Descriptions des arts et métiers
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- PREMIERE SECTION DE LA TROISIEME PARTIE
- D E l’A rt du Menuisier.
- Par M. Ko v B O le Fils j Maître Menuijier.
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- Par M. Roubo le fils, Maître Menuijïer.
- TROISIEME PARTIE-
- Il me refte à traiter dans cette troifiéme Partie de mon Ouvrage , de la Menuiferie des Voitures ou des Carroifes, ce'qui eft la même choie, de la Menuiferie en Meubles & de la Menuiferie de rapport, autrement dite Ebénifterie ou Marqueterie. Ces trois elpeces de Menuiferies font non-feulement diftinétes les unes des autres, tant pour les différents objets auxquels on les applique, que pour certaines maniérés d’opérer qui font propres à chacune d’elles • mais encore elles font tout-à-fait étrangères à la Menuiferie de bâtiment dont la defeription a fait l’objet des deux premières Parties déjà faites.
- . Ce n’eft pas, qu’au fond, les principes généraux de théorie & de pratique ne foient les mêmes à toutes les elpeces de Menuiferies, ce qui eft incontefta-ble, du thoins pour le général ;-mais comme les Ouvriers fe font attachés félon leur goût à chacune des différentes elpeces de Menuiferie , l’expérience & l’habitude leur ont fourni des moyens de procéder à l’exécution de leurs ouvrages, tout différents les uns des autres ; de forte que les Ouvriers d’une efpece de Menuiferie, ne font guere en état de travailler que dans la partie qu’ils ont embraffée ; & que s’ils vouloient travailler à une autre partie , il fau-^ droit qu’ils en fiflent une elpece d’apprentiflage, pour pouvoir fe mettre en état de le faire avec sûreté.
- De plus, les principes de la Ménuiferie de bâtiment font, à peu-près , toujours les memes , du moins pour ce qui a rapport à la théorie de la décoration , 1 expérience y failànt voir peu de changement dans un aflez long elpace de temps ; ce qui n eft pas de même dans les trois elpeces de Menuiferie dont
- * )e va*s Par^er 5 puilque les ouvrages qui en dépendent font liijets à des change-Menuisier, IIL Part. Z zzzz
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- 454 MENUIS IE R, III. Part.
- ments de modes, 8c à des innovations, d’autant plus fréquentes, que ces fortes d’ouvrages ne femblent être faits que pour contenter le goût, lequel, dans les ouvrages dont il eft ici queftion , n’a fouvent d’autre régie que le génie de l’Ouvrier 8c l’opulence, ou, ce qui arrive quelquefois, le caprice de celui pour qui ces fortes d’ouvrages font faits ; ce qui fait que, par exemple, une voiture qui plaît & qui eft à la mode dans un temps , n eft plus fupportable l’année fuivante , & cela parce que la mode eft changée.
- Il eft cependant vrai qu’il y a des changements qui font utiles & même néceflaires, fiir-tout quand ils tendent à rendre les ouvrages plus commodes & d’une décoration plus analogue à leurs ufàges; mais ces changements utiles font très-rares, 8c dégénèrent fouvent en abus, lorfqu’ils n’ont pour principe que le caprice & le plaifir de faire du nouveau. C’eft pourquoi, dans la def cription des trois efpeces de Menuiferie dont il me refte à parler, je m’attacherai principalement à donner la maniéré la plus prompte 8c la plus parfaite d’opérer, & à donner toutes les dimenfîons qui peuvent rendre ces ouvrages le plus commodes pofîibles, ce qui eft très-effentiel, puifque la commodité eft ce qu’on y doit le plus rechercher. Quant aux formes extérieures & à la décoration , je me contenterai de donner des exemples de celles qui font en ufàge à préfent, dû choix que l’on peut en faire , 8c des principaux changements qui y ont été faits depuis le dernier fiécle, afin que l’on puiffe faire la comparaifon des ouvrages anciens & des modernes, du moins par rapport à nous, 8c en même temps que l’on puiffe juger de l’utilité des changements qui y ont été faits, foit pour la commodité, foit pour la magnificence.
- Comme dans tout le temps que j’ai travaillé à la Menuiferie, je me fuis plus attaché à la Menuiferie de bâtiment qu’aux autres efpeces de Menuiferie , du moins pour la pratique , j’ai cru ne devoir pas me fier à ma propre expérience ; c’eft pourquoi je ne me fuis pas contenté de travailler à chacune de ces der* nieres, mais encore j’ai pris foin de fuivre la conftruéiion des principaux ouvrages , & de ne rien mettre au jour fans avoir confulté des Ouvriers reconnus pour habiles dans chaque efpece de Menuiferie, afin que l’ouvrage en foit plus parfait, ou du moins exempt de fautes,groffieres (*).
- (*) On obfervera que dans la defcription de la Menuiferie en Carrofles, j’ai confulté M. Dubois le cadet, Compagnon Menuifier, lequel m’a été
- d’un grand fecours, fur-tout pour la partie de la Pratique , qui ne m’étoic pas fi familière que la Théorie,
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- Chap. L Section /. Des Voitures en général. 455
- CHAPITRE PREMIER.
- De la Menuiferie en Carrojfes en général.
- O N nomme Menuijiers en Carroffes , ceux qui font les cailles ou coffres des Voitures, ainfi que je fai dit dans la première Partie de cet Ouvrage. C’eft une des parties de la Menuiferie qui demandèroit le plus de foin Sc de précifion * de la part de l’Ouvrier , fi elle étoit traitée avec toute l’attention nédeflaire ,
- & fi l’on n’en avoit pas réduit la théorie à une fimple routine, tant pour la décoration que pour la conftruétion , ainfi que je le démontrerai ci-après ; ce qui fait que les Menuifiers en Garrofles, du moins le plus grand nombre, ne lavent faire que les Voitures à la mode de leur temps ; encore n’eft-ce que par le moyen des calibres qu’on leur donne, & qu’ils lèroient louvent fort embarrafles de faire eux-mêmes.
- Quoi qu’il en foit, cette partie de la Menuiferie eft très-honnête, & demande beaucoup de connoiflances tant pour le Deflin que pour l’Art du Trait , afin que ces connoiflances acquifes fervent à donner à la pratique toute l’accélération & la précifion poflibles , à laquelle on ne parvient jamais par la routine , dont la réuflite, quelque heureufe quelle foit, n’étant due qu’au hafard, n’eft pas applicable à tous les cas, ainfi que peut l’être une théorie lumineufe & fondée fur de bons principes.
- Section Première.
- Des Voitures en général.
- I l eft de deux efpeces de Voitures, lavoir , celles qui font deftinées à tranf porter les matériaux & les marchandifes, & celles qui ne fervent qu’à porter les hommes , telles qu’étoient autrefois les Chars , les Litières, &c, & à pré-fent les Coches, les Berlines , &c.
- La première elpece de Voitures eft de la plus haute antiquité , puilqu’elles font auflî anciennes que le commerce, qui doit lui-même fon origine aux premières fociétés des hommes.
- La fécondé elpece quoique moins ancienne, ne laifle pas de l’être beaucoup par rapport à nous , puifqu’il eft écrit dans la Genefe que le Roi d’Egypte fit monter Jofeph fur fon char, & que le même Jofeph envoya les charriots du Roi au-devant de fon pere; ce qui eft une preuve qu’alors les Voitures deftinées a porter les hommes étoient en ufàge ; mais en même temps que l’ufàge en étoit referye aux perlonnes de diftinélion , fur-tout dans les pays où les peuples habi-# toient des villes ; car pour ceux qui, comme les anciens Scythes, étoient errants
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- 4MENUISIER, III. Pan. Chap. 1.
- dans les campagnes fans aucune habitation fixe, ils fe fervoient de Voitures, qui non-feulement étoient deftinées à les tranfporter d’un lieu à un autre eux & , leurs effets, mais encore qui leur tenoient lieu de tentes & de maifons.
- Les principales Voitures des Anciens, étoient les Charriots , les Chars & les Litières.
- Les Charriots , fans compter les ufages de la vie civile , leur fervoient principalement à la guerre , Sc alors, ils étoient armés de faulx Sc autres inftru-ments tranchants placés à l’extrémité des timons , aux raies Sc aux jantes des roues , Sc à l’extrémité de leurs effieux.
- Quant aux Chars , ils leur fervoient auffi à la guerre pour porter les Généraux & les principaux Officiers ; dans les cérémonies fàcrées, pour porter les images des Dieux ; ou bien dans les jeux, pour difputer le prix de la courfe. Mais les Anciens ignoroient abfolument ( du moins pour le particulier ) la coutume de fe fèrvir de Voitures pour fe tranfporter d’un lieu à un autre, fe fer-vant toujours de chevaux, ou bien préférant d’aller à pied. C’eft cette coutume qui a peut-être fait attribuer l’ufàge des Chars particuliers, à Erichthonius , Roi d’Athènes, qui ayant les jambes incommodées, nepouyoit aifément fe tenir debout, & par conféquent aller à pied.
- Il feroit à fouhaiter que les Auteurs qui ont fait mention des Chars Sc de leurs différents attelages, nous euffent en même temps tranfmis leurs formes, leurs grandeurs Sc leurs différentes efpeces , ce qu’ils n’ont pas fait, ou du moins que d’une maniéré très-vague , Sc qui, par conféquent, nous laide dans l’ignorance à ce fujet.
- L’Hiftoire Romaine, au temps du Diélateur Camille, environ l’an 350 de Rome, fait feulement mention de deux efpeces de Chars , dont l’un nommé Pilentum, étoit couvert Sc fiifpendu, Sc dont l’ufàge fut permis aux Dames Romaines , en reconnoiflànce du don qu’elles firent à la République de leur or & de leurs bijoux. L’autre efpece de Char étoit découvert, & fè nommoit Carpentum ; mais on-ne fait pas s’il étoit fufpendu.
- Quant aux Chars des Triomphateurs, ils étoient découverts, d’une forme ronde, & n’étoient pas fufpendus , mais portoient précifément fur l’efîieu , ainfi qu’on peut le voir dans quelques bas-reliefs & dans quelques médailles antiques.
- L’ufàge des Chars dont je viens de parler, n’étoit pas permis à tout le monde ; mais les richeffes des particuliers venant à s’augmenter, ainfi que le luxe qui en efl: inféparable, tous eurent des Chars , qui étoient non-fèulement très-commodes , mais encore enrichis d’or , d’argent, d’ivoire & d’autres matières précieufes , malgré les Loix qu’on fît de temps en temps pour arrêter cet abus , qui devint fi général, que l’Empereur Alexandre Sévere ne pouvant y remédier , abrogea ces mêmes Loix, & permit à chacun d’avoir des Chars de telle richefle que bon lui fembleroit, ( Voyej Encyclopédie, art. Chars. )
- Pour
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- Section 1. Des Voitures en général. 4^7
- Pour ce qui eft des Litières , elles étoient en ufàge à Rome vers la fin de la République , & étoient de deux efpeces ; Tune nommée Bajlèrna , étoit couverte , fermée au pourtour , & portée par des chevaux ou des mules, ainfi que celles qui font en ufàge à préfent.
- L’autre efpece de Litiere fo nommoit Leciica : elle étoit découverte & portée par des hommes, ainfi que celle dans laquelle fe faifoit porter Verrès, lors de fà Prêture en Sicile , & celle dans laquelle Cicéron eut la tête coupée.
- Voilà à peu-près tout ce quon fait touchant les Voitures anciennes. Quant aux modernes, elles font très-nouvelles en France , tous nos Princes allant ordinairement à pied ou à cheval, & les Dames même, excepté pour les longs voyages qu’elles faifoient dans des Litières ou même des Charriots couverts , qui n’étoient d’aucun ufàge dans les villes ; ce qui eft fi vrai, qu’en l’an 1457 f fous le régné de Charles VII, les Ambaflàdeurs de Ladiflas V, Roi de Hongrie & de Bohême, offrirent à la Reine entr’autres préfonts , un Gharriot qui fut fort admiré de la Cour & du peuple de Paris, parce que, dit l’Hiftorien du temps, ce Charriot étok branlant & moult riche, ce qui eft une preuve qu’on ne fo forvoit alors que de Charriots non-fofpendus , c’eft-à-dire , qui portoient immédiatement for les efîîeux.
- Ce ne fut que fous le régné de François I, qu’on fit ufàge en France des Voitures connues fous le nom de CarroJJes, dont on ne connoît pas précifé-ment la forme. Ces Voitures tenoient deux ou quatre perfonnes, & furent très-rares d’abord, puifqu’il n’y en avoit que deux en France , l’une à la Reine , & l’autre à Diane, fille naturelle de Henri II. ( Voye^ le Diclionnaire des Arts & Métiers). Ce ne fut guere que fous le régné de Henri le Grand, que l’ufàge des Voitures devint plus commun ; mais ce n’étoit encore que des efpeces de Chars non-fofpendus, couverts d’une impériale & entourés de rideaux, ainfi que les repréfontent les Fig. 1,2 & 3 ; enfoite on fofpendit ces Voitures, ainfi que la Fig. 4, & alors elles prirent le nom de Coches , qui font les foules Voitures dont on connoilfo exaélement la formé , y en ayant encore quelques-unes de nos jours, comme je le dirai ci-après ( * ).
- Les Voitures modernes eurent le même fort que les anciennes, c’eft-à-dire , que d’abord elles furent très-rares & deftinées aux perfonnes du foxe & de la première diftinélion ; enfoite les hommes de condition en firent auffi ufàge, puis les fimples particuliers, malgré les Loix cjuî en défendirent l’ufàge, les remontrances & l’exemple des gens les plus raifonnables.
- Enfin l’ufàge des Voitures étant toléré & même autorifé, for-tout pour celles qui étoient publiques & deftinées à tranfporter les Citoyens d’une Province à
- (*) Les Figures i, 2 6c 5 de la Planche 171, font deffinées d’après les eftampes de la Bibliothèque du Roi, lefquelles furent gravées après le meurtre de Henri le Grand ; c’eft pourquoi je ne puis en donner aucune mefure jufte. Quant
- Menuisier , III. Part.
- à la Figure 4, elle eft dcfîinée d’après une gravure de la même Bibliothèque, laquelle repréfente l’entrée de Louis XIV. à Paris, à l’inftant qu’il pafle fur le Pont-neuf: il y a environ 120 ans.
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- Planche
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- 458 MENUISIER , 111. Part. Chap. I.
- une autre ( qui, exception faite de celles des Princes, font peut-être les feules Planche néceflàires, ) le nombre des Voitures s’eft tellement multiplié, que Ton en 17 u compte dans Paris plus de ijooo de toutes efpeces, où les Artilàns qui les conftruifent, ont, comme à fenvi, épuifé toutes les reffources de leur Art pour en rendre l’ulàge doux & commode, 8c où Ton voit briller non-lèule*; ment les peintures & les vernis les plus précieux , mais encore les plus belles étoffés, les broderies , for 8c les glaces (*).
- La conftruélion de ces Voitures appartient à différents Ouvriers, tels que les Charrons, qui nen font que le train, c’eft-à-dire, la partie qui comprend les roues, & fur laquelle le Carroflè , ou pour mieux dire, la caillé eft lùlpendue ; les Menuifiers , qui ne font que ces mêmes cailles ; les Sculpteurs , qui les or-' nent de Iculptures ; les Serruriers, qui les ferrent ; les Peintres, qui les impri-
- ment , qui les dorent 8c verniflènt ; enfin les Selliers , qui les finiffent en les garniflànt & les revêtiflànt d’étoffes.
- Quoique tous ces Ouvriers paroilîént être 8c foient exactement, chacun en particulier, d’une profelîion oppofée, ou du moins indépendante l’une de l’autre , il eft cependant néceflàire qu’ils prennent tous des connoillànces, du moins élémentaires, de leurs différents talents, afin que le travail de l’un ne nuile pas à celui de P autre ; mais qu’au contraire, ces connoillànces fervent 8c concourent à l’accélération & à la perfection de tout l’ouvrage, qui alors n’en pourra être que meilleur, vu l’accord qui fe trouvera entre les differentes parties qui le compofent.
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- Section Seconde.
- Des différentes efpeces de Voitures modernes.
- L e nombre des Voitures modernes eft très-confidérable, vu leurs differents ufàges, formes & grandeurs, ce qui eft très-facile à concevoir, puilqu’étant des ouvrages de goût , & même , fi j’ofe le dire, de caprice, on peut en varier les formes 8c les grandeurs à l’infini, fans rien changer à leur conftruc-tion, qui, dans tous les cas , eft à peu-près la même. C’eft pourquoi je crois que l’on peut confidérer nos Voitures comme failant trois efpeces diftinctes 8c féparées les unes des autres : lavoir, les Carroffes anciens , dont on ne con-noît pas la forme au jufte , & auxquels ont lùccédé les Coches, qui, quoique couverts d’une impériale, n’étoient fermés que jufqu’à la hauteur des accoudoirs ou accotoirs, le refte de la hauteur n’étant fermé que par des rideaux de différentes étoffes ou même de cuirs, ainfi qu’on peut encore le voir à quelques Voitures publiques qui ont confervé le nom & la forme de ces anciens
- (*) Le nombre des Voitures ne s’eft accru en France que depuis le régné de Louis XIII; & ce n’eft qu’en idjo, que le nommé Sauvage inventa & fît l’cntreprife des Voitures publiques,
- connues fous le nom de Fiacres, du nom de l’hôtel de Saint-Fiacre, rue Saint Martin, où cet Entrepreneur demeurait.
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- Section IL Des differentes ejpeces de Voitures modernes. 459 Coches, & aux Corbillards, Voitures qui ne fervent qu’aux convois des grands : Seigneurs.
- D’après les Coches, on a imaginé des Voitures qui puflent être fermées de toute leur hauteur, & avoir des portières ouvrantes & folides ; c’eft ces efpeces de Voitures que Ton connoît fous le nom de Carroffes modernes.
- Ces Voitures étoient très-grandes , & devinrent "par la fuite très-magnifiques ; mais leur trop grande pefànteur a fait que Ton ne s’en fort plus que dans les cérémonies , foit chez le Roi ou chez les Princes, ou pour les entrées d’Ambafîàdeurs. Le train de ces Carrofles n’a point de brancard , mais une foule piece nommée fléché, laquelle paffe par le milieu & au-deflous de la caifle qui eft fofpendue au-deflùs, ainfi que je le dirai ci-après , en fàifànt la defoription de chaque efpece de Voitures.
- La foconde efpece de Voiture moderne , eft celle qu’on nomme Berline, du nom de Berlin, ville capitale de Pruffo, où elles ont été inventées.
- Ces Voitures different des Carrofles, en ce qu elles ont deux brancards à leur train, au-deflùs defquels la caifle eft fofpendue , de maniéré que les portières qui font renfermées dans la hauteur de la Voiture, ouvrent librement au* deffus des brancards.
- Dans leur origine , les Berlines différoîent encore des Carrofles, en ce qu’au lieu d’être fofpendues par les quatre angles, comme ces derniers, elles étoienc portées, comme elles le font encore, par des foupentes de cuir placées hori-j zontalement & attachées aux deux extrémités du train ; mais depuis quelles reflorts ont été inventés, & qu’ils font devenus communs , on les a préférés aux longues foupentes, vu que par leur élafticité ils rendent les Voitures plus douces que les longues foupentes, qui, en fo féchant, perdent toute la leur j ceft pourquoi on a , dis-je , préféré les reflorts à ces dernieres , de forte que l’on a fofpendu les Berlines de la même maniéré que les Carrofles.
- Comme les Berlines font devenues les Voitures les plus en ufàge, on a cherché à les rendre le plus commodes poflible , foit dans leurs formes générales , foit dans leurs grandeurs , ce qui leur a fait donner différents noms.
- On les a nommées Berlines proprement dites, ou Berlines à deux fonds , lorfqu’elles étoient d’une grandeur foffifànte pour contenir quatre perfonnes , & Vis-à-vis, lorfqu’elles n’en peuvent contenir que deux, l’une devant & l’autre derrière.
- Pour rendre les Berlines plus légères, on les a coupées au nud de la portière, par-devant, de maniéré que le pied d’entrée de cette derniere , devient le pied cornier. Cette Voiture ainfi difpofée , fo nomme Carrofje coupé ou Berlingot , ou plus ordinairement, Diligence , laquelle ne peut alors contenir que deux perfonnes for le derrière , & quelquefois une for le devant, par le moyen d’un ftrapontin ou fiége mobile.
- Il eft des Diligences qui ne peuvent contenir qu’une perfonne for la largeur ,
- Planché
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- 46o ME N UISIE R , III. Paru Chap. L
- .... 1 & par conféquent en tout ; alors elles prennent le nom de Déjbbügeântes, qui
- IPlanche n’efl- aut;re choie qu’un Vis-à-vis coupé.
- La troifiéme eipece de Voiture moderne, font les Chaifos de toutes efpeces, lefquelles ne font, pour l’ordinaire , portées que par deux roues. Ces Voitures font à une ou à deux places , & different des Carroffes coupés ou Diligences , en ce que leur caiiïe defoend plus bas que les brancards de leur train , de forte quil ne peut y avoir de portières pat les côtés, puifqu elles ne pourroient pas s’ouvrir, mais qu’au contraire il n’y a qu’une portière par-devant, dont la ferrure eft placée horifontalement, de forte que la portière fe renverfe au lieu de s’ouvrir. Ces efpeces de Chaifos font d’une nouvelle invention ; les plus anciennes, que l’on nomme Chaifis de pojîe, n’ont été confinâtes , dans l’état où nous les voyons maintenant, qu’en 1664. Celles qui exiftoient auparavant, quoique peu antérieures à ces dernieres , n’étoient qu’une efpece de fauteuil fufpendu entre deux brancards fopportés par deux roues. Les Chaifos de pofte fervent non-fou-lement à faire des voyages en pofle , ainfi que leur nom l’indique , mais encore dans les villes, où les particuliers d’une médiocre fortune en font ufàge en faijfànt quelque changement, ainfi que je le dirai dans la foite.
- Il y a d’autres Chaifos nommées Chaifes à porteurs 7 lefquelles font portées par des hommes, & dont la portière eft par devant. Ces efpeces de Chaifos ne peuvent contenir qu’une perfonne , & peuvent être comparées aux Litières anciennes , nommées Leclica, à l’exception que ces dernieres étoient découvertes, & que la perfonne fembloit y être plutôt couchée qu’affife, ainfi que l’indique le mot leclica, qui fignifie un lit (*). Il eft encore d’autres efpeces de Chaifos nommées , par quelques-uns, Roulettes ou Vinaigrettes, mais plus communément Brouettes, dont la forme eft à peu-près fomblable à celle des Chaifes à porteurs, à l’exception qu’elles font portées par deux roues & fupportées par des refforts dont le méchanifme eft fort ingénieux. Ces Voitures font traînées par des hommes, ainfi que je l’expliquerai dans fon lieu.
- Je ne mets point les Litières au rang des trois efpeces de Voitures dont je viens de parler, parce que quoique très-anciennes, elles font de la nature des deux dernieres efpeces de Voitures modernes , c’eft-à-dirç, des Vis-à-vis,
- ( *) Ce que j’avance ici n’eft qu’une conjecture dè ma part, vu que l’on n’a rien de pofitif à ce fujet ; encore quelques mots de plus, & les Auteurs qui en ont écrit nous auroient inftruits , 8c nous ne ferions pas dans l’incertitude où nous fommes ; ce qui eft une preuve qu’en fait d’Arts , comme en toute autre chofe fervant à faire con-noître les lumières & les ufages d’une Nation , rien ne doit être regardé comme fuperfiu , vu la grande différence qui fe trouve entre les ufages des Anciens & les nôtres; & par une fuite néceffaire de nos ufages avec ceux de la pofté-rité à venir, pour laquelle tout Ecrivain doit travailler , la néceiïité de cette exactitude eft d’autant plus aifée à prouver, que nous fommes
- nous-mêmes dans ce cas, puifque faute de Mémoires exaCts 8c circonftanciés, nous ignorons non-feulement une partie des ufages des anciens Peuples, mais encore ceux de notre propre pays, fans remonter même d’un fiécle au plus ; ce qui doit faire connoître combien il eft important pour la gloire de notre fiécle , 8c néceffaire pour l’avenir, que l’Hiftoire des Arts foit traitée avec toute l’étendue 8c l’exaCtitude poiïible ; 8c que fi l’on doit craindre quelque chofe en écrivant cette Hiftoire, c’eft de n’en pas direaffez, au rifque même de paffer pour prolixe, l’utilité publique étant préférable à la réputation d’élégant Ecrivain.
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- Section IL Des differentes efpeces de toitures modernes. 461 auxquels elles reffemblent pour la forme & la conftruétion de la caiffe , & aux Chaifes à porteurs, puifqu’elles ont comme elles des bâtons dé brancard qui Planche fervent à les porter, ce qui fe fait par le moyen des mulets* 1714
- Voilà en général les trois efpeces de Voitures modernes que Ton peut diftin-guer les unes des autres , fans compter une infinité d’autres dont je n’ai pas fait mention , parce que ce ne font que des nuances de celles ci-deflùs, telles que font les Berlines à quatre portières, les Gondoles , les Dormeufes, les Calèches', qui ont plufieurs rangs de bancs & une impériale foutenué par dés mon-^ tants de fer, & dont le devant & les côtés font à jour du deflus de l’appui, ou fermés feulement par des rideaux ; les Diables, efpece de Diligence, dont lé dêfius tant dé l’appui que des portières, eft fupprimé; les Phaétons, efpece de Caleche ou de Char découvert ; les Chaifes en foufBets , dont l’origine vient d’Italie ; les Cabriolets, efpece de Chaife ou petit Char découvert, ou quelquefois couvert ; les Voitures des jardins , à deux ou à quatre places, & les Traîneaux > qui ne font d’ufage que pour aller fur la glace ou fur la neige gelée. Toutes ces différentes efpeces de Voitures prennent encore d’autres noms , félon qu’on les emploie à la ville ou à la Campagne, quoiqu’elles foient toutes à peu - près femblables, du moins celles d’une même efpece, toute la différence qu’il peut y avoir entre elles n’étant que dans leur plus ou moins grande folidité , ou leur plus ou moins grande magnificence.
- D’après la connoiflànce des différentes efpeces de Voitures * il eft bon, ayant d’entrer dans le détail particulier de chacune d’elles > de faire Connoître les régies de décoration & de conftruéHon qui font communes à toutes ou à chacune d’elles en particulier, afin d’éviter les répétitions , & en même temps pour faciliter l’intelligence du difcours. Mais avant toutes chofes, je crois qu’il eft néceflaire de parler des bois dont on fe fert ordinairement dans la conftruc-tion des Voitures, du débit & de l’emploi de ces mêmes bois, & des diffé** rentes parties où l’on doit employer une efpece de bois de préférence à une autre.
- Il eft auffi néceflaire de traiter des différents outils propres à Cétte efpece de Menuiferie, de la maniéré de les faire & de s’en fervir, & en général, de la maniéré d’opérer , qui, quoiqu à peu-près toujours la même à toutes les efpeces de Menuiferie , ne laifle pas de fouffrir quelque différence félon les différentes parties que l’on traite, & for-tout dans celle dont il eft ici queftion.
- Cependant comme le détail du débit des bois & de la connoiflànce des outils , foppofe la connoiflànce des principales parties qui entrent dans la compofition des Voitures, je vais donner le détail d’une Berline, & de toutes les parties qui la compofent, & je ferai précéder ce détail par celui des Voitures anciennes telles que les Coches & les Carrofles, afin de ne plus revenir for ce fojet, ces Voitures n’étant prefque plus en ufàge, ainfi que je l’ai déjà dit.
- Menuisier , IIL Part.
- B b bb b b
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- 46% ME NUISIER9III. Part. Chap. I
- Section Troisième.
- Description d’un ancien Coche , connu maintenant fous le nom de Corbillard.
- Les Coches font les plus anciennes des Voitures Françoifos dont la forme nous foit parfaitement connue. Ces Voitures font découvertes du deflus de l’appui des deux côtés feulement, lefquels côtés fe ferment par des rideaux de cuir ou d’étoffe , anciennement nommés mantelets, que Ton attache aux montants ou quenouilles, 8c aux appuis de la Voiture, par le moyen de plufieurs attaches ou courroies, ainfi que celles du rideau a , Fig. 1.
- Lorfqu’on veut avoir de l’air, on releve ces rideaux en les roulant fous l’égout de l’impériale b, lequel eft d’une faillie fuffifantepour les mettre à l’abri, ainfi que ceux c d, même Figure.
- Les deux bouts de cette voiture font fermés d’étoffe ou de cuir, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 2 , qui repréfonte un des deux bouts.
- Le pourtour de la voiture , à l’endroit de l’appui, eft compofé de bâtis & de panneaux, qui ordinairement font revêtus d’étoffe ou de cuir.
- Ces voitures n’ont point de portières , mais feulement deux ouvertures aux deux côtés, lefquelles font fermées par un devant de cuir qui eft attaché à une piece de bois ef 9 Fig. 1, qui entre dans deux goujons de fer, tenants au corps de la voiture ; cette piece de bois fort auffi d’appui à ceux qui font aflis aux portières ; c’eft pourquoi elle eft arrondie & même quelquefois garnie par de£ fus. Le bas de cette efpece de portière de cuir, eft attaché au marche-pied, lequel excede le nud de la voiture d’environ un pied , & forme un avant-corps qui eft néceffaire pour pouvoir contenir les jambes de ceux qui font aflis aux portières. Ce marche-pied defcend aufli d’environ fix pouces en contre-bas de la voiture, afin de faciliter à monter dedans, & en même temps "pour que ceux qui font placés aux portières , ayent affez de hauteur pour s’y afleoir. Le coffre ou avant-corps que forme les portières, eft compofé d’un bâtis de fer, qui tient au corps de la caiflè , & eft, ainfi que cette derniere, revêtu de cuir ou d’étoffe. Voye£ les Figures 1, % , 3,4 & J , où ces portières font deflinées tant en plan qu’en coupe & en élévation.
- Quant aux fiéges, ils font difpofés comme dans nos voitures ordinaires, c’eft-à-dire,de maniéré que l’on peut y tenir quatre perfonnes,deux fur le derrière &deux furie devant. Pour ce qui eft de ceux des portières, ils font mobiles, pour pouvoir fe lever & donner paflage à ceux qui entrent dans la voiture, & font appuyés fur des gouffets qui tiennent aux pieds d’entrée. Ces fiéges font ordinairement d’une longueur affoz confidérable pour tenir deux perfonnes, de forte qu’un Coche en contient ordinairement huit ; cependant les Coches de ville , c’eft-à-dire, ceux qui forvoient aux particuliers, n’en contenoient que fix , quatre dans
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- S ectioat IlL §. I. Defcriptlon des anciens Carrojfes. 4^3 la voiture & deux aux portières , ainfi que je l’ai obforvé au Coche représenté dans la Planche 172» Planche
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- Quant aux principales mefures de ces voitures, les voici * du moins pour le général : elles ont fix pieds fix pouces de long, for trois pieds neuf pouces de large, pris à l’endroit de la ceinture ou traverfe d’accotoir ; cinq pieds quatre pouces de hauteur du deflous de la voiture au deilous de Impériale ; deux pieds deux pouces de hauteur d’accotoir ; deux pieds neuf pouces d’entrée ou de largeur de portière , lorfqu’elles doivent contenir deux perfonnes , & deux pieds trois pouces lorfqu’elles n’en contiendront qu’une ; & l’appui des portières d’environ fix pouces plus bas que celui de la voiture (* ).
- En général, quoique je ne repréfente ici qu’un Coche d’une forme très-fim-ple, il eft à préfomer, par les Fig. de la PL 171, que dans ie temps que ces voitures étoient en ufàge, elles étoient fofceptibles de beaucoup de décoration , comme les étoffes précieufes, l’or Sc la broderie, qui non-feulement 9 ornoient le dedans de ces voitures , mais encore le dehors > comme les rideaux, le devant des portières , &c ; mais comme on n’a rien de bien pofitif à ce fojet, je ne donne ce que je dis ici que comme une conjecture, qui eft d’autant plus vraifemblable , que nos Ancêtres, quoique peut-être avec moins de goût que nous , ne laifloient pas d’aimer la magnificence.
- §. I. Defcriptlon des anciens Catrojfes.
- L E'$ premiers changements que l’on a faits aux Coches dont je viens de parler , ont néceffairement donné lieu aux voitures nommées Carrojfes, qui sûrement dans leur origine , n’étoient pas tels que nous les voyons à préfent : fin., convénient des ouvertures multipliées des Coches, <& leurs portières d’étoffe & en faillie, a fait recourir à divers moyens pour rendre ces voitures non-fèu-lement plus commodes & moins expofées aux intempéries de l’air, mais encore pour leur donner une forme plus agréable.
- On a d’abord fermé à demeure les deux côtés des voitures, excepté le deifos des portières , dont on a fopprimé la faillie ; enfoite on a fait ces dernieres folides & ouvrantes de toute la hauteur de la voiture, dont on a ouvert le devant au-deffos de l’appui ; puis on a orné ces voitures de foulptures , de peintures & de dorures, qu’on a mifes à la place des étoffes qui les couvroient extérieurement, lefquelles alors furent réforvées pour en garnir l’intérieur.
- Enfin l’ufage des glaces étant devenu commun en France, on les employa aux Voitures > ce qui acheva de les rendre non-feulement très-magnifiques , mais encore très-commodes, en mettant leur intérieur à l’abri des injures de
- (*) Quoique j’aie mis des échelles au bas de chaque Planche, j’aurai toujours l’attention de donner les principales mefures des ouvrages dont je ferai la defcription, parce que les échelles
- font toujours fujettes à erreur, foit par l’inexac. titude du Graveur, foit par l’effet du papier, qui fe retire inégalement en fe féchant.
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- 4*4 ME NUIS IE R, III. Part. Chap. I.
- Pair, fans les priver du jour, ainfi que faifoient les mantelets & les rideaux des Coches.
- Les Carrofles dont je parle , furent d’abord très-fimples, tant dans leur décoration que dans leur forme, laquelle étoit à peu-près la même que celle des Coches dont j’ai parlé ci-defîus,à l’exception que les portières des Carrofles étoient folides, & n’excédoient pas le nud de la voiture ; enfuite l’ufage des glaces étant devenu plus commun > on en mit non-feulement aux portières, mais encore au devant de la voiture & aux deux côtés , comme jê l’ai déjà dit. Quant à leur forme, malgré les changements qu’on y a faits de temps en temps, elle a toujours tenu de celle des Coches, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. r, la^ quelle repréfente l’élévation d’un côté d’un ancien Carroffe (*), dont la portière redefcend en contre - bas des brancards de côté d’environ fept pouces, ce qui forme ce qu’on appelle les brifements de la voiture, fous lefquels on place les refîbrts des fbupentes.
- Ces Carrofles étoient très-grands & très-fblides, & étoient revêtus de cuir au-deflus de l’appui, aux endroits qui étoient fermés ; leur largeur de côté à la ceinture étoit de fept pieds, 8c de huit pieds par le haut ; ces mêmes côtés étoient droits fur la hauteur, & étoient feulement inclinés d’un pouce de chaque côté, depuis le pavillon jufqu’à la ceinture.
- Leur largeur étoit d’environ quatre pieds au brancard , de quatre pieds quatre pouces à la ceinture , & de quatre pieds fix pouces au pavillon ; les deux bouts étoient cintrés en S, & leurs angles recouverts de grofles confoles, dont la partie fïipérieure étoit terminée à la ceinture , & la partie inférieure au-deflus du brancard, lequel excédoit le nud de la voiture d’environ neuf à douze pou* ces, afin de pouvoir 4onner plus de portée au refïort.
- Quant à la hauteur de la portière, elle étoit de cinq pieds neuf pouces au moins, afin qu’il reftât environ cinq pieds du defîous de la frifure du pavillon jufqu’au-defïus du brancard, lequel pafle droit dans l’intérieur de la voiture, ainfi que l’indique la ligne a b.
- Pour le plan de ces voitures, c’étoit à jaeu-près le même que celles dont on fait ufàge à préfent, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 2 9 à l’exception qu’il falloit de doubles battants dans l’intérieur du brancard, afin de fuppléer au défaut des battants extérieurs de brancard , lefquels étoient non-feulement coupés par l’ouverture de la portière, mais encore par les deux renfoncements d’une forme circulaire , qui defeendoit jufqu’au niveau de l’ouverture de la portière , & dans lefquels on plaçoit les marche-pieds avant de fermer cette
- (*) Comme il m’a été impoflible de trouver des Carrofles de la fécondé efpece, c’eft-à-dire, de ceux qui ont immédiatement fuccédé aux Coches, foit en exécution foit en deflin, je ne propofe ce que je dis à ce fujet, que comme
- une conjecture d’autant plus vraifemblabte* que la Voiture qui eft repréfentée ici, & qui a fervi fur la fin du régné de Louis XIV , tient encore de la forme des Coches.
- derniefe.
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- Section 1IL §. IL Defcriptlon (Tune Berline.
- derniere. Voye£ la Fig. 2, dans laquelle j’ai repréfonté par des lignes ponctuées la conftruélion du brancard de ces fortes de voitures ( * ).
- Les anciens Carrofles étoient très-magnifiques ; 8c fi dans la courte deforip-tion que je viens d’en faire, j’en ai repréfonté un d une forme très-fîmple , ce n’eft que parce que cette voiture étoit la plus ancienne qu’il y eut chez lé Roi, ce qui me l’a fait préférer à beaucoup d’autres qui y font, & dont les formes grandes 8c majeftueufos l’emportent infiniment fur les Berlines. Tout ce qu’on peut reprocher à ces fortes de voitures, c’eft leur extrême pelànteur , qui en rend l’ulàge incommode & même impoflible aux particuliers , auxquels les Berlines font plus commodes ; mais je crois que pour le Roi , ou les très-grands Seigneurs, on feroit très-bien d’en faire ulàge, fur-tout dans les cérémonies d’éclat, où ces voitures apporteraient plus de magnificence que toutes les autres , étant de plus très-naturel que tout ce qui appartient aux Princes , fe refo fente de leur grandeur , 8c que leurs voitures ne foient pas femblables à celles des particuliers , comme cela arrive tous les jours.
- Ce font ces réflexions qui m’ont engagé à donner , dans le quatrième Chapitre de cette troifieme Partie , un exemple d’un grand Carrofle monté for fon train, d’une décoration moins lourde que celui dont je viens de faire la deft-cription, mais dont la forme fera toujours la même , comme étant la plus belle & la plus majeftueufo qu’on puifle lui donner. Je joindrai à ce deflln, ceux d’une Berline 8c d’une Diligence, auffi montées for leur train, afin qu’on puifle être mieux en état de juger de ce que j’avance ici.
- §. IL Defcriptian d'une Berline, & de toutes les parties qui la compofent.
- ' Les Berlines en général, font compofées de fix< parties principales ; lavoir , le brancard ou balleau , Fig. y , lequel fort de fond 8c de fopport à toute la caifle ; d’un devant avec panneau par le bas, 8c avec glace mobile ou à coulifle par le haut ; d’un derrière avec panneaux par le bas 8c par le haut, ou bien un faux panneau plein, ou d’un chaflis comme la Fig. r.
- Les Berlines font aufli compofées de côtés avec panneaux par le bas, 8c faux panneaux ou glaces par le haut, ( ou du moins de ghaffis pour les recevoir ), de portières avec panneaux par le bas & glaces par le haut, voye[ la Fig. 2 ; enfin d’une impériale , laquelle couronne tout l’ouvrage , & le folidifie en recevant tout le pourtour de la caifîè qui y eft embreuvé. Voye£ la Fig. 6. Ces principales parties font elles-mêmes compofées d’autres parties de détail qu’il eft néceflàire de connoître ; lavoir, pour le brancard, Fig. J , les deux battants /, /, deux
- (*) Il peut bien fe faire , & même il eft fort à croire, que tous les Carrofles du dix-feptieme fiecle ne furent pas tous d’une même grandeur, & que celui dont je fais la defcription, lequel étoit a l’ufage du Roi, devoit être plus grand
- Menuisier , III. Part.
- que celui des particuliers, ainfi qu’on l’obferve encore à préfent ; mais pour leur forme géné* raie , elle devoit être à peu-près toujours la même ; du moins je le crois ainfi*
- Planché
- Planche
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- 466 ME NUIS IE R, III. Part. Chap. 1.
- traverfes de renflement Z, L, les deux traverfes des bouts M, M, & les pla* fonds ou trapes N, ÏV, qui remplirent le vuide du brancard, & forment le fond de la voiture.
- Les faces de devant Sc de derrière, font chacune compofées de deux battants , d’angles, Q,Q , nommés pieds corniers , ( lefquels leur font communs avec les côtés) de traverfe d’en haut, Z, T9 Sc de traverfes de ceinture ou de milieu 5, lefi quelles font difpofées pour recevoir les panneaux D par-deflbus, & par-defïùs pour recevoir la glace, fl elles font par-devant , ou bien fi elles font par-der-riere un panneau femblable à celui de deflous, ou un faux panneau, que Ton recouvre de cuir comme celui Y, Fig. 4, ou bien feulement un chaflls E3 Fig. I, deftiné au même ufàge. On obforvera qu’il n’y a point de traverfe d’en bas , au devant, au derrière, ni aux côtés , parce qu’aux premiers ce font les traverfos de brancards qui leur en fervent , & qu’aux féconds , ce font les battants de ces mêmes brancards.
- Les côtés font pareillement compofés de deux battants , dont l’un eft le pied confier Q , du devant ou du derrière de la voiture , Sc l’autre battant R , Figm 2 , qui fe nomme pied £entrée , fur lequel vient battre la portière , ou bien fur lequel elle efl: ferrée (*).
- Au-deflus de la portière , il y a une traverfe U, très-étroite, nommée frife , laquelle eft aflemblée dans le haut des pieds d’entrée, dont elle entretient la diftance, Sc auxquels elle affleure pour fervir de battement à-la portière.
- Les côtés ont des traverfes d’en haut T ,T, ainfi que les devants & les derrières. Pour celles du milieu , on les nomme accotoirs ou accoudoirs, Sc 'quelquefois traverfes d!ailerons, fur-tout quand les cuftodes ou panneaux de deflus font pleins & n’ont point de glaces. Au-deflus des traverfes d’accoudoirs , font aiïèmblés des montants X, X, nommés montants de crojfes , à caufe de leur forme courbe : ces montants fervent à encadrer la glace , foppofé qu’il y en ait, ou le faux panneau que l’on recoüvre de cuir , & à les féparer d’avec le panneau apparent, que l’on nomme panneau de cuflode.
- Au-deflous de la traverfe d’accottoir, efl: un panneau apparent qui y entre à rainure Sc languette , ainfi que les autres panneaux apparents , dans le pied confier, dans le pied d’entr^ & dans le battant de brancard, lequel fort de traverfe au côté , & reçoit le pied confier 8c le pied d’entrée qui y font affom-blés à tenon & mortaife, comme je l’expliquerai dans la fuite.
- Les portières font chacune compofées de deux battants & de trois traverfos ; fàvoir-, une par le haut, une par le bas, & une autre au milieu , laquelle efl: rainée par-deflous pour recevoir le panneau, ainfi que celle du bas , Sc par-deflus efl: difpofée pour recevoir la glace ou le faux panneau, fuppofé qu’il y en ait.
- ( * ) Je fais cette obfervation , parce que les que , par conséquent, le côté dont je parle , portières fe ferrent toujours fur le pied d’en- peut être celui die devant ou celui de derrière, trée, qui efl fur le devant de la Voiture , Sc
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- Section 1ÎL §. IL Defcripdon d'une Berline. 467
- Le pavillon , Fig. 6 , eft compofé de deux battants 0,0, & de deux tra-verfes P, P, aflemblés à tenon & mortaife , lefquels forment ce quon appelle le chajjisdupavillon ou de l'impériale, félon que font difpofées les courbes qui rempliflent le vuide de ce chaffis.
- Lorfque ce vuide eft rempli par plufieùrs courbes perpendiculaires au milieu de ce chaffis 8c parallèles entr elles , comme celles g, g, Fig. 6, on nomme le chaffis pavillon.
- Mais lorfqu’au contraire ces courbes tendent toutes à une ovale placée au milieu du chaffis , 8c dans laquelle elles s’aflemblent , pour lors ce chaffis fè nomme impériale, ce qui n’a plus guere lieu qu’aux voitures à trois cintres, ainfï que je le dirai en fon lieu.
- L’extérieur tant des impériales que des pavillons, eft recouvert de planches de deux lignes d’épaifleur au plus, que l’on attache tant fur le chaffis que fur les cerces ou courbes avec des pointes, en obfervant qu’elles repréfèntent une furface très-unie, afin que le cuir que l’on tend deffus, ne foit point expofé à fe couper, ni à faire de côtes ni de rides. (
- Tout ce que je viens de dire ne regarde que le dehors de la caille ; pour le dedans, il eft compofé de barres 00 , Fig. 3 (jr 4, lefquelles fervent à porter les panneaux 8c à les empêcher de fè tourmenter , vu qu’ils font fortement arrêtés enfèmble par le moyen du nerf battu 8c de la toile que l’on colle deflus.
- U eft encore d’autres barres, ainfi que celles l1, mêmes Figures, lefquelles, en remplifîant le même objet que celles dont je viens de parler, fervent auffi aux Selliers à attacher la toile qu ils nomment de matelajjure, ce qu’ils ne pour-roient faire fur le panneau, fans être expofés au danger de le faire fendre, vu fon peu d’épailfeur. L’intérieur de la voiture eft encore compofé de couliflèaux h h, Fig. 3 & 4, lefquels fervent à faciliter le mouvement des glaces & des faux panneaux, & en même temps à les retenir en place.
- Deflus & au nud de ces couliflèaux, font placés des panneaux zi, nommés panneaux de doublures , lefquels fervent à recouvrir les couliflèaux , & à en> pêcher de cafler les glaces lorfqu’elles font baiflees ; de plus , ces panneaux fervent auffi pour appuyer les fiéges & les tafleaux qui les portent, & en même temps aux Selliers pour attacher leurs garnitures 8c leurs étoffes.
- Chaque Berline a deux fiéges m m, dont l’un fur le derrière 8c l’autre fiir le devant ; le deflus du premier fe leve, 8c eft pour cet effet placé dans un bâtis , au lieu que l’autre refte en place, 8c n’a un devant n qu’à la moitié de fà hauteur , au lieu que l’autre monte jufqu’en haut, pour des raifbns que je dirai dans la fuite.
- Il y a des Berlines au-deflous defquelles on pratique une caiffe ou cave G G, Fig. 1,2,3 ^ 4 9 laquelle eft de toute la grandeur intérieure du brancard, & dans laquelle on fouille par l’intérieur de la voiture, en faifànt ouvrir les deux parties du milieu du plafond du brancard.
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- ME NUIS IE R, III. Pan. Chap. II.
- e===== Ces cailles ou caves ne fe pratiquent pas à toutes fortes de voitures, mais Planche foulement à celles de campagne ou à celles de peu de conféquence, parce qu'elles font toujours un très-mauvais effet, à moins qu elles ne foient très-petites , 8c alors elles ne peuvent être d'un grand ufàge.
- Voilà en général toutes les parties dont une caille de Berline eft compofée > lefquelles changent quelquefois à raifon de la forme & de l’efpece de voiture à laquelle elles fervent, mais dont la difpofition générale 8c la conftruélion font prefque toujours les mêmes, tous les changements dont ces parties font fufoep-tibles n étant que dans leur grandeur ou dans leur décoration.
- Quoique je ne parle ici que des Berlines , il faut cependant faire attention que prefque toutes les parties de détail font les mêmes à toutes les autres efpeces de Voitures, & que ce que je dirai quand j'entrerai dans le détail cîrconftancié de la conftruélion de chacune de ces différentes parties , fora applicable non-feulement aux Berlines, mais encore à une infinité d'autres voitures , qui, quoique différentes de ces dernieres , foit pour la grandeur 8c la décoration, foit même pour la forme, ne laiffent pas d'être aflujéties aux mêmes réglés de conftruélion;
- CHAPITRE SECOND.
- Des Bois fervant à la conjlruclion des Voitures en général.
- uoi que j’aie parlé dans la première Partie de cet Ouvrage du bois propre à la conftruélion des voitures , il eft néceflàire d'en faire mention ici, vu que je ne l'ai fait que vaguement * 8c foulement pour indiquer les différentes efpeces de bois , leurs qualités bonnes 8c mauvaîfos, fan s entrer dans aucun détail fur le débit & l'emploi de ces mêmes bois , ce qui eft cependant très-effon-' tiel dans le cas dont il s'agit maintenant.
- Section Première.
- Du choix des Bois fervant a la conflruclion des Voitures.
- Les bois fervant à la conftruélion des voitures, font ordinairement l'orme , le noyer noir & blanc, le tilleul & le peuplier.
- L'orme eft le plus en ufàge, & eft préférable à toutes les autres efpeces de bois, du moins de ce pays, pour faire les bâtis des voitures , parce que ce bois eft d'une qualité douce & extrêmement liant, fos fils, quoique courts, étant entremêlés les uns dans les autres, ce qui fait que les moulures s'y pouflènt aifément & proprement. Lorfqu'il eft allez foc , & que quelque menus
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- Section I. Du choix des Bois pour les Voitures. cintrés que Ton fafle ces bois, ils font toujours aflez forts pour réfifter en les —— travaillant, ce que Ton ne pourroit pas attendre du chêne ou des autres bois Planche de fil 6c poreux. Il faut cependant éviter que le bois d’orme foit trop fec, parce qu alors il tend à la pourriture , ce qui rend l’ouvrage moins folide ; de plus, ce bois étant trop fec ou pafle, ce qui eft la même chofe , devient extrêmement poreux, vu l’irrégularité de fos fils , qui fo préfentent la plupart comme à bois debout, ce qui fait qu’il abforbe une grande partie de la couleur que l’on met deftus & en ôte le brillant, ainfi que l’or, qui y perd une,partie de fon éclat.
- Quoique je dife que Forme foit bon pour le bâtis des voitures , ce n eft pas que l’on ne puiffe auflî les faire en noyer blanc , ce qui feroit très-bon : mais comme ce bois eft plus cher que l’orme , du moins à Paris , on fo contente de ne faire que les traverfos des voitures , de ce bois, c’eft-à-dire, en noyer blanc , lequel n’étant point flotté, eft très-liant & de fil, & par con-féquent plus propre à faire des tenons que le bois d’orme, fur-tout dans les petits aflemblages ; c’eft pourquoi on ne fait pour l’ordinaire que les traverfos des brancards, 6c celles des pavillons en bois d’orme.
- Quoi qu’il en foit, je crois que pour peu qu’une voiture foit de conféquence^ on feroit très-bien de la faire toute en noyer, à l’exception du brancard^ que l’on pourroit faire d’orme ( * ).
- En général, les panneaux fo font toujours de noyer noir , que l’on fait refendre à quatre lignes d’épaifleur au plus, 6c on doit avoir grand foin qu’ils foient parfaitement focs, afin qu’ils ne fo tourmentent pas, ou qu’ils ne fo redreflent pas après avoir été cintrés au feu.
- Il faut cependant éviter que ces panneaux foient trop focs, parce qu’alors ils font fujets à fo fendre, étant privés de tout ce qui leur refte de fève & par conféquent d’humidité , qui cependant leur eft néceflàire pour que le bois fo prête à l’aétion du feu ; pourvu, toutefois, que cette fève ne foit pas trop abondante , pour les raifons que j’ai données ci-deflus.
- Le tilleul & le peuplier fervent pour faire les caves des voitures, les faux-panneaux , les panneaux de doublures, & pour couvrir le deflus des pavillons.
- Il n’y a pas grand choix à faire dans ces bois, parce que les parties où on les emploie ne font pas apparentes , étant toutes recouvertes d’étoffe ; il foffit que ces bois foient affoz focs , ce qui eft très-eflentiel, parce qu’ils fo tourmentent moins & qu’ils ont plus de légéreté : qualité qui leur eft abfoiument néceflàire*
- (*) Si je ne parle ici que de l'orme Sc du noyer pour fervir à la conftru&ion des voitures, ce n’eft que parce que ce font les bois de ce pays qui font les plus propres à cet ufage ; car fi on voûtait y employer d’autres bois , cela feroit indif-
- férent , pourvu qu’ils euflent les qualités de ceux-ci , c’eft-à-dire, qu’ils fufîent très-liants, d’un grain ferré & le plus légers poftible ; ce qui eft fort à confidérer dans la conftru&ion des voitures , dont on ne fauroit trop diminuer le poids.
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- Menuisier. III. Pan.
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- 470 ME NUIS 1ER, III. Part. Chap. II.
- §. I. De la maniéré de débiter les Bois des Voitures. ,
- Le bois d’orme propre à faire les bâtis des voitures, fe débite par tables de y pouces d’épaiflèur, de 3 pouces, d’un pouce & demi & d’un pouce , comme les Figures 1,2 & 3.
- Dans les premières, on prend les battants de brancard, que l’on chantourné les uns dans les autres, & que l’on coupe à la longueur convenable , c’eft-à-dire, qu’il faut faire enforte qu’en débitant ces tables dans le corps de l’arbre , elles fe trouvent d’une longueur fùffifànte pour contenir jufte plufieurs longueurs de pièces les unes au bout des autres, afin qu’il n’y ait point de perte , excepté celle qui eft occafionnée par les fentes & les nœuds , laquelle eft inévitable.
- On prend dans ces mêmes tables les battants de pavillon , que l’on' chantourne de même les uns dans les autres , avec la précaution néanmoins, de ne prendre ces battants de pavillon que dans les plus belles tables, ou du moins dans les parties les moins défeélueufes , en y évitant fur-tout les nœuds vicieux, parce que les battants, ainfi que les traverfès de pavillon, font plus apparents & plus ornés que les battants de brancard, 8c que de plus les brancards étant beaucoup plus épais que les pavillons, on peut plus aifément y faire palier des défauts de bois qui né feroient pas tolérables à ces derniers.
- Dans les tables de trois pouces d’épaiflèur, on débite les pieds corniers, que l’on prend pareillement les uns dans les autres ; 8c dans celles d’un pouce 8c d’un pouce & demi d’épaiflèur, on prend les battants des portières, les pieds d’entrée & autres pièces de cette efpece , que l’on débite pareillement les unes dans les autres, en obfervant, le plus qu’il eft poflible , que le fil du bois fuive le contour des pièces que l’on débite, ce qui ne demande qu’un peu d’attention , parce que les fils du bois d’orme forment différentes finuofités à peu-près fem-blables aux contours des pièces.
- Cette obfèrvation eft très-avantageufe pour la folidité dé l’ouvrage Sc pour la facilité de l’exécution, parce que plus le bois eft de fil, Sc moins il eft fu-jet à fe tourmenter, qu’il eft plus fort que le bois tranché, 8c plus facile à travailler (*). Voye% la Fig. 4, qui repréfente le calibre d’un battant de brancard , & la Fig. y , qui repréfente une table toute débitée. Voyez pareillement les Fig. 6 & 8, dont l’une repréfente le calibre d’un pied cornier, & l’autre celui d’un pied d’entrée* lefquels ont fèrvi à débiter les tables , Fig. 7 $^9.
- Pour le bois des panneaux, il fe refend par tables de quatre lignes d’épaif-fèur, ainfi que je l’ai déjà dit. Il faut obferver qu’il foit le plus de fil poffï* ble , fur-tout pour les panneaux qui doivent avoir le plus de cintre, parce
- (*) Ce que je. dis ici pour le bois d’orme , ! de ce bois, ou enfin à tout autre bois dont peut aufîi s’appliquer au noyer, fuppofé qu’on on voudroit faire ufage. voulût que toute la carcaiïe d’une voiture fût |
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- pjawr-Muwti ua.'Imfli'Éft
- Section /. §. î. De la maniéré de débiter les Bois des Voitures. 471 que quand le bois eft trop tranché ou d’une inégale denfité , il ploie iné- s gaiement, fe caffe quelquefois, & eft fujet à revenir quand il eft en place , ce qui eft fort difgracieux , & que l’on doit éviter avec foin.
- Le bois des caves doit avoir 6 à 7 lignes d’épaiiïèur, qui eft celle des vo-liges ordinaires , quoiqu’on puifle en mettre de plus épais , fur-^tout aux grandes voitures ou à celles de campagne.
- En général, il eft bon que les Menuifiers en Carrelles ayent chez eux une provilion de bois, non-feulement refendus par tables des différentes épaif-feurs que j’ai données ci-deflus , mais encore un nombre de pièces toutes débitées de chaque efpece , comme battants de brancard , de pavillon , pieds cor-niers, &c , afin quelles foient parfaitement fécheslorlqu’ils viennent à les employer ; ce qui leur eft d’autant plus facile, que les voitures de même efpece étant toutes à peu-près fèmblables , tant pour la forme que pour la grandeur, ils ne courent aucun rifque en débitant ainfi le bois d’avance, ce qui ne pourrait être chez les Menuifiers de bâtiment, vu la grande diverfité de leurs ouvrages.
- Quant à la maniéré de débiter les bois des bâtis des voitures , on le fait par le moyen des calibres que les Menuifiers font d’après le deffin & les mefùres de la voiture qu’ils ont à faire ; mais comme chaque efpece de voiture eft à peu-près femblable , ainfi que je fai déjà dit, n’y ayant de différence efïen-tielle que pour la décoration, les calibres une fois faits , fervent à différentes voitures où ils fe trouvent juftes de mefùre, ou s’il fe trouve quelque différence de grandeur, on avance ou recule le calibre félon le befoin ; de forte que les calibres une fois faits fervent non-fèulement pour débiter le bois, mais encore pour le corroyer & le tracer ; en forte que quand un Menuifier en Car-rofîès a une fois tous les calibres néceffàires pour les différentes efpeces de voitures , ils lui fervent toujours, à moins que la mode ne change abfolument, ou qu’on veuille leur faire faire des voitures d’une grandeur & d’une forme extraordinaire , ce qu’alors iis appellent voitures de fantaifie. De - là vient que toutes les voitures d’une même efpece fe reflemblent & font comme faites au moule, ce qui, je crois, marque peu de génie & d’invention de la part des Ouvriers , lefquels, accoutumés à fe fervir des calibres qu’ils ont entre les mains, ne veulent pas fè donner la peine de changer la forme , ou du moins la décoration de leurs voitures , dans la crainte d’être obligés de faire d’autres calibres , ou de changer , fi je l’ofe dire, la routine de leur travail ( *).
