Descriptions des arts et métiers
-
-
- p.n.n. - vue 1/376
-
-
-
- m ’ - -
- Sf îsl
- r? . : r • v ' *
- îi^- '
- m
- kf'
- LA R T
- DU TREILLAGEUR,
- OU
- MENUISERIE DES JARDINS
- • *
- . 1 .'*
- $::;ï
- Par M. Ko u bo fils , Maître Menuifier.
- QUATRIEME ET DERNIERE PARTIE
- r A- .
- DE L’ART DU MENUISIER•
- M. D C C. L X X V.
- »,
- I
- **}
- m
- * t?" H’
- *
- fc
- Page de titre n.n. - vue 2/376
-
-
-
- ,o
- .-ré
- \
- {
- A
- 3>
- A
- y-
- i
- .,VV.
- X
- fc>
- I
- C‘
- \
- f — ’
- l____ _____. y.
- -A /Av.
- - '
- j
- (
- c
- *•
- \
- / T
- a
- 3
- )
- •/ ,
- (
- #»
- p.n.n. - vue 3/376
-
-
-
- 7
- :*
- ADDITION ET CORRECTION
- J L y a une faute très-ejfentielle à corriger dans la Seconde Partie de T Art du Menuifier, page 301, ligne 32 , commençant par ces mots : Quant à Tellipfe , elle peut fe décrire , &c. à la place de quoi il faut lire ce qui fuit ci-defjous en Jîipprimant le refle de la page 9 & les 16 premières lignes de la page fuyante , ainfi que le haut de la figure 7, Pl. 107, qui repréfente tellipfe tracée fur Le développement du cône droit, & en fupprimant aufjî les deux premières figures de la Planche ic8 , lefquelles reprèfentent un cône oblique avec fon développement y ce qui ma obligé de faire une autre Planche cotée 107 bis, tant pour réparer les fautes qui font dans les figures 7 , PL 107 , & 1 , 2 , PL 108 , que pour donner plus d'étendue à cette partie du développement de la fur face des cônes , quil e(l très-efjendel de bien entendre pour parvenir a tracer toutes fortes de courbes coniques & autres qui peuvent y avoir rapport.
- * ' -h
- Quant à Tellipfe , on peut la décrire fur le développement du cône, de la même maniéré que la parabole & l'hyperbole ; mais je ne lai pas fait, vu que les figures 6 & 7 font très-compliquées , eu égard à leur petitefle, & qu'il eft des occafions où il vaut mieux fe fervir des côtés du cône pour en tracer les
- coupes fur le développement de û furface, ce qui fe fait de la maniéré
- »
- fuivante.
- On trace fur l'élévation du cône, fig. I, les différentes coupes qu*on veut y faire , comme le petit cercle a b, féllipfe cb, la parabole a d, & l'hyperbole b e\ puis de chaque divifion du plan , fig. 3 , reportée perpendiculairement à la bafe g h du cône, on mene autant de lignes au fommet f de ce dernier, lefquelles repicfcutent en élévation les divifions du pian , comme je l'ai dit ci-deffus.
- Cette opération étant faite, de chaque point où ces lignes rencontrent les différentes cuupcs du cône, on trace autant de lignes horizontales prolongées jufqu à fes côtés, afin d'avoir fur ces derniers des diftances qu'on porte fur les lignes de divifion de la furface du cône développée, fig. 2, qui ïont correspondantes à celles de l'élévation ; de maniéré que pour tracer la courbe de l'ellipfe fiir la furface développée , fig. 2 , où la ligne q r étant confidérée la même que celle fd>fig. ï , on fait la diftance q 1, fig. 2 , égale à celle fi, fig. 1, ( ou à celle fe , ce qui eft la même chofe ) -, celle q a , égale à celle fl ; celle q 3 , égale à celle f m ; celle q 4 , égale à celle fn ; celle q y , égale à celle/’ 0 ; celle q 6 , égale à celle fp ; enfin celle q J 9 égale à celle^^ ou fa 1 puis parles points 4,3,2,!, 2, 3,4, 5,6, 7, 6,5 & 4, on faitpa/Ter une ligne courbe qui repréfente Tellipfe fur la furface du cône développée.
- On fait la même opération pour tracer les courbes de la parabole Sc de Thy-MeNUISIER , IL Part. *
- r
- tSe
- -
- /£•"
- p.r1 - vue 4/376
-
-
-
- Addition & Correction.
- 9 c’eft-à-dire, quon prend toujours la diftance des points de rencontre 107^bi$. de ces coupes , avec les lignes de divilîon tendantes au fommet du cône, non pas fur ces lîgn es, mais fur les côtés du cône, 8c cela par des points donnés par des lignes horizontales provenantes des premiers points de rencontre, comme je l’ai déjà dit, & qu’on peut le voir dans la figure ï ; cela eft d’autant plus vrai, que de toutes les lignes tracées,fur le cône, 8c tendantes à fon fommet, il n y a que cell^sgfScfh, c’eft-à-dire, ces côtés qui foient dans leur véritable longueur, la longueur des autres n’étant que celle de la perpendiculaire d’un triangle , qui auroit pour bafe un des fegments du pian ,/zg. 3.
- Pour fe convaincre de cette vérité, fuppofé que le plan du cône foit coupé par des lignes parallèles, ainfi que celles ab9 c d 8c ef 8c que ces coupes en élévation foient prolongées jufqu’au fomm et y* du côn e,/z£. 1, chacune de ces coupes repréfenteroit un triangle dont la hauteur perpendiculaire feroit égale à la longueur de chaque ligne de l’élévation , correfpondante aux coupes du plan ; de maniéré qu’en traçant un triangle fur la ligne a b , fig. 3 ? dont la hauteur perpendiculaire g h , fuit égal« a p^lla AJLA<* r^Uvation 9 fg. I , les côtés a h à* b h de ce triangle , deviennent égaux à ceux gf8cfh de l’élévation; par la même raifon, en faifànt la perpendiculaire il du fécond triangle , pris fur la ligne c d, jig. 3 , égale à celle ef, Jîg. I, les côtés cl 8c dl de ce fécond triangle deviennent égaux à ceux du premier, & par conféquent aux côtés du cône. Il en eft de même du troifieme triangle pris fur la ligne e f9 dont la perpendiculaire m n, eft égale à celle sf,fig, 1, 8c dont les côtés e n 8cfn font égaux à ceux des deux premiers triangles, ce qui eft d’autant plus naturel, que tous les côtés de ces différents triangles, repréfentés en plan par des lignes ponctuées, étant tous également éloignés du centre du plan, & fe réunifiant tous au même point, foit en plan ou en élévation, ne peuvent pas différer de longueur entr’eux : il fuit de-là qu’on peut confidérer chaque point de rencontre des coupes du cône, avec les lignes tendantes à fon fommet ; comme autant de coupes parallèles à fa bafè, ou, pour mieux dire , autant de lignes droites tracées fur chaque triangle, 8c perpendiculairement à leur axe lefquelles donnent fur les côtés de ces mêmes triangles, des diftances qu’on porte furies lignes du développement, Jig. 2, qui les repréfentent, ce qui revient à ce que j’ai dit ci-delïùs, en expliquant la maniéré de trouver les véritables longueurs de chaque point de rencontre de l’élévation 9fg. 1, à laquelle cette démonftration fèrt de preuve, comme on peut le voir à la figure 3 , ou la diftance n o , eft égale à celle f r, Jig. 1, & celle n 1, égale à celle f l ; la diftance Ip, eft égale à celle f 2, 8c celle 12 , égale à celle fm ; la diftance h q , eft égale à celle f 3 , 8c celle h 3 , égale à celle fn; la di£ tance / r, eft égale à celle/ 4, & celle 14 , égale à celle/"0 ; enfin la diftance n h , eft égale à celle/"5 , 8c celle n 5 , égale à celle//.
- Les coupes du cône oblique, fig. 4, fe tracent fur fa furface développée par
- lJ
- perbole
- p.r2 - vue 5/376
-
-
-
- A D D 1 T 10 N Ô C O RR E CT 1 O N. ïij
- la même méthode que ci-delfus , quoique l'exécution en foit un peu plus compliquée. On commence d'abord par tracer le plan du cône avec fes divifions, qu'on trace fur l’élévation à l'ordinaire ; puis du fommet B du cône, on abaiffe une perpendiculaire à la bafe A C 9 prolongée jufqu en D ; 8c de ce point , comme centre , & de chaque diyifion du plan , on décrit les arcs de cercle a b , c d 9ef9 g h Scil; puis des points b9d9f9hScl9on me ne autant de lignes au fommet du cône , dont la longueur eft la véritable longueur des côtés du cône qui leur font correfpondants, lefquelles ne font que les axes des triangles conftruits fur les divifions du plan , comme on peut le voir dans cette figure , où la ligne m E 9 eft égale à celle m B 9 8c celle a E 9 eft égale à celle b B ; celle n F9 égale à celle nB9 St celle c F 9 égale à celle d B ; celle o G 9 égale à celle o B, 8c celle e G 9 égale à celle f B ; celle p H9 égale à celle p B, & celle g H9 égale à celle h B : enfin celle q 19 égale à celle q B 9 8z celle i I, égale à celle IB: ce qui, je crois, n'a pas befbin de plus grande démonftratîon 9 du moins pour le cas dont il s'agit ici.
- Quand les vraies longueurs des côtés du cône font ainfi tracées 9 de chaque point où les coupes de ce dernier rencontrent les premières lignes provenantes des divifions du plan, on mene autant de lignes horizontales aux premières 9 c eft-à-dire, à celles qui font les vraies longueurs, fur lefquelles on prend des diftances jufqu'au fommet du cône, qu’on porte enfuite fur la fiirface développée repréfentéefig. y , pour y tracer les différentes coupes du cône, ce qui n a pas befbin d'une plus grande explication, d'après ce que j’ai dit en parlant du cône droit, qui ne différé de celui-ci, du moins quant à la démonftracion que j'en ai faite , qu'en ce que tous les côtés des triangles font égaux entr’eux , au lieu que ceux du cône oblique font tous inégaux , ce qui oblige à y tracer toutes les vraies longueurs des côtés du cône à côté des longueurs apparentes, pour pouvoir y prendre des diftances qui fe prennent fur les côtés du cône droit, qui font tous égaux au pourtour de fa circonférence ; au lieu que dans le cône oblique, iln y a que ceux cp*i /ont «.ippoiXa twn à tawtr© , parallèlement à fa bafe, qui foient égaux entr’eux, comme on peut le voir dans les triangles de la figure 4 , la moitié devant être prife pour le tout.
- Quand les cônes, tant droits qu’obliques, font coupés dans leurs plans par des tranches parallèles entr’elles, les axes des triangles qui repréfentent ces coupes ne font pas égaux entr’eux , du moins dans la moitié du cône droit, & dans la totalité du cône oblique , quand les coupes font prifes perpendiculairement à fon obliquité, comme dans la figure 4 ; mais quand les coupes du plan du cône droit ou du cône oblique paffent par fon centre, les axes de chacun de ces triangles font égaux, ce qui eft très-aifé à comprendre pour le cône droit, vu que tous ces triangles étant parfaitement femblables, ont non - feulement la hauteur perpendiculaire , mais encore les côtés égaux , en quoi ils different ide ceux du cône oblique, qui ont tous des axes d'une longueur égale, avec
- Planche 107, bis.
- p.r3 - vue 6/376
-
-
-
- IV
- Addition ou Correction.
- flKS3EMnBBHH^Bar>U9f^
- Planche Ï07. bis,
- des côtés inégaux , comme je vais le démontrer.
- Soit le cercle a c de b h g f9 le plan d’un cône oblique a i b9 dîvifé fur là circonférence en huit parties égales , ce qui donne quatre coupes fur le plan, dont on veut avoir la forme & l’inclinaifon : on commence parabailîerdu fommeti du cône une ligne perpendiculaire à fà baie a b9 prolongée jufqu’en l9 duquel point on éleve une autre ligne perpendiculaire à une des coupes du plan, comme , par exemple, cellzfe 9 laquelle perpendiculaire on prolonge indéfiniment ; enfuite on prend la longueur m L de l’axe du cône, qu’on porte de m en n, où elle coupe la perpendiculaire ; & de ce point n, à ceux fSce9 011 mene deux lignes, qui font les deux côtés du triangle que forme la coupe du cône , prifè fur la ligne^V. Si on vouloit prendre cette coupe fur la ligne ch9 on fuivroit toujours la même méthode, (comme on peut le voir dans cette figure, ) & on auroit un triangle coh parfaitement femb labié à celui fne9 & cela parce que la ligne ch tfl autant inclinée à la bafe a b que celle f e. Quant à la coupe prife fur la ligne dg9 qui eft perpendiculaire à la bafe du cône, elle eft très-facile à trouver, puÜquil ne s’agit que de prolonger cette baie indéfiniment, 8c de faire la diltanoo y m 9 égale a celle m i9 3c du point p mener deux lignes aux points d 3c g9 dont la longueur doit être égale à celle de la ligne q i , comme la longueur du grand côté des deux autres triangles eft égale à celle de la ligne ri9 8c celle du petit côté de ces mêmes triangles , eft égale à celle s L ,
- S’il arrivoit qu’on voulût avoir la coupe d’un cône oblique fur une ligne parallèle à fa bafe, comme, par exemple, celle fh , on feroit, d’une ouverture de compas égale à la ligne s i 9 une feélion de h à t ; puis d’une autre ouverture de compas égale à la ligne r i, une autre feélion qui coupe la première ; puis par les joints f3c h9 on méneroit deux lignes au point r, ce qui donneroit un triangle f h 19 dont l’axe ne feroit plus égal à ceux des autres triangles, mais qui égaleroit la longueur de la ligne p u.
- Ce que je viens rie dire fnurhanf lec différentes coupes des cônes , & le développement de leurs furfaces , eft fuffifant pour donner à re„x qui s’applj ront à l’étude du Trait, toute la théorie dont ils ont befoin, ( du mob-qui eft abfolument néceffaire); & j’ai cru ne pouyoirme difpenfer de faire cette 6 tite augmentation à mon Ouvrage, tant pour réparer une faute qui m’a échappé' & dont je ne me fuis apperçu qu après l'impreffion, que pour donner un peu plus d’étendue à cette partie des ferions coniques, que j’ayois traitée un peu trop brièvement, rien n’étant fi elTentiel, pour faire des progrès dans l’étude du Trait, que d acquérir de bons principes de théorie pour les appliquer aux différents cas, félon qu’ils y deviennent néceJaires.
- N. B. Pal dit qu’il falloit fupprimer les 16 premières lignes de la page 302 ; cependant il y a une phrafe qu’on peut conferver , laquelle commence à la uxieme ligne, & finit à la onzième. Cette phrafe a pour objet le développement de la furfaee de la bafe du cône repréfentée/g, 7, PL 107,
- p.r4 - vue 7/376
-
-
-
- O U
- MENUISERIE DES JARDINS.
- /
- ' Par M R o u è o fils , Maître Me nui fier*
- QUATRIEME PARTIE DE PART DU MENUISIER»
- T /A R t dont je vais faire la defbriptîon * eft un des plus modernes , & dont Vinvention eft due aux François , ainfi que là perfection du Jardinage , dont il failbit anciennement partie. Le Treillage fut, ainfi que les autres Arts , fimple dans fon origine, & borné aux chofes de néceffité , comme de foutenir les treilles ou feps de vigne : d’où eft venu le nom de Treillage. On s’en fervit auffi pour foutenir les arbrilfeaux d’efpaliers , puis à féparer les routes des taillis & les diverfes parties des Jardins-potagers, qui étaient les fèuls que l’on connût anciennement en France. Ces fortes de Treillages étoient faits par les Jardiniers , ( comme ils les font encore quelquefois ) , & le plus fouvent fans ordre ni régularité ; mais lorfque fous le régné de Louis XIV, l’Art du Jardinage devint un art important quant à la décoration, 8c qu’il fut porté tout de fuite à un très-grand degré de perfeétion par le Nôtre & Jules Hardouin Manjart, l’Art du Treillage commença à faire une partie diftinéte 8c féparée de celle du Jardinage, pour ce qui étoit de l’exécution , qui fut abandonnée par les Jardiniers à des' Ouvriers qui en firent leur unique occupation, & qui prirent le nom de Treillageurs, lefquels travaillèrent librement fous la TrEILLAGEUR. I 12
- p.1037 - vue 8/376
-
-
-
- ïo38 VA RT DU TREILLAGEUR.
- conduite des Architectes, ou d’après leurs propres deffins, jufqu’en ij6g , quils furent réunis au Corps des Menuifiers (*).
- Depuis fon origine , c’eft-à-dire, depuis le régné de Louis XIV, l’Art du Xreillageur n’a ceiTé défaire des progrès ; de forte que maintenant les ouvrages de cet Art entrent pour beaucoup dans la décoration des Jardins de propreté, où on fait non-feulement des Treillages de paliflade , tant de hauteur que d’appui , & des Berceaux, mais encore des Cabinets, des Salions , des Portiques, des Galleries, des Colonnades , dans lefquels on rencontre à la fois l’élégance Sc la légéreté jointes à la févérité des réglés de l’Architeéture , n’y ayant aucun ouvrage de cet Art qu’on n’imite, ou qu’on ne puifle imiter en Treillage, lequel fe lie beaucoup mieux avec les berceaux Sc les portiques naturels , que ne pourroient faire des bâtiments conftruits avec des matières folides , telles que la pierre & même le plâtre , qui , quelque légers qu’ils foient en apparence , oppofent encore trop de mafife dans un Jardin, dont il faut que l’air foit libre; ce qui doit faire préférer les ouvrages de Treillage , dont les vuides annoncent une légéreté réelle Sc apparente , Sc aux ornements artificiels defquels on peut», dans la belle feîfon, en joindre de naturels , comme les guirlandes de jafmins , de rofes, de chevre-feuille & d’autres plantes courantes & légères, qui, difpofées avec un heureux défordre, feroient douter defe J quels nous devrions être plus agréablement affeélés, de la Nature ou de l’Art, toujours fournis Sc uni à cette derniere.
- Qu’on y fafle bien attention, toute la feience des Treillageurs, quant à ce qui a rapport à la difpofition & à la théorie, n’efl pas renfermée dans leurs atteliers ; ce n’eft pas un Art de routine ; il faut de l’expérience, du goût, & iis doivent acquérir beaucoup de connoifiances pour fe rendre habiles dans leur Art: car, fans parler de$ éléments de Géométrie, dont la connoiffànce leur eft abfolument néceflaire, ainfi qu’aux autres Menuifiers, il faut qu’ils entendent bien l’Ar-chiteéture , du moins quant à la décoration ; qu’ils fâchent defîïner l’ornement, Sc fur-tout les fleurs , afin d’être en état de les bien découper , Sc d’en com-pofer des guirlandes Sc des bouquets. Il faut aufli qu’ils ayent quelques notions de l’Arc du Trait, pour la conftruétion des Berceaux, des Dômes & autres ouvrages de cette nature. A ces connoifiances élémentaires , ils doivent non-feulement joindre celles de la pratique ; pour ce qui a rapport au Treillage proprement dit, mais encore il faut qu’ils entendent bien la Menuiferie pour ce
- (*) C’eft au temps de ces deux grands Archi-te&es, qu’on peut fixer la naifîance de l'Art du Treillage proprement dit. Les berceaux des Jardins de Clagny ( détruits depuis peu de temps ), & ceux des Jardins de Verfàilles Sc de Marly , qui font les plus anciens Ouvrages de cet Art que l’on connoifle» furent faits fous leur conduite ; & il y a tout à croire qu’ils furent les créateurs de l’Art du Treillage, comme ils l’avoienc été de l’Art du Jardinage , confidéré du côté de la décoration ; car, quoiqu’il foit fait mention
- d’un très-grand Treillis qui faifoit un des principaux ornements des Jardins des Rois CharlesVI Sc fes Succefleurs , lorfqu'ils demeuroient à l’Hôtel de Saint Poî, Sc dont la rue Beau-Treillis a tiré fon nom ; ce Treillis n’étoit furemenc fufceptible d’aucune régularité , non plus que les Jardins dont il fai foit partie , lefquels n’é-toient que des vergers fpacieux , où l’utile écoit préféré à l’agréable, ce qui faifoit des Jardins moins brillants, mais beaucoup plus utiles que ceux d'à-préfent,
- p.1038 - vue 9/376
-
-
-
- UART DU TREILLAGEUR. £039
- qui concerne le corroyage Sc l’aflemblage des bois, tant droits que courbes & l*art de profiler Sc de pouffer les moulures ; ce qui les oblige de travailler quelque-temps à la Menuiferie de bâtiment, afin d acquérir plus promptement les connoiflànces pratiques de cet Art, dont ils ontabfolument befoin , & des outils defquels ils ne fauroient fe pafler, du moins pour le plus grand nombre, comme les outils d affûtage, les rabots de toute efpece, les bouvets, feuille rets, Sc outils de moulures, comme rabots ronds'& mouchettes, &c. Ils fe fervent aufli de fermoirs , cifeaux , becs-d'âne , gouges , râpes , fcies , tant à refendre qu'autres, des fèrgents , vilebrequins , vrilles, niveaux Sc autres outils propres à pofer l'ouvrage ; ce qui fait que l'Art du Treillageur eft intimement lié avec celui du Menuifier, ou que, pour mieux dire, cet Art n'eft qu’une nouvelle branche de la Menuiferie, qui a pour objet les ouvrages qui entrent pour quelque chofe dans la décoration des Jardins, laquelle branche eft devenue aflez étendue pour être traitée à part, non pas comme un Art particulier , mais comme faifimt fuite d'un autre qui en eft la bafe Sc le principe.
- Ce font ccs considérations qui m'ont engagé à donner la defoription de l’Art du Treillageur fous le nom de Menuiferie des Jardins, Sc par conféquent comme fuite de l'Art du Menuifier, tant pour rendre complette la defoription de l'Art du Menuifier, que pour abréger celle de l'Art du Treillageur, que je n'aurois pu traiter à part fans être obligé de répéter une partie des chofes dont j'ai parlé dans la première ‘Partie de l'Art du Menuifier, ce qui n'auroit fait qu’augmenter l'Art du Treillageur , fans pour cela le rendre d’une plus grande utilité,
- C'eft pourquoi après avoir traité fommaîrement des connoiflànces théoriques néceflàires aux Treillageurs, comme les notions les plus indifpenfàbles des principes d'Architeélure, de l'Art du Trait , Sc des divers Compartiments, je me bornerai à décrire le travail du Treillageur , en commençant par les chofes les plus fimples, Sc allant de fuite jufqu'aux plus compofées , dont je ne donnerai des exemples qu'autant qu'ils feront applicables à la pratique , les préceptes étant plus néceflàires ici que les exemples , qui varient foivant les différents befoins , les ouvrages de Treillages n’étant pas des ouvrages de modes, ou aflujétis à une certaine forme Sc grandeur, comme les Voitures & les Meubles, dont il a fallu donner abfolument des exemples de toutes les efpeces, ce que je n'ai pas fait à la Menuiferie de bâtiment Sc à l'Ebénifterie, dont je n'ai donné que des réglés générales applicables à des cas particuliers , ces fortes d'ouyrages étant dans le même cas que le Treillage. Au refte, je foi-vrai toujours ma méthode ordinaire, c’eft-à-dire, que j'infifterai toujours for _ la néceffité où font les Ouvriers en général, d’acquérir non-feulement les connoiflànces néceflàires & relatives à leur état, mais encore celles qui y font accefloires , Sc à les perfoader , s'il eft poflïble, qu'ils n*en ont jamais aflèz acquis, Sc qu en tout genre la demi-fcience eft plus à craindre que l'igno-
- p.1039 - vue 10/376
-
-
-
- *o4o L'ART DU TREILLAGEUR. Chap.L rance parfaite, puilqu'on ne fàuroit fe flatter de connoître ce qu'on ignore abfolument, & par conféquent en tirer vanité. Puifle mon travail & les réflexions , qui en font le fruit, être utiles à mes Confrères / Je ne dis pas à tous, mais à quelques-uns ; je ferai trop payé fi je puis avoir infpiré à un petit nombre, le défir d'atteindre à la perfection dont j'ai eflàyé de leur tracer le chemin, & fi j’en ai afîez occupé d'autres pour les diftraire des occupations capables de nuire à leurs mœurs ou à leurs intérêts ; l'efpece d'étude que je recommande ici ne pouvant qu'être utile à la confervation & même à la per* fection des mœurs des hommes qui , par état, font obligés de travailler la plus grande partie du temps pour fe procurer les moyens de vivre.
- <!
- CHAPITRE PREMIER.
- Notions Elémentaires des principes d*Architecture SG de T Art du Trait, dont la connoijfance e/l absolument néceJJ'airc
- aux Treillageurs.
- C o mme l'Art dont je Fais ici la defcription a plus pouf objet la déco* ration que la conftruction, & que les Ordres d'Architecture & les différentes parties qui y font relatives , entrent pour beaucoup dans la décoration des Treillages, qui, pour la plupart, imitent les ouvrages de cet Art, j'ai cru ne pouvoir pas me dilpenfer de donner ici quelques notions élémentaires, non-feulement des trois Ordres Grecs , mais encore des différentes parties d'Architecture , qui, avec ces mêmes Ordres, entrent dans la compofition des façades , comme les foubaffements , les attiques, les frontons , les amortiflements, les baluftrades 9 les croifées, les portes , & les niches , les figures , trophées * vafes, caflolettes, Sec. dont je donnerai les proportions relativement à la grandeur de chacune de ces différentes parties, & à celles des Ordres d'Archi-lecture quelles accompagnent ou quelles font foppofées accompagner, y ayant des occafions ou les Ordres font fupprimés dans la décoration des façades, comme je le dirai en fon lieu. Ces notions d'Architecture font d'autant plus néceffaires ici, que les Treillageurs ne peuvent abfolument pas s'en pafler , & qu'ils ne les trouveront pas ainfi raffemblées dans aucun des livres d’Architecture connus fous le nom de Vignole, qui ne traitent même qu'affez imparfaitement des Ordres proprement dits ; de plus , les principes d'Architecture que je raflemble ici, ne fe trouvent qu’épars ou vaguement décrits dans divers Ouvrages d'Architecture inconnus aux Ouvriers, ou trop chers pour qu'ils puiflent en faire l'acquifition : c'eft, à ce que je crois , un double fervice que je leur rendrai en leur épargnant une dépenfe très-confidérable, & le
- temps
- j
- p.1040 - vue 11/376
-
-
-
- Se CT. L Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions , &c. 1041
- temps que leur coûteroit une longue & férieufe étude des principes d’Ar-chiteélure relativement à la décoration , vu que le plus grand nombre des Ouvriers n eft pas à la portée de faire ces deux fortes de dépenfes, qui font, autant l’une que l’autre, au-deflus de leurs pouvoirs; les jeunes gens for-tout , quoiqu’avec toute la bonne volonté poffible, n’ayant pas, ainfi que moi, le bonheur de trouver des Maîtres qui veuillent fo charger gratuitement du foin de les inftruire.
- Ce font les mêmes raifons qui m’ont engagé à donner auffi quelques notion de l’Art du Trait, néceflàires aux Treillageurs , lefquels n’ont pas befoin d’un Traité complet de cet Art, mais feulement des parties de ce dernier qui entrent dans la compofition , ou, pour mieux dire , dans la conftruétion de leurs ouvrages ; c’eft pourquoi je ne ferai que donner la maniéré de tracer les diflfe-* rentes courbes , foit d’arêtes ou autres, & de tracer les développements des forfaces, le tout confidéré comme axiome & fans aucune efpece de démonf tration, afin de ne point répéter ce que j’ai déjà dit dans le courant de mon Art du Menuifier, for-tout à la partie qui a pour objet l’Art du Trait, à laquelle on pourra d’ailleurs avoir recours , foppofe qu'on voulût faire une étude plus particulière de cette Science ; ce qui, quoique très-louable, neft cependant pas abfolument néceflàire aux Treillageurs, du moins à ceux qui ne veulent acquérir que les connoifïànces relatives & utiles à leur état.
- Section Première.
- Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions & divijions générales.
- Les trois Ordres d’Architecture Grecque dont je vais faire la defoription , font le Dorique , fig. 7 , l’ionique, fig. 8 , & le Corinthien 9fig. p , qui tous trois différent l’un de l’autre , non-feulement par le rapport du diamètre du fût de leurs colonnes avec la hauteur de ce même fût (ce qui eft le vraï caraélere diftinétif d'un Ordre ) , mais encore par la forme de leurs chapiteaux, le nombre & la richeffe des membres de moulures qui accompagnent ces Ordres, ou les parties qui leur font acceffoires (*).
- Je n’ entrerai ici dans aucun détail touchant la partie hiftorique des Ordres d’Architeélure, ni for les rapports que chacun d’eux a avec la forme humaine, prife en différents fexes & en différents âges, ces rapports étant
- ( * ) Si je ne parle ici que des trois Ordres Grecs, c’eft que deux raifons m’y obligent; la première & la plus effentieîle eft f que comme les ouvrages de Treillage font toujours d’une certaine richeffe, & que leur conftru&ion annonce beaucoup de légéreté , il ne] feroit pas raifonnable d’y employer un Ordre d’une ex-preflion ruftique, tel que l’Ordre Tofcan; l’Ordre Dorique étant même encore d’un caraélere un peu ferme pour être employé dans les ou-
- Trejllageur , IV. Part,
- vrages de Treillage fufceptibles de quelque magnificence. La fécondé raifon , c’eft que des cinq Ordres qu’on connoît en Architeéture, il n’y a que les trois Ordres Grecs, qui méritent ce nom, renfermant en eux trois les expreffions folides, moyennes & délicates qui font les vrais termes de la nature , dont elle ne s’écarte jamais que par bizarrerie ou accident, mais fans aucune apparence de néceffité.
- K i4
- p.1041 - vue 12/376
-
-
-
- 1042 VART DU TREILLAGE UR, Chap. 1. t peut-être plus ingénieux qu’ils ne font vrais : je me bornerai donc feulement à repréfenter ces mêmes Ordres félon l’opinion de Vignole , qui eft celui des Commentateurs de Vitruve qui eft le plus généralement fuivi en France , & cela à quelques changements près, lefquels ont paru néceflaires aux Maîtres de l’Art, dont je me fais un devoir de fuivre les opinions , qui peuvent & même doivent fervir de préceptes , lorfquelles font fondées fur de bons principes. Avant d’entrer dans le détail de chacun des Ordres , je vais donner la maniéré de faire la divifion générale & particulière de ces mêmes Ordres , & le nom des principales parties dont ils font eompofés, afin d’abréger autant qu’il fera poffible les détails particuliers.
- Un Ordre d’Architeélure quelconque, eft compofé de trois parties principales ; fàvoir, l’entablement A, fig. <5, la colonne B , & le piedeftal C : chacune de ces parties fè divife en trois parties ; favoir, pour l’entablement la corniche a, la frife b, & l’architrave c ; pour la colonne , le chapiteau d , le fût e , 8c la bafe f ; & pour le piedeftal enfin, la corniche g , le dé ou focle h , & la plinthe i. Chacune de c es fécondés diyifions fe fubdivife en parties, qui prennent différents noms ; fàvoir, pour la corniche , une ci-maife fiipérieure a , qui eft une partie toujours ornée de moulures ; un larmier b, qui eft une partie toujours liffe & faillante , dont le deflbus fè nomme foffite, laquelle partie eft toujours placée entre deux cimaifès ou parties compofées de moulures qui prennent différents noms , comme je le dirai ci-après ; un autre larmier c , nommé larmier mutulaire , denticulaire, ou modillonnaire, félon qu’il porte des mutules, des denticules, ou des modillons, & une cimaife inférieure ou encorbellement.
- Toutes les corniches n’ont pas, ainfî que celle-ci, deux cimaifès & deux larmiers: il y en a qui ont trois cimaifès & deux larmiers, comme celle de l’Ordre Ionique ; d’autres trois cimaifès & trois larmiers, comme à l’Ordre Corinthien ; d’autres, moins de cimaifès ou de larmiers : mais de quelque maniéré qu’elles foient compofées, elles ne peuvent pas avoir moins de deux cimaifès & d’un larmier, & toujours ce dernier placé entre deux cimaifès, pour faire un repos , & par conféquent empêcher la confufion que produiroient plufieurs cimaifès placées au-delfus les unes des autres. Par la même raifon il ne faut pas non plus placer deux larmiers au-deflus l’un de l’autre, fans une cimaifè entre deux , ou du moins un petit membre de moulure, comme à l’Ordre Dorique 9 fig. 7, lequel eft repréfenté en maffe, fig. 6. Les cimaifès font ordinairement compofées de plufieurs moulures ; & quand il n’y en a qu’une, il faut toujours qu’elle foit accompagnée d’un filet, foit en-deflùs ou en-deffous, pour la dégager d’avec les larmiers.
- Je viens de dire que la cimaife inférieure fè nommoit aufli encorbellement ; ïorfqu il y aura trois cimaifès à une corniche , on nommera celle du milieu encorbellement fiupêrteur, & celle du bas encorbellement inférieur ; & on ne
- p.1042 - vue 13/376
-
-
-
- Se CT. I. Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions 9 &c. 1043
- donnera le nom de Cimaife , qu à celle qui couronne tout l'ouvrage, ainfi que ce nom femble l'indiquer. Planche
- Les frifes des entablements font ordinairement liftes & droites fur leurs *
- faces ; cependant quelques Architeéles les ont fait bombées comme la courbe o p , fig. 6 , ou plus ou moins que cette derniere, ce qui ne me paroît pas fort néceflàire , ce bombage ne pouvant guere avoir lieu que quand on réferve des maftes pour être taillées d'ornements qui doivent être appliqués for la frife , & non pas pris aux dépens de fa forface.
- L'architrave eft compofée de plufieurs membres méplats, nommés faces , lefquels font en faillie les uns au-deflus des autres , comme à l'Ordre Ionique, fig. 8, ou féparés par de petites moulures, comme au Corinthien, fig. 9.
- Ces facettes font toujours couronnées par une partie faillante , foit un lifteau, comme à l'Ordre Dorique,7 , ou une cimaifo, comme aux Ordres Ionique & Corinthien , fig. 8 & 9.
- Le chapiteau eft compofé de trois parties , du moins dans l'Ordre Dorique ; lavoir, U abaque ou tailloir, qui eft toujours d’une forme quarrée par fon plan, l’ove ou échine , qui foit le plan de la colonne , ( ces parties font toutes deux en malle dans la fig. 6 , cote e, ) & le gorgerin d, lequel eft ordinairement lifte & femble être une continuation du fût de la colonne , dont il eft féparé par l’aftragale f, qui, dans tous les cas, eft compofé d'un demi-rond , ou, pour mieux dire, d'un boudin & d’un filet au-deflbus. Les chapi-{ teaux des Ordres Ionique & Corinthien différent de celui dont je parle ici, comme on peut le voir aux fig. 8 & 9 ; mais je n’expliquerai cette différence qu’en faifant le détail de ces mêmes chapiteaux plus en grand, parce qu’ils demandent une étude toute particulière.
- Les bafes des colonnes font compofées d’une partie ornée de moulures fig. 6 9 lefquelles fuivent le contour du plan de la colonne , & d’une plinthe m, qui eft toujours d!une forme quarrée par fon plan.
- En général, les entablements & les piedeftaux ont une hauteur proportionnée à celle de la colonne, dont le diamètre eft plus ou moins confidé-; rable , félon l’expreflîon folide, moyenne ou délicate de l’Ordre.
- La hauteur des piedeftaux eft ordinairement le tiers de celle de la colonne,
- & jamais moins que le quart. Celle des entablements eft toujours le quart de la hauteur de la colonne, quoiqu’il y ait des Architeéles qui ne leur ayent donné que le cinquième , ce qui les rend trop petits, proportion gardée avec la hauteur & le diamètre de la colonne ; c eft pourquoi quand on veut diminuer la hauteur des entablements, il faut feulement réduire cette hauteur entre le cinquième & le quart, & cela dans le cas feulement où l’on crain-droit que l'entablement ne parût lourd proportionnellement avec les autres parties qui l’accompagnent.
- Quand on veut mettre un Ordre d’Architeélure quelconque en proportion f
- p.1043 - vue 14/376
-
-
-
- gril..-;» lin
- Planche
- J38.
- \
- 1044 VA RT DU TREILLA GEUR , Chap. I.
- a & que fa hauteur, y compris celle de fon entablement & de fon piedeftal > eft donnée, on divife toute cette hauteur en dix-neuf parties égales , dont quatre fervent pour la hauteur du piedeftal, douze pour celle de la colonne, ( dont quatre eft le tiers ) , & trois pour celle de l'entablement, qui fe trouve par ce moyen le quart de la colonne, puifque 3 eft à 12 , comme r eft à 4.
- Si la hauteur d'un Ordre étoit donnée , & qu'on ne voulût point y faire de piedeftal, on diviferoit cette hauteur en cinq parties égales, dont une fer-viroit pour là hauteur de l'entablement. Koye^ la Jig. 6, où j'ai fait ces deux divifions fur le côté, pour les rendre plus fenfibles.
- Si dans une hauteur donnée , on vouloit avoir la colonne & fon piedeftal fans entablement, on diviferoit toute cette hauteur en quatre parties égales , dont une feroit pour le piedeftal, & les trois autres pour la colonne , ce qui ne fouffre aucune difficulté, & eft , je crois , très-aifé à concevoir.
- La hauteur de la colonne étant bornée, comme je viens de l'enfeigner, refte à déterminer la largeur de fon diamètre, ce qui fe fait de la maniéré jfiii vante.
- On commence d’abord par fe rendre compte fi la colonne dont on veut déterminer le diamètre, doit être d'Ordre Dorique, Ionique ou Corinthien , afin de lui donner un diamètre plus ou moins fort, relativement à l'expreflîon de ces Ordres ; enfuite on divife toute la hauteur de la colonne en feize parties égales y dont deux donnent la largeur du diamètre pour l'Ordre Dorique , *en 18 pour l'Ordre Ionique, & en 20 pour l'Ordre Corinthien 5 de forte que le diamètre du premier eft à fà hauteur , comme r eft à 8 ; celui du fécond , comme 1 eft à 9 ; & celui du troifieme , comme 1 eft à 10. Cette proportion des colonnes des trois Ordres Grecs, eft celle qui a été la plus conftamment fuivie depuis que ces Ordres ont été portés à leur perfeétion ; & c'eft, comme je l'ai déjà dit > le vrai caraélere diftinétif de chacun d'eux, plutôt que la forme & les ornements de leurs bafes & chapiteaux, ainfi que des divers membres dont leurs entablements font compofés. Voye£ les jig. 7,8 & p , ou font marquées les divifions de la colonne , ainfi que je viens de l'expliquer*1
- Chacune de ces divifions fe nomme module ; & ces modules fervent d'échelles fur lefquelles on prend la mefure des différentes parties qui ornent foit la colonne, fon piedeftal ou fon entablement : chaque module eft divifé en plufieurs parties égales ; favoir, celui de l'Ordre Dorique en 12, & ceux des Ordres Ionique & Corinthien en 18 , pour faciliter le détail des parties qui font plus petites à ces Ordres qu'au Dorique, & pour, autant qu'il eft poffible, éviter les fraélions. C'eft pour cette même raifon qu'il y a des Architeéles qui ont divifé leurs modules en 30 ; cependant la divifion en 18 eft la plus généralement fuivie , & c'eft celle de Vignole, dont j'ai fuivi l'opinion dans les trois Ordres repréfentés dans cette Planche.
- Cçs
- p.1044 - vue 15/376
-
-
-
- SECT. /. Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions 164^
- Ces Ordres font ou colonnes ou pilaftres; les colonnes font des cylindres parallèles jufqu’au tiers inférieur de leur fût, & qui diminuent de diamètre jufqu’à leur extrémité fupérieure ( comme je l’expliquerai ci-après ) , lefquels cylindre^doivent toujours être ifolés, du moins autant qu’il eft poffible. Les pilaftres , au contraire, font des prifmes d’une forme quarrée par leur plan , d’une largeur égale dans toute leur hauteur , 8c qui ne font jamais ifolés, mais au contraire engagés dans des corps d’Architeélure fur lefquels ils ne fàilliflent que d’un fixieme de leur diamètre , ou d’un quart tout au plus.
- La diminution du diamètre des colonnes eft d’un fixieme de ce même diamètre , & cela à tous les Ordres. Cette diminution fe fait, comme je viens de le dire, depuis le tiers inférieur du fût, indiqué par la ligne h , fig. 6 $ jufqu’au deffus de l’aftragale , 8c cela non pas par une ligue droite , mais par une courbe dont les différents points font donnés de la maniéré fuivante. Au tiers inférieur de la colonne, indiqué par la ligne horizontale a b9 fig, 10 , on trace le demi-cerle a q b; enfuite le diamètre fupérieur étant déterminé, comme celui cdy du pointe, on abaiffe la perpendiculaire c r, laquelle coupe le demi-cercle au point 6 ; enfuite on diyife l’arc de cercle , compris depuis a , jufqu’à 6 , en autant de parties égales qu’on le juge à propos : on divife de même la partie fupérieure du fût de la colonne en un même nombre de parties égaies ; & par ces divifions on fait paffer les lignes horizontales ef> gh,n, m n 8c 0 p, auxquelles on mene autant de perpendiculaires élevées des points de divifions de l’arc de cercle qui leur font correfpondants ; favoir , du point y , à la ligne e f; de celui 4, à celle g h ; du point 3 , à celle il; du point 2 , à celle m n; 8c de celui 1, à la ligne 0 p ; puis par les points a, 0 , m, £, g, e 8c c, on fait paffer une ligne qui eft la courbe demandée.
- Il y a une autre maniéré de tracer la courbure de la diminution des colonnes, qui fe fait ainfi qu’il fuit.
- Les diamètres fupérieurs & inférieurs étant donnés comme dans la fig. 10 , ' on prend avec un compas la diftance s b, qu’on porte de d en t, fur l’axe de la colonne ; & par ces deux points on fait paffer une ligne qu’on prolonge jufqu ’à ce qu’elle rencontre la ligne horizontale du diamètre inférieur a b ~ auffi prolongée au point u , duquel point, comme centre , on fait partir autant de lignes qui traverfent le fût fupérieur de la colonne à la rencontre de l’axe , de laquelle on porte fur ces lignes la diftance s b, ou celle t d, ce qui eft la même chofe , comme, par exemple ,dexàjy,&de jà & , & ainfi des autres ; puis par chacun de ces points & celui b, on fait paffer la courbe demandée.
- Si on vouloit que la colonne diminuât du bas, on fè ferviroit de la même opération , ainfi qu’on peut le voir dans cette figure, en obfervant toutefois Treillageur, L 12
- Planche
- 338.
- p.1045 - vue 16/376
-
-
-
- 10 45 FART DU TREILLAGEU R, Chap. I.
- .. .— que fi le diamètre inférieur étoit borné , comme il arrive prefque toujours ,
- Planche le centre z/,ne pourroit plus fervir que par hazard , & qu’il pourroit s’en trouai8, ver un autre plus près ou plus loin que ce dernier, en raifon du plus ou du moins de différence du diamètre inférieur avec le vrai diamètre a b. La maniéré de trouver le centre de la diminution inférieure de la colonne, eft la même que pour la diminution <lu diamètre fupérieur ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas davantage.
- La diminution inférieure des colonnes, quoique mife en ufàge par beaucoup d’Architectes, ne doit point être imitée , à moins qu’on n’ait de fortes raifons pour le faire , comme je le dirai ci-après ; & je n’en parle ici que pour terminer tout de fuite ce qui a rapport à cette partie.
- Il faut faire attention que la colonne, fig, 10, eft très-courte pour fà groflèur, & fes deux diamètres E F très-différents l’un de l’autre ; ce que j’ai fait pour faciliter l’intelligence du difcours, & l’exécution des opérations, lefquelles euffènt été moins fenfibles, 8c fe fuffent même confondues fi je les eufle faites fur une colonne proportionnée comme celle de la fig. 6.
- En général, il faut que toutes les parties qui couronnent les colonnes , comme les entablements 8c les focles D , jig. 6, qui les furmontent quelquefois , tombent bien à-plomb du fût fupérieur de la colonne , comme l’indique la ligne q r, & que toutes celles qui leur fervent de fupport, comme les piedeftaux, les foubaflements , 8cc , tombent à-plomb du nud de la plinthe de leur bafe, comme de s à t\ à l’exception que quand les piedeftaux font convertis en focles , c’eft-à-dire, que l’on a fupprimé la corniche & la plinthe du piedeftal, il faut que la partie du dé qui refte lifte ( 8c qui alors fè nomme Jbcle ) , fàilliflê le nud de la bafe d’une à deux parties , comme l’indique la ligne ux.
- Le deflus des entablements fe termine ordinairement par line ligne droite ; cependant il eft bon d’y obferver un petit glacis n , nommé reverdeau , lequel ne doit point faire partie de l’entablement, mais être pris aux dépens du focle , comme je l'ai obfervé ici ,jîg. 6.
- J’ai donné ci-deflus la maniéré de faire la divifion des Ordres , leur hauteur totale étant donnée : s’il arrivoit au contraire que ce fût le diamètre de la colonne qui fût donné, on feroit l’opération à l’inverfe de la première , c’eft-à-dire , qu’après avoir fait le choix de l’Ordre, & une échelle de modules fur le diamètre donné, on chercheroit, pour la hauteur du piedeftal, le nombre qui eft le tiers de celui de la hauteur de la colonne, qui étant de 16 modules à 1 Ordre Dorique, par exemple, on trouve y modules 8c 4 parties de modules qui, multipliés par 3 , égaient 161 on a de même la hauteur de l’entablement , en prenant pour le même Ordre le quart de 16 , qui eft 4 , 8c ainfi des autres Ordres, à proportion du rapport de leur hauteur avec leur diamètre, ce qui eft fort aifé à comprendre.
- p.1046 - vue 17/376
-
-
-
- Se CT, 1. Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions, &c, 1647
- S'il arrivoit que les piedeftaux fufTent d’une proportion moyenne, comme, par exemple , entre le tiers Sc le quart de la hauteur de la colonne , on pren-droit les deux femmes de ces differentes proportions, quon additionneroit en-* femble , St dont la moitié du produit donneroit la hauteur demandée : ainfi de même pour les entablements & toute autre partie moyenne proportionnelle arithmétique entre deux grandeurs données.
- Il arrive fouvent, Sc même prefque toujours, quil y a deux échelles differentes dans un deflin d’Architeéture ; (avoir , une échelle de modules propre à régler les differentes parties de l’Ordre d’Architeéltre ; l’autre échelle , qui repréfente (oit des pieds ou des toifes fer van t à faire connoître les différents rapports que cette même Architeélure a avec la grandeur humaine & les mefures connues , comme les toifes, les pieds, Sec,
- Ces deux fortes d’échelles embarraffent beaucoup les Commençants, qui ont peine à bien entendre à quoi elles peuvent être utiles ; cependant pour peu qu’ils veuillent y faire attention , ils doivent fentir que l’échelle de modules ne peut fervir que pour mettre en proportion les differentes parties d’un Ordre d’Architeélure ; Sc celle de toifes ou de pieds à leur rendre compte de la grandeur qu’auroient ces mêmes Ordres s’ils étoient exécutés, puifqu’il eft indifférent, par rapport à l’Ordre qu’on deffine ou qu’011 exécute , que fon diamètre ait un pied ou quatre pieds, cela ne changeant rien aux dimenfions Sc aux proportions de ce même Ordre.
- Voilà tout ce qui concerne la proportion & la difpofition générale des Ordres d’Architeélure : refte maintenant à décrire chacun de ces mêmes Ordres, & à en donner les proportions, ce qui fera l’objet du Paragraphe fuivant.
- §. L Defcription des trois Ordres Grecs ; lews proportions
- & divifions particulières.
- L’O R D R E Dorique , repréfenté fig, 7, eft le plus ancien des Ordres d’Architeélure , & celui dont l’expreflîon annonce le plus de fblidité , le rapport du diamètre de fa colonne étant à (à hauteur comme 1 eft à 8. Cet Ordre eft auffî le plus fufceptible de régularité par rapport aux ornements de (à frife , lefquels, joints aux mutules de fa corniche, gênent beaucoup dans la diftribution des plans où on emploie cet Ordre , comme je le dirai en fon lieu.
- L’entablement Dorique a quatre modules de hauteur , dont la corniche occupe un module St demi, (à frife un module & demi; refte un module pour la hauteur de l’architrave, laquelle eft compofée de deux faces Sc d’un lifleau qui les couronne, dont les proportions (ont cotées dans la fig, j*
- La frife eft ornée de trigliphes, lefquels ont douze parties de largeur Si une de faillie , Sc ils font creufés de deux canaux Sc deux demi-canaux 9 de maniéré qu'ils laiffent autant de plein comme ils occupent de vuide.
- p.1047 - vue 18/376
-
-
-
- 1048 L’ART DU TR El LLAGEUR, Chap. I.
- >»• Le milieu des triglyphes doit tomber a-plomb de 1 axe de la colonne , êc la Planche diftance qui eft entre deux triglyphes, laquelle eft nommée métope , doit 338- être égale à la hauteur de la frife, Sc cela dans tous les cas, ce qui oblige d’y faire quelques changements lorfqu’on accouple deux colonnes , comme je l’expliquerai ci-après.
- ' Au-deffous du lifteau de l’architrave, & à la-plomb des triglyphes font placées fix gouttes, dont le milieu répond à l’arête de chaque lifteau du triglyphe, & elles font féparées de celui de l’architrave par un filet d’une demi-partie de largeur ; de forte qu’elles ont une partie & demie de hauteur fur à-peu-près deux parties de largeur, moins le jeu qui doit etre entre chacune , pour qu elles ne fe pénétrent pas. Les gouttes font d’une forme re&angulaire par leur plan; cependant il y a des Architeaes qui les ont fait rondes , ce qui eft peut-être plus conforme avec leur étymologie.
- La cimaife inférieure ou encorbellement, a quatre parties Sc demie de hauteur : elle eft compofée d’un quart de rond de deux parties de haut, d’un filet & d’un lifteau aufli de deux parties de hauteur , qui fait reffaut fur chaque triglife , fur lequel il eft en faillie d’une demi-partie , tant fur la face que fur chaque côté. Cette faillie du lifteau fe nomme chapiteau triglyphe.
- La faillie de toute la cimaife inférieure eft de quatre parties & demie, y compris la demi-partie de faillie que le larmier mutulaire fait fur le quart de rond, qui a deux parties de faillie, ainfi que de hauteur (*).
- Le larmier mutulaire a quatre parties Sc demie de hauteur, y compris une partie pour la hauteur du talon qui le couronne , ainfi que le mutule ou mo-dillon plat.
- Les mutules ont treize parties de largeur & de faillie, Sc leur axe doit tomber à-plomb de celui de chaque triglyphe : le larmier fupérieur a trois parties & demie de hauteur , Sc vingt parties de faillie , prifes du nud de l’entablement, ce qui fait qu’il refte un petit champ lifte d’une partie & demie de largeur du devant du larmier au devant du talon qui couronne le mutule , lequel champ doit tourner au pourtour de tous les compartiments du plafond ou fbffite du larmier repréfenté en plan fig. 11, cote H.
- La cimaife eft compofée d’un lifteau, d’une doucine , d’un filet & d’un talon,' & a cinq parties Sc demie de hauteur ; favoir, une partie pour le lifteau , trois parties pour la doucine, une demi-partie pour le filet, & une partie pour le talon , fa faillie eft de quatre parties, dont trois pour la doucine, Sc l’autre pour le talon & le filet.
- (*) Je ne faurois me difpenfer de donner ici les mefures, tant de hauteur que de faillie, des parties de détail des Ordres dont je fais la defcription , vu qu’étant defiinées dans cette Planche fur un petit module, il n’eft pas poffible de les coter aulli exactement qu’on pourroit le fouhaiter , & que je n’ai pas voulu faire les
- développements plus en grand, afin de ne pas multiplier les figures , & par conféquent les Planches ; cette partie , quoique très-néceffaire ici, n’étant cependant pas le principal objet de cet ouvrage, c’efl ce qui m’a fait préférer une L explication un peu plus longue, à la multiplicité I des figures.
- Il
- p.1048 - vue 19/376
-
-
-
- Sect. L Defcription des trois Ordres Grecs; leurs proportions, &c. 3:049 Il y a encore un autre entablement Dorique fig. n % qUi différé de celui ^sssssssss^t dont je viens de faire la defcription, en ce qu’il napas, comme celui-ci, des Manche mutules, mais au contraire des denticules d9 d y dont la hauteur eft à la lar* ^*
- geur comme 3 eft à 2 ; la diftance qu’il y a entre elles doit être la moitié de cette même largeur, à laquelle leur faillie doit être égale , de maniéré qu’elles font quarrées par leurs plans, ce qui eft générai pour toutes les den-4 ticules , à moins que quelque raifon n’oblige de les difpofer autrement.
- Cet entablement différé encore de l’autre , en ce qu’il n’a qu’une face à fon architrave, & que les moulures qui compofent les cimaifes de fa corniche , font d’un autre profil, quoique dans les mêmes grandeurs* Voye[ la fig, 1, qui eft cotée le plus exactement poffible.
- Le chapiteau Dorique , fig. 7, a un module de hauteur , & eft divifé en trois parties égales, dont une eft pour le gorgerin, l’autre pour l’efchine,
- & l’autre pour le tailloir, qui eft couronné par un talon & un filet d’une partie & demie de hauteur les deux enfemble , refte deux parties & demie pour la partie lifte du tailloir. L’efchine eft compofée d’un quart de rond de deux parties 8c demie de hauteur, d’une baguette d’une partie êc d’un filet d’une demi-partie , ce qui fait en tout quatre parties. La faillie du chapiteau eft de cinq parties , prife du nud de la colonne , ce qui, joint à dix parties de la moitié de fon fût fupérieur , fait en tout quinze parties depuis l’axe de la colonne jufqu’au nud de la faillie du chapiteau.
- L’aftragaie qui eft pris aux dépens du fût de la colonne, a une partie 8c demie de hauteur, y compris fon filet qui a une demi-partie fur trois-quarts de partie de faillie, qui eft la moitié de la faillie totale de l’aftragaie , qui n’en a en tout qu’une partie & demie.
- La bafe Dorique a un module de haut en tout, dont la moitié eft occupée par la plinthe; refte fix parties, dont quatre pour le tore, un & un quart pour la baguette, & trois-quarts pour le filet, ce qui fait mieux que de faire ce dernier d’une hauteur égale à celle de la baguette , qui alors devient trop petite, comparaifon faite avec le tore , & même avec le filet ; la faillie de la bafe eft de cinq parties, prife du nud de la colonne. Voye£ la fig. 13 de la Plan-* che 339, où j’ai defliné cette bafe, ainfi que celles Ionique & Corinthienne, fur une échelle beaucoup plus grande que celle des figures de cette Planche.
- La corniche du piedeftal Dorique a fix parties de hauteur, non compris le revers-d’eau d’une partie de haut, & elle eft compofée de deux cimaifes & d’un larmier. La cimaife fupérieure eft un filet d’une demi-partie, & un talon d’une , partie , ce qui fait en tout une partie & demie. Le larmier a deux parties & demie de haut, & eft refouillé en-deflbus for la largeur de deux parties & demie du devant du larmier au-devant du filet qui couronne la cimaife inférieure , laquelle eft compofée d’un quart de rond d’une partie & demie de haut, & d un filet en-deffous d’une demi-partie.
- Trejllageur, M12
- p.1049 - vue 20/376
-
-
-
- Planche îi8* j
- xoÿo L’ART DU T R EILLA G E U R, Chap. I. i La plinthe du piedeftal a neuf parties de hauteur , dont le focle en occupe fix, les trois autres étant pour le filet & le talon renverfé : toute la faillie
- A
- de cette plinthe eft de trois parties.
- • Quand on orne le dé du piedeftal Dorique d’une table, ainfi que dans cette jig. 7 , on donne quatre parties de largeur au champ , une partie & demie de largeur au ravalement qui régné entre le champ Sc la table , laquelle doit défaffleurer d’une demi-partie en faillie fur le nud des champs, comme on peut le voir dans la fig. 6.
- Je ne parlerai pas ici des ornements dont l’Ordre Dorique peut être fuf-ceptible, réfervant à le faire après la defcription des deux autres Ordres Grecs.
- L’Ordre Ionique, repréfenté fig. 8, nommé aufli Ordre moyen, à caufe qu’il tient le milieu entre le Dorique Sc le Corinthien , eft celui dont on fait le plus d’ufàge dans les ouvrages de Treillage, parce qu’il eft moins fufcepti-ble de régularité dans la diftribution des plans, qu’on peut varier autant qu’on le juge à propos , fon entablement peu failiant & pour l’ordinaire detiticu-laire, ne gênant en aucune maniéré dans la compofition de ces mêmes plans.
- Cet Ordre a aufli l’avantage d’être d’une exprelfion plus élégante & moins folide que le Dorique, ce qui contribue beaucoup à le rendre propre aux ouvrages du Treillage.
- L’entablement Ionique a quatre modules & demi de hauteur, dont un module Sc un quart pour l’architrave, un module Sc demi pour la frifè, Sc un module trois quarts pour la corniche , qui eft compofée de trois cimaifes Sc de deux larmiers, dont un eft denticulaire ; la cimaife /upérieure a neuf parties de hauteur ; favoir , une partie Sc demie pour le lifteau, cinq parties pour la doucine, une demi-partie pour le filet , Sc deux parties pour le talon.
- Le larmier fupérieur a fix parties de hauteur, & eft refouillé en-deflous, comme on peut le voir à la fig. ii , cote L, qui repréfente le plafond de la corniche Ionique vue en-deflous.
- L’encorbellement fupérieur ou cimaife intermédiaire a cinq parties Sc demie de hauteur ; lavoir, quatre pour le quart de rond, une pour la baguette, Sc une demie pour le filet.
- Le larmier denticulaire a fept parties de hauteur, dont les denticules en occupent fix ; relie une qui forme un filet fervant à couronner l’encorbellement inférieur, qui a quatre parties de hauteur, & à le féparer d’avec les denticules , qui ont quatre parties de largeur & de faillie, & deux parties d’ef-pace entre elles.
- On doit obferver qu’il faut, autant qu’il eft pofîible, qu’il y ait une denti-cule à là-plomb de l’axe de chaque colonne , Sc que dans les angles rentrants il fe trouve un efpace entre les deux denticules angulaires., ce qui fait, ce rne femble, mieux que de faire approcher les deux denticules l’une contre l’autre, comme beaucoup d’Architectes l’ont pratiqué.
- La faillie de la corniche Ionique eft égale à fa hauteur } ce qui fait trente-
- p.1050 - vue 21/376
-
-
-
- Se CT. L §. I. Dejcrlption des trots Ordres Crées ; leurs proportions > &c. Iôyt une parties 8c demie du nud de 1 entablement, dont fèpt & un quart pour ia cimaife fupérieure, cinq pour rencorbellement inférieur, quatre pour le larmier denticulaire, & quatre & demie pour l'encorbellement fupérieur; refte dix parties & trois quarts pour la faillie du larmier fupérieur.
- L'architrave Ionique eft compofée de trois faces 8c d une cimaife , laquelle a quatre parties & demie de hauteur, y compris fon lifteau d'une partie 8c demie ; la première face a fept parties & demie de hauteur , ou, pour mieux dire , de largeur ; la fécondé fix parties , 8c la troifieme, quatre & demie ; ce qui fait en tout vingt-deux parties & demie, qui eft la hauteur totale de l'architrave, dont la faillie eft de cinq parties en tout»
- La corniche Ionique fe fait quelquefois modillonaire , comme celle de l'entablement , fig. 3 , ce qui ne change rien aux dimenfions principales de cet entablement, non plus qu'aux membres fupérieurs de la corniche , qui font les mêmes qu'à l’autre entablement, excepté que le larmier fupérieur eft plus haut d'une partie qu'à ce dernier, ce qui fait d’autant mieux que l'entablement dont je parle eft d'une expreflîon plus ferme qu'à l’autre , où le larmier eft déjà un peu petit. Les modillons le diftribuent ordinairement de maniéré qu'il s'en trouve un dont le milieu réponde à l'axe de la colonne , & l'autre à l'angle du profil, 8c la diftance qu'il y a de l'axe de la colonne à cet angle , détermine ia largeur des modillons , qui doit être à-peu-près la moitié de l’efpace qu'il y a d'un modillon à l’autre , ce qui donne à-peu-près fep£ parties de largeur pour les modillons de cet entablement, & quatorze parties pour l’efpace qui doit être entre deux.
- Je dis à-peu-près, parce qu'il n'y a que vingt-quatre parties depuis l'axe de la colonne jufqu à ï angle du larmier modillonaire, qui , divifées par fept, ne donnent pas tout à fait trois parties & demie au quotient, s'en manquant à peu de chofe près d'un demi-tiers de partie. La largeur du modillon dont je parle doit être à fa longueur ou faillie ( ce qui eft la même chofe ) , comme rz eft à 3 , ce qui fait à peu de chofe près dix parties 8c demie : on le taille en doucine en-deflous pour le rendre plus léger, & on affeéte même quelquefois de le diminuer de hauteur fur le devant pour en augmenter la légéreté , comme je l'ai obfervé à la fig. 3.
- Ces deux entablements Ioniques ne doivent pas s’employer indifféremment , mais au contraire avec beaucoup de réflexion, afin qu'ils foient parfaitement en rapport avec tout l'enfemble de la partie qu'ils couronnent.
- Le chapiteau de la colonne Ionique a à-peu-près un module de hauteur, 8c eft remarquable à caufe de fes volutes contournées.
- Il y a diverfes fortes de chapiteaux Ioniques, les uns , comme celui de la fis• qui a le tailloir quarré 8c les faces diffemblables, fe nomme antique ; les autres ont des tailloirs contournés, comme celui du chapiteau Corinthien, fié* 9 > & les faces femblables. Comme ces chapiteaux font très-détaillés, je
- m ni »ir r 1111
- Planche
- 3 3.8*
- p.1051 - vue 22/376
-
-
-
- ./
- •tojî VA R T DU T RE 1 LL A G EUR, Charf; I.
- vrrïazzr* remets leur explication à la Planche fuivante , dans laquelle fai deflîné en *^L^gCHE grand les chapiteaux Ionique, Corinthien & Compofite.
- La bafe que Vignole a donnée à l’Ordre Ionique, étant d’une forme abfo-lument vicieufe ,ona fubftitué à fà place celle nommée Attique , parce qu’elle fut inventée par les Athéniens : elle a un module de hauteur, non compris le filet fupérieur , qui eft en fus d’un module, & par conféquent pris aux dépens du fut de la colonne.
- Comme cette bafe eft compliquée, je l’ai deflinée plus en grand dans la figure 14 de la Planche 339, où je l’expliquerai comme je l’ai annoncé plus haut en parlant de la bafe Dorique.
- Le piedeftal de l’Ordre Ionique a fix modules de hauteur , dont onze parties pour la corniche & le revers-d’eau, 8c quatorze autres parties pour la plinthe.
- La corniche eft compofée d’un talon d’une partie & demie de hauteur , couronné par un lifteau d’une partie, d’un larmier de trois parties de hauteur, d’une doucine formant cimaife inférieure, dont le haut fe profile dans le deflous de la faillie du larmier, d’une baguette 8c d’un filet.
- Cette cimaife inférieure a quatre parties & demie de hauteur ; fàvoir, deux parties 8c demie pour la partie apparente de la doucine , une parrie & demie pour la baguette , 8c une demi-partie pour le filet. La faillie de cette corniche eft de neuf parties , dont deux pour la cimaife fupérieure, une 8c demie pour la baguette 8c le filet de la cimaife inférieure.
- Des quatorze parties de la bafe du piedeftal, il y en a huit pour la plinthe ; refte fix, dont une au lifteau , trois un quart à la doucine, une un quart à la baguette, & une demie au filet ; la faillie de cette bafe eft de fix parties, dont une & demie pour la baguette & le filet.
- Quand le focle eft orné d’une table, on donne cinq parties de largeur au champ, & deux parties 8c demie tant à la moulure qu’à la plate-bande du paneau , qui doit être fimple , c’eft-à-dire , fans filet : on doit obferver que ce paneau ne défafïleure pas le nud des champs, qu’il eft bon de laiflèr dominer un peu fur ce dernier.
- L’Ordre Corinthien, repréfenté fig. 9 , eft le plus riche de tous les Ordres , & celui dont l’expreflion eft la plus élégante, tant par rapport à la forme & à la quantité de fes ornements, que par la forme fvelte 8c élégante de fà colonne , dont le diamètre eft à la hauteur, y compris bafe & chapiteau , comme 1 eft à 10.
- L’entablement de cet Ordre a cinq modules de hauteur , dont un 8c demi pour l’architrave, un 8c demi pour la frife , 8c deux pour la corniche , non compris la baguette & le filet de deflous l’encorbellement inférieur, qui fonfc pris aux dépens de la frife.
- La corniche Corinthienne eft compofée de trois cimaifes &de trois larmiers, dont un eft modillonaire , 8c lautre denticulaire.
- La
- » ^
- 1
- p.1052 - vue 23/376
-
-
-
- Sect. /. §. I. Defcriptzon des trois Ordres Grecs ; leurs proportions , êc.
- La cimaife fupérieure a huit parties de hauteur • favoir , une pour le lifteau > cinq pour la doucine , & deux pour le talon Sc fon filet, qui a une demi-partie de hauteur.
- Le larmier fopérieur a cinq parties de hauteur, Sc eft ravalé en-delToûs dans les efpaces que laiifent les modillons, comme on peut le voir à la fig9 13, cote N: ces ravalements fe nomment cajfes ou cafj'ettes , Sc font ordinairement remplis par des rofàces d’ornements, comme je le dirai en fon lieu.
- Le larmier modülonaire a huit parties de hauteur, y compris une partie & demie pour la hauteur du talon qui couronne les modillons , 8c une demi-partie qui refte du deflous de ces derniers julqu’à l’arête du larmier ; de forte qu’il ne refte que fix parties pour la hauteur du modilion, dont je donnerai la diftribution en parlant des faillies de cette corniche , qu’il eft néceifaire d’é-* tablir auparavant, .comme on a pu le voir à l’Ordre Ionique.
- L’encorbellement fupérieur a cinq parties Sc demie de hauteur ; lavoir ; quatre pour le quart de rond , une pour la baguette , Sc une demie pour le filet.
- Le larmier denticulaire a fix parties Sc demie de hauteur, y compris une demi partie pour le filet qui refte apparent du deffous des denticules, iefquels n’ont que fix parties de hauteur.
- L’encorbellement inférieur a quatre parties & demie de hauteur, dont trois font pour le talon ( qui eft le feul membre de cet encorbellement qui foit pris dans la hauteur • des deux modules donnés à la corniche ) , une partie à la baguette , Sc une demi-partie au filet.
- La faillie de cette corniche eft de deux modules deux parties , dont cinq pour l’encorbellement inférieur, quatre pour la faillie des denticules , quatre Sc demie pour la faillie de l’encorbellement fupérieur ou cimaife intermédiaire,1 dix-fept parties Sc demie pour le larmier fupérieur, & fept pour la cimaife qui le couronne.
- J’ai donné la maniéré de déterminer la largeur Sc la diftance des modillons, en parlant de l’entablement Ionique , fig,. 3 ; c’eft pourquoi je ne me répéterai pas ici, où iis font difpofés de cette maniéré, c eft-à-dire , qu’ils ont de largeur à-peu-près la moitié de l’efpace qui les fépare , les modillons ayant huit parties de largeur, & les entre-modillons feize parties Sc demie, La largeur des modillons Corinthiens eft la moitié de leur longueur, qui, par conféquent, eft de foize parties.
- Cette maniéré d’efpacer les modillons a deux difficultés ; la première eft que fi on voulait mettre deux colonnes proches l’une de l’autre , ou les modillons ne tomberoient pas à-plomb de la fécondé colonne, ou s’ils y tom-boient, il faudroit néceflairement que les chapiteaux de ces colonnes fo péné-traffent de deux parties, les deux diftances des modillons pris de leur axe ne donnant que quarante-neuf parties, lorlqu’il en faut cinquante-une pour Treillageur, N 12
- Planche 3 38.
- p.1053 - vue 24/376
-
-
-
- Planche
- 338*
- 1054 VA RT DU TREI LIAGE UR, Chap. I.
- - que les chapiteaux ne faftent que fe joindre {ans fe pénétrer , ce qu’il eft très-eflentiel d’éviter.
- La fécondé difficulté qui réfulte de l’arrangement des modillons, tels que Vignole nous les préfente, confifte en ce que les modillons affleurant à une demi-partie près l’arête du larmier, ils interrompent la continuité du lifteau inférieur de ce même larmier , ou pour mieux dire , des caffettes qui y font fouillées 5 lefquelies préfentent une forme barlongue , au lieu d’être quarrée , ce qui feroit beaucoup mieux, comme on peut'le remarquer à la fig. 13 -cote /V. Pour obvier à ces deux difficultés, je crois qu’il faudroit donner vingt-fix parties de diflance d’axe en axe à chaque modillon, c’eft-à-dire, fèpt parties de largeur à chacun , St dix-neuf parties d’intervalle entre deux , ce qui feroit cinquante-deux parties d’axe en axe pour accoupler les colonnes , & ce qui feroit plus que fùffifant, puifqu’à la rigueur il ne faudroit que cinquante-une parties pour que les chapiteaux ne le pénétraflent pas.
- Ce changement dans l’arrangement des modillons, feroit très-avantageux pour pouvoir accoupler les colonnes, ainfl qu’on a pu le voir ; mais il ferviroit aufli à rendre le plafond de la corniche plus régulier, parce qu’en donnant dix-huit parties de faillie au larmier fiipérieur, à compter du nud du larmier modillonaire , on auroit des caffettes de dix-fèpt parties en quarré , St les modillons n’auroient que quinze parties & demie de longueur en mettant une partie St de mie de largeur au champ des caflettes , ce qui n’eft pas beaucoup plus du double de leur largeur ; proportion dont on pourroit approcher encore de plus près, en forçant la largeur des modillons d’un quart de partie feulement, ce qui diminueroit la largeur, & par conféquent la longueur des caffettes d’une demi-partie , ainfi que le modillon, qui n’auroit plus que quinze parties de longueur.
- Cette maniéré d’arranger les modillons de la corniche Corinthienne , ne change rien à fbn profil, fi ce n’eft qu’elle en augmente la faillie d’une partie & demie ; fàvoir, une partie à la portion inférieure de l’entablement, qui , au lieu de treize parties & demie, doit en avoir quatorze St demie , & une demie-partie à la faillie du larmier fupérieur, ce qui donne à cet entablement deux modules trois parties St demie de faillie , au lieu de deux modules deux parties, ce qui eft peu de chofe en comparaifon du bien qui réfulte de cet arrangement.
- L’architrave eft compofée de trois faces St d’une cimaife, qui a fix parties de hauteur ; fàvoir, une pour fon lifteau, quatre pour le talon , St une pour la baguette de deflbus.
- La première face a fept parties de hauteur, St eft féparée de la fécondé , qui n’en a que fix, par un talon de deux parties de largeur ; la derniere face a cinq parties de largeur, & eft ainfi féparée de la fécondé par une baguette d’une partie de largeur : la faillie de cette architrave eft de cinq parties en tout.
- p.1054 - vue 25/376
-
-
-
- SeCT, /. §. I. Defcription des trois Ordres Grecs ; leurs proportions, (St. îojfjf
- L architrave Corinthienne , telle que je la repréfente ici d après Vigncrle , eft un peu haute, comparaifon faite avec la frife qui eft réellement diminuée par Planche la baguette & le filet de l'encorbellement inférieur, & qui femble encore l'être davantage , du moins en apparence, par la faillie de larchitrave qui en mafque une partie , & cela plus ou moins , en raifon de l'élévation de l'Ordre *
- 8c du point de diftance d'où il eft apperçu. Ces confédérations onc fait fbuhai* ter qu’on diminuât de la hauteur de l’architrave trois ou quatre parties, afin de grandir un peu la largeur de la frifè. Cette architrave ainfi diminuée , on en met les différents membres en proportion , en faifànt une échelle exprès, dont un module égale les deux tiers de la hauteur de l’architrave, ce qui efl tout naturel, puifque la hauteur totale de l'architrave en contient un & demi (*).
- Le chapiteau Corinthien eft le plus grand & le plus orné de tous ; fa hau-> teur , y compris le tailloir, eft de deux modules fix parties; l’aftragale eft pris aux dépens du fût de la colonne , comme aux autres Ordres ; de maniéré que la colonne Corinthienne , entre bafe 8c chapiteau , n'eft pas plus élégante que la colonne Ionique. Je réfèrve pour la Planche fui vante le détail du chapiteau Corinthien, ainfi que de fa bafe , qui eft à-peu-près femblable à la bafe Attique, à quelques augmentations près, & dont le filet fupérieur eft toujours pris aux dépens de la colonne.
- Le piedeftal Corinthien a fix modules douze parties de hauteur, dont quatorze parties 8c demie pour la corniche & fon gorgerin ; fàvoir, une partie 4 pour le revers-d'eau, une partie & demie pour le talon , 8c une partie pour fon lifteau ; trois pour le larmier, une partie 8c demie pour la partie apparente de la doucine formant cimaife inférieure, une partie & demie pour la baguette de deffous avec fon filet, & cinq parties pour le gorgerin. La faillie de cette corniche eft de huit parties en tout. L’aftragale a une partie 8c demie de hauteur , 8c eft pris aux dépens du focle , comme je l'ai déjà dit.
- La bafe du piedeftal a feize parties 8c demie de hauteur, dont huit pour la plinthe, deux & demie pour le tore, un pour le lifteau, deux & demie pour la doucine, une 8c demie pour la baguette , & une partie pour le filet au-delîus : la faillie de cette bafe eft de fix parties.
- Quand on orne le dé du piedeftal Corinthien d’une table entourée de mou-;
- (*) Ce que je dis par rapport au changement de grandeur de l’architrave Corinthienne, peut & doit s’appliquer à tous les entablements & pié-deftaux qu’on fera hors de la proportion ordinaire , c’eft à-dire , qui auront moins du quart ou du tiers de la colonne, auxquels entablements ou piedeftaux il faudra faire d’autres échelles que celles qui auront fervi à mettre la colonne en proportion , ce qui eft très-aifé à faire , puif qu’il n’y a qu’à divifer les hauteurs données en autant de modules & de parties de modules qu’ils doivent en contenir à l’Ordre Dorique ; par
- exemple , on divifera la hauteur donnés pour l’entablement en quatre parties égales , donc chacune fera un module à l’Ordre Ionique; comme l’entablement contient quatre modules Sc demi, on cherchera le plus grand divifeur exa<ü de cette quantité, ôc combien de fois ce divifeur eft contenu dans un module, que l’on conf* truira par ce moyen ; ainfi pour l’Ordre Ionique, on divifera toute la hauteur donnée en neuf parties égales, dont deux feront le module demandé , Sc de même pour les autres parties où il fe trouvera des frayions.
- p.1055 - vue 26/376
-
-
-
- Planche
- 33$*
- ïoj 6 FART DU T RÉ IL LAQ E U R , Chap. I.
- =2.Jures, le champ du pourtour doit être de cinq parties de largeur, la moulure & la plate-bande du paneau de trois parties 8c demie ; ce paneau doit être orné d’un filet fur l’arête de fa plate-bande, & être renfoncé d’après le nud des champs.
- Les trois Ordres Grecs , tels que je viens de les décrire, font les feules productions dans ce genre auxquelles on puiffe donner ce nom , & cela par rapport à la gradation de richeffe & d’élégance qu’on y remarque , 8c qui fe fait ^ fentir jufque dans les moindres parties qui les compofent, lefquelles non-feulement font analogues à l’Ordre auquel elles font employées, mais encore font connoître , par leurs formes & par leur nombre, à chaque Ordre , un paffage prefqu’infenfible , quoique bien marqué , qui ne laiffe pas de place à des Ordres intermédiaires , tous ceux qu’on a faits jufqu’à préfent n’étant que des imitations plus ou moins imparfaites de ceux-ci, mais qui ne pourront jamais être des Ordres, puifqu’ils n’ont pas de formes & de proportions qui leur foient propres ; conditions qui font abfolument néceflaires pour conftater l’exit tance d’un Ordre ; ce qui ne pourra jamais être , vu que tout eft trouvé depuis l’expreffion la plus folide jufqu’à la plus délicate , malgré les efforts toujours impuifîànts qu’on a faits depuis plus de 2000 ans, 8c notamment dans le dernier iiecle.
- Il faut cependant excepter de cette réglé l’Ordre Tofoan, qui mérite vraiment ce nom, tant par rapport à la hauteur de fa colonne, qui eft à fon diamètre comme 7 eft à 1, que par la forme & la quantité des diverfes parties dont il efl: compofé ; ce qui a fait que beaucoup d’Architeéles n’ont pas fait difficulté de l’admettre au nombre des Ordres, tandis qu’ils ont conftatn-ment refufé de reconnoître l’Ordre Compofite , foit Romain , François ou autre , lefquels font tous de la proportion de l’Ordre Corinthien , dont ils ne différent que par la forme des profils de leur entablement, & fur-tout par celle du chapiteau , qui, dans l’Ordre Compofite Romain, efl un aflem-blage des chapiteaux Ionique 8c Corinthien placés l’un fur l’autre, & toujours dans les proportions de ce dernier , comme je le dirai en fon lieu.
- L’entablement Compofite, tel que Vignole le donne , repréfenté/g*. 4, efl denticulaire , & eft dans les mêmes proportions générales que le Corinthien ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas davantage , parce qu’on peut avoir recours aux cotes de la figure.
- La bafe Compofite eft la même que la Corinthienne , à laquelle on fupprime la baguette de deffus le petit tore.
- Quant au piedeftal, c’eft le même qu’à l’Ordre Corinthien, à l’exception qu’on y fupprime quelques membres de moulures, 8c qu’on fait celles qui relient un peu plus mâles.
- On fait quelquefois la corniche de l’entablement de l’Ordre Compofite , avec des modillons, foit comme ceux de l’Ordre Corinthien, ou des modillons
- quarrés
- p.1056 - vue 27/376
-
-
-
- Se CT. /. §* I. Defcription des trois Ordres Grées ; ïeurÈ proportions y &c. .toj'y
- quarres qui font doubles fur la hauteur ; mais je n’en parlerai pas ici , vu
- que ces fortes de corniches modillonaires ne fe font guere en treillage , Sc Flânchè
- que de plus mon defîein n eft pas de faire un Traité des Ordres d’Architecture 33^
- .en général, mais feulement de donner une idée nette Sc concife des trois
- Ordres d Architecture Grecs, que j’ai détaillés dans cette Planche avec tout le
- foin poffible, du moins autant que la petiteflè des figures a pu me le permettre,
- & aux élévations defquels j’ai joint les plans au-deflous, dont la moitié , cote G, /, M 9 fig. ir,i2<&i3, repréfente la coupe tranfverfàle de la colonne, prife au-deflus de la bafe , avec la faillie de la corniche des piedeftaux ; Y au* tre moitié de ces plans, cotée h,l,n, reprélente les entablements vusx en deflous, Sc la coupe tranfverfale de la colonne prife à fon plus petit diamètre.
- Il y a des occafions où , quand on eft borné pour fa hauteur , ou pat quelque autre raifon , on ne fait pas d’entablement complet au-deflus des Ojy dres , mais une efpece de corniche repréfentée j%. i, qui fe nomme corniche architravée, laquelle n’eft autre chofe que la corniche ordinaire d’un entablement d’Ordre quelconque, à laquelle on joint larchitrave du même Ordre £ dont on a fupprimé la partie fupérieure, ainfi qu’on peut le voir dans cette figure, qui repréfente une corniche Ionique architravée pareille à celle de la fig. 8, excepté que les denticulesne font pas refendues, ce qui ne fait rien à la choie.
- Quand on met de ces fortes de corniches au-deffus d’un Ordre, le dernier -membre de l’architrave doit toujours y tomber à-plomb du nud de la colonne * fi au contraire les Ordres, colonnes ou pilaftres , font lupprimés, le corps qui porte cette corniche doit être en arriere-corps d’une ou deux parties, comme l’indique la ligne y ^ ce qui eft général dans tous les cas, tant pour les corniches architravées, que pour les entablements réguliers, Sc pour les entablements décompofés, comme la jig. y. . v
- Les entablements décompofés peuvent être d’exprefîîon Dorique, Ionique ; Corinthienne , Sec , mais ils ne doivent jamais s employer quJaux parties dans la décoration defquelles on ne fera pas entrer d’Ordre d’Architecture, mais feulement l’expreflion de ces mêmes Ordres, comme je le dirai en fon lieu.
- La principale partie de ces entablements, c’eft-à-dire, la corniche, doit toujours être en proportion avec la grandeur de l’Ordre qui eft deflous, ou qui du moins eft fuppofée y être * comme je l’ai obfervé à cette fig,. y , où la corniche qui eft d’expreffion Ionique a un module trois quarts de hauteur, aisafî que la corniche de cet Ordre. Ces fortes d’entablements n’ont pas de frifè ni d’architrave, du moins d’une même grandeur que les autres ; la partie lifle m, fe nomme gorgerin , Sc eft réduite à la moitié de la hauteur de la corniche;
- Sc celle qui lert d architrave, Sc qui prend le nom d’aflragale , a la moitié de la hauteur de la frifè, de forte que toute la hauteur d’un entablement dé-Treillageur. O 12
- p.1057 - vue 28/376
-
-
-
- 1058 L'ART DU T RE I LL AQtU R, Chap. L compofé étant donnée , on la divife en fept parties égales , dont on en donne quatre à la corniche, deux au gorgerin, & un à l’aftragale. -
- Pour qu’une corniche ou un entablement foit d’expreffion d’un Ordre quel* conque, il faut que fa hauteur foit en rapport avec celle de cet Ordre , foit qu’il exifte ou non , Sc que le nombre Sc la forme des parties qui le compo-fent foient eux-mêmes d’accord avec ce même Ordre, dont il faut quelles annoncent le caraétere folide, moyen ou délicat ; c’eft pourquoi aux corniches d’expreffion Dorique, on mettra quatre membres principaux ; fàvoir, deux cimaifes Sc deux larmiers ; à celles d’une expreffion Ionique, cinq membres, lavoir, trois cimaifes Sc deux larmiers; Sc à celles d’une expreffion Corinthienne , on mettra fix membres , fàvoir, trois cimaifes Sc trois larmiers, afin de foivre autant qu’il fera poffible la progreffion de richefle qui fe trouve non-feulemenc dans les corniches des trois Ordres Grecs, mais encore dans toutes leurs autres parties, lefquelles font compofées avec le même foin depuis la bafe jufqu’au fommet de ces mêmes Ordres , ce qui en fait la beauté Sc en même-temps ce qui fait affez connoître qu’il n’eft guere poffible de rien faire de nouveau en fait d’Ordres d’Architeélure.
- §. IL Dejcription des Chapiteaux Ionique, Corinthien & Comporte:
- f
- Les Chapiteaux Ioniques font de deux efpeces ; lavoir, les antiques Sc Planche les modernes. Les premiers repréfentés^/zg. ï, 2 & 6 > différent des féconds en ce qu’ils ont leurs faces dilîemblables, Sc que leur tailloir eft d’une forme quarrée , comme on peut le voir dans les fig. 2 & 6.
- Le tailloir du Chapiteau Ionique antique a trois parties de hauteur, for cinq de faillie, dont deux St demie du devant des volutes.
- Il y a quatre parties de diflance du deflous du tailloir au-deflus de l’ove ou échine qui tourne autour de la colonne, ainfi que la baguette & le filet ; l’ov© ou échine a cinq parties de hauteur, for quatre de faillie du devant de la baguette , qui a deux parties de hauteur, St fon filet une , ce qui fait trois pour les deux, for deux parties de faillie ; favoir, une partie & un quart pour la baguette , & trois quarts pour le filet, ce qui donne fix parties de faillie du devant de l’ove jufqu’au nud de la colonne. Voye1 la fig. 1, où toutes ces me-fores font exactement cotées.
- La volute vue de face, fig. 2 , cote A, & de côté même figure, cote B , eft un ornement tout-à-fait étranger au fût de la colonne, quelle femble recouvrir & féparer d’avec le tailloir qui la recouvre en partie ; la volute forme une fpirale qui a feize parties de diamètre perpendiculaire fur quatorze parties de largeur, dont l’axe perpendiculaire paflè à dix-huit parties du milieu de la colonne, & laiffe à la volute huit parties de largeur en dehors, & fix en dedans ; Taxe horizontal de la volute paffe à neuf parties de diftance du defTous
- Planche
- 33**
- p.1058 - vue 29/376
-
-
-
- y
- Sect. 1. §. IL Dejcnpuon des Chapiteaux Ionique , Corinthien, &c. ïofp du tailloir, ce qui lui laiflè fept parties én-defïbus, comme on peut le voir dans la fig. a, cote <<4.
- La volute fe trace au compas de différentes maniérés , dont voici la plus ordinaire. On trace au centre ou œil de la volute, un quarré nommé Cathete , fig. $ , dont la diagonale bd, a deux parties de hauteur, ainfi que celle a c. On divife chaque côté de ce quarré en deux parties égales, par lefquelles divifions on fait paffer les lignes i, 3 & 2,4, qu’on divife enfiiite en trois parties égales jufqu’au centre, comme l’indiquent les points 5, 6, 7, 8, 9, 10 , îï & 12. Ce qui étant fait, on porte une pointe du compas au point 1, & l’autre au point e, fig. 2 , ( en fuppofànt que le cathete fig. y , foie au centre de la volute , fig. 2 ), & on décrit l’arc de cercle e f ; on reporte enfuite la pointe du compas au point 2 ; & à la rencontre du premier arc de cercle au point/*, on en décrit un fecond de/à g , ainfi des autres, en obfervant toujours d’arrêter aux points h, i, /, m, n, o,p, q,r, s ,qui doivent fe rencontrer à l’angle de la cathete au point b, duquel & du centre de la yolute, on décrit un petit cercle qui termine la volute.
- Lorlqu on décrit la volute, il ne faut pas faire commencer où finir les arcs de cercle qui la compofent direélement aux lignes perpendiculaires & horizontales qui paffent par le centre de cette derniere , mais au contraire à des lignes perpendiculaires & horizontales provenantes de chaque centre de la cathete, comme je l’ai obfervé à la fig. J, ou les lignes ponéluées partent dé chaque point de divifion, & font cotées des mêmes lettres qu’à la fig. 2 , fur laquelle je n ai pas fait ces différentes opérations, par rapport à la petiteflè de la figure , qui a cependant été tracée au compas félon la méthode que je viens d’enfeigner.
- L’intérieur du Üfteau de la volute , qui a une partie de hauteur au-deflous du tailloir, fe trace auffi au compas, non pas par les mêmes centres , mais on divife l’elpace qu’il y a entre les points de centre de la cathete, en quatre parties égales, dont un quatrième en deflous des chiffres eft le centre des révolutions qui fe tracent à l’ordinaire. Voye^ la fig. y , où ces feconds centres font indiqués par de petits traits feulement, afin d’éviter la confufion.
- La plupart des volutes antiques font arrafées fur leurs faces ; cependant elles font beaucoup mieux lorlqu’elles font le limaçon , Comme on peut le voir à la volute vue de côté , fig. 2 , cote B.
- Les fûts des colonnes font quelquefois ornés de cannelures , qui font des cavités creufées perpendiculairement & en forme de demi-cercles par leurs plans, comme on peut le voir aux fig. 2 & 6. Ces cannelures font ordinairement au nombre de vingt-quatre au pourtour de la colonne, & jamais moins de vingt, encore n’eft-ce qu’à l’Ordre Dorique. La largeur du üfteau qui fépare les cannelures, eft à celle de ces dernieres , comme 1 eft à 3 , c eft-à-^ dire, le tiers. Cette proportion n eft bonne que pour l’Ordre Ionique ; Sç au
- I 1,1 » III.È
- Planche
- 33?/
- p.1059 - vue 30/376
-
-
-
- Planche
- 339»
- 1060 . VA RT DU TREILLAGEUR, Chap. 1.
- Corinthien on ne leur donne que le quart. Quelquefois les cannelures font ornées de filets & de baguettes, ce qui diminue de leur largeur , ainfi que de celle des lifteaux qui les féparent.
- Quand on fait des cannelures aux pilaftres, on en met cinq à l’Ordre Dorique , & fept aux autres Ordres , & jamais fîx , parce quil faut toujours qu’il fe trouve une cannelure au milieu des pilaftres, ainfixqu’aux colonnes.
- Quand l’échine des Chapiteaux eft taillée en ove , comme aux fig. 2 & 6 9 il faut que le milieu de ces dernieres réponde toujours au milieu des cannelures , afin que ces ornements foient plus fymmétriques, & fe préfentene toujours bien à l’œil du fpeétateur. Voye£ la fig. 6 9 qui repréfente le Chapiteau Ionique antique vu en defïous , le côté C avec la volute & Ion coufïinet ( ainfi qu’à la fig. 2 , cote JB ) , 8c fes oves, 8c l’autre coté D , où la colonne eft fuppofée coupée au-deffus des oves , de maniéré qu’on découvre le defïous du tailloir tout entier , la partie étant prife pour le tout.
- Le Chapiteau Ionique moderne , repréfenté fig. 3,4 # 7, a les quatre faces égales ; & fon tailloir, qui eft d’une forme creufe par les faces , a fix parties de hauteur , lavoir , deux pour le quart de rond, un pour le filet 8c trois pour le congé de deffous. L’ove eft diftant de deux parties du defïous du tailloir , & eft de même proportion que dans le Chapiteau antique, quoique plus bas d’une partie que dans ce dernier. Voye^ la fig. 4 , qui repréfènte le profil de ce Chapiteau , dont le plan du tailloir fe trace de la maniéré fuivante.
- On trace un quarré E F G H, fig. 7, dont la diagonale doit avoir quatre modules de longueur, & par conféquent là moitié /G, deux modules. Vers l’extrémité de cette diagonale, on éleve une perpendiculaire b c9 dont la longueur doit être de quatre parties, & toucher par fes extrémités aux lignes du quarré au point b c, ce qu’on doit répéter aux quatre angles du Chapiteau ; enfuite on prend avec un compas la diftance a b ; & de ces deux points , on fait deux feétions en I, ( au-deffus de la fig, 3 ) , & à la rencontre defqu elles $ comme centre , on trace la courbe du tailloir, ainfi que les faillies de Ion profil, qu’on prend fur le profil 9fig. 4 , ce qu’on fait des quatre côtés du tailloir , ainfi qu’aux quatre angles, où on eft obligé de forcer la faillie du profil pour empêcher que les lignés du bas du congé ne fe pénétrent.
- Quand le plan du tailloir eft tracé , on trace le plan des volutes auxquelles on fait fuivre, à peu de chofè près, le parallélifme de la cavité du tailloir, 8c dont on borne la faillie extérieure à l’à-plomb du filet de ce dernier ; puis cette même volute étant tracée à part félon la méthode ordinaire , on en prend toutes les révolutions horizontales, qu’on porte fur le plan des points f9 g9 h9 i9 duquel plan on les reporte à l’élévation, dont la volute fe trace à la main, parce que fon inciinaifon en-dedans du Chapiteau la fait paraître un peu ovale, quoi-qu’en la regardant fuivant la courbure de fon plan > elle, foie femblable à la
- volute
- p.1060 - vue 31/376
-
-
-
- Sect. L §. IL Defcripdôn des Chàpiteaux Ionique , Corinthien , &c. 1061 volute antique, à laquelle elle eft parfaitement femblable, tant polir la hauteur que pour la largeur ; Sc fi elle paroît un peu plus baffe que cette derniere* ce n’eft que parce qu'il y a un intervalle entre le deflus de £bn lifteau & le filet du tailloir 5 ce qu’il eft nécefîàire de faire pour que le filet du tailloir & le lifteau de la volute ne paroiflent pas fe pénétrer ou ne faire qu’une feule Sç même partie , ce qu’il faut abfolument éviter.
- Les Chapiteaux Ioniques, tant antiques que modernes, font fbuvent enrichis d’ornements de fculpture, comme des ornements courants dans les révolutions de leurs volutes , des guirlandes de fleurs, des fruits, &c , delquels ornements je n’ai donné ici qu’une idée, m’étant plus attaché à la conftruétion de Ces Chapiteaux qu’à la maniéré de les orner, laquelle peut être infiniment variée * en évitant cependant que ces différents ornements ne portent trop de richeffe^ ou n’y faflènt de la confufion, ce qui eft encore pis.
- Le Chapiteau Corinthien, repréfenté^. p & xi, eft le plus beau de tous les Chapiteaux, tant pour la richefle que pour la régularité de fa compofition i qui , quoique très-riche, ne laifle pas de plaire infiniment par rapport à l’ordre & à la belle proportion qui régnent dans toutes les parties de ce Chapiteau.
- La hauteur du Chapiteau Corinthien eft de deux modules fix parties , y. compris le tailloir, qui en occupe fix , & qui eft tout femblable à celui du Chapiteau Ionique moderne ; c eft pourquoi je n en parlerai pas davantage (* ).
- U ne refte que deux modules de hauteur pour le Chapiteau , dont le corps ou tambour eft un cylindre du même diamètre que le fut fùpérieur de la colonne, dont la partie inférieure eft un peu arondie en-dedans , & la partie fùpérieure évafée en-dehors de fix parties de chaque côté. Cet évafement ne monte pas directement au-deflus du tambour , mais à deux parties d’intervalle dont l’excédent eft arondi en-defîus à-peu-près comme à un vafe. Voye£ la fig* 9 9 cote l0 tambour eft vu à nud, & fbn profil terminé par la
- ligne l m n.
- Au pourtour de ce tambour, font placées huit tigettes, qui prennent leut naiflànce fur le plan fig. 11 , au point U. De ces tigettes Q ,fg. p , fortent les feuilles nommées Caulicoles, qui embraffent la naiflànce des grandes volutes O , Sc des petites volutes ou hélices P.
- Après les tigettes, font deux rangs de feuilles au nombre de huit à chaque rang, dont celles R nommées grandes feuilles ou feuilles de dejfus , font pla-* cées aux huit points principaux du cercle, âinfî que celles JT, X,fig. ir.
- ,(*) Quoique je dife que le tailloir du Chapiteau Corinthien eft femblable à celui du Chapiteau Ionique moderne , ce n’eft pas que 1 un foit fait à 1 imitation, de l’autre ; tout au contraire, c eft le tailloir du Chapiteau Ioni-
- Treillageur.
- que qui a été fait à l’imitation de celui du Chapiteau Corinthien , ôc ce que je dis ici n’eft que pour fuivre l’ordre de la defcripdôn de ces Chapiteaux, & ne me point répéter , du moins autant qu’il eft poftible.
- P ia
- Planche
- 339*
- p.1061 - vue 32/376
-
-
-
- 10 6% VART DU TRE ILLAGEUR, Chap> I.
- -.. .... Les huit autres petites feuilles ou feuilles de deflous , font placées entre les
- Planche premières, de maniéré que leur milieu recouvre direélement le milieu des tigettes, comme on peut le voir à la fig. n. Quant à la hauteur & à la faillie de ces feuilles, on la trouve de la maniéré foivante.
- On divife la hauteur totale du Chapiteau , prife du deflous du tailloir, en trois parties égales , & les deux parties inférieures op, 8c q r, fig. 9 , don-* nent la hauteur des deux premiers rangs de feuilles, dont la retombée, qui efl de trois parties , efl: indiquée par les lignes s tScu x. Le tiers reliant de la partie fupérieure du Chapiteau fe divife en trois parties égales, dont deux font pour la hauteur des grandes volutes, 8c une pour les quatre petites feuilles T, lesquelles font placées aux quatre angles du Chapiteau, derrière les grandes feuilles , 8c montent jufque deflous les volutes quelles femblent foutenir. Voye^ la fig. 9 , cote M, & la fig. 8 , ou font cotées les mefures des différentes parties du Chapiteau Corinthien.
- Les petites volutes ou hélices P defoendent au niveau des grandes volutes O ; mais elles font moins hautes , étant bornées par la levre du vafe ou tambour*
- Après avoir ainfl borné la hauteur des feuilles 8c des volutes, refte à en déterminer la faillie ; pour cet effet, on trace un profil du tailloir vu for l'angle , comme à la fig. 9 , cote N, de Y extrémité duquel à Tangle du filet de l'aftragale, on mene une ligne oblique y £, laquelle borne toutes les faillies , tant des volutes que des feuilles, comme on peut le voir dans cette figure, où elles font toutes deflînées de profil.
- Les faillies des volutes 8c des feuilles étant ainfi bornées, on abaifle de leurs extrémités autant de perpendiculaires, lefquelles avec la rencontre de Taxe hori-; zontal de ce même plan, donnent naifîànce à des cercles cotés 1,253,4 55,6, 7,8c 8, 9 ; qui bornent ces faillies for le plan où on deflîne la mafle des feuilles ; ce qui étant fait, on éleve du milieu 8c des extrémités de ces mêmes feuilles autant de perpendiculaires à l'élévation , ce qui donne la courbure 8c l'inclinai-fon des feuilles 8c des volutes , le Chapiteau vu étant de face , comme lafig. 9 ^ cote M, où toutes les feuilles font deflînées en mafles pour en mieux faire fentir les contours»
- Le milieu du tailloir du Chapiteau Corinthien efl orné d'une fleur ou rofe, laquelle defcend jufqu'au deflùs des petites volutes ou hélices & remonte jufqu'au deflùs du tailloir, qu elle ne déborde pas, du moins pour l'ordinaire.
- Je n’entrerai pas dans un plus grand détail touchant la forme du Chapiteau Corinthien , ce que j'en ai dit, & l'infpeéHon des figures, étant, je crois, foffifànt pour en bien faire entendre la conftruétion ; 8c on obfervera que le profil tracé for la fig. 9 , cote N, efl une ligne de milieu que j’ai tracée dans toute la hauteur du Chapiteau, & qui n’en foit les contours que parce qu elle efl vue diagonalement.
- Le Chapiteau Compofite, repréfentéfig. 10 & 12, efl tout-à-fait femblable
- p.1062 - vue 33/376
-
-
-
- $ECT. /. §. II. Defcription des Chapiteaux ïonique , Corinthien , &c. 1063 au Chapiteau Corinthien > du moins dans fà partie inférieure > fur laquelle eft placé le Chapiteau Ionique moderne, dont cette partie ne différé que par la faillie des volutes, & leur inclinaifon qui fe rapproche plus de la diagonale du tailloir vu en plan , jig. 12 , que dans le Chapiteau Ionique ; à cette différence près, tout eft égal des deux côtés. Les volutes font de même grandeur , & fe tracent de la même maniéré qu’au Chapiteau Ionique. La faillie de ces volutes & des feuilles de ce Chapiteau eft bornée de la même maniéré qu’au Chapiteau Corinthien , comme on peut le voir dans la Jig. 10, dont un côté repréfente le Chapiteau vu de face, & fes feuilles taillées en feuilles de perd , & de l’autre côté ce même Chapiteau nud, & vu fur l’angle avec fon prod pris au milieu du tailloir.
- Les feuilles des Chapiteaux Corinthien & Compofite, fe taillent en feuilles de laurier, d’olivier , d’acanthe & de perd ; mais comme j’ai à parler ailleurs de ces différentes feuilles & de beaucoup d’autres , je n’en parlerai pas du tout ici.
- Ce que je viens de dire ne regarde que les Chapiteaux des colonnes j cependant on peut l’appliquer aux Chapiteaux des pilaftres, à quelques différences près, comme on va le voir ci-après.
- En général, les Chapiteaux à pilaftres doivent être plus larges que ceux des colonnes de Éx parties , vu que le fût des pilaftres ne diminue pas par le haut, ainfi que celui des colonnes ; e’eft pourquoi dans l’Ordre Ionique anti-; que on doit reculer le centre des volutes de trois parties de chaque côté ; mais comme dans une ordonnance où il y auroit des pilaftres & des colonnes , cette différence de largeur des Chapiteaux des pilaftres & des colonnes, pour-roit faire un mauvais effet, on feroit très-bien de donner moins de faillie aux volutes des pilaftres , & un peu plus à celles des colonnes, ce qui rendroie la différence de largeur des Chapiteaux, colonnes & pilaftres , moins fonfible. Il faut auffi faire attention, à ces fortes de Chapiteaux, que l’ove ne peut avoir là véritable faillie que dans le milieu du pilaftre , & qu’il faut diminuer cette faillie de trois parties au moins par les extrémités , afin qu’elle n’excede pas les volutes ; cette diminution fe fait en arrondiflànt de maniéré que la furface fopé-xieure des oves foit fur un plan bombé.
- Le Chapiteau des pilaftres de l’Ordre Ionique moderne, doit auffi être plus grand que celui de la colonne • & lorsqu’on trace le plan de fon tailloir , il faut avoir foin qu’il ait la même faillie for le nud du pilaftre que for la colonne, & que fon angle foit toujours de quatre parties de largeur, fans s’embarraffer fi l’arc que forme fà partie creufe eft celui d’un triangle équilatéral ; & dans le cas où il y auroit des Chapiteaux-colonnes & des Chapiteaux-pilaftres à côté les uns des autres, on feroit très-bien de diminuer le fàillie des angles du tailloir de ces derniers, pour les raifons que j’ai données en parlant du Chapiteau Ionique antique.
- p.1063 - vue 34/376
-
-
-
- Planche
- 339-
- \
- \
- 1064 ZÀRT DU TREILLAGEUR, Chap> L
- Les Chapiteaux des pilaftres Corinthiens font femblables à ceux des colonnès * quant à la forme & au nombre des parties dont ils font compofés ; mais comme le pourtour du pilaftre eft au pourtour du fût fupérieurde la colonne comme 144 eft à 94, du moins à peu de chofe près, les feuilles du Chapiteaü-pilaftre deviennent près d'un quart plus larges que celles des colonnes , ce qui oblige à forcer leur hauteur, & à donner au Chapiteau-pilaftre trois parties de hau-^ teur de plus quau Chapiteau-colonne , lefqueiles trois parties font égàlement réparties fur les deux rangs de feuilles. Cette augmentation de hauteur de Chapiteau ne fouffre aucune difficulté, quand même il y auroit des pilaftres 8c des colonnes employés dans la même façade, parce qu'on augmente également la hauteur des Chapiteaux des colonnes , qui n’en font pas plus mal pour cela. Quant à l'arrangement des feuilles du Chapiteau-pilaftre , il eft le même qu'au Chapiteau-colonne : des huit feuilles de deiïiis , quatre font placées au milieu de la face du Chapiteau, & les quatre autres reployées par leur extrémité inférieure fur l’angle quelles embraffent : des huit feuilles dedeffous, il y en a deux à chaque face également diftantes entre elles, ainfi qu'au Chapiteau-; colonne.
- Le tailloir du Chapiteau-pilaftre d'Ordre Corinthien fo trace de la même maniéré que celui du Chapiteau Ionique moderne ; c’eft pourquoi je n'en parlerai pas davantage, non plus que du Chapiteau-pilaftre d Ordre Compo-fite, lequel neft, comme je l’ai dit,plus haut, qu'un aflTemblage des Chapiteaux Ionique & Corinthien.
- Lesfig* 13, 14 & 15 , repréfentent les bafos Dorique, Ionique ( ou Atti-que) & Corinthienne, dans le détail delqueis je n'entrerai pas ici, parce que j ai fait des échelles divifées en parties tant fur la hauteur que fur la faillie de ces mêmes bafos, auxquelles on pourra avoir recours. I
- Ce que je viens de dire touchant les trois Ordres d'Architeélure Grecque renferme tout ce qu'il eft abfolument néceflàire aux Treillageurs de lavoir for cette partie de l'Architecture. Il me refte maintenant à faire l'application de ces mêmes Ordres aux divers genres d’édifices qu'ils imitent en Treillage, 8c à donner le détail & les proportions des différentes parties qui accompagnent les Ordres d’Architecture, foit comme faifont parties effentielles de l'édifice , ou feulement comme parties accefloires & purement de décoration.
- dnfe
- .'.ï/j
- §. III.
- p.1064 - vue 35/376
-
-
-
- Sect.I. $. III. Application des Ordres Grecs à la décoration, âc. 106$
- §. III. Application des Ordres Grecs à la décoration des Edifices ,
- & le détail des différentes parties £ Architecture , comme les Attiques,
- les Soubajfements 9 &c.
- Les Ordres d’Architecture entrent plutôt dans Fenfèmbie des Edifices , comme partie toute de décoration, que comme partie elTentielle à la conL traction , quoique ce foit de cette derniere embellie qu’ils tirent leur origine.
- Quand on veut employer les Ordres d’Architecture dans la décoration d’un Edifice quelconque, il faut avant toute chofe, fe rendre compte du rang Sc de l’ufàge de cet Edifice , afin de faire choix d’un Ordre dont l’expreffion Sc la richefle foient en rapport avec Fenfemble de ce même Edifice.
- Après avoir fait choix de l’Ordre , il faut fe rendre compte fi on l’emploiera colonne ou pilaftre, ou enfin Fun & l’autre ; fi Ion entablement fera modillo* naire ou denticulaire , afin qu’au moyen de ces connoiftànces primitives , on puifle décider de la forme des entre-colonnements , Sc par confequent de la forme Sc de la grandeur des avant ou arriere-corps, & de la* faillie de ces mêmes corps, ce qui ne peut être qu’en faifant une étude particulière de la corniche de l’Ordre qu’on veut employer 9 Sc cela avant que de rien arrêter touchant la largeur des corps Sc de leur faillie.
- On nomme entre-colonnement, la diftance qu’il y a d’une colonne à une. autre, depuis le nud de ces dernieres, ce qui étoit la maniéré dont les Anciens comptoient leurs entre-colonnements, qui étoient au nombre de cinq ; favoir, ceux d’un diamètre Sc demi ou de trois modules , ceux de deux diamètres ou quatre modules , ceux de deux diamètres Sc un quart ou de quatre modules & demi, ceux de trois diamètres ou fix modules , ceux enfin de quatre diamètres ou huit modules. Les Modernes comptent leurs entre-colon*» nements de l’axe d’une colonne à l’autre, Sc cela par rapport à la diftance, foit des mutules ou des modillons, qui doivent tomber à Fa-plomb de chaque colonne, ainfi que je Fai dit plus haut.
- Les plus petits entre-colonnements des Modernes, font les colonnes accouplées , comme celles D E 9 fig, % , lefquelies font approchées l’une de l’autre autant quil a été poffible, fans que leurs bafes ou leurs chapiteaux fo pénétraflent. Depuis cet entre-colonnement qui eft le plus petit poffible, on peut faire varier les entre-colonnements félon que l’exige la forme générale des avant ou arriere-corps, ou la grandeur des ouvertures placées dans ces entre-colonnements.
- Ces ouvertures font des portes, comme celles H I, fig. i & 2 , ou des croifees, comme celle L , fig. 2, ou enfin des niches, comme celle M, qui TrEILLAGEUR. Q12
- 1
- SGsssasssassa?
- Planche
- p.1065 - vue 36/376
-
-
-
- C\m . in n mt Mm'Mii j
- Planche
- 3^0.
- xo66 VA RT DU TREILLAGE U R, Chap. L
- eft encadrée dans le chambranle de la croifée Ly lequel peut également feryîr à recevoir une niche.
- Les ouvertures dont je viens de parler , ont des hauteurs proportionnées à leur largeur, félon l’expreflion des Ordres qui décorent les Edifices où ils font placés.
- Celles d’Ordre Dorique, comme dans les figures de cette Planche , doivent avoir de hauteur deux fois & un fixieme de leur largeur, prife du dedans de leurs pieds droits P , fig. 2 j au-deffous du focle , les ouvertures Ioniques doivent avoir de hauteur deux fois & un quart leur largeur 5 & les Corinthiennes , deux fois & demi. Ces ouvertures font quelquefois bombées par le haut, mais plus communément droites ou à plate-bande, comme celles H 6c L, fig. 1 & 2. , ou bien en plein cintre , comme celle I ; dans ce dernier cas , la partie fùpérieure de l’ouverture N > fe nomme archivolte.
- Quand les ouvertures font quarrées , comme celle H, on peut leur donner un peu moins de hauteur , proportion gardée avec leur largeur, vu que les ouvertures quarrées paroiflent toujours plus élégantes que celles dont la partie fupérieure eft circulaire. Le pourtour des ouvertures quarrées, foit portes ou croifées , eft ordinairement orné d’un chambranle U, fig. 1, dont le profil doit être le même que celui de l’architrave de l’Ordre , ou du moins à peu de différence près. La largeur du chambranle doit être le fixieme de la largeur de P ouverture au plus , & le feptieme au moins, & leur faillie fur le nud du mur doit être le fixieme de leur largeur. Au-delïus des chambranles, foit des portes ou des croifées, on met quelquefois des corniches R , lelquelles font féparées des chambranles par une frife S9 à laquelle la partie fupérieure du chambranle fert d’architrave ; de forte que la partie fupérieure ou couronnement d’une ouverture quarrée lorfqu’elle eft terminée, comme je l’ai repré-fentée dans cette figure, forme un entablement régulier, dont les proportions & le module font donnés par la largeur du chambranle & de la corniche. Cet entablement doit être de même expreffion que celle de l’Ordre qui décore l’Edifice , fans cependant être le même : il eft bon qu’il {oit d’un profil un peu plus fimple , ou que du moins les membres qui le compofent {oient moins chargés de moulures.
- Quand la place le permet, on met derrière le chambranle un double champ ou contre-chambranle T, qui monte de fond, & qui fert à porter la corniche qui profile à f à-plomb de ce dernier, dont la largeur doit être au moins égale à la moitié de celle du chambranle , ou les deux tiers au plus , à moins qu’ils ne foient ravalés en forme de pilaftres : dans ce dernier cas, ils peuvent être d’une largeur égale & même plus confidérable que celle du chambranle, qui , alors, ne peut pas avoir de croflettes furie côtéainfi que dans cette figure.
- Les croflettes font des reflauts a , qu’on fait faire à la partie fupérieure des
- p.1066 - vue 37/376
-
-
-
- *
- $ECT. /. §. III. Application des Ordres Grecs a la décoration , &c. îo6J montants des chambranles , & au dernier membre de fon profil feulement ; leur faillie doit être d un fixieme de la largeur du chambranle , & leur hauteur le quart de la hauteur de ce dernier, ou le cinquième au moins quand le chambranle tourne au pourtour d’une croifée, & qu’on met des croffettes à la partie de deffous , on leur donne de longueur le quart de celle du chambranle pris du dehors en-dehors, ou le cinquième au moins.
- Les corniches des chambranles font quelquefois fbutenues par des conjfoles * foie méplattes, comme celle X, ou chantournées en S ; dans ce dernier cas , il faut qu’elles montent jufqu’au deflous du larmier de la corniche , à moins que la cimaife inférieure de cette derniere ne fafle faillie à l’endroit des confoles, auxquelles, alors , elles ferviroient de couronnement. La partie inférieure d’un chambranle ne doit pas être terminée au-deffus du focle, parce que cela dimi-nueroit trop de là hauteur, à moins cependant que le focle ne fût très-bas , comme de la hauteur de deux à trois modules ; mais quand il eft un peu haut, comme à la jig. i , il faut faire defeendre le chambranle en contrebas du focle, 8c le terminer par une plinthe Y , dont la hauteur foie à-peu-près le double de la largeur du chambranle. Quand les ouvertures font terminées par un demi-cercle , comme celle 1 ,jig. 2 , on n’y met pas de chambranle ; mais au nud du point de centre de leurs archivoltes, on met des impolies qui reçoivent les retombées de ces dernieres.
- Les impojles O , font des parties ornées de moulures , d’un profil à-peu-près femblable à celui de l’architrave ; quelquefois, comme aux ordonnances Ionique & Corinthienne , Ion profil eft femblable à celui de la corniche du piedeftal de l’Ordre , dont on diminue la faillie autant qu’il eft pofltble, & on y ajoute un aftragale, fuppofé qu’il n’y en ait pas.
- La hauteur des impolies doit être d’un module moins la hauteur de l’aftra-gale , fuppofé qu’il y en ait un ; la partie P, qui foutient l’impofte , le nomme pieds droits ; ils doivent toujours être Mes 8c d’à-plomb , malgré les avis de quelques Architeéles anciens , 8c les exemples contraires.
- Les archivoltes IV, doivent avoir un module de largeur, & être d’un profil femblable à celui de l’architrave de l’Ordre , ainfi que les chambranles dont j’ai ^ parlé ci-delïus ; 8c il faut obferver de ne jamais mettre d’archivoltes fans impolies , ni d’impoftes où il n y aura point d’archivoltes.
- La proportion que je viens de donner pour les impolies 8c les archivoltes J n’eft bonne que pour les grandes arcades telles que celles-ci ( où elles font même un peu petites , n’ayant de largeur que le huitième de celle de l’ouverture ) , 8c à toutes les autres on leur donnera de largeur le feptieme de l’ouverture, qui, dans tous les cas, eft la melurela plus convenable.
- Le milieu des archivoltes eft quelquefois orné d’un claveau lifte, comme celui b c, Jîg. 2. , dont la largeur la plus forte doit être égale au fixieme de l’ouverture, & fa direction tendue au centre d de l’archivolte. Les claveaux
- Planche
- p.1067 - vue 38/376
-
-
-
- Planche
- 34°«
- L'ART DU TRE1LLA QEUR ; Chap. 1.
- peuvent être ornés , foit d’une confole en fculpture, ou d’une tête ou mafque $ -ce qui eft moins bien qu’une confole : ces têtes étant ainfî placées font également oppofees à la vraifemblance Sc à l’humanité.
- Quand on mettra des impolies Sc des archivoltes aux arcades , il fera bon , du moins autant qu’il fera poffible, qu’ils {oient entourés d’une niche quarrée Q, fig. 2, qui en ferme toute l’ouverture , & empêche les impolies de venir pénétrer dans les colonnes ou les pilaftres placés aux deux côtés des arcades. La faillie de la niche quarrée doit être égale à celle de l’impofle , qu’elle doit même excéder un peu , ainfî que cette derniere excede celle de l’archivolte, entre laquelle & l’arête de la niche quarrée , on doit laifîer un peu de jeu, afin qu’elle ne joigne pas contre, Sc que par conféquent ils ne femblent pas fe pénétrer l’une l’autre.
- La largeur des niches quarrées , ou, pour mieux dire 9 de leurs alettes, doit être d’un, module pris du nud inférieur des colonnes ; cependant comme il arrive quelquefois qu’on eft borné par la diftance des modillons de la corniche , ou par les triglyphes de la frife, comme à la fig. 2, cette largeur eft fujette à varier un peu , foit en plus , foie en moins, comme dans la fig. 2. Il faut obferver cependant que cette variation ne foit pas trop confidérable, ce qu’on parvient à faire en haufîànt ou diminuant la hauteur du focle qui porte l’Ordre , ce qui* donne le moyen de grandir ou diminuer l’ouverture , Sc par conféquent toutes les parties qui l’accompagnent.
- Les portes & les croifées peuvent également être décorées de la maniéré que je viens de le décrire , ainfî que les niches M, fig. 2 $ 4, en obfèrvant cependant que comme elles font pour l’ordinaire circulaires tant en plan qu’en élévation, (du moins aux ordonnances Dorique, Ionique Sc Corinthienne J lorfqu’on les décorera d’archivoltes Sc d’impofles , ces derniers doivent tourner dans l’intérieur de la niche ; Sc que quand èlles feront enfermées par un chambranle, il doit refier entre elles Sc ce dernier un efpace L , qui égale au moins la moitié de la largeur du chambranle.
- Quand il n’y a pas d’ouvertures placées dans les entre-colonnements, mais feulement des tables , comme celle Z yfig. 1, ou toute autre partie, foit d’Ar-chiteélure ou de Sculpture, on doit toujours fe rendre compte de leur forme Sc de leur grandeur, ainfî que de celle des portes, des croifées & niches dont j’ai parlé ci-deffus, afin de déterminer au jufle la largeur des entre-colonnements , & par conféquent le nombre de modillons ou de triglyphes qui doivent fe trouver d’un axe à un autre.
- L’Ordre Dorique, tel que Vignole le donne, & que je l’ai repréfenté dans la fig. 7, de la Planche 338, ne peut fouffrir d’accouplement, parce qu’il n’y a que trente parties de diftance de l’axe d’un triglyphe à l’axe d’un autre , Sc qu’il en faut au moins trente-quatre pour que les bafes ne fe pénétrent pas. Il n’y a pas d’autre moyen pour remédier à cet inconvénient, que d’augmenter la
- hauteur
- p.1068 - vue 39/376
-
-
-
- rssst
- SecT. ï. §• III. Application des Ordres Grecs à là décoration , Sa 10 hauteur de la frife* 8c par confequent la largeur des métopes, de trois par-ties, 8c h largeur des triglyphes dune partie, ce qui donne les quatre parties dont il s’en faut que les colonnes puiûènt s’accoupler , en fuivant les mefùres de Vignole. Cette augmentation de la frife, 8c par confequent de tout l’entablement , change fon rapport avec la hauteur de la colonne $ mais il n eft pas poflible de faire autrement, à moins que de faire le métope , qui eft au-deftus des colonnes accouplées de quatre parties plus large que les autres * ce qui eft un défaut de fymmétrie qu’il faut ablolument éviter. Au refte * on n’eft obligé d’élever ainfi la hauteur de la frife de l’Ordre Dorique , qu’autant que l’on fera ufage des colonnes accouplées; & toutes les fois qu’il n’y en aura pas, on fera très-bien de remettre la hauteur de l’entablement dans là proportion ordinaire, c’eft-à-dire, au quart de la colonne (*).
- Quand il y a des angles rentrants , il faut d’abord fe rendre compte lî ces angles portent fur deux colonnes, comme celle AB 9fig. 1 & y 9 OU s’ils portent d’un côté fur une colonne , comme celle E , fig. 2 & 6, & de l’autre fur un pilaftre F, même figure. -
- Dans le premier cas , il faut que la diftance des axes , vue de face & de côté^ foit égale entre elles , c’eft-à-dire , que la diftance A e, fig, y , foit égale à celle B e, même figure. Dans le fécond cas , l’axe du pilaftre F, fi g. 2 & 6, vu de face, ne doit pas être plus éloigné de la colonne E , que fi l’angle étoit porté par deux colonnes ; mais vu de côté, il doit être plus diftant de la moitié de la diminution de la colonne, de maniéré que la diftance fFy fi g. 69 foit égale à celle A e, ou e B ,fig. y ; 8c que la diftance f E, foie plus confi-dérable que ces dernieres de deux parties de modules , qui font la moitié de la diminution de la colonne ; ce qui eft tout naturel, puifque le pilaftre ne diminue pas par le haut comme cette derniere , 8c qu’il faut toujours que l’entablement tombe à-plomb du fût fupérieur des colonnes & des pilaftres, fur-tout quand ces derniers font apparents, comme ceux F 8c G, fig. 6.
- Quand ce font des pilaftres qui forment un angle , ainfi que ceux F, G , la diftance de leur axe doit être à égale celle Ef9 c’eft-à-dire, avoir de plus qu’à des angles formés par des colonnes , la moitié de la diminution de ces mêmes colonnes , qui eft , comme je viens de le dire , de deux parties pour l’Ordre Dorique, & de trois parties pour les Ordres Ionique & Corinthien ; 8c on doit auffi obferver que les diftances des axes de ces pilaftres foient égales entre elles , ainfi qu’oh peut le voir dans la fig. 6, où la diftance F g , eft égale à celle g G , & ces deux dernieres à celle f E*
- (*) Si j’ai fait choix de l’Ordre Dorique pour donner des exemples de la maniéré d’appliquer les Ordres d’Architeâure à la décoration des façades, ce n’eft pas qu’on fafle beaucoup d’ufage de cet Ordre dans les ouvrages de Treillage ; mais c’eft parce qüe cet Ordre étant le plus difficile à traiter, à caufe de la régularité des compartiments de fa frife & de fa corniche , il
- Treillageur.
- fournit plus de moyens de faire fentir la difficulté de l’application de ces mêmes Ordres Sc en même* temps ceux dont il faut fe fervir pour le faire avec tout l’avantage & la perfection poffibles, rien n’étant fi commun que l’emploi des Ordres d’Architeéture , mais auffi rien de plus rare qu’un Ordre bien exécuté, foit en tout ou en partie*
- Planche
- 349*
- R 12
- i
- p.1069 - vue 40/376
-
-
-
- Planche
- 34r°»
- xojo L'ART DU TRE1LLAGEUR, Chap. L
- En difpofànt les angles rentrants des entablements ainfi que je viens de i’em feigner j il arriva que quand il y a des pilaftres derrière les colonnes , 1 angle h ^fig. y , rentre de deux parties en arriéré du nud du pilaftre ., ce qui eft égal, quand ce dernier n’eft pas apparent ; mais s il arrivoit que la colonne A, fût fupprimée , cette rentrée de l'entablement fur le nud du pilaftre feroit un mauvais effet ; auquel on ne peut remédier quen partageant la différence par la moitié , c eft-à-dire , en faifant porter l’entablement à faux fur le nud fupé-rieur de la colonne dune partie feulement, & au contraire en le faifant rentrer dune partie fur le pilaftre, ce qui alors oblige de rentrer laxe de la colonne B 9 8c par conféquent du pilaftre qui eft derrière, d’une partie de plus que fa diftance ordinaire , prife de l’angle faillant de l’entablement.
- Quand les pilaftres régnent feuls fur un avant-corps, comme celuiI>fig* 6, l’entablement tombe à-plomb du nud de ces derniers, ainfi que je l’ai obfervé à cette figure ; mais quand ils font fupprimés, & que s’il y en a un, il eft caché derrière une colonne , comme au corps H, fig. 5 , l’entablement ne doit plus tomber à-plomb du nud du pilaftre , mais rentrer en arriéré , & faire avant-corps fur le nud de la partie H d’une ou deux parties tout au plus , comme je l’ai obfervé dans cette figure.
- Quant à la maniéré de connoître le nombre de modules ou de parties de modules qui doivent fe trouver depuis un axe d’une colonne faifant avant-corps , jufqu’à celui de la colonne qui fait arriere-corps , elle eft très-facile à quelque Ordre que ce foit, puifqu’il ne s’agit que de compter combien de parties il y a depuis l’axe de la colonne jufqu’au nud de l’entablement, enfuîte la faillie de ce dernier jufqu’au devant de la moulure qui couronne le modiilon ou le mutule ; plus, la moitié de la largeur de ce dernier, y compris la faillie de cette moulure , ce qui, additionné le tout enfemble , donne la diftance demandée, par le moyen de laquelle le compartiment de la corniche de l’entablement devient régulier & fans aucune efpece de mutilation ni de pénétration , puifque les angles des moulures qui couronnent les modillons ne font que fe toucher fans fe joindre.
- Pour rendre les compartiments plus parfaits , on met entre la faillie de la moulure qui couronne le modiilon vu de face, 8c celle qui couronne le modiilon vu de côté , une diftance égale au champ qui régné au-devant du mo-dillon jufqu a l’arête du larmier ; ce qui fait d’autant mieux , que toutes les caffettes des angles deviennent égales, ainfi qu’on peut le voir à la fig. y , où les caffettes i , /, des angles rentrants, font égales à celles des angles faillants m, n.
- Cette méthode eft générale pour tous les Ordres ; cependant à ceux où il y a un modiilon placé fur l’angle de la corniche, comme , par exemple, à l’Ordre Corinthien, 8c quon emploie cet Ordre en colonnes & pilaftres, fi ces derniers fe trouvent à des angles, il faut, pour que les cadettes de la corniche
- p.1070 - vue 41/376
-
-
-
- Y
- SECT. ï. §. ÎII- Application des Ordres Grecs à la décoration , &c. 1071
- îoient régulières , & par confequent les entre-modillons égaux, il faut, dis-je , donner moins de faillie aux membres inférieurs de la corniche, afin qu'il n'y ait pas plus de diftance du dehors du modillon de l'angle jufqu à Taxe du pila£ tre , que fi l'entablement étoit porté par une colonne. Comme cette différence de faillie dans la partie fupérieure de la corniche eft de trois parties, on pourroit la faire un peu moindre, foit en forçant la largeur du modillon de l'angle $ ou bien la largeur de la caflette ou des champs de côté , afin de lui conferver fa forme quarrée autant qu’il eft poflible.
- Que les angles foient droits , comme dans les fig. y & 6 , ou qu’ils fbient aigus ou obtus, comme il arrive quelquefois, il faut prendre les mêmes précautions pour l'arrangement des corniches des entablements , qu'il faut toujours tracer toutes détaillées, du moins à l'endroit des angles , & cela avant que de rien arrêter, tant pour le plan que pour l'élévation d'un Edifice quelconque , fi on veut éviter les défauts dans lefquels tombent fouvent ceux qui ne veulent pas prendre le foin de faire ces développements. Voye£ les fig. 3 ér 4 , qui repréfentent les plans des élévations fig. x & 2., dont les principales dimenfions n'ont été arrêtées d'une maniéré fixe, qu'après que le plan de la corniche a été tracé, ou du moins qu’après que je me fuis rendu compte $ par le moyen du calcul, des diftances que pouvoient avoir les différents entre-colonnements des fig. x & 2 , & de celles des axes des colonnes & des pilaftres des angles.
- Les avant-corps d'un Edifice s’annoncent ordinairement par quelques couronnements, comme les frontons, les amortiffements, Scc.
- Les frontons fig. r , font des corps d'Architecture dont l'ufàge eft de termi-» ner les principaux corps d'an Edifice, dont ils annoncent l'extrémité du com*{ ble, auquel leur forme aiguë eft à-peu-près femblable.
- Ils font compofés de deux corniches inclinées qui viennent fe joindre au milieu en b, & s’appuyent au point a, fur la corniche horizontale a c , dont on a fupprimé le premier membre de la cimaife fupérieure , de maniéré que c’eft la moulure fupérieure de la cimaife rampante qui vient profiler fur la moulure inférieure de la cimaife horizontale, 8c avec la cimaife horizontale de l'arriere-corps, ce qui rend la faillie de la moulure rampante un peu ca-mufe , ainfi qu'on peut le voir à la fig. I.
- Les corniches rampantes des frontons font compofées des mêmes membres que les corniches horizontales , & on y met également des modillons ou des mutules, qu'on place à l’à-plomb des corniches horizontales, ce qui augmente un peu la largeur de ces derniers. Les modillons ou les mutules des corniches des frontons font ordinairement biais, ainfi que les profils des moulures qui les couronnent : il feroit cependant plus raifonnable qu'ils fuflènt perpendiculaires à leur corniche ; mais ce n'eft pas l'ufàge.
- La proportion de la hauteur des frontons, eft à leur largeur, comme I eft
- Planche
- Si*
- p.1071 - vue 42/376
-
-
-
- Planche
- 340*
- 107a L’ART DU TREILLAGEUR,- Chap. I. à y , pris du deffous de la première moulure de la cimaife inclinée , jufqu’aü deflus du premier membre de la cimaife horizontale , & aux deux extrémités de cette derniere.
- On a encore la hauteur des frontons , en prenant la diftance' 0 c, qu’on porte de c en p ; & de ce point, comme centre, & de la diftancep a, on décrit un arc de cercle 0 q b, dont la rencontre avec la ligne perpendiculaire , donne la hauteur du fronton prife du deflous de la principale moulure de la cimaife. Cette fécondé maniéré de déterminer la hauteur du fronton , eft celle dont j’ai fait ufage dans la Jig. 1, & elle revient à peu de chofe près , à la proportion de la première.
- Les frontons font quelquefois d’une forme circulaire, comme la ligne o q b ; mais il eft rare qu’on en fafle ufàge dans des décorations d’une expreffion un peu délicate , vu que leur forme lourde convient plutôt aux ordonnances d’un caraélere folide, ce qui neft pas du rëftort des ouvrages de Treillage.
- L’efpace d, compris entre les corniches inclinées des frontons, fo nomme tympan , & eft ordinairement rempli par des bas-reliefs , comme dans la fig. 1 , ou bien par un cartel, dans lequel on place des chiffres ou des armoiries.
- Quand les avant-corps font d une très-grande largeur, on ne doit pas les couronner par un fronton, parce que la hauteur de ce dernier deviendroit trop confidérable , comparaifon faite avec la hauteur de l’Ordre, dont il ne faut pas qu’il forpaffe la moitié , ou tout au plus les deux-tiers.
- Si les frontons trop larges , & par conféquent trop hauts, font un mauvais effet, ceux qui, au contraire, font trop petits , ne font pas mieux, vu que leur tympan fe trouve réduit prefqu’à rien ; c eft ce qui m’a déterminé à écarter la colonne de l’angle B 9 de celle C, jig. 1, au lieu de les accoupler comme celles D E , jig. 2., parce qu’un fronton élevé fur c es dernieres feroit devenu trop petit. On met des frontons fur des corniches de chambranles , de croifées & de niches, ainfî que celui e , jig. 2 ; & c’eft la foule place , excepté les principaux avant-corps d’un Edifice , ou l’emploi des frontons puiffe être toléré.
- Que les frontons foient triangulaires ou circulaires , il ne faut jamais les couper par des refîàuts, & encore moins les enrouler, ce qui eft un abus dont on doit bien fe donner de garde , malgré les exemples qu’on en a.
- Les amortiffements font des corps d’Àrchiteélure ordinairement couronnés d’une corniche , & dont la partie principale f g, jig. 2 , eft d’une forme fi-nueufo, tant de face que de profil, ce qui les diftingue des attiques dont je parlerai ci-après. Les amortiflements fervent à couronner des avant-corps qui font trop étroits pour qu’on puifle y mettre un fronton, & fopportent ordinairement un couronnement de Sculpture quelconque, comme des trophées, des figures aflïfos ou couchées, des armoiries, & c.
- Le
- *
- p.1072 - vue 43/376
-
-
-
- SeCT. /. §. III. Application des Ordres Grecs à la décoration, éc. 107^
- Le milieu des amortiiïements eft ordinairement orné d’une table plus ou , 1--^ moins riche , félon i’exprelîion de l’Ordre quils couronnent ; Sc leur premier Planche focle doit toujours être d’une largeur égale à celle du corps fur lequel il eft placé , comme on peut le voir dans la fig, 2, La hauteur des amortiftements ne doit pas furpaffer celle de la moitié de la hauteur de la colonne, Sc cela du defl~us de leur corniche au-deffous de leur focle, qu’on fera plus ou moins haut, félon la plus ou môins grande faillie de l’entablement , Sc la diftancé ‘ d’où ils peuvent être apperçus*
- Les entablements font, en général, toujours couronnés , ou , pour mieux dire, furmôntés par un Corps d’Architeélure quelconque , foit par un fimplé focle, comme à la fig. 2 , ou bien par une baluftrade , comme à i&fig, r.
