Descriptions des arts et métiers
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- PR ÉFAC E.
- .Animée de l'amour du bien public , T Académie des Sciences a fait en 1761, de preffantes invitations aux Citoyens de s’unir à elle pour la defcription des Arts , afin qu’en réunifiant fous un même point de vue les connoifiances acquifes par fucceffion de temps, on pût les conduire à leur perfection, ou du moins les mettre à l’abri des révolutions qu’ils ont éprouvées fi fouvent. Le Public a- pris à cœur ces invitations. L’Académie a eu la fatisfaâion de voir paroi-tre bientôt une infinité d’Arts décrits de la maniéré la plus fatisfai-fànte, 8c qui l’emportent à jufte titre fur tous les Ouvrages qui ont
- paru fur ce fiijet. Ils ont, d’ailleurs , un très-grand avavtagR., à mon avis, c’eft qu’ils iont imprimés par cayers , 8c d’un prix qui n’eft point
- affez confidérable pour ôter aux Ouvriers la facilité de fe procurer l’Art dont ils font leur profefiion. En fécond lieu , comme ils font tous imprimés dans le même format, on peut les acheter l’un apjrès l’autre, lèlon que les facultés des Particuliers le leur permettent, les faire relier à mefure , & fe former un corps d’Ouvrage parfait en ce genre. On ne fauroit trop favoir bon gré à l’Académie d’avoir faifi avec tant de jufteffe les différents rapports de l’intérêt public , parce quelle a marqué par-là fon zélé à le lui procurer, & le lui a affiné par fes lumières»
- En mon particulier, j’ai voulu également concourir avec elle au bien général. Pour lui donner une preuve du défir que j’ai de lui plaire, & de marcher fur fes traces, j'ai-entrepris l’Art que profeffent
- les Ouvriers qu’on nomme Plombiers-Fontainiers, & de mettre au jour* les différentes connoifiances que j’ai acquifes en différents temps , pour me mettre à portée d’exécuter mon deffein.
- Cet Art me paroiffoit d’abord être peu de chofe, dont la defcription me coûteroit peu de travail. Mais je le voyois alors de loin ; j’ai penfé différemment quand une fois je l’ai connu davantage : femblable à un homme qui apperçoit une tour à quelques milles , 8c la croit peu de chofe; mais qui, lorfqu’il en approche, la trouve immenfe. L’efprit eft fujet à fe tromper aufli bien que les yeux. L’Art que je traite eft confidérable : il embrafle une infinité de parties; car il n’eft prefque point d’endroit, depuis le pied jufqu’à l’extrémité des Plombier* a
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- vrLj PRÉFACE.
- bâtiments, où il ne foit néceffaire. On peut le confidérer fous deux rapports, l’un d’utilité, & Tautre d’agrément*
- Aulli-tôt que l’induftrie & le travail ont ouvert à l’homme le fein des Mines de plomb , il en a bientôt connu les propriétés : elles font dirigé dans l’emploi qu’il a cherché à en faire. Le Plomb , parmi toutes les autres matières, a paru de peu de valeur, cependant propre à être mis en ufage en beaucoup d’endroits : on en a coulé en Tables ; bientôt on a vu des Chaîneaux de plomb fur les toîts; des Couvertures entières en plomb ont été fubftituées à des Couvertures de tuiles, parce qu’on a reconnu autant defolidité dans les premières, que de fragilité dans les autres. C’efl l’époque où a pris nailfance l’Art du Plombier, qui fait aujourd’hui dans Paris, ainfi que dans les principales Villes du Royaume, un Corps de Maîtrife confidé-
- rable. Il s’eft perfectionné, & par-là même eft devenu de plus en plus utile à la Société. Il s’eft prêté à une infinité de commodités
- inconnues jufqu'alors. On a trouvé le moyen de faire paffer l’eau du ciel qui tomboit du haut des toîts en ruilfeaux dans la rue , & déra-cinoit le pavé en incommodant les paffants, dans des Tuyaux de plomb qui la conduifent jufqu’au pied des bâtiments, fans incommoder perfonne.
- On a imaginé quantité de Cuvettes dont on furcharge ces Tuyaux; qui reçoivent les eaux de tous les étages, & évitent la peine de les defcendre.
- On trouve, par le fecours des Tables de plomb jointes & fondées enfemble, le moyen de fufpendre des volumes d’eau dans les mai-fons, pour la diftribuer aux endroits où cela efl néceffaire.
- La facilite c^u’on a de donner la forme qu’on veut aux Tuyaux de plomb , a donné lieu aux Cabinets d’aifances : par leur moyen on fait monter l’eau où l’on veut.