- (*) Ce qui a caufé le de'faut de monotonie que l’on peut reprocher à nos voitures , eft le peu de foin que prennent les Menuifiers en Car-rofles , du moins pour la plupart, d’acquérir les lumières néceffàires à leur état, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas changer la forme des voitures, vu qu ils n’ont pas la capacité de les deffmer ni d’en faire les calibres eux-mêmes; de forte que ce qui paffe pour être un effet de la mode, i
- n’eft dû qu’au peu de favoir & d’émulation des Ouvriers, auquel, peut-être, a donné lieu le droit que les Maîtres Selliers fe font arrogés, de fournir aux particuliers les voitures toutes finies, & d’entreprendre tout ce qui n’eft point de leur reffort, comme Je train , la caille , &c , qu’ils ne payent que le moins qu’ils peuvent aux autres Ouvriers ; de forte que ees derniers étant bornés i par la médiocrité du prix , cherchent tous les
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- MENUISIER,III. Part. Chap. IL
- Section Seconde.
- Des Outils des Menuijiers en Carrojfes.
- Les outils des Menuifiers en Carrofles font les mêmes que ceux des Menuifiers en bâtiment, du moins pour ceux de la boutique , que les Maîtres four* niflent à chaque Ouvrier en particulier, comme les établis , les affûtages , fer-gents , valets, fcies â refendre, &c, qui font toujours les mêmes, excepté qu’il jfèroit à fouhaiter que les établis euflent des prefîes diîpofées horifontalement , c’eft-à-dire, du fens de la table de l’établi, à laquelle il eft bon quelles affleurent. Ces prefîes font très-commodes pour pouvoir travailler des pièces foibles ou chantournées fur le champ, lefquelles on ne pourroit aflurer fur l’établi , fans s’expofèr au danger de les caffer, ou du moins de les meurtrir , ainfi que le repréfente la Fig. io, où cette efpece de preflè horifontale arrête une traverfe dont le cintre, qui fe trouve caché , eft indiqué parles lignes ponctuées a y b, c, d.
- Comme ces prefîes font attachées à la table de l’établi, on peut faire la vis g en fer, afin qu’étant moins groffe, elle affoibliffe moins la table dans le deflous
- de laquelle on place un écrou qui retient la vis.
- Il feroit à fouhaiter que ces fortes de preffes euffent deux vis, afin quelles ferraflent également l’ouvrage ; mais cependant on s’en pafle par le moyen d’une tringle de fer plate , placée dans le côté de la table , & qui pafle au travers de la jumelle ou joue de la preffe A B , qu’on écarte autant qu’on le juge à propos , & qu’on arrête par le moyen d’une broche de fer f , laquelle pafle au travers de la tringle , qui à cet effet eft percée de plufieurs trous, afin de pouvoir reifer-rer ou écarter la jumelle.
- Comme la faillie de la tringle pourroit nuire en travaillant lorfqu’on ne fait pas ufage de la preffe , on fait cette tringle mobile , c’eft-à-dire , qu’on l’arrête d’un bout dans le côté de la table de l’établi, à laquelle on fait une rainure de la longueur & de l’épaifleur de la tringle de fer, laquelle vient s’y loger, & par conféquent affleurer le nnd de la table. Voye[ la Fig. 11, qui repréfente le côté de la table & la tringle de fer qui y eft placée , laquelle eft repréfentée au-deflus vue fur le plat, avec la broche i & la goupille h , qui fert à l’arrêter dans
- l’établi.
- Quoique j’aie fait cette goupille comme une fimple broche fans tête, il feroit cependant bon de la faire à vis d’un bout, afin qu’étant placée dans l’établi , elle ne fût point fujette à tomber.
- moyens poftibîes pour accélérer la façon de leurs ouvrages & pour épargner la matière ; ce qui a donné lieu à la mode de faire des voitures d’une décoration fimple , & d’une délicatefte extraordinaire, qui, à la vérité, ont beaucoup de
- mérite quant à la main d’œuvre & à leur grande légéreté, mais qui n’auront jamais la folidité 5c la grâce des voitures anciennes, c’eft-à-dire, celles qui ont fait place à celles qui font à la mode à préfent.
- Quant
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- Section IL Des Outils des Menuijiers en Carroffes. 473
- Quanta la vis de fer, Fig. 12, on doit la faire d'environ 18 pouces de long, fur 1 pouce à 15 lignes de diamètre, avec un collet ou bafe /, d’un bon pouce de faillie ; le bout de cette vis m , au-delà de la bafe , doit être percé d’un trou dans lequel on fait palier la poignée n o, avec laquelle on ferre & delforre la vis.
- Quant à l’écrou p , il doit être d’une forme barlongue, afin qu’il prenne moins dans l’épailfeur de la table, à 3 pouces du bord de laquelle on doit le placer, afin qu’il l’affbibliffe moins.
- Quoique je ne parle ici que d’une prelfe horifontale, ce n’eft pas que la prefle perpendiculaire dont j’ai donné la defoription dans la première Partie de mon Ouvrage ^ page 56, ne foit aulîi très-utile aux Menuifiers en Carrolfes ; Sc fi je n’en parle pas ici, ce n’eft que pour ne point me répéter, me contentant d’avoir repréfenté l’écrou C de cette prelfe , au pied de devant de l’établi. Voy. la Fig. 10.
- Il n’y a que les outils de moulures qui different de ceux des Menuifiers en bâtiment, quoiqu’ils foient conftruitsfiir les mêmes principes, & qu’ils ayent à peu-près la même forme. 1
- En général, une partie des pièces qui compofent les cailles des voitures , font cintrées foit fur le plan ou fur l’élévation, ou enfin de l’un Sc de l’au tre fons, ce qui fait que les outils dont on fo fort pour pouffer les moulures, non-feulement ne peuvent pas être droits , mais encore il faut qu’ils foient très-courts , afin que dans les angles & à l’endroit des relîàuts , ils puilfent approcher le plus près polfible ; de forte qu’à proprement parler, ces outils ne font que des fàbots auxquels on laifle une poignée pour pouvoir les tenir plus facilement.
- Ces outils , ainfi que ceux des Menuifiers en bâtiment, font compofés d’un fût, d’un fer & d’un coin ; mais ils different des premiers, en ce que lorfqu’ils embraflent plufieurs membres de moulures, ils n’ont qu’un fer ; de forte qu’un feul & même outil avec un foui fer, forme quelquefois deux ou trois baguettes avec leurs dégagements, & un ou deux filets, ainfi que les repréfen-tent les Fig. 25,26 & 27 , PL 177.
- Les outils des Menuifiers en Carrolfes , different encore de ceux des Menuifiers en bâtiment, en ce que non-feulement ils fe pouffent comme ces derniers en parement & fur le plat de l’ouvrage, mais encore ils fe pouffent fur le champ, & quelquefois la joue appuyée fur la joue intérieure de la rainure ou de la feuillure , ou enfin par-derriere l’ouvrage ; dans ce dernier cas les Menuifiers nomment ces outils arbitraires, c eft-à-dire , qu’ils font d’une forme inverfe des outils ordinaires. Je ne fai fi ce mot arbitraire eft bien dit ; mais enfin c’eft l’ufàge. Voye^ les Fig. 9,10 , ri, 12,13 , 14 , 1J , 16, Sc celles 17, 18,19,20, 21, 22,2,3 & 24 de la PL 177, lefquelles repréfontent deux outils droits tant Menuisier . IIJ, Part. E e e e e e
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- Planches ij6 & 177,
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- en élévation qu’avec leurs coupes, & le fer vu des deux côtés, ainfi que les ou-1 tils qui leur font arbitraires, détaillés de la même maniéré.
- On fe fort des outils arbitraires, lorfque d’autres faillies de moulures ou des maifos d’ornements empêchent le pafîàge du conduit des outils ordinaires, ou bien quand le bois fo trouve trop tranché ou de rebours pour être pouffé du bon fons ; alors pour éviter le bois de rebours & les éclats, on fo fort des outils arbitraires , ce qui rend l’ouvrage plus propre & qui conforve parfaitement l’égalité des moulures & des filets.
- Lorfqu on fait des outils arbitraires, il faut bien faire attention qu’ils foient parfaitement femblables à ceux qu’ils remplacent; & pour y parvenir avec plus de précifion & de diligence, il faut d’abord avoir foin que les pentes des deux outils foient bien égales entr’elles , tant for la largeur, ou pour mieux dire la hauteur de l’outil, que for l’épaiffeur ; enfoite il eft fort aifé de rendre les deux fers d’une forme fomblable, parce qu’étant faits à rebours l’un de l’autre, on peut fo rendre compte de leur inégalité ou de leur perfeétion, en les prefon- v tant l’un for l’autre du côté de la planche ou du taillant, ce qui eft la même chofo.
- En général, il faut faire enforte que tous les outils de moulure , tant Amples qu arbitraires , ayent des joues ou conduits des deux côtés, c’eft-à-dire, tant en dedans qu’en dehors, afin que portant également par-tout, ils ne defcen7 dent pas plus dans un endroit que dans l’autre.
- . Comme ces outils font très-courts , il eft bon auffi que leurs conduits foient garnis de fer, afin qu’ils ne s’ufont pas par le frottement qui devient très-confi-dérable, à caufo qu’un outil rond fort à pouffor une partie bombée , ce qui ne peut être autrement dans les courbes d’une forme mixte , & auffi à caufo de l’inégale dureté du bois for lequel ils frottent, for-tout aux courbes de bois d’orme. ' * .
- Quant aux outils dont la joue entre & porte dans les rainures , comme elle ne peut être que très-mince, on doit la faire toute de fer, ainfi que je l’ai ob-forvé aux Fig. 13 & 14, PL 177.
- Quoique j’aie dit que les outils des Menuifiers en Carroffos doivent être très-courts , il ne faudra cependant les faire de cette forte, que quand on fora arrêté par quelque angle ou quelque refïàut; car pour ceux qui pourront être poulfés tout le long de la piece, il faudra les faire le plus longs poffible, c’eft-à-dire, de 6 pouces de long au moins, afin d’en rendre l’ufoge plus doux, & que par conféquent ils foient plus aifés à pouffor. Il faut auffi éviter de faire ces outils trop cintrés, parce qu’alors ils broutent autant que s’ils étoient trop courts.
- Il eft d’autant plus facile de faire ces outils plus longs qu’à l’ordinaire, que l’on fait préfentement prefque toutes les coupes des voitures d’onglet, du moins les principales, ce qui ne pouvoir être autrefois que l’on faifoit toutes
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- Section IL Des Outils des Menuifiers en CarroJfes.f 47J
- les coupes quarrément aux nuds des arrafements , ce qui obligeoic de pouffer =— tous les retours de moulures à bois de travers , & de pouffer à la main le P la nichés bois de filoù l'outil ne pouvoir point aller, quoiqu'on le fît le plus court 17^ ^
- polîible , n'ayant quelquefois qu'un pouce de long d'après la lumière. Ces aflèm-blages quarrés le nomment ajjemblages a la Carrojjlere : ils font moins propres que les coupes d'onglet, & font plus longs à faire, fins pour cela être beaucoup plus folides, ainfi que je le prouverai dans la fuite , en parlant de la conftruélion des voitures.
- Quant à la dilpofition générale des outils de moulures des MenuifierS en Car-rolfes , c'eft à peu-près la même choie que pour ceux des Menuifiers d'aflem-blages, tant pour la maniéré de les faire que pour la pente de leur lumière,
- Sc pour la maniéré d'en affûter les fers ; c'eft pourquoi je n'entrerai dans aucun détail à ce fojet, vu que j'ai traité cette matière dans la première Partie de mon Ouvrage, me bornant à donner dans les Planches 176 & 177, la forme des outils les plus en ulàge, & d'après lelquels on pourra en faire une infinité d'autres de toutes elpeces , à raifon des différents profils que l'on voudra employer, lefquels profils varient à l'infini, leurs formes n’ayant fouvent d'autre réglé que le goût de ceux qui les compofont; ce qui fait que je ne pourrai guere donner de principes à cet égard, me contentant d'en defïmer plu-lieurs de différentes elpeces , Sc d'avertir de ceux qui font les plus en ulage à préfent, lelquels n'ont sûrement d'autre mérite que celui d'être à la mode.
- Comme les profils des voitures font pour l'ordinaire compoles de beaucoup de membres, lefquels font fouvent en faillie les uns fur les autres, ou fur le nud de la carcafle , lorlque les bois font corroyés, ainfi que je le dirai ci-après (*) , on les prépare à recevoir les moulures, foit en y faifant des feuillures ou des rainures , fur lefquelles on fait palfer les outils de moulures.
- Les ravalements le font avec des bouvets de deux pièces , cintrées foit fur le plan foit for l'élévation , ainfi que les repréfentent les Fig. 1 & 2 , en obfer-vant de ne jamais les faire defcendre jufqu'au fond du ravalement, parce que comme la plupart des bois des voitures font cintrés , il y auroit à craindre que les fonds qui fo trouveroient à bois de rebours ne fuffent pas liftes ; c'eft pourquoi on ne fait defcendre les bouvets qu'à une bonne demi-ligne près du fond, que l'on atteint enfoite avec une guimbarde que l'on a foin de mener toujours à bois de fil.
- Cette méthode de faire ufage des guimbardes eft très-bonne pour toutes les elpeces de Menuiferies en général, mais for-tout pour celle-ci, où les membres de moulures étant très-petits, on ne làuroit trop prendre de précautions pour que
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- (*) Il auroit femblé plus naturel de ne parler de la maniéré de poufler les moulures, qu’après avoir donné celle de corroyer les bois des voitures; mais je n’aurois pu le faire fans me mettre dans le cas de me répéter; ç’eft pourquoi j’ai
- préféré de parler de la maniéré de poufler les moulures en faifant la defcription des outils; ce qui ne dérangera pas l’ordre des Planches, ôc en même temps cela évitera la répétition.
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- 4 76 MENUISIER,111. Part. Chap. II.
- les ravalements foient d’une profondeur égale, for-tout aux pièces, qui, comme les pieds corniers, font ornées de moulures for l’angle, lefquelles moulures deviendroient très-difformes , s’il y avoit la moindre différence de largeur ou de profondeur dans les ravalements de la piece.
- C’eft pourquoi on obfervera, en poufïàntles pieds corniers , delaiffer toujours 3 à 4 lignes de bois à l’angle , afin de forvir de point d’appui à la guimbarde.
- Les Menuifiers en Carrofles font auffi ufàge des guillaumes de côtés, tant droits que cintrés, pour mettre les ravalements de largeur, foppofé que lebou* vet fe foit dérangé, ou qu’il ne foit pas d’une largeur fuffifànte.
- Quoique je dife que l’on fo fort de bouvet de deux pièces pour faire les ravalements, on fo fort auffi quelquefois de bouvets fimples , auxquels on ob-forve une joue par-devant.
- Quant aux rainures propres à recevoir les panneaux, elles doivent avoir 2 lignes d’épaiffeur au moins, & on les fait avec des bouvets fimples à languettes de fer, très-courts , afin qu’ils aillent par-tout, tant dans les parties droites que dans celles qui font creufos ou bouges, ainfî que le repréfonte la Fig. 3.
- ^ Comme ces bouvets peuvent auffi forvir à faire d’autres rainures que celles des panneaux , il eft bon que leurs joues puiffent aller & venir félon le befoin , ce qui fo fait de la maniéré foivante : Au milieu de la largeur de l’outil & perpendiculairement au-deflùs du taillant du fer, on place une vis à tête quarrée , A, Fig. 3 & 4, que l’on fait arrafor au nud du bois, laquelle vis paffe au travers de la joue que l’on ferre par le moyen d’un écrou B , Fig, 4, de maniéré que quand on veut écarter la joue, on deflerre l’écrou & on écarte la joue autant qu’on le juge à propos, en obfervant feulement de mettre entr’elle Sc l’outil des cales qui l’empêchent de vaciller.
- Il faut avoir foin que ces fortes de vis foient taraudées à rebours , parce que fi elles l’étoient à l’ordinaire , on les defferreroit en pouffant l’outil. Il faut auffi faire attention que ces efpeces de bouvets foient arrafës du côté du fer, ainfî que je l’ai obfervé aux Fig, 3 & 4 ; parce que fi le coin ou quelque autre partie excédoit, on ne pourroit pas faire de rainures dans le fond des ravalements.
- f Les Fig. $ y 6 9 7 $ 8 , repréfontent un bouvet dont l’angle intérieur efl arrondi ;* cet outil ne fort qu’aux traverfes de milieu des portières Sc autres glaces , pour faire la languette nommée apfichet.
- Les Menuifiers en Carrofles font encore ufàge d’un bouvet à foie, lequel fort à faire de petites rainures ou nervures dans l’intérieur de la voiture, lefquelles fervent à entrer l’extrémité de l’étoffe dont les Selliers les revêtiffont. Voye\ les Fig. <y & 10.
- Le refie des-Figures de cette Planche , repréfente les outils propres à pouffer les pavillons; favoir, les Fig. 11, 12, 13 & 14, lefquelles re-préfentent une mouchette propre à pouffor les deux baguettes fopérieures ;
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- Section IL Des Outils des Menuifiers en Carrojjes. 477 celles 1J , 16, 17 8c 18, le quart de rond inférieur ; 8c les Fig. 19, 20, 21 8c 2 2 5 repréfentent le congé propre à pouflèr la gorge intermédiaire (*).
- Les Fig. 1,2,3 & 4, repréfentent une mouchette propre à pouffer laba- -guette fiipérieure du profil de la carcaffe de la voiture ; 8c celles y , 6 , 7 & 8, la même mouchette arbitraire de cette première. Les Fig. 9 , 10, 11 &
- 12 , repréfentent un bouvement ou talon propre à pouffer fur le champ & en parement de fouvrage , aux pièces qui ont des rainures ; 8c les Fig. 13 , 14 , 15 8c 16 , le même talon arbitraire du premier, avec une joue de fer pour en-* trer dans les rainures.
- Les Fig. ij , 18 9 19 8c 20 9 repréfentent le même talon que le précédent , avec la baguette que Ton poulie au pourtour des glaces. Cet outil fe poulie en parement 8c fur le champ du bois, & ne peut fervir qu’au-deflus des traverfes d’appui 8c d’accotoirs lorfqu’elles font droites.
- Les Fig. 2i, 22,23 & 24, repréfentent un talon avec fa baguette, lequel talon efl: arbitraire de celui dont je viens de parler. Cet outil fe poufle fur le champ & la joue appuyée fur la joue de la feuillure propre à recevoir la glace.
- Les Fig. 2y , 26 8c 27, repréfentent une mouchette double pour former les deux baguettes du brancard, laquelle mouchette a auffi fon arbitraire ; 8c les Fig. 28,29 & 30 , repréfentent le talon renverfé qui fe pouffe au-deffous.
- Enfin les Fig. 31,32,33 , & celles 34>3J&3^, repréfentent des mou-chettes propres à former diverfes baguettes avec leur dégagement.
- D’après ce que je viens de dire, il efl: fort aifé de connoître la différence qu’il y a entre les outils des Menuifiers de bâtiment, 8c ceux des Menuifiers en Carroffes, & en même temps l’ufàge que l’on doit faire de ceux de la derniere efpece, tant Amples qu’arbitraires, lefquels outils peuvent prendre différentes formes à raifon des différents profils ,• ainfi que je l’ai dit plus haut, fans que cela change rien à la maniéré de les difpofer 8c de s’en fervir, laquelle doit toujours être la même dans tous les cas.
- Pour les autres outils, comme guillaumes, mouchettes Sc rabots ronds, il n’y a pas de différence d’avec ceux des Menuifiers de bâtiment, fi ce n’eft qu ils font plus courts 8c quelquefois cintrés. Pour les outils propres à pouffer à la main, comme les râpes, les gouges, 8cc, ce font les mêmes que ceux dont j’ai parlé dans la première Partie de mon Ouvrage , page 49 & fuiv.
- (*) On obfervera, pour l’intelligence de ce ue je dis ici, que j’ai fait choix d’une efpece e profil tant pour les outils dont je parle, que pour ce que je dirai dans la fuite , pour la conftrudion des Berlines 8c des Diligences, afin que toutes les parties du difcours foient d’accord enfembîe, ce qui ne pourroit être , du moins fans quelque confufion, fi je me fervois de dif-
- férents profils ; c’eft pourquoi, fi l’on veut , on peut voir les Fig. de la Planche 18 j , lefquelles repréfentent les différents profils d’une voiture ^ deffmés grands comme l’exécution, ce qui pourra aider pour bien entendre non-feulernen£ ce que je dis ici, mais encore ce que je dirai dans la fuite.
- Menuisier, III. Part. : Ffffff
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- MENUISIER, III. Part. Chap. Il
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- Section T r o*i s .1 e m e.
- Du Corroyage du Bois des Voitures.
- Les cailles des Voitures étant cintrées fur tous les fens, du moins pour la plupart, & même d’un cintre irrégulier , il fembleroit que le corroyage des bois en dut être très-difficile & demandât beaucoup d’attention & de connoiflànces dans l’Art du Trait ; ce qui feroit exactement vrai, fi les voitures étoient faites avec plus de précifion qu elles ne le font, & fi en même temps les bois qui les compofent étoient d’une largeur confidérable, & qu’ils eufient des champs & des profils larges & (aillants,- ainfi que ceux de la Menuiferie d’affemblage ; mais comme la plupart des voitures n’ont point de champs, ou n’en ont que de très-étroits, les plus gros bois qu’on y emploie à préfent, n’ayant pas plus d’un pouce de largeur apparente , y compris les champs & les profils , qui ont eux-mêmes très-peu de faillie ; il s’enfuit que le corroyage des bois en devient bien moins difficultueux.
- Ce n’eft pas qu’en général il ne fût très-bon que les Menuifiers en Carrofles fufient inftruits des principes de l’Art du Trait, du moins quant à tout ce qui eft de leur reflort, ainfi que je l’ai démontré au commencement de cette Partie ; mais comme chaque efpece de voiture eft à peu-près toujours d’une même forme , ils fe contentent de leurs calibres, d’après lefquels ils cor-royent leurs bois, en augmentant plus ou moins l’épaifleur en raifon du hors d’équerre qui leur eft donné par l’éyafement ou renflement de la voiture, ce qui eft la même chofe.
- Les battants de brancard fè corroyent d’abord droits fur le champ a b ,fi g, r, lequel côté fe trouve par conféquent être le dedans de la voiture ; enfiiite on les met d’équerre de ce même côté, 8c on les dégauchit du côté du creux ; puis on les met d’épaiffeur du côté du Bouge. Voye£ les Fig. 1 & 3.
- Il y a des Menuifiers qui commencent par les dégauchir & les mettre d’épaifieur avant de les mettre d’équerre & de. les drefler fur le champ , ce qui eft aflez indifférent, puifque les deux méthodes tendent également au même but.
- Quand les battants de brancard font ainfi difpofés , on les met de largeur de c à dy parallèles au-dedans dans tout l’efpace qu’occupe la portière , lequel efpace doit être droit, du moins pour l’ordinaire ; enfüite on les diminue des deux bouts de c en e & de d en f> de ce que la voiture a de renflement , de forte que le panneau de côté forme un angle avec la portière ; & on a foin de faire fuivre au champ extérieur du battant de.brancard, l’incli-naifon donnée par le cintre du côté de la voiture , fuppofé qu’il y en ait, ce qui fait que ce champ extérieur n’eft plus d’équerre avec le defliis, ou pour mieux dire, le plat du battant, ce que je vais expliquer.
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- Section 1ÎI. Du Corroyage du Bois des Voitures. 479
- Dans la defoription que j’ai faite dune Berline , page 465 , on a pu remarquer que cette voiture étoit plus large à la ceinture qu au brancard, & que cette inégalité étoit regagnée par un cintre en S ; on a dû voir en même temps que le renflement de cette même Berline, prife à la ceinture , étoit plus confi-dérable qu’au brancard ; d’ou il s’enfuit, que non-feulement les battants de ces derniers ne peuvent pas être d’équerre avec leurs faces creufes ou bombées, puifqu’il faut que leurs faces extérieures fuivent le cintre de la voiture, mais encore que leur inclinaifbn ne peut être la même dans toute leur longueur, ce qui fait que ces faces deviennent gauches en raifbn des différents cintres de la voiture, ainfi que l’indiquent les Fig. 2^4, lefquelles repréfentent les coupes du battant de brancard , l’une prife fur la ligne a b, & l’autre fur celle cd, Fig. 3 , dont l’inclinaifon donnée par les courbes A B & C D> Fig. 2 & 4, eft différente à raifbn du plus ou moins de cintre de ces mêmes courbes*
- Il eft très-néceflaire de faire attention à la pente de la face des battants de brancard, non-feulement pour que, lorfqu’ils font afîemblés, ils fuivent exactement les contours de la voiture, mais encore pour que leurs profils reviennent avec ceux des pieds corniers & des autres pièces qui viennent s’y aflem-bler , ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. y, où le parallélogramme g h i /, qui repréfente la faillie de la moulure d’équerre avec la ligne a x , ne fe rencontre plus avec les lignes t m 3c n l, lefquelles lignes repréfentent la faillie du profil pris parallèlement à l’inclinaifon donnée par le cintre de la voiture.
- Lorfque la face du battant de brancard eft ainfi inclinée, il faut prendre garde fi le profil eft en faillie des deux côtés, parce qu’alors il faut le remonter jufqu’à ce que le fond de fà faillie rencontre le deflous de la piece, ainfi que le parallélogrammegop q ; & fi au contraire le profil de la faillie n’efl qu’en dedans , on fe contente de l’incliner en dedans fans le faire remonter, ainfi que l’indique le parallélogramme tr si, duquel le triangle tgl fe trouve fupprimé par la ligne y / , qui eft le deflous de la piece.
- Pour ce qui eft de la maniéré d’avoir l’inclinaifon & le gauche des battants de brancard , ainfi que des autres pièces qui compofent les voitures , j’en donnerai la théorie en parlant de la maniéré de déterminer la forme des voitures & d’en faire tous les calibres.
- Les traverfès de brancard , appellées de renflement, fe corroyent droites & d’équerre à l’ordinaire ; cependant je crois qu’il feroit bon quelles fuflenc hors d’équerre en raifbn du cintre du brancard.
- Pour ce qui eft des traverfes des bouts, on les corroyé droites fur tous les fons, pour la raifbn que je donnerai ci-après. Pour leurs équerres, elles font dirigées par les cintres tant intérieurs qu’extérieurs de k voiture.
- Les battants & les traverfès de pavillon fe corroyent de même que les brancards , a 1 exception que quand ils ne font qu’à un foui cintre , il faut les mettre plus épais de ce qu’ils remontent fur leur largeur, pour fuivre le bombage du
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- ^ pavillon , ce qui eft peu de chofe à la vérité ; mais c’eft une attention qu’il eft bon de faire , parce que fi les pièces étoient corroyées quarrément, c’eft-à-dire 5 d’équerre avec leurs champs, 8c qu’on voulût leur faire fuivre la pente extérieure du pavillon , il ne feroit plus d’équerre avec la face de la voiture, ce qui feroit pencher leur profil, 8c ce qui eft pis , changerait la forme de leur cintre ou bombage , puifque les battants auroient plus de bombage far le champ, & feraient par conféquent moins bombés fur l’élévation ; ce qui feroit la même chofè pour les trayerfes de pavillon, dont la rainure deviendrait bouge , Sc ne pourrait plus recevoir la traverfe de devant, {ans la faire bomber pareillement , ce qui ne pourrait être, puifqu’elle eft faite pour porter la glace qui eft droite fur fa fùrface , du moins pour l’ordinaire (*). Voye^ la Fig. 6, où le parallélogramme a b c d, repréfertte la coupe du battant du pavillon placé félon fà pente , laquelle en augmente l’épaiiïeur & la largeur, ainfi que l’indique le parallélogramme efg h.
- Quoique je dife que la largeur du battant de pavillon fè trouve augmentée par fbn inclinaifon , ce ne fera qu’autant qu’on voudra la faire fiiivre à fon profil, ce qui ne fait pas bien ; c’eft pourquoi d’après le nud de la voiture, re-préfenté par la ligne i 19 on fera très - bien de mettre le profil de niveau, comme l’indique le parallélogramme imn o, ce qui n’augmente pas la largeur de la piece 9 8c en même temps releve le profil qui doit toujours être de niveau , l’inclinaifbn des faces fùpérieures de la voiture n’étant pas aflez confidé-rable pour fe faire fèntir dans la largeur du profil du pavillon. Quand le cintre du deftùs d’un pavillon n eft pas confidérable , tant fiir la longueur que fur la largeur, la différence d’épaifteur de les bâtis fe réduit prefqu’à rien ; c’eft pourquoi les Menuifiers en Carrofles n’y font pas attention ; cependant de quelque maniéré qu’ils s’y prennent, ils ne fàuroient parer l’inconvénient qui fe rencontre dans la conftruélion des pavillons , fans y avoir égard, parce que s’ils font incliner leurs pièces, ils dérangent les cintres de faces 8c l’éva-fement de la voiture ; ou bien s’ils ies placent de niveau, ils ne peuvent plus les faire raccorder à l’endroit des aflèmblages , ainfi que je le prouverai en parlant de la conftruélion des pavillons.
- Le deftùs des pavillons forme ordinairement un arc de cercle plein cintre , tant fur la longueur que fur la largeur ; toute l’attention qu’on doit avoir, eft que le deftùs des courbes foit hors d’équerre en conféquence de la courbe du milieu, ce qui feroit auffi à fbuhaiter pour le dedans de ces mêmes courbes, afin que leurs arrêtes ne marquaiïènt pas fur l’étoffe que l’on attache delïùs.
- (*) L’obfervation que je fais ici eft très-eflen-tieîle, fur - tout quand le cintre des pavillons eft confidérable ; mais comme la mode eft de les faire prefque droits, la différence que caufe le renverfement, fe réduit prefqu’à rien; ce qui fait que prefque tous les Praticiens mettent les bois des pavillons d’une égale épaiffeur, fans
- faire attention aux petits défauts qui y naiffent par l’inclinaifon de ces mêmes pièces , auxquelles on doit toujours faire attention , aïnû que je le prouverai dans la fuite, en parlant de la conftruâion des pavillons à un & à trois cintres.
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- Quant à la maniéré d'avoir les cerces de ces différentes courbes, j'én donnerai la méthode en parlant des pavillons.
- Les pieds corniers fe corroyent d'abord du côté du creux , comme les Fig. 7 & 8 9 en obfervant, lorfqu'on les dégauchit > de remonter le calibre à rai-fon de l'inclinaifon du dedans du pied , comme l'indiquent les lignes a b, c d & efy Fig 8 & 9.
- Ces pieds corniers étant ainfi corroyés & dégauchis du côté du creux ^ on les met d^épaiffeur du côté du bouge qui eft le parement ; ce qui étant fait, on marque l'arrafement du haut, du bas & du deflus de l'accotoir ; puis on trace le haut du battant en ligne droite, Sc le bas par le moyen d'un calibre ployant, que l'on applique dans le creux du battant que l'on chan-tourne enfiiite , en obfervant de les mettre d'équerre horifontalement , félon que l'indiquent les lignes o, o, Fig. 7,8 & 9.
- Quand je dis qu'on met les pieds corniers d’équerre, ce n’eft pas que je veuille faire entendre qu'il faut qu’ils {oient à angle droit, ce qui ne pourroit être, puifque les voitures font évafées, du moins pour la plupart ; je veux dire feulement qu'après s’être rendu compte de cet évafement * on corroyé les pieds en conféquence, en obfervant de placer le calibre ou la fauffe équerre horifontalement.
- Comme l'évafement n'eft pas le même dans toute la hauteur de la voiture , les équerres des pieds changent par conféquent, ce qui fait que les pieds corniers font non-feulement hors d'équerre avec leurs faces , mais en-* core gauches depuis l'appui jufqu'en bas, le haut devant toujours être dégauchi pour les railons que j'en donnerai ci-après.
- Le dedans du pied cornier le met à peu~près de largeur, fur-tout lor{qu'il n'eft pas vifible & qu'il ne reçoit pas de glace, ce qui n'arrive qu'aux Diligences & aux autres voitures dont le pied cornier fert de pied d'entrée , lequel alors deviendroit d'égale largeur dans toute fà longueur.
- Ce n'eft cependant pas qu'il ne faille que les pieds corniers des voitures foient d'une largeur égale pour y pouffer les moulures ; mais cette largeur n’eft apparente qu'en devant, ce qui fe fait par le moyen d'un ravalement, ainfi que par les côtés.
- Les ravalements dont je parle , fe font pour faire paroitre les pieds corniers moins larges, & on laifle de la force au - dedans du battant, du derrière de la rainure, ainfi que je le dirai en fon lieu.
- Le hors d'équerre des pieds corniers en change la largeur, parce que fi on le met en dedans, comme à la Figure 12 , cela repouffe le ravalement plus loin ; fi au contraire ce hors.d'équerre fe met en dehors, il augmente la largeur du pied cornier. Voye£ la Fig, 15.
- J ai dit plus haut que les équerres du bas des pieds n'étoient pas les
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- mêmes, ceft à quoi il faut faire attention en les marquant toutes les unes fur les autres, afin de conno4tre ce quil faut augmenter ou diminuer de bois, ainfi que le re prélente la Fig. 14.
- Cette obfervation eft eflentielle pour avoir au jufte l’arrafement des panneaux , lelquels font moins longs à raifon de ce que les bois font plus hors d’équerre, ce qui eft fort aifé à comprendre , la ligne a b étant plus courte que celle ç d, & celle-ci que celle ef9 ce qui, par conféquent, change la longueur des panneaux dont ces lignes repréfentent le devant prolongé au travers du pied cornier.
- Aux voitures nommées Angloifes, & aux Vis-à-vis, les pieds corniers ne font pas cintrés for le côté , mais forment un angle à l’endroit des accotoirs, ainfi que les pieds d’entrée Sc les battants des portières , comme je le dirai en fon lieu.
- Les battants des portières & les pieds d’entrée , fo corroyent droits for le champ ; & for la face ils font cintrés depuis l’accotoir jufqu’en bas , le refte de la hauteur devant être droit pour recevoir les glaces; pour le dedans, ces-battants font corroyés droits tant du haut que du bas jufqu’à l’appui, où ils forment un angle plus ou moins grand, félon que le cintre extérieur eft plus ou moins confidérable.
- Gomme les portières font ordinairement droites for le plat, leurs battants doivent être d’équerre for tous les fons. Il n’en eft pas de même des pieds d’entrée, lelquels doivent être d’équerre avec la portière en dedans de l’ouverture de cette derniere, & foivre en parement, ainfi que for l’épaiiTeur , l’inclinaifon du renflement de la voiture, lequel étant inégal, ainfi que je l’ai déjà dit, rend la forface cintrée de ces pieds non-feulement hors d’équerre avec le côté de l’ouverture de la portière , mais encore gauche for là longueur.
- Cette difficulté fe rencontre pareillement en corroyant les battants des portières de Diligences ; c’eft-à-dire, que leurs faces ' ne doivent pas être d’équerre avec leurs champs, mais au contraire foivre la pente du renflement de la voiture, lequel n’étant pas égal d’un bout à l’autre du battant, en rend par conféquent la forface gauche, avec laquelle il faut mettre le dedans du battant d’équerre, du moins de la faillie de la moulure, ce qui augmente la largeur du battant, dont le parement forme un angle obtus avec fon champ extérieur. Voye[ la Fig. 10 , qui repréfonte un pied cornier de devant de Diligence, avec fon évafoment & fon gauche, lequel ne commence qu’à la hauteur d’appui. Voye^ pareillement la Fig. 11, qui repréfonte un battant de portière de cette même Diligence , avec fon hors d’équerre & fon gauche.
- Comme ces battants font ordinairement en faillie for le nud de la voiture , & que leurs faces, & par conféquent leurs profils , doivent foivre l’inclinai-fbn de la voiture , il faut d’abord commencer par tracer leur forme au nud du fond de leur faillie ; enfoite de quoi il faut augmenter cette derniere, laquelle
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- Section III. Du Corroyage du Bols des Voitures. 483 diminue à mefure que le hors d'équerre augmente, Voye^la Fig. iy , où cette différence de faillie eft indiquée par les lignes gh^il&imn , lefquelles font abaiftees des angles des parallélogrammes qui repréfentent cette faillie félon fes différentes inclinaifons.
- Le champ des pieds d’entrée du côté du panneau, doit être d’équerre avec fa furface extérieure , du moins de toute la faillie des moulures , parce que comme ces pieds font très-étroits, ils perdroient une partie de la force qui leur refte , fi on les mettoit d’équerre de toute leur épaiffeur.
- Les traverfes du haut 8c d’accotoirs , tant du corps de la caifle que des portières , doivent être droites fur le plat, à caufe des glaces quelles reçoivent, ( lefquelles font droites & dégauchies fur leurs furfaces, ainfi que je l’ai dit en parlant des pavillons) , de même que pour recevoir les jumeaux que l’on peut faire creufer au feu fur un fens feulement, mais non pas fur deux fens à la fois , ainfi que je l’expliquerai en parlant de la maniéré de faire revenir les panneaux au feu.
- Quant au champ des traverfes dont je parle, il peut être chantourné ainfi qu’on le faifoit anciennement, & qu’on le pratique encore quelquefois , ce qui faifoit affez bien, & en même temps donnoit plus de force aux affembla-ges en augmentant la largeur des traverfes ; mais à préfent la coutume eft de les faire toutes droites 8c le plus étroites poffible, du moins en apparence, püifque pour conferver la force des aflemblages , on les fait d’une largeur convenable , & on y fait un ravalement du derrière de la rainure, & à la largeur qu’on le juge à propos.
- Les traverfes du haut de la carcafle de la caifle , ne peuvent pas être exactement droites , puifqu’elles fuivent le cintre du pavillon; & on les fait affez larges pour quelles ayent la portée néceflàire pour la glace, la refuite de cette derniere, & ce que ces traverfes entrent dans le pavillon, ce qui fait au moins iy lignes de largeur; lavoir , 4 lignée de portée de glace , 7 lignes de refuite, & 4 lignes dans le pavillon.
- Les frifés font cintrées fur le champ , ainfi que le pavillon, & fe font le plus étroites poflible , toute leur force n’étant que dans leur épaiffeur, qui eft ordinairement de 18 lignes.
- Les traverfes du haut des portières fuivent le même cintre que les frifes, font de même largeur que les battants de portières, & n’ont d’épaiflèur que la faillie du profil, afin que les glaces puiffent paffer derrière , ce qui eft général à toutes les traverfes du haut des voitures, à l’endroit où il y aura des glaces ou de faux panneaux.
- Voilà à peu-près tout ce qu’on peut dire touchant le corroyage des bois des voitures ; en général , ce que je viens d’en dire , pour peu qu’on veuille y faire attention, étant applicable à tous les cas ; & fi on opéré avec quelque précifion, l’ouvrage doit toujours bien revenir, parce que comme
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- les bois font de peu de grolfeur, il eft fort aifé de les faire revenir , fuppofé qu’il fe trouve quelque erreur dans leur courbure, l’expérience faifant voir tous les jours que des pieds corniers , par exemple, corroyés avec toute l’exactitude poffible, fe tourmentent lorfqu’ils font tout-à-fait élégis & qu’on les fait revenir en les affemblant.
- J’ai dit plus haut que les battants de brancard, ainfi que ceux de pavillons, formoient un angle à l’endroit des portières, par la raifon que les glaces & les panneaux ne pouvant être que droits fur leur furface, cet angle étoit inévitable à caufe du renflement de la voiture , ce qui, à mon avis , fait un fort mauvais effet, auquel on pourrait remédier en faifant cintrer le renflement de la voiture d’un bout à l’autre de fa longueur, & en augmentant la faillie des profils du brancard & diyp&villon au milieu de la portière & des côtés, & en la diminuant aux angles de la voiture , ce qui donnerait une forme plus gra-cieufe, fans que cette différence de faillie fût beaucoup apparente. '
- De plus, on pourrait cintrer extérieurement les traverfes du haut & celles d’accotoirs , & faire les feuillures & les rainures droites , en regagnant la différence qui fe trouverait dans l’épaiffeur de leur joue par la faillie des moulures ; différence qui ferait peu de chofe en elle-même, & qui ne demanderait qu’un peu plus de fujétion de la part de l’Ouvrier.
- On pourrait aufli faire fuivre le cintre des traverfes aux rainures difpofées à recevoir les panneaux, qui, quoiqu’ils ne puiflent être cintrés que fur un fens , ainfi que je l’ai déjà dit, pourroient cependant fe prêter à ce cintre, vu le peu de bombage qu’il y aurait dans leur largeur; je ne parle pas de la pof-fibilité qu’il y aurait d’avoir des glaces cintrées, ce qui une fois acquis , lèverait toute efpece de difficulté , & faciliterait à donner plus de mouvement dans la forme générale des voitures , ainfi que je le prouverai dans la fuite (*).
- Section Quàtriëm ë. Des Vanneaux des Voitures en général*
- L e s panneaux des voitures fe font ordinairement de bois de noyer noir, ap-pellé noyer mâle, comme je l’ai dit plus haut ; ce n’eft pas qu’on ne pût les faire d’autre bois, mais c’eft qu’il eft difficile , du moins dans ce pays, d’en trouver qui foit aufli liant, & dont les planches portent tant de largeur fans
- fentes ni nœuds vicieux.
- La raifon qui oblige à choifir des planches ainfi larges pour les panneaux
- ( * ) On ne doit regarder ce que je dis ici & ce que je dirai dans Ja fuite touchant le bombage des voitures, que comme une opinion qui m’eft propre, ôc que je ne propofe que comme un confeii, fur-tout pour ce qui efl: des glaces ! \
- cintrées, îefquelles, cependant, ne font pas fans exemple , puifque j’ai vu un Vis-à-vis appartenant à M. le Duc d’Aumont, dont la glace de devant étoit difpofée de cette maniéré.
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- Section IV. Des Panneaux des Voitures en général. 4§|
- des voitures, eft, que comme il faut qu’ils foient très-minces , non-feulement pour être plus légers, mais encore pour ployer plus aifément , les joints quon y feroit à rainure & languettes feroient peu folides, & fe calferoient lorfque l’on voudrait faire revenir les panneaux au feu , ou les cintrer ( ce qui efl: la même chofe) , ce qui oblige donc à les prendre dans une feule piece , du moins ceux qui font pour être cintrés lur la lurface ; car pour ceux qui font droits à l'ordinaire, comme ceux des cuftodes Se ceux de derrière, on peut les faire de plufieurs pièces , ce qui note rien à leur folidité, pourvu toutefois que le bois loit allez foc, Se que les joints foient bien faits Se ne fe tourmentent pas.
- Les panneaux fe refendent à 4 lignes d’épailfeur, ^de forte que quand ils font corroyés & replanis , ils n’en ont que trois bonnes.
- Quand il arrive qu’ils font refendus inégalement, ou bien que ce font des dofles , on doit les mettre d’épailfeur, afin qu’ils ploient également par-tout.
- Quant au choix des panneaux, il faut toujours faire en forte que ceux qui font difpofés pour être les plus cintrés , foient bien liants & d’une égale den-fité, afin qu’ils fe prêtent par-tout également à l’aélion du feu ; comme auffi éviter à ces panneaux les bois tranchés, parce qu’ils pourroient caffer en les faifànt revenir.
- En général, on finit les panneaux des voitures avant de les faire revenir, c’eft-à-dire, qu’il faut qu’ils foient équarris, replanis Se mis au molet avant de faire cette opération, afin qu’à mefore qu’on les fait revenir , ou puiflô les mettre dans les bâtis d’abord qu’ils font bombés, ainfi que je le dirai ci-après ; mais auparavant il efl néceflàire de donner une méthode sure pour équar-rir les panneaux , ou pour mieux dire, les tracer Se les chantourner félon la forme qui leur efl convenable , à raifon de la place qu’ils doivent occuper & du cintre qu’ils doivent avoir ; après quoi je donnerai les différentes maniérés dont on fe fort pour les faire revenir au feu.
- §. I. De la maniéré de tracer les panneaux, a raifon de leurs différents cintres*
- O n peut confidérer les formes que l’on peut donner aux panneaux des Voitures , fous trois points de vue différents ; lavoir, ceux qui doivent être cintrés également des deux bouts , c’efl>à-dire for toute leur largeur ; ceux qui font cintrés inégalement des deux bouts, ou quelquefois gauches ; enfin ceux qui, cintrés régulièrement ou irrégulièrement, fe trouvent fur un plan oblique , tels que les panneaux de côté des Berlines.
- Comme en général les panneaux des. voitures, avant d’être cintrés au feu , ont une lurface plane & unie, il efl néceflàire de trouver le développement de ces panneaux, afin d’avoir au jufte leur largeur Se leur longueur , Se en meme temps leurs differents contours, lelquels leur font donnés par le. Menuisier , ffi. Pan. H h h h h h
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- gauche ou par les différents contours qu’ils doivent prendre , ce qui fe fait de la maniéré foivante :
- Lorfque les panneaux font également cintrés , après avoir tracé leur élévation géométrale, ainfî que la Fig. 2 , on marque à côté le cintre ou calibre du panneau coté A B 9 que Ton divifo en un nombre de parties à volonté , comme l’indiquent les points q, r, s, t9u9 delquels points on mene à la Fig. 2 , autant de lignes horifontales , comme celles u 4, 16 , s 8 , r 10 8c q 12 ; enfoite on développe la ligne courbe A B fur une ligne droite & perpendiculaire, ainfî que celle x b , laquelle ligne on divifo en autant de parties que celle A B ; puis des points y , [ , & , a & x , on mene à ia Fig. r , autant de lignes horifontales parallèles entr’elles ; puis on prend fur la Fig. 1, la diftance 1,2, que l’on porte for ia Fig, 1, de <2 en £ ; celle 3,4 , de c en d ; celle y , 6 y de e znf ; celle 7,8, de g en h ; celle 9,10, de i en / ; celle 11 , 12 , de 772 en n ; enfin celle 13 , 14, de 0 en p ; de forte que fefpace compris entre o a , ab,bp8tpo9Q& égal à celui qui eft compris entre les lignes 14,252,1; 1,13 & 13, 14, dont il eft le développement ; ou pour parler plus clairement , la Fig, 1 eft le développement de la Fig. 2 , l’opération que j’ai faite pour une partie du panneau , pouvant s’appliquer au tout.
- Que le cintre du panneau foit un arc de cercle comme le calibre A B, ou bien un cintre en S, comme le calibre C D , c’eft toujours la même méthode , ainfî qu’on peut le voir aux Fig, 3 & 4 , ou la ligne E F, Fig. 3 , eft égale à celle C D, développée , & la diftance G H eft égale à celle IL, Fig. 4, ainfî du refte.
- Il faut faire attention que dans tous les cas, on doit prendre les points de divifion for le parement des calibres , ainfî que je l’ai obforvé aux deux exemples ci-defïus ; parce que fi l’on s’y prenoit autrement, on courroit rifque de faire les panneaux trop étroits ou trop larges, félon que le parement de l’ouvrage foroit en bouge ou en creux.
- Quand les panneaux font gauches, comme dans le cas d’une portière de Diligence , on commence par tracer le cintre ou calibre M Q N, que Ton divifo en un nombre de parties à volonté, comme ci-deflus ; enfoite on partage la faillie de ce calibre en deux parties égales au point Q, par lequel on fait paffer la ligne OP, qui repréfente le devant de la coupe du côté droit du panneau ; puis par chaque point de divifion , on fait paffer autant de lignes horifontales , lefquelles traverfont également le panneau vu géométralement, Fig. 6, & fon développement Fig. 5*. Ces lignes horifontales ne foryent fox la Fig. 5 qu’à déterminer les points ^,A,i,/,/7z,/2&u,àla partie du panneau qui doit refter droite, lefquels points doivent par conféquent être d’une diftance égale aux deux Figures, puifque la diftance OP, repréfentée par celle o g, Fig. 5 > égale à celle U Yy Fig. 6.
- On tire enfoite for la Fig, ÿ, la ligne perpendiculaire a b, dont la diftance
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- Section IV. §. I. De la maniéré de tracer les Panneaux. 487 de celle g 0 , eft égale à celle T U9 Fig. 6 ; & on fait la ligne a b, d'une longueur égale à celle M Q N, développée , laquelle ligne a b étant divifée en parties égales aux points a9f9e9^9d9c9b9 on fait pafTer par ces points autant de lignes qui vont répondre aux points de divifion de la ligne 0 g, lef-quels ont été donnés par les lignes horifbntales communes aux deux Figures.
- Ce qui a été fait jufqu’à préfent, na fervi quà donner la largeur du panneau ; mais comme il eft gauche, les parties qui fe lèvent ou qui s’abaiffent > fe raccourciroient fi le panneau étoit coupé quarrément, comme l’indique la ligne a b. Pour remédier à cet inconvénient, 8c pour avoir la véritable longueur du panneau à tous les points de divifion, on trace à part la ligne J , 1 , égale à celle T U, au bout de laquelle ligne J , 1, on éleve la perpendiculaire 1, 2 , dont on fait la hauteur égale à celle P N ou M O, qui eft le plus haut point d’élévation ou de rentrée du panneau , ce qui eft la même choie , puifque la ligne O P partage le parallélogramme M S N R , en deux parties égales.
- Enliiite on prend la diftance p q ou x y 9 que l’on porte de 1 à 3 ; celle r s
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- ou tu, que l’on porte pareillement de 1 à 4 ; 8c des points 2 , 3 & 4 , on mene au point 5 autant de lignes dont la longueur donne celle des divifions obliques du panneau développé, qui leur font correfpondantes ; de forte que les diftances 0 6 8c g 11, Fig. J , lont égales à celle 5,2; celles n 7 8c h 10 , font égales à celle 5,3 ; & celles m 8 & i 10 , font égales à celle 5,4; quant à celle l £ , elle eft néceflàirement égale à celle y, 1 , puifque c’eft le point de rencontre de la ligne courbe avec la droite, & où par conféquent le panneau ne hauflè ni ne baifîè.
- La ligne du milieu du panneau fè trace de même que celle de l’extérieur , ainfi que je l’ai indiqué fur l’élévation par les points x x, qui font marqués de même fur le plan , ce qui n’a befoin d’aucune démonftration.
- Il faut faire attention que dans la conftruélion des Fig. 5 & 6 , j’ai pris les points de divifion pour le développement de la ligne courbe M Q N, du point Q y qui eft le milieu de cette courbe, parce que, comme le cintre eft d’une forme en S, il faut, pour y faire revenir le panneau , le chauffer des deux côtés , de maniéré que i’aélion de ralongement fe fait autant d’un côté que de 1 autre , ce qui eft plus naturel 8c ménage davantage la longueur du panneau , vu que fi l’on faifoit autrement, tout le ralongement fe trouveroit d’un côté; cependant il faut prendre garde à quel point du cintre fe trouve la ligne droite, laquelle ne paffe pas toujours par le milieu , ainfi que je l’ai fait paffer dans les Fig* $ & 6 ; 8c que quand le gauche eft déterminé, c’eft lui qui fixe le point de rencontre du cintre avec la ligne droite, ainfi que je vais le démontrer.
- Soit le parallélogramme A B, Fig. 8, lequel repréfente le plan du panneau par en bas , & que la ligne B C perpendiculaire au-devant du panneau reprefente fa projeélion ou la faillie du cintre , ce qui eft la même chofe , il eft tres-aife de voir que toutes les lignes de divifion du panneau repréfenté en plan
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- ==55 dans la Fig. 8 , que ces divifions -, dis-je, font en dehors de la ligne AB, tant fur le plan Fig* 8, que fur les coupes tenant à la Fig. 7, lefquelles font marquées des mêmes lettres que fur le plan, & que par conséquent le point A , Fig, 7, eft la rencontre des deux Surfaces du panneau , ce qui arrive aux portières de Diligences , où le bas de la portière efl: d’équerre avec la faillie du cintre du pied d’entrée ; ce qui fait que tout le hors d’équerre, caufé par le cintre & le gauche du panneau, fe trouve en de dus ainfi que le ralongement, qui efl: auflî tout d’un côté , comme on peut le voir dans la Fig. 7, laquelle n’a b efoin d’autre démonstration que l’infpeétion de la Figure, dont la conftruélion eft la même qu’aux Figures précédentes, puifque la longueur des lignes de l’élévation efl: égale à celles du plan , Fig, 8, qui leur font correspondantes , lef quelles longueurs peuvent auffi fe tracer Sur le devant du plan , en décrivant du point A comme centre , & de tous les points où les lignes de divifion rencontrent la ligne B C, qui efl: la projeélion , autant d’arcs de cercle , leSquels venant à rencontrer la ligne A B prolongée indéfiniment, donnent la diftance B G, Fig. 8 , égale à celle H G 9 Fig, 7, & ainfi des autres, leSquels font trop près les uns des autres pour être marqués des mêmes lettres, ce qui, d’ailleurs, efl: aflTez inutile, vu que toutes les lignes de divifion Sont marquées des mêmes lettres & chiffres, tant Sur le plan que Sur la coupe Sc l’élévation.
- Les mêmes arcs de cercle peuvent auffi fervir pour décrire la ligne du milieu, ainfi qu’on peut le voir dans la Figure ci-deflus.
- D’après ce que je viens de dire, on peut aifément faire toutes Sortes de panneaux gauches , de quelque forme que ce Soit, en faiSànt feulement attention au point de rencontre des deux Surfaces , lequel doit être d’équerre avec les côtés des battants , & par conféquent perpendiculairement à la projeélion ou Saillie du cintre, lequel point de projeélion donne toujours une ligne de niveau fur l’élévation, ainfi que celle / £, Fig, 5 , & celle D E, Fig. 7 , la diftance E F n’étant que le ralongement nécefïàire pour le hors d’équerre du panneau, lequel, aux portières de Diligences , n’eft jamais quarré par le bas.
- S’il arrivoit qu’on voulût tracer fur le panneau développé , des coupes prifes fur le plan Fig, 8 , ainfi que celles / C ou L B , on fe ferviroit toujours de la même méthode, c’eft-à-dire , qu’on prendroit les diftances qu’il y auroit du point A , jufqu’aux points où ces lignes coupent celles de divifion , lefquelles diftances on porterait Sur l’élévation aux lignes correspondantes à celles du plan, ainfi que je l’ai indiqué par les lignes ponéluées I M G de L M E , Fig, 7.
- 1 En donnant la maniéré de tracer le développement des panneaux gauches,
- Planche j’ai fuppofé qu’ils étoient droits fur une rive , d’après laquelle on pouvoit mar-quer les longueurs des lignes de divifion ; il s’agit maintenant de donner la maniéré de tracer les panneaux, qui non-feulement feraient gauches, mais encore dont les deux côtés feraient d’un cintre différent, ce qui fe fait toujours par la même méthode, laquelle eft feulement un peu plus compliquée.
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- Section IV. §. I. De la maniéré de tracer les Panneaux. 4%
- On commence d’abord par tracer à côté du panneau les deux coupes des bouts, ainfi que celles A & B, Fig. 1 ; enfiiite après les avoir divifées, non Planché
- pas chacune d’elles en parties égales , mais par des divifions prifes Fut l’une des 18o*
- deux, & menées à l’autre par des lignes parallèles , on fait fur les deux lignes des extrémités du panneau, le développement de chacune des courbes, en obfervant de prendre bien exaélemeftt les diftances qu’il y a entre chaque divb lion, foit quelles loient égales ou inégales entr’elles ; enfuite, par chaque point de divifion développé , on trace des lignes fur lefquelles il refte à tracer les largeurs & les contours du panneau , ce qui fe fait de la maniéré liiivante :
- De toutes les divifions on abaiflè des perpendiculaires, dont on porte les diftances fur les projetions du plan C D, dont on prolonge la ligne du devant a m, indéfiniment ; enliiite, par chaque point de projeétion, on fait pafler les lignes de divifion du plan, lefquelles repréfentent celles de l’élévation 9 que l’on prolonge jufqu’à ce qu’elles rencontrent la ligne a m au point n ; pour la ligne b f9 au point o ; pour celle c gy au point p y qui fe trouve hors de la Planche ; pour la ligne dhy au point qy hors de la Planche ; pour la ligne c i ; enfin au point r, pour la ligne b l : puis de chacun de ces points on éleve autant de perpendiculaires à chacune des lignes de l’élévation qui leur font correfpondantes, & que l’on prolonge à ce fujet. Le refte fè fait félon la méthode ordinaire , c’eft-à-dire , que l’on fait la diftance 1, 2, égale aae* celle s 4 , égale à nj ; celle t 6, égale à o g ; celle u 8 , égale ap h ; celle xp, égale à qc ; & celle y 11, égale à rb : enfiiite on porte la diftance/# de 4 à 3 ; ceb le g c de 6 à J ; celle h d de 8 à 7 ; celle c i de 9 à ro ; & celle bl de 11 à 12.
- Puis on divifera chaque ligne foit du plan foit de l’élévation, en deux parties égales, ce qui donnera la ligne du milieu du panneau.
- Pour peu qu’on veuille faire attention à ce que je viens de dire ci-deflùs, il eft fort aifé de voir que pour avoir les furfaces développées d’un panneau de l’efpece dont je parle, il faut le confidérer comme faifànt partie du développement des furfaces de deux cônes qui fe pénètrent, & dont les fommets feroient oppofés.
- Lorfque les panneaux font fur un plan biais , comparaifon faite avec leur pto-jeélion , on commence par tracer l’élévation géométrale & la coupe ; enfuite on trace le plan au-deffous de l’élévation géométrale , ainfi que dans la Fig.
- 3 ; puis après avoir fait le développement de largeur du panneau, Fig. 2, on en a le contour en relevant des perpendiculaires du plan que l’on éleve à chaque ligne de divifion qui leur font correfpondantes, ainfi qu’on peut le voir dans cette Figure.
- S’il arrive que le bout du panneau, au lieu d’être une ligne droite comme la H ne A B, Fig. 3 , (laquelle eftrepréfontée par celle F G H, Fig. 2,) fi, dis-je, cette ligne étoit une ligne courbe comme celle C DE, de chaque point ou cette courbe coupe les lignes horifontales de l’élévation on abaifle autant Menuisier . III. Pan. I i i i i i
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- de perpendiculaires fur le plan, jufqu’à ce quelles rencontrent les lignes de divifion qui font correfpondantes à celles de T élévation dont partent les perpendiculaires ; puis on porte la longueur des lignes du plan for l’élévation développée Fig. 1, où l’on fait la diftance a 1 égale à h 2 ; celle b 3 égale à i 4 ; celle c y égale à / <5 ; celle dj égale à m 8 ; celle c 9 égale à n 10 ; celle /il égale à 0 12 ; & celle g 13 égale àp 14.