- Les baluftrades font des efpeces de piedeftaux, dont le dé eft percé à jout Sde diftante en diftancé , Sc rempli par des efpeCes de petites colonnes d’une forme contournée, nommées balujlres. Quand les baluftrades fervent de couronnement aux Edifices, comme dans cette figure , leur hauteur eft relative avec Celle de la colonne , ou , pour mieux dire * avec fon diamètre * parce qu’à toutes les ordonnances la baluftrade doit avoir quatre modules & demi de hauteur; favoir, un demi-module pour la corniche ou tablette r, fig. 1 , deux modules pour la hauteur du dé, & par conféquent du baiuftre s * ün demi-module pour celle du premier focle t, & un module & demi pour le fécond focle ou piedouche u* Si l’on n’aVoit pas de diamètre de colonne donné * mais feulementla hauteur de la baluftrade, on diviferoit cette hauteur en neuf parties égales * dont Une pour la tablette, quatre pour le baiuftre * un pour le premier focle , & trois pour le fécond.
- Lè baiuftre eft compofé de quatre parties 5 favoir * fbn chapiteau 1 > le col 2 j la panfe 3 , & la bafe 4, dont on a les proportions de la maniéré fuivante*
- On divife toute la hauteur du baiuftre en cinq parties égales, dont on prend urie pour la bafe. Cette première divifion fe fubdivifè en douze parties égales, lefquelles fervent à déterminer la groflèur du baiuftre, comme je 1© dirai ci-après ; le refte de la hauteur du baiuftre fe divife en cinq autres parties, dont Une eft la hauteur du chapiteau , qu’on fubdivifè en trois parties égales, dont une pour le gorgerin, une pour les moulures qui le couronnent *
- & 1’ autre pour le tailloir. Le refte de la hauteur du baiuftre ^ c’efbà-dire, l’ef* pace qui refte entre la bafe Sc le chapiteau * fè divife encore en cinq parties égales, dont deux fervent à déterminer la hauteur de la panfe , Sc les trois autres celle du col, dont la groflèur eft la moitié de celle de la panfe , laquelle eft plus où moins groflè, félon Texpreflion de l’Ordre fur lequel le baiuftre eft placé ; à l’Ordre Dorique*.la panfe doit avoir vingt-trois douzièmes de la hauteur de fà bafe , c’eft-à-dire, deux fois cette bafe moins un douzième ; à l’Or-4 dre Ionique , vingt-deux douzièmes, au Compofite vingt-un, Sc au Corinthien vingt. La panfe de ce dernier baiuftre n eft féparée de fon col par aucuns Treillageur, Sia
- p.1073 - vue 44/376
-
-
-
- Planche
- 1074 VA R7' DU TRE1LLAGEUR, Chap. L
- moulure ; mais elle eft taillée en forme de poire ; de forte que le col & la panfô ne font pas deux parties féparées comme aux baluftres des autres Ordres, qui tous font ronds par leurs plans, à l’exception du Dorique , qui eft quarré. Aux baluftres qui font ronds par leur plan , il faut toujours que la plinthe de ' leur bafe & le tailloir de leurs chapiteaux foient quarrés, malgré les exemples
- contraires.
- Les baluftres doivent être efpacés, tant pleins que vuides , c’eft-à-dire, qui! y ait entre deux cols la largeur d’une panfe, & entre deux panfes la largeur d’un col. Le nombre des baluftres doit toujours être non-pair , afin qu’il s’en trouve un au milieu de la travée ; que leur nombre ne foit pas moindre que cinq, & ne furpafle pas celui de treize, du moins autant qu’il eft poflible. A l’extrémité de chaque travée de baluftre, il faut mettre des petits pieds-droits x9 nommés aufli acrotercs, lefquels doivent avoir à-peu-près la largeur d’un baluftre, & êtrodiftants delà panfe du dernier baluftre de la largeur d’un col.
- La longueur des trav éesde baluftrade, ou, pour mieux dire , leur largeur , eft déterminée par celle des entre-colonnements, à fà-plomb defquels il faut que les piédeftaux reflàutent, encore que l’entablement pafle droit.
- En général, les baluftrades & les baluftres doivent être d’une richelfe analogue à celle de l’Ordre fur lequel ils font placés ; & lorfque leur dé eft orné de tables, il faut que ces dernieresfoient difpofées comme celles des piédeftaux des x colonnes des Ordres, en obfervant toutefois de les faire un peu moins riches.
- Au - deffus des baluftrades ou des focles placés fur les entablements , on met quelquefois des ouvrages de Sculpture , comme des figures , des trophées , des vafes, des caflolettes, &c; chacun de ces différents ornements doit être en rapport avec la hauteur de la colonne. Les figures doivent ^avoir de hauteur le tiers de celle de la colonne , plus celle d’un focle placé deftous, dont la hauteur doit être égale à celle de la moitié de la tête de la figure ; cette proportion eft toujours la même, foit qu elles foient placées fur les colonnes ou dans une niche , comme celle M 9fig. 2 ; dans ce dernier cas , il faut que l’œil de la figure foit placé au centre de la niche , ce qui fait qu’on met quelquefois fous la figure un piédouche ou ftylobate qui l’éleve à la hauteur convenable, quand il arrive, comme dans cette figure, que la niche eft plus haute qu’il ne faut pour que la figure qu’on y place atteigne à la hauteur du centre de cette derniere. Quand à la place des figures on mettra des enfants, on leur donnera de hauteur la moitié de celle de la figure, ou le fixieme de celle de la colonne. Les trophées , foit de guerre , de pêche, de chaflè ou autres , doivent avoir de hauteur les deux tiers de celle des figures , ou les deux neuvièmes de la hauteur de la colonne, ce qui eft la même chofe. Les vafes doivent avoir la même hauteur que les trophées. Enfin les caflolettes auront la moitié de la hauteur du vafè, ou un neuvième de la colonne.
- L Les Edifices dans la décoration defquels on emploie les Ordres d’Architeélure ,
- p.1074 - vue 45/376
-
-
-
- SeCT. /. §. HL Application des Ordres Grecs à la décoration 5 &c, iôyj ne font pas toujours à un feui étage , ce qui a fait imaginer de mettre plusieurs -Ordres les uns fur les autres, pour décorer chaque étage , ou même pour en décorer un feui, comme on a fait long-temps à nos portails d’Eglifes , & à la décoration des façades des Palais.
- Comme ce neft pas ici le lieu de faire connoître les défauts qui réfultent de Tahus qu’on a fait de furmonter les Ordres au-deflus les uns des autres, je me contenterai de dire que pour éviter ces défauts, on a cru ne devoir employer qu’un fèui Ordre à la décoration de la plupart des Edifices , quoique ces derniers ayent plufieurs étages , & cela en plaçant l’Ordre d’Architeélure fur un foubaflement, comme le repréfente la fig. 1 , ou en le furmontant d’un Attique, comme dans la fig. 2 , ou en faifànt ufàge de l’un & de l’autre , au milieu defquels l’Ordre fe trouve placé.
- Les foubaflements ne font, à proprement parler , que des piédeftaux très-* élevés j dans lefquels on perce des ouvertures A, A , fig. 1, pour éclairer ou donner entrée dans les étages au rez-de-chauflee. La hauteur des foubafle-ments doit être égale aux deux tiers de celle de l’Ordre placé delfus ( ou qui eft fuppofé y être , ce qui eft égal ) , y compris celle de l’entablement, plus un focle de deux modules , qu’on fuppofe être placé fous les colonnes , quoique ce focle puifle être plus haut , Sc qu’il puifle y avoir même des piéde£ taux , ce qui ne change rien à cette proportion, qui eft la plus grande qu’on puifle donner aux foubaflements, qui peuvent être réduits jufqu’à la moitié de la hauteur de l’Ordre , y compris l’entablement & même un focle de deux modules. La corniche B des foubaflements, doit avoir de hauteur un module de l’Ordre de deflus ; fon gorgerin C, la moitié de la largeur de la corniche ; & Taftragale D , le tiers du gorgerin, ou tout au plus la moitié. Cette corniche , ainfi que les ouvertures des foubaflements, doivent être d’une expref fion plus folide que celle de l’Ordre qui eft placé deflus , ainfi que je l’ai ob-fervé à la fig. 1 , où la corniche & les ouvertures du foubaflement font d’ex-preflion Dorique î cependant comme les foubaflements font des efpeces de piédeftaux f il feroit raifonnable que leurs corniches fuflent d’un même profil que celle du piédeftal de l’Ordre qui eft placé fur le foubaflement.
- Les focles des foubaflements doivent avoir de hauteur le fixieme de celle de ces derniers , ce qui revient à-peu-près à deux modules de l’Ordre de deflus ; & quand on y met un double focle, il faut qu’il ait de hauteur le tiers du premier.
- La décoration des foubaflements doit être très-fimple , pour faire valoir l’Ordre du deflus : on emploie quelquefois dans la décoration des foubaflements les refends, les boflàges ou autres membres d’Architeélure , dont je ne parlerai pas ici, vu qu’on n’en fait jamais aux ouvrages de Treillage.
- L’Ordre Ionique de cette figure eft difpofé en forme de colonnade , au-! trement dit périftyle?ce qui neft autre choie qu’une gallerie qui eft quelquefois
- Planche
- 341*
- !
- p.1075 - vue 46/376
-
-
-
- Planche
- 341.
- 1076 VAUT DU TRFlLLAGËÜR, Chip. L
- adoffée, ou bien ifolée comme celle-ci, dont le plan eft repréfenté fig. 3. Les colonnes des périftyles peuvent être folitaires ou accouplées, comme dans les fig, 1 & 3 , fur-tout quand ils font d’une certaine longueur , parce que les colonnes ainfi accouplées annoncent plus de folidité. Que les colonnes foient accouplées ou folitaires, il faut que leurs entre-colonnements foient d’une ouverture proportionnée avec l’expreffion de l’Ordre : cette proportion doit être prife du deffous de l’entablement au-deifüs de l’appui de la baluftrade* ainfi que je l’ai obfervé dans h fig. 1, du moins à peu de chofe près.
- La largeur d’un périftyle doit être égale à celle des entre-colonnements , afin que les plates-bandes foient égales de longueur, & que le plafond qui eft entre elles foit exactement quarré.
- On nomme plates-bande, le defîous de l’entablement , ou , pour mieux dire, de l'architrave , lequel pafle droit d’une colonne à l’autre , foit fur la longueur, foit fur la largeur d’un périftyle , ainfi que celles JT, E,fig. 3, que j’ai indiquée par des lignes ponctuées fur le plan des bafes des colonnes. La largeur des plates-bandes doit être égale au fût fupérieur des colonnes ; & elles font ornées de l’architrave de l’Ordre dans l’intérieur des entre-colonnements. Ces architraves fupportent les plafonds de ces derniers ( c’eft-à-dire, des entre-colonnements ) & ces plafonds font ordinairement creufés en voufïùres, comme je l’ai indiqué par des lignes ponctuées, tracées fur l’élévation , fig. 1*
- Quand les colonnes font accouplées, comme dans cette figure , comme l’ef pace F , fig. 3 , qui refte entre les deux plates-bandes, n’eft pas fort confia dérable,on ne fait pas régner l’architrave de l’Ordre dans ce vuide , c’eft-à-dire, fur les côtés des plates-bandes ; mais on fe contente de féparer ces dernieres par un renfoncement dont la hauteur eft à-peu-près égale à la première face de l’architrave. Voye{ la fig. 1, où j’ai indiqué ce renfoncement par des lignes ponctuées.
- Le defîous des plates-bandes E, fig. 3 , eft orné foit decaflettes & de rofàces, ou Amplement d’un ravalement dans toute leur longueur, dans lequel on met des ornements courants. Le defîous des plafonds G, G, même figure, eft auffi orné de divers compartiments , foit ronds ou quarrés , lefquels font enrichis de Sculpture , comme des trophées en bas-relief, des guirlandes, &c.
- Quand les périftyles font élevéç fur un foubaflèment, comme à la fig. 1, le vuide de leur entre-colonnement entre les fbcles qui portent les colonnes , doit être rempli par des travées de baluftres ou des entre-lacs, comme ceux H, fig. 1. Que ces travées foient remplies d’une façon ou de l’autre, il faut que leur hauteur , du deffus de leur tablette , foit aflùjétie à la grandeur humaine, ce qui fait quelles ne peuvent pas avoir plus de deux pieds & demi de hauteur , pris du deffus du fol intérieur , & autant qu’il eft poffible , on fait régner le deffus des tablettes avec le deffus des focles des colonnes , qu’on affujétit à la hauteur des baluftrades, ainfi que je l’ai fait ici,
- Les
- p.1076 - vue 47/376
-
-
-
- Sect. K §. III. Application des Ordres Grecs à là décoration, &c. iojj
- Lés travées des baluftres fe placent quelquefois au milieu de Taxe des colonnes ; mais on fait mieux de les faire tomber à l’à-plomb de l’entablement extérieur , ce qui grandit l’intérieur du périftyle , Sc donne à ceux qui s’y promènent la facilité d’appercevoir plus aifément ce qui fe pafle au-dehors.
- Quand la partie fupérieure des périftyles n’efl: pas terminée en terrafle * Sc qu’elle ne peut pas fervir à la promenade, il n’efl: pas néceflaire de les couronner d’une baluftrade , à la place de laquelle on fait beaucoup mieux d’y mettre un focle orné de tables, (oit {aillantes ou renfoncées, au-deflbus defquelles on fait régner une plinthe ou premier focle , qui profile à l’à:plomb du nud du fut fùpérieur des colonnes»
- Cette maniéré de terminer un périftyle, vaut d’autant mieux, qu’on ne répété point les baluftrades , Sc qii’on ne doit employer ces dernieres qu’où elles peuvent Sc doivent fervir d’appui.
- Les fig. 2 & ,4, repréfentent l’élévation & le plan d’une ordonnance Ionique , placée fur un piédeftal, & fùrmontée d’une Attique , efpece d’ordonnance employée par les Athéniens pour couronner leurs Edifices \ Sc en cacher le comble.
- Les Modernes ont fait des Attiques une efpece d’Ordre-pilaftre, dont le diamètre eft; à fà hauteur comme I eft à 6, & on l’emploie dans les étages fupé-rîeurs, en y perçant des croifées, malgré l’exemple Sc l’autorité des Anciens* qui ne faifoient, comme je l’ai déjà dit, ufàge des Attiques .que pour couronner leurs édifices.
- L’Ordre Attique, tel que les Modernes l’emploient, Sc que je l’ai repré~ fenté ici, doit avoir de hauteur.du deflùs de fa corniche au-deflbus de fon focle, la moitié de celle de l’Ordre qui eft placé au-deflbus , compter du deffus de fon entablement au-deflous de fon focle ou du piédeftal, fuppofé qu’il y en ait un, comme dans la fig. 2.
- Cette hauteur eft la plus confidérable qu’on puifle donner aux Attiques , qui peuvent être réduits jufqu’au tiers de la hauteur de l’Ordre, y compris l’entablement Sc le focle ou le piédeftal.
- Toute la hauteur de l’Attique fe divife en huit parties égales , dont une à la corniche /, fig. 2 , fix au pilaftre L , Sc une partie pour le focle M; une des fix parties du pilaftre fert pour la hauteur du chapiteau H avec fon tailloir, non compris l’aftragale , Sc une demi-partie pour la hauteur de la bafe : refte quatre parties Sc demie pour le fût du pilaftre, qui eft ordinairement ravalé, & qui a de largeur le fixieme de fa hauteur, y compris bafe Sc chapiteau. La corniche de l’Ordre Attique Moderne, eft ordinairement architravée, & fon profil doit être d’une même expreflîon que l’Ordre de deflous ; Sc quand on mettra des baluftrades, figures, vafes, <3cc, au-defîus des Attiques, il faut leur donner de hauteur les cinq fixiemes de ceux du même Ordre.
- Les chapiteaux Attiques font plus ou moins riches , félon 1 expreflîon de TrEJLLAGEUR. T 12 '
- Planche
- S*'-
- p.1077 - vue 48/376
-
-
-
- Planche
- il1*
- atg78 U art nu TREILLAGEUR, Chap. 1:
- z l’Ordre fur lequel ils font placés. Les uns, comme celui N, font compo-fés de deux rangs de feuilles , dont celles de defîus portent fous le tailloir , Sc font au nombre de trois ; favoir , une au milieu, Sc les deux autres reployées fur l’angle. Il y a quatre feuilles au rang de deflbus, dont deux de face, Sc les deux autres de profil.
- L’autre chapiteau O a des volutes comme le chapiteau Corinthien , Sc un rang de feuilles au nombre de trois, dont une de face , & les deux autres reployées fur l’angle; les bafes des pilaftres Attiques font auffi plus ou moins riches , Sc la faillie du pilaftre doit être d’un fixieme de fon diamètre.
- Les croifées Attiques doivent avoir de largeur les cinq fixiemes de celle de l’Ordre de deffous , Sc avoir de hauteur une fois Sc demie leur largeur. Comme dans les ouvrages de Treillage, on ne fait pas ufàge des croifées Attiques , je ne m’étendrai pas davantage à ce fujet. L’efpace que ces croifées occupent, doit être remplacé par des tables P, fur lefquelles on met des trophées ou autres ornements de fculpture.
- L’ordonnance Ionique , repréfentée dans la fig. a, peut fervîr à décorer la principale entrée d’un Jardin ; & dans le cas où on voudrait qu’elle fèrvît à terminer lb point de vue d’une allée, on pourrait convertir fon arcade en une grande niche, fur le plan de laquelle on mettrait deux colonnes , comme je l’ai indiqué dans le plan fig. 4, où le plan de cette niche eft marqué par des lignes ponétuées.
- Il faut faire attention que le point de centre de cette niche ; doit être placé au devant de la faillie de l’entablement, afin que la faillie de ce dernier ne rentre point en-dedans, comme il arriverait néceflàirement, fi ce point de centre étoit placé au nud du devant des colonnes.
- Ce que je viens de dire touchant les trois Ordres d’Architeélure Grecs , leur application à la décoration des Edifices, Sc les diverfes [parties qui accompagnent ces Ordres, renferme à-peu-près tout ce qu’il eft néceflàire que les Treillageurs fâchent d’Architeélure , pour être en état non-feulement d’exécuter les deffins qui leur font donnés par les Architeéles , mais encore pour en compofer eux-mêmes , du moins exempts de fautes groffieres. Si je me fuis un peu étendu fur cette partie de l’Architeélure, qui a pour objet la décoration , • ce n’eft pas que les ouvrages de Treillage foient abfolument aflujétis à toute la févérité des réglés de l’Architeélure ; au contraire, c’eft, à ce que je crois,’ le cas où l’on peut le plus s’écarter des réglés , Sc fe permettre des licences, qui, fans faire tort à l’enfemble de la décoration, donnent la facilité de laifîer plus de carrière au génie pour produire des décorations d’une expreflion en même-temps riche Sc légère. Mais pour s’écarter des réglés , il faut du moins les connoître pour être en état de diftinguer celles qu’il eft abfolument eflen-tiel de fuivre , & celles dont on peut s’écarter. La route que j’enfeigne ici, eft peut-être un peu longue Sc difficile à fuivre ; mais c’eft cependant l’unique Sc celle qu’ont fuivie tous ceux qui fe font diftingués dans leur état.
- p.1078 - vue 49/376
-
-
-
- SECT. IL Notions élémentaires de tArt du Trait, &e.
- Section S.e c o n
- d E.
- Notions élémentaires de ! Art du Trait, relatives a celui du Treillageur«
- L’Art du Treillageur a pour objet non-feulement la décoration des jardins; mais encore la conftruétion de différentes pièces propres à procurer l’ombre & le frais, comme les Salions Sc les Cabinets de Treillages, les Galleriesou Berceaux , &c, lefquelles font toutes recouvertes en defïus par des parties de treillages, formant foit des dômes ronds ou en impériales , des calottes , des voûtes, foit en arcs de cloître ou en berceaux, des vouffures de toutes les e£ peces, des trompes, des queues de paons ou panaches , des lunettes , &c, dont il faut déterminer non-feulement les différentes courbures prifes géomé* tralement, (c’eft-à-dire, perpendiculairement à leurs faces ), mais encore celles que produifent les angles de ces voûtes, lefquelles font toutes difpofées en différents compartiments réguliers , du moins autant que ces différentes parties peuvent le permettre. Il eft donc eflentiel que les Treillageurs foient bien inftruits de la partie de l’Art du Trait qui a pour objet la maniéré de déterminer la courbure des arêtiers & des différentes parties de voûtes, & auffi le développement des forfaces de ces mêmes voûtes, pour pouvoir parvenir à y tracer toutes fortes de compartiments. Ces notions de l’Art du Trait, font d’autant plus néceflàires aux Treillageurs , que c’efl; eux qui tracent aux Serruriers la courbure, ou, comme ils difent, le flmblo des fers qui entrent dans la conftruélion des voûtes de treillage, dont non-feulement ils augmentent la folidité, mais encore auxquels ils afïurent une forme confiante Sc durable , le fer n’étant pas, ainfi que le bois, fujet à fo cintrer inégalement ni à fe redreffer quand une fois il a reçu la forme convenable.
- Je n’entrerai pas ici dans le détail de la forme que peuvent prendre les différentes voûtes 'des ouvrages de Treillage , vu que ces formes peuvent être variées à l’infini ; je me contenterai donc de donner quelques exemples généraux applicables à tous les cas, du moins autant qu’il me fera poffible de le faire.
- La fig. i, repréfente le plan d’un Berceau en angle, dont les faces repré-fentées en élévation , fig. 2 & 4, font d’inégale largeur, quoique d’une même hauteur, & dont la courbe d’arête , repréfentée en plan par la ligne AB, fig. 1, fe trace de la maniéré fuivante. Le cintrede l’élévation de face, fig. 2, étant donné , on le diyife en un nombre de parties quelconques, comme aux points a , b y c 9 d} e ; puis on abaiffe de chacun de ces points des lignes perpendiculaires fur le plan , & que l’on prolonge jufqu à ce qu elles rencontrent la dia? gonale A B , fig. 1 , aux points f y g, hy i9 /, defquels, ainfi que de celui B y on éleve autant de perpendiculaires, dont la hauteur étant égale à
- Planche
- p.1079 - vue 50/376
-
-
-
- io8o L'ART DU T RE IL LAG E U R, Chap. I.
- — celles de la fig. 2 , donnent les points m,n,o,p,q&.r, par lefquels on Planche fait palier une ligne courbe, qui eft celle d’arête demandée, & repréfentée 3'*2' en plan par la ligne AB. -
- Si cette courbe au lieu d’être placée direétement dans l’angle J comme celle A B, s’étendoit davantage fur la longueur du berceau , comme 5 par exemple , la ligne A C, on fe ferviroit toujours de la même méthode pour tracer la courbe élevée fur cette ligne, laquelle ne différeroit de celle élevée fur la ligne A B , que par fon étendue , ainfi qu’on peut le voir à la fig, y 5 où fai repréfenté cette courbe avec les lignes qui ont fervi à (a confection.
- Les côtés du plan repréfenté fig. 1 , font d’une largeur inégale , comme je l’ai dit plus haut ; ce que j’ai fait afin d’avoir occafion , Sc cela fur la même figure, de démontrer la maniéré de tracer le cintre de la face d’inégale largeur, ce qui fe fait ainfi qu’il fuit.
- Le cintre de face étant donné, comme la fig. 2 , on abaifïè des divifions de ce cintre des lignes qu’on mene jufqu’à la diagonale du plan , aux points de rencontre de laquelle on les fait retourner parallèlement à l’autre côté du plan , Sc on les prolonge au-delà jufqu’au travers de l’élévation du petit côté repréfenté fig. 4, dont on a le cintre en donnant à chacune des perpendiculaires qui la traverfent, une longueur égale à celle de la fig. 2, qui leur font correfpondantes ; c’eft-à-dire, que la diftance 6 s, fig. 4, doit être égale à celle 1 a , fig. 2 ; celle 7 t, égale à celle 2 b ; celle 8 u 9 égale à celle 3 c ; celle 9 x, égale à celle 4 d ; celle 10 y , égale à celle $ e ; Sc celle G % , égale à celle E H. Si au lieu d’avoir le cintre du grand côté donné, on avoit celui du petit côté 9 cela ne changeroit rien à la maniéré d’opérer 9 puifqu’au lieu de prendre des mefùres fur la fig. 2 , on les prendroit fur la fig. 4.
- Il faut cependant obferver qu’il vaut mieux déterminer la forme du plus grand côté le premier , fur-tout quand elle eft régulière , comme la fig. 2 , qui eft un demi-cercle (la moitié étantprife pour le tout) : fi, au contraire,1 c’étoit le petit côté qui fût d’une forme régulière , ainfi qu’à la fig. 3 , on commenceroit , dans ce cas, par déterminer la forme de ce petit côté, pour avoir enfuite celle du plus grand , repréfenté fig. 6, comme je l’ai obfervé dans cette Planche, où la fig. 2, fert également de cintre original à la fig. x , & à la fig. 3 , dont elle eft le petit côté, Sc par le moyen duquel j’ai tracé le grand repréfenté^. 6.
- Quand au lieu d’un cintre, comme dans la fig. 2, on n’a qu’une ligne inclinée, comme de DIH, on a la longueur de cette ligne dans l’angle du plan, fig. i, par la même méthode que la courbe de cet angle, c’efl-à-dire, qu’il faut élever lùr la ligne AB, une perpendiculaire Br, dont la hauteur loit égale à celle EH, fig. 2. ; puis du point A, fig. ï, on mene une ligne droite au point r, dont la longueur eft celle de la ligne d’arête développée félon l’in-clinaifon de la ligne D H, fig. 2. Quand
- p.1080 - vue 51/376
-
-
-
- Sect. IL Notions élémentaires de ! Art du Trait, &â. Iô8r
- Quand les berceaux font d'une forme circulaire ou ovale fur le plan , comme dans la fig. 3 , on trace fur ce plan autant de cercles ou d'ovales concentriques qu'on a de points donnés par les perpendiculaires de l'élévation de face , ou , pour mieux dire , prife fur un des axes du plan , fi ce dernier eft de figure ovale, comme la fig. 3 ; Sc par le moyen de ces cercles ou ovales concentriques , on a le cintre non-feulement du grand côté repréfenté fig. 6 , mais encore des courbes prifes à tel point du plan quon le juge à propos * comme, par exemple, celle LIN, prife fur la ligne M N, toujours par la méthode ordinaire.
- Quand les plans fupérieurs & inférieurs des voûtes ne font pas parallèles entre eux , Sc par conféquent de formes femblables , comme à la fig. 7, dont la partie fupérieure AB C eft un cercle, Sc la partie inférieure D E F un quarté-long, de maniéré que la diftance D A fbit plus grande que celle C Fy on commence par déterminer les deux cintres de face, fig. 8 & n9 fuivant la méthode que j'ai donnée ci-deifus, fig• 1, 2 & 4 ; ce qui donne fur le pl an les points a 9 b 9 c 9 d 9 e Sc fi9 g 9 h , i, k; enfuite fur la diagonale du plan, prife de l'angle E ; Sc du milieu du cercle I en B , on trace une courbe de la même efpece que celle des cintres de face , c'eft-à-dire, une portion d'ovale ; enfuite des points de divifion du cintre de face , fig. 8 , (ou de l'autre fig, 11 , ce qui eft égal ) , on trace , fig. 8 , les lignes horizontales Im 9 n o, p q , r s , Sc t u , qu'on porte ftir la fig, 7 , en obfervant que leurs diftances à la ligne E B , loient égales aux diftances des premières à la ligne FC; Sc des points 1, 2, 3,4 Sc y, où ces lignes horizontales ( ou pour mieux dire parallèles à la ligne E B 9fig, 7 ) rencontrent la courbe d'arête, on abaifte autant de perpendiculaires à la ligne E B, lefquelles la rencontrent aux points x ,y 9^9 & , x . Ces points font néceflàires pour avoir fur le plan des lignes , par le moyen defquelles on trouve des courbes prifes à telles parties du plan qu'on le juge à propos. Comme les extrémités fupérieure Sc inférieure du plan ne font pas parallèles entre elles, par conféquent de nature différente, il faut que les lignes qu5on trace ftir le plan , dont les extrémités ont été données par la retombée des trois courbes de face Sc d'arête, il faut, dis-je , que ces lignes approchent plus ou moins de la nature de celles des extrémités du plan , en raifon de ce quelles feront plus ou moins éloignées de ces mêmes extrémités -, c’eft pourquoi dans le cas dont il eft ici queftion les lignes du plan font autant d'arcs de cercles qui paflent par les points donnés , Sc dont les centres font toujours placés fur les lignes A G, & C G * prolongées autant qu'il eft néceiïàire , de maniéré que les dernieres lignes $ comme celles f x, ou x a , deviennent prefque droites.
- Si le plan intérieur , ou , pour mieux dire , fupérieur, étoit un ovale au lien
- Planche
- d'être un cercle , comme celui A B C, il faudroit que toutes les lignes Treillageur* V12
- p.1081 - vue 52/376
-
-
-
- Planche
- Planche
- 343-
- Ï082 HART DU TREILLAGE U R, Chap. L fuflent elliptiques, du moins celles qui approcheroient le plus de la partie in* térieure du plan.
- Les lignes f x , g y , h £, Sec, étant tracées, on a le cintre de toutes les courbes prifes fur le plan, en fuivant la méthode que j’ai donnée ci-deflus , 8c par le moyen de laquelle fai trouvé le cintre des courbes fig. 12 & 13 , pri-fes fur les lignes H I, & L M, lefquelles lignes divifent le plan en parties égales , tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
- Si le cintre de la voûte repréfentée en plan , jig. 7 , au lieu d'être cintré, foit en demi-cercle ou en demi-ovale, fiirhaulfé comme le petit cintre de face , fig. 8 , ou furbaiffé comme la courbe prife fur la diagonale E B , fi, dis-je, ce cintre étoit en S, cela ne changerait rien à la maniéré d'opérer ; car après avoir tracé à part les deux cintres des bouts , fig. 9 6 11, & celui de la diagonale,10 , on diviferoit la hauteur de ces cintres en un nombre de parties égales quelconques, & des points où ces divifions rencontrent les cintres de ces courbes, on abaifferoit autant de perpendiculaires qui donnent la naiflànce des lignes intermédiaires du plan ; ce qui, je crois, eft très-facile à entendre , fi on a fait un peu d'attention à ce que je viens de dire ci-delfus.
- Il faut obfèrver que toutes les opérations font faites de la face intérieure des courbes , parce que j'ai fuppofé que c’étoit la partie apparente de l'ouvrage ; fi au contraire c’étoit la face extérieure qui fût apparente , on mettrait 1 epaifleur des courbes en-dedans, au lieu de la mettre en-dehors, comme je l’ai fait ici.
- Ce que je viens de dire renferme tout ce qui concerne les arêtes des berceaux fuppofés à une même hauteur. U faut maintenant donner la maniéré de tracer la courbure que produit la rencontre de deux berceaux d'inégale hauteur de cintre, ce qui fe nomme en Architeéture , une voûte formant lunette ce qui s’entend de la moins haute, laquelle fe trace de la maniéré fuivante.
- Le cintre de face du grand berceau étant donné, comme la fig. r , on le divife à l'ordinaire en un nombre de parties égales quelconques, qu’on trace fur le plan , comme je l’ai enfeigné ci-deflus , & qu’on« peut le voir dans la fig. 4. On trace pareillement fur l’élévation le petit cintre A B C, fig. 1, dont le diamètre eft borné furie plan ,fig. 4,0e qui étant fait , des points de divifion du cintre de face du grand berceau , on mene autant de parallèles, jufqu’à ce quelles rencontrent le petit cintre A B C, aux points C b, c>d} defquels on abaiffe autant de perpendiculaires au plan, & que l'on prolonge jufqu’à ce qu’elles rencontrent les lignes de ce dernier, qui leur font corref-pondantes, c’eft-à-dire, qui proviennent des mêmes points de divifion du grand cintre de face , fig* 1 ; & par chaque point de rencontre de ces lignes, on fait paffer une courbe D E F, qui forme l'arête de la lunette vue en plan, dont on a la véritable longueur en développant la partie du grand cintre de face, dans laquelle le cintre de la lunette eft compris, ainfi qu’à la fig. 2, où
- p.1082 - vue 53/376
-
-
-
- Sect. IL Notions élémentaires de VArt du Trait, êù. 10S3 la diftance quil y a entre chaque ligne parallèle eft égale aux divifions du grand cintre de face , fig. r.
- Ce développement étant ainfi fait, des points F 9 e >f9 g9h , du plan, on éleve autant de perpendiculaires , qui venant à rencontrer les lignes de félévation développée, fig. 2 , donnent le cintre de la courbe de la lunette développée, dont on a la véritable longueur en développant enfuite cette derniere courbe fur une ligne droite ; ce qu’il eft quelquefois néceflàire de fàvoir, fur-tout quand ces fortes de courbes font confiantes en fer, ce qui eft la meilleure façon de les faire.
- Lorfqu’à la rencontre de deux voûtes, ou, pour mieux dire, de deux ber^ ceaux qui fe croifènt à angle droit, on fait une voûte plus élevée , foit en dôme ou en calotte , dont le plan circulaire prend naiflànce au-defîus du cin-tre des berceaux , ainfi que celui G H I, fig. 4, en plan Sc en élévation* fig. 3 , coté des mêmes lettres , fefpace qui refte du point H au poinc L , qui eft fangle du plan inférieur , fe nomme pendentif, ou queue de Paon , pat rapport à févafement que forme cet angle pour regagner la différence des plans fiipérieur Sc inférieur ; la ligne du milieu de ces pendants ne forme pas une ligne droite en élévation, mais une courbe dont on a le cintre de la maniéré fuivante.
- Le cintre de face d’un des berceaux étant donné & divifé comme je fai enfeigné ci-deflus , de chacune de ces divifions on abaifle fur le plan autant de perpendiculaires, jufqu’à ce quelles rencontrent la ligne M /, du plan fig. 4, laquelle repréfente l’extrémité de fun des berceaux, Sc qui fait par confisquent tangente avec le cercle G H /, du plan fupérieur : de chacun de ces points de rencontre , & du centre N, on décrit autant d’arcs de cercle , lefquels venant à couper la ligne L H, donnent fur cette derniere autant de points, d’après lefquels on trace fur le plan même, ou bien à part, comme je l’ai fait, fig. J, la cerce de la courbe du milieu du pendentif, cotée des mêmes lettres que fur le plan Sc fur l’élévation, fig. 3.
- Si au lieu d’une feule courbe, on vouloit en avoir plufieurs , on fe fèrvi— roît toujours de la même méthode, ce qui ne fouffre aucune difficulté , du moins tant que cette courbe formera une ligne droite fur le plan, comme celle i l, fig. 4, ce qui ne peut pas toujours être , comme quand , par exemple, on veut que ces lignes divifent en parties égales chaque cerce du pian , comme celle m n 0 ; alors il arrive que cette cerce devient cintrée fur le plan , comme on peut le voir dans cette figure.
- Il arrive fouvent qu’il fe trouve des vouffures de diverfes fortes dans des parties de Treillage , lefquelles font données par différentes hauteurs de berceaux, ou par des ouvertures de portes ou autres ; c’eft pourquoi je vais donner un exemple de celles qui font les plus compliquées , d apres lequel on pourra en conftruire d’autres d’une forme différente , Sc cela en fuiyant la même méthode que pour celle-ci.
- Planche
- m*
- p.1083 - vue 54/376
-
-
-
- ïg84 L'ART DU TREIlLAGEUR, Chap. T. i""!" - !' —« Soie , fig. 6 , l’élévation d’une arriere-vouflure en queue de Paon , ou
- Planche contre'partie de Marfeille 5 foit pareillement fon planer., 10, (la moitié étant prife pour le tout, comme ci-deflus ) , & fa coupe prifè au milieu fig* 7# on commence par divifer cette derniere en un nombre de parties égales à volonté , & de chaque point de divifion on abaifle autant de perpendiculaires qu’on porte fur le plan , pour y tracer les lignes parallèles #4, £ 3 yc 28c d r, cotées de même que fur la coupe ; & à chaque point où ces lignes rencontrent le côté du plan , on éleve autant de lignes jufqu’à la naiflance du cintre de l’é-' lévation. Cette première opération étant faite , de chaque point de divifion de la coupe, on mene autant de lignes horizontales fur la ligne du milieu de la vouffure , où elles donnent les points z,1, m 8c n , par lefquels , & par ceux c9f9g9h9 on fait palier autant de demi-cercles ou de demi-ovales, foit furhauf* fés ou furbaiflfés, félon la diftance qu’il y a de chacun de ces points à celui /, centre de la vouflure. Ces cerces étant tracées, repréfentent en élévation les lignes parallèles du plan, & fervent à donner la cerce de toutes les coupes qu’on voudra faire à la vouffure , comme, par exemple , la ligne A B , fig. 6 , ce qui fe fait de la maniéré fuivante.
- On trace à part fig. 8, un parallélogramme, dont un des côtés D Af eft égal à la largeur du plan , ou à la faillie de la coupe , ce qui eft la même chofe ; Sc l’autre CD, égal à la ligne A B• On trace fur ce parallélogramme autant de lignes parallèles & à même diftance que fur le plan ; enfuite on prend fur la ligne A B 9fig. 6 , tous les points de rencontre , qu’on porte fur la ligne CD , Fig. 8, où on fait la diftance C s, égale à A o; celle Cr, égale à A p ; celle C u, égale à Aq \ & celle C x 9 égale à A r; puis des points s9t9uScxy on abaifle autant de perpendiculaires ; & où elles rencontrent les lignes parallèles a Ai b ^ > C2 8z.di , elles donnent des points par où pafle la courbe demandée , repréfentée en élévation par la ligne A B, Si on veut avoir une fécondé cerce , coînme celle E F , on fait un fécond parallélogramme , dont le petit côté G H, jig. 9 , repréfente la longueur de la cerce vue de face, 8c le refte comme à l’autre que j’ai démontrée ci-deflùs ; ce qui eft général pour toutes les vouffures dans lelquelles on voudra placer des cerces de fer pour en maintenir la forme & pour la rendre plus parfaite.
- Il faut obferver que lorfque les cerces repréfentent une ligne droite fur l’élévation , elles deviennent courbes fur le plan, ainfi que celles tracées fur la Eg. 10, lelquelles ont été données par des perpendiculaires abaiflees de l’élévation fur le plan ; & que c es lignes ne peuvent être droites fur le plan, que quand elles font tracées fur l’élévation perpendiculairement à ce même p1 an.
- Les trompes, fig. 11, s’exécutent rarement en treillage ; cependant comme celaarrive quelquefois, il eft nécefîâire d’en donner du moins une idée. Leur figu_ ** *e eft femblableà un cône, dont l’axe eft horizontal, ou , pour parler plus claire-
- ment, elles repréfentent la moitié d’un entonnoir couché fur le côté, & dont les
- côtés
- p.1084 - vue 55/376
-
-
-
- $£CT. II. Notions élêmè'ntdires de f Art dû Trait, &ài ko côtés font échancrés , loit par une ligne droite > comme celle AC, ou bien
- par une ligne courbe, comme celle CG B; de maniéré que la coupe tranf-verfale dune trompe de A à B , préfente un demi-cercle fur lequel on prend des points de divifion à volonté , defquels on abaiiïè des lignes perpendiculaires jufque fiir la ligne AB, où ils donnent les points a , b, c & </, par lefquels , & de l’angle D du plan , on fait paffer autant de lignes qu’on prolonge jufqu’à celle A C, qui eft le dehors du plan de la trompe ; enfuite des points e, f, gSch, on trace des lignes horizontales parallèles à celle E C, qu’on prolonge jufqu’à ce qu’elles rencontrent le côté du plan de la trompe prolongé jufqu’en E ; & à chaque point de rencontre on abaiffe des perpendiculaires fur la ligne horizontale E C, à la rencontre de laquelle elles donnent naiflànce à des demi-cercles dont le centre efl: en C, L’extrémité du plan de la trompe qui efl en élévation, fe termine en un point, parce que le côté du cône ou de l’entonnoir efl coupé ; car s’il étoit continué jufqu’en E, fa face feroit un demi-cercle comme celui E y F, & ainfi des autres lignes horizontales tracées fur l’excédent du plan de la trompe, & repréfentées en élévation par autant de demi-cercles concentriques à celui E y F.
- Ces différentes opérations étant faites , donnent le moyen de tracer la cerce de la courbe d’arête de la trompe, repréfentée en plan par la ligne A C, cè qui fe fait de la maniéré fuivante.
- Des points e, f, g, h, C, on abaiflè alitant de perpendiculaires à là ligne E C , qu’on prolonge jufqu’aux cercles qui leur font correfpon-dants ; enfuite des mêmes points e , f, g , h & C, on éleve d’autres lignes perpendiculaires à celle A G, dont la longueur doit être égale à celle des premières provenantes des mêmes points, c’eft-à-dire, qu’on fait la longueur C y, égale à celle C F ; celle h x, égale à celle n r ; celle g u, égale à celle m q ; celle y t, égale à celle lp \ & celle e s , égale à celle i o ; puis par les points A, s, t,u 9x &y 9o n fait paffer une ligne qui efl la courbe demandée, ceft-à-dire, le cintre de la face d’un des côtés de la trompe, lequel fert également pour les deux, lorfqu’il efl d’une forme régulière par fon plam
- Si les côtés de la trompe, au lieu d’être coupés droits par leur plan , comme la ligne A C, étoient terminés par une ligne courbe , comme celle C G B > on fe ferviroit toujours de la même méthode pour tracer le cintre de Ion élévation , comme on peut le voir dans cette figure ; & pour avoir la vraie longueur de cette courbe , il faudroit développer fon plan G G B , fur une ligne droite, ainfi que je l’ai recommandé ci-deffus, en parlant des courbes des lunettes, page io83é
- Il arrive quelquefois que le plan des trompes efl d’utle forme irrégulière,' comme la fig. 12 ; dans ce cas la courbe de chaque côté fe prend à part, & le centre de chaque demi-cercle, repréfentant l’élévation des coupes paralle-* les de la trompe, efl donné par des perpendiculaires abaiffées de la rencontre Trejllageur, X ia
- Planche
- p.1085 - vue 56/376
-
-
-
- /
- Planche
- 3*3-
- io26 VA RT BU TREILLAGE U R, Chap. L de ces parallèles avec Taxe ab 9 de la trompe, ce qui donne fur la ligne c d> qui eft l’extrémité de cette derniere, les points e 9f9 g9 centres des demi-cercles h i 9l mSc no 9 repréfentés en plan par les lignes p q 9r s & tu.
- Ce que je viens de dire touchant la maniéré de tracer les courbes des angles des berceaux , renferme à-peu-près tout ce qu’il eft abfolument néceffaire à un Treillageur de fa voir de l’Art du Trait, pour conftruire toutes fortes d’ouvrages en Treillage ; & encore pour conduire le travail du Serrurier , auquel appartient la conftruétion d’une partie des courbes dont je viens de parler, qui, pour être bonne & d’une courbure parfaite, doivent non-feulement être faites en fer, Sc aftujéties à la forme & à la grofteur des bois du Treillage ^ mais encore en faire partie , du moins autant qu’il eft poffible de le faire ; c’eft pourquoi avant de palier au développement des furfaces des berceaux , & à la maniéré d’en tracer les compartiments, je vais entrer dans quelques détails touchant la difpoiition de ces fers, fur-tout pour ceux des parties cintrées dont je viens de parler ci-defîùs.
- §. I. De la dijpojition des fers Jervant à foutènir les Treillages.
- Planche
- 3^.
- Les ouvrages de Treillage, quoique légers & délicats en apparence , doivent cependant avoir une lolidité réelle, pour qu’ils puiflent réfifter aux injures de l’air, auxquelles ils font continuellement expofés. Cette folidité v confifte non-feulement dans les foins qu’on prend lors de leur conftruétion, comme je le dirai en fon lieu, mais encore dans les moyens qu’on emploie pour les arrêter fûrement en place , & pour lier toutes les parties les unes avec les autres , les bois dont on fe fert étant trop foibles pour réfifter long-temps à l’air, & pour conferver la forme qu’on leur a donnée.
- Le meilleur moyen de donner aux ouvrages de Treillage toute la folidité poffible , eft de faire entrer le fer dans la conftruélion des diverfes parties qui les compofent, foit pour les arrêter en place 3 ou pour les lier les unes avec les autres, ou enfin pour les affujétir à une forme donnée, ou pour leur conferver cette même forme ; dans ce dernier cas les fers doivent faire partie du Treillage, afin qu’étant peints de la même couleur, on n’en puilîè pas faire la différence, du moins au premier coup-d’œil.
- Les parties de Treillage où le fer eft le plus néceflaire , font celles qui font cintrées foit fur le plan , foit fur l’élévation, ou enfin fur l’un ou l’autre fens, comme les voûtes ou couvertures de berceaux dont je viens de parler ci-deffus, les fers font fiir-tout néceflàires dans les angles de ces voûtes , foit qu’elles foient dilpofées en arcs de cloître , en voûtes d’arête, Scc.
- J’ai donné plus haut la maniéré de tracer la courbe , ou , pour mieux dire , la cerce de chacun de ces cintres : relie maintenant à parler de leur forme , afin que le Treillageur foit en état de conduire le travail du Serrurier, qui
- /
- p.1086 - vue 57/376
-
-
-
- Se CT. //. §. î. De la difpojîdon des Fers jervant a foutenlr les Treillages. 1087 ne doit rien faire que par fon ordre , ou du moins en fuivânt Fes avis 9 ce qui * eft tout naturel, puifque ceft le Treillageur qui lui trace tous ces fers 9 Sc qui en détermine tant la forme que la longueur Sc la groffeur.
- La conftruétion Sc la forme des fers qui terminent les cintres de face des berceaux , comme celui repréfenté fig. 1, n’a rien de particulier, vu que fa groffeur Sc fa courbure étant données , eft qu’il doit être d’équerre fur tous les fens ; mais quand ceft une courbe qui doit occuper un angle foit rentrant, comme la fig. 4, ou bien faillant, comme la fig. 5 , repréfentëe en élévation fig9 2 , il faut que la forme de cette courbe change à mefure qu’elle s’élève 9 & que d'un quarré vu fur l’angle qu’elle repréfente par fbn plan , à l’endroit de fa naiffance fig. y & 7, cote A , elle devienne un hexagone irrégulier , comme celui cote B, Sc fe termine enfin par un parallélogramme comme celui cote G. Ce changement de forme eft donné par le reculement du calibré qu’on mene de c à b , fig. 2, Sc toujours horizontalement, afin que les lignes de divifion prifes fur la fig. 1 , Sc repréfentées en plan fig. 4 & y , fe trouvent toujours de niveau, Sc toujours d’équerre fur ce fens, pourvu que le plan foit à angle droit, comme je l’ai fuppofé ici, fig. 4 & y.
- Ce que je dis pour le dedans de la courbe 9 doit s’entendre pour le dehors j c’eft-à-dire, qu après avoir tracé fon calibre extérieur par la même méthode que celui du dedans, on rapproche ce calibre de a à b , fig. 2 , ce qui lui donne la forme demandée, en obfervant de tracer le milieu de la courbe tant en delfus qu’en deflous , comme l’indique la ligne e f g h9 fig. 4 & y 9 afin d’avoir la ligne d’arête, qui, peu-à-peu, s’efface Sc fè termine à rien au haut de la courbe, fig. 2 9 tant en delfus qu’en deflous*
- Cette courbe ainfi difpofée, peut également fervir pour les angles fàillants Si rentrants, parce que lorfqu’on y appuie les échalas horizontaux, foit en deflùs ; foit en deflous, ils porteront toujours également 5 cependant, fi dans le cas d’un angle rentrant, comme h fig. 4 , on vouloit que la courbe repréfentât en plan un angle creux, comme celui if 19 on feroit la courbe de deux pièces fur l’épailfeur pour en faciliter l’exécution , Sc on en difpoferoit la courbure en reculant le calibre du dedans Sc du dehors, comme à la courbe précédente. Voye[ la fig. 3 , qui repréfente la partie inférieure de la courbé élevée fur le plan^. 4 , Sc cotée des mêmes lettres qu’à ce dernier.
- Chaque moitié de courbe forme , par fbn plan , un parallélogramme oblique, comme celui if g m9 fig. 4 , de maniéré que le côté extérieur de la courbe fe trouve biais avec la face du plan , ce qui eft indifférent pour le cas dont il eft ici queftion. Cependant fi on vouloit que le côté de la courbe fe retrouvât d’équerre avec la face du plan, comme de i à n , cela ne changeroit rien à la maniéré d’opérer : il n’y auroit que la moitié de la courbe qui feroit plus épaifle par le bas en venant à rien du haut , comme l’indique la ligne o n, laquelle n’eft pas une ligne droite, mais une courbe donnée par des
- PLAtfCkE
- p.1087 - vue 58/376
-
-
-
- Planche
- 344*
- 1088 L’ART DU TREIL LAGEUR, Chap. L 2 lignes parallèles à celle i n, qui partent de la rencontre des divifions du plan avec la largeur intérieure de la courbe, 8c dont la longueur eft terminée par d’autres divifions du plan prifes à l’extérieur de la courbe, fig. 1 , non pas à l’endroit des lignes parallèles provenantes des divifions intérieures , mais aux points donnés par des lignes qui paflent par chacun de ces points de divifion , & tendantes au centre de la courbe 9 fig. r»
- Comme il eft très-rare qu’on fafle retourner d’équerre les courbes des angles rentrants du Treillage , je n’entrerai pas dans un plus grand détail touchant la maniéré d’en tracer les équerres extérieures, que je n’ai fait qu’indiquer ici pour en donner feulement une idée , cette partie étant traitée à fond dans mon Art du Trait , page 3 J 4 & fuiv.
- Quand les courbes des angles creux font difpofées comme je viens de l’en-feigner, on les joint enfemble par le moyen de quelques clavettes qui paflent au travers de leur épaifleur , 8c qu’on rive enfuite, de maniéré qu’elles ne fem-blent faire qu’une feule 8c même piece , ce qui vaut autant pour les ouvrages dont il eft ici queftion , que fi on creufoit l’angle rentrant dans une feule piece de fer , laquelle deviendroit très-coûteufe , vu la difficulté de fors exécution.
- Les courbes d’arêtes des lunettes, repréfentées fig. £>, doivent auflî changer de forme dans la longueur de leur contour 9 fbit qu’on veuille que leurs côtés fe retournent d’équerre , en fuivant le cintre delà voûte , comme à la fig. (!) & à la fig. 8, ( qui repréfèntent en grand la coupe du milieu de la courbe 9Jîg. 6) , ou que l’on fe contente de faire le deflfus de la courbe parallèle à fa face intérieure , comme l’indique la ligne p q ; dans le premier cas, il faut, après avoir tracé le cintre de la courbe 8c fon développement fur une ligne droite, pour en avoir la véritable longueur, il faut, dis-je, renverfer peu-à-peu un des côtés delà piece pour qu’elle devienne dans fon milieu comme la coupe r s q t ; au lieu d’un quarré parfait qu’elle doit préfenter à fes deux extrémités , ainfi que celui rux u Dans le fécond cas, comme la fur face du parallélogramme oblique p r qt>efi moindre que celle du quarré r u x t, & qu’il faut diminuer la piece pour la réduire à la forme du parallélogramme oblique , on commence par lui donner cette forme qui l’allonge peu-à-peu , & on n’en termine la longueur que quand elle eft tout-à-fait forgée ; alors fes deux extrémités doivent être parfaitement quarrées, comme dans le premier cas. Quand les courbes d’arêtes des lunettes font ainfi préparées, on les cintre d’abord fur la face, comme je l’ai enfeigné ci-deffus , & enfuite fur le côté , c eft-à-dire , fuivant le cintre de la voûte, ce qui n’eft pas très-aifé à faire ; c’eft pourquoi je crois qu’à des ouvrages de conféquence , on feroit très-bien de conftruire un modèle de plâtre ou de bois cintré comme l’intérieur de la voûte , où feroit tracé l’ouverture de la lunette, & fur lequel on cintreroit la courbe d’arête de cette derniere, dont le développement, quant à ce qui regarde la
- maniéré
- p.1088 - vue 59/376
-
-
-
- Se CT. IL §. I. De la difpojition des fers fervants à Joutenir les Treillages. Io8p maniéré d’en tracer les équerres , deviendroit très-compliqué, s’il falloit quils fuflent faits avec beaucoup de précifion , ce qui nett pas néceflàire ici 5 au refte on peut voir ce que j’en ai dit dans mon Art du Trait, page 390 & fiiiv.
- Quand les courbes des berceaux s’élèvent obliquement à leur plan, comme les fig. 9 & 10 , on les cintre d’abord à l’intérieur , & on refoule la matière fur l’angle qui s’évafe, en obiervant que le fécond cintre foie parfaitement femblable au premier ; puis on achevé de mettre la courbe d’équerre toujours en tendant à fon centre, Sc ainfi des autres courbes de quelque forme qu’elles foient, dont je ne donnerai aucun exemple ici, vu que ce que je viens de dire eft fuffifànt pour donner aux Treillageurs toute l’intelligence de ces fortes d’ouvrages , qui, quelque compliqués qu’ils puiffent être, fe font toujours par les mêmes principes, du moins à peu de différence près.
- Après les fers des voûtes dont je viens de parler, ceux qui fervent à foute-nir les corniches ou autres parties {aillantes , font ceux qui demandent le plus d’attention, parce qu’il faut non-feulement qu’ils fiipportent ces mêmes corniches , mais encore qu’ils leur confervent la forme qui leur eft donnée lors de l’exécution ; c’eft pourquoi avant que de rien déterminer touchant la forme de ces fers , il faut d’abord tracer en grand le profil de la corniche , comme , par exemple, les fig. 11 Sc 12, & enfuite le détail de toutes les parties qui les compofent ; après quoi on difpofe la branche de fopport F G 9fig. 11, de maniéré qu’elle avoifine tous les membres le plus près poflible , ce qui oblige quelquefois à la cintrer comme dans la fig. 12. Quant aux parties {aillantes * comme les larmiers , on les foutient par des brides de fer comme celle H 9 fig. 11, lefquelles paffent par-deffus la branche horizontale D F, & font recourbées en deflous en forme dun mentonet qui entre dans l’épaiflèur du bois, & qui en fupporte le poids. Ce que je dis pour le larmier fopérieur , doit s’entendre pour le larmier inférieur , ainfi que pour toutes les autres parties {aillantes. Quand il y a de grandes parties cintrées, comme celles I L , fig. 12 , il faut ajouter à la branche du fiipport d’autres fers plus légers , qui fui vent exactement la forme du cintre , comme je l’ai obfervé dans cette figure , ce qui eft très-néceflaire dans le cas d’une corniche d’une très-grande étendue, afin quelle ne puifle pas fe déranger. En général, il faut avoir foin, autant qu’il eft poffible , de faire la même chofe à toutes les parties cintrées qui ont un peu de grandeur , & faire enforte que toutes les pièces qui compofent une corniche foient arrêtées avec les fers qui la foutiennent, foit par le moyen des brides ou par des enfourchements, comme le bout de la branche M, fig. 12 , ce qui vaut mieux que des liens de fil de fer , qui ne font pas capables de fou-tenir long-temps un fardeau un peu confidérable.
- Il faut auffi faire en forte que tous ces fers ne foient pas apparents , ( à moins qu’ils ne faffent partie du corps de l’ouvrage ) rien n’étant fi ridicule que de voir les échafauds d’un bâtiment lorfqu’il eft entièrement conftruit. Si des fers TrEILLAGEUR. Y 12
- Planche 344-
- p.1089 - vue 60/376
-
-
-
- to5o UART DU TREILLAGE UR, Chap. I.
- . —-l. ainfi apparents font un mauvais effet, c eft encore bien pis quand à leur place
- Planche Qn meC £QS pieCes de charpente, comme on a fait aux Treillages du Colifée, (les plus grands ouvrages de cet Art qu on ait faits jufqu a préfent) où on imagine voir des étayes qui en empêchent la chute , plutôt que des pièces néceffaires à leur conftruétion , qui, comme je l’ai déjà dit, doivent être de fer, & le moins apparentes qu il eft poffible , les pièces de bois de charpente étant d’un trop gros volume pour entrer dans la conftruétion des Treillages, dont elles mafquent néceffairement les vuides , ce qui fait un très-mauvais effet. On ne - peut cependant difconvenir que l’emploi des fers ne devienne très-coûteux | mais il eft impoffible de s’en paffer pour donner aux ouvrages de Treillage toute la folidité néceffaire, 8c pour en prévenir la prochaine deftruélion ; c’eft pourquoi cette dépenfe, lorfqu’elle eft faite avec prudence, devient une épargne par la fuite * puifqu’elle empêche des réparations trop multipliées, & même la ruine totale de l’ouvrage , qui ne peut abfolument pas réfifter long-temps aux intempéries des faifons & à fon propre poids, s’il n’eft foutenu par des fers qui, autant qu’il eft poffible , doivent en faire partie , afin d’être moins apparents , ainfi que je l’ai déjà dit plus haut (*).
- Je ne fais pas ici mention des autres fers fefrvant aux différents ouvrages de Treillage , parce que j’en parlerai en traitant de ces mêmes ouvrages, afin de joindre l’exemple au précepte & d’éviter les répétitions.
- §. II. Manière de faire le développement des fiurfaces des Treillages cintrés ,
- & dfen difpofer les compartiments.
- - Il eft néceflaire aux Treillageurs de lavoir faire le développement des
- Planche furfaces des parties cintrées de leurs ouvrages , non-feulement pour en faire le toifé, mais encore pour difpofer les compartiments de ces mêmes parties, 8c déterminer au jufte la longueur des pièces dont elles font compofées ; c*eft pourquoi je vais donner quelques exemples de ces développements applicables à tous les cas, du moins les plus ordinaires.
- Soit, par exemple, fig. y & 7, le plan d’un Cabinet d’une forme quarrée, 8c voûté en arc de cloître, dont on veut avoir le développement de la voûte , ou du moins d’une partie ( ce qui eft égal, la partie pouvant être prife pour le tout ) , on commence par tracer fur le plan la diagonale A C , ce qui étant fait, on éleve perpendiculairement à la ligne jB C, le cintre de face de la voûte, fig. 6, qu’on diyifè en un nombre de parties égales à volonté aux
- »
- (*) Pour fe convaincre de la vérité de ce que j’avance ici, qu’on examine avec attention les Treillages du Colifée, conduits depuis peu de temps, on verra que toutes les parties fail-îantes où on a négligé de mettre des fers, tombent déjà en ruine, ou du moins ne confervent plus leur première forme, les bouts d’échalats qu’on a /ubftitués aux fers étant pour la plû-
- part rompus ou détachés, de maniéré qu’avant qu’il foit peu de temps il faudra y faire des réparations très-confîdérabîes , îefquelles coûteront certainement beaucoup plus que les fers, que par économie , ou pour toute autre raifon que je ne connoispas, on a négligé de mettre lors de la conftrudion de ces Treillages,
- p.1090 - vue 61/376
-
-
-
- $£CT. II. §. II. Développement des fur faces des Treillages cintrés , &c. îopr points a >b , c, d 9e, f y g > h Sc i ; delquels points on abaifle autant de perpendiculaires fur la ligne B C, fg, 5,8c on les prolonge jufqua ce quelles rencontrent la diagonale A. Cl y aux points l y ni ytiyOypyijy r y s Sc t* puis on trace le développement de la partie de la voûte repréfentée en plan fig. y , de la maniéré fuivante.
- On trace à part la ligne A B , fig, 2 , ( d’une longueur égale Sc parallèle à celle A B y fig. 5 ) , à l’extrémité de laquelle on éleve une ligne perpendiculaire B i y dont la longueur eft égale au développement de Tare de cercle B e 19 fig* 6 ; on divife cette ligne en autant départies que lare de cercle, aux points a, b, c, d, Sec. par lelquels on fait pafler autant de parallèles à la ligne AByfig.Zy dont la longueur doit être égale à celles du plan qui leur font correfpondantes, c’eft-à-dire , qu’on fait la ligne l a, fig. 2 , égale à celle /15 fig. J ; celle m b, égale à celle m 2 ; celle n c, égale à celle n 3 ; celle 0 d> égale à celle o4 ; celle pe, égale à cellep 5; celle q f9 égale à celle q 6; celle rg, égale à celle r 7 ; celle 5 h , égale à celle sS; Sc celle t i , égale à celle t D; puis par les points A , /, my n9 o , p, q% r , s Sc r, on fait paffer une ligne courbe qui termine la furface demandée.
- Que les angles des voûtes foient dirigés à 45 degrés , comme dans la fig. y , ou qu’ils foient plus ou moins ouverts, on fe fert toujours de la même méthode pour en tracer le développement, laquelle eft très-facile ; cependant quand les côtés, ou, pour mieux dire, les cintres de face des voûtes, font d’une largeur inégale , comme dans le plan fig. 15 , leur développement devient un peu plus compliqué , comme on le verra ci-après, lorfque j’aurai donné la maniéré de difpofer les compartiments des furfaces dont j’ai tracé le développement,
- fig-2-
- Si le berceau au lieu d’être cintré comme dans la fig. 6 , n’étoit couvert que par une furface inclinée, comme de B à i, on auroit le développement de cette furface en portant la diftance B i , de B à P y fig. 2 , par lequel point on tireroit une ligne horizontale PO, d’une longueur égale à celle t i 9 ou à celle t Dyfig.j 9 ce qui eft la même choie ; puis du pointé, fig. 2, on méneroit une lig ne droite au point O , ce qui termineroit la furface demandée.
- De quelque maniéré qu’on dilpofe les compartiments formés par des lignes droites , ces dernieres font toujours dilpofées horizontalement Sc perpendiculairement , ou diagonalement ; le premier cas eft le plus ordinaire , Sc{ c’eft celui par lequel je vais commencer.
- Lorfqu’on veut faire des compartiments quarrés à la naiflànce des voûtes, on commence par les tracer fur le plan fig. f y en failànt tendre toutes les di~ vifions à fon centre C ; puis les lignes horizontales de l’élévation développée, fig. 2 y étant tracées , on porte fur chacune d’elles des diftances prifes fur le plan depuis la rencontre de chacune des lignes tendantes à fon centre C, avec les lignes horizontales provenantes des divifions du cintre de face, jufqu’à la
- p.1091 - vue 62/376
-
-
-
- 3»T5S===SSS==
- Planche
- î*$'
- lopî L’ART DU TREILLA QEUR , Chap. 1.
- aligne B C} ce qui donne fur l'élévation développée , la courbure de chacune des lignes montantes, lefqueiles fervent à former les quarrés qui font tous d'une même hauteur, & qui vont tous en diminuant également de largeur jufqu'au haut , où ils fmiroient en un feul point, fi le milieu de la voûte n é-toit pas fuppofe vuide depuis D jufqu'à C.
- Cette maniéré de divifer les quarrés des voûtes eft la plus ordinaire ; cependant elle n’eft pas fans défaut, parce que les carreaux du haut deviennent très-allongés; à quoi on peut remédier de différentes façons. La plus fimple eft de faire tous les carreaux de l'élévation développée , fig. 4 , parfaitement quarrés & parallèles entre eux, ce qui ne fouffre de difficulté qu'à la rencontre des angles où il y a des carreaux qui fe trouvent coupés , ce qui fait un très-mauvais effet ; auffi ne fe fert-on de cette méthode qu'aux ouvrages les plus communs. Il n'y a d'autre moyen d'éviter la trop grande inégalité de la divifion des carreaux de la fig. 2, qu'en les divifànt fur la hauteur par une progreffion arithmétique , ce qui peut fe faire de deux maniérés. La première, repréfentée fig. 1, eft la moins heureufe, 8c le fait de la maniéré fuivante.
- Après avoir tracé la fùrface développée 8c fes divifions montantes , comme je l'ai enfeigné pour la figure 2, on conftruit à côté de l'élévation développée un trapeze a b c d% dont la hauteur moyenne e f, eft égale à la hauteur des carreaux de la fig. 2 , laquelle fe trouve comprife neuf fois dans la hauteur G H, & par conféquent dans la longueur de la bafe du trapeze ; qu'on divife enfiute en neuf parties égales , y compris les deux points des extrémités ; & à chaque point de divifion on éleve une perpendiculaire fur la ligne a ç ; & la longueur de chaque perpendiculaire prife entre les lignes a c 8c bd, donne la hauteur des carreaux, de maniéré que la hauteur H 1, eft égale à celle c d; celle 1 & , égale à celle s t ; celle u 2, égale à celle q r ; celle 2 x, égale à celle o p ; celle x 3 , égale à celle e fi; celle 3 y, égale à celle m n ; celles 4, égale à celle l /; celle 4 £, égale à celle g h; enfin celle £ Gy égale à celle a b : puis par les points 4 , 3,^,2, u 8c r, on fait paffer au-
- tant de lignes horizontales parallèles à celle E H, lefqueiles donnent la hau* teur des carreaux , qui, par le moyen de cette divifion, deviennent tous oblongs proportionnellement les uns avec les autres.
- *, La fécondé elpece de divifion repréfentée fig. 8 , fait beaucoup mieux, parce que tous les carreaux deviennent à-peu-près quarrés à chaque rangée , & on a leur hauteur en faifant un trapeze p , dont la hauteur du plus grand côté c d , eft égaie à la largeur des carreaux prife fur la ligne IN, fig. 8 ; 8c celle de fon petit côté a b, eft égale à la largeur d'un des carreaux pris fur la ligne L M ; enfifite on divife la longueur de la ligne a c, fig. p, en un nombre de parties quelconque , afin d'avoir autant de perpendiculaires dont toutes les longueurs ajoutées enfemble, y compris celles des deux bouts du trapeze, égalent celle de fa bafe. La divifion que j'enfeigne ici ne peut être exaélement
- bonne
- p.1092 - vue 63/376
-
-
-
- SeCT. //. §, II. Développement des fur faces des Treillages cintrés , &c. 1093 bonne que dans le cas où la furface développée feroit elle-même un trapeze, & que par conféquent toutes les lignes de divifion montantes feroient des lignes droites , comme je lai indiqué par des lignes ponétuées fg. 8 ; car dans le cas dont il s’agit ici, plus les quarrés approchent du milieu de la figure, plus ils deviennent barlongs, 8c cela par rapport au bombage du côté de la figure ; c’eft pourquoi on feroit mieux de prendre une largeur de quarré fur la ligne 1 M, 8c de la porter en contre-haut fur la ligne M N 9 de N à <?, ce qui donneroit la hauteur de la première ligne, qu’on diviferoit en autant de parties que celle IN; & une de ces divifions portée de e en y, donneroit la hauteur de la fécondé , ainfi des autres. Cette maniéré de faire les divifions eft très-aifée ; mais elle a le défaut de ne pas finir jufte à fon extrémité fupérieure , où il ne refte quelquefois que la moitié d’un quarré ; car s’il arrive qu’il s’y trouve un quarré parfait, ce ne fauroit être qu’un effet du hazard , 8c non un effet de la jufteffe de l’opération.
- A ces fortes de compartiments, ainfi qu’à ceux faits par le moyen d’un trapeze , comme celui fg. 9 , on ne peut tracer les divifions horizontales du plan fig. 12 , qu’après avoir porté toutes les diftances des lignes horizontales fur le pourtour du cintre de face 9jig. 13 , d’où on les abaiffe fur le plan à l’ordinaire, comme je l’ai indiqué par des lignes ponéluées qui paffent de la fig. 13 à la fg. 12.
- Quand on veut faire des compartiments diagonaux, ou , pour mieux dire, en lozange ou quarrés fur l’angle, & cela à des furfaces de voûtes développées , on commence par y tracer des compartiments quarrés à l’ordinaire , par les angles defquels on fait paffer des lignes courbes qui forment les lozan-ges demandées , comme on peut le voir aux fig. 3 & xo.
- Quand les cintres de face des berceaux font d’une largeur inégale , comme dans le plan, fig. 15 , la diftance des carreaux ne peut être égale que fur le développement de la furface, fur le cintre de face de laquelle on a fait la première divifion , comme on peut le voir ici. Le cintre de face du petit côté , fig. 161 étant divifé en parties égales donne des diftances égales fur le développement ,jfig. 14; tandis qu’au développement, fg. 11, toutes ces diftances font inégales, & vont en augmentant par le haut, ce qui eft tout naturel; parce que le cintre de face de ce développement étant une demi-ellipjp couchée fur fon grand diamètre , ( que, faute de place , j’ai tracé dans la figure même ) Tare le plus lurbaiffé de cette ellipfe donne de plus grandes diftances à rnelùre qu’il approche le plus de la ligne horizontale. Si au contraire cette ellipfe étoit divifée en parties égales , le petit cintre de face, & par conféquent le développement 9fg. 14 , feroit divifé en parties inégales qui augmen-teroient en defeendant en contre-bas. Si le grand cintre de face étoit un plein-cintre , & que par conféquent le petit cintre de face devînt une demi-elliple pofée fur fon petit' axe , la différence des hauteurs des carreaux deviendroit Treillageur. Z 12
- p.1093 - vue 64/376
-
-
-
- Planche
- 34f»
- Planche
- 1094 L'ART DU TREILLAGEUR, Chap. /. encore plus grande , foie que la divifion én parties égales fût faite for le grand ou fur le petit cintre de face , ces difficultés font infurmontables ; c’eft pourquoi on doit éviter , autant qu’il eft poffible , de faire des voûtes de berceaux
- dont la largeur des côtés foit trop inégale.
- Quant aux lignes montantes des furfaces développées de ces voûtes irrégulières , on les difpofe toujours à lordinaire, ceft-à-dire, qu’on les releve de deffus le plan , au centre duquel on les fait toujours tendre ; cependant s’il arrivoit qu’il y eût un vuide au milieu du berceau , & que ce vuide né fût pas en même raifon que fon plan extérieur, on feroit les divifions fur les lignes intérieure & extérieure du plan, & cela en parties égales à chacune d’elles , fans s’embarraffer fi elles tendent au centre de ce même plan.
- Tant que les plans des voûtes font formés par des lignes droites , le développement de ces mêmes voûtes efl: très-aifé à faire, comme on l’a vu ci-deflus mais quand les plans & les coupes font compofés de lignes courbes, leur développement en entier devient impoffible, & ne peut fe faire que par parties ; de forte que les compartiments de ces fortes de voûtes ne peuvent être tracés que géométralement, ce qui fe fait de la maniéré fuivante.
- Quand une voûte ou calotte eft d’une forme régulière , c’eft-à-dïre, que là hauteur égale la moitié de fon diamètre, comme mxfig. r & 4 , on trace à part ,fig. 2 , fon cintre de face (ou fa coupe, ce qui efl la même cho fe,) & on le divife en un nombre de parties égales félon le nombre des quarrés dont on a befoin ; puis de chaque point de divifion , on abaifle autant de perpendiculaires fur là bafe A B, qui eft égale à la longueur du demi-diametre du plan C D, fig. 4 , fur lequel on porte les mêmes diftances que for la première, c eft-à-dire, qu’on fait la diftance D r, fig. 4, égale à celle B h , fig. 2 ; celle D q , égale à celle B g\ celle Dp, égale à celle B f ; celle D o3 égale à celle B e ; celle D ri, égale à celle B d ; celle D m , égale à celle B c * celle D /, égale à celle Bb\ & celle D i, égale à celle B ai puis des points i 3 l3m , n , o , p , q>r38c de celui D , comme centre, on décrit autant de demi-cercles qui repréfentent en plan les lignes horizontales de l’élévation , qui font données par les points de divifion du cintre de face,2 , d’après lefquels ils partent. Ces cercles concentriques étant tracés , on divife le pour-tdnir du plan en un nombre de parties égales entre elles, & s’il eft poflîble, aux divifions du cintre de face, en obfervant qu’il fe trouve un vuide au milieu, Sc que quand le plan eft demi-circulaire ou demi-ovale, comme à la fig. y , Ü y ait une divifion pleine jufqu’à la ligne du devant du plan. Cette divifion étant faite, de chaque point on mene autant de lignes au centre du plan, lelquelles donnent la divifion de largeur des carreaux vue en-deflus ; puis pour tracer ces mêmes lignes fur l’élévation, on prend la diftance qui fe trouve depuis la rencon-trede chaque ligne tendante au centre du plan avec les cercles concentriques, jufqu’à l’axe du même plan, qu’on porte fur les lignes de l’élévation, qui font
- p.1094 - vue 65/376
-
-
-
- SeCT. IL §. H. Développement des furfaces des Treillages cintrés , èc. Idpj correfpondantes aux cercles du plan, c’eft-à-dire, qu’on fait la diftance i 9, fié- r> —
- égale à celle l a ,fig. 4 ; celle h 8, égale à celle m b ; celfe g 7, égale à celle ne; Planche celle f6 , égale à celle o d ; celle e y, égale à celle p e ; celle ^4 , égale à celle 31’" qf • celle c 3, égale à celle/* g; celle b 2, égale à celle s h; enfin celle a r, égale à celle ti\ & de même pour toutes les autres cerces qui, toutes, doivent être relevées du plan fur Télévation , ainfi que cette derniere.
- Quand le plan d'une calotte eft ovale, & que fon élévation eft plein-cintre ; comme aux figures J & 7, on en fait le compartiment de la maniéré fuivante. Le grand & le petit diamètre étant donnés, on trace à part le cintre de face EFG , fig. 3 , fur lequel on fait les divifions à l'ordinaire , & par ces divifions on fait pafïèr autant de lignes horizontales ; enfuite on trace la coupe de la calotte fur la même figure : or, comme cette coupe ne peut être qu’une demi-ovale E HI, elle coupe nécefîairement les lignes horizontales en dedans du cintre de face, ce qui donne des longueurs à chaque ligne horizontale , qui étant reportées fur le petit axe du plan , fixent le petit diamètre de chaque ovale concentrique du plan, jig. 5 , dont le grand diamètre eft pareillement donné par les mêmes lignes prolongées jufquà la rencontre du cintre de face EFG; ce qui n’a pas befoin d’explication, d’après ce que j’ai dit en parlant de la calotte fphé-rique, & d’après l’infpeéHon de la fig. 3, où à la rencontre des lignes horizontales, avec les cintres de face & de coupe , j’ai abaiffé autant de lignes ponéluées qui indiquent les diftances qu’il faut porter fur le grand & fur le petit axe , lefquel-les font toutes cotées des mêmes lettres , tant fur le plan que fur l’élévation , fig. 3 5 & celles du grand axe marquées d’une x , pour les diftinguer des autres.
- Quand tous les ovales font tracés , on divife le pourtour de l’ovale extérieur en parties égales, ainfi que le plus petit ovale , qu’on divife auffi en un même nombre de parties que le grand , & égales entre elles , & auxquelles divifions on fait tendre des lignes droites fins s’embarrafifer fi elles tendent au centre du plan , ce qui ne peut pas être , vu que fi on les y faifoit tendre , les divifions du petit ovale deviendroientplus étroites fiir fon petit arc de cercle que fur le grand , & cela en raifon de la différence des diamètres de l’ovale du plan;
- Quand les quarrés du plan font ainfi tracés vu en-defîiis, on les trace fur l’élévation , fig. 7, par la même méthode dont je me fuis fervi, fig. 1, ce qui ne fouffre aucune difficulté.
- Si au lieu de quarrés, on vouloit tracer des lozanges , on commenceroie toujours par tracer des quarrés à l’ordinaire , par les angles defquels on feroit paffer des lignes fervant à décrire les lozanges demandées , ainfi que je l’ai obfervé à la moitié des figures 1,4 & 7.
- Quand fur un plan rond, comme la fig. S, on éleve une couverture conique 9 ou, comme difent les Ouvriers, en pain de lucre , ainfi que la fig. 6, le développement s’en fait très-facilement ; car après en avoir déterminé la hauteur & la largeur, on commence par tracer le plan qu’on divife en un
- p.1095 - vue 66/376
-
-
-
- Planche
- 10$6 L'A RT DU T R EI LL AG Ë U R , Ckap. I.
- nombre de parties égales à volonté, ( mais toujours le plus près les unes des autres qu’il eft polïible*) ; enfuite d’une ouverture de compas égale au côté de l’élévation Z M ,Jig. 6 , on trace à part, fig. p, un arc de cercle d’une longueur indéterminée, fur lequel on porte un pareil nombre de divifions 8c d’une diftance égale à celles du plan, ce qui détermine la longueur de la partie inférieure du développement, qu’on achevé en menant des deux extrémités O , Q* de l’arc de cercle, deux lignes droites à fon centre P.
- Quant au compartiment des parties coniques, il eft très-facile ; car après en avoir tracé le plan & l’élévation de face, on divife le pourtour du plan en autant de parties qu’on le juge à propos, relativement à la grandeur des quarrés qu’on veut y faire ; 8c de chacune de ces divifions , on mene une ligne droite au point de centre du plan ; enfuite on divife pareillement un des côtés de l’élévation en un nombre de parties égales à celles du plan ; 8c par chaque point de divifion , on fait pafler une ligne horizontale parallèle à celle Z iV ; & la moitié de chacune de ces lignes horizontales donné autant de rayons de cercles qu’on trace fur le plan, ce qui achevé fon compartiment vu en delfus; puis de chaque divifion extérieure du plan on éleve autant de perpendiculaires à la bafe Z N ; de l’élévation & des points où elles rencontrent cette derniere, on mene des lignes au fommet M > ce qui donne la largeur des quarrés vus géométralement.
- Le compartiment de l’élévation développée, fig. p , fe fait en portant fur un de fes côtés les mêmes divifions que celles du côté Z M de l’élévation fig. 6 ; & de chacune de ces divifions , 8c du point P , comme centre, on décrit autant d’arcs de cercles ; enfuite de chaque divifion de l’arc de cercle extérieur , ( qui doivent être égales à celles du plan ) , on mene des lignes droites au centre P , lefquelles achèvent les carreaux fur la furface développée, lefquels, à proprement parler , ne font que des trapèzes d’une égale hauteur, 8c dont la longueur va toujours en diminuant en approchant du centre , où les derniers font réduits à une forme triangulaire, comme on peut le voir dans cette figure, dont un des côtés eft tracé en lozange, ainfi qu’aux fig. 6 8c 8 ; ce qui fe fait toujours à l’ordinaire , c eft-à-dire , après avoir tracé des carreaux parles angles defquels on fait paffer les courbes qui forment les lo-zanges.
- Quand les couvertures coniques, au lieu d’être droites comme dans la fig. 6 fe trouvent renverfées , cela ne change rien à la maniéré d’en développer la fur-face ni d’y tracer les compartiments , parce que le plan fig. 8 , devient l’élévation , & que l’élévation devient le plan , ce qui ne fait aucune difficulté.
- Dans le cas où le plan d’une calotte ou d’une couverture conique feroit tronqué, comme à la fig. io, cote R, cela ne feroit non plus aucun changement à la maniéré d’opérer ; mais fi le côté du plan étoit coupé par une ligne circulaire , comme le côté S, les lignes de divifion tendantes au centre du plan
- ne
- p.1096 - vue 67/376
-
-
-
- Se CT. H. §. IL Développement des Jurfaces des Treillages cintrés y &C. TO$y ne peuvent plus être droites ( du moins pour que le compartiment foie régu- sssessssssst lier ) ; mais ce font autant de courbes dont la cerce eft donnée par des points Planche de divifion égaux , pris fur chaque arc de cercle du plan, & en même nom* ***** bre que fur Tare de cercle extérieur de ce dernier*
- J'ai dit plus haut qu'il n'étoit pas poffible de faire le développement entier d’une calotte , & généralement de toute partie cintrée lur le plan & fm l'élé-vation , & cela eft très-vrai ; cependant on peut faire ce développement par parties , 8c par ce moyen fe rendre compte de la véritable forme des compartiments , ce qui fe fait de la maniéré fuivante*
- On trace à part ,fig. 11, la ligne a b, dont la longueur eft égale à la courbe du cintre de face, fig. 2, développée fur une ligne droite, & on divilè la ligne a b, en autant de parties égaies que cette derniere ; puis par chaque point de divifion on éleve des lignes perpendiculaires en-deflus 8c en-deffous de la ligne, dont la longueur doit être égale à celle de chaque arc de cercle compris entre deux lignes de divifion tendantes au centre du plan,^-. 4; puis par l'extrémité de ces perpendiculaires, on fait paffer deux lignes cour* bes qui fe réunifient au point b , 8c qui donnent la furface développée d'un des triangles du plan , fig. 4. On recommence la même opération pour chaque divifion du plan, & on a là furface développée prife ,par parties ; & plus ces parties font multipliées, plus l'opération eft jufte.
- J'ai fait toutes les divifions des figures de cette Planche en parties égales prifes fur les cintres de face, parce que c eft la méthode la plus ordinaire ; cependant on pourroic les divifer proportionnellement lur les développements des figures, comme je l'ai enfeigné ci-deflus, & que je l’ai indiqué par dos lignes ponéluées^. 9 & ri , cote T 8c V. Voilà, à-peu-prés, tout ce qu’il eft nécelîàire de dire touchant le développement des furfaces des Treillages cintrés, & la maniéré d'en tracer les compartiments : refte maintenant à donner quelques exemples des compartiments qu’on fait ordinairement, ou qu'on peut faire aux ouvrages de Treillage, ce qui va faire le fujet du Paragraphe {uivant.
- §. III, Differentes fiortes de Compartiments, tant droits que cintrés, propres
- à être exécutés en Treillage.
- La fcience des compartiments eft une partie des plus elfentielles de l'Art du —as-s-a Treillageur, puifque tous les ouvrages de cet Art ne font compofés que Planche de compartiments, foit femblables ou diiférents les uns des autres, dont laf* femblage & le rapport parfait des pleins 8c des vuides, font tout le mérite, & diftinguent l'Ordonnateur vraiment homme de génie, d'avec l'Ouvrier purement méchanique , qui ne travaille que par routine, 8c {ms fe rendre compte des raifons qui l'engagent à préférer une elpece de compartiment à une autre , Treillageur. A13
- p.1097 - vue 68/376
-
-
-
- Planche 34 7-
- ïo$>8 IMRT DU TREILLAGEUR, Chap. I.
- ou à donner plusjou moins de grandeur à ces mêmes compartiments, qui peuvent être très-bien exécutés, (ans pour cela faire un bon effet, & cela par rapport jà la grandeur de l’ouvrage, & du point de diftance d ou il doit etre vu pour jouir à la fois de fon enfemble & de fes parties de détail ; c’eft pourquoi il faut beaucoup d’expérience pour déterminer la forme & la grandeur des compartiments des Treillages, ce qui ne s’acquiert qu’avec le temps, &, ce qui eft encore mieux , par l’examen réfléchi des ouvrages de cet Art qui ont le plus de réputation, en faifant toujours attention à leur grandeur & à la place qu’ils occupent : tel compartiment fait très-bien dans de petits ouvrages , St par conféquent demande d’être vu de près, qui feroit très-mal dans de grands ouvrages, dont l’éloignement du point de vue fait difparoître les vui-des , ou du moins" les diminue confidérablement en rapprochant les pleins, du moins en apparence, comme je le dirai en fon lieii , en parlant de la difpofition générale des Treillages.
- En général, les compartiments des Treillages , ainfi que de toute autre forte d’ouvrages , font de deux elpeces ; favoir, ceux qui font compofés de lignes droites , St ceux qui font compofés de lignes courbes.
- - Les premiers font difpofés horizontalement , comme les fig. i & 3 , ou diagonalement comme lesfig. 2,4 & 5.
- Le plus Ample des compartiments des Treillages, eft celui qu’on nomme à mailles quarrées, repréfenté fig. 1 , lefquelles font plus ou moins grandes , félon les différents ouvrages , mais qui, dans tous les cas, doivent être régulières , c eft-à-dire , que du dedans des bâtis, repréfèntés par les lignes a b, cd, a c St b d) il fie trouve toujours un nombre jufte de carreaux , St, autant qu’il eft poflible , un vuide au milieu, tant de la hauteur que de la largeur, indiquée dans cette figure par les lignes e J St g h.
- Quand la forme des bâtis n’eft pas parfaitement quarrée , c eft-à-dire , qu’ils ont plus de hauteur que de largeur (comme il arrive prefque toujours), on met un plus grand nombre de quarrés fur le plus grand fons, ou bien on fait les mailles barlongues, comme on fait ordinairement aux Treillages d’efpa-liers St à ceux d’appuis, ce qui eft égal, pourvu qu’il fe trouve toujours des mailles entières aux extrémités, ce qu’il faut toujours obferver. Les carreaux ou mailles quarrées ou barlongues, ( car il n’en faut jamais faire d’oblongues ) font celles qui font le plus en ufàge ; cependant je crois qu’on pourroit quelquefois en varier ïa forme en faifànt des compartiments mi-partis, c’eft-à-dire, alternativement grands St petits , comme à la fig. 3 , ce qui feroit un très-bon effet, qui remédieroit à la monotonie des carreaux, foit difpofés horizontalement, comme la fig. 1, ou fur l’angle, comme la fig. 2 ; car on pourroit également difpofer les compartiments mi-partis de cette façon, en obfervant de les corn-partir de maniéré que le nud des bâtis paflat par l’angle des quarrés barlongs, ainfi que les lignes il St mn, afin qu’il ne fe trouvât pas de coupe irrégulier©
- p.1098 - vue 69/376
-
-
-
- Sect. IL §. III. Différentes fines de 'Compartiments , 'èc* 1099 dans lés autres carreaux, ce qui arriveroit nécessairement fi les bâtis paffoient par ~ les angles des grands ou des petits quarrés, comme on peut le voir dans -cette figure, où fai indiqué par des lignes ponétuées ces différentes maniérés de terminer ces fortes de compartiments.
- Les compartiments lozanges, fig. 2 , fe divifent*, ainfi que les quarrés, en railon de la grandeur de la place qu'ils doivent occuper, afin que tous des quarrés foient coupés régulièrement, 8c que la pointe des autres touche le nud des bâtis, comme on peut le voir dans cette figure. Il faut auffi avoir foin que fur la ligne du milieu du compartiment, tant de largeur que de hauteur * ilfe trouve un nombre jufte de carreaux, ou, que s'il arriyoit qu'on Fut obligé de couper les carreaux des extrémités de la ligne d'à-plomb , il faudroit s'arranger de maniéré que ceux de la ligne horizontale du milieu le Fuffent également , comme l'indique les lignes o p , q r 8c o q, ce qui eft nécefïàire pouf qu'il fe trouve un vuide fur la diagonale du compartiment, ce qui fait mieux qu’un plein qui y foroit néceflàirement, s'il y avoit un carreau plein fur urt fens, 8c un demi-quarré fur l'autre ; ce qu'il eft aifé de voir en prolongeant lâ ligne oq de oàs,8c de qàt, 8c en fuppriment celles o p 8c q r.
- Quant à la maniéré de divifer ces fortes de compartiments, elle eft très-facile ; on commence par fe rendre compte de la largeur des pleins ou lattes qu'on trace à part, ainfi que ceux AB ,C D, fig. 10 , difpofés diagonalement ( 8c deffinés au double de grandeur de h fig. 2 ) ; on prend enfuite la moitié de la ligne u x , qu'on porte en dehors de la ligne du nud du bâtis, fig. 2 + dey à 3 ; enfoite on divifo la largeur du bâtis depuis la ligne du milieu £, en autant de parties qu'on veut de moitiés de carreaux, 8c toujours en nombre impair, quand les lignes du milieu font terminées par des carreaux pleins. Quand au contraire elles font terminées par des carreaux coupés, on fait cette divifion en nombre pair, comme on peut le voir à la fig. 2 , où un des côtés eft divifo en trois parties égales , & l'autre en quatre.
- Quand on a fait la divifion for la largeur, on fait la même chofe for la hauteur, foppofé qu’elle foit égale à la largeur, comme dans cette figure, ou que la hauteur plus ou moins grande contienne exactement un nombre de di-vifions foit pair ou non pair, felon qu'il eft befoin ; mais quand cette .hauteur ne peut pas contenir ce nombre exaét de divifions, ou qu'on veut que les lozanges foient allongées en raifon de la forme intérieure des bâtis, on commence par tirer deux diagonales des quatre angles de ces mêmes bâtis , qu'on rapporte à part, & qui fervent à donner l'inclinaifon des lattes, comme celle de la fig. 10 , fuppofée plus inclinée en dedans ; puis on prend la moitié de la li gne u x , qui, dans ce cas, devient plus courte , pour porter au-delà du point y , pour les divifions de largeur, & la moitié de celle a b , fig. 10, qui * par la même raifon, devient plus longue, qu'on porte en-deffos du point y ; puis on divifo le plus grand côté en un même nombre d'elpaces que le plus étroit $
- Flanche
- 347.
- p.1099 - vue 70/376
-
-
-
- «a
- Flanche
- 347-
- )
- sxoo L’ART DU L RE ILLAC EUR, Chap. I.
- afin que les côtés des lozanges foient parallèles avec les diagonales du bâtis.
- Quand le pourtour du bâtis à remplir eft ainfi divifé , on tire de chaque point de divifion autant de lignes parallèles aux diagonales du bâtis , foie qu il foit quarré ou barlong , ( fuppofé que dans ce dernier cas les côtés des lozanges leur foient parallèles , comme je viens de le dire ; ) & fi l'opération eft bien faite , ces lignes doivent rencontrer jufte les points de divifion de la ligne du milieu du bâtis, qu'elles viennent joindre; on ajoute enfin te en dehors de chaque point la largeur de la latte à laquelle on s'eft fixé , & le compartiment eft fini;
- Il eft bon d'obferver que dans une même grandeur donnée, les carreaux des compartiments lozanges ne peuvent pas être en même nombre ni de grandeur égale à ceux placés horizontalement dans ce même efpace , & cela par là raifon de la différence de la diagonale du quarré avec Ion côté ; c'eft pourquoi il arrive toujours que les carreaux font plus grands ou plus petits,ainfi quon peut le voir à la fig. a , dont les carreaux {ont d'un côté plus grands & de l'autre plus petits que ceux de la fig. i, qui eft cependant d'une forme & d'une furface égale à la fig. 2 , que j'ai divifée de deux grandeurs de carreaux inégales entre elles, afin qu'on fente tout de fuite la raifon de cette différence (*).
- De quelque forme que foient les compartiments quarrés, c’eft-à-dire, com-pofés de lignes droites , leurs divifions fe font toujours par les mêmes principes que je viens de donner ci-deffus ; c'eft pourquoi je n'entrerai pas dans un plus grand détail à ce fujet, me contentant de donner ici quelques exemples de di-verfès fortes de compartiments applicables à différentes parties de Treillages.
- La fig. 4, repréfènte une partie de pilaftre compofée de montants parallèles , diftants les uns des autres d'environ quatre fois leur largeur, par derrière lefquels paflènt des lattes parallèles entre elles, & inclinées à 45 degrés , ou d'onglet. Ces fortes de compartiments , quoique très-fimples , font un affez bon effet .pour détacher les pilaftres & autres parties longues 8c étroites du corps du Treillage, en obfervant qu'ils foient oppofés fymmétriquement les uns aux autres, & qu'ils foient divifés de maniéré qu'il y ait une, latte qui parte de l'angle du bâtis tant du haut que du bas , prife du dedans en dedans , comme de c d, fig. 4 , cote G, ce qui oblige quelquefois à ferrer ou à écarter plus ou moins les lattes , ou à les incliner davantage , foit en dedans ou en dehors.
- Ces fortes de compartiments font très-bien dans les parties circulaires, comme les fûts de colonnes 8c autres , ainfi que ctllt fig. 6, repréfèntée en plan , fig• 8, parce qu’alors ils décrivent des lignes en hélices qui femblent tourner
- (*) L’obfervation que je fais ici paroîtra peut-être un peu minutieufe & peu effentielle, fur-tout à ceux qui, verfés dans le deffin & dans la Géométrie, regardent comme inutile dans un ouvrage tout ce qu’ils favent & ce qui n’eft pas nouveau pour eux; mais on doit faire attention que c’eft à des Ouvriers que je parle, & que jefuppofe moins inftruits que ceux qui pour-
- roient me faire de femblables objeftions , & me dire avec un grand Poëte de ce fîecle, que le moyen d'ennuyer eft celui de tout dire : penfée peut-être plus brillante que folide, Sc qui ne feroic tout au plus applicable qu’à des ouvrages faits pour l’amufement, Sc non pour l’inftrudion, Sc plus propres à parler à l’efprit qu’à la raifon.
- au
- p.1100 - vue 71/376
-
-
-
- Se CT. //• §• DI. Différentes fortes de Compartiments > êc. ïîor au pourtour de la partie cintrée , & qui y tournent effeélivement, quoique ce -ne Toit que des lignes droites quand la furface cintrée eft développée fur un plan droit, ce qu’il eft nécelîàire de faire pour tracer la courbure des lignes en hélices, ce qui fo fait de la même maniéré quà la fig. 4, cote G; ceft pourquoi je n’en parlerai pas davantage ici.
- Quand on veut que les compartiments des pilaftres foient plus riches que celui dont je viens de parler, on coupe ces compartiments en points d’Hongrie fur la hauteur, comme à la fig. 4 , cote H , ce qui fait un très-bon effet * fur-tout fi on a loin quil le trouve fur la hauteur un nombre complet de révolutions , comme de e à J, ce qu’il faut ablolument obferver à tous les compartiments , rien n’étant fi délàgréable à voir que des compartiments tronqués.
- Au lieu de faire la coupe des compartiments fur la hauteur , on peut la faire fur la largeur , comme à la fig. y , cote /, de maniéré que tous les joints ou coupes fe rencontrent au milieu d’un montant. Quelquefois ces fortes de compartiments fe continuent du même fens dans toute la longueur du pilaf-tre , ou bien on les renverfe par travée, ce qui forme des carreaux à la rencontre de chaque travée , ainfi qu’on peut le, voir dans cette figure, en obfer-vant qu’il fe trouve toujours un nombre complet de travées fur la hauteur * ainfi que je l’ai recommandé à la fig. 4, cote H.
- A la place des compartiments à points d’Hongrie, on en fait quelquefois à quarrés pofés fur la diagonale avec des quarrés pleins pofés au milieu desvui-des, comme à la fig. y , cote L , ce qui fait très-bien , & qui eft d’une très, facile exécution ; cependant il faut obferver qu’on ne doit déterminer la largeur des montants qu’après avoir tracé à part >fig. ro, la largeur des lattes inclinées A B 8c C D , dont la diagonale a x, donne la largeur du montant JE F, qui, par ce moyen, pafle jufte par l’angle des carreaux. Si au contraire c’é-toit la largeur du montant E F% qui fût déterminée la première, on traceroit
- f
- fur ce dernier deux lignes diagonales g h & if qui fo rencontreroient au point x , un des côtés du montant, & on méneroit deux parallèles aux lignes g h & i /, diftantes de ces dernieres autant qu’il feroit néceffaire pour qu’elles rencontraffent le point u, oppofé à celui # ; fans cette précaution, il arrive que les angles des carreaux entrent ou fortent de deffous les montants ; ou que s’ils y arrivent juftes , les lattes diagonales ne fe rencontrent plus vis-à-vis l’une de l’autre , comme on peut le remarquer à la fig. y , cote /, ou les lattes ,/z, 0, p9 ne font pas vis-à-vis l’une de l’autre, & cela parce que le montant eft un peu plus étroit qu’il ne faut, ce que j’ai fait de ce côté de la fig. y , pour mieux faire fentir la néceflité de ce que je viens de dire en expliquant la fig. 10.
- La fig. 7 , repréfente différentes fortes de compartiments propres aux frifos, aux plattes-bandes & autres parties d’une forme longue & étroite , defquels on peut faire choix félon les différentes occafions, en obfervant toujours de ne Treillageur. B 13
- 1
- Planche
- 347*
- p.1101 - vue 72/376
-
-
-
- Planche
- 347«
- Planche
- 34-8.
- 1102 L'A R T DU TREILIAGEUR, Chap. L " jamais tronquer ces compartiments, pour quelque raifon que ce puifle être , les compartiments en général devant être toujours faits pour les places, & non pas les places pour les compartiments.
- La fig. p , enfin repréfente plufieurs* compartiments qui, quoique très-corn-pliqués , peuvent s’exécuter en Treillage fans aucune difficulté , fi ce n eft celle de la main-d’œuvre , ce qui ne doit cependant pas en faire ,une pour un Ouvrier adroit & intelligent, qui n’en doit trouver que dans les chofes impoffi-bles, mais jamais dans celles qui /ont difficiles, fi ce n’eft le défaut du prix qu’on met à Ion ouvrage, ce qui l’oblige fbuvent de faire des chofes très-médiocres , quoiqu’avec beaucoup de talent. <_
- La fig. i , repréfente le bout ou éventail d’un berceau de treillage , qui eft le plus fimple des compartiments cintrés , & qui fe difpofe de la maniéré fuivante.
- On commence d’abord par tracer autant de demi-cercles qu’il y a de montants à la partie droite du treillage , dont le deflus de la derniere latte doit pafter au nud du cintre de l’éventail ; enfuite on divife le pourtour intérieur du plus grand cercle de la fig. i, cote A , en un nombre de parties quelconques, égales , autant qu’il eft poflible, à la hauteur des mailles du bas , en obfervant un yuide au milieu , ainfi que la largeur des aiguilles ou lattes tendantes au centre de l’éventail 5 qui doivent être par un bout d’une même largeur que les lattes horizontales, & être diminuées en venant à rien de l’autre.
- Cette maniéré de faire le compartiment des éventails , eft la plus ordinaire 9 & même la plus naturelle ; car quoiqu’elle diminue beaucoup les carreaux du bas, elle conferve du moins l’égalité à ceux du haut, c’eft-à-dire , du cercle extérieur, qui , pour lors, répondent à ceux de la couverture du berceau ; au lieu que fi on faifoit la divifion des carreaux fur la courbe du milieu de l’éventail , comme je l’ai fait à cette figure, cote B, les carreaux du haut devien-droient trop larges, & ne répondroient plus à ceux de la couverture du berceau ; fi donc j’ai fait la divifion du côté B de cette maniéré, ce n’eft que pour en faire connoître le défàvantage.
- La fig. 2, repréfente un autre éventail dont les carreaux & les cercles concentriques font divifés de maniéré qu’ils deviennent de grandeur proportionnelle les uns aux autres, ce qui fe fait de la maniéré fuivante.
- La divifion du grand cercle étant faite à l’ordinaire, on fait à part un triangle, fig. 3 , dont les deux côtés AB & C By font égaux aux rayons du cercle, fig. 2 ; ou, pour mieux dire , on fait un triangle femblable à un de ceux de la fig. 2 , tant pour la forme que pour la grandeur ( celui fig. 3 , n’étant double de ceux de la fig. 2, que pour faciliter l’intelligence du d'ifcours ) ; puis du point B , comme centre , & de la diftance C ou A, on décrit un arc de cercle prolongé au-delà du point A ; enfuite on prend la largeur d’une des lattes ou aiguilles tendantes au centre de l’éventail, qu’on porte de A à D ; & de ce point on mene une ligne droite au point B ; ce qui étant fait, on divife l’arc
- p.1102 - vue 73/376
-
-
-
- Sect. IL §. III. Differentes fortes Compartiments, &C* ïi03
- A C en deux parties égales, au point E duquel on mene une autre ligne -droite au point B ; puis on prend la diftance E C ou E A , qu’on porte de E à c ; & du point B , comme centre , on décrit un arc de cercle qui donne, à peu de chofe près , la moitié moyenne de la longueur du premier carreau. On prend enfuite la diftance c e, qu’on porte dtc\fy & celle c d9 de c d.g ; & du point B , comme centre, & des diftances/& g > on décrit deux arcs de cercles , dont l’un termine la longueur du premier quarré, & l’autre donne la largeur du fécond cercle : on fait la même opération pour le fécond carreau, c’eft-à-dire, qu’on fait g h égale agi; hl égaie à ho , & h m égale à h n ; & ainfi des autres jufqu’à la fin , comme on peut le voir à la fig. 3 : en fuivant cette méthode, touts les carreaux deviennent quarrés autant qu’il eft polîïble , & les cercles concentriques diminuent, ainfi que les aiguilles , ce qui fait un très-bon effet, fur-tout dans le cas d’une roface de plafond, Sc même dans une calotte , en faifant l’opération ^fig, 3 , fur une partie de cette derniere développée fur une ligne droite, comme je l’ai enfeigné ci-devant, page 1097 8c fig. 11, PL 346. On pourroit auffi employer cette efpece de compartiment dans une partie en demi-cercle, comme la repréfente la fig. 2, à condition toutefois que fi elle étoit placée verticalement, elle ne fût pas furmontée fur des treillages pleins, comme la fig. 1, aux compartiments defquels elle ne pourroit plus répondre , ce qui eft abfolument néceffaire.
- Si au lieu des carreaux , on vouloit que les parties circulaires fuftènt remplies par des aiguilles en fpirales , comme à la fig. 4 , cote C, ou par des efpeces de lozanges , cote D 9 on commencerait toujours par y tracer des carreaux corn-pofés d’une feule ligne, comme font les développements des furfaces, PI, 3 45* & 346; Sc cela félon la méthode ordinaire, comme à la fig. 1 , cote A-, ou félon celle de la fig. 2 , qui eft celle que j’ai fuivie pour la fig. 4 ; & par chaque angle des carreaux on fait pafler des lignes courbes formant foit les fpirales ou les lozanges , ce qui eft égal, puifque les lozanges font compofëes de deux fpirales tracées en contre-fens l’une de l’autre ; on ajoute enfuite en dehors de chaque fpirale, la largeur de l’aiguille qui vient en diminuant à rien au centre du rond, comme on peut le voir à la fig. 4.
- S’il arrivoit que la partie dans laquelle on veut tracer des compartiments, {bit quarrés ou lozanges , fût d’une forme ovale, on commencerait par faire les divifions fur le grand axe , puis on ferait à part un triangle-reétangle 9fig, y, dont l’hypoténufe a c, ferait égale à la moitié du grand axe ainfi divifé, & le moyen côté b c> égal à la moitié du petit axe ; puis de chaque point de divifion on abaiflferoit autant de lignes perpendiculaires à celle bc, ce qui donnerait fur cette derniere des points de divifion qui étant reportés fur le petit axe de l’ovale , fixeraient les différents diamètres des ovales concentriques, qu’on ferait pafler par les points de divifion du petit axe & par ceux du grand axe qui leur foraient corref pondants, &on achèverait le refte du compartiment félon la méthode ordinaire.
- Flanche
- 348.
- p.1103 - vue 74/376
-
-
-
- Planche 548.
- 1104 L'ART DU T RE ILLAGEURy Chap. I.
- =s On pourroit encore faire l’opération du triangle, fig. 3 , fur le petit axe comme fur le grand , ce qui reviendroit à-peu-près à la même chofe , excepte que les courbes ovales deviendront un peu plus larges de cette façon que de l’autre.
- Quand on a fait la divifion d’une partie , foit parfaitement ronde ou ovale, on doit faire enforte qu’il fe trouve des vuides aux quatre angles droits, c’eft-à-dire , par les axes , comme je l*ai obfervé à la fig. 4, ce qu’on doit en général obferver à toutes fortes de compartiments , du moins autant quil eft poflible.
- Dans les compartiments de frifes circulaires, comme la fig. 6, cote E Sc E y il faut obforver la même chofo que s’ils étoient pleins jufqu’à leur centre ; c’eft-à-dire, qu’il faut toujours que leur divifion tende à ce dernier, & que les parties qui en forment les compartiments tiennent de la forme des fpirales de la fig, 4 , comme je l’ai obfervé à la fig. 6, cote E.
- La fig. 7 repréfente une frifo remplie par les ronds difpofés de différentes maniérés ; les uns font joints les uns aux autres , d’autres font enlacés, & d’autres alternativement grands & petits, foit joints, foit enlacés.
- La fig. 8 repréfonte une autre frifo remplie de ronds enlacés les uns avec les autres de différentes façons, dont je ne ferai aucune defcription , non plus que de la frifo précédente, vu que l’infpeètion foule des figures doit fuffire.
- Les fig. 9 & 10 repréfentent deux modèles de compartiment courant, pro* près pour les grandes frifes , auxquels on peut joindre des feuilles d’ornements , & même des guirlandes en treillages , tant pour les orner davantage que pour en remplir les parties vuides. La fig. 9 eft une fpirale double tournante for deux points de centre à l’ordinaire, dont une partie eft d’égale largeur dans toute fon étendue , & l’autre eft diminuée en venant à rien à fon centre.
- La fig. 10 eft contournée de la même maniéré que la volute Ionique; & j’en ai fait une partie égale dans toute fon étendue, & l’autre diminuée à l’ordinaire , afin qu’on puiffo faire choix de l’une ou de l’autre maniéré.
- La conftruétion de la fig. 10 eft pins difficile que celle de la fig. 9 , mais auffi eft-elle plus parfaite, & je les ai repréfentées ici toutes deux pour qu’on en fente mieux la différence.
- Il fe peut faire une infinité d’autres compartiments , tant droits que cintrés, propres à être exécutés en treillage, que je n’ai pas voulu repréfenter ici, m’étant contenté de donner feulement quelques exemples for lefquels j’ai dit à-peu-près tout ce qu’il eft néceflaire de dire à ce fujet, & d’après lefquels on pourra non-feulement en compofer d’autres, mais encore les diftribuer de maniéré qu’ils foient auffi réguliers qu’il eft poffible de le faire. Quant à leur application aux ouvrages de Treillage, je n’en parlerai qu’après avoir traité de la partie pratique de cet Art, qu’il eft effentiel de connoître avant que dè paffier à l’application des principes de théorie qui ont fait le fujet du préfent Chapitre. CHAPITRE
- V
- p.1104 - vue 75/376
-
-
-
- <ta
- tiof
- ’SÜSnSSSt
- CHAPITRE SECOND,
- Des Bois propres à la conftruclion du Treillage, 3C des Outils
- des Treillageurs en gêneraU
- Les bois propres à la conftrudtion du Treillage proprement dit , font le Châtaignier, le Chêne & le Frêne ; ce font du moins les feuls qu’on emploie ordinairement, quoiqu’en général on puifle y employer tous les bois qui font d’une qualité liante & propre à la fente ; comme l’Aune, le Bouleau, le Cyprès, le Laurier, le Micocoulier, le Mûrier blanc, le Pin, le Saule ; mais, comme je viens de le dire, on ne fait uftge à Paris que des trois premiers, à la defo cription delquels je m’attacherai particuliérement, du moins quant à ce qui a rapport au Treillage.
- ,Le Châtaignier quon vend pour la conAruétion du Treillage , eA de deux efpeces ; favoîr, celui en échalas ou en cerceaux , êc celui en piece ou bûche t les échalas font des tringles d’environ un pouce de largeur , Air 8 à 9 lignes d’épaiflèur, qui font prifes dans de jeunes brins d’arbres qu’on fend, ainfi que les autres merrains.
- Les échalas fe vendent par bottes, de trente-fix toifos chacune, quelle que foit leur longueur, qui varie depuis % pieds & demi, 3 pieds, 4 pieds & demi, £,6,7, 8 & 9 pieds , qui eA leur plus grande longueur ; de maniéré que la botte de 9 pieds eA compofée de vingt-quatre échalas ; celle de 8 pieds, de vingt-fept ; celle de 7 pieds, de trente-un , & un pied de perte pour le vendeur^ celle de 6 pieds, de trente-fix ; celle de 5 pieds, de quarante-trois échalas , & un pied de perte pour l’acqiiéreur ; ainfi des autres.
- On doit choifir les échalas les plus quarrés & les plus droits poflîble , afin qu’ils foient plus aifésà employer ; il faut aufîï qu ’ils foienc moyennement focs, parce que , s’ils étoient trop verts, on les travailleroit difficilement ; & que, fi au contraire ils étoient trop fecs, ils feroient fujets à fe pourrir très-promptement. Les échalas, tels qu’on les vend en botte , font en partie équarris ; c eA pourquoi, dans les ouvrages communs, on les èmploie fans y rien faire que les redrefler , quand ils fe trouvent tortus fur leur longueur ; mais quand l’ouvrage eA un peu de conféquence on les équarrit à la plane , comme je l’enfeignerai ci-après.
- Les cerceaux font peu d’ulage en Treillage, à caufo de leur forme demî-ronde par leurs coupes ; cependant on les emploie quelquefois dans les cintres des berceaux, où ils tiennent lieu de fers ; dans ce cas il faut prendre de gros cerceaux de cuves , qu’on équarrit pour les mettre à la groifeur des échalas.
- Treillageur. C13
- p.1105 - vue 76/376
-
-
-
- no 6 VA RT DU TREILLAGE UR, Chap. IL
- Il faut obforver que les cerceaux employés aux Treillages , durent près de moitié moins que les échalas ; c’eft pourquoi il n’en faut faire ufàge que le moins quil fera poflîble.
- Les pièces de Châtaignier ne font autre chofe que des bûches de 3 à 4 pieds de longueur, & de 7 à 6 pouces de diamètre, que Ion vend en grume ; c’eft-à-dire, couvertes de leur écorce : il faut les choifir bien droites & de fil, & fur-tout vertes, afin qu’elles fe fendent plus aifément; ce qui eft néceflàire pour en faire des copeaux & autres menus ouvrages.
- Le Chêne entre dans la conftruétion des bâtis des Treillages , & dans leur rempliflàge ; dans le premier cas on emploie des chevrons , des membrures, & des planches de toutes fortes de qualités, ainfi que dans la Menuiferie de bâtiment , en obfervant de n’employer que du bois d’une qualité dure Sc liante , afin qu’il foit en état de réfifter plus long-tems aux intempéries des fàifons , auxquelles ces ouvrages font continuellement expofés.
- Pour les ouvrages de rempliflàge, on fe fert de lattes de Chêne, le plus liant & de fil qu’on puiflè trouver : on fait auflî ufage de chêne de Boiflelerie, comme je l’expliquerai en fonlieu.
- On le fer voit autrefois d’échalas de Chêne, ce qui faïfbit de très-bons ouvrages ; mais on n’en trouve plus préfentement ; de forte que l’on ne fait ufàge que d’échalas de Châtaignier, comme je l’ai dit ci-deflus.
- Le Frêne ne fert qu’à faire des copeaux ; c’eft pourquoi on l’achete en pièces ou bûches, à peu près femblables à celles de Châtaignier, dont j’ai parié ci-deflus : il faut les choifir de même vertes & bien de fil ; ce qui eft tout naturel, puifqu’elles forvent aux mêmes ufàges. 5
- Je n’entrerai pas dans un plus grand détail touchant les bois qu’on emploie à la conftruétion des Treillages, parce que, ce que je viens d’en dire eft très-fuffifànt, & que , d’ailleurs, j’ai parlé de la nature de ces différents bois dans le courant de cet Ouvrage , première Partie, page 22 , & dans la troifieme Seétion de la troifieme Partie, page 782.
- Les Outils des Treillageurs font de deux fortes ; fàvoir , ceux qui leur font propres comme Treillageurs , & ceux de Menuiforie dont ils font ufage, comme Menuifiers & Treillageurs. Je ne ferai ici aucune mention de ces derniers, parce que je les ai décrits au commencement de la première Partie de mon Ouvrage , page , où on pourra avoir recours ; c’eft pourquoi je vais pafler tout de fuite a la defcription des outils des Treillageurs proprement dits, & donner en même-temps la maniéré d’en faire ufàge, pour n’avoir point à me répéter dans la fuite.
- p.1106 - vue 77/376
-
-
-
- Sect. L Defcription des principaux Outils des Treillageurs, 8cc* lioy Section Premier®.
- Defcription des principaux Outils des Treillageurs , & la maniéré
- £ en faire ufage.
- Les Treillageurs font dans le même cas que la plus grande partie des Ouvriers ; c’eft-à-dire, qu’ils font ufage des outils appartenant à des Ouvriers de différentes profeffions ; car* fans parler des outils des Menuifïers, des outils dont je vais faire la defcription , les uns appartiennent aux Tourneurs, d’autres aux Boiffeliers, ( qui anciennement ne faifoient qu*une même Communauté avec les premiers ) ; d’autres aux Tonneliers ; d’autres enfin aux Sculpteurs : cependant chacun de ces différents outils * quoique décrits dans différents Arts * font très-nécefîàires aux Treillageurs, & je ne pourrois pas en omettre aucuns (ans faire tort à cette partie de mon Ouvrage.
- La figure première repréfente une fcie à main, dont l’arçon ou monture eft toute de fer, & a environ un pied de longueur ; la lame de cette fcie eft attachée d’un bout avec la branche de l’arçon en a, & de l’autre avec un mentonet b , dont la tige qui eft terminée par une vis, pafïe au travers de la branche inférieure de l’arçon ,&y eft arrêtée en deflous avec un écrou c, par le moyen duquel on tend la lame autant qu’on le juge à propos : il faut obferver que la tige du mentonet* ainfi que le trou de la branche au travers de laquelle elle pafle, doit être quarré * afin que * quand on ferre l’écrou , la vis ne tourne pas avec ce dernier.
- Les Treillageurs font grand ufage de cette fcie, tant pour couper les écha-las * que pour toutes les autres pièces de Treillage ; c’eft pourquoi il faut que fa denture fbit moyennement forte * Sc qu’elle ait un peu de voie, pour paffer plus aifément dans le bois vert.
- Les Treillageurs fe fervent de cette même fcie pour tous leurs différents ouvrages ; cependant il fèroit bon qu’ils en euffent au moins deux femblables pour la monture, mais qui différaffent entr’elles pour l’épaifleur de la lame & la grandeur des dents, afin de fe fervir de l’une ou de l’autre, félon que la force des bois l’exigeroit ; ce qui eft d’autant plus néceflàire * qu’une fcie trop fine a peine à paffer, & s’engage dans du gros bois , & qu’au contraire celles qui font trop groffes , éclatent & déchirent les petites pièces * comme les lattes * les copeaux, &c.
- La figure i repréfente une ferpe, dont la longueur du deffus du manche eft jd’environ 9 pouces, fur 2 pouces & demi à 3 pouces de largeur. Cet outil eft affûté des deux côtés, comme un fermoir, ainfi que le repréfente fa coupe A * & eft d’un très-grand ufage pour la conftruélion des Treillages fimples , comme on le verra ci-après.
- Planche
- 1
- p.1107 - vue 78/376
-
-
-
- Planche
- 349*
- 1108 UART DU TRÊILLAGEUR, Chap. II.
- Le marteau des Treillageurs , fig. 3 , coté B Sc C, différé des marteaux ordinaires , tant pour la grandeur que pour la forme. La tête de ce marteau eft ronde , & a environ 9 à 1 o lignes de diamètre ; fa pane eft applatie , & n a tout au plus que 3 lignes d'épaiffeur , fur une largeur à peu près égaie au diamètre de la tête.
- Il eft bon que les extrémités , tant de la pane que de la tête, foient garnies dacier , & même trempé , afin quelles réfiftent plus long-temps Sc qu'elles ne s'émouffent pas en frappant fur les têtes des clous & fur les pointes.
- Le manche de ce marteau a environ 1 pied de longueur, & eft diminué dans fon extrémité fupérieure, afin de donner plus de coup au marteau.
- La tête du marteau des Treillageurs, ainfi que Ion manche , font longs & menus, afin qu'ils puiffent s'en fervir dans des endroits creux Sc étroits ; ce qui ne pourroit être fi ces marteaux étoient conftruits à l'ordinaire.
- Après le marteau , les tenailles ,fig. 4 & 7, font les outils qui font le plus néceffaires aux Treillageurs : elles different des tenailles ordinaires en ce qu'elles font plus petites de tête, Sc moins larges du dehors en dehors de leurs branches , ce qui eft néceflàire pour qu'un homme puiffe aifémentles empoigner d’une feule main, fans être obligé d'ouvrir trop cette derniere , ce qui lui ôterait une partie de fa force.
- Les tenailles qui font ici repréfentées , fig. 7 , ont 18 lignes de largeur du dehors en dehors de la tête qui eft applatie en deffus, Sc n'a qu'un pouce de hauteur , afin d'avoir plus de force : l'extrémité des deux mords de ces tenailles doit être d'acier trempé , & affûtée en bifeau en deflous , afin qu'elle puiflè couper le fil de fer & les pointes, Sc on doit avoir grand foin que ces deux mords foient bien parallèles, Sc qu'ils affleurent parfaitement en deffus, afin que leurs vives-arêtes ne fe chevauchent pas, ce qui les empêcherait de couper vif.
- Les branches de ces tenailles font prefque droites & parallèles, lorfqu'elles font fermées, Sc ont 7 pouces de longueur depuis le clou au centre de mouvement , jufqu'à leur extrémité , ce qui fait environ 9 pouces pour la longueur totale des tenailles ; quant à leur épaiffeur ou largeur des mâchoires , à 16 lignes font fuffifantes ; au refte, voye\ les fig. 4 & 7 où elles font exactement deffinées.
- Les Treillageurs fe fervent de vilbrequins & de vrilles de toute groffeur, mais plus communément d'une efpece de foret ou touret, (repréfenté fig. $}8& 9), qu'ils nomment Violon ; c eft un morceau de bois d'environ 1 pied de long, fur 2 pouces d'épaiffeur , & 2 pouces & demi à 3 pouces de largeur : l'extrémité inférieure de ce morceau de bois eft diminuée & arrondie , pour qu’on puiffe l'empoigner plus aifément : à l'autre extrémité & à environ 2 pouces du bout, eft une entaille d^e9fig*89 de 3 pouces de longueur,dans laquelle on place la boëte du foret D, dont un des bouts g , fig. 9, entre dans un trou pratiqué à
- bois
- p.1108 - vue 79/376
-
-
-
- SeCtI. Defcnpùon des principaux Outils des Treillageurs , Si. ï rojj
- bois de bout dans l’épaiffeur du violon , & l’autre bout / pafe dans une en-. ë“-"ü!-=ï taille, faite dans l’épaiffeur du violon, au travers duquel il paiTe, 8c. on l’arrête Planche en place par le moyen d’une cheville ou d’une vis h, fig. 8, qu’on ôte quand ^ on veut retirer la boëte du foret ou en mettre une autre»
- Quand on fait ufage du violon, on prend le manche de la main gauche ; & de 1 autre , c eft-a-dire de la droite, on tient l’archet par le moyen duquel on fait mouvoir la boîte du foret à l’ordinaire : au moyen de cet outil on fait des trous dans des pièces très-minces, fans craindre de les éclater, ce qui eft un très-grand avantage.
- Je n entrerai pas dans un plus grand detail au lu jet de cet outil, parce qu’il eft d une compofition très - fimple , & que les figures doivent fuifire : quant au foret & a fon archet, je n’en ferai aucune mention, parce que je les ai détail* lés avec afTez d’étendue dans l’Art de l’Ebénifte, Se&ion troifieme de latroifieme Partie de mon Ouvrage, page 938 & fuiv.
- Les Treillageurs font auffi grand ulàge du petçoir, Fig. 3 : c’eft un petit outil à manche, dont l’extrémité p du fer eft aiguë & applatie fur les côtés, qui, par ce moyen deviennent coupants, ce qui eft néceflàire pour qu’en enfonçant cet outil dans le bois pour y faire un trou , les deux arêtes de côté,coupent les fils de ce dernier, & ne les faifent pas fendre ; ce qui arriverait fi cet outil étoitrond par fa coupe, ou qu’étant applati & coupant fur les arêtes, on ne difpofât pas ces dernieres de maniéré quelles fuifent perpendiculaires au fil du bois.
- La figure 13 repréfente une maffe ou gros marteau dont les Treillageurs-font ufage pour enfoncer des poteaux 8c autres pièces de cette nature : cette maflê doit avoir 4 a $ pouces de longueur, fur 2 à 2 pouces 8c demi, & avoir un manche de bois très-liant de 2 à 3 pieds de longueur»
- La figure 14 repréfente un dreiToir, & un Ouvrier occupé à en faire ufage , ceft-à-dire, à dreffer des échalas : ce dreiToir n’eft autre chofe qu’une piece de bois longue de 6 a 7 pieds , de 4 à y pouces de largeur , & environ 2 pouces d’épaiifeur ; à 9 à 10 pouces d’une des extrémités de cette piece, eft affemblée une efpece de pied de treteau, dont la longueur du deffus du dreiToir doit être de 2 ‘pieds 9 à 10 pouces ; ce pied ne doit pas être afTemblé quarrément dans le deflus du dreiToir , mais être difpofé de maniéré que fon extrémité inférieure tombe à plomb de celle du deflus, comme l’indique la ligne i, h cette pré* -caution eft néceflàire , pour que , quand on fait ufage du dreiToir , le point d’appui de l’échalasfe trouve précifément à la-plomb du bas du pied, & que l’effort que fait l’Ouvrier ne tende pas à faire relever l’extrémité inférieure du drefloir, dont 1 ecartement du pied eft retenu par une entre-toile en écharpe , affemblee d un bout dans le deflus du drefloir , & de l’autre dans la traverlè du pied.
- Sur le cote de ce dernier eft attachée une équerre de fer tri n à, nommée mâchoire , dont la branche horizontale n, o, s’élève -d’environ 3 pouces Treillageur. n
- p.1109 - vue 80/376
-
-
-
- Planche
- 349-
- i
- ÏIIO VART DU TREILLAGEUR. Chap.IT.
- au - deflus du drelîoir , & perpendiculairement à fa longueur.
- Cette mâchoire fort de point d’appui pour drefler les échalas ; ce qui le fait comme je vais l’enfeigner ci-après.
- Les échalas, tels qu'on les acheté en bottes, comme le repréfente la figure r 2, ne font pas exactement droits, mais le plus fou vent remplis de finuofités qui font plus ou moins confidérables, félon que la piece de bois , dans laquelle ils ont été fendus, eft plus ou moins droite , & de fil ; quelquefois ces finuofités font fi confidérables, qu’il feroit impoflible de redrefler les échalas aux dépens de leur épailîèur ; c’eft pourquoi on les redrefle fins les diminuer ; ce qui fe fait de la maniéré foi vante.
- On prend de la main gauche l’échalas qu’on veut redrefler, & on le pofe for le drefioir ; enfuite , après avoir confidéré de quel côté il eft creux, on fait porter le côté oppolé , c’eft-à-dire, le bouge, for le bput du drefloir qui eft un peu arrondi ; puis avec la forpe qu’on tient de la main droite, on en donne un coup for l’échalas; ce qui étant fait, on appuie de la main gauche fur ce dernier, qui étant arrêté par la mâchoire de fer , eft obligé de ployer, & par confisquent de fe redrefler. Il faut faire attention que le coup de ferpe ou navrure ne doit pas être donné perpendiculairement à la longueur de l’échalas , mais au contraire obliquement à cette derniere , & du côté où le fil du bois fe trouveroit le plus allongé, afin de couper moins de fibres ligneufes ou autrement dit de fil, & de conferver plus de force à l’échalas. Voyez la fig. 14 qui repréfente un Treilla-geur dans l’inftant où, après avoir donné le coup de ferpe (qu’il appuie for le bout du drefloir ) , il fait ployer l’échalas pour le redrefler; voyez aufîi les figures 10 & 11, qui repréfentent, l’une un échalas tel qu’on le tire de la botte, & l’autre, ce même échalas après avoir été drefle comme je viens de l’enfeigner , & auquel on peut remarquer que les coups de ferpe ou navrures font donnés des deux côtés , & en différents fens, félon que les finuofités de l’échalas 9fig. 10 , l’ont exigé. Cette maniéré de drefler les échalas eft la plus prompte & la plus ufitée ; mais elle a le défaut d’être peu propre ; & quelque foin qu’on prenne, on ne peut pas parvenir à rendre les échalas parfaitement droits; déplus, quand le bois vient à fe fécher, les coups de forpe s’ouvrent, ce, qui fait un affez mauvais effet ; c’eft pourquoi, quand l’ouvrage eft un peu de conféquence, il faut choifir les échalas les plus droits poflibles, & achever de les drefler au chevalet & à la plane, comme je l’enfeignerai après avoir fait la defcription du chevalet & de la plane.
- §. I. Du Planage des Bols, 6 des Outils qui y font nécejfaires;
- Planche
- 35°.
- Le chevalet, fig. 1,2, 3 & 4, eft une elpece de banc d’environ 4 pieds 6 pouces de longueur , for 7 à 8 pouces de largeur dans fo partie la plus étroite. Ce banc eft fopporté par quatre pieds de 18 à 20 pouces de hauteur, pris du
- p.1110 - vue 81/376
-
-
-
- Sect. L §. /. Du Planage des Bols, & des Outils qui y font nécejjairès, Int deftus , lefquels pieds font aftèmblés à tenon & mortaife dans le deftus du che- a valet, &1 écart de ces pieds eft retenupar des entre-toifes en écharpe, afin de ne pas nuire au mouvement du levier, A, B ,fig. I. Ce levier ou montant eft un morceau de bois d'environ 2 pouces quarrés , à l’extrémité duquel eft aflemblée une autre pièce de bois d'environ 3 pouces d’épaiffeur , fur 4 pouces de largeur Sc 6 pouces de longueur ; cette piece de bois fe nomme la tète du levier 9 & reçoit ce dernier qui y entre à tenon & affourchement à queue * pour quelle tienne plus folidement. Cette tête affleure le dehors du levier & le déborde en dedans, afin de pouvoir mordre fur la planchette C, Z? , & y arrêter l'ouvrage d’une maniéré fixe & ftable.
- Le deflous de la tête du levier, du côté ou il porte fur la planchette , eft garni d’une lame de fer mince qui y eft incruftée de toute fon épaifleur,& arrêtée avec des clous ou avec des vis , ce qui eft encore mieux : on met cette bande de fer pour que l'arête de la tête du levier feconferve, & qu’elle morde également dans toute fa longueur ; ce qui ne pourroit être fi on ne prenoit cette précaution, parce que la vive-arête du bois feroit bien-tôt emportée , pour peu qu’on fît ufitge du chevalet.
- Le levier pafte au travers de la planchette & du deftus du chevalet, avec lequel il eft arrêté, par le moyen d'une goupille ou broche de fer a %fig* 1 : voyez la fig. 4 qui repréfente la coupe tranfverfale du chevalet, prife à l’endroit de cette broche.
- Ce levier eft placé à environ un pied & demi du devant du chevalet, 3c il faut obferver que les mortaifes, tant de la planchette que du deftus du chevalet ^ dans lelquelles il fe meut, foient d’une longueur ftiffifànte pour qu’on puiflè le drefler perpendiculairement, comme on le peut voir à la fig. 2, qui repréfente la coupe de la partie antérieure du chevalet.
- La planchette C, D , fig. 1 & 2 , a environ 3 pieds de longueur depuis Ion extrémité C, jufqu’à la rencontre de l’emboîture du chevalet, avec laquelle elle eft aftemblée ; elle eft foutenue par un montant E, qui l’éleve de 9 à 10 pouces à fa plus grande hauteur ; ce montant eft aflemblé à tenon & mortaife , tant dans cette derniere que dans le deftus du chevalet, & il faut qu’il foit un peu incliné du côté de la tête du levier, afin de faire effort, ou , pour mieux dire, réfifter à la preflion de ce dernier, qui par fon aétion tend à abaifler la planchette.
- Au bas du levier eft placée une cheville ou pédale b> fig. r , qui pafle au travers de fon épaifleur, & fur laquelle celui qui fait ulàge du chevalet polè fes pieds : 8 ou 10 pouces de longueur, & 8 à 9 lignes de diamètre fuffifènt à • cette cheville , comme on le peut voir à la fig. 9. Cette cheville doit être faite avec du bois très-liant, comme du Cornouiller, ou autre bois de cette efpece, afin qu’elle réfifte plus long-temps à la preflion des pieds, qui ne laifle pas d’être con* fidérable. Tous les Treillageurs n’ont pas des chevalets conftruits avec tant de
- Planche
- 350.
- p.1111 - vue 82/376
-
-
-
- Planche
- 3$q«
- nra IMKT DU TREILLAGEUR, Chap. IL folidité que celui dont je viens de faire la defcription: la plupart de ceux dont ils font ufage étant peu folidement conftruits, & par confisquent dun ufàge peu facile ; ce qui ne peut être autrement, rien n’étant fi difficile que de fe fervir de mauvais outils.
- Quant aux dimenfions des différents chevalets, elles font toutes à peu près les mêmes, c’eft-à-dire , aiîujetties à la grandeur humaine, qui ne varie guere dans le plus grand nombre de fujets.
- La plane , fig. y & 6 , eft une lame de fer acérée, dont le tranchant, fem-blable à celui des cifeaux , eft fait fur fa longueur. La largeur de la plane eft d’un pouce & demi à 2 pouces, fur environ iy pouces de longueur 5 fcn épaif-feur efl: d'environ 2 lignes 9 Sc fa furface, du côté de la planche, doit être bouge fur fa longueur de 2 à 3 lignes, comme l’indique la ligne c, d 9fig* y, afin que quand on fait ufàge de cet outil on puifle bien drefler le bois; ce qui ne pourroit être fi la planche ou côté du taillant de la plane étoit exactement droite 9 comme on le verra ci-après.
- Les deux extrémités de la plane font diminuées de largeur, Sc reployées en retour d’équerre du côté de la planche d’environ 4 lignes , prifes du nud de cette derniere , d’après quoi elles font un fécond coude parallèle au plat de la plane , Sc font terminées en forme de foies, pour recevoir deux manches ou poignées de bois, qui fervent à tenir cet outil : ces poignées ont environ 2 pouces de longueur & un pouce Sc demi de diamètre, ce qui eft fuffifànt pour qu’on puifle les bien empoigner, & elles font,ainfi que leurs foies, reportées fur le derrière de la lame, afin que l’effort que fait l’Ouvrier, lorfqu’il fait ufàge de cet outil, & la réfifo tance qu’éprouve ce dernier, fe trouve fur le même plan; ce qui ne pourroit être fi les manches n’étoient pas reportés en arriéré de la planche de l’outil, vu le bombagede cette derniere, par l’extrémité duquel bombage il faut que pafle le centre des deux manches, comme l’indique la ligne c yfig* y.
- Quand on fait ufage de la plane, on empoigne les manches des deux mains, un peu renverfées en dehors, & les pouces fur le deflus des manches, vers leurs extrémités fupérieures : la planche de la plane doit être en deflous, & parallèle à la face de l’ouvrage, fur laquelle on la fait mordre en la levant un peu du derrière & en la tirant à foi. Cet outil eft très-facile à mener, pourvu qu’on ne l’engage pas trop dans le bois, & que les manches foient allez en arriéré : car fi les manches de la plane n’étoient pas ainfi reportés en arriéré , on ne pourroit faire ufàge de cet outil que très-difficilement, parce que l’effort fe trouvant dans un plan plus élevé que la réfiftance, il faudroit nécelîàirement que la plane relevât du derrière, & que fon taillant s’engageât dans le bois plus qu’on ne voudrait ; & alors il arriveroit de deux chofes l’une, ou que l’on feroit expofé à gâter l’ouvrage en prenant trop de bois à la fois, ou que l’Ouvrier fatigueroit beaucoup pour fe rendre maître de fon outil & empêcher qu’il ne relevât du derrière, & par conféquent ne prît trop de bois.
- Quand
- p.1112 - vue 83/376
-
-
-
- SeCT.I.§. I, Du Planage des Bois, & des Outils qui y font nécefaires. i r 13
- Quand les Treillageurs veulent faire ufage de la plane, pour quelque ouvrage que ce foit , ils s’afloyent fur le chevalet, fig. 9, pofent les deux pieds fur la Planche marche ou cheville , & après avoir placé la piece qu’ils veulent planer fur la planchette , ils la làififlent avec la tête du levier , qu’ils appuyent fortement deflus en pouflànt les deux jambes en avant ; aélion qui leur eft toute naturelle puifque, lorfqu’ils tirent la plane à eux, ils ont befoin d’un point d’appui pour oppofer à la réfiftance de l’outil.
