier. L’orfqu’on en baiffe les touches , on fait bailler également les pilotes ; ceux-ci appuyant fur le deffus des foupapes, les font ouvrir. Il fautffuppofor que tous les pilotes font pofés. On ne les a retranchés dans cette
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- SeclJV.Des Buffets d Orgues propres à des Salles de ConcertïSCc.^t Planche que pour faire voir le formuler. F , font quelques porte-vents , qui vont porter le vent à la piece gravée dont il eft fait mention à la Planche précédente. L’on voit en F , dans le corps d’en - haut, le fommieravec fon faux-fomtnier H , Sc au-deffusdes claviers 1 abrégé de fer pour porter le mouvement des touches du fécond clavier jufqu’aux foupapes.
- K , eft le lôufflet bien ouvert. On n’en peut voir que deux tables iC 8c L, dont celle L , fert de plancher ou de couverture au Buffet ; celle de deftous, qui eft mobile eft pofée au-deffous de celle £ ; on la fait mouvoir pour fournir le vent au foufflet en le faifant jouer avec le pied qu’on pofe fur la bat cule O ; par-là on fait un peu tourner le mouvement de fer N, qui par fon bras M jtire la forte vergette IM, & l’on fait lever la table inférieure du foufflet. L’orfqu on ne veut pas fouffler foi - même , l’on peut faire fouffler par une autre perfonne , au moyen de la bafcule P Ç, qu’on fait mouvoir à la main avec beaucoup de facilité, ce qui produit le même effet que filon fouffloit foi-même.
- Reflexions Jur cet Qrg ue.
- i
- 1310. D'après la defcription que je viens de donner de cet Orgue , je ne prétends pas le donner pour modèle à fuivre. Son grand défaut confifte en ce que le Buffet eft trop petit dans toutes fes dimenfions, pour contenir affez aifément tous les jeux qui y font. Comme on a été obligé de pofer le fom-mier d’en-basun peu haut, pour loger en deffous plufieurs des plus grands tuyaux de bois de la baffe du bourdon de 4 pieds , on s’appercoit affez qu’il ne peut y avoir guere plus d’un pied de hauteur du deffus de ce form mier jufqu’au deffous des claviers , qui couvrent prefque entièrement & de fort près tous les tuyaux. Il s’enfuit néceffairement que les baffes du cromor-ne, qui eft un jeu de 4 pieds, doivent être coudées en plufieurs coudes 5 fur-tout le premier C fol ut. J’ai vu ce tuyau dont les coudes font fi multipliés qu’il n’a qu’un pied de hauteur. Beaucoup d’aucres tuyaux font coudés. Le bas de cet Orgue eft rempli de tuyaux, qui étant trop près les uns des autres font pour le plus grand nombre offufqués, & par conféquent ne peuvent rendre une bonne harmonie. Ce ne font pas encore là tous les inconvénients ; mais quand il faut accorder tous ces tuyaux, dont le fommet touche prefque au-deffous des Claviers, c’eft-là le difficile! Quelle patience ne faut-il pas avoir ? Heureux encore fi l’on peut y parvenir. L’on fera donc bien de ne pas imiter les dimenfions de cet Orgue. Cette conftrudion fera bonne fi l’on fait le Buffet plus grand pour pouvoir placer plus à l’aife les baffes du bourdon 4 pofer le fommier d’en-bas auffi bas qu’il ferapoffible, & les claviers de quel-ques pouces plus haut. Le Buffet étant plus large de 3 ou 4 pouces de chaque côté, la profondeur augmentée de 4 , y ou 6 pouces, & la hauteur àpen près d autant, on ménagera une place fuffilànte pour loger les tuyaux , en
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- 5p FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap.l
- -£==iSî=*"!= forte qu’ils ne foient pas offufqués. L’on doit faire les fommier un peu plus P‘*»« grands.
- 13il. Il faut remarquer que Ton doit toujours mettre une foupape à la table de deflus de tout foufflet double , pour lui faire perdre le vent, en cas qu’on le remplifTe trop. On obfervera encore une chofe eflentielle pour empêcher les houpements auxquels ces fortes de foufflets font fujets ; c’eft qu’il faut mettre des attaches de ruban de fil aux côtés de la foupape de la table du milieu , afin d’empêcher qu’elle ne leve trop , & cependant qu’elle puifle lever allez. C’efl: dans ce jufte milieu de l’ouverture de cette foupape que confite l’expédient pour empêcher que le foufflet ne houppe. Pour réuflir à trouver ce point, l’on met ces rubans de fil aflez longes pour qu’ils fortent en-dehors aux côtés du foufflet. On le met en expérience en faifant jouer l’Orgue 5 on tire ou l’un ou l’autre de ces rubans , ou on les lâche jufqu’à ce que les coups de pied ne foient plus fenfibles au fon des tuyaux. Alors on les arrête à demeure.
- Section cinquième.
- Compojîtion d'un autre Orgue.
- g"111 1 — 1312. Voici un Orgue qui eft très-bien difpofé, & peut fervir de mo-
- PlanCHE dele> yoyez planche LXXXIII. D E F G , fig. i , eft le Buffet, qui a en-yiron 6 pieds & demi de hauteur, fur 3 pieds 7 à 8 pouces de largeur 9 & t environ 2 pieds de profondeur. A , eft le devant du fommier. B, eft fa laye repréfentée ouverte, dans laquelle on voit les foupapes , &c. on apperçoit l’abrégé de fer au - deflous de cette laye. (7, eft le clavier. H I9 eft la table de defTus du foufflet, où l’on voit en /, fa ventoufe pour faire perdre le vent lorfqu’on remplit trop le foufflet. K , eft la table du milieu du même foufflet. LO y eft la table de deflous , qui eft plus courte que les deux autres. Cette partie du foufflet n’a qu’un pli rentrant, ce qui a été fait ainfi, afin qu’on puifle fouffler plus facilement. L’on voit par la defeription de ce foufflet qu’il eft double.
- 1313. M, eft le porte-vent qui eft fixé au-deflfus de la table fupérieure du foufflet, & qui va aboutir par fon bout fupérieur au*deflous de la laye du fornt- -rnier. Ce porte-vent eft de peau blanche & à reflbrt, afin qu’il puifle fè raccourcir à mefure que la table de deflus du foufflet s’élève, & qu’il s’allonge lorfque la même table baifle. Pour faire ce porte-vent on doit avoir un moule de bois qui ne foit pas tout à fait cylindrique, d’environ 3 pouces de diamètre , & d’une longueur fuffifànte pour atteindre depuis le deflîis du foufflet jufqu’au deflous du fommier. On commence par le revêtir d’une peau qu’on ne colle qu’aux deux bords , en forte qu’il n’y ait rien de collé fur le bois. La colle étant feche, on emmanche à chaque bout une virole de bois , fig, enforte quelle foit collée par - deflus la peau. On entoure en forme de vis un
- fil
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- SeB. V. Des Buffets d’Orgues propres à des Salles de Concert, SCc.^ 3
- fil de laiton écroui > comme celui des refïbrts des loupapes , ou un peu plus gros. A cet effet on commence par en arrêter un bout fur une des viroles de Planche bois. On fixe s’il le faut celle-ci fur le moule par une ou deux pointes , afin qu’elle refifte à la tenfion du fil de laiton. Les pas que forme ce fil ainfi entortillé autour de la peau fur le moule , doivent avoir un demi pouce de diftance en-tr’eux ; & Ton finit cette opération en arrêtant l’autre bout du fil de laiton fur l’autre virole. Quand le tout eft bien arrêté , on colle une autre peau , qui couvre totalement la première 8c le fil de laiton : l’on y applique le linge trempé dans l’eau chaude, 8c tordu pour en ôter l’eau fuperflue. Quand le tout fera bien fec, le fil de laiton & les viroles de bois fe trouveront fondement arrêtées , & ce porte - vent fera folide , quoique flexible. *,On en ôtera le moule , qui étant lin peu conique fe dépouillera aifement de ce porte-vent. Ces viroles de bois dont nous venons de parler fe feront au tour, avec deux gorges a 8c b, fig. 3 , & une portée entre - deux.
- 1314. Pour pofer ce porte-vent, on fera un trou rond à la table de deflus du foufflet , en N , vers la charnière 8c le plus vis-à-vis qu’il fe pourra du trou femblable , qui doit être fait au - deflbus de la laye du fommier. Ces deux trous doivent être du même diamettre que le dehors des gorges des viroles de bois. Peu importe d’ailleurs que le trou du foufflet foit fait vers le bord ou vers le milieu de la largeur de la table, pourvu qu’il foit près delà charnière du foufflet, afin que le porte-vent fafle moins de mouvement;
- Le porte - vent étant pofé, on collera proprement une bande de peau autour de la portée des deux viroles, tant à celle d’en-haut qu’à celle d’en-bas pour%en étancher parfaitement les jointures. Ce porte-vent efl bien imaginé; il épargne bien du travail ; il eft fort facile à faire 8c à pofer , & il eft on ne peut plus folide.
- P , eft la bafcule , au moyen de laquelle on fbuffle foi - même avec le pied*
- I3ij\ Les Jeux de cet Orgue confiftent en un Bourdon , un Preftant, un Cromorne, un Ballon & un Hautbois. Tous les Deflus du Bourdon & du Preftant font en étain , & pofés immédiatement fur le fommier. Les Baffes du Bourdon font en bois & toutes poftées aux côtés, comme on le voit en Q Q. Les Deffus font en R. Les Baffes S9 du Preftant font en tuyaux de bois bouchés & poftés. Les Deffus T, font en étain & ouverts. L’on voit en V V une partie des porte-vents, qui portent le vent aux tuyaux de bois* •
- Le Cromorne auffi bien que le Hautbois font pofés en VX.
- 1316. La figure 2 repréfente le mêmè Orgue vu par le côté droit. L’on y apperçoit en AB tous les tuyaux de bois , qui font les Bafies du Bourdon & du Preftant ; l’on y voit auflî les Deflus de ces deux Jeux. C eft une Confble , qui tient arrêtée une tringle de bois, à laquelle les tuyaux de bois font accrochés. D eft une des traverfes qui foutiennent les faux-Sommiers. E 8c F font les traverfes entre lefquelles roulent les tournants de bois æ , £, <2, <z, Orgues. IV* Paru B7
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- 554 FACTEUR D'ORGUES , IV. Part. Chap.I.
- i pour faire mouvoir les Regiftres dont on apperçoit les bouts. L’on y remar-Planche aufp jes tirants des Regiftres.
- G eft le Porte - yent de cuir à reffort, qui eft fcellé par fon bout fupé-rieur au - deffous de la laye du fommier , & par fon bout inférieur au - deffus du Soufflet H. L’on voit en I par le bout, le pli rentrant du deflous du Soufflet.
- Tous les Jeux de cet Orgue font brifos , les Regiftres étant coupés par le milieu en travers , en forte que le C fol ut ju milieu du clavier eft dans les deffus ; & le B fa fi, qui le précédé immédiatement eft dans la Baffe.
- 1317. La difpofîtion de cet Orgue peut donner des idées pour en faire dans ce même goût de plus confidérables & de moindres. Si fon veut en faire un plus fourni , on peut augmenter de 7 à 8 pouces la largeur du Buffet, auffi bien que la longueur du fommier. Ce Buffet qui n’a que 2 pieds de de profondeur , peut être augmenté d’autant. On aura alors affez de place pour y ajouterplufieurs autres Jeux , comme 3 oélavesde 8 pieds ouvert, & fa première oétave de 2 pieds bouché. Plus un Nazard, une Quarte <$cune Tierce,
- 1318. Si l’on vouloit que l’Orgue fût à deux claviers , l’on mettroit un autre fommier dans le pied du Buffet, auffi bas qu’il feroit poffible. On place-roit les claviers de 3 pouces plus haut, êc l’on auroit affez de place pour y faire jouer plufieurs autres Jeux, qui ferviroient pour les accompagnements comme un Bourdon & un Preftant , un Defins de 8 pieds ouvert de deux oétaves au moins. En ce cas il ne faudroit pas brifer les Jeux qui font fur l’autre fommier. Le Soufflet qui feroit augmenté en longueur Sc en largeur feroit place au-deffus du Buffet. Nous aurons oçcafion de renouvelier cfette idée dans la Seétion fui van te. Si fon vouloit faire un Orgue moins confidérables que celui dont nous venons de nous entretenir, on donneroit moins de profondeur au Buffet , on feroit le fommier plus étroit, Sc on n’y mettroit qu’un Bourdon tout feul, ou un feul Preftant, ou un feul Jeu d’anche.
- Section sixième.
- Compofition d’un autre Orgue.
- Planche *
- 84.
- 131p. J e vais donner ici la defoription d’un Orgue affez confidérable quoiqu’on affez petit volume. Il eft fi bien difpofé, qu’on peut l’entretenir commodément. Voyez la Planche 84 y fig* 1 ; elle repréfonte toute fa décoration extérieure. L’on y voit la montre qui n’eft que pour fornement, car elle ne joue point. L’on remarque dans le foubaffement deux panneaux percés à jour , pour faire entendre les Jeux du Pofitif, qui eft pofé au-deffous des claviers. L’on voit auffi un clavier de Pédale , qui tire ou fait baiffer les touches des Baffes des claviers à la main. On ôte toute cette décoration avec beaucoup de facilité , lorfqu’on veut accorder les Jeux d’anche ou les Jeux à bouche : mais
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- SeüVl-DesBuffets d’Orgues propres à des Salles de Concert,3Gc. 555
- on commence par enlever les tuyaux de la montre : pour les portes d’en-bas, on fe contente de les ouvrir, ou bien on les ôte entièrement.
- ‘i 32Q.La figure 2 repréfente le plan du Buffet, qui efl plus large fur le derrière que fur le devant ; ce qui efl: bien imaginé : Ton trouve par-là plus d’ef-pace pour pofter bien des tuyaux. L’on trouvera aifément toutes les dimen-fions de ce Buffet, au moyen de l’échelle qui efl au-bas delà planche.
- La Planche 8y , repréfente le même Orgue, dont on a ôté toute la décoration du devant. Voici les Jeux que contient la partie fiipérieure nommée grand Orgue. Ils font relatifs au fécond clavier. . >
- 1. Bourdon de 4 pieds bouché. P
- 2. Preftant. -
- 3. Deffus de 8 pieds ouvert.
- 4. Trompette.
- 5. Clairon.
- Le foubaflement contient les Jeux fuivants, relatifs au premier clavier i nommé, du Pofitif.
- 1. Bourdon de 4 pieds bouché.
- 2. Flûte de 4 pieds.
- 3. Nazard.
- 4. Doublette.
- y. Tierce.
- 6. Cromorne.
- 7. Un Baffon & un Hautbois , quoiqu’il y ait actuellement une Voix humaine. Plus, un Tremblant doux & un Tremblant fort.
- Le Soufflet de cet Orgue efl double ; il efl pofé au-deffus du Buffet , Sc lui fert de plancher, qui le couvre totalement : on en apperçoit en A, une partie du de flou s. B B , font les tuyaux de bois de la Baffe du Bourdon. CC , font les tuyaux du Deffus du 8 pieds ouvert. On aperçoit un peu les deffus du Preftant. E E, font les tuyaux de la Trompette. F F 9 font ceux du Clairon.
- 1321. La Trompette étant un Jeu de 8 pieds, on nauroit jamais pu en1 placer les tuyaux de la Baffe dans une hauteur de 4 pieds , fans les couder en plufieurs coudes. L’on peut voir dans la Planche 84 , comment fe font ces coudes. La figure 3 , repréfente une maniéré de couder un tuyau de Trompette. La figure 4, en repréfente une autre. L’on voit dans la figure y, une maniéré de couder qui baiffe beaucoup un tuyau, il efl coupé en 8 pièces. Enfin dans la figure 6 , on en voit une autre , 011 une partie du tuyau efl de bois creufé en - dedans , comme on fapperçoit en la coupe c d, jig. 7, de la figure 6. Cette maniéré de couder,^. 6 8c 7, efl fort commode, en ce que la partie f g > du tuyau fe peut ôter de placé , pour retoucher lorfqu’il en efl befoin, à la languette, qui efl dans le pied de la boîte //; le tout
- Planche
- 8^.
- Planche
- 8£,
- Planches 84 ôc 8y*
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- 5s6 FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap. 1.
- g55HBBggff.wgs fe fait fans ôter la partie k /du tuyau, qui feroit toujours embarraffante à déplacer, Planches {'ur„couc jans jg pet.jcs efpaces. La partie m d du tuyau fe loge dans unô
- ^ petite Feuillure pratiquée dans le bois en d, afin que par fon poids le tuyau ne s’y enfonce pas trop. Il en eft de même de l’autre partie n o. On a foin de coller une bande de peau, à l’entour de l’intérieur du bois, afin que les bouts du tuyau y joignent bien.
- 1322. Tous ces coudes fè font de façon à ne pas raccourcir fenfîble-, ment le tuyau. L’on commence par conftruire le Jeu tout entier à l’ordinaire , comme fi l’on ne de voit en couder aucun tuyau. Lorfqu’on le pofe , on examine quels tuyaux, & comment on doit les couder ; c’eft ce qu’on doit faire le plus commodément félon la place & la difpofition des autres Jeux. Lorfqu’on efl: déterminé à couder un tuyau, il faut fi bien prendre fes me-fures que l’on faiTe la coupe parfaite au premier coup, par un trait de fcie bien droit, en forte qu’en retournant du coté oppofé la partie du tuyau qu’on a coupé , les morceaux joignent bien , c’eft - à - dire , que les deux coupes s’ajuftent bien l’une fur l’autre. Si l’on manque ce coup de fcie , 8c que par conféquent il foit néceflaire d’y retoucher avec le couteau ou le rabot, on raccourcit le tuyau, & les deux coupes ne peuvent plus s’ajufler enfemble à caufe que le tuyau efl conique. Il n’en feroit pas de même fi le tuyau étoit cilindrique. On pourroit retoucher 8c recouper tant qu’on voudroit, on ne gâteroit rien : en faifant le tuyau un peu plus long qu’il ne faut, quand
- Planche
- on le eônflruit, on en feroit quitte.
- : G 9 PL 8y, efl le fommier du grand Orgue, dont une moitié de la laye efl re-
- préfentée ouverte, & l’autre fermée. L’on voit au delîous en H> le petit abrégé , 8c les deux claviers. Dans le corps d’en-bas qu’on nomme le Pofitif, on voit en / le fommier , dont la moitié de la laye efl repréfentée ouverte & l’autre moitié fermée. Comme il efl garni de beaucoup de tuyaux , on a peine à en diftinguer les différents jeux. L’on y remarque l’abrégé de fer avec les pilotes. Il faut obferver que ces pilotes ne font pas continués en bois du haut en - bas ; ils font en grande partie en fil de laiton , aflez fort & affez écroui f pour qu’il ne fléchiffe pas facilement. Ce fil de laiton a été mis pour donner plus de jour au - devant de cette partie de l’Orgue , & donner par la plus de facilité pour l’entretien & pour accorder le Cromorne 3 qui efl fur le devant. Ces pilotes vont aboutir par leur bout inférieur à des petits parallélipipedes ou pilotins quarrés de bois , comme je l’ai expliqué dans la Seélion IV.
- 1323. K efl un clavier de pédale, qui tire les bafles des claviers ; on en voit les tirages en vergettes de bois en L. Il y a au-deflbus un petit abrégé qu’on ne peut voir ici. Ces tirages traverfent librement le premier clavier , & font accrochés au-deftous du fécond: celui-ci fait mouvoir les touches du premier clavier , lorfque le fécond efl tiré un peu en - devant. Alors le clavier de pédales faitbaiffer les touches des baffes des deux claviers enfemble.Af, efl une
- * • bafcule
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- Secl.FI. Des Buffets d*Orgués propres à des Salles de Concert,3Gc.$ 57 bafcule au moyen de laquelle celui qui touche 1 Orgue louffle lui - meme avec le pied.
- 13 24. On peut faire la Réglé pour les deux Sommiers de cet Orgue de la maniéré fuivante.
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- L’autre partie de la Réglé des largeurs des Regiftres & faux-Regiftres pour le Sommier du grand Orgue.
- !i. Bourdon de 4 pieds.' 2. Preftant....7.......,
- 5. Defliis de 8 pieds ^ . 7 4. Trompette.,..... .7..
- £.Clairon............7 t
- L’autre partie de la Réglé des largeurs des Regiftres Sc faux Regiftres , pour le Sommiers du Pofitif.
- a. Bourdon 7....... =20 ...18
- a. Flûte de 4 pieds •—10 ...18
- 3, Nazard 7 —10 ...18
- 4. Doublette 7 0 T z • •
- y. Tierce v. —10 ...iy
- 6. Cromorne 7......... 0 M 1 00 1 « • • •
- 7, Ballon Sc Hautbois IO
- ^22
- Pour Pun & l’autre fommier les barres auront 2 pouces de largeur , ôc les foupapes auront j* pouces de Ion-: gueur,
- pieds 3 pouces 1 ligne de longueur,1
- Orgues. IF. Part.
- Planche
- «JL.
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- 55B FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap.ll.
- CHAPITRE SECOND.
- D es Orgues en Tables.
- s’agit préfentement d’une autre forte d’Orgues qui ne paroiflènt pas fi propres à un concert. Ils font cependant eflimés & fervent à un amufement gracieux i dans une chambre. On verra qu’ils font d’autant plus agréables qu’ils ne tiennent aucune place dans un appartement, puifqu’une feule table ordinaire, eft tout leur appareil. On ne devine pas même en la voyant que ce (bit un Orgue , qu’une feule perfonne tranlporte facilement d’une chambre à l’autre : nous en décrirons de deux elpeces dans les deux Seétions qui corn-poferont ce Chapitre.
- Section première.
- Defcription d9un Orgue en Table Jimple.
- 1325. Un Orçue caché dans une table fimple ne paroît qu’une table ordinaire fur fes quatre pieds de biche. Tout l’infirument n’occupe que la partie fupérieure. Voyez la Planche 85, fig. 1 , où il eft repréfenté tout entiêr en perlpeélive. A B C D, eft proprement la table , qui fait ici le couvercle de l’Orgue. Elle eft repréfèntée levée & arrêtée par la tringle a b. L’Orgue tout entier eft contenu au-dedans du bâti CE F D , des pieds de la table ; & il eft maintenu & arrêté par quelques vis à bois , enlorte qu’on ôte cet Orgue du dedans de ce bâti quand on le juge à propos en retirant les vis. G H, eft le foufflet qui eft double. On voit là table inférieure /au-deflous. K eft une poulie , fur laquelle pafle la petite corde IK L, pour faire jouer le foufflet, lorfqu’on appuie le pied fur la pantoufle Z, on tire en en-bas Ja Corde LKI, & l’on fait lever le deflous I du foufflet. Celui - ci n’a pas le poids dont on le charge ordinairement au-delïùs & au-dehors de fà table fupérieure , mais on l’attache en dedans , au-deflous de la même table. MN, eft le clavier , compofé de cinq oétaves, y ayant un ravalement en haut & en bas. OP , eft une barre adhérente au couvercle de l’infirument, afin que lorfqu’on l’abat, elle couvre le devant du clavier. On peut même fermer le tout à clef. 1325. La Planche 87, repréfènte géométraiement l’Orgue ou table g7# à demi-grandeur, & tout monté. AB eft le clavier. CD font les tuyaux pofés horifontalement ou couchés ; on peut y remarquer qu’ils font plus grands dans toutes leurs dimenfions vers D, où font les baflès, que vers C où font les deflùs. L’on voit à chacun fa rafette a > b9 c, &e. £ F eft la table de deflus du foufflet. G H eft une poulie pour faire jouer le foufflet. H eft une pointe d§ fer pour empêcher que la corde qui paflè fur la poulie né forte de
- ANCHE 86.
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- Secl* L Defcriptïon fi un Orgue en Table Jimple. 559 fa place. La figure 3 repréfente une petite planche, qu’on peut nommer fètouffoir. On la double d’une étoffe de laine qu’on y colle en-deffous , pour qu’elle fafle mieux (on effet. Elle fort à couvrir le deffus des tuyaux. Les deux petits tenons e ,f9 fo logent dans les entailles g, h yfig. 1. La figure 2 repréfente une autre planche qu’on met de champ en g, h , fig. 1, enforte qu’elle defcend jufques fur l’extrémité inférieure du fommier ; ce que nous allons voir dans la planche fuivante où nous décrirons ce fommier. On peut comprendre , par le foin que l’on a de couvrir 8c d’enfermer les tuyaux, qu’on cherche à en diminuer le fon , afin que l’inftrument ne fbit ni dur ni criard dans une chambre , ou on le place ordinairement.
- 1327. La figure 1, de la Planche 88 9 repréfènte en perfpeélive une partie des gravures du fommier, qui font fort différentes de celles des fom-miers des grandes Orgues. *A B eft une planche, qui eft la même que A B de la figure 2, ou A B, fig. 3 , qui repréfentent en profil géométral Sc de toute gran* deur chacune des parties du même fommier. CD ,fig. 1, font les ouvertures par lefquelles le vent paffo pour faire parler les tuyaux. On voit les mêmes ouvertures en CD, fig. 2 : CD, fig. 3 , repréfente également une de ces ouvertures. On voit au-deffous 9fig. 2 , la foupape ouverte, la touche FG étant baiffée ; & on la voit fermée en CD , fig. 3. Le pilotin H C9fig~ 2 8c 3 ,eft un fil de fer ou de laiton, qui traverfe la planche H /, celle A B, 8c va appuyer fur la foupape, au-deffous de laquelle l’on voit fon reffort M. Revenons à la figure I.
- 1328. On fait fur la planche E B9fig. I , des entailles a9 by pour y coller des cloifons c9 d9 àbois debout, qui étant recouvertes par la planche fupérieure F H$ ou K I, fig. 21 au-deffous de laquelle l’on fait de femblables entailles, forment des efpeces de gravures, dont le bout poftérieur IB fig. 2 , eft bouché par le tuyau IB 9êc le bout antérieur eft fermé par des bouchons de bois I, fig. I, ou A Ky fig. 2, ou Nf fig* $. Les foupapes fe mettent au-deffous de la planche E Bf fig. 1, pour boucher les ouvertures CD. Il y a par conféquent une autre planche au-deffous des foupapes , comme on le voit en EL, fig. 2 ou 3. Les foupapes font maintenues 8c arrêtées en leur place par leur queue de peau fi9 qui eft engagée entre la planche & le derrière de la Laytfig, fig. 2. A E gf9fig> 2, étant le de-dans de la laye , n’a point de cloifons pour fé-parer les foupapes, comme celui AK IB ; il eft feulement fermé fur le devant par une planche A E , de toute la longueur de l’ouverture, & fur le derrière, par la planche ûxç fg, laquelle en même-temps engage & arrête toutes les queues des foupapes.
- 1329. Le> touches F G, fig. 2 ou 3 , font arrêtées par des queues de peau doublée, c’eft-à-dire , de deux peaux collées l’une fur l’autre ; elles font auffi collées dans le bout poftérieur des touches : l’autre - bout de la même queue eft engagé & arrêté entre le deffus du champ de la planche O > fig• 3 ,
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- * & le deflous de la tringle G , que Ton arrête par quelque pointes fichées d’elpace en elpace. Cette fente que Ton voit au bout poftérieur des tou* ches eft une aflèz profonde & petite rainure , que Ton fait avec un bouvet à fer fort étroit , lorfque le clavier n’eft encore quun panneau & que les touches ne font pas encore fciées. On fent bien que cette rainure ou fente doit être jufte de l’épaifleur de la double peau des queues des touches. On laifle-ra un très-petit intervalle entre le bout poftérieur des touches Sç les tringles qui les tiennent 9 afin qu’elles puiflent bailfer librement.
- 1330. Les tuyaux font tous à anche, ils ne confiftent qu’en un petit morceau de bois de tilleul percé d’un bout à l’autre par un trou de la grolfeur de l’anche qu’il doit recevoir. On en a repréfenté un dans là place en /, fîg. 2; c’eft le plus grand de tous, & qui a par conféquent le plus grand anche ; & un autre en la figure 4, qui eft le plus petit, & qui a le plus petit anche. La figure 6, repréfente celui-ci en perfpeélive. Ce jeu fe nomme Régale. Quoique fes tuyaux {oient fort petits , il parle à i’uniffon du 8 pieds ouvert, ou d’une trompette.
- Le Sommier , quant à fes divifions, eft égal & femblable au Clavier. Par là chaque foupape fe trouve vis-à-vis & au-deflbus de fa touche relpeétive du Clavier ; par conféquent toutes les foupapes lont égales dans toutes leurs di-menfions, & la partie de tous les tuyaux qui entre dans leur place refpec-tive, eft aufli égale, Sc doit la boucher parfaitement.
- 1331. La figure 2 de la Planche 86 repréfente un Soufflet double, tel qu’il doit être pour cette elpece d’Orgue. Il eft compofé de trois tables : celle de deflus AB, celle du milieu CD, & celle de deflous DE. La partie ABF G donne le vent à l’Orgue par les deux ouvertures F & G. On rapporte, pour les former, la tringle FHG, que l’on colle & que l’on arrête folidement fur le bord de la table du milieu, vers le milieu de laquelle on fait une foupape, comme aux autres foufflets ordinaires. La partie CDE fournit le vent dans i’elpace AB GF. La table de deflous TLD contient une autre foijpape femblable à la précédente. Ce Soufflet eft arrêté dans fa place par la table du milieu qui doit toujours être un peu plus large que les deux autres. Du relie la main-d’œuvre pour ce Soufflet eft la même que pour tous les Soufflets ordinaires, & tels qu’on les fait pour les grandes Orgues.
- Section seconde.
- Defcription d’un Orgue en Table , à deux Jeux.
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- 13 321XA Planche 8p, figure r, repréfente un Orgue tout entier, à deux Jeux, en perlpeélive. Le couvercle AB de cette table eft en deux pièces. On en voit une partie CD fur le derrière, qui ne paroît qu’à demi, & qu’on tient jéievé avec un bâton CF* La partie du couvercle fur le devant AB , fe tient
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- Secl. I. Dejcription d'un Orgue en Table, à deux Jeux. 561
- à demi-renverfé, & porte un pupitre G. Les deux claviers fe voyent à découvert. Le premier, qui eft le plus bas, fait jouer une flûte de 4 pieds, à l’uniffon du preftant ; c’eft un deux pieds bouché tout en bois. L'autre Jeu eft une régale de bois, qui parle une oéiave plus bas , & à l’uniflbn d'une trompette. Cette régale eft femblable à celle de l'Orgue précédent. On voit la pantouffle H> fur laquelle on met foi-même le pied pour donner le mouvement au foufflet, lorfqu’on veut toucher l’Orgue.
- 13 3 3. Quoiqu'un foufflet femblable à celui de l’Orgue en table Ample foit bon pour celui-ci, on y trouvera cependant une petite différence. Il eft repréfenté par la figure 2 , même Planche. La table de deflbus eft comme ployée dans fon milieu, & il n’y a qu’une moitié KL qui fert de foufflet pour fournir le vent dans la capacité fupérieure. L'autre moitié de cette table LM9 n’eft que la planche de bois tout nud. C'eft au bout de celle-ci qu'eft attaché le tirage MN qui va aboutir à la pantouffle. L’on comprend déjà que quoique tout ce deflbus du foufflet foit fait d'une feule piece, il doit avoir une charnière dans fon milieu , 8c que lorfqu’on tire en en-bas , au moyen de la pantouffle , le bout M de la Planche MLK , l’autre bout K s’élève en haut , & renvoie le vent qu’il contenoit, dans la capacité fupérieure; On voit les.deux overtures par lefquelles le foufflet dégorge fon vent dans les layes du fommier.
- 1334. La Planche po. repréfente en profil géométraf le fommier de cet Orgue avec fes deux claviers. AB eft le fécond clavier, qui fait jouer le jeu de régale ; & CD eft le premier clavier , qui fait jouer le jeu de flûte. En baillant la touche CD, on fait defcendre le pilotin de fer ou de cuivre EF , lequel appuyant fur la fbupape F, la fait baiffcr & ouvrir : le vent contenu dans la laye F P, pâlie alors dans le conduit FM, & va faire parler un tuyau de flûte, dont le jeu eft pofté au-deffous du fommier. Semblablement lorf. qu’on baille la touche AB du fécond clavier, le pilotin de fil de cuivre G H, fait baiffer la fbupape H ; alors le vent contenu dans la laye HO, entre dans l'efpace ou réfervoir T 9 & fait parler le tuyau de régale N.
- 13 3ÿ. Lorfqu’on veut faire jouer enfemble la régale & la flûte , on pouffe en arriéré le clavier CD ; alors le pilotin IK fe trouve au-deffous du point /^de la touche CD, qui étant baiffée fait defcendre, & par-là fait ouvrir la fbupape. Ainfi en mettant les mains fur ce fèul premier clavier , les deux Jeux jouent enfemble. Il faut remarquer que le pilotin G H paffe au travers d’une mortaifè / faite dans chaque touche du clavier C D. La longueur de cette mortaifè tient depuis X jufques un peu au-delà de /. L’effet que cette longueur produit eft qu’on peut bailler la touche CD , fans appuyer fur le pilotin IK, qui dans ce cas entre dans la mortaifè. Mais lorfqu’on ne poulie en arriéré que le clavier CD, le point V de la touche, qui n’eft point mor-taifé, appuie fur le pilotin IK , & le fait baiffer. La longueur de cette mor-Orgues. IV% Part% D %
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- 562 FACTEUR D’ORGUÈS, IV. Pan. Chap.IL
- ! taife XI procure encore la commodité de pouvoir avancer ou reculer le clavier CD , fans gêner le mouvement du pilotin GH, puifque rien n'y touche,
- L, eft la traverfe d'appui des touches du fécond clavier. On y fait des trous en mortaifes5 vis-à-vis du deflous de chaque touche; & ces mortaifes font affez grandes pour que les pilotins GH, qui paflent au travers, n'y touchent point. Q 8c R font les traverfes de derrière des deux claviers. On y apperçoit au*deffous, une tringle de fer retenue avec des vis à bois de diftance en diftance, pour engager & arrêter les queues de peau des touches des claviers. HO & F P font les deux layes du fommier : elles contiennent les ref-forts des fcupapes qui font retenus de la même maniéré que celle de l'Orgue de table fimple , décrit ci-deflus. S S font le haut des pieds de la table.
- 1336. La Planche 91 repréfente géométralement & à demi - grandeur tous les tuyaux du Jeu de flûte. Ils ne paroiflfent que félon leur plus petite face; car le plus grand C, a un pouce 10 lignes fur le devant & le derrière ; mais aux côtés il a 3 pouces 8 lignes, c’eft-à-dire, que ces tuyaux ont le double plus de largeur fur les côtés, que fur le devant & le derrière.
- Les baflès CD font appliquées immédiatement par leur derrière for une grande planche. Les autres tuyaux EF & GH font appliqués for ceux des balles. Ils font dilpofés en forte que toutes les bouches foient bien découvertes, pour qu'aucune ne foit offufquée. Tous les tuyaux font bouchés. On voit les manches des bouchons en IK. Les baffes CD de ce Jeu prennent leur vent par le bas du derrière de chaque tuyau , au moyen d'une piece gravée qui y eft appliquée. Les autres depuis E jufqu’à F, prennent leur vent par leur pied, au moyen d'une autre piece gravée, 8c les deflus GH par le deflous du bas des tuyaux également par une piece'gravée. • ^
- 1337. Il faut s'imaginer que la partie AB de tout cet enfomble de tuyaux eft pofée hôrifontalement au-deflous du fommier, enforte que AB, qui eft une piece gravée, regarde en en-bas & vers le devant. La partie DL fo trouve vers le derrière de l'Orgue. On voit donc tous les tuyaux, en regardant l'Orgue , au - deflous de la table ; le deflous de la grande planche contre laquelle ils font attachés ne peut fe voir , étant appliquée au-deflous du fommier. Le vent fe diftribue à chaque gravure des pièces gravées par le canal M , PL 90. Il y a un femblable canal M, provenant de chaque foupape du fommier, pour chaque gravure, & par conféquent pour chaque tuyau. AB y PL 91, eft la principale piece gravée, dont les gravures four-niflènt & communiquent à celles fur lefquelles les tuyaux font pofés.
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- Secl. /. Des Orgues à Cylindre.
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- CHAPITRE TROISIEME.
- Des Orgues à Cylindre.
- U» e autre forte cTOrgues va nous occuper dans ce Chapitre ; elles different des autres en ce que pour les faire jouer, même fort agréablement, elles n’exigent aucune connoifîànce dans la Mufique, ni dans fart de toucher, que bien peu de perfonnes poffedent jufqu’au point de fe bien fàtisfaire. L’on fait que pour apprendre cet Art il faut beaucoup de temps, une grande habitude, 8c une longue » étude. Le grand & pénible travail auquel on eft obligé de fe réfoudre pour apprendre un Art fi difficile , a porté des gens induftrieux à faire bien des efîàis & des recherches pour trouver le moyen de fe fervir avec beaucoup de facilité & de fuccès des inftruments à clavier s fans avoir befbin de confumer une grande partie de la vie à acquérir fart de les favoir toucher. Ils y font enfin parvenus par f ingénieufe invention du Cylindre noté, qu’on met en mouvement, foit par une manivelle qu’on fait tourner avec la main, foit par un rouage à reflbrt ou à poids. On peut aflurer qu’avec cet expédient on touche un Orgue avec autant d’agrément & de pré-cifion que le peut faire le plus habile Organifie. Nous ferons voir qu’il eft très-pofïible d’appliquer le Cylindre à toutes fortes d’Orgues, même à celles d’Eglifo ; ce qui pourra être commode pour beaucoup de Paroifles ou Abbayes dans la Campagne , où il eft fi difficile d’avoir un Organifte qui ait quelque capacité. Nous penfons donc que pour faire bien entendre cette matière, nous devons d’abord traiter de ces Orgues à cylindre, & en décrire de plu** fleurs façons. Nous commencerons par le plus petit, qui eft la Serinette ordinaire ; & nous en viendrons jufqu’à enfeigner à faire jouer un grand Orgue par une manivelle, foit en le conftruifant exprès pour cela, foit qu’il foit déjà conftruit à l’ordinaire. Enfin nous décrirons la maniéré de noter avec la plus grande exaélitude ces fortes de cylindres , ce que nous réferverons pour le Chapitre quatrième, qui fera confacré tout entier à nous entretenir uniquement de cet objet.
- Section première.
- Defcriptiort de la Serinette ordinaire , quon appelle aujji
- Turlutaine (a).
- 1338. La figure 1 de la Planche 92 repréfonte une Serinette en perf-peâive dans les trois quarts de fà grandeur, & vue par-devant. AB CD eft
- (a) G’eft ainfi que l’on nomme cet inftrument à Nancy, où l’on croit qu’il a été inventée
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- Planche
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- 564 FA C TEUR D'ORG UES , IF. Pan. Chap. III.
- la boîte qui la contient. Il y a des rainures verticales aux quatre principaux montants , pour y inférer en façon de couliffès quatre panneaux minces#’ Cette boîte eft alors fermée de tous côtés, & Ton y met par-deflus un couvercle qui n’eft pas repréfènté 9 non plus que ces panneaux# EF font les tuyaux d’étain dont on ne voit que le bout fupérieur. GH eft une barre , au-delfous de laquelle eft attaché le clavier a b. On voit au-deiïous de chaque touche une pointe plate de fer c 8c d. La barre GH eft prelfée en en-bas par les deux reiïorts de fil de fer / & K. Les deux vis G & H tiennent cette barre au degré de hauteur convenable , afin que les pointes du Cylindre prennent les touches comme il faut, qu’elles fe maintiennent en place & qu’elles ne loient ni trop hautes ni trop baflès. IM eft un gros cylindre de bois, ordinairement de tilleul , exaélement tourné & bien uni. Son bout M eft crané en façon d’une denture dans laquelle engrene une vis fans fin de bois NO, dont l’axe de fer D fort au dehors de la boîte. On vifle fur fon bout, qui eft taraudé, une manivelle avec laquelle on fait tourner cette vis fans fin , laquelle engrenant dans la denture du cylindre, le fait tourner.
- 1339 PQR) font les trois tables du Soufflet, qui na qu’un pli rentrant en S & T. Ces plis ne font que de peau * à laquelle on donne la roideur né-ceflaire , en y paftànt du côté du duvet une couche bien liquide de gomme adragant, ou de colle-forte bien claire. La table R eft bien arrêtée; il'ny a que celle P 8c celle Q qui puilîent s’élever & bailler , pour donner le vent à l’Orgue. V8c U, font deux reiïorts allez forts de fil de fer, qui chargent le loufflet par leur preffîon. P V eft une foupape preffée par un refr fort X pour faire perdre le vent, au cas qu’on remplifie le loufflet d’une trop grande quantité d’air ; ce qui arrive lorïqu’on tourne trop vîte la manivelle ; car celle-ci fait agir le fouffiet, comme nous allons le voir dans un moment. Y Z eft le fond de la boîte. Y eft un petit crampon de fil de fer 9 qui fert à arrêter le panneau de devant. Celui-ci contient également un autre crampon, dont la fonélion eft d’arrêter le couvercle de la boîte.
- 1340. La figure 2 repréfente géométralement la même Serinette vue par derrière. On y remarque les tuyaux d’étain qui font inférés & collés chacun dans un trou du lommier A. JB eft la barre qui porte les couches, que l’on voit par leur bout poftérieur, auquel font attachées les petites tringles qui font ouvrir les foupapes, & que les tuyaux cachent dans cette figure. (7, eft une goupille dont nous verrons bientôt l’ufàge.
- 134Ï. La figure 1 de la Planche 93 , repréfènte géométralement la même Serinette vue par le bout oïi fe trouve la vis fans fin. A , eft le cylindre dont le bout eft crané ou dentelé. Il engrene dans la vis fans fin B.
- C, eft un des fupports du cylindre dont on voit l’axe de bois C, qui eft arrêté fur ce fupport par une bride de fil de fer. A l’autre bout du cylindre , il y a un autre fupport femblable. Ils font tous deux folidemenc
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- Se et. I. Description de là Serinette ordinaire , SCei $€$ afîèmblés fur une planche I, à laquelle tient folidement une forte cheville de fer K, qui porte autant de crans qu’il y a d’airs différents à la Serinette. Cette cheville eft affez longue pour forcir au dehors de la boite ; & c’eft dans cette partie faillante que font faits tous ces crans. Cetenfemble mobile de pièces qui porte le cylindre , fe nomme le chariot. On fait aller 8c venir ce chariot en le tirant ou repouflant par la cheville de fer K ; par-là on fait aller ou venir le cylindre pour changer d’air comme on le délire.
- 1341. E, eft le bout du fommier. F, eft une des petites tringles attachées avec de la peau par leur bout fupérieur au bout poftérieur des touches du clavier ; & il y a à leur bout inférieur une pointe affez fine de fil de laiton p qui entre librement dans un petit trou du fommier, & va repofer fur une des foupapes pour la faire ouvrir, lorfque le bout antérieur de la touche s’élève. L , eft le reflbrt de preffion pour tenir alîujettie la barre D qui porte les touches du clavier. N 8c O font les deux forts refforts qui chargent la table de deffus du fouffiet. Il y a en P un trou quarré, dans lequel on fiche une cheville de fer , qui fort au dehors de la boîte, & qui fert à élever le clavier lorfqu’on veut faire avancer ou reculer le chariot pour changer d’air. M y eft la manivelle pour faire tourner la vis fins fin, par conféquent le cylindre, & en même temps pour faire agir le fouffiet. Q, eft une efpece de poteau fixe , qui fert de conduite & de féparation entre le fouffiet 8c le chariot. R , eft un crochet de fil de fer, pour maintenir & forvir de guide au fond du chariot , lequel a cependant la liberté d’aller & venir. S, eft le bout antérieur de la vis fins fin dentée à dents penchées , comme on les fait â un rochet ; c eft un encliquetage pour empêcher la manivelle de tourner à rebours.
- 1342. La figure 2 repréfente la même Serinette 5 vue par le bout, à la po-fition de la vis fins fin. A , eft une échancrure au moyen de laquelle on fait agir le fouffiet par fi partie B, qui étant excentrique, fait l’effet d’une manivelle. La piece de fer ou de laiton , fig* 4, eft attachée en B , fig. 2.’ Cette piece , fig. 4 , eft compofée de deux lames jointes & arrêtées enfemblô par une rivure vers le milieu. La partie fupérieure de cette piece embrafle la partie excentrique de la vis fins fin 9 & la partie inférieure embraffe la cheville qui eft enfilée dans l’enfourchement G qui forme la queue du fouf-ÛQtffig 1. L, fig. 2 , eft la denture du bout de la vis fins fin pour l’encli-: quetage. C, eft une cheville de fil de fer, pour faire ouvrir la foupape de la table de deffus du fouffiet, lorfqu’il eft trop plein. On voit en D le bout de la queue de cette foupape, garantie par un cramponet de fil de fer 9 qui l’empêche de vaciller. E, eft une touche du clavier qui cache toutes les autres. Elle eft retenue contre le deffous de fi barre par un petit crampon de fil de fer , comme toutes les autres. F eft une tringle de bois, attachée avec de la peau collée au-deffous du bout poftérieur de la touche : cette tringle > com-
- Orgues* IV- Part^ E 7
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- 566 FACTEUR D’ORGUES , IV. Part. Chap. 111.
- me toutes les autres, a une pointe de fil de laiton G > qui entre dans le fom-mier , & atteint la foupape H. Celle-ci eft foutenue en en-haut par le raifort qu’on voit au-delfous. On peut remarquer le conduit qui va jufqu’au tuyau K* * Le fommier GH eft repréfenté ouvert, On le ferme par une bande de peau ou de papier qu’on y colle. IH, eft le porte-vent ou le canal de bois, qui porte le vent du foufflet au fommier.
- 1343. La figure 3 repréfente féparément la vis fans fin. On voit en S fa denture d encliquetage , & en 5 la partie excentrique qui fait TefFet d’une manivelle , pour faire agir le loufflet.
- 1:344. La figure 1 de la Planche 94 repréfente géométralement le ^Lp4jCHE c^av*er $erinette 9 vu par-delîus û barre# Il faut y remarquer les
- deux queues A & 2?. Elles fe pofent aux côtés intérieurs des deux principaux montants de la boîte, & elles y tiennent par la goupille C, fig. 2 , PL 92. On conçoit par-là que la barre DE, fig. 1, PL 94, peut/e haufler & fe bailler, lùr fon centre de mouvement qui eft fur les goupilles pofées en A 8c B.. La piece de bois C, fixée fur la cheville de fer qui fort au-dehors de la boîte , s’appuie fur une bande de fer verticale , dont le bout inférieur entre dans les crans de la cheville de fer deftinée à faire aller & venir le cylindre pour changer d’air. Lorfqu’on veut en jouer un autre, on dégage de fon cran la bande de fer en la rehaulîant ; par conféquent on re-hauiïe également la barre D E , & Ton change le cylindre de place, en tirant ou repoufiant plus ou moins la cheville : on remet la bande de fer dans le cran dont il s’agit, & on barde la barre pour remettre en prife les tou-
- * ches avec les pointes du cylindre. Si l’on ne rehaufloit pas la barre du clavier , lorfqu’on veut faire aller ou venir le cÿlindre, les pointes de celui-ci accrocheraient celles des touches , & l’on gâterait tout.
- I34j\ La figure 2 repréfente la même barre du clavier vue par-deflous , pour montrer comment les touches y font attachées. On remarque d’abord un trou aflez grand au milieu de chaque touche ; c’eft pour diminuer le frottement de la touche fur fon axe. On fait un petit trou au travers de la largeur de la touche ; on y introduit un fil de laiton, que l’on replie en équerre de chaque côté, & l’on enfonce fes deux extrémités pointues dans la barre.1 On entrevoit ce fil de laiton au travers des grands trous des touches, auflî-bien que fes deux angles de chaque côté. Les pointes de fil de fer plat pa-roiftent au bout antérieur des touches en AB, & l’on voit en CD le bout des petites tringles verticales. EF font les deux queues par lefquelles la barre eft attachée dans la boîte.
- 1346. La figure 3 repréfente la même barre portant toutes les touches.' On y diftingue bien les pointes plates des touches, les cramponets qui les attachent à la barre, les tringles lulpendues aux touches , avec les pointes de fil de laiton fichées dans leur bout inférieur.
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- Secl. /. Defcription de la Serinette ordinaire , SCc. y 67
- La figure 4 repréfènte en perfpeélive l’intérieur du fbmmier. On y voie les foupapes avec leur queue de peau collée contre le fond vertical de la laye Planche du fbmmier.
- La figure y repréfente la place ou doit être pofé le fommier. On y voie de petits trous deftinés à recevoir les reflorts qui font relever les foupapes.’
- P eft un bout du porte-vent.
- 1547. Telle eft la conftruétion ordinaire de la Serinette qui, en cet état, ne peut produire aucun air. Il refte à garnir le cylindre d'une quantité de pointes avec un certain arrangement, & en telle forte qu’en le faifànt tourner au moyen de la vis fans fin & de la manivelle, ces pointes paflànt fuc-ceflivement, St rencontrant celles qui font fichées au-deflous des touches, elles falfent lever celles-ci, & par-là ouvrir les foupapes dans l’ordre qu’exige l’air qu’on a noté. Nous enfeignerons , comme nous l’avons dit plus haut , à noter ainfi fur le cylindre dans le Chapitre fui van t. La Serinette , dont nous venons de donner la conftruétion, efl: l’Orgue le plus petit qu’on puifîe faire, puifqu’il n’y a que 10 tuyaux, ce qui n’efl: que la cinquième partie d’un Jeu de la Doublette. Comme cet Orgue n’efl: defliné qu’à jouer de petits airs, d’une étendue aflez bornée, pour apprendre à des petits oifèaux à les chanter, cette conftruétion efl fuffîfànte , & les tuyaux tirés d’un deffus de doublette font bien choifis ; attendu qu’il a fallu prendre l’uniflbn de la voix de ces oifeaux. Mais fi l’on deftine un pareil Orgue à faire chanter des merles ou des bouvreuils , on prend alors des tuyaux qui par-; lent une quinte ou une oétave plus bas, qu’on tire également de la doublette. On peut même les faire d’une plus groffe taille, pour s’accommoder à l’uniflbn de la voix des merles. Cet Orgue change alors de nom ; on l’appelle une Merline.
- Section seconde.
- Maniéré de faire jouer une Serinette ( ou même un Orgue un peu plus conjidérahle ) d’elle-même, au moyen d'un mouvement
- à roues SC à rejfort.
- 1348. La figure I de la Planche 95 repréfente une Serinette à reflort ^
- toute montée , & vue par devant. A eft le cylindre noté : B eft le clavier : ^
- C , les tuyaux : D , le foufflet : E, la foupape qui s’ouvre par la cheville /, lorfque le foufflet eft trop plein : FG, les poids de plomb , en forme de parallélipipedes : U & Z7, les deux deflous du foufflet, pour fournir le vent au-deflus du même foufflet.
- 134p. KM eft la cage du rouage. N 8cO font les deux barillets, qui contiennent chacun un grand reflort. Ces reflbrts font aufli forts que '
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- 568 FACTEUR D’ORGUES , IF. Pan. Chap. III.
- d’une Pendule qui va iy jours làns être remontée. Il y a une forte corde Planche boyau attachée aux deux barillets, & à l’un d’eux il y en a une autre qui va aboutir à la fufée ; enforte quun barillet tire par fa propre force le fécond ; & celui - ci , dont la force eft réunie à celle de l’autre , ayant par conféquent double force ,* tire la fufée par une autre corde qui s’entortille autour d’elle. C’eft ce qu’on peut un peu appercevoir, & qu’on entendra mieux par une autre figure. Il y en a qui, au lieu d’une corde de boyau, font la dépenfe d’employer une forte chaîne de la même façon que celles qui font en ufege dans les Montres de poche , mais beaucoup plus grofle. Cette pratique eft certainement meilleure , mais plus chere. KLQR font les quatre aîles du volant. P, eft l’arbre & l’encliquetage du , barillet IV» S, eft l’arbre & l’encliquetage du barillet O* T , eft le remon-
- toir d e l’un & l’autre barillet. En tournant la clef fur le quarré T, on fait tourner la roue V fixée fur l’arbre de la fufée ; par conféquent celle-ci s’enveloppe de la corde de boyau. X, eft un chaperon ou rondelle de cuivre, qui porte une cheville, à laquelle eft accrochée une tringle de fer P : le bout inférieur de celle-ci eft accroché à un bras du levier PZW, dont on voit la tige Z W. A l’autre bout de cette tige il y a un autre bras qui ne paroît pas, & qui leve le deflbus H du foufflet. A la même tige eft rivé un troifieme bras £7, qui leve l’autre partie U du deflbus du même foufflet. Ces deux bras font attachés à cette tige dans un fens contraire , enforte que l’un baille quand l’autre leve. Il s’enfuit que la cheville du chaperon X, tandis que celui-ci tourne , fait lever & baifler alternativement les deux deflbus du foufflet ; ce qui a exigé que ceux-ci fuflent pofés l’un à rebours de l’autre , par rapport à leurs charnières : à l’un , on voit les plis en H9 & la charnière U à l’autre. On divife en deux (parties féparées le deflbus du foufflet, afin que le chaperon X9 par fes révolutions, fafle fbuffler en baillant & en levant fa cheville.
- 1350. La figure 2 repréfente la même Serinette , vue par derrière. A eft le fommier fur lequel les tuyaux font pofés. BC eft le même mouvement à roues que celui de la figure 1. B eft le volant. On y voit quatre aîles qui tournent fur elles-mêmes à frottement dur comme la tête d’un compas, pour prendre plus ou moins d’air, afin de faire jouer la Serinette plus ou moins vite. D eft une étoile, contre laquelle le limaçon G eft rivé. E eft le lau-toir de l’étoile avec fon reflort. F eft une piece en forme de T, qui appuie toujours contre le limaçon ; & le bout du cylindre appuie de même contre ce T, y étant continuellement pouffé par le reflbrt H , qu’on voit féparé-ment yfig. 3. On remarque en I un des deux barillets enveloppé de la corde de boyau, qui va aboutir à la fufée K.
- 1351. Pour bien entendre le jeu de tout ceci, il faut voir la Planche ou les différentes pièces du rouage font repréfentées plus fenflblemenr. La
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- Secl. IL Maniéré de faire jouer une Serinette , SCc. jép figure i repréfènte le mouvement vu par la face oppofée au cylindre. A Sc B i font les deux encliquetages des deux barillets. C eft le remontoir, avec fa roue D attachée fur Taxe de la fufée* E eft le chaperon qui porte une cheville, à laquelle la tringle EG eft accrochée. Il faut remarquer au même chaperon plufieurs trous , pour placer la cheville à celui qui convient le mieux , pour faire hauiîer ou bailler le fouffiet au point qu’il faut. GH eft un bras du levier, qui fait agir alternativement deux autres bras du même levier au-deffous du même foufflet, par le mouvement qui leur eft communiqué au moyen de la cheville du chaperon E. Le volant eft déligné par F'.
- 13 y 2. La figure 2 eft repréfentée géométralement, vue par la face qui regarde le cylindre. EGKH eft une platine, dont l’axe KH eft le même que celui de la fécondé roue du mouvement. Cet axe eft revêtu d’un canon rivé à la platine. Ce canon entre alfez librement dans un trou fait au centre du cylindre. Ce trou dans le cylindre eft revêtu intérieurement d’un autre canon de cuivre, qui y tient foiidement. G eft une cheville alfez forte , qui entre dans un autre trou du cylindre alfez éloigné du centre. Cette cheville oblige néceflairement le cylindre d’avoir le même mouvement que la platine, qui elle-même tourne comme la fécondé roue qui la porte. E eft une coche dans laquelle tombe la décente F. On ne voit dans cette figure qu’un bras de cette détente. Nous verrons l’autre dans la figure fui vante.
- 1353. AC eft l’étoile , avec fon fautoir Sc fon relfort. Elle a 12 pointes, parce qu’il y a 12 airs différents à la Serinette. Chaque pointe porte vers fon extrémité une cheville. A chaque tour que fait la platine EGK , ( qui fait faire une révolution entière au cylindre, ce qui fait jouer un air entier) la languette Kl rencontrant une des pointes de l’étoile , la fait fauter d’un point ou de la douzième partie de fà circonférence ; alors le limaçon avance d’un point plus élevé, étant lui-même un plan incliné : le 7% défigné par avance ou s’élève également , pouffe le cylindre Sc le fait avancer , celui-ci étant toujours appuyé contre le T avec un certain effort, par le moyen d’un refiort appliqué contre l’autre extrémité du cylindre, comme nous l’avons dit plus haut. Ce changement de l’étoile, du limaçon Sc du cy-* lindre arrive toujours au moment où un air eft fini. Dans le même temps le bras de la détente F tombant dans la coche de la platine ; l’autre bras qui eft dans le mouvement, baiffe fuffifamment pour fe mettre en prife avec une cheville rivée fur le limbe de la troifieme roue, Sc tout eft arrêté. Si avec le doigt on leve cette détente , en faifànt une petite preflion fur une queue qui fort au-dehors de la boîte de la Serinette, elle jouera l’air fuivant. Si on veut que l’inftrument joue tous fes r2 airs de fuite , fans s’arrêter, ou jufqu’à ce que les grands relforts ne tirent plus , on accroche la queue de la dérente F, enforte qu’elle ne puifle pas tomber dans la coche E de la platine.
- J354. Si on veut que la Serinette joue toujours le même air fans difcon-Orgues. Z/7. Part. F7
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- tinuer, il faut empêcher que la languette Kl ne fafle fauter Pétoile. Pour produire cet effet, on tire en dehors la queue N du croiifant ML ; alors il fe trouve dans la fituation défignée par des points; Il s’enfuit de là que cette languette , ayant fon centre K de mouvement excentrique à fégard de la platine, eft d’abord entraînée en en-haut par la cheville a. Lorfque celle-ci eft: arrivée vers b9 la cheville b le trouve vers M, & la languette étant dans une fituation verticale, tombe for la cheville b. Dans cette circonftance elle ne fort pas au-delà de la platine, à caufe que fon centre de mouvement eft excentrique , & que le croillànt l’empêche d’avoir allez de faillie pour atteindre jufqu’à l’étoile , étant pour ainfi dire obligée de fe tenir renfermée, le croillànt lui bouchant le palîàge. Cet effet ne pourroît avoir lieu, fi le centre de mouvement de cette languette étoit le même que celui de la platine. Cette excentricité lui donne donc la propriété de fe raccourcir fuffifàmment pour éviter la pointe de l’étoile. Cette languette ne laifle pas d’être toujours entraînée par la cheville a , mais elle fe tient renfermée tant qu’elle traîne fur le croiifant ; lorfqu’elle cefle de le toucher , elle fort à l’ordinaire au-dehors de la platine , & cela n’arrive que lorfqu’elle a palfé la pointe de l’étoile, qu’elle ne touche point. Cette manœuvre fe continue à chaque tour que fait la platine ; par conféquent la Serinette jouera toujours le même air^ tant que les grands relîorts qui font dans les barillets tireront.
- 13 J y. La ligure 3 repréfonte le calibre du rouage. A & B font les deux barillets. C eft la première roue qui a ÿ6 dents, à laquelle tient la fufée, avec fon garde-chaîne, ou mieux ici fon garde-corde, qui arrête le remontoir lorfque la corde eft arrivée au fommet de la fufée, tout comme à une montre de poche. Cette roue engrene dans le pignon de 12 ailes fait à l’arbre de la fécondé roue D de 90 dents. C’eft l’axe de cette fécondé roue , qui étant prolongé, porte la platine GK9fig. 2, & s’emmanche dans le centre du cylindre. Cette roue D , fig. 3 , engrene dans un pignon de 10 aîles* qui eft fur l’arbre de la troifieme roue £, de 44 dents. L’axe de cette roue E eft aflez prolongé pour porter le chaperon E, fig. 1, qui donne le mouvement au fouffîet, au moyen de la tringle E G 8c du levier GH. Cette troifieme roue E ,fig. 3 , a une cheville qui donne prife à la détente H G. Celle-ci eft la même que la détente F, fig. 2 ; ce font deux bras differents fixés au même axe. Tant que le bras E , fig« 2, fo trouve au-deflus du bord de la platine GK, cette détente tient fon autre bras H, fig. 3 , aflez élevé, pour qu’il ne foit pas en prife avec la cheville de la roue E ; mais aufli-tôt que le bout du bras F tombe dans la coche E de la platine, -fig. 2 , l’autre bras //, fig. 3 , de la même détente, arrête le mouvement du rouage par la cheville de la roue E. On voit en G la queue de cette détente, par laquelle on fait aller ou arrêter la Serinette, comme on le juge
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- Secl. IL Maniéré de faire jouer une Serinette SCc. 57 î â propos. Cette troifieme roue E engrene dans une vis fans fin, qui tient à laxe I du volant.