- Si les panneaux biais étoient en même temps gauches ou de différents çim très des deux bouts , on fe ferviroit toujours de la même méthode, en obfer-vant de prendre les diftances pour déterminer la longueur du panneau fur les lignes du plan, prolongées jufqu’à ce qu elles rencontrent la bafe de ce même plan , comme dans la Figure 1.
- Ce que je viens de dire touchant la maniéré de tracer les panneaux des voitures , renferme une méthode générale pour tous les cas poflibles , du moins elle y eft applicable ; c’eft pourquoi je ne m’étendrai pas davantage à ce fojet ; de plus, on peut recourir à la partie de l’Art du Trait, dont la connoiflànce & les principes font abfolument néceflaires pour bien entendre ce que je viens de dire ici & ce que je dirai dans la fuite de cet Ouvrage, qui y aura rapport.
- Je fais bien que les Menuifiers en Carrofîès ne prennent pas, du moins pour la plupart, toutes les précautions dont je viens de parler pour tracer les panneaux des voitures, fo contentant de les tracer d’après les bâtis, & de laifler du bois de plus où ils le croient néceflaire ; enfoite de quoi ils les cintrent & les mettent dans les bâtis ou ils les ajuftent ; & s’il fe trouve qu’ils foient trop longs ou trop larges, ils écartent également les bâtis d’un bout à l’autre, & tracent fur le panneau un trait au pourtour de ces mêmes bâtis , ce qui leur fait voir l’endroit où le panneau porte, & ou il faut en ôter.
- Comme les voitures font peu cintrées, & que par conféquent leurs pan* neaux ont peu de ralongement, il efl: allez aifé de les -tracer fans recourir aux pratiques que j’ai données ci-deflus , du moins cela paroîtroit ainfi, s’il n’ar-rivoit pas tous les jours, que malgré l’expérience qu’ont les Ouvriers, laquelle leur a feule donné le ralongement 8c la forme de leurs panneaux , s’il n’arrivoit pas, dis-je , qu’ils font des panneaux trop étroits ou trop courts, de forte qu’ils n ont prefque pas de languette à certains endroits, ou, ce qui eft quelquefois pis, on voit le jour au travers, de maniéré que ces panneaux ne peuvent pas fervir ; c’eft pourquoi on doit prendre le parti le plus sûr, qui eft celui des principes, lequel non-feulement garantit la juftefle de l’opération, mais encore accéléré l’exécution de l’ouvrage.
- Ce n eft pas qu’il faille tracer ainfi tous les panneaux des voitures, un de chaque efpece étant fuffifànt pour tracer delfus ceux des voitures d’une même forme & grandeur.
- De plus, la théorie, fondée for de bons principes, raffore l’Ouvrier, 8c le met à portée de les fuivre ou de s’en écarter avec raifonnement & connoiflànce de caufe.
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- Section IV. §. ÏI. De la maniéré défaire revenir les Panneaux. 49 *
- Quand les panneaux font tout-à-fait chantournés , on achevé de les replanir le plus parfaitement poffible , afin qu’il n’y refte point d’onde ni aucune Planche elpece de bois de rebours , ce qui eft nécefîâire pour que les peintures & les vernis que l’on applique defius, foient & paroiflent parfaitement unis.
- Lorfque les panneaux font tout-à-fait replanis, on les met au molet à environ deux lignes d’épaifleur , ces panneaux ne fe mettant pas au molet comme ceux de la Menuiferie ordinaire , c’eft-à-dire , avec un feuilleret ; mais au contraire, on fe contente d’y faire un chanfrein , lequel étant pris de coin , ne diminue pas confidérablement l’extrémité de la languette, Sc confèrve davantage de force au panneau. Voye£ la Fig. 4.
- Il faut avoir foin que les languettes foient très-juftes, parce que pour peu que les panneaux fe trouvent courts, il y auroit du jour entre ces derniers & la joue du bâtis, fur-tout aux endroits où ils feroient cintrés en bouge , ce qui feroit un très-mauvais effet, auquel on ne pourroit remédier qu’en callant derrière les panneaux, ce qui ne fait jamais bien , & de plus la grande juftefte des panneaux, tant fur la longueur & la largeur que fur l’épaiffeur, étant effentielle à la folidité d’une voiture.
- §. IL De la maniéré de faire revenir les Panneaux par le moyen du feu.
- Il eft plufieurs maniérés de faire revenir les panneaux félon qu’on veut les cintrer à bois de fil ou à bois de travers, lefquelles maniérés je vais donner ci-après, avec l’avantage & le défàvantage de chacune d’elles, afin que l’on puifle préférer l’une ou l’autre de ces différentes méthodes , non pas parce que c’eft l’ufàge, mais au contraire félon que le cas femblera l’exiger.
- Les panneaux des voitures fe cintrent ordinairement fur la largeur du bois 5 ce qui eft la meilleure maniéré, comme je le prouverai ci-après ^ ce n’eft pas qu’on ne puifle faire revenir les panneaux à bois de fil, c eft-à-dire, les faire ployer fur la longueur, ce que l’on fait quelquefois pour épargner le bois de largeur, qui eft toujours plus cher que l’autre; mais cette maniéré de faire ployer les panneaux eft abfolument vicieufe, parce qu’ils font fujets à fe redreffer après avoir été employés, ce qui fait un très-mauvais effet, le milieu d’un panneau devenant droit pendant que les côtés font cintrés ; de plus, le bois des panneaux en fe redreflànt ainfi, fait' déjoindre les traverfes en les obligeant de ployer au milieu, & quelquefois rompt les languettes de côté, & fè fend à différents endroits, ce qui eft fort difgracieux lorfqu’une voiture eft toute finie, puifque pour remettre un autre panneau, il faut là démonter toute entière, c’eft-à-dire , défaire non - feulement l’ouvrage du Menuifier, mais encore celui du Serrurier, du Peintre & du Sellier.
- On ne doit donc employer les panneaux à bois de fil, que quand les
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- voitures n’auront pas de cintre fur l'élévation, ou du moins allez peu pour qu'on ne craigne pas qu'ils fè redreflent; car dans tout autre cas cette manière d’employer les panneaux eft abfolument à rejetter, & li j’en parle ici , ce n’eft que pour en faire connoître tous les inconvénients & le mauvais ulàge.
- La meilleure maniéré de creufer , ou pour mieux dire , de faire ployer les panneaux , eft de les faire à bois de travers , c’eft-à-dire fur fa largeur, parce que les pores du bois de travers fe refterrent ou fe dilatent beaucoup mieux que le bois de fil, vu que dans le premier cas ce font les couches annulaires qui fe refterrent ou fe dilatent, ce qui leur eft naturel ; au lieu que dans le fécond cas, ce font les libres ligneufes , lefquelles tendent toujours à fe redrefter pour peu qu’elles {oient libres de le faire, ou qu elles y {oient excitées par la trop grande chaleur ou par l’humidité.
- Il luit de ce raifonnement* que la maniéré de cintrer le bois au feu {ur le bois de fil, eft abfolument vicieulè, ainfi que je vais le démontrer, & que quand on cintre les panneaux à bois de travers, on fera très-bien , quand ils ne le feront que d’un fens , de les creufer du côté de la dolfe, parce que les rayons ou mailles des bois étant plus diftants l’un de l’autre de ce côté que du côté du cœur , il y refte par conféquent plus de parties tendres , lelquelles prêtent plus aifément à la prefllon ; ce qui arrive tout naturellement aux bois qu’on laiffe expofés à l’air , lefquels fe bougiffent toujours du côté du cœur, ainfi que je l’ai expliqué ailleurs.
- Quand les panneaux feront cintrés en S, il n’y aura pas d’autre choix à faire que le plus beau côté du bois, pour en faire le parement de l’ouvrage, à moins toutefois qu’il n’y ait une partie de ce cintre beaucoup plus cintrée d’un côté que de l’autre ; dans ce cas , il faudrait mettre le côté cintré le plus creux du côté de la dofle, ainfi qu’aux panneaux cintrés d’un {èui côté.
- U eft encore une obfervation à faire avant de creufer & même de débiter les panneaux, qui eft de faire fuivre , autant qu’il fera poflible , le fil du bois avec le parallélilme des divifions des cintres, parce que quand le fil du bois fe trouve oblique avec le niveau des cintres , ils ploient difficilement, font des ondes & même des plis marqués, ce qui eft aifé à concevoir, puifqu’ils tendent à être à bois de fil, ce qui les met dans le cas de fe ployer mal aifément & inégalement.
- Quand on a pris toutes les précautions néceflàires pour dilpofer les panneaux 8c que la voiture eft prête à monter, on fait revenir les panneaux de la maniéré fuivante :
- On allume d’abord un feu clair & vif ; puis après avoir mouillé avec une éponge le côté du panneau qu’on veut faire bougir, on préfente le côté oppofé au feu julqu’à ce que le panneau loit fuffifiimment cintré, en obfervant toujours de mouiller le panneau à mefiire qu’il chauffe & qu’il creufe, 8c d’y préfenter le calibre de temps en temps pour voir s’il creufe affez & également
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- Section IV. §. II. De la maniéré dé faire revenir les Panneaux. 493 tant fur la largeur que fur la longueur, c’eft-à-dire , fi un des bouts neft pas plus ou moins creufe que 1 autre.
- Dans le premier de ces deux cas, c’eft-à-dire, quand on s*apperçoit qu’il creufe plus d’un côté que de l’autre , foit parce que le feu eft de côté ou que le bois eft d’une inégale denfité, on écarte du feu le côté qui creufe trop vîte, ou même on le cache avec une barre de fer , Fig. y, large de 3 à 4 pouces , que l’on tient prête à cet effet.
- Quand il chauffe plus d’un bout que de l’autre , ce qui arrive prefque tou*i jours à celui d’en bas, ony remédie en retournant bout pour bout.
- Comme il arrive quelquefois que les panneaux font d’une forme mixte, Sc qu’il y auroit à craindre qu’ils ne fè cintraffent trop, on fait d’abord un feu d’une médiocre étendue ; puis on prend des barres de fer ou même de bois , que l’on met devant le panneau à l’endroit que l’on veut empêcher de fe cintrer, lef-quelles barres empêchent l’aélion du feu, & confervent le panneau dans fon état naturel.
- On peut auffi augmenter ou diminuer l’aélion du feu , en mouillant plus ou moins le derrière du panneau , c’eft-à-dire, le côté que fon veut faire bougir, parce qu’en augmentant l’humidité , on aide à la dilatation du bois , & pat conféquent à l’aélion du feu qui tend à poufler ; & qu’au contraire , en diminuant l’humidité , le bois fe dilate moins Sç réfifte davantage au feu.
- Ce que je viens de dire pour tout uii côté d’un panneau, peut auffi s’appliquer pour des parties de ce même panneau, lefquelles fe trouvent d’une inégale denfité, c’eft-à-dire, plus dures ou plus tendres, Sc ont par conféquent befoin d’être plus ou moins mouillées.
- J’ai dit plus haut qu’il falloit faire un feu clair & vif, il faut cependant éviter qu’il foit trop violent, parce qu’alors la chaleur faifiroit le bois trop vivement, Sc ne laiflèroit pas le temps à l’humidité de pénétrer, ce qui l’expoferoit à fe fendre en féparant les parties qui le lient ; au lieu qu’une chaleur modérée, fécondée de l’humidité extérieure, fait ouvrir doucement les pores du bois , & y facilite l’entrée de l’humidité, qui, en ramolliiîànt les parties poreufes, les rend capables de preffion & d’élafticité.
- Quand les panneaux font cintrés en S , il eft fort aifé de leur faire prendre leur forme, puifque quand on les a fùffifàmment cintrés par un côté , on les retourne de l’autre, ce qui ne fouffre aucune difficulté.
- Quand les panneaux ne font cintrés que fur un bout ou qu’ils font gauches , comme ceux d’une Diligence à la Françoife , on fe fort toujours de la même méthode , en obfèrvant de faire entrer le bout qui doit être droit dans un morceau de bois rainé à cet effet, & on a foin de ne mouiller de de ne chauffer le panneau qu’à l’endroit que l’on veut cintrer & gauchir. Voy. la Fig. 6.
- Il faut auffi faire attention d’éloigner du feu le bout du panneau qui doit Menuisier. IIL Part. K k k kk k
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- 1 refter droit, en le penchant en dehors, ou en faifant enforte que le feu ne monte pas plus haut quil n’eft nécefîàire.
- Si les panneaux font d’un cintre inégal par les deux bouts * on les fait d’abord cintrer jufqu’à ce que le côté le moins cintré foit revenu ; enfüite on met ce côté dans la rainure de la piece où il doit aller, ou dans toute autre d’un Contour femblable , & on racheve de le cintrer de l’autre bout, ainfi que ci-deffos.
- On fait revenir les panneaux un à un, c’eft-à-dire, que d’abord qu’un panneau efl cintré, il faut le mettre dans fon bâtis, ce qui lui conferve la forme en l’empêchant de fe redreifer ; de plus , cela donne le temps aux barres de fer de fe refroidir, ce qui ne pourrait être II l’on faifoit revenir plufîeurs panneaux de fuite, parce que les barres de fer venant à s’échauffer, feroient un effet tout contraire à celui qu’on en attend, puifque par leur chaleur elles augmenteraient l’aétion du feu au lieu de l’empêcher.
- Lorfqu’on veut cintrer les panneaux fur le bois de fil, on s’y prend de la maniéré iùivante :
- Après avoir préparé les panneaux , c’eft-à-dire, les avoir replanis & mis au molet, on fait chauffer une barre de fer d’un médiocre degré de chaleur , afin quelle foit allez chaude pour faire cintrer le bois fans pouf cela y faire aucune marque ; enfoite on arrête le bout du panneau for l’établi avec le valet , en obfervant de mettre deffous ce dernier une barre de toute la largeur du panneau , laquelle l’empêche de fe creufer à bois de travers, puis on palfe la barre de fer entre l’établi & le panneau, à l’endroit où on veut le faire ployer , en obfervant de le mouiller en même temps, & d’appuyer for l’autre bout pour lui faire prendre fa forme, & en avançant ou reculant la barre de fer félon qu’il eft néceffaire.
- Il eft encore une autre maniéré de cintrer les panneaux à bois de fil, qui eft d’en afforer le bout for le bord de l’établi, de maniéré qu’il forte tout-à-fait en dehors ; enfoite de quoi on fait porter le milieu for une barre de fer fopportée par deux montants de bois que l’on avance ou recule au befoin ; puis on met au-deflbus du panneau , un fourneau plein de feu que l’on approche ou qu’on éloigne du panneau félon qu’il eft nécefîàire : on appuie for l’autre bout du panneau pour le faire ployer, & on a foin de le mouiller en même temps qu’on le chauffe.
- Il y aurait cependant à craindre qu’en appuyant for le bout on ne le fît fendre ; c’eft pourquoi il ferait bon de le faire entrer dans un morceau de bois rainé , ce qui ferait très-commode.
- Comme la barre de fer qui fopporte le panneau , pourrait s’échauffer & brûler le panneau , on peut y fubftituer une piece de bois for le champ, ce qui lèvera toute difficulté ( * ).
- (*) Quoique je donne ici deux maniérés de cintrer les panneaux à bois de fil, ce n’eft pas
- que j’en approuve Pufage, au contraire je le regarde comme très-dangereux ; je n’en parle donc
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- Section IV. §. II. De la maniéré de faire revenir les Panneaux. 49 J
- Ce que je viens de dire touchant la maniéré de chantourner 8c de faire revenir les panneaux au feu, renferme à peu-près tout ce qu’on peut dire à ce fojet, la pratique 8c l’expérience qui en eft le fruit, donnant tous les autres fecours dont on peut avoir befoin, for-tout pour le cintrage des panneaux, dont les bois doivent être plus ou moins, chauffés félon qu’ils font durs ou tendres, & qu’ils font plus près du cœur ou de la doffo de l’arbre , ce qui fait qu’il n’eft guere pofîible d’en dire davantage à ce fujet.
- U faut faire attention que les bois ne peuvent être cintrés que for un fons $ ou du moins que de très-peu de chofe, quoique dans i’exaéte vérité ils ne puiflent pas être cintrés des deux fons à la fois , c’eft-à-dire , à bois de travers 8c à bois de fil, parce qu’il faudroit que le bois fo rétrécît ou fo rélargît inégalement dans fon étendue, ce qui eft impoflîble au bois, & ne peut avoir lieu qu’aux métaux tels que le fer , le cuivre , &c, lefquels fo rétrégnent au marteau , foit à froid ou à chaud.
- C’eft cette impoflibilité de creufor les panneaux for les deux fons à la fois , qui eft une des principales caufos qui empêchent de faire les voitures cintrées for le plan & for la face verticale , du moins d’un cintre confidérable , ( car s’il n’y avoit que 3 à 4 lignes de cintre , le panneau ployé roi t aifément, ) ce qui cependant feroit un très-bel effet, ainfi que je l’expliquerai ci-après ; il eft vrai que cela obligeroit à prendre les panneaux dans du bois d’une forte épaiffour, ce qui coûteroit feulement plus cher, fans pour cela rendre la caifle plus pelante, comme plufieurs Menuifîers l’objeélent, puifque l’on peut évuider ces panneaux en dedans, ( ainfi que font les Luthiers, aux tables de leurs inftruments ) à l’é-paiffeur ordinaire , ou du moins à peu-près ; car il feroit bon que ces panneaux fuffont un peu plus épais que les autres , du moins à l’endroit du bois tranché , ce qui en augmenterons la folidité fons qu’ils fuffont pour cela beaucoup plus lourds.
- Ici que pour ne rien laifler à defirer au fujet de la maniéré de cintrer les panneaux de tous les fens poftibles ; de plus cette derniere , quoique d'un mauvais ufage pour les panneaux des
- voitures , peut être bonne & fervir dans d’autres occafions ; c’eft ce qui m’a engagé à en parler ici, ainfi que je l’ai annoncé dans la fécondé Partie de cet Ouvrage.
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- Planché
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- 4 96 MENUISIER, IlI.Part. Chapt III.
- CHAPITRE TROISIEME.
- jüe /a forme ôC difpojîtion des Voitures modernes en général.
- T j e premier changement arrivé à nos Voitures modernes , a été de les fermer au pourtour au-deffus des accotoirs, ce qui a été une des principales différences qu’il y ait eu entre les Coches & les Carrofles, ainfi que je fai dit page 463.
- Au commencement les Carrofles étoient exaélement fermés au pourtour , excepté au-deflus des portières, lefqueiles étoient ouvertes & fe fermoient avec des rideaux, afin de garantir des injures de fair fintérieur de la voiture ; enfiiite on les ferma avec des verres, puis avec des glaces, Fufage de ces dernieres étant devenu plus commun.
- Les premières glaces étoient à demeure dans les portières, ce qui les expo-{bit à deux inconvénients; lavoir, celui de fe caJïèr en ouvrant ou en fermant la portière , 8c de priver d’air fintérieur de la voiture , ce qui efl: très-incommode , fur-tout dans les temps chauds. Pour remédier à ces deux inconvénients, on a imaginé de rendre les glaces mobiles, non pas en les faifànt ouvrir verticalement , ce qui auroit été très-incommode ou même impoffible, mais au contraire en les faifànt defcendre dans un efpace pratiqué dans fépaiffeur de f appui de la portière , ce qui a levé toute efpece de difficulté, & a rendu les voitures plus magnifiques 8c plus commodes, en facilitant l’ufàge des glaces non-feulement aux portières, mais encore au devant, aux côtés, à la place des panneaux de cuftode , & même au derrière de la voiture , comme on le pratique quelquefois aux Carrofles d’Ambaflàdeurs & autres voitures magnifiques.
- Toutes ces glaces peuvent être mobiles & fe remplacer par des faux-panneaux , que Ton ôte des voitures quand on veut y mettre des glaces, ou bien qui defcendent à coulifîès dans f intervalle des panneaux de doublure ainfi que les glaces, de maniéré que ces dernieres 8c les faux-panneaux fe trouvent renfermés dans fépaiffeur de la voiture, fans qu’il foit nécefîàire de les tranf-porter ailleurs lorfqu’on veut les changer.
- L’ufàge des glaces efl: d’une très-grande commodité , 8c augmente beaucoup la magnificence des voitures ; mais auffi il a le défaut d’en borner la forme, fur-tout lorfqu elles font mobiles, parce qu’alors il faut que les places deftinées à les recevoir , foient droites 8c dégauchies , 8c que quand une voiture efl: d une forme trop cintrée, ou que les cintres, n’étant pas femblables, forment un gauche, il arrive alors que l’on efl: obligé de faire rentrer les panneaux de doublure en dedans de la voiture, ce qui en diminue la largeur 8c qui efl: très-incommode ; c’eft pourquoi avant d’entrer dans un plus grand détail touchant
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- Section I. De la hauteur ôC largeur des Glaces. 497 la forme de chaque efpece de voiture, j’ai cru qu’il étoit néceflâire de donner une réglé générale touchant le mouvement des glaces , de la place qu’elles peuvent & doivent occuper tant for l’épaifleur que fur leurs largeurs Sc hauteurs, comparaifon faite avec celles de la voiture , de leurs formes, & des différentes efpeces de coulifleaux dans lefquels coulent les glaces Sc les faux panneaux, afin que cette connoiflànce une fois acquife, on foit à portée de déterminer au jufte le cintre des voitures, la grandeur Sc la forme des panneaux , & l’épaiflèur des parties qui reçoivent les glaces, comme les pieds d’entrée , les battants de portières, Scc.
- Section Première.
- Maniéré de déterminer la hauteur & la largeur des Glaces,
- comparaifon faite avec celles de la Voiture. {
- L a hauteur & la largeur des portières font fort aifées à déterminer , parce : que c’eft la largeur du dedans de la portière , plus un recouvrement de 4 à y lignes de chaque côté , qui donnent la largeur de la glace. Quant à là hauteur, après avoir déterminé la forme générale de la voiture , & par conféquent la hauteur de la portière , ainfi que la Figure 1, on divife cette hauteur en deux parties égales, prifes du deflùs de la traverfo d’en bas , dans les deux angles au-deflous de la traverfo d’en haut pris au milieu du cintre , plus 4 lignes de plus , qui font néceflaires pour la portée de la glace , Sc une de ces deux parties eft la hauteur de cette derniere, Sc l’autre détermine le deflùs de l’accotoir ; de forte que quand la glace eft baiffée, elle fo trouve tout-à-fait cachée dans la hauteur de l’appui de la portière , comme je l’ai obforvé à la Fig. 1, où la glace ah c d , cotée A , eft de même forme Sc grandeur que celle cotée B , laquelle • j’ai marquée des mêmes lettres que l’autre , Sc qui eft tout-à-fait cachée dans la hauteur de l’appui de la portière, de forte que la hauteur g e eft égale à celle e f.
- Il eft des occafions. où pour grandir la hauteur de la glace, on entaille les deux côtés de la traverfo d’en bas , jufqu’à ce qu’il n’y refte dans les angles que 6 lignes de bois d’après les feuillures, comme l’indique la ligne i l, ce qui augmente la hauteur de la glace de près d’un pouce, & ce qui, par conféquent , abaiflè l’accotoir de pareille hauteur, c’eft-à-dire , environ un pouce ; mais il faut prendre garde qu’en abaiflànt ainfi les accotoirs , on ne grandiflè trop la hauteur des glaces de cuftode , de maniéré quelles ne puiflent plus être contenues dans l’appui de côté, ce qui arrive quand le fond de la voiture eft beaucoup cintré , & qu’au contraire l’impériale l’eft peu.
- On remédie à cet inconvénient, en faifànt une entaille dans le brancard pour y faire entrer le bas de la glace de cuftode ; mais il faut prendre garde que cette Menuisier , 111. Paru L11111
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- -______^ entaille ne îbit trop profonde & qu elle note la folidité du brancard ; c eft
- Planche pourquoi lorlqu’on fait la divifion de la hauteur des glaces d’une voiture, il ï8ï* faut avoir non-feulement égard à la hauteur de la portière, mais encore aux côtés de cuftode, afin que les glaces puiflent être toutes contenues dans la hauteur des appuis, fans être obligé de faire des entailles trop profondes dans les battants de brancard, ainfi que je lai obfervé dans la Fig. i, où la glace de cuftode cotée D, eft de même forme & grandeur que celle C, & quoique entaillée dans le brancard, dont le deflus eft repréfenté par la ligne mno , elle laiflè encore un pouce de bois plein en defïous , ce qui eft fuffifimt. ff Les glaces de cuftode font toutes cintrées par le bas, parce que le fond des Voitures l’étant auffi, il faut qu’elles puiiïent y être contenues ; il eft cependant des occafions où ces glaces font quarrées ; mais ce ne peut être que quand les voitures font très-grandes, & quand elles font cintrées en S au lieu de l’être en cul-de-finge, c’eft-à-dire , faifànt une partie d’ovale.
- D’ailleurs ces glaces quarrées ne peuvent raifonnablement s’employer que dans les voitures à trois cintres, où la plus grande hauteur de la portière fait remonter l’appui, & par conféquent diminue la hauteur des cuftodes ; car autrement les glaces de cuftode quarrées font inexécutables , ainfi qu’on peut le voir à celles cotées E, dont l’angle p fort en dehors du brancard.
- Quoique j’aye tracé droit le deflus des accotoirs tant des portières que des cuftodes , on peut les cintrer fi on le juge à propos, en obfervant feulement que les glaces foient toujours contenues dans la hauteur des appuis, fins qu’aucune de leurs parties excede en aucune maniéré le deflus des traverfes d’accotoirs.
- De quelque maniéré que l’on dilpofe les glaces de cuftode, & de quelque largeur que foient les traverfes qui leur fervent de battement, il faut toujours qu’il refte p lignes de jeu entre le deflus de la glace & le pavillon, ce qui eft néceflàire pour la portée de la glace & pour la refuite de la languette ou apfichet de l’accotoir qui retient la glace en place ; ce qu’il faut auflî obferver aux glaces de portières, c’eft-à-dire , que quand elles font levées & que les portières font fermées, il fe trouve toujours entre le deflus de la glace & le deflous de la frife 6 lignes de jeu pour la refuite de l’apfichet, qui, jointes à 3 lignes de portée au moins, font les p lignes demandées.
- Quand les glaces de cuftode font immobiles, on peut les faire de toute la largeur de cette derniere, ce qui ne fouffre aucune difficulté ; mais ce ne peut être qu’aux voitures d’une décoration magnifique.
- Aux portières de Diligences, où la traverfo du bas neft pas de niveau, on doit fe borner au côté le plus court, auquel on fait quelquefois une entaille à la traverfo, afin de ne pas trop hauflèr la traverfo d’appui ou d’accotoir, ce qui eft la même chofe, & donner plus de hauteur à la glace. Voye£ la Eig. s , où la glace eft marquée à là place & defcendue dans l’appui.
- Quant aux glaces de devant, c’eft la même chofo qu’à celles des côtés, c eft-
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- Section L De la hauteur SC largeur des Glaces. 499
- à-dire, que quand on veut quelles foient mobiles , leur largeur eft bornée g par celle dû bas de la voiture prife entre les deux pieds corniers, ce qui fait Planche qu’aux voitures ordinaires on fait deux petits pilaftres aux deux côtés de la glace , 181 ’
- lefquels regagnent l’inégalité de largeur de la voiture.
- La largeur de ces pilaftres eft donnée par la largeur intérieure de la voiture, ainfï que je l’ai déjà dit & que l’indiquent les lignes a b & c d, Fig. 3 ; cependant quand par économie ou pour quelqu’autre raifon, on veut diminuer la grandeur de la glace , on fait non-feulement ces pilaftres plus larges, mais encore on met une frifo au-defîous de la glace , laquelle en diminue la hauteur comme les pilaftres en diminuent la largeur, ce qui en même temps grandit l’intérieur de la voiture, comme je l’expliquerai ci-après.
- Quand les glaces du devant des voitures font immobiles, on peut les faire de toute la grandeur de l’ouverture, fans aucune eljaece de pilaftre ni de frife.
- Ces glaces entrent à rainure dans un des pieds corniers, & à feuillure dans l’autre, fur lequel on rapporte une pièce à queue ou à vis, laquelle retient la glace ainfi qu’aux glaces de cuftodes immobiles. (
- Pour les voitures dônt la largeur du devant eft égale du haut en bas , comme les Diligences, les Vis-à-vis & autres, on peut y mettre des glaces de toute la largeur ; ce qui ne fouffre aucune difficulté. Foye^ la Fig. 4.
- Quant à la hauteur de ces glaces, c'eft-à-dire, de celles du devant des voitures , elle eft toujours bornée par le deflus de la traverfe d’appui, qui doit être de niveau au pourtour de la voiture, du moins c’eft l’ordinaire , & par le milieu du cintre de la traverfe du haut; il faut cependant faire attention qu’elles puiffent, lorfqu’on les baiffe ainfi que toutes les autres, être contenues dans l’appui, au-deffus duquel elles doivent affleurer ; c’eft pourquoi une élévation telle que celle Fig. 3 & 4, ne foffit pas , il faut y joindre une coupe, afin de fo rendre compte de la place que la glace doit occuper dans la voiture, en raifon de fa hauteur & du cintre de cette derniere , ainfi que je vais l’expliquer en parlant des couliffes propres à recevoir la glace & les faux panneaux.
- §. I. Des Coulijjes & des Couliffeaux propres a recevoir les Glaces leurs formes , proportions 6 conjlruclion.
- Les glaces des voitures font contenues dans un chaffis dont je donnerai la ...........
- forme & la conftruélion dans la fuite , ne s’agiflànt préfentement que d’en Planche connoître l’épailfeur, laquelle doit être de 5 lignes, afin qu’avec l’étoffe dont l82* ' ce chaffis eft entouré , ainfi qu’un des côtés de la coulifle de la glace, on puiffe déterminer au jufte la largeur, ou pour mieux dire , l’épaiffeur de cette couliffe, laquelle , d’après ce que je viens de dire, ne peut pas être moindre que de 6 lignes ou 7 lignes au plus, puifqu’il ne refte que deux lignes pour placer trois épaiffeurs d étoffé, qui eft ordinairement du velours, & le jeu néceflaire pour que
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- •la glace coule aifément fans cependant être trop à l’aife, parce que fi cela étoit, rébranlement de la voiture pourroit faire cafîer les glaces, ce qui eft fort à craindre.
- Il faut donc que non-feulement la glace foit prife jufte quand elle eft levée > mais encore quand elle eft baiflee; c’eft pourquoi on doit faire en forte que les coulilfes n’ayent que 7 lignes de largeur à leur extrémité fupérieure cotée A , Fig. 2,7 lignes également du devant de fapficliet B , au dedans de la joue, ou pour mieux dire , d’après la faillie de la -moulure.
- Il faut qu’il y ait pareillement 7 lignes de jeu entre le derrière de la traverfe & le dedans de la joue de la coulifle cotée C, & que la même diftance le trouve pareillement en bas, cote D , de maniéré que la diftance de 7 lignes fe trouve feulement aux points A , B , C, D , ce qui eft néceflaire pour retenir lagl ace & l’empêcher de balotter, foit qu’elle foit levée ou qu’elle foit abaiflee.
- Quant à l’épâifleur de cettê coulifle dans tout le refte de fa hauteur, elle eft déterminée par le cintre de la voiture, qui lui donne plus ou moins de largeur dans la partie de l’appui, à raifon de ce que le cintre de la voiture s’écarte plus ou moins de la ligne droite. Pour bien entendre cette partie de la théorie des voitures , il faut d’abord faire attention que dans tous les cas la fuperficie des glaces eft droite & dégauchie, & qu’elles ne peuvent fe prêter à aucun cintre ni gauche ; c’eft pourquoi il faut que les places difpofées à recevoir les glaces foient parfaitement droites & dégauchies, afin que quand elles font dans l’apfichet ou feuillure du deflùs de la traverfe d’appui, elles portent également partout.
- Or, pour avoir les différentes largeurs des coulifles, on s’y prend de la maniéré fuivante :
- Après qu’on a 'déterminé le cintre de la voiture & tracé le deflus de la traverfe d’appui, ainfi que le point le plus haut de la glace , comme celui coté A, on commence à marquer 7 lignes de largeur à ce point, ainfi que je l’ai dit plus haut ; enfùite on met au nud de l’appui 17 lignes de diftance du dedans en dehors de la coulifle; fàvoir,7 lignes pour l’apfichet, 3 lignes d’épaifleur de languette, & 7 autres lignes pour le paflage de la glace; puis du point a au point b , on tire une ligne droite qui eft le dedans de la joue de la coulifle; on fait la même opération par le bas, ce qui donne également le dedans de la joue , ou pour mieux dire , le dedans du panneau de doublure qui fert de joue.
- Quant au dedans de la coulifle du côté du panneau, il ne peut être une ligne droite ainfi que la ligne c d, parce que fi cela étoit, la glace, en remontant, viendroit rencontrer la joue fupérieure de la coulifle au point d, ce qui l’empê-cheroit de monter plus haut, à moins que la glace ne ployât, ce qui eft impoflible.
- Le dedans de la joue doit donc être une ligne courbe , dont on a le contour en faifant pafler au derrière de l’apfichet plufieurs lignes droites d’une longueur égale à celle de la glace, ainfi que celles e f St. g h9 lefquelles étant plus élevées
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- Section L §. I. Des Couliffes ÔC des Couliffeaux, SCc. 501 Tune que l’autre, St touchant par leurs extrémités fupérieures au dedans de — la joue de la coulifle du haut, donnent à leurs extrémités inférieures autant Manche
- de points par ou pafTe la courbe décrite par le bas de la glace , dont les lignes l82*
- cd,efStgh, repréfentent la lurface.
- On fait la même cholex avec une réglé de 7 lignes d’épaifleur, St d’une
- largeur égale à celle de la glace, laquelle réglé on fait palier au derrière de
- l’apfichet, & appuyer du bout fiipérieur au dedans de la coulifle, & on la fait monter tout le long de cette derniere , de maniéré qu’en attachant un crayon ou une pointe au bout inférieur de la réglé, on trace tout de fuite la courbe demandée, à laquelle on ajoute une à deux lignes de jeu, afin que la glace ne foit point trop gênée dans Ion mouvement.
- S’il arrivoit que les cintres d’appui fuflent différents, il faudroit les marquer l’un fur l’autre , afin d’en connoître le gauche, ( qui ne peut être que par le bas , puifque le haut doit toujours être dégauchi, ) St l’on opéreroit à l’ordinaire , afin que les deux couliflès fuflent dégauchies entr’elles , quoique l'appui fut gauche en parement, ainfi que l’indique la ligne ilm (*)•
- S’il arrivoit que les voitures fuflent cintrées à rebours de la Figure que je viens d’expliquer, c’eft-à-dire, qu’au lieu d’être en bouge Comme cette derniere, elles fuflent en creux , ce qui arrive aux portières des Chaifes de pofte , on fe ferviroit toujours de la même méthode, excepté que l’on feroit l’opération de l’autre fens , ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 8 , où les lignes no , p q St r s, repréfentent la fùrface intérieure de la glace, St celles t u St u x, la joue de la coulifle du côté du parement.
- Les couliflès des portières fe font de la même maniéré St par la même méthode que celles dont je viens de parler, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 4, St fe prennent dans les battants , la glace fe plaçant par erl haut * & la traverfe n’ayant d’épaifleur à cet effet, que la joue de la coulifle, où pour mieux dire , la faillie du profil, ainfi que je le dirai en parlant des portières.
- Lorfqu on veut que les faux-panneaux foient contenus dans l’épaiffeur de la voiture, ainfi que les glaces, cela ne change rien à la maniéré de faire les couliffes, excepté qu’on en augmente la largeur de 10 lignes par le bas feulement ; fàvoir, 7 lignes pour le faux-panneau , St 3 lignes pour la languette qui fépare les deux couliffes ; quelquefois cette languette fe fait de cuivre d’une ligne d’épaifleur, ce qui rend les bois moins épais, & par conféquent moins lourds, ce qui eft fort à confidérer : pour le haut de la coulifle, elle doit toujours etre de meme largeur qu aux couliflès fimples • cependant comme il arrive quelquefois que le peu de cintre du parement de l’ouvrage, oblige de faire les couliffes plus larges par le haut, afin que la joue de la coulifle abc, Fig.
- . (*) Çe 5e dis icî n’â gu?re fieu qu’aux por- fait qu’afin de fendre la ehofe plus fenfible . & tieres de Diligences, où la différence n’eft pas fi afin de n’avoir point à me répéter, grande que je 1 ai marquée ici , ce que je n’ai
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- 6, devienne droite , & que le faux - panneau puiflfe monter aifément, on fait venir le haut de cette joue en adouci flànt, afin quelle n ait que 7 lignes de large à fon extrémité fupérieure , pour les raifons que j'en ai données ci-deflus.
- L'obfervation que je fais ici eft aufli applicable aux couliflès des glaces de devant de Vis-à-vis , & à celles de Chaifes de pofte, ainfi que je l'ài repréfenté dans la Fig. 7 , qui eft un battant ou pied cornier de Vis-à-vis , & dans la Fig. 8, dont la-démonftration eft applicable a la glace du devant d'une Chaifè de pofte.
- Les couliflès le font dans les battants de portières, comme je viens de le dire ; pour ce qui eft des glaces de côté des voitures, on fait leurs couliflès d'un côté dans le pied d'entrée , & de l'autre dans des couliflèaux qui fe rapportent à plat lur les panneaux de cuftode , lefquels leur fervent de joue intérieure feulement par le haut ; pour le bas, ils ont une joue , laquelle ne va que jufques fur le panneau, dont elle fuit les contours.
- Les couliflèaux fe font de la même maniéré que les couliflès ; c’eft pourquoi je n'entrerai pas dans un plus grand détail, à ce fujet, l'infpeéHon feule des Figures étant plus que fuffifànte. Voye{ Isl Fig. 1, qui eft le couliflèau de la Fig. 2 ; la Fig. 3 , qui eft celui de la Fig. 4 ; enfin la Fig. 5, qui eft le couliflèau de la Fig. 6: auxquels couliflèaux j’ai obfervé des entailles pour recevoir les traverfes d’appui & les barres qui portent les panneaux.
- Les glaces de portières fè retirent par le haut ; mais celles de cuftodes ne peuvent pas fortir de même, vu qu’il faudroit démonter le pavillon, ce qui n eft pas poflible ; c'eft pourquoi on a imaginé de les faire fortir à refuite par le côté, par le moyen d'une barre à queue placée dans le couliflèau du côté du panneau , lequel lui fert de joue.
- Cette barre à queue doit avoir 7 lignes quarrées, afin que quand elle eft ôtée, on puiflè faire entrer la glace à fa place, laquelle a pour lors la refuite néceflàire pour fortir de l'autre couliflè ^ laquelle n'a, ainfi que toutes les autres, que y lignes de profondeur.
- Les barres à queue ne s’attachent pas ordinairement, étant fuffifamment retenues par le frottement de l’étoffe dont elles font entourées, & dont font garnies les feuillures qui» les reçoivent ; c'eft pourquoi il faut avoir foin que ces barres à queue foient moins fortes que la place quelles doivent occuper, afin de laiflèr de la place pour l'étoffe. Voye^ les Fig. 9 & 10 , qui repréfen-tent un couliflèau ainfi difpofé 9 coupé au plus haut & à l'appui, & les Fig. 11 & 12, qui repréfentent des couliflèaux fans barre à queue, coupés de même maniéré , mais difpofés pour recevoir des glaces & des faux-panneaux.
- La largeur des couliflèaux eft ordinairement de 16 lignes, afin qu'ils ayent affèz de bois d'après la rainure pour y placer les vis avec lefquelles on les attache au bâtis ; quant à leur hauteur, ils viennent finir par le bas fur le brancard , & par le haut on les laiflè paflèr d'un demi-pouce au-deflus des traverfes,
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- Sect. I. §. lï. Des ChaJJis de Glaces, des faux-Panneaux, SCc. 503 afin qu’ils entrent tout en vie dans les battants de pavillons, ainfi que les pieds s corniers & les pieds d’entrée.
- Ce que je viens de dire des coulifleaux de côté, doit auflî s’appliquer à ceux de devant, excepté que l’on fait quelquefois ces derniers de 2 lignes plus minces que les autres.
- Le bas des coulifles ainfi que des coulifleaux, n’a pas de joue en parement, c eft-à-dire, en dedans de la voiture depuis le nud de l’appui; mais au contraire on y fait une entaille fur toute leur largeur, de l’épaifleur de la joue fupérieure, laquelle entaille eft faite pour recevoir les panneaux de doublure , lefquels tiennent lieu de joue , & garantiflènt les glaces lorfqu’elles font baiffées.
- Ces doublures fè font de bois blanc de 4 lignes d’épaifleur, qui eft celle de la joue intérieure des coulifleaux ; on les met toujours couchées, & fur la rive du haut, c eft-à-dire, à l’endroit de l’accotoir ; on y met une alaife d’environ 3 pouces de large, laquelle a 7 lignes d’épaifleur au moins , & qui eft néceflâire pour porter la garniture d’accotoir que les Selliers y mettent. Voye£ les Fig.
- 2,4 & 6, ou j’ai marqué les panneaux de doublure en coupe avec leurs alaifès ou emboîtures, & les Fig. 1, 3 & 5 , où l’entaille eft faite pour recevoir les panneaux de doublures , & l’épaifleur de ces derniers qui y eft marquée par des lignes ponétuées.
- §. IL Des ChaJJis de Glaces , des faux-Panneaux & des Jaloujies de toutes ejpeces ;
- leurs formes & conJlruBion.
- Après avoir traité des coulifleaux, il eft tout naturel de parler des chaflîs de glaces & des faux-panneaux auxquels ils fervent, afin de terminer tout de fuite ce qui concerne la partie des glaces , & de ne point interrompre la def* cription des voitures , dont je ne parlerai qu’après avoir fini toutes les parties de détail, tant intérieures qu’extérieures.
- Les chaflîs de glaces fe font de bois de noyer oü d’orme 3 mais plus fouvent de noyer, ce qui eft meilleur ; ils ont 5 lignes d’épaifleur fur 7 lignes de largeur aux battants , 9 lignes à la traverfe du bas, & n lignes à celle du haut, du moins pour l’ordinaire.
- Au milieu de l’épaifleur des chaflîs de glaces, on fait une rainure de 4 lignes de profondeur fur 3 lignes d’épaifleur, ce qui eft néceflâire pour recevoir les deux côtés de l’étoffe dont ces chaflîs font garnis, & pour recevoir la glace qui eft chanfreinée au pourtour pour lui donner de l’entrée.
- Le dehors du bois des chaflîs doit être très-arrondi fur tous les battants, afin d en faciliter le coulement ; on doit auflî en arrondir les arêtes intérieures, pour que l’étoffe ne fe coupe pas.
- Les chaflîs s aflemblent a tenons & mortaifes à l’ordinaire ; mais on ne les cheville ni ne les colle point, parce que les Selliers ne pourraient pas y faire
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- —1 entrer la glace. Voye^ les Fig. i & 2 , qui repréfentent un chaffis vu en coupe
- Planche & <Je face ^ gr un profq grand comme l'exécution.
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- Lorfque ces chaffis font cintrés en ovale, comme il arrive aux voitures à trois cintres , ce que j’ai indiqué par des lignes ponétuées Fig. 2, on aiîemble la traverfe du haut en enfourchement dans les battants à la retombée du cintre, en obferyant de faire l’enfourchement dans la traverfe cintrée, & le tenon dans les battants. Voye£ la Fig. 2 , cote A.
- Pour rendre ces chaffis plus folides, & mettre moins de bois tranché dans les traverfes, on fait cintrer le bout du battant & on fait le joint plus haut, ce qui diminue le bois tranché de la traverfe, & par conféquent augmente la folidité du chaffis. Voyez la même Figure, cote B.
- Les faux-panneaux fo font de bois blanc afin d’être plus légers, de 4 lignes d’épaiffeur au plus, pour que lorfqu’ils font garnis de cuir en dehors & d’étoffe en dedans, ils n ayent que 6 lignes d’épaiffeur au plus, & qu’ils paffent aifé-ment dans les couliffes.
- Les faux-panneaux fo font de planches jointes enfomble à l’ordinaire, & on les emboîte par les deux bouts afin de les rendre plus folides, & qu’ils ne puiffent pas coffiner aifément ; de plus, comme ces emboîtures ne peuvent être affemblées qu’à rainures & languettes vu leur peu d’épaiffeur, il faut avoir foin que le bois foit très-foc, afin qu’il ne fafle aucun effet, ce qui feroit . d’autant plus défagréable, que le cuir qu’on colle & qu’on applique defliis,
- feroit des plis & fo rideroit, fi le bois venoit à fo retirer.
- Il faut auffi avoir grand foin que les faux-panneaux foient parfaitement replanis, parce que la moindre onde qui fe trouve paroît au travers du cuir, ce qui fait un mauvais effet. En général, on ne met de faux-panneaux qu’aux glaces de cuftodes, du moins pour l’ordinaire ; cependant on peut auffi en mettre aux portières , fur-tout aux voitures de campagne que l’on voudroit tenir clofes pendant la nuit.
- Les arêtes du pourtour des faux-panneaux doivent être arrondies, fur-tout fur la largeur, pour faciliter le coulement, ainfi qu’aux chaffis de glaces. Voye£ les Fig. 3 & 4, qui repréfentent un faux-panneau vu de face & en coupe. •
- Quand on met des faux-panneaux au derrière des voitures, leur conftruétion eft la même qu’à ceux dont je viens de parler, excepté qu’ils doivent être plus épais , étant beaucoup plus grands 8c ne defcencfont pas dans des couliffes, ce qui ne feroit cependant pas abfolument impoffible.
- Il eft des faux-panneaux, tant pour les portières que pour les autres glaces ; qui, quoique pleins en apparence , peuvent cependant avoir des jours & donner de l’air à l’intérieur de la voiture. Ces efpeces de faux-panneaux, ou pour mieux dire, de jaloufies, ne font pas recouverts d’étoffe en dedans ni en dehors, mais font de bois apparent, & ont, ou du moins peuvent avoir, 5 lignes d’épaifleur.
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- Sect. /. §. II. Des ChaJJis de Glaces , des faux-Panneaux, SCc.
- Ils font compofés de bâtis dans lefquels font affèmblés des panneaux dont —*iV"^ l’épaiffeur égale la moitié de celle des bâtis ; ces panneaux font percés à jour, Planché & forment différents compartiments. * I§3*
- Au derrière de ces panneaux, & par conféquent en dedans de la voiture , font placés d’autres panneaux, lefquels fe meuvent à couliffes dans les bâtis , & font percés des mêmes compartiments que ceux du parement, de maniéré qu’en les pouflànt d’un côté , les jours des compartiments fe trouvent vis-à-vis l’un de l’autre, 8c donnent du jour 8c de l’air à l’intérieur de la voiture, & qu’en les pouflànt d’un autre côté, les jours fe trouvent exactement fermés. Voye^ la Fig. 5 ? qui repréfente un de ces panneaux vu en parement, Sc dont les jours cotés a , a, font ouverts ; & ceux cotés b, b , font fermés. Voyez auffi la Fig»
- 6, qui repréfente le même chaffis vu par derrière, avec une partie des panneaux ouverte 8c l’autre fermée, ainfi que dans l’autre Figure , & où j’ai marqué par des lignes ponctuées les jours qui fe trouvent bouchés , tous cotés des mêmes lettres.
- Pour parvenir à bien faire les compartiments de ces fortes de jaloufies, il faut d’abord faire attention que tous les pleins 8c les vuides des panneaux de dehors 8c de ceux du dedans foient égaux entr’eux, 8c que les pleins foient plus larges que les vuides, afin qu’en faifimt mouvoir les panneaux de derrière, ces pleins cachent non-feulement les vuides du panneau de devant, mais encore recouvrent deflus, afin de boucher totalement le jour, ou pour mieux dire j que les pleins des deux panneaux bouchent mutuellement leurs vuides 8c recouvrent deflus.
- Il faut auffi faire attention que foit que les panneaux intérieurs foient ouverts ou fermés , ils portent jufte contre les bâtis de la jaloufîe, afin qu’ils fe trouvent tout de fuite à leur place, fans qu’il foit befoin de prendre aucune précaution pour les faire ouvrir ou fermer exactement. Voye£ la Fig. 7, où j’ai deffiné au double des Figures ci-deflus , une partie de jaloufie, dont la moitié eft ouverte 8c l’autre fermée , au-deflùs de laquelle eft marquée la coupe de cette même jaloufie, partie ouverte & partie fermée , & cotée des mêmes lettres que fon élévation , & d’après lefquelles Figures on peut aifément voir tout l’ordre que l’on doit mettre dans les ouvertures de ces jaloufies.
- J’ai auffi tracé au bas de la même Figure, la coupe du bâtis fins aucun panneau, afin qu’on en puifle voir l’aflemblage.
- Quant aux panneaux , ils font à frottement l’un iur l’autre ; & pour que les deux rainures ne fe confondent pas , on fait la rainure du panneau mobile y de moitié moins profonde que celle du panneau dormant, ce qui fait que les deux panneaux , quoique dans une même rainure, tiennent ou fe meuvent indépendamment l’un de l’autre. Voye£ la Fig. 8 , qui repréfonte la coupe d’une traverfe avec un bout de battant ainfi rainé.
- Comme ces faux-panneaux ou jaloufies font apparents , il faut les faire de bois Menuisier, III. Part. Nnnnnn
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- propre, fur-tout quand ils ne font pas peints ; c eft pourquoi on peut non-feulement y employer le noyer * mais encore le bois de rofe , de violette, ou tout autre bois précieux.
- On fait encore d autres jaloulies pour les Carrofles, lefquelles font fem-blables à celles des croifées de bâtiment , c’eft-à-dire, quelles peuvent être mobiles ou immobiles , ainfi que ces dernieres, à condition, toutefois , qu elles feront enfermées dans un bâtis, ainfi que je vais le dire ci-après.
- Les jaloufies de voitures font de deux elpeces ; favoir , celles dont les lattes font immobiles , & celles dont les lattes font mobiles : dans les deux cas, on doit y faire un bâtis au pourtour , de la même forme & grandeur que ceux des chaffis de glaces, dans lefquels bâtis on place des lattes d une ligne d’épaif feur au plus : ces lattes s’aflemblent en entaille d’une ligne de profondeur , ce qui eft foffifànt , parce quune plus grande profondeur affoibliroit trop les battants.
- Comme les lattes lont extrêmement minces & qu’elles pourroient ployer for leur longueur, on les entretient par le moyen d’un ruban que l’on colle & attache au milieu de la jaloufie & fur le devant des lattes. Voye{ la Fig. 1.
- Ces jaloufies ne doivent pas avoir plus de 6 lignes d’épaiifeur , afin qu’elles puiflent couler aifément ; c’eft pourquoi on doit faire affleurer toutes les lattes , ainfi que je l’ai obfervé dans la Fig. 3 , laquelle en repréfente un bout de coupe grand comme l’exécution.
- Quant aux jaloufies mobiles , elles font très -commodes, parce qu’on les ouvre à tel degré qu’on veut, & qu’on les ferme même tout-à-fait, ainfi que le repréfente la Fig. 2.
- Les lattes de ces jaloufies fe recouvrent à feuillure les unes for les autres, & font arrêtées dans les bâtis par le moyen d’un goujon de cuivre, qui entre d’un bout dans ces derniers, & de l’autre reçoit dans un enfourchement la latte qui y entre toute en vie.
- On fait mouvoir ces lattes par le moyen d’un reflbrt, lequel eft placé dans le milieu de la traverfo d’en bas , & qui eft attaché à un ruban qui dent toutes les lattes, de maniéré que quand le reflbrt eft libre, il contraint toutes les lattes à defcendre en contre-bas, & par conféquent fait fermer la jaloufie, comme on peut le voir dans la Fig. 4.
- Quand on veut ouvrir la jaloufie , on tire le bout du ruban a, Fig. 4 & y , lequel tenant à toutes les lattes les fait ouvrir, & on arrête ce ruban à un crochet b, mêmes Figures, lequel retient la jaloufie ouverte à tel degré qu’on le juge à propos, ce qui eft fort aifé à concevoir, puifqu en tirant le ruban en contre bas, on comprime le reflbrt dont la tenfion tient les lattes en relpeél, & les empêche de fe mouvoir.
- Ces jaloufies font d’un u&ge très-facile, puifque pour les ouvrir ou les fermer, on n’a qu’à arrêter le ruban qui tient aux lattes, ou le lâcher ; toute
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- Sect. 1. §. IL Des Chajjis de Glaces, des faux-Panneaux, 507
- la précaution qu'il faut avoir, c'eft de lâcher le reflort toutes les fois quon veut bai/Ier la jaloufie dans là coulifle.
- Les deux efpeces de jaloufies dont je viens de parler, font, pour l'ordinaire , à bois apparent ; c'eft pourquoi on fera très-bien de les faire de bois précieux, ainfi que celles dont j'ai parlé plus haut ; cependant comme il arrive quelquefois que les Selliers les garniflènt en taffetas verd collé deffus, fur-tout celle» qui font immobiles, il ne faut pas alors y mettre de fi beau bois , du noyer blanc étant fufiîfànt.
- On fait ufage des faux-panneaux Sc des jaloufies dont je viens de parler , non-feulement aux glaces de portières, mais encore à celles de devant Sc de cuftode ; c'efl pourquoi je n’en parlerai pas davantage.
- Cependant il faut faire attention que quand les glaces de cuftode feront arrondies comme la Fig. 7 , il faut toujours en faire le dehors comme le chaffis Fig. 6, parce que comme on met des pitons a, a, aux deux côtés des chaffis, dans lefqueis paffent des fils de laiton qui fervent à les conduire, il faut néceflàirement que les pitons fè trouvent tout en haut du chaffis , afin que quand il eft baifïe, l'autre extrémité du fil de laiton fe trouve à l'entrée de la coulifle d'appui, ce qui eft néceflàire pour pouvoir l'arrêter commodément, le panneau de doublure étant pofe : de pius, cet angle de chaffis étant confervé ne nuit à rien , Sc fert à maintenir le chaffis dans la coulifle, laquelle doit toujours être perpendiculaire, ainfi que l'indiquent les lignes a, b 9 des deux Figures.
- Ce que je viens de dire touchant les chaffis des glaces de cuftode , doit auffi s'entendre de leurs faux-panneaux & de leurs jaloufies, ainfi que je l'ai déjà dit, fuppofé qu'on y faffè ufàge de ces dernieres, ce qui eft rare.
- Le vuide des glaces fe remplit encore d'une autre maniéré que celles dont je viens de faire mention, ce qui, à la vérité, ne regarde pas le Menuifier , n'étant, à proprement parler , que l'affaire du Serrurier & du Sellier ; c'eft pourquoi je n'en parlerai ici que pour en donner une idée.
- Les fermetures dont je parle, ne font que des rideaux de toile, ou plus fouvent de taffetas qu'on nomme flores , lefqueis font attachés fous le pavillon Sc s’abaiflent fur l’appui des glaces ou on les arrête ; ces rideaux font roulés fut un tube ou tuyau de fer blanc, lequel renferme un reflort que l’on comprime lorfqu'on fait defcendre le rideau, de maniéré qu'en le lâchant, le reflort le fait remonter tout feul, ainfi que le repréfentent les Fig. 8 & 9.
- Comme on veut quelquefois tenir le flore à moitié baiffé, on le retient pat le moyen d'un ruban que l'on attache à la tringle du bas du flore , & que l'on arrête à un crochet difpofé au-deflus de l’appui de la glace.
- Il eft une autre maniéré d'arrêter le flore à telle hauteur que l'on veut, qui eft un peu plus compliquée, à la vérité , mais qui eft plus commode.
- Cette maniéré confifte à attacher à un des bouts du tuyau a , Fig. 10 &
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- 508 MENUISIER, III. Part. Chap. 111
- une rondelle taillée & dentelée b , en forme de cremaillée , dans les dents de laquelle entre un redent ou encliquetage c , lequel tend à remonter en contre-baut par le moyen d’un reflbrt d ; ce refïort prête lorfqu’en faifânt defeendre le flore, la rondelle dentelée, en tournant, fait baifîer le redent qui reprend auffi-tôt fà place , St par conféquent arrête le flore à la place on il fe trouve.
- Lorfqu’on veut que le flore remonte tout-à-fait, on fait defeendre le redent 'par le moyen d’un ruban e qu’on y attache, avec lequel on le tient baiffé jufqu’ à ce que le flore foit tout-à-fait remonté.
- Pour ce qui eft de la méchanique qui fait monter le rideau, ce n’eft autre chofe qu’un reflbrt à boudin , lequel eft attaché d’un bout fur la tringle de fer qui fbrt d’axe au reflbrt, & qui eft attachée folidement par les deux bouts de maniéré qu’elle ne puifîe tourner ; l’autre bout du reflbrt eft attaché à un tampon de bois percé à jour pour pouvoir tourner fur l’axe immobile , & qui eft arrêté avec le tuyau de fer-blanc qui porte le rideau que l’on roule au pourtour, de maniéré que pour faire defeendre le rideau , il faut faire tourner le tuyau, ce qui comprime le reflbrt à boudin , lequel fb dilate lorfqu’on lâche le rideau , & fait retourner le tuyau en fens contraire. A l’autre bout du tuyau eft un autre morceau de bois de pareille grofleur que le premier, lequel eft pareillement attaché au tuyau , & eft percé d’un trou pour faire pafler l’axe immobile. Voy: la Fig. 10, qui repréfente un flore dépouillé de fon tuyau, celle 11 , qui eft la coupe du flore fans le reflbrt, & celles 12 8c 13 , qui repréfentent les deux bouts du flore avec les gâches dans lefquelles il eft arrêté.