- Quand on plane des pièces d’une certaine longueur, comme des échalas 5c autres ; on les fait pafîer le long de la planchette, à gauche ou à droite du levier, félon qu’on le juge à propos , 8c on les fait avancer à rnelure , en relevant tant foit peu la tête du levier : quand les pièces font courtes , comme la fig. 9 ; on les place au milieu de la planchette ; 8c pour que la plane ne gâte pas Cette derniere, lorfqu’elle s’échappe de deflus la piece qu’on plane, on y met une petite planche mince, qu’on y arrête légèrement, 8c qui reçoit les coups de plane: on rechange cette planche autant qu’il eftnéceflàire, c’eft-à-dire, autant qu’elle s’ufe plus ou moins promptement.
- Quand les pièces qu’on plane font d une certaine largeur, il faut ayoir grand foin que le taillant de la plane foit très-droit, 8c même un peu bouge , afin qu’il ne prenne pas trop de largeur de bois à la fois ; c eft pour cette raifon que la planche de la plane eft bouge ; car fi elle étoit droite il feroit impoflible de la menerfur des pièces un peu larges ; & fuppofé que cela fût poffible, la furface de ces pièces deviendroit prelque toujours bombée.
- Lorfqu’on plane au chevalet, il faut fe tenir droit en face de fon ouvrage, 8c le corps placé de maniéré que quand on eft au bout de fon coup, ,c eft-à-dire, à l’extrémité de la piece qu’on plane, le corps ne foit pas trop renverfé en arriéré , afin d’être toujours en force , 8c par conféquent le maître de fon outil.
- Le chevalet, tel que je l’ai repréfenté dans la figure 9 de cette planche , eft propre pour des hommes d’une taille ordinaire, c’eft-à-dire, de 5 à 5 pieds 8c demi ; pour ceux qui font plus grands ou plus petits, il faut en augmenter ou diminuer les dimenfions, pour que ceux qui en font ufoge foient commodément deflus, de maniéré qu’ils n’ayent les jambes ni trop ployées ni trop allongées ; que le deflus de la planchette leur vienne au bas de l’eftomach, & que, de l’extrémité de la planchette au devant de la tête du levier, il y ait aflèz de diftance pour que, quand on approche le dos de la plane de ce dernier, les bras fe trouvent tendus, lans cependant être roides ; & que quand ils font au bout du coup, le corps foit toujours en équilibre, & par conféquent en force.
- Les Treillageurs font un très - grand ufàge de la plane 8c du chevalet pour/ corroyer & drefler toutes fortes de pièces, tant grandes que petites, ce qu’ils font avec beaucoup d’adrefle , fur-tout pour les pièces minces, comme les frifages & autres, qu’ils réduifent à une très - petite épaifleur, 8c cela très^ également, 8c prefqu’auffi lifles que s’ils s’étoient fervis d’un rabot.
- Treillages r. * E 13
- p.1113 - vue 84/376
-
-
-
- «14'' £ART DU TRtILLAGEURyChap.II.
- Les figures 7, 8 & I x, repréfentent deux efpeces de coutres, qui ne dif-Flanche ferent entre eux que par la maniéré dont ils font emmanchés : dans 1 un , fig. 7 & 8 , le manche entre dans une douille , pratiquée dans l’épaiffeur même de l’outil, laquelle douille eft évafée du côté du tranchant, qui eft celui par lequel on fait entrer le manche , afin que quand on frappe fur le dos de l’outil le manche ne forte pas dehors.
- La longueur de ce coutre eft d’environ ro pouces ,fur 3 pouces de largeur & 4 lignes d’épailfeur par le dos ; cette épailTeur diminue des deux côtés, en venant à rien du côté du tranchant, qui eft placé au milieu ; de maniéré que cet outil n’a , à proprement parler, point de bifeau , fi ce n’eft vers le tranchant qu’il eft bon de lui réferver un peu d’épaiffeur arrondie , en venant à rien, tant pour empêcher que le tranchant ne fe rompe, que pour aider à l’aéfion de l’outil, qui doit plutôt faire l’office d’un coin, & écarter & féparer les parties du bois , de que les couper.
- L’autre coutre , fig. 11, différé de celui dont je viens de parler, en ce qu’il eft un peu moins long de fer, & que fon manche eft placé comme aux autres outils ; c’eft-à-dire , fur la même ligne que l’épaiffeur du fer.
- Le coutre, foit de l’une ou de l’autre efpece, fort aux Treillageurs pour fendre les pièces, foit de Châtaignier ou de Frêne, ainfi que l’indique la fig* 10, & les réduire , foit en lattes ou en copeaux. Dans l’un ou l’autre cas , il faut d’abord fendre la bûche en deux parties , puis chacune de ces parties en deux; après quoi on les fend, foit en fuivant les rayons tendants au centre de la piece, ou bien parallèlement à une des premières fentes , en obfervant dans l’un ou l’autre cas de les fendre toujours en parties paires, & au milieu de leur groffeur f afin *jue la féfiftance foit égale des deux côtés, & qu’on parvienne à fendre des pièces très-minces , fans en caffer beaucoup ; ce qui ne manqueroit pas d’arriver s’ilreftoit plus d’épaiffeur de bois d’un côté que de l’autre. Quand les pièces qu’on fend font très-fortes , & que le maillet ordinaire devient trop léger, on frappe fur le coutre avec une maffe ou mailloche de bois ; mais cela arrive rarement, les pièces que les Treillageurs fendent n’étant jamais affez grojüès , ni d’une longueur affez confidérable pour cela.
- On fend quelquefois les lattes qu’on acheté en botte ; pour cet effet on les met tremper pendant quelque temps dans l’eau, après quoi on les fend en deux fur l’épaiffeur avec un fort couteau , ou avec une petite ferpe ou couteau à lame courbe en dedans, dont je parlerai ci-après.
- Quand on fend ainfi des lattes, il faut choifir celles qui font les plus épailîes , & de fil, & fur-tout qui, ont été fendues fur les couches concentriques de l’arbre , parce que celles qui font fendues fur la maille en premier, fe fendent très-difficilement en fécond ; de plus, quand on plane des lattes fendues fur la maille , & quelles font très-mine es , il s’y fait des éclats, & même des trous, & cela , parce que les mailles ou rayons fe détachent des fibres ligneufes quelles traverfont,
- p.1114 - vue 85/376
-
-
-
- SECT• /. §. I. Planage des Bois, (5 des Outils qui y font necejfaires. r ri y & auxquelles elles ne font que peu adhérentes, & quelquefois même point -du tout ; il arrive même qu’elles fe détachent quelquefois d’elles-mêmes. Quand le bois eft très-fec, les mailles femblent être d’une autre nature que le relie du bois, duquel elles different, & par la couleur & par la denfité, qui eft beaucoup plus considérable dans les mailles, que dans ce dernier.
- De quelque forme que foient les bois qu’on plane, il faut toujours avoir grand foin que la plane coupe bien vif & que fon tranchant foie bien égal, fur - tout pour les bois minces ; c’eft pourquoi, après l’avoir aiguifé fur la meule, il faut lui ôter le fil avec la pierre à affiler, qu’il faut paffer , tant for le bifeau que fur la planche , en obfèrvant de tenir la pierre bien parallèle à cette derniere , afin de n’y pas faire de faux bifeau , ce qui l’empêcheroit de couper vif, ou du moins fins faire de grands efforts, ce qu’il fautabfolument éviter, for-tout pour les pièces minces , qu’on a bien-tôt coupées dans leur longueur, pour peu qu’on incline trop la plane en dedans, ou qu’il fe trouve des rebours, qu’il faut avoir grand foin d’éviter.
- Il y a des Treillageurs qui donnent leurs planes à affûter aux Rémouleurs, & cela, parce qu’ils n’ont pas l’habitude de le faire, ou qu’ils n’ont pas de meule, ce qui eft abfblument néce(Taire pour affûter cet outil ; cependant ceux qui le font eux-mêmes , & qui par conféquent ont une meule , font très-bien , parce que les meules font très-utiles pour bien affûter toutes fortes d’outils, & même très-promptement ; ce qu’on ne peut pas fi bien faire for un grès ordinaire comme je l’ai déjà dit dans la partie de l’Ebénifterie , page 806, où j’ai fait la defeription d’une meule & de fon auge , à laquelle on pourra avoir recours , ne m’attachant ici qu’à faire la defeription des outils des Treillageurs proprement dits.
- Pour les ouvrages ordinaires , les Treillageurs font, ainfi que je l’ai dit plus haut, dans l’ufage de corroyer tous leurs bois à la plane , tant les gros bois, comme les échalas, que les bois minces deftinés à faire des ronds & autres ouvrages plus délicats , & les lattes de frifàges ; ÔC comme il eft néceflâire que ces dernieres foient droites fur le champ , & d’égale largeur dans toute leur longueur , ils les dreffent & les mettent de largeur à la varlope , & cela par le moyen d’un outil nommé boîte à mettre de largeur, repréfenté figure i.
- Cette boîte à mettre de largeur, n eft autre chofe qu’un morceau de bois d’un bon pouce d’épaiffeur , fur 3 à 4 pieds de longueur & 4 à y pouces de largeur , aux deux côtés duquel, ( c’eft - à - dire for le champ ) font attachées deux bandes ou rebords de bois dur & liant, qui l’affleurent en deffous & le débordent en deflùs d’une faillie, égale à la largeur que doivent avoir les lattes : ces rebords font ordinairement attachés à plat avec des clous tout Amplement ; mais il vaut beaucoup mieux y mettre des vis, & fur - tout les affembler à rainure & languette avec le fond, afin qu’elles ne puiffent faire aucun mouvement for la hauteur :„il faut aufli avoir foin de difpofèr ces rebords, de maniéré .que leurs fils
- Planche
- 3S°*
- Planche
- p.1115 - vue 86/376
-
-
-
- Planche
- 3Slm
- mô L’ART DU TREILLAGEUR, Ghap. II. aillent en montant du côté de la tête de la boîte, afin que la varlope ait moins de prife en paflant deffus ; entre les deux rebords & à une des extrémités de la boîte , qu'on nomme la tête, on attache une traverfe dont l’épailTeur eft égale à la faillie des rebords quelle affleure en défit» ; & pour que cette traverfe tienne plus folidement, il eft bon quelle entre à tenon & mortaife dans ces derniers afin quelle réfifte mieux au choc des lattes qui pouffent contre lorfqu’on fait ufage de la boîte, ce qui fe fait de la maniéré fuivante :
- La boîte étant difpofée comme je viens de le dire ci-defîùs, on la place fur 1 établi , & la tête, ceft-à-dire , le bout qui eft fermé contre le crochet ; puis on met dans la boîte autant de lattes fur le champ quelle peut en contenir, & on les dreffe d’un côté avec la varlope ; après quoi on les retourne, & on achevé de les mettre de largeur en paflant la varlope deffus, jufqu a ce qu’elle porte fur les rebords de la boîte , qu’il faut bien fe donner de garde d’entamer, afin de n’en point diminuer la hauteur.
- Quand on dreffe ainfi des lattes, il Faut, avant que de les mettre dans la boîte, faire attention fur quelle rive elles font le plus droites , afin de les commencer toutes de ce côté, & qu’il n’y refte de faute ( ou d’inégalité, ce qui eft la même chofe ) que le moins qu il fera poffible ; après quoi on les retourne, comme je viens de le dire ci-deflus.
- Les lattes étant ainfi mifes de largeur , on les dreffe fur le plat, & on les met d’épaifleur avec la plane, comme je lai dît ci'deflus ^ ce qui eft allez bon pour les ouvrages ordinaires ; mais pour les ouvrages de confequence il vaudroit mieux faire cette opération au rabot, ce qui les rendroit beaucoup plus unies &plus égaies d’épaiffeur, & ne coûteroit guere plus de temps ni de foins, en fe fervant d’un rabot dilpofé exprès pour cela , comme je 1 enfeîgnerai ci - apres, quand j’aurai terminé ce qui concerne la delcription des outils des Treillageurs proprement dits.La boîte a mettre de largeur fert non-feulement pour les lattes de rempliffages, mais encore pour toutes les autres pièces minces qui doivent être d’une largeur égale, comme, par exemple, celles qui font deftinées à remplir des membres de moulures, foit droits ou cintrés ; dans ce dernier cas, après qu elles ont été planées, on les fait tremper dans de l’eau pour les rendre plus fouples; puis on les chauffe & on les tourne en cercle , à peu près comme on fait pour les cerceaux des futailles ; & on les retient en cet état en les nouant de diftance en diftance avec des liens de fil de fer, comme on peut le remarquer à la/g-. 2.
- On fait de ces cercles de différents diamètres, afin d’avoir des pièces plus ou moins cintrées, & pour quelles confèrvent mieux leurs cintres on les laifle liées en cercles le plus long-temps qu’il eft poffible , afin qu’en féchant dans cet état les fibres du bois ne tendent plus à fe redreffer ; c’eft pourquoi les Treillageurs apprêtent d’avance beaucoup de cercles ou bottes de bois minces de différentes largeurs & diamètres, afin de les trouver au befoin: ils ont la même attention pour les copeaux ou bois de mâtinage, propres à faire des fleurs, qu’ils planent
- long-temps
- p.1116 - vue 87/376
-
-
-
- SeCT. I. §• II* Des Ronds & des différents Oülih , &C. ÏI17
- long-temps d’avance, pour ne les employer que très-fecs, comme je le dirai en fort lieu.
- La figure 3 repréfente un rond, propre à être employé dans les ornements courants des Treillages , comme les plattes«bandes, les frifes, Stc. ce qui eft égal, du moins quant à préfent, où il ne s’agit que de la conftruétion des ronds St des outils dont on le fert pour les conftruire.
- .....
- Planche
- SS1*
- §. IL Des Ronds & des différents Outils qui fervent à leur conflruclion*
- En générai les ronds de Treillage , grands ou petits, fe font avec du bois mince & de fil, qu’on fait ployer & tourner deux fois for lui - même, du moins pour l’ordinairé.
- Pour bien faire un rond y St cela le plus régulièrement qu’il eft poffible , il faut d’abord commencer par le tracer au compas , tant à l’intérieur qu’à l’extérieur , ainfi que la fig. 3 ; ce qui étant fait, on divife fa circonférence en un nombre de parties égales quelconque, comme l’indiquent les lignes a b, c d% ef$ 8cgk ; après quoi ( fi le bois doit faire deux révolutions fur lui - même ) on divife i’épaiffeur du rond en deux parties égales, &par cette divifion on trace un cercle intermédiaire , qu’on arrête des deux côtés de la perpendiculaire cd$ comme, par exemple , aux points e9h> prolongée au centre du rond ; après quoi on prend une épaiiïeur de bois, qu’on porte au milieu de l’épaifleur du rond , fur la ligne c d, de 1 à 9 ; puis par les points %, 1 St e, St ceux 8,9 St 10, on fait pafler deux lignes courbes, tendantes aux circonférences intérieures & extérieures du rond, lefquelles laifïent entre elles une diftance égale à la moitié de l’épaifleur du rond , qui eft celle que doit avoir le bois avec lequel il eft conftruit, St qui par ce moyen fe trouve diminué , en venant à rien par fes deux extrémités : cette diminution fe nomme habillure. Les Treillageurs emploient généralement ce terme, pour fignifier une piece abattue en cham-frein par fon extrémité.
- Quand le rond eft ainfi tracé, on le développe fur une ligne droite , tant pour avoir la longueur de la piece avec laquelle on le conftruit, que pour avoir celle des habillures ; ce qui fe fait de la maniéré fuivante :
- On trace à part une ligne droite , comme celle e 16, fig* 8 & p ; puis on porte fur cette ligne les diftances qui fe trouvent entre chaque divifion des cercles concentriques, pris intérieurement de ces mêmes cercles, en commençant au point e 9fig. 3, St finiflànt au point 18, ainfi que je l’ai fait à la figure 3 & aux figures 8 & 9 , dont les divifions font cotées des mêmes chiffres que cette derniere.
- J’ai pris la diftance des divifions dans l’intérieur des cercles, d’abord parce qu’elles font plus proches les unes des autres, enfuite parce que c’eft le côté où le bois refte plein dans toute fà longueur, les habillures fe faifànt de l’autre côté, afin Treillageur. F 13
- p.1117 - vue 88/376
-
-
-
- Planche
- 3Si*
- ïïi8 L'ART DU TREILLAGEUR) Chap. IL que le bois ployé plus aifément dans l’intérieur du rond, & qu’à l’extérieur il tende moins à fe redrelfer ; ce qui arriveroit néceflairement fi on ne prenoit cette précaution , c’eft-à-dire , fi on faifoit les habillures de l’autre fens.
- Quand on fait ainfi le développement des ronds , il faut avoir grand foin de faire les divifions le plus près les unes des autres quil eft poffible , afin que la longueur de la piece, fig. 8 , foie égale aux circonférences des cercles concentriques ; ce qui ne peut pas être exactement vrai, quelque proche que foient ces divifions (la corde d’un arc étant toujours plus petite que l’arc qu ellefoutient); cefi: pourquoi il eft néceflaire d’ajouter quelquechofe à chaque diftance, prife fur les divifions des cercles , fur-tout quand ces derniers font d’un petit diamètre,
- comme aux ronds dont il eft ici queftion.
- La plupart des Treillageurs ne prennent pas beaucoup de précaution pour faire les ronds ; ils commencent d’abord par difpofer un morceau de bois de la largeur & épaiffeur qu’ils jugent convenable ; puis après y avoir fait une habillure par un bout, ils prennent un morceau de bois rond , nommé moule ,Jïg. y & 6, dont le diamètre eft égal au diamètre intérieur du rond qu’ils veulent faire; & après avoir attaché deffus la piece planée, ils la font ployer autour jufqu a ce quelle ait fait deux révolutions , plus la longueur de l’habillure prife de i à t > fig- $ > & ils terminent la longueur au point m, après avoir marqué le commencement de la fécondé habillure en n ; ce qui étant fait, ils déployent la piece & la détachent du moule, afin qu’elle puifle leur fervir de modèle pour
- tous les autres ronds d’une même forme & diamètre.
- Cette méthode, toute pratique , de trouver la longueur des pièces propres à conftruire, feroit très-bonne & beaucoup plus prompte que la méthode théorique que j’ai donnée ci-defîus, fi les pièces étoient toutes parfaitement bien planées, & fur-tout égales d’épaiflèur, tant entre elles que dans toutes les parties de leur longueur, ce qui arrive rarement, d’où il arrive fouvent qu’on voit des ronds placés les uns à côté des autres, qui font inégaux d epaifleur & de diamètre , ce qui eft encore pis.
- On pourroit remédier à ce dernier inconvénient en faifànt des moules creux comme celui fig. 7, ce qui alors aflureroit le diamètre extérieur des ronds qui ne pourroit plus varier ; ce qui feroit un très-grand avantage, vu que c’eft l’extérieur qui touche aux bâtis dans lefquels on les place; quant à leur épai/Teur, on parviendroit à la rendre parfaitement égaie en mettant les pièces d’épaiflèur au rabot, comme je l’enfeignerai ci-après.
- Quand les pièces propres a faire les ronds font toutes difpofées, on les attache fur les moules, & on les finit comme je l’enfeignerai après avoir dit quelque chofe des outils qui fervent à ces diverfes opérations : ces outils font le moule, la bigorne & le recaloir.
- Le moule 5 ô 6, eft un morceau de bois rond, fur le côté duquel eft pratiquée une rainure 0, dans laquelle on fait entrer l’extrémité de la piece avec
- p.1118 - vue 89/376
-
-
-
- SECT. /. §. II- Des Ronds , & des differents Outils , êc. Iirp laquelle on veut faire un rond; cette rainure doit être profonde & d’une épaiffeur; proportionnée à celle de la piece, & fon arête droite doit être arrondie , afin de faire ployer le bois fans le rompre. L’extrémité inférieure , ou queue du moule A, fig- 6 , doit être diminuée & réduite à un pouce & demi ou 2 pouces de diamètre au plus, quelle que fôit la groffeur du moule, pour qu’on puiffe l'empoigner plus aifément: la longueur du moule doit être de 6 à 8 pouces, y compris la queue, & on doit obferver de n’y faire la rainure ou entaille 0 , que juf-qu’à environ 2 pouces de longueur , afin qu’il relie par le bas du bois plein qui réfiile à l’effort de la piece qu’on fait ployer dedans , 8c qui, fans cette précaution , feroit fendre le moule.
- La figure 7 repréfente un moule creux , qui, à mon avis , vaudroit mieux que ceux dont je viens de parler, ce dernier ayant l’avantage de former des ronds d’une forme très-réguliere à l’extérieur, qui eft la partie du rond qu’ii eft le plus effentiel de faire très-jufte , comme je l’ai dit plus haut.
- On fait des moules de toutes fortes de groffeur, félon le diamètre des ronds, qui eft lui-même borné par le deffin & la grandeur de l’ouvrage ; ce qui n’a pas befoin d’une plus grande explication , puifque telle que foit la groffeur de ces moules, on les fait toujours de la même façon, foit pleins ou vuides.
- La bigorne 9fig. 10 & 13 , eft une efpece de petite enclume; c’eft un outil tout de fer, dont la partie inférieure fe place dans un billot de bois: une des branches ou bigornes eft arrondie pour pouvoir entrer dans de petites parties creufes; l’autre eft quarrée & diminuée à fon extrémité ; au milieu de cette branche & vers fa fortie du tas ou corps de la bigorne, eft pratiqué un trou dans lequel on fait paffer la pointe des clous qu’on enfonce dans le bois : la longueur de cette bigorne eft d’environ un pied , fur 4 pouces de hauteur, pris du deflûs de fâ bafe.
- On fait ufage de la bigorne étant affis ou fiir l’établi : dans le premier cas, il faut qu’elle foit montée dans un billot de bois de 6 à 8 pouces de diamètre, pour qu’elle ait plus d’affiette , & il faut difpofér la hauteur de ce billot, de maniéré qu’il y ait 2 pieds 4 à 6 pouces de terre au-deffus de la bigorne. Quand on en fait ufage fur l’établi, on la monte dans un morceau de bois d’environ 3 pouces d’épaiffeur, & d’une longueur affez confidérable pour qu’on puiffe l’arrêter avec un valet quand on le juge à propos, ce qui d’ailleurs eft prefque toujours néceflàire.
- Les Treillageurs font auffi ufage d’une autre efpece de bigorne , fig. 11, qui différé de celle dont je viens de parler en ce quelle eft beaucoup plus haute, & quelle n’a qu’une branche : cette bigorne fert pour la conftruétion des vafes & autres ouvrages de cette efpece, & je n’en parle ici que pour terminer tout de fuite ce qui regarde cet outil.
- Le recaloir 9fig. 12 & 14 , eft un morceau de bois , dans l’épaifleur duquel on a fait un ravalement d’une profondeur égale à l’épaifleur, ou pour mieux dire >
- Planche
- 3P-
- p.1119 - vue 90/376
-
-
-
- Planche
- 35
- 020 L'ART DU TREILLAGEUR, Chap. IL ia hauteur des ronds qu’on y place à plat ; les deux côtés de ce ravalement font refouillés en delfous pour recevoir les languettes d’une planche ou couvercle B9 fig. 12 & 14, laquelle eft creuféeen demi-cercle par un bout, ainfi que la partie pleine du recaloir qui lui eft oppofée , afin d’embraffer le rond entre elle & cette derniere : il faut autant de recaloirs qu’on a de ronds de différents diamètres,du moins d’une différence trop confidérable , & fouvent on les fait doubles fur l’épaiflêur, Sc d’une largeur inégale, comme on peut le voir à la figure 12, qui re_ préfente la coupe du recaloir double, fig. 14 , où le deflbus eft indiqué par des lignes ponéluées.
- Il eft bon de faire les recaloirs ainfi doubles, non-feulement pour ne pas multiplier les outils , mais encore pour que le bois étant découvert & fouillé des deux côtés, il fe travaille moins , Sc ne fo cofine pas d’un côté ou de l’autre, ce qu’on peut en partie empêcher en emboîtant la partie pleine du recaloir.
- Quand on veut monter un rond, on commence par faire entrer le bout inférieur de la piece dans le moule , & on la replie de gauche à droite en appuyant le pouce de la main gauche deffus , puis on faifit la queue du moule de la main droite, & on fait tourner ce dernier en dedans de droite à gauche, en obfervant toujours de bien appuyer de la main gauche fur la piece à mefure quelle tourne, afin qu’elle porte bien également, tant for le moule que for elle-même ; quand la piece a ainfi fait fes deux révolutions, on l’appuie for l’établi, l’habillure en deflus, ( fans pour cela la quitter de la main gauche ) , & on l’arrête vers l’extrémité de cette derniere avec une broquette à tête plate,fig. 4, qu’on n’enfonce qu’autant qu’il faut pour qu’elle n’entre pas dans le moule ; ce qui étant fait on ôte le rond de deflus le moule, & on met une autre broquette en dedans après avoir fait fon entrée avec le perçoir, comme à celle de dehors ; on enfonce la broquette de dedans for la bigorne plate, afin que la pointe de la broquette pafle dans le trou de cette derniere, après quoi on retourne le rond & on le place fur la partie ronde de la bigorne , tant pour river le clou du dedans, que pour achever d’enfoncer celui du dehors , qu’on rive enfoite , ou pour mieux dire dont on replie la pointe , ainfi qu’à l’autre ; les rivures , proprement dites , ne pouvant fe faire que fur les métaux , du moins fans beaucoup de danger. Si au lieu de fe fervir des moules ordinaires pour monter les ronds, on vouloir faire ufàge de celui fig. 7 , cela ne fouffriroit aucune difficulté , parce qu’au lieu de commencer par placer le clou extérieur, on commenceroit par l’intérieur, comme on le peut voir dans cette figure , & le refte à l’ordinaire.
- Quand les ronds font ainfi arrêtés, on les met de largeur avec la plane ; pour cet effet on place le rond dans le recaloir, dont on approche la couliffe autant qu’il eft poffible pour le tenir^ferme.
- Enfoite on met le tout fur la planchette du chevalet, fig. iy, dont on fait appuyer la tête du levier fur le deflus du recaloir, qu’on tient ferme par ce moyen ; puis on dreffe d’abord à la plane un côté du rond, & on le retourne
- four
- p.1120 - vue 91/376
-
-
-
- mr
- Sect. /. §. H. Ronds, & des differents Outils l &c. pour le mettre de largeur 5 ce qui fe fait de la même maniéré que pour mettre les lattes de largeur ; c’eft-à-dire , qu’on ôte du bois jufqu’à ce que l’outil porte fur le recaloir, qu’il faut bien fe donner de garde d’entamer.
- Lorfqu’on recale les ronds, il faut toujours choilir le bois de fil, & retourner le rond dans le recaloir autant qu’il eft néceflàire, afin d’éviter les éclats, 'qui ne manqueroient pas de fe faire fi on recaloit les ronds à bois de travers : cette maniéré de recaler Sc de mettre les ronds de largeur , eft la plus ufitée par les Treiliageurs ; cependant ils pourraient s’éviter une partie de cette opération > en mettant de longueur les pièces dont ils veulent faire des ronds, Sc cela avant que de les monter, Sc même de les mettre d’épaiffeur, ainfi qu’ils font aux lattes de frifàges ; de maniéré que quand les ronds feroient montés, il n’y auroit plus rien , ou du moins très-peu de chofe à faire.
- Quand j’ai parlé plus haut des compartiments circulaires , page 1104, j’ai dit , qu’on faifoit des frifes remplies de ronds qui fe pénètrent les unes dans les autres, ainfi que je l’ai repréfenté PL 348, fig, 7 & 8 : en exécution ces pénétrations fe font par le moyen des entailles qu’on fait aux ronds^ les unes en deflbus, les autres en deffus, & à moitié bois de leur largeur, ce qui eft très-facile à faire , du moins quant aux entailles ; toute la difficulté qu’il y a, ne confifte qu’à les bien tracer : les uns tracent ces entailles à la vue, en plaçant un rond fur un autre * d’autres après avoir tracé en grand ces ronds ainfi entre - lacés , tracent leurs entailles fur le plan même , ce qui devient très-fujet, fans être beaucoup plus parfait : la meilleure maniéré pour tracer ces entailles juftes & très - promptement , eft de faire une entaille ou efpece de moule, fig. 16 & 18 , ravalée d’une profondeur égale à la largeur des ronds , & de faire la forme intérieure de ce ravalement, femblable à l’extérieur d’un rond, Sc du commencement d’un autre , enlacé avec le premier, Sc de continuer le ravalement droit Sc parallèle d’un bout à l’autre du moule, qu’il eft bon de faire d’une longueur capable de contenir 5 à 6 ronds enlacés les uns dans les autres ; le ravalement intérieur du moule étant fait , il faut tracer à fa partie fupérieure C, deux entailles difpofées comme s’il devoit y palier un rond pour s’enlacer avec le premier ; après quoi on ravale la partie extérieure du moule , afin de n’y laiffer que peu de largeur: de bois à l’endroit des entailles ÿ, r, qu’on fait d’une profondeur égale à la moitié de celle du ravalement intérieur.
- Le moule étant ainfi difpofé, on place les ronds dedans les uns après les autres, pour y faire deux entailles d’un côté feulement; ce qui eft très-aifé à faire, puif qu’il ne s’agit que d’afîurer le rond dans le moule, Sc de faire palier la fcie des deux côtés des entailles de ce dernier : cette opération étant faite à tous les ronds, & leurs entailles évuidées au cifeau, ce qu’on peut faire tout de fuite, on aflem-ble deux ronds l’un dans l’autre, ainfi qu’à la fig. 16, & on les place dans le moule pour faire de nouvelles entailles à celui qui fè trouve à l’extrémité fupérieure du moule • ces fécondés entailles étant faites, on y alfemble un troifieme Treillageur. G 13
- Planche
- 351.
- p.1121 - vue 92/376
-
-
-
- Planche
- 351.
- 1122 VA R T DU TREILL AGEURy Chap. IL
- rond , & ainfi de fuite , ce qui eft auffi aifé à comprendre qu'à exécuter. Cette maniéré de faire les entailles des ronds efl: très-avantageufe, parce qu'elle efl très-prompte Sc très-fûre , les ronds ne pouvant pas être plus avancés ou reculés les uns que les autres , ni s'enlacer de travers , vu qu'ils font contenus par les côtés du moule qui (ont droits , & parallèles d un bout a 1 autre. 1
- Il faut cependant faire attention lorfqu'on fera ufage de cet outil, de fe fervir d’une fcie qui ait très-peu de voie , afin de ne point ufer les côtés des entailles du moule , qui ne fàuroient trop être confervées, pour que celles des ronds, qu'on fait d'après ces dernieres, ne deviennent pas trop larges ; ce qu’il faut abfolument éviter, étant beaucoup plus expédient de les faire trop étroites que trop larges , parce qu'avec un coup de cifeau on les met à la largeur convenable.
- Comme il efl prefque impoflible qu'à la longue la fcie n'ufc un peu les côtés des entailles du moule , on fera bien de conftruire la partie fupérieure de ce dernier avec du bois d'une qualité dure , comme du Cornouillier ou du Buis, ou même du bois de Fer , lequel donneroit moins de prife aux dents de la fcie * à laquelle, comme je l'ai dit , il ne faudroit de voie que le moins qu'il fera poflible.
- Au premier coup-d’œil, la conftruétion d’un moule , tel que celui que je propofe ici, deviendroit trop coûteufe pour qu'on en fît ufage, ce qui feroit vrai fi on n’avoit que quelques ronds à enlacer ; mais comme, pour peu qu’un ouvrage foit confidérable , les ronds & autres pièces de remplilîage , font en très-grand nombre, on ne rifque jamais rien de faire des outils de diligence, fur - tout quand ils tendent , ainfi que celui - ci, à la perfeétion de l’ouvrage.
- De quelque forme que foient les enlacements des ronds, on peut en faire les entailles par le moyen d’un moule d’une conftruétion à peu près femblable à celui-ci ; c’eft pourquoi je n'en parlerai pas davantage, l’exemple que j’en donne ici pouvant fervir à en faire d'autres, félon les différents befoins.
- Pour les vafes & autres ouvrages de cette nature, les cercles fe font fans beaucoup de façons > du moins pour ceux qui ne font point ornés de moulures, on fe contente de les tracer fur un plan , comme hfig. 17, & on pointe des clous fur ces cercles de diftance en diftance pour fixer les cercles de Treillage, foit en dedans ou en dehors, pour déterminer la place de leurs joints ou habiilures, & pour les arrêter enfuite , foit avec des pointes ou avec des liens de fil de fer, que les Treillageurs appellent fil à coudre ou fil nul7 comme je le dirai en fon lieu.
- p.1122 - vue 93/376
-
-
-
- Se CT. /. §. III. Des Ornements de Treillage , & des Outils a découper, 6c. H23
- §. III. Des Ornements de Treillage en général, & des Outils propres
- à les découper & à les mâtiner.
- Depuis que les ouvrages de Treillage ont été confidérés comme faifimt i partie de la décoration des jardins de propreté , ona cherché à les enrichir de tous les ornements dont ces ouvrages peuvent être fufceptibles, & aux compartiments dont j’ai parlé ci-devant ,ona joint les formes régulières de l’Archi-teélure , qu’on eft parvenu à imiter parfaitement , ainfi que les ornements de Sculpture qu’on a adaptés à cette derniere , comme les ornements courants dans les membres des moulures, les vafes, les guirlandes, &c. Cette partie du Treillage, c’eft-à-dire, celle qui a pour objet les ornements* fut de peu de confé-quence dans les commencements de cet Art ; ce n’étoit le plus fouvent qu’une imitation groffiere & imparfaite des ornements de Sculpture , rendus fans goût ni fans proportion ; mais depuis que les ouvrages de Treillage ont été dirigés par des habiles Artiftes, Sc ce qui eft encore mieux , depuis que les Treillageurs font devenus eux-mêmes capables de connoître les vraies beautés de l’Art* Sc cela par l’étude du Deflin Sc de P Architecture , ils font parvenus à faire aux ouvrages de Treillage des ornements de toutes les efpeces, qui imitent ceux faits par les Sculpteurs, du moins auffi parfaitement que la matière qu’ils emploient peut le permettre.
- Tous les ornements de Treillage en général font conftruits avec des bois minces & de fil, fendus au coutre , Sc planés comme je l’ai dit ci - deflus ; Sc comme il y a des ornements de toutes fortes de formes Sc grandeurs, les Treillageurs ont foin d’avoir beaucoup de copeaux ou bois de fente , tout préparés d’avance , afin d’en trouver de fecs au befoin, étant très-eflentiel que le bois avec lequel on veut faire des ornements foit très - fec, pour les raifons que j’expliquerai ci-après.
- Quand les bois qu’ils fendent eux-mêmes, ne font pas d’une grandeur aftèz confidérable, ils font ufàge de bois de Boiftellerie, de Chêne, qu’ils aminciflent ou qu’ils emploient en nature, félon que l’exige la forme Sc la grandeur de l’ouvrage ; mais ils préfèrent leurs bois de fente, foit de Châtaignier ou de Frêne, à celui de Boiftellerie , qui, étant toujours fendu fur la maille , ployé difficile- ‘ ment lorfqu’il eft fcié, Sc même fe cafte quand on veut le mâtiner avec les tenailles.
- Je n’entrerai pas ici dans une explication détaillée des divers ornements du Treillage, ce qui fera traité dans la fuite ; je me bornerai à la partie pratique de ces mêmes ornements , & au détail des outils qui font néceflàires à leur conf-truélion.
- Ces outils feryant à la conftruélion des ornements des Treillages , font de
- Planche 3$ 2.
- p.1123 - vue 94/376
-
-
-
- Planche 3 y 2.
- 1124 DA R T DU TREILLAGEUR. Chap.IL 5 deux efpeces ; fçavoir , ceux qui fervent à les découper ^ & ceux avec lefquels
- on les mâtine. (*)
- Les outils propres à découper les ornements de Treillage , font un étau de bois , fig. 1 & 2, une fcie à découper,^. 3, & de petites ferpettes,/^. 7 & 8*
- L’étau de bois, fig. 1 $ 2, a environ 3 pieds un quart de hauteur , fur 4 pouces de largeur, à l'endroit des mâchoires ; fa vis eft de fer , & efl arrêtée dans un écrou aulli de fer, placé dans la partie dormante de l’étau , qui eft elle - même arrêtée avec.l’établi, contre lequel il eft placé.
- La partie mobile de l’étau eft arrêtée avec la partie dorma nté par le moyen1 d’une charnière, & cela le plus bas poffible , afin que 1 arc de cercle qu elle décrit en s’ouvrant foit moins confidérable , & que la preffion des mords de l’étau foit plus forte , fans être pour cela obligé de ferrer beaucoup la vis.
- Au bas de la partie dormante de l’étau , & vis-à-vis du centre de mouvement,’ c eft-à-dire, de la charnière, eft réfervé un talon a , fig. 1, afin de foutenir la poulfée de la partie mobile , qui fans cela tendroit à fe détacher d’avec la charnière , ce qui arriverait infailliblement fi on ne prenoit pas cette précaution.
- Il eft bon que la partie fupérieure des mords de l’étau foit garnie, foit de fer ou de cuivre, comme je l’ai fait ici, afin qu elle s’ufc moins Sc qu’elle ferre plus également.
- L’établi contre lequel eft placé l’étau , doit avoir environ 18 pouces de largeur , & être garni d’un rebord par devant, pour empêcher que les pièces qu’on pofe deflus ne tombent par terre.
- L’étau , tel que je viens de le décrire , fcrt aux Treillageurs pour découper les grandes parties d’ornements qu’ils placent entre les deux mords ; ce qui ne fouffre aucune difficulté, fi ce n’eft qu’à chaque fois qu’il faut retourner la piece qu’on découpe , on eft obligé de defïerrer & de refferrer la vis, ce qui fait perdre beaucoup de temps , & devient très-embarraflànt, vu qu’il faut retirer la fcie à chaque fois, & la pofer fur l’établi pour prendre la manivelle de l’étau de la main droite, pendant que la gauche eft occupée à tenir la piece, qui fans cela tomberait lorfqu’on defferre l’étau.
- Pour obvier à ces difficultés, je crois qu’il ferait bon d’attacher une corde à la partie mobile de l’étau, au-deftous de la vis, & de faire paffer cette corde au travers de l’autre branche de l’étau , & de-là fur une poulie b, fig. 2, placée derrière cette derniere au-deffus de l’établi, au travers duquel on la ferait pafîer, pour venir s’arrêter en deffous avec la pédale ou marche c d ; de forte qu’en mettantle pied fur cette derniere, on parviendrait à ferrer l’étau, fans être obligé de quitter la fcie, & que lorfqu’on voudrait retourner la piece, on n’auroit qu’à
- (*) Parle terme de mâtiner,les Treillageurs entendent l’adion par laquelle il? donnent à une feuille d’ornement la courbure ou le galbe qui lui eft néceftaire : je ne fais pourquoi ils ont adopté un terme aufli impropre, à moins que ce ne foit pour faire entendre que dans les com-
- mencements leurs ouvrages d’ornements étoienc groftiérement faits & mal imités , ce qui n’étoic fouvent que trop vrai ; cependant il me femble qu on devroic changer un terme auiïi bas, & qui paroît annoncer la grofliéreté des moeurs de ceux qui en font ufage.
- cefler
- /
- p.1124 - vue 95/376
-
-
-
- Se CT. /. §. III. Des Ornements de Treillage , & des Outils à découper, Il ceiler d’appuyer fur la marche , 1 etau s ouvriroic toutfeul par l’aéHon du refîort * ef, placé entre ces deux pièces ou mâchoires ; & pour que celle de devant ne s’ouvrît pas trop, on ne defferreroit la vis qu’autant quii feroit néceffaire , pour lailTer un paflàge libre à la piece à découper, comme je l’ai obfervé fi g. r où j’ai fuppofé le reffort e f fans aétion , afin de faire voir l’étau tout fermé.
- La feie à découper des Treillageurs , repréfentée^/zg. 3 , ne différé des fçies ordinaires des Menuifiers que par la grandeur de fa monture , qui n’a guere que p à 10 pouces de dehors en dehors ; la lame de cette feie eft très-étroite , pour pouvoir tourner plus aifément, 8c elle efl arrêtée dans deux tourillons de bois , dont un eft terminé par un manche , qui fert à conduire la feie , qui , quoique très-petite , ne l’eft pas encore allez pour découper des pièces fufceptibles de beaucoup de petits contours, comme, par exemple , celle repréfentée fig. 9 ; c’eft pourquoi les Treillageurs feroient très-bien de fe fervir de la feie à découper des Ebéniftes , ou du moins d’une femblable , dans laquelle ils pourroient mettre une lame d’une ou deux lignes de largeur, félon la nature de l’ouvrage ; ils feroient auflî très-bien de faire ufage de l’étau ou âne des Ebéniftes , ce qui leur feroit beaucoup plus commode que l’étau dont j’ai parlé ci-deflus, qui cependant ne leur feroit pas inutile pour cela, parce qu’ils ont beaucoup d’autres occafions d’en faire ufàge , même avec le levier que j’y ai ajouté*
- A la place d’un âne , les Treillageurs poürroient fe fervir de leurs chevalets , en y ajoutant un petit étau, fig. 4 & y , lequel feroit arrêté fur la planchette du chevalet, comme on peut le voir à la figure 6*
- Cet étau eft compofé de deux mâchoires d’environ 8 pouces de hauteur & 4 pouces de largeur ; l’une de ces mâchoires A >fig. 4, eft mobile , & eft arrêtée avec une planche L i, par le moyen d’une charnière, placée à fon extrémité inférieure au point g\ l’autre mâchoire B eft plus épaiffe du bas que la première, pour lui donner plus d’empattement, & eft folidement afïèmblée avec la planche de de flous Ai, dans laquelle font placées quatre pattes ou queues de fer / , m , qui entrent dans l’épaifîeur de la planchette n o , avec laquelle elles font arrêtées ( ainfi que l’étau auquel elles tiennent ) par le moyen de deux broches de fer qui paffent au travers de l’épaifîeur de la planchette, & de ces dernieres, c’eft-à-dire, des queues ou pattes de l’étau , comme on peut le voir dans la figure 4, qui repréfènte la coupe longitudinale de ce dernier, & la figure y qui en repréfente la coupe tranfverfale, prife à l’endroit d’une des broches ; cet étau ainfi conftruit, on le place fur la planchette, 8c par conféquent fur 1© chevalet, en obfervant de percer les mortaifes de cette derniere de maniéré que la tête du levier pofè fur le mord mobile de l’étau , le plus haut qu’il fera poflible, afin que ce dernier ferre davantage lorfqu’on place les pieds fur la marche du levier, & qu’on le pouffe en avant, comme pour planer : voyez la fig.5, qui repréfènte la partie antérieure d’un chevalet avec un étau placé deilus, comme je viens de l’enfeigner.
- Treillageur, H 13
- Planche
- 3 S2*
- y
- p.1125 - vue 96/376
-
-
-
- PlANCHE 3$ 2.
- 1126 VA R T DU TREILLJQEUR, Chap. IL
- Qu’on faiïe ufàge de l’étau, fig. 1 (S’ 2 , ou bien de l’âne des Ebéniftes, ou enfin du chevalet avec un étau deffiis , comme la figure 6 , cela ne change rien à la maniéré de découper les ornements ; ce qui fe fait ainfi qu’il fuit :
- On commence d’abord par tracer la piece qu’on veut découper, après quoi on la met entre les mqrds de létau, en la tenant toujours de la main-gauche, pendant que de la droite on fait aller la fcie , en fùivant les "contours, deffinés le plus exaélement qu’il eft poffible ; & pour que la fcie aille plus doux, il faut avoir foin de tenir le trait de la piece qu’on découpe le plus près du mord! de l’étau qu’il eft poffible, afin qu’elle ne tremble pas fous les dents de la fcie , & qu’elle ne tende pas par fes fecouftes à faire ouvrir les mâchoires de l’étau , ce qu’on 11e pourroit empêcher qu’en appuyant davantage , ce qui ne lailferoit pas de fatiguer beaucoup : à mefure que la fcie avance , il faut avoir foin de retourner la piece qu’on tient toujours de la main gauche, pour que la fcie ne s’écarte pas de deftlss les mords de l’étau, & il eft bon de faire enfbrte que le trait fe trouve toujours en deftus de la fcie , afin qu’il ne fe trouve pas caché par cette derniere , du moins autant que cela fera poffible.
- Quand on a beaucoup d’ornements d’une forme fembiable, il faut d’abord commencer par en découper unie mieux poffible, pour tracer les autres deftus; & même dans le cas d’un très-grand nombre , il feroit mieux de faire ce modèle en fer-blanc ou en tôle mince, afin qu’il réfifte plus long-temps & que fès formes ne s’altèrent pas.
- On peut auffi, pour plus de diligence , mettre plufieurs pièces les unes fur les autres pour les découper , en prenant la précaution de les arrêter enfemble par une pointe ou deux, placées dans le milieu de leur largeur, & avec un petit étau à main, placé du côté oppofé à celui qu’on découpe.
- Pour peu qu’on travaille adroitement en découpant les ornements de Treillage, il n’y doit plus rien avoir à faire après que la fcie y a paffé ; cependant , quand il s’y trouve quelques inégalités défeélueufès, on les répare avec la ferpette courbe , fig. 7 , ou bien avec la droite fig, 8, félon qu’on le juge plus convenable :1a lame de ces deux outils doit être mince & avoir environ 2 pouces de longueur, fur 6 à 8 lignes de largeur, & être toujours bien affûtée , afin de couper vif & de ne point faire d’éclats au bois ; à ces différents outils on pourroit joindre de petites limes & des gouges de differentes grofleurs, pour évider des parties où la fcie ne pourroit pas tourner aifement, comme dans les refends de la feuille fig. 9, ou autres de cette efpece.
- Après que les ornements de Treillage ont été découpés , foit à la fcie, ou Amplement avec la ferpette, comme il arrive quand ils ne font pas fufceptibles de beaucoup de contours , ou qu’ils font très-petits , on les mâtine ; c’eft-à-dire , qu’on leur donne la courbure qui leur eft convenable > ce qui fe fait de plufieurs maniérés différentes.
- La plus fimple de toutes, eft de les ployer dans les mains, comme le repréfente
- p.1126 - vue 97/376
-
-
-
- SeCT. /. §. III. Des Ornements deTrelllage , & des Outils a découper, &c. il27 la figure 10 ; & quand les copeaux font bien fecs, & de fil, ils confervent s affez volontiers la forme qu'on leur a donnée ; cette maniéré de mâtiner n'eft bonne que pour de petites pièces , & dont la courbure eft à peu près égale dans toute leur étendue ; mais quand la forme de la courbure des pièces eft irrégulier e , & quoique cela donnée , il faut les mâtiner aux tenailles , ce qui fê fait de la maniéré fui vante.
- On prend la piece ou copeau à mâtiner de la main gauche , & de la droite les tenailles , avec lefquelles on fàifit le bout de la piece -pour la faire ployer , comme le repréfente la figure 11 ; comme les arêtes du mord des tenailles font très-aiguës, elles entrent dans l'épaiifeur du bois , & elles rompent les fibres ligneufes de (à furface , qui, une fois rompues , relient dans 1 état où on les a mifes, ce qui eft tout naturel, puifque la circulation de la fève fe trouve interrompue par ce moyen.
- On recommence cette opératio n de diftance en diftance, autant de fois qu'on le juge à propos , ou pour mieux dire qu'il eft néceflàire, & que la grandeur des tenailles peut le permettre ; après quoi on prend la piece diagonalement de chaque côté pour en achever la courbure , comme on peut le remarquer à la fig.
- 1 y ; il feroit cependant beaucoup mieux de donner tous les coups de tenailles parallèlement entre eux , & du fens du galbe de la piece, comme à la figure ir, & comme le font indiqués les cinq premiers de la figure 1 y , ce qui obligeroit d’avoir des tenailles d’une plus grande ouverture de tête, ainfi que plufieurs Treillageurs en ont ; ce qui fait d'autant mieux, que les pièces ne contournent parfaitement bien que parallèlement aux coups de tenailles , qu'on ne doit incliner que quand on veut qu'une piece fe contourne de côté , comme cela eft quelquefois néceflàire, fur-tout quand elles doivent repréfenter des feuilles ou des pétales de certaines fleurs.
- A la place des tenailles ordinaires, on pourroit fefervir d'une certaine efpece de pinc 135 dont la partie fupérieure, depuis le centre de mouvement, a environ 6 pouces de longueur & 12 à 1 y lignes d'épaifleur, comme l'indique fa coupe, cote C, D, même figure : l'épaifîeur de chacune des branches ou mords de cette pince , eft d'environ 6 lignes ; une des deux cotée C eft creufe intérieurement , & l'autre au contraire , cotée Z),eft bouge, mais moins que l'autre n'eft creufe, afin qu'elle prenne mieux des arêtes, en appuyant fur le bois ; les deux branches ou mords de cette pince ne font pas parallèles entre elles quand elles font fermées, comme dans la figure 13 ; mais elles s'écartent un peu du bas , afin que quand elles font ouvertes à environ une ligne ou une ligne & demie ( qui eft i'épaiffeur des copeaux ) elles pincent également d'un bout à l'autre , 3c même un peu plus du bout fupérieur, qui par l’ufage tend toujours à s'ouvrir plus que celui qui eft proche du centre de mouvement.
- Des pinces de cette efpece feroient beaucoup plus commodes pour mâtiner , que les tenailles ordinaires dont on fait ufàge, qui quelque grandes qu'elles
- Planche
- 352.
- p.1127 - vue 98/376
-
-
-
- m*8 HART DU TRE ÏLLAGEUR, Chap. IL foient , rompent plutôt le bois quelles ne le courbent, & y forment plutôt des Planche pans que des courbures ; il eft cependant vrai qu’il eft néceffaire que les fils ex"
- o j-» 2
- * térieurs du bois foient un peu rompus pour qu’ils fe courbent plus aifément, & qu ils ne fe redreffent pas après avoir été mâtinés , comme je fai expliqué plus haut ; mais il ne faut pas que cette rupture foit trop confidérable f & l’aélion des deux arêtes des pinces que je propofe ici , feroit plus que fuffifante ; de plus, le bombage intérieur de la branche D empêcheroit que le bois ne reftât droit entre deux coups de pinces, ce qui arrive à toutes les pièces mâtinées avec des tenailles.
- Soit qu on fe ferve des tenailles ou des pinces que je propofe ici, on ne peut , mâtiner de cette maniéré que les pièces qui ne font pas trop découpées, ou qui
- font faites de bois de fente, foit de Châtaignier ou de Frêne ( qui efl: celui dont on fait un plus grand ufage ) ; mais quand les pièces font faites avec du bois de Boiffellerie, il faut les mâtiner au feu , parce quelles fe romproient fi on les mâtinoit avec les tenailles ; c’eft pourquoi quand on a de ces fortes de pièces, on les ceintre de la maniéré fuivante :
- Après que les pièces ont été chantournées , on les met tremper dans l’eau environ une demi - heure } plus ou moins , félon qu’elles font plus ou moins feahes ou de bois gras ; pendant ce temps , on fait du feu de charbon clair dans une poêle de fer, jîg* 16, au-deffus de laquelle on fait chauffer les pièces les unes après les autres, du côté où elles doivent être creufées, qui doit toujours être celui où elles Fêtaient déjà lorfqu’on les a achetées ; Sc quand elles font fufïifamment chaudes, ( ce qu’on connoît quand le côté oppofé au feu devient fec & ceffe de fumer ) , on les retire promptement, puis on les pafîe fur un moule, arrêté fur le bout de l’établi, fig. 14, autour duquel on les fait ployer, après avoir pris la précaution de les envelopper à l’extérieur avec un morceau de peau , tant pour ne fe pas brûler les mains , que pour faifir toutes les parties de la pi ece à la fois, & la mieux appliquer fur le moule, qui n’eft autre chofe qu’un morceau de bois arrondi félon que la forme des pièces l’exige.
- Le morceau de peau dont on fe fert doit être un peu confiflant, & il faut avoir grand foin de le mouiller de temps en temps , tant pour qu’il ne fe crifpe pas , que pour conferver de l’humidité à l’extérieur de la piece , & aider à l’allongement des fibres»
- On fait des moules de toutes fortes de formes & grandeurs, félon que l’exigent les pièces qu’on veut mouler ; & quand une partie de ces dernieres doit refter droite, il eft bon de les difpofor comme celui repréfonté en coupe , fig. 12 , c’eft-à-dire , avec une rainure p , dans laquelle on fait entrer la partie droite, afin que le cintre ne commence que quand on le juge à propos : il faut obferver que les moules foient toujours plus cintrés que la piece ne doit l’être, parce que quand on la retirée de defîus, & qu’elle eft entièrement refroidie , elle fe redreffe toujours un peu , à quoi on remédie en la cintrant un
- peu
- p.1128 - vue 99/376
-
-
-
- S PCT. I, §. III, Des Ornements de Treillage, <5 dés Outils à découper , (£fc. i n<J peu plus qu’il ne faut. A la place des moules fimples, comme ceux-ci, on pourrait en faire de doubles ; c’eft-à-dire, compofés de deux parties l’une Planche
- creufe & l’autre bouge, correlpondantes l’une à l’autre ,& entre lefquelles on 3J2’
- mettrait les pièces après les avoir fait chauffer à l’ordinaire, ainfi qu’on fait pour 1 écaillé, St meme pour le placage en bois ; mais cette derniere méthode deviendrait un peu longue , & par conféquent trop coûteufo, St je ne la propofe ici que pour enfeigner tous les moyens de mouler les ornements de Treillage le plus parfaitement qu’il eft pofîîble de le faire.
- Les outils dont je viens de faire la defeription, font ceux dont les Trëillageurs font le plus généralement ufage, auxquels ils peuvent en joindre beaucoup d’autres, félon qu’il leur paraîtra utile & commode de le faire ; comme , par exemple, une grande partie des outils des Menuifiers de bâtiment , dont on trouvera le détail dans la première partie de mon Ouvrage,y?, 49 &fi Ils ont auffi befoin de plulleurs outils de Serruriers, comme des étaux , tant à pied qu’à main, des pinces de différentes efpeces, des limes, des forets, Stc. dont j’ai donné quelques notions générales dans la troifieme Se&ion de la troifieme Partie de cet Ouvrage,/?. 93 2 êfic’ett pourquoi je n’en parlerai pas ici. Cependant avant que de pafTer à l’exécution des Treillages, tant fimples que compofés, je vais faire le détail d’une efpece de rabot, propre à mettre d’épaiffeur les lattes de frifages,
- St autres pièces de cette efpece , qui, par le moyen de cet outil, font d’une épailfeur parfaitement égale, tant entre elles , que dans toutes les parties de leur longueur, & cela beaucoup plus proprement qu’on ne pourrait le faire à la plane , St fans y employer plus de temps ; je donnerai auffi des exemples de moules ou entailles, propres a découper differentes pièces de rempli liage, de quelque forme qu’elles puiffent être.
- §. IV. Defeription d’un Rabot à mettre d'èpaiffeur, & de différents Moules
- ou B ois à couper de longueur.
- Le rabot à mettre d’épaiffeur, repréfenté fi g. i ô a., ne différé des rabots ordinaires que par la forme de fon coin , St par l’aftion des deux joues mobiles rapportées des deux côtés de fon épaifleur.
- Les joues mobiles cotees A , B yfig. i & 4 , ont environ quatre lignes d’é-paifleur, fur une longueur égale à celle du rabot ; elles entrent dans deux ravalements pratiqués aux deux côtés du rabot , quelles affleurent , tant par les côtés que par - deffous , & elles font retenues en place par le moyen de deux boulons à vis C, Dt qui paffent tout au travers de 1''èpaiffeur de l’outil, ainfi qu’on peut le voir à la fig. 4 qui en repréfente la coupe.
- La tige de ces boulons eft d’une forme quarrée par leurs coupes, St ils ne font taraudés à leurs extrémités, qu’autant qu’il eftnéceffaire pour recevoir l’écrou , afin qu il relie de la partie quarrée pour palier dans les mortaifes EF de la joue mobile ,fg. p
- Treillageur. t »
- 1 *3
- Planche
- p.1129 - vue 100/376
-
-
-
- ïi3o L'ART DU TRÈILLAGEUR, Chap. II.
- Ces mortaifes font percées obliquement, leur extrémité la plus haute tendante au devant du rabot , pour que , lorfqu’on fait ufàge de ce dernier , l'effort qu’on fait en appuyant deffus, ne tende pas à faire remonter les joues , qu’il eft eflentiel de conferver toujours àleur même place ; c’eftpour cette même raifon que les tiges des boulons font quarrées , & quon les fait entrer très-jufte dans le corps du rabot, en fuivant toujours l’inclinaifon des joues mobiles , comme on peut le voir dans la figure 3 , qui repréfente le rabot vu de côté ,
- St dont la joue 9fig. y , a été ôtée , pour faire voir les trous par où paffent les
- boulons St l’intérieur du ravalement.
- Trois à quatre lignes fuffifent au diamètre des boulons , dont la tête , large de 6 à 8 lignes, peut être ronde ou quarrée, comme celle /, fig. 4 ; ce qui eft égal, pourvu quelle foit bien évuidée en deftous , pour qu’elle porte également dans toute fà largeur fur la joue mobile B.
- Les écrous ne doivent pas porter fur l’autre joue A; mais il faut mettre des platines ( ou rondelles ) de fer ou de cuivre G, entre eux St cette dçrniere , afin que le frottement ne les gâte pas, St n’y faffe pas des cavités , qui les empê-cheroient de monter ou de defcendre quand on le jugeroit à propos, & de refter
- fixes en place après qu’on les auroit arrêtés.
- Les écrous H doivent être un peu épais , afin qu’ils contiennent plus de pas de vis? St il faut, autant qu’il eft poffible, les faire de forme quarrée ou hexagone à l’extérieur , pour qu’ils ne puiflent être ferrés ou deflerrés que par le moyen d’une clef ; ce qui vaut beaucoup mieux que des écrous à ailerons , qui, non-feulement nûifent par leurs faillies, mais encore qui peuvent être deflerrés par la première perfbnne qui touchera à l’outil, ce qui arrive très-fouvent.
- Quand on veut faire ufàge du rabot à mettre d’épaifleur , on commence par mettre les lattes à la largeur qu’elles doivent avoir, puis on les rabote fur le plat pour les mettre à peu près d’épaifleur ; ce qui étant fait, on prend un morceau de bois de 3 à 4 pieds de long , fur J à 6 pouces de large , qu’on a foin de parfaitement bien dreffer fur tous les fens ; on place ce morceau de bois, ainfi dreffé, fur l’établi, contre le crochet, & on pofe la latte deffus, en obfervant de l’arrêter avec le valet par fon bout inférieur ; après quoi on fait ufàge du rabot 9 fig. 1, qu’on paffe fur la latte , jufqu’à ce que fes joues extérieures portent fur le morceau de bois fur lequel la latte eft placée.
- Avant que de faire ufage du rabot, il faut d’abordl’ajufter, c’eft-à-dire, faire defcendre les joues félon l’épaiffeur qu’on veut donner à la latte, en obfervant qu’elles fe dégauchiffent bien entre elles , & qu’elles défaffleurent également le deffous du rabot, tant dans leur longueur que de chacun de fès côtés.
- Et pour être plus fur que cette épaiffeur eft bien égale, on peut mettre entre le deffus des joues mobiles St le deffous du ravalement du rabot des tringles d’une épaifleur égale à celle qu’on veut donner aux lattes, pour que ces tringles , ainfi placées St retenues entre les joues St le deffus du rabot,
- p.1130 - vue 101/376
-
-
-
- SeCT. /. §. IV. Defcnptlon d'un Rabot, <£ de différents môules 9 êc. tî^t puifTent empêcher les joues de remonter, fuppofé que les vis viennent à fe defîerrer. Planche
- Il faut que le rabot à mettre d'épaiffeur foit fait de bon bois de Cormîei:, ^
- très-fec , fur-tout les joues , qu'on doit faire auffi de bois très - dur , & de fil, afin qu'elles s'ufent moins au frottement ; ce qu'on ne peut réparer qu'en les faifant remonter jufque fous le ravalement du rabot , pour enfuite les redreffer avec ce dernier, qu'il faut toujours , ( du moins dans cette occafîon ) qu'elles affleurent en defîous , fur-tout fi l'on veut faire ufage des tringles dont j’ai parlé ci-deffus.
- Il eft bon auffi que la pente de ce rabot foit un peu debout pour qu'il n'é^ corche pas le bois ; ce qu'il faut éviter avec grand foin , fur-tout quand on s'en fert pour des pièces très-minces, qui, fe trouvant fouverit difpofées fur la maille, s'éclateroient très - aifément.
- Le coin du rabot à mettre d'épaifïeur , fig. i, eft fait différemment des autres, afin de pouvoir le retirer quand il eft nécefîaire, fans être obligé de frapper derrière le rabot , comme on fait ordinairement ; ce qui ne vaudroit rien à celui-ci, parce que les coups de marteau qu’on donneroit derrière feroient déferrer les vis, & par conféquent déranger les joues ; ce qu'il faut abfolument éviter. (*)
- La figure 6 repréfente un bois ou entaille à couper & recaler différentes pièces , tant droites qu'obliques : ce n'eft autre chofe qu'une piece de bois, choifie la pliîs dure & de fil qu'il eft poffible , dans laquelle on fait des entailles en divers fens, félon la grandeur & la forme des pièces qu'on veut mettre de longueur. Quelques-unes de ces entailles faites au travers de la piece, ainfi que celles L M ; d’autres , comme celles N> O , P, ne font faites que jufqu'à une certaine diftance, félon la longueur des pièces qu'on veut recaler, dont elles bornent la longueur d'une maniéré fixe ; cet outil eft très-commode quand on a un grand nombre de pièces femblables à faire ; ce qui arrive toujours aux ouvrages de Treillage ; cependant les Treillageurs ne le connoiffent pas ; il n'y a guere que les Ebéniftes qui s'en fervent, comme on peut le voir dans la troi^ fieme Seélion de la troifieme Partie de mon Ouvrage , pageS35 , à laquelle on pourra avoir recours pour ce qui concerne la maniéré de s'en fervir , qui d’ailleurs s'explique affez par l'infpeélion feule de la figure.
- Comme les bois que les Treillageurs emploient ne font pas toujours d’une longueur fuffifànte , ils les rallongent par le moyen d'une efpece d'affemblage , ou pour mieux dire, de joint , fig. 7, qu'ils nomment habillure ; ce n'eft autre chofe que deux chamfreins ou bifeaux , qu'ils font à l'extrémité de chaque
- ( * ) Le rabot que je viens de décrire eft très-propre à faire de menus ouvrages, 8c fur-tout des réglettes propres aux Imprimeurs , qui, par ce moyen , fe trouvent très-égales d'épaifieur dans toute leur longueur , quelque minces qu’elles
- foient , en obfervant que le rabot foit debout * & que fa lumière foit très-étroite, pour éviter les éclats qui les couperoient ou qui y feroient au moins des trous*
- p.1131 - vue 102/376
-
-
-
- Planche
- 3$3‘
- ir32 L’ART DU TREILLAGEUR, Chap. IL
- pièce, à contre-fens l’un de l’autre, Sc qu’ils affujétiflent enfemble par le moyen
- de deux coutures ou liens de fil de fer c9 d.
- Cette elpece d’aflemblage, quoique très-peu folide, eft celui dont ils font le plus d’ufage dans prefque tous les cas , & iis le préparent à la plane fans y prendre beaucoup de précaution , d’où il réfulte plufieurs difficultés, parce qu’il arrive fouvent, en les préparant ainfi, qu’ils en éclatent les extrémités ; de plus, ces joints, ainfi faits , font rarement droits & égaux de longueur ; de forte qu’ils fe trouvent obligés d’y retoucher ; ce qui n’eft pas toujours poffible , fur - tout quand les pièces font coupées de longueur : c’eft pourquoi je crois que malgré l’ufage ils feroient très-bien de fe fèrvir d’une entaille ou boîte à recaler 9fig. 9, conftruite en bois liant & très-dur , dans laquelle ils recaleroient les joints de leurs pièces, ce qui leur feroit d’autant plus commode, que les mêmes pièces étant une fois coupées de longueur, & leurs habillures dégroflies, ils feroient très-furs qu’en les finillànt dans la boîte, fig. 9 , les joints feroient très-droits, & qu’ils n’auroient rien à y faire davantage ; ce qui les indemniferoit fûrement bien du temps qu’ils pourroient employer de plus en fe fervant de cette fécondé méthode. Voyez la figure 11, qui repréfente une piece dont le joint a été difpofe de cette maniéré.
- Dans les pièces d’une certaine force, au lieu des habillures ordinaires, je crois qu’on feroit très-bien d’y fubftituer des joints a , b , difpofés en entailles doubles , repréCentésjîg. 8 & 10, lefquels feroient plus folides que les habillures, fans être beaucoup plus difficiles à faire , & n’auroient pas befoin S être attachés avec des liens de fil de fer, à la place defquels on pourroit mettre des pointes reployées ; ce qui feroit beaucoup plus propre , ainfi que je l’expliquerai en fon lieu, en parlant de la conftruélion des bâtis des Treillages.
- Section Seconde.
- \
- Des différentes ejpeces de Treillages en général.
- Les ouvrages de Treillage peuvent être confidérés comme faifant deux efpeces féparées & diflinguées l’une de l'autre \ fçavoir, les Treillages fimples, qui, quoique fufceptibles de richefles , ne font cçnftruits qu’avec des échalas & autres bois de cette nature ; & les Treillages compofés, dans la conftruélion defquels on fait ufage des bâtis de Menuiferie, tant pour donner plus defolidité aux ouvrages de Treillage, que pour leur donner une forme plus confiante & plus régulière.
- De ces deux efpeces de Treillages , la première eft la plus ancienne & la moins coûteufe, & par conféquent celle dont on fait le plus d’ufage, du moins dans les jardins des particuliers, qui ne veulent ou ne peuvent pas faire de grandes dépenfes; &c’eft auffi celle par laquelle je vais commencer la defcription théorie-
- pratique
- p.1132 - vue 103/376
-
-
-
- Sect. Il, §. I. Du Fil de fer , des P ointes, & delà Couture du Treillage. 113 5 pratique de l’Art du Treillageur ; ce que je ferai après avoir dit quelque chofe du fil de fer Sc des pointes, dont les Treillageurs font ufage pour lier & aflùjétir enfemble les différentes parties de leurs ouvrages ; ce qui fera l'objet du paragraphe fuivant.
- §. I. Du Fil de fer & des Pointes, & de la maniéré de coudre le Treillage,*
- Les pièces de bois qu’on emploie pour la conftruélion des Treillages , comme les écbalas , les lattes, Scc. étant d’une trop petite capacité pour pouvoir être affemblées les unes avec les autres , on n’a pas trouvé d’autres moyens pour les affujétir enfemble, que de les lier avec du fil de fer ou de les attacher avec des pointes.
- Le fil de fe r ou fil d’archal ou de Richard , dont les Treillageurs font ufage, eft de deux efpeces ; fàvoir, le fil à coudre & le fil à pointe : le premier de ces deux efpeces de fils ( qu’ils nomment auffi fil nul, ) vient d’Allemagne & du ' pays de Liège; c’eft, dit-on , le meilleur de l’Europe , & on le vend à Paris par cerce ou meule de dix livres pefant.
- Le fil à coudre doit être très-doux & d’une qualité liante & élaftique , que l’on augmente encore en le faifant recuire avant que de l’employer, fuppofé qu’on fait acheté fans cette préparation, c’eft-à-dire , tel qu’il fort de la Manu^ faéture. Par le terme de recuire, on entend l’aélion par laquelle on rend au fer ( ou à tout autre métal ) par le moyen du feu, la douceur & Télafficité qu’il avoit perdue en partant par le pertuis de la filiere, où en s’allongeant il avoit acquis une qualité aigre, caufée par la compreffion des parties qui le comportent.
- Les Treillageurs achètent ordinairement le fil à coudre tout recuit ; cepen-dant il y en a d’autres qui l’achetent, ( comme ils difent ) tout crud , & qui le font recuire eux-mêmes ; ce qui fe fait de la maniéré fui van te :
- On commence d’abord par difpofer le fil par petites meules ou cerces, pouf qu’elles foient plus pénécrables à l’aétion du feu ; après quoi on allume un feu clair de copeaux & de menus bois, dans le milieu duquel on met le fil de fer, en obfervant que le feu l’entoure également par-tout, & qu’il attaque à la fois toutes fes parties ; & quand on s’apperçoit que le fil eft d’un rouge Couleur de cerife, on le retire promptement du feu pour le laiifer refroidir , non loin de ce dernier, ou du moins dans un endroit très-fec, afin que la fraîcheur de l’air, ou l’humidité, ne le faififfent pas trop vite, ce qui empêcheroit une partie de l’effet, du recuit.
- Il faut auffi avoirgande attention que le fil de fer s’échauffe également dans toutes fes parties , & qu’elles deviennent toutes couleur de cerife en même-temps , fans quoi il arrive qu’il n’eft pas affez recuit dans un endroit où il n’a pas rougi jufqu à cette couleur , ou qu’il l’eft trop dans d’autres où il a plus chauffé, ce qui en détruit la force, parce que , quand le fil de fer a paffé la couleur de Treillageur. K 13
- 1
- g**”*
- Planche 3 S 3:.
- J
- p.1133 - vue 104/376
-
-
-
- Planche' 35 3-
- ïi34 L'ART DU TREILLAGEURiChap.il. cerife, il s’enleve de fa furface une quantité de fcories ou particules de fer brûlé , qui, par leur fuppreffion en diminuent la capacité ; ce qui par confo-quent lui ôte une partie de fa force.
- Il y a du fil à coudre de différentes groffeurs , quon emploie félon la nature de louvrage ; mais le plus gros ne paffe pas le N°„ 8 , qui a à peu près une demi-ligne de diamètre.
- Quand le fil à coudre eft bien recuit, & d’une bonne qualité, on le ployé de telle façon qu’on le juge à propos, fans le rompre, & il refte volontiers dans la fituation où on la mis, ce qui eft très - néceffaire , comme on le verra ci-après.
- Le fil à pointe , auffi nommé fil Normand par les Treillageurs ( parce qu’on le fabrique en Normandie ) , ne doit point être recuit ; il faut, pour qu’il foit bon, qu’il foit d’une qualité liante , mais ferme & roide, pour réfifter aux coups de marteau , & entrer dans le bois fans fe rompre.
- Ce fil eft ainfi nommé , parce que les Treillageurs le coupent par bouts de différente longueur, pour faire des clous ou pointes , avec lefquels ils attachent leurs ouvrages , lefquelles pointes fe nomment pointes de frifages , &c. félon la longueur & groffeur, ou pour mieux dire félon les divers ouvrages où 011 les emploie.
- Quand on veut réduire ce fil en pointe , on prend les tenailles de la main droite , & de la gauche le fil, dont on fait entrer l’extrémité entre les mords de ces dernieres, félon la longueur qu'on veut donner à la pointe, puis on ferre fortement les branches des tenailles pour couper une partie du fil, qu’on rompt enfuite de la main gauche , avec laquelle on le tient le plus proche des tenailles qu’il eft polfible, afin de le caffer net, & de ne point faire ployer le refte du fil de fer, qu’il faut toujours conferver le plus droit poffible , afin de ne point être obligé de redreffer les pointes après quelles ont été coupées.
- Le bout de ces pointes n’eft point diminué, ainfi qu’aux clous ordinaires ;•> mais on le laiffe tel qu’il eft coupé , afin qu’en les enfonçant dans le bois, ils le défoncent, au lieu de l’écarter , comme ils feroient s’ils étoient aigus comme aux autres clous, qu’on ne fauroit enfoncer dans du bois mince fans le faire fendre.
- Les Treillageurs font encore beaucoup d’ufage d’une forte de petits clous, connue fous le nom de femence ou broquette à tête plate ; cette femence eft de deux efpeces ; favoir, celle qui eft la plus grande , qu’ils nomment de la demi-livre allongée, qui a la pointe longue & déliée d’environ 4a y lignes de longueur; 8c celle qu’ils nomment tout Amplement femence , dont la pointe n’a pas plus de 2 à 3 lignes de longueur au plus : la tête de ces deux fortes de clous eft plate en deffus, & d’une forme à peu près ronde , ou du moins d’un polygone irrégulier.
- ' Les Treillageurs font encore ufage d’autres efpeces de clous, dont je ne
- p.1134 - vue 105/376
-
-
-
- Sect.1I. §.L Du fit de fer, des Pointes >& delà Couture du Treillage, r r 3 j* parlerai pas ici ,, parce qu’ils font tres-connus, & que ce font les mêmes dont les ; Menuifiers font ufage,& dont j’ai fait la defcription dans la fécondé partie de mon Ouvrage, page 25*8, m’étant borné à ne parler ici que de ceux qu’ils emploient fimplement comme Treillageurs.
- Les jours que forment les divers compartiments de Treillages fe nomment mailles, comme je l’ai dit plus haut, page 1098 ; & lorfque le Treillage eft conftruit avec des échalas, comme les figures 1,2,3,4,7 & 8 > la rencontre de chaque échalas perpendiculaire avec les échalas horizontaux, eft arrêtée pat un lien de fil de fer, qu’on nomme couture , lequel eft noué fur l’arête de l’é-*-chalas perpendiculaire, & par conféquent fur la face de l’ouvrage, comme le repréfente celui A, fig. 9. L’opération de coudre le Treillage eft une des plus ufitées dans cet Art, Sc quoique très-fimple, demande cependant une certaine adreffe pour être faite avec diligence Sc folidité, comme on va le voir ci-après.
- Quand on veut coudre une maille de Treillage, on prend du fil de fer recuit & d’une grofleur convenable à l’ouvrage , & on le fait paffer diagonalement derrière la maille a de bas en haut, Sc le bout le plus court en deffus , comme en a7 fig.i 1, ce qui étant fait, on faille ce bout avec des tenailles qu’on tient de la main droite C, & on le fait redefeendre diagonalement de a à b, en paffant par~deflus l’autre bout du fil de fer, qu’on tient ferme de la main gauche B , en obfervant de les bien ferrer tous deux fur l’arête de l’échalas montant ; après quoi on les fait reployer l’un fur l’autre , en faifant faire aux deux mains un mouvement oppofé , c eft-à-dire , en reportant la main gauche B de gauche à droite, & la main droite C , avec laquelle on tient les tenailles, de droite à gauche, comme le repréfènte la fig. 10 : les deux bouts du fil de fer étant ainfi reployés l’un fut l’autre , on fait redefeendre celui qu’on tient de la main gauche B , pour venir joindre celui qui eft faifi avec les tenailles ; après quoi on ouvre ces dernîeres pour reprendre les deux bouts du fil de fer un peu au-deffus du nœud qu’ils commencent à former, & on fait une pefée en appuyant un des mords des tenailles fur l’arête de l’échalas montant, pour allonger le fil de fer autant qu’il eft polfible, & lui faire prendre la forme des angles des échalas, comme le repréfente \afig. 12 ; après quoi, fans quitter les tenailles, on les fait tourner de droite à gauche en montant, pour achever de ferrer le nœud , & pour rompre les extrémités du fil de fer, ou pour mieux dire les couper, parce qu’en achevant de tourner les tenailles, il faut les ferrer fortement pour quelles coupent le fil de fer , fans quoi on courroit rifque de le rompre au - deflous du nœud j ce qui occafionneroit la perte du temps Sc du fil de fer.
- C’eft de l’opération de coudre le Treillage, que dépend une partie de fa folidité; c eft pourquoi on doit bien prendre garde que la couture foie très - ferrée & le nœud bien fait, & fur-tout qu’il ne foit pas rompu trop court , parce qu’il pourroit lâcher, pour peu qu’on fît d effort contre l’ouvrage ; au refte* c’eft
- :r. - .;
- Planche
- Planche
- 35*
- p.1135 - vue 106/376
-
-
-
- Planche
- 35*
- ïi35 L'ART DU T R ËIL L A G E U R , Ckap. IL
- une affaire toute de pratique , plus aifée à faire qu'à bien décrire; ceft pourquoi je ne m'étendrai pas davantage à ce fujet.
- 11 y a des Treillageurs qui font le nœud de la couture en deffus , d'autres en deffous, mais à gauche, ce qui ne change rien à la maniéré d’opérer ; cependant la maniéré la plus ufitée, & même la plus facile , eft de le faire à droite & en deffous, comme le repréfentent les fig. 9, to , ir & 12*
- Les mailles de Treillage, conftruites en échalas, font toutes arrêtées de cette maniéré ; ( c'eft-à-dire , coufiies avec du fil de fer, quelle que foie la forme de leurs compartiments, ainfi que le repréfentent les fig. r, 2 & 7. Quand les compartiments font diagonaux , comme aux figures 3,4 & 8 , on fait les coutures horizontalement ou perpendiculairement, ce qui eft égal : cependant, quand les lozanges font très-allongées, comme à la figure 8 , il eft bon de difpofer les coutures horizontalement, tant pour que ces mêmes coutures foient plus folides , que pour épargner le fil de fer, qui, quoique peu cher, ne laiffe pas que de faire une perte réelle pour l'Ouvrier, quand il ne le ménage pas comme il faut ; ceft pourquoi à chaque couture il ne faut en laiffer paffer que ce qui eft néceffaire pour qu'on puiffe le prendre avec les tenailles , parce que ce qui eft coupé d'après le nœud eft abfblument perdu , du moins par un des bouts, l'autre tenant au refte de la meule ou botte de fil de fer , dans laquelle on prend le fil de chaque couture fans le couper , que quand le nœud eft fait, comme je viens
- de le dire ci-deflus.
- Quand les Treillages font en frifàges ; c'eft-à-dire, conftruits avec des lattes , comme la. fig. y , on n'y fait point de couture ; mais on arrête la rencontre de chaque latte avec une broquette à tête platte ; la plupart des Treillageurs ne mettent pas des clous à chaque rencontre de latte , mais de deux en deux , & en liaifon , comme cd9 e f,g 8ch, ce qui eft fuffïfant quand les mailles font petites ; mais quand elles font grandes, il faut en mettre par-tout pour que l'ouvrage foit plus folide. Il eft bon aufli que les broquettes foient affez longues , non-feulement pour paffer au travers de l'épaiffeur des deux lattes, mais encore pour les déborder par derrière , afin de pouvoir en reployer les pointes, pour empêcher quelles nefe retirent de dedans les lattes, où elles ne peuvent guere tenir, vu le peu d'épailïèur de ces dernieres.
- Quand on veut river , ou autrement dit reployer les pointes des broquettes , il faut, fi l'ouvrage fe fait fur l'établi, appuyer leur tête fur un tas de fer ou fur le dos du valet, & avec le marteau faire ployer la pointe en frappant deflus à petits coups, & en obfervant de ne les faire ployer que fur la largeur du bois, afin quelles entrent dedans fans le faire fendre ; ce qui ne manqueroit pas d'arriver fi on faifoit ployer le clou fur l’autre fens ; c'eft-à-dire, fur le fil du bois.
- Si l'ouvrage étoit d'une nature à ne pouvoir pas être placé fur l'établi pour river les clous, un Ouvrier appuie contre la tête des clous avec un fort marteau , pendant qu'un autre les rive par derrière, ainfi qu'on eft obligé de faire pour
- les
- p.1136 - vue 107/376
-
-
-
- ' Se CT. //* §. II. Ztf conjlruclion du Treillage Jimplé. 113 7
- les enfoncer, à Texception qu’il faut dans ce dernier cas le fervir d’un morceau «*
- de boispréfenté à bois de bout pour foutenir le coup de marteau, & pour donner Pt anche en même-temps paflage à la pointe du clou ou broquette qui entre dedans ; ce V*' qui ne pourroit être fi on fefervoit dun marteau ou tout autre morceau de fer , dans lequel la pointe du clou ne pourroit pas entrer.
- Il eft vrai qu en fe fervant d’un marteau, on pourroit le placer auprès du paflàg® de la pointe du clou pour la laifler paffer librement ; mais, outre que cela de-vîendroit plus fiijet, il pourroit fe faire que la pointe du clou fît éclater le bois qui fe trouveroit fans foutien, ce qui ne peut être quand on fe fert d’un morceau de bois, comme je viens de le dire ci-deflus.
- Quand on fait des Treillages en frifàge, c’eft-à-dire , avec des lattes, on les fait pafler les unes fur les autres à l’ordinaire, comme à la figure 5 ; cependant je crois qu’on pourroit les aflembler en liaifon, c’eft-à-dire , les faire paffer alternativement l’une fur l’autre , comme le repréfente la figure 26 ; ce qui, dans bien des cas, feroit un très-bon effet, encore que ce ne foit pas l’ufage*
- L’extrémité des frifages efl: arrêtée de deux maniérés différentes; lavoir, dans des bâtis , comme je le dirai en fbn lieu , ou bien fur des échalas, ce qu’on fait par le moyen des pointes de frifages, dont j’ai parlé ci-deflus : ces pointes s’enfoncent du côté des lattes, & quand elles font entrées jufqu’aux trois quarts de leur longueur, ^>n les reploie fur les lattes en travers de leur largeur pour les empêcher de fe cofiner, comme je l’expliquerai plus amplement en parlant des diverfes parties du Treillage à bâtis.
- §. IL De la conjlruclion du Treillage jîmple.
- Le Treillage fimple efl de deux efpeces ; lavoir, celui qui efl appliqué contre les murs, & celui qui efl ifolé. La première de ces deux efpeces de Treillages fè nomme aufli ejpalier , parce que, par fà pofition, il femble deftiné à Apporter les branches des plantes courantes & des arbres fruitiers, qu’on nomme arbres d’efpaliers ; quant à ceux de la fécondé efpece, ils prennent differents noms , félon leur forme & ufage ; on les nomme Treillages en palijjades ± tant d’appui que de hauteur, berceaux , cabinets, &c.
- Les Treillages fimples fe conflruifent avec des échalas, dreffés au drefloir , comme je l’ai enfeigné ci-deflus, ou bien réparés à la plane ; ce qui efl très-rare pour ces fortes d’ouvrages : on les coud à l’ordinaire , & on les arrête de differentes maniérés , félon que l’exige leur forme, ainfi que je vais l’enfeigner»
- Quand on veut conftruire des Treillages d’efpaliers, on commence d’abord ——a
- parfe rendre compte de la hauteur & de la largeur, ( ou pour mieux dire, de la longueur ) du mur qu’il faut revêtir, afin de déterminer le nombre de carreaux ou de mailles qu’il y aura, tant fur la hauteur que fur la largeur, & cela a raifon de la grandeur qu’on a jugé à propos de donner à ces memes mailles J Treillageur. L 13
- p.1137 - vue 108/376
-
-
-
- Planche
- 3ÎÎ-
- 1138 L'ART DU TR El L LA G E U R , Chap. 11.
- après quoi on prend un échalas d’une longueur convenable , fur lequel on trace la divifion de la hauteur des mailles, prife du deflus de chaque latte ou échalas horizontal, comme on peut le voir à la figure 4 , qui repréfente un échalas ainfi divifé, lequel échalas le nomme échalas de marque•
- On fait la même opération pour la largeur des mailles ; c’eft-à-dire, qu’après s’être rendu compte de leur grandeur & de leur nombre , on en fait la divifion fur un échalas, fig. 6, qu’on nomme latte de marque, pour indiquer que les divifions qui font tracées deflus font celles de largeur.
- Il n’efl: pas nécelfaire , lorfqu’on fait les divifions , tant des échalas que des lattes de marque, de tracer les largeurs des bois ; il fufiit de déterminer leurs diftances du dedans au dehors de chacun , en obfervant que les divifions le trouvent à droite en regardant l’ouvrage pour les lattes de marque , & en deflus pour les échalas de marque , ainfi que je l’ai déjà dit.
- Au haut de l’échalas de marque, & au nud de la première ou fécondé divifion, eft placé un crochet de fer , a , fig. 4 , qui fert à retenir l’échalas de marque fur la première ou fécondé latte , qu’on commence par pofer de niveau, afin de régler & dreflèr toutes les autres lattes, comme on va le voir ci-après.
- La divifion t, tant de hauteur que de largeur des mailles , étant ainfi faite > on trace fur le mur des lignes de niveau à 2 ou 3 pieds les unes des autres, en commençant au - deflous de la fécondé latte du haut du Treillage, & fous ces lignes on pofe des crochets de diftance, pareillement de 2 à 3 pieds les uns des autres, lefquels crochets reçoivent des lattes , & parce moyen entretiennent tout le Treillage dans une fituation droite & fiable.
- Ces crochets ne font ordinairement que de fimples clous à crochets à pointe,^ qu’on enfonce dans le mur à mefure que l’ouvrage avance, fe contentant d’arrêter de niveau la première ou la fécondé latte du haut ; cependant je crois qu’il vaudroit mieux, pour la régularité & la folidité de l’ouvrage, faire ufàge de crochets en plâtre, comme celui repréfenté^. 10, qu’on fcéleroit dans les murs à la diftance & aux places convenables, en obfervant qu’ils fe rencontraifent dans le milieu des mailles, & bien à-plomb les uns des autres, du moins fur le devant de leur faillie , afin de drefler parfaitement le Treillage qu’ils loutiennent & qu’ils retiennent en place, & qu’il eft bon, autant qu’il eft poffible , d’ifoler un peu du mur, pour que les feuilles mortes, & autres ordures qui peuvent tomber entre ces derniers & les Treillages ne s’y arrêtent pas, & par conféquent n’y faflent pas féjourner l’humidité, qui, à la longue pourriroitle bois: quand on ifole ainfi le Treillage, on arrête les lattes A, figure 10, avec le crochet, par le moyen d’un lien de fil de fer; ou fi on vouloit, on feroit à ce dernier, c’eft-à-dire, au crochet un mantonet par derrière, comme je l’ai indiqué par des ponctuations ; ce qui retiendroit les lattes d’une maniéré très-folide.
- Dans les angles des murs, il faut que les crochets foient placés vers la fécondé maille, comme on peut le voir à la figure 1 , & il fuffit qu’en général ceux du
- p.1138 - vue 109/376
-
-
-
- SecT. IL §. IL Delà conflruction du Treillage Jîmple. 1139
- bas foîent placés à 2 ou 3 pieds de terre au - deflus des parpins de la muraille , . fuppofé qu’il y en ait, parce que l'extrémité inférieure des échalas eft enfoncée dans la terre de 3 à 4 pouces , du moins pour l'ordinaire.
- Quand les crochets font pofés ainfi que je viens de le dire , on y attache des lattes, ainfi que celles b 9 b >b , Jig. I, après quoi on trace les divifions de largeur fur celle du haut, & on attache de diftance en diftance, comme de 3 en 3 pieds, des échalas, comme ceux c, c, c, qu'on a grand foin de pofer bien d'à-plomb ; après quoi on achevé de pofer toutes les autres lattes, c'eft-à-dire , les pièces horizontales , lefquelles dans tous les cas doivent paffer derrière les échalas ou montants, du moins c'eft la coutume : en pofànt les lattes on fait ufàge de l'échalas de marque qu'on accroche fur la latte du haut, laquelle étant bien dreffée , réglé toutes les autres , qu'on arrête avec les échalas c, c, c, félon que l'indiquent les divifions de l'échalas de marque : quand toutes les lattes {ont pofées , on achevé de placer les autres échalas , qu'on arrête d'abord du haut aux divifions qui ont été tracées fur la première ou la fécondé latte , comme dans la figure 1 ; après quoi on achevé de les coudre avec les lattes i en faifant ufàge de la latte de marque pour les drellèr & les efpaeer également d'après les premiers échalas c, c, c9 qui ont été pofés bien d'à-plomb & bien droits.
- Autant qu'il eft poflîble, on fait les échalas d'une feule piece, du moins quand la hauteur du Treillage ne furpaflè pas celle des échalas; quant aux lattes, comme il n'eft guere poflible de les faire d'une feule piece, on les ralonge par des habil-*: lures, en obfervant de faire des joints en liaifbn ; c’eft-à-dire, alternativement oppofés les uns aux autres, comme je l’ai obfervé aux lattes d, d9 d, fig. r.
- Avant que de pofer les Treillages d'elpaliers, il eft bon de faire crépir les murs qui doivent les {upporter, afin qu'étant liflfes&fàns cavités confidérables ils amafîent moins d'ordures, SC par conféquent confervent moins d'humidité, qui, comme je l’ai dit plus haut, eft très-contraire à la confervation des Treillages ; que la peinture ne fàuroit garantir abfolument de la pourriture , quelque foin qu'on prenne.
- Les Treillages d’efpaliers fe pofent ordinairement en blanc, c’eft-à-dire , fans être peints ; cependant je crois qu’il feroit bon d'en imprimer les bois d'une ou deux couches , & de les laifîèr fécher avant que de les employer, parce qu’il n’eft guere poflible de le faire quand l’ouvrage eftpofé, fur-tout quand il efl plaqué contre le mur, comme il arrive le plus fouvent.
- Les Treillages en paliflàdes fè conftruifent à peu près de la même maniéré que ceux dont je viens de parler , excepté qu'on les appuie fur des poteaux de bois ou fur des bâtis de fer. La première maniéré, repréfent ée^. 2, eft la plus ufitée & la moins coûteufè ; mais aufli a-t-elle le défaut d'être peu propre & de faire un mauvais effet, parce que ces poteaux, ( qui pour être bons, ne peuvent avoir guere moins de 3 pouces de gros) bouchent & interceptent les mailles, ce qui fait toujours mal.
- —l—w—«nri^u ,
- Planché
- p.1139 - vue 110/376
-
-
-
- Planche
- îSS*
- 1140 VART DU TREILLAGEUR> Chap. IL . Les poteaux qui foutiennent les Treillages de paliflades font de deux fortes lavoir , ceux qu’on emploie en rondins , c’eft-à-dire , tels quon les a tires des arbres , fans y faire autre chofo que de les dépouiller de leurs ecorces , & ceux qui font équarris & corroyés fur toutes leurs faces ; les premiers ne s’emploient qu’aux jardins potagers de peu de conféquence , & à la campagne ; les féconds font plus en ufage, & en effet font plus propres que les premiers, fans cependant l’être autant que les bâtis de fer dont je parlerai dans un inftant.
- En général les poteaux doivent être de bois de Chêne, fans nœuds vicieux , & bien de fil ; leur extrémité inférieure doit être diminuée pour faciliter leur entrée dans la terre, dans laquelle on les enfonce à coups de maife. Le bout inférieur des poteaux, c’eft-à-dire , celui qui entre dans la terre, doit être brûlé , pour qu’il réfifte plus longtemps à l’humidité ; l’autre bout doit être abattu for les arêtes, afin qu’il ne s’émouffe & même ne fe fende pas par la violence des coups qu’on frappe defîus pour les faire entrer dans la terre , & il eft bon auflï de les faire un peu plus longs qu’il ne faut, pour que , quand ils font allez enfoncés, on puiffe les couper par leur extrémité fupérieure pour les rafraîchir, c’eft-à-dire, en ôter les barbes, ôc pour les mettre à la hauteur où ils doivent être. ' '
- Quant à la longueur de la partie du poteau qui enJre dans la terre , elle ne peut être déterminée au jufte, parce que cela dépend du plus ou moins de denfité de cette derniere , qui refufe ou qui facilite davantage l’entrée du poteau ; mais pour l’ordinaire il faut, autant qu’il eft poffible , les faire entrer en terre de 18 pouces à 2 pieds , afin qu’ils foient moins fofoeptibles d’ébranlements.
- Dans les Treillages d’appui, comme par exemple la fig. 2 , il faut que les poteaux ne foient pas plus éloignés l’un de l’autre que de y à 6 pieds tout au plus , & il faut toujours les difpofer de maniéré qu’il s’en trouve un à chaque angle , foit faillant ou rentrant, & que ceux des intervalles foient au milieu d’un échalas , ou pour mieux dire , que l’échalas fo trouve au milieu du poteau.
- Comme les Treillages d’appui ou autres fe trouvent quelquefois for des plans contournés & compofés de parties anguleufes , il faut qu’il y ait des poteaux à chaque angle, & qu’ils foient mis d’équerre , fuivant l’obliquité des angles , fur-tout à l’extérieur, ceft-à-dire , du côté qui porte le Treillage ; il faut au fît quand les parties creufes ou bouges du plan font un peu confidérables, y mettre un nombre de poteaux fuffifànt pour que les Treillages foivent exactement le contour du plan.
- Aux angles faillants, comme hfig, 7 , on met ordinairement un échalas e for une des faces du poteau, pour terminer les mailles d’angles , & pour recouvrir fur les joints des lattes f 8c g ; ce qui fait allez mal, parce que l’échalas d’angle n’étant pas quarré, non plus que les autres, il a une face plus large l’une que l’autre, & ne recouvre pas également des deux côtés; c’eft pourquoi je
- crois
- p.1140 - vue 111/376
-
-
-
- SeCT.IL §. II. De la conjlruciion du Treillage Jimpte. ïiqt crois que pour la propreté & la folidité de l'ouvrage, il vaut mieux ne point — mettre d'échalas aux angles Taillants des Treillages d'appuis , mais faire deux ravalements aux poteaux d'angles , comme à la figure 8, dont l'un ferve à porter les lattes, & l'autre repréfente l'échalas d'angle, qui par ce moyen devient quarré fur toutes fes faces : quant aux angles rentrants , comme à la figure 9, il faut abfolument évider un angle dans le poteau pour recevoir les bouts des lattes qu'on attache deflus, comme on le verra ci-après.
- Quand il y a des terreins qui ne font pas de niveau dans leur longueur, il faut né-ceflairement que les Treillages d’appuis en fuivent l'inégalité, du moins d'un bout à l'autre ; c'eft pourquoi on commence par planter les poteaux des deux extrémités , & on tend un cordeau de l'un à l'autre , comme de h à i, fig. 1, afin de régler la hauteur des poteaux intermédiaires, ce qui ne fouffre aucune difficulté.
- Quand les Treillages d'appuis font aïnfi rampants, & en même-temps fur un plan circulaire, il faut, pour avoir la hauteur jufte du deffus de chaque poteau, deffiner un peu en grand la mafle générale du Treillage, développée fur une ligne droite avec la place de chaque poteau , afin d'avoir par ce moyen ce qu'ils excédent en deffus du niveau l'un de l'autre, ce qui vaut mieux que de fe jauger du deflus du terrein , dont la furface ne rampe prefque jamais bien également.
- Quand les poteaux font tous plantés à leur place, on y conftruit le Treillage, ce qui eft très-facile à faire , puifqu'il ne s'agit que d’attacher la première latte du haut bien droite, & de niveau, ou en foivant la pente du terrein, & enfoite les autres, parallèlement à cette derniere, par le moyen d'un échalas de marque à l’ordinaire.
- On attache chaque latte avec un clou ou une forte pointe , comme on peut le voir à la figure 3 , après quoi on pofe les échalas, comme je l'ai dit cî-deffus.
- Les échalas des Treillages d'appuis affleurent le deffus de la première latte du haut, & les poteaux débordent cette derniere de 3 à 4 lignes ; ce qui eft fuffi-fant pour que les chanfreins qu'on fait au pourtour de la tête du poteau foient au-deffus de la latte.
- Quand les Treillages d'appuis, ou autres font portés par des bâtis de fer, comme à la figure y, ils en font beaucoup plus parfaits, parce qu'on peut donner à ces derniers une forme fèmblable aux pièces de Treillage ; de maniéré que quand le .tout eft imprimé on ne diftingue plus le fer d'avec le bois.
- Quand les bâtis de Treillage font en fer, on fait les pièces des angles & celles de couronnement d'une groffeur égale à l'épaifleur des lattes, de des échalas pris enfemble : quant aux montants qui font placés de diftance en diftance, il faut qu'ils foient d'une largeur à peu près femblable à celle des échalas : pour leur épaiffeur , on peut la faire un peu plus forte qu’à ces derniers , pour leur Tretllageur. M13
- p.1141 - vue 112/376
-
-
-
- Planche
- 3SS-
- 1142 DART DU TREILLAGEUR, Chap.IL donner plus de force , dût - on entailler un peu les lattes à l’endroit de ces montants, afin qu’elles ne reculent pas trop en arriéré.
- Aux angles Taillants, comme la figure 14 , le bout des lattes vient battre contre le montant de fer c, avec lequel on l’arrête par le moyen des nœuds de fils de fer; ce qui ne peut être autrement, à moins que de faire une feuillure dans toute la longueur du montant , ce qui n’eft pas fort aifé à faire , fans cependant être impoffible, comme je le dirai ci-après. Quant au haut & au bas de ces Treillages, on les termine par une latte fur laquelle on attache les échalas , & la latte elle-même avec les fommiers ou traverfes des bâtis de fer.
- Quand les Treillages ifolés font d’une certaine hauteur , il efl: bon que leurs bâtis portent une ou deux lattes en fer, aflemblées avec le refte du bâtis, afin de donner plus de corps à l’ouvrage ; & quand cette derniere , ainfi que les bâtis de fer, font portés par des parpins de pierre, comme à la figure 5 , il faut né-ceflàirement que la latte du bas foit en fer, parce que lî elle étoit en bois, elle feroit trop promptement pourrie.
- Quand il n’y a pas de parpin, on laifle entre la terre & la première latte une diftance à peu près égale à la hauteur d’une maille, & on fait entrer l’extrémité des échalas dans la terre de 3 à 4 pouces de profondeur ; ce qui efl: général à tous les Treillages ; lorlque l’extrémité inférieure des échalas entre ainfi dans la terre , on la nomme peigne ou herfe ; quelquefois aux Treillages de clôture on laifle auffi un peigne par le haut, & on fait une pointe à l’extrémité de chaque échalas.
- Les bâtis de Treillage, faits en fer, font portés for un maflif de mâçonnerie , du moins à l’endroit des principales pièces ou montants, & ils font retenus par derrière avec des arcs-boutants qui en empêchent le devers.
- La conftruélion de ces bâtis efl: toute entière du reflort du Serrurier ; cependant le Treillageur, habile homme, doit préfider à leur exécution, ou du moins en déterminer toutes les formes & les dimenfions principales, làns quoi il eft très-rare que le travail du Serrurier fe trouve parfaitement d’accord avec celui du Treillageur.
- Avant que de pafler à la defoription d'autre Treillage fimple, je vais parler des bandes ou bordures de parterre qui fe placent dans plufieurs jardins , au lieu des bordures de buis, de thim, & autres plantes aromatiques : ces bordures,^; 11 & 12 , ne font autre chofe que des planches de bois d’un pouce ou d’un pouce & demi d’épaifleur tout au plus, qu’on corroyé d’un côté au moins à la moitié de leur largeur, ( quoiqu’il vaut autant les corroyer tout à fait for toute leur largeur) ; une des arêtes de çes planches eftmife d’épaifleur, & on y poufle un demi - rond entre deux quarrés, comme on peut le voir à la coupe B, fig. n ; les bordures s’aflfemblent d’onglet à tous les angles , du moins for la largeur d’un à 2 pouces, & on fait des queues d’aronde dans le refte de la largeur de la planche, comme à la figure 12 ; ce qui vaut mieux que de les attacher avec des
- p.1142 - vue 113/376
-
-
-
- Se CT. IL §. IL De la conjlruclion du Treillage Jîmple. TT43
- clous fans y faire aucun affemblage ; on enterre les bordures, de maniéré qu elles s ne failli lient que 3 à 4 pouces ou y pouces tout au plus , 8c pour quelles tiennent plus folidement on les appuie contre des petits pieux de bois C, E, 8c F )fïg. ii9 12 & , qu on fait entrer à force dans la terre, jufqu’à ce qu’ils
- defcendent d’un bon pouce plus bas que l’arête intérieure des bordures ; de maniéré qu’ils failliffent peu le nud de la terre , indiqué par la ligne B D, fig. 11 & 12 ; ces petits pieux fe nomment racineaux ; ils font diminués & brûlés par leur bout inférieur, comme les poteaux dont j’ai parlé ci-deffus , 8c on échancre leur tête ou partie fupérieure pour en diminuer l’épaifleur, afin de n’être pas obligé d’y mettre de trop grands clous pour les arrêter avec les bordures , au travers defquelles il eft bon que la pointe des clous pafle pour qu’on puiffe la river en parement.
- On met dés racineaux à tous les angles des bordures, & de 3 en 3 pieds dans la longueur de ces dernieres ; ce qui eft fuffifant pour les rendre très-folides : 2 à 2 pieds & demi de longueur, fur 2 à 3 pouces de grolîeur, font les dimenfions les plus ordinaires des racineaux.
- On fait des bordures droites & des bordures cintrées ; dans ce dernier cas on eft obligé de les prendre dans du bois d’une forte épaifïèur, 8c quand leur cintre eft confidérable , & qu’on craint qu’ils ne deviennent trop tranchés ou qu’il ne faille de trop grofïès pièces de bois pour pouvoir les faire d’une feule piece , on peut très-bien les [conftruire de plufieurs pièces affemblées à traits de Jupiter au bout les unes des autres, en prenant la précaution de les faire imprimer d’une ou deux couches de groflè couleur à l’huile ayant que de les pôfèr, ce qui en générai devroit être à toutes les bordures.
- Les bordures cintrées peuvent être moins larges que les droites, parce que leur courbure leur donne naturellement de l’affiette , & qu’elles font par con-féquent moins en danger d’être renverfees par la pouflee des terres que ces dernieres , c eft-à-dire, les droites, qui, quoique fbutenues par des racineaux, ont befoin d’être enterrées de 3 à 4 pouces au moins; les autres Treillages fimples & ifolés , font, comme je l’ai dit plus haut, les berceaux, les cabinets, 8c c. Je n’entrerai pas dans le détail des différents ouvrages de cette efpece de Treillage, ce qui fèroit inutile d’après ce que je viens de dire ; je me contenterai de faire celui d’un grand berceau, fupporté par des bâtis de fer d’après lequel on pourra aifément comprendre la conftruétion des autres ouvrages de cette efpece, quelles que foient leurs formes & leurs ufàges.
- Les figures 1 & 2 de cette planche repréfèntent le Plan 8c l’élévation, ( la moitié devant être prife pour le tout ) d’un grand berceau percé de cinq ouvertures fur une de les faces , & reployé en aîle à les deux extrémités : des cinq ouvertures du milieu, il y en a quatre petites C, C, & une grande D , laquelle fait avant-corps, comme on peut le voir par le plan , 8c forme lunette dans la voûte du berceau qu’elle affleure dans fon extrémité fùpérieure ; le bout des ailes
- — ——*1?
- Planche 3 S St
- Planche
- 3S*'
- p.1143 - vue 114/376
-
-
-
- ïi44 L'ART DU TRElLLAGEURyChap.il,
- ...—— en retour eft fermé, comme celui A, ou bien percé d’une ouverture moyenne
- Plancm Bi
- œ que j’ai fait pour, autant qu il m’a été poffible, renfermer divers exemples dans le même fujet.
- Tous les bâtis de ce berceau font de fer, c ’eft-à-dire , toutes les pièces qui forment les cintres d’arête , ceux des cintres de face , tous les pourtours des ouvertures , tant leurs montants que leurs cintres, les fommiers ou traverfes qui paffent au nud du cintre de la voûte , & dans laquelle toutes les autres font affemblées ; plufieurs cerces de la voûte , & des entre-toifes ou échalas de fer affemblés ou du moins arrêtés avec ces derniers pour en retenir l’écart : de tous ces fers, tous ceux qui forment les arêtes des ouvertures , les fommiers & les cerces des cintres de face, doivent être d’une forte épaiifeur, c’eft-à-dire , qui égale celles des lattes & des échalas prifes enfemble , comme le repréfente la coupe du fommier E, fig. 3 , & d’un des montants F, fig. 4 ; les autres fers, comme les montants des petites portes, depuis la naiffance du cintre de ces dernieres julqu’au fommier, les cerces de la voûte , tant d’arête que de travers, & leurs entre-toifes, doivent être d’une épaiifeur égale à celle des échalas , ou bien peu de plus, afin de n’être pas obligé de faire des entailles trop profondes aux bois qui paffent, foit par-deflus ou par-deflous.
- Quant à la largeur de ces derniers fers , il faut qu’elle ne forpaffe pas celle des bois ; il n’y a que les premiers auxquels il faut donner plug de largeur, laquelle doit être égale à leur épaifleur, fur-tout à ceux des angles, qu’il faut, autant qu’il eft poffible, évuider en angle creux ; ce qui peut fe faire en conftruifant ces montants, de deux pièces jointes enfemble par le moyen du goujon arrêté dans l’une 8c rivé fur l’autre , au travers de laquelle ils paffent, 8c dont le joint eft fait au nud de l’angle , comme l’indique la ligne a b9 fig. 4 ; on peut faire la même chofe aux cercles des faces , & aux fommiers en deffous pour foutenir le bout des échalas ; en deffus , au lieu de feuillures , on peut y faire des entailles à l’endroit de chaque bout de cercle de bois pour en empêcher l’écart, ainfi que je l’ai indiqué par la ligne cd9 figure 3 , cote E: quant aux autres cerces de fer , comme celle G, H, /, fig. 3 ; on les affemble des deux bouts dans le deffus du fommier, & on les rive avec les entre * toifes qui paffent par-delfus , & qui viennent rencontrer la courbe d’arête à leur extrémité aux points € 8c fig. 2 , ou ils rencontrent des échalas de bois : comme il fe trouve une maille au milieu du deffus du berceau, j’ai dilpofé les entre-toifes de maniéré qu’elles ne fe rencontrent pas, afin que leurs rivures avec la courbe d’arête foit plus folide ; & quand même ce feroit un échalas qui feroit le milieu du deffus du berceau, on pourroit faire la même chofe, & cela pour donner plus de folidité à l’ouvrage.
- Quant à la conftruélion des Treillages de ce berceau , c’eft toujours la même chofe qu’aux autres Treillages dont j’ai parlé ci-devant, comme on peut le voir aux figures de cette Planche , où tous les échalas montants paffent tous en-
- deffus,
- p.1144 - vue 115/376
-
-
-
- SECT. II. §. Ii. De la conjlrucllon du Treillagefimple. xxa< ^eflîis , à l’exception du deffus du berceau, où ce font les lattes qui paient fur les cercles, ( qui femblent être la continuation des échalas montants ) ; ce qu’on eft oblige de faire pour donner plus de lolidité à l’ouvrage , parce qu’en failànt porter les lattes fur les cercles du berceau , tant de fer que de bois, elles ne fatiguent pas les liens qui les arrêtent avec ces derniers; ce qui ne pourrait arriver fi les lattes paffoient en defious des cercles : de plus, comme c’eft plutôt lo delTous de la voûte d’un berceau qui eft apparente que le deflus, il femble tout naturel d’en difpofer les Treillages de cette maniéré, quoique cela préfente quelque irrégularité à l’extérieur à la rencontre de la voûte avec la partie verticale du berceau , comme on peut le voir à la figure i ; cette irrégularité eft auftt apparente au dedans qu’au dehors du berceau, & elle eft d’autant plus fenfible dans celui figure i, que la rencontre de la voûte avec la partie verticale, n’eft interrompue en aucune maniéré ; au lieu que s’il régnoit une corniche ou un impolie au nud du cintre , la différence des Treillages ferait moins fenfible -c’eft pourquoi je crois que, fans s’embarraffer de l’ufage , on ferait très-bien de faire pafter les cercles en deffus des berceaux, dont la voûte femble être une continuation des faces verticales, comme celui figure r ; ce qui ne fouffriroit aucune difficulté , pas même du côté de la folidité , parce que les lattes de la voûte étant une fois bien attachées, elles ne feraient pas plus expofées à tomber , que celles des faces verticales. Quant aux berceaux, dont la naiffance delà voûte eft interrompue par une corniche, on pourrait conftruire la voûte à l’ordinaire, c eft-à-dire , mettre les lattes en deffus, fur-tout s’il y avoir un double Treillage vertical, comme il arrive quelquefois , parce qu’alors les cercles de la voûte deviendraient une continuation des échalas montants de ce dernier , c’eft-à-dire du Treillage double*
- De quelque maniéré qu’on difpofe la voûte des berceaux , il faut toujours que leurs lattes répondent aux aiguilles des cintres de face , foit que ces derniers fe terminent au centre de l’éventail, comme à la partie cotée A , figure i , ou qu elles foient interrompues par une ouverture de porte , comme celle B, même figure , dont toutes les lattes ou aiguilles doivent toujours tendre au centre de l’ouverture , & paffer en deffous des cercles, qui font la continuation des échalas perpendiculaires , qui ne font interrompus que par le fommier, auquel ils affleurent , & qui femble faire impolie , quoi-qu’à la rigueur on pourroit diminuer l’épaiffeur de ce dernier, qui alors deviendrait une fimple latte; ce qui ferait très-bien dans le cas où il n’y aurait aucune corniche à la naiffance du cintre de la voûte , & où les lattes de cette derniere pafferoient en deffous des cercles, comme je l’ai dit ci-deffus.
- Quand les berceaux & autres ouvrages de Treillages fimples ne font pas fup-portes par des bâtis de fer, comme ceux dont je viens de parler, on les appuie fur des poteaux plantes en terre Sc placés à tous leurs angles, comme aux Treillages d appuis ; quelquefois on y affemble par le haut des fàbfieres ou Treillaçeur. at
- Planche
- 3Î&
- I
- p.1145 - vue 116/376
-
-
-
- Planche
- 3S$*
- 1146 L'ART DU TREILIAGTU R> Oiap.ll.
- - importes qui en terminent les parties verticales , & reçoivent la voûte , dont on forme les principales cerces avec de gros cerceaux de cuves ; qu’on équarrit à cet effet, & qui donnent un cintre plus régulier que ne font les échalas , qu’on ne peut faire ployer qu’en y faifànt des navrures de diftance en diftance , du moins quand les cercles font d’un petit diamètre.
- Quand on conftruit les voûtes des berceaux, on commence par pofer les principales cerces ( fuppofé qu’elles ne foîent pas faites en fer ), & on les arrête avec la latte ou entre-toife, la plus prochaine du milieu de la voûte ; après quoi la divifion des autres lattes étant donnée par celle des cintres de face, on les pofe toutes & on les arrête à mefure avec les premières cerces ; ce qui étant fait, on achevé l’ouvrage, en y ajoutant les autres cerces, foit en deffous ou en defîus, ce qui eft égal.
- Il y a des Treillageurs qui commencent par pofer les cerces les premières, après avoir arrêté les principales avec une latte ou entre - toife, fur laquelle font tracées les divifîons de largeur des mailles ; ce qui eft moins bien que de la première maniéré , parce qu’on n’eft pas auffi fûr de donner un contour jufte aux cerces de rempMàge , qui ne fe trouvent affujéties que par leur extrémité & par le milieu ; c’eft pourquoi je crois qu’on doit préférer la première maniéré d’opérer, ce qui au refte eft affez indifférent , pourvu que l’ouvrage foit bien fait.
- En général les Treillages fimples , c’eft-à-dire, ceux qui n’ont pas de bâtis de Menuiferie , peuvent être fufceptibles de beaucoup de richeffe & d’ornements de toutes fortes , comme les vafes , les guirlandes , &c. defquels je ne parlerai pas du tout ici, parce que ce détail fera placé plus naturellement à la fuite de la defcription du Treillage compofé qui va faire l’objet du Chapitre fuivant.
- p.1146 - vue 117/376
-
-
-
- ii4?
- OH A P I T R E TROISIEME*
- Dit Treillage compofé en gênerab
- Le Treillage compofé eft, comme je Tai dit plus haut, celui dans la Conf 2=5==== trublion duquel on fait ufàge de bâtis de Menuifèrie , corroyés & afîemblés ^LANCHE avec toute la folidité poflible , afin de donner à ces Treillages toute la per-feélion dont ils peuvent être fufceptibles, & en affurer la durée*
- Je n’entrerai pas ici dans le détail des divers ouvrages de Treillage compofés* parce que ce détail feroit immenfe, fans être beaucoup utile ; c’eft pourquoi je me bornerai à donner quelques exemples de différents genres de Treillage * dont le détail fuffira pour bien faire connoître la conftruélion de ces fortes d’ouvrages , quelles que foient leurs formes St la richeffe de leurs décorations*
- Les figures de cette planche repréfèntent les plans St élévations d'un portique en Treillage où préfide un ordre Dorique compofé , St i’exprefïïonde ce même ordre dans la face où il n’y a pas de pilaftre , repréfentée fg. 2 , laquelle eft parfaitement femblable , du moins quant aux maffes, à celle où il y a des pilaftres , repréfentée jig. 1 ; ce que j’ai fait pour avoir occafion de donner fur un même projet deux exemples de décoration différente , St en même - temps pour avoir lieu de parler des décorations , dans lefquelles on ne fait entrer que l’expreffion d’un ordre d’Architecture, comme je l’ai annoncé au commencement de cet Art, page 10 J7 & fuiv.
- Le Portique, fig. 1, ( la moitié étant prife pour le tout ) * eft décoré de quatre pilaftres de 18 pouces de diamètre, & qui font accouplés deux à deux de chaque côté de l'arcade ; ces pilaftres ont 24 pieds 9 pouces de haut ; ce qui fait dix-fepc modules ou huit diamètres St demi, ce qui eft la même chofe ; ce qui fait qu’ils font d’une exprefîïon moyenne entre l’ordre Ionique St l’ordre Dorique , dont ils ont d’ailleurs la bafe & le chapiteau , à cette différence près, que le gorgerein de ces derniers a 14 parties de hauteur , St eft orné de trois feuilles , comme je l’expliquerai ci-après.
- Cette augmentation de hauteur donne plus d’éléganbe à cet ordre Dorique §
- St le rend plus propre à être employé dans des ouvrages légers, tels que les Treillages ; mais c’eft une licence qui n’eft tolérable que dans ces fortes d’ouvrages , St encore même, quand par quelque raifon on ne peut pas faire ufage de l’ordre Ionique ; c’eft pourquoi j’ai donné à l’ordre qui décore ce portique le nom d Ordre Dorique compofé•
- L entablement qui couronne cet ordre a quatre modules Sc un quart de hauteur ; ce qui eft néceftàire pour l’accouplement des pilaftres, comme je l’ai
- p.1147 - vue 118/376
-
-
-
- Planche
- 3*7*
- 1x48 VART DU TRElLLAGEUR, Chap. 1IÏ.
- -démontré ci-devant, page 1068 & fuiv. cette hauteur eft un peu confidérable pour un ordre Dorique ordinaire ; mais ici elle n eft que ce qu’il faut , puifque quatre modules trois parties font exaétement le quart de dix - fept modules » qui eft la hauteur de Tordre qui décore ce portique.
- Les moulures delà corniche de cet entablement font les mêmes qu’à Tordre Dorique ordinaire , tant pour la hauteur que pour la faillie, à l’exception du larmier fupérieur qui a beaucoup moins de faillie , & cela par le raccourciflement des mutules qui fervent de couronnement aux triglyphes que j’ai prolongés jufque fous ces derniers , & que j’ai contournés en confoles , ce qui en rend la forme plus élégante & plus riche ; à ces changements près, cet entablement eft le même que celui de l’ordre Dorique , difpofé pour couronner des colonnes Sc des pilaftres accouplés.
- Il faut faire attention que j’ai fait voir une confole dans le retour de l’entablement ; ce qui ne peut être dans l’exécution , vu le peu de faillie de ce retour , étant néceflaire que le demi-métope de retour foit égal à celui de face, à moins qu’on ne voulût abfolument voir un profil de confole ; dans ce cas, on feroit paroître une confole engagée dans l’angle, Sc dont l’épaifleur égaleroit à peu près la moitié de la faillie de l’avant-corps, comme je l’ai fait ici.
- Dans les arriérés - corps la partie fupérieure de la corniche eft profilée en plinthe , c’eft-à-dire, que la cymaife fupérieure eft fùpprimée , de maniéré que le larmier monte jufqu’au defîùs de cette derniere.
- On profile ainfi les corniches en plinthes quand on veut diminuer de leur faillie , Sc fur-tout pour les rendre plus fimples, Sc par ce moyen détacher les arriérés corps d’avec les avant-corps, & faire dominer ces derniers ; il faut cependant éviter de faire trop fouvent ufàge de cette mutilation des corniches, qui ne peut avoir lieu que dans les arrieres-corps qui terminent les façades , ainfi que je, Tai fait ici.
- L’entablement eft furmonté d’un fbcle d’une hauteur à peu près égale à celle de la frife & de l’architrave, prifes enfemble ; ce fbcle profile à l’a - plomb du nud extérieur des pilaftres, Sc fupporte quatre vafes , dont les axes tombent à-plomb de ceux de ces derniers.
- Toute l’ordonnance eft fupportée par un focle, dont la hauteur, qui eft d’environ trois modules & demi, eft déterminée par la hauteur de l’arcade > ' dont la largeur eft donnée parla diftance des triglyphes, comme je l’ai enfeigné plus haut page 1068 : dans la hauteur de ce fbcle eft comprife celle d’un premier fbcle ou parpin de pierre , fur lequel tout l’ouvrage eft pofé , ce qu’on doit obferver à tous les Treillages compofés en général, afin de les préferver de l’humidité de la terre , & par conféquent de la pourriture. La hauteur de ce focle ou parpin varie félon les differentes occafions; mais il faut toujours faire en forte qu’il entre pour quelque chofè dans la décoration totale de l’ouvrage ; ce que j’ai fait ici, où le parpin qui a environ 4 à 5 pouces de hauteur, régné avec les
- bordures
- p.1148 - vue 119/376
-
-
-
- Du Treillage compofé en général. 1149
- bordures des plates-bandes des Treillages qui avoifinent ce portique & qui re* vendent les murs du jardin.
- Il faut, du moins autant quil eft pofîible , que la hauteur de ces Treillages ne furpàfle pas le delîùs de l’impofte de l’arcade, qui, étant continuée en dehors du portique, doit leur fervir de couronnement, ainfi que dans la figure 1.
- Et fi par hafàrd le mur de clôture étoit plus haut que le deflus.de l’impofte , on mettroit toujours une corniche qui régneroit avec l’impofte , & on rega-gneroit le furplus de la hauteur du mur par un focle placé au-deflus de cette derniere.
- Au-deflus des Treillages de clôture , & aux deux côtés des arriérés-corps du portique , j’ai placé deux confoles , dont la partie fupérieure vient fe terminer contre l’architrave de l’entablement du portique ; ces confoles portent fur un® plinthe ou partie lifte qui couronne la corniche des Treillages de clôtures , Sc elles tombent à-plomb du nud de ces derniers.
- L’ufàge de ces confoles eft de faire py ramider l’enfemble d’un édifice, & quoi-qu’un abus dans de£ bâtiments conftruits avec folidité, elles peuvent être tolérées dans des ouvrages de Treillage , où même elles font aflez bien.
- La figure 2 repréfente le même portique que la figure 1 , mais d’une décoration plus firnple ; les pilaftres étant fupprimés , ainfi que les triglyphes de la frife qui eft nue à ce dernier portique.
- La pl ace des pilaftres eft occupée par un corps uni, au nud duquel l’entablement refîàute, tant en dedans qu’en dehors, & quand la diftance qui refte entre les deux faillies intérieures de l’entablement fe trouve trop étroite , on fè contente de faire profiler , ou pour mieux dire reflàuter en dedans la partie inférieure de la corniche; de maniéré que la faillie de l’avant-corps fe perd dans la largeur du focle du larmier, à condition toutefois que cette faillie ne foit pas trop confidérable.
- La corniche du portique , fig. 2 , eft denticulaire , tant dans les avant-corps que dans l’arriere-corps du milieu : dans les arriérés - corps des extrémités , j’ai fait le larmier denticulaire plein, afin de Amplifier cette partie de la corniche, & quelle réponde mieux à la plinthe qui la couronne.
- L’arcade de ce portique n’a point d’impofte ni d’archivolte , comme celle de la figure 1 : mais elle eft entourée d’un bandeau faillant, qui defcend jufque fur le focle ; & quoiqu’il n’y ait pas d’impofte à cette arcade, cela n’empêche pas qu’il ne faille faire régner le deflus de la corniche des Treillages de clôture avec le centre de l’arcade , ainfi qu’au portique figure 1 , dont celui figure 2 ne différé , ainfi qiie je l’ai dit plus haut, que par la richefle de là décoration ; mais dont les mafles font exactement les mêmes , tant pour les raifons que j’ai données ci-deflus, que pour que ces deux décorations puiflent s’appliquer au même portique, l’une en dedans & l’autre en dehors, bien entendu que la plus riche feroit du côté le plus apparent, qui ordinairement eft celui du jardin.
- En général quand on fupprime les ordres d’une décoration, il faut que toutes
- Treillageur♦ O 13
- Planche 3 57*
- p.1149 - vue 120/376
-
-
-
- Planche
- 3S1-
- IIJO L’ART DU TREILLAGEUR.Chap.nl. les autres parties qui la compofont foient dans les mêmes proportions que fi ces ordres n’étoient pas fupprimés , & que toutes annoncent au Ijpeélateur inftruit quelle eftl’expreffion de Tordre qui préfide à cette décoration ; il faut cependant obferver que quand les ordres font fopprimés, la décoration doit être moins riche dans toutes fes parties; mais cette diminution de richefle ne doit avoir lieu que dans les parties de détail, mais jamais, quant à ce qui a rapport au nombre & à la forme des principales parties, Sc au rapport qu’elles doivent avoir les unes avec les autres, & avec Tenfemble général de la décoration.
- Le Portique , tel que je viens de le décrire , Sc que je Tai repréfonté figures i Sc 2, ne peut donner qu’une idée générale de là décoration & du rapport que les parties qui le compofont ont les unes avec les autres : il faut maintenant entrer dans le détail de là conftruétion, en commençant par celle des bâtis qui reçoivent les Treillages, ce qui va faire l’objet de la foélion fui vante.
- Section Première.
- Defcription de la conjlruction des bâtis du Treillage compofé.
- Planche
- 3ï8.
- Ce que j’ai dit julqu’à préfont touchant la pratique du Treillage , n’avoit de rapport qu’à ce qui regardoit le travail du Treillageur proprement dit ; il faut maintenant changer de langage, comme d’objet, ce même Treillageur devant être à la fois Menuifier-Treillageur, Sc même Sculpteur, quant à ce qui regarde la pratique, làns parler des connoiflances théoriques qui lui font néceflàires, & que je lui luppofo toutes acquifes ; c’eft pourquoi, pour bien faire entendre ce qui concerne la conftruélion des bâtis de Treillage, je vais faire la defoription de toutes les parties de ceux du portique, repréfonté dans la Planche 3J7 , comme fi ce deflîn devoit être mis à exécution ; après quoi j’entrerai dans le détail de la conftruélion des parties de Treillages qui doivent remplir ces mêmes bâtis , tant dans les parties droites que dans les parties cintrées, comme les membres de moulures Sc autres, enfuite je traiterai de toutes les efpeces d’ornements dont on peut enrichir les ouvrages de Treillages, en joignant enfomble la théorie avec la pratique , Sc cela relativement à deux deffins repréfontés ci-après , tant en plan qu’en élévation ( Planches 36$ , 366, 36ySc 368), dans lefquels j’ai tâché de raflembler divers genres de Treillage d’une décoration très - riche Sc régulière en même-temps , ce que je n’ai pu me dilpenfor de faire pour donner au moins une idée de la beauté Sc de la perfeélion où peut être porté cet Art, qui, quoique conféquent, eft regardé du plus grand nombre comme très-peu de chofo , Sc qui à peine mérite une defoription courte Sc abrégée.
- La figure 1 repréfonte l’élévation & la coupe des bâtis de l’entablement mu-tulaire, Sc la figure 3 le plan de ce même entablement, vu en-delfous : le deflus de la corniche, Sc par conféquent de l’entablement, doit être couvert par une
- p.1150 - vue 121/376
-
-
-
- Sect, I. Defcription de la conjlruclion des bâtis du Treillage compop. x r < t forte planche A B , fig• x > laquelle doit etre inclinée en devant pour faciliter l’écoulement des eaux; & quand la faillie de l’entablement eft trop conlidérable pour que la largeur d’une planche foit fuffifante , il faut en mettre plufïeurs â recouvrement les unes fur les autres, ce qui vaut mieux que de les joindre à rainure & languette, parce que , quelque bien faits que {oient les joints, 1 èau s-y introduit, toujours, ce qui les pourrit promptement, ainfi que les autres parties de la corniche qu’elles couvrent.
- Ce n’eft pas la coutume de couvrir ainfi les entablements de Treillage, parcé que , dit-on, cela les alourdit trop, 8c que cela mafque le jour qu’il eft nécefi faire d’appercevoir au travers des compartiments 8c des ornements de la corniche, qui alors ne fait plus d’effet : la première de ces deux obje&ions n’eft pas jufte, parce qu’on peut conftruirela corniche, de maniéré que le poids de la planche qui la couvre ne puiffe y faire de tort ; quant à la fécondé, elle auroit quelque fondement fi tous les Treillages qu’on exécute ne pouvoient être vus que de près, de maniéré qu’on ne pût voir leur entablement qu’en deffous, où la planche qui les couvre feroit néceflâirement du noir.
- Mais comme ces fortes d’ouvrages font prefque toujours placés dans des lieux fpacieux , 8c qu’ils font même deftinés à être vus d’un peu loin, il n’eft guère poflible qu’on s’apperçoive s’ils font couverts ou non , fur - tout dans la partie {aillante de leur corniche ; au furpius quand cela paraîtrait un peu , il vaudroit mieux fouffrir ce petit inconvénient, que celui qui arriverait fi le deffus de la corniche étoit découvert ; ce qui donnerait un paffage libre aux eaux de la pluie, qui, quelque précaution qu’on prenne, ne hâtent que trop la deftru&ion des Treillag es.
- Le principal membre delà cymaife fupérieure, c’eft-à-dire , la dourine, eft rempli par des Treillages à jour qui s attachent d un bout fous la planche A B, qui eft ravalée à cet effet , & dont le devant forme le quarré de cette doucine ; l’autre bout s’attache fur le membre inférieur C de la cymaife, lequel eft plein pour faire un repos entre la doucine & le larmier, qui tous deux font percés à jour.
- La partie inférieure DE du larmier eft affemblée avec le larmier mutulaire i que j’ai laiffé plein pour faire un repos dans la maffe de la corniche ; ce qui eft abfolument néceffaire , parce que fi tous les membres étoient percés à jour, ils y apporteroient de laconfufion,de maniéré qu’on ne pourroit plus en diftinguer les différentes parties.
- Le larmier mutulaire , le larmier & la cymaife fupérieure, peuvent ne faire qu’une feule maffe , en les arrêtant les uns avec les autres, par le moyen de plu-fieurs montants affemblés d’un bout fous la planche A B , & de l’autre dans le deffus du larmier mutulaire, comme je l’ai indiqué par des lignes ponctuées.
- Toute cette maffe eft fupportée de diftance en diftance par les triglyphes en confoles, qui font afïemblés d’un bout dans la partie fupérieure H de f architrave*
- Planche
- 358-.
- p.1151 - vue 122/376
-
-
-
- «sens»
- Planche 3 S 8,
- ÏÏ52 VART DU TRËILlÀGEÜR, Chap/IIL
- t où ils entrent à tenon & mortaife, & de l'autre dans la partie inférieure G de la corniche , dans laquelle ils entrent à tenon & enfourchement, comme on le peut voir à la figure ^ , qui repréiente une des confoles vue de côté avec ces affemblages dans les pièces G 8c H, qui font les mêmes que celle de la figure 1, Cotée des mêmes lettres.
- Chaque cbnfole forme un bâtis à part ; elles font compofées de deux côtieres ou joues pleines H,fig. 1, 3 & 5, & de deux traverfes L8cM,jig. 1 & 3, dans lèfquelles font affemblés deux montants N N, mêmes figures , lefquels forment trois cannelures évidées , qu'on remplit enfuite par derrière avec des compartiments de Treillage quelconque ; le quart de rond qui eft entre le larmier mu" tulaire F, & le chapiteau triglyphe G, eft vuide, & on le remplit avec des compartiments ou des ornements de Treillage, ainfi que toutes les autres parties vuides, comme je l'expliquerai en fon lieu , en parlant des ornements des Treillages & de leur conftruétion.
- Les métopes ou elpaces qui relient entre chaque triglyphe , font remplis par des chaffis mobiles qui entrent tout en vie dans la piece G, fig. 1, Sc à feuillure dans celle H, ainfi que dans les confoles , comme on peut le voir à la figure 3 & à la figure 5 : ces chaffis font feuillés intérieurement pour recevoir les compartiments de Treillages , & je les ai faits ainfi mobiles pour que l'ouvrage foit plus aifé à monter & à réparer, quand cela eft nécelfaire; on les arrête en place avec des clous qu'on pointe dans la piece H 9 ou ce qui eft encore mieux avec des verroux attachés fur leurs traverfes.
- Les deux faces de l'architrave 9fig. 1 , font évidées , pour être remplies par des compartiments de Treillage ; c'eft pourquoi on la conftruit de trois pièces, , dont une H porte le lifteau & un champ au-deflous ; l'autre O termine la première face avec un champ b , d'égale largeur à celui a de la piece du deffiis : au-deffus de ce champ eft obforvé un ravalement , contre lequel on appuie le rempli liage de Treillage, qu’on arrête par en haut avec des pointes ou des liens de fil de fer : le deffous de la piece O eft ravalé de ce que la première face doit faillir fur la fécondé , & ce ravalement forme un champ c, qui eft répété en d à la piece P qui fait le deffous de la face inférieure de l’architrave, & par confé-quent de l'entablement : le deffus de la piece P eft auffi ravalé pour recevoir le rempliffage de Treillage ; & autant qu'il eft poffible il faut donner à cette piece une largeur fuffifànte pour qu'elle recouvre fur le Treillage inférieur , & qu'elle le garantiffe de l'humidité autant qu'il eft poffible.
- Quand les traverfes d'entablement font un peu longues, on yafîemblepar derrière des poteaux Q R , fig. 1 §5, qui retiennent l'écart de toutes les pièces ; & autant qu'il eft poffible on fait en forte de les placer , de maniéré qu'ils ne foient pas apparents, comme je l'ai fait ici où ils fe trouvent cachés, du moins en partie , par la joue de la confole , & le champ du chaffis qui eft à côté ; quand il n'y a pas moyen de cacher ces poteaux, il faut les fupprimer tout-à-fait,
- &
- p.1152 - vue 123/376
-
-
-
- Sect. I. Description de La confiruclion des bâtis du Treillage contpofié. 1153 & mettre à leur place des montants de fer qui font beaucoup moins apparents , comme je fai dit plus haut.
- Quoiqu’on faffe ufage des poteaux , cela ne peut pas difpenfer de mettre des fers qui entretiennent l’écart & la faillie des corniches ; & fi je n’en ai pas exprimé dans les figures de cette Planche, ce n’a été que pour n’y pas faire de confu-fion ; au refte, on pourra voir ce que j’ai dit à ce fujet page 1098.
