Descriptions des arts et métiers
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- L’A RT
- MENUISIER
- SECONDE PARTIE.
- Par M- Roubo le fils, Maître Menuijîer.
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- AVE RT I S S E M E NT
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- DE L A UT EU R.
- LiORSQUE j’entrepris d’écrire fur l’Art du Menuifîer , Sc que je fis la divifion de mon Ouvrage , je n’eus en vue que de traiter avec le plus de précifion qu’il me feroit poJible dans la première Partie, tout ce qui regarde la Menuiferie mobile ; Sc dans la fécondé , tout ce qui concerne la Menuiferie dormante , celle des Eglifes, Sc l’Art du Trait. C’étoit le Plan que je m’étois propofé , & que j’aurois fuivi avec la plus grande exa&itude, fi je ne me fulfe apperçu que le défaut de certains détails pouvoir rendre mon Ouvrage moins utile aux perfonnes à qui je le deftine : je crus qu’en leur faveur je devois donner plus d’étendue aux développements des principes qui regardent la Menuiferie en général & la Menuiferie mobile. Je m’y livrai d’autant plus volontiers que je me perfuadai que les détails de cette première Partie abrégeroient beaucoup mon travail pour la féconde ; mais j’ai été trompé dans mon attente : quand j’ai voulu entreprendre cette fécondé Partie , j’ai reconnu quelle ne de-mandoit ni moins de foin ni moins de travail que la première. L’Art du Trait fur-tout qui n’a jamais été traité avec l’intelligence Sc l’étendue convenable , m’a retenu plus long-temps que je ne le croyois ; c’efl ce qui m’a fait paffer au-delà des bornes que je m’étois prefcrites.
- Je ne crois pas que le Public m’en doive fçavoir mauvais gré, d autant mieux que je ne travaille point pour les Artiftes habiles Sc éclairés , mais pour ceux dont les talents en ce genre, ne demandent que d’être aidés pour fe développer , Sc atteindre à la perfection de leur Art. Si ceux qui nous ont précédés eulfent eu pour nous la même attention , ils nous auroient épargné bien de la peine , Sc notre fiecle jouiroit de la gloire de voir tous les Arts portés au plus haut point de perfection.
- Aulîi rien ne fait plus d’honneur à l’Académie des Sciences , Sc ne releve davantage fa gloire, que leplan qu’elle a conçu, de tranfi-mettre à la poftérité , Sc dans le plus grand détail, tout ce qui peut concourir à faciliter la route qui mene à la perfection des Arts mé-chaniques : uniquement occupée des moyens qui peuvent étendre la
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- fphere des connoiffances , elle a parfaitement compris qu’un plan tel qu elle le fait exécuter , ne pouvoit qu’être très-avantageux, par les heureufes & utiles découvertes qui réfulteroient néceffairement des travaux & des recherches de ceux quelle auroit chargés de l’exécution.
- Je lui dois un témoignage public de reconnoilfance de m’avoir fait l’honneur de jetter les yeux fur moi pour faire la defcription de mon Art, 8c pour encourager mes foibles talents de m’avoir aidé de fa protection auprès de M. de Sartine, qui, à fa confidération, a bien voulu prendre la peine d’obtenir en ma faveur un Arrêt du Confeil d’Etat, qui me donne la Maîtrife de Menuifier.
- Que ne dois-je pas encore en particulier à feu M. le Duc de Chaül-nes , qui non-feulement comme Membre de l’Académie , mais encore comme Amateur 8c Protecteur des Arts, ne dédaignoit point de defcendre jufqu’à moi, 8c de m’honorer de fes bontés ? il avoit même entrepris de commencer mon établiffement, en me donnant l’èntreprife de tous fes ouvrages en Menuiferie. Quoique fa mort m’ait privé de tous ces avantages , je me fais un honneur de payer ici. à fes cendres le tribut d’éloge 8c de reconnoilfance que je dois à là proteCtion & à fes bontés.
- Tels font les différents motifs qui m’ont engagé à me livrer avec zèle 8c avec ardeur à tout ce que cet Ouvrage a de difficile 8c d’épineux: en lui donnant plus d’étendue que je n’avois projetté d’abord , je donne une preuve que je n’ai rien épargné pour le rem dre plus parfait, Sc par-là plus utile à ceux que leur goût ou leur talent porteront à la même profefïïon. C’efl du moins le but que je me fuis propofé, & auquel je tendrai dans la fuite de cet Ouvrage , qui fera encore très-confiderable.
- Extrait des Regijlres de l'Académie Royale des Sciences.
- Du 18 Juillet 1770Ï
- JMLonfîeur Duhamel qui avoit été nommé pour examiner la Defcription de 19Art du 'Menuifier > par le fleur Roubo , ayant fait fon rapport de la Seconde Partie de cette Defcription , l’Académie a jugé cette Partie digne de l’Imprelfion : en foi de quoi j’ai flgné le préfent Certificat. A Paris le 18 Juillet 1770.
- GRAND JEAN DE FOUCHY,
- Secrétaire perpétuel de VAcad. Roy* des Sciences•
- L’ART
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- Par M. Ko ub o le fils , Maître Menuifier.
- SECONDE PARTIE.
- C ette fécondé Partie de l'Art du Menuifier contiendra ie détail de la Me-nuiferie mobile, de celle des Églifes , 8c un Traité complet de l'Art du Trait, ainfi que je Fai annoncé au commencement de cet Ouvrage ; mais avant tout, j'ai cru devoir ici rendre compte des raifons qui m'ont obligé d'entrer dans le détail de la décoration & de la forme convenable à chaque piece d'un Appartement ; quoique ce foin regarde plutôt l'Architecte que le Menuifier, il eft abfolument nécefïâire que ce dernier en foit inftruit, pour les raifons que je vais donner.
- Il eft très-certain que les Architeéies, 8c généralement tous ceux qui" préfident à la diftribution & à la décoration d'un Bâtiment , ne fàuroient faire trop d'attention pour prévenir toutes les difficultés qui fe rencontrent dans la décoration des dedans ; & qu'ils ne doivent pas négliger d'entrer dans le détail le-plus exaét, le plus circonftancié poffible de toutes les parties de la décoration intérieure , avant même de commencer à fonder un Bâtiment. Mais il n’eft aufîi que trop vrai, que loin d'entrer dans ce détail, ils n'y penfent prefque jamais que lors de l'exécution , temps auquel il n'eft prefque plus poffible de remédier aux fautes que l'on a faites ; & fouvent même ils abandonnent ce foin aux différents Entrepreneurs , lefquels ( du moins pour l'ordinaire) ont le malheur de ne connoître que leurs parties , & fouvent n'en connoiffent que ce qui a rapport à la conftruéHon & à la pratique, d'où il fuit que de très-bons ouvrages, mais faits fans ordre & fans convenance, ne pro-duifent que du defcrdre & de la confufion dans la réunion de toutes ces parties.
- D autre part , quand on fuppoleroit que l'Architeéle a mis toutes les précautions poffibles pour qu'il n'arrive aucune faute dans l'exécution de l'ou-, yrage , n eft-il pas neceflaire que les Menuifiers, ainfi que les autres Entrepre-Menuisier. IL Pan. Rr
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- xj4 MENUISIER. IL Partie , Chapitre I:
- neurs , aient une connoiflance, du moins élémentaire, des réglés de la bonne Architeélure , ainfi que des raifons qui ont porté l’Architeéle à s’en écarter ou à les fuivre, afin d’être plus à portée d’entrer dans fes vues & de pouvoir exécuter fes intentions avec plus d’intelligence , en joignant la théorie de l’Architeélure (lur-tout en ce qui a rapport à la conftruélion & à la folidité) aux pro-duétions de l’Architeéle, qui, très-fbuvent, néglige d’entrer dans.ce détail in~ difpenfàble de la conftruélion ? C’eft pourquoi j’ai cru qu’il étoit abfolu-ment néceflaire de donner aux Menuifiers une idée, du moins générale, des différentes pièces dont eft compofé l’appartement d’un grand Seigneur, de leurs differents ufàges & du genre de décoration qui eft propre à chacune d’elles , afin de les former à donner de l’ordre & de la convenance à leurs ouvrages. Je ferai ce détail le plus court & le plus concis qu’il me fera poflible , pour ne point étendre cet ouvrage, qui eft déjà très confidérable , &je n’y joindrai même de figures qu’autant qu’il fera abfolument néceffàire pour l’intelligence du difcours.
- CHAPITRE PREMIER.
- J)u Parquet 3C des Planchers en général
- Planche
- p.
- L e Parquet eft une efpece de Menuiferie dont on revêt le plancher ou Faire des Appartements. On fait le Parquet de deux différentes maniérés : l’une de plufieurs pièces de bois affemblées à tenons & mortaifes , lefquelies pièces forment différents compartiments , ce que l’on nomme Parquet proprement dit ; l’autre , de planches jointes enfèmble à rainures & languettes corroyées de toute leur largeur , ou refendues à la largeur de trois ou quatre pouces : cette derniere maniéré de faire le Parquet fe nomme plancher , du nom des planches dont il eft compofé. Le Parquet d’affemblage fe fait par feuilles quarrées qui ont depuis trois pieds jufqu’à trois pieds & demi ou même quatre pieds en quarré , félon la grandeur des pièces. Il en eft auffi de deux pieds & de deux pieds & demi ; mais cette mefure eft très-rare, celle de trois pieds ou de trois pieds un quart étant la plus ufitee.
- Les feuilles de Parquet font compofées de bâtis & de panneaux arrafes , lefquels forment différents compartiments , dont je parlerai.
- Quant à leur épaiffeur elle #rarie depuis un pouce jufqu’à deux ; celle d’un pouce & demi eft la plus ufitée ; mais on doit toujours les mettre de deux pouces d’épaiffeur dans les pièces au raiz de chauffée ou qui font ex-pofées à l’humidité.
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- Section L Maniéré de poferles Lambourdes , & de les efpacer. i $$
- Section première.
- De la maniéré depofer les Lambourdes, 3C de les efpacer.
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- L e Parquet fe pofe ordinairement fur des Lambourdes, qui font des pièces de bois qui ont communément trois pouces en quarré ; quelquefois elles n’en ont que deux for trois, for-tout dans les petites pièces ou dans celles qui font très-élevées, afin de ne point trop charger les planchers ; mais dans les grandes pièces ou dans celles qui font expofées à l’humidité , on les met quelquefois de trois pouces for quatre, & même de quatre for fix,félon les différentes occafions. (*) Les Lambourdes fe pofent à nud for les planchers , c’eft-à-dire , for l’aire de plâtre que l’on fait for ces derniers , laquelle a ordinairement un pouce d'é-paiffeur, ce qui eft foffilànt pour recouvrir la latte ; une plus grande épaiffeur ne fervant qu’à les forcharger : il efl: même des occafions où l’on pofe les Lambourdes for les folives, ne failant d'aire de plâtre qu'entre ces dernieres ; mais cette derniere maniéré efl moins bonne que la première , ëc 1 on ne doit l'employer que quand on n'aura pas allez d'épaifîeur pour pofer les Lambourdes, lelquelles font toujours plus folidementpofées for l'aire déplâtré que for les folives du plancher y à moins quelles ne foient d’uneépailfeur allez forte pour être chevillées avec les folives du plancher & en contre-balancer la portée , ce qui arrive très-rarement ; c’eft pourquoi il vaut mieux s'en tenir à la première façon. Quant à la maniéré de dilpofer les Lambourdes , on doit toujours les pofer à contre-fens du plancher, c’eft-à-dire, que li les folives font placées parallèlement aux murs de refend d’un Bâtiment, les Lambourdes doivent être parallèles aux murs de face , de forte qu’elles croifont les folives , Sc que par conféquent elles pefont moins for le plancher, & y foient pofées plus folide-rnent, & que leurs foellements fafle plus de liaifon avec Faire de ce dernier.
- Le foellement des Lambourdes ne fe fait pas plein entr'elles ; mais on le fait en forme d auget, c’eft-à-dire , que Fon met le plâtre en forme de demi-cercle en prenant de delfos Faire jufqu'à l’arrête fopérieure des Lambourdes. Voyez la ligure I de la Planche 51 , qui repréfente une piece dans laquelle les Lambourdes font pofées : toutes les lignes ponétuées indiquent les folives du plancher qui pafîent par-deflous.
- Les Figures 2 & 3 de la même Planche repréfentent la coupe du plancher, l’une for la ligne a b y qui eft du fens des* Lambourdes ; & l’autre for celle c d>% qui eft du fens des folives du plancher ; de forte qu’à la vûe de ces figures , on peut juger de l'épaifleur d’un plancher & de là conftruélion.
- O II y a des occafions où l’on ne met point de Lambourdes fous les Parquets, que l’on pofe alors a nud fur les planchers, en obfervant d’y mettre des fourrures qui en regagnent les inégalités. Cette ma-
- niéré eft abfolument mauvaife , & l’on ne doit l’employer que quand on fera gêné par la hauteur des planchers, lefquels ne laifteroient pas allez de place pour pofer des Lambourdes.
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- Planche
- P*
- r $6 'MENU IS 1ER. IL Partie, Chapitre I.
- Il y a plufieurs raifons qui obligent à ne pas remplir les efpaces qui refient entre les Lambourdes : premièrement, on s'en abftient par économie ; de plus, fi les augets étoient remplis, ils chargeroient trop le plancher ; d'autre part, fi les augets étoient pleins, l'air ne pourroit plus circuler fous le Parquet,ce qui l’gc~ poferoit à fe corrompre ; & même lorfque Ton pofe du Parquet dans des lieux expofés à l'humidité , il eft bon de remplir avec du mache-fer l'efpace qui eft entre les Lambourdes. (*)
- On doit auflî obferver, quand on place les Lambourdes , que la derniere pofe contre le nud du mur, afin que quand on vient à pofer le lambris fur le Parquet, fon poids ne falfe point baiffer ce dernier. Voyez la figure i. ci-deiîus, ou bien la fig, 9, PL 53. U faut auffi laiifer à l'endroit de la cheminée un efpace de la largeur de cette derniere fur dix-huit à vingt pouces , pris du devant du chambranle, dans lequel efpace on pofe ordinairement un foyer de pierre ou de marbre ; le Parquet & les Lambourdes, ainfi que la charpente du plancher n'allant pas plus loin, à caufe du danger qu'il y auroit pour le feu fi le bois arra-foit la cheminée. On doit suffi pofer, dans les bayes des portes, deux ou trois Lambourdes félon les différentes épaiffeurs des murs , afin de porter les feuilles de Parquet nommées Seuils. Voyelles cotes e ,jf, figure 1.
- Lorfque l'on met du Parquet au raiz de chauffée & dans des lieux humides, il ne faut pas pofer les Lambourdes à crud fur le fol des Appartements ; mais au contraire, il eft bon, quand on a de la place , de faire entre ces dernieres & le deffus des voûtes des caves un lit de cailloutage , lequel étant bien battu de vient ferme & en état de recevoir une aire pour pofer les Lambourdes, & en même-temps préferver le Parquet de toute efpece d'humidité.
- Quant à l'intervalle qu'il doit y avoir entre les Lambourdes, la mefùre la plus ordinaire eft d'y mettre un pied de diftance du milieu de chacune d'elles, afin qu'il s'en trouve fix à la toifè quarrée de Parquet ; mais cependant je crois que, malgré l'ufàge, il feroit bon quelles fuffent efpacées en raifon de la grandeur des feuilles de Parquet, c'eft-à-dire, quil s'en trouvât cinq fous la largeur diagonale des plus grandes feuilles, Sc trois fous les plus petites, afin que toutes les pointes des feuilles portaffent fur les Lambourdes à la moitié de leur largeur ; ce qu'il faut auffi obferver au Parquet à point d’Hongrie. Voyez les figures 1,3,4 8cj> où les lignes ponétuées indiquent la place des Lambourdes. Lorfque les Parquets auront des frifes, ce fera la même chofe pour la difpofition des Lambourdes.
- (*) Quoique je dife ici qu’il faut laiffer vuide l’intervalle qui eft entre les Lambourdes, il eft cependant bon de faire d’efpace en efpace un taffeau de plâtre qui
- les empêche de fe defcêler, & fur-tout à l’endroit des joints de bois de bout, lefqueis n’étant pas ainfi retenus, pourroient fe lever en frappant deflus.
- Section
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- Section IL Maniéré de dijpofer le Parquet, &c, 157
- Section Seconde.
- jDe la maniéré de dijpofer le Parquet (*). De fa confruclion , & de fes
- v différents compartiments.
- Quant à la difpofition générale du parquet dans les Appartements, elle fe fait des deux maniérés fùivantes : Tune eft mettre les côtés des feuilles parallèles à ceux de la piece; l’autre, de mettre la diagonale des feuilles parallèle à ces derniers, ce qui eft la pratique la plus ufitée ; parce que le parquet ne fe trouve pas à bois de fil, du moins pour ce qui eft des bâtis ; ce qui fait qu il s’ufe moins, fur-tout dans les endroits qui font très-paffagers, & que d’ailleurs cette forme eft plus agréable.
- Avant de pofer du parquet dans une piece , on commence par en tirer le milieu, tant fur un fens que fur l’autre, fuppofé que la cheminée fbit dans le milieu ; car fi elle n’y étoit pas , il faudroit s aflùjétir à cette derniere, afin que fon foyer coupe le parquet également dun côté & de lautre ; enfuite on tire les deux lignes ah> cd, Fig. 6, ce qui donne le milieu de la piece. On pofe au milieu une feuille, dont les angles paffent par chacune de ces dernieres ; après quoi on pofe toutes les autres feuilles, lefquelles viennent mourir où elles peuvent. Lorfque les doflèrets des croifées ne font pas égaux, & que par conféquent le trumeau neft pas au milieu de la piece, on pofe toujours les feuilles fiiivant l’alignement de la cheminée, & on fait en forte qu’il y ait une feuille entière ou une demi-feuille à la rencontre du foyer de la cheminée ; ( Voye^ les Fig. G & 7 y ce que l’on doit toujours obferver, quand même on foroit obligé de tenir le foyer plus ou moins large. Cependant lorfque les pièces fe trouveront ainfi difpofées, & que les trumeaux feront ornés de glaces, lefquelles feront repetees fur les faces oppofees, on eft alors obligé de mettre le parquet d’alignement avec ces dernieres , afin que le luftre que l’on pofe à leur milieu, tombe perpendiculairement au-deflus de la feuille du milieu.
- Pour ce qui eft du compartiment particulier de chaque feuille de parquet, il fe fait de deux maniérés. La première, & la plus ufitée, eft de le faire à compartiment de 16 quarrés diagonaux, & dont les angles touchent les bâtis. La féconde maniéré, eft de les faire auffi à 16 panneaux quarrés, mais dont les côtés font parallèles à ceux de la feuille. ( Voye£ les Fig. Z & 4).
- Quoique cette derniere maniéré ne foit pas fort en ufage, elle fait pour-
- (*) Il fembleroit naturel de donner la conf-trudion du parquet avant de parler de la maniéré de le dîfpofer ; mais comme c’eft la difpofition générale des feuilles qui donne le
- Menuisier. H. Part.
- compartiment des lambourdes lorfqu’elles font affujéties à la grandeur des feuilles, j’ai été obligé de parler de l’un avant l’autre, pour ne pas me répéter dans la fuite.
- Ss
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- Planche
- S3-
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- *5$ MENUISIER, IL Partie, Chap. I.
- mmmmssüsi tant très-bien, lorfque dans le parquet d’un Appartement on met alterna-Planche tivement une feuille de cette façon & une de l’autre. ( Voye^ les Figures S b 6 & y}.
- Les frifes, quoique peu en ufàge à préfent, ne laifTènt pas cependant de faire un fort bel effet ; car au lieu de grandir les champs des bâtis des feuilles de parquet (comme plufieurs le prétendent) elles les détachent, & forment autour d’elles des efpeces de cadres ; de plus, elles fymmétrifent mieux avec les foyers & les feuils des portes, & elles autorifent à mettre des frifes courantes au pourtour de la pièce, dans lefquelles les feuilles de parquet entrent à rainures & languettes, ce qui fait très-bien, & rend l’ouvrage beaucoup plus folide.
- La longueur des frifes fe détermine de deux maniérés : la première eft de leur donner de longueur la largeur des feuilles de parquet, & la moitié de leur largeur par chaque bout, de forte que tous les bouts des frifes s’aftemblent enfemble à rainures & languettes, Sc d'onglet ou à pointe de diamant, ce qui eft la'même chofe, ainfi que celles qui font cotées a y a 9 Fig. ff. ♦
- La fécondé maniéré de faire les frifes, eft de leur donner de longueur le double des dernieres, afin quelles contiennent deux feuilles de parquet, & de les alfembler quarrément en forme d’échiquier. Cette fécondé maniéré eft beaucoup plus folide que la première; mais aufli efbelle moins propre, comme on peut le voir à celle cotée ly b. Quant à la largeur des frifes, elle doit être égale à celle des bâtis de parquet, laquelle varie depuis trois jufqu à quatre pouces, plus huit lignes pour les deux languettes , que l’on fait toujours dans les frifes, parce quelles font plus aifées à faire dans ces dernieres que dans les feuilles de parquet.
- Les foyers font des efpeces de chafîîs, lefquels fervent à entourer la pierre ^ou le marbre de faire de la cheminée, & à recevoir les feuilles de par-,quet qui font coupées en cet endroit, lefquelles entrent dans les foyers à rainures & languettes. Leur largeur eft égale à celle des bâtis des feuilles de parquet: quant à leur ouverture , elle doit être égale au dehors du chambranle de la cheminée ; cependant il feroit bon quils fuffent plus larges de deux ou trois pouces de chaque côté , afin que le foyer de pierre ou de marbre retournât également aux deux côtés de la cheminée, lefquels, pour l’ordinaire, font revêtus de l’une de ces deux matières, & femblent porter for les foyers de bois, lorfque ces derniers ne font pas plus larges que le dehors du chambranle, ce qui eft contre la vraifem-blance, n’étant pas naturel que le bois porte le marbre.
- Pour la largeur des foyers, elle doit être de dix-huit à vingt pouces, ainfi que je fai déjà dit ; cependant elle peut varier pour les raifons que j’ai dites ci-deffos, page 157. Ils s affemblent à tenons & mortaifes, & prefque
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- Section IL Maniéré de difpofer le Parquet, &c. 159
- toujours à bois de fil, ce qui efl plus propre que s’ils étoient afTemblés —1
- , Planche
- quarrement.
- Les feuilles de parquet font compofées de bâtis (*) & de panneaux; les bâtis doivent avoir depuis trois pouces de largeur jufqu a trois pouces & demi & même quatre pouces, félon les différentes grandeurs des feuilles
- de parquet.
- On les affemble à tenons & mortaifes, lefquels doivent avoir d’épaiffeur les deux feptiemes de celle des bâtis, pris à leur plus petite épaiffeur, & être placés au milieu du bois, afin qu’ils foient plus folides, & que la joue de devant foit dune épaiffeur fuflifante.
- Les battants ont un tenon par le bout à droite , & un enfourchement par celui qui eft à gauche, afin que fon ne foit point expofé à faire des éclats en faifant les rainures & les languettes au pourtour des feuilles. Il faut aufïï obferver de ne point faire cet enfourchement tout au travers du battant, mais feulement à deux pouces de profondeur, afin qu’il refte du bois pour porter le bouvet lorfque Ton fait les languettes autour des feuilles. On pourroit prévenir cet inconvénient en affemblant d’onglet les battants de parquet; mais cette maniéré eft moins folide que la première, & de plus ce n’eft pas l’ufage. Les joues des rainures des bâtis, dans lefquels entrent les panneaux, doivent être auffi épaiffes qu’il eft poffible, & les rainures peu profondes, la trop grànde profondeur ne faifant qu affoiblir les joues. ( Voye[ les Fig. I > 3 & 5 )•
- Quoique le parquet ne foit quà un parement , on doit cependant avoir foin qu il foit d’une épaiffeur à peu-près égale , du moins le plus qu’il eft poffible, afin qu’il porte également fur les lambourdes; on doit auffi obferver que les arrafements de derrière approchent, à peu de chofe près, afin qu’il n’y ait tout au plus qu’une ligne de jour dans les joints, & non pas quatre & même fix, comme on peut le voir à prefque tout let parquet qui eft fait ; ce qui ôte la force aux affemblages, 6c qui, dans les endroits humides, expofe le parquet à fe pourrir plus vîte.
- Les feuilles de parquet font jointes à rainures & languettes les unes avec les autres, de maniéré que les rainures foient dans une feuille & les languettes dans l’autre. Quant à la longueur des feuils , c’eft la largeur de la baye des portes qui la déterminera, en obfervant qu’il refte d’après l’em-brafement un champ d’une largeur égale à celle des autres bois du parquet. Pour leur largeur,*ce fera l’épaiffeur des murs qui la déterminera; & on aura foin que le devant du champ du fouil, vienne au nud du devant du
- (*) Ces bâtis prennent différents noms felonleurs formes & grandeurs, lefquels noms je vais don-ïicr ici ; non pas que cela foit une chofe eflen-uellej mais c’eft afin que tout le monde puiiïe etre a portée d’entendre les termes dont fe ietvept les ouvriers. Voyci la Figure 2, où tou-
- tes les pièces font cotées ainfi qu’il fuit : i. battant, 2. piece quarrèe, 3. écharpe, 4. piece-onglet, q. petite piece quarrée, 6. colifichet, 7. petit panneau ou guinguin, 8. panneau quarré, <?. piece de coin ou panneau-onglet.
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- Flanche
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- M E N U 1 S I E R, 11. Partie. Chap. 1
- chambranle, pris du fond des moulures , comme on peut le voir dans la Fig. 8. Quant au compartiment des feuils, on peut le faire de plufieurs façons ; mais la forme quarrée eft toujours préférable.
- Quoique cette maniéré de faire le compartiment du parquet, foit la plus généralement foivie, Sc que Ton ne forte prefque jamais des grandeurs de trois pieds à trois pieds Sc demi pour chaque feuille de parquet , il feroit cependant nécefîàire que dans des Appartements d’une certaine con-féquence, on fît les feuilles de parquet d’une grandeur relative à celle de chaque piece , c’eft-à-dire , quil fe trouvât un nombre complet de feuilles dans chaque piece , Sc que leurs extrémités touchaffent à un bâtis , lequel régneroit au pourtour de cette derniere, de forte qu’il n’y auroit que des feuilles ou des demi-feuilles : cela donneroit beaucoup de magnificence Sc de grandeur à un Appartement, fans pour cela caufer beaucoup de dé-penfe ; car il efl fort aifé de voir que cela ne demanderoit qu’un peu plus d’attention , Sc que le compartiment d’une feuille une fois fait, il n’en coû-teroit pas plus pour tout le refte de la piece ; ce qui répété pour toutes les pièces d’un Appartement, du moins les plus confidérables, ne feroit qu’un fort petit objet pour la dépenfe, Sc ne pourroit entrer en concurrence avec le bien qui en rélulteroit.
- De plus, dans les grandes pièces > telles que les Salions Sc les Galle-ries, ne pourroit-on pas faire ce que l’on fait quand ces pièces font pavées de marbre , dont le compartiment imite celui des voûtes Sc des plafonds de ces mêmes pièces ? Ne pourroit-on pas, dis-je, dans le cas d’un Sallon, faire régner un cours de frifes à compartiment au pourtour de la piece, lequel répondroit à la faillie de la corniche ? ce que l’on pourroit faire aufïi dans une Gallerie / en faifànt des compartiments dans le parquet, lefquels répondroient en quelque façon aux compartiments des arcs, doubleaux Sc autres ornements des voûtes.
- Je ne donne pas ce que je dis ici pour une loi, mais pour un confoil feulement, for lequel chacun fera ce qu’il jugera à propos. On pourra voir la Fig. 9, laquelle repréfente une coupe de parquet avec un bâtis au pourtour , Sc le lambris d’appui au-deflus, ce qui fervira à donner l’intelligence de tout ce que j’ai dit à ce fujet. La Planche £4 repréfente la moitié du parquet d’une chambre à coucher de parade, dont les feuilles font d’une grandeur relative à celle de la piece avec un bâtis au pourtour ; Sc les embrafements de croifées Sc de portes font de différents compartiments.
- La Planche y y repréfente un compartiment de parquet propre pour des Salions Sc des Galleries, au pourtour duquel régné un cours de frifes à compartiment, ce qui peut donner une idée de ce que j’ai dit ci-defius, & même fervir à faire imaginer d’autres compartiments , en évitant toutefois défaire
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- I
- Section II. Manière de difpofer le Parquet, &c. 161
- faire entrer trop de forme cintrée , tant à caufe de la difficulté de leur « façon que de leur peu de folidité.
- Quoiqu'on ne falfe point de parquet différent des autres, pour les embra-fements de croifées , y laiffimt entrer les feuilles de parquet félon quelles fe rencontrent, fai cru cependant quil étoit bon d'en faire exprès, fur-tout dans les pièces d'une certaine conféquence, ainfi qu'on peut le voir dans les Figures ci-deflus.
- Il eft encore une autre maniéré d’enrichir les parquets d’un Appartement, qui eft d’y employer des bois précieux 8c de différentes couleurs, tels que le noyer noir 8c blanc, les bois violets, le cedre de rofe, le palifandre & autres ; mais il faut auffi faire attention de ne mettre enfemble que des bois d’une pareille denfité, afin qu’ils puiffent réfifter également au frottement. La difficulté d’en trouver de parfaitement égaux en dureté, ou bien leur rareté, détermine à faire peu dufàge de ces fortes de parquets, en forte qu'au lieu de bois rares, on n'emploie que du chêne ; cependant quelquefois on le choifit de maniéré que les bâtis font d une couleur 8c les panneaux d’une autre , ce qui fait très-bien ; ou bien chaque feuille toute d’une même couleur, mais différentes les unes des autres, de forte qu’il y ait alternativement une feuille blanche 8c l’autre rougeâtre.
- On fait auffi des parquets de marqueterie, tels qu’il s'en voit dans un cabinet du château de Maifons; mais ces fortes de parquets ne s'emploient que très-rarement, à caufe de leur trop grande dépenfe & leur peu de folidité.
- En général, pour que les parquets foient bons, il faut que le bois en foit très-fec, parce que comme ils font compofés de plufieurs pièces dont les unes font à bois de bout 8c les autres à bois de fil , il arrive que le bois de bout ne fe retirant pas , la réfiftance qu'il fait, ouvre tous les joints du parquet, & quelquefois même fend les joues des affemblages.
- Le panneau doit auffi être très-foc ; on fe fort ordinairement de mairain ou courfon , lequel neft pas refendu à la foie, mais au coutre , & dont les morceaux n'ont ordinairement de longueur que deux fois la longueur d’un panneau, ou un peu plus. Ces bois font d’autant plus propres à cet ouvrage, qu’ils font tous très-fermes, 8c qu’ils font prefque tous fendus fur la maille, ce qui doit les faire préférer à tous les bois refendus, de quelque elpece qu’ils foient.
- Section Troisième,
- Les différentes ejpeces de Planchers, leurs conjlruBions, à la maniéré
- de les pofer ainji que le Parquet.
- £e$ planchers font compofés de planches jointes enfemble de toute leur largeur , ou bien refendues par alaifes, ce que l’on nomme Planchers Menuisier% II. Paru T c
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- ; de ce" nombre eft celui que Ton appelle point de Hongrie , lequel eft fait de compartiment diagonal. Quelquefois on met ces efpeces de planchers au nombre des parquets ; mais comme ils n’ont aucune efjpece d’aflèmblage , on ne doit les conlidérer que comme des planchers à compartiments.
- Le plancher à point de Hongrie fe fait ordinairement d’alaifes de trois ou quatre pieds de long , félon la grandeur de la piece, & de la largeur de trois à quatre pouces, félon les différentes longueurs ; leur coupe & la direction des joints fe fait d’onglet ou par un angle de 45* degrés, ce qui
- eft la même chofè.
- Mais en général, pour bien faire le compartiment d’un plancher à point de Hongrie, il faut, après que l’on aura déterminé la grandeur de la piece tant ftir la longueur que fur la largeur, réferver au pourtour un cours de frifes, lequel aura d’après la faillie de la plinthe du lambris d’appui, la même largeur que les alaifes dont fera compofé le plancher ; enluite d’après cette frife , on divifora le refte de la largeur en plufieurs lignes parallèles , dont la diftance ne doit être que depuis zj jufqu’à 34 pouces , afin de produire des diagonales dont la longueur foit depuis troi& jufqu’à quatre pieds , le rapport du côté d’un quarré avec fa diagonale étant à peu-près comme 7 eft à 10, ce qui revient aux largeurs ci-deflus ; en obfervant toutefois que le nombre des parallèles foit impair , afin qu’il fe trouve un joint au milieu de la piece. On fera la même opération pour la longueur que pour la largeur, dont on fera les divifions égales à celles de cette derniere, du moins autant qu’il fera poffible; fi cela ne fe peut, on les fera plus larges, afin que la grande longueur des alaifes fuive le fèns
- de la piece. ( Voye£ les Fig. 5 & 6 de la PL 52').
- Pour ce qui eft des planchers proprement dits, il n’y a d’autre façon que de les corroyer & de les joindre à rainures & languettes. Ceux qui font faits en alaifes font beaucoup meilleurs que ceux qui font faits de planches de toute leur largeur, parce que les planches étant moins larges, elles font moins fujettes à fè retirer. Comme les planches n’ont pas aftèz de longueur pour faire celle des pièces , on les rejoint à rainures & languettes aux bouts les unes des autres ; mais quand on veut que l’ouvrage ait plus de folidité, on fait des travées de cinq à fix pieds de long , au bout defquelles on met une frife en fèns contraire, dans laquelle entre le bout des planches. Cette derniere maniéré eft très-bonne, & eft préférable à toute autre, à caufe de fa folidité : & on doit l’employer dans les endroits qui ne font pas fufceptibles d’une grande magnificence, & dont on a intérêt de ménager la dépenfe.
- Tous les planchers doivent être faits de bois de chêne depuis if lignes d’épaiffeur jufqu’à deux pouces, & on ne doit jamais y employer de fàpin, parce que ce bois eft trop tendre & fe retire trop. Pour ce qui eft de la
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- Section III Des différentes efpeces de Planchers, &c. 163
- poCe, tant du parquet que des planchers, on ne fauroit y faire trop d’at- ^ ..
- tention, parce que c’eft de là que dépend en partie toute leur folidité ; Planche ceft pourquoi, avant même de pofer les lambourdes, il faut commen-cer par tracer tous les niveaux des Appartements, afin que fi dans une longue fuite de pièces il y avoit quelque différence de hauteurs, on pût les regagner en adoucifiant à raifon de la différence de niveau & de la longueur de chaque piece. Il faut aufli avant de pofer les lambourdes, fe rendre compte de l’épaifleur des bois des parquets ou des planchers, afin de n’avoir point de cale à mettre fous ces derniers, ou du moins très-peu ; ( ce c,ui arrive fouvent lorlqu’on ne prend point cette précaution ; ) parce qu’il Viut beaucoup mieux ôter aux bois les plus épais, que de caler fous les autres, quoique ce foit l’ulàge.
- On doit auffi avoir foin que les lambourdes, foient pofées un peu bouges ai milieu de la piece, for-tout lorfqu’elle eft d’une certaine grandeur, afin qie quand les planchers viennent à faire leur effet, ils foient toujours droits ; c< qu’on doit for-tout obforver dans le cas d’un bâtiment neuf.
- Quand les lambourdes font ainfi difpofées , on attache le parquet deffos ^ec des clous, lelquels ordinairement n’ont pas de têtes ; mais il vaudroit ilieux y mettre des clous communément appellés a parquet, lefquels ont me tête méplatte : à la vérité, ils font un plus grand trou dans le parquet me les premiers qui n ont pas de têtes, mais ils l’arrêtent beaucoup mieux.
- Ces clous font de beaucoup préférables aux autres dans les planchers faits de jlanches, parce qu’ils les empêchent de fe tourmenter, ce que ne peuvent itire ceux qui nont pas de têtes, puifqu’ils ne peuvent entrer à force dans 1 bois fans l’expofer à fe fendre.
- Quant à l’inccnvénient que caufent les trous qu’on eft obligé de faire pour tnfoncer les têtes des clous, on peut y remédier en faifànt à l’endroit de chaque clou, une petite mortaife dans laquelle entre la tête de ce dernier,
- & qui s y trouve enterrée de maniéré que l’on puifle y rapporter une piece à bois de fil ] ce qui eft en même temps très-propre 8c très-folide.
- On doit avoir foin en polànt le parquet, que tous les joints s’alignent bien, & que toutes les feuilles foient d’une égale grandeur, afin que leurs angles fe rencontrent tous parfaitement.
- ^ Quant au nombre des clous qu’il faut y mettre, la quantité n’eft pas :ort néceffaire J il fuffit d’en mettre for les battants, & quelques-uns dans ls principales pièces, pour qu’ils foient attachés foiidement. Il n’en eft ps de même aes planchers , for-tout ceux qui font faits de planches, aux-q elles ils fzjt mettre des clous fur les deux rives à la rencontre de chaque larbourde, ^u de deux en deux au moins, avec la précaution toutefois de les lettre en liaifon, c’eft-à-dire, que les planches foient clouées en chiquier, afin qu’il y ait un clou pour chaque joint à chaque lambourde.
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- i$4 menuisier,il partie. chaP. i /.
- ai..... Lorfque les planchers ne font pas fofceptibles dune grande propreté, &
- Planche que le bois eft trop mince pour y faire des entailles, ou bien qu’ils font SS.» faits de bois de fàpin, on fo fert, pour les arrêter, de clous à pedtes
- têtes nommés caboches, lefquels entrent dans le bois St s y cachent entièrement.
- Quant à la différente forme des clous à parquet, j’en parlerai ci-après, en traitant de la maniéré de pofer St arrêter l’ouvrage.
- CHAPITRE SECOND.
- Des Lambris en général
- ON appelle Lambris toute efpece de Menuiferie fervant aux revêtiflèmeift intérieurs des Appartements.
- Deux raifons ont donné lieu à cette efpece de Menuiferie, lavoir, [a falubrité St la magnificence. Les Anciens les faifoient de bois précieux uni:* ou pour mieux dire arrafés, for lefquels ils appliquoient des ornemens d’or, d’argent, d’ivoire, d’ébene ou autre matière précieufe, St quelque* fois même on les y incruftoit, ce qui a donné lieu à la Menuiferie nom mée EbéniJIerie (*) , dont l’ufage étoit très-commun dans le dernier fiecle, mais qui dans celui-ci eft réduite à la partie du meuble.
- A cette première efpece de Menuiferie, on en a fobftitné une fécondé * laquelle, à la vérité , n’eft pas fl riche ( du moins quant à la matière ) , mat auffi qui a l’avantage d’être fofceptible de toute la décora:ion & de touc la magnificence poffibles, St dont les formes grandes St najeftueufes, doi« vent la faire préférer à la première , for-tout depuis qu’on y a introduit le; ornements de fculpture, la peinture St la dorure , lefquelles lui donnent, du moins en apparence, toute la richeffe St la magnificence de la Menuiserie des Anciens,,
- Section Première.
- Des différentes efpeces de Lambris, de leurs formes , ufags & proportions.
- L’ordre St la convenance faifant le caraétere de la bonneWchiteélure, il eft donc néceiîàire que ce caraélere fe faffe fentir dans toues fes parties
- (*) Cette première efpece de Menuiferie étoit employée par les Anciens, non feulement à la décoration des Appartements des Princes & des Rois, mais aulîi à celle des Temples.
- L’hiftoire des temps les plus reculés en fait mention. Jofeph Flavius parle du revêtiffement intérieur du Temple de Jérufalem, lequel étoit fait de bois de cedre revêtu de lames d’or.
- Virgile, dans la defcriptionWi fac de Troyc> parle des Appartements de biam, qui étoile revêtus de lambris dorés ; te qui prouve ni moins, que quand même ce qie les Auteurs )nc dit à ce fujet n’auroit été qii fï&ion, l’utge des lambris étoit connu de lejir temps, pif. qu’il n’auroit pas été vraifemb|tble qu’ils eulbnc parlé d’une chofe qu’ils n’auraient pas con-ue.
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- Section I. Des différentes efpeces de Lambris, &c. 16$
- les différents ufages des pièces d un appartement, ainfi que le rang des « perfonnes pour qui ils font deftinés, doivent néceffairement décider de la plus ou moins grande richeffe & de la forme des lambris.
- Je Centrerai pas ici dans le détail de la décoration des pièces dont peuvent être compofés tous les différents appartements ; cette matière étant prefque inépuifable: je ne le ferai donc qu autant que le fujet femblera F exiger ; fexamen des ouvrages faits étant le meilleur moyen pour s’inftruire dans cette partie de la Menuiferie. Paris & fes environs fournirent une quantité d'exemples, qui, s'ils ne {ont pas tous propres à être imités, fuffifent du moins pour former le goût & le raifonnement des jeunes gens, afin que par la comparaifon & l’examen de ces ouvrages, ils évitent les défauts dans lefquels font tombés ceux qui les ont faits.
- ' Il eft de deux efpeces de lambris, l'un que l'on nomme Lambris de hauteur , lequel s'élève depuis le parquet d'un appartement jufqu'à la corniche ; & f autre que l'on nomme Lambris d’appuis lequel, ainfi que le premier, régné au pourtour d'un appartement, St n’a de hauteur qu'un quart & même un cinquième de toute la hauteur de la piece, prife du deffous de la corniche. Les profils de ces deux elpeces de lambris {ont ordinairement les mêmes , excepté que ceux des lambris d'appui font quelquefois plus {impies & d’une forme plus grave, ainfi que je le dirai ci-après. ,
- Les lambris de hauteur font compofés de deux parties, fçavoir, de l'appui & de fon deiîus, que l'on nomme proprement lambris de hauteur , lelquels font féparés l'un de l'autre par une moulure nommée Cymaife, dans laquelle ils entrent tous les deux à rainures & languettes ; ou bien lorfque la hauteur de la piece n'eft pas confidérable, les deux lambris tiennent en-femble, 8c la cymaife appliquée deffus, n'a d’épaiffeur que celle de là faillie.
- Les cymaifes doivent avoir une hauteur relative à celle du lambris ; Sc par confequent a celle de la piece ; c eft pourquoi on leur donnera de hauteur le douzième de celle du lambris d'appui, c'eft-à-dire, quelles auront deux pouces aux lambris de deux pieds de hauteur, & trois pouces à ceux de trois pieds, ainfi du refte ; quant à l'épaiffeur des cymaifes, elles doivent avoir premièrement l’épaiffeur des lambris, plus la faillie de leurs profils , qui ont plus ou moins de richeffe, à raifon de celle des lambris. Voyeç
- les Fig. /, 2, J, ^ 6 lefquelles repréfentent diverfes fortes de cymaifes.
- Lorfque les lambris d'appui font extrêmement bas, comme les banquettes des croifees, on n'y met qu'une cymaife d'environ un pouce de hauteur, laquelle eft ornée dun quart de rond fur l’arrête. Voye£ la Fig. 6. Quand les cymaifes font aftragalées, comme les Fig. 3 Sc 4, fi l'on craint que les joues des rainures du bas ne deviennent trop foibles, on fera un arra-Menuisier* IL Part. V v
- Planche
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- Planche 5 <5.
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- *66 MENU ISIÊ R. II. Partie > Chap. IL
- fement au-devant de la languette du lambris d’appui, afin de lui donner Planche plus de force. Voyeç les Fig* ci-deflus. Dans les pièces d’une grande rx~ $6* chefle Sc dune hauteur aiTez confidérable, on peut tailler d’ornement le gorgerin des cymaifes, ainfi qu’on peut le voir dans les Fig. 7 & 8.
- Le bas des lambris d’appui eft ordinairement terminé par une plinthe ou focle qui eft attaché deflus ; cependant il vaudroit mieux les faire d’une épaifleur aflez confidérable pour recevoir les lambris d’appui à rainures Sc languettes , ce qui feroit beaucoup plus folide que les plinthes minces qui font fujettes à être enfoncées.
- Le defius des plinthes eft ordinairement orné de moulures ; mais je crois qu’il feroit plus à propos de les faire toutes quarrées, fur-tout lorfqu’elles doivent être peintes en marbre , ou bien quand c’eft dans un grand appartement , où quelquefois la trop grande hauteur de la plinthe oblige de la fépa-rer en deux parties, dont celle de deflbus eft toute quarrée, & a de hauteur le double de celle de defius, laquelle alors eft ornée d’une moulure for l’arrête 9 Sc par conféquent a le tiers de toute la hauteur. Voye^ les Fig. c? , 10 % Il y 12 y ij & iq y lefquelles repréfentent diverfes efpeces de plinthes, & les moulures dont elles peuvent être ornées. Quant à la hauteur des plinthes 9 la coutume la plus ordinaire de la déterminer 9 eft de faire régner le deflbus de la moulure du lambris d’appui 9 avec le deflus de la plinthe des chambranles des portes, de forte que les plinthes des lambris aient de hauteur celle des plinthes des chambranles, moins la largeur du champ des lambris d appui, qui ont ordinairement depuis deux jufqu’à trois pouces, ce qui donne trois à quatre pouces de plinthes à ces derniers, celle des chambranles en ayant cinq à fix de hauteur.
- Quoique cette maniéré de déterminer la hauteur des plinthes des lambris d’appui foit la plus fuivie, je crois cependant qu’il feroit beaucoup mieux de faire régner de hauteur toutes les plinthes d’un appartement, tant des chambranles des portes & des croifées, que celles de la cheminée & des lambris d’appui,
- ( ces dernieres étant pour l’ordinaire peintes en marbre de la même couleur que celui de la cheminée, ) ce qui leur donneroit plus de hauteur & feroit un plus bel effet que de les voir toutes inégales, ainfi qu’on peut les voir pref que par tout.
- La raifon qui femble avoir autorifé la première maniéré de déterminer la hauteur des plinthes, eft que fi celles des lambris d’appui régnoient avec celles des chambranles, elles deviendroient trop hautes ; la coutume eft de faire ces dernieres d’un pouce plus hautes que larges, (ce qui fait environ cinq à fix pouces ) ce qui feroit trop pour un lambris d’appui qui n’auroit que deux pieds & demi ou trois pieds de hauteur. Je crois donc que pour remédier à la trop grande hauteur, & pour ôter la difformité de celles qui font inégales, je crois , dis-je , qu’il vaudroit mieux les réduire toutes à une même hauteur | ainfi que
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- Section I. Des différentes efpeces de Lambris, &c. . r 67
- je Fai dit ci-deflùs, fans avoir égard à la largeur des chambranles, Sc donner aux plinthes des apppartements une hauteur relative à celle de ces derniers , Planche c eft-à-dire, que Ton donnât quatre pouces de hauteur à celles des appartements de douze pieds de hauteur fous corniche , cinq pouces à celles de ceux de quinze pieds, Sc fix pouces à celles de ceux de dix-huit pieds.
- Voye{ les Fig, if>& 16, où font repréfentés des lambris d’appui, des banquettes , des chambranles de portes, de croifées & de cheminées, dont toutes les plinthes font inégales, au lieu que celles des Fig. 17 & 18 font toutes d’une même hauteur ; d’après quoi on peut juger de la vérité de ce que j’avance ici.
- Pour ce qui eft de la hauteur des lambris d’appui, quoique je l’aie déterminée -=======
- entre le quart & le cinquième de la hauteur de la piece prife de deflous Planche
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- la corniche, il eft cependant des occafions où cette proportion eft fofceptn ble de changement. Premièrement, lorfque les appartements n’ont que du lambris d’appui, le refte de la hauteur de la piece étant revêtu de tapifleries, lefquelles font quelquefois d une hauteur bornée , ce qui oblige alors de faire le lambris d'appui plus ou moins haut à raifon de la tapiiïerie , comparaifon faite avec la hauteur de la piece.
- Il eft plufieurs maniérés de pofer la tapiiïerie au-deiïùs des lambris d appui ; celle qui fait le mieux eft de faire des chaffis qui régnent au pourtour de la tapif ferie, & qui fe pofent furie lambris d’appui, ainfi que furie lambris ordinaire.
- Ces chaffis doivent avoir de largeur, premièrement, celle des champs du lambris d’appui fur lequel ils font pofés, plus une portée fuffifante pour attacher deiïùs des moulures qui fervent de cadres à la tapiiïerie ; quant à ces dernieres, elles s’attachent for d’autres chaffis, lefquels entrent tout en vie dans les premiers,
- & y font retenus par les moulures que l’on attache for les champs, Sc qui les débordent afiez pour retenir les chaffis qui portent la tapiiïerie.
- Quand les chaffis font d’une grandeur cônfidérable, on les fépate par des montants de des traverfes, lefquels les rendent plus folides, 8c empêchent les tapifleries de les faire ployer, & par conféquent de fe détendre.
- Il eft des occafions où l’on ne fait point de doubles chaffis pour porter la tapiiïerie ; mais on fait les champs qui portent les moulures, d’une largeur aflez cônfidérable, pour qu’après ce qui eft foffifant pour porter les moulures, on puifle y faire une feuillure d’environ un pouce de large fur une profondeur à peu^près égale à l’épaiffeur de l’étoffe qu’on veut attacher deiïùs. Cette fécondé maniéré eft moins coûteufe que la première ; mais auffi a-t-elle l’incommodité, qu’il faut détacher la tapiiïerie chaque fois qu’on veut la changer, ce qui eft fojet à faire fendre les bâtis par la foite du temps; au lieu que quand il y a de doubles chaffis, on évite cet inconvénient, & on a 1 agrément de changer toute la tenture d’un appartement en très-peu de temps , ce qui eft fort à confidérer. Voye{ Us Figures l, Z > 4*5 $ 6*
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- Dans les pièces de peu d'importance, on ne met point de champ au pourtour de la tapiflerie, fe contentant d’attacher fur le mur des tringles fur lef quelles on attache cette derniere, aux extrémités de laquelle font pofées des moulures, ce qui fait un fort mauvais effet. ( Voye{ la Fig. 3 ).
- Lorfqu’on n eft pas borné par la hauteur de la tapiflerie pour déterminer celle du lambris d'appui, on doit pour lors, dans le cas d’un appartement d'une médiocre hauteur, avoir foin de faire régner le deflus de la cymaife avec le deflus des tables à deflus de marbre, que l'on met ordinal rement entre les croifées, ainfi qu'aux écoinfons & autres meubles que l’on peut mettre dans un appartement.
- On doit auffi avoir la même attention par rapport aux appuis des buffets que l'on met dans les Salles à manger, lefquels doivent auffi régner avec le defliis des cymaifes des lambris d'appui de ces mêmes pièces.
- Dans les appartements d’une hauteur ordinaire , dont la décoration n’eft pas fiifceptible d’aucun meuble dont la hauteur foit bornée, comme les tables, les commodes, Scc, on pourra faire régner le deflus de la cymaife avec le defliis de la retombée du ceintre du chambranle de la cheminée , afin que d’après cette hauteur , & le deflus de la tablette de ce dernier, il y ait une largeur fuffifante pour mettre une frife dont le defliis du champ régnera ( du moins le plus qu'il fera poffible ) avec le deflus de cette même tablette , afin que tous les panneaux de la piece, régnent de niveau avec la glace de la cheminée , ainfi que les trumeaux des croifées, lefquels viennent alors de même hauteur. On doit cependant obferver de ne fe fer-vir de c ette maniéré de déterminer la hauteur des lambris d'appui, que quand les appartements auront au moins 1 y pieds de hauteur fous corniche, dans lefquels on peut mettre, des cheminées de trois pieds neuf pouces ou quatre pieds de hauteur ; car à moins de cette hauteur, il eft impoflible de le faire, la hauteur des cheminées ordinaires n’étant pas fuffifante pour contenir un lambris d’appui & une frife au-deflus. ( Voy. la Fig. y
- Quand les pièces font extrêmement grandes, on peut faire régner le lambris d’appui avec le deflus de la cheminée , parce qu’alors telle que foit la hauteur de cette derniere, elle ne fàuroit trop élever le lambris d'appui, yu la grande hauteur de la piece. ( Voye^ la Fig. 8. )
- Quant à la forme des lambris d'appui, elle doit être quarrée, c’eft-à-dire , qu’il ne faut y faire aucun ceintre , leurs champs & leurs moulures devant être droits dans tous les cas , & ces premiers être égaux & perpenpiculaires avec ceux des lambris de hauteur. Pour les compartiments des panneaux, quoique le lambris d appui foit fouvent difpofé pour être feul, c’eft-à-dîre, fans lambris de hauteur, il faut cependant faire des compartiments de panneaux comme s’il devoit y en avoir, afin que fi par la fuite on venoit à pofer du lambris de hauteur fur le lambris d'appui, les panneaux du premier
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- Section L Des différentes ejpeces de Lambris, ùcP i6ç
- fcient toujours d’une forme gracieufe, & en rapport avec celle de la piece. Les panneaux des lambris, tant d’appui que de hauteur, font ordinaire* ment féparés par des pilaftres qui font atrafés avec les bâtis des panneaux , ou bien font avant ou arriéré-corps for ces derniers; cependant la difpo-fition naturelle des pilaftres, eft de faire avant-corps for les panneaux, excepté dans les parties principales d'une piece, comme les trumeaux, les cheminées 8c leurs vis-à-vis, où les pilaftres font arrafés, ou quelquefois font arriere-corps. La première de ces deux maniérés eft la plus commode 8c la plus ufitée, à caufe que les deux corps que formeroient la cheminée & le pilaftre fur le lambris, déborderoient le quarré de la corniche , à moins quil n’y ait un reflaut dans la partie inférieure de cette derniere , lequel autoriferoit ce double corps. Voye{ les Fig. I & Z , dont une repréfente un pilaftre arrafé, c’eft-à-dire, dont les champs font liftes 8c communs avec ceux des panneaux, & l’autre un pilaftre faifant arriere-corps, lequel a des champs qui lui font propres, 8c qui entrent à rainures 8c languettes avec ceux des panneaux.
- On doit aufll, ie plus quil eft poffible, mettre des pilaftres dans les angles d’une piece, parce qu’ils la terminent mieux que les panneaux, & qu’ils répondent à ceux dont on eft néceifairement obligé de revêtir les dofferets des portes ou des croifées.
- On obfervera auffî de mettre toujours un panneau au milieu de chaque face de lambris, 8c non pas un pilaftre, ce qui eft contre l’ufage 8c la vrai-femblance/
- Pour ce .qui eft de la proportion des panneaux des lambris de hauteur, ils doivent avoir de hauteur deux fois leur largeur au moins, ou trois fois au plus , lorfque l’enfemble de la piece fera d’une forme plus ou moins élégante
- Pour les pilaftres , on leur donnera de largeur le huitième de leur hauteur, ou le dixième au plus , pris du dehors des champs pour la largeur ; & pour la hauteur, du deflus de la cymaife au-deftous de la corniche : cette proportion fera pour ceux qui feront avant ou arriere-corps ; & pour ceux qui feront arrafés , on prendra la dimenfion du dehors des champs.
- En général, les pilaftres doivent toujours monter de fond du deflus de l’appui, fans être interrompus ni coupés par des frifes ni aucune efpece de mouluresi Anciennement on avoit coutume de les orner d’un rond ou d’une lofànge au milieu ; mais il eft beaucoup mieux de les faire liftes , parce que cela donne plus de beauté à l’ouvrage , en évitant la confufion que produifent les petites parties, & en y mettant du repos 8c faifant valoir le compartiment des panneaux.
- Quand les pilaftres font d’une certaine hauteur , on y met une fauflè traverfe par derrière, laquelle s’affemble à tenon & mortaife ; dans les battants d après le derrière de la rainure, ou bien quand les battants n’ont pas Menuisier, IL Part. Xx
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- mm-zsszz affez d’épaiffeur pour y faire des mortaifes, on n’y met que des barres à queues
- Planche lefquelles retiennent l’écart des battants. ( Voye£ la Fig. ^ ). Quant à la largeur des frifes, elles doivent avoir depuis fept pouces jufqu’à un pied d’ar-rafement, félon la différente hauteur des pièces & la largeur des panneaux.
- Comme on n emploie les lambris dune forme quarrée , que dans les pièces qui ne font pas foceptibles d’une grande décoration, & où par conféquent on a plus d’égard à la folidité quà la magnificence, on ne doit donner aux panneaux de ces lambris, que trois pieds de large au plus ; & comme dans les pièces d une certaine hauteur , les panneaux deviendroient trop élégants, on y ajoutera une ou deux frifes ou même un panneau, félon que l’exigera la hauteur de la piece. Voye[ les Fig. 4 , 5 > 6 <& 7, où font deflînés différents compartiments de lambris, à raifon des différentes hauteurs des pièces , lefquelles font depuis9, 10, 12, 1^, 18 pieds fous corniche, qui font les hauteurs les plus ordinaires ; & j’y ai joint une partie de chambranle des portes, afin que l’on puifle voir l’ordre qui doit régner entre la hauteur de ces dernieres & les compartiments des lambris ; de plus, ces compartiments , quoique d’une forme fimple & droite , fervent à former le goût, & accoutument à mettre de Tordre & de l’arrangement dans les compartiments des lambris d’une décoration plus riche, dans lefquels on doit toujours reconnoître les formes .droites, quels que foient les ceintres & les ornements que l’on y emploie. r
- Pour ce qui eft de la proportion des champs 8c des profils des lambris, il n eft guere poflîble de la déterminer, for-tout pour ce qui eft de celle des profils , laquelle varie félon la plus ou moins grande richeffe qu'on leur donne , n’étant pas poflîble de donner la même largeur à un profil qui ne feroit compofé que d’un ou de deux membres de moulures, qu’à un autre qui en auroit quatre ou cinq. Toute la proportion que l’on peut donc donner aux profils des lambris , eft de mettre du rapport entre ceux des panneaux & ceux des pilaftres 8c des frifes, lefquels doivent avoir de largeur la moitié ou les deux tiers des premiers ; cependant ce ne doit être qu’aux lambris d’une décoration fimple, où le profil des frifes doit être d’une largeur égale à celui des pilaftres, parce que quand les lambris font d’une décoration riche, non-feulement il faut que les profils des frifes different de ceux des pilaftres pour la forme, mais encore pour la largeur. Ceux des frifes peuvent avoir de largeur les deux tiers de ceux des cadres, au lieu que ceux des pilaftres n’en doivent avoir que la moitié.
- La largeur des champs doit être en rapport avec la hauteur de la piece ; ceft pourquoi aux pièces de 10 pieds de hauteur fous la corniche, on leur donnera deux pouces de largeur, deux pouces & demi à celles de 12 pieds, trois pouces à celles de 15 , & trois pouces & demi ou même quatre pouces à celles d’une plus grande hauteur.
- En général, il faut obferver que tous les champs des lambris foient part faitement égaux entr’eux, tant ceux qui font perpendiculaires, que ceux
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- Section I. Des différentes ejpeces de Lambris, &c. ijt qui font horifontaux, fans avoir égard à la largeur des pilaftres, iefquels deviennent quelquefois trop étroits, comme dans le cas d’un angle ou d’un dofferet de porte, où il vaudroit mieux ne mettre qu’un arriere-corps ou partie lifle, que d’y mettre un pilaftre dont les champs ne font pas égaux à ceux du lambris, fur-tout quand la différence de largeur eft trop grande. Voye{ les Fig. 4, 5, 6 & 7, où ces réglés font exaélement fuivies.
- On doit aufîi éviter que les champs des lambris foient coupés ou interrompus par les cintres des traverfes , ou par les enroullements de ces mêmes cintres, ainfi que de faire des cintres aux battants, ce qui efl un très-grand défaut, & dont malheureufement on n’a que trop d’exemples. Quant aux profils & aux affemblages des différentes eîpeces de lambris, ainfi que des traverfes cintrées, & pour leur conftruétion, voyez ce que j’ai dit dans la première Partie de mon Ouvrage , pages 43 , 44,45,46, 47, 48 & 49 , & les pages 139,140, 141, 142 , 143 & 144, ainfi que les planches qui leur font correfpondantes, & dans lefquelles on trouvera tout ce qu’il y a à dire à ce fujet.
- Les panneaux des lambris fe font de planches jointes enfemble, qui ont depuis fïx lignes jufqu’à un pouce & même un pouce & demi d’épaiffeur, félon leurs différentes grandeurs ou qu’ils font taillés d’ornement ; ils entrent à rainures & languettes dans les cadres, ou dans les bâtis des lambris, lef quelles rainures doivent avoir fîx lignes de profondeur au moins, & être d’une épailfeur relative à celle des panneaux.
- On orne le pourtour des panneaux d’une moulure plate, nommée plate-bande , laquelle doit avoir une largeur & une profondeur proportionnées à la grandeur des cadres, ainfi que je l’ai dit dans la première Partie de cet Ouvrage, en parlant des portes à placards, page 139.
- Ces plates-bandes peuvent aufîi être plus ou moins riches, ainfi qu’on peut le. voir dans les Fig. 1 , 2 , 3 , & 4. Quand les lambris font d’une certaine richeffe, on orne les panneaux d’une moulure Taillante ou ravallée d’après la largeur de la plate-bande, ainfi que les Fig. 4 & 6, ou celles 4 & 5,Planche 32 , première Partie. Les planches des panneaux fe joignent enfemble à rainures & languettes qui doivent avoir trois à quatre lignes de profondeur au plus, & d’épaiflèur au plus le tiers de celle des planches, c’eft - à - dire, qu elles doivent partager l’épaiffeur du bois en trois parties égales, ou avoir les deux huitièmes de l’épaiffeur au moins. Mais quand les panneaux font difpofés pour être ravalés ou taillés d’ornement comme dans les Fig. 5 & 6, on les colle à plat - joint avec des languettes rapportées, avec la précaution toutefois, de placer ces languettes îùr le derrière du bois, afin que le joint 11e fe découvre pas lors du ravalement du panneau ; & on aura foin de ménager une épaifîèur de joue îùffiîànte du fond du ravalement, & de faire les languettes très-minces, afin de rendre le joint plus
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- folide , ainfi qu’on peut le voit dans les Fig. 5 8c6 9 où les parties cotéesÆ , bf indiquent la maffe de bois dans laquelle on doit tailler les ornements, lune tout-à-Fait en faillie du nud de la plate-bande, 8c Fautre prife en partie dans la profondeur du ravalement.
- Les planches des panneaux doivent être les plus étroites pofîibles, c eft-à-dire , que les plus larges ne doivent avoir que fix à huit pouces de largeur, parce que quand elles en ont plus, elles font fu jettes à fe retirer & à fe fen-dre ; lorfque les panneaux n’ont qu’un parement, & qu’ils font de deux à trois pieds de longueur, on doit les blanchir par derrière, du moins au milieu de chaque planche , afin qu ils prennent fait également , ce qui les empêche de fe tourmenter.
- On met aufli par derrière une ou plufieurs barres, que Ton nomme barres, a queues, lefquelles font entaillées à queues dans le panneau, de l’épailfeur de ce qui relie de bois d’après la languette*
- Cette coutume, quoique bonne à certains égards, eft lujette à plufieurs inconvénients, parce que cette barre à queue étant plus large d’un bout que de l’autre 5 elle empêche les planches de fe retirer également fur leur centre , ainfi quelles le feroient fi elles n’étoient pas gênées par l’inégalité de largeur de la barre, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 8, où les lignes ponéluées 1,1, repréfentent l’effet que les planches peuvent faire en fe retirant chacune fur leur centre , ce quelles ne peuvent faire lorfque les barres font d’inégale largeur, comme je l’ai dit ci-deffùs, ce qui fait que tout l’effet des planches fe porte d’un feul côté,ainfi que l’indiquent les lignes 2,2, ce qui fait un très-mauvais effet, fur-tout quand les panneaux font cintrés > 8c ce qui les met quelquefois dans le cas de fe déjoindre ou de fe fendre • la barre c , étant plus large d’un côté que de l’autre, arrête le mouvement des planches qui y font déjà entrées à force , de forte qu elles fe retirent toutes fur le petit côté de la barre, ce qui rend les plates-bandes inégales, & faic fendre les panneaux, comme je l’ai dit ci-deflus. Pour remédier à cet inconvénient , je crois qu’il feroit plus à propos de ne mettre la barre à queue que d’un fens, c’eft-à-dire, que far l’épaiffeur feulement, & de la faire d’une égale ïargeur d’un bout à l’autre , afin de les faire entrer juftes dans les panneaux fans les forcer ; il feroit même néce flaire de les frotter avec du favon, afin que les planchas puiffent aller 8c venir plus facilement. ( Voyez la barre cotée d , Fig. 8. )
- Il eft encore une autre maniéré de retenir les panneaux ( fur-tout lorfqu’ils n’ont pas beaucoup d’épaiiTeür pour pouvoir y faire une queue raifonnable, c’eft d’y attacher une barre avec des vis, avec l’attention de faire dans pes barres 8c à l’endroit de ces vis, une mottaife de 12 à 1 y lignes delonn gueur, fur une épailfeur égale au colet de la vis, laquelle donneroit au panneau la liberté de faire fon effet. Cette attention eft très-néceffaire, parce
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- que s’il n’y avoit pas de mortaife, les vis étant arrêtées dans la barre, fe- -roient fendre les planches lorfqu’ elles viendroient à fe retirer , ce qui eft fort à craindre. Ces barres s’attachent fur les bâtis, ou bien font affemblées à tenons & mortaifes, lorfque ces derniers font aftez épais, ce qui eft très-bon, vu la grande folidité que cela donne à l’ouvrage. ( Voye^ la Fig. g. )
- Cette troifieme maniéré de retenir les panneaux eft meilleure que la première , mais moins bonne que la fécondé, parce quelle ne retient les planches qu’à l’endroit de la vis , au lieu que l’autre les retient de toute leur largeur.
- Quelquefois ces barres fe font de fer plat, 8e elles ont cela de commode qu elles tiennent moins de place d’erriere le lambris. Pour les panneaux cintrés en plan , on doit toujours y mettre des barres de fer, parce que celles de bois ne font pas allez folides, à moins qu’on ne les faffe très-épaifles, ou que les panneaux ne foient très-peu cintrés. ( Voye{ la Fig, 10. )
- Lorfqu’on veut donner plus de folidité aux joints des panneaux, fur-tout lorfque ces derniers font d’une certaine conféquence , on y met derrière des bandes de toile ou du nerf de bœuf battu, ce qui eft encore mieux.
- D’après ce que je viens de dire touchant la conftruélion 8e la dilpofition générale des lambris, il fembleroit naturel que je déterminaiïe les elpeces de cintres & d’ ornements qui font propres à chacun d’eux ; mais comme cette matière eft prefque inépuifable, ainfi que je l’ai déjà dit, & que de plus, ces mêmes cintres & ornements font analogues à la piece & à fon ufàge , j’ai cru qu’il étoit plus néceflàire de donner le détail des pièces qui compofent un appartement , du moins de celles qui font le plus en ufage , afin que cette connoilîànce acquife , puifle mettre en état de décorer un appartement avec tout l’ordre & toute la convenance poffible , ce que je ne ferai que quand j’aurai détaillé toutes les efpeces de Menuiferie fervant au revê-tiflement & à la décoration des appartements en général, telles que font les revêtiflements des cheminées & leurs vis-à-vis, les revêtiflements des trumeaux de croifées 8e leurs embrajements, les deflus de portes, 8cç.
- Je ne parlerai pas ici des corniches des appartements, parce quelles font prefque toujours faites en plâtre, ainfi que les plafonds ; cependant je crois qu’il feroit à propos que le membre inférieur ( ou porte-tapiflerie ) des corniches fût fait en bois, afin quelles ne fulfent point fujettes à s’éclatter lors de la pofo des lambris ; & d’ailleurs, cela donneroit plus de propreté & de précifion à l’ouvrage.
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- Ï74 MENUISIER, II Partie. Chap. 11
- Section Seconde.
- De la décoration conjlruction des revêtijjements des Cheminées , de leurs vis-à-vis y & des Trumeaux de Croifées en général.
- L a décoration des cheminées a été confidérée de tout temps ( du moins en France ) comme un des principaux ornements des appartements. Les Anciens les décoroient ordinairement de marbre enrichi d’ornements de bronze & de peinture, mais plus ordinairement de fcuipture, comme les bas-reliefs y les figures y &c.
- Lorfqu’on vouloit éviter, la trop grande dépenfe, on les faifoit de pierres de ftucy ou de bois peint de la couleur de lune de ces matières, ou de toute autre couleur.
- Ces cheminées étoient fofceptibles d’une très-grande richeflè, & faifoient beaucoup mieux que celles qui font en u&ge à préfont, tant par rapport à leur forme grave & majeftueufe, que par rapport au défaut de convenance qui fe trouve dans les nôtres ; n étant pas naturel qu’une glace qui repréfente un vuide , fo trouve for une cheminée, laquelle , non - feulement , doit être un plein, mais un plein très-folide. Tout ce qu’on peut reprocher aux anciennes cheminées, c’eft leur forme prefque toujours lourde & pefante , & peut-être trop chargée d’ornements & de membres d’Architecture , tels que les gorges, les corniches trop fouvent répétées, les cadres 8c les autres ornements dont on les forchargeoit.
- Mais quoi qu’il en foit, on ne peut difoonvenir qu’il y a de ces cheminées qui font d’une très-grande beauté, très-propres à décorer les appartements d’un grand Seigneur ; celles qu’on voit à Verfailles, au château de Mai-fons, au Louvre, & à la grand’Chambre du Palais à Paris, font des preuves que fi les cheminées modernes font plus légères que les anciennes, 8c d’une façon plus magnifique, par rapport aux glaces qu’on y emploie, les anciennes avoient l’avantage d’être très-belles, 8c plus en rapport avec leurs ufages, ce qui efi fort à confidérer.
- Les glaces ont donné lieu au changement de la décoration des cheminées, fufàge en étant devenu fort commun en France depuis le dernier fiecle. On ne peut, à la vérité, nier quelles n’apportent beaucoup de magnificence & de commodité, foit en multipliant les objets & les jours d’un appartement, foit en faiûnt voir l’enfilade des pièces de ces mêmes appartements , ce qui les fait paroître beaucoup plus longs ; ou bien en répétant les jardins, les avenues , les places, &c, ce qui fait jouir en même temps de la commodité des dedans, & de la beauté des dehors ; de plus, leur ufoge n’eft pas moins utile la nuit que le jour , puifqu’elles augmentent la clarté des lumières quelles répètent prefqu’à l’infini.
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- Section II. De la décoration des Cheminées, &c. îy$
- Quelque grands que paroiffent ces avantages, on ne doit cependant pas abufer de la permilïion , en mettant des glaces par-tout, fur-tout dans un appartement fufceptible d'autant de gravité que de magnificence, tel que l'appartement de parade d'un très-grand Seigneur , encore moins dans celui d'un Prélat ou d'un Magiftrat ; de plus , comme je l’ai déjà dit, l'ordre 8c la convenance ne permettant qu'à peine de mettre des glaces fur des cheminées, à plus forte raifon doit-on les éviter entre deux croifées.
- Pour fe convaincre de ce principe , on n'a qu'à confidérer que les glaces repréfentant des vuides, ne peuvent être pofées fur des cheminées, & encore moins entre deux croifées, parce qu'alors il femble que l'appartement n'a point de murs de face, ou que du moins les parties qui reftent pleines entre les croifées & les glaces des trumeaux, ne font pas d’une force fuffifante pour foutenir le plancher.
- Les glaces n'ont donc naturellement lieu dans un appartement, que fiir les parties oppofées aux croifées, au bout d'une enfilade de portes, & vis* à-vis d'une cheminée, ce qui feroit plus vraifemblable.
- Tout ce qu'il y a d’inconvénient dans cette maniéré de faire ufàge des glaces, c'eft qu'elles ne peuvent pas être pofées au milieu de l'appartement , à moins qu'il n’y ait trois croifées ; & qu'alors il arrive que la lumière des luftres ne peut pas réfléchir dedans, ce qui en fait la principale beauté , .à moins qu'on ne mette plufieurs luftres à l'enfilade des glaces, ce qui lèverait toutes les difficultés, mais ce qui ne peut être que dans le cas d'un très-grand appartement ; cette difficulté eft prefque la feule qui puiffe faire tolérer l'ufage de mettre des glaces fur les cheminées & entre les croifées (*).
- Les cheminées ornées de glaces fe font de trois maniérés différentes ; la première 8c la plus magnifique, eft de faire monter les glaces de toute la hauteur de la cheminée, ainfi que dans la Fig. 2.
- La fécondé eft de ne faire monter les glaces que jufqu'aux deux tiers, ou tout au plus aux trois quarts de toute la hauteur, 8c de remplir le refte par un panneau ou fond de menuiferie, orné de fculpture comme les trophées, les bas-reliefs, &c, comme dans la Fig. 4.
- La troifieme enfin, eft de remplir l'efpace qui refte au-defïus des glaces, par un tableau, ainfi que dans la Fig. 6.
- On met ordinairement des pilaftres aux deux côtés des cheminées, lef-quels fervent à placer des bras de bronze, dans lefquels on met des bougies.
- (*) Je ne prétends pas faire pafler comme une loi, ce que je dis ici touchant la difpo-fition des glaces; je n’en parle que dans la vue d’amener ceux qui en font ulage de cette maniéré , à ne le faire que le moins qu’il fera poffi-jbîe, (fur-tout dans le cas d’un appatemenc de confidération, ) & à ne n’y réfoudre qu’après y
- avoir bien réfléchi ; je le dis aufli a fin qu’ils puiffent fe perfuader que cet ufage n’efl pas d’une obligation indifpenfable pour la décoration d’un appartement, ( ainfi que le croyent le plus grand nombre mais que c’eft, fîj’ofele dire, un abus agréable , auquel la coutume a donné force de loi.
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- ; Ces pilaftres doivent faite arriere-corps, quoique cela faffe un mauvais effet * dans la corniche, ainfi que je Fai dit plus haut : c’eft pourquoi ordinairement on les fait arrafés avec les bâtis de la cheminée pour parer ce défaut ; mais je crois qu’il feroit plus expédient de les fupprimer tout-à-fait, & d’y iaiffer à la place un champ Me de quatre à cinq pouces de large , ce qui feroit beaucoup mieux. ( Voye{ les Fig, 2, 8 & II,)
- Cependant il efl: des occafions où il efl néceftaire de mettre des pilaftres aux deux côtés d’une cheminée, fur-tout quand par une raifon d’économie , on veut diminuer la largeur de la glace, ou bien quand cette derniere devient d’une forme trop écrafée ; alors, dis-je, il efl néceftaire d’y mettre des pilaftres arrafés, ou bien faifant arriere-corps, {ur-tout lorfque les cheminées failliflent le nud des murs, & que leurs coftieres font revêtues de menuiferie. ( Foye{ les Fig, io & IJ.)
- Il y a des cheminées auxquelles on n a mis qu’un demi-pilaftre de chaque côté ; mais cette maniéré efl mauvaife, parce que toute efpece de mutilation efl un vice en Architeéture ; & que de plus, les traverfes du haut Sc du bas font un très-mauvais effet, étant auffi coupées : d’ailleurs cela rend l’ouvrage plus difficile, vu l’inégalité du nud des champs avec celui du panneau, lefquels, dans cette circonftance , doivent être fur le même plan pour pouvoir pofer la moulure de la glace ; c’eft pourquoi lorfqu’on n a pas aftez de largeur pour faire un pilaftre entier, & que l’efpace qui refte d’après la largeur de la glace, efl trop confidérable pour ne faire qu’un champ, on fait beaucoup mieux de rapporter une moulure Taillante fur le nud des champs, laquelle tourne au pourtour de la cheminée , & rend par conféquent les champs des côtés moins larges. Voyej la Fig, 4, cotée b> & la Fig, 12 , lëfquelles repréfentent les deux maniérés de traiter ces fortes d’ouvrages.
- Il efl encore des occafions où cette moulure Taillante au lieu d’être au milieu du champ, fe pofe fur l’arrête extérieure de ce dernier, fur-tout quand on craint qu’étant divifé , il ne devienne trop étroit. Cette maniéré n’eft bonne que dans de grands appartements, où on peut donner beaucoup de faillie au porte-tapifferie de la corniche, parce que fi cela n’étoit pas, la faillie de la moulure le déborderoit, ce qui feroit un très-mauvais effet. ( Voye{ la Fig. 4 , cotée a, celle 9. )
- Les cheminées font compofées d’un bâti de iy lignes d’épaiiïèur au moins , dans lequel efl affemblé le parquet qui porte la glace, les fonds des deflùs, & les chaffis des tableaux.
- Les parquets font compofés de traverfes, de montants & de panneaux, lefquels ne doivent avoir quun pied de large fur iy pouces de hauteur au plus, parce qu’il vaudrait mieux, qu’ils fuffent moins grands, & par conféquent. moins fujets à fe tourmenter. Ils doivent toujours être enfoncés dans leurs bâtis, (quoiqu’on en faffe d’arrafés ), parce que s’ils les affleuraient,
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- ïa chaleur du feu pourroit les faire bomber & les mettre dans le cas de 2 cafTer les glaces.
- Les bâtis des parquets de glaces doivent avoir trois pouces de largeur au moins , fur environ un pouce d’épaiffeur , parce qu’ils doivent défaffleurer le nud du bâti de la cheminée, d’environ quatre lignes, ce qui eft né-ceilâire pour placer la glace 8c l’étoffe que l’on met deflous; les traverfes des parquets doivent avoir de longueur toute la largeur de ces derniers dans lefquels ils font affemblés à tenons 8c mortaifes. Ordinairement on ne fait point de joue au devant des tenons de ces traverfes, ainfi qu’aux bouts des montants qui entrent dans les bâtis, afin que le tenon conferve toute fa largeur ; mais cette méthode a l’inconvénient que la joue des mortaifes des bâtis devient très-foible, ne pouvant avoir que l’épaiffeur de la feuillure que l’on fait pour recevoir les glaces ; c’eft pourquoi je crois qu’il eft bon de faire ces alfemblages à l’ordinaire, c’eft-à-dire, avec deux arra-fements ; à moins toutefois que les battants n’ayent pas affez d’épailfeur, ce qui n’arrive guere fouvent 9 & qui ne doit pas même arriver. ( Voye£ la Fig. 14, cote efi )
- On fait au pourtour des bâtis des glaces, des feuillures d’environ fix à huit lignes de largeur, fur une profondeur égale au renfoncement du parquet , qui eft d’environ quatre lignes, ainfi que je l’ai dit plus haut.
- Quant à la largeur des bois des bâtis, les battants auront premièrement, la largeur de la moulure , plus celle du champ ; ce fera la même chofe pour les traverfes, excepté celles du bas, lefquelles n’ont point de champ apparent, du moins pour l’ordinaire ; mais elles doivent avoir trois ou quatre pouces de largeur, afin de pouvoir y faire un affemblage folide. Comme ces traverfes deviennent plus larges que les moulures des glaces, on y fait un ravalement de ce qu’elles ont de plus de largeur que ces dernieres, plus fix lignes, ce qui eft nécefîàire pour recouvrir la glace. ( Voye^la Fi^.iy')^ Quoique les bâtis de parquets de glaces foient tout unis, c’eft-à-dire arrafés, il eft nécefîàire d’affembler les traverfes d’onglet du derrière des moulures pour plus de propreté, excepté celles du bas, qui, lorfqu’elles n ont point de champ apparent, n’ont befoin que d’une barbe de fix lignes, qui eft la profondeur des feuillures des battants.
- En général, pour déterminer au jufte la largeur des feuillures des bâtis, jfur-tout quand l’arrafement des bordures de glaces eft borné, on doit prendre jufte cette mefure, & faire enforte que du fond des feuillures il y ait un nombre de pouces complet, par exemple, 3 8 pouces, plus un quart de pouce de jeu au pourtour, ce qui déterminera la largeur des feuillures , tant de largeur que de hauteur, étant très-indifférent que les moulures recouvrent plus ou moins fur la glace. Quand le haut des cheminées fera d une forme cintrée, on fera la feuillure du haut quarrée , du moins Menuisier , //, Part. Z z
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- • autant quil fera poflible, afin de ne point chantourner le haut des glaces^ parce qu’alors elles perdent beaucoup de leur prix, & quon a de la peine à les faire fervir ailleurs dans le cas d’un changement.
- Toute la difficulté qu’il y a à laiffer le haut des glaces d’une forme quarrée , c’eft qu’on ne peut pas donner beaucoup de retombée aux cintres des bordures, fans que les glaces ne fe découvrent par derrière; mais on remédie à cet inconvénient par les ornements de Sculpture qu’on y introduit, au fond defquels on laiffe environ une ligne d’épaifleur de bois*, ce qui eft fuffifant pour cacher la glace; ou bien quand il n’y a pas d’ornement , on réferve au derrière de la moulure un petit panneau ou champ {aillant , ce qui fait le même effet ; ou on colle par-deflus la glace un morceau de papier ou de parchemin , lequel étant peint de même couleur que le reffe de l’ouvrage, ne paroît aucunement. Quand on ne peut pas fe fervir de ces trois expédients à caufe de la trop grande retombée du cintre , ou bien quand il arrive que les autres contours du deflus de la cheminée coupent par leur retombée la ligne droite formée par le haut de la glace, dans ce cas, dis-je, on chantourne le haut des glaces, non pas d’un contour égal à celui des bordures, mais feulement par angles, afin quelles foient plus aifées à couper, & quelles puiflent fervir ailleurs s’il étoit néceffaire.
- Quand les glaces font ainfi chantournées , on prépare la traverfe du haut des bâtis de deux maniérés.
- La première eft de tenir cette traverfe d’une largeur égale à la retombée du cintre , plus celle de la moulure & du champ , puis on ravalle dans cette traverfe la place de la glace, félon que l’exige le contour de la traverfe , de forte que le fond du ravallement affleure avec le parquet.
- La fécondé maniéré eft de coller à la traverfe du haut des bâtis, des chanteaux d’une largeur égale à la retombée du cintre ou à peu-près ; ce qui, à la vérité, épargne un peu de bois, mais aufîi ce qui rend l’ouvrage plus difficile & moins folide que la première maniéré, que l’on fuivra le plus qu’il fera poflible, du moins quand les cintres n’auront pas trop de retombée. Voye{ la Fig. 5, ou cette maniéré eft indiquée.
- * Quand les glaces rempliflent toute la hauteur de la cheminée, ceft-à-dire, qu’il n y a point de panneau au-deflus, on termine la cheminée par un champ dont la largeur régné avec ceux des lambris de la piece , & on doit avoir grand foin de ne jamais interrompre cette largeur de champ par le contour des moulures ; ce qui eft une réglé générale pour toutes fortes d’ouvrages, ainfi que je l’ai dit ci-deflus.
- Il y a deux maniérés de dilpofer les panneaux au-deflus des glaces; la première eft de féparer le panneau & le deflus de la glace, par un champ & par une moulure qui régnent au pourtour du panneau, lequel entre à rai-
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- S £ CT ion IL Delà décoration des Cheminées, &c. ijy
- nures & languettes dans les cadres des bâtis, aïnfi que la Fig, 16. La fécondé maniéré eft de ne pas mettre de champ ni de moulure au bas des panneaux, mais au contraire de les faire tomber au derrière de la moulure de la glace, afin de porter cette derniere, & de recevoir le parquet : dans ce dernier cas on eft obligé de faire le panneau dune forte épaifleur, 8c on le ravale dans là partie Supérieure , pour y prendre les moulures du haut. Les bouts de ces panneaux s'aflemblent à tenons & mortaifes dans les bâtis, de forte que Ton ravale la joue du devant de ces panneaux en forme de plate-bandes , lelquelles reçoivent une moulure prife dans les bâtis, ou feulement rapportée , laquelle cache le joint du panneau avec ces derniers.
- On doit oblèrver que le defliis du panneau affleure le nud des champs y c'eft-à~dire, que les plates-bandes foient renfoncées de trois à quatre lignes au moins, ( ce qui eft néceflâire pour faire une joue aux mortaifes des bâtis ) afin que les bordures des glaces portent également fur l'un comme lur l'autre.
- Quant à ce qui eft du bas de ces panneaux , on le dilpofe comme les traverfes du haut des autres cheminées, c'eft-à-dire, qu'on y fait des mortaifes & des rainures pour recevoir les parquets de glaces, & qu'on les ravale d'une forme circulaire ou autre, félon qu'il eft néceflâire. ( Voye{ les Fig* 3 y 5 & *5*)
- Quand ces panneaux font ainfi difpofés, on les nomme fonds ; & comme Souvent ils font enrichis d'ornements de Sculpture ( ainfi que les premiers ) on met les bois de ces fonds aflez épais pour pouvoir prendre ces ornements dans la mafle du bois, ne rapportant que la partie la plus faillante , ce qui rend l'ouvrage très-folide. ( Voye[ les Fig, ci~deJJ'us. )
- Quelquefois au lieu de prendre ces ornements dans la mafle du bois, on fait l'ouvrage lifle & uni, c'eft-à-dire, qu'on le finit comme s'il n'y avoit pas d’ornements ; enfiiite on y rapporte de la fculpture que l'on fait à part, en obfervant de la faire profiler au fond des plates-bandes 8c fur les moulures.
- On ne fauroit nier que cette maniéré de rapporter les ornements ne foit très-bonne, parce que les panneaux & les moulures font plus lifles & mieux finis, & qu'en général tous les fonds de fculpture font plus égaux & mieux finis, & que les ornements paroiflent plus naturels, fur-tout lorfque ce font des trophées ou des guirlandes, lefquels doivent naturellement être rapportés, ou du moins paroître tels. Tout l'inconvénient qu'il y a, c'eft que quelque foin que l’on prenne, les petites parties d'ornements rapportés, font Sujettes à fe décoller ; de plus, il y a un genre d’ornements , tels que les feuilles de refend, les enroulements, lefquels failànt partie de la Menuiserie , ne peuvent ni ne doivent être rapportés ; d’ou l'on doit conclure qu'en général on doit prendre les ornements dans la mafle du bois, funtout pour
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- ce qui regarde la folidité ; & que fi on les rapporte , ce ne doit etre que quand ils forment de grandes mafles , que Ton collera avec tout le foin poffible , & que Ton arrêtera par derrière avec des vis.
- Lorfqu’il y a des tableaux au-deffus des cheminées , on les entoure de bordures d un profil & d’une richeffe relative à celle de la cheminée. Ces tableaux entrent tout à vif fur le bâti, & on les retient par derrière avec des cales ou des taquets, que l’on attache derrière les bâtis ; & par-devant ils font retenus par les bordures, lefquelles recouvrent deffus de fix à huit lignes.
- Je crois cependant qu’il vaudroit mieux faire des feuillures au bâtis de l’é-paiffeur du chaflis du tableau , qui eft d’environ fept à neuf lignes , félon leurs différentes grandeurs, plus une petite ligne pour l’épaiffeur de la toile : ces chaffis fe font ordinairement de bois de lapin de deux à deux pouces & demi de largeur, & s’afîemblent à tenons & mortaifes ou à entailles collées & attachées avec des clous d’épingles ; mais les affemblages valent beaucoup mieux.
- Quand ces chaffis font d’une certaine grandeur, on y fait une croix au milieu, c’eft-à-dire, que l’on y met un montant & une traverfe, lefquels font affemblés en entailles & à moitié bois de leur épaifïeur, & doivent dé-faffleurer le devant du chaffis d’environ une ligne, afin que la toile du ta*: bleau ne porte pas defîus, & par conféquent ne loit pas fiijette à fe rayer. On doit laiffer deux lignes au moins autour du chaffis , ce qui eft nécef* faire pour l’épaiffeur de la toile, & pour les clous qui l’arrêtent fur le chaffis. ( Voye£ la Fig. 7. ) Quelquefois à la place d’un tableau, on peut mettre un panneau ; dans ce cas on opéré comme dans la Fig. 16.
- De ces trois maniérés de décorer les cheminées , la première eft la plus magnifique, & doit toujours s’employer dans les grands appartements : pour ce qui eft des deux autres, on les emploie afîez indifféremment ; cependant je crois que l’on doit préférer la première des deux, c’eft-à-dire, celle dont le defîus eft orné de fculpture. Quant aux bordures des glaces, il n’eft guere poffible d’en déterminer la forme , tant pour ce qui eft des profils que pour les contours ; cependant ils doivent toujours être d’une forme grave & dégagée de toute efpece dq petites parties : la coutume eft ordinairement de ne les pas faire régner par en bas, tant pour la largeur que pour le profil, fur-tout aux cheminées où on ne met ordinairement qu’une plinthe, laquelle porte fur la tablette de la cheminée , & eft ornée d’une fculpture légère ; il y a même des endroits où il n’y a point de plinthe , & où l’on fait porter la glace à nud fur la tablette de la cheminée. La rai-fon qui a donné lieu à cette coutume , eft, dit-on, afin que ce que l’on met fiir cette derniere, fe répété & femble fe multiplier dans les glaces ; malgré toutes ces raifons, je crois qu’il ne faut jamais laiffer pofer les glaces ainfi à nud, & qu’aux trumeaux Sc aux vis-à-vis de cheminée, on fait très-
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- bien de faire régner les champs & les moulures au bas de la glace.
- Pour ce qui eft de la hauteur des glaces, elles doivent toujours être égales à toutes celles d’un appartement, c eft-à-dire, qu’elles doivent toutes régner du deffus de leurs cintres, lefquels doivent être d’une forme fem-blable, du moins ceux qui font vis-à-vis l’un de l’autre ; ne devant y avoir que les trophées & les fujets des tableaux qui puiffent différer l’un de l’autre.
- En général, les bordures de glaces font prefque toujours deftinées à être dorées ; c eft pourquoi on aura foin que leurs profils de les ornements dont ils font taillés, foient très-dégagés ( ainfi que je l’ai dit dans la première Partie de cet Ouvrage), afin qu’ils imitent mieux le bronze.
- Quelquefois même dans le cas de l’appartement d’un grand Seigneur, on feroit très-bien de faire les bordures des glaces de cette matière , ( c’eft-à-dire de cuivre ou de bronze ) , lefquelles étant dorées, donneroient plus de beauté & de magnificence à l’ouvrage. Voye[ les Fig. de la PL 61, où font defïinés différents profils de bordures de glaces avec les différents ornements qui leur font propres.
- Quant aux vis-à-vis de cheminées, 6c aux revêtiffements des trumeaux ornés de glaces, ils ne different en rien des cheminées , tant pour la décoration que pour la conftruélion ; la feule différence eft qu’il refte un lambris d’appui par le bas, & quelquefois une frifo au-deffus, laquelle régné avec celle du lambris de la piece, 6c avec le defliis de la tablette de la cheminée ; cepen* dant la coutume eft de faire defcendre les glaces jufq ues fur le lambris d’appui , ce qui leur donne plus d’élégance , en obfervant toutefois de faire régner un champ & la moulure de la glace au-deflus de la cymaife, ainfi que je l’ai dit ci-de/Tus.
- . U y a des cheminées auxquelles on ne met pas de glaces, mais feulement un panneau de Menuiferie, ou bien des tableaux auxquels on rapporte des bordures d’une forme femblable à celles des glaces, lefquelles font attachées fur les bâtis avec des vis, ainfi que les glaces ; de plus, ces tableaux Sc ces glaces doivent toujours être appliqués fur un parquet à l’ordinaire , afin que dans le cas de changement , on puiffe y mettre des glaces, ainfi qu’on le jugera à propos.
- Section Troisième.
- De la maniéré de décorer & de revêtir les embrafures de Croifées.
- Les embrafures de croifées font pour l’ordinaire revêtues par les côtés de deux morceaux de lambris nommés embrafements, d’un plafond par le haut, & d’une banquette ou foubaffement par le bas, fuppofé que les croifées ne defcendent pas jufqu’au niveau du plancher, & font d’un profil à grand ou à petit cadre , félon leurs différentes largeurs, ou la plus grande îicheffe de la piece dans laquelle ils font.
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- Leurs appuis ne régnent pas avec ceux du lambris d’appuis ; mais îls font bornés par la hauteur de la banquette , qui eft ordinairement depuis douze jufqu’ à quinze pouces, ainfi que la Fig. 4 : il y a des appartements où cette banquette eft en faillie en forme de coffre, ainfî que la Fig. 3 ; mais on ne doit employer cette derniere maniéré que le moins quon pourra, parce que fi elle a l’avantage de procurer une efpece de fiége pour être à la croi-fée, leur faillie eft très-gênante lorfqu’on veut regarder au dehors de cette derniere, & qu’on ne peut y être qu’à genoux ; ce qui fait que ces banquettes en faillie ne font tolérables que dans les appartements qui font au rez-de-chauffée, de l’intérieur defquels on peut voir ce qui fe paffe au dehors fans fe mettre à la croifée, & par conféquent fans être gêné par les banquettes.
- Hors de ce cas, on fe feryira de la première maniéré, en obfervant de Faire rentrer le foubaffement de toute fon épaifleur au-deflous de la piece d’appui, afin que le foubalfement tombe à plomb de la croifée, & que le champ de l’embrafement foit égal du haut en bas, ce qui ne peut être, quand le foubaflement faille de toute fon épaifleur, qui eft au moins d’un pouce, & ce qui, par conféquent, rend le champ de l’appui de l’embrafement , plus étroit que celui du haut de la faillie de la banquette. ( Voye£ la Fig, 4. ) On a remédié à cet inconvénient, en faifànt l’appui de l’embrafe-ment plus étroit que le delîùs, d’environ un pouce, ce qui eft à peu-près fépaifleur du foubaflement ; mais il y a toujours de la différence entre la largeur des panneaux, ce qui eft un défaut. ( Voye£ la Fig. y ) C’eft pourquoi > pour lever toutes ces difficultés, on fait très-bien de renfoncer le foubaflè-*ment de toute fon épaifleur, comme je l’ai dit ci-deflùs. ( Voye£ la Fig. 6. )
- Lorfque les croifées defcendent jufqu’au bas de l’appartement, on ne met pas d’appuis aux embrafements ; mais on les fait defcendre jufques fur la plinthe, comme dans la Fig. 2. Si au contraire les croifées ne defcendent pas jufqu’au bas, & que la hauteur de l’appui ou banquette ne foit pas fùffi-fànte pour faire un panneau, dans ce cas, on fait une double plinthe qui regagne cette hauteur , & qui régné au bas des embrafements ; cela fait mieux que de faire des foubaflèments avec panneaux, au bas defquels il n’y a pas de plinthes, ce qui fait un très-mauvais effet. ( Voye% les Fig. y
- & //. )
- Ordinairement on orne le milieu des banquettes, ainfi que des plafonds, d’un rond ou d’une lofange ; & c eft peut-être la feule place où l’on puiflè les employer avec plus de fùccès, ainfi qu’aux embrafements & aux volets.
- Quant aux plafonds des embrafements, ils auront les mêmes champs & les mêmes moulures que les embrafements ; quelquefois on ny met qu’un montant au milieu, au lieu d’un rond, ainfi qu’aux foubaflements ; mais ce ne doit être que dans les appartements d’une décoration fimple, & quand
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- Section III. De la décoration des Croifées, &c. 183
- les embrafements auront peu de largeur ; car quand ils feront très- larges, il —— -..
- n y faudra mettre ni rond ni montant, mais au contraire , faire aller le pan- ^LA^CHE neau dun bout à l’autre, & y mettre une faulfe traverfe par derrière, pour donner plus de folidité à l’ouvrage. Quand les embrafements feront évafés, il faudra avoir foin, en les traçant, ainfi que les plafonds, de faire un plan de l’embrafure & de ion évafement, afin de pouvoir les tracer juftes, & que tous les arrafements tombent d aplomb les uns fur les autres, quoique les pam neaux des embrafements foient plus larges que ceux des plafonds. ( Voye^ la Fig. I , cote c. )
- Dans les appartements d’une certaine magnificence, les embrafements & les plafonds peuvent être décorés d’ornements, ( ainfi que je l’ai dit dans la première Partie de cet Ouvrage, en parlant des volets, ) (ur-tout dans des appartements de parade, tels que les Salions & les grandes Galleries, où l’on fupprime quelquefois les volets, de forte que les embrafements font toujours apparents ; dans ce cas, les appuis des embrafements tombent à plomb de ces derniers, comme dans la Fig. /, cote a ; au lieu que quand les embrafements font difpofés pour recevoir des volets, les appuis des embrafe-* ments faillent en devant de l’épaiifeur des volets. Voye£ la Fig. /, cote b.
- Pour mieux entendre cette façon de difpofer les embrafements & les plafonds , voyez ce que j’ai dit en parlant de la maniéré de ranger les volets dans les embrafements tout de hauteur, pages 109, 110 & 112 , pre-jniere Partie de cet Ouvrage.
- Le pourtour de la baye des embrafements des croifées, eft ordinairement s-—* orné d’un chambranle, ou du moins d’un bandeau, dont l’arrête eft toujours Planche ornée dune moulure. Les chambranles des croifées doivent toujours faire ^5* avant-corps fiir les pilaftres des écoinfons, & fur les trumeaux des croifées ; cependant comme on a intérêt que ces derniers ne faflènt pas arriere-corps pour les raifons que j’ai dites plus haut, on met entre les chambranles & c es derniers ( lorfqu il n’y a point de pilaftres, ) un arriere-corps d’une largeur à peu-près égale aux champs du lambris. Pour les bandeaux, il eft affez indifférent qu’ils faffent avant ou arriere-corps ; cependant il eft des occafions où ils font très-bien en arriere-corps, (ur-tout quand les* écoinfbns ou les trumeaux font d’une largeur médiocre. (Voye^ les Fig. 1, 2 &3.)
- Quant à la forme des chambranles, ce fera celle des embrafements qui la déterminera ; cependant quand c es derniers feront d’une mauvaifè forme, on peut y remédier, foit en les rétréciilànt pour leur donner une forme plus élégante, foit enfin en les cintrant par le haut d’une forme bombée, fùrbaiffée , ou enfin plein-cintre. En général, les Menuifiers doivent fçavoir que les ouvertures des chambranles des croifées, ne doivent pas avoir de hauteur moins que deux fois leur largeur, ou trois fois tout au plus ; que ces ouvertures doivent varier entre ces deux proportions, félon que la décoration des pièces
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- t fera plus ou moins élégante. Quant à la largeur des chambranles, on leur donnera environ le douzième de celle de l’ouverture ; cependant dans le cas dune grande piece où ce chambranle eft quelquefois d’un profil fem-blable à l’architrave d'un ordre, on pourroit leur donner alors le dixième , 8c même le huitième de leur ouverture.
- Quand ces chambranles font dune forme circulaire, on peut les orner d’une agraffe par le haut, ainfi que de guirlandes & autres ornements ; & dans le cas dun appartement d’une décoration riche, on peut orner leur principale moulure. ( Voye{ les Fig. 4, 5, ff, 7, 8 & g.)
- Quant à leur conftruétion, c’eft la même chofe qu’aux chambranles des portes; c’eft pourquoi je nen parle pas ici. Voyez ce que j’ai dit page 135’, première Partie.
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- ? ion Quatrième.
- De la décoration & conflruction des Dejjus de Portes ou A triques.
- Les deflus de portes ou attiques, fe font de deux maniérés ; fçavoir, ceux Planche qui font tout de menuiforie, ornés de corniches & d’ornements de fculpture, Sc ceux qui font compofés d’un bâti dilpofé pour recevoir un tableau, 8c de moulures qui les recouvrent.
- Les premiers étoient fort en ufoge anciennement, où l’on avoit la cou* tume de formonter les chambranles d’une gorge que l’on couronnoit d’une corniche , au-deflus de laquelle on faifoit un panneau de menuiferie uni ou orné de fculpture, comme trophées , bas-reliefs, &c.
- Mais depuis que l’ulàge s’eft introduit de mettre des tableaux dans les deflus de portes, on a totalement abandonné les premiers ; cependant ils font très-bien, for-tout dans le cas d’une décoration grave. Tout ce qu’on peut reprocher à ces fortes de deflus de portes, c’eft leur forme quelquefois lourde 8c pelante , & trop chargée de membres d’architeélure ; cependant on-ne peut difoonvenir qu’en en fopprimant une partie, ils ne faflènt très - bien , ainfi qu’on peut le voir dans les Fig. 1. 8c 2. ’
- Les deflus de portes qui font difpofés à recevoir des tableaux, font compofés d’un bâti, lequel eft quarré ou cintré de même que les moulures qui font pofées deflus ; & on fait au pourtour de ce bâti, une feuillure pour recevoir les tableaux, ainfi qu’aux deflus de cheminées.
- Il y a des deflus de portes où il n’y a point de feuillure, mais dans leP* quels les chaffis entrent tout à vif. Les bordures de ces deux efpeces de deflus de portes, fe rapportent & s’attachent for les bâtis avec des vis ; mais il eft beaucoup mieux de les ravaler dans l’épaifleur du bois ; toute la difficulté qu il y a c’eft que l’on eft obligé d’y faire entrer les tableaux par
- derrière,
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- Section fV* la décoration des Dejjiis de Portes, &c. 18$
- derrière, 8c de les y arrêter avec des taquets ; mais cette difficulté n’eft rien ; en comparaifon du bien qui en réfulte pour la folidité de l’ouvrage»
- De plus, il n en coûte guère plus de bois : car, pour peu quil y ait d ornement aux bordures, il eft aifé de voir que la quantité de bois eft égale» Les deflus de portes ainfi dilpofés, s’afTemblent d’onglet, & on y fait une feuillure en dedans au nud des champs , ou pour mieux dire, d’après la faillie du profil , ce qui eft un des avantages qu’ont ces elpeces de deftiis de portes, puifqu’on peut y mettre telle moulure que l’on juge à propos, ce qu’on ne peut faire aux autres fans beaucoup de fujëtion.
- Quant à la forme & aux contours des deflus de portes , ona jufqu’à préfen beaucoup varié ; cependant on doit éviter de les faire d’une forme trop tourmentée , & de les furcharger de ces ornements qui rendent leur forme capri-cieüfe & ridicule, lefquels ont fait pendant trop long-temps tqut le mérite de la Menuiferie, du moins quant à la décoration.
- On n’y emploiera donc que des contours d’une forme fimple & régulière, êc l’on fera enforte ( du moins autant qu’il fera poflible ) que le dehors tant des moulures que des ornements, approche de la forme quarrée, afin que les champs foient à peu-près égaux. Voyez les Figures 3,4, 5 8c 6 y où font deiïinés différents deffus de portes, avec les profils les plus ufités dans ces fortes d’ouvrages*
- En générai, les deflus de portés entrent à rainures & languettes dans les defîûs des chambranles, ainfi que dans les lambris fur lefquels ifô font corps de quatre à cinq lignes ; excepté que quand les tableaux fe placent par derrière , on eft alors obligé de ne point faire de languette au bas des def-fiis de portes, 8c d’y faire une rainure d’un côté & une feuillure de l’autre.
- Pour ce qui eft des chaffis des tableaux des deflus de portes, c’eft la même chofe que ceux des cheminées. Voye£ ce que j’en ai dit page 180. Il eft encore des deflus de portes compris en dedans des chambranles. Voye£ ce que j’en ai dit dans la première Partie de cet Ouvrage , en parlant de l’ouverture des portes , pages 132 & 133.
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- CHAPITRE TROISIEME.
- De la décoration des Appartements en général y é leurs différentes efpeces«
- Lorsqu’un bâtiment eft de quelque importance, tel que la maifon d’un grand Seigneur, il eft compofé de trois efpeces d’appartements, qui font eux-mêmes divifés en un nombre de pièces plus ou moins grand, félon le *ang ou l’opulence du maître qui l’habite.
- Ces différents appartements font connus fous les noms d’appartements de bienféance ou de fociété, d’appartements de parade ou de magnificence, 8ç d appartements privés ou de commodité9 Menuisier. JJ, Part•
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- ^IANCHE à4*
- ME N UÏS 1 E R >11 Partie. Chap. Il L s Les pièces de commodité font celles qui font deftinées à l’ufage perfonnel du maître, telles que font les chambres à coucher , proprement dites, Sc celles en niches ; les cabinets de toilette, d’aifonce Sc de bains, connus généralement fous le nom de garde - robes ; les méridiennes , les ferre-papiers ou archives, les boudoirs & les oratoires, les bibliothèques & les cabinets de curiofité de toute elpece. ( * )
- Les pièces de bienféance ou de fociété, font celles qui font deftinées à recevoir les perfonnes du dehors , & qui font amies du maître de la maifon ; ces pièces font les veftibuîes ou les premières anti-chambres, dans lefquelles fe tiennent les domeftiques; les fécondés anti-chambres, fervant quelquefois de folle à manger ; les folles à manger proprement dites, les folles de con> pagnie , celles d’affemblée, de jeu & de concert.
- Les pièces de magnificence ou de parade, font celles dans lefquelles font placés tous les meubles de prix, les marbres précieux, les bronzes, les tableaux , Sc généralement tout ce que le maître de la maifon a de plus rare: ces pièces font les anti-chambres, les folles d’audience Sc de dais, les chambres à coucher en eftrade, les follons de toute elpece, les grands cabinets &s les galleries, qui quelquefois fervent d’entrée à ces appartements.
- Les appartements de parade font deftinés à recevoir les perfonnes d’un rang diftingué, & peuvent leur fervir de logement, foppoféquelles aient quelque féjour à faire dans une maifon.
- D’après la connoiffonce des différents appartements Sc des pièces qui les compofent, il faut, avant de paffer à la décoration de ces.mêmes pièces* confîdérer le rang Sc l’opulence de celui pour qui elles font deftinées,' quelles font fes occupations Sc les compagnies qu’il fréquente ; enfoite de quoi on pourra adopter un genre de décoration préférablement à un autre, félon qu’il conviendra au rang que le propriétaire occupe dans la fociété, n’étant pas naturel de décorer l’appartement d’un Prélat ou d’un Magiftrat, comme celui d’un homme de Cour, chacun de ces différents états entraînant après lui des bienféances & des ufiges particuliers.
- Ce font ces différentes confidérations qui doivent fervir de régie pour parvenir à décorer les appartements d’une maniéré analogue à leurs ufoges, Sc qui en même temps annonce l’opulence du Propriétaire, le bon goût de l’Architeéle, Sc le talent des Artiftes quil a employés. (**)
- (*) Ces fortes de pièces font quelquefois partie d’un appartement magnifique ; cependant comme il ne s’en trouve pas par-tout de ce genre, j’ai cru devoir les mettre au rang des appartements privés. <
- (**) Je fçai bien qu’il efl très-rare que l’on ait à décorer des appartements de cette impor-
- tance , Sc encore plus que l’on en laififc le foin aux Menuifiers; cependant il efl mieux d’envi-fager les chofes de la plus grande maniéré pof-fible, afin de pouvoir mieux décorer des appartements d’une moindre importance, lés régies générales pouvant s’appliquer à des cas particuliers.
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- Section /. Des Vtfabules, des Anti-Chambres, &c. 187
- Section première.
- Des Ve fabules ; des Anti-Chambres; des Salles à manger proprement dites ; des Salles de compagnie, d’ajjemblée, de jeu & de concert ; des Chambres à coucher, & de celles de parade.
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- §. I. Des Veflibules.
- La décoration des veflibules ne devroit pas entrer dans cet Ouvrage, ces fortes de pièces n étant pour l’ordinaire revêtues que de ftuc, de pierre ou de marbre ; mais comme il y a des cas ou par économie Sc pour plus de folubrité, for-tout quand elles fervent d’anti-chambres, elles font revêtues de menuiferie peinte en l’une de ces matières, il eft bon de donner des préceptes for leur décoration, du moins pour le général, afin que la con-noifîànce de la décoration de ces fortes de pièces, nous * conduife à donner à toute la fuite d’un appartement, cette gradation de richelTe Sc de convenance qui eft le caraétere de la bonne Architeéhire.
- Lorfque les veflibules fervent d’anti-chambres, on les ferme de portes vitrées, ( du moins pendant l’hiver, ) auxquelles on fait des panneaux d’appui, dont la hauteur doit régner avec celle des focles ou retraites de leur baye. Pour ce qui eft de la décoration générale de ces fortes de pièces , comme les lambris dont elles font revêtues font prefque toujours imprimés en pierre ou en marbre , il faut avoir foin que les formes de ces lambris foient graves & Amples, les profils peu chargés de moulures. Pour les ornements de foulpture, on n’y en doit employer que très - peu , ou du moins de très - graves ; on doit aufli y fupprimer les glaces Sc les tableaux, Sc généralement toute efpece de contours, excepté ceux des arcades Sc des autres ouvertures. En général, les veflibules ne doivent point avoir de lambris d’appui ornés de moulures, ni par conféquent de cymaifes , mais feulement un focle uni, dont la hauteur régné avec celle des appuis des portes, Sc avec les retraites des efcaliers, auxquels ( du moins pour l’ordinaire ) ces fortes de pièces donnent entrée.
- §. II. Des Anti-Chambres.
- I l eft de deux fortes d’anti-chambres : les unes qui font les premières pièces d’un appartement, Sc qui fervent de retraite aux domeftiques ; les autres, que l’on nomme fécondés anti-chambres, lefquelles fervent quelque-fois de falles à manger.
- Les premières anti-chambres ne font pas fofoeptibles d’une grande décoration ; on n’y met ordinairement qu’un lambris d’appui d’une décoration fin> ple, au^deffos duquel on place de la tapifïerie : cependant .malgré la fimpli-cite de la décoration de ces fortes de pièces, il faut toujours y obferyer
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- c'88 M E NU ISIE R, IL Partie, drap. ÏIL
- le plus de fymmétrie qu’il fe rapoflible. Le pourtour de leurs croifées doit être «orné de chambranles, ou du moins de bandeaux. Quant aux embrafements de leurs croifées., on ne les revêt point de menuiferie; cependant je crois que malgré fufage, on feroit très-bien d’en mettre , à moins que par économie on fe contente de peindre fur le nud des murs, des panneaux de menuiferie.
- Les deflùs de portes des anti-chambres doivent être tout de menuiferie,' d’une décoration fimple , ainfi que tout le >refte de la piece ; ordinairement les anti-chambres n’ont point de cheminée , & on les échauffe par le moyen d’un poêle que l’on place dans une niche, laquelle eft revêtue de pierre ou de marbre, ou de bois peint en l’une de ces deux matières ; dans ce dernier cas, il faut toujours que le bas du chambranle de la niche foit fait de pierre ou de marbre jufqu’à la hauteur de quatre pieds au moins, afin de prévenir les accidents qui pourroient arriver par la trop grande chaleur du poêle.
- Il eft encore néceflaire de faire plufieurs bureaux dans les anti-chambres , afin que les domeftiques puiffent y ferrer ce qui leur eft néceffaire tant pour le fervice des maîtres, que pour leur ufage particulier. Ces bureaux doivent être d’une hauteur égale à celle des lambris d’appui , fur deux pieds à deux pieds & demi de profondeur , avec une tablette fur la hauteur - ' comme dans les maifons confîdérables la coutume eft de faire coucher un ou *deux domeftiques dans les premières anti-chambres, il eft bon que ces bureaux foient d’une grandeur capable de contenir leurs lits, ou du moins de recevoir les matelats & les couvertures.
- Les fécondés anti - chambres doivent être d’une décoration plus riche que les premières, & quelquefois avoir du lambris de hauteur; leurs deflùs de portes, ainfi que les deflùs de cheminée , peuvent être ornés de tableaux ; mais je crois qu’il eft bon de n’y point mettre de glaces, à moins, toutefois , que ces pièces fervent de falles à manger.
- En général, il faut avoir foin de faire répéter toutes les portes des antichambres , c’eft-à-dire, qu’il faut y feindre des portes qui fymmétrifent avec celle d’entrée, afin de grandir l’appartement du moins en apparence ; de plus, ces fortes de portes peuyent feryir de dégagement pour faciliter le fervice des domeftiques.
- §. III. Des Salles a manger proprement dites;
- Les falles à manger font des pièces dans lefquelles le maître de la maiforî prend ordinairement fes repas (*). Pour l’ordinaire ces pièces n’ont pas de
- (* ) Je dis ordinairement, parce que dans les fêtes les repas fe font dans les Salions & Gai-; leries, pour avoir plus de place & pour montrer plus de magnificence.
- cheminée,
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- Section L §. IIL Des Salles à manger proprement âitesl î 89 cheminée, mais font échauffées par un poêle, parce que pour peu quelles aient : de grandeur, une cheminée ne fuffit pas pour les échauffer entièrement, toutes • les perfonnes qui font à table ne pouvant être de ce côté ; c eft pourquoi quand même on y feindroit une cheminée, il faudroit toujours qu il y eût un poêle, que Ton ne fait pas apparent, le cachant dans l’épaifîêur du mur ; ou bien s’il eft ert faillie dans la piece , il faut le décorer d’une maniéré analogue à l’ufage de la piece, comme par des bas de buffets, des delfous de cuvettes, &c. Ces poêles ne doivent pas s’allumer du côté de la piece, mais par des pièces de dégagement , ce qui eft plus propre, Sc en même temps plus économique, parce qu’un feul poêle peut échauffer plufieurs pièces à la fois.
- Les principaux meubles des falles à manger, font les buffets, les cuvettes, & les lièges ou chaifes.
- Il y a trois fortes de buffets ; fçavoir , premièrement , Ceux qui font à hauteur d’appui en forme de bureaux, ou bien feulement en forme de table; fecôndement, ceux en niche, lefquels font de toute la hauteur delà piece, Sc par conféquent, toujours apparents ; troifiémement , ceux qui font pris dans l’épailfeur du mur, Sc fermés de portes, de forte qu’ils ne font apparents que quand ces portes font ouvertes.
- Les buffets en forme de bureaux, fe font de menuiferie , & ont ordinairement deux pieds huit pouces à trois pieds de hauteur, (mais le plus qu’on pourra, on les fera régner avec le deffus du lambris d’appui, ) fur deux pieds à deux pieds lix pouces de large ; pour la longueur, elle n’eft pas déterminée, parce que c’eft la place où on les pofe , Sc la grandeur de la piece, qui en décide.
- Les delîus de ces buffets font ordinairement de marbre ; Sc leur principale face eft compofée d’un nombre de portes, proportionnellement à leur largeur ; on aura foin de ne pas faire ces portes trop larges, afin quelles n’ayent pas trop de portée , & que leur faillie ne nuife point dans la piece.
- On doit aufli mettre une plinthe au bas de ces buffets, laquelle régné aved celle des lambris d’appui , Sc au-delliis de cette plinthe on fera ouvrir les portes, en leur donnant une forme à peu-près femblable aux lambris d’appui , à l’exception que lés panneaux doivent être plus étroits , ce qui eft mieux que de leur faire faire corps fur le bâti, & ce qui eft en même temps plus folide.
- Les dedans de ces buffets doivent être féparés fur leur largeur, en autant de parties qu’ils contiendront de fois deux portes, de forte que cela fafie plufieurs armoires qui s’ouvrent indépendamment les unes des autres.
- On doit auffi y mettre une tablette au moins fur la hauteur, Sc les fermer dun fond par le bas , lequel remonte en contre-haut de la plinthe d’environ fîx lignes, afin qu’étant ainfi élevés au-defîus de cette derniere, ils fbient plus aifés à nétoyer, & que les ordures ne s’y arrêtent pas ; de plus, ces fonds ainfi difpofés travaillent moins étant plus élevés de terre, Sc fervent Menuisier. IL Pan, C ce
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- ’ en même temps de battements aux portes. Il faut aufli y mettre un faux ^ANCHE ^onck Par haut > lequel s'affemble à rainures & languettes dans le bâti, ainfi que celui du bas, à l'exception que par-devant il s'affemble dans une faufiè traverfe, laquelle fért de battement aux portes, & par conféquent défaffleure le bâti de i'épaiffeur de ces dernieres.
- On cintre ordinairement les traverfes du haut des portes des buffets ; mais je crois que malgrpl'ufage, il eft beaucoup mieux de les faire quarrées , les cinj très, quels quils foient, ne faifant jamais bien dans les appuis, fi ce n'eft à ceux des placards ; c'eft le feul cas où ils peuvent être tolérés. ( Voye{ la Fig. / qui repréfente un buffet en perfpeélive , & celles 2,3,4, ÿ , 6 8c 7 , lef* quelles repréfentent les différentes maniérés de faire ouvrir les portes des buffets, ainfi que celle de placer les fonds tant du haut que du bas, relativement à ce que je viens de dire.
- Les buffets d'appui en forme de tables, ne font prefque jamais du r effort des Menuifiers, leurs deffus étant de pierre ou de marbre, 8c leurs pieds de même matière, à moins que par économie on ne les faffe de bois peint de la même couleur que leurs deflus ; quant à la hauteur & à la largeur de ces tables, ce font les mêmes que celles des buffets dont je viens de parler ci-deifus. ( Voye{ la Fig. 8. )
- La partie des lambris qui fe trouve au-deftus de ces deux fortes de buffets d’appui, peut être décorée de tableaux en rapport à l'ufage de la piece, comme les fruits, les trophées de chaffe ou de jardinage ; on peut auffi quelquefois y mettre des glaces ( fur-tout au-deifus des buffets en tables , ) lefquelles répètent 8c multiplient en quelque façon ce que l'on place fur ces tables.
- Cependant il faut faire attention fi ces buffets font vis-à-vis une croifée ou vis-à-vis un trumeau, parce que ces différentes pofitions déterminent à y mettre un tableau ou une glace ; c'eft- à-dire , que quand le buffet eft placé vis-à-vis d’une croifée, il faut y mettre une glace , parce qu'alors cette derniere repréfente non-feulement les objets qui font fur le buffet, mais encore ceux du dehors* ce qui eft un double avantage ; & au contraire , lorfque les buffets font placés vis-à-vis d'un trumeau, & que la piece eft fuffifamment éclairée, on peut fe paffer de glace fur le buffet 8c au trumeau , 8c y mettre des tableaux * ainfi que je l'ai déjà dit.
- La fécondé efpece de buffets eft plus riche que celle dont nous venons de parler, tant à caufe de leur magnificence, que par rapport à la richeffe de leurs matières, car on emploie fouvent à ces fortes d'ouvrages, le marbre , bronze & les glaces, ( ou du bois peint en l'un des deux premiers, ce qui eft la même chofe, du moins en apparence. )
- Ces fortes de buffets font ordinairement compofés dune grande niche au milieu , dedans & au bas de laquelle eft placée une table de marbre, foutenue par des pieds en forme de confole, lefquels font de même matière ou de
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- bronze ; au-deflus de cette table eft placée une ou plufieurs tablettes de même m-~*~***»*» matière, lefquelles font d’inégales largeurs , & pofées fur des confoles en Planche forme de gradins.
- Ces tablettes fervent à placer non-feulement la vaiiTelle, mais encore toutes fortes de vafes précieux, lefquels venant à réfléchir dans les glaces qui font mifes dans le fond & aux deux côtés de la niche , femblent s’y multiplier à l’infini, ce qui fait un fort bel effet ( * ). Ces fortes de buffets ne font prefque plus en ufage à préfent ; mais cependant on ne fçauroit nier qu’ils ne faflent très-bien, for-tout quand leur décoration eft dirigée avec goût, & qu’au lieu de mettre plufieurs rangs de tablettes au-deflus de la table, on les fopprime tout-à-fait, & que l’on fait defoendre la glace ou le tableau du fond de la niche jufques deflus cette table. ( Voye{ les Fig, t, 2,3 & 4. )
- La troifieme efpece de buffets, font ceux qui font pris dans l’épaifleur des murs en forme d’armoires, ainfi que je l’ai déjà dit. Ils ne font guere d’ufàge que dans une office, où ils fervent à ferrer le linge & l’argenterie. Ces fortes de buffets ne font pas fofceptibles d’une grande décoration ; de l’on doit plutôt avoir égard à la folidité de leur conftruéHon, qu’à toute autre chofe , fur-tout quand au lieu d’être pris dans l’épaifleur des murs (ce qui eft le mieux,) ils font en faillie dans la piece en forme d’armoires. Dans l’un ou l’autre cas, il eft bon que leurs panneaux foient d’une forte épaiffeur & arrafent par dedans , afin de donner plus de folidité à l’ouvrage.
- Il eft encore une autre efpece de buffets à l’ufàge des particuliers ; mais comme ils ne font point partie de la décoration, je n’en parlerai qu’en traitant la partie des meubles.
- Les cuvettes font des efpeces de vafes de pierre ou de marbre, faits pour l’ordinaire en forme de coquilles, lefquels fervent à recevoir l’eau qui tombe /. d’un robinet placé au-deflùs, & dont on fe fert pour fe laver les mains, Sc autres ufàges. Ils font ordinairement placés dans des niches de menuiferie & à la hauteur de l’appui des buffets. Comme il n’eft pas néceflaire qu’il y ait deux cuvettes dans une falle à manger, & qu’il faut néceflàirement deux niches pour rendre la piece régulière, on met toujours deux cuvettes dans ces deux niches, au-deffous de l’une'defquelles on place un poêle, lequel fert à échauffer la piece (**).
- Quant au revêtiflement des falles à manger, il fe fait en ftuc, en pierre ou
- ( * ) L’ufage des buffets chargés de vafes précieux eft fort ancien. Les Romains , & avant eux les Afiatiques, ou pour mieux dire les Grecs répandus dans l’Afie & dans l’Egypte, étaloient fur leurs buffets non feulement la vaiffelle né-ceffaire au fervice de leurs tables , mais encore tin grand nombre d’autres vafes, dont la multitude ne fervoit qu’à faire connoître l’opulence de leurs poffeffeurs. On fait à quel poinc Lu-cullus & Marc-Antoine ont pouffé cette ma*
- gnificence, le premier ayant différentes pièces pour chaque efpece de repas, fuivant le plus ou le moins de dépenfe qu’il vouloit faire ; & le fécond faifant préfent d’une partie de fa vaiffelle aux officiers qui le fervoient.
- (** ) Je ne parlerai pas des lièges, parce qu’ils appartiennent à la partie du meuble , donc je ne traiterai que dans la troifieme Partie de cet Ouvrage.
