Descriptions des arts et métiers
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- DU
- COUTELIER
- EXPERT EN INSTRUMENTS
- DE CHIRURGIE.
- SECONDE PARTIE DE VART DU COUTELIER,
- PREMIERE SECTION.
- Par M. Jean- Jacques Perret, Maître Coutelier de Paris,
- rue de la Tijferanderie.
- M. D C C. L X X II.
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- AVANT-PROPOS-
- T j e defir de fecourir les hommes dans toutes les maladies auxquelles ils font fujets, a engagé les Chirurgiens à exercer leur génie pour imaginer des Inftruments propres à faire différentes opérations; la plupart de ces Inftruments étoient fort imparfaits lors de leur invention : on les a changés avec le temps ; on les a perfectionnés, & on eft parvenu à les rendre plus commodes à manier, de façon qu’on exécute par leur moyen, avec plus de précifion & moins de rifque, tout ce que l’on en defire ; & par-là on a rendu les opérations plus prati-quables, moins douloureufes, Sc les plaies plus promptes à guérir.
- Ce fiecle, principalement, a vu naître des Chirurgiens habiles, à qui l’on doit la découverte d’un grand nombre d’Inftruments ; ils en
- ont imaginé de fi propres à chaque opération, que même les plus délicates & les plus difficiles, telles que la Cataraéte, la Taille, Scc,
- font aujourd’hui regardées comme beaucoup moins dangereufes ; & l’on voit tous les jours fe multiplier d’heureux fuccès, qui ne font dûs en partie qu’à ces Inftruments.
- Les Accouchements laborieux ont, pendant long-temps, enlevé des Citoyens à tous les Etats ; parce que le plus fouvent on perdoit les Enfants pour délivrer les Meres. Ces temps font bien changés, depuis qu’une plus parfaite étude de l’Anatomie a éclairé l’Art des Accoucheurs fur les vices de conformation.- On a imaginé des Inftruments fi commodes & fi convenables, que l’on peut dire, avec raifon, que la Chirurgie a confervé la vie à nombre d’Etres qui l’auroient perdue fans fon fecours.
- Il femble, comme je l’ai déjà dit, qu’il étoit réfervé à notre fiecle de porter des vues aufli étendues fur cette opération ; que l’on fe repréfente combien de temps le font écoulés fans qu’on ait eu d’autres Inftruments, pour les Accouchements, que les Crochets d’Hippocrate. Dans la fuite on s’eft vu en poffelfion d’un Inftrument qui accé-léroit l’Accouchement, quand la tête de l’enfant fe trouvoit arrêtée au paffage des os pubis.
- Roonhuifen eft parvenu, avec un fimple Levier qui relfemble à une Spatule, à remédier à cet accident ; il eft fâcheux pour fa gloire qu’il ait fait un fecret de fon Inftrument & de fa méthode pendant fa
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- AVANT-PROPOS.
- vie, 8c que nous ne le devions qu’à la générofité de trois Médecins qui l’on acheté éooo liv. de fa veuve.
- A ce fameux Levier ont fuccédé plufieurs Inftruments qui ont acquis la plus grande réputation : il a été corrigé & perfectionné par M. Pean avec beaucoup de fuccès, ainfi que nous le ferons voir dans la fuite. Dans le nombre des meilleurs Inftruments, 8c des plus propres à faciliter les Accouchements, on eftime particuliérement celui appellé les Mains de Palfin, 8c fur-tout depuis que M. Levret y a fait des corrections qui lui ont donné le nom de Forceps de M. Levret. Avec cet Inftrument on accéléré l’Accouchement fans blelfer ni la mere ni l’enfant; 8c il feroit à fouhaiter pour le bien de toutes les Villes ou Bourgs 8c Villages confidérables, qu’il y eût au moins un Forceps dans chacun de ces endroits.
- Les Chirurgiens ont fourni l’invention des Inftruments aux
- Couteliers ; ces derniers, de leur côté, le font exercés à chercher dans les reffources de leur Art, les moyens néceflfaires , tant pour féconder
- les vues des Chirurgiens, que pour parvenir à exécuter les Inftruments.
- L’exécution de la part du Coutelier, exige de l’étude 8c des con-noilfances ; car non-feulement il doit imaginer la forme de chaque piece qui compofè l’Inftrument, mais il convient encore qu’il en régie les proportions, les leviers ; qu’il dirige le jeu des bafcules, des relforts 8c des vis, 8cc. Il faut fouvent qu’il invente des outils propres à donner aifément ces formes nouvelles. J’ofe dire qu’un Coutelier qui ne feroit pas fertile en expédients pour fabriquer des outils convenables , ne répondroit jamais parfaitement aux vues du Chirurgien ; 8c peut-être eft-ce le défaut d’Ouvriers intelligents, qui a privé l’antiquité des Inftruments que nous devons à notre fiecle.
- On doit attendre de moi la defcription de tous les Inftruments qui compofent l’arfenal aétuel de Chirurgie ; auffi me le fuis-je propofé pour objet, 8c ai-je cherché à le remplir autant qu’il m’a été poffible. Mon projet eft d’établir les réglés & d’enfeigner les moyens sûrs de les fabriquer dans les formes les plus convenables pour chacune des opérations.
- L’intention du Chirurgien eft de guérir ; le Coutelier doit y concourir par fon Art, pour donner les fecours les plus efficaces aux humains. On fe perfuadera aifément qu’un mauvais Inftrument ne
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- fauroît bien opérer , même entre les mains d’ün Chirurgien aüfll habile & auflî adroit qu’il puilTe être ; en effet, avec toute l’adreffe pofiible, un Chirurgien ne pourra jamais bien faigner avec une mau-vaife Lancette: il lui fera impoffible de bien faire l’opération de la cataraûe avec une mauvaife Aiguille & un mauvais BiftourL Généralement parlant, toutes les opérations ne pourront être faites parfaitement, que lorfqu’on fera bien fécondé par de bons Infini-ments*
- J’avoue qu’un Chirurgien connoiffeur examinera fes Inflruments pour s’affurer de leur bonté, & il verra aifément les défauts extérieurs ; mais il y a d’autres imperfections confidérables, dans lefquelles il ne peut pas pénétrer. Par exemple, il pourra juger, en effayant une Lancette fur le cannepin, fi la pointe eft bien aiguë, & les tranchants bien doux ; mais cela ne lui apprendra pas fi la Lancette à été bien trempée & bien recuite ; il lui eft même impoftlblc de ^’a/Turer £ l’acier eft bon , médiocre ou mauvais. L’acier mal forgé, mal trempé, où mal recuit, quoiqu’affez beau à la vue, produit cependant des effets funeftes. Un tranchant qui ne coupe pas net & avec douceur, irrite les parties qu’il tranche, toutes les fibres & les rameaux voifins de la plaie, fe trouvent dans un état violent par cette efpece de tiraillement, occafionné par l’âpreté & la rudeffe du tranchant ; alors toute la machine fouffre : il s’enfuit des irritations terribles, des inflammations qui retardent la guérifon de la plaie , & quelquefois s’oppofent au fuccès qu’on attendoit d’une opération bien indiquée & bien, exécutée.
- Cet èxpofé fuccinét, n’eft que pour faire fentir l’importance de fe procurer des Inflruments de Chirurgie bien fabriqués; il n’eft pas poflible de prefcrire ici des réglés générales qui puiflent s’étendre fur toutes les efpeces , dont le nombre eft grand, puifqu’il monte à plus de T'oOjfouvent différents entièrement les uns des autres ; car ce qui eft avantageux dans un Biftouri, dans un Lithotome, eft condamnable dans une Sonde, &c. Je me réferve donc, pour ne rien confondre & ne rien omettre, d’établir les qualités propres à chacun en particulier* en enfeignant la maniéré de les fabriquer.
- Dans le choix de l’ordre que j’ai donné à cet Ouvrage , Sc la marche que j’ai fuivie, j’ai cru devoir préférer la'divifion fuivante : feize Chapitres en feront toute la diftribution. J’ai deftiné le Coi/TELiERé IL Part, SeBé /< b
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- premier Chapitre (*) à décrire des maniérés générales de travailler, qui reviennent fouvent dans l'exécution & la fabrique d’un grand nombre d’Inflruments ; ainfi je diviferai ce Chapitre en cinq Articles ; j’y décrirai le Tour en l’air & le Tour à pointe, avec la maniéré de s’en fervir : on y verra les Mandrins, qui font d’un ufage particulier pour plufieurs ïnflruments de Chirurgie, &c ; la Machine à percer , la Filiere double, la maniéré de faire les Charnières, &c.
- Dans le fécond Chapitre, je ne me fuis occupé qu’à donner les moyens propres à faire de bonnes Lancettes; j'ai cru devoir commencer par cet infiniment, parce qu’il paroît le plus néceffaire au Chirurgien. J’ai donné à ce Chapitre un peu d’étendue, parce que l’Inflrument le mérite par fa délicateffe & fon fréquent ufage; & d’ailleurs ce que j’y décris, fervira de bafe à plufieurs autres Inftru-ments ; ainfi nous renverrons fouvent le Leéteur à ce que nous aurons dit fur la Lancette, pour y prendre des lumières Sc y confulter des détails, quand il s’agira de parler des tranchants doux, & des pointes parfaitement aiguës.
- Le troifieme Chapitre traitera des ïnflruments fervant à la difTeâion des cadavres : on y trouvera la defcription & la maniéré de faire ceux des Anatomifies, ceux dont on fe fert pour l’ouverture des cadavres ; les Aiguilles droites, les courbes, les Epingles pour le bec-de-lievre. Nous avons raffemblé tous ces ïnflruments dans un même Chapitre; mais ils feront féparés par autant d’Articles qui nous ont paru néceffaires.
- Le quatrième Chapitre renferme les ïnflruments qui compofent f Etui portatif fervant aux panfements de toutes les plaies.
- Le cinquième Chapitre explique la maniéré de faire les ïnflruments du Chirurgien -Dentifle, ceux qui fervent pour nétoyer les dents, pour les arracher; & nous donnerons ceux de toutes les formes , connues jufqu’à ce jour.
- Le fixieme Chapitre enfeigne la maniéré de faire des Cautères aétuels de toutes les formes connues ; enfuite les ïnflruments à féton y feront décrits.
- ( * ) Je dis Chapitre I, parce qu’il l’eft de cette fécondé Partie ; mais comme celle-ci efl: infépa-rable de la première, par rapport à beaucoup d’opérations de forge, de lime & de meule, qu’il auroit fallu répéter, il m’a paru convenable de
- prendre la fuite des Chapitres , ainfi que celle des Planches, afin de lier les deux Parties enfem-ble ; alors le Chapitre premier de cette fécondé Partie, fe trouve le 34e; & la première Planche eft la 73e.
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- Le feptieme Chapitre contient les Inftruments pour extraire les corps étrangers, comme les Tire-balles Amples & les compofés; nous y joignons les Inftruments fervant à repouffer les corps étrangers arrêtés dans l’œfophage.
- Le huitième Chapitre traite des Inftruments propres à l’opération de la hernie.
- Le neuvième Chapitre apprend la maniéré de faire tous les Trois* quarts; plufieurs Inftruments fervant à différentes maladies de la bouche, ce qui nous conduit à la defcription des Inftruments dilata* toires, & de ceux qui font appellés Spéculum : ils feront fuivis des Inftruments pour la fiftule à l’anus , & ceux pour l’opération du cancer.
- Le dixième Chapitre donne le détail des Inftruments pour les opérations des polypes , tant par l’incifion, que par l’extirpation & par l’étranglement.
- Le Chapitre onzième renferme les Inftruments pour faire l’opéra** tion de la cataradte par abaiffement, par l’extraâion du cry ftallin * & par toutes les autres méthodes connues & reçues de l’Académie* Nous ajoutons à ce Chapitre les Inftruments pour la fiftule lacrymale* les Sondes du canal nafal, les Seringues Sc tous les Inftruments qui en dépendent. Ici finit la première Seâion de la fécondé Partiez
- Le douzième Chapitre , qui eft le premier de la fécondé Sedion > inftruit des Inftruments pour les amputations* & la Machine pour réduire les luxations.
- Le treizième Chapitre comprend les Trépans, les Elévatoires* & tous les Inftruments qui fervent dans l’opération du trépan.
- Le quatorzième Chapitre fait connoître tous les Inftruments fervant à faire l’opération de la taille. Le nombre en eft grand , attendu qu’il y a dix-neuf méthodes différentes pour faire cette opé* ration : méthodes imaginées par différents Auteurs * & reçues ou approuvées par les Académies.
- Le quinzième Chapitre donne le détail des Inftruments fervant accouchements laborieux & contre nature : on y verra amplement ceux qui ont été inventés pour délivrer la mere de la tête de l’enfant* laquelle, fi elle vient à fe féparer du corps, refte ou au palfage oit dans le baflîn.
- Enfin le feizieme Chapitre eft deftmé pour la defcription des Infi
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- truments qui fervent à couper le filet aux enfants nouveaux nés ; enfultd nous donnons celle des Inflruments pour l’inoculation de la petite vérole; c’efl une opération nouvelle chez nous, & des dernieres que la Chirurgie ait mife en pratique.
- Autant qu’il m’a été pofïïble, j’ai rangé la defcription des Xnflru-ments propres aumême genre d’opération , félon le rang d’ancienneté de leur invention par leurs différents Auteurs; & l’on verra combien la Chirurgie a été enrichie dans ce fiecle, combien les Modernes l’emportent fur les Anciens. Je terminerai cette fécondé Seâion par un Vocabulaire des termes de l’Art du Coutelier, & par la Table des matières.
- Pour ne rien négliger de ce qui efl capable d’inflruire, Sc de rendre mon Ouvrage utile & intéreffant, j’ai cru préférable de repréfenter les Inflruments dans leurs grandeurs naturelles, fans les réduire à moitié ou au tiers de leur volume; parce qu’en les diminuant, on auroit perdu certains petits détails, comme les vis, les refforts, les bafcules, les charnières, les tenons, &c, J’aurois craint par - là de rendre la plupart des Inflruments d’une maniéré obfcure & capable d’induire en erreur ceux qui s’appuient uniquement fur les figures pour leur inflruâion. Il faut cbnvenir que par-là j’ai un peu augmenté le nombre des Planches ; mais aufïi nous fommes difpenfés, en décrivant ces Inflruments, de nous étendre fur leurs dimenfions, fur les mefures exaâes, en citant la quantité de pouces, de lignes, & cela non-feulement à chaque Inflrument, mais encore à chacune des parties qui le compofent, ce qui feroit devenu très-embarraffant.
- Je dois répéter ici qu’en donnant dans cette fécondé Partie la defcription des Inflruments de Chirurgie, mon intention n’efl point de les faire connoître fous les rapports qu’ils ont avec la flruâure des parties auxquelles les Auteurs fe font propofé de les appliquer, avec le vice que la maladie introduit quelquefois dans la flruâure de ces mêmes parties. Je ne me propofe point non plus d’indiquer comment, il faut s’en fervir, de prefcrire l’ordre dans lequel il faut les employer; quand il convient que celui-ci fuccede à celui-là, pour, de leur application fuccefîïve, amener ce réfultat commun, qui efl le but qu’on fe propofe dans certaines opérations. Il y a des cas où la nature du mal & la flruâure des parties, exigent que l’on préféré tel Inflru-ment à tel autre, que l’on en change les formes ou les difpofitions
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- Connues, pour en introduire qui foientplus propres à faire réuffir. Jé n"entre point dans l’examen de tous ces objets ; ils demanderoient un ample Traité que l’on ne doit point attendre de moi* Mon objet, après que tous ces Inftruments ont été portés à leur perfedion par ceux qui les ont imaginés, eft, ainfi que je l’ai déjà dit, d’indiquer comment je les exécute , & c’eft Amplement l’Art de les faire que je donne ici.
- Je déclare donc que fi j’entre quelquefois dans le manuel des opérations de Chirurgie, ce n’eft pas que je prétende me mêler de l’Art dii Chirurgien, encore moins l’inftruire; mais j’ai feulement eu l’intention de faire connoître au Coutelier les défauts qu’il doit éviter dans -la fabrique des Inftruments > & faire mieux entendre les propriétés qui leur font elfentielles ; d’ailleurs je ne le fais qu’en paflant, & fi légèrement, que je ne crois pas qu’on puiffe me prêter d’autres intentions*
- On pourroit encore me faire Tun ou Tautre de ces deux reproches tout differents. Des perfonnes curieufes d’être inftruites des progrès qu'a fait la Chirurgie, auroient pu, fans doute, délirer trouver dans ma defcription une hiftoire fuivie de chaque Infiniment | elles auroient peut-être fouhaité que je l’euffe conduit depuis le moment7 de fon invention, jufqu’au point de perfedion où nous l’avons aujourd’hui ; mais cette partie ne m’ayant paru que purement eurieufe * je n’ai pas cru quelle fût de mon reffort au point d’en faire une étudë principale. J’ofe même d’ailleurs alfurer que les Inftruments de Chirurgie n’ayant été bien décrits & gravés que depuis peu de temps ^ les corredions fe font faites à la plupart d’une maniéré înfenfible, 8c les progrès dans leurs nouvelles perfedions nous font prefqu’in-connus ; du refie on verra que je fuis entré autant que je l’ai pu dans ces vues, en décrivant beaucoup d’Infiruments de Chirurgie, &ajou~ tant à ma defcription ceux qui ne font pas d’un ufage très-fréquent parce qu’on leur en a fubftitué d’autres d’une plus grande perfedion* J’ofe donc me flatter d’avoir confervé la partie utile dans la demande qu’on auroit pu me faire , en négligeant celle qui eft Amplement eurieufe, 8c fur laquelle on n’auroit pu parler que d’une maniéré très-vague & fort douteufe.
- Le fécond reproche qu’on pourroit me faire, confifteroit en ce que ne m’attachant pas à fuivre cet objet, c’eft-à-dire, à décrire l’hiftoire & les progrès qu’ont pu acquérir, avec le temps, les Inftruments dé Coutelier. IL Fart. Seâ, L c
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- Chirurgie ; on m’objeCteroit , dis-je, que j’aurois pu abréger beau-* coup mon Ouvrage, fi je n’avois parlé que des Inftruments qui font maintenant en ufage à Paris: car la Chirurgie moderne s étant beaucoup perfectionnée dans cette Capitale, il y a plufieurs Inftruments que l’on employoit il n y a pas fort long-temps, dont on ne fe fert plus aujourd’hui. Mais outre que la plupart de ces Inftruments, dont on ne fe fert point à Paris, font encore en ufage dans d’autres endroits, puifque l’on m’en demande habituellement, foit de la Province, foit de l’Etranger, j’ai eu de fortes raifons pour ne me point reftreindre aux feuls Inftruments actuellement en ufage dans cette Capitale. J’ai cru que l’Art que j’offre au Public, ne feroit complet & véritablement utile, qu’autant que j’expoferois aux yeux du LeCteur tous ceux que j’ai pu me procurer : en me conduifant fur ce plan , j’ai eu en vue les Chirurgiens qui n’ont point d’arcenaux où fe trouvent réunis les Inftruments de Chirurgie anciens & nouveaux ; mon intention a été d’ex-pofer fous leurs yeux les figures de ces Inftruments : j’ai voulu par ce moyen ( & fans me le propofer comme un principal objet) les mettre en état de connoître quel a été le progrès de l’efprit humain dans l’invention Sc la perfeClion des Inftruments de Chirurgie, de pouvoir juger des raifons que l’on a eu d’admettre, de conferver ou de rejetter ces Inftruments; j’ai eu deffein de leur offrir un tableau de ce qui a exifté, pour que ceux qui viendront dans la fuite, & qui donneront des Inftruments qu’ils croiront nouveaux; jugent fi effectivement ils le font. Je ne me fuis point arrêté feulement à ces avantages ; j’ai encore eu pour objet, dans la compofition de mon Ouvrage, d’aider les Chirurgiens, ainfi que les Couteliers, dans leurs travaux ; les premiers, au moyen des foins que j’ai pris , trouveront dans beaucoup d’inftruments abandonnés pour certaines opérations, des reffources pour la compofition de plufieurs Inftruments pour d’autres opérations , foit qu’ils appliquent ces Inftruments tels qu’ils font, foit qu’ils y ajoutent ou qu’ils en retranchent: toujours, eft-il vrai, qu’ils leur offriront des modèles & des vues. Les habiles gens n’ont pas befoin de ces avantages; mais c’eft à la multitude qui fe forme & qui a peu de fecours, que je deftine mon travail. Quant aux Couteliers, je leur offre des exemples de conftruûion fouvent ingénieufes & d’une exécution difficile, qui, lors même quellesneferoient plus exécutées en entier, reviendront sûrement dans d’autres Inftruments où on les aura
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- fait paffer, du moins en partie. Il y a plus ; j’avoue qffentfaîné pûï cette confidération , ( que je ne puis trop applanir de difficultés'aux hommes de mon état, ) j’aurois fouhaité que ceux qui poffedent d’au^ très ïnfiruments actuellement d’ufage ou négligés, mais que je ne connois point, euffent bien voulu me les procurer; que ceux qùî ont été trouvés dans les ruines d’Herculanum, s’ils fonfd’une conltruc-tion différente des nôtres, fuffent parvenus à ma connoiffancef &’je n’euffe point manqué de faire ufage tant des uns que des autres. Ceux qui fréquentent les atteliers des Artifles , & qui connoiffent les vues bornées de quelques Ouvriers, la difficulté qu’il y a de leur faire exécuter ce qu’ils n’ont point encore pratiqué, conviendront que l’attention que je prends ici n’elt point fuperflue, & que je prépare des facilités à ceux qui, déformais , inventeront des Inftruments de Chi^
- rurgie, pour fe faire entendre des Couteliers ; & aux Couteliers, pouf exécuter ce quon leur demandera.
- Ici fe préfente un autre avantage encore bien confidérable ; car après . avoir rempli ma tâche comme Coutelier, avoir configné dans cet Ouvrage les diverfes pratiques que j’ai acquifes pendant trente années dans l’exercice continuel de mon état, avoir procuré au Public la collection d’Inflruments de Chirurgie la plus ample qui ait jamais paru, j’ouvre un champ valte préparé à grands frais, qui n’attend plus qu’une main confommée dans l’exercice de la Chirurgie opérative , pour en faire fortir les diverfes pratiques fous des points de vue relatifs à l’état aCtuel de la Chirurgie Françoife, & à celui de la Chirurgie du relie de l’Europe. Je crois pouvoir me flatter que par les foins que je me fuis donnés, j’aurai facilité les moyens d’exécuter cette entreprife fl néceffaire & fi defirée. C’eft-là qu’on indiquera quels font les ïnfiruments ufités, ceux qui ne le font point, les raifons qui ont fait recourir aux uns 8c négliger les autres ; que l’on enfeignera la maniéré de fe fervir de ceux qui font en ufage; ce qu’il conviendroit d’y ajouter pour les porter à une plus grande perfection ; les change-^ ments qu’ils demandent pour fatisfaire aux cas particuliers les plus connus ; que l’on déterminera leur forme précife, leurs dimenfions, fur plufieurs defquels tout elt encore livré à l’arbitraire. Je délire cette réforme dès qu’ellefera utile; & elle ne peut manquer de l’être.
- Sur les avis qu’on m’a donnés, par lefquels il m’a paru que le Public fouhaiteroit coruioître le prix de chaque Inflrument de
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- Chirurgie, j’ai cru devoir donner cettè fatisfaâion à ceux qui y ont quelque intérêt. Je l’ai donc déterminé tel qu’il eft'en üfage, non-fèülement dans mon magafin, mais encore chez tous mes Confrères dans Paris, qui s’occupent de cette partie de la Coutellerie. Chaque defcription, de quelque Infiniment que ce foit, fera terminée par la déterminaifon de la valeur de l’Inftrument, telle qu’elle eft aujourd’hui. Cette méthode m’a paru préférable à celle de faire une table particulière où les prix feroient marqués.
- Cette connoiffance que je donne du prix de chaque Inftrument, ne peut être qu’utile & commode pour ceux des Chirurgiens qui fe trouvent éloignés des Couteliers experts en Inftruments de Chirurgie, lorfqu’ils défirent de fe procurer quelques Inftruments. Comme ils ignorent ce qu’ils peuvent coûter, ils font obligés d’écrire plufieurs lettres pour s’en informer ; par conféquent cela retarde les envois, & même les opérations.
- On m’a demandé encore d’indiquer aux Chirurgiens la maniéré de conferver les Inftruments, de les entretenir propres, & de les pré-ferver de la rouille. J’avoue que jufqu’ici je n’ai trouvé aucun expédient qui puilïe en général arrêter les progrès de la rouille qui fait tant de tort à l’acier en rongeant la furface de ce métal ; mais j’ai des moyens d’en garantir l’acier & de le conferver long-temps, & même pendant le trajet des mers. J’indiquerai mes expédients, qui, d’ailleurs, ne font ni difficiles ni difpendieux : c’eft ce qu’on verra dans la derniere Seûion du dernier Chapitre de cette fécondé Partie*
- L’ART
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- EXPERT EN INSTRUMENTS
- DE CHIRURGIE
- SECONDE FsiZITIE DE L’SLKT DU COUTELIER4 Par M- Jean-Jacques Perret, Maître Coutelier de Paris*
- CHAPITRE TRENTE-QUATRIEME.
- jD# Tour relativement à Vufagedu Coutelier ; des Outils dépendants du Tour. Defcription d’une Machine à percer les plus durs Métaux; celle de la Filiere double. Maniéré de tarauder de grojfes Vis ; ôC de la maniéré de faire les Charnières.
- L e Tour eft néceflàire au Coutelier , & nous avons déjà cité plüfieurs ouvrages qui ont dû être tournés. Mais comme dans cette Seconde Partie nous parlerons de plufieurs Inftruments de Chirurgie que Ton doit tourner* la nécef* fité dont eft le Tour pour le Coutelier qui s’occupe de ces fortes d’ouvrages * fera bien mieux établie; car nous aurons fouvent belbin de dire que telle & telle partie d’un inftrument doit fe faire au Tour. Nous avons donc réfervé de décrire fuccinélement dans ce Chapitre les pièces qui compolent le Tour* &les moyens de s’en fervir, fans entrer dansées détails bien étendus; ce que je laiffe à celui qui traitera fpécialement cet Art*.
- Coutelier. IL Part. SecL L f P pp
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- HART DU COUTELIER.
- Article Premier,
- Du Tour9 & de la maniéré de tourner.
- itllr inm—mr whi
- Planche
- 73*
- Le Tour fert à donner une perfeétion néceflàire aux machines 8c inftruments qui exigent une parfaite rondeur & une grande régularité. Le Trépan eft l'inf-trument qui a le plus grand befoin de ces qualités, par rapport aux couronnes, qui en font la principale partie.
- J'ai déjà prévenu que mon deffein n eft point ici de donner la defcription du Tour dans tous fes détails ; ils feront partie de l'Art du Tourneur, que le Public attend de M. Hulot. Je ne décrirai donc que ce qui fera néceflàire pour enfei-gner au Coutelier la maniéré de tourner, 8c fur-tout les moyens qu’il faut employer pour ajufter des mandrins (*), afin de tourner commodément des ouvrages qui ne font que du reilbrt du Coutelier, & qui font d'ailleurs allez difficiles à appliquer entre les deux pointes du Tour.
- La Figure 1 repréfente un Tour à pointes : & la Figure 2 un Tour en l'air ; tous deux îTiuiitéo fur le même établi dd9 A A A.
- , On entend par Tour à pointes, deux poupées a , a y ayant chacune une pointe : c eft entre ces deux pointes qu'on pofe la piece qu'on veut tourner, lorfqu’on peut y piquer un centre à chaque bout, 8c que d’ailleurs elle eft aflez longue pour y entortiller la corde. Si la piece qu'on doit tourner eft courte, & quelle foit percée d'un bout à l'autre, on la met à force for un mandrin ou forte broche de fer, for laquelle on ajufte une bobine pour y entortiller la corde. On voit donc dans la Figure 1, ce mandrin b b y for lequel eft ajuftée en c, une pomme de Trépan, avec la bobine m y for laquelle eft entortillée la corde.
- La Figure 2 repréfente un Tour en l'air, qui confifte d’abord en un arbre de fer monté for deux poupées unies enfemble par leur bafe en F, F. Cet arbre porte une vis à fà tête B y for laquelle on monte toutes les eüpeces de mandrins dont on peut avoir befoin. La partie de l'arbre en E, eft faite en bobine pour recevoir 8c contenir la corde qu'on y entortille. La partie de l'arbre qui eft renfermée dans la poupée en G, eft divifée par cinq pas de vis différents, pour donner lieu à l'Ouvrier de fe fervir de celui qu’il juge à propos, félon qu'il prétend précipiter ou ralentir le mouvement, augmenter ou diminuer la force dans l'inftrument qu'il fabrique.
- Les pas de vis dont nous venons de parler, font imprimés for les regiftres, appellés auffi Clavettes, de bois qu'on voit au-deflûs des numéros 2,3,4,5,6; de forte que pour faire des vis au Tour, on tire le coin e, qui fo trouve fous la clef de cuivre no. 1 ; on le met fous la clavette de la vis dont on a befoin,
- ( * ) On appelle Mandrins en général, toutes de boîte de cuivre, qu’on vilfe fur la tête de les piecesdont on fe fert pour pofer 6c appliquer l’arbre 5 d’autres en maniéré de broche, ôcc. les ouvrages fur le Tour : il y en a en maniéré
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- Seconde Partie, Secl. /. Chap* XXXIV. 243
- c eft-à-dire fous l'un des numéros 2,3, 4, 5, 6 ; alors il eft clair que lorfqu'on baille la pédale g avec le pied, l'arbre fait un double mouvement, il tourne en avançant ; & lorfqu'on leve le pied, l'arbre tourne en rétrogradant.
- Il eft effentiel de tenir toujours les deux collets de l'arbre humeétés d’huile d'olive, en en faifànt couler une goutte fur les vis de preffion hhy qui, à cet effet, font percées à jour auflî bien que les couffinets ffipérieurs > pour donner-paflàge à l'huile, qui coule fiir l'arbre au travers des couffinets d'étain. Cet arbre ne doit jamais balloter dans fes couffinets. Les vis h h font deftinées à prefler les couffinets ftipérieurs au degré qu'il convient pour que l'arbre ne ballote point, & que cependant il foit très-libre.
- Le {upport eft reprélènté par les lettres a îj, K L: il eft compofé de trois pièces, de trois vis & de trois écrous. Cette maniéré eft la plus commode, parce que le fupport le prête à tous les mouvements quon délire, pour être placé au point qu'il faut. Les parties i j, peuvent être de bois, ou de fer , ou de cuivre ; mais la partie a doit toujours être de bois ; l'outil y glilîè moins que fur le fer ou fur le cuivre: il tient au {upport par une forte vis, dont la tête eft en figure de T, 8c un écrou K ; 8c comme le trou du bois* eft fenêtre, c’eft-à-dire , quarré long, on peut le haufîer 8c le bailler félon que le cas l'exige. L eft une vis
- qu’on fait mouvoir avec une clef ; par ce moyen on fait tourner le fupport i, dans le fens dont on a befoin.
- Pour bien tourner, il faut tenir l'outil H d'une main, tandis que l'autre appuie fermement fur l'outil en iV, pour le tenir fixe fur le fupport ; ayant le pied fur la pédale, on donne le coup 8c l'on enleve un copeau ffir la matière qu'on tourne ; cependant on peut donner un fort coup de pied, & tenir l’outil bien ferme fans enlever un copeau, & pour lors on gâte l'outil. Mais voici la maniéré de donner le coup avec avantage.
- L’outil dans la main du Tourneur, eft à confidérer comme un levier du premier genre ; lorlque le ffipport N eft pofé près de la piece qu'on tourne, le tranchant de l’outil eft la réfiftance du levier, iV en eft le point fixe, & le manche if en eft la puiflance ; alors tenant l'outil bien horilbntalement, & toujours dirigé vers le centre de l'arbre du Tour, appuyant les doigs de la main gauche fur l'outil en N, pour aflurer le point fixe, l'autre main empoigne le manche H, on donne le coup de pied d\in mouvement modéré ; on oblèrve que ces trois mouvements n’en faflent qu’un feul, que chaque membre fafle les trois fondions d'un feul coup, & dans le même inftant; or, le pied baillant la pédale, la main gauche redouble l'effort de preffion fur le point fixe, &la main droite pouffe l’outil avec un certain effort pour mordre fur la matière, obfervant que le tranchant de l'outil tende plutôt à monter qu’à defcendre, au moyen de I effort que fait la main droite, comme fi on vouloit faire bailler le manche de 1 outil. Ce. mouvement eft invifible aux yeux des {peélateurs ; ainfi il ne doit dépendre que d'un roidifïement des nerfs»
- Planche 7 b
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- *44 L'ART DU COUTELIER>
- La pièce qu’on veut tourner eft repréfentée dans cette Figure fur le Tour ; c’eft une couronne de Trépan ; l’outil eft placé de façon à pouvoir tourner le dedans de la couronne*
- Article Second.
- •Planche
- 7*.
- Des Mandrins & des Outils à tufage du Tour.
- L a Figure 3 repréfènte un mandrin de bois pour mettre une piece fur le Tour ; on voit en p une virole d’un Tire-tête, mile dans le mandrin pour être tournée.
- La Figure 4 fait voir une coupe longitudinale du même mandrin, pour en faire voir l’intérieur. i°. La partie taraudée q, qui fe viflè fur la tête de l’arbre du Tour. 2°. La virole Q, dont une partie eft enchaffée à force dans le mandrin.
- La Figure £ repréfente un mandrin à virole , fur lequel on tourne des inftru^ ments ou des pièces de plufieurs groffeurs différentes, fans augmenter ou diminuer ïe trou.
- La Figure 6 fait voir la coupe de ce. mandrin; R eft le trou percé
- à jour dans toute la longueur du mandrin ; les quatre traits en croi y y y, font
- deux traits de fcie, dont le feuillet eft d’une ligne d’épaiffeur : on refend le man„ drin jufqu’à la ligne 5, Fig. 5 ; cela étant ainfi, les quatre parties o, 0,0 , 0, Fig. 6, font comme quatre rellbrts qui s’approchent du centre, pour Terrer enfemble la piece qu’on met dans le trou R. Or, ce reftèrrement s’opère par une virole de cuivre ou de fer TT, taraudée en dedans pour fe vilfer fur le mandrin qui étant de figure conique , & taraudé à l’extérieur, reçoit la virole ; & plus il approche du gros bout, plus il ferre la piece £ qui eft dans le trou R. On fait trois trous fur la virole pour recevoir une broche de fer, afin de la vifler avec force. Ce mandrin peut être regardé comme un excellent outil pour ferrer des parties creufès & minces ; auffi le propofons-nous pour les Seringues , pour travailler le Porte-pierre infernale, pour le Pharingotome Sc autres inftruments à peu-près femblables. Le meilleur bois pour faire des mandrins, c’eft l’alifier.
- La Figure 7 repréfènte la maniéré de préparer une partie de l’arbre du Trépan; c’eft celle qui porte la tige pour recevoir la pomme. La partie qui n’a point de tige, &qui eft parfaitement femblable à celle-ci, eft comme coupée fur la ligne x; alors on a recours au mandrin Fig. S , qui eft taraudé au bout, afin de le vifîèr fur la partie de l’arbre u u: on y voit une bobine pour recevoir la corde ; de forte qu’en donnant un coup de pointeau en Z, bien en ligne direéte avec le trou ou pointe V du mandrin, en forte qu’il foit bien centré, on tourne toute la poire, ainfi que nous,le verrons en enfèignant la maniéré d’ajufter un Trépan.
- Les Figures füivantes repréfentent les principaux outils à tourner. La Figure p eft un peigne pour faire des filets de vis au Tour fur l’extérieur d’une piece ; & la Figure 10 en fait voir un autre pour faire les filets dans l’intérieur, Il en
- faut
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- Seconde Partie. SeB. L Chap. XXXIV. 24?
- faut deux femblables pour chaque efpecede pas de vis que porte l'arbre, & il faut qu’ils foient faits & ajuftés avec précifion fur les filets de l'arbre même.
- La Figure 11 fait voir le Cifèau plat, dont le tranchant eft au bout & fur les deux côtés par un bifeau abattu fur les quarres.
- La Figure 1% fait voir un outil rond & à tranchant, comme le précédent ; car il n en différé que par la rondeur de l'extrémité fupérieure.
- La Figure 13 eft un grain d'orge, & la Figure 14 eft un outil qui équivaut à plufieurs autres ; c'eft une lime triangulaire réduite en burin* mais dont la facette r eft ronde , au lieu d'être affûtée droit, de forte que la pointe tient lieu d'un grain d’orge, & les deux côtés tiennent lieu d'un outil rond ; je m’en fers pour évuider, par exemple, une Poire, telle qu'on la voit cnuu, Fig. 7.
- Ces fix formes d'Outils font les plus ufitées pour tourner ; mais il faut encore en avoir plufieurs autres qui different par les grandeurs & les largeurs. D'ailleurs on verra ces Outils, avec tous les détails convenables, dans l'Art du Tourneur, qu’on pourra confulter.
- Un Outil qui eft bon à tourner le fer* peut bien fervir à tourner du bois ; mais celui qui eft bon pour tourner le bols > ne peut pas fèrvir le plus fbuvenC pour travailler les métaux. Cette différence, dans le fond, ne tient qu'à deux
- points effentiels. i°. Pour le fer, il faut un tranchânt affûté de court. 20. C'eft le degré du recuit qui fixe la dureté. Or, fi l'Outil eft recuit à la couleur d'or, il ne réfiftera pas long-temps fur le fer, encore moins fi le recuit eft pouffé jufqu'au pourpre ou cuivre rouge ; mais il réfiftera long-temps s'il eft d'une couleur de paille. Or, pour généralifer l'ufàge d'un Outil de façon qu'il puiffe tourner & mordre le bois, l'ivoire, le cuivre, l'argent, l'or & le fer, il faut le tremper couleur de cerife d’un rouge un peu clair, & le recuire à la couleur de paille * qui eft un petit jaune.
- Pour ne rien omettre de ce qui peut contribuer à faire un bon Outil, il faut le forger avec de bon acier, comme celui de Carme, celui de Styrie, celui de Dantzick & celui d'Angleterre ; il faut battre l’OutïFim peu à froid à la dernière chaude, 8c ne pas le faire recuire pour le limer ; & nous obferverons que pour l'acier fondu il ne faut pas pafïèr la couleur de paille en le recuifànt : il eft préférable de ne pas atteindre tout-à-fait cette couleur plutôt que de la paffèr% Une indication jufte à cet effet, c'eft, lorfqu on voit que le blanc pâlit un peu * de faire tomber un peu de fàlive fur l’Outil; fi la fàliye gliffe rapidement & tombe à terre, le recuit fera jufte 8c l'Outil très-bon*
- Coutelier; IL Fart, SeB, L Q qq
- Planche
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- L'A RT DU COUTELIER.
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- Planche
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- Article Troisième;
- K
- Defcription (Fune Machine propre à percer les plus durs Métaux
- avec une efpece de Vilebrequin.
- La Figure 15 repréfente une Machine propre à faire des trous jufqu’à un diamètre de 9 à 10 lignes avec beaucoup de vîteffe. Son origine vient des Tireurs-d’or, mais non pas telle qu’elle eft ici repréfentée ; c’eft M. Hulot qui Ta corrigée & perfectionnée : il lui a donné beaucoup plus de force & de foli-dité, de maniéré qu’il ne manque plus à cette Machine que d’être connue de tous les Artiftes qui travaillent le fer & l’acier, ou qui tournent, parce qu’elle accéléré prodigieufement l’ouvrage. Sans doute que l’Auteur nous donnera tous les détails de cet infiniment utile. En attendant nous pouvons refquiiîèr.
- ll9LL9LL, repréfèntent un établi fait de bois de chêne de 30 pouces de large,*fur autant de hauteur, & fblidement affemblé. Les pieds L L L L, ne font fixés enfemble que par une traverfe m. afin de laifler la pédale M libre for le devant. Il importe pour la fblidité que les pieds foîcnt fixés à l’établi par deux boulons de fer que l’on voit en / , /, arrêtés de l’autre côté par deux écrous; Q, q, font deux montants de fer pofés verticalement Sc fixés en deiîbus par deux forts écrous. Le montant q eft percé de plufieurs trous, afin que la tra-verfe compreflive R rs , foit en ligne horifontale. Cette traverfe eft de bois, Sc eft fixée feulement au montant dans l’un des trous par une cheville S.
- JN, N , n, o, eft une lame de fer qu’on peut appeller la branche de rappel : elle eft fixée en N fur la pédale M ; elle monte perpendiculairement en traver-fent l’établi par un trou n, depuis l’extrémité fopérieure jufqu’en 0 : elle eft percée de trous pour être fixée par la cheville p, avec la traverfe compreflive.
- La pédale eft fixée au pied de l’établi. En jT, eft une piece de bois qui s’ajufte dans la fente de l’établi : elle fert de fupport pour pofer les pièces qu’on perce ; pour cet effet il en faut avoir de plufieurs grandeurs, conformément aux configurations des pièces, u u Eft une branche de Forceps que l’on veut percer, & qui eft dilpofée pour cela, comme on la voit dans cette Figure ; on la tient feulement d’une main, de l’autre on empoigne le vilebrequin en V ; Sc pofànt le pied fur la pédale, on appuie un peu. Il faut obferver que pour un Foret d’une ligne & demie d’épaifteur, le feul poids de la pédale foffit même pour percer très-vite. Quand on a de petites pièces à percer, on peut les contenir avec des tenailles ou avec un étau à main ; d’ailleurs, il ne faut pas beaucoup de force pour cela, parce que la piece pofànt for du bois en T, elle s’imprime un peu^’ & cela foffit très-fouvent.
- Pour percer droit avec cette machine, il foffit de pofor le vilebrequin bien verticalement, que la pointe r réponde vis-à-vis du trou contre-marqué avec le
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- Seconde Partie. SccL 1. Chap. XXXIV. 247
- pointeau, fur l’endroit de la piece qu’on veut percer ; 8c quand le tout eft ainfi bien di/pofé, l’Ouvrier n’a plus befoin d’être préfent à l’ouvrage; le premier venu peut continuer, & affinement il percera droit.
- ta Figure 16 repréfente le vilebrequin: il eft tout en fer & très-fort. Du côté Y, il eft un peu profondément piqué d’un coup de pointeau, pour recevoir la pointe r, Fig. if , de la traverfe; & de l’autre côté y, Fig.. 16, eft une douille quarrée pour'recevoir les Forets qui y font ajuftes quarrement.
- Les forets doivent être faits autrement que pour percer à l’archet. La Figure .17 repréfente la forme qu’ils doivent avoir; il leur faut un feul bifeau en fens contraire de chaque côté, qui aille fe terminer en pointe x au milieu : elle fert comme un guide pour conduire le Foret toujours au centre du trou; mais il ne faut pas que le bifeau foit abattu des deux côtés, comme c eft l’ordinaire pour les Forets à l’archet, & fur-tout les bifeaux doivent être affûtés de court.
- La Figure 18 repréfente une fraife à pivot, pour faire une charnière fur la Machine ; &, comme l’on voit en Z, le bifeau n’eft abattu que d’un côté fur une face, & autant à l’autre face du côté oppofé. Pour faire fentir en deux mots la bonté de cette Machine , il fuffit de dire qu’il faut deux heures de travail à l’archet pour faire le charnon de la branche mâle d’un inftrument à charnière ; & avec cette Machine il faut moins d’un quart-d’heure, & cela eft fenfible ; la preffion de la pédale, augmentée par la force de deux leviers, eft incomparablement plus forte que celle d’une Poitrine, & que celle de la vis de l’Outil avec lequel les Serruriers percent. Voyelles Figures 12 $"13, PI. 3 , de t Art du Serrurier, par M. Duhamel. L’archet a deux mouvements ; il va & vient, mais il ne peut couper qu’en allant ; le vilebrequin au contraire ( qui, d’ailleurs, a par lui-même fonlevier particulier, ) tourne toujours du même fens , ne quitte point fon trait, & enleve des copeaux qui furprennent ceux qui le voient agir la première fois, fans cependant exiger d’autres précautions que celle de mettre de l’huile fouvent dans le trou.
- Tous les Artiftes qui travaillent avec le marteau, avec la lime ou au Tour, auront une obligation finguliere à M. Hulot, en ce qu’ils auront profité des idées de l’auteur de cet inftrument, pour avoir tiré la Machine de l’obfcurité, & pour l’avoir corrigée & perfeétionnée au point où elle eft aujourd’hui.
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- Article Quatrième,
- De la Filière double > & la maniéré de tarauder de groffes Vis:
- Ha Figure i repréfente la maniéré de tarauder avec la Filiere double, moyennant que la piece b quon taraude, foit ferrée verticalement dans l’étau. On tient la Filiere des deux mains en a A & B ; on a foin de mettre de l’huile de temps en temps fur l’intérieur des couffinets ou fur la vis, & l’on tourne comme par petites fecouffes*
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- Planche
- 7S*
- *48 FART DU COUTELIER.
- Ces Filières font très-commodes & même indifpenfables pour faire de groffesl vis, au moins pour les faire parfaitement, 8c cela parce qu’on peut ajufter l'écrou avec la vis auffi gaiement qu’on le defîre, fans fortir de la régularité des filets; on n’a qu’à faire la vis à plufieurs reprifes , 8c à chaque fois faire tourner un demi-quart de tour la grande vis A ; fon bout appuyant fur le faux couffinet 1, fait rapprocher les couffinets 2 & 3 qui taraudent; 1 n’eft pas taraudé, il n’eft que pour recevoir immédiatement la preffidn de la grande vis A , 8c tranfmette ce mouvement aux coufîinets 2*3.
- Les Figures 2 & 3 repréfentent les coufîinets ; 4 fait voir les filets de face ^ 8c une rainure <2, pour loger les copeaux que la Filière emporte ; y eft le même couffinet vu en deffous ; 6,7, font les deux couffinets qui doivent aller enfem-ble vus géométralement ; & 8,9, les font voir à plat. Ces couffinets tiennent dans la Filiere au moyen de deux ailes i L
- La Figure 4 repréfente la Filiere coupée tranfverfalement pour laifler voir les rainures e, H, où fe logent les ailes i i des couffinets ; cependant il faut leur procurer une entrée dans la Filiere, & une fortie pour les changer, quand on veut faire un pas de vis différent 5 pour cet effet on coupe une partie de la joue de la rainure d’un côté feulement : c’eft ce qu on voit en G, Fig. 4, 6c en 0 Fig. 1.
- La Figure y repréfente la maniéré de tarauder les écrous avec un Tourne-a~ gauche , moyennant que la piece qui porte le trou à tarauder, foit ferrée dans l’étau par fes côtés , & l’on tient la tête du taraud dans un des trous du Tourne-à-gauche.
- Nous avons vu une rainure aux couffinets pour loger les copeaux : on n’enf voit ici qu’une ; on en fait ordinairement trois ou quatre for le taraud enj^ qui régné le long des filets. Il y en a qui, au lieu de rainures le long des filets du taraud, le liment à trois pans, comme l’on voit en la Fig. 6, en £), ce qui eft également bon.
- Nous pafîbns légèrement fur la defoription de ces Filières , parce que cet info trument eft commun à plufieurs Arts, 8c nommément au Serrurier, dont l’Art eft déjà donné par M. Duhamel du Monceau, & que l’on en parlera dans celui du Tourneur, que donnera M. Hulot : on y trouvera une ample explication de leurr conftruélion.
- Article Cinquième.
- Maniéré de faire les Charnons d'une Charnière»
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- La Figure 7 repréfente la branche portant le charnon mâle, & la Figure 8, la branche portant les deux charnons femelles. Le mâle eft ainfi appellé, parce qu’il n a qu’un charnon réfervé for la piece, au milieu de fon épaiffeur, comme le fait voir jj> Fig. 9*
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- Se côkbë Partie. Seal. /. Chap. XXXIV* 249
- La femelle eft ainfi appellée, parce qu’eile eft compofée de deux charnons pris aulïî fur piece, ayant entr’eux un vuide foffifant pour loger le charnon mâle* Commençons par expliquer comment on travaille la branche femelle. Prenez une barre de fer corroyé , de largeur & épaifleur qu’il faut, & donnez-lui la force convenable à f inftrument qu’on fe propofe de faire. Celui-ci eft un Valet à patin, de 4 lignes d’épaiffeur, for 8 ou 10 de large, ce qui eft foffifont. Donnez-lui une bonne chaude graffe, & en même temps entaille£ en K> enfoite en L , pour réferver toute la largeur en m ; étirez les branches de longueur & largeur convenables; enfoite vous vous munirez d’un poinçon plat, dont les angles foient arrondis : voy. PP. Faites chauffer la piece à blanc ; pofez-la for l’enclume dans la fituation de la Fig. 9 ; & la faifant tenir par un Aide, prefentez le poinçon perpendiculairement.for j j; & par cinq ou fix coups de marteau vous ferez le trou promptement ; enfoite tournant la piece à plat, donnez deux ou trois coups de marteau pour applatir un peu les charnons.
- On doit obferver que dans cette opération il faut être prompt à frapper, afin de ne pas donner le temps au poinçon de s’échauffer dans le trou, attendu qu’il.
- s’y refoulerait, & l’on ne pourroit plus le faire fortir qu’en défigurant la piece, 8c bien fou vent on rifoiieroit de la caller. Ainlî ft cjuelcjue oKofo interrompt la vivacité des coups de marteau, il faut tirer le poinçon & le tremper dans l’eau , le remettre dans le trou pour applatir les charnons : cette opération eft toujours mieux faite quand on la fait dans une feule chaude,
- Quand on eft jufte de matière pour la largeur de la charnière , on prend un cifeau à tranchant pour fendre la charnière par le milieu , c’eft-à-dire, qu’on fait par-là la place du poinçon plat ; cela facilite de beaucoup l’opération, en confer* vant la largeur de la charnière ; alors il faut deux chaudes. Je fais toujours pratiquer cette méthode par les Apprentifs.
- On fait auffi une charnière femelle, en laiflant les charnons maflifs de forge , on vuide l’entrée avec des limes plates, & l’on creufe le fond avec des cifelets en bec-d’âne.
- Le charnon mâle n’exige d*autre précaution à la forge, que de le laiffer plein * ainfi on le forge comme la branche femelle, & l’on n’y perce pas de trous : voilà toute la différence,
- Pour les ajufter avec la lime , commencez par percer au foret les trous des deux branches r, r, obfervant de prendre bien le milieu , & de laiffer plus de largeur qu’il n’en faut fur les bords if, Z, m ; il faut être muni de deux fraijes portant pivot. La Figure 10 repréfente celle qui eft faite en foret, & le pivot q qui eft de figure conique, pour qu’il ne s’engage pas dans le trou. Cet outil fait la charnière, & emporte la matière diligemment ; mais il fait des ondulations & des inégalités fort défagréables ; or, pour lui donner le degré de perfeétion qu elle doit avoir, il faut une fraife taillée en lime, repréfentée par la Fig. ir. Q en fait voir le plan ; le pivot eft fofceptible de fe caffer & de s’ufer ; en Coutelier. IL Part. Seal. L R r r
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- Planche
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- Planche'
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- ART DU COUTELIER.
- conféquence on le fait entrer à vis dans la fraife : on ne le trempe pas ; par Cë moyen il n’eft pas fixjet à fe cafTer , mais à s’ufer ; & lorfqu’ on s’apperçoit qu’il eft ufé , on le déviffe & on en ajufte un autre ; par ce moyen la fraife fert longtemps , parce qu’on la trempe fans lui donner du recuit.
- Pour ajufter la Charnière, il faut fraifer la femelle ; à cet effet on ferre la pièce dans fétau. En commençant, il faut donner de légers coups d’archet, tanç pour chercher fa-plomb de l’outil, que pour emporter avec légèreté les inégalités , qui, pour l’ordinaire , font caffer le pivot de la fraife, fi f on veut bruf-quer l’opération ; mais lorfqu’on eft une fois en train on va plus fort. On fraife un peu la femelle de chaque côté $ pour imprimer un peu la rondeur de la fraife fur la Charnière ; en ce cas elle fert ici comme de trufquin, qui trace la ligne & indique l’excédent if Lm> qu’il faut emporter bien jufte à la lime.
- Le mâle exige bien plus de temps ; il faut emporter les deux tiers de l’épaife feur de la matière N N'y pour réferver le charnon j j dans le milieu de f épaiffeur de la branche, & cela à grands coups d’archet & à force de poitrine. On juge bien que le perçoir à vilebrequin eft d’un puiflànt fecours dans cette opération. Enfin ayant emporté tout f excédent avec la fraife à tranchant, on unit bien le charnon avec la fraife taillée , Fig. 11 : on examine Ibuvent f épaiffeur du char-non ; on s’allure de fe perfeélion avec le compas d’épaiffe.ur. Lorfqu’il eft au point convenable, on emporte à la lime tout l’excédent de la matière qu’on voit en R RS ; après cela on préfente le mâle dans la femelle ; & fi la largeur de cette dernicre eft conforme à l’épaiffeur du charnon mâle, ils fe trouveront ajuftés enfemble fens autre travail ; mais s’ils font inégaux, il faut examiner d’où vient l’irrégularité, qui vient ordinairement du vuide de la femelle : on la réparera avec des limes plates & des cifelets ; mais il faut toujours tenir les angles vifs au cife-* let, afin que le fond de l’entre-deux de la Charnière fe trouve travaillé nettement & vivement.
- Enfin lorfque les charnons font bien ajuftés enfemble, les deux trous fe trou^ vent bien vis-à-vis l’un de l’autre ; malgré cela on fait entrer à force un.fort clou trempé ; mettant enfiiite un peu d’huile dans la Charnière , on la fait jouer pour unir les inégalités des charnons, au moyen du frottement mutuel. On peut auflï mettre un peu d’émeri clair ; on ôte enfuitè le faux clou, on en met un que l’on rive à demeure, &c : on finit l’inftrument d’ailleurs, comme nous l’expliquerons dans la fuite.
- Voilà la maniéré de faire une Charnière ordinaire. Quant à celles qui font un peu différentes, & qui exigent quelques indications de plus ou de moins, on en trouvera le détail d’exécution dans la defcription même de l’inflrument.
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- Seconde Partie. SeB. I. Chap. XXXV.
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- CHAPITRE TRENT E-CIN Q UIE M E. Maniéré de faire des Lancettes.
- L a Lancette eft, de tous les Inftruments de Chirurg ie, celui qui exige la pointe Sc les tranchants les plus délicats, & qui demande auffi les plus grandes attentions en la fabriquant. Commençons par celles que le Coutelier doit prendre pour commencer cet inftrument.
- Après avoir bien choiiï l’acier, il doit réprouver, examiner s’il n’eft point pailieux, ni filandreux , ni cendreux, mais bien fain, dun grain ferré , ce qui fe trouve affez communément dans lacier fondu d’Angleterre. Il faut qu’il étire cet acier en petites lames de la largeur de trois lignes, Sc d’une ligne d’épaifleur : il obferve de le forger bien quarrément Sc adroitement, pour ne point le rendre pailieux.