- 13^6. La figure 4 repréfente comment on met les cordes fur les deux barillets & fur la fufée. Un bout d'une des cordes eft d'abord attaché en a au barillet A. L'autre bout de la même corde eft attaché en b , au barillet B. Un bout d'une autre corde eft attaché en d au barillet B , & l'autre bout de cette féconde corde eft attaché en g, fur la fufée C. La feule infpeélion de la figure fait affez entendre comment les deux grands reflorts dans les ba-rillets réunifient leurs forces fur la fufée C. Pour une plus grande intelligence , on obfervera que la corde qui va du barillet A fur le barillet B, eft prefque noire; & celle qui va du barillet B à la fufée eft beaucoup plus blanche ; par là on les diftinguera mieux. Les points repréfentent les tours de la corde qui font au-deflous des barillets , comme fi ceux-ci étoient tranfparents.
- 13J7. La figure y repréfente le mouvement tout monté; c’eft le même que celui de la figure 3 , mais vu par le deftus. AB eft un bout du cylin-dre, CD , le canon de la platine , rempli de fon axe. Il eft inféré dans le centre du cylindre. On peut remarquer en C que le trou du centre du cylindre eft aflfez profond, pour qu'il puiiïe recevoir toute la longueur du canon de la platine, lorfque le T fe trouve à la plus grande élévation du limaçon, & que le même canon de la platine eft aiïez long , pour qu'il ne puiiïe pas fortir du même trou du cylindre lorfque le T fe trouve au point le plus bas du limaçon. Il faut en dire de même de la cheville AD , qui eft attachée & rivée à la platine, & inférée dans un trou excentrique du cylindre , pour l'obliger à tourner lorfque la platine tourne. G eft le chaperon, avec fa cheville , pour faire agir le fbufHet. H eft le limaçon dont on ap-perçoit bien la forme. On voit aufli en I la fonélion du T. Le cylindre qui eft toujours appuyé & le T eft lui-même appuyé fur le limaçon. Le refte n'a pas befbin d’explication ; on peut facilement l’entendre * après tout ce que nous avons dit ci-deflus.
- Les figures 6 8c 7 repréfentent en perfpeélive l'étoile avec fon limaçon, & la figure 8 eft le volant deiïlné géométralement.
- Réflexion.
- 13^8. Le mouvement à roues que je viens de décrire eft bien entendu pour les petites Serinettes, où il n'y a qu'une rangée de fort petits tuyaux , tels qu'on les emploie pour faire chanter de petits oifeaux, & où il n'y a que des airs à une feule partie. Mais s'il s’agit des airs à deux parties, qu'il y ait deux ou trois rangées de tuyaux ? au double ou au triple plus grands, ce mouvement eft infuffifànt. J'ai toujours remarqué peu d'harmonie dans toutes ces
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- 5/2 FACTEUR D'ORGUES, IV Part. Chap. III.
- petites Orgues, jouant d’elles-mêmes, par des grands refforts Sc un rouage.
- Planche ceJa vient de ce que la machine n’a pas affez de force, pour donner affez de vent aux tuyaux. La troifieme roue , qui fait agir le foufflet , n’a pas allez de force pour mettre en mouvement un foufflet fuffifàmment chargé ; on n’a qu’une très-petite quantité d’air à donner aux tuyaux , fur-tout fi les airs font à deux parties. On aime beaucoup que l’inftrument joue le plus long-temps poffible, fans qu’il foit nécefîàire de le remonter. Il paraît qu’il feroit plus fatisfaifant que l’inftrument ne jouât pas fi long-temps, Sc que les tuyaux parlaient bien. A cet effet, je penfe que , pour augmenter la force ' de la machine, on pourroit i° > augmenter de quelques lignes le diamètre de la fufée :* 2°, aggrandir le foufflet le plus qu’on pourroit, & le charger un peu plus: 30, on pourroit faire de 16 ailes le premier pignon dans lequel engrene la roue de fufée , aulieu de 12. 4% Enfin , on pourroit mettre deux grands refforts à chaque barillet , en les faifant plus profonds , & par conféquent en donnant plus de hauteur à la cage. Ces deux refîorts fè mettent , l’un au fond du barillet , Sc l’autre par deffus le premier , avec une rondelle entre deux , afin qu’ils ne fe touchent point. La valeur de tous ces changements, réunie , fe trouverait augmenter la force prefqu’au double; ce qui donneroit le moyen de faire bien parler les tuyaux : il eft vrai que finftrument ne joueroit pas fi long-temps ; il faudroit le remonter un peu plutôt.
- 13 yp* Ceux qui veulent faire plus de dépenfe , font les touches du clavier en cuivre, qui ne font pas fujettes à s’arrêter dans les temps humides. On fait même quelquefois le cylindre en cuivre, il conferve mieux fa rondeur.
- On fait quelquefois de ces petites Orgues, qui vont d’elles-mêmes, par un rouage , qu’on met en mouvement par un poids. Dans ce cas on fupprime les deux barillets, Sc on fait un cylindre cannelé en vis autour de là circonférence , que l’on met au lieu Sc place de la fufée. Cela eft fort facile à entendre.
- Section troisième.
- Des Orgues portatives à manivelle, plus conjîdèrables.
- 1360. Si l’on veut conftruire de ces Orgues portatives, à manivelle, qui faffent plus d’effet ,. qui foient plus harmonieufes Sc plus agréables, on y met deux rangées de tuyaux , qui parlent à l’oétave l’une de l’autre ; comme un deffus d’un bourdon à tuyaux bouchés , & un deffus d’un preftant à tuyaux ouverts : ou encore mieux, un deffus de bourdon , comme nous venons de le dire, & un deffus de 8 pieds ouvert. Un Orgue de cette efpece doit être au double plus long, Sc au double plus large, ou encore plus félon l’étendue qu’on donne à ces deux Jeux. Le fommier doit auffi être beaucoup
- plus
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- SecZ. IIL Des Orgues portatives à manivelle 9 ôC>c> 573 plus grand à proportion, & il faut le faire à deux regiftres. On a vu la conftruc-tion d’un fommier à regiftres 5 mais celui-ci peut fe faire d’une maniéré beaucoup plus fimple. La table, les gravures & les barres fe font d’une feule piece. On creufe les gravures Sc les barres avec un cifeau Sc un bédane, Sc on rapporte les deux regiftres, avec une feule chape qui les recouvre tous deux. Dans cette efpece d’Orgue on fait ordinairement tous les tuyaux en bois , que l’on couche au-deflous de la boîte de l’Orgue 9 où ils font bien arrêtés Sc collés. Leur conftruétion même eft finguliere, en ce qu’ils tiennent tous enfemble, comme s’ils étoient en une feule piece : voici en quoi cela confifte.
- Maniéré de conjlruire un nombre de Tuyaux de bois 9 enforte quils tiennent tous enfemble ; ce quon nomme un Peigne.
- 1361. Sur. une planche de grandeur convenable à contenir tous les tuyaux qu’on veut faire, on pratique Sc on colle- des feparations qu’on pofb de champ, écartées l’une de l’autre, & d’une largeur conforme à la dimen-fion que doit avoir chaque tuyau. Chaque féparation forme alors un canal ; on ajufte Sc on colle de petites planches en travers , qui forment les bifeaux des tuyaux, fur lefquels on colle la levre inférieure , qui n’eft autre chofe qu’une fimple tringle allez longue pour former la lumière à chaque tuyau* On fait enfuite une autre planche femblable à la première ; on y taille à un bord la levre fupérieure de chaque tuyau dans la proportion convenable. En-fùite toutes les féparations étant bien égalifées, on colle cette grande planche par-deffus ; on l’aflujettit avec de petites pointes fur toutes les féparations. Oiî en met aufîî fur la planche de deflbus. On voit que par cette conftruc-^ tion on gagne bien du terreïn, qu’on s’épargne bien du travail, du temps & du bois, puifque fi on met à cet Orgue , par exemple, 36 tuyaux, il ne faudra que 39 principales planches pour les faire, au lieu qu’il en faudroit 144 pour la conftruétion ordinaire. Mais cette méthode demande une exécu* tion bien foignée, beaucoup de précifion Sc de propreté , pour que les féparations foient bien exactement collées ; que les levres fupérieures foient bien taillées Sc proportionnées : que les bifeaux foient bien faits Sc bien ajustés , enforte que toutes les lumières qu’ils forment avec la levre inférieure foient bien proportionnées, Sec. je ne parle point des pieds de ces tuyaux ; on comprend affez que l’on forme le réfervoir à chaque tuyau, au-defîous du bifeau , félon la maniéré dont on fe propofe de leur donner le vent. On peut le leur donner, ou par la grande planche de delîous , ou par le bout inférieur de chaque tuyau , félon qu’on difpofe la piece gravée. On fent déjà que cette conftruélion eft encore très-propre pour rendre un Orgue bien portatif. Comme dans cette efpece d’inftrument, on met un plus grand Orgues. IV** Part* G 7
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- 574 FACTEUR D’ORGUES, IV. Pan. Chap.lll.
- nombre de tuyaux , Ton peut y noter des airs à deux parties, & le foufflet peut être allez chargé pour fournir fuffifamment de vent.
- 13 62. On fait des Orgues encore plus confidérables , qui ne laiflent pas que d’être portatives. On en promené dans les rues de Paris, qui ont jufqu’à deux pieds 3 pouces de longueur, fur environ pouces de largeur, ou un peu plus. On y met un bourdon, un preftant, un nazard & une dou-blette, 8c quelquefois une tierce. Tous les airs font notés fur le cylindre à deux & quelquefois à trois parties. Les baffes du bourdon 3c du preftant font en bois, & pofées àu-defîbus de TOrgue foivant la conftruéiion que je viens de décrire. On coude même plufieurs tuyaux félon la même méthode» Le fommier fo fait à quatre ou à cinq regiftres , & on place en dedans tous les tuyaux qu’on n a pas pu pofer au-deflous. On les met debout , fur le fommier à l’ordinaire , & on les fait tous en étain. Comme on bouche toutes les baffes , cela fait qu’il n’y a pas de tuyaux trop grands. On n’y met jamais les jeux de quatre oélaves ; on fo contente de deux ou deux oétaves & demie. On ne fait commencer les jeux qu’au fécond c fol ut, 3c ordinairement les gammes font feulement diatoniques avec les deux b fa fi b. On compofe les airs ou les pièces d’une étendue convenable à celle des jeux , & l’on fait enforte que la gamme chromatique n’y foit pas néceffaire. Cependant on en voit d’autres où les deux gammes font chromatiques ; les pièces que l’on y note font de meilleur goût, & de plus belle mufique. Voilà ce qu’on fait de plus confidérable pour les Orgues portatives à manivelle. Si on veut en conftruire un , qui foit propre à une Eglifo même affoz grande , comme pour une Paroiffe à la Campagne, & qu’on ne veuille pas d’Organifte en forme pour le toucher, on peut le faire & le dilpofer exprès pour être joué par un cylindre , ce que nous allons décrire dans la Seétion fuiyante.
- Section quatrième.
- ♦
- Conflruction d’un Orgue de 8 pieds ,pour être joué par un Cylindre,
- fans avoir befoin d’un Organijie.
- 1363. Il effi aifé de comprendre qu’un Orgue que fort fait jouer par un cylindre, ne peut être fofoeptible de tous les agréments dont le jeu d’un habile Organifte eft orné dans les Orgues ordinaires , en ce qu’il varie 3c change continuellement fos idées & fon goût, 8c donne toujours du nouveau. Les pièces qui font notées for le Cylindre, ne peuvent être que toujours les mêmes. Cependant à caufe de la parfaite régularité de leur exécution, telles qu’elles le foroient fi elles étoient touchées par un habile Organifte , elles plairont d’avantage que ce que l’on joue dans la plupart des Paroiffes
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- Secl* IV. Conflruclion d’un Orgue de 8 pieds, SGc. 575 ou des Chapitres des petites Villes ou Bourgs de la Campagne , où il n’y a que des Organiftes bien foibles. Ils fe répètent continuellement , & ce quils touchent étant toujours incorreél & fans goût, ne peut qu’ennuyer & déplaire beaucoup, fur-tout devant des Connoiffeurs ou des Muficiens. Quoiqu’il faille s’attendre qu’un Orgue à cylindre jouera toujours tour à tour les mêmes pièces, on peut les varier en quelque forte , en les exécutant fur des mélanges de jeux bien différents. Un plein jeu peut fe jouer non-feulement fur ce qu’on appelle le plein jeu proprement dit, mais encore fur les fonds de l’Orgue, ou fur les jeux d’anche. Les accords ne peuvent que bien faire fur ces différents mélanges. Un duo peut fe jouer fur un nombre de différents mélanges. Un récit de flûtes peut fe jouer fur un deffus de cromorne, de trompette , &c. On peut varier afïez pour qu’on ne s’apperçoive que fort peu de la répétition des mêmes airs. Il eft donc bien avantageux de pouvoir conftruire un grand Orgue dans ce goût. C’eft'ce que je me pro-pofe d’enfeigner ici , enforte qu’une perfbnne , qui n’a aucune connoifîance de la mufique, ni de l’art de toucher l’Orgue, puiffe le faire jouer.
- 1354. Le Buffet de cet Orgue fera conftruit à l’ordinaire, excepté qu’on laiffera au-devant du bas du foubafïement autant de jour qu’il fe pourra. On conftruira le pofitif dans un corps féparé à l’ordinaire, avec un peu moins de diftance qu’à l’orditfaire, du Buffet du grand Orgue. Les jeux qui peuvent y convenir font les fui van ts :
- 1. Un grand Cornet de 27 marches , le tout en étoffe.
- 2. Un 8 pieds ouvert en montre, en étain fin , & les Deffus également en étain fin , fur pieds d’étoffe.
- 3. Un Preftant, dont une partie de la bafîe en montre, & le relie, dont le corps fera d’étain fin , fur pieds d’étoffe.
- 4. Un Bourdon de 4 pieds bouché , la bafîe en bois de chêne, & le relie tout en étoffe.
- 5. Un Bourdon de 16 pieds, à commencer en fut fa, 6e tuyau ; la bafîe en bois de chêne , & le relie en étoffe.
- 6. Un Deffus de 8 pieds ouvert, commençant au fécond a mi la , en étain fin, fur pieds d’étoffe.
- 7. Un Nazard ouvert, à la quinte du Preftant, t;out en étoffe.
- 8. Une Doublette ; le corps d’étain fur pieds d’étoffe.
- 9. Une Tierce, à la Tierce de la Doublette, les Corps d’étain fur pieds d’étoffe.
- 10. Une Fourniture de 4 Tuyaux fur marche, les Cerps d’étaîn fin, fur
- pieds d’étoffe. ^
- 11. Une Cymbale de 4 tuyaux fur marche, les Corps détain fin, fur pieds d’étoffe.
- 12. Une Trompette ; les Corps d’étain fin, fur pieds d’étoffe.
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- 57tf FACTEUR D’ORGUES , IV. Part. Chap. III.
- 13. Un Clairon, de même.
- 14. Une Voix humaine , les Corps d’étain fin, lür pieds d’étoffe.
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- 4 pieds 7 pouces 3 lignes de longueur,
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- r. Un Defïîis de 8 pieds ouvert, commençant au fécond c fol ut, & la première oétave en flûte de 2 pieds en cheminée. Les tuyaux du 8 pieds en étain fin, fur pieds d’étoffe. Les plus grands pourront garnir la montre. La flûte en étoffe.
- 2. Un Preftant, dont les Biffes rempliront la montre , & les Deffus en étain fin , fur pieds d’étoffe.
- 3. Un Bourdon fèmblable à celui du grand Orgue*
- 4. Un Nazard en cheminée , & les Deflus en fufèau y tout en étoffe.
- y. Une Doublette en étain fin ,lur pieds d’étoffe*
- 6. Une Tierce , toute en étoffe.
- j% Un Larigot, tout en étoffe.
- 8. Une Fourniture de 3 tuyaux fur marche , les Corps d’étain fin , fur pieds dfétoffe.
- 9. Une Cymbale de 3 tuyaux fur marche , les Corps d’étain fin , fur pieds d’étoffe.
- 10. Une Trompette , les Corps d’étain fin, fur pieds d’étoffe.
- 11. Un Cromorne, les Corps d’étain fin, fur pieds d’étoffe.
- Pédales•
- 1. Une Flûte de 8 pieds ouvert, en bois, commençant au premier c fol ut.
- 2. Flûte de 4 pieds ouvert ; la Baffe en bois , & les Deflus en étoffe.
- 3. Trompette , commençant au double a mi la du ravalement ; les Corps d’étain fin , fur pieefe d’étoffe.
- 4. Un Clairon , de même.
- On peut y joindre un Nazard ou Quinte du
- Preftant, une Quarte & une Tierce ; le tout en
- étoffe.
- 1365. Voici la réglé pour le Sommier des Pédales & du grand Orgue. Ces deux Sommiers n’en font quun, ils font joints & confondus enfemble,
- ' attendu
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-
-
-
- Secl. IV. Confîruclion d'un Orgue de 8 pieds > SCc. 577 attendu que le même Cylindre fera jouer les Jeux de l’un & de l’autre * ce qui dilpenfè de faire bien des machines qu’on a Coutume de conftruire pour les Pédales.
- Nous venons de voir les réglés des Barres & Gravures des Sommiers de Pédale du grand Orgue Sc du Pofitif. Voici celles des largeurs des Regif-très Sc faux-Regiftres pour chacun en particulier.
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- î. Defliis de 8 pieds . ........ 20
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- 2. Preflant,...............iy
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- 3. Bourdon ................24
- —10
- 4. Nazard.................20
- —10
- y. Doublette........ 1 y
- —10
- 6. Tierce .................iy
- —10
- 7. Larigot............. ly
- —10
- 8. Fourniture..............iy
- —12
- p. Cymbale.................18
- [10. Fourniture . ...... —10 30 O- 0 crq —12 10. Trompette 18
- —18 —-12
- 11. Cymbale ......... 30 11. Cromorne t8
- — l8 Pu en EE20
- 12. Trompette . .....7..24 0 3 2 pieds 4 pouces S lignes, largeur.
- 113. Clairon. — l8 3
- 20 ni" •~5
- 14. Voix humaine —12 18. —20
- 3 pieds p pouces, largeur.
- Pédales.
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- 1. Flûte de 8 pieds.... .36
- —12
- 2. Flûte de 4pieds.... . .30
- —12
- 3. Trompette.......;.....30
- --12
- 4. Clairon................30
- 1 pied 4 pouces 8 lignes, largeur.
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- Grand Orgue.
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- ï. Grand Cornet. 7 ,...18 -—12 t-*
- 2. Montre de 8 pieds ,...24 —12 sa crq Ci
- 3. Preftant ....24 —12 H* CO eu
- 4. Bourdon de 4 pieds ..., V- ,...24 —12 C6 *S a>
- y. Bourdon de 16 pieds... ....30 12 ÜQ » CD
- 6. Deffus de 8 pieds ....24 *—12 8? sr»
- 7. Nazard... ...18 fû C
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- 1367. Il faut obferver que le fommier de Pédales doit être tellement uni au grand fommier, comme nous l’avons déjà dit, qu’il en eft véritablement une fuite 9 comme on peut s’en appercevoir à l’inlpeélion de la réglé des Barres 8c gravures • mais fes regiftres font totalement diftinéls & feparés * c eft pourquoi nous les avons mis ici à part. Les regiftres du grand Orgue n i-1 ront que jufqu’à la partie qui fert pour les Pédales exclufivement ; & leurs balanciers ou autres mouvements qui les feront jouer , feront pofés au Orgues. IV. Paru H 7
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- 578 FA C TE U R D’O RG UE S , IV. Pan. Chap. IV.
- milieu, entre les deux parties du fommier. Ceux des Pédales ne peuvent aller que jufqu a la partie du fommier deftiné pour le grand Orgue exclu-fivement ; & leurs balanciers eu autres mouvements feront pofés aux deux bouts extérieurs du fommier, en faifant communiquer le même mouvement de leurs tirants aux deux moitiés du même regiftre ; enfbrte quun feul tirant fafle ouvrir 8c fermer enfemble les deux regiftres des deux moitiés du fommier, comme l’on fait ordinairement dans toutes les grandes Orgues.
- On remarquera dans la réglé des barres & gravures du grand fommier & de celui des pédales, que la diftanee d’une foupape à l’autre eft par-tout «gale, 8c de 16 lignes. Cette égalité eft néeeflàire pour noter 16 airs ou pièces differentes fur le cylindre.
- 1368. Comme cet Orgue, tel que nous venons de le détailler, eft fort confidérable, & que le fommier doit être en deux pièces, le cylindre ne fera point eonftruit en un feul corps , attendu qu’il faudroit qu’il eût près de 10 pieds de longueur , ce qui en rendroit la conftruélion trop difficile & trop embarraflante ; mais on le fera en deux parties, & on laiffera , comme entre les deux parties du fommier , un efpace de p à 10 pouces, lorfqu’on les Joindra enfemble bout à bout. C’eft dans cet efpace que l’on mettra la partie dentée, qui doit engrener avec la vis fans fin. On les fera communiquer enfemble par les moyens que nous indiquerons bientôt, en-forte que le mouvement de la vis fans fin ne foie qu’un pour les deux cylindres , c’eft-à-dire, que les deux cylindres n’en feront plus qu’un pour ce qui regarde le mouvement. La piece de bois qui fera dentée , fera faite de quelque bois dur, comme du noyer, afin qu’il foutienne mieux & plus long-temps fà denture. Ces deux parties du cylindre doivent être pofées fur un feul chariot, qui pour cela ait la longueur totale des deux cylindres enfemble , 8c de plus l’efpace entre les deux cylindres, prefque tout occupé par la partie dentée.
- Le clavier, qui confifte en des bafcules, doit être auffi en deux parties, qui feront ainfî de moitié moins pelantes , 8c par conféquent plus faciles à élever lorfqu’on voudra changer d’air.
- 1369. On peut concevoir que les pédales joueront fort Amplement &fort facilement, puifque leurs notes feront fur le même cylindre, & leur clavier auffi. Mais il n’en fera pas de même du pofitif, qu’il faut faire jouer enfemble ou féparément du grand Orgue , félon qu’on le délire. Voici comment on pourra faire produire cet effet. On mettra par terre , fur un chevalet, des bafcules de champ , d’une longueur fuffilànte , pour atteindre dun bout au-delîous du fommier de pofitif, & de l’autre, à l’à-plomb do» la queue des bafcules qui fervent de clavier au cylindre. Cet enfemble des bafcules du pofitif formera un éventail. On mettra des pilotes verticaux & déliés, comme on le pratique ordinairement pour un pofitif, dont le bout
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- Secl. IV. Conflruclïon d'un Orgue de 8 pieds, SCc. 579
- =29
- Péd. 2—7 péd. 4-T 9 Péd. 6-7_ 9 Péd. S—7 * P 9
- Péd.10—7 Péd. 1 z—7 Péd. 14—6
- 10
- Péd. 16—5 Péd.18—6
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- Péd.20—6 Péd.22—6 Péd 24—6 Péd.26—6 Péd.28—6
- Péd. — 1 30—6
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- G. —1 19—6
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- P. 7-I 22—6
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- inférieur portera fur les bafcules du pofitif, & le bout fupé* rieur fe trouvera au-deflous de chaque bafcule du cylindre» Ce bout fiipérieur des pilotes paffera au travers d’un guide mobile, qui puifle, au moyen d’un tirant ordinaire, aller Sc venir félon fà longueur. Lorfqu’on ne voudra pas que le pofitif joue , on pouffera le tirant, qui, faifànt avancer le guide , pouffera de même les pilotes, & les mettra hors de prife aux bafcules du cylindre ; Sc les y remettra lorff qu’on tirera ce tirant. Pour faire jouer le pofitif feul , fans le grand Orgue , on fera l’acrochement des vergettes du grand Orgue aux bafcules du cylindre, enforte qu’un autre guide, au travers duquel toutes les vergettes pafleront, puifle les accrocher ou les défàccrocher, félon qu’on tirera ou qu’on pouffera un autre tirant. Il faut une traverfe fur laquelle repofent toutes les queues des bafcules du cylindre. Le guide des pilotes du pofitif pourroit en fervir.
- 1370. La maniéré de faire jouer le pofitif avec le grand Orgue, enfemble ou feparément, par les mêmes bafcules qui fervent de clavier , dont nous venons de faire la def cription, n’eft certainement pas d’une facile exécution ; on peut s’être apperçu déjà de plufieurs inconvénients, fur-tout en ce que les bafcules du pofitif doivent être d’une longueur exceflive. Nous propofèrons un autre moyen plus facile , mais qui exigera un cylindre beaucoup plus long. C’eft de mettre le pofitif, non pas dans un corps féparé , mais de faire un fommier double, pour contenir enfemble le pofitif, le grand Orgue & les pédales. En voici la réglé où il faut toujours obferyer les diftances égales d’une foupape à l’autre.
- 7 pieds 6 pouces 7 lî-j gnes, largeur.
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-
- Planche
- P7«
- *«
- 580 F ACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap.III.
- 1371. Voici la réglé des largeurs des Regiftres & faux-Regiftres du grand ‘Orgue , & du Pofitif enfemble.
- Gr. Or. I . Grand Corner.... v.
- Gr. 2. Montre de 8 pieds.,
- Pofit. 3. Deffus de 8 pieds..,
- Gr. 4. Preftant
- Po. J. Preftant...........
- Gr, 6. Bourdon de 16 pieds,
- Gr. 7. Deftiis die 8 pieds...
- Gr. 8. Bourdon de 4 pieds
- Po. j. Bourdon de 4 pieds.
- Gr. 10. Nazard...........
- Po. II. Nazard .... Gr, 12. Doublette.. Po. 13. Doublette..
- Gr. 14. Tierce.......
- Po. IJ. Tierce...,. Po. 15. Larigot .... Gr. 17. Fourniture,., Po. 18. Fourniture,.. Gr. ij. Cymbale..,. Po. 20. Cymbale.... Gr. 21. Trompette . . Po. 2'2. Trompètte .. Gr. 23. Clairon,.... Po. 24. Cromorne . . Gr. 2J. Voix humaine
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- —12 18
- On trouvera à la page 23.8 j art. 681 , les largeurs des Barres 8c la longueur des Soupapes , avec plufieurs avis que l’on ne répétera pas ici.
- La longueur du Sommier de Pédales, du grand Orgue 8c du Pofitif enfemble étant en deux parties , 8c chacune ayant 7 pieds 6 pouces 7 lignes, la longueur du Cylindre doit etre du double , plus la partie dentée de 6 pouces, 8c un autre efpace de 3 pouces , dont nous parlerons bientôt ; ce qui fait en tout 16 pieds 1 o pouces 2 lignes.
- Par cet arrangement , l’Orgue fera plus fim-ple , plus facile à conftruire, 8c plus commode pour exécuter les plus beaux morceaux de Mufique. On fera jouer des Trio fur plusieurs mélanges 9 des Duo fur differents claviers j des Tierces en taille s ou Trompettes, ou Cro-mornes en taillej en un mot, tout ce qu un habile Organifte touche de plus beau. Il ne s’agit que de bien noter le tout fur le Cylindre , qu’il eft important de bien conftruire. Je vais donner îà-deiTus mon idée. On la réformera fi on le juge à propos.
- §. I. CortflfuBlon J an grand & gros > Cylindre dïOrg ue.
- 1372. Ce Cylindre devant avoir 3 3 pouces de diamètre, on comprend déjà qu'il doit être creux & auffi léger qu’il fera poffible * mais pourtant fo-lide , & fur-tout qu’il ne perde pas fa rondeur. Puifqu’il ne doit pas être fujet à fe tourmenter , les bois qui ferviront a fa conftruélion doivent être très-fecs, de fil droit, & d’une épaiffeur fuffifànte ; par conféquent il fera néceiTairement d’un poids fort confidérable. Voici comment on
- J pieds 3 pouces 11 lignes, largeur.
- pourra s’y prendre.
- 5 73739 fera d’abord 14 plateaux de bois de chêne ou de noyer,
- ' fîg' 3* *^s auront 31 pouces de diamètre. De ces plateaux , quatre
- auront un pouce 6 lignes d’épaifleur , & les autres auront un pouce. Les plateaux les plus épais étant deftinés à être placés aux deux extrémités du cylindre, porteront chacun une croifée forte & bien affemblée à tenons & mortaifes; le tout collé & chevillé : voy.fig. 2. On pourra les faire avec des Jantes y comme on conftruic les roues de carrofie, mais autrement alfem-blées. Il faut les faire avec des tenons & des mortaifes, le tout bien collé
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- Secl. IF Conjirucïion d'un grand SC gros Cylindre. 581
- & chevillé. Les jantes feront au nombre de quatre, ou mieux de fix, elles en confèrveront mieux la rondeur. La conftruélion des plateaux avec des jantes, les rendra de moitié moins pefants que s’ils étoient pleins, y ayant au milieu un vuide de 19 pouces de diamètre ; car les jantes feront aflea fortes , fi elles ont 6 pouces de largeur tout à l’entour.
- Les plateaux étant faits , arrondis avec beaucoup de foin , & bien exaéte* ment égaux de diamètre , on fera trois ou quatre tringles, fig. 1, A, B, C, D$ afiezfortes, & de toute la longueur d’un des deux cylindres; c’eft-à-dire, de 7 pieds 6 pouces 7 lignes. On difpofèra de champ les fept plateaux E y Fy G, H9 /, K 9 à égale diftance entr’eux, enforte que les deux des extrémités EL foient ceux de 18 lignes d’épaiffeur, & on clouera à demi 9 par-defîus, une des tringles. On clouera de même , contre les plateaux , les deux ou trois autres tringles à diftances égales entr’elles. On fera bien attention que les 7 plateaux, & fur-tout ceux EL de chaque bout du cylindre, foient pofés à angles droits 5 les tringles ferviront à diriger l’équerre.
- 1374. Le cylindre étant ainfi monté, on fera des planches de bois de tilleul ( ou fi l’on veut, de bois plus folide, comme de poirier fàuvage ou d’olivier) en forme de douves , d’un pouce ou environ d’épaiffeur, fur 3 ou 4 pouces au plus de largeur, bien dégauchies : on en ajuftera une fur fa place, faifant enforte qu’elle foit tant foie peu creufo dans fà longueur, afin* qu’elle joigne exactement fur tous les plateaux, & on dreffera avec foin, les deux champs. Lorfqu’elle fera bien ajuftée , on la collera fur fa place, & on l’y arrêtera avec de petites chevilles quarrées & collées, en en mettant au moins deux fur chaque plateau, c’eft-à-dire, une cheville à chaque bord. On ajuftera de même la féconde douve, & lorfqu’on verra qu’elle joindra de toute fon épaiffeur contre la première & fur les plateaux, on la collera & on la chevillera comme la première. On continuera de même jufqu’à ce que le cylindre foit entièrement couvert, ôtant les tringles qu’on avoit mifes au commencement, à mefure quelles embarralîeront, & qu’elles deviendront inutiles. Il feroit néceflaire de laifler pendant quelques mois ce cylindre dans un endroit bien fec & même chaud, pour qu’il pût faire tous fes effets ; & s’il y a des parties qui fè fendent ou fe disjoignent, on les remplira avec des tringles du même bois bien collées, après quoi on le tournera.
- 1375. Il faut remarquer qu’un des plateaux qui termine chaque cylindre au bout extérieur, doit porter un pivot de très-bon fer, doux, bien tourné Sc poli, & qui ait au moins un pouce de diamètre. Ces pivots feront fortement rivés au centre d’une croifée de fer, PL 98 9fig. 2 , entièrement entaillée dans celle de bois, PL 97, fîg. 2 , & fixée dans celle-ci par des vis, dont les écrous de cuivre feront engagés dans le bois. Par ce moyen ces pivots tiendront d’une façon inébranlable, comme devant porter un cylindre d’environ ^00
- Orgues. IV* Pan* I 7
- Planche
- Planches 27 & 28.
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- Planches VI & 98.
- Planche
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- *
- 582 FACTEU R D’ORGUES , IV. Part. Chap. III.
- - livres pelant. Ce plateau doit être tourné fur fon tournant à pivot , afin que ceux-ci {oient bien centrés. Cette opération fe fera avant de monter le cylindre.
- 1376. On obfervera que devant pofer entre les deux cylindres la partie dentée , qui engrenera avec la vis fans fin, il faut conftruire cette pièce , PL 97, fig. 4, en façon de cercle, avec des jantes. Le bois doit avoir y à 6 pouces d’épaifleur, & on l’attachera au plateau qui fait un des bouts du cylindre. C’eft à ce plateau & fur les croifées, qu’on fichera un pivot d’une forme telle qu’il ferve auffi pour l’autre cylindre , voy. fig. I , PL 98. Ce pivot PQ portera à chaque bout une croifée de fer ABCD 9 Sc EF GH , rivée par le centre. C’eft par ces croifées que ce pivot fera folidement attaché à un bout de chaque cylindre par plufieurs vis , qui doivent avoir leur écrou dans l’intérieur du bois de la croifée. Outre cela , elles y feront entaillées Sc affleurées. Les vis auront leur tête percée , afin de les faire tourner avec une broche de fer, pour les enfoncer & les ferrer. Chaque bras des croifées portera deux chevilles de fer d’un pouce de longueur, fur y à 6 lignes de diamètre > qui feront bien rivées aux bras des croifées. Elles fendront à mettre, dans fa véritable place, chaque croifée, lorfqu’on montera toute la machine dans fa place.
- 1377. Le cylindre en cet état, n’a befoin que d’être bien arrondi & bien dreffé fur toute fà fiirface extérieure ; ce qu’on fera aifément lorfqu’il fera monté, & qu’il tournera fur fon chariot, qui ne demande pas moins de foins pour fà conftruétion que le cylindre même. On fent bien qu’il doit être fort & bien aflemblé. Le chariot d’une Serinette n’eft compofé que de trois planches aflêmblées en queue daronde , c’eft tout ce qu’il faut ; mais il n’en eft pas de même de celui dont il s’agit, comme il doit porter un très-grand & gros cylindre, qui pefè environ 60o livres, les deux cylindres enfemble, il eft nécelfaire d’y prendre bien plus de précautions.
- CD, fig. z, PL 99 , repréfènte en perfpeélive ce chariot, dans lequel le cylindre ne doit pas avoir le moindre balottement. Les pivots en tour-rillons repofent & roulent fur des couflinets de cuivre ou de bronze E9 Fy G bien enchâfles fur l’épaifleur de chacun des trois montants E, F , G, qui portent le poids du cylindre. On doit mettre 6 roulettes de bronze bien tournées, de y à 6 pouces de diamètre £7, H, Z),fur un bon pouce d’épaifleur, afin quelles ne fillonnent pas au-deflous du chariot, vis-à-vis des trois montants de chaque côté ; mais elles ne failliront au-deflous que d’environ 6 lignes. Elles rouleront dans des mortaifès fur des tourrillons de fer, également tournés & polis.
- Ce chariot marchera fur deux planches allez fortes > ou deux petits foli-veaux AB 9 fig. 3, d’un peu plus de la longueur des deux cylindres enfemble. On fera un bâtis fur ces deux foliveaux vers B , pour porter le leyier, au moyen duquel on fera avancer le cylindre d’un côté pu de
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- SeüAV. Conftruciion dun grand SC gros Cylindre. 583 Pautre. Cette efpece de charpente doit être folidement arrêtée fur le loi de l’Orgue , pour qu elle ne puilfe faire aucun mouvement,
- 1379. Lorfque toute cette conftruétion fera faite , & le cylindre étant dans là place , on le fera tourner avec la vis fans fin & là manivelle 9
- en tenant ferme une gouge de Tourneur fur le bord du chariot, on fera piufieurs filions fur le cylindre, qui conduiront à paflfer une varlope un peu creule, en façon de mouchette, & on rabottera jufqu’à ce que les filions aient entièrement difparu. Alors le cylindre fera bien drelïe & bien arrondi.'
- On pourroit , pour plus grande exaéiitude & plus de facilité , ajuftet au-deflus du cylindre deux loliveaux en bois de champ , & parallèlement au cylindre, qui ferviroient à conduire un rabot entre deux. Il auroit une feuillure de chaque côté, qui entreroit entre ces foliveaux jufqu’à toucher le cylindre» Il efl: aifé de concevoir qu’en promenant ce rabot , il ne pourra mordre fur le cylindre que jufqu’à ce qu'il touche aux foliveaux au fond de fès feuillures ; & que fi les foliveaux font bien drefies , le cylindre le fera également.
- Le bas de la figure 4, PL 98 , repréfente géométralement la partie du bout du cylindre où efl: attaché le gros cercle denté M, dans lequel engrene la vis fàns fin N , foutenue & portée fur les deux fupports R , S , qui font attachés au lit VU du chariot. On voit les deux roulettes P & Q du même chariot O.
- Tout cet équipage étant fini, il y faut ajouter piufieurs autres machines pour gouverner le cylindre ; c’eft ce que nous allons voir dans le Paragraphe fùivant.
- §. 11. Conflrucliûn des Pièces qiïil faut ajouter au Cylindre, pour le
- gouverner.
- 1380. Nous n'expliquerons point comment on fait tourner le cylindre avec facilité , & bien régulièrement ; c’eft par le même moyen que l'on fait jouer celui de la Serinette, c eft-à-dire, par une vis fàns fin. Mais il efl néceflàire qu’il fafle d’autres mouvements.
- i% Que P on puilfe le faire avancer de droite à gauche, & de gauche à droite , pour changer d’air.
- 2% Que l’on puilfe découvrir fur le champ à quel air il fe trouve.
- 30, Qu’on le puifle mettre à tel air qu’on voudra.
- jFaire avancer le Cylindre de gauche à droite > ou de droite
- à gauche, pour changer d'air.
- 1381. Il paroît impraticable de produire ce mouvemement à un auffî grand cylindre , par les mêmes moyens qui font en ufàge pour les cylindres
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- 5B4 FAC TE U R D’ORGUES , IF. Part. Chap. III.
- des petites & grandes Serinettes. Voici un autre expédient avec lequel on fera mouvoir ce gros cylindre avec beaucoup de facilité. Ce fera* par un double levier qu’on établira fur une petite, mais forte charpente, qu’on fera au bout B, fig. 3 , PL 59, du lit du chariot. On voit en L le premier levier, qui confifte en une barre de fer affez forte pour être entièrement inflexible. On voit cette barre de fer plus en grand , fig. 4* ^ y a un trou eni>, où eft le centre de mouvement fortement arrêté par l’a-graffe, fig. 5 ; û eft un autre trou , dans lequel eft enfilé le bout f > fig. 6, du fécond levier de fer. On engage le trou g dans i’enfourchement du fupport k, au moyen d’un boulon de fer à vis /. Le fort piton fourchu m s’attache par des vis" contre le bas extérieur du chariot.
- 1382. On peut entendre aifément que lorfqu’on prend avec la main le bout d de la grande barre de fer, fig. 4, & qu’on - la • poufle horifontale-ment , par exemple , de droite à gauche , le point a va également de droite à gauche , & Ton fait faire le même mouvement au, bout fiy fig. 6 » du levier fi h , qui eft fortement arrêté à la charpente du lit du chariot par fon trou g, & par le fupport km le trou du bout h étant auffi engagé dans le piton fourchu m y 8c ce dernier étant bien arrêté contre le bas du bout extérieur du chariot, force celui-ci à aller de gauche1 à droite. La grande barre de fer , fig. 4 , porte une languette c, qui s’engage dans un-des crans faits au bas de l’ouverture horifontale par où fort le bout d de ce levier. Ce qui détermine la quantité de mouvement que l’on doit faire faire au cylindre, pour jouer l’air que l’on fouhaite.
- 1383. La figure 3, PL 98, repréfente géométralement le cylindre vu par-de£ fus. A eft un bout du cylindre. BC eft le fupport qui porte fon pivot. DE eft le grand levier de fer qui, par le fécond levier, pouffe le cylindre de droite à gauche. £Feft l’ouverture horifontale où font les crans, dans l’un def* quels on engage le bout JE du grand levier DE , pour mettre le cylindre à l’air qu’on veut.
- §. III. Découvrir à quel air le Cylindre fie trouve.
- On y parviendra par un moyen bien fîmple, en pofànt horifontalement une tringle de bois , dont la longueur foit de toute la profondeur du Buffet. On l’appuiera vers fon milieu, au-deflùs de l’extrémité du long bras horifontal de l’équerre de fer. Le bout poftérieur de la tringle tiendra fixe, comme en charnière, contre le derrière du Buffet : & le bout antérieur fortira en de-hors fur le devant du Buffet, & coulera dans une ouverture longue & verticale que l’on fera dans un panneau. Comme le cylindre avance ou recule pour changer d’air quand on veut , ce bras de l’équerre haufle ou baiflè pareillement; il fera, par conféquent, monter ou defeendre la tringle de
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- Secl. IV. Conjlruclion SC ufages <Tun gros Cylindre , 8Cc. 585 bois. On marquera donc le long de l’ouverture, de haut en bas , des traits : qu’on numérotera. A cet effet, on mettra la machine en expérience , & on marquera 1 fur le panneau , vis-à-vis du point où la tringle fe trouvera. On fera aller lé cylindre au fécond air , 8c on marquera 2 fur le panneau , vis-à-vis de la tringle ; on fera de même pour tous les autres airs , c’eft-à-dire, jufqu’à 16 ; car nous fuppofons qu’il y aura i<5 airs fur le cylindre.
- §. IV. Découvrir a quelle partie de fa circonférence le Cylindre fe trouve.
- 1384. Cela s’obtiendra par un moyen affez fimple. On arrêtera avec des vis à bois un plateau X 9 fig. 6, PL 98, d’environ un pouce d’épaiffeur , qui aura un reflaut X 9 & qui fera taillé en fpirale dans fa Circonférence , comme on le voit en la figure qui repréfente le bout A à droite, du cylindre. On arrêtera une tringle de bois quarrée CD 9 en charnière par fon bout! poftérieur contre le derrière FG du Buffet de l’Orgue. Le bout antérieur D de cette même tringle fortira en dehors par une mortaife verticale E D faite fur le devant du Buffet. La piece de bois B 9 e fi: un plan incliné, attaché folidement au-deffous de la tringle.
- 13 8y. Par la conftruélion de la machine , on comprend déjà que fi on fait tourner le cylindre par la vis fans fin, de X vers A, la tringle quarrée étant appuyée fur le plateau fpiral par fon plan incliné B 9 montera fiicceHivernent , 8c le bout D parcourra la petite ouverture verticale D E , jufqu’à ce que le cylindre, ayant fait le tour entier, retombe dans le reflaut. On n’aura qu’à dirifer la hauteur de l’ouverture ou de i’efpace ED, que parcourt le bout D delà tringle quarrée , par exemple , en quatre parties fi l’on a noté quatre petits airs jans la circonférence du cylindre ; il fera aifé de re-connoître , lorfqu’on en aura befbin , à quel air précifément fe trouve le cylindre, ayant égard , en même temps, à quel cran de l’ouverture horh fontale fe trouve le grand levier de fer.
- §. V. Mettre le Cylindre à Pair quon voudra.
- 1386. On comprend déjà, par ce qui a été dit dans les deux Paragra-
- phes précédents , que lorfqu’on veut mettre le cylindre à un certain air, il faut d’abord poufler le grand levier à droite ou à gauche , jufqu’au cran convenable, 8c faire tourner le cylindre par la vis (ans fin , jufqu’à ce que le bout D de la tringle quarrée foit monté ou defcendu à la divifion l’ouverture verticale ED. *
- 1387. Il faut remarquer que toutes les fois qu’on voudra faire tourner le cylindre, fur-tout à gauche, fans que l’Orgue joue, ou le faire allèr à droite ou à-gauche par le grand levier, il ne faut jamais manquer d’élever de quelques lignes l’efpece de clavier qui eft furie cylindre, 8c dont nous
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- 586 FACTEUR D'ORGUES , IV. Pan. Chap. 111.
- parlerons bientôt:. Sans cette précaution on courroit rifque de tout gâte’r* ou du moins de faire quelque défordre. On n’indiquera point ici comment pn élévera ce clavier , ce fera par des moyens fi connus par ceux qui conftrui-, fent les Orgues , qu’il paroît fort fuperflu d’en parler davantage.
- 1388. Pour faire jouer l’Orgue dont il s’agit , au moyen du cylindre qu’on vient de décrire, il n’eflpas néceflaire qu’il y ait un abrégé , quoique les tuyaux des jeux ne foient pas arrangés de fuite dans leur ordre naturel , & qu’ils foient tranfpofes, comme on le pratique ordinairement. La laye A du fommier B, fig. 4, PL 98, ne doit pas être fur le devant C vers la montre , mais plutôt vers le derrière A : toutes les foupapes doivent être à diftances égales entr’elles, & il faut les faire un peu plus longues qu’a l’ordinaire, afin qu’avec moins d’ouverture on puifle obtenir plus de vent ; car moins il y aura de levée aux touches, plus il y aura de précifion dans le notage. On fera les bourfettes, les ofiers à l’ordinaire ; mais les refforts des foupapes feront moins forts. On fufpendra à chaque foupape une ver-gette D , qui, par le bout inférieur E, s’accrochera au bout poflérieur F, des bafcules F G , fervant de clavier.
- 138p. La conftruélion de cette efpece de clavier demande bien de l’at-' tention. On fera d’abord deux barres ou petits foliveaux C D, fig. x, PL de la longueur de chaque partie du cylindre. On en divifera la face du deflous en yi points, diftants entr’eux de 16 lignes, comme l’efpace d’une foupape à l’autre. On fera des trous fur tous ces points pour y ficher des tenons de cuivre de trois lignes d’épaiïïeur, fur un pouce de faillie; voyez plus en grand, d'abord la barre A>fig.^ , PL 98. J?, font les tenons de cuivre fichés en deflous. C efl: un de ces tenons de cuivre repréfenté fe-parément.
- Comme cette conftruélion pourroit gêner , lorfqu’il feroit queftion de retoucher ou de reétifier ce qu’il y auroit de défeétueux à chaque touche en particulier ^ attendu qu’il faudroit en déranger plufieurs pour en avoir une , voici un moyen de pouvoir les enlever toutes féparément.
- Au lieu de placer leur centre de mouvement, comme on l’a dit, fous les foliveaux qui les portent , ce feroit de le placer fur le côté , par-» devant , en faifant fondre de petites chappes de cuivre , dans lefquelles elles feroient bien ajuftées fans ballotement ; & ces chappes feroient entaillées & fixées à la barre par le moyen de deux ou trois vis. Voyez fig. 7, P/, p8 ; & à part une de ces chappes, fig. 8.
- On fent bien qu’il faur faire fondre ces chappes en bon laiton, 8c qu’il faut faire le modèle de façon que les deux joues foient écartées, afin de donner la facilité au Fondeur de les mouler. Les joues fe reflerreront aife-ment, avec un marteau , jufqu’au point convenable : la figure 9 repréfente ce modèle. Il feroit à défirer que tous les claviers des inftruments à cylindres fuflent conftruits avec de femblables chappes.
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- Secl. IV. Confiruclion SC ufages $un gros Cylindre , SGc. 587
- Chaque tenon aura un trou très-petit , dans lequel s'enfileront les; axes ou pivots des bafcules FF. Voyez,fig, 5 , PL 98, plus en grand 8c féparément une bafcule dans fa largeur & longueur, garnie de fa pointe, de fon pivot, & de fa boucle ou anneau. On voit fon épaiifeur par-delfus en E. Celles-ci auront, à l'endroit où fera fixé le pivot ,12 lignes & demie d'épaifleur. Elles auront en tout 18 pouces de longueur, & le pivot fera placé à 6 pouces de la tête, qui fera réduite à 6 lignes d'épaiiTeur. La queue, à laquelle on attache la vergette , portera une boucle de fil de fer. L'épaif-feur fera réduite à 3 lignes. La largeur de ces bafcules fera d'un bout à l'autre de 15 lignes. On fichera une pointe d'acier d'une ligne & demie de faillie, fur trois quarts de ligne de largeur , en forme de plan incliné, au-defîous de la tête de chaque bafcule. Ce fera cette pointe qui fe rencontrera avec celle du cylindre. Tout cela doit être .fi bien ajufté que lés bafcules n’ayent point de ballotement, 8c que cependant elles foient très-libres. On a repré-fenté en C, fig, y , trois tenons avec deux bafcules affemblées , vues par le bout. Du refte, CI repréfente le devant du Buffety 8c AK le derrière, L eft la manivelle attachée fur l’axe de la vis fans fin.
- 1350. Il faut prendre fes mefures pour placer la laye A du fommier B $ 8c tout l'équipage du cylindre, enforte que les vergettes DE, tombant bien à-plomb, fe trouvent au bout poftérieur F des bafcules FG, & que les pointes G. de la tête de celles-ci fe trouvent à la-plomb de l'axe du cylindre Z. On pofera un rateau a deflbus les queues F des bafcules , pour les empêcher de faire du mouvement de gauche à droite, ou de droite à gauche , ce qui leur feroit éviter les pointes du cylindre. Ce rateau aura encore un autre effet, qui eft de foutenir en plufieurs cas les queues des bafcules. Nous ne parlons point des fupports néceffaires pour porter le clavier à bafcules, &c. L'infpeélion du local donnera les idées convenables à cet égard. Comme il faut dans le foubaflement du Buffet de l'Orgue, où le cylindre fera pofé avec fon clavier , des tournants à l'ordinaire, avec leurs fupports, on trouvera quelque embarras pour le paflàge des vergettes ; mais on fe tirera aifément de cette difficulté, foit en faifànt palier ces vergettes par des trous qu'on fera aux fupports, foit par quelque tranfi-, port de mouvement, &c.
- 1391. On peut avoir une idée de tout cet arrangement, par l'infpeétion de la figure 1 de la Planche 99. GHI efl: le fommier, ou plutôt la laye, dont une partie efl: repréfentée ouverte." GD 8c IC font les vergettes, dont le bout fupérieur eft attaché aux ofiers des bourfettes, & le bout inférieur tient au bout poftérieur des bafcules. K eft la tringle quarrée qui repofe fur le plateau fpiral, dont nous avons parlé. E F font les bafcules. DEC font les deux grandes barres, qui portent en leur deflbus les bafcules. On voit les pointes fichées au bout extérieur , & à la tête des bafcules. Chacun
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- FACTEUR D’ORGUES , IV. Pan. Chap.III.
- imaginera afTez les fupports pour foutenir les grandes barres CFD, qu’on na point repréfèntées , pour éviter la confufion: EL eft tout l’équipage pour faire tourner le cylindre , avec le gros pivot rivé de chaque bout, aux deux croifées de fer. LMN eft le chariot. OP eft le lit fur lequel porte le chariot. Q P, eft l’équipage pour faire marcher le chariot horifontalement pour changer d’air ou de rangée de pointes des cylindres. H, font une partie des enfourchements pour lier les regiftres d’un fommier à l’autre. A & B font les deux cylindres. On remarquera qu’il y a 8o .vergettes Sc 80 bafcules, parce que les pédales font jointes aux autres jeux fur le grand fommier.'
- 1392. Dans la réglé du fommier que nous avons donnée pour cet Orgue, nous avons fuppoféles jeux de 51 tuyaux. Cependant il pourroit arriver que tout ce nombre de 51 tuyaux ne fût pas néceflàire. Avant que de commencer à faire cet Orgue, & fur-tout le fommier, il faut avoir toute la mufique que l’on doit noter fur le cylindre, pour le remplir totalement de pointes. A l’infpeétion de tous les airs & de toutes les pièces, on examinera fi toutes les 51 notes doivent fervir. Si cela eft 3 il faut néceflàire-
- “ ment compofer les jeux de 51 tuyaux. Mais fi l’on trouve qu’il
- o
- x y ait un nombre de notes qui foient inutiles, on fera très-bien
- g de les fupprimer. Dans ce fécond cas, on auroit l’avantage de pla-
- g
- S cer fur le même fommier les jeux ordinaires que l’on joue par le
- m clavier du récit : on pourroit donc noter fur le cylindre des pie-
- 1. ces, où les Organiftes font dans l’ufàge d’employer les jeux du
- *-ï
- 3 récit ; ce qui fera d’un grand avantage, Sc un agrément inap-
- n>
- | préciable.
- 1393. Le cylindre, tel que nous l’avons décrit, de 33 pouces de diamètre, Sc qui contient 68 mefures à 2 temps, corn-pofées de 4 noires chacune , durant environ deux fécondés Sc demie à chaque mefure , demeurera 2 minutes 45 fécondés à faire une révolution ; ce qui aflurément fera bien fuffifànt pour remplir un Offertoire. A l’égard des verfets qu’il faut jouer au Kyrie, au Gloria y au Magnificat y Profe , Sec , les verfets de plain-chant, feront bien fufKfàmment longs , s’ils durent 16 ou 20 fécondés chacun , c’efl>à-dire, 16 ou 20 mefures d’un mouvement ordinaire; par conféquent il y aura y à 6 verfets à chaque révolution du cylindre. Si on veut jouer en plain-chant les verfets du Kyrie Sc du Gloria, la première ftrophe de l’Hymne de Vêpres, Scc, il n’y aura pas ordinairement le quart de la révolution du Cylindre, qui, dans bien des cas, pourra fournir 5 à 6 verfets dé ce genre.
- Section
- •——20
- 7 pieds 4poaceî# longueur,
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- Secl. V. Conflruclion d’un autre Orgue à cylindre, SCc. 589
- Section cinquième.
- Conflruclion d'un autre Orgue beaucoup moindre que le précédent ; pour être également joué par une manivelle.
- 1394. Les jeux qui peuvent convenir à cet Orgue, font les fuivants :
- 1. Un Deffus de 8 pieds ouvert, de deux oétaves dans les deffus ; mais il faut étendre ce Jeu autant quon le pourra vers les Baffes, jufqu’à deux octaves & demie ; ou mieux , iufqu’à trois oétaves, & on achèvera de le complet-ter par un deux pieds en cheminée,, en étoffe.
- 2. Un Preftant tout ouvert, en étain, fur pieds d’étoffe. On peut, fi on veut faire une montre, la remplir par ces deux Jeux.
- 3. Un grand Cornet de cinq tuyaux fur marche, qui commencera au Cfol ut du milieu du Clavier ; le tout en étoffe.
- y 4. Un Bourdon de 4 pieds bouché , la Baffe en bois , & le relie d’étoffe, y. Un Nazard à la quinte du Preftant, tout ouvert, & en étoffe.’
- 6. Une Doublette , les Corps d’étain , fur pieds d’étoffe.
- 7. Une Tierce, en étoffe.
- 8. Une Fourniture de 4 tuyaux, les Corps détain, fur pieds d’étofïë.’
- 9. Une Cymbale de 3 tuyaux, les Corps d’étain, fur pieds d’étoffej
- 10. Une Trompette, les Corps d’étain, fur pieds d’étoffe.
- 11. Un Clairon , de même.
- 12. Un Cromorne, les Corps d’étain, fur pieds d’étoffe.
- 13. une Voix humaine , les Corps d’étain, fur pieds d’étoffe;
- Largeur des Regiflres & faux-Regiftres.
- 1. Deflus de 8 pieds ; . . .
- 2. Preftant..........
- 3. Grand Cornet...........
- 4. Bourdon................
- 5*. Nazard............ .
- 6. Doublette .......
- 7. Tierce .........
- 8. Fourniture .......
- 5>. Cymbale . ............
- 10* Trompette ...... ^
- 11. Clairon ........
- 12. Cromorne .......
- [13. Voix humaine
- 3 pieds 6 pouces , largeur.
- Orgues. IV. Part.
- —20
- 30
- IO
- 3°
- —10 24 —10 30 —10 18
- —10 18
- —10 18
- —12 24 —12 24 —12 30 —12 30 —10 30 —10
- 3£
- —20
- Voici la réglé des Barres Sc Gravures du Sommier propre à contenir 5c faire jouer ces Jeux, avec celle des Regiftres 5c faux-Regiftres.
- On brifera le Bourdon 5c le Preftant, pour ^ les faire fervir aux Pédales de Flûtes. On brifera de même la Trompette , le Clairon , le Cromorne 5c la voix humaine. Dans cette bri- , fure on fera enfo'rte que le troifteme C fol ut fe trouve dans la Baffe. O11 voit, par la réglé des Gravures, qu’il y a doubles Gravures aux 27 premières , pour avoir la commodité de faire jouer des Pédales féparées , fans altération. Les Jeux d’anche feuls feront pofés fur une Gravure particulière, cependant les deux » Soupapes ouvriront enfemble. Mais le Bourdon 5c le Preftant feront pofés , comme les autres Jeux, fur une gravure, autre que les Jeux d’anche
- 1:395. On voit, par la réglé de ce fommier, qu’il y a 20 lignes de difi tance d’une Soupape à l’autre, & que toutes ces diftances font égales. Le fommier ayant 7 pieds pieds 4 pouces
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- Planche 91 •
- 590 FACTEUR DfORGUES, IV Part. Chap. III.
- de longueur, le cylindre doit en avoir 7 pieds 8 pouces , & Ton y ajoutera la partie dentée au bout, laquelle doit avoir f à 6 pouces de longueur. On pourra mettre fur ce cylindre 20 rangées de pointes , ce qui donnera beaucoup d’airs & de pièces. On peut le conftruire d’environ 2 pieds de diamètre , ou mieux, auflî gros que celui que nous avons décrit. Du relie, on y exécutera tous les équipages & machines dont on a vu la defcription dans la Section précédente , 8c que nous ne répéterons pas ici. On fera bien i comme nous l’avons déjà dit, d’examiner, avant de commencer l’Orgue , toute la mu fi que que l’on doit y noter , afin de retrancher dans les jeux tous les tuyaux inutiles. Cela rendra le fommier 8c le cylindre plus courts , fup-pofé que le cas ait lieu.
- Section sixième.
- Moyen de faire jouer , par un Cylindre ôC une Manivelle , un Orgue déjà conftruit avec des Claviers à Vordinaire, ôGc.
- 1396. Nous fuppofons un Orgue déjà fait à l’ordinaire , dont la laye efl par-devant, du côté de la montre ; & où il y a des claviers , un abrégé , &c. Il s’agit de le jouer, par un cylindre, fans rien déranger dans fa conftruction , enforte qu’un Organifle puifle toujours le toucher par les claviers, fi l’on veut , 8c que cependant on puifle faire jouer cet Orgue fans Organifle*, s’il eft befoin. En voici le moyen.
- 1397. La laye A du grand fommier B C, fig. 7 , PL 97 , par-devant, avec les claviers 8c l’abrégé , ne peuvent fervir de rien ; il faut laifler le tout fans y rien faire. Mais on doit conftruire une autre laye D deflous le derrière du grand fommier B C , fans ôter de place celui -ci, ni rien déranger.
- 1398. On fera, avec un canif, des ouvertures au-deflbus du fommier fur le derrière , s’il eft doublé de peau ou de parchemin ; ou bien avec un cifeau, s’il eft tringlé en bois. Ces ouvertures feront de la longueur convenable à celle des foupapes qu’on doit employer. Toutes les gravures étant ainfi ouvertes, on y appliquera une réglé de toute la longueur du fommier, & on marquera par-deflus des traits qui répondent bien exactement à chaque gravure & à chaque barre. On emportera cette réglé à l’attelier, & après avoir tiré à l’équerre tous ces traits, on aura la réglé 8c toutes les mefures convenables pour conftruire cette laye.
- 1399. On fera deux barres BD9fig. y, de toute la longueur du fommier AC, de 18 lignes en quarré. On y tranfportera tous les traits de la réglé , & on y fera des denticules E F, fig. 6, comme fi l’on vouloit en con£ truire un fommier. On aflemblera aux deux bouts une traverfè GH, qui contienne kles mêmes mefures du chaffis des côtés du fommier ; on fera des
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- Se cl. VL Faire jouer par un Cylindre un Orgue déjà conflruit. 591
- barres / K, qu’on afîemblera & qu’on collera dans ces denticules, à l’ordinaire , comme l’on fait aux fommiers. Mais il y ,a ici une obforvation à faire. Tous les fommiers des Orgues font divifés de maniéré que, dans les baffes, les gravures, & par conféquent les foupapes , font plus écartées en-t/elles^ue dans les deffus. Lorfqu’il s’agit de faire jouer un Orgue par un cylindre, les foupapes doivent être dans tout le fommier à diftances égales. Il faut donc les rendre telles dans cette nouvelle laye ,, quoiqu’elles ne le foient pas au fommier.