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- s en marbre , ou bien en bois peint en l’une de ces matières, ce qui eft la même chofe, du moins en apparence ; mais je crois que malgré l’ufage il vaudroit mieux y faire du lambris à l’ordinaire , parce quil ne femble pas naturel que l’on prenne fes repas dans des appartements revêtus de matières froides & humides, telles que la pierre & le marbre ; je fai bien qu’il eft des moyens d’échauffer dçs appartements, quand même ils feroient re-; vêtus de pierre ou de marbre ; & que comme fouvent ce n’eft que du bois peint en l’une de ces deux matières, il n’y a rien à craindre ; mais c’eft toujours s’écarter des réglés de la vraifemblance qui veut non-feulement que les chofeS exiftent, mais encore quelles nous paroiifent telles quelles font ; c’eft pourquoi l’ufage des falles à manger ainfî revêtues, ne peut être tolérable que dans les maifons de campagne, le/quelles ne font habitées que dans l’été ; ce doit être la même chofe pour faire de ces pièces, qui doit toujours être parquetée * excepté dans le cas dont je viens de parler, où on peut les paver de pierre ou de marbre. En général, la décoration des falles à manger peut être très-riche , fiir-tout dans une maifon de conféquence ; on peut y employer les glaces & les ornements de fculpture, en évitant toutefois la confufion de ces ornements 8c les contours trop recherchés.
- §. IV. Des Salles de Compagnie, d’Ajjemblée, de Jeu & de Concert.
- Les filles de compagnie font celles dans lefquelles on s’afîemble avant 8i après le repas : elles different des falles d’affemblée proprement dites, en ce que les dernieres font deftinées à recevoir des vifites, & à traiter d’affaires férieufes ; au lieu que les premières font deftinées à la récréation 8c aux différents plaifirs, tels que le jeu, la mufique 8c la danfe ; c’eft pourquoi ces falles prennent différents noms félon leurs ufages. Ces pièces fe décorent de deux différentes maniérés : fçavoir, en lambris d’appui feulement, au-deffus défi quels on tend des tapifferies, ou bien des étoffes femblables aux meubles de la piece ; ou bien en lambris de hauteur : chacune de ces deux maniérés a fes avantages & fes inconvénients ; parce que fi l’on fe fert de Amples lambris d’appui, on a l’avantage de pouvoir changer de tenture deux fois l’an au moins, ce qui donne plus de variété 8c de magnificence à ces pièces que ne feroient les lambris de hauteur, qui, quelque riches qu’ils /oient, n’offrent aux yeux qu’une décoration toujours femblable, & peu en rapport aux différentes faifons de l’année; mais auffi cette e/pece de décoration a-t-elle le défaut de rendre irrégulière la décoration des murs de refend, la partie dans laquelle la porte eft comprife, étant toute revêtue de menuiferie jufi ques & compris la cheminée ; au lieu que l’autre partie de ce mur n’eft re* vêtue que d’étoffe ou de tapifferie , ce qui eft un défaut, lequel n’eft guere tolérable que lorfqu’il refte entre le placard 8c la cheminée une diftance
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- Section /. §. IV1 Des Salles de Compagnie , dsAjfemblée, &ct ipj alfez confidérable pour pouvoir y mettre un morceau d’étoffe qui fymmé- -trife avec le relie de la tenture, & femble l’autorifer, ce qui ne fe peut faire que dans le cas d une très-grande piece , 8c ce cas arrive rarement.
- Lorfque les pièces font toutes revêtues de menuiferie , on làuve toutes ces difficultés, la décoration devenant parfaitement régulière, fur-tout quand on répété des portes feintes fur les murs de refend ; mais fi Ton gagne du côté de la fymmétrie, on perd du côté de la commodité 8c de la vraifemblance, parce que l’on a intérêt de mettre beaucoup de lièges dans ces fortes de pièces, & quil neft pas naturel de les placer devant des portes, qui quoique feintes, femblent toujours faites pour s’ouvrir, & par conféquent déranger ceux qui font placés devant.
- On peut remédier à cet inconvénient en fopprimant les placards feints, 8c en mettant à la place des panneaux de lambris ; mais en même temps on tombe dans le défaut des tentures d’étoffes, c’eft-à-dire, que la décoration n’elt plus lymmétrique. ^
- Au lieu de placards feints ou de lambris, on peut faire des niches quarrées ou des arcades femblables à celles des portes, dans le fond defquelies on peut placer des glaces ou des tableaux, ou enfin des panneaux de lambris, au-defifous defquels on met des fophas ou autres meubles, ce qui fait parfaitement bien, 8c làuve prefque toutes ces difficultés ; mais en même temps il eft bon de fçavoir que cette elpece de décoration coûte très-cher, tant poür la menuiferie que pour les meubles, que l’on ell alors obligé de faire pour la place, ce qui fait que fouvent les meubles d’une piece ne peuvent plus fervir dans une autre.
- Quant à la face des croifées, elle doit toujours être revêtue de menuiferie; 8c pour celle qui lui ell oppofée, elle fera décorée de tapilferie ou de menuiferie , félon que le feront les murs de refend de la piece. Quand on les décorera de menuiferie , & que l’on pourra y répéter les arcades des Croifées, on fera très-bien , for-tout dans le cas d’une falle de compagnie ou de jeu, parce que les glaces que l’on place dans ces arcades, non-feulement augmentent la lumière 8c femblent multiplier les objets, mais encore elles font jouir de la vue des dehors, ce qui ell un très-grand avantage , & c’ell, fi je l’ofe dire, le feul cas ou les glaces font bien placées, du moins avec vraifemblance.
- Il faut obferver de pratiquer dans ces pièces des portes de dégagement dans les garde-robes, afin qu’on ne foit pas obligé de palfer par les autres appartements pour entrer dans ces dernieres.
- Ces portes ne doivent pas être apparentes, mais coupées dans le lambris, 8c on aura foin quelles s’ouvrent dans les petites pièces , pour éviter, la trop grande faillie des ferrures que l’on feroit obligé d’y mettre fi elles Menuisier. U. Part, D dd
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- ....s’ouvroient autrement, & pour rendre les joints moins apparents.
- Planche Quant à la maniéré de couper ces portes, voyez ce que j’en ai dit dans la première Partie de cet Ouvrage , page 146 > & planche 49.
- ^ }V, Des Chambres à coucher proprement dites.
- Il y a trois efpeces de chambres à coucher: fçavoir, celles dont le lit eft ifolé par le pied & des deux côtés, & placé au milieu de la piece & en face des croifées; celles en alcôve, & celles en niche. Ces chambres demandent différentes efpeces de décorations par rapport à leurs formes 8c à leurs ufages.
- La première de ces trois efpeces de chambres à coucher, doit être d une forme oblongue , c’eft-à-dire, quil faut quelle foit quarrée du devant du lit, du moins autant qu’il eft poffible ; ces pièces ne doivent pas être revêtues de menuiferie dans tout leur pourtour, mais feulement jufqu’à la cheminée 8c fon vis-à-vis, & le refte avec un lambris d’appui 8c une ta-piiferie au-defîus, ou bien une étoffe fomblable aux meubles & au lit, lef-quels meubles peuvent être changés félon les différentes faifons, ainfi que je l’ai dit d-deflus, en parlant des falles d’affemblée.
- Au fond de la chambre & à côté du lit, doivent être pratiquées une ou deux portes coupées dans le lambris d’appui & dans l’étoffe, lefquelles dégagent dans les garde-robes, & facilitent le fervice des domeftiques. On doit obferver , du moins autant qu’il eft poffible, de mettre de l’étoffe entre la cheminée & la porte, pour les raifons que j’ai dites en parlant des falles de compagnie ; de plus, cette partie étant ainfi revêtue , autorife à mettre un fauteuil au-defîbus , lequel étant de même étoffe, fait un fort bel effet. Le lit doit être placé fur fà longueur au milieu de la piece & en face des croifées, ainfi que je l’ai déjà dit : il feroit à fouhaiter qu’il fe trouvât une croifee au milieu de la piece ; mais cela n eft guere poffible, parce qu’une croifée n’eft pas foffifànte pour éclairer une chambre à coucher d’une certaine grandeur, & que trois donneraient trop de largeur à la piece ; c’eft pourquoi prefque toutes les chambres à coucher n’en ont que deux, dont le trumeau qui les fépare eft revêtu d’une glace , & c’eft prefque le feul cas où cette maniéré d’employer les glaces puiffe être permife.
- Les chambres en alcôve différent de celles dont je viens de parler, en Planche ce quelles font ordinairement toutes revêtues de menuiferie, que leur plan eft d’une forme quarrée prife du devant de l’alcove, 8c que le lit qui eft placé au milieu de cette derniere, femble ne plus faire partie de l’appartement.:
- En général,des alcôves font compofées d’une ouverture, ou pour mieux dire, d’une niche qui a de largeur depuis fept jufqu’à neuf & même douze pieds, fur une hauteur proportionnée à leur largeur & à la hauteur de la piece. Le pourtour de cette ouverture eft orné d’un chambranle dont la partie
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- Section /. §. V. Des Chambres à coucher en alcôves♦ fîipeneure eft cintree , du moins pouf 1 ordinaire ; aux deux côtés de ce chambranle, font deux parties de menuiferie dans lefquelles on fait des portes qui donnent entrée à des cabinets pratiqués aux deux côtés de l’al-cove : la coutume eft de féparer l’alcove d’avec les cabinets par des cloifons qui ontfept à huit pieds de largeur fur la hauteur de lappartement ; on fait ces cloifons de planches jointes à rainures & languettes, lefquelles cloifons font à la vérité plus falubres que celles qui font faites en plâtre * mais auffi font-elles plus fujettes à la vermine ; ceft pourquoi je crois qu’il faut préférer celles de plâtre , fur-tout quand elles font d une certaine grandeur*, parce qu elles font plus folides, & rendent l’alcove plus fourde, & par conféquent plus propre au repos ; & quand même les cloifons feroient faites de planches, il faut toujours avoir loin d’y faire des bâtis d’environ trois pouces quarrés pour porter la face de l’alcove. Quant à ce qui eft de l’humidité de celles de plâtre , on n en doit rien craindre, fur-tout quand les plâtres ont'été faits dans la belle faifon, & qu’ils ont eu le temps néceflaire pour fécher.
- On doit auffi percer deux portes dans les cloifons de l’alcove, pour communiquer aux deux cabinets, lefquels font deftinés à differents ufages ; ordinairement on en fait des garde-robes, fur-tout quand un appartement n’eft: pas d’une grande étendue : mais comme ces fortes de pièces ne doivent jamais être trop près d’une chambre à coucher, & quon ne peut mettre dans ces fortes de garde-robes que des chaifes percées, dont l’ufàge eft très - incommode ; on ne doit faire fervir les cabinets des alcôves , du moins le plus qù’il fera poflible, qu’à des décharges pour ferrer des chofes inutiles, ou à des pafla-ges pour communiquer aux garde-robes, & pour faciliter le fervice des do-meftiques. ( Voye{ les Fig. i, 2,3 & 4.)
- Il eft de grandes alcôves dans lefquelles on met deux lits : 4alors on n’y fait point de cloifon ; mais on laifle de largeur à l’alcove toute celle de la chambre, en obfervant toutefois de pratiquer dans le fond de l’alcove, des portes de dégagement pour communiquer dans les garde-robes, ainfi que je l’ai dit en parlant de la première efpece de chambres à coucher. Il n’eft pas abfolument néceflaire de faire des portes aux deux côtés de ces fortes d’alcôves, parce que leur trop grande ouverture contenant une partie de la largeur de la piece, ne laifleroit pas allez de place pour y faire des portes, qui de plus, deviendraient inutiles; c eft pourquoi à la place de ces dernieres, on pourra mettre deux panneaux de lambris, dont la décoration répondra à celle de la piece.
- En général, l’intérieur des alcôves ne doit jamais être lambrilfé ; mais il doit être garni d’étoffe, qui, pour l’ordinaire , eft femblable à celle du lit.
- Quant à ta décoration des alcôves, il n’eft guere poflible de la déterminer, tant les fujets & les befoins font varier ; mais en général, on aura foin que le cintre de la traverfe foit d’une forme grave & coulante ; on doit fur-tout y éviter les cintres en S, & toutes efpeces de petites parties, comme les
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- oreilles quarrées ou rondes, les enroulements de moulures, qui interrom-proient le cintre, quand même ils fe trouveroient amenés par des ornements de fculpture , ces enroulements n étant tolérables que dans le milieu des traverfes.
- Quant aux portes, on les fait de deux maniérés : fçayoir, à panneaux du haut en bas, ou bien à panneaux jufqu’à la hauteur d’appui, & le refte vitré à petits ou à grands carreaux. On vitre ordinairement ces portes, afin de donner du jour dans l’intérieur des cabinets ; mais cependant il feroit beaucoup mieux. de faire ces portes à l’ordinaire, & de tirer le jour par le defîus de porte, dans lequel on met une glace au lieu de panneau, ou bien une gaze peinte,* laquelle tiendroit lieu de tableau, & en même temps éclaireroit dans l’intérieur des cabinets.
- Cette derniere maniéré d’éclairer les cabinets des alcôves , eft très -bonne, & ne fouffre d’inconvénient que lorfqu’ il y a des plafonds au-def* lus des portes de ces cabinets pour en diminuer la hauteur, ce qui pour lors empêche de tirer le jour par le haut; alors on eft obligé de faire des portes vitrées, qui, quelque riches qu elles foient, font toujours mai, fur-tout dans un appartement de quelque confidération ; c eft pourquoi j’ai deffiné une alcôve de deux maniérés différentes, afin que l’on puifte choifir, & qu’en même temps on puifte voir que la même efj^ece d’ouvrage, peut fe traiter d’une maniéré toute différente, félon les perfonnes pour lefquelles l’ouvrage doit être fait. Pour ce qui eft de la décoration des chambres en alcôves , c eft la même qu’aux autres chambres à coucher dont j’ai parlé ci-deflus, p. ipq. & foiv. bien entendu toutefois, quelles feront toutes revêtues de menuiferie, ce qui les rend fymmétriques, & c’eft un des grands avantages de ces fortes de chambres»
- Les chambres en niche font des efpeces de chambres à alcôve, ou de petites pièces, qui pour l’ordinaire dépendent des garde-robes, dans lefquelles on Le retire pendant l’hiver, & dont l’ouverture de l’alcove ou niche, n’a de largeur que fix à fept pieds au # plus, for quatre à cinq de profondeur, laquelle niche fe fait des deux maniérés foiyantes : La première eft de faire dans la face de cette chambre qui eft oppofée aux croifées, un renfoncement ou niche de la profondeur & de la largeur que j’ai dites ci-deffas, au pourtour duquel on fait régner la corniche de l’appartement. Ces fortes de pièces ne font pas lambriffées du haut en bas ; mais elles n ont qu’un lambris d’appui, au-deflus duquel on pofedes étoffes entourées de cadres, (ainfî qu’aux autres pièces,) lefquelles régnent au pourtour de la niche: il eft même de ces niches qui font revêtues de glaces ; mais ce n’eft pas un exemple à imiter.
- La fécondé maniéré de faire ces niches, eft de les faire en forme d’al-coves, dans lefquelles le lit entre for fà longueur, de forte qu’il fe préfente for les côtés ; quand ces alcôves ont aflez de largeur, on y fait des cabinets de chaque côté, par lefquels on paffe pour entrer dans l'intérieur
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- Section L §. VI. Pe$ Chambres à coucher de parade, 157 3e lalcove; niais de quelque maniéré que ce foit, il faut qu’il y ait dans un des côtés de lalcove ou niche, une porte par laquelle on parte pouf faire le lit. Quand ces cabinets ou partages font trop petits pour que la porte puifle s’ouvrir commodément, on la fait ouvrir à coulirtes, de forte quelle ne nuit ni d ans la niche ni dans les cabinets.
- Lorfque les lits font placés dans des niches, où par conféquent ils entrent tout jufte, on les pofe fur des roulettes, lefquelles ne roulent que d’un fens, c’eft-à-dire, fur la largeur du lit, & qui entrent dans deux cou-liflès qui fe brifent en deux fur leur largeur, & dont une partie qui égale en longueur la profondeur de la niche, eft arrêtée fur le plancher, & l’autre fe reploye fous le lit, de fortç que quand on veut le faire , on redrefle les deux coulirtes, & on tire le lit à foi à une diftance aflez confidérable pour qu’on puifle le faire commodément. Le pourtour des chambres en niche avec des alcôves, peut être revêtu de lambris du haut en bas, à moins toutefois , qu’on ne veuille préférer les étoffes, ce qui ert indifférent 3 ces pièces n’étant pas, pour l’ordinaire, d’une grande importance.
- §. VI. Des Chambres à coucher de parade.
- Les chambres à coucher de parade devroient naturellement fe trouver à la fuite de la delcription des autres pièces d’un appartement magnifia que ; cependant j’ai cru devoir en parler ici, afin de ne me point répéter, ce que j’éviterai toujours autant qu’il me fera pofllble.
- Les pièces dont je parle ont été nommées Chambres a ejlrade , parce qu’au-ciennement la place du lit étoit élevée d’une ou deux marches au-defliis du fol du refte de la piece , ainfi qu’on peut le voir à celle du château de Maifons, ce qui faifoit un aflez bel effet ; mais on a abandonné cette coutume , & ces efpeces de chambres à coucher ne different de celles dont j’ai parlé ci-deflus, que par leur richefle , & parce que la place du lit eft fé-parée du refte de la piece par une baluftrade, laquelle a aux environs de deux pieds & demi de hauteur, 8c que la corniche de cette même piece retourne quarrément au-defliis de la baluftrade , de forte que la piece devient quarrée par fon plan, c’eft-à-dire , quelle a autant de profondeur que de largeur , la place du lit faifànt comme une piece féparée. Quand ces pièces font d’une certaine grandeur , & deftinées à loger un très-grand Seigneur , la partie du plafond qui fépare la chambre d’avec l’enceinte du l’t, eft foutenue par deux colonnes ifolées, lefquelles doivent être d’un ordre & d’une ex* preflion relative à la richefle & à l’ufage de la piece ; ou pour mieux dire, toute la piece ,• ainfi que l’ordre qui y eft employé , doit être en rapport avec le rang & le fexe de la perfonne qui l’habite.
- Ces colonnes ne doivent pas pofer à nud fur le plancher, mais fur un Menuisier. IL Paru Eee
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- TpS ME N UIS 1ER ai Partie. Chip. Il L \ focle dont la hauteur régné avec le deffus de la baluftrade ; & cette même hauteur de focle, avec le deflùs du lambris d’appui de la piece , fuppofé que cela foit poffible, parce que Ion eft quelquefois obligé de faire le lambris d’appui plus haut que le deffus de la baluftrade : ce focle feroit cependant mieux de la première maniéré, comme appartenant au revêtiffement des murs de la piece , ainfi que je l’ai dit ci-deffus.
- La corniche de la piece doit être un entablement régulier de la hauteur du cinquième de la colonne ; ou bien quand la hauteur de la piece fera bornée, on n y mettra qu’une corniche architravée, mais dont tous les membres feront toujours en rapport avec l’ordre de deffous. Ces corniches fe font pour l’ordinaire en bois ; ou bien fi elles font d’autres* matières, on les peint toujours de même couleur que le refte de la piece; c’eft pourquoi j’en parle ici.
- En général, les corniches des appartements ne font pas du reffort du Menui-fier , mais il feroit bon cependant qu’il en prît quelque connoiflànce, 8c qu’il lut que les corniches de chaque piece doivent avoir dès hauteurs êc des profils d’une forme relative à la décoration & à l’ulàge de ces mêmes pièces, afin de ne point tomber dans le défaut que l’on remarque dans prefque tous nos bâtiments modernes, ou toutes les corniches font d’un même profil, ou du moins à peu-près femblable, 8c prefque toujours fans aucun rapport avec la piece où elles font, à la décoration de laquelle on ne penfe fouvent que quand les corniches font faites (*).
- L’intérieur de l’eftrade, ou pour mieux dire , le lieu où l’on place le lit , doit être revêtu d’étoffe, & on ne doit y mettre qu’un lambris d’appui au pourtour, dont le deffus doit régner avec le deflùs de la 'baluftrade ; on doit suffi avoir foin qu’il y ait dedans des portes de dégagement qui s’ouvrent dans les lambris d’appui , ainfi que je l’ai dit en parlant de la première elpece de chambres à coucher.
- L’intérieur des chambres à coucher de parade, doit être tout revêtu de menuiferie, ce qui fe fait de différentes maniérés, du moins pour le côté de la cheminée 8c celui qui lui eft oppofé. La maniéré la plus ordinaire eft de placer la cheminée au milieu de la piece, 8c de feindre une porte du côté de la baluftrade, laquelle porte fymmétrife avec celle d’entrée ; mais cette forte de décoration a le défaut d’être contre la vraifemblance , ainfi que je l’ai dit en parlant des falles d’affemblée. ( Voye^ ce que j’en ai dit page 193.
- L’autre maniéré de décorer les chambres à coucher, eft de ne point mettre la cheminée au milieu de la piece, mais de la dilpofer de maniéré qu’il fe trouve entre la porte 8c la cheminée, un panneau de lambris d’une même forme 8c d’une même largeur que celui qui eft entre la cheminée & l’efo
- (*) Je ne donnerai point ici de régies pour toutes les différentes corniches d’un appartement , parce que cela tient trop à T Architecture $
- & je n’en parle ici que pour faire connoître combien les Menuifiers ont befoin d’être bien inftruits des régies de cec Art.
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- Section IL Des Salles £audience y & de celles du dais} &c. ipp trade , ce qui fauve toute la difficulté, mais en même temps ce qui gâte la -dilpofition totale de la piece, la cheminée fe trouvant trop proche de la ba-luftrade ; ceft pourquoi je crois qu’il vaut beaucoup mieux préférer la première maniéré , à moins toutefois que la piece ne foit très-grande.
- En général, de quelque maniéré que Ton faiTe ces décorations, elles doivent toujours être très-magnifiques, les formes cintrées dans les traverfes, & les ornements de fculpture de toute efpece devant y être employés * en obfervant toutefois, que ces ornements foient en rapport avec l’ufàge de la piece , Sc dilpofés avec làgeffe Sc économie , afin de ne point apporter de confufion dans la décoration.
- Quant à la décoration des colonnes Sc des baluftrades , je n en parlerai point ici, parce qu il faudroit entrer dans un trop grand détail, Sc que de plus je lùppofe, ainfi que je fai déjà dit, que la première étude d’un Me-nuifier doit être celle des ordres d’Architecture, Sc de toutes les parties qui les accompagnent.
- Section Seconde.
- §. I. Des Salles £ audience, & de celles du dais ; des grands Cabinets,
- Les làlles d’audience font ordinairement partie d’un appartement de parade , Sc fervent à recevoir les perfonnes qui viennent pour demander des* grâces au maître de la maifon , ou pour la pourluite de leurs affaires. Ces fortes de pièces ne font en ufage que chez les Miniftres, chez les Magif-trats Sc autres perfonnes publiques; car pour les grands Seigneurs, ils donnent ordinairement leurs audiences dans la falle du dais, laquelle eft deftinée à cet ufage.
- Les falles d’audience ne font pour l’ordinaire revêtues que de lambris d’appui , excepté la face des croifées, les placards Sc la cheminée , le relie étant revêtu de tapifferies ou d’étoffes, fur lefquelles on place des tableaux, ainfi que fur la cheminée, où ils font beaucoup mieux que des .glaces. Ces fortes de pièces, quoique faifant partie d’un appartement de parade , doivent toujours être d’une décoration grave & majeftueufe; il eft même des occafions où on ne met point de lambris de hauteur entre les croifées, mais de l’étoffe fur laquelle on place de grands miroirs ornés de bronze & de dorure, ainfi qu’on peut le voir aux grands appartements de Verfailles & ailleurs.
- Pour ce qui eft de*s l'allés du dais, ce font celles où les grands Seigneurs? donnent leurs audiences publiques, & où ils reçoivent les hommages de leurs vaffaux : elles doivent être d’une décoration plus riche Sc moins grave que celles des falles d’audience ; les glaces peuvent y être employées ainfi que les bronzes, les tableaux ; mais on doit obferyer de ne jamais placer le dais
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- au-deflus de la cheminée , ce qui eft contre la vraifemblance , n’étant pas na-turel -qu’iine perfonne qui donne audience, s’alTeoIe dans un fiëge placé de cette maniéré.
- Les grands cabinets fervent pour fordinaire à recevoir les perfonnes aux* •quelles, par diftinâion, on veut donner des audiences particulières; ces pièces précédent toujours les chambres à coucher de parade, à moins toutefois , qu’on ne les fupprime, & quà leur place on ne fafle un fallon, afin de ne point multiplier le nombre des pièces. Les grands cabinets, ainfi que les filles du dais & celles d’audience, ne fe revêtent pas de lambris au pourtour , mais feulement du côté de la face des croifées, ainfi que je l’ai dit plus haut. Cependant lorfqu'il y aura des glaces dans le trumeau des croifées,' il faudra en pofer d’autres vis-à-vis, ainfi qu’en face de la cheminée, afin que ces quatre glaces fe réfléchiifint les unes dans les autres par le moyen d’un luftre, augmentent la lumière & la magnificence de la pièce.
- Les arrieres-cabinets font des pièces qui fuivent les chambres à coucher ; foit de parade ou de commodité, dans lefquelles on fe retire pour traiter d’affiures particulières , ou pour fe livrer à l’étude ou à la leélure ; mais dans le cas d’un appartement de parade, les arrieres-cabinets ne fervent qu’à ieparer la chambre à coucher d’avec les filions ou les galleries qui les fuivent. Ces fortes de pièces font ordinairement toutes revêtues de menuiferie, dont la décoration doit être, riche , fur-tout lorfque ces pièces fe trouvent placées entre une chambre à coucher de parade & un fallon , ou une galierie.
- §. IL Des Salions & des Galleries.
- Les filions font les plus magnifiques & les plus grandes pièces d’un appartement. Il en eft de deux efpeces : fçavoir, ceux que l’on nomme à VItalienne, lefquels ont de hauteur les deux étages d’un bâtiment, & ceux qui font compris dans la hauteur d’un feul étage. Ces fortes de pièces fervent à donner des repas ou des concerts dans le cas d’une fête, ou bien elles fervent de cabinets de jeu, ainfi que celui de Marly.
- Quelquefois la décoration des fallons fe fait en marbre ou en ffuc, ou enfin en bois peint de la couleur dç l’une de ces deux matières, fur-tout lorlque ce font des filions a 1 Italienne, dans la décoration defquels on em< ploie prefque toujours des ordres d’Architecture, foit colonnes ou pilaftres : il n’y a donc que les filions dune moyenne grandeur qui foient totalement revêtus de menuiferie ordinaire, c eft-à-dire, qui foient fùfceptibles de panneaux & de pilaftres ornés de contours & d’ornements de Sculpture conve-; nables à la Menuiferie.
- En général, de quelque efpece que foient ces pièces, elles doivent être
- très-riches
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- Section IL §. IL Des Salions & des G aliénés,, 401
- très-riche, tant pour les ornements que pour la richeflè des matières qu’on * y emploie.
- La forme ordinaire des fallons, eft la'quarrée, la ronde, loélogonale* & celle d’un quarré long, dont le plus long côté eft égal en longueur à la diagonale dun quarré prife fur le plus petit côté. On fait aulîi les {allons d une forme elliptique ; mais les formes qui approchent le plus du quarré font toujours les meilleures.
- Les galleries font des pièces d’une forme oblongue, les plus longues ayant de longueur fix fois leur largeur, 8c les plus courtes trois fois au moins.
- Il eft de plufieurs efpeces de galleries, mais qui communément fe ré-duifent à deux : fçavoir, les galleries magnifiques & les galleries de tableaux. Celles de Verfailles, de Saint-Cloud, font de la première elpece; celle du Luxembourg, connue fous le nom de la G aller ie de Rubens, 8c celle de l’Hôtel de Touloufe, {ont de la fécondé.
- Les galleries magnifiques font pour l’ordinaire revêtues de marbre, dont les différentes couleurs doivent être d’un ton qui approche de celui des peintures 'de leurs voûtes ; quelquefois au lieu de marbre, on ne fait ces revêtifïements que de bois peint de la couleur de ce dernier , ce qui eft la même chofe, ainfi que je l’ai dit. Lorfque les galleries ne font éclairées que d’un côté, on peut repréfenter du côté qui eft oppofé aux croifées, des arcades femblables à celles de ces dernieres, dans lejquelles on place des glaces , ce qui fait un très-bel effet, ainfi qu’on peut le voir à celle de Verfailles.
- Au contraire, lorfque le bâtiment eft fimple, comme celui de Saint-Cloud, on peut fe palier de glaces, 8c remplir les trumeaux par des panneaux de menuiferie , ornés de peintures & de fculptures, & non pas mettre des glaces entre les croifées, ce qui fait un mauvais effet, ainfi que je l’ai dit en parlant de la difpofition des glaces.
- Les' galleries de tableaux ne font pour l’ordinaire revêtues que de lambris d’appui au-deflus defquels on pofe les tableaux, à moins toutefois , que ces derniers ne foient trop petits pour occuper toute la hauteur de la piece, prife du delfus du lambris d’appui; dans ce cas, on fait des lambris de hauteur, dans lefquels on réferve des ouvertures pour placer les tableaux, qui alors font partie de la décoration, ce qui eft plus propre que de les attacher fur les lambris. Si cependant ces tableaux étoient dune grandeur trop inégale pour pouvoir faire partie de la décoration, on feroit beaucoup mieux de fupprimer tout-à-fait les lambris de hauteur, & de mettre à leur place un fond d’étoffe, fur lequel on attache les tableaux.
- On obfervera que cette derniere maniéré de décorer les galleries, n’eft bonne que dans le cas d’une gallerie de tableaux proprement dite , ou 1 on voudroit raffembler les ouvrages de différents Maîtres ; mais elle ne peut être bonne dans une gallerie qui fait partie d’un appartement magnifique. Menuisier. IR Part. Fff
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- Section Troisième.
- Des Appartements privés.
- S o u s le nom à9 Appartements privés, font contenues toutes les pièces for-vant à l'ufàge perfonnei des maîtres, ainfi que je l'ai die plus haut, tels que font les cabinets de toilette, d'aifànce, de bains, &c.
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- §. I. Des Cabinets de Toilette, & des Méridiennes.
- Les cabinets de toilette, ainfi que toutes les autres pièces connues fous le nom d9appartements privés, ne font point fujets à la févérité des régies de l'Architecture, ainfi que les autres appartements ; il fuffit qu'ils foient décorés avec goût & avec fymmétrie pour quils plaifent, cette derniere faifànt prefo que tous les frais de leur décoration.
- Ce n'eft pas que la décoration de chacune de ces pièces foit abfolument arbitraire ; il eft certain que ce qui convient à l'une ne convient pas à l’autre; mais encore, quel que foit leur ufage, il eft sûr que l'on peut fe permettre dans leur décoration des licences qui feroient condamnables par-tout ailleurs.
- Comme c'eft dans les cabinets de toilette que s'habille le maître, ou pour mieux dire, la maîtrelfe de la maifon, il faut avoir foin de pratiquer dans, leurs revêtiflements , des armoires dans lefquelles on puilfe ferrer une partie de ce qui eft propre pour leur ufage.
- On doit auffi obferver de ne jamais faire de portes à deux vantaux à ces fortes de pièces, parce que ces pièces font toujours petites, & qu'une grande porte feroit un mauvais effet dans leur décoration ; de plus, on a intérêt de ménager la place , & de rendre la piece la plus chaude poffible, ce qui ne pourroit être fi on y faifoit de grandes portes.
- Les méridiennes ou boudoirs, font des efpeces d arriéré - cabinets, dans ^ lefquels on fe retire pour fe fouftraire au grand monde, & où l'on peut prendre quelque repos pendant la chaleur du jour. Ces pièces, quoique dépendantes des appartements privés , font pour 1 ordinaire très-magnifiques ; il y en a même qui font toutes revêtues de glaces & d'ornements de Sculpture ; on y pratique ordinairement une niche dans la partie qui fait face à la cheminée ou bien à la croifée , laquelle eft* d’une grandeur fuififànte pour pouvoir contenir un fopha, ou un lit de repos.
- En générai, on ne doit employer à la décoration des pièces dont je viens de parler, que des profils & des cintres d’une forme douce & légère ; les ornements, quoique d’une forme moins grave que dans les autres appartements, doivent toujours être placés fans profufion, & dirigés parle bon goût.
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- Section III. $ II. Des Cabinets d* aifance & de Bains. A03
- Quant aux oratoires, ce font de petites pièces dans lefquelles on fè retire pour vaquer plus librement à la priere : elles doivent être proche des chambres à coucher, afin d’être plus commodes. Leur décoration doit être fimple & grave, ne confiftant qu’en des tableaux de dévotion ou des figures de Saints. Il eft des maifons où il y a des chapelles domeftiques, qui, pour lors, peuvent fervir d’oratoires ; mais comme par décence elles doivent être éloignées des appartements fervants à l’habitation des maîtres & des domef tiques, il eft toujours bon de pratiquer des oratoires proche le logement des maîtres pour plus de commodité, ainfi que je l’ai dit.
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- §. 11. Des Cabinets et aifance & de Bains.
- Les cabinets d’aifànce les plus en ufàge dans les maifons de quelque con-fidération, font ceux qui font connus ‘fous le nom de Lieux a foupapes, ou autrement dit, à tAngloife , quoiqu’avec peu de raifon, puifqu’ils étoient connus en France long-temps avant que l’on en fît ufàge en Angleterre.
- Les cabinets d’aifance fe décorent de deux maniérés : fçavoir, en revê-tilfements de menuiferie, ou bien avec des carreaux de fayence de divers compartiments, que l’on applique fur les murailles, ainfi que fur le plancher de ces pièces. Cette derniere maniéré n’eft prefque plus en ufàge , parce quelle ne décore pas ces pièces avec affez de magnificence, & que ces fortes de revêtiffements font moins falubres que ceux de menuiferie, du moins en apparence.
- La partie de ces pièces qui eft deftinée pour placer le fiege d’aifance, eft compofée d’une niche d’une forme quarrée ou circulaire , tant fur fon plan que for fon élévation , dans laquelle eft enfermé un bloc de marbre ou de pierre dure , creufé en glacis en forme de cuvette. Quelquefois ces cuvettes font de fayence enduite de maçonnerie par-delfous, ce qui eft la même chofo. J^oye^ la Fig, j. Le devant de ces cuvettes eft revêtu d’un foubaftement de menuiferie de 14 à IJ pouces de haut, y compris le def fos, lequel eft en forme de cymaife , & a ordinairement deux pouces d’épaififeur for quatre pieds de largeur, & feize à dix-huit pouces de profondeur.
- Ce deffos eft alfemblé à bois de fil, & on y fait trois ouvertures ou tra-pes ; fçavoir, une au milieu d’environ un pied quarré, ou même quatorze à feize pouces , laquelle fort à couvrir la lunette ; & les deux autres trapes d’un pied de long, fur cinq à fix pouces^ de large. Ces deux dernieres font percées d’un ou deux trous, ( félon qu’ils font placés à droite ou à gauche ) par lefquels paflent les tiges de la bonde ou foupape, & celles des autres robinets. Il faut obferver que ces trapes foient bien perpendiculaires au - deiliis de ces derniers, afin que les trous que l’on y perce, foient juftes au mi-
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- lieu y du moins autant qu’il fera poffible ; ceft pourquoi il faut que le Menuî-fier Sc le Fondeur foient parfaitement d’accord enfemble, afin que l’ouvrage de l’un ne nuife pas à celui de l’autre.
- Les trapes des côtés doivent entrer à vif de toute leur épaifleur , ( laquelle eft d’environ un pouce ) dans les bâtis du fiege ; pour ce qui eft de celle du milieu, elle doit affleurer le defliis du fiege, ainfi que les deux autres, mais par-devant elle doit emporter avec elle toute la cymaife , & par con-féquent recouvrir la lunette , ainfi quon peut le voir dans les Fig. 2,3 & y , & celles 6 Sc 8, où font marquées les différentes coupes d’un fiege, tant fur la longueur que fur la largeur.
- La lunette qui eft placée au-deflbus de cette trape, doit être affemblée à bois de fil, & être percée d’un trou rond d’environ fept à huit pouces de diamètre : elle entre à feuillure de la moitié de fon épaifTeur dans le gros bâti , Sc on a foin que ce dernier excede la lunette de deux lignes au moins, afin que la trape pofe for le bâti, & non for la lunette , comme on peut le voir dans les Fig. ci-deffos.
- Il eft encore une autre maniéré de faire les deflus des fieges des lieux à foupapes, qui eft de faire lever la partie de defliis* tout d’une feule piece for la largeur, de forte que les poignées fe trouvent cachées deffous, ce qui eft très-commode, & en même temps très-propre. Cette fécondé maniéré de faire les fieges ne différé de la première , qu’en ce que l’on eft obligé de pofer la cuvette de trois ou quatre pouces plus bas qu’aux autres , afin que le defliis de menuiferie ait affez^ d’épaifleur pour pouvoir contenir les poignées , ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 4.
- En général, lorfqu on fait de ces fieges, il faut faire en forte qu’ils ne foient pas engagés avec le refte de la menuiferie, afin que fi l’on avoir à travailler aux tuyaux ou à la cuvette , on ne foit pas obligé de dépofer tout l’ouvrage, comme cela arrive quelquefois.
- Le devant des fieges fe doit (faire de menuiferie, quoiqu’on le faffe quelquefois de marbre pris dans la même piece que la cuvette ; mais c’eft un exemple à éviter, parce que non-feulement ils coûtent très-cher, mais encore parce qu’il n’eft pas naturel que le marbre Sc le bois faflent partie d’une même décoration. ( Voye£ la Fig. 1 & z)>
- Lorfqu’on veut que les fieges foient très-riches, on peut les faire de marquéterie, ce qui eft très-propre, Sc plus convenable que le marbre.
- On doit avoir Toin de pratiquer des portes aux deux côtés de la niche en forme d’armoire , Sc afin que l’on puiffe travailler aux tuyaux lorfqu’il eft néceflàire.
- On obfervera aufli de faire des armoires dans les lambris qui décorent ces fortes de pièces, afin qu’on puiffe y ferrer commodément tout ce qui eft néceflàire à l’ufage de ceux auxquels elles appartiennent.
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- Section III. §. IL Des Cabinets d'aifance & de Bains'. aof
- Les cabinets de bains ne different guere de ceux dont je viens de parler, furrtout quant à ce qui a rapport à la décoration, excepté quils font plus grands que ces derniers, & qu’au lieu de fiege d’aifance, on y pratique ordinairement une niche qui monte du bas de la piece jufqu’à la hauteur de fix à fept pieds , & dans laquelle on place une baignoire. Ces fortes de pièces ne font point parquetées ( du moins pour l’ordinaire ) ; mais le plancher eft revêtu de carreaux de pierre de liais ou de marbre , félon la richeffe du propriétaire. On doit avoir foin de pratiquer au-deiïbus de la baignoire , un enfoncement revêtu de plomb de la grandeur de cette derniere, d’environ quatre à cinq pouces de profondeur ; le delïus de cet enfoncement fe remplit par des planches qui entrent à feuillures dans un bâti de gros bois qui affleure le parquet; ou bien, pour plus de propreté, on enfonce ce bâti d’un pouce & demi plus bas que le parquet ; & au lieu de planches, on y pofe par-defïus des feuilles de parquet, lefquelles viennent fe raccorder avec celui qui refte en piece. On pratique ces enfoncements dans les cabinets de bains, afin que quand on en fait ufàge, on puilfe faire fortir l’eau de la baignoire fans en répandre dans l’appartement, & même fans qu’il y paroifie, puifque le milieu du renfoncement eft percé d’un trou qui communique à un tuyau qui conduit les eaux dans les dehors ou dans les chauffes d’aifance.
- Il eft cf^utres cabinets de bains, dans lefquels on ne pratique pas ces renfoncements , mais dont on fait le plancher en pente de tous les côtés d’environ un pouce par toife, afin que l’eau que l’on jette fur la perfonne qui fè baigne n’y féjourne point, mais qu’elle aille tomber dans un tuyau de def cente qui eft toujours placé fous la baignoire, du moins pour l’ordinaire (*).
- Quant à la décoration des pièces dont je viens de parler, elle eft affez arbitraire , ainfi que je l’ai dit plus haut ; cependant il faut éviter d’y employer aucune efpece d’ornements qui ne foient en rapport avec leur deC* tination, & fur-tout éviter la monotonie ou la profufion que l’on remarque dans un grand nombre d’appartements de cette efpece.
- Section Quatrième.
- §. L Des Archives & des Serre-papiers.
- Les pièces dont je vais parler, font toujours placées dans l’endroit le plus retiré de la maifon, cependant proche l’appartement du maître, afin d’en rendre l’ufage plus commode : elles ne font pas fufceptibles d’une grande décoration; il fuffit quelles foient commodes & difpofées de maniéré que tout puiffe y être placé avec ordre & sûreté.
- (*) Il n’eft pas néceffaire d’avertir ici que les planchers de ces fortes de pièces ne font pas parquetés, mais au contraire cirrelés de pierre dure ou de marbre ; ces carreaux doivenc être joints & pofés avec toute la précifion poiü-
- Menuisier. II. Paru
- ble, afin que l’humidité ne fe commmuRique pas au* planchers, fuppofé que ces fortes de pie'es fe trouvent placées dans un étage fu-* pér eur, quoiqu’il fût beaucoup mieux qu’elles fuifent au rez-de-chauffée.
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- ~ Les archives proprement dites, font le lieu oit Ton conferve tous les titres Planche & les papiers précieux d’une famille ; ceft pourquoi il eft bon d’y faire au pourtour des armoires fermées de portes, afin que rien ne puifie fe perdre ni s’égarer, ce qui pourroit arriver, fi on n’y faifoit que des corps de tablettes à l’ordinaire , qui ne conviennent que dans un Secrétariat, où l’on ne met pas des papiers d’une fi grande conféquence. En général, les corps de tablettes que l’on conftruit dans ces fortes de pièces, ne doivent pas avoir plus de trois à quatre pieds de largeur , afin que les tablettes aient moins de portée.
- Quant à la diftance de ces tablettes , elle ne doit être que de fept à huit pouces, qui eft à peu-près celle des cartons ou boëtes , dans lefquels font enfermés les papiers : ces boëtes ou cartons ont ordinairement quinze pouces de longueur fur dix pouces de largeur, & fix à fept pouces de hauteur. On ne doit point mettre de tafieaux à ces tablettes, mais les aflem-bler dans les montants Sc les côtés, afin quelles foient plus folides. Pour ce qui -eft de la décoration de ces armoires ou des corps de tablettes, on peut y employer les chambranles, les pilaftres , les corniches Sc les plinthes, afin de leur donner une efpece d’ornement. Mais en général, on doit toujours préférer la folidité & la commodité à la magnificence, lorfqu’il s’agira de ces fortes de piebes.
- §. 11. Des Bibliothèques ; leur conjlruüion & décoration.
- On nomme Bibliothèques, les lieux dans lefquels on raiïemble & Ion Planche conferve les livres tant imprimés que manuforits, appartenants à chaque par-7°* ticulier.
- Il eft de deux fortes de bibliothèques ; fçavoir, celles qui font publiques, telles que celle du Roi & autres; & celles qui font particulières, c’eft-à-dire, appartenant à différents particuliers, qui font celles dont je vais parler , les premières ne différant de celles-ci que par leur grandeur Sc leur magnificence.
- En général, toute la magnificence des bibliothèques ne doit confifter que dans l’ordre Sc dans la propreté de l’ôuyrage, les livres faifant prefque tous les frais de leur décoration ; ceft pourquoi il faut, avant de commencer à les décorer, fe faire rendre compte du nombre Sc de la forme des livres qui doivent y être placés, afin de pouvoir déterminer les divifions des corps de bibliothèque,
- La forme ordinaire des livres fe réduit à quatre efpeces; fçavoir, les in-folioy qui ont 18 pouces fur 12 au plus, & 14 pouces fur 8 Sc demi au moins; les in-quàrto9 qui ont 12 pouces fur 8 au plus, pouces Sc demi fur 7 Sc demi au moins; les in-oBavo, qui ont 8 pouces for 6 au plus, Sc j 8c demi for y au moins ; & les in-douye, qui ont 6 pouces Sc demi
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- Section IV. §. //. Des Bibliothèques ; leur conflruct. & décoration. 207 fur 3 pouces p lignes au plus, & 6 pouces fur 3 pouces 3 lignes au moins ; de forte que ces différentes hauteurs fervent à faire les divifions des ta- Planche blettes, en obfervant de mettre les plus grands par le bas, & les plus petits 7°* par le haut félon leur nombre.
- Les armoires ou corps de bibliothèques, lont compofés de bâtis fur le devant, quelquefois de derrière, d'aflemblages, de côtés & de montants, enfin de tablettes & de fonds.
- Les devantures des bibliothèques font quelquefois très-riches, quoique cela ne foit pas fort néceflàire, les livres en faifont toute la décoration ( ainfî que je fai dit ci deflùs;) cependant quelque riches qu'on les fafle, il faut toujours éviter d'y mettre des cintres dans les traverfes, leurs contours fai-fant un très-mauvais effet avec les livres qui préfentent toujours des lignes parallèles, horifontales , qui pour lors feroient interrompues par ces mêmes cintres, lefquels cachent plufieurs livres, ce qui eft fort défagréable à voir,
- Les parties de chaque cafle ou divifion de bibliothèques * doivent être ornées d'un chambranle ou d'une moulure for l'arrête des champs ; mais dans quelque cas que ce foit, il faut éviter de faire ces champs & ces chambranles trop larges, comme aufli d'y mettre des pilaftres, parce qu'ils tien-droient trop.de place, ces derniers, fur-tout, n'étant tolérables que dans une très-grande bibliothèque, ou bien dans une de moyenne grandeur , lorff-que ces pilaftres s’ouvrent en forme d'armoires, dans lefquelles on peut ferrer les manufcrits ou les livres que l'on ne veut pas expofer aux yeux de tout le monde.
- Il y a des bibliothèques dont les devantures font fermées avec des portes', lefquelles ne font que des bâtis ornés de moulures, & les plus étroits pofli-bles ( afin de ne point cacher les livres, ) & dans lefquels, au lieu de panneaux , on met des treillis de fil de laiton, afin d'empêcher de toucher aux livres.
- Il en eft d’autres où ces portes font faites de fer très-menu, ce qui de loin ne défigure leur décoration en aucune maniéré. Mais en général, on ne doit mettre des portes qu'aux bibliothèques publiques, les particulières pouvant très-bien s'en palier.
- Quant à leur décoration générale, elle fe fait de trois maniérés : fçavoir, de deux corps l'un for l’autre, féparés par une corniche qui fort de trottoir pour atteindre au fécond corps, comme à la bibliothèque du Roi, à Paris.
- La fécondé maniéré eft de les faire duii foui & même corps de la hauteur de la piece ; aux plus hautes tablettes duquel corps on ne peut atteindre que par le moyen d’une échelle. ( Voye{ les Fig. I & 6.)
- La troifieme enfin, eft de divifer les corps de bibliothèques en deux parties for la hauteur , dont la partie du bas fera en forme d'appui faillant, for lequel on peut monter pour atteindre à tous les rayons de la bibliothèque, ce qui
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- ao8 MENUISIER,IL Partie. Chap. Il il
- eft très^commode, vu qu’on peut en faire tout le tour fans être obligé de defcendre, ce quon ne peut faire avec une échelle. ( Voye{ les Fig, $ & y .'y
- Cette derniere maniéré de décorer les bibliothèques, eft la moins magnifique & la moins régulière, à caufe de la différente largeur des caftes d’appui, & de celles de hauteur, dans les angles Taillants ou rentrants: de plus, la grande faillie que l’on eft obligé de donner à ces appuis pour pouvoir monter deflus, rétrécit beaucoup une piece , & fait un aftez mauvais effet, qui cependant femble être compenfé par la grande commodité que l’on en retire, ainfi que je l’ai dit ci-dellus. Il faut auffi obferver de ne point faire joindre les corps dans les angles , (fur-tout lorfqu’on eft borné par la place ,) mais au contraire, les écarter aftez pour qu’on puille faire un pilaftre ouvrant en tour creufe , ce qui fait que l’on jouit de l’angle qui refte entre les deux corps de bibliothèques ; & cela racheté le défaut de largeur qui fe trouve entre les caftes du haut & du bas. ( Voye^ les Fig. ^ & y,)
- On termine ordinairement le deflus des bibliothèques , par une corniche de menuiferie, laquelle doit être d’une grandeur & d’une richefle relatives à celles de ces bibliothèques ; mais cependant je crois qu’il feroit plus à propos, (fur-tout dans le cas d’un bâtiment neuf) que les corniches des plafonds des pièces deftinées à placer les bibliothèques, fuflent en avant-corps de la faillie de ces dernieres, de forte que les faces de bibliothèques fem-blaflent fiipporter les corniches, qui alors leur ferviroient de couronnement-; ce qui fait un très-bel effet, ainfi qu’on peut le voir dans la Figure ire. -
- Il y a des bibliothèques où l’on ne met point de derrière, & où l’on fait porter leurs tablettes & leurs montants contre le mur ; cependant je crois que malgré l’ufage, il eft beaucoup mieux d’y faire des derrières , ne fut fent-ils que de planches unies, (quoique ceux d’affemblages à panneaux arra-ies {oient beaucoup meilleurs, ) afin de garantir les livres de la poufliere & de l’humidité.
- Les tablettes des bibliothèques font toujours ornées d’une moulure fur l’arrête , laquelle moulure doit excéder de toute fa faillie les derrières des charn* branles ou des bâtis entre lefquels elles doivent être entaillées très-juftes pour plus de propreté.
- Il y a trois maniérés de pofer les tablettes , {çavoir, celle de les pofer lur des tafleaux, comme la Fig. 8, cote a, (qui eft la moins bonne;) celle de les affembler à tenons & mortaifes dans les côtés & les montants ; & celle de les pofer fur des tafleaux avec des crémaillés ( * ). ( Voye[ les Fig, g & io );
- De ces trois maniérés de pofer les tablettes, la féconde eft la meilleure, non-feulement parce qu’elle eft plus folide 8c plus propre que les autres , mais aufli parce que quand les tablettes font ainfi pofées, on peut faire afi*
- (*) Le véritable mot eft crémaillère ; mais les Ouvriers difent crmaillé ou crmlllier : c’eft pou^uoi j’ai iuivi cet ulage dans tout le relie du difeours.
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- Section IV'• §. IL Des Bibliothèques ; leur confiruc. & décoration. 209 fleurer le devant des côtés & des montants, avec le dedans des chambranles --3 ou des bâtis des bibliothèques, ce qui eft très-commode, vu que les livres ^L^CHE des bouts de chaque tablette font toujours apparents, & ne font point expofés à s’écorcher lorfqu’on veut les tirer. Au lieu que quand les montants & les côtés des bibliothèques font renfoncés, les livres des bouts des tablettes entrent dans ce renfoncement ; alors on eft obligé d’en retirer deux ou trois pour avoir celui du bout, ce qui eft très-délàgréable. ( Voye^ les Fig. 2 , 3 & 8, où ces differentes maniérés font deffînées. )
- Quand les tablettes font portées par des crémaillés, ces dernieres affleurent le dedans des chambranles , & appuient le livre du bout du côté du dofleret, mais ne peuvent pas l’empêcher de tourner, ce qui oblige quelquefois de mettre un double taflèau au-defliis de la tablette pour fervir d’appui au livre du bout, ce qui eft une double fojétion.
- Tout l’avantage qu’il y a à faire porter des tablettes par des crémaillés, c’eft qu on eft libre de haufler ou baiffer les tablettes ainfi qu’on le juge à propos ; mais aufli cette maniéré eft-elle plus coûteufo que l’autre. De plus , je ne vois pas que ce changement de tablettes foit abfolument néceflàire, for-tout dans une bibliothèque un peu confidérable , où tous les rayons doivent être de même hauteur , laquelle peut être déterminée par celle des livres que l’on veut y placer, en fe bornant à la plus grande hauteur de chaque efpece, ainfi que je l’ai dit plus haut, page 206.
- Quant à la maniéré de pofor les tablettes avec des taffeaux, elle eft abfolument mauvaife , pour les raifons que je viens de dire, à moins qu’on ne fafle des taffeaux ' à feuillures & à moitié bois de l’épaiffeur des tablettes dont alors ils femblent faire partie ; mais cette façon a le défaut d’être malpropre & peu folide : c’eft pourquoi on ne l’emploiera que le moins qu’il fera poiïible. ( Voye£ la Fig. 8, cote b. )
- Les crémaillés fe font ordinairement avec du bois de hêtre , lequel eft plus liant que le chêne, & par conféquent plus propre à ces fortes d’ouvrages : elles doivent avoir depuis ftx lignes jufqu’à un pouce d’épaîfleur, (félon la lourdeur des tablettes quelles ont à porter ) fur douze à dix-huit lignes de largeur, afin d’y pouvoir tailler des dents pour recevoir le bout des taffeaux.
- Ces dents doivent avoir cinq lignes de profondeur, fur fept lignes dfe hauteur au moins, c’eft-à-dire aux plus petites crémaillés ; & fept lignes de profondeur , fur environ dix lignes aux plus grandes : & il faut avoir foin que le deffus des dents, c’eft-à-dire , la partie horizontale, foit un peu grafle dans le fond, afin que les taffeaux ne portant pas fur l’extrémité de la dent, ne la faflent pas éclater.
- Pour donner plus de folidité aux dents des crémaillés, on laiffè environ une ou deux lignes de bois plein d’après leurs extrémités ; c’eft-à-dire, que fi les dents ont dix lignes de hauteur, il faut faire leur divifion de pouce en pouce, afin de réferver une ligne ou deux de bois plein à leur extrémité. (Voy. la F/g'.p.)
- On pourroit encore leur donner de la force en les taillant en doucines, ce Menuisier, IL Part. H h h
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- r qui, à la vérité, feroit un peu plus long, mais auffi plus folide ; & cela eft fort à confidérer. ( Voye£ la Fig. ro ).
- Les crémaillés s'attachent avec des vis fur les côtés & fur les montants des bibliothèques ; & on aura foin d’enterrer les têtes des vis, for-tout à celles du devant , afin de ne pas être obligé de faire les entailles des tablettes plus larges qu il ne faut; ce qui eft très-défàgréable à voir, for-tout quand les crémaillés affleurent le devant des chambranles de bibliothèques.
- Les crémaillés fe font en deux maniérés. La première eft de les corroyer par tringles de la largeur & de l’épaiffour nécefîàires, puis d’y faire les dents, en donnant à chacune un coup de fcie pour la partie horifontale de chaque dent, & en abattant le refte avec le cifeau. La fécondé maniéré eft de prendre des planches de toute leur largeur, corroyées & mifes d’une épaifleur égale à la largeur des crémaillés que l’on veut faire ; puis à la hauteur de chaque dent, donner un coup de foie à travers la planché à la profondeur des dents ; après quoi on hache toutes les dents , 8c on les recale à bois de travers avec une efpece de bouvet ou guillaume en pente, lequel eft d’une forme femblable au creux de la dent, 8c porte fur deux joues, afin d’entrer également dans le bois. ( Voyeç la Fig. 11 ). Quand les dents font ainfi taillées au travers des planches, on refend ces dernières à l’épaiffeur de chaque cremaillé, ce qui eft une très-grande diligence pour l’exécution, mais auffi ce qui demande beaucoup d’attention en les refendant ; c’eft pourquoi bien des Ouvriers préfèrent la première maniéré, quoique la plus longue.
- Lorfque les tablettes des bibliothèques font d’une certaine longueur , & que l’on craint que le poids des livres ne les fafîe plier , on les foutient d’efpace en efpace par des montants, lefquels font recouverts par de faux dofferets de livres qui s*appliquent deflus ; c’eft pourquoi il faut que les montants défàffleurent le devant des tablettes de l’épaiffeur de ces dofferets , qui eft de trois à quatre lignes. Comme les livres ne montent pas ordinairement jufqu’au deflous des tablettes , il faut faire une entaille aux montants de ce que les livres ont de moins de hauteur que la diftance des deux tablettes, afin que les faux dofferets quel’on rapporte foient de la hauteur des livres, ce qui peut être par le moyen de cette entaille à laquelle deux pouces de profondeur fuffifent pour former une obfcurité, & pour cacher le montant. ( Voye[ la Fig. I & j1, cotées c c.) Pour ce qui eft de l’épaiffeur des tablettes, elle varie depuis un pouce jufqu’à deux , félon quelles ont plus ou moins de portée, c’eft-à-dire, de longueur. ,
- Le bas des bibliothèques eft ordinairement terminé par une plinthe, ( ainfî que je l’ai déjà dit, ) au-deflus de laquelle on fait affleurer le fond de la bibliothèque. Ce fond doit être affemblé à tenons & mortaifes avec les côtés & les montants, lefquels doivent toujours monter de fond, c’eft-à-dire, qu’il faut qu’ils portent for le nud du plancher. Quand les travées de bibliothèques font d’une certaine largeur, on doit mettre des lambourdes à ces fonds, afin de foutenir le
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- Section IV, §• //. Des Bibliothèques ; leur cônjlruc. & décoration, 211 poids des livres, &pour empêcher les fonds de fe tourmenter. (Voy. la Fig, 4.)
- Quand les tablettes d appui des bibliothèques feront en faillie, & qu elles auront plus de 12 à 15 pieds de longueur ( qui eft celle des planches ordinaires, ) on les ralongera à bois de bout par des emboîtures , lefqüelles reçoivent deux longueurs de tablettes. Cette maniéré eft la plus ordinaire ; mais elle a le défaut de n être pas propre, parce que quand le bois vient à fe retirer fur fa largeur, les emboîtures ne fe retirant point de même, défàffleurent les tablettes , cequi fait un mauvais effet ; de plus, ces joints ne font point folides , & ploient lorfque l’on marche deflus, à moins quils ne portent fur les montants, ce qui ne fe trouve pas toujours ; ou que l’on ne coupe les planches à la rencontre de ces derniers, ce qui, quelquefois, occafionne beaucoup de perte.
- Pour remédier à ces différents inconvénients, je crois qu’il eft beaucoup mieux de joindre les planches en liaifon les unes avec les autres fur toute la longueur d’une face de bibliothèque, & d’y rapporter fur le devant une alaife d’une pareille longueur ralongée à traits de Jupiter, & affemblée fur la largeur avec des clefs ; ou bien de faire ces appuis d’aifemblages en forme de parquet * ce qui eft très-bon. Quant à ce qui eft de l’épaifleur ( ou pour mieux dire de la profondeur des corps de bibliothèques ,) ce fera la largeur des livres qui la déterminera. ,
- C’eft pourquoi aux bibliothèques qui monteront tout de fond, on leur donnera un pied de profondeur , qui eft celle des grands in-folio ; plus, l’épaifleur des derrières & la faillie des chambranles, le devant des livres devant affleurer le derrière de ces derniers à deux ou trois lignes près.
- Quand les bibliothèques auront des appuis faillants dans lefquels on mettra tous les in folio fur un ou même deux rangs d’épaiffeur , le deflus'de l’appui n’aura befoin que de huit pouces de profondeur, qui eft la largeur des in-quarto. Cependant fi on fe trouvoit dans le cas de mettre double rang iïtn-oclavo, il faudroitleur donner jufqu’à un pied de profondeur ; ainfi du refte.
- En général, la Menuiferie des Bibliothèques doit être faite avec beaucoup de propreté , ces efpeces d’ouvrages n’étant que vernis, du moins pour l’ordinaire, les tablettes , ainfi que les côtés & montants, devant être très-unis, afin de.ne point écorcher les livres.
- Il faut auflî faire attention dans la divifion des caffes d’une bibliothèque, d’en mettre toujours une au milieu de chaque face , ce qui eft mieux que d’y voir un montant. Ceux qui voudront voir de beaux ouvrages dans ce genre, pourront voir la Bibliothèque du Roi, celle de Sainte Genevieve, de Mazarin & autres, qui font ouvertes au Public, dans lefqüelles on trouvera de quoi fe former le goût & le raifonnement, vu les différentes maniérés dont ces ouvrages font traités.
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- §. III. Des Cabinets de curiojités de toute efpece.
- S o u s le nom de Cabinets de curiojités, font compris les cabinets de tableaux, Planche ceux de machines, ceux d’hiftoire naturelle , & généralement toutes les pièces 7I* deftinées à renfermer toutes les chofes rares & précieufes , feryant tant à la cu-riofité qu a l’inftruélion & à la néceffité, Je ne parlerai pas ici des cabinets de tableaux , parce que ce ne feroit quune répétition de ce que j’ai dit en parlant des galleries de tableaux ; tout ce qu’il y a de différence , c’eft que les cabinets de tableaux font plus petits que les galleries, & fojets à moins de magnificence ; de plus, comme ils peuvent contenir des tableaux de différents Maîtres & de différentes grandeurs, on n’y met, ( du moins pour l’ordinaire, ) que du lambris d’appui, le relie de la hauteur de la piece étant revêtu d’étoffe fur laquelle on place les tableaux. Voyez ce que j’ai dit en parlant des galleries, page 201.
- Les cabinets de machines & d’hiftoire naturelle, font à peu-près fomblables, ( non pour leur ufàge qui eft très-différent, ) mais feulement pour leur décoration , laquelle confifte en de grands corps d’armoires fermés de portes, dans efquelles on met des glaces au lieu de panneaux, afin que l’on puifle jouir de la vue intérieure des armoires fans être obligé de les ouvrir, & fans que les chofes qu elles renferment foient expofées à la poufïiere. Il eft des occafions où l’on ne met point de portes à ces armoires ; ou bien fi on en met, on fe contente de les remplir avec des panneaux de fil de laiton au lieu de glaces ; ce qui eft moins coûteux, à la vérité, mais auffi moins propre pour les raifons que j’ai dites ci-defliis.
- Ces faces d’armoires font ordinairement en deux corps ; favoir, un à la hauteur d’appui, lequel fait avant-corps de 6 à 8 pouces, & l’autre qui monte de toute la h auteur.
- Ces appuis font quelquefois difpofés en forme de corps de tiroirs de 3 à 4 pieds de hauteur chacun, fur 18 pouces à 2 pieds de largeur, fur une profondeur à peu-près égale à leur largeur, dans lefquels on fait des divifions en forme de caffetins, pour pouvoir placer féparément les chofes de différentes efpeces, comme les coquilles, les minéraux, & autres chofes fervant à l’hiftoire natu-turelle. Il faut cependant obferver que ces caffetins ne font pas attachés aux tiroirs , mais feulement qu’ils y entrent juftes. ( Voye£ la Fig. 4 , qui repréfente un tiroir ainfi divifé. )
- Il eft d’autres occafions où l’on ne met point ces chofes dans des tiroirs , mais au-deffus de l’appui que Ion fait faillant de 15 à 18 pouces, & que l’on couvre par des chafïîs vitrés, lefquels répondent aux portes des armoires du défi fus, & font difpofés en pente, ce qui fait un très-bel effet, parce que l’on peut jouir tout à la fois des différentes chofes que contiennent les cabinets, & les comparer les unes avec les autres, ce qui eft très-avantageux.
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- Section IV. Ç. J II. Des Cabinets de curiofués de toute efpece. 21 j
- Toute la difficulté qu’il y a, ceft qu’on ne peut fe fervir de cette maniéré ............
- de decorer les cabinets d hiftoire naturelle, que quand ils font extrêmement Planche grands, afin que leur pourtour puifTe contenir du moins la plus grande partie de 71, ce que Ton doit y mettre, ce qui ne difpenfe cependant pas d’y faire des tiroirs, foit dans les appuis, foit dans les bureaux que Ton met ordinairement au milieu de ces fortes de pièces. ( Voye{ les Fig. r , 2 & 3. )
- Le dedans des armoires eft garni de tablettes que Ton met plus ou moins proches félon les différents befoins ; ceft pourquoi il eft bon de les faire porter par des crémaillés, afin de pouvoir les hauffer ou baiffer félon quil eft néceffaire.
- Quant à la décoration générale de ces fortes de pièces, elle peut être très-magnifique; on peut y employer les contours dans les traverfes des portes, ainfi que les ornements de fculpture ; & il feroit fort à fouhaiter, ainfi que je fai dit en parlant des bibliothèques, que les corniches des plafonds de ces cabinets fuffent faites pour fervir de couronnement aux armoires que l’on y fait, au lieu de mettre ces dernieres en faillie dans la piece, ce qui fait un fort mauvais effet.
- Quant aux bureaux que fon fait dans ces pièces, ils doivent être très-grands , c’eft-à-dire, avoir depuis 12 jufqu’à 1J & même 18 pieds de longueur fur 3 à 4 pieds de largeur, félon que fexigera la grandeur de la piece.
- On les remplit ordinairement de tiroirs, ce qui eft très-commode , vû le grand nombre quils peuvent en contenir, puifqu’on peut en mettre des deux côtés.
- Le bas de ces bureaux doit être terminé par une plinthe, ainfi que tout le îefte de la piece. Quant à leur defîiis , la meilleure maniéré eft de les faire d’a£ lèmblage en forme de parquet, ce qui eft en même temps très-folide & très-propre.
- CHAPITRE QUATRIEME.
- De la Menuiferie des Eglifes.
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- P A R Menuiferie des Eglifes, on entend tous les ouvrages de cet Art, fervants à leur décoration & à f ufage de ceux qui les fréquentent, tels que font les Chœurs, les retables d’Autels, les revêtiffements des Chapelles, les Chaires à prêcher, les Confeflionaux, les Sacrifties ou Tréfors, &c.
- C’eft dans ces fortes d’ouvrages que doivent être employées toutes les ref-fources de l’Art, tant pour la décoration que pour la beauté de la main-d’œuvre & le choix des bois, ces ouvrages n’étant pour l’ordinaire que vernis; c’eft pourquoi on ne fauroit y faire trop d’attention.
- En général, quelque riches que foient les ouvrages d’Eglifes, ils doivent être graves, deftitués de toute efpece d’ornements frivoles ou appartenant à la Menuisier* II. Para 111
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- *14 Jlf E N UIS 1ER AI. Partie. Chap. IV.
- 5 décoration des appartements, ( cette décoration étant d un tout autre genre )«
- Il faut auffi y éviter le trop grand nombre de cintres, les formes quarrées étant celles qui leur conviennent mieux , malgré l'exemple des ouvrages modernes de ce genre.
- Les ouvrages d'Eglifes font de deux efpeces ; fçavoir, ceux qui font purement de décoration, St ceux de commodité , & qui par conféquent font fojets à des grandeurs relatives à nos ufàges. De ces deux efpeces de Menuiferie des Egüfes, il n'y a que la première dont je ne donnerai que des réglés générales, for - tout pour ce qui a rapport à la décoration , la diverfité des occafions ne permettant pas d'entrer dans un plus grand détail. Pour ce qui eft de la fécondé , j'entrerai dans le détail le plus exact St le plus citconftàneié qu'il me fera poffible, afin de donner une parfaite connoillànce de toutes les parties qui compofent cette derniere efpece de Menuiforie, ce que j’ai cru devoir faire avec d'autant plus de raifon, que ces fortes d'ouvrages ne fe font que très-rarement ; St qu'il eft un très-grand nombre de Menuifiers, qui, quoique très-habiles, n?eh ont jamais fait ni vu faire, ce qui les met fouvent dans le cas de faire des ouvrages d’une conftr action St d'une décoration ridicule le plaifir de faire du nouveau, ou pour mieux dire l'ignorance des vrais principes, les mettant prefque toujours dans ce cas. Les chapelles neuves de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, St les ftalles de Saint-Yves, St de Saint-Louis, rue Saint-Antoine, font des preuves de la vérité de ce que j’avance.
- Le moyen le plus sûr pour traiter ces fortes d'ouvrages avec foccès, eft de prendre une exacte connoillànce de ceux qui font' faits St qui ont mérité' l'ap-plaudiiTement des connoiffeurs, de s'attacher à cônnoître leurs perfections & leurs défauts, afin d'imiter les uns St d'éviter les autres lorfqu'on aura de fem-blables ouvrages à faire ; je ne dis cependant pas qu'il faut copier fervilement les ouvrages faits, mais feulement qu'il ne faut pas trop s'écarter de l'ufàge reçu, for-tout quant à leurs formes, fans avoir de bonnes raifons pour le faire.
- Je ne propofe rien ici que je n aie fait moi-même ; j'ai eu foin avant de décrire ces fortes d'ouvrages, d'aller voir & de meforer exactement tous ceux de même genre qui avoient le plus de réputation, ne voulant pas me fier à ma propre expérience, quoique j'en aie exécuté moi - même en aflèz grand nombre.
- Section Première.
- Des Chœurs d*Egüfes en général; leur revêtijfement, & leurs différentes efpeces.
- .. - Sous le nom de Chœur d*EgliJès, on comprend non-feulement les ftalles
- Planche ou formes dans lefquelles on fe place pour aflifter à l'Office, mais auffi les 72» lambris qui fe mettent au-deflus de ces dernieres, lefquels ne font plus guere en ufage à préfent que dans les vieilles Eglifes, ou l'enceinte du choeur eft enfermée de murailles, lefquelles font revêtues de menuiferie jufqu'à une cer-
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- Section /. Des Chœurs des Eglifes en général, &c. 2 ry
- taînè hauteur, ainll qu'on peut le voir à Notre-Dame, à Saint-Germain - des-Prés, & ailleurs.
- On n'obferve plus guere à préfent de renfermer ainfi les chœurs, for-tout* dans les grandes Eglifes ; il n'y a guere que chez les Moines où cela foit encore en ufage, & même nécelfaire, par la raifon, dit-on, qu'il eft plus décent qu'ils foient ainfi enfermés; mais je crois que la véritable raifon eft que les chœurs ainfi revêtus de menuiferie, font moins froids, fur-tout pendant la nuit, ce qui a donné lieu à cette coutume plutôt que toute autre chofe.
- Je ne parlerai donc ici de ces lambris que pour indiquer ceux qui ont le plus de réputation, & qui font les plus analogues à leur ufàge. L'examen que l'on en fera, fécondé d'une parfaite connoiflànce des vrais principes, étant le meilleur moyen pour acquérir une connoiiîànce parfaite de ces fortes d'ouvrages, ainfi que je l'ai dit plus haut.
- Les ftalles étant d'une largeur bornée, il eft nécelfaire que les compartiments des lambris qui font delfus, y foient allujétis ; c’eft pourquoi ces derniers font de deux elpeces ; favoir, ceux dont les panneaux n'ont de largeur que celle des ftalles, & ceux dont un panneau occupe la largeur de deux ftalles, & les pilaf très une feule. Ces deux maniérés ont chacune leur avantage, & font très-bien lorfqu'elles font employées à propos. La première eft bonne dans un chœur d'une moyenne étendue, & dont la hauteur eft bornée. La fécondé au contraire fait très-bien dans les grands chœurs, parce que la grande largeur des panneaux autorife à leur donner beaucoup de hauteur. Le lambris du chœur de Notre-Dame de Paris eft difpofé de cette façon, & c’eft fins contredit un des plus beaux que l'on puilfe voir.
- Il eft encore une autre maniéré de difpofer les compartiments des lambris des chœurs, qui eft d’y mettre des pilaftres d'ordres d'Architecture entre chaque panneau , de forte qu'un panneau & un pilaftre n'occupent que la largeur de deux ftalles, ainfi qu’on l'a fait au chœur des Freres des Chartreux. Cette troi-fieme maniéré de décorer les chœurs, tient le milieu entre les deux autres, étant plus grande que la première, & plus petite que la fécondé, où les pilaftres ont de largeur celle d’une Italie , & par conféquent la moitié de celle du panneau , ce qui, malgré l'ufage, eft un peu contre la réglé, cette diftribution donnant des panneaux trop élégants, ou bien des pilaftres trop courts, compa-raifon faite avec leur largeur.
- Les lambris des chœurs d'Eglife font toujours couronnés d'une corniche de menuiferie, laquelle, pour l'ordinaire, fe fait en gorge, ou pour mieux dire en vouftiire, afin de leur donner plus de faillie. Il faut cependant prendre garde de ne point outrer cette faillie, ainfi qu’on l'a fait au chœur des Chartreux, où la corniche eft d'une hauteur, 8c par conféquent d'une faillie démeforée, comparaifon faite avec la hauteur du lambris.
- On peut auffi y employer des corniches & même des entablements réguliers, fur-tout quand le lambris eft décoré d’ordres d'Architeélure, avec des confoles
- Planche
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- Planches 72 ÔC73.
- Siff MENUISIER. IL Partie, Chap. IK
- ou des denticules, ou enfin des modillons, félon que l’ordonnance totale Texi-1 géra. C’eft pourquoi les Menuifiers doivent lavoir l’Architeélure, non-leule-ment les cinq Ordres tels que Vignolle nous les préfente, mais encore la décompofition de ces mêmes Ordres, afin que dans le cas d’un ouvrage fim-pie, ils puiffent les fopprimer, & n’en réferver que l’expreflion. Us doivent aufîi lavoir les rapports & proportions de toutes les parties d’Architeéture qui font relatives ou acceflbires aux Ordres, tels que font les foubaflements, les atti-ques, les portes, les niches, les baluftrades, les vafes & les figures, enfin de tout ce qui peut fervir à accompagner ou à décorer les ordres (*).
- Quant à ce qui eft des corniches en gorge, on doit avoir loin que les membres qui les compofent, foient graves & en rapport avec le relie de la décoration ; on doit toujours y mettre un larmier, afin que les moulures ne fe confondent point, & que ces comiches ne relfemblent pas à celles des appartements, ( qui elles-mêmes ne font faites de cette façon, que parce que c’eft l’ulàge). Ceux qui voudront prendre une connoiflànce parfaite de ces fortes d’ouvrages, pourront voir le chœur de Notre-Dame, celui des grands Auguftins, celui des Auguftins de la place des Viétoires, celui de l’Abbaye Saint-Germain, les deux chœurs des Chartreux, où l’on trouvera la plus excellente main-d’œuvre ; celui des Millions étrangères ; & celui des Bénédictins Anglois, Fauxbourg Saint-Jacques.
- Je ne donne pas tous les chœurs dont je viens de parler ici comme des modèles à imiter dans toutes leurs parties, mais feulement comme ceux qui ont le plus de réputation, & de l’étude defquels on peut tirer beaucoup d’avantage.
- J’ai mis ici des delfeins des trois elpeces de lambris dont je viens de parler , afin que l’on puilîè mieux en connoître la différence & l’ulàge. J’ai joint à ces delfeins le détail de toutes les parties qui les compofent, afin d’en donner une parfaite connoiflànce. Voye£ les "Planches 72 & 73.
- Quant à la conftruétion de ces lambris, elle ne làuroit être trop folide , à caufe de l’humidité & du grand air qui régné dans les Eglifes. Les bois des bâtis doivent avoir deux pouces d’épaifleur, ou un pouce & demi au moins, encore n eft-ce que quand ils feront d’une moyenne hauteur. On doit aulfi avoir grand foin d’y faire le moins de collages que l’on pourra ; & que ceux qu’on fera obligé d’y faire, foient bien folides. On aura foin, autant que faire fe pourra, de ravaler les moulures dans l’épaifleur des bois, l’expérience failànt connoître que les moulures embreuvées ne font pas allez folides pour ces fortes d’ouvrages, for-tout quand les profils font d’une moyenne largeur. Les panneaux doivent avoir un pouce d’épaifleur au moins, & davantage lorfqu ils font taillés d’ornement,
- (* ) Je ne me fuis étendu ici fur la néeeffité où étoient les Menuifiers de prendre des connoif-fances détaillées de toutes les parties de l’Ar-chite&ure, ( du moins quant à ce qui a rapport à la décoration, ) que parce que la plupart n’ont qu’une conooiffance vague de ce que le vulgaire
- appelle les cinq Ordres, fans s’embaraflfer d’en connoître les rapports Sc les proportions, ce qui cependant n’eft pas tout-à-fait leur faute, puifque les Maîtres qui les enfeignent n’en favent pas davantage.
- afin
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- Section //. Des Stalles ; leur conflruclion & décoration. 117 afin que la première épaiffeur refte toujours d’après le ravalement que Ton y fera.
- Pour ce qui eft de la qualité des bois, ils doivent être très-fecs ; mais en même temps on évitera d’en employer de trop tendres, parce que les bois gras étant plus poreux, font plus dilpofés à recevoir les impreflions de l’air, & par con* féquent à fe détruire. '
- Planches 72 & 73,
- Section Seconde.
- Des Stalles ; de leur conflruclion, formes, proportions & décorations.
- Les ftalles fervent à deux ufàges ; lavoir, à s’alfeoir & à s*appuier lorfqu’oneft =====2 debout. C’eft pourquoi il eft très-eflentiel que toutes leurs parties foient bien dit Planche pofées pour ces ufàges, afin quelles puiffent être commodes de quelque maniéré qu’on veuille s’en fervir. La forme & la grandeur des ftalles font donc des cho-fes immuables, puilqu’elles font affujéties à la grandeur humaine, laquelle eft toujours la même, du moins à l’égard du plus grand nombre ( * ).
- Une ftalle eft compofée d’un appui avec fes deux mufeaux, ( ou pour mieux dire , lorfquil y en a plufieurs, de deux moitiés de mufeaux, ) de deux par»* clofes ou confoles, d’un doflier, d’un fommier, d’un fiege avec fa miféricorde ou cul-de-lampe, d’un foubaffement ou appui, & d’un patin avec fes deux avant-corps. Voyez la Planche 74, où eft deffinée une ftalle avec les noms des pièces qui la compofent. La fig. I. repréfente une ftalle & la moitié d’une autre, l’une dont le fiege eft levé, & l’autre dont le fiege eft baiffé. La fig. 2 eft la coupe d’une ftalle. La fig. 3 eft la ftalle ci-deflus vue de delfus ; & la fig. 4 eft le plan de ces ftalles pris du deilus du patin.
- En général, les ftalles font nommées hautes ou bafles, félon quelles font placées au-deflùs les unes des autres, ce qui arrive dans les choeurs où il y eit Planche a deux rangs. La hauteur la plus ordinaire des ftalles eft de 3 pieds 3 pouces v
- du nud du plancher jufqu’au deffus de l’appui. La hauteur du fiege doit être de feize pouces & demi tout au plus lorfqu il eft baiffé, & de vingt-fix pouces lorfquil eft relevé. La largeur des ftalles doit être, en la prenant du milieu de chaque mufeau de vingt-deux pouces au moins, & de vingt-cinq au plus; celles de Notre-Dame n’ont que deux pieds, & font très-bien. Il faut donc ne les réduire à vingt-deux pouces que dans le cas d’un choeur de Religieufes.
- Les appuis, ainfi que les mufeaux, doivent avoir trois pouces d epailfeur : pour leur largeur, fi c’eft de hautes ftalles, on leur donnera' d’abord quinze lignes pour le ravalement ; plus, deux pouces entre ce dernier & le lambris,
- & deux pouces pour porter le lambris, ce qui fait en tout cinq pouces un quart*
- Pour ceux des baffes ftalles, on doit leur donner de largeur fept pouces & demi
- ( * ) J’ai fait cette obfervation du rapport des ftalles avec la grandeur humaine, afin de prévenir les jeunes gens contre l’opinion de quelques
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- Menuifîers, qui , parce quun choeur étoît très-* grand, ont cru devoir faire lés Halles plus gran« des ce qui eft un abus*
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- " ou fept pouces au moins, afin qu’il y ait affez de place pour y pofer un livre* Planche ^ les Fig. i, 2 & 3 , lefquelles repréfentent la coupe dun appui de ftalle du haut, avec un lambris au-deflus : la coupe du même appui fiins lambris deflus ; mais au-deflous eft celle d’un appui de ftalle du bas. ) Les mufeaux doivent avoir un pied de longueur pris du devant de l’arrafement, non compris quinze lignes de barbe & le tenon, ce qui fait environ feize pouces. Cependant dans le cas où les ftalles nauroient que vingt-deux pouces de largeur, on pourroit leur donner un pouce de moins.
- La largeur des mufeaux doit être de fix pouces au plus large, fur trois pouces & demi ou trois pouces neuf lignes au plus étroit. Pour leur forme, ils doivent être arrondis plein-cintre par le bout, puis ils doivent venir en s’adouciflànt juf-qu’à trois pouces Sc demi de leur arrafement, qui eft l’endroit où ils font le plus étroits ; enfùite de quoi iis forment un quart de cercle avec l’appui dans lequel ils font affemblés. ( Voje{ les Figures 4, y,6,7 (98).
- La maniéré de faire tourner les mufeaux avec leurs appuis, a toujours caufé beaucoup de difficulté, par rapport à la différence qu’il y a entre la forme du profil de l’appui Sc celui des mufeaux , les uns ayant de la faillie par le bas, Sc l’autre par le haut, ainfi que les Fig. 9 Sc ï I ; ce qui fait que prefque dans toutes les ftalles qui font faites, le defluk des appuis Sc des mufeaux tourne bien, & le bas forme un jarret, ou pour mieux dire, un angle rentrant, ce qui fait un fort mauvais effet.
- La caufe de ce défaut, eft qu’en chantournant les mufeaux, on ne fait pas attention à la différente faillie des mufeaux & des appuis ; &qu’après avoir chantourné les premiers, on les ravale par deflous parallèlement félon la faillie du profil ; d’où il s’enfuit que ce ravalement, joint à la faillie de l’appui qui eft en fens contraire, forme cet angle rentrant dont j’ai parlé ci-deflus.
- Pour remédier à cet inconvénient, après avoir tracé le deflus du mufeau Sc de l’appui d’une maniéré confiante, ainfi que la ligne a, b, c, qui a pour centre le point /, fig. 10, on porte la faillie h i, fig. 11, en dedans de fa largeur de c en /,fig. 10'; puis au contraire on porte la faillie de l’appui ef,fig. 9, en dehors de a en g,fig* 10 ; ce qui étant fait d’une ouverture de compas fembla-ble à celle dont on s’eft fervi pour tracer le deflus, & du nud des deux lignes dont on vient de parler, on cherche un fécond centre m ,fig. 10, duquel vous décrivez la courbe du deflous g,nyL Après avoir ainfi tracé, les cintres du def fous & du deflus, on fait deux calibres, lefquels fervent à tracer les appuis & les mufeaux tant par-deflous que par-defliis.
- On ne chantourne pas d’abord au vif les mufeaux Sc les appuis, du moins dans l’endroit du joint ; mais on les ébauche feulement, puis après on les affem-ble; lorfqu’ils font bien affemblés, on les ferre avec un fergent ; puis on achevé de les chantourner avec la gouge à bois de travers & avec la râpe en bois.
- Cette maniéré de chantourner les mufeaux eft très-commode & très-diligente*
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- Les mufeaux s’affemblent dans les appuis à tenons & mortaifes, en obfervant d’y rallonger une barbe de quinze lignes defîùs & défions , laquelle fe coupe d’onglet, ainfi que je l’ai dit plus haut. Il y en a qui coupent le deflus tout-à-fait d’onglet, c’eft-à-dire , à pointe de diamant ; mais cela n’eft pas néceÏÏaire : de plus, ces fortes de coupes ôtent la force de l’affemblage, & coupent les appuis prefque en deux, ce qui eft fort à éviter. Je fai bien qu’on pourroit remédier à cet inconvénient en faifànt un affemblage double, dont il n’y auroit que la joue fopérieure qui feroit coupée d’onglet, ce qui conferveroit la force de fappui ; mais cela eft inutile ; il vaut beaucoup mieux les faire à l’ordinaire avec un affemblage double * ce qui rend l’ouvrage très-folide. ( Voye{ les Fig. 4, y 7 & 8 ).
- On fait dans le defîbus des mufeaux deux mortaifes de trois pouces de long chacune, lefquelles paffent par leur milieu. Il y a des mufeaux qui n’en ont qu’une grande ; mais il vaut mieux en mettre deux moyennes. La derniere de ces deux mortaifes doit être placée à environ deux pouces du bout du mufeau ; on aura foin aufïi de faire une rainure entre les deux, pour empêcher la parclofe de fe tourmenter. L’épaifîeur de ces mortaifes doit être de huit à dix lignes, afin que les affemblages foient plus folides. ( Voye£ la Fig. 8 ).
- Les appuis des ftalles, tant du haut que du bas, doivent être élégis en devant félon la pente des dofîiers, & on ne doit y faire régner que la moulure inférieure du profil du mufeau, lés autres membres venant mourir dans les angles. L’arrête extérieure doit être arrondie , mais cependant moins que celle des mufeaux ; pour le deffous, il eft rainé pour recevoir les doffiers. On aura foin que la joue que l’on réfervera en devant pour y poufîer la moulure, ne foit point trop forte, parce quelle nuiroit à ceux qui s’affeoiroient dans les ftalles. Les appuis du haut doivent être rainés en deflus pour recevoir les lambris s’il y en a ; ou s’il n’y en a pas, on les fait joindre contre la muraille , à moins toutefois que le chœur ne foit ifolé ; alors, dis-je, on les raine par-derriere en defîbus pour recevoir du lambris, lequel cache & foutient le derrière des ftalles. Quand les appuis font ainfi difpofés, on y pouffe la moulure inférieure du profil des mufeaux , ainfi qu’on le fait en dedans, ce qui s’appelle profiler en plinthe. ( Voye£ la Fig. 2).
- Pour les appuis du bas, ils fe profilent de même par derrière, & on y place une petite efpece de lambris d’appui, lequel forme des armoires, ce qui eft fort commode ; de plus, cet appui fert à tenir les ftalles fermes, & les empêche de fe renverfer en arriéré, ce qui arrive par la fuite du temps quand il n’y a rien pour les foutenir. Cependant il y a bien des chœurs ou il n’y a point d’appui derrière les ftalles du bas ; mais autant qu’on pourra en mettre, on fera très-bien. Lorfquon a une longue fuite de ftalles, & qu’on n’a pas de bois affez long, on rallonge les appuis à traits de Jupiter, lefquels fe placent fur le plat du bois & à moitié de l’épaiffeur, ainfi que la Fig. 12. Quand les appuis du haut font difo
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- pofés pour recevoir du lambris de hauteur, on les place fur le champ à fendroit de la rainure , afin que la clef fe trouve cachée dans cette derniere.
- Au bout des ftalles, c’eft-à-dire, à la derniere, il n’y a qu’une demi-confole, 8c par conféquent qu’un demi-mufeau, lequel femble être adapté contre un autre morceau d’appui qui eft en retour d’équerre, 8c qui eft profilé en plinthe. Ce morceau d’appui eft de fix pouces plus long que le mufeau, avec lequel il ne fait qu’une feule & même piece, puifqu’ils font pris tous deux dans un même morceau de bois. Ces appuis en retour font plus ou moins larges félon qu’ils fervent à terminer les ftalles, foit par les bouts ou par les paflàges. Dans le dernier cas, quatre pouces à quatre pouces 8c demi de largeur leur fuffifent, d’après la faillie du demi-mufoau ; c’eft pourquoi on peut les faire d’une feule piece, 8c les affem-bler d’onglet ou en fauffe coupe avec l’appui de derrière, Fig. i & 2. Si au contraire les appuis en retour fervent à terminer les ftalles par les bouts, on eft alors obligé de les faire d’affemblage à bois de fil, & d’y rapporter un panneau au milieu , ces fortes d’appuis ayant quelquefois jufqu’à dix à douze pouces de largeur, non compris la faillie du demi-mufeau. ( Voye[ la Fig. 3 ).
- Les appuis dont je viens de parler doivent être profilés en plinthe, comme je l’ai dit plus haut, 8c être rainés au pourtour pour recevoir les appuis du coté du demi-mufeau. On doit y faire un affemblage pour recevoir la demi-confole, laquelle eft appliquée for un côté uni, qui eft lui-même aflèmblé dans la partie de l’appui qui excede le demi-mufeau. ( Voye^ la Fig. 2. )
- En général, le bois tant des appuis que des mufeaux, doit être très-fec & d’une qualité ferme, le bois gras ne pouvant pas fervir dans cette occafion, à caufe de la difficulté de le polir; 8c que de plus l’expérience fait allez connoître que l’extrémité des coupes venant à bois de travers, font fojettes à s’égrainer ; c’eft pourquoi on ne fàuroit choifir de bois trop plein, fans cependant être dur.
- Les patins font des efpeces de plinthes de trois pouces de haut, for prefque autant d’épaifleur, qui fervent de bafe à tout l’ouvrage ; ils régnent de toute la longueur des ftalles, 8c font aulïï rallongés à traits de Jupiter, 8c font rainés par-deflus pour recevoir les' foubaffements. A la place de chaque confoie font affemblés de petits patins {aillants, lefquels ont quatre pouces de longueur, fans compter la barbe que l’on ralonge par - deflus pour les faire profiler avec ceux de derrière. Cette barbe a de longueur la faillie de la moulure qui eft plus ou moins grande, félon le profil que l’on y met, lequel profil régné au pourtour du pied de la confoie. Ces petits patins font pouffés à bois de bout ; ç eft pourquoi on choifira du bois bien plein pour les faire , afin qu’ils ne s’égrainent pas ; & pour les pouffer plus proprement, on en met plufieurs dans une entaille , en obfèrvant de mettre les plus durs au milieu, avec un morceau de bois à chaque bout pour empêcher les éclats ; 8c chaque petit patin eft percé d’une mortaife dans laquelle entre le pied de la confoie qui jr eft chevillée.
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- A l’égard des ftalles des bouts, c efl la même chofe que pour les appüîs > les —.»
- patins tournant également au pourtourdes côtés, lefquels,. y font chevillés. (Voy. Planche
- les Fig. 4,3,6 & 7.)
- Les parelofes ou confoles, fervent à féparer les ftalles les unes d’avec les autres, & à foutenir les appuis & les mufeaux dans lefquels elles font affemblées, pLANCHÈ ainfi que je l’ai dit ci-deflus. Elles fe font ordinairement en bois de deux pouces d’é- 77» paiffeur que Ton choifit le plus épais poffible, afin de leur conferver plus d’épaiffeur.
- Leur longueur doit être de trois pieds trois pouces, afin d’avoir un tenon par chaque bout. Il y a des ftalles où l’on a fait le tenon du bas des confoles de cinq pouces plus long que le delîbus du patin, afin de le faire paffer au travers du plancher, & de l’arrêter par le moyen dune clef que l’on fait paffer à travers du tenon ; mais l’expérience a fait voir que cette maniéré d’arrêter les ftalles fur les planchers , n’étoit pas affez folide, parce que l’humidité qui régné fous ces derniers pourrit les tenons en peu de temps, & fait tomber les clefs ; c’eft pourquoi il vaut beaucoup mieux couper les tenons au nud des patins, & attacher ces derniers fiir le plancher avec des vis*
- Pour la largeur des confoles, elle varie félon les différents contours ; en bas à l’endroit du patin, elles n’ont que quatre pouces de large , plus , quinze lignes pour l’épaiffeur du foubaffement, ce qui fait cinq pouces un quart ; à la hauteur du fiege , elles ont quinze pouces un quart, y compris l’épaiffeur du dollîer, & treize pouces au-delïbus du mufeau. La pente du doffier doit être de trois pouces & demi, prife entre le fiege & l’appui.
- Au travers de la confole & au-deflous du fiege font placés deux taffeaux en forme de cymaife, lefquels profilent avec la moulure du fommier. Ces taffeaux font pofés à queues, tant d’épaiffeur que de largeur, dans l’épaiffeur de la confole. On doit avoir foin que le côté le plus large foit fur le derrière de cette derniere, afin de pouvoir les chafler après qu’ils font coupés d’onglet, ce que l’on fait après les avoir ajuftés. On doit aufîiobferver de tenir ces taffeaux un peu plus larges qu’il ne faut, afin que quand ils fontaffemblés avec lesfommiers, on puiffe les affleurer quarré-ment avec ce dernier, & les pouffer enfùite. Voye£ la Fig. 4, qui repréfente une parclofe vue de face à l’endroit des entailles à queues ; & les Fig. 5,6 &
- 7, qui repréfentent la coupe & les vues de face & de champs du taffeau. Au-devant de la confole, on rapporte de petites parelofes à bois de fil, lefquelles profilent avec les taffeaux, & cachent le joint de leurs queues. ( Voye^la Fig.8i)
- Au nud du fiege & fur le derrière de la confole , on fait un tenon d’environ un pouce d’épaiffeur fur deux de largeur, lequel a de longueur aux environs de trois pouces plus que l’épaiffeur du fommier au travers duquel il pâlie.
- On fait au milieu de ce tenon une mortaife de fix à huit lignes d’épaiffeur, dans laquelle paffe une clef qui fert à faire joindre la confole fur le fommier, & a la retenir en place.
- Les confoles font compofées de deux morceaux de bois fur la largeur, celle Menuisier. IL Part• I- i I
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- des planches n étant pas fuffifante ; & quand elle le feroit, il y auroit trop de perte, puifque l’alaife qu’on y rapporte eft inégale de largeur, & ne defcend que jufqu’à l’appui; ceft pourquoi, avant de débiter le bois des confoles, on doit faire un calibre exactement félon les mefores ci-deflus, en obfervant d’y marquer une ligne perpendiculaire aux arrafements du haut & du bas, laquelle paffera au nud du derrière du foubaiïement ; ce' fera-cette même ligne qui déterminera le joint de la confole, & fervira à débiter les bois. ( Vye^la Fig. i.)
- Quand la principale piece de la confole eft corroyée & chantournée à la foie feulement, on dreffe bien la rive droite pour y faire le joint, & on a foin de la tracer de longueur, & d’y faire la rainure & le tenon du bas ; enfuite on y joint l’alaife. Quand le joint eft fait, on trace cette derniere tant de hauteur que de largeur, & on y fait le tenon qui entre dans le fommier. Les joints des con-' foies fe font ordinairement à plat ; mais il eft bon d’y mettre une ou deux clefs fur la longueur pour retenir les joints, foppofé qu’ils viennent à s’écarter. Voye£ la Fig* i, qui repréfente une parciofe dans les différentes opérations dont j’ai parlé ci-deflus ; & la Fig. 3 , qui repréfente cette même parciofe toute colée.
- Quant aux ornements des confoles, il n eft guere poflible de les déterminer au jufte, vu qu’on peut en faire de très-riches & de Amples ; cependant on ne doit guere s’écarter de l’ufàge reçu, ainfi que pour la forme qui doit être toujours à peu-près la même. ( Veye[ les Fig* ci-deflus. ) Pour ce qui eft des profils des mufeaux & des patins, voyez les Fig. 9,10,11, 12,13,14 & 1 y.
- Les fommiers font des pièces de bois de fix pouces de largeur for trois d’épaif feur, lefquelles fervent à recevoir lé milieu des confoles, ainfi que je l’ai déjà dit, & for lefquelles fe ferrent les fieges.
- Ils font rainés en deflous pour recevoir le foubaflement, & en deflus pour recevoir le doffier.
- Sur le devant du fommier eft une feuillure de treize à quatorze lignes de profondeur , for huit lignes de largeur, qui eft à peu-près la faillie que l’on donne à la moulure du bas, laquelle forme cymaife, comme je l’ai dit plus haut.
- A chaque largeur de ftalle le fommier eft percé d’une mortaife a, a, Fig. 1, dans laquelle pafle le tenon du derrière de la confole ; & fur le devant de ce même fommier & vis-à-vis des môrtaifos, font des entailles coupées d’onglet, dans lefquelles viennent s’aflèmbler les talfeaux des confoles. Les fommiers s’aflemblent ëntre-eux à traits de Jupiter for le plat, ainfi que je l’ai dit en parlant des appuis. Voye[ les Fig. 1 Sc 2, lefquelles repréfentent un fommier vu de face & de champs; & celles 3 & 4, qui repréfentent un fommier aflemblé dans une confole ou parciofe, vu géométralement & en perfpeélive.
- Les fieges font des planches unies de dix pouces de largeur for treize à quatorze lignes d’épaiflêur, lefquelles font ferrés avec le fommier, afin qu’ils puiflenc fe lever & fe baiifer félon qu’il eft néceflàije. Pour leur longueur, c’eft la largeur de la ftalle qui là détermine} en y laiiîànt une ligne de jeu. Les fieges ne
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- font fujets à aucune façon, fi ce n’eft qu’il y ait de* l'ornement par délions, ce b qui eft très-rare.
- Les miféricordes font des efpeces de petites confoles ou culs-de-lampes, qui font attachés deflous les fieges ; afin que l’on puiife s’appuier defliis lorfque le fiege eft levé. On les nomme ainfi, parce qu autrefois on fe tenoit debout pendant l'Office divin ; mais par la fuite des temps, on a permis cette efpece de petit fiege, non pour s’afleoir, mais pour fe foulager en s y appuyant un peu ; ceft ce qui les a fait nommer miféricordes.
- Elles ont ordinairement cinq à cinq pouces & demi de faillie, fur dix-huit pouces de longueur pris de leurs extrémités, &neuf à dix pouces dans le milieu de leur largeur; la forme de leur cintre eft celle d’un cintre en S de chaque côté de leur longueur.
- Le deflous des miféricordes eft terminé en cul-de-lampe garni de moulures ou d’ornements, ce qui eft la meilleure maniéré. Il faut éviter que ces ornements ne foient trop groflïers ou confus ; ceft pourquoi les feuilles de refend font préférables à tous autres.
- Le defliis des miféricordes doit être incliné avec le deflous des fieges , de forte que quand ces derniers font levés, le defliis des premières fe préfente de niveau & non pas déverfé en arriéré, comme on fa mal-adroitement fait aux ftalles neuves de Saint Louis, rue Saint-Antoine, ce qui eft contraire au bon fens, parce que fi les miféricordes avoient à pencher, il vaudroit mieux que ce fût en dehors ; je crois même qu’elles en feroient plus commodes : l’expérience fait voir que celles qui font parfaitement de niveau gênent, & renvoient en devant, à plus forte raifon celles qui penchent en arriéré. Les miféricordes font ordinairement collées à plat-joint fous le fiege quelles affleurent en devant ; mais la meilleure maniéré eft de coller au milieu de la miféricorde un tenon qui excede de neuf à dix lignes. On coupe enfuite ce tenon en forme de queue fur la largeur ; puis on fait dans le deflous du fiege une mortaife, non pas vis-à-vis celle de la miféricorde , mais plus fur le devant de toute fépaiflèur du tenon, laquelle fert de refuite pour placer la queue que l’on trace fur le côté de la mortaife faite avec un calibre, fur lequel toutes les queues ont été faites. Voye[ la Fig, 5 , qui repréfente un fiege relevé en coupe avec fà miféricorde aflemblée defliis ; la Fig. 6 repréfente le tenon à queue qui fert à attacher la miféricorde au fiege ; & les Fig. 7 & 8, repréfentent une miféricorde prête à entrer dans le fiege. Il faut aufli obferver que les miféricordes font de deux morceaux, le defliis fe rapportant* de l’épaifleur du tors ou demi-rondée que l’on fait pour économifer le bois. Voye{ la Fig. y.
- Les foubaflements des ftalles font de petits panneaux qui font embreu-ves dans le patin & le deflous du fommier, & entre les deux confoles ; leur décoration doit être fimple ; il y a même des ftalles où l’on fo contente d’y faire un panneau renfoncé, fans aucune moulure.
- Pour ce qui eft des doffiers, on les fait plus riches, mais cependant toujours
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- à petits cadres, parce que la faillie des moulures nuit à ceux qui s’affeoient dans les ftalles, & coupe les habits Se le linge des Eccléfiaftiques. Quelquefois pour plus de propreté, on les aflemble à bois de fil, & Ton fait très-bien. On obfervera de les tracer bien juftes, afin que les champs fbient bien égaux, & que les joints d’onglets viennent jufte dans les angles. Les champs, tant des foubaflements que des dolfiers, doivent être parfaitement égaux , Se n’avoir pas plus de deux pouces de large , ainfi qu’on peut les voir dans la Planche 74.
- Les demi-confoles des bouts font appliquées fur des côtés unis qui montent d’à-plomb, Se délàffleurent d’environ trois à quatre lignes la faillie des taffeaux qui portent le fiege : elles font jointes avec les pilaftres de devant, Se dont l’épailfeur fait partie de la largeur de ces mêmes côtés.
- En retour tant en dedans des paflàges que par le bout des ftalles, on fait des panneaux qui font pour l’ordinaire à grands cadres, Se dont le champ eft pris dans le pilaftre de devant que l’on fait aflez épais, afin que le joint fe perde derrière la moulure & derrière les arrafements. ( Voye^ les Fig. de la PL 74, tant de coupe que de plan Se d’élévation. ) •,
- Les panneaux des partages different de ceux des bouts, en ce que le champ du bas des premiers eft d’une largeur aflez confidérable pour pouvoir contenir une marche qui vient profiler dedans, ainfi que je le dirai ci-après.
- En général, les hautes ftalles doivent être élevées de treize à quatorze pouces plus hautes que celles du bas, afin que les fommiers de ces dernieres pofent fur le plancher du haut, Se les empêchent de déverfer en arriéré.
- Lorfque les chœurs ont aflez de largeur, on élève les bafles ftalles fur un marche-pied faillant, lequel regrie au pourtour, ainfi qu’on l’a obfervé au chœur de Notre-Dame Se ailleurs. Cet ufàge de mettre des marche-pieds fous les ftalles eft très-bon, parce que non-feulement ils donnent plus de beauté à l’ouvrage en l’élevant davantage, mais encore parce qu’ils empêchent qu’il ne fe pourrifle fi vite, l’air qui circule deflbus empêchant l’humidité de pénétrer dans le bois, ce qui eft un très-grand avantage. (Voye{ la Fig. 1, qui repréfente la coupe de deux ftalles prife fur la ligne du plan e, /, Fig. 4. )
- Les planchers des ftalles, tant du haut que du bas, fe font de deux maniérés differentes : fçavoir, de parquets d’aflemblages ou bien d’alaifes, avec des frifes de diftance en diftance , ce qui eft plus fimple ; mais il faut éviter de les faire de planches entières, parce quelles font trop d’effet, & font par conféquent fujettes à fe retirer. Quant au compartiment du parquet, il eft aflez arbitraire ; cependant quand on le fait d’une grandeur relative à celle des ftalles, il fait beaucoup mieux, ainfi qu’on l’a fait à Notre-Dame, où le compartiment du parquet répond aux panneaux Se aux pilaftres du lambris, c’eft-à-dire, qu’il y a alternativement une feuille de parquet qui occupe la largeur de deux ftalles, & une autre qui n’en occupe qu’une. (Voyeç la Fig. 4, cote g g, pour les parquets d’aflemblages, & h h pour les planchers de frife. )
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- La largeur du plancher du bas doit être de dix-huit pouces au moins, pris du «kssssk
- nud du devant des Halles, à moins toutefois que Ion ne foit gêné pour la Planche
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- largeur.
- Les Halles du haut doivent être efpacées de maniéré qu’il y ait trois pieds de paflàge entre elles & celles du bas ; ainfi le plancher aura trois pieds de largeur, plus ce qui fera caché fous les armoires qui font derrière les Halles du bas , & la faillie de celles du haut, ce qui fait environ cinq pieds de largeur. Il faut aufll ob-ferver, quand on fera les planchers en parquet, que leur compartiment ne commence que du nud des armoires au devant des patins, afin que rien ne fe trouve caché.
- Lorfque les Halles font en grand nombre, & que les ilfues des bouts ne fof-fifent pas pour y monter, on y fait des paflàges, c efl-à-dire, qu’on en fupprime de celles du bas pour pouvoir monter en haut. Ces paflages ne peuvent pas occuper moins de place que la largeur de deux Halles, parce qu’une ne feroit pas fuffifànte , & que l’épaifleur des côtés rétréciflànt le paflàge de cinq à fix pouces, il ne refleroit plus que dix-huit à vingt pouces, ce qui n eH pas afîèz.
- On doit toujours placer les paflages au milieu du chœur ; & s’il arrive qu’il y ait un très-grand nombre de Halles, on en fait plufieurs fur la longueur, c’efl-à-dire, qu’il ne faut pas qu’il y ait plus de neuf Halles de foite fans y avoir de paflages.
- On obfervera auflî de les placer vis-à-vis d’un panneau, afin qu’en montant aux hautes Halles, on ait un panneau devant foi, & non les champs d’un panneau & d’un pilaflre, ce qui arriveroit s’ils étoient placés autrement. *
- On doit difpofer les marches des paflages de maniéré que la derniere, qui n’efl autre chofe que le plancher du haut, fe trouve au nud du derrière des côtés des Halles, la faillie de la marche excédant en dedans du paflàge.
- Le nombre des marches eH ordinairement de trois, y compris le marchepied ; cependant il y en a quatre à Notre-Dame , ce qui les rend moins hautes,
- & par conféquent plus douces, mais aufli ce qui occupe plus de place, for-tout dans les bouts où l’on efl fouvent gêné.
- La difpofition ordinaire des Halles du haut & du bas, efl d’être placées vis-à-vis l’une de l’autre ; cependant quelques Architeéies, entr’autres M. Daviler dans fes Commentaires, prétendent quelles feroient mieux placées fi elles étoient difpofées à moitié de leur largeur, c’efl-à-dire , que le mufeau de la Halle du bas enfilât le milieu du deflùs de celle du haut, par la raifon f difent-ils, que cette difpofition feroit plus avantageufe pour faire voir tout d’un coup d’œil les Ec-cléfiafliques qui font dans les Halles du haut & dans celles du bas, & que cela feroit plus commode pour l’annonce des Antiennes. Mais telles que foient ces rai-fons, je ne les crois pas fuffifantes pour déranger l’ordre reçu ; & de plus,
- 'comme on ne peut jamais voir tout un chœur géométralement à la fois, (ce Menuisier. U. Part. M m m
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- Planche
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- M E N U 1 S I E R > 11. Partie. Chap. IV.
- qu ils femblent fuppofer ) , il eft impoffible que les Eccléfiaftiques des balles ftalles puiflent empêcher de voir ceux qui font dans celles du haut, qui d ailleurs font aflez élevées pour ne rien craindre à ce fujet ; de plus, les ftalles ainfi dif pofées feroient toujours mal dans les bouts d’un chœur , & encore plus dans les paflâges.
- Section Troisième.
- De la Charpente dejlinée à porter les Stalles; la maniéré de les pofer,
- & une méthode générale pour divifer les Stalles en cul-de-four
- à en quart de cercle.
- Les ftalles font pofées fur un bâtis de charpente, ou pour mieux dire, de grofle menuiferie, puilqu’il eft néceftaire que toutes les pièces qui le compofent, foient bien dreflees & coupées jufte à la forme & grandeur des ftalles ; c’eft pour.* quoi il eft bon que ce foit les Menuifiers qui les falfent, & non les Charpentiers , ces derniers ne travaillant pas aflez jufte pour cela ( du moins pour l’ordinaire ). Le bois de ces bâtis doit avoir quatre pouces en quarré au moins pour les pièces principales ; les {olives ou lambourdes qui portent les planchers pouvant être plus minces, à condition toutefois qu’on les pofe fur le champ.
- Ce bâtis doit pofer dans toute fon étendue ftir des pièces qui poferont elles-mêmes fur le carreau, & dans lelquelles on aflemblera des montants qui porteront le^ bâtis du deflus ; & ces montants doivent être elpacés de maniéré qu’ils ne fe rencontrent pas dans l’aflemblage des lambourdes de deflus , afin de ne point affoiblir la piece qui les porte. Les lambourdes doivent auffi être diftribuées de maniéré quelles portent les patins des ftalles tant droites que cintrées, s’il arrive qu’il y en ait.
- On doit aulîî avoir loin que le derrière des bâtis tombe bien à-plomb du derrière du patin des ftalles du haut, afin que le poids tant de ces dernieres que des lambris qui peuvent être pofés deflus, ne foit point en porte-à-faux fur les lambourdes, ce qui eft un grand défaut, parce que quelquefois la trop grande pefanteur fait cafter les tenons de ces dernieres.
- Le devant du bâtis doit venir julqu au derrière des tenons qui entrent dans les fommiers des ftalles d’en-bas, en y laiflânt toutefois un peu de jeu, afin de n’être pas gêné en pofant. ( Voye£ la Fig. i.)
- On doit auffi obferver, dans la conftruétion de la charpente , les places né-ceflàires pour les paflâgesafin de ne pas être obligé de le faire après coup, ce qui ôte toute la folidité de l’ouvrage.
- Au bas de ce bâtis, il faut encore en placer un fécond, lequel doit être aflem-blé avec le premier, Sç fervir à porter le premier plancher ou marche-pied, ce qui eft la même chofe.
- En général, tous les bois de ces bâtis doivent être bien drefles, ainfi que je
- i
- T-
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- Section III. De la Charpente dejlinée à portet les Stalles. nj l'ai dit plus haut ; & on doit avoir foin de les pofer bien folidement for une bonne maçonnerie, afin qu'ils ne talfent pas, & que tout l'ouvrage refte toujours droit 8c de niveau. Voye£ la Fig. $, qui repréfente une charpente vue du dcftus, 8c celles 3 8c 4, qui font les coupes de cette même charpente, Tune prife fur la ligne æ b , 8c l'autre fur celle c d 9 qui fe trouve à l'endroit d'un paffage.
- Quant à ce qui regarde la dilpofition totale des chœurs , il n eft guere pot fible d'en décider, puifque c'eft toujours la place qui fait la loi; à moins que dans le cas de la conftruétion d’une Eglife neuve, un Architecte habile ne fît entrer pour quelque chofe la diftribution des ftalles avec celle de tout l’édifice ; hors ce cas, il faut toujours fe borner aux places, ce qui quelquefois donne bien de la peine à arranger comme il faut. Tout ce que je puis dire, c’eft qu’en général toutes les ftalles doivent être d’alignement les unes avec les autres ; 8c que s’il arrive que l'on ait des parties circulaires, il faut que celles des bouts de ces mêmes parties s'alignent auflî ; pour les autres qui feront comprifes dans la portion de cercle tant du haut que du bas, il faut les divifer de maniéré qu'elfes aient aux environs de dix-huit pouces entre l’extrémité des mufeaux, c'eft-à-dire, à l’endroit où ils font les plus larges, afin que l’écart que leur donnent les rayons du cercle qui leur fort de direction, fe trouve partagé également.
- Il faut faire attention que la partie circulaire foit toujours un quart de cercle , ou bien un quart d'ovale , afin quelle ne faffe point de jarret à la rencontre des parties droites.
- On doit auffi prendre garde que les deux lignes qui terminent le quart de cercle ou d’ovale, paffent par le milieu d’un mufeau, afin qu’il ne fe trouve point de ftalles d'une forme mixte., ce qui non-feulement eft difficile à bien faire, mais encore fait un très-mauvais effet.
- Pour remédier à ces inconvénients, je donne ici une méthode pour divifer les ftalles en cul-de-four, 8c celles dont les angles font un quart de cercle, afin que dans tous les cas poffibles , on puiffe voir d'un coup d’œil le nombre de ftalles cintrées qui peuvent entrer dans un chœur d’un diamètre donné, lefquelles di-vifions font pour un cul-de-four de 29 pieds & demi de diamètre, jufqu’à un de 41 pieds & demi; & pour un quart de cercle depuis 7 pieds 8 pouces de rayon, jufqu’à un de 16 pieds 8 pouces, qui font à peu-près les grandeurs les plus ordinaires. U eft à remarquer qu’à toutes ces divifions, les ftalles du haut 8c du bas font égales de diamètre pris du centre des mufeaux, 8c que l’elpace qui eft entre les ftalles du haut & celles du bas eft toujours de trois pieds, qui eft la diftance que je leur ai donnée plus haut, ainfi qu’on peut le voir dans les Fig. 1 & 3. ( * )
- Planque 79•
- Planché
- 80,
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- (*) On obfervcra dans cette Planche, que les cercles qui font marqués d’une même lettre , indiquent les Halles du haut & celles du bas qui leur font correfpondantes, comme, par exemple, les lignes a, a ; ou pour plus d’intelligence celles £ » B » lefquelles viennent répondre à la Fig. 3.
- J’ai auffi mis deux échelles aux deux côtés de la Figure 2 , afin qu’elles fervent à toutes les divifions , & que l’on puiffe aifément voir quelles divifions peuvent convenir aux grandeurs que je fuppofe être données.
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- Planche 3 o.
- *28 MENUISIER, II. Partie, Chap. IV.
- 3 Comme il eft des chœurs dont la place eft bornée , & auxquels on ne peut pas donner trois pieds de paflage ; dans ce cas, on ne met que quatre ftalles dans l'angle creux, & l'on fait venir les ftalles du bas en angle droit, avec l'attention que leur plus grande faillie ne le pénétré pas. (Voye£ la Fig. i.) Pour que les ftalles cintrées faflent bien, il eft bon d’y mettre une ftalle droite au bout de l'angle creux, afin que leur contour & celui des corniches des lambris de deflûs ne femblent pas s'arrêter. ( Voye[ la Fig. 4).
- On a la coutume de terminer les extrémités des hautes ftalles par des confoles, lefquelles pofent fur un piédeftal qui régné à la hauteur des ftalles, & au pourtour defquelles régnent les patins & l'appui de ces dernier es, ainfi que je l'ai dit plus haut. Ces confoles ont ordinairement cinq à fix pouces d'épaifleur fur vingt pouces de faillie, & la hauteur du lambris dont la corniche fait refaut & tourne autour de ces dernieres. Ces confoles font toutes ornées de fculpture ; & il en eft qui font très-belles, telles que font celles de Notre-Dame & des Chartreux ; Cependant je crois que malgré l'ufoge, on feroit bien de n’en point mettre à caufe du mauvais effet que font les retours de la corniche , lefquels deviennent trop petits, & ne fervent qu'à en interrompre le cours ; il vaudroit beaucoup mieux terminer le lambris par des pilaftres, & placer for les piédeftaux des trophées ou des figures allégoriques au fujet.
- Quant à ce qui eft de la pofe des ftalles, on ne fournit y faire trop d'attention , tant pour la folidité que pour la propreté ; c'eft pourquoi avant même de pofer la charpente deftinée à placer les ftalles, il faut commencer par s'aflurer fi la maçonnerie qui doit porter la charpente eft bien folide ; enfuite de quoi on prend tous les alignements néceflàires tant de longueur que de largeur, afin de placer la charpente, & on commence à pofer les ftalles du haut fous les patins auxquels on a attaché les premières planches du plancher, lefquelles s'attachent ordinairement avec des clous, mais il feroit mieux d'y mettre des vis, afin de rendre l'ouvrage folide. Quand les planches font ainfi arrêtées, on les attache enfoite for les lambourdes, puis on achevé de pofer le plancher ou le parquet, fuppofé qu'il y en ait. On doit placer derrière les ftalles du haut, des pièces de bois qui montent de fond, & fervent à foulager le plancher en portant le poids du lambris de deflùs, & à empêcher les ftalles de renverfer en arriéré. Il faut aufli arrêter les appuis des hautes ftalles avec des pattes de diftance en diftance, afin d'éviter toute efpece d’ébranlement.
- Les ftalles du bas fp pofent enfuite , on les arrête ainfi que celles du haut, & on finit par la pofe du marche-pied, qu'il faut avoir foin de faire bien folide, & d'en bien faire porter toutes les contre-marches contre les bâtis de charpente , afin quelles ne foient point fojettes à être enfoncées.
- On doit aufli bien prendre garde que toutes les ftalles foient parfaitement pofées de niveau, Sc que leurs appuis foient bien drefles, ce qüî en fait la principale
- beauté;
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- Section 111. Des Stalles ; leur conjlruclion & décoration. 229
- beauté. Voilà à peu-près tout ce qu’onpeut dire touchant la pofe des ftalles, vû que le refte dépend de la pratique & des différentes occafions qui fe rencontrent.
- Il eft encore un autre ouvrage de Menuiferie relatif aux chœurs d’Eglifes, qui eft le revêtiffement des piliers & des arcades, tant du chœur que du fanc-tuaire, for lequel je ne làurois donner aucune réglé certaine, vu les différents beloins & la plus ou moins grande dépenfe que l’on veut faire ; tout ce que j*en puis dire, c’eft que cette elpece de Menuiferie, quelque riche quelle foit, ne doit jamais être confufe ni reffembler à celle des appartements, que toutes fes parties doivent être graves , Amples, & dénuées d ornements & de contours frivoles : les champs doivent être larges & jamais interrompus par aucun contour.
- Les bois doivent être d une forte épaiffeur & d’une bonne qualité, c’eft-à-dire, quil faut quils ne foient pas trop tendres,afin de pouvoir mieux ré-fifter à l’humidité. Les ouvrages de Menuiferie qui revérifient la nef de l’E-glife de Saint-Martin-des-Champs, & ceux de la nef de Saint-Sauveur du côté droit, font les meilleurs dans ce genre , qu’il y ait à Paris, tant pour la décoration que pour la bonne conftruélion.
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Des Sacrijlies ou Tréfors en général.
- O N nomme Sacrijlies ou Tréfors, les endroits deftinés à ferrer les ornements & les vafes fervants au fervice des Eglifes. Us étoient autrefois nommés Vejliaires$ parce que c’eft dans ces lieux que les Prêtres s’habillent ; c’eft pourquoi il faut qu’ils loient commodes à ces différents ulàges.
- La principale Menuiferie d’une Sacriftie confifte dans plufieurs armoires de différentes formes & grandeurs, où l’on puiffe ferrer commodément toutes les différentes chofes dont on fe fert pour les cérémonies de la Religion.
- Section Première.
- Des Chapiers ; leurs proportions & conjlruclion.
- L a principale de ces armoires fe nomme Chapier, laquelle eft la plus grande & la plus confidérable de toutes.
- Elle confifte premièrement en un coffre ou bâtis de 11 pieds de largeur, fur j pieds & demi de profondeur, & 3 à 3 pieds & demi de hauteur, lequel eft fermé de quatre portes fur la largeur, qui fe brifent deux en-femble, & font ferrées deux à deux fur les deux pieds du chapier. Menuisier. II. Part. N n n
- Planches 81 & 8a.
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- Planches 81 & 82.
- '230 MENUISIER,Il Partie. Chap. V.
- Le dedans renferme des tiroirs qui ont 334 pouces & demi de hauteur, y compris le fond, fur 10 pieds & demi de longueur, & font faits en forme de demi-cercle. Ces tiroirs {ont compofés premièrement, d’un devant ou tête de
- 2 pouces & demi d’épaifTeur au moins, fur la longueur & hauteur que fai dites ci-deflus. Dans ces têtes eft affemblée une courbe ou cerce de 7 à 8 pouces de largeur, & d un pouce d’épaifTeur au moins, laquelle excede en dehors du tiroir de deux pouces au moins. Au pourtour & fur le plat de cette cerce, & à la diftance de deux pouces du dehors, {ont affemblés fept à huit montants de
- 3 à 3 pouces «Scdemi de hauteur, lefquels ont 9 à 10 lignes d’épaifTeur parle haut, & 15 à 1(5 par le bas, afin d’avoir affez d’épaifTeur pour y faire deux tenons pour les rendre plus folides. ( Il faut obferver que cette différence d’épaifTeur n eft que par dehors, le dedans tombant quarrément. ) Aux deux cotés de ces montants font faites des rainures de 4 à ^ lignes d’épaiiïeur, lefquelles cor-relpondent à une autre rainure qui régné tout au pourtour de la cerce. Dans ces rainures {ont placés des morceaux de bois rainés, lefquels y font arrêtés & fervent de côtés aux tiroirs. Leur fond eft rempli par des montants & des tra-verfes, lefquels font affemblés tant dans la tête du tiroir que dans la cerce du pourtour à laquelle ils affleurent tant en defliis qu’en deffous. Ces montants & ces traverfes ont deux pouces de largeur, & forment des vuides quarrés d’environ 6 pouces. Il eft des chapiers où les fonds des tiroirs font pleins, c eft-à-dire, que les vuides des bâtis font remplis par des panneaux arrafés, ce qui eft inutile , parce que non-feulement cela les rend trop lourds, mais encore eut pêche l’air d’y circuler aifément, ce qui, pour peu qu’il y ait d’humidité, ex-pofe les ornements à fe gâter & à fentir mauvais. On a remédié à cet inconvé* nient en faifimt ces fonds à claire-voie, ainfi que je l’ai dit ci-deflus, & en les couvrant d’une toile forte, laquelle eft bien tendue & arrêtée au pourtour du tiroir.
- Au milieu de la longueur du tiroir, & au milieu de 1 epaifleur de la tête, eft percé un trou d’environ un pouce de diamètre, dans lequel pafle un canon de cuivre qui eft arrêté aux deux extrémités, c’eft-à-dire, au-defliis & au-deffous de la tête par deux plaques de cuivre qui font foudées avec ce canon & par conféquent percées d’un trou au milieu, ainfi que ce dernier. Ces plaques forge entaillées dans l’épaiffeur de la tête du tiroir à laquelle elles affleurent, & y font attachées avec des vis. Au travers de ces trous, & par conféquent de tous les tiroirs, pafle une barre de fer, ronde de la groffour des trous, moins ce qu’il faut pour qu elle ne frotte pas trop, laquelle eft fixée dans le deffus & le deffous du chapier, & fort d’axe à tous les tiroirs, lefquels tournent deffus, & ne font fé-parés les uns des autres que par une rondelle ou plaque de fer de 2 à 3 lignes d’épaifTeur, ce qui eft le jeu néceflaire aux tiroirs. Ces rondelles de fer font percées à jour, ainfi que celles de cuivre, afin que l’axe pafle au travers j & on
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- Section I. Des Chapiers ; leurs proportions & construction. 231 les fait de fer de de cuivre, parce que ces deux métaux s'ufent moins au frottement que s'ils étoient d une feule 8c même matière. ( Voyez les Fig. de la Planche 81 qui repréfentent le plan & l’élévation dun chapier; 8c celle de la Planche 82, qui repréfente la coupe & la vue perfpeélive dun chapier dont prefque tous les tiroirs font ouverts, du moins en partie , ce qui en fait voir le mouvement. Quant à l'aflemblage des tiroirs 8c à leur forme , voyez les Fig. 1, 2 & 3 de la Pl. 83 , qui repréfentent un bout de cerce aflemblé dans la tête d'un tiroir, 8c un montant en perfpeélive & en coupe.
- La Fig. 4, même Planche, repréfente la ferrure des tiroirs ; celles y 8c 6, le canon de cuivre avec fa rondelle de fer ; & les Fig. 7 8c 8 , Taxe de fer qui fert à retenir tous les tiroirs.