- L’acier étant étiré , donnez une chaude prefqu à blanc : il ne faut pas le fonder ; commencez par faire la pointe 5 portez enfuite la partie A, Fig* r , fùr la
- quatre de l’enclume de devant, pour entailler la queue avec la pane du marteau en frappant fur le côté a. Il faut enfuite applatir la lame jufqu a la pointe en l’aminciftànt ; former enfuite les deux tranchants, en réfervant une vive - arêm dans le milieu , mais peu fenfible : tout cela fe fait dans une chaude. Pour faire la queue, on coupe cette lame à la ligne b> fur la tranche ; on prend enfuite la lame dans les tenailles , Sc par une petite chaude on appointe la queue; Un Forgeron adroit la fait plus diligemment qu’un autre ; il porte la ligne b fur la quarre de l’enclume devers foi ; Sc baillant la main pour ne faire porter, l'acier que fur la quarre, çn huit ou dix coups de marteau il fait la pointe , & la queue fe fépare delle-même de l’acier en l’appointant, par ce moyen l’Ouvrier gagne une chaude. La Figure % repréfente une Lancette forgée.
- Quand on a forgé une certaine quantité de Lancettes, ce qu’on appelle voi-i ture , on en fait un paquet, on le lie avec du fil d’archal; on l’expofè enfuite à un feu de charbon de bois, pour les y laifler recuire Sc refroidir d’elles-mêmes,’
- Les Lancettes pourroient, plus que tout autre inftrument, fe pafler du recuit; mais fi elles ne l’étoient pas, on 11e pourroit jamais les marquer, c’eft-à-dire imprimer les marques, fans rifquer de cafter toutes les Lancettes, parce qu’alors Facier eft mince & fort fin, il n’a pas aflez de confiftance pour fouffrir cette ope* ration. En terme de l’Art on ne dit point la lame d’une Lancette, mais on l’appelle le fer ; ainfî nous nous fervirons du terme.
- La première opération après le recuit dont nous venons de parler, eft doter les écailles qu’a produit le feu fur l’acier : on donne pour cet effet de petits coups de marteau fur les fers ; après cela on les blanchit avec la lime, en plaçant
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- ^chaque Fer l’un après l’autre fur un outil appellé fupport, & la queue étant retenue par un étau à main. Voye^ la Fig. 3. Après cette opération on perce les trous a vécu n poinçon ; (Voyez Chap. XXI9 Maniéré de marquer à la pointe. ) Enfuite on les marque. (Voyez le même Chapitre, Maniéré de marquer fur le $as.) Pour marquer un fer de Lancette, il faut le pofer à plat fur le tas ; i°. présenter & imprimer par un coup de marteau, la marque L, Fig. 4, qui efl le, nom de la ville ; 20. celle du Maître^ M; 30. le nom du Maître N. On obferve dans ce travail que chaque marque foit préfentée bien perpendiculairement fur l’ouvrage, & que les lettres {oient fur la même ligne ; fur-tout on doit faire -attention que le fer étant mince & d’acier pur , il faut ménager les coups de marteau ; car malgré le recuit on caflèroit beaucoup de fers en donnant des coups de marteau trop forts. Un marteau du poids de y ou 6 onces {iiffit pour marquer les fers de Lancettes. La Figure 4 en repréfente une marquée, & fait voir la maniéré de placer les noms quand on en met deux. Le poinçon efl; toujours au milieu des noms.
- Pour rendre à l’acier le corps que le recuit lui a ôté, il faut, après avoir marqué tous les fers, les bien écrouir • cette opération fe fait en battant chaque piece à froid à petits coups de marteau , fur un tas ou fur l'enclume ; après cela on lime plufieurs fers enfemble de cette maniéré : on prend le modèle tel que nous l’avons repréfenté au Chapitre XV ; on le met au milieu entre 4 ou 6 ou 8 fers. Tout étant ainfi préparé 8c ferré enfemble avec un faux clou, on lime les huit fers à la fois, & cela en retournant feulement une fois les pièces dans l’étau pour les limer {ur l’autre fens. On lime ainfi la voiture de Lancettes, en en limant un tiers fur le modèle à grain, d’orge, l’autre tiers fur le grain d’avoine, & l’autre tiers fur le grain pyramidal, pour fe procurer des Lancettes faites fur les trois formes.
- Après avoir limé les Lancettes 9 on emporte les bavures qu’a fait la lime, 8c on les drelfe bien avant de les tremper.
- Il y a trois maniérés de tremper les Lancettes, que nous allons donner, La première, c’efl: d’en lier 7 ou 8 enfemble avec du fil de fer, de faire rougir ce paquet, & le plonger dans l’eau. Ce procédé efl: mauvais, parce que jamais les fers du milieu ne font parfaitement durs. La raifon en efl fimple ; il n’y a que les deux, qui enveloppent les autres, qui puiffent être refroidis immédiatement par le contaél de l’eau, tandis que leurs voifins ne le font que par la fraîcheur des premiers, & les troifiemes ne le font que par les féconds, &c. Il efl clair que ceux du milieu ne peuvent pas être aufli parfaits que les premiers, parce qu’ils ne reçoivent pas l’impreflîon immédiate de l’eau.
- La féconde méthode de les tremper, c’efl de faire une petite boîte de tôle , mais une boîte fans fond, faite feulement d’une bande de tôle de 4 à y pouces de long, & d’un pouce & demi de large, ployée en deux, dans laquelle on met 14 ou 15 Lancettes bien à l’aife. On place ce paquet fur un feu de charbons
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- Seconde Partie. Seâ. L Chap. XXXF de bois dans une poêle, on le couvre avec la braifè allumée^ on agite un peu l’air avec un écran, & point de foufflet ; on le laiffè chauffer à feu modéré ; & lorlquela boîte eft au degré de chaleur, qui eft la couleur de cerife claire, OU la couleur de rofe , on pince le bout de la boîte avec les tenailles ; on prélènte lut feau l’ouverture de la boîte du côté des pointes, & l’on fecoue un peu pour Faire tomber les fers dans l’eau tous à la fois ça & là. Il ne faut point tremper la boîte 8c les fers tout enfemble ; car on tomberoit dans le défaut de la première méthode, & que nous blâmons.
- Cette méthode paroît n’avoir rien de condamnable : elle a pourtant fes défauts Premièrement, douze fers ne peuvent pas s’échauffer avec égalité tous à la fois | donc les premiers chauffes doivent être regardés comme recuits, parce qu’ils demeurent plus long-temps chauds que ceux qui s’échauffent en çartie par la chaleur de leurs voifins. Or, c’eft un recuit réel que les premiers reçoivent p alors l’écrouiflêment donné après les avoir marqués fe détruit ; conféquemment la Lancette doit être moins parfaite. De plus, par cette méthode on trempe éga^‘ lemént le talon & la queue comme le refte du fer, & la Lancette étant finie, on court rilque de la cafter , ce qui arrive fouvent en coupant la queue, quoique pour prévenir cet accident, l’on faiïè rougir une forte paire de tenailles dans le deffein de détremper les queues des fers.
- La troifieme méthode, qui eft la plus fimple & la meilleure, c’eft de prendre deux fers par les queues avec de petites tenailles, de les mettre au feu de charbons de bois allumés à la forge, mais expofés à un très-petit feu, & dont les charbons ne foierit pas plus gros que de petites noifettes $ on donne de très-petits coups de foufflet, laiflànt chauffer les fers à petit feu ; cependant on peut accélérer le degré de chaleur tant qu’on le voudra, pourvu qu’on ne pafle point ce dégré, c eft-à-dire, que les fers n’en feront que meilleurs étant chauffés promptement, pourvu qu’on les trempe à la couleur qui leur convient, & qu’on les plonge {ubitement dans l’eau ; pour cet effet on doit avoir toujours l’eau placée près de foi ; on a foin âufli de ne pas tremper lés queues : on tient les ferâ dans l’eau julqü’aux trous, & on les laiffe bien refroidir.
- Le recuit doit être différent dans chaque partie du fer d’uné Lancette ; il doit être bleu au trou, violet aux marques , pourpre deux lignes au-defliis, & tout lé refte vers la pointe Couleur d’or. On peut confulter le Chapitre XIV , où nous avons parlé de la Trempe ék du Recuit.
- La trempe & le recuit doivent être fcrupuleufèment obfèrvés pour là Lancette^ par les raifons que voici : Si le recuit n’étoit qu’à la couleur de paille, il feroit trop foible, on auroit de la peine à faire une bonne pointe à l’inftrument ; à mefure qu’on voudroit la rendre aiguë, elle s émouchetteroit ; 8c je fuppolè qu’on parvînt à la faire bien pointue, à la première opération quelle fera, fi elle rencontre une peau dure, pomme pourroit être celle d’un Manœuvrier, d’un Vigneron , &c, la pointe s émouchettera, c eft-à-dire , que la Juperficie de la pointe Coutelier. //• Part. h S s s
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- fe caflera. Si au contraire on lui fait pafler la couleur d’or, qu elle approche du violet, alors on a non-feulement de la peine à faire la pointe for le tour 5 parce que le morfil efl: trop mou , mais encore quand on vient à l’affilage for la pierre , on a une peine infinie à lui faire couper parfaitement le canepin, parce qu’à mefore que le gros morfil tombe, il en vient un peu de fin for le bord du tranchant, de forte qu’on ne peut pas parvenir à l’ôter tout-à-fait, parce que la matière n’efl: pas affez dure pour conferver un tranchant franchement aigu, fans qu’il y ait un petit morfil ; on fent dans le canepin une dureté à couper, & un écorchement au lieu d’une coupe nette. Il faut donc être précis, & s’arrêter au recuit couleur d’or; & s’il arrive qu’on en manque quelqu’une, il faut la faire rougir pour la détremper en totalité, enfoite l’écrouir à froid, & la retremper de nouveau.
- Quand 1^ trempe a fait voiler les fers, il faut les blanchir un peu for la meule i afin de faire porter d’à-plomb les fers for le tas pour les redrefler. On peut con-folter la maniéré de redreiïèr, que nous avons enfeignée au Chapitre VIII.
- La queue qu’on réforve au talon de la Lancette, fert pour la monter for un faux-manche ( fait de bois blanc ) ; ce manche l’afîùjettit allez pour pouvoir Y écorcher for la meule. La Figure 6 fait voir un fer de Lancette monté for fon manche..
- Article Premier;
- Maniéré £émoudre une Lancette.
- Une meule de 15 à 18 pouces de diamètre, bien arrondie, convient pour écorcher les fers des Lancettes (*). Pour diligenter l’opération, on commence par blanchir le côté de la marque un peu en arrondiflànt, en faifant attention de bien conferver les noms. Ayant fini ce côté, on préfente le fer par l’autre côté , pour l’écorcher, en partant des principes que nous avons établis pour le grattoir Chap. XVI, On réferve une vive-arête au milieu ; c’ell un guide pour bien former les tranchants, & faire un morfil fin & égal. Or, comme les tranchants doivent être réguliers fans crus, il convient de ne jamais perdre de vue la forme qu’il doit avoir, il faut s’en affiner à chaque coup de meule ; & pour le bien obferver, il faut le blanchir par un léger coup de meule en commençant de l’écorcher ; moyennant cela on ne perd aucun des changements qu’il éprouve.
- Les tranchants doivent aller en amincifiânt, c’eft-à-dire , qu’ils doivent être égaux de j j j ufqu’en g g ; & de-là l’épaifleur doit diminuer jufqu’en e e : là le morfil commence, pour fe joindre avec la pointe p. Quand tout cela eft exécuté , on n’a qu’à arrondir la vive-arête qu’on a réfervée au milieu, & après cela pré-fenter la pointe for l’ongle du pouce, pour voir le degré de flexibilité qui doit être tel que le fait voir la Fig. 7, où elle repréfente la courbure que le fer doit former vers la pointe feulement.
- ( * ) Ecorcher eft le terme ;au lieu à?émoudre, employé pour la Lancette feulement.
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- La Lancette ne doit jamais être écorchée en long fur la meule, parce que cela fait des inégalités qu’on ne peut effacer en la tirant en long fur le tour.-Comme le corps de la Lancette eft rond, à cela près de fbn épaiflèür , elle a la forme d’une amande, comme le repréfente la Fig. 8 ; fbn épaiflèür dans le milieu eft d’une demi-ligne; or, cette rondeur ne peut jamais convenir à la forme plane qu’a la chaflè dans fbn intérieur. U faut donc lui donner un coup de meule bien à plat, 8c vivement appliqué fur le trou, ce qui forme alors un plan repréfenté par la ligne j j, Fig. 6.
- Après que l’on a écorché tous les fers, il convient de changer de faux-manche , parce que les grains de grais fè logent & s’impriment dans le bois ; 8c lorifi-qu’on travaille au tour, les grains de grais fè détachent, fè collent fur la polif-foire avec l’émeri, font des traits profonds, de maniéré que c’eft toujours à recommencer. Or, tout cela eft évité en changeant de faux-manches pour la polifloire, qui n’aient jamais fervi pour la meule.
- Article Second,
- JD as Outils particuliers aux Lancettes.
- Les bonnes pierres font eflèntielles pour l’affilage des Lancettes. Voyez ce que nous en avons dit au Chapitre VI. On les tient fur un étui de fer-blanc , comme le repréfente la Fig. 9. Le fond fur lequel portent les pierres, eft percé de plufieurs trous ; l’huile paflè au travers 8c fe ramaflè dans le double fond. '
- Il faut avoir de la peau blanche & fort fine, quon appelle canepin ; c’eft l’épiderme du chevreuil qui eft le meilleur : on l’achete chez les Gantiers-Parfumeurs. Pour le bien choifir on le tend 8c on l’étire avec les deux mains ; on regarde au travers fi la couleur blanche eft par-tout égale ; fi l’on y voit des endroits fbmbres Sc jaunâtres, c’eft un figne que la peau eft plus épaiffè <3c qu’elle eft double en ces endroits, 8c qu’il faut les éviter en eflàyant une Lancette ; car ' non-feulement on peut émoulfer une pointe en l’eflàyant, mais encore il feroit impoffible de fentir la parfaite douceur qu’elle doit avoir. U y a aufli du canepin très-fin, mais qui fe trouve percé d’une multitude de petits trous: celui-là doit aufli être rejetté.
- Il faut aufli une roue d’environ 3 pieds 8c demi à 4 pieds de diamètre, montée fur un pied. Voye£ la Fig. 10. Le tour eft vu plus en grand par la Figure 1 x : il confifte en deux poupées folidement arrêtées fur un établi ; on met à l’une une vis en bois E, & à l’autre un quarré de bois F, qui y eft arrêté à queue d’aronde : il a un petit trou au milieu, 8c un autre au bout de la vis E ; on affhjettit dans ces deux trous l’arbre de fer G H, qui porte la^meule de bois IK. Remarquez que parmi les Couteliers cette meule de bois s’appelle Tour.
- L’établi doit avoir un de ces côtés A folidement fcellé dans le mur, fans quoi
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- le Tour ferok un bruit fort incommode, parce quil faut quil tourne rapidement.1 On place un étau à patte àfautre bout de l’établi, qui fert à monter les Lancettes , & autres ulàges : voye£ en d•
- La Figure la reprélente l’arbre du Tour : il doit être tourné ; mais il faut laiiler une partie quarrée pour l’aflujettir folidement avec des coins de fers ; il faut toujours mettre une poulie faite en gradin , parce que le Tour doit tourner plus ou moins rapidement félon les circonftances. Pour cet effet on met la corde dans la rainure e, Fig. II, pour tourner le plus vite ; & lorlqu’il faut arrondir le Tour, on a belbin de plus de force & de moins de yîteffe, alors on paffe larcorde dans la rainure/l
- Pour conferver ce Tour & le mettre à l’abri de la poufïïere & de toute fubf* tance graife, il faut lui faire un étui de bois ou de carton, femblable à celui qui eft repréfenté par la Fig. 13 , de maniéré qu’on le couvre tout le temps que l’on n’y travaille point.
- Il faut indilpenfablement placer le Tour aux Lancettes au grand jour, cher-; cher un point de vue net, qui ne loit point interrompu ; c’eft pourquoi les Couteliers Lancettiers le placent très-près d’une fenêtre.
- Le Tour eft fait d’un bois de noyer bien lec, noir 3c égal ; il convient qu’il n y ait point de veines molles , ni même de noeuds ; car cela ne vaudroit rien , quoique plufieurs Couteliers ne regardent pas cela comme un inconvénient, & même préfèrent qu’il y ait des noeuds ; le Tour alors perd fa rondeur trop promptement, & d’ailleurs l’émeri ne s’impriipe jamais bien fur les noeuds, cette parti© étant trop dure.
- Lorfqu’on a percé ce Tour dans fbn centre, on le place 8c on le monte fur fon arbre ; c’eft pour lors qu’on l’arrondit. Il doit avoir 6 pouces ou environ de diamètre, & deux pouces & demi d’épailfeur. La partie ii, Fig. 14, qui eft plus balfe que les autres d’un demi-pouce , eft deftinée à porter le buffle. Ce n’eft pas une néceffité que cette partie loit plus bafle que les autres ; mais comme le buffle ne change pas la forme , il refte toujours égal, ou s’il diminue, c’eft par-tout uniformément ; au lieu que les trois autres parties qui font à bois nud couvert d’émeri feulement, le difforment dans l’elpace de 7 ou 8 mois de lèrvice ; alors il faut les arrondir de nouveau ; de forte que fi le buffle le trou-voit au niveau des autres parties, on rifqueroit de le gâter par un coup donné en glifïànt, parce qu’il prendroit un peu d’émeri. Le refte du Tour eft divifé en trois parties par deux coups d’outil, ( par un bec-d’âne d’une ligne d’épailfeur ; ) cela eft eflèntiel, parce qu’il faut avoir une partie toujours émerillée, c’eft-à-dire, garnie d’émeri, ici de l’elpece appellée moyenne ; luppolbns-la en M M , l’autre partie L L, avec l’émeri fin, & l’autre partie K K , auffi avec de l’émerl fin, mais fur lequel on pafle plufieurs fois la pierre languine.
- Toutes ces confidérations font effentielles, autant pour la régularité de l’ouvrage , que pour en accélérer l'exécution, La première polilîbire MM? fert
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- aux Lancettes neuves pour emporter les traits de la meule de grais j Si aux vieilles Lancettes pour faire les pointes émouffées ; or , l’émeri moyen emportant diligemment les traits de la meule, il en fiibftitue d’autres plus fins, & encore trop gros pour porter la Lancette fur le buffle. Il y a deux intermédiaires ; la partie L L étant garnie d’émeri fin , emporte les traits qu’a fait l’émeri moyen ; enfidte la partie K K étant paflee à la pierre fànguine, emporte les petits traits de l’émeri fin ; de forte que l’aélion du buffle, qui eft de donner le poli noir , opéré avec telle diligence, qu’on parvient à en polir une par minute, fur-tout lorfqu’on emploie la potée de ma Compofition. Voye{le Chap* I. Et pour coller Sç préparer le buffle prêt à polir, voye[ le Chap. XXXIL
- Il faut encore des outils pour frayer la Lancette. On appelle frayer, l’aélion de couper nettement le poli noir au talon. V*oy. la ligne BB9 Fig. 1 jf, FL 7 6. Or, les Maîtres ont chacun leur façon de penfer fur cet objet ; les uns font plus portés à frayer en travers, comme B B , Fig. 15 ; d’autres la frayent en demi-eroiflànt ,* comme la ligne CC9 Fig. 16 9 & les autres en chevron brifé, comme la ligne GC9 Fig. 17. Enfin quelque méthode que Ton veuille adopter , il y à trois façons d’exécuter le frayage ; la première fè fait en tenant le fer entre le doigt index Sc le pouce 9 mettant un peu d’émeri fur le talon de la Lancette ou fur le bois ; & donnant 7 ou 8 coups de bois en travers, on polit & l’on fraye ainfi la Lan*, cette : on a foin de tenir le pouce ferme ; que la châffe porte à plat fur le coin d’une table, & que le bois foit appuyé contre l’ongle, bien à l’équerre fur la Lancette , pour donner le dernier coup vivement*
- La fécondé méthode, c’efl de ferrer la Lancette entre les mâchoires d’une pince à bride, comme la figure 19, ne lardant déborder que le talon ; mais il faut garnir l’intérieur de la pince avec du papier en deux ou trois doubles.
- La troifieme méthode, c’efl: de mettre le fer de la Lancette dans une efpece d’étui fait de deux lames de fer-blanc un peu bombées pour recevoir la Lancette ; cet étui efl lié avec du fil, comme le repréfente la figure 20. Ce dernier outil efl bon ; mais il faut en avoir £ ou 6 de différents calibres, pour pouvoir y loger toutes fortes de fers de Lancettes, parce que les largeurs different toujours de quelque chofe.
- De quelque méthode dont on veuillè faire ufage, il faut que le bois à frayer foit de noyer le plus dur, limé & dreffé en quarré ou triangulairement, de 7 ou 8 pouces de longueur, & imprégné d’émeri. Voye? la lettre S, P/..77.
- Pour ne rien oublier des outils nécêflàires pour travailler la Lancette, il faut une boîte qui renferme deux petits pots. Voye£ la Fig. 21. Dans l’un on met l’émeri délayé avec de l’huile d’olive , & dans l’autre la potée délayée avec de T eau-de-vie ; & lorfqu’on a fini le travail, on tient la boîte fermée avec fon couvercle.
- Les lettres fuivantes, PL 77, repréfontent des outils particuliers aux Lancettes. T, Repréfente le marteau propre à river & reflèrrer les clous. pr9 Une Coutelier. IL Paru Secl. L T 11
- Planche 76 ôc 7£.
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- Planche 77- & 7?'
- *jS L’A R T DU COUTELIER:
- lime triangulaire pour féparer le fer d’avec la queue, lorfque le fer eft fini du tour. X, Le foret pour percer ou pour agrandir les trous des châiles. Y, Le couteau à fcier pour couper les clous ; & Z, l’équarriflfoir pour agrandir le trou du fer lorlqu’il eft trop petit»
- Article Troisième.
- Manière de finir une Lancette fur le Tour.
- O n finit une Lancette au Tour, lorfqu’elle eft parfaitement écorchée fur la meule, que les proportions de Ion épaifleur font juftes, que les tranchants font bien égaux, & le morfii régulier. Prenons donc une Lancette , & voyons ce qu’il convient de faire pour la bien finir.
- La Figure 22, PL 78, repréfente la maniéré de tenir la Lancette for le Tour ; les quatre doigts de la main droite environnent le faux-manche, tandis que le pouce appuie en defliis. Vcye^ la main P.
- L’index Sc le doigt du milieu de la main gauche <7, font allongés, & les bouts portent for le talon de la Lancette, pour la fixer for le Tour & diriger la preft fion, tandis que la main droite P fait promener le fer for le Tour. Le pouce , l’annulaire & le petit doigt de la main gauche font pliés dans la main, c eft à quoi il faut faire attention ; car en les tenant ouverts, on peut s’eftropier les ongles par un coup de la quarre de la poliflbire. Ces pofitions étant obforvées , voyez l’attitude du Maître : il eft aflis Fig. 23 ; fon bras droit Q eft à l’aife for le côté ; l’avant-bras eft plié en équerre, & la main tient le manche de la Lancette;
- La preffion qui dépend de la main gauche, eft de conféquence pour cet ouvrage, parce qu’elle réglé le point d’appui de la Lancette for le Tour. Pour rendre l’aélion aifée, il faut encore que le coude foit appuyé en O ; ordinairement c’eft l’étui du Tour qu on place for l’établi à la portée de fon coude. De plus , l’appui du coude n eft pas foffifànt ; il faut encore un point d’appui pour la charnière du poignet ; or, ce point d’appui fe trouve parfaitement bien for la poupée du Tour. Voye£ DD, Fig. n.
- Les pofitions & les attitudes étant indiquées, parlons maintenant du travail. Toute l’opération confifte à promener la Lancette for le Tour, en pouflànt le coup en avant, & tirant à foi. Commencez par appliquer le fer for la poliflbire parle bas près de la marque, ou en S, Fig. 14 ; il faut appuyer un peu en bas en commençant le coup ; mais il faut lâcher ce coup en mourant à la pointe, de maniéré que lorfqu on eft arrivé à la pointe T, on n’appuie prefque plus. Le refte du travail n’eft qu’une répétition de ce que nous venons de dire ; car prefque tous’ les coups de la Lancette for le Tour doivent être égaux.
- Quoique nous ayons expliqué les articles de cette importante opération, nous n’avons cependant point dit aflez pour la faire entendre à un Eleve ; mais nous efpérons qu’il trouvera des lumières, en lui expliquant les perfeétions que l’on doit donner néceflàirement à la Lancette,
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- La régularité exige que le fer de la Lancette foit bien droit Sc bien uni, qu’on n’y apperçoive aucune ondulation fur le plat ni de creux, ni de bo'lTes fur les tranchants, ni enfin aucune inégalité à la pointe ; or, tout cela dépend du coup de main fur le Tour. Par exemple, fi au lieu de commencer le coup en S , on le commençoit en t, il eft certain quon feroit un creux dans cet endroit, qui, dans la fuite, ne pourrait pas s’applanir, parce que tous les coups de la polifloire, fur la Lancette , font donnés en long, & point en travers.
- Si on appuyoit à la pointe autant qu’on appuie à fon talon, alors au lieu de faire une pointe aiguë, on la feroit ronde, parce que la pointe étant mince, ne peut pas fouténir un Coup auffi fortement appuyé que vers le bas Sc fur fbn milieu , qui font des parties plus épaiffes.
- L’irrégularité du coup n occafîomie pas toujours une pointe arrondie ; mais elle fait creufer l’inftrument à une ligne plus ou moins de diftance de la fuperficie de la pointe ; alors cette pointe forme une efpece de perle, ce que quelques Artiftes appellent Jlron, Sc d’autres pointe étranglée. Ce défaut, quoique très-commun , n’efl pas fùpportable, Sc cependant il arrive même à de bons Artiftes; il ne faut qu’un fèul coup donné fans attention, pour produire ce mauvais effet. Quand cela arrive, il faut abfolument càfler cette mauvaifè pointe, ou perle , ou firon, dans l’endroit de l’étranglement , Sc cela fur l’ongle du pouce. Si le fer étoit alors trop épais, il faudrait faire la pointe fur la meule Sc en travers ; mais fi on la juge allez mince en la faifànt plier fur l’ongle, il fuffira pour lors de pré-fenter la pointe fur le Tour , le tranchant pris de court, Sc l’inftrument tenu obliquement, comme le repréfente R R, Fig. 14 ; par quatre coups donnés de cette maniéré, ceft-à-dire, un fur chaque côté de tranchant, on parviendra à Faire la pointe bien au milieu ; on n’a enfùite qu’à mettre un peu d’émeri moyen , pour Faire venir un petit morfil, Sc donner à la pointe le degré de flexibilité & de délicatefle qui lui conviennent. Enfin la pointe Sc les tranchants étant réglés au point où ils doivent l’être, dn examine fi l’on n’apperçoit pas quelques traits de la meule, ce qu’on a foin d’emporter; après cela on détruit les traits de l’émeri moyen ; on pafle quelques coups fur la polifloire où eft l’émeri fin, enfuite fur la partie où a pafle la pierre fanguine , pour préparer la furface à recevoir le poli noir.
- On a foin d’efluyer l’émeri qui fe trouve fur le fer à chaque fois que l’on change de polifloire , parce que l’émeri s’attacheroit par-tout, Sc l’on n’auroit plus de différentes polifloires, puifque le même émeri feroit fur les trois places* Or, l’attention d’efluyer doit être plus grande à l’inftant qu’on va porter la Lancette fur le buffle, pour lui donner le poli noir: il faut efluyer le fer de tous les grains d’émeri qui fe logent dans les marques Sc par-tout ailleurs, même aux faux-manches ; après cela il faut couvrir la furface du fer avec la potée d’acier : pofer légèrement le fer fur le buffle ; promener continuellement Sc frayer fans ceffe de bas en haut, Sc avec beaucoup de légéreté : il ne faut pas reftçr un
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- ; inftant à là même place, fur-tout lorfqu on a la main pefante ; car le frottement occafionneroit une chaleur & un recuit au fer , ce qui ferait produit par la rapi-dite du mouvement.
- Après que le poli noir eft donné, la Lancette eft finie pour ce qui concerne le Tour ; on ferre le faux-manche dans l'étau ; on prend le bois à polir imprégné d'émeri, & Ton fraye, pour frayer le talon depuis r jufqu’en s. Pour cette opération on peut choifir Tune des trois méthodes décrites dans 1'Article précédent, fur la maniéré de frayer. Après cette opération on efliiie bien 1 emeri; enfuite, par un coup de la quarre d'une lime triangulaire, on fcîe la queue fur la ligne r, Fig• 24 ; alors la Lancette eft prête à être montée fur fa châfle.
- Article Quatrième.
- De la Châffe & de la Monture de la Lancette.
- P o u r faire les Châfles de Lancettes, on prend les bouts de feuilles d’écaille; les ayant dépecés Sc drefles félon les principes établis dans le Chapitre II, on commence par limer les côtés pour les mettre à TépaifTeur quil faut ; on prend enfuite le modèle pour percer chaque côte deflus ; après cela on met le modèle au milieu entre 6 ou 8 côtes, les contenant enfemble par un faux-clou ; on les ferre dans un étau entre les mordaches, & on les lime ainfi juftes au modèle, tant de la longueur que de la largeur ; après cela on les fépare dû modèle, & l'on arrondit le defifus de chaque côte féparément; enfuite on les gratele & on les polit , foit au frottoir , foit au buffle. Voyez les deux façons, Chap. VIII, PL 13. La maniéré de monter le fer de Lancette fur la châfle, eft la même, & fur les principes déjà donnés pour le Rafoir , au Of.HTO.M qu’on les monte avec des rofettes eftampées, il ne faut pas négliger d’en mettre une petite deflous, pour rendre la monture fblide. Le clou d'une Lancette doit être jufte dans le trou de la châfle, & un peu lâche dans celui du fer. Pour la confervation de la châfle, il faut fe fervir du fil de cuivré ou d'argent, parce que la rivure fe fait mieux à petits coups de marteau, fans rifquer de caflfer la châfle , le fer n obéiflant pas fi facilement fous le marteau que le cuivre & l'argent*
- Article Cinquième;
- Injlruclions générales fur taffilage de la Lancette.
- Nous avons traité des principes de l'affilage du Rafoir, du Canif, du Couteau , des Cifoaux , &c ; mais nous n’avons encore rien dit lùr la Lancette, parce qu'il convient mieux d'en parler ici. Les pierres qui font propres à l’affilage de cet Infiniment, font au nombre de trois ; nous avons expliqué la nature de ces pierres, les qualités qu'il convenoitquelles euflfent, au Chapitre des Pierres en général, Chap, VI. Il
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- Il efl: démontré que tout tranchant forme une fcie ; fi cette réglé pouvoir avoir une exception, ce fèroit en faveur de la Lancette ; car le microfcope corn* pofé, qui fait voir des dents à tous les tranchants, même au Rafoir , n’en laifle voir aucune à la Lancette, bien entendu que je parle d’une Lancette parfaitement repaflee Sc affilée fur les pierres qui lui font propres ; or , cette perfection efl; due à la pierre verte ( le caillou ) , qui êft la derniere fur laquelle on finit la Lancette.
- On pourroit me demander pourquoi l’on fe fert de trois pierres pour 1’affilage de la Lancette : en voici la raifon. On emporte le rnorfil fur une pierre du Levant, & l’on y réglé la pointe ; or, cette pierre a les pores fort ouverts > par confié-quent elle fait de grofles dents aux tranchants : il faut donc une pierre plus douce que celle du Levant, pour ufer ces grofles dents, Sc en fiibftituer de plus fines en leur place. Mais comme ces dernieres font encore trop fortes pour la Lancette, il faut les détruire fur une pierre qui ait les pores encore plus ferrés que celle dont nous venons de parler , qui emporte les dents au point de n en laifler aucune, ni même d*en faire par elle-même. Cette derniere ne mange pas allez pour emporter le rnorfil Sc régler une pointe au {ortir du Tour ; il fau-droit deux heures pour faire fur elle ce que l’on fait en 30 fécondés fur la pierre du Levant ; par la même raifon fi l’on portoit la Lancette, qui fort immédiatement de la pierre du Levant, fur le caillou , on feroit.non-feulement plus long-temps, mais encore on ne parviendrait pas à la perfection, parce que le caillou ne mord pas aflez : il ne peut pas emporter les dents que fait la pierre du Levant, fans laifler un rnorfil confidérable. Il efl: donc indifpenfable d’avoir une pierre Intermédiaire qui ait le grain plus fin que celle du Levant, Sc plus gros que celui du caillou.
- Article Sixième.
- Maniéré d'affiler*
- O N entend par affiler une Lancette , emporter le rnorfil que le Tour a fait lever fur le tranchant. Ce travail confifte à faire un petit bifeau fur le bout de chaque côté de tranchant ; mais il faut fe perfuader que la perfection de ce travail dépend de la régularité de ce bifeau, Sc que la régularité de ce bifeau dépend de la juftefle Sc de la précifion du coup de main, en paflànt la Lancette fur la pierre.
- Suppofons l’Affileur aflis devant l’établi du Tour, les pierres Fig. 9, pofées -devant lui, & fitué au grand jour , tenant de la main gauche la pierre, comme nous l’avons repréfenté par la Fig. , PL 78, de la main droite tenant la Lancette ; le pouce, l’index Sc le doigt du milieu tenant le talon du fer Sc le clou de la châfle, de maniéré à s’oppofer l’un & l’autre aux mouvements que pourroit Coutelier, IL Part. Secl* L V vv
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- müjü.juaga—ai
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- éprouver la Lancette. Lorfqu’on a placé cette Lancette en équerre fur la pierre > le petit doigt & l’annulaire doivent maintenir le bout de la châfîè, afin qu’elle ne s’ouvre pas. Enfin voici comment on donne les coups : Faites maintenant porter une des quatre faces de tranchant fiir la pierre, tenez l’autre face élevée de la pierre à la hauteur du quart de la largeur du fer ; alors faites marcher la Lancette en tirant à vous comme fi vous vouliez racler la pierre, & parcourez tout le trajet de la ligne ponéluée, en commençant en v, 8c finiflànt le coup en x. Pour le fécond coup, prenez la fituation de la Lancette ponétuée u, donnez le coup en pouflànt en avant, fifivant la direction de la ligne [y, c’eft-à-dire , que la pointe partant dey , va terminer le coup en £. Voilà les deux coups de pierre expliqués. Il relie encore deux faces au tranchant, puifque la Lancette en a quatre ; donnez-donc les deux autres coups femblables aux deux premiers : ils font les mêmes non-feulement pour cette première pierre, mais encore pour toutes les pierres dont on a befoin.
- Il eft de la derniere conféquenee de fe famiiiarifer la main à cette opération ; les quatre premiers coups doivent fervir de guide, de réglé & de bafe à tous les autres, & l’on peut être afluré qu’on ne parvient au point parfait de l’affilage , qu’en fuivant ces principes à la lettre ; car, fi le bifeau que fait la pierre fur le tranchant, efl: arrondi par un feul coup, Ce tranchant ne coupera pas bien. Lorf qu’on a donné 3 ou 4 coups de chaque face fur la première pierre, qui efl celle du Levant, la pointe doit être formée, & les tranchants formés. On prend la fécondé, fur laquelle on doit donner ou 6 coups fur chaque face de tranchant. On prend enfuite la troifieme & derniere pierre , fur laquelle on doit donner 7 ou 8 coups fur chaque face ; alors la Lancette fera affilée.
- On obferve à chaque pierre qu’il n’y ait aucun grain de gravier ; s’il s’en rencontre , il faut l’ôter avec le doigt, ou efluyer la pierre & changer d’huile.
- Pour efluyer la Lancette, on prend un linge fin de la main gauche, entre le pouce 8c l’index; de la main droite on tient la Lancette par la châflè, ayant le pouce & l’index appuyé fur le clou, & l’on commence par efluyer en travers , pour ôter toute l’huile qui peut être détenue dans le trou des marques avec quelques grains d’émeri ; on prend enfuite un autre endroit du linge, on embrafle la Lancette avec, & on tire le coup vivement & en ligne droite ; on répété cette manoeuvre deux ou trois fois de chaque côté , & jufqu’à ce que le fer foit propre. La Figure 28 repréfente la maniéré d’efluyer les Lancettes.
- Il faut s’aflurer avec le canepin fi la Lancette efl bien affilée ; car il n’eft pas poflible de s’en rapporter au coup d’œiL Pour cet effet prenez du canepin entre l’index & le pouce a, Fig. 26, l’autre bout entre le doigt du milieu o 8c l’annulaire ; tendez le canepin en écartant l’index de l’annulaire ; préfentez la pointe de la Lancette fur le canepin bien perpendiculairement ; mais pour s’op-pofer à la moindre variation d’une main tremblante, portez le petit doigt de la main droite i9 fur celui du milieu de la main gauche 0, vous aurez par-là un point
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- d'appui qui vous fera très-néceflâire ; alors faites entrer la pointe dans le canepin ; ne laiflez pas agir tout le poids de la Lancette fur le canepin : retenez-en une partie • car, pour que la pointe foit bonne, il faut qu’elle entre fins réfiftance quelconque : elle ne doit pas même faire fléchir le canepin. Bien convaincu de la douceur de la pointe ; il faut s’aflurer auflî de la perfection des tranchants ; pour cette opération examinez l’attitude de la Figure 27. Le canepin étant toujours tendu, changez le point d’appui en portant le petit doigt o for le bout de l’index j ; préfentez la pointe fur le canepin, faitesda entrer de 4 à y lignes de longueur; alors tenant la Lancette un peu inclinée , coupez le canepin en retirant la Lancette ; faites enfoite un autre trou pour eflàyer l’autre tranchant $ en vous y prenant de la même maniéré ; par ce moyen vous apprendrez à quels degrés de douceur font les tranchants : ils font bons quand on n’entend point crier le canepin , lorfqu’il eft coupé nettement 8c fins aucune réfiftance.
- Il ne faut pas négliger d’eflàyer la Lancette deux ou trois fois dans le canepin * parce qu’il y a fouvent de petits lirons à la fuperficie que l’œil ne peut voir ; de forte qu’en préfèntant la pointe fur le canepin, le firon plie du premier coup , malgré qu’il entre fins craquement, 8c par un fécond coup il fe cafîe ; cependant il ne fe cafle que lorfque la Lancette eft bonne ; car il ne fait que plier fi la Lancette efl: molle ; mais de toute façon on voit au fécond coup que la pointe refufe d’entrer dans le, canepin. Bien des perfbnnes font fiirprifes de voir que le fécond coup ne réuflit pas comme le premier ; mais la raifbn eft aifée à recon-noître : fi la pointe efl: caflee, il n’eft pas étonnant quelle réfifte en entrant ; fi elle n’eft que ployée ou couchée for un côté, lorfqu’on la préfonte perpendiculairement for le canepin, elle ne peut pas entrer, parce que la direéiion de la pointe qui eft pliée eft alors en ligne courbe, au lieu qu’il faut quelle foit per-culaire ou en ligne droite pour entrer parfaitement.
- Plufieurs Chirurgiens ont l’habitude d’eflùyer la Lancette autrement : ils mettent la Lancette for les quatre doigts à plat, fins la contenir avec le pouce, & la préfontent ainfi un peu couchée for le canepin, qu’ils tiennent tendu for le couvercle de l’étui des Lancettes, 8c font ainfi entrer la Lancette dans le canepin. Or, cette méthode n’inftruit pas fi la pointe de la Lancette eft bonne, parce quelle peut être mauvaife, 8c cependant entrer, de même qu elle peut être bonne 8c refufor d’entrer.
- Je dis quelle peut être bonne & ne pas entrer, parce que, eu égard à la pente qu’on lui donne en la préfèntant, fi 1 équilibré eft jufte, il eft certain que la pointe n’entrera pas ; & fi le poids eft plus fort du côté de la châfle , la pointe entrera encore moins. Or, qu’arrivë-t-il 1 on veut la faire entrer : on fait lever le bout de la châfle ; alors la pointe entre précipitamment 8c va s’émoufler contre le couvercle. Je veux encore quelle ne fe gâte pas. Si cette pointe entre précipitamment, comment connoître lî elle eft entrée avec douceur? Peut-on fontir, par cette méthode, fi les tranchants font rudes, & voir s’ils coupent
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- nettement ! Non, cela eft impoflible. Or, en tenant la Lancette par le clou , en Planche la préfentant bien perpendiculairement for le canepin, en faifànt le point d’appui -8' avec le petit doigt, on eft hors d’accident, & l’on apprend tout ce qu’on veut favoir de la Lancette, parce qu’on eft maître de foutenir la pointe en l’air, & de la faire entrer mollement : voilà le feul moyen qui puifle indiquer la perfection d’une pointe.
- Après avoir elîàyé la Lancette, on l’efluie bien & on la ferme dans fa châfte > pour cet effet on fait couler le fer for une côte B de la châfte, comme l’indique la Fig. 28, PL 79 ; enfoite on conduit légèrement l’autre côte A lur la première B, en fuivant la ligne ponétuée ; on regarde ft le fer eft bien au milieu entr elles, 8c s’il n’y étoit pas , on l’y conduit avec l’ongle du pouce.
- Si nous nous Tommes un peu étendus fur la Lancette, c eft parce que l’inftrument le mérite, en ce qu’il eft d’un fréquent ufage & d’une utilité reconnue depuis bien des fiecles. Les Gagne-deniers & les Magiftrats , les Bergers 8c les Rois, tous font fournis à ce petit infiniment ; 8c de plus, ce que nous avons dit de fà conftruéfion nous forvira, par des applications , à inftruire des moyens que l’on emploie pour faire plusieurs autres Inftruments de Chirurgie, principalement ceux qui font faits pour l’opération de la cataraéle : à mefure que nous les décrirons, nous renverrons le Leéleur au Chapitre de la Lancette, pour y prendre des connoiflànces fur les pointes 8c fur les tranchants.
- A R T I C LVE .SEPTIEME.
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- ' De la Flamette ou Lancette Allemande.
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- La Flamette eft un infiniment compofé d’une boite d’or ou d’argent ou de cuivre, laquelle porte un grand reftbrt en bafcule, & un petit reflort. Legrand reftort porte un fer de Lancette. La Figure 29 fait voir finftrument du côté où eft pofée la bafcule qui tient le grand reflort bandé comme il doit être l’inftant avant l’opération.
- La Figure 30 fait voir le grand reftbrt placé dans l’intérieur de la boîte, de laquelle le couvercle eft ôté : ce dernier eft vu par la Fig. 31. Ce grand reftbrt n eft tenu avec la boîte que par une vis en e, Fig. 33.
- La Figure 32 fait voir la bafcule, laquelle porte un petit reftbrt de renvoi ^ qui eft fixé par un petit clou en E : on voit en h un petit tenon deftiné à tenir le grand reflort bandé: on voit fa place en y, Fig. 30. Cette bafcule eft retenue par une charnière foudée fur la boîte en K , laquelle eft vue de côté en L, Fig. 33 ; de forte que quand le grand reftbrt N fo trouve bandé derrière le tenon de la bafcule, il eft alors comme on le voit ponélué en p, Fig. 30.
- Lorfqu’on veut faire la fàignée, on préfente la pointe de la Lancette 0, Fig. 29, for le vaifleau : on donne le coup de doigt fur la bafcule g ; alors le tenon
- lâche
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- Seconde Partie. Secl. /. Chap. XXXP^ adqf
- lâche la prife qu'il a contre le relîort, & la pointe plonge vivement dans la s
- veine. Les trois Figures 34, 35, 3repréfentent les trois formes des fers Planché de Lancette qui fe montent à vis for le grand reflort en q*
- La Figure 3 3 fait voir l’épai/feur de la boîte & la bafcule de côté. La Figuré 37 repréfente la largeur du grand relîort avec le trou r, fur lequel fe viîfent les fers de Lancette. Je laifîe toujours une queue à ces fers, afin de les repaifer commodément lorfqu’ils en ont befoin % aufîi ne les voit-on taraudés que de deux ou trois lignes de longueur* moyennant quoi on a la facilité de les monter fur ces faux-manches pour les faire neufs, & pour les repalfer. Ces fers doivent etre laits fur les mêmes principes de la Lancette ordinaire.
- La Figure 30 repréfente une Flamette Allemande, mais dont la forme & la conftruélion des fers eft différente ; le grand refïbrt ne porte point les fers, il n’a qu’une languette faite en crochet N 9 qui fert de prile pour bander le refïbrt £ alors la flamette eft faite comme le fait voir la Fig. 38, laquelle on place dans la boîte par une vis qui traverfe le trou V* ou elle joue : elle eft vifïee fur la boîte au troujy , Fig 30.
- La Fi ure 30 repréfente aufîi une Flamette, mais plus longue 8c plus large Or, c’eft la première des quatre qu’il faut pour être aftorti j ainfi la Figure 38 repréfente la plus petite ; & la Fig. 30, la plus grofle.
- Pour rendre cet inftrument folide par rapport au battement du grand refïbrt,
- & afin que cette boîte réfifte long-temps, il faut faire une piece d’acier telle que le repréfente la figure 40. Pour cet effet on prend un morceau d’acier plat & plein , on le perce de trois trous ; on finit enfoite de l’évuider, pour faire l’ouverture en quarré-long , comme le repréfente la figure. On fe fert pour cet évuidement de cifelet & de petites limes plates ; quand cette piece a la forme convenable , on la foude avec les platines d’argent qui doivent l’envelopper ; car cet acier ne paroît point à l’extérieur, il n’eft deftiné qu’à donner du fbutien à l’inftrumerit & à le rendre plus folide ; enfin cette efpece de bride occupe l’efpace défigné par les lignes R S.
- Article H ü 1 t î e m I
- De la Lancette Anglaise, & de la Lancette Ejpagnole.
- La Figure 4t repréfente une Lancette à gros grain d’orge ; c’eft la formé particulière que lui donnent les Anglois, ainfi que les Allemands, c’eft-à-dire , ceux qui ne fe fervent point des Flamettes. Cette forme différé peu des Lancettes Françoifes; elle n’eft que plus longue, & d’un grain d’orge plus raccourci; d’ailleurs le repafîàge des Anglois eft le même que celui des François. La pointe eft aufîi flexible, & les tranchants font aufîi fins.
- La Figure 42 repréfente une Lancette Efpagnole. Cette forme eft bien différente des autres: elle en différé i°, en ce que le talon depuis u jufqu’enj' eft Coutelier. II. Part. Secl, /, Xxx
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- ±66 L'ART DU COUTELIER.
- long, étroit & émoulu à plat, laiflànt les côtés épais de trois quarts de ligne ; 2°, elle a une vive-arête qui commence en & continue jufqu’à la pointe ; 30, le coup de meule vif, qui doit former le tranchant, ne commence qu en jp , & le morfil commence en T, & termine à la pointe ; 40, elle en différé beaucoup par le poli, puifqu’elle ne l’efi point du tout ( * ) ; le repaflàge eft fait entièrement fur la meule de grais, dont le coup nefl donné ni en long ni en travers, mais obliquement, & fur la même obliquité des traits du burin; d’ailleurs la pointe efl: flexible & plie fur l’ongle aufli bien que celle de France • les tranchants font aufli vifs, à cela près des traits de la meule qui y font toujours , mais le coup de pierre emporte ceux des bords des tranchants, La châfle efl aufli plus longue, & de plus elle efl garnie d’une virole d’argent, dans laquelle entre la chaffè d’écaille , mais dont l’ajuftement nefl pas de conféquence ; car à la plupart le clou ne tient point à la châfle.
- La Lancette à châfle d’écaille & rofettes d’argent eftampées, fo vend 30 fols ; on en fait à 2y ; mais les chafles font plus communes, & les rofettes font de fer-blanc. Les Lancettes à châfle de nacre de perle, rofettes d’argent pleines , & le clou aufli d’argent, fo vendent 2 livres J fols. La Flamette Allemande à boîte d’argent & trois fers de Lancette, fe vend 12 livres ; celle en cuivre $ livres.
- CHAPITRE T RENTE-SIXIEME.
- Des Injlruments pour les Anatomifles ; de ceux qui fervent à ouvrir les cadavres ; des Aiguilles droites SC courbes ; des Epingles pour le Bec-de-lievre ; des Porte-A iguilles SC Porte-Epingles.
- JL e premier Infiniment dont fo fervent les Eleves en Chirurgie, c’efl le Scalpel, pour diflequer les cadavres ; ils emploient avec celui - ci les Errhines y les Cifeaux, les Pinces & les Tubes.
- Il efl inutile de parler ici & de joindre des figures pour indiquer la façon de forger, de limer & de paflèr for la meule la plupart de ces inftruments ; nous renverrons le Leéteur à ce que nous avons dit for ce fojet dans la première Partie.
- ( * ) Les Couteliers Efpagnols ont fans doute ignoré plufieurs fiecles, non-feulement l’ufage des potées pour polir les métaux, mais jufqu’à l’émeri ; cela eft prouvé par un Article de la Gazette de France, année 17 , n°. 77, page 307 , où
- l’on voit qu’une Province ôc un Confulat avoient donné un Prix d’émulation pour les progrès des Arts utiles, & que l’un des Prix fut adjugé à
- Jofepk Montaignac, François, établi Maître Coutelier dans la ville dM^pejyria, lequel a fabriqué (c’efl: à la lettre les termes de la Gazette) une lame de Couteau dont le poli imite parfaitement celles de Châtellerault, en France. Or, Jofeph Montaignac eft natif & Apprentif Coutelier de la Province de Guienne,
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- Secondé Partie, Secl> /. Chap. XXXVh Article Premier, Maniéré de faire les Scalpels•
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- I l y a quatre fortes de Scalpels, un à dos, un à lance , un à lancette, & un Névrotome. Pour forger un Scalpel à dos, il faut étirer l'acier pur ( fans être Planche en étoffe) de la largeur de 5 lignes, & de 2 lignes d'épaiffeur; on Commence par donner une chaude graflè au bout : on donne enfuite un coup fur la quarre de l'enclume, pour entailler le tranchant & former le talon, comme il eft repréfenté en A, Fig* 1 ; après cela on l'élargit avec la pane du marteau , en aminciflànt le tranchant, de même que fi c’étoit une lame de Couteau ; enfuite 011 la rabat, & on la coupe d’un coup de la tranche fur la ligne a : on donne une chaude au talon en aminciflànt par le bout ; alors on aura un Scalpel à dos forgé comme le repréfente la Fig. 2.
- Le Scalpel à lance fe forge de cette maniéré ; voye£ la Fig. 3 : après avoir entaillé le talon en Z), on fait une autre entaille en du côté du dos , pour former un autre tranchant ; enfuite on l'élargit de même que l’autre i on le coupe & on fait ainfi un Scalpel à lance. Voye{ la Fig. 4.
- Au lieu d’un talon plat que nous avons repréfenté dans Ces deux Figures, on les fait à queue, pour pouvoir les retenir à leurs manches avec l'aide du ciment.
- Nous avouons que la folidité fe trouve plutôt avec le talon, parce qu'étant cloué avec le manche, il n'eft pas fujet à fe féparer en difféquant, & de plus les manches étant minces, un très-petit effort les fait fendre 8c éclatter.
- Le Scalpel à lancette fe forge exactement comme nous l’avons démontré pour une Lancette, dans le Chapitre XXXV. Il eft inutile de leur laifler une queue femblable à la Lancette ; cependant fi on veut l'émoudre avant de le monter fur , )
- fon manche, on peut lui former cette queue. La Figure 5 fait voir le Scalpel à lancette forgé.
- Le Névrotome fe forge auffi de même que la Lancette, à cela près qu'il porte environ une ligne & demie d'épaiffeur. Après qu’on a forgé les Scalpels, on les fait recuire ; enfuite on perce deux trous repréfentés en h b, Fig. q , foit avec le poinçon ou au foret ; enfuite on les marque, & on les bat à froid à petits coups de marteau fur un tas ; après cela on les lime, on les trempe, & on finit par les faire recuire couleur d’or & les dreffer.
- Pour faire les manches, on prend des rognures d’ivoire de 4 pouces de Ion-* gueur, ou bien on y emploie la gorge de l'ivoire. Voyez ce que nous en avons dit au Chap. II, première Partie. On commence par dreffer le manche à la râpe ; on l'amincit par un bout , on le laiffe épais de l'autre de trois bonnes lignes ; après cela on préfente la lame fur le manche, pour marquer 8c percer les trous tels que le repréfente la figure 6 ; enfuite on fait une petite marque avec
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- Planche 8 o.
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- la quatre d’une lime fur la ligne B ; après cela on donne adroitement un trait de fcie pour faire la place de la lame , repréfentée par la ligne C, Fig. 7: & il convient de ne pas manquer de fraifer les trous.
- Il faut préparer deux morceaux de fil de laiton de la longueur de 3 ou 4 pouces, dont la groffeur foit jufte avec les trous de la lame & ceux du manche j appointez ce fil par un bout, & faites une petite tête de l’autre F : on met en même temps les deux fils dans les deux trous ; on les enfonce à petits coups de marteau jufqu’à ce que la tête foit entrée dans.la fraifure; enfiiite on fcie les bouts du fil de cuivre, en n’en réfervant que ce qu’il faut pour faire la fécondé rivure ; enfin on rive le tout avec un marteau du poids de 2 ou 3 onces au plus : quand on a fait le manche, on le grattelle , on le polit à la moulée & au tripoli ; après cela il ne s’agit plus que d’émou dre & polir la lame d’après les principes que nous avons donnés en parlant du Grattoir. Voye£ U Chap< XVI, première Partie,
- Article Second,
- Des Errhines , des Pinces é des Cijeaux a dijjeclion.
- 2 L’Errhine eft un infiniment à manche, dont le bout fe termine par un crochet.
- Il y a plufieurs efpeces d’Errhines ; il y en a de doubles, de fimples, de doubles emmanchées , & à doubles crochets à l’une & à l’autre de leurs extrémités. Cet infiniment fert à relever & foutenir les parties, lorfqu’on veut en difféquer de placées deffous ces dernieres. L’Errhine doit être fabriquée d’acier pur, Sc point pailleux; quant à la maniéré de la forger, de la limer, & c, nous renvoyons le Leéleur à la première Partie, Chap. XXI, fur les principes du Poinçon & du Tirebouchon, à quoi elle reflèmble beaucoup , à la groiïeur près. Nous nous bornerons ici à donner des détails de toutes le£ figures de ces inflruments.1
- La Pince à difféquer fert à pincer les petites parties, comme, par exemple , un nerf, un tendon, Sec. Cet infiniment fe fait d’une lame d’acier qu’on étire de la longueur de 8 pouces, & à laquelle on fait une pointe à fes deux bouts.’ Voyeç la Fig. 8. Le milieu ne doit porter que demi-ligne d’épaiffeur, & les / deux pointes doivent être de l’épaiflèur d’une bonne ligne. Lorfqu’on l’a forgée droite & qu’on l’a bien planée, on la plie par le milieu E ey Fig. 8 & 9 ; on la ferre du bas e fur laquarre de l’enclume avec une pane de marteau étroite, & on laifîe le bout ouvert, auquel on donne un coup de fraife. Pour limer une Pince , on commence par blanchir le dedans ; c eft pourquoi il faut la laifîer ouverte quand on la tire de la forge ; & après que le dedans eft adouci, on la refferre entièrement , Se l’on écrouit le bas pour lui donner un peu d’élafticité , parce qu’il ne faut pas qu’elle foit trempée. Après l’avoir un peu battue à froid, on égalife les deux pointes, on les lime fur les côtés avec la lime ordinaire, puis avec la bâtarde on abbat les pans : on l’adoucit & on la polit ; enfuite on l’ouvre pour augmenter
- l’intervalle
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- Seconds Partie. Secl. I. Chap. XXXVI. l’intervalle qui doit fo trouver entre les deux branches & dans leur partie nioyenne, ce qui fert à faire bien joindre les pointes. On forme encore de petites dents avec la quarre d’une lime douce à la pointe de ces pinces, & ees dents fervent à retenir avec plus de facilité les chairs & les empêcher de couler* Les Cifeaux à diflequer font longs de branches & courts de lames ; les pointes en font bien aiguës : cependant plufieurs y veulent un petit bouton d un cote. Le travail de ces Cifeaux ne différé point des autres efpeees. Voyez la maniéré de faire dés Cifeaux, Chap. XXV\ première Partie.