- 1400. Lorfqu’on conftruira la grille de la laye de rapport, il faut tailler les barres de biais. Pour fe regler à cet égard, avec facilité, on fera une divifion à points égaux fur la même réglé qui contient toutes les mefu* res des barres & des gravures du grand fommier. On tirera des lignes des premiers points aux féconds , & par-là on aura le biais qu’il faut donner aux barres. On verra qu’il fera différent prefquà toutes 9 comme on peut le remarquer dans la figure 6, qui repréfente la grille de cette laye démontée , dont une partie des barres femble tenir encore aux denticules de la barre du chaflis du côté, comme E F, & l’autre partie à l’autre barre LM. On y apperçoit les denticules EF9 qui biaifent différemment entr elles, pour trouver l’égalité de la diftance des foupapes. On peut remarquer encore que les gravures du fommier A C, fi g* j1, font à diftances inégales de l’une à l’aufre. La ligne BD contient exaélement les mêmes me fores des gravures & des barres à diftances inégales. La ligne NO eft celle où les difo, tances font rendues égales entr’elles. Les efpaces blancs défignent les barres , & les noirs repréfentent les gravures, au-deffous defquelles on voit les foupapes, les S, les bourfettes , &c, qui font à l’ordinaire dans la laye.! On voit en iV & en O les vis qui attachent cette laye au-deffous du fommier. On voit un efpace PQ entre le fommier & la laye N O RS, qui doit difparoître lorfque la laye eft appliquée par des vis contre le de (Tous du fommier A C. La diftance d’une rangée de points fur la réglé doit être de la même largeur que les barres, c eft-à-dire, de 18 lignes. Les figures y & 6 de la Planche 97 repréfentent tout cela.
- 1401. La grille étant finie, on rapportera en-deflous les flipot^, pour tenir les queues des foupapes. On collera le parchemin for les barres, qu’on rabottera ; on garnira en peau blanche les foupapes , & on les collera à leur place. On y fichera leurs guides. On rapportera la Planche du derrière de la laye en languette , & on la collera auffi-bien que celles des bouts. On fera la planche des bourfettes qu’on garnira de fes ofiers; en un mot, on montera cette laye comme à l’ordinaire. On fera une ouverture pour lui donner le vent, & enfin on collera une bande de peau fur toute les parties qui doivent joindre contre le deffous du grand fommier ; Sc avant que ces bandes de peau foient feches, on mettra en place cette laye, l’arrêtant for?•
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- 592 FACTEUR D’ORGUES , IV. Pan. Chap.lll.
- f tement par des vis à bois, pofées de diftance en diftance fur le rebord qu’on a dû laifîer aux deux côtés de la laye , & aux deux bouts. Si tout cela eft bien exécuté, le vent ne fe perdra par aucun endroit, & le tout fera auffi folide que fi Ton avoit conftruit cette laye en faifànt le fommier.
- 1402. Toute la méchanique qui accompagne le cylindre peut s’exécuter comme fi l’Orgue avoit été conftruit pour être joué par un cylindre, & comme nous l’avons décrit dans la Seétion quatrième. On peut cependant trouver
- 'quelque embarras. Les claviers avancent ordinairement beaucoup dans l’intérieur du Buffet. Mais on peut faire aller le cylindre de quelques pouces au-de flou s d’eux. Les tournants du pofitif font quelquefois fort avancés dans le Buffet. On peut les changer de place ^ ou bien -leur fubftituer d’autres moyens fort connus, & qui ne tiennent pas tant de place. La grande tra-verfe, qui foutient les grands tournants , eft quelquefois pofée bien bas. Dans ce cas , il faut la placer plus haut, & raccourcir les tournants. On lèvera facilement toutes les autres difficultés qu’on pourroit rencontrer, fans préjudice toujours des claviers ordinaires , qu’on biffera dans tout leur entier , afin qu’on puiflê toucher l’Orgue à l’ordinaire , quand l’occafion s’en préfentera.
- 1403. Nous n’avons propofé jufqu’à préfent que de faire jouer par le cy-î lindre les jeux pofés fur le grand fommier, comme le grand Orgue & le récit, s’il fe trouve pofé fur le grand fommier. Il ne feroit pas impôffible de faire jouer également le pofitif enfemble ou féparément du grand Orgue par le même cylindre. Je hazarderai une idée là-deffus. On mettra une rangée de pilotes .verticaux, dont le bout fupérieur fera pofé au-deflous des queues des bafcules fervant de clavier au cylindre. Le bout inférieur portera fur un bout des bafcules brifées horizontales, qui formeront un éventail,
- & dont l’autre bout donnera au-deffus de l’extrémité des bafcules du pofitif*' On pofera fur cet éventail le guide du cylindre, c’eft-à-dire, le lit fur lequel doit marcher le chariot.
- 1404. Pour jouer féparément le grand Orgue du pofitif, il faudra que le. guide ou réglé percée, au travers de laquelle les pilotes paflent pour les maintenir, foit mobile, en forte qu’au moyen d’un tirant on puiffe pouffer ce guide ou cette réglé , & par conféquent les pilotes, pour que leur bout ne fe trouve plus au-deffous des queues des bafcules. Pour faire jouer le • pofitif feul, il faudra que les tirages des foupapes du, grand Orgue foient faits de façon que le mouvement qu’on donnera à un autre guide , qui les enfilera tous , puifîe les defàccrocher tous des bafcules du cylindre ; ce que chacun imaginera fort aifément. Dans ce cas il faudra qu’il y ait une traverfo auffi longue que le cylindre, pofée au-deflous des bafcules du cylindre , afin de les maintenir toujours dans la même fituation, quoiqu’elles foient defaccrochées de leurs tirages. Toutes ces différentes machines
- n empêcheraient
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- Maniéré de noter un Cylindre d'Orgue* 593
- nempêcheroient pas qu’on ne pût toucher l’Orgue par les claviers ordinaires> quand l’occafion s’en préfenteroit.
- 140^. On peut encore faire jouer les pédales féparément, telles qu’elles font difpofées pour l’ordinaire dans les Orgues, par le même cylindre, en faifànt à chaque bout, celui-ci plus long de quelques pouces, qui feront réfervés exprès pour noter ce qu’il faudra jouer par les pédales..On y adaptera des bafcules, qui, par des vergettes, en tireront d’autres brifees, & par ce moyen feront ouvrir les foupapes. On fera toujours enfbrte que l’on puifîe jouer les pédales quand on voudra, par leur clavier ordinaire : chacun pourra étendre ces idées * ou les réformer comme il le jugera à propos. Comme les pédales ne forment ordinairement dans l’exécution que des tenues, & qu’il leur faut plus de vent qu’aux claviers à la main, il n’y aura aucun inconvénient à tenir les pointes du cylindre qui les concernent, plus hautes que les autres, afin de procurer plus d’ouverture aux foupapes.
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- CHAPITRE QUATRIEME.
- Maniéré de noter un Cylindre d’Orgue.
- Pqur noter un Cylindre, il faut plufieurs outils que nous ferons connoî-tre dans la première Seélion de ce Chapitre. Dans la fécondé, divifée en plufieurs paragraphes, on donnera quelques notions de la Mufique ; de la valeur des notes, de leurs différentes tenues & de leurs différents filences ; on expliquera ce que c’eft que les TaElés ; la diftinétion en premières & fécondés pour les croches, & quelquefois pour les noires ; l’inégalité des croches* Dans la troifieme, on entrera dans le détail des agréments du Chant. II s’agira plus particuliérement dans la quatrième, du notage des Cylindres, au moyen du cadran : on y enfèignera fa combinaifon avec les airs. Dans la Seélion cinquième, on propofera, pour premier exemple, le notage de la Barcelonette , au moyen du cadran. On fera connoîtra dans la fixieme, la groffeur des pointes, le piquage du cylindre. Dans la Seétion feptieme , on expliquera, dans le plus grand détail, le notage de la Romance de M. Balbaftre* fur différents cadrans. On fera plufieurs obfervations fur le goût & le vrai mouvement de cette piece.
- Section première.
- Description des Outils nêcejfaires pour le notage des Cylindres.
- 1405. Un des principaux outils eft le laminoir , repréfènté dans la Planche xoo. On le voit, jig. 1, géométralement par le bout. AB font deux forts montants de fer, joints enfemble par l’entre-toife £7, à leur bout fupérieur, & par la traverfe DE qui eft la bafe, lur laquelle ils font bien arrêtés par des Orguesf IV. Part. M7
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- 594 FACTEUR D’ORGUES, IV. Paru Chap.VI.
- ———......ïrmus VXy fig. i, ou YZ, fig. 3. F, G, font deux couffinets de cm-
- Planche vre ^ {^r fofquels appuient les pivots des rouleaux d’acier H Sc I. C, eft une vis de preflion pour faire approcher plus ou moins lün de 1 autre les deux rouleaux, félon quon le juge à propos. Ky eft une manivelle pour faire tourner les rouleaux.
- 1407. On voit entre les pieds de l’établi du laminoir, un compas dé réduction au quart, de l’invention du Pere Engramelle, Religieux Auguftin du Fauxbourg S. Germain à Paris. Ce compas fort à fixer ou jauger jufte les épaifleurs des pointes pour toutes les circonftances poflibles, dans le no-tage ; & ces épaifleurs font prifes, avec ce compas, fur le cylindre même après qu’il eft noté. Il eft eflentiei que ce compas", fons être matériel, foie folidement exécuté, à peu-près de la grandeur dont on le voit ici. On en in-' diquera l’ufage dans la Seétion fuivante, §. f.
- 1408. La figure a repréfonte le même laminoir, dont on voit les deux rouleaux de face Sc les montants de profil. La figure 3 repréfonte le même laminoir , dont on a ôté les deux montants d’un bout, pour laifler voir les rouleaux à découvert.
- 1409. La figure 4 repréfonte géométralement le laminoir vu par-deflus
- & attaché fur l’établi, au moyen des deux écrous A Sc B. KLM, fig. i% eft l’élévation géométrale de l’établi fur lequel le laminoir eft fixé. La ta-: ble NO de cet établi eft prolongée jufqu’à N Sc O, avec un grand en-fourchement aux bouts, pour recevoir deux roues PN Sc OQ. Le fil de laiton ou de fer, que l’on applatit par ce laminoir, pafle & fo roule fur ces deux roues. A cet effet, on roule le fil de laiton rond , de la groffeur convenable , tel qu’on l’achete chez les Marchands , autour de la roue PN ; on en fait palier un bout entre les deux rouleaux , & l’on attache ce même bout fur la roue OQ. Ce fil eft toujours tendu au moyen des deux poids R Sc S. A mefure que l’on fait tourner la manivelle K, le fil de laiton s’écrafo entre les rouleaux , & pafle fucceflîvement de la roue PNà celle OQ, à quoi aident les poids R Sc S. On le fait ainfi pafler plu-fieurs fois, s’il le faut, entre les rouleaux, les faifont approcher à chaque fois l’un de l’autre, au moyen des vis C, jufqu’à ce qu’il foit au degré dépaifleur qu’on juge convenable. >
- L’on voit dans la figure 4, les deux roues C Sc D, fur lefquelles s’enveloppe le fil de laiton, auffi bien que les deux poulies E Sc F, fur lef* quelles s’entortillent les cordes auxquelles les poids font fulpendus.
- 1410. La Planche 101 repréfente plufieurs inftruments avec lefquels on 101. travaille le fil de laiton applati. Il faut d’abord le couper en morceaux , de
- la longueur convenable à chaque efpece de note. La figure 1, repréfente dans fa grandeur naturelle, & en perfpeétive, la tenaille à couper. Elle coupe le fil plat, en le prenant de champ, de maniéré quelle fait, à cha:
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- Defcription des Outils nécejfaires pour noter un Cylindre. 595 que pointe , la tête quarrée & la queue pointue , comme Ton voit à la figure 2, en a Sc en b.
- 1411. Lorfqu’on a coupé le nombre des morceaux qu’on s’eft propofé, il en faut plier plufieurs; ce qu’on fait aifément, au moyen d’une des quatre pincettes graduées, fig. 3, 4, y, Sc 6. On plie fort aifément ces Ponts en 20 grandeurs différentes, s’il eft befoin, qui font toutes les efpeces qui puiffent être néceflàires. Pour fe fervir de ces pincettes , on met un morceau de fil plat dans la pincette, au cran ou au degré dont on a befoin, fig. y. 'On appuie la pincette fur un petit tas, fig. 6 ; & avec un petit marteau, on frappe fur le morceau de cuivre pour le bien quarrer. On retourne la pincette, & on en fait autant de l’autre côté. L’on voit dans la figure 7, deux ponts ainfi ployés. Les cinq autres font de fimples pointes de différentes épaiffeurs. Toutes ces pièces, dans la figure 7 , font repré-fentées 8 fois plus grandes Sc plus groffes qu’elles ne doivent l’être naturellement : les outils, fig. 1,3, 4,5$; 6, font repréfentés de grandeur naturelle.
- 1412. La Planche 102, repréfente la boîte'dans laquelle on met les pointes à mefore qu’on les fait. On voit géométralement, fig. x, les 24 caffetins , dans lefquels on remarque toutes les efpeces de notes dont on peut avoir befoin, avec leur arrangement. La figure 2, repréfente la même boîte en perfpeétive ; Sc la figure 3, en fait voir le couvercle, qui eft conf* truit de façon à bien boucher tous les caffetins. Il faut concevoir que le couvercle, Jig. 3, s’ajufte Sc entre en partie dans la boîte, fig. 4, Sc joint bien contre toutes les cloifons des caffetins ; afin que, fi on la renverfoit, létant fermée , les pointes d’un cafletin ne puiffent pafler dans un autre.
- 1413. La Planche 103 , repréfente différents outils. La figure 1, eft une pincette droite ; Sc la figure y , une pincette courbe. Elles fervent l’une & l'autre principalement à faifir lés pointes par la tête , & à les contenir lorfqu’on les enfonce, ( ce que l’on fait ordinairement à la main aux Serinettes ) ; ou pour les arracher ou redrefler lorfqu’il en eft befoin,
- 1414. La Fig. 2 , eft une groffe aiguille à coudre, emmanchée : on l’aiguife )enforte quelle foit plate au bout. Elle fert à faire les trous pour y mettre les pointes. La figure 3, eft un repouffbir fourchu ; on s’en fert pour enfoncer les pointes, enforte qu’elles aient toutes une faillie bien égale. La figure 4, eft un autre repouffbir au même ufage que le précédent. L’un pft plus commode pour les ponts, Sc l’autre pour les fimples pointes.
- 141^. Les figures 6 Sc 7, repréfontent toutes les pointes & les ponts «dont on peut avoir befoin. La figure 8 eft un calibre pour faire, avec juf-tefle, tous les crans aux quatre pincettes, fig. 3,4, y, & 6 de la Planche précédente. La figure 9 , repréfente un cylindre prêt à être piqué , & que l’on a enveloppé bien jufte d’un papier blanc dans toute fà furface
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- 596 FACTEUR D’ORGUES , IV. Part. Chap. IV.
- circulaire, fans y être collé. Il ne l’eft qu’à la partie, où les deux bords du papier chevauchent l’un fur l’autre; mais il ne faut pas que la colle touche du tout le cylindre. Cette colle n’eft que de la fine farine cuite avec de l’eau.
- : 1415. La planche 104, Jtg. r, repréfente la Serinette toute montée, &
- dilpofée comme il le faut, lorfqu’il s’agit de piquer le cylindre pour marquer la place précife de chaque pointe. A, eft une rondelle de carton, qu’on nomme cadran , qui contient, à fa circonférence, un certain nombre de divifions faites félon qu’il convient au degré de mouvement de l’air qu’on veut noter. On y remarque une aiguille B de carton ou de cuivre, qui eft fixée fur l’axe de la manivelle & de la vis fans fin C. Le cadran eft arrêté & immobile fur la boîte de la Serinette. Les figures 2 Sc 3 font deux autres cadrans avec des divifions différentes. Nous reviendrons à tout ceci, lorfque nous aurons expliqué la maniéré de noter les cylindres ; ce que nous allons faire dans les Seétions fuivantes.
- Section seconde. j
- De la Tonotechnie ou Notage des Cylindres. * \
- Des notions nécejjaires fur la Mufique, & premièrement de la valeur
- des Notes.
- 1417. Il eft une maniéré de concevoir la Mufique , toute différente de celle qu’on enfeigne dans tous les Traités de cet Art; elle eft fondée fur l’exécution même.
- * A l’inftant où Je me difpofois à publier cette derniere Partie de l’Art du Fadeur d’Or-gues, il m’eft tombé entre les mains un Livre intitulé : La Tonotechnie, ou VArt de noter les Cylindres\ parle P. Engramelle, Religieux Auguftin du fauxbourg S. Germain ; i vol; in-8°, à Paris, chez Delaguette. J’avoue que j’ai été finguîié-rement fatisfait des réglés qu’il y établit, Sc des procédés qu’il emploie. J’ai trouvé qu’il avoit traité fupérieurement cette matière, qui n’avoit été qu’effleurée par quelques Auteurs, qui n’en ont donné qu’une bien légère connoiiïance, fans en avoir atteint les vrais principes. Us n’ont pas dit un mot des agréments du chant, ni de la combinaifon des Jilences, des tenues, des tac-tés , pour former les articulations de la Mufique , &c ; de la diltindion des premières Sc fécondés croches, Sc des noires Sc c; de leur inégalité , Scc : toutes c es obfervations font pourtant efientielles, Sc conftituent l’efience de la belle exécution , telle que la pratiquent les plus habiles Organiftes, Sc ainfi que j’ai eu occafion de le remarquer dans plufieurs morceaux que M. Balbaflre , très-habile Organifte, a bien voulu exécuter devant moi. Notre célébré Artifle, pour procurer plus de facilité dans le notage, a ingénieufement imaginé plufieurs lignes ou caraderes, qu’il applique convenablement aux
- notes de la Mufique, félon le vrai goût de fort exécution. Ne voulant rien négliger de ce qui peut contribuer à la perfedion de mon Traité, fur-tout en ce qui en fait un des principaux objets, j’ai cru ne pouvoir mieux faire que d engager le P. Engramelle, à concourir avec moi à la defcription du notage. Cet habile Sc laborieux Auteur, n’ayant pour but que le bien public, Sc le progrès des Arts , s’eft rendu avec grâce à ma priere. Pour ne rien m’approprier de ce qui lui appartient, je vais rapporter la defcription qu’il m’a donnée, fans y rien changer , perfuadé que le Public verra avec fatisfac-tion , un peu plus développées, les réglés qu’il a établies dans fon Ouvrage, Sc qu’on fera bien de confulter. Ce favant Religieux a bien voulu auffi préfider à la gravure des Planches relatives à la partie qu’il a traitée, Sc qu’il entend II bien.
- Je dois encore témoigner ici publiquement ma reconnoilïance à M. Goufïïer, Ingénieur Sc très-habile Defiinateur à Paris, pour Je fer-vice efientiel qu’il m’a rendu par fon indufirie, d’avoir imaginé de repréfenter le notage fur des fragments de cylindres, Sc d’en faire voir la cor-relpondance à côté, aux notes de la Mufique, pour rendre la pratique du notage plus intelligible Sc plus inftru&ive.
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- Secl. IL De la valeur proportionnelle des Notes. 597
- Les cylindres doivent exprimer cette exécution dans le plus grand détail ; c’eft-à-dire, faire valoir non-feulement les notes, mais toutes leurs parties conftitutives, dont l’enfemble produit tout l’effet dans l’exécution.
- Quant à la valeur des notes, on les diftingue en ronde °, blanche
- noire j* , croche ^ , double-proche |? , triple-croche > , 8tc. mais pour les
- quadruple-croches , dont il faudrait 64 pour une ronde, elles ne pourraient’ s’exécuter que dans des pièces d’une lenteur excefîive ; ce cas eft prefque métaphyfîque ; c’eft pourquoi on n’en parlera pas ici.
- La durée des notes fe mefure proportionnellement l’une par l’autre. Une ronde vaut deux blanches , parce qu’il faut autant de longueur de temps pour exécuter une ronde, que pour exécuter deux blanches ; par la même raifon, une blanche vaut deux noires, une noire vaut deux croches , une croche vaut deux double-croches, une double-croche vaut deux triple-croches , 8cc.
- Un point à la fin de chacune de ces notes ,> en augmente la valeur de moitié ; ainfi une ronde pointée vaut trois blanches, une blanche pointée vaut trois noires, 8cc.
- Toutes les notes ont deux parties efîentiellement conftitutives, qui font la tenue & le Jilence, lefquels réunis, font la valeur totale de la note. La tenue occupe toujours la première partie de la note , & le Jilence la termine; Ces deux parties des notes ont une durée déterminée dans l’exécution de la mufique, & elles doivent être appréciées avec exactitude dans le notage; ainfi il faut exprimer la valeur, non-feulement des parties parlantes de chaque note, mais celle de leurs Jilences , qui fervent à les détacher pour former l’articulation de la mufique ; & fans lefquelles, elle ne produiraient qu’un mauvais effet, femblable à celui d’une mufette, dont le défaut le plus choquant eft de n’avoir aucun fon articulé.
- Comme toutes les notes , compris leur tenue 8c leur Jilence , doivent occuper, fur la circonférence des cylindres, des longueurs proportionnelles 8c déterminées ; pour mieux comprendre leur valeur dans le notage 5 on pourrait les comparer à quelque mefure familière, comme, par exemple ^ à quelques parties du pied de Roi. 7
- Si la ronde valoir 'quatre pouces de longueur, la blanche n’en vaudrait que deux ; la noire, un ; la croche, fix lignes ; la double-croche , trois lignes ; la triple-croche, une ligne & demie, Scc : une ronde pointée vaudrait fix pouces ; une blanche pointée, trois pouces ; une noire pointée, un pouce & demi ; une croche pointée ? neuf lignes ; une double-croche pointée , quatre lignes & demie ; & une triple-croche pointée, deux lignes & un quart : cette .comparaison familière eft plus que fuffifante pour donner une idée exaéte de la valeur proportionnelle de notes, compris leur tenue & leur Jilence.
- Orgues. IF. Part. N 7
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- 598 FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap. IV. 1
- $. I.
- De la tenue des Notes.
- 1418. J’ appelle tenue des Notes leur partie parlante , qui en occupe toujours le commencement ; ce qui les terminé eft toujours un Jilence plus ou moins long, pour former 1*articulation du Chant.
- Il y a deux efpeces de tenues, la Jîmple 8c la compojïe.
- La tenue fimple eft celle qui {initient le même fon plus ou moins longtemps , & la compofée eft celle qui eft formée de plufieurs fons modulés alternativement, comme font tous les agréments, dont on trouvera le détail & Texpreflion dans les Planches 105 , 106 9 107, 108, 109, TIO, III* 112, 115. Toutes ces Planches repréfèntent les détails de divers effets , fui vaut la maniéré ordinaire des Muficiens, qui n’ont aucun caraétere pour les indiquer {ans équivoque ; des principes exaéts fur ces détails ne pouvant s’acquérir que par la Tonotechnie , c’eft en la réduilànt en principes theorico-pratiques, qu’on lèvera toutes les difficultés qui les arrêtent.
- La tenue Jîmple fe diftingue encore en tenue proprement dite, & en ta&ée.
- La tenue proprement dite, ou Amplement tenue , eft celle qui foutient le même fon pendant un certain temps de la valeur des Notes; c’eft-à-dire, de maniéré à ne laifler à fà fuite qu’un Jilence de la valeur à peu près d’une fécondé croche après les noires 9 ou après les Notes les plus étendues ; & elle occupe la moitié exaéte de la valeur des croches, & des' autres Notes moins confidérables.
- La ta&ée, au contraire, eft celle qui ne fait fentir que le commencement de la Note ; ce qui revient au premier quart dans les croches, & au premier huitième dans les noires : il eft rare que les Notes plus confidérables fbient des ta&ées, à moins qu’on ne regarde comme telles celles qui, quoique tenues en partie, laiflent à leur fin des filences de la valeur au moins d’une noire, & même d’une noire pointée : quant aux Notes de moindre valeur que les croches, les taSées font ordinairement du premier quart de leur valeur. Plus on diminuera les ta&ées, & plus l’exécution fera détachée dans le notage ; il eft même bien des occafions où les ta&ées des croches ne font que le huitième de leur valeur.
- Pour donner une idée de la différence des tenues 8c des ta&ées, on pourra les diftinguer en chantant la piece de Mufique qu’on veut noter, en articulant toutes les Notes avec ces deux fyllabes : ta, la, ta, la, ta, &C. Ta indiquera la tenue, & la indiquera la taclée.
- 4<#
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- v Secl. IL §. IL Des Silences et articulation. 599
- * $• IL
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- Des Silences d'articulation.
- *
- 141p. U n’eft point S articulation dans Inexécution de la Mufique, non plus que dans le notage, fi toutes les notes, ou plutôt les tenues de ces notes, & toutes les parties conftitutives des tenues compofèeSy ne font fui-yies de Silences pris aux dépens de leur valeur.
- Ces Silences doivent varier fuivant le genre d’expreflîon qui convient à la piece ; dans les airs gais, ils font ordinairement plus confidérables que dans les gracieux ; c’eft le goût du Noteur qui doit en décider.
- Cependant on peut généralement les diftinguer en Silences de reprifè d'haleine y de coup de langue, de détachée ,de liée, Sc S intervalle de cadences.
- 9
- Le Silence de reprife d'haleine eft celui qui termine toujours la fin des reprifes, ou la fin des phrafes dans le courant de la piece. Celui à la fin des reprifes eft ordinairement de la valeur d’une noire entière , Sc même fouvent d’une noire pointée ; & celui à la fin d’une phrafe, eft ou d’une noire, ou d’une croche pointée.
- ' Le Silence de coup de langue eft d’une croche entière après les noires, & même quelquefois d’une croche pointée après les noires taclées, & au moins d’une croche après les blanches, Sc des trois quarts d’une croche après les croches.
- Le Silence de détaché eft toujours d’une double-croche, Sc quelquefois un peu plus, fuivant le genre plus ou moins lié de l’air.
- Le Silence de liée eft d’une triple croche, & quelquefois d’une triple-croche pointée.
- ’ Le Silence des modules des cadences ordinaires, eft de la moitié de la Valeur de chaque module ; c’eft-à-dire, d’une quadruple-croche, fi le module eft d’une triple-croche ; ou quelque chofe de plus, fi le module n’eft que d’une triple-croche pointée ; ce qui arrive le plus fouvent.
- Ces réglés font les plus générales, & on ne les trouvera enfoignées dans aucun Auteur de Mufique ; cependant, quoique la valeur de ces Silences foit la plus ordinaire, il eft quelques circonftances que le bon goût feul fait faifir, qui font varier ces Silences au befoin, ou pour lier, ou pour détacher certains paflàges qui exigent une expreflion particulière : il arrive même quelquefois que les noires pointées , les blanches , & les rondes mêmes, ne font que de fimples taélées, pour laifler travailler, pendant un Silence confidérable, les parties d’accompagnement, lefquelles feroienc étouffées par des tenues trop prolongées : c’eft alfurément par le défaut de cette connoiflance , que ceux qui exécutent même de la bonne Mufique f
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- 6oo FACTEUR D’ORGUES ; IV. Pan. Ckap. IV.
- déplaifent fouvent par une efpece de pefanteur ou de f|cherefle qui ennuie.
- 1420. Pour fe convaincre de la néceffité de ces Silences à la fin de chaque note ; qu’on exécute fur un Orgue , un Clavecin , Epinette , ou tout autre infiniment à clavier que ce foit, tel air qu’on voudra ; & qu’e^i l’exécutant 9 on faffe plutôt attention à l’exécution, qu’à la maniéré dont on le note fur le papier ; on s’appercevra qu’un doigt qui vient de finir une note , eft fouvent levé long-temps avant qu’on ne pofe le doigt fur la note fui vante * 8c cet intervalle eft néceflairement un Silence ; or fi l’on y prend bien garde, il le trouvera entre toutes les notes , de ces intervalles plus ou moins longs , fans lefquels l’exécution feroit néceflairement mauvaife : il n’efl même pas de modules de cadences qui ne foient féparés par de petits intervalles très-courts , entre la levée & la pofe des doigts fur les touches : ce font tous ces intervalles plus ou moins longs, que j’appelle les Silences d’articulation dans la Mufique , dont aucune note n’efl exempte, pas plus que la prononciation articulée des confbnnes dans la parole 5 fans lefquelles toutes les fyllabes n’auraient d’autre diftinélion que le fon inarticulé des voyelles.
- Un peu d’attention dans la prononciation fur l’articulation des fyllabes, fera appercevoir aifément que, pour produire l’effet de prefque toutes les confonnes, le fon des voyelles fe trouve fufpendu 8c intercepté, foit en rapprochant les levres l’une contre l’autre , ou en appuyant la langue contre le palais, les dents , &c : toutes ces fufpenfions ou interceptions du fon des voyelles, font autant de petits Silences qui détachent les fyllabes les unes des autres, pour former l’articulation de la parole : il en eft de même pour l’articulation de la Mufique , à cette différence près, que le fon d’un inftrument étant par-tout le même , 8c ne pouvant produire , pour ainfi dire, qu’une feule voyelle, il faut que les Silences £ articulation foient plus variés qué dans la parole , fi l’on veut que la mufique produife une vefpece S articulation intelligible & intéreflante.
- §. HL
- Des Tenues & des Taélées.
- 1421. La diftinélion que j’ai faite, §. 1, des Tenues & des TaBêes indique que dans des notes , même d’égale valeur, il y en a dont les fbns font plus ou moins prolongés, les unes ayant un fon plus foutenu, 8c les autres n’exprimant que le commencement de la note, pour en marquer feulement le tact.
- Ces Tenues 8c ces Taclées fe fuccedent alternativement ordinairement dans les noires, 8c toujours dans les croches des mouvements à 2 & 4 temps.
- Quant
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- Secl. IL §. 111. Des premières SC fécondés Croches. 6oî
- Quant aux 2.4, les croches doivent être considérées comme des noires, & les doubles croches comme des croches.
- Cette réglé eft fi générale dans les mouvements à 2 & 4 temps, pour l'alternative des Tenues & des Tactées dans les croches, que même après une noire pointée, lorlqu’il y a une croche, elle efl: taciée, en ce que le point fàifànt partie de çette noire, & tenant lieu de première croche, il faut que celle qui fuit foit une fécondé.
- Dans les airs, au contraire, on les croches fe battent de 3 en 3 , comme dans les 6-4, les d-8 , &c, ou bien elles font toutes taclées , ou la première des 3 efl feulement tenue, & les 2 autres taclées.
- Quant aux tiers des croches, elles font prefque toujours taclées, à moins qu’elles ne foient marquées liées; dans ce cas, les 2 premières font tenues y & la derniere efl taciée.
- Les double-croches font le plus fouvent toutes taclées, à moins que l’air ne foie allez lent pour les diftinguer en première Sc ficonde ; dans ce cas, on fe réglé comme pour les croches avec les proportions/ requifes : mais dans les pièces d’un mouvement ordinaire, on les fait toutes taâées, afin de les détacher davantage , & fouvent on n’y emploie que des pointes de cadence.
- Il efl aifé de conclure de là, que les différentes grofleurs des pointes ne font pas en raifcn des différentes valeurs des notes, mais feulement de la valeur de leur tenue. Ainfi la même pointe pourra fervir de tenue à une croche ou double croche, pendant qu’elle ne fera qu’une taciée pour les noires, ou pour d’autres notes plus confidérables.
- §. IV.
- De la dijlinclion en Premières &1 Secondes pour les Croches, Ù* quelquefois
- pour les noires.
- 1422. Dans tous les mouvements à 2, 3 & 4 temps, les croches s’articulent de 2 en a , & fe diflinguent par première & fécondé : cette dif-tinéiion a auffi quelquefois lieu pour les noires. Elle efl elfentielle au no-tage comme à f exécution.*
- Les 2 croches enfemble font la valeur totale d’une noire ; celle qui efl cenfée tenir lieu de la première moitié de la noire , s’appelle première croche, & celle qui tient lieu de la fécondé moitié s’appelle fécondé croche: La première efl ordinairement tenue, & la fécondé efl toujours taciée : il n efl qu une feule circonftance ou la première celle d’être tenut, c’eft lorfqu’elie fe trouve du même ton que la fécondé, afin de pouvoir les détacher plus fenfiblement.
- Cette diftinélion en première & fécondé, peut auffi avoir lieu dans les» Orgues. IF. Part. O 7
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- 6o2 FACTEUR D’ORGUES, IV. Paru Chap.1V.
- double-croches des 2-4 d'un mouvement modéré, pour la raifon que j’en ai donnée dans le §. 3. Les noires font aufîî quelquefois fufoeptibles de cette diftinétion : il eft même rare que celles qui font taclées ne foient des fécondés 9 à moins que les premières ne foient fur la même ligne que leur féconde.
- §. V.
- De t inégalité des Croches.
- 1423. D’après la diftinélion qu’on vient de faire des Croches en première
- & féconde, il eft elfentiel de faire des obfervations fur leur inégalité dans la plupart des mouvements. ,
- Prefque toujours les premières font plus longues , & les fécondés plus courtes ; j’excepte cependant les mouvements ou elles fe marquent de 3 en ' 3 , comme dans les 6-4, & les 6-8 : mais dans les mouvements où elles fe marquent de 2 en 2 , il eft rare qu’elles foient égales.
- Cette inégalité doit varier fuivant le genre d’exprefïïon de l’a ir; dans les airs gais, elle doit être plus marquée que dans les airs gracieux & d’une exprefîion tendre, dans les marches que dans les menuets ; cependant il fe trouve bien des menuets de caraétere dans lefquels 1 ’inégalité eft auflî marquée que dans les marches. Le goût, ou plutôt i’ufàge du notage, fera fentir cette différence. En général, quelle que foit cette inégalité des pre-i mieres aux fécondés , les premières font les plus longues , & les fécondés les plus courtes, de façon cependant que les deux enfemble n’excedent pas la valeur de la noire qu’elles repréfentent.
- Il eft auflî bien des circonftances où les noires font inégales, ainfi que les doubles croches ; les premières deviennent alors plus longues, Sc les fécondés plus courtes ; mais comme ce degré & inégalité varie fuivant le genre d’exprefîîon qui convient aux pièces de Mufique , le Noteur en fera fon étude particulière, for-tout lorlqu’il s’agit de faifir le genre d’un Auteur : on en vera ci-après plufieurs exemples détaillés dans la Romance de M. Balbaftre.
- Section troisième.
- Du détail des Effets, avec Vexplication des Caractères que le P. Engramelle a imaginés pour les exprimer.
- 1424. Outre les tenues, les ta&ées Sc les filences qui font les effets ordinaires des notes, il en eft d’autres qu’on appelle les agréments} comme cadences, martellements , ports-de-voix, Sec : c’eft du détail de ces agréments qu’il s’agit dans cette .Seélion.
- En général, tous les agréments font un affemblage de plufieurs tons qui concourent à former une feule notej ils ont àts filences, non-feulement à
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- Se cl. III. Caractères repréfentadfs du notage. 603 leur fin, mais entre toutes les parties ou modules qui les forment , à la différence près que celui de la fin doit être , comme à toutes les notes , ou de coup de langue, ou de détaché, ou de liée, ou enfin de reprije dé haleine ; au lieu que ceux qui féparent les modules des agréments & des cadences, ne doivent fervîr que pour les détacher, afin de ne pas les confondre.
- Les caraéleres tonotechniques font fi fimples & fi intelligibles, qu’on a cru devoir les employer fur toutes les notes des Planches gravées depuis & y compris celle ioj, jufqu’à 128 inclufivement.
- Cette marque 1 indiquera les lactées, celles-ci---lignifieront les tenues,
- & les points quon trouvera fur les tenues, comme celle-ci — , marqueront les jilences ; chacun de ces points équivaut à une fécondé double croche : les agréments feront indiqués par des caraéteres de cette forme v,a , v\, /v,va , Scc , tantôt réunis, tantôt féparés : toutes les pointes comptent : celles d’en-haut marqueront la note fupérieure , & celles d’en-bas la note inférieure ;
- * ainfi, en comptant le nombre de pointes , on trouvera la quantité de mo~ « dules, dont chaque agrément eft compofé.
- Soit, par exemple, l’agrément de cadence fimple, PL 105 , fig. 1 : la* première note eft une noire fur le mi ; le caraétere au-deflus indique une tenue avec un filence de 'deux doubles croches à la fin, défignées par les deux points au-deflus. La fécondé note eft une noire cadencée fur le te de quatre modules, compris le dernier qu’on appelle finale. Dans l’exprefo fion de cette cadence, on doit remarquer qu elle eft/ compofée de quatre modules, compris la noire même 5 le premier module eft fur le mi, 8c eft indiqué par la première pointe du caraélere qui eft en haut : le fécond fur le re ; il eft indiqué par la fécondé pointe qui eft en bas : le troifieme for le mi, par la troifieme pointe qui eft en .haut ; & le quatrième enfin for re9 par la derniere pointe qui eft en bas; il eft le module final de cette cadence.
- Tous ces agréments étant compofés de plufieurs fons alternativement modulés, pour ne faire qu’une feule & unique note , les uns font vrais , & les autres empruntés ; ceux qui font for la même ligne & du même ton que la finale, font les fons vrais ; & ceux qui s’en écartent, foit en deffus, foit en deflous, font les fons empruntés, comme dans ce re cadencé ; les modules for le mi font empruntés, & les modules for le re font vrais.
- Le module final des agréments étant toujours fur la vraie note, doit toujours former une tenue, quelle qu’elle foit, afin de la caraélérifer d’une maniéré fenfible ; & cette tenue finale ne doit être prolongée qu’autant qu’il eft nécefîaire pour ne point détruire le filence qui doit la foivre ; c’eft pourquoi il arrivera fouvent qu’elle ne confiftera que dans une pointe un tant foit peu plus épaiffe que celles des modules qui la precedent,
- Planche
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- <fo4 FACTEUR D'ORGUES , IV. Part. Chap. IV.
- La .troifieme note eft une noire taclée fur ïut ; c’eft-à-dire, quelle ne doit marquer que fon premier huitième, & le refte en Jîlence*
- La quatrième enfin eft une blanche pointée fur le fol ; elle eft tenue Sc terminée par un filence de quatre doubles croches, ou une noire indiquée par les quatre points au-deftus.
- L’explication de cette première figure ainfî détaillée , doit faire entendre ces caraéteres dans toutes les autres Planches de Mufique.
- On trouvera la plupart de ces agréments notés & indiqués par des caraéleres femblables, PI. ioy, 106, 107, 108, top, rro, m, 112 & 113 , cenfés exécutés fur des fragments de cylindres, avec la correlpon-dance des notes : on obfervera fur ces fragments de cylindres, que les parties hachées noires font les tenues ou parties parlantes, & celles hachées gris repréfentent les filences qui les terminent.
- Section quatrième.
- Vf âge des principes précédents dans le notage des Cylindres.
- 1423*. Il faut voir aéluellement comment on doit, dans le notage, tirer parti de ces principes, pour en faire l’application à toutes les pièces de Mufique, dont les Cylindres font fofceptibles. Commençons d’abord par un air de Serinette : fa fimplicité fervira à nous élever à une autre piece plus compofée. v
- Le notage en général confifte à trouver quelque moyen fur & facile ; pour divifer exaélement la circonférence des Cylindres, & y appliquer à leur vraie place les pointes qui font parler les tuyaux, en levant les bal-cules qui fervent de touches.
- 1425. Il en eft plufîeurs moyens ; mais ils fe réduifent à deux principaux, qui font l’échelle & le cadran.
- L’échelle confifte ordinairement en une bande de papier,.qui puifle envelopper exaélement le Cylindre qu’on divife au compas, d’abord en mefures , puis chaque en mefure noire, & chaque noire en 3 ou 4, pour faire les modules des cadences ; chaque fubdivifion de la noire pouvant en produire deux , nous ne mous arrêterons pas à ce moyen, parce qu’il exige des tâtonnements ; nous ne faifons feulement que l’indiquer ici, parce qu’il peut fe rencontrer quelque occafion où il feroit néceflàire ; d’ailleurs celui du cadran, que nous allons enfeigner, le fera comprendre aifément.
- §. I. Du Notage au Cadran en général.
- 1427. Le notage au Cadran eft, làns contredit, le meilleur & le plus fer de tous les moyens qu’on a jufqu’ici mis en ufage.
- Ce Cadran confifte en un cercle ou rond de carton , plus ou moins
- divife 9
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- Du Notage au Cadran en général. 60$
- divifé , fuivant le befoin, appliqué fous la manivelle qui conduit le cylindre : voyez un de ces Cadrans, fig. i, PL 104 , placé fous la manivelle —.....—....
- d une Serinette repréfèntée en perfpeélive, 8c trois autres au-deflous , fîgé Planche 2 , 3 & 4 j le premier divifé en 8 , le fécond en 9 & le troilieme en 10*‘
- *3-
- La grandeur ordinaire de ces Cadrans eft d’environ 5 pouces; la meilleure maniéré eft de les faire de deux morceaux de carton , appliqués l’un fur l’autre , afin de pratiquer des trous au haut de chaque divifion, fur le carton du devant, pour y pouvoir introduire des chiffres à volonté, & les combiner comme on le defire ; car chaque Cadran étant fufceptible de plufieurs combinaifons différentes , en proportion du nombre des divifions qu’il contient, il en faudroit une trop grande quantité, s’il falloir un carton pour toutes les combinaifons particulières ; au lieu qu’avec un feul par chaque nombre, en pratiquant des trous au haut des divîfions , on pourra tranfpor-ter les chiffres à volonté , & le procurer toutes les combinaifons nécef-faires.
- 1428. Les Cadrans les plus ordinaires^font divifés en 8, 9, 10, ir, 12,
- 13 , 14 , ij, 16, 17, 18 , 19, 20, 21, 22 , 23 , & 24; avec ce nombre , il n’eft point d’air qu’on ne puiffe noter fur les cylindres ; & c’eft par leur combinaifon qu’on peut terminer une piece à quelqu’endroit que ce foit de la circonférence, foie en la reflerrant, (bit en l’étendant | volonté.
- En comptant le nombre de tours que fait la manivelle , pour faire faire un tour entier au cylindre , on peut décider quel Cadran convient à l’air qu’on veut noter ; le calcul qu’il faut faire en conféquence n’eft difficile que pour la première fois : voici la maniéré de procéder pour r la Serinette,
- 1429. On fuppofe que la manivelle d’une Serinette fait quarante tours,'
- pendant que.le cylindre n’en fait qu’un. v
- On compte là quantité de mefures de l’air dont il* s’agit ; on les réduit en parties égales , comme noires ou croches , à chacune desquelles on donne tant de parties de chaque tour de la manivelle, ou, ce qui revient au même, tant de divifions du Cadran qui fert à divifer ces tours de la manivelle' ; chacune de ces divifions eft communément la valeur d’un module de cadence, fur-tout aux cadrans d’un petit nombre de divifions, comme ceux depuis 8 jufqu’à 12, & même quelquefois jufqu’à 13 ; mais à
- /'-U
- ceux depuis 12 ou 13, & au-deflus, chaque .module eft toujours de plus d’une divifion, à moins que la manivelle qui conduit le cylindre, ne puifte faire fon tour dans une demi-féconde ; dans ce cas, cette réglé doit varier en proportion : mais dans les Serinettes , chaque divifion des cadrans de petit nombre vaut ordinairement un module de èadence, qui équivaut à peu* Orgues. IV. Part. P 7
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- 6o6 FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap.1V.
- près à une triple croche pointée ; elles feroient trop ferrées à une triple croche, d’où je conclus qu’une quadruple croche ne peut être exécutée, que dans les airs extrêmement lents : on doit fentir aifément que plus les tours de la manivelle feront fubdivifés, plus le produit de ces divilions fera multiplié, & en conféquence reflerré fur la circonférence du cylindre.
- Ainfi chaque module de cadence fur la Serinette , revient à peü-près à une divifion des Cadrans de il ou de 12 pour les cadences ferrées, & à une divifion des Cadrans de 8 ou de 9 pour les cadences les moins précipitées. L’ufàge du notage aura bientôt fait fentir cette différence ; il ne s’agit pour cela que de noter un air.
- Il eft bon d’avertir une fois pour toutes, que pour noter avec jufteiïè , il faut être affuré du temps de la révolution du cylindre, pour y proportionner les airs , dont la longueur doit s’eftimer, non par la quantité de mefures, mais par la durée du temps qu’on met à les exécuter dans le degré de vîtefie néceffiure à leur genre d’expreffion.
- Si l’on a un cylindre, dont les pivots foîent en vis, pour le faire avancer infenfiblement, afin qu’on puiffe noter une piece de fuite , ou même plu-fieurs qui ne fouffrent aucun retard dans le changement de l’une à l’autre ; la totalité de fes tours réunis -doit alors être confidérée comme une feule révolution du cylindre , & doit être eftimée en entier , comme on feroit pour un fèul tour qui ne contiendroit qu’un air ; d’où il s’enfuit que, fi un fèul tour ne produit que 20 fécondés, les 8 tours réunis, fans interruption , par ces pivots en vis , doivent en produire 160 ; dans ce cas , ils peuvent contenir une piece de 160 fécondés d’exécution ; il fuit encore delà que fi le cylindre d’une Serinette eft 20 fécondés à faire fon tour, chaque tour contenant ordinairement un air, il faut que les airs djps Serinettes n’excedent pas la durée de 20 fécondés, quelque quantité de mefures qu’ils aient.
- Des marches de 20 mefures d’un mouvement gai , ne durent communément que 20 fécondés ; ce qui fait une fécondé par mefùre, une demi-fe-conde par blanche, un quart de fécondé par noire, &c.
- Des menuets de 24 mefures d’un mouvement gai, durent auffi 20 fécondés ; des 6-8 Sc 6-4 du même caraélere Sc de 20 mefures, durent auffi 20 fécondés; des 2-4 ou allemandes vives de 32 mefures, 20 fécondés : tous ces airs rempliroient chacun leur tour du cylindre, Sc ne laifferoient aucun filence d’intervalle entre le commencement Sc la fin , fi l’on vouloir les aftreindre à 20 fécondés juftes : cependant on aura toujours la facilité de les refferrer autant qu’on voudra par les différents Cadrans, dont nous allons enfeigner le calcul & la combinaifon. Ce fera par le moyen de ces Cadrans, différemment combinés, qu’on pourra faire terminer les airs à quelque point donné que ce foit de la circonférence des cylindres. *
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- Du calcul SC de la combinaison des Cadrans avec les airs. 6oj
- §. IL Du calcul & de la combinaifon des Cadrans avec les airs*
- 1431. Ce qui vient d’être dit doit faire préfumer la néceffité d’un principe pour calculer & combiner les airs avec les Cadrans : quelques fuppo-fîtions vont répandre du jour fur ce fujet.
- La manivelle de la Serinette fait 40 tours, pendant que le cylindre n’en fait qu’un : chaque tour de manivelle vaut une demi-feconde ; donc les 40 tours valent 20 fécondés.
- Suppofons qu’on veuille faire exécuter une marche de 20 mefures pendant ces 40 tours, il faudra, pour trouver le Cadran qui y convient, réduire les mefures en noires ; chaque mefure en contient quatre, lefquelles multipliées par 20, feront 80 noires, qui équivalent à ces 20 mefures. Sup-pofez actuellement que chacune de ces noires foit fubdivifée en cinq ; multipliez 80 par y , le produit fera 400. Ce fera donc 400 divifions qu’il faudra pour l’exécution de ces 80 noires. Cherchez enfuite un nombre quelconque, par lequel en multipliant les 40 tours de la manivelle , vous puiffiez avoir auffi 400 divifions, vous trouverez que 40 multipliés par 10, valent 400 ; donc avec un Cadran divifé en 10, vous pourrez noter ces 80 noires à y divifions par noire ; donc chaque tour de la manivelle qui vaut 10, vaudra 2 noires.
- Pour faire ce calcul plus fimplement, on dira ; 20 mefures à 4 noires par mefure, valent 80 noires ; multipliées par y divifions, elles valent 400 divifions; voilà pour l’air : on dira enfuite; les 40 tours de la manivelle, multipliés par 10, valent auffi 400, ce qui eft le même nombre que le produit de l’air ; donc il faut un Cadran de 10 pour remplir un tour du cy-dre avec cet air ; par conféquent, point de filence à la fin de cette marche : fi l’on vouloit cependant y en placer un ; on n’auroit qu’à le noter fur un Cadran de 21; en donnant 10 divifions par noires, il refteroit 40 divifions de filence final. 80 noires, multipliées par 10, valent 800 ; 40 tours de la manivelle, multipliés par 21, valent 840 ; donc les divifions des tours de la manivelle , excédent de 40 divifions qui équivalent à 2 tours moins 2 divifions.
- Si c’étoit un menuet de 24 mefures, 3 noires par mefures font 72 noires, à y divifions par noire, le produit eft de 300 divifions : 40 tours de manivelle, multipliés par 9, font également 360; donc au Cadran de 9, ce menuet remplira fon tour.
- Si, au contraire, on donnoit 6 divifions par noire, qui feroient 432, en multipliant les 40 tours par 11, qui feroient 440, il fe trouveroit 8 divifions de filence à la fin de ce menuet.
- Ces deux fuppofitions doivent fuffire pour faire entendre la maniéré de
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- Planche
- .114*
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- 608 FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap. IV.
- combiner les Cadrans par les airs. Voici actuellement le moyen de pofer les chiffres fur ces Cadrans.
- Quant au Cadran de 10 pour la marche, on n’a pas befoin de chiffres, parce que chaque noire équivaut jufle à la moitié de chaque tour de la manivelle.
- Pour le menuet au Cadran de 9, à y divifions par noire, il faut que les chiffres foient difpofés de maniéré à les retrouver toujours dans leur ordre naturel de y en 5 divifions. Koye£ ce Cadran tout chiffré, PI. 104> fig. 3* Si Ion compte les divifions de ce Cadran , en commençant par celle du haut chiffré r , Sc en fuiyant toujours les divifions de gauche à droite, on trouvera que le chiffré 2 fera pofe à la fin de la cinquième divifion ; le chiffre 3 à y divifions plus loin, & ainfi de tous les autres : par ce moyen, ce Cadran de 9 fe trouve combiné de y en y en peut le combiner pour d’autres airs de 6 en 6, de 7 en 7, de 8 en 8, de 4 en 4, & de 3 en 3 ; ce qui fait, au befoin, 6 combinaifons différentes, que l’on pourra fè procurer avec le même carton, en tranfpofint les chiffres d’une place à l’autre , ainfi qu’il a été dit plus haut.
- 1432. Tous ces principes bien conçus, il s’agit de les réduire en pratique : un feul exemple peut fùffire pour mettre au fait du notage : celui qui pourra noter un air , pourra, avec un peu de réflexion, noter quelque piece de Mufique que ce foie. Il ne s’agit que d’un fimple eflai pour en être convaincu. On trouve par-tout des Serinettes ; on peut faire tourner un autre cylindre de la même groffeur & longueur que le fien ; Sc fur ce nouveau cylindre , faire des eflais fans inconvénient Sc fins beaucoup de dépenfe. Au pis aller, fi l’exemple qu’on va propofer ne paroît pas fuffifint, on pourra confulter la Tonotechnie imprimée chez Delaguette ; cet Ouvrage peu difpendieux, en contient douze différents Sc bien variés 9 avec les détails les plus clairs Sc les plus inflruélifs ; il ne peut que répandre beaucoup de lumières fur tout cet article.
- Section cinquième.
- Préparation pour le notage de la Barcelonnette.
- §. I.
- 1433. Nous propofons pour exemple le notage de la Barcelonnette, qui eft fort fimple , Sc dont le détail fera entendre toute cette partie. ,
- V°ye{ PL 114 cet air noté: il eff répété deux fois; l’une avec les agréments détaillés pour les faire concevoir, Sc l’autre à l’ordinaire , avec les caractères tonotechniques qui indiquent ces agréments.
- Toutes les lignes où il n’y a point de clefs, font pour les agréments détaillés ; elles fùppofent la clef de fol fur la fécondé ligne ; celles où il y
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- Préparation pour le notage de la Barcelonnette• 609
- a des clefs font notées & préparées comme elles le doivent être pour le notage ; aînfi les premières font inutiles au Noteur ; elles ne fervent ici que pour mieux faire comprendre le détail des effets. ^
- La Barcelonnette, telle qu'elle eft notée PL irq., n'étant propofée que -pour exemple, on a fupprimé toutes les répétitions des reprifes qui fau-roient rendue trop longue pour une Serinette ordinaire ; donnée de cette façon, elle variera plus les chofes pour l’inftruélion. Il eft bon d’avertir ici# que pour le notage, il faut que les pièces foient notées tout du long, fans aucun renvoi pour les reprifes, parce qu’on doit les exprimer de fuite dans l’exécution. Dans les fragments des cylindres , PL 114 , ny, 116 iij, 118, cet air eft noté avec toutes fes reprifes, pour indiquer la maniéré de de le noter fur le papier , c* eft-à-dire , tout du long ; mais comme il feroic une fois trop long pour une Serinette, on fe contentera de l’exemple pro-pofé PL 114.
- Cet air eft de 32 mefures ; c’eft un 2-4, dont chaque mefure vaut a noires ou 4 croches. Il s’agit de voir quel fera le plus avantageux, de le réduire en noires ou en croches pour le noter. 32 mefures, à 2 noires par mefure, font 64 noires 5-32 mefures, à 4 croches par mefure, font 128 croches. Pour éviter les fractions qui font toujours embarraflàntes, fuppo-fons, i°, qu’il faille 6 divifions par noire, les 64 noires, multipliées par 6, font 384 : voyons quel cadran pourroit fervir d’après cette foppofition ; multipliez les 40 tours de la manivelle par 10, vous aurez 408 divifions qui excédent de 16 les 384 du produit ci deffus ; ces 16 divifions de refte feroient à la fin de l’air un petit filence de repos.
- Qu’on examine enfuite fi ces 16 divifions qui reftent à la fin, ne reffer-reroient pas un peu trop cet air, ou s’il ne fe rencontreroit pas quelques difficultés pour Texécution des double-croches, ou fi enfin il ne feroit pas plus avantageux de le réduire en croches, pour la facilité de l’opération : dans ce cas, fi l’on veut le réduire au même point que le produit du cadran de 10 pour les noires , on prendra le cadran de 20 , à 6 par croche, cela reviendra exactement au même pour la longueur de l’air; mais on aura plus de facilité pour mefurer exactement les tenues 0& les jllences.
- On pourroit encore le noter fur un cadran de 13 , à 4 divifions par croche ; en voici le calcul : 128 croches, multipliées par 4, font 512; 40 tours de manivelle, multipliés par 13, font 520; ce qui excede le premier produit de 8, qui feront un très-petit filence à la fin.
- Ces différentes fuppofitions prouvent qu’on peut noter le même air for plufieurs cadrans différents , pour l’étendre ou le refferrer à volonté : le befoin qu’on en aura pourra diriger la marche du Noteur. Je crois en avoir dit affez fur cet article pour me faire comprendre.
- J obferverai feulement qu’au cadran de 10 , chaque divifion vaudra un O RG V ES, IV, Part. Q 7
- Planche
- 1 I^;.
- v
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- Planches 104 Ôc 114.
- Planches 114, 115,
- ii^î 118.
- Planche
- .104.
- 610 FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap.1V.
- module de cadence; au lieu qu’au cadran de 13 , il fauaroit ajouter à chaque module un huitième de divifion ; 8c au cadran de 20 9 2 divifions par module foroient néceflaires. On obfervera encore que le filence final réfiiltanC du . cadran de 13 , fera beaucoup plus court que celui des cadrans de 10 ou de 20; par conféquent, Pair fera plus étendu fur le cadran de 13 que fur les deux autres.
- I De ces trois opérations, je me fixerai à celle du cadran de 13 pour opérer le notage de la Barcelonnette , fur lequel les croches feront marquées de 4 en 4. Voyeç ce cadran en petit tout chiffré , PL 104,4, & 114, au commencement de Pair.
- Le choix du cadran une fois fait, il n’eft plus queftion que d’arranger Pair en conféquence. On commencera d’abord à pofer au-delîus de toutes les notes, les caraéleres tonotechniques, pour indiquer leurs tenues , leurs taélées & leurs agréments , & au-deffous les chiffres pour la valeur de toutes les croches : Voye£ cet air PL 114, il eft tout prêt à être noté.
- Pour bien fàifir ces agréments 8c ces tenues, il faut chanter Pair avec beaucoup d’attention , & pofer en conféquence les caractères convenables ; quant aux chiffres, en les pofànt dans leur ordre naturel à chaque valeur de croche , ils feront comme il faut, 8c répondront néceffairement aux chiffres du cadran.
- Les Planches H4, ny, 116> 117 8c 118, repréfentent tout cet aîr marqué ou pointé fur le cylindre, dont elles font autant de fragments. Toutes les parties noires marquent la tenue ou fon des notes, & les parties hachées d’un fimple trait indiquent les Jilences qui font à leur fuite pour en terminer la valeur. Ces Planches ont été faites pour fixer l’attention du Leéteur 8c lui faire prendre une idée jufte du notage, & de l’effet de la Mufique dans l’exécution ; elles font aufll un des meilleurs moyens pour donner une idée exaéte du notage à l’échelle.
- Cet air étant ainfi préparé, on placera le cadran de 13 fous la manivelle de la Serinette qu’on fixera à la boîte ; & fi l’on veut, 011 ajoutera à cette manivelle, une aiguille de carte ou de cuivre, pour fuivre les divifions du cadran avec plus d’exaélitude , ou bien la pomme de la manivelle remplira cet objet : Voye£ PL 104 ^ fig. 1. A eft un cadran fixé à la boîte. B eft l’aiguille. C eft la pomme de la manivelle. Les chiffres au-deffus des mefures font inutiles dans l’opération du notage ; ils ne font qu’indiquer la quantité de mefures : voyons à préfent comment on note.
- §. ï I.
- Du notage de la Barcelonnette au cadran de 13,
- 1434. Le cadran étant pofé fous la manivelle -, on mettra cet air touf
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- Du notage de la Barcelonnette au cadran de T 3. 611
- noté, chiffré 8c préparé devant foi, PL 114 ; on descendra la barre du clavier D9 PL 104, fig, r , de façon que les becs ou plans inclinés des touches, pofènt un peu fur le cylindre ; on tournera enfuite la manivelle jufqu’à ce que l’aiguille B foit vis-à-vis du chiffre 1 du cadran , qu’on place ordinairement en haut : lorfque cette aiguille fera arrêtée à ce chiffre 1 , on preffera un peu avec le doigt fur la touche de fut, pour marquer la place de la première note , qui efl un ut taélé <& fécondé croche.
- Cet ut étant marqué , on conduira l’aiguille fur le chiffre 2 , fans,rien marquer entre le chiffre 1 & le chiffre 2, parce que cet efpace eft un filence à la fuite de l’ut taélé ; lorfque cette aiguille fera fur le chiffre 2 , on marquera le commencement de la petite tenue avec la touche du re ; le point qu’on voit au-deflus du caraétere qui indique la tenue > lignifie qu’elle doit lai (Ter une double-croche dè filence à fa fuite : on ira donc terminer cette tenue au milieu de l’efpace qui efl entre deux & trois, c’eft-à-dlre, au chiffre 9 ; ces deux marques feront la longueur jufte de la tenue : 011 y placera une pointe a fiez grofîe , ou un petit pont , qui rempliiîe jufte cet intervalle ; cette fécondé note eft une première croche.
- Ce re tenu étant marqué, on conduira l’aiguille au chiffre 3, pour avoir une taciée avec la touche du mi, 8c cette note eft une fécondé croche.
- On peut ob fer ver ici, que pour donner à cet air un peu plus de caractère , il faudroit en faire les croches inégales ; dans ce cas , cette derniers taciée feroit marquée à une demi-divifion plus loin que fon chiffre ; ce qui auroit lieu pour toutes les fécondés croches, dont celle-ci en eft une.
- Cette troifieme note taciée, une fois marquée, ou égale , ou inégale, fuivant que le goût lé décidera, on conduira l’aiguille au chiffre 4 , pour marquer fur le fol une première double-croche ; enfuite au chiffre 11, qui tient le milieu entre 4 & y, pour marquer fur le fa une fécondé double croche taciée ; enfuite au chiffre y , pour marquer une première double croche fur le mi ; enfuite une autre fécondé double-croche fur le re au chiffre 12 , qui tient le milieu entre les chiffres y 8c 6. On peut encore donner une efpece d’i-négalité à ces quatre double-croches, en mettant des pointes un peu plus grofîes aux premières qu’aux fécondés.
- Ces quatre double-croches marquées, on conduira l’aiguille au chiffre 6, pour commencer une noire tenue fur fut9 qui doit laiffer à fa fuite un flence de deux double-croches, ainfî que les deux points fur le caraélere le défi-lignent; en conféquence, on terminera cette tenue au chiffre 7, pour avoir un filence depuis 7 jufqu’à 8.