- Dans les angles , foit (aillants ou rentrants , toutes les pièces horizontales qui compofent l’entablement, doivent être aflemblées dans des poteaux S 9 T, fig. 1 & 3 , qui montent de fond dans toute la hauteur de l’entablement, & même de tout l’ouvrage, quand cela eft poflible ; & au lieu de tenons & de mortaifes, on moife les pièces, c’eft-à-dire, qu’on y fait des entailles pour les affembler les unes avec les autres , comme je le dirai en fon lieu en parlant des aftemblages des bâtis des Treillages en général.
- La figure 6 repréfente la piece H, fig. 1 , vue en-deflus ( c’eft-à-dire farchitrave ) avec la coupe des poteaux d’angles & d’intervalles, ainfi que les mortaifes dans lefquelies entrent les pieds des confoles. J’ai deffiné cette piece ainfi à part, pour qu’on en voye mieux la conftruélion & fon rapport avec le plan >fig. 3.
- La figure 2 repréfente l’élévation & la coupe de l’entablement denticulaire de la figure 2 , de la Planche 357 ; & la figure 4, le plan de ce même entablement , dont la conftruélion eft à-peu-près la même que celui dont je viens de faire la defcription , excepté que le larmier de celui, fig. 2 , eft plein , ce qui eft néceflàire, parce que le larmier denticulaire étant détaillé, le premier n’auroit pu l’être fans apporter de la confufion dans les divers membres qui compofent la corniche de cet entablement, dont la forme & l’afiemblage des parties qui la compofent fe font affez connoître par la coupe, fig. 2 , pour n être pas obligé d’entrer dans un plus grand détail à ce fujet ; excepté qu’il eft bon de faire attention qu’au larmier denticulaire , repréfenté en plan , fig. 4 9 (4ue re^e corniche ) , la divifion des denticules n’eft
- ' pas la même des deux côtés , ce que j’ai fait pour avoir occafion de faire voir un exemple des deux différentes maniérés de difpofer la divifion des denticules dont j’ai parlé ci-devant 9page 10jo.
- Comme la frife de l’entablement, fig. 2 , eft lifte , j’ai pris les bâtis de cette même frife aux dépens tant de la piece inférieure de la corniche, que de celle qui forme le deflus de l’architrave & des poteaux montants des angles , foit faillants ou rentrants, afin qu’il y ait moins de joints dans lefquels l’eau puifle féjourner. Au refte, cette maniéré de difpofer les frifes & celle de la figure 1 , ont chacune leur avantage, cette derniere étant plus commode & plus facile, & l’autre plus folide & plus coûteufe en ce quelle exige de plus gros bois.
- L’architrave de l’entablement, fig. 2,eft fèmblable à celle de l’entablement, Treillageur. P 13
- J
- Planche
- 3*8.
- • / ’
- p.1153 - vue 124/376
-
-
-
- 11^4 L’A RT. D U TRL1LLAGEUR, Chap.lII.
- _ ^.^ fig. i, à l’exception que la première & la fécondé pièce de l’architrave, fig. 2,
- Flanche n’ont pas de champs ravalés en-deflous , ce qui ne peut quelquefois pas être, félon le genre des ornements dont les deux faces font remplies, ou bien par rapport au peu de largeur de ces memes faces, qui , fi elles ayoient deux champs fur la hauteur , ne laifferoient pas affez de vuide entre ces derniers pour y faire des compartiments ou autres ornements quelconques,
- La figure 7 repréfente le deffus de l’architrave , fig. 2 , qui, quoique la même qüe celle figure 6 , par rapport à la grofleur, en différé cependant par la forme , comme on peut le voir à {à coupe , fig. 2,
- Il faut, autant qu’il eft poffible, que toutes les parties anguleufes des pièces horizontales, tant des entablements dont je viens de parler, que de tous les autres bâtis de Treillages, foient grades, c’eft-à-dire déverfées foit en-dedans, foit en-dehors de l’ouvrage , félon qu’il eff plus convenable ou plus commode de le fai-. re, & cela pour faciliter l’écoulement des eaux pluviales, qu’il eft de la derniere conféquence de n’y pas laiflèr féjourner ; & fi le deffus de toutes les pièces des coupes des figures r 8c 2 , ne font pas difpofées de cette maniéré , c’eft que je voulois, en les laiffànt de niveau, qu’on pût mieux juger de leur grofleur 8c de leur forme ; car, réglé générale , il faut abfolument que le deffus de toutes les pièces horizontales de bâtis de Treillages foient déverfées , foit qu’il y ait des angles rentrants ou non, & cela en-dehors de l’ouvrage, c’eft-à-dire , par-derriere autant que cela fera poffible, afin que l’écoulement des eaux ; joint à la pouffiere qui néceffairement fe trouve fur l’ouvrage, ne le tache pas , & n’y faffe pas des bavures qui en gâtent toute la couleur.
- Après l’entablement des parties les plus confidérables du portique repréfenté dans la Planche 357, font les pilaftres & les colonnes , fuppofé qu’on en voulût placer devant ces derniers, comme cela pourroit être. Mais avant que de paffèr à ce détail, qui fera très-compliqué , je vais terminer ce qui concerne les bâtis de la partie inférieure de ce portique, pour n’avoir plus à revenir fur cet objet.
- ’ Les figures 1 & 2 de cette Planche repréfentent l’élévation de la partie Planche fupérieure des focles qui fupportent les bafes des pilaftres, avec une partie des bâtis de ces mêmes pilaftres & des autres montants des parties de Treillage qui les avoifinent.
- La figure 3 repréfente la coupe de ces dernieres, ainfi que des pilaftres, prife au-deflus de leurs traverfes & le deffus des bâtis des focles, lefquels font ifolés en devânt des bâtis des pilaftres de la faillie des bafes dé ces derniers , moins ce qu’ils recouvrent en-deffous de ces mêmes bafes, indiquées par des lignes ponctuées , ainfi que for l’élévation 9fig. 1 & 2,
- Tous les poteaux ou montants font feuillés pour recevoir les rempliflages de Treillage, & cela félon la forme & la dilpofition de ces derniers. Quand il arrive qu’un poteau eft mince, c’eft-à-dire, qu’il préfente peu de largeur
- p.1154 - vue 125/376
-
-
-
- Sect.L Defcriptlon delà conjlruclion des bâtis de Treillage compofé, IT j* ÿ fur fà face , comme ceux A9 B, C , D, des deux pilaftres , ou celui E , de l’angle de la niche quarrée de larcade , 8c quon eft obligé d’y faire une feuillure des deux côtés de fon épaiffeur, ou, pour mieux dire de fa largeur, il faut, autant qu’il eft pofïible , que celle a cote E, fig. 3 , qui eft la plus profonde , foit faite en venant à rien fur le derrière de la piece , afin de lui confèrver plus de force ; 8c il eft même bon de ne faire cette feuillure fur la longueur du poteau qu’au--tant quelle eft néceftàire, 8c laiiïèr le refte du bois plein. Ce que je dis pour cette feuillure, doit s’entendre de toutes les autres ; ce qui ne fouffre aucune difficulté.
- Il faut aufïi, autant qu’il eft poffible , que les poteaux montent de fond, à moins qu’ils ne foient trop apparents ; mais quand ils peuvent être cachés derrière les bâtis des focles, comme ceux F 9 M 9 N 9 Fig. 1 & 2 9 ou quand ils font apparents , mais placés fur un plan plus reculé que les focles derrière lefquels ils paiïent , comme ceux G, H 9 I 8c L des pilaftres, il faut abfolument qu’ils montent du fol jufqu’au deflous de l’entablement , & même jufqu’au deflus de ce dernier, quand cela eft poffible , comme je l’ai dit plus haut. Il eft auffi néceftàire de mettre des traverfes dans les intervalles qui fé-parent les montants , foie qu’elles fervent à la décoration de l’ouvrage , comme celles O ,Q , R ifig. 1 & 2, ou qu’elles foient cachées derrière quelques parties faillantes , comme celle P.
- La figure 4 repréfente le plan des focles pris au milieu de leur hauteur , ainfi que la coupe des quatre montants de pilaftres : ces focles font des bâtis ornés de moulure en parement, & feuilles par-derriere fur l’épaifleur 9 pour recevoir le Treillage , à moins que ces derniers n’y entrent à rainures, comme cela arrive quelquefois, 8c que je l’expliquerai en fon lieu. Ces bâtis ‘doivent être d’une forte épaiffeur , très-folidement aflemblés ; & autant que cela peut être , il faut que leurs battants d’angles , foit faiilants ou rentrants , foient conftruits d’une feule piece ; ce qui vaut beaucoup mieux que d’y faire des joints, qui fe détruifent bien promptement à l’humidité , quelque foin qu’on prenne de les arrêter avec des vis ou autrement. Dans l’angle rentrant S, fig. 4, il n’y a pas de battant ; mais la traverfe eft reployée en angle droit, ainfi qu’on l’obferve aux piedeftaux 8c autres parties d’Architeélure de ce genre ; cependant quand une des parties de l’angle eft très-étroite, comme dans cette figure, on fait mieux de la laifter lifte & pleine, comme celle T, même figure , dans laquelle les traverfes de côté viennent s’allèmbler, 8c on y fait une feuillure pour recevoir le Treillage à l’ordinaire.
- J’ai dit plus haut qu’il falloit faire les montants ou battants des angles faiilants d’une feule piece ; cependant quand leur grolfeur eft très-confidérable, on eft obligé de les faire de deux pièces jointes à rainures 8c languettes , 8c on arrête le joint avec une quantité fùffilànte de vis, pour qu il ne fafle d effet
- Planche
- 3S9*
- p.1155 - vue 126/376
-
-
-
- iij 6 L’ART DU TREILLAGEUR ,ChaP. III.
- ' que le moins poflible : de plus , ces parties étant pour l’ordinaire de bois large
- Planche & épais, elles font moins fujectes à, fe tourmenter.
- Les figures y & 6 repréfentent l’élévation & le plan des bâtis de la partie inférieure du portique de la Planche 357, fië* 2*
- Ces bâtis , tant ceux de hauteur que ceux d’appui, c’eft-à-dire , les focles , font difpofés de la même maniéré que ceux dont je viens de faire la defcrip-tion, à l'exception que j ai terminé ceux de hauteur au-deffus du focle , indiqué par la ligne c d e , fig. y , au-defibus de laquelle ils defcendent en contrebas d’environ deux pouces pour recevoir ces derniers qui s’attachent deflus ; & fi j’ai ainfi terminé ces bâtis, ce n’eft pas qu’on ne puilîe & même qu’il ne faille les faire defoendre jufqu’au nud du fol ; mais c’eft pour donner un exemple de chaque maniéré de conftruélion.
- Quand les bâtis font ainfi terminés à la hauteur des focles, il faut les faire porter for des retraites ou des corbeaux de pierre pratiqués for la forface des murs , ou , au défaut de ces derniers, fur des corbeaux ou des potences de fer , ce qui rend l’ouvrage auffi folide que fi les poteaux montoient de fond, mais ce qui eft pour le moins auffi coûteux ; c’eft pourquoi je crois qu’on fera très-bien de s’en tenir à la première méthode , du moins quand rien n’empêchera de le faire.
- Lorfqu’il fo trouve des bâtis ifolés , comme celui U X, fig. y & 6, il faut les faire les moins lourds poffible, pour ne pas écrafer les Treillages qui font defious ; & pour arrêter ces bâtis d’une maniéré folide , il faut y mettre par-derriere des liens de fer attachés avec des vis, tant fur ces derniers que fur les autres bâtis, en obferÿant de placer ces liens aux endroits où ils peuvent être les moins apparents.
- Le bas des bâtis des focles fe termine de la même maniéré que le haut ,* c’eft-à-dire , que les champs & les moulures font les mêmes. Le tout doit porter fur des parpins ou-doubles focles de pierre j qui les élevent au-deflus du fol, & les préfervent de l’humidité de la terre , comme je l’expliquerai après avoir traité de la conftruétion des pilaftres & des colonnes en Treillages.
- §. I. De la conjlruclion des Bâtis des Pilaftres & des Colonnes, & la maniéré
- . de les garnir en Treillage.
- Planche
- 3<Soé
- Les figures r & a de cette Planche repréfentent le deffin d’un des pilaftres du portique de la Planche 357, lequel pilaftre eft vu de face & de côté, c’eft-à-dire , for fon épaiffeur , & monté for fon focle ; le tout deffiné en grand , pour en mieux diftinguer toutes les parties, tant celles de bâtis que celles de remplilîàges, dont je parlerai ci-après.
- Le chapiteau A, le fût B, & la bafe C du pilaftre, fig. 1 & a, quoique
- trois
- p.1156 - vue 127/376
-
-
-
- SecT.1.§.L De ta conftruciion des Bâtis dés Pitâfirês , êc. ïïff trois parties féparées 8c diftinéles les unes des autres , ne font plus quüne, du moins quant à leur exécution, le même bâtis qui en forme le fût portant à la fois la bafe 8c le chapiteau , qu’on y arrête comme je le dirai ci-après4 Le bâtis eft compofé de deux battants ou montants D* E , fig. 3,8c de deux traverfes G & H, fig. 3 (S' 7: les battants fe placent fur le champ, de manie-* re que leur épaiifeur devient leur largeur vue de face , & cette largeur eft déterminée par la diftribution des cannelures auxquelles ces battants fervent de lifteaux, ainfi que les montants qui font placés dans la largeur des pilaftres* Quant à la largeur des battants , elle eft déterminée par la faillie que doit avoir le pilaftre , fuppofé que cette faillie foit pleine, comme aux figures 4 & 8 ; car quand elle eft percée à jour , comme dans la figure 1 , il faut que le battant de l’angle du pilaftre foit quarré, afin qu’il préfente fur le côté une largeur égale à celle de la face. Quand on évide ainfi le côté, ou , pour mieux dire, la faillie des pilaftres, il faut que leur diamètre foit un peu confi-dérable, afin que le battant de l’angle ait une force foffifànte ; fans quoi il vaut mieux le laifler plein , & lui donner de largeur , comme je viens de le dire , la faillie du pilaftre , plus ce qui eft néceflaire pour recevoir les autres parties de Treillage qui avoifinent ce dernier, comme on peut le remarquer aux plans de ceux A, B ,CSc D, fig. 3 , PL 35p.
- Les montants /, I, fig. 3 & 7, doivent être d’un tiers ou environ plus étroits que les battants des angles , 8c leur largeur doit être le quart ou tout au plus le tiers de celle des cannelures, dont par conféquent il faut faire les divifions pour déterminer la largeur tant des battants que des montants ; quant à leur épaifleur, elle doit être moindre que leur largeur , afin que leur fail-lie fur les Treillages foit moins confidérable, comme on peut le voir à la fig. 3 cote M (qui repréfente le chapiteau vu en-deflbus ) où l’épaiiïeur des montants vient au nud de la feuillure du battant d’angle fur lequel on attache l’extrémité des lattes ou autres parties de Treillages , lefquelles paflfent derrière les montants , où elles font pareillement attachées , comme je l’expliquerai ci-après*
- Les traverfes G 8c H,fig. 3 , $,7 & 9 , font placées au haut & au bas des pilaftres, au nud du point de centre des cannelures ; & il faut qu’elles foient d’une largeur fufîifànte pour contenir la largeur des cannelures, c’eftt à-dire, leur demi-diamètre, plus le champ qui doit être entre leur extré-; mité & le deflous de Taftragale ou le deflùs de la bafe : d’après cette largeur apparente , il faut encore quelles ayent ( pour celle du haut) la largeur de Taftragale , & le champ du deflus qui, pour bien faire, doit être égal à la largeur des battants de rive, & pour celle du bas la largeur du premier membre de la bafe. L’épaiiTeur de ces traverfes doit être un peu forte pour donner plus de folidité à l’ouvrage, & on les ravale par-derriere à l’épaiflèur des montants qui y font aflemblés ou entaillés, & avec lefquels il faut qu’elles affleurent, comme on peut le voir à la fig. 5, qui repréfente le pilaftre vu Treillageur. Q 13
- PlancUë
- ^6 Oh
- p.1157 - vue 128/376
-
-
-
- 0
- iWzsmmmmwmKnmemrmÊmmÊm
- Planche
- 360.
- 1158 U A R T DU TREILLAGE U R, Chap. IIL
- par-derriere. Pour ne pas trop affoiblir ces traverfes, on donne à ce ravale** ment le moins de largeur qu'il eft poffible , c eft-à-dire , environ un pouce d'a-près le fond des cannelures , ce qui eft fuffifant pour arrêter les lattes de frifa-ge. Les entailles qu'on fait dans les traverfes pour recevoir les queues des montants, doivent avoir de profondeur, environ la moitié de i'épaiffeur de ces derniers, & de largeur la moitié de ces mêmes montants, afin quil refte de chaque côté affez d’épaulement pour ne pas craindre de faire fauter les deux côtés de ces entailles, lorfqu'on vient à chantourner les traverfes , ce qu'il ne faut faire qu'après y avoir aflemblé les montants, tant pour avoir au jufte le nud de ces derniers, que pour qu’en les préfentant à leur place , ils ne faffent pas fauter les épaulements, ce qui pourroit arriver fi on chantournoit ces traverfes avant que de les affembler.
- Il eft bon auffi de faire ces entailles à queues, afin que les montants y tiennent plus folidement, ce qui vaut beaucoup mieux que de les arrêter feulement avec des pointes , comme on le fait le plus fbuvent.
- Il faut auffi affembler les traverfes dans les battants d'angle avant que de les chantourner, & y ralonger d'après l'arrafement, une barbe a 9fig. 3 , d'un bon demi-pouce au moins, pour qu’il refte du bois plein d'après le chantour-nement de la cannelure ; & quand il y a des moulures fur l'arête de cette derniere, comme il arrive prefque toujours, il faut que cette barbe fait prolongée autant qu'il eft néceflàire, pour qu'il refte au moins trois à quatre lignes de bois d'après la largeur de la moulure.
- ‘ J'ai dit plus haut qu’il falloit que le dedans des traverfes paffât au nud du centre des cannelures, ce qui, dans la théorie , eft exactement vrai ; cependant il feroit bon de les faire redefcendre en-dedans du pilaftre d'une à deux lignes pour avoir la facilité de placer la pointe du compas à découper ( dont j'ai fait la defcription dans la première Partie de mon Ouvrage, page 88 ) , avec lequel on trace & découpe la largeur des moulures & même le contour intérieur de la cannelure beaucoup plus parfaitement & plus promptement qu'on ne le pourroit faire autrement, c'eft-à-dire , par le moyen des cifeaux 3c autres outils ; ce qui n'empêche pas toutefois d’évider l’intérieur de la cannelure avec la fcie à tourner, à laquelle le coup de compas à découper fert de guide.
- Quand les gorgerins des chapiteaux ne font pas fi hauts que dans les figures de cette Planche, on ne fait pas paroître de champ au-deflus de l'aftra-gale , afin de ne pas diminuer la largeur du gorgerin : dans ce dernier cas, on lait palier l'aftragale en chapeau au-defîus de la traverfo, comme l'indiquent les lignes b c9 fig. y, cote G; ce qui n’empêche pas quelle ne foit entaillée fur la face de cette derniere , comme on peut le voir dans cette %ure.
- ? Le tailloir dù chapiteau, fig. 3 , eft compofé d'une planche N L 9 fig- 3 >
- p.1158 - vue 129/376
-
-
-
- m
- SECT. /. $. î. De la conjlruclion des Bâtis des Pi lape S, êc. 1159 laquelle doit être d une épaiftèur égalé au premier membre du tailloir ; cette -planche doit être emboîtée des deux bouts , & à bois de fil ( ou d’onglet * ce qui eft la même chofe ) fur la face apparente , ce qui eft néceflâire pour donner plus de propreté à l’ouvrage. En-deiîous de cette planche 9 8c du nud de la moulure , eft aflèmblée en retour d’équerre la face ou gouttière du tailloir qui entre dans ce dernier à rainure 8c languette , & y eft arrêtée avec des vis qui paflènt au travers de fon épaiftèur.
- Ces faces font elles-mêmes aflèmblées à bois de fil fur l’angle ; Sc quand le chapiteau eft d’une certaine grandeur, on les évide* c’eft-à-dire , qu’on les difpofo pour recevoir des rempliflàges de Treillage : dans ce dernier cas 3 on fait à ces faces un bâtis reployé en retour d’équerre, qu’on aflèmble & ar-rête dans la partie fupérieure du tailloir 5 comme je viens de l’enfeigner ci-deffus. Quand les faces du tailloir font ainfi évidées, 8c cela à caufe de leur grande largeur, la moulure du deftus peut être rapportée au pourtour de la planche qui forme le deftus du tailloir, afin de n’être point obligé à mettre du bois dune trop forte épaiftèur, en obfervant que la partie qui porte la moulure foit bien folidement aftèmblée tant dans les angles qu’avec la plan-che qui doit faire recouvrement fur les joints , afin de les préferver de la pourriture. Les montants entrent à tenon dans la planche du tailloir ; 8c quand il eft pofîible on leur laiflè allez de longueur pour qu’ils palfent au-defîus ; afin d’arrêter la planche , 8c par conféquent le tailloir $ par le moyen de deux clefs qui palfent au travers de l’épailfeur des montants $• ainfi que je l’ai fait au* delfous de la plinthe de la bafe 7. Cette maniéré d’arrêter le tailloir avec le bâtis du pilaftre, eft alfez bonne ; mais elle n’eft pas toujours praticable i de plus, en perçant ainfi le delfus du tailloir , on l’expofe à la pourriture ; c eft pourquoi je crois qu’il vaut mieux ne faire la mortaife de la planche du tailloir que jufqu’à la moitié de fon épaiftèur, 8c l’arrêter avec des vis dans le bout des battants du bâtis.
- L’ove ou échine du chapiteau eft faite de rettipliflàge ; il n’y a que là partie inférieure O ,fig. 3 , c’eft-à-dire , la baguette & le filet, qui foit pleine ; & on lui donne aflez d’épaiftèur pour quelle entre en-dedans du nud du pilaftre de trois à quatre lignes au moins, tant pour qu’elle y foit arrêtée d’une maniéré plus fixe, que pour faciliter la naiffance de l’adouci ou congé, qui donne naiflànce au filet de deflous la baguette. Cette obfervation doit être générale pour toutes les parties qui s’adouciifent fur le nud de l’ouvrage, lefquelles doivent, ainfi que celles dont je parle , être entaillées pour qu’il refte du bois plein au-bas de l’adouci i afin que l’arête de ce dernier né s’écorche pas, ce qui ne manqueroit pas d’arriver fi on ne prenoit cette précaution , for-tout aux ouvrages de Treillage , dont aucunes parties ne doivent ni même ne peuvent être collées.
- - Il
- Planché
- Quand la partie O, fig. 3, a été ajuftée dans les entailles des battants, on
- \
- p.1159 - vue 130/376
-
-
-
- Planche 36 g.
- 1160 L’ART DU TREILLAGEUR, Chap. III.
- : l’arrête avec ces derniers par le moyen des vis à têtes fraifées, dont on fait entrer la tête dans le nud du bois, ce qui vaut mieux que d’y mettre des pointes qui à la longue lâchent, Sc par conféquent laiflent ouvrir les joints : il eft bon auffi de mettre des vis, ou à leur défaut des pointes, dans les joints d’onglet qui, comme ceux-ci, fe trouvent trop petits pour quon puifle y, faire des aiïèmblages.
- L’aftragale P 9 fe conftruit de la même maniéré que la baguette & le filet O, dont je viens de parler ; il en eft de même du premier membre Q de la bafe 9fig. 7; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas davantage.
- Le tors de la bafe eft fait de rempliflàges qui viennent s’appuyer fur la plinthe R, fig» 10 , qui n’eft autre choie qu’une planche emboîtée à bois de fil, & dans laquelle font aflemblées , à rainures & languettes, les faces de cette même plinthe , qui, dans le cas d’un Ordre d’un petit diamètre , font pleines , ainli que les faces du tailloir dont j’ai parlé ci-deflus.
- Quand la plinthe de la bafe eft d’une hauteur allez confidérable pour être ornée de rempliflàges, comme aux figures 1 & 1 , ou tout autres quelconques, on la fait à bâtis évidé, qu’on aflfemble toujours avec la planche de deflus qui en forme 1b champ lùpérieur ; & pour quelle tienne folidement avec cette derniere , il eft bon d’y mettre derrière les montants des angles, des équerres de fer qui les lient avec la planche du deflus.
- Que la face de la plinthe foit pleine ou évidée, il faut toujours quelle defcende en contre-bas du deflus du focle d’un à deux pouces, pour qu’on puifle attacher ces derniers deflus, comme je l’ai dit plus haut page ir ytf.
- Quand le diamètre des Ordres eft trop petit pour qu’on puifle évider aucun des membres, foit du chapiteau ou de la bafe, on les fait en plein bois comme à la figure 7 , cote S, & celle 1 o cote T, ( qui repréfente la bafe fig. 7 , cote S, vue en-deflûs ) ce qui ne change rien à la conftruétion totale de l’ouvrage, comme on peut le voir dans ces figures & dans celles 4 & 8, qui repréfentent le pilaftre vu de côté.
- Les figures y & 9 repréfentent la coupe du pilaftre prife dans le milieu d*une cannelure, ce que j’ai fait pour qu’on apperçoive mieux le détail de toutes les parties qui le compofent, & fur-tout la forme intérieure du battant d’angle , dont la feuillure eft terminée par le haut, fig. y , au nud du ravalement de la traverfe , afin de conferver au battant toute là force dans là partie fupérieure , dût-on être obligé d’y faire une rainure comme celle d e, pour recevoir les frilàges qui rempliflent la largeur du gorgerin, ce qui vaut mieux que de faire la feuillure dans toute la longueur du battant , comme à la figure 9, parce que, comme je viens de le dire, cela en diminue la force & fait un vtfide dans la mortaife dans laquelle ce dernier entre tout en vie fur fon épaifleur, n’y ayant d’épaulement que fur la largeur, comme on peut le voir dans cette figure, où on voit le bout du battant U, qui pafle en-deflbus de
- la
- p.1160 - vue 131/376
-
-
-
- Sect. J. §. ï. Dé la conflriïcïion des Bâtis des PilâflreS> ii6x
- la bafe & la mortaife de ce même battant, dans laquelle fe place la clef qui l'arrête avec la planche ou plateau qui forme le deffus de cette dernierë , c’eft-à-dire , de la plinthe.
- J ai dit plus haut page 1060 , qu’il falloît qu’il y eût un vuide , c’eft-à-dirè, . une cannelure au milieu de chaque colonne ou de chaque pilaftre, ainfi que je l’ai obfervé à la partie fupérieure du pilaftre repréfenté, fig. 1, ce qui fait furement beaucoup mieux que d’y mettre un montant, comme dans la partie inférieure de ce même pilaftre, & ainfi que l’obfèrvent prefque tous les Treiiia-geurs ; cependant il y a certains compartiments, comme ceux repréfèntés fig. 4 , cote H, ôc fig. j* , cotes 7 & Z, PL 347, où il n’eft guere poffiblë de faire autrement, parce que fi on laiflbit un vuide au milieu , tous les joints des rempliflages le trouveroient à découvert, ce qui deviendroit peu folide & peu aifé à exécuter , fur-tout dans les colonnes où les joints de pièces de rem-pliflàge n’étant pas appuyés tendent à le redrefler, ce qui fait un mauvais effet > fans parler de la difficulté d’arrêter lolidement les joints ainfi découverts, ce qui n’eft cependant pas impolfible , comme je le dirai en Ion lieu; c’eft pourquoi avant de décider fi on mettra un montant ou une cannelure au milieu d’un pilaftre ou d’une colonne , il faut le rendre compte de l’elpece de compartiment dont ils feront ornés, afin de joindre enfèmble la folidité avec la régularité de la décoration.
- Les colonnes, ou, pour mieux dire , les bâtis des colonnes de Treillage fe conftruifent à-peu-près par les mêmes principes que les pilaftres dont je viens de parler ; cependant leur forme circulaire exige beaucoup plus de foins pour les conftruire avec folidité , comme on va le voir ci-après.
- Les figures de cette Planche repréfentent les parties liipérieures & inférieures d’une colonne de Treillage, ou du moins lès bâtis.
- Toutes les parties des colonnes de Treillage fe démontent & fe conftruifent indépendamment les unes des autres. Le chapiteau fig. 2. & 6 y eft compofé de deux parties >fig. 3 $4, dont une contient le tailloir & l’autre le gorgerin ; la colonne fe divife en deux parties fur fa largeur, comme l’indiquent les lignes a b Sec d, fig. 6 & 13 , qui repréfentent le chapiteau vuen-defîous &la bafe vue en-deffus. La bafe fig. 10 & fig. 8 & 11, fait une autre partie féparée qui eft quelquefois divifée en deux ou trois parties félon la forme de fon profiL
- Le deffus du tailloir , fig. 1 & 5 , eft plein, ceft-à-dire, compofé d’un bâtis ( qui porte la moulure de ce dernier ) affemblé à bois de fil, & rempli par un paneau qu’il eft bon de faire recouvrir deffus, comme je le dirai ci-après. Les faces du larmier font affembléesdans ce bâtis à l’ordinaire , & font remplies en-deflous par des gouffets J, Z?, fig. J, foit pleins ou évidés, qui bouchent le vuide que forme 1 angle du tailloir, d’après le nud de l’ove ou échine , qui eft rempli par des ornements de Treillages quelconques ; la baguette de deflous 1 ove forme un rond ou cercle féparé , qu’on joint avec le tailloir par le moyen dé Treillageur, ' R 13
- •næxzàfr,
- PlanchI
- 360»
- PlancHë
- p.1161 - vue 132/376
-
-
-
- Planche '36 u
- 116% LART DU TREILLAGEUR, Ckap. III.
- . huit petits montants C, C, C, fig. 5 , qui y font aifemblés à tenons & mor-taîfes , & difpofés vis-à-vis les huit principaux points du cercle , afin que les ornements qu’on place à ces points puiflent cacher ces montants , du moins en partie. Le filet de deflous la baguette 8c fon congé, forment un autre cercle qui entre à feuillure dans le premier, 8c fert à terminer le haut du gorgerin, dont la partie inférieure & l’aftragale forment le deflous, c eft-à-dire , la partie inférieure : ces deux cercles font liés enfemble par huit montants corref pondants à ceux du tailloir , & qui affleurent en-devant le nud de l’ouvrage. Ces montants doivent être peu épais, parce qu’il faut quils affleurent aux ravalements qu’on fait à l’intérieur des cercles pour y placer les ornements de Treillages , à moins que ces derniers ne fe placent en parement de l'ouvrage,’ comme il arrive quelquefois ; alors on recule les montants de l’épaiileur de ces treillages.
- Quand les compartiments ou autres ornements qu’on met fur des gorgerins de l’efpece de celui fig. 2 , font d’une nature à ne pouvoir pas cacher les montants qui fervent à lier enfemble les cercles du haut 8c du bas, il faut fup-primer les montants de bois, 8c mettre à leur place des montants de fer, afin qu’étant plus minces ils faflent moins de mafle , 8c ne s’apperçoivent pas de loin. On pourroit même courber ces montants de fer en dedans , pour qu’ils foient moins apparents, ce qui, au refte , n’eft pas fort néceifaire, vu qu’on peut les faire d’un très-petit diamètre.
- Le fût de la colonne fig. 1,7, 8 & 9 , fe divife en deux parties fur fà largeur , & chaque partie eft compofee de deux demi-cercles, de neuf montants, & deux demi-montants qui y font aifemblés , ainfi que dans les pilaftres dont j’ai parlé ci-deflus. L’intérieur de chaque demi-cercle eft rempli par un plateau qui y eft aflemblé à rainure & languette & arrêté avec des vis, ne pouvant pas y mettre de colle. Les plateaux , tant du haut que du bas, entrent les uns dans les autres à rainures 8c languettes, du moins chaque demi-cercle l’un avec l’autre; & il faut avoir grand foin que leurs joints fe trouvent précifément au milieu du joint des demi-montants, ou, pour mieux dire , au nud de ces derniers, comme on peut le remarquer à la fig. 13.
- U eft bon de faire un ou deux trous dans chaque plateau, & de les creufer à leur furface extérieure, afin que l’eau qui tombe deflus ne s’infinue pas dans les joints, mais quelle fè précipite promptement au travers des trous.
- Quand les colonnes font d’un grand diamètre, on n’y met pas des plateaux pleins comme ceux-ci, mais au contraire des bâtis d’aflèmblage évidés au milieu, ce qui eft beaucoup plus folide , & en même-temps rend l’ouvrage moins lourd. De quelque maniéré que foient difpofés les plateaux, il faut toujours qu’il fe trouve du bois plein au milieu pour y faire un trou ou ouverture quarrée , dans laquelle paflè 1 arbre ou axe de la colonne, qu’il faut toujours faire en fer , parce que non-feulement ils font plus folides que ceux de
- i
- p.1162 - vue 133/376
-
-
-
- Sect. I. §. I. De la confiruclion des Bâtis des filafires, &c. 1163
- bois ; mais encore parce qu étant moins gros, ils peuvent plutôt être cachés par les montants des colonnes & les compartiments dont elles font ornées. Planché
- La courbe du haut du fût des colonnes ( les deux étant comptées pour une feule) fig. 1 & 7, eft ravalée à fextérieur pour recevoir celle qui porte iaftra-gale, laquelle en emboîtant ce dernier, empêche l’écartement des joints ,qui d’ailleurs font retenus par des clefs placées dans les plateaux, 8c par des clavettes de fer qui paflent au milieu de l’épaifleur des demi-montants , comme je l’expliquerai ci-après.
- La courbe du bas ÿ fig. 8 & 9 , porte l’adouci & le filet de la bafe , & elle eft ravalée en-deiîbus pour entrer dans le cercle qui en forme la baguette* L’intérieur des deux courbes eft également ravalé à l’épaifleur des montants , auxquels ces ravalements doivent affleurer intérieurement, ainfi qu’aux traver-fes des pilaftres dont j’ai parlé ci-deflus , page 1157.
- Le fût des colonnes de Treillage eft divifé en deux parties fur fon diamètre , pour avoir la facilité de les garnir de Treillage en-dedans , & pour les imprimer, ce qu’on ne pourroit abfolument pas faire ^. s’ils étoient d’une feule piece , vu leur grande longueur ; de plus , étant ainfi divifées , elles font plus aifées à manier & à revêtir , ce qui eft encore un avantage.
- La bafe , fig.9 , xi & 14 , eft compofée d’un cercle formant la baguette $
- 8c d’un bâtis quarré qui forme le deflus de la plinthe. Ce bâtis ,fig. 14 , cote E , eft aflfemblé à bois de fil ; & dans fon milieu, qui eft vide , il y a une traverfe ou entre-toife , ou, ce qui eft mieux, une croix qui en entretient l’écart, & au centre de laquelle pafle l’axe ou arbre de fer. Le cercle qui porte la baguette & le deflus de la plinthe font joints enfomble par de petits montants diJpofés comme au chapiteau , ainfi qu’on peut le voir aux fig. 9 ,
- 10, 11 & 14. Quant aux faces de la plinthe, c eft la même chofe qu’à celles des pilaftres dont j’ai parlé ci-deflus.
- Soit que ces mêmes faces foient pleines ou qu’elles foient évidées , comme cela arrive quand les colonnes font d’un gros diamètre , les focles des colonnes , font dilpofés de la même maniéré que ceux des pilaftres , tant à leur partie fupérieure qu’à leur partie inférieure, qu’il faut toujours , autant qu’il eft poflible, faire porter fur des parpins de pierre , comme celui F 9 fig. 12 ,
- 8c pour qu’ils y foient arrêtés d’une maniéré folide, il eft bon de faire à ces derniers une feuillure contre laquelle le bois du focle vienne s’appuyer.
- Pour que l’humidité n’attaque le bois que le moins qu’il eft polfible, il faut faire déverfer le deflîis du parpin tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; & dans le cas d’une colonne comme à la figure 12, il faut creufor toute la furface du parpin, 8c y percer un égout fur une de fes faces par où l’eau puifle s é-couler , afin de ne point pourrir le bois ni rouiller l’arbre de fer qui eft fcelé ^ au milieu, ce qui arriveroit fi on ne prenoit pas cette précaution, qui eft abfolument néceJTaire.
- /
- p.1163 - vue 134/376
-
-
-
- Planche
- 36i.
- 1164 VART DU TREILLAGE UR, Ckap.lII. \
- Tous les chapiteaux des colonnes Doriques n’ont pas le gorgepn aufli haut que celui du chapiteau repréfenté fig. 2 , PL 561 ; ceft pourquoi quand le gorgerin eft réduit à fa hauteur ordinaire , on le joint avec le refte du chapiteau , 8c dans ce cas il emporte avec lui la baguette de laftragale , comme on peut le voir dans la figure 1 , qui repréfente la coupe de la partie fupé-rieure d’une colonne Dorique, plus grande du double que les détails re-préfentés dans la Planche précédente, afin qu’on puiffe mieux juger de la forme des différentes parties qui compofent cette colonne , dont la coupe de la partie inférieure eft repréferitée fig. 14.
- Cette derniere coupe différé de celle repréfentée jîg. 9 , PL 361 , en ce que ceft la courbe qui porte le filet de la bafèqui entre à recouvrement fur celle qui porte la baguette , ce qui exige moins d’épaiffeur de bois à la première courbe , qu’on fait intérieurement affleurer avec la fécondé, comme on peut le voir dans cette figure. Cette fécondé maniéré d’aflembler le fut de là colonne avec fa bafe , eft moins folide que la première , parce que l’écart des deux parties du fût n’eft plus retenu par le premier cercle de la bafe, comme dans cette derniere ; ceft pourquoi on fera très-bien de fuivre toujours cette méthode, à moins que pour quelque raifon on ne lût obligé de retirer le fût de la colonne fans déranger fa bafe ni le chapiteau : alors il faudrait nécefîài-rement faire ufage de la feêonde repréfentée fig. 14, & faire la même chofe à la partie fiipérieure du fût repréfentée fig. 1, comme l’indique la ligne a b ± & prendre des moyens fars pour arrêter folidement les deux extrémités du fût de la colonne, afin d’en empêcher l’écart.
- Les coupes fig. 1 6 14, font prifes à l’endroit des montants qui fuppor-tent tout l’enfemble du fût, & que j’ai fuppofées être verticalement fur une même ligne , 8c cela afin qu’on puifle voir d’un feul coup d’œil la maniéré dont ils font affemblés, 8c leur correfpondance à l’à-plomb les uns des autres ; ce qui eft abfolument néceflàire pour donner à l’ouvrage toute la folidité pofîî-ble, & empêcher qu’il ne déverfe ni ne s’affaiffe en aucune maniéré , ce qui arriveroit certainement fi tous les montants n’étoientpas difpofés à l’à-plomb les uns des autres , pris fur leur épaiffeur, c’eft-à-dire , en coupe , comme on peut le voir dans les figures 1 & 14, qui font difpofées félon les principes que j’ai établis ci-devant, tant par rapport à la folidité de la conftruétion que par rapport aux foins qu’il eft néceflàire de prendre pour faciliter l’écoulement des eaux pluviales, tous les angles des coupçs étant ouverts ou adoucis félon que cela a été poffible, les furfaces horizontales inclinées , foit en-dedans ou en-dehors, & le deflus du plateau, fig. 14, creufé ^à fà furface , comme l’indique la ligne c d e , ainfi que je l’ai recommandé plus haut.
- Il eft bon d’obferver que tous les aflemblages fupérieurs des montants ne doivent paspaffer au travers des pièces, afin que l’eau ne s’y introduife pas,\ 8c qu’au contraire on peut faire percer les aflemblages inférieurs quand les
- pièces
- p.1164 - vue 135/376
-
-
-
- SèCT. /. $. I. De ta ùonjlructlon des S dus des Pitajlrts , âc. ii6j
- pièces ne font pas d'une forte épaifleur, tant pour rendre l’ouvrage plus ”>f 1,....
- folide que pour faciliter l'écoulement de l'eau qui pourroic s'introduire dans Pl^hb ces mêmes aflfemblages , qui n étant pas percés , la conferveroient ; ce qui occafionneroit la pourriture des tenons 8c même des pièces dans lefquelles ils font aflemblés. ^
- J'ai aufli fait paroître dans cette coupe toutes les vis qui font néceflàires pour arrêter folidement les joints , 8c la maniéré d’arrêter les rempliflàges, fois d'ornements ou de frifages Amples, fur la pratique defquels je ne m’étendrai pas davantage pour le préfent, parce que je le ferai dans la fuite en traitant des divers ornements de Treillages & de leurs conftruélions.
- La figure 6 repréfente le montant du gorgerin vu de face, & les figures P 8c 12 , les deux extrémités d'un des montants du fût de la colonne , auffi vu de face, avec leurs tenons ou queues difpofés pour entrer dans leurs entail-les f, g 8c h , fig. 17, qui repréfentent une partie de traverfe de pilaftre vue intérieurement, à laquelle l'intérieur des courbes ou cercles des colonnes eft parfaitement femblable , du moins quant à la difpofition.
- La figure 1 repréfente une partie de l’axe ou arbre de fer, qui pafle au milieu des colonnes de Treillage, auquel eft réfervé une bafo ou embafeQ%
- (comme difent les Ouvriers) qui fert à fopporter la partie inférieure de la bafe , au travers de laquelle l’arbre pafle ; au-deflus de cette embafo , 8c pré-cifément au-de flou s du premier plateau de la colonne , eft percée une mor-taife dans laquelle on fait paflfer une clef de fer qui fert à foutenir ce dernier 8c à contre-balancer autant qu’il eft poflible le poids du fût de la colonne , pour empêcher qu’elle n’appuie trop for là bafe, & ne la faflè fléchir , ce qui pourroit arriver à des colonnes d’un gros diamètre. Il faut faire la même chofe au-deflus du fût 8c du chapiteau , c eft-à-dire, y mettre des clefs de fer pour empêcher que ces derniers ne remontent & ne faflent aucune elpece de mouvement. Autant qu’il eft poflible , on fait pafler l’arbre de fer au travers de l’entablement & de fon focle , 8c même des vafes qui couvrent ce . dernier ( fuppofé qu’il y en ait) afin de lier enfemble toutes les parties de l’ouvrage, 8c les drefler autant bien qu’il eft poflible de le faire.
- Toutes ces précautions deviennent coûteufos , à la vérité , & rendent l’exécution des ouvrages de Treillage très-compliquée , mais aufli en aflurent-elles la perfeélion & la durée ; c’eft pourquoi on n’en doit négliger aucune, ainfi que de celles dont je parlerai dans la fuite, l’expérience confirmant tous les jours ce principe , que rien n’eft plus cher que l’ouvrage mal fait.
- Tout ce que je viens de dire touchant les bâtis des colonnes de Treillage, a plus de rapport à leurs formes qu’à la conftruélion proprement dite de ces mêmes parties, for-tout par rapport aux courbes , dont la conftruétion demande beaucoup de foin pour les faire aufli folides qu’elles peuvent l’être. La plupart des Treillageurs , ou, pour mieux dire, des Menuifiers qui conftruifont Trejllageur. S 13
- p.1165 - vue 136/376
-
-
-
- Planche
- 362.
- ii(56 L'ART DU TRËILLAGËÜR , Chap. tir.
- » ces courbes, fe contentent d’y faire des joints en flûtes, ou, en terme de Treillageurs, des habillures, qu'ils collent pour avoir la facilite de les travailler ; après quoi ils y lardent des pointes de différents fens pour retenir les joints, qui fe décolleroient bien promptement à l'humidité , ce qui ne peut jamais faire de l’ouvrage bien folide ; c’eft pourquoi il vaut mieux, autant que cela eft poflible, les joindre à traits de Jupiter , placés fur le plat, comme aux figures 2 & 3 * ou for le champ, comme à celles 10 & ir, félon la forme 8c la deftination de ces courbes. Par exemple , à la figure 2 8c 4, qui eft une portion de celle A, fig. 1, j’ai difpofe le trait de Jupiter fur le plat, parce que c’eft la maniéré la plus folide, & que le joint peut paffer dans une partie pleine 8c large de cette courbe, comme de m à n. A la figure 7 & 10 , qui eft une portion de la courbe B , fig. 1, je n'ai pas pu faire autrement que de mettre le trait de Jupiter furie champ, comme de o à p, fig. 1, parce que c eft le fens le plus large de la courbe, laquelle eft beaucoup élégie en parement, ce qui m'a obligé de rapporter l'aflemblage fur le derrière , afin qu’il refte de la joue d'après l’élégiflèment.
- Les autres courbes fè conftruifent delà même maniéré, c’eft-à-dire , qu'on y place l'aflemblage ou trait de Jupiter de l'un ou de l'autre fens , félon que cela eft plus convenable ; cependant autant que cela fe pourra, on fera très-bien de les placer fur le plat, comme aux figures 2 8c 4, ce qui eft la maniéré la plus folide , vu qu’il ne s’y trouve jamais de bois tranché , ce qui eft inévitable de l’autre maniéré , dont on eft cependant obligé de fe fervir quelquefois , ainfi que je l'ai dit plus haut.
- Les courbes des colonnes font compofées d’un plus ou moins grand nombre de pièces, félon que l’exige le plus ou moins grand diamètre de ces colon* nés ; 8c il faut, autant qu'il eft poflible, éviter qu’il y ait trop de bois tranché , fur-tout à celles dont les joints font faits fur le champ , & qu'en général ces joints ne fe rencontrent pas à l'endroit des aflemblagés quelconques, ce qu'il faut abfolument éviter.
- Les Menuifiers finiflent eux-mêmes toutes les cerces ou courbes des colonnes qui forment les divers membres, foit des bafes ou des chapiteaux, ou même des extrémités du fût de ces dernieres; cependant je crois que pour donner plus de perfeélion à l'ouvrage, ils feroient très-bien de les ébaucher feulement, puis de les faire finir par les Tourneurs, ou de les tourner eux-mêmes ( ce qui feroit égal , pourvu que l'ouvrage fût bien fait ) , cela accéléreroit la façon de l'ouvrage & le rendroit plus parfaitement rond , ce qui feroit très-eflentiel, for-tout pour les parties qui s’emboîtent les unes dans les autres : en fe fèrvant ainfi du Tour, on feroit les courbes qui terminent le fût de la colonne d'une feule piece , c'eft-à-dire , un cercle parfait ;
- 8c quand elles feroient terminées, on les diviferoit en deux parties égales par un trait de foie fine, qui y feroit un joint net 8c égal, ce qui vaudroit beaucoup
- p.1166 - vue 137/376
-
-
-
- Se CT. /• §. î. De la conjîrudtlon des Bâtis des Vilajires , &c. Xï6j mieux que de les faire de deux pièces, qui fe raccordent rarement bien. En difpofànt ainfl les cercles des extrémités du fût, on pourroic , avant dé les tour-ner, 8c même d arrêter & de coller les traits de Jupiter, y placer les fonds ou plateaux, qui entretiendroient ces courbes & feryiroient à les centrer & à les placer fur le Tour ; & quand les pièces feroient tournées , on les tra-ceroit pour y faire les aflembiages néceflàires , ce qu’on ne pourroit faire auparavant , de crainte qu’en les tournant elles ne fe décentraflent, ce qu’il eft aflèz difficile d’éviter , fans cependant être abfolument impoflible.
- Quant à la conftruélion pratique de ces joints ou aflembiages à traits de Jupiter , je n’en parlerai pas ici , parce que j’en ai déjà traité dans la première Partie de mon Ouvrage, page 47 , 8c que l’infpeétion des figures 2, 3,4, ^, 7,8,iq & il, doit fuffire pour en donner une idée , au moins théorique , à ceux qui n’ont pas une grande connoiflance de la Menuiferie.
- La conftruélion des montants des colonnes demande aufli quelques foins , quand on veut les faire diminuer de grofleur proportionnellement à la diminution de la colonne & à la courbure de cètte même colonne, ce qui fe fait de la maniéré fuivante»
- Le pl an & l’élévation de la colonne étant tracés, Comme les figures r & 6, (q u’on doit fuppofer faites fur une même échelle ) , & les divifions de diminutions tracées fur l’élévation, fig. 1, on prend fur la courbure de la colonne toutes les diftances de ces divifions, qu’on ajoute les unes aux autres pour avoir la véritable longueur du montant ; c’eft-à-dire , qu’on fait îadiftan-ce a b 9 égale à celle a 1 ; celle b 2 , égale à celle i e ; celle 2 d9 égale à celle c 3 ; celle d 4 , égale à celle 3 e ; celle 4 f9 égale à celle e 5 ; celle f 6, égale à celle 5 g ; celle 6 h, égaie à celle gj ; celle h 8 , égale à celle 7 i ; & celle 8 /, égale à celle i p ; de forte que la diftance m a , plus celle a l9 devient celle du montant prife du fond des cannelures, moins ce qu’il faut pour que chaque diftance étant prife fur la partie courbe de la colonne, elles éga* lent toutes enfemble la longueur de cette même courbe, ce qui fe réduit à très-peu de chofe , quoique cette différence fbit vraiment exiftante , la corde d’un arc étant toujours plus courte que ce même arc , ce qui eft une vérité in-conteftable.
- Il y a une maniéré pratique d’avoir au jufte la longueur des montants des colonnes , qui eft beaucoup plus prompte que cette derniere : il ne s’agit que de planter des pointes de diftance en diftance le long de la courbure de la colonne, & de prendre une réglé droite & d’égale épaifleur , qu’on fait ployer contre ces dernieres , 8c fur laquelle on trace les arrafèments des montants , qu’on a foin de marquer auparavant fur l’élévation de la colonne. Cette maniéré, toute pratique, d’avoir la longueur des montants eft aifee , & en même-temps très-jufte, parce que la réglé en ployant le long des pointes , & par conféquent de la courbure de la colonne , acquiert toute la longueur
- Planché
- J 6â*
- Planche
- 3<?J.
- p.1167 - vue 138/376
-
-
-
- Planche
- 3tf3-
- ii<S8 L’ART DU TRÊILLAGEUR, CkaP. HL
- néceflaire fans être obligé de rien augmenter , comme de la première maniéré,’ donc je n’ai parlé que pour joindre la théorie a la pratique > ainfi que je l’ai obfervé dans toutes les differentes Parties de mon Ouvrage.
- Quand la longueur des montants eft fixée , refte à déterminer leur largeur, ce qui fe fait de la maniéré fuivante. Le plan de la partie inférieure de la colonne étant tracé , comme à la figure 6 , cote A B C, on y marque toutes les divifions des cannelures, & la largeur des montants , qu’on mene au centre du plan , fur lequel on trace la partie fupérieure du fût de la colonne D E F , qui, par ce moyen , fe trouve divifée , comme le plan inférieur ABC, ce qui donne fur le premier la largeur des cannelures, & celle des montants à leur extrémité fupérieure ; ce qui étant fait, on a la largeur in. termédiaire par la même méthode, c’eff-à-dire, qu’on prend un diamètre de la colonne , comme, par exemple, celui n g , fur la ligne n o , fig. i, 8c on le reporte for le plan , fig. 6, où on a un troifîeme plan G H I, divifé comme le fécond D E F, ce qui donne des largeurs de cannelures , & par conféquent de montants, correfpondantes à la hauteur de la ligne no, fig. i9 c’eft-à-dire, au point 6 du montant repréfenté par la ligne L m, fig. r. Ce qu’on fait pour un plan intermédiaire, on le fait pour tous les autres, pris aux differentes hauteurs de la colonne, ce qui, je crois, n’a pas belbin d’une
- plus grande explication.
- Quand il y a des moulures fur les arêtes des montants , comme cela arrive toujours, on les trace fur le plan inférieur, & on les fait tendre au centre du plan , ce qui en détermine la largeur dans toute la longueur du montant, dont les côtés ne font pas droits d’un bout a 1 autre, mais un peu bombes, a-peu-près comme des douves de tonneaux. Quanta 1 epaifleur des montants, on la détermine au jufte en failànt pour l’intérieur de la colonne la meme opération que pour l’extérieur, c’eft-à-dire , qu’après avoir tracé fur le plan inférieur l’épaifleur des montants , on diminue ce diamètre intérieur d un lïxie-me, ce qui donne le diamètre intérieur du fût fupérieur de la colonne , & le refte à l’ordinaire , comme je l’ai expliqué en parlant de la maniéré de tra-
- :r la diminution des colonnes , page 104^.
- L’opération que je viens de décrire pour tracer la largeur Sc l’épaifleur des ontants d’une colonne, eft un peu compliquée ; cependant on ne peut gueres ire autrement fi on veut leur donner une forme gracieufe & relative au fut de colonne: de plus, un de ces montants étant ainfi diipofé , ou Amplement une :gle ou calibre de bois mince , on trace tous les autres deflus, ce qui ne de-ent pas plus long que fi on les corroyoit au hazard , comme font prefque ms les Treillageurs, qui fe contentent de les faire diminuer d’un bout fins s faire bombés par les côtés, ou s’ils le font, c’eft fins aucune réglé, &, >mme ils difent, à vue de ne% ; d’où il arrive qu’il eft très-rare qu’ils le foienc
- 1 proportion & tous également. D’un autre côté, quand , par habitude, ils
- parviendraient:
- p.1168 - vue 139/376
-
-
-
- Sect. L §. î. De la cohjlrucllôn des Bâtis des Piîajïrès , èc. Ïx6ÿ parviendraient à les bien faire, ils feroient plus long-temps que s’ils fe fer-voient d’un calibre pour les tracer comme je le propofe ici, qui 9 une fois fait* leur épargneroit beaucoup de foin 8c de temps , vu le grand nombre de montants femblables qu’ils ont ordinairement à faire, étant très-rare quils faflent pour une ou deux colonnes à la fois ; 8c quand cela ferait, ils y gagneroient encore 8c du côté du temps & du côté de la perfeétion.
- Ces montants doivent être hors d’équerre en tendant au centre dé la colonne j 8c comme la différence de l’angle qu’ils forment dans leurs différentes hauteurs , nef! prefque pas fenfible, il fuffit de fe borner à une feule équerre prife au milieu de leur hauteur.
- Quand toutes les pièces qui compofènt le fût des colonnes font préparées comme je viens de le dire ci-deffus , on les affemble pour les garnir de Treii* lages, ce qu’on fait après avoir déterminé la forme 8c l’efjbece de compartiment qu’on veut y employer, ce qui demande beaucoup d’intelligence & de foins * non pas pour les attacher, mais pour les difpofer dans l’intérieur du fût des colonnes, comme on le verra ci-aprèsé
- Avant de fe déterminer pour une efpece de compartiment , & borner les dimenfions de ces derniers, il faut d’abord fe rendre compte s’il y aura feulement des colonnes employées dans une décoration , ou feulement des pilaf» très, ou enfin des uns 8c des autres ; dans ce dernier cas , il faut faire ènforte que les compartiments des colonnes & des pilaftres s’accordent les uns avec les autres, ce qui peut fe faire deplufieurs maniérés différentes , comme je l’ai expri* mé dans les figures 2,3,q.&yde cette Planche , où j’ai fait üfàge du même compartiment qu’aux pilaftres du portique repréfenté dans la Planche 357.
- Il eft démontré que le périmètre au pourtour d’un pilaftre, jfig. 10 , fùppofé quarré par fon plan, eft à la circonférence d’une colonne , fig. 7, de mêmé diamètre, comme 14 eft à 11, ou du moins à peu de chofe près ; de ma* niere que la face d’un pilaftre eft plus large que le quart de la circonférence d’une colonne , d’environ trois onzièmes de ce même quart de circonférence , ou , ce qui eft la même chofe , ce dernier n’a de largeur que les 11 quatorzièmes du pilaftre, ce qui fait environ un cinquième de différence de largeur : d’où il réfulte que les compartiments qui deviennent d’une forme quarrée fui: les pilaftres, comme à celui repréfenté fig. 2, deviennent oblongs fur le quart de la circonférence de la colonne ; ou que s’ils font quarrés fur ce dernier, ils deviennent néceflàirement barlongs fur le pilaftre. La différence du périmètre du pilaftre à la circonférence de la colonne développée, eft même plus confî-dérable que je ne viens de le dire, parce que le dé veloppement de la colonné repréfenté, fig. 3 • & 4 , eft pris intérieurement , c’eft-à-dire , en-dedans des montants, ce qui en diminue le diamètre, & par conféquent la circonférence dével°ppee 9 fans cependant augmenter la différence des compartiments, parce que celui des pilaftres n’eft pris qu’entre les battants des angles, ce qui Treillageur. T 13
- p.1169 - vue 140/376
-
-
-
- Planche
- 36s.
- 1170 L'ART DU TR ÉILLAGEUR, Chap. III. revient à peu près à la même chofe que fi la circonférence de la colonne étoit prife extérieurement, comme on peut le voir aux fig. 4 ® 5 j mais “ étoit néceflàire de faire cette oblervation pour qu on prenne garde > en failànt le développement de la colonne ,.de prendre ce développement intérieurement, comme je l’ai obfervé aux figures 3 & 4, qui repréfentent celui du plan,
- fig' 7-
- Quand les compartiments dont on orne les pilaftres de Treillages, font difpofés de maniéré qu'ils occupent toute la largeur de ces derniers, comme aux figures 2 & y, & quon veut que ces mêmes compartiments régnent aux colonnes fur les quatre faces, il faut nécefiairement augmenter le nombre des compartiments du pilaftre, c eft-à-dire, qu'au lieu de fept quarrés que pré? fente celui du pilaftre , fig. 2 , il faut en mettre huit, comme à la figure y , lefquels deviennent un peu barlongs, à la vérité ; mais en même-temps ils donnent fur la colonne des quarrés , ou , pour mieux dire, des iozanges d une forme très-agréable , & dont la largeur eft à-peu-près moyenne proportionnelle entre leur hauteur & la largeur de ceux des pilaftres.
- Si au contraire on vouloir faire régner le compartiment de la figure 2, il faudrait de deux choies l’une , ou que les Iozanges de la colonne devinflent très-allongées , ce qui ferait mal, ou qu'on ne fît que trois Iozanges fur la furface développée de la colonne, ainfi qu'à la figure 3 , ( la moitié devant être prife pour le tout) , ce qui ne feroit pas un fort bon effet, fur-tout fi cette derniere étoit un peu ilblée ; de plus, en ne mettant ainfi que trois rangs de Iozanges lur le pourtour de la colonne 9 il faut nécefiairement que le nombre des montants loit divifible par trois, comme 1^,18,21 ou 24 ; car fi on n'en met que 16 ou 20, comme dans la figure 3 , il arrive que l'extrémité du compartiment du milieu de là colonne ne peut pas rencontrer le milieu d'un montant ou d’une cannelure , ou fi on le fait venir comme à la figure 3 , il faut que le lozange du milieu foit plus large que les autres , comme je l'ai obfervé dans cette figure, pour faire mieux fèntir la difficulté qui le rencontre lorfi qu dn veut difpofer les compartiments des colonnes de cette derniere maniéré y laquelle eft abfolument vicieufe, & que je ne propofe ici que comme un exemple à éviter.
- Aux figures 3 & 4, qui repréfentent le développement de la furface intérieure de la colonne , fig. 7, je n'ai tracé les compartiments que julqu’à la ligne L M qui eft le commencement de là diminution, parce que pafle cette ligne 9 cette furface ne peut plus être cenfée pleine ; c'eft pourquoi je me fuis contenté d y indiquer les milieux & les extrémités de chaque compartiment, afin d'avoir fur chaque montant des points par où doivent pafler les pièces de rempli flages.
- Ce que je viens de dire par rapport aux compartiments des figures 2,3, 4 & S > s’appliquer à toutes fortes de compartiments de quelque forme
- p.1170 - vue 141/376
-
-
-
- Sect. I. §. I. De la conjlruclion des Bâtis des Pilajlres, &c. lijx qu’ils puifîent être , qu’on ne doit jamais exécuter ïàns auparavant avoir fait 1
- attention s’ils feront également bien fur les pilaftres & fur les colonnes , afin Planche d’y faire les augmentations ou les changements qui y feront néceffaires pour ^^ donner à l’ouvrage toute la perfeélion poffible.
- Quand les compartiments , quels quils foient, font tracés fur l’intérieur des montants des colonnes (ce qu’on doit faire avant même que de les arrêter tout-à-fait avec leurs courbes ) , on travaille à les remplir, ce qui fe fait de la maniéré fuivante.
- On commence , avant toute chofe , par faire des moules ou entailles . D,E,fig. 13 & id,lefquels font des planches d’environ deux pouces d’é- Planche paifleur, fur une longueur & largeur fuffifantes , c’eft-à-dire , relative au demi-diamètre de la colonne : ces moules font creufés /en demi-cercle d’un diamètre égal au diamètre intérieur de la colonne , piîis deux à trois lignes , ce qui eft nécefîàire pour faire défàffleurer les montants, comme je l’expliquerai ci-après, & qu’on peut le voir dans la figure 16.
- Avant de cintrer ce moule, ony trace bien exactement le diamètre extérieur de la colonne, & la place que chaque montant doit occuper , après quoi on l’éyide, ainfi que les entailles dans lefquelles ces derniers doivent être placés, en obfervant que le dehors , ou, pour mieux dire , le côté de chaque entaille qui regarde les extrémités du moule foient coupés perpendiculairement à la bafe de ce dernier , & même un peu évafés en-dehors , pour facilb • ter la for de de la colonne lorfqu elle eft toute garnie de Treillage.
- Il faut plufieurs moules , comme celui jKg. 16, pour monter une colonne; favoir , au moins un placé à l’endroit où commence la diminution de la colonne, & au moins deux autres dans le refte de la longueur , qu’il faut faire de différent diamètre , félon les places qu’ils doivent occuper. Quand la colonne eft d’une longueur un peu confidérable , il faut mettre un fécond moule entre le tiers & la bafe de la colonne, & un ou deux de plus dans le refte de la hauteur, en obfervant que tous ces moules foient faits le plus exactement poffible , que leurs demi-cercles foient bien perpendiculaires à leur bafo s t, & que quels que foient leurs différents diamètres, ils ayent tous la même hauteur * prife du deflus de la ligne qui paffo par leur centre, comme celle q r, fig. 16, jufqu’à leur bafe s t.
- Quand tous les moules font ainfi difpofés , on les place fur un établi ou toute autre chofe dont la furface eft bien droite & dégauchie, & tous à la place qui leur convient, c’eft-à-dire , aux différentes hauteurs de la colonne , auxquels leurs diamètres font correfpondants ; après quoi on y place la demi-colonne , dont on attache les montants avec les moules par le moyen des liens de fils de fer qui paffent dans des trous qu’on fait aux moules à l’endroit de chaque entaille, comme on peut le voir aux figures 13 & 16. Ce qui étant fait, on regarde fi les deux arêtes de la demiycolonne fo dégauchifïènt bien, & fi elles font
- p.1171 - vue 142/376
-
-
-
- xi7% VA RT DU TREILlAGEUR, Chap* //imparfaitement droites fur le plat ; on vérifie aufti fi elles font d’un jufte écart , 8c fi leur courbure eft régulière, ce qu'on peut voir en plaçant deflùs un calibre cintré , comme doit l’être la furface de la colonne prife fur fà perpendiculaire : il feroit même bon que ce calibre fût un chaffis de bois mince d’une grandeur & d’une forme femblables à celle de la coupe delà colonne, pour qu’en le préfentant fur la demi-colonne, on pût être plus fûr de fa perfection. Toutes ces précautions étant prifes , on garnit la colonne de cesfrifàges félon que l’exige la forme des compartiments dont, on a fait choix, après quoi on la retire de dedans les moules pour en faire autant à l’autre moitié , & ainfi des autres.
- Les pilaftres fe garniflent de la même maniéré que les colonnes, à l’excepçjon qu'un feul ou deux moules comme celuifig, 18, font fuffifànts, 8c qu'il n'eft pas nécefiaire d'attacher les montants comme à ces dernieres; & pour que les pilaftres fortent plus aifément de dedans les entailles de ces moules, il faut les faire un peu évafés de l’entrée , & juftes du fond, en obfervant toujours que le défi-fos du bois qui refte entre les entailles foit un peu plus bas que l'épaifleur des montants, ainfi qu’à la figure 16, afin quil ne nuife pas en attachant les frifàges, 8c que ces derniers portent bien fur les montants où on les attache.
- J’ai dit plus haut page n 6% 9 que les montants qui terminoient les demi-colonnes , n’avoient de largeur que la moitié des autres montants , & cela pour avoir la facilité de féparer les colonnes en deux parties, comme cela eft nécefiaire. Quand les colonnes font pofées, ces deux montants ne font, ou du moins ne fomblent plus faire qu’un, & on retient l’écart de leur joint, qui ordinairement eft à plat, ( comme celui du montant coté N , fig. 9 ) , avec des coutures ou liens de fil de fer , placés de diftance en diftance fur la fongueux des montants, ce qui eft peu folide , 8c fait un aflez mauvais effet , vu que ces liens paroiflent toujours , fur-tout à l’endroit des moulures ; c’eft pourquoi je crois que quand la grofleur des demi-montants pourra le permettre , on fera très-bien de les joindre à rainures & languettes, comme ceux cotés P , fig. 9 , Sc d’en retenir l'écart avec des boulons de fer /?, q, fig. 9, cote O , qui paflent au travers des deux montants, 8c les tiennent liés enfemble par le moyen d’une broche ou goupille de fer qui paffe au travers de la queue du boulon tout à fon extrémité , comme on peut le voir dans cette figure 8c dans la figure 8. Pour que ces boulons foient moins apparents, on entaille leur tête dans un des montants, & on ne leur donne de longueur que ce qui eft nécefiaire pour qu’ils affleurent l’autre montant, du moins à peu de chofo près, la goupille qui les retient entrant dans une rainure pratiquée dans le côté du montant, laquelle n’a de hauteur que ce qu’il faut pour contenir la goupille, & la refuite nécefiaire pour la faire fortir lorfqu’on le juge à propos comme on peut le voir à la figure 8.
- Cette
- p.1172 - vue 143/376
-
-
-
- SêcT. I, §. I. De là cônflriiclion des Bâtis des Pilâjlïes , èc. 1ty J Cette maniéré d’arrêter & de joindre enfemble les deux parties des colon- ^
- nés , eft propre 8c très-folide ; c’eft pourquoi on doit la préférer à celle dont Planche on fait ordinairement ufage, encore quelle foit plus coûteufe. 36
- Les extrémités des colonnes n ont pas grand befoin d’être arrêtées par au- gjss^sÈsssss cune efpece de ferrures , quand elles entrent dans la baie & dans le chapi- Planche teau qui en retiennent fuffifamment 1 écart, comme aux figures i,p,q.,yJ g ^ ^
- & ir , PI. 3<?i ; mais quand au contraire c’eft la bafe & le chapiteau qui entrent dans le fût de la colonne, comme aux figures 1 & 14, PI. 362 , il faut néceffairement arrêter les extrémités du fût, ce qu’on peut faire de différentes maniérés , foit en y mettant des crochets entaillés dans l’épaiffeur du bois* oif, ce qui eft encore mieux , en y rapportant des tenons de fer comme celui A >fig- 1 » dont un des bouts eft arrête a demeure dans l’une des deux courbes & dont l’autre eft percé pour recevoir une broche ou goupille de fer par le moyen de laquelle on arrête les deux courbes enfemble, 8c qu’on retire pouf les fèparer quand on le juge a propos, ce qui oblige à y faire une petite tête ' {aillante qu on pui/îe laifir foit avec des tenailles ou autre inftrument*
- Quand la forme ou la grofleur des courbes ne permettra pas de mettre les tenons de fer fur le plat, comme à la figure 1, on les mettra fur le champ, ce qui eft égal ; & meme quand des courbes feront trop minces pour y alîêmbler folidement les tenons , on attachera ces derniers deftus intérieurement ; dans ce cas on pourroit les conftruire comme des loqueteaux à reffort , qu’on ouvriroit en dehors par le moyen d’un bouton placé à l’extérieur du ' Treillage.
- J ai dit plus haut que quand les colonnes étoient garnies de Treillages intérieurement, ces derniers entretenoient l’écart des montants, & eonfer-voient la forme du fût de la colonne , ce qui n’eft exa&ement vrai que quand les compartiments font d’une nature à pouvoir embrafTer tous 'les montants à la fois, comme ceux repréfentés fig. 3 & 4 , de la Planche 363 , ou autres de cette efpece ; mais quand les compartiments n’embraflènt qu’un ou deux montants, ou que les lattes qui forment ces compartiments, font coupées à la rencontre de chacun des montants, il n’eft guere poffible d’empêcher qu’ils ne varient, & fur-tout qu’ils ne fe redreflènt lorfqu’on a détaché ces colonnes de dedans les moules; c’eft pourquoi il eft bon daffujétir les montants fur des plateaux placés de diftance en diftance , dans l’intérieur de la colonne,' qui, en les retenant dans un jufte écart, confervent à cette derniere la forme qu’elle doit avoir.
- Ces plateaux peuvent être faits de différentes maniérés, félon la nature des compartiments de la colonne.
- Quand, par exemple , ces compartiments préfentent des parties horizonta-1 s, 011 peut faire les plateaux compofés d’un cercle d’environ deux pouces de largeur * dont l intérieur loit rempli par une croix pour leur donner plus d& Trejllageur. Y z
- J y /.
- p.1173 - vue 144/376
-
-
-
- «5=5========
- Planche
- 3**-
- i
- 1174 ' VART DU T RE1LL AG EUR , Ckap. III.
- folidite , Sc en même-temps pour recevoir Taxe ou arbre de fer qui paffe au milieu de la colonne. Si au contraire les compartiments ne prefentent pas des parties horizontales ( comme il arrive prefque toujours ) il faut alors que les plateauxfoient difpofés de maniéré quils ne préfentent aucun plein dans les ef-paces des montants, ainfi que celui repréfenté fig. 2, lequel eft évidé dans toute fa furface , & ne préfente que des rayons qui viennent butter contre chacun des montants avec lefquels on les attache par le moyen d’une pointe, comme on peut le voir à la figure 6.
- Pour qu’un plateau de cette efpece foit bon , il faut le faire d’aflemblage } c’eft-à-dire , compofé de plufieurs pièces, afin que les rayons fe trouvent à bois de fil, du moins autant qu’il efl: poffible. Celui qui efl repréfenté fig. 2, efl compofé defix morceaux, dont quatre , comme celui fig. 4, portent chacun trois rayons , & deux , comme celui fig. y , qui n’en ont que deux de chaque bout. Ces deux derniers, cotés a b & c d 9fig. 2 , font aflemblés en entaille au milieu de leur épaiiîeur , & on y réferve au milieu une largeur de bois fuffi-fante pour former un rond fur lequel ceux fig. 4 , cote efi g h ,fig. 2, font attachés & font difpofés de maniéré qu’ils recouvrent tout-à-fait le premier rond, en fe joignant les uns aux autres à angles droits , comme on peut le voir dans cette figure ; & pour que ces dernieres pièces ne faillirent pas trop lur les premières, & quelles ne puiflent pas reculer ni avancer, on les ravale à la moitié de leur épaifleur à la naiflance des rayons, comme on peut le voir à la figure 4, & à la figure 3 , qui en repréfentent la coupe prife fiirla ligne il,
- fig-4-
- Ce plateau ainfi difpofé, efl très-folide, & n’a d’autre défaut qu’en ce que la plupart de fes rayons font tranchés , ce qui ne peut pas être autrement, à moins qu’on ne rapporte tous ces rayons au pourtour d’un premier plateau , comme celui que forme le cercle intérieur de celui-ci, ce qui alors leveroit toute e£-pece de difficulté , & abrégeroit même beaucoup d’ouvrage ; mais auffi cela feroit-il moins folide que de la première maniéré , qui, je crois, doit être préférée , en obfervant cependant que quand un plateau n’efbcompofe que d’un cercle avec une croix au milieu , ou qu’il efl à rayons rapportés , on peut aifément le féparer en deux parties , qu’on arrête' chacune féparément dans les demi-colonnes, ce qui efl plus commode que s’il étoit d’une * feule piece , parce qu’alors on ne peut arrêter les montants de la fécondé demi-colonne que quand elle efl pofée en place, ce qui alors empêche de la retirer quand on le juge à propos, à moins qu’on ne l’enleve par en-deflus de l’axe , comme on l’a fait entrer toute bâtie , ce qui vaut mieux & efl plus facile à faire que de la bâtir, c’eft-à-dire, l’arrêter avec un des’ côtés des plateaux lorfqu’elle efl en place.
- On pourroit cependant féparer en deux parties le plateau fig. 2, en en refendant la piece fig. y , fur fa longueur au milieu de deux rayons, comme
- p.1174 - vue 145/376
-
-
-
- SECT. I. §. Iî. Des affemblages des Bâtis de Treillage, &c. njf l'indique la ligne m n^Sc en coupant l’autre piece femblable à celle fig. y, au milieu de fà longueur , fuivant la ligne o p , qui eft la même que celle mu, en fuppofant la fécondé piece perpendiculaire à la première , comme cela doit être : en coupant ainfi les deux premières pièces du plateau * fig. y 9 ce^a ne changeroit rien à la forme de celles^. 4, excepté qu’il faudroit changer la coupe de leur joint, {bit en-dedans, foit en-dehors, pouf les faire correfpondre à celui de la féparation du plateau , comme l'indiquent les lignes q l & r /, fig. 4 , laquelle eft repréfentée en points fur la figure |y , pour mieux faire fentir la difpofition 8c les coupes des différentes pièces du plateau.
- De quelque forme & conftruélion que foient les plateaux, il faut, lorf qu’on les fépare en deux parties, que leurs joints foient entretenus par des languettes, ou, ce qui eft encore mieux , par des clefs , que l’entaille’qui eft faite au milieu de chaque partie pour former le paflage de l’arbre, {bit un peu évafée d’un côté , pour en faciliter l’entrée. Cet évafement eft néceffaire quand c’eft une cannelure qui fe trouve au milieu de la colonne, parce qu’alors le joint fe trouve de biais , comme celui m n ,fig. y , & qu’il faut que l’arbre fe revérifie perpendiculairement à ce joint , ce qui ne pourroit être fi le côté de l’entaille n’étoit pas évafé , à moins que l’arbre ne fût lui-même planté félon l’inclinaifcn du joint de la colonne , ce qui pourroit encore être.
- Planche
- V'
- §. II. Des affemblages des Bâtis de Treillage, & la maniéré de les dlfpeffet pour recevoir les différentes fortes de garniture.
- Les affemblages des bâtis de Treillages {ont de deux efpeces ; {avoir $ ceux qui fervent à rallonger les bois, & ceux qui fervent à en lier les différentes parties. Les premiers ne peuvent être autre chofe que des traits de Jupiter , comme les figures 7,8,5? & 10, auxquels, pour leur donner plus de force , on fait le joint de biais fur l’épaiffeur , comme de s à t, fig. 7, ce qui eft tout naturel, puifqu’en les difpofimt de cette maniéré, on augmente la force du _ bois dans le fond de l’entaille , & qu’au contraire on diminue fon extrémité pour qu’elle tende moins à faire renverfer la partie qui lui eft oppofée.
- Ces joints ne doivent pas être collés ; du moins la colle n’y ferviroit pas à grand chofe ; c’eft pourquoi il eft bon de faire leurs coupes en angles ren-*( trants du côté du plein bois , c’eft-à-dîre, du côté qui porte la rainure , afin’ que fi par hazard la clef venoit à le rétrécir, le joint ne puiffe pas fe dérangée fur le champ , ce qui pourroit arriver fi on faifoit ces joints quarrés à l’ordi-^ naire.
- Il eft bon auffi de faire les rainures peu profondes , afin de procurer à leurs joues plus de réfiftance ; déplus, le bois de bout ne le retirant pas, ou du moins > très-peu ,il fuffit que les languettes {oient faites bien juftes , {ans être longues*
- A
- p.1175 - vue 146/376
-
-
-
- Planche
- 36i‘
- \
- r
- ïi76 VART DU TREILLAGEUR. Châp.HL
- une longueur égale à leur épaiflèur étant plus que foffifànte.
- Les autres aflemblages font les tenons, les mortaifes & les entailles, qui , dans bien des cas, font préférables aux premiers , c’eft-à-dire, aux tenons & mortaifes, parce qu'ils affoiblifîènt moins les bois , Sc donnent moins d’entrée à l’humidité ; les entailles font fur-tout préférables dans le cas où deux pièces fo croifent, comme aux figures 11 & 16 9 parce qu’au lieu de couper une des deux pièces , comme cela feroit néceflàire fi on les affembloit à tenon & mor-taife , les deux pièces relient toutes entières par le moyen des entailles qu’on y fait à moitié de leur épaiffeur. Ces entailles fe clouent ordinairement, ou du moins les pièces entaillées, mais cela eft peu folide 5 c’eft pourquoi quand les pièces font un peu fortes , on fait très-bien d’y mettre un boulon qui paffe au travers de leur épaiflèur, & qu’on arrête par-derriere avec des écrous.
- Dans le cas où une piece recevroit dans là longueur le bout d’une autre piece, comme aux figures 12 & 17, on pourroit l’aflembler en entaille à queue , ce qui deviendroit très-folide, enobfervant toujours d’arrêter les deux pièces enlèmble par le moyen d’un boulon, comme on peut le voir à la figure 13.
- Pour faire un affemblage ainfi à queue , il faut avoir l’ailànce de retirer de côté la piece qui porte la queue ; fi cela n’étoit pas polîîble , on feroit l’entaille à l’ordinaire , c’ell-à-dire , dans toute la largeur de la piece ; & pour empêcher que la piece dont le bout eft aflemblé en entaille, ne puifîe le retirer, on peut y réferver un talon uyjig. 14 & 18, qui entre dans une fécondé entaille x , faite à la piece montante , jîg. 1 y ; au moyen de cette double entaille Sc du boulon, il eft impoflible que l’aflemblage fafle aucun mouvement ; mais ce ne peut être que dans des pièces d’une certaine force, où on puifle faire ufàge de cet affemblage , parce qu’il affoiblit un peu les pièces montantes.
- On fait aulîi des entailles aux extrémités des pièces, c eft-à-dire, aux angles des bâtis ; cependant je crois que ce ne doit être que quand les pièces ne font pas affez fortes pour y faire des tenons & des mortaifes d’une force foffifànte, dont on craindroit que les joues & les épaulements ne fe pourriflent trop vite: car quand les pièces ont une force foffifànte, comme deux pouces au moins d’épaiffeur, fur quatre à cinq pouces de largeur, on ne rifque rien de les affembler à tenon & mortaife aux angles feulement, & y faire des entailles dans tout le refte de leur longueur, comme je l’ai dit plus haut. Quant aux pièces qui feront moins fortes, il faut les afïembler en entailles partout, Sc arrêter ces dernieres avec des vis, au lieu d’y mettre des pointes ou des clous , ce qui ne vaut abfolument rien , parce que cela eft mal-propre, & que pour qu’ils ne fe retirent pas, il faut les river par-derriere l’ouvrage , ce qu’il n’eft pas toujours poflible de faire.
- Quand on arrête les entailles avec des boulons, il faut que la tête de ces
- derniers
- p.1176 - vue 147/376
-
-
-
- Se CT. /. §, IL Des ajjembtages\ & la manière de les difpofèr > &c. tijj derniers foit quarrée & platte, pour quelle affleure avec l'ouvrage dans le* quel on l'entaille comme on peut le voir aux figures 13 & 17.
- On met ordinairement des écrous à queue à ces fortes de boulons, comme à celui fig. 13 ; mais il vaut mieux, pour la folidité de l'ouvrage, y mettre des écrous quarrés à l'ordinnaire, qu'on ferre par le moyen d'une clef, par* ce que ces fortes d'écrous fe ferrent plus fortement que les autres, & qu’ils ne peuvent pas être defferrés par le premier venu , à moins qu'il n’ait une clef. Quand les bâtis deviennent abfolument trop petits, leurs affemblages , quels qu'ils {oient, ne peuvent pas être fblides ; alors au lieu de les faire en bois , il faut les conftruire en fer, ce qui revient aux bâtis des Treillages fimples dont j'ai traité ci«deflus , page 1141 ; c eft pourquoi je n'en parlerai pas davantage.
- Quant à la forme des bâtis des Treillages, c'eft, comme je l’ai déjà dit i la forme totale & la décoration de l’ouvrage qui ,1a détermine , en failànt toutefois attention à l’efpece de Treillage dont ces bâtis doivent être remplis.
- Ces rempliflàges font, comme je l'ai déjà dit, de deux fortes ; favoir , ceux qui font faits avec des échalas, comme à la figure 19, & ceux qui font faits avec des lattes de frilàges , comme aux figures 20, 21 & 22.
- Dans le premier cas, ces rempliflàges entrent à feuillures par-derriere les bâtis , fiir lefquels on les attache avec des pointes > & il faut que les feuillures des traverfes , tant du haut que du bas , foient plus profondes fur l'épaif feur que celles des battants, de l'épaifleur des échalas , afin que l’extrémité des lattes porte fur les battants , comme celles des échalats portent fur les traverfes, ce qui fait que les quarrés de deflbus les moulures deviennent inégaux , ce qu'il n'eft pas poffible de faire autrement, à moins qu'on ne fît toutes les feuillures femblables à celles des battants, c’eft-à-dire , au nud du devant des lattes , & des entailles aux traverfes , pour y faire entrer les bouts des échalas, ce qui feroit très-bien , mais en même-temps ce qui de-viendroit plus fujet à faire, & par conféquent plus coûteux. Il y a des parties de Treillage , comme , par exemple, des focles, où on ne met pas de moulures fur l'arête , & où on fait affleurer les échalas avec le devant de l'ouvrage ; dans ce càs, on fait des feuillures au derrière des battants feulement •pour appuyer l'extrémité des lattes qu'on y attache à l'ordinaire. Quant aux traverfes, on y fait les feuillures en parement pour porter l'extrémité des échalas, ce qui ne {buffre aucune difficulté, fi ce n’eft que fi on fait la divi-fiondes mailles de l'arête des traverfes , la feuillure en diminue la hauteur , ou fi on fait ce compartiment du devant de la feuillure, les mailles du haut & du bas paroiffent trop hautes , ce qui fait un mauvais effet. On pourroit remédier à ces deux inconvénients, en {upprimant les feuillures des traverfes, 8c en y faifant des entailles pour placer l'extrémité des montants qu'on y arrête à l'orr dinaire.
- Jreillaçeur. X13
- Planché
- p.1177 - vue 148/376
-
-
-
- Planche 3 64*
- 1178 L’ART DU TREILLAGE UR, ChaP. III.
- - Quand les bâtis font remplis par des lattes , comme aux figures 20,21 & 22, on y fait des feuillures d'une profondeur égale dans leur pourtour , comme à la figure 20 , & on fait ployer l’extrémité des lattes pour venir porter contre la feuillure du battant , où on les attache comme je Fai enfeigné , page 1137* Cette maniéré de difpofer les bâtis pour recevoir les frifages, eft la plus ufitée, tant pour les compartiments à mailles quarrées, comme dans ces figures , quà ceux à mailles lozanges, où il faut abfblument qu'ils foient difpofés de cette maniéré ; cependant quand les compartiments font à mailles quarrées , on pourrait , comme à la figure 21, faire la feuillure des battants moins profonde que celles des traverfes de l'épaiflèur des lattes montantes , ce qui dilpenferoit de faire ployer les lattes horizontales.
- Les rempiifîages , foit à compartiments quarrés ou lozanges , s’attachent fur les bâtis dans lefquels on les conftruit ; cepèndant il vaudrait mieux les confe truire à part, pour avoir la facilité de les ôter, quand on le juge à propos, indépendamment des bâtis : dans ce cas, il faut attacher l'extrémité des lattes fur une tringle ou échalas J?, fig. 21, dont la largeur n’excede pas la largeur de ia feuillure du bâti. On doit faire la même chofe par le haut & par le bas, c'eft-à-dire, attacher l'extrémité des lattes montantes fur des tringles femblables à celles des côtés, avec lefquelles on les arrête dans les angles, de forte qu'elles forment une efpece de bâtis qui entoure le paneau ou rem-pliftage de Treillage, foit que les mailles foient quarrées ou qu'elles foient lozanges. On peut auffi faire la même chofe pour les Treillages conftruits avec des échalas, ce qui ne fouflfre aucune difficulté.
- Quand les paneaux ou rempliifages de Treillages font ainfi conftruits, indépendamment des bâtis, on a beaucoup plus d'aifence à ajufter & à pofer l'ouvrage , for-tout quand il eft d'une grandeur un peu confidérable ; déplus, dans le cas où il faut faire quelque changement ou quelque réparation, il eft bien plus aifé de le faire que fi toutes les parties du Treillage étoient conftruites les unes avec les autres, de maniéré qu'on ne pût en changer ou réparer une par* tie que for la place même, ou fens être expofe à la détruire , ou celles qui l'avoifinent.
- Quand les parties de Treillage ne font pas d'une grandeur confidérable, on fait entrer leurs rempliflàges dans des rainures, comme à la figure 22 ; & quand les compartiments font lozanges, on fait ces rainures d'une épaiffeur aflez confidérable pour quelles puiflent contenir aifément deux lattes l’une fur l'autre. Quand , au contraire , les compartiments font à mailles quarrées, comme dans cette figure, il ne faut faire des rainures que de Fépaifleur d'une latte, Sc les difpofer comme les feuillures dont j’ai parlé ci-deflus.
- Cette maniéré de placer les paneaux de Treillage eft affez bonne , & même fort ufitée; mais elle ne peut guere avoir lieu que dans des parties d'une médiocre grandeur , & qui peuvent s'enlever indépendamment du refte de
- p.1178 - vue 149/376
-
-
-
- SeCT. /. $. II. Des affemblages ; ér la maniéré de les difpofer, Î179
- l'ouvrage : de plus , la rainure des traverfes du bas retient l'eau qui en pourrît «—— r. — bien vite les joues , à quoi on peut remédier en y faifant plufieurs trous dans Peanchi le fond, pour faciliter l'écoulement de l'eau; mais ces trous fe bouchent promptement, 8t feau féjourne toujours dans les rainures, qu'on feroit toutaufli bien de fupprimer tout à fait, du moins aux traverfes du bas, c eft-à-dire, de n’y faire qu'une feuillure , & de rapporter une tringle par-derriere pour retenir le bas du paneau de Treillage, en obfervant que la feuillure Toit déverfée en-dehors, & que la tringle foit élevée au-deflus de cette derniere d’une à deux lignes, pour laiiTer pafler l'eau librement ; ce qu'en général on doit faire à tous les paneaux de Treillage.
- Ce que je viens de dire renferme toute la théorie-pratique des bâtis du Treillage compofé : je vais maintenant paflèr au détail des divers ornements de Treillages, & donner la maniéré de les conftruire.
- Section Seconde.
- Du Treillage orné en général ; & defcription de deux morceaux de Treillage
- d'une décoration differente.
- Le portique en Treillage, repréfenté PL , & dont la defcription m’a fervi à donner des principes touchant la conftruélion des bâtis de Menuiferie,
- «quoique d'une décoration allez riche par rapport aux divers compartiments dont il eft orné f n'eft cependant pas fuffifànt pour donner une idée de la ri-; cheffe & de l'élégance dont les ouvrages de Treillage peuvent être fufcepti-bles ; car aux compartiments ordinaires, on peut y joindre les ornements de toute efpece , comme les ^ornements courants propres aux divers membres de moulures & aux frifes, les vafes, les enroulements , les bouquets & les guirlandes de feuilles & de fleurs de toutes fortes, lefquels fe font non-feulement avec des copeaux, mais auffi en Sculpture , comme dans les ouvrages de Menuiferie. C'eft de cette derniere efpece de Treillage (que je nomme Treillage orné') , dont je vais donner deux exemples, dans lefquels j'ai raffemblé, autant qu'il m'a été poffible, tous les différents genres d'ornements, afin d'avoir lieu d'entrer dans le détail de leur conftruétion , ce qui terminera la defcription de l'Art du Treillageur proprement dit ; après quoi je parlerai de quelques autres efpeces de Menuiferie d'ufàge dans les jardins, comme les chaifes & les bancs de jardins, les caifles de toutes fortes, & autres parties de Menuiferie qui entrent dans la conftruétion des Serres chaudes, afin de ne rien laifler à défirer touchant ce qui concerne la Menuiferie des Jardins, qui fait le fujet de cette quatrième & derniere Partie de mon Ouvrage.
- La figure i, PL , repréfente un Sallon de Treillage ( la moitié prife a
- pour le tout) , dont le plan eft repréfenté^. i & 3 , PL 366, Ce Sallon a 36
- p.1179 - vue 150/376
-
-
-
- ïi8o L'ART DU TREILLAGEUR, Chap. IIL
- .... iir.w— piedsp pouces de largeur, for J 2 pieds de hauteur, pris du deffus de fou
- Plancher couronnement. Il eft décoré for fa face principale de quatre colonnes Ioniques * * ^ de 20 pieds de hauteur, lefquelles font portées par un foçle de 3 pieds 3 pou-
- ces de haut, y compris le parpin de pierre for lequel tout 1 édifice eft pofé dont ces quatre colonnes forment le principal avant-corps. Cet avant-corps eft percé dune arcade qui donne entrée dans le Sallon , dont le plan intérieur forme un ovale qui a 33 pieds 4 pouces fur fon grand diamètre, & 26pieds p pouces fur fon petit diamètre , qui eft le fens où il fe préfente en entrant par la principale porte du Sallon , c’eft-à-dire , celle qui eft placée au milieu de l’avant corps.
- Les angles extérieurs du plan font terminés par des parties arrondies, faifant arriere-corps d après les colonnes de la face , & les faces latérales qui paifent droites, & qui font percées chacune d’une ouverture , par le milieu de laquelle paffe le grand axe de l’ovale du plan. Les efpaces qui reftent entre les plans intérieur & extérieur peuvent être remplis par des niches , comme à la figure 3 yPL 366, ou bien former des cabinets qui feroient très-utiles pour un Sallon de cette efpece ; qui peut fervir à différents ufàges.
- L’Ordre Ionique qui décore la face extérieure de ce Sallon eft moderne; fon entablement ( qui a le quart de la hauteur des colonnes ) eft denticulaire , ce que j’ai fait à caufe des mouvements du plan qui n’auroient pas fouffert des modillons fans qu’ils fe pénétraflènt dans les angles ,ou dans quelque efpece de mutilation , du moins en laiffant la forme & la faillie des corps du plan telles qu’elles font.
- L’entablement eft formonté d’un focle faifant reflaut au nud du fûtfopérieut des colonnes d’environ un fixieme de ces mêmes fûts. Sur le focle , 8c au mi* lieu de l’avant-corps, eft placé un cartel ou amortiffement , dans lequel on peut placer des armes , un chiffre , ou toute autre chofo de cette efpece.
- Sur ce même focle , & à l’à-plomb de chaque colonne, ainfi qu’aux angles des faces latérales, font pareillement placés des vâfes qui portent des fleurs & qui fervent à couronner les parties verticales de l’édifice, qui eft enfin ter-
- t
- miné par une calotte elliptique, montante de l’intérieur du Sallon , dont elle fuit le plan : le milieu de cette calotte eft couronné par une efpece de lanterne en ornements, qui aide à la faire pyramider.
- Aux deux côtés du Sallon, font des galeries pareillement en Treillage, dont la voûte eft foutenue par des colonnes Ioniques antiques, accouplées for l’épaifleur pour afforer la folidité de ces mêmes galeries, dont les arcades retombent à l’à-plomb des colonnes qui font couronnées par une architrave forvant d’impofte aux arcades , au nud du centre defquelles elles paflent.
- Le tout eft terminé par une corniche formontée d’un focle dont le deflus vient au niveau du deffos de l’architrave de l’Ordre Ionique du Sallon ; ce focle fait reflaut au-deffus de chaque colonne , & porte des caffblettes , defquelles fortent des guirlandes de fleurs qui fe répandent fur fa face. A
- p.1180 - vue 151/376
-
-
-
- SECT. IL Du Treillage orné en ginêràl, &C\ ilSr
- A chaque arcade , le défions de ces galeries forme des voûtes d'arête qui font féparées par des avant-corps ou plates-bandes circulaires qui prennent naiffance de deflus les architraves qui couronnent les colonnes , comme on peut le voir à la figure I de la Planche 366 ^ qui repréfente le plan des corniches du Sallon & des galeries vus en-deffous , avec la forme des plates-bandes 8c des voûtes, dont fai indiqué les arêtes par des lignes ponétuées , Voyez aufiî la figure 3 , même Planche ( qui repréfente le plan du bas du Sallon 8c des galeries ), ou toutes les plates-bandes 8c les faillies des corniches font pareillement indiquées par des lignes ponéluées.
- La largeur de ces galeries efl: de 19 pieds 4 pouces , pris du devant des focles qui portent les colonnes ; 8c cette largeur a été déterminée par celle des faces latérales du Sallon , qui doivent déborder un peu la faillie de la corniche des galeries qui viennent s'arrêter contre , comme on peut le voir aux figures r & 3.
- Ces galeries font faites pour feryir d'accompagnement au Sallon , & en même-temps pour procurer la facilité d'y arriver fans être expofé au trop grand fcleil, 8c même à la pluie, 8c font fuppofées fe terminer à quelques allées couvertes, ou à quelques ailes de bâtiment. Tout l'édifice efl: pofé fur unmaf fif en forme de perron de 3 marches , qui regnp tout au pourtour tant du Sallon que des galeries , comme on peut le voir dans ces deux Planches , ce qui garantit un peu l'ouvrage de l’humidité de la terrafie , for laquelle j'ai fup-pofé qu’il pou voit être placé, & cela pour lui donner plus de grâce en l'élevant davantage au-delfus du fol du jardin, de maniéré que la terraffè fem-ble être le foubaffement du Treillage , ce qui eft d'autant plus naturel, que fai fait répondre la décoration de la terrafie avec celle des Treillages , & que les mouvements du plan de cette derniere ont été déterminés par celui du Sallon de Treillage & des galeries qui l'accompagnent (*).
- La terrafie a 5? pieds de hauteur, 8c eft ornée de refends 8c de corps qui xelfautent vis-à-vis des principales malfes du Sallon & des galeries de Treillages. Dans les deux arrieres-corps , il y a deux efcaliers à deux rampes , dont le milieu répond avec celui des galeries , que je fuppofe avoir cinq arcades de face, dont trois font ( dans la terrafie ) occupées par les efcaliers ; favoir , celle du milieu pour le premier repos ou palier, 8c les deux autres pour les rampes.
- Planches 36$ & 366»
- (*) C’efl: principalement dans une occafion comme celle-ci, que le Treillageur a befoin d’avoir des connoiflfances allez étendues fur l’Architeétu-re, pour favoir tirer parti du terrein ou des ouvrages déjà faits ( comme , par exemple , cette terraffe) pour compofer un édifice qui puifife s’allier avec cette derniere , de maniéré qu’on püifle croire qu’ils ont été faits l’un pour l’autre; ou fi la terrafie n’étoit pas faire ( ce qui feroit encore mieux ) , pour pouvoir compofer de maniéré que la décoration du Treillage & celle de la terrafie fuflent analogues l’une à Vautre, du moias autant que peuvent l’être deux genres
- Treillageur.
- d’Architeéture fi difparates ; l’un devant annoncer beaucoup de légéreté apparente, avec une foîidité réelle ; & l’autre , au contraire , -devant être vraiment folide , non-feulement quant à l’exécution , mais même en âpparence.
- Ce que je dis ici par rapport aux Treillageurs r peut & doit s’appliquer aux Architectes , qui, pour la plupart, négligent le détail de tout ce quin’eftpas Architecture proprement dite, d’où il refaite tant d’ouvrages mal faits , fans accord ni vraifemblance , &dont on voie tous les jours tant d’exemples.
- Y 13
- p.1181 - vue 152/376
-
-
-
- n8a L’ART DU TRE ILLAGEU R, Chap. III.
- \
- La figure 2 , FL 3 5 J., & celles 2 Sc 4 , PL 3 66 , repréfentent l’élêvâ-tion Sc les plans d’un Sallon élevé fur les mêmes mafles que le précédent ,
- . , dont il ne différé que par la décoration , qui n’eft affujétie à aucun Ordre d Architecture apparent , quoique les principales mafles foient dans les memes proportions qu’au Sallon repréfenté fig. I , c eft-à-dire, d’expreflion Ionique ou moyenne , ce qui eft la meme chofe»
- L’avant-corps du Sallon, fig. 2 , eft décoré de quatre efpeces de colonnes, dont la partie fupérieure repréfente des palmiers ; ces colonnes font plus menues de tige que celle de la figure 1, afin quelles paroiflfent plus légères , & elles portent un entablement compofé , dont la hauteur eft d’une proportion moyenne entre le quart Sc le cinquième des colonnes , afin qu’il paroiffe moins lourd fur c es dernieres, fur lefquelies il porte à faux en avant Sc par les côtés , pour que la faillie des feuilles de palmier ne paroiffe pas fi confidérable , ou du moins ne l’excede pas trop , comme on peutje voir à la figure 2 , PI. 3 66. \ La corniche de cet entablement eft contournée en S des deux côtés , Sc vient s’enrouler au milieu de l’avant-corps, pour donner naifîànce à une palmette ou agraffe d’ornement qui couronne cette partie du milieu de la corniche , & par conféquent de l’avant-corps du milieu du Sallon.
- Cette corniche ainfi contournée , forme une efpece de fronton, dont le milieu du tympan eft rempli par un cartel d’ornement, duquel fortent des guirlandes de fleurs qui ornent le refte de la frifè, tant de l’avant-corps que du refte du Sallon. L’entablement eft furmonté d’un focle dont la hauteur paroît un peu forte, ce que je n’ai pu faire autrement, parce que l’enroulement de la corniche en diminueroit trop la hauteur ; & pour que ce focle paroiffe moins haut, je l’ai divifé en deux parties , dont la moins haute , qui eft proche de l’entablement, eft terminée en adouciffement fur ce dernier , ce qui diminue de la hauteur , du moins en apparence.
- Au-deflus du focle font pofées des corbeilles remplies de fleurs , dont la forme large & évafée remplit, à peu de chofè près, l’efpace qui eft donné par l’écartement des deux colonnes ou palmiers du bas.
- A la place de la calotte qui termine le Sallon fig. I , j’ai couronné celui-ci par un pavillon orné de huit pilaftres ou corps faillants , qui viennent s’appuyer fur un focle qui tombe à-plomb, Sc qui fuit le plan intérieur du Sallon, de même que celui qui fupporte la calotte, fig. x.
- Les galeries qui accompagnent le Sallon, fig. 2 , font, comme je l’ai déjà dit, élevées fur le même plan que celle fig. x , dont elles ne différent que par la décoration des arcades qui font toutes en ornement, & par la forme des colonnes qui les fupportent, lefquelies font diminuées par en-bas en forme de gaines , pour leur donner plus de légéreté. Ces galeries différent encore des premières par la forme de leurs voûtes, qui, à celles dont je parle , font en berceaux dans toute leur longueur, & dans lefquels chaque ouverture ou arcade
- p.1182 - vue 153/376
-
-
-
- Sect. IL Du Treillage orné en général , &c% IÏ83
- forme lunette, comme je lai exprimé par des lignes ponctuées dans la figure 2 ,
- PL 366 , qui repréfente le plan de 1 entablement & des galeries vu en-deflbus.
- Des deux morceaux de Treillage dont je viens de faire la defcription , le premier eft le plus régulier > & le fécond eft le plus riche pour la variété & la quantité des ornements dont il eft enrichi, ce que j'ai fait pour donner une idée d’un genre de décoration plus léger & moins froid que celui d’une Architecture régulière, telle que celle de là figure 1. Il faut cependant conve* nir que la décoration de la figure 2, eft fofoeptible de beaucoup de licence (comme l’enroulement des corniches, la forme des colonnes , &c.) lefquelles, dans toute autre occafion , feroient des abus , mais qu’on peut tolérer dans les ouvrages de Treillages , fùr-tout quant} ces licences ne font que dans des parties de détail, & qu’elles n’altérent pas la forme principale des mafles qui doivent toujours être régulières , comme je l’ai obfervé dans la figure 2 , qui, comme je l’ai déjà dit, eft parfaitement fomblable à la figure 1 \ tant pour les mafles du plan que de l’élévation , ainfi qu’on peut en juger par l’infpeéHon des figures des Planches 365 & 366.
- Les deux Planches fuivantes repréfentent l’élévation & les plans détaillés d’un autre Sallon en Treillage , dans la décoration duquel j’ai tâché de join- ^7^36ù; dre la richefle des ornements à la régularité de l’Architeéture.
- Ce Sallon eft d’une forme circulaire par fon plan, fig. 3 & 4 , PI. 368 1 il a 34 pieds de largeur, pris intérieurement, & 47 pieds 6 pouces extérieurement du dehors des focles qui portent les colonnes , fur 47 pieds de hauteur du nud du perron , fur lequel il eft élevé julqu au deflus des vafos ou corbeilles qui couronnent Tattique.
- Il eft décoré à l’extérieur de 16 colonnes Corinthiennes de 20 pieds de hauteur , y compris bafes & chapiteaux ; ces colonnes font ifolées Sc éloignées des pilaftres adaptés au corps de l’édifice d’environ 2 pieds un quart, & font portés , ainfi que ces derniers , par un focle de 4 pieds de hauteur y compris le parpin de defîous.
- L’entablement qui couronne les colonnes, a de hauteur le quart de ces der-^ nieres : fa corniche eft modillonnaire, & fa frife eft enrichie d’un ornement courant dans fon pourtour.
- , Au-deflus de l’entablement eft un focle qui tombe à-plomb du nud fupé-rieur des colonnes, & qui reffaute d’après chaque groupe d’environ un fixieme du diamètre fupérieur de ces dernieres.
- Au-deflus de l’entablement & de fon focle, & à la-plomb du corps qui porte les pilaftres, s’élève un attîque qui a de hauteur le tiers de l’Ordre de deflbus, y compris l’entablement & le focle de deflbus les colonnes ; cet attique eft orné de 16 pilaftres, dont les axes correlpondent à ceux des pilaftres Corinthiens : ces pilaftres, c’eft-à-dire, ceux de l’attique , font terminés en amortif* fement par leur extrémité inférieure , pour venir regagner la faillie du focle
- p.1183 - vue 154/376
-
-
-
- ïi84 L’ART DU TREILLAGE UR> Chap.UL
- mw—~ qui couronne l'Ordre Corinthien, comme on peut le voir à la figure x ,
- Planches p^68, qui repréfente le plan de cet attique vu en-deflus.
- La corniche de l’attique reliante fur chaque grouppe de pilaftre , & elle eft furmontée d'un focle qui porte des ornements & des corbeilles remplies de fleurs, qui terminent tout 1 édifice.
- Les efpaces qui relient entre les pilaftres de l'attique , font remplis par des Cadres enrichis d'ornements , dont le milieu répond au milieu de chaque entre-Colonnement de l'Ordre du bas , qui font au nombre de huit ; favoir , quatre grands , où font percés des arcades qui donnent entrée au Sallon , & quatre autres plus petits, au milieu defquels font placées des figures de marbre ou de pierre , pofées fur des Iodes de même matière.
- La diflance de ces différents entre-colonnements eft déterminée par la largeur des ouvertures, & par le nombre & l'écartement des modilîons , qu'il faut compter, non pas d'après le nud des pilaftres ni des colonnes, mais d'après la faillie du larmier modillonnaire, comme je l'ai fait à la figure 2 , qui repré* fente le plan de l'entablement vu en-deftbus , ce qui rend l'arrangement de ces différents entre-colonnements un peu difficile à faire, parce qu'il faut d'abord, après avoir déterminé la largeur extérieure du Sallon , prife au nud des pilaftres , 8c celle des principales ouvertures , faire tendre les axes des pilaftres au centre du plan, 8c prolongés au-dehors ; après quoi on cherche un diamètre,’ ou , pour mieux dire, une circonférence qui foit capable de contenir un nombre de modilîons complet, c eft-à-dire , qu'il s'en trouve un certain nombre , foit pair ou impair , depuis un des axes des entre-colonnements jufqu’aux axes des colonnes , & pareillement un nombre complet entre les axes de ces dernieres. Cette ligne de circonférence étant trouvée, elle donne le devant du larmier modillonnaire , d'après quoi on reporte en-dedans fà faillie fur le nud de l'entablement, plus le demi-diametre du fût fùpérieur des colonnes, ce qui détermine au jufte le plan de l’axe de ces dernieres, & par confé-quent leur faillie d'après le nud des pilaftres , qui, dans ce plan, fig. 2. , 3 &
- 4 , font accouplés, c’eft-à-dire , approchés auffi près l'un de l'autre que cela eft poflible, fans qu’aucunes parties de leurs bafes & de leurs chapiteaux fè pénétrent.
- Le plan intérieur de ce Sallon eft circulaire , ainfi que fon plan extérieur ,
- & dans les efpaces qui fe trouvent entre chacune de ces ouvertures , font pratiquées des ouvertures faites en forme de niches, dans lefquelles on peut placer des bancs dont la faillie ne nuife point à l’intérieur de la piece.
- Ce Sallon n’eft pas couvert, ainfi que celui repréfenté dans la Planche 3 6$ : mais il eft percé au milieu par une ouverture de 17 pieds & demi de diamètre ; le refte de fon diamètre intérieur étant racheté par une vouflure que forme une efpece d'attique qui couronne la corniche intérieure.Cet attique en vouffure met à l'abri une partie du Sallon, & lailfe en même-temps jouir de la vue
- y du
- p.1184 - vue 155/376
-
-
-
- ¥
- §ÊCT, IL Du Treillage orné en général, &C* Ii8y
- ’èu ciel, ce qui en rend l'intérieur plus agréable, & en même teftips plus éclairé*
- Ce Sallon eft élevé fur un periron de cinq marches qui régné tout au pourtour , pour aider à le faire pyramider, & encore plus pour le garantir de la trop grande humidité ; & j'ai même foppofé qu’il étoit placé à l'extrémité d’une terrafïê, Sc qu'il étoit vu de l'extérieur du jardin terminé par cette derniere* afin qu'étant ainfi élevé, il fît un meilleur effet*
- Les Salions dont je viens de faire la defcription, font très-confîdérables, tant pour le treillage proprement die, que pour les ornements de Sculpture dont je les ai enrichis à l'extérieur. Quant à leur intérieur, à ces différents ornements on peut encore y joindre les figures de marbre ou de bronze, les peintures, les dorures, les glaces, & même les eaux jailliflàntes ; & à ces ornements artificiels en ajouter de naturels, comme les fleurs, les arbriffeaux, & les plantes courantes & légères, qui difpofés artiftement, fur-tout à l’extérieur , feroient un très-bon effet en fe liant aux différentes parties de Treillages, où ils forme-roient des guirlandes qui foroient d'autant plus agréables à voir, que l'art y paroîtroît moins, ce qu’on pourroit faire, non-feulement dans les parties inférieures des Treillages, mais même dans les parties fupérieures, rien n'étant fî aîfé que de placer des caillés dans l'intérieur des focles ( ou toute autre parti© où elles ne feroient pas vifibles, ) d’où on feroit fortir des fleurs , qui, par ce moyen, pourroient fe changer ou fe renouvelier quand on le jugeroit à propos.
- A ces différents ornements, on pourroit encore joindre la mélodie tendre Sc naturelle des oifeaux, en formant des volières dans l'épaiffeur des corps de Treillages, où ces chantres du bonheur & du plaifir Tembleroient s'unir aux productions de la nature & de l’art joints enfemble.
- Ce que je viens de dire par rapport aux deux Salions repréfontés dans les Planches 365 & 367, peut & doit s'appliquer à toutes les efpeces de Treillages , & cela à raifon de leur forme & ufàge, & encore plus de la plus ou moins grande richeffe de leur décoration, & fur-tout de la dépenfe qu’on veut y faire , ce qu’on doit bien confulter avant que d'entreprendre un ouvrage de quelque nature qu'il puiffe être, afin de n’être pas obligé de le lailfer imparfait faute de fonds, comme cela arrive très-fouvent, ce qui donne lieu à tant d'ouvrages non-feulement mal faits ou peu folides, mais encore où il manque le plus fouvent des parties effentielles à l’enfemble de leurs décorations.
- En général, lorfque les ouvrages de Treillage font bien faits , & d’une déco* ration relative à leur deftination & à la place qu’ils occupent dans un jardin, on ne fàuroit nier qu'ils n'entrent pour beaucoup dans la décoration totale de ces mêmes jardins, dont ils augmentent la magnificence.
- Cependant quelqu'agréables que foient les ouvrages de Treillage, il ne faut pas les employer indifféremment dans tous les jardins ni dans toutes les parties d’un jardin, à moins que les Treillages ne s'accordent parfaitement avec & Tkejllageuk. Z 13
- .........
- Planches 367 Ôc $6Zp
- p.1185 - vue 156/376
-
-
-
- Planches 3^7 & 3<>8,
- 1186 VA R T DU T RE 1 LL AG EUR , Chap. III.
- fîtuation & décoration totale, foit pour terminer agréablement les extrémités d'une allée, ou même du jardin en général, ou pour en décorer les faces lacé* raies, fuppofé que les uns & les autres foient bornés par des murs ou autre chofe défagréable à voir ; car quand les vues ou extrémités d’un jardin ne font pas bornées , du moins d’une maniéré défagréable, il faut bien fe donner de garde d’y rien placer qui en interrompe la vue ; & fi pour Quelque raifon on vouloit y placer des Treillages, il faudroity obferver d’affez grandes ouvertures pour qu’on pût toujours, de l'intérieur d'un jardin, jouir de l’afpeél des dehors , qui, quand il eft agréable, eft préférable à tous les ouvrages de l'art, quels qu’ils puiflènt être (*).
- Je n’ entrerai pas ici dans le détail des différents ouvrages de Treillage orné, quelles que foient leurs formes & ufàges , non plus que dans celui des parties de détail des deux Salions dont je viens de faire la defcription, parce que cela devien-droit inutile, d'après ce que j'ai dit jufqu'à préfent au fujet des différentes efpeces de Treillages ; de plus, c’eft ( comme je l’ai déjà dit ) la place, & fur-tout le plus ou moins de dépenfe que l'on veut faire, qui doivent décider de la forme & de la richeffe des ouvrages de Treillage ; c'eft pourquoi au lieu des préceptes que je ne donne pas ici, qui, d'ailleurs , ne pourroient être que des à-peu-près,' je crois devoir confeiller aux jeunes Treillageurs qui veulent acquérir une con-noiffance parfaite de leur Art, (quant à ce qui concerne la théorie ) de vifiter & d’examiner avec foin les ouvrages de leur Art qui ont la réputation d’être les plus parfaits, d'en mefurer exactement toutes les dimenfions, tant générales que particulières , afin de fe rendre compte des rapports qu'on a obforvés entre les pleins & les vides de ces mêmes ouvrages. Il faut auffi qu'ils examinent fi les ouvrages qu’ils mefurent font placés de maniéré à être vus de loin ou de près; s'ils font environnés de maffes, foit d’arbres ou de bâtiments, ou s'ils font placés au milieu d’un efpace vide ou fuppofé tel, ainfi que l’air qui nous environne , parce que toutes ces confidérations ont fervi, ou du moins ont dû forvir à déterminer les formes Sc les rapports de ces ouvrages, tant dans les parties qui en forment l’enfemble , que dans celles de détail. Ce n'eft pas cependant qu’il faille regarder tous les ouvrages faits comme des modèles parfaits à imiter dans toutes leurs parties ; il faut même avouer qu'il y en a peu qui le foient ; que la plus grande partie ne doivent leur perfection qu’au hazard, & qu'il en efl même qui font abfolument mauvais ; mais il faut toujours les examiner & les mefurer tous, ne fût-ce que pour éviter de tomber dans les mêmes défauts;
- ( * ) C*cft la jouiflance des points de vue des dehors, qui fait la principale beauté des jardins. Celui de Seaux eft peut-être le plus magnifique, par rapport à ce genre de beauté, de tous les jardins de nos MaifonsRoyales, fans en excepter même celui de Marîy, qui eft cependant un lieu délicieux, mais dans lequel, malgré tous les efforts de l'opulence & de l’art réunis, on n’éprou-
- ve pas la même fenfation que dans celui da Seaux, quoique beaucoup plus fimple, & cela parce que la fîtuation & la beauté des dehors do ce dernier, deeoré par les mains de la nature f plaifent davantage que toutes les vues fuperbes 9 mais bornées, de celui de Marly, où de plus la nature femble être anéantie, ou du moins très* gênée par-tout.
- p.1186 - vue 157/376
-
-
-
- Se CT. IL Du Treillage orné en général, <§T* Î187
- . Ces défauts ne peuvent pas échapper à celui qui a déjà des connoiifanCés théoriques & pratiques de fon Art, connoiftances que je fuppofe toutes acquifes avant l’examen que je recommande ici , & fans lefquelles il feroit abfolument infructueux & même nuifible, puifqu’il ferviroit plutôt à infpirer de l’orgueil en por-* tant à l’efprit de critique , qu’à former le jugement ; au lieu qu’en faifant cet examen avec les connoiflànces requifes, on eft moins prompt à juger, & par conféquent à juger mal, & on ne juge même qu’après avoir mûrement réflé-* chi fur les raifons qui ont dû porter à choifir telle forme ou tel compartiment * & à les préférer à d’autres qui auroient peut-être auffi bien ou même mieux fait ( * ).
- Après avoir aînfl puifé dans les ouvrages déjà exécutés, toutes les connoif-fances qui peuvent fèrvir à former le jugement , relativement à fbn Art, il faut paffer à l’exécution de l’ouvrage, non pas en nature, mais en deffin^ qu’il faut d’abord faire petit, pour décider des formes principales, enfùite plus en grand, à demi-pouce, & même à pouce pour pied , pour fe rendre compte des parties de détail dont il eft bon de faire des développements à part; & quand l’ouvrage eft d’ une certaine conféquence, il faut le tracer en grand fur le mur, afin de ne rien faire au hazard, & d’être parfaitement sûr de l’effet qu’il fera lorfqu’il fera exécuté.
- Quoiqu’il foit rare qu’il y ait toujours de grands ouvrages à faire , & encore plus que tous les Ouvriers foient dans le cas de préfider à leur exécution , cela ne les difpenfe pas de faire llf études que je leur recommande ici, ne fût-ce que pour les mettre à portée d’entrer plus facilement dans les vues de ceux fous le commandement defquels ils travaillent, y ayant certains cas, fur-tout dans les Arts méchaniques, où1, pour bien obéir, il faut être en état de commander $ ou du moins de connoître les raifons qui déterminent celui qui commande.
- Section Troisième.
- Des Corbeilles de terre ; de leurs formes & conjlruclion.
- Lis ouvrages de Treillage fervent non-feulement à orner les diverfes parties des jardins, comme revêtiffements, ou comme des corps d’Archiceélure, tels que ceux dont j’ai parlé ci-devant; mais ils fervent encore à orner l’aire ou parterre de ces mêmes jardins, en entourant les compartiments des parterres foie
- (* ) Si tous ceux qui fe mêlent de critiquer les ouvrages, ( de quelque nature qu’ils foient) pre-noient les précautions que je recommande ici, on ne verroit pas tant d’apologies ou de mauvais fes critiques, faites le plus fouvent fans connoif-fance de caufe , & on ne loueroit ou on ne dé-crieroit pas fi facilement des ouvrages qu’on n’a quelquefois pas lus, ou que très-fuperficiellc-
- ment, <5c dont on ne cotinoît même pas la ma-tiere. Ce n’eft pas que de femblables apologies ou critiques falTent rien à un ouvrage , qui n en eft pas pour cela meilleur ou plus mauvais ; mais ce qui eft un grand mal, c’eft qu’elles en impo-fent aux ignorants , qui, matheureufement, for-* ment le plus grand nombre de ceux quilifeiu çes forces d’apologies ou de critiques.
- Planches 367 ôc 368,
- Planché
- 3*SU
- p.1187 - vue 158/376
-
-
-
- ïï88 VA RT DU TREILLAGE UR> Chap. III. avec des bandes ou bordures donc j’ai parlé ci-devant, page 1142 , ou avec des Corbeilles à compartiments, qu’on nomme Corbeille de terre Sc dont je vais faire la defeription.
- Il y a des Corbeilles de terre de différentes efpeces, foit pour la forme ou la grandeur ; mais leur conftruélion eft toujours à peu-près la même ainfi que leur ufage , toutes fervant également à enfermer des fleurs qu’on change quand on le juge à propos.
- Ces Corbeilles de terre font ordinairement cintrées par leur plan, folon la forme qu’on veut leur donner, ou, ce qui eft encore mieux, félon que l’exige l’enfomble du parterre dans lequel elles font placées. Il y en a de Amples & de doubles ; les Amples ne forment qu’une enceinte d’environ un pied de hauteur , Sc les doubles en ont deux, trois, & quelquefois même davantage, diftantes les unes des autres d’un à deux pieds, Sc parallèles les unes aux autres, en fui-vant toujours les contours de la première.
- Ces differentes enceintes ne font pas de niveau avec le deflus de la première; mais elles s’élèvent pyramidalement les unes au-deflus des autres , afln que les fleurs qui font placées entre, fe détachent mieux.
- Quelquefois les enceintes des corbeilles doubles font d’un contour different, comme celle repréfentée en plan, Jzg. 2, ce qui, à mon avis , fait très-bien ; parce que la differente forme des contours préfente comme autant de cafles feparées les unes des autres, ainfi que celles A% 2?, C , Dffig. 2, ce qui m’a fait choifir cette difpofition de préférence à toute autre, comme celle qui fait un meilleur effet. ^ '
- La Corbeille de terre dont je fais la defeription, Sc qui eft repréfentée en élévation , fig. 1, & en plan %fig. 2,33 pieds 6 pouces de hauteur du deflus de la fécondé enceinte , & y pieds 7 pouces du deflus du vafe qui eft placé au milieu^ ce qui n’eft pas une hauteur trop confidérable, parce que je l’ai fuppofé placé au milieu d’un boulingrin de iy à 20 pouces de profondeur, de forte qu’il nés peut pas interrompre la vue du jardin.
- La plus grande Corbeille, c’eft-à-dire, celle qui eft la plus proche de terre,4 a 14 pieds 2 pouces de longueur, fur 10 pieds 4 pouces de largeur, & 13 pouces de hauteur du deflus dé la marche ovale de gazon E F G H, fur laquelle la Corbeille eft élevée. Cette première enceinte de la Corbeille, quoique très-contournée , eft enfermée dans un ovale concentrique à la marche de gazon : elle eft compofee de quatre demi-ovales, dont les petits axes paflent par ceux du grand ovale qui l’enferme , & de quatre angles creux ou oreilles /, Z, Mp Ni kfqueis donnent naiffance à huit autres oreilles droites qui féparent ces dernieres d’avec les demi-ovales.
- Cette première Corbeille eft évafée en dehors, for fa hauteur, d’environ 6 pouces du devant de l’ouvrage, comme je l’expliquerai ci-après, en détaillant les développements de cette Corbeille.
- U
- p.1188 - vue 159/376
-
-
-
- Se CT. UL Des Corbeilles de terre ; de leurs formés & confruclion. 1189
- La fécondé enceinte a J pieds 11 pouces de longueur, fur 4 pieds 4 pouces de largeur, prife fur fes axes ; & 7 pieds J pouces de longueur, prife diagona-lement fur la ligne IN, ou fur celle LM, ce qui eft la même chofe.
- Le contour de cette fécondé enceinte eft compofé de quatre parties d’ovale , correfpondantes à celles de la première enceinte, auxquelles elles font parfaitement femblables, de maniéré qu’il forme avec ces dernieres des ovales parfaits ce qui donne les quatre caftes A, B , C, D, dont j’ai parlé ci-deflus. Les quatre angl es de cette fécondé enceinte font abattus, c’eft-à-dire, qu’ils préfentent quatre faces diagonales 15 pouces de largeur, qui correfpondent, autant qu’il eft poiïîble , avec les oreilles ou angles creux, & font difpofées de maniéré qu’il refte aftez de vuide entr elles & ces dernieres , pour y placer des fleurs , & qu’elles n’empêchent pas la vue du milieu des ovales de côté.
- Cette fécondé enceinte eft contournée fur fà hauteur, comme on peut le voir dans la figure 1, 8c chacun de fes huit angles eft orné d’une agraffe ou confole en fculpture , qui les couvre Sc qui femble les foutenir.
- Le rempliftage de cette fécondé Corbeille ou enceinte , eft beaucoup plus riche que l’autre, c’eft-à-dire, la première; ce qui eft tout naturel, parce quêtant plus élevée que cette derniere , elle eft plus en vue & moins expofee aux accidents caufés, foit par le voifinage de la tejre, ou le choc des corps étrangers. 1
- Du milieu de la fécondé enceinte s’élève une autre Corbeille en forme de vafe applati, qui fert à faire pyramider le tout. Cette derniere Corbeille ou vafè eft d’une forme ovale par fon plan: elle a 2 pieds de hauteur , & autant de largeur , prife fur fon grand axe & à fon extrémité fupérieure.
- A la place de cette derniere Corbeille , on pourroit mettre une figure, ce qui feroit très-bien ; & même dans le cas d’un jardin richement décoré , des eaux jailliflantes de peu de hauteur , comme des bouillons ou des champignons , ce qui ne pourroit que faire un effet d’autant meilleur, qu’en récréant la vue, elles procureroient beaucoup de fraîcheur aux fleurs placées dans la Corbeille.
- Une Corbeille de terre telle que celle repréfentée fig. 1 & 2 , feroit d’une très-riche exécution, & ne pourroit que très-bien faire , étant garnie de fleurs par les mains d’un Jardinier adroit & intelligent, lequel tireroit parti des diver-fes formes de ces plans, pour y diftribuer les fleurs d’une maniéré avantageufe à la forme totale de l’ouvrage, & de la maniéré dont elles pourroient être vues * c’eft ce qui m’a engagé à repréfenter la Corbeille 9fg. 1, toute garnie de fleurs , pour qu’on puiflemieux juger de l’eflFet quelle pourroit faire étant exécutée.
- Quant au plan ,fg. 2 , j’y ai repréfenté les principales maftes des bâtis qui forment les differentes enceintes de la Corbeille , afin qu’on puifte voir d’un coup d’œil la place qu’elles occupent, & leurs difpofitions refpeélives à 1 égard les unes des autres ; de plus, il étoit néceffaire de tracer le plan de ces differentes maftes de bâtis, pour me rendre compte de l’effet de chacun des plans, ce qu’on Treillageur• A 14
- Planche
- 369*
- p.1189 - vue 160/376
-
-
-
- Planche 37°. ’
- j
- )
- ii90 VA R T DU JREILLAGEU R. Chap. HT.
- eft également obligé de faire quand on vient à l’exécution de ces fortes d ou-
- vrages, comme je l'expliquerai ci-après,
- " Quelles que foient la forme Sc la richeffe des Corbeilles de terre , leur conf-truélion eft à peu-près toujours la même, & elles font toujours compofées d'un bâtis de Menuiferie difpofé pour recevoir la garniture ou rempliflàge de Treillage , comme je l'ai'déjà enfeigné ci-deflus, & qu'on peut le voir à la figure 3.
- Ces bâtis de Menuiferie ne font ordinairement que des membres de moulures diverfement profilés, & dont le contour fuit le plan de la Corbeille, Sc qui font feuilles intérieurement pour recevoir les garnitures de Treillage qy’on attache defïus , comme on peut le voir à la cymaife A , jig. 3 & 4 , laquelle fort de couronnement à la première Corbeille, dont la partie inférieure eft terminée par une plinthe B, même Figure.
- Cette plinthe porte ordinairement fur le nud de la terre, indiqué par la ligne C D ; mais il vaut beaucoup mieux la faire un peu plus large , afin qu'elle entre d'environ 2 pouces dans la terre, afin de donner plus de folidité à l'ouvrage , comme je l'ai obiervé aux deux figures 3 & 4, qui repréfentent, l'une une partie de Corbeille vue de face & de profil, Sc l'autre cette même partie de Corbeille vue en dedans Sc en coupe , pour qu'on puilfe mieux juger de fa conftruélion.
- A tous les angles delà Corbeille font placés des montants F, jig. 4, qui foutiennent les cymaifes avec lefquelles on les affemble Amplement en entaille, Vu le peu de confiftance de ces dernieres. On ne fait pas d'affomblages par le bas de ces montants, parce qu'ils pourriroient trop vite ; mais on fo contente d'entailler les plinthes à l'endroit des montants , & de les arrêter deffus avec des clous, ou avec des vis , ce qui vaut encore mieux.
- Comme ces montants font placés dans les angles^ foit faillantsou rentrants, Sc qu'ils font cintrés for leurs faces, leur conftruélion devient un peu fojette, du moins pour ceux qui n'ont pas de connoiffance dans l'Art du Trait, ce qui fembleroit exiger que je donnafle ici quelques notions de la conftruélion de ces fortes de courbes; mais comme les principes de leur conftruélion font les mêmes que ceux des fers des angles des Berceaux, dont j'ai parlé, page 1079, on pourra y avoir recours ; ou, ce qui eft encore mieux, à mon Art du Trait, Seconde Partie de mon Ouvrage, page 354.
- Les bâtis des Corbeilles de terre font feuilles pour recevoir la garniture , quand cette derniere eft double, comme aux figures 3 Sc 4 ; Sc en général à toutes les Corbeilles fimples on fait deux feuillures à la cymaife A yfig. 3 , l'une qui fort à placer les montants perpendiculaires qu'on attache d'abord deflus , & l'autre pour faire entrer les extrémités de la garniture, qui, par ce moyen, fe trouve retenue d’une maniéré fixe.
- Quant à la plinthe B , on n'y fait qu’une feuillure, dans laquelle fe placent Bc s'arrêtent d'abord les montants perpendiculaires, Sc enfoite la garniture à 1 ordinaire.
- p.1190 - vue 161/376
-
-
-
- Se CT, III. Des Corbeilles de terre ; de leurs formes & conjlrucüon. 1191
- Quant aux montants des angles, on ny fait pas de feuillures , mais Amplement des rainures peu profondes, dans lefquelles on fait entrer les extrémités de la garniture.
- Les montants perpendiculaires de la garniture doivent être un peu épais, pour donner plus de confiftance à fouvrage, & que l’épaiffeur de la joue des rainures des montants d’angles , qui doit être égale à celle des montants perpendiculaires, foit un peu plus forte. ,
- Quand on veut donner plus de folidité à fouvrage, on y met de diftance en diftance ( comme, par exemple , de 3 en 3 pieds dans les parties droites, &de 2 en 2 dans les parties cintrées,) des bandes de fer çTime forme parfaitement fembiable aux montants perpendiculaires de rempMâge, ce qui folidifie fouvrage , & lui alfure une forme confiante.
- Les cerces qui compofent les bâtis des Corbeilles de terre, ne peuvent pas être d’une feule piece, tant par rapport à la grandeur des parties cintrées, que par rapport au bois tranché, qu’il faut éviter autant qu’il eft poffible, ce quî oblige à les faire de plusieurs pièces , qu’on affembleles unes avec les autres ài traits de Jupiter , du moins autant qu’on peut le faire , ainfi que je fai enfeignJ page 1175 5 cependant quand le trop peu de groffeur des pièces, ou la forme de leurs profils , empêcheront de les affembler ainfi , on fe conte n ce ra de les joindre en flûte ou habillure, en obfervant toutefois d’y faire un ravalement à chaque piece , pour conferver un peu d’épaiffeur à l’extrémité du joint, ce qui rend la piece plus folide, fur-tout quand fon extrémité eft à bois tranché, comme cela arrive à toutes les pièces cintrées.
- En faifant les ravalements de ces joints, il faut faire en forte que leur profondeur foit égale à celle de quelques-uns des membres du profil de la piece, comme je fai obfervé aux figures 7, 8, 9 & 10 , parce qu’alors ces joints deviennent beaucoup plus propres, mais encore plus fbiides , en ce qu’ils préfentenc moins de parties aiguës, & par conféquent fujettes à s’éclatter 8c à pourrir plus vite ; & fi fon vouloit donner à ces fortes de joints toute la folidité poffible , ce feroit de les couvrir d’une ou deux bonnes couches de peinture à l’huile avant de les affembler, en obfervant de mettre la fécondé couche avant que la première fût parfaitement feche, pour la conferver dans un état de molleffe qui l’empêchât de prendre corps avec le bois, avant que les deux parties du joint, ainfi imprimées, fufîent réunies enfemble , ce qu’il faudrait faire avant que la fécondé couche de peinture fût feche : au moyen de cette précaution on affine la durée de fouvrage , en folidifiant les joints des courbes auxquels la peinture fert de colle , ce qui les empêche de s’ouvrir à f air ; & quand cela arriverait, l’eau qui s’y introduirait, ne pourroit y faire aucun tort, parce qu’elle trouveroit tous les pores du bois bouchés & occupés par la peinture. On pourroit même prendre la même précaution pour tous les joints , & même les affemblages des bâtis de Treillages, qui étant ainfi couverts de peinture , feroient moins fujets
- Planche , 37°*
- p.1191 - vue 162/376
-
-
-
- Planche 3 7°*
- ïr^2 VA R T DU TREI LIAGE U R, Chap. III.
- à reffentir les mauvais effets de rhumidité, 8c même de la chaleur, qui, ainfi que cette derniere, s’introduit dâns les pores du bois 8c en défunit les parties en les refîerrant les unes fur les autres, ce qui donne a 1 humidité une entree beaucoup plus libre, & par confisquent accéléré la deftruélion totale du bois , qui, alors, fe pourrit bien promptement. y
- Ce que je viens de dire par rapport aux courbes des Corbeilles de terre , peut 8c doit s'appliquer à toutes les autres courbes des Treillages, de quelque nature qu’elles puiffent être, 8c même en général à toutes les parties des ouvrages de cet Art, qui ne font durables qu’autant qu’on apporte beaucoup de foins à leur conferyation, foit lors de leur conftruction, foit quand ils font entièrement finis.
- Les Corbeilles de terre s’arrêtent en place avec des racineaux qu'on enfonce en terre , & dont l’extrémité fupérieure s’arrête contre la partie intérieure de la
- i
- plinthe , comme je l’ai déjà dit en parlant des bandes de parterre, page 042 ; & pour que ces derniers les foutiennent mieux , on feroit très-bien d'y faire des çntailles à environ la moitié de leur épaiffeur, comme à celui F, fig. 3 , fur lesquelles pafferoient les plinthes de la Corbeille, comme on peut le voir dans cette figure.
- Cette maniéré de difpofer les racineaux , n’a d’autres difficultés que la fojétion qu’il y a de les pofer avant la Corbeille, ce qui demande beaucoup de juftefle pour les bien pofer à leur place, fur-tout dans les angles, à quoi on pourroic remédier en fcélanc les racineaux fur un petit maffif de maçonnerie , au lieu de les enfoncer en terre à coup de maffe, ce qui lèroit beaucoup plus folide , 8c leveroit toute efpece de difficulté, parce qu’alors on pourroit attacher les racineaux avec la Corbeille avant que de pofer cette derniere , 8c les fcéler enfuite.