- Les Conduites autrefois étoient prefque toutes en terre ; aujourd’hui elles font prefque toutes en plomb. Les premières étoient fragiles, fujettes à fuir & à s’engorger. Ces dernieres le font moins & de plus de durée. L’Art du Plombier s’eft auffi prêté à l’inhumation des corps. On a vu les Cercueils de plomb devenir en ufage, Sc tenir les corps qu’on y a mis, dans une fraîcheur qui éloigne longtemps la corruption. Par-là on voit que l’Art du Plombier eft infiniment utile. J’omets quantité de chofes qu’il feroit trop long de rapporter, & qui parleraient en fa faveur; mais le Public en eft affez perfuadé.
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- IX
- PRÉFACE.
- L’agréable auquelle prête l’Art que je traite, n’eftpas moins intérêt fant & digne de notre attention ; il fait le principal ornement des Couvertures * par quantité d’Amortiiïements de toute efpece qui fe font en plomb, & dont on voit les Combles de nos Eglifes , nos Clochers, nos Dômes & nos Pavillons enrichis. Il ne fert pas moins à la décoration des Villes, des Jardins, des Cours, par cette multiplicité de paffages fouterrains qu il ouvre aux eaux, parles Fontaines, les Jets-d’eau, les Nappes d’eau, les Cafcades qu’il met en jeu, comme on le voit à Saint-Cloud, à Marly, Sc fur-tout à Verfailles, où Louis-le-Grand a étalé toute la pompe Sc la magnificence hydraulique.
- On compte dans ces trois endroits une quantité coniidérable de differentes Pièces d’eau, qui font, à la vérité, ornées de plufieurs
- Statues , où le cifeau des plus grands Maîtres a épuifé fa délicatefîe ; mais il faut avouer que le coup d'œil en feroit moins frappant, fi le
- jeu des eaux n’animoit & ne relevoit fexpreffion de leur cifeau. Il faut donc conclure que l’Art du Plombier ne fournit pas moins à l’agréable qu’à futile ; Sc que parmi lés Arts qui embçllifTent la Société , il doit occuper une des principales places.
- L’ordre que je me fuis prefcrit dans mon Ouvrage , eft celui qui m’a paru le plus naturel.
- Je commence d'abord par parler des Mines d’où les Plombiers tirent leur plomb, & de la façon dont il leur arrive. Je donne enfuite la maniéré de le faire fondre Sc de le couler en Tables ; je fpécifie deux maniérés de le faire, l’une fur fable, Sc l’autre fur toile. Je défigne les Outils Sc Uftenfiles qui regardent cette double opération.
- De-là je paffe au Laminage, où j'ai eu occafion de décrire une nouvelle maniéré de fondre des Tables differente des deux précédentes. On y voit i°. le détail du Laminoir; 20. les principales armures qui le compofent : favoir, le Régulateur & le Verrouil; 30. de quelle maniera cette belle Machine eft mife en mouvement ; 40. enfin comment les Tables fe laminent, Sc prennent le degré d’applatifle-ment qu’on veut leur donner.
- Il eft bon d’obferver à ce fujet, que j’aurois pu me dilpenfer d’en parler, attendu que le Laminage eft tout-à-fait étranger aux Plombiers : aucun d'eux n’a tenu de Laminoir chez lui jufqu'à ce jour; ils fondent toutes leurs Tables. Mais comme cette defeription eft , par elle-même, très-intérelfante, & quelle venoit très-à-propos, j’ai cru
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- lui voir de trop grands rapports avec le travail des Plombiers /pour la rejetter. Je me croirai bien payé de ma peine, fi j’ai réufïï à la rendre claire.
- J'entre dans une nouvelle Fonte, qui efl celle des Tuyaux; je fais la defcription du Moule 8c du madrier qu’il faut pour cette main-d’œuvre. Je donne une nouvelle façon de faire des Tuyaux, c’eft-à_ dire, la maniéré de les arrondir & de les former fous la batte. On «‘recours à cet expédient, quand on n’a point de Moule d’un allez gros diamètre pourfondre les Tuyaux dont on a befoin: cela arrive lorfque les Tuyaux qu’on veut employer, palfent 6 pouces de diamètre ; parce qu’en France on ne connoît prefque pas de Moule qui palfe cette groffeur. Il n’en efl pas de même en Angleterre ; leurs Moules y font plus gros. Ils font pofés fur une table ou madrier, comme celnî que nous avons décrit dans le Chapitre IV : ils font compofés également de deux parties qui s'écartent 8c fe rapprochent pour donner la facilité de les fermer ou de les ouvrir quand on veut; mais il n’y a point de chappes ni clavettes, comme il y en a à ceux , dont on fe fert en France : il y a en place 4 étaux, deux de chaque
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- cote. * ( ,
- Ces étaux font fixes far la table , & vuidés en écrous, dans lef quels entrent quatre vis, qui ferment entr’eux le Moule autant qu’il cil néceffaire pour fermer tout paffage au plomb qu’on y jette.