- Article Troisième*
- Des Tubes Jimples & des Tubes à robinets.
- Le Tube fimple eft le même infiniment appelle par les Arcilles Chalumeau j avec lequel on foude les métaux à la lampe. On le fait en argent & en cuivre i il fort dans l’Anatomie pour fouffler dans les vaifleaux, dans les arteres, dans la yefiie , 8cc. De quelque métal qu’on veuille le fabriquer , on emploie les mêmes procédés.
- Il faut forger le métal ou le laminer , pour le réduire à l’épaiffèur d’une demi* ligne, & de 7 pouces de longueur, fur il lignés de largeur par le gros bout % & en diminuant jufqu’à l’autre bout, où il doit avoir 3 lignes de largeur. On plie cette lame for un mandrin ; on en approche bien les bords : on les lie avec du fil de fer, & on les foude à la poêle ou au chalumeau, en foivant les procédés décrits au Chap. XIX. Après avoir foudé ce métal, il faut le limer & le polir , enfoite le ployer entre les deux doigts, pour lui donner la courbure ( au petit bout ) telle quelle eft repréfontée par la Figure 10.
- Cet infiniment étant fini, ne doit avoir que fîx pouces de longueur * Sc cela par la feule raifon qu’il doit fe loger dans l’étui de diffeélion avec les Scalpels ; car dans toute autre occafion il feroit trop court pour qu’on pût s’en fervir. Par exemple, fi on vouloit fouffler la veflie , on auroit le vifàge prefque for l’objet, & on s’expoferoit à refpirer de mauvaifes odeurs, principalement encore en reprenant fon fouffle. On évite cet inconvénient en fo forvant d’un Tube à robi* net, dont je vais donner la defcription en enfeignant à le fabriquer* J’en ai fait d’acier, de cuivre ou d’argent. Il n’eft pas douteux que celui en argent eft préférable aux autres ; l’acier a toujours l’inconvénient de la rouille, & le cuivre n’eft ni foin ni agréable à tenir dans la bouche ; il faut même avoir l’attention de cracher à mefure qu’on arrête le fouffle, afin de ne pas avaler la folive.
- De quelque métal que l’on veuille faire un Tube à robinet, les procédés feront les mêmes. Commencez par difpofer un Tube for les principes que nous venons d’établir pour le fimple, Fig. 10 ; lorfqu’il fora foudé tout du long (il convient qu’il ait 9 pouces de longueur), fciez-le en deux parties égales de Ion-CoUTELIER% II. Part% Secl,
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- s7o L'ART DU COUTELIER.
- gueur ; prenez enfuite un morceau de métal dune bonne ligne d’épaiffeur, de de longueur & de 18 de largeur; ployez-le adroitement par fa largeur fift un mandrin d acier arrondi au tour, & de 4 lignes de diamètre : foudez bien cette virole ; après cela remettez-la fur le mandrin pour Tarrondir le mieux qu’il
- .-Jt”"i,u.is fera poflible : voye£ la Fig. 11 ; faites enfuite un trou enf, tout au travers, dans
- lequel vous ajufterez 8c fouderez les deux moitiés du Tube de 9 pouces partagé 1 en deux, Fig. 12 8c Fig. 13. Gela étant exécuté , il faut ajufter le noyau: on peut le faire jetter en fonte, finon on prend du fil du métal, de 6 à 7 lignes de diamètre ; on en applatit un bout pour faire la piece de pouce. Voyez en G.9 Fig. 14. On fait enfuite une portée en h ; on lime tout le tour le plus rond que c l’on peut, & prêt à entrer dans le trou H, mais qu’il n’y entre pas, parce que pour le bien ajufter il faut avoir recours à l’émeri délayé un peu clair avec l’huile d’olive : on en met fur le noyau 8c dans la virole ; on tourne uniment le noyau : on fajufte parfaitement par cette méthode. Après ceci il faut entailler le bout g9 le limer & le tarauder d’un pas de vis un peu profond, enfuite préparer un écrou fait avec un morceau du même métal, de deux lignes d’épaiffeur, 8c du même diamètre de la virole. Pour faire un écrou qui fixe le robinet, voyez la Fig. 15 , & fur-tout fraifez un peu le trou du côté du dehors ; après cela mettez le noyau dans fa place ; viffez l’écrou au bout g : mettez un peu d’émeri pour le bien ajufter. On prépare enfuite un long foret, 8c on perce le trou du noyau : ce trou eft vu en /, Fig. 14.
- Quelques Artiftes percent ce trou avant de fonder les deux parties du tuyau , parce que, difent-ils, ils n’ont point tant de fujétion à le ferrer dans l’étau. J’en conviens; mais il faut avouer auffi que le feu agit toujours fur les métaux, de maniéré à altérer les ajuftements, & fur-tout celui d’un robinet, qui doit être régulier ; ainfi la méthode de le percer en dernier lieu, après toutes les foudures faites, me paraît devoir être à préférer ; toute la difficulté ne confifte qu’à faire un foret jufte au trou ; 8c pour la plus grande perfeélion, après qu’il eft percé , il faut y pafler un équarriffoir à 8 pans ; enfuite on emporte la bavure que fait l’outil : on ferre l’écrou tant qu’il peut l’être ; enfuite on lui fait une rivure légère, de façon cependant qu’elle remplifle bien la fraifure qu’on a faite à l’écrou ; après cela il n’y a plus qu’à abâtardir, adoucir , façonner & polir l’inftrument.
- Pour jouir de tous les avantages de ce Tube à robinet, il faut faire plufieurs petits tuyaux repréfentés ici par les Figures 16, i7, 18; il faut en avoir de différents calibres, afin de pouvoir fouffler dans toutes fortes de vaifleaux : on les ajufte au petit bout du Tube, & cela fans les monter à vis, ce qui feroit de toute inutilité , 8c même nuifible ; car pour peu qu’il fe logeât quelque craffe dans un des pas de la vis, elle s’y trouveroit engagée, de façon qu’il faudrait un étau pour les déviffer. Ilfuffk donc de limer les pièces, 8c qu’elles s’ajuftent bien enfemble ; 8c enfuite pour corriger les imperfeétions de l’ajuftement qui font dues
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- Seconde Partie, Seff. /. Chap* XXXVh wjt
- à la lime, on met un peu d'émeri : on fait tourner les pièces enfemble avec les doigts, 8c l'inftrument eft bien fait.
- Nous venons de donner des détails affez étendus fur la façon de travailler quelques-uns des Inftruments fervant à la diffeélion des cadavres, & nous nous croyons difpenfés de les fuivre tous les uns après les autres. Nous nous contenterons de terminer cet Article par une explication détaillée des Figures qui les repréfentent.
- La Figurq 19 repréfente le Tube à robinet féparé des tuyaux ; b eft le bout fait en entonnoir pour fouffler; c, c'eft la piece du pouce pour tourner le robinet, & couper la communication du vent à l'inftant même quon veut arrêter le fouffle. On voit en a9 dans les Figures 16 9 17 & 18, PL 80, i endroit où s'ajuftent les tuyaux.
- La Figure 20*repréfente le Scalpel à dos, c’eft-à-dire, qui n'a qu'un tranchant fur la partie K ; ce tranchant doit être un peu fort, parce qu'il fert à féparer un doigt, un bras, 8cc. dans l'articulation. Son dos doit avoir une bonne ligne 8c demie en bas , 8c FépaiiTeur doit aller en diminuant infenfîblement julques vers la pointe.
- La Figure 21 repréfente un Scalpel à lance. Il différé de celui à dos, en ce qu'il a deux tranchants , fun depuis le talon jufqu'à la pointe, 8c l'autre com-
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- mençant en Z, & continuant jufqu'à la pointe, de forte qu'il eft émoulu par quatre émoutures. Les tranchants de cet inftrument fe rapportent entièrement à ce qui a été dit fur le Grattoir 8c fer le Scalpel à dos, Fig. 20.
- La Figure 22 repréfente le premier Scalpel en lancette : il a deux tranchants qui commencent aux deux entailles My Ai, continués jufqu'à la pointe ; cepem dant le morfîl ne doit commencer qu'en N N, pour finir avec la pointe, & tout le refte des tranchants doit être obtus, pour ne pas bleffer celui qui s'en fert : les deux tranchants font féparés par une vive^arête réfervée au milieu de la lame 0.
- Les Figures 23 8c 24 repréfentent deux Scalpels à lancette, faits fer les mêmes principes que le précédent, mais plus petits , & dont les largeurs 8c les épaiffeurs font moindres ; de maniéré que la Figure 22 eft le Scalpel à grain d'orge ; celle 23 eft le grain pyramidal, & la Figure 24 eft le grain d'avoine. Leurs tranchants doivent être fins jufqu'à plier fer l'ongle comme celui d'un Rafoir, mais les pointes doivent être un peu plus fortes que celle d’une Lancette. Une meule de 11 à 12 pouces de hauteur convient pour émoudre un Scalpel, & la poliflbire doit être un peu plus haute que la meule.
- Très-peu d'Artiftes repaffent les Scalpels en travers, dans la crainte de sfeftro* pier fer la poliffoire : ils les poliffent de long ; cependant la méthode de les faire entravers eft préférable, non-feulement le tranchant eft plutôt fait, mais encore il eft plus vif, il coupe plus net; 8c de plus la vive-arête étant bien confervée, donne du foutien à la pointe, & la fait réfifter à l'approche des os. Or, pour les bien émoudre en travers, il faut feivre les principes donnés pour le Grattoir >
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- ; au Chap. XVï, & l’affilage luit les réglés de la Lancette, excepté quil ne faut paflèr la lame ni fur la pierre verte ni fur le caillou ; & même faute d’une bonne pierre du Levant, on peut faire ulàge de la pierre à Rafoir, & toujours à l’huile.
- Le Névrotome eft reprélèntë par la Figure zj : il fert à diflequer les nerfs.* Son tranchant ne doit pas être vif à couper, parce que Ion effet n’eft, pour aînfi dire., que de racler les nerfs & les tendons.; c’eft pour cela quil a une point® aiguë, que la lame eft étroite, & Fépaifîèur eft au moins d’une ligne & demie au talon : cette épaiflèur ne commence à diminuer infenfiblement que vers le milieu , pour fe perdre avec la pointe : il eft à deux tranchants feparés par la vive-arête.
- La Figure 26 reprélente un petit Scalpel à pointe très-aigue 8c très-fine parce qu’elle fert à difféquer les animaux délicats , 8c que l’on ne peut voir avec le détail de leurs parties, qu’au microfcope. *
- La Figure 27 reprélente les Cifeaux à diflequer : ils doivent avoir les branches longues , les lames courtes : ils fervent, dans la diflèétion, à couper des morceaux de chair, des mulcles, des tendons, 8cc. Or, les tranchants doivent être faits fans bifeau, & doivent couper parfaitement, 8c particuliérement paç leur pointé.
- La Figure 28 repréfente l’Errhine fimple à manche ; tout le corps eft rond," & le haut forme un crochet, lequel ne doit pas être trempé, parce qu’il feroit en danger de caffer en foulevant la partie qu’on veut élever, puilque louvent on eft obligé de le tenir avec les dents par Ipn manche.
- La Figure 29 repréfente l’Errhine double : elle fert à foutenir la partie qu’on diffeque , avec l’avantage de retenir le crochet, qui eft à une de fes extrémités , à quelque partie voifine ; comme, par exemple, quand on travaille lès poulinons , on accroche l’un de ces crochets aux os de la poitrine, 8c l’on évite par ce moyen la peine, de tenir l’Errhine avec les dents.
- La Figure 30 repréfente une Errhine ayec un anneau fervant toujours aux mêmes fins.
- La Figure 31 repréfente une double Errhine & à manche, qui a le double de force par rapport à fes deux crochets; elle fert à foutenir un plus gros poids. Il s’en fait auffi fans manche , alors elles font à doubles crochets des deux côtés.
- La Figure 33 repréfente une Errhine portant la pince. En général, toutes les Errhines doivent être faites avec de l’acier bien net : on les lime étant toutes droites ; ce n’eft qu’après qu’elles font tout-à-fait polies & finies, qu’on ployé le bout en crochet avec une pince, ou fiir une petite bigorne avec un léger marteau.
- On a repréfenté dans la Figure 3 2 les Pinces à diflequer : elles font reflort par elles-mêmes. Elles doivent être bien liantes, parce que feryant à pincer 8c à foutenir des fibres, des nerfs, &c, pendant deux minutes & quelquefois plus, fi le reflort étoit trop fort, on feroit en rilque de lâcher prife, & par-là faire caffer le rameau qu’on prend peine à conferyer. Voilà
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- Secondé Partie. Se ci. 1. Chap. XXXVI. 273'
- Voilà en général tous les Inftruments qui compofent un étui à difleélion ; ce font ceux qui ont le moins varié dans la Chirurgie, fi ce n’eft les Errhines ,
- & le Tube à robinet, qui a été fait pour être fubftitué aux autres.
- Un étui ordinaire pour la difteélion, eft compofé d’un Scalpel à dos , un à lance, trois à lancette, un Névrotome, une Errhine, une Pince, un Tube fimple, une paire de Cifoaux & l’étui. Or, tout cela fo vend 9 livres, mais le plus communément fait. Le Tube à robinet en cuivre, 6 livres. Le Tube à robinet en argent, 9 livres de façon, & le poids payé à part ; il pefe environ deux onces»
- Article Quatrième. ,
- Des Injlruments qui fervent a faire f ouverture des Cadavres.
- Nous avons cru devoir féparer fous un Article particulier, les Inftruments que Ton emploie pour commencer l’ouverture d’un cadavre. On fe fert premié- Planche rement d’un fort Scalpel à dos, repréfencé par la Fig. 34. C’eft un infiniment convenable pour ouvrir un cadavre, {oit pour y faire des oblèrvations , ou pour l'embaumer. Son tranchant doit être fort ; & quoiqu’aigu, il ne doit pas plier fiir l’ongle.
- La Figure 35 repréfente un fort Scalpel imaginé par M. le Cat, pour l’ouverture des cadavres; il n’eft à tranchant que par fa partie convexe tu La partie concave depuis 0 jufqu’enp, eft un tranchant très-moufte & arrondi; depuisp julqu’en q, eft un dos de deux lignes d’épaifteur, for lequel on frappe avec un maillet de bois pour féparer les pariétaux. En Q, eft un Cifeau qui fait corps avec le Scalpel, & fervant de levier, avec lequel on force les pariétaux à fo féparer. Le manche eft fait de deux côtes d’ivoire, retenues par trois clous for la foie, qui, pour procurer de la force à l’inftrument , eft épaifie de deux lignes dans toute là longueur. En 22, on entaille deux mitres, lelquelles s’ajuftent avec le manche. U convient de faire cet inftrument avec ce que nous avons appellé de !Etoffe ; il faut donner le recuit couleur de cuivre rouge à la lame p q o, & la couleur bleue au Cifeau Q : le tranchant doit être auflî fort que celui d’un Couteau.
- La Figure 36 repréfente un Inftrument qu’on peut appeller Levier des pariétaux. U eft en forme de Tourne-vis : il fert à féparer les pariétaux. B eft le corps de l’inftrument fait d’acier ; le bout eft à tranchant obtus ; D D eft Ion manche fait au tour, for lequel eft monté l’inftrument par une queue quarrée 9 ajuftée & rivée par une rolètte en A*
- La Figure 37 reprélente le Vuîde ^cetveau ; c’elt iine èlpece de Cuiller, mais plate. La Figure 38 en fait voir l’épaifleur ainfi que la courbure, & la queue qu’on cimente for un manche tourné. Il importe peu que cet inftrument foit fait de fer ou d’acier, il n opéré pas moins également : il eft décrit dans Dionis.
- Coutelier. IL Ban. Secî, L 2 z z
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- Planche 82 & 83.
- 274 HART DU COUTELIER:
- Il y a des occafions où Ton fait l’ouverture de la tête d’un cadavre en fciant le crâne ; mais il eft inutile de faire voir les figures de ces fcies, parce que nous en parlerons en traitant des Inftruments deftinés à l’amputation d’un bras & d’une jambe. Ces mêmes fcies fervent à féparer le crâne. On peut donc conlulter le Chapitre des amputations, où on traite des fcies.
- Quand on a ouvert un cadavre, & qu’on fe propofe de l’embaumer, on fait des points de future tantôt avec une Aiguille courbe, & tantôt avec un Quar-relet tel qu’on le voit Fig. 39. Comme il faut enfeigner à faire une Aiguille ^ nous allons en même temps donner la defcription de toutes leurs formes.
- Article Cinquième.
- Des Aiguilles droites 6 courbes, & des Épingles pour le Bec-de-lievre.
- Pour faire les Aiguilles diligemment, il faut prendre du fil d’acier paffé à la filiere. Voyez dans la première Partie, Chap. XKI1I, Secl. 111. Après qu'on a préparé les fils de la grolfcur convenable aux Aiguilles qu’on veut faire, & je fuppofe qu’on veuille faire 24 Aiguilles, il faut prendre 124 morceaux de fil d’acier d’environ 12 pouces de longueur ; cela étant ainfi préparé, on donne une petite chaude à tous les bouts d’un côté feulement, pour les applatirun peu. après quoi il faut faire recuire tous les bouts avec des charbons de bois ; lorf-qu’ils font refroidis d’eux-mêmes, il faut plier un peu le bout en demi-croi/Tant, & faire une petite gouttière avec une queue de rat. Voyez vu, Fig. y y. Dreflêz enfcite cette courbure ; préfcntez ce bout fur l’un des trous de la Figure 41 ; pofez le poinçon plat, Fig. 40 , dans la gouttière, & bien vis-à-vis du trou qui doit recevoir la piece ; chaffez le poinçon par deux petits coups de marteau, le trou fera percé, moyennant que le poinçon fcra bien vis-à-vis du trou, & tenu perpendiculairement.
- Les trous de tous les fils d’acier étant percés , on doit être muni de plufieurs coins faits en cône ou pyramide, comme le repréfente la figure 42 ; on le fait entrer dans le trou un peu à force, pour équarrir le trou, comme le repréfente la figure 43 : on le paife une fois de chaque côté ; enfuite on fait la petite gouttière de l’autre côté du trou en le courbant, comme le fait voir la figure y y , en v u : on ragrée la première faite, parce que les coups de marteau l’ont toujours un peu défigurée ; après cela on dreffe l’épailfeur & la largeur du cul de l’Aiguille : on l’adoucit entièrement, & on en fait autant à tous les fils d’acier : enlùite on coupe toutes les Aiguilles de la longueur convenable, & l’on fait toutes les pointes en rond avec la lime : après quoi on eft muni d’un tas, Fig. y2, PL n, qui a des rainures triangulaires ; on applique l’Aiguille dans l’une des rainures ; on frappe fur l’Aiguille du côté plat, & le triangulaire fe forme par la rainure de la maniéré que le repréfente la coupe R triangulaire, Fig. 47.
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- Seconde Partie. Seci* I. Chap*XXXVï*
- Cette opération fe fait à froid pour les petites. Aiguilles, c’eft-à-dire, pour les nos. 7, 8 8c 9 ; & pour les grandeurs au-defliis, on les fait chauffer couleur de cerife ; on les tient avec de petites tenailles croches, pour ne pas écrafer les trous, 8c une chaude fuffit, moyennant qu’on frappe les coups de marteau diligemment. Après que toutes font dirigées triangulairement , comme le fait voir la figure 46, on drefîe la largeur, & on met les bouts à tranchant, le tout avec des limes bâtardes 8c des limes douces ; après cela on les courbe 8c on leur donne des courbures différentes que nous avons fait graver fous les numéros 1,2,3»
- Pour la trempe on les arrange toutes, fans les préférer ; entre deux morceaux de tôle ; on les fait rougir environ deux douzaines enfèmble dans une poêle de Planche feu de charbons de bois, 8c torique le paquet eft rouge couleur de cerife , on le 82 & trempe dans l’eau ; on les fort enfuite du paquet, on les récure avec le grais t voyez le Chap. XIV, 8c on leur donne le recuit bleu, fuivant la méthode de recuire les Canifs, même Chapitre.
- Après le recuit, il faut les poür au bois à l’émeri, & cela lùr tout le corps de l’Aiguille , excepté fur la face plate ; celle-là fe fait fur la meule 8c fur la poli£ foire ; en la tirant de long, on fait venir un petit morfil bien égal fur les tranchants ; on obferve de faire la pointe bien aiguë, 8c on les affile fur les pierres à Lancette quand on veut leur donner toute la perfeélion pofîible.
- U y a quatre fortes de formes de pointes d’Aiguilles pour la Chirurgie. La première eft celle qui eft appellée Quarrelet, Fig. 39, & dont la pointe eft à quatre quarres. D’autres petites fervent à la future des Pelletiers, Fig, 44 & 45'.
- Les uns les veulent à trois quarres, d’autres les demandent à quatre ; enfin on obferve régulièrement de faire le trou des Aiguilles fur le côté de la largeur , afin que le fil ne foit pas fiijet à s’arrêter. Pour bien faire comprendre ceci ; voyez la figure 46 : elle repréfente l’Aiguille par fà largeur, 8c on ne peut pas voir le trou, parce qu’il eft fur le côté ; mais on voit les trous à celles qui font courbées n°. 1 jufqu’au n°. 9, parce-qu elles ne font vues que fur leur épaifïeur , par conféquent le trou eft três-vifible.
- Une autre efpece d’Aiguille eft repréfentée par la Fig. 54; c eft une Aiguille à lardoire, peu en ufàge aujourd’hui, quoiqu’elle foit décrite dans Garangeot : elle fervoit à faire entrer les Epingles pour l’opération du Bec-de-lievre. Elle a un dos qui eft fur la partie convexe ; & le tranchant, qui eft fur la partie concave , ne commence qu en y ; tout le refte eft rond, & le bout T eft double 8c fait comme une lardoire, mais à deux branches feulement, lefquelles font refîort.
- Cette Aiguille fe fait fur les principes d’un refîort double de Couteau à trois pièces. Voyez Chap. XXII, Secl. IL On y fait cependant une petite gouttière en dedans des lames pour loger une autre Aiguille ou une Epingle. Pour faire l’opération, on en fait de trois grandeurs ; cette Figure 54 repréfente la moyenne*
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- VA R T DU COUTELIER:
- Article Sixième.
- jDes Epingles pour h Bec-de-Lievre.
- .......... ! a Figure 48 repréfènte une Epingle à tête , pour l'opération du Bec-de-*
- Flanche lievre. La Figure 49 repréfènte aufli une fèmblable Epingle , mais fins tête.
- ^ Pour faire ces inftruments, il faut prendre du fil d’acier pafle à la filiere, le
- mettre exactement de la groflèur que doivent avoir les Aiguilles : celles fans tête doivent avoir demi-ligne ; alors on applatit le bout à froid pour former la pointe ; on lui donne enfuite la forme d’un grain d’avoine, & à tranchant des; deux côtés : le milieu en eft rond, & n a point de vive-arête. On marque enfuite la longueur par un coup de la quarre d’une lime, après quoi on la trempe, & on donne le recuit couleur de cuivre rouge à la pointe environ l’efpace de deux lignes de longueur, & tout le relie bleu, ou tout au moins violet ; après cela on leur fait la pointe fur la poliffoire avec de l'émeri ; on fait la pointe bien aiguë , mais plus forte que celle d’une Lancette.
- Pour faire les Epingles avec une tête , on prend du fil d’acier de la groflèur de la tête qu’on veut lui former ; on ferre le fil dans un étau à main, au raz de l’endroit au l’on veut entailler la tête ; on tourne le côté de la lime qui n’eft pas taillé, du côté de l’étau , & l’on amincit ainfi l’Aiguille fur un bois à limer, de même que fi on vouloit faire un clou. On fait la pointe ainfi que nous l’avons expliqué pour celle qui n’a pas de tête ; & la derniere chofè qu’on fait, c’eft de former la tête en féparant l’Epingle du fil avec la quarre d’une lime demi-ronde fur la ligne x, Fig. 50.
- '* La longueur des Epingles varie depuis-15 lignes jufquà 18. On fait auffî de ces Epingles en argent & en or, pour éviter la rouille. Celles d’or font préférables; mais par rapport à la bonté des pointes, celles d’acier valent mieux ; cependant j’en fais d’or qui opèrent bien. Tout le fecret confifte à bien écrouir le métal à petits coups de marteau fur un tas bien uni, enfuite à faire les pointes & le corps avec les limes, de la maniéré que nous l’avons enfeigné pour celles d’acier ; & pour la fineflè des pointes, il faut les palier fur les pierres à Lancettes.
- On fait aulîi des Epingles dont le corps eft d’or (*) Sc la pointe d’acier ; pour cet effet on prend un fil d’or, on fend le bout en fourchette de 3 lignes de profondeur , & on foude une pointe d’acier au bout de la longueur de 4 lignes feulement, après quoi on finit cette Epingle comme fi elle n’étoit que d’un fèul
- (*) J’obferve quelorfque je fais des Epingles d’or pour l’opération du Bec-de-lievre, je prends For pur, & je l’allie, non avec le cuivre, mais avec l’argent. Je préféré les Ducats de Hollande ; cependant fi on vouloit fe procurer de l’or pur, fi’en pouvant point avoir d’ailleurs, il faut fe fervir de celui qu’on a, le forger & le faire venir
- très-mince, même comme une feuille de papier enfuite le jetter dans un pot où l’on a mis de bonne eau-forte ; le lendemain on retirera Por percé de quantité de petits trous ; or, c’eft l’eau-forte qui rongeant le cuivre, laifife les places vui-des s alors on aura de l’or épure du cuivre.
- métal ;
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- Seconde Partie. Se ci. IChap. XXX Vï* zjf
- métal ; Cependant il faut un peu écrouir for, mais légèrement fur la foudure, 8c l'on trempe le dard d’acier, on lui donne le recuit couleur de cuivre rouge , & on fait la pointe à la poliflbire, comme nous l’avons indiqué pour les Epingles d’acier. La Figure y1 fait voir une Epingle à tête, mais dont la pointe ne vaut rien ; la forme du grain d’avoine eft préférable, comme la Figure 48.
- La Figure y 2 reprélente l’Epingle à deux têtes pour le Bec-de-lievre ; c’eft un bout d’acier bien poli, 8c dont les deux bouts font bien arrondis & olivaires.
- Elle eft ordinairement d’argent ou d’or: elle eft de l’invention de M. Petit -, fon intention étoit de fixer cette Aiguille après la réunion des chairs, fans que le tranchant des Epingles pût couper les chairs ; mais quand elle ne pouvoir pas entrer, il y obvioit en mettant un bout dans une Aiguille à lardoire, comme 1© repréfente la Fig. 54. Elle n’a qu’un tranchant dans là partie concave^; le bout T eft double, & repréfente exactement une lardoire. Pour faire cette Aiguille on forge une bande d’acier , on la plie par le milieu ; enfùite on foude la partie y jufqu’à £, fur les principes donnés pour les reflbrts doubles, Chap. XXII,
- Art. IL Après l’avoir forgée, on ouvre la partie double T : on creufè le dedans ; des deux branches en gouttière ; enfuite on la reflerre & on finit l’Aiguille comme toute autre , en la limant & en lui donnant la trempe 8c le poli.
- La Figure 53 repréfente une Epingle à tête olivaire , tout le corps eft cylindrique , & la pointe un peu applatie & à deux tranchants de la longueur de 3 lignes. Jadis on ne fe fervoit point d’Epingles pour l’opération du Bec-de~lievre ; on faifoit la réunion des chairs par le moyen d’une Pince repréfentée par la Fig. jy. Cet inftrument fe fait fur les principes d’une Pince à difîequer, ou comme F Aiguille à lardoire, Fig. 54; il fait reflbrt par lui-même; on pinçoit les bords des levres de la plaie ; on faifoit monter la bride X9 8c l’on n’ôtoit l’inftrument qu après qu’on jugeoit que la réunion étoit faite ; mais la forte preflîon de l’inftrument fur les bords de la partie inférieure, la faifoit fouvent venir en fiippura-* don. Cet accident a fait renoncer à cette méthode décrite encore dans Dionis;
- Àrtîcle Septième*
- Des Porte-Aiguilles & Porte-Epingles*
- Pour l’opération du Bec-de-lievre, les uns veulent les Epingles avec Une tête,
- Sc les autres les veulent fans tête ; or, ceux qui les préfèrent à tête, ont en Planche Vue de pouvoir s’en fervir fans un inftrument auxiliaire, qui eft un Porté-Epingles, qui a été imaginé pour porter l’Epingle fins tête ; cependant cette derniere eft préférable, parce que lôrfque la réunion eft faite, on retire l’Epingle : c’eft par la pointe qu’on la prend pouiila faire fortir par le talon ; au lieu qu’avec * celle à tête, il faut la prendre par la tête même, & la faire fortir par la pointe.
- On conçoit aifément que les tranchants en fortant du trou , font dan^s le cas d’y Coutelier. IL Part. SeB. L A 4
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- *78 L'ART DU COUTELIER.
- faire une Coupure, qui, quelque petite quelle foit, nuit & retarde laguêrifon ; c’eft la raifbn pourquoi Ton doit préférer la pointe faite en grain d’avoine, Fig. 48,
- La Figure y 6 repréfente un Porte-Epingles. Cet inftrument eft compofé de quatre pièces, d’une branche mâle, d’une femelle, d’une bride ou anneau , & d’une platine au bout. La Figure 57 fait voir la- branche mâle qui s’ajufte par une charnière r à la branche femelle, Fig. 58. Cette même Figure fait voir une gouttière faite à coups de cifelets enn, dans laquelle fe loge l’Epingle; de forte quenfaifent gliifer la bride a , Fig. $6, jufquen £, les deux branches ferrent l’Epingle, & la contiennent au point de pouvoir la faire entrer dans les chairs fens qu’elle puiffe branler de place ; la platine eft faite d’un morceau d’acier ou d’argent, du diamètre de 8 lignes & de 2 ou 3 lignes d’épaiffeur : elle eft percée de plufieurs petits trous avec une pointe à contre-marquer feulement ; enfin elle doit faire l’office d’un dez à coudre, afin de pouvoir pouffer un peu l’Epingle, dans le cas où elle ne feroit pas affez enfoncée après qu’on a lâché la bride. Cette platine fe monte à vis au bout R, Fig. 58 : on fait traverfer le bout, & on l’arrête par une petite rivure ; mais avant de la fixer, on fait entrer la bride Fig. y 9 , en fa place a.
- La Figure 60 repréfente auffi un Porte-Aiguilles ou Porte-Epingles, imaginé par M. Petit. Il eft compofé de deux pièces vues féparément, Fig. 61 <£r 62., La première eft un anneau allongé, for lequel eft jointe par un clou la figure 62 vue de côté. Cet inftrument eft d’argent; tout l’ouvrage confifte à ployer for un mandrin rond, une bande d’argent de 15 à 16 lignes de longueur, & de 9 lignes de largeur ; bien rapprocher les bords & les fonder à la poêle. Voyez le Chapitre XIX, des Soudures. Entaillez enfoite la partie d pour former une platine qui fera ajuftée à plat, & clouée for la partie g de l’anneau Fig. 61. Le bout i de la figure 62, doit être fermé 5 pour cet effet il faut rapporter un bout de fil d’argent de la groffeur jufte au trou, & le fouder : il eft bon de le laiffer un peu long, pour qu’il puiffe atteindre à la ligne h. L’intention de l’Auteur a été de faire une elpece de dez qui puiffe contenir l’Aiguille dans le trou bien à l’aife > de pour qu’on puiffe la faire entrer en pouffent ; mais il faut que l’anneau M foit tenu par le doigt du milieu , & que le doigt index le croife de foit appuyé for le côté N. On conçoit aifément que les deux pièces doivent être lâches : il ne faut donc pas ferrer le clou, mais lui laiffer du jeu.
- La Figure 63 repréfente auffi un Porte-Aiguilles imaginé par M. Leyret, pour porter les grandes Aiguilles, c eft-à-dire, depuis le nQ. 1 jufqu’au n°. y. Il eft d’acier, & fe fait for les principes de l’Aiguille à lardoire ou du reffort doubler C’eft une lame d’acier de 6 pouces de longueur, qu’on plie en deux par le milieu ; après quoi on donne une petite chaude au bout pour former la queue laquelle on entaille à la lime pour y rapporter une mitre. Voyez Z, Fig. Cette même Figure fait voir une gouttière intérieurement faite au cifelet depuis p jufqu’en q, laquelle fort à embraffer la tête de l’Aiguille, tandis que l’autre
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- branche porte un tenon en y, Fig. 63, qui entre & garnit le trou de l’Aiguille ; on poulie enfoite l’anneau ou bride u , pour contenir le tout : mais pour palier le fil dans le trou de l’Aiguille, il faut féparer le Porte-Aiguille quand l’Aiguille a traverfé la plaie dont on fait la future , & que l’on a au moins un pouce de pointe dehors.
- Un étui d’Aiguilles eft compofé de 24 : on en met plus de petites que de grandes , parce quelles font plus rifquables à fo cafîer étant plus minces ; or, chaque Aiguille fe vend y fols. Les Epingles pour le Bec-de-lievre font du même prix en acier ; mais en argent à tête , 1 liv. 4 fols, fans tête 15 fols. En or celles à tête, xy liv. & fans tête ,12 liv. le tout à dard d’acier; mais n’ayant pas le dard d’acier, 9 liv. fans tête , & 12 liv. avec la tête. Les Porte-Aiguilles en acier ? 6 liv. piece ; le fort Scalpel pour l’ouverture des cadavres, 3 livres ; le Vuide-cerveau & le Levier des pariétaux, 3 liv. la piece.
- CHAPITRE TRENTE-SEPTIEME.
- De VEtui portatif, appelle Etui à la Garengeot, qui contient les Inflruments nécejfaires aux Panfements.
- Les Inflruments qui compofent l’Etui portatif, & que le Chirurgien doit avoir toujours fur lui, font ceux qui font elfontieilement nécelîàires pour panfer les plaies. Ils font au nombre de dix-fopt, & fo multiplient jufqu’au nombre de vingt-quatre, par rapport à leurs différentes formes, courbures & configura* lions ; ce que nous allons examiner.
- Article Premier;
- Des Cifeaux a incifion , droits & courbes.
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- La Figure 1 repréfente les Cifoaux à incifion droits : ordinairement on fait les branches & les anneaux d’argent pour pouvoir les maintenir plus propres ; mais Planche les lames doivent être faites avec de l’acier fin. Le Chapitre XXV inftruit allez de la maniéré de faire des Cifeaux : il doit nous fuffire ici de faire mention des qualités qui conviennent aux lames des Cifoaux propres à faire des opérations for le corps humain.
- Les tranchants des lames doivent être parfaitement égaux en dureté , Sc doivent être plus fins que les tranchants des Cifeaux ordinaires, c’eft-à-dire, qu’il n’y faut point d’autre bifoau que celui que la pierre du Levant lui peut faire pour emporter le morfil, afin que les tranchants coupent vivement , nettement & fans hacher. La longueur des lames doit être de 2
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- pouces depuis a jufqu’en A, un pouce d'écufïon depuis A juiqu’en b, t$ lignes de branches de b en B, & un pouce de longueur d’anneau ; cela fait en tout 5 pouces un quart. Les pointes a doivent être moufles ; cependant il y a des Chirurgiens qui veulent un côté pointu, & un petit bouton de l’autre côté ; alors on fait un bouton du côté du dos avec la lime , tel que le repréfente en e la Figure 2.
- Cette derniere Figure repréfente les Cifeaux àincifion demi-courbes. Quelques Chirurgiens prétendent qu’ils font inutiles, & d’autres prétendent qu’ils font plus commodes pour glifler dans la cannelure de la Sonde. Au relie, les Cifeaux courbes doivent être faits fur les mêmes principes des Cifeaux droits ; car ils ne doivent différer que par la courbure donnée fur le côté aux lames.
- Article Second,
- _ 'N.
- Des Pinces à Panfement,
- La Figure 5 reprélente les Pinces à anneaux , pour lever l’emplâtre de deflu$ une plaie: elles fervent encore à pincer 8c extraire les petits os ou fquilles du fond des plaies ; pour cet effet on fait de petites dents au bout E avec la quarre d’une lime douce & à tiers-point. Ces Pinces portent, comme les Cifeaux, 5 pouces un quart de longueur ; mais elles n’ont que 2 pouces de/’jufqu’en E, Cet inftru-ment eft compofé de deux branches, l’une mâle & l’autre femelle , ajuftées à jonction pafjee> & fixées par un axe g ; tout le corps de ces Pinces doit être arrondi. Pour faire les jonélions paffées, il faut confulter le Chapitre XXVIII.
- La Figure 4 repréfente les Pinces à reffort, dont on fe fer voit avant l’inven-* x tion des Pinces à anneaux ; le bout G fe termine comme celui des précédentes : elles font aufli faites à jonéiion paffée ; mais au lieu de deux anneaux, les deux bouts fe terminent en une double Pince femblable à celle dont on fe fert pour arracher un poil, & l’une des deux branches porte un reflort de renvoi. Voyez; ce reflort en i, fixé par le moyen d’un clou à la branche h.
- On fait très-peu d’ufage de cet inftrument, parce que fi on veut ferrer que b* que chofe par le bout G, les Pinces tournent entre les doigts, 8c le reflort fait lâcher prife, ce qui n’arrive pas avec les Pinces à anneaux, parce qu’on les tient avec le pouce dans un anneau, & le doigt du milieu ou l’index dans l’autre.
- La Figure 5 repréfente aufli d’anciennes Pinces à panfement. Elles font reflort par la feule élafticité des branches : elles pincent par le bout j, & l’autre * bout fe termine en une feuille de myrte. Pour faire ces Pinces, on prend une lame d’acier qu’on ployé en deux comme pour faire un reflort double ; on donne enfùite une chaude pour fouder le bout feulement qui doit faire la feuille de myrte dont nous allons voir l’ufage ci-après.
- Article
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- Article Troisième.
- £)<? Az Lancette à abfcès, <& Æs Bijlouris , le droit, le côiirbé & le cohvèxéi
- L a Figure 6 repréfènte la Lancette avec laquelle on ouvre un petit abfcès*
- Elle ne différé qu’en grandeur de la Lancette ordinaire. Voy. le Chap. XXXV>
- • On doit regarder le Biftouri comme un des premiers inftruments de Chirurgie , tant par Ton ancienneté que parce qu'un Chirurgien adroit peut faire quantité Planche d'opérations* avec cet infiniment; auffi il n'y en a pas auquel on ait donné tant de differentes formes, comme nous aurons lieu de l'examiner.
- La première forme & la plus ancienne, c'eft le Biftouri droit) repréfenté par la Fig. j. La fécondé eft le courbe, Fig. 8, & dont le tranchant eft dans fà concavité ; & la troifieme eft le convexe, Fig. 9, ainfi appelié parce que le tranchant eft fur la convexité. Il s'en fait de plufieurs grandeurs , c’eft-à-dire, appropriés aux opérations pour lefquelles on les deftine ; mais ces trois font partie de l'étui portatif, & font fixés à % pouces de longueur de lance , non compris le talon * qui eft d'environ 7 ou 8 lignes ; la largeur de la lame eft de 5 lignes dans fon plus large : elle va en diminuant jufqu'à la pointe ; fon épaiffeur eft à l'endroit K, Fig. 10, d' une ligne & demie, & va en aminciflant jufqu'à la pointe.
- On forge le Biftouri fur les mêmes principes du Scalpel à dos, Chap. XXXVI) on réferve une queue au bout du talon , repréfentée par ZZ, Fig. 10 Sc Fig. 11, laquelle fert à le fixer fur un faux-manche, pour l'émoudre & le polir, de même que nous avons expliqué pour la Lancette. Entre la queue & le talon on réferve unè lentille vue fur tous les fens en 772, Fig. 10, il & 11.
- Le Biftouri exige tous les foins poffibles pour le faire bon ; il doit être fait d'acier pur, & du plus fin : le recuit à la couleur de paille lui conviendroit pour la bonté de fon tranchant ; mais il faut lui donner abfblument la couleur d'or , par la raifton que la pointe, qui doit toujours labourer fur la gouttière de la fonde, eft fujette à cafter , ce qui peut caufer de très-mauvais effets dans une plaie ; c'eft pourquoi il faut fàcrifier un peu de l'extrême vivacité du tranchant , pour lui donner plus de folidité ; & d’ailleurs un Chirurgien ne doit jamais faire plus d’une opération fans le paffer au moins fur la pierre.
- Son tranchant doit être fait fur les principes du Râfbir, Ckâp. XXVlI; il doit plier fur l'ongle : on l'affile fur les principes du Canif, Chap. XVII, mais fur les pierres des Lancettes : on lie lui fait qu'un très-petit bifeau flir la pierre, afin de lui conferver le tranchant le plus fin qu'il eft poflible.
- On fait la châffe du Biftouri fur un modèle, & de la même maniéré qu'il eft indiqué pour la Lancette ; la monture s’exécute auffi de même, excepté que le Biftouri eft monté par deux clous, l'un en M, Fig. 9, qui fixe le bout de la châffe, T autre en N, qui joint la châffe avec la lame ; & quant à l'ouverture de la lame, elle eft fixée par la lentille 0, qui bat fur la châflè*
- Coutelier. II. Part. Secl, Z B 4
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- *82 U ART DU COUTELIER.
- Quelques Chirurgiens préfèrent le Biftouri fixé par un relTort, 8c cela n’eft pas condamnable, mais cependant fujet à inconvénient; car il eft elfentiel que le tranchant foit très-fin: or, plus il eft fin, plus il eft fujet à s’émoufler ou à s’ébrécher ; & il faut une attention particulière à chaque fois quon ferme un Biftouri à reflbrt, afin qu’il ne fo gâte pas. Cependant il y a un moyen de l’en garantir, mais ce moyen n’y fupplée encore que par des précautions, qui font de fermer la lame avec légéreté, en l’accompagnant dans fa café fans laifler agir l’élafticité du reflbrt.
- ' La Figure 13 fait voir tout ce que je pourrois dire à ce fojet. Elle repréfonte un Biftouri à reflbrt, duquel eft ôté un des côtés du manche, afin de faire voir l’intérieur. Le reflbrt, très-liant & très-foible, eft repréfonté par les lignes ponctuées : il n’eft fixé que par un clou au milieu p ; le bout d’en-bas porte for un entre-deux q, lequel eft fait de bois tendre : il eft arrêté par deux clous, 8c non-feulement il fort à fixer le reflbrt, mais encore il fort de battement au tranchant de la lame, & l’empêche de toucher le reflbrt ; ce n’eft pas encore tout, il faut aufli éviter que le tranchant ne repofo ftir le bois, & réforver un bon men-tonnet for le devant du talon de la lame, tel qu’on le voit en o ; de plus on fait le manche plus long que la lame au moins de toute la forme du rouleau q ; la Figure 14 le fait voir fermé, 8c repréfonte en même temps comment fo place le mentonnet r, au dedans du manche.
- ^ Article Quatrième.
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- Des Sondes creufes, des Feuilles de myrte, & des Spatules.
- Dans la plus grande partie des opérations, la pointe du Biftouri exige urt préforvatif 8c un conduéleur qui le dirige avec sûreté au gré de l’Opérateur ; or, c’eft la Sonde creufe qui remplit toutes ces intentions. On fait ces Sondes en argent ou en acier. La Figure iy repréfonte cet inftrument du côté de la cannelure , qui eft une gouttière faite depuis P jufqu’en Q avec une lime à tiers-point ; & la Figure 16 fait voir la Sonde en deflbus, qui eft toute arrondie : on voit que le bout P eft fermé ; cela eft eflentiel pour arrêter la pointe du Biftouri ; de forte qu’après qu’on a cannelé la Sonde tout le long avec le même tiers-point dont on a fait la gouttière, on donne un trait de lime au bout, comme on voit en R, Fig. 17, qui repréfonte deux moitiés de dents de foie: on les approche Tune contre l’autre ; on les fortit bien avec un petit marteau ; après cela on arrondit tout le corps de la Sonde, & on fait terminer l’extrémité en un bout qui a la forme d’une olive. La partie Q S eft une platine deftinée à tenir la Sonde pendant l’opération ; mais lorfqu’elle eft faite ainfi, elle fort principalement à l’opération de couper le filet de la langue.
- La Figure 18 repréfente aufli une Sonde creufo comme la précédente, mais
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- dont la platine n’eft point deftinée à couper le filet. Elle repréfente une Feuille de myrte depuis t jufqu’en u. Cette Figure fait voir l’inftrument du côté de la cannelure, qui eft auffi le côté plat de la Feuille de myrte ; & la Figure 19 fait voir la vive-arête Sc la rondeur du deflous de la gouttière ; de plus , la Figure 20 repréfente l’épailfeur de tout l’inftrument de l’une à l’autre de fes extrémités.
- Lulàge de la Feuille de myrte, efl d’ôter les onguens qui relient fur les bords des plaies après avoir enlevé les emplâtres ; pour cet effet les côtés doivent être à tranchant, mais très-obtus Sc moufles, afin qu’ils ne puiffent ni couper ni écorcher.
- La Figure 21 fait voir une Spatule en feuille de myrte du côté de la vive-arête ; & la Figure 22 la repréfente en deflous, & fait voir comme le bout x eft taillé avec des dents en forme de lime pour fervir d'élévatoire, dans le deffein de pouvoir, avec Ion fecours , extraire des corps étrangers, comme,par exemple , lorfqu’il faut ôter le pois du trou d’un cautere , ou autres chofes à-peu-près femblables.
- La Figure 23 repréfente la Spatule qui fert à étendre les cataplalmes ou les onguens ; Sc la Figure 24 fait voir l’inUrument du côté des dents pour fervir d’élévatoire.
- La Figure 2y reprélente la Sonde creufe à cuiller, c’efl-à-dire , que depiîis y jufqu’en j c’efl une Sonde creule, & la partie T eft une cuiller. Cet infiniment fert à s’aflurer, par l’inlpeélion du pus, fi l’abfeès eft prêt à être ouvert; Pour s’en convaincre, on fait une petite ouverture avec la Lancette à abfcès, de façon à pouvoir y introduire le bout de la Sonde y de la longueur de 7 ou 8 lignes feulement; alors on fait pencher le bout de la cuiller, le pus coule le long de la gouttière jufques dans la cuiller ç T y Sc c’eft-là qu’on examine là nature.
- On fait tous ces inftruments en acier ; mais la rouille qui perd Sc détruit ce métal, a engagé plufieurs Chirurgiens à les faire d’argent. Je me reprocherois d’omettre une réflexion à ce liijet. La loi exige de faire contrôler toutes les pièces d’argent ; cependant eu égard aux inftruments de Chirurgie, cette loi eft contraire à l’humanité, en ce que les onguens le logent dans les creux des marques, Sc peuvent produire de grands dommages aux plaies, parce qu’il n’eft prelque pas polfible d’efluyer bien exactement le fond d’une marque qui fera remplie par quelque onguent ; ceci eft d’autant plus eflentiel, que le Chirurgien panfe différents genres de maladies, dans le détail delquelles nous ferons dilpenfés d’entrer : ce que nous avons dit fuffit pour faire avouer qu’il peut en rélulter de grands inconvénients, & qui fouvent feront inconnus de ceüx qui ont le malheur d’en devenir les victimes.
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- a84 VA RT DU COUTELIER.
- Article Cinquième.
- Des Sondes pleines, <§ des Stylets,
- s Le Chirurgien cherche les moyens de connoître la nature des plaies, & pour s’aflùrer de leur profondeur, il fo fert d’une Sonde repréfentée par la Figure n6, appellée Sonde brifée, parce quelle le brile dans le milieu X, & fe démonte à vis pour la réduire à moitié , comme le fait voir la Figure 27, en y : elle a ordinairement 12 pouces de longueur ; le bout ZZeliun bouton de la forme d’une olive, qui fert à fonder ; l’autre bout 11 eft applati ou ouvert en œil ou en fenêtre ( c’eft le nom qu’on donne à cette elpece d’ouverture ), afin d’y pouvoir palier un féton ou une meche. Le bout fenitré eft un peu applati, mais fins angle vif : tout le refte de la Sonde eft rond.
- La Figure 28 repréfente aulîi une Sonde, mais plus petite de moitié : elle fert à fonder les finus ; au bout n , eft une lentille applatie foudée fur le bout.
- La Figure 29 repréfente le Stylet à panaris & à deux fins : il eft olivaire par un bout qui fert de petite Sonde, & l’autre bout H H eft cannelé pour faire l’office de la Sonde creufe. La Figure 30 repréfente un Stylet, pour fuppléer à la Sonde brifée Fig. 27 : il eft boutonné ou olivaire par un bout, & il eft fenêtre par l’autre ; mais il ne fe brife point. Pour fuppléer encore à toutes les Sondes & aux Stylets, on a un fil d’argent de la groileur d’une aiguille à tricoter, de 1 y ou 18 pouces de longueur : il eft olivaire par un bout ( voyez la Fig. 31 ) , & roulé for lui-même de l’autre bout, pour pouvoir le placer dans l’étui ; or, ce dernier , ainfi que celui défigné par la Figure 28, doit être fait avec de l’argent fin, bien recuit & mol, parce qu’avec ce métal on peut lui faire prendre les formes & les configurations des plaies , des trous, des finus qui font fouvent en zig-zag.
- La Figure 32 repréfente la Sonde de poitrine: elle eft creufo & cylindrique dans tout fon corps : on met dans cette Sonde un Stylet qui fert à déboucher ou à débarrafîer quelque gravier qui demeure à l’ouverture ou à l’œil de la Sonde,' & ferme le paflàge des eaux ; le bout r eft olivaire & un peu courbé de toute la longueur de l’œil ou fenêtre ; f eft l’autre bout fait en trompette , par où forteriç les eaux pour tomber dans un baflin : u eft l’anneau du Stylet, qui donne la facilité de le prendre ; R eft un anneau foudé fur la Sonde, qui fert à tenir l’inftrument tant pour l’introduélion que pour la fortie. La Figure 33 repréfente la Sonde fins le Stylet; & la Figure 34 repréfente le Stylet. On trouvera la maniéré de faire cet inftrument au Chapitre XLVI, dans lequel nous avons traité des Sondes ou Algalies.
- Les Figures 3 y & 3 6 9 repréfontent la Sonde à fiftule à l’anus : elle doit avoir un pied de longueur, & 2 lignes de largeur; fon épaiffeur eft de 3 quarts de ligne dans toute fi longueur ; fi forme eft un peu ovale, c’eft-à-dire, que fon épaiifeur
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- Secondé Parti ê. Seci. L Chàp. XXXDÏÎ. eft dans le milieu & en amincifiant fur les bords, lefquels doivent être très-obtus : elle eft en pointe par les deux bouts ; mais l’un d’eux eft fenêtré , ce qui la fait appeller par plufieurs Aiguille, à quoi elle reffemble par letroufeule» ment ; à la différence encore que le trou d’une Aiguille eft de la forme d’un 'quarré long, au lieu que celui de cette Sonde doit être un œil.
- La matière de cette Sonde , qui eft toujours d’argent, doit être fans alliage ; on l’introduit dans le trou fiftuleux, Sc Ton fait fortir la pointe par l’anus ; alors on eft obligé de lui faire faire une anfe, ce qu’on répété plufieurs fois dans l’opération ; par conféquent fi la matière eft aigre, la Sonde caftera. La Figure 35 la repréfente pliée pour la mettre dans l’étui ; c’eft auffi à-peu-près la forme qu’elle doit avoir dans l’opération. La Figure 37 repréfente un petit Rafoir d’étui t il eft deftiné à rafer les plaies à la tête, &c. Il ne différé du Raübir ordinaire que par fa grandeur : 3 pouces & demi de lame doit lùffire.
- Article Sixième»
- Du Porte - Pierre infernale.
- La Figure 38 eft proprement l’étui du Porte-pierre, 8c de la pierre même; il eft brifé en trois parties i de a en b , de b en c & de c en d ; cette derniere partie eft le magafin des pierres. Ces trois pièces fe montent enfemble par les vis 7 & 8 : on voit le développement de ces trois pièces dans les Figures 39,40 8c 4 r* On voit dans celle 39, une efpece de porte-crayon qui tient la pierre dans Ion extrémité fupérieure , ferrée par l’anneau i. La piece que repréfente la Figure 40, fe viffe fur 8 , Fig. 39 : elle cache & enveloppe le porte-crayon E F ; & la Figure 41 fait voir la piece 9 , qui fe viffe fur 7, Fig. 39.
- On fait de ces étuis en bois d’ébene ; & J’ai remarqué qu’aucun autre bois ne peut réfifter à la pierre imprégnée d’efprit de vitriol : l’ivoire eft ce qui eft le plutôt rongé; mais quoique l’on faffe l’étui du Porte-pierre en toute autre matière, il faut toujours que le Porte-pierre loit d’argent.
- Pour faire cet inftrument, il faut prendre une platine d’argent ou forgé ou ’ laminé à l’épaiffeur de trois quarts de ligne, de 2 pouces de longueur & de 15J lignes de largeur : cette piece fait l’étui Fig. 40 ; une autre platine de lemblablé épaiffeur & largeur, mais de 13 ou 14 lignes de longueur, fert à faire la partie y deftinée à porter le Porte-pierre ; & enfin une autre platine de femblable épaiffeur & largeur aux deux précédentes , mais de 6 à 7 lignes de longueur $ eft deftinée à faire l’étui du magafin , Fig. 41.
- Il faut être muni d’un mandrin de 3 lignes & demie de diametie arrondi au tour, fur lequel on ployé les trois platines ; on rapproche bien les bords; on les foude : ( voyez ce que j’ai dit fur les Soudures, Chap. XVIII) ; enfuite on les mandrine : on fait deux viroles pour faire la partie des vis 7 & 8 , Fig. 39 ; on les foude fur la partie 5 ; on rapporte enfuite un fond en 9 & 10, Fig. 40 & 41» Coutelier. IL Part. Seci. L C 4
- Planche 8 6.
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- a?6 L’ART DU COUTELIER.