- Il faut mettre des racineaux à tous les angles des Corbeilles de terre , & avoir foin que leurs entailles fuivent bien exactement la forme de ces angles, afin qu’étant attachés fur les pièces qui les forment, ils les maintiennent dans leur état primitif, ainfi que je l’ai obfervé à la figure 6»
- La figure 1 repréfente la coupe des bâtis de la fécondé enceinte de la Corbeille de terre repréfentée fig. 1 ê 2 ^ PL 369 > & une partie de ces mêmes bâtis vus de face 8c par-derriere , pour qu’on puiffe mieux juger de leur forme;
- Cette fécondé enceinte , élevée d’environ un pied au-deffus de la première , cil portée par des racineaux GH 8c IL, qui ne different de ceux de la première enceinte que par la longueur & la groffeur, 8c qu’il efl bonde les foéler au lieu de les enfoncer, quoiqu’ils foient difpofés de cette maniéré dans les figures de cette Planche. Ces racineaux ne paffent pas le deffus du fécond membre de moulure du bas, afin de ne pas préfenter de maffe apparente, 8c ils font remplacés par des montants de fer M, N, O, P, qui foutiennent l’enfemble des bâtis, 8c dont le peu de capacité ne peut pas faire un mauvais effet au travers des rempliffag es de la Corbeille, fuppofo même qu’on ne pût pas les cacher derrière, foit en tout ou en partie. Quoique
- p.1192 - vue 163/376
-
-
-
- $ECT. IIÏ. Des Corbeilles de terres de leurs formes & coûjlruBiôri. t Quoique des montants de fer foient très-folides pour entretenir les bâtis de
- cette Corbeille, il faut cependant, fur-tout dans le cas où elle feitoit cintrée ?LANcm
- . Il0*
- fur l’élévation, ainfi que celle-ci, il faut, dis je, avoir foin d’y mettre de dif-
- tance en diftance des cerces de fer qui en fuivent le contour, & qu’on attache fur les moulures horizontales qui forment les bâtis* Ces cerces peuvent fe dif* pofèr de deux façons différentes, foit en les plaçant derrière les garnitures de la Corbeille, ou en les failànt femblables à ces dernières pour la forme extérieure, comme elles doivent l’être pour le contour.
- Quant aux bâtis de cette derniere Corbeille, il faut, lôrfqu’ils ne forment pas quelques membres de moulure apparents, ainli que celui R, fig, i, il faut, dis-je, qu’ils foient le moins gros poflible, afin de ne pas préfenter de trop grandes maffes, qui font toujours mal lorlqu’elies paroiffent au travers des compartiments de Treillage. Quant aux autres, qui font membres de moulures, comme ceux QSSzT, leur largeur, ou , pour mieux dire, leur hauteur eft déterminée par le profil de l’ouvrage, à quoi on ajoute feulement ce qui eft néceffaire pour appuyer ou pour porter les garnitures de Treillage, comme on peut le voir dans cette figure ; & quand leur hauteur eft très-petite, comme cela arrive quelquefois, on les fait le plus larges qu’il eft poffibie, afin de leur donner plus de force.
- Comme cette fécondé enceinte s’élève beaucoup au-deflus de la première, qu’il faut qu elle foit remplie de terre, au moins jufqu’au-deflus de la piece S9 fig. I, & même 3 à 4 pouces au-deffus, on garnit tout l’intérieur avec des planches qui s’attachent fur les racineaux, & qui defeendent jufqu’à environ au-deflus de la première enceinte, comme je l’ai indiqué par des lignes a9 b 9 c 9 fig* r* ^es penches ainfi dilpofées, forment une efpece de caiffe qui retient la terre de la fécondé enceinte, fans pour cela empêcher qu’elle ne communique par-deflous avec la première, & n’y porte le fuperflu de fon humidité.
- La figure 2 repréfente la coupe & l’élévation, (la moitié prife pour le tout,) des bâtis de l’elpece de vafe qui termine le milieu de la Corbeille de terre ,fig.
- X & 2 9 PL 369. Ces bâtis forment autant de cerces ovales, dont le profil eft dilpofé en raifon du galbe ou contour de ce vafe, & qu’il a été par conféquent néceflaire pour recevoir & y adapter les garnitures de Treillages.
- Le fond du vafe eft terminé par un morceau de bois plein, qui lui-même eft foutenu par un montant de a à 3 pouces de gros, qui porte fur le plateau Ü, qui foutient le tout, & fur lequel le vafe eft fortement arrêté*
- Le plateau eft foutenu par quatre poteaux ou racineaux qui font fcélés en terre, ainfi que les autres dont j’ai parlé ci-devant, & doivent être affez gros pour ne pas pourrir trop promptement.
- Il faut, en générai, que toutes les parties qui compofent le vafe, fig% % $
- (fu rtout les inférieures) foient très - lolides, parce qu’il doit fùpporter & Treellageur. B14
- 'i
- p.1193 - vue 164/376
-
-
-
- Planche
- 370.
- /
- H94 VA R T DU TREILLAGEUR, Chap. HL contenir un autre vafe foit de-terre ou de plomb, qui monte jufqu’à environ la ligne efySc dans lequel on met de la terre & des fleurs.
- Pour que le va fefig* a, ait toute la folidité poflible, il eftbon aufli d’y mettre au moins quatre lames de fer qui en fui vent exaéiement tous les contours , foit 'que ces lames foient placées derrière les garnitures de Treillage , ou qu elles *en faffent partie, ainfi que je l’ai dit plus haut.
- Quant aux parties de détail de ce vafe, je n en parlerai pas ici, non plus que de celles de rempliflàge ou des garnitures du refte de la Corbeille , parce que ces differentes parties feront traitées avec plus d’étendue dans la Seétion fuivante.’
- On fait des Corbeilles de terre de toutes fortes de grandeurs , foit qu elles foient Amples, doubles, & même triples , comme celle-ci. La forme du contour de leur plan eft aufli allez arbitraire, du moins quant à ce qui eft relatif à leur conftruétion ; car elle doit être en rapport avec la place qu elle occupe dans un jardin , & avec les parties qui l’avoifinent, comme je l’ai dit plus haut. Cependant quelle que foit cette forme, il faut toujours que les contours en foient doux & coulants , que les parties qui forment l’enfemble du plan foient en rapport les unes avec les autres, & fur-tout qu’elles ne foient pas trop petites, comparaifon faite entr’elles & avec le tout.
- Il faut aufli avoir grand foin , en traçant le plan de ces fortes d’ouvrages, de prendre garde lî les contours intérieurs feront aufli bien que les contours extérieurs ; ce qui n’arrive pas toujours, comme on peut le voir à la figure 6, dont le contour extérieur, qui eft celui de la cymaife, fait très-bien, pendant que l’intérieur, qui eft celui de la plinthe, fait moins bien ; & cela parce que le centre de la partie ronde qui pafle au nud de la ligne g A,fig. 6, fo trouve trop en dedans de l’angle i du plan intérieur, ce qui oblige à terminer la partie ronde de ce plan, par une ligne droite i /, ce qui non-feulement rend l’exécution de l’ouvrage plus difficile à faire , mais encore fait un mauvais effet ; ce qui eft cependant moins mal que fi on continuoit l’arc de cercle de l à m.
- L’oreille ou angle creux de cette figure , eft dans le même cas que la partie ^ ronde, ceft-à-dire , quelle fait bien aux contours extérieurs, & mal aux contours intérieurs, parce que fon centre qui eft en n, eft trop éloigné du contour intérieur , ce qui le rend trop plat.
- Pour remédier à ces différents inconvénients, Sc for-tout dans le cas d’une Corbeille fimple, il faut reporter le centre de la partie ronde, fig. y, au-devant de l’angle du contour intérieur, for la ligne op, & celui de l’oreille de r en q, ce qui donne plus de grâce à ces differents contours, foppofé toutefois qu’on putfle le faire, & qu’on ne foit pas gêné par celui de l’enceinte intérieure de la Corbeille , lorfque cette derniere eft double, comme cela m’eft arrivé dans la dit tribution du plan de celle repréfèntée fig. 2, PL 3 69; parce qu’alors on eft obligé de fàcrifier les parties de détail à l’enfemble de l’ouvrage, ce qu’on ne doit faire qu après y avoir bien réfléchi, & avoir effayé de différentes formes
- p.1194 - vue 165/376
-
-
-
- Se CT. IV. Des Ornements de Treillages en gênerai, ll9 $
- Sc moyens pour juger de ce qu’il fera le plus convenable de faire pour donner à -fà compofition toute la perfection dont elle peut être fufceptible, Sc toujours autant que cela pourra fe faire fan s rien altérer de la folidité de la conftruétion , qu’on doit toujours préférer à la beauté de l’ouvrage.
- Section Quatrième.
- Des Ornements de Treillages en général, & de leurs différentes efpeces.
- Les ornements de Treillages dont je vais traiter ici, font de plufieurs efpeces ; îàvoir, ceux qui font Amplement formés par des lignes droites ou courbes, mais parallèles entr’elles, tels que les compartiments de toutes fortes, & ceux qui font découpés Sc galbés d’une certaine maniéré, de forte qu’ils repréfehtent, ou, pour parler plus jufte , imitent les ornements de Sculpture, comme ceux de moulures, les fleurs , les guirlandes, &c.
- Je ne parlerai pas ici de la première de ces deux efpeces d’ornements, du moins quant à la théorie, parce que j’ai traité cette matière avec aflfez d’étendue au commencement de cette Partie de mon Ouvrage , page 1097, où à la théorie des compartiments, j’ai joint plufieurs exemples de ces mêmes compartiments , d’après lefquels on peut en compofer d’autres plus ou moins riches , félon qu’on le jugera à propos, Sc que l’enfemble de l’ouvrage pourra le permettre.
- Tout ce que je puis dire ici, c’efl: que dans le cas des ouvrages de confé-* quence, on peut augmenter la richefle des compartiments, en y ajoutant quelquefois des ornements de la fécondé efpece, comme des fleurons, des rofàces, &c.
- On peut encore augmenter la richefle des compartiments, en employant alternativement dans leur compofition, des lignes droites Sc des lignes courbes, & en y faifant entrer quelquefois des cadres de menuifèrie, Sc même des ornements de Sculpture, comme de grandes rofàces, des trophées, &c.
- La perfeélion dans la main-d’œuvre augmente aufli la richeffe de l’ouvrage ; c’eft pourquoi on feroit très-bien , dans le cas d’un ouvrage de conféquence , de dreffer Sc de corroyer à la varlope toutes les pièces qui fervent à former les compartiments droits, ce qui les rendroic beaucoup plus réguliers. On pour-roit même entailler les échalats avec les lattes, à moitié de leur épaiffèur, dé maniéré qu’ils affleurent les uns avec les autres, ce qui feroit un très-bon effet, mais ce qui rendroit l’ouvrage d’une exécution très-fujette, & par conféquent plus longue & plus coûteufe.
- Il faut cependant faire attention qu’en entaillant aînfi les pièces qui forment les compartiments des Treillages , on en diminue la force, ce qu’il faut abfolu-ment éviter dans des ouvrages où les compartiments forment eux-mêmes le
- Planche
- 370.
- r
- ?
- p.1195 - vue 166/376
-
-
-
- Planche - 57°»
- Planche
- 37l«
- irp5 L’ART DU T REï LLAGEU R, Chap. IIÎ. corps du Treillage ; mais à ceux où les compartiments font portés par des bâtis de Menuiferie , dont ils ne forment que les panneaux , il n’y a aucun danger de les faire de cette maniéré , c’efl-à-dire , d’entailler les pièces qui forment les compartiments , à condition toutefois quelles auront au moins 6 lignes d’épaifo four, & qu’on aura la précaution d’enduire les entailles de peinture avant que d’aflembler les pièces les unes avec les antres. .
- Quant aux ornements de la fécondé elpeee, qui imitent les ouvrages de Sculpture , je vais les détailler autant qu’il fora néceflaire pour bien faire entendre cette partie de l’Art du Treillageur, qui eft celle qui demande le plus de génie & d’adrefle, du moins quant à ce qui concerne l’exécution de l’ouvrage.
- §, I. Des Ornements des moulures de Treillage en général, & de leur conjïraction.
- L es moulures, abftraélion faite de celles qui font droites & plates, comme les larmiers , les lifteaux, &c. font de trois elpeces ; fovoir, les rondes ou convexes A 9fig. i, les creufes B >fig. 4, & les mixtes C & D 9fig. 7 & 10. (*)
- Dans les ouvrages d’Architeéture, dont toutes les parties font & doivent être pleines & folides, tant de fait qu’en apparence, les moulures de ces mêmes ouvrages peuvent refler pleines & lifles, fins aucune elpece d’ornement à leur furface , comme les profils A, B , C & D 9fig. 1,4,7 <§ 10. Dans les ouvrages de Treillage, au contraire, dont toutes les parties doivent être percées à jour , ( à moins quelles ne foient abfolument trop petites,) les moulures ne peuvent pas être pleines ; de forte que quelque fimples qu’on veuille les faire, elles paroiflent toujours un peu ornées par rapport aux compartiments que forment les parties qui les compofont.
- En général, les moulures de Treillage font compofées de parties droites ou courbes , dilpofées en différents fons, ou de parties découpées qui imitent des ornements de Sculpture. Dans l’un ou l’autre cas y on ne peut rien décider touchant la grandeur & la forme des pièces qui compofont le remplillàge des moulures , fons avoir auparavant tracé à part le développement de c es mêmes moulures , ce qui fo fait en divifont leurs pourtours, c eft-à-dire, celui de leur profil, en un nombre de parties égales, les plus petites poffibles, & en les reportant enfoite fur une ligne droite, comme de a à b, fig. 1, ce qui donne le développement de la forface du quart de rond A, meme figure. Le profil A étant auffi divifo, ainfi que fon développement, on-trace par chaque point de divifion autant de lignes parallèles qui forvent à déterminer la forme des pièces de rempliflàge des moulures : comme' la diftance a b, fig. 1, en a donné la
- < * ) Je n’entrerai pas ici dans un plus grand détail touchant le genre, la forme & la divifion des différentes efpcces de moulures, ainfi <iue de leur conftruétion géométrique 3 parce qu® j’ai traité ce fujet avec aflez d'étendue au
- commencement de la première Partie de mon Ouvrage ; & que de plus cette defeription détaillée des moulures n’efi pas néceflaire ici, où il n’efi queftion que de leurs ornements > de. de la maniéré de les confiruire en Treillage.
- longueur,
- p.1196 - vue 167/376
-
-
-
- Sect.IV. §. L Des Ornements des moulures de Treillages , &c. I îp7 longueur, prife des angles c 9d9 du quarc de rond Ay figm i : ces lignes parallèles fervent auffi à déterminer la courbure des pièces de Fangle du profil , ce qui efl général pour toutes fortes de profils, & qui fe fait de la maniéré foivante.
- Les lignes parallèles provenantes des points de divifion du profil A, étant tracées Sc prolongées jufqu’au profil d'angle , même figure, des points e ,f, g 9 h9 i Sc l9 où ils coupent la courbe de ce profil, Sc de ceux d Sc m , qui en font les extrémités, on abaiffe autant de perpendiculaires à la furface développée, Sc on les prolonge jufqu’à ce quelles rencontrent les parallèles de cette derniere, qui font correfpondantes à celles du profil, d’après iefquelles on a abaiffe les perpendiculaires d 19 e 2 ,f 3 9 Scc, ce qui donne la courbe 1,2, 3, 4, 5 , Sec. laquelle n’efl; autre ebofe que le développement de l’angle du profil, fig. 1.
- Quand le profil efl: creux, comme celui fig, 4, on fait toujours la même opération pour avoir la courbure développée de l’angle du profil, comme on peut le voir aux figures 4 Sc 7, Sc à leur développement placé au-deffous , ainfi qu’à toutes les autres figures de cette Planche, ce qui n’a pas befoin , je crois, d’une plus grande explication.
- Ce que je viens de dire touchant le développement des angles des moulures , n’efl applicable qu’autant que le plan de ces mêmes angles efl quatre ; car quand il efl: aigu ou obtus, l’opération, quoique la même, efl plus com* pliquée, parce qu’il faut d’abord tracer en plan ces angles, ainfi que les di-yifions provenantes & abaiffées du profil A de l’élévation ; puis de chaque point où ces lignes de divifion du plan rencontrent Fangle aigu ou obtus, on éleve autant dej perpendiculaires à Félévation, où leur rencontre avec les lignes parallèles de cette derniere, donne la courbure de Fangle du profil ; après quoi on a cette ccurbure for la fiirface développée , comme je viens de l’enfoigner ci-deffus, c’eft-à-dire , qu’on abaiffe de Fangle du profil des perpendiculaires à fa furface développée , &c.
- Les rempliffages Amples fe font ordinairement avec de petits bouts de lattes minces Sc parallèles, qu’on fait ployer félon la forme du profil, ainfi que je Fai enfeigné ci-devant, page 1116. Ces rempliflages Amples fo difpofent ordinairement inclinés à la bafo du profil d’environ 4 y degrés, ou d’onglet, ce qui efl: la même chofe. Cette pente fur le profil n’efl: plus la même for la for-face développée , comme on peut le voir à la figure r , parce que le développement efl: beaucoup plus large que n’efl le profil vu de face, & que les distances de longueur font toujours les mêmes ; c’efl pourquoi on doit avoir attention , après avoir déterminé la pente des rempliffages fur l’élévation, d’abaiffer des lignes perpendiculaires , ainfi que celles n p Sc 0 q , for la furface dévelop* pée, ce qui donne au jufle la longueur Sc la pente des lattes avec Iefquelles on veut remplir le membre de moulure , fig. 1.
- Treillageur* C 14
- Planches 37l-
- p.1197 - vue 168/376
-
-
-
- ïtÿS L'ART DU TREILLAGEUR, Chap. III.
- Il faut prendre garde que , lorfque les lattes font droites ainfi développées , elles paroifîent courbes fur l’élévation , ou elles forment une moitié d helice qui paroîtroit toute entière, fi la moulure étoit un demi-cercle au lieu d etre un quart de rond, ce qui, je crois, na pas befoin de démonftration.
- Dans ce dernier cas , un membre de moulure ainfi difpofé , s’appelle retors % du moins c’eft ainfi que les Treillageurs le nomment. Ce retors eft fimple quand les lattes ou frifage qui le forment, ne font difpofées que d’un fens , comme à la figure i, ( la moitié prife pourle tout ) ; & quand elles le font de deux fens, c’eft-à-dire, quelles fe croifent Tune fur l’autre , on dit que ceft un retors double•
- Quant à la courbure des parties d’hélices, on la trace fur l’élévation par le moyen des lignes perpendiculaires élevées de deflits le développement'de la moulure, comme on peut le voir dans cette figure.
- Si on vouloit que les lattes de remplilfage parurent droites dans le profil vu horizontalement, comme , par exemple, à la figure 2, on opéreroit à l’inverfe de la figure 1, c’eft-à-dire , qu’on commenceroit par tracer les lattes droites fur l’élévation , fig. 2 , puis on abailferoit des perpendiculaires fur L'élévation développée , meme figure , par le moyen defquelles on aurait la courbure de$ lattes , & leur longueur naturelle.
- On difpofe quelquefois les lattes perpendiculairement à la bafe de la mou^ lure, comme à la fig. 7, ce qui ne fait pas mal, fi ce n’eft dans les angles , fbit rentrants ou faillants , ou ils lailfent de trop grands vuides, qu’on eft alors obligé de remplir par une efpece de feuille d’ornement, comme je l’ai obfervé dans cette figure &.dans fon développement.
- Pour remédier à cette efpece d’inconvénient, il y a des Treillageurs qui difpofent les lattes du milieu d’un membre de moulure prefque droites, c’eft-à-dire , perpendiculairement à leur bafe, & qui les inclinent peu-à peu jufqu’à ce qu’elles foient parallèles aux angles du profil, comme aux figures 1 & 4, ce qui fait un alfez bon effet. .
- Ce que je viens de dire au fujet des rempiiflàges fimples, eft applicable à tous les autres rempliffages de moulures, quelle qu’en foit la forme, tant pour en avoir les contours que le développement ; c’eft pourquoi je ne m’étendrai pas davantage à ce fujet.
- Les autres figures de cette Planche repréfèntent différentes fortes d’orne-; ments propres à remplir les membres des moulures des ouvrages de Treillage , qui, toutes, font développées au-deflbus de leur élévation, pour qu’on puiftè mieux juger de leurs formes, & ce qui étoit de plus néceffaire pour les deffiner juftes fur les élévations, à quoi je fuis parvenu avec le fecours des lignes horizontales tracées au travers de toutes les moulures & de leur développement,
- qui font, comme on peut le voir, cotées des mêmes chiffres fur les unes que fur les autres.
- p.1198 - vue 169/376
-
-
-
- Sect. IV. §. I. Des Ornements des moulures de Treillages , &c. ïlpp
- La Figure 2 repré fente une efpece de rempliflàge compofé en partie de tapLANCHE montants ou lifteaux droits, entremêlés alternativement de feuilles d’une forme . , 37 im
- très-fimple & très-peu contournée. Cette efpece d’ornement peut également fervir aux moulures creufes & aux moulures rondes*
- La Figure 3 repréfente des ornements nommés oves. Il y en a de plus ou moins riches ; mais c’eft Felpece d’ornement qui convient le mieux aux moulures rondes , c’eft-à-dire , aux quarts de rond.
- La Figure ÿ reprélente un ornement nommé à caneaux. On entremêle quelquefois ces caneaux de feuilles d’eau ou d’autres feuilles fimples ; quelquefois même on y met des feuilles de refend & des ronds, qui femblent lier ces carreaux les uns avec les autres , comme à la figure 11, dont le profil eft une doucine, où ces fortes d’ornements font moins bien qu’aux moulures creufes.
- . La Figure 6 repréfente un ornement nommé à entrelacs avec des rofes. Ces ornements , quoique deftinés particuliérement aux moulures creufes , font encore très-bien aux demi-rondes.
- La Figure 8 repréfente un ornement nommé rais de cœur. Il eft particuliérement affeété aux talons, ainfi que celui repréfenté fig. p, qu’on nomme trcjJU à jleurons.
- Les Figures xo 8c 12, repréfentent des ornements en feuilles, qui ne different les uns des autres que par le travail de ces mêmes feuilles, qui font Amplement contournées dans la figure 10, & qui font détaillées dans la figure 12.
- Ce genre d’ornement eft celui qui convient le mieux aux doucines, quoiqu’on puiffe l’employer à d’autres moulures, où il fait également bien.
- Il fe fait encore d’autres ornements de moulures : mais ceux là font les plus «fîtes • c’eft pourquoi je me contenterai des exemples que je viens de donner dans cette Planche, mon principal objet n’étant pas de donner des exemples de tous les différents genres d’ornements, mais plutôt d’enfeigner à les bien difo pofer & à les conftruire.
- En général, il faut que les ornements des moulures foient d’une richefle «relative à celle de l’ouvrage où on les emploie, qu’ils foient difpofés de maniéré qu’ils préfentent toujours un milieu à chaque partie de moulure, & qu’ils foient difpofés à l’à-plomb les uns des autres, quand il y a plufieurs membres de moulures ornés dans une corniche; il faut aufïi qu’il s’en trouve toujours un dontl’axe enfile celui des modifions ou des denticules, & fur-tout des colonnes & des principales parties d’un édifice, ce qui n’eft pas difficile à faire, mais ce qui exige beaucoup de foins de la part de l’Artifte , foit pour tracer les différents plans d’une corniche, foit pour en faire les divifions félon les réglés que je prefcris ici.
- En affujétifîant ainfi les ornements à une certaine diftance donnée , il arrive ( quelquefois qu’on eft obligé de diminuer la largeur des uns , Sc d augmenter celle des autres, ce qui rend l’ouvrage un peu plus fojet à faire , mais ce dont on ne peut pas fe difpenfer, quand on veut donner à fon ouvrage ce degré de
- r
- p.1199 - vue 170/376
-
-
-
- Planche
- 572.
- Ï2C0 L'ART DU TRE1LLAGËUR, Chap. III.
- perfeélion , qui, au premier coup d'œil, fait diflinguer l'Artifte habile d'avec l’Ouvrier purement méchanique, qui ne fuit d'autre réglé que celle d'un long ufage.
- s Quand on fait choix des ornements, on les trace & on les découpe, comme je l'ai enfeigné ci-deflus, page 1123 6fuiv. du moins pour ceux d'une moyenne grandeur; car pour les grands, comme, par exemple, la feuille de chapiteau ^ fig* 1 <& 2, ou toute autre feuille d'ornement d'une certaine grandeur, quoiqu'on les découpe de la même maniéré que les premiers, ils font fufoep-tibles d'un plus grand travail, comme on va le voir ci-après.
- ' Aux grandes feuilles d'ornements, comme celle repréfentée fig. r, la côte a b, fe rapporte tant pour donner de la grâce à la feuille, que pour en augmenter la folidité ; cette côte fuit le contour de la feuille , Sc on a là longueur, ainfi que celle de cette derniere, en développant le profil, fig. 2 , fur une ligne droite à -l'ordinaire, comme l'indiquent les lignes parallèles des figures 1,2 & 3, en obfervant toutefois que ces divifions parallèles doivent être prifes fépa-i rement fur Le devant de la feuille <& fur celui de la côte, afin qu'elles fo ren-î contrent juftes les unes avec les autres, Sc que par confisquent la longueur extérieure de la côte, lorfqu'elle eft ployée, foit égale avec la longueur intérieure de la feuille aufli ployée , & fur laquelle elle doit être appliquée , ce qui fait que la côte & la feuille font d’inégale longueur lorfqu'eiles font développées for une ligne droite , comme on peut le voir aux figures 3 Sc 4.
- Quand le revers ou la retombée d'une feuille d'ornement eft très-coniï-dérable, comme dans la figure 2 , il n'efl: pas abfolument nécefiàire que la côte fuive tout le contour de la feuille, ainfi que je l'ai obfervé dans cette figure, parce qu'elle 11e peut pas être apparente, & qu’il n'efl: pas fort aifé de lui faire foivre ce contour, ou du moins de l'arrêter avec la feuille* cependant il eft bon de la prolonger en longueur le plus qu'il eft pofîible, parce que quand elle eft arrêtée avec la feuille, elle en entretient le galbe, en l’empêchant de fe redrefler, ce qui eft tout naturel, parce qu'étant plus courte que cette derniere, elle doit l'empêcher de fe redrefler lorfqu'eiles font arrêtées enfemble , & qu’elles s'affleurent par leur extrémité , ce qui ne peut être qu'en les faifant ployer l'une Sc l'autre. Quant à la largeur & à la forme de la côte , elles font données par le deffin , ainfi qu'à la figure r. On y forme des tailles ou nervures avec le burin Sc la gouge, fig. 6, 7, 8 Sc $ , dont je parlerai ci-après.
- Quand la côte eft dilpofée, ainfi que la feuille d'ornement fur laquelle on veut l'appliquer, après avoir galbé l'une Sc l'autre, on commence par les arrêter enfemble par l'extrémité fupérieure, qui eft la plus difficile à attacher, fui> tout dans le cas où une feuille a beaucoup de galbe, comme aux figures 1 & 2," où on eft obligé de redrefler la feuille & la côte pour pofer les premiers clous ; ce qui étant fait, on reploye la feuille d’ornement, Sc par confisquent la côte
- avec,
- p.1200 - vue 171/376
-
-
-
- Sect. IV. §. I. Des Ornements des moulures de Treillage , &c. Ilot avec elle, puis on les arrête à leur extrémité inférieure, & après dans le relie de s leur longueur, en commençant toujours du haut en bas , afin de mieux con-ferver leur forme.
- Ces côtes s’attachent avec des clous d’épingles courts, dont la tête ell un peu large , & on les rive ou reploie par derrière pour empêcher qu’ils ne fe retirent , comme je l’ai expliqué plus haut, page 113 6.
- Les grandes feuilles d’ornement fe conftruilènt ordinairement avec du bois de boiffellerie , qu’on découpe félon la forme donnée >fig* 1 , ainfi que le repréfente la figure 3 5 cependant comme la feuillefig. I, préfente plufieurs maffes de feuilles qui paffent les unes fur les autres, il feroit néceflâire que la feuille , fig. 4, fût coinpofée d’autant de pièces qu’il y a de mallès de feuilles, (ainfi que je l’ai indiqué par des lignes ponéluées) , lefquelles recouvriroient les unes fut, les autres, & feroient toutes attachées fur la principale piece, c’eft-à-dire , celle qui monte de fond & qui porte la côte, laquelle pourroit recouvrir fur les pièces de rapport, & en cacher les joints, du moins en partie.
- Des feuilles d’ornement ainfi conflruites, deviendroient d’une exécution un peu difficile ; mais elles feroient très-bien, 8c approcheroient davantage de celles de Sculpture quelles imitent»
- De quelque maniéré qu’on dilpofe les feuilles ou toute autre partie d’orne-#' ment de Treillage , il faut, d’après la longueur donnée par la fiirface développée de ces mêmes ornements, y augmenter une queue ou tenon A B, figi 3, pour les attacher en place, & cela par les deux bouts, quand il n’y en aum pas un reployé fur le nud de l’ouvrage, comme auxfig. x & 2*
- Et quand ils feront comme ceux-ci en faillie d’un bout, Sc que cette faillie 8c le galbe de la feuille feront confidérables, comme dans ces figures, on fera très-bien d’y mettre des liens de fil de fer, comme de c à d9fig* %, afin que la feuille conlerve toujours le galbe qu’on lui a donné : le même lien de fil de fer peut être continué de d en e, qui repréfente le nud de l’ouvrage , pour retenir la feuille avec ce dernier, 8c empêcher quelle ne retombe trop en devant.
- Si on craignoit que la feuille ne fe redreffât de d en e, au lieu de fil à coudre on prendroit de gros fil de fer pour faire le lien dont je viens de parler , afin qu’il pût mieux réfifter à l’effort que feroit la feuille pour fe redreflèr, & qu’il fervît en même temps à en retenir la retombée.
- Les ornements dont je viens de parler, ne peuvent guere imiter ceux de Sculpture que par leurs contours, vu le peu d’épaiffeur des matières qu’on emploie à faire les ornements de Treillage, qui font fuppofés n’avoir aucune efpece de faillie , du moins lorfqu’ils font vus de loin, ce qui, au relie, ne fait pas mal dans les parties d’une médiocre grandeur ; mais à ceux qui préfèntent de grandes malles, il faut non-feulement les faire de plufieurs morceaux, comme je viens de le dire ci-deffus, mais encore les faire de morceaux allez épais pour Trejllageur. D 14
- h.. ..
- Planche 27 a.
- p.1201 - vue 172/376
-
-
-
- L- ."=.1
- Planche
- 572.
- t204 L’ART DU TREILLAGEVR, Chap. III. qu’on puiflè y indiquer les finuofités des feuilles, les arêtes des côtes , Scc, loit avec la gouge ou avec le burin.
- Ce dernier, repréfenté jSjg1. 6 6 7, eft une efpece de cifeau dont le fer^eft d’une forme triangulaire par fon plan C, & eft évidé en dedans, de maniéré quil coupe des deux côtés Sc par fon angle J, qui eft un peu plus court que fes deux extrémités g Sc h9 même figure, afin qu’il coupe plutôt des deux côtés que de l’angle, 8c que par ce moyen il n’écorche pas le bois.
- La gouge, fig. 8 6 y, eft une efpece de cifeau , ou, pour mieux dire , de fermoir creux par là coupe , Sc qui n’a par conféquent pas de bifeau ; cependant beaucoup d’Ouvriers préfèrent celles qu’on affûte intérieurement , & dont par conféquent le taillant eft fur l’arête extérieure , ce qui, à mon avis , en rend l’ufàge beaucoup plus facile, tant pour les ouvrages dont il eft ici queftion, que pour les ornements découpés à jour, dont je parlerai ci^après.
- Il y a des gouges de toutes fortes de grandeurs, de plates 9 de demi-rondes , Scc 9 dans le détail defquelles je n’entrerai pas ici, parce que j’ai traité de ces fortes d’outils dans les différentes parties de mon Ouvrage , Sc particuliérement dans la première Partie, page 88 6 Juiv.
- Les Figures 10 Sc 11 repréfentent une fcie à découper, ou, pour mieux dire une fcie à main , qui ne différé des fcies à main ordinaires , qu’en ce que les dents de fà lame font inclinées à rebours, c’eft-à-dire, en remontant du côté du manche, ce qui eft néceffaire pour que la lame ne fe ployé pas lorfqu’on en fait ufàge. 5
- Cette efpece de fcie , (ainfi que beaucoup d’autres outils des Menuifiers , comme les cifeaux, les râpes, les grêles & écouenes, & c. ) eft utile aux Treil-lageurs pour faire les ornements découpés dont je vais parler dans un inftant,’ après avoir dit quelque chofe des rempliflàges ou garnitures en ofier, lefquels ne font autre chofe que des Treillages à compartiments , le plus fou vent lofant ges, dont toutes les pièces font enlacées les unes fur les autres alternativement, & dont la furface de ces mêmes pièces eft fillonnée au burin & à la gouge, cojnme fi elles étoient compofées de plufieurs brins d’ofier joints à côté les uns des autres , ainfi que le repréfènte la figure y.
- Ces fortes de pièces fe font ordinairement avec des morceaux de bois de frêne d’environ 2 lignes d’épaiffeur, & on les emploie fouvent à la conftruétion des .Vafes, des Corbeilles, Sc autres ouvrages de cette elpece,
- H eft encore une autre efpece d’ornements propres aux ouvrages de Treillages , qui ne font autre chofe que des morceaux de bois de 6 à 9 lignes & même un pouce d’épaiffeur, qu’on découpe à jour pour y former différents compartiments, comme aux figures 13 , 1298c 14.
- La furface de ces ornements eft toujours plate , & on l’enrichit de canaux & de filets, qui, lorfqu’ils font difpofés avec un certain art, font un très-bon effet.
- /
- p.1202 - vue 173/376
-
-
-
- Sect. IF. §. I. Des Ornements des moulures de treillage, êc:
- La forme de ces ornements eft très-variée, ainfi que leur ufàge ; c’eft pour- ... ,
- quoi je n’en parlerai pas ici, me contentant de recommander à ceux qui en Planche feront ufage , de les conftruire avec beaucoup de folidité, en obfervant fur-tout 572s
- qu’il ne s’y rencontre pas trop de bois de travers , ce qu’il faut éviter le plus qu’il fera poflible, en difpofànt les pièces à découper de maniéré qu’elles fe préfentent toujours à bois de fil , étant bien plus expédient de les faire de plu-fieurs pièces jointes les unes avec les autres , que d’y laiflèr trop de bois de bout , qui fe fendent & s’éclattent à l’air.
- Les différentes parties qui compofent les ornements découpés, ne peuvent pas être collées, non plus que toutes les autres parties qui compofent les oua vrages de Treillage ; c’efl: pourquoi il n’y a d’autre moyen de les arrêter enfem-ble que des coutures ou liens de fils de fer qui paffent dans des trous qu’on y fait exprès, & qu’on a foin de bien remplir de peinture, ainfi que les joints , qu’on peut, pour plus de folidité, faire à rainure 8c languette, ou au moins à feuillure , pour que les pièces ne débordent pas les unes aux autres.
- Outre les differents ornements dont je viens de parler, on peut encore, dans le cas d’un ouvrage de conféquence, y employer ceux de Sculpture proprement dits, ainfi qu’on peut le voir dans les Salions repréfentés PL 365 & 367 ; mais comme la conftruétion de ces fortes d’ornements eft du reffbrt du Sculpteur proprement dit, je nen parlerai point du tout ici, fi ce n’eft pour recommander de ne les point faire trop délicats, 8c divifés par trop de parties, ce qui détruiroit la folidité de l’ouvrage ; & il faut fùr-tout, autant quil eft poflible, que leurs mafles foient prifes à bois de fil, ce qui dépend abfolument du Treillageur, qui doit préparer les mafles d’ornements avant de les donner au Sculpteur.
- Les ornements de Sculpture doivent aufll ( ainfi que ceux de Treillages proprement dits, ) être d’une forme 8c d’une richeflfe proportionnée à celle du refte de l’ouvrage, & fur-tout être tous d’un même genre , c’eft-à-dire, que fi les feuilles des chapiteaux font en perfil ou en laurier, il faut que celles qui ornent les moulures foient femblables, &c.
- Après avoir traité des differentes efpeces d’ornements propres aux Treillages,
- & de la conftruétion de ces mêmes ornements, je vais paflèr à la conftruétion des moulures en Treillage, ou, ce qui eft la même chofe, enfeigner la maniéré d’arrêter les ornements de Treillage pour former divers membres de moulures, quels qu’en foient la forme & le profil.
- Les moulures plates, comme les faces 8c les larmiers, fe rempliffent ordinairement par des compartiments droits de differentes efpeces, 8c le plus fouvent avec des chevrons brifés, comme aux figures i,2,3,4&y,ce que les TreiL lageurs appellent des V ou des U : ( d’où ils ont donné à tous les larmiers, ou tout autre membre plat rempli de cette maniéré, le nom de membre d\J). C es compartiments fontcompofés de lattes de frifàge A9A,jig. r , 8c de pièces trian-
- Planche 37 ù
- p.1203 - vue 174/376
-
-
-
- Planche
- 373-
- *204 U A R T DU TREILLAGEUR,Châp.lII.
- gulaires B, qu’on nomme coins, lefquels s’attachent fur les bâtis de différentes maniérés, félon que ces derniers font difpofes.
- Quand ces membres font ifolés, comme à la figure 1 , & qu’ils portent la moulure qui les couronne, on fait ordinairement des feuillures en parement 8c fur l’arête intérieure de ces bâtis pour y arrêter les garnitures, comme on peut le voir dans cette figure, ce qui eft fujet à deux inconvénients, dont le moindre eft la malpropreté que produifent les pointes qui arrêtent ces garnitures, & qui font reployées deffus. L’autre inconvénient eft le plein que préfent® le bois du fond des feuillures qui paroît entre les compartiments, ce qui en diminue les jours, & y fait un louche défàgréable à voir. Quand la moulure qui couronne le larmier fe rapporte après coup , comme cela arrive le plus ordinairement, comme à la figure 2 , on attache la partie fbpérieure des garnitures fur une latte, qui, alors, fait partie du bâtis, mais ce qui laiife toujours fubfifter l’inconvénient du plein bois ; à quoi on a en partie remédié en reculant la latte du haut du bâtis, qui alors fe trouve entièrement cachée fous le recouvrement de la moulure qui paffe au niveau de celle jïg. 1, & par conféquent par le milieu du compartiment, ce qui fait bien pour le haut du larmier, Jig. 3 , mais ce qui laiife toujours le bas dans le même état.
- C’eft pourquoi je crois qu’il vaut mieux , du moins autant que cela eft pofïî-ble, faire les feuillures par derrière les bâtis pour y attacher les garnitures, ou pour recevoir ces dernieres 8c les lattes fur lefquelles elles font attachées, ce qui, d’une façon ou de l’autre , rend l’ouvrage beaucoup plus parfait, comme on peut le voir à la figure 4, qui eft difpofée de cette maniéré, & à la figure y i qui repréfente le larmier, fig. 4, vu par derrière.
- Si, au lieu d’attacher les garnitures fur le bâtis même, ainfî que je l’ai fait à la figure £ , on les attachoit fur deux lattes qui formeroient un fécond bâtis qui entreroit à feuillure dans le premier, cela n’en feroit que mieux ; & c’eft même le meilleur parti qu’on puiffe prendre dans tous les ouvrages de Treillages à bâtis, ainfi que je l’ai déjà dit plus haut, page 1178.
- Quant à la conftruélion des larmiers ou membres d’U, elle fe fait de la maniéré fui vante. On commence d’abord par préparer toutes les lattes de frifàge & les coins félon la mefure donnée ; ce qui étant fait, quand les compartiments s’attachent fur des lattes, ou que leurs bâtis font très-foibles, comme cela arrive le plus fouvent, on attache ces derniers fur une ou plufieurs tables placées au bout les unes des autres, & fur lefquelles font tracées la largeur & la longueur intérieure de ces bâtis vrais ou faux, en fe fervant d’un modèle ou échantillon, Jig. 1 r, qu’on place entre deux de diftance en diftance à mefure qu’on attache la fécondé latte fur la table, afin qu’elle foit bien parallèle à la première, qu’on a d’abord attachée le plus droit poffible.
- A mefure qu’on attache les lattes ou les bâtis des larmiers dont je parle , ou de toute autre partie de Treillage de cette efpece, on en fait les joints
- ou
- p.1204 - vue 175/376
-
-
-
- SeCT. IV. §. I. Des Ornements des moulures de Treillage , &C. 120$
- on habillures ( du moins c eft la coutume ) ; & on doit avoir foin que ces joints ne (oient pas aux deux lattes vis-à-vis les uns des autres , mais en liaifon, afin que des parties pleines fe trouvant en oppofition avec les joints, l'ouvrage en foit plus (olide ( *).
- Quand les bâtis du larmier font ainli arrêtés , on y attache les lattes de fri-(âge, en oblervant que celle qui fe trouve en delïous par le bas, & à gauche de l'ouvrage ( qui eft le côté par où on commence ordinairement ), foit en deffus de celle qui la fuit, & ainfi des autres alternativement, comme on peut le voir aux figures ur, 2 & 3»
- Les coins s'attachent auffi à mefùre que fouvrage avance , & on les arrête, ainfi que les lattes de frifàge, avec des pointes de frilage, qu'on n'enfonce que jufqu'à environ les deux tiers de leur longueur, & qu'on reploie enfuite en tra-vers le fil du bois, pour le tenir plus folidement,tSc l'empêcher de fe tourmentera
- En faifant ainfi pafler les lattes de frilàge les unes fur les autres, il arrive un inconvénient, qui eft que quand la feuillure qui porte la garniture eft en parement , il faut la faire affez profonde pour qu'elle puiffè contenir l'épaiffeur des deux lattes l'une fur l'autre : d'où il fuit de deux chofes l'une, ou qu'il faut faire les coins d'une épailîèur égale à celle des deux lattes de frilàge prifes enfemble ÿ ou que s'ils font plus minces, ils n'affleurent pas le devant du bâtis ; ce qui fait très-mal, fur-tout quand l'ouvrage n’eft pas d'une grandeur allez confidérable pour que ces défauts difparoififent à l'œil du (peélateur,
- C'eft pourquoi je crois qu'il vaudroit mieux, du moins autant que cela feroit poffible, attacher les frifàges, & par conféquent les coins, par derrière i'ou* yrage, comme aux figures 4 & $ ; ou fi cela n'étoit pas poffible, faire venit les frilàges bout à bout les uns des autres , comme à la figure $ , ce qui leveroït toute efpece de difficulté, & concourroit en même temps à la perfection de l'ouvrage, parce que les frilàges étant coupés d'onglet par les bouts, on ne* pourroit pas les faire avancer ou reculer, comme cela arrive quelquefois, d’où ilréfulte qu’il y a des compartiments inégaux en largeur, ce qui fait toujours mal.
- Les coins B,fig, 1, fe placent ordinairement à bois de fil, parce qu'étant de ce fens, ils font moins fujets à fe fendre lorfqu'on les arrête fur les bâtis ; cependant je crois qu’il vaudroit mieux les mettre en fens contraire, c'eft-à-dire, à bois de bout, parce qu'étant ainfi dilpofés, ils feroient moins en danger
- (* ) Ce que Je dis par rapport à la dîfpofitîon des joints du bâtis dont je parle, peut & doit s’appliquer non-feulement à tous les membres de moulures ( c’eft-à-dire, aux bâtis qui les portent), mais encore à l’enfemble de plufieurs membres placés les uns au-deffus des autres; de force que tous leurs joints fe trouvent en liaifon , ce qu’il eft très-effentiel d’obferver, fur-tout quand l’ouvrage eft cintré, foit en plan ou en élévation, comme dans les corniches qui couronnent des parties circulaires, des niches, des arcades, &c..qui fe détruifent le plus fouvent
- Tkeiilagb.uk.
- par îe défaut de liaifon qui fe trouve dans les différentes parties dont ces corniches font com-pôfées ; ce qui ne «lemânderoit cependant qu’un peu plus d’attention de la part de l’Ouvrier lorfqu’il conftruit ces fortes d’ouvrages , <Sc un peu plus de matière , à caufe des fauffes coupes qu’on eft obligé de faire ; c’eft à quoi on doit-avoir égard, ainli qu’à quantité d autres pertes de temps ou de matières, lorfqu’on mec le prix aux ouvrages , de quelque nature qu’ils foient,
- E 14
- Planche
- 373-,
- p.1205 - vue 176/376
-
-
-
- 1206 L’ART DU TREILLAGEURtChap.nl. groreaga (] CâfÎCS au moindre choc, comme cela n’arrive que trop fouvent. Quant à la Planche ^i^culté de les attacher , on pourroit y remédier en plaçant les pointes moins proches des extrémités des coins, Sc en y faifànt des trous avec le perçoir ou avec le violon, pour faciliter le paffage des pointes, quon rabattroit en dehors * pour empêcher que les angles du coin ne levaient.
- Toute la difficulté quil pourroit y avoir en plaçant ainfi les coins à bois de bout, c eft qu ils emploient plus de bois que de l’autre maniéré, où ils peuvent être pris les uns dans les autres, & cela dans un morceau de bois dont la largeur «gale la hauteur perpendiculaire du coin, ce qui eft, je crois, la feule raifon pour laquelle les Treillageurs ne mettent pas les coins à bois de bout, comme je le recommande ici.
- Les Treillageurs ne prennent pas ordinairement grande précaution pour la diftribution des membres d’U, tels que ceux fig, I, % & 3 ; car après s’être rendu compte de la hauteur de leur compartiment, ce qui eft néceffaire pour couper de longueur les frifàges & les coins, ils entreprennent de remplir le bâtis en commençant par le coté gauche, comme je 1 ai dit ci-deffus ; & fur-tout quand ils ont une grande longueur à remplir, ils avancent l’ouvrage jufqu’à environ les*trois quart? de cette longueur, après quoi ils compaflent le quart reliant pour voir s’il fè trouvera un compte jufte de révolutions , ce qui arrive quelquefois. S’il fe trouve du plus ou du moins de longueur, comme cela arrive le plus fouvent, ils augmentent ou diminuent la diftance ou le nombre des révolutions du compartiment, félon qu’ils le jugent le plus convenable, Sc ils achèvent de conftruire le relie de leur remplifïàge liir cette nouvelle divillon.
- Cette maniéré, toute pratique, de remplir les compartiments dont je parle * * eft très* commode, parce qu’elle accéléré la conftruétion de l’ouvrage ; mais elle a le défaut d’être peu régulière ; c’eft pourquoi je crois qu’il vaut beaucoup mieux faire les compartiments pour les grandeurs données, Sc obferver fur-tout que les milieux des compartiments fe répondent entr’eux, & particuliérement avec ceux des principales parties de l’ouvrage, comme je l’ai recommandé,
- Lorfque les profils des moulures font compofés de lignes courbes, ainfi que ceux des figures d, 7, 8, 9 & 12, leurs remplifTages (quelle qu’en fbit la forme, ) s’attachent par leurs extrémités ou fur les bâtis de ces mêmes moulures*’ ou fur des lattes ; Sc cela félon que la grandeur ou la forme du profil permettent de le faire le plus commodément, fans cependant faire de tort à la folidité de l’ouvrage.
- Au quart de rond repréfènté^zg*. d, on peut attacher la garniture fur les deux, talfeaux ou lattes a Sc b, Sc commencer indifféremment par celui du haut ou du bas, ce qui eft égal, parce qu’on enfonce les pointes par le parement de l’ouvrage. Si au contraire on fupprimoit le taffeau du bas b, pour attacher la garniture fur le membre de moulure C, il faudroit commencer par attacher la partie inférieure de la garniture fur cette piece, ce qui ne pourroit être autrement *
- p.1206 - vue 177/376
-
-
-
- SeCT. IV, §. I. Des Ornements des moulures de Treillage, &c. Iioy parce que dans ce cas il faut enfoncer la pointe d’un autre fens, c’eft-à-dire, par derrière la garniture.
- Lorfqu’ on fupprime ainfi le tafleau ou latte du bas, il faut laifler fubfifter celui du haut, parce qu’il ne feroit pas poffible d'attacher la garniture par derrière , ou du moins très-difficile 9 fur-tout fi la partie fupérieure du quart de rond étoit pleine, comme dans cette figure ; de plus, il eft beaucoup plus avantageux d’attacher le haut de cette garniture en parement, parce qu’on voit mieux ce qu’on fait, & qu’il eft d’ailleurs fou vent néceflàire que ce membre de moulure , ainfi que les autres , foie féparé d’avec les parties qui le couronnent, du moins lors du temps de la conftruétion, afin que l’exécution & le tranfport de l’ouvrage foient plus faciles.
- Lorfqu’on conftruit des moulures rondes comme le quart de rond dont je viens de parler , on peut, pour en aflurer la forme, y mettre par derrière , & de diftance en diftance, des liens de fil de fer, comme de a à b, afin de retenir l’écart des deux tafleaux, & pour empêcher par conféquent la garniture de fe redrefler, ce qu’on peut également faire aux doucines & aux talons fig* 8 & 9.
- La garniture du cavet ou congé, fig. 7, peut s’attacher fur des tafleaux ou fur les bâtis de l’ouvrage , ce qui eft égal, parce que par fà forme rien n’empêche de l’attacher en parement, foit qu’on commence par fa partie fupérieure, ou par fà partie inférieure , ce qui, au refte, eft toujours mieux»
- Il faut obferver à ces fortes de moulures , & en général à toutes celles qui finiflent par une partie creufe, comme la partie fupérieure de la doucine ,fig> 8P 8c la partie inférieure du talon ,fig. 9 , que la garniture ne doit pas aller jufqu’à la vive-arête de la moulure ; mais qu’il faut réferver du plein bois au bâtis , afin que la garniture vienne l’affleurer & s’appuyer contre, ce qui termine beaucoup mieux ces moulures que fi leur arête fe trouvoit découpée , comme cela arrive-roit, fi on faifbit aller la garniture jufqu’à leur vive-arête.
- La doucine , fig. 8, & le talon, fig. 9 , font des moulures mixtes, qui participent de la forme du quart de rond, fig, 6, 8c du cavet yJig. 7, & qui doivent par conféquent être conftruites, quant à leurs garnitures, par les mêmes principes ; c’eft pourquoi je ne m’étendrai pas davantage à ce fujet * d’autant plus que l’infpeélion des figures doit être fuffifànte.
- La figure 10 repréfente une moulure nommée bec-de-corbin , laquelle eft très-ufitee pour fervir de couronnement à divers ouvrages de Treillage , ou du moins pour en terminer la corniche. Quand on conftruit les garnitures de ces fortes de profils , on commence par attacher leur partie inférieure en c; puis quand toutes les pièces font ainfi attachées, on les releve pour les attacher enfuite fur le tafleau d9 comme on peut le voir dans cette figure.
- En général, il faut avoir grand foin que toutes les pièces qui doivent com-pofer la garniture d’une moulure quelconque, foient bien égales de longueur g
- Planche 31 h
- f
- v.
- p.1207 - vue 178/376
-
-
-
- Planche
- 373*
- 1208 VA RT BU TREILLAGE U R> Chap. III.
- feit qu’elles ayent des queues par le moyen defquelles on les arrête fur les bâtis ou les tafleaux, comme à la figure 6, ou qu elles n’en ayent point du tout, comme à la figure 7: il faut aufli que les ravalements ou feuillures qu’on fait aux bâtis pour y placer les garnitures, foient d’une profondeur égale à l’épaifleur de ces dernieres, Sc leur largeur égale à la longueur de la queue des garnitures. Il faut aufli que , quand il n’y aura pas de queue aux garnitures, & que le point de centre de ces dernieres fera plus loin que leur extrémité, comme à la figure 7, il faut, dis-je, que le ravalement qui doit recevoir les extrémités des garnitures, foit en pente pour fuivre le contour de ces dernieres, ainfi que je l’ai cbfervé dans cette figure, Sc aux figures y 9 8 Sc Q,
- Les foins que je recommande ici, paroîtront peut-être minutieux , Sc par confisquent peu née e flaires ; ce font cependant ces mêmes foins qui concourent à donner aux ouvrages des Artiftes habiles, le degré de perfection que l’homme connoilfeur faifit du premier coup d’œil, & que la multitude même admire quelquefois , fans cependant être en état de fe rendre compte de ce qui fait le fujet de fon admiration, & de ce qui peut en être la caufe.
- La Figure 12 repréfente le profil d’une bafe attique , & par conféquent la coupe des garnitures de cette même bafe, dont j’ai fuppofé tous les membres percés à jour. Les bâtis de cette bafe doivent, ainfi que je l’ai dit plus haut, être faits d’alfemblage à traits de Jupiter, & être tournés, pour plus de perfeélion* & foutenus par des montants qui les tiennent élevés à la hauteur néceflàire y comme on peut le voir dans cette figure , où fe trouvent en coupe les trois cer* clés D , F, F, qui compofent les bâtis de cette bafe, ainfi qu’une partie du plateau de fa plinthe GH, repréfentée en plan 9fig. 13, & les cercles ci-defîùs , qui y font cotés des mêmes lettres qu’à la figure 12.
- Les membres de moulures de cette‘bafe, du moins ceux qui font garnis de Treillages , font au nombre de trois ; lavoir, les deux tores /Sc My Sc la gorge ou feotie L ; la garniture du petit tore s’attache d’abord d’un bout fur la cerce D, puis on la reploie pour l’attacher de l’autre fur le tafleau e, qui eft ployé circulairement, comme je l’ai enfeigné page 1122. La garniture de l’autre tore s’attache d’abord fur le plateau de la bafe, un peu plus loin que le centre de ce même tore , indiqué par la ligne g h ; enfuite on releve la garniture pour l’atta-* cher fur un tafleau^, conflruit de la même maniéré que celui e.
- La garniture de la feotie L , s’attache immédiatement fur les deux cerces E
- Sc F, de forte qu’elle forme avec ces dernieres comme une efpece de bâtis à part, ainfi que je l’ai repréfentéfîg. 14 ; Sc on commence par attacher fa partie fupérieure en i, fig. 12, puis on la reploie pour attacher fa partie inférieure en /, ce qui eft tout naturel, puifque cette derniere partie excede de beaucoup la faillie de l’autre.
- En conftruifànt ainfi cette bafe en trois parties féparées, on a la commodité de travailler plus librement, &on n’eft pas expofé à détruire ou à endommager
- une
- j
- p.1208 - vue 179/376
-
-
-
- Se CT. IV. §. I. Des Ornements des moulures de Treillage , &c. ïzop une partie déjà faite , tandis qu’on en conftruit une autre.
- Quand tous les membres de moulures qui doivent compofer foit une cor- PLANCÎÏÊ
- 3 7 3 *
- niche ou une baie, comme ceUey^. 12 , font terminés chacun féparément, on les réunit tous enfemble, & on les attache le plus folidement qu’il eft poflîble, foit avec des pointes ou avec des liens de fil de fer, fi on ne peut pas y employer de pointes, ou que l’ouvrage foit d’une nature à être démonté pour être peint ; dans ce dernier cas , il faut faire en forte que les liens foient placés de maniéré à n’être point apparents que le moins qu’il eft poflîble,
- & qu’il y en ait une quantité fuffifante pour que l’ouvrage foit folidement attaché.
- Quand les parties qui font cômpofées de pïufîeurs membres de moulures, font cintrées fur leur plan, ainfi que la bafe, jîg. iz, repréfentée en plan jîg. 13 , on doit avoir grand foin de tracer for ce plan toutes les parties qui compofent tant les bâtis que les remplilfages ou garnitures des moulures, dont les faillies font indiquées par les lignes ponétuées mn o Scp q H. Il faut auffi, comme je l’ai déjà dit, tracer for ce plan les divifions des compartiments ou ornements des moulures, & les faire tendre aux divers centres du plan, fup-pofé qu’il y en ait plufieurs : aux bafos des colonnes for-tout, il faut faire ces divifions tendantes au centre N, fig. 13 , & les difpofor de maniéré qu’elles correfpondent au milieu des cannelures ou des lifteaux de ces dernieres , félon la forme & la grandeur des ornements de la bafo , afin que ces derniers foient correfpondants les uns aux autres, Sc aux cannelures qui ornent le fût de la colonne.
- Voilà, en général, tout ce qu’il eft néceflàire de dire touchant ce qui corn cerne les ornements des moulures de Treillage, & la conftruétion de ces mêmes moulures, les préceptes que j’ai donnés à ce fojet pouvant s’appliquer à tous les cas, félon la forme Sc la nature des differents ouvrages.
- §. II. Des Vajes & des Chapiteaux de Treillages $ & de la maniéré
- de les conjlruire.
- Le détail dans lequel je vais entrer au fojet des Vafes de Treillages, aura plus pour objet la conftruélion de ces mêmes Vafes, que leurs forme Sc décoration , qui, fi elle n eft pas arbitraire, eft du moins très-variée, & cela par rapport à la diverfité & au plus ou moins de richeffe des ouvrages où on en fait ufàge.
- Les Vafes de Treillages repréfentés en élévation , fig. I ê 3 % 6c en coupe, fig. 2 & 4, font, quant à leur conftruélion , tous du reflort du Treillageur proprement dit, du moins à quelques parties près, comme on le verra dans la fuite, & qu’il pourroit faire lui-même s’il le jugeoit à propos.
- Pour bien entendre la conftruélion des Vafes de Treillages, on doit les Treillageur. F 14
- Planche
- 37*
- /
- p.1209 - vue 180/376
-
-
-
- Planche
- 37*.
- 1210 VART DU TREIILAGEUR, Chap. IÏL confidérer comme un compafé de plufieurs membres de moulures placés les uns au-deflirs des autres, de maniéré cependant qu’ils puiffent fe féparer quand on le juge à propos 5 ce qui eft néceflàire non-feulement pour les conftruire, mais encore pour les peindre après qu’ils font faits , ainfi qu’on peut le voir à la figure
- 5 , où les diverfes parties A , B, C 8c D , qui compofent le Vafe 9fig. 1, font toutes féparées les unes des autres ; & à la figure 7, où celles E, F, G & H, du Vafe, fig. 3 , font pareillement féparées ôc cotées des mêmes lettres qu’à la figure 3.
- Quand toutes les parties d’un Vafe (ont réunies , on les arrête enfemble pat le moyen d’une tringle de fer à b 9 fig. 2, qui fert d’axe au Vafe , & qui pafle au travers desgobrioles c9dt du haut & du bas du Vafe, & du moyeu e9 qui porte les fleurs 3 au-deflus duquel on place une clavette fy qui pafle au travers de l’axe de fer a b 9 8c par ce moyen arrête toutes les parties du Vafe d’une maniéré folide.
- Les Treillageurs nomment gobrioles des morceaux de bois, fig. p <9 10, (qui font les mêmes que ceux c, d9 fig. 2 , mais du double plus grands ), qu’ils placent aux parties les glus étroites d’un Vafe, & le plus ordinairement par le bas, pour mieux en fupporter le poids, & fur lefquels ils attachent une partie des garnitures de ce dernier. Les gobrioles font percées pour laifler le paflàge de l’axe de fer qui monte dans toute la hauteur du Vafe, & on les aflemble, fur*tout celui du bas, dans le plateau de la plinthe du Vafe repréfenté en coupe, fig. p , & en plan 9fig. 12.
- Les gobrioles portent ordinairement plufieurs membres de moulures, qui, à moins que le Vafe ne loit très-grand , fe trouvent trop petites pour Être faites en Treillage, ce qui oblige à faire tourner les gobrioles ainfi que celles fig. p
- 6 10 y lefquelles font repréfentées en plan fig. 6,8 & 12.
- Aux ouvrages communs, les Treillageurs ne prennent pas beaucoup de précaution pour faire les gobrioles des Vafes, qu’ils font avec un morceau de bois à peu-près arrondi, fur lequel ils attachent les garnitures ; & quand il eft nécef faire qu’il y ait des moulures, ils les font avec des cercles de bois plus ou moins épais, qu’ils ploient & attachent deflus, ce qui fait toujours un très-mauvais effet.
- Le moyeu e, fig. 2 , & g, fig. 4, n’eft autre chofe qu’un morceau de bois percé dans fa longueur pour le paflàge de l’axe de fer, & fur la furface duquel font plufieurs trous deftinés à recevoir les tiges des fleurs dont on orne quelquefois la partie fupérieure des Vafes d’où ces fleurs femblent fbrtir.
- Il feroit à fouhaiter que l’axe de fer qui pafle au travers du Vafe, fût adhérent au corps de l’ouvrage fur lequel ce dernier eft placé, ainfi que je l’ai dit plus haut, & que cet axe fût quarré par fon plan, afin que le Vafe ne fût pas fujet à tourner fur lui-même, comme cela arrive quelquefois, ce qui dbnne-roit, à la vérité, un peu de fyjéùon en attachant lés garnitures du Vafe fur les
- p.1210 - vue 181/376
-
-
-
- Sect• IF. §. IL Des Vîfes & des Chapiteaux de Treillages, &c, ïlïl gobrioles, mais en même temps rendroit l'exécution de l'ouvrage beaucoup plus parfaite.
- Les bâtis des autres parties des Vafes, ceft-à-dire, de celles qui font les plus évafées, fe font avec des cercles qu'on fait ployer comme je fai enfeigné ci-defïus, page 1122 ; & quand la forme de ces bâtis exige qu'il y ait des feuif lures ou des corps Taillants , on parvient à les faire en mettant plulîeurs cercles les uns fur les autres, auxquels on donne une épaifleur & une largeur Convenables , félon que l'exigent la forme & la grandeur du Vafe , ainfi qu'on peut le voir , quoique très-en petit, aux figures 2 & 4.
- Cependant s'il arrivoit que le Vafe fût d'une certaine grandeur, comme de % à 2 pieds & demi de diamètre, on feroit très-bien de faire ces bâtis d'afïèm* blages , & de les faire tourner comme ceux du vafe de la Corbeille de ierre , PL 3 69 9 ce qui rendroit l'ouvrage beaucoup plus folide, & fur-tout plus parfait.
- Quant à ce qui efl de la conftruétion proprement dite des Vafes, c'eft-à-dire, des garnitures de Treillage qui les décorent, c'eft la même chofè que pour les membres de moulures dont j'ai parlé ci-deffus ; c'eft pourquoi je n entrerai pas dans un plus grand détail à ce fiijet, parce que ce ne pourroit être qu'une répétition de ce que j'ai déjà dit, excepté que pour les gobrioles, les garnitures qui les entourent s’attachent d'abord deflus, en prenant la précaution de les placer fur la grande bigorne fîg. 11, PL 351, tant pour que le coup de marteau porte mieux , que pour ne point froiffer les garnitures déjà attachées ; ce qui étant fait, on met la gobriole en place > 8c on achevé d'attacher ces garnitures fur le plateau du Vafe, & ainfi des autres.
- Quand toutes les parties qui compofent un Vafe font términées, on les aflemble & on les arrête avec des liens de fil de fer , en obfèrvant de n'en mettre que ce qui eft nécefîaire pour que ces différentes parties ne fe féparent pas, parce qu'il faut les défaffembler de nouveau pour les peindre intérieurement avant de les mettre en place, ce qu'on ne fait qu'après les avoir remontés & attachés folidement.
- Les Corbeilles, les Caflolettes, & même les Candélabres, fe conftruifènt de la même maniéré que les Vafes dont je viens de faire la defeription ; c'eft pourquoi je ne m'étendrai pas davantage à ce fujet.
- Avant de paffer au troifieme Paragraphe de cette Seélion, où je traiterai des Fleurs en Treillage, je vais parler de la conftruélion des Chapiteaux Ioniques & Corinthiens, iefquels, pour être bien faits, méritent quelques détails > comme on le verra ci-après.
- Je ne parlerai pas ici de la forme & des ornements des Chapiteaux Ioniques & Corinthiens repréfentés dans cette Planche, parce que j'en ai traité avec afîèz d’étendue au commencement de cette Partie de mon Ouvrage'; je ne vais main* tenant m’occuper que de ce qui a rapport à leur conftruétion, relativement au Treillage.
- Planche
- 37-4*
- \
- Planche,
- 31Î'
- p.1211 - vue 182/376
-
-
-
- Planche 37 $•
- lin L'ART DU T RE ï LL AGE U R , Chap. III.
- Les figures i & 2 repréfentent la coupe & la face d’un Chapiteau Ionique antique, dont le tailloir eft fait en plein bois, ainfi que la baguette de deflous î’ove & fon filet, & l’aftragale du Chapiteau , dont le boudin fait partie de ce dernier. Love, ainfi que le gorgerin, font difpofés pour recevoir des garnitures de Treillage, ainfi que l’intérieur des révolutions de la volute ^fig.2.
- Cette volute eft la partie du Chapiteau la plus difficile à exécuter en Treillage , à caufe de la régularité qu’exige la circonvolution de fon lifteau , quil n’eft guere poffible de bien faire avec du bois ployé, ce qui a quelquefois obligé les Treillageurs de faire conftruire ces lifteaux en fer : l’exécution des volutes eft devenue par-là plus parfaite 8c beaucoup plus folide, mais , à la vérité, bien plus coûteufe.
- La trop grande dépenfè qu’exigeoient les fers des volutes, les a fait abandonner par la plupart des Treillageurs ; 8c au lieu de Ces derniers, ils ont fait des volutes en plein bois qu’ils ont découpées à jour & remplies intérieurement de diverfès fortes d’ornements, ainfi qu’ils faifbient aux volutes dont les lifteaux étoient conftruits en fer.
- Cette derniere maniéré de faire les volutes, eft bien moins coûteufe que l’autre ; mais auffi a-t-elle le défaut d’être moins parfaite, & fur-tout bien moins folide ; parce que pour peu que les- volutes fbient petites, il n’eft pas poffible de les contourner autant qu’il eft néceflàire & à la fimple épaiffeur du lifteau,' làns quelles ne le caffent dans les endroits où ce dernier fe trouve à bois de bout ; & quand cela feroit poffible , de femblables volutes feroient bientôt détruites au grand air , à moins qu’au lieu de découper ces volutes tout-à-fait, on ne les prît dans une piece de bois très-épaiffe, & qui, dans le cas d’un Chapiteau Ionique moderne, fuffiroit pour prendre les deux volutes d’angle, & qu’on fculptât cette piece en forme de volute, & cela à une profondeur fuffifànte pour pouvoir contenir les ornements de Treillage qu’on y adapte à l’ordinaire.
- De fèmbîables volutes faites par un bon Àrtifte, font très-foîides, & ne peuvent que bien faire ; mais ce n’eft que de la Sculpture 8c non du Treillage ; c eft pourquoi je crois qu’on doit préférer les volutes dont le lifteau eft fait en fer, ou, fi l’on veut ménager la dépenfe, avec du bois ployé, ce qui peut le faire de la maniéré fuivante.
- On fait le développement du lifteau de la volute fur une ligne droite, afin d avoir la longueur de la piece qui doit former le lifteau 8c fon épaifleur dans les différentes parties de cette longueur ; ce qui étant fait, on prend un morceau de bois de frêne ou de châtaignier très-liant & bien de fil, qu’on corroyé comme l’indique le développement qu’on en a fait, ainfi que je l’ai dit ci-deffus j après quoi on le mouille & on le fait chauffer pour le fendre plus élaftique, puis on l’attache, par fon extrémité la plus menue, fur un morceau de bois
- arrondi, dont le diamètre eft égal à l’œil de la volute : puis on fait ployer le
- lifteau
- p.1212 - vue 183/376
-
-
-
- Sect. IV. §. IL Des Vafes & des Chapiteaux de Treillages, &c. 1213 lifteau en tournant, autant que cela eft néceflàîre ; & pour qu’il prenne une forme régulière , on I aflujétit avec des liens de fil de fer fur un femblable lifteau fait en fer , pour, en cet état, recevoir les garnitures de Treillage, qui étant une fois arrêtées en place, empêchent le lifteau de fe redrefler, & par conféquent de changer de forme.
- Au lieu d un modèle de fer que je propofe ici, on pourroit, par économie, fe fervir d un môule de bois creux, dans lequel on feroit entrer le lifteau de bois du côté du parement, 8c à environ la moitié de fon épaifleur, afin d’avoir l’ailânce d’y attacher par derrière des liens de fil de fer qui, entretenant ces diverfes révolutions les unes avec les autres , l empêcheroient de s’écarter lorf* qu’on l’auroit retiré du moule pour le garnir d’ornements à l’ordinaire.
- Il faut avoir deux moules femblables, l’un à droite, & l’autre à gauche, ce qui eft fort aifé à concevoir, puifqu’à chaque face du Chapiteau il y a deux volutes dont le contour eft d’un fens oppofé.
- Tant que les volutes font arrafées fur leurs faces, ce que je viens de dire ne fouffre pas de difficultés ; mais quand on les fait fortir du centre en forme de limaçons , leur exécution devient beaucoup plus difficile, parce que fi on fe fert de modèles de fer pour les contourner , comme je l’ai dit ci-deftus, il faut alors en faire deux , l’un à droite & l’autre à gauche, ce qui, dans ce cas, Vaut mieux que des moules de bois, qu’on pourroit creufer de même en limaçons , mais qui ne pourroient pas donner une forme auffi régulière aux volutes, parce que, comme il faut les retirer du moule pour les garnir , elles pourroient alors changer de forme en s’applatiflànt, ce qu’il faut éviter le plus qu’il eft
- Les couflînets des volutes du Chapiteau Ionique antique, fe conftruifent très-facilement en Treillage ; & pour que tout l’enfemble des volutes & des couflb* nets ne fafîè qu’un, on peut prolonger les axes des volutes de l’une à l’autre, en pafîànt en travers & fur la longueur des couflînets , ou, pour mieux dire , prolonger l’axe des couflînets autant qu’il eft néceflàire pour qu’il entre par chacun de fes bouts dans les morceaux de bois qui fervent d’œils aux volutes, qui, dans le cas d’un Chapiteau antique, peuvent être arrêtées avec le tailloir ^ & fe revêtir enfuite, ainfi que ce dernier, fur le tambour qui porte les oves, Sc qui termine le fût fupérieur de la colonne.
- Les volutes du Chapiteau Ionique moderne, représenté en face , fig* 3 , & en coupe, fig. 4, fe conftruifent de la même maniéré que celles dont je viens de parler ci-deftus, à l’exception qu’il faut quelles foient creufes fur leurs faces verticales, en fuivant à peu-près le plan du tailloir, foit quelles foient arrafées fur leurs faces, ou faillantes en forme de limaçons, ce qui fait toujours mieux.
- Ces volutes peuvent être adhérentes au tailloir du Chapiteau ou au fût fîipé~ rieur de la colonne , ce qui eft égal ÿ mais d’une façon ou de 1 autre, elles font Treillageur. G 14
- Planche
- 373-
- p.1213 - vue 184/376
-
-
-
- Planche
- 375*
- 1214 L’ART DU TREILLAGEUR.Chap.IIT. toujours jointes deux à deux à chaque angle par des garnitures de Treillage qui en fuivent extérieurement le contour; & pour que le centre des volutes ne puiflè pas rentrer en dedans ni fortir en dehors, il eft bon de mettre entre-deux un faux axe arrêté avec les pièces qui forment foeil de chaque volute.
- Le tailloir du Chapiteau moderne fe fait d’aflemblage, ainfi que celui du Chapiteau antique, & fun & l’autre portent fur des montants qui font partie du fut fupérieur de la colonne, ou , pour mieux dire, du tambour qui termine ce fut, foit que ce tambour porte une partie de l’aftragale , comme à la figure 1, ou que ce dernier appartienne tout-à-fait au fût de la colonne, comme à la figure 4.
- Il eft rare qu’on mette des aftragales aux colonnes Ioniques ; le contraire arrive même le plus fbuvent : alors le fût de la colonne monte jufqu au-delTous de la baguette de l’ove du Chapiteau , & le filet de delïous la baguette refte adhérent avec le fût fupérieur de la colonne , comme je l’ai obfervé à la figure 4, cote A. <
- Les figures y & 6, repréfentent un Chapiteau Corinthien vu de face & en coupe. Ce Chapiteau ( du moins quant à fà conftruéfion ) eft compofé de trois parties principales ; favoir, le tailloir, le tambour ou vafe , les feuilles & autres ornements qui entourent ce dernier.
- Le tailloir repréfenté vu en deflous , fig. 7, cote Ff Sc en deflus , même figure, cote G, eft compofé de quatre pièces de bois affèmblées d’onglet, de maniéré que le joint pafle par le milieu des faces des angles, comme on peut le voir dans cette figure, ou quand ce joint eft bien fait, il eft peu apparent ; cependant on pourroit éviter de le faire ainfi au milieu de cette face, en y faifimt deux coupes, l’une d’onglet, qui iroit jufqu’à la rencontre du profil, & l’autre qui fuivroit la coupe , ou, pour mieux dire , l’angle de ce même profil, foit en a ou en b, fig. 7 , ce qui feroit égal ; mais, comme je viens de le dire , cette précaution n’eft pas fort nécefiTaire pour l’ouvrage dont il eft ici queftion, où la folidité des aflemblages eft la partie la plus recommandable.
- Le deflus du tailloir , cote D ,fig. 6, & cote G 9fig. 7, eft difpofé en chanfrein , pour faciliter l’écoulement des eaux qui tombent deflus, & le deflfous eft fouillé circulairement pour recevoir la piece qui forme le deflus du tambour, laquelle entre dans le tailloir, & y eft, par ce moyen, arrêtée d’une maniéré fixe. Dans le milieu du vide du tailloir, on aflemble une croix', ou tout fim-plement une traverfè , comme à la figure 7, dans le milieu de laquelle traverfè paflè l’a£e de la colonne ( que les Treillageurs nomment auflî mandrin, fur-tout quand il eft fait en bois ) ; & pour que les aflemblages qu’on feroit dans les pièces du tailloir pour recevoir une croix ou cette traverfè, n’en diminuent pas la force, on peut les fupprimer tout-à-fait, & mettre Amplement ces dernieres en entaille deflus, & les attacher avec des vis, comme je l’ai obfervé à la %ure 6.
- p.1214 - vue 185/376
-
-
-
- *
- r SëCT. IV. §. IL Des Vajes & des Chapiteaux de Treillages, êc. Ilf |
- Quand les Chapiteaux font d une moyenne grandeur, les tailloirs fo font ordinairement à bois apparent, comme à la figure 5, cote B, à la figure 7 & à la figure 6, cote D ; mais quand ils font très-grands, & qu’on craint que leurs mafles ne produifent trop de plein, on fait très-bien de les orner de garnitures de Treillage * comme à la figure y , cote (7, où il n’y a que le filet qui fépare les deux moulures du tailloir, qui foit plein; & dans ce dernier cas, on difpofe le profil du tailloir pour recevoir des garnitures de Treillage , ainfi qu’on peut le voir à la figure 6, cote E, en obforvant de lui laiiïer toujours fa hauteur ordinaire , comme je l’ai fait ici * afin que , quoique léger en apparence, il foit réellement. folide, ce qui, d’ailleurs, ne change rien à fa conftruétion, qui eft , quant au refte, la même qu’à celui repréfonté en plan ffig. 7.
- Le tambour ou vafo du Chapiteau eft compofe de deux cerces, dont une , qui eft l’inférieure, vient repofor fur l’aftragale de la colonne, ainfi qu’à la figure 6, cote D, ou bien fait partie de cet aftragale , comme à cette même figure, cote E.
- L’autre cerce qui termine la partie fupérieure du tambour, eft très-large, afin de déborder autant que l’exige la faillie des levres du vafo. Quant à fon épaife feur, elle eft auffi déterminée par i’épaifîeur de la levre du vafo, plus ce qu’il faut pour entrer en deffous du tailloir, comme on peut le yoir dans cette figure.
- Cette cerce 9 qui eft repréfontée en plan & vue en deflous ,* fig. 8, cote H% & vue en deflùs, mêmefigure ,^cote / , eft affemblée avec l’autre cerce du bas du tambour ou vafo du Chapiteau, par le moyen de huit montants qui répondent aux huit points principaux du plan, de maniéré qu’ils fo trouvent en partie cachés par les feuilles du Chapiteau.
- Toute la furface extérieure du tambour eft garnie de Treillages à compartiments , qui en forment une efpece de Corbeille , comme le repréfonte la figure y, cote B ; il faut, autant qu’il eft poffible, qu’il fo trouve un milieu de compartiment aux huit principaux points du cercle du plan, afin que ce qui en refte apparent fe trouve au milieu des huit faces du Chapiteau, ainfi que je l’ai fait ici.
- C’eft par-delïùs cette efpece de vafo, que fe placent les volutes & les feuilles , qui forment la décoration de ce Chapiteau, & cela félon l’ordre prefcrit par les réglés de l’Architeélure, comme on a pu le voir au commencement de cette Partie de mon Ouvrage ; c’eft pourquoi je n’en parlerai pas ici, du moins quant à leurs formes : pour ce qui eft de leur conftruétion, c’eft la même chofe que pour les feuilles d’ornements dont j’ai parlé ci-deffus.
- Les volutes & les hélices peuvent fo conftruire avec du bois ployé ; mais elles font mieux faites lorfqu’elles font fculptées, quoiqu’elles foient moins folides que de l’autre façon.
- Toutes ces pièces fo conftruifont à part, & on les réunit par le moyen
- Planché
- p.1215 - vue 186/376
-
-
-
- Planche
- 375?
- TU6 VAUT DU TREILLAGÉUR, Chap.IIL i des coutures' ou liens de fil de fer, du moins pour les parties qui n ont pas befoin d'être clouées.
- Quand toutes font prêtes , on commence par pofer & arrêter en place les Volutes & les hélices , dont les tiges fe réunifient en une feule à l'endroit des caulicoles; Cette tige doit être très-menue par le bas, & amincie prefqu à rien, afin de ne pas nuire à la feuille qui fe trouve placée defius : les feuilles fe placent enfuite , en commençant d'abord par celles de derrière , qui font les plus longues, & en finiflant par celles du bas, qui font les plus courtes, comme on peut le voir à la figure y , cote C, où les feuilles font chacune à leur place, & deflinées en mafies feulement.
- Il faut avoir grand foin , lorfqu'on arrête les differentes parties d’un Chapiteau , de le faire très-folidement, mais de maniéré cependant quelles puiflent être détachées quand on le juge à propos, foit pour peindre l’ouvrage ou pour le réparer.
- Les Chapiteaux Compofites fe conftruifènt de la même maniéré que les Chapiteaux Ioniques & Corinthiens, dont ils font un aflemblage, comme je l’ai dit en fon lieu ; c’eft pourquoi je n'en parlerai pas du tout ici.
- III. D es F. leurs en Treillages, & de leur conjlruclion;
- La conffruélion des Fleurs en Treillages, eft une partie de i'Ârt du Treil-lageur, qui, fi elle n'eft pas la plus lavante, eft celle qui demande le plus de patience & d'adrefle de la part de l'Artifte, & qui a été portée de nos jours à un degré de perfection dont on n'auroit jamais cru qu'elle fût fufceptible. Les Fleurs en Treillages ne font plus actuellement ( du moins quand elles font bien faites ) un aflemblage de copeaux, grofliérement travaillés , qui reflembloient à peu-près à des fleurs d'une forme bizarre 8c fouvent faites au hazard ; mais c'eft l'imitation la plus parfaite de ces belles productions de la nature : c'eft, pour tout dire en un mot, un nouvel Art rival de la Sculpture, & qui s'efforce d'égaler cette derniere , s’il ne la furpaffe pas quelquefois, du moins pour les ouvrages dont il eft ici queftion.
- En effet, les fleurs faites par le moyen de la Sculpture, quelque parfaites qu'elles puiflent être, font toujours un peu lourdes, & ne peuvent pas être aufli détaillées qu’elles le font dans la nature ; au Beu que celles faites en Treillages en ont toute la légéreté , & imitent d'autant mieux les fleurs naturelles, qu'elles font, ainfi que ces dernieres , compofées d'une infinité de feuilles ou pétales qui recouvrent les unes fur les autres.
- On ne fàuroit cependant nier que les fleurs de Treillages, telles que je viens de les dépeindre, ne tiennent & ne doivent beaucoup à la Sculpture ; car c eft par le fecours de cette derniere, que les Treillageurs imitent certaines fleurs ou parties de fleurs, qu’ils ne pourroient pas exécuter autrement que par
- le
- p.1216 - vue 187/376
-
-
-
- Se CT. IK §. III. Des Fleurs en Treillages, & de leur Cohfîr action. îitj le moyen du cifeau & de la gouge ; c’eft pourquoi l'exécution des fleurs en Treillages peut & doit même être confidérée comme une efpece de Sculpture de pièces de rapport.
- Je n entrerai pas ici dans le détail des differentes fleurs qu’on peut exécuter en Treillage, parce que ce détail feroit auflî immenfe qu’inutile, puifqu’il n’y a pas de meilleur livre pour étudier la nature, que la nature même. C’eft donc à ce grand livre toujours ouvert aux yeux de l'homme ftudieux, que je renverrai pour l’étude des fleurs, du moins quant à leurs formes , me contentant de donner ici quelques exemples de feuilles, tant compofées que naturelles , & dont l’ulàge eft le plus commun dans les ouvrages ordinaires.
- Les feuilles compofées font celles qui n’ont pas de modèles dans la nature, du moins pour la forme de leur enfemble ; telles font, par exemple, les feuilles qui ornent les chapiteaux Corinthiens & Compofites, lefquelles font connues fous les noms de feuilles d’olivier, de perjîf de laurier, S acanthe , &c. parce qu’elles font compofées de plufieurs malfes de ces fortes de feuilles.
- Les feuilles naturelles font celles dont la forme eft exaélement la même que dans la nature, d’après laquelle on les a copiées, comme , par exemple, les feuilles de chêne, de laurier, d’olivier, de myrte, de rofes, de pavots, &c. Ces fortes de feuilles fervent à faire des guirlandes , des couronnes, &c ; & l'on fait choix dans ces diverfes efpeces félon Fexpreflion de l’ouvrage où on les emploie, afin que l’enfomble & les parties de détail de ces mêmes ouvrages, foient d’accord entr’eux, & tous enfemble avec la deftination totale de l’édifice.
- Les quatre premières figures de cette Planche, repréfentent des feuilles compofées , defîtnées d’après les beaux Chapiteaux Corinthiens 8c Compofites de l’Œuvre de Daviler , édition de 1710.
- La figure 1 eft une feuille de laurier; la fécondé, une feuille d’acanthe ; la troifieme, une feuille d'olivier ; 8c la quatrième / une feuille de perfil. La féconde & la troifieme de ces efpeces de feuilles, font particuliérement confà-crées aux Chapiteaux Corinthiens, & les deux autres aux Chapiteaux Compofites , du moins tel a été l’ufage des Anciens 8c de la plus grande partie des Modernes. Ces feuilles fervent non-feulement à la décoration des chapiteau^ des colonnes, mais encore à beaucoup d’autres parties d’Architeélure , comme les gorges des corniches & des plafonds, les differents membres de moulures, &c; c’eft ce qui m’a engagé à en donner ici un exemple , avant de parler des feuilles naturelles repréfentées dans les autres figures de cette Planche.
- Les feuilles naturelles dont on fait le plus d’ufàge dans la compofition des guirlandes 8c autres ornements de cette efpece, font les feuilles de chêne, fig. y ; les feuilles de laurier ,fig. 7 ; celles d’olivier , fig. 9 ; celles de myrte , jig. Il ; enfin celles de rofes 8c de pavots , fig. 13 & 15.
- On fait des guirlandes avec ces differentes efpeces de feuilles, de plufieurs maniérés, c’eft-à-dire, où elles font diverfement difpofées. Les plus fimples Treillageur. H14
- Planché
- ns-
- Planché
- n6*
- p.1217 - vue 188/376
-
-
-
- ^WIIBWII ! .
- Planche 37 6.
- iai8 l’ART DU TREILLÀGEUR, Chap. III.
- St les plus naturelles fe font avec des branches de ces différents arbres, garnies de leurs feuilles & de leurs fruits , repréfentées fig. ly , 18,19 & 20. D autres guirlandes le font Amplement de feuilles attachées par paquets, qui font indépendants \es uns des autres, ce qui forme des intervalles dans le cours de la guirlande ; d’autres enfin font, ainfi que ces dernieres, compofées toutes de feuilles , mais qui font difpofées de maniéré qu’elles ne laiffent pas d’intervalles entr’elles , St recouvrent les unes fur les autres d’environ un tiers de leur longueur ; St chaque côte ou milieu de feuille eft placé au milieu de l’intervalle que laiffe celle qui la couvre.
- Il eft rare qu’on fafle des guirlandes feulement de feuilles de rofes ou de pavots j ces fortes de feuilles fe joignant toujours à leurs fleurs pour faire des guirlandes plus riches & plus ornées. Si donc je les ai repréfentées ici, ce n’eft que parce qu’il arrive qu’on en fait quelquefois ufage indépendamment de leurs fleurs.
- Les feuilles que j’ai repréfentées ici, ne font pas les feules dont on fe fert pour faire des guirlandes : car on peut y employer également celles de palmier, de cyprès, de lierre, de vigne , &c ; mais comme les ouvrages de Treillages font pour l’ordinaire d’une expreffion gaye & légère , tous les ornements n’y * font pas propres , foit par rapport à leurs formes générales, ou aux parties qui les compofent ; St c eft pour cette raifon que je ne fais mention qüe de ceux qui y font les plus analogues.
- Les feuilles dont je viens de parler font Amples ou ornées, c’eft-à^dire, qu’on peut les faire comme les figures <5, 8 , 10 , 12 , 14 & i<5, qui, quoique les mêmes que celles fig. 5, 7, 9 , xi, 13 & iy, ne font fufceptibles d’aucun relief apparent, & font Amplement contournées & quelquefois un peu galbées; au lieu que les autres font fufceptibles de reliefs qui repréfentent les faillies des côtes , St les principales^ramifications des feuilles. s .
- Ces dernieres fortes de feuilles tiennent pour beaucoup à la Sculpture, &on ne les emploie que dans les ouvrages qui font d’une nâture à être vus de près ; car quand les guirlandes, ou autres ornements de Treillages, font deftinés à être placés loin de l’œil du fpeélateur, les feuilles Amples font tout aufli bien que les autres, c’eft-à-dire, celles qui font fculptées.
- De quelque maniéré que les feuilles foient difpofées , il faut toujours réfer-ver à leur extrémité inférieure un pédicule ou queue, tant pour imiter plus parfaitement la nature, que pour avoir le moyen de les attacher pour en faire des guirlandes, des bouquets, &c.
- Je n’entrerai dans aucun détail au fujet des fleurs, du moins quant à leurs formes, pour les raifons que j’ai données ci-deflus. Je vais Amplement dire quelque chofe des diverfes parties-dont la plupart font ordinairement compofées, après quoi je pafferai à leur exécution en Treillages.
- Les fleurs font, en général, compofées de plufieurs parties principales , foit
- p.1218 - vue 189/376
-
-
-
- Sect. IV. §. III. Des Fleurs en ‘Treillages, & de leur conjlruclion. 12 îp internes ou externes; les parties internes font les étamines & lepiftil, & les parties externes font les pétales & le calyce : ce font ces dernieres dont la con-noiflànce efl: la plus néceflàire aux Treillageurs.
- Les pétales font les parties les plus apparentes des fleurs : ce font ces feuilles colorées qui en forment l'enceinte & la principale partie, lefquelles prennent naiflànce dans le calyce , où elles font attachées , ( fuppofé qu'il y en aie un ; car il y a des fleurs qui n'en ont pas ). Le calyce efl: la partie inférieure de la fleur, d'où fartent toutes les autres ; c’efl: une efpece d’enceinte formée par le renflement des pédicules ou tiges qui portent les fleurs*
- Les calyces des fleurs font prefque toujours découpés par leur extrémité fupérieure : leurs formes font variées à l'infini, ainfi que celles des pétales ou feuilles coloriées. Quant aux parties internes, elles font la plupart trop petites pour être exactement copiées par les Treillageurs ; 8c comme elles Varient beaucoup félon les différents fujets , je n'en parlerai pas ici, parce qu'on pourra avoir recours aux originaux pris dans la nature même, comme je l’ai dit ci-deflùs.
- Les fleurs faites en Treillages font, en général, compofées de feuilles ou pétales, 8c du bouton ou tige. Le bouton,fig. 4, n’efl: autre chofe qu'un morceau de bois tourné félon que l'exige la forme des fleurs qu’on veut exé-eu ter, La partie fupérieure de ce bouton efl: diverfement travaillée, pour représenter l'intérieur des fleurs autant bien qu'il efl: poffible, 8c fa partie inférieure efl: coupée en biais ou habillure , pour la rejoindre à une tige plus longue , fuppofé,qu'on foit obligé de faire cette tige de deux pièces , foit pour avoir la commodité de la tourner plus aifément, ou pour quelque autre raifon que ce foit.
- Aux ouvrages communs les Treillageurs ne font pas tourner les boutons ; ils les font tout uniment avec un morceau de bois de frêne , dont ils fendent l’extrémité fupérieure en divers fens & à 6 ou 8 lignes de profondeur, pour y faire une barbe , au milieu de laquelle iis laiffènt fubfifter une elpece de bouton de bois plein, fait au couteau ou au cifeau tout Amplement, comme on peut le voir à la figure 7.
- En préparant les boutons, il faut avoir foin que leur forme, & fur-tout leur groffeur, foient relatives à celle de la fleur qu'on veut faire, & diminuer fur cette épaifleur celle des feuilles ou pétales qui doivent être attachées deflùs, foit que cette fleur ait un calyce ou non, parce que dans le premier cas le bas du calyce efl: formé dans le bouton, & on l'acheve avec de petits morceaux qu'on rapporte après avoir attaché toutes les pétales.
- Quant à ces dernieres , on les prépare toutes félon la forme 8c la grandeur qu elles doivent avoir & félon la place quelles doivent occuper; ce qui étant fait, on les courbe au feu , quand c’efl: pour faire de l'ouvrage propre, ou on les mâtine à la tenaille, fi c'efi: de l'ouvrage commun 1 après quoi on les attache fur le
- Planché
- 377*
- p.1219 - vue 190/376
-
-
-
- <T—!!! I——
- Planche
- 377-
- C
- tiio L'A R T DU TRE1LLAGÊUR, Chap. III.
- bouton ou tige, en Commençant par celles de l'intérieur de la fleur , où font les plus petites pétales, & en finiflànt par celles de l'extérieur, où font les plus grandes, comme on peut le voir aux figures 6 Sc 9, qui repréfentent les coupes des deux fleurs, fig. $ & 8, dont la première eft une rofe, Sc l’autre un pavot.
- Chaque pétale s'attache avec une ou deux broquettes à tête plate ; Sc quand les fleurs font petites, on fait ufage de clous d'épingle, dont la tige eft courte & la tête large & plate ; & il faut avoir foin, en attachant les pétales ou feuilles des fleurs, d'y faire des trous avec le perçoit , pour que les clous ne les faflènt pas fendre.
- Les fleurs qui fe trouvent trop petites pour être faites de pièces rapportées , comme le jafmin Sc autres, on les prend en plein bois qu'on découpe, ainfi qu'on peut le voir à la figure 11*
- Ces fortes de fleurs ne deviennent trop petites pour être exécutées de plu-fleurs pièces, qu'autant qu'on les fait de grandeur naturelle, ce qui arrive rarement ; mais on peut prefque toujours les faire en pièces de rapport, de quelque efpece que puiffent être ces fleurs.
- On fait quelquefois des guirlandes de fleurs & de fruits ; alors ces derniers font foulptés dans du bois léger Sc liant 4 Sc on les monte fur un pédicule ou tige , par le moyen duquel on les attache,( ainfi que les fleurs ) , fur un mandrin ou mafle de bois repréfenté fig. 1 & 3 , qui eft contourné félon la forme qu’on veut donner à la guirlande, laquelle doit être deflinée à part, comme celle repréfontée^/zg. 2.
- Quand on veut faire des bouquets de fleurs qui terminent des Corbeilles ou des Vafes, on fait leur tige droite, & on la fait entrer dans des moyeux ou mandrins qui terminent ces derniers, fig. 12 , comme je l'ai dit plus haut, ce qui n'eft pas bien, Sc n’eft guere tolérable que quand iis font élevés à une très-grande hauteur; car quand ils font placés fous les yeux, il vaut mieux faire courber la tige des fleurs, afin qu'elles paroiflent fortir naturellement de dedans la Corbeille ou le Vafe, dont on termine le deflus avec un morceau de bois épais, dans lequel on place & arrête les tiges des fleurs après quelles ont été peintes.
- S’il arrivoit quon voulût faire beaucoup pyramider un bouquet, on feroit la piece de bois ou mandrin aufli élevé qu'il feroit néceflaire , & on y feroit des trous à différentes hauteurs , dont la direétion feroit la même que celle qu’on voudroit donner à la tige des fleurs, & par conféquent à ces dernieres, comme on peut le voir à la figure 10.
- Les Treillageurs qui font des fleurs, travaillent afîis devant un établi ou table placé au jour, comme celui repréfenté1, VL ^2. Cet établi doit avoir des tiroirs en deflous, pour y ferrer les pièces dont on fait les fleurs, Sc être garni d'un rebord fur le devant, pour empêcher quelles ne tombent Sc ne
- fo
- p.1220 - vue 191/376
-
-
-
- Sect. IV. §. III. Des Fleurs en Treillages , de leur construction, lut fe perdent. Ils font ufàge de tous les outils dont j’ai parlé , page 1123 , ainfi que de ceux des Sculpteurs, Sc ênfin de tout ce qu’ils jugent convenable pouf accélérer & perfectionner leur ouvrage, qui, pour être bien fait , exige beaucoup d’adrefle & d’ufage de la part de FArtifte, comme je Fai dit plus haut.
- Je ne m’étendrai pas davantage au fujet de la conftruétion des fleurs en Treillage, parce que c’eft une affaire toute de pratique & de goût, chofes qui ne s’enfeignent guere dans des Livres, mais qu’on n’acquiert qu’en travaillant beaucoup, & fous les yeux d’habiles Maîtres ; c’eft pourquoi je vais terminer ici la defcription de l’Art du Treillageur proprement dit, Sc palier tout de fuite à celle des autres parties de Menuiferie propres aux Jardins, dont je vais traiter dans le Chapitre fuivant (*).
- Planche
- 377*
- (*) La defcription de l’Art duTreillageur, quoi-qu’afFez étendue, n’eft peut-être pas auffi Com-plette qu’on l’aüroit pu fouhaiter; mais il faut faire attention que eet Art eft prefque encore dans fa naiflance, & qu’il y a tout à croire qu’il fera des progrès dans la fuite. Quoi qu’il en foit, j’ai fait tout mon poffible pour ne rien lailfer à délirer , du moins quant à fon état aftuel : en quoi j’ai été aidé , quant à ce qui regarde la pratique Sc la connoiflance de certains outils Sc
- termes propres à cet Art, par M. Courfeî, Compagnon Treillageur. Quant à la partie delà Me-nuiferie néceffaire ôc relative aux ouvrages de Treillages , j’ai fait en forte de la détailler auffi parfaitement qu’elle pouvoit l’être} parce que cette partie, d’où dépend la beauté des formes & la lolidité des Treillages, n’eft pas bien fami^ liere aux Treillageurs, & qu’il étoit par confé* quent eftentielde la bien développer»
- 1*4
- Treillageur.
- p.1221 - vue 192/376
-
-
-
- 1222
- L'ART DU TREILLÀGEUR, Chap.- IK
- »
- j
- Planche
- 378.
- CHAPITRE QUATRIEME.
- Des divers Ouvrages de Menüiferie nétejfaires dans les Jardinsi
- De puis que la coutume s’eft introduite de faire, dans les Jardins , des Salions & des Cabinets de Treillages, non-feulement comme ceux dont j’ai fait mention ci-delîus, mais encore de ces mêmes Salions Sc Cabinets bâtis en plâtre ou toutes autres matières folides Sc revêtus de Treillages , les ouvragés de Mer-nuifèrfo de toute efpece, comme les portes, les croifées, les jaloufies & les lambris, ont été néceflairement employés, foit pour fermer ou pour décorer ces pièces ; ce qui exigeroit une defeription de ces fortes d’ouvrages, fi cette defeription n’étoit pas déjà faite dans la Première Sc la Seconde Parties de mon Ouvrage, auxquelles on pourra avoir recours*
- C’eft pourquoi je rie vais traiter ici que des ouvrages de Menüiferie dont fufàge eft particuliérement confacré aux Jardins, & qui n’étoient faits que par les Menuifiers de Bâtiments, avant*que les Treillageurs fufîent Menuifiers, ou , pour mieux dire, qu’ils eufîent acquis le droit de faire ou de faire faire de la Menüiferie.
- Les ouvrages que je vais décrire, font les Sièges de Jardins de toutes fortes, les Caifïès propres à mettre des arbrifleaux & même des arbres d’une certaine grandeur ; enfin tout ce qui concerne les Serres chaudes, comme les Gradins , leurs chaflîs de toutes efpeces, &c.
- Je terminerai ce Chapitre,* & en général la defeription de l’Art du Menuifier, par un Eflai fur le toifé, & l’appréciation des Ouvrages de Menüiferie , & cela relativement aux ufàges reçus, du moins pour les ouvrages de cet Art qui font fufceptibles de toifé, comme la Menüiferie de Bâtiment Sc le Treillage.
- 1
- Section Première.
- , Des différentes fines de Sièges de Jardins.
- Lorsque j’ai terminé la defeription des différentes efpeces de Sièges , j’ai dit, page 664, Seconde Seélion de la Troifîeme Partie de mon Ouvrage, qu’il ' en étoit encore d’une autre forte, qu’on nommoit Sièges de Jardins, dont je traiterois à la fuite de l’Art du Treillageur. Ces Sièges font de deux efpeces ; fàvoir, les Chaifes proprement dites, Sc les Bancs. Les Chaifes les plus ordinaires * font celles qui font d’une forme quarrée par leur plan , comme celle repréfentéefig. I, 2, J 6 6. Ces fortes de Chaifes font d’une forme très-fimple ; Sc il foffit quelles foient conftruites proprement Sc folidement : les bois de leurs
- p.1222 - vue 193/376
-
-
-
- /
- Se CT. /• Des différentes jones de Sièges dé Jardins. 1223 bâtis doivent avoir un pouce & demi à 2 pouces en quarré, du moins pour leurs pieds, tant de devant que de derrière; cés derniers doivent avoir a pieds 6 à 8 pouces de haut, & être deyerfés en dehors d’environ 2 pouces pris du defliis du liège, qui doit être élevé de terre d’environ 16 pouces : le relie des bâtis , c’efi-à-dire , les traverfes du pourtour du fiége & du dolîîer, ont 2 pouces à 2 pouces & demi do largeur, fur un pouce d’épailleur, Quant à celles-du bas, Sc Tentretoife jÇg-. 6, il faut qu’elles foient d’une largeur égale à celle des pieds dans lefquels elles font aflemblées, & qu’elles affleurent des deux côtés, comme on peut le voir dans cette figure ; l’épaifïèur de ces dernières traverfes doit être d’environ 15 à 18 lignes, afin de donner plus de largeur, & par conféquent plus de force à leurs aflemblages*
- On orne les arêtes de traverfes des Chaifes de Jardins d’une petite moulure, & on fe contente de faire un chanfrein fur celles des battants, tant dans leur partie inférieure qu’au dolîîer, où il vaudrait cependant mieux faire régner la même moulure qu’aux traverfes, comme on peut le voir à la figure r, en obfèrvant d’arrêter cette moulure au-devant de la trayerfè du bas du dolîîer, afin de ne point trop diminuer la largeur des battants. On pourrait auffi , au lieu de mettre des chanfreins au bas des pieds, les faire tourner en forme de petites colonnes, ce qui feroït beaucoup plus propre, & les rendrait plus légers % fans pour cela en diminuer la force » qui ferait toujours la même à l’endroit des afîèmblages des traverfes, comme on peut le voir aux pieds du Banc repréfèntl fig. 9 & 10.
- Le deiïus ou fiége de ces Chaifes éfi: fait de planches d’environ 10 lignes d’épaiflèur , qu’on arrête fur les traverfes avec, des clous à têtes perdues * c eft-à-dire , qu’on fait entrer tout en vie dans le bois, après en avoir fait fauter la tête, ce qui fe fait de la maniéré fuivante. On prend le clou dont on veut faire fauter la tête, de la main gauche, & on le couche fur le deffus du valet, en obfèrvant que fà tête, ou du moins une partie , porte contre l’arête de cé dernier ; puis avec le marteau qu’on tient de la main droite , on frappe fur la tête du clou, qui étant retenue d’un côté par l’arête du valet, ploie & fe rompt de ce côté, & laifïe une petite barbe à la tige du clou, dont on fait fauter les quatre côtés de la tête en les appuyant ainfi les uns après les autres, fur l’arête du valet, ou de toute autre chofè capable d’oppofer aflèz de réfiftance au coup de marteau pour faire fauter la tête du clou, qui, étant ainfi rompue, ne diminue point de fà longueur , 8c y confierve une largeur plus confidérable* qu’au refte de la tige, ce qui y fait une efpece de petite tête qui empêche le bois de fe coffiner.
- Le delfus du fiége faille d’environ un pouce, d’après le nud du bâtis de la Chaife , de trois côtés feulement, parce qu’on le fait .affleurer avec la- traverfe de derrière, comme on peut le voir aux figures 2 & 5.
- Le doffier des Chaifes de Jardins eft ordinairement vuide ; cependant il vaut
- Planche
- 3J8,
- p.1223 - vue 194/376
-
-
-
- Planche
- 378.
- m4 VA RT DU TRE1LLAGEUÈ, CAap. /K mieux qu’il foit rempli par des compartiments de Treillages quelconques,afin que ceux qui font ufàge de ces Chaifes puiflênt s’appuyer le dos plus commodément.
- Les Tourneurs font des efpeces de Chaifes de Jardins qu’ils nomment Pelles-à-cul, & cela par rapport au fiége de ces fortes de Chaifes , qui eft fait comme une pelle, & percé au milieu de là largeur pour faciliter l’écoulement de l’eau qui tombé deffus. Ces Chaifes n’ont que trois pieds, & font très-légères, mais peu folides ; ce qui en a fait imaginer d’autres d’une forme à peu-près fem-blable, mais en même temps plus commodes & d’une plus grande folidité.
- Ces Chaifes, repréfentéesfig. 3, 4, 7 & 8 , font cintrées par leur plan; leur doflîer eft creux Sc évafé, & elles n’ont que trois pieds ainfi que les Pelles-à-cul * afin qu’en quelqu’endroit qu’on les place dans un Jardin, elles prennent une affiete Iblide, ce qui n’arrive pas toujours quand les Chaifes ont quatre pieds, vu les inégalités qui peuvent fe rencontrer dans la furface du terrein , quelqu’uni qu’il puiffe être.
- Les Chaifes dont je parle, peuvent être ornées de moulures & même de fculpture, du moins autant que cela ne nuira pas à leur folidité, qui doit être préférée à tout, parce qu’étant expofées à l’air, du moins pendant la belle làifon , on ne doit rien négliger de ce qui peut prolonger leur durée, ou, ce qui eft la même chofe, prévenir leur deftruélion, qui n’arrive toujours que trop promptement, quelque précaution qu’on puilîe prendre.
- Comme ces Chaifes n’ont que trois pieds, il s’en trouve néceflairement un par devant qui s’aflemble en chapeau dans la traverfe de ceinture , qui vient s’aflembler elle-même dans les deux pieds de derrière.
- Cette traverfe doit être faite de trois pièces au moins, aflêmbiées en enfour-chement, ou, ce qui eft encore mieux, à traits de Jupiter ; & pour quelle fatigue moins , on dilpolè le deflus du fiége à bois de bout en devant de la Chailè, comme le reprélente la figure 7, afin que Ion fil appuie & foutienne les joints de la traverfe fur laquelle on l’attache à l’ordinaire.
- L’écart des trois pieds eft entretenu par une entretoife cintrée reprélentée fig. 8, laquelle eft compofée de deux pièces alfemblées au point ay afin quelle foit à bois de fil, du moins autant que cela eft pofïïble, ainfi qu’on peut le voir dans cette figure.
- Je n’entrerai pas dans un plus grand détail au fujet de la forme & de la con£ truéUon de ces dernieres elpeces de Chailès, (ou de toutes autres dont la forme peut varier à l’infini ) parce que quant au premier objet, l’infpeétion feule des figures doit fufEre ; & que pour le fécond, c’eft-à-dire, la conftruéUon, j’en ai traité amplement dans la fécondé Seétion de la troifieme Partie de mon Ouvrage , à laquelle on pourra avoir recours fi on le juge à propos , ce qui, au refte , n’eft pas ablolument néceflàire.
- Les Bancs de Jardins font de deux elpeces; lavoir, les fimples & ceux à doffier. Les premiers ne font autre chofe que des planches d’un pouce ou d’un
- pouce
- p.1224 - vue 195/376
-
-
-
- c
- Sect. /. Des différentes fortes de Sièges de Jardins* ' 122$
- pouce & demi d’épaiffeur, drelfées & corroyées fur toute leur longueur, lef» -quelles font pofées 8c attachées fur des fupports plantés en terre* Ces fupports font des bouts de planches dont la largeur eft un peu moindre que celle des delfus , afin que ces derniers les délàffleurent d’environ un pouce de chaque ‘ côté.
- Les fupports doivent avoir au moins un pouce 8c demi depailîèur, & être enterrés d’un bon pied, afin quils tiennent plus folidement ; & il faut avoir loin de brûler le bout qui entre en terre , afin qu’il réfifte plus long-temps à l’humidité. Quant à leur nombre, c’eft la longueur du Banc qui le détermine, 'en obfervant qu’ils ne fbient écartés les uns des autres que de deux pieds & demi à trois pieds , tout au plus ; & que ceux des bouts foient éloignés de 8 à 12 pouces tout au plus , des extrémités du delfus , dont les arêtes & les angles doivent être arrondis, & la furface extérieure un peu bouge, pour que l’eau ne féjourne pas delfus.
- Les delfus des Bancs Amples s’attachent fur les fupports fans y faire aucune efpece d’afîemblage, ce qui ne peut être, parce que fi ces derniers paflbient au travers du delfus, iis donneraient entrée à l’eau, qui pourriroit les delfus & leurs fupports ; cependant je crois qu’il feroit bon d’y faire en deifous des rïi-nures de 3 lignes de profondeur tout au plus, dans lefquelles les bouts des fupports entreraient tout en vie, ce qui n’altéreroit pas la force du delfus du Banc, & empêcherait les fupports de fe coffiner ou de fe fendre , comme il arrive quelquefois. On arrête les delfus des Bancs avec des clous à tête perdue ; mais il vaudrait mieux y mettre de bonnes vis à tête fraifée , qu’on entrerait dans l’épailîeur du bois, ce qui feroit plus propre , 8c fur-tout plus folide que des clous à tête perdue, qui fou vent lâchent, ou bien palfent au travers l’épaif-feur de la planche du delfus, qui, n’étant plus retenue, fe coffine aifément, foie en delfus ou en deifous.
- Quand on conftruît ces fortes de Bancs, il faut, autant qu’il eft poffible mettre le côté dé la planche qui eft le plus proche du cœur de l’arbre, en delfus, parce que quand le bois vient à fe travailler, il fe bougit de ce côté, & fe creufe par conféquent de l’autre, qui, s’il étoit en delfus, conferveroit l’eau, ce qui, à la longue, le pourriroit.
- Les Bancs à doflier 9 & 10, different des Chaifes dont j’ai parlé ci-delfus, par leur largeur, qui eft: quelquefois de 12, ij*, & même 18 pieds,
- & par les bras ou accotoirs qu’on met à leurs extrémités. Les pieds de derrière des Bancs ont 3 pieds de hauteur, fur 2 à 3 pouces de gros, félon la force 8c la grandeur des Bancs ; ceux de devant ont 2$ à 26 pouces de haut, pris du delfus des accotoirs, qui s’alfemblent delfus à chapeau d’un bout, & de l’autre à tenon & enfourchement dans le battant ou pied de derrière , à un pied au-deflus du fiége, pris perpendiculairement à ce dernier, comme on peut le voir à la figure 9.
- Treillageur. K14
- Planche
- J78-
- p.1225 - vue 196/376
-
-
-
- Planche
- 378.
- \
- *
- 1226 L'ART DU TREILLAGE U R9 Chap* IV.
- Les accotoirs font cintrés en S for le plat, & ornés de moulures par le bout & par les côtés ; leur largeur eft donnée par celle des pieds, qu’ils doivent déborder des deux dotés de la faillie de leurs profils au moins, comme on peut le voir à la figure 10. Quant à leur épailfèur, elle ne peut guere être moindre de 2 pouces , à caufo de leur cintre, qu’on doit faire le plus doux poffible , fans cependant le faire plat.
- La hauteur du fiége des Bancs de Jardins, doit être comme celle des Chaifes, c eft-à-dire, de 15 à 17 pouces tout au plus ; quant à leur profondeur, elle doit être un peu plus confidérable ; c eft pourquoi il eft bon qu’ils ayent environ 18 pouces , au lieu de 14 ou 13 qu’on donne aux Chaifes. Les lièges des Bancs fe font de planches jointes à rainures & languettes, Sc arrêtées avec des clefs placées de diftance en diftance, pour qu’ils ne s’écartent pas fi la colle venoit à manquer, ce qui arrive fouvent à caufo de l’humidité à laquelle ils font continuellement expofés , à quoi on pourroit en partie remédier, en inclinant un peu la forface des fiéges fur le derrière, pour faciliter & accélérer l’écoulement des eaux pluviales. En inclinant ainfi le delfus de ces fiéges, on les rendrojf d’autant plus commodes, qu’on ne feroit pas expofé à glifler de deflus iorfqu’on s’appuieroit contre le dofîier, comme il arrive à tous les fiéges dont le delfus eft plein & de niveau.
- Quand les Bancs de Jardins ont plus de 4 à y pieds de largeur, ou, pour mieux dire, de longueur, on y met des pieds de diftance en diftance, tant par devant que par derrière, & cela* félon la plus ou moins grande longueur de ces mêmes Bancs. Ceux de devant s’alfemblent en chapeau dans la traverfo, qu’il eft bon de ne point couper dans là longueur, autant que cela peut fe faire* Quant à ceux de derrière, on les fait quelquefois monter de fond ( ainfi que ceux des bouts ), & on les alfemble en chapeau dans la traverfo du haut du doffier, qu’on fait palier droite dans toute la longueur du Banc, & on coupe les autres traverfes, c’eft-à-dire 5/celle du bas du doffier , & celle de delfous le fiége , à l’endroit du battant montant dans lequel on les alfemble à l’ordinaire* Cependant je crois qu’il vaudroit mieux faire palfer cette derniere droite, & couper le pied de derrière à la hauteur du fiége, plus 3 à 4 pouces, pour y faire un tenon qui entreroit & feroit arrêté dans une entaille pratiquée dans le milieu de la largeur d’un montant qui feroit alfemble avec le relie du dolîier, comme on peut le voir à la fig, 10, ce qui donneroit la facilité de faire ce dernier d’une largeur convenable , & de faire la traverfo qui porte le fiége, d’une foule piece dans toute fe longueur, ce qui eft très-elfentiel pour la fblidité de l’ouvrage.
- Les doffiers des Bancs de Jardins font quelquefois vides ; mais on les remplit le plus ordinairement par des montants dé 3 pouces à 3 pouces & demi de largeur, ornés d’une moulure fur l’arête, & efpacés tant pleins que vides ; ou bien à la place de ces montants, on y met des baluftres, comme à la figure 10, ce qui fait un très-bon effet. Que les doffiers foient remplis par des montants ou
- p.1226 - vue 197/376
-
-
-
- r
- *
- Sect. L Des différentes fortes de Sièges de Jardins. 1227
- des baluftres, il faut que l’épaifleur des uns & des autres ne furpalTe pas 6 à 8 lignes , afin quils laiflent un quarré d’après le fond de la moulure des bâtis , comme on peut le voir à la figure 10.
- Les Bancs de Jardins fe conftruifent tous à peu-près de la même maniéré que celui dont je viens de faire la defcription , foit qu’ils foient droits ou circulaires par leur plan, comme il arrive très-fouvent quand ils font placés dans des Bot quets ou des Cabinets de verdure, dont il faut qu’ils fuivent la forme ; dans cp dernier cas, il faut mettre les pieds de devant plus proches4es uns des autres, que quand les Bancs font droits, ce qui eft tout naturel ; parce que les traverfes cintrées, foit en bouge ou en creux , font moins fortes que les droites.
- Quelquefois on met des patins aux pieds des Bancs de Jardins, ce qui les préferve davantage de l’humidité. Ces patins ne font autre chofe que des pièces de bois de 3 à 4 pouces d’épaifleur, for 5 à 6 de largeur,' dans lefquelles on alfemble les pieds des Bancs, en obfervant que l’aflemblage ne foit pas plus profond que les deux tiers de l’épaifleur du patin, parce que s’il l’étoit davantage, ou s’il pafloit au travers, l’humidité de la terre s’y introduiroit aifément* ce qui les détruiroit bien promptement. .
- Le pourtour des patins eft orné d’une moulure, & on les creufe un peu en deflous for leur longueur, afin qu’ils portent mieux for la terre, & donnent au Banc une affiette plus folide.
- On fait encore des Bancs de Jardins avec marche-pied : ce n’eft autre chofe qu’une planche appliquée for les patins, qu’on fait faillir en devant à cet effet. Ces marche-pieds fervent à élever davantage le fîége du Banc, & à pré-ferver les pieds de ceux qui s’afleyent for ce dernier, de l’humidité de la terre.
- Il y a des Bancs de Jardins à doubles lièges, ce qui eft très-commode pour jouir des différents afpeéls d’un Jardin comme on le juge à propos, & pour éviter d’avoir le foleil ou le vent dans les yeux^
- Ces fortes de Bancs, repréfentés jîg. ir, 12, 13 & 14, different de ceux dont je viens de parler, par la largeur de leurs lièges, qui eft le double de l’ordinaire , & par la forme des accotoirs, qui occupent toute la largeur du Banc.
- Le doffier de ces Bancs forme un bâtis à part, & eft mobile pour pouvoir fe renverfer foit à droite ou à gauche, félon le côté ou l’on veut s’alfeoir, & il eft arrêté par le bas en b, fig. 11 & 12 ( 011 eft le centre de mouvement, ) par le moyen de goujons de fer qui palfent au travers de l’épaifleur des montants de doffier, & des petits montants alfemblés au milieu des traverfes qui portent le liège, comme on peut le voir à la figure 11, lefquels petits montants entrent dans une entaille ou enfourchement fait au milieu de la largeur des montants de doffier, ce qui forme des efpeces de charnières, auxquelles les boulons b fervent de goupilles.
- Le devers du doffier eft retenu par les accotoirs , dans lefquels font pratiquées
- p
- Planche
- 37s.
- p.1227 - vue 198/376
-
-
-
- Planche
- 378.
- 112S VART DU TREILLAGEUR, Chip. IF.
- ? des mortaifes où les battants entrent tout en vie fur leur largeur, ce qui vaut mieux que de les faire plus étroites, Sc de diminuer la largeur des battants à • l'endroit des accotoirs , comme on le fait quelquefois. La longueur des mortaifes des accotoirs eft déterminée par la pente du doffier, laquelle doit être égale des deux côtés du Banc, comme on peut le voir à la ligure 12, où le doffier eft incliné de b en c, & de h en d% où ce même doffier eft indiqué par des lignes ponctuées , ce qui, comme je viens de le dire, donne la longueur des mortaifes Sc leur pente, qu'il faut cependant faire un peu plus droite , afin que le battant de doffier porte plutôt du haut que du bas.
- Quand on fait ainfi des mortaifes aux accotoirs, on eft obligé d'y faire entrer les battants de doffier avant que de les aiTembler avec leur traverfe, ce qui devient allez incommode ; de plus, quand tout l'ouvrage eft monté, on ne peut plus retirer le doffier, fuppofé qu'on ait quelque chofe à y faire ; c'eft pourquoi je crois qu'il vaut mieux, comme aux figures 13 & 14 , féparer l'accotoir en deux parties fur la largeur, à l'endroit de la mortaife , & y rapporter une joue mobile plus longue que la mortaife de 2 à 3 pouces de chaque côté, dont le joint en pente fur la face intérieure de l'accotoir, feroit encore retenu par des languettes qui entreraient dans l'épaifleur de l'accotoir, comme on peut le voir dans ces deux figures, qui repréfentent l'une, l'accotoir vu fur fa face intérieure y Sc fa joue mobile élevée au-delfus ; Sc l'autre , ce même accotoir vu en delîùs, avec la joue à fa place : au moyen de cette joue mobile on peut, quand on le juge à propos, ôter le doffier du Banc, Sc le remettre enfiiite y fans pour cela être obligé de rien défàffembler ; Sc quand il eft remis en place , on arrête cette derniere, c eft-à-dire, la joue mobile avec deux vis en bois qui paflent au travers de fon épaifleur, Sc fe taraudent dans le refte de l'accotoir.
- Quant au liège de ces fortes de Bancs, il fe fait quelquefois plein fur la largeur ; d'autres le font en deux parties avec un jour au milieu, comme aux figures 11 & 14, ce qui devient néceflàire pour l'écoulement des eaux pluviales, fur-tout quand on fait deverfer des fiéges fur le derrière, comme je l'ai dit ci-deffiis.
- *•
- En général, les Sièges de Jardins doivent être conftruits avec beaucoup de foin Sc de folidité , Sc être faits de bois bien fain, d'une qualité ferme, Sc pas trop fec, pour que l’aétion du foleil Sc de l'humidité ne les fafïe pas tendre trop promptement à la vermoulure. Le defliis 9 fur-tout, doit être fait avec de bon bois plein , & fans aucune efpece de fentes ni de ivelures , qui $ ouvriraient bien promptement au grand air. Quant à leur décoration, on peut -comme je l'ai déjà dit, la faire plus ou moins riche, autant que cela ne nuira pas à leur folidité,
- Section
- r
- p.1228 - vue 199/376
-
-
-
- Se CT, //. Des Caijfes de Jardins ; de leurs differentes efpeces , &£• t2 Section Seconde*
- Des Caiffes de Jardins ; de leurs différentes efpeces * formes & conftruçiiôn.
- Les Caiffes dont je vais faire la defeription, fervent à placer des arbriffeaux qu’on ne plante pas en pleine terre , pour avoir la facilité de les tranfporter quand on le juge à propos, & les mettre pendant l’hiver dans des ferres ou ils font à l’abri du froid, dont la plupart ne pourroient pas fouffrir la rigueur * comme, par exemple, les grenadiers , les orangers, &c. Il y a des Cailles de toutes grandeurs , depuis 6 pouces en quarré, qui font les plus petites fjulqu’à 4 pieds, & même 4 pieds 6 pouces, qui font les plus grandes qu on ait faites jufqu’à préfento
- Les Caifles, en général, forment une elpece de coffre, fig. r & y , dont le deffus eft découvert, & qui eft compofé de quatre pieds ou montants de quatre côtés, qui font attachés fur ces derniers, & d’un fond.
- Aux petites Caiffes , c’eft-à-dire , celles depuis 6 pouces jilfqu’à 2 pieds en quarré, les cotés ou panneaux s’attachent deffus ; & à celles qui font plus grandes , ils font difpofés de maniéré qu’ils puiffent s’ouvrir pour pouvoir changer les arbriffeaux, ou y faire quelque opération, comme je le dirai en fon lieu, après avoir parlé des petites Caifles, qui f© conftruifent de la maniéré
- Planche
- 319'
- fuivantêi
- Après s’être rendu compte de la grandeur de la Caiflfe quon veut conf-truire, on commence par faire les côtés ou panneaux, qu on équarrit & qu’on met de longueur, en obfervant d’en faire deux plus courts que les autres de l’épaiffeur de ces derniers , afin que la Caiffe étant montée , elle foit égale fur fes quatre faces. Quand les panneaux font ainfi équarris , on les met d’épaiffeuï fur Jia rive de devant & par les deux bouts , en y failant un ravalement d’une largeur fuffifànte pour que le pied de la Caiflê, étant placé fur le panneau, joigne contre le ravalement, comme on peut le voir à la figure 6, qui repréfente un panneau ainfi ravalé, fur lequel j’ai indiqué, par des lignes pdnétuées, le dehors des pieds, ce panneau étant un des plus longs*
- Après avoir préparé les quatre panneaux , les pieds étant corroyés & tournés par la tête, comme ceux de la figure 2, on attache un des panneaux les plus courts fur deux pieds qui l’affleurent en dehors, comme le repréfente la figure 2. On en fait autant à l’autre panneau ; après quoi on attache fur les pieds ^ & en dedaiis de chacun des deux panneaux, un taffeau ab9fig.3 , qui fort à porter le fond dé la Caille, qui doit affleurer avec le deffous des panneaux, comme on peut le remarquer à la figure 4. Ce taffeau s’attache tout à plat fur les pieds ; cependant il vaut mieux faire à ces derniers une entaille de 2,3,4, ou même 6 lignes, félon leur groffeur, dans laquelle on fait entrer le taffeau $ qui * par ce TREJLL4GEURé L 14
- p.1229 - vue 200/376
-
-
-
- ^ 1
- Planche 379•
- h3ô L'ART DU TR El LLAGEUR, ChapAV. moyen, fe trouve foutenu, 8c n eft pas expofé à fo détacher par la trop grande pefànteur de la terre qui eft dans la Caille, comme cela arrive quelquefois. Quand les deux talfoaux font attachés, on achevé de bâtir la Caille, en attachant fur les deux côtés déjà montés, les deux panneaux les plus longs, dont les extrémités doivent affleurer avec le nud des deux premiers , comme on peut le voir aux figures r , 2 & y, 8c à la figure 8, qui repréfente une partie de la Cailfe vue en delfus, & prête à recevoir le fond ,fig. 7, qu’on y place enfuite.
- Ce fond doit entrer un peu à l’aifè, & être percé de plufieurs trous pour faciliter l’écoulement de l’eau qu’on y verfe pour arrofer les arbrilfeaux qu’on place dans la CaiiTe. Il faut que le fond foit de bon bois dur & liant : il n eft pas néceflàire qu’il foit corroyé ; 8c quand il eft un peu grand , on y met une ou deux barres en deflous, attachées avec de bons clous qui doivent palier au travers, pour avoir la facilité de les river en deflùs du fond, afin qu’ils ne lâchent pas , comme cela pourroit arriver quand le bois du fond viendroit à le pourrir.
- Quant aux côtés ou panneaux du pourtour de la Cailfe ,<il faut qu’ils foient corroyés proprement à l’extérieur, & joints à rainures & languettes, & collés , quoique cela ne foit pas abfolument nécelfaire. Quand ils font d’une certaine grandeur, il faut y mettre des clefs dans les joints, &une ou deux barres à queue en dedans , prifes dans l’épailîèur du ravalement, qu’il eft bon de faire un peu profond, tant pour donner plus de prife aux barres à queue, que pour diminuer la faillie que font les côtés de la Caille for les pieds ou iis font attachés.
- Ces pieds doivent être faits de bois foin, fons nœuds ni fentes, parce que les clous qu’on enfonce dedans, lorfqu’on attache les côtés de la Caiflè, ne man-queroient pas de les faire ouvrir davantage , ce qui occafionneroit leur deftruc-tion. Le haut des pieds des petites Cailles eft ordinairement orné d’une boule $ & aux grandes, dont je vais faire la defcription, d’une boule 8c d’une gorge au-delïbus , ainlî qu’aux figures 9, 10, 11 & 12.
- J’ai dit plus haut que les Cailfes dévoient être quarrées, ce qui eft çxac* tement vrai quant à leur plan ; mais il eft bon de les faire un peu plus hautes que larges, parce que cela leur donne plus de grâce, 8c en même temps plus de profondeur en dedans.
- Il fo fait cependant des Cailles barlongues par leur plan, pour mettre le long des murs ou des palilfodes. Ces fortes de Cailfes ont rarement plus de 15 à 18 pouces de hauteur de corps, 8c leur longueur eft déterminée par celle de la place qu elles occupent ; cependant quand cette longueur eft un peu confidé-rable, il faut y mettre de faux pieds fur la longueur, dans lefquels on alîembfo des barres à queue qui foppartent le fond de la Caille, 8c qui en empêchent l’écart, du moins par le bas.
- Quant au haut, on ne peut l’empêcher qu’en y mettant une femblable barre à queue, ou, ce qui eft mieux, une tringle de fer qui prenne d’un côté à l’autre de la Cailfe.
- p.1230 - vue 201/376
-
-
-
- Sect. IL Des Calffes de Jardins ; de leurs différentes ejpeces , &c. 123 r
- Quant à la force des bois des Cailles dont je viens de parler , elle varie félon leur grandeur : à celles d’un pied en quarré , les pieds doivent avoir un pouce PtANCKg: & demi de gros , Sc les panneaux un demi-pouce d’épaifleur» A celles d un pied 3
- Sc demi en quarré , les pieds auront 2 pouces de gros , & les panneaux 9 lignes d’épaifleur , Sc à celles de 2 pieds en quarré , les pieds auront 3 pouces de gros,
- Sc les panneaux un pouce d’épaifleur, Sc ainfi des autres. Quant aux fonds , il efl: bon de les faire un peu plus épais que les panneaux du pourtour, parce qu’ils portent tout le poids de la terre, Sc qu’ils font plus expofés à l’humidité.
- Les grandes Caifles font celles qui paflent deux pieds en quarré, Sc qui font dilpofées de maniéré que leurs panneaux ou côtés peuvent s’ouvrir quand on le juge à propos. Ces fortes de Caifles fe conftruifent de deux maniérés ; favoir, à feuillure, comme aux figures 9,10 & 13, ou à recouvrement, comme aux figures ,11,12 Sc 1 y.
- La première maniéré eft la plus ufitée, & en quelque Façon la plus propre ; mais elle a le défaut d’être moins commode que l’autre, quand les panneaux n’ouvrent que de deux côtés, comme je l’expliquerai ci-après.
- Quand on met les panneaux des Caifles à feuillures, on aflemble leurs pieds avec de fortes traverfos, dans lefquelles on fait des feuillures, ainfi qu’à ces derniers, où les panneaux entrent tout en vie, & viennent affleurer le nud des pieds & des traverfes.
- Les feuillures des pieds ne font pas faites dans toute leur longueur ; mais on les arrête par le bas à l’endroit des traverfes, Sc par le haut au-deflus des panneaux , comme on peut le voir à la figure 9, ce qui conferve aux pieds toute leur force , & n’en gâte pas la forme.
- Les panneaux de ces Caifles font retenus en place par des barres de fer arrêtées avec un crampon ou piton à vis dans un des pieds, & qui viennent s’accrocher dans un piton ou crampon placé dans l’autre, ce qui non-feulement empêche le panneau de fortir de ces feuillures, mais en même temps retient l’écart des pieds. On met deux barres de cette elpece à chaque panneau ouvrant, & cela vers leurs extrémités fupérieure & inférieure, pour empêcher qu’ils ne fo coffinent , à quoi les barres à queue , qu’on met à ces panneaux, obvient en partie ; cependant je crois qu’il feroit bon, pour la folidité de l’ouvrage, qu’on fît les feuillures des traverfes qui reçoivent les panneaux à l’intérieur de ces dernières , comme à la figure 14, ce qui empêcheroit les panneaux de fo tourmentée par le bas, Sc l’humidité intérieure de la Caifle de fortir dans la feuillure de la traverfo, & d’y féjourner, comme il arrive prefque toujours, ce qui la pourrit, ainfi que le bas du panneau.
- Il y a beaucoup de ces fortes de Caifles où on ne fait ouvrir que deux panneaux ; alors on met des traverfes par le haut des panneaux dormants, & quelquefois même à ceux qui ouvrent ; ce qui n’eft pas bien, parce qu’elles nuifent lorfqu’on veut retirer l’arbrifleau ; de plus, les Caifles qui n’ouvrent que
- p.1231 - vue 202/376
-
-
-
- Planche
- 319-
- 1232 VART DU TREILLAGE U R, Chap. ÎV. de deux côtés , quand même il n’y auroit pas de traverfe par le haut des pân-neaux ouvrants, font peu commodes, parce qu il arrive quelquefois que les cotes qui font pleins, fe trouvent ceux qui devraient être ouverts, pour quon pût voir la caufe de la maladie de i arbrifléau qui eft dans la Caille , ou pour le changer , ce qu’on fait plus aifément quand les quatre Cotes ouvrent egalement y ce qui leur a fait préférer les CailTes fig. Il, 12 & 13, dont tous les panneaux ouvrent 5 foit enfemble ou féparément, félon qu’on le jugé à propos ; de maniéré qu’il ne relie plus que les quatre pieds de la Caifle y le fond 8c les traverfos qui la portent.
- Ces traverfes font affemblées dans les pieds à l’ordinaire y 8c font d’une épaif* feur allez confîdérablé pour déborder ces derniers & recevoir les côtés de la Caiffe, avec lefquels ils affleurent; & pour que ces traverfes foient plus fondement affemblées dans les pieds, on fait entrer leur partie faillante en enfoui-chôment dans l’épaiffeur de ces derniers , comme on peut le voir à la figure 169 qui repréfonte le bout d’une de ces traverfes avec fos aflemblages.
- Les panneaux de la Caille 9fig. ix9 font retenus en place par lé moyen de deux efpeces de pentures de fer qui y font attachées, 8c qui tournent tout au pourtour de la Caille * aux angles ou aux joints d’épaîffour de laquelle elles s’affem* blent les unes dans les autres, comme des charnières, dans lefquelies palfent des broches de fer qui fervent de goupilles à celles du haut & du bas, comme on peut le voir dans cette figure & à la figure 15 ; & pour que les côtés foient plus adhérents avec les pieds , on pofo au milieu de la largeur de ces derniers 8c de celle du panneau, des loqueteaux à raifort qui palfent au travers de l’épaiffeur des panneaux, & les retiennent en place*
- Les fonds des CailTes y fig-9 & ir , portent for des feuillures faites aux traverfos du bas des bâtis ; & pour qu’ils ne ployent pas , on alfomble dans ces dernieres de fortes traverfes qui les foutiennent for leur largeur.
- Les bois des grandes CailTes dont je viens de faire la defcription , doivent, ainfî que ceux des petites Cailles dont j’ai parlé ci-delfos, être proportionnés à leur grandeur ; c’eft pourquoi on fera les pieds depuis 3 pouces de grolfoür jufqu’à 6 y 8c les panneaux depuis un pouce d’épaîlfour jufqu’à deux, 8c même 2 pouces & demi*
- Les Cailles peuvent être fofoeptibles de quelque décoration à leur extérieur ; mais on doit bien prendre garde que cette décoration ne nuife à la folidité de leur conftruétipn, qu’on ne doit altérer en aucune maniéré , for-tout pour les grandes Cailles , qui portent de lourds fardeaux, tant des arbres que de la terre , qui eft très-pelànte , 8c poulfo au vide avec beaucoup d’effort, fans compter la pelànteur de ces mêmes CailTes, qui eft très-confidérable, & qu’on ne pourrait par conféquent remuer fans rifquer d’y faire quelques dommages, fi elles ctoient décorées de petits membres de moulures ou autres parties quelconques.