- Il y a deux maniérés de porter la circonférence des tiroirs ; la première eft de pofer fix montants au pourtour, qui font aflemblés des deux bouts dans le chapier, & fur lefquels, ainfi que fur les pieds de devant, font placées des poulies fur lefquelles les tiroirs roulent. Cette maniéré eft la plus firnple, mais aufli elle eft la plus coûteufe, à caufe de la grande dépenfe qu'il faut faire pour les ferrer comme il faut ; ce que l'on voit rarement, la plupart de ceux qui font faits étant rudes, 8c fatiguant les tiroirs en les faifant reflauter, ce qui cependant ne devroit pas être s'ils étoient bien ferrés, 8c que les poulies fulfent bien faites;
- Pour que cette ferrure fût folide , il faudroit que toutes les poulies fulfent d'une forme conique, tendante au centre du chapier, afin quelles portalfent également fur toute leur épaiifeur, qui doit être d'un pouce au moins, afin qu'elles ufent moins le bois ; il faudroit aufli que leurs axes fulfent mobiles, c'eft-à-dire, qu'ils tournalfent avec elles, & que les extrémités de ces mêmes axes fufient aufli diminuées, fur-tout du côté des montants, afin qu'ils eulfent moins de frottement.
- La ferrure des poulies devroit être attachée non fur des montants de bois d'où elles peuvent non-feulement fe détacher, mais encore bailfer, ( ce qui caufe l'inégalité du frottement des tiroirs, ) mais fur des montants de fer qui feroient entaillés dans ceux de bois. ( Voye£ les Fig.g , 10 & n ). Mais comme cette ferrure deviendroit très-compliquée 8c coûteroit très- cher, ainfi que je l’ai déjà dit, ona donné la préférence à la fécondé maniéré de porter les tiroirs, que l'on appelle à couliffeaux , laquelle n'exige aucune efpece de ferrure , 8c par conféquent coûte beaucoup moins cher.
- Cette fécondé maniéré, eft de placer au pourtour de l'intérieur du chapier, & à la hauteur de chaque tiroir, des coulifleaux qui excédent les bâtis de deux pouces, afin de porter les tiroirs.
- Ces coulifleaux ont 1 à 2 pouces & demi d'épailfeur, 8c font aflemblés à tenons dans le pied de devant du chapier , & dans les montants du pourtour, fur lefquels ils paflfent en enfourchement de 2 à 2 pouces & demi, ainfi que je l'ai dit ci- deflus.
- Planches 82 & 83.
- ....i'*-"***Mf*y
- Planche
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- Planche
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- *32 MENUISIER. IL Partie, Ckap. V.
- Il faut auffi obferver de tenir un des coulifleaux plus long de deux pouces que l’autre à la rencontre de chaque montant, afin de pouvoir aflembler en en-fourchement fur le plat, les deux bouts des coulifleaux qui paflent par-deflus le montant, pour les empêcher de hauffer ni de baifler. Il faut aufli obferver de placer fur les coulifleaux un taquet ou mantonnet fous la rencontre de chaque joint, ainfi qu’aux pieds de devant. ( Voye{ les Fig. 2 & 4, où font def-finés tous ces différents affemblages. )
- Il faut avoir foin que le deflus des coulifleaux foit bien uni Sc de niveau de tout fens, afin qu’il n’y ait point de frottement, ou pour mieux dire, qu’il foit égal par-tout. Le bout des coulifleaux qui eft affemblé dans les pieds de devant, doit être un peu abattu en deflus, afin que le tiroir entre plus aifément. ( Voye{ la Fig. 1. )
- Pour faciliter le mouvement du tiroir, on arrondit le deflus des coulifleaux & le deflus des tiroirs, de forte qu’ils ne portent qu’en un feul point, ce qui ôte beaucoup de frottement. ( Voye j la Fig. 3. )
- Pour ce qui eft' de la largeur des coulifleaux, elle doit être déterminée par leur faillie & par l’épaifleur des montants auxquels ils doivent affleurer par derrière , ce qui fait 4 pouces & demi à 5 pouces, les montants ne pouvant pas avoir moins que deux pouces d’épaifleur.
- Le derrière des montants ainfi que des coulifleaux , doit être rainé pour recevoir des panneaux minces que l’on met couchés, ainfi que les côtés' des tiroirs. ( Voye{ la Fig. Z. )
- Quant au bâtis du chapier, il fe fait de bois de 2 pouces d’épaifleur ; & on peut, lorfqu’il eft ifolé , pratiquer des portes par le côté, pour profiter de la place que laiflent les deux parties circulaires qui font formées par les coulifleaux & par les montants. ( Voye{ la Fig. 2 de la PL 81.)
- Pour ce qui eft du fond, il faut le faire d’aflemblage comme le fond des tiroirs, afin de le rendre plus folide ; & l’on doit dilpofer les montants qui portent les tiroirs, de maniéré que de deux en deux il y en ait un qui monte de fond, ceft-à-dire, qui pofe fur le carreau de la Sacriftie.
- Le devant du bâtis des chapiers doit être fort épais, afin de pouvoir placer folidement l’axe des tiroirs, lefquels défaffleurent le devant du bâtis d’environ deux pouces, ce qui eft néceflaire pour que la ferrure des portes & les mains de fer que Ton met à chaque bout des tiroirs pour les faire tourner, ne nuife pas.
- Lorfqu’on veut faire ufàge des tiroirs, c’eft-à-dire, les faire fortir hors du chapier, foit en tout ou en partie, on les fait pofer lur un ou deux poteaux de bois d’environ trois pouces quarrés, dans lefquels font placées des roulettes à la hauteur de chaque tiroir, ou bien une feule qui fe place à chaque différente hauteur, ce qui eft moins coûteux, mais aufli moins commode, parce qu’on ne peut tirer quun tiroir à la fois. ( Voye[ les Fig. I & 2 de la PI. 82, cotées a a.')
- Ces
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- Section L Des Chapiers; leurs proportions & conJlrucHon. 133
- Ces poteaux fe placent à une diftance & fur une ligne formée par la circonférence des tiroirs; on les pofe ordinairement dans un trou quarré que Ton fait le plus jufte poflible, ( Voyq les Fig. / & 2 de la PL Si, cote b b, ) afin qu'ils fe tiennent bien droits ; mais je crois que malgré l'ufage que Ton a de faire ces poteaux d'une feule piece, il feroit boa d’y ajouter des écharpes par le bas en forme d'arcs-boutants, ce qui les empêcheroit de pencher d'aucun côté, & par conféquent de laiffer tomber les tiroirs, comme il arrive quelquefois lorfque le trou vient à s'agrandir ou le bois à s'ufor.
- J'ai dit plus haut que les tiroirs pofoient fur un ou deux poteaux, parce qu’il ' y a des chapiers où il n'y en a qu'un, & d'autres qui en ont deux, ce qui eft la meilleure maniéré, parce que les tiroirs portent plus également, & que li par ha&rd un des deux venoit à s'écarter , ils feroient foutenus par l'autre. Les portes du devant des chapiers doivent être arrafées par derrière, afin de les rendre plus folides; & on feroit fort bien d'y mettre une barre à queue placée diagonalement dans l’épaiffeur du panneau, laquelle foutiendroit la retombée de ces mêmes portes, ainfi qu’on l'a fait à Saint-Sulpice. ( Voyej la Fig. Z, PL 8Z , cote b. )
- Les deftus'des chapiers doivent être de bois d’un pouce & demi d’épaiifeur au moins, emboîtés par les bouts avec deux ou trois clefs lur la largeur des joints. Il feroit beaucoup mieux de les faire d’affemblage en forme de parquet, ce qui à la vérité , feroit plus coûteux, mais aufii plus folide.
- Les chapiers ne doivent pas pofer lur l’aire ou carreau de la Sacriftie , mais être élevés de J à 6 pouces, afin que l'air paffe par-deffous; de plus cette hauteur eft néceftàire pour placer un marche-pied de 2 à 2 pieds & demi de largeur , lequel régné au pourtour des armoires, & par conféquent au pourtour de la Sacriftie.
- Il eft encore une autre efpece de chapiers, lefquels ne font pas fi coûteux ni fi difficiles à faire que les premiers.
- Ces chapiers confiftent en une armoire de 8 à p pieds de largeur, fur environ 7 pieds de hauteur, dans laquelle font pofées des potences fur lefi quelles on place les chapes toutes déployées ; c’eft pourquoi il faut leur donner 5 pieds à 5* pieds & demi de faillie, afin que les chapes y tiennent de toute leur hauteur ou longueur, ce qui eft la même chofe.
- Ces potences font pofées à pivots dans les fonds de l'armoire, & font dilpo-fées de maniéré que l’on puifle les ouvrir & les fermer indépendamment les unes des autres, & quelles puiffent même être ouvertes toutes à la fois, ce qui eft quelquefois néceftàire. Cette maniéré de faire les chapiers eft très-commode , parce qu’ils tiennent beaucoup moins de place que les autres ; de plus les chapes ainfi placées fe confervènt mieux, & font moins fojettes à fe froifler, fur-tout quand elles font faites de grofles étoffes ou de broderie. Voy* la Fig. 1, qui repréfente un de ces chapiers dont toutes les potences font ran-Menuisier, //. Parc. O 0 o
- Planche
- 84.
- Planche
- 8;.
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- Planche
- 8y.
- 234 MENUISIER, II. Partie. Chap. VI.
- gées à leur place ; & la Fig, 2 , qui repréfente le plan de ces mêmes chapiers , où toutes les lignes ponctuées aa9 indiquent les potences rangées dans l’armoire ; & les lignes ponétuées b b, les mêmes potences étant ouvertes, de forte que dans tous les cas les chapes ne puiflent point être gênées, les efpaces c c étant toujours égaux.
- Cette maniéré de pendre les chapes eft auffi très-bonne pour les tuniques & les chafubles, qui peuvent fe fufpendre par le moyen des portes-manteaux attachés à des tringles de fer, ainfi qu’on le pratique aux armoires de garde-robes* Voye{les Fig. 3 & 4, quirepréfentent deux porte-manteaux , l’un qui eft droit à l’ufage des tuniques, & Tautre cintré à l’ufàge des chafubles.
- U y a d’autres armoires d’appui, dont la hauteur doit régner à celle des chapiers, dans lefquelles on met les chafubles & autres ornements de moyenne grandeur, lefquelles peuvent être décorées à l'extérieur comme les chapiers.
- Ces armoires doivent avoir 4 pieds 3 pouces de largeur au moins, fur 2 pieds & demi de profondeur ; il y en a dont le dedans eft garni de tiroirs dans lefquels font placés les ornements ; mais la coutume la plus ordinaire eft d'y faire des tablettes à claire-voie, lefquelles pofont fur des couliffeaux dans lefquels elles font retenues; la diftance de ces tablettes n eft pas déterminée , parce que le plus ou moins grand nombre d’ornements de la même efpece, & la grandeur de la place peuvent feuls en décider ; tout ce que je puis dire, c’eft quelle varie depuis 4 jufqu’à 8 pouces,
- Au-deflus des armoires d’appui, on place d’autres armoires qui font de deux efpeces, félon leur deftination ; favoir, celles des fàcrifties des Méfiés, & celles des grandes fàcrifties ou tréfors. (*)
- Celles qui font pour les fàcrifties de$ Méfiés, ne doivent pas avoir plus de 2 pieds de haut, fur 15 à 18 pouces de largeur, leur ufàge n’étant que pour ferrer les calices : au-deflous de ces armoires doivent être placés des tiroirs, dans lef quels on forre les linges & autres chofes néceflàires ; de forte qu’il faut, du moins autant qu’il eft poflîble, que chaque Prêtre ait fon armoire particulière , & le tiroir qui eft deflbus. Il arrive quelquefois que l’on eft gêné par la largeur des fàcrifties ; dans ce cas, on éleve ces armoires d’environ 12 ou 1 f pouces au-deflus de l’appui, & on les foutient par des confoles, ce qui donne plus de largeur à l’appui, fàns pour cela en prendre davantage for celle de la facriftie. Comme ces armoires ne prennent pas beaucoup de hauteur, il faut obferver de les placer du côté des croifées, afin de réferver le côté oppofé pour les grandes
- [*] Dans les grandes, Eglifes, il eft de deux fortes de fàcrifties, l'une que l’on nomme Sacriftie des MeJJes9 & l’autre que l’on nomme grande Sa-crifiie ou Trêfor.
- Dans la première, on ne met que les ornements propres aux Mefles, & par conféquent qui demandent moins de place chacun en particulier, Dans la fécondé au. contraire , fe placent les,
- chapiers, l’argenterie de toute efpece , & généralement tout ce qui eft néceflaireau fervice des Eglifes. Toutes les Eglifes n’ont pas deux facrif-ties ; cependant dans celles qui n’en ont qu’une, il faut faire en forte qu’il y en aie une partie dif-pofée pour un ufage, & l’autre pour l’autre ,,afy* que tout foit parfaitement en ordre.
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- Des Confejfionnaux en général. 13 y
- armoires, dans lefquelles on ferre l'argenterie, le linge, la cire & les autres et-fets. En général, toutes ces différentes armoires doivent être extrêmement Planche folides , à panneaux arrafés par dedans, d'une décoration noble & lîmple. Voye£ les Fig. de la Planche 86, qui repréfentent ces différentes fortes d'armoires. 1 Tous les marche-pieds doivent être d'affemblage, c'eft-à-dire, en parquet, ainfî que les defîiis des armoires d'appui que l'on fera très-bien de faire de la forte.
- Ceux qui voudront voir de beaux ouvrages de ce genre, pourront voir la facrif tie de Notre-Dame, celles de l'Hôtel-Dieu, des Auguftins de la Place des Victoires, de Saint-Sulpice & de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, dans lefquelles on trouvera tout ce qui eft néceilàire pour fe former le goût, feit pour la belle décoration dans les unes, ou pour la bonne conftruétion dans les autres. (* )
- CHAPITRE SIXIEME.
- Des Confejfionnaux en général, de leurs proportions & conjlruclion.
- Les Confefîionnaux font encore de ces ouvrages d'Eglife aflujétis à des grandeurs bornées, dont on ne peut point s’écarter pour aucune raifon que ce
- puiffe être. _______
- Us font compofés de trois principales parties ; lavoir, d’une place pour le Con- Planches feffeur, dans laquelle il puiffe être affis & appuyé commodément, & de deux 87 & 88, autres places aux deux côtés pour les Pénitents qui doivent y être à genoux, de maniéré qu'ils foient un peu plus bas que le Confeffeur. On a jufqu'à préfent beaucoup varié fiir la forme & la décoration des confefîionnaux ; & comme cette partie a prefque toujours dépendu des Menuifiers, ils les ont variés à l'in- f fini, cherchant toutes les formes & les contours qu'ils ont cru les meilleurs, pour leur donner plus de magnificence, ( & c’eft en quoi ils fe font fouvent trompés ; ) c’eft aufîî dans ces fortes d'ouvrages où ils fe font appliqués à faire des courbes difficiles, afin de faire montre de leur habileté dans l'art du Trait ; c eft pourquoi dans la plupart de ceux qui font faits à Paris, on trouvera beaucoup plus d'adreffe dans les cintres que de beauté dans la décoration.
- Ceux qui ont le plus de réputation à Paris, font ceux de Saint-Sulpice, les deux plus grands de ceux qui font aux Carmes dits des Billettes, ceux des Théatins & des Mathurins. Comme il feroit trop long de rapporter ici toutes les dimenfions de ceux dont je viens de parler, je me contenterai de les citer, me bornant à
- ( * ) Les Archite&es ne fauroient tropprendre d’attention , lorfqu’il s’agit de la conftru&ion d’une facriftie, tant pour ce qui regarde la dif-tnbution intérieure, que pour la garantir de toute efpece d’humidité $ c’eft pourquoi il eft bon
- qu’elles foient toujours élevées au-deffus du fol, afin que l’air puiffe paffer par-deffous, ce que l’on a pratiqué à celle de Notre-Dame, bâtie fous la conduite d’un des plus habiles Architeftes de ce temps.
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- i36 ME N U I S I E R, II. Partie, Chap. VI. "
- . - faire la defcription d’un qui eft dans l’Eglife des Religieufes de la Roquette,
- fauxbourg Saint-Antoine, que j’ai exécuté moi-même , lequel eft un réfumé de tous ceux que j’ai cités, & d’après les mefures defquels je l’ai fait.
- Le confeflionnal dont je fais la defcription, a 7 pieds 4 pouces de haut, pris du milieu du cintre , non compris le marche-pied de y pouces de haut, lequel régné au pourtour fur 6 pieds 4 pouces de largeur, & 2 pieds 8 pouces de profondeur pris du milieu. Son plan eft cintré fur toutes fes parties ; la place du Con-fefleur eft cintrée en S, & celle des Pénitents forme deux quarts de cercle en creux, avec deux pieds cormiers fur l’arrête. ( * )
- La profondeur des côtés des Pénitents, eft de 12 pouces & demi, pris du devant des pieds cormiers au derrière de l’ouvrage ; & celle du principal corps ou place du Confeflèur, de 2 pieds 8 pouces de dehors en dedans.
- Cet avant-corps eft cintré ftir l’élévation en forme d’une demi-ovale, & le def lus des Pénitents eft cintré en S.
- Aux deux côtés de l’avant-corps régné un champ qui tourne autour du cintre, & fert à porter un chambranle de 3 pouces & demi de profil, lur lequel eft ferrée la porte. La traverfe de ce chambranle eft faite de deux morceaux de bois de deux pouces d’épaifleur, lefquels font joints enfemble par le milieu à traits de Jupiter ; la porte eft à double parement, & eft affemblée en parement à cadres ravalés avec un panneau taillé d’ornement, percé à jour. ( Voye{ les Fig. 1 & 5. )
- L’entrée des Pénitents eft ornée d’un chambranle qui régné au pourtour, & qui vient mourir fur une plinthe à la hauteur du fécond marche-pied.
- Tout l’ouvrage eft lurmonté d’une corniche de 4 pouces de profil, dont le deflus fait champ avec des panneaux qui y font aiïemblés, de forte que toute cette corniche & le deflus du confeflionnal ne faflent qu’une feule & même piece, laquelle peut s’enlever indépendamment du refte.
- Il faut obferver que comme la partie du milieu de cette corniche couronne une demi-ovale, elle ne peut fe retourner d’onglet fur les deux côtés des Pénitents ; c’eft pourquoi j’ai pris le parti d’y faire deux bouts d’enroulement, dans lefquels l’extrémité des corniches des Pénitents vient mourir ; & les bouts des corniches , ainfi que les deux enroulements, font foutenus par deux confoles , lefquelles embraflènt les angles de l’avant-corps, & cachent le défaut inévitable qui fe trouve dans la corniche, ou du moins elles femblent le faire ; car il eft im-pofllble qu’il échappe à un homme connoifleur. Voye£ les Fig. 1,3,6 & 7, & celles 3 & 5 , PI. 88, lefquelles font voir le développement de cette corniche , & la maniéré dont celle de devant s’enroule, & reçoit celle des Pénitents , dont le profil eft indiqué par des lignes ponéluées dans la Fig. y, Pl. 88.
- Tout le dedans du confeflionnal eft aflèmblé à bouvement fimple ; & j’ai poufle la précifion jufqu à faire régner tous les champs, non-feulement fur les rives,
- (*) On nomme pieds cormiers, tous angles Taillants arrondis, lefquels forment un pilaftre ou bien un champ commun à deux parties, en retour Tune de l’autre.
- mais
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- Des Confejfionnaux ; leurs proportions & conjlruclion. %yj
- mais encore autour des marche-pieds, des fiéges & des accoudoirs tant du Con-feffeur que des Pénitents ; de forte que pour fatisfaire à toutes les différentes Planches hauteurs St largeurs , j'ai été obligé de rapporter des panneaux & des traverfes 87 & 88‘ plattes, St de rallonger des barbes de 3 à 4 pouces de profondeur. (Voye{ les Fig. z , 3 & 4, qui repréfentent les différentes coupes de ce confeffionnal, prifes fur les lignes ab9cd9 St ef> lefquelles coupes font indiquées fur la Fig. 5 , qui eft le plan du bas ; fur celle 6, qui eft le plan du haut, & la vue du deffous du plafond ; & la Fig. 7, qui eft le defliis de ce dernier. Voyez auffi les Fig. 1,2,3,4 St 6 de la Pl. 88, lefquelles font les développements des Fig. ci-deflus.
- En dedans du confeffionnal, & au-deflus du Confeffeur & des Pénitents, font des doubles plafonds , lefquels font affemblés dans les côtés St le derrière du confeffionnal. Ces plafonds fuivent tous les contours extérieurs , de maniéré quil ne refte que deux pouces de champ en dedans des chambranles , ce qui eft la largeur de tous les champs du dedans. Voye£ les Fig. ci-deflus.
- Le fiége du Confeffeur eft élevé de 16 pouces, & a 14 pouces de large au milieu , St environ 18 fur les angles, fur 2 pieds y pouces de long. Les accoudoirs du Confefleur font élevés de 2 pieds y pouces du deflus du premier marchepied , St ont 2 pouces & demi de largeur à l'endroit des jaloufies ; ils fe terminent en plinthe dans le refte de leur longueur.
- Les accoudoirs des Pénitents font de niveau avec ceux du Confefleur , pris du nud du premier marche-pied ; ils ont 18 lignes' de pente fur leur largeur, laquelle eft d'un pied, y compris la partie du bas, qui eft de 2 pouces, & retourne de niveau , St vient retourner for le côté en forme d'un quart de cercle. Ces parties en retour font affemblées à bois de fil, & font,ainfi que le fiége & les autres accoudoirs, embreuvées de toute leur épaiffeur dans les côtés du confeffionnal.
- ( Voye[ les Fig. 1 , 2 , 3,4 , ê 5 , cote a, a.)
- Les jaloufies ont 13 pouces quarrés d'ouverture, & font remplies par un panneau percé à jour par des trous quarrés dont la diagonale eft prife for la perpendiculaire du panneau, St dont les divifions font efpacées de maniéré qu'il refte la moitié d'un quarré au pourtour du panneau , afin que les angles ne fe coupent point. Ces quarrés ou vuides ont 8 à 9 lignes de largeur ; St pour les faire on fe fort d'une efpece de bouvet, dont le fer a de largeur celle des quarrés, St qui defcend à la moitié de l'épaiffeur du panneau, de forte qu'après avoir fait des rainures diagonales d'un côté, on en fait de l'autre en contre*fens des premières , ce qui évuide parfaitement les quarrés ; enfoite de quoi on arrondit toutes les parties faillantes. Il faut auflî obferver de pouffer les plates-bandes au pourtour du panneau avant de percer les .trous, afin de ne point être expofé à caffer quelque partie, ce qui arriveroit fi l'on s'y prenoit autrement (*).
- O II y a à Saint-Sulpicc un confeffionnal qui eft placé derrière le choeur, dont les jaloufies font très-artiftement faites, & qui mérite l’attention des Connoifteurs* (Kflyq la Fig. 8, PL 88.)
- Menuisier, II. Part, ' Pp p
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- Planches 87 & 88.
- 138 MENUISIERS I. Partie. Chap. VI.
- Il y a encore une autre maniéré de faire les jaloufies, qui eft de les faire de tringles minces arrondies, que l’on attache lune for l’autre avec des clous d’épingles; mais cette derniere maniéré eft mal-propre & peu folide. Voyej la Fig. yy PL 88 y qui repréfente une partie de jaloufie, difpofée de maniéré qu’il refte des demi-quarrés par les côtés, afin que les panneaux ne fe coupent pas, ainfi que je l’ai déjà dit, ce qui arriverait fi les angles des quarrés venoient à l’arrafement de la jaloufie, ainfi que l’indiquent les lignes ponéluées a>b> de la même Figure.
- Les jaloufies font fermées de portes qui ouvrent en dedans du confeflîonnal. Quelquefois ces portes ouvrent à couliffes ; mais il eft beaucoup mieux de les ferrer avec de petites fiches, ainfi que font celles du confeflîonnal dont je parle* (Voye{ la Fig. 4. )
- Le pourtour des jaloufies eft enfermé par un champ dont les moulures profilent avec celles du panneau de côté , ainfi qu’aux autres confeflîonnaux ; tout ce qu’il y a de différence, c’eft que la traverfe du defîiis de la jaloufie, né pafîe pas de toute la largeur du côté, 3c qu’au contraire elle s’aflemble d’onglet avec le montant, 8c forme un angle rentrant dans le panneau. ( Voye[ les Fig. 3 & 4. ) Dans les côtés des Pénitents font embreuvés deux marche-pieds, ou pour mieux dire, deux agenouilloirs de 4 pouces de hauteur, lefquels forcent d’entre les deux chambranles, 8c {aillent en dehors en forme de demi-ovale. ( Voye^ les Fig. 1 & 1, cote b. )
- Le marche-pied de deffous eft élevé de y pouces, ainfi que je l’ai dit plus haut, 3c reçoit toutes les parties du confeflîonnal qui y font embreuvées ; à l’endroit des principaux battants font percées des mortaifes, au travers delquelles paflent des tenpns qui font faits à l’extrémité des battants, qui font eux-mêmes percés d’une mortaife dans laquelle on fait paflfer des clefs qui arrêtent tout l’ouvrage. ( Voye{ la Fig.ÿ , PL 88. )
- Je ne parlerai point ici des différentes courbes qui fe trouvent dans le couronnement de ce confeflîonnal, ni de la méthode dont je me fois fervi pour les exécuter, réfervant cette explication à la partie de l’Art du Trait où elle fera placée plus naturellement; au lieu qu’ici elle ne pourroit être que con-fufe & embarraffée, n’étant pas amenée par la théorie des chofes plus Amples que celles dont je parle.
- Je ne prétends pas non plus donner le confeflîonnal dont je viens de faire la defcription , comme un exemple à imiter dans toutes fes parties ; je ne l’ai choifi de préférence à tous ceux qui font exécutés, que parce qu’il renferme en lui feul prefque toutes les difficultés de la théorie & de la main-d’œuvre quife rencontrent dans les autres, & que toutes fes parties, tant intérieures qu’extérieures, font traitées avec beaucoup de foin, ce qui eft peut-être le feul mérite qu’ait cet ouvrage.
- Je fuis moi-même très-perfuadé que les formes creuiès & rondes dont il eft
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- Section I. Des Chaires a prêcher. 239
- compofé , ne font jamais fort heureufes, & qu’une belle /implicite leur auroit été préférable ; mais j ai été obligé de me conformer à f ufàge reçu, n étant pas le maître de faire autrement, puifque j’étois contraint de fuivre non les avis, mais la volonté du Maître pour lequel je travaillois.
- Au relie , pour ce qui eft des dimenfions de hauteur & de largeur, on pourra les fuivre, parce quelles font très-bonnes relativement à ces fortes d’ouvrages, en ayant été mefurer plufieurs avant de faire celui-ci, & m’étant adrefle à ceux qui s’en fervoient pour être inftruit des défauts ou des commodités qu’ils y trouvoient, afin d’éviter les uns 8c de copier les autres.
- Quoique les confe/Tionnaux fa/Tent partie de la Menuiferie des Eglifes, il ne faut cependant pas les regarder comme une chofe nécefiàire 8c comme faifànt partie de leur décoration ; au contraire, ils ne font fouvent que les embarrafier & en gâter l’ordonnance, ainfi qu’on pouvoit le voir dans l’Eglife des ci-devant Je-fuites de la rue Saint-Antoine, d’où ils ont été fiipprimés, ( ce qu’on a fort bien fait.) On né doit donc placer les confeflionnaux que dans les Chapelles ou dans d’autres endroits les moins apparents des Eglifes, parce que quelque mérite qu’ils ayent par eux-mêmes, ils ne peuvent jamais bien faire avec l’ordonnance totale de ces dernieres.
- Section Première.
- Des Chaires à prêcher.
- Les Sermons 8c l’inftruétion des Peuples faifànt une partie e/Tentielle de notre Religion, on s’eft fait de tout temps un devoir d’orner les lieux fervant à cet ufage ; ce qui a tellement pa/Té en coutume, que l’on a cru que les chaires à prêcher, non-feulement faifoient partie de la décoration de nos Eglifes, mais encore que leur grandeur 8c leur décoration étoient d’une néceffité indifpenfà-ble ; de cette opinion, il s’en eft ftiivi que l’on s’eft fort peu embarrafte de gâter toute la décoration d’une Eglife, pourvu que Ton y fît une grande ou belle chaire à prêcher : ( car fouvent elles font plus l’une que l’autre. )
- On ne peut cependant nier qu’il n’y ait des chaires qui ne foient très-belles par elles-mêmes, tant pour leurs belles formes que pour leur parfaite exécution ; mais de quelque beauté quelles foient, elles font toujours un très-mauvais effet, dans une Eglife dont le bâtiment eft fiifceptible de décoration, où elles ne ref* femblent à rien, linon qu’à de gro/fes & lourdes maffes qui coupent 8c interceptent la hauteur d’un pilier, ou bien qui bouchent une arcade de l’Eglife, ce qui eft encore pis. ( * )
- Le Chapitre de Notre-Dame de Paris, a pris un très-fàge parti dans la .conf-truélion de la chaire qu’il a fait faire il y a quelques années. Sans s’embarrafler
- tes Chaires de Saint Roch & de Saint Merry, faites de nos jours, ne font malheureufcment
- que des preuves trop fenübles de ce que je dis ici, quoique cependant l’une Remporte infiniment fut l’autre. *
- Planches 87& 88.
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- Planches
- ôc
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- Planches
- 8p &£o.
- 240 MENUISIER. II. Partie, 'Chap. FI.
- de la coutume 8c des préjugés qui en font une fuite néceflàire, ces Meilleurs ont fait conftruire une chaire portative qui eft dun très-bon goût, 8c ce quil y ade mieux ne nuit point dans l’Eglife, puifqu elle n eft apparente que lorlqu’on s’en fert, 8c que hors ce temps elle eft rangée dans un lieu ou elle ne làuroit nuire.
- Je fais fort bien qu’il y a des Eglifes on les chaires font plus en ufage que dans la Cathédrale, 011 l’on ne prêche que dans certains temps de l’année ; au lieu que dans les Eglifes paroiffiales on prêche tous les Dimanches 8c Fêtes, ce qui rend les chaires plus néceiîàires. Mais toutes ces raifons ne peuvent l’emporter fur celles que je viens de dire plus haut. Les chaires fiables ne font bonnes que dans les Ecoles 8c dans les Réfeéloires des Moines, où elles peuvent faire partie de la décoration ; ou enfin dans les Eglifes de campagne, qui ne font fofoeptibles d’aucun ordre d’architeélure.
- Les plus belles chaires à prêcher de Paris , font celle de Saint-Etienne-du-Mont, faite for les deifeins de M. Leftocart, d’Arras, lequel étoit en même-temps Architecte, Sculpteur 8c Menuifier , dans laquelle une très-heureufe invention eft fécondée d’une parfaite exécution ; celle de Saint-Gervais, celle des Jacobins de la rue Saint-Dominique , celle de Saint-Jacques-du-Haut-pas , qui eft très-fimple , mais dont la rampe eft très-bien faite ; enfin celles de Saint-Sauveur 8c de Saint-Hippolyte, qui ont été faites de nos jours.
- En général, les chaires font élevées de terre d’environ 6 à 7 pieds pris du nud de leur plancher ; leur appui doit avoir 2 pieds 8c demi de hauteur, ce qui fait 8 pieds 8c demi ou 9 pieds 8c demi en tout. Le dais, ou abat-voix de la chaire, doit être élevé d’environ ^ pieds au-deflüs de l’appui, 8c excéder le dedans du corps de la chaire d’un demi-pied au moins de tous les côtés.
- Pour la grandeur du corps de la chaire, elle varie depuis 3 pieds 8c demi ju£ qu’à 4 pieds 8c demi 8c même 5 pieds ; cependant celles de 4 pieds de dedans en dedans, font d’une allez bonne grandeur.
- Quant à la forme de leur plan, il en eft d’oétogones, de quarrés-longs, dont les angles font arrondis ou rentrants en creux ; d’autres qui font ovales, d’autres dont la partie de devant eft bombée ; c’eft pourquoi il eft très-difficile de décider'for cette matière, tant les goûts font variés.
- Le deffous des chaires fe termine ordinairement par un cul-de-lampe, ou bien eft foutenu par des confoles, ce qui eft mieux, à caufe quelles ne fomblent pas porter à faux. Il eft beaucoup mieux encore d’y mettre des confoles plutôt que des figures, ce qui eft contré la raifon & l’humanité.
- Pour ce’ qui eft de leurs rampes, on les fera les plus douces 8c d’un contour le plus agréable qu’il fera poffible ; on aura foin aufli de ne point faire d’angle à la rencontre des parties horifontales, parce que cela dérangeroit la largeur des profils, ainfi qu’on peut le remarquer à plufieurs de celles qui font faites ; c’eft pourquoi on doit faire enforte de faire des parties rondes à la rencontre des rampes avec les parties horifontales, afin d’éviter ce défaut ; c’eft
- ce
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- Section IL Des Retables £ Autels ; leur décoration & proportions. 241
- ce qui s’appelle en terme d’ouvrier, faire une rampe avec raccords radoucis ..1 f-BSSi
- Quant aux ornements des chaires, ils doivent être graves, deftitués de Planches toute efpece de frivolités ; on doit aufli éviter d’y faire des cintres d’une 8p~ forme trop tourmentée , fur-tout dans les rampes, ainfi qu’on peut le voir dans la chaire des Carmes dits des Billettes , qui eft un prodige de mauvais goût > dont cependant on ne voit que trop d’exemples.
- Quant à ce qui a rapport à la conftruétion des rampes, j’en parlerai dans la partie de l’Art du Trait, pour les raifo-ns que j’ai dites plus haut en parlant des confeiïionnaux. Voye{ la PL 89, qui repréfente une chaire à prêcher mobile avec les développements, & la PL 570, qui repréfente une chaire à prêcher attachée à un pilier fuivant l’ufàge ( * ).
- Sectiqn Seconde.
- Des Retables £ Autels ; leur décoration & proportions, ainfi que de la décoration des Chapelles en général
- So us le nom de Retables fAutels, on comprend non-feulement le corps de — l’autel proprement dit, mais encore les revêtilfements de menuiferie que l’on Planche place au-deilus. Anciennement on étoit beaucoup plus dans l’ufage de faire ces ouvrages qu’à préfent; car non-feulement on faifoit en bois le delîùs des autels de chapelles, mais encore ceux des chœurs, appellés maître - autels , lefquels cônfiftoient pour l’ordinaire en un corps d’architeélure, compofé de colonnes, grouppées ou ifolées, prefque toujours couronnées d’un fronton, &quelque* fois par un attique, ainfi qu’on peut le voir au maître-autel des Chartreux, des Prémontrés de la rue Haute-feuille, des Peres de l’Oratoire, fauxbourg Saint-Jacques , & ailleurs.
- Mais comme ces autels devenoient trop dilpendieux, ou pour mieux dire le goût ayantchangé, ces fortes d’ouvrages ont été réfervés pour les chapelles, où l’on ne leur donne pas toute l’étendue des premiers, la place ne le permettant pas; c’eft pourquoi on fe contente de deux colonnes ifolées, ou feulement de deux pilaftres que l’on couronne d’un fronton , du moins pour l’ordinaire. On n’eft pas toujours obligé d’employer des ordres aux retables d’autels; on peut fort bien y fubftituer des pilaftres de menuiferie, qui portent la corniche, & fer- * vent comme de cadre à un tableau que l’on place au milieu.
- (*) Je ne donnerai pas ici d’autres deffeins de chaires à prêcher, ainfi que des différentes formes de leurs rampes, vû que ce ne feroit que multiplier les abus , 8c que de plus c’eft la place ôc la dépenfe que l’on veut faire, qui doit décider à ce fujet; le moyen Je plus sûr pour avoir une parfaite connoiflance de ces ouvrages, étant l’examen de ceux qui font faits, 8c qui ont acquis de la réputation. Je ne parlerai pas non plus de la maniéré de les pofer, parce que cela tient trop à leurs différentes formes ; tout ce que j’en puis dire, c’eft que
- Menuisier. IL Part.
- les chaires à prêcher, ainfi que leurs dais, font foutenues par de fortes barres de fer, qui font fcellées dans les piliers qui les portent. Ces barres de fer font attachées au corps de la chaire par des boulons à vis avec écrous, 3c font recouvertes par la Menuiferie; de forte que toute cette ferrure n’eft null&nent apparente. Quant à la forme & à la groffeur de ces barres de fer, ce fera les différentes formes de la chaire , ainfi que fa plus ou moins grande pefanteur qui en décideront; c’eft pourquoi on ne peut donner aucun précepte à cet égard.
- Qqq
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- 24a MENUISIER, IL Partie, Chap. VI.
- Il faut cependant avoir foin que ces pilaftres ne foient pas décorés comme ceux des appartements ; au contraire, il faut que toutes leurs parties foient d une expreffion grave & ferme , ainfi que la corniche qui doit être décompofée de celle d’un ordre, c’eft-à-dire, qu’il faut qu elle ait un larmier avec des cymaifes fopérieures 8c inférieures, 8c non pas des gorges 8c des becs-de-corbin, comme il s’en voit dans prefque toutes les corniches faites par les Menuiiiers.
- On ne doit guere employer aux retables d’autels que les ordres Ionique, Corinthien & Compofite, 8c choifir l’un ou l’autre de ces ordres félon le rang
- du Saint fous 1 invocation duquel 1 autel eft dédie.
- C’eft pourquoi on doit y employer l’ordre Corinthien pour les Vierges, l’ordre Ionique pour les Femmes, & le Compofite pour les Doéteurs 8c les Martyrs ; l’ordre Dorique conviendrait cependant beaucoup mieux à ces derniers ; c’eft pourquoi on ferait fort bien de 1 employer, pourvu toutefois qu on le décoré de tous les ornements dont il peut être fufceptible.
- Il ne faut pas que les bafes des pilaftres pofent à nud fur l’autel; mais il faut quelles foient élevées fur un focle d’environ un pied de hauteur, qui eft celle de deux gradins, avec le deifus defquels il faut quelles régnent ; ce fera la même chofe pour les pilaftres de menuiferie, fous lefquels il faut mettre des focles ou retraites d’une hauteur égale à celle des gradins ( * ).
- Le coffre de l’autel doit avoir 3 à 3 pieds & demi de hauteur, fur 2 pieds & demi de profondeur au moins; pour la longueur, c’eft fouvent la place qui la détermine , y en ayant depuis y pieds jufqua p 8c meme 10 pieds; (je ne parle pas ici des maître-autels qui ont quelquefois 15 à 18 pieds de longueur. ) Les autels doivent toujours être élevés plus que le fol d’une marche au moins, fi l’on peut en avoir trois cela ne fait que mieux ; la d erniere, ou pour mieux dire la plus haute doit former un marche-pied de 2 pieds 8c demi à trois pieds de largeur, fur la longueur de l’autel qu’il doit excéder d’environ 6 pouces de chaque côté. Ce marche-pied, ainfî que les marches, doivent être d’ailemblage en forme de parquet, afin de leur donner plus de propreté 8c de folidité ; il n’eft cependant pas abfolument nécefîàire que les marches foient d’affemblage ; mais quand on peut le faire, cela eft mieux.
- Le marche pied, ainfi que les marches, doivent porter fur un bâtis de charpente , difpofé à les recevoir toutes également, afin quelles ne fléchiffent pas.
- Quant à la forme des coffres d’autels, elle a fort varié jufqu’à préfent, ou
- (*) II.ne faut cependant pas croire qu’on ne puiffe faire des retables d’autels fans que l’on y emploie des ordres d’Architefture ou des ornements qui aient rapporta ces mêmes ordres; tout ce que je disici n’eft que pour avertir que ces fortes d’ouvrages ne doivent rellembler en aucune maniéré à la Menuiferie des appartements; tic que quand on fera de ces ouvrages fans y
- employer d’ordres ou d’expreftions de ces mêmes ordres, on doit les décorer d’une maniéré très-grave, de forte qu’ils n’aient rien de commun avec la Menuiferie ordinaire, que la conftru&ion. Les deux chapelles qui font aux deux côtés du chœur de Saint - Roch, quoi-qu’exécutées en marbre, peuvent fcrvir de modèles pour l’efpece de Menuiferie dont je parle.
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- Section IL Des Retables et Autels ; leur décoration & proportions. 243 Ton femble donner la préférence à ceux qui font de la forme d’un tombeau antique fans aucun cadre ni moulure qui reflente la Menuiferie en aucune façon ; en quoi on a d autant plus de raifon, que les autels étoient anciennement élevés fur les tombeaux des Martyrs : cet ufage efl venu jufqu’à nous , puifquon ne confinât point d’autels fans y mettre des reliques.
- Cependant, n'en déplaife à la mode , je ne crois pas qu’il foit fort néceflàire que tous les autels loient ( comme on le dit ) à l’antique, c’eft-à-dire, en forme de tombeaux ; je crois qu’un autel d’une forme quarrée, & au milieu duquel feroit placé un bas-relief ou autres ornements analogues au fojet, feroit tout aulfi bien que ceux qu’on appelle antiques, & beaucoup mieux que ceux qui font décorés à la moderne, dont le mauvais goût a donné lieu à une infinité de licences, tous les Menuifiers qui avoient des autels à faire fe copiant plus ou moins bien ou mal, félon qu’ils avoient d’adreife & de goût. jLorfque le deflus d’un autel efl: fait en bois, il faut toujours y pratiquer dans le milieu de la longueur, un elpace quarré renfoncé d’environ un pouce, dans lequel on place une pierre ; il faut auffi que ce deffus foit plus bas que le pourtour de l’autel, afin que les nappes que l’on met deflus, viennent affleurer ce dernier.
- Au-defîus & for le derrière de l’autel, font placés des gradins qui font des efpeces de marches de y à 6 pouces de hauteur, for 8 à iq pouces ou même un pied de faillie, fur lefquels on place des chandeliers, des vafes & autres cho-fes fervant à la décoration des autels. Voye[ les Fig. 1 & z, de la PL <px , lef-quelles repréfontent deux autels décorés des différentes maniérés dont je viens de parler ci-deffos. Je ne parlerai pas ici de la conflruélion de ces fortes d’ouvrages, c’efl-à-dire, de la maniéré de conftruire les colonnes & les entablements, parce que je me fuis réfervé d’en parler dans la partie de l’Art du Trait, ainfi qu’on le verra ci-après.
- Le pourtour des chapelles efl: ordinairement revêtu de Menuiforie à la hauteur de 8 à 9 pieds au plus, y compris les corniches ; il en efl: même dont l’aire efl: revêtu de parquet, afin qu’elles foient moins fraîches pendant l’hiver ( * ).
- Les chapelles ne doivent pas avoir de lambris d’appui, ni par conféquent de cymaifes, ( ainfi qu’on le pratique à beaucoup d’endroits ) ; mais il faut ^aire monter les panneaux de toute leur hauteur, & ne faire par le bas qu’un double focle , lequel peut avoir jufqu’à 16 pouces de hauteur, qui efl: celle des fieges. La corniche de ces lambris doit être grave avec larmiers ; quelquefois on les profile en plinthe, que l’on remplit de poftes ou d’autres ornements courants.
- Ceux qui voudront voir des chapelles bien décorées , pourront voir celles
- Planche
- 5>u.
- ( * ) Cette coutume eft très bonne, parce que les chapelles dans leur origine , étoient des ef-pecesd’oratoires, qui quoique dépendants d’une Eglife, appartenoient ou pouvoient appartenir
- à différents particuliers, qui s’y rctiroient pour affilier au fervicc Divin , & vacquer plus librement à la prière, ce qui fe pratique encore à préfent.
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- 244 MENUISIER, II. Partie, C&y. K/,
- que Ton vient de faire à Notre-Dame de Paris ; celles de Saint-Louis de Ver-failles ; la chapelle de Saint-Jean, à Saint-Sulpice, qui quoique de marbre, pourroit bien être faite en bois ; les deux chapelles qui font à l'entrée du chœur des Chartreux, font auffi des chef-d’œuvres dans leur genre (*).
- Section Troisième,
- Des Porches ; leur décoration & conJlru3iont
- ' Les porches font des efpeces de veflibules ou portiques de Menuiferie, que l'on confirait à l'entrée des Eglifes , afin qu’elles foient moins expofées aux injures de l’air, fur-tout pendant l’hiver & dans les autres mauvaifes fài— fons , & aufli afin que le bruit du dehors ne s’y fafîe point entendre. Autrefois ces veflibules fe faifbient de pierres, ainfi qu’on peut le voir à plufieurs endroits , ce qui efl très-bien, parce qu’ils femblent mieux appartenir au refie de l’édifice que ne font ceux de Menuiferie, qui, quelque beaux qu’ils puiflènt être, ne font jamais d’une décoration analogue au refie de l’édifice.
- Il efl de deux efpeces de porches ; fçavoir, ceux qui font totalement ifblés tant fur la hauteur que fur la largeur , & ceux qui font partie de la décoration des tribunes, dans lefquelles font ordinairement placés les Orgues, tels que
- « /
- font ceux de Saint-Martin-des-champs, de Saint-Viélor, de la Sainte-Chapelle, Sec.
- Ces derniers font beaucoup mieux que les premiers , parce qu’ils font ordinairement décorés d’un ordre d’Architeélure , colonnes ou pilaflres, décoration qui efl beaucoup plus grave que n’efl celle de la Menuiferie ordinaire.
- En général, les porches font compofés d’une porte principale, & de deux portes de côté ; la principale qui efl au milieu doit être à deux vantaux , & avoir depuis 6 pieds de largeur jufqu’à io ou 12 , félon la grandeur de l’Eglife ; pour celles des côtés, elles ne font qu’à un vanteau , du moins pour l’ordinaire , & ne doivent pas avoir moins que 3 pieds de largeur, afin que deux perfonnes puiflènt y p a fier commodément.
- (* ) Je ne m’étendrai pas davantage fur la décoration des chapelles ni de leurs autels, parce qu’elle tient beaucoup à l’Architecture proprement dite , de laquelle je ne donnerai ici aucune régie, parce que je ne le faurois faire fans m’écarter de mon fujet, 6c augmenter con-f dérablement cet Ouvrage. C’eft pourquoi, 6c je ne faurois trop le répéter, les Menuiliers doivent faire une étude particulière des principes d’ArchiteCture, ( ainfi que je l’ai dit dans la première Partie de cet Ouvrage, ) non pas de ces principes qui fe bornent à une connoiffance imparfaite des cinq Ordres, mais il faut qu’ils connoilfent toutes les parties qui dépendent des Ordres, ou qui leur font acceÜoires, les
- rapports qu’elles ont les unes avec les autres, & toutes enfemble avec l’Ordre , ce qui demande beaucoup de temps 6c d’application, non-feulement de la part de ceux qui apprennent, mais encore de ceux qui leur enfeignent, rien n’étant fi commun que de voir des gens qui s’ingèrent d’enfeigner l’Architecture, qui n’ont eux-mêmes aucune connoiffance des principes de cet Art ; c’eft pourquoi il feroiu fort à délirer que ceux qui fe propofent pour l’enfeigner, fulfent examinés par l’Académie d’Architecture, fans l’approbation de laquelle ils ne pourroient pas enfeigner, ce qui feroit une précaution très-utile à la perfedion 6c à la confervacion des Arts.
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- Section III. Des Porches ; leur conjlruclion & décorâtion. 24^
- Je ne donnerai pas ici de réglés touchant la forme & la décoration des poi> .........
- ches, de quelque efpece qu’ils foient ; tout ce que je puis dire, c’eft quen géné- Planches ral leurs formes & leurs décorations doivent être graves Sc dénuées de petites par- ^ £2* ties ou de formes trop tourmentées ou qui reffemblent trop à la Menuiferie des appartements. Quant à ceux qui font ifolés , on peut les terminer en forme d’a-mortiffement, ce qui fait un fort bel effet (*).
- Pour ce qui eft de leur conftruéHon, elle doit être très-folide, & on ne dok rien épargner pour y mettre des bois d’une force & d’une qualité convenables.
- Les porches font pour l’ordinaire à doubles parements ; mais lorfqu ils font d’une certaine grandeur, il eft bon de les faire de deux Menuiferies appliquées fur un bâtis de charpente , ce qui leur donne plus de folidité Sc en même temps plus de grâce, en ce qu’on peut donner plus de faillie aux avant & arriere-corps qui les compofent, ce qui fait un plus bel effet, fur-toüt quand ces fortes d’ouvrages font d’une certaine grandeur, ainfi que je l’ai dit plus haut.
- Le plafond du dedans des porches doit auftî être décoré de Menuiferie d’uné richeffe Sc d’une forme relative au refte de l’ouvrage. Ces plafonds peuvent auftî être faits en vouffure, ce qui fait un fort bel effet. Voyez la PI. 92 , qui repréfente un porche formant tribune avec ordres Sc fans ordres d’Architeélure $
- & la Pl. 93, qui repréfente un porche ifolé avec tous fes développements.
- CHAPITRE SEPTIEME*
- Des Buffets i Orgues en général
- D E toutes les parties qui compofent la Menuiferie des Eglifes, il n’y efi a -----------
- point qui demandent plus d’attention que les Buffets d’Orgues, foit de la part du Planche Décorateur, foit de la part du Menuifier, fuppofé que ce dernier ne foit pas l’un ^
- Sc l’autre.
- Je ne parlerai pas ici du méchanifme de l’orgue, cette partie étant tout-à-fait étrangère à mon fùjet ; je me bornerai à donner des réglés générales touchant la décoration?xtérieure de ce bel infiniment. Quant à la conftruétion des buffets, je la détaillerai autant qu’il fera néceffaire pour leur folidité St afin de donner toutes les aifànces convenables pour pofer Sc placer toutes les pièces qui compofent l’orgue.
- Il feroit fort à fouhaiter que les Menuifiers, Sc généralement tous ceux qui préfident à la décoration dun^ buffet d’orgue , euffent au moins
- . (*) Ceux qui voudront voir de beaux Porches, pourront voir ceux que j'ai cités ci-def-lus , ainfi que ceux de Saint-Louis du Louvre , des Carmes déchaufles, des Chartreux & de la Sorbonne, dans le nombre defquels il y a ce* pendant beaucoup de choix à faire, fur-tout quant à ce qui a rapport à la forme des contours
- Menuisier, II. Part.
- Sc des ornements, lefquels, dans les ouvrages que je viens de citer, ne font pas tous également convenables Sc bien choifis. Je donné ici un exemple dé chaque efpece de porche, afin qdé l’on puilfe connoître la forme qui leur eft convenable, Sc la différence qu’il y a entr’eux*
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- 246 MENUISIER, IL Partie. Chap. VIL
- quelques notions générales de l’intérieur d’un orgue, afin de ne pas faire, ( comme il arrive très-fouvent) des buffets d’orgues d’une très-belle apparence, à la vérité, mais dans lefquels le Faèleur ne peut point placer commodément toutes les parties qui compofent cet inftrument. C’eft pourquoi au défaut des connoifïànces que je leur fouhaiterois, il faut au moins qu’ils ne déterminent rien, tant pour la décoration que pour la conftruétion d’un buffet, fans auparavant s’être concerté avec le Faéleur d’orgues, pour favoir au jufte les principales mefures & dimenfions, la longueur, la profondeur , les hauteurs des différentes parties des buffets, la dilpofition de certains endroits, & les formes qui leur font les plus convenables, afin de ne rien faire qui puiffe être nuifible au travail du Faéleur d’orgues, auquel je fuppofe toute la fcience néceflàire à Ion état, 8c une connoifîànce du moins élémentaire des Arts qui concourent à la perfeélion du fien.
- • V
- Section Première.
- De la décoration des Buffets £ Orgues ; & leurs proportions.
- On nomme Buffet d’Orgues toute laMenuiferie qui fert à contenir & à orner cet inftrument, laquelle Menuiferie eft plus ou moins riche ou différemment conftruite, félon la dépenfe que l’on veut faire, félon le lieu où l’on veut placer le buffet d’orgues, la forme & la grandeur qu’on veut lui donner. (*)
- ( * ) J’ai cru devoir avertir Ici que tout ce que je vais dire touchant la décoration des buffets d’orgues, ne doit pas être regardé comme une loi : je me conforme feulement auxufagesreçus, la décoration ordinaire de nos buffets n’étant l pas exempte de défauts, vu les portes-à*faux qui y font en grand nombre, la monotonie des pla-tes-faces 8c des tourelles, enfin les différentes hauteurs & largeurs de ces dernieres ; ce qui fait d’autant plus mal, que les mêmes membres d’Ar-ehitedure tournant au pourtour de toutes , font ou trop légers pour les unes, ou trop lourds pQur les autres, ce qui eft un très-grand défaut , fans compter le mauvais effet des figures 8c des ornements, qui fouvent y font placés fans choix 8c fans vraifemblance, Ce font ces différentes réflexions qui ont engagé plufieurs perfonnes à fouhaiter qu’on donnât aux buffets d’orgues une décoration plus régulière, ce qu’on a fait, en fubftituant des ordres d’Architedure aux plates-faces 8c aux tourelles, de forte qu’il n’y a aucun tuyau apparent, ainfi qu’on l’a fait à l’orgue de Saint-Remi de Luneville , 8c à celui qui a été projetté pour Saint-Sulpice , à Paris ; mais il faut remarquer que fi cette derniere ef-pecede décoration eft plus régulière que la première , elle a le défaut de pécher contre la vraifemblance en fupprimant les tuyaux de la montre , lefquels caradérifent 8c annoncent l’inftrament.
- C’eft pourquoi, je crois que fans s’attacher aux ufages reçus touchant la forme 8c la décoration des buffets d’orgues,' on pourroit imaginer des décorations qui entraffent pour quelque chofe avec l’ordonnance totale de l’édifice dans lequel ces buffets feroient placés, en con-fervant toutefois des tuyaux apparents , ce qui feroit d’autant plus aifé à faire, que le nombre des tuyaux de la montre d’yn buffet d’orgue 11’eft pasjhorné , vu que s’il y en a trop en montre , on peut n’en faire parler qu’une partie ; & que fi au contraire il n’y en avpas affez, on peut en placer d’autres au dedans. Quant à leurs différentes hauteurs, on pourroit y remédier en les ouvrant par derrière, à la hauteur que le Fadeur jugeroit à propos, ce qui me fait croire qu’il ne feroit pas impoffible de donner aux buffets d’orgues, une décoration toute différente de celle qu’on leur a donnée jufqu’à préfent, à condition toutefois qu’on ne fît rien fans auparavant avoir pris les avis d’un Fadeur d’orgues habile, qui voudroit facrifier quelque chofe à la décorarion extérieure, en changeant, autant qu’il feroit néceffaire, le mé-canifme de fon inftrument, 8c en s’écartant de certaines pratiques, qui fouvent ne font fondées que fur l’ancienneté de l’ufage, 8c quelquefois fur des préjugés, ce qui eft encore pis.
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- Section 1. De Ici décoration des Buffets £ Orgues ; leurs proportions. 2 47
- Il eft de trois efpeces de buffets d’orgues ; fçavoir , les grands, les moyens 1 & les petits. Les grands buffets d’orgues ont trois parties : un pied ou maffif > une montre qui eft elle-même compofée de plates-faces & de tourelles, 8c un bâtis ou coffre de Menuiferie.
- Au devant & à quelque diftance de ce premier buffet, eft placé un autre plus petit, que l’on nomme pofidf \ lequel eft compofé de tourelles 8c de plates-faces , ainfi que l’autre, ( ce qui eft commun à toutes les trois efpeces d’orgues).'Ce petit buffet ou pofitif n’a point de maffif ; mais les tourelles pofent au nud du fol de la tribune, 8c quelquefois defcendent en contre-bas en forme de pendentifs.
- Les moyens buffets d’orgues font ceux qui font compofés d’un maftif 8c d’une Montre, ainfi que les grands, mais qui n’ont point de pendentifs. Les petits enfin font des efpeces de pofitifs 5 lefquels par conféquent n’ont point de maffifs, & qui font propres à l’ufage des petites Eglifes, dans lefqueiies pn grand buffet d’orgues ne peut pas être pofé fans inconvénient.
- Toutes ces trois efpeces de buffets d’orgues font entourées de Menuiferie , tant par derrière que par les côtés 8c par le deilùs, pour garantir & conferver l’intérieur de l’orgue. On pratique auffi dans les derrières 8c par les côtés des buffets d’orgues, des portes d’une grandeur fufiifante pour pouvoir y paf* fer commodément, 8c pour travailler à l’intérieur de l’orgue, ainfi que je le dirai en fon lieu.
- Le pied ou maftif d’un orgue, eft un corps de Menuiferie qui fert à élever la montre, 8c dans la hauteur duquel font placés les claviers des pédales , 8c les claviers à la main, les regiftres, les abrégés, ainfi que tout le mécanifme intérieur qui fait jouer tout l’inftrument. Ce maffif fert auffi de fou-baffement à toute la face de l’orgue ; c’eft pourquoi il faut, du moins autant qu’il fera poffible, que fa hauteur, y compris la corniche qui le couronne , ne pafîe pas les deux tiers ou environ de la hauteur de la montre, prife du deflus de la corniche du maffif au-deffus de la moyenne tourelle, afin que la hauteur du maffif ne difpute point avec ceile de la montre, laquelle doit dominer.
- Les tourelles font des parties de la montre , qui faillent du nud du de ant du bâtis de cette derniere de la moitié de leur largeur, plus env r en un feptieme de leur diamètre , de forte quelles forment un demi-cerc’e nar ieur plan, dont le centre eft éloigné du devant du buffet d’environ un feptieme du diamètre de ce même demi-cercle , ainfi que je l’ai dit ci-deffus.
- La corniche qui couronne le maffif du buffet d’orgues, doit tourner au pourtour des tourelles, ou pour mieux dire, leur fervir de bafe ; & le deffous de ces corniches ( à l’endroit de chaque tourelle ) eft terminé par des culs-de-lampes, ou foutenu par des confoles, ce qui eft mieux. Il y a des buffets d’orgues où l’on met des figures en forme de Cariatides, ou des buftes terminés par
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- 248 MENUISIER, IL Partie, Chap. VU
- des pilaftres en guaînes à la place de ces confoles, ce quil faut éviter. Cette maniéré de foutenir les tourelles paroît contraire à la vraifemblance & à l’humanité. Le deffus des tourelles eft couronné par un entablement d une hauteur proportionnée à celle des tourelles , c eft-à-dire , qui n aura jamais plus de hauteur que le fixieme de la tourelle au plus, 8c le dixième au moins. Cet entablement tourne autour du corps de la tourelle , excepté par derrière, où cela feroit inutile. Le deflus de cet entablement eft terminé par des amortif-fements, fur lefquels font pofées des figures ou des trophées de mufique, ce qui eft encore mieux. En général, il faut éviter que les corniches tant du deffus que du deffous des tourelles, faffent trop de reffaut, parce que non-feulement ces petites parties font mal, mais encore deviennent inutiles, ne pouvant pas s’appercevoir d’en-bas, pour peu que l’orgue foit élevé.
- Les plates-faces font des parties de la montre* qui font comprifes entre les tourelles, & qui font arrafées au corps du buffet d’orgues ; leur hauteur eft toujours moindre que celle des tourelles, & n’eft prefque jamais terminée de niveau, parce que la traverfe du haut fuit la pente que forme la diminution des tuyaux , félon la maniéré dont on les arrange. Le haut des plates-faces eft terminé par des traverfes chantournées & taillées d’ornement, qui font ordinairement percées à jour ; ces ornements defeendent de J à 6pouces en contrebas de deffous de la traverfe du bâtis, & fervent à retenir les tuyaux de la montre , & à en cacher l’extrémité fiipérieure : ces efpeces de traverfes percées à jour, fe nomment claires-voies ou clairs-voirs.
- Le haut des tourelles, immédiatement au-defïous de l'entablement, eft aufîi terminé par des claires-voies, dont l’ufitge eft le même qu’aux plates-faces ; c eft pourquoi il faut que le diamètre intérieur des claires-voies des tourelles , foit égal à celui du focie qui porte les tuyaux , afin que ces derniers foient toujours d’à-plomb.
- Quant à la forme générale des buffets d’orgues, elle a toujours fort varié : car il en eft de droits fiir leur plan, d’autres d’une forme ronde, d’autres creux, enfin d’autres en S ou bien avec des reffauts ; mais en général ceux d’une forme quarrée font les meilleurs pour la folidité de la conftruélion, ainfi que je le démontrerai ci-après.
- Cependant il faut éviter de les faire d’une forme bombée fiir le milieu, parce que cette forme éloigne trop le fommier, ce qui alors oblige de faire un renfoncement dans le milieu du maffif, dans lequel on place le clavier, afin que la communication de ce dernier avec le fommier, fe faffe d a-plomb ; ou bien fi on veut que le devant des claviers affleure le maffif, on eft alors obligé de multiplier les mouvements pour la communication du clavier avec les abrégés, qui alors fe trouvent affez loin de l’à-plomb du clavier, ce qui eft un inconvénient qu’il faut éviter, parce que l’inftrument n’eft pas fi folide, & ne va pas fi bien.
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- Section /. De la décoration des Buffets d* Orgues ; leurs proportions. 149
- Pour ce qui eft de la décoration des buffets d’orgues, elle a auffi fort varié ; : cependant il faut quelle foit toujours dirigée par la vraifemblance & le bon goût. C’eft pourquoi il faut prendre garde de fe laifîer féduire par les exemples de ceux qui font faits, lefquels ( du moins pour le plus grand nombre ) n’ont d’autre mérite que beaucoup de hardieffe dans l’exécution , mais dont prefque toutes les parties font contraires aux loix de la pofftbilité, ou du moins de la vraifemblance, ce qui eft fort à confidérer. Il faut .auffi y éviter les petites parties, tant dans l'architecture que dans les ornements, lefquels étant faits pour être vus de loin, doivent toujours compofer de grandes maffes. On a auflï la coutume de faire faillir les deux cotés de la montre au-delfus du maffif, de la largeur de la tourelle de l’angle, ce qui fait un porte-à-faux que l’on racheté par des confoles qui foutiennent, ou pour mieux dire, femblent foutenir les deux tourelles & les deux côtés du buffet. Je ne fai la raifbn qui a obligé à faire cette faute à prefque tous les buffets d’orgues, ( car enfin tout porte-à-faux en eft une très-grande), puifque cette inégalité de largeur du maflif-& delà montre d’un buffet d’orgue, au lieu de faciliter l’exécution de la mécanique intérieure de l’orgue, ne fait que la rendre plus compliquée ; car elle oblige à faire un ou deux tirages de plus pour les jeux de pédales ; c’eft pourquoi je crois que fi, malgré fufage, on faifoit tomber à-plomb les côtés de la montre d’un buffet d’orgue avec ceux de fon maffif, on feroit beaucoup mieux * & l’ouvrage n’en auroit pas moins bonne grâce. (*)
- Le. maflif d’un buffet d’orgue, eft orné de pilaftres & de panneaux, le£ quels répondent aux tourelles 8c aux plates-faces de la montre, c eft-à-dire ^ qui tombent à-plomb de ces dernieres ; le milieu eft occupé par une ouverture qui fert à placer les claviers 8c les regiftres. Quand un buffet d’orgue eft d’une certaine richeflè, on peut orner le pourtour de cette ouverture d’un chambranle,; ce qui fait affez bien.
- La corniche qui couronne le maflif, doit toujours avoir à-peu-près la forme d’un entablement régulier, c’eft-à-dire, quelle doit être compofée d’un architrave , d’une frife & d’une corniche, parce qu’il eft néceflàire que la frife le leve, ainfi que je le dirai ci-après.
- ! Le refte du corps du maflif eft formé par des panneaux de Menuiferie } affemblés à petits cadres, ou même à moulures Amples ; & on y obfervera une porte par derrière, & quelquefois par les cotés. ( Voye£ les Fig. 2 & 4
- Le pourtour du deffus du buffet eft auffi fermé de Menuiferie , ainfi que la maffif ; pour ce qui eft du derrière, on y fait des portes fur toute la largeur d’environ 2 pieds de large chacune, fans avoir aucun égard à la diftribution du devant, parce que cela gêneroit pour travailler à l’intérieur de l’orgue.
- (*) Je ne connoîs à Paris que le buffet d’orgue de Sainte Genevieve., où l’on ait évité le porte-à-faux, n’y ayant que les tourelles qui
- Menuisier. H. Paru
- foient dans ce cas, ce qui eft inévitable, à moins que de faire fuivre au maffif les contours destou*» relies, cc qui feroit un mauvais effet.
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- a JO MENU 1 S IER,IL Partie, Chap. VIL
- Le bas de l'ouverture de ces portes doit être placé au niveau du deflus de l'architrave du mafllf, afin quelles foient vis-à-vis des fommiers dont le deilous cft placé au-delTus de l'architrave.
- Quand le bufFet d'orgue eft très-grand , on fait des portes fur le derrière des tourelles au lieu de panneaux fixes ; ce qui eft commode en certains cas aux Facteurs pour travailler dans l'orgue : mais lorfque le bufFet n'eft pas bien grand , on fait des panneaux de Menuiferie au-deftus des portes de derrière, qui font toujours afFez grandes, pourvu quelles ayent 5 à6 pieds de hauteur.
- Le deifus des buffets d'orgue doit aufFi être fermé par des plafonds, 8c ce que les tourelles excédent au-defîùs de ces derniers, doit être revêtu de panneaux de Menuiferie, ainfi que le refte de l'ouvrage. ( Voye{ les Fig. 1,2 & 4 ),
- Pour ce qui eft de la grandeur des tourelles, ce fera celle de l'orgue qui la déterminera (*) ; cependant il eft bon de fàvoir que ces mêmes tourelles ont des proportions qui leur font propres , c’eft-à-dire, qu'elles doivent avoir des largeurs proportionnées à leur hauteur, & que leur renflement doit auflî être en proportion avec cette même largeur ; c eft pourquoi je vais donner une table de ces mefures, afin qu'on puifle voir d'un feul coup d'œil la largeur des tourelles, comparaifon faite avec leur hauteur, ainfi que leur renflement.
- Table de la hauteur & de la largeur des Tourelles, félon la grandeur des Jeux
- que ton doit mettre en Montre.
- Grandeur des Jeux,
- ire. tourelle de 32 pieds. 2. de 32 pieds.......
- 1. de24pieds.........
- 2 . de 24 pieds........
- ï. de 21 pieds 4 pouces.
- 2. de 21 pieds 4 ponces.
- 1. de 19 pieds.........
- 2. de 1 y pieds........
- 1. de 16 pieds..,. .....
- 2. de J6 pieds.........
- £. de 12 pieds.........
- 2. de 12 pieds.........
- , de p pieds 6 ponces. 2. de p pieds 6 pouces.
- 1. de 8 pieds..........
- 2. de 8 pieds..........
- 1. de 6pieds.........
- 2. de 6 pieds..........
- 1. de 4 pieds- p pouces.
- 2. de 4 pieds p pouces.
- 1. de 4pieds.........
- 2. de 4 pieds.........
- 1. de 3 pieds..........
- 2. de 3 pieds..--------
- Largeur des tourelles du dedans en dedans.
- S pieds 6 pouces de large.
- $ pieds 2 pouces...........
- 4 pieds 6 pouces.........
- 4 pieds 3 pouces 6 lignes. 4 pieds 1 pouce 8 lignes.
- 3 pieds 10 pouces..........
- 4 pieds.....................
- 3 pieds 7 ponces 2 lignes.
- 3 pieds 5 ppuces.,.........
- 3 pieds 1 pouce 4 lignes. 2 pieds 6 pouces 3 lignes. 2 pieds 3 pouces 6 lignes, 2 pieds..............
- 1 pied 10 pouces........
- 1 pied 8 pouces.........
- 1 pied 6 pouces 3 lignes.
- 1 pied 3 pouces 8 lignes.
- 1 pied 2 pouces 10 lignes. 1 pied 1 pouce 4 lignes.
- 1 pied o...........8 lignes.
- 1 pied o........8 lignes.
- o 11 pouces 8 lignes.
- o 10 pouces..........
- o p pouces................
- Renflement des tourelles.
- p p. de renflement
- 8 pouces........
- 7 pouces........
- 7 pouces........
- 7 pouces........
- 7 pouces........
- 6 pouces........
- 6 pouces........
- 6 pouces......
- 6 pouces. .......
- y pouces........
- 5 pouces........
- 4 pouces 6 lignes. 4 pouces 6 lignes. 4 pouces........
- 4 pouces........
- 3 pouces........
- 3 pouces........
- 2 pouces 6 lignes. 2 pouces 6 lignes. 2 pouces........
- 2 pouces........
- 1 pouce 6 lignes. 1 pouce 6 lignes.
- Hauteur des tourelles, du dedans en dedansJ
- 3 6 pi. pp. de haut 3 6 pieds p pouces 28 pieds 2 pouces 28 pieds 2 pouces. 2p pieds.......
- 25 pieds 22 pieds
- 22 pieds.....
- 19 pieds..........
- 19 pieds.........
- 14 pieds..........
- 14 pieds..........
- il pieds........,,
- 11 pieds..........
- p pieds 6 pouces, p pieds <5 pouces.
- 7 pieds,..........
- 7 pieds...........
- 6 pieds...........
- 6 pieds.......
- y pieds...........
- y pieds...........
- 4 pieds...........
- 4 pieds...........
- (*) Çe n’eft pas proprement dit la grandeur «le l’orgue qui donne celle des tourelles, mais c’eft la grandeur des plus grands tuyaux de la montre, qui donne cette proportion ; c’eft pour-
- quoi les Faveurs d’orgues appellent, par exemple, un orgue de 16 pieds celui dont les tuyaux des plus grandes tourelles, ( s’il y en a deux pareilles, ou de la plus grande, s’il n’y en a qu’une,)
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- Section L Dé la décoration des Buffets dé Orgues ; leurs proportions• 1 JE Quant à la difpofition des tourelles, l’ufage le plus commun eft d’en mettre une au milieu ; mais cela eft affez indifférent. Je crois cependant quun buffet dorgue feroit encore mieux s’il y avoit une plate-face au milieu, ce qui feroit plus conforme aux réglés de la bonne Architeélure. Pour ce qui eft de mettre les plus grandes tourelles au milieu ou fur les côtés, c’eft la place qui doit déter* miner pour l’une ou l’autre maniéré, parce qu’on eft louvent gêné par les reins d’une voûte, ce qui oblige de mettre les plus grandes tourelles au milieu ; ou bien au contraire, lorfqu on veut jouir d’un jour qui fe trouve au milieu de la tribune, on met les plus grandes tourelles fur les côtés, & les plus petites au milieu.
- Ce que je viens de dire touchant la décoration des buffets d’orgue, eft applî-quable aux trois differentes elpeces dont j’ai parlé ci-defîus , du moins pour le général ; toute la différence qu’il peut y avoir , n’eft que pour la maniéré de placer les claviers, qui fe placent quelquefois par derrière aux orgues de la moyenne elpece, & toujours de cette maniéré à ceux qui font en forme de po-fitifs. Pour la grandeur de l’ouverture ou fenêtre où fe placent les claviers , c’eft toujours la même chofè à toutes les orgues ; il n’y a que quand on ne met qu’un rang de regiftres de chaque côté, on peut diminuer 7 pouces de la largeur de la fenêtre, parce que chaque côté à deux rangs* de regiftres, ne contient que 7 pouces d@ largeur, ce qui fait 14 pouces pour les deux. Voye£ les Fig. 1,2, 3,4 <9 y, de la PL 94, lefquelles repréfentent les différentes élévations, coupes & plan d’un buffet d’orgue compofé de cinq tourelles, dont celle du milieu eft de la proportion d’un 16 pieds, celles des bouts ont 12 pieds de proportion, & celles d’entre-deux 9 pieds 6 pouces, dans lequel buffet d’orgue j’ai ftiivi exactement:
- toutes les proportions dont j’ai parlé ci-deilùs.
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- Section Second ej
- De la ConjlruBion des Buffets iOrgues-
- À p r ê s les connoiffances générales que je viens de donner touchant la forme & la décoration des buffets d’orgue, il eft très-néceffaire d’entrer dans le détail de leur conftruétion, afin de joindre la folidité à la propreté , ce qui eft mon principal objet.
- Si la folidité eft néoeffàire aux ouvrages de Menuiferie, il eft certain que les buffets d’orgue en exigent beaucoup plus que tout autre, puifque le moindre,
- celui, dis-je , dont les plus grands tuyaux de ces tourelles ont 16 pieds de haut depuis leur ouverture jufqu’en haut ; c’eft pourquoi j’ai difpofé 3a table de la proportion des tourelles , en y comprenant la hauteur des tuyaux depuis leur ouverture aufïi bien que leurs pieds, afin de donner aux Mcnuiüers la véritable hauteur des tourelles.
- H faut obferver que j’ai confultéDom BédoSg Auteur de VArc du Faôhur d’Orgues, pour toutes les mefures qui ont rapport au mécanifme de l’Orgue , 8c que nous nous fommes communiqués pour tout ce qui regarde la Menuiferie des buffets.
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- 252 M E N U I S I E R, II. Partie, Chip. Vif. J
- ébranlement eft capable de déranger toute la mécanique de cet infiniment, ou du moins Tendommager beaucoup ; c’eft pourquoi les Menuifiers ne fauroient prendre trop d'attention en déterminant les formes d’un buffet d’orgue, la qualité & la grofîeur des bois, & les différents affemblages qu’ils doivent y employer.
- Avant de parler de la conftruélion d’un buffet d’orgue, il eft bon d’ob-ferver que Ion intérieurdoit être uni de tous côtés , fans qu’aucune partie y foit faillante ; qu’il faut, autant qu’il fera polfible, mettre des bois de longueur, fur-tout aux traverfes qui forment les architraves ou qui les portent, afin d’empêcher l’écartement du bâtis de la carcafte du buffet, ( * )
- On nomme carcajje le bâtis d’un buffet d’orgue : elle eft compofée de montants & de traverfes, & dans les grands buffets elle eft féparée en deux parties fur leur hauteur.
- Les bois de ces bâtis doivent avoir 2 pouces d’épaîffeur aux plus petits buffets d’orgues, & ç à 6 pouces aux plus grands , & être d’une largeur relative à la place où on les emploie ; c’eft-à-dire, qu’il faut qu’ils aient de largeur, premièrement le champ, plus Icmbreuyement ou la moulure, fi cette derniere n?eft pas ravalée , ce qui eft plus fblide. ( Voye£ les Fig. 4 > 5 & 7 9 de la PL
- Quant à la largeur des champs, elle varie depuis 3 à 4 pouces jufqu’à 6y fe^ Ion la grandeur de l’ouvrage.
- Pour ce qui eft des traverfes, elles doivent avoir une même largeur de champ & de moulure que les battants ; & fi l’on craignoit que cette largeur ne fût pas fiiffifànte pour faire un aftemblagefblide, on les feroit plus larges de 3 à 4 pouces , & on les ravaleroit, par-devant jufqu’au fond de la rainure du panneap, de maniéré qu’on y feroit un double aftemblage , ce qui feroit plus fblide.
- En général, un buffet d’orgue , du côté de la montre, eft compofe de montants qui portent fur le fol de la tribune , & qui font aflemblés en chapeau dans la traverfe qui porte l’architrave , laquelle régné de toute la largeur du buffet, pour en empêcher l’écartement, ainfi que je l’ai dit ci-defîîis. Lorfque les buffets font d’une trop grande longueur pour que ces traverfes foient d’une feule piece , on les rallonge à traits de Jupiter , en obfervant toutefois que ce dernier ne fe trouve point dans les affemblages qui fe font dans ces traverfes. Pour ce qui eft de leur largeur , ce fera celle de l’architrave , afin qu’ils aient le plus de largeur poffible, & pour donner plus de folidité à l’ouvrage.
- L’ouverture ou la fenêtre du milieu du maflif, doit avoir 6 pieds de haut fur 3 pieds 6 pouces de large,; & on doit y placer une traverfe, dont le defius doit être à la hauteur de 3 pieds , laquelle traverfe fert à pofer les claviers à la main.
- ( * ) Comme les différentes grandeurs des buffets d’orgues pourroient changer quelque chofe à leur conftruétion , j’ai cru devoir avertir que ce que je vais dire n’eft qu’en général,
- & que l’on pourra s’écarter des réglés que je donne ici, étant des occafions où l’on eft borné par la place ou par l’ordonnance du plan.
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- Section IL De là Conjlruclioh des Buffets d’Orgue. z
- 'Il ne faut point mettre de traverfe par le bas de cette fenê.tre, parce quelle liuiroit aux machines qui correfpondent aux claviers des pédales; on n’y met feulement qu une traverfe par le haut, laquelle reçoit un panneau qui monte jufqu’à farchitrave ; ce panneau eft plus ou moins haut-, félon la grandeur de 1 orgue : il y en a qui ont jufqu à 8 pieds de hauteur, ce qui eft néceffaire pour placer intérieurement les abrégés & toute la mécanique qui fe trouve comprife entre les claviers à la main & les fommiers. Les panneaux qui rempliffent le refte de la face du maffif, entrent à rainures 8c languettes dans des cadres qui font eux-mêmes embreuvés dans les montants du maflif ; mais il vaudroit mieux que ces moulures fuftent prifes à même le montant^ ce qui feroit plus folide, ainfiquè je l’ai dit plus haut. Quant aux traverfes de ces panneaux, elles s’alfemblent fé-parément entre les montants de la carcafte, chacune félon la largeur du panneau^ & redefcendent de toute leur largeur en contre-bas de la traverfe qui porte Tar^ ch'itrave , dans laquelle traverfe elles entrent à rainure & languette.
- Lorfque le buffet d’orgue- n eft pas d’une grandeur confidérable , Cm prend la faillie de l’architrave aux dépens de la traverfe, ce qui vaut mieux que de la rap* porter. En général, bn ne fait point de tenon par le bout de cette traverfe * mais des mortaifes, parce quelles fervent comme de bafe au refte du buffet. La traverfe du deffus de celles dont je viens de parler, doit auffi avoir de longueur toute la largeur de l’orgue ; & elle ne différé de la première, qu’en ce qu’on f fait des tenons par les bouts, lefquels entrent dans les montants des tourelles des? angles : cette traverfe fett à porter la corniche ; & on peut, lorfque cetté derniers n’eft pas confidérable, la prendre dans la même pièce ainfi que rarchitravè* La traverfe qui porte la corniche, s’affemble avec celle qui porte l’architrave £ pat des* montants qui ont de hauteur la largeur de la frife , & que l’on place à l’à^ plomb de chaque montant des tourelles. L’efpace qui fe trouve entre la frife * la corniche & les montants refte vuide, ou pour mieux dire, la frife fe leve pour pouvoir travailler aux fommiers, & on ne fait point de feuillures pour foutenir les frifes rapportées ; mais on y met des taquets de diftance en diftance, afin dè ménager la largeur. Vôy. la Fig. 3 , dont la moitié repréfente la carcaffe du h btuTét d’orgue dépouillé de tous fes ornements-.
- Les entablements des mafîifs qui foutiennent lès tourelles, fe rapportent en trois parties différentes ; favoir, l’architrave , la frife & la corniche : l’architrave 8c la corniche s’alfemblent à clefs dans les traverfes droites du bâtis, lefquelles clefs paffent dans des mortaifes, cote a a, Fig. 3. La coutume étoit de faire pa£ ferles clefs au travers des traverfes du bâtis, 8c oh les arrêtoit par derrière avec d’autres clefs qui paffoient au travers ; mais la faillie de ces dernieres nuifoit à l’intérieur de l’orgue, en empêchant les fommiers d’approcher affez près ; c’eft pourquoi il vaut mieux couper ces clefs au nud des traverfes, 8c les arrêter avec ces dernieres par des boulons de fer, auxquels on fera des têtes pour pouvoir les retirer. Voye^ les Fig. j* S 6, de la JP/. , dont l’une repréfente la coupe dû
- Menuisier. IL Paru T 11
- Pi ANCHES
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- 254, ME N UIS I E R, IL Partie. Chap. VII.
- l'entablement d'un maflif foutenant une tourelle , & l'autre le plan de cette même tourelle avec la place des clefs & des boulons. On peut auffi foutenir toute la raaffe des tourelles par des barres de fer que l'on entaille & attache tant deflous l'architrave , que fur le pilaftre qui fe trouve deflous. Cette barre le trouve cachée par les ornements que l'on met au-deflous des tourelles , ainfi qu'on peut 1© voir dans les Fig. 4 & J 3 PL 94- & 5 , PL 95.
- Les frifes des tourelles fe lèvent auffi ; c'eft pourquoi on les fera de bois évide , félon leur cintre ; & pour plus de folidité, on les conftruira de plufieurs pièces de bois aifemblées à traits de Jupiter, fi les tourelles font d'un grand diamètre , ôu bien en flûte on à entaille , fi le diamètre eft trop petit pour faire des aflem-blages.
- La corniche & l’architrave qui portent les tourelles, fe font en plein bois, à moins qu'ils ne foient d’une trop grande hauteur, alors on les fait de plufieurs pièces de bois collées en flûte , & on remplit le deftiis & le deflous par un fond de bois de forte épaifleur.
- On met aufli entre l'architrave & la corniche un montant qui fert à foutenir cette derniere ; ce montant fe place environ au tiers de la faillie de la tourelle , & on le fait le plus petit pofîible, afin qu'il embarrafle moins ; c’eft pourquoi on fait très-bien de le faire en fer. ( Voye^ la Fig. J, PL 95 ).
- Les tourelles reftent vuides de toute leur hauteur , leurs montants étant a£ femblés par le bout d'en-bas dans la corniche du maflif, & par le haut dans leu£ entablement, lequel eft bâti tout d'une feule pièce, de forte qu'il couronne toute la tourelle tant for la largeur que for la profondeur qui eft égale à celle de l’or-; gue. ( Voye{ les Fig. l, 2,3 & 4 ).
- Lorfque les tourelles feront d'une grandeur un peu confidérable, on ferai très-bien d'y aflêmbier par derrière de leurs montants de face des traverfes à environ 2 pieds les unes des autres, lefquelles ferviront à retenir l’écart des mon-* tan es, & en même tems d’échelle pour pouvoir travailler aux tuyaux ; cependant que les tourelles foient grandes ou petites, on doit toujours y mettre une traverfe par le haut, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 3.
- Les claire-voies des tourelles ne doivent pas être collées à bols de fil ainfi que les corniches ; mais au contraire elles doivent être du même fens que les montants, de plufieurs morceaux joints ènfemble avec des languettes rapportées ,’ telles enfin que des douves de tonneaux, afin quelles foient plus folides & plus aifées à travailler.
- On doit auffi avoir foin de donner au Sculpteur des chantiers de la même forme que le dedans des claire-voies des tourelles, afin qu elles portent par-tout également en les travaillant , & que le contre-coup ne les fafle pas fendre.
- Ces claire-voies entrent à bois de bout dans le deflous des entablemens des tourelles, & à feuillures for les montants auxquels elles affleurent en dedans , & ouelles font attachées avec des vis. ( Voye1 les Fig. r , 2 & 3 , PL 9y.
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- S ECT ION IL De la conJlruBion des Buffets d’Orgue! hyy
- Pour rendre ces claire-voies plus folides, on peut les garnir en dedans avec de la groffe toile collée ou avec du nerf de bœuf battu, Sc même y attacher en dedans une bande de fer mince, laquelle feroit attachée par ces extrémités fur les montants.
- Comme les tuyaux des tourelles doivent être d’à-plomb , comme je lai déjà dit, on eft obligé de mettre en dehors toute l’épaiffeur des claire-voies des tourelles , de forte qqe le champ à cet endroit fo trouve plus étroit de cette épaif-feur ; ce qui fait affez mal, vu que le champ eft déjà très-étroit, ce qui alors diminue beaucoup le refiaut de la corniche, ainii qu’on peut le voir dans les Fig. i, 3 & 6, cote a, PL yy.
- Pour remédier à cet inconvénient , j’ai imaginé de faire le montant plus large * Sc d’y pouffer fo; l’arrête une moulure d’une largeur égale à l’épaifleur des claire-voies , de forte que ces dernieres fo trouvent placées fans interrompre le champ en aucune maniéré. ( V oye^ les Fig. ci-deffus, cote b. )
- Les plates-faces n’ont aucuns bâtis qui leur foient propres, puifque c eft les deux montants des tourelles qui leur en fervent, Sc dans lefquels s’aftèmblent des traverfes qui font inclinées félon que l’exige la pente des tuyaux. Ces traverfes s’affembleiit en décharge dans les poteaux montants des tourelles, afin quelles les foutiennent mieux. On fait toujours affleurer le devant de ces traverfos avec les montants ; cependant, je crois que malgré l’ufàge on feroit très-bien de les renfoncer de l’épaiffeur des claire-voies, afin que ces dernieres ne débordent point for le nud des champs (* ) , ce qui feroit d’autant mieux, que l’onpour-roit pouffer une moulure for le montant de la tourelle du côté de la plate-face p ainfi qu’on l’a fait du côté de cette même tourelle.
- Comme les claire-voies des plates-faces font fouvent très-larges Sc ont beau-5 coup de retombée, il eft nécefïàire de les faire de plufieurs morceaux, afin qu’ell es foient moins fojettes à fe fendre. Il eft bon auflî d’y affembler les r tombées à bois de bout en forme d’emboîtures , afin que les chûtes d’ornements,’ comme guirlandes Sc autres, ne foient point expofées à fe cafter ; il eft bon auffi de garnir ces claire-voies de toile, ainfi que celles des tourelles, afin de les rendre plus folides.
- Lorfqu’un buffet d’orgue eft d’une forme cintrée fur le plan , c eft à-peu-près la même ehofe que quand il eft droit ; mais il eft moins foiide, parce que les traverfes courbes que l’on y emploie ne font jamais auffi fortes que les droites ; c’eft pourquoi il eft bon de faire ces traverfes plus épaifles qu’à l’ordinaire , Sc de les affembler à traits de Jupiter.
- Il y a même des buffets d’orgues qui non-foulement font cintrés for le plan * mais même for l’élévation, Sc dont le bas des tourelles & des plates-faces n eft pas de niveau ; dans ce cas, il eft bon de rapporter le lambris du maffif for la car-’
- (* ) Dans ce cas, il faudroit que le Fadeur l’épaiflèur de ces claire-voies, afin qu’ils fc troii^ pofât fes tuyaux dans un renfoncement égal à vaflenc toujours à-plomb.
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- 'Planche
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- a y 5 M E N U 1 S J E R, IL Part. Chap. VIL
- . cafle du bâtis qui alors monte de fond, & auquel on fait toujours des traver* fes à l'ordinaire ; & pour donner plus de fblidlté à cette Carcaffe, on en lie toutes les parties avec des bandes de fer que Ton entaille dans 1 épailfeur des bois , & que Ion attache avec des vis (*).
- Les cotés desbuffets d’orgues n Oiùt rien de particulier dans leur conftruéticmy fi ce neft que quand ces mêmes côtés font en porte-à faux, ce qu’ils excédent du maffif eft porté par des courbes cintrées en S, lefquelles font affemblées d’un bout dans la traverfe qui porte farchitrave, & de l’autre dans le montant du maf-fif. On doit obforver de ne point chantourner le dedans de ces courbes, afin de les rendre plus folides & de les affiembler toujours en décharge.
- On doit auffi faire retourner toutes les comiches fur les côtés, & décorer ces dernieres d’une maniéré relative à la richeffe du refte de l’ouvrage. Il y a des buffets d’orgues dont les côtés font ornés de tourelles & de plates-faces, ce qui fait très-bien , fur-tout quand ces côtés font fort apparents. Pour ce qui eft du der-ïiere d’un buffet d’orgue , il importe fort peu comment il foit décoré; pourvu que toutes les parties en foient folides & bien claufes, c’eft tout ce dont on a befoîn.
- Il faut faire attention que la traverfe du bas du bâtis des portes, laquelle règne à la hauteur du deftus de l’architrave, foit d’une feule piece ainfi que cette derniere, ou du moins ralongée à traits de Jupiter fi elle eft de plufieurs pièces* A environ 18 pouces plus bas que cette traverfe, régné un plancher de toute la largeur de l’orgue, qui eft porté fur des chevrons qui portent d’un bout dans le mur & de l’autre fur les montants du bâtis; ce plancher fort aux Faéleurs d’orgues pour travailler à l’orgue & à l accorder. (Voy.les Fig. r, 2 <§’ 4, PL pq.J En général, quelque Loin que les Menuifiers prennent pour faire un buffet d’orgue parfaitement folide, on doit encore‘en affiner les affemblages par des équerres & des liens de fer, de même que la mafle entière du buffet, qui doit être Tetenu dans les murs par des tirans & de fortes barres de fer placées en plufieurs îens pour éviter toutes fortes d’ébranlements.
- Je ne donnerai pas d’autre réglé que celle que j’ai donnée pour la grofîeur des bois des buffets d’orgue, vu que les différentes grandeurs font trop multipliées. Tout ce que je puis dire , c’eft qu’ôh ne fauroit Faire ces ouvrages trop folides* On fera auffi très-bien d’y faire des affemblages doubles, for-tout aux principales parties ; comme auffi d’y mettre dans les bâtis des écharpes & des croix de $. André , lefqiielles empêcheront rébranlement, & ferviront à retenir les panneaux, telles que celles de la Fig. 3. Quant à ces derniers, on ne peut pas les faire de moins de 9 lignes d’épaiffeur aux plus petits buffets d’ôrgues, & un pouce & demi aux plus grands. Quand ces panneaux deviendront d’une hauteur
- (*) Je crois que cette maniéré de rapporter les lambris fur le maffif des buffets d’orgues cintrés en plan & en élévation feroit très-bonne pour tous les autres, fur-tout pour les buffets
- d’une grandeùr confidérable , vu qu’on pourront les réparer avec plus de facilité, & que cette méthode en accelereroit beaucoup l’exécution, ce qui eft fort à coufidércr,
- au-deflus
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- Section //. 13 e là cotijlmcdioti des Jdujjfets et Orgue s, 2 y y
- au-defîus de 6 pieds, on pourra y mettre de fauffes trayerfes par derrière * lef quelles leur ferviront de barres à queues, & retiendront l’écart du bâtis*
- Voilà en général tout ce que les Menuifiers doivent fa voir touchant la déco;, ration & la conftruélioii des buffets d’orgues, la diverfité des goûts & les,différentes occafions me mettant dans l’impoffibilité d’en donner d’autres réglés que de générales : je laiffe à la prudence de ceux qui en feront ufagê, de les appliquer félon que le cas l’exigera. Cependant, je ne faurois trop le répéter * ils ne doivent rien faire , fur-tout quant à ce qui a rapport à la conftruétion , fans être parfaitement d’accord avec le Faéleur d’orgues, afin de concourir enfemblè à la perfection de ce bel inftrument. ( * )
- Comme, dans les Planches précédentes, je n’ai donné que des déveîoppemens fervants à faire connoître les principales parties des buffets d’orgues & leur conftruétion, j’ai cru ne pouvoir me difpènfer de donner ici le defiin d’un orgue complet, d’une décoration différente de celle qui eft ufitéé ; non pas que je veuille donner cette maniéré de dilpofer les buffets d’orgues comme une choie indilpenlàble ; mais au contraire , je ne la préfente ici que comme un confeil & comme une opinion qui m* eft particulière , cette maniéré ou l’autre étant indifférente pour la conftruétion intérieure du mécanifme de l’inftrument. Voye^ la PU qui repréfente l’élévation de ce buffet, 8c celle py, qui èn repréfente le plan* Dans la defcription de la Menuiferie des Eglifes, je ne fuis pas entré dans tous les détails de chaque partie, fur-tout en ce qui a rapport à la conftruétion & à la maniéré d’opérer, vu que c’eft à-peU-près la même chofe à toutes les efpe-ces de Menuiferies ; & fi quelquefois je l’ai fait, ce n’eft qu’autant qu’il m’a été ïmpoflîble dé m’en dïfpenfer ; ce que j'ai dit dans la première Partie de mon Ou* vrage & au commencement de celle-ci pouvant fuflîre pour tous les ouvrages pof fibles. C’eft pourquoi fi le Lecteur étoit embarrafle à cet égard , il pourrait y avoir recours. Il en êft de même pour les Deffîns, que je n’ai faits qu’autant quils ont été néceiïàires pour 1 intelligence du difèours, afin de ne les point trop multiplier ( **).
- ( * ) Il feroit â fouhaiter que lès Menuifiers, & en général tous ceux qui préfident à la décoration d’un buffet d’orgue, fuffent inftruits des régies de l’Optique 8c de la Perfpedive, afin de donner à l’enfemble d’un buffet d’orgue, ainli qu’aux parties qui Je composent, des grandeurs 8c des formes relatives à leur élévation 8c à la diftance d’où ils font vus, ce qui leur feroit d’un très-grand fccours, l’expérience faifant voir tous les jours que des deffeins de buffets d’orgues, ( ainû que de tous autres ouvrages fujets à avoir des avant & des arriéré-corps, Ôc être très-élevés, ainfi que font ces derniers), que ces buffets, dis-je , font très-bien deffinés géométrale-ment, 8c que quand ils font pofés en place, ils font un effet tout contraire, ce qu’on auroit prévu fi on les avoit defiinés vus en perfpe&ive.
- (**) On fera peut-être furpris que je n’aie fait aucune mention des Œuvres en parlant dei
- Menuisier, IL Paru
- Ouvrages d’Egt.ife; la raifon qui m’a empêché de le faire , eft que ces fortes d’ouvragés ne font fufcéptibles d’aucune réglé confiante, 8c que leur ufagé eft d’un bien plus grand abus que les Chaires à prêcher immobiles; rien, à mon avis, n’étant fi ridicule que de voir dans une Eglh fè une encëinte, qui (pour féparer quelques Citoyens d’avec lès autres ) gâte 8c intercepte une partie, de la largeur de fa nef; de forte qu’une Œuvre dans Une Eglifereffembletout-à-faità un comptoir de marchand, ecqui eft contre l’ordre 8c le précepte Divin. Ce n’eft pas qti’il n’y ait dë très-belles Œuvres; celle de Saint Euftache, à Paris j eft un chef-d’œuvre de Menuilerie quant à la décoration 8c à l’exécution : mais ce n’ën eft pas moins un abus pour cela; c’eft pourquoi on m’exeufera fi je n’ai pas parlé de ees fortes d’ouvrages.
- V V V
- Planches 9$ & t)].
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- 2258 M E N U I S IE R , IL Partie. Chap. K///.
- CHAPITRE HUITIEME.
- De la maniéré de pofer la Menuiferie en général. *
- Pour que la Menuiferie foit parfaite, il ne luffit pas d'avoir apporté tous les foins nécelfaires à là décoration & à fa conftruétion, il faut encore veiller à là confervation ; ce qui dépend, du moins en partie, de la maniéré dont elle eft pofée ; c eft pourquoi les Menuifiers ne fauroient prendre trop de précautions pour bien faire cette,partie de leurs ouvrages, laquelle en étant la fin en allure la durée, & en même-temps conftate l'habileté de l'ouvrier qui l'a faite.
- Avant de parler de la maniéré de pofer la Menuiferie, j'ai cru qu'il étoit à propos de parler des ferrures qui y font nécelfaires, afin de ne pas être obligé d’en donner la defcription lorfque je parlerai de leurs ulàges ; de plus cette def-cription, quoique très-néceftàire , ne fe trouvant pas dans aucun ouvrage de Serrurerie, on me permettra d'en parler , quoique faifant partie d'un autre Art que le mien, fur-tout lorfque je n'en indique que les formes & les ufàges.
- Section Première.
- Des Ferrures nécejfaires à la pofe de la Menuiferie.
- Les ferrures néceflàires au pofàge de la Menuiferie, font les clous de toute efpece tant à têtes rondes qu'à têtes plates, & les clous fàns têtes, les broches, les vis à têtes rondes ou à têtes plates, à bois ou à écrous, les pattes à lambris, appellées petites pattes, les pattes à pointes, les pattes à vis en bois, & à écrous de toutes longueurs, les pattes en plâtre, à pointes ou à vis droites & coudées , les plates-bandes courbes & droites, & les équerres de fer, lefquelles fervent à lier enfemble les différentes parties de Menuiferie & à en fortifier les joints. Je n'entrerai pas ici dans le détail de la maniéré de faire toutes ces différentes efpece? de ferrures, parce que cela appartient à l'Art du Serrurier ; je me contenterai de parler de leurs formes & de leurs ufages relativement à la Menuiferie, & d'expliquer pourquoi il faut préférer une ferrure à une autre , encore quelle foit plus coûteufe.
- Les clous font trop connus pour que j'en donne aucun détail, fi ce n'eft qu'ils font de deux efpeces ; fçavoir , les communs & les déliés ; les premiers font moins chers que les autres, mais ils font plus grofîiérement faits, ce qui fait que fur une pefanteur égale il y en a une moins grande quantité ; c'eft
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- Section L Des Ferrures nécejjaires à la pofe de la Menuiferie. 259
- pourquoi les Menuifiers font très-bien de ne s’en pas fervir, parce quë nôn-feu-lement il n’y a point de gain à le faire, mais encore parce qu’étant très-gros j proportion gardée avec leur longueur , ils font fendre le bois , ce qui n’arrivé pas, ou ce qui arrive moins, lorfqu’on fe fert de clous déliés. (JVoye^ la Fig. 1.)
- Les clous à têtes plates font ceux dont la tête eft d’une forme oblongue, ceft-à-dire, qu’elle n’a de largeur for un fens que fépaiffeur du clou, & la largeur ordinaire de l’autre. Ces clous fervent à attacher les parqüets & les planchers , & même tout autre ouvrage où l’on veut que la tête des clous né foit pas apparente. Pour les clous fans têtes, ils 11e different des autres qu’en ce quë cette derniere eft fopprimée. ( Voye£ les Fig. 2 & 3 ).
- Il eft encore une autre efpece de clou fans tête , ou du moins qui en à une
- très-petite, laquelle n’a pas plus d’une ligne de faillie au pourtour du clou ; cette
- efpece de clou fo nomme caboche , & fort à arrêter les planchers , for-tout ceux
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- de fapin. Voyez ce que j’ai dit en parlant de la pofe du parquet > page 164.
- En général, pour ce qui eft de la qualité des clous, ceux qui font de fer doux font les meilleurs , parce qu’ils font moins fujets à caffer ^ ce qui eft d’un très-grand avantage, tant pour l’économie que pour la folidité de l’ouvrage;
- Les clous fe vendent à la livre de toutes fortes de longueurs & groffeurs convenables , & font diftingués par des nombres félon leurs différentes longueurs* Les plus petits fe nomment clous de quatre , ceux au-deffos clous de Jix, de huit, de dix, enfin de dou^e, qui eft la plus grande longueur, du moins pour l’ordinaire»
- Les Menuifiers fe ferment aufîi d’une autre efpece de clous, que l’on nomme cio us-d’ épingles ; ces clous font faits avec des fils-d’archal, coupés de différentes longueurs félon leurs grofîeurs; leur tête eft ronde & plate, & eft faite à froid. On trouve de ces clous de toutes fortes de longueurs, c’eft-à-dire, depuis 3 lignes jufqu’à 2 pouces , ce qui eft très-commode pour faire de menus ouvrages. ( Voye^ la Fig. 5. ) Ces fortes de clous fe vendent au paquet dans lequel il y en a un cent; mais ceux qui en employentbeaucoup, les achètent à la livre, en quoi ils ,ont plus de profit.
- Les broches font des efpeces de clous ronds, lefquelles n’ont point de tête faillante ; cependant lorfqu’elles font forgées, on les frappe à froid for leur extrémité fopérieure, afin de les élargir un peu , & quelles ne paffent pas au travers du bois. Pour qu’une broche foit bien faite, il faut qu’elle ne foit pas trop groffe, proportion gardée avec fa longueur, quelle foit dégagée du milieu , afin quelle ne fafte pas fendre le bois & quelle ne prenne que de la tête : les broches font de toutes fortes de longueurs, depuis 2 pouces jufqu’à 6 & même 8 pouces : elles font faites par les Serruriers qui les vendent à la douzaine. ( Voyej la Fig. 4).
- Les vis en bois different de celles à écrous, en ce que le filet de ces dernières eft peu creux & d’une largeur à-peu-près égale à l’intervalle qui régné
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- entre deux , & que là tige eft d’un diamètre égal d’un bout à l’autre ; au lieu que les premières, c’eft-à-dire , celles en bois, diminuent en venant à rien par le bout, leurs filets font plus écartés & taillés à vive arrête , & la fpirale qu’ils forment eft beaucoup plus fenfible qu’aux autres , ce qui eft néceflàire pour que le tarau qu’elles fè forment dans le bois ne s’éclatte pas & puilîe réfifter à la
- Il faut auflî obferver que la pente que produit néceflàirement la vive-arrêté élu filet, ne foit pas égale des deux côtés , mais beaucoup plus droite en deflus qu’en deftous , afin quelles prennent avec plus de force & d’aélivité dans le bois.
- La tête des vis eft ronde par Ion plan, & quand leur extrémité fupérieure, ou pour mieux dire leur tête , eft d’une forme bombeé, ainfi que la Fig. io , on les nomme vis a têtes rondes ; Sc celles dont le deflus eft droit, ainfi qu’à la Fig. p , fe nomment vis a têtes fraifées : le deftous des têtes de ces dernieres eft aminci fur les bords , afin qu’elles foient moins enfoncées dans le bois, à la fur-face duquel elles doivent affleurer.
- En général, toutes les vis font fendues par le milieu de leurs têtes, afin de pou* voir les tourner, ce qui fè fait par le moyen d’un outil nommé tourne-vis, lequel n’eft autre chofe qu’une efpece de petit fermoir dont le manche eft de bois garni d’une virole du côté du fer, pour empêcher que l’effort que l’on fait en tournant les vis ne le fafle fendre ; ce manche doit être peu long Sc d’une forme méplate en élargiflànt du haut, afin de donner plus de force à celui qui s’en fert,
- ’ Le bout du fer dutourne-vis ne doit point être affûté à vif, parce qu’il n’au-roit pas aflez dé prile, & qu’il feroit fujet à s’éclatter ; il faut auffi que fon extrémité foit un peu creufe fur fà largeur, afin qu’il prenne mieux, fur-tout dans les vis à têtes rondes. ( Voye^ la Fig. 23 ). Il eft bon auflî d’avoir destour-ne-vis de différentes grofleurs , afin qu’ils entrent plus juftes dans la tête de la vis, qui eft fendue plus ou moins large félon quelles font plus ou moins
- On trouve des vis de toutes longueurs & grofleurs , félon les différents be-foins ; il y en a depuis 3 lignes de longueur jufqu’à 4 & même 6 pouces , tant fraifées qu’à têtes rondes ; il en eft auflî qui font taraudées jufqu’au collet, lef* quelles font propres à attacher des bandes de fer ou autres chofes très - minces# Ces vis font fournies aux Menuifiers par les Serruriers qui les vendent à la douzaine , ainfi que les pattes & les broches.
- Pour ce qui eft des vis à écrous, dont l’ufage eft de ferrer les aflembla-ges des bois de lits , des armoires & de tous autres ouvrages fujets à être démontés, il en eft de trois efpeces, du moins quant à la tête ; fàvoir, celles qui font à têtes quarrées, comme la Fig. 15 , celles à têtes rondes, dont le milieu eft percé d’un trou en forme de piton , comme la Fig. 16, & celles à têtes rondes ou plates, comme la Fig. 17. Les
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- Les premières font les plus en ufage, à caufe de la facilité qu’il y a de les ; ferrer ; mais la trop grande.faillie de leur tête les rends incommodes, & nuit à ceux qui paifent auprès de fendroit où elles font. Ces fortes de vis fe ferrent avec une clef qui eft un morceau de fer. plat d’environ 3 à 4 lignes d’épaif-feur, lequel eft percé de y ou 6 trous quarrés de différentes largeurs, pour pou* voir fervir à plufieurs vis. Le manche de cette clef eft aüfli de fer & eft recourbé à angle droit, afin qu’on ne fe frotte pas les mains contre le bois en ferrant les vis. ( Voyc^ la Fig. 22 ).
- Les vis à têtes rondes font plus propres que celles dont je viens de parler; mais elles ont toujours le défaut d’être trop faillantes : celles à têtes plates leut font préférables.
- On ferre les vis à têtes plates par le moyen d’une clef faite eü forme de T t dont la partie principale vient en «’élargilîant par en-bâs, & embrafle la tête de la vis dans laquelle elle entre par le moyen de deux entailles quarrées qui font faites vis-à-vis l’une de l’autre des deux côtés de la tête de cette derniere. ( Voyej la Fig. 24). fl y a des vis à têtes plates lefquelles n’ont point d’entailles pour les forrer ; mais à la place de ces derniereS, on y perce deux trous dans là tête, vis-à-vis l’un de l’autre, dans lefquels entre une clef qui eft dilpofée à cet effet. Ces vis font très-bonnes, vu qu’on peut les enterrer dans le bois ; mais elles font peu en ufage dans la Menuiferie ordinaire, vu leur trop grande dé-> penfe , 8c la fojétion qu’il y a d’avoir des clefs faites exprès poür chaque grofo feur des têtes devis ; ou bien de faire des clefs mobiles lefquelles coûtent très cher.
- Les têtes des trois efpece s de vis dont je viens de parler, rie portent pas immédiatement fur le bois ; maïs elles en font féparées par une rondelle ou plaqué de fer au travers de laquelle elles paifent, afin d’empêcher que le frottement des-vis ne gâte le bois, 8c que par la fuite.lès têtes de ces dernieres ne iy en^ terrent.
- Il eft encore une autre elpece de vis à écrou , que fon nomme vis à parquet de glace, laquelle a la tête ronde 8c plate, & fendue par le milieu. Les écrous de ces vis font longs de 2 à 3 pouces, & ont deux branches recourbées dont les / bouts font fendus 8c recourbés pour être fcellés : ces branches ne doivent pa$ avoir plus d’un pouce 8c demi de long, afin que les trous que l’on fait pouf les fceller, ne percent pas au travers du manteau de la cheminée : ces vis ne doivent avoir que deux pouces de long aü plus, pour la même raifcn que je viens de dire ci-delfus. ( Voye[ la Fig. 18).
- Il eft de deux fortes de pattesà pointes ou en bois, ce qui eft la même chofe, ainfi que je l’ai dit plus haut ; lavoir, les grandes & les petites, que l’on nomme pattes à lambris : elles font toutes compofées d’une tige ou pointe, d’une tête & d’un colet ; la tête des pattes eft plate, mince & droite avec un des côtés de fa tige, afin de bien porter fur le bois ; le colet ou mantonnet eft du côté oppofé, 8c a d’épaiifeur ce que la tige a de plus que la patte, plus une petite faillie que Menuisier. IL Pan. ' X x x
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- 5 Ton obfervë au-deflus de la première, afin que Ton puifle frapper deffus plus aifément pour l’enfoncer. Pour qu’une patte foit bien faite, il faut que le man-, tonnet foit bien quarré , afin que le coup ne glifle pas deflus, & que fà tige foit bien déliée pqur qu’elle puifle entrer plus aifément. Les têtes des pattes à pointes font percées de deux trous dans lefquels paflent de petits clous ou des vis qui fervent à les arrêter ayec l’ouvrage. Les pattes à lambris n’ont qu’un trou à caufe de leur petitefle , & font quelquefois polies pour plus de propreté. ( Voye£ les Fig. 6 , 7 & 8. )
- Les pattes en plâtre ne different de celles dont je viens de parler, qu’en ce quelles n’ont point de mantonnet, que leur tige eft plate , & que le bout de cette même tige eft fendu en deux Sc recourbé, afin de pouvoir tenir plus folidement dans le plâtre.
- Les plates-bandes & les équerres ne font autre chofe que des bandes de fer plat, que l’on perce de plufieurs trous pour pouvoir les attacher fur l’ouvrage avec des vis. Lorfque ces ferrures font apparentes, on les blanchit, & on les arrête avec des vis à têtes fraifées, félon qu’il eft néceffaire pour la propreté Sc la folidité de l’ouvrage. ( Voye£ les Fig. 19, 20 & 21. )
- Les pattes à vis font celles qui font taraudées d’un bout Sc à feelement de l’au.. tre, ou percées de trous pour les attacher fur le bois qui fe trouve derrière la Me-nuiferie. Il en eft de toutes longueurs, de droites Sc de coudées, félon les différents befoins. ( Voye{ les Fig. 11 , 12 & 13.)
- Il eft encore une autre efpece de pattes, lefquelles au lieu de vis ont une pointe qui eft recourbée en retour d’équerre, & dont l’autre bout eft à fcelement droit ou coudé félon que le cas l’exige. ( Voye^laFig. 14.)
- Je ne parlerai point ici des ferrures fervant à la Menuiferie mobile, parce que cette partie a déjà été traitée dans l’Art du Serrurier, fait par M. Duhamel du Monceau , & que d’autre part les Serruriers de Paris font feuls en pofTeffion de pofer les ferrures de la Menuiferie. Cependant comme les Menuifiers de province ferrent leurs ouvrages eux-mêmes, j’ai cru ne pouvoir me difpenfer de dire ici quelque chofe touchant les différentes ferrures & la maniéré de les pofer.
- Les ferrures les plus en ufàge font les fiches tant à vafes que celles à nœuds Sc à boutons, les couplets, les charnières & les pivots , les ferrures de toutes ef peces ^ les vérouils, les targettes , les bafcules, les efpagnolettes, &c.
- Toutes ces ferrures fe font en fer ; cependant lorfque l’ouvrage eft d’une certaine conféquence, on les fait quelquefois en cuivre ; mais ces fortes de ferrures font moins folides que celles de fer, parce que celles de cuivre ne pouvant être que fondues, font fujettes à fe cafter ; ce n’eft cependant pas qu’on ne puifte les forger, mais elles deviendraient extrêmement coûteufes ; c’eft pourquoi on fera très-bien de ne faire en cuivre que le palâtre ou bâtis des ferrures,
- Sc les ornements que l’on peut adapter aux ferrures, & qui 11’ont pas befbin de folidité. Quant aux autres ferryres, il vaut mieux les faire enfer; &
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- Sectîon L Des Ferrures hécejfuires à la jmfe de la Meàuiferié. i'6$ lorfque l'ouvrage fera très-riche, on pourra les polir, les tourner & les cifeler félon qu'il fera nécelîaire.
- Il feroit fort à fouhaiter que les Menuifiers ferraflent eux-mêmes leurs ouvragés* parce que non-feulement ils le ieroient mieux que les Serruriers , niais encore parce qu ils préviendroient tous les accidents qui peuvent arriver, foit par lé défaut du bois * foit en ménageant le jeu néceffaire & la place la plus convenable pqpr placer leurs ferrures en les éloignant des affemblages & des parties nœuib leufes & des bois tranchés. Ce n'eft pas qu'il n'y ait des Serruriers très-habiles & très-intelligens dans cette partie ; mais c eft que la plupart ne veulent pas fe donner la peine de pofer leurs ferrures eux-mêmes, & qu'ils abandonnent ce foin à leurs ouvriers nommés Ferreurs, lefquels ne font que pofer la ferrure de la Me-nuiferie ; mais comme ces ouvriers font cet ouvrage à leur tâche, ils ne prennent aucun foin pour le bien faire , le defir de gagner, ou la médiocrité du prix qu'on leur donn e, les mettant dans le cas de ne pas pouvoir faire autrement*
- Leur maniéré d’opérer n'eft pas un moindre obftacle à la pèrfeélion de leurs ouvrages : premièrement, ils ne fe fervent d'aucune efpece d’établi pour travailler, leurs ouvrages portant prefque toujours à faux, n’étant portés que fur des trétaux, fur lefquels ils les arrêtent avec le coin d'un cifeau & d'un chafle-pointe* ce qui eft peu folide & en même temps gâte l’ouvrage & l'éclatte quelquefois. D’autre part, leur maniéré de faire leurs mortaifes eft abfolument vicieufe , né les faifànt que par le moyen de plufieurs trous de mèche qu'ils défoncent & vuL dit enfui te avec une efpece de bédane crochu, ce qui fait ces mortaifes malpropres , peu juftes ; & lorfque le bois eft tendre ou mince, cela fait éclatter leurs joues ; ce qui n'arriveroit pas s'ils fe fervoient dé bédane pour faire des mortaifes ainfi que font les Menuifiers. Ce que je dis des mortaifes, peut auftî s'entendre du refte de leur maniéré de travailler ; ce qui me fait croire qu'il feroit néceflaire que les Menuifiers ferraffent leurs ouvrages eux-mêmes , ce qui feroit beaucoup mieux ; ou qu'enfin les Serruriers fe donnaflent la peine de le faire avec juftefle & propreté , ce qui ne pourra jamais être tant que ces derniers , ne fe bornant qu'à leur talent, ne prendront pas quelques connoiffances de la Menuiferie ( * ) , du moins quant à ce qui a rapport à la Serrurerie , & que les différentes Communautés feront allez injuftes & allez peu éclairées fur leurs véritables intérêts, pour fe refufer les unes aux autres la communication des outils qui pourroient fervir à l’accélération & à la propreté de leurs ouvrages.
- Quant à la maniéré de pofer les ferrures , je n'en dirai pas beaucoup de chofe iei, vu que cette partie a été traitée dans l'Art du Serrurier, me coritentant de recommander à ceux qui ferreront la Menuiferie ( foit Serruriers ou Menuifiers)
- C*) Ce que je dis ici des Serruriers, doit suffi s’appliquer aux Menuifiers, auxquels la con-uoiffance de la partie de la Serrurerie qui regarde laferrurede la Menuiferie, eft abfolument indif-
- penfable , afin qu’en faifant leur ouvrage ils lé difpoféiit d’une maniéré relative & convenable à la ferrure qui doit y être appliquée*
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- de le faire le plus jufte &le plus proprement poflible ; d’éviter, fur-tout en traçant Ilanche la place des fiches ou autres ferrures, défaire de gros traits, lefquels ne peuvent pas s’effacer, puifqu ils les font ordinairement avec le coin d’un cifeau ; comme aufli de ne point frapper la Menuiforie à coups de marteau pour la faire avancer ou reculer ; mais au contraire de ne le jamais faire fans fe fervir d’une cale de bois’ très-unie , afin de ne point meurtrir le bois. Les Ferreurs for-tout devroient prendra cette précaution ; comme,aufli d’éviter d’avoir les mains trop noires ,* * afin^de ne point tacher le bois, for-tout lorlque l’ouvrage qu’ils ferrent éft fait en bois tendre & dilpofé pour être verni, l’expérience faifimt voir que ces fortes de taches s’ôtent difficilement, for-tout for les moulures.
- Section Seconde.
- Des précautions quil faut prendre avant de pofer /’Ouvrage.
- Avant de commencer à pofer la Menuiferie, for-tout celle qui efl dor-
- Planche mante, il faut d’abord faire attention dans quelle faifon de l’année Ton efl,
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- fi les bâtimens font anciens ou nouvellement faits, fi les plâtres ont eu le
- temps de perdre une partie de leur humidité, fi la Menuiferie fe pofe au rez-de-chauffée ou dans les étages fopérieurs ; fi enfin l’endroit ou on doit la pofer efl expofé au grand air ou à l’humidité ; d’après ces connoiflances générales, Il faut encore faire attention àl’épaifleur des bois, à leurs qualités dures ou tendres , afin de prévenir tous les inconvéniens qui arrivent lorfqu’on néglige de fo rendre compte de toutes ces choies.
- Tout le monde fait, ou du moins ceux qui ont quelques notions de Phyfîque, que l’aétion du feu tend à poufïer au dehors, Sc par conféquent à expulfer l’humidité au dehors des bois, ce qu’il fait avec plus ou moins de violence, félon ce
- • qu’il a de force , &que ces mêmes corps font plus ou moins compaéts ; on fait que l’humidité au contraire remplit & gonfle les pores du bois, & le fait venir à elle-même: d’où il fuit qu’on ne doit jamais pofer de Menuiferie for des murs nouvellement faits, qu’on n’en ait fait fortir l’humidité, afin quelle ne s’attache pas for le bois , & ne le fafle pas gonfler ; ce qui arrive prelque toujours lorlque les murs viennent à fe fécher, & que la Menuiferie que Ton pofe deflus empêche l’air de faire évaporer l’humidité. On doit aufli fe donner bien de garde de faire d’abord trop grand feu dans les appartements, for-tout lorfque les murs n’en font pas parfaitement focs, parce que cela augmenteroit l’humidité des murs, Sc feroic néceiïairement travailler ou tourmenter la Menuiferie, ce qui eflla même chofo, en la faifant gonfler Sc creufor, fi les murs étoient humides ; oü bien la feroit retirer en reflerrant trop vite les pores du bois , ce qui le fait fendre Sc déjoindre.
- Comme on n’a pas toujours le temps d’attendre que les murs foient parfaitement
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- Section IL Des précautions quilfaut prendre avant de pofer T Ouvrage* 26$ ment fecs, on a imaginé des moyens, lefquels, s’ils n’empêchent pas totalement l'effet de l’humidité, en arrêtent du moins une partie*
- Ces moyens {ont, de laifler entre les murs & les lambris une diftance d’un oü deux pouces, afin que l’air puifle circuler entre-deux , & faire évaporef une par* tiede l’humidité. Jefens bien qu’il n’eft pas ordinaire de laiftèr de la diftance entre les murs & les lambris d’un appartement ; mais il feroit bon de dilpofer les murs de cette forte, lorfqu on eft prévenu que l’on doit pofer de la Menuiferie fitôt que les places feront prêtes. On a aufli la coutume d’imprimer le detriere des lambris de deux ou trois couches de groflè couleur à l’huile, ce qui eft très-bon, parce que cette couleur empêche l’humidité de s’attacher fer le bois * 8c de pénétrer dans fes pores.
- Quand la Menuiferie eft précieufe, & qu’on craint qu’elle ne travaille > mal* gré toutes les précautions dont je viens de parler, on garnit le derrière des pan* neaux & des bâtis avec de l’étoupe que l’on trempe dans du goudron chaud J quelquefois on y met des bandes de groflè toile ou du nerf de bœuf battu que l’on colle avec de la colle forte ; mais cela n’eft bon que dans les endroits ou il n y a aucune elpece d’humidité à craindre , comme on le pratique dans l’intérieur des caiffes des voitures , ainfi que je le dirai en fbn lieu. Mais pour les lam* bris & autres ouvrages fejets à l’humidité, le goudron eft préférable, parce que l'eau n’a aucune aétion fer ce dernier, au lieu qu'elle diiîout la colle * 8t par con-* féquent rend inutiles les nerfs & la toile que l’on met derrière l’ouvrage*
- Lorfqu on a pris toutes les précautions dont je viens de parler Ci -deffes , on peut commencer à pofer la Menuiferie , ce qui fe fait dé différentes maniérés , félon la diverfité des ouvrages & la nature des murs fer lefquels ou dans lefquels on doit les pofer; c’eft pourquoi je vais donner une idée * du moins générale * de la maniéré de pofer chaque elpece d’ouvrages, en commençant par la Menuiferie mobile, afin de ne me pas écarter de l’ordre que je me feis prefcrit dans toute la feite de cet Ouvrage.
- I. Maniéré de pofer les Çroifées*
- Avant de pofer une croifée, il faut d’abord faire faflre par un Maçon des entailles dans le tableau de la croifée , afin que les pièces d’appui & les impofe tes püiffent entrer dedans & y être fcélées ; quelquefois on ne fait point d’entailles aux tableaux, mais on coupe la faillie des pièces d’appui & des impolies au nud deces derniers. La première maniéré eft préférable, parce quelle eft plus fo-lide, & que l’on eft moins gêné ; c’eft pourquoi on doit s’en fervir, du moins autant qu’il fera polîîble, fer-tout quand les murs feront faits de moilons Sc revêtus de plâtre ; car quand les tableaux des çroifées font faits de pierres de taille, il faûtalors couper la faillie des pièces d’appui & des impolies des çroifées. Lorfque le tableau eft ainfi difpofé, on met la croifée en place, & ôn la met d’à-Menuisier. IL Part. Y y y
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- plomb fur tous les fens, en obfervant que la faillie des dormants foit bien égale des deux côtés du tableau. Il fautauffi avoir foin que la piece d’appui foit po-fée de niveau , 8c qu’elle porte bien fur l’appui de pierre tant en dedans qu’en dehors; il eft cependant plus effentiel quelle joigne mieux dehors que dedans,-afin d’empêcher l’air de palier par-deiïous. Lorfque le dormant eft en place, il faut y mettre les chaffis à verres , afin de voir fi le jeu eft égal fur toute la largeur de la croifée ( * ) ; c’eft pourquoi il eft néceflàire de faire ferrer les croifées avant de les pofér.
- Avant de faire fceler & arrêter une croifée , il eft bon de mettre entre les chaffis 8c les traverfés des dormants , de petites cales de l’épaiiïeur du jeu qu’il doit y avoir entre-deux afin qu’on ne les falTe pas ployer en les fcélant ; il faut auffi mettre des coins de bois entre le dormant 8c le mur pour tenir la croifée pendant qu’on la fcele ; cependant il ne faut les mettre qu’à l’endroit des traverfés & des impolies, de crainte que fi on les mettoit ailleurs, elles ne faftent ployer les battants. Les croifées s’arrêtent avec des pattes à plâtre que l’on fcele dans les embrafements, & qu’on attache avec des clous fur le dormant. S’il fe trpuve un peu de jeu entre les croifées 8c le fond des feuillures, ce qui eft prefque inévitable, on le remplit avec du plâtre 'dans lequel on mêle moitié de pouffiere (**) , afin d’empêcher qu’il ne poulie trop le dormant. Pour ce qui eft de la pofe des doubles croifées, c’eft à-peu-près la même chofe qu’aux autres, excepté qu’il faut avoir foin qu elles palïènt bien librement entre les dormants de celles du dedans, & que le jeu qu’il y a foit prefque tout entier par en-bas , parce que par la ffiite du temps le poids des chaffis les fait toujours allez retomber. Quand on veut que les doubles croifées fe lèvent pendant l’été, on les arrête avec des crochets de fer qui font fcélés dans les tableaux ; ou bien quand les dormants relient à demeure, & qu’on ne veut ôter que les chaffis, on arrête les dormants avec des pattes coudées que l’on féele par dehors de la croifée , ou avec des pattes à vis coudées que l’on fcele dans le tableau ; quelquefois on y met des vis coudées à écrous, lefquelles paiîent au travers des dormants & fe ferrent par dehors, ce qui eft très-fblide.