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- Il faut avoir un mandrin de tour en l’air , repréfenté par la figure y , PL 48 9 fur lequel on met chaque piece Tune après l’autre pour les tourner Sc faire les vis. Ce mandrin efl décrit avec le tour & ce qui en dépend , au Chapitre XXXIV ; il faut le confulter pour la maniéré de mettre fur tour Sc de tourner.
- Pour donner plus' de prife au mandrin, on le frotte un peu avec du blanc «fEfpagne en dedans du trou, & fur-tout lorfqu’on veut tourner des pièces minces Sc creufes. C’eft un outil très-bien imaginé , en ce qu’il ferre des pièces creufes Sc de différents calibres depuis 2 lignes plus ou moins ; de forte qu’un feul de ces mandrins peut tourner l’étui du Porte-pierre, celui du Pharingotome, celui du Kyftitome, celui de la Seringue, & autres inftruments à peu-près fem-blables, que nous verrons en leur place.
- AP rès qu’on a fait les vis fur les principes qu'indique l’Art du Tourneur, Chap. XXXIV, on tourne tout le corps de l’inftrument fur le même mandrin , en l’avançant Sc le reculant dans le trou fèlon les fîtuations qu’il convient de lui donner ; & après qu’il eft tourné, on le polit également au tour avec de la pierre-ponce broyée, délayée à l'huile Sc appliquée fur un morceau de chapeau ou d’étoffe, avec lequel on embrafîe la piece : il fe polit ainfi très-bien Sc diligemment. Suppofons maintenant l’étui fini.
- Pour faire le Porte-pierre EF9 Fig. 39 , il faut prendre une platine d’argent de 2 pouces de longueur, de 7 lignes de largeur^ Sc de trois quarts de ligne d’épaiffeur ; on la roule fur un mandrin rond, on la lie & on la fonde, enfuite on pofe fur le mandrin ce tuyau ; après cela on le fonde de 3 ou 4 lignes de longueur dans la partie 8 , Fig. 39 : il faut encore la remettre une fécondé fois fur le mandrin pour l’écrouir un peu, à caufe de l’élafticité dont cet inftrument a befoin ; on fait enfuite la bride, qui n’eft autre chofe qu’une virole : elle doit entrer gaiment fur le tuyau ; on adoucit & l’on polit le tuyau Sc la virole. La derniere chofe qu’on fait au Porte-pierre, c’eft de le fendre en deux avec une très-petite fcie, dont le feuillet eft fait d’un morceau de reflort de montre , qui a des dents très-fines, Sc on continue le trait jufqu’erf F, après quoi on le fait un /peu bomber en E fur une bigorne, avec un maillet de bois.
- Ce que j’ai dit de la maniéré de faire le Porte-pierre, fervira à plufieurs autres inftruments de forme à peu-près femblable ; & à mefure que nous en ferons la defcription, nous renverrons le Leéleur à ce Chapitre, pour y prendre les connoiffances néceflàires.
- Le Porte pierre , dont l’étui eft fait en bois d’ébene, ne différé de celui qui eft tout d’argent, que par la maniéré* de fixer le Porte-pierre fur l’étui ; dans ce cas le Tourneur fait l’étui femblable à la defcription que nous venons de donner , à cela près qu’il faut que la partie y , Fig. 39 , foit plus courte de moitié , & qu’au bout de la vis 7, il réferve un bout plein ; avec cela on aura bientôt achevé cet inftrument. On n’a qu’à faire le Porte-pierre E F, comme nous venons de le dire, & introduire le bout de lebene > pondtué 12, dans le bout du Porte-pierre,
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- Secondé Partie; Seat. /. Chap. XXX'PIÏL î&f de façon qu’il y entre un peu à force ; après cela il faudra mettre une goupillé gui traverfe l’argent & l’ébene dans leur milieu, comme la ligne 13 : on aura un Porte-pierre folide, & beaucoup moins coûteux ; car ce dernier ne coûtera quê 4 liv. au lieu de 10 qu’on eft obligé de vendre celui qui eft fait tout d’argent.
- Les inftruments qui font décrits dans ce Chapitre, compofent, comme nous l’avons dit, l’étui d inftruments pour les panfements des plaies ; on l’appelle com* munément Etui portatif, ou Etui a la Garangeot.
- On place tous ces inftruments dans un étui fait en façon d’étui à Rafoir, notais applati & fermant des deux bouts, c’eftà-dire, un étui à deux couvercles. Lorft qu’on fait faire les inftruments d’argent, on fait faire l’étui en rouffette verte, appellé aufîî en galuchat ; or un tel étui garni d’inftruments, eft du prix de cinq louis d’of.
- Il y a encore une efpece d’étui qui eft fait autrement que le précédent : on l’appelle Troujfe a la Garengeot. Il eft fait en façon de portefeuille fermant avec un refforc; le corps de l’étui eft de maroquin doré ; l’intérieur eft garni de toutes les places convenables pour placer les inftruments, qui ne fe touchent point, excepté les Sondes <&les Stylées. Le prix de ce dernier eft aufti de 120 It
- CHAPITRE TRENTE-HUITIEME.
- Des Injlruments des Chirurgiens - Dentijles,
- Av a n T d’entrer dans les grandes opérations de Chirurgie * nous allons traitéf des Inftruments fervant aux maladies de la bouche, c’eft à-dire, ceux dont on fe fert pour nétoyer les dents, & de ceux qui font propres à les tirer.
- Les maladies de la bouche , à l’égard des dents , fembient exiger du Chirur^ gien une étude particulière & des travaux différents, auffi quelques-uns s’adonnent-ils entièrement à cet Art, & on nomme ceux-ci Chirurgiens^Dentijles.
- L’extraélion des dents a cela de commun avec beaucoup d’autres opérations de Chirurgie, d’être fufceptible de différentes méthodes. Chaque Dentlfte s’eft fait une méthode particulière ; 8c plufieurs ont enrichi leur Art par l’invention de quelques inftruments que tous les jours on corrige, pour tâcher de les porter à leur point de perfeétion. Nous décrirons ces inftruments ; & pour éviter la confufion, nous ferons autant d’Articles qu’il y a de méthodes ; cependant en nous en tenant à celles qui font les plus généralement reçues : car nous irions trop loin fi nous rendions compte de tous les changements & de toutes les correct tions qu’on y a faites, en les prenant dès l’origine de leur invention*
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- rART DU COUT E L IE R;
- r
- 28S
- Article Premier»
- Des différents lnjlruments fervant h nétoyer les dents,
- Planche
- 87.
- On emploie plufieurs fortes d’inftruments pour nétoyer les dents ; mais nous allons les renfermer dans trois efpeces. La première efpece comprendra ceux qui font fans manche & d’un feul morceau d’acier pur : ils font deftinés à fervir par les deux bouts , comme on le voit Fig, 1 ; le bout A eft terminé en cifeau, & le bout B en burin ; le milieu eft orné d’une petite pomme entre deux poires,
- La Figure 2 eft un femblable infiniment, quant à la tige, mais différent par les bouts ; a eft une rugine dont la tige eft au milieu , mais la rugine eft à tranchant tout autour ; le bout b repréfente un grain d’orge plat d’un côté, 8c à deux bifeaux de l’autre, pour lui faire deux tranchants.
- La fécondé efpece de ces inftruments eft faite avec un manche , pour avoir plus de prife 3c de fermeté à les tenir ; fur un feul manche on monte tous ces inftruments à vis, ainfi qu’ils font repréfentés par les Figures 3,4, y, 6,7,
- 8,9.
- La Figure ro repréfente le Porte-inftrument ; c’eft un morceau d’acier forgé avec une queue d : on fait un trou en c, on le taraude bien , 3c l’on ajufte enfuite tous ces inftruments deflus. Après que le tout eft façonné & poli, on monte ce Porte-inftruments fur un manche d’ivoire , ou d’ébene , ou de nacre, dreffé à 8 pans avec une virole au bout. Voye£ la Fig, 9.
- La Figure 3 repréfente un Cure-dent d’acier ; c’eft une langue de Carpe bien amincie à la lime : on ne la trempe pas, afin quelle ne foitpoint caftante , mais on la bat long-temps à froid pour la bien écrouir ; d’ailleurs elle n’a point de tranchant : toutes les afpérités font émouffées avec la pierre à l’huile.
- La Figure 4 repréfente un grain d’orge droit, pour nétoyer les entre-dents de la mâchoire inférieure : il eft à deux tranchants.
- La Figure y repréfente un Déchaufloir ; c’eft une efpece de Canif, mais courbe , 3c dont le tranchant eft fur la partie concave : il doit être fait fur les principes des Canifs ( Chap. XXI ) , tant pour la trempe que pour l’émouture 8c la fineffe du tranchant.
- La Figure 6 repréfonte une Rugine dont la tige* eft au milieu ; la forme de la tête de la Rugine eft repréfentée par c; du côté des bifeaux elle eft taillée comme un diamant : elle préfonte cinq angles, & par conféquent cinq tranchants.
- La Figure 7 repréfente aufîi une Rugine dont la tige eft au milieu , 8c à trois angles vifs 8c trois tranchants repréfentés par la figure D.
- La Figure 8 repréfente une Rugine quarrée à tige fur le côté, & dont la forme des facettes eft vue par E, laquelle a deux angles 3c trois tranchants.
- La Figure 9 repréfonte une Rugine pointue à tige fur le côté ; la forme eft
- repréfentée
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- Seconde Partie. Se ci. I. Chap. XXX J^lîï. à 89
- reprêfentée par F : elle n’a que deux tranchants. On voit cet infiniment monté for fon manche viffé en L. Ces neuf figures d’inftruments font convenables aux perfonnes qui fo nétoient les dents elles-mêmes.
- La troifieme efpece d’inftrument pour nétoyer les dents, eft reprêfentée par là Figure 11, & elle eft convenable aux Dentiftes ; chacun a fon manche limé à 8 pans & orné d’une virole, autant pour la folidité que pour la propreté. Cette Figure repréfonte un grain d’orge courbé ; c’eft le même repréfenté à plat par là Figure 4 ; au refte les neuf premières figures font toutes néceffaires aux Dentiftes.
- La Figure 12 repréfente umgrain d’orge droit & étroit, divifé en quatre parties ; g g i eft la pointe tranchante des deux côtés ; de g en G c’eft la tige ; dé G en h la mitre faite à la Turque ; & H repréfente la queue de l’inftrument faite pour être montée for un manche. La forme de la tige eft arbitraire ; on la fait quelquefois ronde , & d’autres fois à pans ; c’eft la façon la plus recherchée par les Connoiffours. Le goût de la mitre eft aulïl différent ; on la fait à la Turque, comme en A, ou en pomme ronde, comme en g , Fig. 8 , ou en poire, comme en L K, Fig. 9 : on ne trempe que les têtes qui doivent nétoyer ; mais on ne leur donne point de recuit. Après avoir bien limé les facettes des Rugines, on finit les tranchants avec la pierre du Levant & à l’huile ; cependant quand ils font ufés par un long fervice, on les repafle for la meule ; mais on leur donne les coups de meule bien vivement, & on les finit à la pierre à l’huile.
- gmwito *f»i‘ iiiii.i.»
- PlanChë
- Article Second,
- Des S ondes, des JPorte - coton, des Forte-limes, des Câutetes,
- & des Plomboirs à tufage des Dentiftes•
- La Figure 13 repréfente le Bouton à feu ou Câutere, pour cautériferles dents*
- La Figure 14 repréfonte auffi un Cautere pour une carie profonde & étroite ; mais de plus elle repréfente la forme d’un Plomboir : il en faut ordinairement y ou 6 aux Dentiftes, Tous ont la forme d’un Crochet ; mais les épaiffours font différentes de m en^: il en.faut de ronds, d’ovales & de lofànges applatis, afin de pouvoir fo conformer aux différentes configurations des caries ; car on en voit de toutes les efpeces, c’eft-à-dire, de rondes, de triangulaires & de rondes applaties. Il faut donc que ces inftruments foivent là forme des caries, afin de pouvoir enfoncer le plomb jufqu’au fond du trou, & en remplir tout le vuide.
- La Figure 15 repréfente le Porte-coton : c’eft une forme ronde de figure pyramidale dtp en 0 ; on y fait des dents tout autour avfcc la quarre d’une lime triangulaire , pour empêcher le coton de gliffor: les trois Figures 13 , 14,1 y , n’ont pas befoin d’être trempées.
- La Figure 16 repréfente un Infiniment à deux fins; le bout M fait voir un Déchaufloir à tranchant dans la concavité, & le bout N un Bouton à feu. Coutelier. II. Part. Secl. /, D 4
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- 3?£ANCHE
- &7j.
- âpo L’ART DU COUTELIER.
- La Figure 17 repréfente une Sonde à deux fins, pour fonder la profondeur des caries des dents. Elle doit être d’acier, mais point trempé ; les deux bouts doivent être bien recuits , parce qu’il y a des cas où le Dentifte a befoin de donner une forme particulière aux crochets ; c’eft pour cette raifon que le Coutelier doit faire un crochet courbé en équerre R, 8c l’autre en croiflant q ; le milieu r eft fait en quarré, pour tenir la Sonde quand on veut s’en fervir, 8c tout le relie de la Sonde eft rond 8c va en amincilîant infènfiblement jufqu’aux deux extrémités : autrefois on faifoit une lime au bout d’un infiniment tel que la figure 16 9 à la place du Déchauflbir M; mais ces limes étoient toujours mal taillées par les Couteliers, & même hors d’état de fervir à l’opération de limer les dents ; cependant il n’y a qu’à prendre des limes d’Angleterre faites exprès : on en trouve chez les Marchands de limes; il faut les choifir bien droites & point voilées ; autrement on en cafte beaucoup dans l’opération. Il y en a de quatre efpeces, 10. une qui n’eft point taillée fur les deux faces, mais feulement fur les champs, & dont l’épailfeur eft d’un quart de ligne feulement; 20. une qui eft taillée fur l’une des deux faces 8c fur les deux champs ; 30. une qui eft taillée fiir toutes les quatre faces ; 40. enfin une demi-ronde d’un côté & plate de l’autre. Voy. la Fig. 18. On peut emmancher ces limes fur de petits manches de bois, pour travailler fur les dents incifives & les canines ; mais on ne peut pas s’en fervir pour les molaires. On doit avoir pour celles-ci un porte-limes vu à plat à la figure 20 9 portant une lime, & vu de côté dans tout le coude Fig. 19 ; les deux coudes S 8c T laiflent la facilité de porter la lime jufqu’aux deux dernieres molaires fans gêner le coin de la bouche ni la joue ; la queue de la lime entre dans une café faite dans la tête de i’inftrument, défignée par les lignes ponéluées Q £ , Q £, Fig. 20 : on voit en u, Fig. ip, une vis qui fert à fixer la queue de la lime par la compreffion de la vis/ Tout l’ouvrage de cet infiniment auxiliaire eft dans la tête T, u y V\ on là fait d’environ 7 ou 8 lignes de longueur, & de 4 ou y de largeur fur 3 d’épaifleur ; après avoir forgé I’inftrument d’acier, on fait la café avec une lime à refendre, comme l’indique en t x9 la figure 21 ; le côté t eft plus épais que l’autre, parce qu’il eft deftiné à porter la vis compreffive. Quand la rainure eft faite, il faut fermer l’ouverture du bord feulement ; pour cet effet il faut lui ajufter une piece de deux lignes de largeur , vue par la figure 22 : on la fait entrer un peu à force, enfùite on la brafe fur les inftruétions indiquées au Chapitre XIX : on obferve de laiflèr le trou V à jour, 8c cela parce que quand la queue d’une lime vient à cafter dans la café, on a la facilité de repoufler le morceau avec un ftylet ou une aiguille à tricotter, pour lui fubftituer une autre lime. L’inftrument doit être arrondi par-tout fon corps 8c fur tous les fens ; fon manche eft fait à huit pans, comme le repréfente la figure ip.
- La Figure 23 repréfente une lime triangulaire à grains fins , laquelle s’ajufte aufîi fur le porte-limes. Cette efpece eft convenable pour ufer une dent qui eft pointue ou tranchante, & qui pique la langue, foit en parlant ou en mangeant.
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- Seconde Partie. Se&. L Chap. XXXV1IL apr Article Troisième.
- Des Daviers & des Pinces pour arracher les dents.
- L a Figure r repréfente un Davier ; c eft le plus ancien des inftruments pour === arracher les dents : il eft compofé de deux branches ajuftées à jonélion paflee ; Planches les deux mâchoires a embraflent la dent pour la tirer. 88 ôc p
- Le défaut de cet infiniment eft de cafter les dents creufes, c eft-à-dire, celles dont la carie a rongé l’intérieur de la couronne , parce que les deux mâchoires compriment parallélementla dent, qui, fo trouvant creufo, s’écrafe par la pref lion du Davier ; cependant comme cet infiniment eft un des plus commodes pour faifir la dent affez adroitement, il a éprouvé plufieurs correétions.
- La Figure 2 repréfente les mâchoires telles qu’on les faifoit anciennement ; l’œil X eft trop évafé ; les deux échancrures A n’embraflent que très-peu la dent,
- & la prefient tellement, que fouvent elles la font cafter même fans beaucoup d’efforts. Celui qu’on fait pour la coucher , foffit pour enlever la couronne de la dent, Sc laiftèr la racine dans l’alvéole. On a tenté de corriger ce défaut par le moyen d’une vis, comme le repréfente B ; mais il feroit encore défeétueux*
- Ainfi le Davier le plus convenable eft celui qu’offre la Figure 1 : ici il eft repré-fenté ouvert pour tenir une dent incifive ; mais lorfqu il eft fermé , les pointes des dents a ne font pas parallèles ; la branche fopérieure b doit être plus longue d’une ligne que l’inférieure. Cet infiniment doit être fait d’acier pur : on en fait avec du fer, que l’on trempe en paquet ; mais il ne vaut jamais un d’acier : ainfi cette épargne for le prix ne fait aucun profit à l’Acquéreur.
- Quoique nous ayons montré la maniéré de faire des jonétions paflees au Chapitre XXVIII, néanmoins des particularités du Davier nous obligent à ajouter ici quelques defcriptions de plus qu’il faut lavoir.
- Ayant forgé le Davier en deux parties, une branche femelle, Fig. 3, & une branche mâle, Fig. 4: ( remarquez que la mâchoire de la branche femelle DD, eft toute droite, & que la mâchoire de la branche mâle e e, eft courbée en la fo#rgeant ) ; les foppolànt donc ainfi forgées , il faut limer ces deux branches folon lés inftruélions données pour la Pince ; enfoite on amincit la mâchoire mâlë for le plat, pour faciliter le paflage dans la femelle ; on fait chauffer la femelle pref qu’à blanc : on la forre dans l’étau for la ligne E E, Fig. 3 ; on enfonce à petites fecoufles la queue d’une lime, dont les quarres font arrondies ; lorfque le trou de la femelle eft foffifàmment ouvert pour recevoir le mâle, on remet la femelle au feu pour la chauffer couleur de cerife ; on fait entrer promptement le mâle à froid ; & pour profiter de la chaleur de la femelle, lorfque les deux font en place comme le repréfente la Fig. y, il faut diligemment reflerrer la femelle for le mâle, & cela à petits coups de marteau ; alors l’inftrument prend la forme de la
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- 72(ÿî
- V ART DU COUTE LIÉ R.
- Planches %‘à ôc
- Figure 6 ; & ce n’eft qu’après que la jonétion efl paflee, qu’on courbe la mâchoire femelle ; pour cet effet on fait chauffer les deux enfemble , & lorfqu’ils font couleur de cerife, on les ferre dans Y étau fur la ligne i d, Fig,, 6 : on frappe du marteau avec ménagement fur F, jufqu’à ce que la mâchoire fupérieure ait pris la forme de la ligne ponétuée o o ; après cela on fait recuire le Davier : on fait le trou g > Sc on le lime fur le deflein de la Figure i, PL 88.
- Il y a une choie très-eflentielle à obferver , c’eft d’évuider l’intérieur des mâchoires, comme le repréfente G Gy Fig. y, PL 89 ; cela fe fait avec un cifelet fait en gouge : on fait une gouttière de toute la largeur de la mâchoire , peu profonde ; une demi-ligne fùffit ; après cela on y fait des dents tranfverfales avec la quarre d’une lime triangulaire, & on recherche les dents au fond de la gouttière avec un cifelet fait en burin.
- 5 On fait trois efpeces de Daviers ; mais ils ne different que par la force de toutes leurs pièces. Le plus fort ne doit porter que 3 lignes de largeur de mâchoire , vu en GG 9 Fig. 7 ; le fécond 2 lignes Sc demie, Sc le troifieme environ une ligne Sc demie.
- La Figure 24 repréfente un Davier avec un point ffappui ; c’eft-à-dire, que la mâchoire fùpérieure F9 efl: celle du Davier, & la mâchoire inférieure B, efl: faite en point d’appui du Pélican : c’eft avec lui que l’on fait le point d’appui fur les gencives , tandis que le crochet fait coucher la dent 5 par cette méthode la dent n’étant point comprimée par deux mâchoires parallèles , comme celles du Davier dont nous venons de parler, la dent n’efl pas en rifque de fe caffer ; de plus, cet infiniment ( dont je fuis l’Auteur,) a l’avantage de fervir aux incifives, aux canines, & aux deux premières molaires.
- La Figure 8 repréfente un Davier droit, appellé auffi Pince incijîve , parce qu’il fert à tirer ces dernieres : on le fait fur les mêmes principes du Davier, Sc il n’en différé que par la courbure : on en fait auffi de plufieurs épaiffeurs, fur-tout de petits , qui ne portent qu’une ligne & demie d’épaiffeur de mâchoires, pour arracher de petits chicots à la mâchoire fupérieure.
- La Figure p repréfente la forme des mâchoires d’une Pince incifive, imaginée par M. Foucou.
- La Figure 10 repréfente une Pince en bec-de-corbin, dont la forme efl très-convenable pour arracher les chicots, fur-tout à la mâchoire inférieure ; la forme différé de celle du Davier, en ce que ce dernier efl plié fur le côté , au lieu que la Pince efl pliée fur le plat en équerre ; alors les mâchoires ouvrent parallèlement , & pincent le chicot, fi petit qu’il foit ; pour cet effet on fait toucher les deux dents de l’inftrument l’une contre l’autre , Sc elles vont en aminciflànt infenfiblement depuis i jufqu’à l’extrémité /.
- Articls
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- Seconde Pàrtïe. Secl. /. Chap. XXXVÎlh Article Quatrième»
- Des Pélicans & des Leviers±
- Entre les mains d’un homme adroit , le Pélican eft un excellent iriftrütnênt , -
- parce qu’il arrache les dents en les couchant de dedans en dehors * & par ce Planches moyen on eft hors du rifque de les cafTer; c’eft la Figure n qui repréfente le ^ ^ Pélican: il eft tout en acier; il porte deux crochets & deux points d’appui,
- La Figure 12 reprélente auffi un Pélican avec les crochets d’acier ; mais la branche qui fert de point d’appui eft en bois * & d’un bois dur tel que le bui§.
- La Figure 13 repréfente le Pélican vu de face*
- Cet inftrument eft limple ; mais il eft fournis à des réglés * à des mëfores & a des proportions eflentieiles. Pour le faire , on commence par drelïer la branche * laquelle eft appellée auffi Y arbre du Pélican, pour fo procurer quatre différentes diftances du point d'appui P > au crochet Q, Fig. 12 : on fait le trou quarré H,
- Fig. 14 , à trois lignes hors du centre : on ajufte Taxe ou porte-crochet tel que le repréfente la Figure 15 ; la partie du milieu i, qui doit entrer à force dans l’arbre , eft quarrée, & les deux bouts y, K font limés en rond, afin que les crochets puiffent tourner librement. Quand on n’ajufte que deux crochets fur un arbre, on rive l’axe fur les crochets ; mais lorfqu’on veut mettre plufieurs crochets fur le même arbre, on les aftujettit par un écrou repréfenté parla Fig. 20 ; alors on fait un effieu qu’on ajufte dans le trou quarré de la branche, laiffarit déborder l’effieu de chaque côté; on taraude les deux bouts comme le repréfente la Figure 19 ; alors ces deux bouts reçoivent chacun un crochet, & chaque cro* chet eft arrêté par un écrou repréfenté Fig. 20*
- Voici encore un moyen plus prompt : on réforye un tenon au bout, eomrrie le repréfente K , Fig. 1 y ; <& après qu’on a fait le trou du crochet rond , on lui fait une coche avec une lime triangulaire, comme le fait voir p * Fig. 16, & par cet expédient on change de crochet très-diligemmëht : au refte on fait de petites dents fur le point d’appui, comme on les voit en p q, Fig. 12 & 13 , avec une lime triangulaire ; ceci empêche le point d’appui de glifler , parce que très-fou-vent les Dentiftes l’enveloppent avec un mouchoir, pour garantir les gencives du déchirement qui en pourroit furvenin On fait le crochet de Pélican d’acier pur ; on le forge droit comme le repréfente la Fig. 17 ; & après l’avoir ajufté for ^ la branche ou fur l’arbre, c efl>à-dire, le trou p percé * on marque la hauteur qu’on doit donner pour la diftance du point d’appui : fuppofons la marque fur la ligne Q , Fig. 17, on fait chauffer ce bout à la couleur de cerife , on le ferre dans l’étau fur la ligne Q, & par deux ou trois coups de marteau on lui fait prendre la forme des lignes ponétuées ; après cela on lime le crochet, & on le finit entièrement ; or, il ne faut pas oublier de faire le dedans du crochet fei Coutelier. //• Part, Seci, /, È 4
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- Planches 88 & U.
- uart du coutelier.
- aux dedans de la mâchoire du Davier , c’eft-à-dire, de faire la gouttière 8c les dents indiquées en CG, Fig. 7 ; après cela on trempe le crochet couleur de cerife dans tout le corps : on le Fait recuire à la couleur bleue depuis p jufqu’à la ligne m s, Fig. 16, 8c de la ligne m jufqu’à la pointe n, couleur de cuivre rouge, afin que les dents réfiftent à plufieurs opérations fans qu’elles s’émouffent. On ajufte plufieurs crochets fiir l’arbre d’un Pélican , les uns droits & les autres courbes ; les droits ont la partie R R , Fig. 13 , toute droite, & les courbes ont deux coudes s,s, Fig. 16,8c cela pour que l’on puiffe placer facilement l’inftru-ment dans la bouche pour arracher les dernieres molaires. La Figure 18 démontre une forme ancienne de crochet, recherchée par quelques-uns ; mais l’ufàge n’en eft pas auffi commode que le moderne repréfenté par la Fig. 16. Le coude de ce dernier n’incommode point dans kbouche ; au lieu que l’autre, Fig. 18, la gêne continuellement, parce que le coude fe trouve en x, 8c par conféquent trop bas pour qu’il foit de cjuelqu’utilité.
- L’avantage du Pélican pour arracher les dents molaires, a fait imaginer un Levier pour les incifives, fait fiir les mêmes principes du Pélican : il eft compofé d’un arbre qui fait le point d’appui lur la gencive , 8c d'un crochet de Pélican qui couche la dent fans la comprimer parallèlement, comme font les Pinces 8c le Davier. D’abord on a imaginé un arbre creufé, Fig. 19, pour loger la branche du crochet ; comme ils font joints enfemble, Fig. 20 , le crochet tient à l’arbre par une vis Z: on y pratique trois trous pour fe procurer trois diftances differentes pour le point d’appui T enj/. On a fait de femblables Leviers à celui-ci, mais qui imitoient le Pélican, parce qu’ils avoient deux bouts, & pour lors ils n’avoient point de manche ; cependant un manche eft toujours préférable, parce qu’il eft plus commode pour tenir un inftrument.
- A cette première efpece de Levier, en a fuccédé une plus commode ; c’eft l’inftrument repréfenté par la Fig. 21 : il eft compofé d’une tige ou branche vue féparément dans la Figure 22, taraudée jufqu’à moitié de la longueur, fur laquelle on ajufte une noix t, Fig. 21, qui porte une charnière D, fur laquelle fe monte le crochet L : avec cet inftrument on a la faculté d’avoir des points d’appui à différente diftance, fuivant que l’on peut en avoir befoin, feulement en faifimt tourner le manche d’un tour ou de plufieurs, félon que le volume de la dent l’exige ; les uns enveloppent le point d’appui avec un mouchoir, d’autres le laiffent à nud, 8c d’autres font ajufter un point d’appui de bois, montant à vis fur le bout de la branche, ou bien rivé ; or, ce point d’appui eft femblable à celui du Pélican P q9 Fig. 12 13 : on juge bien que s’il falioit rapporter exac-
- tement toutes les correélions bonnes ou mauvaifes & les faire graver, l’Ouvrage s’étendroit prefqu’à l’infini. Je penfe donc qu’il fuffit, en plufieurs endroits, de n’en dire que deux mots, 8c d’indiquer les correélions utiles, en comparant quelqu’inftrument femblable ou analogue à celui qu’on veut décrire.
- Le Levier qui mérite un applaudiflèment général, eft celui que repréfente la
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- Seconde Partie. Seâ. I. Chap. XXXVÏÏL Figure 23 ; c’eft un arbre qui porte le crochet par le moyen dune charnière : il imite bien le Pélican. Le point d’appui fe fait fur la gencive, tandis que le crochet déracine la dent en tirant de bas en haut ; au lieu que les autres donnent le coup en ligne horifbntale, ce qui occafionne louvent que le bout de la racine cafte dans l’alvéole. Comme on a trouvé beaucoup d’avantage au Levier dont le pas de vis permet de fe procurer plufieurs diftances, on a cherché le moyen d’adapter ce méchanifme au Pélican. M. Foucou y a très-bien réuffi (*). La Figure 1 repréfente l’inftrument vu de face, fur lequel eft monté un crochet coudé pour arracher les dernier es molaires ; le même efl vu féparément par la Figure 2.
- La Figure 3 repréfente l’inftrument vu de côté avec un crochet droit. Nous allons en examiner tous les développements.
- La Figure 4 repréfente la m ait r elfe branche : elle eft évuidée en fourchette en A pour recevoir la vis de rappel, Fig. J. Le pivoté fe loge dans un trou fait en a. La Figure 6 fait voir une platine ronde d’une ligne & demie d’épaifleur : elle eft percée d’un trou au milieu E, pour recevoir la queue de la vis en e, Fig. y, St lui laifter la liberté de tourner un peu facilement, mais fans balottement ;
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- d, dy font deux mortaifes pour recevoir les deux tenons a, Fig. 4, de la platine Fig. 6, lefquels tenons c c font rivés en deflous de la platine Fig. 6 ; or la vis, Fig. J, étant logée par fon pivot b en a , Fig. 4, la mitre ou l’embafe ei Fig. 5 » porte fur la platine Fig. 6, en dedans, par conféquent la vis eft retenue fixement par les deux bouts avec la liberté de tourner facilement* La folklité de l’inftrument dépend de faire une bonne rivure aux deux tenons c c, laquelle rivure fe trouve noyée dans une fraifùre creufee prefqu’à moitié de l’épaifleut de la platine Fig. 6 ; enfuite le manche étant bien ajufté contre la platine Figé I & 3 , cache tout cet ajuftement.
- La Figure 7 repréfente la noix percée d’un trou h> St taraudée pour recevoir la vis. Cette noix doit être bien ajuftée dans la fourchette A , Fig. 4: elle a deux portées en G, G, qui portent exactement fur les deux branches. Voyez /, Fig. 3 , ou MK, Fig. 1, qui repréfentent les deux branches, au derrière defquelles appuient ces deux portées qui coulent de haut en bas : elles empêchent la vis de plier , St même de cafter dans l’opération ; de plus, la noix Fig. 7, porte un pivot V taraudé, fur lequel fè place le crochet Fig« 2 , & les deux fè trouvent fixés par un écrou Fig. 8 ; le tout eft: vu monté en K M% Fig. 1, & en IM9
- Fig. s-
- M. Foucou, Dentifte , neveu de l’Auteur de cet inftrument, y a ajouté plu-* fleurs perfections ; premièrement il a fait brifer la branche maîtrefle en Fig. 4, St percée d’un trou quarré, pour recevoir plufieurs efpeces de points d’appui. La Figure 9 en fait voir un qui, feul, doit donner l’idée de tous ceux
- (*} Foucou, Dentifte & Maître Coutelier, au. Vaffiau, rue de la Hachette, a&uellement établi â Marfeille# .
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- ±96 DART DU COUTELIER.
- qu’on peut imaginer ; il en a même ajouté qui fe brifent à charnière en H, pouf fe prêter au petit mouvement du tour de poignet , à l’inftant qu’on couche la dent , fans que le point d’appui change la direction de là iîtuation : il a des points d’appui de Levier 8c de crochets brifés en B> Fig. 14 ; par une charnière,& par ce changement qui fe fait fobitement, ce même Pélican devient Levier.
- M. Foucou n’en eft pas demeuré là ; il a perfectionné le méchanifme de la noix, qui, par le moyen de la vis, fait monter 8c defoendre à volonté les crochets. Il a inventé un point d’appui en forme de fourche : voyez-le repjréfenté fur trois fens par les Figures 10, 11 8c 12 ; c’eft une elpece de cric qui opéré par la vis de rappel : il eft deftiné à redrefler des dents déplacées de leur rang ordinaire ; or comme cet infiniment n’a jamais été gravé ni publié, nous allons en peu de mots expliquer fes opérations, en attendant que l’Auteur nous donne lui-même, for cet objet , une explication plus détaillée.
- Les deux ailes ou fourchons a9a9 a9 pofent en dedans de la bouche , fur les gencives 8c fur les dents, & les deux autres ailes b9 b 9 b, pofent for la gencive êc fur les dents en dehors ; tandis que les couronnes des dents portent en /, /, /, il eft clair que les dents 8c la mâchoire font entre quatre ailes , qui fe fixent enfemble mutuellement l’une avec l’autre, c’eft-à-dire , l’inftrument avec la mâchoire (*). L’inftrument étant placé, je foppofe qu’on veuille redreffer une dent qui feroit en dehors, on met le crochet Fig. 13 , on le fixe bien par l’écrou 772, Fig. 11 ; on tient l’inftrument ferme d’une main, 8c de l’autre on fait monter le crochet en tournant le manche de droit à gauche; alors on conçoit que la dent doit céder à l’effort de la vis, 8c qu’elle doit, en obéiftànt, prendre la fituation qu’on veut lui donner, 8c l’on ceflé de tourner lorfqu’elle l’a prife. Voilà donc la maniéré de faire rentrer une dent qui eft trop en dehors ; c’eft par le même méchanifme que l’on fait porter en dehors une dent qui feroit trop en dedans : il ne faut que fobftituer le crochet Fig. 14, à la place de celui de la Figure 13 , 8c faire tourner le manche de gauche à droite, de la dent viendra en devant ; c’eft jufqu’ici le feul inftrument qui foit deftiné & qui foit propre à cette opération : il eft cependant inconnu à prefque tous les Dentiftes. Ordinairement on fe fert d’une Pince repréfentée par la Fig. 8, PL 88, for laquelle quelques Dentiftes font mettre deux morceaux de buis en dedans des mâchoires, dans l’intention de ne point gâter l’émail des dents ; mais la pince ne peut agir que par fecouffes, 8c non-feulement l’opération devient plus longue & plus douloureufo, mais encore on rifque de cafter la dent dans fa racine ; au lieu que l’inftrument que nous venons de décrire obvie à bien des inconvénients, en réunifiant beaucoup d’avantage par le pas de vis qui eft toujours régulier : on peut l’appeller le C ric-Foucou.
- Les Figures 12, 1 y, 16 9ij, 18, repréfentent les pièces de cet inftrument
- \ •
- ( * ) Les ailes peuvent être garnies d’une peau pafler, moyennant que tout 1’inftrument fera apprêtée à l’huile fl on le veut ; mais on peut sen bien arrondi & bien poli dans toutes fes parties.
- développées 5
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- Seconde Pauïïe. Seci. /. Chap. XXXV 111. 297
- développées ; comme il importe qu’il foit folide, il faut que la noix foit faite de la maniéré indiquée par la Figure 17, que les branchespq, Fig. 12 , foient bien ajuftées en SS, Fig. 17, & que les portées rr> R R, appuient fur les quatre faces des branches p q > Fig. 12 ; c’eft ce qui donne beaucoup de foutien à la vis Fig. 16 : fans cela il feroit en rifque de plier ou de cafter en y.
- Pour donner toute la folidité qui convient à cet inftrument, il faut faire une vis comme la repréfente la figure 18, qui entre dans la noix en x; alors le crochet eft folide. Toutes les pièces de cet inftrument doivent être d’acier ; mais il ne faut point tremper l’arbre ni les vis, mais les crochets feulement * lefquels doi~ vent être recuits à la couleur bleue.
- Article Cinquième»
- De Flnjlrument appelle Clef*
- La Clef eft un inftrument deftiné à tirer une dent molaire qui fo trouve ifolée i on croit qu elle a été imaginée en Angleterre, par ce que fon premier nom eft la Clef Angloife.
- La Figure r repréfente cet inftrument monté en travers fur fon manche GGï il reffemble à celui d’une vrille ; a , A, fait voir le crochet dont le point d’appui eft en B B. La Figure 2 repréfente la tête de l’inftrument vue par le bout*
- 1
- Il faut au moins trois crochets à la Clef, tenus par une vis d’acier non-trempée, & la tête doit être faite en goutte de fuif ; il convient qu’elle fe noie dans une fraifiire, afin qu’elle ne déborde pas l’inftrument. Voyez g > Fig. 2*
- Chaque crochet doit être ajufté fur l’inftrument, de maniéré qu’ils foient à trois diftances différentes d’une ligne 8c demie chacune ; ainfi la ligne ponctuée F9 eft le point d’appui ; la ligne e eft la diftance du premier crochet ; la ligne d l’eft du fécond, & c eft celle du troifieme. Ces crochets doivent être trempés & recuits jufqu’au gros bleu dans tout le corps ; mais environ à une ligne & demie de longueur des dents, ils ne doivent être que couleur de cuivre rouge. Le manche G G eft fait d’un bout de corne de bœuf, pour qu’il foit plus folide ; l’ébene & prefque tous les autres bois fe fendroient dans l’opération : il n’y a que le buis qui puiiTe y bien réfifter. La queue de l’inftrument eft faite quarrément : elle eft ajuftée un peu à force dans le trou du manche, qu’on équarrit auffi avec une petite écouene ; enfuite on les fixe enfomble par une rofette forte. L’avam tage qu’on a reconnu à cet inftrument pour arracher les dents ifolées , a porté les Maîtres de l’Art à lui faire des corrections ; ils y ont même ajouté quelques pièces. Le premier fut M. Garangeot, qui imagina le moyen de faire forvir lé même crochet pour les deux mâchoires du bas & du haut y ûns être obligé de dévifier l’inftrument pour changer le crochet d’un côté à l’autre, comme le font voir les Figures 2 & 4: pour cet effet il imagina de faire tourner la tête de lâ Coutelier. IL Part. SeB. L F 4
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- a98 L'ART DU COUTELIER.
- : Clef comme le repréfente la Fig. y, vue en deflous. Le Porte-crochet eft reprê-fenté par la Fig. 7, lequel efl; fait en charnière femelle pour recevoir le crochet en maniéré de charnon mâle ajufté dans la fente h, 8c fixé par une vis : la piece tient avec l’inftrument par le moyen d’un écrou i i , noyé dans une fraifure quarrée : voyez j o, Fig. y. Il efl; aufîi poffible de faire une rivure en place de l’écrou, ce qui efl; plus folide ; cela fe fait ainfi : on ajufte bien la piece fur le trou; mais on lui lailîe du jeu : enfuite on la fait chauffer Couleur de cerife ; on 1 introduit dans fa place 3 3c à petits coups de marteau donnés avec vîteffe, on fait une rivure qui remplit bien le trou fraifé. On obferve dans cette opération i°* de laifïèr deux lignes de longueur à la piece qui doit faire la rivure; 2.0. de ferrer le bout h dans l’étau ( la charnière ne fe fait qu’après) pour fixer la piece ; ym enfin de tourner continuellement la branche dans le pivot lorfqu’on fait la rivure ; après cela on fait la charnière, & avec de l’émeri à l’huile on égaie bien la rivure dans le trou.
- On fixe ce Porte-crochet par une bafcule qui porte fbn refiort de renvoi vu féparément dans la Figure 8 , laquelle fe loge dans une rainure creufée au cifeleG dans la branche; on fait porter le bout /, Fig. y , qui repofe dans une entaille pratiquée auffi au cifèlet, à l’écrou ou à la rivure ; & moyennant qu’on appuie le pouce fur le bout K de la bafcule j, celle-ci lâche fbn cran ; alors on fait tourner le Porte - crochet, de forte que quand le cran o fe trouve en j 9 vis - à - vis de la bafcule, celle-ci entre dans le cran, & tout fë trouve fixé.
- Le Frere Corne, Feuillant, a auffi perfectionné cet infiniment ; il a voulu qu’un feul crochet lui fervît à tirer toutes fortes de dents, & cependant que le crochet montât & defcendît à volonté & dans tous les cas ; pour cet effet il a choifi la forme du crochet du Pélican, en a fait tarauder la branche, comme le repréfente la Fig. 9; & pour l’afiujettir à l’inftrument, il a ajouté au Porte-crochet de Garengeot, une piece qui eft le charnon mâle, Fig. 10, fur lequel fe viffe le crochet, 3c le crochet eft aflujetti par une petite vis qu’on voit en JîH9 Fig. 10 <£r 11. L’inftrument fe voit tout monté Fig. 11. Il eft poffible de mettre à cet infiniment, ainfi qu’à celui de M. Garangeot, un manche femblable à la Clef Angloife G G, Fig. 1 ; mais pour fe procurer un autre avantage, on fait deux trous au boutM Af, Fig. 11, pour recevoir un inftrument qui fert de Levier lorfqu’on veut arracher un chicot, comme on le voit en N L m, où il eft viffé pour fervir de poignée à l’inftrument. Quand on a fait l’opération, on le dévifte, & l’inftrument devient plus commode à porter dans la poche, dans lg
- k trouffe, ou dans un étui.
- L’inftrument du Frere Corne , que nous venons de détailler, eft bon & fait l’office de plufieurs crochets ; mais auffi il eft volumineux dans la bouche : il y a même des bouches auxquelles l’inftrument eft inappliquable.
- J’ai fait auffi une correétion à la Clef Angloife ; j'ai fupprimé la vis qui unie la clef avec le crochet, & j’y ai fubftitué une piece à coulifle qu’on voit Figm
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- Seconde Partie. Secî. /. Chap, XXXV111.
- 12 , laquelle fe loge dans une rainure y y , Fig. 13 : la portée p q> Fig. 12, s’y trouve plongée, & fait Toffice dune cheville pour tenir le crochet. En^, Figm 12, eft une vis qui fixe la couliiTe & Tempêche de fortir de la place : elle fe vifle dans la platine u u ; mais elle coule librement dans la rainure y y ; de forte que pour nétoyer la rainure lorfqu’il s’y trouve quelque crafîe, on ne fait que démonter la vis, tirer la platine en bas, Sc la coulilïè fort de fà rainure. La Figure 14 repréfente l’infirument tout monté, de maniéré que pour changer le crochet dun côté à l'autre, on appuie fur la piece du pouce x : elle defcend juf* qu’en alors la cheville q, Fig. 12, lâche le crochet & le lailfe fortir : & pouf le remettre, on préfente le crochet à fa place, le trou étant vis-à-vis de la cou-lifte : on fait monter la piece du pouce de V en x, & le crochet eft très - bien aftujetti. Pour faire cet inftrument diligemment, je fais un trou au foret de t en T, Fig. 13 ; enfuite à petits coups de cifelet, je découvre le trou depuis r juf-qu’en T ; après cela je recherche la rainure avec des limes bâtardes & des douces ; au refte je finis l’inftrument comme tout autre, en lui ajoutant trois crochets. La coulifle Fig. 12, excepté la vis, eft forgée d’une piece en acier ; mais elle n eft point trempée.
- • Article Sixième, ‘
- Des Pieds *de~ biche & des Leviers à chicots*
- Il y a des chicots fi petits, & qui font enfoncés quelquefois dans Ÿalvéole fou vent même tellement fu montés par la chair dés gencives, qu’il n’eft pas poffible qu’une Pince puifle les faifir fuffifamment ; or les Pieds-de-biche font deftinés à cette opération. Le premier eft tout fimple ; c’eft celui qui fert de poignée NL m à la Figure 11 : c’eft une branche d’acier avec deux efpeces de dents de fcie au bout. La face de deflbus eft taillée comme une lime : on forme ces dents avec une lime triangulaire ; m eft un manche taillé à huit pans.
- La Figure I y repréfente le Pied-de-biche double ; la partie Q eft femblable à la partie N, Fig. il, qui fert pour repouflèrles chicots de dehors en dedans ; & la partie R, Fig. iy, eft conftruite de même, mais en fens contraire : elle eft deftinée à repoufler le chicot de dedans en dehors de la bouche.
- La Figure 16 repréfente un Levier qui tire les chicots & même les deux inci-' fives ; on place la pointe S entre deux dents ; on donne le coup de poignet de bas en haut pour celle qu’on veut arracher, & la dent cede facilement à cette manœuvre.
- C’eft par cette méthode & fur ce même principe, que des Charlatans arrachent des dents avec un labre ou avec une épée : il eft clair que la pointe de ces armes étant conftruite comme l’extrémité de ce Levier, Ces deux inftruments doivent agir de la même maniéré. Il n’eft donc pas étonnant que ces hommes arra^ chent des dents avec de tels inftruments ; mais les gens qui ignorent fa conftruc^
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- tion y mettent du merveilleux, & accordent à ces Charlatans Thonneur de îa
- plus grande adreffè.
- Tous les Leviers & Pieds-de-biche à chicots, doivent être faits dacier pur^ trempés couleur de cerife, 8c recuits à la couleur bleue.
- Article Septième.
- Description d'un nouvel Injlrument pour arracher les dents imaginé par M. Charpentier.
- ; M. Charpentier, Graveur, a imaginé un infiniment pour arracher les dents ; il fa fournis au jugement de fAcadémie Royale des Sciences , qui lui a accordé fbn approbation fur le rapport de MM. Morand & Tenon.
- La Figure 1 repréfente cet infiniment tout monté & prêt à être placé dans la bouche.
- L’idée de cet infiniment efl prifè fur le Davier ; l’Auteur y a joint deux points d’appui qui appuient fur les deux dents voifînes, tandis que les deux mâchoires de l’inflrument arrachent la dent perpendiculairement de bas en haut pour la mâchoire inférieure, & de haut en bas pour la fupérîeure.
- La Figure 2 repréfente finflrùment tenant une dent, venant d’être extraite de l’alvéole ; cependant cette figure efl imparfaite, en ce qu’elle efl repréfentée avec un feul point d’appui, & cela pour découvrir l’effet du Levier À B,
- Pour exécuter cet infiniment, on commence par forger (fur les principes du Davier, ) la maîtrefle branche qui efl la femelle : elle efl vue de côté en a, b , r, c, Fig. 2 , Sc repréfentée de côté par la Fig. 3 ; j repréfente la fenêtre def-tinée à recevoir la branche mâle, qui formera la mâchoire inférieure de l’inflru-ment. Voye£ la Fig. 4. On y fait une fenêtre au cifelet, comme l’on voit en z, qui fert à l’afîujétir à Fautre branche au moyen d’une cheville ou fort clou placé en cFig. 2 ; cette fenêtre i efl faite longue, afin de procurer allez d’efpace pour que cette mâchoire puiffe s’éloigner & fe rapprocher de fa jumelle, pour pouvoir pincer les dents de différentes groffeurs; or cette mâchoire efl repréfentée de côté par la Fig. 5 , pour faire voir fon épaiffeur ; & on la voit en fà place en g, G, Fig. 1.
- La Figure 6 repréfente la piece qui fait monter la mâchoire inférieure de l’inf trument: elle efl placée dans la fenêtre de la branche femelle, 8c fait l’office d’un ‘ coin : on le voit en faillie en L, Fig. 1.
- La Figure 7 repréfente la branche auxiliaire , qui fait haufler le coin en l’attirant en dedans, & fait bailler les points d’appui : elle reçoit le coin dans la charnière f/, qui efl retenue par un clou qui doit être lâche dans le coin, 8c fixe à la branche : on les voit joints enfemble en leur place M, Fig. 2 ; or, cette branche auxiliaire avec le coin, tiennent aux deux branches qui fervent de
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- points d’appui, par une cheville ou une vis en Vy Fig. 1, qui eft la même en 0 *
- Les points d’appui font compofés de deux branches d’acier 9 limées l’une fur l’autre, & exaétemenc fomblables ; l’une eft placée en deflbus s s i s, Fig. 1, & l’autre en deflus p p q R: elles font jointes enfemble par une vis en R > qui les unit auffi à la maîtrefle branche. Une cheville eft placée en I q ; elle Unit les deux points d’appui, & en même temps elle empêche que le reflort ne renvoie le Davier hors de fà place & de fà direélion ; cette cheville fe trouve noyée à moitié dans une coche que l’on voit en r> Fig. ru
- Il nous refte à parler du reflort, qu’il faut regarder comme indifpenfàble ; car fans lui i’inftrument ne produit aucun effet : il eft fixé en C, Fig* 2 , à la branche maîtrefle ; il eft indifférent de lajüfter à queue d’aronde, comme il eft repréfonté* ou de i’aflujettir avec une vis. L’autre bout du reflort porte fur la branche auxiliaire en T, Fig. 2 , de forte qu’il tient la branche toujours élevée * comme m> m. Enfin pour expliquer tout ce méchanifme, regardons la branche m m comme la puiffànce du levier, la cheville Ven eft le point fixe, & les mâchoires G G en font la réfiftance ; ainfi quand la dent eft faille entre les mâchoires * on prefle fur m m pour l’approcher fur R ; alors la prefîion du reflort qui fe fait en T, fait baiflèr les points d’appui t s , qui s’avancent jufqu’en G G : ils preflènt donc en bas, & le Davier tirant en en-haut, la dent eft obligée de céder à l’effort du Levier: elle fe déracine, & fort de fon alvéole* ^
- Dans le cas d’une dent ifolée, il faut encore deux pièces auxiliaires, qui^ comme deux couffinets, puiflent s’adapter à I’inftrument pour forvir dans le befoin. Ces deux pièces font repréfentées par les figures p & 10 ; ce font deux morceaux d’acier d’environ deux tiers de ligne d’épaifleur ; au bout V V font attachés avec une vis deux morceaux de bois qui font chacun l’élévatioh de la couronne d’une dent , & par conféquent portent fur la gencive ou fur la mâchoire ; or, la maniéré de les affujettir à I’inftrument, c’eft de faire entrer un tenon £, Fig. 8, dans un trou u , Fig. 10 5 *un crochet réfervé en x appuie furie point d’appui erijy; alors la piece fo trouve appliquée comme le repréfente Q P, Fig. 8. Ainfi lorfque la dent qu’on veut arracher eft ifolée entièrement , on ajufte les deux points d’appui auxiliaires ; & lorfqu’elle n’eft ifolée que d’un côté, on n en ajufte qu’un. Enfin toutes les pièces de cet inftrument doivent être d’acier ; les mâchoires, aufli bien que le reflort, doivent être trempées & recuites à la couleur bleue ; mais aucune des autres ne doivent
- IJ A
- etre.
- Cet inftrument n’a point de nom ; on ne le connolt que fous celui de l’Auteur: on peut dire qu’il fait bien fon effet, & qu’il eft facile de s’en forvir ; mais on ne peut fo refufor à avouer qu’il eft extrêmement compliqué & volumineux. J’ai entrepris de le corriger ; je Grois y être parvenu : je vais détailler ce change^ ment dans l’Article fuivant.
- Coutelier. IL Fart, Sccl. I% G 4
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- L'ART DU COUTELIER.
- Article Huitième.
- De IInfiniment qiion peut nommer Davier h Levier.
- La Figure r repréfente un inftrument qui fait le même effet que celui que nous venons de décrire, mais qui eft plus fimple, & auquel je donne le nom de Davier-à-Levier.
- Mon intention, en corrigeant cet inftrument, a été d'en diminuer le volume % d’en augmenter la force, & d’en Amplifier le méchanifme.
- J’ai d’abord jetté mes vues fur le Davier fimple ; il eft certain que rien n’efi plus propre pour fàifîr une dent, que les mâchoires du Davier. Je l’ai donc ainfî exécuté à jonétion paffée , comme il eft repréfenté par la Fig, % , où il tient une dent.
- Pour remplir mon intention, j’ai imaginé d’ajufter à ce Davier deux branches exaélement égales qu’on voit repréfèntées de côté parla Fig. 3 9 qui fait voir en même temps l’épaiflèur & la forme de l’inftrument vu de face ; & quant à la tournure du plat des branches, on la voit enu^9uV9 Fig. r. Ces deux branches, qui forment un Levier réel & du premier genre, font jointes enfemble par un entre-deux qu’on voit en fà largeur S R, Fig. 3 4. La forme Sc l’épaiflèur de
- cet entre-deux font repréfentées en F/, Fig. a ; les deux branches font jointes avec l’entre-deux par une vis, fur la ligne ponétuée X X9 Fig. 3 , qu’on voit aufli en Vy Fig. % ; l’autre bout eft fixé aux deux branches, par le moyen de deux tenons pris fur piece, & dont on en voit un en K, Fig. 2 : ils fè trouvent placés vis-à-vis fur la ligne ponétuée 0 o9 Fig. 3.
- Le Levier s’applique au Davier par une feule vis en {, Fig, 1, & qu on voie tranfverfalement placée en ££, Fig* 3, Cette même vis, en même temps quelle unit le Levier au Davier, fert d’axe aux deux branches du Davier r, Fig. 2 ; ainfî cette vis fait trois fonétions : elle eft l’axe du Davier, l’union du Davier avec le Levier, & le point fixe du Levier ; par conféquent elle doit être faite d’acier pur & bien net, trempée couleur de cerife, & recuite couleur d’eau: elle ne doit être taraudée que de l’épaiffeur d’une branche de Levier, & doit être mobile dans le trou du Davier, afin que le Levier & le Davier puiffent faire la bafcule avec liberté.