- Le flore doit être un peu plus large que l’ouverture de la glace, pour qu’il puiflb recouvrir des deux côtés de l’ouverture ; quant à fà grofleur , elle doit être depuis 9 lignes jufqu’à un pouce, afin que le taffetas étant roulé autour ne faflb pas plus de 15 lignes de diamètre , cette largeur étant à peu-près celle qui refte entre lé dedans de la frife de la portière & le dedans du
- Ce que je viens de dire touchant les glaces des voitures , renferme toute la théorie de ce qu’on doit fàvoir à ce fiijet, & c’eft d’après ces connoiflànces que l’on peut parvenir à gendre les voitures commodes 8c magnifiques, en procurant à ceux qui en font ufàge toutes les aifânces poflibles, en donnant à ces mêmes voitures la forme la plus gracieufe & la plus élégante, fans s’écarter néanmoins des réglés invariables de leur conftruélion , fur-tout en ce qui a rapport aux glaces.
- Avant de traiter de la forme des voitures, je vais donner la forme & la grofleur des principales pièces qui les compofent, en raifon d’un profil que j’ai adopté, afin que tout ce que je dirai dans la fuite touchant la décoration & la conftruélion d’une Berline & d’une Diligence, qui font les deux voitures fur lefquelles je m’étendrai davantage , afin qu’il n’y ait point de contra-diélion tant dans les parties générales, que dans celles de détail dont je
- traiterai,
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- Section IL Description des profils dune Berline, ÔCc. $09
- traiterai, & que ces profils une fois bien connus , ainfi que les parties de la ——- e
- voiture ou on les emploie, aident à l’intelligence du dïfcours, & fabrege, s’il eft Planche
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- Section Seconde.
- Defcription des profils d'une Berline , & de la grojjeur des bois
- dont elle efi compofée.
- D é telle forme que foient les profils d’une Berline , les bois font toujours 2^===== à peu-près d’une même grofteur, du moins pour les Berlines ordinaires ; de Planché forte que celles dont les profils font très-étroits , n’ont qu’une iégéreté apparente , les bois y étant tous auffi larges qu’aux autres, d’après le ravalement fait pour pouffer la rainure, ainfi qu’on peut le voir à la Fig. 1, où la largeur de celle du pied cornier eft d’un pouce & demi quarré, au lieu qu’il n’y en a que 13 lignes de largeur apparente. * *
- Cette diminution de largeur des pieds cdrniers, ôte beaucoup de la force des affèmblages, puifque les traverfes du haut ne pouvant avoir d’épaiffeur que la faillie du profil, leur afîemblage ne peut avoir que la diftance a h , dont une partie eft encore occupée par la rainure.
- Pour les traverfos d’appuis ou d’accotoirs, comme elles font plus épaifles , on peut en rendre l’afîemblage plus folide en le reculant fur le derrière, ce qui donne un aflemblage c d très-court à la vérité, mais que l’on peut rendre très-folide en failant paffer un fécond affemblage en enfourchement, lequel eft fomblable à celui du haut.
- Le profil de ce pied cornier n’a que J lignes de faillie, plus 3 lignes pour la rainure & le ravalement de derrière. Cette rainure régné tout le long du pied cornier ; mais dans le pied d’entrée coté A, Fig. 2 , elle n’a lieu que dans l’appui, parce qu’au-deffus , au lieu & place de cette rainure, on fait une baguette ou toute autre moulure qui fert de battement à la glace.
- Cette double moulure fert auffi à reculer la glace plus loin que le devant de la rainure, afin qu’il refte à celle de cuftode l’épaiffeur du panneau fur lequel elle coule ; elle eft auffi néceflaire à la portière, afin de donner à la trayerfe du haut allez d’épaifleur pour y faire un tenon. *
- Le pied d’entrée, tel qu’il eft repréfenté dans la Fig. 2 , eft coupé au-deffus de l’appui & eft dans fa plus grande largeur, qui eft de 16 lignes , afin qu’après la largeur du profil & du petit champ qui régné au pourtour de toute la voiture , il refte encore 3 lignes pour la portée du recouvrement de la portière.
- Il y a des occafions où l’on fait les pieds d’entrée plus étroits ; mais de quelque maniéré qu’ils foient, ils ne peuvent avoir moins de 10 lignes de largeur y ( 1 epaifleur étant prifo ici pour la largeur ) pour peu qu’on veuille y conforver quelque folidité. 7
- Le dedans du pied d’entrée eft fouillé en forme de couliffe, ainfi que je l’ai dit plus haut. Pour ce qui eft de l’arête extérieure, c’eft-à-dire, du côté de Menuisier. III\ Part. O 00000
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- 510 MENUISIER, 111. Part. Chap. 1IL
- la portière , à 4 lignes du devant, on y fait un petit ravalement a , d une bonne ligne de profondeur , lequel vient à rien fur fautre arête, & au fond duquel ravalement on donne un petit coup de bouvet à fcie ou autre , dans lequel les Selliers font entrer l'extrémité de l'étoffe dont la furface affleure le nud du bois, par le moyen du ravalement que l'on a fait.
- Sur l'arête intérieure, c'eft-à*dire, au-dedans de la voiture , on fait une feuillure b , de deux lignes de large , & d'une profondeur égale au ravalement que l'on a fait pour placer le panneau de doublure qu'on a foin de couper au nud de cette feuillure : on doit auffi arrondir l'arête du pied d’entrée & le bout du panneau de doublure, afin que cette arête ainfi arrondie, ne nulle pas à l'entrée de la voiture , & que les habits de ceux qui y font, ne fe trouvent pas pris entre le pied d'entrée & la portière, à laquelle on fait la même opération.
- La feuillure que l'on fait tant fur l'arête intérieure du pied d'entrée, que fur celle des battants de portières, ^cotée B, fert à placer la couture & le galon qui l'enveloppe, & par conféquent à empêcher qu'ils ne faflent une trop grande faillie en dedans de la voiture.
- On fait pareillement de petites feuillures fiir l'arête intérieure des coulifles c,c, qui fervent au même ulàge que celles dont je viens de parler, 3c on obferve de faire une petite rainure d d fur la joue de devant de la coulifle, à 2 ou 3 lignes de l'arête , dans laquelle on fait entrer l'extrémité de l'étoffe. Il y a des Menuifiers qui font cette rainure dans l'angle de la coulifle, ce qui eft à peu-près la même chofè ; mais je crois cependant que la première maniéré efl: la meilleure , parce que l'étoffe qui entoure les chaffis de glaces, frottant contre d’autres étoffes , n efl: pas fujette à s'écorcher.
- Les feuillures dpnt je viens de parler fe font à tous les endroits des voitures où il doit y avoir des coutures & des galons fàillants, de même que les ravalements & les petites rainures ou nervures qu'on doit faire à tous les endroits où l'étoffe finit, afin quelle n'excede pas le nud du bois, & qu'étant introduite & collée dans la rainure , elle ne fait pas expofée à s’enlever.-
- Les battants de portières ne peuvent pas être plus étroits que celui qui efl: repréfenté dans la Fig. 2 * cote B, lequel ai 6 lignes de largeur, parce qu'il faut qu'il refte au moins 6 lignes de plein bois entre la feuillure & la coulifle , pour qu'on puifle y placer la ferrure, lesquelles , jointes à y lignes de coulifle , font 11 lignes , les 5 lignes reliantes fervant à la largeur de la feuillure , entre laquelle & le pied d'entrée, il doit y avoir 2 lignes de diftance ; lavoir, une bonne ligne pour l'épaiffeur de l'étoffe , & le refte pour le jeu.
- La feuillure des battants de portières doit être un peu en pente en dedans , afin que le jeu fe trouve égal dans toute l'épaiffeur ; cependant il faut faire attention qu'au battant du côté de l’ouverture , ( qui doit toujours être fur le derrière de la voiture ) la feuillure doit toujours être plus en pente que de l'autre côté , afin d’en faciliter l'ouverture. Voyeq la Fig.,9 , PL 186.
- Pour avoir cette pente au jufte, & pour ne point travailler au hafard, du
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- Section IL Defcriptîon des profils d'une Berline , SCc. 51 r point a, Fig. S , PL 180, qui eft le dehors de l'ouverture du côté des fiches, de ce point, dis-je , comme centre , 8c d'une ouverture égale à la largeur de la portière , prife du dehors du recouvrement au fond de la feuillure , on décrit l'arc de cercle b c, Fig. 9 , même Planche, lequel donne la pente nécefïàire à la feuillure de la portière, laquelle pente augmente le jeu, quon pourroig cependant rendre égal en difpolànt le pied d’entrée parallèlement à cette pente, comme l'indique la ligne d è , même Fig.
- Il eft encore une autre maniéré de faire les ouvertures des portières , qu*on nomme à double feuillure, laquelle eft très-bonne , parce que non-feulement elle facilite tout naturellement l'ouverture de la portière, mais encore parce quelle rend l'ouverture plus clofe ; cependant on ne doit employer cette ouverture que quand les battants auront 20 lignes de largeur au moins, afin qu'il refte toujours 6 lignes de plein bois d'après le fond de la fécondé feuillure; c eft pourquoi ces fortes d'ouvertures , quoique très-bonnes, ne fe font guere qu'aux voitures à panneaux arrafés, où elles font indilpenlàbles, ou , comme je viens de le dire, à celles dont les battants de portières feront aflfez larges pour pouvoir fouffrir deux feuillures. Voye£ la Fig. 4.
- Comme les battants de portières font plus larges que les pieds corniers, on peut y faire un aflemblage plus fort‘aux traverfes de milieu 8c du bas, 8c cependant toujours avec un enfourchement, ainfi que je l'ai obfervé à la Fig. 3 , qui repréfente une traverfe d’appui de porte-vue en deflus.
- La Fig. f repréfente la coupe d'un battant de pavillon, avec le profil qui eft le plus en ufàge à préfent, ce qui, au refte , ne fait rien à la chofe, puif* qu'il eft trè$-indifférent de quelle forme foit ce profil. Je ne m'étendrai pas beaucoup ici fur ce qui regarde les pavillons, vu que cette delcription ne fe peut faire que dans la fuite ; tout ce que je puis dire maintenant, c'eft qu'il faut qu ils aient 3 pouces de largeur de bois, non-compris la faillie de leurs profils , laquelle peut être plus ou moins grande à raifon de là forme 8c de là hauteur; ces trois pouces de largeur font néceflàires, premièrement, pour recevoir la frife de la porte qui entre toute en vie dans le battant de pavillon , comme l’indique la ligne a b ; cette frife affleure aux pieds d’entrée en dedans 8c en dehors de la voiture, lelquels, à cet endroit, ont environ un pouce & demi d’épaifleur, qui, pris fur 3 pouces , laiflent un pouce 8c demi de làillie au pavillon en dedans de la voiture , ce qui eft néceflàire pour que l'on puifle y placer commodément les flores.
- Cette faillie fe met ordinairement en pente, afin de ne laiflèr qu’environ 8 à 9 lignes d’épaifleur au pavillon , ce qui eft fuffilànt pour y attacher une frange ou crépine , & pour y mettre une baguette C garnie d’étoffe & quelquefois de broderie , d’après laquelle pend une frange ou crépine.
- Ces baguettes font méplattes & droites lur le côté qu'elles doivent être attachées au pavillon* Les Menuifiers ne les attachent pas eux-mêmes, mais
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- 5x2 ME NUIS IE R, III. Pan. Chap. 111.
- les fourniflent toutes faites aux Selliers , qui les attachent après les avoir garnies.
- Pour le dehors du pavillon, on y fait une feuillure d’après la hauteur du profil, pour recevoir les ornements de fonte quon y met ; le relie s’abat en chanfrein félon la pente totale du pavillon, ainfi qifè je le dirai dans la fuite.
- Lorfqu’on ne met pas de ces ornements de fonte au-delfus des pavillons, on fubftitue à leur place une baguette ou toute autre moulure de bois, laquelle s’attache fur le pavillon, & cache l’extrémité du cuir fur lequel elle recouvre.
- La Fig. 6 repréfente une traverfe du haut, foit de face ou de cuftode , laquelle , ainfi que je l’ai dit, n’a d’épaifleur que la faillie du profil ; quant à là largeur , elle doit avoir, premièrement celle du profil & du champ, plus 4 lignes qui entrent dans le pavillon. Quand c’eft une traverfe de cuftode , on la diminue de largeur à l’endroit où elle reçoit le panneau, & on y fait une rainure pour le recevoir, ainfi que je l’ai indiqué par des lignes ponéluées.
- On doit obferver de faire un petit ravalement en pente & une nervure au derrière de ces traverfes, lequel fert à placer l’étoflFe, & à l’empêcher de faire faillie fur le bois.
- La Fig. 7 repréfente une traverfe de frife avec celle du haut de la portière, & celle du haut de chafîis de glaces ; ces traverfes font toutes difpofées à la place quelles doivent occuper, & deffinées de grandeur naturelle, ainfi que celle de frife, à laquelle j’ai marqué l’affemblage Z?, lequel pâlie à côté de celui de la traverfe de cuftode, cote E. La traverfe de frife entre de 4 lignes dans le pavillon, ainfi que toutes les traverfes du haut de la voiture, auxquelles on conferve les tenons de toute leur largeur, parce qu’on laiffe palier les battants de 6 lignes plus longs que le deflus de ces traverfes, ce qui leur fert d’épaulement. Quant à la largeur de la traverfe de frife, elle eft bornée par la portée ou recouvrement de la portière, plus le champ, ( lequel doit régner du deflus de la portière avec le dehors du profil) & les 4 lignes qu’elle entre dans le pavillon, ce qui fait environ 10 lignes de largeur en tout.
- On doit auffi faire un ravalement & une nervure au-defïbus de la traverfe de frife, laquelle régné avec celle des pieds d’entrée , & fert au même ufàge.
- La Fig. 8 repréfente une traverfe d’appui de portière avec celle du bas du chaffis de glaces, à la place quelles doivent occuper.
- La traverfe de portière eft réduite à la moindre largeur poffible , puifqu’elle n’a point de champ , la moulure en occupant toute la largeur apparente , & le refte de fà largeur étant rejetté derrière la rainure du panneau, d’après laquelle on fait un ravalement d’environ une ligne, pour faciliter l’entrée du panneau , ce que j’ai pareillement obfervé aux rainures du pied cornier, Fig. t.
- Au-deflùs de la traverfe, eft la languette F, nommée apjichet, laquelle fert à retenir la glace en place ; c’eft pourquoi il faut lui donner 4 à J lignes de hauteur, afin que les reflàuts de la voiture ne puilfent pas faire palier la glace par-deflùs, ce qui l’expoferoit à fe cafler.
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- Section IL Defcription des profils d'une Berline, SCc. 513
- La diftance du devant de l'apfichet, jufqu'à la joue de la coulifle du battant repréfenté par la ligne a b , doit être de 7 lignes au plus , afin que la glace y entre jufte & ne balotte pas, comme je Fai dit en parlant des coulifles des glaces, page 500 & {lavantes.
- Le deflus du ravalement de l'apfichet doit être un peu en pente & former un arrondiflement dans le fond, afin de faciliter Fécoulement des eaux, & empêcher quelles ne féjournent défias.
- Lai dit plus haut que la traverfe du milieu de la portière étoit réduite à la plus étroite largeur pofîible ; pour s'en convaincre, on n'a qu'à jetter les yeux fur la Fig. 9 , qui reprélente une traverfe d'accotoir prife à l'endroit où elle reçoit deux panneaux , & où par conféquent la baguette de devant du profil eft fup-primée ; il eft aifé, dis-je, de voir que cette traverfe ne pourroit pas être plus étroite , puifque pour qu’il refte un peu de bois entre les deux rainures, on eft obligé de faire ces dernieres moins profondes qu’ailleurs.
- Lorfqu'il n'y a point de glaces aux cuftodes des voitures , les traverfes d'accotoirs font de la même forme que la Fig. 9 , dans toute leur longueur ; & alors on les nomme traverfes d’ailerons, à caufè de la faillie qu'on laifle en dedans pour porter la garniture ou accoudoir que les Selliers y pofent. Quelquefois ces traverfes fàilliflènt auflî en dehors , afin de donner plus de largeur à l'accotoir ; mais on ne les fait ainfi qu'aux voitures de campagne , lefquelles font revêtues de cuir au - defifus de l'appui , & qui par conféquent ne font pas fùfceptibles de grande décoration.
- La Fig. 10 repréfente une partie de la coupe d'un battant de brancard, prife à l'endroit d'un panneau de côté , dans laquelle j'ai indiqué la place de l'affèm-blage du pied cornier ou du pied d'entrée , ce qui eft égal, puifque leurs aflemblages font les mêmes. '
- Ces aflemblages doivent avoir 6 lignes d'épaifleur au moins, & être difpofes de façon que le devant pafle au nud du ravalement, du moins c’eft l’ufàge ; car je crois que l'ouvrage en feroit plus folide fi on reculoit l'aflemblage, afin de laiflèr de la joue entre le ravalement, ainfi que l'indiquent les lignes a b Sec d, 3c en faifànt pafler le refte de l'épaifleur des pièces en enfourchement par-deflus cette joue.
- Quant à la hauteur du ravalement du brancard , elle eft donnée par celle de la moulure qui pafle au-deflous, c'eft-à-dire , celle ef, d’après laquelle on met la diftanceyg égale à celle Ai, Fig. 1, & le refte fe ravale ainfi qu'on le voit dans la Fig. ^10.
- Il arrive quelquefois qu'on fùpprime tout-à~fait la moulure du bas du brancard , à la place de laquelle on fait pafler la moulure du derrière , ou pour mieux dire , de l’angle du pied cornier, ce qui ne fait d'autre changement dans le brancard, que de faire defeendre plus bas le ravalement dont il eft ici queftion , & de faire les aflemblages de brancard avec les pieds corniers à traits de Menuisier , III. Part. PpPPPP ,
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- Jupiter, comme je le dirai dans la fuite. Quant aux pieds d’entrée, dans le cas dont je parle , ils s’affèmblent toujours à l’ordinaire , c’eft~à-dire, à tenons & fnortaifes, qu’il faut alors reculer plus loin que le ravalement, fi l’on veut conferver quelque folidité à l’ouvrage , à caufe de la grande profondeur du ravalement.
- La Fig. 11 reprêfente un battant de brancard coupé dans toute fa grofleur & à l’endroit de la portière. La largeur ordinaire des battants de brancard, doit être de y pouces au milieu du renflement, fur deux pouces & un quart d’épaif-feur, dans lequel fe fait le ravalement de la marche ou feuillure qui reçoit la portière , & dont la hauteur & la largeur fe déterminent de la maniéré fuivante :
- Après avoir déterminé la largeur & la forme du profil du brancard , ainfi que je l’ai dit ci-deflhs, on fait d’abord un ravalement dans le brancard de toute la largeur de la portière, & on le fait defcendre à 4 lignes près du deflous de cette derniere, lequel doit régner avec le derrière du profil, ainfi que l’indique la ligne m n, Fig. iô & 11.
- Quant à la largeur de ce ravalement, elle eft déterminée par l’épaifleur de^la portière à cet endroit, d’après laquelle il faut qu’il y ait un demi-pouce de jeu au moins , pour pouvoir contenir le cuir dont la marche, ou pour mieux dire , le brancard eft garni, & la garniture de la portière, ce qui donne aux voitures ordinaires 2 pouces un quart à 2 pouces de demi de largeur de ravalement , lequel ne fe fait pas de niveau fur fa largeur, mais qu’on fait remonter d’une bonne ligne fim le derrière, afin que les ordures ne s’y arrêtent pas ; fur le devant du ravalement, & à fix lignes du nud du champ, on fait un renfoncement d’une bonne ligne & demie de profondeur en venant à rien fur le derrière, lequel fert à placer le cuir de garniture & les clous qui l’attachent au brancard , de forte que la tête de ces clous affleure au nud du bois.
- Refte enfuite à faire la feuillure pour recevoir la portière ; on la fait la moins profonde poflible , afin qu’il ne s’y arrête point d’ordure qui puiflè nuire à la portière, qui entre toute en vie dans cette feuillure, ce qui eft meilleur que de faire ouvrir la portier© à recouvrement, ainfi que par le haut & par les côtés, parce que ce recouvrement étant très-foible , eft flijet à fo pourrir ; de plus, la portière portant ainfi ne peut pas defcendre, ce qui eft un très-grand avantage.
- -Pour le dedans du brancard , on n’y fait point de feuillure pour recevoir les plafonds à l’endroit de la portière, parce que c’eft l’épaifleur du bois de la cave qui en fert, & il n’y a qu’aux deux extrémités où les plafonds font mobiles; ou bien quand il n’y a point de cave, on fait aux battants de brancard des feuillures de 6 à 7 lignes de largeur for p lignes de profondeur au moins, comme je l’ai indiqué par une ligne ponétuée, dont l’extrémité vient au-delfos de ralfemblage des traverfos de brancard.
- Quant au deflùs du brancard, il doit être liffe avec le defluis des plafonds,
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- & ceft ce deflus de brancard que Ton nomme la marche de la voiture, du deflus de laquelle on compte fa hauteur, laquelle dépend toujours du deflus de la marche au-deflous de la frifè, ce qui eft tout naturel, puifque ce font les parties les plus proches de l'intérieur de la voiture tant du haut que du bas, Sc entre lefquelles il faut néceflàiremetit paffer pour entrer dedans.
- Pour ce qui eft de la traverfe de portière repréfentée Fig. 12 , il eft inutile d’en faire aucune defoription, parce que ce ne feroit qu’une répétition de ce que j’ai dit jufqu’à préfent, l’infpeélion foule de la Figure étant fiiffifànte, & que de plus je traiterai à part de la conftruélion des portières, ainfi que de toutes les autres parties des voitures.
- Les profils dont je viens de donner la defcription, font tous féparés les uns des autres , & ne donnent, ce me fomble , pas une idée aflez claire des formes des diverfos parties d’une voiture, prifos à différentes hauteurs ; c’eft pourquoi j’ai cru qu’il *étoit néceflaire de faire voir ces différents profils affomblés tant de largeur que de hauteur , afin qu’on puiffo voir d’un foui coup d’œil les différentes formes que prennent les pièces qui compofont une Berline , & par confisquent toutes autres efpeces de voitures, qui, telles qu’elles puiffent être, font toujours faites à l’imitation de celle dont je parle.
- La Fig. 1 repréfonte le plan de l’angle d’une Berline du côté de la face , prife au-deflus de l’appui, avec les pieds corniers , le panneau de pilaftre , le montant de glace , qui eft par derrière arrafé au pilaftre , & qui, par économie , y eft aflèmblé à rainure & languette (* ) ; au derrière du montant de glace, eft placé le couliffeau avec fa barre à queue.
- La Fig. 4 repréfente le même angle d’une Berline, mais coupé âans la hauteur de l’appui, &dans lequel fo trouvent les panneaux de doublures & le couliffeau.
- Les Figs 2 & 3 repréfontent la coupe de l’angle de la même Berline, mais vue de côté & coupée au-deflus de l’appui ; dans la Fig. 2 , fo trouvent compris le pied cornier, le panneau & le montant de cuftode, avec le couliffeau qui eft placé derrière & garni de barres à queues ; & dfans la Fig. 3 , font compris les pieds d’entrée & les battants de portières.
- Les Fig. y & 6 repréfontent le même côté de Berline, coupé dans la hauteur de l’appui, ainfi que la Fig. 4.
- La Fig. 7 repréfonte le plan, ou pour mieux dire, la coupe d’un pied cornier de Diligence, auquel j’ai donné un pouce & demi d’épaiffour, afin de le rendre plus folide , & d’avoir aflez de place pour y mettre une barre à queue ; fur ce pied d’entrée eft un battant de portière de même forme que ceux ci-deflus, ce qui ne demande aucune explication.
- La Fig. 8 repréfente un autre pied cornier de Diligence, lequel n a que 14
- (*) Je dis par économie, parce que fi le profil étoic pris & ravalé dans Pépaifleur du panneau , Pouvrage en feroit plus folide, fans que cela fût plus difficile à faire ; mais en même temps
- cela coûteroit plus de bois, ce qui eft la principale raifon pour laquelle on rapporte ce montant ainfi que ceux des euftodes, qui fe rapportent de la même maniéré.
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- lignes cf épailTeur, ce qui le rend, à la vérité, plus léger , mais en même temps ce qui empêche d’y mettre des barres à queues pour la refuite de la glace, ou du moins n’en permet qu’une très-mince, ce qui fait que les couliffes ne peuvent être que très - peu profondes , & c’eft un grand inconvénient, auquel on peut remédier en enlevant une des joues des couliifes & la rapportant avec des vis ; mais cette joue ainfi (opprimée affoibliroit trop ce pied, lequel a d’autant plus befoin de force, que la portière eft ferrée deflus.
- Ce pied cornier dont je parle, ainfi que le battant de portière qui y eft joint, ne (ont pas difpofés comme les autres dont j’ai fait la defcription ci-devant, où la portière fait avant - corps (ùr le refte de la caifle, mais au contraire le pied cornier & le battant de portière font fur le même plan & forment enfemble un pilaftre , ce qui fait aflez bien de ce côté de la portière ; mais de l’autre côté, repréfenté Fig. p , ce n’eft pas la même chofe , parce que le battant de portière étant obligé d’emporter la moulure, le panneau fe trouve 'découvert à l’ouverture de cette derniere, &, n’étant retenu par aucune rainure, eft expofé à travailler & à fe coffiner, le clou d’épingle avec lequel il eft attaché avec le pied d’entrée fur lequel il paflè, n’étant pas fuffifànt pour le retenir : on peut objeéter à ces raifcns, que la toile & le nerf qui (ont collés derrière empêchent l’effet que je crains ici; mais l’expérience fait voir que quelque précaution que l’on prenne, le meilleur moyen de retenir les panneaux , effc
- de les enfermer dans des rainures.
- Les ouvertures de portières ainfi difpofëes, ont encore un autre défaut, qui eft que comme elles emportent avec elles le retour des moulures horifontales de toute la faillie de l’onglet, ce qui eft inévitable, quelque,précaution que Ion prenne en faifant les portières, elles font toujours quelque mouvement * ce qui fait qu’alors les moulures horifontales ne fe rencontrant plus avec leurs bouts qui tiennent après la portière , font un très-mauvais effet, auquel il eft impoflible de remédier ; de plus, les panneaux paflant ainfi par-ddfus les pieds d’entrée, en diminuent lepaiffeur, & par conféquent la force, fans parler de la difficulté qui fe rencontre , quand il y a des glaces aux cuftodes des voitures ainfi dilpofées, comme je le prouverai dans la fuite.
- On ne peut cependant nier que cette façon de faire ouvrir les voitures, n’ait de grands avantages quant à la décoration en général, parce qu’on peut faire régner les moulures de la portière avec celles de la voiture, tant par le haut que par le bas; de forte que les panneaux & les glaces deviennent de même hauteur, du moins en fuivant le contour de la voiture, dont les champs font les mêmes & viennent*au nud de ceux de la portière, laquelle ouvre de deffous le pavillon, comme on peut le voir dans la Fig. io.
- Quand les portières ouvrent ainfi, il n’y a point de frifes apparentes au-deffus de ces demieres, & celle qu’on y met fe trouve cachée derrière, en obfervant de la reculer aflez pour que quand la portière eft fermée, il fe trouve
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- Section IL Defcription des profils d’une Berline , SCc. 5x7 entre le devant de la frife & le derrière de la traverfe du haut de la porte , 7 i lignes de diftance au moins, afin qu’on puifle lever la glace librement.
- Pour le bas de l’ouverture de la portière , il n’y a point de différence pour l’ouverture avec celle dont j’ai parlé plus haut, fi ce n’eft qu’on recule plus loin la première feuillure du brancard , pour qu’il refte de la force entre le fond de la rainure de la traverfe du bas de la porte, & la feuillure qu’on fait fous cette même traverfe. Voye^ la Fig. 10.
- Quelque grands que paroiffent les avantages qui réfùltent pour la décoration & la fymmétrie des voitures , en faifànt ouvrir leurs portières comme aux Fig* 8,9 <5 10 , il faut pourtant leur préférer la première maniéré pour les raifons que j’ai dites plus haut, & que je déduirai plus au long en parlant des voitures à panneaux arrafés, parce que fi l’ouverture du haut 8c du bas fait bien, en récompenfe celle des côtés fait très-mal, fur-tout dans le cas d’une Berline, à moins toutefois qu’on ne puifle changer quelque chofe à l’ouverture des côtés, que l’on pourroit placer dans le dégagement de quelque profil, ce qui leveroit toutes les difficultés, ainfi que je le prouverai en parlant des différents profils 8c ornements des voitures.
- La Fig. 11 repréfente la coupe perpendiculaire d’une voiture prife au milieu du derrière, & à laquelle j’ai fuppofé un panneau plein par derrière de 6 lignes d’épaiffeur ; & j’ai repréfenté au bas une partie de la traverfe de brancard , avec la naiflance du panneau cintré qui entre dedans, laquelle j’ai placée perpendiculairement au - deflous de celle d’appui ou de ceinture, ce qui, naturellement ne doit pas être, à caufe du cintre ; mais je ne l’ai placée ainfi que pour épargner la place, & ne pas déranger l’ordre des Figures.
- La jFig. 12 repréfente une autre coupe d’une Berline , prife à l’endroit d’une cuftode ; & la Fig. x 3 enfin, repréfènte la coupe de cette même Berline , prife au milieu de la portière.
- D’après tous les plans & coupes que je viens de donner tant en grand fépa-rément qu’en petit, des diverfes parties affemblées, il fera fort aifé d’entendre ce que je dirai dans la fuite, tant pour la décoration que pour la conftruétion de toutes les efpeces de voitures, dçmt les principes font toujours à peu-près les mêmes, ainfi que je l’ai déjà dit & que je le prouverai dans la fuite.
- Section Troisième.
- De la maniéré de déterminer la forme des Voitures & d9en faire les Calibres.
- L a commodité étant ce qu’on doit le plus préférer dans la difpofition 8c dafis la forme des Voitures, il faut, avant de procéder à déterminer leurs formes & grandeurs, fe rendre compte de l’ufàge auquel on veut les deftiner , & du nombre de perfonnes quelles doivent contenir,-du rang & même des goûts de Menuisier. III Part. Q q q 3 4 4
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- —-T-r—“}-ces mêmes perfonnes, afin de leur donner des grandeurs qui foient convenables Planche à chacune d’elles.
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- Comme jufqu’à préfent j’ai fait l'application de tout ce que j’ai dit, tant pour la décoration que pour la conftruélion, à une Berline telle qu’on les fait à préfent , je continuerai toujours de même, en appliquant ce que j’ai à dire touchant la forme des voitures 8c leurs calibres, à la même Berline , laquelle étant la plus compliquée des voitures, donne le ton à toutes les autres qui n’en font que des diminutifs, malgré la différence qu’il femble y avoir entre elles. '
- Pour tracer l’élévation d’une voiture, il faut d’abord faire choix des profils & des formes qu’on veut y employer , tant pour le corps de la voiture que pour je brancard qui rentre plus ou moins en dedans de la caifle , à raifon des ouvertures des portières ou des différents profils qu’on y emploie, comme je l’ai dit plus haut.
- , Enfuite on fixe la hauteur de la Berline, Fig. x, qui eft de 4 pieds 4 à 5 pouces au moins, entre le deflus A de la marche & le deflous de la frife B, d’après la largeur de laquelle on établit le cintre du pavillon de la voiture , qui eft ordinairement un arc de cercle de 2 pouces de retombée fur les angles, laquelle retombée eft marquée par la ligne C D ; puis on détermine la largeur, ou pour mieux dire, la longueur de la voiture par le haut, laquelle doit être, du moins pour l’ordinaire , de ^ pieds J pouces ; lavoir, 20 pouces 8c demi pour chaque’ largeur de cuftode, 8c 2 pieds de largeur d’ouverture de portière , prife entre les deux pieds d’entrée que l’on trace par deux lignes perpendiculaires E F 8c GH ; on fixe enfuite la hauteur de l’appui ou cintre de la voiture, laquelle le trouve environ (*) au milieu de la hauteur de l’ouverture de la portière, ainfi que la ligne /L, à laquelle ligne on donne y pieds de longueur lavoir ,18 pouces pour chaque cuftode, & 2 pieds pour l’ouverture de la portière, ce qui donne 2 pouces 8c demi de pente à chaque bout de la voiture, laquelle pente ^ on trace par les lignes C18c D L, que l’on prolonge indéfiniment au-deflous
- de la ligne de ceinture ; relie à tracer le cintre du brancard 8c du bas de la voiture, ce qui fe fait de la maniéré fuivante :
- Au-deflus 8c à 5 pouces de diftance de la marche de la voiture, on trace une ligne horilontale M N, à laquelle on donne environ 4 pieds de longueur ; puis par les points/, M 9 O, N 9 L, on fait palier une courbe qui n’eft ni
- (*) Je dis environ, parce qu’on ne peut pas déterminer cette hauteur au jufte , fans auparavant avoir tracé la forme du cintre du bas de la portière , & par conféquent du brancard, comme je l’ai dit page 497, en parlant de la maniéré de déterminer la hauteur des glaces ; mais comme on ne peut pas tracer le cintre du brancard fans auparavant avoir fixé la longueur de la voiture à l’endroit de la ceinture, il faut néceffairement tracer la ligne de ceinture avant
- toute chofe , en obfervant de ne la pas mettre beaucoup plus haute ni plus baffe qu’il ne faut, afin de n’avoir pas de grands changements à faire quand le cintre du bas de la portière eft tracé; de plus, une voiture une fois tracée , fert pour toutes les autres, en y ajoutant ou retranchant quelque chofe. Je ne fais ici cette ob-fervation, que pour le cas où on fe trouveroit de tracer une Berline fans qu’on en eût aucun modèle defïiné ou exécuté, r
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- Sect. III. De la manière de déterminer la forme des Voitures. $19
- portion de cercle ni d’ovale, mais dont chaque moitié eft compofée de trois parties d’arcs de cercles, lefquels forment une courbe gracieufe & fans aucun jarret, ce qui efl: d autant plus vrai, que les rayons de ces arcs de cercles pailent par les centres de ceux qui les avoifinent, & auxquels ces mêmes rayons font perpendiculaires, comme on peut le voir dans la Fig. 1, où la ligne P Q , qui efl un rayon du grand arc du milieu de la courbe , pafle par le point R, qui efl le centre du fécond arc P S, dont le rayon S R efl prolongé jufqu’à ce qu’il rencontre la ligne /T, laquelle efl perpendiculaire à celle IC\ de forte que le point T devient le centre du dernier arc de cercle S /, lequel ne fiuroit faire aucun jarret avec la ligne droite 1 C, puifque celle I T, qui efl un rayon de cet arc, efl perpendiculaire à cette derniere.
- Le contour extérieur de la voiture étant ainfi déterminé, on y ajoute en dedans les largeurs indiquées par le profil dont on a fait choix , 8c on trace la traverfe du bas de la portière, tant dans fa largeur apparente que dans fa largeur réelle , ( ainfi que je l’ai obfervé à toutes les parties de cette voiture , où les largeurs réelles font diftinguées des largeurs apparentes par une teinte plus foncée ) afin de pouvoir fixer au jufte la hauteur de l’appui, lequel une fois tracé , on achevé de marquer le refte de la voiture vue de côté.
- Il faut faire attention que je foppofe ici qu’une partie du brancard faille en deiïbus de la Berline , comme il efl marqué dans le profil que j’ai adopté ; mais s’il arrivoit qu’on voulût qu’il faillît davantage , il faudroit au contraire que le deflous du brancard affleurât à la ligne MPO, ce qui rie changeroit rien au cintre de la voiture, & ne feroit qu’éloigner ou rapprocher le deflus de la marche de la ligne MN..
- Le cintre des montants de crofle des euftodes, fe trace par la même méthode que celui du fond ou cul-de-finge de la voiture, c’eft-à-dire, par divers arcs de cercles dont on fait pafifer les rayons dans le centre des uns & des autres, en obfervant que le plus haut de ces arcs de cercles ne faiïe tangente avec' la ligne UX> (qui efl parallèle à celle / C,) qu’au haut du montant de la euftode, afin d’éviter que ce dernier ne paroifle rentrer du haut, ce qui arrive toutes les fois qu’il fe trouve dans une certaine longueur parallèle avec la ligne U X.
- Après avoir ainfi tracé le côté de la voiture, il efl fort aifé d’en tracer la face , vu que toutes les hauteurs en font bornées par celles de côté , "comme on peut le voir dans la Fig. 6, où toutes les hauteurs font bornées par les lignes horifontaies C D, IL & MN, Fig. 1, que j’ai prolongées de cette Figure à la Fig. 6, afin de faire mieux fentir le rapport quelles ont & doivent néceffairement avoir entr’elles ; refte à déterminer la largeur de la Berline, laquelle doit avoir 3 pieds £ pouces de largeur par le haut à la retombée du cintre, ce qui efl effèntiel à obforver, 3 pieds 4 pouces à la ceinture ou traverfe d’appui, & 3 pieds au nud du brancard.
- De maniéré que la voiture efl évafée par le haut d’un demi-pouce de chaque
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- côté , lequel évafement eft une ligne droite depuis^le haut jufqu'à l'appui, lequelle le termine en S par le bas pour regagner les deux pouces de différence qui fe trouvent de chaque côté entre la largeur de la voiture à la ceinture, Sc celle de cette même voiture au nud du brancard.
- Pour le cintre de face du haut, on le fait le moins bombé poffible, en obfervant d'en faire defcendre la retombée au nud de celle du cintre de côté.
- Quant à la largeur des pilaftres de devant, elle fe détermine, ainfi que je l'ai dit plus haut, par la rentrée intérieure des pieds corniers , ou bien par la grandeur de la glace qu'on veut y mettre. Voye£ la Fig. 6, laquelle repréfente la face d'une Berline dilpofée de ces deux maniérés, c'eft-à-dire, le côté marqué Y 9 dilpofé pour recevoir une glace de la plus grande hauteur Sc largeur poffible , & l'autre côté marqué Z , difpofé avec une frife Sc un grand pilaftre pour diminuer la grandeur de la glace.
- Ce que je viens de dire n'eft que pour fervir à tracer les voitures vues géomé* oralement, mais ne peut fervir à les tracer totalement, parce que non-feulement ces mêmes voitures font évafées 8c cintrées tant ffir la face que ffir les côtés, mais encore évafées par leur plan, ce qui donne du ralongement non-feulement aux parties cintrées qui les compofent, mais encore aux parties droites, comme les traverfes de côté Sc tous les battants en général, ainfi que je vais l'expliquer.
- Pour donner de la grâce à la forme des Berlines, & pour les rendre plus commodes, on s’eft avifé de les bomber dans le milieu de leur largeur , fur-tout à l’endroit de la ceinture , ce qui les a rélargies fans pour cela augmenter la largeur du brancard ; c'eft ce bombage que les Menuifiers en Carroffes nomment renflement, lequel fait une des plus grandes difficultés qui fe rencontrent dans la conftruétion des voitures.
- Ce renflement efl: plus ou moins confidérable , félon les différentes efpeces c de voitures 9 comme je le dirai en fbn lieu, & efl: différent dans la hauteur d'une même voiture ; de forte que les faces des plans d'une Berline, pris à l'endroit du brancard, à la ceinture Sc au pavillon, ne font point parallèles entr'elles, ce qui donne des gauches dans les côtés de la voiture 9 lefquels font tolérables dans la partie de l'appui, mais qui ne peuvent fè fouffrir dans le haut quand il efl: deftiné à recevoir des glaces.
- La partie du côté de la Berline où fe place la portière, efl: toujours droite de forte que le renflement fe fait du dehors de cette derniere ; c'eft pourquoi lorfqu’on veut tracer le plan du renflement d'une voiture, on y abaifle des lignes perpendiculaires du dehors de la portière, comme celle x 1 ; (la moitié de la Figure fuffifànt pour le tout;) du nud du brancard, comme celle M2 ; du nud de la ceinture, comme celle S 3 ; Sc du haut du dehors de la voiture, comme celle C 4.
- On fait la même opération fur l'élévation de face , Fig. 6, ceft-à-dire, qu'on abaifle des perpendiculaires du dehors de la voiture au nud du pavillon Sc de la
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- Section 11L T)e la maniéré de déterminer la forme des Voitures, pi ceinture ; puis le point y , Fig. 7 , étant fiippofé le même que celui c, Fig. 6, on porte fur la ligne du milieu de l'élévation continuée jufques fiir le plan, la diftance c b y Fig. 6, de y à 6, Fig. 7 ; 8c celle c a de 5 à 7 ; puis des points y , 6 & 7> on mene autant de lignes parallèles 8c horilontales aux perpendiculaires de l'élévation qui leur font correfpondantes, ce qui détermine fur le plan les faillies tant de face que de côté de la ceinture, & du haut de la voiture ; relie à marquer fur ce plan lë renflement, ce qui fe fait de la maniéré fuivante :
- Au point où la ligne 2, y, coupe celle x 1, on porte lur cette derniere la dillance de 9 lignes, qui eft le renflement du brancard, de d à 8 ; puis du point
- 2 au point 8, on mene une ligne qui eft la pente du brancard, 8c du point 8, on mene une ligne parallèle à celle 2, y, laquelle donne le devant de la portière à l'endroit du brancard.
- On fait la même opération pour le pavillon, ceft-à-dire, qu'on porte la diftance de 2 pouces 8c demi, qui eft le renflement ordinaire, de y à 1 ; puis du point 4 au point 1, on tire une ligne qui eft la pente du pavillon prife au nud de la caille , & de la retombée de ce même pavillon repréfentée fur l'élévation par la ligne C Dé'
- Refte à préfent à tracer le renflement de la voiture à l'endroit de la ceinture : la maniéré la plus ordinaire de le faire, eft de prendre la diftance a b , Fig. 6 % 8c de la porter de 1 à 9 , Fig. 7 ; & du point 9 au point 3 , on tire une ligne , laquelle donne la pente de la ceinture de la voiture , ou pour mieux dire > font renflement d'appui. Cette maniéré de déterminer le renflement des voitures, eft vicieufe, en ce qu'elle produit un gauche dans la cuftode, lequel pourrait être tolérable s'il n'y avoit pas de glace ; mais quand il y en a, il n'eft pas pofîïble de le fouffrir, à moins qu'on ne laiffe du jour entre la glace 8c la joue des coulifles, ce qui eft fort défagréable à voir, & ce qui arrive cependant à bien des voitures, où on n'a pas pris les précautions néceflàires pour éviter ce gauche, lequel eft fort aifé à connoître par le plan, puifque la ligne 3,9 , qui eft le nud de la ceinture , n'eft pas parallèle à celle 4, 1 , qui eft le haut de la voiture repréfenté par la ligne C D , Fig. 1, laquelle doit toujours être prife horifontalement à caufe de l'inclinailon de la face de la voiture, 8c afin qu'étant parallèle à celle d’appui, elles produifent enfemble des furfaces dégauchies, ce qui ne pourra jamais être tant que les lignes du plan, qui repréfêntent celles dont je parle, ne feront pas parallèles entr'elles, ainfi que celles 4, 1, 8c
- 3 >9*
- Ce qui donne lieu au gauche dont je parle, c’eft qu'on donne ordinairement la même pente aux pieds d'entrée comme aux pieds corniers, fans faire attention à la pente que ces derniers ont par les deux bouts de la voiture, ce qui augmente la pente de côté, vu le renflement de la voiture , ainfi que je vais le démontrer.
- Soit le point A, Fig. 8 , f angle de la voiture pris à la ceinture, 8c la diftance Menuisier. III. Part. Rrrrrr
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- 5a2 MENUISIER , III. Pan. Chap. III.
- ; A B, la pente du pied cornier par l’un des bouts : foit pareillement la diftance B D , la pente de ce même pied cornier fur le côté , il eft fort aifé de vôir que la lig ne A D eft T arête extérieure du pied cornier repréfenté en plan ; enfuite du point D, qui repréfènte l’angle du haut de la voiture, on tire la ligne D C, félon l’évafement donné par le renflement du haut de la voiture, pris à la hauteur de la ligne CD, Fig. 1 ; il s’enfiiivra néceflàirement, que pour que la ceinture fe dégauchifle avec le haut de la voiture , il faut que du point A , qui eft l’angle extérieur de la voiture, pris à l’endroit de la ceinture , on mene une ligne A G parallèle à celle C D , & que la diftance A F, prife entre ces deux lignes, & perpendiculairement à la ligne A B, devienne beaucoup plus grande que celle A E ou B D, ce qui eft la même chofe, 8c ce qu’il falloit démontrer.
- Il fuit de cette démonftration, que pour avoir la pente d’une voiture à l’endroit des pieds d’entrée, après avoir tracé le renflement du haut de la voiture, on prend avec un compas la diftance du point 3 , Fig. 7, au point g, que l’on porte de i en /; & par les points 3 & /, on fait pafler une ligne , laquelle eft néceflàirement parallèle à celle 4,1 ; & du point m, ou cette première rencontre la ligne x l 9 qui eft le dehors de la portière , on mene une autre ligne m n parallèle à celle 1 o , de forte que la diftance m 1 ou n o, eft la pente des pieds d’entrée prife depuis le deflus de l’appui, jufqu’au nud de la retombée du cintre de la voiture , repréfenté par la ligne C D , Fig. 1.
- S’il arrivoit qu’au lieu de la pente des pieds corniers, ce fût celle des pieds d’entrée qui fût donnée, on fe ferviroit toujours de la même méthode, en retournant feulement l’opération, c eft-à-dire , en menant du point m , que je fùppofe donné, une ligne parallèle à celle 1,4, que l’on prolongeroit jufqu’à ce qu’elle rencontrât la ligne perpendiculaire abaiflee de l’angle I de la voiture, Fig. r.
- L’obfèrvation que je fais ici touchant le parallélifme des differents plans d’une voiture , eft très-elfe ntielle, fur-tout lorfqu’on y fait ufàge des glaces, parce que non-feulement il faut que les places deftinées à recevoir ces dernieres fbient parfaitement dégauchies, mais encore il faut éviter que l’appui de ces mêmes glaces ait beaucoup de gauche, parce que cela oblige à prendre beaucoup de place pour leurs coulements , lefquels devant aufli être dégauchis , diminuent la grandeur intérieure de la voiture.
- Après avoir tracé le plan des differents renflements de la voiture , il eft très-aifé de déterminer la forme extérieure des pieds d’entrée, & par co des portières , ce qui fe fait de la maniéré fiiivante :
- Sur les prolongations des lignes CD9IL8cMN9 Fig. r , on éleve une perpendiculaire ainfi que celle AB, Fig. 3 , repréfèntée par le point o, Fig. 7 , ou par le point 1 , ce qui eft la même chofe ; puis on prend la diftance 0 n ou 1 m, même Figure, que l’on porte Fig. B, de B à C, & duquel point on éleve à la ligne de ceinture une ligne perpendiculaire, laquelle la rencontre au point E, ce qui donne la pente du devant du pied d’entrée, dont l’arête,
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- Section 111 De la maniéré de déterminer la forme des Voitures. 523 ou pour mieux dire la furface de la partie fopérieure, eft repréfentée par la ligne E A , laquelle forface coupe la ligne perpendiculaire à la rencontre de la ligne CD y Fig. x , prolongée jufques & au-delà de la Fig. 3 ; on prend enfoite la diftance o p ou I , 8 , Fig. 7 , qu on porte de B à D , Fig. 3 , par lequel point D , on fait palier le bas du cintre en S de 1 appui y qu’on fait le plus doux poflîble, pour ,1a raifon que j’ai dite en parlant des coulifles des glaces , page 499 & /vivantes.
- Le cintre en S des pieds d’entrée dont je parle, ne peut pas être exaélement le meme que celui des pieds corniers, ( que j’ai tracé dans cette Figure par une courbe ponéluée, afin de la diftinguer d’avec la courbe des pieds d’entrée ) parce qu’étant beaucoup plus longue que cette derniere , elle feroit mal il elle fuivoit le même cintre , lequel n’eft pas fî gauche qu’il paroît l’êtr e ici y vu les différents plans que donnent le cul-de-finge de la voiture & fon renflement.
- Il eft cependant vrai qu’il y a un peu de gauche ; mais c’eft très-peu de chofo, puifque la diftance C s 9 Fig, 3 , eft égale à celle q 3 , Fig. 7 ; laquelle diftance eft donnée par la ligne r 8 , qui étant parallèle à celle 3 , 9, ne peut, par conféquent, produire qu’une furface droite.
- Tout le gauche qu’il y a n’eft donc que de la diftance s t, Fig. 3 , ce qui eft très-peu de choie, & à quoi on pourroit cependant remédier , en faifant , comme je viens de le dire, le côté du brancard parallèle en plan avec la traverfo d’appui.
- Pour la ligne du milieu de la portière, repréfentée par celle F1L, Fig. Z, c’eft le même cintre & la même pente qu’au pied d’entrée, les diftances F Q & F H y Fig. 2 , étant égales à celles D C & D B, Fig. 3 , parce que les portières font ordinairement for une forface droite, en obfervant cependant, quand les portières font corps for les pieds d’entrée, d’augmenter leur faillie for le calibre , ainli que l’indique la ligne ponéluée x x x* Il faut encore faire attention que comme la pente & la rentrée du cintre des Fig. 2^3 font bornées par le haut & par le bas par la rencontre des lignes C D & M N de l’élévation, Fig. 1, avec les perpendiculaires dont les for faces font repré-Tentées for le plan Fig. 7, par les lignes 1 o 8c 8 p ; il faut faire attention, dis-je , que ces lignes , qui font droites for le plan, changent de forme, foit par la fortie des lignes droites du haut, repréfentées Fig. 2 & 3 , par les perpendiculaires L 1 & A 2 , dont la hauteur eft bornée par des lignes ponétuées provenantes de l’élévation Fig. 1 ; de forte que les points 1 & 0 du plan Fig. 7, s’écartent de la ligne droite 1 0, de la diftance 1 a & 2 b, Fig. 2 & 3.
- Ce que je viens de dire pour le haut de la voiture, doit auflS s’obferver pour le bas, parce que pour que le cintre en S fafle bien , il faut qu’il rentre d’apres la ligne M N, Fig. 1, de maniéré que le brancard ne peut pas avoir exaélement la même forme que celui qui eft repréfenté par les lignes du plan 2,8, p y mais encore il faut que ces brancards foient hors d’équerre pour foivre le
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- cintre de la voiture , ainfi que l’indiquent les lignes perpendiculaires Fu, Fig. 1 , D x 8c ty , Fig. 3 , dont les diftances avec la rentrée des cintres d’après lefqueis elles font abaiffées , donnent l’évafement & le hors d’équerre du brancard, ce que j’expliquerai dans la fuite avec plus d’étendue en parlant de la forme & de la conftruétion des pavillons & des brancards.
- U eft encore un autre changement dans la forme des différents plans cfune Berline, qui n’eft pas nécefîàire & indifpenfàble comme celui dont je viens de faire mention, mais qui feroit un très-bon effet. Ce changement dont j’ai déjà parlé en traitant du corroyage des bois des voitures , page 484 , confifle à éviter le défaut que produifent les angles formés par les portières & les côtés de la voiture, défaut auquel on peut remédier en donnant aux différents plans de la voiture une forme bombée , du moins quant à l’extérieur, ainfi que l’indique la ligne 2 £ p, Fig. 7 , laquelle , fans augmenter le renflement de la voiture , en adoucit feulement l’angle 8, ou bien comme la ligne 4,1, ér, laquelle pafïànt par l’angle I , augmente le bombage du milieu de la voiture.
- On ne fàuroit difconvenir que cette forme bombée feroit beaucoup mieux que celle à pan qui efl: en ufage à préfent, fans pour cela être plus difficile à l’exécution, ainfi que je l’ai dit plus haut 9 en obfervant toutefois de conferver le parallélifme nécefîàire pour le revêtiflement des glaces, ainfi que je l’ai indiqué ci-deflus.
- Ce que je viens de dire jufqu’à préfent, n’eft applicable qu'aux différents plans d’une Berline, à la forme & à la longueur des pieds d’entrée & des battants de portières, dont le cintre & l’évafèment n’eft que fur un fens.
- Il s’agit maintenant de déterminer la longueur & la forme des pieds corniers, lefqueis font non-feulement évafés fur deux fens , mais encore dont les cintres & l’évafement font différents, ce qui en rend l’opération un peu plus compliquée , ainfi que je vais l’expliquer.
- Les pieds corniers étant cintrés des deux côtés & inégalement, il faut néceflàirement avoir le calibre ralongé de chaque cintre , afin de n’employer que le moins de bois qu’il eft poflible, & en même temps conferver le fil du bois & éviter le bois tranché qui fe rencontreroit néceflàirement dans les pieds corniers fi on les prenoit à plein bois, c’eft - à - dire, qu’après les avoir cintrés géométralement, comme les repréfèntent les Figm 1 8c 6 9 on leur donnât là pente & l’évafement nécefîàire , ce qui éviterait la peine de faire des calibres ralongés, mais en même temps emploieroit davantage de matière , 8c augmenterait le bois tranché , ce qu’il faut abfolument éviter.
- Le premier calibre ralongé dont on a befoin, eft celui du cul-de-finge repré-fenté géométralement par la ligne N L D, Fig. 1, lequel fe trace de la maniéré fuivante :
- Le cintre géométral du côté du pied cornier étant trace., & celui de face , ainfi que la Fig..i & d, le deffus de l’appui étant déterminé par la ligne LE >
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- Sect. III. De la maniéré de déterminer la forme des Voitures. p J Fig. i & 6, on divifo la hauteur de l’appui en un nombre de lignes parallèles à cette derniere, ainfi que celles b s , dt^fu^ hx, ly & NC; enfuite de l’extrémité fopérieure du dedans du pied cornier, Fig. 6, à l’endroit le plus cintré , on fait pafler une ligne droite B D, à laquelle on mene une parallèle A C, ce qui donne d’abord l’épaiflfeur de la piece dans laquelle doit être pris le pied cornier, & en même temps la pente & le ralongement du calibre , qui fe trace comme je vais l’indiquer*
- On trace à part, Fig. 4 , une ligne perpendiculaire ainfi que cellô GH; puis on prend fur la ligne A C, Fig. 6, les diftances données par les lignes horifbntales qui la coupent, que l’on porte fur la ligne G H, Fig. 4, du point F aux points UyO^p^q^rScH; de forte que la diftance F H eft égale à celle E C, Fig. <5, ainfi des autres points , for lefquels on éleve autant de perpendiculaires à la ligne G H, Fig. 4 , dont les longueurs étant égales à celles de la Figure première qui leur font correlpondantes, donnent le cintre ralongé, c’eft-à-dire, que l’on fait la diftance F 8, Fig. 4 , égale à L 1 , Fig. 1 ; celle n p égale à b 2 ; celle o 10 égale à d 3 ; celle pu égale à^q, ; celle q 12 égale à h 5 ; celle r 13 égale à 16; & celle H 14 égale à N 7; enfoite pour l’évafement du haut du calibre, on prend for la Fig. 6, la diftance E A , qu’on porte de F en G, duquel point au point 8 , on fait pafler une ligne droite qui eft la pente ou évafement du calibre ralongé, qu’on met enfoite de largeur félon qu’il en eft befoin.
- Le premier calibre étant fait, on trace le fécond, qui doit être ployant, de la maniéré foivante :
- On trace la perpendiculaire L N, Fig. 5 , for laquelle on porte les diftances données for l’intérieur du pied cornier, Fig. r , par la rencontre des lignes parallèles, c’eft-à-dire, qu’on porte la diftance x a, Fig. i,deMà/, Fig. y ; celle a c, de l à m ; celle c e, de m à n ; celle e g, de n à o ; celle gi >àç.o\p; 8c celle i m , de/? à N ; puis par les points M, /, m , n , 0 ,p & N, on éleve autant de perpendiculaires à la ligne L N, dont la longueur donne le cintre du calibre, en faifant la diftance M 2 o, Fig. $ , égale à la diftance 14 £, Fig. 6 ; celle l 21 égale à celle 15 s ; celle m 22 égale à celle 16 a ; celle n 23 égale à celle 17 b; celle 02 4 égale à celle 18 d; celle p 25 égale à celle ip e ; enfin la diftance N 26 égale à celle a c ; puis on prend la diftance 8 G, Fig. 4 , qu’on porte de 20 à L, Fig. 5 , ce qui donne la longueur du calibre qui fe met de largeur à l’ordinaire.
- Si au lieu de prendre ce calibre au dedans de la courbe, comme je viens de le faire , on vouloit le prendre au dehors, on foivroit toujours la même méthode, en obfervant feulement de prendre les diftances horifontales for le dehors de la courbe, ce qui n’a befoin d’aucune démonftration.
- Quant à la véritable longueur de l’arête du pied cornier, elle n’eft pas Menuisier, 1IL Part. S s s s s s
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- difficile, puifqu’elle eft donnée par la longueur de l’hypoténufé d’un triangle rectangle , dont le grand côté eft égal à la longueur perpendiculaire du pied cornier , & dont le petit côté eft égal à la faillie du pied cornier pris fur l’angle, ainfi que je l’ai démontré dans la fécondé Partie de cet Ouvrage , en parlant des arêtiers biais,page 343 fuiv. mais comme cette démonftra-tion eft faite fous un autre point de vue , fai cru devoir en faire ici une autre démonftration plus analogue au cas dont je parle.
- Soit, Fig. 9, l’angle ABC, l’angle de la voiture pris à la ceinture de la voiture, & l’angle EDF, l’angle extérieur de la voiture pris au haut du pied cornier, dont on veut avoir la longueur ou projection prife dans l’angle, on commence par tracer cette projection en plan, en tirant une ligne droite du point A au point E , fur lefquels points on éleve une perpendiculaire à la ligne A E ; puis la hauteur perpendiculaire du pied cornier étant bornée , comme par exemple de E en G, de ce point au point A 9 on mene une ligne droite, dont la longueur eft celle de l’angle du pied cornier.
- Il eft encore une autre maniéré d’avoir cette longueur, qui , quoique différente de la première en apparence, revient cependant au même, ainfï qu’on va le voir.
- Ôn prolonge les côtés de l’angle intérieur, jufqu’à ce qu’ils rencontrent ceux de l’angle extérieur aux points b & c , defquels points on éleve une perpendiculaire à chacun de ces côtés ainfi prolongés ; puis on porte la hauteur perpendiculaire de l’arête du pied cornier de b en a , duquel point à l’angle A , on mene une ligne diagonale , à l’extrémité de laquelle on éleve une perpendiculaire dont on fait la longueur a I égale aAc; puis du point I à l’angle A y on mene une ligne droite dont la longueur eft celle de l’arête du pied cornier, ce qui eft exactement vrai, puifque cette derniere ligne eft égale à celle A G.