- §, II, Manière de pojer les Portes tant grandes que petites.
- La pofe des portes-cocheres eft très-pénible, vu leur extrême lourdeur. Le Menuifier n’a d’autre foin que de la mettre en place; toute la difficulté confif-tant dans la bonté 8c la folidité des féélements. On doit cependant obferver que
- (*) On obfervera dans toute la fuite de cedif-cours, que je fuppofe la Menuiferie parfaitement bien faite, & les mefuresprifes avec toute la pré-cifion pofifible. Quant à la manière de prendre ces mefures & les précautions qu’il faut prendre félon l’irrégularité des places, j’en parlerai en traitant de l’Art du Trait.
- (**) Cette obfervation eft eftentielle, parce que le plâtre vif a la qualité de pouffer au dehors; c’eft pourquoi on le difpenfera d’en mettre autour de la Menuiferie le moinsqu’il ferapoftible.; ou du moins fi on eft obligé d’en mettre , ce ne fera qu’après l’avoir mêlé de pouffiere , afin d’etfi empêcher l’efifec.
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- Section IL §. 11. De la maniéré de pofer les Portes. les deux vantails ou vantaux ( ce qui eft la même chofe ) foient parfaitement d a-plomb & bien dégauchis l’un avec l’autre , (ùr-tout quand le milieu de ces portes ouvre à noix ; on doit auffi avoir foin de ne Lifter quun quart de pouce de jeu fur la hauteur, parce que quelque bons que foient les fcélements, la grande pefànteur des vantaux les fait toujours retomber, & par conféquent leur donne tout le jeu néceilàire.
- Quant à la largeur, il faut faire approcher les deux vantaux l’un contre l’autre par le bas, & au contraire y donner 9 lignes de jeu par le haut, & même un pouce aux portes d’une très-grande hauteur, ce que l’on fait en y mettant une cale entre-deux de l’épaifleur de ce que l’on veut qu’il y ait de jeu.
- Quand on veut fcéler une porte-cochere , il faut avoir foin de la bien caler tant par-deftbus qiie par les côtés ; & on ne doit ôter ces cales que 24 heures après que la porte a été fcélée, afin que le plâtre ait le temps de prendre, &que les fcélements ne faflent de mouvement que le moins qu’il eft poffible.
- Les portes à placards demandent beaucoup plus d’attention 8c de (oins que celle-ci, vu la difficulté des enfilades 8c leur réunion avec les lambris ; c’eft pourquoi avant de commencer à les pofer, on doit d’abord tirer l’alignement du milieu de l’enfilade & Fa-plomb du devant de la corniche , laquelle doit régner avec le devant de la rainure du chambranle ; enfuite de quoi on pofe le chambranle qui porte les portes, après l’avoir coupé à la hauteur de cette derniere , en y obfervant une ligne de jeu au moins. Lorlque le plancher eft parfaitement de niveau, on ne rifque rien de couper les bouts des chambranles ; mais lorfqu’il ne l’eft pas , on ne fait que les marquer à couper, & on met le chambranle en place bien d’à-plomb & de niveau ; enfuite de quoi on prend avec un compas ce qu’il y a à couper au chambranle à l’endroit le plus bas, & on le reporte (iir l’autre en y failànt une traînée ( *). Quand les placards (ont à deux vantaux, on a foin de mettre les deux battants des chambranles bien d’à-plomb fur le champ , & de leur donner un peu de refuite far le plat, afin de faciliter l’ouverture des portes. Quand au contraire les placards ne font qu’à un vantau, on donne du fuit ou refuit au battant fur lequel la porte eft ferrée tant fur le plat que fur le champ; il faut cependant prendre garde à ne pas abufer de la permiffion de donner du refuit aux chambranles, une ligne par toife étant fuffilante pour faciliter l’ouverture des portes.
- Les chambranles qui portent les portes s’attachent différemment, (blon que les bayes de ces dernieres font de bois ou de plâtre.
- Lorique les bayes (ont de bois, il eft deux maniérés de les attacher ; la première eft, quand les bois (ont apparents , de les attacher avec des broches, lesquelles paffent au travers des chambranles. La fécondé eft de les attacher avec des pattes à vis, dont l’extrémité eft percée de plufieurs trous, lefquels(èrvent
- ( *) Les Menuifiers appellent traînée, un trait une de fes branches contre le plancher ou con-dc compas^ mené bien parallèlement en appuyant tre le mur,& en faifant marquer l’autre fur le bois.
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- *62 MENUISIER, IL Part. Chap. VI1L
- à les arrêter avec des clous for les poteaux qui forment la baye» La première maniéré eft la plus aifée & la moins coûteufe, mais aulïi elle eft la moins propre ; c’eft pourquoi la foconde lui eft préférable. ( Uoy. la Fig. 7 ).
- Quand les bayes font de maçonnerie, on arrête les chambranles avec des pattes à vis coudées , lefquelles font fcélées & enterrées dans l’épaiflèur du mur, afin quelles ne nuifent pas pour placer les embrafements. (Voye^ la Fig. 8).
- Pour ce qui eft de la maniéré de placer les pattes à vis dans le bois, on commence à marquer la place de la vis, enfuite de quoi on perce un trou qui doit être à peu-près d’une groffeur égale à celle du plus gros de la vis prife du fond du filet, afin qu’elle n’ait d’autre effort à faire dans le bois que celui qui lui eft néceffaire pour s y tarauder, à moins toutefois que le bois ne foit très-tendre ; alors on ne rifque rien de faire le trou un peu plus petit, afin que la vis tienne mieux.
- Quant aux doubles chambranles, on les arrête avec des broches lorfque les bayes font en bois ; lorfqu’elles font en plâtre, on y met des pattes à vis droites, lefquelles font placées diagonalement for le derrière du chambranle, & que Ton foele par le côté. ( Voye£ la Fig. 9 ).
- Quand on veut donner plus de folidité à l’ouvrage, on met des vis à tête perdue for le devant du chambranle, lefquelles prennent dans les embrafements , ce qui eft d’un très-bon ufàge, quoiqu’un peu plus coûteux ; cela difpenfo de mettre des broches dans les chambranles , des pattes à pointes placées for le derrière du chambranle étant foffifàntes, lorfque les bayes font en bois.' On met auffi des pattes à plâtre for le derrière des chambranles ; mais celles à vis leur font préférables, parce que non-feulement elles font plus folides, mais encore parce qu elles ne nuifent pas tant que celles en plâtre , lefquelles font apparentes , & par conféquent nuifibles, ainfi que je viens de le dire.
- Pour ce qui eft des embrafements des portes , ils ne font arrêtés for les murs en aucune maniéré, étant retenus dans les chambranles par des languettes, & quelquefois arrêtés avec des vis ; c’eft pourquoi je ne parlerai de leur pofe en aucune maniéré : cependant il eft bon d’avoir la précaution de les peindre par derrière pour les garantir de l’humidité, ainfi que je l’ai dit plus haut, & de les caler pàr derrière quand il s’y trouve trop de jeu, afin qu’ils ne ployent pas for leur largeur.
- $.111. De la maniéré de pofer les Lambris tant £appui que de hauteur,
- les Glaces, &c.
- Je ne parlerai pas ici de la maniéré de pofer le parquet & les planchers, parce que j’ai traité cette matière en parlant de la conftru&ion & de la décoration de ces derniers ; tout ce que je puis dire , ceft quon ne fauroit faire trop d’attention pour que les aires & les augets fur lefquels on les pofe, foient parfaitement
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- Section IL §. I1L De la manière de pojer les Lambris, les Glaces 3 &c, z6p focs, for-tout pour les planchers de planches , Fexpérience faifitnt voir que quelque focs que {oient les plâtres & le bois , la privation d air les fait toujours creufor, ce qui feroit beaucoup plus confidérable fi l’un ou lautre étoic fufoep-tible d une trop grande humidité.
- Lorlqu’on veut pofor le lambris d’appui d’une piece, on commence par deA cendre des à-plombs de tous les angles des corniches, afin de faire les languette^ & les rainures de ce même lambris, puis on le met de niveau fur {à largeur ; ce qui étant fait, on le met à la hauteur convenable en coupant le pied, félon les irrégularités du plancher, ce qui fe fait par une traînée de compas ; enfuite dè quoi on l’attache le long du mur de diftance en diftance par le milieu des battants, en obfervant de le drelfer parfaitement fur tous les fens ; c’eft pourquoi dans les endroits creux il eft néceflaire de le caler, afin qu’il porte également par-tout. Le lambris ainfi arrêté , on ajufte les cymaifes deflus, & on les fait joindre contre le mur le plus qu’il eft poffible, afin qu’il ne fe gliffe rien entre ce dernier & les lambris ; les cymaifes s’arrêtent for le lambris avec des pattes à pointes que l’on fait entrer dans le mur, ainfi que l’indique la Fig. i, cote a* Lorfqil’il fe trouve des pans de bois , cela ne fait que mieux, parce que les pattes à pointes y tiennent plus fblidement que dans le plâtre ; fi au contraire les murs font de pierres ou de moilons, dans lelquels les pointes des pattes ne peuvent pas entrer, on perce dans le mur à l’endroit où fon veut placer la patte, un trou d’environ 6 lignes de diamètre , dans lequel on enfonce un tampon de bois le plus fort qu’il eft poffible jufqu’au nud du mur, 8c dans le milieu duquel on fait entrer la pointe de la patte : il faut avoir foin que ces tampons foient d’un bois bien foc, afin qu’ils ne fe retirent point en fe féchant, 8c par conféquent ne fortent pas hors des trous. ( Voye£ la Fig. 3 )*
- Les plinthes s’attachent fur le lambris d’appui avec des clous d’épingles, & fo mettent de largeur, félon la forme du plancher fur lequel elles doivent toujours joindre , foit que ce dernier foit droit ou d’une forme inégale ; on les àjufte en faifont une traînée de compas d’une ouverture égale à ce qu elles excédent la largeur du champ avant qu’elles foient mifes de largeur. ( Voye^ là Figt 1, cote a 8c b).
- La pofe des lambris de hauteür ne différé guere de celle dés lambris d’appui * fi ce n eft que quand il y a des iambris de hauteur dans un appartement, on corn** mence par ajufter celui de l’appui, du deflus de la cymaife , duquel on prend des mefores pour ajufter celui de hauteur , en obfervant de le faire bien joindre fous le porte-tapiflerie de la corniche, foit qu’il foit droit & de niveau ou qu’il ne le foit pas. Quand le lambris de hauteur eft ainfi ajufié, on le pofo en place après avoir coupé le pied du lambris d’appui d’environ 6 lignes, afin de pouvoir faire une pefée defîbus le larrtbris d’appui, laquelle le fait remonter à là place ,
- 8c force celui de hauteur à joindre fous la corniche, ce qui ne pourroit pas être fi on ne coupoit pas les pieds du iambris, du moins làns beaucoup de fojétion j Menuisier. IL Pan* Z zz
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- 270 MENUISIER, IL Farde. Chap. VIII.
- de plus, les lambris étant ainiî juftes de hauteur, font fojets à faire éclatter les bords de la corniche, ce qui eft un très-grand défaut.
- En général, les lambris s’arrêtent de deux maniérés fur les murs des appartenons ; lavoir, avec des broches ou bien avec des vis : de ces deux maniérés, la première eft la moins coûteufe, mais auflji eft-elle la moins propre ; elle a auffi le défaut que l’on n’eft prefque jamais le maître de bien drefter le lambris avec des broches, qui fouvent caftent ou ploient avant d’être tout-à-fait enfoncées : de fftus, elles font fojettes à faire fendre le tpois ; & s’il arrive que l’on foit obligé de dépofer un morceau de lambris , on ne ^peut prefque jamais le faire fans cafter quelque chofe ; au lieu qu’en fo fervant de la fécondé maniéré, c’eft-à-dire en pofànt les lambris avec des vis, l’ouvrage en eft beaucoup plus propre ; on eft toujours le maître de drefter l’ouvrage ainfi qu’on le juge à propos, 8c on peut le dépofor fins lui caufeç aucun dommage , ce qui eft beaucoup à confidérer & qui doit toujours faire préférer cette maniéré à toute autre , quoiqu’elle foit un peu plus fojette & plus coûteufo. Quant à la maniéré de faire tenir les broches dans les murs, c’eft la même chofe que pour les pattes à pointes. ( Voye^ les Fig. 2 & 3 ). Pour ce qui eft des vis, cela demande un peu plus de fujétion, parce qu’il faut faire fcéler des morceaux de bois dans les murs à la rencontre de chaque vis : ces morceaux de bois fe nomment tampons, & font taillés à queues d’aronde for leur épaiifeur, afin qu’ils ne fortent pas de dedans les murs après qu’ils y ont été feélés.
- On doit auffi avoir foin que ces tampons foient bien à-plomb & bien drefles , afin que les lambris portent également deftus. ( Voye[ la Fig. 4 ). Quand il arrive que les lambris font ifclés des murs, on fait faillir les tampons jufqu’au nud du fond du porte-tapifferie ; & on a foin de les bien drefter de tous les fens, c’eft-à-dire, for la face , afin que le lambris porte également par-tout. ( Voy. la Fig- 5 , cote e,f^). En général, il faut éviter de mettre trop de vis ou de broches dans les lambris ; il foffit pour qu’ils foient pofés folidement, que les rainures & les languettes des angles & des reflàuts foient bien juftes, qu’ils foient bien calés par derrière, afin qu’ils ne ployent point 8c qu’ils portent également par-tout ; d’après ces précautions prifes, le moins qu’on peut mettre de vis ou de broches n’eft que le mieux, vu que leur trop grande quantité devient inutile.
- Les chambranles de croifées fe pofent de même que ceux des portes ; lorf qu’ils affleurent le nud des cmbrafements , on lçs arrête avec des pattes coudées à pointe Fig. 6, ou bien on les arrête par les côtés avec des pattes à plâtre, & for le devant, avec des vis qui prennent dans les embrafements. ( Voye{ la Fig. 9. )
- Lorfqu on emploie des vis dans la pofe de la Menuiferie , on doit toujours en enterrer les têtes, & les recouvrir avec un tampon à bois de fil, c’eft-à-dire, du même fens du bois ; parce que quand elles font apparentes , elles font un très-mauvais effet, vu qu’elles fe rouillent quand elles font peintes en détrempe,
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- Section IL §. III. De la maniéré de pofer les Lambris > les Glaces , 2JZ ce qui arrive dans prefque tous les appartemens. ( Voye{ la Fig. 5 y cote c d).
- Les parquets de glaces ne s’attachent pas ainfi que le refte de la Menuiferie , vu qu’on ne peut pas enfoncer de broches ni fcéler de tampons dans les tuyaux de cheminée ; c’eft pourquoi on fe fert de vis à écrous , nommées vis à parquet déglacé, ainfi que je lai dit plus haut, page 261. Ces vis ne font jamais apparentes , mais fe placent dans les traverfes du parquet, dans lefquelies leur tête eft entaillée jufqu’à fleur, afin quelle ne porte point fur la glace.
- Le nombre de ces vis n eft pas abfolument déterminé pour chaque parquet ; cependant on ne peut guere moins en mettre que quatre à ceux d’une moyenne grandeur, & un plus grand nombre aux autres à proportion de leur grandeur. Lorfo qu’on pôle des parquets déglacés, il faut avoir bien foin qu’ils foient parfaitement bien d’à-plomb for tous les fons, la moindre inclinaifon d’un côté ou d’autre étant un défaut confidérable, for-tout quand il y a deux glaces vis-à-vis l’une de l’autre ; il faut aufli dans ce dernier cas, prendre garde quelles foient bien parallèles à la rencontre l’une de l’autre, parce que la moindre inclinaifon qu’elles auroient leur feroit renvoyer les objets tout d’un côté, ce qui eft fort défogréable.
- Comme il arrive quelquefois que les murs d’un appartement ne font pas parfaitement parallèles , ou bien qu’il n eft pas abfolument poflible que les glaces foient vis-à-vis l’une de l’autre, ou enfin quand on pofo une glace à l’extrémité d’une enfilade de pièces que l’on veut prolonger, du moins en apparence, Sc que le mur qui doit porter la glace ne fo retourne pas d’équerre avec l’enfilade ; dans ces differens cas, on eft obligé de quitter le paralléliftne du mur pour faire retourner quarrément les glaces, afin que tous les rayons des objets qui y réfléchiflènt, fë rapportent au milieu de leur largeur, & ne fo confondent pas les uns dans les autres.
- Le moyen le plus sûr de faire parfaitement rapporter les glaces, eft quand on pofo les parquets deftinés à les porter, d’en prendre une d’une largeur affoz confidérable pour quelle occupe toute la largeur du parquet, ou du moins la plus grande partie, & on la pofo for ce dernier, afin de voir de quel côté il eft néceftaire de les faire incliner ( * ). L
- Voilà à-peu-près en quoi confifte toute la théorie de la pofo de la Menuiforie ; la pratique aidée de l’expérience fourniflànt beaucoup d’autres moyens, qui quoique les mêmes dans le fond, fomblent changer félon la diverfité des occafions.
- Je ne parlerai pas non plus de la maniéré de pofor les armoires, cette deforip-tion appartenant à la partie du Meuble que je traiterai ci-après ; cependant comme dans les Bibliothèques & autres ouvrages de Menuiferie de bâtiment on fe fert de vis à écrous, j’ai cru qu’il étoit néceflàire de donner la maniéré de les po~
- (*) L’obfervatîon que je fais ici touchant la p@fe des parquets de glaces, doit aufli fervir iorfqu’on prend les mefures de l’ouvrage, fur-tout lorfquJon foupçonne que l’inclinaifon des murs eft confidérable, ce qu’on ne peut parfai-
- tement vérifier que par cette méthode, du moins pour la facilité du plus grand nombre, afin de déterminer au jufte de combien les parquets de glaces doivent faillir 014 rentrer d’un côté ou.de l’autre.
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- 172 MENUISIER, IL Partie, Chap. VIIJ.
- fer, ce qui fe fait ainfi : Après avoir aftemblé le battant & la traverfè que Ton veut retenir enfemble par le moyen d’üne vis, on perce un trou de la grofîèur de cette derniere , au travers du pied ou du battant, lequel trou pafîè dans la traverfè au milieu de l’épaifïèur du tenon, du moins autant qu’il eft pofli-ble, & que Ton prolonge jufqu’à environ 3 à 4 pouces plus loin que ce dernier.
- Quand le trou eft ainfi percé , on défaftèmble la traverfè ; & du côté qui eft le moins apparent, on fait une petite mortaife quarrée à environ un pouce & demi ou 2 pouces de l’arrafement dont la largeur eft en travers de la traverfe & égale à celle de l’écrou , ainfi que fon épailfeur qui eft égale à celle de ce dernier ; on approfondit cette mortaife jufqu’à ce que le trou de l’écrou foit parfaitement vis-à-vis celui qu’on a percé dans la traverfe , & on aura bien foin qu’il ne defcende pas plus profond, ce qui eft un défaut d’autant plus à craindre, qu’il faut que l’é*-Crou entre extrêmement jufte dans le bois y & qu’il eft très-difficile de le retirer lorfqu’il eft tout-à-fait enfoncé , ce qu’il faudrait pourtant faire s’il l’étoit trop, afin de mettre une cale par-deflbus. (
- Lorfque l’écrou eft bien en place , on bouche le deflus de la mortaife avec un tampon à bois de bout que l’on y colle ; ce n’eft pas qu’on ne pût bien le mettre à bois de fil ; mais c’eft que comme la mortaife eft en travers , ces derniers feraient moins folides que les autres , & que de plus ces tampons fie mettant prefque toujours par derrière , 011 doit dans ce cas préférer, la foli-dite à la propreté. Comme il eft quelquefois des occafions où l’on ne peut pas faire pafler les vis dans l’épaiflèur de la traverfe, on fe fert alors d’écrous fail“ lants, lefquels font attachés fur le derrière de cette derniere , ce qu’on évitera le plus qu’il fera poffible , tant à caufe que ces fortes d’écrous coûtent plus cher que les autres , que parce qu’ils tiennent moins bien > & par conféquent donnent moins de folidité à l’ouvrage.
- CHAPITRE IX.
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- De l'Art du Trait en générât
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- CHAPITRE NEUVIEME,
- De l*Art du Trait en générât
- Sous le nom de Trait, les Menuifiers ne doivent pas feulement Comprendre là théorie de la coupe des bois relativement aux ouvrages courbes & gauches mais encore la maniéré de prendre les mefores de l’ouvrage , celle de le marquer fur le plan afin de l’exécuter ou de le faire exécuter , ce qui eft la' même chofe. L’Art du Trait comprend auffi la maniéré de difpofer la Menuiferie pour recevoir les ornements de Sculpture, & celle de coller les bois tant dans les par* ties courbes que droites : c eft pourquoi avant de parler des ouvrages courbes , tels que font les rampes des efcaliers, les revêtiiîèments des vouflurês , &c, je vais entrer dans le détail le plus exaét 8c le plus circonftancié de cette première partie de l’Art du Trait, comprenant la maniéré de prendre les mefttres, &c, afin de préparer ceux qui liront cet Ouvrage, à une étude plus compliquée, telle que celle de l’Art du Trait proprement dit, &. en même temps pour rendre plus facile 1’ intelligence de cette partie de mon Ouvrage , qui quelque claire qu’elle puilïeêtre écrite, entraîne toujours après elle beaucoup de difficultés dans l’exé* cution, quand la Théorie n’eft pas fécondée de la Pratique, laquelle doit toujours aller de pas égal avec cette derniere ( * ),
- SECTION PREMIERE.
- De la maniéré de prendre les Mefures*
- La maniéré de prendre les mefures de la Menuiferie, n’eft pas atifli indiffé* rente que bien des gens fe le perfuadent, puifque c’eft de l’exaélitude avec la- Planché quelle ces mefores font prifes, que dépend en partie tout le fuccès de l’ouvrage.
- Les Menuifiers fe fervent de toife pour prendre leurs mefures ; ce n’eft autre chofe qu’une réglé de 6 pieds de longueur divifée par pieds, & une de ces divifions par pouces, afin de pouvoir connoître combien chaque partie qu’ils me-furent a de longueur. Il y en a qui ne fe fervent point de toife, mais fimple*
- (*) Cette partie de l’Art du Trait, auroit naturellement dû être placée au commencement de la première partie de cet Ouvrage, la Théorie devant précéder la Pratique, à laquelle elle doit fervir de guide. Mais je n’ai pas été tout à-fait le maître de cette difpofition, ayant été obligé de me rendre aux raifons des perfonnes dont les confeils & les avis peuvent & doivent fervir de préceptes ; de plus cela ne fait rien à POuvra-
- Menuisier. II. Part.
- ge, puifqu’il eft toujours le même quant au fonds-, toute la différence qu’il y a n’étânt que dans l’arrangement des diverfes parties qui le compofents c’eft pourquoi la Théôrie jointe à la Pratique, ou même devancée par cette derniere, pourra peut-être plaire à plulieurs perfonnes, fur-tout à ceux à qui la Théorie eft plus familière que la Pratique»
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- 274 M E'N U 1 S I E R, 11.Partie, Chap. IX.
- ment d’une réglé d’une longueur quelconque, fur laquelle ils marquent leurs mefures. Cette fécondé maniéré eft moins bonne que k première , parce que non-feulement elle eft fujette à erreur , puifqu’on peut mettre une marque pour une autre, ainfi que je le dirai en fon lieu, mais encore parce que ces mêmes marques font fujettes à s’effacer ; ce qui alors vous met dans la néceffité de reprendre les me (lire s que l’on a déjà prifes ; ce qui n’arrive pas lorlqu’on fè fèrt d’une toife, parce qu’alors on eft obligé d’écrire fur le papier les mefures que l’on prend, & même de figurer ce qu’on mefure. On fait très-bien auffi d’écrire fur les murs les mefures à chaque endroit où on les prend, afin de ne pas prendre le change pour le lieu & la quantité des longueurs. Ces précautions paroî-tront peut-être peu néceffaires , du moins à plufieurs ; mais pour peu qu’on veuille y faire attention, on verra que rien n’eft fi facile que de fè tromper fur la quantité & fur le genre de la chofe 3 c’eft-à-dire , que par diftraélion on peut écrire plus ou moins de toifes , de pieds ou de pouces, ou enfin mettre l’un pour l’autre , ce qui n’arrive pas , ou du moins très-rarement, lorfqu’on prend toutes les précautions dont j’ai parlé ci-deiliis. Koye^ la Fig, 2 , laquelle repréfente une toife divifee. Quoique je ne parie ici que d’une toife , il eft cependant bon d’avoir des régies plus longues , fiir-tout pour prendre des mefiires de hauteur ; mais il faut avoir foin que ces réglés aient une longueur de pieds jufte, comme p , 12, ou même 15 pieds, tous divifés ainfi que les toifes. Ces grandes régies font d’autant plus commodes, que l’on prend les mefures très-juftes , vu qu’il y a moins de fractions, ce qui eft fort à confidérer , fiir-tout quand les longueurs que l’on veut mefurer font confidérables.
- Il eft encore une autre efpece de toife, que l’on nomme toije mouvante, laquelle eft compofée d’un morceau de boisdd^Fig.j, d’environ 15lignes d’épaiflèur fur 3 pouces de largeur ; ce morceau eft fouillé dans le milieu de fà largeur par une rainure e, laquelle eft à queue de 11 lignes de large au plus étroit, fur 8 à p lignes d’épaiftèur ; & dans cette rainure entre une autre réglé f , laquelle la remplit exaélement3 de maniéré néanmoins quelle puilfe fe mouvoir alfement; de forte que quand on veut prendre une hauteur avec cette réglé, on fait remonter la réglé/jufqu’à cette hauteur , & on voit tout d’un coup combien cette derniere a de pieds, puifque les deux réglés font également divifées. ( la Fig, 3.)
- Il eft de ces fortes de réglés qui font compofees de 3 ou 4 morceaux qui fè meuvent à couliffes les uns dans les autres : mais les Menuifiers n’en font point ufage ; c’eft pourquoi je n’en parlerai point ici, ces fortes de régies ne fervant qu’aux Architeéles.
- Lorfqu’on fe fert d’une fimple réglé pour prendre des mefures, on a foin de marquer les largeurs autrement que les hauteurs, afin de ne fè pas tromper quand on vient à faire l’ouvrage. Lorfque la réglé n’eft pas allez longue pour prendre une mefure , on prend d’abord là longueur, puis ce qui relie d’après fon extrémité jufqu’à l’endroit que l’on veut mefurer , lequel reftant fe marque fur
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- Section /. De la maniéré de prendre les Mefures. iy$
- la régie, mais en fens contraire des mefures ordinaires , avec le chifre ï ôü 1, ce qui indique que la partie qu on a mefurée , ou pour mieux dire dont on a pris la longueur, a une ou deux fois la longueur de la réglé , plus ce qui eft marqué defîus. Voye^ la Figure 1, ou la cote a repréfente une mefure de largeur J celle b9 repréfente une mefure de hauteur ; & celle c, qui a de longueur une fois la réglé, plus la diftance qu fl y a de cette mefure jufqu’au petit bout de cette même réglé , lefquelles longueurs jointes enfemble , indiquent la me* fure totale de ce qu’on a mefiiré, ainfi que je fai dit ei-deflus»
- En général avant de prendre aucune mefure , il faut obferver fi la place ePc bien d’à-plomb & de niveau ; s’il arrive qu’elle ne le fbit pas, il faut voir de quel côté eft le défaut, afin d’y remédier en faifant l’ouvrage.
- Lorfqu’on prend la meftire des croifées, il faut toujours la prendre d’entre le tableau tant de largeur que de hauteur, ce qui eft mieux que de la prendre dü fond des feuillures, parce quelles font quelquefois inégales, for-tout celles qui font faites en plâtre. ( Voyez les lignes cotées r, de la Vignette»
- Lorfque les croifées font à grands carreaux, il eft bon que les MenuifierS foient informés de fefpece de verre qu’on y mettra, parce que chaque qualité de verres tant dé France que d’autres pays, font faits fur des mefiires qui font propres à chacun d’eux, de forte que fouvent on eft borné par leurs grandeurs, & que quelquefois pour 6 lignes de plus haut ou de plus large, on eft obligé de prendre des verres auxquels il y a beaucoup de perte foit d’un fens ou de l’autre , & qui coûtent quelquefois un quart ou même un tiers plus cher que ceux qui font d’un demi-pouce au-deftous, ce qui eft fort à confidérer.
- C’eft pourquoi lorfqu’on fe rend compte de la grandeur & de la qualité des verres, on peut grandir ou diminuer les carreaux des chaffis en raifon du choix que l’on a fait pour les verres, ce qui ne coûte qu’un peu d’attention, & quelquefois un peu plus de largeur de bois, étant obligé de forcer les largeurs de ces derniers pour regagner ce que les carreaux de verres ont de plus étroit ou de plus court. ( * )
- Pour ce qui eft des lambris tant d’appui que de hauteur, on doit, avant d’en prendre les mefiires, jetter des à plombs des corniches, afin de Corriger le défaut des murs en les hachant s’ils refuient du haut, ou au contraire en laiflànt de l’intervalle entre eux & les lambris s’ils avoient du for-plomb. -
- Les à-plombs ne doivent pas fe prendre du fond du porte-tapifferie, mais du devant de la corniche moins le quarré quelle doit livrer fur le lambris, ainfi que l’indiquent les lignes m m. On doit auffi, après avoir déterminé la hauteur de l’appui, tirer à cette hauteur une ligne de niveau s s au pourtour de l’appartement , afin que s’il fe trouvoit de la différence de hauteur, on puiffe favoir fi
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- (* ) Je ne donnerai pas ici le tarif de la grandeur des verres fuivant leurs différentes efpeces, parce que ces mefures ne font pas confiantes, vu
- qu’elles peuvent changer au gré des Chefs des Manufactures ; c’efl pourquoi on fe fervira de ceux qui feront en ufage lorfqu’on en aura befoin.
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- <x76 MENUISIER, IL Partie, Chap. IX.
- c eft le plafond ou le plancher qtii eft hors de niveau, ou enfin fi c’eft tous les
- deux.
- Quand il n’y a que le plancher qui a ce défaut, on pofe toujours le lambris d’appui de niveau, toute l'inégalité qu’il y afe regagnant fur la plinthe que l’on fait plus ou moins haute ; cependant lorfque la différence eft confidérable , il faut en prendre la moitié pour déterminer la hauteur des plinthes, afin de ne les pas faire trop hautes ou trop baffes, ce qui arriverait néceflàirement fi on ne prenoit pas cette précaution.
- Lorfque c’eft le plafond qui.baifïè, & que Ion inclinaifon eft confidérable , il neft pas poflible de regagner cette inégalité fur la largeur des champs du haut, ce qui feroit un très-mauvais effet ; c eft pourquoi on a imaginé deux moyens pour corriger ce défaut : le premier eft de faire foivre la pente de la corniche aux traverfes du haut des lambris; le fécond, eft de faire tous les panneaux de la face inclinée, d'une hauteur inégale , c eft-à-dire , qui foit propre à chacun d'eux félon leur place, de forte que toutes les traverfes du hautfoient de niveau, n'y ayant que leur champ qui eft un peu inégal d'un bout à l'autre ; mais cette différence eft très-peu fenfible, for-tout quand il y a des parties qui font corps les unes for les autres, ou qu'il y a de l’ornement aux traverfes. Cette maniéré de regagner les pentes des corniches eft très-bonne ; ceft pourquoi on fera très-bien de la préférer à l'autre. Quand il n'y a point de corniche dans une pièce, & que le lambris monte jufqu'au nud du plafond, on y met pour l’ordinaire un bandeau orné d’une moulure, lequel ainfi que les plinthes, regagne les inégalités qui s’y trouvent.
- Quant à ce qui eft des portes en général, la me fore en eft fort facile à prendre,' parce que c’eft toujours de leurs tableaux qu’il faut partir, plus leurs recouvrements dans les feuillures, for-tout lorfque c’eft des portes-cochères ou d'autres petites portes qui entrent dans des huifferies ; mais lorfque c’eft des placards avec chambranles, ce ne doit pas être les bayes qui doivent déterminer, puifque ces dernieres ne font pas toujours faites d’une grandeur à pouvoir contenir des placards d’une grandeur relative à celle de la pièce, comme elles devroient l’être, & que quand même il y auroit quelque différence, il feroit facile d'y remédier en grandiffant ou diminuant leur hauteur ou leur largeur. Toute la difficulté qu'il y a en prenant la mefore des placards, ne confifte donc que quand il y a plufieurs pièces d'enfilade ; il faut tirer une ligne n n d'un bout à l'autre des ap-artements, afin de déterminer le milieu de chaque placard tant for le parquet que fur les murs au-deflus de la baye des portes; & d'après cette même ligne marquer for les murs des deux côtés de la baye , la largeur du dehors du chambranle , ce qui déterminera au jufte la largeur des lambris qui viennent à côté de ces derniers (*).
- (*) L’obfervatioirque je fais ici eft abfolu- appartement neft pas terminée d’une maniéré ment néceftaire, parce que quand l’enfilade d’un fixe 6c invariable, ainfi que la largeur du dehors
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- Section /. §. I. De la maniéré de marquer V Ouvrage fur le plan. <177
- On aura la même attention en prenant la mefure des chambranles des croifées , fur-tout quand les volets fe briferont derrière, afin que les pilaftres & les trumeaux qui fe trouvent à côté , ne foient pas dans le cas d’être trop larges ou trop étroits ; de plus, ces lignes du milieu des croifées peuvent aufli fervir pour placer les glaces que l’on met vis-à-vis, ainfi que l’indiquent les lignesp p. Ce fera auflî la même chofe pour le milieu des cheminées que l’on trace aufli tant fur le parquet que fur les murs, ainfi que la ligne 0 0 , avec les précautions néceflàires pour la rencontre des glaces. (Voyez ce que j’ai dit à ce fujet, page 2ji. ) Voilà en général tout ce qu’il eft poflîble de dire touchant la maniéré de prendre les mefures , l’expérience & les différentes occafions que l’on a étant les meilleures leçons qu’on puifle prendre à ce fujet.
- §. I. De la maniéré de marquer l'Ouvrage fur le plan.
- Après que l’on a pris les mefures de l’ouvrage que l’on veut faire, on le trace fur une planche droite Sc unie ; c’efl: ce que les Menuifiers appellent marquer Vouvrage fur le plan. En général, ils nomment plan, toutes les coupes de leurs ouvrages tant de hauteur que de largeur, lefquelles coupes repréfentent les profils de toutes les parties qui les compofènt, ou pour parler plus intelligiblement, repréfentent la forme des bois, leur épaiffeur & leur largeur.
- Avant de commencer à marquer l’ouvrage fur le plan, il faut avoir déterminé la largeur des champs, l’épaifleur des bois, la largeur & la forme des profils , ce que l’on fait fur le papier, afin d’être le maître d’y faire tous les changements ou toutes les augmentations qu’on juge à propos, ce qui vaut mieux que de defliner les profils fur le plan , parce que non-feulement ils ne font jamais auflî bien que fur le papier , mais encore parce que c’efl: un temps perdu que celui qu’on employé à marquer les profils à tous les endroits où ils fe trouvent fur ce même plan. Lorfque l’ouvrage eft d’une certaine confidération, il eft bon d’en faire un deflîn fur le papier avant de le marquer, parce qu’alors on peut mieux fe rendre compte des formes & du rapport qu’ont toutes les parties les unes avec les autres.
- Quand l’ouvrage eft très-confidérable, tant pour la richefle que pour la grandeur , il ne faut pas fe contenter d’un deflin ; il eft néceflàire de le marquer en grand fur les murs de la pièce dans laquelle il doit être pofé, afin que l’on puifle juger de l’effet de tout l’ouvrage, tant pour ce qui regarde la Menuifèrie que pour la Sculpture.
- Lors même que l’ouvrage eft d’une nature hors de l’ordinaire, on doit en faire des modèles en petit, afin de ne rien négliger pour le rendre parfait.
- des chambranles, on eft fouvent expofé à faire une infinité de fautes prefque irréparables, puif-que fouvent on fait des parties de lambris plus
- Menuisier. II. Pan.
- ou moins larges qu’il ne faut, ce qui n’eft pas facile à réparer, fur-tout quand il y a des cintres dans les traverfes.
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- 278 MENUISIER.IL Partie. Chap. IX.
- Je ne fàurois nier que toutes ces précautions coûtent toujours très-cher ; mais auffi elles accélèrent l'exécution de l'ouvrage , en éloignant toutes les difficultés qui pourroient s'y rencontrer ; de plus, elles répondent en quelque forte du fuc* cès ; car quelque expérience que l'on ait, il arrive fouvent lors du temps de l'exécution, des difficultés auxquelles on n'auroit jamais penfé ; c’eft pourquoi on ne doit jamais fe fier à là théorie, en fe paftànt de deffins & de modèles : de plus, ce que je recommande ici neft pas une chofe nouvelle , puilque les plus grands Artiftes de tous les genres ne font jamais rien exécuter qu'ils n'ayent fait deffiner & modéler auparavant.
- L'ouvrage ainfi deffiné ou modélé félon l'occafion, on le marque fur une planche qui eft ordinairement de fapin dreffé & blanchi d'une maniéré très-unie , afin de pouvoir marquer l'ouvrage avec plus de propreté ; c’eft pourquoi on préféré ce bois à tout autre pour cet ulàge, parce que quand il eft d’une belle qualité , il eft extrêmement doux, d’une dureté prefqu'égale par-tout.
- On fe fert de pierre noire ou rouge, que l’on nomme fanguine, pour marquer l'ouvrage ; cependant il eft bon de commencer à le marquer avec de la craye , parce quelle s'efface plus aifément que la pierre noire ou rouge, dont on ne doit fe fervir que quand on a tout marqué avec la craye.
- Il ne faut pas marquer les profils , ainfi que je l'ai dit ci-deffus ; mais il ne faut faire qu'un chanfrein de la largeur des moulures ; cependant comme la Menui-ferie peut être fimple, ou bien à petit ou à grand cadre, il eft bon de marquer la malle des profils de chaque elpece d’une maniéré différente, afin que l'ouvrier qui fait l'ouvrage ne puifle pas s’y méprendre.
- Les profils fimples fe défignent par un feul chanfrein, ainfi que celui coté g9 fig. 4 ; ceux à petits cadres par un chanfrein femblable aux premiers, à l'ex* ception qu’il eft ravalé d’environ une ligne du nud des champs , ainfi que celui coté h. *
- Pour les grands cadres, on y fait un chanfrein par-devant, St par-der-riere on marque leur faillie fer les champs , en obfervant de marquer les ern-breuvements. Lorlque ces cadres auront une moulure fer le derrière, on y fera un petit chanfrein pour l’indiqüer. Voyez le profil coté i, qui repréfente un profil à cadre faillant d’un côté , & à plate-bande de l'autre ; & celui coté /, qui repréfente un cadre embreuvé, dont le champ entre à rainure & languette dans un chambranle de porte.
- En général, il faut avoir foin de marquer l'ouvrage très-jufte, afin que celui qui le fait ait plus d’aifance, St puifle même tracer fer le plan fans faire d'autres cfompartiments ( * ) ; c'eft pourquoi il faut tracer à la pointe toutes les
- ( * ) Quoique je dife ici qu’il faut marquer l’ouvrage affez jufte fur le plan, pour qu’on puifle tracer defliis, il eft cependant bon que les ouvriers prennent la peine de vérifier fi les compartiments font faits juftes lorfqu’ils viennent à tracer, afin d’éviter de fuivre les fautes qui feroient fur le
- plan, fuppofé qu’il y en eût : de plus, les com^ partiments relevés font toujours fujetsà quelques erreurs ; c’eft pourquoi il eft bon de les faire fur l’ouvrage en le traçant, malgré toute l’exa&itu-de du plan.
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- Section /. §. I. De la maniéré de marquer VOuvrage fur le plan. 279 largeurs de champs & de moulures, ce qui eft plus jufte que la pierre blanche. Il faut aufli avoir foin de marquer bien jufte toutes les feuillures & les ravalements, ainfi que les rainures & languettes tant des milieux que des angles, qu’il faut numéroter , afin que l’on puifle voir d’un feul coup d’œil toutes les parties qui vont avec les autres.
- Les chambranles des portes fe marquent aufli en maflès, en obfervant feulement de marquer jufte la place des rainures & la profondeur des ravalements. Voye£ la Fig. y, qui repréfente du lambris marqué tant de largeur que de hauteur.
- Les profils des croifées fe marquent aufli en mafles ; leurs petits bois fe marquent tout quarrés félon leur largeur & épaifleur ; & lorfqu ils font à petits montants, on y fait une croix, laquelle pafle par les quatre angles, ce qui indique leur coupe à pointe de diamant. On marque aulfi les feuillures des chaffis à verre, ainfi que la forme du profil des impolies, celle des jets-d’eau & de la piece d’appui. (Voye^la Fig. 6).
- Il eft bon, avant de marquer l’ouvrage, for-tout quand on n’a pas fait de de£ fins, il eft bon, dis-je, de calculer toute k largeur des bois , afin de voir tout de foite la grandeur des panneaux ou des pilaftres que l’on veut marquer, afin d’en diminuer ou augmenter le nombre.
- Cette maniéré eft la plus sûre & la plus facile, non-fèulement parce qu’on fe trompe moins aifément, mais encore parce quelle abrège bien du temps que l’on eft fouvént obligé de palier à faire des compartiments & à les effacer.
- Les Menuifiers marquent aufli des élévations de leurs ouvrages, for-tout lorf* qu’il eft cintré ou orné de fculpture. Ces élévations ne font qu’au trait fans aucune ombre , fi on en excepté les ornements ; mais ces derniers ne font pas du reflbrt des Menuifiers. Ces élévations fe nomment plan, en terme d’ouvrier, Sç fe marquent for de grandes tables de bois de fàpin; & lorfqu’il arrive qu’il y a des lignes qui ne font que dé conftruélion, c’eft-à-dire, pour défigner quelques joints ou quelques alfemblages , on les fait d’une autre couleur que celles de f é-lévation, afin de les diftingüér, c’eft-à-dire, que fi l’élévation eft marquée en noir , les lignes de conftruélion le font en rouge ; quelquefois ces lignés ne fe marquent qu’à la pointe, for-tout quand il eft abfolument néceflaire quelles foient très-juftes.
- Lés outils propres à marquer l’ouvrage, font les mêmes que ceux qui fervent à le tracer ; c’eft pourquoi je n’en parlerai point ici. Voyez ce que j’en ai dit dans la première Partie de cet ouvrage, page 69.
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- §. IL De la maniéré de difpofer la Menuiferie pour recevoir les ornements
- de Sculpture.
- Lorfque la Menuiferie eft fufceptible de recevoir des ornements de fculpture, on commence par les marquer en grand fur la place ou fur des plans faits de planches dune longueur &dune largeur aftez confidérablepour les delïiner dans fa grandeur naturelle. Quand les ornements font ainfi deflînés, on les décalque (*) fur du papier , afin de les exécuter fur l’ouvrage. Ces calques ou deflîns fe nomment ponjifs , en terme d’ouvrier ; & ordinairement les Sculpteurs les communiquent aux Menuifiers, afin qu’ils puiflent y prendre au jufte la forme des contours , la grandeur Sc la place des ornements, lefquels fe font de deux manières, ainfi que je l’ai déjà dit. Ceux qui font pris en plein bois font les plus foli-des, for-tout pour les ouvrages fojets au grand air & à l'humidité ; cependant ceux qui font rapportés font toujours beaucoup mieux, parce que quelque foin que l’on prenne pour faire l’ouvrage avec propreté & précifion, il n eft guere poflîble que les fonds & les moulures foient parfaitement bien faits, for-tout les fonds, que les Sculpteurs ne font prefque jamais bien unis ni d’égale profondeur , ni les moulures d’une forme ou d’une largeur égale ; ce n’eft cependant pas que cela foit abfolument impoflîble ni trop difficile à faire, mais c’eft que les Sculpteurs, du moins pour la plupart, ne veulent pas fe donner la peine d’y faire attention, & que peu accoutumés aux formes droites & parallèles, ils négligent tout ce qui n’eft pas de leur Art, fans faire attention que c’eft de l’égalité des fonds, du parallélifme & des beaux contours des moulures, que dépend tout le foccès de leur ouvrage , qui n’a de mérite qu autant qu’il imite la nature, & qu’il femble être rapporté for la Menuiferie, & non en faire partie ; c’eft pourquoi les Sculpteurs devroient prendre une connoiflânce, du moins élémentaire , des principes de la Menuiferie & des opérations de Géométrie, afin de ne pas fe laiffier entraîner au feu de leur imagination, laquelle les met fouvent dans le cas de faire des chofes contraires au bon fens & à la pofîibilité, du moins en apparence. ( * * )
- (* ) En ternie d’ouvrier } on appelle décalquer des ornements de Sculpture , lorfqu’on en prend une copie de ce qui eft marqué fur la muraille ou fur le plan , ce qui fe fait de cette maniéré : On prend une ou plufieurs feuilles de papier collées enfemble, que Ton attache fur la muraille ou fur le plan où font deffinés les ornements que l’on veut copier ; puis on frotte ce papier avec quelque chofe de dur & de poli, tel que le manche d’un outil ou autre chofe femblable, de forte que le deiïin qui eft fur la muraille ou fur le plan , s’imprime fur le papier que Ton re-defline enfuite & que l’on pique félon les contours des ornements pour le poncer enfuite fur l’ouvrage, ce qui fe fait en frottant le deftin du ponfif avec un petit fachet rempli de mine
- de plomb pulvérifée, laquelle pafie au travers des trous du ponfif, & détermine fur le bois la forme & le contour des ornements ainfi que des cintres. La connoiflânce de la manière de poncer les ornements, femble être plus néceffaire aux Sculpteurs qu’aux Menuifiers ; cependant j’ai cru devoir l’expliquer ici, tant parce qu’elle peut fervir à ces derniers pour tracer les cintres ui font deflînés par le Sculpteur , que pour en onner une légère idée à ceux qui liront cet Ouvrage.
- ( ** ) On me pardonnera cette petite digreflion en faveur de la vérité, l’expérience faifant voir tous les jours que de très-habiles Sculpteurs font très-ignorans fur ce qui regarde la forme des
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- Section 1. §. IL De la maniéré de difpofer la Menuiferie.
- Les ornements qui font rapportés, font toujours mieux que ceux qui font « pris en plein bois, pour les raifons que je viens de dire ci-deffus ; cependant Planche avant de le décider pour Tune ou fautre maniéré, il faut faire attention I0I# à la forme & à la nature de ces mêmes ornements ; car il eft certain que ceux qui font d’une groffeur affez confidérable pour faire une malle à part, comme les guirlandes de toutes les elpeces & les trophées > font toujours beaucoup mieux lorfqu ils font rapportés, fur-tout dans les grands ouvrages où ils femblent beaucoup plus naturels étant dilpofés de cette façon ; mais fort-que c’eft de petits ouvrages , ou que les ornements font en trop petites par • ties, on fait beaucoup mieux de les prendre dans le même bois que la Menuiferie , ou dans des malTes que l’on colle for cette derniere.
- Lorfque les Menuifiers préparent de l’ouvrage pour le Sculpteur, ils doivent d’abord chantourner jufte les traverfes félon quelles font defîïnées for le plan, puis les arrafer avec les panneaux lorfque l’ornement des traverfes fe répand for ces derniers ; il ne faut cependant pas contourner les traverfes trop juftes à l’endroit des ornements, parce que cela gêneroit le Sculpteur : il foffit de pouffer les moulures jufqu’à une diftance raifonnable de fon ornement , de lui marquer la largeur des moulures, & de lui en donner tous les différents fonds, afin qu’il puiiîe donner à ces ornements toute la faillie néceffaire, & qu’il ne foit pas expofé à les faire trop faiilants ou trop renfoncés. Pour le pourtour du bâtis, il eft très-aifé d’en donner le fond, parce qu’on n’a qu’à faire une feuillure au pourtour du bâtis à la profondeur du nud des champs ; mais lorfqu’on eft obligé de déterminer ces mêmes fonds au milieu de l’ouvrage, cela devient plus difficultueux ; cependant on en vient facilement à bout à l’aide d’un outil nommé guimbarde , qui n’eft autre chofe qu’un morceau de bois pe^cé par le milieu d’un trou un peu incliné, dans lequel on place un fer que l’on y arrête par le moyen d’un coin: ce fer fe haufle ou fe baiffe à raifon de la profondeur dont on a befoin. Comme il eft prefque debout, il eft bon qu’il foit un peu épais , afin que l’outil ne reftàute pas lorf-qu’on le pouffe, ce qui en terme d’ouvrier s’appelle brouter ; c’eft pourquoi au lieu d’un fer de feuilleret ou autre qu’on y met, on fait fort bien d’y fobf tituer un bédane , parce que fa grande épaiffeur l’empêche de ployer , & par conféquent de brouter.
- La guimbarde fe tient à deux mains, & on a foin en la pouflant de la tenir ferme & de bien appuyer deffus, afin de pouvoir la conduire mieux. (Voy. les Fig.
- 6 & 7, qui repréfentent une guimbarde en coupe & en perlpeélive). On doit auffi obferver de fouiller le fond que l’on veut ravaler avec le fermoir & le cifeau, le plus proche poffible, pour que la guimbarde aye moins de bois à oter, & foit par conféquent plus facile à conduire.
- contours ôc des profils, & que fouvent même ils d’une parallèle, connoiflance qu’ils regardent ignorent jufqu’aux noms d’une perpendiculaire & comme inutile ou peu nécefiaire à leur état*
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- Pour fouiller ainfi les fonds, & ne point s’expofer à les faire trop profonds , on fo fert d’un petit morceau de bois dans lequel eft faite une entaille de la profondeur du ravalement, & que l’on préfente de temps en temps, afin de voir fi on ne defcend pas trop profond.
- Lorfque les ravalements qu’on a à faire font trop grands pour que la guimbarde puifle y porter des deux côtés, on fe contente de les ravaler au pourtour avec la guimbarde, & on y fait une ou plufieurs tranchées fur la largeur avec ce même outil, & le relie fe fait avec le cifeau & le rabot.
- Pour les ornements rapportés, ils fo collent for le fond de la Menuiferie avant d’être foulptés, ou après l’avoir été ; dans ce dernier cas, on les colle & on peut les arrêter par derrière avec des vis, ou bien même en parement dans des endroits ou la tête de ces dernieres ne ferait pas apparente. Quand les ornements rapportés fe collent avant d’être foulptés, on les colle à l’ordinaire , & on en ferre les joints avec des valets, du moins autant qu’il eft poffi-ble ; ou bien quand ces derniers ne peuvent pas y atteindre, on les arrête avec des clous dont les têtes ne portent pas immédiatement for le bois, mais for des morceaux de bois minces nommés taquets , qui font percés d’un trou dans lequel pafle le clou ; de maniéré que quand les joints font focs, l’épaifleur de ces taquets fort de prifo pour retirer les clous, que l’on doit avoir foin de choifir d’un fer très-doux, afin qu’ils ne caflent pas dans le bois. ( Voyelles Fig. 4 & 5 ).
- On peut auffi, quand les morceaux ne font pas d’une grande étendue, coller ces morceaux à la maniéré des Ebéniftes, qui eft de mettre entre le bois que l’on colle & le plancher de la boutique , un étréfillon ou goberge, que l’on fait roidir entre les deux, & qui arrête fortement les morceaux que l’on colle for l’établi, en obforvant toutefois de mettre for ces derniers une cale d’une forte épaifleur, & dont le fil fait en fons contraire jfo morceau que l’on colle.
- Que les ornements de rapport foient collés avant d’être foulptés, ou non, il eft toujours bon de les contre-profilerdans les moulures (*) forlefquellesils pafi-font, afin que quand les Sculpteurs viennent à les découvrir, elles ne foient point interrompues en aucune maniéré.
- Il eft très-certain que cette maniéré de préparer les ornements de rapport eft très-bonne, parce que non-feulement les fonds & les moulures en font mieux faits , mais auffi parce qu’on n’eft point expofé au danger de voir des ornements qui naturellement doivent paroître appliqués for la Menuiferie, en faire partie & être même pris aux dépens de l’épaifleur des corps for lefquels ils doivent être appliqués ; ce qui cependant n’arrive que trop fouvent, for-tout lorfque les ornements font pris en plein bois, ou que, quand ils font rapportés, on néglige de les contre-profiler.
- (*) On entend par contre.profiler une moulure t faire Pinverfe de fon profil dans le bois que l’on colle deflus ; de forte que ce dernier embrafle
- & en remplifie exactement toutes les parties, du moins les principales, ainfi que la Figure
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- Section 1. §. II. De la maniéré de difpofer la Menuiferie. 283
- Quand les moulures font totalement couvertes d’ornements, comme dans le cas des bordures de glaces ou de tableaux , il faut faire leur coupe dans les en- Planche roulements, ou faire en forte quils fe trouvent cachés fous quelques feuilles 10u d’ornement, ce qui foroit très-bien. Il faut auflî obferver à chaque joint de petites queues ou des goujons qui retiennent les bordures chacune à leur place ; 8c on doit avoir grand foin de tracer au trufquin, tant en deflus qu’en deflbus, le dedans & le dehors de chaque moulure , ainfi que les différentes parties qui les compofont, afin que les Sculpteurs ne puiffent pas s’en écarter.
- Quand les traverfes cintrées de ces bordures auront beaucoup de retombée, on les collera diagonalement & en flûte , afin que le joint fe trouvant au milieu, foit recouvert par la malle que l’on colle ordinairement deflus.
- Voilà tout ce qu’on peut dire touchant la maniéré de préparer l’ouvrage au Sculpteur, les différentes occafions & l’expérience fuppléant à tout ce que je ne puis dire ici fans trop allonger cet Ouvrage, ce qui feroit d’ailleurs fort inutile, le peu que j’en ai dit renfermant à-peu-près tout ce qu’il y a à dire à ce fo-jet. Voye^ la Fig. 1, qui repréfonte le deflin d’un panneau de lambris, & la Figé 2. , qui repréfonte ce même panneau tout exécuté pour ce qui regarde la Me-nuiforie, ainfi que les Fig. 3 & 4, qui repréfontent un trumeau de cheminée difpofé de la même maniéré , fuivant les régies que j’ai données ci-deflus.
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- Section Seconde.
- De la maniéré de coller les Bois.
- Le collage de$ bois eft une des parties les plus intéreflàntes de la Menuiforie, .
- ( eu égard à la conftruéïion ) ; c’eft pourquoi il eft néceflàire d’entrer dans un pLANCHE détail très-eiaél de cette partie. 102.
- . J^ai parlé dans la première Partie de cet Ouvrage, de la maniéré de ralon-ger les bois , de joindre & coller les panneaux de toutes fortes d’épaifletirs ; il s’agit maintenant de donner des préceptes pour les collages des bois en maffe, tant droits que cintrés. C’eft pourquoi il eft bon de lavoir que fouvent faute de trouver des bois d’une grofleur convenable, on eft obligé de joindre & coller enfomble plufieurs morceaux de bois pour parvenir à faire des mafles aflez confidérables pour faire foit des figures ou d’autres morceaux de Sculpture, ou enfin d’Architeélure ; & que quand même on trouveroit d’aflez groffes pièces, l’expérience fait connoître que quelque focs qu’ils puiflent être, ils font toujours lujets à fe fendre, vu leur inégale denfité ; le cœur du bois étant toujours plus plein que les rives, fo retire moins, <& par conféquent oblige les parties qui en font les plus éloignées à fo fendre, ainfi qu’on peut le voir dans? la Fig. 3 , qui repréfente la coupe de la moitié d’un tronc d’arbre.
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- '284 'MENU I S IE R, IL Partie, Chap. IX.
- C’eft pourquoi un malfif compofé de plufieurs morceaux joints & colles enfemble avec toutes les précautions néceflàires , eft toujours préférable à un morceau d’une feule pîece.
- Pour qu’un malfif de cette elpece foit parfaitement bien fait & ne faffe aucun effet, il faut d’abord choifir des bois parfaitement fecs & d’une égale qualité , parce que fi on on colloit enfemble des morceaux d’une inégale denfité, il en réfulteroit le même inconvénient qu’à ceux qui font d’une feule pièce, c’eft-à-dire, que la pièce qui feroit la plus compaéte fe retirant moins que l’autre , l’obligeroit à fe fendre ou à fe décoller ; ce qui arriveroit auffi fi les morceaux , quoiqu’également tendres , n’étoient pas également fecs.
- Les bois ainfi choifis, il faut encore avoir foin de mettre le côté le plus tendre au milieu de la maffe, afin que le bois venant à fe retirer, trouve moins d’oppofition des parties dures, lefquelles fe trouvent expulfées , du moins en partie, après que la malle aura été fculptée ou enfin travaillée par le#Menuifier.
- Il faut encore faire enforte que les fils des différents morceaux qui compofent une maffe, foient de même fens, ou du moins le plus qu’il fera poffible, afin que la colle prenne également dans tous & s’y agraffe mieux. Voye^ la Fig. r , qui repréfente la coupe de deux morceaux de bois joints du côté du plus tendre ; & la Fig. 4, qui repréfente ces mêmes morceaux joints enfemble félon leur fil, ainfi que je viens de le dire.
- Quand les maffe s font d’une grollèur allez confidérable pour que deux morceaux ne luffifent pas tant d’épaifîèur que de largeur, il faut avoir foin de mettre les joints en liaifon, c’eft-à-dire , qu’ils ne foient pas vis-à-vis l’un de l’autre , mais au contraire, le joint d’un morceau vis-à-vis le plein de l’autre, afin de donner plus de folidité à l’ouvrage, avec l’attention toutefois de mettre les parties tendres les unes avec les autres, ainfi que je l’ai recommandé. ( Voye% la Fig. 2 ). v
- Quand on a pris toutes ces précautions pour le choix & la dilpofition des bois, on commence par les corroyer parfaitement droits de tous les côtés , en-fuite il eft bon de les lailfer quelque temps en cet état, pour en faire totalement expulfer l’humidité, fuppofé qu’il en refte, en prenant toutefois la précaution de faire attention à la faifon dans laquelle on eft, parce que fi c’eft par un temps humide, il eft certain que le bois au lieu de fe fécher, acquiert une qualité toute contraire en recevant dans fes pores une partie de l’humidité de l’air qui s’y attache.
- C’eft pourquoi il eft bon, dans la faifon humide, de lailîer les bois corroyés avant de les joindre , non pas expofés à l’air, mais dans quelque endroit fec & fermé, dans lequel il y auroit une chaleur modérée , tels que les forbones & étuves , conftruites de la maniéré que je l’ai recommandé dans la première Partie de cet Ouvrage.
- Quand les bois ont été fuffifamment à l’air pour en expulfer toute l’humidité,
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- Section II. De la maniéré de coller les Bois. 285
- on commence par les redreflèr chacun en particulier, en obfervant de les bien dégauchir & drefler tant fur la largeur que fur la longueur ; puis on les préfente les uns fur les autres pour voir s'ils joignent parfaitement. Quand les bois font bien drefles & dégauchis, il eft bien facile de les joindre & de s’affurer de la perfection des joints, du moins à l'extérieur, puifque toutes les extrémités font apparentes ; mais lorfqu elles ne le font pas , ou bien quand les morceaux font dune certaine largeur, il eft un peu plus difficile de s’en aflurer, & on ne parvient à le lavoir, qu’en frottant de craye un des morceaux & l’appliquant fur l’autre, de maniéré que quand le joint eft parfaitement bien fait, le morceau qui n’eft pas frotté de craye s’en trouve marqué dans là totalité ; au lieu que quand le joint n’eft pas bien fait, le blanc ne marque que par diftance, ce qui indique les endroits où il porte , & par conféquent où il faut ôter du bois.
- Pour bien drefler ces fortes de joints, il eft bon, après les avoir bien drefles a bois de fil avec la varlope, de lçs reprendre à bois de travers avec la même varlope à petit fer, ou bien avec la varlope à onglet, que l’on mènera d’abord dia-gonalement, puis tout-â-fait à bois de travers. Cette maniéré de drefler les joints eft très-bonne , parce que non-feulement on eft très-sûr qu’ils lont parfaitement droits , mais encore parce que le bois pris & corroyé de travers eft plus aifé à prendre la colle, fes pores fe trouvant plus ouverts, & cette derniere s’y infi-nuant mieux.
- Quand les joints font ainfi préparés, on les fait chauffer afin d’en ouvrir les pores, & pour en expulfer toute efpece d’humidité ou de fraîcheur qui pourroit faire figer la colle ou l’empêcher de pénétrer affez avant dans le bois ; il faut cependant éviter de faire trop chauffer le bois, parce que fà trop grande chaleur defleche la colle, la raréfie, & par conféquent l’empêche de prendre dans les pores des bois & de les faire tenir enfemble.
- Quand on étend la colle fur les joints , il faut avoir foin d’en mettre également des deux côtés & de bien l’étendre, & cela le plus promptement poflible ; enfoite de quoi on met les deux morceaux de bois l’un fur l’autre, & on les frotte enfemble, afin d’étendre mieux la colle, & de la faire entrer dans le bois ; parce que fi la colle venoit à fe figer vavant d’être ainfi étendue, elle feroit un corps entre les bois , lequel fe diiloudroit enfuite, foit par la trop grande féchereffe ou par l’humidité.
- Quand toutes ces précautions font prifes, on ferre & arrête les joints par le moyen des valets ou des fergens, & on a foin de mettre deflùs des cales dont le fil eft en fens contraire , lefquelles doivent être un peu creufes, afin que la prêt lion du valet les faifant ployer, elles ferrent toujours for les bords.
- Avant de parler du collage des bois courbes, il eft bon d’entrer dans le détail du collage de ceux qui, droits for leur longueur, ne font cintrés que for leur largeur, tels que font les panneaux cintrés en plan, les colonnes , &c.
- Pour ce qui eft des panneaux cintrés en plan, ils ne differentguere des droits> Menuisier. II. Part. D d d d
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- *86 MENUISIER, II. Partie, Chap. IX.
- — quant à ce qui efl; de la maniéré de les joindre & de les coller, fi ce n’eft quon Planche ne Joie point le fervir de fèrgent pour en faire approcher les joints , parce que quand même ces panneaux feroient peu cintrés, les fergents les font toujours creufer plus ou moins qu’il n’eft néceflàîre, à quoi cependant on remédie en mettant des cales entre le panneau & les fergents, qui le placent toujours du côté du bouge, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. y > cote a l mais quelque précaution que l’on prenne, les cales que l’on efl: obligé de ferrer ou de lâcher, tourmentent les joints & empêchent la colle de prendre ; ou bien quand les panneaux lont minces , les fergents les font ployer & même cafler; ceft pourquoi il vaut beaucoup mieux de faire des entailles que l’on creufe de la même forme que le panneau, que l’on y ferre & arrête par le moyen d’un coin. (Voye^ la F 'lg- 5 , cote b ).
- Il faut toujours deux de ces entaillés aü moins pour coller un panneau, & même trois pour peu qu’il foit un peu grand ; on doit auffi obfèrver qué les mantonnets de ces entailles fbient un peu aigus, afin que le panneau ne puiflè pas s’échapper en le ferrant. ( Voy. la Fig.ôf
- Je ne fàurois diffimuler que cette maniéré efl: beaucoup plus longue, & par conféquent plus coûteufe que la première, à caufe qu’il faut faire autant d’entailles que l’on a de panneaux de différents cintres; mais ces confidéra-tions ne doivent pas entrer en concurrence avec les avantages qui réfultent dé l’emploi dès entaillés. Ces mêmes entailles fervent auffi à cheviller l’ouvrage cintré en plan, ce qqi vaut toujours mieux que des fergents, qui font dé-verfer les joints, & quelquefois cafler les traverfès cintrées.
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- §. I. De la maniéré de conflruire les Colonnes en bois, les Bafes & les Cha-pitaux 9 ainfi que les Entablements & les Piedejlaux.
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- Lorsqu’on veut conflruire une colonne de Menuiferie, on commencé par fe rendre compte de fa hauteur & de fon diamètre, afin de pouvoir choifir des bois d’une largeur & d’une épaifleur convenables , ainfi que la Fig. I & y.
- Quand le diamètre efl déterminé , on le divife en fix ou huit parties égales ; puis d’après l’épaifleur du bois que l’on veut y employer, prife de l’extrémité de chaque divifion, on forme un hexagone ou un oéiogone , félon la divifion qu’on en a faite , fur laquelle divifion on fait une équerre prife de l’ouverture de l’angle du polygone, laquelle fert à donner à chaque morceau la pente qui lui efl néceflàire.
- Lorfque les colonnes ont des cannelures, ce doit être le nombre de ces dernières qui’doit déterminer les joints, qu’on aura foin de mettre dans l’angle d’une cannelure, afin qu’ils foient moins apparents. ( Voye£ la Fig. 8 ). Au milieu de chaque colonne efl placée une piece de bois A , ou axe qui la déborde de
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- Section IL §. /. De la maniéré de çonftruire tes Colonnes en bois. 287
- chaque bout, laquelle entre dans trois morceaux de bois B , nommés mandrins, lefquels font d une même forme que le dedans de la colonne , & fur lefquels chaque morceau de cette derniere s’appuye & y eft chevillé.
- Chaque morceau de Colonne fo colle à plat-joint avec des languettes rapportées for le derrière, & fe cheville fur les mandrins, ainfi que je viens de le dire ; mais il réfulte une difficulté de cette méthode, parce que quand les bois de la colonne viennent à le retirer chacun for eux-mêmes, ils trouvent de la réfiftan-ce de la part du mandrin , for-tout du côté du bois de bout, ce qui les fait fen" dre & fe décoller. On ne peut obvier à cette difficulté qu’en laiflànt environ une ligne de jeu entre le mandrin & l'intérieur de la colonne, lequel jeu fe remplit avec des cales lors du temps de la conftruétiori, & on les ôte après, afin de laifler au bois la liberté de fe retirer, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 6 , cote B. Le jeu qu’on donne au mandrin d’une colonne, n’empêche pas qu’on ne la cheville deflus, en obfervant feulement dè graiflèr les chevilles, lefquelles alors ne fervent qu’à empêcher le mandrin de fe mouvoir lorfqu’on vient à tour, ner là colonne.
- En général, les colonnes fe tournent, mais quelquefois les Menuifiers les arrondirent eux-mêmes, 8c y font les cannelures félon qu’il eft néceflàire.
- La hauteur des colonnes de Menuiferie , eft ordinairement entre le deflùs de la doucie de la bafo, & le delïous de celle de l’aftragale , fur-tout quand les colonnes font d’une certaine grofleur, parce que fi on y laifloit l’aftragale & le~ premier membre de la bafe, cela exigeroit trop de grofleur de bois , & feroit en même temps trop de perte ; de plus, lorfque les colonnes font difpofées de la première façon, on a plus d’aifimce à faire les cannelures , lefquelles alors peuvent fe faire à l’outil 8c de toute leur longueur, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 2 y cote DD9 8c dans celle 6 , cote B ; au lieu que quand on prend l’aftragale 8c la doucie de la bafe dans le même bois, on eft plus gêné, & on employé davantage de bois. ( Voye^ la Fig. 2 , cote CC, & celle 6, cote E ).
- De plus, les chapitaux 8c les bafes peuvent s’ajufter aux colonnes ainfi difpo-fées, non à plat-joint, mais à recouvrement intérieur pour plus grande folî-dité, ce qui eft égal pour les deux maniérés dont je viens de parler. Voye^ les Fig. ci-deflus. Cependant lorfque les colonnes font d’un petit diamètre , on peut y laifler l’aftragale & le premier membre de la bafe , la faillie de ce dernier n’étant pas fort confîdérable, proportion gardée avec le diamètre, 8c ne faifimt aucune efpece de perte lorfque les colonnes font diminuées par le bas, ce qui cependant eft un vice en Architecture. ( * ) ( Voye[ la Fig. 2 , cote C.)
- Quand les colonnes font d’un petit diamètre, ainfi que je viens de le dire , on les colle d'une grofleur parallèle d’un bout à l’autre , 8c la diminution fe fait aux dépens de l’épaiflèur du bois ; mais lorfque cette diminution eft confidéra-
- I’lancmb
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- (*) Je ne parlerai pas ici de la forme ni des ornements des colonnes, cette partie étant
- étrangère au fujet que je traite, lequel n’a pour objet que la conftruétion.
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- a88 'MENUIS I ER, II. Partie, Chap. IX.
- " blé, vu la grande hauteur de la colonne & la largeur de fon diamètre, on fait alors le mandrin du haut dun diamètre plus petit que les autres de ce que la colonne diminue ; & les morceaux qui la compofont font d une largeur parallèle jufqu'au tiers de leur hauteur ; le refte va en diminuant jufqu'au haut, où ces morceaux n'ont de largeur que ce qui eft déterminé par le petit diamètre,
- U faut obferver que cette diminution neft pas décrite par une ligne droite depuis le tiers inférieur de la colonne jufqu’au haut, mais par une ligne courbe nommée conchoide, laquelle fe décrit avec un inftrument dont nous devons l'invention à Nicomède , & que M. François Blondel a remis en ufàge, ou bien par des points de divifion pris fur le grand diamètre de la colonne ; de forte que la piece de bois ainfi préparée, eft à-peu-près femblable à une douve de tonneau. ( V'oy. la Fig. 4 ).
- Comme tout le monde ne connoît pas la conchoïde ni la maniéré de diminuer les colonnes par des points de divifion, je vais décrire ici cette derniere maniéré, afin de donner de la clarté à la fuite de ce difoours.
- Après avoir déterminé les grands diamètres de la colonne ee, & fà diminution dd9 on tire une ligne depuis le haut de la colonne jufqu a fon tiers inférieur, laquelle ligne eft parallèle à l'axe de la colonne, pris du defius de la ligne du tiers ; & de l'axejf comme centre, on décrit un demi-cercle d'un diamètre égal à celui de la colonne ; puis on divife la partie de l'arc qui eft comprife entre la ligne du grand diamètre 8c celle du petit en autant de parties que l'on veut , comme a > b 9c 9 d\ 8c on divife auffi les deux tiers fupérieurs de la colonne en autant de parties égales que l'on a divifé l'arc de cercle , comme celles aay bb , cc , dd ; & la rencontre des perpendiculaires prifes des points de divifion de l'arc avec les lignes horifbntales du tiers fiipérieur de la colonne, donnera autant de points par où paflTera la courbe demandée.
- D'après cette defcription, il eft aifé de voir que chaque point de divifion produira autant de cercles infcrits les uns dans les autres, & par conféquent autant de polygones de différents diamètres 3 dont les côtés donneront la largeur de la piece que l'on veut corroyer en raifon de la diminution de la colonne. Voy. la Fig-7> où les polygones 1, % , 3,4, J , qui y font infcrits les uns dans les autres , répondent aux points de divifion intérieurs du dedans de la colonne, Fig. 6 ; 8c on obfervera que les divifions extérieures font cotées avec des lettres, 8c celles de l'intérieur le font avec des chifres, afin de ne point faire de confufion. La Fig. 4 repréfente une des douvelles de la colonne ainfi préparée, laquelle n'eft pas fort aifée à joindre, à caufe que ces joints étant bouges ne peuvent s’approcher qu'en faifànt ployer la piece.
- En général, on aura foin de mettre la partie tendre du bois des colonnes en dedans, parce que comme ce côté eft plus étroit, puifque les joints tendent au centre, l'effet fe fait également, le bois étant ainfi difpofé ; au lieu que fi au
- contraire
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- Section II. §. L Delà maniéré de coller les Bafes &des Chapiteaux. 28g contraire le tendre du bois étoit en dehors,l’effet fe feroit à contre-fens, de forte que les joints ouvriraient fur le devant, vu l’inégale denfîté de la pièce.
- Les bafes des colonnes fe font de deux maniérés , félon leurs différentes formes & grandeurs ; la plus commune & la plus folide eft de les faire en plein bois : mais il en réfulte deux inconvénients ; qui font, que quand les bafes font d’une grandeur un peu confidérable & quelles font faites en plein bois, elles font fujettes à fe fendre ; ou bien fi elles ne fe fendent pas, elles fe retirent tant fur la hauteur que fur la largeur, de forte que leurs joints avec la colonne fe découvrent & s’ouvrent de ce que le bois fe retire , ce qui fait un fort mauvais effet, ainfi que fur la largeur, où la bafe devient plus étroite que la colonne , comme je l’ai repréfenté dans la Fig. 1 , où les lignes ponctuées indiquent la véritable largeur de la bafe ; c’eft pourquoi quand les bafes feront d’une grandeur allez confidérable pour faire craindre que le bois ne faffe cet effet, on fera très-bien de les coller à bois de bout, c’eft-à-dire du même fens que les colonnes dans lefquelles on les fera entrer à recouvrement , ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 2 , PL 103 , en obfervant toutes fois de ne préparer ainfi que les moulures de la bafe, & de faire la plinthe de cette derniere avec quatre morceaux affemblés à bois de fil, ce qui eft la même chofe pour les deux maniérés de faire les bafes. Voye£ les Fig. 2 & 3 , qui repréfentent une bafe 8c fà plinthe dlfpofées des différentes maniérés dont j’ai parlé ci-deflus.
- On obfervera que le deffus de la plinthe de la bafe Fig. 3 , n’eft pas lifte , mais qu’on y fait un ravalement circulaire dans lequel entrent les autres membres de la bafe ; cette précaution eft très-bonne, parce quelle empêche la plinthe de fe déranger en aucune maniéré.
- Pour ce qui eft des chapiteaux, du moins pour les corinthiens 8c les com-pofites , on les difpofe de la même maniéré que les bafes, c’eft-à-dire , à bois de fil, ce qui eft mieux que de les faire de plufieurs morceaux collés en liaifon horifontalement, parce que les retombées des feuilles fe trouvent toutes à bois de travers ; au lieu que de la première maniéré elles font à bois de fil, ce qui eft fort à confidérer. Voye^ la Fig. 6, qui repréfente un chapiteau corinthien , lequel eft confirait de cette maniéré, 8c où toutes les feuilles font difpo-fées en mafle ; & la Fig. 4, qui repréfente la coupe d’une des parties de ce chapiteau ; on obfervera auffi que le chapiteau entre à recouvrement dans la colonne, ainfi que la bafe, 8c que le deftus de ce même chapiteau entre auffi à recouvrement dans le tailloir pour la même raifon que j’ai dite en parlant de la bafè.
- Quant au tailloir des chapiteaux, on l’affemblera à bois de fil, à tenon & mor-taife , ainfi que la plinthe de la bafe, ce qui ne fouffre aucun inconvénient, fi ce n’eft que le joint fè trouve au milieu d’une de ces quarres, ce qui n’eft pas fort propre ; cependant on ne peut guere faire autrement, fur-tout quand on veut, qu ils foient folides & qu’ils foient à bois de fil fur toutes leurs faces ; tout Menuisier. II. Part. Eeee
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- PlANCHE
- ,10*.
- 29o MÉN UIS I E R, IL Partie. Chap. IX.
- = ce qu'on peut faire, cefi de rapporter à bois de fil les moulures de leurs quarres. Voye[ la Fig. y, qui repréfente un tailloir vu en deflous , & la Fig. y, qui repréfente ce même tailloir vu fur l'angle. 1
- Quant aux entablements, ils fe font d'un plus ou moins grand nombre de morceaux , félon qu'ils ont plus ou moins de grandeur. La Fig. 9 en repréfente un d'environ 2 pieds & demi de hauteur, où l’architrave A, eft d'une feule piece, la frifé B , d’une autre piece, & la corniche C, de trois différentes pièces, félon que le permet la grofîéur des bois ; Sc pour éviter la perte qu'il y auroit à faire une corniche de cette nature d’un feul morceau , fuppofé qu'il y en ait d’âfîéz gros.
- La Fig B au contraire repréfente un entablement femblable au premier,mais qui a 4 à y pieds de hauteur ; c'eft pourquoi l’architrave eft de plufieurs pièces ; la frifé peut auffi être de plufieurs pièces, & la corniche eft d’autant de pièces qu'elle a de cymaifes Sc de larmiers , ce qui eft d’autant mieux que l’on employé moins de bois à faire les corniches de cette façon ; que de plus, chaque 'membre de cette corniche eft beaucoup plus aifé à faire en particulier , fur-tout les denticules d9 que l'on peut dans ce cas faire à la fcie, ce qui eft d’un très-grand avantage. Dans tous les cas, les modillons e fe rapportent toujours ; on les fait entrer à tenon dans leurs larmiers f9 Sc on les attache fur le foffite g de ce dernier, par le moyen d'une ou de plufieurs vis à bois.
- Il faut obférver que toutes les pièces qui compofént les entablements , font aflémblées à rainures Sc languettes, dont il faut toujours cacher les joints dans les dégagements des moulures ; & pour les rendre plus folides , il faut faire par derrière des bâtis ih plus ou moins gros, félon la grandeur des entablements, qui en appuyent toutes les parties 9 Sc fur lefquels on puifïé les attacher, ainfi qu’on peut le voir dans les Fig. 8 & 9.
- Quant aux corniches d’une autre forme, comme celle Fig. 10, on les fait auffi de plufieurs morceaux, félon leur grandeur Sc la différente épaiftèur des bois , lefquels détermineront le nombre Sc la place des joints. Ces efpeces de corniches fe nomment corniches volantes ;& on trace ordinairement leurs courbes par le moyen d’un calibre , lequel fert auffi à les coller jufte.
- Lorfque les membres de moulures qu'on aura à coller finiront par un adoucis comme la Fig. 11, on fera toujours le joint au-defîiis de ce dernier ; ce fera auffi la même chofe pour les aftragales, que l’on ne doit pas rapporter à plat, mais entailler dans l’épaiffeur du bois, comme on le voit dans la Fig. 12 ; parce que s’ils étoient appliqués à plat, la vive - arête de l’adoucis s'écorcherait & découvrirait le joint, ce qui ferait très-mal. Voilà tout ce que je peux dire fur cette matière , laiflànt à la prudence de ceux qui feront de ces fortes d'ouvrages , à faire l’application des principes que je donne ici, félon que l’occafion , la forme Sc la grandeur de l'ouvrage l'exigeront.
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- Section II. §. II. Maniéré de coller les Bois courbes, %$x
- §. IL Maniéré de coller les Bois courbes,
- Le défaut de trouver des bois courbes félon nos différents befoins, ou bien celui qui réfulteroit de faire de trop grandes parties cintrées dans des bois droits, a obligé les Menuifiers de faire ces parties de plufieurs pièces, lefquelles quand l'ouvrage demande beaucoup de folidité, fe ralongent à traits de Jupiter ou autres aflemblages , ainfi que je fai démontré dans la première Partie de cet Ou-vrage , page 49.
- Il ne s'agit donc ici que des parties courbes auxquelles on ne fait point d’af-fomblages, & dont les joints ne doivent pas être apparents. Comme fbuvent les parties cintrées font trop creufes pour qu’on puiflè faire leurs traverfes d’un feul morceau , à caufe qu’il y auroit trop de bois tranché , on eft alors obligé de les faire de plufieurs pièces, tant fur leur longueur que fur leur largeur, que l’on colle en flûte l’une fur l’autre. On les fait aüfli de plufieurs pièces fur leur largeur , en obforvant de mettre les joints en liaifon, c’eft-à-dire, à contre-fens l’un de l’autre , afin de les rendre plus folides ; il faut cependant faire attention que 1J extrémité de ces fortes de joints fe trouve à bois de fil, pour éviter les éclats que l’on pourroit faire eh les poufïànt. ( Voje£ la Fig. 1).
- La coupe horifontale de ces fortes de joints, fo fait ordinairement par une ligne tendante au point de centre , & on doit faire attention que l’autre qui fait l’extrémité du joint lui foit parallèle , parce que fi elle tendoit au point de centre comme la Fig. 4, cela feroit gauchir le joint, ce qui le rendroit très-difficile à faire, ainfi qu’on peut le remarquer dans la Fig. 2, où la ligne a b, qui eft le dedans du joint, coupe celle c qui eft le dehors de ce même joint, ce qui produit le gauche dont je viens de parler ci-deflîis. C’eft pourquoi il eft bon que la ligne qui tend au point de centre, paffe par le milieu du joint, afin d’en rendre la coupe plus régulière, c’eft-à-dire, quelle fe retourne quarrément for cette dernière , & de faire le joint parallèle, ce qui l’empêche de gauchir. (Voyelles Fig,* 3&5).
- Il eft des occafions où l’on ne peut pas faire de joints en flûte, foit par raifon de propreté ou d’économie ; alors on fait les joints quarrément, en coupant en pente un des. morceaux, félon que le cintre l’exige. Quand le cintre eft confidé-rable, & que l’on craint que l’extrémité du joint ne vienne à s’égrainer, on fait le joint en entaille for l’épaiffeur, ce qui donne plus de force au morceau cintré. Ces fortes de joints font peu folides ; c’eft pourquoi on n’en fera ulàge que le moins qu’on pourra , 8c, quand ces fortes de courbes feront prifos entre deux autres, ce qui leur donne plus de folidité, & empêchera qu’elles ne fe déjoignent, Voye^ les Fig. 6 & 7, qui indiquent ces différentes elpeces de collages.
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- ’M E N U I S I B R, IL Part. Chap. X.
- apâ
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- CHAPITRE DIXIEME.
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- De l'Art du Trait proprement dit, ou la Science des Courbes relativement
- à la Menuiferie.
- ........Avan t de traiter des différentes courbes qui vont faire le fujet de cette Par-
- Planche de mon Ouvrage, j'ai cru devoir faire connoître les places où chacune ,io&, d'elles peuvent être appliquées, ainfi que les procédés dont on fe fert pour la conftruélion de ces fortes de places , afin de donner plus de clarté à mon discours , & en même temps pour empêcher que les Menuifiers ne faffent de ces fortes d'ouvrages, pour ainfi dire, au hafard, ce qui fait qu'ils ne reviennent pref que jamais jufte en place , & que fouvent on eft obligé de hacher le bois ou la pierre pour les pofor , ce qui eft fort délàgréable.
- La rareté de ces fortes d'ouvrages , & le défaut de principes, a été la principale eau fe du peu de progrès que quelques Menuifiers ont fait dans l'Art du Trait ; les uns ignorant abfolument cette partie de leur Art, & ceux qui en ont quelque connoiffance en faifànt un myftere aux autres, voulant leur faire regarder cet Art comme un fecret, ce qui a donné lieu à une infinité de fautes êc aux différentes maniérés de faire ces fortes d'ouvrages , chaque ouvrier ayant , fa méthode, laquelle eft plus ou moins bonne, félon qu'il a plus ou moins de lumières & d’expérience. Ceux mêmes qui enfeignent cet Art , ne donnant à leurs Elèves aucuns principes certains, & attachant une infinité de noms différens à des voufliires & autres ouvrages de cette nature, dont cependant les principes font les mêmes dans le fond ; ils ont fait croire, ou du moins laiffé croire à ces mêmes Elèves , que chaque efpece d'ouvrage de Trait demandoit non-feulement une étude, mais encore une façon particulière d’opérer.
- Pour remédier à ces différents inconvénients, & pour être utile à ceux qui liront cet Ouvrage, fur-tout aux Menuifiers, je crois devoir avertir ici que pour acquérir une parfaite connoiftànce de l'Art du Trait, fur-tout pour ce qui a rapport à la théorie, il faudroit avoir acquis beaucoup de connoiflànces dans les parties de la Géométrie, qui ont rapport à cette fcience, telles que font les feélions coniques , la fcience des différentes courbes, le développement & la pénétration des corps , afin que la pratique foit guidée par la théorie, du focours de laquelle il eft impoffible quelle fe paffe , du moins pour faire ces fortes d'ouvrages avec quelque précifion.
- Cependant comme les ouvriers ne font prefque jamais dans le cas d'acquérir ces connoiflànces, & n'en fentent pas la néceffité, ils ont cru devoir les regarder comme inutiles, ou du moins peu néceflàires à leur état, & comme plus
- propres
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- De ls Art du Trait proprement dit, ou la Science des Courbes. 293
- propres à fatisfaire la curiofité , qu’à donner de l’accélération à la pratique & de la précifion à louvrage ; ne faifant pas réflexion que la Géométrie naturelle ne fuffit pas dans le cas dont il s’agit ici, ce qui fait que fouvent faute de théorie, ils fe trouvent très-embarralfés pour faire différents ouvrages , dont cependant les procédés font les mêmes , tant pour la théorie que pour la pratique, du moins pour le plus grand nombre. Ce font ces confidérations qui m’ont engagé avant d’écrire fur l’Art du Trait, de faire une recherche exaéle & réfléchie des Auteurs qui ont écrit fur cette partie , (du moins pour ce qui regarde la coupe des pierres 8c la Charpenterie , perfonne n’ayant encore écrit fur le Trait de la Me-nuiferie, fi ce n’eft M. Blanchard, Maître Menuifier, dont l’ouvrage eft deftitué de cette théorie fi néceflàire , & par conféquent de principes confiants ) , ayant voulu me rendre compte des procédés dont les uns & les autres fe font fervis , afin de donner à mon ouvrage toute la clarté poflîble, ne voulant pas me fier à mes propres lumières , quoique fécondé de l’expérience pratique.
- Cependant comme les connoiflànces néceflàires à la théorie de l’Art du Trait font très-étendues , & qu’elles ne font pas du reflort de cet Ouvrage, je ne ferai que les indiquer, ainfi que les Auteurs qui ont écrit fur l’Art du Trait (*) > me contentant de donner ici quelques notions de ces connoiflànces, du moins les plus indifpenfables & abfolument néceflàires à la fuite de cet Ouvrage, telles que font les développements & la pénétration des corps, le tout confidéré comme axiome & fans aucune démonftration géométrique, ne voulant pas m’étendre davantage fur cette matière, pour les raifons que j’ai dites ci-deflus.
- Après avoir donné ces connoiflànces élémentaires, je donnerai le détail des différentes places dont les revêtiflements font fiifceptibles de trait ; enfuite je donnerai une méthode générale pour faire tous ces ouvrages en plein bois, & pour en trouver routes les coupes, foit que les joints foient verticaux, horifontaux, ou en douelle, ou douvelle , c’eft-à-dire, en forme de claveaux. Je traiterai en-fuite de la projeèlion des lignes tant droites que courbes, de la maniéré de faire les calibres ralongés dans tous les cas poflibles. D’après ces réglés générales applicables à tous les ouvrages de trait, je parlerai de la maniéré de faire les ouvrages de trait avec aflemblages ; enfin je terminerai cette Partie par la maniéré de faire les efcaliers de Menuiferie dans tous les cas poflibles.
- Planche
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- (*) Les Auteurs qui ont écrit fur l’Art du Trait, font, le Pere Dérends, Jéfuice , la Rue &Fraifier, pour la coupe des pierres ; Philibert deLorme, Mathurin Jouife, le Muet & Four-
- neau , pour la Charpenterie; & Blanchard, pour la Menuiferie; mais de tous ces Auteurs, Frai-fier eft le plus étendu & le plus favant.
- MmuiSlERi IL Part.
- Efff
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- MENUISlERy IL Partie. Chap. X.
- Flanche
- ictf.
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- Section Premier e.
- Notions de Stéréotomie > pour fervir à P Art du Trait.
- Il eft démontré dans la Géométrie Infiniment Petits, que les corps lo-
- lides peuvent être confidérés comme multitude de plans très-minces , éle-
- vés au-deffos les uns des autres^ d’ouujréfulte que lorfque ces mêmes corps viennent à fe pénétrer & qu’ils font coupés par des plans égaux & parallèles, l’interfeéHon de ces plans donne différentes courbes à l’endroit où les corps fe pénétrent, ou pour mieux dire fe rencontrent ; & c eft la connoilîànce de ces différentes courbes qui fait en partie toute la fcience de l’Art du Trait, lequel n eft pas un fecret ni une fcience vague & arbitraire, comme bien des gens fe le font perfoadé , mais au contraire une fcience vraie & fondée for de principes confiants, ainfi que je le démontrerai dans la foite de cet Ouvrage.
- §. I. Développement des Surfaces de différents Corps.
- Les corps dont je vais donner ici le développement, font les cubes, les prifmes & les parallélépipèdes , les cylindres St les pyramides de toute efpece y les cônes tant droits qu’obliques , & la fphere,
- Le développement des cubes, ainfi que des parallélipipedes & des prifmes * neft pas fofceptible d’une grande démonftration y n’étant compofés chacun que de fix forfaces reélangles & parallèles, lefquelles font toutes femblables aux cubes feulement, ainfi qu’on peut lè voir dans la Fig. i, laquelle repréfonte un cube dont toutes les faces font numérotées, & celle 2 , qui repréfente le développement de ce même cube, avec les mêmes numéros à chaque partie du développement.
- Lorfque les pyramides triangulaires auront pour bafe un triangle équilatéral, St que chacun de fes côtés fora d’une pareille grandeur à celle de la bafe, ainfi que Fig. 3,0n pourra en avoir le développement des deux maniérés foivan-tes : favoir, en formant un parallélogramme oblique, dont la bafe eft égale à deux fois la longueur de la bafe d’un des triangles de la pyramide, St d’une hauteur égale à celle de ces mêmes triangles ( * ). ( Voye£ la Figure 4).
- La fécondé maniéré, eft de réduire toute la furface de la pyramide en un triangle équilatéral, lequel contient les quatre triangles de la pyramide. Voye[ la Fig. 5 > où le triangle a b c> eft la bafe de la pyramide, St les trois autres, les côtés de cette derniere.
- (*) Je ne parlerai pas ici de la nature des corps ni de leurs différentes efpeces, ainfi que des fedions du cône, parce que j’en ai parlé
- dans la première partie de cet Ouvrage ; c'efl pourquoi je fuppofe ces connoiflances acquifes.
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- Section I. $. I. Développement des Surfaces de différents Corps. 29$
- Quand on veut avoir le développement de la forface d un cylindre, on commence par prendre les deux cercles de fes deux bouts , puis on divife l’un de ces éercles en un nombre de parties égales prifes à volonté, defquels points de di-vifion on abaifle des perpendiculaires le long du cylindre, lefquelles divifent la forface en autant de parallélogrammes égaux (*) ; de forte que la forface convexe d’un cylindre droit, eft un parallélogramme qui a pour bafe la circonférence d’un des cercles des bouts du cylindre , & une hauteur égale à celle de ce dernier.
- Cette maniéré de donner le développement d’un cylindre, eft la même que celle que j’ai donnée dans la première Partie de cet Ouvrage <>page 20, à l’exception toutefois , que cette derniere n’eft que pour donner la valeur de la furface d’un cylindre ; au lieu que la première , qui eft celle dont je parle ici, remplit non-feulement le même objet, mais encore donne le moyen de connoître les courbes que produifent for la forface développée d’un cylindre, les différentes coupes que l’on peut y faire , lefquelles je réduirai à trois elpeces ; lavoir, premièrement y une coupe diagonale, ainfï que l’indique la ligne a h 9 Fig. 9 ; fe-condement, une coupe en demi-cercle, ainfï que la ligne c d ; troifiémement enfin , une coupe faite d’une partie de cercle ou d’ovale , comme la ligne e /, même Figure.
- Lorfqu’ùn cylindre eft coupé par une ligne oblique dont on veut avoir le développement , après avoir divife la forface du cylindre & celle de fbn développement en autant de parties égales, ainfi que dans les Fig. 9 & 10 ; & après avoir adopté l’une des deux lignes des bafes du cylindre , pour y prendre des points de divifîon , comme par exemple celle c dy Fig. 9 9 on prendra la diftance J y /, que l’on portera de 1 en 0, de 7 en 0 , & de r en 0, les deux lignes 1,1, étant prifes pour une feule; puis on prendra la diftance 14 iy que l’on portera de 2 on o9 3c de ô en o ; celle 13 h9 que l’on portera de 3 en 0, & de yen 0 ; celle de 4 ou c zn a y que l’on portera de 4 en 0 ; la diftance de 16 en m, que l’on portera de 8 en 0, & de 12 en 0; celle de 17 en n, que l’on portera de 9 & de II en 0; enfin la diftance 10 b, que l’on portera de 10 en 0 ; enfoite de quoi on fera paffèr par tous les points 0, 0, une ligne courbe , laquelle fera le développement de la coupe oblique du cylindre, ainfï qu’on l’avoit demandé.
- Quant aux autres coupes du cylindre, ce fera la même chofe qu’à celle-ci $ parce qu’après en avoir déterminé la coupe, foit en demi-cercle ou en portion de cercle , on prend d’une des bafes du cylindre, ou for une ligne perpendiculaire aux côtés de ce dernier, ce qui eft la même chofe, on prend, dis-je, la dif-tance qu’il y a de cette bafe, & la feétion que forme la rencontre de la coupe, & les perpendiculaires qui font tracées au pourtour de là circonférence, que l’on
- / (*) Quoique je dife qu’il faut faire ces divi-
- Cons égales, il ne faut cependant pas croire que cela foit abfolument néceffaire pour parvenir aux différentes opérations dont je vais parler ci après, y ayant même des occafions où l’on
- ne le peut pas faire. Si donc je le recommande ici, ce n’eft que pour rendre les opérations plus claires & plus faciles; <Sc c’eft la méthode que je fuivrai dans la fuite de cet Ouvrage.
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- a96 M E N U.I S IE R, IL Partie, Chap. X.
- portera fur les lignes du développement du cylindre, lefquelles leur font cor-redondantes. Ainfi pour la feétion cfg9 Fig.ÿy on prendra la diftance fg9 que Ton portera de io en u ; celle œ t, de 9 en ^&de 11 enz/; celle & s, de 8 en u, & de 12 en u ; celle 1 r, de r en u , & de 7 en celle j ^ , de 2 en u> &de6enzz;enfin celles/?, de 3 en«, &de y enw; le points, &le points Fig. io,fe confondant avec la ligne de la bafe du cylindre.
- Quant à la coupe en demi-cercle , on prendra la diftance iy, 7, jFz£. 9 , que l’on portera de 7 en + , & de 1 en-+<; celle 14, (5, ou 16,8 , de 3 en-4-, de
- 5 en -4-, de 9 en + , & de 11 en h-; enfin celle 13 , y , ou 17, 9, de 1 en-4-, de 6 en -h , de 8 en -4-, & de 12 en -4- ; les points 4 , & 10 , fe confondant avec la bafe du cylindre.
- Après avoir eu les courbes que produifent les différentes coupes d’un cylindre for fa forface développée, il eft quelquefois néceffaire d’avoir la furface de ces mêmes coupes, ce qui fe fait de la maniéré foivante :
- Lorfqu’on veut avoir , par exemple, la furface de la coupe oblique a h du cylindre , Fig. 9 , on tire les deux lignes a b, c i, Fig. 7, perpendiculaires l’une for l’autre ; on prendra la diftance l m, ou II, B ig. 9 , que l’on portera de e en x, & de e en 2 ; puis celle ln9 ou l h> que l’on portera de e en 3 , & de e en 4;
- 6 celle / a , ou l b , que l’on portera de e en y , & de e en 6 ; puis par les points 5 , 1,2,4, 6, on fera paffer des lignes perpendiculaires à celle a b9 & par conféquent parallèles à celle c d ; enfuite on prendra for la bafe du cylindre , Fig. 9 , la diftance iy , 1, que l’on portera de e en o , & de e en 1, Fig. 7; celle 14, 2, ou 16, 12, que l’on portera de 1 en 0 & en r, & de 2 en 0 & en i; enfin la diftance 13, 3 , ou 17, 11, que l’on portera de 3 en u & en z, & de 4 en o & en i ; puis par les points y zïr, & par ceux 6 000 , on fera palier une ligne courbe , laquelle enfermera la? forface demandée.
- Cette forface eft une efpece d’ovale, nommée ellipfe9 laquelle approche plus ou moins de la forme du cercle , en raifon que la coupe du cylindre éft plus ou moins inclinée. Cette elpece de courbe eft d’unulàge très-fréquent dans l’Art du Trait ; c’eft pourquoi je donnerai la maniéré de la tracer ci-après.
- Pour ce qui eft des forfaces des autres coupes du cylindre, c’eft la même chofo que pour celle dont je viens de parler ci-delïùs, excepté que quand ces coupes ne font pas d’une même inclinaifon à leurs deux extrémités, les diftances des lignes de leur conftruélion font inégales à ces mêmes extrémités, ainfi quon peut le voir dans la Fig. 8 , qui eft le développement de la coupe e rf9 Fig, 9.
- Au contraire, quand cette coupe eft un demi-cercle, ou toute autre forme régulière , & dont les extrémités font également inclinées, les diftances font les mêmes vers les extrémités de la forface de ces coupes ; & toute la différence qu’il y a d’avec l’ellipfe, c’eft qu’il faut prendre les diftances des lignes de conftruélion chacune en particulier, & non pas du centre, comme on l’a fait à l’ellipfe, Vojei la Fig. 6, qui repréfente la coupc d’un cylindre, formée par un
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- Section I. §. I. Développement des Surfaces de différents Corps. 297
- demi-cercle d’un diamètre égal à celui de ce dernier, ce qui fait que toutes les « lignes de conftruétion de cette Figure , font d’une diftance égale entr’elles, ce qui ne feroit pas fi cette coupe étoit de toute autre forme.
- Lorfqu’un cylindre eft oblique , Sc que fa bafe eft toujours un cercle, on a le développement de fa forface en fe fervant de la même méthode que pour le cylindre droit, à l’exception que les diftances ne fe prennent pas des bafes du cylindre oblique, mais d’une ligne prife à volonté fiir la largeur, & toujours perpendiculaire à fes côtés, ainfi que celle a b, Fig. 12 9 laquelle ligne eft repré-fentée toute développée par qelle c d, Fig. 13, qui eft le développement du cylindre oblique, duquel je ne ferai aucune démonftration, ce que j’ai dit en parlant du cylindre droit, étant plus que fuffifimt, pour peu qu’on veuille y faire attention. Quant à la coupe de ce cylindre, quand elle eft oblique avec fa bafo, ainfi que celle a b , Fig. 12 , la forface de cette coupe devient une ellipfe, dont la ligne ef, eft le grand diamètre, & celle ab, le petit. Voye£ la Fig. 11, qui repréfente cette ellipfe.
- La démonftration de cette ellipfe, eft la même que celle de l’autre cylindre, à l’exception que dans le premier , c’eft-à-dire, dans le droit, le diamètre du cyrf lindre eft le petit axe de l’ellipfe ; & qu’au contraire c’eft le diamètre du cylindre oblique qui eft le grand axe de cette ellipfe, ainfi que je l’ai dit ci-delîus.
- Lorfqu’on veut avoir le développement de la forface d’une pyramide droite , dont le plan eft régulier, comme dans la Fig. 14, on prend la longueur a b d’un des côtés de cette pyramide ; Sc d’une ouverture de compas égale à cette hauteur, Sc du point/’comme centre, on décrit l’arc de cercle c de 9 Fig. 16y fur lequel arc de cercle, on porte la longueur g h, Fig. 14, autant de fois que la pyramide a de côtés, de forte que cela forme autant de triangles dont les fom-mets vont fe joindre au point f. Quand on veut joindre à cette furface celle de fon plan, on ajoute aux triangles de fa lurface , ceux qui font produits par ce même plan, de forte qu’ils ont une feule & même bafe , qui n’eft autre chofe que le périmètre, ou ligne du pourtour de ce même plan. ( Voye{ la Fig. 16).
- Lorfque les pyramides font inclinées comme la Fig. on en a le développement de la maniéré foivante :
- Après avoir établi au bas de la pyramide la moitié de fon plan, on prolonge indéfiniment la ligne de fa bafe g h ; Sc de fon fommet a9 on abaifle une perpendiculaire , laquelle par conféquent fait un angle droit avec la ligne de bafe au point b ; puis de ce point comme centre Sc de chaque angle du plan, on décrit les arcs de cercle c, d 9e ,/*; defquels points d9 f9 on mene des lignes au fommet a 9 lefquelles font les véritables longueurs des côtés des triangles qui compofent la forface de cette pyramide. Enfoite on prend la longueur a g, que l’on porte de i en 0, Fig. 17; puis on prend la diftance ad9 que l’on porte de i en n Sc en p, avec l’attention toutefois de ne faire qu’une feétion ; & d’une ouverture de Menuisier, II, Part. G g g g
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- 298 MENUISIER, II. Partie, Chap. X. compas égale à un des côtés du plan, comme ce, & du point o, comme centre, on fait deux feétions, lefquelles venant rencontrer les deux premières aux points n &p, forment les deux triangles ino & i op, dont la furface de chacun d’eux eft égale à celle du triangle agd, Fig. 1$. On fera pour les autres triangles la même chofe que pour ceux-ci ; c’eft-à-dire, qu’on prendra la diftance af, que l’on portera de ienmSc de i en q ; puis celle t e, de n en m & de p'tn ‘q ; enfin on prendra la dirfance ah, que l’on portera de i en l & de i en /y & celle ce, de m en l 8c de q en r, ce qui donnera le développement de la furface de la pyramide inclinée, auquel on pourra joindre celui du plan dé fà bafe , ainfr qu’on le voit dans la Fig. 17.
- S’il ariïvoit qu’une pyramide inclinée fût fur un plan irrégulier, on fe fèrvî-roit de la même méthode que ci-deflus, en obfervant feulement de tracer tout le plan en fon entier, & de faire pafler la ligne de la bafe de la pyramide, par les deux angles les plus éloignés du plan.
- §. II. Coupe & dévèloppement du Cène droit, du Cône oblique, de la Sphert,
- 6 de VEllipfe.
- Il eft démontré que le cône peut être confidéré comme une pyramide, dont EST la bafe eft un polygone dune infinité de côtés ; ainfi fon développement eft le ,107. même que celui de la pyramide ; mais comme les coupes du cône prodmfent différentes courbes applicables à l’Art du Trait, il eft nécelfaire de donner ici quelques notions de ces courbes, pour parvenir à les tracer en tout ou en partie fur le dévèloppement du cône.
- Les coupes du cône produifent trois différentes courbes ; favoir, la parabole, fig. 1, qui eft produite par une coupe parallèle à un des côtés du cône, comme la ligne a b ,fig. 2.
- Vhyperbole, fig. 3 , qui eft produite par une coupe parallèle à l’axe du cône, comme la ligne c d ,fig. 2.
- Enfin 1’ellipfe, (dont j’ai déjà donné la figure en parlant de la coupe oblique d’un cylindre droit, PL 106, fig. 7 & 10,) laquelle eft produite par une ligne oblique à l’axe du cône, comme la ligne de,fig. 1. (*)
- Lorlhu on veut avoir la courbe d’une parabole, fa coupe étant marquée fur le cône par une ligne droite, ainfi que celle a b,fig. 2, on prolonge 1 axe du cône af iufqu’en 1, & l’on trace enliute le plan de ce dernier, que 1 on divile en autant de parties qu’on le juge à propos ; puis de ces points de divifion, on éleve autant de parallèles à l’axe du cône jufqu’à la rencontre de fa bafe g h ; puis de cette
- (*) Je ne parlerai pas ici de la propriété de chacune de ces courbes, ni de ce qui les cara&érife, te détail n’étant pas du reffort de cèt Ouvrage; je me contente de donner la maniéré d’en avoir
- la furface dans tous les cas poffibles, ainfi que la maniéré de les tracer, afin d’aider ceux qui n’ont
- point affez de Géométrie pour entrer dans ces détails.
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- Section I. $.11. Coupe 6 développement du Cône droit, &c. 299
- bafe au fommetf9 on tire autant de lignes que La'divifion de la bafe en a produit , ainfi qu on peut le voir dans la fig. 2.
- Cette opération étant faite, fur les cordes 11, 9, & 2,5 du plan , prifes pour bafeson éleve les deux triangles i, 11,9, & /, 2 , 6, dont les côtés font égaux à ceux du cône ; puis on prolonge la ligne 10,4 9 fig. 4, de 10 en i, & de 4 en /, afin de diyifer les deux triangles en deux parties égales ; enluite pour avoir la courbe de la parabole, on prend fur le cône la diftance t x , que Ton porte de 6 en q >fig. 4, & de ce point, on abaifle une perpendiculaire fur Taxe du triangle de q en r, laquelle diftance qr, le porte de 13 à 14 y fig. 1 ; enfuite on prend la diftance s y, que Ton porte de 9 en n, fig, 4 ; & de ce point on abaifle une perpendiculaire fur Taxe du triangle de n en m ; puis on porte la diftance mny de 1J à i5, fig. 1 ; enfiiite on prend un demi-diametre ou rayon du plan, que Ton porte de 17 à 18 ; puis par les points 18,14, 16 Sc 23 , on fait palier une ligne qui eft la moitié de la courbe demandée.
- On obfervera que la véritable hauteur d’une parabole , n’eft pas donnée par des lignes parallèles à la bafe du cône, ainfi quil fe trouve dans la conftruétion de la Fig. ï, cote A, ce qui n’eft pas la véritable hauteur , laquelle ne fe trouve qu’en prenant les diftances qui fervent à conftruire la parabole fur la ligne de fa. coupe fur le cône, c eft-à-dire, en faifànt la diftance 17, 24 y fig* 1, égale à a b ,fig. 2 , celle 17, 23 , égale à a y, Sc celle 17, 2 y , égale à a x9 ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 1 \ cote B ( * ).
- On a la courbe de l’hyperbole de la même maniéré que la parabole, c eft-à-dire , que l’on prend la diftance u £, fig. 2 , que l’on porte de 11 en p,fig. 4 ; puis on fait la diftance 19, 20 y fig* 3, égale à celle po; Sc celle 21,22, égale à la moitié de celle 2,5, qui eft la corde de l’arc du plan qui répond à la feétion de l’hyperbole. ( Voye£ les Fig. 2,3 & 4 ).
- Il eft une autre maniéré d’avoir les courbes de la parabole Sc de l’hyperbole, laquelle eft moins compliquée que celle que je viens de donner ci-deflus ; cette fécondé maniéré eft d’autant plus avantageûfe, qu’elle donne plus de points à la courbe, ce qui fe fait de la maniéré fùivante : Après avoir déterminé la hauteur du cône, ainfi que les ooupes de ce même cône fig. 5, on trace au-deftous de fà bafe la moitié de fon plan ; puis on divife la hauteur du cône en un nombre quelconque de parties égales parallèles à fà bafe, telles que celles i, i, i, i ; & des points i, où ces lignes rencontrent les côtés du cône, on abaifle autant de perpendiculaires à la bafe ; puis du point a, comme centre , on décrit autant de cercles concentriques les uns aux autres qu’il y a de perpendiculaires ; enfiiite on fait la même opération fur la ligne ab > c eft-à-dire, que des points u, u, 0,0, où cette ligne coupe les lignes parallèles r, i, on abaiffe des lignes per-
- ( * ) Cette obfervation fera la même pour perbole, îorfque fa coupe ne fera pas parallèle i l’axe du cône, ce qui arrive quelquefois, cett< coupe pouvant changer de diredion jufqu’à c<
- qu’elle devienne parallèle à un des côtes du çô-ne, ce qui pour lors fait changer de nature à la courbe, qui d’une hyperbole devient alors une parabole.
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- 300 MENUISIER, II. Partie, Chap. X.
- i pendiculaires parallèles à Taxe du cône, que Ion prolonge jufqu’à ce qu elles rencontrent les cercles du plan qui leur font correfpondants, à la feélion defquels on fait palier une ligne courbe y 1, qui repréfente la coupe de la parabole vue de defîus ; alors pour avoir la courbe de la parabole , on fait la ligne x 10 , parallèle à celle a b, pour avoir la véritable hauteur de la courbe, ainfi que je fai dit ci-deflus ; puis on continue les lignes i,i9 jufqu’à ce qu elles rencontrent celle x 10, fiir laquelle on les fait retourner perpendiculairement, ainfi que celles j1, 6, 7,8, &c; puis on prend la diftance a 1, que l’on porte de 10 en 18; celle gq, que Ton porte de 17 en 16 ; celta/V, de 15 en 14; celle es, de 13 en 9 ; celle d t, de 8 en 7 ; enfin celle eu y que Y on porte de 6 en 5 ; enfoite par les points x 9 5,7,9, 14,16 & 18 , on fait palier une ligne courbe qui eft la moitié de la parabole demandée.
- Pour avoir la courbe de f hyperbole , après avoir prolongé toutes les lignes parallèles i, i, jufqu’à une diftance quelconque de celle & 4, que Ton fera toujours parallèle à celle & h, on continuera cette derniere fur le plan du cône de h en 12 ; puis on fera la diftance 4,29 , égale à h 2 ; celle 27, 28 égale à hp ; celle 25, 26, égale à h 0 ; celle 23,24, égale à h n ; celle 21,22, égale à celle h m \ enfin la diftance 19 , 20, égale à celle h l; puis par les points j, 20,22, 24,26,28 8c 29, on fera paffer une ligne courbe qui fera la moitié de fhy-perbole demandée.
- La coupe diagonale d’un cône , ainfi que celle cd $fig. 2 > eft une ellipfe* ainfi que je fai déjà dit ; cependant bien des gens, du moins ceux qui nont point de théorie , ont peine à croire que cette ellipfe ne foit point plus alongée d’un bout que de l’autre, vu lés differents diamètres du cône ; c’eft pourquoi j’ai cru qu’il étoit nécelfaire d’en faire une démonftration particulière , afin de lever toute efpece de doute à cet égard.
- Soit le cône abc yfig. 5, coupé par une ligne de, oblique à lon axe : on divi-fera le cône par des lignes horifontales i, i, que l’on repréfentera fur la moitié du plan par des cercles concentriques, ainfi que ci-deifus ; enfùite des points
- o9 o j ou la ligne oblique de9 coupe les parallèles iy i, on baillera des lignes perpendiculaires à labafe du cône, & on les continuera jufqu’à ce quelles rencontrent les cercles qui leur font correfj^ondants ; puis on divife la diftance y £, en deux parties égales au point k ; & de ce point comme centre, & de la diftance y ou £, on décrit un demi-cercle, dont toutes les parties delà circonférence paflent par les feétions formées parla rencontre des perpendiculaires^ des cercles concentriques , ce qui alors Amplifie cette opération, & la réduit à l’égalité de celle du cylindre droit coupé obliquement: voyez ce que j’ai dit à ce fojet,y?^ 296. Cependant pour en être plus certain , on n’a qu’à élever for la ligne de, des perpendiculaires à cette ligne aux points o, 0, où elle coupe les lignes i9i; puis faire la diftance or % ou ouy égale à celle fg, ou p q, ce qui eft la même chofe, puifque ces dernieres font égales entr’elles ; enfuite faire la diftance 0 s,
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- Section 1. §. H. Coupe & développement du Cône oblique; ^or
- ou égale à celle h /, oura/z; & par les points d> r> s91 ,u>e onferapaf- — fer une ligne courbe qui donnera la moitié d une ellipfe, prife fur Ion grand Planche axe. # I07*
- Lorfquon a tracé le développement d’un cône , ainfi quil eft repréfenté dans la Fig. 7, Sc que l’on veut tracer fur ce développement les courbes que produi-fent la parabole, l’hyperbole & l’ellipfe, ou feulement l’une de ces trois courbes, on s’y prend de cette maniéré :
- Après avoir tracé le plan & l’élévation du cône, comme dans la fig. 6, on di-vife le grand arc du développement,/^. 7, en autant de parties que le plan du cône , ou pour mieux dire, par tous les points 1,2, 3,4, 5, 6> &c, qui ont fervi à déterminer la longueur de cet arc ; on mene de tous ces points autant de lignes ou rayons qui tendent au point f9 qui eft le fommet du cône, & par conféquent le centre de Ion développement ; enfuite on prend les diftances des parallèles i, i, fig. 6, que l’on prend non fur l’axe du cône qui leur eft perpendiculaire, mais fur les côtés du cône, qui font leurs véritables diftances, du moins pour le développement ; on prend, dis-je ces diftances que l’on porte fur un des côtés du développement, fig. 7 ; puis du point f comme centre,
- & de ceux i, i, iy on décrira autant de cercles concentriques ; alors pour décrire la parabole fur un arc développé, on prendra fur le plan, fig. 6 , la dilatance du point u au rayon 11, en obfervant de fuivre le cercle fur lequel ce point fe trouve ( * ) ; on portera cette diftance fur le rayon 11, fig. 7, de a en b ; celle 11/ 5^%* 6 , de c en d\ celle s 12 , de e en f; celle r 12 , de g en h ; & celle ^12, de 1 en l ; puis par les points m9b 9d h , /, 1, on fera pafler une ligne courbe qui fera la moitié de la parabole demandée ; ainfi pour l’avoir toute entière, on recommencera l’opération de l’autre côté , ce qui, je crois, n a pas befoin de démonftration.
- On décrira l’hyperbole de la même maniéré, c’eft-à-dire, qu’on prendra fur le plan, fig. 6 , la diftance m au rayon 3 , que l’on portera fur le développement du cône, fig. 7, de n en o ; celle n 3 , de p en q ; celle o 3 , de r en s ; & celle p 3, de t en u ; puis par les points y 9x , 0, q ,s 9u &2,on fera pafler une courbe qui fera la moitié de l’hyperbole demandée.
- Quant à l’ellipfe, elle peut fe décrire fur le développement du cône de la même maniéré que la parabole & l’hyperbole ; fi je ne l’ai point fait ici, c’eft pour ne point trop charger le plan qui eft déjà très-compliqué ; c’eft pourquoi je me fuis fervi pour décrire l’ellipfe fur le cône développé , des côtés du cône droit, fig. 2, en prenant la diftance/e, fig. 2, & la portant àefen 16, fig. 7 ; celle de 1 en f9 defien 15 & en 17 ; cellede 2 en/7, def en 14 & en 18 ; celle de 3 en
- (* ) Il auroit été beaucoup mieux de prendre cette diftance du plus prochain rayon, qui eft celui coté 12, mais je ne l’ai pu faire à caufe de la petiteffe de la Figure ; c’eft pourquoi j’avertis qu’il faut toujours prendre les diftances des
- Menuisier. IL Part.
- rayons les plus proches, afin que la différence qu’il y a entre l’arc & la corde qui le foutient, foit moins grande : cette obfervation eft effen-tielle.
- Hhbh
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- 30a MENUISIER, IL Partie. Chap. X. f9 defen 13, en 19 & en 24 ; celle de \cnf9 defen 20 & en 23; celle de yen f y defen 21 & en 22 ; enfin la diftance df> que Ton portera defen y. Puis par tous ces points on fera pafîer une ligne qui fera fellipfe demandée. •
- La parabole & l’hyperbole peuvent aufîi fe décrire de cette maniéré fur le cône développé.
- J’ai mis le développement de la bafe du cône au bas de la fig. 7, non que cela foit abfolument nécefiaire, mais afin que l’on prenne garde que les arcs de cercle , qui terminent chacun des triangles qui compofent cette bafe, ne font pas formés par un même cercle que le développement de la forface, puifque l’un a pour rayon la moitié du diamètre de la bafe du cône, & que l’autre au contraire a pour rayon le côté de ce même cône , ce qui fait une très-grande différence.
- On ale développement du cône oblique de la même maniéré que celui du cône droit ; c’eft pourquoi je ne m’étendrai pas davantage for cet article, ce que j’ai dit de ce dernier , ainfi que des pyramides obliques, étant fuffifànt. Voye£ la Fig. 1, qui repréfente un cône oblique avec fon plan, & celle 2 , qui repréfente le développement de ce même cône.
- U eft démontré que la fphere peut être confidérée comme une infinité de cônes tronqués élevés au-deflus les uns des autres ; c’eft pourquoi lorfqu’on veut avoir le développement de la forface d’une fphere , il faut la réduire à la figure dun polyèdre , c eft-à-dire, d’un folide qui a une infinité de faces. Cependant pour abréger la démonftration, j’ai réduit la fphere fig. 3 , à la forme d’un décaèdre ou folide, dont la circonférence eft divifée en dix parties égales , & dont la forface eft compofee de foixante faces, laquelle forface fo décrit de la maniéré foi van te :
- Après avoir divifé la circonférence de la fphere en dix parties égales , la moitié de fa folidité produit les deux cônes tronqués a c d b, & c efd> & le petit cône e if; enfoite on prolonge les côtés de ces cônes tronqués jufqu à ce qu’ils fe rencontrent au point gy pour le premier qui eft le plus grand, & au point h> pour le fécond ; enfoite on prendra la diftance a g,fig. 3, que l’on portera de / en m , fig. y ; & du point/comme centre, on décrira l’arc de cercle m y, 10 , for lequel on portera dix fois la longueur d’un des côtés delà fphere, comme a c, ou ce, ce qui eft la même chofe ; puis on porte cette même diftance a c, for la ligne m l9 de m en n y duquel point n & du point / pour centre, on décrit l’arc de cercle n o x 9 ce qui donnera le développement du premier cône tronqué a c db9 de la fig. 3 ; on fait enfoite la même opération pour le fécond cône tronqué, c’eft-à-dire, que l’on fait la diftance p q , égale àc A ou à hd;&: que du point p9 comme centre, on décrit l’arc de cercle qy9 fur lequel on portera dix fois la diftance n 0 ; enfoite on fait qs égal à n 0 ; & du point p comme centre, on décrit l’arc de cercle s & y ce qui donne le développement du fecond cône tronqué c e fd\ refte enfoite le petit cône eify dont on a le développement en faifant x ^ égal à ei y ou à if y duquel point x comme centre jufqu au point { , on décrit un
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- Section I. §. IL Coupe & développement de la Sphere. ' 303
- dernier arc de cercle fur lequel on porte dix fois la diftance st, ce qui donnera le développement du petit cône e if, lequel joint à ceux des deux autres cônes tronqués, fera le développement total de la moitié de la fphere, ou pour mieux dire du décaèdre, ce qui eft fuffifant dans cette circonftance , la partie pouvant être prife pour le tout.
- Il eft encore une autre maniéré de développer la fùrface d’une fphere , qui eft de faire un reétangle ABC D,fig. 4, lequel a de longueur la circonférence de la fphere , 8c pour hauteur la moitié de cette même circonférence ; puis on divife la hauteur du reétangle en deux parties égales, ainfi que la ligne EF,que Ton divife enfiiite en vingt parties égales ; puis par les points de divifion, on fait paf ferles lignes perpendiculaires i, /, i, i , fur lefquelles on porte la diftance d’un des côtés du décaèdre, deux fois de chaque côté de la ligne E F, aux points 0, 0, 8c aux points u, u, par lefquels points on fait palier des lignes parallèles à cette derniere ; enfiiite on fait la ligne a b, ou celle c d, égale à celle 1,2 ,fig» 3 * ou à n, o, fig. y ; 8c celle ef 8c gh, égale à celle 3, 4,fig. 3 , ou s 1yfig. 5 ; puis par les points i, e, cy 8, a , g,i,8c par ceux i,h ,b, 10, d,f\ i, on fera palier deux lignes courbes qui renfermeront un fegment de la fiirface de la fphere. Ce que je viens de dire pour ce fegment, doit s’entendre pour tous les autres, puif qu’ils font tous de même forme & dimenfion, ainfi qu’on peut le voir dans la fig, 4.
- L’hélice eft une ligne droite dans fon développement , laquelle monte en forme de vis , foit au pourtour d’un cylindre ou d’un cône ; c’eft pourquoi pour qu’une hélice foit parfaite , il faut que les efpaces horifontaux qu’elle parcourt, foient entr’eux comme les perpendiculaires de ces mêmes efpaces , afin que l’hélice développée foit une ligne parfaitement droite. Pour fè convaincre de cette vé rité , faites le parallélogramme a ,b,c, d, fig. 6, que vous diviferez en parties égales par des lignes horifontales i, i, iyi\ enfuite divifez aulfi en parties égales la largeur de ce même parallélogramme par des perpendiculaires 0,0,0; il eft certain que les lignes diagonales a e, & e b, paf feront par tous les points que forme la rencontre des perpendiculaires 0,0,0, & les lignes horifontales i , i ,i, z ; 8c que fi les efpaces perpendiculaires font divifés en deux parties égales comme m,m, ou au tiers comme/, /, les points n, p, de rencontre de ces lignes avec la diagonale be, diviforont les efpaces des lignes parallèles i, i, en raifon des perpendiculaires, c’eft-à-dire, à la moitié ou au tiers de leur largeur, ainfi que le font les dernieres.
- Mais fi au contraire les divifions ne font pas en rapport les unes avec les autres , comme dans le parallélogramme d, c,g, h, où toutes les perpendiculaires de divifion font inégales entr’elles, pendant que les lignes horifontales confervent leur égalité ; dans ce cas, dis-je, les diagonales^,^, que l’on fait pafler par la rencontre de ces lignes, ne peuvent pas être droites, mais au contraire elles forment différents angles fàillants ou rentrants, félon que les lignes perpendiculaires font plus ou moins éloignées, c’eft ce que les ouvriers appellent faire des jarrets.
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- 304 MENU I S I E R , II. Partie, Chap. X.
- il eft cependant des cas, comme par exemple un efealier , ou toutes les lignes horifontales, lefquelles repréfentent la hauteur des marches, doivent être égales, 8c où la largeur des perpendiculaires , qui eft celle du colet des marches , ne peuvent pas être égales ; dans ce cas, pour que la ligne diagonale , qui ne peut pas être droite , ne fafle aucun jarret, on divife toujours la hauteur du parallélogramme en parties égales, ainfi que la fig. 7 & la précédente.