- L’inftrument de M. Charpentier eft muni d’un coin vu en L, Fig. 1, PL 92; ce coin fait monter la mâchoire inférieure pour preflèr la dent, & c’efi: cette piece que je voulois abfolument fùpprimer ; je n’en ai trouvé le moyen qu’en lui fubftituant l’aétion d’un reflort double, qu’on voit placé en n m, Fig. 1, ou n r, Fig. 2, lequel n’eft aflujetti qu’au bout n, avec une vis fur la branche femelle ; & en dehors de la branche, c’eft une lame d’acier épaifle d’une ligne au bout de la vis n, qui va en diminuant infenfiblement jufqu à l’autre bout T, Eig. 2. Ce
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- Secondé Parttîè. Seci. I. Chap. XXXVIIL 303
- reflort a 4 pouces de long : il eft plié dans fon milieu m , & c’eft ce qui lui pro^ cure le nom de rejjbrt double ; par ce moyen la partie élaftique a beaucoup de-* tendue, rend fon aétion bien liante , fins diminuer aucunement de la force qui lui eft néceflaire, & les deux bouts appuyent fur la même ligne. Voye{ n, T,
- Ce reflort eft placé fur l'extérieur du Davier, parce qu’il ne fèrt de rien à 1 ouverture des mâchoires ; il n’a d’aélion qu’entre le Levier & le Davier. Si l’on fait approcher la branche Q fur f> Fig. 1, elles fe joignent fans le reflort, 8c s’en éloignent de même; par ce moyen on fàifit la dent librement : mais quand on preflè dans la main la branche F, pour la rapprocher de la branche du Levier Fig, alors elle comprime la branche femelle en iV, qui fait ferrer la dent entre les deux mâchoires du Davier ; & ce qu’il y a de remarquable, c’eft que la dent n étant ferrée que par l’effort de ce reflort , quand même elle feroit creufè, elle ne fe cafferoit jamais ; c’eft une perfeélion que le Davier ordinaire n’a point, qu’on a toujours cherchée 8c toujours défiré de lui procurer.
- La maniéré d’appliquer cet inftrument eft la même que celle du Davier ordinaire : on le tient ouvert, comme la figure 1 le repréfente ; on fàifit la dent avec les mâchoires ; enfuite on ferre les deux branches l’une contre l’autre de Q cnf tant que le volume de la dent l’exige ; enfuite on prend le Davier & le Levier tout enfemble dans la main pour faire approcher Q en g 9 8c par une légère pref fion le point d’appui p avance en q > appuyant en bas, tandis que les mâchoires déracinent 8c enlèvent la dent fans la coucher & fans trop d’effort; car un enfant de p ou 10 ans eft plus que fuffifàmment fort pour faire cette opération : il eft également poflible qu’un homme opéré fur lui-même.
- La ligne ponétuée x, Fig, 3 , fait voir que les deux points d’appui doivent être évidés en cet endroit, pour faciliter le paflage à une dent d’un plus gros volume.
- La Figure 4 repréfènte l’infirument vu de face, 8c fait voir la place qu’occupé le Davier entre les deux branches du Levier.
- La Figure 2 repréfente l’inftrument tenant une dent, mais dont une branche du Levier eft ôtée, afin d’appercevoir mieux la difpofition de l’entre-deux VIK, 8c l’effet du reflort. Il eft très-poffible de rapporter des points d’appui auxiliaires ; ceux qui les jugeront convenables pourront fàtisfaire leur defir très-facilement ; mais quant à moi, toutes les expériences que j’en ai faites m’ont fait voir qu’ils étoient inutiles, parce que mon Levier eft folide. Il eft indifférent que les deux points d’appui portent fur les dents voifines tous les deux à la fois, ou qu’il n y en ait qu’un qui agiffè : on pourra s’en convaincre foi-même fi on lé foumet à l’expérience.
- Toutes les pièces, fans exception, doivent être faîtes avec de bon acier bien fain, & les mâchoires doivent être trempées & recuites bleues jufqu’à % lignes des bords, où elles ne doivent être que couleur de cuivre rouge.
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- Article Neuvième.
- De tInfiniment nommé Foucou, pour arrêter [hémorrhagie*
- mim nmmmmm A la foite d’une dent arrachée, il fondent quelquefois des hémorrhagies qui Planche deviendraient par la.fuite dangereufes, li les Dentiftes ny portoient pas uit prompt fecours. En pareille occafion, on fait des tampons pour boucher l’alvéole d’où fort la dent ; mais l’application des tampons eft foüvént difficile , & les expédients pour les contenir font prefque toujours rares à trouver. Ce qui réuffit le mieux, eft un morceau de bois blanc ou bois tendre, auquel on donne la forme de la dent qui eft ôtée ; on le laifle un peu plus gros : on l’applique dans l’alvéole , on l’enfonce le plus qu’il eft poflible en preffant avec le pouce ; après quoi ' on dit à la perfonne qui fouffre, d’approcher les deux mâchoires pour enfoncer
- elle-même ce tampon autant qu’il lui eft poffible : on peut auffi faire ufage de l’agaric : ce font toujours les circonftances qui doivent diriger les expédients* M. Foucou le neveu a imaginé un infiniment pour arrêter ces hémorrhagies : il eft repréfenté par la figure 5 de grandeur naturelle : on voit les deux pièces féparées, Fig. 6 & 7. Cet infiniment eft tout d’acier poli, & les angles font arrondis dans toutes fes parties.
- Pour rendre intelligibles les figures & le méchanifme de cet infiniment, les pièces développées font deffinées au double de leur grandeur par les Figures 8 , 5,10 , il ; tout le méchanifme de l’inftrument eft renfermé dans la Figure 6; aa a ybbhby font deux efpeces de boîtes renfermant chacune un reflort fait en ferpent, lequel eft vu placé en E, Fig. 1 o , & vu féparément Fig. 11 : on voit que la piece, Fig. 9, fe place dans celle Fig. 1 o , & que le bout e, Fig. 9, eft celui qui appuie fur le reflort E, Fig. 10 ;la Figure 12 en C, eft la place qu’occupe cette efpece de queue e, Fig. 9 ; ainfi cette piece, Fig. 12, eft la même que celle a a a y Fig. 6, mais, comme je l’ai déjà dit, grofîîe du double ; ainfi pour cacher tout l’intérieur de la boîte où eft le reflort E , Fig. 10, on fait une piece quarrée repréfentée par la Fig. 8 : on l’ajufte & on l’aflujettit for celle Fig. 10 , par quatre petites vis vues en A AA A, Fig. 8.
- L’intention de l’Auteur a été dé contenir avec cet infiniment tous les tampons quon peut appliquer for l’alvéole pour arrêter les hémorrhagies, & les contenir de maniéré que le malade puifle non-feulement le fupporter facilement, mais encore qu’il lui permette de parler & d’avaler des boiflbns, s’il le faut, pendant deux ou trois jours. Cet infiniment remplit très - bien les vues de fon Auteur : voyons comment il agit.
- , Après avoir mis dans l’alvéole les tampons qu on juge convenables, on porte l’inftrument dans la bouche en le ferrant entre deux doigts ; 1Jun en By l’autre en D , Fig. y ; on le place de maniéré que B foit for la mâchoire tamponnée ;
- lorfqu’il *
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- lorlqu’il eft bien en fon lieu, on lâche l’inftrument ; alors la partie B fe tient tou- : jours fixée for le tampon, parce que la partie D appuie toujours en ligne perpendiculaire fur B. Or on conçoit aifément que les reflorts qui font dans la boîte, appuient continuellement for les bouts Fig. 7, comme elle le fait voir en E 9 & que la perfonne a beau ouvrir la bouche , l’élafticité des deux reflorts fe prête Êns relâche au mouvement de la mâchoire inférieure , & permet, à celui quî porte l’inftrument, d’articuler des mots, & même de boire.
- Il y a plus de 16 années que j’ai exécuté cet infiniment d’après les idées de l’Auteur ; il ne l’a cependant pas encore publié, & ce n’eft que du confente-ment de M. Foucou, que je le place dans notre Art, & que j’y joins la maniéré d’en faire ufage , en attendant qu’il le donne lui-même au Public ; car c’efl à lui à nous en prefcrire les régies & nous donner les cas où l’on doit particuliérement l’employer.
- Les foftruments fervant à nétoyer les dents font de différents prix. Les Figures ï &2, PI. 87, font de 1 liv. piece.
- Les Figures 3,4,5,6,7, 8,9, lefquelles fe montent for un manche commun à tous les inftruments, fe vendent par aflbrtiment de 9 liv. c’eft-à-dire, que chaque inllrument eft du prix de 1 liv. Sc 2 liv. le manche.
- Tous ceux qui font emmanchés en ivoire & à virole d’argent, fe vendent 2 liv. piece.
- Les Figures 16 & 17,1 liv. 10 f. piece. Le Porte-limes, Fig. 20, 3 liv.
- Les Pinces incifives, ainfi que les Daviers, Fig. 1, 2,8,9, 10 > en for, fe vendent 2 liv. piece ; mais faits d’acier, 3 liv.
- Les Pélicans Amples à deux crochets, 3 liv. & 4 liv. avec quatre crochets.
- Tous les Leviers font du prix de 3 liv. mais celui qui a la branche taraudée ; Fig. 21, eft de 6 liv.
- Le Pélican à vis de rappel & à 4 ou crochets, étant bien exécuté, vaut 12 livres ; c’eft celui qui eft repréfenté par les Figures r, 2,3 , PI. 90.
- Le Cric pour redreffer les dents , Fig. 10, 11 & 12, eft du prix de 18 liv.
- La Clef Ample, Fig. 1, PI. 91, eft du prix de 3 liv. avec les trois crochets*
- La Clef du Frere Corne, Fig. 11, eft de 10 liv.
- La Clef que repréfente la Figure 14, eft de 6 liv. compris les trois crochets;
- Les Pieds-de-biche & Leviers à chicots , 2 liv. chacun.
- L’Inftrument compofé de M. Charpentier, Fig. 1 & 2, P/. 92, fe vend 24 liv*
- Le Davier à Levier, Fig. 1^2, PL 93,12 liv.
- Llnftrument Foucou, pour arrêter les hémorrhagies, Fig. 5, eft de ijf liv*
- Coutelier, IL Part. Sc8. L
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- CHAPITRE TRENTE-NEUVIEME.
- Maniéré de faire les Cautères actuels; defcription de toutes les efpeces.
- On appelle Cautere actuel, une forte d’inftrument d’acier monté fur un manche on fait chauffer la tête de Finftrument, Sc lorfqu’elle eft rouge , on l’applique fur les parties malades pour les brûler , ce qu.on appelle cautérifer.
- Ces inftruments font emmanches folidement fur du bois d’ébene, où l’on réferve un rouleau au bout pour donner plus de prife & fervir de poignée. On a grand foin de faire dépaffer la queue dans le manche, & de la bien river avec une forte rofette, parce que la chaleur de la tête de Finftrument fe communiquant à la queue , feroit fondre le maftic & le démancheroit, ce qui pourroit fort embar-rafler l’Opérateur.
- Il convient que ces inftruments aient ro pouces de longueur de tige, & 4 lignes de diamètre ou de grofîèur. Le manche doit avoir 4 pouces de long ; les têtes ont différentes formes , félon Fufàge auquel elles font deftinées : c eft ce que nous allons expofer.
- La Figure 1 repréfente le Cautere en cifeau ; B CD eft la tige de Finftrument ; Planche E E e en eft le manche limé à huit pans, & terminé par le rouleau e , qui lui donne de la fermeté dans la main. A A A eft la partie de Finftrument qui opéré : elle doit fe terminer par une rondeur défignée en a, Fig. n ; cette figure indique auffi en b 1 epaiifeur que Finftrument doit avoir près la tige B, laquelle épaiifeur diminue infenfiblement jufqu’en A A A,
- La Figure 3 repréfente un Cautere à bouton : il eft rond de face comme de
- La Figure 4 repréfente le Cautere olivaire > c’eft-à-dire, qui eft un peu ovoïdè comme une olive ; or ces trois Cautères font repréfentés de leur groffeur naturelle , & fe forgent d’une feule piece.
- La Figure 5 repréfente le Cautere quarré : cette figure eft vue de côté, pour qu on puiffe y voir 1 épaiflèur de la platine ; mais la grandeur & la forme font
- ..""ühü^i reprefentees par la Fig. 6 5 cette platine fe forge féparément de la tige : on fait
- Planche un trou dans le milieu, on le taraude} on le fraife , & on rive un peu le bout de ss’ la tige : on en fait plufieurs qui fe reffemblent a/Tez ; ainiî il fuffira de repréfenter les platines, parce que les tiges & les manches font par-tout les mêmes.
- La Figure 7 fait voir la forme & la grandeur de la platine d’un Cautere o<3o-gone, percé de quatre trous : on s’en fervoit beaucoup autrefois.
- La Figure 8 repréfente auffi un Cautere oélogone, mais fans être percé de trous.
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- La Figure p repréfènte la platine d’un Cautere rond ; or ces quatre dernieres figures préfèntent une face plane, & portant 3 lignes d’épaifleur ; & toutes fe montent à vis & fe rivent fur leur tige , comme nous l’avons expliqué pour le Cautere quarré, Fig. y 6 6.
- La Figure 10 repréfènte le Cautere oblong; c’eft une platine comme aux précédents ; mais il préfente une face un peu concave, pour embrafîèr tout à la fois la crête du tibia. On réuffit très-bien à former cette cavité, & on la fait diligemment en la creufànt un peu à coups de cifelet le plus uniment qu’il eft poffi-ble ; on ôte les inégalités fur une meule de 6 pouces de diamètre : on la polit fur une polifloire de femblable hauteur, & l’inftrument eft bien fait.
- Quelques Praticiens veulent avoir plufieurs Cautères avec leur tige, mais ne veulent avoir qu’un manche qui ferve à tous les Cautères : alors il faut brifer les tiges de ces inftruments, & les ajufter à vis fur un manche vu Fig. 11, lequel porte environ deux pouces de tige feulement ; alors il fuffit de faire la tige qui porte la platine > de 7 ou 8 pouces de longueur. Chacun des fufdits Cautères aéluels font du prix de 6 liv.
- Article Premier.
- Du Cautere pour la Fijlule lacrymale, & de fort Entonnoir,
- Le Cautere de la Fiftule lacrymale différé des autres, en ce qu’il eft très-petit 8c qu’il ne s’applique qu’à l’aide d’un Conduéleur.
- La Figure 12 repréfente le Cautere; c’eft une tige d’acier ronde d’un bout à l’autre, pliée en forme d’équerre en 0, & montée fur un manche d’ébene.
- La Figure 13 repréfente l’Entonnoir qui fert de conduéleur au Cautere. La Figure 14 repréfente aufîi ce conduéleur , mais vu de face , pour en indiquer la forme exaéle.
- Pour faire cet infiniment, on forge une platine d’acier femblable à cette figure pour le volume 8c la forme, mais d’une ligne & demie d’épaifleur ; 8c après l’avoir dégroflîe & dreffée à la lime, on y fait un trou de 4 lignes en H; on fait enftiite l’Entonnoir d’une platine de fer corroyé 8c bien doux, d’environ une ligne d’épaifleur : on lui donne «ne figure conique de 20 lignes de longueur 9 1y lignes de largeur par un bout, & 7 ou 8 lignes de largeur de l’autre bout. Voye\ la Fig. 1y. On ploie & l’on roule cette platine fur un mandrin rond, ce qui donne un tuyau de la forme repréfentée par la figure 16 ; alors on ajufte le gros bout dans le trou H 9 Fig. 14, 8c dans la direélion indiquée en K L , Fig; 13 ; enfuite on brafe les deux parties enfembleavec du cuivre, après cela on finit l’inftrument.
- Il faut ajufter la tige du Cautere dans le trou de l’Entonnoir, de maniéré qu’il y entre à l’aifè & même avec un peu de jeu, parce qu’il n’opere qu’étant chauffé
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- un peu rouge; par conféquent l’acier groflîflant dun douzième, il ne pourrait pas entrer ; de plus, la longueur doit être ajuftée de telle forte, que le bout du Cautere ne puifle déborder le bout de l’Entonnoir que d’une ligne jufte, ce qui eft indiqué par la ligne ponéluée MM 7 Fig. 12; cela eft très-eflentiel, parce que la fiftule eft fur le bord de l’angle interne de l’œil, par conféquent on feroic en rifque de bleifer l’œil par la chaleur du Cautere ; ce n’eft que cette raifon qui a fait imaginer un Entonnoir qui renferme tout le Cautere lorfqu’on l’a fait rougir au feu, & qui ne laiife fortir qu’une ligne du bouton, ce qui eft fuffifant pour l’opération ; or c’eft le coude en o qui fixe cette faillie, parce quil eft arrêté for la platine de l’Entonnoir en p 9 Fig. 13.
- Le Cautere & l’Entonnoir pour la Fiftule lacrymale, font du prix de 10 liv. les deux.
- Article Second.
- JDe la Pince à Cautere ou a Jeton, & des Aiguilles à Jeton.
- ! O N fe fervoit beaucoup autrefois du Cautere à feton ; une Pince repréfontée par la figure 16, étoit Employée à cette opération : elle eft faite en forme de tenailles croches ou d’un gauffrier ; avec cette Pince on ferroit une partie des chairs du col , & par le moyen d’un trou percé au travers des deux mâchoires q q f on pafloit le Cautere, ( chauffé prefqu’à la couleur de cerifo , ) au travers de ce trou, pour percer la peau ; enfui te on pafloit l’Aiguille à foton, Fig, 17, munie d’un foton dans le trou R : (on voit la coupe de l’Aiguille par la Fig. 2y. } Cette Pince[eft compofée de deux branches femblables ajuftées à jonélion paflee , laquelle fe fait fur les principes du Davier.
- Les mâchoires repréfentent deux platines dont le bout eft plié quarrément en dehors : voyez r r. Ce rebord porte 4 lignes de largeur ; les angles du dedans des mâchoires font bien arrondis, & le refte du corps de l’inftrument eft limé St drefle à huit pans. Un reflort eft néceflaire à ces Pinces : on fait un reflort doux St liant, qui ait feulement la force de renvoyer les branches pour fe féparer : on le place en P P, en dedans de la branche femelle. Anciennement, & même jufo qu’à M. Dionis, on ajuftoit une bride au bout d’une des branches, & à l’autre branche on faifoit des dents de maniéré à repréfonter une crémaillère; cela fervoit à tenir la Pince fermée pendant l’opération ; mais plufieurs ont ôté la crémaillère , & d’autres encore ont réformé non - feulement la crémaillère, mais même tout l’inftrument,
- La Figure 18 repréfente le Cautere rond de Q en Z, d’où il prend la forme ovale en mourant jufqu’à la pointe X : le manche eft fait à 8 pans, &c. La Figure 22 repréfente la coupe prife for la ligne Z Z.
- La Figure 19 repréfente un Cautere deftiné à la même opération que le précédent ; mais au lieu d’être rond, il a la figure d’une lofange, Voyez-en la coupe
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- tranfverfale, Fig» 20. Ainfi félon que les Chirurgiens veulent faire le Cautere , on fait en çonfëquence le trou qq de la Pince Fig» 16; c’eft-à-dire,que pour le Cautere ovale, le trou doit être ovale ; Sc pour le lofànge > le trou fera en lofànge; enfin fun Sc fautre Cautères doivent entrer dans le trou de là Pince jufqu’à Z Z.
- La Figure 21 repréfènte la courbure for le plat de l’Aiguille à fétôrt * Fig» 17. La Pince à Cautere & les deux Cautères, font du prix de 12 livres : chaque Aiguille à féton eft de 2 iiv. *
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- Article TroiSiemI.
- Des Aiguilles à Anévrifme.
- La Figure 13 repréfente une Aiguille à anévrifme ; c’eft un inftrument fak d’acier pur: X eft une platine faite en cœur, qui fert à tenir l’inftrument. Le Corps de l’Aiguille eft limé , Sc on lui donne la forme d’un ovale un peu applati; les tranchants font arrondis pour ne point couper. La pointe eft aufti moufle Sc bien arrondie avec la pierre du Levant Sc à l’huile : dans le plus large de la tige , en y > qui eft à 18 lignes près de la pointe, on y fait un trou au foret; enfuite avec de petites limes on allonge le trou pour lui donner la forme d’un œil. La Figure 24repréfente cette Aiguille furie côté, ce qui fait voir 1’épaifïeur.
- La Figure 26 repréfente l’Aiguille à anévrifme de M. Goular: c’eft une lame d’acier d’une ligne d’épaiifeur ; cette épaifteur ne fe trouve que fur le milieu d’un côté qui forme la vive-arête, & va en aminciftànt fur les bords, qui fe terminent par un tranchant moulfe : voyez la coupe tranfverfale, Fig. 27. On voit en £ Fig. 22 , deux trous d’une ligne de grandeur, percés au travers avec lin foret d’une ligne de diamètre ; enfuite avec un cifelet fait en gôiige , on y fait une gouttière de la largeur du trou, & de 4 à y lignes de longueur $ Sc cela de chaque côté des trous ; moyennant cette attention le fil fo loge bien dans cette gouttière , & ne forme pas de bourrelet pour pafîer au travers de la plaie : on voit la courbure de cet inftrument dans la Figure 28* Les Aiguilles à anévrifme font du prix de 2 liv. piece.
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- Coutelier» II» Part. Secl. I»
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- HART DU COUTELIER;
- CHAPITRE QUARANTE.
- Des Inftruments propres à tirer des corps étrangers, tels que les Tire-balles, <9Cc.
- S i l’amour de la gloire engage des Citoyens à fàcrifier leur vie dans des combats , il doit être flatteur pour un Chirurgien de chercher à rendre à fa patrie , ceux qui, bleffés dangereufement, périroient fans le fecours de leur Art ; auffi la Chirurgie a-t-elle imaginé des inftruments propres à tirer des balles de fufil, de petits éclats de bombe 3 &c. &c; tels font les Becs-de-corbin, les Becs-de-cane, les Becs-de-gruë, les Tire-balles Amples & les compofés. Nous allons parler de tous ces inftruments dans ce Chapitre.
- Il y a plufieurs efpeces de Tire-balles dans Scultet & dans Dionis. Sans entrer dans le détail de tous ceux quon a imaginés, nous nous bornerons à en décrire fept efpeces différentes, & nous choifirons ceux qui font les plus généralement reçus des grands Maîtres en Chirurgie.
- Article Premier.
- Du Tire-balle a bafcule y & de celui en pince.
- s La Figure x repréfente le Tire-balle à bafoule & à charnière ; il eft compofé de deux branches exaélement parallèles & jointes enfemble par une charnière (*). L’inftrument doit avoir xo pouces de longueur ; la forme du dedans des branches, ainfi que leur largeur, font repréfentées par la Figure 2. On voit aufîi les bouts faits en cuiller, pour contenir une partie de la balle. Voyez a A.
- Le but de cet inftrument eft de dilater un peu la plaie pour mieux pincer la balle ; c’eft pour cela quii eft fait en dilatatoire, c eft-à-dire, que la charnière étant placée au milieu b, Fig. 1, & entre les deux branches, donne la facilité de faire faire la bafcule aux deux branches ; de forte qu’en ferrant les branches en B l’extrémité DD s’élargit, dilate la plaie à volonté, & faifànt découvrir la balle , donne la facilité de la pincer & de la tirer au dehors. Trois chofes font eflentielles à cet inftrument : i0* il faut qu’il foit fait d’acier un peu écroui, mais non trempé ; 2°. qu’il foit bien arrondi par tout l’extérieur des branches, que le dedans foit un peu applati, mais que les quarres foient bien abattues & très-moufles; 30. enfin il faut que la charnière foit bienajuftée, afin que les branches ne varient pas, mais qu’elles pincent bien parallèlement.
- Les uns veulent un reffort à cet inftrument ; alors on en fait un bien liant, que
- (*) Qn trouve la maniéré de faire cette charnière au Chapitre XXXIV, du Tour,
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- Seconde Partie. Seat. 1. Chap. XL ^rt
- ion place en d; mais tout confidéré, ce reiîort eft plutôt nuifible qu'utile: car fi l'Opérateur, en dilatant la plaie, oublie pour un inftantle reflort, qu il lâche un peu la main , l'élafticité naturelle au reflort, chaflera les branches & fera quelques meurtrifiures aux parois internes de la plaie*
- D autres veulent de petites dents dans la concavité du cuilleron, comme on voit en a, Fig. 2 ; & d autres défirent au contraire que le fond du cuilleron foit uni comme en A : il eft certain que pour peu que cette derniere pince la balle par le bord feulement, le poli de la concavité la fait glifler jufqu'au fond de ce cuilleron, ce qui n'arrivera pas à celle qui eft dentée, à laquelle la balle reliera attachée à la première dent qui l'aura fàifie.
- La Figure 3 repréfente le Tire-balle en pince ; il eft compofé de deux branches femblables aflemblées par une jonétion paftee, laquelle fo fait fur les principes du Davier , Chap. IV \ le bout {ùpérieur fe termine en cuiller comme ceux a A 9 Fig. 2, & l’autre bout eft fait avec deux anneaux femblables à ceux des Cifoaux. Voyez la maniéré de forger les anneaux des Cifeaux, Chap. XXV.
- Chacun de ces Tire-balles font du prix de 6 liv.
- Article Second*
- Du Tire-balle à vis , appelle auffi à Tarriere.
- Lorsqu'une balle à demi-morte entre dans le corps, & quelle rencontre un entre-deux des côtes, elle s'y loge de façon qu'elle devient difficile à Planche extraire. On a imaginé, pour y parvenir, le Tire- balle à vis, repréfenté par la ^7'
- Fig. 4 : il eft compofé d'une canule ou tige creufe de F en e, & d'une tige maflive, dont un bout eft fait en vis à double filet pour entrer dans la balle, & l'autre bout eft terminé par un treffle qui fort comme de manivelle à l'inftrument.
- On commence par faire la canule en forgeant une lame de fer bien corroyé & doux , de 8 ou 9 pouces de longueur, d'un pouce de large, & d'une bonne ligne d’épaifteur : on la plie for un mandrin rond, & on labrafe bien dans toute fà longueur; enfuite on forge une platine de fer où l'on réforve une forte embafo à chaque bout. Voyej la Fig. y. On perce avec la tranche la partie h à jour ; & enfin ayant bien drefle cette piece à la lime, on fait deux trous au foret, l'un en j, l'autre en K, de façon que tous les deux foient en ligne droite & au milieu de la fenêtre h ; après cela il faut brafer le bout E, Fig. 4, de la tige , dans le trou j, Fig. 5 , enfuite tarauder le trou K. Ce qui étant exécuté, on lie & on brafe ces deux pièces, pour quelles n’en faflent plus qu'une.
- On forge en acier fin la tige Fig. 6, qui eft la partie la plus eflentielle de rinftrument ; après l'avoir forgée de longueur M de grofleur convenables, comme l'indique la Fig. 6 , on difpofe le treffle en faifànt trois trous 1,2,3, foit au foret ou au poinçon à chaud : on taraude la partie L L for le même pas de vis K,
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- 5ia U A R T DU COUTELIER;
- Fig. y 1 après cela on fè difpofe à faire les filets de la pointe i i , qui eft la partie la plus intéreflante de l’inftrument. Cette vis efl: de figure conique & à double filet.
- Prenez une lime propre à faire des filets , repréfentée par le no, y , PL 17, première Partie ; pofez la pyramide fur le bois à limer9 ferrez - le dans l’étau : voyez la pofition de ceci, Fig. 13 , PL 17, première Partie, Pofez la lime en croix fur la pyramide, en fiiivant la direétion de la ligne m n, Fig. 7 ; alors creufez le filet tout autour de la pyramide 9 en la faifànt tourner dans la main à chaque coup de lime : en travaillant ainfi , vous arriverez régulièrement au bout de la ligne p, ce qui fera un filet indiqué par la ligne pleine ; or, pour faire le double filet, après que le premier efl fini d’un bout à l’autre, pofez la lime entre les filets que vous venez de faire fur la ligne ponéluée o o ; pourfuivez ce dernier comme le premier, pour finir le filet au bout q de la ligne ponéluée ; après cela on a foin de faire terminer les deux filets chacun par une bonne pointe, comme elle efl repréfentée en ii9 Fig. 6, & qu’elles foient bien femblables, afin qu’elles puiflent mordre bien régulièrement dans le plomb; il faut tremper cette vis couleur de cerife 8c la recuire à la couleur d’eau, ou tout au moins gros bleu.
- L’intention de l’Opérateur efl que cette vis puiflè mordre dans le plomb en tournant le treffle, tandis que le bout e de la canule Fig. 4, garde la vis comme une gaine, <& préferve la plaie de toutes les contufions & meurtriflures que cette vis pourroit faire fi elle n’étoit pas renfermée. Ce Tire-balle efl du prix de i81iy.
- Article Troisième.
- Du Tire-balle a trois branches.
- ^..... « L a defeription du Tire-balle à vis que nous venons de faire, abrégera beau*
- Planche coup celle du Tire-balle à trois branches, parce que la canule efl la même, ainfi que la platine qui porte la canule & la vis, tout comme le treffle qui fert de manivelle.
- La différence de ces deux inftruments confifte en ce qu’au premier, c’eft une vis qui s’ouvre un paflage dans la balle, & au fécond ce font trois cuillerons qui embrafîènt la balle pour l’extraire de la plaie. Pour ne point répéter les opérations , fuppofons donc avoir fait la canule & le porte - écrou, Fig, y , & qu’ils font brafés enfemble en F9 Fig. 4.
- Il faut forger une tige d’acier quarrée, de la longueur repréfentée par la Fig; 8, à compter de Q jufqu’en P ; quelle foit limée quarrément depuis R jufqu’à 7 ou 8 lignes près du bout Q : ces 7 ou 8 lignes doivent être limées triangulai-rement. Il faut enfuite forger tro% branche^ d’acier corroyé d’une ligne d’épaif-feur, & dont la longueur, la largeur & la forme font repréfentées par la Fig. 9 : il faut leur donner la forme d’une cuiller, & les ajufter chacune fur une face de
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- la partie triangulaire Q , Fig. 8 , affèmblées de maniéré que le côté concave du cuilleron foit en dedans , & le côté convexe en dehors : on les lie toutes trois Plancus enfemble fur la tige avec du fil d’archal , & on les brafè ; enfuite il faut les drefïêr , les mettre bien parallèles entr’elles, & leur donner de la bande, c’eft-à-dire, donner un écartement réciproquement égal aux trois pièces, comme Ton voit en 4,5,6, Fig. 8 , mais que le coude le plus fenfible de cette courbure ne commence que fur la ligne H H ; enfuite il faut les lier à fendroit de la brafure avec du fil d’archal, afin quelles ne le débrafem pas , & les mettre au feu, les tremper couleur de cerifè , & les recuire à la couleur bleue.
- On forge le treffle, fervant de manivelle, d’un acier bien fain, tel que le reprélente la Figure 11 ; & après l’avoir taraudé, on perce un trou bien au milieu de S en r, c’eft-à-dire, de toute la longueur de la tige taraudée; c’eft dans ce trou qu’on ajufte le bout de la tige R P, Fig. 8, de maniéré que le bouc S , Fig. 11, s’ajufte bien avec la partie R. Or , tout étant ainfi, il faut monter l’inftrument ; à cet effet il faut préfenter le bout de la tige P, Fig. 8, au bout de la canule X, Fig. 12 , recevoir le bout P dans le treffle, & fur ce bout taraudé on vifte un écrou fait en poire , repréfenté par la Fig. 10, vu en là place en Fig. 12. Cette Figure repréfente finflrument tout prêt à être introduit dans la plaie, ce qui eft très-facile, vu que le bout eft olivaire, pourvu que les trois branches foient bien ajuftées ; lorfqu’on eft près de la balle , on tourne 3a vis de droite à gauche , la tige monte & fait fortir les trois branches qui, par leur élafticité naturelle , s’écartent à meliire quelles fortent, & forment un triangle ouvert comme le fait voir la Fig. r 3 , en y y y. Il eft à remarquer qu’il faut que leur ouverture Ibit plus évafée que la circonférence de la balle, & par conféquent que la plaie eft dilatée ; alors par un mouvement on tâche de faifir la balle entre fes trois branches ; & lorfqu’on la fent, on fait marcher la vis de gauche à droite, les branches rentrent dans la canule jufqu’à ce que l’on fente une réfiftance modérée, alors on préfume que la balle eft fùffifàmment ferrée pour être tirée ; on celle de tourner la vis, & fans peine on tire la balle hors de la plaie.
- Le méchanifme de cet infiniment eft fimple : il fait très-bien fon effet. Sa longueur de 12 ou 13 pouces, ne lui ôte rien de la folidité qu’il doit avoir. Il feroit à fouhaiter que le nom de fon Auteur fût connu ; il n eft cependant pas fort ancien, car il n’en eft point fait mention dans Dionis : on ne le voit que dans Garengeot, mais fans le nom de celui à qui on le doit. Il eft certain que ce Tire-balle à trois branches a fait abandonner plufieurs efpeces de Tire-balles, fur-tout celui qu’on appelloit Alfonfîn> qui avoit auffi trois branches que l’on ferroit au moyen d’une bride, & d’autres qui font rapportés par Scultet & par Dionis. Ce Tire-balle à trois branches vaut 3 6 liv. lorfqu il eft bien fait. .
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- Article Quatrième;
- Du Bec-de-corbin y du Bec-de-cane, du Bec-de-grue, pour textraction des balles & d'autres corps étrangers•
- s Indépendamment des Tire-balles que nous venons de décrire, il y a encore trois inftruments appelles Bec-de-corbin, Bec-de-cane, & Bec-de-gruë, qui font d’un ufàge allez familier pour tirer non-feulement des balles , mais encore de fortes échardes entrées dans des endroits charnus, comme dans les molets des jambes, aux cuiifes, aux bras, &c; des clous entrés par accident dans les pieds, &c.
- La Figure 14 repréfente le Bec-de-corbin : il eft compofé de deux branches unies enfemble par une jonélion paflee : on y joint un reifort de renvoi, & le dedans de la pince ou du bec X 9 eft taillé en façon de lime bâtarde à grains fins , ce quon fait avec la quatre d’une lime triangulaire ; les faces intérieures du bec font limées à plat, mais tout l’extérieur eft rond ; au refte , on peut confulter la maniéré de faire le Davier, Chap. XXXVIII, parce qu’il fe fait fur les mêmes principes, aufti bien que les deux que nous allons expliquer.
- La Figure 1 ÿ repréfente le Bec-de-gruë ; il différé du Bec-de-corbin, en ce qu’il eft plus long de deux tiers, & un peu plus étroit : il eft deftiné à pénétrer dans un trou profond pour y faifîr un corps étranger. Pour cet effet l’intérieur du bec Z , eft non-feulement taillé avec des dents, mais encore on y pratique une gouttière de la profondeur d’une ligne & demie.
- La Figure 16 repréfente le Bec-de-cane : il eft à peu-près femblable au Bec-de-corbin ; cependant il eft plus long d’un pouce ou environ du bec ; il eft courbé plus en équerre en F: le bout du bec au lieu d’être taillé en lime, eft crcufé comme au Tire-balle : voyez la Figure A , Fig. 2, *
- Ces trois derniers inftruments doivent être faits d’acier, mais point trempés , à l’exception des rellbrts, qui doivent l’être.
- Nous n’avons pas encore indiqué la maniéré de faire le cuilleron A A, Fig; a, du bec du Tire-balle. On prend un cifelet fait en gouge, & l’on en creufe de la profondeur de 2 lignes ; enfliite on emporte les faux coups avec une fraife ronde par le bout, & taillée en façon de lime : voyez h, Fig. 17, PI. ce qui fe fait à coups d’archet, comme fi on vouloit faire un trou au foret ; enfuite pour polir on prend un morceau de bois de noyer : on lui donne la forme de la fraife : on l’ajufte dans une boîte à foret, & enfin on la fait tourner dans le trou avec l’archet, ayant foin d’y mettre un peu d’émeri clair ; c’eft ainfi qu’on polit toute piece concave toutes les fois que la concavité eft ronde. Le Bec-de-gruë , Fig. 1J , eft du prix de 8 liv. & le Bec-de-corbin, ainfi que le Bec-de-cane , 6 liv. chacun.
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- Article Cinquième.
- Des lnfiruments pour tirer les corps étrangers arrêtés dans tes ŒfophageÈi
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- Personne n ignore combien oneflincommodé lorfqu’on a avalé par mégarde un os, une arête de poifîon, une épingle, oulorfque tout autre Corps à-peu^ près fèmblable s’arrête dans l’œfbphage, au-delà du larinx ; ceux qui font longs 8c pointus, font difficiles à tirer ou à repoufler, parce qu’ils fe placent prefque toujours en travers ; & ce qui rend cette opération difficile encore , c’eft qu’il n’eft pas poffible que le Chirurgien juge de là pofition ; cependant il eft de fa prudence de décider s’il doit tirer le corps étranger , ou s’il faut le repoulfer.
- La Figure 18 repréfente une Pince à tirer les corps étrangers, appellée pat Paul, par Hildet, &c, Acanthabolom Elle efl courbée en quart de cercle, pat rapport à la conformation du gofler.
- Cet infiniment efl compofé de deux branches femblables, unies à jonélion paffée ; l’extrémité efl d’un tiers plus large que le refie de la branche, & d’une ligne plus épaiffe, pour faciliter la prife du corps étranger , ainfi que pour en diminuer le volume. Ces deux bouts font faits en cuilleron, & par conféquent creufés comme l’extrémité du Tire-balle A a , Fig. 2 ; plus, on y fait deux anneaux femblables à ceux des Cifeaüx, pour procurer de la prife tant pour chercher le corps étranger, que pour le tirer des œfophages* Cet inllrumentfe vend 6 liv.
- La Figure xp repréfente une Curette à deux fins ; c’eft une tige d’acier limée à 8 pans dans le milieu feulement : les deux bouts font faits à cuiller, comme 011 le voit en q p ; de plus on fait de petites dents de râpes, mais d’un côté, comme on voit en <7, & l’autre côté efl uni & poli. Avec cet infiniment, on tire plufîeurs efpeces de corps étrangers, comme , par exemple, un oflelet dans le gofler, qui nauroit pas paffé le larinx ; un pois dans le nez, un os dans l’oreille, une balle dans le bras, dans la jambe, &c. Cette Curette fè vend 2 liv. 10 f.
- La Figure 20 repréfente un Repoufîoirdes Corps étrangers dans les œfophages, & qui ont paffé le larinx : il eft fait d’un morceau de baleine limé en rond & bien poli d’un bout à l’autre, de 2 lignes de groffeur, & de 8 pouces de tige, non-* compris 4 pouces de poignée* L’extrémité eft évuidée avec une lime demi* ronde, ainfi qu’on le voit en u u, & cela fert à lier fermement, avec un fil fort, un morceau de fine éponge de la groffeur d’une noifette : on la perce en travers pour y loger le bout de la tige, & on la retient en la liant enfuite un peu ferme & par fon milieu feulement, fur la ligne u u.
- Cet infiniment eft très-fimple, & c’eft ce qu’il y a de meilleur pour repoiifTer un os, une arête & autres corps femblables. J’ai prêté Cet inllrument à plufîeurs Chirurgiens, entre les mains defquels il a toujours bien réufïï* Comme la baleine
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- eft liante Sc fbuple, elle fe prête à la forme des œfophages. Ce Repoufïoir fd
- vend 3 liv.
- Quelques Chirurgiens ont un Repoufloir fait avec une petite boule d’ivoire de la grofleur d’une noifette, rivée au bout d’un fil d’acier ou d’argent d’une ligne de grofleur, & de io ou 12 pouces de longueur. Je crois fort inutile d’en rapporter la figure , vu fà fimplicité.
- La Figure 22 reprélente le Repoufloir d’arêtes de feu M. Petit, propre a tirer ou à repoufler les corps étrangers arrêtés dans les œfophages. Le corps eft une canule flexible de T en t} ce qui s’exécute avec un fil d’argent travaillé fur un mandrin rond : voyez la maniéré de faire les Algalies flexibles, Chap. XLVII. L’extrémité TVx , Fig. 22 , eft un bout de canule d’argent non-flexible, mais qui eft foudé à l’étain au bout de la canule fpirale en T : on perce un œil en v , pour aflujettir une éponge qui tient avec la canule & avec le ftylet de baleine. La partie R t y , eft aufli un bout de tuyau foudé à l’étain en t, qui fert à aflujettir la canule avec le ftylet ; or, cette union fe fait par un méchanifme à peu-près femblable à la douille d’une bayonnette qui s’ajufte fur le fufil : en y eft une piece de rapport foudée fur la canule t, à laquelle il y a une encoche qui, après qu’elle a pafle par l’autre encoche i , n’exige que de tourner l’une des pièces ou à droite ou à gauche, pour qu’elles tiennent enfemble.
- La Figure 2 r repréfente le ftylet féparé de l’inftrument : .il eft fait d’un morceau de baleine arrondi & poli, & ajufté un peu gai dans la canule d’argent : depuis s jufqu’en r, c’eft un bout de canule d’argent, qui ne tient au ftylet que par le feul ajuftement. L’embafe u, eft un anneau foudé fur la canule , enfuite entaillé pour faire l’encoche de jonélion, laquelle encoche fe voit fur la ligne ponéluée £.
- On voit que l’inftrument eft droit ; mais la canule étant faite en fpirale, Sc le ftylet étant de baleine, qui eft bien fouple Sc bien liante , permettent à l'infini-: ment d’obéir à la configuration du gofîer ; de plus, le ftylet n’eft joint à la canule que par le moyen de l’ajuftement, pour laifler la facilité à l’Opérateur de l’ôter à volonté : c’eft-là l’intention de l’Auteur. Mais je crois être obligé d’avertir de fie pas rifquer de tirer le ftylet de fa canule dans le temps de l’opération ; car, il eft moralement certain que la canule s’alongeroit de 2 pieds de longueur avant que le bout pût fortir de fà place, Sc cela par la feule réilftance de l’éponge.1 Pour s’en convaincre , il ne faut qu’examiner que cette canule eft faite d’un fil d’argent d’une ligne de diamètre , qui eft tortillé autour d’un mandrin jufqu’à la longueur de 6 pouces de fpirale ; ce tuyau eft donc compofé de 72 lignes courbes qui fe redrefleront infailliblement: par l’écartement, fi une ligne droite & maflive ne les foutient toutes enfemble, & c’eft prédfément le ftylet de baleine qui donne toute cette force ; il ne faut donc pas le féparer de l’inftrument : il faut au contraire attacher l’éponge non-feulement avec la canule, mais encore avec le ftylet, Sc cela par le moyen de l’œil v, par où l’on peut pafler plufieurs fils. Cet inftrument vaut 50 liv. La
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- La Figure 23 repréfente encore le bout d’un infiniment pour tirer des corps étrangers de l’œfophage ; c’eft une tige de baleine comme la Fig. 20 ; mais à l’extrémité A on rapporte un anneau entré à vis, & à cet anneau on joint 8 ou 10 chaînons d’argent, qui doivent entraîner les corps étrangers en tirant l’inftru-ment dehors, après l’avoir fait entrer dans l’œfophage ; du moins il fait changer la difpofition d’une arête de poifion ou d’une épingle. Ce dernier efi de 9 üv.
- La Figure 24 repréfente aufll un femblable infiniment, mais dont la tige > au lieu d’être de baleine , eft d’argent. Pour le faire on prend un fil d’argent de 3 pieds de long ; on le ploie en deux par le milieu d : on prend deux pinces à main, on embrafle les deux fils enfemble à la diftànce d’un chaînon, comme on voit de a en b: on fait faire un tour aux pinces en fens contraire pour tortiller l’argent, & de l’un à l’autre on fait des chaînons de toute la longueur du fil rond : on ajufte à un bout les chaînes de la Fig. 23. Ce dernier eft du prix de 15 liv.
- CHAPITRE QU ARANTE-UNIEME.
- Des Inflruments propres à Vopération de la Hernie.
- L’opération de la Hernie regarde tous les Chirurgiens; mais ceux qu’on appelle Herniers ou Bandagiftes, n’exercent, à proprement parler, que l’Arc de faire & pofer les Bandages. Nous pourrions entrer dans le détail de la fabrique de ces Bandages, en ce qui regarde la partie d’acier élaftique qui entre dans leur compofition ; mais il convient de laiffer traiter cet Art à celui qui s’occupera de là defcription. Nous allons parler feulement des Inftruments qui ne font que du reflort du Coutelier, 8c deftinés à l’opération de la Hernie.
- Article Premier.
- De la Sonde ailée.
- La Figure I repréfente la Sonde ailée & cannelée : elle fèrt à conduire les Biftouris & les Cifeaux dans l’opération de la Hernie.
- Cet infiniment eft ou d’acier ou d’argent* Pour l’exécuter, on commence par faire la Sonde fur les mêmes indications déjà données pour la Sonde creufè, Fig. 15 , PI• 83 9 Chap. XXXVII. Cette Sonde ailée eft cannelée dans toute fa longueur depuis d jufqu’en e ; à ce bout la cannelure doit être fermée, afin que le Biftouri s’arrête & ne puifle pas paffer outre ; on réferve fur pièce deux petites chevilles en delfous, qui fervent à fixer la platine B B9 qui eft du même métal dont on fait le corps de la Sonde. Cette platine a une demi - ligne d’épaif feur: on l’ajufte avec la Sonde, en faifant deux trous qui reçoivent les deux Coutelier. IL Part, Secl. L L 4
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- chevilles : on les rive un peu ; on brafe enfuite le tout enfemble 1 on finit la pièce i la lime , & on la polit : il ne faut point la tremper.
- La platine cc, qui eft faite en cœur, fert à tenir l’inflrument pendant quon t)pere : fon épaiffeur eft à peu-près d’une ligne & demie. La platine du milieu B Bj eft ce qui fait les ailes de la Sonde ; l’ufage de ces ailes eft de contenir les inteftins , afin qu’ils ne fe préfentent pas au tranchant du Biftouri pendant qu’on fait l’incifion & la dilatation de l’anneau.
- La perfeétion de cet inftrument dépend i°. d’employer la matière bien nette & point pailleufe ; 20. que tous les angles foient parfaitement arrondis & polis , tant ceux de la Sonde que ceux de la platine ; 3 °. l’extrémité e doit être olivaire : c eft elle qui commence à pénétrer l’étranglement ; on juge aifément qu’elle doit couler avec toute la douceur poffible, & que la moindre paille, ou la plus petite quarre vive, écorcheroit & déchireroit l’anneau au lieu de le dilater.
- Le prix de la Sonde ailée, en acier, eft de 2 livres ; en argent, c’efl: 4 liv. de façon, & le poids à part, qui va à 9 ou 10 gros.
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- Article Second.
- Des Bljlouris Jimples pour /’opération de la Hernie.
- La Figure 2 repréfente le Biftouri fermant, courbe & boutonné; fon tranchant eft à fa partie* concave, Sc la lame fe ferme dans la châfle, qui eft d’écaille , ainfi que le Biftouri de l’Etui portatif, Chap. XXXVII ; il ne différé du Biftouri courbe , qu’en ce qu’il a un bouton olivaire au bout a \ pour cet effet quand on le forge, on laiife un peu d’épaiffeur à la pointe , pour donner la facilité d’entailler avec la lime ce bouton, qui, au refte, ne porte qu’une ligne d’épaifleur étant tout fini.
- La Figure 3 repréfente aufli un Biftouri boutonné pour la même opération 9 mais un peu plus courbe & plus étroit que le précédent ; le tranchant ne commence qu’en Ay & continue jufqu’au boutpn. La lame ne fe ferme point, elle eft fixe fur Ion manche; en ce cas elle eft ajuftée à queue , & cimentée comme un couteau à gaine.
- Il eft eflèntiel que ces Biftouris coupent bien. Le défaut qui eft ordinaire pref qu’à tous, c’efl: de ne pas être parfaitement tranchants contre le bouton : cependant pour le bien de l’opération, cela eft indifpenfable ; car, fitôt que le bouton a pénétré, le tranchant doit incifer avec toute la douceur & la vivacité poffibles. Et pourquoi ce défaut eft-il commun l c’eft parce que le coup de meule & le coup de pierre font très-difficiles à être exécutés ; or, pour bien y réufîîr , il faut les émoudre fur une meule mince réduite à un pouce d’épaifleur, & faire les quarres vives : moyennant qu’on appliquera le coup de meule avec dextérité, on fera venir du morfil au raz du bouton, & l’on réfervera le bouton dans toute U
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- forme qifon lui aura donnée à la lime : on doit affiler ces Biftouris fur les pierres à Lancettes , Chap. XXXK,
- Une chofe eftentielle & quil ne faut pas négliger, regarde le bouton ; il eft entaillé vivement par rapport au tranchant, par conféquent il eft fujet à fe caffer pendant l’opération, & même en glilîànt fur la Sonde. Pour prévenir cet accident, lorfqu’on a trempé le Biftouri, & qu’il eft recuit par-tout à la couleur d’or, il faut faire rougir une paire de tenailles, en faifir le bouton du Biftouri, SC le recuire jufqu’à la couleur bleue, & même anticiper de demi-ligne fur la lame.
- La Figure 4 reprélente le Biftouri boutonné à tranchant moufle -, ce qui lui a fait donner le nom de Bijlouri fait à la lime, par feu M. Petit, qui en eft l’Au* teur. Son ulàge eft de dilater & non de couper ; par conféquent le tranchant doit être émouffé. Cet infiniment doit être fait comme les précédents; & lorfqu’il eft fini de meule & de polifîbire, au lieu de l’affiler pour le faire couper, il faut au contraire lui arrondir le tranchant avec la pierre à l’huile, de maniéré qu’il glifte fur la peau de la main, au lieu de la couper ; du refte, le Biftouri eft emmanché à queue comme un Couteau à gaine.
- Ces trois Biftouris boutonnés font du prix de % liv. piece.
- Article Troisième.
- Des Cif aux courbes fur le coté, & de ceux qui font courbes fur les plats;
- Les deux paires de Cifeaux que nous allons décrire, fervent à faire plufîeurs opérations de Chirurgie, & font employés à celle de la Hernie.
- La Figure y repréfente les Cifeaux courbes fur le côté, dont quelques Praticiens Anglois font ufage pour la Fiftule à l’anus (* ).La courbure des lames eft enfêc furie côté feulement; du refte elles font droites jufqu’à leur pointe. Cette forme de Cifeaux eft très-convenable pour glifîer dans la cannelure de la Sonde ; les branches font un peu coudées en I, afin que les deux doigts ne touchent point la Sonde : les anneaux font auffi jettés fur le côté, par ce moyen ils ne font pas fujets à être accrochés ni à la platine de la Sonde, ni au pouce qui la tient. Les pointes doivent être moufles ; & il convient qu’il n’y ait point de bouton au bout, mais qu’elles foient bien arrondies avec la pierre à l’huile.
- La maniéré de faire cette efpece de Cifeaux, ne différé point de celle que nous avons donnée au Chapitre XXV ; ils ont cependant befoin d’être plus parfaitsce que nous allons expliquer.
- Suppofons les Cifeaux forgés d’acier pur & bien fàîn, comme, par exemple * avec de l’acier fondu, & qu’ils foient limés avec précifion ; prenez ces Cifeaux pour les tremper ; liez les lames enfomble avec du fil d’archal, pour les faire chauffer enfomble dans un feu de charbon de bois allumé dans la poêle; lorfqu’elles feront parvenues à la couleur de rofo, il faut les éteindre dans l’eau
- (* ) Voyez le Traité des Opérations de M. Sharp, Anglois, TraduUion Françoife.
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- - fraîche : voilà fans doute le moyen de tremper deux lames au même degré de chaleur.
- Il eft d’une aufli grande conféquence de les recuire avec beaucoup d’égalité, que de les bien tremper. Pour les bien recuire, il faut les délier & les récurer ; ayez enfuite de la braife bien petite & bien allumée ; pofez les lames l’une auprès de l’autre fur le feu ; ayez la plus grande attention à obferver les couleurs ; tâchez de ne pas manquer la couleur d’or, & que la nuance des deux lames foit la même ; la meule finira le refte.
- Il faut évider le dedans des lames fur une meule de 8 ou 9 pouces de hauteur, enfuite lever un petit bifeau pour bien dreffer le tranchant & faire venir un petit morfil ; mais après il faut emporter ce bifeau en aminciflànt le tranchant jufqu’à la confiftanee de celui du Canif; enfuite poli/fez bien ces lames, & les affilez comme un Canif.
- Je propofe donc, pour ces Cifeaux, de donner aux deux lames un tranchant fin 8c égal en dureté, afin qu’elles puiffent opérer avec douceur & couper vivement. Il eft certain qu’étant faits avec les attentions que j’indique, ils rem pii-ront ces conditions exaâement. Pour s’aflurer fi ces Cifeaux coupent bien, on les effaiera fur du canepin.
- Il faut n’employer de tels Ci/eaux qu’à certaines opérations de Chirurgie, qui font par elles-mêmes délicates , je veux dire à couper des chairs éloignées des os, & même des nerfs ; il faut encore pouffer l’attention au point de ne pas ouvrir les lames mal à propos, afin d’éviter les frottements des tranchants, de crainte que des ordures ne leur occafionnent quelque breche. Or, de tels Cifeaux faits avec les attentions indiquées, valent 12 liv. autrement ils ne valent que 4 liv. c’eft-à-dire, lorfquils feront faits fur les indications communes à tous autres Cifeaux , & d’acier inférieur à celui qui eft connu fous le nom d9acier fondu.
- Les Figures 6 & 7 repréfentent les Cifeaux courbes fur les plats. Pour qu’ils foient parfaitement bien faits, il faut qu’ils foient exécutés fur ies réglés prefcrites pour les précédents, tant pour la trempe que pour le recuit 8c l’émouture; cependant il faut leur lai (fer les tranchants plus forts , mais en arrondiffant ; car , ces Cifeaux ne doivent point avoir de bifeau : il faut effentiellement l’arrondir un peu de loin.
- Leur courbure fe fait après qu’ils font limés ; 8c même pour faciliter le coup de meule, il faut les émoudre en dedans, non-feulement avant de les tremper mais même avant de les courber ; & lorfque la courbure eft donnée fur le plat en demi-cercle, on les émout fur une meule mince, & dont la face qui aiguife foit arrondie en dos-d’âne, c’eft-à-dire, pour la lame courbe en dedans; car, pour celle qui eft courbe en dehors, il faut que la face de la meule foit pfete. Les polifibires finvent la même réglé.
- Il y a deux opérations elfentielles à expliquer, parce que faute de les con-noître, on ne parviendroit pas du premier coup à faire ces Cifeaux de façon qu’ils
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- Seconde P â R ï î e. Sèci, /. Chàp. XLL jiï
- puiflent couper : i°. c’eft qu’en courbant ces deux lames fur leurs plats, Tune fe met à la coupe, 8c l’autre la perd. ( voyez cette expreflïon au Chapitre XXW Mettre les Cifeaux à la coupe, ) La lame vue par K , Fig, 6, le met d’elle^ même 8c naturellement à la coupe en la courbant en dehors ; & celle qui eft vue par j, perd la coupe en la courbant en dedans. Pour remédier à cet inconvénient , on eft obligé de faire en forte que la lame qu’on courbe en dedans fafle l’aile de moulin au double plus qu’à l’ordinaire ; 8c celle qui eft courbe en dehors doit être entièrement dégauchie , c’eft-à-dire, qu’il ne faut pas qu’elle fafle l’aile de moulin. 20. C’eft qu’en courbant ces lames, le dos A de la courbe en dehors tire fe raccourcit 8c fait jetter la lame en arriéré ; à l’autre lame au contraire, le tram chant fe raccourcit en lui donnant la courbure, 8c la lame fe jette en devant} pour obvier à ces deux inconvénients, en limant les Cifeaux il faut leur donner une légère courbure for le côté , telle que l’indique la lettre G, Fig, 7. Les Cifeaux courbes fur les plats font du prix de 6 livres ; mais étant faits for les principes des précédents, ils valent bien 15 liv.
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- Article Quatrième.
- JDu Bijlouri caché, appelle Attrape - lourdeau,
- & des Bijlouris cachés , à hcrnier.