- On fait la même opération pour l’autre côté que pour celui-ci, c’eft-à-dire , quon fait c d égal à E G , & d H égal à A b, ce qui donne la diftance A H égale à A G.
- Cette fécondé méthode, quoique plus compliquée que la première, eft cependant la même, puifqu’il s’agit de faire des triangles rectangles, dont l’hypo-ténufe fbit égale à la longueur de l’arête du pied cornier, ainfi que le repréfente la première méthode, d’une façon d’autant plus claire, que le grand côté du triangle rectangle, eft de la longueur perpendiculaire de l’angle du pied cornier, ce qui ne fé rencontre plus aux triangles de la féconde méthode , qui, quoiqu’ils fbient toujours des triangles rectangles, dont l’hypoténufé eft d’une longueur égale à celle du triangle férvant à la première méthode, les' grands côtés de ces premiers triangles augmentant nécefïàirement de longueur à raifon de ce que leurs petits côtés, repréfèntés par les lignes A b Sc A c, different de la ligne A E, qui eft elle « même l’hypoténufé du triangle
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- Section IIL §. L Des Pavillons ou Impériales * SCc* reétangle c A E, auquel ces deux premières lignes fervent de côtés, la ligne c E étant, égale à celle Ab,
- U réfulte de cette démonftration, qu’on doit fe lervir de la première méthode, qui eft la moins compliquée, quand on voudra relever la longueur de l’arête d’un pied cornier fur le plan, ce qui eft plus aifé , mais en même temps ce qui occupe beaucoup de place ; & qu’au contraire on doit fe fervir de la féconde méthode quand on voudra fe palier du plan , comme je l’ai fait aux Fig, 4 & y * où j’ai d’abord pris la longueur E A, Fig, 6 , laquelle eft le premier ralonge-ment, & que j’ai, portée, Fig, 4 , de F à G, afin d’avoir l’hypoténufe 8 G > qui eft la véritable longueur de l’arête du pied cornier.
- La méthode que je donne ici pour déterminer la longueur & la forme des pieds corniers d’une Berline, peut s’appliquer aux pieds corniers de toutes les autres voitures de quelque forme qu’ils puiffent être, vu que ceux dont je viens de parler renferment toutes les difficultés poffibles, puifqu’ils font nom* feulement cintrés des deux fens, mais encore d’un cintre & d’un évafement inégaux*
- Il me refte maintenant à parler des pavillons ou impériales, de leurs formes & conftruétion, des affemblages des parties qui compolent le pourtour de la caiffe, de la forme & de la conftruétion des brancards, Ce qui terminera cette troifiéme Seétion, Sc le détail de toutes les parties extérieures d’une Berline , lefquels détails feront applicables à toutes autres elpeces de voitures, ainfi que ce que j’ai dit ci-devant.
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- §. I. Des Pavillons ou Impériales , de leurs formes & conJlru&ioné
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- J’ a 1 donné dans la Planche précédente la maniéré de déterminer la forme des différents plans d une voiture, pris fur des lignes horilontales & à diffe- Penche rentes hauteurs ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas ici, me contentant de repré-fenter un pavillon vu en defîous , Fig, 1, & une partie de ce même pavillon vu en deflus, Fig, 3 , lequel eft tracé félon les meliires que j’ai données ci-devant , page 518. Il s’agit maintenant de donner la maniéré de conftruire les pavillons d’après ces melures données, & de déterminer leurs formes extérieures , c’eft-à-dire, leur bombage, &par conféquent les courbes des différentes cerces qui compofent, ou pour mieyx dire, qui rempliffent l’intérieur d’un pavillon.
- J’ai dit plus haut, page /pSj que la différence qu’il y avoit entre un pavillon & une impériale, confiftoit en ce que le premier étoit rempli par des cerces parallèles entr’elles , & qu’au contraire les cerces des impériales tendoient toutes à un ovale placé au milieu de l’impériale, dans lequel elles viennent toutes s’affembler.
- Dans l’un & l’autre cas, il faut que les cerces foient difpofées de maniéré
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- >8 MENUISIER,III. Pan. Chap. 111.
- que la ferface extérieure foit d’un pavillon ou d’une impériale, foit d’une forme gracieufe & unie, fans aucune elpece de concavité ou d’élévation ; il faut auflî éviter qu’il s’y trouve des arêtes aux angles , comme on en voit à prelque toutes les impériales, parce qu’ils empêchent le cuir de s’étendre également, ou du moins l’expofent à fe couper à l’endroit de ces arêtes , ce qui eft fort à craindre. k
- Pour prévenir ces inconvénients , il s’agit de donner à toutes les cerces qui compofent foit un pavillon ou une impériale , la courbure qui leur efl: néceflàire, ce qui fe fait de la maniéré feivante :
- La longueur & la largeur du pavillon étant déterminées, on trace les lignes de milieu AB & CD , que l’on doit confidérer comme faiflmt partie d’une ferface plane & horifontale, paflànt par le plus haut point des battants de pavillon , c eft-à-dire , au milieu de la voiture , dont le cintre de côté efl rèpréfenté par la ligne EFG ; enfiiite on détermine le bombage qu’on veut donner au pavillon > comme de F à H, par lequel point & les points L, M, qui fent le deflus du profil, oïi fait pafler un arc de cercle L H M, qui efl la courbe du deflus du pavillon pris au milieu de là largeur , d’après laquelle courbe on diminue l’épaifleur de la volîge que l’on doit y attacher* afin d’avoir la véritable courbe de la cerce du milieu , laquelle doit être d’une feule piece, & que j’ai marquée par un trait plein, au lieu que la courbe dû deflus n’eft que ponéluée.
- Cette double opération efl abfolument néceflàire, parce que comme toutes les cerces d’un pavillon fent d’une courbure inégale, elles approchent plus ou moins du bord du pavillon, à raifcn qu’elles font plus ou moins cintrées, comme on peut le voir dans la Fig. 4 , où la ligne c b étant plus inclinée que celle ab> non-feulement recule le devant de la cerce de la diftance ed, mais encore change l’inclinaifon du chanfrein du deflus du pavillon , lequel, par cette raifon, ne fauroit être d’une même forme dans toute la longueur du pavillon, mais doit changer en raifon du plus ou moins de courbure de ce même pavillon ( * )•
- Lorlqu’on a déterminé le cintre de largeur, on détermine celui de longueur, en failànt la diftance F I égale a F H; puis par les points O, I, P, on fait pafler un arc de cercle qui efl le cintre demandé, & d’après lequel on tire un fécond arc de cercle qui efl le deflus de la grande courbe * ainfi que je l’ai obfervé à la courbe du milieu de la largeur. Quand la grande courbe efl ainfi tracée, on fait deflus la divifion des autres courbes, que l’on abaiflb perpendiculairement fer la ligne du milieu, ainfi que je l’ai fait dans cette
- ^ * ) Les Menuifiers en Carroffes ne prennent pas toutes les précautions dont je parle ici, parce que quand ils pofent leur volige de pavillon , ils ôtent un peu de bois aux cerces s’*il s’en trouve de trop, ou au contraire en rapportent quan,d il ne s’y en trouve pas affez, afin
- de donner une forme gracieufe au deflus du pavillon , ce qui ne fait pas grand tort à l’ouvrage , à la vérité ; mais en même temps c’eft toujours travailler au hafard, ce qu’il faut éviter le plus qu’il efl poflfible, fur-tout quand on peut faire autrement.
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- Section HL I. Des Pavillons ou Impériales , SCc. 529
- Figure; refte enfùite de tracer la courbe de chacune de ces cerces, ce qui « fe fait de la maniéré luivante :
- Au devant de chaque courbe qu’on veut tracer, on prend la diftance qui fe trouve entre la ligne de niveau A B, & la courbe E F G, qui repréfente le cintre du côté de la voiture , laquelle diftance on porte en deftus ou en dellous de la ligne du plan de la cerce dont on veut avoir la courbe, félon que la diftance qu’il y a entre la ligne de niveau 8c le cintre de côté de la voiture eft en deftus ou en deflous de cette ligne ; on prend , dis-je, cette diftance, laquelle le trouve ici être en deflous, qu’on porte en deflous de la ligne dont on veut avoir la courbe, comme par exemple celle U X, en failànt la diftance Q b égale à Q a ; puis par le point b on fait pafler une ligne T Y, parallèle à celle U Q , laquelle ligne repréfente le deftus des battants du pavillon à cet endroit, & par conféquent la retombée de la courbe , dont on a le point d’élévation en failànt la diftance Q R égale à Q S ; puis par les points T R Y 9 on fait pafler un arc de cercle qui eft la courbe demandée, d’après laquelle on en trace un fécond, qui eft le deftus de la cerce , à l’ordi-, naire* Il faut obferver que la courbe ainfi tracée n’eft que pour un côté de la cerce ; & que fi on vouloir avoir la courbe de l’autre côté , il faudroit recommencer l’opération pour cet autre côté , ce qui eft inutile dans le cas prélent, vu le peu de largeur de la cerce , 8c le peu de hors d’équerre qui s’y trouve ; c’eft pourquoi on fe contente d’en tracer jufte un côté, & de mettre le deftus de la cerce hors d’équerre, félon que l’exige la courbe de longueur & le renflement de la voiture,
- Les autres courbes du pavillon le tracent par lâ même méthode que celle dont je viens de parler ; c’eft: pourquoi je n’en ferai pas de démonftration , me contentant de tracer l’opération fur la Figure.
- On fera aufli attention que pour faciliter l’intelligence de ce que je viens de dire touchant les courbes des cerces d’un pavillon, j’ai fuppofé que le haut de la face de la voiture étoit droit, parce que fi la traverfe du pavillon étoit cintrée, comme c’eft l’ordinaire, il eût fallu que je remontafle les points E, G y de ce que la face de la voiture auroit eu de bombage, ce qui auroit rendu la démonftration un peu plus compliquée ; c’eft pourquoi j’ai préféré de fiippofer la voiture droite par la face , réfervant à donner la méthode de tracer les courbes des cerces d’un pavillon cintré fur tous les fens , en parlant des pavillons à trois cintres , ou pour mieux dire des impériales.
- En général, les cerces des pavillons 8c des impériales fe font de bois d’orme d’environ 9 lignes à un pouce quarré tout réduit, c’eft-à~dire, mis hors d’équerre tant en dedans qu’en dehors* Pour leurs aftemblages, ils fe font à tenons 8c mortaifes les unes avec les autres ; lavoir , celle du milieu de largeur, qui eft d’une feule piece & qui reçoit celle du milieu de longueur, laquelle eft par conféquent de deux pièces, dans Içlquelles viennent s’aflembler Menuisier y III. Part. Tttttt
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- s toutes les autres cerces, lefquelles font chacune de deux pièces, ainfi que je l’ai obfervé aux Fig* 163.
- Les cerces des pavillons ne s’aflemblent pas ordinairement dans le chaffis, mais s’appliquent à nud deiîus & s’y arrêtent avec des clous ; mais je crois que malgré l’ufàge , il vaudrait beaucoup mieux , ne pouvant y faire des aflem-blages à l’ordinaire, les faire au moins entrer en entaille dans le chaffis du pavillon, comme je l’ai indiqué par les lignes ponétuées f9 g, d, Fig. 4 , ce qui ferait très-folide, Sc retiendrait mieux l’écart de la voiture.
- Pour ce qui eft des chaffis de pavillon, on les affemble à tenons Sc mortaifes ; & comme le bois de 5 pouces de largeur n’eft pas fuffifant, on y rapporte des collages en dedans, d’après lefquels on fait l’affiemblage, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 1 , où les lignes ponétuées le long des battants, indiquent la largeur du bois, Sc par conféquent ce qu’il faut y coller. «
- J’ai dit ci-devant que les voitures feraient beaucoup mieux fi leur renflement étoit un arc de cercle au lieu d’être à pan , comme c’eft la coutume ; c’eft pourquoi j’ai repréfenté Fig. 2 , un battant de pavillon ainfi difpofé avec toutes fes rainures & fes moulures, lequel n’emploie pas plus de bois que de l’autre façon , Sc fait cependant beaucoup mieux.
- Quant à la forme des bâtis ou chaffis de pavillons, elle eft repréfentée par la coupe Fig. 4, laquelle les repréfènte de niveau , ce qui n’eft cependant pas fans difficulté, tant pour ce qui eft des aflemblages que pour’ la rencontre des profils, ainfi que je le démontrerai ci-après.
- Le deflîis des pavillons fe recouvre de voliges d’une à 2 lignes d’épaifleur, lefquelles s’attachent deflus avec de petits clous d’épingle ; ces voliges doivent être d’une égale épaifleur entr’elles, afin qu’elles affleurent toutes à l’endroit des joints.
- Quant à la maniéré de pofer ces voliges, elle eft très-fimple , parce- qu’après en avoir drefle une, on l’attache au milieu du pavillon avec deux ou trois clous feulement, afin de la faire ployer & de pouvoir la tracer de longueur; enfùite de quoi on la détache, on la coupe de longueur, & on la met en chanfrein par-deflous, pour quelle porte bien Sc qu’elle joigne fur la traverfe de pavillon, ce qui étant fait on l’attache à demeure.
- On fait la même opération aux autres voliges, dont on trace la longueur Sc le joint après les avoir fait ployer à leur place, ce qui ne fouffre aucune difficulté, du moins pour les couvertures de pavillon.
- Lorfque toutes les voliges foht pofees, on doit avoir grand foin qu elles affleurent bien par-tout, tant entr’elles qu’avec le chaffis du pavillon ; & s’il arrivoit quelles délàflleuraflent, on y donnerait un coup de râpe ou de rabot félon qu’il feroit néceflàire.
- On appelle Voitures a trois cintres, celles dont le côté du pavillon eft décoré de trois cintres différents, comme le repréfente la Fig. 3*
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- Section 1IL §. I. Des Pavillons ou Impériales, SGc. 531
- Ces voitures , quoique peu en ufàge à préfent, font cependant un très-bel effet & font très-avantageufos, tant pour la forme des glaces , qui deyient plus heureufo quaux voitures ordinaires, que parce que la portière devenant; plus haute que les cuftodes , donne moyen de baiiîer l’appui ou cintre de la voiture , & de placer commodément les glaces de cüftode * fans être obligé de faire d’entaille dans le brancard.
- De plus , les pavillons ou impériales de ces voitures, quoique plus chargés d’ouvrages que les autres, font cependant dune plus facile exécution , comme je le prouverai ci-après; il n’y a donc que le rempliftàge de ces pavillons * qui devient plus compliqué, for-tout lorfqu’on veut les faire avec toute la perfeétion dont ils font fofoeptibles*
- Les pavillons à trois cintres font de véritables impériales, puifqu’ils ne peuvent être remplis par des cerces parallèles entf elles, comme celles des pavillons dont je viens de parler , parce qu’il faut que les inégalités des cintres des battants de pavillon aillent à rien au centre de l’impériale , ce qui, par conféquent , oblige à faire tendre toutes les cerces à ce même cintre. Toute la difficulté qu’il y a dans la conftruétion de ces courbes , confifte à les cintrer de maniéré quelles ne faflent aucune côte dans toute l’étendue de l’impériale, dont la forface doit être, ainfi qu’aux pavillons, la plus unie poffible.
- Pour parvenir à donner aux cerces des impériales toute la perfeéiion dont elles font fofoeptibles, il faut d’abord opérer comme s’il devoir y avoir des cerces parallèles tant for la longueur que for la largeur, ce qui fe fait félon la méthode que je viens de donner pour les pavillons, afin d’avoir des points pour prendre les hauteurs des courbes tendantes au centre , ce qui fe fait de la maniéré foivante :
- Après avoir tracé le plan du chaffis de l’impériale, on en divifo l’intérieur par des lignes droites parallèles entr’elles & aux faces du chaffis, ainfi que celles a b , c d\ ef, g h , i l & mn , lefquelies , ainfi que celles du milieu, doivent être confidérées comme failànt partie de la forface repréfentée par la ligne horifontale A B , Fig. 3 , laquelle pafle par le point le plus haut du cintre du battant de l’impériale, & par la ligne LM, Fig. 4, autant éloignée des angles de l’impériale que cette derniere ; c’efl-à-dire, que la diftance L N ou M O , Fig. 4, eft égale à celle A Z ou B I, Fig. 3, ce qui eft la même chofe.
- Puis après avoir déterminé le cintre ou bombage du milieu de la largeur du pavillon, on prend Fig. 4, ( qui repréfonte la partie fopérieure de l’élévation de face de la voiture, ainfi que la Fig. 3 , qui repréfonte celle de côté, ) la diftance P Q, qu’on porte de p à 1, Figt 1 ; & de ce point au point q, dont la diftance du centre o eft égale à celle 0 r, on fait pafler un arc de cercle qui eft le cintre du milieu de la longueur, & dont le centre eft toujours for la ligne
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- du milieu du pavillon, prolongée autant qu’il eft néceflaire. On fait la même opération pour la ligne m n, dont on a la courbe en faifant la diftance n i égale à celle R S9 Fig. 4; 8c celle m s égale à celle mt i 8c enfaüant pafler un arc de cercle par les points si.
- On a la courbe de la ligne i l, en faifant la diftance l 3 égale à celle T U, Fig. 4; 8c celle u i égale à celle i x ; on a enfin la courbe de la ligne g h , en faifant la diftance h 4 égale à celle MO , Fig. 4 ; & celle y g égale à celle g
- On fait la même opération pour les autres lignes a^b^c^dScf^ dont on'a les points de retombée & l’élévation , en failant pour les retombées la diftance h 8 égale à celle B 19 Fig, 3,8c par conféquent égale à celle h 4, ce qui doit être , puifque la diftance B /, Fig. 3 , eft égale à celle M O , Fig. 4 ; celle e 7 égale à celle E H ; celle c 6 égale à celle D G ; & celle a J égale
- à celle C F.
- Pour les autres points de ces courbes, on les aura en les éloignant de leurs lignes de bafe , d’une diftance égale à celle qui fe trouve entre les autres courbes & leurs lignes de bafe, à l’endroit où ces dernieres rencontrent celles dont je parle , c’eft-à-dire, aux angles formés par la rencontre des lignes a c d9 eft 8c celles g h, il 8c mn, delquels angles de* rencontre comme centres 9 j’ai décrit autant de quarts de cercles qui indiquent l’égalité d’élévation qu’ont 8c que doivent avoir ces courbes à l’endroit où elles fe rencontrent.
- Ces diverfes courbes étant une fois tracées, il eft fort aifé d’avoir celles des cerces tendantes au centre de l’impériale , puifqu’on fe fert de la même méthode que pour celles dont je viens de parler, ainfi que je vais le démontrer.
- Avant de chercher la courbure des cer ces d’une impériale, on commence par en faire la divifion & par les tracer en plan, ainfi que dans la Fig. 1, & on les arrange de maniéré qu’elles lailfent un vuide égal entr’elles, en obfervant cependant qu’il s’en trouve toujours une dans la partie la plus creufe, 8c qu’elles tendent toutes à un ovale placé au milieu, fans affeéler que les cerces des angles fuivent la diagonale du chaffis ; ce qui eft d’autant plus inutile , qu’il ne doit paraître aucune arête dans les angles de l’impériale, ainfi que je l’ai déjà dit.
- Le plan des cerces étant ainfi tracé, il s’agit d’avoir leur courbure, ce qui fe fait de la maniéré fuivante :
- On divife la largeur de chaque cerce en deux parties égales , comme je l’ai obfervé Fig. 2, puis on reporte ces lignes fur celles dont on a déjà les cerces , Fig, 1 ; 8c à chaque point où les lignes des cerces tendantes au centre , ( ou du moins à peu de chofe près, ) coupent les autres lignes parallèles , on éleve ou on abaiffe des perpendiculaires à ces dernieres jufqu’à ce quelles rencontrent leurs courbes, 8c la longueur de chaque perpendiculaire fert à donner la courbe des lignes tendantes au centre, ainfi que je vais le démontrer.
- Soit, par exemple, la ligne a bf'ig. 2, dont on veut avoir la courbe : on trace fur la Figure 1, la ligne 9,10 femblable à celle a b, 8c à chaque point où elle
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- Section ïll. §. I. Des Pavillons ou Impériales, SCc. 533 rencontre les lignes horifontales ou perpendiculaires, on abaifïè ou on éleve des perpendiculaires à ces dernieres , félon que leur courbe eft en defîïis ou en delîous, ainfi que celles 9, n, 12, 13, 14, iy , 16 8c 17 ; enfuite on trace de l’autre côté de la Figure la ligne ci, femblable à celle 9, 10 , ( & par conféquent à celle a b, Fig. 2 , ) & à tous les points où cette ligne c d9 Fig. 1, eft coupée par les lignes horifbntales ou perpendiculaires de la première opération, on éleve autant de lignes perpendiculaires , qui, par leur hauteur, étant égales à celles qui leur font correfpondantes, donnent la courbe demandée * ceft-à-dire, qu’on fait la diftance c e égale à celle 9 , 11, ou à Celle X Y * Fig. 4 , ce qui eft la même chofe ; celle fgy égale à celle 12 , 13 ; celle h i égale à celle 14, 15 ; celle / m égale à celle 16 9 17; enfin celle d n égale à d * ; puis par les points e, g9 i9 m & /z, on fera pafler une ligne Courbe qui fera celle que l’on cherche.
- On fera la même opération pour toutes les autres cerces dont on aura le point de retombée fur l’élévation Fig. 2 , en faifant la diftance o 18 égale à A Z ; celle p 19 égale à celle s 22; celle q 20 égale à celle t 23 ; & celle r 21 égale à celle u 24 9 le refte comme ci-deflus ; ce qui eft fort aifé à concevoir pour peu qu’on veuille faire attention à la Fig. i , que fai deffinée de deux maniérés différentes, afin qu’on puiffe mieux reconnoître les différentes opérations nécef faites pour avoir les courbures dont on a befoin , lefquelles opérations feroient devenues trop embrouillées fi elles eulîent été faites lès unes fur les autres.
- U réfùlte de cette méthode de tracer les cerces d’une impériale , que toute fa furface convexe vient de la forme la plus parfaite qu’il foit poffible de luî donner, fans aucune inégalité ni arête aux angles, ce qui eft un grand avantage*
- De plus , cette maniéré de difpofer les cerces fans arête à celle d*angle * donne la liberté de faire paffer toutes droites les voliges qui couvrent l’impériale , fans être obligé de les couper à l’endroit de la cerce de l’angle , comme on le fait ordinairement, n y ayant que dans la partie creufe du defîîis de la cuftode, où l’on eft nécefïàirement obligé de le faire ; c’eft pourquoi il faut toujours qu’il fe trouve une cerce à cet endroit, afin de pouvoir y attacher les bouts des voliges.
- Lorfqu’on cintrera les Cerces des impériales, on aura foin de reculer ou d’avancer le calibre à raifon de la pente de la cerce , ce qui ne fouffre aucune difficulté, le calibre pouvant fervir aux deux côtés de la cerce, vu fon peu d’épaiffeür, ou pour mieux dire, de largeur.
- Quoique j’aie dit plus haut qu’il falloit faire des impériales à toutes les voitures à trois cintres, ce ne fera cependant qu autant que ces cintres auront une retombée confidérable, & que le defîus fera beaucoup bombé ; mais s’il arrivoit que le cintre de la voiture fût très-doux & que le deffus fût peu bombé, on pourroit y faire un pavillon à l’ordinaire, en obfervant toutefois d’en tracer les courbes par le moyen de plufieurs arcs de cercles pris fur la longueur de Menuisier , Il F Paru Vwvvv
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- la voiture, ainfi que je l’ai obfèrvé à la F^. 1, ou les courbes des lignes parallèles a b, c d & ef9 ne font pas des arcs de cercles comme dans les pavillons à un foui cintre , mais des courbes dont les extrémités font adoucies pour regagner les inégalités du cintre de côté de la voiture.
- Quant à ce dernier, il n’y a point de réglé certaine qui en détermine la forme ; ilfoffit qu’elle foit gracieufo & fans aucun jarret, & qu elle faffo bien, non-feu-»' lement par rapport à elle-même, mais encore par rapport aux parties qui l’accompagnent, telles que les portières, les glaces & les pilaftres de cuftode , dont la forme des parties fopérieures efl: déterminée par celle du cintre du pavillon, qu’on ne doit jamais arrêter fans tracer en même temps le refte de la voiture, afin de donner toute la grâce poffible à fon ettfemble, ce que j’ai obfervé dans la Fig. 3, où après avoir defliné à l’œil les contours tant de l’impériale que de la portière & des cuftodes, j’ai aflujéti ces contours à des formes régulières, c’eft-à-dire, tracées au compas, & j’ai eu l’attention d’en conforver tous les centres & les lignes de conftruéiion, afin que dans toute occafion on puifle arrêter sûrement les contours qu’on a tracés à i’œxl, & les reporter facilement d’un côté, ou même d’un lieu à l’autre.
- J’ai dit plus haut que l’évafement des voitures changeoit la forme du plan tant des brancards que des pavillons, & cela en raifon du plus ou moins d’éva-foment & du cintre de ces derniers ; & que les plans, foit des brancards ou des pavillons, tels que je les ai repréfentés FL 187, Fig, 7, n’étoient vrais que pris furies lignes horifontales CD & MN, Fig. 1 de la même Planche, d’après lefquelles lignes j’ai parti pour afîùrer Sc prendre toutes les dimenfions nécelfaires, pour avoir les calibres des pieds corniers, & les autres pièces du corps de la caifle.
- Il s’agit maintenant de donner une réglé sûre pour conferver aux traverfès du haut de la voiture, leur forme naturelle, foit qu’elles foient cintrées en plan ou quelles foient droites , ce qui efl: plus ordinaire : mais on n’y parviendra jamais tant qu’on ne connoîtra pas au jufte le changement que produit l’évafe-ment d’une voiture dans le plan des brancards & des pavillons.
- Si le haut & le bas d’une voiture étoient terminés par des lignes droites telles que celles d’après lefquelles j’ai marqué les plans, il n’y auroit sûrement aucun changement dans ces mêmes plans ; mais comme les extrémités d’une voiture font toutes cintrées ou inclinées, elles changent nécefîàirement de plan à mefùre qu’elles s’éloignent des |ignes horifontales d’où viennent ces mêmes plans , ainfi que je vais le démontrer.
- Soit la courbe AB C, le cintre de face d’une Berline, & la ligne EF> l’inclinaifon ou évafement de face , il efl: très-vifible que cet évafement efl: plus ou moins confidérable à raifon de ce que le cintre s’élève, ce qui donne fur le plan des points dont on a la projeélion de la maniéré fuivante :
- On divifo le cintre en autant de parties qu’on le juge à propos, ainfi que par les points a, b, c, d, e, defquels points on mene autant de lignes horifontales
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- Section III. §. I. Des Pavillons ôu Impériales * âCc.
- & parallèles entr’elles , jufqu’à ce qu'elles rencontrent la ligne cfévale** ment E F aux points /, g, h, i9 l9 defquels on abaifle autant de lignes perpendiculaires qu’on fait retourner fur le plan , dont le devant eft indiqué par la ligne G H ; enfuite des points de divifion de la courbe, on fait defcendre autant de lignes perpendiculaires qu’on prolonge fur le plan jufqu’à ce qu’elles rencontrent les lignes du plan, ( produites par les perpendiculaires abaiffées de la ligne d’évafement,} qui leur font correfpondantes aux points m9n9 o9 pSC H, par lefquels on fait paifer une ligne courbe, laquelle eft le véritable plan du devant de la voiture, à laquelle on ajouté les largeurs de bois néeefo fàires tant en dedans qu’en dehors.
- D’après la démonftrarion que je viens de faire, il efl: très-aifé de voir que pour peu que le devant d’une voiture foit cintré , la traverfe de pavillon ne peut pas être corroyée droite, parce que fi cela étoit, on feroit obligé de faire creufèr la traverfe du haut en dedans de la voiture de ce que la ligne mnop excede celle Gif en dehors & cela changerait le cintre de cette traverfe, lequel deviendrait alors moins haut ; ce qui efl fort aifé à prouver , la diftance q l, que la traverfe occuperait alors % étant moins grande que celle f /, qui efl la place quelle doit occuper ; & par une fuite néceflàire, il réfiilte de Cette démonftrarion, que le cintre des traverfès du haut des voitures ne doit pas être le même que ceux des traverfès ou des battants de pavillon, puifque ces derniers fe préfentent toujours de face , ainfi que la ligne q l9Sc qu’au contraire celui des traverfes ne fe préfente qu’incliné, ainfi que la ligne fL
- Or, pour avoir le véritable cintre de la traverfe qui doit entrer dans la courbe A B C, on n’a qu’à prendre fur la ligne d’inclinaifbn, les diftances produites par la rencontre des lignes horifontalesprovenantes des divifions de l’élévation, & les reporter fur cette derniere aux points qui leur font Correfpondants, c eft-à-dire , faire la diftance u & égale à lf\ celle t £ égale à l g ; celle s y égale à l h ; & celle r x égale à l i ; puis par les points * x, y, & &, on fera paifer une ligne courbe qui fera le cintre demandé , lequel différé de peu de chofe, à la vérité, mais encore faut-il y faire attention, fur-tout quand le cintre & févafement d’une voiture feront un peu confidérables ; de plus, l’obfèrva-tion que je fais ici ne peut être que très-utile, vu que fans être abfolumenc néceflàire dans la pratique, elle accoutumera les Praticiens à faire attention aux changements qui fe trouvent dans les cintres qui doivent être inclinés, où fans fe fervir d’un autre calibre que pour les cintres verticaux , prévenus du rallongement néceflàire des premiers, ils les feront un peu plus bombés que ce même calibre, ce qui les fera revenir plus juftes.
- Le changement qui fe fait dans le plan de la face d’une voiture, fe fak aufli pareillement fur le côté , comme on peut le voir dans la Fig. 2 , laquelle repréfente la moitié d’un battant de pavillon à trois cintres, dont les divifions, renvoyées for la ligne d’inclinaifbn / L , donnent fur le plan la ligne courbe
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- 53 6 ME NUIS 1ER, III. Part. Chap.ni.
- a c , e g9 i m, o q , au lieu de la ligne droite a b df,8cc. ce qui n a befoin d’au-* cune démonftration d’après ce que je viens de dire à la Fig. I.
- Dans la conftruétion de la Fig. 2 , j’ai été obligé de faire le côté du plan du pavillon £iir une ligne droite, ce qui n'a pu fe faire autrement, afin d’avoir au jufte la fortie du plan à chaque divifion de l’élévation, qu’il s’agit maintenant de reporter fur un plan de côté du pavillon avec Ion renflement, ce qui fe fait de la maniéré foivante :
- On trace à part le plan du côté du pavillon félon la méthode ordinaire, c eft-à-dire , à 2 pouces & demi de renflement, ainfi que l’indiquent les lignes M N &NO ; on fait enfoite defcendre les perpendiculaires provenantes de l’élévation, jufques 8c au-delà des lignes du plan Fig. 3*, & on leur donne de longueur ce quelles ont dans le plan Fig. 2 , c’eft-à-dire , qu’on fait la diftance r 1 Fig. 3 , égale à b c, Fig. 2 ; celle s 2 égale & de ; celle t 3 égale zfg; celle u 4 égale à h i\ celle x j égale \ lm ; celle y 6 égale à n 0 ; 8c celle O 7 légale & p q ; puis par les points M,1,2,3,4, 5,6 & 7, on fait paffer une lig ne courbe qui eft le plan du côté de la voiture*
- Il faut faire attention que cette ligne n’eft pas exaétement courbe, mais qu’elle fait quelques .jarrets qu’on corrige aifément, ainfi que je l’ai obfervé à la ligne P Q R, laquelle s’écarte & fe rapproche de la ligne du plan félon qu’il a été néceflàire pour qu elle ait une forme gracieufe.
- Les pavillons à trois cintres font, ainfi que je l’ai déjà dit, très-commodes pour l’aflemblage 8c le raccordement des profils, parce qu’ils viennent prefque de niveau for les bouts, ce qui les rend auffi aifés à alfembler que s’ils étoient droits ; mais il n’en eft pas de même des pavillons à un cintre , lejquels, ainfi que la Fig. 4, viennent penchés par les bouts , de forte que pour les faire revenir enfemble, il faut faire pencher les bâtis de ces pavillons, ce qui eft fojet à bien des difficultés, ainfi que je vais le prouver,
- Lorfqu’on fait pencher les bâtis des pavillons foivant leur cintre, il arrive qu’on dérange le plan de la voiture, laquelle alors devient plus évafëe qu’elle ne devroit l’être ; de plus, cette inclinaifon des bâtis d’un pavillon diminue la hauteur de leur cintre 8c fait pencher leurs profils, ce qui fait un très-mauvais eflfet,
- Cette méthode eft encore fujette à un autre inconvénient, qui eft que les profils ne peuvent pas fo raccorder à l’angle , à moins que le cintre de devant & celui de côté ne foient d’une même inclinaifon, ce qui eft impoflible , ou du moins très-rare, de forte qu’un profil devient beaucoup plus bas que l’autre , quoique commençant au même point, ainfi qu’on peut le voir dans h Fig. 49 où le profil c d, donné par la courbe abc, eft beaucoup plus bas que le profil ce, que je foppofe venir de niveau pour rendre cette différence plus fenfible.
- On ne peut guere remédiera ces différents inconvénients, qu’en faifant
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- porter de niveau les pièces du pavillon , ainfi que le profil a fgi 9 & laififer du bois fur le bout des Courbes pour regagner le cintre des autres pièces, ainfi que l’indique le triangle ghly Sc laifler pareillement du bois en deflous jufqu’au point g i, afin que les angles intérieurs affleurent enfemble*
- Cette méthode eft d’autant plus commode y qu’on peut tracer les aflemblages par-de (Tous & les placer de niveau comme je l’ai fait ici 9 ce qui afliire la juftefle de l’ouvrage.
- Ce que je fais ici pour un côté, fe répété pour l’autre, ce qui ne fbuffre aucune èfpece de difficulté, en obfervant toutefois que la hauteur du triangle ghl n’eft pas pour la courbe a b c , mais pour celle qui vient s’y aflembler ; de plus, il faut faire attention que comme lès cintres font differents , il n’eft pas néceflàire de laifler autant de bois aux deux pièces , ainfi que je l’ai indiqué par la ligne ponétuée l m*
- Comme il y a des voitures où il rfy à pas beaucoup de renflement & dont le pavillon eft prefque plat, dans ce cas il faut fuivre la méthode la plus ufitée dans la conftruélion des pavillons , qui eft de rainer les battants & de les placer à leur place fur la voiture toute montée ; puis après les avoir tracés de longueur, & fait les entailles pour recevoir les traverfes , on fait un repaire fur la traverfe du haut de la voiture au nud de cette entaille ; enfùite on raine pareillement les traverfes, & on les met à leur place pour les tracer par le moyen du repaire qu’on a fait fur la traverfe du devant. Quand les battants & les traverfes font ainfi tracées, on y fait les tenons & les mortaifès, puis on les aflemble comme fi l’ouvrage étoit tout-à-fait droit, ce qui revient à peu-près bien. Je dis à peu-près bien, parce qu’il eft impoflible que les pavillons ainfi afîèmblés, reviennent jufte fans rien changer à leur cintre ni au renflement de la voiture, comme je l’ai prouvé plus haut ; c’eft pourquoi beaucoup de Menuifiers , s’appercevant de ces défauts, ont cherché divers moyens d’y remédier, foit en mettant leurs bois un peu hors d’équerre, ou en leur donnant un peu plus d’épaifleur au derrière des bâtis de leurs pavillons, ce qui a un peu pallié ces défauts , mais Ce qui ne les a jamais réparés parfaitement ; c’eft pourquoi on doit préférer la méthode que je viens de donner, laquelle eft, à la vérité, un peu plus compliquée que la routine de la pratique ordinaire, à laquelle on doit toujours préférer une théorie fondée fur des principes sûrs & confiants.
- Il eft une autre maniéré de déterminer le deflùs des voitures, qui different des pavillons & des impériales, en ce qu’ils ne font cintrés que fur un fens , & que les chaflis du pavillon ne font pas apparents, ainfi que les repréfentent les
- Fig. 1 & 2*
- Les pavillons de ces voitures n’ont pas de traverfes ; mais leurs battants viennent s’aflembler dans les bouts des pieds corniers de la voiture 9 & fervent en même temps de traverfes du haut de cuftode & de frifes de portières, comme les repréfentent les Fig, j & 8. Le deflùs de ces battants doit être ravalé à Menuisier. ///. Paru Xxxxxx
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- l’endroit de la portière, ( s’il arrive que cette derniere foit cintrée 8c plus élevée Planche que les cuftodes , comme la Fig. 2 , ) d’environ 2 lignes de profondeur, pour 19u pouvoir placer les voliges 8c le cuir, lequel doit affleurer au nud du bois* JSoye^ la Fig. J.
- A l’endroit des cuftodes, ce ravalement le fait au-deiïus du champ & de la moulure, en obforvant que ce ravalement ne defcende pas jufqu’au nud des champs , afin que les clous recouvrent deflus le bois, 8c cachent les joints du cuir*
- Le deflous de la moulure à côté des Cuftodes, doit être ravalé d’environ une ligne plus bas que le relief de cette derniere, afin de pouvoir placer le cuir qu’on y attache avec des clous, lefquels viennent joindre contre le bois, 8c cachent l’extrémité du cuir, Voye1 la Fig. 7, où ce renfoncement eft indiqué par la ligne cotée f.
- Comme ces pavillons n ont pas de moulures fàillantes, on y réferve un égout au milieu en forme de petite corniche, lequel empêche l’eau d’entrer par le deffus de la portière. Voye% la Fig. 2.
- Il arrive quelquefois que cet égout fe fait en cuivre, ce qui eft égal, & en même temps diminue l’ouvrage du Menuifier.
- Quant à la largeur de ces battants de pavillon , ils doivent toujours avoir 3 pouces du dehors de l’ouvrage, afin de pouvoir y placer commodément les ftores ainfi que le battant CD , Fig. 2 ; mais cette maniéré de mettre les battants d’une largeur égale d’un bout à l’autre, fouffre difficulté lorfque la glace de devant eft de toute la largeur de la voiture, parce qu’alors le bout du battant & même l’intérieur du pavillon , fàilliilent au-dedans de la glace jufqu’au point a:, ce qui fait un fort mauvais effet, auquel on ne peut remédier qu’en rétré-ciflànt la largeur de la glace , comme l’indique la ligne a b, Fig. 1. Si on ne youloit pas rétrécir la glace, il faudroit alors mettre le battant de pavillon droit en dedans , comme celui AB, Fig. 3 , ce qui remédieroit au trop de largeur de l’autre, mais en même temps ce qui empêcheroit de mettre des glaces aux cuftodes, ce qui, d’ailleurs, n’eft pas fort néceflaire , vu qu’on ne fait ufàge de ces fortes de pavillons qu’à de petites voitures, ou de peu de conféquence , auxquelles on ne met prefque jamais de glaces aux cuftodes.
- Quant à l’épaiffeur de ces battants, elle eft déterminée par la largeur du profil, plus la portée néceftàire pour attacher le cuir ; il faut cependant faire attention, quand le haut de la portière fera cintré, comme la Fig. 2, de laiffer du bois par-derriere le cintre , afin de conforver de la force au battant, ainfi que l’indique la ligne c de, Fig. 1.
- Les cerces de ces pavillons s’affemblent toujours à l’ordinaire ; mais quand les battants font affez larges pour recevoir des ftores, les cerces doivent affleurer au-dedans des battants, ce qui oblige à les tenir plus larges à leur retombée qu’au milieu, où ils ne doivent avoir que la largeur ordinaire. Voy. les Fig. 6 & 8.
- Pour ce qui eft de la maniéré de les cintrer, c’eft toujours la même chofe que, ce que j’ai dit ci-devant ; c’eft pourquoi je n en parlerai pas davantage.
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- Section IIL §. IL Des Brancards ; de leurs formes , SCc. 5 39
- Quant aux traverfes du devant ou du derrière de la voiture , ce qui eft --- s la même chofe, elles reçoivent la cerce du milieu qui s’y aflemble à tenons Planche & mortaifes, 8c on a loin de faire un ravalement au derrière de ces traverfes, pour pouvoir placer la volige & le cuir. Koje^ la Fig. 4.
- Je ne m'étendrai pas davantage au fujet de ces pavillons, vu que ce que j’ai dit ci-devant, eft plus que fuffifant pour donner la maniéré de faire les pavillons & les impériales de quelque forme qu’ils puiilent être ; & que de plus, ceux dont je viens de parler, ne font pas fufceptibles d’une grande précifion, n’étant guere d’ufàge, comme je l’ai déjà dit, qu’à des voitures de peu d’importance , ou aux Chaifes & aux Cabriolets couverts.
- §. IL Des Brancards ; de leurs formes & confirucHom
- y ki donné ci-devant le détail des parties dont un brancard eft compofë ; il s’agit maintenant de donner la maniéré de les ailèmbler & de les remplir , Planche ce qui fè fait de la maniéré fuivante :
- La longueur & la largeur d’un brancard étant données, comme je l’ai expliqué page y 20 , VL 187, Fig. 7 , on marque la largeur des fiattants , dont le dedans donne l’arrafement des traverfes de renflement, auxquels on ralonge une barbe a 9 Fig. 1 , du côté du petit plafond, laquelle vient au fond de la feuillure faite dans le bout du battant pour recevoir ce dernier.
- S’il arrivoit qu’il n’y eût point de cave fous le brancard , dont l’épaifleur pût fervir à porter le plafond du milieu, il faudroit alors faire la feuillure tout le long du brancard, & par conféquent ralonger quarrément la barbe, ce qui ne fouffre aucune difficulté.
- On doit avoir foin en traçant les mortaifes propres à recevoir les traverfes de renflement, que le dedans des feuillures de ces traverfes, foie placé au nud de l’ouverture de la portière.
- Les traverfes des bouts du brancard doivent être plus longues d’arrafement que celles de renflement, de la profondeur de l’entaille qu’on fait au battant, afin d’en diminuer la largeur, & que par conféquent il foit moins fujet à fe retirer.
- Pour ce qui eft des aflemblages de ces traverfes , ils doivent avoir 6 à 8 lignes d’épaifleur, être placés parallèlement à leurs principales faces, & avoir pour joue la profondeur de la feuillure, afin que le tenon puifle être de toute la largeur de la traverfè, & par conféquent donner plus de force à l’aflemblage.
- Quant à la largeur de ces traverfes, celles de renflement ne peuvent guere avoir moins que 2 pouces & demi ; favoir, un pouce & demi de plein bois, &
- 6 lignes pour chaque feuillure. Quant à leur épaifieur, il eft aflez indifférent quelles ayent un pouce & demi ou deux pouces.
- La largeur des traverfes de renflement eft bornée par la faillie du profil, &
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- r par l’angle que forme la courbe du brancard & le deflùs de ces traverfos , ce qui fait ordinairement 2 pouces & demi à 3 pouces. Pour leur épaifleur , c’eft à peu-près la même chofe qu’aux traverfes de renflement. Voye[ la Fig. 2 , où les traverfes font marquées en coupe avec leurs aflèmblages , celles des bouts cotées A , & celles de renflement cotées C , ainfi que for le plan
- Fig. 1.
- Les bâtis de brancard font remplis en dedans par des efpeces de panneaux nommés plafonds, d’environ 9 lignes d’épaifleur, lefquels entrent tout en vie dans ces bâtis & y font attachés à demeure lorfqu’il n’y a point de cave à la voiture ; mais lorfqu’il yen a une, les plafonds du milieu cotés D,D ,Fig.2, fe lèvent, & alors on y obferve environ 2 lignes de jeu au pourtour pour laifler libre la place qu’occupe le cuir dont les plafonds & même la cave eft quelquefois garnie en dedans.
- Quant aux plafonds des bouts , comme ils teffient toujours à demeure, on les fait entrer jufle dans leurs feuillures, for lefquelles on les cloue & on les arrête* Voye{ les cotes B, B , Fig. 2.
- Quoique j’aie marqué ces derniers plafonds d’une épaifleur égale à ceux du milieu , cette épaifleur ne leur eft pas abfolument néceflàire, parce qu’ils ne portent rien ; c’eft pourquoi 6 lignes d’épaifleur peuvent leur fofEre, ce qui épargne la matière, & en même temps alégit la voiture , ce qui eft fort à confidérer.
- »
- Quant aux battants de brancard, je n’en parlerai pas davantage pour le préfont, vu que je me fois étendu à ce fujet en parlant de la forme des profils d’une voiture, & en parlant de la maniéré d’en déterminer la forme. Voyez ce que j’ai dit à ce fojet, page 513.
- En général, le plan des brancards eft fofoeptible de changement de même que celui des pavillons, à raifon de l’inclinaifon ou du cintre de la voiture. Voyez ce que j’ai dit à ce fojet page 523 , PL 187, Fig. 2 & 3.
- Les caves des brancards fo font de la grandeur intérieure de ces derniers for lefquels elles font attachées : ces caves fo font en bois blanc, foit de tilleul ou de peuplier, ainfi que je l’ai dit plus haut ; elles font a Semblées à queue d’aronde , & leur fond eft attaché deflous avec des clous, ce qui eft foffifont, parce que la ferrure qu’on y met, jointe à leur garniture de cuir tant intérieure qu’extérieure , leur donnent toute la folidité néceflaire.
- La profondeur des caves eft ordinairement de 7 à 8 pouces , prifo au milieu du brancard ; mais aux voitures de campagne, on augmente cette profondeur , afin qu’on puifle y placer plus de chofes. Il y a de petites voitures où on borne la longueur de la cave entre les traverfes de renflement, ainfi que celle indiquée par des lignes ponctuées x x, Fig. 2 ; mais c’eft un abus, parce que ces caves font non-feulement un mauvais effet, mais encore font peu utiles, vu leur peu de grandeur, & par conféquent de profondeur ; c’eft pourquoi on fera
- très-bien
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- très-bien de les lupprimer tout-à-fait lorlqu’on ne voudra pas les faire de la ***•*:"". r'"m longueur ordinaire. Planche
- Lorfque fai traité de la difpofition générale dune Berline, j'ai dk qu il feroit l92t à fouhaiter que le renflement fût un arc de cercle, & non pas des pans , dont les angles font toujours mal. C’eft pour prouver cette vérité 5 qui cependant n eft qu’une opinion qui m’eft propre , que j’ai repréfenté , Fig. 2, PL 188, un battant de pavillon ainfi difpofé, & que j’ai defliné pareillement ici, Fig. 3 * un battant de brancard , dont le renflement eft cintré fuivant les mêmes principes.
- J’ai donné dans la Planche précédente la delcription d’un brancard vu en plan ; il me refte à préfent à faire voir l’aflemblage de ces mêmes brancards avec Planche les pieds corniers de la voiture.
- Lorfque les brancards ont une faillie apparente en deflous, comme à la Berline dont je fais la delcription, & ainfi que le repréfente la Fig. 1, cote B ; dans ce cas , dis-je, les pieds corniers s’aflèmblent à tenons & mortaifes dans le battant de brancard , dont le deflus eft indiqué par la ligne a b, Fig. 1,
- 2 & 3.
- L’arrafement du dedans du pied cornier fe coupe quarrément fuivant cette ligne, comme je l’ai obfervé dans la Fig. 2 , cote C & D. Pour l’arrafement du dehors , la coutume eft de faire une coupe dans le battant de brancard, de la largeur du premier membre du profil, laquelle tend au centre du brancard ,
- & de couper le refte en pente julqu’au nud du deflùs du battant de brancard ainfi que l’indiquent les lignes c d & de, ce qui, par conféquent, oblige de ralonger une barbe au pied cornier, ainfi qu’on peut le voir Fig. 1, cote A, qui repréfente le pied cornier délàflemblé vu en dehors, de même que la Fig.
- 2, cote C, repréfente ce même pied défaflemblé vu en dedans 3 c’eft-à-dire, du côté des rainures ; cependant je crois que malgré l’ulàge , il vaudrait mieux ne faire qu’une coupe à l’arrafement du pied cornier tant en dedans qu’en dehors, comme celle fe, Fig. 1, ce qui feroit d’autant plus avantageux, que le joint du pied cornier du côté de la face de la voiture , fe trouverait caché dans l’enroulement de la volute qu’on fait au bout du battant de brancard, & qu’on ne feroit pas expofé, comme il arrive tous les jours, à voir bailler ce joint.
- L’aflemblage des pieds corniers paflè tout à travers du brancard, & on doit toujours le faire defcendre à-plomb , fans avoir aucun égard au cintre du côté de la voiture, ainfi que je l’ai obfervé dans la Fig. 3. Quant à la place de ces aflemblages, c’eft-à-dire, à l’épaifleur de leur joue , la coutume eft de faire affleurer le devant du tenon avec le nud du ravalement de la rainure, ainfi que je 1’ ai obfervé aux Fig. 1, 2 & 3 ; mais je crois que malgré l’ulàge on feroit très-bien, ainfi que je l’ai déjà dit en failànt la defcription des profils d’une Berline, page 513, on feroit très-bien, dis-je, de reculer cet aflemblage de maniéré qu’il refte entre ce dernier & le ravalement , une joue de 3 à 4 Menuisier. HL Part. Y Y Y Y Y Y
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- Planche ' iP3*
- S 42 ME NUIS IE R, III. Part. Chap.IIl.
- ! lignes au moins , 8c de faire pafler la joue de devant en enfourchement par-deflus le ravalement de la rainure du brancard , dans laquelle on peut faire entrer un petit tenon , ce qui rendroit l’ouvrage très-folide , ainfi que je lai indiqué par des lignes ponétuées Fig. 3.
- J’ai donné dans la Planche précédente , Fig. 2 , cote A , la forme , ou pour mieux dire le profil des traverfes du bout du brancard ; cependant comme ce dernier eft tracé tout feul, j’ai cru devoir répéter ce profil dans la Fig. 2, cote D , où le brancard fe trouve aflemblé avec le pied cornier , afin qu’on puifle mieux juger de la place où la traverfe doit être mife, 8c qu’on puifle en même temps voir que c’eft d’après la rencontre du devant de la rainure du pied cornier avec le nud du brancard , que doit être placé le devant de la rainure de la traverfe, à laquelle on doit avoir grand foin de faire fuivre la pente de celle du pied cornier.
- Quant au profil des traverfes des bouts de brancard , ce doit être le même qu’aux pieds corniers; 8c comme il arrive quelquefois que ce profil n’en occupe pas toute i’épaifleur , on abat en chanfrein ce qui relie de bois d’après la largeur ; cela donne à ces traverfes une légéreté du moins apparente.
- Lorfque les brancards 11’ont pas de faillie en de flous de la voiture, & que par conféquent la moulure des pieds corniers tourne au pourtour de cette derniere, comme dans la Fig. 4, cote F, on peut en aflembler les pieds corniers avec les brancards à tenons 8c mortaifès comme ceux dont je viens de parler , en obfervant d’y faire un enfourchement avec un double aflemblage ; mais comme on pourroit craindre que ces aflemblages ne fuflent pas allez folides, 8c quen faifant pafler les aflemblages au travers du brancard, l’ouvrage ne fût pas alfez propre, vu que l’on continue les moulures jufqu’en deffous des battants du brancard , il vau droit mieux faire ces aflemblages à trait de Jupiter , comme je l’ai obfervé à la Fig. 4, cote F, qui repréfente un pied cornier vu en parement 8c aflemblé à trait de Jupiter avec fon brancard ; 8c à celle cote E , qui repréfente ce même pied cornier tout défaflemblé, & où la place des aflemblages eft indiquée par des lignes ponéluées ; voyez pareillement la Fig. 5 , cote H ) qui repréfente ce même pied tout aflemblé vu en dedans ; 8c celle cote G, même Figure, qui repréfente ce même pied cornier tout défàlfemblé.
- Quant au trait de Jupiter, on le fait toujours perpendiculaire avec le brancard, fans avoir aucun égard au cintre ou à l’inclinaifbn du côté de la voiture , 8c on doit toujours avoir foin de le placer d’après le profil de face du pied cornier, afin qu’aucun des membres de moulure ne foit coupé ni par les joints du trait de Jupiter, ni par la clef, comme je l’ai obfervé à la Fig. 6, qui repréfente un pied cornier vu de face , 8c à la Fig. 8 , qui repréfente le bout d’un battant de brancard , ou , ainfi qu’à la Fig. 6, le trait de Jupiter eft reculé au derrière du profil, du moins autant qu’il a été poflible.
- Quand les voitures font ainfi difpofées , c’eft-à-dire, quand les profils des pieds corniers tournent au pourtour du brancard, on n’y met ordinairement point
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- Section I1L §. IL Des Brancards ; de leurs formes , SGc. ^43
- de cave , 8c on fait continuer les moulures de la face du pied cormier par-de (Tous du brancard jufqu’à environ les traverfes de renflement, n'étant pas néceflàire qu'elles aillent plus loin, parce que non-feulement elles ne feroient pas vues , mais encore elles nuiroient à la portée des foûpentes, fuppofé que la caifle fût portée de cette maniéré.
- Pour ce qui eft du panneau de devant, on le termine toujours à l'ordinaire , c’eft-à-dire , au nud de la traverfe du brancard, Sc le refte fe remplit par un panneau ou plafond, ainfi qu’aux autres voitures; ce qui fait un aflez mauvais effet, parce que le deflous de la voiture étant apparent, on laifle voir ce plafond, qui n'étant aucunement décoré , ne répond plus au refte de l'ouvrage.
- On a cherché à remédier à cet inconvénient, en mettant un faux-panneau entre les battants de brancard, la traverfe du bout & celle de renflement, ce qui eft plus propre à 'voir que le deflous d’un plafond, mais ce qui îfeft pas encore d’une décoration aflez régulière , vu la grande différence qu’il y a entre la largeur des pieds corniers Sc les battants de brancard, laquelle différence rend le panneau de deflous du brancard beaucoup plus court que celui du devant de la voiture; ce qui eft un défaut auquel on peut remédier, en ravalant le deflous des battants de brancard à la largeur des pieds corniers, & en faifant pafler la traverfe du bout du brancard en enfourchement par-deflus ce ravalement. Voye£ la Fig. 5 , cote H, fur laquelle j’ai marqué la coupe d’une traverfe du bout de brancard ainfi difpofée ; Sc la Fig. 7, qui repréfente cette même traverfe vue de face avec fes affemblages & fes ravalements. Voyez aufli la Fig. 8 , qui repréfente un bout de battant de brancard, dans lequel cette traverfe eft aflemblée & vue en deflus.
- On pourroit, fi on le jugeoit à propos, fupprimer tout-à-fait la traverfe du bout du brancard , du moins en apparence, en jettant bas la faillie du profil, Sc en faifant pafler le panneau par-deflus cette traverfe , ce qui feroit très-bien, â la vérité, mais ce qui obligeroit à faire un joint au panneau à l’endroit de la traverfe du bout du brancard, fur lequel on l’attacheroit bien folidement tant en dehors avec des clous d’épingle, qu’en dedans avec du nerf battu Sc collé tant fur les panneaux que fur la traverfe.
- Cet expédient paroît d’abord très-bon ; mais l’expérience le condamne , parce qu’il eft très-rare que ces fortes de joints ne travaillent, & par conféquent ne s’ouvrent lorfque la voiture eft finie, ce qui eft fort à craindre.
- On ne peut donc raifonnabletnent faire pafler les panneaux plus loin que les traverfes du bout des brancards, qu’autant qu’on trouvera des planches aflez larges pour le faire, ce qui eft très-rare. Si cependant il s’en trouvoit qui, fans être aflez larges pour aller jufqu’à la traverfe de renflement, ( ce qui eft prefque impoflible ) fuflent de 7 à 8 pouces plus larges qu’à l’ordinaire, on pourroit les faire fervir de toute leur largeur, en les faifant pafler par-deflùs la traverfe du bout du brancard, Sc en rapportant à ce dernier une faufle traverfe, laquelle
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- recevroit rextrémité du panneau ;• ce qui feroit d’autant mieux, quen faifant aller le panneau jufqu’à la traverfe de renflement, on nen voit prefque plus les moulures, lefquelles fe trouvent cachées fous la voiture.
- §. III. De la conjlruction des différentes parties extérieures
- du corps d* * * * * & * * 9 * Ilune Berline.
- =====r. L e haut des pieds corniers èft difpofé pour recevoir les traverfes foit du ^L^CHE devant ou du derrière de la voiture, qui viennent s3 y aflembler à tenons & mortaifes, comme je l’ai déjà dit.
- Ces traverfes s’aflemblent d’onglet jufqu’au derrière de la moulure ; & pour
- donner plus de force à l’aflemblage , on coupe l’arrafement du champ en pente
- jufq u’au devant de la barbe. Voye{ la Fig. r. Comme ces traverfes font minces,
- elles n’ont point de joue, ou pour mieux dire d’arrafement par derrière , leurs tenons entrant dans le pied cornier au nud du ravalement de ce dernier. Voyei la Fig. 2 , cote C, où on peut remarquer que pour conferver de la force au tenon, on n’y fait point d’épaulement, ce qui oblige à tenir les pieds corniers de 6 lignes plus longs que la largeur de la traverfe, laquelle largeur ne fe coupe pas après que l’ouvrage eft chevillé, mais au contraire, on la conferye
- & on la fait entrer dans les entailles pratiquées à cet effet dans le pavillon ; les montants de cuftodes étant très-minces, ainfi que les traverfes dont je
- viens de parler, ne peuvent guere être affemblés à tenons & mortaifes dans
- ces dernieres, vu leur peu de largeur ; c’eft pourquoi on a préféré de les y aflembler à queue par derrière & d’onglet par devant, comme on peut le voir dans les Fig. 1 & 2 , cotes A 8c B ; Sc aux Fig. 3 ê 4, dont l’une repréfente le haut d’un montant tout défaffemblé vu de face, Sc l’autre ce même montant vu de côté.
- Ce que je viens de dire pour le haut des montants de cuftode, doit auffî s’entendre pour tous les autres montants de la même efpece , foit qu’ils Ibient droits ou courbes, Sc même pour ceux des glaces de devant.