- Le cric qui efl propre au fervice de ces Moules, efl à peu-près le même que celui dont nous nous fervons; avec cette différence, qu’au lieu d’un volant, ce font deux manivelles qu’on tourne pour le mettre en mouvement.
- Le boulon ou le noyau de l’intérieur du Moule , qui forme le diamètre des Tuyaux, efl partagé par une lame qui tient au cric, & qui efl faite en forme de coin. Par le moyen de cette lame, le noyau ne fort jamais du Moule. La crémaillère qui, chez nos Plombiers, tient d’un côté au cric, & de l’autre a-u boulon qui efl dans l’intérieur du Moule , pour l’y faire entrer ou l’en faire fortir quand il en efl befoin , ne retire que la lame qui efl au milieu du boulon de ceux-ci.
- * Ces Moules ne me paroiffent pas auffi exaûs que ceux dont nous nous fervons , parce qu’il efl néceffaire, pour que les Tuyaux foient bien faits, qu’ils foient par-tout d’une égale épaiffeur, & que cela femble ici très-difficile, vu l’attention qu’il faut prendre pour que le
- noyau
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- PREFACE. ix
- noyau fe trouve parfaitement au centre du Moule. Au lieu qu’en France on n’a pas befoin d’avoir ce foin pour les Moules dont on fô fert, attendu que le boulon ne peut pas vaciller ; on n’a befoin que de tourner le volant pour le faire entrer dans le Moule; on eft certain qu’il eft toujours où il doit être, c’eft-à-dire, de tous côtés également diftant des parois intérieures du Moule.
- Mais les Moules d’Angleterre l’emportent d’un autre côté fur les nôtres, parce qu’on peut y fondre des Tuyaux de plus d’un pied de diamètre ; on n’a befoin que de changer le noyau, & d’en prendre qui foient proportionnés à cette groffeur. C’eft fans doute de cette maniéré qu’on a fondu les conduites de Verfailles, dont les Tuyaux font au moins de cette groffeur, & ont été cependant jettës en Moule. Mais comme on en fait très-rarement ufage , je n’en ai point fait graver ; ceux qui feront curieux d’en voir, pourront fe fatisfaire en mettant fous leurs yeux le Recueil des Machines approuvées par l’Académie Royale des Sciences, de l’année 1727 , pages 53 & 54,
- Pl. I & II.
- Après avoir parlé des différents Tuyaux qui fortent de l’attelier des Plombiers, je traite des différentes efpeces de Cuvettes qu’on a pu imaginer, de la façon de les couper fur la table de plomb, & de l’art de les arrondir avec propreté, êc de les placer , ainfi que les Tuyaux qui doivent leur être jointSs-Enfuite vient la Couverture des Maifons, des Dômes, des Pavillons, des Clochers , des Eglifes, ainfi que la maniéré de couper les Tables, de les plier Sc de les attacher pour que les eaux ne tranfpirent point ; enfin la forme qu’on donne aux Chaî-neaux qui doivent les recevoir, & les tranfmetre dans les Tuyaux de defcente. Je parle en même temps des Tourelles & des Terraffes. Il y a quelque choie à reétifier fur ce que j’en ai dit. J’ai reniai que qu’on n’employoit point de foudure dans la Couverture des Terraffes ; cependant cela fe fait quelquefois, ainfi que je m’en fuis affuré plus particuliérement par des informations que j’ai faites depuis. Quand on les travaille de la façon que je l’ai dit en fon lieu, c’eft-à-dire, qu’on en cloue les tables, il faut avoir le foin de couvrir les têtes des clous qu’on y emploie, d’une couche de foudure, afin que l’eau ni pénétré pas ; mais il vaut mieux les travailler comme on travaille le fond des Réfervoirs.
- Je décris enfuite le Blanchiment des Tables, ainfi que des Amor-tiffements, & la maniéré de jetter dans le Moule ceux qui font fondus, P LO MSI ER. b
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- X , PRÉFACE.
- «Je former les autres fous la batte, & de les fouder ; enfin je donne une idée de tous les Ornements dont on fait ufage dans l’Architedure. On voit enfuite comment on doit s’y prendre pour retirer la croûte d’étain qu’on a mife fur les Tables ou Ardoifès qu’on a blanchies, ainfi que les foudures des vieux Plombs , ( préparatifs néceflaires avant de les faire refondre, ) i°. pour que l'étain n’aigriffe pas le plomb, ce qu’il fait lorfqu’ils font fondus enfemble; a°. pour ufer d’économie, comme l’étaïn eft plus cher que le plomb.