- Puis pour la divifion des perpendiculaires, on fe fert de cette méthode : Après avoir déterminé la plus grande diftance de ces perpendiculaires, comme a by fig. 7, fur une ligne quelconque, comme e g, fig• 10, on éleve deux perpendiculaires , dont la hauteur ef de Tune égale a b y fig. 7 ; enfuite on divife la longueur ad, en autant de parties que Ton a de lignes horifontales ; puis on divife la ligne e g, en deux parties égales, & au point de divifion on éleve une perpendiculaire dont la hauteur aura des divifions de la ligne a d ; & du p6mx.fiy par le bout de cette perpendiculaire, on fait paflèr une ligne oblique qui vient rencontrer la ligne g 8, au point hy ce qui forme le trapézoïde efhg ; enfuite on divife la ligne e g, en autant de points que vous avez de divifions à faire , & par ces points on élévera des perpendiculaires fur la ligne e g, dont la hauteur à la rencontre de cellej^A, donnera la largeur de chaque divifion. Comme cette Figure eft très-petite, j'en ferai une démonftration particulière en parlant des ef-caliers.
- Quant à la maniéré de décrire fhélice autour d’un cylindre, après avoir divife fe circonférence en un nombre quelconque de parties égales, ainfi que l’indique la fig. 9, on divife la hauteur que l’on juge à propos de donner à la révolution de l’ellipfe, en autant de lignes horifontales que l’on a de perpendiculaires ; Sc par chaque point où ces lignes fe rencontrent, on fait paflèr une ligne qui eft courbe, fur un cylindre vu géométralement, mais qui eft toujours droite for fe furface développée. ( Voye[ la Fig. 9 ).
- On fe fert de la même méthode pour tracer une hélice autour d’un cône ; c’eft pqurquoi je n’en ferai aucune démonftration ; voye% la Fig. 8 , qui foffit à ce fo_ jet ; toute la différence qu’il y a entre l’hélice autour d’un cône, & celle autour d’un cylindre , c’eft que la première développée ne forme pas une ligne droite, mais au contraire une efpece de Ipirale, ainfi qu’on peut le voir dans celle i i i, fig. 3 , PL 109 ; cependant comme dans un cône les diamètres diminuent à me-fore que lafpirale s’élève 7 il eft des circonftances où il feroit bon que les tranches horifontales du cône diminuaffent auflî en proportion des différents diamètres, afin que la Ipirale fût plus régulière ; pour cet effet, après avoir divife la furface du cône en parties égales tendantes toutes à fon fommet, ainfi que dans la fig. 4, PL 109 y on prolonge la bafe du cône a 6, jufqu’en p ; puis du point q comme centre, & du fommet 12 du cône, on décrit l’arc de cercle 12,6 p, que ' l’on divife en 12 parties égales ; & par ces points de divifion, on mènera les lignes parallèles I, 13; a, I453> fefjuelles diviferont la hauteur du
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- Section I. §. IJ. Maniérés de tracer les Paraboles & les Ellipfies. 30J cône en parties à-peu-près proportionnées avec les différents diamètres qui y cor-relpondent ; enfoite par les points b, cy d> e g, Sec , que formeront la rencontre des lignes horifontales avec celles de la divifion du cône, on fera paffer une ligne qui fera fhélice demandée. Voye{ la Fig. 3 , où cette hélice eft décrite & cotée de même que celle de la^g-. 4.
- Il eft une autre maniéré de faire les divifions horifontales du cône, laquelle eft plus parfaite que celle que je viens de donner , qui eft de faire une progref-lion arithmétique , laquelle feroit en rapport avec le nombre des divifions & la différence des diamètres ; mais comme cette méthode n eft pas à la portée de tout le monde, 8c qu’il n y a pas grande différence entre elle & celle que je viens de donner, je me fuis contenté de l’indiquer feulement par des lignes ponétuées cotées x , x y fi g* 3 y afin de faire voir la différence qu’il y a entre cette {pirale & l’autre cotée b , c, d, e yfiy Scc. On obfervera que les points cotésy9y9 font les divifions qui ont produit f hélice développée x x x.
- §. III. Differentes maniérés de tracer les Paraboles & les Ellipjes.
- Les paraboles 8c les ellipfes font des courbes qui ne làuroient fe conftruire au compas, puifqu’elles n’ont point de centre ; cependant elles ont chacune des proportions qui leur font propres, & des grandeurs relatives à elles-mêmes, qui une fois trouvées, ou pour mieux dire connues, fervent à les décrire, comme on le verra ci-après.
- Pour décrire une parabole, fa hauteur p B étant donnée , ainfi que fon ordonnée A p y on mènera une ligne droite ou corde de A en B y fig. 1, for l’extrémité de laquelle on élevera la perpendiculaire A r, laquelle viendra rencontrer la ligne P r, qui eft l’axe de la parabole ; la diftance qu’il y a du point r au point p , par où paffe la double ordonnée ACyfe nomme paramétré, laquelle difo tance étant divifée en quatre parties égales , une de ces quatre parties donne la diftance qu’il doit y avoir du fommet B de la parabole à fon foyer F* cette diftance eft toujours la même , ce qu’il eft aiféde voir,puifque la diftance qn, donnée par une perpendiculaire prife for un autre point de la courbe, eft égale à celle pr.
- Lorfque la diftance du foyer eft ainfi trouvée, & qu’on veut décrire une para., bole, on prend la diftance F B, que l’on porte de B en P, par lequel point on fait paffer une ligne G //, laquelle eft perpendiculaire à l’axe de la parabole 5 enfoite on éleve plufieurs perpendiculaires à cette derniere, & par conféquent parallèles à l’axe , ainfi que celles i o , i o , io ; enfoite on fait les diftances i 0 égales à celles o F, ce qui eft général pour toutes les paraboles ; puis par les points B,o,o,o,o,Ay on fait pafler une ligne courbe, qui eft la parabole demandée.
- S’il arrivoit que la courbe fût toute tracée , & qu’on n’en eût point l’axe qu’il eft néceftàire d’avoir pour en trouver le foyer, on meneroit alors deux paires de Menuisier. IL Paru I i i i
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- 30 6 MENUISIE R , 11. Partie. Chap. X.
- cordes à la courbe, ainfi que celles B C, D E , que Ton divife en deux parties égales ; puis par les points g ,h , que forme cette divifion, on fait pafler une ligne l m, qui eft un diamètre de la parabole ; enfuite on éleve une perpendiculaire fur cette ligne , ainfi que celle t n, laquelle rencontrera la courbe aux points o, u ; puis on divifera cette ligne en deux parties égales au point n , par lequel on fera pafler une ligne perpendiculaire parallèle à celle Im, laquelle fera Taxe demandé.
- Il eft encore une autre maniéré de tracer les paraboles, qui eft de divifèr la hauteur de la courbe par autant de lignes parallèles que Ton voudra, comme celles pf 2 ; puis on prendra la diftance^/?, que Ton portera de F en p ; celle e B , que Ion portera de F en p , &c, en obfervant toutefois de faire la feétion p fur les lignes parallèles , d’après lefquelles chaque diftance aura été prife ; & par les points E,p,p, on fera pafler une ligne qui fera la courbe demandée, ce qui eft la même chofè que dans la^g\ 1 , puifque la diftance prife d’un point quelconque de la courbe à Ion foyer, eft égale à celle de la perpendiculaire prife de ce même point à la ligne A C.
- On décrit encore la parabole en faifànt le triangle a B D, dont le côté a D fera égal à*a B ; enfuite après avoir divife la hauteur de la parabole par des parallèles comme ci-devant, on prend la diftanceyh, que l’on porte de F en i ; celle e 6 3 que l’on porte pareillement de F en i, ainfi des autres ; puis par les points E y on fait pafler la parabole demandée.
- Pour qu’une ellipfe foit parfaite , il faut que d’un point quelconque de fà circonférence , les lignes que l’on mènera de ce point à fes deux foyers, égalent enfemble la longueur du grand axe de F ellipfe ; ainfi pour décrire une ellipfe , il faut avoir fes deux axes donnés , comme ceux AB , CD, ou bien un de ces axes & fes foyers E F, fig. 5.
- Lorfqu’on n’a que les axes de donnés, on prend la diftance MA, ou MB, que l’on porte fur le grand axe de C en E, & de C en F , ce qui alors donne les deux foyers.
- Si au contraire on a les deux foyers, & que la longueur du petit axe ne foit point déterminée , on prend la diftance M A , que l’on porte fur le petit axe de E en C, & de F en C, ce qui en détermine la longueur, ou pour mieux dire la largeur de l’ellipfe que l’on décrit, en divifant la diftance qui refte entre les deux foyers en autant de lignes que l’on juge à propos, comme celles 1, 2, 3,4 & y ; puis on prend la diftance B 4, que l’on porte de F en L, '& celle 4 A, que l’on porte de E en L, ce qui donne un point de la circonférence de l’ellipfe ; on en fera autant pour toutes les autres divifions, c’eft-à-dire, que l’on fera F/égale à B 3, & El égale à 3 A; F H égale à B 2,8c E H égale à 2 A ; FG égale à B 1,
- & E G égale à 1 A ; 8c par les points D, G , H, I ,L, B, on fera pafler une ligne courbe qui fera un quart de l’ellipfe demandée.
- On peut encore décrire l’ellipfe en divifant fà hauteur par plufieurs lignes pa-
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- Section I. §. IV. De la pénétration des Corps. 307
- raileles perpendiculaires à Ion grand axe, comme celles i ly i lyfig» 6 ; enfuite les ...-
- foyers étant déterminés, on prendra la diftance A F, que Ton portera de A en Planche C ; Sc celle F B9 de B en E 9 ou celle GA, de G en D ; puis du point E au point 1
- Ç9 on mènera une ligne inclinée qui coupera toutes les parallèles aux points iy i ; puis on prendra fur chacune de ces lignes les diftances i, p , que Ton portera de F en o Sc en /; Sc par les points A o 0 00 •> B llly on fera paAer la circonférence de Fellipfe.
- §. IV. De la pénétration des Corps.
- L a fcience de la pénétration des corps eA d’autant plus néceflàire à l’Art du Trait, que c eA par elle que l’on parvient à trouver la projeélion des coupes de ces différents corps, Sc les courbes que produifent ces coupes. Cet objet eAtrès-eflentiel, puifque c’eA dans cette fcience, c’eA-à-dire dans la connoifîànce de la pénétration des corps , qu’eA renfermée toute la théorie de l’Art du Trait.
- Quoique les corps qui font repréfentés ici, & dont je vais donner la méthode d’en connoître la pénétration ^ foient des folides pleins, on peut cependant fup-pofer qu’ils font tout - à-fait creux , Sc qu’il ne leur reAe qu’une très-petite épaif-feur à toutes les parties de leurs furfaces, ou même point du tout, ou pour mieux dire, qu Une épaifleur fiétive ; il réAiltera de cette fùppofition, que la fcience de la pénétration des corps eA non feulement applicable aux corps folides, mais encore à tous les ouvrages de Menuiferie, dont les furfaces font rondes ou creufès, tels que font les arriere-vouAures de toutes les efpeces, les revêtiflements de voûtes , Sc c , lefquels ne font autre chofe ( du moins quant à cê qui eA de leur forme apparente ) que des furfaces de corps folides , qui font pénétrées les unes par les autres.
- . Soit que ces corps foient d’une même forme ou d’une forme differente, je me feryirai dans le développement de la pénétration des corps , de la même méthode que celle dont je me fuis fervi pour le développement de leurs furfaces , c’eA-à-dire , que je me fervirai toujours de lignes perpendiculaires ou de lignes horifontales ? méthode qui eA la plus fimple & dont je me fervirai dans toute la fuite de cet Ouvrage.
- Il y a deux chofes à confidérer dans la pénétration de deux folides ; lavoir , premièrement, l’axe de la courbe formée par la pénétration ou la rencontre de ces corps ; fecondement, la courbe que cette pénétration décrit fur la furface de ces derniers. Cette diAinélion eA très-néceflàire à faire ; c’eA pourquoi il faut faire attention à ne pas prendre l’une de ces deux chofes pour l’autre , ainfi que je vais le démontrer ci-après.
- Soit le cylindre A yfig. 1, qui eA pénétré par un autre cylindre B, lequel eA d un diamètre plus petit que l’autre , & qui eA difpofé de maniéré que fbn a xe pafle a angle droit avec celui de ce dernier. Pour avoir l’axe de la pénétra
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- 308 MENUISIÊ R, II. Part. Chap. X.
- tion de ces deux cylindres, on commence par divifèr la bafe de l'un des deux en un nombre de parties égales. Par exemple en 15, comme celle B; 6c après les avoir defcendues perpendiculairement le long de la furface du cylindre, on prolongera indéfiniment la ligne pq, du deflus du cylindre A ; puis du point c, on élevera une perpendiculaire tant en deiïus qu'en deflbus de cette ligne ; après quoi du point c comme centre , & d'une ouverture de compas égale au demi-diametre du cylindre on décrira le quaxt de cercle 1, 3 , y , B ; enfùite on prolongera l'axe a b du cylindre A, jufqu'en e , & du point d pour centre , & de la diflance d e , qui n'eft autre chofe que le demi-diamètre du cylindre A, on décrit un fécond quart de cercle ef c.
- Après avoir décrit c es deux quarts de cercles, dont les rayons d c Sc c y font fur la même ligne d y, perpendiculaire à e b ou à 1 p , ce qui eft la même chofe , puifque ces deux lignes font parallèles , on divife le petit quart de cercle 1, 3, 5 en quatre parties égales, & par chaque point de divifion on abaiftè des perpendiculaires parallèles à la ligne d y , jufqu'à ce quelles rencontrent le quart de cercle e fc9 aux points /, g, h9 i ; alors de ces points on mènera fur le cylindre A, les lignes fl, gm9hn9i o 9 lefquelles feront toutes parallèles à celle 1 p ; & à la rencontre de ces lignes avec les perpendiculaires prifes fur le petit cylindre B , on fera paflèr une ligne courbe , laquelle fera l'axe demandé.
- Quand on aura trouvé cet axe, fi l'on veut avoir la courbe que produit la pénétration ou rencontre de ces deux corps fur la furface du petit cylindre, après avoir tiré fur ce cylindre une ligne droite r s, perpendiculaire à fon axe , on prendra fur chaque perpendiculaire parallèle à l'axe du cylindre B, la diftance quelles ont depuis cette ligne'jufqu'à l'axe de pénétration, c'eft-à-dire, que l'on prendra la diflance riy, que l'on portera fur une des lignes perpendiculaires tracées fur la furface du cylindre ou fur 'fon développement, ce qui feroit la même chofe ; enfuite on fera la même opération pour les diftances t \%9u 19, x 20,y ni, ainfi du relie, ce qui donnera le développement de la courbe décrite fur la furface du petit cylindre.
- Si l’on veut avoir le développement de la même courbe fur la furface du grand cylindre A, après avoir tracé fur fà furface des lignes parallèles à fon axe, dont les diftances feront égales à celles c i, i h , h g & gf9 & d'une ligne perpendiculaire à ces dernieres, prife pour axe du petit cylindre, comme celle y 21, on prendra la diftance c 8 , que l'on portera fur chaque parallèle du cylindre A, de y en x, celle e 7, dey en u & de y en r, & par chaque point pallera la courbe demandée.
- Pour mieux entendre ce développement, faites un cercle fig. ou, d'un diamètre égal au petit cylindre B ; divifez-le en feize parties égales, ainfi que ce dernier ; puis par des points de divifion oppofés, faites paffer des lignes parai<-leles à l'axe du cylindre A, prolongé jufqu'en & ; pour peu quon y fafîe
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- SèctîonI. §. IV. De la pénétration des Corps. 509
- attention, il eft aifé de voir que ces lignes parallèles font les mêmes que celles/7, gm,hn9ioSccp,Sc que les diftances y ij,y 18, Sec. fig, 2 , font les mêmes que celles y r, y t, Sec. fig. 1 ; Se que celles c 8, c 7, c 6 Se ci ,fig. 2, font les mêmes que celles c8,r7,r<î,r 1, fig, ï, ce qui eft de même des autres di-menfions ; c’eft pourquoi je les ai marquées des mêmes lettres dans les deux figures, afin d’en rendre l’explication plus intelligible*
- Lorfque les deux axes des cylindres qui fe pénètrent, ne paflènt pas Ÿnn dans l’autre, ainfi que dans la Figure précédente , mais que c’eft le diamètre du petit cylindre qui paflè par l’axe du grand, on opéré de la maniéré fiiivante : Après avoir déterminé le demi-diametre a b du petit cylindre C,fig. 7, fùr une ligne parallèle au diamètre c d du grand cylindre D, on divife la moitié du diamètre de ce dernier, en un nombre de parties quelconques ; on mene de ces points de divifion fur la fùrface du cylindre D, des lignes parallèles à fon axe , ainfi que celles 2,0 ; 3, o ; 4, o, Sec; puis on éleve fur ce cylindre une ligne ej, perpendiculaire à l’axe de ce dernier, lequel repréfentera l’axe du cylindre C; en-fuite de quoi on mènera par les points de divifion du diamètre du grand cylindre, les perpendiculaires 20,^p,^q,$r,ds, que l’on fera pafler jufqu’à ce qu’elles rencontrent la demi* circonférence du cylindre C, aux points h, i, /, m, n. La Figure ainfi difpofée, on fera 111 égal a h g, u 12 égal à ip, x 13 égal a lq,y 14, égal amr 1 y égal ans, ce qui reporté de même de l’autre côté du cylindre, donnera la courbe produite par la pénétration des deux cylindres, décrite fur la fùrface du grand. ' - h
- Si l’on veut décrire cette même courbe fur la fùrface du petit cylindre, après l’avoir divifée par des perpendiculaires correfpondances aux divifions du grand cercle, comme celles 1 10, ij g, 1% p, q, 20 r, 21 s, on éleveraune ligne perpendiculaire à fon axe ; puis on portera fùr chaque ligne perpendiculaire tracée fùr la fùrface du cylindre C, les diftances qui leur font correfpondan-tes , comme par exemple, fùr la ligne 1,10, la diftance i<5,i,oui6,ro,ce qui eft la même chofe; fùr la ligne 17g, la diftance 22 , y ; ou 22,2; SC ainfi des autres (*•).
- Quand les cylindres ne fe pénètrent pas à angles droits, ainfi que ceux dont je viens de parler, il faut toujours divifer les plus petits en parties égales, fur-tout quand ils ont un axe commun comme dans la fig. 8 ; c’eft pourquoi après avoir décrit la demi-circonférence a b du petit cylindre E, on la divife en parties égales, & des points de divifion, on mene des lignes parallèles, lefquelles font perpendiculaires à l’axe if, jufqu’à ce quelles rencontrent la ligne cd, dont l’obliquité eft donnée par la pente de l’axe du cylindre ; enfuite fùr cette même ligne, on éleve
- ( * ) D’après ces opérations, il eft aifé de voir ue la méthode dont je me fers pour trouver 8c émontrer la pénétration des corps, eft la même que celle dont je me fuis fervi jufqu’à préfent pour le développement de toutes les furfaces des
- Menuisier. II. Part.
- différents corps ; c'eft pourquoi on ne fauroit faire trop d’attention en étudiant ces principes, qui font les mêmes dans prefque tous les cas, 8c fur lefquels eft fondée toute la véritable théorie de l’Art du Trait.
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- 5ro MENUISIER,IL Partie, Chap. X
- •sas--—sa deux perpendiculaires au point d, & au point m ; puis on fait g d égal
- Planche à df, & m h égal à a e ; & par les points ch &m g, on décrit deux quarts d’ellipfè , dont le petit rayon de chacun eft égal au rayon du cylindre qui lui eft correfpondant ; enfuite on fera retourner à angle droit fîir la ligne de, toutes les parallèles produites par la divifion du petit cylindre E, jufqu’à ce qu’ elles rencontrent le grand quart d’ellipfe produit par le cylindre F; le relie comme à la Figure première , en obfervant cependant que les diftances fervant à décrire la courbe de la rencontre des deux cylindres fur le grand, fe prennent for le plus grand côté de l’ellipfe.
- Lorfque c’eft un cylindre & une fphere qui fe pénètrent, ainfi que la fig. 3 ÿ après avoir tiré la ligne a h, qui eft Taxe de la fphere, & celle c d, qui eft Taxe du cylindre, parallèle à cette derniere, on divife la fphere & le cylindre par des lignes parallèles & perpendiculaires à leur axe, comme celles i ii, 000; en-fuite fur chaque tranche de la fphere, & de Taxe a b comme centre , on décrit les demi-cercles ip,ie,ifScig\ puis on fait la même opération pour le cylindre , c eft-à-dire, que Ton décrit autant de demi-cercles qu il y a de tranches ho-rifon taies, ainfi que les demi-cercles ()o,ho,lo, mo, no, & à chaque point, hors les cercles de la fphere & ceux du cylindre ; pris fur une même ligne parallèle o i, on mènera une perpendiculaire qui fera une ordonnée à la courbe formée par la pénétration des deux corps, telle que font les lignes 1,2; 3,4; y , 6;
- & 7,8 ; puis par les points £,8,6,4,i&o, on fera paffer une ligne courbe qui fera Taxe de la pénétration de ces deux corps.
- Pour bien entendre cette opération, repréfentez la fphere fig. 4, vue de défi* fus , avec le plan du cylindre qui la pénétré; après avoir tracé fur la fphere les différents cercles* i g, if,ie,ip, d’un diamètre égal à ceux de la fig. 3 , aux points où ces cercles rencontreront la circonférence du cylindre,^. 4, élevez les perpendiculaires 7,8;y,6;3,4;2,i; parallèles à l’axe a b de la fphere, jufqu’à la ligne io, qui eft le plus grand diamètre de la fphere; chacune de ces perpendiculaires feront des ordonnées à la courbe de pénétration, à laquelle la ligne <?,8,6,4jI&o, fert d’axe, ainfi que dans la^g". 3. Cette méthode eft fort commode pour tracer la courbe de pénétration, tant for la fphere que for le cylindre ; c’eft pourquoi on doit s’appliquer à bien l’entendre, ce qui fera dautant plus aifé, que dans les deux figures les mêmes lignes font marquées des mêmes lettres.
- On obfervera que ce que je viens de dire ici, ne donne que la moitié de la courbe décrite par la pénétration du cylindre & de la fphere*, ce que j’ai fait afin de ne point trop compliquer la figure, & la rendre plus intelligible ; de plus , pour peu qu’on veuille y faire attention, on verra que pour avoir la tota* lité de cette courbe, il faut continuer l’opération jufqu’au bas de la figure , ainfi qu’on peut le voir dans les fig. $ & 6, defquelles je ne donnerai aucune démon£ 1 tration, ce <jue j’ai dit des Figures 3 & 4 étant fuffifimt,
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- Section 1. §. IV. De la pénétration des Corps• 3 îî
- Lorfqu’un cône fera pénétré par un cylindre , 8c que leurs deux axes feront parallèles, on fe fervira de la même méthode que pour la fphere pénétrée par un cylindre, ainfi qu on peut le voir dans la fig. 9, cote G, 8c dans celle 10, cote i/, lefquelles repréfentent le cône vu de deflïis avec le plan du cylindre qui le pénétré ; mais quand Taxe du cylindre eft oblique à celui du cône comme dans la fig. 9 , cote /, cela devient un peu plus difficultueux, parce qu’à chaque tranche horifbntale du cylindre, il faut décrire une demi-ellipfe, dont le grand axe ou diamètre eft égal à la ligne horifbntale c d9 & le petit à celle ef> le refte comme pour le cylindre C, à l’exception toutefois, que pour décrire le plan du cylindre /, fur le cône, fig. 10, cote L, il faut des points 1,2,3 & 4 9 y cote ^ y mener autant de lignes parallèles à l’axe du cylindre, lef-
- quelles couperont à angles droits la ligne ef> aux points y, 7, 9 8c r 1 ; def-quels points on élévera autant de perpendiculaires à la ligne c d; puis on prendra la diftance 5,6, que l’on portera de h en g, toujours perpendiculairement à la ligne rs, qui eft l’axe de la courbe de pénétration ; enfuite on prendra la diftance 7, 8, que l’on portera de / en i, &c. & parles points r g, i nyps, on fera pafler une ligne courbe qui donnera la moitié du développement de la pénétration des deux corps, & le plan oblique, ou pour mieux dire , racourci du cylindre /.
- Quand les cônes font pénétrés par d’autres cônes, dont les axes font parallèles aux leurs, comme celui N y fig. 11, ou bien par une fphere, comme celle My même figure, on fe fervira de la même méthode que ci-deifes, ainfi quon peut le voir dans hifig. 10.
- Il pft encore d’autres pénétrations de corps dont j.e ne parlerai pas ici, tels que font les cônes qui fe pénètrent obliquement ou à angle droit, ceux qui pénètrent des ellipfoïdes, &c, parce que la méthode dont on fe fert pour ces développements , eft à peu-près la même que celles dont je viens de parler, & que de plus cela m’écarteroit trop démon objet ; d’ailleurs, les notions de Stéréotomie que je viens de donner, font très-fitffifàntes pour la théorie de l’Art du Trait, relativement à la Menuiferie , lequel eft mon principal objet, dont je ne puis ni ne veux m’écarter, afin de me renfermer dans les bornes que je me fois prefe Crites*
- Flanché 110»
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- PlANCHE tI 11.
- 312 MENUISIER, //. PamV, Cfa/>. XL
- CHAPITRE ONZIEME.
- Des différentes places dont les Revêtiffements font fufceptibles de Trait, & la maniéré de conflruire ces Revêtiffements en plein bois.
- - Les places dont les revêtiflèments font fofceptibles de Trait, font les arriérés-vouffares de toute efpece, les voûtes d’arête, celles en arc de cloître, en ogive , &c ; les lunettes & les trompes, enfin toutes les places dont les faces, foit verticales ou horifontales , ne font pas parfaitement planes & droites dans toutes leurs parties.
- On nomme arriere-vouffure, la partie fopérieure d’une baye de croifée ou de porte, ou tout autre enfoncement, laquelle eft terminée fur fon élévation extérieure par un demi-cercle ou tout autre cintre, lefquels font différents dans le fond de la baye ; c eft-à-dire, que fi l’extérieur de la vouflure eft plein-cintre, le dedans eft bombé ou forbaifle : fi au contraire le dehors eft bombé ou forbaifle • ou même droit, le dedans eft plein-cintre. Cette obfervation eft eflentielle, parce que fi l’intérieur & l’extérieur d’une baye étoient d’une même forme, ce feroît un archivolte, & non pas une arriereTvouflure , laquelle n’eft ainfi nommée que parce quelle femble former une fécondé voûte d’après celle de la piece dans laquelle elle fe trouve ( * ).
- Il eft des arrieres-vouflures qui font cintrées'for le plan & fur l’élévation, com me le quart d’une fphere ou d’une ellipfoïde ; dans ce cas on les nomme calottes, quoique proprement ce foit de véritables arriérés - vouflures.
- Les Menuifiers ont donné différents noms à toutes ces efpeces de vouflures, ce qui n a fervi qu’à en rendre l’étude plus difficile, & à embarrafler les Com-mençans, ainfi que je l’ai dit, page 292. C’eft pourquoi j’avertis ici que les arrieres-vouflùres font de deux efpeces fàvoir, celle de Saint-Antoine . qui eft quarrée ou évafée par fon plan, & dont la face extérieure eft cintrée plein-cintre, & qui eft pleine dans le fond , lequel eft terminé par une ligne horifontale au-deflùs des impoftes, c’eft-à-dire, à la naiflànce du cintre de la face extérieure.
- L’autre efpece d’arriere-vouflure, eft celle que l’on nomme arriere-vouffure de Marfeille, laquelle peut être for un plan quarré ou évafé, ainfi que la première , dont le fond eft évuidé d’une forme plein-cintre, & la face extérieure cintrée d’une forme bombée, dont la retombée vient au nud du deflus du cintre
- cas des arriérés - vouflures, ainfi qu’on le verra dans la fuite de cet Ouvrage.
- (*) II y a cependant des archivoltes qui font fufceptibles de Trait ; mais ce n’eft que quand ils font évafés, ce qui alors les mec dans le
- du
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- Des différentes places dont les Revêtffements font fufceptibles de Trait. 313
- <îu fond, de forte que les parties de la vouflure qui retombent fur les embra- -------—-
- fements, forment un quart de cercle femblable à la moitié du cercle du fond de Planché cette derniere. Cette efpece de vouflure a été inventée pour que les vanteaux l iïà des portes ou des croifées , dont le tableau eft plein-cintre, puifïent ouvrir dans les embrafements ; ainfi toutes les arrieres-vouflures qui feront pleines dans le fond , & par conféquent terminées par une ligne horifcntale , feront de la première elpece, c'eft-à-dire, des arrieres-vouflures de Saint-Antoine , quoique leur extérieur foit cintré bombé, ou furbaifle, ou tout autre cintre , quand même les côtés de la vouflure qui retombent fur les embrafements fe-roient évafés , c'eft-à-dire, hors de niveau.
- Par la même raifon , toutes les arrieres-vouflures dont le fond fera évuidé i feront toujours de la fécondé efpece, c'eft-à-dire , des arrieres-vouflures de Mar- , feille, quand même le cintre du dedans xferoit bombé ou forbaifte, & que la face extérieure feroit terminée par une ligne droite, quoique dans ce dernier cas quelques-uns nomment cette arriere-vouffore, for-tout lorfqu elle eft cintré© plein-cintre dans le fond, ils la nomment , dis-je , arriere-voujfure de Mont-
- Les voûtes d'arête , font celles dont fangle ou arête fait une partie Paillante dans fon retour ; celle en arc de cloître fait le contraire de celle d'arête , c eft-à-dire , que fon arête fait un angle rentrant. Les cintres de ces deux efpeces de voûtes peuvent être cintrés plein-cintre , forhaufles, ou forbaifles, cela eft égal, pourvu toutefois que les cintres qui formeront une arête, foient tous deux d'un© même hauteur ; car s'il arrivoit qu’il y eût un cintre plus bas que l'autre, l'ouverture qu'il fait dans la voûte, ou du moins qu’il femble y faire, fo nommeroit lunette , ce que j’expliquerai dans la foite de cet Ouvrage.
- Les voûtes en ogives, font celles dont le cintre eft forhaufle & aigu dans le milieu , telles que font celles de tous nos bâtiments gothiques ; leurs arêtes peu^ vent être à angles Paillants, ou rentrants, ou faire des lunettes , ainfi que celles ci-deflus.
- Les trompes enfin, font des parties Paillantes à angles reéïangles ou cintrés , lefquelles font faillie , foit dans un angle creux ou for un angle {aillant. Voy. les Fig. de la PL 11, lefquelles repréfentent toutes les arrieres-vouflures & voûtes dont je viens de parler.
- Je ne parle pas ici des efcaliers, parce qu'ils ne font pas de la nature des ou^ vrages dont je traite ici, c'eft-à-dire, qu'ils ne font point revêtiflements,
- & qu’on eft maître de leur donner telle forme que l'on juge à propos, en fe bornant toutefois à la grandeur & à la forme de la place ; c'eft pourquoi je réferve à traiter des efcaliers à la fin de cette Partie de mon Ouvrage, pour ne point interrompre l'ordre que je lui ai donné , pour éviter la confufion qu'il y auroit, fi ces différentes efpeces d’ouvrages fe trouvoient mêlées les unes dans les autres.
- Menuisier. IL Part.
- LUI
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- M E N UISIE R, IL Partie. Chap. XL
- SECTIOM PREMIERE.
- Différentes maniérés de conjlruire les ouvrages de Trait en plein bois.
- Planche
- 111«
- L a conftruétion des ouvrages de Trait en plein bois eft très-importante, & demande beaucoup d'attention, tant pour leur folidité que pour l'économie des bois (* ) ; c eft cependant cette partie de l'Art du Trait, que les Menuifîers ont le plus négligée, la regardant comme une chofe très-facile , & qui par conféquent demandoit très-peu d'attention , faifànt confifter toute la difficulté du Trait dans les ouvrages de cette nature, qui font aflemblés à tenons &à mortaifes, &c.
- ; Cependant pour peu qu'on veuille y faire attention, il eft fort aifé de voir que toute la difficulté du Trait confifte dans le corroyage des bois, & non dans les aflemblages, qui font les mêmes à toutes fortes d'ouvrages, à très-peu de chofe près ; & que par exemple, une arriéré-vouflure conftruite en plein bois, ne différé point de celle qui eft faite avec des aflemblages, du moins pour la maniéré d'en tracer & d’en corroyer les courbes ; & que les panneaux d'une arriere-vouf-fore d'affemblage,.font eux-mêmes des parties de celle qui eft conftruite en plein bois. Ce font ces réflexions qui m'ont engagé à m’étendre for cette partie de l'Art du Trait, afin qu'une fois bien entendue, on puiflê pafler à la connoiflànce des parties les plus difficiles, auxquelles celle - ci fort d'intro-duétion.
- En général, ( & je ne fàurois trop le répéter ) , les procédés dont on fe fort pour la conftruélion des ouvrages de Trait, font toujours les mêmes quant au fond ; & les différentes formes des ouvrages n'y doivent jamais rien changer , puifque la méthode des projetions dont je me fois fervi, doit toujours être la même dans tous les cas poffibles , comme on le verra ci-après.
- §. I. De la maniéré de coller les Archivoltes évafés , en tours creujes , &c.
- I l y a trois maniérés de dilpofer les joints des ouvrages collés en plein
- Planche b0is. fayoir, de les faire par cerces d'égale épaifleur, ( du moins chacune d'elles 112»
- féparément,) dont les joints font perpendiculaires & parallèles à la face de l'ouvrage, commeles Fig. x Sc p
- Ceux qui font difpofés pareillement par cerces parallèles, mais dont les joints
- (*) Lorfque je dis ici que Ton conftruït des ouvrages de Trait en plein bois, ce n’eft pas que Ton employé des pièces de bois d’une capacité aiïez grande pour pouvoir faire une arriere-vouflure ou tout autre ouvrage dans un feul morceau de bois, ce qui ne vaudroit rien quand même la chofe feroit pofîible ; c’eft pourquoi,
- par ouvrage de Menuiferie conftruït en plein bois , on doit entendre celui qui n’a aucune efpece d’affemblages, mais qui eft compofé de plu-fieurs pièces de bois difpofées par cerces, dont les joints toujours droits, font faits horifontale-ment ou perpendiculairement, ce que les ouvriers appellent de ïouvrage collé en plein bois.
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- Section L §. I. Maniéré de coller les Archivoltes* 3 i |
- font horifontaux comme la fig. 4, Fl. 113 ; ceux enfin qui font collés en dou~ ; ves ou douvelles en forme de claveaux, comme les F ig. 2 & 6.
- Quand les archivoltes font évafés également, comme celui fig, 1 <§* 2, après avoir déterminé la profondeur de fon plan & fon évafement , ainfi que a b cd , Sc déterminé les épaîflèurs que fon veut donner à f archivolte, comme g i, h l , pour f épaiflèur extérieure, Se celle ef, pour f épaiflèur intérieure, on divife un des côtés du plan comme a m> en autant de parties qu’on le juge à propos, félon f épaiflèur des bois que fon veut employer ; puis par chaque point de di-vifion , on fait paflèr autant de lignes parallèles entr’elles & à la bafe du plan, telles que celles r, 7; 2,8 ; Sec, lefquelles lignes repréfentent les joints vus en plan ; enfoite on éleve à la rencontre de ces lignes parallèles avec la ligne inté-rieure du plan a by les perpendiculaires g 12, a 13 ; 1,14 ; 2, 15 ; 3,16 ; 4,17 ;
- ; Sc b ip y jufqu à ce quelles rencontrent la ligne 0 p ; & du point n comme centre, pris for la ligne Dpy on décrit autant de cercles circonfcripts les uns aux autres qu’il y a de lignes perpendiculaires, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. I , de forte que chaque cerce qui compofo l’archivolte, eft d’un diamètre plus pu moins grand, félon qu elle eft placée au-devant ou au fond de ce dernier.
- Quand un archivolte non-feulement eft évafé , mais encore qu’il eft creux for fon plan , comme les fig. 5 & 6, on opéré comme dans le dernier cas, c’efl>à-dire , qu’après avoir déterminé la largeur & la profondeur du plan , on divife cette derniere, cote a b, en un nombre de parties relatives à f épaiflèur des bois ; puis à la rencontre de ces lignes avec l’arc de cercle c e, on éleve les perpendiculaires c 7 ; 1,8 ; 2,9 ; 3,10 ; 4,11 ; y, 12 ; & £ 13 ; puis du point d comme / centre'& à la rencontre de chacune de ces perpendiculaires, on décrit autant de demi-cercles , lefquels indiquent les joints de chaque courbe, ainfi qu’on le voit dans la fig. z.
- Comme chaque cerce ne peut ni ne doit pas être d’un feul morceau de bois, on obforvera de les faire de plufieurs morceaux joints en flûte , à liaifon les uns au-deflus des autres, ainfi que je fai dit en parlant des collages des bois courbes, page 291,
- U faut auffi avoir foin de lailfer à chaque cerce une largeur fuffifante à l’endroit des joints, afin que f archivolte foit d’une épaiflèur convenable, ce que l’on fait en marquant cette épaiflèur fur le plan, ainfi que je fai obfervé aux Figures ci-defliis.
- Pour que les archivoltes foient parfaitement bien faits , il faut avant de coller chaque cerce, les chantourner en dedans, du moins fur l’arête du joint ; & s’il arrivoit quelles fuflent extradoflees, ceft-à-dire quelles fuflent vues par derrière , on feroit la même chofc au joint extérieur de chaque cerce, afin que chacune de ces arêtes forve de guide en les creulànt, ce qui, en terme d ouvrier s appelle débillarder /’ouvrage.
- Quand les archivoltes évafés font conftruits en douves, comme la fig, %, on
- Planche
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- Planche
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- Sï6 MEN UI S I E R, IL Partie, Chap. Xi.
- dîfpofè chacune de ces dovjves de la maniéré fuivante : Après avoir divifé le demi-cercle de l'archivolte en un nombre de parties égales à volonté, ou pour mieux dire félon la largeur du bois que l'on veut employer, comme les points 1,2,
- 3 & 4 ; du point n , qui eft le centre de l'archivolte, on fait pafler par chacun de ces points des lignes qui repréfèntent les joints des douves ou claveaux.
- Enfuite pour avoir la forme 8c la véritable grandeur d'un des claveaux, on en divife un en deux parties égales par une ligne tendante au point de centre de l'archivolte, comme celle n6 ,fig. 2 ; puis fur la ligne du plan cd, on éleve à • volonté les perpendiculaires^, c x, dy 8c h œ ; après quoi on mene fur ces lignes la perpendiculaire 7,10, parallèle à la ligne cjd ; on fait Sx8cyt,ou8u8c 7 s y fis* 3 9 égale à 5 2 ou à 5 1 ,fig. 2 ; 8c on fait p y 8c p [, égale à 13 0 ou 13 r ; on fait enfin 10 & , ou 10 œ , égale à 14/? ou 14 q, ce qui alors donnera la largeur du claveau & fa véritable longueur , puifque le claveau t s, & œ , A fig, 3 , eft pris fur la ligne de l'inclinaifon du plan de l'archivolte, lequel plan eft en même-temps la coupe du claveau, ainfi qu’on peut le voir dans les Figures ci-deflus.
- Cependant il faut faire attention que l'épaifteur du plan > qui, comme je viens de le dire, eft la coupe du claveau, n'eft pas l'épailTeur de ce dernier, parce que fi cela étoit, le claveau deviendroit trop mince au milieu de la largeur lorfqu’il auroit été creufé en dedans , ainfi que l'indique la ligne p q , fig,. 2 ; c'eft pourquoi afin de donner au claveau toute l’épaifteur néceflàire, on fera palier par le point 6 une ligne droite ir , 12 , parallèle à celle p q ; 8c du centre n 8c du point 12 , on fera un arc de cercle jufques fur la ligne 0 p, que l’on fera en-fuite defcendre perpendiculairement lùr le plan au point iy ; puis on prendra la diftance d iy , que l'on portera de c en 16 ; & par les deux points iy & 16, on mènera une ligne qui fera la véritable épaiflèur du claveau.
- Il réfulte de ce que je viens de dire, que lorfqu'on veut faire un claveau, on commence par corroyer le bois d'une épaiflèur 8c d'une largeur 8c longueur convenables , félon qu'il eft marqué fur le plan ; enfuite on le coupe de la pente qui eft indiquée, en obfervant de tracer, avant de le couper, une ligne au milieu de fa largeur, tant en parement que par derrière, laquelle doit toujours être perpendiculaire à c es mêmes coupes, & fur laquelle on trace la diftance de ces dernieres. Après avoir coupé le claveau de longueur, on le met de largeur, ainfi que je l'ai dit ci-deflus , 8c on met les joints en pente félon qu’il eft indiqué fur l'élévation : ces joints doivent être bien plans, c'eft-à dire, qu’il n'y ait aucune efpece de gauche ; & lorfqu'ils font bien faits, ils doivent être d'équerre par la coupe du bas.
- j II eft bon auffi de creufer les claveaux avant de les coller, & on en trace le •creux de cette maniéré : après avoir fait la coupe d h du haut du claveau, 8c en avoir déterminé la largeur, on a un calibre de la grande cerce de l'archivolte , ave clequel on trace le creux fur cette coupe ; ce calibre peut auffi fervir à déterminer les joints du claveau. ( Voyci la Fig. 7 ). Pour
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- Section I. §. I. Maniéré de coller les Archivoltes♦ 317
- Pour le cintre du bas, lorlqu'on a fait la coupe/’/, on trace fur cette coupe un arc du cintre intérieur de l'archivolte ; puis on chantourne le deflous du claveau d'équerre for/7 : après l'avoir ainfi chantourné , on le met de l'épaifteur </> ce que l'on fait en paflànt le trulquin du côté/7. Voye£ la Fig. 4, qui re-préfente la moitié d'un claveau ainfi dilpofé , fait au double de la grandeur des autres.
- Les claveaux des archivoltes évafées, peuvent être joints à rainures & languettes rapportées, ce qui en rend les joints plus folides.
- Lorfque les archivoltes ne font pas d'une grande profondeur, on peut les faire de deux ou trois morceaux feulement, que l'on fait ployer après les avoir cintrés for deux fens, ce qui fe fait de cette maniéré : Après avoir déterminé la profondeur & l'évafement du plan de l'archivolte , comme dans lafig. 2, on prolonge les deux côtés a b, c d de ce plan, jufqu’à ce qu'ils fe rencontrent en A ; & de ce point comme centre, & de l'intérieur & de l'extérieur du plan, on décrit les deux arcs de cercle ad, & h c , ce qui donne alors le développement d'une partie de cône tronqué , dont l'archivolte évafée eft la figure.
- Enfoite pour avoir la grandeur de chaque partie de ce développement, on les prendra for le plus grand cercle de l'archivolte, & en plus petites parties poffibles, afin de rendre l’opération plus jufte, ainfi que je lai dit en parlant du développement du cône droit.
- Cette maniéré de faire les archivoltes , n'eft bonne que quand ils font liffes, très-étroits & bombés for leur élévation, & qu'ils entreront à rainures & languettes dans le dormant des croifées, & dans les chambranles de ces dernieres ; hors ces cas, on ne peut s'en fervir que quand ces archivoltes feront faites d'af-femblages : dans ce cas, on pourra en faire les panneaux de cette maniéré, for-tout quand ils n'auront point de plates-bandes.
- Lorfque les archivoltes évafées feront creufesfor leur plan , comme la fig* 6 9 Sc que l'on voudra les conftruire par douves ou claveaux, la conftruéHon de ces derniers fera la même que pour les archivoltes évafées droites, à l'exception feulement que les claveaux feront plus épais à caufe du creux du plan, fans compter la plus forte épaiflèur du cintre de face de l'archivolte , que l'on a de la même maniéré que dans la fig. 2. Voye£ la fig. 6 , où les lignes a^b^Cjd^eyf^g^hyiylj indiquent ces différentes épaiffeurs.
- En général, les archivoltes évafées creufes font meilleures étant collées par cer-ces qu'en claveaux, & d'autre part n'y ayant guere de différence pour l'économie des bois, fi j'en parle ici, ce n'eft que pour faire connoître qu'on peut les faire ainfi , & pour amener à la connoifiance d'autres parties plus difficiles-II n'en eft pas de même des archivoltes évafées droites, parce que celles qui font collées en plein bois, font à la vérité plus folides que celles en claveaux , mais aufft employent-elles beaucoup plus de bois, ce qui eft fort à confidérer ; c eft pourquoi on fera fort bien de les faire de cette maniéré, c'eft-à-dire en claveaux, Menuisier. IL Paru M mmm
- Planche
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- 3i8 MENUISIER,IL farde. Chap. XL
- m==== quand elles ne feront pas d’une trop grande largeur , & quelles feront rete-Planche nues par des rainures & languettes ; ainfi elle fera très-bonne pour faire les pan-112' neaux des archivoltes évafées lorfqu’elles feront faites d’afïemblages.
- La méthode de faire les archivoltes évafées droites, eft auffi bonne pour les angles des auvents de boutiques , que les Menuifiers nomment pattes-d’oyes, excepté quon ne fe donne pas la peine de creufer les planches, fe contentant de les couper félon la pente de l’auvent, & de les diminuer fur leur largeur.
- §. IL/De la maniéré de coller les Archivoltes gauches , les Calottes & les Arcs bombés.
- Planche
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- a II eft des archivoltes biaifes , dont la partie fùpérieure eft droite & de niveau comme la fig. i, & dont la retombée eft évafée en ligne droite ou en creux , ce qui eft la même chofè pour le cas dont il s’agit ici ; dp d’autres dont la coupe prife du milieu de fon cintre, eft différente de celle de fà retombée, ou pour mieux dire, de fort plan, ainfi que la fig. 2.
- Ces efpeces d’archivoltes fe nomment gauches, parce que toutes les courbes des cerces qui les compofènt, ne font point parallèles entr’elles, font de différente nature , & ont par conféquent différents centres , & ont befoin de deux coupes pour déterminer la naiffance de ces courbes, ainfi qu’on le verra ci-après , excepté le premier cas où le fèul plan fiiffît, puifque la coupe du milieu fe termine par une ligne droite, à laquelle toutes les cerces qui compofènt l’archivolte viennent tendre.
- Pour avoir la naifîànce des cerces de l’archivolte fig, X , après en avoir tracé le plan, on divife fà profondeur par des lignes parallèles ; & des points où ces lignes rencontrent le plan, on éleve des perpendiculaires jufqu’à la ligne de 9 qui eft la naifîànce de l’archivolte ; enfuite par les points h,iylymyn8co, on décrit autant d’ellipfes auxquelles ladiftance^g’, fert de petit axe ; le refte comme à celles ci-deflus, page 31 J.
- S’il arrive qu*on veuille avoir la courbe que formeroit une coupe faite dans un endroit quelconque de l’archivolte, comme la ligne 7, 14 ; on prolonge cette ligne à volonté de 7 en x 5 ; puis on fait la diftance 15 qy égale à celle 7, 14 ; & des points 1J & q, on éleve deux lignes perpendiculaires à cette derniere , auxquelles on donne de hauteur la profondeur du plan b c ; enfuite on divife cette hauteur par les lignes ix, 2XjJxj&c, parallèles entr’elles, & d’une diftance égale à celles du plan, lefquelles repréfentent les joints des cerces ; de forte que p 1 eft égal à b 1, p 2 égal à b%y ainfi du refte. Quand cette opération eft faite, on prend la diftance 14,13, que l’on porte dep en r, auquel point on fait defeen-dre une perpendiculaire parallèle \p q , jufqu’à ce qu’elle rencontre la ligne horizontale qui lui eft correfpondante, laquelle fe trouve être celle ^ x ; enfùite on fait la diftance p s égale à celle 14,12 ; celle p t égale à celle 14,11; celle p u
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- SECTION /. §. II. Maniéré de coller les Archivoltes gauches, &c. égale à celle 14, 10 ; celle p x égale à celle 14,9; enfin celle py égale à celle 14, 8 ; à chacun de ces points on defcend des perpendiculaires ainfi que celle rl ; & aux points * , où ces lignes rencontrent les horifontales qui leur font cor-refpondantes, on fait paffer la ligne courbe y il 16, qui fera la coupe de l’archivolte prife fur la ligne 8 , 14.
- Quand les archivoltes auront deux coupes, comme la flg. 2, après avoir déterminé la forme du plan 8c avoir divifé fi profondeur en parties égales, que Ton releve perpendiculairement jufqu’ à la naiilance de l’archivolte à l’ordinaire , les hauteurs f g 8c f h étant données , du point h on mene une ligne horifofi-tale perpendiculaire à celle^h, de A- en n ; du point g, on mene une autre ligne horifontale gm, parallèle à celle h n ; puis on prend for le plan la diftance . o p, que Ton porte de m en l, auquel point on éleve la perpendiculaire / i, laquelle eft le devant de l’ouvrage ; on éleve auflî une perpendiculaire au point m, de forte que l’on forme le quarré ou le reétangle /1 m n ; car ce peut être l’un ou l’autre ; enfuite on divifo la diftance l n ou l m, en autant de parties que le pl an ; & des points où les lignes de ces divifions rencontrent la courbe q r 9 qui repréfonte la coupe du milieu de l’archivolte, on mene à la ligne fh> les % nés horifontales 1,652,753,854*9; 5,10; par lefquels points & ceux produits par les divifions du plan for la ligne ft, on décrit les quarts d’el-lipfe \o h9 9 c, 8 d9ye8c 6f9 lefquels feront les arêtes des joints de toutes les cerGes qui compofont cette archivolte. Il faut obforver que le quart de cercle g a9 & le quart d’ellipfe 6g9 font toujours déterminés avant que l’on commence à chercher les courbes des cerces, ce qui eft une réglé générale, ainfi que pour les plans & les coupes qui doivent toujours être arrêtés d’une maniéré fixe & invariable.
- Les calottes fo collent par cerces ainfi que les archivoltes, la méthode étant la même pour les unes comme pour les autres, ainfi qu’on peut le voir dans la fig*
- 3 , où la coupe A eft produite par la hauteur des cercles de l’élévation B 9 dont les rayons ou demi-diametres ont été donnés par le renvoi des divifions du plan C.
- Cependant s’il arrivoit qu’une calotte fût forhauflee ou forbaiflee, après avoir tracé le plan, on commcnceroit par déterminer la forme de la coupe ; & d’après les divifions de cette derniere, on méneroit des lignes horifontales fur la ligne du milieu de la calotte/), & la hauteur de ces lignes détermineroit celle des el-lipfos que décriroit chaque cerce, ainfi que je l’ai expliqué fig. 3.
- Les joints des calottes peuvent aufli être horifontaux, ainfi que je l’ai déjà dit,
- & que je l’ai deffiné ici fig. 4, laquelle repréfente une calotte forhauffée. Cette maniéré de* faire les joints eft la même que la première, toute la différence qu’il Va, c eft que les lignes horifontales ai 9ai9 qui repréfentent les joints des cerces qui compofont la calotte D, parodient droits vus de face , 8c que c eft a rencontre de ces joints avec le cintre de face qui donne les cercles du plan E>
- Flanche
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- Planche 4 13.
- Planche 114.
- '320 M E N U I S r E R, IL Part. Chap. XL
- ainfi qu’on peut le voir dans la fig. 4 ; cependant fi le plan de la calotte n’étoit pas plein-cintre, chacun de fes cercles deviendrait des ellipfes dont les diamètres feraient donnés par les perpendiculaires io, io yi 0y de 1 élévation , 8c par celles que donneraient les divifions de la coupe Fy ce qui eft fort aile à entendre , après ce que j’ai dit en parlant des archivoltes. ^
- ; S’il arrivoit qu’au lieu d’archivoltes on eût des arcs bombés à revêtir ,do nt l’é-vafement fût égal dans toutes fes parties, ainfi que la fig. 1 , on s’y prendroit de cette maniéré 1 Après avoir tracé le plan, & l’avoir divifé à l’ordinaire, on fait la coupe de l’arc que l’on divife également, en obfervant de faire la diftance gk égale à ef ; & à la rencontre des points de divifion avec la ligne de la coupe g p y on mene lur la ligne dby qui eft le milieu de l’arc, les parallèles q i yr 1y smytnyuoy lefquelles donnent la hauteur des cercles des joints ; enfuite du point fy qui eft le centre de l’arc, on décrit les arcs 16 , / 7, m%y ny Sc 010 y que l’on prolonge jufqu’à ce qu’ils rencontrent les perpendiculaires prifes lur les divifions du plan, ce qui donne l’arête ou l’angle de l’arc avec l’embrafùre. Pour avoir le développement de cette embralure , on éleve des perpendiculaires lur la ligne du plan xyy aux points de divifion des joints ; puis on fait x 11 égale à la hauteur de la perpendiculaire a, prife lur la ligne ^ & ; celle 1,12 égale à celle 6 ; celle 2,13 égale à celle 7 ; celle 3 , 14 égale à celle 8 ; celle 4 , iy égale à celle 9 ; celle , 16 égale à celle 10 ; enfin la hauteur 17 égale à celle cê; & par les points 11 , 12,13, 14,15 , 16 Sc 17, on fera paffer une ligne qui fera l’arête de l’embrafiire.
- Cette ligne ne peut pas être une ligne droite , quoiqu’elle le paroiffe ici à caufe de la petitelfe du deffîn, parce qu’on doit faire attention que l’arc bombé a b c d, eft une partie de cône droit tronqué, & qu’il ne peut y avoir de coupes droites dans un cône que celles qui paffent par fbn axe , ainfi que celle <218, laquelle étant prolongée, vient pafler par le point f9 qui eft le centre de l’arc y 8c par conféquent de la bafe du cône tronqué, donc l’arc 19,20, appartient à la circonférence de fa bafe, & celui 21, cd 9 appartient à fà coupe fupérieure ; & que la ligne 22^, prolongée jufqu’à la rencontre de celle 23,24, eft la moitié de la bafe de ce cône, dont cette derniere ligne eft un des côtés.
- Il luit de cette démonftration, que la ligne a c, développée ainfi que celle 11,17, ne peut pas être une ligne droite, mais une portion d’hyperbole, dont la courbe eft prefque droite.
- S’il arrivoit que l’arc bombé ne fût pas également évafé, ainfi que h, fig* 2 , après avoir déterminé le cintre intérieur dont le centre eft enfiy ainfi qu’à lafig, r, Sc le cintre extérieur dont le centre eft en A, on en fait la coupe, que l’on divife par tranches comme à l’autre figure , ce qui donnera les hauteurs des cerces au milieu de l’arc ; enfuite pour avoir la retombée de c es cerces dans l’angle de l’arc bombé, on mènera dans cet angle une ligne comme celle a b, tendante au point C, qui eft le milieu de la diftance des deux centres fA ; enfuite on prendra
- la
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- Section /. §. II. Maniéré de coller les Archivoltes gauches, &c. 321
- la hauteur b c, 2, fur laquelle on fera une féconde coupe , dont les divifions
- renvoyées fur la ligne a b , donneront des points par où paflèront les arcs demandés , dont les centres feront pris fur la ligne A f
- Quant au développement de l'embrafiire de cet arc , ce fera toujours la même chofe qu'à la Figure 1; & l'arête de cette embrafiire fera une portion d'hyperbole prife dans un cône oblique tronqué, dont l'arc bombé fig. 2, en eft une partie.
- Quand les arcs bombés font creux dans leur profondeur, ainfi que celui a b c d y fig. 3 & 4, dont le centre eft en e, on commence par tracer les deux arcs de cercles adybc\ enfiiite de quoi , quand le creux de l'arc eft le même que celui du plan , comme dans la fig. 3 , on prend la diftance 1 f9 que l'on porte fur la ligne du milieu de l’arc de 7 en 8 ; celle 2 g, de 7 à <? ; celle 3 h y de 7 à 10, celle 4 i9 de 7 à 11 ; enfin celle 5 /, de 7 à 12 ; puis par les points 8,9, 10,11 & 12, & du point e comme centre, on trace les arcs de cercles ny ,0 x,pu, qty Sers 9 jufqu'à ce qu’ils rencontrent les lignes perpendiculaires prifes fur les plans ; foit qu’ils foient droits comme dans la^z'g. 3 , ou creux comme dans la fig. 4, pour avoir le développement des embrafiires de ces arcs , on s'y prend comme ci-defïus ; c'eft pourquoi je n'en ferai aucune démonftration. Voye^ la Figure cotée D y qui repréfente l'embraftire de la fig, 3 ; & celle cotée £,qui repréfènte l’embrafiire de la fig. >4, prife géométralement comme l'indique la ligne ^ m.
- S'il arrivoit que le creux de l’arc bombé ne fût pas égal à celui du plan, on feroit une coupe à part pour avoir la divifion des cerces, comme dans la fig. 1 ; ou bien fi cet arc étoit inégalement évafé, on opéreroit comme dans laj^*. 2.
- Section Seconde.
- Maniéré de coller les Arriérés-voufiures de Saint-Antoine y & d'en trouver
- les Coupes dans tous les cas pojjibles.
- Les arriérés - vouflures de Saint-Antoine fe conftruifent par cerces, ainfi que les archivoltes dont je viens de parler ; ainfi quand on en a établi le plan A B C D y fig. 3 , on divife la profondeur par des lignes parallèles à l'ordinaire ; on éleve des perpendiculaires 1, 2,3, 4&y,àla rencontre de ces lignes avec les côtés du plan AB y jufqu'à la retombée de la vouffiire, fig. 2 ; enfùite on trace la coupe de cette derniere, fig. 1, que l’on divife ainfi que le plan; & par chaque point que ces divifions font avec la courbe de la coupe, on mene des parallèles fur la lignefin ; & par chaque point que ces parallèles font fur cette ligne , & par ceux qui font donnés par les perpendiculaires prifes fur le plan, on décrit les ellipfes 1,6y I ; 2, 7, 2 ; 3,8, 3 ; 4,9, 4 ; J, 10, 5, lefquelles* ellipfes feront les joints de chaque cerce.
- Quand on veut avoir une coupe prife dans un endroit quelconque d une ar-riere-voufliire de Saint-Antoine , comme par exemple, celle B E y qui eft Menuisier. IL Part. N n n n
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- Planche 114*
- Planche
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- Planche
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- Planche
- 116.
- 322 MENUISIER, Il Partie. Chap. XI.
- prifo fur la diagonale, on éleve des lignes perpendiculaires B 0, ri a, ti 13 c, 14 d8c 1 e, for les lignes horifontales du plan, à l’endroit où la diagonale coupe ces dernieres, & on prolonge ces perpendiculaires dans la vouiïure jufo qù à ce qu’elles rencontrent les elÜpfes qui leur font correfpondantes, c’eft-à-dire , qui ont été produites par les mêmes lignes parallèles du plan ; & par les points 0, g, h ,i,l,tn8cn, on ferapaiïer une ligne courbe qui décrira la coupe diagonale de la vouflùre.
- Quand on veut avoir le développement de cette coupe, pour en avoir la vé^ ritable courbe, on fait à part Jig. 4le triangle reétangle qp r ; enfoite on fait pq égal à B E, p 16^ égal à B II, p 17 égal \B 12, p 18 égal à B 13, p 19 égal à B 14, 8c p 20 égal à B 15 ; par chacun de ces points , fig. 4, on élevera des perpendiculaires parallèles à q r ; enfoite on fera la ligne q r égale à celle f* n , jig. 2 ; celle 20,2 J égale à em ; celle 19,24 égale à dl; celle 18,23 égale à c i ; celle 17, 22 égale à b h ; enfin la ligne 16,21 égale à celle a g \ puis Par les points p 21,22,23,24, 25 & r, on fait palier une courbe qui eft la coupe diagonale demandée.
- Toutes les autres coupes que l’on peut faire dans cette vouiïure, le peuvent décrire de la même maniéré que la précédente, c’eft-à-dire, qu’on aura les courbes de ces coupes, en élevant des lignes perpendiculaires fur chaque point que forment les lignes des coupes du plan, fur celles qui annoncent les joints des cerces ; 8c pour ce qui eft du développement de ces mêmes coupes, on fera la diftance 26, orj,fig. $ , égale à F G, jig. 3 ; & la hauteur 27,28 égale à celle x œ, fig. 2 ; pour la fig. 6, on fera la diftance 29, 30 égale à celle H1, 8c la hauteur 30,31 égale à celle S t ; pour la fig. 7, on fera 32,33 égale à L M> 8c la hauteur 33 , 34 égale à x y ; enfin pour la fig. 7, on fera la diftance 3J , 36 égale à celle N O ,8c la hauteur 36,37 égale à celle £ &. Quant à ce qui eft des hautes perpendiculaires de chaque Figure, on les prendra comme à la fig, 4 ; 8c à chaque point donné fur ces lignes, paflera une ligne courbe qui fera la coupe demandée. Voyelles Fig. ci-deffus. (*)
- §. I. De la maniéré de coller les Arrieres-voujjures de Saint-Antoine , furhaufjées
- ou furbaijjees, & leurs contre-parties.
- Quoique l’arriere-vouflùre de Saint-Antoine dont je viens de faire la def-Cription , foit d’une forme plein-cintre 8c évafée par fon plan, il eft quelquefois des cas où ces vouflùres font d’une forme furhaulfée ou forbaiflee, 8d dont le plan eft quarré ; dans tous ces cas, on opérera comme ci-deflus, c’eft-à-
- ( * ) Cette méthode d’avoir les coupes des arriérés* vouffures, peut aufli fervir pour les coller en claveaux, auxquels ces coupes ferviront de calibres ; c’eft la même chofe que pour les archivoltes dont j’ai parlé ci-deflus 3 toute la différence
- qu’il y a, c’eft que chaque côté de claveau*eft d’un cintre différent, ainfî que je l’expliquerai en parlant des arriérés-vouffures faifant contreparties de celles de Marfeille.
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- Sec. Il §. I. Maniéré de coller les Arriéré s-vouffur es de S. Antoine, &c. 323 dire, que fi elles font d une forme forhauflee, ce qui eft la moitié d’une ellipfo dont le grand axe eft perpendiculaire, on fera , dis-je, autant de moitiés d’el-lipfes quil y aura de joints donnés par la coupe & par le plan de la vouflure ; il faut cependant obferver que ces ellipfes deviennent un cercle à un certain endroit de la vouflure , & que d’après ce point les joints des cerces redeviennent des ellipfes auxquelles la bafe de la vouflure fort de grand axe.
- Quand les arriérés-vouflùres de Saint-Antoine font fur un plan quarré, comme les fig* t & J, on décrit autant de demi-ellipfos que l’on a de points donnés par la coupe fig. 1, lefquelles ellipfes viennent toutes rendre à un foui point de la vouflure, ce qui donne la maniéré de la coller par cerces. Si au contraire on veut la coller en claveaux parallèles, comme les lignes bc> de, alors on fait defcendrê ces lignes for le plan, comme celles n o ,pq , lefquelles coupent perpendiculairement les lignes parallèles des joints; on prend la hauteur b 1 * fig. 1, que l’on porte de xi à 12 , fig. 2 ; celle b 2, de 13 à 14 ; celle b 3 , de 15 à 16 ; celle b 4 , de 17 à 18; celle b y , de 19 à 20 ; enfin celle b e, que l’on porte de o en 21 ; puis par les points 21, 20, 18, 16> 14, 12 St n 9 on fait pafler une ligne courbé qui eft le cintre du premier joint.
- Pour le fécond, on opéré comme pour le premier, c’eft-à-dire, que l’on fait q 3 î égal à d e ; 29, 30 égal à d 10 ; 27, 28 égal à d9 ; 2^, 26 égal à d 8 ; 23, 24 égal \drJ ; & 12,22 égal à d 6 9 ce qui donnera la courbe du fécond joint, St ce qui foroit la même chofe fi les joints étoient en plus grand nombre.
- Pour en avoir la coupe diagonale, comme r s, après avoir élevé des lignes perpendiculaires à chaque point où cette ligne coupe les joints du plan, on fait la ligne 32,44 égale à celle r s ; puis les perpendiculaires for la ligne 34,44, par des ares pris du centre r for les divifions de la ligne r s, on fera la hauteur 22,23 ,fig. 3 égale à celle & m , fig. 1 ; celle 34, 3ÿ égale à celle ^ / ; celle 3 6 9 37 égale à celte y i ; celle 38, 39 égale à celle x h ; celle 40, 41 égale à celle tig; enfin celle 42,43 égale à celle tf9 ce qui donnera la coupe diagonale prife for la ligne r s.
- Lorfque ces arrieres-voufliires font d’un cintre bombé, comme la figure 2 y on peut les coller par cerces ainfi que les autres ; & on en a les courbes & le développement de l’embrafure de la même maniéré que les archivoltes éva-fées : fi on veut coller ces fortes de vouflùres par claveaux, il faut toujours avoir foin d’en faire les joints tendants au centre, afin qu’ils foient toujours droits for le plat, ce qui ne pourroit être s’ils étoient difpofés autrement. Pour avoir la véritable largeur de chaque claveau, on commence par marquer for l’élévation de la vouflure les lignes des joints a b, c d, eftfig- % ; puis de chacun de ces points on abaifle for le plan les perpendiculaires a g 9b 19ch9dm 9 e i 9fl > fo£ quelles donnent les lignes des joints for le plan ; enfoite on éleve à l’extrémité de chacune d’elles des perpendiculaires dont la hauteur eft égale à celle de 1 élévation , c eft-à-dire , que l’on fait lo, fig. 3 égal à r b 9 fig. 2 ; m p, égal à s d\ &
- Pi, anche 11
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- Planche ,i itf.
- 314 MENUISIER, IL Partie, Chap. XI.
- n q égal à tf\ enfuite à chaque perpendiculaire on mènera une ligne diagonale comme celles g 0 9hp Sci g 9 dont la longueur donnera celle des claveaux.
- Quoique la vouflure Toit droite par fa coupe, on pourra la faire creufe de quelque forme qu'on jugera à propos, fans que cela change rien à la méthode de leur conftruétion.
- Les contre-parties des arrieres-voufliires de Saint-Antoine, font communément connues fous le nom de vouffiires de Montpellier dont je parlerai dans la fuite ; ceft pourquoi je ne parlerai ici que de celles qui font d'un cintre bombé, comme celles^. 5 & 6.
- Pour déterminer les cerces de ces elpeces de vouflures , après en avoir déterminé le cintre ab9fig. 5, & avoir divifé le plan en tranches parallèles, on abaifle fur ce plan une ligne perpendiculaire à volonté comme celle i f ; enfuite on prend la diftance c b 9 fig. ÿ , que l'on porte de d en e , fig. 8 ; puis du point e au points/, on décrit un arc de cercle qui fert à donner les hauteurs de Tembraftire développée g h i; enfuite par les points 6, 7, 8,9 & 10, on mènera des parallèles de ces diftances fur l'élévation , jufqu'à ce qu elles rencontrent les lignes perpendiculaires prifes fur le plan , ce qui donnera,les points o9p9q9r,s9 par lefquels pafleront les cerces des joints, dont le centre fera toujours fur la ligne b t. Il eft aifé de voir par cette opération, que c eft le cintre des embrafures qui donne la hauteur de la retombée des cerces , puifque / t o9fig. 5 efl: égal an, 6 9fig. 8 \up égal à 12,7; x q égal à 13,8 ; y r égal à 14, 9 ; & £s égal à 15,10. Si par hafàrd cette vouflure étoit évafée par le milieu, comme la fig. 6, ce feroit toujours la même chofe pour fà con£-truélion. Cet évafement fe fait droit pour l'ordinaire, comme dans la fig. 7 ; cependant on pourroit le faire creux fi on le jugeoit à propos ; mais de quelque ma" t niere qu'on le fafle, il faut toujours que l'embrafure foit terminée par un arc de cercle, tel que celui a b ,fig. 9 ; parce que fi c’étoit une ligne droite, l'arc a cd9 qui eft le cintvre de la vouflure, fe trouveroit coupé par la ligne droite a b au point C9 ce qui par conféquent empêcheroit d'ouvrir le vanteau de la porte ou de la croifée placée fous cette vouflure. ( * )
- §. II. Maniéré de coller les Arriérés - vouffiires de Montpellier,
- & d'en trouver toutes les Coupes.
- Ces arrieres-vouflures fe collent de la même maniéré que les précédentes, c eft-à-dire, qu’après avoir marqué le plan & l'avoir divifé en tranches parallèles félon l'épaiflèur des bois, on éleve des perpendiculaires à l'ordinaire. Pour avoir des points par ou palfent la retombée des cerces dans une figure à part
- (*) Les Menuifiers nomment rarriere-vouflure fig- S > oreille d'âne ; & celle fig. 2 , contre-partie douille dâne ; mais il ne faut avoir aucun égard
- à ces différents noms qui ne fervent à rien a ainfi que je Ta i dit plus haut.
- (
- comme
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- S E c T î 0 N IL §. III. Coller les Arneres-vouffares de Marfeille. 32^ comme celle 3 , on décrit un quart de cercle a e , égal à celui d e ,fig. 1 ; puis on porte la hauteurfi d e £ en / ; & par les points al, on décrit un quart d’ellipfe, qui eft la courbe qui donne toutes les autres ; enfuite on fait le développement du côté de l’embrafure en g ,fg. 1, que Ton fait à côté de la fig. 3 .y en obfer-vant de faire les hauteurs des perpendiculaires égales entfelles; enfuite on décrit par ces points les deux quarts d’ellipfes np , n q, fig. 2.
- Cette opération étant faite, on fera y 1J égal* à <5, 1 ; x 14 égal à 7,2 ; u 13 égal à 8 , 3 ; t 12 égal à 9, 4 ; & 5 11 égal à 10 , y, ce qui donnera les points de retombée des cerces de la vouflure, dont les centres feront toujours fur la ligne if\ fi Ton vouloir coller cette vouflure par claveaux, on en auroit la courbe de la même maniéré qu’à la vouflure de Saint-Antoine. Voy. la Figm 4 , qui repréfente la coupe prife fur la ligne A ; \&fig. y , pour la coupe B ; celle 6, pour la coupe C ; 8c celle 7, pour la coupe D.
- §. III, Maniéré de coller les Arriérés-voujjures de Marfeille,
- & leurs contre-parties,
- L Es arrieres-vouflures de Marfeille fe collent par cerces , ainfl que les précédentes , & on a les points de leurs cerces par la même méthode que pour la vouflure de Montpellier ; c eft pourquoi je n’entrerai dans aucun détail à ce fujet, ce que j’ai dit étant plus que fùffifànt ; c’eft pourquoi on verra les Fig. 1 & 2 , qui repréfentent cette vouflure avec évafement & fans évafement, & dont la conftruétion eft indiquée par des lignes ponétuées.
- Pour ce qui eft de fa contre-partie , c’eft une efpece de vouflure de Saint-Antoine , dont le fond eft évuidé ; c’eft pourquoi quand on voudra la coller par cerces, on s’y prendra à l’ordinaire , c’eft-à-dire, qu’on aura les différentes ellip-fes que décrivent les joints des cerces par des points de renvoi du plan 8c de la coupe. Voye^ la Fig. Si l’on veut coller cette vouflure en claveaux, comme dans la Figure 4, on les fera tous tendre au centre, & on aura la courbe de chaque joint en faifànt la même opération que pour l’archivolte biaife 8c creufe par fon plan. Voyez ce que j’ai dit, page 316. 8c fuiv. C’eft pourquoi je me fuis contenté de les indiquer ici avec ceux qui font cotés A , B, C ,t D , fig. 4 , réfervant à la planche fuivante de donner la maniéré générale pour faire des claveaux gauches, 8c pour débiliarder les cerces des courbes.
- ...... munmtiî-Kfx
- Planché
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- Menuisier. IL Part.
- O o 00
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- 316 MENUISIER, IL Partie, Chap. XL
- Planche
- np.
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- Section Troisième.
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- Maniéré de faire les Douelles ou Claveaux gauches , & de tracer
- les joints des Cerces horifontales.
- Les douelles ou claveaux fe difpofent de deux maniérés, ainfi que je l’ai déjà dit ; lavoir, celles qui font parallèles & perpendiculaires au plan de l3 ouvrage , ainfi que celle abc d, fig. i, & celles dont Taxe tend au centre de la voufïure, ainfi que celle d e f g, même figure.
- Pour faire les claveaux de la première maniéré, après avoir tracé toutes les cerces de la voufïure, on trace la place du claveau a b c d9 8c par les points ouïes lignes a b 8c cd coupent les cerces de la voufïure, on mene for le parallélogramme h i l m (*), les lignes horifontales b o, n o,p o, q o9 ro9 s o & a o> pour avoir la première courbe. On opéré enfoite pour la fécondé comme pour la première , c’eft-à-dire, que Ton mene for le parallélogramme les lignes eu 9t u , xu 9 y u9 ^u9& u 8c du •> ce qui donnera la fécondé courbe. Enfoite on fera à chacune de courbes une ligne courbe parallèle, qui marquera l’épaifîêur du bois ; puis par les< points u, u, du devant de la première courbe & du derrière de la fécondé, & des extrémités des deux , on formera le parallélogramme i,2,3&q,ce qui fera l’épaifleur & la longueur du claveau dont la diftance s fig. i, eft la largeur.
- Pour rendre cette explication plus claire , j’ai defîlné 9fig. 4, ce claveau développé & marqué des mêmes lettres & chiffres que la fig. 2 , afin quon puifle voir d’un coup d’œil le développement des deux courbes du claveau , ainfi que fon gauche.
- Ces fortes de claveaux ne font bons qu’aux arrieres-vouffores de Saint-Antoine ; de plus, ils employent beaucoup plus de bois que les autres, ce quj eft une raifon de plus pour ne les employer que le moins qu’il fora pofîible. Quant à ceux de la féconde efpece, c’eft-à-dire, dont l’axe tend au centre de la vouffore , on les trace comme les premiers , ainfi que laj^. 3 , ou il eft fort aifé de voir que la diftance 1 oh égale celle 8 d 9fig. 2 ; & celle ir , 12 , celle 5)f9 8c ainfi des autres points des cerces qui ont donné les deux courbes du claveau 9 fig. 3 , lequel fe voit tout développé fig. y , avec ce qu’il a de gauche , lequel gauche eft égal à la diftance 12 m, coté également dans les deux figures.
- De ce que je viens de dire touchant les claveaux, il réfolte que dans tous les cas où l’on aura à faire des claveaux gauches, on doit prendre garde fi un des deux
- (*) On fera attention que le parallélogramme hilm, repréfente la profondeur de la voufïure divifée par tranches parallèles qui indiquent les
- joints de ces cerces, & que la défiance i l ou h m, eft égale à la profondeur de la voufïure, ainfi que celle dont j’ai parlé ci-devant.
- r.
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- Section iu. Faire les Douelles ou Claveaux gauches 9 &c. v
- bouts eft perpendiculaire à fon axe, comme celui def g 9 jig. I, ce qui alors oblige de faire partir les deux courbes d’un même point, comme celui lo,fig. 3.
- Si au contraire aucun des bouts du claveau n eft perpendiculaire à fon axe , comme celui abcd9jïg. 1, on abaifle, des extrémités du claveau, des lignes perpendiculaires à Ion axe*, leiquelles bornent les extrémités de ces courbes & qui en donnent le gauche, feppofé qu’il y en ait ; car il arrive des cas ou il n y en a point du tout, mais ces cas font très-rares.
- Si je me luis beaucoup étendu fur la maniéré de faire les vouflures en plein bois , collées par douves ou claveaux, ce n eft pas que cela le pratique feuvent, mais c’eft pour parvenir à bien faire les panneaux des arrieres-vouflures d’aflem-blages, qui fe collent quelquefois de cette maniéré, quand on trouve plus d’économie 8c de diligence à le faire, ainfi que je le dirai en fon lieu.
- Quand les arrieres-voufliires font collées par cerces, & quand ces dernieres ont peu de gauche, ainfi que celle qui eft repréfentée fig. 6 > on débite d’abord le bois félon le cintre du calibre que l’on a foin de faire pour chaque joint de la cerce qui lui eft convenable, & d’une largeur égale à l’épaifteur de la vouf* fiire ; enfeite on augmente en dedans de la courbe que l’on débite, ce qu’elle a de gauche par chaque bout ; puis après l’avoir refendue ou fait refendre, on la corroyé fur le plat & on la met d’épaiflfeur le plus égal & le plus droit poflible. Cette opération étant faite , on trace par le deflbus de la courbe le cintre c d ; puis pour tracer celui de deflus b e, on éleve la perpendiculaire a b, qui eft éloignée du point c, de la diftance qui lui eft convenable , c’eft-à-dire, qui eft marquée par le plan ou une des coupes de l’élévation ; on en fait autant par l’autre bout de la courbe, que je feppofe pleine julqu’en d9 & par les deux points on fera paflèr le cintre du defliis.
- Les perpendiculaires fe tracent ordinairement au bout des courbes par le moyen d’un triangle ; mais comme fouvent elles ont peu de largeur pour appuyer ce dernier , il vaut mieux, pour tracer ces perpendiculaires au bout des courbes , mettre les courbes fur une table bien droite , & le fervir d’une piece quarrée que l’on pofe fer la table ; en obfervant de la tenir bien perpendiculaire, & la face vis-à-vis du bout de la courbe, afin de n’être pas expofé à pencher d’un côté ou d’autre.
- Lorlque les cerces auront beaucoup de gauche, ainfi qu’à la jîg. 7, fi on les débitoit d’équerre comme celle ci-devant, il y auroit trop de perte de bois ; c’eft pourquoi avant de débiter les courbes , on doit corroyer le bois de toute la largeur des planches , puis y tracer les courbes avec leur gauche, enfeite les faire refendre felon leur pente ; cette maniéré eft très-bonne, parce qu’elle épargne beaucoup de bois , mais aufli a-t-elle le défaut d’être peu commode & plus difficile que la première ; c’eft pourquoi je crois qu’on feroit mieux de préférer cette derniere ; & pour ne point tant perdre de bois, faire les cerces avec
- ViKKcm 1 \9•
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- 3*8 MENUISIER, II. Rame, Chap. XL
- ....-..." des bois plus minces : ce qui, à la vérité, augmenteroit le nombre des joints, mais
- Planche ceJa rendroit l'ouvrage meilleur.
- 119* , , ô
- En général, lorfqu’on collera les arrieres-vouflures par cerces, on aura bien foin de marquer chacun des joints fur le plan, afin de pouvoir tracer les joints en flûte des cerces ; enfuite avant de coller ces dernieres , on chantournera barète du deflbus, & on tracera le cintre du deflus, afin qu’en les collant cette arête chantournée affleure au trait qui eft tracé fur la cerce de deflbus.
- nrwm S’il arrivoit qu’on voulût conftruire les arrieres-vouflures par cerces collées Planche horifontalement, il faudroit alors avoir les différentes courbes de ces cerces, 120* ce qui fe fait de la maniéré fui vante :
- Après avoir tracé le plan & l’élévation de la vouflure, comme fi on vou-loic la coller par cerces verticales , ainfi que l’indiquent les lignes du plan fig. 3 marquées x x x , & les courbes de l’élévation , fig. 1, cote x x x pareillement ? on divife le cercle de la vouflure en un nombre de parties quelconque; & des points de divifion, on abaifle les perpendiculaires 0,0,0, que l’on prolonge jufqu’à ce qu’elles paflent à travers le plan ; puis on trace à côté de l’élévation la coupe prife du milieu de fa largeur, ainfi que la fi g, 2, fur laquelle coupe on trace toutes les cerces produites par les coupes indiquées fur l’élévation par les lignes perpendiculaires 0 , o , 0 , lefquelles font prolongées au travers du plan, ainfi que je l’ai dit ci-deflus, pour marquer en plan les différentes cerces de la coupe, fig. 2. Il eft bon aufli de tracer à part la coupe diagonale* de la vouflure, ainfi quelle eft repréfentée en élévation dans la fig. 4 , & indiquée fur le plan par la ligne EZ.
- Cette préparation étant faite, on divife l’élévation & les coupes par des lignes horifontales d’une diftance égale à l’épaifleur du bois que l’on veut employer pour faire les cerces dont on veut trouver les courbes , ce qui fe fait de la maniéré fuivante :
- Pour la première courbe après le plan, on prend fur l’élévation la diftance 39,40 , que l’on porte fur le plan de E à 23 ; enfuite on prend fur la coupe 9 fig. 2 , la diftance D æ, que l’on porte de N à 24 ; celle D & de
- 25 ; fur la coupe diagonale, fig. 3 , la diftance X Z7, que l’on porte de £ à
- 26 ; la diftance D {,fig- 2 , que l’on porte de L à 27 ; celle Dy de / à 28 ; celle D x de H à 29 ; celle D u de G à 30 ; celle D t de F à 31 ; enfin celle D s , que l’on porte de Æ* à 32 ; puis par les points 23, 24 , 25, 26, 27 28,29,30,31 & 32 , on fait palier une ligne courbe qui eft la cerce demandée. Les autres cerces fè trouvent de même, c’eft-à-dire, que pour avoir la courbe de la fécondé cerce , on fait E 14 égal à 37, 38 ; Mij égal %Cr;Li6 égal à C q\E 17 égal à 71 s ; / 18 égal \ Cp ; H19 égal à Co ; G 20 égal à Cn; F 21 égal aCm; 8c E 22 égal à CL Pour la troifiéme , on fait E 7 égal à 3y , 36 ; / 8 égal à B i ; E 9 égal à R Q ; H 10 égal à 2? h; G 11 égal à B g; F 12 égal lBf\8cE 13 égal à B e.
- Pour
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- Section III. §. I. Des Arrieres-vou(fures irrégulières & compofêes. 329
- Pour la quatrième cerce enfin, on fait la diftance EI égale à 33 , 34; celle H 2 égale à A d; celle E 3 égale a P o ; celle G 4 égale à A c ; celle E f égale à A b ; & celle E 6 égale à celle A a ; ce qui étant fait donne fur le plan toutes les courbes des cerces, ainfi qu’on l’avoit demandé.
- Cette méthode eft générale pour toutes les efpeces de vouflures, quoiqu'on en colle peu de cette maniéré, à caufe du peu de folidité des courbes du bas , & de la trop grande perte du bois dans celles du haut ; c’eft pourquoi fi je fai donnée ici, c eft afin de ne rien laiflèr à défîrer, & en même temps pour faire voir la poffibilité d’avoir les courbes des ouvrages de Trait, de telle maniéré qu’on veuille les prendre.
- §. I. Des Arrieres-voujfures irrégulières & compofêes, tant fur le plan que fur 1!élévation.
- Lorsque les arriérés-vouflures font fur un plan irrégulier, ainfi que celui AB CD , fig. 3 , fi l’on veut les coller par claveaux ou douelles, on fe fert de la méthode ordinaire , excepté que comme chaque côté du plan eft d’inégale profondeur, il faut divifer chaque côté en particulier pour avoir les cerces ponctuées de l’élévation, cotées x x x, ainfi que ceux AB 8c C D, qui font divifés chacun en un nombre de parties égales indiquées par les lignes ponctuéesp yp ,le£* quelles ne font pas parallèles entr’elles à caufe de l’inégalité du plan ; enfuite on a les cerces de chaque claveau, dont les joints font repréfentés fur l’élévation, par les lignes 0,0,<?,&fiirle plan par celle a b, dont le développement eft repré-fènté dans la fig. 7; celle cd, dont le développement eft repréfenté fig. 6 ; celle efy repréfentée fig. 2 ; celle g h , repréfentéej^. 4; & celle i /, repréfentée fig. y : lefquelles figures j’ai féparé pour éviter la confufion, & pour faire mieux fentir leurs projections indiquées par les lignes perpendiculaires, lefquelles ne font que ponctuées.
- Si au lieu de coller ces efpeces de vouflures par claveaux , on les colloit par cerces perpendiculaires, l’ouvrage en deviendrait un peu plus compliqué, parce que les cintres des cerces ne font plus les mêmes que ceux de la fig. 1 ; il faut donc, pour avoir les courbes de ces cerces ainfi difpofées, commencer par tracer l’élévation comme la fig. r, afin d’avoir des coupes perpendiculaires , ainfi que les^. 2,4, y , 6 & 7.
- Enfuite on efface fur l’élévation , fig. 8 , les premières courbes, que l’on a foin de ne tracer que très-légérement, & on divife le plan , fig. 9 , par des lignes parallèles entr’elles, lefquelles viennent mourir où elles peuvent dans le fond de la vouffure ; Sc à chaque point où ces lignes rencontrent les côtés ou le fond de cette derniere, on éleve des perpendiculaires à l’élévation pour avoir la naiflance des cerces ; puis le cintre de face étant tracé, & les lignes perpendiculaires 0,0,0, étant fixées fur le plan & fur 1 élévation y on Menuisier, IL Part, P p p p
- Planche
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- Planche
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- 330 ME N UIS I E R, IL Farde. Chap. XI.
- trace fur les coupes les lignes des joints, pour avoir les différentes hauteurs Pi anche des cer ces à chaque perpendiculaire de l'élévation ; alors pour avoir la courbe de la première cerce, on prend la diftance 62,63 , fig. 7, que Ton porte de wem, fig. 8 ; celle 52,53 , fig. 5 , de n en 2 ; celle 28,29, fig. 2, de ÿ en 3 ; celle 36 , 37, 9%; 4, de r en 4 ; & celle 42,43 , fig. J , de s en 5 ; par lefquels points 1,2, 3,4 & J, & par les perpendiculaires provenantes du plan , on fait pafler une ligne courbe qui efl le cintre demandé.
- La fécondé courbe fè trace de même, ceft-à-dire, que Ton fait m 6 égal à 60, 61; n 7 égal à 50, 51 ; q 8 égal à 2 6,27 ; rÿ égal à 34, 35; & s 10 égal à 40,41.
- Pour la troifieme courbe , on fait mu égal à 58,59 ; n 12 égal à 48, 49 ; y 13 égal à 24, 25 ; r 14 égal à 32,33 ; & s 1J égal à 38, 39.
- Pour la quatrième courbe , on fait m 16 égal à $6, y 7 ; n 17 égal à 46, 47 ; <7 18 égal à 22,23 ; & r 19 égal à 30,31.
- Et pour la cinquième cerce enfin , on fait m 20 égal àj,4,yjf;&/z2i égal à 44,45 ; quant à l’épaifTeur des joints, ou. pour mieux dire à la portée quils doivent avoir, on a cette épaiflèur par la coupe du milieu, en prolongeant les lignes des joints, & par les mêmes lignes tracées fur la coupe & prolongées fur le plan.
- Cependant fi l’arriere-vouflure étoit à double parement, & qu’on voulût qu’elle fût d’égale épaiffeur dans toutes fes parties, on opéreroit pour le dehors comme pour le dedans ; c’eft-à-dire , que du derrière de chaque joint du plan , & du dehors de ceux de la coupe , on conftruira autant de demi-ellipfès ou autres cintres, fuivant la méthode ordinaire, ce qui donnera l’épaifleur demandée;
- Je ne m’étendrai pas davantage fur cet article , ce que j’ai dit ci - devant étant très-fùffifànt pour peu qu’on veuille y faire attention.
- Lorfque le plan des voufîures fera circulaire, foit qu’il foit creux ou bombé tel que celui A B , fig. 3 , dont les élévations font cotées C D , fig. 1, la méthode d’en trouver les courbes efl: la même que pour les vouffures donc le plan efl biais, c’efl - à - dire, que de chaque point du plan, foit qu’il foie bombé ou creux, on mene des lignes au centre, lefquelles lignes on di-vife en un nombre de parties égales, ainfi que celles cotées a a Sc b b, par lefquelles divifions on fait pafler les lignesi i Sc o o, fur les extrémités def* quelles on prend des perpendiculaires pour avoir la naiflànce des courbes des cer ces. Quant à la hauteur de c es dernieres , elle fè prend à l’ordinaire, c’eft-à-dire, par des coupes du milieu de chaque vouflure, divifées par des lignes perpendiculaires prifes furie plan, ainfi que la coupe cotée E pour le plan A & l’élévation D ,*& celle cotée F pour le plan B 3c l’élévation C, ce qui n’a befoin d’aucune démonftration, puifqu il efl fort aifé de voir que le cintre de ces coupes, ainfi que celles indiquées par les lignes perpendiculaires cote c c fur les élévations, & d d fur les plans, fe trouvent par la méthode ordinaire.
- Planche 122.
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- Section III. §. I. Des Arriérés - voujfures irrégulières & composes. 3 3 r Ce que je viens de dire touchant ces vouflures, n’a lieu que quand on les colle par claveaux ; mais s il arrivoit qu on voulût les coller par cerces, on r commenceroit, ainfi qu’aux vouflures biaifes , par les tracer comme ci-deflus, afin d’en avoir les coupes ; & on s’y prendroit de la même maniéré qu’à ces dernières, c’eft-à-dire, qu’après avoir marqué le plan jig. 6, divifé par des lignes circulaires , on marque les cerces de l’élévation produite par la divifion de ces mêmes lignes, ainfi que l’indiquent les cerces ponéluées jig 4 ; enfoite la coupe du milieu étant tracée pour avoir ces cerces, on trace les autres coupes fur le plan a b c d ef g h , par la méthode ordinaire ; on les tracera dedans ou deflus les unes des autres ; de maniéré cependant que la perpendiculaire o p , repréfentée fur le plan par la ligne q r9 foit également diftante du devant des autres coupes jig. 5 qu elle l’eft fur le plan, c’eft-à-dirc, qu’il faut que la diftance sp égale celle /i , & celle tp égale celle nm; ce qui étant fait, on divife le plan par des lignes parallèles repréfentant les joints du bois , lefquelles lignes donnent naif* fance aux courbes de l’élévation, & dont on a la hauteur & la forme en traçant fiir les coupes Jig. J, les lignes des joints, lefquelles font indiquées par des lignes pleines, dont on porte la hauteur for les lignes perpendiculaires de l’élévation , cotées a^b^c^d^e g, h, ainfi que je l’ai démontré en parlant des vouflures dont le plan étoit biais. Voyez ce que j’en ai dit page 129 ; ce qui eft la même chofe pour celles dont je parle maintenant.
- Les arrieres-vouflures peuvent non-feulement être for un plan cintré ou irrégulier, ainfi que celles dont je viens de parler; mais il en eft encore d’autres dont la bafe eft oblique ou rampante, ainfi que le repréfente la fig. I, laquelle fe conftruit de là maniéré^ foi vante :
- Le plan de la vouflure AB C D , jig. 3 , étant donné, on le divifo en parties égales à l’ordinaire , afin d’avoir les différentes cerces de l’élévation ; enfoite de quoi on marque à part la vouflure droite G HI, jig. 2, for laquelle on trace toutes ces cerces ; puis on divifo la face de cette vouflure par des lignes perpendiculaires au plan, que l’on prolonge jufqu’à ce quelles divifont également l’élévation de face biaifo que j’ai mife ici au-deflus de l’autre, pour mieux faire fentir le rapport qu’elles ont enfomble.
- Lorfque cette opération eft faite , pour avoir le cintre de face de la vouflure biaifo , ainfi que ceux des joints des cerces , on prolonge les lignes perpendiculaires prifos for le plan aux points 29,30,31 , 32, &c, jufqu’à ce qu’elles rencontrent la bafe EF de la vouflure inclinée aux points E, 37, 38, 39,
- 4 Af ; & à ceux Z, 41,42,43, 44 & F, ce qui donne la naiflànce de tous les cintres biais dont on a le contour, en faifànt pour le premier la diftance vS* T jig.
- égale à celle L H, fig. 2 ; celle Q R ou U légale à celle ef\ celle OP ou X Y égale à celle cd ; enfin celle M N ou Z &, que l’on fait égale à celle a b • puis par les points E , N, P , R ,T 9V,Y ,<§ & JF, on faitpafler une courbe qui eft le cintre demandé, lequel n’eft autre chofe qu’une portion d’ellipfe.
- Planche
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- Planche
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- 332 M E N U I S I E R, IL Pan. Chap. XL
- ===== On a le fécond cintre en faifànt pareillement la diftance S 4 égale à celle L Planche m . ce|[e Q ^ Qu U y égale à celle e l ; celle O 2 ou X 6 égale a celle c i • 8c
- celle M 1 ou. Z j égale à celle ah.
- Pour le troifieme cintre , on fera 5 il égal à Z ÿ ; () 10 ou £/ 12 égal à ep ; O 9 ou X 13 égal à c o ; Sc M 8 ou Z 14 égal à a n.
- Pour le quatrième cintre , on fera S18 égal à L u; Q 17 ou U 19 égal à et ; O 16 ou X 2.0 égal à es; & M15 ou Z 21 égal à a r.
- Enfin pour le cinquième cintre, on ferai1 25 égal à L & ; Q 24 ou U 26égal à e £ ; O 23 ou Xzj égal à cy ; enfin M 22 ou Z 28 égal à a x, ce qui donnera tous les cintres demandés, de maniéré qu’on pourra coller cette youflu re parcer-ces ou par claveaux félon quon le jugera nécefîàire.
- De telle forme que foient les vouflures biaifes, cette méthode eft générale pour toutes, quand même leur plan feroit cintré ou d’une forme irrégulière 5 à condition toutefois qu’on fera les obfervations nécefiàires en les conftruifànt. Voyez ce que j’ai dit à ce fojet page 129 & fuiv.
- Je ne m’étendrai pas davantage au fujet des vouflures biaifes , ce que je viens d’en dire me paroiflànt fùffifànt pour en donner toute l’intelligence nécefiaire ; de plus | ces fortes d’ouvrages n’étant guere d’ufàge.
- j
- Des Tromp
- Section Quatrième. es en général, & la maniéré de les conjlruire en plein bois.
- Les trompes font de deux efpeces en général ; lavoir, celles qui font for un Planche ang[e faillant, & celles qui font dans un angle rentrant, qui font celles dont je vais parler.
- Pour bien entendre la forme Sc la conftruétion d’une trompe dans l’angle, il faut la confidérer comme la moitié d’un cône ABC, dont l’axe E B fe trouve for une ligne horifontale, & dont par conféquent la moitié de la bafo 4/C efi verticale, & fon demi-diametre 1E perpendiculaire à fon axe E B. Or, comme on peut avoir toutes les coupes d’un cône en divifànt fà hauteur par tranches parallèles à fa bafe, ainfi que je l’ai démontré page 299 en foivant cette méthode, on peut parvenir à tracer les courbes qui compofent une trompe de quelque maniéré qu’on veuille en difpofer les joints (*) , ce que l’on fait de la maniéré foi vante : Après avoir déterminé le plan de la trompe DBF, & fà projeétion E, ce qui
- (*) Pour rendre cette vérité plus fenfible, j’ai fait l’angle &la projedion delà trompefig, 3 un quarré parfait, Sc j’ai fait paffer fa ligne du milieu par un angle de 45* dégrés , afin d’avoir un cône droit, Sc par conféquent des demi-cercles à chaque coupe parallèle , Sc d’en rendre les opérations plus aifées à faire ; ce n’eft pas cependant que l’on ne fafle des trompes fur un plan irrégu-
- lier , ou bien dont l’angle de l’élévation n’efl pas égal à celui du plan, dont cependant la méthode de conftrudion eft la même, mais plus compliquée ; c’eft pourquoi j’ai cru devoir commencer par le cas le plus facile pour parvenir à la théorie de ceux qui font plus difficiles , ainfi que je l’ai obfcrvé dans tout cet Ouvrage.
- forme
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- Section IV. Des Trompes en général > & de leur conflrucHon. 333
- forme un quarré parfait pour la raifon que je viens de dire, puis du point E on mene une ligne parallèle à celle D F9 & 1 on prolonge les côtés du plan, jufqu’à ce qu’ils rencontrent cette même ligne aux points A C ; enfuite on divife la ligne E B en autant de parties quon le juge à propos, ou pour mieux dire à raifon de l’épaifleur des bois, foppofé qu’on veuille faire les joints de cette façon ; ce qui étant fait, on mene par chacune de ces divifions aux côtés du plan prolongé jufqu’en A , autant de lignes parallèles à celle A E.
- Puis des points 1,2,3 ,4 9D $ g, e ,c 9a9 on abaifle autant de perpendiculaires fur la ligne AE , & à chaque point où elles la rencontrent, & du point E comme centre, on décrit autant de quarts de cercles qui font les plans de chaque coupe du cône, ou pour mieux dire ce font autant de cerces qui compofent la trompe, & dont il refte à trouver la longueur de chacune d’elles, & en même temps avoir l’élévation géométrale de la trompe, ce qui fe fait de la maniéré foivante :
- La ligne de bafe T U, fi g. 1 , étant tracée , des points D, /, n, p Sc r, on éleve autant de perpendiculaires parallèles à l’axe du plan & de l’élévation ; enfuite du point G comme centre, & des points où les lignes perpendiculaires rencontrent la ligne T G , on décrit autant de quarts de cercles, lesquels font Semblables à ceux du plan coté xxx; enfuite de ce même point G on décrit d’autres quarts de cercles Semblables à ceux du plan , coté O NM L /; & par chaque point où ces cercles coupent les lignes perpendiculaires qui leur font correfpondantes, (c’eft-à-dire, dont la ligne du plan d’où elles proviennent, eft ' d’une longueur égale au rayon de ce cercle, comme par exemple celle P £ r, qui eft produite par la ligne si, dont la longueur eft égale à la diftance E L, ) paffe une ligne courbe qui eft le cintre de face demandé.
- De forte que la diftance G Hyjîg. 1, eft égale à celle EI, fig. 3 ; celle £ P égale à celle E L ; celle y Q égale à celle E M ; celle x R égale à celle EN; & celle u S égale à celle E O , ce qui donnera la longueur de chaque cerce & leur courbe ; quant à leur épaifleur , elle eft donnée par les lignes du plan, c’eft pourquoi je n’en parlerai pas.
- Si l’on ne fait pas les joints des cerces qui compofent la trompe dont je parle parallèles à la ligne A E> mais qu’au contraire on les faftè perpendiculaires à cette même ligne & parallèles entr’eux, ainfi qu’ils font indiqués for le plan par les lignes gly e n, c p 8c a r\ & for l’élévation par celles S u , R x , Qy & Pv comme chacune de ces lignes font de différentes longueurs 8c de différentes formes, on a l’une & l’autre de la maniéré foivante :
- Premièrement pour avoir la longueur , il faut élever une perpendiculaire à l’extrémité de chaque joint, ainfi que celle E A, qui eft pour le joint du milieu, celle r V > celle pX, celle n Y & celle l Z ; enfuite on fait la hauteur E A égalé a G H \ celle r V égale à ç P ; celle p X égale à y Q ; celle n Y égale a celle x R ; & celle l Z égale à celle u S , ce qui donne toutes les longueurs ; Menuisier. II. Part. Q q q q
- Planche
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- 334 ’M E NUIS IÊR, Il Partie. ’Chap. XL
- (avoir, pour le premier joint, depuis À jufqu’à B ; pour le fécond, depuis V jufqu’à a ; pour le troifiéme, depuis X jufqu’à c ; pour le quatrième , depuis X jufqu’à e ; & pour le cinquième , depuis Z jufqu’à
- Quant à la cerce de ces joints, le premier n’en a pas, puifqu’ étant un des côtés du cône, il doit néceiîàirement être une ligne droite ; mais pour les autres, ils fo décrivent de la maniéré fiiivante :
- J’ai dit plus haut que les lignes du plan parallèles à celle A E, repréfentoient les tranches du cône , 8c par conféquent les cerces de l’élévation ; donc, qu’en prenant la hauteur de chaque cerce à l’endroit où les lignes perpendiculaires les coupent, on aura la courbe de chaque joint, c’eft-à-dire, que pour le premier joint on prendra la diftance £ 5 yfig* que l’on portera fur la ligne du plan qui la repréfonte de 36 à 21 ; celle £ 6 de 37 à 22 ; celle £ 7, de 38 à 23 ; celle £ 8 de 39 à 24; celle £ 9, de 40 à 2f; celle £ 10, de 41 à 26 ; & celle £ 1 r, de 42 à *7> ce qui donne la courbe du fécond joint.
- On a la courbe du troifiéme , en portant la diftance y 12 >fig. I,de43àn8; celle jy 13, de 44 à 2ÿ ; celle y 14, de 45* à 30 ; celle y 1 ^ de 46 à 31 ; 8c celle y 16, de 47 à 32.
- Pour la quatrième, on porte la diftance x 17 ,Jïg. 1, de 48 à 3 3 ; celle x 18, de 49 à 34 ; & celle x 19 , de 50 a 3 •
- Enfin on a la cinquième courbe en portant la diftance u 20 de 51 a3 4.
- Cette méthode de faire les joints des trompes, foit par cerces verticales ou perpendiculaires, eft, générale pour toutes les trompes, foit que leurs plans (oient irréguliers, ou que leur faillie ou projeétion forme une partie de cercle comme celle indiquée fur le plan par l’arc de cercle ponétué D & E, & dont j’ai fait l’élévation en ponéluation feulement, pour faire voir que je me fuis (èrvi de la même méthode que ci-deftiis.
- S’il arrivoit qu’on voulût conftruire la trompe dont je parle avec des claveaux tendants à fon centre, on s’y prendroit de la maniéré fiiivante :
- Après avoir tracé le plan & prolongé fes côtés ainfi que ci-devant, on divife le grand quart de cercle /C, Jig. 4 , en autant de parties que l’on veut avoir de claveaux ; enfiiite des points de divifion i,n,3&4,on éleve des lignes perpendiculaires à celle EC; & des points 5,6, 7 & 8 , où les perpendiculaires finiftent, on mene d’autres lignes à l’angle B , lefquelles repréfentent en plan les joints des claveaux.
- Il eft encore une autre maniéré de tracer fur le plan les joints des claveaux, qui eft de tracer un quart de cercle dont le rayon foit égal à la ligne iF, ainfi que celui op, que l’on divifè en autant de parties que l’on veut avoir de claveaux ; enfiiite de chaque point de divifion, on éleve des perpendiculaires à la ligne i F; 8c aux points a, b, c , d, où ils rencontrent cette ligne , & de l’angle B, on fait paffer des lignes qui font les joints demandés.
- Cette opération étant faite , pour avoir la longueur de chaque joint aux points e >f> g> ou les joints du plan coupent celle E F, on éleve une perpendicu-
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- Section IV. Des Trompes en général , & de leur conJlruclion. 33^
- laire à chaque joint, auxquels on donne de hauteur celle de la corde qui fou- 1 tient le quart de cercle produit par la coupe du cône prife de l'extrémité du joint, c eft-à-dire , que pour le premier joint, on donnera à la perpendiculaire qui le foutient, la diftance E C ou E /, (ce qui eft la même chofe) , & ce qui donnera à ce joint la longueur C B.
- . Pour le fécond joint, du point e, qui eft fon extrémité, on mene au côté du plan prolongé en C, la ligne e n, parallèle à celle E C ; puis du point n, on abaifîe la perpendiculaire n q9 laquelle donne naifïance au quart de cercle q 12 ; , enfuite du point e, on abaifîe une ligne perpendiculaire e 12, dont la partie u 12 devient la corde du quart de cercle q 12, & qui par conféquent eft la hauteur de la perpendiculaire £13, duquel point 13, on mene une ligne au point By ce qui donne la longueur du fécond joint. ^
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- On fera la même chofe pour le troifiéme joint, c eft-à-dire, que la perpen- !
- diculaire/ 14 fera égale à la corde x 11, dont l'arc de cercle 1 r r a été donné par la perpendiculaire mr ; ainfi la longueur du joint fera celle de la ligne 14 B.
- On aura la longueur du quatrième joint, en faifant la longueur de la perpen- [ diculaire g ij égale à la cordey 10, dont le quart de cercle a été donné par la perpendiculaire Is , & la diftance 1 j'B fera la longueur du joint. j
- La longueur du dernier joint fe trouve pareillement, en faifant la longueur de la perpendiculaire h 16 égale à la corde £ 9, dont le quart de cercle a été donné par la perpendiculaire i t, ce qui donne la longueur de la ligne 16 B, pour celle de ce dernier joint. j
- Après avoir trouvé la longueur des joints des claveaux, il eft néceiïàire d'avoir le cintre de leur coupe , qui fe trouve de la maniéré fbivante : Des points E , e,f9 g y h y on éleve des perpendiculaires à la ligne E F y ( qui eft la projeélion ou faillie de la trompe ) , & on fait celle E 25 égale à celle E /; celle e 26 égale à celle u 12 ; celle f 27 égale à celle x 11 ; celle g 28 égale à celle y 10 ; enfin celle h 29 égale à celle ç 9. Ou bien fi l'on veut, & ce qui eft la même chofe, on fera h 29 égal à h 16 \g28 égal à g 15 27 égalà/’rq; e 26 égal à e 13 ; &
- E 2$ égal à i? C, (toutes les perpendiculaires partant du même point, étant les mêmes, & devant par conféquent avoir les mêmes longueurs, ) ce qui donne la courbe F 29,28, 27, 26 & 2$ , qui eft en même temps le cintre des claveaux pris fur leur coupe, & celui du côté de la trompe, ou pour mieux dire de l'une de fes faces.
- Quand on a ainfi la hauteur & la longueur des joints des claveaux qui compo-fent une trompe, il eft fort aifé d’en tracer l'élévation géométrale , ce que l'on fait en élevant des lignes perpendiculaires des extrémités des joints du plan à l’élévation , ainfi que celle E G, e 17 9f 19, g 21,8c h 23 que l’on prolonge indéfiniment ; puis on fait la diftance G H égal à celle E C ; celle 17,18 égale à celle e 13 ; celle 19, 20 égale à celle y’ 14 ; celle 21 , 22 égale à celle g 15 ;
- & celle 23,24 égale à celle h 16 ; puis par les points H18,20, 22 & 24, on
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- 336 'MENU I S I E R, II. Partie, Chap. XL
- - mènera des lignes au point de centra G, lefquelles marqueront les joints des claveaux ; & on fera paffer par ces mêmes points & par celui œ , une courbe, laquelle déterminera la forme de la trompe vue de face.
- Ces mêmes points peuvent aufti fervir à tracer la coupe de la trompe, ainfi qu on peut le voir dans la fig. 2.
- Quant à la pente & à la coupe des claveaux, elles font fort aifées à trouver , vu que lune & l’autre font données par leurs lignes de bafe & leurs perpendiculaires prolongées au-delà de leur longueur.
- Leur fauffe-équerre eft auffi fort aifée 9 puifque c’eft la divifion d’un des cercles du plan du cône qui la donne; c eft pourquoi je ne m’étendrai pas davantage for ce fojet.
- En général, de toutes les différentes maniérés de conffruire les trompes en plein bois, les deux premières font les meilleures, la derniere n’étant bonne qu’autant que l’angle intérieur de la trompe feroit tronqué ; c eft pourquoi li je l’ai donnée ici, ce n’eft que pour fàtisfaire à tous les cas poffibles , & pour faire voir l’analogie que ces différentes maniérés ont les unes avec les autres, dont les principes font les mêmes, quoique préfentés fous différents points de vue.
- S’il arrivoit que l’angle de l’élévation ne fût pas d’une ouverture égale à ceux du plan d’une trompe, on fo ferviroit toujours de la même méthode, excepté que dans ce cas les cercles des faces deviendroient des ellipfes dont on auroit la hauteur en faifànt àpart un triangle reétangle^/zg-. J, dont le moyen côté ab égale-roit la hauteur du petit demi-axe de l’ellipfo, 8c l’hypoténufe a c feroit égale à la moitié du grand axe ; enfoite pour avoir toutes les autres ellipfes en proportion, leurs diftances étant données par les perpendiculaires provenantes des joints, ainfi que celle defg que j’ai foppofée aux points d, e9f9g9 de ces points, on abaiflèra des perpendiculaires à la ligne a b ; & les points A,r,/,m, où elles rencontreront cette ligne , donneront la moitié des petits axes demandés.
- §. I. Des Trompes en niches , & de celles dont le plan ejl irrégulier.
- Les trompes en niches, foit quelles foient dans un angle rentrant ou for le Planche ~ coin > ne f°nC d’aucune difficulté , vu que ce n’eft autre chofo que des calottes tronquées, lefquelles peuvent fe coller ou par des joints perpendiculaires &pa-ralleles, ainfi que les fig. 1 & 3 , cote AB, ou bien par des cerces horifontales, ainfi que les mêmes figures, cote C£>,&lafig. 3, qui repréfente la coupe de cette efpece de trompe ; c’eft pourquoi je me fuis contenté de les deffiner ici fans en donner aucune démonftration, ce que j’ai dit jufqu à préfent me dipenfant d’en faire aucune.
- Quant aux trompes dont le plan eft irrégulier, comme la fig. 4, la méthode d’en avoir les joints & les coupes, eft la même que pour celles qui font for un plan régulier, ces efpeces de trompes faifànt partie du cône oblique ; cependant
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- Section IV. §. I. Des Trompes en niches, &c. 3 37
- pour lever toute difficulté à cet égard, j ai cru devoir donner la maniéré d’opérer dans ces fortes d’occafions.
- Le plan de la trompe a Cb, étant donné ainfi que fa projeétion, qui eft bornée par la ligne y £, parallèle à celle ab, on commence par tirer une ligne du point a au point b, que Ton partage en deux parties égales au point q , & de ce point comme centre, & des intervalles a b, on décrit un demi-cercle que l’on di~ vifo en autant de parties que Ton veut avoir de claveaux , comme les points 1, 2 , 3,4, 5,6, 7,8,9, & de chacun de ces points on abailfe des perpendiculaires for la ligne a b ; & des points m, n , 0, p , q 9r, s, t9u, où elles rencontrent cette ligne, & de l’angle c, on tire les lignes Cm9Cn9Co9Cp9CqyCr9 C s9ScCu, que Ton prolonge indéfiniment, lêlquelies lignes repréfentent fur le plan les joints des claveaux ; puis du point x ou la ligne C p rencontre celle y £, on mene une ligne au point a9 & une autre au point b ; & par les points ou elles coupent les lignes des joints, on tire les lignes cl 9di9 e h , 8c fg , toutes parallèles à celles a 9 b 9 & on les prolonge julqffà ce qu’elles rencontrent les côtés du plan que l’on a prolongé à cet effet ; & à chaque point de rencontre on abaifle autant de perpendiculaires lur la ligne y £ , lefquelles donnent naifïànce aux différents cercles dont les cordes donnent la hauteur des joints ; ce qui étant fait on opéré comme à l’ordinaire, c’eft-à-dire, que pour avoir la hauteur des joints & les cintres des côtés de la trompe, on fait la hauteur x 14 8c x 16 égale à celle x 15 ou x y, ce qui eft la même chofe ; cellef 1^ 8c g 17 égale à celle 27, 28, ou 29,30 ; celle e 12 ou h 18 égale à celle 25,26 , ou 31, 32 ; celle i 11 ou i 19 égale à celle 23,24, ou 33, 34; enfin celle c 10 ou /19 égale à celle 21,22, ou 35*36* ainfi du refte.
- Quoique cette démonftration ne femble être faite que pour des claveaux , elle peur auffi fervir aux joints perpendiculaires ou horifontaux, puifque c’eft toujours la méthode des divifions parallèles fur quoi cette démonftration eft fondée, ce qui fera fort aifé à comprendre, pour peu qu’on veuille y faire attention.
- On doit auffi obferver que les centres de chaque cercle changent, parce qu’ils fuivent la ligne c x, qui eft l’axe du cône oblique, lequel coupe toutes les lignes parallèles, qui font les diamètres de ces cercles, en deux parties égales , ainfi que je l’ai indiqué par des lignes ponéluées qui defcendent perpendiculairement de la rencontre de ces lignes fur celle y
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- §. IL Des différentes maniérés de coller les Hélices ou Plafonds rampants,
- en plein bois.
- Il eft deux maniérés de coller les plafonds rampants ; lavoir, de les coller par claveaux gauches, tendants au centre, ainfi que 1 zfig* 5 9 ou bien de 1es coller par des joints parallèles & gauches fur la face, ainfi que la fig. 6.
- Chacune de c es deux maniérés a fon avantage & fon délàvantage, ainfi que je Menuisier. II. Part. Rrxr
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- 338 MENUISIER, Il Partie, Chap.XI.
- le dirai en fon lieu. Quant à la maniéré d’opérer , elle eft à peu-près la même à toutes les deux, ainfî quon le verra ci-après.
- Pour avoir la longueur, la largeur 8c le gauche des claveaux qui compofent un plafond rampant, après en avoir tracé le plan, comme lafig. 5, on le divife en autant de parties que l’on veut avoir de claveaux , ainfi que l’indiquent les lignes A F, 7,1 ; 8 , 2 ; 9, 3 ;B E, 10,4; 11, $ ; 12, 6 8c CD, toutes tendantes au centre du plan. On conftruit l’élévation fig, 3 , félon la méthode ordinaire des rampes ( * ) ; enluite fur un des côtés 7 8c 1 d’un claveau que l’on prolonge indéfiniment, on éleve à fes deux extrémités les perpendiculaires Sc 1 x ; puis des points 8 & 2, qui font les extrémités de l’autre côté du claveau , on abaiile deux autres perpendiculaires parallèles aux deux premiers*, ce qui donne la longueur du claveau & fes fauilès coupes.
- Pour en trouver la véritable largeur & le gauche, on s’y prend de la manière fuivante f
- Après avoir prolongé la ligne œ 7, on y éleve à volonté la perpendiculaire a b ; enluite on trace la ligne c légale & parallèle à cette derniere, en obfervant que la diftance qui eft entr elles, loit égale à une des divifions de l’élévation, comme celle Z 3 ; enluite du point x on éleve une perpendiculaire à 7 * , 8c du point 2 on éleve pareillement une ligne perpendiculaire parallèle à celle œ 7, ainfi que celle x n ; & aux points où ces perpendiculaires coupent la ligne c d, on mene premièrement la ligne diagonale af, dont la longueur eft la plus grande largeur de la face du claveau, (laquelle eft en defibus de l’ouvrage, ainfi que l’indiquent les chiffres de l’élévation,) prife de Ion extrémité, repréfentée par la ligne 7 x : fecondement, on mene la ligne diagonle a e, dont la longueur eft égale à la moindre largeur de la face du claveau, repréfenté fur le plan par la ligne œ 2,8c qui en même temps donne le gauche de ce même claveau reprélenté par le tringle aefl
- Enfuite pour avoir la véritable largeur du claveau , après en avoir déterminé Tépaifleur, on le trace lur la figure , en faifant des points a, 0, e les lèélions gy ly l, h , par lefquelles on fait palier deux lignes qui déterminent cette épaif* feur ; fçavoir -, la ligne gn, parallèle à celle ap ,8c celle gm parallèle à celle a e ; puis par les points rn 8c n, où ces lignes coupent les perpendiculaires m 2 & /z x , par ces points, dis-je, on abailfe des perpendiculaires fur la ligne a p, lefquelles donnent cette largeur, laquelle eft égale à la diftance æ p, pour la plus grande, & à celle a x, pour la plus petite.
- Quant à l’épaiiTeur du claveau, on la trouve en faifant pafler par le point m,
- ( *) Avant de parler de la maniéré de coller les plafonds rampants, il auroit été néceffaire d’inflruire de la maniéré de conftruire les courbes rampantes & d’en faire le calibre raîongc, dont la connoiflance eft abfolument indifpenfa-ble pour bien entendre ce que je dis ici ; c’eft pourquoi on paflera cet article que Ton reprendra après avoir acquis les connoiiïances nécef-
- faires pour le bien entendre, ainfî que je l’indiquerai dans la fuite, & que je fuppofe toutes ac-quifes; c’eft pourquoi j’ai marqué le plan & l’élévation des mêmes chiffres, n’ayant placé ici cet article, que comme faifant partie des ouvrages collés en plein bois, & pour ne point déranger l’ordre que j’ai donné à mon Ouvrage.
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- Section IV. §. IL Différentes maniérés de coller les Hélices. 339 la ligne t u , parallèle à celle a p 9 ce qui alors donne les deux parallélogrammes atmXyScatup. Voyez la fig. 2 , où cette démonftration efl tracée au double de la première , afin de la rendre plus fenfible. Si Ton veut être plus certain de la juftefîê de l'opération, on peut faire le développement du claveau, ainfi que le repréfente la fig. r , laquelle fe fait de la maniéré fiüvante :
- Faites la ligne r s 9 fig. 1 , égale à celle 7 œ, fig. y ; puis aux points r s, abaif-fez les lignes rt Sz.su , perpendiculaires à cette derniere ; enfuite faites la distance r t égale à celle a p, & celle s u égale à celle a x ; puis par les points t u ' on fait paffer une ligne qui achevé de renfermer la fiirface du claveau , au pourtour de laquelle on développe les quatre parallélogrammes r, 30,31, r; r 24, 25 , s ; s9 26 y 27, ir; 8c u, 28,2p , 13 dont la hauteur efl: égale à celle a t ou xm y fig. y, & la longueur de chacun d’eux à la longueur des côtés auxquels ils correfpondent.
- Enfuite pour tracer fur la face du claveau ainiî développé , la fauffe équerre des coupes, on prend fur la fig. y, la diftance 7 & y que l’on porte de r en x, & de ce point on mene la ligne x 38 9 que Ton prolonge jufqu’en y , parallèle à celle r t y 8c la diftance 1 œ y que l’on porte de s à ç, & que l’on trace parallèlement à s u y de même pour la faufle équerre des joints ; pour celui du deflùs , on prend la diftance qu’il y a de la ligne t a , au point s, que l’on porte de s à 43 ; & celle g q, que l’on porte de r à 42 , par lefquels points on fait pafler la ligne 42,43.
- Pour le joint de defïous, on prend la diftance afiy que l’on porte de r à 37, & celle a r9 que l’on porte de s à 40 , ce qui donne la pente demandée*
- Pour tracer les épaifleurs du claveau fur les parallélogrammes qui l’entourent, on fait la diftance 32,42 égale à celle fh, qui eft l’épaiffeur dont on eft convenu, 8c on tire la ligne 32,369 parallèle à celle r t ; pour l’autre bout, on prend la diftance r e9 fig. y , que l’on porte de 40 à 41, & de u à 42 , par lefquels points on mene les lignes 41 s9 & 42 d9 lefquelles donnent le gauche du claveau ; enfuite on prend la diftance 36 9 37, que l’on porte de t à 39, (qui devroit être perpendiculaire au point t ) , duquel point à celui 28, on mene une ligne qui donne l’épaifleur du joint de ce côté ; de même du point 27 , on mene la ligne 27 , 33 , parallèle à celle 41 s ; puis du point 43 on abaiffe une perpendiculaire à la ligne s u, laquelle borne la longeur de la ligne 27, 3 3 , ce qui en même temps donne l’épaiffeur d’un des bouts du joint de deflus , laquelle doit être égale à celle du bout prife fur la faufle équerre, c’eft-à-dire, qu’il faut que la diftance s 3 y (prolongée fur la ligne s 2y), foit égale à celle s 3 3, & à celle 42, 28, ce qui eft la même chofe, puifque la diftance 41, 27 eft égale à celle s 33. Pour avoir l’épaiffeur de l’autre bout du joint de defîus, on prend la diftance ^32, que l’on porte de r à 34 , duquel point à celui 3 y, on mene une ligne qui donne l’épaiffeur demandée, laquelle eft égale à celle de 1 autre côté ; ce qui eft la même chofe pour la longueur,puifque celle r { égale celle y u.Ces claveaux ainfi difpofés font très-commodes,non-feulement pour les ouvrages
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- * collés en plein bois , mais encore pour les panneaux de ceux d’aftèmblages ; ils Planche ont plus }a commodité d’être joints à rainures Sc languettes rapportées ou prb fes dans le même bois, en tenant les claveaux plus larges de la faillie de ces dernières , ce qui eft un très-grand avantage.
- Il faut remarquer que les joints des claveaux dont je viens de parler, font difpo-fés perpendiculaires au plan ; cependant on pourroit les faire perpendiculaires à la ligne a p9 ainfi que le font celles a g, r y, &cfh9 ce qui demanderait moins de largeur Sc d’épaifîeur de bois, puifque la diftance ry eft moindre que celle x m, Sc celle ajr> moindre que celle ap : cette fécondé maniéré eft auftî moins compliquée que la première, dont je ne me fuis fèrvi que pour lever toutes les difficultés qu’on pourroit faire à ce fujet, & pour ne me pas écarter de la méthode des perpendiculaires que j’ai fuivie dans la conftruélion de l’élévation , fur lef-quelles les joints font marqués.
- Lorfque les plafonds rampants font collés à joints parallèles, ainfî que l’indiquent les lignes BC,Ç)R,STScED yfig* 6, chacun de ces joints forme une courbe dont on a le cintre de la maniéré fuivante :
- On divife le plan par des lignes tendantes au centre, ainfi que celles B E,
- ! 10,4; 11, y; 12,6 9 ScCD ; enfiiite on trace ces mêmes lignes fur l’élé-
- vation par la méthode ordinaire , ainfî qu’on peut le voir dans la^/zg\ 4 , où la ligne B E , eft repréfèntée par celle M N 9 Sc celle C D, par celle OP, & les autres marquées des mêmes chiffres que fur le plan. Cette opération étant faite * pour trouver le cintre Sc le gauche des pièces de chaque point, où les lignes tendantes au centre coupent celles des joints fur le plan, on éleve des perpendiculaires aux lignes de l’élévation , qui repréfentent celles du plan qui tendent au centre, c’eft-à-dire, que pour avoir le cintre du joint repréfenté fur le plan par la ligne S T9 du point S, on éleve une perpendiculaire à cette même ligne jufqu’à ce quelle rencontre la ligne M N9 qui eft la même que celle P, au point X ; du point 15 , on éleve de même une ligne perpendiculaire à celle 10,4, de l’élévation quelle rencontre au point 21 ; pour la ligne du plan 11,5, comme elle eft perpendiculaire à celles qui repréfentent les joints , toutes les lignes des courbes Sc des joints de l’élévation viennent fe confondre au point j* de cette derniere.
- Enfiiite du point 18 on éleve une ligne perpendiculaire qui vient rencontrer la ligne 6, 12 de l’élévation au point 22 ; enfin du point T, on éleve une ligne perpendiculaire qui vient rencontrer celle OP au point V ; puis par les points X, 21,5,22 & V, on fait pafter une ligne courbe qui eft le cintre du joint repréfenté par la ligne S T.
- Le cintre des autres joints fè trouve de même que le précédent, c’eft-à-dire, que pour celui Q R, on éleve les perpendiculaires Q£/, 14,20,17,23, & R Y; & par les points Z7, 20,5,23 & Y, paffera la courbe demandée.