- L a Figure 8 repréfonte le premier Biftouri caché, appellé par Scultet & plufieurs autres, Attrape-lourdeau , en ce que la lame tranchante eft renfermée Flanche dans une gaine.
- Cet înftrument eft compofé de trois pièces ; i°. fon corps h Hh> qui fert de gaine ; 20. une lame de Biftouri K 1 ; 30. un reflort /, qui tient la lame enfermée dans la gaine. Le tranchant du Biftouri eft dans la partie concave K ; une platine i, qui fait corps avec le Biftouri, fort de pièce de pouce pour faire fortir la lame de la gaine ; I un 8c l’autre font ajuftés enfomble par fo moyen d’une charnière en Hy 8c le reflort eft fixé à la gaine par une vis en j. Nous verrons , bientôt la manière de faire ce Biftouri. Le prix eft de 6 liv,
- A ce premier Biftouri caché, a foccédéle Bifiouri caché à hernier, repréfonté par la Figure p, imaginé par M. Bienaife. Cet inftrument eft compofo, comme le précédent, d*une gaine , d’un reflort 8c d’une lame de Biftouri portant là piece de pouce ; de plus il eft emmanché en L pour le tenir plus folidement dans la main ; 8c de plus encore , ia gaine porte une platine faite en cœur n m, brafée avec la gaine à la partie de deflbus ; or cette platine eft faite pour fervir de fauve-garde aux inteftins ; par ce moyen cet inftrument renferme l’un des Biftouris boutonnés & la Sonde ailée, Fig, 1, & enfin Y Attrape-lourdeau, Figé 8 : le tranchant eft de même à la partie concave. Son prix eft de 12 liv-
- A ce fécond Biftouri en a foccédé un troifieme : c’eft celui que repréfente la Coutelier. IL Part. Se3< L M 4
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- z Fig. 10. Il diftere des autres principalement dans fa longueur : il a un pouce de plus de longueur de lame, 8c autant au talon : il a également un refîort de renvoi. Comme nous n’avons encore rien décrit qui approche de la figure de ces Biftouris , nous allons enfeigner la maniéré de les faire, 8c principalement celle de forger la gaîne.
- Ayant pris une barre d’acier bien làin , de 7 à 8 lignes de largeur, 8c d’environ 4 lignes d’épaifïeur, on commence par donner une chaude grade ; on enleve premièrement la gaîne en entaillant en p , Fig, 11, fur la quarre de 1 enclume , enluite en q ; 8c par ces deux entailles on rélerve l’éminence entre p q 9 ce qui fera la charnière. On étire enluite la tige des deux côtés de la longueur quil la faut, 3 pouces 8c demi de p en Q, & 18 lignes de q en P : là on entaille „ quarrément pour rélerver la queue, laquelle fervira à emmancher l’inftrument.
- Ayant pris foin de forger bien quarrément la tige dq p en Q, 8c lur-tout qu’il n’y ait point de pailles, ayez un bon cifeau de 10 ou 12 lignes de largeur de tranchant, & de 7 ou 8 pouces de longueur ( voyez Fig. 11, PL 5 ) failànt chauffer la tige prelqu’à blanc, 8c la failànt tenir par un Aide pofée bien à plat fur l’enclume ; portez enfuite le cifeau bien perpendiculairement fur le milieu de la tige N, Fig. 12 , & fendez-la à jour depuis N julqu’en o.
- Il efl: aifé de juger que fi l’acier n’étoit pas bien net, la piece ne pourroit jamais fouffrir cette opération (*) fans rifquer de la perdre. Auffi-tôt que la tige efl fendue, il faut l’ouvrir en écartant les deux branches, comme le font voir les deux lignes ponétuées ggy 8c cela pour avoir la facilité de bien nétoyer 8c bien adoucir le dedans avec des limes plates , enforte qu’il n’y refie aucune crafîe, aucune paille, ni aucun feu de forge ; après cela on a un mandrin qui efl: fait exaélement de l’épaifleur que la lame du Biftouri doit avoir, mais quatre fois plus large ; ayant fait chauffer la gaîne à la couleur de bronze feulement ( pour éviter qu’il ne s’y leve des écailles ) , on place le mandrin dans la fente de la gaîne, 8c Ton applatit la gaîne fur le mandrin ; ce dernier étant froid, foutient là forme , 8c la gaîne étant chaude , fe modèle fur le mandrin ; mais 11 faut donner de petits coups de marteau & les frapper avec vîtefle, pour ne pas donner le temps au mandrin de s’échauffer.
- Quelques Artiftes ayant de mauvais principes, fendent cette gaîne ( ou d’autres pièces à peu-près femblables ), la refendent, dis-je f fur fa longueur, en fourchette, 8c cela pour avoir moins de peine à limer le dedans ; mais par cette méthode on efl: obligé de rapporter un entre-deux, comme, par exemple, ici au bout o , Fig. 12, de le percer, de le clouer, & de brafer le tout avec la gaîne ,
- (*) Ceux qui croient accélérer l’ouvrage, cherchent à faire cette tige avec du fer , & cela pour avoir moins de peine à la lime, & avoir plutôt fini l’inftrument. Us font fouvent trompés dans leur attente; car, la piece étant finie, fe trouve ne rien valoir, parce qu’il s’é-
- lève de petites pailles <5c des filandres qui fe fuccedent les unes aux autres ; or, l’acier eft toujours préférable, parce que fes parties font bien mieux liées & plus homogènes que celles du fer.
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- ce qui ne fait jamais une gaine folide ; l'ébranlement des coups de lime tourmente cette brafure, & au moment que l'on ne s'y attend pas , le choc du reffort fait enlever l'entre-deux & féparer les deux branches* Ainfi pour avancer 1 ouvrage ils ne font que de mauvaife befbgne.
- Après qu'on a difpofé la gaine, on ajufte la lame bien d’épaifieur & de longueur dans la fente ; on 1 aftujettit par le moyen de la vis , qui eft l'axe de i'inftrument ; enfuite on ajufte le reflort, & on fe difpofe à adoucir le tout*
- Avant de tremper la lame (par rapport à l'aélion du refîort & à la minceur de la lame, qui n'a qu'une ligne d epaîffeur ), on la trempe couleur de cerife, 8c on lui donne le recuit à la couleur de cuivre rouge.
- Il faut être bon Emouleur pour bien émoudre cette lame, parce qu elle eft mince & courbe : elle peut être gâtée par un feul & mauvais coup de meule appliqué un peu à faux. On choifit une meule de p ou io pouces de diamètre , de 14 ou r y lignes d'épaiffeur , on l'arrondit bien ( la poliiToîre également) ; on donne les coups de meule vivement & bien d a-piomb, & on donne à ce tranchant la confiftance de celui du Canif : il faut auffi l'affiler de même 8c fur les mêmes pierres.
- La gaine eft fufceptible d'être gâtée en la fîniffant ; & pour prévenir bien des accidents, il faut avoir l’attention de ne pas donner un feul coup de marteau, ni un coup de lime y ni même un feul coup de bois à polir, fans que la lame du Biftouri foit dans û café , c'eft-à-dire, qu elle doit toujours garnir le vuide de la fente ; & au défaut de la lame, on doit y mettre un modèle de fer ; fans cette attention la gaine fe cafferoit dans l'étau y ou elle fe courberoit au point de ne pouvoir pas la redrefler.
- La Figure ro, Pt. ico, repréfente l'inftrument fini; les lignes ponétuées ddd j font voir la pofition de la lame iorfqu elle eft lortie de la gaine par la preflion du pouce qu'on appuie fur la queue de la lame S y qui eft appellée piece de pouce, & que l’on conduit fur le manche en D , qui eft le battement, Ce Biftouri caché eft du prix de p liv#
- Article Cinquième.
- Du Bijiotiri - G a fine, de Morand*
- La Figure 13 repréfente le Biftourbgaftric, imaginé par M. Morand, de
- l'Académie Royale des Sciences, &c, pour l'opération de la hernie* Il eft com-
- pofé de deux branches : l'une fait fonélion de Sonde, 8c l’autre eft un Bif-
- touri ; ces branches ont chacune un anneau femblable à ceux des Cifeaux, 8c
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- on doit le forger fur les mêmes indications expliquées au Chapitre XXV. En R eft une charnière réfervée fur piece, laquelle doit être forgée de la maniéré déjà indiquée à l'Article précédent, enpq> Fig. 1 j, PL pp ; on la biffe pleine de
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- la forge, 8c Ton creufe la rainure, où doit entrer le charnon mâle, à Coups de cifelet fait en bec-d’âne, après avoir tracé la place avec une lime plate d’une ligne d’épaifleur ; la branche failant Biftouri, eft fixée à la branche femelle par le moyen de la charnière , & le tranchantfe trouve en dehors fur le côté ttt, lequel eft fait fur les principes du Biftouri à panfement, Chap. XXXVIL
- La branche femelle eft arrondie d’un bout à l’autre ; il importe beaucoup que Ion extrémité T loit olivâtre , bien arrondie fur tous les fens & bien polie, parce que c’eft elle qu’on introduit la première 3 & qui commence à dilater l’anneau. Le prix du Biftouri-gaftric eft de 6 liv.
- Article Sixième.
- Du Bijîouri de M. Ledran.
- Les Figures 14 8c ïy repréfentent le Biftouri caché & ailé de M. Ledran ; la gaine eft faite d’argent : elle eft vue par xrX; elle eft armée de quatre platines de même métal & d’une demi-ligne d’épaifleur, qui forment quatre ailes qui doivent fervir de fauve-garde aux inteftins. L’une des platines eft vue en y y, Fig. 14: elle eft foudée au-deftous de la gaine ; les deux autres ailes font foudées fur le côté de cette même gaine : l’une eft en u u, l’autré en v v ; on leur fait prendre la forme d’un demi-rond, comme l’indique la ligne circulaire, ponétuée £ Fig. 15. Deux de ces ailes cachent une partie du Biftouri, c’eft-à-dire, toute la charnière Z ; on peut faire mouvoir l’inftrument fans que l’élévation de la charnière Z, puifle bleflferles parties malades, parce que les deux ailes fiipé-rieures cachent la charnière.
- Pour bien exécuter cet inftrument, prenez une platine d’argent d’une ligne d’épaifleur, de 6 lignes de large par le bout x x y 10 lignes de large pour l’autre bout X sSc de y pouces & demi de longueur en tout. L’argent étant bien recuit , on le ploie à froid fur un mandrin fait d’acier, d’une ligne d’épaifleur depuis M jufqu’en N, Fig. 16, & de la forme exaéle que doit avoir la tige à l’égard de la largeur de N en M ; mais à cette derniere lettre doit commencer une élévation qui aille en arrondiflfant Sc grofliflânt jufcpi’au bout, afin de pouvoir faire une douille au bout de la gaine X, qui fert à fixer le manche à l’inftrument par une queue qui entre bien jufte dans la douille, & que l’on fixe par deux petits clous pafles à travers la gaine & le manche, & rivés fur la gaine. Quand la gaine eft ployée, qu’elle eft bien modelée fur le mandrin, qu’elle eft entaillée des deux côtés pour réferver la charnière fur la ligne a , on ajufte Sc on foudè un entredeux au bout, ce qui eft vu par la ligne rr, Fig. 17, laquelle figure ne repréfente que la moitié d’un bout de la gaine ; cette moitié va encore nous fervir à expliquer une autre partie intéreflànte de l’inftrument.
- La lame du Biftouri n’eft fixée à la bafcule ou piece de pouce , que par une
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- charnière vue en Z, du refte la lame eft en liberté dans fa gaîne ; or, elle for-* tiroit de fà place fi elle n’étoit contenue par un moyen que voici*
- On réferve un bouton rond appelle larme tranjverfale, laquelle on réferve aü bout de la lame fur la ligne ox Fig. 18, en lui donnant une ligne de grofïèur* Pour faire la loge de ce bouton, il faut refferrer les bords de l’ouverture de la gaîne , par une forte bavure ; pour cet effet on abat les quarres du mandrin depuis N jufqu’en P> & 1’ayant placé dans la fente de la gaîne à petits coups do marteau appliqués fur les bords ou joues de la gaîne, on fait abattre toute l’épaif* fèur fur les quarres abattues.du mandrin ; ce quié tant fait, on retire le mandrin de la gaîne, & Ton trouve les joues abattues au point de former ce qu’on appela les des galleries rabattues , propres à contenir une larme tranfverfale : on voit ce rebord abattu en R, Fig. 17.
- Pour avoir la facilité de forcir le mandrin de la gaîne, après avoir rabattu les galleries , il faut non-feulement avoir oint le mandrin d’un peu d’huile d’olive J mais encore il faut qu’il foit bien dre/le, quant à l’épaifïèur & la largeur, & bien adouci en long avec une lime douce ufee.
- Quand les galleries font bien faites & bien unies, quil n’y relie aucune irré^ gularité qui puifïè accrocher la larme tranfverfale , & que de l’autre côté cette derniere eft bien arrondie & polie, il eft certain que l’inftrument jouera bien , fans que les parties puilïènt être gâtées, Mais pour prévenir un accident , ( celui ou le bouton cafiferoit dans les galleries , ) après avoir trempé le Biftouri & l’avoir recuit à la couleur de cuivre rouge, il faut auffi recuire le bouton & le faire venir bleu, en le pinçant avec des tenailles rougies au feu.
- On place un relîort de renvoi en G, Fig. 15, & on le fixe avec une vis. Ce relfort fert à tenir l’inftrument fixe, de maniéré que le Biftouri ne puiffe pas fortir de fa gaîne fans que Ton porte le pouce fur f9 aux lignes ponétuées, ce qui fait defcendre la pièce de pouce vers le manche , comme il eft indiqué en G. La lame tranchante doit être faite & affilée comme un Biftouri Chapé XXXVIL Le prix du Biftouri caché & ailé de M. Ledran, eft de 36 liy.
- Article Septième*
- Du Dilatatoire de M. le Blanc, pour topération de la Hernièt
- Le dernier inftrument qui ait paru pour l’opération de la hernie , a été imâ^ giné par M. le Blanc , Chirurgien à Orléans. C’eft un Gorgeret dilatatoire, repréfenté de face par la Fig. 19, & vu de côté par la Fig. 20, qui repréfente la courbure qu’il doit avoir.
- Cet inftrument reffemble affez au Gorgeret dilatatoire pour la taille, félon la méthode de M. Foubert ; cependant il en différé efîèntiellement.
- Jufqu’ici tous les inftruments pour la Hernie, font indiqués à tranchant, & Coutelier, //, Fart, Secl• I^ N %
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- 32 6 LA RT DU COUTELIER.
- par confequent ils tendenc à incifer ; il faut pourtant en excepter le Couteau fait à la lime, de M. Petit ; or M. le Blanc propofo dans fa nouvelle méthode feulement de dilater lanneau, & (on inftrument remplit très-bien cette intention : il eft compofé de deux branches exactement femblables, jointes par une charnière en B. Les lames ont chacune la forme d’un croiflant, & jointes enfemble , elles forment les deux tiers d’un cercle , de forte que le doigt indice fo cache prelque entièrement dans la gouttière. Les deux branches fupérieures fe terminent à l’extrémité b, par un bouton olivaire , arrondi fur tous les fens, 8c elles font ajuftées avec telle précifion , qu’elles fomblent n’être qu’une feule piece : il faut que toutes les quarres foient par - tout bien abattues 8c généralement bien polies ; car on doit comparer l’effet de cet inftrument à celui d’un coin, auquel il reffemble affez par là forme. On commence par introduire le bout olivaire b , Clans l’anneau : il s’ouvre un paffage dans l’étranglement, 8c peu-à-peu on l’introduit jufqu’au milieu de la gouttière ; alors on commence la dilatation en intro-duliant le doigt pour faire rentrer l’inteftin, &c.
- Pour exécuter cet inftrument, il faut prendre une barre d’acier bien laine * d’environ 8 lignes de largeur, for 4 d’épaifleur; on donne une chaude grafîe pour étirer la branche fopérieure, & entailler la charnière J?, comme nous l’avons indiqué pour la gaîne du Biftouri caché, pq, Fig. rr, FL 11 , &c.
- Quand les deux branches font forgées 8c recuites, on commence par dilpofor la charnière for les indications données pour le Valet à patin , Chap. XXXlVy PL yÿ ; on ajufte les deux branches enfomble , en laiflànt un peu de jour entre-elles au milieu & en bas, afin de pouvoir mieux joindre les deux extrémités en b$ qui doivent être parfaitement bien ajuftées:011 drefîel’épailfeur des branches en les limant enfemble ; on leur donne la courbure indiquée par la Fig. 20, & on fait la gouttière. Pour fe rendre maître des deux branches, & avoir la facilite de les limer commodément, il faut fixer l’extrémité b avec un étau à main, ou avec du fil d’archal, de maniéré que les coups de limes ne faiïent pas plier & bailler une lame plus que l’autre ; car on auroit bientôt gâté la piece. Cet inftrument fe finit à la lime & au poli à la main ; on n’emploie point la meule, & même il ne doit point être trempé.
- M. le Blanc avoit d’abord imaginé un reiîort placé entre les deux branches, qui fervoit à les contenir fermées & jointes pour l’introduélion de l’inftrument dans Panneau ; mais après l’avoir fait entrer, il falloit, d’un coup de pouce 9 faire partir le reflbrt de fà place, parce que pour lors il nuifoit à la dilatation qu’on doit faire avec ménagement ; mais ce reffort étant hors de fa place naturelle , étoit lâche, il vacilloit, & par-là gênoit l’opération. M. le Blanc, à cet égard , a fait une correélion à l’inftrument qui eft fort heureufo : il a fait foppri-mer le reflbrt & rapporter une traverfe en portion de cercle qu’on voit en c : elle eft fixée à la branche dy 8c mobile dans la branche E, Fig. ip, traverfant cette derniere au moyen d’une fenêtre que l’on voit en e, Fig* 20 ; de forte que pour
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- tenir rinftrument fermé, on donne un tour à la vis/7; la pointe prefle par le bout fur la traverfe c ; alors rinftrument eft tenu auffi fixe qu’avec le reiTort ; & fi Ton craint qu’il ne tienne pas aflez ferme, on n’a qu’à faire un trou de demfligne de profondeur à la traverfe , pour recevoir le bout de la vis ; alors fi peu qu’elle pénétrera le trou, il ne fera plus poflible d’ouvrir les branches fans delferrer la vis.
- Cette traverfe donne encore une perfection à l’inftrument que le reflort ne pouvoit pas absolument lui donner : la chamiere qui joint les deux branches eft très-petite ; elle n’eft pas d’aflez grande fur face pour contenir les deux branches enfembleavec leurs extrémités toujours bien égales; au contraire, l’une baifloit & l’autre haufloit, & la variation ou le jeu de l’épaiiTeur d’un cheveu à la charnière B, fùffifoit pour donner plus d’une ligne d’inégalité au bouton; au lieu que la traverfe placée en c, à 7 ou 8 lignes de diftance de la vis , qui fait le centre du mouvement de la charnière, cette trayerfe, dis-je, foutient les deux branches au point d’empêcher toute variation irrégulière, parce qu’étant bien ajuftée , elle équivaut à une charnière qui auroit 10 lignes de furface, au lieu que celle qu’on fait ordinairement à cet inftrument, n’a que 4 lignes.
- Le Dilatatoire de M. le Blanc eft du prix de 12 liv.
- vwjatMua.’am
- CHAPITRE QU ARANTE-DEUXIEME.
- ,Des Trois-quarts pour la Paracentefe , pour VHydrocèle , pour le Périnée, pour la Bronchotomie , pour les Contre - ouvertures ; du Pharingotome ; de plujîeurs Injlruments pour les maladies de la bouche, des amygdales, ôCc ; du Spéculum oris ; du Spéculum ani ; du Spéculum na^i ; du Spéculum matricis , SC des Dilata-toires fervant à plujieurs opérations.
- C e Chapitre fera un peu étendu, puifque nous y renfermons un nombre d’Inftruments qui ont tous quelques rapports entr’eux, par les fondions qu’on leur a données. Mais en fuivant l’ordre que nous nous fommes preferit, nous le diviferons en autant d’Articles qu’il fera nécefïàire pour éviter la confufion, ôc nous commencerons par les Trois-quarts.
- En Chirurgie on appelle Trois-quarts, un inftrument compofé d’un manche, d’une tige d’acier , & d’une canule d’argent. Cet inftrument a été imaginé d’abord pour l’hydropifie ou paracentefe, enfuite pour l’hydrocele ; mais depuis un fiecle il a été approprié à d’autres opérations.
- M. Foubert s’en eft fervi pour l’opération de la taille , enfuite à la ponélion au périnée. M. de la Faye l’a appliqué à l’opération de la taille par le haut appareil.
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- toi*
- 5*3 UART BU COUTELIER:
- Le Frere Corne Tamis auffi en ufàge dans le même cas. Enfin le Trois-quarts a été appliqué à l'opération de la bronchotomie , pour faire entrer 1 air dans les poulmons, en pénétrant la trachée-artere.
- Article Premier.
- Du Trois-quarts pour la Parcnccntcfe à pavillon percé*
- Pour faire un Trois-quarts, on commence par forger une tige d’acier pur & bien net ( * ) d’environ 2 lignes de grofleur, fur 3 pouces de longueur de tige ? & 18 lignes de queue ; on l’arrondit bien à la lime : on entaille la queue quarrément en a9 Fig* I, en diminuant jufqu’en b* Ayant bien arrondi 8c bien adouci la tige en long, on la fixe à un manche à 1 aide du ciment : on fait le manche au tour , & on lui donne la forme d’une poire ; on y ajufte une virole , finon on fait entrer une rofotte plate qui fe fixe en a pour forvir de mitre ou d’embafo ; enfuite on cimente la tige avec le manche. Voye^ la Fig* 2.
- Pour faire la canule, prenez une lame d’argent planée de demi-ligne d’épaif-feur > de 6 lignes de largeur, fur 2 pouces & demi de longueur ; ployez-la fur un mandrin cylindrique, Fig. 3 ; joignez bien les bords : mettez le paillon de foudure d’argent ; liez le tout bien ferré avec le fil d’archal : voye{ la Fig. 4 ; fondez enfuite ce tuyau. Voyez le Chapitre des Soudures, première Partie, Chap. XX*
- Le pavillon fo fait enfuite d’une platine d’argent d’un pouce de diamètre & de diemi-ligne d’épaifleur ; ayant pris le centre d’un trait de compas, marquez le troi^i & la circonférence ; arrondiflez la platine, & faites le trou en B 9 Fig. j*, podr lajufler au bout du tuyau D9 Fig* 4: percez les deux trous cc avec un poinçon d’une ligne de grofleur, & foudez le pavillon avec la canule, pour l’avoir comme le repréfènte la Fig. 6. Quand les foudures font faites, il faut écrouir un peu la canule à petits coups de marteau fur le mandrin (**) : il faut auflî écrouir la platine, pour lui faire prendre une forme convexe du côté de la canule , & concave du côté du manche ; après cela ajuftez la tige d’acier dans la canule, de façon qu’elle entre jufte ; fixez la fortîe de la tige à 4 lignes hors de la canule ; & par des coups de lime donnés vivement, faites la pointe du dard à trois facettes, ce qui produit trois angles tranchants, dont la pointe fera bien au milieu : trempez enfuite le dard couleur de cerife , & recuifez-le à la coulqur d’or : un demi-pouce de trempe lui fuffit. Il ne s’agit après cela que de polir la tige entre deux bois avec l’émeri; mais pour le dard, lorfque les facettes font
- '(*) C’eft un avantage de prendre du fil d’acier pâlie à la filiere. II fe vend à Paris 16 liv. la livre : on le choifit jufte à la grofteur qu’il le faut, & il n’a befoin que d’être poli.
- ( ** ) Il faut être muni de 12 ou iy mandrins, <qui different l’un de l’autre d’un très-petit degré
- de grofleur ; mais on en fera beaucoup à peu de frais, en prenant environ un pied de longueur de fil de fer, appelle Jîl d’archal, de tous les degrés de grofleur : il fuffit de les adoucir un peu entre deux limes en long,
- bien
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- Seconde Partie. Seci/. Chap* XLÏÏ. 529
- bien adoucies & limées vivement, on n'a pas befoin de les paffer à la meule ; car la poliffoire feffit ; & la meule qui convient le mieux pour ces facettes de Trois-quarts , c'eft le tour aux. Lancettes : on lui fait une pointe bien aiguë , & on l’affile fur les pierres à Lancettes. (Voyez le Chapitre XXXV. ) Enfin pour qu'un Trois-quarts opéré bien, il faut qu'il entre dans le cianepin fans cracquer 9 ainfi qu'une Lancette; pour qu'il foit ainfi 3 il faut non-feulement que là pointe & les tranchants feient parfaits, mais encore que le bout de la canule E9 Fig. 6 $ foit bien aminci, & qu'elle fe termine à tranchant comme collée fur la tige; pour cet effet il faut diriger les facettes du dard jufqu'à la ligne 0 0 > à une ligne de diftance de l'extrémité de la canule p pé
- Void un expédient pour que la canule foit ajuftée fur la tige avec égalité & con* venablement pour quantité d’opérations : faites un tuyau d'argent de figure conique , comme le repréfente exactement la fig. 8, de l'épaifleur de demi-ligne , qu'il foit bien écroui fur un mandrin ; faites un trou dans le bout inférieur du manche du Trois-quarts ; ajuftez & cimentez ce tuyau dans ce trou. Le tout eft repréfenté par les lignes ponctuées h H, Fig. 2 ; Sc loriqu'on eft prêt à faire une opération * on préfente le bout de la canule E, Fig. 6 , dans le trou h9 Fig4 2 : on donne deux ou trois tours de frottement en tournant & appuyant un peu ; alors l'extrémité E qui eft mince , fe rétrécit comme en paffent dans une filiere, & par cô moyen on donne toute la perfection nécefiaire à cet infiniment (*)*
- Très-peu de Chirurgiens font munis d'un femblable Trois-quarts ou de cë Porte-filiere 9 les uns parce qu'ils ne le connoiffent pas, les autres parce qu'ils ne le regardent pas comme de conféquence, & qu'ils croient que quand un inftru-ment a été bien fait, il doit toujours être bon ; d'autres regardent trop au prix qu'il coûte ; enfin quelques-uns ne trouvent bon & bien dirigé 9 que ce qu'ils ont inventé eux-mêmes. Seroit-ce là le cas ou il devroit y avoir de la partialité ? Quand il s'agit de la fente des hommes, ne devroit-on pas de bonne foi adopter les meilleures idées & les inftruments les plus convenables * pour les foulager dans leurs maux ?
- Le Trois-quarts à pavillon percé & pour la paracentefe , fe vend 6 liv. & le petit pour l'hydrocele fe vend y liv. Quand l'un ou l'autre porte la filiere , ils fe vendent 1 liv. 10 f. de plus*
- Planche
- £01.
- ( *) En donnant une figure conique à la filiere j une feule peut fuffire pour tous les Trois-quarts, à
- l’exception du Bronchotomè, parce qu’il eft plat \ ôn appelle jîltire s cette pièce conique , Figi 8<
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- Coutelier. II. Fart. ScB. h
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- 33°
- E ART DU COUTELIER.
- Article Second.
- Du Trois-quarts à gouttières
- Planche io i.
- M. Petit a fait au Trois-quarts deux additions qui donnent beaucoup davantage à cet infiniment ; il a ajouté une gouttière au pavillon, afin que Peau puifife tomber dans une cuvette fins mouiller le ventre du malade ; de plus , il a fait pratiquer une cannelure fur la longueur de la canule, pour fervir de conduéteur à la pointe d’un Biftouri, dans le cas où il faut faire une incifion au lac pour atta-* quer le kifte.
- Cette cannelure a encore un avantage que n’avoient pas les Trois-quarts anciens ; c’eft d’annoncer l’inftant que la canule entre dans Peau, parce qu’il en coule un peu dans cette cannelure, La Figure 7 repréfente le Trois-quarts à gouttière complet, 8c la Figure 11 repréfente la canule féparée: E e fait voir la gouttière, & la cannelure fur la canule , qui prend naiffànce fur le pavillon j, 8ç continue le long de la canule jufqu’en i, à 1 lignes-de l’extrémité.
- La maniéré de faire ce Trois - quarts, ne différé point de celle du précédent pour la tige , le dard 8c la canule ; mais il différé pour la gouttière & le pavillon ; or, après avoir difpofé & foudé la canule comme la Fig. 4 Pindique, on difpofo la platine telle que la repréfente la Fig. 12 , d’une ligne d’épaiffeur ;•& pour faire la gouttière, une platine de demi-ligne d’épaiffeur, de la forme que repré-, fente la Fig. 13 ; on ploie cette platine en gouttière fur une bigorne ronde, Fig. ï 4, (figurez-vous le gond d’une porte, bien arrondi 8c adouci ) ; Payant a)ufiée fur la courbure du manche , il faut la lier 8c la fouder fiir la platine Fig. 12 : ici elle occupe la place des lignes ponéluées en demi-cercle ; quand ils font foudés enfem-ble il ne faut pas les délier, mais ajufter le bout de la canule D, Fig. 4, dans le trou dj Fig. 12, lier le tout, ainfi quil eft repréfenté Fig. 15,8c les fouder enfemble ; enfuite il faut délier le tout pour écrouir la gouttière fur la bigorne :* on Pajufte avec le manche ; on écrouit enfuite la canule fur le mandrin ; 8c lorsque la canule eft dégroffie à la lime bâtarde, il faut faire la cannelure ; pour cet effet pratiquez un petit pan fur la canule; tracez la cannelure avec un burin pointu, & Pélargiffez enfuite avec une échope ; après cela finiffez-la avec de petits riffloirs, ou une petite lime à queue de rat, dont le bout foit ployé en demi-cercle ; mais pendant qu’on fait la cannelure , il faut toujours laiffer la tige dans la canule, autrement on l’écraferoit.
- La Figure 16 repréfente le petit Trois-quarts pour l’opération de Phydrocele : il eft à gouttière & à cannelure, 8c ne diffère qu’en groffeur 8c longueur de celui Fi or, 7, qui eft pour la paracentefo.
- On fait aufli des Trois-quarts pour Phydrocele fins gouttière 8c fins cannelure ; alors on les fait avec le pavillon percé, repréfenté Fig. xo, & la canule avec le pavillon Fig. p.
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- Seconde P a r f ï ë; Secf. 1. Chap. XLÏI>
- Quelques Chirurgiens, dans le deffein de procurer plufieurs iflfues à l’eàu, font faire un œil à la canule, comme le repréfente G G, Fig. i J, Cette méthode eft condamnée par plufieurs grands Maîtres ; d’autres en la place de la fenêtre ou de l'œil, font faire quatre trous au bout de la canule ; alors on le dirige fur les quatre faces de la canule : voyez h, Fig* 17, PL 102 ; c’eft la canule du Trois-quarts Fig. 18, infiniment recommandé par M. Sharp*
- Le Trois-quarts à gouttière pour la paracentefe, fe vend 9 livres ; celui pour l’hydrocele à gouttière, 8 livres ; l’un & l'autre portant filiere, 1 liy. 10 f dé plus. Le Trois-quarts Anglois, Fig. 17 & 18 , fe vend 8 liv»
- -A R T t C t E TROISIEME.
- . Du Trois - quarts courbe pour le Périnée* '
- La Figure x9, repréfente le Trois-quarts courbe pour faire la ponéUott au périnée ; la tige efi repréfentée par la Fig. 20 , la canule par la Fig. 21, & la platine par la Fig. 22 ; la longueur de la tige d’acier eft de J pouces : il doit être auffi jufte dans la canule , comme nous avons dit que devoit l’être le Trois-quarts droit. Cette courbure mettroit un obftacle à l’ajuftement ; car une ligne courbe ne peut pas entrer jufte dans une femblable, à moins que le cercle ne foit régu^ lier, maison a trouvé le moyen de lever cet obftacle: ce moyen eft unique; le voici : ouvrez un compas de 8 pouces * pour donner un diamètre de 1, & tracez un cercle*
- Ayant difpofé la tige du Trois-quarts de la groffeur & de la longueur çonve^ nables, donnez-lui la courbure avec un petit marteau, pour l’ajufter au trait du compas ; & quand la canule eft fondée, ajuftez-la fur le même trait ; il eft certain que la tige entrera bien dans la canule : cependant fi elle étoit un peu gênée , on pourroit diminuer la tige du bas jufques vers le milieu, mais non pas du côté du dard ; car il importe beaucoup que l’ajuftement foit régulier.
- La platine eft repréfentée dans fa forme naturelle par la Fig* 22 : elle doit avoir près d’une ligne d’épaifleur, Sc deux anneaux ou deux trous percés en ’ K K , pour pafler un cordon de 2 lignes de grofteur. Ce Trois-quarts courbe eft du prix de 12 liv.
- Article Quatrième.
- ' Du Trois-quarts pour la Bronchotomie.
- L'o p e ra Ti on de la Bronchotomie fe faifoît autrefois en ouvrant la trachée-* artere avec un Biftouri ou avec une Lancette , pour introduire la canule repréfentée par la Fig. 23 : cette canule a une légère courbure repréfentée par la Fig,
- Planché
- 102,
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- Planche
- 102,
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- Planche
- .102,
- 33* L’AîtT DU COUTE LIE Ri
- 24: elle eïl percée à fes deux extrémités, parce quelle eft deftînée à introduire Pair dans les poumons ; au moyen des deux anneaux //, on pafle un cordon & on la fixe dans l'ouverture ; or, après l'ouverture de la trachée-artere, on a beaucoup de peine à introduire la canule, parce que le mouvement & la relpi-ration font varier l'ouverture.
- Pour faire cette opération plus diligemment, on a imaginé cfajüfter un dard à cette canule, pour en faire une efpece de Trois-quarts, avec lequel on puifle introduire la canule en même temps que le dard fait l'ouverture. La Figure 2f reprélente cet inftrument ; la platine efl: repréfentée par la Figure 26 , avec les anneaux LL; & le trou du milieu donne l'épaifTeur que doit avoir le dard. La Figure 27 fait voir la courbure de la canule for le côté ; cette courbure doit être ajuftëe for une portion de cercle d'un diamètre de 3 pouces. La Figure 28 fait voir la canule de plat, avec un trou percé à jour en M; & la Figure 29 repré-fente la tige d'acier avec une queue m , pour l'ajufler for un manche , de même qu'un Trois-quarts ordinaire, & comme il efl: repréfenté en n n, Fig, 25*.
- Les canules Amples pour la Bronchotomie, valent 3 liv. piece ; & le Trois-: quarts bronchotome vaut 6 liv.
- Article Cinquième.
- Du Bronchotome de M. Bouchot, & de Jon conducteur*
- M. Bouchot voulant faire entrer un plus grand volume d'air dans les poumons * a imaginé un Bronchotome qui produit plus d'effet: il efl: repréfenté par la Fig*1 30. Ce Bronchotome n'a pas befoin d'être courbé, parce que là canule & fon dard n'ont que la longueur précife pour pénétrer dans les bronches. J'ai développé cet inftrument dans les figures foivantes. *
- La Figure 31 fait voir la canule avec les deux anneaux o o. La Figure 32 fait voir le dard ; la ligne p indique le commencement des deux tranchants ; & la Figure 33 repréfonte géométralement le plan de la platine qu'on foude for la canule : on voit par le trou allongé du milieu P, la forme exaéte du trou, Sc l'épaifTeur que le dard doit avoir.
- La Figure 34 repréfente la forme du Conduéleur vu de face ; la cavité Q eft faite pour que l'inftrument s'ajufte au col. La courbure, ainfi que l'épaifTeur, font repréfentées par la Figure 3 y ; la ligne r répond e la ligne K, ce qui indique le lieu où il eft coudé. Il peut fe faire indifféremment d'acier ou d'argent ; tous les angles doivent être moufles & bien polis.
- Le Bronchotome de M. Bouchot avec fon Conduéleur, font du prix de 9 liy* les deux.
- ‘SfE
- Article
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- Seconds Parti %.Se3* /. Chàp. XLÎÏh
- Article Sixième. Trois-quarts pour les Contre-ouvertures*
- La Figure 3 6 repréfente le Trois-quarts pour les Contre-ouvertures, imaginé par M. Petit. Cet inftrument tient du Troïs-quarts ordinaire, quant au dard & à la canule ; par le bas A AB , il eft femblable au Pharingotome dont nous allons parler à T Article luivant ; il n’en différé quen ce qu'il a deux anneaux en aay un œil à l’extrémité de la canule c , pour y paffer une bandelette, 8ç une canne* lure pour fervir de fonde creufe à la pointe du Biftouri*
- Nous avons repréfentéhuit efpeces de Trois-quarts ; cependant on en a fak de plufieurs autres, mais qui ne different qu’en longueur & en grofleur, 8c cette différence ne doit pas arrêter l’Ouvrier dans leur conftruélion ; car cela confifle feulement à fe munir de différents mandrins, & à choifir celui qui convient à la groffeur du Trois-quarts que l’on veut fabriquer. Pour faire la canule, on prend le diamètre du mandrin avec un compas ; or , trois fois le diamètre de quelque piece ronde , donne aflez jufte, pour notre objet, la mefure de la circonférence, à caufe qu’il faut écrouir l’ouvrage : on n’a donc qu’à ajufter une lame d’argent trois fois plus large que le diamètre du mandrin, & l'on fera la canule du Trois* quarts diligemment & telle qu’on la demande.
- Article S e p t î e M f.
- Du Pharingotome*
- L e nom de M. Petit eft fouvent répété dans cet Ouvrage : g’eft un Hommage IM. Illll' lll’n wMiTlïlilHffll que nous rendons avec plaifir à un homme qui a été précieux à là Nation, & qui Planché a enrichi la Chirurgie de plufieurs inftruments de fen invention* On peut dire 10^* que celui qu’il a le mieux combiné, 8c qui a fouffert le moins de changement depuis qu’il l’a imaginé, eft le Pharingotome. Nous allons le décrire 8c en développer toutes les pièces.
- La Figure 37 repréfente le Pharingotome complet, dont le dard eft renfermé dans fa gaine par l’élafticité d’un reflort fpiral ; 8c la Figure 3 8 repréfente l'infini* * ment dont le dard D eft dehors de fà gaine , en feppofànt que le pouce foit appuyé fur le bouton b , & le doigt du milieu pafle dans l’anneau.
- La Figure 39 repréfente la coupe longitudinale de la gaine du dard , & de la boîte qui renferme le reflort ; enfin on peut y examiner tout l’intérieur & l’épaiC feur de la matière, Sec. Toutes les pièces font faites d’argent, excepté le dard 8c le reflort.
- La Figure 40 repréfente le dard ajufté fer fa tige d’argent viflee en q ; c eft fer elle qu’eft le reflort fpiral Q G.
- Coutelier. IL Part. Secl. L P 4
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- Planche -103-,
- 334 UART DU COUTELIER.
- La Figure 41 repréfente la gaîne, qui eft la partie h H; i j fait voir la boîte fur laquelle eft foudé l’anneau L, 8c K indique le couvercle de la boîte qui fe vifle en y: elle fixe finftrument & lui donne toute la folidité néceffaire. Pour faire le Pharingotome , on commence par la boîte ; elle s’exécute en fuivant les réglés du Porte-pierre, Chap. XXXV 11^ mais avant de le mettre au tour, il faut y fouder un diaphragme, comme il eft repréfenté à moitié en iV, Fig. 39 ; 8c lorfque la boîte eft fortie du tour , que les bouts font bien ajuftés à vis, il faut fouder l’anneau L bien en face du côté cave de la gaîne ; pour y bien réuflir, lorfque l’anneau eft foudé fur la boîte, viflez en fa place la partie H\ 8c fur cette derniere on fait le trou 0, Fig. 42, qui doit recevoir la gaîne.
- Pour faire la gaîne du dard, pren une lame d’argent de trois quarts de ligne d’épaifleur, de 10 lignes de largeur, fur 5 pouces de longueur; ployez cette lame fur un mandrin courbe, ajufté fur la ligne circulaire d’un cercle de 16pouces de diamètre ; ayant foudé cette gaîne dans fa longueur, il faut l’ajufter au trou du couvercle 0, Fig. 42, la laiffànt déborder de demi-ligne en dedans, & l’ayant foudée, il faut l’écrouir un peü fur le mandrin.
- Pour faire la tige qui doit porter le dard 8c le bouton éprenez un fil d’argent pafle à la filiere, 8c qui ait 2 pouces de longueur, fur 2 lignes de diamètre J foudez une platine au milieu /z, Fig. 43 ; faites un trou en m9 8c le taraudez pour recevoir la queue du dard, 8c réfervez un pivot à l’autre bout p, que vous tarauderez auffi pour recevoir le bouton p.
- Pour faire le dard, prenez de l’acier pur 8c bien fain; forgez la lame d’une ligne d’épaiifeur, de la forme qu’indique la Figure 40, de q en Q ; il faut enfuite bien écrouir le côté du dard : limez-le jufte à la largeur 8c à l’épaifleut du trou de la gaîne ; arrondiflez l’autre bout, 8c taraudez-le pour le viflèr dans la tige ; enfin trempez ce dard, 8c finiflez-le entièrement comme une Lancette ; car ce bel inftrument n’eft autre chofe qu’une Lancette renfermée dans une gaîne, qui fert à percer un abfcès dans la gorge. Il importe beaucoup que le reflort de cet inftrument foit bon 8c bien fait ; 8c comme nous n’avons pas encore parlé de cette efpece de reflort, il faut donner les moyens de le faire bien 8c a peu de frais.
- Prenez 11 ou 12 pouces de reflort de montre de 2 lignes de large; faites-ld recuire, 8c fans autre façon préfentez un bout fur un mandrin de figure conique & bien rond ; fixez un bout avec un étau à main fur le mandrin 8c fiir la ligne R R, Fig. 44 ; roulez toute la longueur de cette lame d’acier fur le mandrin J obfervez que le bout que vous roulez, porte d’une demi-ligne au moins, fur celui qui eft roulé ; car le but que l’on a en faifànt ce reflort, eft que tous les rouleaux fe logent mutuellement les uns dans les autres depuis la première fpire jufqu’à la derniere. Le reflort étant bien roulé , liez-le fur le mandrin avec du fil d’archal pour le tremper ; pour cet effet faites-le chauffer au feu de charbon de bois dans la poêle ; laiffez chauffer lentement le reflort 8c le mandrin, 8c lorfque
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- Seconde Partie* Secl. 1. Chap. XLll. le tout aura pris la couleur de cerife , trempez-le dans l’eau : eflùyez-ie pour l’oindre avec du fuif ou avec de l’huile ; pofez enfuite le gros bout du mandrin fur le feu ; fi-tôt que vous verrez que le gros bout fera un peu échauffé, prenez-» le avec des pinces ; portez le bout où eft le reflort fur le feu* & tournez-le continuellement, afin que le tout s’échauffe avec égalité ; enfin quand la matière approchera de la couleur de cuivre rouge, & que l’huile commencera à fumer y elle s’enflammera ; alors retirez la piece du feu : laiflèz brûler toute l’huile à l’air ; & fi-tôt que vous la verrez s’éteindre, plongez la piece dans l’eau ; déliez enfin ce reflort : il eft fini.
- Pour monter le Pharingotome, commencez par ôter le bouton Ë3 Fig. qr y pour pafler le couvercle K, qui eft percé à cet effet ; lorfqu’il eft pafle comme on le voit ponélué en 5* s, viflez le bouton, enfuite mettez le reflort dans la tige G G, que le petit bout porte fur la platine de la tige g, & viflez le dard en q, fur la tige; après cela préfentez le dard Q à la partie T de la gaine Fig. 41, en conduifànt la pointe avec précaution, pour pafler le diaphragme fur lequel va s’appuyer le gros bout du reflort ; préfentez enfuite la pointe du dard Q, à la partie Z de la gaine ; faites-le couler tout le long, pour vifler la partie Z H dans i ; enfuite viflez j T dans K, & l’inftrument fera monté. Pour le démonter, il faut commencer par où nous avons fini, & finir par où nous avons commencé.
- Le Pharingotome fe vend 24 liy.
- Article Huitième.1
- De £Aiguille, de la S onde, & de £Infiniment à deux anneaux y pour £ extirpation des Amygdales.
- La Figure 45 repréfente la Sonde fervant à envelopper les glandes aux Amygdales ; c’eft une tige d’acier non-trempée, à laquelle on fait un œil en A ; & à commencer par la ligne a a, jufqu’à l’extrémité, on y fait des filions avec la quarre d’une lime, à peu-près comme les filets d’une vis, mais faits irrégulière-; ment, afin que le fil ciré puiffe fe loger & tenir.
- La Figure 46 reprêfente l’Aiguille de M. Chefleldem, pour faire la ligature des Amygdales : c c eft un petit manche fur lequel eft cimentée l’Aiguille d’acier B b: elle eft ronde dans tout Ion corps ; mais en b elle eft ovale applatie : on y fait un trou au foret, pour y pafler un cordon. La pointe n’eft ni aiguë ni tranchante ; l’un & l’autre font moufles,
- La Figure 47 repréfente l’inftrument à deux anneaux, pour faire la ligature des Amygdales. C’eft une tige d’acier non-trempée, à laquelle on fait deux trous au foret, un à chaque bout ; après cela on les rend un peu ovales en les limant avec une queue de rat ; au refte il doit être bien arrondi fur toutes les parties : il a été imaginé par Fabrice de Hilden. Scultet rapporte entr’autres, un inftrument
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- Planche
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- 336 L’ART DU COUTELIER;
- imaginé par un Payfàn de Norwege , pour couper la luette. J’ai eu plufieurs fois le deffein de Y exécuter, pour en donner la defcription; mais puifqu’on le regard© comme totalement inutile , j’ai cru devoir le fupprimer ; d’ailleurs il eft très-* compliqué, 8c la defcription qu’il en donne n’efl pas fort claire. Voyez Scultet,' Table XI, page 2 y, Edition Françoife.
- Ces trois inftruments , Fig. 46,47 ô 48, font du prix de 2 liv* pièce.
- Article Neuvième.
- De I Abaijjeur de la langue, & du Glojjocdtoche;
- Tour opérer facilement dans la bouche avec tous les inftruments que nous venons de détailler, il faut des inftruments auxiliaires, foit pour tenir la bouche ouverte, ou pour contenir la langue fixe fur la mâchoire inférieure.
- La Figure 48 repréfente l’Abaifleur de la langue. On le fait indifféremment d’argent ou d’acier ; la partie d d pofe fur la langue : les deux coudes E E , donnent un vuide de 4 lignes de hauteur, afin que les dents foient à leur aife, & ne gênent pas pour le placer, ni pour placer un autre infiniment. La partie ff9 qui eft applatie, lui fert de manche & de poignée ; quelquefois il faut faire des fcarifications fur la langue : alors on fait une fenêtre au milieu de la plaque , comme il eft repréfenté en e. Plufieurs préfèrent d’y ajouter deux fenêtres ; alors on lui en fait une fur chaque bord plus étroite. Voyez F F, Fig. 4p. La poignée eft limée à huit pans applatis ; la partie du coude E E9 eft arrondie en amande ; la partie qui doit pofer fur la langue eft un peu concave, & le defîus eft convexe. Voyez la coupe tranfyerfale , Fig. 50 : G eft le côté concave, 8c g eft le convexe.
- LaFigure y 1 repréfente le Gloflocatoche, compofé de deux branches ajuftées à jonction paffée. Il eft deftiné à tenir la bouche ouverte & la langue fixée fur la mâchoire inférieure ; pour cet effet on place la branche fiipérieure h dans la bouche, pour faire l’office de l’Abaifleur de la langue, tandis que la mâchoire inférieure j j de l’inftrument, qui eft faite en fourchette, embraffe le menton par-deflous. Il fuffit d’expofer fon ufàge, pour faire fentir que les branches doivent être arrondies fur tous les fens & bien polies.
- On fait cet inftrument fur les principes du Davier, Chap. XXXVIII. Pour faire la fourchette j y, voici comment on procédé : lorfqu’on a entaillé l’entablu-re mâle, on applatit le bout & on fend la fourchette à chaud avçc un cifeau; mais comme on ne pourroit pas palfer cette fourchette dans la branche femelle pour exécuter la jonélion paflee, à caufe de fâ largeur, on eft obligé de la paflèr par la branche /; alors on laifle cette branche quarrée pour la conferver étroite; mais lorfqu’elle eft paflee, on l’élargit par une chaude, pour lui donner la forme qu’elle doit avoir en I.
- L’Abaifleur
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- Seconde Partie. Scct. L Chap. XLtî;
- L’Abaifleur de la langue , Fig. 48, vaut 3 livres ; & le Gloflocatoche, Fig* 51, eft du prix de 9 liv-
- ArticleD ixiémë;
- De r Obturateur du palais $ du Soufflé-poivre a la luette $
- Ù* de tEntonnoir au bouillon»
- Quelques maladies, telles que les vénériennes & le foorbut, Font des ravages au palais, en rongent f os Sc y laiflent un trou préjudiciable à la voix, en ce qu’une partie du fon fe perd en paflant par le nez* Pour remédier à cet inconvémentf, Sc à d’autres dont nous ne parlerons point, dn applique un infiniment appelle Obturateur du palais, repréfenté à-peu-près par la Figure 52 : je dis à-peu-près , parce que toutes les configurations des palais ne font point fem-blables en concavité , de même que les caries font différentes ; par Conféquent il faut ajufter chaque Obturateur for la perfonne même qui en a befoin i on lé fait fouvent à vue d’œil Sc au halàrd ; mais j’ai toujours propofé au Chirurgien , pour mieux répondre à fes intentions , de modeler l’Obturateur avec de la ciré réduite en platiné de l’épaiffeur de 2 lignes ou environ , de 18 lignes de diametré & ovale ; alors en portant cette plaque de cire for le pouce* le préfentant for lé haut du palais, directement où il convient de placer l’Obturateur, il faut appuyer du pouce for la plaque > Sc for deux ou trois fens s’il le falloir ; en retirant la cire légèrement, on trouvera l’Obturateur bien modelé ; enfoite avec des cifeaux on peut couper l’excédent tout autour ; après cela on prend une platine d’argent de trois-quarts de ligne d’épailTeur, & après l’avoir recuit, on lui donne exactement la forme de la cire, tant du côté concave que du convexe : on foude enfoite une tige d’argent aufll for le milieu de la partie convexe K ; on taraude le bout L pour le fixer avec l’écrou M ; on arrondit bien tous les angles ; on polit entièrement l’inftrument : c’eft au Chirurgien enfoite à le garnir d’une éponge, &c Sc à le placer*
- On voit des gens qui, après une trop forte falivation, ont les deux mâchoires bridées l’une contre l’autre ; alors pour foulager ces infortunés , il faut fe fervit d’un Entonnoir repréfenté par la Figure 5 3 * au moyen duquel on fait palier du bouillon où quelqu’autre liqueur convenable, en failànt entrer le petit bout du tuyau /, dans la bouche, à la place d’une dent arrachée, finon par derrière les dernieres molaires : on fait l’Entonnoir N un peu large * dans lequel on vuidé le bouillon.
- Pour faire cet infiniment, prenez une lame d'argent d’une ligné d’épaiffèur* de 6 lignes de large par le petit bout, d’environ 28 ou 30 lignes pour l’Enton-noir, & de 5 ou 6 pouces de long; ployez cette lame for un mandrin, Sc la foudez : rapportez un anneau pour donner de la force aux bords de l’Entonnoir * Sc lui ajouter un peu d’élégance ; Sc après avoir dégroffi le tuyau * on lui fait fairë Coutelier. II. Part. Secl, I« ,Q4
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- Planche i xo$.
- 338 U ART DU COUTE LIER;
- les deux coudes, & moyennant que l’argent fera au titre, il obéira entre les
- doigts fans s’écrafer.
- Cet inftrument fert auffi dans l’apoplexie, & aux perfonnes qui ont eu la mâchoire luxée trop long-temps.
- La Figure £4 repréfente le Porte-poivre à la luette ; c’eft un tuyau d’argent <> au bout duquel eft foudé une petite cuiller, & dont le bout 0 releve un peu, de maniéré que lorfqu’on a mis le poivre dans la cuiller, on la porte fous la luette :' onfouffle par le bout/?, & le poivre tombe & s’applique entièrement fur la luette*
- L’Obturateur du palais ne peut point avoir un prix fixe , puifqu’il eft fufcep-tible d’avoir des formes différentes qui en font varier l’épaiflèur 8c la grandeur ; mais pour l’indiquer du fort au foible, le moins eft 9 liv. & le plus 1 y liv. en argent. Le Souffle-poivre fb vend 6 liv. & l’Entonnoir à bouillon 12. liv.
- 1
- Article Onzième.
- Du Spéculum oris.
- L a Figure y y repréfente le Spéculum oris, pour forcer la bouche à fè tenir ouverte au point qu’on le veut : R R, r r, s s, eft comme la cage de l’inftrument ; P eft une platine fixée au bout de chaque branche 11 ; Q eft une platine parallèle à l’autre , mais mobile dans les deux branches : elle n’eft fixée qu’à l’extrémité de la vis, & encore n’y eft - elle fixée que par un écrou en bonnet, qui lui laifle la facilité de tourner dans le trou ; ce bonnet ne porte que 2 lignes d’épaifleur, dont une partie fe trouve noyée dans une fraifùre de la platine P, afin de laifler les deux platines libres de fè toucher, au point de n’en faire qu’une, pour avoir la facilité de les introduire dans la bouche , en forçant les dents des deux mâchoires à lui faire place , comme, par exemple, dans l’apoplexie. Il eft encore d’un grand fecours dans les vaiflèaux qui vont à la traite des Negres : ces Sauvages ne veulent rien prendre, préférant fans doute la mort à l’efclavage ; ou crainte de quelque poifon, ils tiennent les dents fi ferrées, qu’on a recours au fpeculum oris pour leur ouvrir la bouche, la [tenir ouverte jufqu’à ce qu’ils aient avalé les boiffons 5c les aliments qu’on leur donne, ce qu’on répété jufqu’à ce qu’ils aient changé de réfolution. La vis de cet infiniment eft taraudée d’un double pas,1 pour viffer 8c déviflèr diligemment : on le taraude avec une filiere double. Voye£ la Fig,. 1, PL 75. Cette vis eft mifè en mouvement par le treffie T, qui lui fert de manivelle : c eft la noixjy qui eft taraudée ; de forte qu’on peut ouvrir cet infiniment depuis un quart de ligne jufqu’à 6 pouces ; cependant on ne l’ouvre jamais plus de la à 14 lignes ; mais il faut le refte de la longueur de la cage, pour tenir l’inftrument d’une main, tandis qu’on fait mouvoir la vis de l’autre.