- De-là je viens aux Réfervoirs; je décris ceux qui, font fur charpente , Sc ceux qui font fur maçonnerie. Je donne la maniéré de les fouder & d’en divifer les eaux avec économie. J’enfeigne comment on doit s’y prendre pour en faire des Jets-d’eau, des Fontaines, des Nappes d’eau, Cafcades, &c. Je décris la façon de joindre les Tuyaux les uns aux autres. On y voit deux différentes maniérés de le faire ; ï°. par des nœuds de foudure ; en fécond lieu par le fecours des brides , qu’on eft obligé d’employer pour les Tuyaux de defcente des Pompes, Sc pour les fortes Conduites, afin de les fortifier. Je n’ai pas omis la façon de réparer un Tuyau qui perd, ou de le dégorger par le fecours de la Sonde Sc autres moyens.
- Je paffe enfuite à une ample defcription du Rafinage. Je ramaffe toute l’écume du plomb qui eft provenu des différentes Fontes dont j’ai parlé, ainfi que les écaillures provenues des Soudures,- je jette ces parties de plomb décompofées , que les Plombiers appellent crajfes, d’abord dans des tonneaux, pour les laver; enfuite dans le
- creufet, pour les révivifier. J’obferve qu’il faut faire la même chofe
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- à l’égard des cendrées qui proviennent de l’écumage des Soudures.
- Cet Article eft dans le même cas que celui du Laminage. Le Rafi_ nage eft tout-à-fait étranger aux Plombiers. .Ce n’eft point eux qui révivifient leurs cendrées, ce font des Ouvriers qu’on nomme Plombiers-Rafineurs, qui en font leur unique profeffion. Mais je dirai à cela qu’on ne peut que me favoir bon gré d’avoir indiqué, fans m’écarter de mon fujet, de quelle façon cela fe fait, pour en donner une idée à ceux qui ne le favent pas, Sc qui pourront en faire ufage dans la fuite , ou qui, du moins, ne feront pas fâchés d’en avoir une connoiffance.
- J’entre enfuite dans la maniéré de faire les Cercueils, dont les Plombiers font aulïi commerce. Je me borne à ceux qui fe font en plomb ; «car on fait qu’on en peut faire de plufieurs matières, ôc de celles qui
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- PRÉFACE. xj
- font les plus précieufes, en argent, même en or. C’eft de cette maniéré que l’Empereur Conftantiri, furnommé le Grand, a été inhumé *.
- Je termine mon Art par la maniéré de contourner fous la batte les Cœurs deftinés à l’inhumation, parce qu’ils ont, en cela, rapport aux Cercueils ; & par la façon de faire quantité d’autres petits Cœurs fondus, ainfi que plufieurs autres petits Ouvrages également fondus.
- J’ai fuivi, autant qu’il m’a été poflîble, la marche du travail du Plombier," j’ai rapproché les Ouvrages qui m’ont paru avoir quelque rapport entr’eux, pour donner plus de fuite à la defcription que j’en a1 v faite, & que j’ai rendue aufii exaéte que je l’ai pu. Mais malgré tous mes foins, je fuis perfuadé que j’ai laiffe échapper beaucoup de fautes involontaires, que le Leéteur, éclairé en ce genre, ne manquera pas d’appercevoir. Je me foumets avec docilité aux jugements qu’il por~ tera contre moi. Si mon Art ne mérite pas A& maroi,.. à. v,ôté de ceux qu’ont décrits tant de fameux Auteurs, tels que M. Duhamel, célébré Académicien, qui a vieilli dans la recherche de toutes fortes de con-> noiffances utiles & agréables, 8c à qui je dois beaucoup en mon particulier, & tant d’autres fi connus par leurs Ouvrages, j’elpere au moins que le Public fe contentera du defir que j’ai eu de lui confacrer ces petits fruits de mes amufements.
- * Hift. Eccléfîaftique, >
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- EXTRAIT DES REGIS TRES
- DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.
- Du 29 Août /77a.
- M . Duhamel qui avoit été nommé pour examiner la Defeription de Y Art du Plombierf par M. * * *, en ayant fait fon rapport, l’Académie a jugé cet Ouvrage digne de l’impreflion : en foi de <juoi j’ai figné le préfent Certificat, A Paris, le at Septembre 1772. x
- GRANDJEAN DE FOUCHY,
- Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences;
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- ERRATA.
- P AO M 6 , de vtu ligne, préjudiciable > lifez : préjudiciables;
- Page 10» Itg. 18 , faite de du», ttjez ï rait <ic
- Page 11, lig• 21, Ce fable qui eft, lifez : le Cible qui eft.
- Page z 6 , lig. 7, nous n’avons plus, lifez : nous n’aurons plus. Ibid, lig. 31, deux cylindre, lifez : deux cylindres.
- Page 17, lig. 6, retranchez cette ligne & les fuivantes ; parce que la figure qui y eft indiquée, n’a pas pu entrer dans le plan, & qu’elles deviennent par-là inutiles : pajfez à l’Article fécond.