- Lorfque l’aiguille fera parvenue au chiffre 8, on marquera fur fut une première croche un peu tenue ; mais comme elle fe trouve fur la même ligne que la précédente , on la fera taciée pour la détacher davantage.
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- 612 FACTEUR D’ORGUES , IV. Part. Chap. IF.
- On conduira enfuite l’aiguille au chiffre p, pour marquer fur le fol une fécondé croche taclée.
- L’aiguille étant parvenue au chiffre 10, on marquera un premier module de cadence fur le la, un fécond module au chiffre 7 fur jd en-bas, ÔC un troifieme au chiffre 4 fur le la ; voilà tous les agréments dont ce la foit fufceptible, puifque du chiffre 4 au chiffre 1 î où commence la note fuivante * qui eft un fil, il n’y a que deux divifions d’efpace pour le filence; & ce dernier module fera piqué, comme il doit l’être, avec une pointe un peu plus groffe que les autres modules de cadence , pour former une petite tenue \ ce qu’il faut prefque toujours obferver à la fin des notes cadencées en entier.
- Cette petite cadence étant marquée, on conduira l’aiguille au chiffre 1 r, pour exprimer fur le fol une fécondé croche taclée ; enfuite au chiffre 12, pour avoir fur le la une première croche tenue ; enfuite fur le chiffre 13, pour marquer fur le f une fécondé croche taclée. „
- Ces quatre croches terminées, on ira au chiffre 1, pour marquer le premier module de cadence fur Y ut ; enfuite au chiffre 11, pour un feçond module fur le fi ; enfuite au chiffre 8, pour le commencement d’une tenue fur r 'ut % laquelle doit laiffer 2 double-croches de filence à fa fuite; on ira donc terminer cette tenue au chiffre 2 : c’eft toute l’opération de cette noire martelée fur Yuu
- On conduira enfuite l’aiguille au chiffre 3 , pour marquer fur fut une première croche ; elle eft taélée, parce qu’elle fe trouve fur la même ligne que la fuivante & la précédente, afin de la détacher davantage ; après quoi on ira au chiffre 4, pour une fécondé croche taclée auffi fur fut.
- Toute cette partie eft repréfentée au-deffous de l’air fur le fragment de cylindre, avec la correfpondance des notes, même Planche 114; les parties noires de ce fragment repréfentent les fons ou tenues des notes , & les parties grifes leurs filences.
- J’ai fuivi cet air pied à pied jufques-là, & il devroit fuffire pour concevoir le notage ; car c’eft toujours la même marche : d’ailleurs toute la fuite de cet air fe trouve repréfentée dans les Planches iry, 115, 117, 118. On obfervera cependant que ces fragments de cylindres contenant la répétition des reprifes, on ne pourroit les noter tels qu’ils font, que fur des cylindres plus étendus que ceux d’une Serinette ; ainfî cette Barcelonnette ne peut fervir d’exemple que comme elle eft en entier PL 114; & en faifànt bien attention aux caraéleres qui font au-deffus des notes , il fera difficile de fe tromper.
- Comme le refte doit s’entendre aifément, je penfe qu’il eft inutile de pourluivre plus loin le détail de cet air ; lequel une fois marqué, il ne doit plus être queftion que d’y appliquer les pointes.
- Section sixième.
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- I
- De la grojjeur des Pointes. T;'
- Section sixième,
- De la grojjeur des Pointes.
- $. I.
- *43 y. On a déjà vu, (Seétion première) la defoription 8c l'explication de plufieurs outils néceflàires au notage, repréfontés Planches xoo, loi, 102,
- 103 , 104 ; il efl: inutile de revenir fur cette matière : mais il en eft un dont on n’a pas encore indiqué Tulagé ; c’efl: le compas de réduéfion, pour avoir au jufte l’épaiffeur des Pointes. Voyez-en la figure, PL 100, fig. y. Ce compas réduit au quart au point A, toutes Tes mefures prifes avec les Pointes B: cefl: avec un femblable compas quon fixe toutes les épaifleurs des Pointes néceflàires à chaque air, qui font fouvent dans le cas de varier d’un air à l’autre ; mais avec une filière & un laminoir, on s’en fait de toutes les épaifleurs par le moyen d’un femblable compas.
- Les plus petites Pointes, ou les plus petits numéros , fervent pour les modules des cadences ; il peut y en avoir' de plufieurs épaifleurs, fùivant les cadrans qu’on emploie.
- Celles qui font plus grofles que les cadences 3 font pour les taclées ; après celles-là font les petites tenues ; enfuite les autres tenues ou ponts.
- Communément les Noteurs n’ont, jufqu’à préfent, employé que de 4 ou y épaifleurs, ainfi qu’on les voit repréfentées PL 104, jîg. 8, & dont on iq% ôc iqU a encore donné une idée, PL 10y ; elles y font figurées beaucoup plus grofles qu’elles ne doivent être.
- On ne peut que blâmer la conduite ordinaire des Noteurs , de fo contenter de 4 ou 5 épaifleurs de Pointes, avec lefqu elles ils ajulient bien ou mal leurs airs : l’ufage de ce compas de réduction au quart fera fentir la néceflîté d’appliquer des numéros, fuivant le produit des différents cadrans.
- Il efl: nombre de ces Noteurs qui ont contraélé la^mauvaife habitude de marquer un cylindre en entier, avant que d’y mettre les Pointes ; & comme ils n’ont que 3 ou 4 numéros pour les pointer tous, ils ont l’attention de faire à chaque air avec de l’encre des marques pour les diflinguer. Ces marques confiftent à réunir les piqûres pour les ponts, à tracer des lignes inclinées de gauche à droite pour les taélées, & de droite à gauche pour les petites tenues ou gros clous ; on iaifle les modules des cadences blancs. Voye£ une idée de ces marques, PL ioy , dans la première partie du fragment de cylindre, qui repréfente Amplement des marques faites avec les plans incli^ nés des touches ; ce moyen peut être bon pour les Commençants , pourvu f
- quils aient 1 attention de pointer les airs l’un après l’autre avec les pointes convenables. Le furplus de la Planche ioy repréfente cette partie d’agrès
- Orques• IV* Paru R j
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- Planche
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- 614 FACTEUR D’ORGUES , /F. Part. Chap.IV.
- ment avec les Pointes en perfpeélive & en plan , figurées beaucoup plus grofîes quelles ne doivent l'être pour faciliter l'intelligence de cette opération.
- Pour avoir, avec ce compas, l’épaiffeur jufte d'un module de cadence, 011 marquera , avec le cadran, la valeur de deux modules de cadence ; en prenant cette mefure fur le cylindre, avec les Pointes B de ce compas, on aura jufte l'épaiffeur réduite au point A ; chaque Pointe de cadence fera donc jufte de la moitié delà valeur d'un module, pour former entre eux un petit Jilence d’environ un tiers , à caufe de l'anticipation qui fait parler les tuyaux avant que les touches foient parvenues au haut des Pointes.
- On peut fe rappelier ce qui a été dit Seélion II, §, II, fur les Jîlences d'articulation ; cela devroit fuffiro pour indiquer l'ufage de ce compas ; on pourroit aufli en conclure^ que les épaiffeurs des Pointes doivent néceftàire-* ment varier, fuivant les différents cadrans & fuivant les groffeurs différentes des cylindres ; d'où il s'enfuit nécefîàirement que les Noteurs qui n'emploient que les mêmes numéros pour toutes les occafions, ne peuvent être exaéls ni fàtisfaifants dans leur notage.
- Une taclee ordinaire eft le quart d'une croche ; 'ainfi en marquant une croche entière dont on prendroit la mefiire avec les Pointes B fur le cylindre, elle feroit réduite au point A. Les plus petites tenues font du quart d'une noire : quant aux autres tenues plus étendues, il eft inutile d'en parler , puifqu’on en marque la longueur en notant ; d'ailleurs on peut en faire dq toute longueur avec les pinces repréfentées PL 10 r.
- §. II. Du piquage du Cylindre.
- 143 6. L'air étant bien marqué furie Cylindre, & la groffeur des pointes bien décidées, foivant le cadran avec lequel on a noté , on retire le Cylindre de la Serinette, & l'on pique avec l'aiguille emmanchée repréfentée, PL 103, fig. 2, à la place de toutes les marques faites avec les touches : on commence à la première , afin de pouvoir fuivre l’air ; fi l’on s'eft trompé, il fera aifé de s'en appercevoir & de le reélifîer, en remettant le Cylindre en place, &en opérant de nouveau avec le cadran.
- Cette préparation faite, on place les pointes: chacun a fà méthode ; les uns fe fervent d'un petit marteau , d'autres de pinces repréfentées PL 103 * fig. 1 & y. Ceux qui lavent fe fervir du petit marteau ont un avantage, parce que les petits coups donnés à propos poliffent la tête de ces pointes.
- On.aura foin de ne pas les enfoncer d'abord autant qu'elles doivent l'être, afin de pouvoir toutes les calibrer pour la hauteur avec des repouifoirs. Eoye^ PL 1 o 3, fig. 3 & 4.
- Après quelles font ainfi pofées & bien jaugées, on les dreffe avec une pince, de façon qu'elles foient bien perpendiculaires à Taxe du Cylindre,'
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- N otage de la Romance de M. Balbaflre. 615
- ou du moins, G on les fait pencher un peu en avant pour les rendre plus
- fortes, il faut quelles penchent toutes de la même façon.
- %
- Il ne refte plus après cela qu’à remettre le Cylindre en place, pour fa-Voir fi le notage eft exaét ; il fera même facile de changer au befoin les chofes qui pourroient déplaire.
- Ayant détaillé dans le §. 4, fair dont il eft queftion, remploi des différentes pointes devient inutile ici ; ce qui a été dit eft plus que fuffifànt pour le faire comprendre.
- Section septième.
- Du Notage de la Romance de M. Balbaflre fur un gros cylindref
- §. I. Obfervatîon préliminaire.
- 1437. On fùppofe qu’il foit queftion de noter les gros cylindres, comme celui de la Planche 99, & que l’un des airs foie la Romance de M. Balbaflre.
- Il faut d’abord être- fur de la durée de l’exécution entière de cette Romance & de la révolution du cylindre , ou plutôt du degré de lenteur avec laquelle il tourne fur fes pivots.
- Quelques obfervations à ce fujet font ici néceflaires pour né rien faire au hazard dans ces fortes d’opérations. Ce que nous dirons au fujet de ce cylindre, dont nous avons donné la conftruélion, Chapitre III, SeéKon IV,§, r, en expliquant les Planches 97, 98,99, pourra fervir pour toutes les occafions où l’on voudroit en faire non-feulemént de femblables, mais de quelque grandeur & de quelque genre qu’ils foient.
- 1438. La première attention qu’il faut avoir, c’eft à l’effort ou au degré de réfiftance que doivent éprouver les pointes les plus foibles, qui font celles des cadences, afin que la levée des touches ne les faffe pas plier ; c’eft en conféquence de la grofleur de ces pointes foibles qu’il faut regler le degré de vîtefle du cylindre.
- Le degré de réfiftance de ces pointes foibles dépendra, non-feulement de leur épaifîeur , mais de leur hauteur; car une pointe foible ,mais courte/ qui ne feroit lever la touche que d’une demi-ligne, feroit auffi forte qu’une pointe plus groffe du double , qui la feroit lever d’une ligne , parce qu’elle feroit néceflàirement une fois plus haute ; il faut donc augmenter ou diminuer les épaiflèurs de ces pointes foibles en proportion de leur degré de réfijf* tance & pour la hauteur de la levée des touches & pour la preflîon des refïorts des foupapes.
- C’eft en conféquence de l’effort de ces pointes foibles qu’on.pourra corrn biner l’arrangement du clavier & des foupapes, fur lefquels elles doivent
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- 6i6 FACTEUR D'ORGUES , IV. Pan. Chap. IF.
- agir, Sc déterminer la grofleur des cylindres pour la durée néceffaire dé leur révolution lur leurs axes.
- Plus les difpofitions du clavier & des foupapes contribueront a rendre ces pointes courtes, & plus elles feront en état de réfifter aux efforts ; en confé-quence, moins les airs tiendront de place fur le cylindre , pour produire
- Planche
- des effets d'une certaine étendue.
- Les moyens de s’aflurer de la force de ces pointes foibles, & de diminuer la levée des touches , font fi fimpies, qu'il eft inutile d'en parler ici ; il fuffit d'avoir fait cette obfervation, pour que l'exécution y réponde, fi l'on a un peu de génie.
- 1439. Une fécondé attention aufli eflentielle , c’eft que le conducteur ou mobile du cylindre lui fafle faire le chemin néceflaire, pour que les pointes ne deviennent ni trop ferrées ni trop écartées. Pour cela il faut avoir égard, i°, à la longueur d'une piece de Mufique quelconque , à laquelle on voudroit faire faire un tour entier du cylindre ; en fécond lieu , à la vîteffè du mouvement de la manivelle qui fait marcher le cylindre.*
- Ce qui a été dit, Seétion III, §. 1, fur la durée d’un air de Serinette ; peut en proportion s'appliquer ici : un air de Serinette doit être exécuté dans 20 fécondés. La Barcelonnette, que nous avons donnée pour exemple , eft de 32 mefures, qui font exécutées dans 40 tours de la manivelle ou 20 fécondés ; donc chaque rnelùre de cet air ne dure que 3 cinquièmes de fécondé ; & cette exécution fe fait fur un cylindre d’environ 2 pouces 3 lignes de diamètre, qui font une longueur développée à peu près de 6 pouces 11 lignes & un feptieme de ligne; c’eft-à-dire, environ 84 lignes; c’eft donc par mefure 2 lignes & demie & un huitième de ligne, & cet elpace peut contenir au cadran de 13 , avec lequel on a noté la Barcelonnette, 4 modules de cadence par croche,,compris les elpaces des filences% ce qui feroit 8 fois l’épaiffeur d'une pointe de cadence, & par confisquent,1 16 épaifleurs par mefure, c'eft-à-dire, dans l'efpace de 2 lignes Sc demie un huitième de ligne; & malgré cette petiteffe, ces pointes font lever la touche d'environ un bon quart de ligne; ce qui produit aux foupapes plus d'une demi-ligne de levée, à caufe de la dilpofition du centre de mouvement des touches du clavier, qui eft plus près de la pointe ou bec de la touche , que du pilote de renvoi aux foupapes : Voye£ PL 94 , fig. 21 Pour produire cette levée d'environ un quart de ligne de hauteur, la pointe a un peu plus d'une demi-ligne ; ce qui la rend aflez forte, toute petite quelle foit, pour foutenir cet effort.
- 1440. Il faut encore obferver que plus les pointes feront tenues courtes* ou plutôt moins les touches lèveront, & plus l’exécution fera exaéte; cela évitera ce qù’on pourroit appeller la bavure des fons, en ce que le tuyau parlant avant que la touche fpit au haut de la pointe, cette anticipation
- forme
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- JDu Notage de la Romance de M. Balbaflre 617
- forme une augmentation de fons , qui rend l'exécution défagréable 8c pelante ; on entendroit une efpece de bourdonnement quifupprimeroit une partie de l'articulation 8c des détachés : cet inconvénient ne manqueroit pas d'arriver , fi les levées étoient trop confidérables ; cependant, fi Ton avoit des pédales à faire parler, par le moyen d'un cylindre , comme elles exigent plus de vent qu'un clavier à main, on pourroit en tenir les pointes plus hautes : comme fur les pédales on ne fait point de cadences, ces bavures des fons ne font point fi fenfibles.
- Il faut donc difpofer le clavier 8c les foupapes, de façon que cette bavure foit la moins fenfible poffible ; ce qui fe fait en prolongeant la branche du derrière des bafcules du clavier / & en procurant de grandes levées aux foupapes, ou en les faifant plus longues.
- Quant à la vîteffe du mouvement du cylindre, on peut encore opérer conféquemment à la Serinette : la manivelle qui fait marcher le cylindre, fait 2 tours par fécondé ; chaque tour fait avancer le cylindre de 2 lignes 8c un dixième de ligne ; par conféquent, chaque fécondé produit 4 lignes 8c 2 dixièmes : cette longueur fuffit pour placer les pointes foibles, fans qu’elles foient dans le cas de plier.
- Suppofons un air à 2 temps, d’une mefure par fécondé, fur le cadran de 10, il faudroit 2 tours de manivelle pour une mefure; chaque tour con-tiendroit ro modules, tant pleins que vuides; ce quiferoit lepaifleur de 20 petites pointes ; il pourroit donc y en avoir 40 par mefures, c'efl-à-dire, dans la longueur de 4 lignes 2 dixièmes.
- Si l'on vouloit que chaque tour de manivelle produisît la valeur de % tours 5 c'efl-à-dire, une féconds, ou il faudroit diminuer la roue du cylindre , ou doubler les pas de vis de la manivelle ; pour lors le cylindre feroit autant de chemin dans un tour de manivelle, que dans deux à l'ordinaire ; mais aufîl le cylindre iroit plus vite , à moins qu'on n'allongeât la manivelle en proportion; car plus elle fera longue, plus la vis fans fin ira doucement * par conféquent le cylindre plus lentement. I
- Toutes ces obfervations font nécefiàires dans la faéhîre , fans quoi on courroit rifque d’opérer à faux, dans des objets d’auffi grande conféquence que celui dont il s'agit, je yeux dire le cylindre de la Planche pp, fur lequel il efl queflion de noter la Romance de M. Balbaflre.
- 1441. Ce cylindre, comme nous l'avons dit en parlant * de fa conftruc-tion , Chapitre III, Seélion IV, I, doit avoir 3 3 pouces de diamètre ; ce qui fait environ 103 pouces trois quarts de circonférence. Cette Romance, telle quelle efl notée PL np, contient en tout 50 mefures ; mais comme elle efl ici notée fans les reprifes nécefiàires après la partie majeure & la partie mineure, ce quon a cru devoir faire pour ne pas multiplier les êtres fans néceflité 9 il efl .bon d'avertir qu'il faut que ces reprifes foient * notées de Orgues. IV, Part, S 7
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- Planche
- iip.
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- $i8 FACTEUR D’ORGUES, IV. Pan. Chap. IV.
- fuite à leur place, Sc fans aucun renvoi fur le papier qui doit fervir pour la noter ; ainfi la reprifé delà majeure estant de io mefures, Sc celle de la mineure étant de 8 mefures, ce fera 18 mefures de plus ; lefquelles réunies aux yo mefures ci-defïus, font en tout 68 mefures : ii Ion vouloir quelle fît tout le tour du cylindre , chaque mefure rempliroit la longueur dun pouce & demi ; il refteroit un pouce à la fin, efpace néceflàire Sc fuffifànt pour le changement des airs.
- Cette Romance eft d’un mouvement gracieux , c eft-à-dire , ni lent ni vite. M. Balbaftre l’exécute ordinairement dans l’efpace de 2 minutes 4/ fécondés; ce qui fait 16$ fécondés pour l’exécution entière de cette Romance. Si l’on veut que le cylindre rende l’exécution de M. Balbaftre, il faut qu’il faflé au plus fon tour en iéy fécondés, & qu’il refte encore environ 2 tours de manivelle pour le pouce de filence.
- Nous fuivrons pour l’exécution de cette Romance dans cet efpace limité de temps, la même méthode que nous avons fuivie dans le notage de la Bar-1 celonnette fur la Serinette. Pour que le cylindre fafle fà révolution exaéte dans cet efpace de temps, cela dépendra Sc de la quantité de dents de la roue du cylindre , & de la longueur de la manivelle , comme il a été dit ci-deflus ; la Serinette peut nous fervir encore de moyenne proportionnelle. Une marche ordinaire de 20 mefures s’exécute fur la Serinette dans 20 fécondes ; chaque fécondé vaut donc une mefure : mais comme il faut 2 tours de manivelle, pour produire une féconde , il s’enfuit que chaque tour de manivelle ne vaut qu’une demi-féconde ; ce qu’on ne pourrait pas obtenir, fi la manivelle étoit plus longue ; car pour lors elle iroit plus lentement.
- Dans l’exécution de la Romance de M. Balbaftre, au lieu d’une fécondé par mefure , il y en a prefque 2 Sc demie ; ce qui feroit environ y tours de manivelle de Serinette : mais comme cette manivelle feroit trop courte pour conduire un éylindre aufli confidérable, il fera néceflàire de faire une manivelle beaucoup plus longue pour vaincre les réfiftances, Sc de la difpofér de façon qu’elle produife au moins les iéy fécondés dans la révolution du cylindre, en tournant d’un mouvement qu’on puiffé foutenir uniformément au moins pendant ce temps. Ce qui féra d’autant plus aifé en pratiquant une manivelle d’eflai qu’on puiffe allonger ou raccourcir au befoin : cette opération en elle-même eft fi aifée, qu’elle n’exige aucune explication, moyennant deux réglés de bois Sc un bouton qu’on peut allonger ou raccourcir en gliflànt l’une fur l’autre.
- v I
- 1442. Il eft queftion de décider la quantité de dents qui feroient nécef-fàires à la roue de cylindre. Si cette roue étoit égale à la circonférence du cylindre, en ne mettant qu’une dent par chaque pouce, elle deviendrait trop confidérable ; d’ailleurs il faudroit une manivelle d’une exceflîve grandeur pour ne pas aller trop vite. Il vaut donc mieux doubler cette quantité,
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- Du Notage de la Romance de M. Balbajlre. 619
- afin d’avoir une denture moins grande, 8c par conféquent une manivelle plus commode, pourvu qu elle loit aflez grande pour vaincre toutes les réfiftances {ans effort : quant au cadran qui fera néceflàîre pour noter cette Romance , on le trouvera aifément lorfque le nombre des dents fera fixé*
- 1443. Le cylindre ayant 103 pouces de circonférence comme il a été dit ci-deflus , en fuppofimt 6 lignes par dent , cela fera 206 dents ; par conféquent, 206 tours de manivelle pour faire faire tout le tour du cylindre. Actuellement que le nombre de ces dents eft fixé , fi l’on multiplie les 68 mefures de la Romance par 4 noires pour chaque mefure, cela produira 272 noires, lefquelles doivent être exécutées dans les 206 tours de manivelle.
- 1444. Comme cette Romance eft affez lente dans fon mouvement, & qu’en conféquence elle doit produire beaucoup de détails dans {bn exécution, il faut apprécier à peu-près en combien de modules chacune de ces noires doit être divilee, pour trouver plus aifément les cadences des croches ; & pour cela, il faut encore faire une fuppofition.
- Dans les mouvements ordinaires, la cadence d’une croche n’eft communément que de 3 modules, à moins que les croches ne foient inégales, ainfi qu’il a été dit Seétion II, §. V. Cette Romance étant plus lentp qu’un mouvement ordinaire, exige en conféquence plus de modules.
- Ainfi le moins qu’on puifle lui donner, non compris le filence d’articulation , c’eft 4 modules ; ce qui en produit 8 pour la noire, auxquelles il faut ajouter encore le filence néceiîàire, & ce filence doit être environ de deux modules.
- Comme chaque module eft toujours placé au commencement de chaque divifion , il s’enfuit que le huitième module étant placé au commencement de la huitième divifion* ou, ce qui revient au même, à la fin de la fep-tieme divifion ; en ajoutant une divifion à ces 8 , il y auroit 2 divifions en filence à la fin d’une noire cadencée, ce qui luffiroit : ainfi en fuppo-lànt .272 noires multipliées par 9 divifions chaque, il en réfulteroit 2448 divifions.
- Si l’on vouloir un peu plus de filence, on ajoutera encore une divifion de plus, ce fera 10; lefquelles multipliées par les 272 noires, feroient 2720 divifions.
- U s’agit actuellement de voir lequel de ces deux nombres, ou de 9 ou de 10 divifions par noire, feroit le plus commode pour noter {ans prefque de fraétions.
- 144J. Dans la bafîe de cette Romance, 8c même dans plufieurs endroits, les noires font divifées en 3 ; un nombre quelconque, dont on pourra avoir le tiers fans fraCtion fera donc préférable à tout autre nombre qui aflujet-tiroit aux fractions; ainfi je préférerois le nombre 9, dont le tiers eft 3,
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- à celui cta'io, dont le tiers eft 3 un tiers , quoiqu'elle pût être notée fur l’un comme fur l’autre.
- Ainfi en partant de cette fuppofition, que le nombre de 9 divifions par noire eft le préférable, ayant trouvé que les 272 noires, multipliées par 9, produifent un total de 2448, il s’agit de trouver de combien les 206 tours de manivelle, multipliés par un cadran quelconque, approcheront le plus près de ce nombre, pourvu que ce fécond réfultat excede le premier, s’il ne lui eft égal.
- Le cadran de 12 , multiplié par les 206 tours de la manivelle, produit le nombre de 2472 divifions ; donc à déduire les 2448 ci-deffus, il refteroit 24 divifions de Jilence à la fin ; ce qui équivaudroit à peu-près à ce pouce "de refte dont nous avons parlé, en fùppofànt 18 lignes par mefure, fur la circonférence du cylindre.
- Il n’eft donc guere polîible d’imaginer, pour cette piece. un cadran plus commode que celui de 12, à 9 divifions par noire : c’eft auffi fur ce cadran que l’on détaillera cette Romance, & fûrement elle fera tout l’effet qu’on peut defirer.
- Cependant, fi l’on vouloït avoir plus de reflource pour les détachés, comme à 10 divifions par noire, qui produiroient 2720; en employant le cadran de 13, multiplié par les 206 tours, on auroit 2778 divifions, fur lefquelles à déduire les 2720, il refteroit y8 divifions en filence à la fin ; ce filence, quoiqu’un tant foit peu plus long, feroit une différence bien peu fenfible fur une piece auffi étendue que cette Romance.
- On a fait cette derniere fuppofition pour qu’on puifle choifir, & pour faire concevoir la poffibilité d’en faire encore plufieurs autres, au moyen defqueiies on pourroit faire terminer la piece à quelque point donné que ce foit fur le cylindre ; comme il n’eft pas plus difficile d’opérer d’une façon que de l’autre , à la différence près des fraétions pour les tiers de noires, on s’en tiendra à la première Xuppofition, qui eft de noter cette Romance fur le cadran de 12, à 9 divifions par noire.
- 1446". On a déjà vu ci-deffus que par le cadran de 12, chaque mefure occuperoit 18 lignes fur le cylindre; il eft aifé en conféquence de lavoir combien les plus petites pointes auront d’épaifieur. 18 lignes pour 4 noires font 4 lignes & demie pour chaque noire, chaque divifion de noire pro-duifant jufte la moitié de l’épaiffeur des pointes des cadences qui font les plus petites; à 9 divifions par noire, il s’enfuit qu’il y aura 18 épaiffeurs dans une noire, ce qui fait jufte le quart d’une ligne pour l’épàilTeur des plus petites ; fi elles peuvent réfifter, il n’eft pas douteux que toutes les autres feront allez fortes, parce qu’elles font les plus petites de toutes.
- 1447. Une pointe d’un quart de ligne d’épaiffeur, fur environ jo points, *>u un peu plus de trois quarts de ligne largeur, & y quarts de ligne de
- hauteur,
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- Du Notage de la Romance de M, Balbaflre 619 hauteur , doit être aflez réfiftante , pourvu qu’on la faffe de cuivre bien écroui; mais fuppofé qu’elle foit trop foible de cette matière, on peut la faire de fer, & même d’acier pour les plus petites feulement ; car les autres , dont l’épailfeur doit être prefque du double, de quelque matière qu’on les falfe, elles feront toujours allez fortes.
- Ayant déterminé le nombre des dents , que nous avons dit être de 206, & le cadran de 12, à 9 divifions par noire, il fera aifé d’apprécier à peu-près la longueur de la manivelle, en conféquence de celle de la Serinette.
- Ce qui a été dit fur la quantité de pointes de cadence que chaque me-fùre de Serinette peut contenir, peut donner une idée de cette appréciation. Chaque tour de la manivelle d’une Serinette fait avancer le cylindre d’environ 2 lignes & un dixième, & ce tour s’exécute dans une demi-féconde ; 2 tours le font par conféquent avancer de 4 lignes 2 dixièmes, & cela dans une féconde.
- La longueur du levier d’une manivelle de Serinette , à prendre en ligne droite' depuis le centre du pivot de l’axe de la vis fans fin, jufqu’au centre du bouton qui eft à l’extrémité de la manivelle, eft donc d’environ 2 pouces & un quart : je dis en ligne droite ; car la courbure n’allonge pas le levier* Ces 2 pouces & un quart font le rayon d’un cercle de 4 pouces & demi de diamettre, & d’environ 13 pouces trois quarts de circonférence qu’elle décrit en tournant, 8c cette circonférence eft parcourue avec facilité dans la durée d’une demi-feconde.
- Chaque mefure de la Romance de M. Ralbaftre eft de la durée d’environ 2 fécondés & demie ; ce qui fait y demi-fecondes : 9 divifions du cadran de 12 par noire, ou 3 quarts du tour de ce cadran, ce qui eft la même chofe, font pour les 4 noires 3 tours juftes de manivelle dans la durée de 2 fécondés & demie ; cela équivaut à 4 cinquièmes de fécondé par chaque tour, c’eft-à-dire, prefque le double : il faut en conféquence que la manivelle foit plus longue, afin que le cercle étant plus grand, on ne puifté le parcourir que dans la durée de ces 4 cinquièmes de fécondé; & cette longueur doit être un rayon d’environ 4 pouces & demi ou y pouces ; ce qui produit un diamètre au moins de 9 pouces ; elle fera certainement fuffifante pour conduire ce cylindre, tout pefànt qu’il eft, parce qu’il n’a d’autres fonétions à remplir que de faire lever les touches du clavier : ce cercle décrit par la manivelle n’étant environ que de 28 pouces de circonférence, à peu-près le double de celui de la Serinette, fera aifément parcouru dans la durée de 4 cinquièmes de fécondé.
- 1448. Comme il pourroit arriver dans d’autres occafions, fur-tout lorfqu’on conftruit des Orgues exprès, dont on veut faire mouvoir le foufflet par le moyen de la manivelle, ce foufflet étant un poids afléz confidérable à vaincre, Orgues. IF. Part. T 7
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- il faudrait une manivelle plus longue , ou pour mieux dire , un levier plus confidérable ; ce qu’on obtiendra aifément en diminuant le nombre des dents de la roue de cylindre; & pour lors la manivelle deviendra néceflai-rement plus longue. Ce nombre de dents peut diminuer avec d autant moins d’inconvénient, que la réfiftance que le cylindre oppofe à l’aétion de la vis fans fin, eft très-peu de conféquence ; & que lorfquil n’y a qu’un cylindre à conduire , on le peut faire facilement avec une petite manivelle ; au lieu qu’un loufflet oppofe une réfiftance en proportion de fon volume & du nombre de jeux qu’il doit faire parler. Il eft bon de faire ici la fuppofition pour appercevoir la facilité de cette combinailbn.
- On fuppofe donc , qu’au lieu de 206 dents au cylindre , on n’en que iyy, & que la piece à noter foit toujours la Romance de M. Balbaftre.
- On dirait : 272 noires , à 9 divifions par noire , produifent 2448 divifions. 15 y dents ou tours de manivelle , multipliées par un cadran de 16 9 valent 2480, dont à déduire les 2448 ci-deffus, il relierait 32 divifions en filence ; & ainfi des autres hypothefes, celle-ci étant plus que fuffifimte pour en faire autant qu’on voudra avec la même facilité ; d’où il eft aifé de conclure pour la longueur de la manivelle qui en réfblteroit : car fi 206 tours doivent être exécutés dans la durée de i6y fécondes, avec une manivelle d’environ 4 pouces & demi, formant le rayon d’un cercle de* 9 pouces de diamettre, quelle longueur doit avoir celle qui, pendant le même temps, ne ferait que iyy tours : ce nombre étant d’un quart de moins que le nombre 206, il s’enfinvroit que la manivelle devrait être environ d’un quart plus longue, 8c ainfi à proportion de toutes les autres circonftances , fuivant l’exigence des cas.
- On a cru devoir faire toutes ces obfervations, afin de prévenir tous les doutes qui pourraient naître ; ce qu’on dirait de plus, ne ferait qu’un détail minutieux , dont le Leéleur peut fe paflfer aifément.
- §. II.
- Obfervations far la Romance de M. Balbaftre*
- 1449. M. Balbaftre, un des plus célébrés Organiftes de Paris, s’eft prêté à tout ce dont on l’a prié à cet égard ; non-feulement il s’eft donné la peine de noter luhmême fa piece fur le papier, telle qu’on la voit gravée 5 mais il l’a exécutée à plufieurs reprifes , 8c fon exécution a été fuivie avec une montre à fécondés à la main ; c’eft pourquoi on eft en état d’aflurer que fa piece entière ne doit pas excéder la durée de ï 6$ fécond es; & qu’ayant été revue par lui-même, elle eft dans fon vrai genre d’exécution.
- Cependant, Comme les Muficiens n’ont jamais eu de principes tonotechni-
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- Observations fur la Romance de M. Balbaftre. 621
- ques pour l'appréciation du détail des effets, fur-tout des filences d'articulation , dont on a parlé dans la SeéHon II ; & que fi on leur donnoit cette piece Amplement détaillée fuivant ces principes, ils pourroient trouver à redire à ces détails, parce qu'ils n'auroient pas l'habitude de les concevoir ; *
- on a cru devoir la détailler en toutes notes, fuivant leur méthode ordinaire* afin qu'ils puiflent en faire la comparaifon avec le détait : c'eft ce qu'on verra dans la Planche Iip. Planche
- ies portées première, quatrième, fèptieme, dixième & treizième de la II?' Mufique , font le détail des agréments de cette Romance en toutes notes , comme les Muficiens le feroient eux-mêmes, s'ils le faifoient fuivant les principes ordinaires : dans ce détail, on n’a eu aucun égard ni aux Jilences $ articulation, ni à l'inégalité des croches , & mêmes des noires ; mais feulement à ce que chaque note produiroit, fi elle étoit employée fans aucun Jilence à fa fuite , parce que, jufqu’à préfent, on n'a pas encore préfumé que la Mufique dût être compofée d'autant de filences qu'il y a de notes ,
- & même de parties de notes : on n’a même fait aucune difficulté d’employer des quadruple-croches pour le détail des cadences, à caufè de la per-fuation où l'on eft, que chaque module ou articulation de cadence eft au moins d’une quadruple-croche, parce que , pour leur exécution, on emploie toute la célérité poflible.
- Afturément fi cette Romance étoit notée fur un cylindre, ou même exécutée de cette façon, par un Muficien , fur quelque inftrumcnt que ce fût, elle ne leroit pas fupportable, & elle révolteroit tous ceux qui l'entendroient.
- Le défaut de jilence d'articulation ne laifTeroic aucun détaché entre les notes, ce qui les confondroit toutes au point de ne faire qu'un bourdonnement confus : les quadruple-croches pour les cadences deviendraient fi précipitées, quelles ne feroient qu’une efpece de gréfiliement révoltant, au lieu d'une modulation' flateufe & agréable ; car enfin, s’il fallait des quadruple-croches pour cadencer une ronde, & que cette ronde fût entière & fans aucun [ilence , il faudroit que cette ronde fût divifée en 64 , puifque 64 quadruple-croches font égales à une ronde ; je ne penfe pas qu’on puiffe jamais exécuter avec une telle rapidité, dans un mouvement du genre de celui de cette Romance.
- Il eft inutile de s'étendre ici à démontrer cette impoflibilité ; il fuffit de l'avoir fait preflèntir, pour convaincre tous ceux qui s’intérelTent à la Mufique , que la maniéré ordinaire de la noter eft non-feulement très-défeélueufe , mais même qu'il n'exifte aucun figne pour exprimer , fans équivoque , le détail des effets qui réfulcent de l'exécution phyfique de cet Art enchanteur, & que ce défaut eft néceflàirement une entrave des plus confidérables à fa perfeétion.
- On n’eft entré dans ces détails, comme on le remarque dans les première ,
- * quatrième, feptieme , dixième & treizième portées de cette Planche , ainfi
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- 422 FACTEUR D’ORGUES, IV. R an. Chap. IV.
- que les Muficiens les noteroient eux-mêmes, s ils les faifoienc fans la con-noifiance de la Tonotechnie , que pour faire preffentir l’exaélitude avec* laquelle il faut qu’une piece foit étudiée pour la noter fur le cylindre qui doit être le réfultat, non d’un canne vas défeélueux, tels que font tous les papiers notés en mufique, mais de l’exécution phyfique du Muficien même; peut-être que cette opération , dont le défaut s’appercevra aifément d’après ces obfervations, pourra engager les Muficiens à faire les réflexions les plus sntéreffantes pour leur Art.
- iq.yo. Les vices de cette première opération fe trouveront reélifiés dans les portées fuiyantes, où tous les détails des effets & des Jilenccs d’articu-dation feront exprimés avec des caraéleres {impies & intelligibles dont on va donner l’explication détaillée, comme on a fait pour la Barcelonnette.' Toutes les portées de Mufique liées enfemble font cette même Romance avec fà Baffe , préparée comme elle doit être notée fur le cylindre en queftion ; on y remarque au-deffus de chaque note, des caraéleres qui indiquent leur détail, & au-deffous il y a des chiffres qui indiquent ceux du cadran fur lequel il faut la noter. Les chiffres qui font au-deffus n’indiquent que les mefures.
- 14I r# On appercevra aifément qtie la quantité des modules de cadence y indiqués par ces caraéleres, différé en nombre du détail en toute note qu’on a cru devoir faire dans la première opération , parce que dans cette derniere , on a eu égard aux Jilenccs néceffnres à Y articulation : cette différence , bien appréciée par les Muficiens, 11e peut que leur donner de nouvelles lumières 8c étendre leurs connoillânces. '
- Rien ne fera fi aifé que d’apprécier au jufle ces détails avec le cadran de 12, qui doit fervir à noter cette piece, dont 9 divifions entières doivent faire la valeur de toutes les noires, qu’on pourroit appeller régulières , 8c qui font exactement le quart d’une mefure, ou la moitié d’une blanche; je dis noires régulières', pour faire. fentir que dans l’exécution, il s’en rencontre quelquefois de plus longues & quelquefois de plus courtes, comme dans les croches inégales ; en en trouvera plufieurs exemples dans cette Romance ; on y fera obferver des noires qui valent les deux tiers d’une blan-che, d’autres qui ne valent qu’un tiers, 8c des croches dont toutes les premières valent 2 tiers de noire, & les fécondés un tiers feulement.
- La dénomination de première 8c fécondé peut convenir également aux noires inégales, comme aux croches, en ce que cette inégalité n’a jamais lieu que fur des noires qui occupent la valeur d’une blanche, comme fur les croches qui occupent la valeur d’une noire.
- En fuppofant donc qu’une noire , que j’appelle régulière , foit divifée en 9 parties égales par le cadran de 12 ; à toutes celles qui feront cadencées, 8c dont la tenue ne doit laiffer après elles qu’un filence de détaché, on pourra
- ' appliquer
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- Obfervations far la Romance de M. Balbafiré. 62%
- appliquer 8 modules de cadence ; en ce que chacun de ces modules étant toujours exprimé, comme on Ta dit, dans le commencement de chaque di-vifion, il ne faut que 7 divifions entières pour les placer toutes ; il refte-roit par conféquent encore 2 divifions de Jïlence à la fin, ce qui équivaut à peu-près à la durée d’une fécondé croche irrégulière, qui ne vaut qu’un tiers d’une noire.
- On doit fentir que fi l’on vouloit avoir exaétement ce filence de la valeur d’une fécondé croche irrégulière, il feroit aifé de fe le procurer, en retranchant quelque choie à chaque divifion, de façon à mettre les 8 modules de cadences dans l’efpace de 6 divifions entières : cette opération eft fi aifée dans la pratique, qu’elle n’a pas befoin d’une obfervation plus étendue.
- 14^2. On peut aifément conclure de ces 9 divifions pour chaque noire,' dont chacune vaut un module de cadence, que les quadruple-croches ne font point exécutables dans une piece de ce degré de mouvement, Sc qu’elles ne pourroient avoir lieu que dans des mouvements d’une lenteur exceffive.
- Une noire ne vaut que 8 triple-croches, à 9 divifions par noire y c’eft donc un peu moins qu’une triple-croche qui fera la valeur de chaque module; ils feront affurément affez ferrés dans l’exécution.
- 1453* Cette Romance étant d’une expreffion gracieufe , elle doit être moins détachée que dans les pièces ordinaires ; c’eft pourquoi les Jilences à la fin de chaque note doivent être moins courts que dans les pièces détachées : cette obfervation eft eflentielle, afin de faire fentir la néceffité de proportionner les Jilences au genre d’expreffion des pièces ; car plus un air eft détaché, moins elle eft affeétueufe , ce qui ne peut avoir lieu qu’en augmentant ces filences, en proportion de la longueur des notes ; c’eft pourquoi on remarquera beaucoup de différence entre les caraéteres appliqués au-deffus des notes de la Barcelonnette, dont on a donné le détail dans la Seétion V, & cette piece : la Barcelonnette étant un air détaché, la plupart des caraéteres font de fimples taclées ; au lieu que la Romance étant plus liée, on y remarquera beaucoup de tenues.
- Quoiqu’il foit aifé de concevoir ces caraéteres en conféquence du détail qu’on a donné à ceux de la Barcelonnette , il eft encore bon de les rappelle* ici, fur-tout pour l’indication des filences.
- 1454. Chaque point au-deflus de la fin de ces caraéteres, indique un filence de la valeur d’une double-croche ; ainfi 2 points vaudront 2 double-croches de Jïlence ; 3 points, 3 double-croches, & ainfi toujours en aug-; mentant pour tous les autres.
- Chaque pointe des caraéteres figurés comme celui-ci w, ou comme cet autre N, vaudra 1 module de cadence ; les pointes d’en-haut indiqueront la note fupérieure de la cadence, & les pointes d’en-bas lignifieront la note d’en-bas.
- O KG vu St IVParu V 7
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- 624 FACTEUR D’ORGUES , IV. Part. Chap.1V.
- i Les chiffres i & 2, qu’on trouvera à côté de plufieurs noires ou de plu-
- fieurs croches, indiqueront r ou 2 tiers ; ce qui voudra dire, pour les noires, 1 ou 2 tiers de blanche; & pour les croches, 1 ou 2 tiers de noire. Le furplus s’entendra aifément d’après le détail qu’on fait ci-après.
- Le cadran de 12 , à p divifions par noire, ne contiendra que 4 chiffres ; on peut en voir la figure en petit au haut de la Planche 119, & à toutes les Planche Planches des fragments de cylindre. Ce cadran eft d’autant plus commode, ll?' que toute la baffe étant une batterie continuelle de tiers de noires, chaque batterie rencontrera un chiffre dans l’ordre naturel, fous la première des trois notes dont elle eft compofée ; & ces chiffres étant pofés de p en 9 dans cet ordre naturel 5 il fera aifé de prendre le tiers de ce nombre pour la valeur de chaque note particulière.
- Il eft bon d’obferver que dans les pièces de Mufique en plufieurs parties, dont on rendra l’exécution par les cylindres, il faut que toutes les parties foient notées avec le même cadran ; c’eft pourquoi on aura attention que les chiffres pofés fous les notes , & qui correfpondent à ceux du cadran, foient placés bien exactement fous toutes ces parties. Il fera toujours plus avantageux & moins embarraflànt de les noter chacune féparément : cela fera d’autant plus aifé dans cette Romance , que la correfpondance des chiffres en eft facile à vérifier.
- §. 111.
- Notage de la Romance en queftion-
- Planches 120 Ôcc.
- 145*y. Les caractères étant placés fur chacune des notes, & les chiffres au-deflous, on mettra le cadran de 12 fous la manivelle, comme iL a été dit pour la Barcelonnette , avec l’attention de placer le chiffre 1 vers le haut.
- Les Planches 120, i2r, 122, 123, 124, r2y, 126, 127 & 128 re-préfentent cette Romance détaillée 5c développée fur des fragments de cylindres avec les notes des deux parties correfpondantes aux pointes. On a fuivi dans ces Planches la même méthode 'que pour les fragments de la Barcelonnette , c’eft-à-dire, que la tenue exacte des notes eft gravée noire, & les Jîlences gravés gris, afin de pouvoir mefurer la valeur totale de chacune des notes qui eft compofée de tenue & de Jîlence, Chaque mefure de la Romance eft terminée par des lignes verticales à égales diftances, au-deflus defquelles on remarquera les chiffres 1, 2, 3, &c, qui indiquent les mefures développées dans chacun de ces efpaces ; & les traits horilontaux, corref-pondants aux touches du clavier, figurent la gamme chromatique : ceux de ces traits horifontaux qui font noirs, indiquent les touches du clavier, ou plutôt les notes qui fervent dans l’exécution de cette Romance, & les ponctuées repréfentent les touches ou notes inutiles ; pour faire fentir
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- Opération du Notage de la Romance de M. Balbaflre. 625 que dans un inftrument borné, ou qu’on pourroic conftruire exprès, & fur lequel on voudroit noter une certaine quantité de pièces, ce feroit multiplier les êtres fans néceffité, que,d’employer la totalité de la progreffion chromatique , parce qu’il fe rencontreroit plufieurs touches du clavier qui ne forviroient jamais ; mais qu’il faut fe borner Amplement aux notes néceffaires pour arranger en conféquence le clavier du cylindre, dont toutes les touches doivent être à égales diftances pour les changements réguliers des airs. Les touches multipliées fans néceffité, augmenteroient immanquablement la longueur des cylindres, ce qui ne feroit qu’embarrafïèr dans des efpaces bornés.
- Il eft encore bon de prévenir qu’il eft inutile d’obferver l'ordre régulier dans la fuite des tuyaux, mais qu’on peut les tranfpofer à l’ordinaire ; alors il eft néceflaire que les foupapes du fommier foient à égales diftances, à caufe de la néceffité d’y faire correfpondre les touches. Une bande de papier peut les indiquer en notant les cylindres ; cette obfervation eft effen-tielle : la tranfpofition de tuyaux hors de leur ordre naturel, n’a lieu que pour des Orgues çonfidérables.
- Comme il eft queftion d’un grand Orgue, fufceptible de tous les modes & de toutes les tranfpofitions poffibles qu’un cylindre de cette étendue peut contenir, on n’a pas cru devoir fe borner, afin de laifîer la liberté d’employer quelque touche que ce foie ; ainfi l’on ne fera pas étonné d’y trouver les gammes chromatiques, pour cette Romance, qu’on ne propofe que pour exemple.
- On doit en conféquence conclure que la gamme chromatique dans les Serinettes ou Turlutaines, qui font des inftruments abfolument bornés, de-viendroit fuperflue , ou ne feroit qu’augmenter la longueur de ces inftruments fans néceffité; & quoiqu’elle ait été propofée pour la Barcelonnette, on ne l’a fait que pour laiffer la liberté de choifir, & non pas comme une chofe néceflaire. Dans cet Ouvrage il ne peut être queftion que de propofer des exemples pour enfeigner le notage.
- Les traits verticaux ponétués, correfpondants des notes des deux parties aux pointes qui doivent les exécuter fur le cylindre, marquent d’un efpace à l’autre, ou la valeur totale de la note, ou la valeur de chaque partie détaillée des effets des notes ; c eft pourquoi on a cru devoir détailler tous ces effets en toutes notes pour mieux les faire concevoir ; ils font cependant mieux indiqués par tous les caraéteres qui font au-deflus, étant comparés avec le produit des chiffres du cadran de 1 % qui font au-deffous, qu’avec ces petites notes, dont la valeur s’accorde difficilement avec le produit des cadrans ; ainfi on n’aura aucun égard à ces petites notes de détail dans l’exécution du notage , mais feulement aux caraéteres qui laiffent toujours la liberté de proportionner ces détails, fuivant le produit exaél des cadrans qu’on emploie dans le notage.
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- i
- Planche
- i ip.
- Planche
- il 20.
- 626 FACTEUR. D'ORGUES , IV. Part. Chap. IF.
- Chacune de ces Planches ne contenant qu’une certaine quantité de mefures de la Romance de M. Balbaftre, nous allons les fuivre l’une après l’autre ; comme les caraéferes au-deffus des notes & les chiffres au-deflous, font les = mêmes que ceux de la Planche 119, cette Planche n’eft que pour réunir toute l’opération , & la mettre en entier fous les yeux du Leéteur : ce n’eft que pour la rendre plus intelligible qu’on s’eft déterminé à la repréfenter par fragments, & c’eft fur ces fragments que nous allons donner les détails.
- Comme les détails qu’on va faire feroient inintelligibles fans l’infpeétion
- des Planches & du cadran, il faudra les avoir continuellement fous les yeux ;
- /
- c’eft pourquoi on trouvera fur toutes ces Planches le cadran de 12, gravé & combiné fuivant le détail, & comme il doit être pour noter un cylindre : la manivelle ou l’aiguille eft cenfée en parcourir les divifions, en tournant de gauche à droite, ce qui donnera les chiffres dans leur ordre naturel , de 9 en 9 divifions.
- Il eft encore bon d’obferver que dans tous ces fragments, on a noté tous agréments en toutes notes, mais reélifiés fuivant les réglés de la Tonotechnie, pour en faire fentir mieux l’effet dans l’exécution ; mais ce détail en toutes notes feroit abfolument fùperflu & inutile dans le notage. Comme cette Romance ne doit fervir que d’exemple, on n’a pas cru devoir épargner ces petits détails , que le Leéteur pourra faifir avec facilité.
- - La Planche 120 contient les y premières mefures : les notes d’en «haut font pour le deffus : elles correfpondent par le moyen des lignes ponétuées à leurs pointes qui font au-deflous, gravées d’un gris pâle, & les notes d’en-bas font pour la balle ; elles correfpondent auffi à leurs pointes qui font au-deffus, gravées d’un gris plus foncé, pour diftinguer celles de la balle d’avec celles du defîus. Les parties parlantes des unes & des autres font abfolument noires, & les parties en filence font grifes.
- Si l’on veut entretenir le cylindre propre, on pourra le recouvrir de papier, ou de deux couches de blanc à la colle, qu’on enlevera après qu’il fera noté, en lavant le cylindre.
- Dans le détail que l’on va faire de la Planche 120, on commencera par le premier deffus ; on fera enfuite celui du fécond deffus ou baffe, Sc ainfi à toutes les autres Planches. \
- Les deux premières notes du premier deffus font deux noires ; la première eft tenue en grande partie, & forme un martellement dans fon commencement ; ce qui eft indiqué fans équivoque par le caraétere au-deffus , qu’on concevra aifément par le moyen des deux petites triple-croches qui la précèdent : au-deflous de cette noire on remarquera le chiffre 1, cor-refpondant à ce chiffre du cadran. Ainfi , en fuppofant que la manivelle, ou l’aiguille qui fert d’alidade, foie arrêtée au chiffre 1 du cadran de 12, on marquera avec la touche de fut le premier module de ce martellement ; on
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- ira à la divifîon immédiatement fuivante, pour marquer fur le Jî le fécond module ; enfuite on ira à la divifîon encore fuivante, pour marquer fur K ut le commencement de la tenue finale de ce martellement, qu’on ira finir au chiffre 3 du cadran , & il reftera un filence depuis 3 jufqu’à 2 , qui vaudra une fécondé croche , ou deux doubles fécondés croches , ou fi for» veut, un tiers de noire , que les deux points au-defliis du caraétere indiquent.
- Cette première noire étant notée , on ira au chiffre 2 9 ainfi quil eft indiqué fous la fécondé noire , & là on marquera avec la touche de Y ut y le commencement d’une efpece de taclêe un peu tenue, qu’on prolongera jusqu’au chiffre i ; le refte de cette noire reftera en filence jufqu’au chiffre 3, où commencera la première note de la première mefure.
- Cette première note de la première mefure eft une noire fur le fa , martelée avec le mi ; on marquera le premier module fur le fa au chiffre 3 , le fécond fur le mi à la divifîon fuivante, le commencement de la tenue à la divifîon enfuite fur 1 q fa 9 qu’on ira finir au chiffre i, 8c le filence fera depuis r jufqu’à 4.
- La fécondé eft une noire taclee aufll fur le fa\ elle eft comme la précédente ; là tenue qui commence au chiffre 4, finit au chiffre 3 , & fon filence eft depuis 3 jufqu’à i„
- La troifieme eft une noire tenue fur le mi ; elle commence au chiffre r > '8c finit au chiffre 2 ; fon filence eft depuis 2 jufqu’à 1 , pour aller commencer la quatrième noire taclee au chiffre 1 : comme c’eft une fîmple taclee de'tachée , le filence fera depuis ce chiffre jufqu’au chiffre 3 , où commence la première note de la fécondé mefure.
- On peut remarquer une différence dans l’exécution de ces deux dernieres noires, comparées avec celles qui les précèdent, en ce que la première de ces deux noires eft d’un tiers plus longue, compris là tenue & fon filence , & que la fécondé eft d’un tiers plus courte ; au lieu que dans les précédentes , elles font toutes égales en durée : c’eft l’expreflîon particulière qu’on peut donner à ces deux noires dans le genre gracieux : cette différence eft marquée avec deux petits chiffres pofés à côté de ces notes ; le chiffre 2, mis auprès de la première 9 fignifie quelle vaut deux tiers de blanche, & le chiffre I, à côté de la fécondé , indique un tiers de blanche 5 par confisquent ces deux noires réunies font la valeur totale d’une blanche ; ce qui n’interrompt ni la mefure ni la marche de la piece 5 dont l’accompagnemenc eft tout entier par tiers de noire : ce genre d’agrément eft très-fréquent dans l’exécution ; il feroit à defirer qu’on adoptât ce moyen de l’indiquer fans équivoque dans tous les papiers notés.
- On trouvera encore de ces chiffres à côté d’autres noires, ce fera pour Orgues• IV• Part, X 7
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- 628 FA CTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap. IV.
- .. „ la même raifon : fi Ton chante cette piece, on fentira que dans bien des
- Planche endroits, cette expreffion doit avoir lieu.
- I2°* 11 s’en trouvera également à côté des croches ; ainfi le chiffre- 2 indiquera
- les deux tiers de noire, & le chiffre 1 l’autre tiers.
- La première note de la féconde mefure eft une blanche fur le la , martelée avec le Jl ; on pourroit aufli la marteler avec le fol die^e ; on choifira , elle feroit également un bon effet : cependant elle eft ici indiquée par le caraélere martelé avec le fi ; elle commence au chiffre 3, où finit le filence de la derniere des deux noires, immédiatement précédentes ; à ce chiffre 3 , on marquera le premier module fur le la, le fécond module à la divifion fuivante fur le fi> &c le commencement de la tenue à la divifion encore fuivante fur le la ; on ira la finir au chiffre 3, afin d’avoir un filence depuis 3 jufqu’à 1, où commence la note fuivante : ce filence étant de reprife d'haleine, doit être au moins de cette valeur, c’eft-à-dire, de 2 tiers de noire indiqués par les 4 points au-deffus , qui fignifient 4 fécondés double-croches.
- * ^,La fécondé note de cette mefure eft une première croche fur Y ut ; le chiffre, à côté de cette note, indique quelle vaut 2 tiers de noire ; elle eft tenue ; elle commence au chiffré r , & finit à la divifion après le chiffre
- * y
- 4, afin que ne reliant qu’environ 2 divifions en filence, elle foit plus liée avec fa fuivante, qui eft une féconde croche du tiers d’une noire ; cette fécondé croche eft une fimple tardée fur le fi, qu’on marquera fur le chiffre 3 ; & depuis 3 jufqu’à 2, ce fera le filence.
- La quatrième note eft une première croche fur le là , cadencée de 4 modules avec le fi ; elle eft encore de 2 tiers de noire, ainfi que le chiffre à côté l’indique ; le premier module fe marque fur le fi au chiffre 2 , le^ fécond fur le la à la divifion fuivante le troifieme fur le fi à la divifion fuivante, & le quatrième 6c dernier au chiffre 1 : comme toutes les fins des cadences doivent faire une tenue quelconque, pour marquer la note naturelle, & la faire diftinguer de la note empruntée ; la tenue de ce dernier module fera prolongée depuis 1 jufqu’au milieu de l’efpace qui eft entre 1 & 4 ; le furplus jufqu’à 4 fera le filence de détaché ; & fur ce chiffre 4 on marquera fur le fol la croche taclée qui fuit immédiatement, laquelle n’eft qu’un tiers de noire, & fon filence fera depuis 4 jufqu’à 3.
- La première note de la troifieme mefure eft une noire tenue de la moitié de fà valeur fur Y ut ; elle commence au chiffre 3 , & finit à la moitié de l’efpace entre 2 & 1, & fon filence continue jufqu’au chiffre 4.
- La fécondé note eft une première croche fur le fi, cadencée de 4 modules avec Yut ; elle vaut 2 tiers de noire : on marquera le premier module fur Yut au chiffre 4 , le fécond fur le fia la divifion fuivante , le troifieme fur Y ut à la divifion fuivante, & le quatrième fur le fi au chiffre 3 , dont
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- Opération du Notage de la Romance de M. Balbaftre. 629
- la tenue finira au milieu de Tefpace entre 3 & 2, & fon Jîlence de détaché -finira à 2 , ou Ton marquera fur Yut la croche fuivante qui eft taBée, 8c ne vaut qu’un tiers de noire, dont le Jilence ira finir au chiffre r.
- La quatrième note efl: noire , faifànt un port-de-voix, ainfi qu'il efl indiqué par le caraélere au-deffus ; elle efl fur le re, cadencée avec Y ut : tout port-de-voix commence toujours par une tenue, comme on la voit marquée par ce caraélere ; elle commence fur Yut au chiffre r , & finit au chiffre 4 ; on marque enfuite un module de cadence fur le re à la divifion fuivante ; un fécond module fur Y ut à la divifion aufîi fuivante , & le troifieme & dernier module fur le re au chiffre 3, dont la tenue finit à la divifion fuivante ; fon Jilence efl depuis cette divifion jufqu’au chiffre 2, où commence la noire qui fuit, qui n'eft qu'une fimple taclée fur le fol 9 dont le filence efl depuis 2 jufqu à 3 , où commence la quatrième mefure.
- La première note de cette quatrième mefure efl une noire fur le mi, cadencée avec le fa de 8 modules. Le premier module fe marque fur le fa au chiffre 3 , le fécond fur 1 o.mi à la divifion fuivante , le troifieme fur le fa à la divifion fuivante , le quatrième fur le mi au chiffre 2 , le cinquième fur le fa à la divifion fuivante, le fixieme fur le] mi à la divifion fuivante, le feptieme fur le fa au chiffre 1, 8c le huitième & dernier fur le mi à la divifion fuivante ; depuis là jufqu’au chiffre 4, il y aura un filence de 2 dmfions.
- Au chiffre 4 on marquera la note enfuite, qui efl une noire taclée Jim* pie fur le re ; & depuis 4 jufqu'au chiffre 1, ce fera un filence.
- Au chiffre 1 on marquera la noire enfuite fur Yut 9 martelée avec le fi : pour cette note & pour celle qui la fuit, c’eft exactement la même chofe que pour les deux premières notes de cette Romance.
- Voilà tout le deffùs de cette Planche 120 détaillé : voyons actuelle-* ment la baffe de cette même Planche ; toutes les notes de cette baffe font toutes' des tiers de noires taclées fimples. ' - •
- La première efl un ut fur le chiffre 1, dont le filence efl depuis 1 juf-qu’à 4 : à ce chiffre on marque la fécondé fiir le mi ; fon filence fera jufqu'au chiffre 3 , où l’on marquera la troifieme fur le fol, avec un filence égal, étant toutes taclées, ainfi que toutes celles qui les fuivent.
- Au chiffre 2 on marquera la quatrième fur Y ut ; au chiffre 1 la cinquième fur le mi f & la fixieme au chiffre 4 , avec de femblables filences.
- Il feroit inutile de détailler les autres, parce que c’eft toujours la même marche ; étant toutes égales, il n’eft pas poflible de fe tromper.
- On a cru le détail de cette Planche néceflaire pour concevoir celui des autres qui s entendront aifément, parle moyen des caraéleres & des chiffres ; ceft pourquoi on ne fera que les parcourir, pour ne s'arrêter qu’aux endroits difficiles.
- Planche
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- 63o FACTEUR D’ORGUES ; IV. Part. Chap.1V.