- • Enfin pour le joint B , C, on éleve les perpendiculaires B , M, 13 , 19 , 16, 24, & C P, ce qui donne le cintre du dernier joint, lequel, ainfi que les autres, eft toujours perpendiculaire au plan. CHAPITRE
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- •toffsama
- CHAPITRE DOUZIEME.
- De la maniéré de tracer & de corroyer les bois biais & gauches, tant droits que cintrés , en général.
- A près avoir donné la maniéré de conftruire & de coller tous les ouvrages de Trait en plein bois, je vais parler de la maniéré de les faire d'aflemblages, c'eft, à-dire, de faire les ouvrages de Trait compofés de bâtis aflemblés à tenons Sc mortaifes Sc autres affemblages, Sc de panneaux aflèmblésà rainures Sc languettes dans ces mêmes bâtis*
- Mais en général, on doit toujours le reflouvenir que les procédés dont on le fort pour déterminer les courbes des ouvrages collés en plein bois, font les mêmes pour celles que Ton fait d’aflemblages, ainfi que je fai déjà dit page 314, ce que je répété ici, afin que Ton s'accoutume à regarder les ouvrages de la pre-• miere elpece comme les panneaux de la fécondé , auxquels 011 ajoute des bâtis ; ou bien , pour mieux dire, les ouvrages collés en plein bois font les panneaux de ceux qui font faits d’aflemblages , moins la largeur de ces mêmes bâtis que l'on retranche des premiers ; ce qu'il eft fort aifé de concevoir, pour peu qu'on y veuille faire atention.
- U réfolte de cette obfervation, que toute la difficulté qu'il y a à faire des ouvrages de Trait d’aflemblages ( comparaifon faite avec ceux collés en plein bois) , ne confifte que dans la maniéré de bien corroyer & tracer les bâtis des ouvrages d'aflemblages dont je vais donner les développements ; cependant avant de traiter cette partie, j'ai cru devoir parler d’une autre elpece d’ouvrage de Trait, laquelle n’eft lulceptible d'aucun contour , mais dont la théorie forvira à mettre de l'ordre & de la clarté dans cet Ouvrage , Sc en même temps conduira à la pratique des chofos les plus difficiles.
- Section Première.
- \ . .
- De la projection des Lignes droites , ou la maniéré de tracer les Arêtiers droits ,
- & d’en trouver toutes les Coupes (*).
- Il eft de deux fortes d’arêtiers droits ; lavoir, ceux qui font produits par un angle plein , & ceux qui font produits par un angle évüidé ; dans l’un Sc 1 autre
- (*) Quoique le terme d'arêtier Toit peu en ufage chez les Menuiiiers, c’eft cependant le feul que Ton puifTe donner à une piece de bois droite ou courbe , laquelle forme l’angle d’une voûte
- Menuisier. IL Part.
- ou même d’une couverture inclinée ; c’eft pourquoi je me fervirai toujours de ce terme dans la fuite de cet Ouvrage.
- - Ss s s
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- 34* ME N UIS I E R, IL Partie. Chap. XII.
- : cas, les procédés dont on fe fort pour déterminer leurs formes, font les me-Planche mes, n’y ayant que leur groffeur qui différé, ainfi que je le dirai ci-après.
- Soit, par exemple, les quatre poteaux A , J?, C, £> , fig. I , qui repré-fontent le plan d’une guérite ou tout autre ouvrage dont la couverture foit d’une forme pyramidale , for lefquels poteaux on veut placer des arêtiers qui en fcutiennent le comble ; dans ce cas , on commence par déterminer la hauteur de fa face, ainfi que le repréfente le triangle F GH ; puis des angles des poteaux, on mene for le plan les lignes 1,253,4; 5,6 ; 7 & 8, lefquelles donnent la largeur des arêtiers ; enfoite pour en avoir la longueur, l’épaiffour Sc la forme , c’eft-à-dire, leurs fauffes-équerres ou débillardement, après avoir tracé for le plan les lignes diagonales A C & D B au point E où elles fe coupent, on éleve une ligne perpendiculaire comme E A ; puis on prend la hauteur du comble 1G, que l’on porte de E en a ; Sc par le point a Sc l’angle H, 011 mene une ligne qui eft la longueur du deffus de l’arêtier ; pour avoir fon épaiffeur, du point B on mene une ligne parallèle à celle a H, jufqu’à ce quelle rencontre la perpendiculaire a A au point d, & la diftance d B eft la longueur du deflous de l’arêtier, & donne en même temps fon épaiffeur, qui eft comprife entre les lignes a H 8c d B.
- Pour avoir la fauffe-équerre de l’arêtier , du centre / du poteau , on mene la ligne/, , qui divife l’épaiffeur de l’arêtier, en deux parties égales , Sc qui par conféquent en eft le centre ; enfoite on éleve for l’épaiffeur de l’arêtier la perpendiculaire i m, Sc on prend la diftance/) ou/8, que l’on p<orte de / en n Sc en o, ce qui donne la lofànge n i o m , qui eft la coupe de l’arêtier pris perpendiculairement à l’une de fes faces, Sc qui par conféquent donne fà fauffe-équerre. On obfervera que la même lofànge eft auflî tracée for le plan du poteau , où la diftance g h égale celle i m , Sc celle 6,8, égale celle 72 0, ainfi que je l’ai dit plus haut, afin qu’on en fente mieux l’effet.
- Quand l’arêtier eft ainfi difpofé, on le coupe en pente , félon que l’indique la ligne ad, & celle B H ; & ces deux coupes produifent, l’une la lofànge b a c d, & l’autre le quarré B 6 H 8 , qui étoit la chofe demandée.
- On obfervera que la pente de ces coupes ne fe prend pas for les faces de l’a-^ rêtier , mais de l’angle ou arête intérieure à celle extérieure , lefquelles arêtes font repréfentées par les lignes d B & a H, celle qui eft le centre de l’arêtier fervant auiïi pour les lignes de largeur repréfentées for le plan 9,6, & 10,8 , de forte que la ligne b c eft repréfentée for le plan par la ligne 5? 9 10, à laquelle elle eft égale en longueur, ainfi que celle 6,8 , ce qui eft général pour tous les cas.
- J’ai dit plus haut que la coupe du haut d’un arêtier , faite par une ligne perpendiculaire à fon plan, devenoit une lofànge, & que celle du bas de-venoit un quarré, ou pour mieux dire d’une forme femblàble au plan qui la-voit produite. Cette derniere propofition eft vraie dans tous les cas ; mais U
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- première peut changer à raifon de la plus ou moins grande élévation du comble ; c’eft pourquoi, quand ce dernier formera un angle aigu , comme dans la fig. a, la coupe fupérieure d’un arêtier devient une lofange, mais dont la plus grande longueur eft fur la perpendiculaire, fans que cela change rien au relie de l’opération ; puiïque la ligne p q eft égale à celle r s y & celle b c égale à celle 6 9 8.
- Quand le comble forme un angle droit comme la fig. 3 , la coupe fopérieure de l’arêtier devient un quarré parfait, ainli que la coupe inférieure , ce qui eft d’autant plus facile à concevoir, que ces deux coupes font produites par des angles égaux , ce qui fait que la ligne ï r , 12 , eft égale à celle B H, & à celle b c y qui eft elle-même égale à 6, 8 ; quant à celle x y , elle eft toujours égale à celle t u, ainfi que dans les autres figures.
- Enfin fi le comble fait un angle obtus comme 1 zfig. 4, la coupe fopérieure de l’arêtier devient une lolànge, dont la plus grande longueur eft dans la largeur de l’arêtier , ainfi que dans la fig. 1 , & la moindre eft for là perpendiculaire 9 & dont la diftance æ x eft égale à celle [ <§’. Voyez les trois figures ci-deflus, dont les lettres & les cotes font fomblables à celles de la figure 1, afin de les rendre plus aifées à entendre.
- Il réfolte de ces trois obforvations, que plus les arêtiers font inclinés , plus ils font minces ; & qu’au contraire plus ils font élevés , plus ils font épais , & approchent davantage de la forme de leurs plans générateurs , du moins quand on les aftujétit à la forme de ces mêmes plans, ce qui n’eft pas toujours nécefi-fàire , puilque pour l’ordinaire on ne fe fert que des faces intérieures ou extérieures , ainfi que je le dirai ci-après.
- Quand le plan for lequel on veut élever des arêtiers, n’eft pas d’une forme quarrée comme la fig. 1 y mais qu’au contraire il eft d’une forme oblongue 9 comme la fig. J , on fe fert alors de deux méthodes pour faire les arêtiers ; lavoir , de les élever for des poteaux dont le plan eft d’une forme oblongue y de maniéré que J es diagonales L O 8c M N, paflent par leurs angles, de forte que le parallélogramme des poteaux eft d’une même dimenfion que celui du plan , ainfi que ceux cotés LyM.
- La fécondé méthode eft de faire le plan des poteaux d’une forme quarrée , fans avoir aucun égard à la forme du plan général, de forte que l’arête intérieure & extérieure ne font plus à-plomb l’une for l’autre, mais forment un gauche , ainfi que je le démontrerai ci-après. . x
- Quand les poteaux font d’une forme oblongue, on s’y prend de la même maniéré que dans la fig. 1, c’eft-à-dire , qu’après avoir tracé les lignes diagonales LO & M JS au point P, ou elles fe coupent, on éleve la perpendiculaire P by qui eft l’élévation de l’arêtier ; en fuite on trace fur le plan du poteau la lofànge u ctd, dont la largeur eft égale à la perpendiculaire n o , ainfi que dans la fig.
- J. ; toute la différence qu’il y a, c’eft que pour tracer la coupe foperieure de
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- l'arêtier, il faut fiuj la lofange du plan, abaifler de fes deux angles aigus, les perpendiculaires cfSc d e, jufqu'à ce quelles rencontrent la ligne a L ou u t, ce qui eft la même chofe ; enfuite des points ef, on mènera deux lignes parallèles à l'axe de l'arêtier, que l'on prolongera jufqu'à ce qu'elles rencontrent la perpendiculaire P b aux points g h ; defquels points on abaiflera des lignes perpendiculaires à celle P b ; puis on prendra fur le plan la diftance cj, que l'on portera de g en i, Sc celle de de h en / ; & par les points i, m , /, b, on fera pafler des lignes , lefquelles feront la coupe demandée. Voyez la fig. 7, où j'ai répété cette opération plus en grand, Sc que j'ai cotée des mêmes lettres que celle qui m'a fervi à faire ma démonftration.
- J'ai auffi tracé fur l'élévation de cette figure , la lofànge de fa coupe perpendiculaire à une de fes faces, laquelle eft la même que celle du plan , puifque la diftance n 0 égale celle u ty celle r p égale celle cf, 8c celle q s égale celle e d. Il faut obferver que dans le cas dont il eft ici queftion, l'axe de l'arêtier n'eft pas confondu avec ces lignes de largeur, comme dans la fig. 1, mais qu'au contraire ces deux lignes font diftinguées de l'axe à côté duquel elles paffent, l'une en deftbus, ainfi que celle f'g> Sc l'autre en deflus, ainfi que celle e h , ce qui donne l'irrégularité qui fè trouve dans les lofànges formées par les coupes de l'arêtier. ( Voye[ la Fig. y. )
- Quand les poteaux font d'une forme quarrée, comme ceux N O, fig. y , on éleve l'arêtier à l'ordinaire ; enfuite pour en avoir l'épaifleur, du point a on abaille une perpendiculaire fur la ligne diagonale P O ; & du point b ou la ligne perpendiculaire la rencontre } on mene la ligne bn parallèle à celle gO; enfuite après avoir divifé l'intervalle qui eft entre ces deux lignes , en deux parties égales , on abaifle fur ces lignes la perpendiculaire p q , fur laquelle on prend la diftance up, ou u q, que l'on porte de o en t Sc en r ; puis du point r on éleve une perpendiculaire ( * ) , laquelle vient rencontrer la ligne a O au point s, qui eft l'angle de la lofange de la coupe inférieure de l’arêtier.
- Le refte fe fait comme aux fig. y & 7 , c'eft-à-dire , qu'après avoir abaifle des lignes perpendiculaires des angles de la lofange du plan, des points où ces lignes rencontrent la ligne PO, on mene des lignes parallèles à l'axe de l'arêtier, ainfi qu'aux figures ci-deflus ; puis on fait / m égal à e c, Sc i h égal \fd^ ce qui ' donne la forme de la coupe fupérieure de l'arêtier. Voye£ la Fig. 6 , où cette démonftration eft faite en grand pour plus d'intelligence, Sc marquée des mêmes lettres que celle cotée N O ^ fig. 5.
- Cet arêtier eft prefque le même que celui qui eft fur le plan barlong, excepté que fes faces intérieures font gauches de la diftance a b, laquelle eft déterminée par la différence des angles du poteau Sc du plan.
- Les arêtiers évuidés ne different de ceux dont je viens de parler , qu'en ce
- ( ¥) Cette perpendiculaire a été omife fur la fange, puifqu’il devroit etre éloigné du point 0, Planche, où le point r eft trop proche de la lo- de la diftance ot, pour donner l’angle s.
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- quils font plus minces 8c qu’ils emploient moins de bois ; car , pour ce qui eft de les tracer , c eft toujours la même chofe , ainfî qu’on peut le voir dans les fig. 1 8c 2.
- Quand a la maniéré d’en avoir l’épaiffeur, on s’y prend de la maniéré fui-^ vante : Après avoir tracé le plan ainfi que ci-deflus , des angles c 9d9 e 9fi9 fig, 1. on mene deux lignes parallèles, lefquelles coupent la ligne diagonale a m, aux points p q , defquels points on mene deux lignes parallèles à celle rs , dont l’élévation m s eft égale à celle m t.
- Enfuite pour l’angle intérieur du point a , on mene une ligne a b, laquelle doit être parallèle à celle rs 9 ce qui donne l’épaiffeur de l’arêtier dans cet endroit.
- Pour trouver les coupes de cet arêtier, ainfî que des autres,- après avoir marqué ces coupes fur le plan, ainfi que l’indiquent les lignes gtnSci m, par les points que forment ces coupes, on éleve des lignes perpendiculaires fur la ligne diagonale r m , ( & fur celles qui lui font parallèles ) , jufqu’à ce quelles rencontrent les lignes de l’arêtier qui leur font correfpondantes , c’eft - à - dire , que l’on éleve la ligne i g jufqu’à celle p n > 8c celle l h jufqu’à celle q o, ce qui donne la ligne horifontale n o 9 qui eft femblable à celle u x de l’élévation de face , produite par la rencontre des lignes du plan , ainfi que celle dont je parle ; enfuite de cette ligne .horifontale , on mene la ligne n s 8c celle ob , qui font parallèles entr’elles , lefquelles donnent la coupe demandée.
- Quant à la maniéré de trouver l’équerre de ces arêtiers , c’eft la même chofo qu’aux autres, ainfi qu’on peut le voir fig, 2 , où la lofànge 1,2,3,4, eft égaie à celle y , 6,7,8.
- Lorfque ces fortes d’arêtiers font for des plans bariongs, c’eft toujours la même méthode, excepté qu’il faut de chaque angle du plan abaifler des perpendiculaires, lefquelles donnent les différentes épaiffeurs de la piece , ainfi qu’à celle des figures y , 6 8c 7 , PL 127. Voye£ la Fig. 4 , laquelle repréfonte tout ce qu’on peut dire à ce flijet.
- Tout ce que-je viens de dire touchant les arêtiers, n’eft bon que pour la maniéré de corroyer ces pièces, 8c pour en tracer les différentes coupes , parce qu’ils ne peuvent refter dans la forme où je viens de les repréfenter , que lorf que l’ouvrage ne fora pas orné de moulures, 8c qu’il n’y aura pas de panneaux; car s’il y eft avoit, les faces-intérieures & extérieures foroient toujours les mêmes à la vérité , mais les côtés changeaient, c’eft-à-dire , qu’il fau-droit qu’ils fuffent d’équerre à ces mêmes faces , ainfi que je vais le démontrer ; mais auparavant il eft bon de faire quelques réflexions fur la nature & la forme des arêtiers, afin de connoître les inconvénients qui réfultent de leur ufage ? du moins dans la Menuiferie ( * ).
- Cf) Quoique je ne femble appliquer ici la ce n’eft pas que la méthode ne foie aufli bonne maniéré de faire les arêtiers qu’à la Menuiferie, pour la Charpenterie ; mais comme ce n’eft pas
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- J’ai démontré ci-deflus que la forme d’un arêtier devenoit une lofànge, laquelle s’éloignoit plus ou moins du quarré du plan générateur à raifon de la plus ou moins grande inciinaifon de l’arêtier, d’où il réfulte qu’il devient beaucoup plus mince que les poteaux qui le portent ; de plus , s’il arrivoit que la face verticale de l’ouvrage qu’on a à faire , eût une traverfe d’une largeur égale à celle du poteau mcfhtant, comme celle abc, fig. 3 , la coupe perpendiculaire b c de cette traverfe deviendroit beaucoup plus large que celle de l’arêtier ed> laquelle lar-geur eft portée fur la ligne b c au point y", ce qui feroit un fort mauvais effet fi l’ouvrage étoit à double parement.
- On pourroit remédier à cet inconvénient, en rendant la coupe perpendiculaire de l’arêtier, égale à celle b c, laquelle coupe defcendroit jufqu’au point g ; mais il arriverait un autre inconvénient de cette opération, parce que cette plus grande épaiflèur dérangerait l’angle > de l’arêtier, & rendrait la demi-lofànge hil9 beaucoup plus aiguë que l’autre moitié hm /, de forte qu’il ne feroit plus d’équerre for la ligne horifontale , ce qui*eft une condition néceflàire aux arêtiers , ainfi que l’indiquent les lignes du plan o x , o x, &ç. C’eft pourquoi il n’eft guere poffible de faire de ces fortes d’ouvrages à double parement, lorf-que les faces verticales ont des traverfes ; mais ces deux cas arrivent rarement.
- Les arêtiers ont encore une autre difficulté , qui eft, qu’ils font toujours plus étroits que les montants, leur véritable largeur étant for les lignes d’équerre o x. Cette difficulté eft informontable , parce que fi on veut conforver la forme de l’arêtier, & donner aux côtés de la lofànge de fà coupe, une longueur égale à celle ^ & , on eft alors obligé de prolonger ce côté de h enp , & de l en q, ce qui rend l’arêtier beaucoup plus large qu’il ne faut, puifque la diftance h l eft la feule qu’il puiffe avoir, puifqu’elle eft égale à celle & r.
- Si l’on veut conforver cette largeur, & donner à la face de l’arêtier une largeur égale à celle du poteau , il faut alors faire defoendre les côtés de la lofànge jufqu’à ce qu’ils puiffent être contenus dans cette largeur, ce qui alors produit le quarré tmuy, lequel eft égal à celui du plan { & o 1. Cette derniere maniéré eft aufli vicieufe que la première, puifqu’elle dérange les angles de l’arêtier , lefquels ne fo trouvent plus d’équerre for la ligne horifontale. Il réfolte de ces réflexions , que les arêtiers ne font guere praticables en Menuiferie , que quand l’ouvrage n’eft qu’à un parement ; ou bien que quand il fera à doubles parements, il n’aura ni panneaux ni moulures, ainfi que je fe prouverai ci-après.
- En général, tout ce que je viens de dire touchant les arêtiers droits, n’eft bon que pour les tracer for le plan ; quant à ce qui eft de leur exécution, on s’y prend de la maniéré foivante :
- mon affaire , je n’en dois faire aucune mention ; de plus, les arêtiers ainfi refaits des quatre côtés , ne peuvent être bons pour cet Art, puifque les plus foibles fe trouveroient pour les combles les plus inclinés, & les plus forts pour les plus
- droits, ce qui eft contre la bonne régie, qui veut que les combles les plus plats ayent des bois d’une plus groffe qualité que ceux qui font fort élevés.
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- Après avoir tracé la forme |c la longueur de l'arêtier, ainfi que le repréfente la fig. x , on commence par faire un calibre de la forme du plan de lare-tier, lequel calibre fert à le débiter dans un morceau dune groffeur convenable, en obfervant de mettre deux des côtés de la lofange de l'arêtier, parallèles avec ceux de la piece de bois, ainfi que dans la fig. 3 , parce que fi au lieu des côtés de la lofange, on mettoit fes lignes tranfverfàies parallèles avec les côtés de la piece de bois , comme dans la fig. 2, il faudroit une piece beaucoup plus grofle que de l'autre façon, ce qu'il eft fort aifé de voir, puifque la longueur a b eft plus grande que celle c d, & que la hauteur ef eft auffi plus grande que celle egoxidhy quoique cependant les deux lofànges foient parfaitement égales.
- Cette maniéré de débiter les arêtiers , a auiîî l'avantage d’être moins longue à exécuter, parce que l'on n'a que deux triangles de bois à fupprimer, & par corn féquent deux faces à recorroyer, au lieu que dans l'autre il y en a quatre.
- L'arêtier étant ainfi corroyé , il s'agit d'en tracer la pente ; pour cet effet, des points il9 que forment fes arêtes avec fa coupe, on éleve à fon arrête extérieure des lignes perpendiculaires i n 8c 10, ce qui donne les longueurs de la coupe.
- Pour bien entendre cette opération, développez la furface de l'arêtier comme dans la fig. 4, puis prenez la diftance m 0, fig. 1, que" vous porterez de 1 en 2, fig. 4, & la diftance mn de 3 a4,&dejàd; puis du point m yfig. 4, ( qui eft le même que celui de la fig. 1 ) ; & par les points 4, 2, & 6, 2 , vous mènerez deux lignes diagonales /H,a, qui feront les coupes, ou pour parler en terme d'ouvrier, la pente demandée ; de forte que les diftances 2,6; 6, m ; 4; &
- 4, 2, font égales à celles q m ym p , p IScl q yfig. I, ainfi que celles 1, 5 ; 5 m9 m 3 & 3, 1, font égales à celles q u, up9psScsq; comme auffi celles 7,11, Sc 11 u 9 0x1119 9 & 9,7 yfig. 4, font égales à celles y % ou % u, fig. 1 ; ce qui eft d'autant plus vrai, que le redtangle 1,1, 8, 8, eft la furface de l'arêtier non coupé de pente, & que les lignes 2m9m29yu8cury9 font égales au périmètre, ou pourtour de ces coupes inférieures & fupérieures, ce qui doit être la même chofe à tous les arêtiers.
- Il réfùlte de cette démonftration , que la pente d'un arêtier prife de l'angle extérieur à fon angle intérieur, eft égale à la diftance m o ,fig. 1 & 4 ; & que la pente de chacune de fes faces eft égale à la moitié de cette derniere ; c'eft-à-dire, que la diftance m n eft égale à celle n 0 9 ce qui fait que les lignes diagonales m 2 9 fig. 4, font deux lignes droites, ce qui fera toujours de même tant que la ligne ml du plan de l'arêtier paflera par un angle de 45 dégrés, ou pour parler plus clairement, toutes les fois que le plan générateur fora d'une forme quarrée, ou bien un polygone régulier.
- Quant à la pente flipérieure de l'arêtier, elle fe trace ainfi que l'inferieure 9 c eft-à-dire, que l'on fait la diftance 7,8 égale à celle s u, fig. 1 ; & celle 9,10, ou 11, 12 y égale à celle t u.
- Si on vouloit tracer la coupe diagonale de l'arêtier, on prendroit la diftance
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- r u ,fig. 1 , que Ton porterait ;fg. 4, de 10 ervï3 , & de 12 en 14, par lefquels points on ferait palier les lignes 7,14,& i4z/ou&i3,&i3,7,ce qui eft la même chofe ; de forte que la diftance 7,14, eft égale à celle y x 9fig. 1 ; & celle 14 u, eft égale à celle # u ; c’eft pourquoi quand on tracera un arêtier, on aura toujours foin d’y tracer au pourtour les lignes d’équerre o l & s y 9fig. 1, afin que d’après ces lignes on puifîe prendre toutes les autres dimenfîons dont on pourrait avoir belbin, ainfi qu’on peut le voir dans la fig. 4, ou ces lignes font cotées des mêmes lettres que dans la figure 1.
- Lorfque les arêtiers feront lur un plan barlong , comme dans la fig. 5 ? ce fera la même chofe que ci-deflps ? à l’exception que les pentes des angles fu~ périeurs & inférieurs aux angles intermédiaires ne feront pas égales9 àcaufe de l’inégalité des faces de la lolànge de la coupe de l’arêtier ; c’eft pourquoi la diftance 1,4 y fig* & 9 fera toujours égale à celle a d, fig. 5 ; celle 2,5, égale à celle a c;& celle 3,'6, égale à celle a b ; de forte que les diftances a49fig. 6, ne formeront plus une ligne droite, comme dans la fig. 4 ; mais elles formeront chacune un angle en 5 & en 6, l’un rentrant & l’autre faillant ; ce fera la même chofe pour la pente du haut, où la diftance 7,8, fera égale à celle g l ; celle p, 10, égale à celle il; celle 11, 12, égale à celle h l ; celle 13,12, égale à ceile^ / ; enfin celle 14, 10, égale à celle e L
- On fera aufli attention à cet arêtier, que les diftances 1, 2, Sc a 3 , fig. 6, font égales à celles o q ou p m , fig. ^ ; celles 2 <2 , & 3,1, égales à celles op ou m q ; celles 4 9 ÿ 9 8c a 6 9 égaies à celles 0 n ou a m ; enfin celles y a , & 6 9 4 5 égales à celles 0 a ou m n, ainfi du refte.
- Quand les arêtiers faits fur un plan barlong, auront un quarré pour leur plan générateur, on fè fervira de la même méthode que pour celui dont j’ai parlé ci-deiîus , à l’exception que la diftance 1,2, fig. p , eft moindre que celle 1,3, ce qui eft donné par le gauche du delïbus de cet arêtier.
- C’eft pourquoi quand on fera des arêtiers de cette elpece, on pourra les corroyer par l’angle extérieur, lequel ne change jamais. Avant de les corroyer en dedans 5 on les coupera de longueur jufte & bien quarrément, afin d’y tracer par chaque bout les lolànges de leur coupe ; favoir, celle n q po , fig. 8 , pour la coupe fiipérieure ; & celle nqpr, pour la coupe inférieure , ( bien entendu cependant que ces coupes font prifes perpendiculairement avec les côtés de l’arêtier ) ; enfuite de quoi on achevé de corroyer l’arêtier, lequel devient gauche fur les deux faces de fon angle intérieur ; puis on en aura la pente à l’ordinaire , c’eft-à-dire, que pour la pente fupérieure , on prendra la diftance h m, fig. 7. que l’on retournera quarrément de fon angle extérieur à fon angle intérieur ; & pour la pente inférieure, on prendra la diftance a e, que l’on retournera de même quarrément fur l’angle intérieur, fans avoir aucun égard pour l’inégalité qu’il femble y avoir de 2 à 3 , laquelle diftance n’eft donnée que par le gauche dé la piece , ainfi que je l’ai dit ci-deftùs.
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- Section I. §. I. Des Arêtiers droits ornés de moutures. 5 49
- Cette maniéré de faire les arêtiers gauches , efl la plus prompte ; mais elle n’eft pas exactement jufte , parce quil faudroit que les coupes perpendiculaires de l’arêtier, fuflent prifes à fon angle intérieur , ce qui n’eft pas poffible : cela dérange ce même angle , de peu de chofe, à la vérité, mais encore eft-ce un défaut auquel on pourrait remédier en faifànt les lofànges des coupes des bouts, d’un angle proportionnel à la diftance a e 8c h m , ce qui deviendrait un peu plus compliqué ; c’eft pourquoi, pour remédier à ces inconvénients, je crois qu’il vaudrait mieux couper l’arêtier en pente avant d’achever de le corroyer en dedans , & de tracer fur là coupe fupérieure la lofange smt u ’fiê9 & &r fa coupe inférieure le quarré a x y ce qui donner oit tout de fuite & d’une maniéré très-jufte , le gauche de la piece.
- On obfervera auffi , lorfqu’on débitera ces fortes d’arêtiers, de tracer les deux lofànges de leur coupe l’une fur l’autre, comme dans la fig. 8 , afin d’y laifîèrtout le bois néceflàire; c’eft pourquoi on prolongera le côté de la première lofànge n q p 0, de 0 en i , & on y biffera un peu de bois, afin que quand les pentes feront coupées, on puiffe achever d’y donner le gauche néceflaire. f^oye^ les Fig. 7,8 & 9, lefquelles repréfentent un arêtier de cette elpece avec fbn développement.
- §. I. Des Arêtiers droits ornés de moulures.
- Lorsque les arêtiers font ornés de moulures & fùjets à recevoir des panneaux, ils ne peuvent être qu’à un parement, parce qu’il faut après avoir fait choix^de leur angle intérieur ou extérieur, que les côtés retournent d’équerre, pour pouvoir y faire des rainures & pour y pouffer les moulures , ainfi que je vais le démontrer.
- Soit le poteau coté A ,fig. 1, dont le parement eft en dehors, & dont l’angle eft évuidé , fur lequel il faut élever un arêtier, après en avoir déterminé la hauteur à l’ordinaire ; fuivant la méthode que j’ai donnée ci-defliis, on a la lofànge a b c d ; enfuite du point q , on mene une ligne parallèle à celle r a , ce qui donne le plan dab e s f, qui eft produit par celui iriptp \ mais il réfulte de cette opération deux inconvénients, qui font que le plan coté C, eft moins épais qu’il ne faut pour y faire des rainures & des affemblages, 8c que fes angles d 8c b font aigus où il faudroit qu’ils fuflent droits.
- Pour remédier à ces inconvénients, après avoir déterminé l’angle extérieur de f arêtier , on le trace à part fur le plan , comme celui coté B ; enfuite fans avoir aucun égard à l’épaifîeur de celui C, ni à les angles aigus, on fait ces côtés b o 8c do, d’équerre avec fes faces extérieures, ce qui donne la facilité d’y faire des affemblages néceflàires , 8c d’y pouffer des moulures. Voye^la Fig. cotee B, dans laquelle j’ai tracé celle C, cotée des mêmes lettres, afin d’en faire voir la différence.
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- 3yo MENUISIER, II. Partie, Chap. XII.
- Si le parement de l’ouvrage étoit dans l’angle rentrant, ainfi que dans la fig: 2 , celer a toujours la même choie , c’eft-à-dire , qu’on n’aura égard quà l’angle intérieur de l’arêtier. •
- ' Quand les arêtiers intérieurs ou extérieurs font ainfi difpofés, iis lont lùjets à deux inconvénients, qui font, que fi on y pouife une moulure d’une largeur égale à celle des montants, le derrière de cette moulure retombe plus à-plomb de celle du poteau , & diminue la largeur du champ de l’arêtier, qui efl déjà plus étroit que celui du poteau , auquel il n’eft égal que fur la ligne d’équerre , ainfi que je l’ai démontré page 346.
- Pour fe convaincre de cette vérité, des angles des moulures du plan, cote A, menez les lignes ii9 / /, parallèles entr’elles & à l’axe de l’arêtier, il s’en fui-vra qjne la diftance nb, qui efl égale à celle il, entrera en dedans de la ligne //, qui repréfente en plan le derrière de la moulure de l’arêtier, & par confé-quent diminue la largeur de fon champ, ce qui fait un fort mauvais effet.
- On pourrait conferver cette largeur de champ , en aflujétiflànt la largeur de la moulure à celle donnée par les lignes i i 3 II, au point m ; mais il enréfui-teroit un autre inconvénient, qui efl, que les moulures devant être égales entre-elles, cet expédient ne pourrait pas réufîir.
- Pour remédier à ces différents inconvénients , il faut tracer fur le plan, fi g. 2 , les lignes des moulures, ainfi qu’à la fig. 1 ; puis prendre la largeur de la moulure a byfig. 2 , & la porter fur la coupe de l’arêtier de c en d, & par conféquent faire ce dernier plus large qu’à l’ordinaire de ce qu’il déborde la ligne bey ce qui alors leve toutes les difficultés.
- Dans le cas dont je parle, il n’eft pas nécefîàire que les arêtiers foient d’une feule piece, parce que non-feulement ils font difficiles à creufer , mais encore parce qu’ils employent beaucoup de bois ; c’efl pourquoi il faut les faire de deux morceaux joints enfemble, avec une languette rapportée , ainfi qu’on peut le voir dans la fig. 2, ce qui fait que l’on peut y employer des bois d’une qualité ordinaire, Sc cela efl d’une très-grande économie tant pour la matière que pour la façon.
- Pour avoir la pente de chaque morceau qui forme ces arêtiers , on s’y prend de la maniéré fuivante:
- Du point d9 qui efl l’excédent de l’arêtier fur la ligne b e, on mene une ligne parallèle à cette derniere , jufqu’à ce quelle rencontre celle m b, au point s ; de ce point on éleve une perpendiculaire à la ligne o t ; & du point h, où la perpendiculaire coupe cette derniere, on mene une ligne parallèle à celle mn9 ce qui donne la largeur de f arêtier, prife fur la ligne 01 ; enfuite pour avoir fon arête extérieure , on prend la diftance /i, que l’on porte de m en q Sc de n en p, ce qui donne la largeur totale de l’arêtier vue fur fon joint, les diftances
- étant égales ji celles l i , If, Ih ; puis pour avoir la pente de chaque piece, des points m Sc ky on éleve les lignes mqSc hry perpendicu-
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- S £ c T I O N /. §. IL Maniéré de tracer tes affemblages des Arêtiers. 35 f '
- laires à celle o p , ce qui donne la pente de la coupe tant de face que d’épaifïeur.
- Pour bien entendre ceci, faites fig. 4 , la largeur 7,5, égale à celle xl; celle 7,6, égale à celle y i, vous aurez la largeur d une des pièces de 1 arêtier coté D ; enfuite la ligne 5,7, étant perpendiculaire avec celle 9,13, prenez la diftance r q , fig. 2 , que vous porterez de 6 à 10 ,fig. 4 , & vous tirerez la ligne 10,7, qui fera la coupe de face de la piece ; enfuite pour celle d'épaif four, portez la diftance ro de 5 au point 9, duquel point vous mènerez la ligne 9, 11, parallèle à celle 10,7; puis prolongez la ligne 5,7, de 7 en 8, & faites 7,8, égale à x y , qui eft fépaifteur de l'arêtier ; enfuite du point 11, menez la ligne 11,12, parallèle à celle 7, 8 , la diagonale 7,12, fera la pente demandée.
- Quant à la pente du joint, elle eft figurée fur l'élévation par la ligne 0 nu
- S'il arrivoit que l'arêtier fût fur un plan barlong , comme la fig. 3 , ce feroit toujours la même méthode , excepté qu'il faudroit faire une opération pour chaque piece dont la pente devient différente , ainfi qu'on peut le voir dans la fig. 5 , qui repréfente le développement des deux pièces de cet arêtier , lefquelles font cotées des mêmes lettres que fur le plan, & où il eft aifé de voir que la diftance 1,2, égale celle a d >fig* 3 ; celle 3,4, & 5,6, égale celle a b ; enfin celle 7,8, égale celle a c ; le refte fo fait comme dans la fig. 4 , en ob-fervant cependant que les pentes d'épaiffour qui font repréfontées par les lignes <?, 2 , & 8,10, font inégales à raifon de l'inégalité des pentes de faces, fans que cela dérange rien aux lignes ir, 12, & 12,13,9^ dans tous ^es cas pof* fibles, doivent toujours être parallèles à celles 2,4,&<5,8,à condition toutefois que les bois feront d'égale épaiffeur.
- On obfervera que j'ai tracé dans la fig. 3 , la coupe de l’arêtier fur le plan du poteau, afin que l’on puifîe mieux voir le rapport qu'ils ont enfomble.
- En général, il n'eft point néceflàire pour avoir la pente de l'épaiiîeur d'une piece d'arêtier, que cette même piece foit parfaitement égale d’épaiffeur ; il foffit qu'on l'ait marquée jufte for le plan , pour avoir la largeur de la coupe diagonale de l'arêtier, ou pour mieux dire , de fon joint, laquelle largeur une fois déterminée, fort à avoir la pente d’épaiffeur de la piece, par le moyen des lignes parallèles aux joints de faces, ainfi que je l'ai démontré dans les fig. 4 & 5.
- Planche 130*
- .§. 11. Maniéré de tracer les affemblages des Arêtiers.
- Avant de tracer les affemblages d'un arêtier, il faut d'abord fo rendre compte ........
- fi fes faces font d'équerre entr'elles, comme dans la fig. J , ou bien fi elles le Planche font for la ligne horifontale, comme dans la fig. 2 ; il faut auflî faire attention ^ à la forme des traverfes ; enfuite de quoi on trace l'élévation géométrale des arêtiers, repréfentée par le triangle i Im ; puis on trace les arêtiers avec leur coupe , félon que je l'ai enfeigné plus haut. Cette opération étant faite, on prend la
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- Planche
- 3f2 MENUISIER, ÎI. Partie, Chap. XII.
- hauteur n o de la coupe fopérieure de l’arêtier, que l’on porte fur l’élévation géométrale de /enp ; & de ce point, on mene les deux lignes qp, pr, parallèles à celles il, lm , ce qui donne l’épaiffeur géométrale de larêtier, fur laquelle on marque la place des traverfes que l’on veut y mettre, lefquelles ont les faces fopérieures Sc inférieures parallèles à l’horifon, comme celle cotée A , ou bien qui font d’équerre for leurs faces, comme celle cotée B. Quand la place & la forme des traverfes font déterminées, comme par exemple celle cotée A, de chacun de ces angles on defeend les lignes perpendiculaires y 3, &X4; &
- aux points où elles rencontrent la ligne diagonale i s du plan , on éleve for cette même ligne d’autres perpendiculaires partant des mêmes points 1,2, 3 & 4, lefquelles viendront rencontrer l’arêtier C, les unes en deflus, & les autres en deflous, aux points t, u , je, j, & par lefquels points on mènera les lignes parallèles t y, & u x, lefquelles feront femblables à celles de l’élévation géométrale, & donneront par conféquent la place des traverfes for l’arêtier.
- Quand les traverfes font difpofées comme celle cotée B , la maniéré de les tracer for l’arêtier D , eft la même que pour l’autre , quoiqu’un peu plus compliquée , à caufe qu’il faut faire le double d’opérations pour avoir des lignes ho-rifontales partantes du dehors de l’arêtier , lefquelles donnent les angles de la traverfe. Quant aux lignes & & h> elles ne font néceffaires que pour donner la largeur des traverfes ; & fi je les ai renvoyées jufqu à l’arêtier , ce n eft que pour prouver la juftefle de l’opération.
- Pour ce qui eft de ces traverfes, on en a la longueur de la maniéré fuivante : Après avoir corroyé les traverfes, comme celle cotée A, repréfentée toute développée dans la fig. 1, on prend fur le plan la moitié de la diftance a b , (laquelle eft donnée par une ligne horifontale tracée du point de feétion de la perpendiculaire u 2, laquelle eft le deflus de la traverfo , ) que l’on porte for la ligne E Fy fig. 1, au point 5 & 6, ce qui donne l’arafement du deflus ; on fait la même chofo pour l’arafement du deflous, c’eft-à-dire, que l’on fait 7,8, égal à c d.
- La traverfe côtée B, qui eft repréfentée développée dans la fig. 3 , fe trace de même que celle dont je viens de parler pour l’arafement de face ; mais pour celui de derrière, cela devient différent, la coupe de cette traverfe prife for l’épaifleur ne pouvant être quarrée à caufo du fuyant de l’arêtier ; c’eft pourquoi on aura le ralongement de l’arafement du derrière en abaiflant du derrière de la traverfe les perpendiculaires & & h, & en faifant p, 10, égal à ef9 & 11, 12 , égal à g h.
- Lorfque les arêtiers feront d equerre fur leurs faces, comme la fig. 5 , il n’y a aucune difficulté pour y tracer les aflèmblages , parce que dans tous les cas les arafements font quarrés for l’épaifleur des traverfes, à moins toutefois que ces derniers ne foient eux-mêmes hors d’équerre ; mais ce cas n’arrive prefque jamais 1 c’eft pourquoi on fe fervira de la même méthode que pour la fig. 2 > c’eft-à-
- dire ,
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- Section /. §. IL Manière de tracer les ajfemblages des Arêtiers. 353 dire , qu'il faut toujours marquer la place des traverfes fur une élévation géomé- , traie, &les renvoyer par des perpendiculaires fur l'arête extérieure des arêtiers , ainlî que je l'ai obfervé dans la fig. y.
- Dans le cas des arêtiers dont je parle, il eft une méthode plus courte pour y tracer non-feulement les traverfes horifontales, mais encore les biaifes, s'il arrivoit qu'il y en eût ; ce que l'on fait en développant les fiirfaces inclinées du comble, ou enfin de tout autre ouvrage, & en y traçant toutes les traverfes que l’on juge à propos , ainfi qu'on peut_le voir dans la fig. 6. On obfervera cependant que fi la place de ces traverfes* eft fixée dans la coupe géométrale, comme dans la fig. y , on ne peut en avoir la véritable place qu'en les renvoyant par les lignes du plan à l'ordinaire, ce qui alors fixe leur diftance fur la fiirface développée.
- Quant à la maniéré de trouver ce développement, lorfque le plan de l'ouvrage fera d'une forme quarrée , comme la fig. y , on décrira^1. 6, le triangle a b c , lequel repréfente l'élévation géométrale ; enfiiite on fera un autre triangle , dont la bafe d e fera égale à celle a c, 8c dont la hauteur fig fera égale au côté a b ou b c de l'autre triangle, ce qui donnera la fiirface demandée, fur laquelle on pourra tracer au jufte la longueur & la largeur des traverfes.
- S'il arrivoit que le plan fût barlong, comme dans la fig. 4, on auroit le développement des fiirfaces du comble , de la maniéré fiiivante :
- Faites pour la largeur le petit triangle h il 9 de la largeur du plan & de la hauteur donnéepi ; pour la longueur, faites pareillement le triangle qmn, dont la bafe eft de la longueur du plan, & la hauteur m 0 égale à p i ; enfiiite pour avoir la fiirface du grand côté, prenez le côté h i du petit triangle, que vous porterez de o en r ; puis des points n q, menez deux lignes au point r, ce qui vous donnera le triangle q r n , qui fera la fiirface demandée.
- De même pour le petit côté du plan, prenez le côté qm du grand triangle , que vous porterez de r en s ; & par les points q u, vous mènerez deux lignes au point s, qui formeront le triangle u s q> qui fera la furface demandée ; 8c toutes les fois que l'opération fera bien faite, les côtés des triangles feront d'une longueur égale ; ce qui eft d'autant plus aifé à comprendre, qu'ils repréfentent l’angle extérieur de l'arêtier, dont la longueur ne fauroit varier.
- Je ne parlerai point des aflemblages du haut ni du bas des arêtiers , parce que ce fèroit me répéter ; ce que j'ai dit en parlant de leurs coupes étant plus que fuf-fifànt. Quant à la maniéré de placer les aflemblages, je nen parlerai pas non plus, parce que c'eft les différentes épaiflèurs de bois, & le plus ou moins de relief, qui doivent fervir de réglés à ce fujet.
- Voilà à peu-près tout ce qu'on peut dire touchant les arêtiers droits, les exemples que j'en ai donnés renfermant tous les cas poffibles, & la méthode que j ai fuivie étant générale pour tous les ouvrages de cette efpece, que l'on doit toujours confidérer comme des pyramides revêtues de Menuiferie , foit en Menu 1 sier. IL Part. Xxxx
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- Planche
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- Fiânche
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- dedans foit en dehors, ou conftruites entièrement en bois , foit d’affemblages ou feulement de planches jointes enfèmble.
- Section Seconde.
- Des Arêtiers d'une forme cintrée en général.
- Les arêtiers dont il eft ici queftion, quoique d’une forme toute différente de ceux dont j’ai parlé ci-devant, fè conftruifènt par la même méthode que ces derniers , & font fujets aux mêmes inconvénients, ainfi que je le démontrerai ci-après : ils ont lieu dans les voûtes & dans les arcs en faillie, comme les plafonds en vouflures & autres ouvrages de cette efpece. Quant à leurs plans générateurs , ou pour mieux dire fur lefquels ils s’élèvent, ils peuvent être de toutes les formes imaginables, fans que cela change rien à la méthode de les tracer, laquelle eft toujours la même dans tous les cas poffibles, lefquels cas reviennent toujours à la pénétration des corps dont j’ai donné quelques notions au commencement de ce Traité , la forme intérieure ou extérieure des arêtiers circulaires, n’étant autre choie que la courbe décrite par la pénétration de deux corps, foit qu’ils foient de même ou de différente forme. Cette obfervation eft très-effen-tielle , & on feroit des progrès très-rapides dans l’Art du Trait, fi on s’appli-quoit à l’étude de la Stéréotomie, fur la connoiflànce de laquelle eft fondée , ainfi que je l’ai déjà dit, toute la théorie de l’Art du Trait.
- $.1. De la maniéré de déterminer la forme des Arêtiers cintrés
- tant a un , qiia double parement.
- P o u R pouvoir déterminer la forme de la courbe d’un arêtier, il faut auparavant que le cintre géométral, ou de face , foit arrêté ainfi que Ion plan générateur ; enfuite on opéré de la maniéré fuivante :
- , Soit donné le quarré G E F H, le plan générateur de l’arêtier, & la ligne H O , la diagonale du plan de la voûte, fur laquelle s’élève l’arêtier.
- Soit pareillement donné le quart de cercle ABC, pour le çintre de face. On commence par faire la ligne C P perpendiculaire à celle E G , que l’on prolonge jufqu’en B ; on divife enfuite le quart de cercle A B , en un nombre quelconque de parties égales (*) ; & du centre C, on tire des rayons par chacune de ces divifions, & par le point A ; puis on éleve autant de lignes perpendiculaires
- ( * ) Si je dis qu’il faut divifer le cintre de face en un nombre de parties égales, ce n’eft pas que cela foit abfolument néceffaire ; mais c’eft que cela eft plus commode, fur-tout dans des opérations plus compliquées que celle-ci; c eft la même railon qui m’a fait choifir de préférence un
- quart de cercle pour cintre de face, & un angle de 43 degrés pour la diagonale du plan, afin de ne point trop embrouiller cette figure aux yeux des Commençans * & pour amener par degrés aux parties les plus difficiles.
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- Section II. Des Arêtiers £ uneforme cintrée en général. 3 5*5
- à celle C B, parallèles entr elles, que Ion prolonge jufqu a ce qu elles rencontrent la diagonale D H aux points Z), q9 r, 5, t9 u9x9y; puis de ces mêmes points on éleve autant de perpendiculaires fur la ligne D H, lefquelles fervent à conftruire le cintre de l’arêtier , en donnant à chacune d’elles, une hauteur égale à celle de la perpendiculaire, ou pour mieux dire , de la corde de l’arc qui les a produites , c’eft-à-dire , que l’on fait D I égal à CA; q S égal à a b ; r 9 égal à c d ; s 10 égal à ef; 111 égal \ gh\u 12 égal à il ;x 13 égal à m n ; y 14 égal à op ; puis par les points E9 14, 13, 12,11, 10,9,8 &/,onfait palier une ligne courbe qui eft la cerce demandée.
- Cette première courbe étant décrite, on trace la fécondé, c’eft-à-dire* celle de l’angle G, élevée jufqu’en O , ce que l’on fait de la maniéré fuivante :
- Des angles G F du plan générateur, on mene les deux lignes G L & F (?, parallèles à celle D H, lefquelles lignes repréfentent en plan la largeur de l’arêtier ; & par les points où les lignes perpendiculaires prifes fur l’élévation de face coupent celle G L, on éleve d’autres perpendiculaires à la fécondé courbe qui fe décrit ainfi que la première, c’eft-à-dire, que l’on fait R Z égal à D I ou à C A , ( ce qui eft la même chofo ; ) r , 1y égal à q 8 ; 2 , 16 égal à r 9 •
- 3 , 17 égal à s 10 *, 4, 18 égal à t 11 ; y , 19 égal \u 12 ; 6,20 égal à x 13 ; & 7, 21 égal àjy 14 ; ce qui donne une courbe d’une cerce parfaitement égale à la première.
- En exécution on pourroît fe pafîer de cette opération, en faifànt un calibre pour tracer la première courbe, & en le reculant parallèlement de 1 en Z 8c de E en O ; mais il eft néceflàire de le faire ici pour l’intelligence de l’ouvrage,
- 8c pour faire voir que les lignes horifontales IZ ;8, iy;9,id;io, 17; 11, 18 ; 12,19 ; 13,20 ; & 14,21, font autant d’équerres à la courbe, lefquelles font repréfèntées fur le plan par les lignes DL ,^x,rx,sx, 8c y x*
- ce qui eft général pour tous les arêtiers.
- Quant à l’épaiffeur de l’arêtier, elle fo trace de différentes maniérés ; la première eft de lui conferver dans toute fon étendue la diftance E H, ainfi que l’indique la ligne ponéluée ST H, & d’y faire l’arête de largeur dans la moitié de fon épaifleur, comme l’indique la ligne U X O, ce qui donne à la coupe du bout de l’arêtier, la forme d’un quarré fur l’angle d’une dimenfion fèm-blable à celui du plan E F H 9 laquelle forme quarrée fe conferve dans toute l’étendue de l’arêtier pris dans des coupes perpendiculaires à chaque point de la courbe intérieure.
- Cette maniéré de déterminer la largeur de Ÿarêtier, eft fujette à deux inconvénients confidérables ; le premier eft que les angles intérieurs ne font plus d’équerre fur la ligne horifontale , ce qui eft abfolument néceflàire pour les voûtes d’arête ou en arcs de cloîtres. Le fécond inconvénient eft, que quand l’épaifleur du cintre de face eft déterminée, comme celui A N P B, il arrive que la hau-
- Planche
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- Planche
- 1
- aawa—BgnsaatsB
- Planche
- €
- 356 MENUISIER, II. Part. Chap. XII.
- teur du delîus de l’arêtier le furpalle de beaucoup , ainfi que l’indique la ligne ponéïuée Y P 9 laquelle eft d’une hauteur égale à celle de l’arêtier S T H.
- La fécondé maniéré de déterminer l’épaiffeur de l’arêtier, eft de faire enforte que fon arêtç extérieure ne furpalfe pas le delîus du cintre de face , ce.que l’on fait en prolongeant les lignes perpendiculaires qui ont fervi à faire la courbe intérieure de l’arêtier, & en faifànt la hauteur D M égale à celle C N ; celle q 30 égale à celle a'11 ; celle r 31 égale à celle c 23; celle 53 2 égale à celle e 24 ; celle r 33 égale à celle g2ÿ ; celle u 34 égale à celle i 26 ; celle x 35 égale à celle m 2j ; celle y 3 6 égale à celle 02 8 ; enfin celle O 37'égale à celle £ 2p., ce qui donnera la courbe M 30,31, &c, laquelle fera d’une même nature que celle du dedans de l’arêtier, c’eft-à-dire , quelle fera un quart d’ellipfe qui aura pour petit axe la hauteur DM ou C N, ce qui eft la même chofe, & pour grand axe la longueur 8c la diftance D H ( * ).
- Cette méthode de déterminer l’épaifleur des arêtiers , eft très-bonne pour être égale au cintre de face ; mais elle a encore le défaut de ne pas préfenter l’arête extérieure de l’arêtier d’équerre fur la ligne horifontale, défaut auquel on peut remédier en fuivant la même méthode que pour le cintre intérieur de l’arêtier ; c’eft pourquoi il faut commencer par tracer le plan & les faces intérieures de l’arêtier, fig. 1, comme dans la fig. 1 >PL 132 ; enfuitele cintre de face étant divifé en parties égales, des points où les rayons couperont fon arc extérieur , on mènera autant de lignes perpendiculaires à celle CP, que l’on prolongera jufqu’à ce quelles rencontrent la ligne D aux points Dy qyr, s, r ,u>x 8cy, & de chacun de ces points on éleyera autant de perpendiculaires à la ligne DH, donc la hauteur déterminera le cintre extérieur de l’arêtier, en fai-fant la ligne D M égale à celle C N; celle q 8 égale à celle a b ; celle r 9 égale à celle cd\ celle s 10 égale à celle ef\ celle tu égale à celle g h ; celle u 12 égale à celle i l ; celle ^13 égale à celle m n ; enfin celle y 14 égale à celle o p ; ce qui donnera un cintre femblableà celui M, 30,31, ôcc9Jïg. 1, PL 132.
- Enfuite pour que la face extérieure de l’arêtier fe préfente d’équerre fur la ligne horifontale, on opéré comme pour la face intérieure, mais enfens contraire, c’eft-à-dire , qu’au lieu de prendre les lignes perpendiculaires qui fervent à former la fécondé cerce à la rencontre des perpendiculaires provenantes des divi-fions du cintre de face avec la ligne L G, il faut au contraire des points qr >st > ux & y, mener à cette même ligne d’autres lignes parallèles à celle G H, qui forme l’angle extérieur du plan ; & aux points x où ces lignes rencontrent celle L G, on éleve des perpendiculaires qui fervent à décrire le fécond cercle, en
- ( * ) Il auroit femblé plus naturel de dire tout de fuite que les courbes des arêtiers étoient des quarts d’ellipfes, que de faire la longue démonstration ci-deffus ; cependant il eft bon de favoir que cette démonftration étoit néceftaire pour bien faire connoître la nature des arêtiers d’une forme cintrée 5 & que d’ailleurs la cerce des arê-
- tiers n’eft pas toujours d’une forme elliptique, puifque lorfque le centre de face eft une demi-ellipfe, comme dans la %. 2 , le cintre de l’arêtier pris fur un angle de q-y degrés , devient un quart de cercle, ce qui prouve que le cintre de l’arêtier n’eft pas dans tous les cas un quart d’ellipfe.
- faifànt
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- Section IL §. I. Maniéré de déterminer la forme des Arêtiers , &c. 3 j'y faifant la diftance r , 15 égale à celle q 8 ; celle 2 , 16 égale à celle r 9 ; celle ^ , 17 égale à celle s 10 ; celle 4,18 égale à celle 111 ; celle j*, rp égale à celle u 12 ; celle 6> 20 égale à celle x r 3 ; & celle 7,21 égale à celle y 14 ; de ma-nieVs110 ce donne le fécond cintre de la face extérieure de l’arêtier, ou les lignes ±5,8 ; 16,9, 8cc, font autant d’équerres à la face extérieure de 1 arêtier , lefquelies font repréfentées fur le plan par les lignes jx,rx, &c, ce que Ton avoit demandé.
- Les arêtiers ainfi dilpofés, préfentent par leur coupe fupérieure un reélangle coté Syfig. 2, dont la hauteur eft égale à celle I M, 8c la largeur égale à celle LQ; par leur coupe inférieure ils repréfentent un quarré fur l’angle coté U9 égal à celui E F H G ; 8c dans toute l’étendue de la courbe, les coupes de l’arêtier font des hexagones irréguliers, qui approchent plus ou moins du quarré ou du reélangle , félon que ces coupes font prifes proche de Tune ou l’autre des deux extrémités de l’arêtier, ainfi qu’on peut le voir par l’hexagone coté T, fig. 2, qui eft pris fur la ligne & 11, & par celui de la même figure qui eft feulement ponétué, lequel eft pris fur la ligne 22 , 23. Quant à l’exécution de ces fortes de pièces, elle eft très-facile , parce qu’après avoir corroyé une piece de bois de la largeur & de la longueur de la courbe , 8c l’avoir mis d’une, épaifîeur égale à celle du plan LQ, on la coupe en pente félon que l’indique la ligne IM 8c celle E H 9 fi g* 1, PL I32 ; après quoi on fait deux calibres, l’un du cintre intérieur 8c l’autre de l’ex. térieur, lefquels fervent à tracer & à chantourner la courbe en dedans 8c en dehors. Après que la courbe èft ainfi chantournée, on y trace un coup de truf-quin, qui divife l’épaifleur en deux parties égales, & marque les arêtes. Enfuite pour mettre la courbe d’équerre , on porte le petit calibre de Z en 0, 8c le grand de O en M, en obfervant feulement que le defliis du calibre n’excede pas la ligne horifbntale Y M, prolongée au-delà de la courbe, ce qui arriveroit fi on le fixoit au point M. *
- Quand <ces fortes d’arêtiers font fur des plans barlongs, on fe fert toujours de la même méthode pour leur conftruétion, excepté que les courbes d’équerre font plus ou moins reculées à raifon de l’obliquité du plan. Voyez les^$g. 3 & 4, qui repréfentent, l’une un arêtier dont le plan générateur eftbarlong, ainfi que celui de la voûte ; & l’autre, dont le plan générateur eft quarré, mais dans une voûte barlongue, ainfi que la première ; defquelles figures je ne donnerai aucune démonftration, ce que j’ai dit en parlant des arêtiers droits, étant plus que fuffifànt pour donner l’intelligence de ceux-ci. Voy. ce que j’ai dit page 345*.
- §. IL Des Arêtiers cintrés , évuidés, & la maniéré de déterminer le plan des Arêtiers dans tous les cas pojfibles•
- Les arêtiers pleins , tels que je viens de les décrire, ne iont guere d ufàge dans la Menuiferie ; mais ceux qui font évuidés, tels que nous les reprefèntent Menuisier. IL Part. Y y y y
- Planche
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- Planche
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- 358 MENUISIER.il Partie. Chap. XII.
- les figures 1 & 4, font fort en ufàge, tant pour le revêtiflfement des voûtes que
- pour les corniches en gorge 8c autres ouvrages.
- La méthode dont on fe fert pour conftruire les arêtiers évuidés, eft exactement la même que pour ceux qui font pleins ; c’eft pourquoi je n’en ferai aucune démonftration, me contentant d’en avoir defliné les figures avec toutes les lignes qui fervent à leur conftruétion ; toute la différence quil y a entre ces arêtiers & les premiers, c’eft qu’ils ont les côtés d’équerre perpendiculairement à leurs faces , ce qui efl: néce flaire pour pouvoir y faire des rainures & pour y pouffer des moulures, ce qui, dans les angles Paillants comme la fig. 1, donne le gauche indiqué for le plan par les lignes a b 8c c d. lelquelles viennent fe confondre au milieu de la courbe avec les lignes b e & df. qui font la véritable largeur de l’arêtier.
- Lorfque les angles font rentrants, comme la fig. 4, ce gauche fo trouve en dehors des lignes de largeur de l’arêtier ; & il faut avoir attention lorfqu’on fait les projetions pour avoir les courbes dé l’arêtier , de ne jamais prendre les perpendiculaires qui forvent à leur conftruétion for les lignes des gauches, mais au contraire for les lignes de largeur, ainfl que je l’ai obforvé dans les fig. ci-deffus.
- Il faut cependant faire attention que quand les angles font rentrants, le gauche rend l’arêtier d’inégale largeur ,& qu’il efl: bon, pour en rendre l’exécution plus facile , de le mettre d’une même largeur d’un bout à l’autre, ainfi qu’il eft indiqué par les lignes g h 8c il .fig. 4. * *
- Les arêtiers peuvent fo conftruire de deux morceaux, pour éviter de mettre du bois d’une trop forte épaiflèur ; c’eft pourquoi j’ai deflîné la fig. 4 coupée dans l’angle , fon épaiflèur étant indiquée par la ligne ponétuée 000.
- Dans la fig. 1 , au contraire, c’eft T épaiflèur qui eft apparente, & la coupe eft indiquée par la ligne ponétuée p p p• S’il arrivoit qu’on eût à faire un arêtier pour une voûte en arc de cloître, cela ne changeroit rien à ce que je dis ici , parce que dans ce cas, il n’y auroit de changement que dans la longueur de Taré tiet, lequel au lieu de faire l’angle rentrant h N i, feroit un angle foillant dont l’extrémité feroit au point N, ce qui n’a befoin d’aucune démonftration.
- En général, il faut toujours fe reflouvenir que, foit que l’angle des arêtiers foit de 4^ dégrés, comme les fig. 1 8c 4, ou plus ouvert, comme celle 2 . ou enfin moins ouvert comme celle 3 : la méthode de projeétion eft toujours la -même, puifque la hauteur E F & celle G H font toujours égales à celle A B ou CD , ce qui eft la même chofo , n’y ayant que les diagonales du plan & les courbes qui deviennent plus ou moins longues, félon que l’angle eft plus ou moins ouvert, la ligné G L étant plus longue que celle A Mou N 0.6c celle EI étant plus courte.
- Si au lieu de faire les revêtiflèments des voûtes, ou autres ouvrages de cette nature, en Menuiferie d’àflèmblages , on ne vouloit y employer que des plan-ches unies jointes horifontalement, on s’y prendroit de cette maniéré :
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- Section //. §. II. Des Arêtiers cintrés , évuidés , &c. 3 ÿp
- Après avoir déterminé la forme du cintre de face, comme celui F Q,fîg. f, on le divife en autant de parties qu'il peut contenir de planches, & par chaque point de divifion on fait paiTer les lignes m u> n x, oy,q rê,s Set, Q, parallèles à celle P Y, 8c que Ton prolonge jufqu'à ce qu elles rencontrent celle A M, dia-gonale du plan, de forte que chacune de ces lignes repréfente en plan les joints des planches ; enfuite on fait à part le développement de la courbe P Q , lequel eft repréfenté par le parallélogramme S TUX>fig. J , fur lequel on trace les li^ gnes des joints, ainfi que les lignes 8,22; 10,23; 12,24; &c 5 puis pour avoir la longueur de chaque planche depuis la ligne RM( qui eft repréfentée fig. f , par celle SX') jufqu'à la ligne diagonale A M, on fait la diftance 8,9 égale à celle 17 ; celle 10,11 égale à celle s 6 ; celle 12,13 égale à celle r f ; celle 14, .if égale à celle q 4 ; celle 16, 17 égale à celle o 3 ; celle 18 , 19 égale à celle n 2 ; celle 20,21 égale à celle m 1 ; enfin celle X U égale à .celle R A ; ce qui donnera la longueur de chaque planche depuis la naiflànce de l'angle jufqu'à là plus grande faillie.
- Ce fora la même chofo pour l'angle rentrant que pour l'angle Paillant ) excepté qu'au premier les longueurs fe prendront for la ligne T U9 fig. f , laquelle eft repréfentée par celle N Z , fig. 4 ; de forte qu'au lieu de la partie qui eft teinte dans la fig. f, ce feroit celle qui eft blanche qui ferviroit. Quant à ce qui eft de couper chaque joint de planche foivant la diagonale du plan, on s’y prend de la maniéré foivante :
- Du derrière de chaque joint on éleve des perpendiculaires que l'on mene juf qu'à la rencontre de la diagonale A M; enfoite les joints des planches étant faits, & la perpendiculaire R M ou S X étant tracée fur ces mêmes joints, on prend la diftance que produit chaque perpendiculaire ponétuée depuis la ligne RM, jufqu'à la diagonale, que Ton porte for le derrière des joints, ce qui en donne la pente ; ce que j'ai marqué dans la fig. 6, par une ligne ponétuée marquée x x y ainfi que for le plan.
- Cette méthode de couper les joints, peut aufli fervir pour les corniches en gorge & toutes autres parties creufos , dans tous les cas 8c for tous les angles pofîibles.
- Lorlque les planches que je foppofe ici faire le revêtiflement d'une voûte, ne vont pas jufqu’à l'angle, mais quelles font terminées à l'arêtier dans lequel elles s’aflemblent, la méthode d'avoir leur longueur eft toujours la même , puif-que la ligne e b eft parallèle à celle A M ; toute la différence qu'il y a, c'eft que ces planches deviennent plus courtes de la diftance e M, & que par conféquent la ligne d'équerre qui fort à prendre la longueur de chaque planche, fe prend au point e. Pour ce qui eft de la coupe du bout des planches , elle doit être d'équerre for chacune d'elles, ainfi que l'indique la ligne a b , & for laquelle on pourroit prendre la longueur du derrière de chaque joint, laquelle eft égalé à celle du devant, ainfi que l'indiquent les lignes horifontales ponéluees entre celles a b 8c eh
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- 360 MENUISIER, //. Par*, C%. X//.
- Sur quelque angle que fe trouve un arêtier cintré , la méthode de fà pro-jeétion eft toujours la même, ainfi que je l’ai déjà dit ; mais cependant il faut faire attention que quand ces angles ne font pas droits, & que par confé-quent la diagonale du plan n eft pas d’une ouverture de 45 degrés, il arrive alors que les cintres des deux faces qui produifent cet angle, ne peuvent ctre d’une même forme, vu quayant une même hauteur, ils ont différentes largeurs , ainfi que je vais le démontrer.
- Soit donné le plan BCD GIE9 dont la largeur IG eft moindre que celle C B ; foit pareillement donné le cintre de face A B, fig* 9, que Ton diyifera en parties égales ; enfiiite par ces points de divifion , on fera pafïer des lignes perpendiculaires à celle CB , que l’on prolongera jufqu’à ce qu’elles rencontrent la diagonale D E aux points q , r, s 9t 9u9x & jy ; & de ces mêmes points on mènera autant de lignes fiir le petit côté du plan, parallèlement à la ligne D G. Enfuite pour avoir le cintre de face de ce petit côté, on y trace une ligne perpendiculaire à celle DG, telle que celle H F ; puis fiir les lignes du plan provenantes de la divifion du cintre de face A B, on portera les hauteurs de ce même cintre, c’eft-à-dire, que l’on fera la hauteur H G égale à celle CA; celle 29, 1 égale à celle 36 b; celle 30, 2 égale à celle 37 celle 31*3 égale à celle 38 fi; celle 32,4 égale à celle 39 h ; celle 33,5 égale à celle 40 l ; celle 34,6 égale à celle 41 n ; enfin celle 35 , 7 égale à celle 42 p, ce qui donne le quart d’ellipfe G y F, qui eft le cintre de face demandé.
- S’il arrivûit que fiir un plan d’inégale largeur, tel qu’eft celui-ci, le cintre de la petite face , fût donné, ainfi que le grand , la ligne diagonale D E 9 (laquelle repréfente en plan l’arête de la voûte,) ne pourroit plus être une ligne droite , à moins toutefois que ce petit cintre donné, ne fût un quart d’el-lipfe, comme la fig. 8 ; c’eft pourquoi hors ce cas, ri faut que le petit cintre de face foit déterminé pour avoir la ligne d’arête en plan, ce qui fe fait de la maniéré ftüvante :
- On commence par divifer la hauteur du petit cintre de face par les lignes 8,9,10, ir,12, 13 & 14, perpendiculaires à celle H G , en obfer-vant de faire la difiance H 8 égale à celle C o; celle H 9 égale à celle C//z; celle H 10 égale à celle Cz ; celle H11 égale à celle C g; celle H12 égale à celle C e ; celle H 13 égale à celle CC; celle H 14 égale à celle C a ; enfin celle H G égale à celle C A , afin d’avoir des tranches parallèles égales dans les deux cintres , ainfi !que je l’ai démontré en parlant de la pénétration des corps , page 308 & fuivantes.
- Cette préparation étant faite, on trace le cintre de la petite face, ( à la place duquel j’ai fubftitué la ligne droite F G , fig. 6, afin d’en rendre l’opération plus fenfible , ) & par les points 1 f , 16, 17,18,19 , 20 & 21, ou il coupe les lignes 8,9,10 , & c; on tire des lignes parallèles à celle H Gf
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- S £ C T I O N IL §. III. Du revetifie ment de à Voûtes ogives. 361 que Ton prolonge jufqu’à ce quelles rencontrent celles du grand cintre de face qui leur font correfpondantes , & qui excédent autant .quil eft néceffaire au-delà de la diagonale D E ; puis de l’angle E, & par les points 22,23,24, 2 J , 26 i 27, 2S D, on fait paffer une ligne courbe qui efl: le plan de 1 arête de la voûte de la fig. y.
- Si au lieu d’une ligne droite ou d’une partie de cercle, la forme du cintre de la petite face étoit une doucine comme la fig. 4 , l’opération feroit tou-* jours la même que la derniere, & le plan de l’arête de la voûte feroit comme la fig. 3 .
- Quand un des deux cintres de face efl plus bas que l’autre , il forme alors ce qu’on appelle une lunette, ainfi que le cintre M N9 fig. 2 , dont la hauteur L N efl: moindre que celle CA ou H G , ce qui efl la même choie ; & on a le plan de l’arête que forme cette lunette , en fidvant toujours la même méthode, ainfi qu’on peut le voir dans la fig. 1, où la courbe O P efl: donnée par la retombée des lignes prifes à la rencontre du petit cercle avec les lignes horifonta-les qui le traverfent.
- §. III. Du revêtifiement des Voûtes ogives ou en ogives.
- Les arêtiers dont je viens de parler, ne font applicables que dans le revêtifo fement des voûtes régulières ; il me refte préfentement à parler des arêtiers des voûtes ogives ou gothiques , afin que l’on puifle connoître la différence qu’il y a entre ces dernieres & les premières, & par conféquent les procédés dont on doit fo forvir pour les revêtir telles qu’elles font , c’eft-à-dire, fans rien changer à leurs formes.
- La différence qu’il y à entre les voûtes régulières & les voûtes en ogives, efl que le cintre de face des premières , efl: un cintre parfait, c’eft-à-dire , un demi-cercle ou bien un cintre forhauffé ou fùrbaiffé, ainfi que je l’ai dit ci-devant ; au lieu que le cintre de face des dernieres, c’eft* à-dire des voûtes ogives, eft compofé de deux arcs de cercle dont les points de centre font toujours au nud des impolies, du moins pour les plus parfaites, mais dont la rencontre forme toujours un angle au milieu de l’arcade.
- Il eft des voûtes ogives où Cet angle fe continue dans toute l’étendue de la voûte , de forte que les cintres diagonaux, c’eft-à-dire des arêtiers, font auffi des arcs de cercles ; mais dans les plus parfaites, ou je crois, les plus modernes, cet angle vient en s’adouciflànt jufqu’au milieu ; de forte que le cintre des arêtiers eft un demi-cercle : c’eft de cette derniere elpece de voûte dont je vais donner la defcription , & par conféquent la maniéré d’en faire le revêtifle-ment ; quoiqu’en général on feroit très-bien, s’il arrivoit qu’on eût de ces fortes de voûtes à revêtir, de ne point s’attacher à leur forme, ( qui eft prefque toujours difgracieufe & fouvent irrégulière, un des côtés étant cintre d une Menuisier. IL Paru Zzzz
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- façon, & l’autre d’une autre,) mais d’y faire des arcs plein-cintre à l’ordinaire, ce qui üèroit beaucoup mieux ; cependant comme on pourroit être obligé de les revêtir félon leur forme -, loit pour fe conformer à d’autres ouvrages déjà faits, ou pour quelque autre raifon, il eft bon de les connoître, ce qui eft fort aifé , ainfi qu’on le verra ci-après.
- Après avoir tracé la moitié ou le quart du plan, ainfi que celui A QE Z, fig. 4, ce qui efl fuffifant, on mene au centre de ce dernier la diagonale A E , dont la longueur efl le rayon du cintre afi9 fig. 2 ; enfüite du point A, fig. 4 , on trace les lignes A D ,AC, dont on a le cintre d’élévation (ainfi que celui du fond, repréfenté fur le plan par la ligne A Q ) de la maniéré fidvante : La hauteur du milieu du cintre X E,fig. 1, étant donnée, ainfi que celle du cintre du fond XQ ou A 23 , des points 23 & E, on tire l’arc de cercle 23, 19 E , dont le centre fe trouve fur la ligne E X, que l’on prolonge autant qu’il efl néceflàire.
- Enfuite on prend fur le pim fig. 4, les diftances Z a Sc Z b, que l’on porte fur l’élévation du point A aux points a b ; & de chacun de ces points on éleve autant de perpendiculaires, lefquelles venant à rencontrer l’arc 23 E aux points 19,15, donnent la hauteur de chacune des cerces dont on a belbin.
- Cette opération étant faite, on porte du point a y fig. 2, les diftances AD % AC Sc A Q j fig. 4, aux points c ,</,£, auxquels points on éleve les perpendiculaires cgydhScei, dont la hauteur eft égale à celle b iy_, a 19 Sc A 23 , fié-* ; puis pour avoir le centre de ces trois arcs d© cercles , de leurs extrémités on mene les diagonales ag,ah8cai, que l’on divifè chacune en deux parties égales aux points & , æ Sc x ; Sc de chacun de ces points , on éleve autant de perpendiculaires, que l’on prolonge jufqu’à ce qu’elles rencontrent la ligne des centres aux points 27, 14 & 13 , defquels points comme centre, on décrit les arcs de cercles demandés.
- Quant à la maniéré de tracer ces différents arcs fur l’élévation, on s’y prend de la maniéré fuivante :
- On divife le plan par des lignes parallèles à chacun de fes côtés, ainfi que celles R N, S O 8c T P, que l’on prolonge jufques fur l’élévation, ainfi que celles cP y b 1$ Sc a 19, fig. 2. On éleve encore les lignes perpendiculaires € 17 ,^20 , g 21 Sc h 22 , dont les diftances ont été prifes fur le plan, fig.*q., aux points hg,fe , a Sc b ; ce qui étant fait, on prend fur j.e plantes diftances qu’il y a du point A y aux points N OP y IL M Sc F GH y formés par la rencontre des perpendiculaires avec les diagonales, lefquelles diftances on porte fur la ligne a b 9 fig. 2 , du point a aux points 4 , 8 & 12 , pour la diagonale A E ; du point a aux points 3,7, 11, pour celle AD; du point a aux points 2,6 Sc 10y pour la diagonale AC; enfin du point a aux points 1,5 & 9 y pour la ligne A Q ; puis par chacun de ces points on éleve autant de perpendiculaires que l’on prolonge jufqu’à ce quelles rencontrent l’arc de cercle
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- Section 11. §. III. Du revêtiffement des Coûtes ogives. 363 auquel elles correfpondent ; Sc la hauteur de chacune de ces perpendiculaires , donne autant de points aux tourbes demandées que Ton trace, en prenant par exemple * pour la diagonale ou courbe d’arête, la diftance bf, Sc la portant de X en E ; celle 12 l, de c en P ; celle 8 m, de b en O ; & celle 4 0, de a en N ; puis par les points A, A7, O, P & £, on fait pafîèr Une ligne courbe qui eft l'arêtier de la voûte vu géométralement. Les autres courbes fe décrivent de même, en prenant les hauteurs néceffaires fur les arcs qui leur font corref-pondants, tant pour ceux de face que pour ceux des côtés, ce qu’il efl fort aifé de voir dans la fig. 1, où la hauteur X D celle b , égale celle c g fig. 2 ; celle c M Sc d 16, égale celle 1 r p ; celle b L 8c e 17, égale celle 7 q ; celles / & g 18, égale celle 3 r, ce qui donne les deux courbes A 18 , 17, 16, iy, & Al LM D, repréfèntées en plan par les lignes Ab Sc A D.
- On décrit les deux autres courbes de la même maniéré, en faifànt X C Sc a 19 égal \dh\cHScf 2 o égal a 10 s ; b G Sc g 21 égal \6t'yScaF8c h 22 égal à 2 u*
- Quant à la derniere Courbe , elle devient une ligne droite vue de côté, ainfî que celle A 2ÿ ; & fur la face on la trace au compas, ainfî que celle a y i , fig. 2 ; & h je fai cotée de lettres dans l’élévation, ce n’eft que pour faire mieux fentir le rapport que cette courbe , ainfî qu'é toutes les autres, ont avec le plan ; Sc c’eft pour cette même raifon que j’ai affeélé de mettre les mêmes lettres au plan qu’à l’élévation : ces courbes ainfî tracées , fervent à trouver les courbes des arêtiers de revêtiflements , ainfî que les joints des panneaux, fbit qu’on les voulût faire perpendiculaires au plan, du parallèles à ce même plan.
- Dans le premier cas, le joint des panneaux ainfî difpofé, efl repréfenté fur le plan par les lignes Z E, ^TP,XO&Z7N,&par celles R N>S O ,TP Sc Q E. C es panneaux vus de face , repréfentent en élévation des lignes droites, ainfî que celles QE,TP9S08cR N ;8c par le côté des lignes courbes, ainfi que celles 26 iV, 2$ 0, 24 F , Sc 23 E, lefquelles Courbes font données, lavoir , les trois plus petites par la rencontre des perpendiculaires avec les premières courbes, & la plus grande par un arc de cercle qui efl celui de l’arête de la voûte. Voyez l’autre côté de la figure, où ces joints font indiqués par des lignes pleines, Sc les autres courbes par des lignes de conftrüélion.
- Si on vouloit faire les joints horifbntaux, ainfî que l’indiquent les lignes iy D ,ip C, 23 Q > 2$ S Sc 26 R 9 on prendroit fur l’élévation la diftance qu’il y a du point où les courbes de conftruétion coupent les lignes horifontales , juf* qu’à la ligne E U ; Sc l’on porteroit ces mêmes diftances fur les lignes du plan, qui repréfentent les courbes d’où ces diftances ont été prifes, ce qui donnera fur le plan les lignes ponétuées b D, a C, ZQ9YT9XSScUR9 d’une forme toute différente les unes des autres, félon leurs différentes places.
- Quant aux arêtiers, on les tracera par la même méthode que j’ai tracé les autres courbes , c’eft-à-dire, qu’après les avoir tracés fur le plan, ainfi que 1 indu
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- que ia ligne E B , la longueur de cette ligne donnera leur hauteur, ainfi que je l’ai déjà dit ; enfoite on ajoutera de chaque côté de cette ligne, la largeur de l’arêtier ; & par les points où cette largeur coupera les lignes de plan des cerces de conftruéHon, on élevera des perpendiculaires dont la hauteur donnera les fécondes courbes de l’arêtier, ainfi qu’on peut le voir dans la fig% 3.
- Quant à la maniéré de mettre ces arêtiers de largeur, cette derniere étant déterminée , on la portera fur l’élévation de la ligne d’arête fur chaque joint de côté, ainfi que l’indiquent les points 28,29,30 & 31 ,fig. 1 ; defquels points on abaiflèra des perpendiculaires fur le plan, lefquelles venant à rencontrer les lignes repréfentant les lignes de conftruétion, donneront la véritable largeur de l’arêtier, laquelle eft indiquée par des lignes ponctuées.
- Je ne m’étendrai pas davantage fur cette partie des voûtes ogives, vu 4leur peu d’ufage, me contentant de les développer comme de fimples furfaces, auxquelles il feroit fort aifé d’ajouter des épaiffeurs foit en dedans ou en dehors , la méthode que j’ai donnée pouvant fùffire à tous ces différents cas. On obfer-vera aufli que j’ai fùpprimé les nervures de l’angle A , afin de mieux faire fentir toutes les opérations que j’avois à faire ; cependant comme il y a des occafions où elles ne peuvent pas être fùpprimées, on les revêtira de Menuiferie , ce que l’on fera en creufànt l’arêtier & le faifànt retourner à angle droit pour recevoir les panneaux du fond de la voûte, auxquels cela ne change rien pour ce qui eft de la maniéré de les conftruire, les arêtiers ainfi conftruits ne faifànt que diminuer la largeur des panneaux. ' ,.
- Tout ce que je viens dire touchant les arêtiers, ne ' regarde en partie que ceux dont la projeétion forme une ligne droite fur le plan, parce que ceux dont le plan de l’arête forme une ligne courbe, font beaucoup plus compliqués , quoique la méthode d’en tracer l’arête foit la même ; c eft pourquoi j’ai cru, qu’avant de parler de ces fortes d’arêtiers, il étoit néceiîàire de donner la maniéré de faire les courbes obliques & celles cintrées tant for le plan que for l’élévation, ainfi que la maniéré d’en faire les cintres ralongés, ( ou en terme d’ouvrier les cherches ou calibres rallongés ) dans tous les cas poflîbles, afin que cette connoiïïànce une fois acquife, donne plus de facilité à entendre la conftruétion des arêtiers des lunettes de toutes les efpeces, lefquelles ne font dans le fond que des courbes cintrées en plan & en élévation, ainfi qu’on le verra dans la foite.
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- Section III. Des Courbes cintrées en plan , obliques, &c. 365
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- Section Troisième.
- Des Courbes cintrées en plan, obliques 6 rampantes fur ïélévation,
- & la maniéré d!en faire le calibre ralongé.
- Les courbes dont je vais parler font de deux elpeces ; {avoir, celles qui ! font formées par la coupe oblique d’un cylindre , & celles dont la coupe de ce même cylindre eft décrite par une hélice , ce qui donne la courbe rampante ; de forte que le développement de la première courbe forme une ligne courbe , & qu'au contraire le développement de la fécondé, c'eft-à-dire de la courbe rampante , devient une ligne droite , ainfi que je fai démontré en parlant des éléments de Stéréotomie, page 303 ; de forte que pour bien entendre la conf truélion des courbes obliques & rampantes, il faut les confidérer comme pri-fos dans un cylindre creux ; de maniéré que toutes les parties qui compofent les furfaces intérieures & extérieures de ces courbes, foient exaélement com-prifes dans celles du cylindre, & tombent à-plomb des lignes intérieures & extérieures du plan de ce même cylindre, ainfi que le repréfontent les fig. 1,2 Sc 3 , lelquelles font des moitiés de cylindres creux, coupés obliquement ou en hélices, ainfi que je vais l'expliquer ci-après ( *),
- La courbe oblique repréfentée dans la^g*. 1, n'eft d'aucune difficulté , parce qu elle eft droite fur là face ; c eft pourquoi après en avoir tracé le plan, on tire à fon extrémité la ligne droite ad 8c celle ej, parallèle à la première ; enfoite de quoi, des points a 9b9 c 9 d, ( qui font les extrémités intérieures & extérieures du plan) on éleve des lignes perpendiculaires ae 9b m 9c m8c df9 que l'on prolonge indéfiniment ; puis la pente de la courbe étant donnée, on tire la ligne g l y laquelle coupe les perpendiculaires aux points g 9 h 9i, /; ce qui donne la longueur de la courbe 8c fa largeur aux deux extrémités, laquelle largeur n'eft pas égale à celle du plan , parce que la diftance g h ou i l, eft plus grande que celle a b ou c d. Quant à la forme de la courbe , c’eft une demi-ellipfe, (du moins quand le plan eft un demi-cercle,) laquelle eft plus ou moins alongée, à raifon de la plus ou moins grande inclinaifon de la courbe.
- Pour rendre ce que je viens de dire plus fenfible, foit le parallélogramme a b cd9 fig. 4, for lequel eft tracé un demi- cercle divifé en plufieurs parties égales ; fi for ce parallélogramme on en plaçoit un autre efg h 9 de même largeur & longueur que le premier, 8c que de chaque point de divifion du cercle & des extrémités a9i9b, /, \ 9myc9n9d8co9 des lignes de divifion ; fi de ces points, dis-je, on élevoit autant de perpendiculaires au premier parallélogramme , 8c qui paf-
- C*) Il faut obferver que je ne confidere les courbes dont je parle ici, que comme des fur-faces ou même de Amples lignes, ce que je fais afin d’en rendre la démonftration plus claire & plus Ample, réfervant à parler de leur lar-
- Menuisier. II. Part.
- geur Sc épaifleur dans le paragraphe fuivan*, où pour lors on aura acquis toute la connoiffance néceffairepour n’être pas embarraflepar la grand© quantité des lignes de conlfruétion.
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- fàflent au travers du fécond, il eft certain qu’ils donneroient fur le fécond parallélogramme des points à la même diftance, & des lignes à la même place & de la même longueur qu’au premier.
- Mais fl au contraire ce fécond parallélogramme (toujoursde la même largeur que le premier,) avoit la facilité de fe mouvoir comme à charnière au point p9 & quà mefiire quil s’éleveroit, il pût s’alonger de maniéré que la ligne g h> fût toujours à-plomb de celle c d ; il arriveroit alors que le fécond parallélogramme de-viendroit plus long que le premier, fans pour cela changer de largeur.
- Le changement qui fe fait alors dans la longueur du parallélogramme, fe fait auffi dans le demi-cercle quiy eft tracé, lequel s’alonge fans pour cela changer de largeur, puifque les perpendiculaires prifes fur le premier parallélogramme , font toujours les mêmes, ainfi qu’on peut le voir dans cette figure, ce qui alors donne fur le fécond parallélogramme une courbe produite par des perpendiculaires prifes fur la première, laquelle eft plus alongée à raifon de l’élévation du fécond parallélogramme : c’eft ce qu’on appelle une courbe ralongée.
- En général, il réfulte de cette démonftration, que pour avoir le calibre ra-longé d’une courbe quelconque , il faut, ainfi que dans la fig. 5, après avoir tracé la courbe en plan , la divifer en un nombre de parties à volonté, ainfi que les points a, e 9f g,h9i 9d; puis après avoir conftruit le parallélogramme a b c d, par chaque point de divifion de la courbe , on éleve les perpendiculaires mn9 rs9lg 9tu&i&9 que l’on prolonge indéfiniment jufqu’à ce qu’elles rencontrent la ligne 1 c, qui eft l’inclinaifon fuppofée de la courbe ralongée.
- Cette opération étant faite, des points 1,10,1599, if 9 21 8c c, on éleve autant de perpendiculaires à la ligne 1 c, lefquelles repréfentent celles qui font tracées fur le plan ; enfùite on fait la diftance i, 2 ou c 3 égale à celle ab ou c & des points 2,3,0n mene une ligne qui achevé le parallélogramme 1,2,
- 3 , c y qui eft égal en largeur à celui du plan ab c d. Ce parallélogramme étant trouvé, il refte à trouver la courbe ralongée, ce qui fe fait de la même maniéré , c’eft-à-dire , que l’on fait la diftance 10,4, ou 21,8, égale à celle m e ou £ i ; ou bien la diftance 11,4, ou 22,8, égale à celle n e ou <§’ i, ( ce qui eft la même chofé, puifque les deux parallélogrammes font égaux en largeur).
- On fait enfùite la diftance 15,5, ou 17, 7, égale à celle rfo u t A, ou enfin la diftance 16, 5 , ou 18,7, égale à celle s fou u h, & la diftance 9,6, égale à celle l g ; puis par les points 1,4, 5,6,7, 8, c, on fait paifer une ligne courbe qui eft le calibre ralongé de celle du plan ; ce qui eft général pour toutes les courbes pofîibles & de quelque forme qu’elles puiflent être \ à condition toutefois que pour avoir les points de la courbe ralongée , on fè ferve toujours de lignes perpendiculaires à la bafe du plan, ce qui eft une loi indif-penfable dont on ne peut s’écarter fans s’expofer à fè tromper, ainfi que je le démontrerai ci-après.
- Si des points de divifion de la courbe du plan, on faifoit paflèr autant de li-
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- Section III. Des Courbes cintrées en plan, obliques, &c. 3 6j
- gnes au centre /, Sc que l’on voulût repréfenter ces même lignes fur le parallélogramme 1, 2, 3 , c, on fe ferviroit toujours de la même méthode 9 c'eft - à - dire, que des points q Sc y9 où ces lignes rencontrent celle b c9 on éleve les perpendiculaires pq Sc xy, que Ton prolonge jufqu'aux points 13 Sc 19 ; Sc de ces mêmes points on éleve fur la ligne 1 c9 les perpendicuJaires 13 , 14, & 19 , 20 , lefquelles font femblables à celles du plan p q Sc xy ; enfùite on prendra fur le plan la diftance a 0 o\xdœ 9 que Ton portera de 1 à 12 , & de c à 23 ; puis des points 12, 14,20 & 23, on mènera autant de lignes au point 9, lefquelles feront femblables à celles du plan, c eft-à-dire, quelles leur feront perpendiculaires ; car elles feront plus longues à raifbn qu'elles s'écarteront de la perpendiculaire 9 , 6 , ainlî qu'on peut le voir dans la figure J.
- Cette obfervation eft d’autant plus eflentielle , que quand la courbe eft fort oblique, & qu'on vient à en tracer le calibre ralongé , la courbe de ce calibre eft beaucoup plus large dans les bouts que dans le milieu, ce qui embarrafle fort les Commençants, auxquels on ne peut pas bien faire fentir la raifon de cette inégalité de largeur.
- De quelque forme que foient les courbes, c’eft toujours la même méthode pour en tracer le calibre ralongé, ainfi que je l'ai déjà dit; cependant il faut faire attention de quel fens cette courbe s'élève, ainfi que je vais l’expliquer ci-après.
- Si dans le parallélogramme <2 b cd9fig. 6 9 on traçoit la courbe b Id , dont le point d'élévation fut fur la ligne cd9 il ne feroit pas néceflàire que le plan de cette courbe occupât tout l'elpace du parallélogramme a b c d; ceft pourquoi du point b au point d9 on peut conftruire un autre parallélogramme b efd9 lequel eft plus long que le premier, mais en même temps a beaucoup moins de largeur.
- Enfuite pour avoir le parallélogramme ralongé, on opéré à l'ordinaire, & on a le parallélogramme g h if9 qui eft produit par celui b efd. Quant à la maniéré d'avoir la courbe ralongée, après avoir divifé celle du plan en autant de parties qu’on le juge à propos, on fait paffer par ces mêmes points les perpendiculaires me ynoypqyrsytu y x y, parallèles à la ligne cd; Sc par les points où ces lignes coupent celles b d Sc efy on éleve autant de perpendiculaires à ces derniers, lefquelles vont rencontrer le parallélogramme gfh i, en obfèrvant que celles qui font produites par la ligne ef9 fe retournent quarrément fur celle gfy afin que les diftances que les perpendiculaires donneront fur la ligne gfy foient égales fur celle h i9 qui repréfente celle du plan ef.
- Cette opération étant faite, des points où ces perpendiculaires rencontreront celles gfSc h i , on tracera les lignes 11, h ; 12, 13 ; 14, 15 ; 16, 17; 18, *9 ; 20 Sc 2 r , lefquelles repréfenteront celles du plan me y n 0 9p q, r s, tu, xy > fur lefquelles on prendra des diftances pour tracer le calibre ralongé à 1 ordinaire, ainfi qu'on peut le voir dans la fig. 6.
- Si au üeu de fe fervir de lignes perpendiculaires à la ligne a d9 on vouloit au
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- contraire fe fervir de celles que Ton prendroit for celle b i pour tracer le calibre ralongé , on tomberait dans Terreur, parce que ces mêmes lignes; 1, 6 ; 2 , 7 ;
- 3,8 ; 4,9 ; & y, 10, qui font for le plan perpendiculaires à la ligne b d, ne peuvent pas Têtre for le parallélogramme du calibre ralongé, ainfi quon peut le voir dans la fig. 7, où les lignes 1,6 ; 2,7 ; 3,8 ; 4,9 ; & y, 10, qui font produites par celles du plan cotées des mêmes chiffres , où ces lignes, dis-je, ne font pas perpendiculaires à celle gf, fig. 7.
- Pour prouver cette vérité , foppofez que la ligne D A , fîg. 9 , foit la même que celle adyfig. 6, & que la forface D F E B *foit une partie du parallélogramme b ef d y fig. 6 ; fi for la ligne D E on élevoit la perpendiculaire ce , que Ton voulût repréfenter for une forface ralongée , dont l’élévation forait de D en G , on opérerait à Tordinaire ; c’eft-à-dire, que par les points C e , on éleveroit les lignes le Scm n, perpendiculaires à celle D A> jufqu’à ce qu’elles rencontrent celle D G au point fh , ce qui donne la diftance/A pour les deux points de la perpendiculaire que Ton veut tracer fur la forface ralongée ; mais on doit faire attention que cette forface étant de même largeur que celle du plan, & la diftance/A plus grande que celle € n , la ligne que Ton veut tracer ne peut être perpendiculaire à celle D G, ce que 1 on prouve aifément en portant la diftance hfàzn en i, duquel point à celui C, on tire une ligne i C, la* quelle n’eft plus perpendiculaire à celle D B ou D G , ce qui eft la même chofe. Voyez la fig. 8, où j’ai repréfenté en perlpeétive le ralongement delà courbe y fig. 6 y & où Ton peut voir la néceffité de toujours mener à l’élévation des perpendiculaires à labafe du plan, du moins pour les courbes obliques dont je parle ici, confidérées comme de fimples lignes.
- Lorfque les courbes font rampantes, & par conféquent décrivent une hélice , le calibre ralongé fe trouve de même que pour les courbes obliques. Quant à l’élévation des courbes rampantes , elle fo décrit par la même méthode que les hélices dont j’ai parlé page 303; cependant pour en rendre l’explication plus claire, je vais faire la démonftration de celle repréfentée figure 2.
- Le plan de la courbe rampante étant tracé, ainfi que celui a b c d, on le di-vifo en un nombre quelconque de parties égales ( * ) > ainfi que celles 1,2,3, 4 , 5,8c a ; de chacun de ces points, on mene au centre r, autant de rayons , lefquels divifent pareillement le dedans de la courbe en parties égales.
- Cette opération étant faite , on trace l’élévation félon la méthode ordinaire ; puis la pente étant donnée, on la divife en parties égales, par des lignes horifon-tales, ainfi que celles q q 9 1,1.; 2,2; 3, 354,4; y , y ; & 6, 6, dont le nombre eft égal aux divifions du plan, ce qui eft abfolument néceflàire ; enfoite
- (*) Lorfque j’ai parlé des courbes obliques, yai dit que l’on divifoit la courbe du plan en autant de parties que l’on vouloit, fans qu’il fût même nécelfaire qu’elles Ment égales entr’elles, ce qui pourroic être pour le calibre des courbes
- rampantes ; mais pour tracer leur élévation, il faut que leurs plans & leurs élévations foient divifés en parties égales chacune en particulier, ainü que je l’ai démontre en parlant des hélices. Voyez ce que j’en ai dit page 303.
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- Section III. (J es Courbes cintrées en plan , obliques, 6c. de chaque point de divifion du plan, ôn éleve des perpendiculaires jufqu'à ce qu'elles rencontrent les lignes horifontales de T élévation qui leur font correspondantes ; c eft-à-dire , que du point d, on éleve une perpendiculaire à la ligne q q, qui eft repréfentée fur le plan par celle cd ; enfuite du point i, on mene une perpendiculaire à celle r , I, laquelle la rencontre au point o ; du point 2 , on en mene une à la, ligne 2,2, qui la rencontre au point m ; du point 3, on mene une perpendiculaire à la ligne 3,3? laquelle la rencontre au point i ; on en mene une autre du point 4 à la ligne 4,4, laquelle la rencontre au point g ; du point y , on en mene une autre à la ligne 5,5 , laquelle la rencontre au point e ; enfin du point a, on mene une perpendiculaire à la ligne 6 y 6 , qui la rencontre au point 6 ; puis par les points 6 9 e 9 g , i 9m 9o fk q 9 on fait pafter une lig ne courbe qui eft l'hélice du dehors.
- L'hélice du dedans fe décrit de la même maniéré que la première, amfLque l'indiquent les points s, f9 h 9 i, l9n 9p , lefquels font produits par les points b, 9,8,7, 6 Sc c 9 de la courbe intérieure du plan.
- Pour peu que l'on faflè attention à cette opération , il eft aifé de voir que la ligne a b du plan, eft repréfentée par celle 6 s de l'élévation ; celle ^ , 9, par celle ef ; celle 4, 8 , par celle g h ; celle 3,3, par le point i , ( qui ne peut être qu’un point, puifque la ligne du plan fe trouve confondue avec la perpendiculaire ; ) celle 2,7, par celle / m ; celle r , 6, par celle n o ; enfin la ligne d c eft repréfentée par la ligne p q 9 laquelle eft horifbntale, ainfi que toutes les autres de l'élévation ; d’où il eft aifé de conclure que tous les points de la courbe font d'équerre avec les perpendiculaires de fes furfaces extérieures & intérieures, en tendant au centre du plan, ce qui eft une des qualités néceflaires aux courbes rampantes.
- Si la courbe rampante, au lieu d'être d'équerre au centre du plan, étoit d'équerre perpendiculairement à la bafe du plan, ainfi que l'indiquent les lignes a b , c d9 ef9 g h9 il, mn9 on , fig. j , il arriveroit que la courbe rampante décriroit toujours une hélice par dehors, ce qu'elle ne pourroit faire en dedans, & ce qui la rendroit très-difforme, fur-tout vers les extrémités, ce que l'on peut remarquer dans la fig. 3. Il eft cependant des occafions où les courbes fe mettent d'équerre fur ce fens ; mais cela eft fort rare, ainfi que je le dirai en fon lieu.
- §. I. De la maniéré de déterminer tépaijjeur & la largeur des Courbes rampantes, 6 de les mettre d'équerre dans tous les cas pojjibles•
- D' a p r È $ les principes que je viens de donner touchant la nature & la forme des courbes rampantes, confidérées feulement comme des lignes ou des furfaces, il eft néceflàire, pour faire fervir ces mêmes principes à la pratique , de confîdérer ces courbes comme des fblides enfermés entre ces lignes Menuisier. IL Part. B b b b b
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- courbes, ce qui va faire le fujet de ce paragraphe, afin de donner à cette partie de mon Ouvrage, toute la perfection dont elle peut être fufceptible.
- Pour avoir l’épaifieur & la largeur d’une courbe rampante, fon plan étant marqué , ainfi que lafig. 2 , on l’enferme dans le parallélogramme AB C D ; enfoite après avoir divifé la courbe en un nombre de parties égales , de chaque point de divifion , tant intérieur qu’extérieur, on éleve des lignes perpendiculaires jufquà ce quelles rencontrent la courbe dont l’élévation eft déterminée par le triangle O M N, & que l’on a divifée par des lignes parallèles , placées à diftance égale les unes des autres, & en pareil nombre que les divifions du plan, ainfi que je l’ai déjà dit ; & à la rencontre des lignes perpendiculaires & des horilbntal.es qui leur font correfpondantes , on a les lignes O a , b c , de, fg, h, i L, mn, op , Sc q N, qui font autant d’équerres à la courbe.
- Ce qui étant fait , on prend l’épaifieur de la courbe , que l’on porte fur chaque perpendiculaire ; & à chaque point de foétion , on tire les lignes 1,2; 3,4; 5 , 6; 7, 8 ; 5? ; 10, 11 ; 12,13 ; 14, 15 ; & 16,17; lefquelles lignes font autant d’équerres à la courbe, ainfi que celles de defibus.
- Lorfqu’on a ainfi marqué l’épaifieur & le gauche de la courbe , on a l’épaif-leur de la piece dans laquelle elle peut être contenue, en tirant une ligne droite à chaque point le plus fàillant de la courbe, tant en deflus qu’en defibus, ainfi que celles F ISc EL, lefquelles font parallèles entr’elles.
- Quant à la largeur de la courbe dans fon calibre ralongé, après en avoir tracé le dedans félon la méthode ordinaire, on trace le dehors par la même méthode, en obfervant de fe forvir toujours des lignes perpendiculaires, tant pour prendre les diftances fur le parallélogramme du plan, que pour les porter fur celui F G HI, qui eft celui qui contient le calibre de la courbe ralongée, laquelle, comme on peut le voir, eft dans le milieu rs, d’une largeur égale à celle du plan, laquelle eft la même par-tout ; au lieu que celle t u de fon extrémité eft beaucoup plus large, à caufe que cette ligne 11’eft pas parallèle à celle du milieu, qui eft perpendiculaire à la face du parallélogramme, qui eft le foui point 011 la courbe ralongée peut être d’une largeur égale à celle du plan, ainfi que je l’ai prouvé plus haut, p. 367 &f.
- Quant à l’exécution de ces fortes de courbes, elle eft très-facile, parce que lorfqu’on a corroyé le bois d’une longueur & d’une largeur égales au parallélogramme F G H 7, & d’une épaifteur égale à celui E FIL , on commence par tracer en deflus toutes les lignes perpendiculaires qui ont feryi à la conftruc-tion du calibre ralongé , ainfi que les lignes d’équerre x 2 ; 1 8,25; 19,26; 20, 27; s r ; 22, 28 ; 23, 29 ; 15 , 30 ; & u t ; lefquelles font les plus nécef-faires. Cette opération étant faite , on prend avec la faufle équerre la pente de la courbe , ( comme par exemple la ligne t q ,) & on trace avec cette faufle équerre for le champ de la piece , toutes les lignes du deflus pour les retourner en deflous , & pouvoir y tracer le cintre de la courbe,§ foit avec des points pris' fur les perpendiculaires , ou avec un calibre, ce qui eft la même chofo.
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- Section 111. §. I. Déterminer ïépaifjeur & la largeur des Courbes , &C. yjt
- Après avoir ainfi tracé la courbe , on la chantourne ; ce qui étant fait, on y trace en dedans & en dehors des lignes à la rencontre de celles d’équerre, qu’on a eu foin de tracer en deflus & en deffous, ainfi que je l’ai déjà dit. Enfoite pour marquer le gauche de la courbe , ou pour mieux dire , la mettre d’équerre félon fon rampant, on prend for l’élévation la diftance qu’il y a de chaque point de la courbe avec la ligne E I du deflus , ce que l’on fait de la maniéré foivante :
- Pour le deflus du dehors de la courbe , on prend la diftance F i, que l’on porte for la ligne defoendante de l’angle x, laquelle eft la même que celle F i ou F O, ce qui eft général pour toutes les autres ; le fécond point eft la diftance de 18 à 3 ; le troilieme de ip à 5 ; le quatrième de 20 à 7 ; le cinquième de 21 à 9 ; le fixieme de 22 à 11 ; le feptieme de 23 à 13 ; le huitième n’a point de diftance, parce que la ligne droite touche la courbe à ce point ; le neuvième enfin, fe trouve en portant la diftance 24, 17 , fur la ligne defoendante de u à JV, qui eft la même que celle 24, 17, ou 24 N.
- Le deflus du dedans fe fait de la même maniéré ; c’eft pourquoi je n’en ferai pas de démonftration, vu que j’ai marqué les extrémités des lignes d’équerre de la courbe ralongée , des mêmes chiffres que for les lignes perpendiculaires qui ont fervi à tracer la courbe ralongée, & à fixer la place des lignes d’équerre de cette même courbe.
- Quand on a marqué tous les points fervant à donner le gauche du deftîis dé la courbe, on donne un coup de foie dans la ligne d’équerre jufqu’à ces derniers > puis on hache le bois qu’il y a de trop * & on achevé de le corroyer au rabot, en évitant d’y faire aucun jaret, & en faifànt attention qu’elle foit bien d’équerre de la ligne du dehors à celle du dedans qui lui eft correfpondante ; ce qui étant fait, on la met d’épaiffeur en portant for chaque ligne tant du dedans que du dehors, la largeur dont on a befoin ; & de point en point on opéré comme pour le deflus, en prenant la même attention.
- Il eft même bon de tirer le plus de lignes d’équerre qu’il fora poflible, afin d’éviter les jarets , 8c de rendre l’opération plus jufte.
- Quand le plan d’une courbe rampante eft un demi-cercle, ainfi que h-Jig. 2 , les effets font beaucoup plus fonfibles, tant par le gauche de la piece, que pour les différences de largeurs qui fo trouvent dans la courbe ralongée ; c’eft ce qui m’a engagé à deffiner cette Planche, for laquelle je n’ai mis de lignes de confo truélion, que celles qui étaient abfolument néceflaires ; on pourra auflî remarquer que de chaque point des lignes d’équerre, j’ai tiré des lignes droites pour mieux faire fontir le mauvais effet des jarets qui pourraient s’y rencontrer, fi on ne prenoit pas toutes les précautions dont je viens de parler.
- Pour rendre plus fonfible la différence des largeurs du calibre, dans le cas d une courbe oblique, j’ai tracé en dedans du calibre ralongé , une ligne ponctuée , qui indique ce qu’il faudroit que la courbe eût de plus de largeur pour etre égalé dans toutes fos parties , ce qui eft fort aifé à faire ; cependant il faut obforver qu il réfolte un inconvénient de ce plus de largeur que 1 on pourroit
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- donner àla courbe ralongée* qui eft, qu’elle ne tomberait plus à-plomb de celle du plan, fur lequel j’ai aufti marqué ce qu’elle excéderait par une autre ligne ponéluée ; ce qui prouve qu’une courbe oblique ne fàuroit tomber à-plomb d’une courbe horifontaie tant en dedans qu’en dehors, fans que l’une des deux foit d’une inégale largeur ( * ) , ce qui n’arrive pas aux courbes rampantes, lef-quelles font toujours de largeur égale, quoique le calibre ralongé foit d’inégale largeur , ce qui arrive, à caufo qu’en les dégauchiflànt, les lignes d’équerre qui étoient trop longues, reviennent à leur longueur naturelle, ainfi qu’on peut le voir dans la fig. i, où la ligne a b mife d’équerre , foivant l’à-plomb de la courbe , ainfi que la ligne c d ( qui pour lors eft la même que celle a b , ) que cette ligne, dis-je, devient égale à celle e fdu plan, fig. 2.
- Les réglés que je viens de donner touchant les courbes rampantes , font générales pour tous les cas poftibles, c’eft-à~dire , que de quelque forme que foit leur plan, on doit toujours fo forvir de la même méthode, tant pour leur élévation (que pour avoir leurs calibres ralongés), laquelle doit toujours être la même, prife dans Cous les points d’une courbe , pourvu que le plan foit un cercle ou un arc de cercle, ce qui eft fort aifé à concevoir, pour peu qu’on veuille y faire attention.
- Soit par exemple , le demi-cercle ABC, fig. 1, la moitié du plan de l’hélice D E F, ( laquelle fait une révolution entière for elle-même , & eft tracée félon la méthode que j’ai donnée ci-deflus, ) foit, dis-je, que l’on eût cette hélice ou courbe rampante à conftruire, il eft certain qu’on ne pourrait pas la prendre dans une feule pièce de bois, à moins que le fil du bois ne fût perpendiculaire au plan, ce qui ne vaudrait rien & ne ferait pas folide. Donc, pour donner plus de folidité à la courbe , & pour que le fil du bois foive la rampe, on doit la faire de plufieurs pièces aflemblées à traits de Jupiter, ce que l’on fait de la maniéré fuivante :
- On commence par marquer le plan de la courbe, ainfi que celui G HIL , fg-2 , que l’on divîfe en autant de parties égales qu’il en eft befoîn, ou pour mieux dire, en autant de parties qu’il y en a for l’élévation, ainfi qu’a été divifé le demi-cercle ABC, fig. 1 ; enfoite on marque fur le plan, fig. 2 > les aflfem-blages félon la longueur & le nombre des courbes que l’on veut employer; puis de l’extrémité de chaque courbe, on forme un parallélogramme a b c d, for lequel on éleve la partie de l’hélice qu’il renferme , folon la méthode ordinaire.
- On obfervera cependant que pour avoir le contour de la courbe bien jufte, lorfque l’extrémité de l’aflèmblage n’ira pas jufqu’à une des divifions du plan, il faut prolonger la longueur de la courbe julqu’aux plus prochaines divifions, pour
- ( * ) Ce que je donne ici pour la largeur des courbes rampantes, n’en eft véritablement que l’épaifleur ; c’eft pourquoi j’avertis que dans la fuite je n’en parlerai que de cette maniéré ; & fi jufqu’à préfent je ne l’ai pas fait, c’eft que j’ai
- cru ne pouvoir faire autrement, vu que les plans ou les calibres ralongés, confidérés feulement comme furfaces, n’ont que des largeurs, & ne peuvent pas avoir d’épaifleur.
- l’élévation
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- SECTION 11L §. I. Déterminer l'épaiffeur & la largeur des Courbes, êc. 373 l'élévation feulement, ainfi quon peut le voir dans la figure 3 , ou les perpen-diculaires e o>fp, g q 8c h /, font prifes fur les lignes du plan ef8c g h , lef- Planche quelles perpendiculaires ne fervent que pour l'élévation & pour avoir la bafe i l; car pour le reélangle rs tu du calibre ralongé, on fe fert toujours des perpendiculaires prifes fur les extrémités de la courbe, lefquelles donnent la longueur de la bafe m n , dont la dillance jufqu'à la bafe i /, ou à toute autre divifion horir ' fontale, eft donnée par la rencontre de la courbe avec les lignes perpendicu-' laires correfpondantes à cette bafe.
- Si on vouloît éviter de faire la courbe plus longue qu'il ne faut, du moins en élévation, on s'y prendroit de la maniéré fuivante :
- On trace à part quelques lignes horifontales, fig. 7, d’une dillance égale à celles de la fig. 3 , qui elles-mêmes le font à celles de la fig. 1 ; enfuite on éleve fur ces lignes horifontales des perpendiculaires d'une dillance égale aux di-vîfions extérieures du plan ; & à la rencontre de chacune de ces lignes , on fait pafler une ligne 1,2, laquelle repréfente l'inclinaiibn développée de la courbe ; puis on prendra fur le plan la dillance y %, que l'on portera de 3 à 4, auquel point on élevera une perpendiculaire 4, 7 ; & au point où cette derniere rencontrera la ligne 1,2, on fera pafler une ligne horilbntale y , 6, laquelle fera la baie demandée , ce qui eft d'autant plus vrai, que la dillance 7, y égale celle & x >8c que celle y , 4 égale celle x q.
- Ce que je viens de dire pour cette courbe, peut & doit s’appliquer aux quatre autres que j’ai faites d'une égale longueur, pour mieux prouver ce que j'ai avancé plus haut, que le calibre ralongé d'une courbe, dont le plan eft plein-cintre ou partie de cercle * eft toujours le même à tel point de la courbe qu’on le prenne , pourvu toutefois que le point milieu du calibre réponde au point de divifion qui eft perpendiculaire à la bafe du plan, ou pour mieux dire à la bafe de la partie du plan où l'on veut faire fervir le calibre, ce qu'il eft fort aifé de voir, puifque les figures 4, 5 8c 6 font exactement pareilles à celle 3 , ce qui n’a befoin d’aucune autre démonftration que la figure même.
- Quant aux aflemblages des courbes, je me fuis contenté de les marquer fur le plan ; & fi je ne l’ai pas fait fur l’élévation, ce n’a été que pour ne point multiplier les lignes de conftruélion , dont le nombre eft déjà très-confidéra-ble ; c’eft pourquoi j'ai réfervé cette explication à la Planche fuivante.
- Lorfque les courbes rampantes font fur un plan irrégulier, comme les parties a1. d’ellipfes , les S, &c, on fe fert toujours de la même méthode que ci-devant Planche pour en tracer l’élévation 8c le calibre ralongé, ( méthode qui eft générale pour ^ toutes les efpeces de courbes, ainfi que je l’ai déjà dit, 8c qu'on peut le voir dans les figures 4 & y. )
- Cependant il eft très-eflentiel d’obferver que ces fortes de courbes font fu-jettes à deux inconvénients ; favoir, que leurs calibres ralongés ne peuvent fervir que pour le point de la courbe fur lequel ils ont été pris ; fecondement, Menuisier. IL Paru C c c c c
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- que leur équerre ne peut être donnée par des lignes tendantes aux centres du plan, ainfi que dans les plans plein-cintre.
- Le premier de ces deux inconvénients nett pas fort confidérable, vu quil ne peut donner qu’un peu plus de fojétion dans la conftruétion des courbes, fur-tout quand elles font de plufieurs pièces affemblées les unes dans les autres, ainfi que les fig. 4 & 5.
- Il n’en eft pas de même du fécond, qui eft l’écueil contre lequel échouent prefque tous les Praticiens.
- Ordinairementlorfqu’on fait de ces fortes de courbes, on commence par divi-fer la partie extérieure du plan en parties égales , ainfi que l’eft la portion d’el-lipfe ou d’ovale ( *) A B C D .fig. 1 ; & des points 1,253,4,5,6 Scj . on mene autant de lignes aux deux centres de l’ovale O ou P. félon que les points d’où ces lignes partent, font for des arcs de cercles correlpondants à ces centres, ce qui donne les lignes 1, 8; 2,9; 3, 10, &c , qui font autant d’équerres à la courbe. La difficulté qui réfolte de cette méthode, eft que quand les courbes font divifées par dehors en parties égales, le développement de leurs courbes forme une ligne droite, ce qui eft bon ; mais il n’en eft pas ainfi du dedans où les divifions deviennent inégales à chaques différents arcs de cercles ; d’où il réfolte que le développement du dedans de la courbe fait un angle, & par conféquent ne rampe pas également, ce qui donne des largeurs de courbes inégales.
- Pour être convaincu de ce que j’avance, foppofé que la diftance o q ou bp i fig. 2 , foit une des divifions du plan, & que la hauteur ^p foit la hauteur du rampant de la courbe à chaque divifion, il eft certain que la hauteur perpendiculaire de la courbe rampante , repréfentée par le parallélogramme a b c d. fora de q à £. '
- S’il arrivoit qu’on bornât la largeur du parallélogramme par la ligne r s. fans rien changer à fà hauteur, le point q fur lequel paffe le parallélogramme a b ci étant fixé, il faudroit nécelîàirement que fon inclinaifon fût plus grande , pour que fon côté fopérieur paffât par la ligne s, ainfi que fait le parallélogramme ef g h ; d’où il s’enfuit que la largeur perpendiculaire q y eft plus grande que celle q
- Si enfin la largeur du parallélogramme repréfontant une divifion du plan,, étoit bornée par la ligne tu. le parallélogramme ilmn feroit encore plus incliné , & auroit par conféquent une largeur perpendiculaire qx. plus grande que les deux premières.
- En général, il réfolte de cette démonftration que non-feulement pour qu’une courbe fur un plan quelconque rampe bien, il faut que les divifions tant de lar-
- ( * ) Si je dis ici ellipfe ou ovale, ce n’eft pas que j’aie eu l’intention de faire prendre indifféremment l’une pour l’autre ; mais ce n’eft que parce que les Praticiens , ou du moins Ja plus
- grande partie, ne connoiflent que lovale , ce qui m’a fait dire l’une ou l’autre , afin de mieux faire entendre ce que j’ai à dire à ce fujet.
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- Section III. §. I. Déterminer !épaifjeur & la largeur des Courbes, &c. 375* geur que de hauteur, foient égales entr elles , ainfi que je l’ai déjà démontré , t pag, 303 & 366 ; mais encore que quand cette courbe eft d’une forte épaiflèur, ÿc qu elle eft vue des deux côtés , il faut que fes lignes d’équerre foient données tant en dedans qu’en dehors, par des points de divifion égaux entre-eux ; c eft-à-dire , qu’il faut divifer la ligne intérieure du plan en parties égales ainfi que l’extérieur, ce qui arrive tout naturellement dans les courbes dont le plan eft un cercle.
- Ainfi quand on aura des courbes rampantes dont le plan fera irrégulier, on divifèra dedans & le dehors en parties égales pour avoir les lignes d’équerre, ainfi que je l’ai fait aux figures 4 & y , & à la portion de plan GHIL yfig. 3 , où les lignes d’équerre 22, 15 ; 23 , 16 , &c, font données par des divifions égales , & où j’ai marqué par des lignes ponéluées , les lignes d’équerre données par la méthode ordinaire, ( c’eft-à-dire , par des lignes tendantes au centre de l’ovale , ) afin que?îon puifte juger d’un feul coup d’œil de la différence qu’il y a entre ces deux maniérés d’opérer, laquelle eft plus fenfible à raifon de la plus grande épaiflèur de la courbe , ( ou de la plus grande largeur du plan, ce qui eft la même chofe , ) ainfi que je l’ai indiqué par la ligne M N, laquelle eft divifée en parties égales aux points xx.
- J’ai auffi fait une fécondé courbe E F en dedans de la figure 1, pour faire mieux fentir l’inégalité des divifions intérieures de la courbe , en raifon de fa plus ou moins grande largeur, celle du petit arc de cercle de la courbe £ F étant beaucoup plus petit que ceux de fon grand arc , proportion gardée avec l’inégalité qui fe trouve dans la courbe D C.
- Quant à ce qui eft des courbes rampantes , Jzg. 4 & y, leur conftruétion eft la même qu’aux précédentes ; pour ce qui eft de leurs aftèmblages , après les avoir marqués fiir le plan, de tous les angles de ces aftèmblages on éleve autant de perpendiculaires à l’élévation, lefquelles donnent les arafèments des joints & la longueur des languettes , ainfi qu’on peut le voir dans la figure 5, où les mêmes aflem-blages font tracés fur le calibre ralongé , fuivant la méthode ordinaire ; c’eft pourquoi je n’en ferai aucune démonftration.
- Pour ce qui eft des calibres ralongés de ces courbes , il faut prendre garde de les changer, à moins toutefois qu’ils ne foient pris dans les axes de l’ellipfe du plan, ainfi que ceux des figures 4 & 5 , dans lequel cas on peut les retourner fèns-deflus-deflous, en obfervant de confèrver le parallélifme des axes, que l’on aura bien foin de marquer fur ces calibres ; hors ce cas, il faut faire autant de calibres que l’on a de parties à la courbe , fùppofe qu’elle foit trop grande pour la faire d’une feule piece ; ou bien fi on fait le calibre d’une feule piece , ou pour mieux dire, fi l’on ne fait qu’un calibre, on y marquera les joints que l’on portera enfuite fur les différentes parties de la courbe , avec l’attention de couper ces joints très-juftes , afin de ne point faire la courbe trop large ou trop étroite , ce qui, à la vérité, demande beaucoup de précifion de la part de l’Ouvrier, qui n a point cette fujétion dans les courbes dont le plan eft circulaire.
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- \ Ce que je viens de dire touchant les courbes rampantes, dont le plan eft d’une Forme elliptique, doit auflî s’appliquer à celles dont le plan eft d’une forme mixte, ou bien en S , comme celui AB C D >fig. 3 ; dans ces différens cas, il faut toujours divifor les lignes intérieures & extérieures du plan de la courbe en parties égales ( * ) , afin qu’elle rampe également en dedans comme en dehors ; ce qui ne peut être, quand le plan de ces courbes n eft divifé en parties égales que par un de fes côtés , Sc que les lignes d’équerre partantes de ces divifions , vont tendre aux différents centres du plan, ainfi qu’on peut le voir dans les figures 1 & 3 , où je n’ai fait tendre les équerres au centre du plan que pour en faire fentir toute la difficulté, Sc pour faire voir l’inégalité des divifions fur la ligne extérieure du plan coté J? C, & par conféquent la mauvaifé forme du rampant extérieur de la courbe , fig. 2 , lequel rampant extérieur eft plus doux que l’intérieur depuis le point G jufqu’au point H, duquel point julqu’à celui /, il devient beaucoup plus roide que ce dernier, (c’eft-à-dire, l’intérieur, lequel rampe par-tout également ) , ce qui eft un très-grand défaut, fur-tout quand la courbe eft d’une forte épaiffeur, & que les centres de fon plan font très-proches , ainfi que dans les figures ci-deflùs.
- S’il arrivoit que la courbe ne fût pas fort épaifïe, on pourroit s’éviter la peine de divifer les deux côtés de fon plan en parties égales, fo contentant de divifer la largeur du plan de la courbe en deux parties égales , ainfi que la ligne ponctuée E F, laquelle on divifora en parties égales, Sc par lefquelles divifions paieront les lignes d’équerre de la courbe, lefquelles iront tendre aux centres du plan de la courbe , laquelle rampera d’une maniéré allez gracieufè , à condition toutefois qu’elle ne foit pas d’une forte épaifîèur.
- , Si les courbes rampantes for un plan en S, deviennent d’une mauvaifè forme, lorfque les lignes intérieures Sc extérieures de leur plan ne font pas divifées en parties égales, du moins une des deux comme dans la fig. 3 , c’eft encore bien pis, quand ces divifions ne fe font pas for une des lignes du plan, mais for une ligne intermédiaire entre deux courbes, ainfi que celles b c 9 fig.3 ; il arrive alors que les divifions faites en parties égales for cette ligne, & menées aux centres du plan de la courbe , donnent au dedans & au dehors du plan , des divifions d’une inégalité très-confidérable ; d’où il réfolte touts les inconvénients dont j’ai parlé ci-defîus (** ) , ainfi qu’on peut le voir dans la fig. 3 , où j’ai marqué des mêmes
- (*) On obfervera en divifant les côtés d’un plan irrégulier en parties égales, de le faire en un plus grand nombre de parties poftibles, cependant en rapport avec le nombre dont on a befoin, afin qu’il y ait moins de différence entre les cordes que forment ces divifions Sc les arcs quelles foutiennent, ainfi que je l’ai obfer-vc dans la divifion de la ligne a b c, Jîg. 3 , que j’ai divifé en 21, pour avoir 7 parties égales , ce que j’obferverai à toutes les courbes irrégulieres, celles qui font régulières n’en ayant pas befoin, puisque les cordes des divifions de ces courbes, Sc
- les arcs qu’elles foutiennent, font toujours en même proportion tant que les cordes font d’égale longueur, ce qui n’eft exa&ement vrai que dans le cercle.
- (**) L’obfervation que je fais ici eft très-effen-tielle , l'expérience faifant voir tous les jours que de très-habiles Praticiens tombent dans cette faute , fe fondant fur l’ufage où l’on eft, fur-tout dans le cas des efcaliers , dont le plan eft d’une forme cintrée, d’en faire tendre au centre toutes les marches âc les équerres des courbes, ce qui ne peut raifonnablement être que dans le cas où
- chiffres,
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- Section III. §. IL Déterminer la largeur des Courbes rampantes , &c. 377 chiffres, tant an dedans qu’au dehors du plan de la courbe, les divifions données =. par la ligne a b c , quil ne faut cependant pas confondre avec les divifions de la Planche
- • / • 142.
- première operation.
- J’ai auffi marqué par des lignes ponétuées d, e 8c g, k, i, l’élévation de cette courbe ainfi divifée , afin que l’on puifle en voir toute la difformité, laquelle foroit encore bien plus grande, fi cette élévation étoit développée fur une ligne droite.
- Quant à la maniéré de tracer l’élévation Sc le calibre ralongé de la courbe dont je viens de parler, c’eft toujours la même méthode que ci-devant; il faut cependant obferver que je n’ai pas fait l’élévation de la courbe fur la plus grande longueur du plan qui auroit dû être la ligne L M, parce que j’étois bien aife de faire voir l’élévation de cette maniéré, afin que l’on fentît mieux la différence du rampant intérieur Sc extérieur de la courbe, qui n’auroit pu être fi bien fon-tie , fi j’avois fait l’élévation de la courbe fur la ligne LM; de plus, de quelque façon que l’on s’y prenne pour faire l’élévation d’une courbe rampante , le calibre ralongé ne change jamais, ainfi que je l’ai démontré plus haut, puisque le parallélogramme ÇÆ5f,eft égal en longueur à la ligne M M , & fà largeur à celle L B ; Sc que la hauteur L M eft égale à celle O P.