- - Le bas des montants de cuftode , lorfqu’ils font droits, s’aflèmble à tenons Sc mortaifes dans la traverfe d’accotoir, laquelle eft plus épailfe qu’il ne faut pour quelle aie une joue derrière l’aflemblage. Lorfque ces montants font cintrés, on les aflemble de même à tenons Sc mortaifes, en obfèrvant d’y faire la coupe à la rencontre des deux profils, comme l’indique la ligne a b , Fig. J. Voyez cette même Figure, cote D Sc E , qui repréfente ce montant vu par derrière tout aflemblé Sc défàflemblé, cote F, même Figure.
- Il y a des Menuilîers en Carrofles qui, pour donner plus de folidité à ces montants , les font plus larges par le bas , afin d’avoir plus de largeur de tenon, comme l’indiquent les lignes cd Sc be, ce qui eft, à la vérité, plus folide que les autres ; mais aufli ces montants ainfi difpofés, ont-ils le défaut de
- préfenter
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- Section IIL §. III. De la conflruclion des parties d!une Berline. 54?
- préfènter un joint au nud de la ligne c d , qui eft la rencontre du panneau avec le montant , ce quil faut éviter.
- En général, les montants de cuftode font rainés par derrière , c’eft-à-dire, fiir le champ intérieur pour recevoir le panneau de cuftode auquel ils affleurent par derrière ; je ne fai pas trop pourquoi on ne fait pas le panneau & le montant de la même piece, ce qui feroit beaucoup plus folide que de les faire de deux morceaux collés enfemble.
- La feule raifon qui ait pu engager à faire les panneaux & les montants de cuftode de deux pièces, n eft guere que pour épargner un peu de perte de bois, vu que trois ou quatre lignes d’épaiffeur ftiffifent pour le panneau, & qu’il en faut environ huit pour le montant, ce qui fait quelque différence pour l’économie de la matière , laquelle différence ne doit cependant pas l’emporter fur la folidité ; de plus, il n’y a pas de différence pour la façon, le ravalement du panneau n’étant pas plus long-temps à faire que fon joint avec le montant, fans compter que les montants faits à part, font extrêmement fragiles, vu leur peu de largeur.
- Les traverfes d’accotoirs s’aflemblent d’onglet tant dans les pieds corniers que dans les pieds d’entrée, & il faut obferver d’y laiflèr par-deffus le bois néceflàirè pour raccorder avec le montant de cuftode ; cette faillie ne doit être qu’en parement, & elle doit être réduite en dedans de la voiture à l’épaifleur du montant de cuftode dont elle fait partie, afin qu’on puiffe y attacher le gouffet deflus , comme je le dirai ci-après.
- Quant à l’épaifleur des traverfes d’accotoirs, elle ne doit être que de 7 lignes du derrière du montant , qui eft la diftance néceflâire pour placer la glace, laquelle y eft retenue par un apfichet ou joue qu’on rapporte à plat fur le derrière de la traverfe d’accotoir. Voye£ la Fig. 7, laquelle repréfente le profil d’une traverfe d’accotoir, prife à l’endroit des panneaux ; & celle 8, qui repréfente la coupe de cette même traverfe , prife à l’endroit de la glace avec fa joue de rapport.
- Dans toutes les coupes dont je viens de parler, j’ai toujours repréfenté les joints des moulures coupés d’onglet, ainfi que le repréfente la Fig, 10, parce que cette maniéré de faire les coupes des moulures eft beaucoup plus propre que celle repréfentée Fig. 11 , qu’on nomme joint à la CarroJJîere. Cette derniere maniéré de faire les coupes, eft non-feulement moins propre que la première, mais encore a-t-elle le défaut de rendre l’ouvrage plus long & plus difficile à faire, ainfi que je l’ai prôuvé en parlant des outils des Menuifiers en Carrofles, pâge 474.
- Le derrière des montants de cuftode eft garni par un gouffet de 7 lignes d’épaifleur , lequel affleure au derrière de la traverfe d’accotoir, & dont l’extrémité fiipérieure vient mourir contre le coulifleau de côté ; ce gouffet redefcend ordinairement d’environ quatre lignes plus bas que le deflus du montant de Menuisier • III. Part. Zzzzzz
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- 54 6 ME NUIS 1ER, III. Part. Châp. 111.
- cuftode, afin que la faillie de ce dernier forme une joue pour retenir la glace & le faux-panneau , & on fait venir le deflus de l’apfichet ou joue de rapport, au nud du deflus du profil du montant, de forte que la glace ou le faux chaffis entre à rainure par le bas comme par les côtés, ainfi que je fai indiqué par les ponctuations , cote a b c d, Fig. 8 , ce qui oblige alors à ravaler le deffus de la traverfe d accotoir jufqu’au fond de cette rainure , ou pour mieux dire, de ce recouvrement, indiqué par la ligne g h , Fig. 6, fur laquelle on fait alors defoendre le bas du goufïet.
- Cette maniéré de dilpofer les gouffets des cuftodes eft très-bonne, vu la lolidité que donne cette felpece de rainure du bas ; mais auffi a-t-elle le défaut que feau entre & féjourne dans cette même rainure , ce qui fait non-feulement décoller l’étoffe dont elle eft garnie, mais encore fait pourrir le bois, ce qui facilite l’entrée de l’eau dans l’intérieur de la voiture.
- Pour remédier à cet inconvénient, je crois donc que fans avoir égard à la coutume, on feroit très-bien de ne point laiffer de recouvrement au bas de la glace, & de faire affleurer l’extrémité du goufïet avec le deflus du montant de cuftode, à l’endroit où la traverfe d’accotoir s’aflèmble dans le pied d’entrée , & de cintrer le goufïet, de maniéré que du point e, Fig. 6, il s’éloignât infenfiblement du nud du devant du montant de cuftode, afin que le recouvrement qu’on fupprime par le bas fe retrouve par le côté, ainfi que l’indique la ligne courbe e i l, laquelle , depuis le point e, s’écarte toujours de celle emn> qui eft le devant du montant de cuftode.
- En difpofànt ainfi le goufïet des cuftodes , il faut que l’apfichet ou joue de rapport, remonte au-deffos du nud du montant, ou pour mieux dire, de la traverfe d’accotoir, de 4 à 5 lignes, ce qui eft néceflaire pour retenir la glace, & on doit difpofèr le cintre de cet apfichet de maniéré qu’il vienne rencontrer le devant du montant de cuftode à 4 ou 5 pouces au-deffus de la traverfe d’accotoir , comme l’indique la ligne op n, Fig. 6.
- Cette maniéré de difpofèr les recouvrements des glaces de cuftode, eft la même qu’aux portières, & ne fouffre aucune difficulté , vu que fi les montants de cuftode étoient droits, on remploierait nécefïàirement ; c’eft pourquoi on peut donc l’employer lorfqu’ils font cintrés.
- Quant aux goufïèts , on les colle for les montants & les panneaux de cuftode, & il eft bon d’y mettre de petits clous pour les arrêter sûrement. Quant aux apfiçhets de rapport, on les cloue tant fur la traverfo d’accotoir que for les gouffets. Voye£ la Fig. 12 , laquelle repréfente le dedans d’une cuftode avec le pied d’entrée, cote G, & le couliflèau H, le gouffet 1 & l’apfichet £, dont les nuds font marqués des mêmes lettres que la Fig. 6. Voyez auffi la Fig. 9 , qui repréfente un apfichet féparé , dont la hauteur a été donnée par le profil Fig. 8.
- - Pour terminer ce qui me refte à dire touchant la conftruétion des parties
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- Sëct III. §. III. De la conflruEîon des parties i*une Berline# 5*47 extérieures dune Berline , fai repréfenté dans cette Planche les plans, les differentes coupes & les élévations , tant intérieures qu'extérieures, d'une portière de la Berline qui a fait jufqu a préfent le fujet de la defcription, d après laquelle j'ai donné des réglés dont on peut faire l'application à toutes fortes de voitures en général, ny ayant de différence entre les voitures en ufage à préfent que pour la forme générale, leur conftruétion étant toujours à peu~près la même, ainfi que je fai dit plus haut.
- Comme j'ai déjà donné le détail des différentes parties dont une portière eft compofée 5 je ne me répéterai pas ici, me contentant de faire voir ces parties déjà détaillées, toutes aflemblées & vues de différents feus, afin qu'on foit en état de juger du rapport quelles ont les unes avec les autres.
- La Fig. 3 repréfente la moitié de la portière vue en parement & toute affemblée d'onglet, ainfi que je l'ai recommandé ci-devant, & garnie de fon panneau.
- La Fig, 2 repréfente le battant vu en parement & tout défàflemblé , & la Fig. r , ce même battant vu par dedans, c'eft-à~dire, du côté des rainures , lefquelles y font obfervées, ainfi que les affemblages , la coulifle de la glace & le panneau de doublure, qui y eft indiqué par les lignes ponétuées e f.
- Comme la traverfe du haut de la portière doit n'avoir d'épaifleur que la faillie du profil par rapport au coulement de la glace, & que cependant il faut qu elle foit affemblée d'onglet par devant, on n'y fait qu'un tenon très-mince fans joue par derrière , afin d’avoir aflez d'épaifleur pour y faire paflèr le deflùs du profil en enfourchement, comme je l'ai obforvé dans cette Figure.
- La Fig. 4 repréfente l'autre moitié de portière, ou pour mieux dire, la même moitié que celle dont je viens de parler, mais vue par derrière toute aflemblée & prête à recevoir le panneau de doublure, que j'ai fopprimé , afin qu'on puifle y voir le derrière du panneau & la barre qui le foutient.
- Comme il arrive quelquefois que les glaces ne defoendent pas jufqu'au deflus de la traverfe d'en-bas de la portière , on y place une tringle de bois for le champ , laquelle reçoit le deflous de la glace, comme l'indique la ligne g h.
- Ces tringles ou barres font néceflàires non-feulement quand les glaces ne def-cendent pas jufques deflus la traverfe d'en-bas, mais encore lorlque quand elles y defoendent, elles ne portent que for l'angle i, parce qu'alors elles ne portent que for ce point, ce qui expofe les chaflis de glaces à fo déiaflèmbler, & même les glaces à fe caffer lorfqu'on les laifle tomber lourdement.
- On pourroit fe paffer de rapporter des tringles lorfque les glaces defoendent jufques deflus les traverfes d'en-bas , en faifànt pafler droit le deflus de ces dernieres d’après le derrière de la rainure , ou fi les glaces defcendoient plus bas, en les ravalant à la hauteur néceflaire.
- La Fig. 5 repréfente le battant de la portière vue par derrière, & tout défàflèmblé ; & la Fig* 6, la coupe de la portière prife au milieu de fà largeur.
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- Les /7V. 7 <§• 8 repréfentent des coupes de largeur de la portière, prifes à differentes hauteurs , Tune fur la ligne a b , & l’autre fur celle c*/, Fig-. 1.
- Section Quatrième.
- Defcription d'une Diligence , & de toutes les parties qui la compofent.
- Les Diligences n étant que des Berlines dont on a fopprimé la euftode de devant, elles doivent être nécefïàirement confiantes comme ces dernieres, tant pour leurs formes générales, ( abftraélion faite de ce qu’on a retranché ) que pour les parties qui les compofent, lefquelles font à peu-près les mêmes à quelques changements près*
- Le plus confidérable de ces changements, confifte en ce que ces voitures qui, faites pour n avoir qu’un fiége, en ayant fou vent deux , on a été obligé d’y faire la feule euftode qu elles ont plus large de 3 pouces à la ceinture, & de % pouces & demi par le haut, que celles des Berlines , afin que deux perfonnes puiffent y être placées commodément vis-à-vis l’une de l’autre.
- Cette différence de largeur de euftode a empêché de placer le centre du cintre du brancard fur la ligne E F , Fig. 1, qui eft le milieu de la portière , ainfi qu’aux Berlines, parce que fi on l’avoit placé ainfi, non-feulement ce cintre auroit eu mauvaifo grâce, mais encore n’auroit pu être exécutable fi la Diligence eut été deftinée à être portée par de longues foûpentes ; il auroit fallu placer les crics de derrière extrêmement haut, vu que prefque toute la relevée du cintre fe feroit^ trouvée fur le derrière : ce font ces confidérations qui ont obligé de reculer le centre du cintre du brancard de la ligne £ J? à la ligne A B , laquelle partage à peu-près la longueur de la voiture en deux parties égales, du moins pour la portée du brancard, dont le cintre ne releve plus guere par derrière que par devant, ce qui eft néceffaire quand la voiture doit être portée par de longues foûpentes.
- Il réfulte de cette maniéré de cintrer le deflbus des brancards , que le bas de la portière n’eft plus de niveau , ce cintre lui donnant 3 pouces plus court par devant que par derrière, ce qui fait un affez mauvais effet, auquel il n’y a pas d’autre moyen de remédier qu’en plaçant le centre du cintre du brancard plus proche du milieu de la portière, ce qu’on ne peut faire , comme je viens de le dire , lorfque la voiture eft portée par de longues foûpentes , fans être obligé d’élever extraordinairement les crics de derrière, afin que la voiture fe trouve toujours d’à-plomb , ou bien fans s’expofer à la faire pencher en arriéré, ce qui eft un très-grand défaut, auquel les Diligences font d’autant plus fujettes, quelles ne font prefque jamais chargées que fur le derrière, ce qui les fait pencher de ce côté pour peu qu’elles foient mal fufpendues (*).
- (*) Je ne parlerai pas ici de la maniéré de latif au fujet dont je traite, & que cela regarde fufpendre les voitures, vu que cela n’eft pas re- plutôt le Charron & le Serrurier, que le Me-
- Lorfque
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- Section IV. Defcription (Tune Diligence , ôCc. 549
- Lorfque les voitures font portées par des reflorts, on eft moins gêné pour la forme du brancard , dont on peut alors rapprocher le centre , non pas au milieu de la portière, ce qui feroit mal, ainfi que je viens de le dire , mais en le plaçant fur la ligne C D, Fig. 1, laquelle tient le milieu entre celles A B 8cE F, ce qui donne à la voiture une forme alfez gracieufe , 8c qui diminue beaucoup de l’inégalité du bas de la portière, ce qui eft un très-grand avantage. Voyez la ligne a b 9 qui eft le deflous de la portière, dont la différence de hauteur d’angle en angle n’eft guere que de 15 a 16 lignes, 8c la ligne c de , qui eft le deflous du brancard dont le centre fe trouve fur la ligne C D.
- La largeur des portières eft la même qu’aux Berlines, c’eft-à-cüre, de 2 pieds entre les pieds d’entrée; du moins c eft la mefure ordinaire pour la hauteur de la voiture,& 4 pieds 4 pouces du deiïus de la marche au dedbus de la frife de la portière.
- Pour le cintre du haut d’une Diligence, c’eft-à-dire du pavillon , foit qu’il {oit à un feul ou à trois cintres ; le milieu de ces cintres, 8c par conféquent leurs centres , doivent toujours être placés fur la ligne E F y qui eft le milieu de la portière, laquelle , dans tous les cas, doit être d’équerre par le haut, c’eft-à-dire , d’angle à angle , ainfi que je l’ai obfervé dans cette Figure.
- Les pieds d’entrée, ou pour mieux dire, les pieds corniers d’une Diligence doiven tavoir 2 pouces 8c demi de largeur par le haut, 3 pouces à la ceinture , & environ y pouces par le bas, afin de leur donner une forme creufe par devant, laquelle fert à donner une efpece d’empattement à la voiture , & à empêcher quelle ne paroiffe pencher du devant, ce qui paroîtroit à la vue, fi le devant étoit exaélement d’à-plomb.
- La largeur de ces pieds corniers ne peut pa$ être moindre que 2 pouces & demi, parce qu’il faut qu’ils contiennent d’abord la faillie du profil qui eft de 8 lignes, plus 14 lignes pour la place de la glace 8c fon coulement, les huit lignes reliantes étant pour l’épailîèur de l’apfichet & pour la joue de la coulifle.
- Quant à leur épaiffeur, c’eft-à-dire, leur largeur du côté de la face, elle peut varier félon la largeur du profil, ou pour quelqu’autre raifon que ce foit ; mais elle ne peut être moindre de 15 lignes, ainfi que je l’ai prouvé page 515, PL 18 6 9 Fig. 8.
- Je ne parlerai pas ici de la maniéré de tracer le cintre du derrière ou cul-de-linge d’une Diligence , parce que ce ne feroit qu’une répétition de ce que j’ai dit en parlant des Berlines y page y 17 & fuiv. c’eft pourquoi je me contenterai
- nuifier ; cependant fi on faifoit bien attention ue c’eft de la forme du cintre du brancard ’une voiture quelconque, que dépend l’incli-naifon de cette derniere , foit par devant ou par derrière, on connoîtroit combien il eft né-ceffaire aux Menuifiers de prendre quelque connoiffance de cette partie des voitures ; c’eft pourquoi je crois devoir leur confeiller désinformer de quelle maniéré la voiture qu’ils font doit être fufpendue , de la hauteur 6c de fe-
- Menuisier , III. Part.
- loignement des points de fufpenfion, afin que ces connoiflances acquifes les mettent dans le cas de donner au cintre des brancards une forme convenable, c’eft-à-dire, qui puifle conferver l’équilibre de la voiture à raifon de fa pefanteur 6c de la charge qu’elle doit porter, foit que l’une ou l’autre fût égale des deux bouts de la voiture, ou qu’elles fuftent inégales, comme dans le cas d’une Diligence ou toute autre vol» ture dont la charge eft tout d’un bout.
- A a a a a aa
- Planche
- l$s.
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- I
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- 5jo MENUISIER, 1IL Fart. Chap. III.
- d’avertir que ces cintres fe font toujours par la même méthode que j’ai donnée Planche ci-devant, laquelle eft applicable à toutes les efpeces de voitures fufceptibles de cintres , foit que ces mêmes cintres /oient plus plats ou plus bombés que celui fur lequel j’ai fait la démonftration de cette méthode.
- Ce que je dis pour le cintre du cul-de-finge , doit auffi s’entendre pour celui de la cuftode , qu’on fera le plus gracieux poflible, en évitant fur-tout que le montant devienne parallèle avec le pied cornier, parce que s’il l’étoit , il paroîtroit rentrer du haut, ce qu’il faut éviter.
- Un autre changement qui fe trouve dans la conftruétion d’une Diligence, ou pour mieux dire , une des différences qui fe trouvent entre ces dernieres & les Berlines, confifte en ce que le bas des portières eft gauche, lequel gauche fe trouve néceflàirement donné par les différentes formes des plans d’une Diligence , pris à différentes hauteurs , ce que je vais expliquer.
- Le derrière d’une Diligence eft de la même forme qu’une Berline , c’eft-à-dire , qu’il doit avoir 3 6 pouces de largeur au brancard, 40 pouces à la ceinture, & 41 pouces par le haut , comme je l’ai obfervé à la Fig. 2 , qui repréfente la moitié du derrière d’une Diligence, laquelle moitié eft exactement la même que celle d’une Berline. Pour la face du devant d’une Diligence, Fig. 3, elle doit être droite & d’à-plomb, ( du moins c’eft l’ufàge ) & d’une largeur égale du haut en bas, laquelle largeur eft égale à celle du derrière prife au bas du brancard , c’eft-à-dire, de 36 pouces ou 3 pieds, de forte que le brancard eft d’une largeur égale par les deux bouts, comme l’indique la ligne a b , Fig. 4 ; enfuite à l à-plomb du dehors de la portière , on met <? lignes de renflement au point c, par lequel on fait pafler les lignes ac & c b , lefquelles donnent le plan du brancard pris fur la ligne hori/bntale G H9 Fig. 1.
- On trace enfuite le plan de la ceinture, en prenant la diftance id,Fig. 4, ( qui eft égale à celle N Z, Fig. 2. ) & la portant de c à e9 par lequel point on fait pafler les lignes de Sc e b, ce qui donne le plan de la ceinture de la Dilig ence, dont le point b eft la réunion de tous les différents plans, ce qui ne peut être autrement, puifque la ligne IL , Fig. 3 , repréfentée en plan par ce point, eft exactement d’à-plomb.
- Refte enfuite à tracer le plan du pavillon, ce qu’on fait en menant une ligne du point J au point e, laquelle donne le plan de la partie du derrière du pavillon. Pour le devant, c’eft le même plan qu’à la ceinture, ce qui eft abfo-lument néceflàire pour conferver le parallélifme des plans à l’endroit des glaces, qui fe confondent ici dans la ligne db9 par la raifon que je viens de donner que tous les différents plans de la voiture doivent fe réunir au point b , ce qui donne le triangle ce b 9 Fig. 4, lequel repréfente en plan le gauche du bas de la portière, dont l’élévation, ou pour mieux dire, le profil eft repréfenté par la ligne M N O, Fig. 2 , & par celle P Q R, Fig. 3 , prife à l’endroit du pied d’entrée.
- Le battant de portiers du côté du pied cornier de devant, ne doit être droit
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- Section IV. Defcription a une Diligence , SGc, 5*51 que fur la rive de l'ouverture & être mis d’équerre enfuite , ou pour mieux : dire, être gauchi depuis l’appui jufqu’en bas, à raifon de l’inclinaifon des différents plans de la voiture , en obfervant toujours que le haut de ces battants Toit exaélement dégauchi. Ce que je dis pour les battants du côté du pied d'entrée , doit auffi s’entendre de ceux qui leur font oppofés , ainfi que je l’ai expliqué en parlant de la maniéré de corroyer le bois des voitures.
- Il réfolte de cette maniéré de dilpofer les différents plans d’une Diligence, que la portière eft parfaitement dégauchie à l’endroit de la glace ; mais il n’en eft pas de même de la cuftode, laquelle devient abfolument gauche, puifque les lignes qui la repréfentent en plan ne font pas parallèles entr’elles, mais au contraire de diftantes qu’elles font fur le derrière , viennent fe rejoindre enfem-ble, Fig. 4, au point e, qui leur eft commun , ce qui donne le gauche dont je parle, auquel on ne peut guere remédier qu’en évafànt le devant de la voiture, comme l’indique la ligne IS, Fig. 3 , dont l’évafement ou diftance L S de la ligne I L, qui eft le devant du pied cornier, eft donné par celle b h, Fig. 4, laquelle on fixe fur le plan, en menant du point/au pointg9 une ligne parallèle à celle de; & du point g au point h , une autre ligne parallèle à celle e b ; ce qui, à la vérité, change le plan du pavillon, mais en même temps rend aux plans de la ceinture & du pavillon de la Diligence, le parallélifme qui leur eft néceflaire, pour la place des glaces tant de portières que de cuftodes , ainfi que je l’ai prouvé page y22.
- L’évafement qu’on donne au devant d’une Diligence, ne fait pas un fort bon effet, à caufe de l’inégalité de la largeur du pied cornier vu de face, laquelle ne peut guere être tolérée, à moins qu’il n’y ait de l’ornement qui mafque cette inégalité, qu’on peut cependant diminuer de moitié , en partageant la diftance qui fe trouve entre l’à-plomb de la ceinture & celui du pavillon, ce qui diminuerait le mauvais effet de cette inégalité de largeur.
- J’ai dit plus haut que le devant d’une Diligence devoit être perpendiculaire, ce qui ne peut être exactement vrai, qu’autant que le plan du brancard de la Diligence ne ferait pas évafé à l’endroit des portières, comme on en voit plufieurs ; mais quand ce plan eft évafé comme je l’ai repréfonté ici, cette perpendiculaire ne peut être prife que fur la ligne T U> Fig. 1, laquelle defoend du haut de cette derniere au point b du plan Fig. 4, auquel point j’ai fixé la largeur du devant de la voiture, laquelle devient plus étroite par le bas, à caufo de l’évafement de la voiture , comme je vais le démontrer.
- Soit la diftance a b} Fig. 5 , la largeur du haut du pied d’entrée , celle a c là largeur à l’appui, & celle a e fa largeur a d, prife au nud du brancard ; foie pareillement la ligne efy donnée par le renflement du brancard; il eft très-aifé de voir qu’en faifant paffer cette ligne par le point b, qui eft le même qu’à la Fig- 4 , elle rentre néceflàirement en dedans de la ligne ad, ce qui rétrécit la largeur de la voiture ; & qu’au contraire fi on faifoit paffer la ligne de renflement
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- : par le point d, comme la ligne d g , cette derniere s’écarteroit du point b , ce qui augmenteroit la largeur de la voiture,
- Cette obfervation eft très-importante pour tracer les traverfes du devant, non„ feulement des Diligences dont il s’agit ici, mais encore de toutes celles dont les côtés du plan ne font pas parallèles , & dont la face n’eft pas perpendiculaire.
- • Les pavillons des Diligences peuvent être à un ou à plufieurs cintres , comme je l’ai dit plus haut, ainfi que ceux des Berlines ; pour leurs cerces, elles peuvent être difpofées parallèlement ou bien en impériale ; dans l’un ou l’autre cas y on aura la courbe de ces cerces félon la méthode que j’ai donnée en parlant des pavillons & des impériales des Berlines ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas ici, me contentant de donner dans cette Planche le plan du pavillon dune Diligence vue en deflous, 8c d’y marquer toutes les courbes des cerces , avec les opérations néceflàires à la conftruétion de ces cerces , dont les retombées ont été prifes d’après la ligne X Y, Fig. 1 & 3 , PI 195 , laquelle pafle par le plus haut point du chaffis du pavillon de cette voiture. Voye{ les Fig. 1 & 2 , dont l’une repréfente le deflous d’un pavillon de Diligence, 8c l’autre une cerce du milieu de la largeur, avec la coupe de celle de longueur.
- Les brancards des Diligences n’ont rien dé différent de ceux des Berlines, du moins pour leur conftruétion , laquelle eft toujours la même, en obfervant d’y mettre une faufle traverfe de renflement d’après le nud du pied dfentrée , derrière laquelle pafle la glace, qui, lorfqu’elle eft de toute fa plus grande hauteur poflible , doit defcendre d’environ un pouce & demi dans l’épaiflèur du brancard ; c’eft pourquoi il eft bon de faire une feuillure dans cette faufle traverfo de renflement, laquelle puifle foutenir la glace , comme je l’ai obfervé ici. Voye^ la Fig. 1 y qui repréfente un brancard de Diligence vu en deflus avec fes plafonds, tant de deflous le fiége que de cave, auxquels, c’eft-à-dire aux derniers , j’ai réfervé le jeu néceflâire au pourtour.
- Voyez aufli la Fig. 2 , qui repréfente la coupe de ce brancard avec fa cave , 8c à laquelle j’ai fupprimé les plafonds de la cave pour faire voir la feuillure deftinée à recevoir les montants du ftrapontin , dont je ferai la defcription dans le paragraphe fuivant.
- J’ai dit en parlant de la forme du plan d’une Berline, qu’il feroit à fouhaker que fon renflement fe fît par un arc de cercle, afin de donner une forme plus gracieufe au plan de cette voiture. Ce que j’ai dit à ce fojet eft applicable aux Diligences, tant pour le pavillon que pour le brancard ; c’eft pourquoi j’ai defliné ici Fig. 3 , un battant de brancard, dont le renflement eft d’une forme bombée , ce qui fait un meilleur effet que d’être à pans, comme c’eft la coutume.
- On fera aufli attention qu’il fe fait un changement dans les formes des plans , tant du brancard que du pavillon d’une Diligence, à raifon du cintre ou de l’inclinaifon de fes faces 8c de fon bombage tant du deflous que du deflus, 8c que
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- Sect. IV. §. I. Des Panneaux de doublure ,SC des Sièges, SCc. 5*53 ce changement fo trouve par la même méthode que pour les Berlines, à laquelle méthode on pourra avoir recours. Voyez ce que j’en ai dit page 534.
- Après avoir fait le détail de toutes les parties qui compofent la caiffe ou coffre des deux elpeces de voitures qui font les plus en ufage , & d'après lefquelles toutes les autres femblent être faites, il me refte encore à parler de leurs parties intérieures , lefquelles quoique nécefîàires & adhérentes au corps de la cailfe, n en femblent pas faire partie , puifque ce font les Selliers qui les arrêtent en place.
- Ces parties intérieures dont je vais parler, font les panneaux de doublure 9 & les lièges de toutes les elpeces, afin de terminer tout de fuite ce qui regarde les parties de détail qui font à peu-près les mêmes à toutes les efpeces de voitures ?
- & pour ne me point répéter dans la fuite , lorfque je ferai la defcription de cel-les qui font en ufage à préfent, laquelle defcription je ferai la plus fuccinte qu'il me fera poflible , ne donnant que leurs formes Sc leurs principales di-menfions, fans entrer davantage dans aucune elpece de détail, afin d'abréger cette Partie autant que je le pourrai, fans cependant rien retrancher de ce qui fera abfolument nécelîaire à la perfeélion de mon Ouvrage, à laquelle je tendrai toujours, dulfé-je m'expofer au rifque d’être ennuyeux en difant tout.
- §. I. Des Vanneaux de doublure , & des Sièges de toutes efpeces ; de leurs formes & conflruclion.
- Les panneaux de doublure fervent, ainli que je l'ai dit plus haut, à contenir les glaces lorfqu'elles font baiffées , & à empêcher qu'elles ne foient calfées ; ce Planche qui arriveroit fi on ne mettoit pas de faux-panneaux, lelquels ne font vraiment I^‘ néceffaires qu’aux voitures où on fait ufage des glaces , & même au-deffous de ces dernieres , parce qu'ailleurs les panneaux de doublure font non-feulement inutiles, mais même nuifibles, parce que dans ce cas ils ne ferviroient qu'à diminuer la grandeur intérieure de la voiture, qu'on a toujours intérêt de ménager.
- Les panneaux de doublure fo mettent toujours couchés , afin qu'ils foient pluâ folides, & on y met une alaife d'environ 3 pouces de large par le haut, fur 7 à 8 lignes d'épaiffeur. Cette alaife doit être d’orme où de tout autre bois dur , afin qu'il ne fende pas lorfque les Selliers y attachent leur garniture d'accotoirs#
- Le bas des panneaux de doublure doit porter fur le brancard dont ils doivent foivre le contour, & affleurer en deflùs à l’apfichet de la glace.
- Leur longueur eft bornée par la largeur des cuftodes quand ils font placés fur les côtés ; & lorfqu'ils font placés fur la face de la voiture, elle doit être bornée par la diftance qui refte entre les panneaux de doublure de côtés , contre lefquels ils doivent joindre.
- Aux Vis-à-vis & aux Défobiigeantes, on aflemble à queue d'aronde les Menuisier , 111. Part. B b b b b b b
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- 5J4 MENUISIER , IIL Part. Chap. IIL
- panneaux de doublure du devant & ceux de côté, ce qui eft un allez bon ufage, Planche mais dont beaucoup de Selliers ne fe foucient pas, dilànt pour raifon que cela les gêne trop ; c’eft pourquoi on ne le fera qu’autant qu’ils fembieront le délirer, ce qui eft indifférent pour les Menuiliers, parce que ce font les Selliers qui pofont les panneaux de doublure. Pour ceux des portières , leur longueur eft bornée par la largeur intérieure de ces dernieres, moins la largeur des feuillures deftinées à placer la couture de l’étoffe & le galon qui la couvre, laquelle feuillure tournant au pourtour de la portière, borne par confëquent la largeur, ou pour mieux dire, la longueur du panneau de doublure , dont le delîus eft toujours borné par le delîus de l’aplichet.
- Les lièges font les parties intérieures les plus intérefïàntes des voitures , puifque ces dernieres étant conftruites de maniéré qu’on ne peut s’y tenir debout. Il faut faire enlbrte que les lièges foient difpofés de façon qu’on y foit affis commodément, mais encore qu’on ne foit pas expofé, par le mouvement continuel de la voiture, à gliffer de delîus le liège.
- Aux Berlines & aux Diligences les lièges fe font de la même maniéré, ainfi qu’aux Vis-à-vis 8c aux Délobligeantes ; c’eft pourquoi le détail des lièges d’une de ces voitures fervira pour toutes les autres, de quelque elpece qu’elles foient, comme je l’expliquerai ci-après.
- Les lièges des Berlines doivent avoir 13 pouces de hauteur fur le devant, fur 15 à 16 pouces de largeur ; le delîus doit être en pente fur le derrière de 2 pouces au moins , afin que le mouvement, ou pour mieux dire , le roulement de la voiture ne falfe pas gliffer les lièges ou couffins d’étoffe, 8c par conféquent ceux qui feroient aflis delîus ; ce qui arriverait nécelîàirement, li le delîus des lièges étoit de niveau.
- Lorfque je dis que l’inclinaifon des lièges doit être de deux pouces, ce n’eft que parce que c’eft ce qu’on leur donne ordinairement ; car cette pente ou incli-naifon doit être proportionnée au mouvement de la voiture, lequel eft plus ou moins confidérable en raifon de la maniéré dont elle eft folpendue ; or, comme les longues foûpentes donnent beaucoup plus de mouvement que les relïorts, je crois qu’on pourrait donner plus de pente aux lièges des voitures ainfi fulpen-dues qu’aux autres, lefquelles ayant moins de mouvement , demandent par conféquent moins d’inclinailon aux lièges ; de plus, cette inclinaifon étant augmentée par un rebord ou bourrelet garni de crin, que les Selliers conftruifont fur le devant des lièges, lequel empêche les couffins de gliffer, la pente des lièges ne fert plus qu’à leur conferver le niveau dans les plus grandes fecoufîes , lefquelles ne font jamais affez confidérables pour faire remonter de deux pouces le derrière des lièges ; c’eft pourquoi on ne leur donnera cette pente que lorfque les voitures feront portées par de longues foûpentes, & un pouce à un pouce & demi au plus lorfqu’elles feront portées par des relïorts.
- Les lièges du derrière des Berlines ouvrent ordinairement par-deflus en forme
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- Sect. IV. §. I. Des Panneaux de doublure, ÔC des Sièges, SCe. yjy de coffre , lequel eft entouré d'un bâtis dans lequel il entre à feuillure de trois côtés, comme le repréfente la Fig. x, cote A , où l'on voit la coupe de ce fiége ; la Figure 2 , en repréfente l’élévation ; 8c la Figure 4, repréfente ce même fiége vu en deflus avec les coupes des deux panneaux de doublure des côtés.
- Comme la largeur du fiége excede ordinairement en dedans de l'ouverture de la portière , on arrondit le deflus du fiége en y faifimt une retraite au nud des pieds d'entrée, en obfervant de laifler 2 à 3 pouces de diftance entre l'angle que forme la retraite & le dedans de la voiture , afin que les habits de ceux qui font dans la voiture, ne fe prennent pas entre la faillie du fiége & le dedans de la portière.
- Les fiéges de derrière font foutenus par la planche qui fort de devant au coffre, 8c par fes deux coulifleaux ; le derrière eft foutenu par un taffeau a , lequel eft porté par des taquets b , qui font attachés fur les panneaux de doublure de côté.
- Les bâtis du defliis de ces fiéges doivent avoir 3 pouces dé largeur au moins, tant les battants ou parclaufes, que la traverfe de derrière, à laquelle on ne fait pas de feuillure ordinairement, je ne fai pour quelle raifon, vu que les feuillures empêchent les fiéges de ployer en dedans, à quoi cependant ils font expofés par le poids de ceux qui s’affeoient deflus.
- Les fiéges de devant des Berlines ne different de ceux de derrière, qu'en ce que leur deflus ne fe leve pas, mais au contraire eft d'une feule piece 8c arrêté en place, ainfi que la Fig. 1, cote B. Ce deflus eft foutenu par des taffeaux c d9 dont le bout de devant entre en entaille dans le coulifleaux, 8c dont l'autre bout eft porté par un taquet f, lequel eft attaché fur le panneau de doublure de devant. La planche qui fait le devant de ce fiége, ne va pas de toute fa hauteur; mais on la fait de moitié plus étroite, afin qu'on puifle fouiller dans le coffre , 8c qu'on puifle la retirer, fi on le juge à propos, fans lever le deflus du fiége , en obfervant toutefois d'abattre la joue du devant du couliffeau d'après la largeur de la planche. Voye{ la Fig. 1, cote B, 8c celles 3 & y.
- J'ai dit plus haut que la largeur des fiéges de devant & de derrière d'une Berline devoit être égale; cependant lorfque les glaces defcendront jufqu'en bas, ainfi qu'à la Fig. 1, on ne pourra guere donner que 16 pouces de largeur aux fiég es de devant, parce que la coulifle de la glace de devant prenant près de 3 pouces de place dans l'intérieur de la voiture, rétrécit le fiége de devant, ou bien le fait faillir de près de 4 pouces en dedans de l'ouverture de la portière, ce qui eft aflfez défagréable à voir & qui diminue l'elpace qui refte entre les deux fiéges ; c'eft pourquoi je crois qu'il feroit bon dans le cas dont je parle, c'eft-à-dire , quand les glaces de devant prendront beaucoup de place, de diminuer la largeur des fiéges de devant 8c la réduire à 13 ou 14 pouces au plus.
- Hors cette différence de largeur des fiéges du devant 8c du derrière d'une
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- Berline , je crois qu’on feroit très-bien de les faire tous les deux femblables , c’eft-à-dire, ouvrants par-deflus, parce que non-feulement ils feraient plus commodes , vu que leurs coffres pourraient contenir plus de chofes , mais encore parce qu’ils feraient plus folides ; la largeur des bâtis diminuant celle du fiége , le rend moins fofceptibie d’effet.
- Quant aux deifus des lièges en général, on doit les faire d’orme ou de tout autre bois dur, de io lignes à un pouce d’épaifleur au plus , 8c choifir dubois bien fec , afin qu’il fe coffine moins. Les couliffeaux, les taffeaux & les taquets doivent pareillement être de bois dur ; il n’y a que les planches du devant, qu’on peut faire de forte volige de bois blanc, afin quelles foient moins lourdes.
- Les lièges de Diligences font femblables à ceux dont je viens de parler , à l’exception que le devant du liège n’eft pas perpendiculaire ainfi qu’à ces derniers ; mais au contraire on fait rentrer le bas du devant du liège d’environ 3 pouces, afin que dans le cas où l’on voudrait mettre un fiége fùr le devant de la voiture , la perlonne qui feroit affife deffus, eût plus d’efpace pour placer commodément fes jambes. Voye£ la Fig. 6.
- Ce renfoncement du devant du fiége, fert auffi à placer le fiége ou ftrapontin mobile, lequel étant abailfé , fe trouve caché par la garniture du fiége de derrière, fans nuire aucunement à celui qui eft afîis deffus ce dernier.
- Il y a deux fortes de ftrapontins ou fiéges mobiles à l’ulage des Diligences ; favoir , ceux qui s’abaiflent fous le fiége de derrière, 8c dont il ne refte aucune apparence lorfqu’ils font baifles , 8c ceux qui font adaptés contre le panneau du devant de la voiture for lequel ils s’abailfent.
- Les ftrapontins de la première elpece font les plus (impies 8c les plus con>-modes ; ils confiftent en une planche d’environ un pied de largeur , laquelle eft attachée for deux équerres de fer abc, Fig. 6 , lefquelles ont environ 8 à 9 lignes de largeur ; la branche montante de ces équerres doit être cintrée d’une courbure égale à celle du brancard dans lequel elles entrent de a à d, dans des rainures pratiquées à cet effet, auxquelles les bouts du plafond fervent de joue intérieure ; l’autre branche de l’équerre eft applatie de b à c , & eft percée de plufieurs trous par où paflent les vis qui l’attachent à la planche.
- Ces équerres doivent être ployées de maniéré que le fiége penche d’environ un pouce for le derrière.
- Le bas de ces équerres eft fixé dans le brancard par le moyen d’une goupille e qui leur fert de centre ; de maniéré que quand on ne veut point faire ufoge du ftrapontin , on le baifle fous le fiége de derrière, enforte que la ligne dfy qui repréfente le deflbus du fiége , fe trouve en dedans de la faillie du fiége du derrière, & que le dedans de la branche montante des équerres affleure le deffus du brancard.
- La hauteur des ftrapontins doit être de 16 pouces , parce que comme on n’y met point de couffins & qu’ils n’ont qu’une garniture très-mince, il eft néceflaire
- qu’ils
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- Sect. IV. §. I. Des Panneaux de doublure SC des Sièges, SGc.
- qu’ils foient plus élevés que les autres ; de plus , cette plus grande hauteur donne plus de place pour que la perfonne qui eft affile fur le fiége de derrière, puifle paffer fes jambes fous le ftrapontin de devant fans être expofée à les heurter contre*
- J’ai dit que la largeur de la planche de ce ftrapontin devoit être d’un pied > parce que cette largeur fe trouve donnée par fà hauteur, laquelle étant portée de g en b, ne laifle qu’un pied de diftance jufqu’au panneau de doublure ; cependant lorfque les Diligences feront plus grandes que celles-ci, on pourra augmenter la largeur du fiége , en obfervant qu’il y ait une place fuffifante entre le devant du fiége de derrière 8c le deffus du ftrapontin , pour placer la garniture de ce dernier, comme on peut le voir dans cette Figure.
- L’autre efpece de ftrapontin, Fig. 7, confifte en un bâtis de 2 pouces d’épaif-feur, dans lequel eft placée une planche ou trappe qui y eft arrêtée par deux charnières C, D9 de maniéré que cette trappe étant levée puiffe fervir de fiége , 8c qu’on puifte la lever ou la baifter comme on le juge à propos. L’épaifteur de cette trappe ne doit être que d’un pouce au plus, afin qu’il refte derrière aftez de place pour y mettre deux équerres ou potences de fer, lefquelles entrent à pivot dans les deux traverfes du bâtis, & feïvent à foutenir le fiége lorfqu’ii eft levé 8c qu’on les a fait fortir de dedans le bâtis, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 8 , qui repréfente la coupe de ce ftrapontin avec les potences ouvertes * ceft-à-dire , qui fupportent le fiége , lequel n’eft pas de niveau fur fa largeur * mais penche un peu en arriéré , pour les raifons que j’ai dites ci-deffus , ce qui oblige à faire la branche fiipérieure des équerres ou potences hors d’équerre, en raifon de la pente qu’on veut donner au fiége. Voye£ la Fig. 7, où ces équerres font indiquées par des lignes ponéluées.
- Le bâtis de ce ftrapontin s’applique fur le panneau de doublure de la Diligence, 8c on obferve d’en laiffer paffer le bout fiipérieur des battants^ afin qu’étant abattus en chanfrein, ils aident à contenir la garniture que le Sellier place entre le deffus de la traverfe & le bas de la glace, fur laquelle 011 place quelquefois une planche ou frife garnie d’étoffe, pour empêcher que le dos de la perfonne qui eft aflife fur le ftrapontin, ne porte fur cette derniere 8c ne la faffe caffer, ce qui arriveroit fans cette précaution.
- Quant à la hauteur de ce fiége, c’eft la même que pour celui dont je viens de parler ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas davantage, vu qu’on peut avoir recours à ce que j’ai dit ci-deffus.
- Cette derniere efpece de ftrapontin eft beaucoup plus compliquée que l’autre* fans être plus commode ; de plus , lorfqu’ii eft abaifle il eft toujours apparent, & diminue de la profondeur de la voiture, non-feulement par l’épaiffeur de fon bâtis, mais encore par celle de la garniture du fiége , ce qui doit faire préférer les ftrapontins de la première efpece, qui, lorfqu’ils font baiffes, ne paroiflent en aucune maniéré , fans pour cela diminuer la grandeur de la voiture , ce qui eft fort à confidérer.
- Menuisier. III. Part. Ccccccc
- Planche
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- 5j8 ME N UIS IE R , HL Part. Chap. 111.
- Les différents fiéges dont je viens de faire la defcription, font d’ufàge à Planche toutes fortes de voitures, auxquelles on peut les employer félon les différents X^9 befoins; iln’y a que celles qui font d’une grandeur extraordinaire , telles que les Gondoles, les Berlines à deux portières , les Calèches qui en aient d’autres, non pas dans les fonds, où ils font toujours femblables à ceux dont je viens de parler, mais for les côtés ou en travers de ces voitures. Ces fiéges ne font autre chofe que des planches, dont les bouts portent for des taffeaux où elles font quelquefois arrêtées, ou for des montants de fer ; ou bien ces planches ou fiéges font ferrés d’un bout à charnière 9 afin de pouvoir fe lever fi on le juge à propos , ce qui efl: néceflàire , for-tout à l’endroit des portières , où on obfer-vera, ainfi qu’aux autres fiéges qui feront appliqués for les côtés des voitures, que le delfos de ces derniers penche for le derrière, ainfi que les autres fiéges dont j’ai parlé plus haut.
- Cette inclinaifon efl: néceflàire, parce que les côtés des voitures étant inclinés en dehors, il efl: bon que le deflùs des fiéges foit au moins d’équerre avec ces derniers, afin que ceux qui feront aflis fur ces fiéges, ne gliflent point de deflùs, ce qui arriveroit s’ils étoient placés de niveau ; de plus, le mouvement de la voiture foffit feul pour obliger à mettre le deflùs des fiéges en pente, comme je l’ai prouvé plus haut, page 554.
- Aux voitures qui ne doivent contenir que deux perfonnes, on adapte quelquefois un fiége pour en contenir une troifiéme. Ce fiége n’eft autre chofo qu’une petite planche arrondie par-devant d’environ un pied en quarré, laquelle efl: ferrée au devant du fiége de la voiture $ de forte que quand on veut en faire ufàge, on la releve & on la foutient par une tringle de fer qui efl: attachée deflbus avec un piton, & dont le bout inférieur porte dans le fond de la % voiture, auquel on fait un petit enfoncement de la grandeur de cette tringle, afin quelle ne puiffè pas gliflêr, & par conféquent laifler tomber le fiége.
- Quelquefois ce fiége de rapport ne fe rabat pas au devant du fiége ordinaire , comme celui dont je viens de parler : mais il entre en entaille dans le deflùs de l’autre fiége auquel il affleure ; & lorfqu’on veut en faire ulàge 9 on le fait revenir en dehors, de maniéré qu’il ne tient plus à l’autre que par la charnière E for laquelle il tourne.
- Ce fiége ne peut pas être bien épais, vu qu’il f|ut qu’il entre tout à vif dans le fiége ordinaire 9 auquel il faut qu’il refte 3 lignes d’épaifleur au moins , d’après le ravalement, ce qui empêche de pouvoir garnir le premier , c’eft-à-dire, le fiége mobile, à moins qu’on ne perce l’autre tout-à-fait à jour, en y obfervant une portée au pourtour , d’après laquelle on pourroit garnir la palette ou fiége mobile , ainfi que je l’ai indiqué par des cercles ponéiués Fig. 9.
- Lorfque la palette efl ouverte 9 comme le repréfente la Fig. 9 9 elle eftfbute-nue par une tringle de fer attachée au fond de la voiture au bas du coffre du fiége ordinaire , & dont l’extrémité fupérieure entre dans un trou qu’on fait au milieu du deflbus de la palette ; ce trou doit être peu profond & être garni d’une
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- Section IV- §. IL Des Voitures à Panneaux arrafés. 559 plaque ou gâche de fer, afin que par l'ufàge le bois ne puifle pas s'éclatter. - • -
- Ces elpeces de fiéges font peu commodes , fur-tout aux voitures qui ne Planche peuvent contenir qu'une perfonne de largeur, laquelle alors eft obligée d’écarter les jambes pour laifîer paffer le ftrapontin, ce qui eft très-gênant ; c'eft pourquoi on ne doit faire ufàge de ces fiéges que le moins qu il fera poftible.
- Voilà en général toutes les efpeces de fiéges dont on fait ufàge dans nos voitures , de quelque nature quelles puiflent être , auxquels on ne peut guere faire de changement, vu qu'ils ont toute la commodité poftible , du moins autant que leur emploi femble l'exiger. -
- §. IL Des Voitures à Panneaux arrafés, & les différentes maniérés
- d'en faire les ouvertures.
- O n nomme Voitures arrafées, celles auxquelles les battants de portières 8c les pieds d'entrée ne font pas apparents depuis la ceinture jufqu'en bas, de HE
- maniéré qu’il femble que le panneau d'appui foit d'une feule piece dans toute la longueur de la voiture, ainfi qu'on peut le voir à la Fig. 1, cote A.
- Il y a de ees voitures où non-feulement les battants de portières font fùppri-més en apparence , mais encore les traverfes d'accotoirs, de forte que le panneau de cuftode , celui d’appui de côté & celui de la portière , ne femblent faire qu'un. Voye[ la Fig. 1 , cote B.
- De ces deux maniérés de faire les voitures à panneaux arrafés , la premiers eft la plus ufitée & la plus folide, parce que du moins le panneau eft retenu par la rainure de la traverfe d’appui, au lieu qu’à la fécondé il ne peut qu’être attaché deflus : de plus , aux voitures où les côtés font fiifceptibles de cintres , comme les Berlines & les Diligences à la Françoife, on eft obligé de faire le panneau de deux pièces , dont le joint fe fait à l'endroit de la traverfe d'appui, fur laquelle on attache les extrémités des deux panneaux, que l’on fait joindre le mieux qu'il eft poftible ; mais quelque précaution que l'on prenne en faifànt ces joints ou en les arrêtant, il n'eft guere poftible d'empêcher qu'ils ne fe tourmentent & que les joints ne paroiflent, ce qui eft fort défagréable à voir lorfqu'une voiture eft finie.
- Si la première maniéré de faire les voitures à panneaux arrafés n'a pas cet inconvénient, elle a toujours, de commun avec la fécondé, celui du mauvais effet des joints de l’ouverture des portières, qui, quelque bien faits qu’ils puiflent être, paroiflent toujours, foit par les éclats qui fe font à la peinture, foit par l’effet des bois des panneaux , qui, à la vérité, ne fe retirent pas à bois debout, ( du moins fenfiblement ) mais qui peuvent fe coffiner , & par confé-quent fe défaffleurer , ou bien par l'effet total de la voiture, qui fait toujours quelque mouvement ; il eft certain, dis-je , que les joints paroiflent toujours ,
- 8c par conféquent ne tendent plus au but qu'on s'étoit propofé, qui écoit de faire paroître le panneau d'appui comme d’une feule piece.
- Cette difficulté n’eft pas la feule qui fe rencontre dans les voitures à panneaux
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- Planche
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- 560 ME NUIS 1ER, 111. Part. Chap. III.
- arrafés ; leur ouverture en eft une des principales, parce qu il faut quelle fe faffe à travers les profils, ce qui eft fort défagréable à voir, vu que pour le peu de mouvement que faffe la voiture , ces profils coupés ne fe rencontrent plus , les uns remontant en en-haut, ou les autres defcendant en contre-bas, ce qui, comme je viens de le dire, fait un très-mauvais effet, fur-tout quand les traverfes des cuftodes font cintrées comme à la Fig. 1, cote B y ou ces joints font indiqués par les lignes a b Sc c d.
- L’ouverture des portières des voitures à panneaux arrafés, doit être à double feuillure, comme les repréfentent les Fig. 2 & (lefquelies font l’une la coupe du pied d’entrée Sc battant de portière , prife au-defîus de l’appui ; Sc l’autre la coupe de ces mêmes pieds d’entrée & battant de portière > prife au-deftbus de l’appui, ) afin que le recouvrement de la partie du haut, qui pour lors n eft plus à-plomb du joint du panneau arrafé, donne au pied d’entrée une largeur foffifànte, laquelle largeur peut être augmentée for le derrière & dans la partie qui porte le panneau , comme je l’ai obfervé aux Figures ci-deftus , Sc à la Fig. j, où cette augmentation de largeur des pieds d’entrée eft indiquée fous les panneaux par des lignes pondtuées, ainfî que la largeur réelle de toutes les autres pièces qui compofent le bâtis de cette voiture.
- Cette double feuillure eft non-feulement nécefîàire pour conferver de la largeur Sc de la force au pied d’entrée, mais encore pour que lorlque la portière eft fermée , il ne refte d’apparent au pied d’entrée, que la moulure fervant de recouvrement à la glace de cuftode , mais en même temps cette double feuillure gêne pour la ferrure des portières , parce que le joint du haut ne fe trouvant plus à-plomb de celui du bas, comme l’indiquent les lignes cf Sc g h 9 Fig. 2 & 5 , il faut que le pivot du bas foit non-feulement làillant, mais encore rentrant for le panneau de côté, afin de fe trouver à l’à-plomb de la ferrure du haut, ce qui fait très-mal, for-tout quand les voitures font cintrées for le côté.
- On ne làuroit remédier à cet inconvénient, qu’en failànt l’ouverture des portières à fimple feuillure, comme je l’ai obfervé aux Fig. 3 & 6, dont les joints font indiqués par la ligne i l> ce qui ne fouffre d’autre difficulté que pour la largeur apparente du pied d’entrée, laquelle alors ne permet plus de faire de recouvrement à la glace de cuftode , qui en peut plus être retenue que par une lame de fer ou de cuivre qu’on attache for le devant du pied d’entrée, ainfî que celle cotée m , Fig. 3.
- Quant à l’ouverture du haut des portières de ces voitures, elle fe fait parle haut du deflous du pavillon Sc par le bas du fond du champ, ainfî qu’à la Fig. x, cote A y Sc à la Fig. 7 ; cependant quand la moulure des pieds corniers tourne au pourtour de la voiture, comme à la Fig. 1, cote B, Sc qu’on craint qu’il ne refte pas affez de bois au battant de brancard , on fait l’ouverture de la portière au nud de l’intérieur du profil, ainfî que je l’ai obfervé à cette Figure & à la
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- Section IV. §. IL Des Voitures à P anneaux arrafés. $6i
- Fig. 4 ; de forte que le bas du panneau de la portière n’eft quappliqué for la . i'ii
- traverfo, ce qui n’eft guere folide ; c’eft pourquoi on doit éviter cette forte ^^CHE d’ouverture le plus qu’il fera poffible.
- Pour mieux convaincre de ce que je viens de dire touchant l’ouverture des 11,1 1 11 rrrs portières dune voiture à panneaux arrafés, voyez la Fig. i, qui repréfente une PLANCHE partie du haut de l’appui de cette derniere , prife à l’endroit de la portière , laquelle eft deflînée en grand, afin d’en faciliter l’intelligence , & ou j'ai marqué les joints cotés A & B, lefquels coupent les profils des traverfes de cuftode tant du haut que de l’appui, 8c où j’ai obfervé de faire voir toutes les ouvertures tant de hauteur que de largeur, afin qu'on puiile mieux juger de la largeur & de la forme des bois tant apparente que réelle.
- On a fait des voitures à panneaux arrafés , auxquels pour diftinguer la glace de la portière , on l’a ornée d’un profil plus riche & plus large que celles de cuftode, comme le repréfente la Fig. i ; mais cette méthode eft abfolument vicieufe, non-foulement à caufo de la différence des profils qui ne fo raccordent plus à leur rencontre, mais encore parce quelle empêche que le dedans des glaces de portières régné avec celles des cuftodes , ce qu’on doit toujours obfer-ver, ainfi que je l’ai fait à la Fig. i, qui, je crois, eft la meilleure maniéré d’arranger ces fortes de voitures tant pour la largeur des bois, qui y font les plus étroits poffibles, que pour leur décoration ( * ).
- D’après ce que je viens de dire touchant les voitures à panneaux arrafés, il eft aifé de conclure qu’on doit en éviter l’ufàge , tant par rapport à leur peu de folidité qu’à la difficulté de leur conftruéHon. De plus, quelle néceflité y a-t-il de vouloir qu’une voiture ne paroiffe pas avoir de portières ? N’eft-il pas au contraire plus naturel qu’elles foient apparentes ? puifqu’on ne fouirait entrer dans une voiture fans qu’il y ait de portières, à moins que ce ne foit par l’ouverture des glaces, ce qui feroit même ridicule à penfor ; c’eft pourquoi je crois que malgré l’ufoge reçu, on doit abfolument éviter de faire de ces fortes de voitures, mais au contraire en faire à portières apparentes , fans être en faillie for le nud de la voiture, dont les champs & les moulures, ainfi que les arra-foments tant des panneaux que des glaces, régneroient avec ceux des côtés,
- & dont les ouvertures fe trouveroient placées au nud de quelques membres du profil, comme je l’ai obfervé aux Fig. 3,5,6 & 7, dans lefquelles on peut voir que quoique d’un profil confidérable en apparence, je n’ai pas pour cela forcé la largeur des bois, fi ce n’eft au pied cornier, qu’on pourrait diminuer fi on le jugeoit à propos, en changeant ou même en retranchant le dernier membre de fon profil.
- On pourra de même.diminuer la largeur apparente des traverfes d’appui & des
- (*) Cette néceflité de faire les bois des voitures les plus étroits poflible, n’efl: pas indif-penlable, ainfi que je Fai déjà dit 9 puifqu’elle ne tient qu’à la mode, à laquelle je ne m’aflu-
- MeNUISIER. III. Part.
- jétis ici p que pour faire connoître toutes les difficultés qui en réfultent, afin qu’on puifle être en état d’y remédier, du moins autant qu’il eft poffible.
- D d d d d d d
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- 562 MENUISIER,IlL Pan. Chap. III
- ..—...— montants de cuftode , comme je l’ai obfervé dans la Figure 4, fans pour cela
- Planche rien changer au refte de la voiture, ce qui feroit un fort bel effet, ainfi qu’on peut le voir aux Fig. 3,4 & ÿ , d’après lefquelles on peut juger de ce que j’avance ici.
- Comme les voitures en général font des ouvrages de fantaifie, on en a fait où non-feulement on a cru ne devoir point faire de portières apparentes , ainfi que celles dont je viens de parler, mais encore où il n’y en avoit point du tout, du moins qu’on pût foupçonner, par exemple, des Diligences dont le côté ouvroit tout d’une piece, emportant avec lui la moulure du pied cornier de derrière, dont la faillie recouvroit à feuillure fur les panneaux de derrière.
- On a auffi fait des Vis-à-vis où il n’y avoit pas d’ouverture au milieu de la longueur, comme aux voitures ordinaires qui en ont trois, mais au contraire on n’en faifoit que deux, qui n’étoient que des cuftodes prolongées jufqu’au milieu de la voiture, qui s’ouvroient à cet endroit, en emportant, ainfi qu’à la Diligence dont je viens de parler, la moulure des pieds corniers tant de devant que de derrière, lefquels fo faifoient en cuivre, afin de leur donner plus de folidité.
- Ces fortes de voitures font d’un très-mauvais ufage, vu leur peu de folidité & leur mauvaife décoration, du moins pour ce qui eft de celles à deux fonds : fi donc j’en parle ici, ce n’eft que pour les propofer comme des exemples à éviter, & pour faire connoître aux jeunes gens ( s’il ell poffible ) combien il eft dangereux de fe laiffer trop emporter au plaifir de faire du nouveau ou de foivre la mode, fins auparavant faire attention fi ce que l’on veut faire eft bon & • raifonnable , c’eft-à-dire , folide & relatif à fon ufige.