- * Quoique Ton ait fuivi pour le détail de ces quatre mefures , la Planche ï20 par préférence à la Planche 119, qui contient cette Romance <en entier , on na eu delïein que de mieux faire concevoir le produit du notage furie cylindre, attendu que cette Planche 120 repréfentant un fragment du cylindre, on peut à chaque opération voir la correfpondance de notes avec les pointes, Sc fe convaincre que fi Ton note jufte, l'exécution de la pièce, par le cylindre, doit être dë la plus grande précifion : c’eft auffi le meilleur moyen de fe convaincre une bonne fois de la bonté des principes de Mufique qu’on a établis dans la fécondé Seélion, Sc depuis qu’il eft queftion du notage ; en fuivant ces principes , on répandra dans tous les papiers notés en Mufique , qu’on pourrok appeller des cannevas informes, le plus grand jour pour Texpreffion Sc la bonne exécution ; mais cette opération de tracer fur le papier des fragments de cylindre, pour fe convaincre d’avance de l’effet de l’exécution, eft abfolument fuperflue Sc inutile à ceux qui veulent noter des cylindres ; il leur fuffira que leurs pièces foient bien notées fur le papier, Sc que les effets foient bien étudiés Sc indiqués par des caraéferes convenables , tels que ceux qu’on voit au-deffus des notes dans toutes les Planches de Mufique contenues dans cet Ouvrage, La Planche 12,1 repréfente 8 mefures depuis Sc y compris la cinquième juf*, qu’à la douzième inclufivement ; la cinquième mefure eft fans difficulté ; comme il n’en eft aucune pour la baffe > parce que toutes les notes font des tiers de noires tacleés , dans les détails qu’on va donner, il ne fera queftion que du premier deffus»
- A la fixieme, aux chiffres I & 2 , ce font des tiers de croche liés de 3 en 3; La première commence au chiffre 1 ; fà tenue eft depuis 1 jufqu’au milieu entre 1 Sc 4; la fécondé commence à 4, & fa tenue eft depuis 4 jufqu’au milieu entre 4 Sc 3, & la troifieme fe marque fur le chiffre 3 ; comme elle n’eft qu’une taclée, elle laifle un jilence depuis 3 jufqu’à 2 , où commence la quatrième, Sc ainfi de toutes les autres, en faifant toujours une taclée de la troifieme.
- A la feptieme mefure la derniere note eft une blanche tenue & cadencée, ou pour mieux dire , c’eft une cadence précédée d’une tenue : cette cadence eft de 8 modules , compris & cette tenue qui fait le premier ; elle commence fur le mi au chiffre 1 ; & cette tenue qui précédé eft le tiers de la blanche , elle remplit i’efpace depuis 1 jufqu’à 3 ; le module qui fuit la tenue fe marque fur le re à la divifion après 3 , le troifieme module fur le mi à la divifion fuivante, le quatrième au chiffre 2, le cinquième à la divifion fui-vante, le fixieme à la divifion fuivante, le feptieme au chiffre 1 Sc le hui-tieme à la divifion après 1 ; ce dernier forme une petite tenue jufqu’à 4,
- Sc le fdence de cette blanche eft depuis 4 jufqu’à 3 , où commence la note enfuite.
- 1
- La
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- Opération du Notage de la Romance de M. Balbaflre. 6j i
- La huitième mefure eft fans difficulté.
- A la neuvième mefure, au chiffre 4, eft un tiers de noire cadencée de 3 modules fur le la ; au chiffre 4 on marque le premier module fur le la ; le fécond module fur le fol à la divifion fuivante, le troifieme module fur le la à la divifion enfuite, & le tiers de noire fur le fol qui fuit cette petite cadence entre la divifion 3 & là fuivante ; cette note eft taclée, ainfi que le fa qui eft immédiatement après, qu’on marque au chiffre 2.
- Les dixième, onzième & douzième mefures font fans difficulté.
- La Planche 122 repréfente encore 8 mefures, depuis & y compris la treizième mefure, jufqu’à la vingtième inclufivement ; les treizième, quatorzième 8c quinzième mefures font fins difficulté*
- La feizieme commence par une blanche qui eft un port*de-voix fur le la cadencé avec le fol die^e ; Ion commencement eft au chiffre 3, où Ton marque, fur le fol die^ê, une tenue qui va finir à la divifion après 1 ; le fécond module fe marque fur le la à la divifion enfuite, le troifieme module fur le fol die^e au chiffre 4, & le quatrième 8c dernier module fur le la à la divifion fuivante , dont la tenue va finir au chiffre 3, & le filence de cette blanche eft depuis 3 jufqu’à 1, où commence la note qui fuit.
- Les dix-feptieme 8c dix-huitieme mefures font fans difficulté.
- La dix-neuvieme & vingtième mefures font compofées de deux rondes liées,’ cadencées en entier fur le fol avec le la.
- On peut faire cette cadence de deux façons ; la première, & fûrement la plus agréable, eft de la cadencer d’abord lentement, en augmentant infen-fiblement de vîtefïe au moins pendant la durée de la première blanche; la fécondé en la cadençant auffi vite au commencement quà la fin : de quelque façon qu’on la faffe , on obfervera à la fin un filence de la valeur de 2 tiers de noire, après la petite tenue qui doit la terminer : comme il n’y a point de difficulté pour la fécondé maniéré, je ne détaillerai que la première , afin de donner une idée de ces cadences préparées.
- Elle commence au chiffre 3 ; fon premier module fera fur le la, du tiers d’une blanche , c’eft-à-dire, qu’on fera une tenue depuis 3 jufqu’à la divifion qui précédé le chiffre 1 ; le fécond module fur le fol fera d’une croche ; il commencera au chiffre r, 8c ira finir entre 4 & la divifion fuivante ; le troifieme module fera d’un tiers de noire fur le la ; il commencera à la moitié avant la divifion qui précédé le chiffre 3 , & ira finir entre 3 & la divifion fuivante ; le quatrième module fur le fol commencera entre 3’ 3c 2, & finira à 2 ; le cinquième module fur le la, commencera à la divifion fuivante, & finira entre la divifion qui précédé le chiffre 1 ; le fixieme module fur le fol commencera entre le chiffre 1 8c la divifion qu’il précédé ; & finira à la divifion avant le chiffre 4 ; le feptieme commencera fur le la au chiffre 4 , & finira à la divifion fuivante ; tous les autres iront de
- Planche
- x % 1.
- Planche
- 122
- Orgues, IV* Paru
- Y 2
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- (T- ,
- 632 FACTEUR D'ORGUES, IV. Part. Chap. IK
- divifion en divifion jufqu’à la fin de la cadence , c eft-à-dire, jufqu’à la
- Planche petite tenue qui doit précéder le (ilence final.
- 122% ______________________________________________
- Le détail d’augmentation graduée de vîteffe que je viens de faire, finit
- au chiffre 4, &; fait exaélement la valeur d’une blanche entière ; il relie par conféquent encore la valeur de 3 blanches à cadencer, après la derniere defquelles il faut, comme je l’ai dit, un Jilence de la valeuf de 2 tiers de noire : chaque blanche vaut 18 divifions du cadran de 12, dont chacune équivaut à un module de cadence ; les 3 réunies feroienc 54 modules, dont à déduire premièrement 6 divifions pour le Jilence final de la cadence , & fix autres divifions pour la tenue qui doit la terminer & fervir de dernier mo~. dule, ce qui feroit 12, il refteroit encore 42 modules à marquer de divifion en divifion pour finir la cadence : cette opération eft fi aifée, qu’il eft inutile de la détailler*
- En notant ainfi cette cadence , elle fera dans le genre le plus ordinaire de M. Balbafire ;\car il arrive quelquefois qu’il prolonge un peu plus cette augmentation graduée de vîteffe , & d’autres fois qu’il la diminue : le détail que j’ai fait ici de cette augmentation pendant la durée totale d’une blanche, fuffira pour indiquer le moyen de la faire pendant la durée de y croches, de 3 noires, de 7 croches , & même d’une ronde fi l’on veut, l’un n’étant pas plus difficile que l’autre: l’important dans le notagey eft de faifir autant qu’on peut le vrai genre de l’Auteur. y w-—— La Planche 123 contient depuis & y compris la vingt-unieme mefure kH Planche clufivement jufqu’à la vingt-huitieme, aufli inclufivement.
- ^12 ^ y
- Le commencement de la vingt-unieme mefure eft un agrément qui ter-, mine la cadence qu’on vient de détailler : cet agrément eft d’abord com-pofé de 3 tiers de noire, & eft terminé par 7 triple-croches , ainfi qu’on le voit noté en toutes notes.
- Ces 3 tiers de noires commencent après le Jilence de la cadence au chiffre 3 ; la première note eft un fol à demi-tenu , la féconde eft un la a demies tenu, & la troifietne un fi taclé ; cette opération eft comme les autres du même genre.
- Toutes les triples-croches font autant des petites taBées> & elles s’exécutent avec des pointes de cadences, parce qu’elles en ont la même rapidité ; la première eft un ut fur lé chiffre 4, la fécondé eft un fi fur la divifion fuivante , la troifieme eft un la fur la divifion d’après, la quatrième eft un fol fur le chiffre 3 , la cinquième eft un fia fur la divifion fuivante, la fixieme eft un mi fur la divifion qui fuit, & la feptieme eft un re fur le chiffre 2 , & depuis 2 jufqu’à 1, c’eft un filence après lequel commence la noire fur 19ut.
- Toutes les autres mefures de cette Planche ne préfentent aucune difficulté.
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- Opération du Nouage de la Romance de M. Balbaftre. 633
- La Planche 124 contient depuis & y compris la vingt-neuvieme mefure juf- i qu’à la trente-fixieme inclufîvement ; la vingt-neuvieme & trentième mefures ne fouffrent aucune difficulté.
- Le mode change du majeur au mineur au milieu de la trente-unieme mefure, & toute cette partie eft très-intelligible d’après les détails que nous avons donnés ci-deffus ; cependant, comme on trouve dans cette mineure beaucoup de cadences flattées, il eft bon d’en détailler une pour faire concevoir toutes les autres.
- Le premier exemple eft la fécondé note du mode mineur , ou la troi-fieme de la trente-unieme mefiire au-deflus du chiffre 2 ; cette note eft un fol cadencé avec le la b-mol, & flattée avec y fa.
- On marquera le premier module fur le la b-mol au chiffre 2, le fécond fur le fol à la divifion enfuite , le troifieme £ur le la b-mol à la divifion d’après , le quatrième fur le fol au chiffre 1, le cinquième fur le la b-mol à la divifion enfuite, le fixieme fur le fol à la divifion fuivante, le flatté ou feptieme module fur le fa au chiffre 4, & le huitième fur le fol à la divifion enfuite ; & de-là jufqu’au chiffre 3 , ce fera un flence, & ainfi de toutes les autres cadences flattées.
- La Planche I2y contient depuis & y compris la trente-feptieme mefure jufqu’à la quarante-quatrieme inclufîvement.
- Toute cette Planche ne préfente aucune difficulté.
- La Planche 126 contient depuis & y compris la quarante-quatrieme mefiire jufqu’à la cinquante-deuxieme inclufîvement ; elle eft fans difficulté.
- La Planche 127 contient depuis & y compris la cinquante-troifieme mefure jufqu’à la foixantieme inclufîvement ; elle eft fans difficulté.
- La Planche 128 contient depuis & y compris la foixante-unieme jufqu’à la foixante-feptieme & derniere inclufîvement.
- Cette Planche ne contient aucune difficulté, fînon qu’on peut remarquer que la cadence finale eft prolongée de la valeur d’une noire, & qu’en con-féquence la blanche qui termine eft reculée de la même valeur : de même ; à la baffe, la noire qui répond à la cadence finale, eft auffi prolongée fui-vant cette cadence , & les blanches correfpondantes font reculées à proportion., Comme c’eft la fin de l’air, on peut ufer de cette licence, à moins qu’on ne veuille le faire répéter ; ce qui ne pourroit avoir lieu que dans le cas ou la pièce feroit exaélement tout le tour du cylindre , afin qu’elle pût recommencer fans interruption.
- Toute la Romance ainfi marquée fur le cylindre, il n’eft plus queftion que de la piquer & d’y mettre les pointes : l’opération étant la même que pour la Barcelonnette, il eft inutile de la répéter ici.
- Il eft aifé de concevoir que fi, fur un tour de ce cylindre, on peut mettre une pièce auffi étendue, on-pourra y en noter plufieurs petites ^ comme
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- Planche
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- Planche
- 12;,
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- Planche
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- Planche
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- Planche
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- «34 FACTEUR D'ORGUES, 7F. Fart. Chap. V. ~~
- pour les verfets de l'Office &c ; & qu’en conféquence, on rempliroit plu-, fleurs Offices avec un cylindre auffi confidérable.
- C’eft en fuivant des principes auffi aifés dans'la pratique, qu’on peut tirer de la Tonotechnie le plus grand avantage pour plufleurs autres inventions: tout ignoré qu’ait été l’Art de noter les Cylindres jufqu’à préfent, le petit nombre d’Artiftes qui en ont eu quelques connoifîànces, ont déjà enrichi les Cabinets de produ&ions auffi agréables que furprenantes pour ceux qui n’en lavent pas les procédés : on a vu fortir de leurs atteliers des Automates, des Oifeaux, & même des Concerts méchaniques qui faifoient iilufion ; les pendules & les meubles les plus recherchés tirent même encore aéluellement leur principal mérite de quelques cylindres adaptés Sc notés avec art : que ne feront donc pas par la fuite les productions de ces génies créateurs, quand ils ne feront plus arrêtés par l’ignorance du notage , dont la pratique eft II aifée y qu’il fuffit d’avoir noté un feul air fur une Serinette, pour n’être plus arrêté par des difficultés plus apparentes que réelles.
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Organisation d’un Piano-forte, imaginée SC exécutée à Paris par M. Lepine, Facleur d’Orgues du Roi.
- 14$6. Le Piano-forte eft un inftrument à corde, qui a de la reflemblance avec le Clavecin. La différence confifte, en ce que dans celui-ci, on fait réfonner les cordes en les pinçant avec des plumes, Sc dans l’autre, parla percuffion de certains marteaux fur les cordes. Il s’enfuit de-là que le Piano-forté eft fufceptible de diminuer le fon ou de le renfler, félon que l’on touche plus ou moins légèrement. Le fon augmenté d’autant plus que les marteaux frappent les cordes plus fortement, & à mefure il diminue autant que les marteaux frappent plus légèrement. C’eft ce qui fait nommer cet inftrument, Piano-forté\ c’eft un terme Italien, qui lignifie doux & fort. Comme il^ n’eft pas connu de tout le monde , j’en donnerai une courte defcription pour en faire concevoir une idée.
- Ï457- Ea figure 1, de la Planche 130, repréfente, en plan géométral, le Piano-forte. ABC D, eft la caille en quarré long de l’inftrument. FG, eft fon clavier. L’autre clavier EC> appartient à l’Orgue qui y eft joint.
- 1458. L’on voit d’abord les cordes tendues comme celles d’un Clavecin. a b, eft une barre de bois, qui contient une rangée de marteaux , dont la tête eft de cuir de buffle ; leur fonétion eft d’arrêter ou couper le fon, lorfl-qu’on l%juge à propos. La figure 2 repréfènte, en perfpeétive, cette machine. a b eft la barre , qui recouvre celle c d. Celle-ci porte des entailles avec de petites chevilles, ou pointes de fil de laiton, pour recevoir
- les
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- Organifadon d’un Piano-forcé , ôCc; 635
- les manches des marteaux e. La figure 3, repréfènte féparément le manche d un de ces marteaux ; & fi eft fà tête féparée. On voit à la coupe géométrale , fig. 4 > toute la méchanique defiinée à faire réfonner les cordes, a eft la même barre repréfentée par a b, fig. 2. fc9fig. 4 , eft le marteau pour couper le fbn. gf eft une partie d’une corde de l’inftrument. h A eft le vrai marteau qui frappe au-deflous de la corde, lorfqu’on baiflé la tou- J
- che l o. La piece m eft adhérente fur le bout poftérieur de la touche; elle porte fur fon bout fupérieur, un enfourchement, dans lequel eft retenu librement l’axe du manche du marteau h A : lorfqu’au moyen de la touche lo y on. fait rehauflér la piece m 9 la queue k appuyant contre le deflous de la barre cn9 le marteau h fe reîeve, & va frapper le deffous de la corde f g. Dans ce même inftant, le marteau ef fe reieve aufîi, au moyen du pilotin c o. Par cette méchanique , on tire du fon des cordes : ce Ion eft coupé auffi-tôt qu’on leve le doigt de deflus la touche. Lorfqu’on veut jouer l’in£ trument fans couper les Ions, pour imiter le Timpanon , &c. on trouve un regiftre en g 3 fig. x, au moyen duquel on éleve tous les marteaux de cuir de buffle, qui ne touchent plus les cordes. df9 fig. 4, eft la même piece que df9 fig. 1. C’eftren d 9 fig. 4, qu’eft collée la longue bande dentelée d’étoffe de foie, pour enfourdir les cordes. Lon y voit comment le marteau AA va frapper contre cette étoffe au-deflous des cordes 9 lorfque le regiftre eft difpofé à cet effet, foit par le genou en $9 fig. 1, foit par la main en f. Lorfqu’on pouffe en enhaut le regiftre S 9 fig. 1 , on fait mouvoir la bafcule S H9 qui fait tourner un peu le mouvement H d; Sc par ce moyen , on pouffe la longue piece d f dans la direélion de fou-yerture d ; alors, cette longue piece avance un peu de droite à gauche,
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- La figure y repréfente féparément, ëc de grandeur naturelle, un de ces marteaux, avec l’enfourche ment qui le porte, a d A eft le marteau, dont a .eft la tête , formée par une rondelle de carton collée dans une échancrure faite dans le bois, d eft un fil de laiton , fiché quarrément, & à force, dans le manche, & à vis dans la tête a. L’axe du marteau eft C. On colle au bout, un petit morceau de peau en b , pour empêcher le cliquetis., f9 eft la tête du marteau , avec là rondelle de carton, & le petit trou dans lequel on vifle le fl de laiton, g 9 eft le fupport avec Ion enfourchement, dans lequel on voit une coupe / du manche du marteau. A eft la pointe du fil de laiton, par laquelle on fixe cet enfourchement au bout de la touche, h eft le même fupport vu de côté, & en perfpeélive ; i eft la même pointe pour arrêter ce fupport fur le bout poftérieur de la touche. Il faut remarquer que l’on garnit en peau plufieurs endroits, comme py q9 fig• 4, afin que les chûtes des marteaux ne lé faflént pas entendre, %
- J459, La figure 1 de la Planche j.31,, repréfenre en perfpeélive , l’inf-Orgues, IF, Pan. ’ Z 7
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- 636 FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap.V. crûment avec l’Orgue tout monté, Sc vu par-devant. AB CD, eft le forte-Planche piano, avec fon clavier CD : EF eft le clavier de l’Orgue. QO font les * * pilotes , qui, par leur bout fopérieur, foutiennent les touches du clavier EF, Sc appuient, par leur bout inférieur, fur les bafcules horizontales. Celles-ci font ouvrir les foupapes du fommier par leur bout pofterieur, comme on le verra mieux en une autre figure. G font trois regiftres pour ouvrir ou fermer les Jeux. Il y en a deux autres au-deflous du clavier EF, en RS, qui font à reffort. On les pouffe en en-haut avec les genoux.' Lorfqu’on pouffe celui R, on éleve , au moyen de la bafcule brifée RB, la rangée des marteaux de cuir de buffle a b, qui reftent ainfi élevés pendant tout le temps que le genou le tient en haut ; Sc lorfqu on baiflè le genou, ils fo remettent comme auparavant. L’autre regiftre S eft pour faire avancer de droite à gauche, la longue piece ef , PL 130 > fié* 4> ^ long de laquelle eft attachée une étoffe de foie ( au-deflous des cordes ), taillée en façon de foie ou de marches d’efoalier , dont chacune fo place précifément au-deflus de l’endroit contre lequel les marteaux de deffous frap^ pent les cordes ; les marteaux alors frappent contre l’étoffe fans toucher im-? médîatement les cordes , & tirent un fon beaucoup plus fourd , mais cependant agréable. Lorfqu’on baille le genou, la longue piece df fo remet en place, Sc les marteaux frappent à nud contre les cordes comme au-* paravant.
- 1460. P, PL t$T9 défigne une porte fort étroite, & de toute la hau-î teur de l’Orgue. On l’ouvre ou on la ferme, pour faire entendre plus ou moins fort les baffes des Jeux , félon l’effet que l’on veut obtenir. Cette porte ne paroît point, parce qu’on a repréfenté le devant, toute fermeture en étant ôtée. Les Jeux de cet Orgue, font i° , un Bourdon de 4 pieds bouché , dont les bafles font en bois , & les deflus en étain , Sc faits en cheminée: 2°, un deflus de 8 pieds en étain: 30, un Baflon en étain : 40, un Hautbois, tout en bois,
- 1451. H N font les bouts des tuyaux des bafles du Bourdon. On y apperçoit comment tous ces tuyaux de bois font arrêtés à leurs places. Le tuyau H eft d’abord bien arrêté avec des vis. Au-deflus du bout de ce tuyau H , on a cloué Sc collé un écrou de bois , dans lequel paflè une vis de bois, qui va aboutir Sc ferrer le fécond tuyau. Tous les autres font arrêtés par le même moyen. Sans cela , ils pourroient, dans le tranfport de l’inftrument, s’éloigner un peu de leur piece gravée, Sc per--dre le vent par le pied. On apperçoit en M le foufflet qui fournit le vent à cet Orgue. L eft le levier fur lequel on met le pied pour fouffler. On tourne ce levier fur un bout de la bafcule T, lorfqu’on veut fouffler foi- ' même. O eft une bafcule pour ouvrir le Haut-bois avec le pied. V eft un levier for lequel on met le pied, lorfqu’on veut enfler le fon. Ce levier fait
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- ouvrir une longue porte B, Sc alors le Ion fe fait mieux entendre. Auflï-tôt qu’on celle de pefer fur ce levier, la porte B fe referme d’elle-même, au moyen du reflort U, fg. 2. X yfig. 1, eft une bafcule pour faire ouvrir, avec le pied, le deflus de 8 pieds. Lorfqu on celle de pefer deflus, le jeu fe referme .de lui-même. A efl: un poteau , qui porte à fon bout fupérieur une poulie fur laquelle pafle une petite ficelle avec un poids. Cette corde va aboutir au-dellûs du foufflet. Lorlqu’il efl: plein d’air, & que la table efl: élevée, ce petit poids le trouve tout en bas ; & à mefure que le deflus du foufflet baille, le poids remonte. Cette petite machine a été imaginée, afin de con-noître s’il faut faire agir vite ou lentement la bafcule L ; car fi, en jouant, on fait des accords fur tous les jeux enfemble, & qu’on dépenfe par-là beaucoup de vent, le petit poids avertit, par la hauteur où il fe trouve, qu’il faut faire agir la balcule.
- 1462. La figure 2 repréfente, en perfpeélive, le même inftrument avec l’Orgue, mais vu par derrière. AB efl: le forté-Piano. B efl: la porte Ion-* gue Sc étroite qu’on ouvre avec le pied pour enfler le fon. L’on voit, de O en Q, les tuyaux d’anche. Vers O font les tuyaux du Ballon ; Sc vers Q font ceux du Hautbois. On peut remarquer dans le fond , les balles du Bourdon ; les deflus s’apperçoivent un peu. Le deflus de 8 pieds ouvert, fe voit prefque en entier. Il y en a quelques tuyaux poftés vers Ç. La ïaye du Sommier paroît fermée par là porte P. Les bouts fupérieurs des balles du Bourdon, paroilfent en S. L’on voit une partie du foufflet élevé en R.
- 1463. La figure 1 de la Planche 132, repréfente le plan géométral de l’Orgue , féparé du forté-Piano, Sc làns aucun tuyau. A CG //efl: le Pommier, dont on voit les trois chapes. G H efl: la chape du 8 pieds ouvert. FN efl: celle du bourdon ; A D celle du Hautbois & du Ballon. Les lignes ponéluées délignes les regiftres qui font au-deflbus des chapes. Celui du Ballon efl: DE % Sc celui du Hautbois efl: ABC. Ce regiftre efl: brifé, enforte qu’on ouvre ces deux Jeux du même côté de l’Orgue. A cet effet, l’on a découpé & féparé la partie D E de celle CB A9 comme on le voit par des lignes ponéluées. Un tournant de fer faifit, par fon crochet , la partie C, pour ouvrir ou fermer le Hautbois ; & un autre tournant de fer faille également, par fon crochet, la partie D, pour ouvrir Sc fermer le Baflon.1 Il a été néceflàire de pofer tous les tirages des regiftres du même côté , attendu que le foufflet Sc les tuyaux occupent toute la place à la droite de l’Orgue. Afin de donner plus de commodité pour changer, tout en jouant, le fon de Orgue , on a pratiqué la bafcule M9 pour ouvrir & fermer le Hautbois avec le pied, lorfqu’on le juge à propos. La balcule L fait le même effet, à l’égard du deffus de 8 pieds, pour enfler ou diminuer le fon 'de la Flûte, Ces deux bafcules étant à rellort , ferment ces Jeux d’elles-
- Planche
- Jji.
- Planche
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- 638 FACTEUR D’ORGUES, IV. Part. Chap. V.
- mêmes , lorfqu’on leve le pied. IK eft le chevalet fur lequel les bafcules font pofées. ^
- 1464. PSQRU eft la table de deffus du foufflet. PX eft un chalîîs de plomb, entaillé dans l’épaifleur de la table, pour lui donner un poids fuf-fifant. RQS font de roulettes, qui coulent dans des filions verticaux, pour maintenir la table du deflus du foufflet, afin qu’elle ne fejette ni d’un côté ni d’un autre , en montant & en defcendant. U eft un piton, auquel eft attachée la petite corde qui porte un petit plomb le long d’un poteau, comme on l’a dit plus haut. O eft une foupape, dont la queue fè tient toujours un peu élevée. Elle eft toujours bien appliquée contre fon ouverture, par le refiort P. Sa fonction eft de faire échapper le vent , par la rencontre d’une pièce de bois, lorfqu’en foufflant, on éleve cette table tout-à-faic en haut* C’eft pour empêcher ou que le foufflet ne creve , ou ne produife des houp-pernenst. V eft le bras du levier, qui fait agir la table du defious du foufflet* La pédale J fe tourne, & appuie fur le bras T , lorfqu’on veut fouffler foi-même, 3c toucher l’Orgue en même-temps.
- 146$» La figure 2 repréfente ie foufflet tout élevé. L’ouverture A, qui eft dans l’épaifieur de la troifieme table , eft l’afpiration, par laquelle l’ait entre dans la chambre HI, fig. 3. B eft la bafcule qui porte une poulie £ fur laquelle appuie la pédale pour faire agir le foufflet.
- 1466. La figure 3 eft une coupe de ce foufflet, où l’on peut remarquer qu’il eft compofé de quatre tables A, B,.Cy D. L’on voit dans celle A, comment la plaque de plomb £ F eft entaillée dans le bois. 1 eft Fou-; verture de la table R , bouchée par une foupape. H & G font deux aC pirations avec leur foupape. L eft une efpece de porte-vent à reflbrt, pour envoyer, dans la chambre d’en haut, le vent que donne la quatrième table D G 9 lorfque celle CH defcend. K eft la bafcule pour faire agir la troifieme table C, lorfqu’on fouffle.
- 1467. La figure 1 de la Planche 133, repréfente géométralement une Planche COupe en travers de tout l’inftrument. A R eft le forté-Piano , dans
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- ^ lequel on voit toute la méchanique qui fait réfonner les cordes, b eft une touche de fon clavier, au-deffous de laquelle on remarque un talon. C eft une touche du clavier de l’Orgue, au-deffus de laquelle on voit un talon a* Lorfqu’on tire un peu en dehors le clavier Cd> les deux talons b 8c a fë trouvent au-defîus l’un de l’autre. Si alors l’on pofe les mains fur le clavier B b, le forté-Piano & l’Orgue réfbnneront enfemble. Mais fi le clavier Cd eft repouffé en dedans, comme il eft repréfenté dans la figure, ie forte-Piano n’ayant point de communication avec l’Orgue, ils joueront chacun * féparément par leur clavier refpeétif. On voit par-là que le forté-Piano n’a point d’autre communication avec l’Orgue , que par ces talons ; qu’on peut féparer, quand on le veut, ces deux inftruments ; 3c que chacun d’eux
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- Qrganifatîon ctun Piano-forte , SCc. 639
- pourra être joué, quoique féparés & éloignés l’un de 1 autre.
- 1468. GJILN eft le fommier. Hc eft un pilote , dont le bout fupé* rieur foutient une touche C d, & le bout inférieur porte fur un bout de la bafcule K : celle-ci porte, à fon autre bout, le pilotin L, & elle eft foutenue à fon milieu , parle chevalet K. Le bout fupérieurdu pilotin L > eft pofé en delïous de la queue de la foupape M. Si Ton baifle la touche C, aufll-tôt le pilote H baillé : celui-ci fait baifler la queue de la bafcule K, qui, par l’autre bout, faifànt lever le pilotin L, fait lever la queue de la foupape ; Sc par conféquent, la fait ouvrir. On apperçoit, au-deflous de la foupape M, fon ïeflort & fon chevalet N \ on voit la dimenfion de la gravure en M, U faut bien remarquer que la foupape M eft à bafoule; & qu’elle a là charnière ou fon centre de mouvement au milieu de {à.longueur. On en voit une féparément en perfpeétive, fig. 5 ; elle paroît garnie de fa peau. C’eft une bonne conftruétion que ces foupapes à bafoule , au moyen de cela on évite de faire des bafoules brifées , qui font bien plus embarraflàntes * & d’une plus difficile conftruétion.
- 1469. On remarquera auffi que le chaflïs d9 fig. 1, au lieu d’avoir une rainure pour recevoir les touches, comme à l’ordinaire, n’a qu’une feuillure * dans laquelle on fiche des pointes de fil de laiton, qui font fort courtes,’ puifqu’elles affleurent le deflus des queues des touches. On recouvre celles-ci d’une tringle, que l’on arrête de diftance en diftance, foit avec des vis foit avec des pointes, que l’on peut arracher facilement. Cette conftruétion paroît plus commode qu’une rainure; car on peut, comme il convient, coller une petite bande de peau fur la feuillure, avant d’y |îcher les pointes, Sc en coller une autre au-deflous de la tringle. Il faut remarquer que l’on met la colle du côté du duvet.
- 1470. DG eft le Baflon mis en zig-zag, nu à deux rangs* EI font les deflus du Bourdon , pofés également à deux rangs, & FJ les deflus de 8 pieds ouvert. O eft une tringle, ou fil de cuivre, qui, étant tirée en en-bas par le pied, au moyen de la bafcule R9 fait jouer celle PQ9 Sc fait ouvrir la porte A, pour, faire enfler le fon. Âufîkôt qu’on t leve le pied , cette porte fe ferme d’elle-même, au moyen du reflbrt Q, qui tire en en bas cette bafcule PQ•
- 1471. La figure 2 repréfente la fécondé table du foufflet. A eft l’ouver-: ture par laquelle le vent fe dégorge par F dans le fommier. D C eft une foupape pour recevoir le vent que fournit la troifieme table, dans la grande chambre fupérieure , & pour empêcher qu’il ne revienne dans la fécondé chambre. DCB eft un cordon attaché fixement en D, paflànt au-deflus de la foupape par le piton C, dans le trou G, & fortant par le trou B , pour quelle ne leve qu’au point qu’il faut , afin d’empêcher les houp-pements. Ce cordon eft arrêté par la cheville B. E eft l’ouverture du porte-
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- Planché
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- ........ vent à reffort, pour recevoir le vent de la troifieme chambre. AT HI (ont
- Planche |es püs de la grande chambre du foufflet. u 1472. La figure 3, de la même Planche 133, repréfente la troifieme table ;
- £c la figure 4 repréfente la même table féparée en 3 morceaux , pour la faire mieux entendre, quoique dans la conftruétion , on ne les fépare pas réellement. E eft le porte-vent à relfort, fixé au-deflous de la table & au-deflus de la fécondé, ikl font les plis, qui font de carton doublé de parchemin en-dedans , & de peau en-dehors. A B eft l’afpiration par laquelle la troifieme chambre reçoit fon vent. Elle a une foupape en-deffous, afin que le vent qu’elle a reçu par 5 ou fig. 49 ne puifle pas s’en retourner par l’afpiration , & foit obligé d’entrer dans la grande chambre par le porte-Vent £• ou
- 1473. CD eft une foupape, qui s’ouvre pour recevoir l’air dans la fécondé chambre, par l’afpiration F D, ou fh, fig. 4, lorfque cette foupape baifle ; & pour faire pafler le vent, quand on la rehauffe, dans la grande chambre. G eft une échancrure pour loger le bout du levier, par lequel on donne *. le mouvement à cette table, g eft la même échancrure, ikl font" les plis,
- fig* 3 & 4. On voit que pour exécuter tout le mécanifme de cette table * il s’agit de creufer au cifeau les afpirations que l’on recouvre par de petites planches minces, bien ajuftées & collées.
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- Organifation du Clavecin ordinaire. 64 î
- CHAPITRE SIXIEME.
- Organifation du Clavecin ordinaire.
- *474- L ^organisation1 du Clavecin eft peu difFérente de celle du Forte-Piano > que nous venons de décrire* Le Clavecin, étant d’une forme bien diffe-rente , exige néceflairement un arrangement différent des tuyaux ; le foufflet même ne peut y être compris, Nous ne dirons rien dé la conftruétion du Clavecin , cet inftrument étant fort connu : il s’agit feulement de décrire comment on peut l’organifer. Nous fuppoferons que ce Clavecin eft grand , & à ravalement jufqu’en f ut fa en bas & en haut, C’efî-à-dire que les claviers feront de cinq oélaves. Nous fuppoferons encore qu’on voudra y mettre un Bourdon de 4 pieds bouché ; un. Preftant de deux pieds bouché ; un Deffus de 8 pieds ouvert ; un Hautbois, dont la Baffe fera un Baflon. Après qu’on aura vu comment on peut y faire entrer ces Jeux , on s’apperce-vra que tout le refte reffemble affez à l’organifation du forté-Piano.
- 147^. La Planche 134 repréfente géométralement, & en plan, l’intérieur dit pied du Clavecin , dont on a oté la caille du Clavecin. A B eft le fbmmier à 4 regiftres. Le premier vers A doit contenir le Hautbois & le Baflon. Ce regiftre eft brifé. Le fécond doit contenir le Deffus de 8 pieds ouvert. Le troifieme, le Preftant, qui eft brifé ; & le quatrième le Bourdon , qui eft encore brifé, CD font les 8 plus grands tuyaux de bois de la Baffe du Bourdon. Ils font couchés les uns fur les autres, 8c ils ont la bouche tournée du côté du derrière du Clavecin, EF font 12. tuyaux de bois, de la fuite du Bourdon. GH font les Bafles en bois du Preftant, qui eft un deux pieds bouché. Ils ont la bouche tournée vers le devant; du Clavecin, où l’on apper-çoit une intervalle jufqu’au rang fiiivant IK , qui font 14 tuyaux de bois de la fuite du Bourdon. Tous les autres tuyaux du Bourdon , qui feront faits en étain, pourront fe placer aifément fur leur vent au fommier. La fuite du Preftant fera pofée également fur fon vent. Si l’on voit que quelques-uns foient trop ferrés, on les poftera dans i’efpace entre B & K, auffi-bien que plufieurs tuyaux du 8 pieds ouvert, qui ne pourroient pas fe loger fut leur vent. A l’égard de ceux du Baflon & du Hautbois, on trouvera facilement de la place pour en pofter quelques-uns, qu’on ne pourra pas pofet fur leur vent.
- 1476. Il faut obferver que tous les tuyaux de bois font arrêtés par des morceaux de bois collés & cloués, comme on le voit, fig. 3, a eft un de ces morceaux de bois, collé & cloué fur le tuyau b ; le tuyau c porte au bout foperieur de flr planche de derrière, une échancrure, dans laquelle le bout de ce petit morceau de bois fe loge jufte. Moyennant quoi, le tuyau C ne
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- Planche - Jil-
- 642 FA C TE UR D’O RG UE S , IF. Pan. Chap. FI.
- - peut pas fo mouvoir. Ces petites pièces ne font pas repréfentées aux autres tuyaux. LM font les pièces gravées, dans lefquelies entrent un peu les pieds de tous les tuyaux de bois. Elles portent de l'autre côté des trous, où font collés tous les porte-vents de plomb.
- NO eft le porte-vent qui va du foufflet au-deflous du fommier. PQ eft le fiege où l'on s’affied pour toucher finftrument. Ce fiege contient le foufflet double R, dont le poids ou la charge eft en T T. Il a une foupape R , pour faire échapper le vent, lorfque le foufflet eft trop plein. S eft la bafcule pour fouffler foi-même avec le pied.
- 1477. La figure 2 repréfente géométralement l'élévation du même Clavecin* AB eft le Sommier. On y apperçoit, au bout ouvert de fa laye> une fou-pape qui cache toutes les autres, & le pilote , avec fon pilotîn , qui porte verticalement for la foupape. Le bout fopérieur du pilote foutient la touche du clavier Y de l'Orgue. V X font les deux claviers du Clavecin UX, qui en repréfente la caiflè pofée par-deflus l'Orgue. On voit les iàutereaux, les chevilles, qui tiennent les cordes tendues.
- 1478. On peut remarquer, par-defliis le Sommier A B de l'Orgue, la première rangée vers A , des tuyaux du Hautbois ; enfoite vient le Defliis du S pieds ouvert, le Preftant, & enfin le Bourdon , dont la fuite eft en IK > E F, & C D ; tout comme la fuite du Preftant eft en G H. Le fiege eft P
- R eft le foufflet : S la bafcule pour fouffler avec le pied. NO eft le porte-vent, qui porte le vent du foufflet au Sommier.
- 147p. La figure 1 de la Planche 13 J, repréfonte géométralement le deflus du Clavecin organifé. AC B eft la caille, où l'on voit les cordes, avec les trois claviers, dont AC eft celui de l'Orgue. P Q eft le fiege, au-dedans duquel eft le foufflet en lanterne, que l'on voit tout élevé en la figure 3* Le fiege yfig. 1, eft garni à fou couvercle par un treillis de canne, pour laifler un paflàge libre à l'air. C eft la bafcule fur laquelle on met le pied pour fouffler foi-même , lorfqu'on touche l'Orgue. A eft le porte-vent à reflort, quarré méplat , afin d’avoir la commodité d'approcher ou éloigner le fiege comme Ton youdra. A, fig. 3, eft le même porte-vent.
- La figure 2 repréfonte géométralement l'élévation du Clavecin & de l’Or-gue, dont on a ôté les pilotes, qui auroient empêché de voir les tuyaux* Ceux du Hautbois Sc du Baflon couvrent tous les autres. On apperçoit les tirants des regiftres, les trois claviers, le fommier, dont la laye eft re* préfentée ouverte. On y voit auffi le porte-vent au-deflous de la laye.
- 1480. L'organilàtion du Clavecin étant ainfi conftruite, deviendra propre Sc commode pour toucher de bien des maniérés. En tirant le clavier de fOrgue & pofimt les mains fur le fécond clavier, on jouera le Clavecin & l'Orgue enfemble. Si l'on veut jouer féparément l'Orgue & le Clavecin, on n'a gu a pouffer le clavier de l'Orgue. Les talons qui font collés au-deflus des
- touches,
- N *%
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- Organlfatïon d'un Clavecin ordinaire, touches , fte fe rencontreront plus avec ceux qui font au-defïbüs des tôuches = dü fécond clavier*
- 1481. Le Hautbois peut être conftruk en bois. Il imitera mieux le vrai Hautbois* Voy. N°-1460. L’on peut conftruire le Baflon en bois* comme le vrai Bat-fon , en le couchant & le doublant dans fa longueur, afin qu’il tienne moins de place. Pour loger ce Baflon avec plus de facilité 3 on peut mettre au-dehors du Clavecin à la gauche, les plus grands tuyaux de bois* au nombre de 10 à 11 ; ce qui dégagera .beaucoup l’intérieur du Clavecin* Comme cette idée oblige à placer le Clavecin un peu éloigné de la muraille, d’èm-viron un pied au moins , l’on peut faire le fiege plus long de la même quantité, & l’élargir de trois à quatre pouces ; dans ce cas, le foufflet pour-roit avoir environ 3 pieds 9 pouces de longueur, fur 18 à ïp pouces de largeur. On peut enfin , comme on l’a vu au forté-Piano , mettre queL*; ques regiftres au-deflfous du clavier, afin de les pouffer avec les genoux tout en jouant. D’autres qui fè pouflent avec les pieds, pour faire faire à l’inftrument plufieurs changements qni deviennent fort agréables, félon lè goût de celui qui joue, qui, par-là, caraétérifera mieux les différentes idées de fa piece ; mais il faut que ces regiftres foient à reflort, à moins que le mouvement ne {bit de droite à gauche, ou de gauche à droite. On pourra encore adapter à un bout du fiege , la même machine , dont il eft parlé, N°. 1461 , pour connoître , au premier coup-d’œil, fi le foufflet eft haut ou bas , & juger, par-là * s’il eft temps de donner du vent. On Fermera le pourtour du pied du Clavecin, par différents chaffis garnis en-dehors par du taffetas mince fort clair, & bien tendu. On refermera lè derrière de cette étoffe par un treillis de fil de laiton affez fin, & attaché au chaffis. Derrière ce treillis, on pourra mettre, dans une rainure faite dans le chaffis , quelques planches minces, d’une ligne depaiffeur , du même bois de lapin dont on fait les tables de Clavecin. On prétend que lorfque rinftrument joue, ces planches frémiffent, Sc font frémir les treillis de fil de laiton ; ce qui, vraifemblablement, procure une modification au fon des tuyaux & du Clavecin, qu’on dit être agréable.
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- Orgues. IV. Part.
- B S
- 1 un iiiiN'ifrâi«àfci^-iias4
- Planché
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- 644 FACTEUR D’ORGUES, IV. Paru Chap. VIL
- CHAPITRE SEPTIEME,
- Organifation de la Vielle.
- Planche
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- : 1482. i jæ Vielle organifée eft ordinairement un peu plus grande que celle qui eft fimple, & un peu plus profonde , pour donner de la place au fouf-flet 9 fig. 1. AB DEC eft une Vielle organifée. /'font les tuyaux de TOrgue , dont l’enfemble eft nommé peigne par les Ouvriers. A G eft le fommier qui eft conftruit comme celui de la Serinette, ///eft le clavier. L’extrémité poftérieure des tiges des touches, porte contre les pilotins du fommier A G. Lorfqu’on enfonce les touches, en jouant la Vielle, on enfonce de même les pilotins qui ouvrent les foupapes, & font parler les tuyaux. La figure 2 repréfente un de ces pilotins de grandeur naturelle, qui font faits avec du fil de laiton. Les cordes A C, & B F E font le bour_ don de la Vielle. Les deux autres qui font au milieu, font les chanterelles, fur lefquelles on joue tous les airs qu’on veut, au. moyen des fimtereaux qui tiennent vers le milieu des tiges des touches : MN eft la roue de bois , qui, en tournant, au moyen de la manivelle C ( toute de fer ), frotte contre les cordes , & produit le fon, comme fait un archet fur les cordes d’un Violon. MN font deux talons d’ivoire, collés for la table du deffiis de la Vielle , pour tenir un demi-cerceau de bois, qui couvre la roue & le chevalet O J On met encore une planche mince & à charnière * pour couvrir tous les fautereaux & les chanterelles. On en met une autre de même for le fommier ; le tout afin qu’en jouant, & appuyant la main par-deflus, on ne dérange rien. On peut remarquer en L, un morceau déchiré du devant de la laye du fommier, pour faire voir, par le bout antérieur, deux fou-papes. P eft le regiftre de bois, qui, bouchant le porte-vent ponélué AR, empêche, quand on le juge à propos, que l’Orgue ne joue avec la Vielle. Q eft le regiftre en bois du tremblant-doux. SSTMN eft un regiftre de cuivre, pour empêcher la Vielle de réfonner, & laiffer entendre l’Orgue tout feul. C’eft en faifànt jouer horifontalement ce regiftre, d’environ deux ou trois lignes de courfe, qu’on fait élever toutes les fix cordes à la fois „ enforte qu’elles ne touchent plus à la roue. La figure 3 repréfente ce regiftre , dont la courfe eft déterminée par les brides SS9 qui fervent en même-temps à attacher cette petite tringle de cuivre contre le côté du clavier, un peu au-delfus des touches, afin que celui qui touche la Vielle , puiffe la faire mouvoir fins interrompre fon jeu, au moyen des deux boutons SS. L’on Voit en T9 fig. 3 , une efpece d’équerre de cuivre, dont l’axe eft une che- *
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- Organisation de la Vieltêl
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- ville de bois, qui porte une éminence. Elle fo place en T,jîg% î. Lorf-qu’on la fait tourner un peu en faifànt jouer le regiftre SS, on fait venir fLAN®HE cette éminence en deflus; ce qui releve les chanterelles, qui ne touchent plus à la roue : tandis qu’en même-temps , la même opération fait relever les
- deux leviers de bois ITM, & U N, fig. 4, les deux chevalets de bois MN fe relèvent aulîi, & font relever les quatre cordes du bourdon de la Vielle, L’on remet, par une opération contraire, les cordes comme elles étoient auparavant, m eft une cheville qui fert à tendre plus ou moins une des cordes du bourdon qu’on nomme Trompette.
- 1483. La figure y repréfente une coupe dans la longueur de la Vielle. F eft le peigne ou les tuyaux de l’Orgue. X font les coudes de l’axe de fer Cdela manivelle. A ces coudes font attachées les tringles de fer, qui aboutirent aux deux leviers de fer , qui tiennent à leur milieu les deux queues, aufli de fer, des tables de deflous du foufflet VYZ. Z R eft la table du milieu du fouf-flet. VY la table de deflus; ÔC a b eft la table de deflous, dont la charnière de peau eft au milieu. Cette charnière doit être faite de façon que le vent ne puiflè avoir aucune communication d’un côté à l’autre de la même table , qui n’eft pas droite, mais qui forme un angle très-obtus. YRR eft le porte-vent qui y eft agrandi en c9 pour contenir le tremblant-doux, Vd eft un des deux reflorts qui chargent la table du deflus du foufflet, par leur élafticité.
- La figure 6 repréfente le deflous de la Vielle, dont on a ôté la grande table, pour faire voir les deux tables de deflous du foufflet. On voit en ffff leurs fou papes.
- 1484. La figure 7 repréfonte le double coude de l’axe de la manivelle, pour faire'agir alternativement les deux deflous du foufflet, qui font l’effet de quatre tables de deflous,
- La figure 8 repréfonte une coupe en travers de la Vielle & de f Orgue, au commencement du clavier, vers la roue , pour faire voir le fond du foufflet avec les tringles , les leviers , & les coudes de la manivelle qui le font jouer. A G eft le fommier , au-dedans duquel on voit une foupape avec le pilotin qui la fait ouvrir ; celui-ci eft pouffé par la touche HL. Z G g* eft le conduit qui porte le vent au tuyau F de l’Orgue. F D font les bouts des autres tuyaux de l’Orgue, h font les bouches des tuyaux.
- La figure 9 repréfonte , en perfpeéUve , le peigne entier, ou tous les tuyaux de l’Orgue, ik font les trous, ou les embouchures des tuyaux, par où ils reçoivent leur vent.
- 1485. La figure 10 repréfonte une coupe en travers, tout près du manche de la Vielle. F eft le peigne. H repréfonte les touches du clavier. Q Q eft le regiftre du tremblant-doux. Il communique avec là foupape R, par la petite
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- 646 FACTEUR D’OR G UE S, IV. Part. Chap. Vil
- 5—tringle de fer QR. P eft le regiftre qui empêche l’Orgue de jouer, en Planche bouchant le porte-vent RP, A eft le bout du porte-vent qui s’emmanche * dans le lommier. Y eft le trou du foufflet, par lequel il donne le vent dans le porte-vent. C’eft par les deux trous /, l que les deux chanterelles paflent: on conçoit que fans être fort grands, ces trous doivent être tels que les chanterelles y foient à l’aife, de peur que dans leurs vibrations elles n aillent toucher contre le bois, ce qui en changeroit & gâteroit le fon. Du refte, tous les détails de conftruétion de la Vielle elle-même ne {ont pas de mon reflort, puifque je n’avois qu’à décrire fon organifation.
- P. S. Le P. Engramelle, Auteur de tout ce qui regarde la Tonotechnie dans ce Traité, ayant jugé à propos de faire graver après coup au bas de la Planche 93 , le Diapafon des tuyaux de la Serinette ordinaire , on n’a pu en faire mention à là vraie place ; on a donc été obligé d’en dire un mot ici quoiqu’à la fin de cet Ouvrage, pour avertir feulement qu’on y verra la gamme prefqu’entierement diatonique, les airs notés fur cette Serinette n’exigeant de la chromatique que le fol dieze. Du refte, l’explication qui y eft gravée , étant fuffifante pour faire bien entendre ce Diapafon, il feroit - fu-perflu d’y rien ajouter.
- iV. B, Je dois avertir ici, qu’on fera bien de lire en entier la Table des Matières qui va fuivre. Je préfume qu’on trouvera peut-être de quelque utilité, plufieurs obfervations, remarques, quelques augmentations même, ou de plus amples explications qui y font contenues. J’efpere qu’on ne défapprouvera » pas que j’y aie fait entrer des chofes qui ne concernent pas directement la facture de l’Orgue, unique & principal objet de ce Traité; à l’égard duquel on pourroit regarder en quelque maniéré cette Table comme une efpece de Supplément.
- F I N.
- 1
- j - y ( ,
- y
- table
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- \
- DES MATIERES ET DES TERMES
- CONTENUS
- L’ART DU FACTEUR D’ORGUES
- Cette Table contient aujji des CorreBions SC ‘ des Additions
- à tout VOuvrage:
- A
- brégé ( f ) : c’eft ainfi qu’on nomme îa mécanique qui tranfmet aux foupapes des Sommiers refpedifs, le mouvement des touches des claviers, foit à la main, foit des pédales, page 112, numéro 3 63—3 66. On diftingue plufieurs fortes d’Abrégés ; les fîmples , les compofés ou brifés, les doubles ; celui des pédales, du pofitif, du récit 8c l’Abrégé foulant. Leurs différences confident en différentes maniérés de former ou de difpofer les tirages, pour communiquer le mouvement des touches aux foupapes. Defcription d’un Abrégé fimple , page 2-59 , n. 721. Defcription d’un autre qui eft bri-fé 8c double } ïbid. Ce qu’il faut obferver en général dans la conftruction de tout Abrégé, page 279 , n. 721—743. Defcription d’un Abrégé de Pédale, page 114, n. 367—374. Abrégé du pofitif qui eft prefque toujours foulant, page 117, n. 375 j page 258, n. 747. Abrégé en fer , page 114, n. 367, page 2<58 , n. 744. Abrégé du récit, page 397, n. 1047.
- Accorder VOrgue ;_ c’eft en mettre tous les tuyaux refpe&ivement à leur ton jufte : accorder les Jeux à bouche d’un pofitif, page 444, n. 1173—1177 : accorder les Cornets, page 446, n, iij6—1180 : accorder le plein Jeu , page 447, n. n 81—1187 : accorder les Jeux du grand Orgue , page 449, n. 1189—1192 : les Jeux d’Anche, page 718, n. 13—20 : faire la partition. Voyez Partition.
- Accordons. On nomme ainfi les inftruments dont on fe fert pour accorder les Tuyaux, page 36, n. 127—129. '
- Acre ou Aigre (fon); on le dit de certains Jeux ou de certains Tuyaux, lorfqu’ils ont un fon rude 8c défagréable.
- Affaijfement. C’eft un défaut dans lequel tombent certains tuyaux d’étain ou d’étoffe , lorfqu’ils ne font pas affez étoffés, foit à leur pied, foit à leur bouche : leur propre poids les déforme : les tuyaux de la montre y font les plus fujets, lorfqu’ils ne font pas affez étoffés , ou qu’ils font mal fufpendus , ou mal arrêtés en leur place. Moyens de les raccommoder, page 432 , n. 1199. Précautions & expédients pour prévenir l’affaiiïe-ment de ces tuyaux: les attacher comme il faut,
- Orgues. IV. Part.
- A1G
- page 414, n. 1103—1109 : faire leurs piecb affez forts, page 336 ,n. 919 : obfervations en conftruifant leurs bouches, page 342, n. 934% Defcription d’une montre très-folide , page 347 , n°. 946. Les pieds des grands Tuyaux d’Anche, 8c quelquefois leurs pieds , font fujets à s’affaiffer * fi l’on ne prend les précautions convenables lorf-qu’on les conftruit, & fur-t-out lorfqu’on les pofe, page 423 , n°. 1131.
- Affleurer; c’eft réduire deux corps contigus à une même égalité ; c’eft autrement dit, arrafer«
- Agréments. Ce font tous les ornements affeéiés aux Notes, félon leur polïtion 8c les réglés pref; crites par le goût.
- Aigre, fe dit de 1’étain 8c de Ÿétoffe , îorfque $ ayant été fondus bien des fois, ces métaux ont perdu une grande partie de leur flexibilité 8c de leur duâilité : ils deviennent difficiles à ployer ; il s’y fait des fentes , des crevaffes. Pour remé1-dier en partie à l’aigreur de l’étain , on y mêl© de l’étain neuf, 8c à l’étoffe, du plomb neuf.
- Aigre ( fer ) , eft du fer caftant. Il eft effentiel de ne jamais s’en fervir dans aucune partie de fi Orgue*
- Aigre ( fon ) ; c’eft un fon défagréable, en cô u’il eft rude, perçant, maigre ; il eft le plus or-inairement attribué aux Jeux d’Anche trop courts ou trop peu étoffés. Les Deffus des Jeux de Tierce, les Cornets, les Deffus de plufieurs autres Jeux à bouche, font quelquefois aigres, lorfqu’on en, tire trop de fon, ou qu’ils font trop égueulés.
- Aigu , ou pointu , ou qui fe termine en pointe* Ces termes lignifient la même chofe.
- Aigu, fe dit des fons clairs & perçants.
- Aigu ( angle ) ; c’eft un angle qui eft moins ouvert que celui de 90 degrés. En ce fens, aigu eft oppofé à obtus, qui lignifie un angle qui a plus de 90 degrés.
- Aigu ( ton ) eft oppofé à ton grave. Quand ofi dit qu’un ton eft plus aigu qu’un autre , cela lignifie qu’un ton eft plus haut qu’un autre ; 8c fi fort dit qu’il eft plus grave, cela veut dire qu’il eft plus bas.
- Aiguille. On met une aiguille de cârtôn fü£ l’axe de la vis fans fin, lorfqu’on veut noter uft Cylindre d’Ôrgue au Cadran.
- C 8
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- L’ART DU FACTEUR D’ORGUES.
- ALU
- Ailes, qui compofent le volant du rouage de la Serinette à reffort, pâge $68 , n. 1350.
- Ailes ; c’eft ainfi qu’on nomme communément les dents d’un pignon, page 570, n. 13$$, page SI2 > n'
- Aines ( les ) font des pièces de peau blanche de mouton, qui fervent à boucher les ouvertures que forment les angles rentrants aux deux coins de chaque pli d’un foufflet. Quelles parties de la peau il faut prendre pour les aines , page 283, n. 780 : les tailler, les coller fur leur place, page 288 , n. 799—802,11 y en a qui ne collent point deux aines l’une fur l’autre ; ils fe contentent d’encoller les aines (impies d’une couche de colle-forte, pour le moins aufli claire que pour détremper des couleurs à peindre : on fe fert aufli de la gomme adragant au lieu de colle : par ce moyen on bouche les pores de la peau , fans que la colle caffe lorfque les aines plient. Cet expédient n’eft d’ufage que pour les petits foufflets , fur-tout à ceux des Serinettes, auxquels on ne met point de plis de bois, & où il n’y a que la fimple peau ainfi encollée.
- Air. Ce nom fe donne à tous chants mefurés de la Mufique vocale ou inftrumentale.
- Ajouter en peigne. Voyez Peigne.
- Allées. C’eft ainfi qu’on nomme les paffages qu’on pratique d’un Sommier à l’autre : elles font ordinairement d’un pied de largeur.
- Alliage dans la faElure de l’Orgue, eft le mélange qui fe fait d’une partie d’étain avec le plomb. Voyez Etoffe.
- Aloës , fubftance réfineufe. C’eft le fuc épaiflî d’une plante de même nom : il y en a de plufieurs efpeces. Les deux principales font l’aloës fuccotrin & l’aloës hépatique. Il eft dit dans la page 349, ligne 14, en parlant de la compofition du Vernis a dorer les tuyaux d’une montre d’Orgue, qu’on y employera l’aloës hépatique ; c’eft une faute : c’eft l’aloës fuccotrin qu’il y faut préférablement, à caufe que fa couleur eft plus belle : je confeille ici de le retrancher du Vernis.
- Aloi y c’eft un mélange d’environ deux livres de cuivre rouge, avec environ quatre livres d’étain. En certains cas , on incorpore une certaine quantité de cet aloi, par chaque cent pefant d’étain, page 312 , n. 862; page 321, n, 884; page 3361 n. 919.
- Aloyer ; c’eft faire le mélange à la fonte, d’une certaine quantité d’aloi (j>oye\ ce mot) par chaque cent pefant d’étain.
- Altération dans VOrgue. C’eft un affoibliffement du fon, caufé, ou par un défaut dans la fouf-flerie, ou par un défaut de proportion convenable , foit dans les grands porte-vents , ou dans les gravures des Sommiers. Il s’enfuit de-là qu’il y a plufieurs efpeces d’altération, félon la caufe qui la produit. Comment connoître toutes les efpeces d’altérations & leurs caufes, page $0$, n. é. Un Orgue ne s’altérera jamais dans aucune de fes parties, lorfqu’on obfervera toutes les réglés prefcrites dans la maniéré de conftruire la fouf-flerie, les gofiers, les porte-vents, les fommiers, &c. La féparation des vents eft un excellent moyen d’éviter certaines altérations, fans cela inévitables dans les grandes Orgues. Voyez Soufflets, Forte-vents , Sommiers.
- Alun eft un fel acide minéral, blanc & tranf-parent : on s’en fert pour blanchir les os des claviers , page 2$O, n. 701,
- BAG
- Anche, ( une ) eft un canal fait d une lame dé laiton, d’une épaiffeur proportionnée à fa grandeur , page $ 1 , n. 182-—184* Faire les anches, page 366, n. 983—989. Nombre & numéros des anches pour chaque Jeu, page 3 69, n. 990—992. Saillies des anches hors du noyau pour chaque Jeu, page 371, n. 993—998. Pofer les anches dans leur noyaux refpeétif's , page 372 > n• 999 & 1000.
- Ancher ; c’eft mettre les anches à un Jeu. Voyez Anche.
- Anémomètre. Inftrument fervant à mefurer la force du vent, page 34, 72. 129 ; fon ùMge,page 381 , n. 1011 ; page 384, 72. 1018. f
- Anneaux ; c’eft ainfi que plufieurs nomment les petits pitons, page 10$, n. 343.
- Ammoniac ( fel ) ; on s’en fert pour étamer les fers à fouder. Voyez Etamer les fers à fonder.
- Arrafement. On nomme ainfi les deux extrémités d’une piece , comme une traverfe qui porte les tenons, & va joindre contre un montant ou un battant, les tenons étant dans les mortaifes ; c’eft ce joint qu’on nomme arrafement.
- Arrafer, c’eft mettre diverfes pièces en même égalité, enforte que l’une n’excede pas l’autre.
- Atrêts ( les ) des Kegiftres. Voyez repères des Regifires. *
- Articulation dans la Mufque, eft la prononciation diftinéte des Notes & de leurs parties confti-tutives, qu’il faut confidérer comme autant de fyllabes.
- Affemblages. On en fait de plufieurs fortes. Comme les divers affemblages dans l’Orgue font fpécifiés dans la description de chaque piece, on ne fera point ici l’énumération de chaque efpece : on les trouvera tous fous les mots Clavier, Sommier , Buffet d’Orgue, Tuyaux de bois, Soufflet ÿ Porte-vent, &*c. Pour ce dernier, lorfqu’ii s’agit d’affembler les porte-vents bout à bout, foit quar-rément ou obliquement, voye% page 389 , n. 1032*
- Attacher, lorfqu’on foude , cela fignifie qu’on applique avec le fer à fouder, des gouttes de fou-dure d’efpace en efpace fur la jointure. Voyez Souder les tuyaux.
- Attacher les grands tuyaux de montre en leur place, 414, n. noy—1107.
- Avis à ceux qui veulent faire conftruire un Orgue , aufli bien qu’aux Architectes & aux Me-nuifiers à cet égard, page 144. Avis aux Entrepreneurs d’un Orgue, page 147, n. 446. Avis particuliers aux Menuifiers fur le buffet d’un Orgue , page 145, n. 451—467. Avis à l’Organifte fur l’entretien & la confervation de l’Orgue, page 504, n. 1289, 72. 1—22. Avis aux Organiftes fur les mélanges des Jeux, p 523,72. 1292, 1293.