- Page 30, lig. *3 , par les vis R, S, lifez : par les vis r ys, page $6 f lig* 17* A l’effieu A-9 B $ lifez ; à l’effieu A, B,
- Page 44 , lig, é , dont nous parlerons dans un înftant » & fer-lifez : dont nous .*» ««» turtanc. L’autre
- partie du moule elt fermée.
- Ibid. lig. 8, mais la portée qui entre dans Je corps du moule eft taillée en plume , lifez : mais cette nouvelle piece de cuivre eft taillée en plume.
- Page 49 > Hg. 16 y les laifes ou bandes, lifez ; les Iaifês des. bandes.
- Page 88, lig. 54, & ce Chapitre peut êtr* regardé, lifez ; ce Çhapure peut être regardé. /
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- L’ART
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- L ART
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- O M B I E
- ET
- FONTAINIER
- O N peut divifer tout FArt des Plombiers en quatorze principaux corps d’Ouvrages qui renferment tous les autres ; nous les traiterons féparément.
- Pour cet effet, nous diviferons cet Ouvrage en autant de Chapitres : dans le premier, nous traiterons de la Fonte ; dans le fécond, des Tables ; dans le troi-lîeme , du Laminage ; dans le quatrième, des Tuyaux ; dans le cinquième, des Cuvettes ; dans le fixieme, de la pofe des Chaînaux, Godets, Gouttières, Tuyaux & Cuvettes; dans lefeptieme, des Couvertures ; dans le huitième, du blanchiment des Couvertures & Amortiffements ; dans le neuvième, de la maniéré de
- déblanchir le Plomb étamé, 8c d’en tirer parti ; dans le dixième, des Réfervoirs ; dans le onzième , de la diftribution des Eaux; dans ie douzième, du dégorgement des Tuyaux de conduites ; dans le treizième, du Rafinage ; dans lé quatorzième enfin, des Cercueils.
- Plombier,
- A
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- L'ART DU PLOMBIER, êc.
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- CHAPITRE PREMIER,
- De la Fonte.
- L e travail des Plombiers commence où finit celui des Mineurs ; ces derniers , après avoir tiré le plomb tout brut des mines qui le produifent, en féparent les matières étrangères, & finiffent par le couler dans des lingotieres, pour lui donner une forme propre à pouvoir être tranfporté d’un Royaume à un autre : c eft-là où fe termine leur ouvrage. Le plomb ainfi travaillé fort de leurs mains, & il eft vendu aux Marchands qui en font commerce.
- Les Plombiers Tachettent en cet état, & remploient aux différents ouvrages qui concernent leur Art : ainfi TArt du Plombier peut être regardé comme une fuite de celui des Mineurs.
- Avant de traiter de la façon dont on s’y prend pour le faire fondre, nous parlerons du plomb dont lè fervent ordmaircin,«nt lec Plombiers. Ce Chapitre
- fera donc divifé en deux Articles : dans le premier nous verrons ce que c eft que le plomb en générai ; & dans le fécond, la maniéré de le faire fondre.
- Article Premier.
- Du Plomb en général.
- Ce que je me propofe de dire fur le Plomb, regarde r°. fes differentes propriétés; 2°. les différentes fortes de Plomb que nous connoiffons; 30. les endroits dpu on le tire; 40. la façon dont il arrive en France.
- §, I. Des propriétés générales du Plomb.
- Le Plomba eft un métal très-pefent, aifé à foudre, mou, duétile, d’une couleur blanche plus fombre que celle de l’étain: il n’eft ni fonore ni élaftique j il prend aflez promptement fon brillant, & fe ternît de même.
- U fe conferve aflez blanc dans l’eau ; il brunit dans la terre ; mais cette couleur n’eft que fuperficielle : il ne fe conferve pas fi bien lorfqu’il eft expofé à Taélion des acides ; il fe couvre bientôt d’une petite rouille blanche qui ne pénétré pas avant dans le métal, à moins que les acides ne foient très-forts.* Cette rouille eft bien différente de celle qui s’attache au fer, qui le pénétré fore avant.
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- Chapitre I. De la Fontè.
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- §. IL Des différentes fines de Plombk
- Il y a deux fortes de plomb : on nomme l’un Plomb blanc, Sc l'autre Plomb noir. Le plomb blanc fe trouve dans les mines d’or & d’argent : il eft fec, aride & très-fujet à fe caffer ; on ne peut s’en fervir qu’en l’alliant.
- Le plomb noir, au contraire, fort de la mine qui lui eft propre t c’eft celui qu’emploient les Plombiers.
- Je pourrois dire quelque chofe de plus particulier for le plomb; mais je m’écarterois de mon fojet, for-tout fi j’entreprenois de parler de l’exploitation des mines de plomb. Ce travail, qui tient à la Chimie, eft tout-à-fait étranger au Plombier, qui doit mettre le plomb en œuvre ; mais il ne fera pas hors de propos d’indiquer les pays d’où les Marchands ou les Plombiers tirent le plomb qu’ils travaillent de différentes façons.