- §. 11. Maniéré de déterminer la largeur des Courbes rampantes, tant Jimples que doubles , relativement a une largeur horifontale donnée.
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- Quand j’ai parlé de la maniéré de mettre les courbes rampantes de largeur 9 j’ai fuppofé que cette largeur étoit prife fur une perpendiculaire à leur bafe, ce que j’ai fait pour en rendre l’intelligence plus facile. Il s’agit maintenant de mettre non-foulement une courbe rampante d’une largeur égale dans toute fà longueur, mais encore que cette largeur foit relative ou égale à une largeur horifontale donnée , & que cette largeur foit commune à deux courbes rampantes , concentriques entr elles , Sc par conféquent d’une beaucoup plus grande inclinaifon l’une que l’autre.
- Soit, par exemple, la hauteur du profil æ b yfig. 1, laquelle eft donnée pour largeur des deux courbes AB, Sc C D ; leur plan étant tracé , on les divife en parties égales , Sc l’on trace l’élévation des courbes à l’ordinaire , du moins pour le deffous ; enfuite pour avoir la hauteur des perpendiculaires de chaque courbe, laquelle doit être la même à toutes les deux prifos perpendiculairement félon leur rampe ou inclinaifon, on s’y prend de la maniéré foivante :
- Au milieu d’une divifion du plan , on mene une ligne ainfi que celle c d9 laquelle eft par conféquent perpendiculaire à toutes les cordes des arcs qu’elle
- Planche
- le plan feroit un arc de cercle , ou un cercle entier , & non pas une partie d’ellipfe ou toute autre forme irrégulière, ainfi que je viens de le faire
- Menuisier. II. Part.
- voir, & que je le prouverai encore mieux en parlant des efcaliers.
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- coupe en deux également ; enluite au dehors du plan9 on mene les deux lignes Planche ej* 8c g h > perpendiculaires à celle c d, en obfervant que la diftance eg ou fhy ^ foit égale à la hauteur d’une des divifions de l’élévation.
- Puis des points il9 &mo , on éleve des perpendiculaires parallèles à celle cd, qui venant à rencontrer les lignes e f 8c g h, forme les parallélogrammes e g hf 8c {n & p , par les angles defquels on fera paffer des lignes obliques, dont la pente fera celle des courbes développées : lavoir, celle gf pour le dehors de la grande courbe 9 8c celle np pour le dehors de la petite, ainfi qu’on peut le voir par les lignes perpendiculaires qui ont donné la largeur de* chaque parallélogramme.
- L’inclinaifon développée de chaque rampe étant une fois connue, on en a la hauteur perpendiculaire , en menant une ligne parallèle à chaque ligne oblique dont la diftance fera égale à celle donnée, c’eft-à-dire , que la diftance g q ou ou bien celle ns oup t y fera égale à celle a b , fig. i ; puis on a la largeur perpendiculaire de chaque courbe en prenant la diftance qu’il y a du point u, (où les premières lignes obliques gf8c n p, fe croifent & coupent la ligne c d)
- ' jufquaux points x 8c y, où les autres lignes obliques qr 8cs t, coupent cette derniere ; de forte que la hauteur u x eft la largeur perpendiculaire de la courbe A B , 8c celle n y, la largeur de celle C D, ainlî qu’on peut le voir dans les fig. i 8c 2,8c dans celle 3 , que j’ai deflfinée au double des autres, afin qu’elle foit plus fenfible, & où les largeurs perpendiculaires de chaque courbe font marquées des mêmes lettres que dans la figure 4.
- Il faut faire attention que cette opération n eft faite que pour le dehors de chaque courbe > que j’ai fuppofé être le parement de l’ouvrage ; lî au contraire le parement étoit en dedans, on prendroit les perpendiculaires qui fervent à donner l’inclinailbn des lignes obliques 9 à l’endroit où les divifions du plan coupent les cercles intérieurs, ce que j’ai indiqué par des lignes ponéluées fans aucuns chiffres ni lettres 9 ainfi que les lignes obliques qui réfultent de cette opération y qui eft la même que la première , à l’exception que les longueurs perpendiculaires des courbes prifes fiir la ligne c échangent, celle delà grande courbe devenant plus large, & celle de la petite devenant plus étroite 9 ainfi qu’on peut le voir dans la figure 4.
- Ce changement de largeur perpendiculaire de courbe , ne fait rien quand l’ouvrage eft à un parement, foit en dedans ou en dehors 9 ainfi que je l’ai fuppofé; mais fi l’ouvrage étoit apparent au dedans & au dehors de chaque courbe , il faudroit dans ce cas mettre les courbes chacune à leur plus grande largeur perpendiculaire , 8c faire un ravalement du côté qui devroit être plus étroit, lequel côté eft toujours le plus grand cercle de la courbe.
- U eft une autre maniéré de trouver la largeur perpendiculaire des courbes rampantes 9 qui quoique la même que la précédente, femble être moins compliquée ; c eft de marquer la largeur horifontale des courbes fur une des diyi-
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- Section 111. §. II. Déterminer la largeur des Courbes rampantes, &c. 379
- fions de l'élévation , ainfi que celle a b , /zg» 1 ; puis on éleve fur la plus bafle .»
- de ces divifions, la perpendiculaire 1 y , que Ton prolonge indéfiniment ; en- Penche fuite on prend fur le plan fig. 4, la diftance i /, que Ton porte de 1 à 3 ; & du point u, où la perpendiculaire coupe la fécondé ligne de divifion , on tire la diagonale u 3 , dont l'inclinaifon eft le rampant développé de la grande courbe, à laquelle on mene une parallèle d'une diftance égale à celle a b, laquelle vient couper la perpendiculaire 1 y au point x , ce qui donne la diftance u x pour la largeur perpendiculaire de la grande courbe.
- On fait la même opération pour la petite, c'eft>à-dire, que l'on porte la diP tance m o , de 1 à 1, ce qui donne l'inclinaifon de cette courbe , 8c par confé-quent là hauteur perpendiculaire de u ày.
- Comme ces courbes peuvent être ornées de moulures, leurs joints avec les parties horifontales ne peuvent pas être perpendiculaires , vu la différence des hauteurs, tant des deux courbes entr'elles, que de ces dernieres avec les parties horifontales ; c'eft pourquoi pour déterminer la place de ces joints, on prolonge les lignes horifontales jufqu'à ce qu'elles rencontrent les lignes inclinées ; 8c à leur rencontre, tant fopérieure qu'inférieure, on mene une ligne droite qui eft le joint demandé, ainfi qu'on peut le voir dans la figure 1, où la ligne u 4 eft le joint de la grande courbe, & celle u j eft le joint de la petite ; cette maniéré de faire les joints des parties rampantes avec les parties horifontales, fe nomme raccord a angle.
- Il eft une autre maniéré de faire raccorder les parties rampantes avec les parties horifontales > que l'on nomme raccord radouci, laquelle fe fait de la maniéré foivante :
- On commence par tracer le raccord comme s'il étoit à angle; puis on prolonge les lignes des joints jufqu'à ce qu’elles rencontrent la perpendiculaire 8, 6 aux points 7 & 8 ; 8c de ces points comme centre, & des points 9 8c 6, on décrit des arcs de cercles qui correlpondent néceflairement aüx lignes inclinées des courbes rampantes , puilque l'angle que ces dernieres forment avec les parties horifontales, eft coupé en deux également.
- Lorlqu’on aura deux courbes concentriques, ainfi que dans cette figure , il faut obferver que le point de centre des deux courbes, foit toujours for la même perpendiculaire, afin que les parties courbes 8c droites rampent également.
- Quant à la diftance de la perpendiculaire 8,6, elle n'eft pas abfolument bornée ; cependant il ne faut pas qu’elle foit trop proche du point u, parce qu alors le point de centre fe confondroit avec le deflous des parties horifontales 8c rampantes ; c’eft pourquoi il eft bon qu'il y ait toujours une diftance capable de contenir un petit arc de cercle , pour que le raccord fe falfe deflous les courbes comme deflus.
- Ce que je viens de dire touchant la maniéré de mettre de largeur deux Planche courbes concentriques, eft applicable non-fèulement à celles dont le plan
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- efl un cercle parfait ou un arc de cercle, ce qui devient égal, la partie pouvant être prife pour le tout; mais encore à celles dont le plan efl: d’une forme elliptique, à condition toutefois quil ne foit pas beaucoup plus long que large, ainfi qu’on 1 e verra ci-après.
- Soit par exemple, le plan ovale ABCD9 fig. 4, fur lequel on voulût élever deux courbes rampantes en fuivantla méthode que je viens de donner, on com-menceroit par divifer le dedans & le dehors de chaque courbe en parties égales , ainfi que l’indiquent les lignes 0 x, 0 x,o*; mais fi ces deux courbes étoient difpofées pour être affemblées enfemble, comme pour un plafond de rampe, il faudroit que les divifions extérieures des deux courbes tendiflènt l’une à l’autre, ou pour mieux dire, formaflent une ligne droite , Ce qui ne peut être que quand le plan efl formé par des lignes droites, ou par des arcs de cercles concentriques ; puilque les divifions que l’on fait fur un arc de cercle, étant menées au centre , divifent en parties égales les autres arcs infcrits ou circonforits à ce dernier.
- Il n’en efl pas de même des plans irréguliers , où les centres ne font pas les mêmes, ainfi que je l’ai démontré page 374, & qu’on peut le voir dans la figure 4, où les lignes 0 x des divifions de chaque courbe, ne forment pas une ligne droite ; mais comme cette différence efl très-peu de chofe, on pourra dans le cas d’un plafond de rampe , fe fervir des divifions formées par les lignes droites o 9 o 9 pour les équerres de la courbe, tant en defliis qu’en deilous ; étant de plus très-rare que ces courbes {oient à double parement fur les faces perpendiculaires.
- Si les courbes rampantes dont le plan efl elliptique, ont cette difficulté, c’eft encore bien pis quand leur plan efl d’une forme cintrée en S, comme celui E F B D ; parce que dans ce cas fi l’on fait les divifions égales tant en dedans qu’en dehors de chaque courbe , ainfi que celles a b, a b9 chacune de ces lignes ne forme pas une ligne droite avec celles qui lui efl oppofée, ce qui met dans le cas, ou de faire l’intérieur des courbes d’un rampant inégal, & par conféquent jaré-teux, fi l’on fe fert des lignes droites aa tant en deflùs qu’en deflous ; ou bien fi au contraire on fe fert de ces lignes par deflous ( comme il efl indilpenlàble de le faire dans le cas d’un plafond, ) & de celles a b, par deflùs pour rendre aux courbes leur rampant ordinaire, ces courbes deviennent d’inégale largeur fiir leurs faces intérieures, ainfi qu’on peut le voir dans les figures a & 3 , où les hauteurs c d9 font les véritables largeurs perpendiculaires de chaque courbe ; & celles fdy font les lignes d’équerre du deflùs des courbes, produites par celles du plan coté a b ; de forte que les diftances fhy font ou plus grandes ou plus petites que celles cd9 différence qui efl caufée par les diverfos inclinaifons des lignes d’équerre du deflùs & du deflous , lefquelles font produites par les lignes du plan coté a b & a a.
- Cette différence de largeur fait un très-mauvais effet, lùr-tout quand les courbes font vues par-deflus ; c’eft pourquoi dans ce cas, c’eft-à-dire, quand elles
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- Section III. §. II. Déterminer la largeur des Courbes rampantes, ôc. 381 feront apparentes par deflus, on fera très-bien de fè fèrvir des lignes d’équerre c e, produites par celles du plan coté a a, le défaut d’égalité dans le rampant intérieur des courbes étant moins difgracieux que l’inégalité de largeur, fur-tout quand la fape intérieure des courbes fera ornée de moulures.
- Si au contraire le deflus de ces courbes n’eft pas apparent ni orné de moulures, comme dans le cas de la première courbe d’un appui de rampe avec panneaux , dans ce cas, dis-je, on fe fervira des lignes c e, pour les équerres du défi-fous de cette courbe, Sc de celles df, pour les équerres dû deflus ; les mêmes équerres, c’eft-à-dire, celles df, ferviront aulïi pour les courbes d’appui tant en deflbus qu’en deflus, ainfi que je le dirai en Ion lieu.
- Il faut obferver que ces différentes lignes d’équerre ne changent rien à l’é-paiflèur des courbes ; & fi dans les figures 2 Sc 3 , la longueur des lignes ce, eft différente de celles d f, cette différence n’eft caufée que par leurs différentes obliquités.
- Dans la Planche précédente Sc dans celle-ci, j’ai fhppofé que le deflbus des deux courbes étoit de niveau , ainfi que l’indiquent les lignes de divifion fur lefquelles elles font confiantes ; mais fi au contraire on étoit obligé de les mettre de niveau par-deflus, Sc que leur deflbus fît plafond comme dans la figure 1 , le deflbus de ces courbes ne peut plus être d’équerre avec les perpendiculaires de divifion , mais au contraire être en pente -en raifon de la différente largeur perpendiculaire de chaque courbe, & en raifon de la diftance qu’il y a entr’elles ; de maniéré que la plus grande courbe eft plus large en dedans qu’en dehors , & qu’au contraire la petite eft plus large en dehors qu’en dedans , ainfi qu’on peut le voir dans la figure 1, laquelle eft élevée fur la moitié du plan ABC D.
- Tant que le plan eft un arc de cercle ou une portion d’ellipfe, cette différence de largeur eft égale dans toute la longueur de la courbe ; mais fi ce plan étoit d’une forme en S, comme celui E F B D , le dedans des courbes feroit d’une inégale largeur d’un bout à l’autre , parce que le bout de la courbe E étant circonfcrit à celui de la courbe F, eft plus large en dedans qu’en dehors ; Sc qu’au contraire fon autre bout D eft infcrit à celui de la courbe B , ce qui le rend plus étroit en dedans qu’en dehors, ce qui eft fort aifé à concevoir, Sc n’a befoin d’aucune démonftration. Voye{ la fig. 3.
- Si les deux courbes E D Sc F B , étoient de même longueur dans le contour de leur plan, cette différence de largeur intérieure des courbes, n’auroit plus lieu , parce qu’alors la largueur perpendiculaire des deux courbes fèroit égale, & que par conféquent elle fèroit de niveau & d’équerre à chaque perpendiculaire tant en deflus qu’en deflbus.
- La pente, ou pour mieux dire, le hors d’équerre que l’on eft obligé de donner aux courbes dont le deflbus n’eft pas de niveau, ainfi que la figure 1, °blige a faire la courbe extérieure plus épaiflè en deflus qu’en deflbus, afin que Menuisier. II. Part. E e e e e
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- la face intérieure fe trouve d'équerre avec celle de delîous ; au contraire, la courbe intérieure doit être plus mince par la même raifon, ainfi que l’indique les lignes ponéluées i /, ce qui donne beaucoup de fujétion , fur-tout quand les courbes font d’une largeur confidérable , & que le deiïiis doit être d’égale épaiffeur.
- Ce que je viens de dire renferme en général toute la théorie des courbes rampantes, ayant mis tous mes foins pour ne rien laiffer échapper tant dans la maniéré de les conftruire, que dans le détail des difficultés qui naiffent par les différentes formes des plans ; d’où il faut conclure que les formes les plus Amples font les meilleures; & que comme une courbe rampante ne fera jamais bien que quand fon développement fera une ligne droite , ainfi que je l’ai démontré, il faudra donc toujours divifèr le périmètre de fon plan en parties égales, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur , & éviter fur-tout les formes cintrées en S, Sç tout autre cintre d’une forme irrégulière & tourmentée , dans lefquelles formes beaucoup de Menuifiers ont fait confifter tout le mérite de leurs ouvrages , croyant avoir acquis beaucoup de mérite lorfqu’ils ont fait de ces précieu-fes bagatelles, qu’ils n’auroient sûrement pas faites s’ils en avoient connu tous les défauts ; ou fi les connoiffant, ils ne les avoient pas crus inévitables ,‘ne voyant pas, faute de théorie , ni ce qui donnoit naiffance à ces défauts , ni les moyens de les réparer, fuppofé que cela fût poflible ; c’eft ce défaut de théorie, & s’il eft permis de le dire,la manie de mettre des cintres par-tout, quia donné lieu à une infinité d’ouvrages , lefquels font quelquefois d’une très-heureufe exécution, mais dans lefquels on apperçoit une profonde ignorance de principes , Sc où l’ouvrier paroît tout feul, & s’eft, fi je l’ofe dire, conduit à tâtons, ne devant qu’au hafard la plus ou moins grande réuffite de fon ouvrage.
- Section Quatrième..
- r
- Des Courbes cintrées en plan & en élévation, en général.
- Les courbes dont il me relie à parler, font celles qui non-feulement font cintrées fur leur plan, comme celles de la fécondé efpece dont je viens de traiter, c’eft-à-dire, les courbes rampantes, mais encore qui font cintrées fur l’élévation , ainfi que celles de la première efpece, c’eft-à-dire des arêtiers ; c’eft pourquoi fi on a bien entendu ce que j’ai dit des deux efpeces de courbes, il fera fort aifé de parvenir à la connoiflànce de celles de la troifieme efpece, dont toute la théorie eft un réfumé de celle des deux autres,
- Lors donc que l’on a de ces efpeces de courbes à faire, il faut d’abord fe rendre compte du cintre de face de la courbe & de celui de fon plan , que l’on divife en parties égales, fur lefquelles divifions on éleve des perpendiculaires au cintre de face, à la rencontre duquel on prend des hauteurs pour mettre la courbe d’équerre félon l’évafement ou la direction du plan, parce qu’il y a des
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- occafions où les équerres font évafées & tendent au centre du plan, & d’autres où elles font parallèles entr’elles, & perpendiculaires à la bafe du plan , ou obliques à cette derniere, ce qui cependant ne change rien à la maniéré d’opérer , ainfi qu’on le verra ci-après.
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- §. I. Des Courbes cintrées en plan, dont les équerres tendent au centre du plan.
- Lorsque les équerres des courbes tendent au centre du plan, on fe fert pour leur conftruélion de la méthode fuivante : Le plan ABC, fig. 1, étant tracé , on le divife en autant de parties qu’on le juge à propos, ainfi que celles a9 b , c, d, e 9f9 g ; on mene de chacun de ces points autant de lignes au centre du plan, lefquelles défignent les équerres de la courbe ; enlùite on trace le cintre de face de la courbe perpendiculairement au-deflùs du plan, ainfi que les arcs de cercles E F pour le deffous de la courbe , & G H pour le deflùs , auxquels arcs on éleve autant de perpendiculaires qu’il y a de divifions fur le plan , tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de ce dernier ; enfùite on a les équerres, ou pour mieux dire, le gauche de la courbe, en élevant d’autres perpendiculaires à chacune de celles produites par les divifions extérieures du plan aux points où ces dernières rencontrent le cintre de face tant en defiùs qu’en deflous, ainfi que les lignes E 1 9 0 1$ > p 16, r 17, s 18 & 6, qui font autant d’équerres
- à la courbe perpendiculaire à celle du plan ; & par les points où ces lignes rencontrent les perpendiculaires produites par les divifions intérieures du plan, on fait palier une ligne courbe qui efl; le gauche demandé.
- On fait la même opération pour le deflùs de la courbe, & on a les équerres £ 14 , r 7, u 8 , x 9 9 £ 10, $ 11, ce 12 & i/ 13 , lefquelles donnent l’autre gauche; ainfi qu’on peut le voir dans la figure ci-deflùs. Les points q & y n’ont point de gauche, parce que l’équerre du plan fe confond avec la perpendiculaire , ce qui n’a befoin d’aucune explication.
- Si on ne vouloit ou qu’on ne pût pas abaifler de perpendiculaires fur les lignes provenantes de la divifion du plan, on auroit les gauches de la courbe, en faifant 2., 1 y égal à ho ; 3,16 égal à ip ; 4,17 égal à m r y, 18 égal \n s; ce qui efl la même chofe que d’abaifler des perpendiculaires furies lignes de projeéiion, ce qui n’a befoin d’aucune démonftration.
- Tant que les courbes ne font pas beaucoup cintrées tant fur le plan que fur l’élévation, il n’y a pas beaucoup de difficulté, ainfi quon a pu le voir dans la figure 1, où les cintres de face font parallèles l’un à l’autre vus géométrale-ment, ce que j’ai fait pour faciliter l’intelligence de l’opération ; parce que dans l’exaéte vérité, ils ne peuvent être parallèles entr’eux que quand la courbe eft développée fur une ligne droite.
- Cette difficulté embarrafle beaucoup les Praticiens, & les a fait recourir à différentes méthodes, lefquelles approchent plus ou moins de la vérité , mais
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- dont ils ne peuvent rendre raifon. D’autres ne voulant point faire les recherches néceffiiires, fe font contentés, après avoir cintré leurs courbes fur le plan & fur l’élévation, de les mettre de largeur avec le trufquin, ou bien avec des feélions de compas, ce qui, à la vérité, devient très-jufte, mais ne donne fur l’élévation aucune mefure pour pouvoir couper les panneaux qui doivent entrer dans ces courbes, rte le faifànt qu en les préfentant def-fus & les ajuftant peu-à-peu.
- Une des méthodes dont on fe fert ordinairement, fur-tout quand les cour^ bes font cintrées plein - cintre fur l’élévation, comme la figure %, eft de commencer à tracer le plan & l’élévation du cintre de face A B , & d’en avoir le gauche félon la méthode que j’ai donnée ci-deflûs ; enfiiite après avoir borné la largeur de la courbe , comme a b , des points c, d, du plan , où cette même largeur eft tracée, on éleve des perpendiculaires à l’élévation ; puis du point e au point a , on décrit un quart d’ovale qui eft la ligne du dehors de la courbe ; énfuite par les points où les perpendiculaires provenantes des divifions du plan coupent cette ligne , on abaiiïe des perpendiculaires parallèles à la ligne de terre , Iefquelles donnent les équerres du deflus de la courbe.
- Cette méthode eft vicieufo, parce quelle ne donne pas allez de largeur dans les flancs de la courbe : elle ne pourroit avoir lieu que dans le cas où le plan de la courbe, au lieu d’être un arc de cercle, formeroit un angle ainfi que la ligne c h , où alors la ligne e b deviendroit néceflàirement un' quart d’ellipfe.
- Pour vous convaincre de cette vérité, faites l’élévation de la moitié de cette courbe, ainfi que la figure 3 , ( qui d’ailleurs ne peut pas raifonnablement ctre d’un feul morceau ; ) il eft fort aifé de voir que cette courbe dont toutes les hauteurs font les mêmes que celles fig. 2 , tant en defliis qu’en delîous ; que cette courbe , dis - je, eft beaucoup plus étroite fur la ligne il) que fur celle m n, qui cependant n’eft pas la véritable largeur; c’eft pourquoi il eft bon de donner une méthode sûre pour avoir cette largeur dans tous les cas poflibles., ce que je ferai dans la Planche fuivante.
- Quant à ce qui eft de la maniéré de tracer la courbe , fig. 3 , je crois qu’il n’eft pas néceflaire d’en faire la démonftration , après ce que j’ai dit précédemment, en parlant des deux premières efpeces de courbes, & que l’infpeélion feule de la figure doit fuffire pour en donner l’intelligence : il eft aifé de ^voir que les hauteurs des lignes perpendiculaires fervant à la conf-truélion, font égales à celles de -la figure 2 , qui leur font correfpondantes , c’eft-à-dire, qui font prifes fur des divifions également éloignées du centre du plan.
- Pour ce qui eft du calibre ralongé, fa forme eft toujours bonne, quoique l’élévation de la courbe foit d’une forme imparfaite ; la méthode de le tracer
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- eft toujours la même que pour les autres courbes dont j’ai parlé ci-devant ; on obfervera cependant qu il n eft pas néceflàire que la piece de bois dans laquelle on prend la courbe, foit aufll longue que le parallélogramme dans lequel elle eft enfermée, & qu'on peut en fupprimer les triangles 0 p q, Sc r st y même encore le parallélogramme œ u & x, dont la largeur eft égale à celle du parallélogramme p y \ lefquels je n’ai confervés que pour faire fentir l'analogie quil y a entre la courbe & fon calibre ralongé, lequel ne fe trace pas toujours fur la piece dans laquelle on prend la courbe , & que quand même on l’y prendroit, il fuffiroit d'avoir les perpendiculaires tracées fur cette derniere.
- Pour avoir la véritable largeur d’une courbe cintrée fur le plan & fur l'élévation , lorfque les équerres de cette derniere tendent au point de centre du plan, on s'y prend de la maniéré fui vante : Après avoir tracé le plan de la courbe , ainfi que celui A B , fig. 3 , on trace la largeur de la courbe, comme de a en b, laquelle largeur augmente du côté c d en railon de l'éloignement du point de centre ; enfùite on divifè le refte du plan en autant de parties qu'on le juge à propos pour avoir des équerres à la courbe dont on conftruit le dedans félon la méthode ordinaire, ainfi que je l'ai expliqué page 383, & qu'on peut le voir dans la figure 1.
- Cette opération étant faite , il fembleroit tout naturel de mener deux parallèles aux cerces du deflous de la courbe pour en avoir la largeur, ainfi que quelques-uns l'ont enfoigné, ce qui eft une erreur, puifque l'arc de cercle F G, qui eft parallèle à celui C D, donne des hauteurs perpendiculaires beaucoup plus grandes que l'arc / G, lequel eft celui qui termine la véritable largeur de la courbe, ainfi que je vais le démontrer ci-après.
- Le cintre de face intérieur de la courbe étant déterminé & les équerres, comme dans la figure 1 , on développe fur une ligne droite les faces intérieures & extérieures de la moitié du plan , en obfervant de marquer tous les points de divifion par où paffent les équerres , ainfi que ceux e,f,g, h,i Sel, pour la face intérieure ; & ceux e , i,2,3,4&y, pour la face extérieure , lefquels points font marqués des mêmes lettres & des mêmes chiffres dans la figure 2 & dans la figure 3 , afin de mieux faire fentir le rapport des^deux lignes enfemble.
- Enfùite par chacun de ces points, on éleve autant de perpendiculaires à la ligne LH, auxquelles perpendiculaires on donne la même hauteur qu'à celles de la figure première qui leur font correfpondantes, ou pour mieux dire femblables, pour avoir le cintre intérieur de la face, lequel fe trouve pour lors développé fur une ligne droite, & terminé par les lignes D h & D 3 ; puis d’une ouverture de compas égale à a b, fig. 3 , ou à D G , des points x x , pris fur les cerces D h Sc D 3 , on fait autant de feélions 0, o , par lefquelles on fait pafler les cerces G i & G H, qui font les véritables largeurs de la courbe Menuisier. IL Part. F f f f f
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- . développée fiir une ligne droite, puifcpie la ligne G 1 eft exaélement parallèle à celle D h , & celle G H à celle D 3*
- ïl faut cependant faire attention que lorlque les équerres de la courbe tendent au centre du plan, comme dans la figure 3 , la méthode que je viens de donner pour trouver la largeur de la courbe , n eft bonne que pour le pare-ment de cette derniere que je fuppofe être du côté du creux du plan ; parce que la courbe qui eft d’une largeur égale dans fon milieu D G, ne peut être égale que du côté du parement, Sc que de 1 autre elle augmente de largeur a mefiire qu’elle s’éloigne de la perpendiculaire DG , jufqu a ce qu elle foit au-deftiis des impolies d’une largeur égale à celle 3,4, ou c d, ce qui eft la meme chofe, laquelle largeur eft plus grande que celle h l ou a b, ainfi que je l’ai déjà dit.
- De quelque côté que l’on fafte le parement d une courbe, cette inégalité de largeur eft inévitable lorfqu’011 fait tendre toutes les équerres de la courbe au centre du plan ; parce que fi le parement au lieu d’être du côté du creux, étoit du côté du bouge , la courbe feroit toujours d’égale largeur des deux côtés fur la ligne du milieu , & deviendrait plus étroite par derrière à mefure qu’elle approcherait des impolies, par la raifon inverfe de ce que je viens de dire.
- Cette inégalité de largeur eft un très-grand défaut , auquel cependant il eft fort aile de remédier , ainfi que je le dirai ci-après, pour ne pas interrompre la fuite de cette démonftration.
- La ligne courbe D h étant tracée , ainfi que je l’ai dit ci-devant, on portera les perpendiculaires qui ont fervi. à là conftruétion , jufqu’à ce qu’elles rencontrent la cerce G i ; puis aux points de rencontre, on abaifle des perpendiculaires à ces derniers, que l’on prolonge jufqu’à ce qu’elles rencontrent les perpendiculaires qui ont fervi à conftruire la cerce D 3 ; Sc par les angles que forment ces lignes, on fait paiïer la cerce G 4.
- Enfuite pour tracer la largeur de la courbe fig. 1 , on prend la hauteur des perpendiculaires du dehors de la courbe 9fig. 2, que l’on porte fur les perpendiculaires fig. 1 , qui leur font correlpondantes , ce qui donne la cerce G /, qui termine le dehors du parement de la courbe , laquelle cerce donne des perpendiculaires moins hautes que celle donnée par l’arc de cercle F G , ce qu’il
- falloit démontrer. f
- Pour mieux fe convaincre de la vérité de cette démonftration ; divi-
- fez l’arc CD, par des lignes tendantes au centre en forme de claveaux ; Sc de chaque point où ces lignes toucheront les lignes tant intérieures qu’extérieures du parement de la courbe, abaiflez autant de perpendiculaires au plan, lefquelles couperont la ligne du parement de ce dernier aux points 18 , 19, pour la ligne 9,10; aux points 21,22 , pour la ligne 12 , 13 ; Sc aux points 24,25 , pour la ligne 15, 16; puis des points 19, 22 Sc , tirez autant de parallèles à la bafe du plan, jufqu’à ce qu elles rencontrent les lignes perpendi-
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- culaires provenances de la divifion intérieure de la courbe, ce qui donnera trois triangles reéfangles, dont l’hypoténufe fera une partie de l’arc du plan , 8c le côté perpendiculaire , la profondeur ou raccourcilTement du gauche des lignes p, 10; 12,13 ; & iy, 16.
- Cette opération étant faite pour la ligne p , 10, vous prenez fur le plan la diftance 18,20, que vous portez de e en r ; puis du point r, 8c d’une ouverture de cômpas égale à la largeur de la courbe, vous faites une feélion fur la ligne ef au point m ; 8c par les points r 8cm, vous conftruifez un triangle rectangle e rm, dont le côté horifontal e m eft égal en longueur à la ligne ç, 10, ce qui devoit être , puilque cette derniere n’étant que la largeur de la courbe vue en raccourci, devoit néceflàirement faire un des côtés du triangle formé fur le plan par des perpendiculaires abaiflees des extrémités dé cette ligne.
- On fait la même opération pour la ligne 12, 13 , c’eft-à-dire, que l’on porte la diftance 21, 23 , de e en y ; & celle a b ou r m, de q en n, ce qui forme le triangle e q n, dont le côté e n eft égal à la ligne 12, 13.
- C’eft la même choie pour le troifieme triangle dont le côté e p eft égal à la diftance 24,2 6,8c par conféquent l’autre côté ef égal à la ligne iy, 16.
- Si l’on veut faire forvir cette opération à la ligne d’épaifleur de la courbe , for les lignes r m , q n, pf, on conftruit les trois parallélogrammes r s um , qix n, 8c p & y f9 dont la longueur eft égaie à a b , fig. 3, 8c la largeur à ac ou à b d\ 8c des angles s,^8c &, on menedes perpendiculaires à la ligne efmy puis des points 10,13 8c 16 ,fig. 1, on fait autant d’équerres au-deffus de la courbe que l’on prolonge jufqu’à ce qu’elles rencontrent les lignes tendantes au_ centre du derrière de la courbe, 8c du point de rencontre, on éleve des perpendiculaires aux lignes p, 10; 12, 13 ; iy, 16 ; lefquelles perpendiculaires rencontrent ces lignes aux points 11,14 & 17, dont les diftances juf (qu’au dedans de la courbe, égalent la diftance qu’il y a depuis les angles des parallélogrammes jufqu’aux perpendiculaires produites par leurs angles oppofés ; c’eft-à-dire, que la diftance p , n,eft égale à celle m 8 ; celle 12,14 égale à celle n 7 ; 8c celle ry , 17égale à celle f 6. Ce feroit la même choie, fi des points 11, 14 & 17 on abaifloit des perpendiculaires aux lignes p , n ; 12, 14; & ry , 17 ; jufqu’à ce que ces perpendiculaires rencontrent les équerres du deftus de la courbe qui leur font correlpondantes.
- On obfervera que dans la démonftration que je viens de faire, j’ai luppofé la courbe d’une égale largeur par derrière comme par devant, ce quil eft fort aifé de voir, puifque les trois parallélogrammes qui repréfentent les coupes de la courbe, font parfaitement reétangulaires, ce qui ne pourroit être fi la courbe n’étoit pas égale de largeur. On peut aulïï remarquer que les équerres prifes au-delïiis des lignes des divifions de face , fig. 1, ne vont pas jufqu’à la ligne d’épaifleur du derrière de cette derniere, laquelle n’eft pas parallèle à la ligne E D. Cependant fi on vouloit confier ver cette inégalité, 8c en meme
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- temps marquer fur les parallélogrammes le hors d’équerre de chaque coupe de la courbe, on continuerait les lignes d’équerre du deflùs de chaque coupe, jufqu’ à ce quelles rencontraffent la cerce L G ; & à chaque point de rencontre on éleveroit autant de perpendiculaires à la ligne du joint de face, ainfi que je fai dit ci-devant ; puis on prendroit la diftance qu’il y auroit du dedans de la ligne du joint, jufqu au point que formeroit la rencontre de la perpendiculaire avec la ligne de ce même joint prolongée, laquelle diftance étant portée fur la ligne horifontale efàz f angle du parallélogramme fur le côté oppofé, 8c toujours fur la même ligne , donneroit des points auxquels on éleveroit des perpendiculaires , lefquelles venant à rencontrer le defîous de chaque parallélogramme, donneroit leur hors d’équerre.
- J'ai démontré plus haut la néceffité qu’il y avoi: de mettre les courbes d’égale largeur tant devant que derrière , 8c les inconvénients qui réfultent de ces inégalités. Il me relie à parler préfentement, dè la maniéré d’éviter ce défaut, ce que l’on fait félon la méthode fuivante :
- On commence par tracer le plan & la largeur de la courbe comme ci-defïus ; enfuite après avoir adopté un des côtés du plan pour la face, comme par exemple le côté du creux , on divife la largeur de la courbe a b , fig. y , en deux parties égales au point c , duquel point on mene au centre du plan la ligne e d; puis par les points a, b, on tire les deux lignes a g 8c b f parallèles à cette derniere, 8c par conféquent perpendiculaires à celle a b ; enfuite on divife la ligne intérieure du plan en un nombre quelconque de parties égales pour avoir des équerres à la courbe ; 8c au lieu de mener ces lignes au centre du plan, ainfi que dans la figure 3 , & qu’il efl indiqué dans celle-ci par des lignes ponctuées, on divife la ligne extérieure du plan en parties égales entr’elles, & en même nombre que celles du dedans, en obfervant de faire cette divifion du point p, qui efl le milieu du plan, au point/, ce qui donnera les lignesp l, 0 i,n A, mq , f b 8c ga, lefquelles feront autant d’équerres à la courbe, que l’on conf-truira enfuite fuivant la méthode ordinaire. Voye£ la Fig. 4, qui repréfènte l’élévation de la moitié d’une courbe, à laquelle il faut ajouter la largeur de l’affemblage, ainfi que je l’ai fait dans la fig. 3 , PL 145,8c que je n ai fuppri-mé ici que pour ne point trop charger la figure.
- Si le parement de l’ouvrage au lieu d’être en dedans du cercle du plan, étoit en dehors, cela ne changeroit rien à ce que je viens de dire, parce que cela ne feroit que renverfer l’opération, fuppofé que la largeur de la courbe parte des points r, s, defquels il faudroit abaifler des perpendiculaires parallèles à la ligne de , ce qui rétréciront les divifions intérieures ; cela n’a befoin d’aucune démonftration.
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- §. 11. Des Courbes cintrées en plan , dont les équerres font perpendiculaires cl la bafe du plan, ou obliques a cette meme bafe.
- Lorsque les équerres des courbes cintrées en plan, font parallèles entr elles 8c perpendiculaires à la bafe du plan, comme h fig. 7, on doit toujours fe fer-yir de la même méthode que pour celles dont les équerres tendent au centre du plan, ainfi qu’on peut le voir dans la fig. 6. On doit cependant obferver que l’ufage de ces courbes eft très-difficultueux, vu les différentes formes qu elles prennent dans leurs contours, leurs coupes prifes dans le milieu de leur élévation , formant un parallélogramme reétangle , & à mefiire qu’elles approchent des impolies , cette forme changeant & devenant un parallélogramme oblique, ce qui fait que ces fortes de courbes ne peuvent pas s’exécuter lorfqu’on a des rainures & des moulures à y faire ; 8c dans ce cas on eft obligé de mettre le dehors de la courbe d’équerre comme celle fig, 4 <§’ 5 , & le dedans comme il eft indiqué dans le plan, fig, 7.
- Ces elpeces de courbes ne font en ulàge que dans le cas d’un revêtiffement d’arcade ou d’un chambranle de porte , dont le champ intérieur doit être apparent & s’aligner avec l’enfilade : elles ont le défaut, lorfqu’elles font à double parement, d’être d’inégale largeur, à moins que de les faire aiguës par dehors , ce qui ne peut être lorlqufon a des rainures & des moulures à y faire ; c’eft pourquoi on ne fàuroit faire trop d’attention, lorfqu’on a des courbes de cette efpece qui ont des moulures en faillie, de mettre d’équerre toute la faillie de ces dernieres d’après le nud de la piece, afin que les moulures profilent toujours bien, & foient perpendiculaires fur le fond de l’ouvrage.
- Lorfque les courbes cintrées en plan & en élévation font mifes d’équerre obliquement à la bafo de leur plan , la méthode de leur conftruétion eft toujours la même, ainfi qu’on peut le voir dans la Planche 147, laquelle repréfente le développement d’une courbe dont le plan eft un arc de cercle , & l’élévation eft cintrée en S ( * ).
- On doit faire attention que les deux cintres de cette courbe font ralongés ; lavoir, celui du plan & celui de l’élévation ; c’eft pourquoi avant de déterminer le cintre de face a b c, fig. 2, il eft bon de le defliner tout développé avec tous les membres de moulures qui l’accompagnent, afin de lui donner une forme gracieufe, ce qu’il eft alfez difficile de faire , quand la bafe du plan d e eft fort oblique au cintre de face ainfi qu’à cette courbe ; parce que fi on donne une forme gracieufe au cintre développé, celui de face devient dur & d’une mau-vaife forme ; & par la raifon contraire, fi le cintre de face fait bien, ainfi
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- ? O) La courbe dont je parle ici, fait le deffus d un des côtés des pénitents d’un confeflionrial qui eft dans l’Eglife des Religieufes de la Ko-
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- quette, que j’ai exécuté en 1767 > & dont les plans, coupes 8c élévations, font deffinés Planches 87 8c 88.
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- 3po ME N U I S 1 E R , 11. Partie. Chap. XII. que celui a b c, le cintre développé devient très-alongé, ainfi qu’on peut le voir dans la figure 3 , qui ne repréfente ce cintre que fer la ligne d e, qui n’eftpas fon entier développement, puifque cette ligne nett que la corde de Tare du plan, ce qui fait que fon ne fent pas encore bien toute la mauvaife forme de ce cintre ; c eft pourquoi on fera fort bien de n'en jamais faire de cette elpece, parce qu ils n ont d’autre mérite que leurs difficultés,
- Quant à la maniéré de faire le ralongement du cintre du plan, ainfi que celui de l’élévation, il n’eft pas befoin d’en faire aucune démonftration, vu que c’eft la même chofe que pour les autres courbes dont j’ai parlé ci-devant ; en obfervant toujours , pour le ralongement de la courbe du plan, de ne pas prendre les diftances fer les lignes d’équerres de ce dernier, mais fer des perpendiculaires, abaiiïees des équerres du plan de la courbe à la bafe de ce même plan ; parce que les longueurs des lignes d’équerres tracées fer le plan, font moins longues que celles qui font tracées fer le calibre ralongé de ce dernier , les diftances df9 g h & h i, étant plus petites que celles / m , n o & op* Voyez ce que j’ai dit à ce fojet, page 367 ; & fi dans la figure 1, qui repréfente en petit une piece de bois, dans laquelle on peut prendre une courbe de cette elpece, j’ai tracé toutes les équerres prolongées jufqu’aux extrémi-* tés de la piece, ce n eft que pour mieux faire fentir la continuité & le parallé-lifme de ces mêmes équerres, & non pour donner la maniéré de faire le calibre ralongé.
- Quant à la maniéré de mettre la courbe de largeur, il faut toujours faire fon développement fer une ligne droite, afin d’avoir la hauteur des perpendiculaires fervant à là conftruétion , ainfi que pour les autres courbes cintrées en plan & en élévation, dont j’ai parlé ci-deflus, ce qui eft général pour toutes les courbes de cette efpece.
- §. III. Des Courbes cintrées fur /’élévation & fur la face verticale.
- Lorsque les courbes cintrées fer l’élévation font fer un plan droit, mais que cette élévation, au lieu d’être droite, eft inclinée ou cintrée co mmedans le cas d’une voûte , leur conftruétion fe fait par la même méthode que pour les courbes cintrées fer le plan & fer l’élévation , à l’exception que l’opération des lignes de projeétion qui donnent la largeur de ces courbes, fe fait par des lignes horifontales ; au lieu que les premières font données par des lignes perpendiculaires , ainfi qu’on le verra ci-après.
- Il réfolte de ce changement d’opération, que les courbes dont je vais parler, quoique fer un plan droit, forment dans leur projeétion, ou pour 'parler plus intelligiblement,étant vues de delîous ou en defliis; ces courbes, dis-je, forment une ligne qui eft plus ou moins courbe, félon que leurs faces verticales font plus ou moins inclinées ou cintrées, ce qui, dans le cas dont je parle, revient à
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- Section IV. §. III. Des Courbes cintrées fur P élévation , &c. 391
- peu-près à la même chofe. C’eft cette projeétion qu’il s’agit maintenant de {avoir décrire dans tous les cas poflibles, afin de parvenir à pouvoir revêtir les lunettes fur tous les plans & de toutes les formes poffibles, ce qui fe fera toujours par le moyen des méthodes dont je me fuis fervi jufqu’ à préfent pour la conftruétion des courbes dont j’ai déjà parlé , Sc que je ne femble répéter ici, que parce que l’application de ces diverfes méthodes eft un peu différente dans le cas préfent, ou du moins prife fous un différent point de vue.
- Les courbes dont il s’agit préfentement, peuvent être regardées comme faifànt partie du revêtiffement vertical des lunettes, ou comme des arêtiers de ces mêmes lunettes. Dans l’un ou l’autre cas, la méthode de leur conftruétion ne change pas ; mais cependant pour en rendre l’intelligence plus facile, je me contenterai préfentement de les développer confidérées comme revêtiffement vertical, afin de {ùivre l’ordre de gradation que je me fuis prefcrît, & que j’ai obfervé dans toute la fuite de cet Ouvrage.
- Lorfque les courbes cintrées en élévation , font inclinées fur leurs faces verticales , ainfï que le repréfente la coupe a b cd >fig. 3 , & que fon cintre de face e if, fig. 2, eft un demi-cercle, il eft fort aife d’en avoir le cintre ralongé , puifque ce même cintre n’eft autre chofe qu’une ellipfe, dont le petit axe eft égal au diamètre du cintre de face , & dont le grand axe, ou pour mieux dire, fà moitié eft égale à la ligne dg ; de forte que quand le plan de la naiflance de la courbe eft à angle droit, ainfi que le repréfentent les deux parallélogrammes 19, 20,21 , 22, Sc X 17, & 18 Z, cette courbe n’eft autre chofe qu’une courbe oblique , dont la largeur eft égale à tous les points de fà circonférence , o u pour mieux dire , de fon pourtour, ce qui n’a befoin d’aucune autre démonftration, après ce que j’ai dit en parlant de ces fortes de courbes, page 3 6$ & Jiiiv.
- Cependant comme dans le cas préfent ces courbes fe préfetitent fous un autre point de vue que les premières, c’eft-à-dire, les courbes obliques, & qu’elles doivent fèrvir à donner la connoiflànce de celles , qui au lieu d’être biaifes ou inclinées fur l’élévation , font cintrées foit en creux ou en rond ; j’ai cru devoir en faire le développement par la même méthode dont je me fuis fervi pour les courbes cintrées en plan & en élévation, afin de mieux faire con-noître le rapport que toutes ces courbes ont les unes avec les autres, ainfi qu’on le verra ci-après.
- Le cintre de face d’une courbe inclinée fur l’élévation, étant tracé ainfi que * fon inclinaifbn, pour avoir la largeur de la courbe vue géométralement, on s’y prend de la maniéré fuivante :
- On divife le cintre de face en autant de parties qu’on le juge à propos, ainfi que l’indiquent les points h, i, l ; puis par chacun de ces points, on fait pafler des lignes horifontales & perpendiculaires à celle G C, que l’on prolonge depuis cette derniere jufqu’à celle b g, qui eft la ligne d’inclinaifbn de face,
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- ! qu’elles coupent aux points j', £ a? ; ce qui étant fait, on prend fur la ligne b g y fig. 3 , la diftance g œ , que l’on porte fur celle GC, de G à ; celle g ^ de G&E; celle g y, de G à K; celle g/, de G à B ; & celle g b, de £ à <?; puis par les points G 9 F 9 E , V, on éleve autant de lignes perpendiculaires à celle GG; enfuite de quoi on fait G A , fig. i9 égal à G f ,fig. 2 ; F L égal à q / • E / égal à o i ; & V H é,gai à m h ; puis par les-points A 9 L y I y H y B 9 on fait pafler une ligne courbe , qui eft le développement du cintre intérieur de la courbe. O
- Cette opération étant faite, on fait la ligne courbe D N C 9 parallèle à la première , Sc d’une diftance égale à a c, ou bd 9 fig. 3 , ( ce qui eft la même chofe , cette diftance étant la largeur de la courbe ; ) & on fait G 2 3 , fig. 2 9 égal à G D yfig. 1 ; <7 r égal à F O ; o p égal à £ iV ; m n égal à V M ; & e x égal à c b 9 fig. 3 ; puis par les points x>/2jy?5r>23,on fait pafler une ligne courbe qui eft la ligne de largeur de la courbe , laquelle n’a aucun gauche , püifque toutes les équerres font perpendiculaires à la bafe du plan. On a la preuve de cette démonft ration de la même maniéré que celle de la fig. 1, PL 14 6 9 c’eft-à-dire , par des lignes tendantes au centre delà courbe en forme de claveaux, dont la longueur eft égale au plus grand côté d’un triangle reélangle, dont l’hypoté-nufè eft égale à la largeur de la courbe , & l’autre côté eft égal à la diftance que produit l’inclinaifon de chaque joint de claveau , pris horifontalement du de£ fils au deftous de chacun d’eux ; de forte que la diftance G c eft égale à celle 24 J 5 fig* 3 > celle G b égale à celle 2 y £ ; & celle G c égale à celle 2 6 œ 9 comme je l’ai déjà dit ; la diftance G d eft égale à celle h s 9 fig. 2 ; celle G t égaïe à celle i t \ Sc celle G /égale à celle lu; & les diftances a f, b e & cd9 égales à celle/’2 3 , qui eft la véritable largeur de la courbe.
- La courbe étant tracée tant en élévation qu’en coupe, il ne refte plus qu’à en tracer la projeélion fur le plan, ce qui fe fait de la maniéré fui-vante":
- Le plan de la courbe étant tracé , ainfi que le parallélogramme X 17, 18 Z y on.prolonge la ligne Z X jufqu’au point P y laquelle ligne repré^-fente le devant de l’ouvrage pris du nud du cintre ; enfuite des points h s 9 i t9 & l n, pris fur l’élévation, fig. 2, à l’extrémité des joints des claveaux 9 on abaifle fur la ligne PZ, fig. jf, les perpendiculaires hQ9 s R9 iS 9 tU9
- I T Sc u Y. Cette opération étant faite , & des points où lçs horifbntales prifes de l’extrémité des lignes hs9it Set u9 rencontrent la ligne b g , qui eft le parement: de l’ouvrage , on abaiftè les lignes b 8 , 06 9dj 9x $ 9y ^ 9^29 <& 4 & œ 1, perpendiculaires à celle G g ; puis pour tracer fur le planta projeélion , ou pour mieux dire , la rentrée du cintre intérieur de la courbe , on prend la diftance g 7 9fig. 3 , que l’on porte de P à 12 , fig. 5 ; celle g 3 9 de Q à
- II ; celle g 2 , de S a 10 ; & celle g r de T à 9 ; puis par les points 12 , 1 i 9 ïo , 9 & X9 on fait pafler une ligne courbe qui eft le cintre demandé.
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- SECTION IV. §. III. Des Courbes Cintrées fur ïélévation 9 &c. 393
- On fait la même opération pour le cintre extérieur, c’eft-à-dire, que Ton prend la diftance g 8, que Ton porte de P à 16 ; celle g 6 9 de iJà 15 ; celle g 5 , de U à 14 ; & celle g 4, de F à 13 ; ce qui donne le cintre demandé.
- Enfoite pour tracer l’épaiffeur de la courbe fur cette projeCtion 9 on prend for le plan la diftance X 17, ou Z 18, que Ton porte for chaque perpendiculaire de conftruétion , des .points 011 les cintres intérieurs & extérieurs coupent ces dernieres aux points x x, de forte que la courbe eft toujours d’égale épaif-feur fur ces lignes d’équerre , lefquelles lb nt dans cette figure, perpendiculaires à la bafe du plan. Voye£ la Fig. 4 , qui repréfente la courbe vue par-deflous ; & celle J , qui la repréfente vue par-delfus, & dans lefquelles les lignes de conftruétion font tracées également.
- Quand l’élévation de la face verticale des courbes , au lieu d’être inclinée, comme celles dont je viens de parler, fe trouve cintrée foit en creux ou en rond, ce qui arrive à toutes les lunettes des voûtes loit en dedans ou en dehors, elles fe conftruifent par la même méthode que celles qui font fur un plan incliné , ainfi que je l’ai déjà dit ; toute la différence qu’il peut y avoir , c’eft que les équerres intérieures de la courbe, peuvent être fur des lignes perpendiculaires à la, bafe du plan, 8c les équerres extérieures tendantes au centre de l’élévation verticale de la coupe, ainfi que je l’ai foppofé dans les figures 7,8,p&io; ce qui donne une troifieme ligne à l’extérieur de la courbe 9 laquelle fe trouve de la maniéré fuivante :
- L’élévation du cintre de face 9fig. 7, étant faite, ainfi que fon développement 9fig. divile le cintre intérieur de la courbe en un nombre de parties
- à volonté ; 8c par les points Se divifion & du centre du cercle intérieur, on tire des lignes qui repréfentent les joints des claveaux 9 lefquelles lignes on prolonge indéfiniment d’après la ligne a b c de 9 qui termine la largeur de la courbe.
- Enfoite des points b 9 c, d, on mene à la coupeySg. 8 5 les lignes horifonta-les bfy cg9 8c dk; 8c du cintre i de cette coupe, & par les points/, g 9 h, on trace les lignesjf n9gm8chl*9 8c des points l9m9n9 où ces lignes rencontrent l’extérieur de la courbe, on renvoyé à l’élévation les horifbntales no 9mp 8cnq9 lefquelles venant à rencontrer les perpendiculaires montantes du derrière des joints des claveaux, donnent la largeur de la courbe demandée. On a la preuve de cette opération, en conftruifànt les trois parallélogrammes r 2,3,4;J,6,7,8;9,io,ii, 12 9 ainfi qu’on l’a fait dans les figures ci-deffus ; puis de chaque angle de ces parallélogrammes , on mene à la ligne u 1 r, des perpendiculaires dont la diftance jufqu’au point {, eft égale à la diftance qu’il y a entre la ligne qui termine l’extérieur de la courbe 8c la ligne d’équerre, de forte que b r eft égal à £ u ; c s eft égal à ^ x ; & d t eft égal à {y ; ce qui, je crois, n’a pas befoin d’une plus grande démonftration.
- Quant à la figure 9 , qui repréfente la courbe vue en deilous, & celle 10 , qui repréfente cette même courbe vue en defliis, leur projection fe fait de la Menuisier. IL Part. H h h h h
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- même maniéré qu’aux figures ci-defTus, ainfi que l’indiquent les lignes de conftruétion tant pleines que ponctuées, que j’ai eu foin de conferver, afin que la vue de ces mêmes lignes tienne lieu de l’explication que j’ai cru pouvoir me difpenfer de faire , afin d’éviter les répétitions.
- Lorfque les courbes dont je parle, font non-feulement le revêtiffement de face verticale d’un arc, mais encore le revêtiflement intérieur de cet arc, on peut alors les confidérer comme des arêtiers, dont la ligne d’arête portée fur le plan , devienc une ligne courbe , ainfi que je l’ai démontré page 360. Ces courbes font les mêmes que celles dont je viens de donner le développement , toute la différence qu’il y a entr’elles, n’étant que dans leur plus grande épaiffeur, laquelle eft évuidée pour recevoir l’arête des lunettes qu’elles revê-tiffent, ce qui ne change rien à la maniéré de les conftruire , ainfi qu’on peut le voir dans les fig* 1 9 2, 3 & 4, lefquelles repréfentent l’élévation, la coupe & le plan d’un arêtier d’une arcade formant lunette dans une voûte for un plan droit , lefquelles figures font confinâtes félon les méthodes que j’ai données ci-devant , ce qui n’a pas befoin d’aucune démonftration, puifque ce ne feroit qu’une répétition de ce que j’ai déjà dit.
- Quant au calibre ralongé de ces fortes d’arêtiers, il fe fait toujours félon la méthode ordinaire, ce que l’on peut voir dans les figures £ & 6, qui re* préfentent le plan & l’élévation de la moitié de la courbe, & fon calibre ralongé.
- §. IV. Des Courbes cintrées en plan & en élévation & fur leurs \ faces verticales. *
- Les courbes dont il me refie à parler pour finir ce Chapitre, & en même temps pour terminer tout ce qu’on peut dire à ce fujet, renferment en elles toute la théorie des courbes de toutes les autres efpeces dont j’ai parlé ci-devant , ce qui rend l’exécution de celles-ci très-difficile, for-tout quand on n’y eft pas conduit par une théorie sûre & fondée for des principes invariables, tels que la fcience du développement & de la pénétration des corps, for laquelle eft fondé tout ce que j’ai dit touchant l’Art du Trait, & ce que j’en dirai dans la foi te.
- Les courbes dont il eft ici queftion, peuvent être confidérées comme de Amples revêtiffements verticaux, ou bien comme des arêtiers ; dans l’un & l’autre cas, la méthode de leur conftruélion eft toujours la même, en obfervant toutefois de prendre bien garde à la direétion des lignes d’équerre, lefquelles peuvent être ou tendantes au centre du plan , ou perpendiculaires à la bafe de ce dernier , ou enfin obliques a cette même bafe , ainfi que je l’ai démontré en parlant des autres efpeces de courbes, ce qui, fans rien changer à la face verticale de la courbe, en diminue ou en augmente l’épaifteur & la largeur, & en rend l’exécution plus fojette, ainfi qu’on a pu le voir ci-devant.
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- SECTION IV, §.IV. Des Courbes cintrées en plan & en élévation > &c. 39J Quant à la maniéré de tracer ces courbes, elle demande beaucoup d'application , vu que l'on doit fe fervir de prefque toutes les méthodes que j’ai enfei-gnées , afin qu’il ne refte aucun doute for l’exaélitude de leurs opérations , lef-quelles tendent à rendre, ou du moins à faire confidérer les pièces de bois comme tranfparentes, afin que l’on puiffe fuivre au travers de leur épaiffeur toutes les lignes qui ont forvi ou qui fervent à leur conftruétion, ce qui eft très-important , tant pour la facilité de ceux qui apprennent l’Art du Trait, que pour foulager la mémoire de ceux auxquels cette fcience eft plus familière.
- Pour bien entendre la théorie de ces courbes, il faut d’abord faire attention à la forme du plan , à celle de l’élévation, ( ou pour mieux dire à la coupe de la voûte, ) & à celle du cintre de face, afin que ces connoiflànces acquifos , puiflènt mettre dans le cas de réduire l’opération à la plus grande fimplicité poflible, & à opérer avec sûreté étant muni de ces connoiflànces, lefquelles font préférer une méthode à une autre, félon les différentes occafions, ainfî qu’on le verra ci-après.
- La forme du plan A B O C D 3 * étant déterminée ainfi que fon épaif-feur, on éleye le cintre de face à l’ordinaire ; enfiiite fur la ligne E G continuée jufqu’en P, on trace l’élévation de la courbe, ou pour mieux dire fà coupe prife du milieu du plan , ainfi que la repréfentent les lignes MNO , & QRP ; ce qui étant fait, on divife le cintre de face en un nombre de parties à volonté , comme aux points H, /, Z, par lefquels on fait pafler autant de lignes tendantes au centre Y ; puis par ces mêmes points on fait pafler des lignes horifontales parallèles entr’elles , que Ton prolonge jufqu à ce qu’elles tra-verfent la coupe Jzg. 2, afin que les deux arcs foient coupés par des tranches parallèles entr’elles, ce qui eft néceflàire pour avoir la ligne d’arête de la courbe, ainfi que je l’ai démontré ci-devant, page 355M& fuiv. & qu’on peut le voir ici, ou les perpendiculaires abaiflees des points N, T, U, V9 où les lignes horifontales rencontrant l’arc Af N O , donnent fiir la ligne TP, les diftances des cercles du plan yfig. 3 , ( qui font marqués des mêmes lettres que fur la coupeur. 2 , & qui repréfentent le plan de ces lignes horifontales de l’élévation,) lefquels cercles étant rencontrés par des lignes perpendiculaires provenantes des divi-fions du cintre de face qui leur font correfpondantes, donnent fur le plan la courbe N, 3,7, 10 , c, qui eft la ligne d’arête.
- Cette opération étant faite , il s’agit de déterminer la largeur de la courbe , ce qu’on ne peut pas faire par le moyen du développement de la courbe comme ci-devant, parce que le cintre du plan & celui de l’élévation, rétréciflent, ou pour mieux dire , raccourciflent la ligne extérieure de ce développement, qui pour lors ne peut plus avoir lieu , ce qui fait recourir à d’autres méthodes, lefquelles puiflènt remplacer cette derniere.
- La meilleure méthode que l’on puiflè employer pour trouver la largeur verticale de ces fortes de courbes , eft de décrire les différentes courbes que
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- produifent les coupes faites par les lignes tendantes au centre de l'élévation fig. 1 : coupes que l'on doit regarder comme autant de plans qui coupent la voûte que l'on a à revêtir, 8c que l'on décrit de la maniéré fuivante :
- De tous les points où les lignes Y H, Y /, 3c YL , coupent ou rencontrent les lignes horifontales repréfentées par les cerces du plan fig. 3 , on abaiffe autant de perpendiculaires aux lignes du plan qui font correfpondantes aux hori~ fontales d'où elles partent ; & par chaque point de rencontre, on fait paf~ fer une ligne courbe qui trace fur le plan les courbes que produit la coupe faite par les lignes tendantes au centre de l'élévation ; favoir, celle O, 1,2,3,4 8c y , pour la ligne Y H; celle O , 6,7, 8 3c p , pour la ligne YI ; 8c celle O , 10 & 11, pour la ligne Y L.
- Ces cerces ainfi tracées for le plan , ne peuvent pas encore fervir, puif* qu'elles ne font vues qu'en raccourci, 3c quelles ne donnent que des projections de largeur, ce qui n'eft pas fuffifmt, puifqu'il faut avoir les projeélions de longueur pour avoir les véritables courbes des lignes tendantes au centre de l'élévation , ce qu'il eft fort aifé de faire , ainfi qu'on le verra ci-après.
- Pour avoir, par exemple, la projeélion de longueur de la ligne Y H, celle de largeur étant tracée for le plan , ainfi que je l’ai dit ci-deifos, on trace à part une ligne perpendiculaire fig. 4 , dont la longueur Y d eft égale à celle Y dy fig. 1 ; puis on fait les points u, b y H y c, d y fi g. 4, à même diftance que ceux de la fig. 1,8c par chacun d'eux on éleve autant de perpendiculaires à la ligne Y dy lefquelles perpendiculaires repréfentent celles qui defcendent de la ligne Y d y fig. 1 , for le plan, fig. 3 , & qui fervent à y décrire la projection de largeur; enfoîte on prend fur chacune de ces perpendiculaires fig. 1 Sc 3 , la diftance qu'il y a depuis la ligne O S, jufqu'à ce qu'elles rencontrent la ligne courbe qui leur eft correfpondante ; laquelle diftance on porte for les perpendiculaires de la fig. 4 ; c'eft-à-dire , que l'on fait a 1 y fig. 4 , égal à i I y fig. 3 ; b 2 égal à / 2 ; H 3 égal à m 3 ; c 4 égal à n 4 ; 5c d y égal à o y ; puis par les points F, 1,2,3,4 & y, on fait palier une ligne courbe qui eft la cerce demandée, c'eft-à-dire, la coupe produite par la ligne Y d y fig. 1.
- La même opération fe fait pour les autres coupes, ainfi qu'on peut le voir dans les figures y 8c 6, dont les hauteurs font cotées des mêmes lettres que fur la figure 1, 8c la longueur de leurs perpendiculaires égale & cotée des mêmes chiffres que for le plan , fig. 3.
- Les cerces étant ainfi tracées, du point 3 , fig. 4, qui eft perpendiculaire au point Hy qui eft le dedans de la courbe , du point 3 , dis-je, & d'une ouverture de compas égale à la largeur delà courbe , on fait une feélion au point 12 , du-quel point on éleve une ligne perpendiculaire aux points 3 ,12 , àlaquelleon donne de longueur l'épaiffeur de la courbe, laquelle épaiffeur on continue jufqu'à ce quelle rencontre la ligne H 3 au point iy, ce qui donne la coupe de la courbe à cet endroit,
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- SectîoN IV. §. IV. Des Courbes cintrées en plan & en élévation, ôc. 397
- Enfoite des angles 12 & 16 de la coupe, on mene les perpendiculaires 12,
- 21 & 16, 22, à la ligne Y d , ce qui donne fur cette derniere la largeur de Planché la courbe vue géométralement ( ou de face, ce qui eft la même chofe , ) & J * l’extrémité de la ligne d'équerre, lefquelles largeurs on porte fur l’élévation, fig. 1, en faifant Y18c Y y , fig. 1, égal à Y 21 & Y 22 9fig. 4, ce qui fera la même chofe pour les autres lignes, en prenant les diftances fur les figures ÿ St 6 qui leur font correfpondantes.
- Quand la courbe efl: de largeur fur l’élévation, on trace cette largeur fur le plan, par le moyen des perpendiculaires que l’on abaifle des points où les lignes extérieures de l’élévation coupent les lignes horifontales, lefquelles perpendiculaires fe prolongent jufqu’à ce qu’elles rencontrent les cerces du plan qui font correfpondantes aux lignes horifontales d’où partent ces perpendiculaires*
- On peut encore tracer ces lignes de largeur for le plan, par le moyen des perpendiculaires que l’on abaifle de tous les points où les lignes tendantes au centre de l’élévation, coupent les lignes de la courbe, ainfl qu’on peut le voir dans le côté du plan coté A B , en obforvant toutefois que la longueur des perpendiculaires n’eft pas bornée par la rencontre des cerces du plan , mais par la longueur des perpendiculaires élevées for les figures des développements des coupes ,fig. 4 , y & 6 ; c eft-à-dire , que pour la première ligne dont le développement efl fait, fig. 4, on prend for la même figure la diftance 21,12, que l’on porte fig. 3 , de 27 à 28 , ce qui donne le dehors de la courbe, & la* diflance 22 , 16 , de 29 à 30, pour la ligne du dehors de l’équerre, laquelle ligne ne peut fe décrire for le plan que de cette maniéré : c’eft ce qui doit la faire préférer à l’autre.
- Ce que j’ai dit pour cette ligne, doit s’entendre pour toutes les deux autres ; c’eft pourquoi je n’en ferai aucune démonftration.
- Quant à la longueur des lignes d’équerre du deflbus de la courbe, elles fo prennent auffi fur les développements, la diftance 32, 31, fig. 3, étant égalé à celle 15 > 3 ^ fig* 4 > ainfi des autres.
- Pour ce qui eft de la maniéré de tracer la ligne d’arête de la courbe & celle de fon évafement fur la coupe, fig. 2, on prend for les perpendiculaires abaiflees des points où les lignes tendantes au centre de l’élévation coupent celles du dedans St du dehors de la cerce, la diftance quil y a depuis la ligne horifontale paflànte au derrière , jufqu’à la ligne d’arête, ou jufqu’à celle qui termine for le plan le dehors de la courbe, lefquelles diftances on porte à la fig. 2 , fur des lignes horifontales partantes des mêmes points que les per-
- pendiculaires ; de forte que la diftance 32 , 33 9fig. 2 , égale celle 36, 37, fig* 3 ; & celle 34, 35 , égale celle 38 , 39 ; ainfi des autres.
- Que le plan des courbes fbit en creux ou en bougé , la méthode dont on fe fert eft toujours la même , ainfi qu’on peut le voir dans les figures de ces Planches, dans la conftruélion defquelles je l’ai obfervé, en évitant Menuisier, IL Pan. Iiiii
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- de mettre toutes les lignes de conftruétion qui y ont été nécellàires, afin de n’y point mettre de confufion ; de plus, ce que je viens de dire pouvant fervir dans tous les cas poffibles, ce qui a fait que je me fuis contenté des figures , lef. quelles repréfentent la même chofe dans les deux Planches, ( exception faite de la forme des plans ; ) lavoir, la figure 1, '1 élévation de face d’une courbe faifant arêtier dans une lunette dont le plan eft creux ou bouge, ce qui eft égal; la figure 2, la coupe & la vue de côté de ce même arêtier, dans laquelle on doit prendre garde que les largeurs horilontales font confervées par-tout, du moins dans la face latérale, ce qui doit être ainfi à tous les arêtiers , comme je fai dit 5 page 354 & Jiiiv.
- Les figures 3 8c 4, repréfentent le plan de cet arêtier avec une partie de celui de la voûte, & les lignes d’équerre de l’arêtier , dont la largeur eft par-tout égale, ainfi que les horifentales fig. 2 , qu’elles repréfentent.
- La figure 5 enfin repréfente l’élévation de la moitié de ces courbes, prife for une ligne diagonale, & dont l’arête intérieure eft prife for deux lignes droites, non quelles doivent s’exécuter ainfi, mais pour faire fentir que le deiîous de ces arêtiers eft de la même nature de ceux qui font pris for un plan droit, n’y ayant que leur largeur, ou pour mieux dire leur épaiftfeur, qui change ainfi que leur face verticale lorfqu elle eft cintrée comme dans celle-ci.
- ' - Il eft des elpeces de lunettes qui, comme celles dont je viens de parler, font Planche dans des voûtes cintrées for le plan , mais dont l’intérieur va en rétréciflant en forme d’entonnoir, ce que l’on appelle lunette conique , parce qu effectivement le dedans de leur ouverture eft de la forme d’un cône ; c’eft pourquoi il faut avant de procéder à leur exécution , fe rendre y compte de la forme du cintre de face , fi l’évafement des côtés eft égal entr eux, & égal à l’évafement de l’élévation, ainfi que 'je l’ai fait ici pour en rendre l’exécution moins compliquée ; enfoite on commence par tracer le plan & la coupe à l’ordinaire , comme les figures 4, 5* & 3 ; puis à l’ouverture extérieure du plan , on tire une ligne horifontale a b, dont on porte la longueur fur la bafe de l’élévation de c en d; puis du point jf, comme centre, & de la diftance coud, on trace le demi-cercle c gd, lequel eft le cintre de face que l’on divife en un nombre de parties à volonté , tendantes au centre f\ enfoite on trace for la coupe la ligne h i, qui eft d’une hauteur égale à un des rayons, comme f g, & qui eft en même temps la coupe du cintre de face , repréfentée fur le plan, fig. y , par la lignepb, de maniéré que la diftance h r eft égale à cellep q.
- Cette opération étant faite, des points 1,2 & 3 , des divifions du cintre de face, on mene à la ligne h i, les horifentales il,2mSc^n;8c aux points i l, m n, où elles la rencontrent, on fait paffer des lignes 4,5,6 & 7, tendantes au fommet du cône, lelquelles font les équerres de la courbe, ainfi que celles du plan , fig. y, que j’ai cotées des mêmes chiffres que celles de là coupe, afin qu’on en fente mieux le rapport (*).
- (*) On fe reflouviendra que j’ai fuppofé que égal dans toutes fes parties, ce qui donne un lévafement de la lunette dont je parle, étoit demi*cône régulier, dont le triangle 0 a b eft la
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- Section IV. §. IV. Des Courbes cintrées en plan & en élévation , &c. 399
- Enfuice des points où les lignes inclinées rencontrent Tare de la coupe, on mene des lignes horifontaies au travers de l’élévation, lefquelles coupent les lignes tendantes au centre du cintre de face , & donnent des points pour avoir la courbe que forment ces lignes, ainfi qu’on peut le voir dans les figures 1 & 4, & dans celles 7, 8 &9 , qui font les développements des coupes fur les lignes tendantes au cintre de face, lefquelles j’ai marquées des mêmes lettres que dans le plan & l’élévation.
- Je ne parlerai pas ici de la maniéré de tracer ces coupes, puifque c’eft tou-^ jours la même méthode que celle que j’ai donnée , page 396 ; toute la différence qu’il y a dans cette occafion, c’eft que le deffous des coupes des figures 7, 8 & 9, ne peut pas être de niveau , mais d’une obliquité égale à celle de la ligne iy, fig. 3 , ou de celle b o >fig. J1, ce qui eft égal à toutes les trois coupes, jig. 7,8 & 9, ou la diftance Z) £ eft égale à celle p b, fig. 5 ; & celle D F ,
- égale à celle p 0, ou celle E F, égale à celle 0 b.
- Quand les coupes font tracées, on porte toutes leurs hauteurs perpendiculaires ïùr les lignes de l’élévation tendantes au centre du cintre de face, ce qui donne la largeur de la courbe, ainfi que fon épaiflèur tant du dedans que du dehors, ce qui n’a pas befoin d’aucune démonftration, après ce que j’ai dit ci-devant,/?^ 393. Quant à la maniéré de tracer l’arête & la largeur de la courbe tant for le plan que fur la coupe, on le fera toujours par le moyen des diftances prifes fur les coupes, 7,8 & 9 , que l’on portera for ces dernieres , des lignes repréfentantes celles du derrière de ces coupes , comme par exemple^ la diftance a b, fig. 7 , de 8 à f , fig. J , & de 9 à $ , fig. 3 ;
- celle c d,fig. 8, de 10 à <5, & de 11 à 6 ; enfin celle ej ,fig. 9 , de 12 à 7 &
- de 13 à 7 ; en obfervant toujours de prendre & de porter ces diftances perpendiculairement aux lignes du derrière des coupes, & à celles qui les repré-fentent, parce que fi on faifoit autrement, c’eft-à-dire, que fi on fuivoit l’incli-naifon des lignes d’équerre, on n opérerait jamais jufte, ce qu’il eft fort aifé de prouver, puifque dans un cône vu géométralement, de toutes les lignes que l’on tire de fon fommet à fa circonférence, il n’y a que celles qui forment le triangle de fa coupe, qui fbient dans leur véritable longueur, ainfi que celles a b 8c a c, fig* 6 y laquelle repréfente la moitié d’un cône dont la bafe eft divi— fée par des lignes tendantes à Ion centre, & par conféquent à l’axe du cône.
- J’ai auffi marqué dans ce cône, quoiqu’en petit, ces divifions menées juf-qu’à fon fommet, ainfi que l’effet que produiroit fur ces dernieres la rencontre d’une voûte à-peu-près femblable à celle ci-defliis.
- Il y a des occafions où les ouvertures des lunettes ne font évafées que for l’élévation , alors elles ne peuvent plus avoir la figure d’un cône ; mais on peut les
- coupe perpendiculaire, 8c dont la moitié fe trouve comprife dans la coupe entre les lignes hi ,8c celles h y 8c iy , lefquelles font fuppofées fe rencontrer à un même point hors de la figure,
- Planche
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- Planche
- ce qui eft fort aifé à voir, puifque la ligne hî, égale celle p b ; celle h y, égale celle p 0 8c celle iy, égale celle b 0.
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- 4oo MENUISIER, IL Partie, Chap. XII.
- '•-- confidérer comme des cylindres dont Taxe vu fur fà coupe, eft oblique avec la
- Planche bafe [a voûte ; dans ce cas on opéré comme dans le précédent , tant pour établir le cintre de face que pour avoir le cintre des coupes tendantes au centre du cintre de face. Voyei les Fig. ï,2,3,,4,j,7,8&5>; toute la différence qu’il y a, c’eft que la pente du deflous des coupes,^. 7,8 & 9, ne peut pas être la même, parce que plus ces coupes approchent de la ligne horifontale du cintre de face, Sc moins elles font obliques à cette même face, Ce qui eft fort aifo à concevoir, puilque les côtés du cylindre font perpendiculaires à la bafe du plan ; donc, pour avoir les différentes pentes de ces coupes , le cintre de face u l n étant divifé, on mene de ces divifions des lignes horifontales, jufqu’à ce qu’elles rencontrent la ligne c d, ( qui eft d’une hau^ teur égale au cintre de face , ) aux points d, x ,jy, £, par lefquels on fait paffer les lignes d’équerre du dedans de la lunette, lefquelles font d’une obliquité donnée , Se toutes parallèles entr’elles, ce qui doit être, puifqu’elles font fop-
- pofées tracées autour d’un cylindre oblique, dont la ligne hfy fig. 3, eft l’axe,
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- Sc celle i e , le côté.
- Cette opération étant faite , on trace for la moitié de ce cylindre , la ligne perpendiculaire efy parallèle à celle ih\ puis on prend for cette même ligne la diftance xfy que l’on porte fig. a, de m en n, duquel point comme centre , & de la diftance m /, on décrit le demi-cercle 1 , % Sc 6 ; de forte que la diftance x e eft égale à celle m 2.
- Enfoite on trace for les figures7,8 les lignes perpendiculaires cy dymy 3,’ Sec, dont les diftances for la ligne horifontale, font les mêmes que dans la figure 3 ; puis on prend la diftance cdy fig. 3 , ou m l y fig* 2, que l’on porte de c à d9 fig. 7, 8 & 9 ; Sc la diftance m 3 , fig. 2, cpîe l’on porte de m à 3, fig. 7 ; celle m 4 , fig. 2 , de m à 4, fig. 8 ; Sc celle m 5 y fig* 2 , de m à y y fig* 9 ; ce qui 1 donne la pente ou inclinaifon du cylindre à chacune des coupes tendantes au centre du cintre de face.
- ; U eft encore une autre maniéré de trouver cette pente, qui eft de tracer for la figure 3, la ligne c g perpendiculaire à l’axe h fi Su cylindre, & par conféquent à fon côté i <?, ce qui formera le triangle reélangle gc dy dont l’hypothénufo cdy eft égal au rayon du cintre de face. Si donc la ligne e cgy coupe le cylindre, elle fera perpendiculaire à toutes les lignes parallèles à fon axe, ce qui donneia autant de triangles reétangles, dont l’hypothénufo fora toujours égale à la ligne c dy Se le petit côté égal à la diftance qui reftera for ces parallèles entre la ligné c g Sc celle c d ; de forte que pour avoir 1 inclinaifon de la figure 7, on prendra avec le compas la diftance x 7 yfig* 3 , & du point dy on fera une feélion en 10 ; puis on prendra l’équerre dont on fera porter une branche au point c , & l’autre au point dy que Ion fera haufler ou baifler jufqu’à ce qu’elle rencontre à fon angle la feélion 10 , ce qui donnera un triangle reélangle , dont l’hypothénufo eft d’une longueur .égale à celle d’un des rayons du cintre de face, Sc le petit
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- cote
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- Section IV* §. IV. Des Courbes cintrées en plan & en élévation, &c* 401 côté égal à la diftance *7, & en même tertips l’inclinaifon de ce petit côté, fera la pentë demandée.
- Il en eft de même des deux autres figures, lefquelles ont chacune lin* triangle reéïangle, dont le petit côté eft égal à la diftance donnée fur la coupe fig. 3 , ce qu’ il eft fort aifé de voir, puifque la diftance d 11 eft égale à celle y 8, & celle d 11 égale à celle £9.
- La pente de ces coupes étant une fois donnée, on trace la largeur Sc l’épaif* feur de la courbe, que Ton porte enfuite fur les divifions du cintre de face, que Ion trace ainfi que le plan, félon la méthode que j’ai donnée ci-deffus, page 396 & fuivantes.
- On pourroit encore tracer le dedans de la courbe fur l’élévation, en traçant autant de demi-cercles que la rencontre des lignes de divifiôn, tracées autour du cylindre avec la voûte, donneraient de différents plans , ce qui reviendroit à la même chofe que par le moyen des longueurs prifes fur les coupes ; mais cette méthode ne pourroit pas donner la largeur des bois ; c eft pourquoi on fera bien de s’en tenir à la première méthode, laquelle eft la plus jufte.
- On fera bien attention en portant tant fur le plan que fur la Coupe les dilatances prifes fur les coupes , Jig. 7, 8 & 9 , de porter ces diftances fur les lignes qui les repréfentent tant dans la coupe que dans le plan ; c’eft-à-dire, qu’il faut porter la diftance 19, 20 , fig, 7, de 13 à r, Jig, 3 , & de x à 16, Jig. J ; celle 21,22 >Jig. 8, de 14 à s, & de x à 17 ; & celle 23 d3 Jig. 9 , de 15 à £ , & de x à 18.
- Pour bien entendre ceci, il faut remarquer que les tranches tendantes au centre de face, fur lefquelles j’ai pris les coupes , fig. 7, 8 & 9, que ces tranches, dis-je , ne fuivent pas l’inclinaifon du cylindre , mais quelles le coupent perpendiculairement à fa face verticale, ou pour mieux dire à fa bafe c d9 fig. 3 , dont le cercle u In 9jfig» 2 , eft le plan ; de maniéré que le cercle 2,3, 4,5 & 6, provenant de la coupe e J du cylindre, ne fe trouve plus divifé en parties égales, mais qu’au contraire les lignes de divifiôn le rencontrent plus haut, & donnent fur le plan les lignes inclinées 24,2 J ; 26,27; & 28,29 ; lef* quelles étant prolongées à l’infini, deviendroient des lignes appartenantes à des ellipfes très-alongées. Laraifon qui empêche de faire fuivre l’inclinaifon du cylindre aux tranches de divifiôn du cintre de face, eft que fi on le faifoit, ces déifions changeroient de place à mefure quelles changeroient de plan, (ainfi que je l’ai indiqué par les divifions du cercle 2 , 3,4, lefquelles vont tendre à fon centre o ) ce qui ne feroit que multiplier les opérations & les rendre plus difficiles ; c’eft pourquoi dans tous les cas on fera très-bien de prendre ces coupes perpendiculairement à la face verticale, ainfi que je l’ai fait jufqu’à préfent. Voy. la Fig. 6 , qui repréfente la moitié d’un cylindre oblique avec les divifions de fa bafe fuivant fon obliquité, & ces mêmes divifions & fon axe parallèles à 1 ho-rifon, fuivant la méthode que j’ai donnée ci-deflus.
- Menuisier. IL Pan.
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- 402 MENUISIER, Il Partie. Oap. X//.
- S’il arrivoit que les lunettes fuflent obliques fur le plan comme for l’élévation, & que les côtés de ce plan fuflent parallèles entr’eux, elles feroient toujours dans le cas d’un cylindre oblique pris fur la diagonale de Ion obliquité ; fi au contraire les côtés du plan n’étoient pas parallèles entr’eux, ni d’une obliquité égale à celle de l’élévation, les lunettes devroient être confidérées comme des cônes obliques.
- Dans l’un ou Tautre cas, on fe fervira toujours de la même méthode que celle ci-deflus, en obfervant toutefois ce qui convient au cylindre ou au cône, ce que j’en ai dit renfermant la théorie de tous les cas poflîbles , auxquels cas on fera fervir les différentes méthodes que j’ai données félon qu’on le jugera à propos.
- S’il arrivoit que les lunettes ne fuflent pas évafées fur l’élévation, & qu’on n’en voulût avoir que l’arête, l’opération deviendroit alors bien moins compliquée , parce que l’on n’auroit befoin que de divifer l’élévation & la coupe de la voûte par tranches parallèles, & de tracer ces tranches fur le plan, ainfi que je l’ai démontré, page 364, & qu’on peut le voir dans les figures 5,8 3c 9 , de la Planche 1 ^5 , lefquelles repréfentent les plans de diverfes lunettes tant fur des plans droits que fur des plans cintrés, fur lefquels les cintres de ces lunettes font élevés. La fi gure 1, repréfente le cintre de face de ces lunettes, lequel eft foppofé plein-cintre , ainfi que dans toutes les figures ci-devant ; quoiqu’il fe pourrôit faire que ce cintre fût une ellipfe , ce qui arriverait néceflàire-ment fi le cintre de la voûte qui forme la lunette, étoit un demi-cercle pris fur une ligne perpendiculaire à ces côtés, ce qui ne changerait rien aux différentes maniérés d’opérer que j’ai données ci-deflus ; la figure 2., repréfente la coupe de la voûte, des divifions de laquelle j’ai abaifle autant de perpendiculaires que j’ai cotées des mêmes lettres que fur le plan, afin de faire fentir le rapport quelles ont entr’elles. On fera auffi attention que quand les lunettes feront fur un plan biais, comme celles-ci, que les cintres pris depuis leurs angles jufqu’à leur plus grande faillie , ne font pas égaux , à caufo que leur obliquité renvoyé la ligne de milieu tout d’un côté, ainfi qu’on peut le voir dans les figures 5,8 & 9, & dans celles 3 & 4, qui repréfentent l’élévation des arêtes des lunettes repréfentées en plan,^-. 9 & y.
- Voilà en général tout ce qu’on peut dire touchant les différentes efpeces de courbes, de quelque nature qu’elles puiffent être, ayant traité en particulier de chaque efpece de courbes, des différentes méthodes dont on peut fo fervir dans leur conftruétion, & des difficultés qui s’y rencontrent ; ce que j’ai fait afin de ne rien laifler à délirer à cet égard, & pour rendre familière cette partie de l’Art du Trait, laquelle n’a pas encore été traitée jufqu’à préfent, ou du moins que très-fuperficiellement, for-tout en ce qui a rapport à la Menuiferie ; ce qui me fait efperer que 1 on me paflera la longueur de l’ouvrage en faveur de l’ordre que j y ai foivi, &de 1 utilité qu on en retirera, tant pour la sûreté de la théorie, que pour l’accélération de l’ouvrage, & pour l’épargne de la matière, ce qui eft fort à confidérer.
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- CHAPITRE TREIZIEME.
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- Des Ouvrages de Trait d’ajfemblages 9 en général.
- J j a troifieme efpece d’Ouvrages de Trait dont il me refte à parler* fèmble être d’une difficile exécution* parce qu’elle renferme en elle feule toute la théorie des deux autres eipeces * ( c’eft-à-dire * des ouvrages collés en plein bois * & des différentes eipeces de courbes ; ) cependant il l’on poiîede bien la théorie de ces deux premières eipeces d’ouvrages* il fera fort facile de parvenir à l’exécution de la troifieme * qui n eft qu’une répétition Se un réfiimé des deux autres ; c’eft pourquoi je ne m’étendrai pas beaucoup fur cette partie* me contentant de donner quelques exemples , lefquels feront plus que fuffifànts pour en donner une connoiflànce parfaite ; m’attachant, ainfi que je l’ai toujours fait * à donner * des principes généraux * lefquels puiflènt s’appliquer à des cas particuliers , ce qui eft plus utile que d’entrer dans le détail d’une infinité d’ouvrages de cette nature 9 qui ne different que de peu de chofe les uns des autres * Se dont les procédés font les mêmes tant pour la théorie que pour la pratique.
- Je fais très-bien que cette maniéré de traiter l’Art du Trait, paroltra feche Sc nouvelle* fur-tout aux Menuifiers, qui pour la plupart aiment mieux voir des morceaux entiers que des développements 9 ne s’apperceyant pas qu’en faifànt ainfi une piece de Trait fans avoir acquis aucuns principes 9 ils ne font que de ferviles imitateurs de ce qu’ils ont entre les mains* & que quand l’ouvrage eft fait* ils feroient quelquefois bien en peine de donner de bonnes raifons de fa réuffite * ni des procédés dont ils fe font fervis pour l’exécuter, ce qui les met prefque toujours dans le cas de ne lavoir comment s’y prendre pour faire des ouvrages de Trait qu’ils n’ont pas copiés chez leur Maître * ce qu’il n’eft pas poffible qu’ils faflent* puifque le peu de temps qu’ils mettent à l’étude de l’Art du Trait, ne leur permet pas de faire une étude fuivie de tous les cas poffibles ; & que quand même ils la feroient, elle leur feroit toujours infruélueufe, puifque ces fortes d’études fe bornent à copier une épure, fans fe rendre aucun compte des raifons qui ont engagé celui qui l’a faite * à fe fervir d’une méthode préférablement à une autre dans la conftruétion de cette épure.
- C’eft ce défaut de théorie & d’ordre dans la maniéré d’enfeigner Se d’apprendre l’Art du Trait* qui eft une des principales caufesdu peu de progrès que beaucoup de Menuifiers ont fait dans cet Art, ainfi que je l’ai déjà dit au commencement de cette partie de mon Ouvrage ; ce que je ne répété ici, que pour engager * s il eft poffible, les jeunes gens à mettre de l’ordre dans leurs études * & de la combinaifon dans leurs idées * afin de pouvoir réfifter au torrent de la coutume
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- 404 ' M EN U I S I E R, II. Partie 9 Chap. XIII.
- qui, quelquagréable quelle leur paroifle, les met prefque toujours dans le cas de perdre leur temps, ce qui eft une perte irréparable, Sc dont fouvent on ne s’apperçoit que lorfqu’il n’eft plus temps d’y remédier, ou ( ce qui eft encore pis ) dont on ne s’apperçoit jamais, par la faufle fécurité què donnent les con-noiflànces que l’on croit avoir acquifes, lefquelles connoiflànces fe démentent prefque toujours lorfqu on vient à les appliquer à la pratique.
- Section Premier e.
- Maniéré de préparer & d? élégir les Bois propres aux Ouvrages de Trait.
- Dans tout ce que j’ai dit ci-devant touchant les differentes efpeces de courbes, je les ai prefque toujours foppofé liflès fans aucune efpece de moulurés ni d’af-fomblages, ne m’étant attaché qu’à donner la maniéré de les corroyer Sc d’en faire les coupes principales. Il s’agit maintenant de les repréfenter avec des aflemblages Sc ornées de moulures, ce qui ne change rien à leur forme, à la vérité, mais ce qui oblige à prendre des précautions tant dans la manière de les mettre d’équerre, que dans celle de placer les fils de bois pour recevoir les aflemblages , Sc dans le choix de ces mêmes aflemblages.
- Quant à la maniéré de mettre d’équerre les bois des ouvrages cintrés en plan, la coutume la plus ordinaire eft de faire tendre toutes les équerres au centre du plan, ce qui eft fiijet à bien des inconvénients , for-tout lorfque l’ouvrage eft à double parement, ainfi que je le démontrerai ci-après ; de plus, quand les courbes font ornées de moulures {aillantes, cette faillie dérange la largeur des champs ou bien leur largeur totale, foit en l’élargiffàntou en la rétréciflànt, ce qui arriveroit dans les courbes évafées des lunettes & autres ouvrages de cette nature , fi l’on n’y apportoit pas toutes les précautions néceflàires, lefquelles précautions tendent non-feulement à rendre l’ouvrage plus parfait, mais encore à l’épargne de la matière , ce qui eft un objet très-confidérable.
- La coutume la plus ordinaire de mettre d’équerre les bois des ouvrages cintrés en plan , eft de faire tendre ces équerres au centre du plan , ainfi que je l’ai déjà dit. Mais il réfolte deux inconvénients de cette méthode ; le premier eft, que quand les moulures font pouflees for un morceau de bois ainfi difpofé, il arrive alors qu’elles deviennent plus larges dans leur obliquité que celles des parties droites, ainfi quon peut le voir dans la figure 3 , cote A, où la ligne a b eft plus longue que celle c dy fig. 1 ;ce qui, quand l’outil qui forme cette moulure, porte un quarré, le fait revenir en devant, & rend par conféquent la barbe moins longue qu’on ne l’avoit tracée for le plan.
- Le fécond inconvénient eft, que quand les profils font à petits cadres , comme ceux des figures 1 Sc 3 , lorfque les équerres tendent au centre du plan, quand on vient à pouffer la gorge du derrière, fi l’on appuyé la joue de l’outil contre le
- champ
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- Section L Maniéré de préparer & d'élégir les Bois, 6c. 405;
- champ du bois , fi le gorget a une joue ou conduit extérieur, il ne porte que fur . cette joue au point b, 8c ne peut pas par conféquent defcendre à fà profondeur ordinaire au derrière du talon ; ou bien fi on veut qu'il y defcende, il faut fùppri-mer le conduit du dehors, ce qui rend le quarré de la gorge trop profond, ainfi que je l'ai indiqué par des ponctuations qui repréfentent la forme de la gorge dans ces deux cas. Voyez la figure 3 , cote A.
- Si au lieu d’appuyer la joue de la gorge fur le champ du bois, on conduifoit cette derniere de façon que fbn defibus fût parallèle à la ligne e b, la gorge de-yiendroit dans fon état naturel ; mais on ne pourroit pas pouffer l'outil, parce qu'à mefure qu'il viendroic à defcendre, il trouveroit le bois plus large, ce qui nécefiàirement l'empêcheroit d'aller, ou bien ce qui feroit cafïer la joue , fi l'on s’obftinoit à le poufier ; ce qu’il eft très-aifé de voir , puifque le champ du bois augmente fur là largeur de la diftance ef9 la ligne^g- étant perpendiculaire à celley’Æ.
- Pour remédier à ces deux inconvénients, il ne faut pas faire tendre les équerres au centre du plan ; mais au contraire , il faut, après avoir déterminé fur le plan la largeur du champ 8c de la moulure, mettre le bois d'équerre d’après la largeur de cette derniere, ainfi que je l'ai obfervé dans la figure 3 , cote B, où l’angle droit h i /, a pour un de fes cotés la ligne i h. Cette féconde façon de mettre les bois cintrés d'équerre, eft très-bonne, parce quelle remédie à tous les inconvénients de la première, la moulure devenant égale à celle fig. l, tant fur la ligne diagonale / my qui eft égale à celle c i, que fur la ligne horifontale i h , qui eft égale à celle c p.
- Il faut prendre garde en mettant les bois ainfi d'équerre, de palier la largeur de la moulure, parce qu'alors on tomberoit dans un inconvénient inverfè du premier, ainfi qu'on peut le voir dans la figure 3 , cote B , où la ligne d'équerre h o, perpendiculaire à celle b k9 rentre trop en dedans du bois, 8c rend par conféquent la moulure trop étroite , la diftance i n étant moindre que celle i m.
- Plus les profils font larges, plus la difficulté augmente , ainfi qu’on peut le voir dans la figure 4 , cote C, où la diagonale q r, eft beaucoup plus longue que celle s t9fig. 2, & où la différence de largeur perpendiculaire de la moulure, devient très-confidérable en raifon de cette même largeur ; de plus, fi dans un profil d’une certaine largeur, tel que celui-ci, on poufloit les gorges parallèlement à l’équerre tendante au centre du plan , les faces des quarré s ne fuivroient plus le cintre du plan, ni les côtés de ces mêmes quarrés ne feroient plus perpendiculaires à ce cintre, ce qu'il faut obferver le plus qu'il eft poflible.
- La différence des hauteurs du dedans & du dehors des gorges prife perpendiculairement à l'équerre de la piece , devient aufîi très-confidérable, ce qui rend l'exécution de ces gorges impoffible avec le même outil avec lequel on a pouffé celle de la figure 2, puifqu'il faudrait, pour s’en fèrvir de cette maniéré , Menuisier. IL Part. L1111
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- 406 ME N VIS I E R, IL Partie. Chap. XIII.
- hauffer le quarré d’un côté & le baiflèr de l’autre , & changer la forme de l’ar-rondiflement.
- Toutes ces difficultés doivent, ainfi que je fai déjà dit, faire préférer la fécondé maniéré de mettre les bois d’équerre , ainfi que je l’ai obfervé dans la figure 4 , cote B, ce qui n’a d’autre difficulté que quand l’ouvrage eft à double parement , comme la figure J , parce qu’alors 1 angle extérieur devient trop obtus , & rend les quarrés du deflous des moulures trop oppofés à leur direction naturelle qui devroit tendre au centre du plan ; c’eft pourquoi dans ce dernier cas, on tracera l’équerre de la piece des deux différentes maniérés ci-deffiis , dont on partagera la différence par la moitié, ainfi que je l’ai obfervé dans la figure 5.
- Il faut cependant obferver que cette derniere maniéré de mettre les bois cintrés d’équerre , a une partie des inconvénients de la première , parce que le champ de la piece n’eft plus perpendiculaire avec la largeur de la moulure intérieure , ce qui rend les rives de la gorge plus hautes l’une que l’autre ; cependant on ne peut guere faire autrement quand l’ouvrage eft à double parement ; de plus, il eft très-rare que l’ouvrage fbit auffi cintré que je l’ai repré-fenté dans les figures ci-deffùs , que je n’ai cintrées ainfi que pour mieux faire fentir les difficultés qui fe rencontrent dans ces occafions. Quant à la face extérieure , il faut, en y poufîànt les gorges , les pouffer bien à-plomb de l’arc du plan , de maniéré que la ligne a b ,jig. 4, qui repréfente le deftous de la gorge, foit tangente avec le cercle extérieur. .
- Il faut auffi prendre garde en plaçant la gorge , que les largeurs des moulures foient à-peu-près égales entr elles & à celle donnée, de maniéré que la diagonale c d y fbit égale à celle ef
- Lorfque l’ouvrage eft à double parement, il eft bon de faire les profils du côté du grand cercle plus larges que du côté du petit cercle , afin que la plus grande largeur du grand cercle, ( comparaifon faite avec le petit, ) foit partagée entre le champ & le profil , ainfi que je l’ai obfervé dans cette figure.
- En général, il réfùlte des obfervations que je viens de faire, qu’on ne fiu> roit faire trop d’attention en traçant les champs & les moulures des ouvrages cintrés en plan, afin que tous les membres, tant des parties droites que des cintrées , fe raccordent parfaitement, & que les barbes des traverfes foient d’une longueur jufte, & qu’on ne foit point obligé de les recouper fi elles fè trouvent trop longues, ou bien de recouper fur les arrafements quand elles font trop courtes, ce qui eft encore pis , & cependant ce qui n’arrive que trop fouvent lorfqu’on n’a pas fait un plan jufte , & qu’on n’a pas pris toutes les précautions dont je viens de faire le détail.
- Lorfque les arêtiers des lunettes, ou toutes autres courbes de cette efpece, font ornés de moulures, comme les figures 6 & 7, & que l’ouverture des lunettes
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- SêCTIOn /. Manière de préparer & d’élégir les Bois, &c, 4°7
- eft biaife ou évafée, foit fur le plan ou fur l’élévation, la faillie de ces profils ne doit pas fiiivre Finclinaiion de cet éyafement , mais au contraire être perpendiculaire à la bafe du profil, c’eft-à-dire , à la ligne courbe du plan , repré-fentée par celle g h /.
- Pour que tous les membres de ces profils foient ainfi perpendiculaires à leur bafe , il faudroit que toutes les perpendiculaires tendiffent au centre du plan, ce qui n’eft pas poffible , à moins que ce centre'ne foit fort éloigné, parce que quand il eft proche, comme dans la figure ci-deflus , il y a trop de différence entre la longueur de la ligne l m (qui eft le nud de fouvrage pris du devant de la première moulure, ) & celle no, qui borne fà plus grande faillie ; c eft pourquoi il faut faire enfbrte que tous les membres des moulures des profils creux ,fig. 6 8c 7, foient égaux à ceux du profil droit, fig, 8 , & que la diagonale pq du principal membre, fig, 6 8cj, foit égale à celle rs delà figure 8, ainfi que je fai obfervé aux figures 6 & 7, où les lignes In & m o, ne font pas perpendiculaires à Tare de cercle ghi, ni à la ligne Im , ( laquelle donne la véritable largeur du profil, puifqu’elle eft égale à la ligne tu, fig, 8 ) , parce que les unes rendroient le profil trop étroit , 8c jj.es autres le rendroient trop large.
- Il faut auffi remarquer qu’en fuivant la méthode que je donne ici, on peut fe fervir des mêmes gorges que pour les profils droits, fig, 8, vu que le devant 8c le derrière de ces gorges , deviennent prefque d’équerre avec le champ qui leur eft correfpondant, en obfèrvant cependant de poufîer les gorges l’une en dehors & l’autre en dedans du profil. ‘
- Lorfque le derrière des profils fera faillant fur l’arête de l’ouvrage , comme il eft ici, on fera tendre cette faillie au point de centre du plan, & on fera enfbrte que l’extrémité de cette faillie pafte par la ligne m o , qu’elle doit rencontrer au point x, ce qui rend le derrière du profil creux , un peu plus large qu’il n’eft dans la figure 8 , dont la largeur eft repréfentée par la ligne Im, ainfi que je l’ai déjà dit.
- Cette différence de largeur eft très-peu de chofe, 8c fe réduit à rien lorfque le profil changeant de plan fe trouve fur une partie droite, ce qui arrive dans prefque tous les arêtiers ; cependant dans le cas où je les repréfente actuellement , il faut en augmenter la largeur, ainfi que l’indique la ligne y ^ , qui eft parallèle à celle o m, afin d’y pouvoir pouftèr la gorge.
- Comme les arêtiers des lunettes changent de forme à mefùre qu’ils changent de plan , à raifon de leurs différentes coupes , lorfqu’on veut que l’ouvrage foit fait avèc beaucoup de précifion , il eft néceftàire d’y marquer le
- profil à chaque coupe , ainfi que je l’ai fait ici, en y faifant les mêmes obferva-tions.
- Quant au derrière des chambranles des lunettes , lorfqu’ils font avant-corps fur le revetiffement de ces dernieres, comme dans les figures 6 8c 7, Ü
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- toujours que ce derrière fuive la courbe du plan , parce que fî on le faifoit retourner quarrément fur le re vêtiffement, ilfaudroit diminuer l’épaifleur du chambranle aux endroits où il forme des angles aigus, ainfi que l’indique la ligne 19 2 ; ou bien fi on lui confervoit fon épaifleur , il faudroit diminuer le champ du revêtifiement de la diftance 2,3.
- On pourroit remédier à cet inconvénient, en portant la largeur du champ du revêtifiement du point 2 au point 3 ; mais cela changeroit le parallélifme des lignes des champs avec le cintre de face , qu’il faut toujours tâcher de conferver pour ne point rendre l’ouvrage trop compliqué, & par conféquent plus difficile à faire.
- Voilà en général tout ce qu’on peut dire touchant la maniéré de difpofer les équerres , & par conféquent les profils des ouvrages cintrés en plan , vu la multiplicité des occafions , lefquelles font inépuifables, & fembleroient demander d’être traitées chacune à part, fi on ne faifoit pas attention que les préceptes que je viens de donner font applicables à tous les cas poflibles ; toute la différence qu’il pourroit y avoir, n’étant que dans le choix de ces mêmes préceptes : ce que je laiffe au génie de l’Ouvrier intelligent, lequel ne pourra guere s’y méprendre d’après tout ce que j’ai dit dans le cours de cet Ouvrage.
- §. I. Differentes maniérés de placer les affemblages des Ouvrages cintrés.
- Quant aux affemblages des ouvrages cintrés en plan, ils demandent aufli beaucoup d’attention , parce que ceft de la précifion avec laquelle ils font faits, que dépend une partie de la réüflîte de ces fortes d’ouvrages ; c’eft pourquoi on fera très-bien de faire palier tous les affemblages au travers des bois, afind’être plus sûr de leur direction, & pour rendre l’ouvrage plus folide.
- Tant que l’ouvrage eft peu cintré, ce que je viens de dire ne fouffre pas grande difficulté ; mais lorfqu’il l’eft beaucoup , Sc que les profils ont une largeur confidérable , cela demande bien des attentions, tant pour faire les tenons que les mortaifes, ainfi que je vais le démontrer.
- Les mortaifes fo font ordinairement avec un bec-d’âne, ainfi que je l’ai dit dans la première Partie de mon Ouvrage , page 77 ; c’eft pourquoi elles ne peuvent être que droites fiir leur largeur, ou pour mieux dire fur leurs joues ; d’où il réfulte que quand le bois eft cintré comme la figure 9 , fi l’on fait paffer l’affemblage au travers de la piece & au milieu de fon épaifleur, cette mortaife fe découvre néceflairement dans le milieu de la piece , ( ce que les Ouvriers appellent crever la joue, ) ce qui la gâte & la met hors d’état de fervir. Cette difficulté a fait recourir à différents expédients, lefquels y remédient plus ou moins bien , félon que l’on fait les employer à propos.
- Lorfque les bois font beaucoup cintrés , & que Ton craint que la mortaifo ne creve en la faifànt pafler au travers de leur largeur, on élégit la piece fur la
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- SECTION 1. §. I. Placer les ajjemblages des Ouvrages cintrés. 409 largeur de celle du profil a b c d, & on trace la mortaife du fond de la barbe 9 laquelle mortaife pafle droite jufqu'au dehors de la pie ce , ce qui ne fouffre aucune difficulté , que quand la mortaife vient à rencontrer l'onglet, elle le coupe & vient fortir derrière la piece aux points ef 9 ce qui fait un fort mauvais effet, & ce qui oblige à faire faire un coude à la mortaife depuis le fond de la barbe ad, jufqu'au deflûs de l’arrafement b c, ce qui rend l'aflèm-blagô peu jufte, puifqu'il faut faire entrer un tenon cintré dans une mortaife droite, ou tout au plus à pan, ce qui laifïe nécefïâiren^nt un vuide entre le devant du tenon & la joue de la mortaife , ainfi qu'on peut le voir dans la fig* 9 , où ce vuide eft coté i i, & quil faut pour placer le tenon refouiller dans le derrière de la mortaife cotée o o.
- Il y a des occafions, comme dans la figure 10, où quand on ne peut, ou on ne veut pas fopprimer le derrière de la barbe, on eft obligé de faire fuivre à la mortaife la pente de l'entaille g hlm , ce qui peut être , quand le bois eft peu cintré ; mais lorfqu'il l'eft confidérablement, comme dans la figure 10 , la mortaife faite de cette maniéré , vient rencontrer la face extérieure de la piece , & creve la joue.
- On ne peut remédier à cet inconvénient qu’en faifànt pafïer la mortaife droite au travers de la piece, en la plaçant de maniéré qu'il refte une joue raifonna-ble tant dans le creux de la piece qu'à fes extrémités , ainfi que l'indiquent les lignes no Sep q.
- Cette maniéré de placer les mortaifes eft très-bonne, tant pour celles où on réferve la joue de derrière , que celles où cette joue eft totalement fupprimée ; toute la difficulté qu'il pourroit y avoir n'étant que pour tracer les tenons, lef quels alors ne feroient plus parallèles au parement de la traverfe, mais au contraire feroient d’une direélion femblable à celle donnée par le plan où il feroit nécef faire de les tracer, afin d'en avoir les différentes joues, comparaifon faite avec le cintre du plan.
- Cette maniéré de difpofer les affemblages des ouvrages cintrés, eft aufîi très-bonne pour les tenons rapportés, que l’on nomme tenons a peigne, lefquels font toujours droits, Se auxquels par conféquent il eft fort facile de faire prendre la direélion que l'on juge à propos , par le moyen d’un calibre que l'on pofe fur la traverfe, Se dont la partie qui excede l'arrafement de cette derniere, eft dreflee parallèlement au-devant de l'aflemblage, ou même entre au dedans de la joue pour diriger & appuyer le tenon que l'on rapporte, de forte que l'intérieur de ce calibre eft d’une même forme que le dedans de la figure 10 , coté rgsn.
- On pourra peut-être objeéter que les tenons à peigne ainfi difpofés, ne peuvent avoir lieu que quand les deux barbes des traverfes font ralongées par derrière comrçe par devant, comme dans la figure 9 ; mais que quand elles ne le font que par-devant, comme dans la figure 10 , il ne refte pas afïèz d’épaiflèut par derrière pour contenir les goujons, ce qui feroit vrai fi le cintre étoit auflï confiderable que dans la figure 10 , mais cela arrive rarement ; & de plus , fi Menuisier. IL Paru M mmmm
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- 410 MENUISIER, IL Pardi , Chap. XIII. cela arrivoit, on pourroit faire les tenons dans le même bois, ce qui leveroit toutes les difficultés ; ou bien fi on ne le pouyoit faire, on biaiferoit l'aflèmblage jufqu'à ce qu'il rencontrât le point t, qui eft fangle extérieur de la piece, ce qui donneroit plus de joue du côté de l'ârrafement, & par conféquent de place pour placer les goujons, qui de plus n'ont pas befbin d'être bien longs.
- En général, on ne doit confidérer ce que je dis touchant les aflemblages des parties cintrées, comme abfolument indifpenfàble, que quand elles auront beaucoup de cintre ; car qpand elles n'auront qu'une ligne de creux fur deux pouces , on pourra faire les affemblages à l'ordinaire , la différence qui s'y rencontre étant trop peu de chofo pour faire des aflemblages relevés fur le plan , aînfi que ceux dont je viens de parler.
- * Quant au choix de ces aflemblages, on le fera en raifbn de chaque efpece d'ouvrage , en obforvant toujours que les tenons & les mortaifes font plus folides que les enfourchements , dont on ne# fo fervira que le moins qu'il fera poffible ; on obforvera d'éviter les bois tranchés, étant plus expédient de faire une courbe de beaucoup de morceaux, que de mettre du bois tranché dans les aflemblages. Pour ce qui eft du ralongement des courbes, il faut toujours le faire à traits de Jupiter, & non en entaille , ce qui n'eft pas affez folide ; il faut aufli avoir foin en plaçant ces traits de Jupiter , d’éviter de les mettre vis-à-vis des aflemblages , lefquels les couperoient & en ôteroient la folidité.
- Les aflemblages des parties cintrées fo chevillent à l’ordinaire , & on fera aufli très-bien de les coller, afin que les tenons & les mortaifos faflent corps enfomble ; ce qui eft très-bon, pour peu que les bois foient un peu tranchés ; de plus, les bois tant des bâtis que des panneaux de ces fortes d'ouvrages, devant être très-focs , ils ne fo retirent prefque point ; c’eft pourquoi on peut en coller les aflemblages fans crainte.
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- t 1 o n Seconde.
- Des Arrieres-vouffiires d’aflemblages.
- J e ne m’étendrai pas beaucoup touchant la forme & la conftruélion des ar-rieres-vouflures , vu que ce que j'ai dit dans tout ce Traité, eft plus que fofifr-fànt pour en donner la théorie & même la pratique. Je me contenterai donc de faire la defcription des deux principales efpeces de vouflures que j'ai deflinées le plus grand poffible, avec toutes les lignes qui ont forvi à leur conftruélion afin que l'on puifle voir d'un foui coup d'œil le rapport que toutes leurs parties ont les unes avec les autres ; j’ai aufli defliné à part leurs principales pièces avec leurs affemblages, pour qu'on n'aie rien à délirer à ce fujet, & pour que l’on foit à portée d'appliquer les différentes méthodes que j'ai données , à tous les cas poflibles , lefquels ( pour ce qui eft des arrieres-vouflures ) font renferj més dans les deux premières efpeces, ainfi que je l’ai démontré,/?^ 3 xa & fuiv.
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- Section /. §. I. Defcription d'une Àrriere-voujfure de S. Antoine , &c. 4î£
- Je donnerai auffi la defcription d’une trompe d’affemblage avec fes développements , ce qui terminera ce Chapitre,
- §. I. Defcription Æune Arriere-voujfure de Saint-Antoine y d'ajfemblage ; d'une
- Arriere-voujfure de Marfeille, & de fa contre-partie aujf d’affemblage.
- #
- L’Arriere-voussure qui eft repréfentée ici, eft conftruite félon les méthodes que j’ai données précédemment, tant pour les ouvrages collés en plein bois , que Planche pour les différentes elpeces de courbes , ainfi que l’indiquent les lignes de conf- l^* truélion des figures de cette Planche, 8c les différentes coupes qui y ont été faites pour avoir les cintres de la traverfo du bas 8c fes gauches.
- Cette traverfe eft faite de trois pièces , dont les deux plus courtes foivent par en-bas l’à-plomb des embrafoments, 8c font de même arrafoment pour le dehors , mais pour le dedans l’extrémité de leur coupe eft bornée au dehors du champ de l’embrafement. Ces traverfes s’aflemblent d’un bout à tenons 8c mortaifes dans la grande courbe ou traverfe du devant, 8c de l’autre elles s’aflemblent à queue d’aronde dans la traverfo du fond , laquelle eft coupée d’onglet for la ligne ef fig. 4, ainfi que ces premières, & a des entailles pour recevoir leurs queues.
- ( Voye£ les Figures y & io ).
- Quant à la maniéré de trouver le cintre de ces traverfes, il eft fort aifé, puif-que pour celle de côté il fo prend for les lignes de conftruétion de l’élévation,
- 8c pour celle du fond , ce cintre fe prend for les trois coupes , fig. 6,7 & 8 y 8c fur celle du milieu.
- Il eft cependant bon de faire une obfervation à ce fojet, qui eft que la largeur totale de la traverfo étant portée for chacune de ces différentes coupes, donne différentes hauteurs perpendiculaires à raifon de leurs différentes inclinai-fons, ce qui fait que l’arête des traverfes devient courbe, for-tout à l’endroit de la coquille au joint des deux traverfes, ce qui fait un aflèz mauvais effet ; c eft pourquoi, je crois qu’il vaut mieux , ( ainfi que d’habiles Praticiens l’ont fait, ) il vaut mieux , dis-je, fàcrifier l’égalité des champs, pour que le deflus des traverfes horifontales devienne une ligne droite, en bornant leur hauteur perpendiculaire à la hauteur donnée par la coupe la plus droite, qui eft celle du milieu , ce qui ôtera la difformité du contour de l’arête de ces traverfes, que je n’ai fait ici de cette maniéré que pour en faire fentîr le mauvais effet.
- Quant à la grande courbe du devant, on la fait de plusieurs pièces jointes à traits de Jupiter , & on y laiffe le moins de bois tranché qu’il eft poffible, afin de lui donner plus de folidité, ce qui doit être la même chofe à toutes les eft-peces de vouflures.
- Les panneaux fe conftruifont, ainfi qu’on peut le voir, par la même méthode que les bâtis, c eft-à-dire, par des cerces données par les divifions horifontales du plan , en obfervant toutefois que les opérations font faites tant for le plan
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- - fig. y, que fur la coupe, fig. 3 , for des lignes qui font le devant des panneaux, dont on a la largeur ou arête horifontale, par le moyen des perpendiculaires pri-fes for les différentes coupes^zg. 3,6,7&8,en partant de l’angle du panneau qui y eft indiqué par des lignes ponéhfees.
- Quoique les joints des panneaux foient indiqués dans la figure 2 , par cerces parallèles à la face verticale , on peut, fi Ton veut, les faire par joints parallèles & perpendiculaires à l’horifon, ainfi que je fai démontré , page 328.
- Lorfqu’on veut conftruire une arriere-vouflure de Marfeille d’aflemblages, on commence par faire toutes les opérations de conftruélion pour avoir des cerces correlpondantes aux lignes horifontales du plan, ainfi qu’aux vouflures de Saint-Antoine ; puis on commence par mettre la traverfo ou courbe du fond de. largeur , par le moyen des coupes prifos for des lignes tendantes au centre de cette courbe, lefquelles font repréfontées fig. 4.
- La largeur & l’équerre de cette première courbe étant déterminée ,‘ on a la largeur & l’équerre de la traverfo ou courbe du devant, par le moyen des mêmes lignes de coupe , quoiqu’à la rigueur il faudroit que ces coupes tendiftent au centre de cette courbe, qui eft beaucoup plus loin que l’autre, vu que pour trouver la véritable largeur d’une courbe , il faut que la coupe que l’on fait lui foit perpendiculaire , ainfi que je l’ai démontré ailleurs ; cependant comme cette différence eft très-peu de chofe dans le cas dont je parle ici, on pourra fo contenter des coupes de la courbe du bas , pour avoir les dimenfions de celle du devant, laquelle étant une fois tracée, il ne refte plus que celles des côtés à mettre de largeur, ce qui fo fait de la maniéré fui vante :
- Le plan & l’élévation de la courbe de fond étant tracé, on divifo l’angle du plan, fig. 5 , en deux parties égales , ainfi que l’indique la ligne il ; & du point où cette ligne qui repréfente le joint des deux courbes, rencontre la ligne du devant de la traverfo, on éleve une perpendiculaire à l’élévation, laquelle donne le point de rencontre des deux courbes ; eniuite on prend la largeur de la courbe de côté, que l’on porte depuis la ligne d’arête for les cerces de conftruc-tion, ce qui achevé de déterminer la largeur de cette courbe, que l’on trace en-foite for le plan par le moyen des perpendiculaires abaifïees de l’élévation, ainfi qu’on peut le voir dans les figures x & y.
- On a les équerres de cette courbe, en traçant autant de perpendiculaires à chaque cerce de conftruélion, & la longueur ,de ces perpendiculaires fora en raifon de l’épaiffeur donnée Sc de l’obliquité de chacune de ces lignes y comparaifon faite avec la face verticale de l’ouvrage.
- Les courbes de côté s’aifemblent à tenons & mortaifes dans la traverfo du fond de la vouifure , & ce quelles ont de faillie , ou pour mieux dire , ce quelles excédent d’après l’angle de cette" derniere, fo coupe d’onglet, ainfi qu’on peut le voir dans la figure 7, qui eft l’élévation d’une de ces courbes, prife for la ligne gh9fig. 69 ou bien for la ligne i m yjig. y, for laquelle toutes les opérations ont
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- SECTION /. §. ï. Defcription (Tune Arriere-voujjure de S. An toine, &c. 413
- été faites. Comme quand le derrière des courbes eft chantourné , il ne refte
- pas aflez de bois pour y faire des affemblages , lefquels alors fe trouvent très- Planche
- loin, ainfi que dans la figure 7, il eft bon d’y pafler une barre à queue dans le
- haut du joint, laquelle le fait approcher , & retenir l’écart des deux courbes ,
- ainfi que je fai indiqué dans cette figure.
- Le bout fupérieur des courbes de côté , s’aflemble à tenons & mortaifes dans la traverfe du devant ; & fi dans la figure 7 je n ai point fait de tenons, ce n’eft que pour faire voir la courbe dans toute fon étendue, me contentant d’y marquer les arrafements du tenon.
- Cette maniéré de marquer & de corroyer les courbes jufqu’au dehors de l’ouvrage , eft très- bonne, parce qu’on eft plus sûr de leurs contours, & qu’elles font plus ai fées à tracer. %
- Pour les panneaux, ils fe font toujours par la même méthode , en obfervant toujours de faire les opérations fer les lignes du plan & de la coupe, lefquelles repréfentent le devant des panneaux, 8c de prendre leurs contours extérieurs for les coupes des figures 3 & 4.
- La derniere arriere-vouflure dont il me refte à parler, n’a rien de particulier dans là conftruétion, puifque les deux traverfes du bas s’aflemblent à tenon 8c Planche mortaife dans la courbe de devant & dans celle de derrière ; il faut cependant l^* prendre garde que ces traverfes font gauches fer leur largeur, & que l’arrafe-ment du fond eft évafé du côté de la moulure , en raifon de la diminution de la courbe de derrière. Quant à cette derniere , on en a les dimenfions de largeur & d’épaifleur par des coupesy^*. 4, prifes fer des lignes tendantes au centre du cercle extérieur de la voufîure , ainfi que je l’ai fait ici, ce qui n’eft cependant pas exaétement jufte , puifqu’il faudroit que ces coupes fuflent perpendiculaires à la courbe du fond, qui eft celle dont je parle ; & fi j’ai fait dans cette voufiure les coupes tendantes au centre extérieur, ce n’eft que par une raifon inverfe de ce que j’ai fait à la voufiure de Marfeille, & pour faire mieux fentir la néceffité de
- faire pour chaque courbe, des coupes tendantes chacune à leur centre , fer-tout
- »
- lorfque les cintres de ces courbes font bien différents les uns des autres.
- La courbe du devant de ces vouflures, n’a rien d’extraordinaire des autres pour fa conftruétion ; quant à celle du fond , elle fe fait auffi de plufieurs morceaux joints à traits de Jupiter , que l’on difpofe parallèlement à la face verticale de l’ouvrage , afin de les rendre plus faciles à faire.
- Les panneaux des vouflures dont je parle , n’ont rien de particulier dans leur conftruétion ; c’eft pourquoi je n’en parierai pas , l’infpeétion feule des figures â & 6, étant plus que feffifànte pour en donner l’intelligence.
- Lorfque la capacité du milieu des vouflures n’eft pas d’une fort grande étendue comme celles dont je parle, on peut orner leur milieu d’un rond ou dun ovale, ou enfin d’une lofànge, ce qui fait très-bien, à condition toutefois, ain/i que je viens de le dire, que la capacité du fond de la vouflure ne foit pas confi-, Menuisier. IL Part. Nnnnn
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- 414 M E N U I S 1 E R 9 IL Partie. Chap. XIII. dérable, c’eft-à-dire, que la diftance qu’il y a entre la courbe du devant 8c celle du fond ne foit pas trop grande, parce qu’alors cette trop grande diftance produit un rond d’un diamètre très-confidérable, ce qui, joint aux largeurs des champs 8c des moulures des côtés du rond, ablorbe une partie de la capacité de la vouflure, & réduit prelqu’à rien les panneaux de côté, ce qui arrive aux arrieres-vouflùres de Saint-Antoine, pour peu que leur plan ait de profondeur, proportion gardée avec leurs ouvertures.
- C’eft pourquoi on fera très-bien de ne mettre des ronds qu’aux autres arriérés* vouffures dont le plan aura peu de profondeur, & jamais à celles de Saint-Antoine , quand même au lieu d’y mettre un rond, on y mettroit un ovale.
- En général, les ronds ne font prefque jamais bien dans les arrieres-vouflùres ni dans tous autres ouvrages cor*ipofés de deux cintres d’une cerce inégale, foit qu’on les confidere comme l’effet de la pénétration d’un cylindre, ou comme un rond dont le diamètre feroit égal à la ligne de la coupe du milieu développée lur une ligne droite, lequel rond feroit reployé fur le cintre de la vouflure, ce qui ne peut pas exaélement être à caufe du fuyant des courbes, qui feroit reployer ce rond par les bouts, pendant qu’il manqueroit d’étoffe dans le milieu.
- Touts ces inconvénients joints à la difficulté de l’exécution, devroient empêcher l’emploi des ronds dans ces fortes d’ouvrages ; mais comme il y en a où le cintre n’eft pas fort creux, 8c où le peu de profondeur du plan ne donne pas un très-grand diamètre au rond, j’ai cru ne pouvoir me difpenfer ici de donner la maniéré de les conftruire, afin qu’on ne fe trouve point embarraffé s’il le préfenr toit l’occafion d’en avoir à faire, 8c que l’on puiflè les employer ou les éviter avec connoiffimce de caufe , & non pour lùivre la coutume.
- Lorfqu’on veut faire un rond dans une vouflure, il s’agit de le tracer tant ftir le plan que lur la coupe 8c fur l’élévation pour en avoir toute l’étendue, & 'pour déterminer la longueur des panneaux & la forme qu’ils doivent avoir à l’endroit du rond, ce qui demande beaucoup d’attention pour le faire avec précifion, ainfi qu’on le verra ci-après.
- La coupe du milieu de la vouflure étant tracée, ainfi que celleySg-, 3 , des deux extrémités intérieures de fes champs, on mene une ligne diagonale m n ; enfuite on divife l’intervalle qui refte depuis cette ligne jufqu’au fond du cintre en deux parties égales par la ligne p q, parallèle à la première ; puis on prend fur la ligne p q, le milieu de la diftance qu’il y a de cette derniere jufqu’aux arrafements m n, laquelle fe trouve au point 0, qui devient le centre du rond , puifque la diftance m o eft égale à celle o n ; on éleve ainfi le point de centre dans ce rond, afin que toutes les parties de là circonférence foient également éloignées du centre, ce qui ne pourroit être, fi on plaçoit ce centre au fond du creux du rond, parce qu’alors ce dernier deviendroit beaucoup plus large que haut, ce qui n’arrive pas quand le centre eft hauflfé de la moitié du creux ; parce qu’alors ce que le rayon perd d’un côté en remontant, il le perd de l’autre en baillant ;
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- Section L §. I. Defcrlptlon d'um Arrière-vouJJure de S. Antoine, <£c. 415 ce qui fait que le rond devient d’une forme à-peu-près parfaite, n y ayant que les parties du rond, qui font de niveau avec le centre, qui s’alongent ; mais c’eft peu de chofo.