- ... . Dans tout ce que j’ai dit jufqu’à préfent touchant l’ouverture des voitures ,
- Planche je les ai toujours repréfontées comme ouvrantes par les côtés. Il eft cependant 202‘ une autre maniéré de les faire ouvrir, qui eft de fopprimer les portières des côtés , & de n’en faire qu’une qu’on place au derrière de la voiture, ce qui, à la vérité, ne fait pas fi bien que les portières ordinaires , mais ce qui ne laifle pas d’avoir fes avantages , ainfi que je vais l’expliquer en faifint la defcription d’une Diligence nommée Y inver fable , laquelle eft de l’invention de M. de Garfault, auquel elle appartient.
- Deux raifons ont donné lieu à la conftruélion de cette voiture : l’une la nécef fité de faire les roues de devant les plus hautes poffible, afin de rendre la voiture plus roulante, c’eft-à-dire, plus aifée à fe mouvoir ; l’autre la crainte des accidents qui peuvent arriver, foit par le renverfement de la voiture, ou par la violence des chevaux, qui venant à prendre le mords aux dents, ne laiffent dans les voitures ordinaires aucun moyen de fe fouftraire au danger, ou du moins que de très-difficultueux. La voiture dont il eft ici queftion, repré-fentée Fig. 3,, fatisfait à ces deux objets : car les brancards de fon train étant extrêmement élevés fur le devant, donnent lieu de faire de grandes roues à l’avant-train, ce qui eft très-néceffiire à toutes fortes de voitures , parce que
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- Section IV. §. II. Des Voitures à Panneaux arrafés. 563
- plus les roues font grandes & moins la voiture femble pelante , ce qui eft tout naturel, puifque plus on allonge les rayons des roues, plus la force augmente , ce qui, par conféquent, diminue de la réfiftance occafionnée par la pefànteur de la voiture.
- De plus , les roues de Y avant-train étant ainfi hautes, leur axe ou moyeu fe trouve prefque de niveau avec le poitrail des chevaux, ce qui les fatigue moins, parce qu’ alors ils ne font qu’employer la force néceflàire pour faire mouvoir la voiture ; au lieu que quand les roues font petites, comme à l’ordinaire, elles les fatiguent beaucoup plus , parce qu’alors il faut qu ils augmentent de force en raifon de ce que la pefànteur de l’avant-train, 8c même de toute la voiture , oppofe de réfiftance , pour que l’axe des petites roues fe releve jufqu’à ce qu’il palîe par une ligne droite menée du poitrail des chevaux jufqu’à l’axe des grandes roues ; de forte que non-feulement ils traînent la voiture , mais ils la lèvent du devant, ou du moins ils font des efforts qui tendent à le faire, ce qui, comme je viens de le dire, les fatigue beaucoup plus.
- Si cette voiture a l’avantage d’être beaucoup plus roulante que les autres , elle a auffi celui d’être plus douce & moins expofée aux accidents, parce que comme fon brancard eft extrêmement élevé du devant pour faciliter le paflàge des roues de f avant-train, il faut par la même raifon que les foûpentes qui portent la caifle foient pareillement élevées, ce qui fait quelles ne peuvent plus être placées fous la caifle qu elles éleveroient trop haut, mais qu’au contraire elles paflent aux deux côtés de cette derniere aux environs de la ceinture, ce qui rend la voiture plus douce en diminuant les coups de côté, qui font d’autant moins violents , qu’une partie du corps de la caifle eft beaucoup plus bas que le point de fùfpenfion , qui, comme je l’ai déjà dit, fe trouve proche de la ceinture de la caifle & de fon centre de gravité.
- Quant aux accidents caufés par le renverfement de la voiture, ils ne peuvent être fort confidérables à celle-ci ; parce que fi une des deux foûpentes venoit à cafler, les brancards arrêteroient & foutiendroient la caifle de forte qu’elle ne pourroit fe renverfer entièrement ; fi même il arrivoit que les chevaux vinflent à prendre le mords aux dents, la portière étant placée par derrière ? on pourroit fortir de la voiture fans aucun danger, ce qui ne peut être aux autres voitures , dans lefquelles il faut refter malgré foi, ou bien fi on fe jette par la portière , s’expofer à fe faire écrafer.
- Je n’entrerai pas dans un plus grand détail au fujet de cette voiture , l’infpec-tion feule de la Figure étant fuffifànte ; de plus, la forme & la conftruétion des trains n’étant pas de mon affaire, je ne faurois m’étendre à ce fujet fans fortir de mon plan, qui n’a pour objet que la conftruélion des caifles des voitures. Si donc dans la fuite de cet Ouvrage je repréfente quelques voitures montées fur leur train, ce ne fera que pour faire voir les rapports & l’analogie qui doivent être entre le train & la caifle d’une voiture , tant pour la
- .......ni iwinrjUtt,
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- Planche
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- Planche
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- 04 MENUISIER, III. Pan. Chap. III.
- décoration que pour la forme, & pour exciter les Menuifiers enCarrofles à prendre des connoiflances, du moins élémentaires , de l’Art du Charron, ainfi que je l’ai recommandé au commencement de cette Partie de mon Ouvrage, afin que s’il arrivoit qu’ils euflent à faire le deftîn d’une voiture toute montée, comme il arrive quelquefois, ils pufîent le faire avec précifion & connoiflance de caufo , afin de ne point faire de deflîns dont l’exécution devient ridicule & même impofîible , & où les loix de la bonne conftruétion & de la folidité font également violées , ce qui arrivera néceflairement toutes les fois qu’on voudra s’ingérer à faire ce qui n’eft pas de fon relîbrt, du moins fans les connoiflances que je recommande ici (*).
- Quant à la caille de cette voiture, elle ne différé point des autres pour la conftruétion , n’y ayant que la forme qui eft différente feulement par derrière # comme on peut le voir aux Fig. i & 2, dont l’une repréfente la face de la Diligence , laquelle eft de même qu’aux Diligences ordinaires ; quant à l’autre qui repréfente le derrière de la Diligence , elle différé des autres en ce qu’elle a deux pieds d’entrée, lefquels portent la portière, laquelle, ainfi que ces derniers, ne fuit pas la pente ni le cintre de la voiture, mais eft droite & tombe d’à-plomb, de forte que les pieds d’entrée {aillent par le bas de la voiture en venant à rien par le haut, comme on peut le voir à la Fig. 3 , où ces pieds d’entrée forment un pilaftre, ou pour mieux dire, font ornés de panneaux comme le refte de la voiture.
- Les côtés de cette Diligence n’ont rien de particulier, comme on peut le voir dans la Fig. 3 ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas davantage.
- Quoique je repréfente cette voiture inversible comme une Diligence, on pourroit de même faire une Berline, ce qui ne fcuffriroit aucune difficulté, ainfi que celle qui eft décrite dans un Ouvrage qui a pour titre : Traité des Voitures , par M. de Garfàult, dans lequel on pourra prendre une connoiflance plus parfaite de ces fortes de voitures, tant pour ce qui regarde le train que pour la caiflè & la maniéré dont elle eft fidpendue.
- Les voitures dont je viens de parler font peu en ufàge, malgré toutes les commodités dont elles font fufceptibles, parce qu’en général leurs formes font peu heureufes & ont moins de grâce que les voitures ordinaires, lefquelles , à ce que je crois , ont acquis toute la grâce dont elles font fofceptibles, à quelques
- (*) Rien n’eft plus vrai que ce que j’avance ici, l’expérience ne faifant que trop voir que bien des Ouvriers fe mêlent de faire & de conduire ce qui n’eft pas de leur état, Ôc à quoi ils ne eonnoiflent rien ou très - peu de chofe : de - là viennent tant de modes nouvelles qu’ils annoncent comme leurs produdions , qui ne font pour l’ordinaire que de mauvaifes copies de chofes déjà faites., auxquelles ils font des augmentations ou des changements félon qu’ils le jugent à propos, fans fc rendre compte du pourquoi, & par le feul plaifir de faire du nouveau ; ce qui eft très-com-
- mun dans le fujet dont je traite, c’eft-à-dire, dans la partie des voitures, lefquelles n’étant pas faites fous la diredion d’un Artifte habile & éclairé fur toutes les parties qui entrent dans la conftrudion de ces dernieres, femblent être abandonnées , pour la décoration & la conduite, aux caprices de chacun des différents Ouvriers qui y travaillent, ou bien de celui de ces Ouvriers qui s’arrogera le droit de commander aux autres, foit par fon favoir ou par fon opulence: heureux fi c’eft plutôt fun que l’autre 5 mais ce n’eft pas l’ordinaire.
- petits
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- Section IV'• §. III. Des Voitures nommées Dormeufes, SCc. 56y
- petits changements près ; cependant il me femble qu’on pourroit en Faire ufàge — «
- à la campagne, où pour l’ordinaire les chemins font moins beaux que dans Planche les villes, 8c où par conféquent on a intérêt de rendre les voitures le plus 20 2* roulantes polîible , pour ne point fatiguer les chevaux, & où on a plus à craindre que la voiture ne verfe.
- f
- §. III. Des Voitures nommées Dormeufes, & les differentes maniérés
- d! en faire les ouvertures.
- Avant de terminer ce qui regarde les ouvertures des voitures , il efl nécef-faire de parler des voitures nommées Dormeufes, lefquelles ne font pour Fordî- Planche naire que des Berlines ou des Vis-à-vis, 8c ne fervent qu’à la campagne & dans les voyages. Ces fortes de voitures ne different en rien de celles dont j’ai déjà parlé, qu’en ce que le derrière & quelquefois le devant s’ouvre, afin de donner plus de profondeur à la voiture , de maniéré qu’on puiffe y placer un lit, 8c qu’une perfonne y foit couchée commodément, ce qui leur a fait donner le nom de Dormeufes.
- Les ouvertures de ces voitures fo font de differentes maniérés, qu’on peut réduire à trois ; lavoir , celles dont le dofîier fe renverfe en arriéré, comme la Fig. 1 , cote A ; celles dont le panneau s’ouvre du deffous de la ceinture au • deflus du fiége, comme dans la même Figure, cote B ; celles enfin dont l’ouverture fe fait également dans le panneau, mais en deux parties 8c du defious de l’appui au deflus de la traverfe du brancard , comme la Fig. 2.
- La premier^ de ces trois maniérés de faire ces ouvertures, efl la plus fimple 8c la plus facile, parce qu’il ne s’agit que de faire ouvrir les panneaux de derrière dans toute leur largeur d’arrafement, ( c’efl-à-dire , au nud des moulures ) & du deffous de la traverfe du haut fous laquelle ils entrent à feuillure > ainfi que dans les pieds corniers ; il n’y a que par le bas où le joint efl: apparent, ce qui efl: inévitable , vu qu’il fe trouve au milieu de la largeur du panneau.
- Comme ce panneau ainfi ouvrant doit être de deux pièces, 8c qu’il emporte avec lui la traverfe de ceinture ; on y fait un faux-bâtis dans lequel la traverfe s’alfemble, 8c fur lequel les panneaux font attachés , comme on peut le voir dans la Fig. I , cote A, 8c dans la Fig. 3 , qui repréfentent la coupe du pied cornier de la voiture, ainfi que celle du panneau ouvrant & celle du faux-bâtis fur lequel il efl: appliqué.
- Sur le pied cornier de ces voitures , 8c fur le faux-bâtis qui porte le panneau ouvrant, font attachés des côtés 8c un deflus de cuir garnis d’étoffe en dedans , lefquels ont plus ou moins de largeur y félon qu’on veut faire ouvrir le panneau, qui, quand il efl: ouvert, fait à peu-près le même effet qu’un foufffet tendu , 8c quand on ferme le panneau ce cuir fe reploie dans l’intérieur de la voiture, dans laquelle il ne tient pas grande place ; 8c on doit avoir grand foin en Menuisier ? III. Part. Eeeeeee
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- attachant ce cuir, qu’il foit attaché fur le pied cornier en dedans de la voiture, & fur le faux-panneau en dehors de cette derniere , afin que quand le panneau efl ouvert, il s’applique fur le bois 8c ne tende pas à arracher les clous , 8c par conféquent à fe déchirer. Voye[ la Fig. 3.
- Il faut avoir loin , lorfqu’on difpofe ces fortes d’ouvertures , d’y laiffer le jeu nécefiàire pour que les clous 8c le cuir puiflent être placés commodément , n’y ayant que l’extrémité du panneau qui doit joindre contre la moulure , comme je l’ai obfervé à cette Figure, où j’ai laiffe tout le jeu nécefiàire, & où la trop grande profondeur des feuillures ne doit pas embarraffer , parce qu’on place dans les faux-bâtis des efpeces de vérouils à reflort , lefquels entrent dans les pieds corniers lorfqu’on ferme le panneau, & qui le retiennent en place.
- Ces panneaux ouvrent ordinairement deux à trois pouces au-deflùs du fiége , afin que cette diftance égale à peu-près l’épaifleur du couffin, 8c que la perfonne qui efl: comme couchée dans la voiture, porte également fur le couffin 8c fur le doffier renverfé.
- Je dis que la perfonne efl comme couchée, parce que l’ouverture de ces fortes de Dormeufes ne forme pas proprement un lit, lequel doit être dans une fituation horifontale , mais une chaife longue dont le doffier efl fort renverfé.
- Au-dcflbus de l’ouverture du panneau, on affemble dans les deux pieds corniers une traverfe fur laquelle on pofe les ferrures , que l’on doit faire le moins apparentes poffible. Cette même traverfe fert à attacher la partie fupé-rieure du panneau dormant, & à fupporter le fiége, comme je l’ai obfervé dans cette Figure.
- Ce que je viens de dire touchant l’ouverture de ce panneau, fon faux-bâtis & fa garniture de cuir, efl applicable aux deux autres maniérés de faire les ouvertures des Dormeufes dont il me refie à parler ; c’efl pourquoi je n’en parlerai pas davantage , vu que ce ne feroit qu’une répétition de ce que je viens de dire.
- La première maniéré de faire ouvrir les Dormeufes, ne peut être bonne que pour le derrière des voitures ; mais celles dont je vais parler peuvent fe faire par les deux bouts, à condition toutefois que la glace du devant fera immobile , parce que fi elle ne l’étoit pas, on ne pourroit pas faire ouvrir le panneau de l’appui, du moins que fort difficilement, & ce qu’on ne fait pas ordinairement.
- La fécondé maniéré de faire les ouvertures des Dormeufes, efl, comme je l’ai déjà dit, d’ouvrir le panneau du deflous de la traverfe de ceinture au deflus du fiége , de forte que tout le panneau fe releve en en-haut de a à b, Fig. 1, cote B , ce que j’ai indiqué par un arc de cercle ponétué.
- Ce panneau ainfi relevé efl foutenu par deux potences de fer c , d, lefquelles font ferrées fur les pieds corniers, de maniéré que quand on a ouvert le panneau, on les fait tourner en dehors jufqu’à ce quelles portent fur le faux-bâtis du panneau au point e.
- Lorfqu on releve le panneau il fait déployer en même temps une enveloppe
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- Section IV* §. III. Des Voitures nommées Dormeufes, ôCc. $6f~‘ ou bourfe de cuir af g, laquelle eft attachée tant fur les pieds corniers de la voiture, que fur la traverfe du panneau dormant, ainfi que fur celle du faux-bâtis , laquelle forme un coffre faillant dont le panneau relevé fait le deffus.
- Enfuite on renverfe le deflus du fiége Ai, du point A où il eft ferré avec la traverfe du panneau dormant de A à l ; ( ce que j’ai indiqué par un arc de cercle ponélué ) de forte que le fiége ainfi renverfé, forme le fond du coffre faillant, & porte immédiatement fur le cuir. Le devant du fiége m n fe renverfe pareillement du point m où il eft ferré, au point o, ce que j’ai pareillement indiqué par un arc de cercle ponélué , & on le foutient de niveau par des pieds de fer qui y font attachés , afin de diminuer le creux de la voiture qu’on remplit enfuite avec des matelas, jufqu’à ce qu’il excede le deflus du fiége renverfé fur lequel on place des oreillers , de forte que le dedans de la voiture devient exaélement un lit, dont le niveau eft repréfenté par la ligne r L Voye[ la Fig. 4, laquelle repréfente une partie du plan de la Dormeufe ouverte , & les fiéges ainfi renverfés.
- S’il arrivoit qu’on ne voulût pas mettre deux matelas pour remplir le fond de la voiture, on baifferoit le devant du fiége au point p de p\q , ce qui diminue-roit cette profondeur, fans pour cela rien changer au refte de la voiture.
- Cette maniéré de faire ouvrir les Dormeufes eft très-bonne, parce qu’en la faifant d’un feul bout , elle fournit 5 pieds & demi de longueur, ce qui eft fuffifant pour qu’on y foit couché commodément, mais en même temps elle a le défaut de donner peu de hauteur à l’endroit de l’ouverture, où il ne refte que 14 à 15 pouces de hauteur, de forte qu’on ne peut y placer que les pieds, ce qui d’ailleurs eft affez indifférent.
- La troifieme maniéré de faire les ouvertures des Dormeufes, remédie à cet inconvénient, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. 2 , où il refte 20 pouces de hauteur d’ouverture ; mais en même temps il faut faire attention que cette ouverture donne moins de profondeur que l’autre, n’y ayant que y pieds du fond du coffre au dedans de la voiture, ce qui eft un efpace trop court pour pouvoir contenir une perfonne couchée commodément, ce qui oblige à faire des ouvertures aux deux bouts de la voiture , ou bien en n’en faifant qu’une,, à augmenter la longueur de la voiture , ce qui ne fouffriroit aucune efpece de difficulté.
- Quant à la maniéré de faire l’ouverture de la Dormeufe dont je parle, c’eft à peu-près la même chofe qu’à celle Fig. 1, cote B> à l’exception que l’ouverture fe fait en deux parties du deflous de la traverfe de ceinture au deflus de celle de brancard , & que la partie ouverte du bas entraîne avec elle le deffus du fiége qui y eft ferré, & le devant de ce même fiége qui vient s’appliquer contre la partie fupérieure de l’ouverture du panneau, de maniéré que tout le pourtour du coffre que forme l’ouverture de la Dormeufe eft revêtu de bois en dedans , le dehors & les côtés l’étant toujours de cuir à l’ordinaire, ce qui, je crois, n’a pas
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- befoin d’autre explication, l’infpeélion feule de la Figure étant plus que fuffi-{ante. Voy. la Fig. y , qui repréfente une partie du plan de la Dormeufe Fig, 2, & que j ai deffiné tout ouvert ainfi que celui Fig. 4, afin de faciliter 1’ intelligence de ce que je viens de dire.
- Voilà, à peu de chofe près , tout ce qu’on peut dire fur la théorie des ouvertures des Dormeufes, la pratique & les différents befoins pouvant fournir d’autres maniérés de les faire peut-être en quelque chofe différentes de celles que je viens de donner ; cependant de quelque maniéré qu on les falTe, il faut éviter de les trop compliquer ni de les trop charger de ferrures, ce qui augmente beaucoup le poids de la caiffe, & qui par le trop grand nombre de ferrures, rend un fon fort défàgréable , fur-tout pour des perfonnes malades ou endormies.
- Pour ce qui eft de la caiffe des Dormeufes en général , il n’y a point de différence de celle des autres Berlines ou Vis-à-vis ; car elles ne peuvent être que de ces deux efpeces de voitures, à moins qu’on ne les faffe ouvrir comme dans la Fig. 1, cote A, ou la perfonne eft plutôt affife que couchée ; dans ce cas, dis-je , les Dormeufes peuvent être des Diligences ou des Défobligeantes , ou même des Chaifes de pofte. Au refte , comme ces voitures font pour fervir à la campagne, elles doivent être d’une décorationfimple & d’une conftruétion foli-de; & on doit obferver d’y faire des caves d’une profondeur affez confidérable pour pouvoir contenir les matelas & les couvertures du lit, comme je l’ai obfervé aux Fig. 1 <S* 2 , où les caves ont 8 pouces de profondeur au plus bas, ce qui, encore, n’eft bon que pour contenir un matelas ; car s’il y en avoit deux, comme l’exige la Fig. 1 , cote B , il faudroit augmenter la profondeur de la cave.
- Ce que j’ai dit jufqu^a préfent, renferme en général tout ce qu’on doit favoir touchant la conftruétion des voitures de telles formes & de telles efpeces quelles puiffent être, tant dans leur totalité que dans les parties qui les compofent.
- J’ai auffi donné quelques régies générales touchant leur décoration , ne pouvant pas en dire davantage, ni donner de préceptes certains à cet égard , vu que les voitures étant des ouvrages fujets à la mode, font fufceptibles de changements , du moins dans les parties de détail ; tout ce que je puis faire c’eft de recommander le choix des belles formes, tant dans l’enfemble d’une voiture que dans les parties qui la compofent ; comme auffi d’éviter la confufion tant dans les cintres que dans les ornements, & de faire enforte que la décoration totale d’une voiture foit toujours analogue à fon ufàge, & d’une richeffe relative au rang de la perfonne pour qui elle eft deftinée ; en prenant ces précautions , on eft prefque toujours sûr de réuffir & de faire des ouvrages marqués au coin du bon goût ; au lieu que celles qui ne font faites que pour fuivre la mode , ne font, ainfi que je l’ai déjà dit, que de mauvaifes copies qui annoncent toujours le peu de goût & de génie de ceux qui les ont faites.
- Au défaut de préceptes détaillés touchant la décoration des voitures, je vais donner dans la Planche 204, des modèles des profils & des ornements dont on
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- Section IV. §. III. Des Voitures nommées Dormeufes, SCc. 5*69 fait maintenant ufàge dans la décoration des voitures, afin qu'on puifle en faire choix félon les différents befoins, en obfervant toutefois de ne les employer qu’avec fàgefle 8c retenue, 3c en raifon de la richefie totale de la voiture, c’eft-à-dire, de la caiffe & du train , n’étant pas raifonnable qu’une caiffe d’une décoration fimple, foit placée fur un train d’une décoration riche, 3c par la raifon inverfe qu’un train fimplement décoré fùpporte une caifie très-ornée.
- Ce rapport 3c cette gradation de richefie doivent non-feulement fe trouver entre le train 3c la caiffe d’une voiture, mais encore à toutes les autres parties qui en dépendent, comme la Bourrelerie , la Serrurerie & la Peinture, ce que j’ai obfervé dans les Planches 208, 209 8c 210, dans lefquelles je donne des modèles de trois différentes voitures d’une décoration très-riche, & où j’ai tâché de donner les plus belles formes poflîbles, en évitant la fimplicité affeélée de celles qui font à la mode à préfent , 8c la confufion & la lourdeur des anciennes , ce qui, je crois , fùppléera en quelque façon au défaut de préceptes touchant la décoration des voitures, celles que j’ai deffinées ici étant plus que fuffifantes pour qu’on puiffe en imaginer d’autres plus ou moins riches, félon le befoin qu’on en aura ; de plus, ce que je dis en faifànt la defcription de ces trois voitures, pourra encore fervir de guide dans la compofition de quelqu’autre que ce puifie être , ainfi qu’on le verra en fon lieu, après que j’aurai donné la defcription des voitures de campagne, par où doit commencer celle de toutes les voitures d’ufàge à préfent, dans laquelle defcription je comprendrai leurs formes, leurs ufàges & leurs principales mefùres, ce que je ferai le plus fùccinétement poffible, ne donnant qu’une Figure de chaque efpece de voiture ,& me contentant d’indiquer les changements ou les augmentations faites ou à faire, fans entrer dans un plus grand détail, ce que j’ai dit jufqu’à préfent étant applicable à toutes les voitures imaginables.
- CHAPITRE QUATRIEME.
- Defcription de toutes les Voitures d’ufage à préjent.
- Dahs ladivifion des différentes efpeces de Voitures modernes, dont j’aï parlé au commencement de cette troifieme Partie, page 458, je n’ai eu égard qu’à leurs formes, fans confidérer leur ufage ; je fùivrai à-peu-près cette même divifion dans la defcription des autres Voitures , à l’exception qu’ayant plus égard à leur ufàge qu’à leurs formes, je traiterai d’abord dans chaque efpece de Voitures , de celles qui font d’ufage à la campagne , comme étant les plus fblides & les plus fimples ; je parlerai enfuite de celles de chacune de ces mêmes efpeces qui font en ufàge dans les villes , 3c dont par conféquent la forme 3c la décoration font plus fufceptibles de richefiês ; de forte que toute la defcription des Menuisier. III. Part, F f f f f f f
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- 570 MENUISIER , III. Part. Chap. IV.
- Voitures d'ufage fera comprife dans trois Serions. Dans la première , je traiterai des Voitures à quatre roues, comme les Coches fervants à tranlporter les Citoyens d'une Province à l'autre , les Gondoles & les Berlines à quatre portières , les grands Carroiles, les Berlines proprement dites , les Diligences ; & de toutes les autres elpeces de Voitures faifànt nuance entre celles-ci & les Chaifes, comme les Vis-à-vis, les Défobligeantes, les Angloifes, les Calèches , les Diables , les Phaétons & les Wourlles.
- Dans la fécondé Seélion, je traiterai des Voitures à deux roues, comme les Chaifes proprement dites, de toutes efpeces, les Cabriolets, les Litières & les Traîneaux.
- Dans la troifiéme Seélion enfin, je traiterai des Voitures portées ou traînées par des hommes, comme les Chaifes à porteurs , les Brouettes , & les Chaifes de jardins de toutes les efpeces.
- Je terminerai ce Chapitre & tout ce qui regarde les Voitures , par une quatrième Seélion, dans laquelle je traiterai de la maniéré de fufpendre les Voitures à raifon de leurs différentes formes & grandeurs , ce qui, à la vérité , n eft pas l'affaire du Menuifier ; mais comme il arrive tous les jours que ces derniers donnent des Deffins de Voitures toutes montées, il eft bon de leur donner des régies sures , pour qu'une caifïè étant montée , refte à la place qu'ils ont marquée fur leurs deffins, fans reculer en avant ou en arriéré, ou, ce qui eft encore pis, que cette même Voiture penche de l'un ou de l'autre côté.
- De plus, il arrive tous les jours que les Menuifiers font des caifïès neuves pour monter fur des trains déjà faits, & que ces caiffes étant montées , fe trouvent mal fufpendues, à quoi ils pourroient remédier en donnant au brancard une forme convenable à la difpofition du train , laquelle forme, en changeant le centre de gravité de la caille, lui rend l’équilibre néceffiure, ce que je démontrerai le plus clairement qu'il me fera poffible.
- Section Première.
- Defcription P un Coche, d'une Gondole & d'une Berline à quatre portières.
- Les Coches font de grandes voitures publiques deftinées à tranfporter les Citoyens d'une Province à l'autre , lefquels font ordinairement d'une grandeur affez confidérable pour contenir huit perfonnes quj y font afilfes au pourtour, tant fur les deux fiéges des fonds , que fur des fiéges qui font placés contre les côtés & qui fe lèvent à l'endroit des portières.
- La caiffe de ces voitures, Fig. i, a environ 7 pieds de longueur fur 5 pieds de largeur pris à la ceinture , ce qui fait qu'on eft obligé de la monter fur des trains à fléchés à grande falloir , parce que fi elle étoit montée fur des trains de brancards , il faudroit que ces derniers eulfent huit pieds de largeur au moins de
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- Section I. Description d'un Coche , drune Gondole , 3Gc. 571 l'extrémité des eflieux, ce qui feroit trop embarraffant ; au lieu que le train à — — fléchés tel qu'il eft repréfenté dans la Fig. 2, n'a pas plus de 6 pieds de largeur, Planche ce qui fait une très-grande différence.
- Les Coches ne font pas ordinairement fopportés par des foûpentes, mais *
- fufpendus à des courroyes qui partent de l'extrémité des moutons de l'avant & de l'arriere du train, & qui viennent s'attacher aux quatre coins du brancard. Celui qui eft repréfenté Fig. 2 , eft fofpendu de la même maniéré , à l'exception que les courroyes font attachées aux deux extrémités d'un reflort à talon, placé delîous le brancard ordinaire de la caille , ce qui rend cette voiture aufll douce que les Berlines. Tous les Coches n'ont point de relîbrts comme celui-ci , qui fort pour aller de Paris à Lyon, en cinq jours l'été, & l'hiver en fix jours. Cette voiture fo nomme Diligence, & eft la plus prompte & la plus commode de nos voitures publiques.
- Il y a des Coches ou Carrolfes publics qui font montés fur des trains de Berlines, c'eft-à-dire, qui ont des brancards ; dans ce cas ils ne peuvent être fort larges, à caufo qu’il faut qu'ils foient contenus entre les deux brancards du train, ce qui fait qu'ils ne contiennent que fix perfonnes, à moins qu'on ne fît la caifle de ces voitures très-longue , afin de pouvoir contenir quatre perfonnes de longueur.
- Je ne m’étendrai pas davantage for la forme & la proportion des voitures dont je parle, parce que l'inlpeélion foule des Figures doit foffire tant pour le plan que pour l'élévation , la folidité étant ce qu'on doit le plus rechercher dans ces fortes de voitures, lefquelles ne font fofceptibles d’aucune forte de décoration * du moins trop recherchée.
- Ces voitures n’ont point de jour par devant, mais feulement par les côtés & aux portières, ce qui eft néceflàire pour donner de l'air & du jour à l’intérieur de la voiture ; ces jours ne font pas remplis par des glaces, mais feulement par des panneaux de bois mouvants à couliffos, foit horifontalement ou perpendiculairement.
- Quelques-uns de ces panneaux font percés par le milieu pour y placer un verre d'une moyenne grandeur, pour procurer du jour , & quelquefois même ce font de véritables chaflîs dans lefquels font placés de gros verres au lieu de glaces.
- En général, les bois de ces voitures, tant des bâtis que des panneaux, doivent être plus forts que dans les voitures ordinaires, du double pour les bâtis, & de moitié pour les panneaux, & on doit avoir grand foin que leurs aftemblages foient bien juftes & parfaitement bien faits, (ce qui n’eft pas ordinaire aux Menui-fiers en Carrofles ) vu la grande fatigue de ces voitures , & la difficulté de les rétablir s'il arrivoit qu'elles vinffont à manquer en chemin.
- Je ne parlerai pas ici des anciens Coches, parce que j’en ai fait la defoription au commencement de cette Partie, page 462 , & que de plus ces voitures ne
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- 572 ME NUIS IE R, III. Pan. Chap. IV.
- ---s font plus d'ufàge à préfent, ou du [moins fi on s'en fort encore pour les
- Planche voitures publiques, ce neft qu'autant quelles ne font point trop vieilles pour forvir ; & à mefore quelles fo détruifent, on n en reconftruitpoint d'autres, vu leur peu de commodité.
- Quant au train des Coches, je n'en ferai aucune defcription, parce que cela appartient à l'Art du Charron ; je me contente feulement de le deffiner ici tant en plan qu'en élévation, afin de le faire connoître , & qu'on puiffe diftinguer un train à fléché & à grande faifoire tel que celui-ci, d'un autre train à fléché , mais dont l'avant-train eft femblable à celui d'un train de Berline.
- Après les Coches, les plus grandes voitures font les Gondoles, lefquelles Planche font quelquefois même plus grandes que les premiers, du moins pour ce qui eft de la caifle , y en ayant qui peuvent contenir douze perfonnes affiles au pourtour, telles que celle dont l'élévation eft repréfentée Fig. i, & le plan Fig. 2.
- Ces voitures font ordinairement montées for un train de Berline , & n'ont de largeur au brancard que la largeur ordinaire , qui eft d’environ 3 6 pouces, fans le renflement, ce que j'ai indiqué par les lignes a b, b c, c d 8c d e du plan Fig. a.
- La longueur de la Gondole Fig. 1 & 2., eft de 8 pieds à la ceinture, for 3 pieds 6 pouces de largeur par les bouts, 8c 4 pieds 3 pouces au milieu , ce qui fait que le bas de la caifle eft d'une forme ronde tant for le plan que fur l’élévation , ce qui lui a fait donner le nom de Gondole, à caufe de fà reflemblance avec une gondole, efpece de petit bateau ou de vafe pour boire. Le haut des côtés doit être plus en pente qu'aux voitures ordinaires, parce que comme les fiéges de l'intérieur de la voiture font placés le long de ces côtés, il eft bon qu'ils foient un peu inclinés, afin que l'on foit affis commodément, pour les raifons que j'ai données en parlant des fiéges des voitures , pages 554 & fuiv. Voye£ la ligne e f g , Fig. I, qui repréfente la courbure 8c l'inclinaifon du côté de la voiture , ainfi que celle/ h> qui repréfente le deflus du fiége & fon inclinaifon en dedans.
- Le defliis de l'appui de ces voitures eft ordinairement revêtu de cuir, au milieu de quoi font percés huit jours ou fenêtres ; ainfi que celles A, A , A , Fig. 1 & 2 ; favoir , une à chaque bout, & trois de chaque côté, lefquelles ont environ un pied quarré, & font placées de maniéré que ceux qui font affis dans la voiture, puiflent voir dehors fans fe lever de leur place.
- Ces jours fe reinpliflent par des glaces , lefquelles montent dans des coulifo féaux à l'ordinaire ; on a foin que ces coulifleaux montent de fond, & on les affemble dans le pavillon & dans le brancard, afin qu’ils foutiennent non-feulement le panneau de cuir, mais encore celui de l'appui, qui étant de bois, a bien de la peine à fe prêter à la formé-’ gondolée de la voiture, 8c qui fait toujours aflez mai quelque précaution que l'on prenne, étant impoflible de faire ployer un panneau fur deux fens à la fois, comme je l'ai démontré en parlant de la maniéré de faire revenir les panneaux au feu, page 491. Il
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- Section I. Defcription d'un Coche , d'une Gondole , ôCc. 573
- Il eft bon auffi que le pavillon de ces voitures ( & en général de toutes les .— —
- voitures de campagne) foit fort bombé, afin qu au dedans de la voiture on puilfe, Planche du delfus des battants de pavillon, tendre des rubans nommés filets, fur lefquels 206*
- on place les chofes les plus légères qu on emporte ordinairement avec foi.
- Par la même raifon les caves doivent être fort profondes, pour placer les paquets les plus lourds & les provifions de bouche.
- En général, les bois de ces voitures, aînfi que de toutes celles de campagne , doivent être plus forts qu’à l’ordinaire, afin qu’elles réfiftent mieux à la fatigue ,
- {ans cependant les faire trop maffives, parce qu’alors elles deviendroient trop pelantes, ce qu’on doit éviter avec foin.
- L’ufage des Gondoles eft très-bon pour les voyages & pour la chafle , parce quelles tiennent beaucoup de perlonnes, ce qui diminue en même temps l’ennui & les frais du voyage ; c’eft pourquoi prelque tous les grands Seigneurs en ont pour le tranfport de leurs gens & de leurs effets les plus précieux.
- Pour ce qui eft de la conftruélion de ces voitures, elle n’a rien de particulier ni de différent de ce que j’ai dit à ce liijet ; c’eft pourquoi je n’en ferai aucune mention, les Fig. 1 & 2 étant fuffifantes d’après tout ce que j’ai déjà dit,
- Les Berlines à quatre portières , aufîî nommées Berlines Allemandes , font 1 • -J
- faites pour contenir lix perfonnes affifes for trois lièges ; lavoir , les deux ôrdi- PLANCHS naires, de un autre placé au milieu, ainfl que celui A, Fig. 2, auquel on ajoute un dolfier d’étoffe B, pour foutenir les perfonnes qui font affifes fur ce liège ,
- & les empêcher de fe renverfer en arriéré.
- Quoique je dife que ce fiége efl: placé au milieu de la longueur de la voiture, il eft cependant bon qu’il foit un peu plus for le derrière, comme je l’ai obfervé dans la Fig. 2, parce qu’il efl: néceflàire que l’elpace qui relie entre le fiége de devant & celui du milieu , foit plus grand que celui qui relie entre ce dernier & celui de derrière , ce qui efl tout naturel, puifque dans le premier les jambes & la faillie des genoux de deux perfonnes , doivent y être contenus vis-à-vis les uns des autres ; au lieu que dans le fécond, il ne faut que la place d’une perfonne for la profondeur : il faut cependant éviter de trop reculer le fiége du milieu, parce qu’il boucheroit beaucoup de la portière, du moins en apparence ; car comme le doffier de ce fiége efl: arrondi for les extrémités, il lailîe foffifamment de paflàge. Quoi qu’il en foit, il efl: toujours bon que l’elpace de derrière ne foit pas trop étroit, parce que comme c’efl la place des perfonnes les plus confidérables , il eft nécelfaire qu’elles ne foient point gênées , du moins autant qu’il eft poffible.
- La conftruélion & la décoration de ces voitures n’ont rien de particulier ainfi qu’on peut le voir aux Fig. 1 & 1 ; tout ce qu’on doit obferver , c’eft que quand elles ne feront que pour être d’ufage à la campagne, on diminuera la hauteur de la glace de devant, de forte qu’elle ne defoende qu a la hauteur Menuisier. III. Part. G g g g g g g
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- 574 MENUISIER, III. Pan. Chap. IF.
- du defliis du liège , comme je l’ai fait ici, afin de conferver autant qu’il eft pofïible, la longueur intérieure de la voiture, laquelle n’étant ordinairement que de 6 pieds 6c demi à la ceinture, eft déjà très-bornée pour être diminuée par le coulement de la glace du devant.
- Les voitures à quatre portières fervent ordinairement à la campagne ; cependant chez le Roi 8c chez les Princes , elles fervent quelquefois de voitures de ville , & alors elles peuvent être très-richement décorées ; dans ce cas on doit diminuer la profondeur de leur cave, ou même les fupprimer tout-à-fait, cè qui fèroit encore mieux.
- Il faut de même, dans le cas dont je parle , diminuer la-hauteur du bombage du pavillon , qui alors devient inutile. Il eft aufli néceflâire de placer des glaces aux cuftodes de ces voitures, ce que je n ai pas fait à celle que j’ai deflînée , parce que je ne l’ai confidérée que comme une voiture de campagne.
- J’ai dit plus haut que la longueur ordinaire de ces voitures étoit de 6 pieds 8c demi ; cependant on fera très -bien de leur donner 7 pieds de longueur, fur 44 à 46 pouces de largeur à la ceinture, non-compris le renflement, ce qui eft néceflâire, étant tout naturel qu’on foit plus à fon aife dans une voiture où l’on pafle des journées entières, que dans celles où l’on ne refte qu’un moment.
- Voilà à peu-près toutes les voitures de campagne à quatre roues dont on faflè ufage aéluellement, mais ( à la vérité ) peu ufitées par les particuliers, qui fe fervent, pour voyager, de voitures ordinaires , qui font des Berlines conftruites feulement avec plus de folidité que les autres, ( c’eft-à-dire, celles qui ne fervent que dans les villes ) 8c auxquelles on donne un peu plus de longueur & de largeur, ce qui ne change rien à leur forme & à leur conftruélion, qui ne demande , ainfi que je l’ai déjà dit, qu’un peu plus de folidité.
- §. I. Defcription d'un grand Carrojje , d'une Berline , d'une Diligence montés fur leur train , <S* de toutes les autres Voitures qui ont du rapport avec ces dernier es.
- Les voitures de ville le plus en ufàge, font les Berlines 8c les Vis-à-vis, que l’on monte fur des trains à brancards ou fur des trains à fléchés, ainfi que je l’ai dit au commencement de cette Partie , où j’ai fait connoître la différence qu’il y avoit entre ces dernieres voitures 8c les grands Carrofles dont on ne fait plus ufàge à préfent, du moins que très-rarement , encore n’eft-ce que chez le Roi ; 8c j’ai dit qu’il feroit à fouhaiter que ces voitures fuflent plus en ufage qu’elles ne le font chez les Princes 8c les très-grands Seigneurs, pour les diftinguer par leurs voitures comme ils le font par leurs rangs ; c’eft pourquoi je> donne ici, PL 208 , le deflln d’un grand Carroffe à fléché recourbée ( ou à arc, ce qui eft la même chofe ) pour le paffàge des roues de l’avant-train , ce qui fait beaucoup mieux que les trains à grande fàfloire, fur lefquels font montés tous les grands Carrofles du Roi. J’ai aufll placé des reflbrts au devant & à l’arriere
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- Section I. §, I. Defcription d'un grand Carrojfe, SCc. 575 du train de cette voiture, afin de la rendre plus douce que celles ordinaires, où les courroyes qui portent la caifle, font attachées aux moutons du train, de forte qu’il n’y a de reflorts que deflous la voiture ; au lieu que dans celle-ci, ces courroyes étant attachées à des relforts par les deux extrémités , rendent la voiture extrêmement douce.
- En général, j’ai tâché, autant qu’il m’a été poflîble, de donner à l’enfomble de cette voiture toute la légéreté dont elle a été fofoeptible , 8c d’allier les formes anciennes avec les modernes, en ôtant aux unes leur trop grande pefànteur, ôc en donnant aux autres un caraétere un peu plus ferme , ce qui eft néceflàire à ces fortes de voitures.
- Au refte, je ne donne point cette voiture comme une chofe parfaite ni comme un exemple à imiter; je ne la propofo ici que pour donner naiflance à des idées plus parfaites, 8c pour faire connoître combien ces voitures acquére-roient de grandeur & de magnificence, fi la partie de leur décoration étoit entre des mains plus habiles que les miennes , lefquelles allieroient aux régies invariables de la bonne conftruétion , la grâce d’une décoration plus ingénieufo, ce qui eft au-deflus de mes forces.
- Ces fortes de voitures font toujours très- grandes, parce qu’elles font faites pour pouvoir contenir fix perfonnes ; lavoir , quatre for les fiéges de devant 8c de derrière, 8c deux au milieu for un fiége mobile qu’on ôte lorfqu’on le juge à propos ; c’eft pourquoi on leur donne ordinairement 7 pieds de longueur, for 4 pieds 6 pouces de largeur à la ceinture , 8c environ 6 pieds 8c demi de hauteur du deffus du brancard au defious de la frife de la portière.
- Pour ce qui eft des autres mefores de cette voiture, tant pour le train que pour la caifle, il eft aflez inutile d’en parler ici ; de plus, j’ai mis au bas de la Planche une échelle, à laquelle on pourra avoir recours.
- Je ne m’étendrai pas davantage fur la forme & la conftruétion de ces voitures, parce que j’en ai déjà parlé au commencement de cette Partie , page 463 ; on aura foin feulement de faire les coulifles de leurs glaces aftez profondes pour que le chaffis qui porte ces dernieres ne paroifle point extérieurement, ce qui fait un très-bon effet, vu que les moulures de la caifle fervent immédiatement de bordures aux glaces.
- On obfervera qu’à ces voitures, ainfi qu’à toutes les autres , il faut que les mêmes ornements foient employés fur le train 8c fur la caifle, ce que j’ai fait à cette voiture 8c aux deux fuivantes. C’eft un ufage reçu qui me paroît très-raifonnable , étant tout naturel que toutes les parties qui compofent l’enfomble d’une voiture, aient toutes le même caraétere ; c’eft pourquoi on ne s’écartera de cet ulàge que le moins qu’il fera poflible.
- J’ai donné ailleurs toutes les régies fervant à la conftruétion & à la décoration -d’une Berline; c’eft pourquoi je ne m’étendrai pas à ce fojet dans la defcription de celle que j’ai deflinée dans cette Planche , dont l’enfomble n’eft qu’un réfomé de ce que j’ai dit jufqu’à préfont.
- Planche
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- Planche
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- 57 6 MENUISIER 9 III Pan. Chap. IV.
- * ...... La Fig. i de cette Planche , repréfente l’élévation d’une Berline montée fur
- * 205?CHE tra*n ^ Port^e Par l°ngues foûpentes. Le corps de la caille eft très-
- orné & d’une forme bombée for fon plan, comme je l’ai indiqué par une ligne ponctuée dans la Fig. 2 , qui repréfente la moitié du plan du train , lur lequel j’ai feulement indiqué celui du brancard de la cailfe.
- J’ai auffi cintré les traverfes de ceinture ainfi que le pavillon, que j’ai fait à trois cintres, afin de donner plus de mouvement 8c de grâce à l’enfemble de la caillé, ce qui, à mon avis , fait beaucoup mieux que les traverfes droites qui font à la mode à prélent, d’autant mieux que tous les cintres de cette voiture prennent nailîànce les uns des autres, 8c lont d’accord avec la forme générale de la cailfe, ainfi que je l’ai recommandé plus haut. Cette cailfe , quoique d’une décoration très-riche, n’a cependant rien de fuperflu ; 8c les bois des bâtis , quoique plus forts que ceux des voitures à la mode, n’en rendent cependant pas la décoration plus pelante, ayant eu loin d’en diminuer la largeur en apparence par des ornements courants.
- Les portières de cette voiture lont arrafées au refte de la caille, 8c ouvrent dans le dégagement des moulures des cuftodes , de forte que toutes les traverfes tant du haut que du bas & du milieu régnent enfemble, ce qui fait un très-bon effet.
- Pour ce qui eft du train de cette voiture , je l’ai fait le plus parfait qu’il m’a été polfible , & j’ai fait les roues du train de devant auffi hautes quelles peuvent l’être à un train de cette elpece , la hauteur de ces dernieres étant bornée non-feulement par la rencontre des brancards du train, mais encore par celle des foûpentes fous lefquelles il faut quelles palfent, ce que j’ai indiqué par des lignes perpendiculaires élevées des points que donnent la rencontre du cercle formé par la révolution des roues de l’avant - train avec les brancards 8c les foûpentes , lefquelles lignes perpendiculaires font bornées for l’élévation par la rencontre d’une ligne de niveau paflant par le plus haut point des roues de l’avant-train ; de forte que les foûpentes de cette voiture ne fauroient être plus baffes quelles ne font, & par conféquent les roues de l’avant-train plus hautes , à moins qu’on ne rehaufîe ces premières, ce qui n’eft guere poffible, parce qu’en les haufîant par devant, il faudroit les hauffer par derrière, ce qui éléveroit trop le cric qui eft déjà fort haut ; de plus, il faut éviter de donner trop d’élévation aux foûpentes, afin que la caifîe ne foit point trop élevée 8c qu’on puifle y monter commodément, ce qui ne peut être quand il y a plus de 2 pieds & demi de la ligne de terre au-deffus de la marche du brancard de la caiflê.
- ____ La Fig. 1 de cette Planche repréfente une Diligence montée for un train à
- Planche flèche, nommé improprement train a UAngloifc, ce qui m’a donné la liberté 210» de faire les roues de l’avant-train fort hautes , comparaifon faite avec celles du derrière, ce qui eft très-avantageux pour rendre la voiture plus roulante , ainfi que je l’ai prouvé page 562.
- La cailfe de cette Diligence eft faite à l’Angloife, c’eft-à-dire, qu’elle eft
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- Section I. §. I. Defcription a an grand Carroje , SCc. 577 prefque quarrée par le haut, 8c qu'elle n eft pas cintrée en S fur le côté , ainfi que celles à laFrançoife , dont j'ai donné la forme 8c les proportions page 548* mais font feulement un peu diminuées fur le derrière tant fur le plan que fur la hauteur , ainfi que je l'expliquerai en parlant des caiffes des voitures à l'Angloife.
- Lorfque les Diligences, 8c en général toutes autres fortes de voitures, font montées fur des trains à fléché, elles ne font ordinairement pas portées par de longues foûpentes , mais au contraire par des reflorts 8c des courroyes attachées aux angles de la caifle, comme je l'ai obfervé ici, ce qui eft très-commode pour les Diligences dont la forme irrégulière du brancard donne beaucoup de peine pour les bien fufpendre avec de longues foûpentes ; de plus , lorfqu'on fulpend les Diligences comme je l'ai fait à celle-ci, on a l'avantage de faire le bas de la portière prefque de niveau, ce qui fait beaucoup mieux que celles dont la traverfe du bas eft de près de 3 pouces plus haute d’un bout que de l'autre , ainfi que je l'ai démontré ailleurs.
- La Fig. 2 repréfente la moitié du plan de cette Diligence , fur lequel j'ai marqué le cercle que décrit la révolution des roues de l’avant-train, 8c leur rencontre avec les courroyes qui portent la caifie & les deux branches de la fléché , ce qui rapporté fur l'élévation, a fervi à déterminer la forme de cette derniere 8c la hauteur des reflorts auxquels font attachées les courroyes ou foûpentes, lefquelles font indiquées fur le plan par des lignes ponéfuées, ainfi que le plan du brancard de la caifie auquel elles vont répondre.
- Voilà en général les trois efpeces de voitures dont on fafle ufàge aéluelle-^ ment, fur-tout les deux dernieres, auxquelles j’ai donné la meilleure forme qu'il m’a été poffible , fans trop fuivre ce qui s'appelle la mode, ni en même temps m'écarter beaucoup des ufages reçus, tant pour ce qui eft des caifles ( ce qui eft mon principal objet ) que pour ce qui concerne leurs trains, que j'ai faits le plus légers poflible, en leur confervant néanmoins une folidité réelle 8c même apparente , ce qui eft abfolument néceflàire ; comme auffi de n'y point faire aux unes ni aux autres de reftàuts ni d'ornements trop faillants, parce qu'ils feroient expofés àfecaffer, foit par l’ébranlement du roulis delà voiture, foit en la lavant, ou par tous autres accidents inévitables 8c auxquels on ne peut obvier qu'en faifantles ornements peu faillants, 8c ne leur donnant que le moins de profondeur poflible, afin que la poufllere s’y arrête moins, 8c qu’ils foient plus aifés â nétoyer.
- Les Vis-à-vis font des voitures allez femblables aux Berlines, defquelles elles ne different que par la largeur, laquelle ne peut contenir qu'une perfonne : elles different encore de ces dernieres, en ce que leurs côtés ne font point cintrés, mais feulement diminués de l'appui jufqu en bas d'environ 4 à y lignes* de forte qu'elles forment un angle à la ceinture , ce qui fait allez mal.
- On pourroit corriger ce défaut en donnant à la diminution du bas une forme Menuisier. III. Fan. H h h h h h h
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- 578 M ENU î S IE R, III. Pan. Chap. IÏ1.
- bombée prefque infenfible , Sc en faifant la partie du haut droite à l’ordinaire, laquelle a quelques lignes d’évafement tout au plus.
- La largeur des Vis-à-vis eft de à 26 Sc même 28 pouces à la ceinture, fur 4 pieds 8 pouces de long ; lavoir ,22 pouces d’ouverture de portières, & 17 pouces à chaque cuftode.
- La largeur du haut des cuftodes doit être de 15? pouces , & le cintre du pavillon d’environ 2 pouces de retombée. La hauteur de ces voitures doit être moindre que celle dés Berlines, Sc n’avoir au plus que 4 pieds 2 pouces d’ouverture de portière.
- Leur renflement doit auffi être moindre $ Sc n’avoir que 6 lignes au brancard & 18 lignes au pavillon. Quant à la conftruétion Sc à la décoration de ces voitures, ce font les mêmes qu’aux Berlines.
- Les Défobligeantes font aux Vis-à-vis, ce que les Diligences font aux Berlines, c’eft-à-dire, quelles ont les mêmes dimenfions'tant de hauteur que de largeur Sc de renflement, en obfervant toutefois de faire les cufiodes de 2 à 3 pouces plus profondes que celles des Vis-à-vis, ce qui ne fouffre aucune difficulté Sc n’a pas befoin d’autre explication.
- Les caifles des voitures nommées Angloifes, font des efpeces de Berlines Sc de Diligences , mais plus fouvent des Diligences que des Berlines. Ces voitures different de celles à la Françoife 9 en ce qu’elles ont moins de renflement, qu’elles ne font point cintrées for le côté où elles n’ont qu’un peu d’évafement, & qu’elles font moins cintrées Sc ont moins de hauteur que ces dernieres. Ces voitures n’ont point de glaces de cuftode, ni même de montants de crofle apparents , Sc la glace de devant eft ordinairement divifée en deux parties qui coulent indépendamment l’une de l’autre, étant divifées par un montant, derrière lequel eft placé un coulilleau double.
- Les voitures à l’Angloife font très à la mode à préfent, & je ne foi trop pourquoi, vu quelles n’ont ni une belle forme ni aucune grâce, reflemblant plutôt à un coffre percé de plufieurs trous , qu’à une caifle de voiture ; mais il foffit que l’invention de ces voitures nous vienne d’Angleterre , pour que tout le monde en ait ou veuille en avoir, comme s’il exiftoit quelque loi qui nous obligeât d’être les ferviles imitateurs d’une Nation rivale de la nôtre, Sc qui, quoique très-relpeélable Sc imitable à bien des égards , ne pourra jamais l’être pour les ouvrages de goût en général, Sc for-tout pour la partie dont je traite.
- Ces voitures ne devroient, à mon avis , être d’ufoge qu’à la campagne, vu leur grande légéreté Sc leur peu de hauteur qui les rend moins fojettes aux coups de côté que les autres.
- Les trains de ces voitures font toujours à fléché, foit Amples ou doubles, ce qui oblige à les fufpendre fur des reiïorts, Sc cela en augmente la douceur.
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- Section I. §. IL Defcription d'une Caleche , d'un Phaéton> ÔGc. 579
- §. II. Defcription d'une Caleche, d'un Phaéton, d'un Diable, d'une Diligence coupée & d’un WourjL
- Lés Calèches font des voitures de campagne deftinées à la promenade où à la chaffe, lefquelles font ouvertes de tous côtés au deflus de l'appui, & Planche dont l'impériale eft foutenue par des montants de fer , ainfi que celle repréfentéô 21 u
- F ig. I.
- Ces voitures font à4, à 6, 8c même 8 places, à deux perfonnes fur la largeur , du moins pour l'ordinaire ; car on en fait à trois , ce qui eft rare ; celle qui eft repréfentée ici n en peut contenir que quatre commodément, n’étant que de la longueur d'une Berline ordinaire, 8c n'ayant que deux fiéges, l'un for le derrière 8c l'autre au milieu, à l'endroit du pilaftre B, lequel fépare les deux portières A 8c C. Ces deux portières font néceflàires, parce quelles fervent à entrer dans la voiture fans être obligé de paffer par deflus le fiége du milieu , ce qui arriveroic néceflàirement s'il n'y avoit qu'une portière, parce que le fiége du milieu eft toujours immobile^ ou du moins doit l’être, afin que ceux qui font placés fur le derrière de la voiture, puiflent monter & defcendre fons déranger ceux qui font placés for le fiége du milieu.
- Quoique cette Caleche ne foit conftruite que pour contenir quatre perfonnes , on peut cependant en placer fix, en reployant le devant de l'appui D en devant de la voiture, ce qui forme un troifieme fiége.
- Les Calèches à fix font confiantes de la même maniéré que celle-ci, excepté quelles ont 6 pieds & demi de longueur, & quelles ont trois portières for le côté. On peut pareillement faire un quatrième fiége en abaiflànt le devant de l'appui, comme je l'ai dit ci-deflus , ce qui ne fouffre aucune difficulté.
- En général, les fiéges des Calèches doivent être élevés au-deftiis les uns des autres , en foivant à peu-près la forme du brancard, afin que toutes les perfonnes qui font placées deflus, puiflent voir les unes au-defliis des autres, ces fortes de voitures étant faites pour jouir de l'air & de la vue de la campagne, vis-à-vis de laquelle elles font toutes tournées , ce qui eft différent des autres voitures , où ceux qui font placés fur les fiéges du devant 8c du derrière, font affis vis-à-vis les uns des autres.
- Ces voitures peuvent être d'une décoration très-riche & d'une forme gondolée , ce qui fait très-bien. Comme ces voitures fervent toujours à la campagne , on en fait dont on fupprime les panneaux , & dont on remplit l'efpace avec des treillis de canne de différents compartiments, ce qui rend ces voitures plus légères , & en même temps plus fraîches.
- Le haut des calèches fe ferme avec des rideaux de cuir ou d'étoffe, qu'on releve fous l'impériale & qu'on abaifle quand on le juge à propos, tant par les côtés que par derrière 8c par devant»
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- SSo ME N UÎSÎER , ///. Part. Chap. IV.
- ======—=» On fait toujours des caves à ces fortes de voitures , ce qui eft néceflàire pour
- Planche placer les hardes & les provif ons dont on peut avoir befoin.
- Les Phaétons ou Chars découverts, font des voitures à-peu-près femblables aux Calèches, excepté qu'ils n'ont point d’impériales 3 de forte qu'on y eft toujours à découvert. Ces voitures font peu en ufàge, & on ne s'en fert même qu'à la Cour 8c chez les Princes pour les promenades des Dames : elles font ordinairement très-riches, tant pour les ornements de fculpture que pour les peintures 8c les dorures. Celle qui eft repréfentée Fig. 2, eft à fix perfonnes & à deux portières fur la longueur, à la maniéré des Berlines à quatre portières. Ces voitures different des Calèches , en ce que les fiéges font placés comme aux Berlines dont je viens de parler , c'eft - à - dire , que ceux qui font affis fur le devant de la voiture ont la face tournée vis-à-vis des autres, ce qui n'eft pas aux Calèches, ainfi que je viens de le dire. *
- Les Calèches 8c les Phaétons font ordinairement portés par de longues foûpentes ; ce n'eft pas qufon ne puiffe faire autrement ; mais c'eft i'ulage, auquel leur forme longue & platte a peut-être donné lieu.
- « La Fig. 1 repréfente une voiture nommée Diable, laquelle eft à l’égard
- Planche des Calèches, ce que les Diligences font à l’égard des Berlines, c'eft-à-dire, 212% qu'ils font coupés à l'endroit de la première portière. Ces voitures fervent particuliérement pour eflàyer les jeunes chevaux, 8c alors elles ne conliftent que dans un train à fléché, fur le devant duquel eft ménagé un efpace dans - lequel fe peuvent placer deux perfonnes ; mais dans le cas dont je parle, ces voitures fervent aux perfonnes qui voulant faire voir leur habileté à conduire les chevaux difficiles , mènent leur voiture eux-mêmes ; c'eft pourquoi on a foin que le devant de ces voitures foit plus haut qu'à l’ordinaire , afin que celui qui eft dedans debout, puiffe avoir l'eftomach appuyé deftus, 8c foit moins expofé aux éclabouftures & aux ruades des chevaux. Ces appuis doivent auflî être un peu recourbés en devant, comme je i'ai obfervé Fig. 1 & 2 , (lefquelles repré-fontent les élévations de côté & de face , ) afin de ne point blefler celui qui, en menant la voiture, eft quelquefois appuyé deftus foit naturellement, foit par le mouvement de la voiture, laquelle n'a d'ailleurs rien de particulier tant pour la décoration que pour la conftruétion, fi ce n'eft qu'elles doivent être plus hautes que les voitures ordinaires, afin de pouvoir contenir un homme tout debout.