- §. III. Des Endroits d'où Von tire le Plomb»
- Ces endroits font : Ulme, en Angleterre ; Hambourg, en Allemagne j Namur, en Flandres ; Pompean & Poulaoin, en Bretagne, & quantité d’autres endroits qu’il feroit trop long de rapporter. Mais les Plombiers ne font point ufage indifféremment du plomb qui provient de ces différentes mines, parce qu’il n’eft pas tout de la même qualité.
- Le plomb que les mines de Bretagne fourniffent, ne s’emploie ordinaire^ ment qu’à faire des balles pour l’Artillerie, ou à giboyer : ainfi les Plombiers n’en font prefque jamais ulage ; les Plombiers de Paris ont coutume de tirer celui qu’ils travaillent, d’Ulme ou de Hambourg, indifféremment: il en réfulte lin métal plus beau , plus coulant 9 & plus propre à toutes fortes d’ouvrages ; c’eft pourquoi on lui donne la préférence, ainfi qu’à celui de Namur, qui eft employé utilement à beaucoup d’ouvrages.
- Il eft bon d obferver cju on prétend cjue de Pallîage du plomb des deux premières mines, il réfulte un métal fupérieur en qualité à tout autre plomb ; c’eft pourquoi les Plombiers font dans la coutume de les mêler quand ils peuvent s’en procurer.
- §. IV. De la façon dont arrive le Plomb en France.
- C o m m e le plomb eft un métal très-pelànt, les Mineurs le coulent dans des lingotieres, pour en former ce qu’on nomme des fiumons, qui ont un pied & demi de long, for 8 pouces de large, PL I, Fig. r , & qui pefent environ 140 livres, félon les différents endroits d’ou on les tire : c’eft fous cette forme qu’il paffe dans le commerce*
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- 4 L’ART DU PLOMBIER, &c.
- Ce métal eft duélile & aifé à fondre : on peut le jetter en moule & le travailler fous le marteau ; mais comme pour la plupart des ouvrages il faut le fondre , nous devons commencer par expliquer comment les Plombiers s’y prennent pour faire fondre leur plomb.
- Article Second.
- De la maniéré de faire fondre le Plomb.
- L a préparation de cette fonte confifte r\ à fe procurer tout ce qui eft nécef faire pour cette opération ; 2°. à lavoir conduire la fonte ; 30. à écumer le plomb fondu ; 40. à révivifier les parties qui s*en décompofent ; y0. à avoir attention 'qu’il n’y ait point d’eau dans le plomb qu’on met dans celui qui eft déjà en fufion.
- §. I. Des U fienfiles nécejfaires pour la fonte.
- Les Plombiers fondent leur plomb dans une chaudière A , Fig. 2 , PL 1 $ de fonte de fer, montée fur un fourneau B Uc maçonnerie, qui eft établi fous un tuyau C de cheminée, pour la décharge de la fumée.
- On met dans le fourneau une chevrette de fer qui reflèmble à un chenet ordinaire de cheminée, pourfoutenir le bois afin qu’il brûle mieux ; & on a un fourgon D, Fig. 3 , pour attifer le feu & retirer les cendres ; c’eft un barreau de fer qui a 4 ou 5 pieds de longueur, dont un bout eft en crochet. On peut encore regarder comme une dépendance du fourneau , une poêle percée E , ou une écumoire, Fig. 2 & 4, qui fert à retirer de deflus le métal ce que les Plombiers appellent les crafies ou écumes. Cette écumoire a environ un pied de diamètre,' & fa queue 3 pieds de longueur. Nous en parlerons dans la fuite.
- La chaudière eft ronde & concave, ayant en grand la forme que la moitié d’une coque d’œuf a en petit. En fondant cette chaudière dans les forges » on forme de diftance en diftance des tenons ou crampons qui ont environ y à 6 pouces de longueur ; ou les noie dans la maçonnerie, pour que la chaudière foit établie folidement ; car elle fera néceflâirement chargée d’un poids " confidérable; & quelque précaution que l’on prenne , il eft impoffible quelle ne reçoive des fecoufles quand on met dedans les faumons : elle a environ £ pieds & demi de diamètre , fur un pied & demi de profondeur ; & au moyen de ces dimenfions, elle peut contenir environ trois milliers de plomb.
- Le fourneau B, Fig. 2 , conftruit en brique ou en tuileaux ajointoyés avec du mortier de chaux & de ciment, eft rond comme la chaudière ; les murs qui le forment ont 8 à p pouces d’épaiflèur ; ce fourneau a 4 pieds de diamètre, for 3 pieds de hauteur.