- Cette opération étant faite , c’eft-à-dire, l’intérieur du rond étant tracé, on en trace l’extérieur en augmentant les champs & les moulures, ce qui donne la largeur totale du rond & le cintre des panneaux, ce qu’on ne peut cependant porter for le plan , qu’après avoir tracé les cerces de la vouffore vue diagonale-ment, c’eft-à-dire , de maniéré que la ligne m n, ou celle p q , puifîe être con-fidérée comme la face verticale de l’ouvrage, ce qui fe fait de la maniéré foivante :
- Le diamètre extérieur du rond étant connu, on trace for l’élévation , fig. r, la ligne g h, un peu plus éloignée du milieu de la vouffore, que la moitié du grand diamètre du rond , afin d’avoir des points très-éioignés ; enfoite on trace for l’élévation une ou plufieurs lignes , ainfi que celle i /, parallèles à celle gh9 lefquelles donnent les différentes coupes de la vouffore repréfentée fig. 3 ; puis par les points où c es coupes rencontrent les lignes perpendiculaires repréfontan tes les joints des cerces de la vouffore, par ces points, dis-je, on mene autant de lignes perpendiculaires à celle m n ou p q, dont la diftance donne les cintres des cerces vues obliquement, en obfervant qu’il faut tracer, ainfi que dans la figure 7, des lignes parallèles à celle p q, dont la diftance doit être égale à cell es de l’élévation qu’elles repréfontent ; c’eft-à-dire , qu’il faut que la diftance AB, fig 7 > égale celle r i, fig. 1 ; & celle A C égale celle s g ; puis par les points où les perpendiculaires à la ligne p q, rencontreront celles B E & C D, on fait paffer autant de courbes qui font les cerces de la vouffore vue perpendiculairement à la ligne p q.
- Enfoite pour tracer le rond for l’élévation, on prend ,jïg. 7, la diftance qu’il y a depuis la ligne p q , qui eft le milieu du rond, jufqu’au point où le cercle extérieur de ce dernier coupe la courbe de la cerce, laquelle diftance on porte for l’élévation à la cerce correfpondante d’où cette diftance a été prife, en obfervant qu’elle foit prife & portée bien perpendiculairement aux lignes repréfon-tantes le milieu du rond, ainfi que je l’ai obfervé aux figures 1 & 7, où la diftance 1,2, égale celle F G ; celle 3,4, égale celle H1 ; celle y, 6, égale celle L Mi celle 7,8, égale celle NO ; & celle p, 10, égale celle P Q.
- On fait la même opération pour le panneau, en obfervant que les points qui donnent les cintres des cerces 9fig. 7 , font pris d’après un ravalement qui indique le devant des panneaux.
- Quant à la maniéré de tracer le rond fur le plan, il eft très-aifé de voir qu’on le fait par le moyen des perpendiculaires abaiffées de l’élévation , ce qui n a befoin d’aucune démonftration.
- De tout ce que je viens de dire touchant les ronds, il n’y a d’exaélement vrai • & jufte, que la maniéré de tracer le cintre des cerces vues perpendiculaire-
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- ment à la ligne p q , fig. 3 & 7 ; car, pour ce qui eft de la largeur extérieure du rond, elle eft fauffe , parce que le rond étant cintré , la largeur du champ & de la moulure ne peut pas être vue toute en entier ; puifqu’ au lieu de fe pré-fenter de face , ils fe préfentent fur la diagonale, 8c que de plus , dans le cas dont il s’agit ici, les formes du cintre changent à tous les points de la circonférence du rond; ce qui fait que non-feulement les champs ne peuvent pas pa-roître dans leur véritable largeur, mais encore que cette inégalité n eft pas partout la même.
- Cette difficulté eft une des plus confidérables de ces fortes d’ouvrages, 8c celle qui arrête le plus les Praticiens ; les uns traçant le cintre extérieur de leur rond parallèlement au cintre intérieur, ainfi que je l’ai fait dans les figures précédentes , ont trouvé en exécutant, des champs beaucoup trop larges, & ce qui eft pis, inégaux entr’eux.
- D’autres , après avoir collé 8c creufé la mafle de leurs ronds , les tracent en dedans à l’ordinaire ; 8c après avoir borné la largeur des champs & de la moulure dans la partie la moins creufe du rond, du même centre & de cette diftance ainfi bornée, ils tracent l’extérieur du rond, dont les champs & les moulures deviennent beaucoup plus larges à l’endroit des arrafements qu’au milieu, ce qui fait un fort mauvais effet.
- D’autres enfin, pour remédier à ces différents inconvénients, ont pris le parti de déterminer le dehors de leurs ronds, par le moyen d’une traînée de compas, ou bien par des feélions faites autour du rond intérieur, ce qui, à la vérité, re*nd les champs & les moulures du rond d’égale largeur dans toute fà circonférence , mais ce qui ne donne pas la maniéré de tracer ce rond fur le plan ni ftir l’élévation ; ce qui empêche d’avoir la mefbre jufte des panneaux que l’on eft obligé de faire pour ainfi dire à tâtons, & en les préfentant plufieurs fois, ce qui eft fort défagréable, tant pour l’accélération de l’ouvrage que pour fa précifion.
- §. 11. Manière de déterminer la véritable largeur des Ronds, & £en trouver
- toutes les Coupes.
- ! Pour donner à la Théorie & à la Pratique de ces fortes d’ouvrages, toute la perfeâion dont elles peuvent être fiifceptibles, j’ai cherché les moyens de remédier à ces différents inconvénients , & je n en ai pas trouvé de meilleur ni de plus jufte, que de tracer les largeurs des champs & des moulures fur toutes les coupes que Ton voudroit faire dans un rond, à condition toutefois quelles ten-diffent toutes à fon centre, ce que j’ai fait de la maniéré fuivante :
- J’ai commencé par tracer la coupe du milieu de la vouflure, & celle des deux perpendiculaires de l’élévation , afin d’avoir les cintres des cerces cotées aa9fig* ï , vues comme dans les figures 3 & 7,Planche 159. Cette opération étant faite, il eft très-néceffaire de trouver le cintre des lignes AB ,C D 8cE F 9fg. 2, &
- le
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- Section L §. IL Déterminer la véritable largeur des Ronds , &c. 417
- le cintre de celles G H, IL , M N, O P & Q R, même figure ; pour parvenir -à trouver ces différents cintres, j ai confidéré la figure 2, comme une furface plane repréfentée en coupe par la ligne des centres p q, fig. 3 , & fur laquelle furface les différentes courbes repréfentées en plan par les lignes AB, CD , EF, G H ,8t. c, excédoient à l’extérieur ou rentroient à l’intérieur de cette même furface, ainfi que le faifbient les trois courbes bc,de,fg,\ l’égard de la ligne p q ,fig* 3*
- Or, pour rendre l’opération plus claire, j’ai fuppofé que les différentes courbes que j’avois à décrire, puiffent fe mouvoir fur les lignes qui les repréfentent en plan, de forte qu’elles fuftènt toutes apparentes, afin d’en avoir les hauteurs & les profondeurs perpendiculairement à ce même plan ou furface, repré-fentéfig. 2 ; enfuite j’ai tracé les trois courbes b c , de,fg,fig. 2, femblables à celles de la figure 3 , cotées des mêmes lettres.
- Puis pour le cintre des autres lignes , j’ai pris la diftance que ces trois premières courbes avoient en deffus ou en defîous de la furface, à l’endroit ou elles fe rencontroient ; c’efl-à-dire, que pour la ligne G H, j’ai fait la diftance H 1, égale à Ht ; celle 13 , égale à lm; & celle G 4, égale à G n; œ qui m’a donné la courbe demandée.
- J’ai fait la même chofe pour la ligne IL , c’eft-à-dire, que j’ai fait la diftance L 5 égale à L k; celle / 6 égale à r s ; & celle I y égale à It, ainfi des autres* Quand j ai eu ainfi toutes les courbes des lignes perpendiculaires & horifbntales, j’ai divifé le cercle intérieur en huit parties égales, dont j’ai eu les coupes pat la même méthode > c eft-à-dire, qu’à chaque point où les rayons coupent les lignes horifontales ou les perpendiculaires, j’ai pris la hauteur ou la profondeur de ces dernieres, ainfi qu’on peut le voir à la diagonale 0 Y, ( qui eft la même que celle o U, ) où la diftance Y13 égale Î78 ; celle 14, iy égale u p ; celle 16,17 égale celle x 10 ; celle 18, 19, égale celle y u ; enfin celle 0 20 égale celle 0 £, qui eft elle-même égale à celle o & ,fig. 3.
- Toutes les courbes des lignes tendantes au centre du rond étant ainfi tracées, des points x x, où le cercle intérieur les rencontre, j’ai porté fur chacune d’elles, la largeur du champ & de la moulure de x en/?, & de chacun de ces points j’ai abaiffé autant de perpendiculaires p q, ce qui m’a donné le véritable contour extérieur du rond , ainfi que fon diamètre, qui eft plus petit que celui tracé félon la méthode ordinaire, c’eft-à-dire, excentrique & parallèle au cercle intérieur ; c’eft pourquoi je l’ai indiqué ici par un cercle ponétué, afin d’en faire mieux fentir la différence.
- Quant au cercle intérieur, il n’eft pas exactement rond, à caufè des inégalités des courbes, lefquelles font plus ou moins élevées les unes que les autres au-deffus du centre ; mais cette différence eft très-peu de chofe, c’eft pourquoi on n’y fera pas attention.
- On pourra avoir les équerres du tond , en traçant fon épaifTeur à chacune des Menuisier. IL Part. O o o o o
- Planche
- itfo.
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- 418 MENUISIE R y 1L Partie. Chap. XIII.
- ===== courbes tendantes à fon centre, ce quil eft fort aifé de faire, & n’a befoin d’au-
- Pianche cune Jémonftration.
- 1
- Cette méthode d’avoir le cintre extérieur des ronds, peut auffi s’appliquer aux ovales , en obfervant de faire les lignes fur lefquelles on porte les largeurs des champs & des moulures, perpendiculaires à chaque partie de l’ovale par où elles pafferont. Cette méthode eft auffi très-bonne pour les lofànges , parce quelle donnera les moyens de les faire d’aflemblages, en prenant leurs différents calibres de la même maniéré que ci-deflus.
- Pour ce qui eft des lofànges, elles ne peuvent être d’une forme quarrée, parce que fi on les fait de cette forme félon la méthode ordinaire , c’eft-à-dire , que les angles intérieurs foient réguliers , il arrivera que les angles extérieurs remonteront en contre-haut de la vouflure ; 8c que fi au contraire on fait les angles extérieurs d’une forme régulière , le panneau du dedans deviendra d’une mau-vaife forme, à caufe que le milieu des cerces de la vouflure forme une ligne* courbe ; c’eft pourquoi je crois que dans ce cas on fera très-bien de partager le différent par la moitié, afin de contenter la forme intérieure 8c extérieure le plus qu’il eft poffible.
- Il y auroit cependant un moyen de rendre la lofànge d’une forme agréable, qui feroit de faire fuivre à fon axe ou diamètre , le cintre du milieu des cerces, & d’en faire les côtés fiipérieurs bombés en dehors, & au contraire les côtés inférieurs creux en dehors, ainfi qu’on l’obferve dans toutes les calottes ou vouflùres enrichies de caflettes 8c d’ornements.
- Quant à la maniéré de tracer les lofànges fur le plan 8c fur l’élévation, c’eft toujours la même chofe que pour les ronds ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas.
- En général, les ronds, les ovales 8c les lofànges, fe font en plein bois collés ‘perpendiculairement avec la face de la vouflure dans laquelle ils s’aflemblent à tenons & mortaifes, que l’on fait fort bien de coller ainfi que tous les autres affemblages, comme je l’ai dit plus haut.
- §. 111. Defcription d'une Trompe d'affemblages.
- — Les trompes d’aflemblages fe conftruifent par la même méthode que celles Planche collées en plein bois, toute la différence qu il y a n étant que pour trouver la
- l^1* largeur 8c les équerres de leurs bâtis, ce qui fe fait par le moyen des coupes que
- l’on prend dans la trompe, lefquelles coupes doivent dans tous les cas être prifès parallèlement aux côtés de la trompe, afin que les largeurs données par ces coupes, foient les véritables largeurs que l’on cherche ; 8c que la courbe de ces mêmes coupes foit autant de paraboles auxquelles la ligne horilbntale de la trompe ferve d’axe , ainfi que le font les coupes a b 8c c b, fig. y , lefquelles font prifes fur les lignes d e 8c f g du plan , fîg. 4.
- On obferyera que j’ai mis les champs d’égale largeur y félon les différentes
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- Section 7. §. III. Defcriptïon d'une Trompe d’ajfemblages. qip
- inclinaifons des coupes ;cependant on pourrait très-bien faire pafler tout droit le deflus des traverfes du bas de la trompe, ainfi que je l’ai dit en parlant des youfliires de Saint-Antoine, quoique cependant l'ufàge le plus commun foit de les faire ainfi que je les ai deflînées ici.
- Pour ce qui eft des aflemblages des trompes, les traverfes du bas s'affem-blent à queues d'aronde dans l'angle rentrant, ainfi que les coquilles des arriérés-vouflures de Saint-Antoine ; par l'autre bout, elles s'aflemblent à tenons & mor taifes dans les courbes du devant, lefquelles font jointes & aflemblées par le haut par le moyen d'une languette & de deux barres à queues mifes en fèns contraire.
- Quant aux conftruétions tant des courbes que des coupes, elles fe font par le moyen de la méthode que j’ai enfeignée Sc que j’ai fui vie dans toute la fuite de cet Ouvrage ; c'eft pourquoi je n'en parlerai pas davantage, ayant épuifé tout ce que je pouvois dire à ce fbjet.
- Si en général je me fuis plus étendu fur la théorie que fur la pratique des ouvrages de Trait, c'eft que dans toutes les efpeces d'ouvrages , la pratique eft prefque toujours la même ; au lieu que la théorie au contraire eft fufceptible de beaucoup de changements, ou pour mieux dire, de beaucoup de nuances qui femblent y apporter des changements confidérables, quoiqu'au fond les principes des differentes méthodes foient toujours les mêmes. De plus, la partie de la théorie de l'Art du Trait, a jufqu à préfcnt été la plus négligée par les raifons que j'ai données en differents endroits ; c’eft ce qui m'a engagé à ne rien laifler échapper , ( du moins autant que mes forces me l'ont permis, ) pour rendre ce Traité complet, & pour n'y rien laifler à délirer ; tout ce que je puis recommander aux Praticiens, c’eft beaucoup de précifion & d’exaéUtude tant dans l'exécution qu'en marquant l'épure ou plan de leurs ouvrages, & de toujours conferver fur toutes leurs pièces les lignes d'équerre & de conftruâion, dont le Trait les aidera, s’il arriyoit de fe trouver embarrafle de quelque chofe. Ils feront très-bien auflî de marquer ces traits des mêmes lettres ou chiffres que fur le plan, afin que d'un feul coup-d’œil ils puilfent fè reconnoître & travailler avec la sûreté & la tranquillité d'efprit que donne la certitude des opérations que l'on a faites, ce qui ne pourra être que lorfqu'ils auront acquis toute la théorie néceflaire.
- Quant à l'épargne de la matière, comme c'eft un objet eflèntiel, on ne fàu-*oit y faire trop d’attention ; c'eft pourquoi on prendra les courbes dans les plus petites maflfes poffibles, la multiplicité des collages & des aflemblages n'étant pas comparable avec cette épargne.
- De plus, en fait d'ouvrages cintrés, plus les bois font courts, & moins il y a de bois tranché : par conféquent l'ouvrage en eft plus folide ; ainfi on fera -tres-bien de ne pas ménager ni les aflemblages ni les collages, ces derniers fur-tout quand les pièces ont beaucoup de gauche, & qu'il y auroit trop de perte de bois en les prenant dans une même piece.
- PlANCHE
- l&I.
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- 4*o M E N U I S I E R, IL Paru Chap. XIV.
- Il faut aufïi obferver en faifànt ces collages , de les difpofèr en liaifon pour rendre l'ouvrage plus folide , 8c de faire en forte , le plus qu'il fera poffible, qu’ils fe trouvent dans les parties les moins apparentes , comme auffi de faire ces joints d'après la faillie des moulures , afin quils ne foient point éxpofés à fe découvrir ni à fe décoller, ce qui pourroit arriver, foit par la trop grande féchereffe ou par l'humidité.
- CHAPITRE QUATORZIEME.
- Des Efcaliers en général.
- L a Science des Efcaliers eft une partie des plus eflèntielles de l'Art du Trait i tant pour ce qui a rapport à la décoration qu'à la folidité ; c eft pourquoi je m'étendrai le plus qu'il me fera poffible dans ce que je dirai à ce fiijet , 8c je raf-^ femblerai tous les différents cas où il y a des difficultés à vaincre ou à réfou-dre, afin que les Menuifiers n'ayent rien à défirer fur la théorie 8c la pratique de cette Science, qui jufqu'àpréfènt a été regardée comme plus néceilàire aux Charpentiers qu’aux Menuifiers, vu que ces derniers n'en font que très-rarement ; au lieu que les premiers, ceft-4-dire, les Charpentiers, font tous les efcaliers d'un bâtiment, fùr-tout lorfqu'ils exigent des bois d’une forte qualité.
- Cependant comme les Menui/lojrs /ont en pofleffion de faire tous les efcaliers de dégagement, dont les bois font d'une médiocre épaifleur, 8c dont les marches font de deux pièces, il eft très-néceflàire qu'ils foient parfaitement inftruits de ce qui regarde ces fortes d'ouvrages, afin de pouvoir les traiter avec fiiccès.
- De plus, les rampes des chaires à prêcher, qu’ils font dans le cas de fairei ( quoique très-rarement ) , les obligent à faire une étude très-ferieufè de cette partie de l’Art du Trait, afin d'éviter 8c de prévenir les differents inconvénients qui peuvent s'y rencontrer, foit dans la décoration fbit dans la conftruélion.
- En général, la commodité eft ce que l'on doit le plus rechercher dans la conf truélion des efcaliers, fur-tout quand leurs rampes ou limons ne font point fùf* ceptibles de décoration ; c’eft pourquoi avant de procéder à leur diftrihution, il faut d'abord fè rendre compte de la hauteur qu'ils doivent avoir, & de la place qu’ils peuvent occuper par leur plan , afin de pouvoir déterminer la hauteur des marches & la largeur de leurs girons, laquelle largeur doit toujours être en rap; port avec la hauteur de la marche, du moins autant qu’il eft poffible.
- On nomme giron, la largeur de la partie fùpérieure d'une marche , laquelle largeur fe détermine de la maniéré fiiivante :
- Après que l’on a fixé le nombre des marches 8c leur hauteur, on double cette derniere ; 8c ce qui s'en faut que le nombre de pouces de cette hauteur ainfi doublée égale 24 pouces ou deux pieds (ce qui eft la même chofe), eff la largeur du giron.
- Cette
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- Des ÉJcallers en général. 41 f
- Cette proportion eft établie fur la remarque que Ton a faite , qu'une per-fbnne qui monte fur une furface inclinée fait moins de chemin qu en marchant fur une furface horifontale , & que l'efpace que parcourt le pied de la perfonne qui monte diminue le pas ordinaire du double de la hauteur de ce quil faut monter ; or, il eft évident quen montant un efcalier bn fait fun & l'autre 5 c’eft-à-dire , que l'on monte & que l'on marche ; c’eft pourquoi ( le pas ordinaire étant de deux pieds ) lorfque les marches ont 6 pouces de hauteur , leurs girons doivent avoir 1 pied, puifque la hauteur de 6 pouces étant doublée, donne un pied , plus un pied de giron , fait les deux pieds demandés.
- Par conféquent lorfque les marches ont j* pouces de hauteur, elles doivent avoir 14 pouces de giron, puifque la hauteur étant doublée égale 10 pouces, plus 14 égal 24.
- Si au contraire la hauteur des marches étoit de 7 pouces, elles n’auroient que 10 pouces de giron , puifque 7 & 7 font 14, plus 10 égal 24 ; ainfi des autres différentes hauteurs de marches, lefquelies ne peuvent pas avoir moins de 4 pouces de haut, ni plus de huit de large. Cette réglé eft générale pour tous les efcaliers , à moins toutefois qu'on ne foit borné par le peu de place & par la trop grande hauteur de f efcalier , qui quelquefois oblige de fortir de cette proportion , comme je le dirai en fbn lieu.
- Quant à la difpofition des marches , lorfque les efcaliers montent droit, elles doivent être parallèles fur leur longueur ; fi au contraire les efcaliers font d'une forme circulaire ou elliptique fur leur plan, les marches font d'inégales largeurs en tendant au centre du plan , ce qui n eft pas fans difficultés , comme je le prouverai dans la fuite.
- Ainfi pour rendre ce que j'ai à dire au fiijet des efcaliers, d'une plus grande utilité, j'ai divifé ce Chapitre en deux Seétions ; dans la première, je traiterai des efcaliers droits à un feul 8c à deux limons , Sc dans la féconde je traiterai des efcaliers d'une forme cintrée fur le plan avec limons apparents ; je traiterai auffi, dans cette Seélion, des rampes ou appuis des efcaliers & de leurs plafonds rampants , ce qui terminera cette fécondé Partie de mon Ouvrage.
- Section Première.
- Des Efcaliers d'une forme droite fur leur plan ; de la maniéré de les difpofer,
- & de leur confruclion.
- Les efcaliers dont je vais parler, ne font fujets à aucune efpece de décoration ; il fuffit qu'ils foient folides Sc commodes, ce qui eft très-eftèntiel, vu leur grand ufàge.
- Ces efcaliers font de trois efpeces ; lavoir, ceux qui font abfolument droits avec un ou deux limons, fans aucune efpece de retour, ce que les Mènuifiers appellent échelles de Meunier.
- Ceux qui, quarrés fur leur plan, ont pour limon ou rampe intérieure un Menuisier , IL Part* P P P P P
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- Planche
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- 422 MENUISIER, II- Partie > ChaP- XIV-
- poteau montant, dans lequel toutes les marches viennent s’affembler par un bout, lefquels font nommés efcaliers à vis.
- Ceux enfin, qui quarrés fur leur plan ont doubles limons, & forment un ou
- plufieurs retours ou quartiers tournants.
- Ces trois efpeces d’efcaliers , quoique différents les uns des autres, fe conf-truifent de la même maniéré , & font compofés des mêmes parties ; c’eft pourquoi avant de parler des différentes efpeces d’efcaliers, je vais donner les réglés générales de leur conftruétion, ainfi que la defcription des diverfes parties qui les compofent, afin de ne me point répéter dans la fuite, où je ne parlerai
- que de la dilpofition des differentes fortes d efoaliers.
- En général, les efcaliers de Menuiferie font compofés d’un ou de deux limons de marches & de contre-marches, & quelquefois de poteaux montants,
- qui, dans certaines occafions, fervent de limons.
- Les limons font les deux côtés de l’efcalier, dans lefquels les marches s’affem. blent : on les fait de diverfes épaHfeurs, lefquelles épaiffeurs varient depuis 1 pouce jufqu a 2 pouces ou même a pouces 8c demi, félon la grandeur de 1 ef-
- calier.
- Quant à leur largeur, elle eft déterminée par celle des marches qui s’y affem-blent, & par leur hauteur ; de forte que plus les marches font hautes, plus les limons font étroits. Pour déterminer la largeur des limons , & y tracer les marches 8c les contre-marches , ( ce que les Mênuifiers appellent tracer l emmar•
- chement, ) on s’y prend de la maniéré {lavante :
- Lorfqu’on a tracé le pian dun efcalier, ainfi que le repréfente la figure 7, on trace pareillement l’élévation fig. 1, c’eft-à-dire, que l’on divife la hauteur de l’efcalier , en autant de parties qu il y a de marcnes , ainfi que 1 indiquent les lignes a a, a a ; puis du devant de chaque marche du plan , on éleve les lignes perpendiculaires bc,bc,, que l’on prolonge jufqu’à ce quelles rencontrent les lignes horifontales a, a, aux points c, c, par lefquels on fait paffer la ligne inclinée r/e , laquelle donne la pente du limon ; ce qui étant fait, on trace fur le plan la faillie des marches, ou pour mieux dire, le devant de la contremarche , & fon épaiffeur, que l’on mene à l’élévation par des lignes perpendiculaires au plan, & parallèles à celle b c ; puis on trace fur l’élévation l'épaiffeur des marches par des lignes parallèles à celles a, a; & par les points/,/, où ces lignes rencontrent les perpendiculaires g, g, on fait paffer une ligne inclinée , laquelle eft parallèle à celle de, ce qui donne la largeur du limon du devant au derrière des marches j puis on ajoute a cette largeur, tant en defiùs qu en deffous, ce que l’on juge à propos, pour que les entailles que l’on fait dans les limons, ne fe découvrent pas & ne les affoibliffent pas en les coupant.
- Quant aux aflèmblages des marches dans les limons, ils fc font de deux maniérés ; favoir, de les affembler en entailles, dans lefquelles elles entrent
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- Section I. Des Efcaliers ctune forme droite fur leur plan , &c. 423
- tout à vif, ou tout en vie , en terme d'Ouvrier, ainfi que la cote A, fig. 1 , , ou bien à tenons St mortaifes , ainfi que celle B, même figure.
- La première de ces deux maniérés eft la meilleure, parce que les entailles que Ton fait à environ un tiers de l'épaiffeur du bois , affoibliflent moins les limons que les mortaifes qui en coupent les fils, & qui par conféquent les expofent à fe caffer ; il eft vrai que les tenons & les mortaifes retiennent mieux l'écart des limons, que ne feroient des entailles ; cependant on peut remédier à cet inconvénient en mettant des boulons de fer à vis par un bout, lefquels retiennent l'écart des limons encore mieux que ne feroient les tenons & les mof taifes ; d'où il faut conclure que les marches d’afTemblages ne font bonnes que pour les marche-pieds ou petits efcaliers portatifs ; & que pour les efcaliers proprement dits, il ne faut les aflèmbler qu'en entaille, laquelle contiendra toute la largeur de la marche & fà moulure , que l'on contre-profilera dans le limon, évitant toujours de couper la faillie de la moulure au nud de ce dernier , ce qui eft un défaut, vu que pour peu que les marches fbrtent de leurs entailles, le joint fe découvre , ce qui n’arriveroit pas fi le devant de la marche entroit tout en vie, ainfi que je l'ai dit ci-defîus.
- Les contre-marches entrent auffi en entailles dans les limons , de y à 6 lignes de profondeur, ce qui eft fuffifànt fur toute leur épaifleur ; cependant lorfque l'efcalier n’eft pas apparent par derrière, on peut fe contenter d'une rainure de à 6 lignes de largeur , afin d’ôter moins de force au limon.
- Lorfque les limons n ont pas affez de longueur , ou que pour quelques autres raifons on eft obligé d'y mettre un poteau montant, dans lequel les limons viennent s'aflembler, on trace ce poteau fur le plan, ainfi que celui coté C y fig. j ; puis on mene de ce poteau des perpendiculaires à l'élévation, lefquelles donnent l’arrafèment des limons.
- Il faut obferver de ne point faire ces arrafèments perpendiculaires félon ces lignes , mais d’y ralonger une barbe, laquelle vient buter pour fbutenir le poids de l'efcalier , ainfi que celle h h ,fig. 1 ; fi le poteau eft plus épais que les limons, on les fait entrer tout en vie dedans , ainfi que je l'ai obfervé ici, ce qui rend l'ouvrage très-folide.
- Il faut auffi éviter de placer les mortaifes de ces poteaux montants à l’endroit de l'entaille de la marche , à moins que le poteau ne défàffleure le limon, ou que l'entaille qu’on y fait, ne laifle de la joue à la mortaife , ainfi qu'on peut le voir dans la figure 1.
- Il y a des efcaliers qui n'ont qu'un limon pour rceevoir les marches, 8c dont l'aütre bout fe fcelle dans le mur , ainfi que je l'ai déjà dit ; cependant il eft des occafions où cela eft impoffible , foit la difficulté de faire des entailles dans les murs, ou bien qu'il n'eft pas permis d'en faire , ce qui arrive quelquefois ; alors on eft obligé de mettre un faux limon du côté du mur ; mais on ne le fait pas auffi épais que l'autre pour éviter la dépenfe. Ce limon reçoit les marches a entailles
- Planche
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- Planche
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- 424 M E N U I S I E R, II. Partiey Chap. XIV.
- ainfi quel’autre, & fe trace de la même maniéré. On a imaginé, pour plus d’économie , de ne faire ce faux limon que comme une crémaillée entaillée du derrière & du deilous des marches , & que Ton arrête fur le mur par le moyen d’une ou plufieurs pattes coudées , ainfi que la figure 5 : mais cette économie efl: très-peu de choie ; c’eft pourquoi je crois qu’il vaut beaucoup mieux mettre de faux limons que l’on arête ainfi que ces crémaillées.
- Quant aux marches , on les fait d’une piece fur la largeur, ( du moins autant qu’il efl: poflible ; ) & fi elles font plus larges d’un bout que de l’autre , & qu’alors il y faille une alaife, 011 doit la mettre fur le derrière , afin que le devant de la marche foit toujours à bois de fil.
- Pour leur épaifleur , elle varie depuis un pouce jufqu’à deux, félon leurs différentes longueurs.
- Le deflous des marches efl: toujours rainé pour recevoir les contre-marches ; *& l’arête (aillante efl: ornée d’une moulure qui efl ordinairement un quart de rond avec un quarré de 9 à 10 lignes de faillie , ce qui efl: fuffifànt , une plus grande faillie ôtant la folidité de la marche, dont le devant devient plus aifé à fe caffer, à raifbn de la trop grande faillie.
- Il fautauflî obferver de ne prefque point arrondir le deffus des marches, parce que lorfqu’elles font trop arrondies , elles font fujettes à faire gliffer ceux qui montent ou qui defcendent. ( Voye[ les Figures 2 , 3 <§* 4 ).
- Lorfque les marches font d’une forte épaifleur , on pourra les orner d’un profil plus riche, àraifon de leur épaiffeur. ( Voyei la Fig- 6),
- Quant aux contre-marches, elles entrent toujours à rainures 8c languettes dans le deffous de la marche ; mais pour le deffus , il y a trois maniérés de les difpofer ; (avoir premièrement, de les faire entrer à rainures & languettes dans le deffus de la marche comme dans le delfous, ainfi que la figure 2 ; foconde-ment, de les faire au contraire de celle-ci, c’eft-à-dire , de les rainer en face pour recevoir la marche, au derrière de laquelle on fait une languette comme la figure 3 ; troifiemement enfin, de faire defcendre la contre-marche jufqu’au deffous delà marche, 8c de l’attacher contre avec des clous , ou ce qui efl: mieux, avec des vis.
- La première de ces deux maniérés efl la plus ufitée ; mais elle a le défaut que quand les marches ont un peu de longueur, elles ploient en montant deffus , & font du bruit ; c’eft ce que les Ouvriers appellent crier, & ce qui efl très-incommode , for-tout dans des efcaliers de dégagement, qui font toujours proches de l’appartement des Maîtres.
- La fécondé maniéré remédie à cet inconvénient ; mais elle oblige à mettre du bois plus épais, ce qui efl peu de chofe en comparaifon du grand bien qui en réfulte.
- La troifieme maniéré ne demande pas des bois fi épais, & a prelque le même avantage que la foconde, puifqu elle empêche les marches de ployer. J’ai dit ci-deflus qu’il étoit meilleur de mettre des vis que des clous, parce que ces
- derniers
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- Section 1. §. I. Des Efcaliers droits, nommés Echelles de Meunier. 42^ derniers font fendre le bois, & font lu jets à fe retirer ; ce que fon obfervera auffi aux contre-marches qui ont des rainures , ainfi que la figure 3 ; parce que fi on n y mettoit pas de clous ou de vis, on pourroit faire reculer les contre-marches en mettant le pied contre.
- Voilà à peu-près toutes les réglés fervant à la conftruélion des efcaliers de Menuiferie, de quelque efpece quils puiffent être, tant pour la maniéré de les tracer que pour leur conftruétion, ainfi quon pourra le voir dans la fuite de cet Ouvrage.
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- §. I. Des Efcaliers droits nommés Echelles de Meunier.
- Ces fortes d’efcaliers font très-faciles à faire, vu que leurs limons font droits & d’une égale longueur ; toute l’attention que l’on doit avoir en les conftruifànt, Planche n étant que de les rendre le plus doux poffible. On doit auffi obferver ( dans la 16 difpofition non-feulement de ces efpeces d’efcaliers, mais encore de tous les autres , ) on doit obferver, dis-je , de laiffier entr’eux & le deffous du plancher de la piece à laquelle ils conduifent une diftance de ^ pieds & demi au moins , prife du devant & du deflous de l’ouverture du plancher jufqu’à la ligne du def fiis des marches, ainfi que l’indique la ligne perpendiculaire a b yfg, 1, afin que ceux qui montent ou qui defcendent > ne foient point expofés à fe heurter la tête ; ce qui arriveroit s’il y avoit moins de ÿ pieds & demi, la hauteur ordinaire de cette diftance étant de 6 pieds : c’eft ce que les Ouvriers appellent échappée , laquelle rend les efcaliers plus ou moins roides, à raifon de la gran^ deur de l’ouverture d’après laquelle elle part, ainfi que je vais l’expliquer.
- Tant que les bois d’un plancher font placés du même fens que l’efcalier > il eft fort ailé d’y faire une ouverture de telle longueur qu’on le juge à propos 7 puifqu’on peut couper les folives à la diftance néceftaîre, & les foutenir par un chevêtre de bois ou de fer, ce qui eft égal, ( ainfi que celui c )à l’ouverture du plancher coté D 5 ce qui ne fouffre aucune efpece de difficulté.
- Mais s’ilarrivoit que les bois du plancher, au lieu d’être du même fens que i’eft» calier, fuflent de l’autre 9 ou qu’il fe trouvât une folive d’enchevêtrure dans l’ouverture que l’on a à faire , ainfi que celle cotée E y on feroit obligé de borner l’ouverture du plancher à cette derniere, ce qui rendroit l’efcalier plus ou moins roide à raifon de la place où il fe trouveroit , ainfi qu’on peut le voir à celle cotée E y dont la perpendiculaire d e étant égale à celle a b , donne beaucoup plus de roideur au limon A C, qu’à celui A B, lequel eft dans une proportion raifonnable.
- Cette différence de rampant dans les limons, diminue le nombre des marches & en augmente la hauteur, ce qui eft fort aifé à concevoir, puifque la hauteur totale de l’efcalier, eft toujours la même dans l’un ou l’autre cas, ce qui oblige à diminuer le nombre des marches, puifque fi on les eût confervées dans le limon Menuisier, IL Part. # ÿ Q q q q q
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- A C comme dans celui AB. elles n auroient pas eu aflez de giron, & par confisquent feraient devenues impraticables.
- Si l’ouverture des planchers gêne pour la difpofîtion des efcaliers, la même difficulté fe rencontre quelquefois dans le plan de ces efcaliers, ou pour mieux dire, dans la place quils occupent, laquelle fc trouve bornée par la longueur ou bien par l’ouverture d’une porte, ainfi qu’on peut le voir dans la fig. 3 , qui eft le. plan de l’efcalier AC. comme la figure 2 eft le plan de celui A B.
- U réfiilte des obfcrvations que je viens de faire, qu’avant de conftruire un efcaÜer de quelque nature qu’il puifle être, il faut d’abord fc rendre compte de fc hauteur totale , de la grandeur de l’ouverture qui eft faite dans le plancher fcpérieur , ou de celle que l’on pourrait faire , afin d’avoir le point d’échappée ; enfoite on trace le plan en raifcn de ces connoiflànces & de la place qu’il peut occuper.
- Lorfque les efcaliers font abfolument droits, comme ceux dont je parle ici, il n’eft pas néceffcire pour les exécuter, d’en tracer en grand le plan & l’élévation , il foffit de fc rendre compte de fc hauteur & de fc largeur totale, ce qui donnera le nombre des marches, leur hauteur & leur largeur ; enfuite on fera à part un triangle reélangle fig. 4, dont le petit coté, f g fera égal à la hauteur de la marche , le grand coté f h égal à fon giron ; enfuite par les points g h , on fait paffier une ligne fur laquelle on prendra avec la fauffc équerre la pente de la marche & de la contre-marche , que l’on portera fur le limon, dont l’inclinaifon fera égale à celle de la ligne g h, & on aura la longueur du limon , en portant fur ce dernier la diftance g h , autant de fois que l’on a de marches moins une , parce que la derniere fait partie du plancher de la piece dans laquelle conduit l’efcalier.
- Cette obfervation eft eflentielle, parce que ceux qui ne la font pas, font fil* jets à employer plus de bois qu’il ne faut, étant d’ailleurs trompés par le plan , dont la capacité contient toujours une marche de moins que l’élévation, puifqu’on ne commence à compter les marches qu’au-deffus de la première, & que la derniere faifant partie du plancher fupérieur, ne fc trouve pas comprife dans le plan, ainfi qu’on peut le voir dans les figures 2 & 3.
- Le prolongement des limons depuis le devant de la première marche jufqu’au nud du careau , eft auffi inutile & même nuifible ; c eft pourquoi on fait fort bien de le fopprimer en arrondiffcnt le limon par le bout, Sc de laifler 1 pouce ou 2 de bois d’après la faillie de la marche, ainfi que je l’ai fait au limon A B , fig. r.
- Quand c es fortes d’efcaliers font placés au rez-de-chauffee, on ne les fait pas pofer immédiatement par terre ; mais on les pofc ordinairement for un parpin de pierre , dont la hauteur eft égale à celle de deux ou trois marches, qui pour lors fc font en pierre, & fe trouvent diminuées for la hauteur de l’efcalier, & for le nombre de celles faites en bois ; dans ce cas, il faut toujours faire le plan & l’élévation de l’efcalier, comme fi toutes les marches étoient faites en bois, afin que celles de pierre foient égales à ces dernieres.
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- Section /. §. II. Des Efcaliers en vis ; leur conflruclion. 427 §. IL Des Efcaliers en vis ; leur conflruclion.
- Ces efcaliers different de ceux dont je viens de parler, en ce que leurs marches font toutes d’inégales largeurs tendantes au centre du plan , & qu’ elles saffemblent d’un bout dans un poteau montant, lequel leur fort de limon.
- Avant de faire ces fortes d’efoaliers, il faut, ainfi qu’aux autres , fe rendre compte de leur hauteur & de la place qu’ils doivent occuper ; enfuite on trace le plan, ce qui fe fait de la maniéré fuivante :
- Le quarré a b c d 9flg. 6, étant donné , on marque au milieu le poteau A , dont la groffeur varie depuis 3 jufqu a 6 pouces ; enfuite on trace l’épaiffeur des limons, & on divife la diftance qu’il y a entre un d’eux, & la face du poteau qui lui eft oppofée, en deux parties égales ; & du milieu du poteau comme centre , & de cette divifion , on trace un cercle fur lequel on fait la divifi on des marches, que l’on fait tendre au point de centre, de maniéré quelles font toutes d’égale largeur fur ce cercle, que l’on nomme ligne de giron, parce que c’eft fur cette ligne que l’on doit prendre la véritable largeur des marches tournantes, afin de leur donner une hauteur proportionnée.
- Quand les efcaliers à vis feront plus d’une révolution, ( c’eft-à-dire, quand ils auront plus de marches for l’élévation que n’en préfente la forface du plan , ) il faudra faire attention qu’il fe trouve au moins y pieds & demi de hauteur entre le deffos d’une marche Sc le deflous de celle qui finit la révolution, afin que l’on puifle y monter commodément fans être expofé à fc heurter la tête, ainfi qu’on peut le voir dans la figure 2, ou la diftance de y pieds & demi, indiquée par la ligne ef> fo trouve entre le deffos de la première marche , & le deilbus de la dixième, qui eft la derniere de la révolution du plan, flg. 6 > doi^t la forface contient dix marches.
- Ainfi pour avoir le nombre de marches qui peuvent être contenues dans une révolution, il faut développer for une ligne droite le cercle des girons ; puis la hauteur de la révolution étant donnée, on opéré comme pour un efcalier droit, en obfervant toujours qu’il y ait $ pieds & demi au moins entre le deffos d’une marche & le deflous de celle qui finit la révolution, ainfi que je l’ai déjà dit.
- Il faut aufli obferver que le cercle de giron ne peut pas avoir moins de 2 pieds 4 pouces de diamètre, ce qui donne environ 7 pieds 4 pouces de circonférence , laquelle étant développée for une ligne droite, donne une longueur qui eft néceflaire pour que les marches ne foient point trop hautes, & n’ayent pas trop peu de giron, cette proportion leur donnant 7 pouces & demi de hauteur, & par conféquent p pouces de giron, ce qui eft déjà bien loin de la proportion ordinaire, qui eft de 6 pouces for 12 , comme je l’ai dit plus haut.
- Les limons de ces fortes d’efoaliers fo tracent à l’ordinaire ; c’eft-à-dire , qu à chacune des faces du plan, on fait perpendiculairement une élévation pour cha-
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- que limon , à moins toutefois que le plan n’ait des faces pareilles ; alors une élévation fuffit pour toutes celles qui font fomblables, ainfi qu’on peut le voir dans la figure 6 , où le limon B eft femblable à celui C ; & celui D eft femblable à celui E. Ces limons s’aflemblent les uns dans les autres en enfourchement ou à queues ; & on doit obferver en plaçant les tenons ou les enfourchements, de toujours mettre les tenons dans la partie inférieure du limon, & les en-fourchements dans leurs parties fupérieures, afin que leurs defliis s’arrafont pro~ prement, ce qui ne pourroit être fi ces aftemblages étoient difpofés autrement , ainfi qu’on peut le voir aux limons B9C9D9E8cF >fig* 6, où ces aflern-blages font faits , & où les lignes ponétuées indiquent le bois qui a été fùpprimé, & en même temps ce qui manqueroit à la partie inférieure du limon, fi au lieu d’un tenon on y eût fait un enfourchement.
- Quant à l’emmarchement, on le trace à l’ordinaire, ainfi qu’on peut le voir dans les figures ci-deftus, en obfèrvant toutefois de tracer fur le plan la faillie de la marche 8c l’épaifleur de la contre-marche, afin d’en relever des perpendiculaires aux différentes élévations. Voyez la figure 4 , où j’ai marqué en grand une marche biaife emmarchée avec fon limon ; & la figure 1, qui repréfente l’élévation de ce limon, où la largeur des entailles eft donnée par des lignes provenantes de la figure 4, fur laquelle eft marquée, par des lignes ponétuées, la faillie de la marche , fon prôfil, 8c l’épaiffeur de la contre-marche.
- Le poteau fo trace de la même maniéré que les limons, c’eft-à-dire , par des lignes relevées fùr le plan , ainfi qu’on peut le voir dans la figure 3 , qui repréfente une partie de ce poteau avec les entailles qui font fur cette face , numérotées des mêmes chiffres que for le plan, fig. y , qui eft le même que celui fig. 6, mais plus en grand, afin qu’on en fente mieux toutes les opérations. Quant aux autres faces de ce poteau , elles fe tracent de la même maniéré que celles repréfentées dans la figure 3 , ainfi qu’on peut le voir dans la figure 1, laquelle repréfente l’élévation d’un efcalier à vis, pris for la ligne g h du plan; fig. 6.
- Il y a des efcaliers où ces poteaux, au lieu d’être d’une forme quarrée par leur plan, forment un polygone quelconque ou un cercle ; mais ces deux dernieres formes ne fervent à rien , qu’à les rendre plus difficiles à tracer ; c’eft pourquoi on fera très-bien de préférer la forme quarrée , & de les arrondir en tout ou en partie du deflùs des marches, ainfi que je l’ai obfervé aux figures 28c 3.
- Cependant s’il arrivoit que l’on voulût abfolument que ces poteaux fulfent à pans, ou arrondis dans toute leur longueur, cela ne changeroit rien à la maniéré de les tracer, laquelle fe fait toujours par le moyen des perpendiculaires prifes for le plan, ce qui n’a befoin d’aucune démonftration, d’après ce que j'ai dit à ce fojet.
- Pour ce qui eft des marches, on les trace for le plan chacune à part, à moins qu’il n y en ait plufieurs d’une même forme, lefquelles alors peuvent fe
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- Section /. §. III. Des 'Éfcallers d’une forme quarrée par leur plan, &c. 429
- tracer les unes fur les autres ; il fuffit, en traçant les marches fur le plan, d’en -..........
- marquer feulement l’arrafement d’après lequel on augmente leur portée dans les Planche limons ; ou s’il n’y en a que d’un côté, leur fcélement dans le mur, lequel doit * être d’un pouce au moins. Le devant des marches doit toujours être à bois de fil, ainfi que je l’ai dit ci-deffus , ce qui n’a pas été obfervé dans les figures y & 6, mais c’eft une faute.
- Pour ce qui eft du nombre des marches, il faut toujours qu’il foit impair , parce qu’il faut que l’on finifle de monter du même pied que l’on a commencé, ce qui eft tout naturel, puifqu’alors on recommence à marcher, ce que l’on fait toujours du pied droit , qui eft celui par lequel on a commencé à monter.
- Il faut auflî, du moins autant qu’il eft poffible, que les efcaliers montent à droite, cette maniéré de les dilpofer étant reconnue pour la plus commode , tant pour monter que pour defcendre ; c’eft pourquoi on fera fort bien de la fuivre.
- §. III. Des Efcaliers d’une forme quarrée par leur plan, & la maniéré d’en déterminer les paliers & leurs quartiers tournants.
- I l eft des occafions où la trop grande hauteur d’un efcalier, ne permet pas de le faire d’une feule travée ; c’eft ce qui a fait imaginer d’y faire des paliers ou repos , de diftance en diftance, afin de les rendre plus faciles & moins fatiguants à monter. Cependant pour peu qu’un efcalier eût de hauteur , il faudroit y faire un ou deux repos, ce qui l’alongeroit infiniment, 8c mettroit fouvent dans l’impoflibilité de le faire , faute de place 5 on a donc imaginé de le reployer fur luî-r même autant de fois qu’il auroit de repos, afin qu’il tienne moins de place, du moins en longueur ; & ce font ces retours qu’on nomme quartiers tournants,
- Lorfque les efcaliers montent plufieurs étages, non-feulement les repos font néceffaires, mais encore les quartiers tournants ; parce que fi dans un efcalier d’une moyenne grandeur, on faifoit des repos à chaque retour , le nombre de marches qui refteroit dans les travées droites, ne feroit pas fuffifànt pour monter à la hauteur néceffaire, ce qui a fait prendre l’expédient des quartiers tournants, lefquels, fans augmenter lafurface du pian, font une augmentation de plufieurs marches, ce qui eft fort à confidérer.
- En général, on nomme quartier tournant, l’angle d’un efcalier dans lequel, au lieu d’un palier ou repos, on met des marches, lefquelles rendent continues les deux parties de l’efcalier qui viennent rendre à cet angle.
- II eft diverfes maniérés de difpoferles quartiers tournants* lefquelles ont toutes leurs avantages & leurs inconvénients ; c’eft pourquoi j’ai cru devoir les expliquer ici, afin que l’on puille * avec connoiftànce de caufe, faire choix de l’une ou de l’autre, félon les différentes occafions.
- La première maniéré de faire les qüartiers tournants * éft de difpofer toutes les marches des parties droites d’un efcalier, félon la méthode ordinaire, c’eft-Menujsjer. IL Paru R r r r r
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- s à-dire, parallèles entr’elles , & perpendiculaires à leurs limons, julqu à 1 angle où Ton veut faire le quartier tournant ; enfoite après avoir divifé la largeur de l’efealier en deux parties égales, ainfi que les lignes a b, Scc d, fig. 11, de 1 angle intérieur comme centre, & des points b 8c c , on décrit un quart de cercle fur lequel on fait la divifion des marches, ainfi qu’aux efcaliers en vis.
- La fécondé maniéré de faire les quartiers tournants , eft de faire les côtés des marches d’inégales largeurs jufqu à la rencontre de l’angle du quartier tournant, & de ne leur conferver la largeur donnée que fur la ligne du giron : c’eft ce qu’en terme d’Ouvrier, on appelle faire danfer les marches. ( Voye£ la Fig. 12).
- La première maniéré de dilpofer les quartiers tournants, eft la plus ancienne, & femble la plus naturelle , parce que les marches des parties droites font toutes d’égale largeur, & fe préfentent toujours vis-à-vis de la perfonne qui monte , & que leurs limons font toujours parfaitement droits.
- Cependant ces avantages ne font rien en comparaifon des défauts qui réflil— tent de cette maniéré de dilpofer les quartiers tournants, parce que fi les marches font d’égale largeur dans les parties droites, celles du quartier tournant deviennent très-étroites à leurs colets, & expofent ceux qui defoendent du côté du limon intérieur, à fe précipiter à l’endroit du quartier tournant, dont les marches n’ont pas plus de giron toutes enfemble qu’une feule , ou tout au plus deux des autres , ce qui dérange le pas qui fe trouve réglé for la mefore des autres marches, & ce qui eft un très-grand défaut.
- De plus, quand les quartiers tournants font ainfi difeofês, les limons des parties droites ne peuvent pas fe rencontrer dans l’angle, celui de la partie afoen-dante fe trouvant plus haut que celui de la partie defeendante, ainfi qu’on peut le voir dans la figure 6, laquelle repréfenre l’élévation de l’efcalier dont le plan eft marqué fig. il ; Sc encore mieux dans la figure 1, laquelle repréfente l’intérieur des limons de ce mêmeefcalier, leiquels limons font développés for une ligne droite, afin qu’on puiiîe voir toute la difformité que produifont leurs différentes hauteurs : difformité qui n eft tolérable que quand le poteau de l’angle monte de fond pour recevoir les appuis des rampes, ainfi qu’on peut le voir à preique tous nos anciens efoaliers.
- La fécondé maniéré de dilpofer les quartiers tournants , remédie à ces différents inconvénients , du moins en partie, encore que toutes les marches ne foient pas d’une égale largeur au collet, parce que la différence qui fe trouve de l’une à l’autre, n’étant pas confidérable, raccourcit ou alonge le pas peu-à-peu, de maniéré que la différente largeur de leur giron devient prefque infen-fible, ce qui rend les quartiers tournants très-doux.
- Cette maniéré de dilpofer les quartiers tournants, a auffi l’avantage de rendre le raccord des deux limons plus aifé à faire, parce qu’alors le deflus des deux limons fe rencontre à peu de chofe près, ce qui fait qu’ils forment à leur rencontre une courbe qui eft plus ou moins fenfible, à raifon de la plus ou moins
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- Section I. §. III. Des Efcaliers d'une forme quarrée par leur plan , &c. 43 r grande inégalité du collet des marches. Voye^ la fig.y y qui repréfente lelé-vation de l’elcalier, dont le plan eft marqué fg. 12 ; 8c la fig% 2, qui repré- Planche fente les deux limons intérieurs de cet efcalier développé lur une ligne droite.
- Quant à la maniéré de trouver la largeur du collet des marches d un quartier tournant ainfi dilpofé, on fe fervira de la même méthode que pour décrire les hélices irrégulières, dont fai parlé, page 304 ; cependant comme la figure que jai faite eft très-petite, j’ai cru devoir la répéter ici, comme étant fa place naturelle , 8c pour remettre fous les yeux cette opération , laquelle eft fort en ufàge dans la partie dont je traite, c’eft-à-dire, des efcaliers. Ainfi, lorfqu’on voudra faire de ces fortes de quartiers tournants , on s’y prendra de la maniéré fuivante :
- Le plan des limons d’un efcalier étant tracé, ainfi que la figure 12, on di-vife là largeur en deux parties égales pour avoir la ligne des girons ; enliiite le nombre des marches & leur largeur de giron étant déterminées, on porte cette derniere fur la ligne de giron, ce qui donne des points par où le devant des marches doit pafîèr.
- Cette opération étant faite, on prend lùr le plan la longueur du limon intérieur julqu’à l’angle du quartier tournant, s’il arrive qu’il le trouve le devant d’une marche dans l’angle ; fi au contraire il fe trouvoit le milieu d’une marche à cet angle , comme dans la figure 12 , on prendroit non-feulement la longueur du limon julqu’à l’angle, mais encore la moitié de la marche qui s’y trouve , en liiivant le contour de l’angle, ( luppofio qu'il foit arrondi ainfi que celui de cette figure, ) que l’on développeroit lur une ligne droite.
- Enluite on divife cette ligne en autant de parties égales que l’on a de marches , une delquelles parties étant doublée , donnera la largeur de la première 8c de la derniere marche , auxquelles on donnera la différence que l’on jugera à propos , pourvu toutefois que la largeur de ces deux marches réunies lùr une même ligne , ne furpafte pas la longueur de deux des divifions du limon.
- Puis lur une ligne d’une longueur quelconque, on éleve deux perpendiculaires , dont la hauteur de l’une eft égale à la largeur de la première marche, 8c l’autre égale à la largeur de la derniere , à l’extrémité defquelles on fera pafler une ligne, laquelle, avec celles dont je viens de parler, formera un trapèze lur lequel on aura toutes les différentes largeurs des autres marches , en le divi-fant en un nombre de perpendiculaires égal à celui des marches , eny comprenant la première 8c la derniere, & la longueur de chacune de ces lignes donnera les différentes largeurs du collet des marches.
- Pour fe convaincre de la jufteffe de l’opération, foit donnée la ligne m n ,fg.
- *6 9 pour la longueur horilbntale d’un limon, lequel doit recevoir huit marches toutes inégales de largeur ; on commence par divifer cette ligne en huit parues égales aux points 1,2,3,45 8cc ; enfiiite au milieu d’une ligne d’une longueur quelconque, comme celle a h, on éleve une perpendiculaire il, dont la Ion-
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- • gueur eft égale à une des divifions de la ligne m n ; puis on divile la ligne a k en fept parties égales , afin d’avoir les huit perpendiculaires a , b ,c , d, e g, h , dont la longueur de chacune fe trouve bornée par la ligne 0 p , que Ton a fait pafler par le point L
- Si l’opération eft faite jufte, il eft certain que toutes les longueurs de ces perpendiculaires égaleront la longueur de la ligne m n; ce qui eft d’autant plUs vrai, que la ligne a o , plus celle h p , égale celle i L doublée , ( ou la diftance m 2 , ce qui eft la même choie ; ) celle b q , plus celle g r, égale celle 2 , q * celle es, plus celle ft, égale celle 4,6 ; enfin la ligne d u 8c e x , égale la dif tance 6,8. Voyez le deftous de la ligne m n, où j’ai marqué par des elpaces blancs & noirs , la longueur des perpendiculaires qui donnent la largeur du collet des marches, lelquelles perpendiculaires remplifîent exactement la lorn gueur de la ligne mn ,8c font marquées des mêmes lettres que celles du trapèze a o p h.
- Il réfülte de cette démonftration, que la différence qu’il doit y avoir entre le collet des marches danlàntes, n’eft autre chofe qu’une progreffion arithmétique, dont la fomme des extrêmes eft égale au double de la fomme des moyens, ainfi qu’il eft démontré ailleurs.
- Tant qu’on n’eft pas borné par la largeur de la première ou de la derniere marche d’une divifion inégale, on peut mettre entre elles toute la différence que l’on juge à propos ; cependant on fera très*bien de n’en mettre que le moins qu’on pourra , afin que les limons Ibient moins cintrés fur le champ, & qu’ils ap« prochent le plus de la forme droite , qui eft la plus parfaite que l’on puifîe leur donner, ainfi que je l’ai démontré en parlant des courbes rampantes.
- Lorfque la largeur du collet de la première marche h p, eft bornée, cela ne change rien à l’opération, parce que c’eft toujours par l’extrémité de la perpendiculaire i l 8c cette derniere, que pafle la ligne o p ; toute la différence qu’il peut y avoir n étant que dans la hauteur de la ligne a o , laquelle devient plus ou moins grande à raifon de la différence qu’il y a entre la ligne h p 8c celle i L
- v Que les efcaliers ayent un feul ou plufieurs quartiers tournants, ce fera toujours la même choie, en obfervant toutefois que fi le nombre des marches qui le trouvent eft impair, la marche du milieu fera d’égale largeur dans toute là longueur, & que les divifions inégales ne commenceront que d’après cette marche. Si au contraire le nombre des marches eft pair, il n’y aura aucune marche égale de largeur , & la divifion le fera de droit & de gauche , en prenant du milieu du limon.
- En général, les quartiers tournants ne lont guere d’ulage que dans de petits efcaliers, 8c dont la place dans laquelle ils font, oblige à faire beaucoup de retour , 8c ne permet pas d’y faire de grandes parties droites ; hors ce cas, il toujours beaucoup mieux d’y faire des paliers de diftance en diftance, au lieu àe
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- SECTION /« Ç. III. Des Efcaliers (Tune forme quarrte fur leur plan , &c. 433 quartiers tournants, qui, quelque bien faits qu’ils puilfent être, rendent toujours un efcalier plus rude à monter que ceux où Ion fait des paliers, lefquels après un certain nombre de marches, forment des repos, & rendent les efcaliers d’un ufàge beaucoup plus facile.
- Les paliers font fujets aux mêmes inconvénients que les quartiers tournants, parce que fi l’on fait les marches qui y arrivent parallèles entr’elles Sc perpendiculaires au limon, ainfi que celles de la figure r 3 , il en réfulte deux inconvénients ; le premier eft, que fi Ton veut faire le palier d’une forme quarrée, ainfi que l’indiquent les lignes ponéluées a, b 9 c > d, e, les deux limons ne le raccordent plus à l’angle du palier, le limon du haut qui eft obligé de recevoir la marche e , le trouvant plus haut que celui du bas, de la hauteur d’une marche , ainfi qu’on peut le voir for l’élévation fg. 8, où ce limon eft tracé par des lignes ponéluées feulement, & dont les marches font cotées des mêmes lettres que for le plan.
- Si l’on veut que les deflus des deux limons d’un palier, fe raccordent parfaitement , il faut que leur rencontre for le plan, au lieu de faire un angle reélan-gle comme celui h, faflê un quart de cercle , comme celui i, afin que les équerres de ce dernier, tendantes à fon centre, reçoivent également les deux bouts des limons ; ce qui ne pourroit être fi leur rencontre formoit un angle , parce que fi l’on faifoit raccorder les deux limons à l’angle extérieur du plan, repréfonté parle point/, fig. 17, l’arête extérieure du limon du bas ne pourroit a£ fleurer avec le deflus du limon fiant, lequel foroit, à caufe de fà pente, plus haut que le premier de la diftance m n. Si au contraire on faifoit raccorder l’angle intérieur des limons au point m , celui du haut rentreroit en dedans de celui du bas, de la diftanceo /, ce qui foroit encore pis; c’eft pourquoi les quarts de cercles dans les angles des efcaliers , font d’une néceffité indifpénfàble : qu’ils foient grands ou petits, cela eft indifférent, pourvu que les centres de ces quarts de cercles ne foient pas en dedans de leur épaiffeur ; parce qu’à toute rigueur fi fon avoit des raifons pour que l’angle intérieur o, fig. 13 , fût quarré , on pourroit placer le centre du quart de cercle à fon fcmmet, & alors on feroit affleurer le deflus des deux limons à l’angle intérieur m^fig. 17 , la difformité de l’angle extérieur fe trouvant effacée par le quart de cercle qu’on y feroit • cependant on ne doit faire ufàge de cet expédient, que le moins qu’il fera poft-fible, parce que plus les quarts de cercles ou angles creux des efcaliers ont de grandeur , & mieux ils font, ainfi que je le démontrerai dans la foite.
- Cette maniéré de raccorder le deflus des limons eft très-bonne ; mais elle donne lieu au fécond inconvénient dont j’ai parlé ci-deflus, parce que les limons ainfi dilpofés formant une ligne droite dans leurs développements , ainfi que la figure 3 , la marche du palier ne peut plus former un angle avec la première marche de la féconde révolution, parce qu’il faut que dans ce dernier cas, il y ait la diftance d’une marche entre le devant de la marche paliere & celui de Menuisier. //. Part. S s s s s
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- la première marche de la fécondé révolution ; c’eft-à-dire, quii faut que la diftance q r foit égale à p q, laquelle eft elle-même égale à 3 * 4 > a^n *lue ^es limons rampent également tant dans leurs parties droites , que dans celle qui eft arrondie, ainfi que je Pai prouvé en parlant des courbes rampantes.
- Cet inconvénient n’eft pas fort confidérable, parce qu’au lieu de mettre toute la différence d’un côté* ainfi que je l’ai fait dans la figure 13 , on pourroit mettre la moitié de cette différence d’un côté * & l’autre moitié de l’autre , ce qui rend la forme du palier plus fiipportable.
- Cependant pour obvier à cet inconvénient, & pour faire les paliers d’une forme quarrée, on fait danfer les marches du côté du limon intérieur , en obfer-vant toutefois de faire les marches d’égales largeurs & parallèles entr’elles jufi-qu’à environ les deux tiers de leurs longueurs, & de les arrondir enfuite pour regagner les inégales divifions, que l’on détermine félon la méthode que j’ai donnée ci-deflus , en parlant des quartiers tournants. Voye£ la Fig. 14 , qui repréfonte le plan d’un efcaiier avec un palier ainfi difpofé, & la figure 9 , qui en eft l’élévation.
- Cette maniéré de difpofor les paliers, leur rend la forme quarrée demandée ; cependant elle n’eft pas encore parfaite, parce que les limons deviennent courbes^ ainfi qu’on peut le voir dans la figure 4, qui repréfente le développement des deux limons * ainfi que leurs différentes hauteurs indiquées par les lignes a b, & c d.
- U fèroit poflîble d’adoucir cette ccurbute Aon limons, en augmentant le nombre des marches danfàntes, lefquelles, dans les figures ci-deflus, ne font qu’au nombre de trois ; il faut cependant obferver qu’en augmentant le nombre des marches danfàntes, on augmente leur courbure , à moins qu’on ne faflè le quarré du palier du dehors de l’épaifïeur du limon, ce qui alors remettroit les chofos dans leur premier état.
- On peut remédier à ces différents inconvénients , én divifant leurs limons intérieurs en parties égales , tant fur leurs lignes droites, que dans l’angle arrondi, ainfi que la figure 15 , ce qui fait que le limon eft d’une forme parfaite, puifqu’il forme une ligne droite fur fon développement, repréfonté dans la figure j'.
- Cette méthode eft aufli très-bonne pour les quartiers tournants, ce que j’ai indiqué par les lignes ponétuées a7 b ,c, d, e ,f, g ,h , fig. 15 , lefquelles paf-font par des divifions faites en parties égales fur la ligne de giron i /, depuis le point i, pris fur la première marche droite, ( laquelle eft perpendiculaire aux limons , ) jufqu’au point /, qui eft le milieu de l’angle.'
- (*) Il faut obferver que ce que ^e dis ici touchant les angles arrondis, n’eft exa&ement vrai que pour un côté, lequel eft ici celui del’em-tnarchement ; parce que quand l’angle eft petit, pu que les limons font épais , l’angle creux rampe
- beaucoup plus roide en dedans qu’en dehors, à ïaifon de la différence de l’étendue de l’arc du dedans & de celui du dehors, ainfi que je l’expliquerai dans la fuite.
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- SECTION /. $. III. Des Efcaliers £ une forme qnarrée par leur plan, &c. 43 y
- On obfèrvera que pour divifer la ligne du giron en parties égales, il faut que chaque largeur de marche contienne deux de ces divifions , lorfque le point l fe trouve au milieu d’une marche ; ce que j’ai obfervé dans la figure 15 * où j’ai divifé la diftance i /, en 11 parties égales, pour cinq marches & demie qui le trouvent contenues dans cette diftance, ce que j’ai indiqué par les points xxx. :
- S’il arrivoit que le limon extérieur fût courbe & apparent, ainfi que la ligne *adf9 au lieu de faire la divifîon fur la ligne du giron, 011 la fera fur celle du limon extérieur, ce qui ne feroit pas un grand changement.
- U faut auffi obferver que j’ai regardé les limons des efcaliers dont je viens de parler, comme ayant très-peu d’épaifteur, ce qui fait que tous les développements des limons, ont été faits du côté de l’emmarchement ; parce que fi les limons étoient épais & fiijets à décoration , il faudroit faire leurs divifions fur leurs faces extérieures , afin que la courbure de leurs angles , tant creufe que bouge, ne fît aucun jaret à la rencontre des limons, ce qui ne mari-queroit pas d’arriver fi les divifions étoient faites du côté de l’emmarchement, à caufe de la différence qui fe trouve entre la longueur de l’arc de cercle intérieur , & celle de l’arc de cercle extérieur, lefquels étant ’ plus longs l’un que l’autre , & montant à une égale hauteur, auroient une plus ou moins grande înclinaifbn que les limons avec lefquels ils raccordent, ce qui leur feroit faire un jaret avec ces derniers, foit en dedans ou en dehors , ce qui n’a pas befoin d’autre dèmonftration, après ce que j’ai déjà dit en parlant des hélices & des courbes rampantes.
- Il eft deux moyens de corriger le défaut qui réfulte de la plus ou moins grande longueur de l’arc que produit l’angle des limons ; le premier eft de faire les divifions fur la face extérieure , c’eft-à-dire, de l’autre côté de l’emmarchement , & de fàcrifier ce dernier que l’on adoucit le mieux qu’il eft poffible , pour rendre le jaret moins fenfible, ainfi que je l’ai dit plus haut.
- Le fécond moyen eft de divifer par une ligne l’épaiffeur du limon en deux parties égales, & de faire les divifions fur cette ligne y ce qui, pour lors, met de chaque côté du limon , la moitié de la différence d’inclinaifon de l’angle creux, laquelle différence devient alors peu fenfible, & s’adoucit aifément, fur-tout lorfque l’angle creux a une certaine largeur, ce qui fait que la différence des deux arcs eft moins confidérable.
- Quant à la confiruélion des angles creux > les Menuifiers les prennent ordinairement dans des pièces de bois qu’ils évuident Sc font monter de fond pour porter l’efcalier & y afîembler les limons, ce que j’ai obfervé aux figures <5,7,8,9 & 10 ; & à celles r , 2 , 3,4 & 5 , qui repréfentent les limons développés, ainfi que ces poteaux, lefquels fe tracent de la même maniéré que ceux des efcaliers à vis. Voyez ce que j’ai dit à ce fujet.
- Tout ce que je viens de dire touchant les quartiers tournants 8c les paliers,
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- 43 6 MENUISIER.II. Partie, Chap. XIV.
- ne doit pas être regardé comme des réglés d’une néceffité indifpenfable, dont on ne puiile jamais s’écarter ; mais en général, le moins quon pourra le faire on ne fera que mieux*, vu que c’eft del’exaélitudeavec laquelle on les obferyera, que dépend tout le foccès de ces fortes d’ouvrages , c eft-à-dire, les efcaliers, lefquels, dans tous les cas , doivent être le plus aifés & le plus commodes pof. fible ; & qui, lorfqu’ils font apparents & fojets à être décorés , demandent beaucoup de fojétion, pour leur donner le dégré de beauté 8c d’aifànce dont ils font fofoeptibles ; ce qui m’a engagé à entrer dans beaucoup de détails, afin que* connoifîànt les différents inconvénients qui fo rencontrent dans la conftruétion des efcaliers, on ait en même temps les moyens nécefïàires pour y remédier, ou du moins pour rendre moins fenfibles les défauts qui réfoltent de ces différents inconvénients.
- Section Seconde.
- Des Efcaliers dune forme cintrée fur leur plan , en général. ,
- L’espece d’efcalier dont il me relie à parler, renferme non-feulement toutes les difficultés de ceux que je viens de décrire, mais encore toute la théorie des courbes rampantes dont j’ai traité ci-devant, pages 36<y & Jïiiv., lefquelles courbes ne font autre chofc que les limons ou les appuis des rampes de ces fortes d’efcaliers : mais comme j’ai épuifé cette matière, je n en parlerai pas davantage , me contentant de renvoyer à ce que j’ai dit à ce fojet lorfqu’il en fora befoin.
- Je ne vais donc parler maintenant que de la difpofition des marches de ces fortes d’efcaliers 8c de leurs emmarchements ; enfoite je traiterai des rampes ou appuis des efcaliers , & de la maniéré de les raccorder avec les appuis horifontaux. Je traiterai enfoite des plafonds rampants d’aflèmblages ; enfin je terminerai ce Chapitre 8c cette Partie de mon Ouvrage , par la defcription de deux efcaliers dont le plan fera d’une forme différente, avec double rampe & leurs plafonds d’afîemblages.
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- §. I. Des Efcaliers cintrés en plan, tant réguliers qii irréguliers.
- Lorsque les plans des efcaliers font d’une forme plein-cintre ou faifànt partie d’un cercle, comme la fig. 4, on fait la divifion de leurs marches à l’ordinaire ; ceft-à-dire, qu’aprèsavoir tracé le plan des limons, & s’être rendu compte du nombre des marches & de leur largeur, on trace au milieu du plan la ligne de giron à l’ordinaire, & for laquelle on porte la largeur des marches aux points a, b. c.d . e ,f, g, h, i; puis par chacun de ces points on fait palfer autant de lignes tendantes au centre l, lefquelles divifcnt les deux limons en parties égales tant en dedans qu’en dehors, ce qui ne fouffre aucune difficulté.
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- SECTION IL §. I. Des Efcaliers cintres en plan, &c. 437
- Quant à la maniéré de tracer les limons 8c leurs emmarchements, c’efl: tou- -jours la même qu’aux autres efcaliers ; c’efl: pourquoi je n’en ferai aucune dé-monftration , l’inlpeéHon feule des figures étant fuffifante. Voye£ la fig. 1, qui repréfente l’élévation du grand limon , & la fig. 7, qui repréfente pareillement l’élévation du petit limon.
- On obforvera cependant que la largeur du grand limon, prife perpendiculairement à là face inclinée , efl beaucoup plus grande que celle du petit, quoique cependant les largeurs perpendiculaires de ce dernier, foient plus grandes que celles de l’autre, c’eft-à-dire du grand : différence qui efl: produite par l’inégale largeur du colet des marches ; ce qui ne fait rien quand les limons ne font pas fufoeptibles de décorations , ainfî que ceux-ci, & que les efcaliers n’ont pas de plafonds rampants ; parce que dans l’un ou l’autre cas , il faudroit mettre les deux limons d’une égale largeur , perpendiculairement à leurs faces inclinées , en ob-fervant toujours le parallélifme & l’égalité dans la hauteur des marches, dont les divifions, tant de hauteur que de largeur, donnent le rampant des limons , ainfi que je l’ai enfeigné en parlant des courbes rampantes , dont , dans le cas dont il efl: ici queftion, les divifions font remplacées par celles des marches, lef* quelles étant faites félon la même méthode, doivent nécefîàirement remplir le même objet.
- Quand les plans des efcaliers font d’une forme elliptique , comme la figure 5, la maniéré la plus ordinaire d’en faire la divifion des marches , efl: de commencer par tracer le plan des limons 8c U ligne de giron for laquelle on fait les divifions* par lefquelles on fait pafler les lignes des marches toutes tendantes aux centres des arcs de cercles for lefquels ils font placés ; lavoir , les lignes a b ,8c celles g h, aux points i Se l ; & les lignes c d, efy au point m.
- Cette maniéré de divifor les marches de ces fortes d’efcalîers efl: vicieufo, parce que les collets des marches deviennent trop inégaux entr’eux, foitdu côté du grand ou du petit limon, ce qui rend l’efoalier peu aifé ; d’autre part, quand cette difficulté ne gêneroit pas , ou qu’on voulût la tolérer , cette divifion gâ-teroit la forme des limons , lefquels ne ramperaient pas également, ainfi que je l’ai démontré , page 374.
- C’efl pourquoi lorfqu’on fera de ces efcaliers, on fera très-bien de divifer chaque limon en parties égaies , félon le nombre donné par la divifion faite fur la ligne de giron, ainfi que je l’ai obfervé dans la figure f. Voyez les figures a & 8 , lefquelles repréfentent l’élévation des deux limons divifés de cette maniéré, c’eft-à-dire, en parties égales.
- Cette fécondé maniéré de difpofer les marches d’un efcalier dont le plan efl elliptique, efl très-bonne, parce qu’elle remédie à tous les inconvénients de la première, en rendant non-feulement l’efcalier d’un ulage plus facile, mais encore en donnant une forme parfaite aux limons, ce qui efl fort à confiderer ; de plus, l’exécution en efl auffi plus facile , puifque toutes le3 marches font d une Menuisier. IL Pan. T1111
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- 438 M E N U I S 1 E R , IL Partie. Chap. XIV.
- même longueur Sc largeur, ny ayant que les cintres de leurs bouts qui changent , ce qui eft fort peu de choie.
- Si la méthode de faire tendre les marches aux centres des efcaliers dont le plan eft elliptique , fi , dis-je , cette méthode eft vicieufe , c’eft encore bien pis lorfque leur plan eft dune forme mixte, ou bien en S, ainfi que la figure 6 ; parce que la divifion étant faite à l’ordinaire , les marches tendantes aux centres A B ScC D , donnent for chaque limon des largeurs de marches qui font très-différentes les unes des autres, lefqueiles différences font plus ou moins grandes à raifon de la proximité ou de l’éloignement des centres, ce qui eft un très-grand défaut, puilque ces différentes largeurs de marches, ( pour peu que l’efoalier ait de largeur, ) le rendent d’un ulàge difficile Sc même dangereux, ainfi que je l’ai démontré ci-devant, page 430.
- De plus, ces inégalités de divifions rendent les limons d’une forme dilgra-cieufe à voir, Sc fouvent jaréteufe , Sc même tout-à-fait infupportables , lorlque ces efcaliers ont des appuis ou rampes de Menuiferie, ce qui malheureufement fo rencontre dans prefque tous les efcaliers de chaires à prêcher qui font for un plan cintré en S.
- Ce défaut eft une foite de la méthode que l’on a de faire tendre toutes les marches des efcaliers aux centres de leurs plans , làns faire réflexion que cette méthode n’eft bonne St ne peut avoir lieu qu’aux efcaliers dont le plan eft d’une forme plein-cintre , Sc qu’elle devient un abus dans les plans de toutes autres formes, ainfi que je l’ai déjà dit Sc que je 1® prouverai dans la foite , en parlant des rampes ou appuis des efcaliers.
- Pour que les efcaliers dont le plan eft d’une forme cintrée en S, foient parfaits , il faudroit divifcr leurs limons en parties égales, ainfi que l’indiquent les lignes ponétuées o, o, o, ce qui donneroit une forme parfaite aux limons. Mais il réfolte deux difficultés de cette maniéré de divifcr les marches ; la première eft que les marches ne fc trouvent plus vis-à-vis de la perfonne qui monte , c’eft-à-dire, à-peu-près perpendiculaires for la ligne de giron.
- La fécondé eft que ces marches fc trouvent très-obliques lorfquelles approchent du milieu de l’efoalier, Sc deviennent plus étroites que celles des deux bouts, ( quoique d’une largeur égale à leur collet en foivant le contour des limons , ) ce qui rend l’efoalier peu agréable Sc d’un ufage difficile.
- Pour remédier à ces différents inconvénients, le meilleur parti que l’on puiflè prendre , eft de faire danfer les marches, ainfi que je l’ai obfcrvé dans la figure 6 Sc dans la figure 3 , qui eft l’élévation d’un des limons, lefquels font tous les deux d une même forme. Cependant s’il arrivoit que cet efcalier eût une rampe (ou appui ) , il faudroit alors divifcr les limons en parties égales, Sc faire danfer les marches, ce qui, a la vérité, obligeroit à faire les limons plus larges, mais ce qui donneroit à l’ouvrage toute la perfe&ion dont il peut être fofceptible. V. la fis- 3, for laquelle j’ai indiqué par les lignes pon&uées a b, cd St ef? la forme &
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- Section IL §. II. Des Rampes des Efcaliers , &c. 439
- la largeur du limon conftruit fur les divifions égales du plan coté 0 o 0, 8c dans laquelle figure on peut voir qu'il ne faut guere plus de bois d'une façon que de l'autre , quoique le limon fait par des divifions égales foit beaucop plus large que celui qui eft fait par des divifions inégales.
- Quant à la maniéré de faire ces divifions inégales, on fe fervira de la méthode que j'ai donnée ci-deflus , en parlant des quartiers tournants, page 431, & que j’ai tracée dans la figure 9, où la ligne courbe gm n, eft produite par les divifions inégales de la ligne i l, ainfi que la ligne droite g p n , eft produite par les divifions égales de la ligne g h, une defquelles divifions a fervi à donner les divifions inégales de la ligne il, puifque la diftance q J eft égale à celle g r.
- Si je me luis appliqué à faire connoître toutes les difficultés qui fe rencontrent dans la conftruétion des efcaliers dont le plan eft d'une forme irrégulière , 8c les différentes maniérés dont on peut fe fervir pour obvier à ces difficultés ; ce n’eft pas que je confidere ces formes irrégulières comme néceftàires à donner plus de mérite à l'ouvrage ; au contraire, je ne les regarde , (lorfqu'onles fait fans y être engagé par de fortes raifons, ) que comme les productions d’un génie borné & deftitué des connoiiîànces néceftàires à fon état, qui s'imagine ne faire de belles chofès qu'autant qu'elles paroiffent difficiles : je ne les propofe donc ici que comme des exemples à éviter, & pour prévenir les jeunes gens contre la feduc-tion de ces précieufes bagatelles , qui n’ont fouvent d’autre mérite, qu’une heu-reufe exécution (* ).
- §. II. Des Rampes des Efcaliers , & des differentes maniérés d’en faire le raccord
- avec les appuis horifontaux.
- Etf terme d’Ouvrier, on nomme rampes, les appuis qui fuivent l'inclinai-fon des limons des efcaliers, lefquelles rampes , lorfqu'elles font faites de Me-nuiferie , font ornées de moulures & de panneaux de différents compartiments , dont je parlerai dans la fuite.
- Il s'agit maintenant de déterminer d'une maniéré fixe la hauteur de ces rampes comparaifon faite avec les appuis horifontaux, auxquels elles doivent raccorder , 8c les différentes maniérés de faire ces raccordements , lefquels fe font de deux maniérés ; fàvoir , à angles reétilignes, comme les figures r & 2 , ou bien à angles arrondis, comme les figures y 8c 6, ce que les Ouvriers appellent raccords radoucis.
- Les raccords à angles reétilignes fe font des deux maniérés fuivantes :
- Savoir, de faire partir la hauteur des panneaux & des membres des moulures
- ( ) On peut voir un exemple de ce que je p?1CI >^ans Je chef-d’œuvre donné en 1768 à un eve des Ecoles gratuites, lequel peut être d’une
- exécution qui faffe honneur à l’ouvrier, mais dont la difpoûtion & l’ordonnance prouve le peu de mérite de l’ordonnateur.
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- de la rampe, daprès la rencontre dune ligne perpendiculaire a b , prifefur lap_ pui horifontal, figure r , de maniéré que toutes les lignes perpendiculaires prifes fur la rampe, comme celle c d, feront égales à celle a b, & que par conféquent tous les membres des moulures &les panneaux feront, fur cette perpendiculaire, d’une largeur égale à ceux de l’appui horifontal ; de maniéré que la hauteur totale de la rampe, prife for une ligne c e, perpendiculaire à la ligne d’incli-naifon , ( ou pour mieux dire , d’appui, ) que cette hauteur , dis-je , ainfi que la largeur des moulures & des panneaux, prife fur la même ligne, devient plus petite que celle de l’appui, à raifon de la plus ou moins grande inclinaifon de la rampe.
- La fécondé maniéré de faire le raccordement des rampes à angles reélilignes, eft de donner à la plinthe de la rampe & à fon appui , la même largeur qu’à l’appui horifontal, ce que l’on fait de la maniéré foivante :
- Après avoir tracé l’appui horifontal, fig. 2. ainfi que les membres dont il eft compofé , onabaiffefurcet appui la perpendiculaire gf, que l’on prolonge indéfiniment ; puis du point g 8c f, où elle rencontre le deflous de l’appui & le défi fus de la plinthe , on tire les deux lignes g m 8c fn, parallèles entr elles, & fuivant l’ïnclinaifon de la rampe ; puis d’après ces deux lignes , on traceda largeur & tous les membres, tant de l’appui que de la plinthe de la rampe , lefquels font de même largeur que ceux de l’appui horifontal, de forte que la hauteur h n efl égale à r q\8c celle m l eft égale ko p; il arrive que le joint des moulures de la rampe ne fe raccorde plus fur une ligne perpendiculaire, comme à la fig. 1 ; mais il forme les diagonales sf 8c gt, l’une en dedans de la perpendiculaire fg, & l’autre en dehors.
- Cette foconde maniéré de faire le raccord des rampes, efl: plus heureufo que la première , parce quelle conferve la largeur des profils rampants , lefquels font toujours mal de la première maniéré , parce qu’à cette derniere les profils diminués de hauteur, ne le font pas fur la faillie, ce qui fait un mauvais effet.
- On obferyera que la fécondé maniéré de difpofer les rampes, leur donne plus de hauteur perpendiculaire, que leurs appuis horifontaux, la diftance i h, étant plus grande que celle r p, ce qui eft donné par la largeur de l’appui & de la plinthe de la rampe, qui pour lors n’eft pas prife fur leur perpendiculaire, mais obliquement.
- Ces deux maniérés de faire le raccord des rampes à angles reétilignes 9 font fujettes à bien des inconvénients ; parce que fi leur raccord avec leurs appuis horifontaux , forme un angle par leur plan , il faut que dans tous les cas cet angle foit un angle droit, ainfi que les figures 3 8c 4, à caufe de l’inclinaifon de la rampe, qui ne peut fe raccorder que fur une ligne d’équerre à l’une de fos faces, afin que le defîus du joint foit de niveau 9 ce qui eft général pour le raccord de toutes les rampes, foit quelles foient droites ou circulaires for leur plan.
- De plus, fi on fe fert de la première maniéré 19 8c que le plan de
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- Section IL §. IL Des Rampes des Efcaliers, &c. 441
- l'appui fafle un angle Taillant, comme dans la figure 3, on ne peut faire le raccord de la rampe, que d'après la plus grande faillie du profil, foit du haut ou du bas, comme je l’ai obfervé dans la figure 1, parce que le profil de l’avant~corps étant de niveau, ne peut être reployé pour fuivre la pente de la rampe, ainfi que celui dont la faillie part d’après la ligne a b , ce qui n’eft tolérable que quand l’avant-corps a très-peu de faillie, encore ce profil ainfi incliné, fait-il un très-mauvais effet.
- Si l’on fe fert de la fécondé maniéré , fig. 2 , la difficulté fe trouve la même ; cependant il faut obferver qu’au lieu de faire venir le raccord au-devant de la faillie du profil du haut, comme dans la figure r, il faut, dans celle dont je parle * tracer tous les membres des moulures du bas, afin qu’aucun des membres du profil de la plinthe horifontale, ne fe trouve coupé par les lignes du profil rampant , ce que j’ai obfervé dans la figure 2 , où le profil coté A, eft approché de la rampe le plus près qu’il a été poffible ; au lieu que celui cote B, eft reculé totalement d’après le joint, ce qui eft encore mieux; parce qu’alors le joint peut être une ligne droite , au lieu que dans le premier cas, il faut qu’une partie de ce joint fuive le contour des moulures de l’appui horifontal, lefquelles fe trouvent excédentes à la ligne s f.
- Les difficultés qui fe rencontrent pour les raccords reétilignès du haut des rampes , font les mêmes pour les raccords du bas, ainfi qu’on peut le voir dans les figures 1 & 2, dans lefquelles je n’ai fait profiler les appuis horifontaux , que d’après la faillie de leurs profils , Sc où j’ai marqué par des lignes ponéhiées, la place où l’on pouvoit mettre les profils reployés fuivant l’inclinaifon des rampes ; ce que je n’ai fait qu’afin d’en faire voir toute la difformité, & pour ne les faire confidérer que comme des exemples à éviter.
- La méthode de faire le raccord des rampes à angles arrondis * remédie à une partie des inconvénients dont je viens de parler ; cependant elle a le défaut de donner une mauvaife forme aux panneaux des angles, lorfqu’on veut que la hau«* teur perpendiculaire de ces derniers , prife du dehors de leurs bâtis , foit égale à celle des panneaux horifontaux, ainfi que je l’ai obfervé dans la figure 6, où la hauteur a b eft égale à celle cd, & dont les centres de raccord font les mêmes, la diftance i c étant égale à celle l d.
- On pourroit remédier à cet inconvénient, en faifànt partir du même point de centre, les raccords du defïus & du deflôus de la rampe 9 ce qui conferveroit une hauteur égaie de panneaux , tant dans l’appui horifontal que dans la rampe, en prenant toutefois cette hauteur perpendiculairement à fon inclinaifon, ce que j’ai indiqué dans la figure 6 , par des lignes ponétuées.
- Mais cette derniere maniéré donneroit trop de hauteur perpendiculaire à la rampe , comparaifon faite avec celle de fon appui, laquelle hauteur eft déjà plus grande de la première maniéré, la diftance g h étant plus grande que celle e f.
- Je crois donc que pour ne pas faire la hauteur perpendiculaire trop haute 9 Menuisier. IL Part. V v v v v
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- 442 ME N UISlERyîl- Partie• Chap. XIV. comparaifon faîte avec celle de Ion appui horifontai, & pour donner au panneau de raccord une forme plus gracieufè , on fera très-bien de partager le différend par la moitié, comme dans la figure y ; c eft-à-dire, qu’au lieu de faire la diftance d l égale à celle c i , pour avoir le raccord de l’appui de la rampe, ou bien de faire partir les deux raccords d’un même point, on fera le point de centre du raccord de l’appui à une diftance moyenne, proportionnelle entre ceux i * byfig* 6 y ce qui donnera une forme gracieufe au panneau, & en même temps rendra la hauteur perpendiculaire mn9 moins grande que celle op, qui eft la glus grande hauteur qu’elle puiflè avoir, puifqu’elle eft donnée par le même centre que le raccord du deffous de la rampe.
- On fera la même opération pour le raccord du bas des rampes 9 en obfervant de bien conferver le parallélifme des rampes, dont on ne doit jamais s’écarter pour quelque raifon que ce puiflè être , quoiqu’on n’aye que trop d’exemples de ce défaut, que l’on pourra éviter, en fuivant la méthode que je donne ici y 8c que j’ai obfervée dans la figure y , laquelle méthode eft applicable non-feulement aux rampes fur un plan droit, mais encore à celles d’un plan cintré, dont la figure y pourroit être le développement qu’il faut toujours faire, afin de fe rendre parfaitement compte de là forme & de la largeur du giron des marches, qui ; quand les efcaliers ont des raccords radoucis, ne peuvent être déterminés qu’en faifimt le développement de la rampe y ainfi que je le dirai ci-après.
- On doit obferver que les centres des raccnrAs foicnc fur une même ligne perpendiculaire , laquelle doit être prife d’après la faillie des profils des avant-corps, ainfi que je l’ai obfervé dans la figure 6 y 8cm raccord du bas de la figure y ; au lieu que les centres du raccord du haut de cette figure, font pris for la ligne du nud de l’avant-corps, ce qui oblige les profils de foivre l’inclinaifon du raccord de la rampe ; ce qui ne peut être quand l’avant-corps a affez de faillie pour que toutes les moulures de l’appui & de la plinthe foient profilées, ainfi que je l’ai démontré plus haut : cette maniéré de placer les centres des raccords n’étant tolérable que quand l’avant-corps aura affez peu de faillie, pour qu’on ne faffe profiler qu’une partie des moulures, ce qui encore ne fait pas trop bien. Voye£ la Fig. y y où j’ai marqué ces différents avant-corps.
- Lorfque les rampes feront à raccords radoucis par le bas, je crois qu’on fera bien de’faire tourner les derniers membres des plinthes à rebours de ceux de def-fos, ainfi que je l’ai obfervé dans la figure y , ce qui, à mon avis, femble donner plus d’empattement & de fclidité au-defîous de la rampe, laquelle paroît ployer lorfque tous les membres de la plinthe fuivent le contour du raccord. Cette obfer-yation n eft cependant pas effentielle, je ne la propofo que comme un avis 3c une opinion qui m’eft propre, & que l’on foivra fi on le juge à propos.
- Quant à la décoration des rampes, on peut la varier à l’infini, en ne s’écartant pas des réglés que je viens de donner, tant pour leurs hauteurs, comparaifon faite avec leurs appuis horifontaux, que pour leurs raccordements avec ces
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- Section IL §. ni. Des Plafonds rampants d* afêmblages. 443
- derniers. Cependant quelque riche que foit la décoration de ces rampes , il faut toujours y éviter la confufion, comme aufîl les refîàuts multipliés , qui, quelque Planche adroitement qu’ils foient profilés , font toujours un mauvais effet 5 c'eft pourquoi 1 je crois que Ton feroit bien de ne faire aucun refîàut dans toute la continuité d'une rampe, excepté à l'endroit des raccords, ainfi quon l'a obfervé à la rampe de Saint-Sauveur, à Paris, laquelle fait un fort bon effet ; ou bien fi on y faifbit des refîàuts , qu'on ne les fafïe profiler que dans les premiers membres des profils de l'appui, & de la plinthe de la rampe.
- Si les refîàuts trop multipliés font mal dans les rampes, lés cintres font encore plus à éviter , malgré les exemples que l'on en a ; de plus , les cintres dans ces fortes d'ouvrages, ne font qu'en rendre l'exécution plus difficile , (vu qu'ils font pour l'ordinaire arrafés par dedans, ) fans pour cela donner à l’ouvrage plus de magnificence & de richefîè , laquelle, dans ces occafions, doit confifter dans une belle & noble fimplicité.
- §.111, Des Plafonds rampants d9afjemblages*
- J' a 1 parlé page 337, de la maniéré de faire les hélices ou plafonds rampants ^==^=3 collés en plein bois ; il s'agit maintenant de donner la maniéré de les conftruire Pr anche d'afïèmblages ; mais avant d'entrer dans ce détail, il eft bon de faire quelques réflexions touchant ce que j’ai dit au fujet des courbes rampantes, de leurs raccords avec leurs parties horifontales, touchant la divifion des marches & la largeur des limons, produite par ces mêmes divifions.
- Lorfque j'ai parlé des courbes rampantes concentriques entr elles >page 377 '& foivantes, j'ai fuppofé que le deffous étoit de niveau à tous les points de di-vifion, ce qui feroit très-bon pour recevoir un plafond rampant ; mais en même temps fi le defTus de ces courbes recevoit une rampe, la plus petite courbe devenant plus large fur la perpendiculaire que la grande courbe , & le deflus des appuis des deux rampes devant être de niveau, il arriveroit que les panneaux de la rampe du petit côté deviendroient moins hauts que ceux du grand côté, de ce que la petite courbe excéderoit la grande, fans compter la différente inclinaifon des rampes, qui rétréciffent encore ces panneaux.
- Cette difficulté eft infurmontable, tant que l'on fait les deux courbes d’une égale largeur, prife perpendiculairement à leurs inclinaifons ; parce que fi l'on fait le plafond d’un efcalier à double rampe, de niveau à ces points de divifion, on tombera dans le cas dont je viens de parler ; de au contraire, fi l'on fait le de£ fus des deux courbes de niveau, il faudra nécefîàirement que le plafond panche de ce que la largeur de la petite courbe excédera la grande, ce qui fait un fort Mauvais effet, auquel on ne peut remédier qu'en ne faifànt qu'une rampe appa-, rente aux efcaliers ; ou bien fi on en fait deux, en changeant la forme du profil des plinthes des rampes, & les faifànt différer de ceux des appuis horifontaux, ce
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- Planche
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- ' qui pour lors autorife à faire la courbe intérieure, ( ou la petite courbe, ce qui eft la même choie, ) d’une largeur perpendiculaire égale à celle de la grande Ce qui peut fo faire aifément, quand il n’y a pas une grande différence entre le cintre des deux courbes , & par conféquent à l’inclinaifon de leurs rampes.
- Quant à la divifion des marches, il faut avoir attention, quand leurs limons feront à raccords radoucis , d’en faire partir la divifion fupérieure de l’angle qUe forme la rencontre de la partie horifbntale avec la partie inclinée , ainfi que je lai obforvé aux figures 1 , 2 & 6, dans lesquelles figures 1 Ôc 2 , j’ai foppofé que l’angle des marches affleuroit le deffiis de la piece.
- Cette maniéré de placer la divifion des marches , efl très-bonne ; parce que la hauteur perpendiculaire de l’appui de la rampe, prife du deffus des marches, n’eft pas trop différente de celle des appuis horifontaux. Quant au raccord du bas, il ne gêne en aucune maniéré ; parce que la hauteur de l’efcalier & le nombre des marches une fois donnés, elles finiflent où elles peuvent, du moins par rapport à ce raccord, que je fuppofe ici faire partie de la courbe ou de la ligne droite de la rampe , ce qui efl égal ; parce que s’il faifbit un angle ou un retour, il tom-beroit dans le cas des paliers ou des quartiers tournants, & la derniere marche viendroit à fa place naturelle.
- Pour la largeur des limons, lorfqu’ils ne font point afiujétis à un profil donné,’ il fombleroit naturel de leur donner de largeur, celle que les marches occupent , plus , l’épaifîeur du plafond rampant & fon renfoncement, ainfi que f indiquent les lignes <z Æ, c *?, fig- 3 , ôc celles efi9 g h ^ fig. 4. Mais il rélulte une difficulté de cette maniéré d’opérer, parce que quoique le limonfig. 3 , ainfi difpofé, foit plus large que CQÏm fig. 4, pris perpendiculairement à leur inclinaifon, la diflance i l étant plus grande que celle m n, il arrive alors que le defious des limons n efl: plus de niveau aux points de divifion, puilque leurs largeurs perpendiculaires font inégales.entr’elles , la diflance o p, fig. 3 , étant moindre que celle q r, fig. 4, ce qui oblige à redefoendre la largeur du limon, fig. 3 , au point s , afin que la diflance 0 s foit égaie à celle q r, ce qui met les deux limons de niveau par-defîùs & par-defïous, mais qui leur donne une largeur très-différente, la largeur ut du limon >fig. 3 , excédant celle du limon n 772, de la diflance m x, ce qui efl très-confidérable, & ce qui rend les limons rampants hors de niveau par-deflus, ainfi que je l’ai indiqué par des lignes ponétuées aux figures 1 & 1, lefquelles font les développements intérieurs des deux limons repréfontés par les lignes A B , C D , fig. 6.
- Si on vouloit abfolument que le deflus des deux limons fut de niveau aux points de divifion , & qu’ils fufîent égaux de largeur entr’eux, on feroit alors celui fig. 3 • de la largeur i /, 8c celui fig. 4, de la largeur y % , laquelle efl égale à i L
- Ce que je viens de dire touchant la largeur des limons , n’eft qu’une foite & même une répétition de ce que j’ai dit plus haut, au fujet de$ courbes formant
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- Section IL §. III. Des Plafonds rampants d9 ajfemb lage S. 44$'
- limons, confidérées feulement par rapport à leur décoration ; ce que j’ai fait î pour mieux faire connoître toutes les difficultés qui fe rencontrent dans ces fortes d’ouvrages , & pour mettre à portée de les éviter , du moins autant quil fera poffible. Quant aux plafonds rampants d’affemblages , ils fe font des deux maniérés luivantes :
- La première eft de ne leur point faire de bâtis qui leur {oient propres , mais de dilpofer le deffous des limons pour recevoir des traverfes & des panneaux , ainfi que la fi g. 8.
- La fécondé maniéré eft de leur faire un bâtis à part, lequel entre à rainures Sc languettes dans les limons , ainfi que la figure p.
- La première de ces deux maniérés de faire les plafonds rampants , eft la plus fimple ; mais la fécondé eft la meilleure & la moins gênante : c eft pourquoi on doit toujours la préférer , du moins autant qu’il eft poffible.
- Quant à la conftruélion de ces plafonds, elle fe fait de la maniéré fuivante :
- On commence par tracer ffir le plan, fig. 6, les lignes A , B , C, D , qui font l’intérieur du limon de l’elcalier ; enfiiite on ajoute la largeur des champs & des moulures ; d’après quoi on opéré comme pour les courbes rampantes ordinaires , en obfervant d’augmenter par dehors la faillie de la languette qui doit entrer dans les limons. Il n’en eft pas de même du dedans de ces courbes, lequel ne doit point être d’équerre comme le dehors, c’eft-à-dire , fur les lignes de divP fion, tendantes au centre du plan, & fur des perpendiculaires prifes fur ces mêmes divifions; mais au contraire, f arête intérieure, ou pour mîeuxdire le côté delà moulure de ces courbes, doit être d’équerre ffir.leur rampant, quoiqu’en fuivant toujours les divifions du plan, ainfi que je vais l’expliquer.
- S’il arrivoit que l’on eût une traverfe dans un plafond rampant, ainfi que celle E F y il feroit néceflaire d’en avoir les gauches, ce qu*on feroit par le moyen des diverfes inclinailbns prifes à fes deux extrémités E F, & à fon milieu G > ce que j’ai fait plus en grand dans la figure £ , ou chaque coupe eft marquée des mêmes lettres que les lignes fiir lélquelles elles ont été prifes.
- Ces différentes inclinaifons étant une fois tracées, on a les équerres intérieures des courbes, en élevant des perpendiculaires à chaque ligne d’incli-naifon aux points E, G , F , lesquelles perpendiculaires étant prolongées juP qu’aux lignes d’épaifteur, donnent les équerres , les unes excédentes en dedans de la grande courbe, ainfi que la ligne e e e, & les autres en dehors de la petite, ainfi que la ligne a a a. la Fig. 7, où les diftances a b, font égales à
- celle h F , fig. 5 5 celles c d , font égales à celle i G ; & celles e f * font égales à celle l E.
- On obfervera que les lignes b d f de la figure 7 , font les mêmes que celle F G E des figures 5 & 6 , & que je n’ai fait les lignes courbes de la figure 7, plus cintrées que celles de la figure 6, que pour faire mieux fentir la différence des équerres du dedans des courbes de plafonds rampants > Menuisier. IL Paru Xxxxx
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- 44^ ME NU I S I Ë, R, II.Part. Chap. XIF.
- - lefquelles équerres ne font pas fomblables à celles du dehors de ces courbes , Planche ainfi que beaucoup fe le font perfoadé.
- Il réfolte de cette obfervation touchant les équerres intérieures de ces courbes, que quand elles ont des moulures {aillantes , il faut toujours faire partir les équerres intérieures du devant de leur plus grande faillie, en obforvant de diminuer la largeur de la courbe en raifon de la faillie du profil, laquelle rélargit ou rétrécit le champlorfqu’il eftravalé. On doit auflî en tirer une autre confé-quence, qui eft que le panneau ne peut pas être également éloigné des courbes A, B 9 C9 D, mais qui! doit foivre les équerres intérieures des courbes, & par conféquent être porté du côté de la plus grande courbe à raifon de leur épaiiïèur Sc de ce qu’elles renfoncent d’après le nud du bâtis, ce qui fe fait par la même méthode que ces dernieres , du moins pour ce qui eft des équerres.
- On doit avoir la même attention lorfque les limons ferviront de bâtis aux plafonds rampants, c’eft-à-dire, de les mettre d’équerre de la même maniéré ( quant à l’intérieur) que les courbes des bâtis dont je viens de parler, ce qui obligera de faire la petite courbe plus épaiiïè de ce qui fora donné par les perpendiculaires , élevées for les lignes d’inclinaifon,^. y ; & on aura foin que cette plus grande épaiiïèur ne forpaflè pas celle qui eft néceflàire pour les traverfos du plafond, & for laquelle épaiiïèur on a pris les diftances données par les perpendiculaires ; dans l’autre limon au contraire, cette équerre doit rentrer en dedans de fon épaiiïèur Sc à l’épaiiïèur du plafond , afin que d après cette derniere , l'intérieur des deux limons foit d’une épaiiïèur égale.
- Pour les traverfos des plafonds,il faut toujours quelles foient d’une longueur égale au dehors des champs, afin qu’ils foient plus aifés à tracer félon leur gauche, lequel fo trouve en marquant les deux coupes de leurs bouts l’une dans l’autre , ou au deiïus l’une de l’autre, comme celles cotées H/, qui repréfontent les coupes des traverfos du raccord du haut au double de celles du plan , Sc d’après lefquelles on peut avoir la longueur Sc l’équerre des panneaux.
- Voy ez auiïi la figure y , qui repréfonte les trois différentes coupes d’une tra-verfe du milieu d’un plafond, lefquelles coupes font repréfontées toutes enfemble par les lignesgh9ilScmn9 ce qui détermine au jufte l’épaiiïèur du bois qu’il faut pour cette traverfo que l’on fera par les mêmes principes que le claveau des plafonds gauches dont j’ai parlé page 338 , à l’exception qu’il faut que ces traverfos foient toujours d’équerre folon leur gauche, Sc que la ligne de milieu doit toujours forvir pour tracer les arrafoments de face & de côté, lefquels doivent toujours être perpendiculaires à cette ligne dans tous les fens poflibles.
- On obforvera que quand ces traverfos feront bien faites, leurs arêtes ne fo-ront pas des lignes droites, mais des lignes creufos, ainfi qu’on peut le voir dans la figure 7*
- Les plafonds rampants peuvent être très-ornés , quelquefois même on y met un rond au milieu, lequel ne fait pas trop bien ; cependant fi on vouloit le faire , on fo ferviroit de la même méthode que pour les vouflures, tant pour en tracer
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- SECTION II. §. IV. Defcription de deux Efcaliers cintres en plan, &c. 447 rintérieur que pour l'extérieur, afin d'avoir au jufte la longueur & la forme des panneaux. ^
- Quant à ces derniers, je n'en parlerai pas ici, vu que j’ai donné la maniéré d'en déterminer la longueur & la largeur, & que j'ai donné la méthode de leur conftruélion, page 337 & fuivantes.
- Ce que je viens de dire renferme en général tout ce qu’un Menuifier doit lavoir , non-feulement au fojet des efcaliers, mais encore au fojet de toutes les autres parties de l'Art du Trait, tant pour la théorie que pour la pratique, laquelle eft à-peu-près la même dans tous les cas , ainfi que je l'ai déjà dit.
- §. IV. Defcription de deux Efcaliers cintrés en plan, Vun plein-cintre & l'autre en S y avec doubles Rampes h raccords radoucis.
- L’ escalier qui eft repréfènté dans cette Planche, eft d’une exécution très^facile, vu qu'étant fur un plan plein-cintre ( c'eft-à-dire , qui fait partie d'un cercle ) , les courbes des limons & des appuis tant intérieurs qu'extérieurs, font des courbes régulières, lefquelles ne font point fojettes aux inconvénients qui fe rencontrent dans les courbes irrégulières , comme je l'ai démontré ci-devant ; toute la difficulté qui peut fe rencontrer dans l’efcalier dont je parle, n'étant que dans la hauteur perpendiculaire des deux rampes ou appuis , lefquelles étant & devant être d’égale hauteur entr’elles à toutes les lignes d'équerre tant en deflus qu’en deflous, ainfi que je l'ai obfervé & que l’indiquent les lignes a b & c d9 lefquelles font repréfontées for le plan par celles efSc g hy il arrive alors que non-feulement les panneaux de la rampe intérieure deviennent plus étroits, ou pour mieux dire, moins hauts que ceux de la rampe extérieure ( * ) , mais encore que le limon intérieur devient plus étroit que l’autre à caufo du niveau que l’on eft obligé de conforver en deflous.
- Le premier de ces deux inconvénients eft informontable ; il n’y a que le fécond auquel on pourroit remédier, foit en tenant le deflous de l’efcalier hors de niveau de ce que donneroit la largeur du limon intérieur, ou bien en faifànt remonter cette largeur en contre-haut, ce qui remettroit le deflous de l’efcalier de niveau , mais en même temps ce qui rétréciroit encore les panneaux ; c’eft pourquoi j’ai cru qu’il valoit mieux faire les deux limons d’une égale largeur perpendiculaire , en obfervant toutefois de les profiler en plinthe, afin que leur différence de largeur, prife perpendiculairement à leur face inclinée , foit moins fenfible, & quon ne voye pas dans un même limon des profils & des moulures d’une largeur inégale, ce qui ne manqueroit pas d’arriver fi on faifoit foivre aux limons intérieurs le profil des plinthes des appuis horifontaux.
- C) On obfervera que les panneaux de la rampe extérieure font égaux à ceux des appuis horifon taux, ce qui eft contraire à ce que j’ai dit, page 44*5 mais dans le cas d’un efcalier à double rampe, on eft obligé de les faire de cette ma-
- niéré , parce que fi 011 les faifoit plus étroits, ils rpndroient les panneaux de la rampe intérieure encore plus étroits qu’ils ne font ici, ce qui feroitt un très-mauvais effet.
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- 448 MENUIS1E R, IL Partie. Chap. XIÎL
- Quant aux raccords des rampes, je les ai faits félon les méthodes que j’ai don-* nées ci-defliis; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas ici, non plus que du plafond de cet efcalier, parce que ce ne feroit qu’une répétition de ce que j’ai déjà dit. s J’ai repréfonté plus haut la difficulté des Courbes rampantes dont le plan étoît irrégulier ; & j’ai même avancé for-tout que les formes en S n’étoient point tolérables dans un efcalier dont les rampes étoient fofoeptibles de décoration ; cependant, comme ce que j’ai dit ne regardoit que les courbes en particulier, ou bien la difpofition des marches , j’ai cru devoir faire un efcalier complet fur un plan cintré en S, le plus régulier qu’il foit pofîible de le faire, afin de mieux convaincre mes Leéleurs de la vérité de ce que j’ai avancé ci-devant, & de faire connoître que ce n’efl ni prévention ni humeur de ma part qui m’a fait condamner abfolument les ouvrages de ce genre.
- Je crois avoir fuffifàmment prouvé l’impofïîbilité de faire tendre aux différents centres du plan les marches Sc les équerres des courbes ; c’efl; pourquoi je n’en parlerai pas ici, me contentant de dire que la divifion des marches de l’efcalier dont je parle eft faite par u/ie progreflîon arithmétique , & que les limons font divifés en parties égales , ce qui donne des rampes parfaites, puifque leur développement devient des lignes droites, ainfi que le repréfentent les figures 2 & 3 , ce qui ne fouffre aucune difficulté. Il eft néanmoins bon de faire obferver que ces rampes ne peuvent être divifees ainfi que quand elles ne feront qu’à un parement parce que fi elles étoient à deux parements, il faudrait fifivre dans les deux rampes les lignes courbes abc Scdef, lefquelles font données par les divifions des marches du plan, ce qui alors donneroit des rampes d’une inégale obliquité, Sc par conféquent des panneaux d’une mauvaife forme ; de plus, le defîus ni le deftous des appuis ne feroient plus de niveau , pris au même point de leur contour fur le plan, ainfi que dans le premier cas, où les lignes il & m //, fig. 2 Sc 3 , prifes furj.es points gf h du plan, fig. 5 , font d’une égale hauteur entr’elles, Sc donnent les lignes horifbntales l n Sc o p, qui terminent le deflùs Sc le deftous des rampes ; au lieu qu’en fuiyant le contour des marches, elles font plus hautes l’une que l’autre de la diftance b q ou r s, ce qui eft la même chofo. Cette difficulté doit donc faire abandonner les formes cintrées en S, pour le plan d’un eft calier dont les rampes font à un ou deux parements, parce que fi dans le premier cas on peut faire l’extérieur de leur rampe d’une décoration régulière, la hauteur intérieure de ces mêmes rampes devient inégale , non-feulement dans le cours des deux rampes , mais encore d’une maniéré oppofée, ainfi qu’on peut le voit dans les figures 1 & 3 , ce qui eft fort défagréable ; de plus, quand on toléreroit Cette inégalité de hauteur, la difficulté du corroyage des Courbes, tant des limons que des appuis , doit empêcher d’en faire le moins qu’il fera poffible » puifque les équerres données par les divifions en parties égales, ne peuvent fervir que pour le deffus de la courbe d’appui, & le deftous de celle de limon, pris du devant des champs, cote A Sc B 9 fig. 1 & 4, le refte des faillies devant
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- Section II. §. IV. Dejcription de deux ÈJcaliers cintrés 'enplan, &c. 44^ tendre aux différents centres du plan, afin de conferver le parallélifine des mou-jures * qui alors doivent être comme appliquées fur le nud de l'ouvrage, & fi je -IPlanche lofe dire , comme traînées au calibre , ainfique font les Maçons, ce qui eft très- l^‘ difficile à faire , & demande un détail infini, puifqu’il faudroit après avoir fait la divifion des courbes en parties égales, marquer leurs profils en différents endroits de leurs contours, afin d’en faire tendre toutes les équerres au centre du plan ,
- & d’avoir les différentes largeurs des courbes, ce qui rendroit, vu lès différentes formes des profils , du les panneaux d’inégale largeur r ou le deflus ou le défions des rampes d’inégale hauteur.
- D’après tout ce que je viens de dire, il efl; aifé de conclure que les formes Irrégulières font abfolument à évite* dans lès efcalieirs fiifceptibles de décoration , & que quelque foin que l’on prenne , il 11’eft pas poffible d’en corriger tous les défauts , Sc de les rendre parfaits dans toutes les parties qui les conv-
- pofent,
- Fin de VArt-du Trait * ô de la fécondé Partie de f Art du MénuiJîér*
- $'
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- Menuisier. //. Parti
- Yyyyy
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET TITRES
- DE L'ART DU MENUISIER,
- SECONDE PARTIE.
- CHAPITRÉ PREMIER. Des Parquets &
- Planchers en général. Page i q4.
- Section Première. De la maniéré depofer Les Lambourdes Cr de les efpacer, 1 y y
- Section II. De la maniéré de pojer le Parquet, de fa conftruôlion 6* de fes differents Compartiments. 157 Section III. Les differentes efpeces de Planchers, leurs conftruBions, la maniéré de les pofer ainjî que le Parquet. \6i
- CHAPITRE IL Des Lambris en général. 164
- Section I. Des différentes efpeces de Lambris , leurs formes , ufages &* proportions. ibid.
- Section II. De la décoration confruSlion des Rêve tiffement s de Cheminées, de leurs Vis-à-vis des Trumeaux de Croifées en général. j 74
- Section III. De la maniéré de décorer & de revêtir les Embrafures de Croifées. 181
- Section IV. De la décoration b* confruBion des Deffus de Portes ou Attiques. 184
- CHAPITRE III. De la décoration des Appartements en général t & de leurs différentes efpeces. 1B £
- Section I. Des Vejlibules, des Anti-Chambres y des Salles à manger proprement dites, des Salles de Compagnies , TAffemblées y de Jeu £r de Concert, des Chambres à coucher de celles de parade. 187 §. I. Des Veftibuîes. ibid.
- %. II. Des Ânti-chambres. ibid.
- §. III. Des Salles à manger proprement dites.
- 188
- §. IV. Des Salles de Compagnie > d’AfTemblées, de Jeu & de Concert. 192
- §. V. Des Chambres à coucher proprement dites. 194
- §. VI. Des Chambres à coucher de parade»
- 197
- Section II. §. I. Des Salles d’Audience, du Dais &. de celles dés grands Cabinets , &c. 199
- §. II. Des Salions & des Galleries. 200
- Section III. Des Appartements privés. 202
- §. I. Des Cabinets de Toilette & des Méridiennes. ibid.
- §. II. Des Cabinets d’Aifance & de Bains.
- 203
- Section IV. §. L Des Archives & des Serre-papiers. 20 £
- §. Iï. Des Bibliothèques , leurs conftruétion & décoration. 20 6
- §. III. Des Cabinets de Curiofités de toutes efpeces. 212
- CHAPITRE IV. De la Menuiferie des Eglifes. 213:
- Section I. Des Chœurs d'Eglife en général, de leurs revêtiffements , de leurs différentes efpeces. 214 Section II. Des Stalles , de leurs confruBion,formes y proportions 6* décorations. . 217
- Section III. De la Charpente defiinée â porter les Stalles y de la maniéré de les pofer 3 & une méthode générale pour divifer les Stalles en cul-de-four &* en quart de cercle. 2.2.6
- CHAPITRE V. Des Sacrifies ou Tréfors en général. 22 p
- Section I. Des Chapiers, leurs proportions & conf-truBion. ibid.
- CHAPITRE VI. Des Confeffionnaux en général 9 leurs proportions & confruBion. 2%f\ Section I. Des Chaires à prêcher. 235^
- Section II. Des Rétables £ Autels, leurs décorations & proportions, ainfi que la décoration des Chapelles en général. 2411
- Section III. Des Porches, leurs décorations conf-truBion. 244
- CHAPITRE VIL Des Buffets dyOrgues en
- général. 249
- Section I. De la décoration des Buffets d*Orgues, leurs proportions. 246
- Section IL De la confruBion des Buffets d’Orgues.
- 2Stl
- CHAPITRE VIII. De la maniéré de pofer la Æenuiferie en général. 238
- Section I. Des Ferrures néceffaires à la pofe de la Menuiferie. 1 ibid*
- Section II. Des précautions qu il faut prendre avant de pofer VOuvrage. 264*
- §. I. De la maniéré de pofer les Croifées. 265* §. II. De la maniéré de pofer les Portes tant grandes que petites. 266
- §, III. De la maniéré de pofer les Lambris tant d’appuis que de hauteur, les Parquets de glaces , &c. 268
- CHAPITRE IX. De l'Art du Trait en général. 273
- Section I. De la maniéré de prendre les Mefures.
- ibid*
- §. I. De la maniéré de marquer l’Ouvrage fur le plan. 277
- §, II. De la maniéré de difpofer la Menuiferie pour recevoir les ornements de Sculpture.
- 28®
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- TABLÉ,
- SécTïON H» De la maniéré de coller les Bois en général* 28^
- I. De là maniéré de cônftruire les Colonnes en bois , les Bafes & les Chapiteaux , ainlî que les Entablements & les Piedeftaux. 28 6 §. II. De la maniéré de coller les Bois courbes.
- 291
- CHAPITRE X. De P Art du Trait propre-ment dit , ou la Science des Courbes relative* ment à la Menaiferie. 29 2.
- Section L Notions de Stéréotomie pour fervirâ VArt élu Trait. 294
- ^ §. I. Développement des Surfaces de différents Corps. ibida
- ' §. IL Coupe & développement du Cône droit, du Cône oblique, de la Sphere & de l’Hélice.
- 298
- ' 5. III. Différentes maniérés de tracer les Paraboles & les Ellipfes. 305*
- *’ §. IV. De la pénétration des Corps. 307
- CHAPITRE XL -Des différentes places dont les Revêtiffements Jont fiffceptibies de Trait 9 dr la maniéré de conjlruire ces Revêtiffements en plein bois. 312
- Section I, Différentes maniérés de conjlruire les ouvrages de Trait en plein bois, 314
- §. I. De la maniéré de coller les Archivoltes évafées & en tours creufes , &c, ibid.
- §. II. De la maniéré de coller les Archivoltes gauches, les Calottes & les Arcs bombés.
- 318
- Section II. Maniéré de coller les Arriérés-vouffures de Saint - Antoine , d’en trouver les Coupes dans tous les cas pojjibles. 32!
- /; I. Maniéré de coller lès Arriérés-vouffures
- s de Saint-Antoine furhauffées ou furbaiffées,
- & leurs contre parties. 322
- §. II, Maniéré de coller les Arriérés - vouffures de Montpellier, & d’en trouver toutes les Coupes. 324
- §. IÎI. Maniéré dé coller les Arriérés-vouffures de Marfeille, & leurs contre-parties. 325
- Section III. Manière de faire les Douelles en Claveaux gauches , de tracer les joints des Cerces ho-rifont aies, 32 6
- §. I. Des Arriérés - vouffures irrégulières , ôc
- compofées tant fur le pian que fur l’élévation. 329
- Section TV, DcsTrompes en général, & la maniéré de les conjlruire en plein bois, 3 32
- §. I. Des Trompes en niches, & de celles dont le plan eft irrégulier* 33 6
- S-H. Différentes maniérés de coller les Hélices ou Plafonds rampants en plein bois. 337
- CHAPITRE XII. De la maniéré de corroyer les Bois biais 9 gauches 9 tant droits que cintrés en général, 9 4 r
- Section I. De la projeSlion dès Lignes droites, ou la maniéré de tracer les Arêtiers droits T en trouver toutes les Coupes. ibid,
- §. I. Des Arêtiers droits ornés de moulures.
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- §,11. Manière de tracer les affemblages des
- Arêtiers. 3^1
- Section II. Des Arêtiers d’une forme cintrée en gé-
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- §• 1. De la manière de déterminer la forme
- des Arêtiers cintrés tant à un qu’à double parement. ibid.
- §• II. Des Arêtiers cintrés , évuidés , & la ma-
- 45*
- niere de déterminer le plan des Arêtiers dans tous les cas poffibles. 35 7
- §. III. Du revêtiffement dès Voûtes ogives ou en ogives. 3 61
- Section III. Des Courbes cintrées en plan „ obliques £3* rampantes fur Vélévation , la maniéré d’en faire
- le Calibre ralongé. 363
- §. I. De la maniéré de déterminer l’épaiffeur & la largeur des Courbes rampantes , & de les mettre d’équerre dans tous les cas pofïîbles-.
- 369
- §. IL Maniéré de déterminer la largeur des Courbes rampantes tant fimples que doubles, relativement à une largeur horifontale donnée. 377
- Section IV. Des Courbes cintrées en plan & en élé* vation en général. 382
- <§. I. Des Courbes cintrées en plan ôc en élévation, dont les équerres tendent au centre du plan. 383
- §. IL Des Courbes cintrées en plan & en élévation , dont les équerres font perpendiculaires à la bafe du plan , ou obliques à cette même bafe. 389
- §. III. Des Courbes cintrées fur l’élévation & fur la face verticale. 39°
- §. IV. Des Courbes cintrées en plan 6c en élé-tion 6c fur les faces verticales * 394
- CHAPITRE XIII. Des Ouvrages de Trait dlaffemblages en général, 403
- Section I. Maniéré de préparer & â'èlégit les Bois propres aux Ouvrages de Trait. 4°4
- w §. I. Différentes maniérés de placer les Afîem-blages des Ouvrages cintres. 408
- SECTION IL Des Arriérés - vouffures d’affemblages,
- 41a
- I. EMcription d’une Ârriere-vouflure de S* Antoine, d’affemblages ; d’une Arriere-vouf-fure de Marfeille , 6c de fa contre-partie auftt d’affemblages. 411
- §. II, Maniéré de déterminer la véritable largeur des Ronds 6c d’en trouver toutes les coupes. 416
- §. III. Defcrîption d’une Trompe d’affem-blage. 418
- CHAPITRE XIV, Des Efcaüers en générale
- 420
- Section I. Des Efcaliers d'une forme droite fur leur plan, de la maniéré de les difpofer, O’ de leur conf-truBion. 421
- I. Des Efcaliers nommés Echelles de Meuniers*
- 42i*i
- §. II. Des Efcaliers en Vis, leur conftruétion,
- 427
- §. III. Des Efcaliers d’une forme quarrée par leur plan , 6c la maniéré d’en déterminer les Paliers 8c les Quartiers tournants. 429 Section IL Dçs Efcaliers d’une forme cintrée fur leur plan , en général. 436
- §. I. Des Efcaliers cintrés en plan tant réguliers qu’irréguliers. ibid,
- §. IL Des Rampes des Efcaliers , <Sc les différentes maniérés d’en faire le raccord avec les Appuis horifontaux. 439
- §. III. Des Plafonds rampants d’affemblages.
- 443
- §. IV. Description de deux Efcaliers cintrés en pian , dont l’un eft plein-cintre 8c l’autre en S 3 avec doubles rampes à raccords radoucis,
- 447
- F in de la Table de la Jecon.de Partie*
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-
-
- Fautes à corriger dans la Première Partie*
- P A'& io Itg, , cïrconforipts, lifez, înfcripts; & S 3 p, cïrconforipts, lifez, inforipts.
- Vage u t ligne 31, à alléger, lifez, à élégift
- Fautes à corriger dans la Seconde Partie.
- Ug* 2 , Menuîforie mobile, lifez, Menuîforie dormante.
- I&îd. 23 ,l’Archûe&eamis, ///èz, 1*Architectea pris. 166 36 , efl: de faire , lifez y étant de faire.
- éj7~i 35 , les deux huitièmes , lifez, les deuxfop-tiemes.
- «J72 32 > de les faire, lifez, de la faire0
- il 77 8 , ils font, lifez, elles font.
- Î97 9, largeur, /2/ez, longueur,
- a05 14 , qui refte en piece , lifez, quirefle en placeï
- an 10, ou que , lifez , orque, a26 ’ ai, & ces montants, //Jèz, ces montants.
- 230 15 , de bois rainé, lifez, de bois mince.
- 236,4/4 Note y on nomme’pieds cormiers : le véritable nom efl pieds corniers ; mais les Ouvriers difont cormiers.
- &40 Jean Leftocart d’Arras, Sec. J’ai été mal
- informé : c eft Claude Lefioeart d’Arras, Sculpteur, qui a fait cette Chaire for les cleflins de Laurenj de la Rire, Peintre^
- & exécutée par M. Fremery, Maître Me. nuifier de Son Éminence le Cardinal de Furftemberg.
- F âge 164 Itg. t?y de ces mêmes corps, lifez , de ces memes bois.
- 2$6 8 , & fuiv. -4- » lifez , X.
- z98 y au titre du §. II. & de l’ellipfo , lifez, de l’hélice. .3 il 27 , des hautes, lifez, des hauteurs. Il manque for la Planche 116, for la ligne d ey ' 1 ^ les chiffres 7,8,9 Sc 1 o.
- 19 y c'eft pourquoi-^on verra fes figurés , lifez, * 'voyez les figures.
- 34 , ne font pas beaucoup cintrées, lifez , font peu cintrées.
- 39 , J%. 5 > cette figure n’eft point cotée PI, 148 ; mais elle eft fort aifée à connoître t étant à côté de la fig. 4.
- , où elles fo rencontroient, lifez, où ell§g rencontroient ces premières*
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- Il F/use du lit as f, i. . dj 'chitrcwe Tu ITtasf.
- !/ Flores eles Reqlrtres , m Place du Clamer d la mai/i , a -> Flore du Clamer de/ Fedades ,
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- Manière de diviser les marches des Escaliers çeintkes en plan dans tous les cas possibles.
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- Elévation développe d'une Rampe double, dont le plan est une partie de cercle.
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