- Les deux platines font taillées avec des dents femblables à celles d’une
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- Secondé F à r T î è. Seâ. L Chap. XL1L écouene, & dans la direction des deux Figures y6 Sc 61 ; la fopéneürè P eft taillée en deflus, Sc l’inférieure Tell en deflous de la lettre Q, par conféquent les dents ne font point vifibles* Le plus difficile à faire de cet inftrument9 c eft la cage. Pour la forger diligemment, prenez du fer corroyé d’un pouce de lar-a geur, for y à 6 lignes d’épaifleur ; à 3 pouces du bout, faites une double entaille en u y, Fig. y7, pour réferver la noix : laiflèz cet endroit fort & quarré eli xV, uX9 pour faire les confoles indiquées par rr,ss> Fig. $y , & étirez en rond depuis x, Fig. ÿj9 jufqu’à Textrémité ; cette branche étant finie, faites de même pour l’autre ; alors la noix q fe trouvera réfervée au milieu : laiflèz x X quarré , le refte arrondi, & coupez la piece à la longueur de 14 pouces. Pour faire les coudes, commencez par ceux qui font les plus près de la noix s s, enfoite les deux autres rr98c cela en les faifànt chauffer une fois pour chaque coude , & à chaque chaude ferrant la piece dans l’étau , en faifent plier la matière à coups d’un marteau moyen ï on a toujours plus d’avantage à laiifer un peu plus de force qu’il n en faut aux endroits que l’on veut couder , parce que la matière fe corrompe toujours un peu dans les angles, Sc l’on eft fouvent en rifque de perdre une piece à moitié finie. La Figure 58 repréfente le bout de la vis avec l’écrou N, vifle en û place : il efl: clair que l’elpace défigné par la ligne M9 efl: occupé par l’épaifo feur de la platine, en paflant par le trou i , Figi y 6. Les deux trous é e reçoivent les deux branches R R de la cage Fig* y y. Il n’y a pas une feule piece de cet inftrument qui exige d’être trempée ; mais en général toutes doivent être bien polies Sc toutes les quarres arrondies*
- Ce Spéculum oris vaut 18 liv«
- Article Douzième*
- Du Spéculum ani, & du Spéculum nafu
- La Figure y9 repréfente le Spéculum anî, deftiné à dilater fantis par firi~: troduélion de la partie Z [ ; lorfqu’on ferre les branches ff > l’inftrument fait la Flanché bafcule , parce que l’axe eft enp, & que les branches font unies par une char- 10*4 niere placée entre les deux branches tenues fermées par le moyen du reiîbrt placé dans l’intérieur des deux branches*
- Four forger cet inftrument, prenez du fer corroyé d’un pouce en quarré j commencez dès la première chaude à enlever la partie Z ^ de 4 pouces de long, de 10 lignes de large, & de 2 lignes d’épaifleur, Sc dilpofez-vous à les ployer en équerre en£ ; pour cet effet laiflèz de la force en cet endroit, Sc de la hauteur en 0, parce qu’il n’y en a jamais trop pour l’angle vif i ployez donc quarrément en £
- Sc à coups de la pane du marteau,faites allonger l’angle 0; enfoite faites4e chauffer couleur de cerife : portez la lame dans l’étau ouvert à y ou 6 lignes, Sc à petits coups d’une pane étroite, ployez en long cette lame pour en faire une gouttière
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- Flanche iq 6,
- 340 VART DU COUTELIER:
- dans la forme d’un demi-cercle ; cela étant exécuté, forgez la branche en refer-yant la charnière en p : percez la femelle avec un poinçon plat, fuiyant ce que nous en avons dit au Chapitre XXXIV, PL 7 J , Fzg. PP.
- La partie £ Z qui dilate, doit être bien ajuftée & de maniéré que les deux demi-cercles faflènt un cercle entier, régulier & bien joint ; car il faut que le bout {bit fermé pour en rendre l'introduélion facile dans l'anus. Pour cet effet fixez fortement dans fétau un petit tas à tête ronde ; rabattez les bouts [ en douceur de dehors en dedans, pour faire un bec-de-cane ; ajuftez-les enfuitc encore à la lime : finilfez tout l'inftrument en le limant & lui donnant le poli, de maniéré que toutes les vives-arêtes foient arrondies, Cet inftrument n'a pas befoin d'être trempé.
- La Figure 60 repréfente le Spéculum nafi : on le fait fur les mêmes principes que le précédent ; il n'en différé quen force & en grandeur : il fert à dilater ,1 dans le cas d'un polype ou de quelque abfcès, les narines, & pour dilater les oreilles dans le cas de quelque abfcès, & dans celui où quelque corps étranger s'y trouve logé, comme un pois , un grain de bled, &c.
- Le Spéculum ani, Fig. 59, eft du prix de 15 livres; & le Spéculum nafi, Fig* 60, vaut 6 liv.
- Article Treizième.
- Du Spéculum matricls.
- Les différentes maladies auxquelles les femmes font fùjettes dans le vagin 8c dans la matriee, ont porté les anciens à imaginer un dilatatoire différent encore de tous les autres, afin qu'avec cet inftrument non - feulement le Chirurgien puifîè voir dans les parties, mais encore y porter les remedes avec la main ; c eft le Spéculum matricis, repréfenté par la Figure 1, qui remplit ces deux objets.
- Cet inftrument eft compofé de trois branches, dont deux exactement fembla-bles a a ou AA, Fig. 2, 8c d'une branche tranfVerfàle h b b, Fig. 2, & B B , Fig. I ; ces trois branches font mifes en mouvement par la vis dd, D , de la maniéré que nous allons l’expliquer, en développant les pièces qui compofent cet inftrument, ce qui deviendra plus intelligible en décrivant la maniéré d'en exécuter chaque piece. ,
- Il eft très-eftèntiel de prendre de bon fer, & de le corroyer avec attention : on commence par forger les deux branches femblables a a, Fig. x, ou A A, Fig. 2 , chacune d'une feule piece ( * ), & comme nous avons dit à la forge du
- (* ) Pour accélérer les opérations, quelques Artiftes brafent plufieurs pièces à cet inftrument, ce qui eft bien préjudiciable & pas àflez folide. Je dis donc qu’il ne faut à cet inftrument aucune
- brafure, parce qu’il doit fupporter des efforts allez confidérabîes pour faire craindre qu’il ne puifte pas y réfifter fans fe cafter, lorfqu’il y a des pièces brafées.
- Spéculum
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- Sêco *î>é Parti % SeË. I. Chap. XLïï. 541
- Spéculum ani, pliez quarrément les lames en Ff9 Fig. i ; réfervez la force en F9 pour faire Tangle vif, & réduifez les lames en gouttière ; ces deux branches étant forgées, il faut les ajufter enfemble au moyen d’une charnière repréfentée par la Figure 3. Voyez la maniéré de faire les charnières, Chap. XXXIK> FL 7y. La piece la plus difficile à forger, c eft la branche tranfverfale vue en BB$ G G e, Fig, 1, & repréfentée à part par la Fig. 4 ; pour y réuffir > prenez du fer de la largeur de 16 ou 18 lignes, fur prefqu autant d’épaifleur. Suppofons la largeur par les lignes ponéluées a a, Fig. 4 ; dès la première chaude on enlevé la partie h h H, Sc à coups de la pane mince du marteau , faites le dégagement j j fur la bigorne de l’enclume, en réfervant toute la largeur du fer pour faire les ailes K K. Le dégagement étant fait, enlevez la noix: à cet effet portez la noix en delîous ; préfentez 1 fur la quarre de l’enclume , Sc à coups redoublés, entaillez & alongez la branche K* Ce côté étant fait* répétez la même manœuvre pour l’autre ; alors la piece fera la croix : prenez enfoîte la tranche ou un cifeau pour couper la piece fur la ligne ponéluée 11 ; elle fera enlevée : il faut enfuitê prendre la partie H dans les tenailles, & par de petites chaudes parez & ragréez la piece en alongeant les ailes K K ; il faut auflî bien dégager la noix en la portant entre les mâchoires de fétau, pour ïentailler le plus vivement qu’il effi poffible. Quand la noix Sc les ailes font finies , on fè dilpofe à faire la gouttière à l’aide de l’étau : en même temps on fait le coude h h ; après cela c’eft la lime qui doit finir tout l’ajuftement.
- La branche tranfverfale eft ajuftée aux deux autres parallèles par urta fente nn + faîte jufte à l’épaiffeur des deux branches aa , Fig. 19 ou A A, Fig. 2 * ne lui laiffant que le jeu qu’il lui faut pour que la vis puifte la faire mouvoir & la faire gliffer aifément ; il faut donner dans l’intérieur de Cette fente ou emboîture, la forme qu’indique la ligne ponétuée S S. Pour fermer le bout extérieur de ces deux emboîtures, on ajufte deux pièces vacillantes, dont la forme eft repréfentée par les Figures 5 & 6, & vues en leur place enG G 9 Fig. 11 elles ne font tenues que par une goupille ou petite vis, ainfi ajuftées librement, afin qu’elles fo prêtent aifément aux deux configurations du dehors des branches , lefquelles font cintrées en dedans enxx 9 Fig. 2, & bombées en dehors ^
- La Figure 7 repréfente la noix inférieure taraudée en L, qui porte la vis d Fig. 1 : on voit cette noix en là place en D.
- La Figure 8 repréfente la forme des deux platines portant 3 lignes d’épaifleur * vues en leur place en m o, Fig. 1* Elles fervent 1°. à cacher la charnière qu'on voit repréfentée féparément en T9 Fig. 3 ; a°. elles fixent la noix à l’inftrument de cette maniéré: m a le trou quarré pour recevoir le quarre de la noix M* rFig* 7, & l’empêcher de tourner. L’autre platine de defious O, Fig. 4, fert d’écrou à la noix, & fe viffe au bout de la vis N, Fig. 7. La grande vis d d, Figé I , ne tient aux branches que par la noix taraudée D ; fon bout fopérieur, quî eft fait en pivot, tient à la branche tranfverfale dans le trou fimple de lanoix e9 Coutelier. IL Part. Se3* L R 4
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- B42 L'ART DU COUTELIER.
- Y étant arrêtée en defius par un écrou en bonnet P ; or en tournant la vis tantôt à droite & tantôt à gauche , le bonnet fe déviftèroit, & toutes les pièces fe fepareroient ; mais voici comment on fe garantit de cet inconvénient.
- La Figure 9 repréfente l’écrou en bonnet. Les Figures 10 8c 11 repréfentent deux molettes que je fais toujours en cuivre (*) , en plaçant ces molettes l’une par-delfus & l’autre par-deflous la noix, 8c percées d’un trou à 8 pans, afin quelles ne puiflent pas tourner : l’une occupe l’efpace <7, limé à 8 pans ; l’autre l’efpace r, limé également à 8 pans ; de cette maniéré la noix fe trouve entre ces deux molettes, qui roulent au - deflùs & au - deiîous de la noix, & non pas fous le bonnet ; conféquemment le bonnet relie toujours fiable au point où on l’a mis;
- En tournant la vis par le treffle de gauche à droite, la branche tranfverfale monte, approche & fait approcher les deux autres, de forte que quand GG fe trouve en a a9 les trois branches B B, Pfg> font jointes exaélement, & ne forment qu’un corps rond: notez que l’extrémité des trois branchesjyy font ployées de dehors en dedans , pour former le bec-de-cane ; de forte qu’étant unies, elles forment un bout oliyaire, pour rendre l’introduélion facile ; lorfqu’il eft introduit, on détourne la vis de droite à gauche ; elle fait defcendre la branche tranfverfale de G G en R; alors les trois branches font ouvertes triangulairement, & au point de pouvoir y pafler la main. On juge bien que pour une telle opération, cet infiniment mérite d’être fait avec toutes les attentions poffibles ; il exige fur-tout que les angles foient obtus, bien arrondis & bien polis, fans cette précaution , ils couperoient 8c déchireroient en dilatant. Aucune piece ne doit être trempée.
- Le Spéculum matricis eft très-compofé ; il faut y employer bien du temps? pour le faire parfaitement. Il fè vend 9 6 livres.
- Article Quatorzième;
- De cinq Dilatatoires particuliers à differentes opérations»
- - Tous les Spéculum que nous venons de détailler, font des inftruments dilatatoires ; il convient donc de continuer dans ce Chapitre, la defcription des autres Dilatatoires dont on fait aufli ufage dans diverfes opérations»
- La Figure 1 repréfente un ancien Dilatatoire ; il eft compofé de deux branches unies par un tenon fait en forme de charnière ; le dedans des branches eft limé ‘ à plat, & le dehors eft arrondi : tous les angles font moulfes, 8c les extrémités étant approchées, forment un bouton oliyaire : cette régie eft générale pour tous les Dilatatoires. Ce dernier eft du prix de 6 liv.
- La Figure 2 repréfente l’ancien Dilatatoire à anneaux, compofé de deux branches femblables ajuftées à charnière; & lefquelles font tenues fermées par
- O On fait que les frottements du fer & du cuivre font toujours plus doux ôc plus coulants.
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- Secondé Partie. Secl. I. Chap. XLll. 343
- le moyen du reiîort placé enZ, qui cependant doit être doux 8c liant. Cet inftrument vaut p liv.
- La Figure 3 repréfertte le Dilàtatoire corrigé fur l'ancien* Fig. à, par M. Le Cat; il eft, comme on le voit, Compofé de deux branches parallèles unies dans leur milieu par une charnière qui tient les branches écartées Tune de l'autre * dans l'intention de placer un doigt entre les deux branches, afin de dilater avec tel ménagement, que la prelïion des branches for le doigt , annonce la réfiftance de la partie qu'on dilate ; de plus la charnière eft placée bien au milieu , de forte qu en regardant l'extrémité qu’on tient dans la main, on juge aifément du dégré où en eft la dilatation interne ; une des extrémités eft encore courbée légèrement pour fervir félon les cas ; par exemple, dans l'opération de la taille * M. Le Cat s'en fervoit pour dilater les proftates, quand il jugeoit la pierre un peu forte. Ce Dilatatoire vaut 6 liv*
- La Figure 4 repréfente un Dilatatoire à anneaux, 8c fait èrt gouttière comme un gorgeret ; au bout d'une des branches Ç, eft une petite crête pour conduire l'inftrument le long d'une Sonde cannelée : les deux branches font unies à jonc* don pa^ffée. Ce Dilatatoire en gorgeret vaut 10 liv#
- La Figure y repréfente le Dilatatoire compofé, prêt à être introduit par le bout A ; 8c la Figure 6 le repréfente ouvert & comme ayant dilaté > en faifànt approcher les branches ff> Figé y, comme on le voit en F Fy Fig 6* Cet inftrument a une force finguliere; les deux maîtreffesbranches aa>BB, Fig. 6, renvoient les deux branches auxiliaires c Z), d E, avec la force du Levier dû premier genre. Cet inftrument ancien eft des plus curieux, en ce qu'il renferme les quatre efpeces à’ajuftements différents : en Ci?, il eft ajufté à charnière ; en G, il l'eft par entablement i ( voyez g g > Fig. 7 & 8 ) ; en d D> Fig. 6, il eft ajufté à coulifîe en queue d'aronde ; & en K L, il l'eft à jonélion paflee : voyez / /, Fig. 7, qui eft la branche mâle, 8c j, Fig. 8 , qui fait voir la femelle.
- La Figure p repréfente une branche auxiliaire vue de côté, qui laiffe voir là charnière mâle en i3 laquelle s'ajufte en £, Fig. 6 ; le tenon à queue d'aronde M, Fig. p, eft celui qui fe place en d, Fig. 6, dans une rainure vue en e, Fig. t r-
- La Figure 10 fait voir la branche auxiliaire vue à plat, qui indique le tenon n au milieu de l'épaiffeur, ainfi que le charnon mâle o ; les charnons femelles font vus en rr, Fig. 7 8c Fig. 8 , qui font les mêmes qu'en C E > Fig. 6.
- Quand on a forgé cet inftrument en acier, on commence par dégrofîîr l’enta^ blement g, Fig. 8 ; enfoite on ajufté la jonélion paflee de façon que la branche mâle K, Fig. 6, pafle dans la femelle L ; on cloue enfuite les branches par leur entablure , & on égalife la longueur des branches ; l'Ouvrier ajufté enfoité les charnières CE; après quoi il lime les tenons M N, Fig. p 8c Fig. 10, pris for piece ; 8c pour faire les loges de ces tenons, voici comme il s'y prend : il fait un trou en A7, Fig. 11, de 3 lignes de profondeur, avec un foret de % lignes de large, 8c fait un femblable trou en e ; après cela il taille au cifelet ( fait en
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- 344 L'ART DU COUTELIER.
- bec-d’âne) l’entre-deux de ces trous, pour en faire une feule rainure qui aura 3 lignes de large fur p de long, & 3 de profondeur : il s’agit alors de rétrécir rentrée de cette rainure pour en faire une coulifle à queue d’aronde. Pour cet effet, après avoir laiffé dans cet endroit une bonne ligne d’épaifleur de plus qu’il ne faut, on abat les quarres par un pan fait de chaque côté, comme le fait voir la Figure 12 : on laifîè une entrée dans toute là largeur, pour former un paflage au tenon, comme le fait voir la lettre N, Fig. 11, & à coups d’un petit marteau , on rabat les deux angles uu, Fig. 12, comme pour les jetter dans la rainure ; 6c lorfqu’ils feront applatis , Ton aura une queue d’aronde repréfentée par la Figure 13.
- Pour démonter cet inftrument, il faut ôter les deux goupilles en CE, Fig.69 ce qui débarraffe les charnons, & qui fait glilïèr les tenons de D en S, Fig. 6 9 où fe trouve le trou qui lui donne l’entrée & la fbrtie. Ce que nous venons de dire pour apprendre à démonter l’inftrument, inftruit allez de la maniéré de remonter fes deux branches auxiliaires ; au refte les deux maîtrelfes branches font tenues par le clou qui unit les entablures , 6c par la jonélion paflee qui les unit 6c les retient dans cette polition. Ce dernier Dilatatoire vaut 30 liv.
- Lés cinq Dilatatoires que nous venons de décrire, doivent être faits d’acier pur & net ; aucune des pièces ne doit être trempée : il liiffit de les écrouir ; mais il convient eflèntiellement que toutes les quarres foient arrondies & bien polies,' afin qu’ils ne faflènt pas un déchirement au lieu de la dilatation qu’ils doivent opérer#
- Article Quinzième.
- Des Injlruments pour la Fifiule à l'anus ; du Syringotome,
- <9 du Bijlouri Syringotome.
- • La Figure 4 repréfente le Syringotome ; ceft un Biftouri courbe fait d’acier pur, & qui a la forme d’un fer à cheval tranchant dans fà cavité FF g; fon dos eft fur la partie convexe D DD, à l’épailleur de 2 lignes : il doit être émoulu bien vivement ; car le tranchant doit plier fur l’ongle comme celui d’un Rafoir ; le tranchant commence en & finit en g : là commence un ftylet d’argent fer-vant de fonde à l’inftrument, laquelle fonde doit être flexible & recuite, pour prendre la configuration de la fiftule. La longueur du ftylet, qui doit être de 7 ou 8 pouces, rendroit cet inftrument très - difficile pour lemoudre & le polir* mais on évite cette difficulté par le moyen que voici :
- Faites le Biftouri pour ce qui eft de la forge & de la lime ; entaillez-le en E} Fig. J ; limez-le vivement jufqu’en G ; laiffez un peu plus de force dans le colet E, qu’en G ; faites enfuite trois trous qui ferviront à affujettir le ftylet ; après cela trempez ce Biftouri : recuifez-le couleur d’or, & ne manquez pas de détremper la partie E G, à 1 aide d une paire de tenailles rougies au feu ; fïniflèz-le
- enfoitç
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- S E c'b f> i P à R t ï Ë. Secl. /. Chàp. XLlî. tniùite Fur la meule & avec la poliflbire, en vous forvant des tenailles en bois pour le tenir fur la meule.
- Pour faire le ftylet, forgez une tige ^argent comme la repréfente la Fig. 6 ; enfuite avec une lime à refendre, faites le bout en fourchette : voyez h ; après cela ajullez cette fourchette au bout du Biftouri E G t fraifèz les trdus dé l’ar-gent, Sc clouez les deux pièces enfèmble par trois clous d’acier ; étant bieti rivés, ils équivaudront à la foudure: limez enfuite la fonde ; laiflez-la un peü ovale fur la partie g, Fig. 4 ; mais tout le refte doit être rond jufqu à l’extrémité h, où la fonde fe termine par un bouton olivaire*
- K L, Fig. y , repréfente le manche de l’inftrümênt faifànt corps âvéc lui *\ limé à 8 pans & ayant la forme d’une S. Le manche de la Figure 4 eft fait différemment ; c’eft une lame d’argent de demi-ligne d’épaifleur, fur 4 de large : on la ployé par fon milieu ; on lui donne la forme d’un anneau femblable à celui d’un tirebouchon, & on fixe les deux bouts au Biftouri par le moyen d’une vis.
- La Figure 7 repréfente un femblable Syringotome ( * ), fait fur les mêmes principes ; mais il eft plus parfait , en ce qu’il eft ajufté fur une châfle de Biftouri 772 n , propre à renfermer le tranchant, qui , à caufe de fa finefle, feroit fufcep-tible de s’égrainer ; or, rien ne peut mieux le confèrver qu’une châfle d’écaille* On voit par la Figure 8, la difpofition du talon; la lentillep , fixe l’ouverture de l’inftrümênt, comme on le voit en q, Fig. 7. Chaque Syringotome vaut 12 liv.
- La Figure 9 repréfente le Biftouri dbnt la lamé fe renfermé dans un anneau d’argent ou d’or : il eft à tranchant dans fà partie cave, & fe loge dans l’anneau qui eft fendu ; on réferve un bouton en R, qui fert à ouvrir lé Biftouri, Ce qu’on fait avec un des ongles des doigts. Ce Biftouri à ànnéau vaut 6 liv*
- Arïicle Sëîziëmë.
- Des Injlruments a percer les oreillesi
- On perce les oreilles aux Demoifélles, de plufieurs façons; mais Voici léS inftruments les plus commodes pour faire cette opération*
- La Figure 1 repréfente une efpece de petit Trois-quarts ajufté dans une Canule d’argent ou d’or ; la tige d’acier avec fon dard, eft repréfentée par la Fig. 2. Le tranchant du dard commence en a, & fe termine par une pointe aiguë : A indique l’entaille de la tige, qui eft faite fonde pour sajufter dans le tfou de la canule. Au bout de la canule B ou fonde, eft un bouton qui fért comme de manche à l’inftrümênt ; il eft percé par le bout pour pouvoir repoufler la tige dans le cas où elle tiendroit trop jufte.
- La Figure 3 repréfente les Pinces forvant à faire l’opération : elles font faites
- J* ) C’eft avec un femblable cjue M. Maréchal fit l’opération h Lpü 1 s XIV*
- Coutelier. IL Fart. Secl. !.. S 4
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- 34S F ART DU COUTE L1 ER.
- d’une lame d’acier , ôu d’argent ou d’or; on ployé la lame en deux : on lecroutt bien enfuite pour lui donner de l’élafticité. On lui donne la forme que 1 on veut; mais il faut laifîer la tête ronde : on fait un trou au milieu C, de 2 lignes de diamètre; on fend la tête pour faire une fortie au trou , telle que l'on voit en ei
- Voici la maniéré d’opérer avec ces deux inftruments : prenez une plume & de l’encre, marquez, par un point, l’endroit où il faut percer l’oreille ; fàifîffez enfuite l’oreille avec la Pince, en découvrant le point par le trou C ; portez enfuite la pointe du dard fur le point ; percez l’oreille , en pafïànt outre , jufqu à la ligne d ; faites fortir alors le dard de la canule ; préfentez le bout du plomb ou
- le bout même de la boucle d’oreille, dans le trou de la canule : retirez la canule
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- du trou de l’oreille , en contenant toujours la boucle dans le trou, de forte que cela faife l’effet d’une lardoire ; quand la canule eft fortie, la boucle a paffé le trou 3 & fe trouve auffi avoir traverfé l’oreille. Je décris le manuel de cette opération , parce qu’il y a des Demoifelles craintives, que le nom feul de Chirurgien étonne au point de fe faire un monftre de la plus petite opération, & qui fouvent s’expofent à reffentir plus de mal, en préférant, pour leur percer les oreilles, des mains peu adroites & point faites à ce travail.
- Le Trois-quarts & la Pince , faits d’argent, font du prix de 15 liv. les deux,
- Article Dix-Septieme.
- Des Injlruments pour ïopération du Cancer.
- La Figure r repréfente les Pinces à cancer, compofées (*) de deux branches femblables, unies à jonétion paffée, ayant chacune un anneau. Les extrémités fupérieures A fe terminent par deux pointes bien horifontales, ou bien en ligne droite. Ces Pinces font du prix de y liv,
- La Figure 2, repréfente les Pinces en moraillon ; ce font deux branches fem-blables ajuftées à charnière en B 9 de terminées à l’autre extrémité par deux anneaux. Avec cet infiniment on embraffe la mamelle entre les branches a a, pour la relever & en faire la ligature ou l’incifion. Ces deux derniers inftruments doivent être faits d’acier pur, les quarres arrondies ; ils doivent être bien polis , & n’ont pas befoin de la trempe. Le prix eft de y liv.
- La Figure 3 repréfente la Pique fimple (**) pour traverfer & foutenir la mamelle. C’eft une tige d’acier emmanchée comme un Couteau à gaine ; la tige eft ronde jufqu’en b : là elle prend la forme d’un oVale applati ; les bords font à tranchant moufle, & la pointe C eft pointue ; cependant elle a une pointe folidew Cet inftrument vaut 3 liv.
- La Figure 4 repréfente la double Pique ou la Fourche pour le cancer. Çet
- ( * ) Imaginées par Helvetius, ainfi que la Fig. 2 qui fuit celle-ci,
- ( ** ) Inventée par Bidloo ; Heifter l’appelle efpece de Glaive.
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- Secondé Partie. Seâ. ï. Chap. XLÏÎ. inftrument ne différé du précédent, qu'en ce qu'il a deux branches , pour, en traverfànt la mamelle , la foutenir plus parfaitement avant de l'amputer.
- Pour faire cet inftrument, un Forgeron habile prend une barre d'acier dé 4 bti 5 lignes en quarré, qu'il forge au point de faire les deux branches d'un feul morceau d d, E E ; il laiffe le double de force qu'il eii faudroit en G ; il ploie enfuite la piece en E E, 8c rapporte une tige à chaude portée pour faire là queue ; alors l'inftrument eft forgé. Si l'on foit l'autre méthode , il faut prendre Une barré d’acier de 4 lignes d'épaifteur , fur 8 ou 9 de large , & au moyen de la tranche à main, on refendra la partie jufqu'en G pour faire la fourchette : on ouvre enfuité les deux branches en croix pour les forger & les parer au marteau ; enfuite on les ployé pour leur donner la forme convenable ; enfin ces deux inftruménts doi* vent être trempés & recuits au bleu. Ces quatre inftruménts font les auxiliaires de l'opération. La double Pique ou Fourche vaut 6 liv*
- La Figure y repréfente l'inftrument pour faire l'amputation de la mamelle \ c’eft proprement dît un Rafoir fixe, emmanché comme l'eft un couteau agaîne i il faut bien fe garder de faite le dos auffi fort que celui d'un Rafoir ordinaire * comme quelques-uns le prétendent, parce qu’on ne feroit pas maître dé diriger le tranchant en faifànt l'opération ; malgré l’Opérateur, le tranchant fuivroit là première direction. Ce tranchant doit être fin comme celui d'un Rafoir ordinaire; il faut lui donner une ligne Sc demie d'épaifteur du dos, l'émoudre fur une meule du diamètre de 20 pouces, bien arrondie , & émoudre bien en planche ( * ) ; alors le tranchant fera bon * Sc l'Opérateur le conduira à fà volonté > fans que le dos puifïe s'oppofer à fès defirs. Ce Rafoir vaut 3 liv.
- La Figure 6 repréfente un inftrument qui fùffit feul pour faire l'opération de l’amputation de la mamelle i c'eft-à-dire j que les auxiliaires font ajuftés à l'inftru-ment tranchant : il eft compofé de trois branches, dont une d’acier ///, qui eft le BiG touri ; d'une branche fimple hhh, qu'on peut faire de cuivre jaune, Sc d’une double branche femblable jjjj, de cuivre auffi, qui eft le point d’appui de la mamelle, tandis que le Biftouri en fait l’incifion. Pour en expliquer tout le méchanifme, je dis que la mamelle fo trouve entré les deux branches de cuivre hhh Sc j j j j , pour être élevée Sc féparée des chairs qu'il ne faut point couper. Ayant donc détaché la mamelle, on n'a plus befoin de la branche fimple ; on la dégage en lui faifànt faire un demi-tour , pour prendre la pofition des lignes ponéluées mmmy Sc qu'un Aide tient : à l'inftant que cette branche fort de deflbus la mamelle, la branche d'acier prend fà place, Sc l'on faitJ'incifion en faifànt paffer la queue L dans la double branche en g, le manche fort eniV^ & l'on fuit la direction dé la ligne ponéluée 0, Sc enfin jufqu'à l'entierè amputation de la mamelle.
- Pour faire cet inftrument, on prend une lame de cuivre de 16 ou 17 pouces de longueur pour faire la branche double : on lui donne là forme du demi-cerclé ; enfuite on la ployé en deux par le milieu, pour imiter la forme que repréfente là . (*) Terme de l’Art, qui lignifie plane & d'un feul trait.
- Planche
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- 34§ KART DU COUTELIER,
- Figure 7, & la branche fimple comme la Figure 8 ; par ces deux figures, on voit l’épaiflèur des deux branches.
- La Figure p repréfènte féparément la lame d’acier ; le tranchant eft dans fà partie concave (*)prrqy lequel doit être auflî fin que celui d’un Rafoir, cependant afilé un peu ferme. L’épaiflèur du dos eft dune bonne ligne ; la meute pour Témoudre doit être de 17 ou 18 pouces, bien ronde; & de plus, par rapport à la courbure, on fait la meule bien bombée, c’eft-à-dire, d’un dos dâne arrondi ; le tranchant finit en/?, & de là jufqu en R, c’eft le manche de 1 inftrument : en q eft un trou pour aflujettir le Biftouri avec les branches de cuivre, comme on le voit en K. La place du Biftouri eft dans la gaîne double en i, Fig. 7 ; & la branche fimple le place en deflous en o ; le çout eft arrêté & fixé par un écrou, comme il eft vu en K.
- La Figure 10 repréfente le clou à vis , & la Figure 11 l’écrou ailé, deftiné à ferrer les lames à volonté.
- Cetinftrument eft de l’invention d’un Chirurgien Hollandois, dont Heifter(**) ne dit pas le nom ; mais il lui a été communiqué par le Doéleur Tabor. Cet inftrument vaut 30 liv.
- La Figure 13 repréfènte l’Aiguille pour faire un féton tranfverfalement ; c’eft une tige d’acier emmanchée comme uft couteau , & dont la pointe eft faite en pique, à deux tranchants féparés par une vive-arête ; au bout de la tige eft un trou en X, pour pafïèr le cordon : ce trou doit être fait du côté de la largeur des tranchants, comme on le voit en K, Fig. 12, laquelle. Figure fait voir la courbure que l’inftrument doit avoir fur le côté. Il ne doit être trempé que jufqu’au trou V: le recuit doit être violet en bas , & couleur d’or à la pointe. On finit l’inftrument à la meule & à la poliffoire ; la pointe doit être bien aiguë, les tranchants bien vifs, & l’on doit affiler cet inftrument comme un Canif. Cet inftrument vaut 3 liv.
- ( *) Il s’eft glifle une erreur dans l’Encyclopédie , dans la defcription de cet inftrument : on y lit, que le tranchant eft à fa partie convexe; c’eft au contraire à fa partie concave : car autrement il
- feroit de nul effet pour Popération;
- (**) Voyez Heifter, Pl. 33 , & page Edi? tion Françoifs, in-quarto, Tome II,
- CHAPITRE
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- Seconde P a r t i e. Se3.1. Chap. XLIll.
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- CHAPITRE QUARANTE-TROISIEME.
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- Des Injlruments pour les Polypes.
- O N appelle Polypes, des excroiflances de chair qui furviennent dans le nez, dans la gorge, dans le vagin, dans la matrice, & c. La Chirurgie a cherché les moyens d*en faire Topération, 8c à les en tirer félon la nature des Polypes ; tantôt par la ligature, tantôt par Yextirpation, & tantôt par Yincijion ; c’eft le Coutelier qui fournit les ixiftruments au Chirurgien pour opérer dans ces trois cas ? ce font ces inftruments que nous allons décrire.
- Article Premier.
- Des Pinces droites & courbes pour les Polypes du ne[.
- L A Figure r repréfonte une paire de Pinces droites ; ce font deux franches fomblables unies à jonétion paflee. L’extrémité fopérieure Ay eft percée d’un œil, afin que le polype puifle s y loger en partie, 8c porter moins de volume. Depuis A jufqu’en a9 on creufe l’intérieur des branches au cifolet pour former une gouttière ; & pour donner plus de prife, on fait de petites dents dans toute la concavité de la gouttière ; ces dents font comme celles d’une râpe fine : on en voit à peu près la quantité & l’ordre qu’on leur donne, par la Figure 2 , en B C* Cette derniere figure repréfente la branche mâle d’une Pince courbe qui ne différé de la droite , Fig. i, que par la courbure de la branche B C. Chacune de ces pinces eft munie de deux anneaux à l’extrémité des branches QQQ% qui fervent à donner de la prife à l’inftrument pour arracher le polype. Chacune de ces pinces fe vend 3 liv.4 (
- M. Levret, Accoucheur de Madame la Dauphine, s’eft beaucoup appliqué à guérir cette maladie ( * ), & a inventé plufieurs inftruments que nous allons détailler.
- Article Second.
- ryirinw Tirniriirrnimwi m
- Planche
- 112.
- Du Bijlouri a gaine, pour couper les Polypes du neq.
- La Figure 3 repréfente le Biftouri deftiné à être introduit dans le nez , la gaine embraflant toute la partie tranchante de la lame. Planche
- La Figure 4 repréfente le Biftouri féparé de la gaine ; le tranchant commence 110* en E dans la cavité : il doit couper parfaitement, for-tout du milieu & de la \
- (*) Voyez les Observations fur la cure radicale de plufieurs Polypes, par M. Levret, chez Didot le jeune, Quai des Auguftins.
- Coutelier. II. Part. S tel. I. T 4
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- tfo LART DU COUTELIER.
- pointe. La gaine eft repréfentée par la Figure y : elle eft faite d’une platine d’argent ployée pour faire la café du Biftouri, & fe termine par un rouleau n9 qui fort comme de poignée pour l’appliquer & l’oter de fa place; cette gaine tient au, Biftouri par un méchanifme particulier que voici.
- La Figure 6 repréfente une virole ouverte en H, pour donner paflâge à la queue de la gaine ; de forte que lorfqu’elle eft entrée par cette ouverture, on fait tourner la virole à l’aide de la cheville j9 qui eft faite dans ce deflèin, & qui fait partie de cette piece ; lorfque la virole a fait un demi-tour, la gaine & la lame tiennent enfemble ; cette virole eft percée à jour : elle reflemble, comme on le volt, à un trait de foie ; cette fente reçoit une cheville c, Fig. 4, qui eft viflée fur la queue de la tige du Biftouri ; de forte que cette cheville retient la virole, & cependant lui laifle la liberté de tourner de toute la longueur de la fente ; la mitre ou l’embafe de la poire G, empêche auffi la virole de fortir de fa place.
- Le manche eft fait d’ébene : on y pratique une rainure en JC, pour loger la queue de la gaine.
- La Figure 7 repréfonte le Biftouri à croiftànt & à gaine, prêt à être introduit dans le nez ; le tranchant eft dans fa concavité I; & les pointes, qui font comme deux cornes, font moufles & arrondies.
- La Figure 8 reprëfonte la gaine féparée de l’inftrument ; elle ne tient à la tige quà la faveur d’une gouttière F g9 qui’reçoit la tige du Biftouri, qui eft de figure cylindrique. La queue de la gaine s’étend depuis £ jufqu’en L : elle fort à la tenir pendant l’opération. Cette gaine eft d’argent, faite dune feule platine, Sç fans aucune foudure :on la ployé for la largeur pour faire la gouttière. Ces deux inftruments, avec leur gaine d’argent, font du prix de 9 liv. chacun.
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- .112.
- Article Troisième. f
- Des Pinces a poulies, appellées Porte-anfos ou Serre-nœuds.
- Les Pinces à poulies font repréfontées par la Figure elles font compofées de deux branches fomblables, unies à jonétion palfée. Les anneaux font fendus fur leur largeur Q Q, avec une lime à refendre de trois quarts de ligne d’é-paiffeur, pour y loger le fil. Près la jonélion font deux porte-poulies viffés
- & rivés for les branches.
- La Figure 10 repréfonte un de ces porte-poulies vu de côté, où l’on découvre la loge de la poulie. Cette fenêtre fe fait par trois trous percés au foret, équarris enfuite avec de petites limes. La Figure 11 repréfente la poulie.
- A l’extrémité fopérieure de la Pince N N, Fig. 9, font encore placées deux poulies. La Figure 12 fait voir la fenêtre en nm, ce qui indique aufli l’épaiflèur de la branche, Sc la maniéré dont la poulie eft ajuftée. Ces poulies font de cuivre jaune, & faites au tour à l’archet ; elles font pofées à l’inftrument par une goupille qui entre jufte au trou de la branche ; mais elle doit avoir du jeu dans le trou de la poulie, afin que cette derniere puiffo tourner librement.
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- Seconde Partie. Seiï. /. Chap. XLIII. 3 51
- Ces Pinces portent 8 pouces de long , longueur convenable pour le vagin ; niais il en faut une plus petite d’un tiers de volume pour lier les polypes du nez ; & par rapport à la petitefïè des branches, on n’y met point de poulies : alors on ne fait que deux trous en N N, Fig. p, & deux petits pitons qu’on rive en MM; ces trous n’ont qu’une ligne de diamètre. Cette Pince fe vend r i liv. \
- La Figure 13 repréfente une Errhine double, pour contenir certaines glandes ou polypes, afin d’en faire la ligature. Le manche eft fait au tour : on y ajoute un agrément en P9 qui devient cependant utile au Chirurgien lorfqu’il n’a point d’Aides ; car pour-lors il porte le bout du manche à la bouche, & par là foutient l’inftrument. Cette double Errhine vaut 2 liv.
- La Fig ure 14 repréfènte les Pinces pour lier les polypes, imaginées par M. ' Le Cat. Ce font deux branches femblables, unies à jonélion paffée ; l’une des branches qq9 eft armée d’un petit crochet pris for l’épaiflèur de la branche ; & for leur largeur s s , font percés deux trous d’une ligne de diamètre, pour paflèr le fil ; en o eft un trou fait à travers le clou, pour donner auffi paflàge aux deux fils. Cette Pince forre-nœud vaut 6 liv*
- Article Quatrième.
- Du Venicilk.
- La Figure 1$ repréfente un inftrument propofé par M. Levret, quïl appelle Verticille ; c’eft une efpece de lime pour ufer un polype muqueux, en paflànt un bout par le nez , & le faifant fortir par la bouche. Le corps dé l’inflmment eft compofé d’une tige de fil d’acier d’environ 4 pieds de long, & de demi-ligne d’épaiffeur ; après l’avoir fait recuire , il faut le tortiller for un mandrin de fer rond de 2 lignes de diamètre, en obfervant que les écartements foient égaux, que la figure fpirale foit régulière dans le corps, mais que ceux des deux bouts foient approchés comme on le voit en Q S, pour les fouder à des tuyaux, comme nous allons l’expliquer. Un bout du fil eft arrêté dans le manche R 3 parce que le bout du fil s’engage à vis en S for une queue de fer taraudée : cette queue n’eft point cimentée ; mais elle eft fixée par une vis en R : lautre bout du corps fpiral eft foudé for un tuyau d’argent en Q S; mais on penfe bien que le fil en fpirale s’allongeroit en opérant avec cet inftrument : il a donc fallu rapporter une tige continue placée dans l’intérieur du Verticille, qui étant fixée aux deux bouts, ne permet point aux lignes courbes de fe redreflèr: on voit cette tige pleine ( qui eft d’argent ) à travers les lignes courbes qui compofent la fpirale.
- Pour paffer le bout S par le nez & le faire fortir par la bouche ( * ), il faut un méchanifme particulier que voici : on voit une fenêtre en y ; elle eft deftinée à recevoir un tenon faifant l’effet d’un loquet. La Figure 6 repréfènte un reflbrt
- ( *) Voyez le manuel de Topération, à la page 320 de l’ouvrage de M. Lcvret cité ci-devant.
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- 352 L’ART DU COUTELIER*
- double, plein en a; X, & de forme cylindrique en cet endroit : il eft percé au bout X & taraudé 9 pour être fixé au manche par une vis, comme-on voit en V; le. trou du manche eft fuffilàmment évafé pour contenir le reflort double, Sc même ayant du jeu pour laifler agir l’élafticité des deux branches. Suppofons donc qu’il foit placé , & qu’il faille joindre l’inftrument au manche ; préfentez le bout olivaire S au bout du reflort T, preflez-le d’entrer ; alors la branche du reflortp obéit, s’écarte jufqu’à ce que le tenont fe trouve vis-à-vis de la fenêtre^ ; alors ils s’engrainent l’un dans l’autre, & font tenus avec aflez de fermeté pour ne pouvoir point fe défunir.
- Pour les féparer l’un d’avec l’autre ,on voit une vis tranfverfale en Z , qui eft viflee fur la branche p, & qui eft très à l’aile dans l’autre branche ; or, on n’a qu’à appuyer du pouce fur la tête de lavis Z (on la voit en là place en u) ; alors la vis repouflTe la branche p, qui, s’éloignant de l’autre, élargit le paflàge du bout S ; par ce moyen on dégage le tenon de là fenêtre, & les pièces fe trouvent foparées, Cet inftrument vaut 15 liv.
- Article Cinquième.
- Des Pinces brifées, & des Pinces en forceps, pour contenir les Polypes.
- Planche
- 113.
- Pour faire la ligature des polypes volumineux, il faut des inftruments auxiliaires pour contenir ces mafles de chair pendant qu’on en fait la ligature : voici des Pinces inventées à cet effet par M.Levret.
- La Figure 17 repréfente deux branches unies à jonélion paflee ; en A B, elles font dentelées extérieurement comme une fcie , afin qu’étant liées avec un cordon , elles puiflent tenir ferme & làns lâcher. Les extrémités lupérieures des deux branches a a, font percées au foret d’un trou d’une ligne & demie de diamètre , & l’on a équarri ce trou à l’aide d’un cifelet, pour former le quarré & le rendre uni ; enluite on s’eft forvi d’un mandrin quarré pour unir ce trou , en l’enfonçant à plufieurs reprifes à coups de marteau ; le mandrin fort aifément, pourvu qu’on l’ait frotté avec une goutte d’huile , avant de l’avoir mis en place. Ce trou eft deftiné à recevoir les queues quarrées des deux branches b b y Pig. 18 & 19 , qu’on aflujettit par les vis ailées G G, Fig. 17. Ces deux branches doivent être exactement femblables ; les mâchoires C D9 Fig. 18 & 19 , font faites en cuilleron ; la convexité eft en dehors, & la concavité en dedans ; & pour procurer une prife confiante, toute la concavité eft garnie de dents femblables à une râpe à grains fins, dans l’ordre qu’on les voit en C, Fig. 18.
- La Figure 19 repréfente la branche vue en dehors ; le long de cette branche E e, régné une gouttière faite au cifelet, qui fert à conduire les inftruments qui doivent être introduits immédiatement après, & nommément le Porte-anfe..
- La Figure 20 repréfente une efpece de Bracelet 5 fait de deux pièces jointes
- a
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- Second» Partie. Se3. /. Chàp. XLI1L 353
- à charnière •: on voit un ruban attaché à une des branches , lequel ruban porte un piton à vis Fy qui unit le bracelet à Tune des branches A ou By Fig. 17, felon que le cas le requiert 5 pour cet effet les deux branches font terminées en charnière & prennent la forme qu’indiquent les points.Ces Pinces brifées valent 181.
- La Figure 21 repréfonte la Pince ou petit Forceps j polype : il eft deftiné aux mêmes fins que la Pince brifée que nous venons de voir. Cet infiniment eft com-pofé de deux branches femblables depuis h jufqu’en H, unies par entablement ; depuis l’entablement jufqu’au bas, les branches different entr elles : celle H K porte une bride qui eft viflee en K ; la branche LO a des dents comme une fcie , auxquelles s’accroche le bout de la bride m : cette bride eft vue en face dans la Figure 2 3 ; de forte que K , Fig. 21, eft le même bout que k, Fig. 2 3^ & l’extrémité fupérieure M, eft la même que/ra, Fig. 21 ; enfin quand le polype eft tenu en N9 la bride m s’accroche à l’une des dents de la branche depuis O jufqu’en L, félon le volume du polype.
- La Figure 22 repréfonte une branche de l’inftrument vue à plat : on voit la largeur de la branche fupérieure, & l’épaiffour de la branche inférieure; au milieu du vuide de la branche fupérieure, régné une branche auxiliaire ii ajuftée à queue d’aronde aux deux extrémités, & enfuite brafëe : elle fuit, comme on le voit, la courbure de la branche ; en même temps elle eft cannelée au cifolet d’une extrémité à l’autre, mais à l’extérieur de l’inftrument, de maniéré à pouvoir forvir de conduéteur à ceux qui fiiccedent à la Pince.
- L’évidement de la branche i i, n’eft pas utile fi l’on veut ; mais il eft deftiné à rendre l’inftrument plus léger & plus maniable ; or , cette partie évidée fe fait à la forge, à l’aide de la tranche; mais comme le Forceps pour l’accouchement eft plus grand que celui-ci, l’ajuftement & le méchanifme, qui dépendent du clou & de la jonélion, quoiqu’en tout femblables, deviendront beaucoup plus faciles à comprendre, & nous renvoyons le Leéteur au Chapitre XLVIII .des Accouchements , Article 12 du Forceps , & aux Mains de Palfin. Ce For-» x ceps à polype fo vend 24 liy.
- Article Sixième.
- Du Conducteur de CAnje*
- LAFigure 24 repréfonte le Conduéteur de l’Anfo ; c eft lui qui porte le fil au pédicule du polype , pour en faire la ligature: on voit diftinélement le ftylet dans la Figure 27, lequel eft ici repréfenté hors de fà loge ou de la rainure, afin d’en mieux faire concevoir le méchanifme ; depuis A jufqu’en a, Fig* 24 : c’eft le manche (d’ébene) fait à 8 pans, creufé afTez profondément, c eft-à-dire, de 7 lignes, pour recevoir la queue de la tige fixée par deux vis e i, dont la tête eft faiilante en goutte dey^Z/au-deflous du manche ; par-deflus la queue ey fo trouve la place du reflort, repréfenté par la Fig. 2f.
- Coutelier• //. Part. Se3. A V 4
- Planche
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- 354 L'ART DU COUTELIER.
- La tige de l’inftrument eft faite d’acier bien net ; la queue eft féparée de la tige par une mître a, furmontée d’une poire : là commence la tige, qui va fe terminer par un bouton olivaire, & percé d’un trou à jour de 2 lignes & demie de diamètre. La forme de la tige eft ovale d’un bout à l’autre : voyez-en la forme Fig. 16. Depuis a jufqu’en b , Fig. 24, régné une gouttière faite au cifelet, d’une ligne & demie de profondeur : (voyez l, Fig. 26) ; cette gouttière eft la loge du ftylet vu dans la Figure 27, dont le bout h entre dans le reflbrt en k , Fig. 25 ; de B en d9 la gouttière eft percée à jour pour recevoir le tenon L , Fig. TJ y lequel tenon a fon extrémité taraudée, & déborde la tige en deflous pour recevoir l’écrou vu Fig. 28 : cet écrou fert ici de poignée au ftylet. L’élaf ticité du reflbrt doit retenir la pointe du ftylet toujours fixe au bout/; alors l’écrou eft fixé en JB, Fig. 24 ; & le faifànt defcendre en d9 le ftylet defcend auffi pour lâcher l’Anfe quil tient , laquelle Anfe fort par le trou b ; le reflbrt renvoie le ftylet aufli-tôt qu’on a lâché l’écrou : cependant la pointe du ftylet fortiroit de là loge & blefleroit fortement quelque partie ; mais l’Auteur, avec le .génie qui lui eft propre, a pourvu à cet inconvénient, en faifànt fouder une languette d’acier ajuftée à queue d’aronde, & foudée fur le travers de la tige en c9 de maniéré quelle laifle le paflàge aü ftylet, & lui en défend la fortie: c’eft un ponton.
- Comme cet infiniment eft fujet à fo fàlir, il a fallu imaginer les moyens de pouvoir le démonter facilement pour le nétoyer ; à cet effet il eft compofé d’une bride repréfentée par la Fig. 29, & qu’on voit en fa place Fig. 24 ; en a y la ligne ponéluée M, fait voir une cheville qui facilite la prifo de la bride pour la faire tourner ; enfin pour tenir le reflbrt en fa place, le ftylet en fon lieu, Sc cacher le vide du manche, il faut ajufter une platine propre à fermer toute l’ouverture ; cette platine eft repréfentée en op9 Fig. 24 : elle tient au manche par une vis p ; cela étant ainfi, on la fait tourner foiyant la ligne ponéluée, juf-qu’à ce que le bout 0 fe loge dans le vide de la bride u, où étant entré, on fait faire un demi-tour à la bride, ce qui foffit pour que le tout foit contenu foli-* dement.
- Ce Conduéleur de l’Anfe porte 6 pouces de longueur de tige ; c’eft la longueur qu’il faut pour opérer dans le vagin ; mais pour le nez, il ne doit avoir que 3 pouces & demi tout au plus. La tige doit être d’un tiers plus petite ; d’ailleurs la conftruétion & le méchanifme font les mêmes. U eft bien eflentiel que toutes les quarres & tous les angles foient bien arrondis & polis, qu’il n’y ait aucune afpérité tant à la tige qu’au ftylet. Le Conduéleur de l’Anfe vaut 18 liy.
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- Seconde Partie. Se3. L Chap. XLIIL Article Septlemi.
- 355
- Du Conjlricleur de M, Levret.
- La Figure 30 repréfente le Conftriéleur inventé par M. Levret, pour foier un polype par la feule preffion d’un reflort double, qui, par fon élafticité, ferre Planche
- continuellement le nœud qui eft fixé au pédicule du polype, & le ferre avec 112‘
- telle force, qu’en 16 heures de temps il a fait tomber des polypes affez forts.
- Cet infiniment eft compofé de deux branches femblables PQ,pq, d’un reflort double r R r, lequel* eft repréfènté féparément par la Figure 31, & d’un écrou fait en cœur & percé à jour, repréfenté par la Figure 28.
- Les deux branches de cet inftrument font unies à charnière en S ; chaque
- branche a deux charnons dirigés comme le font voir y Fig. 32 & 33 ; de
- maniéré que les charnons^y font mâles dans Z, & en même temps font femelles, parce qu’ils reçoivent le charnon du reflort V> Fig. 31 ; le tout eft aflemblé en
- 5 , Fig,. 30, & tenu par une vis qui traverfe le tout. Au bout du charnon du reflort u , Fig,. 31, eft un pivot pris fur piece, & taraudé pour recevoir l’écrou qu’on voit placé en ç, pour que le reflort ne forte pas de fà direélion ; en rr, on réferve deux tenons for piece, quon lime à queue d’aronde comme on voit en n n y Fig. 31. Voici comment on travaille les loges de ces tenons. Quand on a percé le trou à jour en m9 Fig. 32, on fait une rainure d’une ligne de profondeur avec un cifelet : voyez i ; on rabat enfoite les bords pour rétrécir l’entrée
- 6 former la queue d’aronde.
- Ce reflort eft fort difficile à faire : j’en ai vu caflèr jufqu’à quatre avant d’en rencontrer un bon ; parce que quand il faut placer cet inftrument dans le vagin, les deux extrémités s’approchent au point de fe toucher, comme le font voir les lignes ponétuées Fig. 34 ; il faut enfoite qu’une vive élafticité force le nœud à ferrer continuellement jufqu’à l’entier étranglement : or, ce reflort court deux rifques, l’un de caflèr dans l’opération, & l’autre de ne pas faire fon effet dans le cas qu’il perdroit fa bande. Je crois ne devoir point réferver les moyens de les faire bons du premier coup fans en manquer un feul : j’avoue que je foppofe toujours parler à un Ouvrier qui forge bien, qui manie bien la lime, qui réfléchit for fon ouvrage, fur la nature de fon acier & fur la trempe ; prenez une barre d’acier d’Allemagne, appellé Etoffe de Pont ; que cet acier foit bien fàin par lui-même , qu’il foit fans pailles & fans aucunes gerçures ; étirez-le en lames de 8 ou 9 lignes de large , & de 2 lignes d’épaiflèur; pliez cette lame en trois (*),
- & foudez-la avec toute l’attention poflible, foivant ce que nous en avons dit au Chapitre XII, Seét. I, de la première Partie.
- ( * ) On pourroit m’objeder qu’elle feroit meilleure à 5” ou 7; mais je réponds qu’il faudroit trop d’attentions en chauffant y ou 7 lames minces,
- afin que les deux qui embraffent les autres, ne fe furchauffent pas avant que celles du milieu foient affez chaudes pour fe bien paîtrir enfcmble.
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- 3S6 VA RT D U COUTE LIER*
- L'ayant loudée proprement, forgez le rellort en étirant les deux branches j & réfèrvant une éminence entr'elles fiir l'épaifleur de la piece , pour faire le pivot & le charnon u Fig. 3 r ; après cela aminciflez les branches du reflort
- à coups de marteau, de maniéré qu'il vous relie peu à emporter fur l'épaifleur avec la lime ; donnez enfuite la courbure qu'elles doivent avoir; & pour ne point .dilater les pores, ne le faites pas recuire dans un brafier, faites-le feulement xougir 5 & le laiflez refroidir de lui-même; ajuftez enfuite le reflort avec les branches, ainfi qu'il doit l'être, & portez toute votre attention à limer les deux branches d'une épaifleur exactement correlpondante d'une branche à 1 autre : c'eft une obfervation d'une grande conféquence. La partie la plus épaifle eft, au pli R , dJ une ligne tout au plus, & de demi-ligne èn r ; mais cette diminution de demi-ligne de R en r, doit être parfaitement régulière, & parfaitement correlpondre ( je le répété encore ) d'une branche à l’autre ; donnez enfuite la bande & la courbure que les branches doivent avoir : l'écartement de r enr, Fig. 30, cft de 3 pouces : après cela il faut le tremper, comme nous allons l'expliquer. Dans la poêle, allumez du charbon enfuffifmte quantité ; mais que la braife ou le charbon loit feulement de la grolîèur d'une noifètte : mettez le reflort au milieu ; agittez l'air avec un écran & légèrement, afin qu'il chauffe d'un bout à l'autre lentement & avec égalité : fi-tôt qu'il eft couleur de cerilè , trempez-le dans l'eau , & quelle ne foit ni tiede ni bien fraîche.