- Comme ces voitures font toutes ouvertes au-deffus de l'appui & ne fervent que très-peu , on a imaginé de faire fervir les Diligences ordinaires à l’ufage de ces premières, ce qu'on a fait en les coupant au nud de l'appui, ou du moins à environ 2 pouces au-deflus, comme le repréfente la Fig. 3, où la coupe du pied d’entrée 8c de la portière eft repréfentée par la ligne a b, de forte que le pied cornier de devant s'enleve, 8c emporte avec lui le battant de portière avec lequel il ne fait qu’une feule 8c même piece, ainfi qu'on peut le voir dans la
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- SetionL §. II. Defcription d’une Caleche, d'un Phaéton, ÔCc. 58*
- Fig. 4, laquelle repréfente la coupe du pied d’entrée 8c du battant de portière y
- prife à la hauteur de l’appui, 8c où j’ai indiqué par des ponéluations, la forme Planché
- de ce même pied cornier réuni avec le battant de portière» 212t
- Ce pied cornier entre tout en vie dans le bout du pavillon, & à tenon 8c enfourchement dans l’appui, & s’arrête en dedans de la voiture par le moyen d’un crochet.
- L’invention de ces Diligences coupées vient d’Angleterre, 8c on les nomrne Diligences coupées en birouche\ leur ufàge n’eft pas fort bon, parce que leurs joints font toujours mal ; de plus , lorfqu’elles font toutes montées, elles rendent un mauvais fon occafionné par le jeu qui le trouve néceflàirement dans les affèm-blages des pieds corniers ; c’eft pourquoi on fera très-bien de ne pas faire de ces fortes de voitures coupées, que je ne repréfente ici que comme des exemples à éviter , 8c en même temps pour ne rien laifler à défirer*
- Avant de terminer ce qui regarde la defcription des voitures à quatre roues * dans la conftruélion defquelles le travail du Menuifier eft néceflàire, je crois devoir parler d’une voiture de chafle nommée JVourJl ou Vource , dont l’invention vient d’Allemagne, laquelle ne confifte qu’en un train à fléché très-étroit, afin de pouvoir mieux pafler dans les routes des forêts. Au-deflus de la fléché de ce train eft fufpendu un fiége long d’environ 7 pieds, lequel eft porté par deux cour-royes ou foûpentes , dont une tient à un reflort placé fous le fiége du Cocher 8c au devant de ce fiége ; 8c l’autre du derrière du fiége à un cric placé au derrière du train , par le moyen duquel on ferre ou relâche la fbûpente.
- Au-deflous du fiége, 8c par conféqueiic de la fléché du train qui pafle entre deux, eft placé un marche-pied fur lequel pofent les pieds de ceux qui font aflis comme à cheval fur le fiége , au bout duquel, fur le derrière, eft une efpece de caiflb femblable à celle d’un Cabriolet, laquelle eft féparée en deux par le fiége, & peut contenir deux perfonnes de largeur, ou bien une feule affife comme les autres qui font fur le long fiége , c’eft-à-dire, à califourchon.
- Je ne donne pas ici d’autres explications touchant la defcription de cette voiture , parce qu elle eft prefque toute du reflort du Charron , 8c que le Menuifier n’y a prefque rien à faire ; c’eft pourquoi je me contenterai de la repréfenter dans la Planche 217, Fig. 1. Voyez cette Planche.
- Section Second e*
- Defcription d’une Chaife montée , d’une Chaife de pojle, d’un Cabriolet,
- de deux Litières & d’un Traîneau.
- L’usage des Chaifes à deux roues eft très-nouveau, comme je l’ai fait voir au commencement de cette Partie de mon Ouvrage ; elles ne fervoient dans Planche leur origine qu’à faire des voyages en pofte; mais préfèntement elles font 21 ^ très-communes, tous les particuliers de médiocre fortune en faifànt ufàge tant 7 Menuisier. IlL Paru I i i ii i i
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- Planche
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- 582 ME NUIS IE R, III. Part. Chap. IV.
- : dans les villes quà la campagne. Les Chaifes qui fervent dans les villes font à deux & même à quatre places, ainfi que celle repréfentée Fig. 1 , laquelle peut contenir deux perfonnes fur la profondeur & deux fur la largeur, Fig. 2, & que j’ai repréfentée aufli en plan, Fig 3, afin qu’on connoifle mieux la différence du train des voitures à quatre roues , & de celles à deux roues, qui font celles dont je parle.
- Le train des Chaifes en général, eft compofé de deux brancards, dont le derrière efl: aflemblé comme celui des Berlines, à peu de chofe près ; le devant fè termine en deux bras ou limons, entre lefquels on place le cheval qui, à cette voiture , fait la fonélion de traîner la voiture & d’en fupporter une partie. Foye* la Fig. 3 , qui reprélente la moitié du plan de la Chaifè, dont l’élévation efl repréfentée Fig. 1 & 2.
- A toutes les Chaifes la portière efl par devant, la trop grande élévation de leurs brancards les empêchant d’être par le côté, parce qu’alors il faudroit que lacaifle fût élevée au-deflus des brancards, ce qui l’éléveroit trop ; c’eft pourquoi on place, dis-je , la portière par devant, laquelle ouvre non pas verticalement, comme celles des autres voitures , mais horifontalement, ce qu’on nomme des portières à la Toulouje. Je ne fài pour quelle railon.
- Il y a des Chaifes où la portière ouvre à l’ordinaire par le moyen d’une certaine ferrure , qui, en la faifimt ouvrir dans les brancards, a la propriété de lervir alternativement de gond 8c de ferrure , de forte que les portières peuvent ouvrir à droite ou à gauche, ce qui efl très-commode ; cependant l’ufàge des portières à la Touloufe a toujours fubfifté, & on les fait prefque toutes de cette façon, tant aux différentes efpeces de Chaifes de pofte, qu’aux Cabriolets & autres voitures de cette efpece.
- Les Chaifes font fufpendues fur de longues foûpentes, ou par le moyen des reflorts à l’écreviffe ou autres, ce qui ne fait rien à leur forme.
- La hauteur des Chaifes doit être de 4 pieds & demi au plus haut, c’eft-à-dire, par le côté du deflbus du brancard au-deflus du pavillon, fur 3 pieds 6 pouces de largeur de ceinture lorfqu’elles feront à deux places fur la longueur , & de 3 pieds au plus quand elles feront à une place, en obfervant dans le premier cas de faire beaucoup plus faillir le devant de la portière, pour pouvoir placer commodément les jambes de celui qui efl placé devant ; & que le fiége ou ftrapontin ne gêne aucunement la perfonne qui efl placée derrière , comme il arrive aux Chaifes qui n’ont pas aflez de profondeur, & où par conféquent le ftrapontin fe trouve placé entre les jambes de celui qui efl dans le fond de la Chaife , ce qui efl fort incommode, fur-tout quand on fait de longs voyages. Il efl bon que ce ftrapontin foit peu haut, & on ouvre le devant de la cave, dans laquelle celui qui eft alfis deilus place fes jambes, ce qui fait qu’il ne bouche point la vue de celui qui eft placé derrière, ce qu’on obferve à toutes les Chaifes de pofte. Pour la largeur des Chaifes, elle doit être de 40 pouces à la ceinture quand elles feront à deux places fur la largeur, ou de 2$ à 26 pouces
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- Section IL Dejcription d'une Chaife montée , ôCe. 583
- lorfqu elles feront à une feule place. Quant à la forme de leur plan , elle peut — 'J être comme les Diligences à la Françoife ou à l’Angloife lorfqu elles font à Planche deux places, ce qui eft arbitraire ; mais lorfqu elles feront à une place, on les fera comme les Défobligeantes, auxquelles elles reffemblent.
- Les Chaifes peuvent être très-riches & ornées de glaces tant à la face qu’aux euftodes, félon qu’on le jugera à propos.
- Les Chaifes de pofte proprement dites , ne different en aucune maniéré de — ....... '
- Celles dont je viens de parler, fi ce n’eft qu'on les fait plus fimples 8c plus Planche folides que les premières, 8c quelque peu plus baffes, pour diminuer les coups de côté autant qu’il eft poffible. Ces Chaifes ne font ordinairement qu’à une feule place , ou fi on les fait à deux , ce n’eft que for la profondeur ou for la largeur, mais jamais fur l’un & l’autre fens, c’eft-à-dire, à quatre places, parce quelles deviennent trop lourdes 8c fatiguent beaucoup les chevaux, ce qui en a fait défendre l’ulàge pour les grands voyages , ou on fe fert de chevaux de poftes ;
- & on fait les Chaifes de pofte le plus étroites poffible, afin que la perfonne qui s’y place n’y entre qu’à peine. Cette obfervation eft très-effentielle, parce que quand ces voitures font trop larges, leur balottement qui eft inévitable , fatigue beaucoup ; au lieu que quand elles font juftes à la groffeur de la perfonne , on eft moins fatigué, le corps fuivant les mouvements de la voiture fans pref* qu’en reflèntir les fecouftes, ce qui eft fort à confidérer, for-tout dans le cas d’un grand voyage. Voye^ les Fig. i & 2, qui repréfentent les élévations de côté 8c de face d’une Chaife de pofte.
- Les portières des Chaifes ouvrent au-defliis de la naiflànce de la glace cotée a a , Fig. i & 2, & font ferrées fur le brancard b, même Figure ; & pour les rendre plus légères, on les chantourne par le bas d’après la largeur néceflaire pour le coulement de la glace, de forte que la partie du côté de la portière , comprife entre la ligne b c d, Fig. 2 , & le brancard & le pied cornier , demeure attachée au corps de la caille : cette partie fe nomme goujjet, apparemment à caufe de là forme cintrée en S.
- Pour bien faire entendre ce que je dis touchant les ouvertures de ces portières & leur conftruélion, voyez la Fig. 3 , qui eft deffinée au double des précédentes , laquelle repréfente la coupe du devant de la Chaife, 8c par conféquent celle de la portière, dans laquelle j’ai fait voir par des lignes ponéluées, les opérations néceflàires pour avoir le contour de la coulifle fopérieure, & la forme du panneau de doublure.
- J’ai auffi deffiné dans cette même Figure la coupe de la portière ouverte, cote a a , afin de faciliter l’intelligence du difeours.
- Voyez auffi les Fig. 4 & y , dont l’une repréfente la coupe du pied confier 9 prife au-deffus de l’ouverture de la portière, 8c l’autre la coupe de ce même pied cornier prife au-deffous de cette ouverture, 8c la coupe du battant de portière, d’après lefquelles on pourra très-aifément entendre toute la théorie de la confo truélion de ces fortes de portières.
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- Planche
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- 584 MENUISIER , III. Part. Chap. IV.
- Les Cabriolets font des elpeces de petits Chars découverts, ainfi que les repré* fontent les Fig* I 6° 2, lelquelles ont des portières ouvrantes à peu-près comme celles des Chaifos de pofte ; ce n eft pas proprement des portières, mais c’eft le devant de la voi:ure qui, en ouvrant, emporte une partie du côté, comme l’indiquent les lignes a, b , c, des deux Figures.
- On fait à prélent des Cabriolets dont l’ouverture de la portière n’eft indiquée par aucune moulure, & fe fait à travers le panneau de côté, foit en cintre comme les Fig. 1 & 2 , ou par une ligne droite comme aux voitures à panneaux arrafés ; on en fait d’autres dont il n’y a que le devant qui s’ouvre dans les moulures , fans emporter rien des côtés, ce qui efl: beaucoup mieux que de couper les panneaux de côtés.
- Ces voitures , telles qu elles font repréfentées, ne peuvent contenir qu’une perfonne fur la longueur ; & quand on veut en placer deux, il faut ouvrir le devant pour en augmenter la profondeur, ce qui fait un vuide par le côté, qu’on remplit par une joue ou aile a,b,c9d, e, qu’on ôte quand on le juge à propos. Cette ouverture fe fait à rainures 8c languettes, 8c on la place autant qu’il eft poflible dans le dégagement des moulures , comme à la Fig. 1, ou bien au milieu du champ, comme à la Fig. 1, ce qui eft moins bien, mais plus folide.
- Il y a des Cabriolets dont on fupprime le devant totalement, de forte que ce ne font à proprement dire , que des fiéges portés fur un brancard, ainfi que les premières Chaifos de pofte dont j’ai parlé au commencement de cette Partie, page 460.
- Il y en a d’autres au contraire, dont non-feulement le devant eft fermé , comme ceux qui font repréfentés dans cette Planche , mais encore le defîus de l’appui, foit par un entourage de cuir mobile, qu’on nomme foufflet, qu’on jhauiïè ou qu’on baille comme on le juge à propos.
- Quelquefois le haut de ces Cabriolets eft tout-à-fait fermé de menuiforie avec des glaces par devant & aux côtés ; mais alors ce ne font plus de vrais Cabriolets , mais des Chaifes dont le bas eft de la forme de ces derniers. Quant à la forme des Cabriolets , celle de la Fig. 1 eft la plus belle ; mais celle de la Fig. 2 eft la plus commode , c’eft pourquoi on doit la préférer.
- Leur largeur eft ordinairement de 28 pouces au brancard, & de 36 pouces par derrière à la ceinture , 8c par devant de 38 à 40 pouces fur la même largeur de brancard, lequel eft égal d’un bout à l’autre, 8c dont la longueur eft d’environ 3 pieds à 3 pieds un quart, ainfi qu’on peut le voir dans la Fig. ÿ, qui repréfente le brancard vu en deflus, 8c où j’ai marqué par des lignes ponébuées la largeur & l’évafement de la voiture, dont j’ai repréfenté l’élévation de face , Fig. 4 9 8c celle de derrière Fig. 5.
- Pour ce qui eft de la hauteur des Cabriolets, on leur donne ordinairement 23 à 24 pouces de haut à l’endroit de l’ouverture du deflus de lappui au-deflus du
- brancard,
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- Section IL Defcripdon d'une Chaife montée , SGc. $8$
- brancard , & on doit avoir foin d'y mettre à cet endroit un faux-montant aiîembié dans le brancard «5c dans la trayerfe d'appui, lequel paffe par derrière le panneau Planche & fert à le loutenir. Il y a des Cabriolets où ce montant eft apparent ; mais ils ne 21 ^ font pas bien : c’eft pourquoi il vaut mieux le faire pafler par derrière le panneau, comme je l'ai indiqué par les lignes f g 8c h i, Fig, 3.
- Ces voitures font très-legeres & bonnes pour la promenade ; mais leur trop grande légéreté en rend l'ufàge dangereux dans les villes , où elles font trop fjjettes à être renverfées par le choc des autres voitures ou par tout autre accident (*).
- Les Litières font des voitures fervant à tranlporter les malades, ou à voyager dans les pays montagneux, où les autres voitures ne fauroient paiïèr. Planche
- Elles font de deux efpeces ; fa voir, celles de louage, dont la forme efl très-fimple, 8c qui n'ont point de portières ouvrantes, comme la Fig, r , & celles appartenantes aux particuliers, lelquelles ont des portières ouvrantes 8c font fulceptibles de quelque décoration, comme la Figure 3.
- L'une «5c Fautre de ces deux elpeces de Litières font portées par des chevaux «5c plus ordinairement des mulets , dont la marche réglée rend ces voitures très-douces. Elles ne peuvent contenir que deux perfonnes , l'une fur le devant & l'autre ftir le derrière. A la première de ces deux voitures, les brancards fervant s à la porter paflent tout le long 8c y font arrêtés avec des chapes de fer, lefquelles tiennent au corps de la caille, au milieu de laquelle & du deflus de l'appui, efl: une ouverture d environ 22 pouces de largeur qui la fcpare en deux parties qui ne font rejointes au milieu que par une trayerfe , fur laquelle efl: attaché un rideau de cuir, lequel fe releve deflus la Litiere, ou qu'on abaiflè fi on le juge à propos.
- Voy £7 Ici Fig, 2 , rjui reprefente la coupe de c^-tte Litiere, dans laquelle on entre, pour ainfi dire, par la fenêtre , puifque pour entrer dedans, le Muletier vous prend à braflè-corps 8c vous enleve par deflus les brancards, ce qui eft aflez incommode.
- La fécondé efpece de Litiere n'a pas cet inconvénient, parce qu elle a des portières ainfi qu'à un Vis-à-vis auquel elle reflemble, excepté que les Litières n'ont point d'ouverture par devant ; cependant il faut obferver que les portières obligent de couper les bâtons de brancards au nud de ces dernieres , ce qui eft moins folide que s'ils étoient d'une feule piece, comme dans la Fig, 1, «5c ce qui oblige à y faire des ferrures très-compliquées pour empêcher les coups de côté qui pourroient enfoncer les côtés de la caifle, ainfi qu’on peut le voirauxiùg'. 3 4? repréfentent l’une & l’autre l’élévation d’une Litiere avec portières ,
- ( * ) Je ne parlerai pas ici des Fourgons, des Guinguettes 8c autres voitures à deux roues , parce que quoique du reffort du Menuifier pour la caiffe, elles ne font fulceptibles d’aucune efpece de décoration ni de forme confiante, n’étant pour la plûpart que de grands coffres
- Menuisier. ///. Part.
- fufpendus entre deux brancards, ouvrants en delfus, ou par derrière ou par les côtés , en raifon des différents befoins 8c de la volonté de ceux qui font conllruire ces voitures, qui ne fervent guere qu’à la chaife, ou pour les voyages , pour tranfporter les meubles 8c les vivres.
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- $$6 MENUISIER, III. Part. Chap. IV.
- laquelle, ainfi que celles ci-delîlis, doit avoir 24 à 26 pouces de largeur à la ceinture ,for 5 pieds de long, & 4 pieds 3 pouces de hauteur de portière.
- En général, les Litières étant abfolument des voitures de campagne , ne font pas fofceptibles d'une grande décoration, la folidité étant tout ce quon doit y rechercher, fans pour cela les rendre trop lourdes ; cependant lorfqu’elles feront deftinées à l’ufàge de perfonnes de diftinétion, on pourra les orner de moulures & de jfculpture d’un caraétere ferme, & par conféquent analogue à leur ufoge.
- Comme ces voitures forvent à porter des perfonnes malades, il feroit bon quelles ouvrilfent à la façon des Dormeufes , ce qui feroit très-commode, & ne fouffriroit aucune efpece de difficulté.
- Les bâtons des brancards de Litières doivent avoir environ5 pieds de longueur par devant depuis le nud de la cailfe, & être plus longs par derrière d’environ un pied, afin que la tête du cheval ou du mulet ne foit point trop près de la Litiere, & qu’ils ne foient pas plus chargés l’un que l’autre lorfqu’il n’y aura qu’une perfonne dans la Litiere , ce qui arrive allez fouvent.
- La Fig. 1 repréfente l’élévation géométrale d’un Wourft, dont j’ai fait la defcription en parlant des voitures à quatre roues, page 581.
- Les Fig. 2 & 3 repréfentent l’élévation & le plan d’un Traîneau, elpece de voiture fins roues 9 laquelle n’ell pas portée 9 mais traînée par des chevaux*’ L’origine de ces voitures nous vient du Nord, où elles font très-communes ; mais on s’en fort très - rarement en France , ny ayant que les Princes qui en fafîènt ufoge. ^ ;
- Les Traîneaux font compofés d’un brancard AB de 10 pieds de longueur for 3 pieds de largeur ; les deux battants de ce brancard relevent for le devant & fe rejoignent en arc , au haut duquel on place un étendart, fur lequel eft peinte une devifo ou les armes du Prince auquel la voiture appartient. Le delfous de ces brancards eft garni de deux bandes de fer en delfous , afin d’en faciliter le frottement.
- Les battants font alfomblés avec deux traverfes C9 D, lefquelles foutiennent le corps de la voiture, au derrière de laquelle eft placé un fiége E, deftiné à porter le Cocher qui y eft aflîs à califourchon 9 & de cette place mene le cheval qui eft attelé au Traîneau par deux bâtons ou efpeces de limons de 9 à 10 pieds de longueur, qu’on attache aux battants de brancards par le moyen des anneaux F.
- La cailfe de ces voitures eft quelquefois à deux places for la largeur, mais plus ordinairement à une ; il y en a quelquefois à quatre places , c’eft-à-dire, à deux ftir la largeur, & deux for la longueur, mais elles font très-rares.
- En général, la décoration de ces voitures eft alfez arbitraire, ou du moins elle l’a paru jufqu’à préfent, puilqu’on en a fait qui repréfentoient des Cerfs des Chevaux, des liions, ou tous autres animaux dans le corps delquels on femble
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- Section III. Defcription dune Chaife a porteurs, ôCc. 587 être placé. U y en a d’autres où l’on s’eft contenté de repréfenter au devant des —=====1 têtes de ces différents animaux, ce qui eft un peu moins ridicule : quoi quil en Planche foit, je crois, malgré la coutume, qu’il eft beaucoup mieux de donner à la caifle de ces voitures une forme analogue à leur ufàge, ainfi que celle qui eft repré-fentée Fig. 2 & 3 , laquelle eft d’une forme à peu-près femblable à celle des Cabriolets ou des Chars anciens , ce qui fait beaucoup mieux que de placer des hommes dans le corps de quelque animal, ce qui eft contre la raifon & la vrai-fèmblance.
- Quant à la décoration de ces voitures, elle doit être très-riche , vu quelles ne fervent qu’aux Princes, du moins dans ce pays-ci.
- Pour ce qui eft de leur mefure, c’eft la même qu’aux Cabriolets ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas davantage. Voye£ les Fig. 2^3, dont l’inlpeélion feule peut fuffire , non-feulement pour donner des régies certaines touchant la forme & la conftruétion de ces voitures, mais encore à faire naître d’autres idées pour les décorer avec plus de richeffe & de goût.
- Section Troisième.
- Defcription dune Chaife a porteurs, dune Brouette, & de diverfes
- Chaifes de Jardins.
- Les Chaifes a porteurs font des efpeces de Litières coupées , dont la portière eft par devant, & qui font portées par deux hommes placés l’un devant l’autre Planche
- . 218,
- dernere.
- La conftruétion de ces voitures n a rien de particulier, tant pour la portière que pour le coulement des glaces, fi ce n’eft que quelquefois celles de euftode coulent horifontalement; mais cette maniéré de faire couler les glaces n’eft point bonne, parce qu’en portant la Chaife, elles font lujettes à fe mouvoir, ce qui n’arrive pas quand elles font placées à l’ordinaire, c’eft-à-dire , quelles coulent perpendiculairement.
- Comme ces Chaifes font portées par des hommes, on doit avoir foin de les rendre le plus légères poffibles ; c’eft pourquoi à celles où les glaces de euftode coulent perpendiculairement, on ne donne d’épaiflèur par le bas au pied cornier de devant & de derrière, que ce qui eft néceflàire pour contenir la glace , & par le haut de ces mêmes pieds on augmente cette épaifleur de ce qui eft néceffaire pour la languette de l’apfichet & pour la glace, ce qui fait environ 9 lignes en tout. Cette plus grande épaiffeur des pieds fe continue tout le long du côté, lequel eft cintré en S du deflùs de la traverlè d’accotoir ou de ceinture , jufqu’à 9 ou 12 pouces plus bas, ainfi qu’on peut le voir à la Fig. 1, qui repréfente une Chaife à porteurs vue de côté, Sc la Fig. 2, qui repréfente cette même Chaife vue de face.
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- Flanche z 18.
- 5S8 MENUISIER, III. Pan. Chap. IV\
- Voyez aufli la jFïg-. 4, qui repréfente la coupe d'un battant de brancard avec fbn plafond ; celle 6 , qui eft la coupe du pied cornier de devant 8c du battant de portière, prife à l'endroit de l'appui, 8c par conféquent à la moindre épaif-feur du pied cornier. Voyez pareillement les Fig. 5 & 7, dont Tune repréfente la coupe du pied cornier de devant, prife au-deflus de 1 appui, c'eft-à-dire , à là plus grande épaiffeur, & l’autre la coupe de la traverfe d'appui 8c celle du faux-panneau , le tout grand comme l’exécution.
- Ces Chaifes font portées par des bâtons ou brancards, lefquels paflent dans des chapes de fer placées fur les pieds corniers aux deux côtés de la Chaife , 8c à 18 pouces du bas au-deflbus des bâtons, lefquels ont ordinairement 2 pouces à 2 pouces 3 lignes de largeur, fur une épaiffeur moindre de 3 à 4 lignes ; leur longueur doit être de 10 pieds à 10 pieds 8c demi, & on doit toujours obferver qu’ils excédent du corps de la Chaife par derrière d'environ 9 pouces à un pied plus que par devant, afin que le fardeau devienne égal pour les deux porteurs. V?yez la Fig. 3 , qui repréfente un des bâtons de la Chaife repréfentée Fig. 1 & 2.
- Le bâton , tel qu'il eft repréfenté Fig. 3 , eft diminué par les deux bouts des deux côtés également ; cependant il eft bon pour leur conferver plus de force, de faire toute cette diminution en deflus, de maniéré que le deffous préfente une ligne droite , on doit avoir la même attention en les diminuant fur l'épailfeur ; c’eft-à-dire , qu’il faut faire cette diminution du côté de la Chaife , dont la pefanteur tend toujours à faire revenir les bâtons en dedans, comme à les courber en contre - haut, ce qui eft tout naturel & n'a pas befoin d’autre démonftration.
- Les bâtons fe font quelquefois de bois de noyer blanc , ce qui eft très-bon , ou bien de bois de frêne , lequel étant parfaitement de fil, donne à ces bâtons toute l'élafticité néceflàire pour rendre les Chaifes plus douces ; cependant les Menuifiers en Carrofles fe fervent plus volontiers de bois de hêtre pour faire ces bâtons, parce qu'il fe conferve plus long-temps que ces derniers qui, venant à fe fécher, caffent aifément ; au lieu que le hêtre confèrvant fa fève plus longtemps > eft d'un bien meilleur ufâge. U faut avoir grand foin lorfqu’on fait des bâtons de Chaifes à porteurs, de choifir du bois bien de fil, moyennement fec & d'une égale denfité, afin qu'ils ploient également dans toute leur longueur & l'un comme l'autre ; car s'il arrivoit que l'un des deux fût plus ou moins élaftique que l'autre, il fatigueroit beaucoup les porteurs, & rendroit le mouvement de la Chaife dur & inégal, ce qu'il faut éviter.
- Comme ces bâtons ne font pas adhérents au corps de la caille & qu’ils pour-roient glifler, on y place en deflus & à l'endroit des chapes de fer , des clous à têtes plattes, ou toute autre chofe de 2 à 3 lignes de faillie, qui les retiennent en place.
- La largeur des Chaifes à porteurs eft ordinairement de 22 pouces à 2 pieds
- par
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- Section III. Defcription d'une Chaife à porteurs , SGc* 589
- par devant, & environ un pouce de moins par derrière 3 pris à la plus grande largeur, c'eft-à-dire , au-defîus de l’appui.
- Leur longueur eft de 30 pouces à l’appui & de 32 pouces par le haut, fur 4 pieds 6 pouces de haut, pris à l'ouverture de la portière, qui eft ordinairement cintrée, ainfî quà la Figure 2.
- Je viens de dire que le derrière des Chaifes à porteurs étoit plus étroit que le devant d'environ un pouce , ce qui fait affez bien pour le corps de la Chaife , mais cette diminution de largeur refïerre ou élargit trop la diftance des bâtons à leur extrémité ; c'eft pourquoi on fera très-bien en polànt les chapes de fer, de dilpofer celles de derrière de maniéré quelles foient plus éloignées du corps de la Chaife que celles de devant de ce qui fera néceflaire pour rendre le parai-lélifme des deux bâtons.
- En général, les Chaifes à porteurs font très en ulàge pour le Public & pour les Particuliers, qui en ont de très-riches, tant pour ce qui regarde la décoration intérieure qu'extérieure. Ces voitures font auffî fort en ufàge à la Cour, où non-feulement les Dames, mais encore les Hommes, s'en fervent pour traverfer une cour ou même une gallerie.
- Il y a des Chaifes à porteurs dont les bâtis font remplis par des cannes à compartiments , ce qui les rend plus légères, & en même temps plus fraîches pour
- Planche 218,
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- l ete.
- Les Brouettes font de petites voitures allez femblables aux Chaifes à porteurs , pour ce qui eft de la forme 8c la conftruéHon de la caille ; mais elles different Planche de ces dernieres, en ce qu'elles font portées par des roues , ( ou pour mieux 21 dire, par un reffort attaché au corps de la voiture 8c à l’effieu des roues ) 8c traînées par un homme au moyen de deux bâtons attachés à la voiture, entre lefquels il eft placé comme un cheval de limon, ce qui, malgré l'ulage, ne fait pas beaucoup d’honneur à l’urbanité Françoife. Toute la différence qu'il y a entre le corps d’une Chaife à porteurs 8c celui d’une Brouette , c'eft qu'à ce dernier il faut placer deux montants fur le derrière dans la partie de l'appui, ou pour mieux dire , un feul montant évuidé au milieu pour paffer l'effieu des roues 8c les montants de fer qui y font attachés.
- Il faut obferver en plaçant ces montants, qu'ils le foient de maniéré que les roues ne débordent pas le corps de la voiture par devant, 8c que leurs ouvertures , ainfî. que le fiége, foient affez élevés pour que l'effieu puiffe monter fans y toucher.
- Les roues des Brouettes ne fàuroient avoir plus de 3 pieds 8 pouces de diamètre , parce que fi elles en avoient davantage , elles haufîeroient trop le fiége qui eft déjà fort élevé , puifqu'il a près de 16 pouces du deffiis, ainfî qu'on peut le voir Fig. 3 , laquelle repréfente la coupe de la Brouette , dont les élévations de face & de côté font repréfentées Fig. 1 & 2.
- Quant à la maniéré dont les Brouettes font fufpendues, elle eft fort ingé-Menuisier , 111. Pan, L 111111
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- ME NUIS 1E R, III. Pan. Chap. IV.
- , nieufe : elle confifte en un coin de reflbrt attaché en deflous du brancard, que Planche l’on prolonge d’environ un pied plus que le devant de la voiture ; le petit bout de ce reflbrt entre dans une boucle formée à une tringle de fer attachée avec feffieu, de forte que tout le poids de la voiture porte fur le reflbrt, 8c par conféquent fur les roues, par le moyen de la tringle montante , qui alors fait l’ofKce de foûpente.
- Je ne donnerai pas d’autres détails touchant la maniéré de fufpendre les Brouettes, parce que cela n’efl pas du reflbrt de cet Ouvrage, & que c’eft l’affaire du Serrurier de voitures , m’étant contenté d’avoir repréfenté dans les Fig. 4, 5 & 6y l’élévation d’un montant de Brouette avec fà garniture de fer & le montant de fer dans lequel pafle l’eflieu A ; le bout inférieur de ce même montant avec la boucle ou chape qui reçoit le bout du reflbrt B, 8c le plan des montants des côtés de la Brouette, avec les garnitures de fer, dans lefquelles eft pratiquée la coulifle par où pafle le montant de fer, dont le collet eft indiqué par des lignes ponétuées defcendantes de l’élévation Fig. 4, au plan Fig. 6.
- Les Brouettes font peu fufceptibles de décoration , étant la plupart des voitures publiques ; il fuffit qu’elles foient conftruites iolidement : cependant comme il y a quelques Particuliers qui en font ufàge, on pourra faire ces dernieres un peu plus riches que les autres, comme je l’ai obfervé aux Fig. r & 2 , où j’ai mis des glaces de cuftode & des montants de crofles > ce qu’on ne fait pas aux Brouettes publiques, lefquelles , ainfi que les Chaifes à porteurs de cette efpece , n’ont par la face ainfi que par les côtés , que des ouvertures d’environ 8 à 5 pouces de haut , ouvrantes à coulifles horifontales par les côtés feulement.
- Les Brouettes, ainfi que les Chaifes à porteurs publiques, doivent être un peu plus petites que celles dont je viens de faire la defcription, d’environ 3 ou 4 pouces fur la longueur, 2 pouces fur la largeur, & 2 ou 3 pouces fur la hauteur, afin de les rendre un peu plus légères.
- Ce que je dis ici au fujet des Brouettes & des Chaifes à porteurs publiques y doit auflfi s’appliquer aux voitures nommées Fiacres , lefquelles font toutes des Berlines d’une forme très-fimple, de 3 pouces plus étroites, de 6 pouces plus courtes, & de 2 pouces plus baffes que celles dont j’ai fait la defcription ci-defîùs.
- Les Chaifes de jardins font de petites voitures à deux, trois ou quatre roues f traînées , ou plus ordinairement pouflees par des hommes. Ces voitures font à une, deux, trois, & même quatre places, & font ordinairement découvertes , ou du moins fi elles font couvertes , ce n’efl: que par des pavillons & des rideaux d’étoffe, ce qui par conféquent n’efl: pas du reflbrt des Menuifiers.
- Ces voitures ne font guere d’ufàge que chez le Roi & chez les Princes , où elles fervent aux Dames ou aux perfonnes incommodées, qui veulent fe donner le plaifir de la promenade.
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- Section UL Des Chaifes de Jardins. ^i
- Leur décoration & leurs formes font affez arbitraires ; c’eft pourquoi je ne m’étendrai pas beaucoup à ce fujet , me contentant de donner dans cette Planche différentes élévations , afin qu’on puifte connoître la forme convenable à ces voitures, & leurs principales dimenfions.
- La Fig. i repréfente une voiture de jardin à quatre places, laquelle confifte en une table ou plateau Fig. 3, de 7 pieds de longueur, 3 pieds 8c demi à 4 pieds de largeur , fur lequel font placés deux fauteuils d’une largeur affez confidérable pour contenir deux perfonnes.
- La table de ces voitures eft élevée à environ un pied de terre , & eft portée par quatre roues ; lavoir, deux par derrière 8c deux par devant ; celles de derrière ont environ 2 r pouces de diamètre ; leur axe ou effieu porte immédiatement au-deflous de la table ; pour celles du devant, elles doivent être beaucoup plus baffes, puifquil faut quelles partent au-defîous de la table de la voiture , afin de pouvoir tourner aufti court qu’on le juge à propos.
- Ces voitures font, comme je l’ai dit plus haut, pouffées par des hommes ; c’eft pourquoi on place au derrière deux barres de fer cintrées , lelquelies s’élèvent du deftus de la table où elles font attachées , jufqu’à la hauteur d’environ 3 pieds & demi, où elles reçoivent une autre barre de fer placée horifonta-lement, contre laquelle s’appuyent les hommes qui pouffent la voiture, lefquels font ordinairement au nombre de quatre , aux voitures à quatre places.
- Au devant de ces voitures on place pareillement deux barres de fer cintrées, lefquelles en reçoivent une autre placée horifontalement, fur laquelle s’appuient les deux hommes qui conduifent la voiture par devant. Ces deux barres de fer ne font pas attachées à la table de la voiture, mais au contraire à l’eflieu des roues de devant, lequel étant lui-même attaché à une cheville ouvrière comme à toutes les autres voitures , tourne comme on le juge à propos , ce qui change à volonté la direétion de la voiture. Voye£ les Fig. 1 ér 3.
- Les Chaifes de jardins, telles que je viens de les repréfenter, font femblables à celles dont on fait ulàge chez le Roi ; cependant elles font fujettes à deux inconvénients ; le premier eft que leurs fiéges étant d’égale hauteur, les perfonnes qui font placées fur ceux de devant, ôtent la vue des objets à ceux qui font placés fur ceux de derrière.
- Le fécond eft que c es voitures font néceflàirement rudes, vu que leur caifte porte immédiatement fur les efïieux.
- Pour remédier à ces deux inconvénients , j’ai deftîné Fig. 2 , une Chaife de jardin à deux places for la longueur, où le fiége de derrière eft de 8 pouces plus élevé que celui de devant, ce qui remédie à la première difficulté. Quant à la fécondé, j’y ai pareillement remédié en faifànt porter le derrière de la voiture par des refforts à Apremont, attachés par le talon au corps de la caifte , 8c de l’autre bout à l’eflieu des roues de derrière.
- Le devant eft de même porté par un reflort à talon, dont le milieu, qui eft
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- Planche
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- 592 ME N UISIER , ///. Part. CAap. 7F.
- traverfé par la cheville ouvrière, porte contre le deffous de la voiture où il eft attaché, Se les deux extrémités fur l’efiieu , proche les petites roues, ce qui rend cette voiture très-douce. Poye^ la Fig. 4, où j’ai repréfenté les roues Se les refîorts de cette Chaife de jardins, dont le corps n’eft indiqué que par des lignes ponéluées, afin de laiffer mieux voir la conftruétion Se la place des refîorts.
- Cette voiture, telle qu’elle eft repréfentée ici 5 eft toujours menée par des hommes , ainfi que celle Fig, 1 & 3.
- Lorfque les voitures de jardins ne font qu’à une place fur la largeur , ou à deux fur la longueur feulement, on ne fait que les pouffer , & la perfonne qui eft fur le devant tient la branche de fer attachée à la roue de devant, ( car ces fortes de voitures n’en ont ordinairement qu’une) Se la fait tourner, ce qui change la direction de la voiture comme elle le juge à propos, ainfi qu’on peut le voir à la Fig, 4, qui repréfente une Chaife de jardins portée fur des foûpentes Se montée fur un brancard, comme aux autres voitures.
- Cette Chaife , telle quelle eft repréfentée ici , n’eft pas pouffée par des hommes, mais elle fe meut méchaniquement par un rouage pofé aux deux côtés des roues, qu’un Domeftique placé derrière la voiture fait tourner par le moyen de deux manivelles qui font tourner non-feulement les roues , mais encore deux volants qui augmentent l’aélion de la machine. On a fait de ces fortes de Chaifes qui alloient à reffort ; mais je n’en parlerai pas ici, non plus que de la machine qui fait mouvoir la Chaife, Fig. 4 , parce qu’elle n’eft point du relfort du Menuifier en voitures.
- Les Fig, J 6 6 repréfentent les élévations de face Se de côté des Chaifes ou Roulettes de jardins, dont on fait ufage chez le Roi, lefquelles font montées fur deux roues, & qui fe mènent par deux hommes, à peu-près comme les Chaifes à porteurs. Ces Chaifes confiftent en un petit fauteuil fupporté par quatre courroyes attachées aux deux montants qui fopportent l’impériale ou dais de la voiture , & en un marche-pied attaché de même aux deux brancards. Je ne m’étendrai pas for la décoration , la forme & les dimenfions de ces fortes de voitures, vu qu’elles font affez arbitraires, excepté les dimenfions, qui doivent toujours être les mêmes, c’eft-à-dire, relatives à la grandeur humaine. Tout ce qu’on y pourroit faire de changement, ce feroit de les fufpendre avec de petits reflorts placés fous l’impériale, ce qui les rendroit plus douces qu’elles ne font.
- En général, les voitures de jardins ne font pas, à proprement parler, du reffort du Menuifier en Carroffes, mais plutôt de celui en Meubles ou même en Bâtiments. Si donc j’en parle ici, ce n’eft que pour ne pas interrompre la fuite de la defeription des voitures de quelque efpece quelles foient (*).
- (*) Ceux qui feront les roues des voitures de jardins, feront attention d’en faire les jantes fore épaifies, ou du moins d’y appliquer des bandes foit de fer ou de bois, de 3 à 4 pouces de large, afin qu’elles n’entrent point aifément dans la terre, & qu’elles foient par confisquent plus douces à conduire.
- Voilà
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- Section IV. De la maniéré de fufpendre les Voitures. 593
- Voilà en général le détail de toutes les voitures dont on fait ufàge à prélent, du moins celles dont les formes font diftinéles les unes des autres, 8c dans ce détail j’ai tâché de ne rien omettre de ce qui a pu fervir à en faire connoître les beautés 8c les imperfeélions , afin qu’on puifie imiter les unes 8c éviter les autres. Ce détail doit auffi fervir à faire connoître le rapport qu’ont toutes ces voitures les unes avec les autres , & en même temps la marche 8c les progrès de l’induftrie humaine, 8c fur-tout le génie national, peu inventif à la vérité, puifque ces voitures fe reffeniblent prefque toutes, mais toujours porté à la magnificence, 8c prefque toujours dirigé par le bon goût, ce qui a fait jufqu’à préfent le caraélere de la Nation Françoife : caraélere qu’on ne fauroit lui refufer fans injuftice , & fans la prévention la plus marquée.
- Section Quatrième.
- EJ]ai fur la maniéré de fufpendre les Voitures , à raifon de leurs
- différentes formes.
- Il eft démontré par les principes de la Méchanique 8c de la Statique , que lorfque les corps pelants ceffent d’être fufpendus, ils font effort pour tomber félon leur direélion naturelle ; que cette direélion n’eft autre choie qu’une ligne perpendiculaire , par laquelle pafîe le centre de gravité de ces mêmes corps ; que le centre de gravité d’un corps, qui eft unique dans chaque corps , eft le point de réunion de toutes les parties qui le compofent, lefquelles en faifant effort les unes contre les autres , fe contre-balancent de maniéré quelles tournent toutes autour de ce centre, 8c fe maintiennent dans un parfait équilibre.
- Que le centre de gravité d’un corps eft auffi le centre de grandeur de ce même corps, ce qu’il eft aifé de voir dans une fphere, dont le centre de grandeur eft auffi celui de gravité, puifqu’en la polànt lùr une furface parfaitement droite & horifontale, elle demeure en place fans faire aucun mouvement , ( fuppofé toutefois qu’elle loit d’une parfaite denfité dans toutes fes parties. ) Il eft auffi démontré par les mêmes principes, que pour qu’un corps foit parfaitement en équilibre ; il faut que la puifïànce qui le foutient, pafîe par la ligne de direélion de fon centre de gravité, foit quelle parte de ce même centre, ou quelle foit placée au-deffus , ne pouvant jamais être au-defîous, parce que par la loi de la pefanteur le centre de gravité chercheroit à redefcendre en contre-bas du point de fuîpenfion , ce qui eft fort aifé à concevoir 3 & que quand deux puiffimces tendent à fbutenir un corps en équilibre , il faut que leurs lignes de direélion viennent fe rencontrer au même point fur la ligne de direélion de gravité du corps quelles foutiennent ; d’où il fuit que lorfque la bafe d’un corps eft de niveau , 8c par conféquent perpendiculaire à fà Menuisier. III. Part. M m m m m m m
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- 554 ME NUIS 1ER, 111. Part. Chap. IV.
- ligne de direélion de gravité, 8c qu’il eft foutenu par cette bafe ou toute autre ligne parallèle à l’horifon au-deflus de la bafe ; il s’enfuit, dis-je , que les directions des deux puiflànces qui le fbutiennent, doivent être toutes deux perpendiculaires , & par conféquent parallèles à la ligne de direélion de pefànteur ; ou bien fi la direélion des puiflànces qui fbutiennent ce corps eft inclinée , leur inclinaifon doit être égale 8c former un angle femblable de chaque côté de la perpendiculaire ou de la ligne de niveau , ce qui revient au même.’ Si au contraire ce corps n étoit pas foutenu par une ligne parallèle à l’horifon, la direélion des deux puiflànces qui le foutiennent, ne fàuroit être d’une égale inclinaifon, mais doit être difpofée de maniéré que leur direélion forme les côtés d’un parallélogramme , dont les angles doivent pafler par la ligne de direélion de pefànteur, ou , ce qui eft la même chofe, par la perpendi-culaire abaiflee du centre de gravité.
- Ces principes que je donne ici comme des axiomes, ( leur démonftration, foit par les loix de la pefànteur ou du mouvement, étant étrangère au fujec que je traite, ) peuvent & doivent s’appliquer à la théorie de la maniéré defufpendre les voitures , foit quelles foient portées par de longues foûpentes ou par des refîorts, ainfi que je vais le démontrer (*).
- Les Berlines, & en général toutes les voitures d’une forme régulière; font les plus aifées à fufpendre, foit qu’elles foient portées par des reflorts ou par de longues foûpentes, parce que dans l’un ou l’autre cas , il faut que leur point de fufpenfion foit également éloigné de la ligne du milieu de la voiture, & que leurs lignes de direélion forment un angle égal avec cette ligne, ( par laquelle, dans cette occafion , pafle le centre de gravité ) ; de forte que la diftance A B égale celle B C, & celle A D égale celle CE , Figi i ; ou, ce qui eft la même chofè, la ligne F G eft parallèle & égale en longueur à celle HI, 8c celle F1 eft pareillement parallèle & égale à celle G H, même Figure.
- ( * ) On trouvera peut-être étrange que je veuille exiger des Menuifiers en Carrofîes, & en général de tous les Ouvriers qui travaillent à l’Equipage, des connoiiTances auxquelles la plûpart n’ont jamais penfé, & dont ils ignorent jufqu’au nom: connoiiTances qui leur femblent être peu utiles , puifque fans elles ils ne lailTent pas de bien fufpendre les voitures. Mais fi on faifoit attention que fi on obligeoit ces mêmes Ouvriers de fufpendre une voiture à une certaine hauteur fixe fans qu’elle reculât en avant ou en arriéré, ou qu’elle penchât en aucune façon , ils feroient très-embarralfés pour la plûpart, parce que non-feulement ils font privés des connoiiTances néceffaires pour le bien faire, mais qu’encore ils font ce qui eft de leur partie , fans s’embarrafler fi le travail des autres Ouvriers eft d’accord avec le leur ; de forte que le Delfinateur compofe une voiture fans s’em-barrafler du poids de la caille, de la diftance de fes points de fufpenfion, ni de la hauteur,
- de la forme > de la force & de l’éïafticité des reflorts qui doivent la foutenir : le Serrurier fait de même les reflorts, fans feulement favoir à quelle voiture on les emploiera : le Charron faic le train, & le Menuifîer fait la caifle fans prendre plus de foin ; de forte que quand l’ouvrage de chacun d’eux eft fait, on fufpend la voiture le mieux qu’il eft poflible, & on la met en équilibre en rallongeant ou raccourciflant les courroyes qui la fupportent, ce qui la fait avancer ou reculer félon qu’il en eft befoin : de maniéré que la réuflite de tout l’ouvrage n’eft fouvent due qu’au hafardou à l’habitude; ce qui n’arriveroit pas s’ils prenoient des connoiiTances, du moins élémentaires, des Sciencesnéceflaires à leur état, lefquelles fouvent leur épargneroitbien de la peine & du temps, dont la perte , quoique très-grande pour tous les hommes en général, l’eft encore plus pour ceux qui font obligés de vivre du travail de leurs mains.
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- Section IV. De la maniéré de Jufpendre les Voitures. 595
- Lorfque les voitures feront portées par de longues foûpentes , comme celle -A LC, il faut toujours , autant qu’il fera poffible , que la voiture foit placée au milieu de la foûpente , parce qu alors l’élafticité de cette derniere fe partage également aux deux bouts de la voiture, ce qui la rend très-douce, les fecouffes étant égales dun bout comme de Fautre , à très-peu de chofe près.
- Il faut auffi , dans le cas dont je parle, que les deux points de fiifpenfion A 8c C fe trouvent de niveau, comme je Fai déjà dit, parce que fi Fun de ces deux points étoit plus haut que Fautre , 8c que la voiture fût arrêtée au milieu de la longueur de la foûpente, comme à la Fig. 1 , elle pencherait nécessairement, ce qui feroit fort défàgréable à voir.
- S’il arrivoit qu’on fût obligé par quelque raifon d’élever un des points de fufpenfion plus que Fautre, comme ceux Y, O, Fig. 3, il faudroit aulfi l’éloigner du centre de la voiture à raifon de l’élévation de ce même point, c eft-à-dire , qu’il faut toujours que la direction des deux points de fufpenfion forme un angle égal avec la ligne perpendiculaire du milieu de la voiture, & qu’il faut que la diftance M N foit égale à celle N O , & que par conféquent celle Al P foit égale à celle O Q > ou, ce qui eft la même chofe, que la diftance R T foit égale à celle T S, & celle R P égale à celle S Q.
- La différence de longueur des lignes de direction ne doit point embarrafïèr,' parce que quelle que foit cette différence, la voiture fe conferve toujours en équilibre tant que l’inclinaifon des lignes de direction ne change pas ; ainfi que le point de fufpenfion fe truuve en Uy en X on en R , qui eft égal à S, c eft toujours la même chofe : ce qui eft général pour toutes les voitures, foit quelles foient d’une forme irrégulière ou d’une forme régulière comme celle dont jë parle, à l’exception toutefois, que quand les voitures font portées par de longues foûpentes , comme celle Y Z O , la partie Y Z, qui eft la plus longue, eft plus élaftique que Fautre , & par conféquent fait pencher la voiture plus fur le derrière que fur le devant.
- Lorfque les voitures font d’une forme irrégulière, comme la Fig. 4, & que leur bafe n eft pas une ligne parallèle à l’horifon, mais une ligne oblique comme celle A B, on a la direction des lignes de fufpenfion de la maniéré fuivante :
- Les points A 8c B étant donnés, on commence par tracer la ligne R /, qui paffe par le centre de gravité de la voiture ; enfuite du point B, on mene à cette perpendiculaire la ligne B D, qu’on incline de maniéré qu’elle forme le côté d’un parallélogramme, dont les angles D 8c E paffent par la perpendiculaire , & dont Fautre côté F D pafle par le point A, ainfi que Fautre pafiè par celui B ; enfuite on prolonge les deux côtés de ce parallélogramme de F à (7, 8c de B à M, ce qui donne la direétion des lignes de fufpenfion; il faut cependant obferver que quelqu’inclinaifon qu’aient c es lignes , elles ne peuvent jamais, dans le cas dont je parle, concourir à former un quadrilatère dont les
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- ^6 MENUISIER, /i I. Pan. C/zap. /r.
- 5 quatre côtés foient égaux en longueur , parce quil éloigneroit trop le point de fufpenfion , ainfi que je l’ai indiqué dans cette Figure, par le parallélogramme G H IB, dont les côtés font prolongés de H en N, 8c de B en L.
- Lorfque les voitures d’une forme irrégulière feront portées par de longues foûpentes, comme celle O P Q, ce fera la même chofe; c’eft-à-dire, que des points d’attouchement S, T, leur direétion doit tendre à fe réunir à un feul point for la ligne perpendiculaire R /.
- D’après ce que je viens de dire, il eft fort aifé, pour peu qu’on veuille y faire attention , non-feulement de fofpendre les oAiture , de quelque forme qu’elles puifient être, mais encore s’il arrivoit que les points de folpenfion 8c leurs diftances fulfent donnés, de déterminer la forme de la cailfe, afin de corriger les défauts qui pourroient fe trouver dans la forme du train ou des refforts > foit en allongeant ou en raccourciffant les brancards de cette cailfe , ou en leur donnant plus ou moins de cintre d’un bout que de l’autre, félon qu’il pourroit être néceilàire.
- On obfervera feulement qu’en parlant de la fufpenfion des voitures, je les ai fuppofées toutes chargées , ce qui eft ellentiel pour celles dont toute la charge eft for le derrière, de qui, lorfqu’elles font vuides ? doivent bailler du devant en raifon de la charge quelles doivent porter, afin quelles reprennent leur à-plomb lorfqu’elles feront chargées. Voyez les Figures de cette Planche, dont l’infpeétion peut foffire pour ce qui a du rapport à la Mennifèrie des Carrolîes, à laquelle je me fois particuliérement attaché, comme étant mon unique objet, 8c dont je ne me fuis jamais écarté que pour mieux faire connoître le rapport & la dépendance du travail des différents Ouvriers employés non-feulement à la conftruélion des voitures, mais encore de toute autre efpece de Menuiforie, qui ne fàuroit être parfaitement finie fans le fecours de différents Arts dont il eft abfolument néceflàire que les Menuifiers prennent des connoiffànces, du moins élémentaires, comme je l’ai recommandé en divers endroits de cet Ouvrage , (*) dont le but principal eft l’avancement & l’inftruéHon des jeunes gens, qui, n’étant pas encore gâtés par de faux principes, enfants de l’habitude 8c de l’ignorance, font les feuls qui puiffent en tirer quelque profit.
- ( * ) J’aurai la même attention dans la deferip-tion de la Menuiferie en Meubles & de l’Ebénif-terie, qui me relient à traiter pour finir cette troifieme Partie de mon Ouvrage, & dans la def-cription de l’Art du Treillageür ,ou Menuiferie
- des Jardins, que je joindrai à cette derniere comme quatrième Partie , afin de ne rien laiiïer à délirer de ce qui concerne la Menuiferie * de quelqu’efpece qu’elle puilïe être.
- Fin de la Menuiferie des Voitures.
- TABLE
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET TITRES
- DELA
- MENUISERIE EN CARROSSES.
- TROISIEME PARTIE DE L’ART DU MENUISIER.
- Chapitre premier. De ia Menm*
- ferie en Carrojfes en général. Page 4 y y
- Section Premiere. Des Voitures en générai, ibid. Section II. Des différentes efpeces de Voitures mo-dernes. qy $
- Section III. Defcription d’un ancien Coche connu maintenant fous le nom de Corbillard. 462
- §. I. Defcription des anciens Carroffes. 463 §. II. Defcription d’une Berline, & de toutes lco> pdiLles qui la compofent. 465*
- CHAPITRE II. Des BoisJervants à lu canff truftion des Vdtures en général, 4 <58
- Section I. Du choix des Bois fermants à la conjiruc-tion des Voitures. ibid.
- §. I. De la maniéré de débiter les Bois des Voitures. 470
- Section II. Des Outils des Menuifiers en Carroffes.
- 472
- Section III. Du corroyage des Bois des Voitures.
- ' 478
- Section IV. Des Panneaux des Voitures en général.
- 484
- §.I. De la maniéré de tracer les Panneaux à raifon de leurs différents cintres. 483* §. II. De la maniéré de faire revenir les Panneaux par le moyen du feu. 45) 1
- CHAPITRE III. De la forme & de la difpo-fition des Voitures modernes en général. 496 Section I. Maniéré de déterminer la hauteur la largeur des Glaces, comparaifon faite avec celles de la Voiture. 497
- §. I. DesCouliffes&desCouliffeaux propres à recevoir les Glaces; leurs formes, proportions 8c conflruftion. 45)9
- §. II. Des Chafîis de glaces, des faux-Pan-neaux ôc des Jaloufies de toutes efpeces , leurs formes & conffrudion. 503
- Section II. Defcription des profils d’une Berline , &* la grojfeur des bois dont elle ejï compofée. yop
- Section III. De la maniéré de déterminer la forme des Voitures, & d’en faire les calibres. J17
- §. I. Des Pavillons ou Impériales; de leur formes 8c conflraélion. y 27
- §. II. Des Brancards ; de leurs formes 8c conftrudion. 539
- III. De la conftruétion des différentes parties extérieures du corps d’une Berline. y44
- Section IV. Defcription d’une Diligence & de toutes les parties qui la compofent. y48
- 1. Dec Panneaux de doublure, & des Sièges de toutes cfpv.^w , uc leurs formes 8c conflruéfion. yy^
- §. II. Des Voitures à Panneaux arrafe's , 8c les différentes maniérés d’en faire les ouvertures. yyp
- §. III. Des Voitures nommées Dormeufes, 8c les différentes maniérés d’en faire les ouvertures.
- CHAPITRE IV. Defcription de toutes les Voitures d’ufage à préjent. y
- Section I. Defcription d’un Coche , d’une Gondole & d’une Berline à quatre portières yyo
- §. I. Defcription d’un grand Carroffe, d’une Berline 8c d’une Diligence montés fur leurs trains, 8c de toutes les Voitures qui ont du rapport avec ces dernieres 774 §. II. Defcription d’une Caleche, d’un Phaéton, d un Diable , d’une Diligence coupée, 8c d’un Wourft. yyp
- Section II. Defcription d’une Chaife montée, d’une Chaife depofte , d’un Cabriolet, de deux efpeces de Litières, d’un Traîneau. y 8 t
- Section III. Defcription d’une Chafe à porteurs, d’une Brouette , & de diverfts Chaifes de Jardins.
- I87
- Section IV. Ejfai fur la maniéré de fufpendre les Voitures, à raifon de leurs différentes formes yp3
- Fin de la Table de la Menuiferie en Carrojfes.
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- EXTRAIT DES REGIS TRES
- DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.
- Du II Mai I/yï.
- M o n s 1 eu r Duhamel qui avoit été nommé pour examiner la Première Section de la Troifîeme Partie de l’Art du Menuifeer, par M.Roubo, en ayant fait fon rapport, l’Académie a jugé que les objets defquels il eft queftion dans cette Section , y étoient préfentés clairement, avec ordre, & dans un très-grand détail , & qu’en conféquence elle méritoit d’être publiée ; en foi de quoi j’ai ligné le préfent Certificat. A Paris, le 20 Mai 1771.
- GRANDJEAN DE FOU CH Y,
- Secrétaire perpétuel de lé Académie Royale des Sciences«
- Faute à corriger dans la Seconde Partie.
- A l’Art du Trait , page 360, ligne 1 : mais cependant il faut faire attention que quand ces angles ne font pas droits , & que par conséquent la diagonale du plan n’eft pas d’une ouverture de 45 degrés, il arrive, &c ; lifcz :
- mais cependant il faut faire attention que quand les cintres des deux faces ne font pas d’égale largeur, & que par confé-quenc la diagonale du plan ( repréfor.rc.«*l’orêtier 3 ne coupe pae 1 * a n jj-1 > 1 h c» il arrive, &c.
- Errata de la Première Section de cette Troijieme Partie;
- PAGE 464, ligne i7 , fri fur e , lifez , frilè. Page 465, ligne 14 , balleau , lifez, bateau. Page 491 , ligne 8 , de coin , lifez , de loin. Page Jî7 ,ligne 6 , porte t lifez, portière.
- Page 531, ligne 4, cintre, lifez, ceinture;
- Page 539 > ligne 41, de renflement, lifez, des bouts,’ • Page j7 z., ligne 1$ , de vafe^ lifez} d’un vafc,
- DE L’IMPRIMERIE D E L. F. DEL A T O ÜR. i77«1
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