- Axe, dans l’Orgue, eft un pivot, ou boulon , ou goupille , fur lequel fe meut une piece.
- B
- Bague. On nomme ainfi une virolle de plomb,’ ou mieux d’étoffe, qu’on foude aux tuyaux d’anche coniques, a quelque diftance au-deffus du noyau, page 94, n. 188—190 : les faire & les pofer, page 361 , n. 972.
- Depuis l’impreflion de la première & de la fécondé partie de cet Ouvrage, j’ai vu faire des bagues avec bien plus d(e facilité & de diligence. On les food dans un moule de cuivre, repréfenté
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- TABLE DES MATIERES. 6i9
- BAR
- par la figure 2 de ïa Planche 129 , où on le voit tout monté en perfpeétive. A B eft une boîte à trois creux coniques. CD en eft la coupe , où l’on voit le demi-creux. Il y a un fond à chacun , où l’on a pratiqué un enfoncement pour y loger jufte le bout inférieur du cône de cuivre E F, ou EF, fig- 3 , dont la figure conique eft conforme à la dimenfion de l’endroit du tuyau de Trompette où l’on doit fouder la bague. Ce moule étant ainfi monté, on le remplit, non de plomb, mais d’étoffe , & la bague eft faite* On peut, pour plus de propreté, le finir au tour, fur un petit bâton conique de bois. On dreffe le bout avec une râpe, & enfuite avec une lime : on y fait une entaille de haut en bas avec une fcie, pour former la place de la rofette» On doit avoir quelques cônes de cuivre E F fig. 3 , de plufieurs dimenfions coniques. Les trois creux du moule doivent avoir auffi des dimenfions différentes, félon les différents pieds des tuyaux. J’ai vu un moule de bagues qui étoit en pur plomb, qu’on avoir fondu dans du bois : il eft en deux pièces, comme un moule de noyaux ; & le bois y tient toujours, le plomb y étant engagé. Les cônes , au lieu d’être de cuivre, font de bois. CéËte fécondé façon de conftruire le moule des bagues , pourra être bonne pour ceux qui n’auront pas la commodité de s’en procurer un de cuivre. On fait qu’on fond de l’étoffe dans un moule de pur plomb , pourvu que le moule foit bien enfumé à la flamme d’une chandelle de réfine, & qu’on ne jette pas la matière trop chaude. Il faut cependant avouer que ceux de cuivre font encore mieux ; & après tout, ils font d’une petite dépenfe.
- Bain-Mark, Bain de fable, Bain de cendres. Voy. Vernis.
- Balanciers (les) ; ce que c’eft, & leur fondion, page ii8 j n. 377—*379 : maniéré de les pofer, page 403, n. 1072.
- Balottements ; il faut les éviter avec grand foin dans tous les mouvements qui compôfent le mé-canifme de l’Orgue. A cet effet, il faut travailler avec jufteffe, & obferver fur-tout que les pivots, les pioches, . les tourillons, les boulons , &c. rempîiffent bien leurs trous refpedifs.
- Bande de peau ; c’eft une laniere qu’on coupe d’une peau pour les foufHets, & pour quantité d’autres ufages dans l’Orgue : les couper avec diligence, page 282, n. 779, 780 : les coller, page 283, n. 781, 782.
- Bander un rejfort de foupape, c’eft lui donner plus de tournure en dehors, l’ouvrir davantage. On dit aufll débander un peu un reffort trop bandé, c’eft le refferrer.
- Barillet. C’eft une boîte de cuivre qui contient un grand reffort, page y6o, n. 1349 , 13JO, *35%'
- Barre de fer ; c’eft une longue piece ronde , ou quarrée, ou platte.
- Barre de bois, ou fimplement les Barres. Ce font de fortes tringles de bois qui forment les féparations des gravures d’un Sommier, & qui, étant affemblées & collées dans le chaflis, en forment la grille,page 89 , n. 294 : débiter les barres, les corroyer, les affembler & les coller page 166, n. 5-12—p 16.
- Barre lignifie aulli toute piece de bois en forme de planche, qu’on rapporte en travers de quelque bâti, foit avec des clous ou autrement. Ainfi
- BAS
- on nomme barres les pièces ou planches de boîs qu’on colle ou qu’on cloue au travers du deffous des fouftîets, page 121, n* 386 ; page 276 * n* 762*
- Barrer un Sommier, c’eft en monter la grille* On dit aufti barrer une table de foufflet, une table d’abrégé, une table à fondre ; c’eft y clouer, coller des planches de bois en travers pour les fortifier»
- Bafcule. C’eft en général une tringle qui, ap* puyant vers fon milieu fur un point fixe, s’élevô d’un bout, tandis qu’on la baiffe de l’autre. Les bafcules font d’un grand ufage dans le méca-nifme de l’Orgue. Bafcules du pofitif, page 117® n. 375* j page 136 , n. 431, 436, 442, 41 y s les faire & les pofer, page 399, n. 1060—io66« Bafcules de la foufflerie, page 123, n» 392-—394* Difpofition de ces bafcules, page 381, n. 1012 —1017. On fait dans l’Orgue des bafcules de bien de maniérés. On conftruit des abrégés, dont cous les rouleaux font bafcule pâr leur deux bras ou fers, qu’on pofe à l’oppofite l’un de l’autre , enforte que tandis que l’un baiffe , l’autre s’éle^ ve. O11 fait auffi quelquefois des claviers > dont toutes les touches font la bafcule, rarement pourtant dans les Orgues, mais toujours dans les Clavecins. Il eft quequefois néceffaire de faire des bafcules brifées. Il eft affez rare qu’il n’y en ait dans les Orgues. On en verra une defcription en plufieurs difpofitions , page 137 , n. 429; page 395, n. 1048. Il y a encore des foupapes à bafcule. Voyez Soupape.
- Bajfe ( la ) ; c’eft une partie de la Mufîque qui eft la plus grave.
- Baffes ( les ). On nomme dans l’Orgue les Baffes d’un Jeu, fes plus grands tuyaux. Les Baffes d’un clavier font les premières touches à gauche, fans en déterminer le nombre» On dit aulli quelquefois les Baffes d’un Cornet, ce qui défigne fes plus grands tuyaux, quoique ce jeu ne foit qu’un deffus, n’ayant point de Baffes.
- BaJJe-de-viole. Jeu de l’Orgue. Sa defcrpition, page y 1 , n. 181 : fon diapafon , page 73 5 n* 261.
- Bajfon ( le ) eft un jeu de l’Orgue que je n’aî pas décrit en fon lieu. Je vais y fuppléer ici. C’eft un jeu d’Anche, Il eft préfentement d’ufage de ne mettre dans un Orgue que les deux premières odaves de ce Jeu ; & pour achever de remplir le regiftre , on y met pour les deux autres octaves des Deffus , un Hautbois. La figure 4 de la Planche 129 , repréfente la forme des tuyaux du Baffon. Comme ces tuyaux ont la partie A B d’une groffeur conlidérable, il faudroit beaucoup de place pour les loger fur le Sommier, fi l’on n’ufoit de l’expédient de faire leurs pieds les uns plus longs que les autres. On voit cet arrangement dans la figure 4, réduite à demi-grandeur* Ces tuyaux conüftent en deux coudes foudés l’un contre l’autre par leur gros bout, avec une tige au-deffous, & l’on foude le noyau au bout inférieur de cette tige. Voyez le Diapafon de ce jeii dans la Planche 137. Il faut remarquer qu’il y a deux diapafons ; l’un pour un Baffon de menue taille, & l’autre pour un plus gros Baffon, tel qu’on le met dans un pofitif des Orgues d’Eglife* Ces deux diapafons m’ont été communiqués par M. Lépine, Maître Fadeur d’Orgues de Paris. J’ai vu le diapafon du Baffon de menue taille, exécuté
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- L’ART DU FACTEUR D’ORGUES.
- BAT • BLA
- & pofé dans un fortè-Piano, que le même AL Lépine a organifé depuis peu, qu’il a préfenté à l’Académie Royale des Sciences, & que cette célébré Compagnie a approuvé avec applaudiffement. Lorfque j’ai entendu ce jeu, il m’a tellement plu par Ton imitation naturelle du vrai Ballon , que j’ai cru le devoir faire connoître en le décrivant ici.
- Voici comment il faut entendre ce diapafon. La figure i eft un quart de cercle jufte, dont D eft le centre, duquel on décrit la courbe ABC. Du même centre on en décrit une autre EFG, qui «terminera la hauteur du cône, & fixera fon ouverture. On taille ainfî deux pièces égales pour chaque tuyau : il s’agit enfuite de tailler la tige, dont on voit le diapafon particulier dans la figure 2. L’efpace H K eft la hauteur de la tige du premier tuyau ; HI eft la largeur du gros bout, & K L eft la largeur du petit bout, auquel fe foude le noyau. Il faut remarquer qu’on fait deux tuyaux femblables de égaux fur chaque ligne du diapafon ; mais le petit bout K L fert pour fix. Il s’enfuit qu’il faut tailler quatre quarts de cercles de deux tiges fur les mêmes lignes. Ce diapafon au refte eft entier pour tailler» un Ballon de 4 octaves fi l’on veut.
- Pour le premier C fol ut, on ne taillera qu’un tuyau ; mais pour tous les autres, on en taillera deux femblables , comme on l’a vu ci-deffus : ainfi pour le C fol ut dieçe, de le D la re, on prendra la courbe MNO; & pour le petit bout, on prendra la fécondé courbe après EFG. Pour le gros bout de la tige du C fol ut dieçe, de du D la re, on prendra la longueur de la ligne P Q ; pour fa hauteur, on prendra de P à K. Pour le petit bout de la tige, on prendra de.K à L, puifqu’il en faut fix de cette mefure. Les fix fuivants feront pris pour leur petit bout de K à R, de ainfi de tous les« autres. Le diapafon du Ballon de grolTe taille eft arrangé de même, de on s’en fervira comme de l’autre. Les chiffres qui y font écrits défigneront affez quelques petites différences qu’il y a entre l’un de l’autre.
- A l’égard des noyaux, on fe conformera pour leurs numéros, à ceux de la voix humaine. Pour les anches, on fe réglera fur ceux de la voix humaine pour le petit Ballon ; mais pour le gros, à ceux du cromorne de taille médiocre.
- Ce Jeu, tel que je viens de le repréfenter de de le décrire, n’a dans fes tuyaux qu’un renflement formé par les deux cônes foudés l’un contre l’autre par leur bafe. Il y a pourtant des Facteurs d’Orgues qui y forment deux renflements : à cet effet ils taillent quatre quarts de cercle égaux. Ils foudent ces deux renflements par leur petit bout l’un fur l’autre , comme on le voit dans la .figure y , PL 12p. On pourroit conftruire ainfi toute la première oétave du Ballon. Il faut au refte remarquer que fi l’on ne fait pas le Ballon .entier, de que les deffus foient un Hautbois , comme c’eft l’ufage le plus commun, il convient que le Hautbois ne defeende qu’en G re fol, de que le Ballon monte ( inclufivement ) jufqu’au/a dieçe, .au-deffus de la clef de C fol ut. Par-là on favorifera l’un de l’autre Jeu, attendu que le Hautbois, dans le bas, n’eft pas aufli agréable, & le Ballon eft gracieux 3 entendre dans toute l’étendue que je confeiile ci-dexTus de lui donner.
- Bâti. C’eft ainfi qu’on nomme l’enfemble de joutes les pièces de affemblages qui çompofent un
- Buffet d’Orgue, faifant abftraélîon de tous les or* nements de de l’Architecture qui le décorent. Ce terme s’applique également à bien d’autres chofes où il a le même fens : on dit le bâti d’un« Sommier, c’eft l’enfemble du chalïis, des barres & de la table, lorfque tout eft monté. On dit aulfî le bâti d’un clavier ; c’eft le chalïis tout affemblé de monté, &c.
- Battant. C’eft ainfi qu’on nomme les pièces de bois qui portent les mortaifes , & qui font aux extrémités d’un bâti ; à la différence des montants qui font toujours renfermés dans le bâti. Les deux grands montants qui font aux deux côtés d’une porte, de qui la terminent, font des battants. On nomme aufli battants les deux grandes pièces du chalïis d’un Sommier : elles portent les mortaifes.
- Batte. C’eft une piece de bois faite pour battre les lames d’étain ou de plomb, lorfqu’on veut les retendre ou les redreffer après les avoir forgées , ou bien lorfqu’il s’agit de les ployer fur un moule pour en faire des tuyaux. Groffe batte à retendre, page 17, n. 64. Les petites battes, page ij, n.6s^
- Battement. C’eft un certain mouvement qu’on entend dans le fon lorfque les tuyaux ne font pas d’accord, page 433 , n. 1141.
- Battre. On fe fert quelquefois de ce terme pour dire forger ou écrouir les tables d’étain de d’étoffe. Voyez Forger.
- Bavochure ou Bavure ; c’eft une afpérité ou déchirure qui fe forme aux bords des trous dans le bois , lorfqu’on les fait avec le villebrequin. On recommande en plufieurs endroits , d’ôter ces bavures, fur-tout aux trous des Sommiers, p. îjy, n.928.
- Bavure des Notes, lignifie toutes les anticipations des fons occafionnées par le défaut de pré-cifion dans la levée des touches des Inftruments à cylindre, fur-tout par le plan incliné du bec des bafcules.
- Bec eft une petite pointe plate en plan incliné ordinairement de fil de fer , qu’on fiche au-deflous du bout antérieur des touches de la Serinette, ou de tout inftrument à cylindre, page fâq, n. 13395 page y<5<5, n. 1347—1346".
- Bigorne. Efpece de petite enclume , dont la table fe termine en pointe. Voyez Enclume.
- Billot. Groffe piece de bois fur laquelle on aft? fujettit une enclume, page 16, n. 99.
- Bifeau , eft une piece de plomb pur , ou de bois^ qui fait une partie effentielle d’un tuyau à bouche : ce que c’eft, page 37, n. 138. Faire les bifeaux, leurs proportions, page 343 , n. 93 J 1 les pofer & les fouder, page 344, n. 938 de 939. Voye\ encore page 334, n. 93 j. Bifeau des tuyaux de bois, page 311, n. 859—861. '
- Bifmuth eft nommé aufli étain de glace. C’eft un demi-métal fort caffant, allez reffemblant au régule d’antimoine. Il eft très-fufible , puifqu’on le fond même à la flamme d’une chandelle. On s’en fert dans la faéture de l’Orgue, pour la compo-fition d’une efpece de foudure, page 33 9, n. 9 2% de 930.
- Blanc de Troyes , ou (POrléans , ou de Bougival, ou blanc d’Efpagne ; ce font quatre noms qu’on donne à la même matière ; on y ajoute encore le blanc de craie, qui eft à peu-près de meme nature. C’eft une efpece de marne qu’on lave dans plufieurs eaux, de qu’on fait féçher au foleil. Ces
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- TABLE DES MATIERES.
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- quarté oa cinq noms qu’on donne à cette matière viennent des différents endroits où on la prépare* On l’appelle le plus communément Blanc d’Efpagne. On en fait en grande quantité en plufieurs endroits de la France, fur-tout en Champagne. On s’en fert dans la fa&ure de l’Orgue pour blanchir les bords des lames d’étain & d’étoffe , qu’on doit fouder enfemble après cette préparation, page 3 3 3, n. p12 & p 13 : on l’emploie encore pour luf-trer les tuyaux de la montre* p. 343 n. 942 : on s’en fert également pour reblanchir une ancienne montre qui auroit perdu fa blancheur,/?. 43:3, n. 1199*
- Blanche eft une note de Mufique, qui vaut la moitié d’une ronde, ou deux noires, ou quatre croches, &c.
- Blanchir les tuyaux pour les fouder * page 335?, 72, p28. Voyez Blanc de Troie.
- Blanchir les os des claviers, page 230 , n. 701.
- Bois„ Quel eft le meilleur pour les Sommiers, page 163, n. 704 : le faire fécher affez promptement lorfqu’on ne peut en avoir qui fe trouve fec s page 163, n, 303. Pour les foupapes, page ip6, n. y8y. Pour les claviers , page 246, n. 690. On trouve de même quelle efpece de bois eft le plus propre pour chaque piece, aux articles où on en fait la defeription.
- Bombarde. C’eft le plus grand de tous les jeux d’anchs, page 55*, n. 19J. Son diapafon, page 78, 7z. 267, 271, 276, 277,278. Sa conftruc-tion, page 379,77. 9&!—976. Conftrudion d’une bombarde en bois, page 364,72. 977—979 ; on les fait toujours de 16 pieds; mais on en peut faire de 32 pieds.
- Borax. C’eft un fel minéral affez reffemblant à l’alun, & dont quantité d’Ouvriers fe fervent pour faciliter la fufion des foudures fortes des métaux. Il les rend coulantes. Voyez Souder, Soudure , où l’on trouvera la maniéré de s’en fervir.
- Bornoyer, examiner une piece à l’œil, pour voir fi elle eft droite , unie , plane, dégauchie.
- Boffué. On dit qu’un tuyau eft boffué, lorfqu’il a des enfoncements caufés par quelque accident. Redreffer les tuyaux boffués, page 433 , n. 1199.
- Bouche des tuyaux à bouche , page 37 , n. 137.
- Bouché. Tuyaux ou Jeux bouchés, p. 40, n. 143, î4<5. Leur conftru&ion, p. 336, n. 961—963. Tuyaux de bois bouchés, p. 305),n. 8y6-*-8y7.
- Bourdon. Jeu de l’Orgue, page 40, n. 146— 147. Voyez Bouché. Il y a dans l’Orgue plufieurs efpeces de Bourdons. Bourdon de 32 pieds : fa defeription, page 44, n. 139 : fon diapafon, page 63, 72. 236. Bourdon de 16 pieds : fa deferip-tion , page 43, n. 161 : fon diapafon, page 68, 72. 236—237. Bourdon de 8 pieds, ou de 4 pieds bouché, page 43,72. 164. Son diapafon, page 68, 69,72. 236, 237, 238,23p.
- Bourfette. Ce que c’eft, page 97, 314—317: les faire, page 200, n. 390—604.
- Bouvet. Outil de Menuifier, propre à faire des rainures & des languettes. Le Fadeur d’Orgues en fait un grand ufage pour affembler à languettes & rainures, les tables des foufflets , les tuyaux de bois, pour graver les chapes , &c.
- Bras des tournants. Iis fe font toujours en fer, page 11 p, 72. 380—381. Les faire, les pofer fur les tournants, page 270 , n. 74p.
- Bras d s rouleaux d1 Abrégé. On les nomme plus communément fers d’abrégé. Les faire & les pofer, page 266 , n. 73p—742.
- O RG UES. IV. Part.
- CAR
- Brafir. C’eft fouder du fer contré fer, pat lè moyen du cuivre.
- Brides des foufflets. Ce que c’eft, page 283, n% 787—78p. On y verra la maniéré de les pofer*
- Brique. ( une ) Elle fert à nétoyer & à étamer les fers à fouder. Voyez Souder.
- Brijer les Jeux. Ce que c’eft, page 241,72. 686*
- Broches des Anches, page 27, n: 101 : leur ufage, page 368, n.986.
- Brunir ; c’eft unir & donner le brillant aux tuyaux d’une Montre, page 337? n. 923.
- Bruniffloir, page 17, 72. 67 : le polir, n. 68.
- ^ Buffet d’Orgues. C’eft le grand corps de Me-nuiferie qui paroît à l’extérieur , & qui contiens en fon dedans, toutes les machines & les tuyaux qui compofent l’inftrument, page 87, n. 287—* 2p2 : fa conftru&ion page 146 72. 431—463 : lé pofer, page 131, 72» 467.
- Buffle, (cuir de) Il y en a qui s’en fervent pour dégraiffer & repolir le bruniffoir. Ils collent ce cuir dans un canal de bois : ils mettent de la potée d’étain toute feche fur le Buffle, & ils y frottent de temps en temps le bruniffoir tout à fec.
- G —
- Cabinet d’Orgue. C’eft ainfi qu’on nomme un petit Buffet d’Orgues, comme feroit celui d’un Salon ou d’une Chambre, fur-tout s’il n’avoit point de Montre.
- Cadence, ( la ) nommée trillo par les Italiens * eft un agrément de Mufique, compofé de deux ou trois fons alternativement modulés , & dont l’enfemble conftitue la^ffiême note : on l’appelle auffl tremblement. ,
- Cadence brifée eft celle qui commence fans tenues Voyez Tenue.
- Cadence double eft celle qui emploie la totalité de la note.
- Cadence pleine eft celle qui commence par une tenue,fur la note fupérieure. Voyez Tenue.
- Cadence préparée, eft celle dont la modulation eft lente dans le commencement, & qui augmente de vîtefle infenfiblement jufquà la fin.
- Cadran. Cercle de carton fur lequel on marque différentes divifions égales, qu’on combine diver-fement par le moyen de quelques chiffres. On fe fert de ce cadran pour noter les cylindres d’Orgues.
- Calibre des bouches des tuyciux de montre. C’eft le nom d’un outil, page 23 , 72. 92.
- Calote; (boucher les tuyaux en) ce que c’eft; p. 42, 72. 132. Faire ces calotes , page 336, n.
- p62.
- Canepin. C’eft une pellicule fine qu’on détache des peaux de mouton blanches. Il eft des cas où il eft néceffaire que ce canepin foit entier fur la peau, qu’il ne foit point déchiré en aucun en* droit : c’eft en général à toutes les pièces de peau qu’on colle le côté lifte en-deffus, c’eft-à-dire, auxquelles on applique la colle au côté du duvet* Au contraire, on le déchire , fans cependant l’enlever en le raclant avec le couteau ou avec un cifeau, lorfqu’on doit y appliquer la colle, comme on fait à toutes les (oupapes.
- CaraSleres de Mufique. Ce font les divers figneâ qu’on emploie pour indiquer les notes & leur va-» leur. t
- Carafteres tonotechniques. Ce font des fignes qui
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- <î;a L'ART DU FACTEUR D’ORGUES.
- CHE ' CLA
- fervent à indiquer l’articulation qui convient à chaque note, & le détail de toutes les parties conftitutives des agréments & des effets.
- Carillon. C’eft un Jeu de timbres, page qrjo, n. 127p. -
- Cartons. Ce font des rondelles de carton, dont les diamettres font femblables à ceux des tuyaux d’une Montre : on s’en fert pour prendre fes me-fures pour la conftruétion d’une Montre d’Orgue , page 327, n. 897—900.
- Cavaliers ; ( les ) ce que c’eft,page 34, n. up : leur ufage, page 283, n. 781.
- Centre de mouvement. C’eft un point fur lequel fe meut une piece. Il y a ordinairement fur ce point une goupille, ou une pioche, ou un boulon, ou un pivot, &c.
- Chaîne. Il vaut mieux fe fervir d’une chaîne que d’une corde à boyau pour la Serinette à rouage, page y68 , n. 134p.
- Chambre ( Orgue de ) ou de Concert, page $39 & fuiv. n. 119 \—1324.
- Chanfrein. C’eft en général un angle abattu en biais le long d’une piece, plus fur une face que fur l’autre.
- Chanfreimr : c’eft faire des chanfreins. Ce terme s’applique dans la fa&ure de l’Orgue à l’opération par laquelle on amincit les bords de la peau lorf-qu’il eft néceffaire, page 207, n. 623.
- Chaperon. On nomme ainfi un petit morceau d’ofier qu’on colle fur le fommet de chaque bour-fette, page py, n. 315-—317.
- Chapes : (les) ce que c’eft, page 91 ,n. 300—-302; page 178, n. 740. Il y a des chapes gravées , page py, n. 313. Comment on les grave, page p 8 , n. 324—32y. Prendre fes mefures pour graver les chapes, page 188, n. yy8.
- Chariot. C’eft une partie de la Serinette & des autres Orgues à cylindre, qui porte le cylindre, page 764, n. 1340—1341*
- Charnières des foufflets ; comment on les fait, page 280, n. 773—77y.
- CkaJJîs des claviers, page ioy, n. 341—346: leur exécution, page 247, n. 693.
- ChaJJîs des Sommiers , page 8p , n. 2P4 ; page P4, n. 3 11 : leur exécution, page 166, n. yo8,
- S°9- ,
- Chaudière pour fondre l’étain & le plomb, page
- 317, n 868.
- Chaux : on s’en fert pour blanchir les os des claviers. Voyez Blanchir les os.
- Chêne ( le bois de ) doit être préféré à tout autre bois pour toutes les parties de l’Orgue. Il y a cependant dans le bois de chêne beaucoup de choix à faire, pour n’employer que celui qui eft le plus propre à chaque piece. On trouvera dans la defcription de chaque machine , quelle qualité de bois de chêne y eft le plus propre ; s’il doit être doux , tendre, liant, dur, pefant, &c.
- Chevalet. On nomme ainfi la piece de bois en dos-d’âne , fur laquelle portent les bafcules du Pofitif, page 401 , n. 1063. On nomme aufli chevalet, la grofTe tringle de bois qui contient des entailles faites avec la fcie, pour contenir les ref-forts des foupapes des Sommiers, page py, n. 314; page 103 , n. 336.
- Chevaucher. On doit éviter d’approcher fi fort, dans un Buffet d’Orgue, les tourelles les unes des autres, que l'à-plomb de l’entablement de l’une anticipe fur l’entablement de l’autre, ce qui
- auroit mauvaife grâce : c’eft ce qu’on appelle che~ vaucher.
- Cheville. C’eft le nom qu’on donne à de pe-tites pièces de bois, & bien fouvent de fer, qui fervent à accrocher par les enfourchements, les regiftres d’un Sommier avec ceux de l’autre j page P7, n. 321 ; page 386, n. 1023.
- Chromatique, (gamme) page 60, n. 211$page 428, n. ii3y.
- Cifailles ; gros & forts cifeaux , page 23 , n. pî*
- Cifeau. Outil dont on fait un grand ufage , page *7, n. y8.
- Clairon. C’eft un jeu de l’Orgue, page y6, n; 199 ; page 339, n. 967—P76. La conftru&ion de ce Jeu étant la même que celle de la Trompette, on doit lire ces 9 numéros.
- Clairvoir. On nomme ainfi l’ouvrage en Sculpture , fait en demi-cercle, ou feulement cintré, ou bien tout droit, qu’on attache aux Buffets d’Orgue , pour foutenir & arrêter le bout fupérieur des tuyaux de la Montre , page 87, n. 287 ; page 1^9 , n. 4yp—461.
- Clavecin. Son organifation, page 640—643.
- Claviers à la main, page 104, n. 33p. Défi* cription de leurs chaflis, & des autres pièces qui compofent les claviers, page îoy, n. 34a—344. Différents profils de plufieurs claviers, page 106, n. 347—3y8. Divifer les touches , page 246,72. 6p2. Maniéré de les conftruire , page 247, n, ép3—-6pp. Plaquer les touches,p<zge.24P , n. 700* Travailler les os & les blanchir , page 250 , 77. 701—702. Mettre les talons, page 2yi, n. 703—-704. Scier les touches, n. 70$. Ajufter les cia-; viers & les finir , page 2$2 , n. 706—717»
- @3* Comme il n’eft pas facile pour tous les Ouvriers de fcier comme il faut un panneau de clavier , fur-tout pour qu’il foit bien à féquerre, je pro-poferai ici une machine faite exprès pour fcier les claviers. Je l’ai vue chez M. Lépine, Fadeur d’Orgues à Paris, qui l’a imaginée pour cela. Voye£ la figure 1 de la Planche 12p. AB CD eft une fcie à refendre, dont la lame AD eft mince > fore étroite & fes dents fines. La monture de cette fcie confifte en un chaflis bien affemblé aux quatre coins, & de plus contenu à chaque côté,; dans deux montants affez forts, qui portent chacun une rainure verticale E F. Ces deux montants font aflèmblés fur une forte table GH, 3c font maintenus dans leur partie fupérieure par la traverfe El, qui permet cependant le libre paf-fage à la traverfe A de la fcie, afin qu’elle puiflè monter & defcendre à volonté. Au-deflus de la table GH, qui eft affez étroite, on en a attaché une autre de deux pieds de large , fur un peu plus de longueur. Celle-ci eft fortement arrêtée fur la première par - deffous avec des vis de bois, enforte qu’elle fe trouve bien à l’équerre avec la lame de la fcie, qui pafle au travers d’une petite fente pratiquée vers le milieu de cette table. Et afin que cette lame ne fîéchifle point, étant fort étroite & mince, on a enchâffé un morceau de fer affez épais & allez fort dans cette table, derrière la lame de la fcie. Il faut concevoir pré» fentement le jeu de la machine. Lorfqu’on met le pied fur la Pédale, ou marche KL, on fait baifler la fcie AD , qui eft attachée aux cordes O & P ; ainfi l’arc MNcede 8t fléchit. Lorfqu’on re-hauffe le pied, la force élaftique de l’arc MN fait remonter la fcie avec la marche. G HQ R eft un
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- TABLE DES MATIERES,
- CON
- bâtie âffe£ femblable à celui d’un tour ordinaire, fans être tout-à-fait aulli fort. GT, FH font deux montants affemblés à leur partie inférieure dans la table G H, & à leur partie fupérieure par la traverfe MN qui porte l’arc, fait comme celui d’un tour; une perche feroit le même effet.
- Lorfqu’on veut feier un clavier, on couche le panneau fur la table BC, les traits en-defïus. On pouffe ce panneau au-devant de la lame de la îcie : on le partage d’abord en deux parties, &c.
- & on fait tout le refte comme il a été décrit. On voit qu’au moyen de cette machine , on peut feier avec facilité, bien à l’équerre & proprement toutes les touches d’un clavier.
- Clavier de Pédale. Sa defeription* page no, 72.379—362 : fa conftru&ion, page 276, n. 716 1—720.
- Cliquet. C’eft une petite piece de fer ou de bois, qui étant pouffée par un reffort dans les crans ou les dents couchées d’une roue , qu’on nomme rocket, ne lui permet de tourner que d’un certain fens, page 767, n. 1342—1343» Cet en-fembîe du cliquet , du rochet & de fon petit reffort , fe nomme encliquetage»
- Clous à chape : les garnir de cuir* page 179, n. 5*42 : les faire recuire comme il faut, fi l’on ne peut s’en procurer de fer affez doux, page 180, n. 5*45*.
- Clous d’épingle, ou Amplement pointes à tête ou fans tête. Voyez Pointes.
- Coins. ( les ) Ce font de très-petits morceaux de bois, avec lefquels on affermit les languettes des Jeux d’anches dans leurs noyaux, page 5*3 * n. 187 : les faire & les pofer, page 377, n. 1003 —iooy. On nomme encore coins les petites pièces de peau qu’on colle fur les angles des plis des foufflets, page 290, n. 803.
- Colle, fon choix, maniéré de la fondre, page (168, n. 714.
- Coller le parchemin, page 194, n. 780—782. Coller de la peau aux regiftres pour les en doubler , page 178 , n. 737. Coller la peau aux fou-papes* page 196 y n. 788—792. Coller la peau aux édifies des foufflets, page 283, n. 781. Réglé générale pour coller la peau, lorfqu’on met la colle du côté du duvet, page 714, n. 1289 : & lorfqu’on met la colle au côté oppofé du duvet, page 178, n. 737. Coller la peau aux foupapes des Sommiers, page 196, n. 788—* 592. Coller les foupages dans la laye du Sommier, page 198, n. 794—796. Coller une fou-pape dans fa place, fi elle a été décollée ou éreintée, page 478, n. 1217. Coller les porte-vents de plomb* page 418, n. 1116.
- Comma*• ce que c’eft, page 430, n. 1135.
- Compas de réduttion au quart y pour l’épaiffeür des pointes du cylindre, page 794, n. 1409 ; page 613,72. 1437.
- Compojîtion de la foudure. V. Souder Soudure.
- Compojition de Vétoffe, ^oyez Etoffe.
- Concert, eft un nombre de perfonnes qui chantent enfemble en partie, ou qui jouent des instruments.
- Cochenille. Voyez Vernis.
- Conduits. Ce font les paflages ou canaux par où le vent eft amené d’un endroit à l’autre. Ainfi tous les grands & petits porte-vents, les pièces gravées, les gravures des Sommiers & les chapes font des conduits.
- cou
- Côney (un) eft une fljece roildè* large d’un bout *
- & allant en pointe par l’autre bout, comme en pain de fucre On nomme cône, le bout inférieur des Jeux cylindriques , page 83 , n. 283—286. Diapafon des cônes du cromorne, page 3 66, n*
- 980. Ceux de la voix humaine, page 3 60 * 72»
- 981. Tailler un cône , page 361 , n. 971.
- Conique. Piece ronde , plus grolfe d’un bout
- que de l’autre. Les Bombardes, les Trompettes* les Clairons, Hautbois, les Tuyaux à fufeau, font tous des Jeux coniques : les pieds des tuyaux à bouche, d’étain ou d’étoffe, font coniques.
- Cordes de boyau. Ce font des cordes qu’on fabrique avec des inteftins de pîufieurs animaux* On fe fert de cette efpece de corde dans le mouvement à roues de la Serinette* page 768, n. 1349 î page 749 ,?!. *332; page 371, 7i. 1336* Cordes de Clavecin & de jorté-Piano. Ce font des fils d’archal très-fins * de fer ou de cuivre. On en met de pîufieurs groffeurs ou numéros, félon les tons qu’elles doivent donner.
- Cordes des bafcules des foufflets y page 123, n. 392. Cordes pour faire jouer des foufflets avec des poulies, page 384, n. 1017. Cordes pour les charnières des foufflets. Voyez Charnières des Soufflets.
- Cornement, Se dit d’un tuyau qui parle lorsque quelque regiftre eft ouvert, fans .qu’on baifie aucune touche des claviers. Il vient toujours de ce qu’il y a quelque foupape entr’ouverte : y remédier , page 317, 72. 7; page 136, n. 430.
- Cornet. Jeu de l’Orgue, page 50, n. 179—180* Son diapafon, page 71 , n. 271. Pour le Cornet de récit, page 72, n. 272-—274.
- Corps , ( grand ) ou corps d’en haut , ou corps den bas. On entend par-là les principaux SomH miers, garnis de tous leurs tuyaux. Ceux qui font au-deffus des claviers, ou le grand Sommier, fé nomment le grand corps , ou corps d’en haut, 6c ceux qui font en-deffous fe nomment corps d’en bas, ou le Pofitif.
- Corroyer le bois ; c’eft le dégauchir * le drefler *1 le mettre à l’équerre. à l’épaifleur & largeur convenables. On dit aufli corroyer le fer ; c’eft le bien fouder par des chaudes filantes, & le mettre approchant de l’épaiffeür 6c de la largeur qu’il lé faut.
- Couder les tuyaux. On doit éviter , tant qu’on pourra, de couder les tuyaux à bouche ouverte, page 388,72. 1208 : mais on peut couder les Jeux bouchés, 6c fur-tout les Jeux d’anches , fans le moindre inconvénient.
- Coudes dans les porte-vents. Il faut les éviter tant qu’on peut *’fur-tout ceux qui fe trouvent à l’équerre, page 389, n. 1032; page 296, n. 821. Il faut encore éviter les' coudes quarrés aux porte-vents de plomb pour les tuyaux poftés * foie pour la Montre ou pour les autres.
- Coups de langue , eft une articulation marquée & reffentie fur diverfes notes, à la fuite d’un filence, ordinairement de la valeur d’une croche.
- Coupei C’eft dans un deffein, la maniéré de re-préfenter une piece ou un ouvrage qu’on fuppofe coupé ou fcié, foit horifontaîement, ou verticalement , pour en faire voir ordinairement l’intérieur.
- Couper en ton 5 c’eft retrancher de la longueur dés tuyaux la quantité néceffaire pour les faire venir au ton qu’ils doivent donner pour être d’accord.
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- 5;4 L’ART DU FACTEUR D’ORGUES.
- CUI DÉT
- Oettô opération demande *des précautions, page 438 , n. 11S2--11S3.
- Couper la tête à un tuyau ,* ce que c’eft, page 426, n. 11 >3 , 11. 3. Dans quel cas il faut faire cette opération, page 493 , n. 1201—1203.
- Couteau à faire parler les tuyaux , page 23 , n. 94. Couteau à tailler à bras, page 19, n. 73. Couteau à tailler à la main , page 19, n. 74. Couteau de bois, page 34, n. 118.
- Coutil ; efpece de toile, page 318, n. 878, où l’on verra la maniéré de le tendre fur la table à fondre l’étain ou l’étoffe.
- Craie blanche. Pierre fort tendre & fort blanche, dont on fe fert pour marquer. On en fait auffi le blanc d’Efpagne, en lui donnant certaines préparations.
- Craie noire. ’C’eft une pierre tendre fort noire, dont on fe fert pour marquer.
- Craie rouge. C’eft de la fanguine. On l’appelle suffi crayon rouge. C’eft une pierre tendre qui eft rouge.
- Cran. C’eft une coche, ou hoche , ou entaille qui fert ordinairement à arrêter une machine, au moyen d’une détente ou autrement.
- Crayon. On en fait de toutes fortes de craies. Quand on dit fimplement crayon, on entend ordinairement celui qui eft fait avec la mine de plomb.
- Crible. Quelques-uns nomment ainfi les faux-Sommièrs. Voyez Faux-Sommier s.
- Croacer. On le dit de"s Baffes d’une Bombarde & d’une Trompette, lorfqu’elles ont un mauvais fon fans harmonie; elles femblent imiter le cri du corbeau. Ce font ordinairement des tuyaux un peu courts , qui ont un fon criard, maigre , fec & rude.
- Croche. Note de Mufique, dont la valeur ordinaire eft du quart d’une blanche , ou de la moitié d’une noire.
- Croche, ( première ) eft celle qui tient lieu de la première moitié d’une noire , dont elle eft cenfée occuper la place. Les premières font prefque toujours plus longues que les fécondés.
- Croche, ( fécondé) eft Celle qui tient lieu de la fécondé moitié d’une noire : les fécondés font prefque toujours plus courtes que les premières.
- Crochets, pour attacher les tuyaux de bois, page 420, n. 1123. Crochets pour les tuyaux de Montre, ou pour d’autres tuyaux d’étain ou d’étoffe, page 414, n. noy—1107.
- Croiffants ; ce que c’eft ; comment on les fait, page 413 , n. 1101—-1102.
- Cromorne. Jeu de l’Orgue, page $1, n. 182: fa forme, page yy, n. 192 : fa defcription, page -y6, n. 200 : fon diapafon, page 83 , n. 280—«• 283 : fa conftru&ion, page 3 66, n. 980,
- Cracher, eft un terme par lequel on prétend exprimer le fon que doit avoir un Cromone. Ainfi l'on dit qu’un Cromorne doit cracher ; qu’un Cro-morne cruche bien.
- Cuiller de fer, (grande) page 320, n. 882. Petite cuiller de fer , page 325, n, 894.
- Cuir j ou Peau blanche de mouton. C’eft le feul dont on fe ferve dans l’Orgue pour les foufflets, les fommiers , les foupapes, &c. On emploie auffi du cuir plus fort pour garnir les clous à chapes, jpage 179 , n. Ç42. Les peaux blanches doivent être choifies les plus épaiffes , les plus grandes, les plus fouples, en un mot les mieux préparées, fans être paffées en huile.
- Cuivre jaune ou laiton. On s en fert dans l’Or* gue pour les anches de les languettes. On fe fert auffi beaucoup du fil de laiton recuit & non recuit pour garnir les vergettes, pour les claviers 9 les guides de les refforts des foupapes, &c. Voyez ces mots. Mais on n’emploie pas le cuivre rouge.
- Cylindre, eft comme un bâton rond, également gros d’un bout à l’autre. Il y a des Jeux cylindriques qui font prefque tous les Jeux à bouche de quelques Jeux d’anche, comme le Cromorne de la voix humaine.
- Cylindre ddOrgue. Le conftruire,p. y 80. Le noter, P’ S96, n. 1417; p. 634. Grand Orgue d’Eglife fait pour être joué par un cylindre, p. y 74, h. 1363—* 135)3. Orgue moindre que le précédent, pour être joué par un cylindre, p. 789 , n. 1394. Appliquer le cylindre & tout fon équipage à un Orgue déjà conftruit à l’ordinaire, page S$o, n. 1396'.
- D
- Déchargeoir. C’eft la foupape qu’on met toujours à la table de deffus des foufflets doubles, pour en faire échapper le vent îorfque le foufflet eft trop plein.
- Décoration. C’eft ainfi qu’on appelle l’enfemble des embelliffements dont on orne une façade d’Orgue. On trouvera des exemples de ces forte» de décorations aux Planches 30, 32, 33,77, 78 & 79.
- Demoifelles. C’eft le nom de certains fils d’ar-1 chal des claviers, page 108, n. 3y2 : elles font mieux en fil de laiton qu’en fil de fer. Celui-ci venant à fe rouiller, gratte le dedans des mortaifes des touches par où il paffe, de ôte par-là la vivacité au clavier.
- Denticules. Ce font des entailles qu’on fait dans les chaffis des Sommiers , pour y affembler les bouts des barres, page 89, n. 294 : les faire, page ï 661 n. yo8.
- Dents, ou Dentures, fe dit d’une roue d’Hor-logerie.
- Dépouille. Lorfqu’on donne un modèle à un Fondeur, pour en avoir une piece femblable en cuivre ou en quelqu’autre métal, on doit avoir l’attention qu’on puiffe en former l’empreinte dans le fable. Il faut que le Fondeur puiffe le retirer du fable où il eft obligé de l’engager, fans déchirer ni écorner le fable ; c’eft pourquoi le modèle doit avoir un peu plus de grandeur dans toutes fes dimenfions vers deffus que deffous. C’eft ce qu’on appelle donner de la dépouille à un modèle.
- Dérocher. C’eft mettre à bouillir dans l’eau fécondé , une piece qu’on a foudée en foudure forte» Voyez Souder en argent. On peut auffi dérocher le laiton des anches de le fil de laiton après qu’on l’a recuit. Cependant on peut pratiquer également la maniéré ordinaire , comme il eft expliqué p. 3 68 , n. 998. L’une de l’autre maniéré font également bonnes. Il faut toujours finir par fablonner.
- Détacher les notes. C’eft les féparerpar des filences qui puifTent rendre leur articulation fenfible.
- Détail des effets. C’eft fentir de exprimer leurs parties conftitutives, chacune féparément. Cette connoifïance ne peut s’acquérir que par la To-notechnie.
- Détente. Ce que'c’eft, page $6$, ». I3y2— *3SÎSPa& S1Q> «• *3$ S-
- Devers
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- TABLE DES MATIERES. 655,
- ECH
- Devers, eft pris pour la tendance d’un corps, qui a une certaine hauteur & pofé a-plomb, à fe deverfer de fon à-plomb d’un côté ou d’un autre. Les clairs-voirs des tourelles & des plattes-faces foutiennent le devers des tuyaux de là Montre*
- Devis en fait £ Orgues , du Faveur, de V Architecte, page 14/, n. 446—448. Plufieurs Devis d’Orgue, ptfge 480, n. 1263. Devis en forme juridique pour un 16 pieds ordinaire, page 481, n. 1264. Plufieurs autres Devis, 489, n. 1268— 1278.
- Diapafon ; ce que c’eft, page 5*8, n. 206. Dia-pafon des Jeux à bouche, p. 60 , 72. 210. Maniéré générale défaire un Diapafon, page 60, n. 211 —224. Les Diapafons tous faits , page 66, &* fuiv. n. 227—266. Diapafon des Jeux d’anches, page 7$ , n. 267—286.
- Diatonique ; ( gamme ) ce que c’eft , pÆge 60 j n. 211 ; page 428 , n. 1137.
- Die\e. On nomme ainfi bien fouvent les feintes des claviers. Voyez Feintes.
- Difcord. C’eft-à-dire qui n’eft pas d’accord.
- Difcorder. Faire perdre l’accord à un Jeu, à un Orgue. On difcorde un Orgue lorfqu’on ÿ caufe des fecoulfes , qu’on en touche les tuyaux, &c. La poufliere , le duvet de la peau des re-giftres, s’il y en a , le chaud exceflif, le grand froid , &c. difcordent l’Orgue.
- Double cadence. Voyez Cadence.
- Double croche. Note de Mufique , qui ne vaut que le quart d’une noire, ou la moitié d’une croche. On peut aulîi la diftinguer en première & en fécondé. Voyez croche.
- Doubler. Il n’y a que les Jeux d’anche qui foient fujets à doubler. C’eft l’accord que fait un tuyau d’anche lorfqu’on le fait monter plus haut que fon ton , en baillant la rofette. Les tuyaux trop longs ou trop prompts, font fort fujets à doubler. 11 y en a qui nomment cet accord canarder.
- Douve, ou Douelle. Ce font les planches jointes l’une contre l’autre, qui forment la circonférence d’un tonneau. C’eft ainli qu’il faut conftruire les grands & gros cylindres pour faire jouer les grandes Orgues auxquelles on adapte un cylindre , page 581, n. 1374.
- Duvet. C’eft le côté velu d’une peau blanche de mouton.
- E
- Eau fécondé. C’eft le mélange d’une certaine quantité d’eau commune avec un peu d’eau-forte. Voyez Souder & Soudure.
- Ebène. Efpece de bois fort dur, qui nous vient des Indes & de TUle-Maurice, en Afrique. Il y en a de noire, de rouge & de verte. On fe fert de la noire pour plaquer les claviers d’Orgue ; ou fi on les plaque en os, on fait les feintes en ébène noire. Il y a deux efpeces de celle-ci. Les Ouvriers nomment l’une ébène mâle , qui eft la plus dure, la plus noire, la moins poreufe, & celle qui reçoit le plus beau poli. Ils appellent l’autre , ébène femelle, qui eft plus poreufe, moins dure, & qui n’eft pas fufceptible d’un fi beau poli. On préféré toujours l’ébène mâle. En plaquer les claviers , page 249 , n. 700—702.
- Echalote. C’eft ainfi que quelques-uns nomment une anche. Voyez Anche.
- Échappement de vent. On le dit d’une communication du vent d’un trou à l’autre trou voifin,
- Orgues. IF. Parc.
- ELÈ
- entre la table du fommier & le regiftre, où plus ordinairement entre le regiftre & la chape, lorf-que ces pièces ne font pas bien appliquées l’unê contre l’autre. Maniéré de reconnoître les échappements de vents, page 5*04, n. y. Réparer ce défaut, page 4y6, h. 1210.
- Échauffé. On dit du bois échauffé , lorfqu’îl à perdu fa qualité, par une humidité qui a fé-journé long-temps dans fon intérieur. Il tend alors à la pourriture. Tout bois échauffé doit être rejette pour les ouvrages de l’Orgue.
- Échelle. Bande de papier divifée exactement St également, dont on enveloppe le cylindre pour le noter.
- Échelles. C’eft ainfi qu’on nortmme certaines ma* chines en ufage dans le mécanifrne de l’Orgue „ page 11 y, n. 370—373. U y a de doubles & de fimples échelles, page 396, n. rojo—IO/8. Il eft encore une autre efpece d’échelle , page 3 99 * 72. 105p.
- Écho. C’eft une partie de l’Orgue, page 135» 72. 429. Pofer le fommier de l’Echo, page 388* 72. 1029 : y faire aller le vent, page 3>o, 72.
- 1034-
- Ëcl'ffes. C’eft le nom des planches minces qui compofent les plis des foufflets, page 121,72. 3 8y i les faire & les garnir, page 281 , n. 777—78/.
- Écouene. Ce que c’eft, page, 16, n. 63.
- Écrouir. C’eft durcir quelque métal par toute autre voie que par la trempe. On peut écrouir le fer, l’acier, le cuivre, & tous les autres métaux duâiles , pat le marteau, par la filiere, &c» On dit qu’un fil d’or , d’argent, de cuivre, & de de fer eft écroui, lorfqu’on le fait paffer par plu-fieurs trous de la filiere, fans l’avoir fait recuire. On en vend d’écroui & de recuit. Celui qu’on emploie pour les refforts des foupapes doit être encore plus écroui que celui que les Marchands: vendent comme écroui. On l’achete un peu plus gros qu’il ne faut, & on le fait paffer fans le recuire par quelques trous de la filiere. Celui dont on fe fert pour les goupilles des claviers, leurs guides, ceux des foupapes, les demoifelles , les pivots des abrégés, les pointes des rateaux, &c.; doit être bien écroui ; mais celui qu’on emploie pour garnir les vergettes doit être recuit. Voyez Recuire.
- Effets. Impreflion agréable que produit une bonne exécution de la Mufique. Effets dans l’exé-* cution , fe dit aufli des agréments différents , qui font l’enfemble de la bonne exécution.
- Effiler, ou effilocher ; e’eft détordre ou défaire le tortillement d’une corde, la remettre en filaffe, page 281 , 72. 77/.
- Égalifer les claviers de hauteur de force, pagt 394^ 72. 1043; page 428, n. 1134. Egalifer les Jeux à bouche de force & d’harmonie, page 437, 22. 11/0—1173. Egalifer les Jeux d’anche de force & d’harmonie, page 441,72. 1162.
- Égueuler un tuyau. C’eft retrancher quelque partie de fa levre fupérieure, enforte que fa bouche fe trouve plus haute, page 42/, n. 1133 » N°. 3—7 ; page 43/, n. 1148 ; p. 436, n. 1145). raccommoder un tuyau trop égueulé * page 42/, 72. 1133 5 page 4/3, 72. 1201—1203.
- Elévation. C’eft en fait de deilein, la reprelenw tation d’une machine ou d’une piece , ou bârimeric qui a une hauteur quelconque. On la delfine lelofl cette hauteur. t
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- 6]6 L’ART DU FACTEUR D’ORGUES.
- ETA
- Embrever. On dit qu’un cadre eft embrevé, lorfqu’il eft affemblé dans le bâti, en languette & rainure, page 147, 77. 472.
- Emprunt, eft une communication du vent d’une gravure du fommier dans une autre gravure voifine, page 504, n. y. Eeconnoître les emprunts >page 704, n. y. Réparer des Emprunts, page 45* 5, n. 120p. Emprunts dans la foufflerie ; les reconnoître , page y02, n. 1281 , N°. I.
- Encliquetage ; ce que c’eft, page 568 , n. 13 4P & 1370. Voyez Cliquet.
- Enclume, page 16 , n. 79 \ page 331, n. po8.
- Encoller les gravures d’un Sommier, p. ij2,n.
- S21 y Page 90, 72. 2p7.
- Enfourchements. (les) Ce que c’eft, page 97, n. 321 ; page 129 , n. 40P—411 ; page 133, n. 417, On nomme encore enfourchement l’entaille qu’on fait au bout des mouvements, V. mouvement. On dit affemblage en enfourchement, page iy, n. 3o—5*5. Faire & pofer les enfourchements des regiftres, page 3 8 6 , n. 1023.
- Enharmonique, (gamme) Elle eft compofée de '24 quarts de ton. Il eft inutile d’en parler ; elle n’eft d’aucun ufage dans l’Orgue. On fe contente de la gamme chromatique. Voyez Chromatique.
- Envoiler. (s’ ) Se déjetter, fe tourmenter, c’eft la même chofe. On le dit du bois lorfqu’il perd quelque chofe de la jufteffe qu’on lui avoir donnée lorfqu’on l’a travaillé, foit qu’il fe courbe ou qu’il fe gauchiffe, 8cc.
- Equerre à rebord, page ip, n. 73.
- Ereinter un tuyau, c’eft l’affaiffer, ou Je faire pencher ou ployer en le forçant. Ordinairement c’eft à fa bouche qu’il fe gâte lorfqu’on applique l’accordoir mal-adroitement, foit en le penchant de côté, ou en le forçant trop. On dit encore éreinter une foupape ou autre chofe, lorfqu’on la force ou qu’on la décole en partie, 8cc.
- Efprit-de-vin pour faire le Vernis. Voici la maniéré d’en faire l’épreuve : on prendra une cuiller à bouche, d’argent ou de cuivre ; on y mettra une
- petite pincée de poudre à canon , Si on la remplira d’Efprit-de-vin. On allumera cet Efprit-de-vin avec un papier allumé. La cuiller étant bien à l’abri , de peur que l’air n’éteigne le feu , l’Efprit-de-vin doit brûler en entier 8c enflammer la poudre. Si elle ne prend pas , ce fera une marque que l’Efprit-de-vin n’eft pas propre à faire du iVernis, ou même fi la poudre ne prend que comme une fufée, il ne fera pas bon non plus. Il faut qu’elle s’enflamme fubitesient.
- EJfai, pierre d’effai; ce que c’eft, page 23 , n. 5)5*. On la nomme aufli moule à ejfayer Vétain. -Faire l’effai de l’étain, page 313, n. 853—85y.
- EJfence de térébenthine, Voyez Vernis.
- EJfes. (les) Ce que c’eft, page 97, n. 314: les faire 8c les pofer, page 203 , n. 609.
- Ejlrade. Plancher un peu plus élevé, pofé fur un autre. Une alcôve eft ordinairement fur une eftrade.
- Etain ; le connoître, en faire l’effai, fon choix, page 312, n. 862—855.
- Etamer les fers à fouder, page 334, n. 91 y. Etamer les bifeaux avant de les fouder en leur place, page 344, n. 938. Etamer les defïus des noyaux, page 362 } n. 973.
- Etampe pour' les anches, page 27, n, 99.
- Etamper les anches, page 3 58, n. 98y*
- Etampoir 3 page 27, n. IQO.
- FAU
- Etanc/ze,fignifie qui ne laifte point paffer ou perdre de vent. Ainli on dit d’un fommier qu’il eft bien étanche, lorfque les regiftres 8c les chapes joignent exadement, enforte que lorfque les regiftres font tous fermés, on n’entend abfolument rien, quoiqu’on baiffe les touches. Il faut de plus pour qu’un fommier foit bien étanche, qu’il n’y ait point d’emprunts. Si, en même-temps, les foufflets, les grands porte-vents, les layes des fommiers ne perdent point du tout de vent, on dit alors que l’Orgue eft bien étanche.
- Etancher ; c’eft réparer toutes les pertes de vent.
- Etiquettes; (les) ce font de petits morceaux de gros papier, fur lefquels on écrit le nom de chaque Jeu , 8c qu’on colle avec la colle-forte , au-defliis de chaque tirant refpedif, page 404, 72. 1074.
- Etirer la peau. On ne doit pas l’étirer lorfqu’oiî en double les foupapes, page 196, n. 788. Il ne faut étirer la peau que dans la largeur des bandes lorfqu’on les colle fur les dos des édifies des foufflets page 283 , n. 781.
- Etojfe. Ce que c’eft, fa compofition, p. 314, 77. 856 : en fondre des tables, page 322, n. 886. —888.
- Etoffer, veut dire mettre fuffifamment de matière. Ainli on dit qu’il faut bien étoffer les tuyaux, pour dire les faire fuffifamment pefants , affez épais.
- Etoile. Petite plaque de cuivre taillée à douze pointes, page y 58 , n. 1330 ; page 369 , n. 1373*
- Etoujfoir. Ce que c’eft, page 778, n. 1326.
- Eventail. C’eft l’enfemble des bafcules relatives au clavier 8c au fommier du Politif, page 117, 72. 377 : fa conftrudion, page 399, n. io5q—î 1066.
- Eventé. On dit qu’un tuyau bouché eft éventé lorfqu’il n’eft pas exa&ement bouché.
- Exécution j c’eft faérion d’exécuter une piece de Mufique.
- ExpreJJîon ; c’eft la faculté de fentir 8c de rendre avec énergie les chofes de fentiment,
- F
- Façade dOrgue. C’eft l’enfemble de tout l’ex» térieur du devant d’un Buffet d’Orgue.
- Fafteur dOrgue. C’eft ainfi qu’on nomme l’Ouvrier ou l’Artifte qui exerce l’Art de la conftrudion des Orgues.
- Faéture de VOrgue. C’eft l’Art de conftruire les Orgues.
- Faux , ( fer en façon de ) ou de Faucille, Ce que c’eft, page 124, n. 398 8c 401.
- Faux regiftres, ou regiftres dormants. Ce que c’eft, page 90, n. 297. Les faire 8c les pofer, page 173 , w. 734—736-
- Faux rejforts. Ce font des refforts de fil de fer qu’on met aux foupapes des fommiers pour les contenir lorfqu’on les conftruit, en attendant qu’on puiffe s’affurer par l’expérience de la force convenable des véritables refforts, page 203,72. 5i2.’ On les fait beaucoup plus forts que les véritables refforts ne doivent l’être, afin que les foupapes prennent bien l’empreinte de leur place.
- Faux-Sommier. Ce que c’eft, page 99, n: 327 : le faire & le pofer, page 421, n. 1124—! 1131.
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- TABLE DES MATIERES.
- FLU
- Feintes') ( les) ce que c’eft, io;, n. 34a. Faire & pofer les feintes, page 25*4, n. 712—713.
- Fenêtre du clapier -, ( la) ce que ceft , page 87, n. 287; page 88, n. 292; fes dimensions» page 1146 » n. 431.
- Fer à retendre les languettes ; ce que c’eft , page 30, n, ii2*
- Fermeture des layes des fommiers , autrement dit tampon; ce que c’eft, page 98 , n. 307—310.
- Fermeture du tremblant-doux, page 123, n* 401.
- Ferj à: brûler; ce que c’eft, page 34» 124:
- leur ufage, page 187, n. 335.
- Fers d’abrégé. Voyez 2?rai des rouleaux d’a-rbégé.
- Fers à fouder, page 2 î , tz. 83 : les étamer. V. Etamer,
- Feuillure ; c’eft une entaille ordinairement quarrée, faite fur le bord d’une piece, pour qu’une autre s’y enchâffe.
- Fifre. Maniéré de l’imiter fur l’Orgue, page 33 2 »
- 72. 22.
- Filajfe. On s’en fert lorfqu’on colle des porte-vents de plomb, qui tranfmettent le vent aux tuyaux de la Montre , & à tous les tuyaux pof-tés, page 418, n, 1116.
- • Filiere à tirer les regijlres , page 30,72, 114: fon ufage, page 176, n. 331—333.
- Filiere à trous, pour tirer-le fil de fer & de laiton. On doit en avoir une pour rendre plus dur, ou pour écrouir davantage, ou pour rendre plus menu le fil de laiton.
- On s’en fert encore avec avantage pour tirer les pilotins de bois, en ufage au fommier du Pofitif. On choifit pour cela des tringles de bois de noyer, qui Soit de droit fil de tout côté. On l’ébauche approchant de la groffeur qu’il doit avoir avec une mouchette, & on le fait paflfer, en le tirant par plufieurs trous de la filiere. Mais il faut l’introduire dans les trous par la face de la filiere, ou les trous font à vive-aréte , & non pas par la face où les trous font évafés. C’eft ceuc vive-arête qui coupe le bois fuperflu de la petite tringle. Par ce moyen, on fait les pilotins bien unis, bien ronds & bien égaux de groffeur. Ils doivent avoir ces qualités, afin qu’ils coulent bien dans leurs trous du chaflis du fommier.
- Final, fe dit des tenues qui terminent les agréments , ou des filences qui terminent les pièces, ou même les phrafes de Mufique.
- Flageolet. Maniéré de l’imiter fur l’Orgue,page 332,72.23.
- Flatté) (agrément ou cadence) c*eft une ex-prefïion particulière qui termine ces agréments, par le moyen d’un module fur la note au-deffous de la tenue finale.
- Flipots ; ( les ) ce font des morceaux de bois qu’on entaille dans les barres du fommier, page 92, «. 303. Faire, entailler, coller les Flipots, & leurs ufages, page 192 , n. 374—379.
- Flàte. Jeu de l’Orgue, page 46 , n, 166- Le nom de Flûte convient aulîi à plufieurs 8 pieds, à des 16 pieds, à des 32 pieds, aufîi qu’à des 4 pieds, lorfque ces Jeux font mis à la Pédale, page , 44, 72. 138—163 ; où l’on verra que le nom de Flûte fe donne encore à un fécond & à untroifieme 8 pieds ouvert, s’il y en a dans l’Orgue. Diapafon de tous ces Jeux, page 67, 72. 231 6* fuiv*
- GEN
- Flûte) (imiter la vraie) page 53ij n. 19.
- Flûté ; ( fon ) c’eft un fon doux , harmonieux ; fort agréable, 8c qui imite bien la flûte allemande.
- Fondre l’étain & Vétojje, C’eft mettre l’un ou Pautre métal en fufion ; en faire des tables pour la conftru&ion des tuyaux de l’Orgue. Il eft deux maniérés de fondre & de faire les tables. La première eft de jetter la matière fondue fur la tablé en pente, page 320, n. 882—S87. La fécondé maniéré eft de couler fur une table de niveau* page 3 22,72. 889—896.