- Il faut une grande attention pour donner le recuit égal à une piece de cette forme: c'eft là le point efîentiel, & cependant ceft le plus fufceptible de défaut ; c'eft auffi celui qui a fait l'objet de mes recherches depuis 1J ou 16 ans; je fèntois toute la néceffité du recuit. Il eft confiant que tout reflort qui ne fera pas recuit bleu avec égalité d'un bout à l'autre, ne réuffira jamais bien ; il caftera à l'endroit où il ne fera qu’à la couleur d'or, & ployera à l’endroit qui aura pafle le bleu & fera devenu couleur d'eau. Pour parvenir au point de perfeélion, j'eflàyai de recuire ce reflort deux fois ; & de cette maniéré, après l'avoir frotté d'un peu de luif, je le pofài for delà braife ardente applatie, & toujours lur de petits charbons ; fi-tôt que le fiiif fut enflammé par-tout, j'ôtai le reflort du feu avec de petites pinces; je laiflàicteindre le ftiif à l'air; & aufli-tôt je plongeai le reflort dans l'eau : étant refroidi, je l'efluyai, je le refrottai de fiiif ou d'huile, cela eft indifférent , & je l'expolài lur le feu pour lui donner un fécond & femblable recuit au premier ; mais en obfervant de ne pas expoler fur le feu les deux fois le même côté, c’eft-à-dire, que le côté qui avoir été fiir les charbons au premier recuit, devoit être expofé au côté de l'air au fécond, moyennant quoi les deux côtés recevoient le même degré de recuit.
- Voici le raifonnement qui m'a toujours conduit dans ce travail. Je penfè que l’acier mis fur le feu, jufqu'à 20 fois fi l'on veut, fi la couleur de la fécondé fois n excede pas celle de la première, l'acier reliera toujours au même degré de dureté. Selon ce principe, que l'on doit regarder comme très-certain, il n'y a
- pas
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- Second e Partie. Se&. 1. Chap. XLI11. 357
- pas d’inconvénient à recuire l’acier plufieurs fois, pour en mieux égalifer le degré de dureté. Dans le cas préfent, la forme du reflbrt dont il s’agit, eft un obftacle à un premier recuit bien égal & bien régulier. Au premier que l’on fait, il fe trouve des endroits qui ne viennent qu’à la couleur d’or, & la prefïion fait cafter infailliblement le reffort dans quelqu’un de ces endroits. Le fécond recuit répare les imperfections du premier ; la couleur d’or deviendra bleue fans changer ni altérer les endroits qui étoient fortis bleus après le premier recuit. Ce Conftriéleur vaut 15 liv.
- Article Huitième.
- Des Tuyaux ou Canules.
- Les derniers inftruments que M. Levret a imaginés pour les polypes, font les Canules d’argent repréfentées par les Figures 35 & 36.
- La Fig ure 3 y eft compofee d’un feul Tuyau, muni de deux anneaux en s s ; à l’extrémité fupérieurey, eft une traverfe d’argent de 4 lignes de long, {oudée aux parois intérieures du Tuyau, pour contenir un fil d’argent qui embraflb le pédicule du polype : on peut tortiller ce fil à volonté, moyennant qu’il eft afîii-jetti en g, ou bien roulé fur les anneaux s s : ce fil eft paffé à la filiere ; il eft d’argent fin & bien au titre : il porte 3 quarts de ligne de diamètre, & eft de 18 ou 20 pouces de long ; de plus, il doit être recuit, afin qu’il ne fe cafte pas en le tortillant. Cet inftrument, qui porte près de 4 pouces de long, eft pour les polypes du nez.
- La Figure 36 doit avoir 8 pouces de long ; il fert pour les polypes utérins de la matrice : il eft compofé de deux tuyaux faits de deux lames d’argent de demi-ligne d’épaifleur, foudées chacune féparément. Pour faire un feul inftrument compofé de deux tuyaux, on ajufte ces deux tuyaux enfemble longitudinalement , & on les foude bien ; enfuite on ajufte & on foude les anneaux, un de chaque côté & bien vis-à-vis l’un de l’autre. * ^
- Le fil d’argent qui occupe les lignes ponctuées, doit être de 3 quarts de ligne de diamètre; la longueur doit être de 3 pieds au moins; au refte ces inftruments doivent être bien polis, Sc tous les angles doivent être bien moufles. Pour exécuter cet inftrument, voyez le Chapitre XX , des Soudures , première Partie. La Canule pour le nez, Fig. 3 y , fe vend p livres ; & la double Canule pour la matrice, Fig. 36, 24 liv.
- Planche
- ii*.
- i
- ~\
- Coutelier. //. Paru Secl. /•
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- L’ART DU CO UTELlERi
- 3;8
- Article N euvieme.
- De VAiguille , de 1*Anneau à gouttière , <& du Porte-anjè,
- 11 ; L a Figure 37 repréfente l'Aiguille d'Heifter , pour faire la ligature des
- Planche polypes ou du fàrcome : elle eft faite d'acier. En a A, eft une platine un peu ovale, qui fert de manche à l'inftrument; la tige commence en a, & va en diminuant jufqu'en b9 où elle eft coudée pour prendre la forme d'un demi-cercle; la tige eft ronde jufqua l'œil, ou plutôt elle a la forme d'un ovale applati ; mais les tranchants, ainfi que la pointe, font moufles. Cet inftrument
- fe vend 2 liv.
- La Figure 38 repréfente l'Anneau à gouttière. Cet Anneau eft forgé comme une branche de cifeau ; on laiflfe une tige de 4 pouces de longueur; on la coude en C: toute la face de cet inftrument, tant l'Anneau que la branche, eft cannelée , ou porte une gouttière faite au cifelet : c eft cette cannelure qui fert de conducteur au Porte-anfe repréfenté par la Figure 39, qui n eft autre chofe qu'une tige d’acier, dont l'extrémité eft percée d'un trou. Ces deux inftruments valent 4 liv. les deux.
- Article Dixième.
- Du Confiriüeur de M. de la Faye.
- AJIIWI I* A Figure 40 repréfente le Conftriéleur imaginé par M. de la Faye, pour
- Planche étrangler les polypes utérins. En E, font deux demi - cercles qui embraflent le u*# pédicule, de maniéré qu en tournant la clef F9 le pivot de la vis entre dans le trou en G, fait éloigner les branches & ferrer en même temps les demi-cercles jufqu au point d'étrangler le pédicule.
- La Figure 41 repréfente l'inftrument qui, dans la fituation où il eft, a fait une grande partie de lVpération, puifqu'il ne refte que 2 lignes de vuide entre les deux demi-cercles.
- L'axe de l'inftrument qui unit les deux branches, eft en H, Fig, 41, à deux pouces des demi-cercles ; cet axe eft fixé à la branche antérieure, & mobile à la poftérieure: on voit que celle-ci eft fenêtrée depuis i/jufqu'en h, pour faire defcendre l'axe H jufqu'en h, afin de faciliter l'introduélion de l'inftrument. Les lignes ponétuées j j j K j j de la Figure 42 , font voir l'inftrument dans la pofî-. tion où il doit être pour que l'introduélion en foit aifée , & que la première branche foit placée au pédicule du polype avant d'y approcher la feconde.
- La Figure 43 repréfente l’inftrument vu de côté , où l'on remarque les épaif-feurs des branches : 11 fait voir la faillie de la tête de l'axe, & celle de l'écrou ; en 772, (de même qu'en M, Fig. 41 ) , c'eft le piton taraudé où fe fixe la vis ou
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- Seconds Partie* Secî. /. Chap* XLIV. clef F de rinftrument, qui fait écarter les branches ; ce piton eft mobile dans la branche, pour le prêter au mouvement & aux differentes directions de la vis ; mais il ne peut pas fortir de fon ti:ou, parce que la branche eft fraifée pour loger la rivure du piton. La Figure 44 fait voir le piton féparé.
- La Figure 4£ repréfente Taxe, & la Figure 46 l’écrou.
- La Figure 47 démontre la courbure précife que les demi-cercles doivent avoir à leur face; & Ton voit en N Ny Fig. 43 , la courbure qu’ils doivent avoir fur le plat.
- L’intérieur du demi-cercle eft un tranchant arrondi : voyez la coupe tranfver-laie en P, Fig. 47, en ftippolànt que r loit l’intérieur du demi-cercle. Cet inftru-ment eft tout d’acier bien poli & non-trempé , malgré que les branches font de forme méplatte, & par conféquent formant quatre angles ; néanmoins ces angles ne doivent point être vifs ; il faut les abattre avec la lime bâtarde & la douce , enfuite les polir entre deux morceaux de bois. Cet inftrument vaut iy liv.
- CHAPITRE QUARANTE-QUATRIEME.
- Des Injlruments pour Vopération de la Cataracte.
- L’o pération de la Cataraéle a fiibi bien des changements dans Ce dernier liecle, depuis qu’on a imaginé la méthode de la faire par i’extraélion du cry£ tallin ( * ) , laquelle a été perfectionnée d’abord par MM. Teylor & Daviel , & depuis eux, par beaucoup d’autres habiles Oculiftes François. Nous allons décrire dans ce Chapitre, les inftruments inventés pour faire cette opération ; néanmoins nous n’expoferons que ceux qui ont été applaudis & reçus des Académies.
- Article Premier.
- Des Aiguilles pour abattre la Cataracte*
- Les Anciens qui pratiquoient cette opération, fe font toujours fèrvis d’Aiguilles emmanchées, & dont les formes ont très-peu varié : on les voit repré-fentées par les cinq Figures fuivantes.
- La Figure 1 repréfente la double Aiguille ; c’eft un manche fur lequel eft cimentée une Aiguille aux deux bouts eye\byby font deux couvercles creufés intérieurement pour fervir d’étui aux Aiguilles en les viflant en e e ; a > eft la partie maflive fur laquelle font cimentées les Aiguilles.
- (*) Cette méthode a été long-temps douteufe & long-temps critiquée. Voye% Hcifter, Chap. $0; Tome I. Edition Françoifc,
- Planche
- 114.
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- •3 6a VA RT DU COUTE LIÉ R, ê
- Le manche eft fait au tour, ou en ébenê oü en ivoire ; les Modernes qui pratiquent cette opération par abaiftement, fe fervent auffi d’un iemblable inftru-ment. L’Aiguille A eft un grain d’avoine qui eft la première forme, & celle B eft un grain d’orge qui eft la fécondé : voilà deux formes différentes.
- Les Figures 2 8c 3 femblent repréfenter le même inftrument ; cependant ils' different effentiellement : car dans la Figure 2 , depuis c jufqu à la pointe , c’eft une partie concave de la forme d’une gouge ; cette concavité eft faite pour recevoir la convexité reprélentée dans la Figure 3 : ces deux parties fe joignent enfemble au point que ces deux inftruments n’en font qu’un. Or, lorlqu on a fait la ponction au globe de lœil avec 1 Aiguille concave , on introduit l’autre juf-ques dans la chambre intérieure , à la faveur de la concavité de la première ( *). Ainfi pour bien exécuter l’opération par cette méthode , il faut que l’Aiguille concave loit pointue comme une Lancette, par conféquent elle doit être repaffée & affilée fur les mêmes enfeignements.
- L’autre Aiguille, quoiqu’elle foit aiguë, ne doit point piquer vivement ni couper finement par fes tranchants, parce qu’elle n’eft deftinée qu’à faire défi-cendre le cryftallin dans* la chambre baffe de l’œil. Lorfqu’on a repaffé cette Aiguille fur le tour , qu’on a drefle la pointe & les tranchants , il faut l’affiler un peu de court , afin d’émoufler un peu la vivacité de la pointe & celle des tranchants, ce qui s’exécute fur la troifieme pierre à Lancette, qui eft la plus dure & la plus douce.
- La cinquième efpece d’Aiguille a été imaginée par M. Brilfeau, Médecin François à Tournai en Flandres, & eft repré {entée par la Fig. 4. Elle eft fem-blable à une gouge : elle eft à tranchant fur tous les côtés , & tout autour de la gouge elle eft très-large & telle que la repréfente Heifter ; mais toutes celles que je fais pour ceux qui opèrent par cette méthode, font plus petites & fem-blables à la Fig. y ; la concavité de la gouge prend naiffance en F, de plus loin que celle de la Fig. 4, cela lui procure le tranchant plus fin ; znf eft un petit bouton circulaire fixé à 9 lignes de l’extrémité pour lèrvir de guide à melure que la pointe fait du progrès dans la chambre de l’œil : on obferve d’émouffer légèrement un des tranchants de la gouge ; pour cet effet il faut un inftrument pour chaque œil. Toute la tige eft ronde ; le manche eft d’ivoire taillé à 8 pans ; en E% eft un morceau d’écaille incrufté, pour reconnoître promptement le côté concave de la gouge, ainfi les Figures 2,3,4, doivent être emmanchées comme nous les avons fait deffiner dans la Fig. 5. Pour ne point répéter à chaque piece les perfections qu’on doit leur donner, je dis ici que toutes celles que nous venons d’expofer, 8c celles dont nous parlerons dans les Articles {vivants, deftinées à l’opération de la cataraéle, doivent être faites fur les principes de la Lancette , établis au Chapitre XXXV, tant pour la bonté & la pureté de l’acier, que pour la délicateffe des pointes & des tranchants ; en un mot les pointes doivent entrer
- ( * ) Cette méthode eft rapportée dans Solingen, & l’inventeur eft Smalfïus, Oculifte Hollandois.
- dans
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- Seconde Partie. SeB. I. Chap* XLIV. dans le canepîn làns le faire crier, ce qui ne peut s’effeéluer qu’en travaillant
- ces inftruments avec les mêmes attentions que Ton doit donner à la Lancette,’ & les repaflànt avec les mêmes outils qui fervent auffi à la Lancette;
- Article Second.
- vT'^-T^
- : Manière de faire des Bifouris pour topération de la Cataracte;
- Comme nous avons plufieurs fortes d1'inftruments à repréfonter, nous allons enfeigner la maniéré d’en faire un ; cela foffira pour tous les autres, moyennant Planche que nous indiquerons ce que chacun d’eux a de particulier , à mefore quils fe 11 préfenteront.
- Tous ceux; qui ont un dos & un tranchant, font appelles Bifouris, auquel nom on ajoute celui de l’Auteur : ainfi on dit Bfouri de M. de la Faye, Bif touri de M. Tenon , & ainfi des autres. *
- Pour forger un de ces Biftouris, prenez une barre d’acier étiré, d’environ 4 lignes en quarre. Suppofons la Figure 6 ; après avoir donné une chaude à la pointe, entaillez en g fur la quarre de l’enclume ; étirez la lame, Sc aminciffèz le tranchant fur le côté G; enfuite, lans le féparer de la barre, faites-en la queue de cette maniéré : portez h fur la quarre de l’enclume en avant ; donnez des coups de la pane du marteau parallèlement fur la quarre de l’enclume, & en J4 ou 15 coups de marteau la queue fera faite : coupez-la fur la tranche ou d’un coup de quarre for la ligne g.
- Dilpofez enfoite un manche, foit d’ivoire, ou d’ébene ou de nacre 5 mettez J le de la façon que le repréfente la Fig. 7 ; placez la virole ; percez le trou en H, pour loger la queue de cet inftrument ; & comme il y a plufieurs inftruments auxquels il faut mettre une marque pour que l’Opérateur diftingue d’un coup d’œil le côté concave du convexe, il faut entailler en y j, & y ajufter une piece d’ébene quand le manche eft d’ivoire, une d’ivoire quand il eft d’ébene , & une d’écaille , quand au contraire il eft de nacre, &c, afin que la différence entre l’une & l’autre de ces couleurs, ferve à faire diftinguer promptement ces deux parties de l’inftrument. Quand on a ajufté la piece à queue d’aronde des deux bouts, on la colle à la colle forte. La queue s’ajufte for le manche comme celle d’un Couteau à gaine, Chap. XXI 11, première Partie ; on dreffe le Biftouri, on lui donne la forme qu’il doit avoir; enfoite on le trempe: on le recuit à la couleur d’or, & on cimente la queue dans le manche ; après cela on l’écorche for la meule ; on le finit au tour à Lancette, Sc on l’affile for les mêmes pierres, comme nous l’avons expliqué en parlant de la Lancette , Chap. XXXV.
- Les Figures 8 & 9, repréfentent deux lames de Biftouri, dont l’une eft dans un fons, l’autre dans le fens contraire; le dos eft for la partie droite, & le tranchant for la partie convexe : il commence en K K, &fe termine par une pointe Coutelier. IL Part. Sect. /. Y 4
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- Planche ii 6.
- 3<* - VA RT DU COUTE LIER:
- aiguë LL \ le dos eft très-arrondi jufqu’en m : là commence un tranchant qui fe perd avec la pointe, & c’eft ce qui fait la perfection de la pointe.
- Expliquons pourquoi il faut abfolument un dos aux Biftouris. L’œil a toujours un mouvement dans Ion orbite : il y roule contre le gré même de celui que Ton opéré ; on n’a pas trouvé d’autres moyens pour affujettir l’œil fans le comprimer 9 ( ce qui le feroit vuider ) que de faire un dos à cet infiniment ; parce qu’en perçant l’œrl trànfverfalement au milieu de la cornée tranfparente, le tranchant incife en en-bas, tandis que le dos foutient le coup en en-haut. On fent bien que s’il y avoit deux tranchants, l’Opérateur ne feroit point maître de diriger ainfi l’incifion. La Figure i de la Planche 118 , donne une idée de cette opération. Cette même Figure fervira à établir les perfections que doivent avoir ces inftruments : on voit que le tranchant a, n’a plus qu’une ligne d’efpace à parcourir pour terminer la fection. Elle fait voir auffi à quel point le dos doit être arrondi & poli ; la moindre afpérité & le plus petit trait écorcheroit, irriteroit la partie , & lui occafionneroît une inflammation ; de plus, on voit que la pointe B eft prefqu’arrîvée à Fangle interne, <& qu’elle eft prête de le piquer ; pour obvier à cela, il faut donner une courbure fur le plat du Biftouri pour faire relever la pointe : voyez-en la forme par la Fig, 18 , PL 116.
- Un objet important pour faciliter la feéfion , c’eft de faire le côté courbe en dedans, un peu concave M iV; & le côté courbe en dehors o o, convexe ; pour
- cet effet il faut émoudre le concave fur une meule de 6 pouces de hauteur, Sc
- •
- l’évuider. Voyez la coupe tranfverfàle, Fig. ip. Je propofe de donner à Tint trument cette forme, parce que le côté convexe étant en dedans de l’œil, Fait incliner le tranchant, & cette inclinaifbn le fait fortir en le renvoyant en dehors : cette figure donnée à la lame, termine la feétion directement fur la ligne qui fépare les deux cornées. J’ai imaginé de donner cette forme à l’inftrument, après m’être convaincu moi-même de fon utilité fur le cadavre ; je l’ai propo-fée à plufieurs Eleves étrangers, qui l’ont tous adoptée. Il faut indifpenfàblement un Biftouri pour chaque œil, puifque les courbures doivent être en fens contraires : ainfi la Figure 8 eft pour opérer de la main gauche fur l’œil droit, & la Figure p pour le gauche avec la main droite.
- Article Troisième.
- Dejcription de plufieurs efpeces de Bijlouris propres à faire la faction
- de la Cornée tranfparente.
- L a Figure 10 repréfente celui de M. de la Faye : il a un dos & un tranchant ; il a une légère courbure fur le plat, & il en faut deux quand on opéré par cette méthode, c’eft-à-dire, un pour chaque œil.
- La Figure 11 repréfente celui de M. Tenon; c’eft celui de M. de la Faye corrigé ; il n’en différé qu’en ce quil eft plus étroit d’une ligne & plus court de
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- Secondé Partit. StU. I. Chap. XLIV. 363
- <füatre, pour fe mieux proportionner à l’étendue de la chambre antérieure de l’œil : il en faut également un pour chaque œil.
- La Figure 12 ^ft deftinée à repréfenter la courbure fur le plat, de ces deux derniers Biftouris : on voit auffi que l’épaiffeur du dos ne porte pas plus de demi-ligne dans là plus grande épaifleur près du manche, & diminuant infenfiblement jufqu’à là pointe, où elle fe termine par un tranchant de deux lignes de long (*).
- La Figure 13 reprélente celui de M. Vinfèl ; il différé des autres en ce qu’il eft droit, plus épais du double, 8c plus large d’une ligne que celui de M. de la Faye ; Ion tranchant eft fur là partie y?: .entre le dos 8c le tranchant on voit une vive-arête ; la ligne ponéluée q, Fig. 14, indique cette vive-arête deftinée à éloigner l’iris. Il en faut un pour chaque œil.
- La Figure iy reprélente un Biftouri qui tient le milieu des précédents : il eft imaginé par des Eleves de l’Ecole-pratique de Paris. Le tranchant commence en r, 8c continue jufqu’à la pointe ; le dos eft arrondi un peu de loin 8c de chaque côté, pour former une elpece de vive-arête, mais arrondie des deux côtés de la lame. Il eft tout droit 8c làns courbure ; en ce cas il n’en faut qu’un pour opérer les deux yeux de la main droite. Pour opérer l’œil droit, il faut fe placer derrière le malade comme pour arracher une dent.
- La Figure 16 repréfente le Biftouri dont fe fert M. Tenon pour fendre la capfule du cryftallin ; c’eft une petite Lance à grain d’orge, tranchante d’un feul côté : elle n’a qu’upe ligne de longueur de tranchant ; lé refte doit être émoufte en douceur. ^ .
- Tous les Biftouris pour l’opération de la cataraéle, que nous venons de citer, doivent être trempés à la couleur de cerifè claire, 8c recuits à la couleur d’or. Or, il eft effentiel de recuire ces petits inftruments avec les tenailles. Voye£ le Chap. XIy9 qui inftruit de la trempe 8c du recuit. j
- La Figure 17 repréfente l’inftrument de M. Poyet ; c’eft une Lancette à grain d’orge fixe fur le manche ; à 2 lignes de la pointe, eft un petit trou fait à jour pour recevoir un fil; comme ce trou affoiblit beaucoup l’inftrument, il convient de lui donner le recuit à la couleur de cuivre rouge & prefque violet, fàns quoi l’inftrument cafteroit dans l’opération.
- La Figure 18 repréfente le Secteur des vaifteaux fànguins : il eft imaginé par M. Tenon. Cet infiniment eft à tranchant dans là partie concave, & fon dos eft à la partie convexe ; il eft extrêmement mince, & la pointe eft aufîi aiguë que celle d’une Lancette ; d’ailleurs il doit être emmanché femblablement à la Figure 12.
- Toutes les Aiguilles 8c les Biftouris que nous avons décrits pour la cataraéle,
- (*) Les inftruments de M. Tenon ont une propriété de plus que celle d’opérer la cataraéle. Je m’en fuis fervi, avec tout le fuccès pofîible, fur un chat, à qui j’ai fait l’opération de féparer les paupières, étant né fans aucune diftin&ion
- de féparation aux paupières. J’ai détaillé le manuel , les obfervations & le fuccès de cette opération , dans un Mémoire lu à l’Académie Royale des Sciences, Année 1772.
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- 364 DA R T DU COUTELIER:
- dans les trois Articles précédents, font du prix d’une liy. 10 £ la piece J ainfi 1*
- double Aiguille, Fig. I , vaut 3 liy.
- A ^ •'
- Article Quatrième.
- Des Injtrumems de M. Daviel, pour /’opération de la Cataracte
- par extraction du cryJlaUin.
- Planche
- 117.
- M. Daviel, qui fit l’opération de la cataraéle avec un grand foccès, multî* plia les inftruments qui pouvoient la faciliter. Nous allons les décrire dans cet Article. #
- U imagina d’abord pouvoir diriger la feétion for la iigne même qui fépare la cornée tranfparente , & rien ne lui parût plus convenable que des Cifoaux,. auxquels il donna deux courbures, une for le plat, comme le repréfente la Fig. r ; & l’autre fur le côté, comme on le voit dans la Figure a. Ces deux différentes courbures exigent deux paires de Cifeaux, l’une pour l’incifion à gauche, & l’autre pour la droite : voyez Fig. 2 8c Fig. 3. Une troifieme paire lui convenoit en certains cas : voyez la Fig. 4 ; ils font courbes for les plats feulement, comme l’indique la Fig. 1.
- Lorfqu’on fait précéder les Cifeaux par un autre inftrument, ils opèrent parfaitement ; il eft vrai que l’opération eft plus longue, & de plus ces Cifoaux font fojets à être mal faits ; & c eft peut-être la plus forte Aifon qui les a fait abandonner par bien des Oculiftes. On a d’abord reproché à ces Cifoaux de ne pas couper net, mais qu’ils hachoient : cela a pu arriver fouvent ; mais, comme nous l’avons remarqué plufieurs fois, fi les Cifoaux font faits fins bifoau for le tranchant, que ces tranchants foient de la confiftance de celui du Canif, on aura de bons inftruments qui ne hacheront pas, mais au contraire qui couperont avec netteté 8c avec douceur.
- La maniéré de faire ces Cifoaux, eft femblable à celle déjà décrite pour tous autres. Voyez le Chap. XXF, première Partie, ainfi que l’Article des Cifoaux courbes for les plats, Chap. XLI : mais voici les qualités qu’ils doivent avoir. Ils doivent être faits d’acier pur ; les lames doivent être trempées enfomble & avec précifion : le recuit doit être à la couleur d’or, le dedans des lames émoulu bien vivement for une meule de 8 ou 5 pouces de hauteur. Le dehors des lames doit être fait en amande pour former un tranchant fins bifoau, mais qui ne plie pas for l’ongle ; les pointes doivent être un peu émoufiees avec la pierre à l’huile : l’épaiffour des deux lames eft de 2 lignes & demie près de l’axe , & doit fo ter*^ miner en pointe bien infonfiblement, cependant pointe un peu émoufîee.
- La Figure y repréfente une Langue de carpe, à tranchant moufle,
- La Figure 6 repréfonte la Curette du côté concave, avec laquelle on releve la cornée pour couper la membrane cryftalline & prendre le cryftallin.
- La
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- Seconde Parti t. Secl. I. Chap. XLlV.
- La Figure 7 repréfènte la petite Lance ou Kiftitome, pour faire la feéliôn de la membrane cryftalline ; & la Figure 8, un Biftouri pour la même opération.
- La Figure 9 repréfente la Langue de carpe à tranchant fin fur les côtés , mais dont l’extrémité a doit être émouflee*
- La Figure 10 donne la forme d’une Lance pour faire la fedftion enttere à la cornée : elle porte le nom de MM. Daviel, de Lafaye & Grandjean. La Figure 11 en repréfènte une d’une autre forme, qui eft plus allongée> & que préfèrent plufieurs Oculiftes* Ces fèpt inftruments font repréfentés vus à plat , & il leur faut à tous une courbure à la tige femblable à la Fig* 12. Comme cette cour* bure eft eflèntieile, elle mérite d’être faite avec des précautions que nous allons détailler.
- On fait l’inftrument avec la tige droite, pour ne la courber qu’après qu’il eft fini ; l’attention principale doit être , lorfqü’on le trempe, de ne pas durcir la tige* Pour cet effet, faites chauffer de fortes tenailles droites prefqu’à blanc; pincez toute la partie tranchante dans ces tenailles jufqu’à la ligne A A, Fig> 11 : laiffez la tige dehors , elle ne rougira point ; mais fitôt que la lame fera rouge , ce qui eft très-prompt, trempez - la dans l’eau , enfuite recuifez-la couleur d’or# Enfin la lame étant finie pour ce qui dépend du tour &des pierres, vous la ployerez aifement feulement avec le le cours ries doigts ou avec des pinces à main*
- Tous les inftruments décrits dans le préfent Article, de la méthode de M*’ Daviel, font du prix de 36 livres , y compris une boite façon de chagrin, dans laquelle font placés tous les inftruments, ladite boîte doublée en foie, & faits par un Gaînier.
- Article Cinquième.
- Des Injlruments de MM* Beféngef y Pope & Favierê
- M. Berenger a imaginé deux formes de Biftoüri qui ont beaucoup de fùccèsé La Figure 2 en repréfente un ; fbn tranchant eft fur û convexité. La Figure ï repréfente l’inftrument faifant l’opération félon ce que nous en avons dit ci-devant, An. II ; nous avons aufli détaillé les qualités que doit avoir l’inftru-; ment. Il en faut deux , un pour chaque œil.
- Le même Auteur a aufli imaginé deux autres inftruments auxiliaires dans cette opération; c’eft la Figure 3, qui repréfente une double Errhine, dont les deux pointes ii font fuffifamment aiguës pour pénétrer unpeu le globe de l’œil, & let contenir*
- La Figure 4 repréfente une petite Pince ou Valet à patin ; il eft compofé de deux branches femblàbles, unies par une charnière ; fur l’une des branches eft fixé un reflort qui tient les branches ferrées, failânt la pince en M, & rintérieuc eft armé de dents comme celles d’une lime douce à petits grains* L’Errhinô double , Fig. 3 , vaut 2 livres ; & la Pince , Fig. 4 , fe vend 4 liv*
- Coutelier* IL Paru Secl. L Z 4
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- VAUT DU COUTELIER.
- Comme la fixation de l'œil eft un des plus grands avantages dans Fopératïori de la cataraéte, chacun a cherché à le contenir 8c à concourir à cette découverte* M. Pope a imaginé un infiniment repréfenté par la Fig. 5 ; il eft compofé de deux branches, qui, ajuftées enfemble par entablement, & unies par une vis A ,1 compofent une paire de pinces très-déliées : la branche E e eft coudée en b c 9 pour faire écarter fuffilàmment les branches D, afin de pouvoir placer le doigt index entr'elles pour gouverner la preffion de la Pince fur la cornée tranfparente.1
- La Figure 6 repréfènte la branche dont l'extrémité h h eft faite en pointe de Lancette à grain d'orge, pour faire la ponétion à la cornée. Sur la ligne h A, eft une entaille applatie, fur laquelle tombe jufte l'autre branche, comme le fait voirfFig.j. -
- La Figure 7 repréfènte la forme & la largeur de la branche HH, Fig. y, qui eft celle qui fait Pince ; enfin elle ne différé de l'autre, qu'en ce qu'elle n'a point de pointe ni de coude.
- Cet inftrument eft le principal dans cette opération, par rapport à la pointe qui fait la ponétion ; mais après il n'eft qu'auxiliaire : car dès qu'il eft entré dans l'œil au bas de la cornée tranfparente, on joint les deux branches pour pincer la cornée , 8c fixer j.'œil ; enfuite on prend le Biftouri, Fig. 8, qui eft à tranchant fur fà convexité K , le paflânt en delîbus 8c en croix fous la branche inférieure de la Pince , 8c Von fait la feétion à la cornée en fauchant. Ce même inftrument eft à deux fins, en ce qu'il porte à l'extrémité du manche L, un Kiftitome pour faire la feétion de la membrane cryftalline. Le manche eft fait d’ivoire à 8 pans , & porte une virole à chaque bout. La Pince fè vend 9 livres ; & le Biftouri portant fon Kiftitome , 3 liv.
- M. Favier, collègue de M. Pope, ( Chirurgien Aide-Major aux Invalides, J a auffi imaginé deux inftruments pour l'opération de la cataraéte, repréfentés par les Figures 9 8c 10: il en faut un pour chaque œil. La forme de ces Keratino-; tomes, eft la même que de celui de M. Berenger, Fig. % ; cependant elle en différé en ce qu'elle a une pointe allongée en forme d'Aiguille ; fon intention étant de fixer l'œil de cette maniéré , cette efpece d’Aiguille étant longue & étroite, entre facilement dans la cornée: ayant pâlie outre, je fuppofe en N9 Fig. 9 , il emmene l'œil vers l'angle externe, 8c fait la feétion de la cornée en foutenant la pofition de l'œil avec le doigt appuyé fur le globe de l'œil vers l'angle interne. Ce même inftrument en repréfente deux; l'autre extrémitép£ eft un Kiftitome particulier : une branche auxiliaire eft ajuftée fur l'inftrument pair une vis T, pour tenir élevée la portion de la cornée incifée, pendant que la pointe fait la feétion de la membrane cryftalline : l'élévation précife de la bran-; che auxiliaire eft vue en r, Fig. 11 ; cette même Figure fait voir tout l'inftru-ment de côté :on peut y remarquer toutes les épaiffeurs, & la courbure qui régné fur la longueur de l'inftrument, mais plus fenfiblement en R. Les deux inftruments ne faifant qu'un, par rapport à la branche auxiliaire, il faut les forger d'un
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- Seconde Partie. SeB. /* Chap, XLîF^b fèul morceau d’acier , & fur les principes d’un Couteau à foie, appelle a plate* femelle, Chap. XXIIf An, IV, première Partie. Après avoir forgé & limé l’inftrument, on ajufte la branche auxiliaire que fepréfente la Fig. 12 ; & pour l’aftiijettir avec une feule vis, il faut lui réferver une petite queue S> l’ajufter dans une rainure faite fur la mitre i voyez t* Fig, iô , enfuite viflee en T, Le manche eft fait de deux côtes d’ivoire ou d’écaille, fixées par trois clous rivés.
- Les pointes en aiguille font foibles * & rifqueroient de fe caffer dans l’opéra-» tion par rapport à leur courbure ; pour ne point s’expofer à ce grand accident * il faut recuire les aiguilles violet, & le relie des lames couleur d’on
- Les deux inftruments de M. Favier font de 6 liv. les deux»
- La Figure 13 repréfènte le Scarificateur des paupières;-la pointé efi: fèm® blable à celle d’une Lancette ; & la partie la plus tranchante efi; fur la partie concave : il fe vend 1 liv. ïo f.
- La Figure tq repréfente le ÎCiftitome de M. de Lafaye, pour faire la feélidii de la membrane cryftalline ; c’efi, à tous égards, un petit Pharingotome : le corps efi: d’argent. En X, efi: une virole d’élévation pour tenir l’inftrument entre deux doigts, l’index & celui du milieu , tandis que le pouce appuie fiiry pour faire fortir le dard V, Le prix de cet infiniment efi de 1J liv.
- La Figure 1 £ repréfente le Dard muni d’un refiort à boudin , qui efi fait avec un fil de laiton tortillé fur un mandrin ; en Y efi une virole réfervée pour arrêter le refiort : la pointe u efi femblable à celle d’une Lancette à grain d’orge court*
- Article Sixième,
- Des Spéculum oeulL
- Toutes les méthodes que nous venons de Voir * ont befoin dé quelque i infiniment auxiliaire, foit pour contenir un peu l’œil, ou pour relever les paupières. Ce font ces inftruments auxiliaires auxquels on a donné le nom dq Spéculum oculi,
- M. Garengeot donne l’invention de cet infiniment à M. Petit ; c’efi celui qui efi repréfenté dans la Figure I : il efi ici fermé ; & comme il en faut deux* la Figure 2 repréfente le fécond, mais ouvert au point qu’il le faut pour afliijettir l’œil & les paupières. On le fait ordinairement d’argent : il efi compofé de deux branches a h, qui s’éloignent l’une de l’autre par le moyen du bouton g. Pour faire cet infiniment, on prend une lame d’argent d’une ligne d’épaiflèur , à laquelle on donne la forme exaéle de l’inftrument * comme ABC$ Fig, 2; on foude une bande de même métal & en une feule piece, aüx deux Cotés & autour du bout inférieur, en forte que ce foit uné efpece de boîte creufe, Comme on voit en E F G , Fig 3 ; enfuite on ajufte & on foude une autre platine de B en Ct Fig* 2 , pour former une efpece de boîte ; alors la branche mâle b * peut fe
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- loger dedans, occupant l’efpace défigné par les lignes ponéluées /, i ; cette ma!-trelîe branche étant ainfi dirigée, on ajufte quarrément Sc on foude la branche courbe au bout : voyez e e c ; en même temps on foude une platine quarrée qu'on voit en Hy ce qui fait le ponton fous lequel pafle la branche mâle; & de plus on y ajufte une vis de preffion, qui fort à fixer les branches quand elles font ouvertes au degré quii les faut.
- La branche mâle eft repréfontée par la Figure 4 : elle eft faite d'un morceau d'argent de 2 lignes en quarré, coudé à l'extrémité fopérieure pour former le demi-cercle, Sc on l'ajufte parallèlement à l’autre branche ; on fait entrer la branche quarrément dans la couliflè, dont l’entrée eft en K, Fig. 3 ; Sc pour arrêter la branche mâle avec la femelle, on fait un trou que l'on taraude for le mâle pour recevoir un bouton : voyez j , Fig. 4 ; Sc l'on voit ce bouton placé en g, Fig. 3 ; c'eft en pouflant ce bouton avec le pouce, qu'on fait monter & defoendre le mâle b. Ces deux Spéculum oculi font du prix de 48 livres, c'eft-à-* dire ,24 liv. la piece : il en faut un pour chaque œil.
- M. Le Cat, d'après l'idée de ce Spéculum oculi, en a imaginé un qu’il a nommé Ophthalmojlate, repréfonté par les Figures 5 Sc 6, dont un pour chaque œil. D eft le manche, imitant celui d'une cuiller à caffé ; le refte eft une tige ronde coudée en L Sc en m, pour faire élever la tige : or » il ny a que le demi-cercle qui entre dans l’œil entre le globe Sc la paupière inférieure. Ordinairement il eft tenu par un Aide qui fo place derrière le malade. Le bout olivaire doit être très-uni Sc arrondi. Cet inftrumenc étant fait d’argent, vaut 10 livres; étant fait d'acier, 2 liv.
- La Figure 7 repréfonte un Releve-paupiere double, fait d'une lame d'argent laminé d'un tiers de ligne d'épaiffeur, ployé à fos deux extrémités p3 q, en forme de crochet replié ; l'argent eft recuit pour obéir facilement Sc prendre la configuration des yeux, tant ceux à fleur de tête, qu'enfoncés. Cet inftrument fo vend 1 liv. 10 f.
- La Fig ure 8 fait voir le Releve - paupière a anneau ; & la Figure 9, celui fait en fourchette. Ces deux derniers ne fo ployent point : ils relient fixes , étant du double plus épais que les autres. Ils valent 10 liv. en argent, Sc 2 liv. en acier.
- La Figure xo repréfonte les Pinces élaftiques communes à toutes les métho-r des : on les fait toujours d’acier. Elles font du prix d’une livre.
- La Figure 11 fait voir un Spéculum oculi à deux branches ; une des branches £ eft pour la paupière fopérieure, & l'autre pour l'inférieure. Il eft du prix de 2 liv. étant fait d'acier ; & l'étant d'argent, 8 liv,
- La Figure 12 en eft un fomblable, mais dont les branches font égales en longueur. On le vend 2 liv.
- La Figure 13 repréfonte un Spéculum oculi Anglois: il eft fait for les principes d'une Pince à difleéiion, Chap. XXXVI. On prend une lame d'argent de 9 à 1 o pouces de long, for une ligne d'épaifleur, & de 4 ou 5 de largeur ; il faut
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- Seconde Partie. Sect. L Chap. XLIV\ diriger les deux extrémités R R, pour faire deux demi-cercles, les couder en T; on les plie au milieu fur un mandrin pour faire la tête qu’on voit en X ; & après avoir bien écroui toute la partie des branches, afin quelles foient élaftiques, on fait une rainure à jour fur chaque branche, pour recevoir une bride qui monte & defoende aifément pour écarter & rapprocher les branches \ cette bride eft faite comme le fait voir la Figure 14: c eft une vis V> taraudée au bout pour recevoir un petit écrou u ; alors c eft la tige quarrée de la vis qui entre dans la rainure ; de forte qu’en la faifint defoendre, les branches s’écartent ; & la faifint monter , les branches fe reflerrent.
- En général, tous les Spéculum oculi peuvent être faits en acier ou en argent i ainfi qu’en or ; mais de quelque métal qu’on les faflfe , il eft de la derniere importance que toutes les parties qui entrent dans l’œil, foient bien unies, bien polies > & toutes les quarres arrondies ; toutes les extrémités doivent fe terminer par des boutons olivaires bien réguliers. Ce dernier Spéculum oculi vaut iz liv. étant fait d’argent, & 6 liv. en acier.
- Article Septième.
- ' Des JvJh’urnptitî pour In Fljhilê lacrymale.
- Nous avons décrit au Chapitre des Cautères, quelques inftruments qui fervent à la fiftule lacrymale, fins faire mention de tous les autres qui dépendent de cette opération : c’eft ici leur vraie place.
- La Figure 1 repréfente le Bonnet ; il eft compofé de deux branches d’aciet d’une ligne d’épaiffeur, fixées enfemble en croix par trois clous en A, & cou-» vertes, avec de la peau apprêtée à l’huile, julqu’en a ; aux deux bouts B By de la branche tranfverfile, font attachés deux cordons qui doivent fo nouer fous le menton, & fixer le Bonnet fur la tête : les branchés doivent prendre la forme de la tête , & être élaftiques pour fe prêter à plufieurs formes de têtes.
- L’extrémité D porte derrière , au bas du chignon ; elle correfpond à la branche compreflive E, & contribue par-là à la preffion. Cette derniere eft fixée à la branche en G, par une charnière, mais un peu lâche pour obéir à l’effort de la vis, qui, en s’allongeant, appuie fur C, fait defoendre la branche & comprimer la partie E fur la fiftule même.
- La Figure z fait voir la branche de compreflion féparée , pour montrer la forme quelle doit avoir. Le coude en K, eft la partie qui fe trouve fur le fourcil ; & depuis K jufqu’en j, elle doit être garnie de peau. Cet infiniment vaut 9 liv.
- Les Figures 3 & 4 repréfentent deux Biftouris pour la fiftule lacrymale ^ inventés par feu M. Petit : il en faut un pour chaque œil, parce qu’ils ont une cannelure faite fur le plat, le long du dos , pour forvir de conduéleur ; par Coutelier. //. Part. Secl, Aj*
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- conféquent cette gouttière doit continuer jüfqu'à l'extrémité de la pointe î ceà Biftouris fe ferment dans leur châfTe, Ils font du prix de 3 liv. les deux.
- Les quatre figures repréfontées par les Figures J, 6, 7 & 8, repréfentent les quatre Mandrins imaginés par feu M. Petit. Ces inflruments font faits d'argent*’ Tous les quatre font de formes differentes.
- La Figure J fait voir le plus gros ; on le fait avec une platine d'argent de f lignes de largeur, for un pouce de longueur, & d'un quart de ligne d'épaifleur ; on le ploie for un mandrin, & on le foude dans toute fo longueur ; on le laiffè ouvert par les deux bouts , & on perce un petit trou en travers , à une ligne de l'extrémité p.
- La Figure 6 repréfente le fécond Mandrin : on le fait de la même maniéré que le précédent, mais dune demi-ligne de diamètre plus petit, & on n'y perce point de trou.
- - La Figure 7 répréfonte le Mandrin courbe, plus petit & plus long que les précédents. Il différé aufli des autres, en ce qu'il a deux trous, l'un en q9 qui eft petit, & l'autre en R, qui eft plus gros & ovale.
- La Figure 3 repréfonte le plus petit Mandrin ; il eft courbé & n'a qu’un foui trou en r, qui eft très-petit.
- Ces Mandrins font du prix de 3 liv. chacun. On en fait auflî en plomb ; mais de ce métal on les lait pleins, c'eft-à-dire, qu'ils ne font point faits en canule ; pour lors on les fait avec du fil de plomb pafle à la filiere ; mais, tout confidéré 9 pn ne doit en faire ufage que pour exercer for les cadavres.
- La Figure 9 repréfente le Biftouri Anglois, pour la même opération; mais il afa point de gouttière : fon tranchant eft en L, & la lame eft fixe for fon manches Jl vaut une liv. 10 f.
- La Figure 10 repréfente le Perforatif Anglois, pour Vos unguis ; & la Figure XI f le Trois-quarts de M. Moreau, pour la même opération ; la pointe eft faite comme celle d'un burin à deux facettes. Tous deux doivent être faits d’acier trempé à la couleur de cerife, & recuit à la couleur de cuivre rouge. Ces deux derniers valent % liv. la piece, étant montés en ébene & garnis d'une virole.
- La Figure il repréfente le Biftouri de M. Petit, Médecin, pour faire l'ampu-! îation d'un œil cancéreux : il eft fait à deux tranchants féparés par une vive^ arête. La vue de fon Auteur eft de le rendre commode à couper le nerf optique ; pour cet effet il doit avoir la courbure repréfentée par la Figure 13 , qui fait voir l'inftrument de côté. Il vaut 2 liv.
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- Seconde Partie. Secl. /. Chap* XLIV'» 371
- Article Huitième.
- Des Infiniment s pour retirer la Sonde du canal nafal.
- L a Figure iy repréfente les Palettes de M. Cabanis, pour retirer la fonde du canal nafal. Cet inftrument eft fait d’argent ; il eft compofé de deux branches Fig.? Sc Fig. 8,furmontées chacune d’une Palette percée de plufieurs trous en A> B. La Figure 18 fait voir la branche femelle, qui eft en tuyau depuis a jufqu'en b y pour recevoir la branche mâle faite d'un fil d'argent rond , Fig. 17. Quand cette branche eft dans le tuyau, Fig. 18, le bout taraudé fort en b ; alors on vifle l’écrou C, Fig. 17, enfoite l'anneau D ; après cela on met une très-petite vis dans le trou E , qui fort à fixer les Palettes.
- La Figure 1 y fait voir l’inftrument tout monté. En (?, eft l’écrou ; en e, eft la petite vis, qui laiiîe feulement la liberté aux Palettes de parcourir l’efpace de la fenêtre pratiquée for la canule : les trois anneaux font deftinés à tenir l’inftrument pendant que l’extrémité H eft introduite dans la narine. Dans cette fituation on cherche le bout de la Sonde ; & lorfque ce bout fo rencontre avec l’un des trous H y on le fait entrer le plus avant qu’il eft poiîîble. Enfoite on fait monter la branche mâle en pouflànt l’anneau q : or le trajet que fait la branche mâle eft repréfenté par h y Fig, 16, où l’inftrument eft vu de côté.
- Ce méchanifme eft imaginé pour faiiir le bout de la Sonde , le tenir auffî folidement comme avec des pinces, & le tirer du canal.
- Il eft aifë de fontir que cet inftrument doit être bien arrondi for tous les fens, & qu’il n’y faut point laiftèr la moindre afpérité. Les trous doivent êtrd-un peu fraifés, pour leur procurer une plus large ouverture faite en entonnoir ^ afin de rencontrer le bout de la Sonde le plus promptement qu’il eft pofltble* U eft du prix de 1 y liv.
- La Figure 19 repréfonte une Sonde creufe pour la même opération : on fais quatre petits trous à l’extrémité i,2,3,4;&la Figure 20 fait voir l’Errhine qui eft l’auxiliaire de la Sonde. Ces deux inftruments valent 2 liv-
- La Figure 21 repréfente des Pinces à anneaux, ajuftées à jonétion pafleeJ L'extrémité L eft courbée pour chercher le bout de la Sonde : on y fait de petites dents comme celles d’une lime douce. C’eft l’inftrument qui reufïït le mieux pour cette opération. On les vend 1 liv. 10 f.
- La Figure 10 , P/. 122 , repréfente la Sonde d’argent de M. Mejean, pour le fac nafal ; le bout m eft olivaire , & l’autre extrémité L eft percée d'un petit trou pour paffer le féton* On la vend 2 liv.
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- |7* L’ART DU COUTELIER*
- Article Neuvième.
- De la Seringue de M. And , pour les maladies des yeux\
- Ù* les Injlruments de M. Laforêt.
- : La Figure i repréfente la Seringue pour injeéier dans les conduits engorgés.'
- Le corps fe fait fur. les principes du Pharingotome, Chap« XLII. L'argent doic^ avoir une bonne ligne cTépaifleur, toutes les pièces doivent être bien foudées; avant de le mettre fur le tour pour tourner le canon Sc faire les vis , il faut le mettre fur le mandrin , & en choiiir un bien rond ; lorfqu'on a foudé la platine A , on fonde un bout d'argent B, on le taraude pour recevoir tous les fiphons : on foude aufli une virole en a, pour fervir de prife à la Seringue , tandis qu'on pouffe le pifton avec le pouce dans l'anneau b. Lepifton vu Fig. 2,fe fait avec un anneau, fur lequel on foude une tige ronde de 2 lignes de diamètre, à laquelle on foude encore une platine By Sc l'autre platine C eft viffée. On garnit ce pifton avec de la foie. Enfin la Figure 3 eft une coupe de la Seringue, pour en faire Voir l'intérieur ; Sc la Figure 4 repréfente l'intérieur d'un fiphon : on peut juges par-là des épaiffeurs.
- £ La Figure y reprefante le Siphon lervant aux plus gros conduits 5 & de plus * il fert de Porte-Algalies.
- La Figure 6 repréfente le Siphon droit, Sc la Figure 7, le Siphon courbe, afin Iquq ces tuyaux ne fe bouchent pas par quelque ordure ; il faut toujours pafter dedans un brin de fil d'or ou d’argent vu en j j, Sc la grofleur du fil eft rendue fenfible par la Figure 8. Le fiphon eft la partie la plus difficile à faire dans tout l'inftrument : il eft compofé de fix pièces ; on commence par faire une forte yirole I, Fig. p , d'une ligne d'épaiffeur, de y de hauteur : elle eft taraudée. A! cette virole on foude une platine 2 , enfuite une autre platine de la forme que l'on voit ici en 3 ; elle porte fur la virole Sc fur la platine 2 ; au bout fupérieur de la virole , on foude encore un bout de tuyau 4 ; & au bout de ce dernier un autre plus petit y : c'eft ce dernier-ci qui doit recevoir le tuyau d'or 6. Tous ces tuyaux doivent être bien ajuftés & bien foudés, de façon que le plus gros reçoive le plus petit, & que celui-ci entre dans le premier d'environ une ligne de longueur , ainfi des autres, par gradations : on voit leur affemblage dans la Figure 6, e g, H, i, K. La platine i ne fert au fiphon que pour le tenir en
- le viflànt fur la Seringue.
- Le tuyau d'or eft très-petit, Sc par-là demande des précautions.
- Pour le bien exécuter, on prend un morceau d'or qui a paffé au laminoir, & qui neft pas plus épais que du vélin, & d’une ligne & demie de largeur; ordinairement je lui donne 4 pouces de longueur, qui me fervent à former 8 tuyaux; Ayant bien vivement dreffé les bords avec une lime douce, on ploie ( avec la
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- Seconde Partie. SeB* /. Chap. XLÎV. |7j
- fane mince d’un petit marteau ) la lame en gouttière dans toute là longueur, en la pofànt fur une petite rainure faite avec la quarre d’une lime fur un morceau de bois dur, tel que le buis ; enfuite refîèrrez les deux leyres d’un bout feulement, julqu’à la mettre en pointe ; après cela paffez-le dans une bonne filiere, dont les trous foient bien gradués : fèryez-vous de pinces qui joignent bien pour faifir le petit bout que vous tirerez facilement ; c’eft ainfi qu’en le failànt palier par plufieurs trous de la filiere, on parvient à lui donner entièrement la forme d’un tuyau fort délié.
- Il ne faut point fe fervir d’un banc à tirer, moyennant que la filiere eft ferrée dans un étau , le feul effort des bras fuffit. Il faut obferver de recuire cet or deux fois, & à la derniere ne le paffer qu’une fois dans un des trous de la filiere, qui doit être le dernier qui détermine la groffeur du tuyau. Cette derniere opération eft de conféquence, parce qu’elle reflerre les bords ou les leyres du tuyau * & les fait toucher enfemble ; car il faut fe pèrfuader qu’il n’eft pas poffible de fouder un fi petit tuyau fans qu’il fe bouche en plufieurs endroits ; & ce n’eft qu’en portant fes foins à bien drefl'er les bords avant de former la gouttière, & le paffer une feule fois dans le dernier trou après l’avoir recuit, qu’on peut fe paffer de le fouder, 1
- Il eft inutile de repréfenter ces opérations par des figures ; on peut confulter là maniéré de faire les Sondes ou Algalies, au Chapitre XLVII, de la taille ; ces opérations y font repréfentées plus en grand, & par conféquenc les détails y font plus intelligibles.
- Après que le tuyau eft fini de paffer à la filiere, on en coupe 6 à 7 lignes de longueur, pour le fouder au fiphon. Or, fi on le foudoit avec de la foudure d’or' ou d’argent, on boucberoit infailliblement le tuyau ; mais voici la maniéré dont on doit s’y prendre.
- On fait entrer deux lignes de tuyau d*or dans le trou du fiphon ; on Yj tient ferme avec du papier en deux ou trois doubles : on met deiïus de la poix-réfinê réduite en poudre ; on prend le fer à fouder, qui étant chaud , on prend une goutte de foudure d’étain pour la porter toute fondue fur la jointure du tuyau & du fiphon: on la fait tourner adroitement, & par ce fimple procédé le fiphon fera bien fondé; pour s’en affurer, on l’effaye en mettant un peu d’eau bien claire dans le fiphon, bouchant le bout du tuyau avec le doigt* & foufflant dans le fiphon; alors s’il y avoir le moindre jour, l’eau en fortiroit par le trou, parce quelle feroit chaffée par le fouffle, auquel cas on coulerait une pëtite goutte de foudure. La courbure de ce tuyau fe donne à froid, en le preffant entre les doigts , & c’eft la derniere opération que l’on fait au fiphon.
- Les Figures 11 & 1% repréfentent les deux Sondes de M. Anel: elles font olivaires à l’extrémité NN, & dans tout le corps elles doivent être parfaitement polies, unies 8c arrondies : elles fervent aux points lacrymaux.
- Les Figures 13, 14, 16,17, repréfentent les Algalies de M. Laforêt : on y Coutelier. IL Part. Secl. L B 5
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- m VAUT DU COUTELIER.
- voit les courbures exaétes qu’elles doivent avoir ; on les fait avec une lanls d’ar* gent pafîee au laminoir ; que la largeur pour le gros bout fbit de 6 lignes, & dé 3 pour le petit , en diminuant infenfiblement jufqu’au petit bout : il faut les ployer fur un mandrin, & fouder tout le tuyau. ( Voyez le Chapitre XLVII* Maniéré défaire les Algalies* ) On y fbude un anneau fur la gauche oo,8c pour la droite un autre tnp p ; on met un Stylet q, Fig. 13, qui fert pour toutes les Algalies : c’eft celui qui eft repréfenté par la Figure 1 y. *
- Là Figure 18 fait voir le Porte-Algalies : on les place comme l’indiquent les lignes ponétuées j on ferre Panneau X, & elles font tenues comme fi cétoic un crayon.
- La Figure 24 repréfènte une Algalie droite ; or, toutes les Algalies doivent être qualibrées avec le bout Z de la Figure y.
- La Figure repréfente la grande Sonde pleine. La Figure 20 la‘moyenne , laquelle a un œil au bout pour palier un féton; & la. Figure 21 repréfente la petite: elles different entr’elles d’un degré de groffeur , d’un de longueur, ainfi que de la courbure ; les extrémités font olivaires., & les bouts s s s font terminés par un anneau ployé feulement avec des pinces.
- La Figure 22 repréfente une canule avec une platine fondée, dont le bout fé termine en aiguille.
- La Figure 23 repréfènte une canule, dont un-bout eft limé obliquement, le milieu eft un peu courbé. Tous les inftruments contenus dans cette Planche, font partie d’une Seringue complette: on les met dans un étui fait en façon de chagrin doublé de velours, & chaque infiniment y eft placé. Le tout eft du prix de 72 liv.
- Fin de la Première Section de la Seconde Partie de £ Art du Coutelier.
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- Chap. 33.
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