- La bouche F du fourneau, qui eft au niveau du plancher, a un pied
- d’ouverture
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- C iï a ï> i T R E I. De ta Fonte. y
- Couverture en quarré : elle fert à l’entrée de l’air dans le fourneau pour faire brûler le bois, Sc auffi à fournir du bois à mefure qu’il s’en confome. Le fourneau eft garni, tant en dedans qu’en dehors, de bandes & de cercles de fer, pour le fortifier Sc le mettre en état de réfifter à l’aélion du feu ; en outre, comme les crampons ou tenons qui font au pourtour de la chaudière, ne feroient pas fuffifànts pour foutenir le poids du plomb, en élevant le fourneau, on l’a traverfé à environ un pied Sc demi de terre , par de forts barreaux de fer, fur lefquels pofe le fond de la chaudière. J’ai dit qu’il falloit pofer ces barreaux à un pied Sc demi du foyer, parce que fi la chaudière étoit établie trop bas, le feu s’étoufferoit ; au lieu qu’il faut que la flamme lèche Sc enveloppe tout le fond de la chaudière, pour lui communiquer plus de chaleur , & précipiter la fonte du plomb. Il ne faudroit pas également qu’ils fuflent pofés plus haut, parce qu’alors il entrerait dans le foyer une trop grande quantité d’air qui feroit confommer beaucoup plus de bois qu’il n’en eft néceflàire, Sc jetteroit par con-féquent dans des frais qui feroient purement fuperflus Sc à pure perte, ce que l’on doit, par cette feule raifon, éviter.
- Les oreillons OU crampons du pourtour de la chaudière , /ont 6 pOUCeS aU-deflous de fes bords : ils font noyés, comme je l’ai dit, dans la maçonnerie, dont les bords ne font pas plus hauts que ceux de la chaudière ; par ce moyen ils contribuent à empêcher que la maçonnerie de la chaudière ne fo dégrade : il y a de plus un cercle de fer d’environ 2 pouces de large, qui régné tout autour de la chaudière, & couvre fon pourtour, en forte qu’il garantit parfaitement l’endroit où la chaudière Sc la maçonnerie font ajointées enfemble, du choc du plomb qu’on jette dans la chaudière d’un peu loin, quand l’ardeur du feu empêche les Ouvriers de s’en approcher d’auflî près que cela feroit néceflàire, afin d’éviter ce choc.
- Pour donner iflue à la fumée, on pratique au derrière du fourneau, du côté de la muraille où il eft adofle, deux ouvertures obliques qui prennent du fourneau , Sc vont aboutir à des tuyaux de fer G, Fig. 2 , qui aboutiflènt eux-mêmes à un tuyau de cheminée 5 la flamme qui tourne autour de l’intérieur du four Sc enveloppe le fond de la chaudière, fe rend dans les tuyaux G, qui deviennent rouges comme des charbons allumés.
- c9 au-deflus de la Figure 2 , eft un manteau de cheminée de forme circulaire, qui eft établi 4 pieds au-deflus du fourneau, pour empêcher la fumée de fo répandre dans l’attelier ; ce manteau eft ordinairement fait en plâtre, Sc retenu, foit à la muraille, foit au plancher, avec des barres de fer.
- Voilà la defcription du fourneau tel que je l’ai vu dans l’attelier des Plombiers : il faut maintenant parler de la fonte.
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- Plombier.
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- FART DU PLOMB 1ER, &c.
- §. I. Mamers de garnir ou charger de plomb la Chaudière.
- L a première chofe qu’on doit faire quand on veut travailler à quelqu’ouvrage «le la Plomberie qui exige une fonte, c’eft de garnir la chaudière du plomb <ju’on veut mettre en fonte. Voici comme il convient de le faire : il faut d’abord prendre parmi le vieux plomb , fi on en a, de petits morceaux pour en garnir le fond de la chaudière, fur lefquels on pofe des fiiumons dont on fait une fécondé couche : on en fait enfuite une troifieme , ce que l’on continue jufqu’à ce qu’on ait rempli la chaudière jufqu’aux bords ; & fi l’on a de petits morceaux de plomb, on les mettra dans les vuides que laiflent les làumons à mefure qu’on les place dans la chaudière. Il faut avoir grande attention de ne pas jetter les làumons dans la chaudière, de les y placer, au contraire, de façon qu’ils ne la heurtent pas , de peur de la cafler 8c de perdre en même temps 8c là chaudière 8c fon plomb , qui, trouvant un paflàge , couleroit dans le foyer , & fe répan-droit de-là dans tout l’attelier. Quand la chaudière fera garnie de plomb avec les loins que nous venons de recommander, on procédera à là fonte.
- §. II. De la maniéré de conduire la Fonte.