- Les Caillés doivent être imprimées, tant en dedans qu’en dehors, de deux
- ou
- p.1232 - vue 203/376
-
-
-
- S'eCT» III. Des Gradins & des ChaJJîs de Serres chaudes, &c. I233
- ou trois couches de grofle couleur avant de les employer ; & c’eft une précaution qu’il faut néceflàirement prendre pour tous les ouvrages qui doivent être expofés au grand air, de quelque nature qu’ils puiflent être.
- \
- ! Section Troisieme,
- Des Gradins & des ChaJJîs de Serres chaudes ; leurs formes & confiruclion.
- Les arbres 8c les plantes étrangères à notre climat, ou qui viennent des pays 2======
- méridionaux de la France, ne peuvent refter ici expofés à l’air pendant l’hiver, ^LANCHÊ fans être en danger de périr, ce qui a fait imaginer de les enfermer dans des pièces deftinées à cet ufàge, pour les garantir du froid 8c des intempéries de notre climat. Ces pièces font connues fous les noms d’Orangeries 8c de Serres chaudes. Les premières font toujours très-grandes, & fervent à ferrer les orangers 8c autres arbres 8c arbuftes, qui font placés dans les caiffes dont j’ai parlé ci-deffus , pour avoir la commodité de les tranlporter comme on le juge à propos. »
- Les Serres font moins grandes que les Orangeries, & fur-tout moins profondes ; & elles fervent, ainfl que ces dernieres, à retirer pendant l’hiver ,
- 8c même pendant toute l’année, des arbrifleaux 8c des plantes, qui, pour croître & fe conferver, ont befoin de beaucoup de chaleur.
- Les Serres font de plusieurs efpeces ; les unes font des faites de 20 à 30 pieds de hauteur, fur une profondeur de 12 à iy pieds tout au plus, 8c dont la face principale ( qui doit être expofée au midi ) doit être la plus ouverte qu’il eft pofhble, & fermée de chaflîs vitrés, dont je donnerai la conftruétion ci-après*
- Les autres font des enceintes de murs d’appui faits en pleine terre, qu’on couvre de chaffis vitrés, & inclinés au midi d’environ 16 degrés.
- Sous ces dernieres Serres, & quelquefois fous celles de la première efpece, font pratiqués des foûterrains où il y a des fourneaux dans lefquels on fait du feu pendant l’hiver, afin que la chaleur y foit, en tout temps, fuffifànte pour faire croître ou pour conferver les plantes qu elles contiennent, ce qui leur a fait donner le nom de Serres chaudes.
- Il eft encore une autre efpece de Serre dont la conftruétion eft toute du relfort du Menuifier ; ce n’eft autre chofe qu’une efpece de caiffe fans fond, dont le deffus eft formé par des chaflis dont je décrirai la forme 8c la conftruc-tion ci-après.
- La Menuiferie des Orangeries ne confifte qu’en des croifées 8c des portes croifées, dont le bois doit être d’une très-forte épaiffeur, ainfi que l’exige la grandeur de leur baye, qui a quelquefois 6 à 8 pieds de largeur , fur 12 à iy pieds de hauteur pour les croifées , 8c 8 à 12 pieds de largeur, fur 15 à 25 pieds Treillagevr. M 14
- Planche 319•
- p.1233 - vue 204/376
-
-
-
- Flanche
- $80,
- 1234 L’ART DU TREILLAGEUR.Chap.IF. de hauteur, pour les portes , ce qui eft quelquefois néceflàire pour le pafïàge des Orangers de la grofle efpece.
- On met auffi de doubles croifées & de doubles portes aux Orangeries, afin que ces dernieres foient plus hermétiquement fermées ; 8c il faut toujours quelles ouvrent en dehors & de toute leur hauteur, pour qu’en les ouvrant dans les premiers jours du printemps, ou le foleil commence à avoir un peu de force, fes rayons puiffent plus aifément pénétrer au travers les vitres des autres croifées, 8c par conféquent échauffer l’intérieur de l’Orangerie.
- Les autres croifées doivent être ouvertes en dedans, quoiqu’il y ait des Orangeries où on les fait à couliflè, ce qui, à mon avis, n’eft pas bien, parce que ces fortes de croifées ne donnent pas affez de pafïàge à l’air, & que quand elles font ouvertes, leur double épaiffeur porte obftacle aux rayons du foleil, qui ont peine à paffer au travers.
- Au refte, on ne doit rien décider à ce fujet, fans avoir confulté ceux qui en font ufage , c’eft-à-dire , des Jardiniers habiles, qui font dans le cas, mieux que perfonne, de décider laquelle de ces deux maniérés de conftruire les croifées des Orangeries, eft la plus convenable.
- La Menuiferie des Serres de la première efpece, c’eft-à-dire, de celles qui font à peu-près conftruites comme des Orangeries, confifte en des portes & des chaffis vitrés qui en ferment les ouvertures, 8c en des gradins de bois de chêne, fur lefquels on place les pots 8c les petites cailles, dans lefquels font mi fes les plantes de toute efpece.
- Ces gradins font de différentes grandeurs, félon celles des Serres, 8c du nombre de pots qu’on veut y placer.
- Celui repréfenté ici en élévation, jig. 1, 8c en pian, fig. 2, eft de la moyenne grandeur ; fà hauteur eft de 9 pieds , pris du foi de la Serre , au-deffus de fon dernier rang ou tablette ; & fà largeur eft de 7 pieds 6 pouces du devant de fà première tablette , de maniéré que le devant de ces gradins , indiqué par la ligne a b, forme avec celle de terre, un angle d’environ 53 degrés.
- Ce gradin a douze rangs de tablettes qui font inégales de hauteur 8c de largeur , lefquelles vont en décroiffant jufqu à la feptieme, cotée A, qui eft à 5 pieds 8c demi de hauteur, & recroilfent enfuite dans la même proportion juf-qua la douzième. Il n eft pas ordinaire de divifer ainfî inégalement les gradins des Serres ; 8c fi je l’ai fait ici, c’eft que cette divifion m’a paru d’autant plus naturelle, que les pots de terre qui renferment les plantes, font d’inégale grandeur , & cela en raifon de celle de ces dernieres. Or , il eft donc plus rai-fonnable de faire la hauteur des gradins proportionnée à celle des pots qu’ils doivent porter, que de les faire tous égaux ; de plus, la divifion que je propofe ici a cela d’avantageux , que les plus petits objets fe trouvent le plus près de la vue, & que les autres s’en éloignent davantage à mefùre qu’ils augmentent de capacité : au refte, je ne propofe ceci que comme une opinion qui m’eft
- p.1234 - vue 205/376
-
-
-
- Sect. III. Des Gradins & des ChaJJis de Serres chaudes , &c. 123 £
- propre, & dont on fera ufage fi on le juge à propos, ce qui, d'ailleurs, ne peut rien faire à la conftruélion de ces gradins , qui doit toujours être la même.
- Les tablettes de ce gradin font faites de bois de chêne, d'un pouce au moins d’épaifleur, (ce qui revient à peu-près à iy lignes): elles font portées par des fupports d'aflemblage, diftants d'environ 3 pieds Sc demi les uns des autres.
- Ces fupports , dont un eft vu de côté , ou, pour mieux dire, de face, fig. j , font compofés d'une forte planche A B (7, de bois de chêne de 2 pouces d'épaif-feur, taillée en crémaillère pour recevoir les planches ou tablettes qui forment le gradin. La partie inférieure de cette planche eft aflemblée à tenon Sc embreu-vement dans un patin DE y dont la partie antérieure eft prolongée pour porter la première tablette.
- Ce patin a quatre pouces d’épaiffeur, fur 6 pouces de hauteur, & eft évidé en deflous , afin qu'il porte mieux des extrémités, Sc que les inégalités qui pourroient fe rencontrer au fol de la Serre, ne le faffènt pas vaciller.
- L'extrémité fupérieure de la planche B C, eft foutenue par un montant F G 9 qui eft aflemblé d'un bout dans le patin, & de l'autre avec cette derniere , où il entre à tenon avec une barbe c, qui forme un point d'appui qui foulage le tenon, & affine la folidité de l'affemblage.
- Le montant F G eft incliné en dedans par fà partie fùpérieure , afin d'avoir plus de force pour réfifter au poids du gradin , qui, lorfqu'il eft chargé, ne laifle pas d'être très-confidérable ; Sc pour diminuer l'effet de ce poids , Sc par conféquent foulager le montant F G, j'ai ajouté deux autres montants ou écharpes L M 8c N O , qui venant à butter contre la planche B C, en foutien-nent tout le poids, Sc l'empêchent de faire aucun mouvement en arriéré.
- Ces deux écharpes font aflemblées à tenon Sc embreuvement dans le patin D, E9 Sc fimplement en entaille dans la planche DCy comme je l'ai indiqué par des lignes ponéluées ; ce qui eft fuffifimt, parce qu'on peut les arrêter avec cette derniere avec des clous ou avec un boulon à vis, ce qui eft encore mieux.
- L'écharpe L M eft moifée avec la traverfè H /, c'eft-à-dire, qu'elle eft affemblée en entaille avec cette derniere, ce qui vaut abfolument mieux que d'y faire des tenons Sc des mortaifes : car cela obligeroit néceflâirement à couper l'une ou l'autre de ces deux pièces, ce qui en diminueroit confidérablement la force, Sc nuiroit par conféquent à la folidité de l'ouvrage. Comme l'extrémité inférieure de l'écharpe NO, porte à faux fur le patin D E, on feroit très-bien de mettre une cale fous ce dernier quand l'ouvrage eft pofé, afin qu'il fe maintînt toujours dans la même fituation.
- Les fupports du gradin font, comme je l'ai dit plus haut, diftants les uns des autres d'environ 3 pieds Sc demi, Sc on en entretient l'écart par deux cours d'entre-toifes P, P 9jig. 1 & 2 , qui font entaillées comme celle fig. 3 , à 1 endroit de chacun des patins, avec iefquels on les arrête par le moyen de boulons à vis.
- Planche
- 380.
- «
- p.1235 - vue 206/376
-
-
-
- Planche
- 380.
- ia3<? L’ART D Cf T RE I LL AG E U R, Chap. IF.
- On met auffi un autre cours d’entretoifes Q y fig* I & 2 * dans la partie fùpérieure du gradin , lelquelles {ont entaillées, ainfi que celles du bas, pour recevoir les montants F ,G > avec lefquels on les arrête avec des boulons à vis , ainfi que ces dernieres.
- La dilpofition des gradins, quant à leur plan, fig. 2, eft toujours fur une ligne droite, quoiqu’à mon avis on feroit très-bien de les conftruire fur un plan creux, afin que les rayons du foleil fuifent plus concentrés dans la Serre , que je fuppofe conftruite fur le même plan que le gradin, c eft-à-dire, en creux.
- Il arrive rarement qu’on faffe retourner les gradins en retour d’équerre, ce qui ne feroit même pas bien, par rapport à leur ufage ; mais s’il arrivait, pour quelque raifon que ce fût, qu’ils fïflent un angle par leur plan, fbit droit, comme à la figure 2 , ou Amplement obtus, ce qui feroit plus vraifemblable , il faudroit mettre dans cet angle deux fupports joints l’un contre l’autre, ainfi que ceux RS & T U, fig. 2 , afin qu’ils portaient les extrémités des tablettes , & qu’ils puflent fe féparer indépendamment l’un de l’autre, dans le cas d’une reftauration ou d’un changement ; & pour aflurer ces deux fupports enfemble , on peut les lier avec des boulons à vis , ce qui eft d’autant plus facile que leurs patins font plus minces que ceux des autres, de maniéré qu’ils affleurent intérieurement la planche ou crémaillère & les montants qui la fupportent.
- Quant à la conftruélion de ces fupports d’angle, c’eft la même que celle des autres dont j’ai fait le détail ci-deffus , à l’exception que les pièces qui les com-pofent font plus grandes qu’à ces derniers, & que leurs dimenfionrs & leurs coupes doivent être relevées de deflus la ligne d’arête de l’angle du plan, ce qui ne fouffre aucune difficulté, après tout ce que j’ai dit au fujet du rallongement des lignes d’arête, tant dans la partie de l’Art du Trait, que dans les notions de cet Art, qui font au commencement de cette quatrième Partie de mon Ouvrage.
- Quand on craint que la diftance qu’il y a de l’extrémité de l’angle du plan, jufqu au premier fiipport droit, ne foit trop confidérable , il faut y mettre dans l’intervalle des demi-fupports, comme ceux AT, X> fig. 2 , afin de diminuer la portée des tablettes, qui ne doit pas être plus confidérable que 3 pieds & demi à 4 pieds, ce qui eft encore beaucoup pour des planches qui n’auroient qu’un pouce à 1 ^ lignes d’épaifleur, parce que le poids des pots, qui eft confidéra-Me, les feroit aifément ployer.
- En général, la folidité eft la partie la plus recommandable des ouvrages dont je parle , dont les bois doivent être très-fàins , pas trop fecs, & corroyés fur toutes les faces, fins aucune elpece de moulure, fi ce n’eft aux tablettes, qu’on peut orner d’une moulure fur l’arête, quoiqu’un arrondiftement foie fuffifinr.
- Ces tablettes doivent être corroyées proprement en deffus, afin qu’étant
- peintes
- p.1236 - vue 207/376
-
-
-
- Sect. III. Des Gradins & des ChaJJis de Sdçres chaudes , êc. I237 peintes, leurs fiirfaces foient plus unies, & que l’eau glifîe plus facilemenc deflus : elles font clouées fur les fupports & à l’endroit où elles finiflent { ce qui. doit toujours être àTendroit d’un fupport ) ; on doit les entailler à moitié bois de leur épaifleur, fur 3 pouces de longueur, afin quen les attachant l’une avec f autre fur le fupport, elles y tiennent plus folidement. Ce que je di-s par rapport aux bouts des tablettes dans la longueur d’un gradin , doit auffi s’obferyer dans les angles , & cela pour la même raifbn.
- Si au lieu de clous, on fe fervoit de vis pour arrêter les tablettes, on feroit beaucoup mieux 5 parce que dans le cas où on voudroit les détacher, on ne feroit pas expofé à les brifer, comme cela arrive le plus fou vent.
- La fermeture des Serres dont je parle, abftraétion faite des portes, confifte en des chalîîs dont les bâtis font réduits à la moindre largeur poffible, afin de porter moins d obftacle à la chaleur du foleil, dont les rayons pénètrent au travers des verres dans l’intérieur de la Serre ; ce qui fait qu’on a quelquefois pris le parti de les faire en fer, ce qui eft le meilleur moyen.
- Quand on les fait en bois, il faut que toute leur force foit fur leur épaifleur , foit qu’on les faffe ouvrants ou à coulifle ; ou non &pour conferver plus de jour à ces chaffis, on n’y met pas de petits montants ni de trayerfes de petits bois, mais à la place de ces dernieres des tringles de fer qui fupportent les carreaux de verre , 8c entretiennent l’écart des battants. Il y en a même où on ne met point du tout de traverfes de bois ni de fer dans toute la hauteur du chaffis, fi ce n’eft une ou deux petites tringles qu’on pofe en dedans des chaffis pour retenir l’écart des battants, & où les carreaux de verre recouvrant les uns fur les autres, on arrête leurs extrémités avec des vis pour les empêcher de tomber, comme je l’expliquerai ci-après.
- Les chaffis des Serres dont je parle , montent de toute la hauteur de la face de ces dernieres, dans laquelle on ne laifle de plein que le moins qu’il eft poffible , & où on ne fait point d’entablement faillant qui pourroit porter obftacle à la chaleur du foleil, ce qui, d’ailleurs, n’eft pas néceftàire, parce qu’on couvre ordinairement les Serres en appentis renverfés, c’eft-à-dire, que l’égoût de leur comble fe trouve fur le derrière, de maniéré que leur plafond, qui fuit l’inclinaifon de ce dernier , eft beaucoup plus bas fur le derrière de la Serre que fur le devant.
- La fécondé elpece de Serres, font celles qui ne confident qu’en une enceinte de murs d’appui faite en pleine terre 9 & quon côuvre avec des chaffis vitrés, comme je l’ai dit plus haut, lefquels chaffis font la feule partie de ces Serres qui foit du reflort du Menuifier ; c’eft pourquoi je vais paffèr tout de fuite à la defcription de celles qui font conftruites tout en bois, & que, par rapport à leurs formes 8c leur ufàge, je nommerai Serres portatives.
- Les efpeces de Serres repréfentées fig. 1, 4 & 61 font compofées de deux Trejllageür. .* N 14
- Planche
- 380.
- /
- Planche
- 381*
- p.1237 - vue 208/376
-
-
-
- ia38 L’ART DU T R E 1 LL AG EU R , Ckap. IV. m chaflîs qui en forment la couverture, & d’une efpece de caillé fans fond qui les
- Planche Apporte.
- 38‘* Cette caille £ environ 6 pieds de longueur s fur 4 pieds & demi de largeur ; fa hauteur par-derriere eft d’environ 2 pieds 334 pouces, & par-devant dé 12 à 13 pouces feulement ; de maniéré que la furface fupérieure eft inclinée à l’ho* rifon d’environ i6 degrés , comme on peut le voir à la figure ï , qui en repréfente la coupe prife fur la largeur, comme celle 6 en repréfente la coupe far la longueur prife fur la ligne a b ,fig. r. Cette caiffe doit être faite de bois d’un pouce & demi d’épaifleur, joint à rainures & languettes & avec des clefs ; & pour qu’il ne fe trouve pas de bois tranché aux côtés, qui doivent être d*inégale largeur d’un bout à l’autre, il faut y mettre une planche en defîus & une en deflbus , & faire les alaifos en biais, comme ôn peut le voir à la figure i*
- Les pourtours de cette caille doivent être aflemblés à queue d’aronde, 8c arrêtés avec de fortes vis à bois, après quoi on y met de bonnes équerres de fer qui en embraffent les angles, 8c en empêchent l’écartement. Au milieu de la longueur de la caiffe, & à fà partie fupérieure, eft aflemblée en entaille double une forte traverfe 12 , d’environ 4 pouces de large, laquelle fert à porter les chaflis , & qui eft creufée au milieu de fà largeur pour faciliter l’écoulement des eaux qui tombent de deffus ces derniers.
- La caifle eft garnie de quatre mains de fer placées fur fà longueur, deux de chaque côté, afin de pouvoir la tranfporter quand on le juge à propos pour cou*: vrir de nouvelles couches. ^
- Les Serres portatives font compofées de plufîeurs caiffes fomblables qu’on place à côté les unes des autres, 8c qui font chacune couvertes de deux chaflis qui les débordent au pourtour d’environ un pouce, tant pour faciliter l’écoulement des eaux, que pour qu’ils ne débordent pas trop en dedans de la caifle, dont l’intérieur eft indiqué par les lignes ponétuées cd> ef, ce & 4.
- Chaque chaflis eft compofé de deux battants, de deux traverfes 8c de deux montants difpofés parallèlement à ces derniers dans toute la longueur du chaflis, dont tous les bois, du moins une partie, doivent avoir 2 pouces ou m lignes d’épaifleur au moins, comme on peut le voir aux figures 7, 8,9, 10, 11, 1% - 8c 13 , qui repréfentent les différentes pièces de ce chaflîs , qui font deflinées au tiers d’exécution.
- Les traverfes du haut du chaflîs doivent être plus épaifles que les battants, de 4 à 6 lignes qu’ils les défaffleurent en deflbus pour former un revers-d’eau A, fig. 7, qui écarte les eaux du bord de la caifle.
- La traverfe du bas, fig. 8, doit être d’une épaiflèur à peu-prës égale à celle du haut, dont elle différé non-feulement par la forme, comme on peut le voir dans cette figure, mais encore en ce quelle défaffleure le deffus des battants, indiqué par la ligne g h, de la profondeur de la feuillure, ce qui eft néceffaire pour que les carreaux de verre , qui portent fur cette derniere, paflent fur la
- (
- p.1238 - vue 209/376
-
-
-
- Sect, lïl. Des Gradins & des Chafijîs de Serres chaudes 9 ère. il39 trâverfè , afin que l'eau qui tombe fur les carreaux ne sy arrête pas , & tombe tout de fuite à terré , ce qui ne pourroit être s’il y avoit des feuillures à cette trayerfe , lefquelles arrêteraient l'eau 9 Sc la feroient paflèr en dedans du chaflïs, quelque bien maftiqués que les carreaux de verre puflènt être.
- En deflous de cette trâverfè, Sc d’après le nud du chaflïs indique par la ligne i /, efl réfèrvé intérieurement une efpece de taflèau B, fig. 8, qui fert à retenir le chaflïs en place, en l'empêchant de gliflèr de deflus la caillé, comme fa pente fèmbleroit l'exiger. Le devant de cette trâverfè eft terminé par un larmier C9 lequel facilite l'écoulement des eaux en devant de la caiflè.
- Lés montants du chaflïs s’aflèmblent dans la trâverfè du haut à l'ordinairé f & dans celle du bas à tenon Sc enfourchement, ce qui ne peut pas être autre- * ment, vu que cette derniere paflè au nud du fond des feuillures, tant des battants que des montants , comme on peut le voir à la figure 8, & plus particuliérement à la figuré 13 , qui repréfente la coupe d'un montant, & celle dé la trâverfè du bas du chaflïs avec leur aflèmblage.
- La conftruéMon des battants de ces chaflïs, n’a rien de jpartïcuiiér, fi ce n'eft qu'ils font fouillés en deflous pour recevoir une languette obfèrvée au côté de la caiflè H 9 qui entre dans le battant de rive D, fig. 9, comme les languettes de la trâverfè 19 fig. 12, entrent dans les battants de milieu F Sc G » même figure*
- Il faut faite attention que ces rainures font moins profondes que les languettes ne font hautes, ce que j'ai fait afin que l'eau qui pourroit s'introduire extérieurement entre les deux pièces D Sc H 9 fig. 9 , (ou celles F Sc /, figi 12 , ce qui efl: égal , ) n’y féjourne pas ; Sc que n’étant pas arrêtée par le frottement des deux joues, elle s'écoule plus vite , à quoi elle efl excitée par la pente de ces mêmes joues , comme on peut le voir dans ces figures.
- Il faut auflï qu’il y ait beaucoup de jeu for la largeur de ces rainures, afin que les chaflïs puiflént fe lever aifément, quand cela efl néceflàire.
- Lés montants E >E 9 fig. 10 & 11, doivent être très-étroits, toute leur force étant fur leur épaiflèur ; & pour que le poids du verre, qu'on pofe deflus, ne les faflè pas ployer, on met en deflous du chaflïs Sc dans la moitié de fà longueur , une tringle de fer m n 9 fig. y, ( qui repréfente un chaflïs vu en deflous ) qui les foutient, Sc en même temps en empêche l'écart, ainfi que des battants fur lefquels elle efl attachée avec des vis, de même que fur les montants * comme on peut le voir dans cette figure*
- Les verres de ces chaflïs fè pofent à plat & à recouvrement les uns for les autres d'environ 2 pouces, ce qui oblige à faire les feuillures plus profondes qu'à l'ordinaire , afin que le maftic ait plus d’épaiflèur, Sc par conféquent dé force en cet endroit de recouvrement du verre , qu'on ne doit pofèr qu apres avoir imprimé les chaflïs, Sc for-tout les feuillures, de deux fortes couches dé peinture , en obfervant qu'il ne faut pas attendre que la derniere couche foit
- p.1239 - vue 210/376
-
-
-
- Planche
- 381.
- 1240 HA R T DU TB.E I LLAGEUR, Chap. IK parfaitement feche, afin que le maftic s'incorpore plus parfaitement avec elle , & qu'il fe détache du bois plus difficilement»
- Il y a des gens qui ne donnent que peu de profondeur aux feuillures de ces fortes de chaffis, & qui font difpofer le maftic comme une efpece de bourrelet qui porte autant fur le plat du battant que fur les verres , & cela par la raifoa , difent-ils y que quand les chaffis font difpofés à l'ordinaire, l'eau s'introduit entre les feuillures & le maftic qui fè retire en féchant, & fe détache par con-féquent du bois ; mais cela n’arrive pas toujours , fur-tout quand on prend les précautions que fai recommandées ci-deflus. De plus, quand cela foroit inévitable, cette défonion du bois Sc du maftic n’arriveroit-elle pas aufîi bien for le plat que fur le champ ! ce qui donnerait également entrée à l'eau ; c'eft pourquoi je crois qu'on doit s’en tenir à la première méthode , qui eft la plus folide Sc la plus généralement fuivie ; ce qui n’empêcheroit pas de faire excéder le maftic en bourrelet en deflus de la feuillure, foppofé qu’on voulût le faire : on pourroit même, dans ce cas, l’arrêter fur l'arête des feuillures avec des petits clous d’épingle , qui, venant à faire corps avec le maftic , le rendraient plus adhérent au bois.
- Les Serres dont le contour eft confirait en maçonnerie, comme celle repré-fentée en coupe 9fig. 2 , font quelquefois très-longues, fans être pour cela plus larges que celles dont je viens de faire la defoription : elles font également couvertes par des chaffis dont la forme & la conftruélion font les mêmes qu’à ces dernieres, Sc qui font auffi portés dans la longueur de la Serre, par des pièces de bois femblables à celle I ,fig* 12, Sc aux extrémités & fur la longueur de la Serre, par d.es dales de pierre taillées en reyers-d’eau, comme on peut le voir à la figure 2.
- On fait encore des Serres chaudes qui ne diffèrent de ces dernieres qu’en ce que leur pourtour eft fermé par des chaffis de Menuiferie, du moins des trois côtés les plus expofés au foleil. Ces chaffis font vitrés , ainfi que ceux qui forment la couverture de ces caifles, dont le deflous eft ordinairement fouillé pour y placer des fourneaux , ainfi qu’à celles dont le contour eft confirait en maçonnerie , dont les Serres vitrées au pourtour ne diffèrent, du moins quant à la forme, que parla hauteur, ces dernieres étant aflèz élevées pour qu’on puiflè entrer librement dedans.
- Les chaffis qui forment le deflus des Serres chaudes, s’élèvent, comme on a pu le voir, indépendamment les uns des autres, ou on les entrouvre pour donner de l'air à l’intérieur de la Serre , ce qu’on fait en les levant du derrière à la hauteur qu’on juge convenable, & on les retient ainfi ouverts par le moyen d'une crémaillère, fig. 3 , laquelle a plufieurs crans pour élever plus ou moins le chaffis , dont le devant pofe fur le bout de la Serre , où le taffeau B, fig. 8-, l’empêche de couler, quoiqu’il foit bon d’y mettre des crochets de fer pour prévenir tour accident.
- Des
- p.1240 - vue 211/376
-
-
-
- Se CT, III, Des Gradins & des ChaJJïs de Serres chaudes, &c, 124 r
- Des chaffis tels que je viens de les décrire ci-deflus, peuvent fervir avec avantage à fermer les ouvertures des ferres de la première efpece, comme je lai dit plus haut, en obfervant quil faudroit mettre des petits crochets de fer attachés avec des vis fur le battant des chaffis, &qui fuflent recourbés en dedans pour fupporter le poids des carreaux, qui étant pofés verticalement, doivent être foutenus plus folidement qu’avéc le maftic.
- Les mêmes chaffis dont je viens de parler, font fort en ufage pour couvrir les cours 8c autres pièces dont le jour vient d’en-haut ; & on doit faire en forte quils foient conftruits de maniéré qu’ils fafient plufieurs parties féparées qui fe réunifient quand on le juge à propos, & qu’on rejoint enfèmble avec des vis paffées dans l’épaiffeur des battants, qu’on joint à rainures & languettes, en prenant la précaution d’imprimer ces joints avec plufieurs couches de groflè couleur, qu’on ne laifle pas fécher parfaitement avant que de pofèr les chaffis , pour que la couleur fafle corps dans ces joints, & lie les chaffis de maniéré que l’eau ne puifle pas paffer au travers, ce qui n’eft guere poffible, parce qu’on couvre ces joints avec des battements de bois ou de plomb, qu’on imprime , ainfi que les chaffis, & qu’il faut auffi avoir foin de pofer avant que la peinture de ces derniers fcit parfaitement feche.
- Plançhs
- 581.
- Fin de VArt du Treillageun
- Treillageur.
- O 14
- p.1241 - vue 212/376
-
-
-
- 12^.2
- L'ART DU MENUISIER.
- >&
- ESSAIS SUR LE TOISÉ
- Et VAppréciation des Ouvrages de Menuiferie en général.
- J’ai enfin terminé le détail des différentes efpeces de Menuiferie , quant à ce qui concerne la forme & la conftruétion des differents ouvrages de cet Art, du moins autant que mes forces & rétendue de cet Ouvrage ont pu me le permettre. Ce qui me refte à traiter préfèntement, quoique de moindre étendue, n’efl: pas d’une moindre conféquence, puifqu’il s’agit d’affurer à l’Ouvrier la propriété d’un gain légitime, & de préferver celui qui le fait travailler, des fraudes que l’amour du gain enfante fous mille formes différentes.
- Mon defïein n’eft pas d’entrer ici dans un détail circonflancié du Toifé , & de la valeur relative de tous les ouvrages de Menuiferie, ce qui feroit une entreprife, finon au-deffus de mes forces, du moins trop confidérable pour avoir lieu dans cet Ouvrage, qui a plus pour objet la théorie êc la pratique de l’Art, que la difcuffion des intérêts de ceux qui l’exercent, ou de ceux qui en acquièrent les ouvrages, de quelque nature qu’ils {oient.
- Je me contenterai donc de préfenter ici la méthode la plus en ufitge d’apprécier les ouvrages de Menuiferie, les avantages & les défàvantages qui en réful-tent, & ce qu’on pourroit faire de mieux pour apprécier les ouvrages de cet Art, pour que les intérêts des Bourgeois, 8c ceux des Ouvriers foient également en sûreté ( * ).
- (*) Nous avons un Ouvrage qui traite du j Toifé de la Menuiferie de bâtiment, qui a pour titre : Détails des Ouvrages de Menuiferie pour les Bâtiments, où Von trouve les différents prix de chaque efpece d’Ouvrage, avec les Tarifs néceffaires pour leur Toifé, par M. Potin, ancien Entrepreneur des Bâtiments du Roi. Vol. in- 8°. A Paris, chez Jombert, 17^9, &c.
- Quoique cet Ouvrage ( dit PËditeur de l’Archi-tc&ure-pratique de M. Buîet ) fait fufceptible de plus grands détails, il peut être £un grand ufage à ceux que leur état met dans Voccajion de régler des Mémoires de Menuiferie. Oui, fi cet Ouvrage étoit plus étendu, & fait avec plus d’équité, ou du moins de difcernement dans l’appréciation des ouvrages, qui y font portés , pour la plus grande partie , à un tiers ou au moins un quart plus bas que leur valeur réelle , dans le temps même de l’édition de cet Ouvrage : d’où il fuit que ceux qui s’en rapporteroient aux réglements qu’on trouve dans cet Ouvrage, ruineroient l’Ouvrier quiauroit la foibîeffe d’y paflbr, ou le jetteraient, ainfi que le Bourgeois, dans des procès où ce dernier fuccomberoit infailliblement, fans pour cela que l’Ouvrier y gagnât davantage , par rapport à la perte du temps & aux foins que demande la pourfuite d’une affaire. Pour prouver la vérité de ce que j’avance, je ne citerai qu’un
- exemple tiré de cet Ouvrage , où l’Auteur dit, page 160 , » que le lambris de fapin d’un pouce « d’épaiffeur pour les bâtis, 8c les panneaux d’un 35 pouce refendu en deux, ledit lambris orné 5> d’une moulure fimple, comme un bouvement 33 ou autre, vaut la toife fuperficieîle, tout pofé 33 en place, 12 liv. 13 f. 10 den. y compris une 33 livre 3 f. 1 den. pour le bénéfice de i’Entrepre-33 neur;*» laquelle fomme eft le dixième de celle de 11 liv. 10 f. 9 den. à laquelle il fait monter la dépenfe d’une toife de cette efpece de lambris , ( qu’on paye actuellement 18 liv. la toife, au plus bas prix;) ce qui n’eft pas vrai, du moins quant au prix de la façon, du déchet du bois Sc des faux frais. Mais quand cela feroit vrai, eft-ce que le dixième de bénéfice eft fuffifant pour dédommager un Maître de fes foins, & même pour le faire vivre ? Car, fuppofons pour un inftant qu’un Maître ait chez lui fix Ouvriers occupés à faire de femblables ouvrages, ils ne lui en feront guere qu’un tiers de toife par jour chacun, ce qui fait pour les fix deux toifes par jour, ou, ce qui eft la même chofe , 2 liv. 6 f. 2 den. de bénéfice, fur lefqueîles il faut qu’il prélevé d’abord fa nourriture & celle de fa famille , l’entretien de cette même famille, le loyer de fon logement, qui n£ peut pas être moin4rc de 2 à 300 liv. les droits du Roi & les
- A
- p.1242 - vue 213/376
-
-
-
- Ejfais fur le Toifé, &C* 124
- De tous les ouvrages des Arts méchaniques employés à la coîiflruérion. des édifices, la Menuiferie efl: la partie de ces mêmes Arts, où à quantité égale de matière ou de valeur de la chofe employée, il y a plus de main-d’œuvre Sc de perte de matière , & où, par une fingularité qu’on ne làuroit expliquer, la coutume accorde moins de dédommagement à l’Ouvrier, ou, pour mieux dire, a l’Entrepreneur, à qui on ne paye exaélemenc que l’ouvrage apparent, fans s’embarraffer du déchet Sc de la perte du bois, occafionnés par la forme ou la grandeur des ouvrages, ou même des parties qui, fouvent, le trouvent doubles d’épaîffeur, ou enclavées les unes dans les autres ; pendant qu’aux autres * Arts , comme la Maçonnerie , la Charpenterie , la Couverture, Scc, il y a des ufages établis pour indemnifer les Entrepreneurs des pertes que leur caufent le déchet de la matière, Sc la difficulté de la main-d’œuvre.
- La raifbn d’une coutume auffi bizarre, ne peut guere être fondée que fur la multiplicité des ouvrages de Menuiferie, Sc fur les différences que peuvent apporter le choix des matières, & encore plus le plus ou moins de façon qu’il y a à ces différents ouvrages , & le plus ou moins de perfeélîon avec laquelle ils font traités, ce qui auroit demandé de la part des Appréciateurs, une expérience confommée de cet Art, Sc un détail immenfè , pour mettre a chaque elpece d’ouvrage un prix qui lui fût convenable ; ce qui a fait qu’on a beaucoup mieux aimé, pour éviter tous ces détails , donner à chaque efpece d’ouvrage un prix à peu-près convenable du plus au moins, & cela en raifon d’une grandeur convenue, comme des Toifes fuperficielles, des Toifes courantes , Scc.
- Cette maniéré d’apprécier Sc de meffirer les ouvrages de Menuiferie, a cela de commode, ( fur-tout lors de la façon Sc de la vérification des Mémoires , ) d’épargner beaucoup de temps, tant à l’Entrepreneur qu’au Vérificateur ; mais auffi quel mal n’en a-t-il pas réfulté ? Que de procès entre les Bourgeois Sc les Entrepreneurs, Sc entre ces derniers Sc leurs Ouvriers, depuis que, pour le malheur de l’humanité Sc la deftruétion des Arts, la coutume de faire travailler les Ouvriers à leur tâche s’eft introduite ( * ) ! Ce n’eft pas que je veuille
- frais de Communauté, le revenu de l’argent qu’il a donné pour acquérir le titre de Maître, le temps qu’il faut qu’il attende pour être payé de fes ouvrages, les pertes qu’il eft: fouvent expofé à faire, & qu’il fait effectivement, Vufure des outils, Scc. Scc. &c. Par ce feul exemple, on pourra juger du refte de l’Ouvrage Sc de la fincé-rité de l’Auteur, qui, à la vérité , étoit Entrepreneur des Bâtiments du Roi, où les ouvrages îc font au rabais , mais où les Entrepreneurs comptent fouvent leur gain par leurs pertes, ce qui, je crois, n’a pas befoin d’autre explication.
- ( * ) La pîûpart des Maîtres Sc des Compagnons Menuifïers , ne feront sûrement pas de mon avis fur cet article , qui n’en fera pas pour cela moins vrai. Les premiers , c’eft-à-dire, les Maîtres , préfèrent de faire travailler à la tâche, parce que, difent-ils, leur ouvrage eft mieux fait, Sc
- qu’il leur coûte moins cher de façon : ce qui eft exactement vrai quant à ce fécond article ; car pour le premier, il fouffre plus de difficulté, comme je le prouverai ci-après.
- Les Compagnons préfèrent de travailler à leuc tâche , parce qu’ils font, difent-ils, plus libres, Sc qu’ils gagnent davantage que s’ils cravailloienc à la journée : ce qui eft vrai d’un fens, Sc faux de l’autre ; car en gagnant davantage, en font-ils plus riches ? C’eft ce qu’il faut examiner.
- Dans l’état aétuel des chofes , on ne fauroït nier qu’un Ouvrier adroit, Sc à qui la nature a accordé la fanté Sc la force du corps, ne gagne la moitié Sc même le double de plus que ceux qui travaillent à la journée, félon la nature des ouvrages ; mais quel profit le plus grand nombre tire-t-il de ces prétendus avantages ? Très-peu; parce que ne fe Tentant pas gênés pour
- *.
- p.1243 - vue 214/376
-
-
-
- *244 L’ART DU MENUISIER.
- acculer les uns ni les autres de mauvaife foi, à Dieu ne piaife que j’en aye la penfée ! ce feroit un trop grand malheur fi cela étoit ; au contraire , je fuis per-fuadé que tous croient, félon leur confcience , avoir raifon , & qu’il n y a que le défaut de lumières qui les rend injuftes les uns envers les autres.
- En effet, rien neft fi aifé que de devenir Juré-Expert ou Maître d’une pro-feffion : il ne faut que de l’argent pour acquérir ces titres ; mais le titre donne-t-ii la capacité? Non ; car l’expérience prouve journellement le contraire.
- Que faudroit-il donc faire pour remédier aux abus dont je me plains ici ? Il faudroit de deux chofes l’une : ou réformer la coutume établie pour le Toifé & l’Appréciation des ouyrages de Menuiferie j ou qu’en iailfant fubfifter les chofes
- remplir exactement leur journée, ils fe livrent plus aifément à la diftipation , & même à la débauche, à quoi les excite la jouiffance momentanée üe leur prétendu gain, qui, au bout d’une femaine, dont ils ont perdu une journée ou deux, n’eft pas plus confidérable, 3c même quelquefois beaucoup moindre que s’ils avoient travaillé toute la femaine à la journée : ce qui feroit très-peu de chofe, fi la débauche Sc la perte du temps n’avoient pas de fuite plus funefte pour le bien de l’humanité. Mais qu’arrive-t-il ordinairement lorfqu’un Ouvrier a perdu un jour ou deux , ou quelquefois même davantage f II veut, dit-il, récompenfer le temps perdu ; il s’efforce 3c s’épuife de travail pendant le relie de la femaine; d’où fui vent fou vent les maladies, la ruine de fa fanté, encore plus altérée par la débauche que par le travail, une vieillelfe anticipée , 3c enfin la mort : trop heureux encore fi, en mourant, il n’a pas le malheur de lailfer des enfants en bas-âge, dont la fanté foible 3c délabrée lui reproche tacitement le mauvais ufage qu’il a fait de fa jeuneffe Sc de fes talents !
- Quant à la liberté fur laquelle ils fe récrient fi fort, comment l’entendent - ils, cette liberté f croyent-ils quelle confifte à faire ce qui eft contraire à la raifon Sc à l’humanité f Le Citoyen vertueux n’eft-il pas toujours libre, lorfqu’il jouit en paix de lui-même 3c du fruit de fon travail, qui, de quelque nature qu’il foit, n’eft jamais un efcîavage, mais une occupation honnête, qui égale en quelque façon les conditions, en ne faifant dépendre celui qui travaille que de lui-même, Sc en le rendant néceffaire aux Riches , qui lui payent le prix de fon travail pour fatisfaire leurs befoins réels ou imaginaires ?
- Il faut cependant avouer que dans l’état a&uel, le travail de la journée a quelque chofe de dur Sc de rebutant, du moins chez les Menuifiers, parce que ceux qui travaillent ainfi, ne font que les plus mauvais ouvrages, 3c les plus mal-propres, 3c qu’ils font, en quelque façon, méprifés de ceux qui travaillent à leur tâche , 3c quelquefois même des Maîtres, qui n’eftiment ces derniers qu’en raifon du profit qu’ils leur font.
- Mais fi tous les Ouvriers travailloient à la journée, 3c qu’en cet état le mérite 3c l’habileté fuffent récompenfés, ces difficultés s’évanoui-roient, l’émulation 3c la concorde régneroient parmi les Ouvriers, 3c entre ces derniers êc leurs Maîtres, qu’ils regarderoient comme leurs fupé-rieurs quant au commandement , mais auflî comme leurs amis Si. leurs compagnons de travail ,
- puifqu’ils feroient obligés de travailler avec eux, ne fût-ce que pour les exciter par leur exemple.
- De ce nouvel ordre de choies, ( qui exiftoit encore à la fin du dernier fiecle, 3c au commencement de celui-ci,) il s’en fuivroit que l’ouvrage en. feroit fait avec plus de loin & de foli-dité , foit qu’il fût conduit par le Maître ou par différents Ouvriers, mais toujours fous fes yeux , ce qui n’eft pas une choie indiftéîente, encore que le Maître ne fût pas très-habile en fon Art * l'Ouvrier feroit aufïi moins fatigué, 3c jouiroit d’une fanté plus parfaite, 3c d’une plus longue vie ; enfin l’égalité fë rétabliroit, 3c les Maîtres , qui alorstravailieroient avec leurs Compagnons, ne feroient plus expofés a être les viffimes d’un luxe deftruéteur, qui, comme on le voit tons les jours, caufe la ruine de ceux qui ont le malheur d’oublier leur rang 3c les obligations de leur état.
- Ce que je dis ici par rapport à la perfedion des ouvrages faits à la journée, paroîtra peut-être un paradoxe , fur-tout pour ceux qui con-noiffent i’état aétuel de la Menuiferie, oti les ouvrages les plus confidérables font faits à la tâche, Sc même affez bien faits ; mais le font-ils tous également? L'avidité du gain, ou les efforts que font les Ouvriers pour récompenfer le temps perdu, ne font-üs pas de tort à la perfedion & à la folidité de l’ouvrage ? L’expérience prouve tous les jours le contraire ; 3c pour un Ouvrier qui eft curieux de bien faire, il s’en trouve vingt qui ne s’occupent que de faire beaucoup, à quoi ils font fouvent forcés, par la médiocrité du prix des ouvrages.
- Déplus, pourquoi les ouvrages les plus importants fe font-ils aduellement a la tâche f C’eft qu’ils coûtent moins cher de façon que s’ils étoient faits à la journée , 3c cela aux dépens de la folidité de l’ouvrage, & de la fanté de l’Ouvrier, qui s’épuife de travail pour gagner davantage.
- D’un autre côté, en faifant travailler à la tâche , les Maîtres ne font pas obligés de fournir d'outils, excepté ceux d’affûtage ; ce qui eft pour eux un très-grand avantage, 3c un fardeau de plus pour l’Ouvrier, 3c ce qui diminue beaucoup , de fon gain j ajoutez à cela que le Maître n’a pas befoin d’être affidu chez lui pour conduire fes ouvrages. Mais avec tout cela l’ouvrage en eft-il mieux fait? Non ; tous les ouvrages de Me-^ nuiferie ies plus célèbres de Paris, ont été faits à la journée : donc on gagneroit beaucoup à les faire tous de même.
- p.1244 - vue 215/376
-
-
-
- Epis fur le Toije, &c. 1245*
- fur le pied où elles font, ( ce qui feroitpeut-être le meilleur parti qu'il y auroit à prendre,) ceux qui, par état, font deftinés à juger de la valeur des ouvrages , foit en totalité , foit par rapport à la façon, fe donnaffent la peine de s'inf-truire à fond de tout ce qui a rapport aux ouvrages qu'ils doivent juger 3 tant dans la théorie que dans la pratique, afin de lavoir remédier à propos aux défauts de 1 ufage reçu, & d'être, par ce moyen, en état de rendre à chacun la juftice qui lui appartient.
- Il y auroit un autre moyen, qui lèroit le meilleur & le plus certain de tous , s’il étoit auffi facile dans la pratique que dans la théorie ; ce feroit de fe fier à la bonne-foi des Entrepreneurs, en ne les forçant pas d'être injuftes, du moins en apparence, comme on le fait tous les jours, où on ne leur payeroit pas leurs ouvrages ce qu’ils valent, s'ils n'avoient pas la précaution d'en faire monter le Mémoire un tiers, & même la moitié plus qu'il ne leur faut légitimement, & qu'ils n'efperent même avoir , & cela pour que ceux qui doivent le régler, ayent quelque chofe à diminuer, ce qui (par une bizarrerie , ou, pour mieux dire, une inconféquence inexplicable de l'elprit humain ) ne leur fait aucun tort dans l'efprit de ceux pour lefquels ils travaillent, qui ne les eftiment pas moins, & font toujours contents pourvu qu'ils s'imaginent avoir payé moins cher que fi le Mémoire eût été fait de bonne-foi, & n eût pas été réglé par un Architecte ou tout autre , quel qu’il foit.
- Cette façon d'agir avec les Ouvriers, les met dans un état continuel de guerre avec ceux pour lefquels ils travaillent, ce qui bannit toute confiance dans le commerce des hommes, qui, par état, doivent vivre les uns avec les autres. De plus, le Bourgeois paye-t-il moins en failànt régler & diminuer un Mémoire ? Point du tout ; parce que, comme je viens de le dire, l'Entrepreneur le fait monter de façon que quelque réduit qu’il foit, il y trouve toujours fon compte, foit qu il en ait impofé à celui qui le réglé , par la maniéré dont il a fu arranger & prélenter les articles dont fon Mémoire eft compofe, foit en employant vis-à-vis de ce dernier, des moyens auffi deshonorants pour l'un que pour l’autre, & qu'on me difpenfera d’expofer ici. Il eft donc rare ( fur-tofit-dans les grandes affaires) que l'Entrepreneur perde; au lieu que le Bourgeois paye toujours davantage , puifqu'après avoir payé l'Ouvrier, il faut encore payer l'Expert ; & quand celui-ci n'eft pas habile dans fon Art, (comme cela arrive louvent, & ce que 1 Entrepreneur au fait apperçoit au premier coup d’œil,) il laiffe paffer, & fait payer comme bonde mauvais ouvrage, que l’Entrepreneur n auroit sûrement pas fourni, s'il n'avoit pas fu à qui il avoit affaire.
- D’un autre côté , le defpotifme abfolu que quelques Architectes exercent fur les Entrepreneurs , en les forçant de faire les ouvrages pour le prix qu'ils jugent à propos d'y mettre dans les marchés qu'ils leur font faire & ligner d'avance , ou de perdre leurs pratiques s'ils ne le font pas , les met dans le cas de faire de mauvais ouvrage , tant pour la façon que pour la matière ; ce qui Trejlljgeur, P 14
- p.1245 - vue 216/376
-
-
-
- 1246 L’A R T DU MENUISIER.
- eft le comble du malheur, à faire tort aux Ouvriers, qu ils font travailler à leur tâche, & quils ne payent fouvent que quand louvrage eft fait, & cela le moins qu’ils peuvent, Sc quelquefois même point du tout ( * ).
- Je ne prétends cependant pas qu’il faille en croire l’Entrepreneur fur fa parole, ni recevoir les Mémoires qu’il préfente fans aucune, efpece d’examen; cette extrémité feroit peut-être suffi dangereufe que l’autre ; car de quoi les hommes n’abufent-ils pas, Sc quel empire l’intérêt n’exerce-t-il pas fur eux l Mais je voudrois qu’on fe dépouillât du préjugé où font la plupart des hommes, de croire qu’il faut qu’un Mémoire foit diminué à la vérification , Sc qu’on confi-dérât comme habile, Sc, ce qui eft encore préférable, comme honnête homme , un Architecte qui, connoiflant la valeur des ouvrages , ne diminueroit rien, Sc même augmenteroit le Mémoire d’un Entrepreneur, s’il jugeoit à propos de le faire , ce qui feroit également honorable pour tous les deux. En agilïànt ainfî, on rendroit les Entrepreneurs plus attentifs à faire ou à fournir de bons ouvrages, tant par l’honneur qu’il y a à bien faire, que par l’efpoir d’être récompenfés de leurs foins , par l’augmentation qu’on mettroit au prix de leurs ouvrages.
- Je viens d’expofer en peu de mots les avantages <Sc les défàvantages qui réfui-tent de la méthode de laiffer les ouvrages de Menuiferie fans aucune efpece d’indemnité pour l’Entrepreneur, ou du moins fans une connoiflance parfaite dans cet Art, Sc fans un examen bien réfléchi des ouvrages dont on réglé les prix. Il me relie à faire voir maintenant comment & dans quel rapport on a apprécié les différents ouvrages , relativement à cette méthode.
- Les ouvrages de Menuiferie s’évaluent, ainfî que je l’ai dit plus haut, à railon d’un certain prix pour chaque toife fuperficielle , ou chaque toife courante de certaine largeur, comme de 2,3,4,6 pouces, &c. ou enfin au pied courant de hauteur, fur 3,4, 5, & même 6 pieds de largeur, ce qui n’eft en ufàge que pour les croifées Sc leurs guichets (**).
- (*) Ce que je dis ici efl de la plus grande vérité ; j’ai les faits pour garants de ce que j’a-vaftce , & les Tribunaux de la Juflice retendirent tous les jours des cris des malheureux Ouvriers qui y viennent réclamer le prix de leur travail, d’où dépend le foutien de leur exiflence, & quelquefois celle d’une nombreufe famille. On leur rend juflice, il efl vrai ; mais la longueur d’une procédure, aux frais de laquelle leurs moyens ne fuffifent pas, quelle qu’en foit la médiocrité ; Sc plus que tout cela encore, l’impuif-fance d’un Maître , peut-être aujfïi malheureux qu’eux, Sc qui n’eft'fouvent injufte que parce qu’on l’a forcé de l’être en ne le payant pas du prix de fes ouvrages: tout cela, dis-je, achevé de mettre le comble à leur infortune, Sc les porte quelquefois à des extrémités qu’on ne peut imaginer fans frémir, Sc que la voix de la nature qui s’élève dans mon coeur m’empêche de détailler ici.
- (**) Des cinq efpeces de Menuiferies dont j’ai fait le détail, il n’y a que celle de Bâtiment Sc la Menuiferie des Jardins, dont les ou-
- vrages fe vendent à la toife, foit courante , foie fuperficielle. Pour les trois autres efpeces de Menuiferies, les ouvrages fe vendent à la piece, félon l’eftimation , ou , pour mieux dire, félon que l’Ouvrier juge qu’elles peuvent valoir , ce qu’il peut certainement juger mieux que per-fonne. Cette derniere maniéré d’apprécier la Menuiferie, loin d’être onéreufe au Bourgeois , lui eft même avantageufe ; parce que la concurrence entre les Ouvriers , établit entr’eux Sc comme malgré eux, des prix fixes dont ils ne peuvent guere s’écarter fans s’expofer à perdre leurs pratiques, à moins que leurs ouvrages ne l’emportent fur ceux de leurs Confrères, foit pour la bonne qualité de la matière ou de la façon ; alors il en réfulte ces avantages, que le Bourgeois qui paie un peu plus cher , eft certainement mieux fervi, Sc qu’en même temps l’Art fe perfe&ionne par la concurrence Sc l’émulation qui régnent entre les Ouvriers ; ce qui ne peut pas être lorfque l’ouvrage fe vend fur des prix courants qu’un Architecte fuit aveuglément, îanss’embarraflerû l’ouvrage eft bien ou mal fait.
- p.1246 - vue 217/376
-
-
-
- EJJais fur le Toifê, &c.' 1247
- Le prix ordinaire de la toife ou du pied courant, eft le même pour les ouvrages de chaque efpece, foit qu’il s’y trouve plus ou moins de matière employée , ou de façon, comme on le verrâ ci-après ; 8c ce quil y a de plus fin-gulier, c eft que les ouvragés où il y a plus de façon 8c de matière , font moins payés que ceux qui en ont moins : un exemple pris dans les ouvrages les plus ordinaires , & même de néceflîté , en fera la preuve.
- Une ou deux portes pleines, de bois de chêne d’un pouce d’épaifîeur , joint à rainures & languettes, 8c emboîté par les extrémités, ou quelque chofe d’é* qui valent, eft payé à raifon de 27 liv. la toife ; 8c une croifée de 4 pieds de largeur, fur 9 pieds de hauteur, comme celle B, fig. r, la moitié prife pour le tout, ce qui fait également une toife fuperficielle , n’eft pas payée davantage, ( puifque 9 pieds à 3 livres , qui eft le prix ordinaire de ces fortes de croifées , font également 27 liv. ) quoiqu’il y ait près du double de façon , & autant de matière ; car le vide des carreaux de cette croifée, en les comptant de 7 pouces & demi de largeur chacun, fur 9 pouces de hauteur, ne produifent, les quarante enfembles que ................................... 2700 pouces quarrés»
- & le plus d’épaifîeur des dormants meneaux & jets-d’eau,
- produifent, le tout enfemble :......................... 1703
- Savoir,"pour le plus d’épaifîeur des deux battants de dormant, qui ont, les deux enfemble, 6 pouces de largeur , fur 108 de hauteur, font 648 pouces quarrés.
- Pour la traverfe du haut, qui eft double d’épaifîeur des chaflîs, ainfi que les battants de dormants, 8c la piece d’appui qui eft quadruple, 9 pouces de largeur, le tout enfemble, fur 43 pouces de longueur, font : ... 387
- Pour le plus d’épaifîeur du battant meneau, 4 pouces de
- largeur , fur 104 de hauteur, font :....................416
- Pour le plus d’épaifîeur des jets-d’eau, qui eft triple de celle des chaflîs, 7 pouces de largeur, fur 3 6 de longueur, font: . . ï *...................................25*2
- Réfumons. Battants de dormants ....... 648
- Piece d’appui & traverfe du haut du dormant . . # . 587
- Battant meneau ... .........................; 416
- Jets-d’eau .................................... 272
- 1 —-_______________________
- Total . . 1703 pouces quarrés.
- Ce qui fait d abord plus des f jmes. du vuide des carreaux. Qu’on ajoute à cela le double emploi des feuillures 8c des languettes, la longueur des tenons & des barbes D , fig. 5 j celle des pointes de diamants des petits bois ; le bois qu’il faut laifler à l’extrémité des battants, pour qu’en les aflemblant les épaule-ments ne fe fendent pas, ce qui exige un pouce 8c demi à 2 pouces de bois de
- Flanche
- 382.
- /
- p.1247 - vue 218/376
-
-
-
- Planche
- 382.
- 1248 L’A R T DU MENUISIER.
- - plus par chaque bouc , comme on peut le voir à la figure 4, cote C; enfin le déchet du refendage du bois, qui eft d’autant plus confidérable, que les pièces font plus étroites, les gerçures, les nœuds quil faut abfolument éviter: on concevra aifément qu’il entre plus de bois dans une croifée que dans une porte pleine, ou tout autre ouvrage de cette efpece, les furfaces étant égales de part 8c d’autre, c’eft-à-dire, produifant également une toife chacune.
- S’il y a une impolie à cette croifée, comme à celle cotée A, fig. 1, la différence du plus de façon & de matière, fera encore plus confidérable ; & cette différence augmentera encore fi les croifées augmentent de largeur & diminuent de hauteur, parce qu’il faut, dans ce cas, des traverfes plus longues ; qu’il y a autant de gros bois employé aux traverfes de dormant, pièces d’appui 8c jets-d’eau d’une petite croifée de 6 à 7 pieds de haut, qu’à une de 9 ; & que la façon eft, à peu de chofe près, la même, puifqu’à une ou deux traverfes de petit bois, & deux ou quatre petits montants près, les affemblages 5c les moulures à pouffer font les mèmès , & en égale quantité.
- Si, après avoir comparé le prix d’une croifée d’une toife fuperficielle, avec une toife fuperficielle de porte pleine, je compare cette même croifée avec une toife de lambris, fig, 3 , la différence de l’une à l’autre fera encore bien plus confidérable ; car du côté du prix aéluel, le lambris eft beaucoup plus payé que la croifée, puifque cette derniere, à raifon de 3 livres le pied, ne vaut que 27 livres, & qu’un lambris de bois de chêne d’un pouce d’épaiffeur pour les bâtis , & dont les panneaux, auffi de bois de chêne, font de 6 lignes d’épaiffeur, eft payé 32 à 34 livres la toife fuperficielle , lorfqu’il eft à petit cadre comme celui-ci ,jfig. 3 , ce qui, au plus bas prix , fait y à 7 livres de différence par toife d’ouvrage , 8c cela en plus pour le lambris, où il y a un bon tiers de façon de moins qu’à la croifée, & près du tiers de moins de bois ; car la croifée , comme je viens de le prouver ci-deffus, doit être cenfée pleine, ce qui équivaut
- à................................................. 5184 pouces quarrés.
- & la toife de lambris, eu égard à la moindre épaiifeur des panneaux, n’en a que..........................35*72
- Savoir, pour les quatre battants, 12 pouces de largeur, for 108 de hauteur, font :.................1296 pouces quarrés.
- Pour les quatre traverfes, tant des panneaux que du pi-laftre ,15 pouces les quatie enfemble, foc 3 6 pouces ,
- font :............................................ 540
- Pour la traverfe de frife du lambris, 31 pouces for 4, font ................ • • . 124
- Le tout enfemble • * »....................... i960 pouces quarrés.
- La
- p.1248 - vue 219/376
-
-
-
- Effai fur lâ Toife ,
- La toife fiiperficieile fait
- d’où il faut ôter pour la valeur des bâtis • * * .
- 9
- » I Sjfe * Ipôo
- refte . • . • ï . pouces quarrés*
- l - .-T, _T r n, - - - > • [r
- dont il faut prendre la moitié pour la valeur des panneaux , plinthes & cymaifes, parce quils n’ont que 6
- lignes d’épaiffeur, ce qui fait :..............................161%
- qui, joints à la valeur des bâtis, * i960
- ~ ' -• ~ '1
- font, en tout, ; ; ; ; * 3572
- Planché
- 382».
- ce qui eft moindre que la valeur de la toife fuperficielle :
- Carde...................................................y 184 pouces quarrés*
- ôtez ......................... 3572
- la différence fera de ........... 1612
- ce qui revient au quart de moins, plus 316 pouces quarrés; ce qui fait un peu moins que les cinq feiziemes d’une toife ; de maniéré qu’il entre près du tiers de moins de bois dans une toife de lambris, que dans une croifée dont la furface équivaut à une toife, comme je l’ai dit ci-deffus.
- Les volets ou guichets,^. 2, la moitié prife pour le tout, fè payent, pour l’ordinaire , au pied courant, ainfi que les croifées , à raifon de 3 1. à 3 1.10 £ le pied , lorfqu’ils font ornés d’une moulure de 8 à 9 lig. de profil; ce qui fait, pour une toife de volet de 4 pieds de largeur , les quatre feuilles enfemble , fur 9 pieds de hauteur, 3r livres 10 f. ce qui atteint à peu-près, au prix du lambris ; mais quelle différence y a-t-il entre une toife de guichet & une toile de lambris, tant pour la quantité de la matière, que pour la façon ! car, quant à la matière , il y en a près du double pour les bâtis ; de plus , il faut que le bois , tant de ces derniers que des panneaux, foit d’une qualité plus parfaite , à caufe que l’ouvrage doit être vu des deux côtés.
- Quant à la façon, elle eft prefque double ; car au lieu de quatre battants , qui eft tout ce qui peut fe trouver dans une toife de lambris où il y a un grand panneau, comme à la figure 3 , il y en a huit à une toife de guichet, Sc par conféquent huit longueurs de moulures & de plates-bandes ; les aflemblages y, lont auffi plus du double, puifqu’au lieu de dix-huit tenons & dix-huit mor-taifes qu’il y a à la toife de lambris , fig. 3 , il y en a 48 à la toife de guichets , jig. 2. Qu’on joigne à cela le travail du double parement, ( qui, s’il h’eft pas orné de moulures, eft du moins replani & mis à une épaiffeur égale, ) les bri-fures qui joignent les feuilles des guichets, les feuillures & les quarts de rond dont ils font ornés au pourtour fiir leur arête extérieure , & l’on jugera s’il eft poffible de mettre au même prix des ouvrages d’une nature fi différente.
- Parle peu d’exemples que je viens de donner de l’appréciation des ouvrages de Menuiferie, & cela en rapport à des grandeurs données, comme des toifes, Treillagevr. Q14
- p.1249 - vue 220/376
-
-
-
- iifù L'ART DU MENUISIER.
- des pieds courants ou fuperficiels, on pourra juger de tout le relie, 8c avec combien peu de réflexion & de jugement, ou, pour parler plus jufte, de con-noiflance , ces appréciations ont été faites.
- On m’objeétera peut-être, 8c cela avec raifon, que ces appréciations, tout imparfaites qu’elles font, ne laiiîent pas d avoir lieu, & n’empêchent pas les Entrepreneurs, qui y paffent tous les jours , de bien faire leur état, & même de s’enrichir quelquefois ; ce qui ell encore vrai. Comment donc cela peut-il fe faire, fi ce que je viens de dire eft vrai, & n ell pas un paradoxe l Mais voici le fait : dans le nombre des ouvrages ainfi appréciés, il y en a d’avantageux pour l’Entrepreneur,lefquels le dédommagent en partie de ceux qui ne le font pas . d’où il fuit que quand le nombre des uns eft moins confidérable que celui des autres , il gagne raifonnablement 8c s’y enrichit, comme cela arrive à tous ceux qui ont de grandes entreprifes, où il y a mille moyens (peut-être juftes) de gagner beaucoup. Quand, au contraire, il n’a que des ouvrages dont les prix font défavantageux, il arrive de deux chofes l’une, ou qu’il fe ruine, ou qu’il trompe le Bourgeois en lui donnant de mauvais ouvrage, en quoi fa confcience lui pa-roît en sûreté, puifqu il lui en donne pour fon argent, en épargnant le plus qu’il peut fur la matière 8c fur la façon ; ou fi cette derniere eft paiïàblement bonne , ce ne peut être qu’aux dépens d’un malheureux Ouvrier, auquel il ne paye les ouvrages que la moitié ou les deux tiers de ce qu’ils vaudroient légitimement*
- Ainfi quelque chofe qu’il arrive, la méthode de toifer les ouvrages de Menui-ferie à face apparente feulement, fans aucune elpece d’indemnité pour l’Entrepre*» neur, & l’appréciation trop générale 8c trop peu réfléchie de ces mêmes ouvrages, eft vicieufe, comme je viens de le prouver. Il me relie maintenant à donner une idée de ce qu’il faudroit faire pour aflîgner à chaque efpece d’ouvrage, un prix qui fût relatif à fa nature, c’eft-à-dire, à la quantité de la matière employée , à l’emploi de la matière, ou à la façon de f ouvrage , ce qui eft la même chofe , & au gain que doit légitimement faire l’Entrepreneur en raifon de l’un 8c de l’autre.
- Pour bien juger d’une chofe, quelle qu’elle fcit, il faut la bien connoître ; cette vérité eft inconteftable, & n’a pas befoin de preuve : ainfi pour bien apprécier les ouvrages de Menuiferie, il faut avoir une connoiiTance parfaite de cet Art, tant pour la théorie que pour la pratique, afin de fe rendre un compte exaél de la qualité & de la quantité de la matieré, & de fon emploi*
- La matière, ou, pour parler plus clairement, les bois qu’on emploie à la conftruélion des ouvrages de Menuiferie, ne font pas tous d’une qualité également parfaite, 8c font fujets à plus ou moins de déchet, foit en raifon de leur qualité dure ou tendre, ou plus ou moins noueufe, ou enfin de la grandeur & de la forme qu’ils doivent avoir lorfqu’ils feront employés.
- Le déchet n’eft pas égal dans toutes les efpeces de bois ; mais quel qu’il foie il eft toujours très-confidérable, & cela d’autant plus que le Menuifier paie le
- p.1250 - vue 221/376
-
-
-
- EJfai fur le Toife, &ô> îlÇf
- bois au Marchand comme s’il n’y avoic pas de déchet, une toife de bois* défec> tueufe ou non, étant toujours comptée par ce dernier pour une toife ; c’eft Pt pourquoi quand on veut apprécier avec équité la valeurr des bois * il faut S*at* tacher à connoître d’abord le prix qu’ils coûtent chez le Marchand , le coût des voitures de l’empilage dans le chantier de l’Entrepreneur, & le temps qu’il faut qu’ils y relient jufqu’à ce qu’ils foient en état d’être mis en oeuvre ; après cela il faut fe rendre compte de combien doit être la perte caufée par l’aubier , les Haches, les fentes , les noeuds, les givelures & autres défeéluoiités des bois, laquelle perte eft quelquefois d’un quart de leur valeur réelle, ou tout au moins d’un huitième, félon la nature des bois. .
- A cette perte, fur laquelle il faut compter lorlqu’on acheté les bois, il faut joindre celle qui arrive inévitablement lorlqu’on les débite, & qui augmente d’autant plus, que les pièces débitées font en plus petit volume ; car chaque trait de fcie des Scieurs de long, doit être compté pour 3 lignes au mains , fans ce qu’on laiffe de plus large aux pièces, pour qu’en les corroyane on puiffe les dreffer parfaitement, ce qui va toujours de 4 à 5 lignes pour chaque trait de foie.
- La perte de longueur eft auffi très-confidérable, à caufè des faufles coupes que donne la longueur des pièces, qui ne fe rencontre pas toujours avec celle des planches , dont la longueur eft bornée de 3 en 3 pieds.
- Combien cette perte augmente-t-elle , quand l’ouvrage eft cintré fur le plaît ou fur l’élévation , ou fur les deux fens à la fois ; ou bien quand la couleur des bois doit être appareillée , comme dans le cas d’un ouvrage qui doit être verni î Combien faut-il fonder, débiter, & même corroyer de bois qui ne fervent quelquefois pas, ou du moins fans beaucoup de perte, dans d’autres ouvrages ou on tâche de les employer le mieux qu’il eft poffible ?
- Il faut auffi faire attention à la plus ou moins grande épaifleur ou longueur des bois, qui, lorfqu’ils font d’une mefore hors de l’ordinaire, ou d’une belle qualité & parfaitement fecs, n’ont plus d’autre prix que celui que ceux à qui ils appartiennent jugent à propos d’y mettre, ce qui, d’une façon, eft jufte * étant bien naturel qu’ils faffent payer l’intérêt de la valeur de ces bois , & les frais de l’emplacement qu’ils ont occupé quelquefois pendant une longue fuite d’années.
- Après ces connoiffances, relatives à la matière qu’on emploie aux ouvrages de Menuiferie , il faut entrer dans le détail des façons de ces mêmes ouvrages. Quelle immenfité d’objets ce détail n’embraffe-t-ii pas ! que de différences le plus ou moins de perfeélion'dans la main-d’œuvre, dans la forme des contours ou des profils , n’apporte-t-il pas au prix des façons ! Ces derniers, fur-tout, qui, au premier coup d’œil, femblent être d’une exécution auffi prompte les uns que les autres, du moins, quand ils font d’un même genre, emploient quelquefois le double du temps & de foins. Quelques exemples en feront la preuve.
- Le bouvenient,^. 6, fe poulie avec un feul & même outil, & à une feule
- p.1251 - vue 222/376
-
-
-
- •JtBtaaBj.'i'niiiiriiiitiia—iy.
- Planche
- 382,
- L'ART DU MENUISIER. fois > mais frce même bouvement eft dégagé par derrière, comme celui de la figure 7, & qu’il foie d’une certaine largeur, il faut pouffer cette moulure à deux fois & avec deux outils , dont l’un forme le dégagement ou tarabifoot, & l’autre le bouvement. Si, au lieu de la baguette du bouvement ,fig. 7 , on voulait faire un quarré, ce feroit encore une opération de plus , ce qui allongeait la façon de l’ouvrage.
- Ce que je dis pour les profils fimples , comme les figures 6 8c 7, doit s’entendre pour les profils à petits cadres , comme la figure 8 ; 8c s’il arrivoit que la moulure excédât le nud des champs, comme cela fe pratique quelquefois, il faudroit ravaler ces derniers de l’excédant de la moulure , ce qui augmenteroit encore la façon de l’ouvrage, quoiqu’en apparence le profil fût toujours le même.
- Les profils à grands cadres, comme œuxjïg. 9 & 10, font encore dans le même cas , foit qu’ils foient embreuvés ou ravalés, ( quoique dans ce dernier cas ils emploient plus de bois, les bâtis devant être de même épaiffeur que le cadre, ) parce que la différence de hauteur des membres de moulures, ou celle de leurs formes, en rend l’exécution plus longue 8c plus difficile, ce qui eft très-aifé à appercevoir par l’inlpeétion feule de ces deux profils.
- Les profils des plates-bandes des panneaux , fig. 11, 12, 13 & 14, font dans le même cas que ceux des bâtis, c’eft-à-dire, que quoiqu’à peu-près les mêmes en apparence, ils coûtent beaucoup plus de temps & de foins à faire les uns que les autres , fur-tout quand ces profils font doubles, comme à la figure jq, parce qu’alors la moulure intérieure devient beaucoup plus difficile à faire que l’extérieure , tant à bois de bout qu’à bois de fil.
- A ces difficultés, il faut joindre la grandeur 8c la forme des profils, qui obli-' gent fouvent à faire des outils exprès, ce qui devient toujours très-coûteux , foit à l’Ouvrier ou à l’Entrepreneur.
- Combien la forme des cintres n’apporte-t-elle point de difficultés, 8c par conféquent de différences dans la façon de l’ouvrage? Un reflaut, une oreille de plus ou de moins, rendent quelquefois la façon d’une traverfe cintrée du double, 8c même davantage, plus coûteufe qu’une autre traverfo auflî cintrée, mais lans ces reffauts ou oreilles.
- Les ornements de Sculpture, ajoutés aux ouvrages de Menuifèrie, en augmentent encore la façon, parce qu’ils en rendent l’exécution plus longue 8c plus difficile à faire ; 8c c’eft encore une étude de plus pour bien juger quelle peut être cette augmentation.
- Je ne finirois pas fi je voulois détailler ici toutes les différences qui fo rencon-" trent dans l’exécution des ouvrages de Menuiferie, confidérés dans la partie du Bâtiment feulement, 8c dans les ouvrages ordinaires, defquels j’ai tiré les exemples que j’ai cités d-deflus ; car s’il falloir parler des ouvrages extraordi-; naires, ce feroit l’objet d’un Ouvrage confidérable, qui, quoique très-nécef-faire, ne peut pas avoir lieu dans cet Effai, ou je me fuis Amplement propofé
- de
- p.1252 - vue 223/376
-
-
-
- ËJJdi fur h Toifé, &c> : 1255
- ds donner une idée du Toifé, & de l’Appréciation des ouvrages de JVÏeituiferie . fans entrer dans aucun détail circonftancié à ce fujet (*),
- La parfaite connoiflance de la conftruétion des ouvrages de Menuiferie , des différences & des difficultés qui s’y rencontrent, neft pas encore fuffifànte pouf apprécier ce que vaut la façon de ces mêmes ouvrages, il faut auffi la voir au jufte le prix de cette façon, relativement à celui dont on paye le temps des Ouvriers, & à la quantité de temps qu’ils emploient à faire ces mêmes ouvra* ges ; cette étude eft toute de pratique, 8c on n’y peut faire de progrès qu’à l’aide de l’expérience : car ce ri’eft qu’en voyant travailler, ( ou, ce qui eft encore mieux, ) en travaillant long-temps de fes mains, qu’on peut bien juger de la valeur d’un ouvrage, quant à la façon. Or il y a ici plu b eu r s chofes à confidérer : la première, & la plus effentielle, c’eft qu’il faut abfolument que le prix du temps de l’Ouvrier foit affez payé pour qu’il ait le nécefïàire honnête , 8c qu’à l’aide d’une fàge économie , il lui refte encore, après avoir pris fur fbn gain ce qui eft néceflaire à foutenir fbn exiftence & celle de fà famille, & cela iuivant fbn état, qu’il lui refte , dis-je, allez pour fe foulager dans des temps de difette d’ouvrage ou de maladie, afin qu’encouragé par cette efpece d’aifànce il travaille avec plaifir, & ne fe confidere pas comme un forçat condamné à une peine dont il n’efpere la fin qu’avec celle de fa vie.
- Cette première condition remplie, on a déjà un point fixe pour apprécier la valeur du temps des Ouvriers, 8c d’où l’on peut partir pour apprécier la valeur des ouvrages , relativement au temps employé à les faire, en prenant un mi* lieu entre le plus ou le moins que peuvent coûter les ouvrages d’une même efpece, & faits par différents Ouvriers , ou même en fe réglant fur le travail du moins habile ; car il faut que les hommes vivent en travaillant, & du fruit de leur travail: orl’abfolu néceffairè eft dû à tous; & il eft en même temps jufte que celui qui a plus d’adreffe ou de force de corps, jouifle de ces bienfaits de la nature, & qu’il gagne par conféquent davantage.
- C’eft pourquoi, comme je l’ai dit ci-defliis , il faut régler le prix de la façon des ouvrages, fur la quantité de temps que les Ouvriers les moins habiles, ou du moins de la moyenne force, emploient à les faire ; ce qui étant une fois connu, ainfi que la quantité, & par conféquent la valeur de la matière employée, on peut enfuite juger de la valeur totale des ouvrages, en y joignant le gain de l’Entrepreneur.
- Ce gain doit être modéré, mais fixe 8c relatif à la quantité des ouvrages
- *—.
- PtANCHE
- 3$^
- r
- (*) Si TEflai que je préfente ici, eft favorablement reçu du Public, je me propofe de donner dans la fuite un détail circonftancié des ouvrages de Menuiferie , où je ferai voir d’une maniéré claire & précife, comment les différents ouvrages de cet Art peuvent & doivent être appréciés , tant en fuivant la méthode du Toifé ordinaire, que par d’autres méthodes différen-
- Treillageur*
- tes, lefquelles reviendront toutes au même ; ee qui ne doit ni ne peut être autrement, puifque d’une façon ou d’une autre, la valeur de la matière , le prix de la façon , & le gain de l’Entrepreneur , doivent toujours être les mêmes , fous quelque point de vue qu’ils puiffent être conh-dérés.
- R 14
- p.1253 - vue 224/376
-
-
-
- /
- E5PJ
- Planche
- 3$2.
- 1254 L'ART DU MENUISIER, &c.
- plutôt qu’à leur qualité, & être débarraffé de tous les faux-frais qu’il eft obligé
- de faire, indépendamment du prix de la matière & de la façon dont j’ai parlé
- ci-deffiis.
- Ces faux-frais, pour un Maître Menuifier, font très-confidérables ; car fans parler de l’intérêt que doivent lui rapporter ce qu’il a payé pour parvenir à la Maîtrife, & les fonds qu’il a placés pour faire des provifions de bois, il y en a qui font journaliers , comme les droits du Roi & de Communauté, le loyer de l’emplacement qu’il occupe , ( qui, dans les villes , eft toujours très-cher , vu la quantité de place qu’il lui faut pour placer fon bois & fes Ouvriers,) l’achat & l’entretien des outils , les clous, la colle, la chandelle , les voitures pour le tranfport de fes ouvrages , &c. &c.
- Le gain de l’Entrepreneur doit, dis-je, être débarraffé de tous ces faux-frais, ou du moins être affez confidérable, pour que leur dépenfe prélevée , il lui refie encore le cinquième au moins de bénéfice fur fes ouvrages, ou entre le tiers & le quart, en y comprenant les faux-frais, ce qui n eft sûrement pas trop confidérable, fur-tout pour les Entrepreneurs, qui n’ont journellement que cinq à fix Compagnons chez eux, & qui doivent vivre auffî bien que ceux qui en ont davantage.
- Je ne m’étendrai pas davantage fur le détail du Toifé 8c l’Appréciation des ouvrages de Menuiferie , pour les raifons que j’ai données ci-deffus ; de plus , je crois avoir rempli les conditions que je me fuis impofées en commençant cet Efïài, qui ne pouvoit pas être mieux placé qu’à la fin d’un Ouvrage qui a pour objet la defcription de l’Art du Menuifier ; mais cet Ouvrage eft déjà par lui-même fi confidérable, que j’ai craint de l’augmenter davantage, en m’étendant fur des matières, qui, quoique relatives à cet Art, ne font & ne doivent pas même être confidérées comme faifant parties effentielles de fa defcription.
- p.1254 - vue 225/376
-
-
-
- «00
- CONCLUSION
- J> E
- L’ART DU MENUISIER.
- L’Art que je viens de décrire, eft un des plus confidérables des Arts méchaniques , Sc c’eft même le plus utile & le plus répandu, après les Arts d’une néceftité abfolue, tels que l’Agriculture, la Charpenterie & la Maçonnerie.
- La Menuiferie eft très-ancienne, & doit, ainfi que les autres Arts, fa naiffance au befoin, Sc fes progrès à l’induftrie des hommes. Simple dans les commencements, ainfi que la Charpenterie, dont elle étoit une branche, on ne l’employoit que pour fermer les ouvertures des habitations, ou pour conftruire les parties les plus légères de ces mêmes habitations, qui sûrement étoient auffi fimples que les befoins de ceux qui en faifoient ufage étoient peu étendus. Peu à peu les befoins venant à croître avec l’aifance que procura la Société devenue plus nombreufe, l’induftrie fit auffi des progrès ,* les ouvrages ordinaires devinrent plus*ornés & faits avec plus de foins, puis on en inventa d'autres, foit néceffaires ou Amplement agréables.
- Il eft à préfumer que les premiers ouvrages de Menuiferie étoient
- t
- des Portes, des Fenêtres, Sc quelques Meubles , comme des Lits, des Sièges , des Tables, ou quelque chofe d’équivalent, quel qu’en fût le nom ou la forme. D’après ces premiers ouvrages abfolument né-ceffaires (du moins pour certains Peuples,) on fit des Meubles de sûreté, comme des Coffres, des Armoires, Scc ; & quand les Bâtiments furent conftruits avec de la pierre & autres matériaux, on revêtit de Menuiferie l’intérieur des Appartements , Sc même des Temples , pour en rendre l’habitation plus falubre ou plus magnifique; Sc aux ornements qui étoient propres & naturels aux ouvrages de cet Art, tels que les moulures & les compartiments quels qu'ils furent, on y joignit ceux de la Sculpture Sc de la Dorure, & on les enrichit de différents métaux Sc matières précieufes, comme l’or, l’argent, le cuivre , les pierres fines, l’ivoire, & c.
- p.1255 - vue 226/376
-
-
-
- 12^6 CONCLUSION
- Il feroit auffi impoffible quinutile, de chercher à fixer ici l'époque du commencement & des progrès de cet Art, dont l’origine fè perd dans l’antiquité la plus reculée, ainfi que celle des divers changements auxquels il a été fujet, foit dans la maniéré d'opérer, foit par rapport aux noms & à la forme des outils ou des ouvrages, foit enfin fur les différents noms fous lefquels cet Art a été connu chez les divers Peuples qui en ont fait ufage; de femblables recherches ne pourroient guere être que des conjectures, & ferviroient plutôt à faire paroître l’érudition de leur Auteur, qu’à la perfection de l’Art, 8c à i’inftruCtion de ceux pour lefquels j’ai particuliérement écrit. Je me contenterai donc de dire que l’Art du Menuifier eft maintenant, fur-tout en France, un Art de nécefïité & de goût, lequel eft devenu fi confidérable, que les Ouvriers qui le profeffent ont été obligés de fe féparer en cinq branches, qui font autant d’Arts diftingués les uns des autres, tant pour la maniéré d’opérer, que par rapport à la diverfité des ouvrages, comme on a pu le remarquer en lifant la defcription de ces différents Arts.
- Je ne m’étendrai pas non plus pour prouver l’utilité de ce bel Art néceffaire à tous, riches comme pauvres, & cela à raifon de leurs différents befoins. Car, en effet, c'eft à lui à qui nous fommes redevables d’une partie des commodités de la vie, tant à la ville qu’à la campagne , & même dans les voyages , & de la falubrité, de la commodité 8c de la sûreté de nos habitations; c’eft par fon fecours que nous fommes parvenus à décorer avec tant de richeffe & de magnificence les Palais des Rois 8c des Princes, les Hôtels des Seigneurs & des riches Particuliers, & même nos Temples, qui, quelquefois, tiennent de cet Art une partie de leur décoration, fans parler des ouvrages de ce même Art qui leur font particuliérement confacrés.
- Et jufqu’à quel point de commodité & d'élégance nos Meubles, 8c fur-tout nos Voitures, n’ont-ils pas été portés dans le dernier fiecle & dans celui-ci, où tous les Arts femblent s’être réunis pour accompagner la Menuiferie, & en augmenter la magnificence ?
- Il n’y a pas jufqu’à nos Jardins, dans la décoration defquels on en faffe ufage avec le plus grand fuccès, fur-tout depuis que l’Art du Treillageur, uni à celui du Menuifier, en a formé la cinquième 8c derniere branche.
- Nos
- p.1256 - vue 227/376
-
-
-
- DE LA RT DU MENUISIER. 1257
- Nos Théâtres enfin tirent de la Menuiferie une partie de leur éclat aduel, tant pour leur conftruétion proprement dite, que pour celle des machines qui portent &en font mouvoir les décorations (*):&à combien d’autres Arts la Menuiferie n’eft-elle pas utile, pour la conf-truftion des machines & inftruments néceffaires foit à la préparation ou à l’exécution des ouvrages de ces mêmes Arts ?
- La Menuiferie a encore l’avantage de fournir au Citoyen aifé 8c laborieux/un objet d'occupation d’autant plus utile, qu’il exerce également le corps 8c fefprit; & comme il eft des Sciences, telles que laPhyfique expérimentale, laMéchanique, &c. où cet Art eft nécef-faire, du moins comme moyen, il n’eft guere poflible à ceux qui s’occupent de ces Sciences , de fe paffer des connoiffances , élémentaires, de cet Art, ce qui fait que plufieurs hommes illuftres par leur rang 8c par leur favoir, fe font un devoir 8c un plaifir de travailler d’une Profeflion trop peu connue, 8c dont les Ouvriers vraiment habiles, pourroient aller de pair, 8c même être préférés à la plupart de ces Artiftes , à la vérité adroits 8c ingénieux, mais dont tout le mérite ne confifte qu’à favoir faire de ces précieufes bagatelles, qui n’ont fouvent d’autre prix que celui qu’y met l’opulence ou le caprice de ceux qui en font ufage.
- Si la Menuiferie eft, par elle-même, un Art fi important, que de connoiffances ceux qui la profeffent, ne doivent-ils pas avoir, ou du moins s’efforcer d’acquérir pour devenir vraiment bons Menuifiers , tant dans la théorie que dans la pratique? ce qui, malheureufement9 n'eft pas bien commun à préfent ; c’eft pourquoi il feroit à fouhaiter que les Menuifiers ( 8c fur-tout les jeunes gens, ) fuffent bien perfuadés de ces vérités, afin que s'accoutumant à regarder leur Art comme une Profeflion honnête 8c diftinguée, ils fiffent tous leurs efforts pour acquérir les connoiffances néceffaires à la partie de la Menuiferie à laquelle ils fe font particuliérement confacrés, 8c une idée, du moins générale, des autres parties de cet Art, ainfi que des Arts analogues 8c relatifs
- ( * ) La conftru&ion desThéâtres & des machines théâtrales, eft une partie desplusintérefifante de l’hiftoire des Arts modernes , 8c qui eft toute du refîbrt du Menuifter-Machinifte, qui y pré-fide. Mais comme cette partie de la Menuiferie eft très-compliquée , je n’en ai fait aucune mention dans la defcription de cet Art, m’étant ré-fervé de traiter à part ce qui concerne la Menuiferie des Théâtres, & des machines théâtrales, dont je vais donner inceflamment la defcrip-
- Trejllageur.
- tïon (qui eft déjà très-avancée, ) tant pour la théorie que pour la pratique, afin qu’elle foie également utile aux Curieux en ce genre , qu’aux; Menuifiers, qui, pour la plupart, ne connoif-fent pas cette partie de leur Art, 8c en même temps pour laifter à la poftérité une idée jufte 8c précife de nos Théâtres, du moins quant à cette partie, qui n en eft sûrement pas la moindre , 8c dont toutes les autres dépendent abfo-lument*
- S 14
- p.1257 - vue 228/376
-
-
-
- 1258 CONCLUSION
- au leur : c eft ce que je n ai ceiïe de leur recommander dans le courant de mon Ouvrage, qui ne leur fera vraiment utile, qu’autant quils joindront à beaucoup de bonne volonté & d’amour pour leur état, une grande afftduité à l’étude St au travail, n’y ayant que ce moyen pour acquérir les connoiflances théoriques St pratiques de leur Profeiïîon, les Livres pouvant bien aider le génie, mâis ne le donnant jamais, quelque bien faits qu’ils puiffent être.
- Quant à celui-ci, il feroit à fouhaiter que fa perfe&ion répondît aux foins St au zèle avec lequel je l’ai fait ; & je fuis perfuadé que fi cela étoit, le Public, St fur-tout mes jeunes Confrères, n’auroient rien à defirer à cet égard ; car je puis bien alfurer que je n’ai épargné ni peines ni dépenfes (*), enfin rien de ce qui pouvoit concourir à fa perfeûion, tant dans l’ordre St l’arrangement des matières qui y font préfentées, que par rapport aux recherches & aux expériences que j’ai été obligé de faire pour ne rien dire d’après des rap« ports fouvent incertains, quelquefois peu fideles ou mal entendus, ayant voulu être moi-même perfuadé, St cela par le fecours de l’expérience , de ce que j’enfeignois aux autres.
- J’ai auffi fait en forte de joindre toujours l’exemple au précepte, en n’enfeignant rien, de quelque chofe que ce fût, fans en faire remarquer les avantages & les défavantages, St les différentes occa-fions où certaines formes d’ouvrages, ou certaines maniérés d’opérer dévoient être préférées à d'autres, quoique meilleures , St dont j’a-vois montré l’avantage en d’autres occafipns ; ce qui m’a quelquefois mis dans le cas de faire des critiques, peut-être un peu vives, mais dans lefquelles, en parlant mal de l’ouvrage, j’ai toujours ref-pedlé l’Ouvrier, du moins telle a été mon intention.
- Quant à l'arrangement & à la divifion de l’Ouvrage , j’ai eu attention de les faire de maniéré que les Menuifiers en puiffent acquérir la Partie qui leur eft néceffaire indépendamment des autres, quoique toutes fe fuivent St faifent un corps d’Ouvrage complet, qu’ils feroient cependant très-bien de fe procurer, pour les raifons que j’ai données ci-deffus. Enfin après fept années d'un travail conti-
- ( * ) La dépenfe la plus confidérable que j’ai été obligé de faire , & celle qui m’a été la plus onéreufe , eft la perte de mon temps ( du moins par rapport à mon établiflement) laquelle a né-ceflairement entraîné celle de mon état, perte peut-être irréparable , & dont rien ne peut m’in-demnifer, que le plaifir d’avoir été utile à mes
- Concitoyens ; trop heureux encore fi mon travail & mes foins peuvent être vraiment utiles ! & fi le facrifice que j’ai fait, (dont je ne me repents cependant pas, ) peut m’être compté pour quelque chofe, & contre-balancer en quelque forte les fautes involontaires dont mon Ouvrage n’eft sûrement pas exempt !
- p.1258 - vue 229/376
-
-
-
- DE HART DU MENUISIER. iay9
- nuel 8c aflîda , paffées, tant à compofer 8c à faire des deffins des Planches de mon Ouvrage, ( dont j’ai gravé un grand nombre) qu’à en faire l’explication, je jouis de la douce fatisfaétion de le voir terminé, 8c d’avoir été alfez heureux pour avoir atteint le but que je m’étois propofé, non pas en commençant cet Ouvrage; car je ne connoiffois pas alors toute l’étendue de mon entreprife, ni la grandeur des engagements que je prenois avec le Public 8c avec moi-même; mais lorfque j’eus fini la première Partie de mon Ouvrage, 8c bien avancé la fécondé , ce fut alors que je m’apperçus de f irumen fi té du travail qu’il me reftoit à faire pour ne rien négliger de ce qui pourroit contribuer à donner de l’ordre 8c de la clarté à mon Ouvrage, afin que s’il n’étoit pas agréable , il fût du moins utile.
- J'avois cependant beaucoup d’obfiacles à furmonter; car, exception faite de la Menuiferie de Bâtiment, & de l’Art du Trait, je n’étois pas familier dans la pratique des diverfes autres parties de la Menuiferie, dont, par conféquent, j’ai été obligé de faire une étude particulière, afin de joindre la pratique à la théorie, tant pour la connoilfance, le choix, l’emploi des matières 8c celui des differents outils, que pour la parfaite connoiffance des ouvrages auxquels on emploie les uns 8c les autres.
- J’ai même été privé de tous fecours étrangers, étant le premier qui ait écrit fur l’Art du Menuifier, 8c n’ayant pas, par moi-même* les fecours que peuvent fournir une éducation foignée, ce qui ne pouvoit pas être, & ce qui fe trouve rarement dans la clalfe des Citoyens dans laquelle la Providence m’a placé.
- Né de parents honnêtes, mais pauvres comme le font tous les Ouvriers qui n’ont d’autres reffources que le travail de leurs mains ils furent, par conféquent, hors d’état de me donner de bons Maîtres, & je ne reçus d’autre éducation que celle des Ecoles publiques de charité, où j’ai à peu-près appris à lire une Langue morte que je n’entendois pas (& que je n’entends pas encore,) 8c celle qui m’é-toit naturelle ; mais je n’y ai pas appris à parler ni l’une ni l’autre de ces deux Langues, ce qui ne pouvoit pas être , puifqu’on ne l’en-feigne pas, du moins dans les Ecoles dont je parle ici.
- Je n’ai pas même joui long-temps de cette -éducation , toute imparfaite quelle étoit, parce qu’à l’âge de 11 ans, (c’étoit en 1750 ) mon pere, qui étoit, 8c qui efl encore Compagnon Menuifier, me
- p.1259 - vue 230/376
-
-
-
- ï26o CONCLUSION
- fît commencer à travailler avec lui, pour me tranfmettre fes con-noiffances & fon état, le feul bien qu’il eût à me donner, & qu’il avoit pareillement reçu de fon pere, auffi Compagnon Menuifier.
- (*)
- Depuis ce temps jufquen 1768, où j’ai commencé à faire mon unique objet de la Defcription de l’Art du Menuifier, je me fuis plus occupé des connoiffances pratiques de mon état, que de celles qui, quoique propres à étendre l’ame & orner l’efprit, étoient étrangères à mon principal objet. J’ai eu le bonheur de faire des progrès dans ma Profefïîon pendant les dix-huit années que je l’ai exercée manuellement, 8c encore plus de connoître feu M. Blondel , dont j’ai fuivi les leçons l’efpace de cinq années, pendant lequel temps il m’a rendu tous les fervices poflibles, en me donnant gratuitement, tant en public qu’en particulier, tous les fecours 8c les confeils qui pou-voient m’être utiles pour me faire acquérir les connoiffances théoriques néceffaires 8c relatives à mon état, & fur l’Architecture en en général,
- J’ai répondu à fes bontés avec tout le zèle 8c l’application dont fétois capable, 8c félon que le peu de temps que j’avois à moi, pouvoit me le permettre, vu que je n’avois de libres que les Fêtes & Dimanches , & quelques heures prifes fur mon repos; & j’ai reconnu, par ma propre expérience, qu’il n’eft point d’obfiacles que la bonne volonté & un travail aflidu ne furmontent.
- Les connoiffances que j’avois acquifes, tant dans la théorie que dans la pratique de mon Art, étoient sûrement beaucoup pour moi; mais combien m’enmanquoit-il encore pour pouvoir les tranfmettre aux autres par le moyen de cet Ouvrage, qui m’auroit été abfolu-ment impolfible de faire, vu mon éducation primitive, fi je n’avois trouvé dans la leéture des bons Auteurs François, (tels que MM. Rollin, Montefquieu , de Buffon , J. J. Roujjeau, 8c autres, ) des fecours que ne m’auroit peut-être pas fourni une éducation plus foignée, mais fouvent donnée 8c reçue dans un âge où l’homme n’eft pas encore capable d’en profiter.
- Au lieu que ces lectures, quoiqu’abfolument étrangères à mon
- ( * ) Claude Roubo, mon aïeul, eft mort "au mois de Juillet 17, âgé de By ans. Il avoit travaillé à la Menuiferie de Bâtiment jufqu’à l’âge de 78 ans, fans avoir reffenti aucune des
- incommodités de la vieil leffe : il n’avoit eu qu’une maladie eu fa vie, & eft mort fans être malade.
- objet,
- p.1260 - vue 231/376
-
-
-
- DE L'ART DU MENUISIER. nér objet, mais faites dans un temps où ma raifon commençoit à fe développer, (à quoi m’a beaucoup fervi l’étude de la Géométrie,) m’ont mis en état de rendre mes penfées., fînon dans un ftyle fleuri & élégant, du moins avec précifion 8c une forte de clarté; elles m’ont auffi mis à portée de connoître & de fentir l’ordre qu’il étoit néceffaire de faire régner dans un Ouvrage didactique tel que le mien, où toutes les phrafes doivent être' liées enfemble, 8c fouvent en conféquence les unes des autres , 8c où les répétitions font quelquefois inévitables, & même néceffaires pour faire mieux: connoître la vérité 8c l’importance de ce qu’on .avance, 8c les con-féquences qu’on doit ou qu’on peut en tirer,
- Aufli efl-ce à l’ordre 8c à l’arrangement des matières à quoi je me fuis le plus attaché dans le courant de mon Ouvrage, fans me mettre beaucoup en peine de la beauté du ftyle , qui, d’ailleurs., devoit être Ample & à la portée des Ouvriers, mes Confrères, pour lefquels je l’ai particuliérement écrit.
- Ce n’eft pas que , femblable à ce Conful Romain (Marius), je faffe mépris des Arts que je ne cannois pas, & fur-tout des Belles-Lettres & de l’Eloquence ; au contraire, je fais combien la pureté du ftyle , le choix 8c l’arrangement des mots donnent de grâce à un Ouvrage, 8c en rendent la leéture agréable. Mais, comme je l’ai déjà dit, cette perfection eft au-delfus de mes forces ; & je fuis aifuré que fi j'avois voulu écrire dans un ftyle plus exaCt 8c plus châtié, j’au-rois donné dans l'enflure ou dans le verbiage , auxquels ma fimpli-cité eft certainement préférable.
- Un des plus grands obftacles que j’aye eu à furmonter, c’eft le cri du Public contre les gros Livres, que les uns n'achetent pas, parce qu’ils font trop chers, ou que les autres achètent, mais ne lifentpas, parce qu’ils font trop volumineux. Mais comment falloit-il que je fifte ? Devois-je tromper le Public en travaillant, à la vérité, à fon goût, mais contre fes intérêts, en lui donnant un Abrégé peu confidéra-ble, & par conféquent peu cher, mais où il n’auroit rien appris, ou tout au plus que des mots ou des noms d'Arts ( *).
- (* ) Ce que je dis ici eft une vérité incontefta-ble : rien n’a fait plus de tort aux Sciences & aux Arts, que les Abrégés qu’on a donnés des Ouvrages déjà faits, ou bien les Ouvrages nouveaux faits de cette maniéré. J’ai donc cru être bien fondé à donner à mon Ouvrage toute l’étendue convenable, du moins autant que mes forces ont pu me le permettre , afin d’être utile tant à pré-
- TrEILLAGEURs
- fent qu’à, l’avenir , en n’obligeant pas le Public à faire une double dépenfe, comme il arrive tous les jours, par les augmentations 8c les changements qu’on fait à la plupart des Ouvrages dont on multiplie les éditions ainfi augmentées, lef-quelles deviennent très-coûteufes, 8c demeurent toujours très-imparfaites,
- T14
- p.1261 - vue 232/376
-
-
-
- 1262 CO NC LUS 10 N
- Il faut cependant avouer que j’ai été le premier trompé fur l’étendue de mon Ouvrage, que je ne croyois pas devoir être fi confi-dérable, lorfque l’Académie Royale des Sciences me fit l’honneur d’accepter mon travail, & d’en permettre l’impreffion fous fon nom Sc avec fôn approbation; mais à mefure que j’ai avancé, j’ai été entraîné malgré moi par l’abondance des matières dont j’avois à traiter, comme je l’ai dit ci-deffus, & que je l’ai fait remarquer dans l’AvertilTement qui efl à la tête de la fécondé Partie.
- De plus, il n’efl pas poffible, pour peu qu’on ait lu cet Ouvrage avec attention, Sc qu’on foit de bonne-foi ou fans préjugés, il n’efl pas poffible, dis-je, qu’on ne convienne que le détail des différentes elpeces de Menuiferies efl immenfe ; que quelque concis qu’on foit dans ce détail, il ne peut être que très-confidérable ; Sc qu’il n’efl; pas de l’ouvrage dont il efl ici queftion, comme de l’Hifloire ou des ouvrages d’imagination, où on fe contente d’expofer les faits aux yeux du Leéteur, ou de l’occuper agréablement, mais où on lui laiffe la liberté de faire l’application de ce qu’il a lu, en ne prévenant pas fon jugement, ce qui deviendroit ennuyeux pour tout Leéleur raifonnable.
- Ici, tout au cbntraire, & dans la defcription de tous les Arts en général, où il efl queftion d’enfeigner, il faut non - feulement tout dire, mais dire comment il faut faire, Sc pourquoi il faut faire; expofer les différentes maniérés d’opérer dans tout leur jour, & en faire voir les avantages Sc les défavantages, & les occafions où une méthode efl préférable à une autre, ce qui entraîne néceffairement le détail des ouvrages de l’Art, foit en tout ou en partie.
- Je fai qu’il efl des Arts qui ne confiflent qu’en certaines pratiques 8c manutentions, qui, une fois bien connues, font applicables dans tous les cas, du moins à peu de chofè près ; mais auffi en efl-il d’autres, Sc fur-tout celui dont je viens de faire la defcription, où cette manutention change à chaque ouvrage de differente nature, 8c où, aux conhoiffâriceS nécèffaires & relatives à l’état, il en faut joindre quantité d’autrês qui y font acceffoires, & dont il faut donner des notions du moins élémentaires.
- Le détail de ces cbnhoifTances élémentaires, fe trouve, dit-on, dans d’autres Livrés, ou elles font traitées avec p'us d’étendue qu’on ne le pouroit faire dans ün Art, ( ce qui ëft en partie vrai;)
- p.1262 - vue 233/376
-
-
-
- DE DA RT DU ME NUI S 1ER; 1265 niais ces mêmes Livres font très-chers, Sc ce dont on a befoin y eft prefque toujours noyé dans une infinité de chofes dont l’Ouvrier peut fe paffer, & d'avec lefquelles il ne lui eft fouvent pas facile de diftinguer celles qui lui font vraiment utiles. De plus, le langage des Livres favants n’eft pas à la portée de tout le monde ; & quand il le feroit, pourquoi obliger un Ouvrier qui fait la dépenfe de la Defcription de fon Art, d’acheter encore d’autres Livres pour y trouver ce dont il a befoin, quand on peut le lui procurer dans la Defcription de ce même Art ?
- C’eft pourquoi j’ai cru ne pouvoir pas me difpenfer de donner, dans le courant de cet Ouvrage, des notions, du moins élémentaires, des Sciences ou des parties des autres Arts qui font relatifs ou accef-foires aux différentes elpeces de Menuiféries, afin dé rendre mon Ouvrage plus utile, & de faire mieux fentir l’analogie Sc le rapport que les Arts ont entr’eux, & ces derniers en général avec les Sciences de raifonnement Sc de goût, telles que quelques parties des Mathématiques, l’ArchiteCture , le Deffin de différents genres, Sc autres, fans le fecours defquelles il n’eft pas poffible de faire de véritables progrès dans l’Art du Menuifier, ou il faut abfolument joindre le flambeau de la théorie à l’habitude de la pratique.
- Ce font ces différentes raifons qui m’ont engagé à ne rien omettre de ce qui pouvoir fervir à la perfection Sc à futilité de mon Ouvrage, tant pour répondre , autant qu’il étoit en moi, aux vues de l’Académie Royale des Sciences, toujours portée aux progrès & à la perfection des Arts, que pour témoigner à cëtte favante Sc illuftre Compagnie, combien je fuis fenftble à l’honneur quelle m’a fait en m’affociant à fes travaux, pour concourir avec elle Sc fous fes aufpices, à la perfection du plus beau Monument qu’on puiffe élever à f efprit humain.
- F I Né
- p.1263 - vue 234/376
-
-
-
- TABLE
- DES CHAPITRES ET TITRES
- DE L’ART
- DU TREILLAGEUR.
- Chapitre PREMIER. Notions èllmen-
- t air es des principes $ Architecture & de F Art du Trait, dont la connoiffance efi ahfolument nèceffaire aux Treillageurs. Page 1040 Section première. Des trois Ordres Grecs ; de leurs proportions & divifions générales. 1041 §. I. Defcription des trois Ordres Grecs ; leurs proportions & divifions.particulières. 1047 §. IF. Defcription des Chapiteaux Ionique, Corinthien Sc Comporte. '3058
- §. III. Application des Ordres Grecs à la décoration des Edifices, ôc le détail des différentes parties d’Architeélure, comme les Attiques, les Soubaffements, <&c. 106j
- Section II. Notions élémentaires de VArt du Trait, relatives à celui du Treillageur„ 1079
- §. I. De la difpofition des fers fervant à fou-tenir les Treillages. r086
- §. II. Maniéré de faire le développement des furfaces des Treillages cintrés, ôc d’en dif-pofer les compartiments. 1090
- §,III. Differentes fortes de Compartiments, tant droits que cintrés, propres à être exécutés en Treillages. 1097
- CHAPITRE IL Des Bois propres à la conff truclion du Treillagé y des Outils des Treillageurs en général» 1107
- Section!. Defcription des principaux Outils des Treillageurs , la maniéré d’en faire ufage. 1107 §. I. Du Planage des Bois, & des Outils qui -y font néceffaires. 111 o
- §. II. Des Ronds, ôc des différents Outils qui - fervent à leur conffruûion. 1117
- $.>111. Des Ornements de Treillage en général , ôc des Outils propres à les découper ôc à les mâtiner. 1123
- §. IV. Defcription d’un Rabot à mettre d’é-paiffeur , Ôc de différents Moules ou Bois à couper de longueur. 1129
- Section II. Des différentes efpeces de Treillages en général» 1132
- §. I. Du Fil de fer Sc des Pointes, & de ïâ maniéré de coudre le Treillage. 11 <3 §. IL De la conftru&ion du Treillage fîrnple.
- 1137
- CHAPITRE III. Du Treillage compofé en général. 1147
- Section I. Defcription de là confruBion des bâtis du Treillage compofé. 11^0
- I. De la conftruétion des Bâtis des Pilaftres ôc des Colonnes , ôc la maniéré de les garnir en Treillage, n$6
- §. II. Des affemblages des Bâtis de Treillage , êc la maniéré de les difpofet pour recevoir les différentes fortes de garnitures. 1175* Section II. Du Treillage orné en général ; & àef-cription de deux morceaux de Treillage d'une décoration différente. tl19l
- Section III. Des Corbeilles de terre j de leurs formes & conflruBi&n. 1387
- Section IV. Des Ornements de Treillages en général -, & de leurs différentes efpeces. 119$*,
- §. I. Des Ornements des moulures de Treillage en général, ôc de leur conftru&ion.
- 11 $6
- §. IL Des Vafes & des Chapiteaux de Treillage, ôc de la maniéré de les conftruirer
- 1209
- §. III. Des Fleurs en Treillages, ôc de leur conftruffion. 1216
- CHAPITRE IV. Des divers Ouvrages de Menuijene néceffaires dans les Jardins. 1222
- Section I. Des différentes fortes de Sièges de Jardins. ibià,
- Section II. Des Gaffes de Jardins ; de leurs différentes efpeces , formes & conflruBion. 1 229
- Section III. Des Gradins & des Chaffis de Serres chaudes ; leurs formes & conflruBion. 1233,
- Ê s s a 1 fur le Toifé , ôc l’Appréciation des Ouvrages de Menuiferie en général. 1242
- C o n c l u s 1 o n de P Art du Menuifier. 12 55*
- Fin de la Table.
- TABLE
- p.1264 - vue 235/376
-
-
-
- *
- TABLE ALPHABÉTIQUE,
- O U
- VOCABULAIRE RAISONNÉ
- Des différentes Matières qui compofent la Defcription de I? A rt du Me nu i si er.
- A.
- Àct, a , bois rougeâtre ôc léger, qui croît à Ceylan. 3. Partie, Seâl. 3 , page 770.
- Acajou, bois rougeâtre ôc moyennement dur, originaire des ifles de l’Amérique. 3. part. feôl. 3 , pag. 770.
- Accotoirs ou Accoudoirs. On nomme ainfi les traverfes des côtés des voitures. 3. /wr* 1, pag. 466,
- On nomme au(Ti Accoudoirs des pièces horizontales placées aux deux côtés des fiéges , pour appuyer les bras de ceux qui s’affeyent deffus ces derniers. 3.part.fe5l. 2, page 636.
- Acroteres. Ce font des efpeces de petits pieds droits, placés aux extrémités de chaque travée de baluftres, pour les terminer ôt fervir de point d’appui à la tablette. 4.part. pag. 1074.
- Affiler, donner le fil à un outil, c’eft-à* dire, finir de l’affûter avec une pierre plus fine, qu’on nomme pierre à affiler. Les outils de moulures s’affûtent fur ces fortes de pierres, lefquelles font placées dans une entaille. i.part. page 84.
- Affiloires. On nomme ainfi des pierres minces ôc longues , d’une couleur grife, Ôt par-femées de points brillants, qui fervent à donner le fil aux outils à tranchant droit, Ôt à affûter les outils de moulures ; pour cet effet on affujétit les Affiloires dans un morceau de bois qu’on nomme entaille à Ajffiloire. i.part. page 84.
- Affûtage. ( Outils d’) On nomme ainfi les gros outils que les Maîtres fourniffent à leurs Compagnons, comme les Etablis, les Varlopes , les Guillaumes , le Feuilleret, le Rabot, le Cifeau, le Fermoir, le Valet ôc le Marteau : chaque Ouvrier doit avoir un Affûtage complet. 1 .part, page f 2.
- Affûter (maniéré d’) les outils, c’eft-à-dire, d’en refaire le tranchant à mefure qu’il s’émouffe par l’ufage. Les Menuifiers affûtent la plupart de leurs outils fur un grès. 1. part. page 63.
- Treillageur.
- Aileronï ( traverfes d’) On nomme ainfî celles qui prennent la place des accoudoirs 3 quand il n’y a pas de glaces aux euftodes des voitures. 3.part.feël. 1, page $13.
- Alaife ou Elaife : c’eft une planche étroite qu’on emploie pour rélargir quelque chofe,ou pour en completter la largeur. 1. part.pag. 79*
- On dit auffi quon met une Alaife à un pan* neau , lorfqu’un certain nombre de planches n’eftpas fuffifant pour faire la largeur donnée*
- On dit encore un plancher d* Alaife s, c’eft-*', à-dire, qui eft fait avec des planches refendues en deux fur la largeur. 2. part. pag. 161 é
- Alcôve, partie de Menuiferie compofée d’une niche, dans laquelle on place un lit* A la plupart des Alcôves on pratique des Cabinets, un de chaque côté de la niche , lefquels fervent de Garde-robes ou de dégagements. 2 .part. pag. 194.
- Alette. On nomme ainfi les pieds droits d’une niche quarrée. 4. part. pag. 10 68.
- Alifier > bois François, plein, de couleur blanche : il s’emploie pour les ouvrages d’é-bénifterie. 3. part. fe5l. 3 y pag. 783.
- Aloés, bois rare ôc peu connu, de trois différentes efpeces, Ôc en général de bonne odeur : il croît à la Cochinchine ôc ailleurs. 3. part.feB. 3 , pag. 770.
- Alun, fel foffile , reffemblant à du cryftal l dont on fait grand ufage dans la compofitiori des teintures. 3. part.jeël. 3 , pag. 794.
- Amaranthe , bois de couleur violette 9 quï croît à la Guiane, en Amérique. 3. part* feft. 3 , pag. 770.
- Amortissement. Par ce terme on entend tous corps d’Archite&ure dont la forme pyramidale couronne Ôt termine heureufement,1 c’eft-à-dire avec grâce, un avant-corps quelconque. 4. part. pag. 1072.
- Amourette, bois dur, de couleur rouffâtre ôc varié de brun, qui croît aux Antilles. 3. part.feÏÏ. 3. pag. 771.
- Ane, efpece de chevalet ou banc, fur lequel eft placé un étau de bois. Les Ebéniftes fe fervent de l’Ane quand ils veulent découper
- vi4
- p.1265 - vue 236/376
-
-
-
- x266 "Table Alphabétique , ou Vocabulairè
- îe placage'; & ils s’affolent à Califourchon fade tourner le foret ainff entouré. 3. part. deffus. 3. part. feB. 3. pag. 842. feB. 3 , page 939.
- Angle ; c’eft le point ou la rencontre de Architrave, partie inférieure d’un entabîe-deux lignes, foit droites ou courbes. Les ment qui eft compofé de plufieurs faces Ôc Angles prennent différents noms , félon Tou- de moulures peu Taillantes. 4. part. p. 1045. verture ou la forme des lignes qui les com- Architravée. On nomme ainfi une efpece
- pofent ; c’eft pourquoi on dit Angle droit ou d’entablement dont on a fupprimé lafrife , 6c quatre, Angle aigu ou fermé, Angle obtus ou où l’Architrave, dont on a auffi fupprimé la ouvert, ou Angle gras, enfin Angle reBiligne , partie fupérieure, eft joint à la corniche.
- curviligne ou mixtiligne. 1. part. pag. 8.
- Anis ou Anil à l'étoile, bois de couleur grisâtre, qui croît à la Chine. 3. part. feB.
- 3, 11'
- 4.part, pag. 105*7.
- Archivolte. On appelle ainfi le revêtiffe-ment extérieur d’une arcade plein-cintre. Le plafond ou revêtiffement de cette même ar-
- 12.
- Anfe à panier ou de panier. On nomme ainfi cade, fe nomme auffi Archivolte. 2. part, un cintre qui a la forme d’un demi-ovale pris page 312.
- Archivolte. En Archite&ure, on nomme ainfi les moulures Ôc les faces qui ornent le pourtour de la partie circulaire d’une porte , d’une croifée, ôte. 4. part. pag. 1066.
- Arête, Arêtier ,piece droite ou circulaire;
- fur fon grand axe. 1. part. pag.
- A-plomb. Les Menuifiers nomment ainff toutes lignes perpendiculaires à l’horizon.
- 2. part. pag. 275.
- Appartement. Sous ce terme on entend l’enfemble de plufieurs pièces fervant à loger formant f angle rentrant ou faillant d’une coudes perfonnes de diftinàion. Defcription des verture ou toit, Amplement inclinée pour le différentes pièces d’un Appartement. 2. part, premier cas, ôc cintrée en voûte pour le fe-pag. 185. cond. 2. part. pag. 341 & 354.
- Appui. Par ce mot, on entend, en général, Argent ; c’eft le fécond des métaux pour toute partie de Menuiferie difpofée horizon- la valeur : fa couleur eft blanche Ôc brillante; talement, ôc dont la hauteur ne furpaffe pas ôc on peut en faire ufage à la place de l’étain 334 pieds. dans les ouvrages de marqueterie. 3. part*
- Appui ; ( piece d’) c’eft la traverfe du bas feB. 3 , pag. 990. d’un dormant de croifée , laquelle reçoit les Arriéré-corps, champ liffe qu’on met entre
- deux chaflis: fes différentes formes ôc pro- deux parties de lambris, ou à la place d’un
- pilaftre, lorfqu’on craint qu’il ne devienne trop étroit.* 2. part. pag. 171.
- portions. 1. part. pag. 92.
- Appui de porte, dont la hauteur fe détermine par celle du lambris d’appui. 1 .part, pag. 138.
- Appui. (lambris d’) On appelle ainfi toutes
- Armoire, le plus grand des meubles fer-mants dont on faffe ufage actuellement : il fert dans les Offices, Garde-robes, ôc aux
- fortes de lambris dont la hauteur ne paffe pas gens d’un état médiocre. 3. part. feB. 2 , pag* 3 à 4 pieds. On dit Appui de croifée , tant du 743.
- lambris dont cet Appui eft revêtu , que de ^ On nomme auffi Armoire, toute devanture la tablette qu’on pofe quelquefois deffus. de Menuiferie fervant à fermer un renfonce-Appuis de voiture, appellés autrement ccin- ment ou toute autre partie d’un appartement tares. Les traverfes d’une caiffe qui font pla- quelconque , à condition toutefois que cette cées à l’endroit de la ceinture , fe nomment devanture ait une ou plufieurs portes ouvrant traverfes de ceinture, pour le devant ôc le tes. Ce nom s’entend auffi du renfoncement derrière; ôc celles de côtés fe nomment tra- couvert par la devanture de Menuiferie. ver fes de cujîodes ou d’accotoirs. 3. part. feB, Arrafement, extrémité d’une traverfe à
- 1 y pag. 466. la nalfïance du tenon, laquelle vient joindre
- le battant à l’endroit de l’affemblage. 1. part, pag. 4é.
- Arrafer un panneau ou une porte, c’eft-à-i dire, faire affleurer l’un ou l’autre avec leurs bâtis, de forte qu’ils leur foient égaux d’é-
- j a./ part.
- Apfichet, languette faillante faite pour retenir en place les glaces des voitures. 3. part. Je B. 1 , pag. 47 6.
- Arbitraires. ( Outils) Par ce terme, les Menuifiers en Carroffe entendent deux outils à
- fût qui forment la même moulure , quoique paiffeur d’un ou des deux côtés, faits à contre-fens l’un de l’autre. 3 . part.feB. pag. 100.
- 1, pag. 473. Afphalte , bois peu connu des Modernes;
- Archet ; c’eft un morceau d’acier élaftique, 3. part. feB. 3 , page 771.
- monté dans un manche de bois : à l’extrémité AJJemblages. L’art des Affemblages eft une de l’Archet eft attachée une corde de boyau partie très-intéreffante pour les Menuifiers, ou une courroie de cuir qu’on arrête vers le puifque les affemblages fervent à lier enfem-mânche, Ôc on donne à cette derniere une longueur fuffifante , pour qu’après avoir fait deux fois le tour de la boîte à foret, l’Archet
- ou branche d’acier ploie, Ôc par fa réfiftance
- ble toutes les parties de leurs ouvrages. Il 7 a diverfes fortes d’affemblages, comme les tenons ôc les mortaifes, les enfourchements, les entailles , les traits de Jupiter de
- p.1266 - vue 237/376
-
-
-
- âe t Art du
- différentes efpeces, les queues, les rainures ôc les languettes, les embreuvements, ôcc. Voyez chacun de ces Articles ,' i. part. pag. 46 & Juiv.
- On appelle encore les Affemblages quarris, à1 onglets, de fauffes coupes, doubles, &c. félon les différentes maniérés dont ils font difpofés. Voyez idem.
- Ajfemblage. ( Menuiferie d’ ) On nomme ainfi la partie de l’Art du Menuifier, qui a pour objet la fermeture ôc les revêtiffements des Edifices, ce qui lui a fait donner aufli le nom de Menuiferie de Bâtiment. En général, ce nom doit s’entendre de tous les ouvrages de cet Art qui font compofés de plufieurs pièces affemblées à tenon Ôc mortaife, ôc qui renferment des panneaux qui y entrent à rainures ôc languettes.
- Ajfemblage à la Carroffiere. On appelle ainfi le joint d’un cadre auquel on ne rallonge pas de barbe à la traverfe , de maniéré qu’on eft obligé de pouffer à la main un bout de la moulure du battant. 3. part.feB. 1 9pag. 473
- & 343.
- Ajlragale, moulure compofée d’un demi-rond fait en forme de boudin, ôc d’un filet au-deffous. L’Aftragale fert à féparer le chapiteau d’avec le fût de la colonne. 4. part, page 1043.
- Ajlragalée.On nomme ainfi un profil d’une corniche dont la partie inférieure eft terminée par un Aftragaîe. 2. part, page 16$.
- Attrape-mouche. On donne ce nom à une petite épaiffeur de bois en faillie, qu’on réfer-ve au bas de la partie inférieure de l’impofte d’une croifée à couliffe, pour que les mouches ne paffent pas entre cette derniere Ôc le haut du chafïis, où on en a réfervé une femblable. 1 .part.pag. 116.
- Attique ou Dejfus de porte. On nomme ainfi la Menuiferie dont on revêtit le deffus des portes d’un appartement, laquelle eft quelquefois ornée de Sculpture, ou bien eft difpofée pour recevoir un tableau. 2. part, pag. 184.
- Attique , ( Ordre ) efpece d’Ordre d’Ar-chite&ure inventé à Athènes, pour fervir de couronnement aux Edifices. Cet Ordre ne s’emploie jamais en colonne, mais en piiaftre toujours engagé. Les Modernes y font des croifées qui ont des proportions qui leur font propres , ôc qu’on nomme croifées uniques.
- part. pag. 1077.
- Attique, (bafe) ainfi nommée, parce qu’elle fut inventée à Athènes : elle eft particuliérement affeétée à l’Ordre Ionique. 4. part. pag. 1054.
- Aubier, défaut dans le bois ; c’eft la derniere croiffance de l’arbre, qui fe trouve immédiatement après l’écorce. L’Aubier eft toujours plus blanc que le bon bois, ôc on ne doit jamais l’employer dans aucune efpece de Menuiferie. 1. part, pag. 2 3.
- Menuifier. ï±6j
- Aulne, bois François, tendre, de couleut rougeâtre , propre à différents ouvrages d’Ebénifterie. 3. part, fe61. 3 9 pag. 783.
- Axe, quelquefois Mandrin ou Arbre. On nomme ainfi une piece de bois ou de fer qui paffe par le centre d’une colonne ou de toute autre partie cylindrique. 4.part. pag. 1163*
- B.
- Baguette , moulure parfaitement ronde ; excepté le côté où elle tient au refte de la piece. Cette moulure s’emploie rarement feule, & en accompagne toujours quelqu’au-tre. 1. part. pag. 44.
- Baignoire, efpece de Chaife-longué, dans laquelle eft renfermée une cuvette de cuivre* 3. part.feft. 2 , pag. 660.
- Baignoire. ( demi- ) Voyez idem.
- Bain-marie. ( chauffer la colle au ) On enH tend par ce terme Fa&ion de faire chauffer la colle dans un vafe de cuivre qui eft placé dans un autre plus grand , qu’on remplit d’eau, qui, en s’échauffant, fait fondre Ôc chauffer la colle qui eft dans le premier vafe* Voyez Pot à colle, 1. part. pag. 81 , Ôc 3* part. feff. 3 , page 830.
- Baleine. On nomme ainfi les lames ou fanons qui fervent de dents au poiffon de ce nom. La Baleine eft filandreufe, Ôc ordinai-* rement de couleur noire. 3. part.feâ. 3 , pag* 988.
- Balufirade. On nomme ainfi une efpece de focle, ou quelquefois de piédeftal dont le dé eft évidé de diftance en diftance pour y placer des baluftres ou petites colonnes qui y font efpacées tant pleins que vides. 4. part, pag. 1073.
- Baluftre9 efpece de petite colonne d’une forme contournée, circulaire par fon plan, ÔC quelquefois quarrée. 4.part. pag. 1073.
- Bambou, (bois de) efpece de groffe canne qui croît dans les pays maritimes des Indes Orientales. 3. part. fett. 3 , page 1033.
- Banc de jardin , efpece de fiége à doffier Ôc à accotoirs. Il y a aufïi des Bancs de jardins qui n’ont ni l’un ni l’autre. 4.part.pag. 1223*
- Banc de tour. On nomme ainfi l’établi fur lequel on tourne. 3. part. feél. 3 , pag. .904.
- Bandeau, corps liffe ôc faillant, quelque fois orné d’une moulure fur l’arête, qu’on met fouvent à la place des chambranles. Voy Chambranles. è'
- Bandeaux, pièces de bois minces, ornées de moulures qu’on met par le haut des lambris , à la place d’une corniche. 2. part, pag* 27 6.
- Bandes ou Bordures de parterre. Ce font des planches dont une des rives eft ornée d’une moulure, ôc qui fervent à border les parterres dans certains jardins. On les fait entrer dans la terre, qu’ils défaffleurent de 3 à 4 pouces, ôc on les arrête fur des pieux
- p.1267 - vue 238/376
-
-
-
- ïaéS Table Alphabétïqui
- nommés racinemx. 4. part. page 1142.
- Bandes de billard. Ce font des pièces de bois ornées de moulures , lefcjuelles fervent de rebord à une table de billard. q.part.feâl.
- 2, pag. 706.
- Banquette ou SoubaJJement, efpece de petit lambris d’appui, fervant de revêtiffement aux appuis de croifée , dont la hauteur eft moindre que celle du lambris d’appui de la piece.
- 2. part. pag. 1 81 & fuiv.
- Banquette, fiége fans dofîier, d’une longueur capable de contenir plufieurs perfonnes affifes à côté les unes des autres. 3. part.fetf.
- 2 , pag. 613.
- Barbe. On appelle de ce nom le bois qui excede l’arrafement intérieur d’une traverfe, ou, pour mieux dire, la ligne qui indique fur cette derniere le nud intérieur de la moulure des battants , de forte que la longueur d’une barbe eft toujours déterminée par la largeur des moulures ou des feuillures qui font faites fur le battant dans lequel elle doit s’affem-bler. Quand il y a des moulures des deux côtés de l’ouvrage, on rallonge des barbes des deux côtés des traverfes. 1. part. pag. %6.
- Barre à queue. On appelle ainfi une piece de bois qu’on rapporte fur le meneau d’une croifée à manfarde, laquelle eft rainée pour recevoir les chaflis : cette piece s’ôte de place quand on veut retirer ces derniers. 1. part. pag. 1 xy.
- On appelle aufli Barres à queue, des pièces de bois dont la largeur eft inégale d’un bout à l’autre, Ôc qui font en pente fur leur épaîf-feur. Ces fortes de Barres à queue fe placent derrière les panneaux ôc autres ouvrages de cette nature, 2. part. pag. 172.
- Barres d*enfonçures. On nomme ainfi une ou deux barres placées au milieu d’une couchette , au - deffous des goberges , qu’elles foutiennent au milieu de leur longueur. 3. part.Jeâï. 2, pag. 666.
- Bafe ou Embafe , en terme d’Ouvrier, faillie pratiquée à la partie fupérieure du fer des outils à manche, pour appuyer ces derniers. 1. part. pag. 6$.
- Bafe, moulure faillante qui fe pofe fur les parquets des portes-cocheres. 1. part, pag.
- Bafe > partie inférieure des colonnes ; maniéré de les conftruire en Menuiferie. 2. part. pag. 2 S 9.
- Les bafes font toujours ornées de moulures qui fuivent le contour des colonnes, Ôc font terminées par une plinthe ou partie lifle d’une forme quarrée par fon plan. 4. part, pag. 1043.
- Bâtis. Par ce terme, les Menuifiers entendent toute la partie de leur ouvrage qui doit recevoir les cadres ôc les panneaux, ou les panneaux feulement, ( ce qui arrive quand l’ouvrage eft à petit cadre! ; c’eft pourquoi on dit Bâtis de lambris 9 Bâtis de parquets 9 &c.
- , OU Vocâbulairt
- Bâtis. Par ce terme, les Êbéniftes entendent le corps ou la carcaffe de leurs ouvrages, ôc généralement tous les meubles quelconques , fur lefquels ils plaquent des feuillets de bois mince. 3. part. febl. 3 , pag. 811.
- Bâtis de Treillage. Sous ce nom on comprend toutes les parties de Menuiferie qui entourent ôc foutiennent le treillage. 4.part, pag. x 1 yo.
- Battant. Par ce mot , on entend toutes pièces de bois placées perpendiculairement, ôc dans les extrémités defquelles on fait des mortaifes où viennent s’alfembler les tenons des traverfes, foit que ces dernieres foient plus courtes que les battants, comme il arrive ordinairement, ou qu’elles foient d’une longueur égaie à celle des battants, ou qu’elles foient même plus longues, ce qui eft égal.
- Les Battants prennent différents noms, félon les ouvrages où ils font employés : on les nomme Battants de croifée , de porte, de lambris, de parquet. On appelle encore Batr tants de portes-cocheres , des pièces de bois de 3 à 4 ôc même 6 pouces d’épaiffeur, fur un pied de largeur, ôc de 12 à 18 pieds de longueur. Voyez 1. part. pag. 28 & 29.
- Battement. On nomme ainfi une partie excédente qui forme la feuillure d’une porte ou de toute autre partie ouvrante. Les Battements font toujours rapportés d’après le nud de l’épaiffeur du bois, afin de lui con-ferver toute fa force. 1 .part. pag. 104.
- Baye , ouverture ou place propre à rece* voir une porte, une croifée, ôcc.
- Bec-d'âne, outil de fer garni d’un manche.’ Le Bec-d’âne fert à faire des mortaifes. Il y en a de différentes groffeurs ; mais ils font tous de la même forme. 1. part.pag. 77.
- Bec-de-canne , outil à fût , dont l’extrémité du fer eft recourbée en forme de croiffant, de maniéré qu’il coupe plus fur les côtés qu’autrement. Cet outil fert à dégager ÔC arrondir le derrière des talons , ôc le deffous des baguettes, où la Mouchette à joue ne fauroit aller. 1 .part. pag. 8y.
- Bec-de-corbin, moulure, efpece de boudirt renverfé * dégagé en deffous de fon talon, 1; part. pag. 44.
- Berceau, efpece de petit lit propre aux Enfants. 3. part. [eÏÏ. 2, pag. 692.
- On nomme aufli Berceau, le chaflîs d’une preffe d’imprimerie , fur lequel eft placé le coffre ôc tout ce qui compofe ce qu’on appelle le train. q.part.feÏÏ. 3 , pag. 967.
- Berceau. Par ce terme, les Treillageurs entendent toute partie de Treillage dont la voûte eft terminée par un cintre , foit circu-r laire ou ovale , quoique fes bouts foient quelquefois terminés en arc de cloître, ou en voûtes d’arête. 4.part.pag. 1080.
- Bergere, efpece de fauteuil dont le fiége eft bas ôc profond. 3. part, feff, 2 9p. 6\2.
- Berline
- p.1268 - vue 239/376
-
-
-
- de H Art du
- Berline, voiture fort à la mode à préfent, laquelle efl d’un ufage très-commode, ôc peut contenir quatre perfonnes. On les nomme Ber/mes, parce qu’elles ont été inventées à Berlin, ville Capitale de PrufTe. 3. part, feél.
- 1 9 PaK' 4$9 &
- Il y a des Berlines de campagne qu’otî nomme Berlines Allemandes, lefquelles ont quatre portières ôc trois rangs de fiéges. 3. part. fe£l. 1 , page 373.
- Berlingot ou CarroJJe coupé. Voy. Diligence. Bibliothèque. Efpece d’armoire propre à mettre des livres. 2. part. pag. 206 & Juiv.
- On donne aufïi ce nom à de vaftes pièces dans lefquelles on raffemble une quantité de livres de toute efpece , ôc qu’on place dans des corps de Menuiferie adhérents aux murs de ces dernieres. *
- Bidet , petit fauteuil qui différé des autres fauteuils , non-feulement par la grandeur, mais encore parce que les pieds de devant montent de fond pour porter les bras ou accoudoirs, 3. part.febl. 2 , pag. 640.
- Bidet ou Chaife de propreté, petit liège dans lequel eft renfermée une cuvette de fayence. 3. part. feSl. 2, page 661.
- Bigorne, outil tout de fer ; c’eft une efpece de petite enclume qui fe place fur l’établi ou fur un billot de bois. Les Treillageurs font ufage de deux fortes de bigornes. 4. part, pag. 1119.
- Billard, grande table de jeu portée fur un pied d’une conftruêlion folide Ôc compliquée. 3. part.feël. 2 , pag. 703 dr fuiu. y
- Bifeau. On entend par ce terme le chanfrein ou pente qu’on donne à un fer pour y faire un tranchant aigu. Le Bifeau fe fait toujours du côté du fer qui n’a |)oint d’acier. La plupart des fers d’outils n ont qu’un bifeau : il n’y a que les fermoirs & quelquefois les gouges qui en ont deux. 1. part. p. 63. Bijeaux. Voyez Garnitures.
- Bijloquet 3 infiniment propre au jeu de billard. 3. part. feôl. 2. pag. 710.
- Blanc d’Efpagne, efpece de terre ou marne blanche, dont on fait ufage pour terminer le poli des bois ôcdes métaux.3 .part.fec. 3,/?. 3 60.
- Blanchir. Par ce terme on entend l’aélion de découvrir la face du bois, & d’en faire difparoître les inégalités les plus confidéra-bles, fans cependant s’affujétir à le dreffer ôc le dégauchir parfaitement, en quoi le blan-chiffage différé du corroyage 5 de plus, le blanchiffage fe fait prefque toujours à la demi-varlope & au rabot, & fur le plat du bois fimplement.
- Bloufe, trou rond pratiqué dans la table d’un Billard. 3. part.feâ. 2 , page 707.
- Bois, fubftances végétales ôc compares , avec lefquelles on fait les ouvrages de Menuiferie de toutes les efpeces : Quels bois font propres à la Menuiferie de Bâtiment. 1 .part, pag. 22.
- Trejllageur.
- Menuijier. tiÔÿ
- Leurs différentes qualités. Idem. pag. 23.
- Bois François ou de Pays, Bois de Lorraine ou de Hofges. Voyez idem.
- Bois de Fontainebleau, Bois de Hollande 9 Bois de Merrain ou Corfon. Idem. pag. 24.
- Bois de Châtaignier. Idem. pag. 2y.
- Bois de Noyer blanc ôc noir, Bois à'Orme , Bois de Hêtre , Bois de Sapin, &c. Idem, pag„ 26.
- Bois d'échantillon , ou Bois affujétis à différentes épaiffeurs ôc largeurs. Table des différents échantillons. 1. part. pag. 29.
- Bois à ajufier. On nomme ainli des morceaux de bois fur lefquels on fait des entailles de la grandeur ôc de la forme des pièces qu’on veut ajufter. 3. part. [eél. 3 , pag. 83y.
- Il y a d’autres Bois à ajufier qui font ravalés des deux côtés de leur épaiffeur, ôc dans toute leur longueur, jufqu’à environ 2 pou^ ces de leur extrémité, où on réferve des talons coupés à angle droit ôc d’onglet , à con-tre-fens l’un de l’autre. 3. part. Je cl. 3 , pag. 83 6 & fuiv.