- Forger. C’eft battre fur une enclume , ou fur un tas, avec un marteau , les tables d’étain 8c ' d’étoffe pour les écrouir. Il y a deux maniérés de forger : la première à la main , page 330, 72. 907 ; la fécondé maniéré s’exécute au moyen d’un$ machine , page 331, n. 908.
- Forger les languettes, page 274, n. IOOI.
- Forgeur, eft celui qui forge les tables d’étain 8c d’étoffe.
- Forté-Piano 5 fa defcription , page 634, n. 14?$ -—1439 : fon organifation, page 636, n. 1460 —1473.
- Foulant ; ( abrégé ) c’eft ordinairement celui du Pofitif. Voyez Abrégé.
- Fourneau. Ge que c’eft, 8c fa conftruétion,page 313,72. 868—869.
- Fourniture. Jeu de l’Orgue, page 47, n. 173—* 174 : fon diapafon, page 74, n. 236—279. V* dans le Tableau, Pl. 17, toute la Fourniture notée : en faire les tuyaux, page 337, n. 967.
- Fraife , ou Fraifoir. Ce que c’eft, page 28, 72. 108. Son ufage, 186, n. 333.
- Fraifer ; c eft, avec la fraife, ébifeler les troué fur lefquels fe pofent les tuyaux , comme ceux des chapes, &c.
- Fraifoir, ou Fraife , Outil, page 288, n. 108. Frange de foie. On en fait ufage pour faire les bouchons dont on fe fert lorfqu on accorde le$ Jeux compofés, comme les Cornets, les Fournitures, &c. page 36, 72. 130.
- Fujeau % ( myaii-* a) ce que c’eft, page 47 , né
- 134 : leur diapafon , page 69, n. 242—244.
- Fufée. C’eft un cône tronqué, qui contient tout à l’entou'r dans fon extérieur, une rainure fpirale, pour y loger une corde de boyau, ou une chaîne » page 368, n. 1349—1371.
- Fût d'Orgues. C’eft ainfi que bien des gens s’ex^ priment pour dire un Orgue ». ou un Buffet d’Orgue.
- G
- Galere $ efpece de rabot, page 18,72, 70 : fon ufage, page 336, n. 920.
- Gamme. Voyez Chromatique. Voyez Diatonique. Garde-chaîne, ou Garde-corde. C’eft une petite machine qui fait arrêter le remontoir d’un rouage à reffort, lorfque la chaîne ou la corde eft par*-venue au haut de la fufée, page 570, n. 1375* Garnir la laye d'un Jommier, page 198 tz. 793] —621.
- Garnir les vergeites de leur jil de laiton recuit » page 393, n. 1043-—1043. .
- • Gelif) (bois ) c’eft-à dire, qui a plufieurs petites fentes.
- Gèlivures, ou Géliffures j ce font les petites fentes qui fe trouvent dans le bois gélif.
- Genre de VAuteur. C’eft exprimer 8c faifir fijt véritable exécution avec tous fes détails»
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- L’ART DU FACTEUR D’ORGUES.
- HAE LAI
- Gêométral. C’eft un terme dont on Fe fert en parlant d’un deffein. On dit un plan géométral, une élévation géométrale. Cela veut dire que ce deffein repréfente la chofev, non comme elle pa-xoît à nos yeux , ce qui feroit en perfpeélive, mais comme eft en elle-même, avec toutes fes mefures & fes proportions.
- Gerçure, fignifie la même chofe que géliffure ou gélivure. Voyeç ce mot.
- Goder, faire de faux plis. Une peau, un papier , un parchemin mal étendu, où il paroît des rides, qui n’eft pas plan, on dit qu’il gode.
- Gomme copale, gomme lacque. Voyez. Vernis.
- Gojiers ( les ) de la foufferie ; ce que c’eft , page 122, n. 389—~3pO : leur conftruétion, page 25)4» n. 81 y—816 : leurs proportions, page 307, n. 8 jj—836.
- Gouge, Outil de Menuiferie fait en canal. Il en faut de toutes les grandeurs pour la faâure de l’Orgue.
- 'Goupille. Ce que c’eft, page 107 , n. 342. Po-fer ces Goupilles , page 249 , n. 699.
- GouJJets On nomme quelquefois ainfi les aînés des foufflets.
- Goût, don précieux qu’on reiTent mieux qu’on «e peut l’exprimer. Il fait donner de l’intérêt aux moindres chofes.
- Grand Jeu. C’eft le mélange d’un certain nombre des Jeux de l’Orgue, page 523.
- Grattoir ou Racloir. Il y en a de trois efpeces, page 30, n. m. Un autre Grattoir, page 23,
- ”• 93*
- Grave; (ton) il eft oppofé à aigu; c’eft-à-dire, un ton bas. Voyez Aigu.
- ffe. Graver une chape, y faire des Gravures, page <9<y , n. 313. Graver d’une façon plus compolée, page 98 ,n. 324. Exécuter ces gravures,p. 188, H.,yy8~-sôi.
- Gravures des Sommiersce que c’eft, page 8 y , page 89 , n. 294.,Les proportions des Gravures, page 173 , n. 472—485.
- Griffe OU Tourne-A-gauche 3 psige £ , n.
- Grille de Sommier, page 89, n, 2^4 : l’exécuter, page 166, n. 507—712.
- Gripper, il arrive quelquefois que Iorfqu’un tuyau d’anche entre fort jufte dans fon pied, le noyau y frotte fi fort dans fon intérieur, que l’une & l’autre matière fe raclent & s’enlevent mutuellement. Elles fe mordent, pour ainfi dire; c’eft ce qui s’appelle fe gripper ou gripper. Il arrive de-là que lorfqu’on a ainfi enfoncé le noyau dans fon pied , on ne peut plus l’en retirer fans gâter, & quelquefois fans caffer le tuyau. Pour empêcher la matière de gripper ainfi, on pafîe légèrement un peu de fuif autour du noyau, page
- 364, ”. 276.
- Guide ; c’eft une pointe fans tête. Il y a des Guides aux foupapes des fommiers, page 93, n. 307. Pofer ces Guides, page 194, n. 754—$96* Les Guides des touches des claviers, page 107,
- 72. 340 : les pofer, page 252, n. 707. Les guides des pilotes ; ce que c’eft, page 108, n. 371. Gutte, (gomme) Voyez Vernis.
- H
- "Harmonie. C’eft en général un fon moëleux, tendre , net, fonore , brillant, doux, éclatant.
- Un fon qui réunit ces qualités eft néceffairement
- agréable. On dit qu’un Orgue ou tuyau eft harmonieux. Chaque Jeu doit avoir fon Harmonie particulière ; mais il doit toujours réunir toutes ces qualités, excepté l’éclat à l’égard de certains Jeux. Le Fadeur d’Orgue n’eft habile qu’autant qu’il a de goût & de connoiffance de l’Harmonie ; qu’il la fent, qu’il la difcerne bien décidément , page 497 , n. 1280.
- Hautbois. Jeu de l’Orgue, page 77, n. 202. Figure de fes tuyaux, page 83, n. 284 & 285. Son diapafon corrigé, page 476, dans le Supplé-, • ment aux corrediôns, &c.
- Hauteur de la bouche des tuyaux, eft de la plus grande conféquence pour la qualité de l’harmonie , page 342,n.934î Page 3n• 9S3">Page 426, 72. 1131, N°. 3.
- Houpe de foie. Voyez Bouchons de foie.
- Houffoir. Efpece de balai de plumes. On s’en fert pour ôter la poufliere d’une Montre d’Orgue , pour ne pas courir le rifque de gâter les tuyaux. Huile de lin. Voyez Vernis.
- I
- {
- Jeu $ Orgue. Ce que c’eft, page 37, n. 136—* 207.
- Inégalité. Elle a lieu dans l’exécution, fur-touf pour les croches, dont les premières font plus longues , & les fécondés plus courtes. Quelquefois les noires font fufceptibles de cette Inégalité , ainfi que les doubles croches. Dans c& cas, on les diftingue en premières & fécondés.
- Inftrument pour ôter 8c remettre les refforts des foupapes dans les layes des petits fommiers, page 102 , 72. 3 30.
- Jumelle, Ce que c’eft, page, 123, n. 393.
- Ivoire. On ne s’en fert prefque jamais pour les claviers d’Orgue , à caufe quil jaunît bien-tôt : on lui préféré les os des jambes de bœufs, page 274 , 77. 712.
- K
- >
- Karabè, ou Succin, ou Ambre. Ce font différents noms qu’on donne à la même fubftance.
- Voyez Vernis.
- L.
- 1 Laiton ou cuivre jaune. C’eft du cuivre rouge rendu jaune par la cementation ou le mélange du zinc ou de fa mine, qui eft la calamine, ou pierre calaminaire. Le Laiton étant un peu moins fujet au verd-de-gris, & étant plus ferme 8£ plus folide, quoique bien duéfile , eft préféré au cuivre rouge, pour l’Orgue & pour un grand nombre d’autres Arts. On s’en fert, tiré en fil, pour les refforts des foupapes, pour garnir les vergettes, &c. on l’emploie pour les anches, les languettes, &c. Le cuivre rouge eft difficile à limer, à caufe qu’il empâte les limes. Il n’eft pas fufceptible d’être auffi-bien écroui que le laiton»
- Il faut obferver que le Laiton demande d’être bien ménagé quand il eft chaud : il caffe très-aifément. Auffi il faut le manier alors bien doucement, 8c ne pas le faire trop rougir ; car il eft plus facile à fondre que le cuivre rouge. Celui-ci fe forge à chaud & à froid ; mais on ne peut forger le Laiton qu a froid, La raifon pour laquelle le Laiton
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- TABLE DES MATIERES.
- MAR
- «ft fi caftant ïorfqu’il eft chaud, eft qu’étant inti* mement uni avec le zinc, les molécules de celui-ci deviennent liquides , & reftent dans cet état tant que le laiton eft chaud jufqu’à un certain point, quoiqu’il ne paroiffe pas rouge. Tant que le zinc refte liquide, ou prefque liquide, il tient les parties, du cuivre défunies, de en empêche la parfaite adhérence. Dans cet état, le laiton fe cafte même par foii propre poids : mais Ïorfqu’il éft refroidi, les molécules du zinc deviennent fo-ïides, de foudent, pour ainfi dire, entr’elles celles de cuivre, de en font un feul & unique métal.
- Laminoir, ( le ) eft une machine au moyen de laquelle on applatit le fil de fer de de laiton pour en faire les pointes, dont on garnit le cylindre d’Orgue lorfqu’on le note, page S9B > n, iqp6{ >—1409.
- Langue. Voyez Coup de langue.
- Languettes. Ce que c’eft, page y2, n. 183^ 85 : les faire, les choifir de les pofer, page 374, il, IOO1—1007.
- Langueyer un Jeu, c*eft le garnir des languettes. Voyez Languettes.
- Larigot. Jeu de l’Orgue, page qrf, n. 172 : fôn diapafon, page 71, n. 25*0.
- Laye ( la ) d’un Sommier. Ce que c’eft, page 8y, vers le commencement du Chapitre 5, page 93, n. 305* & 30 5; page ps 9 n. 313—315. Exécuter toutes les pièces qui compofent la laye , page 194, n. y8ô—521.
- Levier ; ce que c’eft , page 3 fuiv. n. 1— 20. On fait un grand ufage du levier dans toutes les parties du mécanifme de l’Orgue ; c’eft pourquoi il eft néceflaire de le bien connoître.
- Liées ; ( notes ) c’eft-à-dire, qui ont entr’elles un iilence très-court. Voyez Silence.
- Limaçon; ce que c’eft, page y58, h. 13505 page 359, n. 1353 ; page 371 , n. 1357.
- Lime. Il en faut de plufieurs façons, de fur-tout une grande lime à dreffer les anches, page 28 , n. 102.
- Linge chaud; on s’en fert pour coller la peau de le parchemin. Voyez Coller.
- Lingotier pour la foudure, page 22, n. 88.
- Lijîere de drap. On en colle une fur la tra-yerfe antérieure de chaque clavier, pour empêcher que les touches ne faffènt du bruit.
- Liffer les tables d'étain 6* £étoffe, page 332, n. 910.
- Lit du chariot ; c’eft une eftrade ou charpente fur laquelle marche le chariot d’un grand cylindre, page yS2, n. 1377.
- M
- Manche du bruniffoir ; comment on le fait, p. Î17, n. 57. Man.ches des fers à fouder, page 22 , n. 86.
- Manipulation. C’eft un terme ufité en Chymie de en plufieurs autres Arts. Il fignifie maniéré d’opérer.
- Manivelle, eft un levier appliqué à l’axe de la vis fans fin dans un Orgue à cylindre.. On fait tourner cette manivelle avec la main, & par ce moyen le cylindre.
- • Marbre à chanfreiner, page 34, n. Î20.
- Marche, fignifie un certain nombre de tuyaux qu’on fait parler enfemble fur une même touche du clavier : ainfi l’on dit une fourniture à 3 , à
- Orgues. IV* Part.
- MOR
- 4 ou à y tuyaux fur marche ; c’eft-à-dire, une four^ niture compofée de 3 , de 4. ou de 5 tuyaux ou rangées de tuyaux, qui parlent enfemble fur chaque touche du clavier. Dans ce fens, on peut dire aufii que chaque touche du clavier eft une marche. L’expreflîon feroit la même, en difant, Une fourniture de 3 , ou 4, ou y tuyaux pat touche, ou à 3, à 4 ou 5 rangées tuyaux.
- Marche du clavier de Pédale. On nomme plus communément marches les touches du clavier de Pédale*
- Marques fur le cylindre. Ce font des points qu’ont trace fur le cylindre, à mefure qu’on fait parcourir » par la manivelle, les différentes divifions du cadran à l’aiguille de carton. On appuie un peu fur la touche du clavier. C’eft fur ces marques qu’on place les pointes convenables pour le notage.
- Marteau à forger les tables d’étain £ étoffe*
- Voyez Majfe à forger.
- Martellement, Agrément ; efpece de cadence de deux ou trois modules au commencement d’une note.
- Majfe à forger , page 15 * n. 5o*
- Meche de viilebrequin, page 28, w* 107—109*
- Mélanges des jeux de l’Orgue , page 523—535 , n. 1292—1293.
- Mélodie, veut dire une heureufe de agréable fuite de fons qui forment un chant qui plaît. II ne faut pas confondre le terme de Mélodie avec le mot Harmonie. Celui-ci fignifie un fon agréable * ou l’art de la combinaifon de plufieurs fons en-; femble. Cependant on prend bien fouvent l’uft pour l’autre. On dit une voix mélodieufe, pou£ dire voix harmonieufe,
- Menue taille. Ce que c’eft, p. 41, w. 151—1 y y.1
- Mefure. Divifion de la durée du temps en parties égales, pour défigner le mouvement datisime pièce de Mufique.
- Mefures des porte-vents, ( réglés pour les ) pag& 29y, n. 817—Say. Mefures pour les Sommiers^ Comme ces Mefures font en grand nombre, voye% les pages Tp.^-oTn.
- Modules des cadences ou autres agréments, s’entend des petites articulations, dont la réunion conftitue l’effet des cadences. Ils font comme de petites mefures auxquelles toutes les autres fe rapportent. Chaque module vaut à peu-près «ne triple-croche.
- Moelleux. Voyez Harmonie.
- Montants. Ce font des pièces de bois verticales dans un affemblage de Menuiferie, autres que celles qui terminent un ouvrage. Celles-ci s’appellent ordinairement battants. Ces pièces portent toujours les mortaifes. Il y a des montants de fer, de cuivre, &c. dans différentes machines.
- Monter les tuyaux ; c’eft en fouder le pied avec le corps. Monter les grands tuyaux de la Montre , p. 345 , n. 941. Les autres tuyaux,p. 355 9 n. 959.
- Montre d’un Orgue, Ce font les tuyaux qui en rempliffent la façade. Leur conftru&ion, p. 8261 n. 897—94y. Defcription des tuyaux de la Montre de l’Orgue de la Cathédrale de Béziers, p. 347, n. 945. Maniéré de vernir en blanc ou en couleur d’oE les tuyaux de la Montre. Voyez Vernis.
- Mortaife. C’eft une ouverture , ou une entaille qu’on fait dans une pièce de bois, ou de quelque métal, pour recevoir un tenon ; c’eft ce qu’oa nomme affemblage*
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- TART DU FACTEUR D’ORGUES*
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- .O CT
- Mouffettes, C’eft ainfi que plufieurs Ouvriers nomment les manches des fers à fouder. Voyez Manches des fers à fouder.
- Moule ctes bîfeaux, p. 22, n. 90. Moules des bagues pour les Jeux d’anches. V. Bagues.
- Moule des noyaux ; fa defcription & la façon de le faire, p. 24, 7ip5—p7- Moule à effayer fétain , p. 23 , n. p y.
- Moules à rouler les tuyaux, p. 20, n, 80. Moules des pieds, p. 21, n. 81. Moules des Trompettes, p. 21, n. 82. Moule des pieds des Jeux d’anche, p. 21, n. 85.
- Mouvement, en termes de Mufique, marque les degrés de vîteffe ou de lenteur d'une piece. Il doit s’ef-timer par la durée du temps, & non par la quantité des mefures.
- Mouvements. On nomme ainfi en général des tringles de bois d’environ un pouce en quarré, qui fervent à porter le mouvement des tirants jufqu’aux regiftres des fommiers. Ces tringles ont prefque toujours un enfourchement à chaque bout, pour les accrocher aux bras des tournants & des balanciers, ou à d’autres tournants.
- Moyenne taille. Ce que c’eft, p. 41, n. iy 1— *5S'
- Mufique. C’eft l’art de combiner les fous d’une maniéré agréable à l’oreille.
- N
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- Naçard. Jeu de l’Orgue. Il y en a de plufieurs efpeces. Gros Nazard, p. 47, n. 165 : fon dia--pafon 9 p. 70, n. 246. Les autres Nazards, p. 46 9 n. 168 : leurs diapafons, p. 69 > n. 24a—*
- Noire. Note de Mufique qui vaut deux croches , ou la moitié d’une blanche.
- Notage. L’art ou la maniéré de noter les cylindres d’Orgue.
- Noter un cylindre, c’eft le marquer au moyen du cadran, & y appliquer les pointes convenables , pour exécuter loo aire avoc préci/iotl & cL2xém
- ment, p. $96, n. 1417 : p. 634.
- Notes. Caradere dont on fe fert pour écrire la Mufique.
- Notes. On nomme ainfi fouvent les pointes dont le cylindre d’Orgue eft garni.
- Notes empruntées. Ce font celles .qui, dans les agréments, s’écartent , foit en deflus, foit en deffous, de la tenue finale.
- Notes vraies, font celles qui, dans ces agréments , font fur la même ligne que leur tenue finale. .
- Noyaux des Jeux d'anche y p. 52, n. 185. Defcription des noyaux, p. 24, n. $y. Souder les noyaux aux tuyaux, p. 362, n. 973.
- Nud d'un bâti. C’eft proprement la carcaffe, ou les montants, battants, traverfes & panneaux d’un Buffet d’Orgues ou de toute autre chofe, fans en confidérer l’architedure, les cadres , les moulures ni les ornements.
- Numéros des anches, p. 369, n. ppo—992: Numéros des broches des anches, p. 27, n. 101: leur ufage, p. 368, n. 986. Numéros des noyaux, PI. 29. Numéros des trous des Sommiers, p. 181, n. 748 & 74p.
- Oftavçt C’eft un ton éloigné d’un autre de $
- OUT
- degrés, y compris le premier & le dernier. Ainfi on dit ÏOBave en haut, ŸOBave en bas. L’Octave fe dit encore de tous les intervalles qui la compofent. Dans ce fens, elle contient 7 intervalles de tons entiers & de deux demi-tons; & c’eft l’Odave diatonique. La chromatique contient onze intervalles de demi-ton chacun, On fe fert encore du mot Odave en parlant des différentes parties d’un Jeu. On dit dans ce fens, la première , la fécondé, la troifieme ou la quatrième Odave , c’eft-à-dire, les douze premiers ou plus grands tuyaux d’un Jeu : les douze fuivants font la fécondé Odave, &c. Le terme d’Odave fert encore à défigner les différentes parties d’un clavier : ainfi quand on dit la première Odave, cela veut dire les douze premières touches à gauche, &c.
- O&avier, parler une Odave plus haut. Les tuyaux à bouche font fujets à odavier, c’eft-à-dire , à parler une Odave plus haut que leur tora naturel à leur portée. C’eft toujours un grand défaut. Moyen d’y remédier, p. 426-—427.
- Offufquer. On dit que des tuyaux à bouche font offufqués, lorfqu’ils font trop près les uns des autres. Les tuyaux offufqués ne peuvent jamais parler dans leur bonne harmonie.
- Ordures. Ce font de petits corps étrangers, qui s’arrêtent aux foupapes, & qui, les tenant en-* tr’ouvertes, caufent des cornements. Elles font encore bien du dégât dans les Jeux d’anches, &c.
- Oreille ( 1’ ) s’entend de la fenfibiîité de l’oui^ pour la jufteffe des fons.
- Oreilles. Sont deux petites lames de plomb flexibles , qu’on foude toujours aux deux côtés de la bouche des tuyaux bouchés, & quelquefois de ceux qui font ouverts, p, 42, n, 172 : les fouder 4 P- 3$7’ ” 964.
- Organifation ; c’eft l’art d’ajufter un ou plufieurs jeux d’Orgue à un Clavecin, à un forté-Piano * à une Vielle , &c. Organifer, c’eft exécuter cette
- organifation.
- Organifation d'un forté-Piano, n. 1^9*—1473 V
- Organifation d’un Clavecin , p. 640, n, 1474—? 1481.
- . Organifation de la Vielle, p. 643, n. 1482—« J487.
- Organise. C’eft l’Artifte qui touche l’Orgue.
- Orgue. C’eft le plus grand, le plus étendu, lé plus majeftueux, le plus ingénieux & le principal de tous les inftruments de Mufique, qui les imite tous. On nomme aufïi Orgue l’endroit où il eft placé ; ainfi l’on dit, il eft à l’Orgue, pour dire il eft à la tribune où eft placé l’Orgue.
- Orgue de Chambre ou de Concert. Voyez Cham~ bre.
- Orgue en table Jimple, page 778, n. 1327—^ I33I*
- Orgue en table à deux Jeux , p. 760, n. 1332 —1337.
- Orgue à cylindre, p. $03, n. 1338—1407.1
- Os (les) des claviers. Les blanchir,p. 270, ni 701. Les travailler & les coller, p. 249, n. 700* —702.
- O fier s (les) des lourfettesy p. 9$, n. 3*$. Le$ faire & les pofer, p. 202, n. éoy—606.
- Outrer, fe dit d’un tuyau qui parle plus fore que fa portée ne demanue, & qui fort de fojj harmonie.
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- TABLE DES MATIERES,
- PER ï>IO
- P
- Paillon de fioudurt% C’eft une petite parcelle de foudure d’argent* V. Souder en argent»
- Palettes : on nomme ainfi les touches d’un clavier, autres que les feintes. Un clavier eft com-pofé de palettes 8t de feintes, & on nomme touches les unes & les autres*
- Panneau des claviers. Voyez Claviers.
- Pantoufle. C’eft ainfi qu’on nomme le levier faillant fur lequel on met le pied lorfqu’on fouffle foi-même, en touchant un petit Orgue.
- Parchemin. Peau de mouton, préparée de façon à la rendre propre à écrire delfus* On en fait un grand ufage dans l’Orgue, fur-tout pour tout l’intérieur des foufflets 8c des porte-vents. On en emploie aux fommiers. Maniéré de le coller, p* !jp4, n. 380—383»
- Parler ( faire ) les tuyaux à bouche, p. 423 ; n* !JI33> P- 435 ? n. 1148—1133. Faire parler les Jeux d’anche, p. 438, n. 1134—1172.
- Partie^ c’eft le nom de chaque voix, ou mélodie féparée , dont la réunion forme le concert.
- Il faut noter fur le cylindre les parties l’une après l’autre.
- Partition. Faire la partition, qu’on nomme autrement tempéremment, p. 428, n* 1135*— 1143» Patron des anches, p. 367 , n. 984. Patron des pieds des Jeux d’anche , p. 363 , n. 974—976, Patrons des différentes pièces de peau pour les foufflets , p. 286, n. 790 1 p. 288 , n. 799 , p. 289, n» 802—803.
- Peau blanche de mouton. Voyez Cuir*
- Pédales. On nomme ainfi tous les Jeux qui correfpondent au clavier de Pédale , ou qu’on |oue avec les pieds. Voyez Clavier de Pédale. Tous les Jeux qu’on met à la Pédale font de plus groffe taille que les autres Jeux femblables, & on leur donne ordinairement plus d’étendue dans les Baffes. Voyez quels font les Jeux à bouche qu’on peut mettre à la Pédale, p. 44, n. *138—171. Quels font les Jeux d’anche qu’on peut mettre à la Pédale, p. 44, n. 138—171. Quels font les Jeux d’anche qu’on peut mettre à la Pédale p. 55*, n. 197—Ï99. Conftruétion d’un fort grand Sommier pour la Pédale, p. 21 y , n. 642—649.
- Pédales [égarées ; ce font les Pédales ordinaires qui ont leurs tuyaux exprès 8c particuliers. On fe fert de ce terme pour les diftinguer de ces Pédales qui tirent les touches des Baffes d’un des claviers à la main : cette fécondé efpece fe nomme tirajfe.
- Peigne. ( ajouter les regiftres , les vergettes en ) Ce que c’eft, 8c comment fe fait cette opération, p. 395, n. 1046. Ajouter un regiftre caffé, p. $$6, n. 1210.
- Peigne. ( tuyaux en peigne ) Ce que c’eft, 3c comment fe fait cette conftru&ion. p. 573 , n. 1361.
- Peinture <Pun Buffet (POrgue. Lorfque le bois n’eft pas beau, on y paffe deux couches de peinture à l’huile, avec un vernis par defîus j ce qui conferve beaucoup le bois. Voyez Vernis.
- Pendules. On nomme ainfi quelquefois les de-moifelles. Voyez Demoifelles.
- Percer, (chevalet à percer,) p. 264, n. 73p. Pointe ordinaire à percer ,p. 249, n. 699. Pointe à percer le cylindre qu’on note pour y ficher les pointes dont on le garnit, p. 393, n. 1414*
- PerfpeSlive. Terme de deffeim C’eft la repire-fentation d’un objet tel qu’il paroît à nos yeux*’ félon la différence que 1 éloignement & la pofi-tion apportent» Il y a certaines parties de l’objet qui font raccourcies , d’autres qui font allongées, félon que les réglés de cet Art l’exigent à pour faire une véritable illufion aux yeux. Quoique cette maniéré de deiïirter contienne beaucoup d’avantages, cependant elle n’eft point propre à donner les juftes mefures de chaquepartie de la chofe re-* préfentée, à moins qu’il n’y eût une échelle perf-pedive ; mais comme peu de gens lauroient s’en fervir, on l’omet ordinairement*
- Pertes de vents. Il faut être fort foigneux de les réparer, tant à la foufflerie, qu’aux porte-vents 8c aux layes»
- Pefer les Jeux, pour connoître s’ils font étoffés comme ils doivent l’être. Voyez Poids des jeux.
- Phrafe de Mufique, fuite de chant ou d’haï- * monie, qui forme , fans interruption, un fens plus ou moins achevé.
- Piano-for té. Nous ne parlons de cet infiniment qu’à l’occafion de fon organifation. Voyez Orga nifation du Piano-forték
- Piece de Mujîque. Ouvrage d’une certaine éten-due, fait pour être exécuté de fuite.
- Pièces gravées. En faire pour porter le vent aux tuyaux de la Montre, & à d’autre tuyaux pof-tés, page 419, n. ï 120—1121. Pièces gravées des Cornets, page 476, aux correélions & additions de la fécondé partie : les pofer, p. 388,
- 72* 1028.
- Pieds des tuyaux à bouche, page ^7, n. 138.’ Pieds des Jeux d’anche, page 74, n. 189—1$6* Conftruétion des pieds des tuyaux de Montre a page 333 , n. 918—919 j p. 343 , n. 936. Conf-trudion des pieds des autres tuyaux à bouchej page 331 , n. 949-^-930. Conftruétion des pieds des Jeux d’anche, page 363 , n. 974—976. Pieds de bois pour les bombardes de bois, page 363, 72. 978. Pieds de bois pour les tuyaux de bois ,
- page 308. n. 8ro 8c 8.T3.
- Pieds des faux-Sommiers, page 99, n. 327 s
- les faire & les pofer, page 422, n. 1128..
- Pignon. C’eft une petite roue, ordinairement d’acier, qui engrene dans une plus grande.
- Pilotes. Ce font de petites tringles de bois* qui tranfmettent le mouvement des touches du clavier du Pofitif, aux bafcules qui forment l’éventail, 8c de-là aux foupapes de fon fommier* p. 108, n. 331 : les faire & les pofer, p. 402 * 71. 1067—1070. On nomme quelquefois les tournants , pilotes tournants.
- Pilotins. Ce font de très-courtes petites baguettes de bois, & quelquefois de cuivre, qui fervent à lever les foupapes d’un fommier du Pofitif, 8c bien fouvent de l’Echo, page 104, 72. 337 : les faire & les pofer, p. 213 , m 637 & 638. Faire ces Pilotins à la fiiiere. Voyez. Filiere.
- Pincé. Agrément, Il fe fait en battant alternai tivement le fon de la note vraie ou écrite, & la note empruntée inférieure ou au-deffous, en commençant & en finiffant par la note vraie.
- Pincette àbec9oü Pince àbectp. 28, n. 103 & 104* Pincettes droites, courbes, pour manier les pointes d’un cylindre d’Orgue, page 393, n. 1413* Pincettes graduées, page 395"* I411,
- Pioches. Ce font des clavettes ou goupilles d’affez gros 61 de fer, dont un bout eft replié
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- L’ART DU FACTEUR D’ORGUE Si
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- «n équerre. Elles fervent à arrêter l’acerochement des mouvements à leurs bras refpe&ifs. Ces goupilles font appellées pioches, à caufe de leur pli, qui les fait reffembler en quelque maniéré, & bien en petit, à une pioche à travailler là terre, page [118, n. 378-—379.
- Piquer le cylindre. Cette opération fe fait après qu*il eft marqué. C’eft en préparant les petits trous avec une aiguille applatie, pour y mettre les pointes.
- Pivot. C’eft en général un bout arrondi de fer, ou de cuivre, ou de bois, qui eft cylindrique. Il eft joint à une pièce quelconque, pour que, par fon moyen, elle tourne fur elle-même. Ainfi l’on dit, les pivots des rouleaux d’abrégé, des tournants, 8cc. Lorfque ces pivots font un peu gros, on les nomme fouvent des boulons, des axes, des tourillons, comme ceux des bafcules des fouf-flets. Voyez Abrégés, Bafcules des foujffets.
- Plan. C’eft un deffein qui repréfente une ma-» chine dans toutes fes dimenfions, félon la figure qu’elle fait fur la terre , faifant abftraéfion de fon élévation : c’eft alors un plan géométral. Il y a aufli le plan perfpeétif. V. PerfpeSHve.
- Plan fignifie encore une furface unie & droite en tout fens.
- Plan incliné. C’eft l’inclination ou la pente du bec des touches d’un clavier de cylindre, en forme de chanfrein, afin qu’il puiffe glilfer fur les pointes.
- Planche d’étain ou d’étoffe, pour dire tables d’ér tain ou d’étoffe. V. Fondre,
- Planches percées, p. 3,03-, n. 1074—107/.
- Plaquer les claviers ; p. 249, n, 700-—702. Nous y avons dit de mettre un linge double fur le placage nouvellement collé, 8c un fort foliveau par deffus.
- Il fera encore mieux d’avoir un linge fort, en forme de poche bien coufue. On y mettra du fable fin en dedans en une fuffifante quantité, pour que cette poche étant applatie, devienne auftl large que le placage, 8c faffe en même-temps une
- épaifleur au moins d’wrx doigt ou d’un pouce rom-
- plie de fable. On appliquera fur le placage un papier, 8c par-deffus cette poche, dont on éga-iifera le mieux qu’on pourra l’épaifleur. On mettra par-deffus tout le foliveau, qu’on preflera comme il a été dit. Cette maniéré de prefler le placage eft en ufage parmi les Ebéniftes.
- Platte-face j partie d’un Buffet d’Orgue, page 87, n. 287. Comment on fait quelquefois les tuyaux de Montre pour les platte-faces, p. 346, 72. 943—947. Comment on fait les croiflants pour les affujettir à leur place,p. 414,72. 1102. Arranger la plinthe pour pofer ces tuyaux 72. 1110.
- Plein Jeu. C’eft le mélange d’un certain nombre de Jeux de l’Orgue, page 723.
- Plier, ou ployer les tuyaux pour les fouder. V. Rouler.
- Plinthes, (les) Ce que c’eft,page414, n. 1103; page 415, 72. 1108—1110.
- Plis des fouffLets, page 121, n. 387. Inconvénients d’un trop grand nombre de plis, page 273, 72. 776; page 274, n. 775) : les faire, les doubler, les aflembler, les recaler, les brider, les pofer dans le fouffîet, page 282,72. 778— 797. Il eft des cas où on les fait en carton doublé de parchemin en dedans 8c de peau en dehors. On les fait ainfi pour des fouflïets en lanterne, afin que ces plis foient plus légers ; mais on ne
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- le pratique que pour de petits fouffîet s. Voyez VOrganifanon du Piano-forté, 8c celle du Clavecin.
- Plomb. Celui d’Angleterre eft le meilleur pour l’Orgue. On fait les bifeaux de plomb pur. On fe fert du plomb pour compofer l’étoffe. Voyez Etoffe. On en emploie dans la compofition de la foudure. Voyez Soudure.
- Ployer les tuyaux pour les fouder. V. Rouler.
- Poids des tuyaux. E)es principaux tuyaux de la Montre, page 349, n. 947. Poids de plufieurs autres Jeux à bouche, page 358,72. 966. Poids du Cromorne, page 3661 ru 980. De la Voix humaine, page 379. Poids de chaque tuyau des autres Jeux d’anche coniques, page 378 n. 1008. Poids qu’il convient de mettre fur les foufïïets* page 384, 72, iqiS.
- Pointe à gratter, page 22, n. 87 : fon ufage 2 page 240, 72. 931.
- Pointe à faire parler les tuyaux, page 36, ni 13 1 : fon ufage, p. 438, n. 10/3.
- Pointe à percer : la faire, page 249, n. 699.: Pointe à faire les trous au cylindre, page $9$, ru
- Pointe de fil de fer à tête, dont on fe fert pour clouer la table du fommier fur la grille * 8c à quantité d’autres ufages dans la faéhire , page, 90,72. 297 : les pofer, p. 168, n. 713 j p. 170 ^ n. 717—718.
- Pointes fans tête. Ce font les guides des fou* papes des touches des claviers. On en garnit les râteaux. Elles fervent à beaucoup d’autres ufages,' Elles doivent être toutes en laiton.
- Pointes du cylindre : elles paffent fucceflrvemenç au-deffous des becs des touches, les font lever & par-là elles font ouvrir les foupapes. Il y as beaucoup d’art à pofer ces pointes, pour qu’ui* air foit joué avec régularité & précifion.
- Polir le brunijfoir. Voyez Bruniffoir.
- Polir le placage des claviers, page 273 , n, 71 ij Ajoutez à la fin de N°. Il y en a qui préfèrent au tripoli. le charbon de bois tendre en poudre très-s fine, avec de l’huile.
- Polir les tuyaux de Montre, page 337,72. 920-*? 923. Repolir les anciens tuyaux de Montre,page 452, 72. 1199.
- Pommettes, page 119, n. 379.
- Ponce. ( pierre ) C’eft une efpece de pierre fort légère & fpongieufe, qu’on croit être rendue telles par des volcans ou autres feux fouterreins. Ce qui le fait ainfi conje&urer , c’eft qu’on en trouve beaucoup aux environs des Monts Véfuve 8c Gibel. On en voit fouvent nager fur la mer, près du volcan de S. Nicolas, une des Ifies du Cap-Vert. On s’en fert pour ratifier la peau, dont le grand nombre de Faéleurs doublent les regiftres,1 pour en ôter la partie la plus mobile du duvet, & pour en égalifer l’épaifleur.
- Il y en a qui ne fe fervent point pour cet effet de la Pierre-ponce ; mais ils font un outil fingulier qu’ils appellent rabot, parce qu’il en fait la fonéfion. Ils appliquent avec une brofle fur une petite planche de bois d’un pied de long, une couche de colle-forte, & tout de fuite ils tamifenc par-deffus du verre pilé, & ils renverfent la planche ; aufli-tôt tout le verre fuperBu tombe. Quand la colle eft bien feche, ils rabotent la peau avec cette planche, dont le verre égalife & enleve le du-3 vet fuperflu de la peau. Ils font ordinairement deux rabots de cette efpeçej l’un fur lequel ils
- répandent*
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- répandent du verre pilé moins fin qùe Celui dé l’autre. Ils ébauchent avec le premier, & finiffent avec le fécond : cet outil fait fort bien fon effet.
- Ponts. Ge que c’eft, page 414. » n. 1103, où il s’agit des ponts pour les tuyaux de Montre * page 416, n-, 1111. Il y a plufîeurs autres ef-peces de ponts, page 423 , n. 112p.
- Ponts. Ce font (pour les cylindres d’Orgue) les pointes prolongées en forme de ponts, ou de petits crampons pour les tenues confîdéra-bîes.
- Pores du bois, de la peau blanche, &c. Ce font des trous ou des ouvertures imperceptibles, dont font parfemés le bois , les peaux, le parchemin, au travers defqueîs le vent filtre 6c fe perd. On fait tout ce qu’on peut pour boucher au moins en partie ces pores , en doublant en parchemin collé avec la colle-forte, en mettant double peau, &c. à tout ce qui contient le vent dans l’Orgue, comme les fbufflets, les porte-vents de bois, les layes des fommiers, &c. on encolle les gravures des fommiers pour la même fin. On refait même les doublures de parchemin après un certain temps pour les raifons données , page 43*1, n. 1196 6c 1197. *
- Port-de-voix ; agrément, dont le commencement eft une tenue confidérable fur la note empruntée : il fe termine par une petite tenue fur la note .vraie.
- Porte-vents. Il y en a de deux efpeces. Ceux qu’on nomme grands Porte-vents de bois, qui amènent le vent aux fommiers ; 6c les petits Porte-vents qui conduifent le vent aux tuyaux de la montre , 6c à tous ceux qui font poftés. Il y a des réglés pour déterminer la grofïeur 6c la capacité des grands Porte-vents, page 297, n. 824—825. Ajufter 6c pofer les grands Porte-vents, page 3 89, 72, 1032—1036. Principes au fujet de ces Porte-vents, page 297, n. 817—823. Faire les Porte-vents d’étoffe, 6c déterminer leurs groffeurs ref-pedives, page 417» n* iii3“*"IÏX4 ; loefaîrpf les couper, les fouder 6c les pofer, page 417, 72. Iliy---II2I.
- Porte-vent élaftique. Ce que c’eft, page 752,
- 72. I3I3---I3I4.
- Pofer toutes les machines de VOrgue. Voyez le noiq de chaque machine en particulier.
- Pofitif. O11 nomme ainfî un Buffet d’Orgue, plus petit 6c féparé du grand Buffet. Il eft pofé fur le devant. Le nombre 6c la qualité de pref-que tous fes Jeux eft moindre. Quelquefois le Pofitif n’eft point pofé féparément dans un Buffet particulier fur le devant du grand Orgue. On le met ou dans le foubaffement du grand Buffet, ou fur le grand fommier même, qu’on fait double à cet effet ; ou encore > on en place le fommier particulier au même niveau du grand fommier : mais il a toujours fon clavier particulier, ainfî que fon abrégé , &c. Réglé pour un fommier double, pour y faire jouer les Jeux du Pofitif auffi-bien que ceux du grand Orgue, page 238, n. 681. Réglés de plufîeurs fommiers de Pofitif, page 239, 22. 682—éBj. Devis des Jeux convenables dans plufîeurs efpeces de Pofitifs plus ou moins confidérables, pages 487 & 48(5.... 491.... Un autre, ibid. 491.... 4P2—.493.... Un autre fibid. '493.... Un autre,ibid. 493.... 494..,. 497.... Un autre, ibid. 497.... 496.
- Pojîer les tuyaux, c’eft les faire jouer ailleurs
- Orgues. IF. Part.
- MATIERES. ô6 3
- QUI
- qu’à leur placé naturelle fur le fommier. Tous les tuyaux de la Montre font poftés ; ceux des Cornets j prefque tous les tuyaux de bois, 6c bien d’autres qu’on ne peut pofer fur leur vent, c’eft-à-dire, fur leur trou refpeâif du fommier, page IOO, n. 328 ; page 419, n. 1120—^1122.
- Poteau-blanc , page 21, n* 84.
- Pot-à-colle, page 34, n. 117.
- Potée. C’eft de l’étain calciné 6c réduit en poudre très-fine. On s’en fert pour repolir le brunif» foir. Il y en a aufîî qui en font ufage pour donner le dernier luftre aux tuyaux d’une montre d’Orgue.
- Poulies, pour faire jouer une foufHerie. Voyez les Principes théoriques de cette machine, p. 9, n. 28—32 : leur ufage dans une foufflerie , p. 384 , 72. 1017.
- Prêle ; c’eft une plante, autrement nommée queue de cheval, dont les tiges font rondes, creufes 6c rudes en dehors. On fe fert de la groffe prêle pour adoucir le bois, les os, l’ivoire, l’ébène , &c. pour le placage des claviers, 6c pour les préparer à recevoir le luftre convenable. On ne fait aucun ufage de la petite prêle pout polir.
- Prejlant. Jeu de l’Orgue, p. 39, n. 142: fon diapafon, p. 68, n. 234.
- Principaux tuyaux ddune Montre ; ce que c’eft, p. 329 , n. 902.
- Prix ou ejlimation de toutes les pièces & Jeux VOrgue, page 467, n. 1238—-1258.
- Profil, terme de Defîmateur. C’eft la repréfen-tation d’une chofe vue de côté, pour en faire fentir les enfoncements 6c les faillies. Profil lignifie encore la fimple délinéation des moulures, des corniches, des cadres, &c. On dit dans ce fens, un beau profil, c’eft-à-dire, des moulures bien formées, bien ordonnées, de bon goût, &c. Ce qu’on appelle bien profiler, veut dire que les moulures s’accordent parfaitement enfemble dans les retours, les reffauts, &c.
- rrompt ( tuyau ; pour Les les jeux à bouche : c’eft toujours une qualité très-néceffaire ; mais les Jeux d’anche peuvent être trop prompts à parler ; c’eft alors un grand défaut, page 43 8 , 72. 1174.
- Pupitre , c’eft une planche de bois pour fou-tenir un livre devant l’Organifte, page 88, n. 292.
- Q
- Quadruple-croche. Note de Mufîque de la valeur du quart d’une croche. Il en faut 64 pour la valeur d’une ronde. Son exécution n’eft pofïîble que dans les airs d’une lenteur excefîive.
- Quarrer les trous des Sommiers. Voyez Trous des Sommiers.
- Quarte de Naqard. Jeu de l’Orgue, page 46, 72. 170 : fon Diapafon, 66, n. 227, 226.
- Queues des foufflets, page! 121, n. 387. Queues des foupapes. Voyez Soupapes.
- Quintadiner. On dit d’un tuyau ,' particuliérement de ceux qui font bouchés > bien rarement des autres, qu’il quintadine lorfqu’il fait fentir la quinte au-deflus du ton qu’il doit rendre.
- Quinte du. loup, p. 431, n. 113 7.
- Quinte, ou Naqard ; c’eft la même chofe, V. Naqard.
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- L’ART DU FACTEUR D'ORGUES.
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- Rabat. On nomme ainfi des pièces de peau, qu’on colle au petit bout des plis des côtés d’un foufflet, page 286, n. 790—791.
- Rable, eft un uftenfiie, ordinairement de bois, dont on fe fert pour jetter en tables l’étain ÔC l’étoffe. Il y en de plusieurs façons^ page 3 19 , n. 88r ; p. 323 , n. 890—891, où l’on décrit celui d’une troifieme efpece : Ton ufage, p. 325*, n. 895.
- Rabot pour Vétain , page 18,72.71. Pour le plomb, page 18, n. 72.
- Raboter Uétain, p. 326 ,n. 920—921. Raboter l’étoffe ou le plomb, page 371, n. 970.
- Racine quarrée. (extraâion de la) Voyez notes des pages 299 & 300. *
- Racloir, page 23 , n. 93 : Son ufage 337, n. 922.
- Râlement d’un tuyau d'anche. On dit qu’un tuyau râle ,lorfqu’il ne parle pas net, qu’il a un fon enroué, défagréable, page 440 , n, 1160.
- Rallonger ou ajouter un tuyau de Trompette, page 441 , n. 1163. Voyez Ajouter un regiftre y une vergette.
- Rangée de tuyaux 3 c’eft ordinairement un Jeu îîmple. On parle plus particuliérement de rangée, lorfqu’il s’agit des fournitures & des Cymbales, page 41, n. 130; page 47, n. 173—176 > page 377 5 b- 5^7.
- Râpes en bois, page 28 , n. 106.
- Rafette. Ce que c’eft, page 33» n* *86 : ^es faire , page 376, 72. 1006.
- Rateau. C’eft ordinairement une tringle de bois, le long de laquelle on fiche un nombre de pointes , pour fervir de guides à des bafcules. On met un rateau au Pofitif, & bien fouvent à l’Echo, &c. page 103, 72. 337, Faire un rateau, page 401,72. 1063—1066.
- Ratijfoire, page 37, 72.133.
- Ravalement. On défigne par ce terme les touches d’un clavier à la main , qui font ajoutées au-delà des quatre odaves ordinaires, fort dans les iDefliis, foit dans les Baffes ; mais on entend le plus fouvent l’étendue des Baffes, plus bas que le premier C fol ut, foit aux Pédales, foit aux claviers à la main. On dit un ravalement de Pé-tlale jufqu’en A mi la, jufqu’en G ri fol, jufqu’en F ut fa. Il eft fort rare qu’on mette de ravalement en haut ni en bas , aux claviers à la main.
- Recaler, c’eft donner le dernier ajuftage à une mortaife , à un tenon , à un angle, &c. pour qu’un aflemblage foit bien jufte, qu’il joigne bien, éc qu’il foit propre.
- Récapitulation des Diapafons des tuyaux à bouche, page 77, 72. 266.
- Recuire les lames de laiton pour les anches ; c’eft les faire rougir un peu, & les laifler refroidir, page 3(58, n. 983. On recuit de même le fil de laiton. Si on le trouve trop gros , on peut le rendre plus menu en le tirant à force fans filiere, étant recuit. Dans ce cas, fi on le veut bien doux, il faut le recuire encore, parce qu’en le tirant, il s’allonge & s’écrouit.
- Recuire lignifie encore, faire devenir bleu ou jaune un outil qu’on aura trempé , page 249, n. 699. Si l’on veut tremper un outil tranchant, comme un cifeau, un fer de rabot, on ne le recuit feulement que jufqu’à ce qu’il devienne jaune ou couleur d’or.
- REP
- Régale. Ancien Jeu de l’Orgue, qui n’eft plus guere d’ufage qu’aux Orgues en tables,page 57, 72. 204. Sa figure, page 33, n. 196. .
- Regifires ( les ) font des réglés de bois qui font partie d’un Sommier, & dont la fonction eft d’ouvrir ou de fermer le vent aux Jeux de l’Orgue, page 91 , n. 299 & 300 : leur fon&ion, page 96, 72. 318—320 ; page , 99 n. 327—329. Comment fe font les Regiftres 5 avec une Differtation , s’iljeft mieux ou non de les doubler de peau, page 77, 72. 329—339 : les tirer à la filiere. V. Filiere.
- Réglés des claviers à la main ; comment on en fait les divifions, page 246, n. 692.
- Réglé d'un clavier de Pédale, page 296, n> 716.
- Réglé d'un Sommier, page 163 , n. 497—703. Réglé de grand Sommier pour un petit 32 pieds, page 231,72. 573, Réglé de grand Sommier pour un 16 pieds, page 233, 72. 674 : pour un 16 pieds fans bombarde ,/>age 23 4, n. 673—677 : pour un grand 8 pieds, page 236, n. 678 : pour un petit 8 pieds, page 237, n. 680 : pour un 8 pieds avec le Pofitif fur le même Sommier, ce qui fait un Sommier double, page 238, n. 681 : pour un Pofitif ordinaire de 8 pieds, page 239 , 72. 682 & 683 : pour un Pofitif de 4 pieds , avec un autre plus petit, page 241, n. 684 de 687.
- Réglé à drejfer les tuyaux pour les bien fonder , page 372, 72. 971.
- Réglé pour les grojfeurs des porte-vents. Voyez Porte-vents.
- Réglé pour la grandeur & le nombre des fouf-flets pour un Orgue quelconque, page 300,72. 827.
- Relever les écujjbns pour des tuyaux de Montre , page 342, 72. 933,934, 936.
- Relever un Orgue , p. 430, n. 1193—1227.
- Remonter les foufflets en cuir neuf9 page 471 ,
- 71, 1197*
- Remontoir ; ce que c’eft, page 368, 1349—»
- Rentrant. (angle) On dit angle rentrant, plis rentrants d’un foufflet. Ce font ceux qui font des angles qui regardent le dedans du foufflet.
- Renvoi. Les pièces de Mufique doivent être notées fans renvoi fur le papier, avant que de les noter fur le cylindre.
- Reperes des Regiftres, p. 97, 72. 320; page 99,
- 72. 327. Comment on met ces reperes de plufieurs façons,page 191, n. 570—772.
- Replanir. C’eft donner le dernier fini à un ouvrage de Menuiferie , avec le rabot & le cifeau. On achevé ainfi de le bien affleurer, bien dreffer, bien unir, le mettre en un mot dans toute la propreté dont il eft fufceptible.
- Repolir les tuyaux de Montre, Voyez Polir les tuyaux de Montre.
- Repos ; ( en Mufique ) c’eft la terminaifon d’une phrafe ou d’une reprife. Il exige un filence d’environ la valeur d’une noire, ou au moins d’une croche pointée.
- Repoujfoir, page 90, n. 297 ; page 171, n. 718. Repouffoir pour égalifer les pointes d’un cylindre, P^ 397» b- I4I4*>
- Reprife. Toute partie de l’air qui fe répété, doit être écrite tout au long pour le notage des cylindre.
- Reprifes des Fournitures & des Cymbales, page
- 47, 72.173—173.
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- TABLE DES MATIERES.
- S AV
- Ëéfervoir du vent. Voyez Ztfjye.
- Réfine ; on s’en fert pour nétoyer & étamer les fers à fouder.
- Réfonnance. On dit d’un Bourdon de 4 pieds qu’il réfonne ou fonne 8 pieds. Une Trompette’ n’a quelquefois que 7 pieds, fi elle eft de menue taille ; on dit cependant quelle eft de 8 pieds en en réfonnance » ou qu’elle fonne 8 pieds. On peut dire aufll que le Cromorne , qui eft un Jeu de 4 pieds, eft un 8 pieds en réfonnance, ou qu’il réfonne ou fonne 8 pieds. On peut dire de même de la Voix humaine, de la Régale, du Ballon, &c, qui font de petits Jeux, & qui cependant font de 8 pieds en réfonnance, ou fon-nent ou réfonnent 8 pieds.
- Rejfort. ( grand) C’eft un long ruban d’acier roulé fur lui-même, qu’on met dans une boîte de cuivre nommée barillet, pour fervir de premier moteur dans un mouvement à roues pour la Serinette. Outre ce grand reffort, il y en a de petits , pour pouffer certaines pièces, & produire divers effets*
- Rejforts des foupapes, page pf , n. 314. Les faire, & tout ce qu’il faut obferver à cet égard, page 203, n. 610—617 : les pofer, page 203,
- 12. 618—621.
- Rejfort du Tremblant-douX, p. 127, n. 3pp—401. Rejfort du Tremblant-fort, p% 126, n. 402—404. Retendoir, page 17, n. 66 : fon ufage , page 332, n. pio.
- Retendre les tables d'étain a étoffe , page 332,
- n. pop.
- Rideaux. On n en met plus pour couvrir les façades des Orgues. On fait par l’expérience que celles qui en ont ne font pas moins fujettes à la pouftiere que celles qui n’en ont point. Les volets font préjudiciables par leur pefanteur, qui caufe toujours un trémouffement à tout l’inftru-ment ; ce qui fait dépérir les tuyaux de la Montre & ceux ’de l’intérieur de même. Il eft beaucoup mieux de ne mettre ni rideaux ni volets, quelque bien fufpendus qu’ils foient..
- Rocourt. Voyez Vernis.
- Ronde ; note de Mufique de la valeur de deux blanches, de quatre noires, &c. C’eft la plus longue dont on fe fert ordinairement.
- Rouleau dJabrégé, page 112, 72. 363. Les rouleaux trop longs font fuiets à un grand inconvénient, page 261, 72. 726—730.
- Rouleaux du laminoir, page <393 , n. 1406.
- Rouler les tuyaux de Montre pour les fouder, page 338, 72. p27. Rouler les autres tuyaux, p. 35-3,72. pp4-
- Roulettes. Ce font de fortes plaques circulaires. Elles font faites de cuivre, & allez petites. On les adapte en plufieurs endroits au-deffous du chariot d’un grand & gros cylindre^ pour en faciliter le mouvement, page 5*82, n. 1377.
- S
- Sajfran. Voyez Vernis.
- Saillie des Anches hors du noyau , page 371, h# 993—99s-
- Sang de Dragon. Voyez Vernis.
- Savon. On s’en fert pour adoucir le frottement des regiftres des Sommiers, page 386, n. 1022. On en emploie pour brunir les tuyaux de Montre, page 337, n. p2j.
- SOU
- Sautillement des touches des claviers à la maini Moyen d’éviter ce défaut, page 400, n. 1061.
- Sautoir. Ce que c’eft, page y68, n. 1330—-* 13S3>
- Scie à fcier les tuyaux, page 16, n. 62. On fe fert de cette fcie, lorfqu’on fait des coupes pour couder des tuyaux d’étain ou d’étoffe, 8c les petits porte-vents.
- Scier les touches des claviers. Voyez Claviers. Secret du vent» Voyez Laye.
- Séparation des vents. On entend par cette ex-preffion , une ou plufieurs divifions diftindes 8c féparées dans une foufflerie d’un grand Orgue i en-forte qu’une partie des foufflets fournit le vent à certains Sommiers, & l’autre partie le fournit à d’autres Sommiers, fans que ces deux parties de la foufflerie ayent aucune communication enfem* ble. Cette féparation des vents a été très-ingénieufe-ment imaginée , pour éviter les altérations dans les grandes Orgues. Elle fe fait ordinairement en deux parties ; quelquefois en trois, fi l’Orgue eft fort confidérable. S’il l’eft encore plus, on fait juf-qu’à quatre, ou même cinq féparations des Vents, page 232—233 à la fin, page 301,72. 828. Exécuter cette féparation des vents, page 391, m 1038— 103p.. . x
- Serinette. Petit Orgue à cylindre, deftiné a apprendre des airs aux oifeaux, page 563,72.1338 —1347.
- Serinette à rouage, à reffort, jouant d’elle-même, page 367, n. 1348—133p.
- Silence j intervalle muet qu’il faut laiffer entre toutes les notes, & les différentes parties confti-tutives des agréments, fans lequel la Mufique n’a aucune articulation.
- Silence final, eft celui qui termine les phrafes , les reprifes 8c les pièces. Il eft ordinairement de la valeur d’une noire. •
- Silence de coup de langue. Il eft ordinairement de la valeur d’une fécondé croche après les croches , & d’une première croche après les noires.
- Silence de détaché. Sa valeur ordinaire eft d’une première double-croche.
- Silence d’intervalles des nlodules. Sa valeur ordinaire eft de la moitié d’un module.
- Sommier. Defcription générale des Sommiers de plufieurs efpeces,p£ge 8p , n. 293—338. Inf-trudions & conftrudion d’un très-grand Sommier, page if 2, 72. 468—628 : d’un Sommier pour un grand Pofitif, page 210, n. 629—p41 : pour un grand fommier de Pédale, page 217, n. 642 —64P : pour un Sommier de Récit , page 220, 72. 6 S O—633 : pour un fommier d’Echo, page 223 , 72. 674. Réflexions fur tous ces Sommiers, page 224 , 72. 636—672.
- Son ( le ) en général eft tout bruit qui frappe l’oreille. Il s’agit dans l’Orgue du fon comme harmonieux. Voyez Harmonie*
- Sonner. Voyez Réforner.
- Sonnette. On en met ordinairement une à la foufflerie pour avertir le Souffleur, & une qu’on fonne du choeur pour avertir l’Organifte.
- Soubajfement ; c’eft le maflif ou corps d’en-bas d’un Buffet d’Orgue.
- Souder, (maniéré de) page 333» 77• pi6.... 340, N°. P31 5 page 373 , n. P74—937* Souder les bifeaux quand ils font grands, page 344, 72. P38—p3p : les fouder lorfqu’ils font petits, page 354, 72. 237 & 9$8. Souder 8c
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- L’ART DU FACTEUR D’ORGUES.
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- sou
- monter le corps cTim tuyau avec fon pied lorsqu'il eft fort grand, page 345*, n. 940 8c 941. Souder les bagues aux Jeux d’anche, page 361 , n. 972 : y fouder le noyau, page 362, n. 5)73. Souder les écuffons aux tuyaux de Montre , page 343 , n. 937 & 936.
- y3* Souder en foudure forte. J’ai cru faire plaifir à plulieurs Ouvriers ou aux Amateurs de mettre ici cet article , quoiqu’il n’appartienne pas dire&ement à l’Art que nous traitons. Tous les Fadeurs d’Orgues n’étant pas établis dans de grandes Villes, fe trouvent quelquefois obligés de faire eux-mêmes, faute d’Ouvriers en ce genre, certains inftruments, comme leurs Accordoirs, l’Anémometre, & bien d’autres chofes. Ces fortes cl’inftruments , pour être d’un bon fervice, & pour réfifter à quantité d’accidents, doivent être ïbudés en foudure forte. Je vais donc enfeigner ici ce que c’eft que cette efpece de foudure qui eft également bonne pour le cuivre rouge.
- Il y a deux principales efpeces de foudure forte. L’une eft la foudure d’argent, & l’autre la foudure de cuivre , qu’on nomme autrement foudure de fine, parce que le zinc entre dans fa eompofition. La foudure d’argent eft de cinq fortes , ou de cinq degrés différents. La plus forte, ou pour mieux dire la plus difficile à fondre, {car elles font toutes également folides ) fe fait en faifant fondre dans un creufet neuf gros d’argent fin & un gros de bon laiton ; & c’eft la foudure au dix. Le fécond degré eft fept gros d’argent avec un gros de laiton ; & c’eft la foudure au 8. Le troifieme degré eft cinq gros d’argent avec un gros de laiton ; & c’eft la foudure au 6. Le quatrième degré eft trois gros d’argent avec un gros de laiton ; c’eft la foudure au 4. Le cinquième degré eft deux gros d’argent avec un gros de laiton ; c’eft la foudure au tiers.
- A mefure qu’on aura compofé une foudure , on la verfera toute liquide dans une lingotiere de fer ; & îorfqu’elle fera froide. on forgera ce petit-lingot, en le faifant recuire plulieurs fois, de peur qu’il ne fe crevaffe. On le mettra en lame de l’é-paiffeur à peu-près d’un quart de ligne. Lorfqu’on veut fouder , on coupe cette foudure par très-petits morceaux, qu’on appelle paillons. Il ne faut pas oublier de marquer fur chaque lame de foudure , fon degré.
- Toutes ces graduations différentes des foudu-res ont été imaginées , afin de pouvoir remettre plufieurs fois les pièces au feu pour y fouder d’autres morceaux , fans que la foudure des premiers fonde. Sur cela il faut favoir que moins il y a de cuivre dans la foudure d’argent, plus il lui faut de feu pour fondre. Ainfi il faut que le feu foit plus ardent pour fondre la foudure au 10, que pour fondre celle au 8 , & ainfi des autres foudures. Il s’enfuit de*là que fi l’on ne peut fouder toutes enfemble les pièces qui doivent compofer un inftrument, on n’en foude qu’une partie, mais avec la foudure au 10. On fait tenir enfuite , & l’on attache à l’inftrument les autres pièces bien ajuftées , & on les foude avec la foudure au 8. Si l’on a d’autre pièces à ajouter au même inftrument, on les foude avec la foudure au 6. S’il faut encore remettre au feu, on foude avec la foudure au 4 ; & enfin avec la foudure au tiers, qui eft celle qui fond le
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- plus facilement. On obferve toujours qu’il ne faut pas chauffer plus qu’il ne faut pour fondre la foudure avec laquelle on travaille ; car autrement les foudures précédentes fondroient.