- Bois à mettre de largeur. Ce n’eft autre chofe qu’une piece de bois fur laquelle eft obfervée une petite élévation dans toute fa longueur, pour y appuyer le feuillet qu’on veut mettre de largeur. 3. pan. fecî. 3 ,pag. 832.
- Il y a d’autres Bois à mettre de largeur, où au lieu d’une faillie, on fait un ravalement dans lequel on place la piece à mettre de largeur. 3. part. feël. 3, pag. 834.
- Bois à polir. Ce font des morceaux de bois le plus fouvent de noyer, auxquels on donne différentes formes , pour qu’ils puiffent s’introduire dans toutes les parties de l’ouvrage qu’on veut polir. 3. part. fe5l. 3 , pag. S 60.
- On fe fert auffi de ces Bois pour polir les métaux. Idem. pag. 9y2.
- Bois à recaler, ou moule à ajufter les pièces de Treillage. Ce font des efpeces d’entailles femblables aux Bois à ajufter des Ebéniftes. 4. part. pag. 113 1.
- Bois à refendre ; c’eft un morceau de bois ravalé , qui fert pour refendre les pièces de placage au trufquin. 3 part.feâl. 3 , pag. 832.
- Bois de fonds. Voy. Garnitures•
- ' Bois tranché. On appelle ainfi tout bois dont le fil n’eft pas dirigé parallèlement à fa fur-face. 1. part. pag. 26.
- Boijfellerie. ( Bois de ) Ce font des feuillets de chêne très-minces, fendus au coutre , ôc roulés en cercles. Les Treillageurs en font ufage pour faire de grandes parties d’ornements. 4. part, pag. notf.
- Boîte à la graijje ; c’eft un morceau de bois creufé, dans lequel on met de la graiffe avec laquelle on frotte les outils, pour qu’ils glif fent plus aifément fur le bois. Les Menui-fiers appellent quelquefois cette boîte Gode-miché ; mais ce terme eft impropre, ôc on ne doit pas en faire ufage. 1. fart. pag. y 7.
- Boîte à mettre de largeur ; c’eft une efpece
- X 14.
- p.1269 - vue 240/376
-
-
-
- î zjo Table Alphabétique ? ou Vocabulaire
- de boîte découverte en deffus, Ôc qui n’a qu’un bout. Les Treillageurs en font ufage pour mettre de largeur leurs lattes de frifage. 4, part. pag. 111 y.
- Boite à recaler, outil compofé de quatre morceaux de bois affemblés à rainures ôc languettes, ôc dont un des bouts eft coupé en onglet. Cette boîte fert à recaler les joints des cadres qu’on fait paffer dedans. 1 .part,
- Va&' 87- , v ...
- Boite de crochet ; c’ell un morceau de bois
- d’environ un pied de longueur, fur 3 pouces quarrés, dans lequel eft placé le crochet de l’établi. Voyez Etabli ôc Crochet.
- Boîte de rappel. Voyez Rappel.
- Boîte de toilette, efpece de coffre de différentes formes Ôc grandeurs, dans lequel on place sûrement les divers uftenfiles propres à la toilette, ôc même les bijoux des Dames. 3. part.feft. 3 ? pag*97%*
- Boîte de vilbrequin ou Boîte à meche , petit morceau de bois quarré , dans le milieu duquel on fait entrer la meche ; l’autre bout de la boîte eft terminé par un tenon ou queue qui entre dans la partie inférieure du fût, où on l’arrête quand on le juge à propos. 1. part. pag. po.
- Bondieu ,* c’eft un petit coin de bois dont les Scieurs de long font ufage pour écarter les pièces qu’ils refendent. 1. part. pag. 3p.
- Borax , fubftance foftile affez femblable à de l’alun. On l’emploie pour faire des foudures, 3. part.feft. 3 , pag. pP4.
- Bordures de tapifferié , de tableau ôc de glace. On nomme ainfi des tringles de différentes largeurs ôc épaiffeurs, ornées de moulures, qu’on ajufte au pourtour des tapifferies, tableaux , Ôcc. 2. part. pag. 167 & 181.
- Boudin à baguette, efpece de moulure com-ofée d’un boudin ou tors applati, ôc d’une aguette ou petite moulure ronde. L’outil à fût qui fert à former cette moulure, porte le même nom. 1. pan. pag. 84.
- Bouge. Par ce terme les Menuifiers entendent qu’une piece1 eft bombée, foit fur la longueur, foit fur la largeur : ce terme eft, parmi eux, le contraire de creux j c’eft pourquoi ils difent telle chofe eft cintrée en creux, ou bien en bouge. 1. part, pag. 66.
- Boule, habile Ébénifte demeurant à la Manufacture des Gobelins, fous le régné de Louis XIV. 3. part.feft. 3, pag. 76$. !
- Boutique du Menuifier, nommée auffi Atelier , eft le lieu où travaillent les Menuifiers. Comment elle doit être conftruite félon les différentes efpeces de Menuiferie. 1. part, pag. 30 & fuiv.
- Bouton ou tige. Les Treillageurs nomment ainfi la partie intérieure des fleurs, fur laquelle ils attachent les pétales de ces mêmes fleurs. 4. part. pag. 121p.
- Bouvement fimple, moulure compofée de deux parties de cercles difpofée à l’inverfe
- l’une de l’autre ôc d’un filet. L’outil à fût qui forme cette moulure, porte le même nom. 1. part. pag. 84.
- Bouvement ou Dourine à baguette, moulure Ôc outil femblable à ceux ci-deffus, à l’exception de la baguette, qui eft de plus, ôc qu’il y a deux fers à l’outil, l’un qui forme la doucine, ôc l’autre la baguette. Idem. mime pag.
- Bouvet 5 outil compofé d’un fer ôc d’un fût, dont la partie qui pofe fur le bois eft faillante en forme de languette, afin qu’en le pouffant fur ce dernier, il y faffe une cavité nommée rainure. Ces fortes de Bouvets, font de différentes groffeurs, ôc ont tous des joues ou conduites au bas de leur fût, afin de les appuyer contre le bois, Ôc que les rainures qu’on fait avec, foient toujours bien parallèles avec le devant de la piece. 1 .part, pag. 72.
- Les Bouvets propres à joindre des planches enfemble, font deux outils féparés, dont l’un fait la rainure & l’autre la languette. Quand les planches n’ont que p lignes d’é-paiffeur au plus, les Bouvets qui fervent à les joindre, fe nomment Bouvets à panneaux , lefquels different de ceux dont je viens de parler, en ce que le fer qui fait la rainure, ôc celui qui fait la languette, font montés fur le même fût, l’un d’un côté, ôc l’autre de l’autre, en fens contraire. 1. part. pag. 78 fuiv.
- Il eft encore une autre efpece de Bouvet qu’on nomme Bouvet de deux pièces, parce que fon fût eft compofé de deux pièces fur l’épaiffeur, dont l’une , qui porte le fer, eft affemblée avec deux tiges qui paffent au travers de la fécondé piece qui fert de joue au Bouvet, de forte qu’on peut, avec cet outil, faire une rainure à telle diftance du bord de la piece qu’il eft néceffaire, du moins tant -que peut le permettre la longueur des tiges. 1 .part. pag. 72 & fuiv.
- Les autres Bouvets prennent différents noms, fuivant leurs ufages. On les nomme Bouvets à ravaler y Bouvets à couliffes, à em-, breuver , à dégager , &c.
- Brancard ou Bateau. On nomme ainfi le fond de toutes fortes de voitures, 3. part.feft. l>fag- 46; &S39-
- Bras} appuis ou accotoirs de fauteuils, lefquels font différer ces derniers d’avec les chaifes ordinaires. 3.part.feft. 2, pag. 638.
- Bréfel, ( bois de ) de couleur rougeâtre y veiné de jaune, bon à la teinture Ôc à l’Ebé-niftèrie. 3. part. (eft. 3, pag. 771.
- Br.eté. ( fer ) On nomme ainfi des fers de rabots ou autres, dont la planche eft cannelée fur la longueur, de maniéré que fon taillant préfente une quantité de petites dents, lef-quelles grattent plutôt le bois qu’elles ne le coupent. 3.part.feft. $ypag. 80p.
- Brigantin, forte de lit portatif ou de campagne. 3. part.feft, 2 9pag. 68 y & fuiv.
- p.1270 - vue 241/376
-
-
-
- de £Art du
- Brijement dun CarroJJe. On nomme ainfi le reffaut que font les deux côtés du bran-card'des Carroffes anciens, fous lefquels Bri-fements on plaçoit les boîtes des refforts. 3. part. fett. 1 , pag. 464.
- Brifure ou joint à rainure ôc languette, dont les arêtes intérieures font arrondies, de maniéré qu’elles puiffent fe féparer aifément ; c’eft pourquoi on dit la Brijure dune table> dune porte y dun guichet y&c. 1 .part.p. 107.
- Broche. On nomme ainfi une cheville de fer dont la tige eft ronde ôt pointue, ôc dont l’extrémité fupérieure eft refoulée à froid our y former une petite tête : c’eft avec les roches qu’on arrête en place la Menuiferie ordinaire. 2. part. pag. 2
- Bronze. On appelle ainfi tous les ornements de cuivre foit fondus, forgés ou limés, dont on embellit les ouvrages d’Ebénifterie : leurs différentes efpeces Ôt ufages. $.part.feft. 5 , pag. io2<5.
- Brou de noix. On appelle ainfi l’écorce des noix vertes, laquelle étant bouillie, donne une teinture fauve ôt brunâtre. 3. part, feff.
- S y PaK- 79 5*
- Brouette ou Roulette, petite voiture à deux roues, traînée par un homme. 3. part. fcfî.
- I, pag. 460 dr 387.
- Brouter. On dit qu’un outil broute, lorf-qu’au lieu de couper le bois vif ôt facilement, il ne fait que re(fauter delfus, ce qui en rend la furface mal unie. 2. part, pag. 281.
- Bruniffoir, outil d’acier à manche, dont la coupe eft à peu-près de la forme d’une olive : il eft diminué fur fa longueur en venant à rien à fon extrémité fupérieure. Cet outil doit être bien poli ôt très-dur, & on s’en fert pour polir le cuivre ôt en effacer toutes les inégalités. 3. part. feÛ. 3 , pag. 1018.
- Buffet, efpece de meuble qui fe place dans les Salles à manger, Ôt qui fert à ferrer le linge de table, ôt quelquefois l’argenterie. a. part. pag. 18p & fuiv. Ôc pag. 74P, 3. part, feèk. 2.
- On nomme aufïï Buffet, toute la Menuiferie propre à contenir toutes les pièces fermant à former un Orgue. 2. part. pag. 246.
- Buis, bois de France Ôt d’Efpagne, très-dur , de couleur jaunâtre. 3. part. feél. 3$ pag.1%3-
- Bureau, ou petit Buffet à hauteur d’appui. 2. part. pag. 1 8p.
- On appelle aufli Bureaux , différentes fortes de tables à écrire. 3. part, fe51. 2 , page 720.
- Bureau y forte de table à écrire , avec des tiroirs, ôt quelquefois des faux-deffusmouvants à couliffes. 3. part. feél. 1, pag. 720.
- Bureau à cylindre. On nomme ainfi des Bureaux ou tables à écrire dont le deffus eft fermé avec des tables à couîiffe d’une forme circulaire fur leur plan, 3. part.feÏÏ. 2, page 72p.
- Momifier. lij r
- Burgauty coquille de limaçon de mer, fem-blable à la nacre de perle, y oyez Nacre.
- Burin à bois y outil d’acier, à manche, dont le fer un peu courbe eft d’une forme triangulaire par fa coupe, ôt évidé en deffus dans une partie de fa longueur. Il fert aux Ebé-niftes pour graver leurs ouvrages. 3. pan* fed. 3 y pag. 884. ^
- Burin y outil d’acier d’environ une ligne ôt demi de gros , lequel eft quarré ou quelquefois lozange par fa coupe : il eft affûté d’angle en angle , ôt eft monté dans un petit manche de bois dont un côté eft applati. Cet outil fert à graver le cuivre. 3.part. feSt. 3 , page 1017.
- C.
- »
- Cabriolet ; voiture extrêmement légère, dont la caiffe eft terminée à la hauteur de la ceinture. 3. part. fe5l. 1 y pag. 584.
- Cadre y ornement que forme l’entourage d’un profil fur une partie de Menuiferie quelconque, à laquelle il donne un caraêtere dif-tintftif ; c’eft pourquoi on dit que la Menuiferie eft à grand ou à petit Cadre, félon la forme de ces derniers. 1. part. pag. 44.
- On dit aufli Cadre ravalé y Cadre embreuvê, Cadre à plate-bande.
- Caiffe dune voiture. On nomme ainfi toute la partie d’une voiture quelconque, dont la conftruêUon eft totalement du reffort du Me-nuifier. 3. part. feôl. 1, pag. 163 & fuiv.
- Caiffe ou Cave d’une voiture, petite efpece de coffre pratiqué au-deffous du brancard, ôt dont l’ouverture eft en dedans de la voiture. 3. part. fecl. 1 , pag. 467.
- Caiffe y efpece de coffre découvert, monté fur quatre pieds, dans laquelle on met des arbuftes, ôc même de gros arbres, comme les orangers, les grenadiers, ôte. afin de pouvoir les tranfporter quand on le juge à propos. 4.part, page 122p.
- Calèches, voitures de campagne à 6, 8, Ôt même 10 places : ces voitures font toutes ouvertes au pourtour, au-deffus de la ceinture , excepté par derrière, 3. part. fett. 1 , page 37p.
- Calibre, courbe ou modèle d’un cintre y fervant à tracer ce dernier autant de fois qu’on le juge à propos. On nomme Calibre rallongé y celui qui eft tracé par des points de projeêtion pris fur le plan horizontal d’une courbe, ôc renvoyé fur un autre pian dont la longueur eft donnée par l’obliquité ou rampant de l’élévation de cette même courbe, dont l’épaiffeur eft toujours la même, tant fur le plan horizontal, que fur fon calibre rallongé, du moins en fuivant les équerres de la piece. 2. part. pag. 36$ & fuiv.
- Calotte, efpece de vouflure cintrée , tant fur le plan que fur l’élévation. 2. part.p. 312.
- Calotte. On nomme ainfi toutes fortes de voûtes dont le plan eft circulaire ou eilipti-
- p.1271 - vue 242/376
-
-
-
- Ï272. Table Alphabétique
- que, Toit que leur élévation Toit de l’un ou de l’autre de ces deux différents centres. 2. part» pag. 312. 4* part. pag. 105*4.
- Calque. On nomme âinfi la copie d’un def fin qu’on a fait, en pofant fur ce dernier du papier affez fin & tranfparent pour qu’on en apperçoive tous les traits, qu’on marque fur ie Calque , foit avec le crayon, la plume , ou enfin la pointe à graver. 3. part. JfeB. 3 , pag. 854 & 878.
- Calquer. Par ce terme on entend la maniéré de prendre fur un papier les formes 6c les contours d’un defTin quelconque. 2. part, p. '280. & 3. part.JeB. 3 , p. 833 , 878 & fuiv.
- Calyce. On nomme ainfi la partie inférieure des fleurs, de laquelle fortent les pétales.
- 4. part. pag. 1215?.
- Canapé y efpece de banquette à doflier, ou , pour mieux dire, de fauteuil, dont la largeur eft fufüfante pour contenir plufieurs personnes affifes les unes à côté des autres.
- 3. part. feB. 2 y page 63o.
- Cannelure. On appelle ainfi une cavité d’une forme demi-circulaire ou approchante, faite dans Pépaiffeur du bois.
- On nomme auffi cannelures des cavités dont on orne le fût des colonnes : leurs proportions Ôc divifions. 4. part. pag. io$9>
- Cannelures, ( Machine propre à faire les ) Elle eff compofée de deux jumelles & de deux collets , dans lefquels la pièce à canne-ler eft affujétie : maniéré d’en faire ufage,
- 3. part. feB. 3 , pag. 916.
- Canne ou Roting, efpece de rofeau des Indes , fervant à la garniture des fiéges, ôcc.
- 3. part. feB. 2 , pag. 624.
- Canelle y bois qui ne crôît qu’à Ceylan. 3. part.feB. 3 y page 771.
- Cannier , (l’Art du ) qui a pour objet l’emploi de la Canne quant à ce qui concerne la garniture des fiéges & des voitures. 3. part.
- Je B. 2 , pag. 62%.
- Carabaccïum , efpece de bois jaunâtre, de très-bonne odeur. 3. part. feB. 3 , pag. 772.
- Carré on filet, partie liffe Ôc plate, qui fert à couronner, ou, pour mieux dire , à fépa-rer les moulures. 1. part. pag. 44.
- CarroJJes, anciennes voitures dont 011 a commencé de faire ufage en France fous le régne de François I. 3. part. feB. 1 ,p. 437.
- CarroJJes modernes, voitures qui ont commencé à être en ufage fous le régne de Louis XIV, jufqu’au commencement de celui de Louis XV , ôc qui ne fervent maintenant que chez le Roi ou chez les Princes, pour les cérémonies. 3. part. feB. 1 , pag. 463.
- CarroJJe coupé ou Berlingot. Voyez l’article des Voitures modernes, 3. part, fet1. 1 >page
- 459-
- Cajfie. On nomme ainfi toutes divifions ou cloifons faites dans des tiroirs ou autres caiffes quelconques, ôc particuliérement à celles
- ou Vocabulaire
- dans lefquelles on met tes cara&eres de fonte propres à l’Imprimerie , qui doivent toujours être doubles , c’eft - à - dire , compofées de deux caiffes nommées Cajfeaux} d’une même grandeur, mais divifées différemment, ôc en un nombre inégal d’efpaces ou de caffetins. 3. part. feB. 3 , pag. 964.
- CaJJolette, efpece de petit vafe d’une forme large ôc applatie. 4. pan. pag. 1074.
- Cathete y petit quarré fur l’angle, dans lequel font les différents points de centre de la volute Ionique. 4. part. pag. 1059.
- Caulicoles, efpece de feuilles qui fortent des tigettes du chapiteau Corinthien, ôc qui embraffent la naiffance des volutes ôc des hélices. 4. part. pag. 1061.
- Cave y elpace vide obfervé en deffous de la table d’un Secrétaire 3 dans laquelle on place les chofes les plus précieufes. 3. part, /eff. 2, pag. 754. _ >
- Cayenne, ( bois de ) veiné de jaune ôc de rouge, ôc quelquefois de brun ôc de gris. 3. part.feB. 3 y pag. 772.
- Cèdre> bois odorant, blanc ÔC rouge, qui croît en Afie ôc en Amérique. 3. partffeB. 3 y pag. 172.
- Cerce. Les Menuifiers nomment ainfi toute courbe faifant partie d’une vouffure, d’une calotte, ôcc. 2. part. pag. 314.
- Quelquefois, par ce terme , ils entendent le cintre d’une courbe irrégulière, ôcc.
- Cerceau, cercle fait avec de jeunes brins d’arbres fendus en deux fur leur diamètre. Les Treillageurs en font quelquefois ufage pour la conftruéüon des berceaux. 4. part, pag. 1105.
- Cerifier , bois de couleur rougeâtre, originaire d’Afie, d’où, il fut apporté en Europe par Lucullus. 3. part, feB. 3 , pag. 783. '
- Chaire à prêcher y efpece de tribune élevée 5 ordinairement placée contre un des piliers d’une Eglife. 2. part.pag. 239.
- Il y a deux efpeces de Chaires à prêcher y les unes qui font mobiles, Ôc d’autres qui font placées à demeure.
- Chaife, fiége avec un doflier , lequel prend différents noms, félon la forme de fon plan ; c’eft pourquoi on dit : Chaifes à la Reine y Chai-fes en Cabriolet, &c. 3. part.feB. 2 , pag. 614 & fuiv.
- Chaife - à-porteurs, petite voiture portée par deux hommes. 3. part.feB. 1 , pag. 460 & 587.
- Chaife de commodité, autrement dit Chaife percée, petit fiége fermé tant en deffous que par les côtés , dans lequel on place un feau de faïence, Ôc qui eft recouvert par un cou^ vercle. 3. part. feB. 2 , pag. 663.
- Chaifes de jardins, voitures propres à la promenade, ôc découvertes pour la plupart, lefquelles font traînées ou pouffées par des hommes. 3.part.feB. 1 , pag. 590.
- Chaife z longue , fiége peu différent des
- fauteuils
- p.1272 - vue 243/376
-
-
-
- de t Art du
- Fauteuils ordinaire^. -j. part. feB. 2, pag. 642.
- Chaije de pofle, voiture propre à faire des voyages , comme fon nom l’indique. 3. part. feB. 1 , pag. 460 & 581.
- Chambranle , partie de Menuiferie le plus fouvent ornée de moulures, dont on revêtit extérieurement les bayes des portes, Ôc fur lefquels leurs vantaux font ferrés. 1. part. pag. 134.
- Il y a auffi des Chambranles de croifée. 2. part. pag. 183.
- On fait auffi des Chambranles pour revêtir la face extérieure d’un manteau de cheminée ; mais ils font peu d’ufage à préfent.
- Chambranle en Architecture ; c’eft un corps faillant orné de moulures , qui entoure l’extérieur d’une ouverture quelconque. 4. part. pag. 1066.
- Champs. On appelle de ce nom les parties liftes ôc unies que forment les bâtis autour des cadres ôc des moulures de toute efpece de Menuiferie , lefquelles en donnant du repos à l’ouvrage, en marquent, d’une maniéré sûre, les formes bonnes ou mauvaifes. 2. part. pag. 1Ï70.
- On appelle auffi Champ ou Chan, la partie la plus étroite d’une pièce de bois ; ainfi on dit qu une planche efi fur ie champ, lorfqu’elle eft placée verticalement le long de l’établi, foit pour la dreffer fur le côté ou fur le champ, ce qui eft la même chofe , ou pour y faire des rainures, ôcc. Quand, au contraire, la planche eft fur l’établi pour la corroyer, on dit quelle efi fur le plat. Il en eft ainfi de toutes les autres pièces de bois dont la face la plus large fe nomme le plat, ôc la plus étroite le champ. 1. part. pag. 66.
- Chanfrein. ( abattre en ) Par ce terme on 'entend l’a&ion de mettre hors d’équerre ou de biais l’arête d’une piece quelconque, il. part. pag. 72. x
- Chantourné. On appelle de ce nom une partie pleine contournée en deftfus, laquelle fe pofe au-deffus des doffiers des lits. 3. part. feB. 2 , pag. 67 \.
- Chantournement. Par ce terme, on entend les finuofités que forment les différents cintres dont on orne la Menuiferie ; c’eft pour-quoi on dit chantourner une traverfe, un pan* ne au, &c. ce qui fe fait par le moyen de la fcie à tourner ou à chantourner , du cifeau, de la râpe à bois, ôc duracloir. Voyez ces différents articles. Diverfes maniérés de chantourner les traverfes. 1 .part. pag. 142.
- Chapelle. Sous ce nom on entend la Menuiferie dont font quelquefois revêtues les chapelles des Eglifes. 2. pan. pag. 244.
- Chapier, efpece d’armoire remplie de ti-joirs d’une forme demi-circulaire par leur plan, dans lefquels on ferre les chapes ôc autres ornements. 2. part. pag. 229.
- Il eft une autre efpece de Chapier, qu’on
- Trejllageur.
- Menuljier.
- nomme Chapier à potence ) et nVft âütre chofe qu’une grande armoire , dans laquelle fout placées plufieurs potences tournantes à pivot fur la branche horizontale defquelles on place les chapes. 2. part. pag. 233.
- Chapiteaux 3 parties fupérieures des co-» lonnes ; maniéré de les conftruire en Menuiferie. 2.part.pag. 2S9. Les Chapiteaux font différents, fuivant les Ordres. 4. part. pag. 1043.
- Chapiteaux pilaftres, Ioniques ôc Corin-* thiens , différents de ceux des colonnes ; maniéré de les difpofer. 4. part. pag. 1063.
- Charbon pour polir les bois ou les métaux*' On préféré celui de hêtre ou de fufain, &L on l’emploie en piece ou en poudre. 3. part. feB. 3 )pag. 860 &
- Charme, bois de France , dur ôc de couleur blanche, très-propre aux ouvrages d’E-* bénifterie. 3. part. feB. 3 , pag. 783.
- Chafje-bondieu ; c’eft un morceau de bois long ôc applati d’un bout, avec lequel les Scieurs de long enfoncent le coin qu’ils nomment bondieu. I. part. pag. 40.
- Chajfe-pointe ; c’eft une broche de fer dont la partie fupérieure eft recourbée en équerre ^ elle fert à ferrer l’Ebénifterie. 3. part.feB. 3 , pag. 942.
- Chaffis. On appelle ainfi tout bâtis de Menuiferie dont l’intérieur n’eft pas rempli par un panneau ; c’eft pourquoi on appelle Chaffis à verre les deux vantaux d’une croifée : on dit auffi Chaffis de tableau, Chaffis pour porter la tapiffierie, Chaffis de lit, &c. Voyez ces différents Articles.
- Chaffis de glaces de voiture, efpece de petit bâtis dans lequel les glaces font contenues. 3.part.feB. i,pag. J03.
- Çhaffis de lit, ou Chaffis f'angle, qu’on pofe dans l’intérieur d’une couchette , à la place des goberges Ôc des barres d’enfonçure. 3*! part.feB. 2 ipag. 666.
- Chaffis de fiége. On nomme ainfi des bâtis deftinés à porter les garnitures d’étoffe, pour en changer au befoin. 3. part. feB. 2, p. 622.
- Châtaigner, bois de France , à peu-près femblable au chêne, dont on fait ufage dans la Menuiferie. 1 .part, page 2y. 4.part, pagi 1105.
- Cheminée. Par ce mot on entend la Me-<; nuiferie fervant à revêtir le deffus des cheminées des appartements, laquelle eft, pour l’ordinaire , difpofée pour recevoir une glace , ôc quelquefois un tableau au-deffuSî» Cette efpece de Menuiferie eft quelquefois nommée Trumeau de Cheminée , ce qui n’eft pas jufte, parce qu’un trumeau n’eft autre chofe que l’efpace plein qui refte entre deux croifées» 2. part. pag. 174 & fuiv.
- . Chêne , bois de France, de Lorraine ôc de Hollande, le plus utile pour la Menuiferie. I, part. pag. 23.
- Cherche. On donne ce nom à un cintre
- >Y 14
- p.1273 - vue 244/376
-
-
-
- 1274
- Table Alphabétique
- d’une courbe irrégulière, qu’on ne peut tra* cer que par plufieurs traits de compas, ou fimplement à la main , d’après plufieurs points donnés, comme , par exemple , un calibre rallongé., ôc autres cintres irréguliers, ï . part. page 12. 2. part. pag. 364.
- Chevalet, outil de Treillageur. C’eft une efpece de petit banc fur lequel s’élève une planche inclinée nommée planchette, laquelle eft traverfée dans le milieu de fa largeur, ainfi que le deflus du chevalet , par un montant ou levier arrêté dans ce dernier, ôc dont la tête vient s’appuyer fur la planchette pour y arrêter l’ouvrage qu’on veut planer. 4. part, pag. 111 o.
- Chevet. On nomme ainfi un dofïier de lit. Voyez Lit ôc Doffier.
- Chevet d’une couverture de pied ; c’eft la partie la plus élevée de la couverture. 1, part, pag, 31.
- Cheville. On nomme ainfi de petits cylindres ou prifmes de bois , ( car il s’en fait de rondes ôc de quarrées) diminués un peu d’un bout pour leur donner de l’entrée. Les chevilles fervent à arrêter les alfemblages de la Menuiferie. 1. part. page 89.
- Cheviller. Par ce terme, on entend l’aêlion de fixer enfemble les différentes pièces qui compofent un ouvrage de Menuiferie quelconque , ôc cela par le moyen de chevilles de bois, qu’on fait pafifer au travers des affembiages. \. part. pag. Idem.
- Chevron , piece de bois de 3 pouces quar-rés, fur 6, p, ou même ly pieds de longueur. 1. pc.rt.pag. 28 & 2p.
- Chiffonnière , petite table garnie de deux ou trois tiroirs en deflous. On appelle encore de ce nom des corps de tiroirs d’environ 4 pieds de haut. 3. part.feâl. 2 , pag. 75*7.
- Chine ou Serpentin , bois dur , de couleur rougeâtre , marqué de taches noires. 3. part. feiï-hpag.lii.
- Chœur d’Eglife. Sous ce nom, les Menui-fiers entendent les ftalles ou fiéges, ôc les lambris dont le chœur de certaines Eglifes eft revêtu. 2. part. pag. 214.
- Ciels de lit, autrement dit Dais , Impêrials ou Pavillons, parties de Menuiferie compo-fées d’un ou plufieurs chaflis, qui fe placent au-deffus des lits pour porter les rideaux, ôcc. 3. part. feâl. 2 , pag. 673.
- Ciment. Voyez Maftic.
- Cintre plein ou plein-cintre.Ors. donne ce nom à un cintre qui forme un demi-cercle parfait. iï. part. pag. 7.
- Cintre fur hauffê. On nomme ainfi un cintre qui repréfente un demi-ovale pris furfon petit axe ou diamètre. 1. part. pag. 12.
- Cintre furbaiffé ; c’eft celui qui eft pris fur fon grand axe. Voyez Anfe de panier.
- Cintre bombé. On nomme ainfi un cintre dont la courbure eft une portion de cercle, li. part. pag. 12,
- f ou Vocabulaire
- Cintre en S, celui qui eft mixte , Ôc coïîk pofé d’une partie creufe Ôc d’une partie bombée , difpofées en contre-fens l’une de l’autre*
- Cire à polir ; c’eft ordinairement un com-pofé de cire jaune ôc de fuif, du moins pour les ouvrages communs ; cependant il vaut mieux ne fe fervir que de la cire jaune toute feule, ôc même de bonne cire blanche , lorf* qu’on veut faire un beau poli. 3. part.feâl. 3 , pag. 859.
- Cifeau ) outil à manche dont le fer n’a qu’un bifeau ; du refte il eft femblable au fermoir. 1. part, pag. 66.
- Citron , bois de couleur jaunâtre, ôc de très-bonne odeur, qui croît dans les Ifles de l’Amérique. 3. part.feâl. 3 , pag. 773.
- Citronnier, bois blanc, originaire d’Afie , très-eftimé chez les Romains vers la fin de la République. Idem.
- Clairembourg, bois. Voyez Jaune.
- Claire-voie. ( pile à ) On nomme ainfi une pile de bois où les planches font efpacées les unes des autres tant plein que vide, ou à peu-près. 1. part. pag. 3 1.
- Claire-voie ou Claire-voir, partie fupérieure des tourelles ôc des plates-faces d’un Orgue, contre lefquelles les tuyaux de la montre font appuyés, 2. part. pag. 248.
- Claveau, piece de bois difpofée en biais } de maniéré qu’elle tende au centre d’une arcade. 2. part. pag. 31 y & fuiv.
- Claveau ; c’eft la piece du milieu d’une area-1 de qu’on fait faillir fur la face de cette derniere en tendant à fon centre ; quelquefois ces cia * veaux font ornés de fculpture , foit en forme de confole ou autre. 4.part.pag. 1067.
- Clefs, efpece de tenons de rapport qu’on place fur le champ dans les planches des portes pleines, avec lefquelles on les cheville pour en retenir les joints. 1 .part, pag. 149.
- Clef à vis ,* c’eft un morceau de fer plat qui a une queue recourbée qui lui fert de manche; la* clef à vis eft percée de plufieurs trous quarrés d’inégale grandeur , pour pouvoir aller à toutes fortes de têtes de vis.’ 2. part. pag. 261.
- Cloifon. Par ce terme, on entend toute Menuiferie fervant à féparer une piece d’appartement quelconque, ou à enclore quelque chofe. Les Cloifons faites par les Me-nuifiers font de deux efpeces ; favoir, les pleines, qui font compofées de planches jointes enfemble à rainures Ôc languettes,' les Cloifons à claire-voie, qui font faites avec des planches brutes, de 4 à y pouces de largeur, entre lefquelles on laiffe autant de vide qu’elles ont de plein. Ces fortes de Cloifons fe nomment aufli Cloifons à ourder } parce qu’elles font toujours recouvertes de plâtre. 2. part, pag. 19y.
- Clous, efpeces de chevilles de fer dont la tige eft quarrée ôc pointue , Ôc qui ont une tête failiante, du moins pour l’ordinaire. Il
- p.1274 - vue 245/376
-
-
-
- de tArt du
- y à des clous de différentes formes & grandeurs , ôc qui prennent différents noms, félon leur grofleur ôc les ufages où on les emploie. On dit Clous de quatre, de Jix, de huit, de dix ; Clous à parquet , dont la tête eft applatie, ou même qui n’en ont point du tout ; Caboche , clous qui n’ont qu’une tête très-peu Taillante, mais épaiffe ; Clous à tite ronde, ceux dont la tête eft arrondie comme une demi-fphere ; enfin Clous d'épingle , ceux qui font faits avec du fil de fer paffé à la filière : la tête de ces derniers eft ronde ôc plate ; leur pointe eft courte 6c faite fur la meule. Les Menuifiers font ufage de ces différents clous. 2. part, pag. 238.
- Clou a patte, efpece de petit clou dont la tête eft réployée d’un côté en retour d’équerre. Il fert pour affujétir de petites parties de placage. 3. part. feff. 3 , pag. 833.
- Coches, efpece de voitures anciennes, dont on a fait ufage jufqu’au régne de Louis XIV. 3. part, fe61. 1 , pag. 437 & fuiv.
- Cofiner , caujfmer ou déjetter, terme qui lignifie qu’une piece de bois s’eft tortuée fur fa longueur ôc fur fa largeur, foit par l’impreffion de la chaleur ou de l’humidité, ou parce qu’elle n’a pas été empilée, ou qu’elle ne l’a pas été avec foi*n. 1. part, pag.
- 31*
- Coins. Les coins font des morceaux de bois qu’on place dans les lumières des outils pour retenir leur fer en place. Ces Coins font de différentes formes , félon les outils. 1. part, pag. 63 , & les articles Feuillerets y Guillau* mes ôc Outils de moulures* r Coins. Voyez Garnitures.
- Col. On nomme ainfi la partie fupérieure du fût d ’unbaluftre. 4. part. pag. 1073.
- Colifichet , petite piece de bâtis de parquet.
- part. pag. 159.
- Collage des bois• Par ce terme, on entend l’art de joindre ôc lier enfemble , par le moyen de la colle , plufieurs morceaux de bois, foit droits ou circulaires. 2. part. p. 283.
- Ce terme s’emploie aufïi pour lignifier des maffes de bois qu’on a collées.
- Colle, matière faêtice ôc tenace , dont les Menuifiers fe fervent pour unir enfemble les diverfes parties de leurs ouvrages. Il y a de deux fortes de Colles pour la Menuiferie ordinaire ; favoir, celle d’Angleterre Ôc celle de Paris ; mais celle d’Angleterre eft la plus belle ôc la meilleure ; c’eft pourquoi on doit la préférer à l’autre : comment il faut la préparer. 1. part. pag. 80 & fuiv.
- Colle depoijjon, laquelle eft beaucoup meilleure que celle ci-deffus, mais auffi eft-elle plus chere ; c’eft pourquoi on ne l’emploie qu’aux ouvrages d’Ebénifterie les plus précieux. 3. part. feâ. 3 , pag. 991.
- Colle , ( pot à ) vafe de cuivre d’une moyenne grandeur, monté fur trois pieds, £c auquel eft attaché un manche de fer poux
- Menuïjierl tzjÿ
- pouvoir le porter commodément, i. part*, pag. 80.
- Colonne, pilier cylindrique dont le diamètre diminue par le haut ; maniéré de les conftruire en Menuiferie. 2.part. pag> ;i8é.
- Maniéré de les terminer fur le Tour y ôc d’y faire des cannelures. 3 . part* fecl. 3 9pag* 916 & fuiv. '
- Chaque Colonne eft portée par une baie ; & couronnée par un chapiteau, qui en font les principales parties. 4.part, page 1042^
- Colophane , efpece de réfine de couleur brune, ou plutôt noirâtre, dont on fait ufage pour finir l’Ëbénifterie • c’eft de lè térébenthine cuite dans de l’eau jufqu’à ce qu’elle devienne folide. 3.pan.je6l. îyp.%$9*
- Commode, meuble dont la hauteur n’ex-céde pas 2 pieds ôc demi à 3 pieds, ôc dont la capacité eft remplie par des tiroirs. On fait de différentes fortes de Commodes , qui changent de nom félon leurs formes Ôc ufages. 3. part. feâ\ 2, pag. 733.
- Commodités à l Angloife , ou autrement dit, Lieux à foupape. Ce font des fiéges dé commodité dont le deffus eft compofé dé plufieurs trapes, qui, étant une fois fermées , ne laiffent entrer aucune mauvaife odeur dans la piece, la cuvette de ces Commodités étant d’ailleurs exa&ement bouchée par la bonde. 2. part. pag. 203»
- Compas y outil de fer ou de cuivre , trop connu pour être décrit ici.
- Compas à verge, efpece de trufquin dont la tige a depuis 6 jufqu’à 12, ôc même 1 y pieds de longueur, lequel fert à tracer de grands cintres. Il y a des Compas à verge tout de fer ou de cuivre, dont l’ufage eft de tracer ôc de découper, ainfi que ceux de bois , compofés d’une tringle de bois Ôc de deux têtes, dont l’une eft fixe, Ôc l’autre mobile , ôc fous chacune defquelles eft pla-< cée une pointe d’acier, {.part.pag. 69.
- Compas d’épaijfeur. Il diffère des Compas ordinaires, en ce que fes branches font recourbées en dedans. Il fert pour prendre le diamètre des corpè ronds. 3. part, fe6l. 3 9 page 911.
- Compofé y ( Ordre ) ou Compofite ou Ordre Romain. On appelle ainfi une efpece d’Ordre d’expreflion Corinthienne , dont le chapiteau eft un compofé des chapiteaux Ioniques Ôc Corinthiens, 4. part. pag. 10 5 <5.
- Cône y efpece de pyramide qui a un cerclé pour bafe. 1. part, pag* 13.
- Conduit ou Conduite, partie excédente dti fût d’un outil % foit en deffous ou par le côté , laquelle fert à l’appuyer contre le bois , ôc à l’empêcher de defcendre trop bas. Il y a des outils de moulures qui n’en ont qu’upe en deffous, ôc d’autres deux, dont, l’une eft en deffous, ôc l’autre par le côté, impart,pagk 64 & 71.
- Confejfmnal, ouvrage d’Eglife en forme
- p.1275 - vue 246/376
-
-
-
- Table Alphabétique , OU VoCàbulaîre
- d’armoire > coftïpofé de trois parties, dont une qui eft fermée , pour le Confeffeur, ôc les deux autres qui font ouvertes fur la face, pour les Pénitents. 2. part. pag. 23 $.
- Confeffionnal, efpece de fauteuil qui a des côtés ou joues pour appuyer la tête des malades qui en font ufage. 3. part.fe3 3 PaKe <>40.
- Congé, efpece de moulure creufe en forme de, quart de cercle , Ôc outil à fût propre à la former. Cet outil a deux conduits, lun par le côté, Ôc l’autre en delfous. 1. part. p. 84.
- Conjoles, ou petits montants cintrés qui ïupportent les bras des fauteuils avec lefquels ils font affemblés. 3. part. feff. 2 , page 639.
- On appelle ainfi la piece chantournée qui fert à féparer les ftalles. Voyez Parclofè.
- Contours. Voyez Chantournement.
- Contre-marche. Voyez Marche.
- Contre-partie. Par ce terme , on entend tout ouvrage fait à contre-fens d’un autre ; c’eft pourquoi on appelle Contre - partie de Marjeille , une vouflure dont la forme eft direâement oppofée à celle d’une vouffure de Marfeille, ôcc. 2. part. pag. 322.
- Contre partie. Voyez Partie.
- Contre-profiier. Par ce terme, on entend l’adion de creufer une piece de bois, de maniéré que les moulures pouffées fur une autre, entrent exactement dans la première, •dont la partie creufée fe nomme Contre-profil. 12. part. pag. 282.
- Contre-tenir. Par ce terme, on entend Faction d’appuyer derrière l’ouvrage, foit avec le marteau ou le maillet, pendant qu’un autre frappe par-devant.
- Contre-vents , efpece de fermeture de Me-nuiferie pleine qu’on pofe au - dehors des bayes des croifées. Ils font ordinairement emboîtés d’un bout, ôc ont une ou deux barres fur leur hauteur. 1. part. pag. 14p.
- Copaiba, bois plein, de couleur rouge foncé , ôc parfemé de taches rouge vif. C’eft: de l’arbre de Copaiba d’où découle le baume de Copahu. Il croît dans l’Amérique. 3. part, feâ. 3) pag. 71b
- Copeaux ou Coupeaux. Par ce terme, on entend .généralement tout le bois qu’enlevent les outils lorfqu’on travaille , foit qu’ils foient gros ou petits; mais les Treillageurs donnent ce nom à de petites pièces de bois qu’ils fendent très-minces, ôc qu’ils unifient .avec la plane , pour enfuite en faire des fleurs Ôc autres ornements de leurs ouvrages. 4. part. pag. 1114.
- Corail, bois rouge veiné, qui croît aux Ifles du Vent:, en Amérique. 3. part.fe51. 3 , pag. 113.
- Corbeille de terre, ouvrage de Treillage qu’on place dans le parterre d’un jardin pour contenir des fleurs. Il y a diverfes fortes de Corbeilles de terre; mais toutes font peu hautes, ôc elles font toujours contournées
- par leur plan. 4. part. pag. 1187.'
- Corbillards, forte de voitures anciennes , dont on ne fait plus d’ufage maintenant que pour les convois des grands Seigneurs. La forme de ces voitures eft à peu-près la même que celle des anciens Coches. 3. part, [eft* 1 , pag. 462.
- Corinthien 3 ( Ordre) c’eftle plus élégant ôc le plus riche des trois Ordres d’Architeêture Grecs. Il fut inventé à Corinthe par un Sculpteur nommé Callirnachus ou Callimaque. Cet Ordre eft aufli nommé Ordre virginal, à caufe de fon expreflion fvelte ôc délicate : fes proportions ôc divifions. 4. part. pag. 1032.
- Corinthien, ( chapiteau ) fes formes ôc proportions. 4. part. pag. io£i.
- Cormier y Dois de France, dur, de couleur rougeâtre , propre aux ouvrages d’Ebénifte-rie. 3.part.fe6l.39pag.'‘j%3.
- Corne d’Angleterre. On appelle ainfi des feuilles de corne blanche, dont les Ebéniftea font ufage dans les ouvrages de contre-partie de marqueterie, c’eft*à-dire, où le cuivre fait le fond, ôc l’écaille les deilins. 3. pan. Je61. 3 , pag. 9% j.
- Corniche, affemblage de moulures fetvant de couronnement à l’ouvrage. 2. part, page 290.
- Corniches volantes. On nomme ainfi des corniches compofées d’un ou de plufieurs morceaux de bois choifis de moindre épaif-feur poflible, ôc dont les maffes fuivent l’in-clinaifon des divers membres de moulures dont elles font compofées. 2. part. pag. 290*
- Les Ouvriers donnent aufli ce nom ( pat dérifion ) aux auvents qu’on place au-deflîis des ouvertures des boutiques.
- Corniche ; c’eil la partie fupérieure ôc faiL lante d’un entablement : fes différentes divifions. 4. part. pag. 1042.
- Corroyer. On entend par ce terme l’aêtiorf d’applanir, de dreffer, mettre de largeur ÔC d’épaiffeur une piece de bois quelconque,’ ce qui fe fait par le moyen de la varlope ôc autres outils. Voyez l’article Farlope, &c.
- Cote, partie excédente qu’on obferve aux battants de dormants ôc de meneaux des croifées , pour porter les volets ou guichets. i« part. pag. 91 & 96.
- Cotieres, pilaftres qui fervent de revêtiffe-ment aux côtés d’une cheminée dont le corps ou tuyau eft en faillie fur le mur d’une piece. 2. part, page 176.
- Coudre. Par ce terme, les Treillageurs entendent l’aêtion d’arrêter enfemble les di£* férentes parties de leurs ouvrages, ôc cela par le moyen de liens de fil de fer. 4. pan, pag. 113$.
- Couleurs ; leurs différentes efpeces ; ôc une Table de tous les Bois des Indes ôc de France, difpofés félon l’ordre des couleurs. 3.1 part. fett. 3 , pag. 787 & fuiv.
- CmliJJeau ? piece de bois qui différé des
- couliiTes ;
- \
- 1
- p.1276 - vue 247/376
-
-
-
- de VArt du
- éouîiffes ; en de qu’au lieu d’avoir une rainure comme ces dernieres , on y fait une languette en faillie , laquelle fert à porter la chofe qui doit couler defTus.
- Coulijfeaux. Sous ce nom on comprend toutes fortes de bâtis dans lefquels on place des tiroirs, ^.part.feâ. 2, pag. 744.
- Coulijfes. On nomme ainfi toute piece dé bois dans laquelle eft pratiquée une rainure capable de recevoir la partie qui doit mouvoir dedans , telle qu’une porte, une tablette , les bouts des planches d’une cloi-fon, Ôcc.
- Coulijfes ÔC Couliffeaux propres à recevoir les glaces des voitures. 3.part.Jèft. 1 9p. 4pp.
- Loulottes, grandes Ôc fortes pièces de bois que les Scieurs de long mettent fur leurs tréteaux , pour porter le bois qu’ils ont à refendre. 1. part. par. 37.
- Coupe. Par ce terme, on entend la maniéré de difpofer les joints des moulures & des champs des bois. On fait des Coupes quarrées , d’onglet ou à bois de fil, des fauffes Coupes , ôcc. Les Coupes quarrées font celles qui fe font en travers d’une piece de bois perpendiculairement à fa longueur. Les Coupes d'onglet font celles qui fe font diagonalement dans la largeur d’une piece de bois, de maniéré que les fils de chaque piece ainfi aflemblée, viennent joindre les uns contre les autres ; les Coupes d’onglet forment toujours un angle de 45 degrés avec le champ du bois.
- Les fauffes-- Coupes different de celles d’onglet, en ce qu’elles forment un angle plus ou moins ouvert que ces dernieres. Il ne peut y avoir de fauffes-Coupes que quand les traverfes ôc les battants ne forment pas un angle droit lorfqu’ils font affemblés , ou que la largeur des champs eft inégale , quoiqu’af* femblés à angle droit. 1. part. pag. 46 & fuiv.
- Couperofe verte, efpece de vitriol qui vient dans les mines de cuivre. On fait ufage de cet acide dans la compofition de la teinture des bois. ^.part.fefî. 3 ,pœge 79S*
- Courbe. Par ce terme, les Menuifiers entendent toute piece de bois dont la face ( ou le plat, ce qui eft la même chofe, ) eft cintrée , foit en plan, foit en bouge.
- Couteau à fcie, qui différé de la fcie à main en ce que fa lame eft plus étroite, ôc qu’elle eft montée dans un manche d’une forme ordinaire. 3. part. fetf. 3 , pag. poo.
- On fait quelquefois l’inclinaifon de la denture de ces fortes de Scies à rebours, c’eft-à-dire , du côté du manche , afin quelles ne ploient |aas, Ôc ne faffent d’effort qu’en les retirant a foi.
- Il y a d’autres Couteaux à fcie, ou Scie à conduite, ou, pour mieux dire, à incrufler, qui different de ces derniers, en ce qu’ils ont une ou deux conduites mobiles rapportées fur le plat de leurs lames. parufetf.
- Treillageur.
- Menuîjîen liyj
- 3 > pag. 901;
- Couteau de taille 9 efpece de couteau dont la lame eft courte & aiguë. Il y en a à long manche qui ont jufqu’à 18 pouces de long , ôc d’autres dont le manche n’a que f à 6‘ pouces. Tous les deux fervent à découpée les places où on veut faire des incruftations.
- 3. part,fefl. 3 , pag. 848 &
- Coûtre, outil de fer acéré , dont le tran-chant eft fur la longueur, ôc a deux bifeaux* Il y a deux fortes de Coûtres , qui different par la maniéré dont leur manche eft placé* mais qui fervent également aux Treillageurs*
- 4. part. pag. 1114;
- Couture. On nomme ainfi un lien de fil dè fer avec lequel on arrête le treillage. Voyez Coudre.
- Couverture de pile. On nomme ainfi des planches qu’on place dans une fituation inclinée fur les piles de bois, pour les garant tir de la pluie. 1. part. pag. 5 1.
- Craie ou Craye, pierre calcaire, de cou-J leur blanche, dont on fe fert pour débiter le bois. La meilleure vient de Champagne*
- 1 .part, pag. 3 6.
- Crémaillère, tringle de bois dentelée furie champ, pour recevoir le bout des taffeaux fervant à porter les tablettes d’une bibliothèque. 2. part, page 20p.
- Crochet d'établi, efpece de patte coudée * pofée dans un morceau de bois nommé Boîte du crochet* laquelle eft placée au bout fupérieur du devant de l’établi. Le Crochet eft dentelé comme une fcie, Ôc fert à retenir le bois en place fur l’établi lorfqu’on Je cor-» roye, ou qu’on y fait des moulures. 1. part* pag. $4.
- Crochet, (clous à) efpece de clous repioyés en retour d’équerre, dont les Treillage tirs font ufage pour arrêter les efpaliers contré les murs. 4. part. pag. 1138.
- Croifées, vantaux de Menuiferie, dans lefquels on place des verres pour fermer les appartements, ôc y conferver le jour. Les Croifées prennent différents noms, félon leurs formes ôc ufages. i.part.p. 90 &fuiv*
- Croifées ( doubles )* On appelle ainfi celles qui font pofées à l’extérieur des tableaux des Croifées: leurs différentes efpeces. 1. part* pag. 102*
- Croifées-jalouftes, efpeces de doublés Croî-J fées qui different de celles ci-deffus, en ce qu’elles n’ont point de croifillons, ôc que leurs chaflis font remplis par des lattes pofées obliquement, pour garantir des rayons du foleil l’intérieur des Appartements* 1 .part*
- Croifées^manfardes ôc à coulijfesi Ce font* pour l’ordinaire, de petites Croifées compo-fées de deux chaflis fur la hauteur , lefquels n’ouvrent pas verticalement comme ceux des autres Croifées, mais, au contraire * qui coulent à rainure ôc languette les uns
- Z 14
- p.1277 - vue 248/376
-
-
-
- Table Alphabéùqi
- fur les autres dans leurs dormants, i. part. pag. 114.
- Croifées y en terme d’Archite&ure. On nomme ainfi toute ouverture qui ne defcend pas juf-ques fur le fol de l’édifice ; ôc quand elle y defcend , mais qu’elle eft deftinée à être remplie par des vantaux vitrés , alors elle prend le nom de Porte^Croïfée. i.part. pag. ioo. 4. part, pag. ic63.
- Cm filions. On appelle de ce nom en général , tous les petits bois qui rempliflênt les chafïis des Croifées. i.part. pag. 97 &fuiv.
- Crojfe. ( montants de ) On nomme ainfi de petits montants cintrés qui portent les glaces de cuftode des voitures. 3. part. feâl. 1 y pag. $66.
- Crojfette. On nomme ainfi des faillies ou reffauts à angle droit qu’on fait faire à des cadres ou à des champs , ôc notamment aux tables faillantes des portes-cocheres.
- On nomme aufïi Crojfette, le reffaut qu’on fait faire au dernier membre d’un chambranle , d’un cadre, ôcc. 1. part, page 123. $ part. pag. 1066.
- Cuivre, métal élaftique ôc moyennement pefànt. Il y en a de deux fortes ; le rouge, qu’on nomme Rofette, Ôc le jaune, qui eft un métal faftice, compofé de deux parties de rofette ôc d’une partie de calamine, ou terre calaminaire. 3. pan. feâl. 3, pag. 988.
- Cul - de - lampe, ou , pour mieux dire, Amoftijfement renverfé. On nomme ainfi toute partie (aillante ôc diminuée en contre-bas. On n’emploie guere ce terme en Menuiferie que pour indiquer le fupport d’une pendule.
- 3. part. feâl. 3 , pag. 1002.
- Cuftode. On nomme ainfi toute la partie d’une voiture qui eft comprife entre fes fonds ôc fes portières, au-defïus des traverfes de ceinture ou d’appui. 3. part. feâl. 1 , pag. 466.
- Cymaife, piece de bois ornée de moulures, fervant de couronnement aux lambris d’appuis. 2. part. pag. 163.
- Cymaife y partie d’une corniche qui eft toujours ornée de moulures : leurs différentes efpeces. 4. part. pag. 1042.
- Cyprès , bois folide , de couleur jaunâtre , originaire de Candie ôc des Ifles de l’Archipel. 3. part. feâl. 3 , pag. 774.
- Cytife y ou Ebénier des Alpes , bois à peu-près femblable à l’ébene verte, 3. part. feâl.
- 3 9 page 784*
- D.
- Damier y petite table de jeu fans pieds. .Voyez l’article Triâlrac.
- Dé ou Socle. On nomme ainfi la partie lifte d’un piedeftal, comprife entre fa corniche ôc fa plinthe. 4. part, pag. 1042.
- Débillarder. Ce terme fignifie dégrofïir une courbe, foit à la fcie ou au fermoir, afin
- ou Vocabulaire
- qu’elle foit prête à être corroyée. 2. part, part. 317.
- Débit du bois. Par ce terme, on entend la maniéré de tirer d’une piece de bois tout le parti pofïible ; c’eft pourquoi avant que de la refendre, foit en long, foit en travers, il faut fe rendre compte des pièces qu’on pourra prendre fans y faire trop de perte, ce qui eft une partie très-effentielle à connoî-tre pour les Menuifiers, puifqu’il y va de leur intérêt ôc de la folidité de l’ouvrage. On appelle encore de ce nom, la maniéré ôc i’adion de refendre le bois ôc de le couper par pièces à la longueur de chacune d’elles. Voyez cet Article, 1. part, page $2 & fuiv.
- Décompofés. ( entablements) On nomme ainfi les entablements dont la forme n’eft pas régulière. On n’emploie ces fortes d’erita-blements que quand on ne met pas d’Ordre d’Architeâure. 4.part.pag. 1037.
- Dégauchir. On entend par ce terme l’action de dreffer parfaitement une piece de bois, de maniéré que tous les points de fa furface ne foient pas plus élevés les uns que les autres , ôc qu’en la bornoyant d’un côté , l’autre rive s’élève également d’un bout que de l’autre. 1. part. pag. 66.
- Demi-livre allongée y efpece de broquette dont les Treillageurs font ufage. Voyez Semence.
- Denticules, petites parties faillantes quar-rées par leur plan, ôc dont la largeur eft à la hauteur, comme deux eft à trois j la dif-tance qu’il y a entr’elles doit être égale à la moitié de leur largeur. Les Denticules fer-; vent à orner les corniches. 4. part, pagi 1049.
- Défobligeante, voiture qui ne différé d’une Diligence, qu’en ce qu’elle eft plus étroite , ôc qu’elle ne peut contenir qu’une perfonne feule. 3. part. feâl. 1 y page 460.
- Dejfus-de-porte ou Attique. On nomme ainfi la Menuiferie qui décore le deffus des chambranles des portes d’un Appartement. 1. part, page 184.
- Diable, voiture, efpece de Calèche coupée , dont l’impériale ou pavillon eft élevé de maniéré qu’on puiffe s’y tenir commodément debout. 3. part. feâl. 1, pag. 380.
- Diligence , efpece de voiture qui n’eft autre chofe qu’une Berline coupée dans fa longueur au nud du pied d’entrée de devant.
- 3.part. feâl. 1 , pag. 439 & 348.
- Dorique, ( Ordre ) le plus fimple ôc le plus régulier des trois Ordres Grecs. Il a été inH venté par les Doriens, d’où lui vient le nom de Dorique. Cet Ordre fe nomme aufïi Ordre viril ou folide , à caufe de fon expreffion grave ôc régulière : fes proportions Ôc divi-fions. 4. part. pag. 1047.
- Dormant ou bâtis dans lequel entrent les chafïis des croifées : leurs formes ôc conf? truêtion. 1. pan. pag. £i.
- p.1278 - vue 249/376
-
-
-
- de U Art du Menulfier• X 27^
- formante. ( Menuiferie ) Sous ce nom on «entend toute efpece de Menuiferie qui eft dune nature à refter en place, ôc comme adhérente avec le lieu où elle eft pofée. 1. part. pag. i. & 2. part, pag. 133.
- Dormeufes, forte de voitures pour aller en Campagne, & dans lefquelles on peut fe coucher comme dans un lit. 3. part, feâl. 1 , pag.sàt.
- Dojferet. On nomme ainfi l’efpace qui xefte entre l’angle dune piece ôc larête de la baye d’une croifée ou d’une porte. 1 .part, pag. 130. & z, part, pag. 171.
- Doffter. On nomme ainft la partie du deflùs d’un liège , contre laquelle on s’appuie. Les Menuifiers en Meubles appellent de ce nom les traverfes de dolïier, tant de haut que du bas, qu’ils diftinguent par grand ôc petit Doffiers. 3. part, fe61, 2, pag, 61 y.
- Doffier de lit. On nomme ainfi la partie pleine d’un des bouts d’une couchette , laquelle eft plus élevée que l’autre, qui, alors, fe nomme pied du lit. 3. part. feâl. 2., p ag. 671*
- Dojfes. Les Dofles font les premières levées faites fur le corps de l’arbre, ôc font utiles à peu de chofe.
- Les pièces prifes après les Dofles , fe nomment contre-DoJJes , ôc font d’un meilleur ufage, félon la maniéré dont elles font refendues. 1. part. pag. 27.
- Doublure. ( panneaux de ) On appelle de ce nom des panneaux de bois blanc placés dans l’intérieur des voitures, pour porter la matelafîùre St la garniture d’étoffe. 3. part, feâl. 1 , page 467.
- Doucine, moulure ÔC outil. Voyez Bouve~ ment à baguette.
- Domine 9 forte d’ouverture de croifée ^ dont la coupe eft faite en doucine. 1. part, page 96.
- Dreffoir ; c’eft une efpece de banc qui n’a des pieds que par un bout, de maniéré que fa furface eft inclinée à I horizon ; au bout qui a un pied, & au-deflùs de ce dernier, eft placé une équerre de fer, qui, ainfi que le banc, fert aux Treillageurs pour drefîer les dchalats. 4.part, pag, 110p.
- Drille ou Trépan , outil compofé d’une verge de fer, au bout de laquelle eft placé un foret, lequel fert à percer les métaux ou les bois durs, ce qui fe fait en faifant tourner le drille fur lui-même par le moyen d’une corde qui pafle par fon extrémité fupérieure, ôc qui eft arrêtée par les deux bouts à une traverfe de bois, au milieu de la longueur de laquelle pafle la tige du drille. 3. part, fe6l. 3 > pag. P40.
- Duchejfe, efpece de grand fauteuil dont le liège eft aflez profond pour qu’une perfonne puifle être aflife commodément deflùs, les jambes étendues. 3. part, feâl• 2, page 643.
- Ëi
- Eau de chaux 3 c’eft de l’eau dans laquelle on a fait éteindre de la chaux vive : on y mêle du fublimé corrofif, afin de lui donner plus d action pour brûler les bois. 3.part* feâl. 3 , page B82.
- Ebarboir, Cet outil différé du Grattoir, en ce qu’il a quatre côtés au lieu de trois , ôc il fert à peu-près au même ufage que ce dernier. Voyez Grattoir.
- Ebene> bois dur, de différentes couleurs $ favoir, la noire, la rouge, la verte, ôc la noire Ôc blanche. L’Ebene , en général, croît à Madagafcar. 3. part* feâl* 3 , page 774-
- Ebênifterie , ( Art de 1* ) ainfi nommé * parce qu’anciennement tous les ouvrages de cet Art étoient faits avec de l’ébene , du moins le plus grand nombre. Cet Art vient d’Afie, d’où il fut apporté à Rome , & y fut oublié jufqu’au quinzième fiecle. Il eft venu en France avec les deux Reines de la Maifon de Médicis. 3. part.- feâl. 3 , page 764 & f Ebênifterie pleine. On nomme ainfi les ouvrages d’Ebénifterie faits en plein bois , ôc où on n’emploie le placage que par incrufta-tion. 3. part. fe6l. 3 , pag. S96.
- Ebénftes. On appelle ainfi les Ouvriers qui travaillent à l’Ebénifterie.
- Ecaille, fubftance du genre des cornes ou du moins à peu-près femblables. Ce font des feuilles provenantes de la couverture d’un animal amphibie nommé Tortue. Il y, en a de diverfes grandeurs Ôc qualités. Celles connues fous le nom dé Carrettes, font les plus belles ; mais les Ebéniftes emploient plus volontiers celle qu’on appelle Cahoant ou Kaouane. 3. part. feâl. 3 , pag. £84.
- Ecaille. (Maniéré de travaille?, mouler , Ôc fouder T). 3. part. feâl. 3.pag. iood. &fuivh Echalats. On nomme ainfi de petites tringles de bois de chêne ou de châtaignery qui font fendues dans de jeunes arbres. On fe fert d’Echalats pour faire le Treillage, Ôc on les achette par bottes de différentes longueurs. 4. part, page 110y.
- Echantillon^bois d’) Par ce terme on entend le bois que les Marchands vendent à une longueur Ôc épaiffeur déterminées, comme 6, p, 12 pieds de long, fur un pouce iy lignes., un pouce Ôc demi ôc 2 pouces d’épaifleur, ôcc. 1 .part.pag. 27.
- Echarpe, piece placée diagonalement dans un bâtis. On appelle aufli de ce nom une piece de bâtis de parquet. 2.part, pag. 1 jp* Echaudé, petit fiége ployant ou de campagne. 3. part. feâl. 2, pag. 690.
- Echelle de Meûnier, forte d’efcalier droit; 2. part. pag. 426.
- Echelles ou Mefures, ou, pour mieux dire ; certaines longueurs divifées en parties égales, repréfentant des toifes , des pieds, ôcc.
- p.1279 - vue 250/376
-
-
-
- laSo Table Alphabétique 9 ou Vocabulaire
- Les Echeiies fervent à régler ôc à mettre en ordre les différentes parties d’un delîin, Ôc à juger de la grandeur que les objets qu’il repréfente , auront en exécution. Echelle de pieds, Echelle module. 4. part. pag. 1047.
- Echiquier , efpece de compartiment com-pofé de quarrés difpofés parallèlement avec les côtés de l’ouvrage. 3. part. Jefî. 3 , pag.
- 824»
- Echope. Voyez Burin.
- Ecoinfon , efpece de périt bureau d’une forme triangulaire par fon plan, lequel fe place dans les angles des Appartements. 3. part. Je B. 2 , pag. 7 y 6.
- Ecouenes, efpeces de limes dentelées fur leur largeur comme les dents d’une fcie, lef-quelles fervent à travailler les bois durs ôc les métaux. 3. part.feÛ. 3 , pag. 937.
- Ecran, meuble à bâtis, compofé d’un patin ôc de deux montants, dans lefquels coule un chaffis garni d’étoffe , pour garantir de l’ardeur du feu. 3. part. fetf. 2 , pag. 741.
- Egout. On nomme ainfi une planche qu’on pofe à l’extrémité d’une pile de bois, qu’elle défaffleure d’une partie de fa largeur, ainfi que par les bouts : c’eft fur cette planche que porte le bout de celles qui forment îa couverture de la pile. 1. part. pag. 31.
- Elégir. Par ce terme on entend l’a&ion de diminuer une piece de bois en certains endroits. Ce mot eft fynonyme à ravalement. Voyez cet article.
- ElégiJJement. Voyez Elégir.
- Ellipfe y figure à peu-près fembîable à un ovale. L’Ellipfe eft donnée par la coupe oblique d’un cylindre ou d’un cône. 1. part, pag. 14. 2. pan. pag. 296 & 298.
- Emhoîture , efpece de traverfe dans laquelle on fait des mortaifes Ôc des rainures our recevoir les tenons Ôc les languettes du ord des planches qui compofent les portes pleines Ôc autres ouvrages. 1. part. pag. 149.
- On appelle auffi Emboîtures, les traverfes de chambranles. 1. part. pag. 135*.
- Embrafement ou Emhrafure. On entend par / ce terme la partie intérieure des bayes de portes ou de croifées. On appelle auffi de ce nom la Menuiferie dont ces parties font revêtues. 1 .part. pag. 136, 2. part. pag. 181.
- Embreuvement, embreuver faire fur le champ de deux pièces de bois dont l’épaif-feur eft inégale entr’elles, des rainures ôc des languettes, lefquelles entrent juûe les unes dans les autres, de maniéré que la piece la plus mince foit contenue dans la plus épaiffe, ôc que les pleins de l’une rempliffent exactement les vides de l’autre. 1. part. pag. 44 & 140.
- Emeri ou Emerily pierre métallique qu’on trouve dans les mines On le réduit en poudre plus ou moins fine , félon le degré dont on a befoin. L’Emeri broyé avec de l’huile fert à polir le fer ; c’eft ce qu’on appelle de
- la Potée d*Emeri. 3.part. fefî. 3 )pag.'9$±?
- Emmarchement. On nomme ainfi les entailles faites dans les timons pour recevoir les marches d’un efcalier. 2. part, page 422.
- Empenoir ; c’eft une efpece de cifeau recourbé par les deux extrémités, qui font également tranchantes, mais fur divers fens. Cet outil fert aux Ebéniftes pour pofer les ferrures de leurs ouvrages. 3. part.feB. 3, pag. 942.
- Empiler, Empilage. Par ce terme on entend l’a&ion d’arranger le bois par piles. Voyez Piles.
- Encorbellement. On nomme ainfi la cymaife intermédiaire d’une corniche.4. part.p. 1042.
- Enéyer. On entend par ce terme ôter les nœuds de la canne avant de la fendre. 3, part.feâl„ 2 , pag. 628,
- Enfilade. Par ce terme, on entend la rencontre de plufieurs ouvertures de portes, lefquelles font difpofées de maniéré que leur point milieu fe trouve fur une ligne droite. 1 .part. pag. 129.2. part. pag. 276.
- Enfourchement, affemblage qui différé de la mortaife ordinaire, en ce que cette dernière n’a pas d’épaulement, de forte que le tenon peut y entrer de toute fa largeur, encore que le dehors de la traverfe affleure l’extrémité du battant. 1. part. pag. 46.
- Entablement. On nomme ainfi la partie fupérieure d’un édifice, Ôc qui lui fert de couronnement. A un Ordre d’Architedure, l’Entablement pofe immédiatement fur la colonne. 4. part. pag. 1042.
- Entaille, outil. Sous ce nom on comprend toutes fortes de morceaux de bois dans lefquels on a fait des entailles pour pouvoir contenir différentes pièces d’ouvrage ou autres , qui y font arrêtées par le moyen d’un coin j c’eft pourquoi on appelle Entaille à limer les fcies, celles qui fervent à cet ufage, 1, part, pag. 59. On dit de même Entaille à Jcier les arrajements, pag. 7 6. id. Entaille à poujjer, les petits boisypag.8$. idem. Entaille à rallonger, les fergents, pag. 82. idem.
- On fait auffi des Entailles cintrées propres à coller ôc cheviller les parties circulaires. 2. part, page 286.
- Emaillé y ( affemblage en ) lequel confifte en un ravalement fait dans l’épaiffeur de deux pièces de bois d’une largeur égaie à celle de chaque piece, de maniéré qu’elles puiffent entrer à plat i’une dans l’autre. 4. part. pag&,
- 117 6.
- Entre-colonnement. On nomme ainfi la distance qu’il y a de l’axe d’une colonne à l’axe d une autre colonne. Les Anciens comptoient les Entre-colonnements du nud du fût de ces dernieres ; mais les Modernes les comptent des axes de ces mêmes colonnes, à caufe de la diftribution des modillons des corniches 9 ou des triglyphes de la frife de l’ordre Do* rique. 4. part. pag. 1065.
- Entrelacs >
- p.1280 - vue 251/376
-
-
-
- de £ Art du Menuijier.
- Entrelacs , efpece d’ornement qu’on emploie aux moulures creufes. 4. part. pag. il 99-
- En général, on donne ce nom à tout ornement dont les parties fe répètent ôt s’enlacent alternativement les unes dans les autres.
- Entre-fol. On appelle de ce nom une petite piece ou appartement pris fur la hauteur d’une grande piece, ce qui a donné le nom aux croifées qui les éclairent, qu’on appelle par conféquent Croifées-entre-fol. i. part, pag. \ioi.
- Entre-toife. On donne ce nom en général, à toutes les traverfes dont Tubage eft de retenir l’écart des pieds d’un banc, d’une chaife, ôte. Les Entre-toifes s’aftemblent toujours dans les traverfes des pieds. 3.part. feB. 2, pag. 613.
- Entre-voux, efpece de planche qui n’a que p à 10 lignes d’épaiffeur. 1. part. pag. 28 &
- 2p.
- Epaulement. On nomme ainfi la partie pleine qui refie entre deux mortaifes , ou depuis la mortaife jufau’à l’extrémité du battant. On dit aufli épauler un tenon, c’eft à-dire , diminuer de fa largeur , pour qu’elle foit égale à celle de la mortaife dans laquelle il doit entrer. 1. part. pag. 46.
- Epi de bled , bois rayé de brun ôt de rougeâtre, & très-poreux, dont la coupe à bois de bout eft femblable à celle du jonc. 3.part. feB. 3 77f-
- Epine-vinette, bois François, plein ôt de couleur jaune, qui fert à l’Ebénifterie Ôt à la teinture des bois. 3. part. feB. 3 , pag. 784.
- Equerre, faujfe-Equerre ou Sauterelle , efpece de triangle dont la lame eft mobile, de maniéré qu’on peut lui donner Tinclinaifon que Ton juge à propos, i. part. pag. 70.
- On appelle aufli fauJfe-Equerre, de grands compas de fer, qui ne different des compas ordinaires que par la grandeur. 1. pan. pag. Jo-
- Equerre ou Croix mobile ; c’eft un inftru-ment propre à tracer & découper des ovales d’une même courbure que celles qui font faites fur le Tour ovale. Cette machine eft très-fimple, ôt faite à peu-près dans le goût de la conchoïde ancienne de Nicoméde. 3. part. feB. 3 , pag. 1003.
- Equerre, outil de bois cômpofé de deux branches affemblées à angle droit, pour fer- * vir à équarrir les pièces de bois. 1. part.pag. 6S.
- Equerre à chaperon , outil de fer ou de cuivre, compofé de deux branches , fur Tune defquelles eft une conduite ou chaperon ajouté fur le champ. Cette efpece d’Equerre eft très-commode pour les ouvrages délicats ôt qui demandent de la préciflon. 3. part. feB. 3 , pag. 8pp.
- Il y a encore une autre efpece d’Equerre Treillageur.
- X2$t
- de fer ou de cuivre, nommée Equerre à croix > dont une des branches, qui eft mobile , pafle au travers de l’autre, ôt eft arrêtée en place par le moyen d’une vis de preflion. 3. part.
- feB* lypag.%99.
- Erable, bois de France ôt d’Amérique/ plein ôt léger , de couleur blanche ôt ondée, très-utile pour les ouvrages d’Ebénifterie. 3. part. feB. 3 , pag. 784.
- Enfubles. On nomme ainfi des pièces cylindriques percées de deux mortaifes à con-tre-fens Tune de l’autre à chacune de leurs extrémités. Ce font les principales pièces d’un métier à broder. 3. part. feB. 3. p. 9 $6.
- Efcaliers en vis , c’eft-à-dire , qui tournent fur eux-mêmes autour d’un poteau. 2. part, pag. 427.
- Efchine ou Ove ; c’eft la partie du chapiteau Dorique qui fupporte le tailloir. L’Efchine eft compofée d’un quart de rond, d’une baguette ôt d’un filet, ôt fuit le contour du fût de la colonne. 4. part. pag. 104p.
- Efpalier. ( treillage d* ) On nomme ainfi celui qui eft deftiné à revêtir les murs d’un jardin. 4. part.pag. 1137.
- Efprit de nitre , violent acide dont on fait ufage pour ombrer les bois. 3. part. feB. 3 , pag. 882.
- Etabli 9 grande ôt forte table de bois d’orme ou de hêtre, montée fur un pied de chêne. Maniéré de conftruire les Etablis 3 leurs formes & proportions. 1. part. pag. 54 & fuiv.
- Etablis à l3Allemande, qui different des Etablis ordinaires , en ce qu’au lieu du crochet , ils ont une boîte de rappel, laquelle fe meut par le moyen d’une vis, de forte que le bois qu’on travaille eft arrêté fur TEtabli fans avoir befoin de valet. 3. part. feB. 3 , pag. 803.
- Etabliffements. Ce font certaines marques dont les Menuifiers fe fervent pour distinguer une piece d’avec une autre, ôt faire connoître le haut ou le bas de chacune d’elles, ou leurs faces apparentes , qu’ils nomment parement de f ouvrage ; c’eft pourquoi on dit qu’on établit les bois > c’eft-à-dire 9 qu’on les marque d’un caraêlere diftinêfif ôt relatif à la pîaCe qu’ils doivent occuper. 1. part, pag. 58. Voyez aufli l’Article de la maniéré de marquer l’ouvrage. 2.part. pag. 277* Etain, métal léger, mou ôt de couleur blanche, qui, uni aux autres métaux, les rend caftants comme du verre. Ce métal eft d’ufage pour les ouvrages de Marqueterie, 3. part. feB. 3 , pag. p8p.
- Etamoir ; c’eft une petite palette de bois £ garnie de fer-blanc en deftus. On frotte le fer à fouder fur TEtamoir pour en faire l’ef-fai, ôt pour l’étamer. 3. part. feB. 3 , page 102p.
- Etau de fer ou de bois, outil compofé de
- A 15
- p.1281 - vue 252/376
-
-
-
- 1282 Table Alphabétique 9 ou Vocabulaire
- deux pièces nommées mords ou mâchoires , qu’on approche ou qu’on éloigne l’une de l’autre par le moyen d’une vis qui paffe au travers d’une d’elles, ôc qui eft taraudée dans l’autre. 3. part. feâl. 3 , pag. 843 & 9} 2.
- Etau de Treillageur. Cet Etau eft de bois , ôc eft difpofé de maniéré qu’on le fait ferrer par le moyen d’une pédale , quoiqu’il y ait une vis comme aux autres Êtaux. 4. part, pag. 1124.
- Etrêgnoirs, outils dont l’ufage eft de ferrer les joints des panneaux , ôc de les tenir très-droits fur leur largeur. Ces outils font com-pofés de deux fortes pièces de bois , percées de plufieurs trous vis-à-vis les uns des autres , dans lefquels on fait paffer de fortes chevilles , pour qu’elles puiffent réfifter à l’effort des coins qu’on met entr’elles ôc le panneau. 1. part.pag, 82.
- Etrêfillon ou Goberge; c’eft une piece de bois quelconque, qui butte entre deux parties pour les tenir en place 1. part. pag.
- 37 •
- On appelle encore Goberges, les barres qui rempliffent le fond d’un lit. Voyez Goberges.
- Etuves, fortes d’armoires propres aux offices ôc aux garde-robes, pour faire fé-cher le linge ou autre chofe. Les tablettes de ces fortes d’armoires font ordinairement à claire-voie. 3. part. feâl. 2 , pag. 748.
- Eventail. On appelle de ce nom toute croifée dont la partie fupérieure fe termine en demi-cercle ou en demi-ovale. 1 .part, pag. 100.
- On donne auffi ce nom à la partie verticale qui termine le haut d’un berceau de treillage. part. pag. 1102.
- F.
- Faces. ( plates ) On nomme âinfi les parties de la montre d’un buffet d’orgues, qui font entre les tourelles, ôc qui n’ont pas de faillie fur le maflif, ainfi que ces dernieres. 2. part. pag. 248.
- Fauteuil, efpece de fiége qui différé des Chaifes, en ce qu’il a des accotoirs ou accoudoirs pour appuyer les bras de ceux qui s’en fervent. 3. part. feâl. 2 , page 634..
- Fauteuil de cabinet, fiége propre à ceux qui s’occupent long-temps à écrire. 3. part. feâl. 2, page 643.
- Faux Acacia, bois originaire d’Amérique d’une couleur jaune ôc verdâtre. 3. part, feâl* 3 > Pag• 784*
- Faux-panneaux. On nomme ainfi des panneaux de bois mince ôc léger, qu’on fubfti-tue quelquefois à la place des glaces d’une voiture, ou avec lefquels on remplit les cuf-todes ôc le derrière des voitures, au-deffus de leur ceinture ou appui. 3. part. feâl, 1 , pag. 104,
- Fendoir, petit morceau de bois cylindrique , ôc évidé en angle par un de fes bouts ; c’eft avec cet outil que les Canniers divifent la canne. 3. part, feâl. 2 , pag. 629.
- Fer à chauffer ; c’eft une maffe de fer un peu barlongue, en forme de bateau, laquelle eft terminée par une tige d’environ un pied de long , avec laquelle on tient le fer pour réchauffer la colle qui eft deffous le placage. 3. part. feâl. 3 ,pag. 84p.
- Fer à?outil. On appelle ainfi un morceau de fer mince garni, ou, pour mieux dire , doublé d’acier d’un côté, qu’on nomme la planche. Le taillant des fers eft droit ou cintré , félon la forme des fûts dans lefquels ils font placés. Dans l’un ou l’autre cas, ils font toujours trempés, ôc leur bifeau doit être abattu du côté qui eft de fer, afin que le taillant fe trouve tout d’acier. 1. part, pag. 63.
- Fer à mouler , efpece de cylindre de fer, fur le côté duquel eft réfervée une languette excédente, laquelle fert à retenir le bois qu’on cintre fur ce cylindre après l’avoir fait chauffer. 3. part. feâl. 3 , pag. 836.
- Fer à fouder. On appelle ainfi un outil de fer, qui a au bout de fa tige une maffe de fer ou de cuivre, qu’on fait chauffer à un degré capable de faire fondre le plomb ôc l’étain. Il y a différentes fortes de fers à fouder. 3. part. feâl. 3 , pag. 1029.
- Fer. ( bâtis de ) On nomme ainfi les montants ôc les traverfes de fer qui foutiennenc les treillages, ou qui en font partie. 4. part,, pag. 1141.
- Fers de Treillage. Sous ce nom, on comprend tous les fers qui entrent dans la conf-tru&ion de ce dernier. 4. part. pag. 1086. $5
- Fer, ( bois de ) de couleur brune, tirant fur le noir, ôc d’une qualité extrêmement dure. 3. part. feâl. 3 ,pag. 776.
- Fereol, bois qui croît à Cayenne ; fa couleur eft blanche, tachetée de rouge. 3.part, feâl. 3, pag. 776.
- Fermoir. Outil à manche dont le fer eft à deux bifeaux. Cet outil fert à dégroffir le bois. 1. part. pag. 63.
- Fermoir-néron Ou à nez-rond, outil à manche , dont le tranchant eft en biais, pour pouvoir entrer plus facilement dans les angles rentrants. 1 .part.pag. 88.
- Ferrure. Par ce terme, on entend toute efpece de Serrurerie propre à lier enfemble les diverfes parties de la Menuiferie, ôc à la pofer folidement, ou du moins à l’arrêter en place. 2. part. pag. 258.
- Ferrure des ouvrages d’Ebénifterie ; leurs différentes efpeces, ôc la maniéré de les pofer. 3. part. feâl. 3 ,page 943.
- Feuilles de volet, de parquet. On nomme ainfi chaque volet ou parquet en particulier. Voyez les Articles Volet ou Guichet ôc Far-quet.
- p.1282 - vue 253/376
-
-
-
- de £ Art du
- Feuille. On nomme ainfi une piece ou bâtis de parquet, qui eft d’une forme quarrée , Ôc qui a ordinairement 333 pieds 3 pouces fur tous les fens. 2. part.pag. if <?.
- Feuille. En général, on nomme ainfi toute partie d’ornement large ôt plate, qui repréfente , à peu de choie près, les feuilles de différentes plantes ou arbres. Il y a des feuilles de laurier, d’acanthe, d’olivier, de palmier , de perfil, ôte. Les Chapiteaux Corinthiens font ornés de feize feuilles principales, dont huit fe nomment Feuilles de deffous, ôt les huit autres grandes Feuilles ou Feuilles de dejjus. 4.part.pag. 1061.
- Feuilles. Qn nomme ainii les bois que les Ebéniftes emploient à leurs placages : maniéré de les refendre ôt de les débiter. 3* part, feft. 3 , pag. 799 & 818.
- Feuilleret, outil à fût, au bas duquel il y a un conduit qui fert à l’appuyer contre le bois. Cet outil fert au corroyage du bois. 1. part. pag. 64.
- Feuillet, efpece de planche mince propre à faire des panneaux ôt autres ouvrages. Les Feuillets ont ordinairement 6 à 7 lignes d’é-paiffeur ; ceux de bois de Hollande n’en ont que $ pour l’ordinaire.
- Il y a encore un Feuillet de Hollande plus épais que celui-ci, qu’on nomme Trois* quarts, lequel a depuis 6 jufqu’à 8 lignes d’épaiffeur. Le Feuillet de fapin a jufqu’à 9 lignes d’épaiffeur. 1. part, page 29.
- Feuillet ou Réglette. Voyez Garnitures.
- Feuillure. On appelle ainfi tout angle rentrant fait dans le bois parallèlement à fon fil. On fait de grandes ôt de petites Feuillures ; les petites Feuillures fe font avec un outil à fût j nommé Feuilleret, lequel a, pour l’ordinaire , deux conduits, ce qui le diftingue du Feuilleret d’établi, qui, d’ailleurs, eft plus long que ce dernier. 1. part. pag. 64.
- Les Feuilîerets prennent différents noms félon leurs ufages ; c’eft pourquoi on dit Feuilleret à7établi , Feuilleret à petit bois , Feuil-1er et à mettre au mollet, &c.
- Figures en Architecture. On entend toute repréfentation humaine faite par le moyen de la Sculpture. Les Figures fe placent au-deffus des colonnes 6c des principales parties d’un édifice, ou dans des niches, ou dans des entre-colonnements, ce qui eft encore mieux. Les Figures doivent être en proportion avec l’Archite&ure. 4. part. pag. 1074.
- Filets, petites tringles de bois de placage réduites à une demi - ligne de largeur, ôt quelquefois moins. Ils fervent à féparer ôt à entourer les compartiments de la Marqueterie. 3. part. feft. 3 , pag. 832.
- Filet, ( tire- ) outil compofé d’un fer , d’un fût à peu-près femblable a un rabot, ôt d’un levier attaché deffus. Cet outil fert à mettre
- Metwifier. Î283
- les filets de largeur. 3. part. feft. 3 , pag* 833.
- Filet. Voyez Carré.
- Filiere en bois. Voyez Tarau.
- Fil Normand ou Fil à pointe. LesTreilla-geurs nomment ainfi du fil de fer non recuit, avec lequel ils font des pointes qu’ils appellent Pointes de frifage, dont ils fe fervent pour arrêter les différentes parties du Treillage. 4. part. pag. 1134.
- Fil nul ou Fil à coudre* Les Treillageurs appellent ainfi du fil de fer recuit avec lequel ils arrêtent les échalas ôt autres pièces de Treillage. 4. part. pag. 11 33.
- bijlules. Ce font des coupes de corps étrangers qui endommagent la furface du b.ois, 1. part. pag. 26.
- Flache, défaut d’équarriffage d’une piece de bois, qui la fait fouvent rebuter. 1 .part* pag. 2$.
- Fleurs de Mo f aï que faites en bois ; la maniéré de les conftruire ôt de les terminer. 3* part, feft. 3 tpag. 888.
- Fleurs en Treillage. Ces Fleurs font faites de plufieurs copeaux taillés [d’une forme femblable à celle des pétales des Fleurs que les Treillageurs veulent imiter, Ôt ils les attachent avec des pointes fur une tige ou bouton de bois. 4. part.pag. 1216 & Juiv.
- Flottée. ( traverfe ) On nomme ainfi toute traverfe qui paffe par derrière un panneau , ôt qui n’eft pas apparente en parement, u part.pag. 133.
- On nomme aufli Panneaux flottés, ceux qui font pofés à plat l’un fur l’autre. 1. part, pag• 141 & fuiv.
- Flâte ou Sifflet, efpece d’affemblage, ou > pour mieux dire, de joint propre au rallongement des bois, dans lequel le bout de chaque piece de bois eft aminci à rien d’une certaine longueur, ôt à contre - fens l’un de l’autre, afin qu’étant collés l’un fur l’autre, elles ne^ femblent faire qu’une même piece. A quoi bon cet affemblage. 1. part.pag. 48.
- Foret. On nomme ainfi un petit outil de fer acéré d’un bout, ôt qui eft monté dans une boîte ou bobine de bois, qu’il déborde des deux bouts. On fait ufage de cet outil pour percer le bois ôt les métaux. 3. part, f eft. 3 pag.
- Fourrure. On nomme ainfi des pièces ou tringles de bois plus ou moins épaiffes, qu’on met fur le plancher pour pofer le parquet, quand il n’y a pas affez de place pour y mettre des lambourdes. 2. part. pag. 155. Notei
- Foyer ,• c’eft un bâtis de bois qui entoure l’âtre ou foyer d’une cheminée, ôt dans lequel les feuilles de parquet, coupées à cet endroit, viennent s’affembler. 2. part* page 158.
- Frêne, bois de France, très-liant, de couleur blanche rayée de jaune. %.part. feft. 3 pag. 784,
- p.1283 - vue 254/376
-
-
-
- X284 Table Alphabétique
- Frifage, efpece de Treillage conftruit avec des lattes ou autres bois minces. 4. part, pag. 1136.
- Frife. On appelle de ce nom toute partie de Menuiferie étroite & longue , foit pleine ou à panneaux , dont la longueur fe trouve parallèle à l’horizon, ôt qui divife d’autres grandes parties ; c’efl: pourquoi on dit Fri/es de lambris , de porte, de croifée-entrefol y de parquet , &c.
- Frifes. On nomme ainfi des pièces de bois de 3 à 4 pouces de largeur, qu’on pofe avec les feuilles de parquet, auxquelles elles fervent comme de cadre. 2. part. pag. 13 8.
- On nomme aufii frife, la traverfe du haut de la caiffe d’une voiture , au-deffus de la portière. 3. part.JeB. 1, page 466.
- Frife. On donne auffi ce nom à la partie liffe ôc intermédiaire d’un entablement. 4. part, pag. 1043.
- Fronton. Par ce terme on entend deux parties de corniche qui s’élèvent des deux extrémités d’un avant-corps, & viennent fe rencontrer au milieu , où ils forment un angle obtus. Il y a des Frontons triangulaires , ôc des Frontons circulaires ; leurs proportions font les mêmes. 4. part. pag. 1071.
- Fuir, Fuit. On dit qu’un outil fuit, Iorf-qu’en le pouffant, on ne le tient pas affez ferme , de maniéré qu’il fe dérange de fa place. On dit fuir en dedans ou en dehors , félon que l’outil fe dérange de l’un ou l’autre fens. 1.
- part. pag. 74.. ,41
- Fujam, bois de rrance, dur, de couleur jaune pâle. 4, part.JeB. 3 , pag. 785*.
- Fuft9 bois d’une belle couleur jaune, mais d’une qualité peu folide. 3. part.JeB, 3 , pag.
- .776- , , _ .
- Fût ou Monture d’un outil ,* c’efl: le bois
- dans lequel le fer eft placé ; c’efl pourquoi on dit le Fût d'une varlope, d’un rabot, déun bou~ din, &c. Ainfi tous les outils dont la monture eft du côté du conduit, d’une forme femblable à celle du coupant du fer, doi- vent fe nommer Outils à fût. 1. part, pag.
- 53*
- Fût, partie de la colonne comprife entre le chapiteau Ôt la bafe. 4. part. pag. 1042.
- Futée ou Majiic. Les Menuifiers nomment ainfi une efpece de pâte faite avec du blanc d’Efpagne ôt de l’ocre jaune détrempée ou broyée avec de l’huile de lin ou même de l’huile d’olive. Quelquefois, au lieu d’huile, ils fe fervent de colle claire , afin que quand l’ouvrage eft peint en détrempe, la Fûtée ne faffe pas de taches à la peinture. Pour les ouvrages communs, on fait de la Fûtée avec de la pierre de S. Leu réduite en poudre, & de la brique pareillement pulvérifée ôc délayée dans de la colle , à la confiftance de pâte.
- On fait encore de la Fûtée très-forte en faifant fondre de la cire jaune ôt du fuif, dans
- r ou Vocabulaire
- lefquels on mêle foit du blanc d’Efpagne ôç de l’ocre , ou de la pierre de S. Leu : cette derniere efpece de Fûtée, ou pour mieux dire de maftic, ne s’emploie que chaud.
- La Fûtée fert à remplir ôc à cacher les défauts de l’ouvrage, comme les fentes, les trous des noeuds, ôc même les joints mal faits.
- Fufioc , bois. Voyez Jaune.
- G.
- Galêe , petite planche d’une forme barlon-gue , qui eft garnie d’un rebord de trois côtés, dans lequel entre une couliffe fur laquelle on place les caraêteres d’impreflion à mefure qu’on les arrange enfemble. 3. part. feB. 3, pag. 96$.
- Gale , efpece de petits noeuds qui défi-, gurent la furface du bois. part.pag. 26.
- Galet y forte de table de jeu d’une forme barlongue, entourée de bandes ou rebords. 3. part.JeB. 2 , pag. 711.
- Garniture, troifieme ôc derniere opération du Cannier, par laquelle il place les brins diagonalement. 3. part. feB. 2.pag. 633.
- Garniture d’un fiége. Par ce terme, on entend ce qui remplit le vide de ces bâtis, à l’endroit du fiége ôt du doffier. 3. part. Jèff. 2 , pag. 62 2.
- Garnitures. On nomme ainfi différents morceaux de bois qui fervent à féparer les pages d’impreffion , Ôc à les affujétir dans un chaflis de fer. Les feuillets de bois qu’on place quelquefois entre les lignes, pour les efpa-cer plus ou moins, doivent être compris fous ce nom, ainfi que les coins, les bifeaux f ôte. 3. part. feB. 3 , pag. 96y.
- Garnitures. Les Treillageurs nomment ainfi les parties de Treillage qui forment différents compartiments , ôt qui fervent à remplir les vides que forment les bâtis de leurs ouvrages. 4. part. pag. 1177.
- Gauche. Par ce terme, on entend une fur-face dont tous les points ne font pas dans le même plan ; de forte qu’une des extrémités de fes rives eft plus haute ou plus baffe que celle qui lui eft oppofée. 1. part. pag. 66. Il y a des ouvrages qui doivent être gauches. 2. part. pag. 318.
- Gaude, plante commune en France , dont on fait ufage dans la teinture en jaune. 3. part.JeB. 3 , page 794.
- Gayac ou Bois faim 9 d’une qualité très-dure , Ôc d’une couleur verdâtre rayée de brun. 3. part. feB. 3 , page 77 6.
- Gelifs ou Gehvures, ôc en terme d’Ou-vriers, Givelures, fentes qui fe trouvent dans les bois ; par quoi caufées. 1. part. p. 2$.
- Géométrie, partie des Mathématiques, qui a pour objet la mefure de l’étendue. Cette fcience eft la bafe de toutes les autres, ôc eft très-néceffaire aux Menuifiers. Eléments de Géométrie-pratique. 1.part. pag. 4 & fuiv.
- Giron
- p.1284 - vue 255/376
-
-
-
- de rArt du.
- Giron des marches. On entend par ce terme la largeur que doivent avoir les marches d’un efcaiier, prifes au milieu de leur longueur. 2. paru pag. 427.
- Goberge , tringle de bois qu’on place entre le plafond de la boutique 6c l’ouvrage, pour fixer ce dernier fur l’établi. 3, part.feft. 3 , pag.%$$*
- Goberges, ou petites traverfes qui forment le rempliffage d’une couchette, ôc qui entrent toutes en vie dans les entailles des pans. 3. part, feâl. 2, pag. 666.
- Gohriole. On nomme ainfi un morceau de bois ordinairement rond par fa coupe, ôt fur lequel on monte les principales parties d’un yafe de Treillage. 4. part, pag, 1210.
- Gommier, bois de couleur blanche, veiné rde gris. Il y en a de dur ôc de très*tendre, quoique d’un grain fin 6c ferré. 3, part.feH.
- 3 5 PaS- 777*
- Gondole grande voiture de campagne, dans laquelle on peut tenir 12 à i^.perfon-nes. 3. part.febl. 1 ,pag, 372.
- Gorge ôc Gorget, efpece de moulure creufe qui fe place entre la moulure principale d’un cadre, ôc le champ de l’ouvrage. On diftin-gue les Gorges des Gorgets , en ce qu’elles font plus grandes que ces derniers, ôc qu’elles ont un petit carré ou filet de chaque côté, au lieu que les Gorgets n’en ont qu’un.
- On nomme aufîî de ce nom les outils propres à les former dans le bois, lefquels outils font compofés d’un fer ôc d’un fût. i. part. pag, 71.
- Gorge fouillée, efpece de bec de-canne dont l’extrémité du fer eft recourbée ôc arrondie avec un filet, de maniéré que cet outil fait à la fois l’office d’un rabot rond de côté, ÔC d’une mouchette a. part, pag, 8 c.
- Gorgeriez, partie liffie du chapiteau Dorique, qui femble être une continuation du fût de la colonne. 4. part, pag ï 043.
- Gouge, outil à manche, efpece de fermoir creux fur la largeur, fervant à pouffer des moulures à la main. Il y a des Gouges de toutes grandeurs, ôc de plus ou moins cintrées. 1. paru pag. 88.
- Goujon, efpece de petit tenon d’une forme cylindrique, lequel eft en ufage pour les jaloufies d’affemblage, ôc pour les tenons à peigne. 1. part. pag. 49 & 104.
- Gouffet. On nomme ainfi un morceau de bois d’environ un pouce d’épaiffeur, chantourné en confole, lequel fert à porter des tablettes.
- On fait aufïi des gouflfets d’affemblage en forme de potences.
- Les Menuifiers en Carroffe appellent aufïi Goujfet, un morceau de bois mince taillé en creux pour fupporter la glace d’une cuftode. 3.part. feâl. 1 , pag. 343.
- Gradin de ferre chaude. On nomme ainfi plufieurs rangs de tablettes difpofés en gra-
- Treillageur.
- Menuijier* 128^
- dins, fur lefquelles on place des pots qui contiennent différentes plantes qu’on veut fouftraire à l’intempérie de notre climat. 4, part. pag. 1234.
- Grattoir, outil d’acier à trois côtes, comme une lime en tiers-point. Les arêtes de cet outil font affûtées à vif dans une grande partie de fa longueur. Son ufage eft d’enlever les ébarbures qui fe forment aux deux côtés des tailles qu’on fait fur le cuivre lorfqu’on le grave. 3. part. feâl. 3 , pag. 1018.
- Gravure, ( Art de la ) néceffaire aux Ebé-niftes, pour tracer, foit furie bois ou fut les métaux 5 les parties les plus délicates des deffins qu’ils veulent repréfenter, ôc qui ne peuvent pas être découpées avec la fcie de Marqueterie. 3. partie , feâhon. 3 , page 884*
- Grêles ? efpece de petites écouenes. Voyez Eeouenes. <
- Grès. Les Menuifiers fe fervent de Grès pour affûter deffus leurs gros outils, comme cifeaux, fermoirs, fers de varlopes, de ra« bots, Ôcc ; Ôc ils donnent en général le nom de Grès, au lieu ou ils affûtent . en y comprenant le banc fur lequel le Grès eft placé , l’auge de bois ou tout autre vaiffeau dans lequel il y a de l’eau , enfin l'Ange avec lequel ils verfent çette derniere. 1. partie , pag*
- *3- f ' '
- Guéridon , efpece de petite table d’une forme circulaire, fupportée fur un pied droit. 3. part. fia. 3 , pag. 97 2.
- Guéridon à /’Angloife, ( efpece de ) dont la table a un mouvement horizontal. 3. pan, fâl.j , pag. P73.
- Gueule de Loup. On nomme ainfi l’ouverture du milieu d’une croifée, dont le battant meneau eft fouillé en creux fur le champ y pour recevoir le petit battant de l’autre chaflîs qui y entre tout en vie. 1 .part.p. 90I & 96.
- On fait quelquefois les ouvertures des portes-cochères à gueule de loup, ce qui eft d’un très bon ufage.
- Guichet, petite porte qu’on fait ouvrît dans le vantau d’une porte-cochere ou autre* ï. part. pag. 122» bis.
- On donne aufïi ce nom aux volets des croifées. Voyez Volets.
- Guillaume, outil compofé d’un fer & d’uii fût mince Ôc long. Cet outil différé des varlopes ôc des rabots, encequefon fer, qui eft d’une forme femblable à celle d’une pelle à four, affleure en dehors des deux côtes de fon fût, ce qui rend cet outil propre à faire des angles rentrants. Les Guillaumes prennent différents noms, félon leurs formes Ôc ufages. On les nomme Guillaumes courts y debout 7 cintrés , à navette y ù’c. 1. part, page
- 7S-
- Guillaume de coté, outil à fût, dont le fer eft placé perpendiculairement ôc un peu en biais furl’épaiffeur, afin qu’il coupe furie
- B if
- p.1285 - vue 256/376
-
-
-
- 12%6 Table Alphabétique y ou Vocabulaire
- côté, ce qui eft l’unique deftination de cet outil, i. part, j?age 85.
- Guillaume a plate-bande, outil qui différé des Guillaumes ordinaires , en ce qu’il a un conduit en deffous, & que fon fer, qui eft placé un peu de biais fur l’épaiffeur, eft arrondi fur le coin ; de plus, cet outil a un fécond fer qui forme un filet fur le devant de la plate-bande, i .part. pag. 8p.
- Guimbarde y outil compofé d’une piece de bois d’une largeur capable d’être tenue d’une main par chaque bout, au milieu de laquelle eft placé un fer un peu de pente, & d’une épaiffeur capable de réfifter à l’effort de cet outil. Son ufage eft de fouiller des fonds parallèlement au-deffus de l’ouvrage. 2. part, pag. 281, ôc 3. part. feB. 3 , pag. 841.
- Guimpe ou Guimbé. On appelle Doucine guimbée, celle dont la baguette eft plus élevée que le bas du devant du talon ou bou-vêment.
- Guinguin, petit panneau de parquet. 2* part, page 15p.
- H.
- Habillure. Par ce terme, les Treillageurs entendent une efpece de joint fait en flûte , c’eft-à-dire, diminué en venant à rien par fon extrémité. 4. part, pag. 1117 & 1131,
- Happe. Voyez Vis ou Prejfe à main. 3. part. JeB. 3 , page 849 & 8yo.
- Hélice , figure géométrique ; c’eft une ligne circulaire qui tourne fur elle-même en rampant autour d’un cylindre ou d’un cône. 2. pan. pag. 304.
- 0 Hélice. On nomme ainfi un plafon^rampant, faifant le deffous d’un efcalier cintré par fon pkn. 2. part. pag. 337.
- Helice. On nomme ainfi les petites volutes d’un chapiteau Corinthien. 4. part. pag. 1062.
- Hêtre, bois François , plein, de couleur blanche , d’ufage pour le Meuble. 1. part, pag. 26. 3. part. JeB. 2, pag. 603.
- Hotte , terme dont fe fervent les Menuifiers en Meubles, pour exprimer un doffier de fiége qui eft cintré fur le plan, & incliné ou évafé fur la hauteur. 3. part. feB. 2, pag
- 534.
- Houx, bois de France très-plein, de couleur blanche, d’un très-grand ufage en Ebé-nifterie. 3. part. f&B. 3 , pag. 785.
- Huile de foufre, acide moins violent que i’efprit de nitre , mais dont on fait également ufage pour brunir le bois. 3. part. feB. 3>pag. 882.
- Huiferie, bâtis de charpente ou de Menui-ferie , qu’on pofe dans les cloifons pour fer-vir de baye aux portes. 1. partie, pag. 1148.
- Hyperbole, courbe & furface qui font données par la coupe d’un cône , parallèlement a fon axe* 1, part. pag. 13.2, part. pag. 2£§.
- I.
- If, bois de France, très-dur, de couleur rouge mêlée de brun & de jaune, d’ufage en Ebénifterie. 3. pan. JeB. 3 , pag. 78 f.
- Impériale, partie fupérieure d’une voiture à trois cintres. Voyez l’Article Pavillon.
- Impofte, traverfe d’un dormant de croifée; laquelle fépare les chaffis du bas d’avec ceux du haut. 1. part. pag. 93.
- On appelle encore de ce nom les traverfes ou pièces ornées de moulures, qui paffent au nuddu cintre d’une porte-cochere, ou qui régnent feulement au-deffous de la retombée de l’archivolte d’un cintre. 1 .part. pag. 1 & fuiv. 4. part. pag. 10
- Imprimerie de Cabinet, ( defcription d’une ) ôt de toutes les pièces qui y font néceffaires. 3. pan. feB. 3 , pag. 964,
- încruftation. Les Ebénifles entendent par ce terme, l’aâion de creufer dans la furface de l’ouvrage, les places que doivent occuper les pièces des compartiments, ou les ornements de. mofaïque, & de les y coller. 3. part. feB. 3 , pag. 832. 883 & 891.
- Inde (bois d’) ou de Campêche, de couleur rouge, brillant, glacé de jaune. Il fert à l’Ebénifterie ôt à la Teinture. 3. part. feB. 3* V^g. 777*
- Indes. ( bois des ) Sous ce nom on comprend tous les bois étrangers propres à l’E-bénifterie : leurs différentes efpeces, qualités, couleurs &: odeurs. 3. part. feB. 3 , pag. 768 & fuiv.
- Indigo, cendre bleue, provenante des feuilles d’une plante qui croît dans l’Amérique & dans l’Indoftan ; fon ufage pour la teinture des bois. 3. part. feB. 3, pag. 794.
- Inver fable, efpece de voiture où la portière eft par-derriere. 3. part. feB. 1 ,p. $62.
- Ionique; ( Ordre) c’eft le fécond des trois Ordres Grecs. Il fut inventé par les Ioniens, Grecs d’Afie. Le fameux Temple d’Ephefe étoit décoré de cet Ordre, qui eft aufli nommé Ordre moyen, parce que fa forme, ou , pour mieux dire, fon expreffion eft moyenne entrecelle.de l’Ordre Dorique ôc celle de l’Ordre Corinthiennes formes Ôc fes proportions. 4.part. pag. 1050.
- Ioniques, ( chapiteaux ) de deux efpeces 3 l’un qu’on nomme Antique, qui a deux de fes faces diffemblables, ôc dont le tailloir eft quarré; ôc l’autre qu’on nomme Moderne } dont les quatre faces fontfemblables, & dont le tailloir eft creux des quatre côtés , ôc fes angles abattus. 4.part.page 1058.
- ivoire, fubftance offéufe , provenante des défenfes de l’Eléphant. Il y a deux fortes d’ivoire, le blanc & le verd ; te dernier eft le plus eftimé, parce qu’il ne change pas aifément de couleur. 3. part. feB. 3 , pag.
- p.1286 - vue 257/376
-
-
-
- de VArt du
- J.
- Jacaranda, efpece de bois dur, dont la couleur eft mêlée de blanc ôc de noir. Il croit aux Indes orientales. 3. part. fie 61. 3 , pag. 777-
- Jaîouftes. On nomme ainft de petits treillis de bois faits pour boucher des ouvertures quelconques, de maniéré qu’on puiffe voir au travers fans être vu de dehors , du moins que de très-près, telles que font, par exemple, les Jaloufies d’un Confeflionnal. 2. part. pag. 237.
- Jaloufies de voitures , à peu-près fembla-bles à celles des croifées. On les met à la place des glaces aux voitures de campagne. 3. part.feff. 1 9pag. $06,
- Jarret. Par ce terme on entend tout point qui s’éloigne d’une ligne courbe quelconque, foit en dedans , foit en dehors ; c’eft pourquoi les Menuifiers difent qu’un cintre jarre tte9 lorfqu’il s’y trouve des inégalités ou des xeffauts dans fon contour. 2. part. pag. 303.
- Jaune ou Fuftoc ^ bois de couleur jaune, approchant de celle de l’or. Il croît aux Antilles ; c’eft le même que le Satiné jaune. 3.part. feâl. 3 , page 777.
- Jean de Vérone , Reftaurateur de l’Art de FEbénifterie en Italie, 3.part.feêï.s , p. 763.
- Jet-dé eau ^ traverfe du bas des chaftis de croifées, laquelle les excede en dehors en forme de doucine, pour rejetter l’eau au-delà de la feuillure de la piece d’appui du dormant. 1. part, pag. 97.
- Joint. Voyez AJfemblage.
- Joue, épaiffeur de bois qui refte de chaque côté des mortaifes, ou entre deux, quand il y en a deux à côté l’une de l’autre , comme dans le cas d’un aiTemblage double. On dit aufli, par la même raifon, Joue d'une rainure , &c.
- Jumelles. On nomme ainft les deux principales pièces qui forment le deffus d’un banc ou établi de Tour. 3. part.Jeôl. 3, pag. 903.
- Jumelles. On donne ce nom aux deux principaux montants d’une preffe d’imprimerie en Lettres ou en Taille-douce, 3. part. feêl. 3 > P*g- 966.
- Jupiter, (trait de ) efpece daiTemblage propre au rallongement des bois, ainft nommée à caufe que cet aiTemblage, vu de profil, eft à peu-près difpofé comme on repréfente la foudre. Cet aiTemblage eft très-folide, & fe fait de différentes maniérés. 1. part, pag. 47.
- L.
- Laine à débouillir. Ce font des écheveaux de laine teinte en rouge, dont on tire une eau propre à teindre les bois. 3. part. fefî. 3, pag. 794.
- Menuijier. ^ 1287
- Lambourdes, pièces de bois de 2 à 3 pouces de gros, qu’on feelie ôc arrête fur le plancher pour porter le parquet. 2. part. pag*
- r
- Lambris. Sous ce nom, on entend toute efpece de Menuiferie fervant au revêtifle-ment des Appartements. On diftingue deux fortes de Lambris, l’un d’appui, qui n’a que 2 à ?, ou tout au plus 4 pieds de hauteur , ôc l’autre dont la hauteur égale celle de la piece dans laquelle il eft pofé. 2. part. pag* 164 & Juiv.
- Languette 9 partie excédente obfervée fur le champ ou épaiffeur d’une piece de bois, pour pouvoir entrer dans fe rainure d’une autre piece, à laquelle rainure il faut qu’elle foit égale, tant en épaiffeur qu’en profondeur, afin de faire des joints folides* Voyez les Articles Rainures, Joints, Bouvets ôc Pan* neaux.
- Lapiré, bois de bonne odeur , de couleur rouge Ôc jonquille. 3. part. fecl. 3, part. 777.
- Laque 3 c’eft une efpece de gomme ou réfine de couleur rouge, dont on fait ufage pour polir l’Ebénifterie. 3.pan. feâl. 3 ,pag. 839.
- Larmier, partie lifte ôc Taillante d’une corniche ; diverfes fortes de Larmiers. 4. part, pag. 1042.
- Latte. On fe fert de Lattes de chêne pour faire des ouvrages de Treillage qui n’ont pas befoin de beaucoup d’épaiffeur. Ces ouvrages fe nomment frifages, d’où les Lattes prennent le nom de Lattes de frifages. 4. part, pag. 1107.
- Laurier aromatique. Voyez Inde•
- Levier. Voyez les Articles Meule Ôc Tire-filet. 3. part. feâl. 3. Voyez aufli Chevalet« 4. part. pag. 1111.
- Liberté, outil de Cannier, qui n’eft autre chofe qu’un brin de canne qui leur fert à monter. 3. part.fe B, 2 , pag. 632.
- Lieux a P Angloife , ou Cabinet d’aifance , dont la eonftruêlion eft prefque toute du reflort du Menuifier. 2. part. pag. 203.
- Ligne, trait fimple tracé fur l’ouvrage. Est Géométrie, une ligne eft confidérée comme n’ayant ni largeur ni profondeur, mais feulement de la longueur, ôc on donne différents noms aux Lignes , félon leur forme ÔC leur fituation ; c’eft pourquoi on dit Ligne droite, Ligne courbe, Ligne mixte, Ligne {pirate , Ligne perpendiculaire ou d* à-plomb 9 ( ce qui eft la même chofe, ) Ligne horizontale ou de' niveau , Ligne diagonale, Ligne tangente 9 Ligne fécante , &c. i.part. pag. 3.
- Lime, outil d’acier trempé, dont la furface eft fillonnée en divers fens, pour pouvoir em tamer les métaux & les bois durs. Il y a des Limes de diverfes formes ôc groffeurs , ôc la plupart font garnies d’un manche , pour pouvoir les tenir plus aifément. Il y a des Limes d’Allemagne ôc d’Angleterre : elles different entr’elles tant par la forme, que par la ma*
- p.1287 - vue 258/376
-
-
-
- 12 S 8 Table Alphabétique
- niere dont elles font taillées. 3. part.fe6l. 3, pag.93S-
- Limons ou Echifres , pièces rampantes dans lefquelles les marches d’un efcalier viennent s’affembler. 2. part. pag. 422.
- On nomme faux-Limon, une piece rampante pofée contre le mur , laquelle ne reçoit pas le bout des marches , comme le vrai Limon , mais qui eft découpée pour les porter en deffous , Ôt en appuyer les contre-marches. 2. part. pag. 423.
- Liftel , partie plate ôt failiante, dont on accompagne quelquefois le derrière des moulures. 1. part, pag. 44.
- Lit ou Couchette, autrement dit Bois de lit. Par ce terme, on entend la partie de Menui-ferie fur laquelle on place des matelas, Ôte. Lit à la Franpoife ou à la Duchejfe , Lit à la Polonoife , Lit à rItalienne 9&c. 3. part.fsB.
- 2 , pag. 663 & 681.
- Lit de camp. Voyez Brigantin ou Lit de campagne.
- Lit de repos, efpece de petit Lit à un ou deux chevets, à l’ufage des gens riches. 3. part.feB. 2 , pag. 691.
- Lit defangle, efpece de Lit portatif, com-pofé de deux chaflis difpofés en X. 3. part. Je6l. 2 9pag. 688.
- Litiere, voiture portée par des chevaux ou des mulets , laquelle peut contenir deux perfonnes aftifes vis - à - vis l’une de l’autre. Ces fortes de voitures ne fervent que pour faire des voyages dans des pays montueux > ou bien à tranfporter les perfonnes malades. 3. part. fe6f. 1 , pag. 385*.
- Lofange , efpece de petit panneau quarré , placé fur la diagonale, ôt qu’on affemble dans les feuilles de volet, dans le milieu des plafonds des pilaftres , ôte. 1. part. pag. ni.
- Loupes. On nomme ainfi les excroiffances, les nœuds ôt les racines de différents bois, comme le buis, l’érable ^ Ôt fur-tout le noyer : elles font d’un grand ufage en Ebénifterie.
- 3. part, fe61. 3 , pag. 785.
- Lumière ; c’eft une cavité pratiquée dans le fût d’un outil, pour y placer le fer, ôt pour faciliter la fortie du copeau. 1. part, page $2.
- Lunette. On nomme ainfi une ouverture percée dans une voûte , ou, pour mieux dire, la jouée que fait cette ouverture dans la voûte , où elle forme des arêtes à la rencontre des deux cintres. Quand cette ouverture eft aufli haute que la voûte qu’elle rencontre , elle change de nom ; ôt alors on dit que c’eft une voûte d’arête. 2. part, page 313.
- 4. part, page 1082. Voyez Voûte d’arête.
- Lunette, petite trappe percée d’un trou
- rond, qu’on pofe au-deffus des cuvettes des Commodités à l’Angloife, ôt dans les chaifes percées. 2. part, pag. 204. 3. part. fe6h 2 , pag. 663.
- , ou Vocabulaire
- M.
- Mâchoires ou Mords. Oïl nomme ainlî les deux côtés d’un étau, foit de fer ou de bois. Voyez Etau.
- Les Treillageurs appellent Mâchoire, une équerre de fer placée fur le devant du dref-foir. Voyez Drejfoir.
- Maille. Les Menuifiers appellent le lois refendu fur la maille, lorfque les refentes ont été faites félon la direction des rayons de l’arbre, ce qui ne peut être exa&ement vrai, qu’à trois ou quatre pièces dans un même arbre. 1. part, page 33 & fuiv.
- Maillet, morceau de bois de frêne ou de charme, dans le milieu de la longueur duquel eft placé un manche fervant à en faire ufage. Cet outil eft très-néceffaire aux Me-, nuifiers pour la conftru&ion de leurs ouvrages , Ôt eft préférable au marteau de fer, parce qu’il ne meurtrit pas l’ouvrage , ôt ne caffe pas les manches des outils, 1, part. page 37.
- Mailles. On nomme ainll les vides que forment les compartiments de Treillage. Il y a des Mailles quarrées, d’oblongues, de lofange s , ôte, 4. part, page iopB.
- Malandres, défauts de bois ; ce font des veines de bois rayées ôt blanches, qui tendent à la pourriture. 1. part. pag. 23.
- Manchette, partie de l’accotoir d’un fauteuil , qu’on garnit d’étoffe, ôt qui s’enleve quelquefois. 3. part, fe61. 2 , pag. 638.
- Mandrins, outils ordinairement de bois 3 fur lefquels on place quelquefois l’ouvrage qu’on veut tourner. 3. pqyt, fe6l. 3, pag.
- pop.
- Mantelets; rideaux de cuir ou d’étoffe, placés au deffous de l’impériale des corbillards, pour les fermer au befoin. 3. part, feci. 1 , pag. 462.
- Marche. On nomme ainft la piece de bois d’un efcalier, fur laquelle on pofe le pied pour monter ou defeendre ce dernier; ôc contre-Marche, celle qui eft pofée verticalement , ôt qui fait par conféquent le devant de la marche. 2. part, page 420, & fuiv.
- Marche. Voyez Pédale.
- Maronnier, bois originaire des Indes orientales , blanc ôt 'très-mou, peu d’ufage pour les ouvrages de Menuiferie.
- Marque ; ( échalat de ) c’eft un échalat ou toute autre tringle de bois, fur laquelle les Treillageurs tracent les divifions de hauteur de leurs Treillages. Ils nomment de même Latte de marque, une tringle fur laquelle font tracées les divifions de largeur de ces mêmes Treillages. 4.part.pag. 1138.
- Marquer l’ouvrage. Par ce terme les Menuifiers entendent l’aêlion de le tracer fur le plan. 2. part.pag. 277.
- Marqueterie, ( ouvrage de ) Sous ce nom 3
- p.1288 - vue 259/376
-
-
-
- de rArt du
- les Ebéniftes entendent les ouvrages de pla-cage , dans la conftru&ion defquels ils emploient avec le bois ôc l’écaille, les différents métaux, comme le cuivre , Fétain, Ôcc. 3. part, fefî. 3 , pag. £82.
- Marqueterie, ou Ebénijlerie à compartiment. V oyez F lac âge.
- Marteau, outil trop connu pour en faire la defcription ; d’ailleurs ceux des Menuifiers ordinaires n’ont rien de particulier.
- Marteau à plaquer. Il ne fert qu’aux Ebéniftes, ôc différé des autres Marteaux, en ce qu’il a la pane très-large ôc mince, ôc quelquefois cintrée. 3.part.feB, 3y pag• 848.
- Marteau de Treillageur, Il différé des Marteaux ordinaires par la forme de fa tête, qui eft ronde ôc menue ; fa pane eft auffi menue Ôc applatie , ôc fon manche long d’environ un pied. 4. part, pag. 1108.
- Majfe, faire de la Menuiferie en majfe ou en plein bois. Par ce terme on entend toute ef pece d’ouvrage qui n’eft point fait d’affem-blage, ôc dont les champs ôc les panneaux font pris dans un feul morceau de bois, ou, pour mieux dire, dans plufieurs morceaux collés les uns furies autres. 2. part,pag, 314.
- Majfe, inftrument propre au jeu de Billard. 3.part,feff,2, pag, 710.
- Majfe ; c’eft un très-gros marteau de fer qui fert aux Treillageurs pour enfoncer des pieux ou poteaux en terre. 4. part, pag,
- 110p.
- Majfif, partie inférieure d’un buffet d’Or-gues. 2. part. pag. 247.
- Maflic. On nomme ainfi toute compofi-tion tenace ôc coagulante, laquelle fert à fixer ôc arrêter diverfes matières, foit minérales ou métalliques, ou enfin fa&ices, comme les verres ôc les émaux, Ôcc. On fait différentes fortes de Maftics, félon les différentes matières. i.part.feÏÏ. 3, pag. $92.
- Matinage. Par ce terme, les Treillageurs entendent l’a&ion de donner aux copeaux avec lefquels ils font les ornements ou les fleurs, la courbure qui leur eft néceffaire. 4.part, page 1124.
- Meche, petit outil de fer fervànt à faire des trous. Il y a des Meches de différentes groffeurs, ôc qui prennent différents noms félon leurs formes ôc ufages. 1. part, pag. 8p, & $.part,fe6l. 3 , pag. P41.
- Membrures, pièces de bois de 3 pouces d’épaiffeur, fur 3 à 6 pouces de largeur, ôc depuis € jufqu’à 13 pieds de longueur. 1. part. pag. 28 & 29.
- Meneaux. ( battants ) Ce font les battants de milieu du chaffis d’une croifée, qui portent les côtes, ôc dans lefquels on creufe la gueule de loup. 1. part. pag. p6.
- Manfardes, croifées qui ouvrent à cou-liffe : elles tirent leur nom de l’étage en man-farde où elles furent d’abord employées, r. part. pag. 114*
- Treillageur;
- Menuijict*
- Menuiferie j Art méchanique > qui à pour objet la conftruâion des ouvrages faits en bois , excepté ceux de la Charpenterie, donc la Menuiferie faifoit une branche autre* fois. Il y a cinq fortes de Menuiferies ; fa* voir, Menuiferie de Bâtiment, Menuiferie en Voitures , Menuiferie en Meubles, Ebé-nifterie Ôc Menuiferie des Jardins. Voy. ces Articles. 1. part, pag. 1 & 2.
- Merin ou Greffon. On nomme ainfi du bois de chêne ou de châtaignier , qui n’a pas été refendu à la fcie, mais au coûtre ; ce qui oblige à choifir ce bois bien de fil. 1. part. pag. 24..
- Merifier, bois de France à peu-près fem-blable au cérifier, d’un grand ufage en Ebé* nifterie. 3. part.Jeff. 3 , pag. 783.
- Métiers à broder. Il y en a différentes efpeces , tant à pieds qu’à mettre fur les genoux. 3. part.feël. 3 , pag. & fuiv.
- Métier à filet, petit métier compofé d’une table, au milieu de laquelle eft placé un petit pied qui porte un axe de bois, aux extrémités duquel eft arrêté un cylindre fur lequel on attache l’ouvrage. 3. part, fe51. 3 3 pag'9f 3* v
- Métier à tambour ] efpece de métier à bro-4 der compofé de deux cercles de bois , dont un, qui eft monté fur un pied, a un mouvement vertical, ôc l’autre, dans lequel entre le premier, a un mouvement horizontal. 3. part.feffi. 3 , pag. p6o.
- Métopes. On nomme ainfi les parties de là frife Dorique, comprifes entre les triglyphes. Les Métopes doivent toujours être quarrées , c’eft-à-dire , avoir autant de largeur que de hauteur. 4. part. pag. 1048.
- Meubles des Anciens, peu connus : Meubles anciens par rapport à nous, en petit nombre Ôc peu connus. 3.part.feff. 2,pag. 604.
- Meubles de différentes efpeGes ; Meubles à bâtis, Meubles à bâtis ôc à panneaux, autrement dit gros Meubles. 3. part. Jefî. 2 , pag. 600.
- Meule ; ( la ) c’eft un difque de grès percé à fon centre pour y placer un arbre de fer dont le bout eft terminé par une manivelle 3 le tout eft placé fur une auge de bois, de maniéré que la Meule puiffe tourner fur elle-même pour affûter les outils. 3. part, feël. 3 , pag. 806.
- Miféricorde, petit fiége en forme de cul-de-lampe , attaché au-deffous du fiége d’une ftalle, ôc dont on fait ufage quand ce der^ nier eft relevé. 2. part, page 223.
- Mobile. ( Menuiferie ) Sous ce nom on entend la Menuiferie qui a pour objet là conftru&ion des ouvrages ouvrants, comme les portes, les croifées, ôcc. 1 .part.pag. u
- Modillon, efpece de petite confole, ou, pour mieux dire , de partie faillante ôc contournée, qui femble foutenir le larmier
- c *5
- p.1289 - vue 260/376
-
-
-
- ïapo Table Alphabétique
- fupérieur d’une corniche. 4.part. pag. 1051.
- Module ou mefure fervant à régler les di-rnenfions des différentes parties d’un Ordre d’Archite&ure. Le Module doit toujours être égal ou à demi-diametre de la colonne.
- 4.part. pag. 1044.
- Molet, petit morceau de bois dur de 2 à 3 pouces de long , où on fait une rainure , dans laquelle on fait entrer les languettes des panneaux, pour voir fi elles font juftes d’é-paiffeur, ce qu’on appelle mettre les panneaux au Molet. 1. pan. pag, 87.
- Montant. On appelle de ce nom toute piece de bois placée perpendiculairement. Les Montants different des battants, en ce que leur extrémité eft terminée par des tenons : les Montants prennent, ainfi que les battants, différents noms , félon les ouvrages auxquels on les emploie. On dit, par exemple , Montant de dormant, de croifée, de lambris , de parquet, &c.
- Monter, terme de Canniers, qui fignifie la fécondé opération qu’ils font pour garnir les fiéges de canne, 3. part. fe5f. 2, page 632.
- Montre à3un Orgue. On nomme ainfi toute la partie fupérieure de cet inftrument, dans laquelle les tuyaux font apparents. 2. part, pag. 247.
- Mordache. On nomme ainfi un morceau de bois refendu fur fon épaiffeur Ôc dans une partie de fa longueur , lequel fe place entre les mâchoires d’un étau, pour faifir l’ouvrage que ces dernieres pourroient meurtrir. 3. part, fe51. 3 , pag. .933.
- Morefque9 efpece de mofaïque compofée de deux efpeces de bois feulement, dont l’un fait le fond, ôc l’autre les ornements de l’ouvrage. 3. part. fe5l. 3 , pag. 85)2.
- Mortaife ou Mortoife , cavité pratiquée dans l’épaiffeur d’une piece de bois, pour recevoir le tenon d’une autre piece, par le moyen duquel les deux pièces tiennent en-femble , foit en formant fur leur champ un angle droit, ou de toute autre ouverture, si.part. pag. 45’.
- Mofaïque, efpece d’Ebénifferie, par le moyen de laquelle on repréfente les fleurs, les fruits, &c. On l’appelle aufli Mufaïque ou ouvrage infpiré par les Mufes. 3. part.feôf.
- 3 3 PaS> 76$ & 866.
- Mouchette, outil à fut, dont l’ufage eft d’arrondir l’ouvrage, ôc dont, par confé-quent, le fer eft affûté en creux. 1. part, pag. 84.
- Il y a encore une autre efpece de Mouchette qu’on nomme Mouchette à joue, laquelle différé de celle dont je viens de parler, en ce qu’elle a deux joues à fon fût, our appuyer deffus ôc contre la piece de ois qu’on travaille. L’ufage de ce s Mou-chettes eft de former ôc d’arrondir les baguettes. 1 .part. pag. 8y.
- Mouffle. On appelle ainfi deux morceaux
- , ou Vocabulaire
- de bois creufés dans le milieu de leur largeur , avec lefquels on embraffe la tige du fer à chauffer. 3. part. fect. 3, pag. 849.
- Moule à mouler le bois de placage & /’écaille ; ce font des morceaux de bois creufés en contrefens l’un de l’autre, entre lefquels on met le bois ou l’écaille après l’avoir échauffé au degré convenable. 3 part.feB. 3.pag. 85 <5. & 1009.
- Moule , outil de Treillageur ; c’eft un morceau de bois arrondi fur le bois de fil, dont l’extrémité eft diminuée pour pouvoir le tenir plus aifément ; le côté du Moule eft fendu pour recevoir l’extrémité du rond qu’on tourne deffus , pour l’affujétir à un diamètre donné. 4. part. pag. 1118.
- On fait aufli des Moules creux qui font préférables à ceux ci-deffus, ôc fervent au même ufage , c’eft-à-dire, à fixer la grandeur des ronds. Ibid. pag. mp.
- Moule à entailler les ronds ; c’eft un morceau de bois creufé pour recevoir les ronds qu’on y arrête : aux deux côtés de ce Moule , font des entailles difpofées comme doivent être celles des ronds, qu’on fait très-régu-liérement d’après ces dernieres. 4. part. pag. 1121.
- Moule à mâtiner au feu ; c3eft un morceau de bois rond, fur lequel les Treillageurs appuient les pièces de boiffellerie ou toutes autres , pour les faire ployer par le moyen du feu. 4. part. pag. 1128.
- Moulures. Ce font des ornements faits fur les ouvrages de Menuiferie , fur le nud dek quels iis fai lient quelquefois, ou bien qui font faits aux dépends de fon épaiffeur ; Fat femblage de plu fieu rs Moulures forme ce qu’on appelle des profils. Voyez Profils.
- Les Moulures de Menuiferie ont différents noms, ôc font de plufieurs efpeces : ils peuvent fe tracer géométriquement. 1. part. pag. 40 & fuiv.
- - Moyeu. Les Treillageurs nomment ainfi un morceau de bois dans lequel font placées les tiges des fleurs dont ils couronnent ordinairement les vafes. 4. part. pag. 1210.
- Mûrier, bois d’Europe ôc d’Afie, de couleur tirant fur le jaune-verdâtre. 3. pan. fe5f. 3, page 7$$-
- Mu féaux. On nomme ainfi les appuis fail-lants des Halles, lefquels font arrondis par les bouts ôc ornés de moulures. 2. part, pag. 217.
- Mutules. On nomme ainfi des efpeces de modifions plats, ôc d’une forme quarrée pat leur plan, dont on orne la corniche Dori-j que. 4 .part. pag. 1048.
- Mufcadier, bois qui croît aux Indes orient taies. 3. part. fetf. 3 , page 777.
- N.
- Nacre de perle ; c’eft l’écaille d’une efpece d’huître dans laquelle fe forment les perles J
- p.1290 - vue 261/376
-
-
-
- de F Art du
- fon ufage en Ebénifterie. 3. part. fetf. 3,
- Navette. ( Guillaume à ) On appelle ainfi un Guillaume dont le fût eft diminué fur i’épaifîeur, comme une navette de Tifle-rand. î.part, pag. 73.
- JVéceJJaire. Voyez Boite de toilette.
- Niche. On nomme ainfi toute forte de renfoncement pratiqué dans une piece, lequel eft revêtu de Menuiferie , pour placer un lit* un fopha , ôcc. On appelle aufti Chambre en niche, celle dont la place du lit eft indiquée par un renfoncement fait exprès. 2. part. pag. il P 5.
- Niche. On appelle ainfi toute cavité pratiquée dans FépaifiTeur des murs, pour y placer une figure, un vafe, ôte. Il y a des Niches quarrées > Ôt d'autres demi-circulaires par leur plan ; celles qui font quarrées par leur plan , le font aufli par l’élévation ; ôc celles qui font demi - circulaires par le plan , le font également par l’élévation. 4. part. pag. 1066.
- Niche quarrée en Archive Bure. On entend par ce terme un corps faillant ôc droit, tant îur la perpendiculaire qu’horizontalement, lequel enferme les arcades , pour empêcher que leur impolie ne vienne pénétrer les pilaftres ou les colonnes placés à côté de ces ouvertures. 4. part. pag. 1068.
- Niveau de Menuijîer , efpece d’équerre de bois , dont les branches font égales , ôt qui font entretenues par une traverfe placée vers leur extrémité inférieure ; cette traverfe eft divifée au milieu de fa longueur par un fort trait qui répond à l’angle de l’équerre ou Niveau , ou eft un trou par lequel paffe un fil, au bout duquel eft attaché un plomb ; ce fil doit pafler par le milieu du trait qui divife la traverfe, pour que le defïous des branches du Niveau foit dans une fituation parallèle à l’horizon. 1. part. pag. 90.
- Niveau. ( mettre de ) Par ce terme, on entend l’aêiion de mettre un ouvrage dans une fituation parallèle à l’horizon , c’eft-à-dire > qui ne leve pas plus d’un bout que de l’autre. Voyez l’article précédent. 2. part, page 26p &Juiv.
- Nœud ou fortie d’une branche dans le corps de l’arbre, qui en rend fouvent les pièces défeêlueufes : différentes efpeces de Nœuds. i« part. pag. 2$.
- Noix , rainure dont le fond eft arrondi en creux. On appelle de ce nom le bouvet qui fait cette rainure ôc la languette qui doit y entrer. 1. part, page 91.
- Noix de galle, excrefcence qu’on trouve fur le chêne verd nommé Rouvre. Elles fervent pour teindre en noir. 3. part.feB. 3 , pag. 79 J.
- Noyer, bois de France , un des plus beaux qu’on emploie pour la Menuiferie ; fa couleur eft d’un gris cendré veiné de noir. 1.
- Menuijîèr.
- part, page 26. 3, 785.
- X2$I
- part; feâion 3. page
- Nuâ. Par ce terme les Menuifiers entendent le devant d’une partie quelconque ; ainfi ils difent que telle longueur eft prife du Nuâ du mur , du Nud du chambranle , ôcc.
- O.
- (Bfil de perdrix , efpece de bois de fer qui croît à la Chine. 3. part.feB. 3, pag. 777.
- Ogive ou Ogif, efpece de voûte gothique, compofée de plufieurs arcs de cercles, ôc formant arête au milieu de fa largeur. 2. part, pag. 361.
- Olive y efpece de moulure dont la coupe eft d’une forme à peu - près femblable à celle d’une olive ou d’un ovale très-allongé. 1. part. pag. 44.
- Olivier y bois de couleur jaunâtre, rayé de brun, qui croît en Afie ôc au Midi de l’Europe. 3.part.feB. 3 , pag. 778.
- Ombrer ( maniéré d’) les pièces de mofaï-que, ce qui fe fait par le moyen du feu ou des acides. 3, part.feB. 3 , pag. 881 & fuïv.
- Onde. On appelle ainfi les marques que font fur le bois les fers des varlopes ôc des rabots, à chaque copeau qu’ils enlevent.
- Ondes y ( outil à ) ou machine propre à onder la furface Ôc le champ des moulures. Comme cette machine eft très-compliquée, on pourra avoir recours à fa defeription. 3. part. feB. 3 , pag. 92
- Onglet. On appelle de ce nom tout joint coupé diagonalement fuivant l’angle de 43 degrés. Voyez l’Article Coupe.