- Voici donc comment il faut s’y prendre pour fouder en argent. Après qu’on aura bien ajufté enfemble les deux bords ou l’affemblage de deux pièces qu’on veut fouder , on les fera tenir enfemble , en les liant, non avec du fil de laiton ou de cuivre rouge, mais avec du fil de fer recuit* On nétoyera l’endroit à fouder, foit avec une lime , ou grattoir, ou burin ; on le mouillera avec de l’eau en-dedans & dehors , fi cela fe peut ; on y mettra de diftance en diftance des paillons de foudure mouillée. On couvrira le tout avec du borax en poudre ; puis on mettra la pièce fur un petit feu, pour faire fécher lentement le borax, qui bouillira fort aifément. Comme cette ébullition eft affez véhémente , il arrive quelquefois qu’elle déplace les paillons de foudure, ou les fait tomber. Si cela arrive , il faut les remettre promptement à leur place pendant le bouillonnement. Enfin lorfqu’on verra que le borax aura fini de bouillir, qu’il enflera , & qu’il 11’y aura aucun dérangement dans la foudure, on retirera la piece. Alors on arrangera le feu pour y faire une place parmi les charbons pour contenir & affeoir la piece qu’on y mettra autant de niveau qu’on pourra, & de forte que la foudure fe trouve de niveau. On couvrira le tour de charbons entièrement, enforte cependant qu’on y ménage quelque petite ouverture par où. on puiffe voir la foudure. S’il y a dans la piece quelque endroit pefant qui porte en l’air, on l’ap-puyera, afin que fon poids ne faffe pas caffer les endroits qui doivent devenir rouges. On foufflera fur le feu avec un foufflet à main, ou avec un écran. On animera ainfi le feu jufqu’à ce qu’oit voye couler la foudure. A cet inftant, on cef-l fera de fouffier, & on découvrira promptemene la piece avec une grande précaution, pour ne pas courir le rifque de la cafler ; car dans cet état ©lie elt très-caflante. On la retirera du feu bien doucement, en obfervant de ne pas employer, lorfqu’on veut fouder, du charbon qui pétille au feu, parce que les parcelles qui s’en détachent, tombent ordinairement fur la foudure, & la couvrent ; ce qui fait que ne pouvatft plus la voir, on court le rifque de fondre ou de gâter la piece,
- Lorfque la piece fera refroidie, on en ôtera tout le fil de fer, & on la mettra dans un vafe ou poêle rempli d’une quantité d’eau fuffifante pour la bien couvrir. On y mêlera une petite quantité d’eau-forte, enforte qu’en y trempant le doigt, & l’apliquant fur la langue, on en fente le picotement très-fupportable. Ce mélange fe nomme eau-feconde. Lorfqu’on aura jetté la piece dans le poêlon, on mettra le tout fur le feu, & on en fera bouillir l’eau pendant un demi-quart-d’heure ou environ. On verra alors la piece nette, qui aura dépofé tout fon noir, & il ne reftera plus de borax vitrifié fur la foudure. Si tout le borax n’étoit pas emporté, il faudroit remettre encore un moment de plus la piece à bouillir. Toute cette opération s’appelle dérocher.
- Si l’on doit remettre l’inftrument au feu pour y fouder d’autres pièces, on les ajuftera, & on les attachera enfemble avec du fil de fer, aufli-bien que celles qui auront déjà été foudées auparavant ; &
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- TÀËLÉ DES MATIÈRES, 667
- SOÜ TAS
- àprès avôîr mouillé la piece, y avoir mis de là fôudure mouillée, l’avoir couverte de borax, & l’avoir fait fécher * on les foudera comme les premières, avec de la foudure d’un degré inférieur. On dérochera toujours après chaque foudure avec la même eau-feconde.
- On foude avec la foudure de cuivre presque de même , qu’avec celle d’argent ; mais il faut plus de chaleur pour la fondre, Elle fe vend à Paris 34- fols la livre. Elle eft en petits grains affez femblables à la graine d’oignon : en voici la compofition.
- On fera fondre dans un creufet'deux livres dix onces du meilleur laiton bien doux. Lorfqu’il fera bien liquide * on y jettera quatorze onces de zinc, qu’ on aura mis auparavant fur le bord du fourneau , pendant la fufîon du laiton, afin qu’il fe trouve bien chaud, & même tant foit peu rouge : il ÿ fondra bien vite. On remuera aufli-tôt avec un bâton de bois , dont on fera auparavant rougir lé bout. On jettera dans le creufet prefque de fuite, une once & demie d’étain fin, qui y fondra fur le champ. On remuera la matière , pour que le tout fe mêle bien. On retirera promptement le creufet du feu, afin que le zinc & l’étain ne fe calcinent pas , & on le renverfera fur un plan de fable de Fondeur, faifant en forte que la matièreVy trouve auflî mince qu’il fera poffible. On la pilera dans un mortier de fer, & on la palfera par un crible , afin que les grains fe trouvent de la grof-feur de la graine d’oignon. On aura foin de mettre à part tout ce qui fera plus fin, qu’on féparera aifément avec un crible plus fin. Toute la partie de la foudure, qui fera trop fine , fera rejettée. Tous les Ouvriers, à Paris, fe fervent de cette foudure préférablement à celle d’argent, principalement parce que celle-ci coûte foixante fois plus que celle de cuivre, qui ne coûte que 34. fols la livre.
- Lorfqu’on voudra fouder avec cette foudure forte, on en mettra une petite -quantité dans un godet avec de l’eau : on la lavera bien dans deux eâux j 8c étant toute mouillée, on en'mettra fur les jointures de la piece qu’on veut fouder : mais il en faut mettre une plus grande quantité, & beaucoup plus près-à-près que de la foudure d’argent , dont on fe contente de mettre des paillons de diftance en diftance. Celle-ci exige que les jointures foient plus fines & plus exaéfces que celles où l’on fe fert de la foudure de cuivre. Tout le refte fe fait comme avec la foudure d’argent. La foudure de cuivre tient plus fort que celle d’argent : elle eft plus propre en ce qu’elle eft de la couleur du cuivraenforte quelle ne paroît pas du tout. Celle d’argent fe diftingue toujours.
- Soudure pour les tuyaux : il y en a de quatre efpeces ; fa compofition , page 33 9 , n. 929
- w-930.
- Soudure, d’argent, Soudure de cuivre. V. Souder tn foudure forte.
- Soudure forte. V. Souder en foudure forte.
- Soufflerie , eft le local où font pofés les foufflets. On entend encore par ce terme l’enfemble des foufflets pofés en leur place. V. page 380, n. 1009. Pofer la foufflerie, page 380, n. ioio—* 1018.
- Soufflets : leur defeription, page 120 9 n. 38% —-391 : leur conftru&ion , page 273, ». 73 6— 814-.
- Orgues. IV. Part.
- Soufflets doubles* Ce font tous ceux des petites Orgues où l’on fouffle foi-même avec le pied,
- 8c pour toutes celles à cylindre, excepté aux grandes Orgues d’Eglife.
- Soufflets en lanterne. V. Organifation du Clavecin , celle du forté-Piano. On ajoute ici que cette maniéré de foufflets peut être employée avec beaucoup d’avantage pour les grandes Orgues où l’on n’auroit pas affez d’efpace pour placer des foufflets ordinaires,
- Soupapes des Sommiers, page 93 -, n. 307, 308* 312, 317, 319 : leur figure, page 97, n. 322% les faire & les garnir, page 196, n. 585*—y 9 2% les coller dans la laye, page 198 , n. 394—5*96: remettre une foupape qui feroit éreintée ou décollée page 436, n. 1211.
- Soupapes à bafcule. On fait ainfi quelquefois les foupapes pour éviter d’employer des bafcules bri-fées pour les faire ouvrir. Voyez la PL 133 3 fig» 3, où l’on en a repréfenté une : dé A à B , c’eft comme une foupape ordinaire. Cette partie eft garnie de peaù par deffous. Il néceffaire qu’il y ait deux peaux collées l’une fur l’autre * afin que la queue puiffe être à double peau. La partie de B à D eft du même morceau que la foupape ; mais elle eft taillée au cifeau, enfortè que la foupape étant collée dans fa place, elle fe trouve relevée de quatre ou cinq lignes. On fait B D de la même longueur que A B. Cependant fi l’on veut que le clavier enfonce peu, on peut faire BD un peu plus court que AB. On met une barre de deux pouces au moins d’épaif-feur fur la Planche des bourfettes , au-dedans de la laye, vis-à-vis le bout D. On y fait des trous qui percent & la barre & la planche, dans lesquels on met des pilotids & des bourfettes au-deffous des pilotins, comme on fait à un fommiet de Pofitif,. Voye\ le n. 1468,
- Soupapes des foufflets .- leur defeription, page I2i t n. 38 6-—388 : les faire, les garnir 8c les pofer page 292, n. 811—813.
- Soupapes des gvfiers ; leur defeription, page 122 , n. 389—391 : les faire, les garnir, les pofer, & leurs dimenfîons, page 306, n. 832—83^
- Soupape du Tremblant-doux : fa defeription , page 124, n. 397—401.
- Soupape du Tremblant-fort : fa defeription, page 126, n. 402—404*
- Soupir -, filence de la valeur d’une noire, nort compris le filence de la note précédente, & ainfi des autres foupirs indiqués dans la Mufique ordinaire*
- Statique. C’eft la fcience de l’équilibre dans la compofition des machines, page 3, n. 32.
- T
- Table d7étain ou d’étoffe, dont on fait les tuyaux $ de l’Orgue : les couler. Voyez Fondre.
- Table à fondre. Différentes maniérés de les conf-truire, page 276, n. 762—772*
- Table d’un Sommier ; ce que c’eft, page 90, m 29p : la faire & la coller 3 page 168, n* 5*13 —y 18.
- Table. ( Orgue en ) V. Orgue en table.
- Tableau de tous les Jeux de VOrgue notés. V* Planche ïy. V* page 44. n. 158—181.
- Tables des Soufflets : leur defeription, page 120* n. 385*—386. Différentes maniérés de les eont* truire, page 276, n. 762—772.
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- L'ART DU FACTEUR D'ORGUES.
- TIE TRI
- Tatëée.- C’eft une note dont on n’entend que le commencement, & dont le refte eft en fiience , pour n’en faire fentir que le tad. Elle vaut ordinairement le quart d’une croche, ou le huitième d’une noire.
- Taille. Il y en a de trois efpeces. On dit un tuyau, un jeu de greffe Taille, de moyenne Taille & de menue Taille, page 41, n. 131—133. Il y a auflî différentes Tailles pour les Jeux d’anche, page 78, n. 267—275*
- Tailler les Jeux à bouche. Les tuyaux de morn tre, page 337, n. 917 : leur pieds, page 33y, n. 918. Les autres Jeux à bouche, page 350, n. 948 : leurs pieds, page 331 , n. 970. Tailler les tuyaux coniques ; comme les Bombardes , les Trompettes, les Clairons, page 339, n. 971: leurs pieds, page 363 , n. 974—973. Un Cro-morne, page 366, n. 980. La Voix humaine, page 366, n. 981. Le Hautbois, page 366, n. 982. Le Baffon. V. BaJJ'on.
- Talons des touches des claviers à la main, page 107, n. 358—338 : les faire & les pofer, page 231, n. 703 , 74*
- Tamis. V. Faux-Sommier.
- Tampons. V. Fermetures des Sommiers. Tampons. V* Bouchés., ou Tuyaux bouchés.
- Tarauder ; c’eft tailler en vis un cylindre , ou Bien rendre un trou en vis, pour recevoir une vis. Les Ouvriers difent une vis mâle, une vis femelle, pour exprimer l’une & l’autre.
- Tardif. On le dit d’un tuyau quel qu’il foit, lorf-qu’il tarde à parler.
- Tarières pointues, page 34, n. 122. Tarières ordinaires, page 34, n. 123.
- Tempérament. Voyez Partition.
- Temps ; fucceflion des fons , qui ne produit que des effets déterminés , leur durée fixe le caractère de la Mufique.
- Tenaille à couper. Ce font des tenailles tranchantes pour couper les pointes tonotechniques , page 394 , n. 1410.
- Tenon ; c’eft le bout d’un© pîoco d© bois 7 ou
- de quelque métal, taillé de façon à entrer jufte dans une mortaife.
- Tenue, en général, eft la partie parlante des notes, dont la longueur varie fuivant le genre d’expref-fion qui convient à la piece. Elle eft déterminée par la longueur des filences néceffaires à l’articulation de la Mufique.
- Tenue, proprement dite, s’entend de la partie parlante d’une note, dont la longueur excede la valeur d’une tadée.
- Tenue Jimple, eft celle qui n’exprime qu’un fon, comme font toutes les tadées éc les notes fans agréments.
- Tenue compofée, eft celle qui exprime plufieurs fons alternativement m'odulés , dont l’enfemble concourt à ne former qu’une feule note, tels que font tous les agréments.
- Tenue finale , eft la partie parlante, qui termine tous les agréments.
- Terre-mérite *, c’eft une efpece de racine. Voyez Vernis.
- Jierce , Jeu de l’Orgue. Il y en a de deux efpeces, fans y comprendre la groffe & menue-iTaille.
- Tierce; (groffe) page 46, n. 167. Son diapa-IBd.., page 70, n. 247—248. Tierce de groffe Taille, page 47, n, 171. Son diapafon, page
- 71, n. 249. Tierce de menue Taille, page 71 -n. 249.
- Tiers de blanche. Efpece de noire, dont la valeur , dans l’exécution, n’eft que du tiers d'une blanche.
- Tiers de noire. Efpece de croche de cette va** leur.
- Tilleul, eft un bois, dont on fait quelquefois des claviers pour de petites Orgues , lorfqu’on veut qu’ils foient plus légers.
- Tirages. Ce font toutes les pièces, comme les vergettes qui fervent à faire ouvrir les foupapes en tirant.
- Tirants des regijlres : leur defcription générale, page 118, n. 377—383.
- Tiraffe', on nomme ainfi un clavier de* Pédale, qui tire ou fait baiffer feulement les baffes des touches du clavier à la main. On fait ordinairement une tiraffe dans un petit Orgue où il n’y a point de Pédales féparées.
- Tire-bourre, (reffort en) C’eft ordinairement celui du Tremblant-fort, page 126, n. 402. On en fait de plufieurs autres maniérés.
- Ton de Chapelle, Ton de VOpéra , page 432, n. 1140.
- Tonotechnie. Terme compofé du Grec, qui fignifie l’art du ton, d’où l’on fait l’art de noter.
- Tordre. ( les rouleaux de l’abrégé ne doivent point être fujets à fe ). Explication là-deffus, page 0.61 , n. 72.6—730.
- Touche. V. Clavier à la main.
- Tourelles Tun Buffet d'Orgue , page 87 , n. 287; V. Buffet TOrgue.
- Tourillon. C’eft un gros pivot. On nomme encore tourillon dans l’abrégé, les petites pièces fixes & percées, dans lefquelles les pivots des rouleaux roulent. On en fait en bois & en laiton , page 113, n. 363—*363. Faire les tourillons de hoïs, page 264, n. 733—-734. Faire les tourillons en laiton, page 263, n. 736—737.
- Tournants de bois. Ce que c’eft, & leur fonction , page 118 , n. 377 & 379 : leur conftruc-tion, page 269 ,’n. 748—730. Tournants de fer, page 271, 72. 731—732. La fondion des uns de des autres,, page 271 , n. 793.
- Tourne-à-gauche. V. Griffe.
- Trace-bouches. Ce que c’eft, & fa conftrudion, page 19, 72. 77.
- Trace-pieds. Ce que c’eft, & fa conftrudion, page 20, 72. 78.
- Traverfe ; c’eft une piece de bois, ou de quelque métal qui, dans un affemblage , eft ordinairement horifontale , & porte les tenons. Tremblant-doux , page 124, n. 397—401. Tremblant-fort, page 126, n. 402---404. Tremblement. Voyez Cadence.
- Trente-deux pieds : Jeu de l’Orgue, page 44; n. 138 : fon diapafon, page 67, n. 231—232^ Treteau des bafcules des foujflets, page 12 3 ,
- 72. 392. Maniéré de le pofer, p. 381, n. 1012 —1014.
- Trill. Voyez Cadence.
- Tringle, eft une piece de bois équarrie, longue, platte & étroite. C’eft aufli une verge de fer, ou de quelqu’autre métal, qui eft ronde ou platte, étroite & mince.
- Triple-croche. Note de Mufique, dont la valeur eft le huitième d’une noire, le quart d une croche ,
- & la moitié d’une double-croché,.
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- TABLE DES
- ,V E R
- Trompette ; Jeu de l’Orgue. Defcription de toutes fes parties, page 54, 77. 188—193 ; page y6, n. ÏI9S : fon diapafon , page 78, n. 267—278.
- Trous des Sommiers : les faire fur la table ,p. 177» n. 528 : les faire aux regiftres & aux chapes , page 181 , 77. 747 : les faire de la grandeur convenable , n. 748—549 ; les quarrer >page 182, n. yyo—
- SS3-
- Trouver les mefures convenables pour placer les tuyaux fur un fommier s fans qu’on foit obligé d'en pojler un feul , page 242 , 77. 687.
- Turlutaine. C’eft la Serinette ordinaire. Voyez Serinette.
- Tuyau de ton , page 3$ ,77. 126.
- Tuyaux d'orgue. Ce font les tuyaux, foit à bouche , foit à anche, qui produifent le fon de l’Orgue. On fait les uns en étain, les autres en étoffe , d’autres en bois, félon la qualité des Jeux. Bien rarement on y emploie toute autre matière. Voyez Jeux de POrgue%
- y
- Valeur des notes. La durée du temps qui détermine leur longueur totale.
- Valeur totale des notes. Elle comprend la tenue & le filence de la note.
- Vent (le) dans VOrgue, eft un air pouffé avec certaine force par la preflîon des foufflets, page 274,77.758.
- Ventaux. V. Soupapes des foufflets.
- Vergettes, (les) font de petites tringles de bois qui forment les tirages, pour ouvrir ou fermer les foupapes des fommiers. Leur ufage, page 113 , 77. 363 : les garnir de leur fil de laiton , page 393, n. 1043: les ajouter lorfqu’il en faut de fort longues , page 393,77. 1046.
- Vérification dun Orgue. Maniéré de la faire , page 502,77. 1281 ; page S09 , n. 1282—1283:. Modèle du Procès-verbal de vérification,/?, y 10, n, 1286—1287.
- Vernir les tuyaux de Montre, page 348 , n. 9^6.
- Vernis pour les tuyaux de Montre , page 348 , «.946,011 l’on verra le procédé qu’il faut fuivre pour la compofîtion du vernis. Il y eft dit, ligne 24, que le matras doit être au moins deux fois plus grand qu’il ne faut ; lifeç : trois fois au moins plus grand qu’il ne faut ; enforte que lorfque l’ef-prit-de-vin y fera avec les autres drogues , il s’y trouve au moins les deux tiers de vuide ; 8c quand même il y auroit les trois quarts , ce ne feroit que mieux. Ligne 38 : il y eft prefcrit qu’on doit chauffer le tuyau avant de le vernir. Comme c’eft un grand embarras, & qu’il faut bien des foins pour faire ainfi chauffer de grands tuyaux, j’ai cherché les moyens d’éviter cette opération qui a fes inconvénients : 8c après m’être afïuré d’un très-bon fuc-cès , par des expériences réitérées, & faites avec la plus grande attention , j’ai trouvé qu’on peut vernir les tuyaux à froid, en y paffant d’abord le vernis à l’efprit-de-vin, tel qu’il eft décrit là-même. Après que cette couche fera feche, on y paffera une couche de vernis gras, qui redonnera la tranf-parence a 1 autre vernis , & le tuyau ne fera plus mat. Voici la compofition de ce vernis.
- O On commencera par préparer une livre d’huile de lin. A cet effet , on la mettra dans un pot de terre avec une once de litharge , demi-once de cérufe calciaée , & demi - once de talc, ou de
- MATIERES. 66V
- VER
- pierre à jéfus ,* en tout deux onces de matière. On fait bouillir le tout à un feu doux & égal, pendant environ deux heures, en remuant fouvent, de peur que l’huile ne noircifïe. Quand elle mouffera* il faudra l’écumer. Lorfque l’écume commencera à devenir rouffe, l’huile fera fuffifamment cuite 8c dégraiffée. On l’ôtera du feu, 8c on la laiffera re-pofer pendant quelques jours.
- Lorfqu’on voudra faire le vernis, on prendra un pot de terre plombé > qui fupporte bien le feu , qui foit fept ou huit fois plus grand qu’il ne faut % on y mettra une demi-livre de la plus belle gomme copale, la plus blanche 8c la plus tranfparente. On la concaffera en petits morceaux comme des fèves , fans la réduire en poudre. On mettra ce pot fur un fourneau très-ardent, 8c fans flamme. On fera fondre ainfi cette gomme, en la remuant très-fouvent avec une fpatule de fer ou de cuivre. Lorfque la gomme monte en fondant, & qu’elle rifque de fe répandre au dehors , on ôtera promptement le pot du feu , on l’emportera à quelque diftance du coté convenable pour que la fumée n’aille pas vers le fourneau, & on le pofera fur une planche de bois. Là on remuera la matière, jufqu’à ce qu’elle foit defcendue. On la rapportera fur le feu, Lorf-qu’elle remontera encore , on emportera le pot fur la planche , comme la première fois. Ordinairement, lorfque la gomme eft montée ainfi jufqu’à trois fois, c’eft une preuve qu’elle fera fuffifamment fondue. Il vaudroit mieux qu’elle ne le fut pas tout-à-fait, que de rifquer de la laifîer trop long-temps fur le feu ; ce qui noirciroit le vernis.
- Pendant le temps que la gomme copale fondra , on fera chauffer fur un réchaud de feu , fix onces d’huile de lin préparée comme il eft dit ci-deffus* qu’on aura mis dans un autre vafe. Le plus commode pour cela fera un biberon de malade , fait d’une terre qui aille au feu.
- Lorfque la gomme copale fera fondue ou pref-que fondue & très-chaude, le pot étant fur le feu , on y verfera fort lentement, & comme en petit fil, l’huile de lin très-chaude , en remuant continuellement avec l’autre main. On laiffera encore, le pot fur le feu pendant une demi-minute, en. remuant toujours, pour que la gomme copaîe fe mêle bien avec l’huile de lin. Il faut obferver que tout le fuccès de la manipulation de ce vernis dépend beaucoup de ce mélange. Pour peu qu’on opéré mal, le mélange ne fe fait pas. Pour qu’il réufiiffe bien , il faut que la gomme copale foit bien chaude , & l’huile de lin auffi, & la verfer en petit filet, 8c remuer toujours.
- Ce mélange étant bien fait : on rapportera le pot fur la planche, & en remuant toujours , on attendra que la plus grande chaleur foit paffée ; alors on y mettra une livre 8c demie d’eflence de térébenthine froide ; mais on n’en verfera que fort peu au commencement. Il s’excitera une affez grande fermentation , qui fera beaucoup monter la matière. On ne ceflera point de remuer; lorfque la matière fera defcendue, on en remettra encore un peu. Enfin lorfqu’il ne paroîtra plus de fermentation, on verfera continuellement, en remuant toujours, jufqu’à ce que toute la quantité d’une livre 8c demie y foit : le vernis fera alors fini. Lorfqu’il fera un peu plus refroidi, on le paffera au travers d un linge. C’eft alors qu’on verra fi toute la gomme copale aura été fondue. Si cela eft, ce fera une marque
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- V ART DU FACTEUR D' OR GUES.
- 6jo
- VER
- qu’on aura lailfé la gomme trop lpng-temps fur le feu. S’il en refte quelques grains qui n’ayent pas été fondus , on aura bien opéré. On mettra ce vernis dans des bouteilles qu’on tiendra bien bouchées, pour qu’il ne s’épaiflifle pas.
- Comme les matières qui entrent dans la com-pofition de ce vernis font très-inflammables , il faudra avoir tout auprès du fourneau & à portée, une ferviette pliée en quatre dans de l’eau. Si le feu prenoit dans le pot, on le couvriroit promptement avec ladite ferviette mouillée , 8c tant foit peu tordue, afin qu’il ne tombe pas d’eau dans le vernis. On ne lailfera cette ferviette qu’un moment fur le pot ; elle éteindra le feu fur le champ. Il convient de faire toujours ce vernis en un endroit où l’on ne rifque rien pour le feu, comme dans un jardin ou un champ, ou deflous une voûte, &c.
- Si l’on juge que cette quantité de vernis foit infuffifante, on en fera une fécondé ou troifieme fois, à moins qu’on n’aime mieux en faire une plus grande quantité en une fois ; mais il ne faut pas faire fervir le même pot deux fois.
- Si l’on vouloit vernir tout le Buffet de l’Orgue , ce vernis y eft très propre. Si l’on veut donner au bois une couleur , il vaut mieux qu’elle foit à l’huile. Après qu’on en aura pâlie deux couches, on palfera également deux couches de ce vernis gras. Mais il eft effentiel de ne pas palier une fécondé couche , que la première ne foit bien feche. Il faut en dire de même des couleurs à l’huile.
- Quoique ce vernis gras ainfi fait foit bien convenable pour les tuyaux qu’on veut lailfer en blanc, cependant fi l’on fouhaite qu’il foit encore plus blanc, on peut le blanchir de la maniéré fuivante.
- On commencera par faire diftiller l’elfence de térébenthine avec autant d’eau qu’on mettra dans un alembic de verre ou de cuivre. Il viendra autant d’eau que d’elfence dans le récipient. On fépa-rera aifément l’un de l’autre , au moyen d’un entonnoir de verre. On mettra le doigt au petit bout de 1’ entonnoir pour le boucher; on le remplira de ce qui fera diftillé. L’eau ira tout de fuite au fond 8c l’elfence furnagera. On ouvrira à demi l’orifice de l’entonnoir ; l’eau s’écoulera; & lorfqu’on verra que l’elfence arrivera à cet orifice, on le fermera. On aura ainfi l’elfence toute pure fans eau.
- On prendra pîufieurs afliettes de fayence, les moins profondes , on y mettra du vernis jufqu’à moitié , & on achèvera de les remplir avec l’elfence diftillée : on mêlera bien le tout, 8c on l’expofera au grand foleil d’été. Cette eflence s’évaporera dans deux ou trois jours , félon l’ardeur du foleil. Quand le vernis fera revenu à fa première confif-tance, on remettra de l’elfence comme la première fois. On réitérera cette opération trois ou quatre fois. On verra que chaque opération blanchira un peu le vernis. Enfin la derniere fois on lailfera évaporer jufqu'à ce que le vernis foit revenu à la même confiftance qu’il avoit lorfqu’on l’a mis dans les afliettes. Si l’on ne faifoit pas diftiller l’elfence, elle lailferoit dans le vernis une efpece de gafipot qui diminueroit fa qualité. La diftillation enleve à l’elfence la plus grande partie de cette fubftance. Si l’on employoit l’eflence diftillée quand on fait le vernis gras, il en feroit meilleur.
- Lorfqu’on voudra palier fur les tuyaux du vernis à dorer, on pourra fe fervir d’abord de celui
- VER
- qui eft décrit, page 34-p , ou mieux’, de celui qu oti va trouver un peu plus bas. On en palfera une couche ( le tuyau étant froid ) le plus uniment qu’ü fera poflible. Lorfqu’il fera fec, on palfera par-delfus cette couche une autre couche du vernis gras , qu’on fera de la maniéré fuivante.
- Prenez demi-livre de karabé jaune ; vous le ferez fondre comme on l’a dit plus haut de la gomme copale. Vous y mêlerez fix onces d’huile de lin chaude , & une livre 8c demie d’elfence de térébenthine. La manipulation fera exadement la même; mais il faut que cette eflence foit auparavant colorée de la maniéré fuivante :
- Vous en prendrez deux livres que vous mettrez dans un autre pot. Vous y jetterez une once de
- gomme gutte en poudre.........demi-once fang de
- dragon en poudre .... une once fafran en poudre..,* une once rocourt en poudre.... deux onces terre-mérite rouge en poudre ... fix gros aloës fuccotrin concalfé. Vous ferez chauffer l’eflence avec toutes ces poudres, bien doucement 8c à petit feu , pendant une demi-heure, en remuant fouvent avec une fpatule, Il faut ainfi préparer l’elfence d’avance, afin qu’elle ait le temps de fe clarifier avant de faire le vernis ; ou bien fi l’on eft prelfé, on la filtrera au papier gris : c’eft cette eflence ainfi préparée 8c colorée qu’on mêlera au vernis propre à dorer fans or.
- Cette façon de colorer en or, c’eft-à-dire , ces deux vernis colorés , l’un à l’efprit-de-vin , 8c l’autre qui eft un vernis gras également coloré, eft propre non-feulement pour les tuyaux qu’on veut faire paroître dorés, mais encore à être appliqué fur les fculptures, figures & ornements de bois ou moulures , qu’on auroit auparavant argentés avec des feuilles d’argent, foit à la détrempe, foit à l’huile. On y palfera d’abord une couche de vernis doré à l’efprit-de-vin ; on donnera enfuite une autre couche de vernis gras coloré en or. Cela imitera très-bien la dorure , 8c durera fort longtemps dans toute fa beauté. Au refte, il ne faudra pas s’étonner fi dans les commencements cette efpece de dorure a trop de couleur ; elle pâlira fuffifamment dans la fuite; 8c elle viendra d’elle-même au ton 8c au point tel qu’il convient.
- O Voici une autre recette du vernis à dorer, fait avec l’efprit-de-vin, pour en appliquer une première couche à froid, Elle m’a paru , par les elfais que j’en ai faits , meilleure &r plus belle que celle que j’ai donnée en la page 3qp , ù laquelle on fera bien de fubjftituer celle-ci.
- Prenez deux livres efprit-de-vin ... quatre onces gomme laque platte , autrement dit, en feuille, pilée très-fin, & palfée au tamis de foie fin... une once quatre gros terre-mérite rouge en poudre.... demi-once fang de dragon concalfé : il faut le choifir le plus haut en couleur. Celui qui eft enrofeau n’eftpas toujours le plus rouge, mais plutôt celui qu’on trouve en groffe malfe. Il faut rejetter celui qu’on vend en petits pains plats : fix gros gomme gutte concaflee : fix gros de fafran en poudre..... cinq gros & demi rocourt concalfé.... fix gros aloës fuccotrin.
- Faites dilfoudre la gomme lacque toute feule dans l’efprit-de-vin , en la faifant chauffer au bain-marie pendant trois ou quatre heures, de la même maniéré , 8c avec toutes les mêmes précautions qu’on a expliquées à la page 348. L’infufion étant froide, décoëffez le raatras, 8c vous y jetterez
- toutes
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-
- ZIG
- < TA BLE DES
- VER
- toutes les autres drogues* Vous coifferez de 'rechef le matras tout comme la première fois , &: y ferez un trou avec une épingle, &c. vous ferez encore chauffer le tout de même, & autant de temps; le fermierez , &c. Quand le vernis fera fini, vous le filtrerez au travers d’un papier gris , & vous le mettrez dans des bouteilles que vous tiendrez bien bouchées.
- Il eft mieux de filtrer ainfi le vernis à l’ef-prit-de vin, que d’attendre qu’il fe clarifie de lui-même. 11 refte toujours au fond de la bouteille Un dépôt qui trouble le vernis pour peu qu’on la remue. Si on le tire au clair, on en perd une quantité confidérable, qui demeure dans le matras avec la partie des drogues qui ne fond point ; au lieu qu’en le filtrant , tout le fond du matras refte à lec fur le papier gris. Au refte, fi l’on trouvoit le vernis trop épais, & qu’il ne pût point paffer au travers du papier gris , on mettroit deux , trois, ou quatre onces d’efprit-de-vin , qu’on mê-leroit bien avec le vernis dans le matras fans qu’il fût néceffaire de le faire chauffer davantage.
- On ne donnera aucune autre préparation à la gomme lacque en branches, que de la mettre en poudre très-fine, fans la blanchir , comme il eft marqué page 348. La couleur rouge quelle contient y eft néceffaire pour le vernis à dorer.
- Nous avons parlé plufieurs fois du bain-marie : comme il peut fe trouver des perfonnes qui ignorent ce que c’eft, nous l’expliquerons ici en peu de mots. On prend un chaudron, ou autre vafe pareil ; on met dans le fond une ou deux poignées de foin, ou un petit paillaffon, ou un torchon, pour empêcher que le matras ne touche au fond. On met une fuffifante quantité d’eau froide dans le chaudron, pour quelle monte un peu au-’deflus du liquide qui eft contenu dans le matras.
- MATÎER.
- éj t
- On met le chaudrôn fur un trépied de fer $ & quand le matras eft 'dedans, on le fait tênir droit en mettant la pincette de la cheminée ou autre chofe en travers fur les bords du chaudron, & on fait du feu delfous. Il faut bien fe gardèr de faire bouillir l’eau, mais feulement la faire chauffer au point qu’on puiffe y tremper la main un inftant, fans fe brûler. Si l’on faifoit bouillir l’eau, on courroit le rifque de faire cafter le ma^ tras, & de faire blefter même très-griévement l’Ar-tifte & ceux qui fe trouveroient auprès.
- Vibration. Voyez Battement.
- Vielle. Son organifation , page 643—647.
- Villebrequin} page 28, û. 107.
- Vis fans fin ; c’eft une vis qui engrene danâ une roue. On nomme Vis fans fin dans l’Orgue-> celle qui engrene dans la denture du cylindre, Sc qui fert à le faire tourner, au moyen de la manivelle.
- Voix humaine ; Jeu de l’Orgue, page 77, m 201 : fon diapafon, page 84,72. 286.
- Volant : c’eft un arbre garni de quatre ailes qu’on pofe au dernier mobile d’un mouvement à roues, pour modérer leur rapidité, page 768, n. 1349, 1370, 1331, 1377.
- Volets. Voyez Rideaux..
- Z
- Zig-qag ; ( des Jeux pofés en ) c’eft-à-dire qui lié font pas en ligne droite ou fur une ligne , mais fur deux, enforte qu’un fuyau foit pofé fur l’une , & le fuivant fur l’autre , & ainfi alternativement* On pratique le zig-zag pour gagner de la place lorfqu’on ne peut pas donner une longueur fuffifante à un fommier, Voyéz page 173 , n, 324.
- Orgues, IF, Part.
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- TABLE DES PLANCHES.
- Ou ron indique les Numéros 3 & les Articles qui en contiennent l explication
- & tufage.
- Planche I.
- Figure I ; numéros I , 2,688. 2, 3; n.2,9,10, IJ, 12,13 , 14, 13.
- 4, y; n. i69 17,18, 13.
- 6, ru 20,
- 7, n. 22.
- 8, n. 23.
- 9, 24.
- 10, n. 27.
- 11, n. 26”.
- 12, n. 26. #
- 13, 72. 28.
- , 14, n. 28.
- 15 , 72. 29, 32.
- 25, 72. 30, 32.
- 17, 72. 31, 32.
- Planche IJ.
- 18, numéro 33-
- 19» 72. 35*
- 20 , 72. 36» 43*
- 21, 72. 3<S» 43.
- 22, 72. 37» 38.
- 23» 72. 39*
- 24, 72. 40.
- 23» 72. 41.
- 26 , 72. 42;
- 27» 72. 45*
- 28 , 72. 48.
- 29, 72. 48.
- 30, 72. 48.
- 31» 72. 48,
- 32» 72. 49*
- 33» 72. 30.
- 34» 72. S1*
- 3 5 » 72. S2-
- 369 72. 53*
- 379 72. 34.
- 38, 72. 55*
- 399 72. S6.
- 4° » 72. S 7-
- Planche III.
- Fig. 19 n. S9-
- 2 , 72. 79,907.
- 3 , 72. 60 ,907.
- 4, 72. 6l,905.
- y, 72. 62, 1113.
- 6, P; 63,905.
- 7, 72. 64, 9O9.
- 8, 72. 6;, 927.
- 9, 72. 66, 910. jlO , 72. 67, 923.
- Il , 72. 67, 68.
- 22 , 72. 69 , 920.
- 13 , 72. 70.
- 14, 72. 70 , 906 , 920. *5 > 72. 69 , 920.
- 9 72. 71 , 92I.
- 17 , 72. 7I. l8, 72. 71.
- 19 , 72. 7I.
- Planche IV.
- Fig. 20, 72. 72, 937, 930. ‘
- 21.72. 73,906.
- 22, 72. 74, 948.
- 23»”' 75*
- 24, 72. 77.
- 2$ , 72. 78.
- 26, 72. 79,992.
- 27, 72. 80.
- 28 , 72. 8l , 927.
- 29 , 72, 82 , 972.
- 30, 72. 83,975.
- 31.72. 84, 912.
- Planche V.
- Fig. 32 , 33,34, D ; 72. 8j , 919, 916.
- 39, 72. 86.
- 36 , 72. 87 , 914.
- 37 ,72. 88 , 930.
- 38,, 72. 89.
- 39, 40 ; 72. 90.
- 4I , 72. 9I.
- 42.72. 92 , 943."
- 43.72. 93,921.
- 44, 77. 94, 998.
- 45* 3 45 * î n• 95» 864.
- Planche VI.
- Fig, 46, 72. 96.
- 47, 48, 49, 50, 91, 92 ; 72. 96, 97—276, 283 , 992.
- Planche VII.
- Fig. 53» w* 99*
- 94, 72. IOO.
- 99, 72. IOI,
- 9'6, 72. IOI , 986.
- Planche VIII.
- Fig. 98 , 72. 102,987.
- 99 , 72. IO3.
- 60 , 72. IO4.
- 61 , 72. IO7.
- 62, n. 107, 928, 947.
- 63 , 72. I08.
- 64.72. 108, 999.
- 69, 72. HO, H27.
- 66, 67, 68, 69, 70,71, 72 ; 72. 110.
- 73 , 72. III , IOO4.
- Planche IX.
- Fig. 74, 72. 114, 930, 932. 79, 72. 114.
- Planche X.
- Fig. 76» 77» 78,75; «• H4i P«g- 31 » 32*, Planche XI.
- Fig. 80, 81, 82,83, 84, 89, 86, 87, 88 , 89,905 72. 114, pag. 32, 33.
- Planche XII.
- Fig. 92, 72. 117, 914.
- 93 , 72. I l8.
- 94 , 72. 119 , 781.
- 99, 72. 121, II29.
- 96 , 72. 122 , II29.
- 97, 72. 123.
- 98, 72. I24, 998.
- 99, 100; 72. 129.
- 101 , 72. 126, 1140.
- 102 , «. 126.
- IO3 , 72. I26.
- 104, 72. I33 , 43O.
- Planche XIII.
- Fig. A, B, C, D, F, F, G
- 72. 127, H46.
- 106, 72. I3O, II46, Il8l.J
- 107, 72. 131, 1193.
- IO8 , 72. I32.
- Planche XIV.
- Fig. A, B, C, , E t F •
- 128, 1146.
- Planche XV.
- Fig. 108,72. 138.
- 109, IIO, III, 112^ 113 , II4; 72. 138.
- Planche XVI.
- Fig. 119, 116, 117, 118; 119, 120,121 ; 72, 192, 962, 964.
- 122 , 72. I94 , 964.
- 123 , 72. I94, 960.
- 124, 72. I94.
- Planche XVII.
- Numéros 198—180 , 963 j
- 1132.
- Planche XVIII.
- Fig. 123, 72. 183, 186.
- 126, 72. 183, 974.
- 127 , 128 , 129, 1301
- 131, 132; 72. 184, l85,
- IOO4.
- 133 > *34» *35» w*
- 1006.
- I36, 72. 189, 27O, 967.
- AAfe
- p.672 - vue 175/298
-
-
-
- TABLE DES PLANCHES.
- fig. I37, I38; 72, ipO,270,
- $67, 5)72.
- Î3py 72. ipi, 270,5)67, I4O, 72. ip2.
- 241, 72. ip3 , 285.
- 142 , 72. 1^4 , 284.
- 143 j 72. 197.
- 144, 1473 22. I96,
- Planche XIX,
- Fig. 14P, 215—224.
- I4P, IJO; 72. 225'^-228.
- Planche XX.
- Numéros 231—233.
- Figures 172, 173, 174; 22. 286.
- Planche XXI.
- Numéros 234, 337, 260, 897.
- Planche XXII.
- Numéros 236—241, 847.
- Planche XXIII.
- Numéros 242—-245, 264,960.
- Planche XXIV.
- Numéros 247—-270.
- Planche XXV.
- Numéro 271.
- Planche XXVI.
- Numéros 272—277.
- Planche XXVII.
- Numéros 276—260, 963.
- Planche XXVIII.
- Numéros 262—2 67.
- Planche XXIX,
- Numéros 267—287.
- -Fig. 147, 72. 271, 274, 278 , 27p.
- I48,72. 272 , 274.
- • I4P , 72. 273 , 274.
- 170, 171, 172, I73,
- 174» I$$> iy6->n- 276, 287.
- 177» l$9> 1-$9> 1^0; 77. 277.
- 161, 162, 163 ; 72. 278.
- ' Ï64, 72. 280.
- 167 , 72. 28l.
- l66 , Ï67 , ï68 y 72. 282.
- 169 , 72. 283.
- 169 *, 170, 171 } n. 284.
- Planche XXX.
- Numéros 287—28p, 290,291, 461, 1026.
- Planche XXXI.
- Numéro 290.
- Planche XXXII. Numéros 291, 292, 673, 1026,
- Planche XXXIII.
- Fig. 1, 72. 292.
- Fig. 2, 72. 2p2 , 746.
- Planche XXXIV.
- Fig. 1, 72. 294.
- 2, 72. 297, 717.
- 3, 77. 301 , 303 , 374, 780.
- 4» n• 33°*
- Planche XXXV.
- Fig. 1, 72. 318,^2p.
- 2 , 72. 3 ip.
- 3 , 72. 322 , 787.
- 4, 72. 322, 787.
- 7, 72, 3OO, 323.
- 6 , 72. 2pp , 320 , 32Î,
- 7 , 72. 32I. w
- 8 , 72. 32I , 1022. *
- 9 , 72. 32O.
- 10 , n. 324,
- 11 , 72. 324.
- 12,72. 32O.
- 13 , 72. 324.
- 14 > 13 » n• 323 > 324?
- 364.
- Planche XXXVI.
- Fig. 1 , /2. 307,. 7P3 » 797.
- 2, 77. 308, 67p.
- 3, 72. 307* 63p.
- 4> 3°P * 3ÏO 3 $95’
- $91 > 607.
- 7, 72. 3IO.
- 6, 72. 3 II.
- Planche XXXVII.
- Fig. 1, n. 326—329, 1124, 1128.
- 2 9 n. 312—314, 316, 324, 5pp, 607.
- 3 , 72. 317 , 607 , 606.
- 4 , 72. 61 6.
- Planche XXXVIII.
- Fig. i, n. 331.
- 2, 72. 334, 637, 1030.
- 3 , 72. 336, 639 , 640,
- 4, 72. 337, 637 , 641.
- 3 » 332.
- Planche XXXIX. (
- Fig. 1, n. 340—343.
- 2, n. 367.
- 3 a n. 36$ * 744’
- Planche XL,
- Fig. 1, 72. 344.
- 2 , 72, 712.
- Planche XLI.
- Fig. 1 , n. 347—373 , 688 , 691, 704.
- 2, 72. 373 , 688, 689 , 704.
- Planche XLII.
- Fig. 1 , 72. 374, 337.'
- 2, 72. 431, 743.
- Planche XLÎIL Fig. 1, n. 336, 337.
- 673
- Fig, 2,3,43 7, 6, 7; 72, 378,694, 699,707,
- Planche XLIV.
- Fig. 1 , 72. 37p, 360, 717,
- 2 } n. 363, 739.
- 3, 72. 371—373, 1034,
- 4, 72. 373.
- 3, 72. 471 , 1033.
- 6 , 72. 373.
- 7, 72. 363 , IO43.
- Planche XLV.
- Fig. 1 , 72. 361, 717.
- 2,3,4, 3; 72. 362, 720»
- 6, n. 720.
- Planche XLVI,
- Fig. 1,2,3,4; 72. 363—367, 368, 370, 724, 733, 736.
- 3 , 72. 402 , 404, 434.
- 6 , 72. 377.
- 7, 8 , p , IO , Il , 12, 13 , 14; 72. 403.
- Planche XLVII.
- Fig. 1 , 72. 377 , 1072, 1081.
- 2, 72. 378 , 734.
- 3,72. 380, 381, 435, I084,
- 4* n' 319 > 77 °*
- 7, 72. 380, 383, 77I.
- 6, 77. 378.
- 7, 72. 383,432, IOpO.
- 8 , 72. 378 , 1072.
- p , 72. 380, 731.'
- 10, 72. 380 , 77I.
- 11, 72. 37p , 74p.
- 12 , TU si9 » 747*
- 13, n. si9, 746.
- Planche XLVIII.
- Fig. 1, 72. 392, 3P3 , 1010, 1012, 1017.
- 2, n. 387 , 390 , 393, 762, 770, 771, 1010, 3 , 72. 386, 762. '
- 4, 72. 387 , 8l I.
- 3,72. 388 ,8ll.
- 6, 72. 387.
- 7, 72. 388 , 8l I,
- 8 , 72. 39O , 8l6, 836.
- P , IO , II, 12 ; 72. 39X , 8l6.
- Planche XLIX.
- Fig. I , 72. 342..
- 2, 72. 342.
- 3 5 4’ 7> 6,7, 8; 7Z. 394.
- 9 , 399•
- 10 , 72. 4OO.
- I I , 72. 4OO.
- 12 , 72. 4OO.
- 13 , 72. 4OO,
- 14, 72. 4OO.
- 13 , 72, 4OO. l6, 72.-400.
- I 7 , 72. 4OO.
- I 8 , 72. 4O I *
- 19 , n. 401.
- 20, 72. 4OI.
- 21» «. 3P3 » 4or*
- p.673 - vue 176/298
-
-
-
- '<$74
- L'ART DU FACTEUR
- 5*, n. 6$i.
- 5, 72. 587*
- Planche L,
- Numéros 405*—435*3470,1049, 105*2,105*5, 105*9 , 1072,1084,1088, 1089, 1090.
- Planche LI. Numéros 435—438, 1090.
- Planche LII.
- Numéros 439—445"*
- Figures *, n. 429*
- Planche LUI.
- Fig. 1, n. 45*1, 45*2,45*5,453* 2 , 3 , 4 ; n. 45*2—45*4. 5-, 5, 7; «. 45*3.
- 8, n. 45*5*, 45* 5, 45*8.
- 9, 45*5.
- 10, n. 452.
- Planche LIV.
- Fig. 1, n. 497*
- 2, 3, 72. 5*00,5*01,5*74,
- 4, 72. 5*11.
- 3*, 72. 5*13.
- 5, 72. 5*15*.
- 7, 72. 5*42.
- 8, 72. 474.
- 9, 72. 5*19.
- 10 , 72. 5*22.
- Il, 72. 5*25.
- 12 , 77. 5*18.
- J3> Jïp»
- 14, 72. 5*44, 5*45.
- 15*, 72. 5*45.
- 16, n. 474.
- Planche LV.
- Fig. 1, 72. 5*32.
- 2, 72. 5*31.
- 3> 4; »• ysy-
- 5*, 72. 5*40, 5*44.
- 5, 544 , T 47*
- ,7»yyy> y6o> y^,
- 5*57,5*58,535.
- 8 , 72. 5*55*.
- 9,72. 5*59.
- 10, 77. 579.
- Iï , 72. 5*71.
- 12, 72. 5*88.
- 13 , 72. 5*90,5*95.
- 14 , 72. 500.
- ,15*, 72. 500-503.
- Planche LVI.
- Fig. 1, n. 5*5*7.
- 2 , 72. 5*81.
- 3, 72. J85.
- 4, 72. 594.
- y, rt. S9Sy 7°7*
- 5, 72. 599.
- 7 , 72. 513 , 515*.
- 8 , 72. 509.
- 9, 10 ; 72. 519.
- II , 72. 524, 525*.
- Planche LVII.
- Fig. 1, 2 ; 72. 514.
- 3 » «. 55*9.
- 4, 63 5.
- 7, 72. 585.
- Planche LVIII.
- Fig. 1 * tt. 592.
- 2 , rt. 694 , 595*, 599.
- Planche LIX.
- Fig. i, 72. 715.
- 2, 72. 7I9.
- 3 , 72. 597 , 705.
- Planche LX.
- Fig. 1, 72. 721, 727, 731. 732.
- 2,72.737.
- 3 , 72. 735*.
- 4, 72. 85*5.
- y, 72. 85*7.
- 5, 72. 858.
- 7, 72. 858.
- 8, 72. 85*8.
- 9 , 72. 858.
- 10, 72. 7I9.
- 11, 72. 72 5.
- (12 , 72. 735.
- Planche LXI.
- Fig. 1, 72. 725.
- 2, .72. 821.
- 3 , 72. 821.
- 4r 72. 837.
- 5 , 72. IO32.
- 5, 77. 725.
- Planche LXII,
- Fig. 1, 72. 75o, 753;*
- 2, 72. 753 , 754, 755, 767, J69, 772, 774, 777, 793 > 79* y 79 833•
- 3 » 71. 767.
- 4, n. 774, 77 y*
- y, 72. 782.
- 72. 782.
- 7, 788, 792.
- 8, 72. 789, 792,
- S>> 72. 79O.
- 10 j 72. 79O.
- 11 , 72. 799 , 800.
- 12 , 72. 802.
- 13 , 77. 803 , 804. .
- 14 , 72. 839,
- Pl ANCHE LXIII.
- 1, 72. 798, ! §02, 8O3.
- 72. 799, OO O
- 3 , 72. 8o5.
- 4, 72. 808.
- y, 72. 809.
- 7, 72. 844, -
- 8, 72. 847, 8j3-
- S>> 72. 848 , 8*3-
- 110 , 72. 849 , 8jo , 8jj.
- îii. , «• 853.
- 12 > »• 853.
- 13 , «• 853.
- '* > 72. 85i.
- Pl ANCHE LXIV.
- Fig, 1, 72. 858.
- D’ORGUES.
- Fig. 2, 72. 858.
- 3 , 72, 858.
- 4, 72. 859 , 87p.
- 5*, 72. 858.
- 5, 72, 859.
- 7, 72. 859, 880.
- 8, 72. 869, 880.
- 72. 88l.
- .10 , 72. 88l
- 11 , 72. 88l.
- 12 , 72. 859 , 880.
- *3 , n. 894.
- 14 , 72. 875 » 87p.
- Vignette , 72. 882.
- P LANCHE LXV.
- Fg. i, 72. 874, 889.
- 72. 874.
- 3> n. 877, 878, 88
- 4> 72. 874.
- y> 72. 9O7.
- 5, 72. 915, 931.
- 7> 72. 918, 92y.
- 8, 72. 927.
- P3 72. 927.
- do. , 72. 88l , 931.
- 11. ,72. 88l , 937*
- .12, , 72. 938.
- 13, 72. 935.
- '*4, , 72. 935.
- iy, n. 935.
- ii5, 72. 5>37.
- I7 3 - "• 5>37-
- (18, 72. 935.
- HP, 72. 935,
- Pl ANCHE LXVI.
- Fig. 1, 72. 889, 890 , 894;
- 2 , 72. 889 , 890 , 893 894.
- 3 , 72. 890.
- 4, 72. 890.
- J, 72. 890.
- 5 , 72. 890.
- 7, 72. 89O.
- 8 , 72. 892.
- 9, W. 893.
- 10,72. 889.
- Planche LXVIL Fig. I , 72. 899.
- 2 , 72. 924.
- 3 , 72. 924.
- 4, 72. 924. y, 72. 924.
- 5, 72. 924.
- 7, 933*
- Planche LXVIII.
- Fig. 1, 72. 904.
- 2 , 72. 933.
- 3, H- 933.
- 4, repréfertte la levre fu-périeure Coudée au tuyau à écuffon.
- y, h- 933. •
- 5, repréfente féparément cette levre.
- 7. «•
- 8, la repréfente en perf-peétive.
- 9 j 72. 943.
- p.674 - vue 177/298
-
-
-
- TABLE DES PLANCHES. 67$
- Fig. io, ». p 43 .
- U ,n. p43.
- 12, 77. P78.
- 13 » ”• P7<!>.
- 14 > n• P78. ïp, n. P78.
- 15, n. P78.
- 17, n. P78.
- 18 , 77. P78. ip, n. P84.
- Planche LXIX.
- 'Fig. 1, n. po8.
- 2, n. po8»
- 3 , n. po8.
- 4, n. po8. p, n. po8.
- 6, n. po8.
- 7, 7?. po8.
- 8, n. po8. ' p, n. po8.
- Planche LXX.
- F/g. 3 , n. 1061.
- 4, n. 1053. y, n. 1101, 1102»
- 6, n. 1102.
- 7, n. iioï.
- 8, n, 1103. p , 77. 1103.
- 10, n. 1103.
- 11 , n. 1115, 1118.
- 12, n. 112p»
- 13 , n. 112p.
- 14, n. 112p. iy, n. 1120.
- 16, n. 1120.
- 17, 77. 1106.
- 18*, n. noy. ip , 77. 1108.
- 20, 22, voyez page 476, £«.v additions & corrections de la fécondé Partie.
- 21 , 77. Iiïd, 1117.
- 22, 77. 1116.
- Planche LXXXII.
- Numéros 13 op—* ï 311.
- Planche LXXXIII.
- #£• 1, 77. 1312, i3iya 1317. 2 , 77. 1316.
- I3Î3 » 1314»
- Planche LXXXIV.
- F/g. 1, 77. 131p.
- 2, 77. 1320.
- 3, 4, 5,7;77. 1321.
- Planche LXXXV.
- Numéros 1322, 1323.
- Planche LXXXVf.
- Fig. 1 , 77. 132p.
- 2 , 77. 1331.
- Planche LXXXVJT.
- Fig* 1 » 2, 3 3 77. 132&
- F/g. 1, 77. pyo.
- 2, 77. pyo.
- 3 , 77. py4, pyy. 4, 77. pyi. y, 77. pyi.
- 6, 77. P42.
- 7, 77. P48.
- 8, 77. pyi.
- p, ”* pyi> PP2.
- 10, 77.
- II, 77. p; 8.
- '12 , 77.
- *3 > 77. py8.
- 14» 77. py8.
- 15:, 77. 973-
- il6, 77. 973-
- 17, 77. 973*
- [18, 77. 973-
- II p, 77. 973-
- 20 , 77. P74.
- 21, 77. P 74*
- 22 , 77. P 74*
- Planche LXXI.
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- 2, 77. PP3.
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- 4, 77. pp4.
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- 77. ppy.
- 7, 11.996.
- Planche LXXII.
- Fig. 1, 77. 8pi , Spd.
- 2, «. 8pi, 8py, 8p6.
- 3 , n. 1012.
- 4, 77. 8pi. y, n. 1040. n, 8pi.
- 7 , 77. 8pi,
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- p, 77. 8pi, 8py.
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- 11, n. 8pi.
- Planche LXXIII. f*ïg. 1, 7?. 103 y, 1060,1062,
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- 2, n. iop2.
- Planche LXXIV*
- Fig. 1 , 77. 1075, 1078.
- 2, 77. 1077.
- 3 , n. 1075.
- 4 , 77. 1032 , 1081. y, 77. 1074.
- , 77. 1074, 107p.
- 7, 77. 1086.
- 8, 77. 1086. p, 77. 1082. iio, 77. 1082.
- ii 1, 77. 1080, 1081.
- 12, 77. 1123.
- 13 , 77. 1123.
- Planche LXXV.
- Fig. 1, 77. ioi(3.
- 2, 77. ioitf.
- 24, 77. 1107.
- 2p , 77. I I07.
- 2(5, 77. II2y.
- ( Planche LXXVI.
- F/g. 1 , 77. P71.
- , 2, 77. 1210.
- 3 , n. 1210.
- 4? »• 74P » 1048.
- 5 , 77. 1048. è, 77. 1217.
- 7, 77. 1217.
- 8, 77. P46.
- p, n. P45.
- 10, n. p46”.
- 11, 77. p4^.
- Planche LXXVIÎ.
- Numéros. 12.57, 12S9* *260.
- Planche LXXVIII.
- Numéro 1257.
- Planche LXXIX. Numéro 1261,
- Planche. LXXX.
- Ffg. 1,2,3,45 77. 130(3.
- Planche LXXXI. Numéros 1307, 130$,
- Planche LXXXVIIL
- Fig. 1,2,3, 4, y, 6; 77. 1327 —1330.
- Planche LXXXIX.
- F/g.-^h, 2 J 72. 1332, I333.
- Planche XC. Numéros 1334, 1337, 1337. “
- Planche XCI. Numéros 1336, 1337.
- Planche XCII.
- F/g. 1, 77. 1338, 133p.
- 2, n. 1340-7-1344*
- Planche XCIII.
- F/g. 1, 77. 1341.
- 2, 77. 1342.
- 3 , 77. 1343.
- 4 , 77. 1342.
- Planche. XCIV*
- Fig. 1, 77. 1344.
- 2, 77. 1347, 133p.
- 3 , 4, y; 77. 1346.
- Planche XCV.
- Fig. 1, 77. 1348 , 134p.
- 2, 3 5 77. 1330.
- Planche XCVI*
- F/g. 1, 77. i3yi.
- 2, 77. i3y2-^i3yy.
- 3, n. iyyy—ijyy.
- 4, 77. i3y5.
- y, 6, 7, 8; 77. I3P7*' Planche XCVXI.
- Fig. 1,2, 3 ; 77. 1373-—I37X* 4,77. 1376. y, 77.13PP , 1400.
- Planche XCVIII.
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- Fig. 9 , n. 1389.
- 6, n. 1384, 1385*.
- ' t7 s 8 , p ; n. 138p.
- " Planche ‘ XCIX.
- Fig. 1,77.1389—1391,1437.
- 2,3, ”• *377* •
- 4,9, 5; 1382.
- Planche C.
- Fig. 1, 77. 1405.
- 2, n. 1405, 1408.
- 3, 77. 1405 s 1408. t ,4, 77. 1409.
- j, n. 1407, 143;. -
- Planche CI.
- Fig. 1, 2 , 3, 4, 9, 5 ; 72. 1410*, 1411*
- Planche Cil. -
- Fig. 1, 2, 3,4; 77. 1412.
- - Pla N C H E cm.
- Fig. 1, 77. 1413.
- • 2; 3,4372.1414,1415* ;
- 1435.
- 77. 1413,141J. -^, ,7, 8, 9 î 77. 1415*.
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- Planche CIV.-Fig* 1,2^,3; 77.1415, 1427»
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- Planche CV.
- Numéros 1424,1435'.
- Planches CV, CVÏ, CVII,
- CVIII, CIX, CX, CXI, CXII, CXIII. *
- Numéro 1418.
- Planche CXI V.
- Numéros 1343,1434.
- Planches CXV, CXVI,CXVII, CXVIII.
- Pages 610 ,511, 512.
- Planche CXIX.
- Numéro 1441.
- Planches CXX, CXXI,CXXII,
- cxxiii, cxxiv, exxv,
- CXX VI, CXXVII, CXXVIII.
- Numéro 1499. .1
- Planche CXXIX. * . 1
- Voyez à la Tablé des, Matières, aux mots r Bagues,, Bajfon, Clavier. . c -
- Pl ANCHE CXXX.
- Fig. 1, 77. 1497..,; 1
- 2,3,4» S ï n- I4J8-
- Planche CXXXI.
- Fig. 1, 77. 1499, 14^1.
- 2 , 77. 1461 , 14<>2.
- Planche CXXXII.
- Fig. 1, 77. 1463, 1464*
- 2 J 3 *, 72. 1467 , 14(55.
- Planche CXXXIII.
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- Fig. 1 , 77. 1457,1459^ 1470.
- 2, 77. ‘1471.
- 3 , n. 1472.
- 4, n. 1472, 1473^ y , 77. 1468. 1 c
- - Planche CXXXIV.
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- Fig. 1 , p<zge 540.
- 2,35 page 541. c
- Planche CXXXV.
- Fig. i 2 ; 3 , page 642.
- Planche. CXXXVI.
- Fig. 1,2; p/îge 643:. *
- 3, 4,9,5,73 8 ,p. 644. 9, 10, page 549.
- Planche • CXXXVII.
- Voyez la Table des Matières, au mot Bajfon : c’eft fon dia-- pafon. . , i.
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- Fin de la Table des Planches.
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- Noms eè Su?t
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