- Or ; le plus beau , le plus précieux ôc le plus dangereux de tous les métaux. On ne l’emploie que dans des ouvrages de très-grande conféquence. 3. part.feB. 3, pag. 990.
- Oranger, bois de couleur jaunâtre , & blanc vers le cœur , qui eft originaire de la Chine. 3. part. Je B. 3 ,pag. 778.
- Orangeries, vaftes pièces dans lefqueîles on met les arbres qui ne pourraient pas réfif-ter au froid de l’hiver, du moins dans ce climat. 4 .part. pag. 1233.
- Ordres d3ArchiteBure Grecs ; leur caractère diftinêtif,leurs noms ôc proportions. 4.part, pag. 1041.
- Oreilles. On nomme ainfi de petits cintres qui forment ordinairement un quart de cercle ou d’ovale. Les Oreilles fe placent aux angles des traverfes, foit qu’elles foient droites ou contournées dans toute leur longueur. On fait aufli des Oreilles quarrées ; ce n’eft autre chofe qu’un angle faillant qu’on fait à l’angle d’un panneau. 1. part. pag. 144.
- Oreille-d3âne. On nomme ainfi une vouf-fure dont la partie fupérieure eft droite en devant, ôc dont le fond eft bombé en arc : elle eft de l’efpece des vouffures de Mar-feille. 2. part, pag. 324.
- p.1291 - vue 262/376
-
-
-
- 2 Table Alphabétique
- Orme, bois de France très-liant, qui n’eft guere d’ufage en Menuiferie, que pour la conftruôtion des caiffes des voitures, 3.part* fe6l. 1, pag. 468.
- Ornement. Par ce terme, les Menuifiers entendent toute forte de fculpture quelconque faite fur leurs ouvrages , foit qu’elle foit prife dans le même bois , ou qu’elle foit feulement appliquée deffus. 1. part* pag. 44. <ù*
- 2. part, pag. 280,
- Ornements de Mofaïque ; la maniéré de les découper ôc de les conftruîre. ^.part.feff.
- 3, pag. 880,
- Ofier , bois de France , tendre Ôc blanc ; qui n’eft: d’ufage que pour l’Ebénifterie. 3. part, fe 6t. 3 , pag. 7 8 6.
- OJfielet ; c’eft un écrou fait en bois 9 dont les extrémités font chantournées ôc un peu allongées pour qu’on puiffe le ferrer ôc le defferrer plus aifément. 3. paru fe6t. $9p.8o6.
- Ottomane, grand fiége qui fert à la fois de fopha & de lit de repos, i.part.fefî. 2 > pag.
- 6$ 2.
- Ourdir 9 terme de Canniers 9 par lequel ils défignent la première paffe de la canne. 3, part. fe6l* 2 , pag. 631.
- Outils de moulure. Par ce terme 9 on entend tous les outils à fût propres à [pouffer des moulures quelconques, comme les mouchet-tes, les rabots ronds 9 les congés 9 les ronds entre deux quarrés 9 les boudins à baguettes les bouvements (impies ôc à baguettes,
- Ôc les talons renverfés. 1. part. pag. 8 3 ôc fuiv. ôc chacun des Articles ci-deffus.
- Outils des Menuifiers en CarroJJes 9 a peu-près femblables à ceux des Menuifiers de Bâtiment. 3. part. fe6t. 19 pag. 473.
- Outils des Menuifiers en Meubles, peu nombreux, ôc à peu-près les mêmes que ceux des Menuifiers de Bâtiment. 3. part. fe6i. 2, page 602.
- Outils des Ebênifies 9 affez nombreux, dont une partie différé de ceux des autres Menuifiers. 3.part.jecl. 3.pag. 802.
- Outils des Treillageurs > peu nombreux , mais différents de ceux des Menuifiers pour la plus grande partie. 4. part. pag. 1107.
- Ouverture. Par ce terme on entend le vide que préfente une porte, une croifée , une niche , ôcc. Ii fe prend aufli pour faire connoître la maniéré dont les joints ou ouvertures des différentes parties font difpofés ; ainfi on dit 9 une porte 9 une croifée9 une armoire 9 érc. ouvrante à feuillure 9 à noix 9 à gueule de loup , à douane, &c* 1. part. pag.
- 90, 121 & 12p.
- Ouvertures en Architefture. Par ce terme on entend toute efpece de vides, comme ceux des portes , des croifées, des niches , &c. qui font eux-mêmes fous-entendus par leur baye ou pourtour, fans avoir aucun égard aux rempliffages de ces mêmes Quvefc> cures. 4. pan* pag* içéy.
- ou Vocabulaire
- Ove, efpece d’ornement particuliérement confacré aux quarts de rond. 4. part. p. 11 pp,
- P.
- Valette à foret ; c’eft une piece de bois garnie d’un morceau dans lequel il y a plu, fleurs trous , dans lefquels on place un de* bouts du foret pour appuyer deffus. 3. part. feft. 3 9pag. pjp.
- Palier , ou repos obfervé aux angles, ou ; pour mieux dire, à chaque révolution d’un efcalier. 2.part*pag. 433.
- Palijfade. ( treillage de ) On nomme ainfl toute partie de Treillage ifolée, ôc qui fert de féparation dans un jardin. 4. part. pag. 1137.
- Palijfandre ou Palixandre , efpece de bois violet, tirant fur le brun. Il eft très-poreux ôc de bonne odeur. 3. part. feâl. 3 , pag. 780.
- Pance 3 c’eft le nom qu’on donne à ia partie inférieure du fût d’un baluftre. 4. part, pag. 1073.
- Panne„ On appelle ainfl la partie la plus menue d’un marteau ; la Panne eft ordinairement mince ôc arrondie. 1, part. pag. 5 7. (*)
- Panneau 9 partie de Menuiferie cômpofée de plufieurs planches jointes enfemble, lequel entre à rainure ôc languette dans les cadres ou les bâtis de l’ouvrage. 1. paru page 78 & 2. part, page 171.
- On nomme Panneau arrafê, celui qui affleure le bâtis ; êt Panneau recouvert , celui qui fait faillie fur ce même bâtis.
- Panneaux propres aux voitures, faits de bois de noyer, minces ôc d’une feule piece, qu’on fait cintrer au feu, ce que les Menuifiers en carroffes appellent faire revenir les panneaux. 3. part. Je51. 1 , pag. 4p 1.
- Pans des lits, ou battants d’une couchette, dans lefquels les goberges font affemblées. 3. part, fe61. 2 , pag. 666.
- Paphofe 9 grand fiége ou lit de repos. Voy. Ottomane.
- Parabole, courbe ôc furface donnée par la coupe d’un cône, faite parallèlement à un de fes côtés. 1. part. p. 13 ,2. part* pag. 2p8.
- Paravent, efpece de meuble à bâtis, com-pofé de plufieurs feuilles jointes enfemble par des charnières. 3. part. fe6t. 2 , pag. 742.
- Parclaufes9 petites traverfes minces qu’on rapporte aux pilaftres ravalés.
- Parclaufes ou Confoles. On nomme ainfi les montants chantournés qui fervent à fépa-rer les dalles. 2. part. pag. 221.
- Parquets. Ce font des parties de Menui-ferie compofées de bâtis ôc de panneaux arrafés les uns avec les autres, ôc difpofés félon différents compartiments. Il y a de deux fortes de Parquets , les uns qu’on applique dans le devant ôc au bas des portes-
- (*) Il y a , dans le , UBÇ &UÎÇ ea cet endroit ; ou
- l Ut «w i3ms%À
- çoch^res *
- p.1292 - vue 263/376
-
-
-
- de VArt du
- cûcheres, ôc les autres qui fervent à revêtir les aires ou planchers des appartements, i. part, pag, 123 bis, & 2. part, p, 154 & fuiv.
- Parquet de glace. On nomme ainfi la Me-nuiferie qui porte les glaces de cheminée, ôcc. Ces fortes de Parquets font compofés de panneaux ôc de bâtis , auxquels ces derniers défaffleurent. 2. part. pag. 176.
- Parement. Par ce terme, les Menuifiers entendent la face apparente de leurs ouvrages ; c’eft pourquoi iis appellent Ouvrage à double parement, celui dont les deux côtés font apparents, ou, pour mieux dire , qui eft travaillé des deux côtés.
- Patin. On appelle de ce nom toute piece fervant à porter quelque chofe ; c’eft pourquoi on nomme ainft les plinthes qui portent tesftalles, ôc dans lefquelles elles font affem-blées, 2. part. pag. 220.
- Patin, forte piece de bois dans laquelle on affemble les pieds des bancs de jardins fie autres. 4.part.pag. 1227.
- Parpin ou maffif de pierre, fur lequel on éleve quelquefois les ouvrages de Treillage.
- 4.paft.pâg. ï 142.
- Partie. Dans les ouvrages de Marqueterie où on emploie les métaux, on nomme ainft celle où ces métaux forment les ornements de l’ouvrage, ôc le bois, ou plus communément l’écaille , le fond ; fit quand, au contraire, ce font les métaux qui forment le fond de l’ouvrage , ôc l’écaille les ornements , on dit que c’eft de ïouvrage en contrepartie. 3. part.feCt. 3 ipag. 1014.
- Patte , efpece de clou dont l’extrémité eft applatie fie élargie en forme d’ovale, fie percé d’un ou deux trous pour l’attacher contre l’ouvrage. 2. part. pag. 261.
- Patte 5 c’eft la partie mobile d’un fergent. Voyez cet Article.
- Pavillon. On nomme ainft la partie fupé-rieure d’une caiffe de voiture ; quelquefois on appelle les Pavillons Impériales, quoiqu’il y ait de la différence de l’un à l’autre. 3. part. feft. 1 , pag. 467 ^ y 27 &fuiv.
- Pavillon de lit. Voyez l’Article Ciel de lit. -Peau de chien ; c’eft la dépouille d’un poif-fon nommé Chien marin ; cette peau eft par-femée de petits grains terminés en pointes, ce qui la rend propre à polir le bois. Le côté de la tête eft le plus rude de la peau ; la queue fit les nageoires, appeliées, par les Ouvriers, oreilles, font les parties les plus douces , ôc fervent à terminer l’ouvrage, il. part, page 88. 3. part. feÏÏ. 3 , page 8yp.
- Pédale ou Marche ; ce n’eft autre chofe qu’un morceau de bois fur lequel on pofe le pied pour faire mouvoir foit une meule, le tour, le levier d’un âne ou d’un chevalet, &c. Voyez ces différents Articles.
- Peigne ; {tenon à) c’eft un tenon de rapport qu’on colle dans des traverfes, foit
- Treillagevr*
- Menuijïer«
- droites ou cintrées. Ces tenôfts ont des goujons de leur épaiffeur, qui entrent dans l’é-paiffeur des traverfes, ce qui leur a fait donner le nom de Tenons à peigne. 1. part. pag.
- 49. 2. part. pag. 40p.
- Peigne Ou Herfe. On appelle ainfi les extrémités des échalats de Treillage, qu’on fait entrer dans la terre, ou bien qui lurpaffent la derniere latte du haut de ces mêmes Treillages ; dans ce dernier cas, on les termine en pointes. 4. part.page 1142.
- Peinture en bois. Voy. Mofaïque.
- Pelle-à*cul, efpece de Chaife de Jardins, dont le deffus du fiége a la forme d’une pelle* 4. part. pag. 1224.
- Pendentif ou quem de paon. On nomme ainft la retombée d’une partie de voûte, qui, d’un plan quarré ou à pans, vient regagnée un pian circulaire dont la circonférence paffe en dedans du premier. 4. part. pag. 1083.
- Pendule. ( boîte de ). On nomme ainft des caiffes ou chaffîs de Menuiferie ordinaire , ou plusfouvent d’Ebénifterie, dans lefquels on place des horloges de moyenne grandeur, nommées Pendules, lefquelles ont donné leur nom aux boîtes dans lefquelles elles font placées. 3. part. feCt. 3, pag. ppy.
- Pénétration. Par ce terme on entend l’action par laquelle un corps entre dans un au* tre , foit en tout ou en partie, fit la connoif-fajice de la courbe que forme l’approximation ou les points d’attouchement de ces deux corps. La fcience de la pénétration des corps eft très-néceffaire aux Menuifiers. 2. part, pag 3 07.
- Pénétration en Architecture. On entend," par ce terme , l’a&ion, ou, pour mieux dire, le défaut qui réfuite de l’approximation dé deux corps , dont les membres Taillants entrent les uns dans les autres, foit en tout ou en partie. Les pénétrations font un grand vice en Architecture, Ôc on doit faire tout fon poflible pour les éviter. 4 part.pag.1068.
- Pente. Les Menuifiers entendent par ce terme l’inclinaifon qu’ils donnent au fer de leurs outils. On dit encore la pente d'un joint, &c. 1 part.pag. 62,
- Perçoir ; c’eft un petit outil à manche, dont le fer, long de 2 à 3 pouces, eft aigu Ôc d’une forme applatie par fa coupe, de forte qu’elle préfente deux arêtes qui coupent les fils du bois lorfqu’on l’enfonce dedans pour y faire un trou. 3. part. feât. 3 , pag. $>o 1, dr 4. part. pag. 110p.
- Perroquet ou Chaife ployante, efpece de fiége de campagne. 3. part.feB. 2 , pag. 6Sp.
- PerfpeCHve, Art qui a pour objet de re-préfenter, Ôc cela par le moyen du deflin ou de la peinture, différents objets, non pas tels qu’ils font, mais tels qu’ils paroiffent à notre vue. Cet Art eft néceftaire aux Ebéniftes ; la maniéré de l’exécuter en bois de rapport. 3, part, feét* 3 > pag. $67 & fuiv.
- D 15
- <
- p.1293 - vue 264/376
-
-
-
- X2_94 Table Alphabétique
- Perfiennes ; ce font des efpeces de jalou-fies qui n’ont pas de bâtis, mais qui font faites avec des lattes attachées à certaine diftance les unes des autres, avec des rubans de fil, Ôc quon fait mouvoir par le moyen • de plufieurs cordes qui paffent au travers, ii .part.pag. ioy.
- Pétales, ce font les feuilles colorées qui forment la partie la plus apparente des fleurs. 4* part» pag. 121p.
- Petits bois. Voyez Croifilions»
- Peuple , bois de France, très-mou , d’un blanc un peu roufsâtre. Il n’eft guere d’ufage que pour le dedans des voitures. 5.part.feft.
- 1 j Pag't 469*
- Phaèton 3 voiture deftinée à la promenade feulement, laquelle n’a pas d’impériale. 3. part, Jeôl. 1 , pag. y 80.
- Piece quarrèe, efpece d’équerre pleine, propre à vérifier fi l’ouvrage eft affemblé quarrément. C’eft aufli une des pièces qui entrent dans la conftru&ion du parquet. 1, pan. pag. 87.
- Piece d'appui. On appelle ainfi la traverle du bas d’un dormant de croifée. Différentes maniérés de faire les pièces d’appui. 1. part. pag. 92.
- Piece-onglet ; c’eft une de celles qui com-pofent le bâtis d’une feuille de parquet : elle eft coupée d’onglet par les deux bouts. 2. part.pag. 14 9.
- Piece. Sous ce nom , les Treillageurs entendent une bûche, foit de châtaigner *ou de frêne, qui eft fans nœuds ôc bien de fil, afin de pouvoir la fendre en parties aufli minces qu’ils le jugent à propos. 4. part. pag. i îo^.
- Piece. On nomme ainfi les traverfes du pourtour d’un fiége quelconque; c’eft pourquoi on dit Piece de devant, de derrière Ôc de côté, 3. part. feff. 2. pag. 61 y.
- Pied-de-biche y c’eft un morceau de bois dur, dans le bout duquel eft faite une entaille triangulaire, fervant à retenir le bois fur le champ le long de l’établi. 1* part, page 67.
- Pied-de-bichè. On nomme ainfi tout pied de fiége ou de table, qui eft cintré en S fur fa hauteur fur tous les fens. 3. part.feB. 2, pag. 619. . . ^
- Pied-cormier ou cor nier y ce qui eft mieux, On nomme ainfi tout battant formant angle Taillant, dont l’arête eft arrondie. 2.part. p. 236.
- On appelle aufli Pieds-cormiers, les quatre battants d’angle de la caifle d’une voiture.
- 3. part.feâl. 1 y pag. 466.
- Pied d’entrée, battant bu montant d’une voiture, fur lequel la portière eft ferrée, ou contre lequel elle vient battre. 3. part, feft. 1, pag. 466. ^
- Piêdejlal, partie d’Architeêlure qui eft ornée d’une corniche ôc d’une plinthe. Le Piédeftal fert à fupporter une colonne. 4, pan* page 1042,
- , ou Vocabulaire
- Pieds droits. Ce font des parties liffes qui foutiennent les impoftes d’une ouverture quelconque. 4.part.pag. 1067.
- Pieds de lit. On nomme ainfi les quatre montants d’un bois de lit ou couchette, dont l’extrémité inférieure eft le plus fouvent tournée en forme de baluftre \ ôc ils font quelquefois nommés Pieds de port ou de porc* 3. part.feff. 2 , pag. 666.
- Pieds de fiége. En général, on nomme Pieds y foit de tabouret, de chaife ou de fauteuil , toutes les pièces perpendiculaires de ces fortes d’ouvrages * qu’on nommeroit Bat* tants ou Montants à tous autres, 3. paru feÏÏ. 2, pag. 61 y.
- Pierre à l'huile. Il y en a de différentes efpeces; les meilleures font celles qui viennent d’Afie : elles fervent à adoucir les tranchants des outils, après qu’on les a affûtés fur la meule. 3. part* fefî. 3 y pag. 808. ’ ,
- Pierre noire, Pierre foflile qui fert à marquer l’ouvrage. Cette Pierrfe fe conferve bien à l’humidité ; mais elle fe durcit Ôc s’exfolie îorfqu’elle eft expofée à la chaleur ôc au grand air. 1 .part.pag. 68. #
- Pierre-ponce ,* c’eft une efpece de pierre calcinée, poreufe Ôc légère-, dont on fait ufage pour polir foit les bois ou les métaux. 3. part.feff. 3 , pag. 8 y9.
- Pierre rouge ou fanguine ; c’eft une efpece de pierre foflile , de couleur rouge, avec laquelle on établit l’ouvrage. 1. part.pag. 68;
- Pigeon ou Pignon, petit morceau de bois mince qu’on place dans un ongletfur le champ du cadre, pour que quand le bois vient à fe retirer, on ne voie pas le jour au travers du joint. 1 .part.pag. 140.
- Pilaftre, partie de Menuiferie compofée de bâtis ôc de panneaux, qui eft d’une forme oblongue, ôc qui fert de revêtiffement aux petites parties d’un appartement, ou à fépa-rer deux grandes parties de Menuiferie, fur lefqueîles ils font fouvent avant-corps ou faillie , ce qui eft la même chofe. 2. part. pag* 169.
- Pilafire. On nomme ainfi une efpece de colonne, ou , pour mieux dire, de pilier quarré par fon plan, ôc d’un diamètre.égal dans toute fa hauteur, en quoi il différé des colonnes. Les pilaftres ont des bafes ôc des chapiteaux ainfi que ces dernieres , mais ne font jamais ifolés, ôc ne failliffent le nud des corps fur lefquels ils font placés, que d’un fixieme de leur diamètre, ou d’un quart tout au plus. 4. part, pag. io4y«
- Pile de bois. Sous ce nom on entend une quantité quelconque de pièces de bois arrangées par lits ôc avec ordre les unes fur les autres , de maniéré que l’air puiffe circuler librement entr’eîles. Chaque Pile doit être un peu élevée de terre, ôc être couverte avec un toît de planches. Voyez la maniéré d’empiler les bois. 1, part. pag. 30 & fuiv.
- p.1294 - vue 265/376
-
-
-
- X
- de VArt du
- Pin , bols de France. Voyez Sapin,
- Pince à brûler ou brunir les bois. Les mords de cette Pince font longs, & ont une petite faillie par les bouts ôc en dedans, pour ne toucher les bois que par cet endroit. 3. part» feB. 3 ,pag, 881.
- Pince à mâtiner , efpece de Pince dont les branches font longues ôt épaiffes ; une de ces branches eft creufe, ôt l’autre bouge en dedans , afin d’aider au bois à ployer fans le rompre, comme font les tenailles ordinaires. 4. part* pag. 1127.
- Placage, Par ce terme on entend toute forte d’ouvrage dont la furface eft revêtue de feuilles de bois très-minces qu’on colle deffus. 3. part. feB. 3 , pag. 7 6<3 èr Bi$,
- Placage , ( Ebénifterie de ) efpece d’Ebé-nifterie compofée de feuillets de bois très-minces , appliqués fur un fond de Menuife-rie ordinaire. 3.part, feB. 3 , pag, 76$.
- Placards, On nomme ainfi les portes d’appartements faites d’affemblage , foit qu’elles foient à un ou à deux vantaux. Quelquefois les Placards n’ouvrent pas, ôt ne font placés fur les murs d’un appartement que pour le rendre plus fymmétrique ; alors on les nomme Placards feints, 1. pan, pag, 12p & fuiv.
- Plafond, On nomme ainfi toute efpece de Menuilerie placée horizontalement, fervant à revêtir le haut des embrafements des portes , des croifées, ôte. 2. part, pag, 181.
- Plafond de brancard. Lés Menuifiers en Carroffes appellent ainfi des trapes qui fervent à remplir les vides des bâtis d’un brancard ; ôt par conféquent ne font, à proprement parler, que le plancher de la voiture. 3* part. feB, 1 , pag. £40.
- Plan, Par ce terme, les Menuifiers entendent également ce qui repréfente la coupe, l’élévation Ôc le plan de leur ouvrage. 2. part, pag, 277.
- Planche. On nomme ainfi toute piece de bois refendue depuis un jufqu’à 2 pouces d’é-paiffeur, fur différentes longueurs ôt largeurs. 1. part, pag, 28 ér 29.
- Planchers, efpece de Menuiferie compofée de planches ou d’alaifes jointes enfem-ble, dont on revêtit les planchers ou aires des appartements. 2, part, pag, 161,
- Planchette, Voyez Chevalet.
- Plane, outil tout de fer , dont on fe fert pour mettre la canne d’épaiffeur. 3. part, feB. 2, pag, 629,
- Plane ou Plaine, outil de Treillageur; c’eft une lame de fer acérée, dont le tranchant eft fur la longueur, ôc n’a qu’un bi-feau ; les deux bouts de la Plane font recourbés du côté du tranchant te en deffous de ce dernier, ôc font chacun garni d’un manche ou poignée de bois, avec lequel on tient la Plane lorfqu’on veut en faire ufage, 4. part, pag, iii2*
- Menuijîer» xip£
- Plane ou Platane $ efpece de bois blanc qui vient de l’Amérique feptentrionale. 3,, part.feB, 3 , pag. 778.
- Planer. Par ce terme, on entend l’aêtion de dreffer ôc unir le bois par le moyen d’une plane ôc du chevalet. 4. part, page 1113* Voyez auffi Planète. Chevalet.
- Plaquer, Par ce terme on entend l’a&ion de coller toutes les pièces de revêtiffemenc d’un ouvrage 3 c’eft une des parties de 1*E-bénifterie qui demande le plus d’attention te d’expérience de la part de l’Ouvrier. 3* part.jeB, 3 , pag. 848 & 8$o.
- Plateau ou Tourte, On nomme aïnfi un rond de bois plein ou ëvidé, qui fert à porter quelque chofe , ou plus particuliérement à entretenir l’écart des tringles qui compo** fent une colonne. 2, part, page 287. 4. part, page 1162 & 1173.
- Plate-bande 9 efpece de ravalement orné d’un adouci te d’un filet qu’on pouffe au pourtour des panneaux, 1, part, pag, B6 9 & 2, part, pag, 171,
- Plate - bande en ArchiteBure. On entend par ce terme, le deffous de l’architrave 9 ou, pour mieux dire, d’un entablement s qui paffe droit d’une colonne à une autre* Les Plates-bandes n’ont de largeur que le diamètre du fût fupérieur des colonnes fu£ lefquelles elles portent. 4. partie page 1076.
- Plat es*faces, parties de la montre d’un Or-gue, qui font ordinairement fur un plan droit y te qui féparent les tourelles en rem-pliffant l’efpace qui eft entre ces dernieres. 2, part, pag, 248.
- Plein bois, ( ouvrage en ) Par ce terme, on entend tout ouvrage dans la conftru&ion duquel il n’y a pas d’affemblage , mais dont toutes les pièces font collées les unes fur les autres à joints droits, foit horizontaux ou perpendiculaires. 2. part. pag. 314.
- Plinthe, partie liffe, contre laquelle vien« nent heurter les moulures d’un montant de croifée ou d’un chambranle. i.part. pag. 9§ & 133.
- On nomme aufli Plinthe ou Socle, une par* tie liffe qui régné au bas du lambris, au pourtour d’un appartement. 2. part, pag. 166,
- Plinthe. On nomme ainfi la partie inférieure d’un piédeftal, laquelle eft Taillante ôc ornée de moulures. 4. part. pag. 1042.
- Ployant , petit fiége dont les pieds en X font mobiles» 3, partie JeBion 2 9 page 610.
- Point de Hongrie , forte de parquet, ou, pour mieux dire, de plancher, compofé d’alaifes ou de frifes de 3 à 4 pouces de largeur , dipofées en zig-zag, ôc qu’on nomme aufti Plcmçhqr à la Capucine * 2. part, pag, 161,
- ♦
- N
- p.1295 - vue 266/376
-
-
-
- Table Alphabétique, ou Vocabulaire
- Point de vue, terme de perfpe&ive ; c’eft le point où toutes les lignes horizontales des corpsdoiventtendre. $.part.feâ. 3 , pag.%6%.
- Pointe de diamant. Par ce terme on entend la jon&ion de quatre joints d’onglet, tels que ceux des croifées à petits montants. Voy. cet Article. 1 .part, pag. 98.
- Pointes de frifâge. Les Treillageurs nomment ainfi des bouts de fil de fer fans tête ni pointe , dont ils fe fervent comme de clous d’épingle. 4.part. pag. 1134.
- Pointe à graver, petit outil à manche, dont le fer neft autre chofe qu’une vieille lancette ou un morceau de reffort affilé ôc aigu par le bout. Cette Pointe fert aux Ebé-niftes pour incrufter ôc graver les ouvrages délicats. 3. part. fe5t. 3 * pag. 8 8 6.
- Pointe à tracer , outil qui n’eft autre chofe qu’une broche de fer , dont un des bouts eft garni d’un manche, & l’autre eft aiguifé our pouvoir marquer des traits fins fur le ois ; c’eft pourquoi il eft bon que ce bout foit au moins d’acier trempé. 1 .part. pag. 6p.
- Poirier, bois de France, très-doux quoique plein, d’une couleur rougeâtre , d’un grand ufage pour diverfes fortes d’ouvrages, & fur-tout pour l’Ebénifterie. 3* paru feât. 3 , pag. 78 6.
- Poli. Maniéré de polir TEbénifterie, & la 'defcription des ingrédients qui fervent aux 'différents polis. 3. part.feôt. 3 , pag. 838 & fitiv.
- Poli du fer ôc du cuivre, ôc la defcription des ingrédients qui y font néceffaires. 3. part. fe5l. 3 y pag. p$2.
- Polir, a&ion par laquelle on unit la furface de quelque chofe, autant bien qu’il eft poffi-ble , ôc 011 la rend claire & luifante.
- Polîffbir ; c’eft un faifceau de jonc dont on fe fert pour étendre la cire lorfqu’on polit i’Ebénifterie. 3. part. feât. 3 , pag. 83p.
- Pommier, bois de France, de couleur blanche, moins en ufage que le poirier. 3. paru feât. 3 , pag. 7 8 6.
- Porches. On nomme ainfi des efpeces de veftibules de Menuiferie, qui fe placent à l’entrée des Eglifes. 2.part, page 244.
- Porte , partie de Menuiferie fervant à fermer l’entrée d’une maifon, d’une chambre, d’une armoire, ôcc* 1. part, pag* np.
- Les Portes-cocheres, font celles qui ferment l’entrée des Hôtels ôc des Palais.î.part. pag. 1 ip & fuiv.
- Les Portes bâtardes, font celles qui ferment les maifons particulières. 1. part. pag.
- 128.
- Les Portes à placard, font celles qui ferment les Appartements ; ôc les Portes vitrées, celles dont la partie fupérieure eft difpofée pour recevoir des verres. Voyez ces Articles.
- Portes coupées. On nomme ainfi celles qui ne doivent pas être apparentes, ôc qui font prifes dans des lambris, dont les panneaux fe
- trouvent quelquefois coupés fur la hauteur ou fur la largeur, Ôc fouvent même fur les deux fens à la fois. 1. part, page 14d, & 2. paît. pag. ip4.
- Portes-croifées. On nomme ainfi des croifées dont la partie inférieure eft remplie par un panneau , ôc qui font pofées dans une baye qui donne fur une terraffe ou un balcon, ou, pour mieux dire , qui font ouvertes jufqu’au nud du plancher d’une piece. 1. paît. pag. 100.
- Porte-montre, efpece de petite boîte de pendule, dans laquelle on place une montre portative, ou une très - petite horloge à reffort. 3. part. Je5t. 3 9pag. 1002.
- Portes pleines. On nomme ainfi les Portes unies, lefquelles font compofées de planches jointes cnfemble à rainures ôt languettes, ÔC avec des clefs. 1. part.pag. 14p.
- Porte en Architeâlure. On nomme ainfi toute ouverture qui defcend jufque fur le fol d’un édifice, ou fur le plancher de ce même édifice, fuppofé qu’il aie plufieurs étages. 4 .part. pag. 1063.
- Porte-tapifferie. On nomme ainfi le dernier membre de la corniche d’un Appartement, contre lequel le lambris de hauteur vient joindre, a. part. pag. 173.
- On appelle encore Porte - tapijferie , un chaffis attaché fur la porte d’une piece , lequel monte jufques fous la Corniche, ÔC fert à porter la tapifferie qu’on attache deffus, afin qu’elle s’ouvre avec la porte qu’elle cache , ce qui n’eft guere d’ufage que dans les Appartements de peu de conféquence.
- Porte-îapijferie. Par ce terme, les Menui-fiers entendent la faillie que fait la corniche d’un Appartement, tant fur les murs que fur le nud de l’ouvrage. 2.part, pag. 273.
- Portières. On nomme ainfi les portes d’entrée des voitures. Aux Chaifes-de-pofte, les Portières font placées par-devant, ôc ouvrent horizontalement ; dans ce cas on les nomme Portières à la Totdoufe. 3. part. feât. 1, pag. 466 & 347.
- Pofe, pofage de la Menuiferie. Par ce terme on entend l’a&ion d’ajufter ôc d’arrêter en place les divers ouvrages de cet Art. 2. paru page 264.
- Poftify petit buffet d’orgue qui fe place toujours au-devant d’un grand, 2. part, pag• 247- . .
- Pot à colle , petit vafe de cuivre rouge} fupporté par trois pieds, ôc garni d’un manche. Il fert à faire chauffer la colle, 1. paru pag. 80.
- Poteaux ou Pieux, pièces de bois diminuées ôc brûlées d’un bout, que les Treillageurs enfoncent en terre pour foutenir les treillages , foit d’appui ou de hauteur. 4. part, pag. U 39-
- Poupées, fortes pièces de bois placées fur le banc du Tour , ôc avec lequel elles font arrêtées > de maniéré cependant qu’on puiffe
- les
- p.1296 - vue 267/376
-
-
-
- de î Art du
- les faire aller Ôc venir entre les jumelles quand on le juge à propos. Au haut des Pou* pées font placées des pointes de fer qui fervent à centrer l’ouvrage qu’on veut tourner. 3. part. feB. 3 , pag. 904.
- Pouffer. Par ce terme on entend i’a&ion de former fur le bois des moulures, des rainures, des feuillures, ôcc ; c’eft pourquoi on dit pGuffer un bouvet, un guillaume, une gorge, &c. Ce terme eft général pour l’ufage de tous les outils à fer Ôc à fût. Quand les parties fur lefquelles on forme des moulures , font cintrées , ôc qu’on ne peut fe fervir des outils de moulures ordinaires , les moulures fe font avec des outils à manche nommés gouges > & autres, ce qu’on appelle pouffer tes moulures à la main. 1. part, page 88.
- Prêle, efpece de jonc marin , dont la fur-face eft rude & cannelée. On s’en fert pour polir l’ouvrage, ôc principalement l’Ebénifte-rie. 3. part. feB. 3 , pag. S59.
- Préparer f ouvrage au Sculpteur, c’eft-à-dire , y réferver ou y coller des malles de bois de la forme générale, ôc de la grandeur des ornements de fculpture. 2. part, pag» 280.
- Preffe d'établi. Elle eft compofée d’une vis en bois ou en fer, ôc d’une jumelle ou mord. L’ufage des PrefTes d’établi eft le même que celui des valets-de-pied. Voyez l’Article Va* leu 1. part, page 36.
- Il y a encore des Preffes d’établi qui font compofées d’une jumelle ôc de deux vis taraudées dans le deflus de l’établi. 1. part, page $6. 3 .paru feB. 1 , page 472 & feB. 3 , page Zof.
- Preffe à fcier ou à refendre debout ; c’eft une efpece d’établi dont font ufage ceux qui refendent le bois de placage. 3. part. feB. 3 > page 8co.
- Preffes ou Vis à main. Ce font des outils d’Ebénifte , compofés de trois morceaux de bois affemblés en retour d’équerre, dans l’un defqueîs eft taraudée une vis de bois, qui , en paflant au travers, vient butter contre l’autre. Cet outil fert à affujétir en place des ieces de placage. On fait de ces fortes de relies tout en fer ou en cuivre, fur-tout lorfqu’elles font petites ; Ôc alors on les nomme happes. 3. part. feB. 3 , pag. 849 & fuiv»
- Prejje, outil d’Ebénifte. Elle eft compofée de deux jumelles , & de deux longues vis de bois : elle fert à retenir les joints des pièces qu’on a collées enfemble. 3. part. JeB. 3 * pag. 80 6.
- Preffes, machines fervant à l’impreflion, foit en Lettres ou en Taille-douce. Il y en a de grandes ôc de petites ; les petites fe nomment Preffes de Cabinet, ôc ne peuvent fervir que pour faire de petits ouvrages de peu de conféquence. 3. part. JeB. 3 , pag. 966 & fhiv.
- Profil. On appelle de ce nom l’affembîage Trejllàgèuk.
- Menuijief. tàffj
- de plufieurs moulures dont ôn orné les di* verfes efpeces de Menuiferies. 1. part.pag. 40
- Par le mot de Profil, on entend encore la figure que doit repréfenter le relief de ces mêmes moulures} coupées dans leur largeur Ôc perpendiculairement à leur furface.
- Profiler. Par ce terme on entend l’aftïon de tracer des profils fur le papier , ou de les exécuter en bois. Ce terme fignifie encore que deux membres de moulures ou de profils fe rencontrent parfaitement à l’endroit de leurs joints, ou enfin qu’on entaille un morceau de bois félon la forme d’un profil ce qui s’appelle contre - profiler. Voyez cet Article.
- Prunier, bois de France doux ôc léger y d’une couleur ventre - de - biche , veiné de rouge, d’un bon ufage en Ebénifterie. 3. part. feB. 3 , pag. 785.
- Puant, bois de très-mauvaife odeur, qui croît au Cap de Bonne-Efpérance. 3. part» feB. 3 , pag. 778.
- Pupitre, efpece de petite caffette dont le deflus eft un peu incliné , pour la commodité de ceux qui écrivent deflus. 3. part. feB
- Pupitre y efpece de petite table dont le deflus eft difpofé obliquement 9 Ôc garni d’un rebord par le bas , afin de retenir les livres qu’on place deflus. Il y a des Pupitres de différentes fortes, les uns avec des pieds ôc mobiles, tant fur la hauteur qu’horizontalement , d’autres fans pieds, ôcc. 3. part. feB. 3 , pag. 97p.
- Q-
- Quart de rond, profil ôc outil de moulure compofé d’un quart de cercle ou d’ovale, ÔC de deux filets. Voyez Rond entre deux quar* rés.
- Quartier tournant. On nomme âinfi la révû* lution que font les marches autour d’un angle quelconque. 2. part. pag. 429.
- Queue, efpece d’affemblage qui fe fait au bout des pièces de bois pour les réunir en angle les unes avec les autres. On les nomme Queues d'aronde ou d’ironde, à caufe de la forme évafée de F efpece de tenon ainfï nommé, n part. pag. 47.
- Queue. ( piece à ) On nomme ainfi toute partie aflembiée à queue, ou rapportée à queue dans le corps de l’ouvrage. Voyez Barre à queue.
- Queues recouvertes Ou perdues. On nomme ainfi celles qui ne font pas apparentes à l’extérieur du bois. 1. part, page 47.
- Queue y forte d’inftrument propre au jeu de billard. 3. paît. feB> 2 , pag. 71 o.
- Queue de morue. On nomme ainfi une planche dont la largeur eft inégale d’un bout à l’autre : on doit éviter de mettre des planches en queue de morue dans les panneaux Ôc autres ouvrages apparents, parce que l’obli-
- E 15
- p.1297 - vue 268/376
-
-
-
- 1298 Table Alphabétique
- quité de leurs joints eft défagréable à l’œil ,
- & que de plus les joints ainfi difpofés font plus d’effet en fe retirant que ceux qui font parallèles.
- R.
- Rabot, outil à fut d’une conftru&ion à peu-près femblable aux varlopes, dont il ne différé que par la longueur , ôc parce qu’il n’a point de poignée. Cet outil fert à finir l’ouvrage , ôc aux endroits où il n’eft pas nécef-faire de fe fervir de la varlope, i. part, pag. 66.
- Rabot à dents. On nomme ainfi les rabots dans lefquels on met des fers bretés. Voyez Br été.
- Rabot de fer. On nomme ainfi un Rabot dont le fût eft tout de fer. On s’en fert pour les métaux ôc les bois de bout ou extrêmement durs. 3. part. feB. 3 , pag. 810.
- Rabot à mettre â'épaijfeur. Il différé des Rabots ordinaires, par l’addition de deux joues mobiles qui ÿ font rapportées aux deux côtés, Ôc qui y font arrêtées avec dés vis. Ce Rabot fert à mettre d’épaiffeur égale des tringles > quelque minces qu’elles foient. 4. part, page 112p.
- Rabot rond , outil à fût, dont l’ufage eft de creufer dans le bois, Ôc dont, par confé-quent, le fer eft affûté en rond. 1. part, pag* 84.
- Racineaux. On nomme ainfi de petits pieux de bois quon enfonce dans la terre pour foutenir les bandes de parterre ôc autres ouvrages de cette nature. 4. part. pag. 1143.
- Racler, Par ce terme on entend l’a&ion d’unir ôc d’achever d’ôter les inégalités d’un morceau de bois, Ôc cela par le moyen du racloir. Voyez l’art, fuiv.
- Racloir. Cet outil eft une lame de fer à laquelle on donne le mord-fii, ôc qui eft emmanchée dans un morceau de bois pour la tenir commodément. 1. part. pag. 83 & 3. part.fe5l. 3 , pag. 858.
- Il y a des Racloirs auxquels on ne donne point de morfil, ôc dont les arêtes font même un peu arrondies. Ces fortes de Racloirs fervent aux Ebéniftes à enlever le fuperflu de la cire qu’ils ont étendue fur leurs ouvrages. 3. part, fe 51. 3. pag 85*9.
- Raccord. Par ce terme on entend la maniéré de faire rejoindre enfenible les moulures d’une piece horizontale, avec celles d’une pieée rampante. Il y a des Raccords à angles Ôc des Raccords droits. 2, part. pag. 377 & fuiv.
- Rainure, cavité faite fur l’épaiffeur d’une piece de bois parallèlement à fa longueur, dans laquelle les languettes viennent s’affem-bler pour pouvoir joindre deux pièces de bois enfemble. Voyez les Articles Languette3 Joint, Bouvet ôc Panneau,
- 9 ou Vocabulaire
- Rais de cœur , efpece d’ornement particuliérement affecté aux moulures nommées talons. 4, pan.pag. 1199.
- Rallongement des bois. On entend par ce terme, l’augmentation de longueur d’une pièce quelconque, lorfqu’on y ajoute une ouplu-fieurs pièces au bout les unes des autres , ce qui fe fait par le moyen des entailles , des en-fourchements, ôc, ce qui eft le mieux, des joints en flûte , ôc des affemblages à trait de Jupiter. 1 .part, page 47. Voyez les Articles M Ite ôc Jupiter.
- Rampante. On donne ce nom à toute piece pofée dans une fituation inclinée. Ainfi on dit quune Rampe efl droite, ou quune pieee efl Simplement rampante, lorfqu’elle eft droite far fa longueur , ou fimplement inclinée ; fi, au contraire, cette piece eft fur un plan cintré, on la nomme courbe rampante. 2. part. pag. 337 & 365.
- Rampe. On nomme ainfi l’appui d’un ef-calier, lequel fuit l’inclinaifon de fes limons. 2. part, page 493.
- Râpe à bois, efpece de lime dentelée, dont les dents font plus ou moins groffes, félon les différents ouvrages où on les emploie. 1 • part. pag. 83. & 3.part, fe B. 3 pag. 937.
- Rappel. ( boîte de ) On nomme ainfi une efpece de boîte longue dans laquelle eft placée une vis qui la fait avancer ôc reculer. Cette boîte fert aux établis de Menuifiers , nommés établis à VAllemande. Voyez cet Article.
- Raquette, efpece de fcie dont les Scieurs de long font ufage pour refendre les pièces cintrées. 1. part. pag. 39.
- Râtelier ; c’eft une planche, ou fimpîe* ment une tringle de bois attachée contre le côté de l’établi ou fur le mur de la boutique, pour y placer les outils à manche, comme ci-feaux, becs-d’âne, ôcc. ce qui oblige d’ifoler le Râtelier de j à 6 lignes au moins, ôc cela par le moyen de deux taffeaux qu’on met en-tr’eux ôc le mur, ou le côté de l’établi. 1. part. pag. 5 7.
- Rebour. ( bois de ) On nomme ainfi celui dont les fils ne font pas parallèles à fafurface, Ôc à contre-fens les uns des autres, de forte qu’on ne peut le travailler que difficilement. Par ce terme on entend suffi travailler le bois en contre-fens de fon fil. 1. part, page 26 & 27.
- Ravalement. On entend par ce mot la di-: minution d’une piece de bois en certains endroits pour en faire faillir quelque partie, foit qu’on veuille y former des moulures faillan-tes, ou y réferver des maffes pour de la fculpture. 1. part. pag. 71.
- Recaler. Par ce terme on entehd Talion de dreffer ôc finir un joint quelconque, ce qui fe fait au cifeau , au guilla-ume, au rabot ou à la varlope-onglet, félon que le cas l’exige. 1 .part. pag. 83 & 87,
- p.1298 - vue 269/376
-
-
-
- de tArt du
- Recaîoir; c*eft un morceau de bois ravalé dans une partie de fa longueur, & dont l’extrémité du ravalement eft terminée en demi-cercle. Les deux côtés du ravalement font fouillés en deffous pour faire place aux languettes du couvercle du Recaîoir j qui eft aufti creufé en demi - cercle par fon extrémité , pour pouvoir faifir les ronds qu’on met dans le Recaîoir pour les recaler, c’eft-a-dire, les mettre d’une épaiffeur égaie. 4. part. pag.
- Recouvrement. On nomme ainfi toute faillie que forme la joue d’une piece embreuvée dans une autre ; c’eft pourquoi les panneaux qui font en faillie fur leurs bâtis, fe nomment panneaux à recouvrement. 1. part. page 100.
- Recuire. Par ce terme on entend l’aêlion de donner de l’élafticité au fil de fer, ôt cela par le moyen du feu. 4. part. pag. un»
- Refuite. ( donner de la ) On entend par ce terme la facilité qu’on donne aux planches des ouvrages emboîtés , de fe retirer fur elles-mêmes, ce qu’on fait en élargiffant les trous des chevilles dans les tenons, & en dehors de chaque côté , c’eft-à-dire , du côté des rives de l’ouvrage. 1. part. pag. 14p.
- Réglé, tringle de bois mince ôt droite, dont on fe fert pour prendre des mefures. Il y a des Réglés de différentes longueurs, depuis quatre jufqu’à douze ôt même quinze pieds : celles qui ont fix pieds de longueur ôt qui font divifées en fix parties égales, fe nomment Toi/es. Voyez cet Article.
- Réglé à panneau. On nomme ainfi une pe-titeRegle mince, à laquelle on a fait une entaille d’un pouce de profondeur à une de fes extrémités. Cette Réglé fért à prendre la mefure des panneaux, dont la longueur des deux languettes, foit à bois de bout ou à bois de fil , fe trouve indiquée par la faillie de l’entaille faite au bout de la Réglé.
- Réglet > outil tout de bois , fervant à dégauchir les planches ôt autres pièces d’une certaine largeur. Il faut deux tiéglets pour faire cette opération. 1 .part.pag. 64,
- Relever les moulures. Par ce terme on entend l’aêlion d’achever les moulures, & d’y faire les dégagements néceffaires, foit avec les becs-de-canne , les tarabifcots, les mou-chettes à joue, &c. 1. part, pag 8 y.
- Remplijfage, Fa&ioü de remplir. Voyez Garniture.
- Par ce terme , les Treillâgeurs entendent toutes fortes de parties de Treillages qui fervent à garnir les vides des bâtis.
- Renflement. Par ce terme , les Menuifiers £n Carroffes entendent le bombage du plan de leurs voitures ; c’eft pourquoi ils nomment îraverfes de renflement, les traverles du milieu d’un brancard. 3. part. (efî. 1 , pag. 47p.
- Replanir. Par ce terme on entend l’aàion de finir l’ouvrage au rabot ôt au racloir y
- Menuijîer. 1299
- en ôtait toutes les inégalités qui y relient après avoir été corroyé. 1 .part. pa*. 87.
- Reprife , outil du Cannier, qui fert à monter, ce qui eft la derniere opération. 3. part. feti.2, pag. 633.
- Retable. On nomme ainfi le coffre d’un autel ; cependant les Menuifiers donnent aufti ce nom aux parties de Menuiferie qui accon> pagnent les autels. %. part. pag. 241. .
- Retombée. Par ce terme on entend la faillie d’un cintre, ou, pour mieux dire , la distance qu’il y a depuis fa plus grande profondeur , jufqu’à l’endroit où il rencontre les battants ou autres parties drôites. 1. part. pag. 143.
- Retors. Les Treillâgeurs nomment ainfi des garnitures de moulures d’une forme demi* ronde , lefquelles forment des hélices fur cette derniere. 4.part. pag. 1 ip8.
- Revenir. Les Menuifiers en Carroffes emploient ce terme pour exprimer l’aêlion de cintrer les panneaux des voitures, ôt cela par le moyen du feu. 3. part. fetf. 1 , pag• 1P4.
- Revers-deau. On entend par ce terme une petite élévation qu’on obferveau-deffus d’une corniche ou toute autre partie Taillante, pour faciliter l’écoulement des eaux qui tombent deffus. 4. part. pag. 1046.
- Rhoie ou Roje y bois ferme , d’une couleur mêlée de rouge-violet, de jaune & de rouf» sâtre. On le nomme aufti Bois marbré. 3* part.feêl. ? , pag. 778.
- River. Parce terme les Treillâgeurs, Ôten général les Menuifiers , entendent l’aêlion de reployer la pointe des clous par-deffus l’ouvrage , pour empêcher qu’ils ne fe retirent. 4. part. pag. 1135.
- Rochon y petite boîte de cuivre ou de fer-blanc , dans laquelle on met le borax. 3. part, fetf. 3 , pag.
- Rond. On nomme ainfi une frife circulaire qu’on affemble fouvent dans les feuilles de guichets, dans les plafonds Ôt autres ouvrages de cette nature; maniéré de les conf-truire. 1. part, page iîi.
- Rond. Les Treillâgeurs nomment ainfi de petits cercles faits avec du bois de fente 9 qu’ils font ployer, ou, pour mieux dire, tourner deux fois fur lui-même , Ôt dont iis arrêtent les extrémités avec des petits clous. 4. part. pag. 1117.
- Rond entre deux quarrés, efpece de moulure ronde en forme de quart de cercle ou d’ovale, avec deux filets ou quarrés. On appelle aufti de ce nom l’outil à fût propre à former cette moulure. 1. part, pag. 84.
- Rouge ou de fang9 bois dur, d’un très-beau rouge, & qui fert à la teinture ôt à l’E-bénifterie. 3. part. fefî. 3 , pag. 779.
- Rougeur. Les Rougeurs dans le bois annoncent fa pourriture prochaine & que
- p.1299 - vue 270/376
-
-
-
- I3°°
- l’arbre étoit en retour lorfqu’on i’a coupé, i. part. pag. 16.
- Roulure. On appelle ainfi le défaut de liaifon qui fe rencontre entre les couches concentriques du bois. i. part.pag. 26.
- S.
- Sabots , fortes d’outils de moulures, com-pofés , comme les autres , d’un fer ôt d’un fut, dont ils ne different que parce qu’ils font plus petits ôc prefque toujours cintrés, foit fur un fens, foit fur un autre, Ôc quelquefois même fur tous les deux. Les Sabots font très-utiles pour pouffer des moulures dans des parties cintrées. 1. part. pag. 8^.
- Safran, plante qui croît dans le Gâtinois , ôc dont le piflile donne une belie couleur jaune. 3. part. fe5l. 3 , pag. 794.
- Santal, bois qui croît à la Chine. ïl y en a de rouge, de jaune & de blanc: les deux derniers font de bonne odeur, j.part.feâl. 3 , P*g-779-
- Sainte-Lucie ou Fadas, bois qui croit en Lorraine Ôt en Italie. Il eft de bonne odeur , ôc à peu - près femblable au cerifier. 3. part, feâ. 3 , pag. 786”.
- Sapin, bois de France Ôt de Hollande, tendre ôt léger, d’une couleur blanche rayée de veines verdâtres, qui jauniffent en vieil-liffant. 1. part. pag. 26.
- Satiné, bois qui croît aux Antilles, de couleur nuancée & brillante. 3. pan. feïl. 3, pag. 77p.
- Sauvageon. On nomme ainfi le bois des arbres fruitiers qui n’ont pas été greffés. 3. part, fe cl. 3 y pag. 78 6.
- Scie, outil compofé d’une monture ou chafîis, Ôt d’une lame dentelée, qui eft vraiment la fcie. Les Scies prennent différents noms, félon la forme de leur monture , ou des ufages auxquels 011 les emploie ; c’eft pourquoi on dit Scie à refendre , Scie à débiter , Scie à tenon , Scie à arrafement 9 à arra-fer, à tourner , &c. 1. part. pag. $7 & fuiv. y oyez auffi chacun de ces Articles.
- de te à arrafer , efpece de bouvet dont la languette eft un morceau de fcie attaché au fût, qu’on fait porter contre une tringle de bois droite , pour feier des arrafements d’une grande largeur, tels que ceux des portes emboîtées ôt autres. 1. part, pag• 76.
- Scie à cheville, morceau de fer plat dentelé ôt attaché à une tringle de fer recourbée, garnie d’un manche. Cette Scie fert à couper les chevilles quand l’ouvrage eft chevillé. 1. part. pag. 890.
- Scie à découper les ornements de Treillage. Cette Scie eft à peu-près femblable aux Scies à tourner des Menuifiers de Bâtiment, linon qu’elle eft plus petite , ôt qu’elle a un manche dont l’extrémité tient avec la lame de la Scie. 4. part, page 112 y.
- Scie à découper, efpece de petit cifeau ou
- Table Alphabétique , ou Vocabulaire
- fer dentelé qui fe place dans un trufquin Ou compas à verge. 1. part. pag. 88.
- C’ ^ \ #/_ _ _ I X «VI r\ fl /-»!> A
- Scie à dégager, outil à manche, dont l’extrémité eft recourbée ôt dentelée en forme de fcie. 1. part. pag. 88.
- Scie à dépecer , qui eft montée dans un chafîis de fer, à l’extrémité duquel eft placé un manche, par le moyen duquel on fait mouvoir la Scie. 3. part. feâ. 3 , pag. 801.
- Scie à l’Angloife, à peu-près femblable aux Scies à découper. 3.part.fecl. 3 , pag. poo.
- Scie à main 9 ce n’eft autre chofe .qu’un morceau de lame d’acier, un peu plus large que les Scies ordinaires, ôt qui vient en diminuant par fon extrémité : cette lame eft attachée par le bout le plus large à une poignée 3 dans laquelle on paffe la main pour faire mouvoir la Scie. 1. part, pag. po.
- Scie à main des Treillageurs 5 c’eft une Scie dont l’arçon ou monture eft toute de fer : elle fe tend par le moyen d’une vis, comme les Scies à PAngloife. 4. part, pag. 1107.
- Scie de placage ou de marqueterie , efpece de Scie dont la lame eft très-fine, ôt dont la monture eft toute de fer. Cette Scie fe tend Ôt détend par le moyen d’une vis qui paffe au travers du manche, Ôc fert à découper des fleurs ou des ornements de marqueterie. 3. part.feôl. 3 , pag. 843 Ôt fuiv.
- Scie àprejfe , à peu-près femblable à celle à refendre des Menuifiers de Bâtimen , maniéré de la conftruire ôt d’en faire ulage. 3. part. feâ. 3 y pag. 800.
- Scie à refendre. Elle eft compofée d’ua chafîis plus long que large, au milieu duquel eft placée la lame, dont les dents font difpofées verticalement à la face du chafîis ; c’eft en quoi cette Scie différé des autres, dont les lames font partie du chafîis, ôt font tournées du même fens que le plat [de ce dernier, c’eft-à-dire , fur fon épaiffeur. 1. part. pag. y 7.
- Scie à tourner. Cette Scie ne différé des autres, qu’en ce que fa feuille ou lame eft très-étroite, ôt eft attachée des deux bouts dans des tourillons de fer , lefquels fe meuvent à volonté dans les bras de la monture de la Scie, au travers defquels ils paffent. 1. part. pag. 61.
- Scieurs d’ais ou Scjeurs de long, Ouvriers employés par les Menuifiers pour refendre leurs bois félon la largeur ôc i’épaiffeur dont ils ont befoin. 1. part. pag. 27.
- Outils des Scieurs de long , ôt leur maniéré d’en faire ufage. i. part. pag. 37 & f
- Scotie, efpece de moulure creufe compofée de 2 ou 3 arcs de cercles. 1. part. pag. 42.
- Seau de propreté, efpece de petit fiége compofé de quatre pieds , d’un cleffus percé d’un trou rond , dans lequel paffe un feau ou cuvette de fayence, laquelle porte fur une tablette affemblée dans les pieds du fiége. 3. pqrt. jééh 4 ; pag%
- Secrétaires./
- p.1300 - vue 271/376
-
-
-
- de VArt du Menulfieti izoï
- Secrétaires. On nomme aïnfi de petits fonnes d’un état médiocre J ou qui ne veu-meubles fermés , portés fur un pied comme lent pas fe faire fervir à table. 3. part. Je8± une table , ôc dont le defïiis fe rabaiffe pour r
- fervir de table à écrire. 3. part, feâ. 2 , page
- Secrétaires à culbute , qui different de ceux ci-deffus, en ce que leur partie fupérieure fedefcend, quand on le juge à propos, dans la hauteur des pieds, de forte qu’ils peu* vent alors fervir de table, 3.part.fefî. 2 y page 131-.
- Secrétaires en armoires ,.lefquels font d’une forme quarrée d'environ 4 pieds de hauteur * Ôc fervent en même temps de Secrétaire ôc de coffre-fort. 3. part, feâf. 2 , pag. 737.
- Sederbandes, efpeces de plates-bandes ou parties étroites, qui font ordinairement accompagnées de deux filets, ôc qui fervent à accompagner ou à féparer les compartiments de marqueterie. 3. part.febl. 3 , pag. 820.
- Semelle ou talon. On appelle ainfi un feuillet de bois propre à être plaqué, lequel eft refendu obliquement dans une piece de bois. 3. part. feffi. 3 , pag, 8 ip.
- Semence ou Broquette à tête plate ; c’eft une efpece de petit clou dont les Treillageurs font grand ufage pour la conftru&ion de leurs ouvrages. 4, part,pag. 1154s.
- Sergent ou Crochet, ou quelquefolsDavier ÿ outil tout de fer, dont on fe fert pour ferrer 6c faire approcher les joints de l’ouvrage. Il y en a de toutes fortes de grandeurs, depuis un pied jufqu’à huit. 1 * part0 pag. 81.
- Quand les Sergents ne font pas affez longs, on le fert d’une entaille à rallonger les Sergents, décrite page 82, 1. part.
- Serre s-chaudes. On nomme ainfi des pièces dont la deftination eft à peu-près la même que celle des Orangeries, mais qui font moins vaftes Ôc d’une conftrudion différente. Il y a des Serres-chaudes qui font toutes du reffort du Menuifier, qu’on nomme Serres portatives, 4. part,pag, 1233 & fuiv.
- Serre-papier, Sous ce nom on entend de grandes armoires de Menuiferie, divifées par cafés, fur lefquelles on place les papiers de conféquence. 2. part, pag, 203.
- Serres - papiers, efpece de corps de tablettes formant plufieurs cafés , dans lefquelles on place des cartons ôt des papiers. 3. part, feft, 2 , pag, 723.
- Serpe, outil à manche, dont le fer , qui a environ 9 pouces, s’affûte fur la longueur &. des deux côtés , comme un fermoir. Les Treillageurs^en font grand ufage, fur tout pour les ouvrages communs. 4. part, pag, 1IQ7-
- SenuYier, ( partie de l’Art du ) dont la connoiffance eft abfolument néceffaire aux Ebéniftes. Defcription de quelques outils de cet Art, ôc la maniéré d’en faire ufage. 3. part.fetf, 3 9 p ag . 932 .
- Servante 7 petite table à l’ufage des per?
- Treillagevr*
- 2 9Pag' 102,
- Seuil, On appelle ainfi une feuille de parquet qui fert à revêtir l’aire d,un embrafe* ment de porte. 2, part, pag, 15 p.
- Quelquefois les Seuils ne font que des frifes, lôrfque l’embrafement n’eft pas d’une épaiffeur affez confidérable pour les faire d’affemblage.
- Sièges anciens , d’une forme fmgulierê. 3™ part, febl. 2 , pag. 606.
- Sièges modernes, depuis vers la fin du 16ms« fiécle jufqu’au commencement de celui-ci. 3* part. jeôt, 2 , pag. 608.
- Sièges dé voiture. On nomme ainfi des efi-peces de petits coffres placés dans les deux fonds d’une berline, furlefquels on s’affeoit*. Il y a d’autres Sièges de voiture, qu’on nom* me Bancs, Strapontins, Û*c, 3. part, fe$. 1 $ pag. 467 & 334.^
- Sièges de lieux à foupapes, autrement dit à FÀngloifey partie de Menuiferie compofée d’un bâds Ôc de plufieurs trapes mobiles* Quelquefois ces Sièges font très-riches, ÔC revêtus d’Ebénifterie. 2. part. pag. 203.
- Sïmblo. Par ce terme on entend l’aâion de tracer une courbe, ôc d’en déterminer le cintre. Ce terme eft peu ufité, ôc il n’y a guère que les Treillageurs & quelques autres Ouvriers, qui en faffent ufage. 4.paru pag.
- 1019' , #
- Socle 3 c*eft, eû général, une partie lifte , fervant à porter quelque partie d’Architec-ture, ou à la terminer. 4. part. pag. 1075.
- Soffite. On nomme ainfi toutes fortes de plafonds horizontaux , ôc plus particuliérement le deffous d’un larmier. 4. part, pag. 1042.
- Solide. ( corps ) On entend fous ce nom tout ce qui a de la folidité , ou , ce qui eft: la même chofe, de l’étendue en longueur , largeur Ôc profondeur. Les Solides prennent différents noms, félon leurs formes : on les nomme cubes, parallélépipèdes , prijmes, cylindres , pyramides 9 cônes > fphereSy &c. 1. part, pag. 12.
- Sommiers y pièces de bois dans lefquelles font affemblées les confoles des Halles, à l’endroit du fiége. 2. pan. page 222.
- Sommiers de Pre(fe d’imprejjïon. Ce font dès pièces difpofées horizontalement, dans l’une defquelies la vis eft affemblée. part, feôl* 3 > page 967.
- Sonder. On fonde le bois en déàouvrant fa fuperficie foit à la demi-varlope, ou avec un fermoir, pour en connoître lès défauts ôc la couleur, ce qui fe fait en le débitant, afin de ne pas s’expofer à couper des pièces qui ne puiffent pas fervir. i.part, page 33. & fuiv.
- Sopka y grand fiége peu différent d’un Cà? napé. 3* part, fefî. 2, pag. 6$ 2,
- F ij
- p.1301 - vue 272/376
-
-
-
- ïj02 Table Alphabétique
- Sorbonne ou Etuve , lieu où on fait chauffer les bois & la colle : comment elle doit être confiante. i. part. pag. yi.
- Soubajfement, petit appui de croifée. Voy. Banquette.
- Soub'ajfement , efpece de grand piédeftal, quelquefois percé de portes & de croifées , lequel fert à élever Tordre d’un édifice au-deffus du rez - de - chauffée. 4. part» pag.
- i°7$.
- Souder. Par ce terme on entend l’aélion d’arrêter enfemble différentes pièces de métal , foit homogènes ou hétérogènes, Ôc cela par le moyen d’un métal compofé , nommé foudure, qui doit toujours être à un plus bas titre que celui qu’on veut fouder, ou, autrement dit, qui puiffe entrer en fufion plus promptement que ce dernier. Maniéré de faire différentes Soudures. 3. paru Je Cl* 3 , pag. 1028.
- Soudure métal compofé. Il y a diverfes fortes de Soudures, à raifon de la différence , ou 5 pour mieux dire, de la nature des métaux qu’on veut fouder. 3. part. feCh 3 > pag-993-
- Soupente. On nomme ainfi un plancher conftruit dans la hauteur d’une piece pour en faire deux d’une ; c’eft aufïi le nom de celle de deffus. 1. part, page 1 o ï .
- Stalles ou Formes, efpeces de fiéges propres aux chœurs d’Eglifes. 2. part. pag. 217.
- Stéréotomie , ou la fcience de la coupe des folides, Art néceffaire aux Menuifiers. 2. part. pag. 294.
- Stores, efpeces de rideaux avec lefquels on ferme les ouvertures des portières de voitures. 3.part.fefî. 1. pag. 507.
- Strapontin, efpece de fiége de voiture. 3. partie 9feCl. 1 3 pag. 5$ 6.
- Support 3 piece de bois ou de métal , fur laquelle on appuie l’outil lorfqu’on tourne quelqu’ouvrage. 3. partie, feCUon 3 , page
- 9°$-
- SurbaiJJé , cintre demi-ovale pris fur fon grand axe. Les Menuifiers appellent auffi ce cintre An/e dè pannier. 1. part. pag. 12.
- Sureau, bois François , très - plein , de couleur jaunâtre, à peu-près femblable à celle du buis. 3. part. fiel. 3 , pag. 786.
- Surface, plan ou fuperficie. On nomme àinfi une étendue quelconque en longueur & en largeur, fans aucune profondeur, comme , par exemple, celle que repréfente un deffin fait fur le papier , ou le papier même. Les Surfaces prennent différents noms, félon leurs formes ou le nombre de leurs côtés, ou , pour mieux dire, des lignes qui les entourent ; c’eft pourquoi elles prennent les noms de cercles, de triangles , de quarrés, de parallélogrammes, de rhombes ou lo/anges, de trapèzes, de polygones, d’ovales, de rhomboïdes, de trapézoïdes,*&c, i< part. pag. 9,
- , ou Vocabulaire
- T.
- Table, meuble à bâtis, compofé d’un pied & d’un deffus, fervant à différents ufages ; c’eft pourquoi on dit Table à manger, à écrire, à jouer, &c. 3. part./eCl. 2 , page 694,
- Table hri/ée ou de campagne , propre pour les voyages. 3. part. fett. 2 , pag. 690.
- Table d’attente ou/aillante , petit panneau faillant placé au haut du vanteau d’une porte-cochere, immédiatement au-deffous de Tim-pofte. 1. part, page 123.
- Table de lit, petite table à manger à Tu-« fage des perfonnes malades. 3. part./ed. 2 } page 701.
- Table de nuit, petite table dont le deffus eft conftruit en forme de caiffon, dont on fe fert dans les chambres à coucher. 3. part» feCl.2,pag. 741.
- Table à quadrille, table à jouer d’une forme quarrée. 3. part./e Cl. 2 , pag. 712.
- Table de berlan, table à jouer d’une forme circulaire, au même endroit.
- Table de tri, autre forte de table à jouer d’une forme triangulaire, au même endroit.
- Table/aillante ; c’eft un corps d’Architecture orné de moulures , qu’on fait faillir fur une partie îiffe , pour qu’elle paroiffe moins nue. 1. part. pag. 123. 4. part. pag. io<58.
- Tableau. On appelle de ce nom l’intérieur de la baye d’une croifée ou d’une porte ; & c’eft toujours du Tableau qu’on doit préférablement prendre les mefùres de ces fortes d’ouvrages. 2 .part, pag, 275-.
- Tablette. On nomme ainfi toute efpece de Menuiferie pleine, pofée horizontalement, foit dans les armoires ou ailleurs.
- Tablette à claire-voie. On nomme ainfi des tablettes d’affemblage , à peu-près fembla-bles à des feuilles de parquet fans panneaux, lefquelles Tablettes font très-propres à l’u-fage des armoires & des étuves. 3. part./ed. 2 , pag. 747-
- Tablette en Architecture, On nomme aînfi la corniche qui couronne une baluftrade, ou , pour mieux dire, les baluftres. 4. part. pag.
- ï°73.
- Tabouret, petit fiége fans doffier, d’une forme quarrée par fon plan. 3. part. /ed. 2 , pag. 613.
- Tailloir, partie fupérieure d’un chapiteau; 4. part. pag. 1043.
- Talon renverfè, moulure dont la forme eft inverfe de celle des bouvemenjs. Cette moulure eft quelquefois accompagnée d’un quarré ou d’une baguette dans fa partie inférieure , & toujours d’un filet par le haut, ce qui fait que dans tous les cas l’outil qui forme cette moulure, a deux fers, l’un qui forme le quarré ou filet fupérieur, ôc l’autre qui forme le talon avec fa baguette ou fon filet. 1* part. pag. 84.
- Talon. On appelle de ce nom le derrière
- p.1302 - vue 273/376
-
-
-
- de VÂrt du
- ffune moulure, lequel eft àrrondi Ôc dégagé ; c’eft pourquoi on dit le Talon d'un boudin , d'une doucine, &c.
- Tambour, partie liffe du chapiteau Corinthien, autour duquel font placées les feuilles, les tigettes, ôcc. Le Tambour eft évafé par le haut en forme de vafe. 4. pan. pag. ioéi.
- Tampons, morceaux de bois qu’on place dans les murs pour recevoir les broches ou les vis avec lefquelles on arrête la Me-nuiferie. 2. part, pag. 270,
- Taquets, petits morceaux de bois échan-crés à angles droits , lefquels fervent à porter le bout des taffeaux, lorfqu’on ne peut ou ne veut pas attacher ces derniers à demeure. 1.part.pag. 209 , & 3. paru Jeët. 2 , pag. 750.
- On appelle encore de ce nom un petit morceau de bois percé au milieu de fa largeur pour laiffer palier un clou , avec lequel on arrête des malles de bois fur l’ouvrage, pour que le Sculpteur y taille des ornements. 2. part. pag. 282.
- Tarabifcot ou grain^d'orgê , petit dégagement ou cavité qui fépare une moulure d’avec une autre, ou d’avec une partie liffe. L’outil qui forme cette moulure fe nomme 'du même nom , Ôc eft compofé d’un fer ôc d’un fut. \ . part. pag. 40. &Juiv.
- Tarait, outil de fer en forme de vis, qui ïert à creufer des écrous en bois. Chaque iTarau a toujours fa filiere, qui n’eft autre chofe qu’un morceau de bois méplat, terminé par deux poignées ou manches, au milieu duquel on a fait un trou avec le Tarait. La filiere eft compofée de deux morceaux fur l’épaijfifeur ; ôc dans celui qui eft le plus épais , eft placé un fer d’une forme triangulaire par fon plan , qui coupe le bois des cylindres , fur lefquels on fait des pas de vis par le moyen de la filiere. 3. part. feÏÏ. 3,p. 912.
- Tas, efpece de petite enclume ou cube de fer, dont la furface eft acérée. Cet outil eft néceffaire à tous les Menuifiers, ôc fur-tout aux Ebéniftes. 3. part. feÏÏ. 3, pag. 103 y. m note.
- Tajjeau, petite tringle de bois qu*on attache contre le mur ou les côtés d’une armoire , pour fupporter le bout des tablettes. 2. ? art. pag. 208.
- Teinture , Are par le moyen duquel on change là couleur des corps : les teintures font d’un grand ufage en Êbénifterie : différentes compofitions de Teintures pour les bois. Defcription des ingrédients dont elles font composées , ôc la maniéré d’en faire jufage. 3. part. fetf. 3 , pag. 792. jjtr Tenailles ou Triquoijes, outil de fer com- * pofé de deux branches, dont les extrémités Supérieures font applaties ôc recourbées : elles font jointes enfemble par une goupille, de forte qu en preffant leur extrémité infé-
- rieure, elles preffent du haut, t.pârt. pag.90%
- Tenailles de Treillageur. Elles different des Tenailles ordinaires par la forme de leur tête , qui eft plus petite Ôc applatie en def-fus. L’extrémité des mords de ces Tenailles eft acérée , pour pouvoir couper les pointes* 4. part. pag. 1108.
- Tenon , partie excédente à l’extrémité d’une traverfe, laquelle eft diminuée d’épaif feur des deux côtés , de forte que le tenon fe trouve réduit à une épaiffeur égale à celle de la mortaife dans laquelle il doit entrer , avec laquelle il ne fait plus qu’un, ce qu’on appelle faire un ajjemblage à tenon û4 mor~ taife. 1. part, pag. 4^.
- Terre à jaune ou. Ochre jaune. On fait ufagé de cette terre pour la teinture des bois. 3. part.Jetf. 3 , pag. 794.
- Tête ; c’eft ainfi qu’on nomme la partie la plus groffe d’un marteau : elle eft ordinairement plate & quarrée. x. part. pag. 37. Nota qu’il y a faute dans le Texte , où la pane eft mife pour la tête.
- Tête de mort. Les Menuifiers nomment ainfi une cavité qui fe trouve à la furface d’un ouvrage, ôc qui a été occafionnée par la rupture d’une cheville qui fe trouve rompue plus bas que le nud de l’ouvrage ; ce qui arrive prefque toujours, quand au lieu de fcier les chevilles on les renverfe d’un coup de marteau après les avoir fuffifamment enfoncées, ce qu’il faut abfolument éviter, n part. pag. 89.
- Tiers-point, efpece de lime trîangulairepar fa coupe, propre à affûter les dents des fcies. 1. part, page J 8.
- Tigettes ou Tiges. Ce font des efpeces dé faifceaux , defquels fortent les caulicûles ôc les volutes du chapiteau Corinthien. Les Tigettes font au nombre de huit à chaque chapiteau, 4. part. pag. 1061.
- Tilleul, bois plein ôc léger, de couleur blanche , d’ufage dans la Menuiferie de Bâtiment. \. part. pag. 27.
- Tire*filet, outil. d’Ebénifte. Voyez Filet.
- Tire-fond. On appelle ainfi une efpece de pilon, dont l’anneau a depuis un pouce juf-qu’à 2 de diamètre intérieurement, ôc dont la tige eft taraudée d’un pas de vis en bois à deux filets. Cet outil fert à pofer l’ouvrage* 1. part. pag. 90.
- Toilette, ( table de ) petit meuble à l’ufage des femmes, ^.part. feâ. 2 ,pag. 739.
- Toife. On nomme ainfi une piece de bois qui a fix pieds de longueur, ôc qui eft divi-fée en fix parties égales, ce que les Ouvriers appellent Toife piétée: une des fix divi-fions, Ôc à une des extrémités de la réglé , doit être divifée en 12 pouces. 2. part, pag. 273.
- Toife mouvanteefpece de réglé creufe dans toute fa longueur, pour y placer une autre réglé mobile. 2. part. pag, 274.
- p.1303 - vue 274/376
-
-
-
- j 304 Table Alphabétique
- Toptink , table à jouer fer vaut au jeu de ce nom. 3. part.feSl. 2 , pag. 718.
- Tour, ( partie de l’Art du ) dont la connoif-fance eft abfolument néceffaire aux Ebéniftes. Defcription du banc du Tour, de fes poupées ôc de leurs pointes , des fupports ôc de la perche ; des principaux outils propres à tourner le bois , Ôc la maniéré d’en faire 11-fage. 3. part, feSt. 3 , pag. P 02.
- Tour à pâte, efpece de table de cuifine. 3. part.JeSl. 2 ^pug. 69s.
- Tourelles s parties de la montre d’un buffet d’orgue , qui faillirent en demi - cercle fur le nud de l’ouvrage. 2. part, pag. 247.
- Tourne-à-gauche, outil à manche, dont l’extrémité dû fer eft applatie Ôc eft entaillée à divers endroits ; quelquefois ce n’eft qu’un morceau de fer plat entaillé par les deux bouts. Cet outil fert à donner de la voie aux fcies, c’eft-à-dire , à en déverfer les dents à droite ôc à gauche, pour qu’elles paffent plus aifément dans le bois. 1. part, pag. ^8.
- Tourne-vis : les Ouvriers difent aufti Tourne-à-gauche ; c’eft un petit outil d’acier trempé, mince Ôc appîati d’un bout, pour pouvoir entrer dans la fente de la tête des vis, ôc les faire tourner. LeTourne-vis eft monté dans un manche de bois , qu’on fait large ôc plat, afin qu’il ne tourne pas dans la main, ôc qu’on ait par conféquent plus de force. 2.part.p. 260.
- Tourniquet ; c’eft un petit morceau de bois de 3 à 4 lignes d’épaiffeur, ôc 2 à 3 pouces de longueur. Il eft taillé par fes extrémités en forme de pied-de-biche. Les Tourniquets s’attachent fur le dormant des croifées à coulifîe , Ôc fervent à en foutenir les chafïis lorfqu’ils font levés.
- Tracer. Les Menuifiers entendent par ce terme l’aêtion de déterminer ôc de marquer fur les différentes pièces de bois la place ôc la grandeur des aflemblages , les différentes coupes qu’il faut y faire , ôcc. 1. part. pag. 68 & fuiv.
- Traîneau, efpece de petite voiture fans train ni roues, pour aller fur la glace. 5. part. feSt. 1 ,pag. 586.
- Tramée. Les Menuifiers nomment ainfi un trait de compas fait fur le bois, en appuyant l’autre branche du compas contrô le mur ou toute autre partie faifant un angle avec le bois où on fait la Traînée. 2. part, page 2.67.
- Trait, ( Art du ) lequel contient non-feulement la fcience des courbes ôc de la coupe des bois, mais encore celle de prendre les mefures de la Menuiferie, ôc de la marquer fur le plan. 2. part. pag. 273.
- Trait de Jupiter, efpece d’affemblage qu’on emploie pour rallonger les bois. 1. part. pag.
- Tranché, ( bois ) On nomme ainfi celui dont les fils ne font pas parallèles à fa furface, ce qui lui ôte une partie de fa force, ôc l’ex-.
- , ou Vocabulaire
- pofe à fe rompre aifément. 1. part. pag. 26m
- Travée. On nomme ainfi une partie de baluftrade comprife entre deux dés ou fo~ clés, c’eft-à-dire, où font placées les baluf-tres. 4, part. pag. 1074.
- Traverfes. Les Menuifiers appellent ainfi toutes pièces de bois dont la fituation doit être horizontale, lefquelles prennent différents noms, félon la nature de l’ouvrage ; c’eft pourquoi on dit Traverfes du haut, du bas, du milieu, de croifée, de porte , de lambris , &c. 1. part. pag. 39.
- Traverfer. Par ce terme on entend l’action de corroyer le bois en travers de fa largeur , foit avec la varlope ou le rabot. On traverfe les bois durs &c de rebours. 1. part• pag. 67.
- Treffle, profil ufité aux croifées, lequel eft compofé de deux baguettes, entre lefquelles eft placé un demi-cercle ou un demi-ovale. 1 .part, page 90.
- Treffle, efpece d’ornement propre aux talons. 4. part. pag. 1199.
- Treillage, efpece de Menuiferie compofée d’échalats Ôc de lattes attachés les unes fur les autres, pour former divers compartiments à jour. pan. pag. 1037.
- Treillage [impie. On appelle ainfi le Treillage dans la compofition duquel on ne fait entrer que des échalats ôc autres bois de cette efpece. 4. part.pag. 1132.
- Treillage compofé. On nomme ainfi celui dans la conftruêtion duquel on emploie des bâtis ôc autres parties de Menuiferie. 4. part* page 1 147.
- Treillage orné. On nomme ainfi celui où aux compartiments ordinaires, ôc aux bâtis de Menuiferie, on ajoute des ornements,’ foit de copeaux découpés ôc mâtinés, ou de Sculpture. Cette efpece de Treillage eft la plus riche de toutes. 4.part.page 1175?.
- Treillageur, ( Art du ) cinquième efpece de Menuiferie, qui a pour objet la décoration des Jardins ; fon origine ôc fes progrès en France. 4.part.pag. 1037.
- Trépan. Voyez Drille•
- Triangle, efpece d’équerre'dont une des branches eft beaucoup plus mince que l’autre , de maniéré que la plus épaiffe puiffe s’appuyer contre la piece de bois fur laquelle on veut tracer un trait quarré ou d’équerre , ce qui eft la même chofe. Il y a encore une autre efpece de triangle, qu’on nomme Triangle-onglet, parce qu’il eft difpofé de maniéré que toutes les lignes qu’on trace avec, font inclinées de 4? degrés. 1. part• pag. 69 & fuiv.
- TriSîrac, petite table de jeu fans piedâ ^ compofée de deux efpeces de caiffons joints enfemble par des charnières. 3. part.feSl. 2, pag. 719.
- Tripoli, efpece de craie d’un bîànc-rougeâ-tre , ÔC rude au toucher, On s’en fert pour
- polir
- p.1304 - vue 275/376
-
-
-
- de l Art du Mamitiéf. tyo$
- polit le bois & les métaux. 3. part.fecl. 3,pag.
- 860.
- Triglyphes, parties Taillantes dont la frife de l’entablement Dorique eft ornée. Les Tri-glyphes font fouillés en forme de caneaux ,
- & font toujours difpofés de maniéré que leur axe tombe à-plomb de celui des colonnes.
- 4.part, pag. 1047.
- Trompe, partie Taillante en angle, dont le defîous eft échancré en creux. 2. parupag. 313. 4. part, pag. 1084.
- Trophée, aiïemblage de plufieurs inftru-ments d’Arts quelconques, qu’on place fur des focles ou des piédeftaux pour couronner un édifice, ou qu’on attache contre les parois de ces derniers. Les Trophées font tous du reffort de la Sculpture \ mais ils doivent être analogues à la deftination de l’édifice , & en rapport de proportions avec F Architecture qui le décore. 4.part* pag. 1074.
- Trumeau. On nomme ainfi toute partie de Menuiferie fervant à revêtir l’efpace qui fe trouve entre deux croifées, foit que cette Menuiferie foit difpofée pour recevoir une glace , comme les cheminées, ou Amplement des panneaux, comme la Menuiferie ordinaire. 2.part.pag. 181.
- Trumeau. On donne ce nom à tous les parquets de glace ; cependant il n’appartient quà ceux qui font placés entre deux croifées , vu que cette partie de Menuiferie fe nomme ainfi. 2. part, pag. 174.
- Trufqmn, outil de bois compofé d’une tête & d’une tige, au bout de laquelle eft placée une pointe de fer. Cet outil fert à tracer des lignes parallèles fur des pièces dç bois. Il y a deux fortes de Trufquins, l’un dont je viens de parler, qu’on nomme Truf quin détabli ou à longues pointes, & l’autre Trufqmn â’affemblage. 1. part, pag. 6$.
- Tympan ; c’eft l’efpace compris entre les corniches d’un fronton, Le Tympan eft fou-yent orné de Tculpture. 4. part. pag. 1072.
- U.
- U. ( membre d’) Les Treillageurs nomment ainfi les parties de leurs ouvrages d’une forme longue &: étroite, comme les larmiers, les bandeaux , &c. lefquels font remplis par des compartiments difpofés en «chevrons bri-fés en forme d’U , ou, pour mieux dire, de V.4 .parupag. 1203,
- V.
- Valet, outil de fer fervant à retenir le bois fur l’établi d’une maniéré fixe ôt inébranlable. Il y a deux fortes de Valets ; favoîr, les Valets d’établi dont je viens de parler, & d’autres plus petits , qu’on nomme Valets de pied, dont l’ufage eft de retenir les pièces de bois le long de l’établi, ou > pour mieux
- Treillageur.
- dire, fur le côté de ce dernier. part. pag.
- $ S & fuiv.
- Vante au-, Vantail ou Battant, ce qui figm* fie la partie d’une porte quelconque ; ainfi on appelle Forte à. un vanteau, celle qui n’eft compofée que d’une feule partie fur la largeur , Forte à deux vanteaux , celle qui eft compofée de deux parties, Ôcc. 1. part. pag. 122.
- Varlope, grand outil compofé d’un fer d’un fût, lequel fert au corroyage du bois. Il y a deux fortes de Varlopes ; l’une qu’ort nomme demi-Varlope, qui eft la plus petite , Ôt qui fert à dégroflir le bois ; & l’autre nommée grande Varlope , avec laquelle on achevé de le drefïer» 1. part. pag. 62.
- Varlope*onglet ou à onglet, efpece de rabot de 12 à 13 pouces de longueur, lequel ne fert qu’à faire des joints fins , & à recaler des onglets. 1 kpart. pag. 88.
- Vafe, partie de Sculpture dont on couronne quelquefois les édifices : ils doivent être d’une proportion relative à celle de l’Architecture qu’ils ornent. 4, part, pag* 1074-
- Veau. On nomme ainfi la levée qu’on fait dans une piece de bois pour la cintrer, foit fur le plat ou fur le champ. 1. part. pag. 37* Veilleufe, grand fiége ou lit de repos. Voyez Ottomane.
- Ver d-de-gris, efpece de rouille qu’on tire des lames de cuivre. On s’en fert pour tein-* dre les bois. 3. part, fe51. 3, pag. ypy.
- Vernis, liqueur vifqueufe ôt luifante qu’on applique fur la furface des bois. Les Ebé-niftes appliquent fur leurs ouvrages duVernis blanc, nommé Vernis de Vemfe. 3. partm fe0. 3 , pag. 864.
- Vernis propre pour les métaux , connu en France fous le nom de Vernis d'Angleterre ; fa compofition ôt la maniéré de l’employer* g. part. fe0. 3 , page 1031.
- Vie. (tout en) ou tout à vif. Par ce terme , les Menuifiers entendent une piece de bois qui entre dans une autre fans qu’on ait rien diminué de fa grofleur. La même chofe s’entend de l’ouvrage,comme, par exemple,une porte , qui, dit-on, entre tome en vie dans Tes bâtis, c’eft-à-dire , à laquelle on n’a point fait de feuillure au pourtour , & dont le de* vant affleure avec le bâtis.
- Vilbrequin ou Firebrequil, outil propre à faire des trous, lequel eft compofé d’un fût de bois, ôc d’une meche de fer montée dans une boîte de bois. 1 .part.page 8p.
- Violet, bois qui vient des Indes orientales : il eft d’une très-bonne odeur ; fa couleur eft violette mêlée de blanc-vineux. 3. part. fe0. 3 , pag. 780.
- Violon, outil de Treillageur ; c’eft une efpece de touret de bois à main, dans lequel eft placé un foret qu’on fait mouvoir par le moyen d’un archet à l’ordinaire. 4. part. pag.
- G 15
- p.1305 - vue 276/376
-
-
-
- 1206 Table Alphabétique , ou Vocabulaire de iArt du Menuifur.
- îio8. Voyez les Articles Foret Ôc Archet.
- Vis à bois ; ce font de petits cylindres de fer, dont une des extrémités eft diminuée ôc cannelée en fpirale. Ces cannelures doivent être un peu larges, Ôc leur arête très-aiguë , pour mieux prendre dans le bois. A l’autre extrémité eft une tête ronde fendue par le milieu, pour pouvoir les tourner avec le tourne-vis. Le deffus des têtes des Vis eft arrondi : quelquefois on les fait plates, & alors elles prennent le nom de Vis à tête fraifée. Les Menuifters font un très-grand tffage de l’une 6c de l’autre efpece de Vis, pour la conftru&ion ôc la pofe de leurs ouvrages. 2. part, page 2$9.
- Vis d1armoires ôc de lits. Ces Vis font lon-gués de tige : elles font taraudées dans un petit écrou de fer d’une forme plate Ôc à peu-près quarrée. Leur tête eft quelquefois quar-rée & faillante. On en fait à tête ronde, ôc d’autres à tête percée en forme de piton. 2. pan. pag. 260, 3.part, feâl.2,pag.66^&q^.
- Fis .à parquet de glace. Ce font des Vis en fer. La tête de ces Vis eft large ôc plate ; leur tige eft courte Ôc taraudée dans un écrou de fer, dont les extrémités font recourbées pour les arrêter dans le plâtre où on les fcele. 2. part.pag. 261.
- Vis-à-vis, efpece de Berline étroite, qui ne peut contenir qu’une perfonne fur la largeur. ^.part.feâl. 1 , pag. ^9.
- Fiforium, petit montant de bois terminé en pointe par le bas, ôc fur lequel les Composteurs d’imprimerie placent les feuillets> de la copie, ou, pour mieux dire, de l’original de leur ouvrage. 3, part, feà. 3 , pag. 964.
- Vitriol, ( huile de) liqueur acide , qui fert à faire la teinture en bleu. 3. part. Je B. 3 , page 79\.
- Voie. { donner de la ) Par ce terme on entend l’aêlion de déverfer de côté ôc d’autre les dents d’une fcie, pour qu’elles prennent plus de bois, ôc , par ce moyen, facilitent le paffage de la lame. i« part. pag. 39 & fidv.
- Voitures , ( Menuiferie des ) ou Car-ïOfTes : Voitures anciennes ôc modernes , Voitures de ville Ôc de campagne, Voitures de fantaifie , êtc.
- Voitures arrafèes. On nomme ainli celles auxquelles les portières ne font pas apparentes , de forte que le panneau de côté de la
- voiture femble être d’une feule piece. 3. parti JeB. i , pag. 559. . « .
- Voitures à trois cintres. On nomme ainfi celles dont le battant de l’impériale eft cin-tré en trois endroits ; favoir , au-deflùs de la portière ôc des deux cuftodes. 3. part, fetf. i,pag.jso.
- Vntures à l'Angloife, fort à la mode a préfent. 3, part. feâl. 1 , pag.^82 & J78.
- Volets ou Guichets, vantaux de Menuiferie pofés fur les croifées pour fermer sûrement les Appartements , leurs différentes efpeces ôc conftruêtion. 1. part. pag. 107.
- Voliges ou Voliches. On nomme ainfi des planches de bois blanc, ordinairement de peuple , qui n’ont que 5 à 6 lignes d’épaif-îeur. Le bois mince, foit de chêne ou de fapin , fe nomme Feuillet,
- Voliges à pavillons , petites planches très-minces , avec lefquelles on couvre le deffus des pavillons. 3. part. feâl. 1 , pag. y 30.
- Volute , principale partie du chapiteau Ionique, en forme de fpirale. Les chapiteaux antiques en ont quatre, ôc les modernes huit ; leurs proportions, ôc la maniéré de les tracer. 4. part. pag. 105:9.
- Vource ou IVourfl , voiture de chaffe 9 qui n’eft prefque pas du reffort du Menuifter» 3. part. feâl. i ,pag. y8i.
- Voujfure, ( arriéré-) partie fupérieure d’utlé baye de porte ou de croifée, dont le cintre de face eft différent de celui du fond. Les Vouffures prennent différents noms félon leurs formes. 2. part, page 312.
- Voûte d'arête. On nomme ainfi une Voûte qui eft rencontrée par une autre Voûte dont le cintre eft de même hauteur que la première , foit que ces Voûtes fe croifent à angle droit ou non, ou qu’elles foient d’un diamètre égal. 2. part.pag.% 13.Voyez Arête ôc Arêtier.
- Vrille, petit outil de fer garni d’un manche qui y eft adapté perpendiculairement à . la longueur du fer, de maniéré que ce dernier entre dans le milieu du manche ; l’autre bout du fer çft terminé par une meche en forme de vis , afin de s’introduire plus aifé-ment dans le bois, l’ufage de cet outil étant d’y faire des trous quand on ne peut pas fc fervir du vilbrequin. 1 .part. pag. 90.
- Vrillon. On nomme ainfi une efpece de petit tariere , dont l’extrémité du fer eft terminée comme une.vrille.
- FIN.
- p.1306 - vue 277/376
-
-
-
- EXTRAIT DES REGISTRES
- DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.
- Du Mardi 20 Décembre 1774»
- Av A N t été chargé par l’Académie d’examiner Y An du Treillageur 9 qui lui a été préfent J par le fieur Roubo, Maître Menuifier , je vais mettre fous les yeux de l’Académie, la route qu’a fuivie l’Auteur.
- Les ouvrages de Treillage font de pure décoration, Ci l’on en excepte les Treillages d’efpaliers, qui, étant très-fimples , font ordinairement exécutés par les Jardiniers, & pour cette raifon n’ont guere fixé l’attention du fieur Roubo. Il s’eft principalement attaché aux ouvrages d’ornements , qui entrent pour beaucoup dans la décoration des Jardins de propreté , tels que des Baluftrades d’appui, des Berceaux, des Cabinets, des Salions, des Portiques , des Galleries, des Colonnades : car il n’y a aucun ouvrage d’Archite&ure qu’on ne puiffe imiter en Treillage; mais plus ces ouvrages font riches, ôc plus il eft efTentiel de les aflujétir aux régies de la bonne Architeêture ; c’eft pourquoi l’Auteur donne dans le premier Chapitre , Ôc dans les trois Sedions qui le compofent, des notions élémentaires des principes d’Archite&ure ôc de l’Art du Trait, fe renfermant dans ce qui eft abfolument néceflaire au Treillageur, non •« feulement pour exécuter la partie de fon ouvrage qui eft en bois, mais encore pour defïïner exactement au Serrurier ce qu’il doit exécuter en fer, afin de donner de la folidité à l’ouvrage.
- Le fécond Chapitre eft deftiné à rapporter les différentes efpeces de bois dont les Treib lageurs font ufage. On peut, dit le fieur Roubo, employer beaucoup de différentes efpeces de bois ; mais à Paris on a coutume de ne faire ufage que du Chêne , du Châtaignier ôc du Frêne. Le Chêne qu’on acheté en planches, en membrures, ôte. fert pour les principales pièces des Bâtis ôc des Corniches ; les échalas de Chêne font auiïi très-bons , .mais rares. On fait auffi ufage de lattes de Chêne pour les rempliffages, ainfi que des cercles de boiffellerie. Le Châtaignier, qu’on acheté en échalas ou barreaux d’un pouce de largeur fur 8 à p lignes d’épaiffeur, fert pour les parties droites; ceux qu’on acheté en cerceaux s’emploient dans les cintres ; ôc pour le mieux, on prend des cerceaux deftinés pour les cuves, qu’on Réduit aux groffeurs convenables ; enfin on en acheté en bûches pour faire des copeaux , ainfi qu’on l’expliquera dans la fuite. Comme le Frêne ne fert qu’a faire des copeaux , on l’achete ordinairement en bûches : quoique le fieur Roubo entre à ce fujefc dans des détails intéreffants, il renvoie néanmoins à ce qu’il a dit dans la première Ôc la troi-fieme Parties de l’Art du Menuifier.
- Notre Auteur paffe enfuite au détail des Outils dont les Treillageurs font ufage. Il en diftingue de deux efpeces ; les uns qui leur font communs avec les Menuifiers, & pour ceux-là il renvoie à la première Partie de fon Ouvrage ; mais il décrit avec foin ceux qui font propres aux Treillageurs. Outre les Scies à débiter, les Treillageurs ont des Scies à arçon , dont la feuille eft tendue par un écrou à aile, dont ils font grand ufage, fur-tous pour les ouvrages (impies, ôc d’une Serpe à deux bifeaux. Les Marteaux dont ils fe fervent^ ont d’un côté une maffe, ôc de l’autre une pane qui n’eft pas refendue : il faut que l’un ôc l’autre foient menus ôc longs, ainfi que le manche, pour pouvoir frapper dans des parties creufes.
- Les Treillageurs font aufti un ufage très-fréquent des Tenailles : il faut que les mors
- p.1307 - vue 278/376
-
-
-
- X$oS
- foient bien acérés ôc tranchants , pour couper le fil de fer ÔC les pointes de clous ; les bran-ches doivent être longues ôc parallèles, pour qu’elles puiffent entrer aifément par - tout, ôc que les Treillageurs puiffent s’en fervir pour couper.
- Dans ces fortes d’ouvrages on a beaucoup de^ trous à percer, & on fe fert pour cela d’un Vilbrequin, & pour les pièces minces, d’un Poinçon; mais ils emploient fouvent’ un Foret à main , ou unTouret, qu’ils font mouvoir avec un archet > Ôc que pour cela ils nomment violon. Il y a des circonftances où il leur faut une mafle de 4. à $ pouces de longueur, fui 2 pouces en quarré, ôc dont le manche ait 2 à 2 pieds 6 pouces de longueur.
- Les échalas que les Treillageurs achètent, font prefque toujours courbes; on les re-drefîe au moyen d’un infiniment qu’on nomme Redrejfoir. Pour s’en former une idée, il faut imaginer un banc qui n’a de pied qu’à un de fes bouts, dont par conféquent la planche eft inclinée ; le bout oppofé a un pied portant à terre : auprès de ce bout élevé , eft folidement établi un crochet de fer ; le Treilîageur pofe fon échalas entre le crochet Ôc le banc, il fait porter la partie courbe furie bord du banc, ôc donne à cet endroit, obliquement, un petit coup de ferpe ; en appuyant enfuite fur l’échalas, il s’en détache en petit éclat, 6c la courbure difparoît. Ce moyen eft expéditif ; mais on ne doit y avoir recours que pour les ouvrages qui n’exigent pas beaucoup de propreté ; c’eft pourquoi il vaut mieux fe fervir de la Plane ou Pleine, avec la fellette ou chevalet des Tonneliers.
- Quand les Treillageurs veulent planer des pièces très-minces, comme des copeaux pour faire des frifages, ils les appuient fur une planche qui a a fiez d’épaifleur pour fournir un appui folide à la piece mince , au moyen de quoi ils les redreflent avec la Plane aufli préci-fément que s’ils les avoient pafles à la Varlope. Ils ont fouvent à refendre des billes de bois, Ôc pour cela ils fe fervent d’un inftrument que les Fendeurs ôc les Charrons nomment un Coâtre ; les uns font emmanchés comme un couperet ; aux autres le manche eft à l’équerre relativement à la lame : en ce cas le manche fert de levier pour ouvrir la fente qu’on a déjà commencée en frappant avec le maillet fur le dos de la lame.
- Comme les Treillageurs ont befoin d’un nombre de lattes minces qui foient d’une même largeur , ils en arrangent une quantité dans une forte boîte, bien ferrées les unes contre les autres ; ôc avec la Varlope ou la Plane, ils les mettent toutes d’une même largeur en un inf-tant. Quand les lattes font ainfi dreiïées, elles peuvent fervir à des rempliffages ; mais comme pour les ornements courants, il faut beaucoup d’annelets, ou, comme difent les Treillageurs, de ronds, il faut rouler ces lattes minces comme les Cercliers font des cerceaux dans les forêts , ou les Fendeurs des cercles de boiflelierie ; mais les ronds dont les Treillageurs font ufage, doivent être faits avec beaucoup de régularité ôc de précifion, ce qui exige bien des attentions de la part de l’Ouvrier.
- En général, les Ronds de Treillage, grands ôc petits, Fe font avec du bois mince ôc de fil ; qu’on fait ployer ôc rouler deux fois fur lui-même. Il faut que ces annelets foient d’une égale épaifleur dans toute leur circonférence, ce qui oblige de tailler en chamfrein les extrémités des bois qu’on emploie. Il faut aufli que tous ceux qu’on emploie pour une partie d’ornement, une Frife , par exemple, foient d’une même épaifleur ôc d’un égal diamètre ; toutes ces précifions exigent bien des précautions, ôc un nombre d’opérations que le fieur Roubo décrit avec beaucoup d’ordre ôc de clarté, mais qu’il feroit trop long de détailler dans ce Rapport. ^ . :\t
- Quelquefois on place ces Ronds les uns à côté des autres ; mais d’autres fois on veut qu’ils fe pénètrent en entrant les uns dans les autres pour former un enlacement, Ce qui oblige de les entailler à mi-bois dans le fens de leur épaifleur, M. Roubo indique plufieurs moyens d’exécuter ces Ornements avec beaucoup de régularité.
- L’Auteur traite enfuite des différents Ornements dont on décore les Treillages, ôc de * la
- p.1308 - vue 279/376
-
-
-
- r3°9
- h. maniéré de les découper. En général, tous les Ornements dont on décore les Treillages, font Faits avec du bois mince ôc de fil, fendu au Coûtre , ôc plané ainfi qu’il a été expliqué. Comme il y a des Ornements de toutes fortes de formes ôc grandeurs, les Treilla-geurs ont foin d’avoir une bonne provifion de ces bois, qu’ils nomment Qopeaux. Dans certaines circonftances, ils emploient des cercles de BoifTellerie ; mais c’eft le moins qu’ils peuvent , les bois qu’ils fendent eux-mêmes, réfiftant beaucoup mieux aux efforts des tenailles lorfqu’on veut les mâtiner.
- Les Outils qui fervent pour les Ornements, font, en général, de deux fortes ; les unsi fervent à découper les Feuilles d’ornements, les Rofettes , ôcc ; Ôc les autres à leur faire prendre des contours agréables, ce qu’on appelle mâtiner. Il faut, pour découper, avoir un Etau de bois; Ôc comme il eft néceffaire de changer fouvent de pofition la piece qu’on découpe , on ferre l’Etau en mettant le pied fur une marche , qui, au moyen d’une corde de boyau paffant fur une poulie , ôc aboutiffant à la mâchoire mobile de l’Etau , le ferme ^ pendant qu’un reffort, qui eft entre les deux mâchoires, les écarte. Les Treillageurs découpent leurs Feuilles d’ornements avec de petites Scies à tourner, dont la lame eft étroite ; mais il s’en faut beaucoup qu’elles foient auffi commodes que celle des Ebéniftes. Roubo invite les Treillageurs à l’adopter, ainfi que plufieurs autres Inftrumerfts qu’ils pour-roient prendre des Ebéniftes. Pour réparer les défauts de la Scie à découper de petites par-* ties, on fe fert de Couteaux tranchants, les uns droits, les autres courbes.
- Quand les pièces font découpées, on les mâtine, c’eft-à-dire, qu’on leur fait prendre la courbure néceffaire, ce qui s’exécute de différentes maniérés. Quand les pièces font minces^ ôc qu’il s’agit de leur faire prendre une courbure uniforme , on les plie dans les mains ; ôc quand la force des mains n’eft pas fuffifante , on fe fert de Tenailles de différentes grandeurs, avec lefquelles on ferre fortement la piece qu’on veut courber; les mors qui font coupants, font dans le bois une impreflion qui aide à l’autre main à faire prendre la courbure , dont on change la direction en variant la difpofition des Tenailles ; mais ces moyens ne peuvent être employés que pour les pièces minces ; quand elles ont de l’épaiffeur, il faut^ après les avoir fait tremper dans l’eau, les chauffer fur un feu clair , ôc leur faire prendre la courbure qu’on defire, en les roulant fur des moules He bois , à qui on donne différentes formes , fuivant que le cas l’exige. M. Roubo termine ce qu’il s’étoit propofé de dire des Outils des Treillageurs, par la defeription d’un Rabot très-commode pour mettre les bois d’épaiffeur.
- La plupart des pièces qui forment les Treillages, font attachées avec des pointes , ou liées ôc en quelque façon coufues avec du fil de fer. Celui dont on fait les coutures , doit être fouple , ôc pour cette raifon bien recuit. On en emploie de différentes groffeurs, fui„ vant la force des pièces qu’on veut affembler. Le fil pour les pointes doit, au contraire , être ferme ôc point recuit. Les pointes des Treillageurs ne font point appointies : ils prétendent qu’elles fendent moins les copeaux. Ils emploient outre cela différentes efpeces de clous, les uns plus longs que les autres, ôc tous menus ôc à tête plate. M. Roubo détaille les différentes maniérés de faire les maillons pour coudre les pièces qui doivent former le Treillage ; car c’eft de la perfection des coutures que dépend la folidité de ces ouvrages.
- Après tous ces détails particuliers, qui font clairement expliqués dans l’Ouvrage, M. Roubo entre , pour ainfi dire, en matière, ôc parle de la conftru&ion des Treillages, qu’il divife en (impies ôc en compofés ; les fimples, qui font faits avec des échalats équarris , ou des lattes, forment des Efpaliers appliqués contre les murs , les Berceaux, les Cabinets , les contre-Efpaliers, les Treillages d’appui, les Rampes aux côtés des Efcaliers, ôcc.
- Pour ne rien omettre, l’Auteur parle des Bordures en bois qu’on fubftitue, dans les Jardins, à celles de buis ; mais enfuite il donne le plan ôc l’élévation d’un grand Berceau Treillageur. H if
- p.1309 - vue 280/376
-
-
-
- ï^io
- percé de cinq ouvertures fur une de fes faces, dont les unes font grandes ôc les autres petites. Ce Berceau eft reployé en aile à fes deux extrémités : tout le bâtis eft en fer. L’Au-teur explique les attentions que le Serrurier doit apporter pour donner du goût ôc de la foli-dité à fon ouvrage.
- A l’égard du rempliffage en bois, il eft très-fimple. L’Auteur ne néglige point de faire remarquer qu’on ne peut éviter plufteurs difformités qu’en ajoutant certaines parties d’ornements , comme des Corniches, des Frifes, qui favorifent le raccordement des parties cintrées.
- Comme,’ par économie, on retranche fouvent les fers, l’Auteur décrit les affemblages de charpente légère qu’on fubftitue au fer, ôc remarque que pour les parties cintrées on emploie des cercles de cuves équarris : au refte ces Treillages fimples font fufceptibles de différents ornements, ainft que les compofés, dont l’Auteur parle enfuite fort en détail.
- Les Treillages compofés font ceux dont les bâtis font faits en Menuiferie, bien affemblés Ôc ornés de Moulures, de Corniches ôc de tous les Ornements qui conviennent à la bonne Architecture. Ainfi, comme on le voit dans un Portique que l’Auteur donne pour exemple , la Menuiferie fait la partie principale de l’ouvrage, ôc le Treillage en forme les rem-pliffages, qui forment comme une Mofaïque, Ôc qu’on rend très-agréables par la variété des mailles, ce que M. Roubo fait très-bien appercevoir, n’omettant rien pour rendre très-fenlible tout ce qui regarde tant la partie du Bâtis, qui fe fait par le Menuifier, que ce qui concerne plus particuliérement le Treillageur.
- On trouvera dans l’Ouvrage de M. Roubo , plufteurs morceaux de Treillages de la plus belle exécution, ôc dans lefquels il a fait entrer tous les Ornements dont ces fortes d’ouvrages font fufceptibles, Corniches, Frifes, Pilaftres, Colonnes, Vafes de beaucoup de différentes formes, Groupes ôc Guirlandès de fleurs, ce qui lui fournit l’occafion d’expliquer en détail la conftru&ion de ces différentes fortes d’ouvrages.
- Je fuis fâché qu’il ne me foit pas poflible de fuivre plus en détail l’Ouvrage de M. Roubo , pour en donner à l’Académie une idée plus précife ; mais je puis affurer l’Académie que tout y eft bien vu ôc expoîé avec clarté, de forte que je Je crois tres-digne de 1 impreflion. A l’Académie ee 20 177^. Signe , Du HAM EL DU jM ON C EAU.
- Je certifie l’Extrait ci - deffus conforme à fon original Ôc au jugement de l’Académie; A Paris, le 7 Janvier 1775,
- GRANDJEAN DE FOUCHY,
- r Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences»
- p.1310 - vue 281/376
-
-
-
- ERRATA de U Art du Treillageur,
- Rage 1045 ? 18, 8c le gorgerind; lifez: 8c le
- gorgerin/.
- Ibid, ligne 20, l’aftragale/; lifez: l’aftragale g.
- 1045, ligne iz , la ligne h'y lifez : la ligne hj.
- 1050, ligne 8, dans la figure 6 ; lifez : dans cette figure.
- 1071 y ligne $6 , à I’à-plomb des corniches ; lifez : à l’à-plomb de ceux des corniches , 8cc.
- 108j , ligne 17, ces pendants; lifez : ces pendentifs.
- 108?, ligne 24, AG j lifez: AC.
- ïo8p, ligne 23 , D F ; lifez : DE,
- i°P3 , ligne y 11 M; ///<?*: I 2V.
- Prfge nop, %«e ij1, fig. 5 ; lifez : fig. <?.
- 1118 , ligne 24, à conflruire ; /*yèz : à conftruirû les ronds.
- ii37> liêne *4, figure 26;life?: figure 6.
- 114p , %ne 2y, du focle ; lifez : du foffite.
- 1180 , ligne 4 , fur lequel tout l’édifice eft pofé;
- life%: fur lequel pofe tout l’édifice.
- 1184, ligne 34» de ces ouvertures; lifez : de fes portes.
- np8, lig -e if , fig. 2 ; /a?/èz : fig. 4.
- Idem. %we 17, fig. 2 j /jt/az: fig. 4.
- 12X0, %we 2z, fig. 12; lifez: fig. 11.
- 1233 , 28 , au midi ; lifez : à l’horizon.
- Dans le ocabulaire.
- P*ge 1272 , %«e 2 , centres ; lifez : cintres.
- 1274 , ligne 18 , de pied; lifez: de pile.
- 1276, ligne 7, Sed. 3; /z/èz : Seft. 2.
- 1283 , ligne 15, des coupes ; lifez : des coups.
- Errata des
- A la Planche 339 ,j%. 3 , il manque la ligne qui indique le deflous du tailloir du chapiteau.
- A la Planche 340 , fig. 2, le haut de la niche quarrée eft indiqué par un 0; ce doit être un Q.
- Page 12p8 , ligne 54, raccords droits; lifez: raccords adoucis.
- 1301 , ligne 29 , davier ; ajoutez : ou david.
- 1303 , ligne 47, pilon ; lifez : piton.
- Planches,
- A la Planche 3J8, il manque les lettres G 8c H à la figure j*.
- A la Planche 374, il manque la lettre g à la figure 4-
- Additions\
- Page iz66, ligne 3, il manque: Ange ; c’eft un morceau de bois long de 7 à 8 pouces, 8c de p à 10 lignes de gros, à l’extrémité duquel eft attachée une épongn , ou plus communément la partie antérieure d’un foulier , par le moyen de laquelle on prend de l’eau dans l’auge pour la verfer fur le grès.
- Ibidem, llg. 17, il manque : Anti-bois. On nomme ainfi des tringles de p à 10 lignes en quatre', dans lefquelles font alfembîés de 18 à 20 pouces de diftance en diftance les uns des autres, des petits montants de 6 pouces de longueur, 8c d’une gyoffeur femblable à celle de la tringle, dont la longueur varie à l’infini. Le» Antibois fe placent à plat fur le parquet 8c le long des murs, ou, pour mieux dire, des lambris des apparte- • ments , pour arrêter les pieds des fiéges afin que quand on s’affied deffus, le doffier de ces derniers ne vienne pas frapper contre les lambris, 8c en gâter la peinture.
- Page 1267y ligne 7, il manque: Auvents. On nomme ainfi des efpeces de plafonds taillants , placés au-detfus des ouvertures des boutiques , pour en écarter les eaux pluviales. Les Auvents font inclinés dans leur largeur, pour faciliter l’écoulement de l’eau, Ôc font conftruits de deux façons différentes. Les uns (8c ce font les plus fimples ) font faits avec deux ou trois planches de chêne , pofées à recouvrement d’un bon pouce 8c demi les unes fur les autres, pour , en cet état, être clouées
- Faute à corriger dans la IIe.
- On obfervera qu’à la figure 8 de la Planche 2yp, de la Seconde Seétion de la Troifieme Partie de cet Ouvrage , laquelle figure repréfente l’intérieur d’un Tric-
- Fautes à corriger dans la IIIe
- Page 768 , n°. 7, afphalate ; lifez : afpalathe.
- Page 771, ligne ig, même faute.
- Depuis que l’Ebénifterie. eft au jour , M. la Forge, Menuifier d’Epinal en Lorraine, m’a communiqué les dhux recettes fuivantes pour teindre les bois en rofe 8c en argentin, qui font, pour le rofe , quatre onces de cochenille bouillie dans un pot de vin blanc l’ef-pace d’une demi-heure de temps , 8c cela dans un vafe de terre verniffé. Quand le tout a bouilli, on y ajoute quatre onces de cendre laque ; puis quand tout eft froid ,
- enfemble 8c fur le chaffis de bois qui les porte. Les autres font faits avec des planches de 2 à 2 pieds 8c demi de longueur, félon la faillie de l’Auvent ; ces planches font jointes à rainures 8c languettes, &; leurs joints recouverts avec des tringles de g lignes d’épaiffeur, au moins, 8c environ % à 3 pouces de largeur, qu’on cloue en place quand les planches de l’Auvent font pofées. De quelque, maniéré qu’on difpofe les planches des Auvents, il faut toujours qu’elles foient d’un bon bois de chêne, d’un pouce d’épaiffeur au moins; il faut qu’elles foient traverféès au moins d’un côté, 8c u’eîles foient portées par un chaffis de bois de chêne e 3 pouces de gros , &: Ibutenu par des arcs-boutants ou écharpes de femblable groffeur & qualité.
- Page 1304, ligne 21, il manque , Trappe de cave. On nomme ainfi deux vantaux de Menuiferie pleine 9 placés dans un chaffis , lefquels étant pofés horizontalement , fervent à fermer l’entrée des caves des maifons à loyer. Les Trappes de caves doivent être faites en bois de z pouces d’épaiffeur, au moins, jointes à clefs 8c languettes rapportées, 8c être garnies en deffous de deux ou trois fortes barres à queue. Leur chaffis , dans lequel elles entrent tout en vie, doit avoir 3 pouces d’épaiffeur , au moins, fur 4 pouces de largeur. Les feuillures de ce chaffis doivent être faites en dépouille , ainfi que le joint du milieu des deux Trappes, pour en faciliter l’ouverture.
- Section de la IIIe. Partie.
- trac, les pointes font difpofées à contre-fens, c’eft-à-dire , qu’au lieu d’être perpendiculaires au joint du milieu, elles doivent être du même fens.
- . Section de la IIIet Partie•
- on y met de l’huile de vitriol, jufqu’à ce qu’on s’ap-perçoive qu’un morceau de bois qu’on y trempe prend bien la couleur, 8c qu’elle foit affez foncée. On trempe le bois dans cette teinture à froid, 8c on le laiffe autant de temps qu’il eft néceffaire pour qu’elle le pénétré.
- Pour l’argentin , on fait une caiffe de bon bois, d’environ 2 à 3 pieds de longueur, 8c d’un pied fur les autres fens, 8c on la gaudronne en dedans, après quoi on y met deux féaux de l’eau de l’auge des
- p.1311 - vue 282/376
-
-
-
- i 3ï2
- Couteliers » avec la boue qui fe trouve au fond de l’auge; puis on y met quatre onces de fel de tartre, quatre onces de tel de nitre ou de falpêtre, en égale quantité ; quatre onces d’alun de glace , 8c quatre onces de vitriol blanc ; on pulvérife bien le tout avant que de le mettre dans l’eau, qu’il eft bon de faire tiédir pour faciliter la fonte de ces fels ; après quoi on remue bien le tout, 8c on y met le bois de plane refendu fur la maille, en obfervant de le placer fur le champ, 8c qu’il foit totalement couvert de îa teinture ; puis on met la cailfe dans un lieu humide l’ef-pace de quinze jours ; après quoi on retire le bois , qu’on laifl’e enfuite fécher fans le laver, 8c il fe trouve teint d’un beau gris argentin.
- N. B. J’ai fait des Errata à la fin de chaque Pàrtie de mon Ouvrage , pour corriger les fautes qui s’y étoient gliffées , 8c que j’ai apperçues après l’imprel-fion de chacune de ces différentes Parties ; cependant malgré mes foins je ne les ai pas toutes vues, foit qu’eiles m’ayent échappé en relifant mon Ouvrage , ou que rempli de mon objet, j’y aye vu les choies, non pas telles qu’elles étoient, mais telles qu’elles
- dévoient être. Cependant^ comme ces fautes ne font pas très - confidérables , n’étant, pour la plupart, que des omifîions ou des tranfpofitions de quelques lettres, foit dans les Planches ou dans leur explication, jen’al pas cru devoir faire une nouvelle révifion de mon Ouvrage pour corriger ces fortes de fautes, auxquelles un Leâeur un peu intelligent pourra aifément remédier».
- Quant aux omiflions des chofes , foit des ouvrages ou des outils, je crois en avoir peu fait ; 8c celles dont je me fuis apperçu , je les ai rapportées dans le Vocabulaire , foit en tout ou en partie , afin de ne rien laiffer à defirer dans la defeription de mon Art, dont la première Partie eft cependant traitée un peu trop brièvement , du moins quant à ce qui concerne la pratique 8c la manutention des outils, 8c certains! ouvrages communs , que je regardas , dans ce temps , comme devant être connus de tout le monde, 8c par conféquent peu fufceptibles d’une defeription plus ample.
- Ce défaut n’eft pas réparable pour le préfent; mais fi on fait une fécondé Edition de mon Ouvrage , je la reverrai avec foin, 8c j’y ferai alors toutes les augmen-t tâtions qui y feront néceffaires.
- DE L’IMPRIMERIE DE L. F. DELATOUR. i77j.
- BtBCNAM
- p.1312 - vue 283/376
-
-
-
- Ll. 338.
- Les trois Ordres d'Architecture Grecque avec leurs Divisions .
- LLzy, i. • -^19-2 - ^}9‘ ^ ' ^19 ' 4 ’ ^19' ^ '
- V-j-g-
- 3&
- WM
- îija,
- h
- B
- c r L
- 1 a
- r
- ia,
- u-.-
- Æ.--
- i
- pl.1 - vue 284/376
-
-
-
- *
- r • ’ ' . £.
- %
- K
- \ *
- '' ?:
- ..
- 1
- je
- i
- A
- V
- % ;
- î
- ..f
- :,N -
- t
- p.n.n. - vue 285/376
-
-
-
- JPl. 33ç ,
- Chapiteaux Ioniques Cojunthien et Coinpoilte avec leurs Développement:
- —jî> part? - -
- —jb part---
- <-----------' -Sa parties- èt^de part -
- Echelle 'E n ij i i^t 11111111111 ------—
- 3
- 'ojR
- -
- â part,
- h.
- r
- part-
- - <
- —s
- )
- 111,11 1
- j part
- g ia j£ aS,
- me,
- &
- * \
- -A. J- Jfloubo Inv- Del.et Sculp.
- pl.2 - vue 286/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 287/376
-
-
-
- pl.3 - vue 288/376
-
-
-
- Ù
- /
- L
- y
- c..'
- '.t
- r
- 'I
- i \ . ’i
- ;*Xi
- x ::
- 7
- \
- l
- Z'
- V,.*'
- 'î
- . y.
- tir '
- t
- 'A'"’;-'
- ! ; V
- H
- t
- V
- *V
- J]'
- . -'V- •
- /<
- *•
- \
- •i-iVVV'
- p.n.n. - vue 289/376
-
-
-
- pl.4 - vue 290/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 291/376
-
-
-
- jPI. 3 42.
- TÎ
- Maniéré de déterminer la Courbure des Angles des Berceaux^,
- Fza.
- i
- -d. <J- JRoubo 2nx>. Del et Scul;
- T
- pl.5 - vue 292/376
-
-
-
- ♦
- i'V
- . y.
- /
- > ' J - ?.
- rr
- *•:
- ' ?
- '/"
- 0\.,
- *sw-r -':
- -
- >
- ,-v
- f
- (
- <
- I
- i
- *
- y
- \
- V
- C
- w...
- i'
- I
- p.n.n. - vue 293/376
-
-
-
- JPl. 3+3 -
- S VITE DE JL A ÆÆNIEKE DE DETERMINER la courbure dea -Angües de s J^erceaitJ
- pl.6 - vue 294/376
-
-
-
- s
- v
- - V
- v
- ' X
- ‘•'V
- ‘"V-£ ' . ;
- "Y
- fc
- /
- r
- . *•
- y- •
- \
- Y .
- : .. ..
- • " ‘.V' '^'..
- ... • '--Y j * a . V' A-
- \
- V
- 7:/;^
- £
- V
- f
- % *•*.. WÈ.
- •i>:
- #
- f
- p.n.n. - vue 295/376
-
-
-
- pl.7 - vue 296/376
-
-
-
- /
- *
- ty: r
- JV ^
- '/lu. 1
- «
- V
- 1 i'V
- 4.
- p.n.n. - vue 297/376
-
-
-
- JPL 34.0 .
- AÏænæke ^pe Développer les Surfaces des Treillages Cemtr es.
- JF.Z0.À2
- D. D.Doubo Jbin. Del. et Sculji,
- Diij . JL
- p -
- / -
- / -
- Fai
- /
- pl.8 - vue 298/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 299/376
-
-
-
- -PI. 346.
- Suite nu Développement de la Surface des Treillages Ceintres.
- X
- pl.9 - vue 300/376
-
-
-
- (•vc4
- i
- \r
- )
- \ , l .
- ;• ÿ-
- -'V.
- 1
- i;
- p.n.n. - vue 301/376
-
-
-
- pl.10 - vue 302/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 303/376
-
-
-
- pl.11 - vue 304/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 305/376
-
-
-
- Dl- . 3 4 ç.
- Différentes sortes d'Outels , et la m aiiierc de dreüer le s Eclialats,
- Du
- 19-
- F.tz
- Dc/ieffes de
- Du/. 4 .
- . 10
- f19-
- Tl
- £
- 0
- 12
- Toiicej'
- ^Fieds
- 6
- £
- 7
- 3
- e1- t/1 Rojtbo Fnv. Del. et Sculp .
- 4
- pl.12 - vue 306/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 307/376
-
-
-
- jft- 3ÔO
- Plan. Coupes,et Elévations,d'un Chevalet,etiamaniere cTeir/aire ulî
- aëe
- Eu?. Z.
- Eu?.
- Cl3-
- H. A.
- JEche/led' de\
- 3 6 12 Coucej
- J'.CRoitôoIrw. Del. el Scalp
- \
- pl.13 - vue 308/376
-
-
-
- y
- 'V-1
- r
- •.jf: >
- V. , c
- •"* *
- •v:>
- J
- t
- /
- ;
- p.n.n. - vue 309/376
-
-
-
- pl.14 - vue 310/376
-
-
-
- /
- i*.
- k
- ;
- -.-A-!..: '"** '
- vi'
- i
- t
- /
- t
- ..
- /
- : ’
- i
- f“
- ;. - k
- • A
- V ; •;,
- ... a
- r
- f •; , ’
- H"'. •'
- c
- ST
- ^.-v
- p.n.n. - vue 311/376
-
-
-
- Æanære de Decouperet de Æatiner les Fleurs l.
- M. 35z
- i
- FlL/.JC2
- FcJiePes det
- 4
- 6
- S
- 12 Pouces
- D- D.Jioubo Prtu DeL
- et Sculf)
- 'W
- 6 S
- T" —? uüàPi edj'
- 2
- pl.15 - vue 312/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 313/376
-
-
-
- -A. <J. Itoufro Inv. Del et Jcnljp
- pl.16 - vue 314/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 315/376
-
-
-
- 36*
- Différentes soutes de Mailles et la maniéré aeies Coudres.
- pl.17 - vue 316/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 317/376
-
-
-
- RC 3S5 ,
- Æanære de Construire iæ 1RETLIA. GE tant <1 Aj> |>II1 (j iu- de H«i ut eu i il
- El9. 1 .
- Eu,.
- ftnF»- • ,"ir . - L W?»! „„„ i-
- : 1 r
- II :
- I * .1 i •
- Tl .. L I L 1 m I,
- FzCjf. 6.
- nL. J. Roubo Inv Del et Sculp.
- pl.18 - vue 318/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 319/376
-
-
-
- si. ^.Houlo Jnv Del .el<Scu/jL>
- V..A
- pl.19 - vue 320/376
-
-
-
- i
- <
- t
- 4
- t
- 'r
- ' - tv
- - .V
- f
- l
- J
- /
- À"
- p.n.n. - vue 321/376
-
-
-
- A- Jf. Kouho 3m. Del et Sculp
- pl.20 - vue 322/376
-
-
-
- <
- 4
- /
- • -V
- t • ',
- I
- y •
- . .. î
- i
- \
- >•
- I
- >:
- V4
- •-•V
- V ‘
- Av
- p.n.n. - vue 323/376
-
-
-
- 7*1. 368
- .. — ..___________:-^_:, --==..!= ._ ...i — n /'V 11
- De VEIj OPDJEMENTS DD lEnT^DBLDjMFjNT(VlVu-tique représente dans la Plancüieprecedeiik
- pl.21 - vue 324/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 325/376
-
-
-
- Æ. 36^.
- si. lJ. Houio inr). Del et Jculp
- pl.22 - vue 326/376
-
-
-
- •«
- I .*.•!•! .' /
- ***é*
- >**r
- .y
- \ *
- Vt
- ,< *
- #
- ‘ ,t~ *
- <-\
- p.n.n. - vue 327/376
-
-
-
- Fij.i
- R
- JLASTEE DE
- Tkeil
- EAGE AVEC SES
- J \ JY. 36o
- De vel oeeements .
- 2
- Ey.3
- Eu,. 4
- J?U7 . 6 .
- i
- s
- s
- mmmvmmvm
- B
- X
- Y
- Y
- U
- N
- y
- /
- >
- A
- S
- s
- yM4
- A
- w
- Nhw
- /A Y y
- Y Y\\
- A//\\X
- Y/
- \\Yf
- Y Y\yk
- Y /\\X
- r%%\
- Ny y
- M\/r
- 'fj^N
- Jfflu
- c'imma mmm
- _A. <J. ARcrubo J/m. De/. et Jculp •
- pl.23 - vue 328/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 329/376
-
-
-
- /
- Colonne ne Treillage avec ses De VELOPPEMENT
- Dl. 36i
- l/, Eoulo hiv Del. etScuty
- pl.24 - vue 330/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 331/376
-
-
-
- jy. 36*
- — - - -, --- — - ^ - —
- Æanjere de Construire les riuncjpale s pie ces de s Colonnes.
- s4- Dhoubo hiv. Del- et Sculfi
- pl.25 - vue 332/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 333/376
-
-
-
- (
- 2>l. 383
- Manière de Disposer les Compartiments des Colonnes .
- Tu;, j. .
- Tt;. 3. .
- Ttj. 3.
- JCz<7 .
- y?- * •
- Tiy.B
- /7,/; '
- Échelles Ce £
- M J'Mouho .hiv Del. eâ Sculjo •
- 3 4, 6
- 8 7______8 Dieds
- 0
- s
- I
- pl.26 - vue 334/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 335/376
-
-
-
- JZ: 36*.
- ^7 • Znv. 7)e/ eâ .
- \
- pl.27 - vue 336/376
-
-
-
- *
- /g
- I
- »
- J
- "'V
- I
- 1
- >
- *5
- \
- -
- (
- \
- .^s
- y:;.
- O
- ' )
- p.n.n. - vue 337/376
-
-
-
- pl.28 - vue 338/376
-
-
-
- V A;..»*'
- .. , '• : ,
- Y-m'-.N
- !
- !
- • /’
- y- \
- \
- \
- I
- s •
- Y
- /'
- Y? Y
- p.n.n. - vue 339/376
-
-
-
- pl.29 - vue 340/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 341/376
-
-
-
- I
- Elévation Géoæetrale d'un Saiaw découvert bord onanle corjnthlene
- /;
- L//t> 7)e/. es J'ca/p
- pl.30 - vue 342/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 343/376
-
-
-
- pl.31 - vue 344/376
-
-
-
- \
- (
- l
- (
- X,
- fc.
- . *}
- A-
- '.v :
- . i
- n,' n»
- r ?
- } .. :
- ;î:
- p.n.n. - vue 345/376
-
-
-
- \
- y/. t/ Jîouôo Jfiv. S>e/. eâ .
- pl.32 - vue 346/376
-
-
-
- /
- ;
- 1
- *
- \
- r
- **<*•• *•-* «jr
- H
- \
- j,.:
- 0
- %
- s
- 'V
- §
- >
- i
- /
- r
- ‘i-
- (
- f
- *
- V.VV-
- \
- A
- *;/
- \
- H
- I :: •
- *
- \
- "J
- p.n.n. - vue 347/376
-
-
-
- . 3yo ,
- , T. J/ir. J>elettStuÿi
- pl.33 - vue 348/376
-
-
-
- J
- ; ' -V
- .V. •
- 'S
- 'Tv b
- ' ’ '• : ï •
- - V r*
- ; • . ' .
- 4't ; J . '
- \
- W-
- f
- s
- I
- V - s
- H: ' ~i‘
- 7.
- r >
- yr'l
- *. •" *
- ^ \sr
- •. -v ' v- k.. '>
- r
- 1 ”
- (
- \
- V.
- i
- p.n.n. - vue 349/376
-
-
-
- Fl. 3ni >
- A. J. Jlüubû Jnv. Del. et Scalp
- pl.34 - vue 350/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 351/376
-
-
-
- I l
- _s4. ir. Jioubo Z/iv Z)e/ et tfcuÿ? .
- pl.35 - vue 352/376
-
-
-
- .(
- ,rvt'-\' ' * . . ^ - ^ . ...... . r
- \
- \
- \
- b m
- <- V ., ') ~
- \
- ' ï\
- C\
- i*
- /
- •
- Y
- *
- (
- (
- /
- /
- /
- f
- i * 'V ' '
- / 'vv:
- i
- p.n.n. - vue 353/376
-
-
-
- AÏæNIERE im C ONSTRUIRE EES DIVERS MEMBRES de Moulures.
- Tiç.O -Fzçz.y. Rzy.S. Nzy.j?
- \
- pl.36 - vue 354/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 355/376
-
-
-
- pl.37 - vue 356/376
-
-
-
- *
- v. •
- •i ' «-..V.
- I
- V V
- M
- \
- ;
- p.n.n. - vue 357/376
-
-
-
- Tl. 37S
- ( 11A1TTEAVXEN TREILLAGES AVEC LEURS DEVELOPPEMENTS
- Fug. 2 . Fig, 3 .
- F[g. 4 .
- 'r
- Fie? , 6 .
- Fi^g . 8 ,
- „ , 3 é> a , za jS lè parhej
- Echelle de n i i n ri' ilrTïïiim'c^^;
- _A. FEouboInv.Eel. et datif.
- 3
- aÆodulej
- I
- pl.38 - vue 358/376
-
-
-
- I
- t
- \
- f ,r
- > 9" . '
- ' 7; vy-
- )
- ).
- \
- 9
- J
- A
- y
- /
- ' - Tr
- K
- •(.
- /
- -ï
- \
- ^ • , ,•//
- ' -•»
- /
- */
- \
- t
- /
- )
- /
- J-
- /•
- (
- ><.
- y1'-'
- \
- p.n.n. - vue 359/376
-
-
-
- PI. 37£
- Diverses SORTES DE Feuilles PROPRES aiix Ornements deTreJla|re
- Fiy.
- T}‘7-z
- F 10. 2 ,
- F{</. 4 .
- Fiy. 8.
- t
- O'
- *
- t.
- i
- _A. F.jRoubo Jnv.Pel- et Jculp
- *»
- (
- pl.39 - vue 360/376
-
-
-
- r
- *
- t -
- i
- s>
- f
- ..
- T; -V.
- «PE
- ''•S-
- Ti
- Jf-7 I
- '.ÏÏi
- : • ‘v
- y
- 3
- '•i ; ; ;
- HP
- /v.
- S
- S ' •’ P.V
- v "
- j
- (
- tj
- K
- t
- '(
- \
- l
- s
- 1
- p.n.n. - vue 361/376
-
-
-
- --- ---i___________ ....^ i - n-377
- F LE mis en Treillages avec leurs Développements.
- A. J.JRoubo InvDel. etJculjy .
- pl.40 - vue 362/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 363/376
-
-
-
- A. J, lioitbo. Itw. Del et Sciilp
- pl.41 - vue 364/376
-
-
-
- %iV: ^
- U
- 4-
- ‘i *"'i:
- )
- W
- '*> .
- J
- p.n.n. - vue 365/376
-
-
-
- I
- PC 37J
- Différentes sortes de Caisses avec leurs développements
- Pi,
- IV
- JSc/ieffe de
- A
- 2
- 3
- 4
- 6 C . t
- "|J— 1 1 ^ J’teiÙ .
- 1
- d.Jteubo j&iv Del eûJeiitju
- pl.42 - vue 366/376
-
-
-
- I
- \ '
- )
- t
- \
- %
- %
- -1
- iiv
- •... ' r - -, t
- . V4
- v- i.
- «. . • V. ,i ‘ ' ’
- r***rv$v*
- .V v
- v
- 7
- -î * V • *
- v:
- V-.
- • ï-
- v > • ^
- i*w*
- F.
- J
- ;
- •+
- »
- /
- y
- p.n.n. - vue 367/376
-
-
-
- SSo
- Plæn et Elévation d'un Gradin de Serre Chaude.
- ♦
- pl.43 - vue 368/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 369/376
-
-
-
- pl.44 - vue 370/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 371/376
-
-
-
- F, XF. M1>/.F. DF. DIVERSE. S OIWllAGES Jlelat jV«uont ail Toj/c de Ja Menuîièrio
- . J. . Jf'lÿ . 2 J^U/ . 3 ,
- ^4. < Jtou/y ü Jnv. y V/ - eà t f cu/jp,
- pl.45 - vue 372/376
-
-
-
- I
- J .
- ♦ ♦
- ¥w * * V
- *
- *; : •.*
- c
- * *,
- *
- $
- »
- % ,
- *
- #
- <
- 4
- K
- r
- tf;
- S
- 4'
- y *
- %
- k-V'
- ;
- £
- ?..
- V1
- l
- \
- \
- i:i
- l
- .1
- n
- \
- V
- • 4’V
- s
- i
- *
- r: .
- ? * •' '
- :r'v;
- -v —;
- r
- %
- p.n.n. - vue 373/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 374/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 375/376
-
-
-
- p.n.n. - vue 376/376
-
-