- Lorsque la chaudière fera remplie du plomb quon deftine à la fonte, on garnira le foyer de bois flotté ou neuf, cela eft indifférent, qu’on afloiera fur la chevrette , & on y mettra le feif, en fe fervant d’éclats de bois de cotrets, en un mot de ce qui fera le plus propre à allumer le gros bois. Quand le feu fera bien allumé, on en retirera plufieurs bûches embrafées , que l’on mettra en travers fur la chaudière , où l’on formera un fécond feu , afin que le plomb qui eft dans la chaudière fe trouvant entre deux feux , fonde plus vite. On ne fe contentera pas de cela ; on mettra encore fur ce brafier fupérieur, plufieurs fàumons de plomb, qui, fondant 8c tombant dans la chaudière, communiqueront au plomb qu’on y a mis, une nouvelle chaleur, 8c en accéléreront la fonte ; cependant on ne doit point laifler éteindre le feu de deflous la chaudière ; ainfi il faudra avoir l’attention de remplacer les bûches qu’on en aura retirées, afin de donner au plomb le degré de chaleur qui eft néceftàire dans ce premier moment de la fonte.
- §. III. De la maniéré d'écumer le Plomb fondu, & de le revivifier.
- L o r s q u e le plomb fera une fois fondu, on n’entretiendra plus le feu fùpé-rieur ; mais on le laiflera fe confumer de lui-même : il produira plufieurs charbons qui tomberont dans la chaudière, 8c nageront fur la furface du plomb ; bien loin de lui être préjudiciable, ils revivifieront les parties qui fe feront
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- Chapitre I. De la Fonte. y
- décompofées en fondant ; mais comme ce n’eft que tant qu’ils font vifs & encore ardents qu’ils peuvent produire cet effet, & que le plomb fondu les éteint auffi vite que s’ils tomboient dans l’eau, ils deviendront bientôt inutiles ; il faudra avoir l’attention de les enlever avec l’écumoire , pour les mettre dans un coin de l’attelier avec ce que les Plombiers nomment les crajjes, qui font du plomb décompofé dont on faura bien tirer parti. Comme la braife eft très-propre à revivifier le plomb, lorfqu’on aura enlevé les charbons provenus du feu fupé-rieur, il faudra en prendre de pleines pelées dans le foyer, que l’on jettera lùr le plomb, ce que l’on continuera tout le temps que durera la fonte.
- §. IV. D'une autre maniéré de revivifier le Plomb en fufion.
- Quelques perfonnes y jettent de la graille préférablement à la cendrée ou braifè : ils prétendent que le plomb en devient plus doux & plus coulant ; mais il me femble que la fumée qui en provient, doit être une raifbn pour en dégoûter le plus grand nombre des Ouvriers, joint à la mauvaife odeur que la graifle répand dans l’attelier. Il eft vrai qu’on ne doic pas chercher cependant à éviter des incommodités , qui, quoique grandes, procurent un plus grand bien. Comme il eft probable que la graille revivifie mieux le plomb que labraife mêlée de charbon, nous confeillerons aux Ouvriers qui pourront fupporter ces incommodités , de faire ufage de la graille préférablement au charbon.
- Soit que l’on y mette du charbon ou de la graiffe , il faudra avoir l’attention d’amonceler enfemble tout ce qu’on enleve de deffus le plomb avec l’écumoire, pour en tirer parti quand on en aura une allez grande quantité ; car on a trouvé le moyen de revivifier Sc de faire revenir en plomb coulant cette cendrée, qui, dans le fait eft du plomb décompofé, & qui a perdu fon phlogiftique. Je décrirai cette opération dans le treizième Chapitre de cet Ouvrage.
- $• V. Précautions quil faut prendre avant de mettre de nouveaux faumons ou Plomb froid, dans le Plomb qui efi une fois en fufion.
- Comme le plomb, en fondant, s’affailîe & occupe moins de place qu’il n’en occupoit lorfqu’il étoît encore en faumons, parce que dans cette première forme il reftoit entre les faumons quantité de vuides qui ne fubfiftent plus quand le plomb eft fondu ; alors la chaudière ne fe trouvera fou vent qu’à moitié pleine, & demandera de nouveau plomb pour être remplie toute entière : on aura le foin d y en mettre ; mais avant il eft bon d’avertir qu il y a de grandes précautions à prendre.
- f Comme les Plombiers ont coutume de placer leur plomb dans une cour de déchargé , ou il eft ordinairement expofé à la pluie , il faut, avant de le mettre dans la chaudière, exarniner s’il eft bien fec, & s’il ne refte pas d’eau dans les
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- 18 HART DU PLOMB 1ER, &c.
- petites concavités qui fe rencontrent, fur-tout dans le plomb qui eft encore en fàumons ; car s’il fe trou voit de l’eau renfermée dans le plomb qui fond, fût-elle même en petite quantité, elle fe réduiroit en vapeur, & feroit rejaillir le métal dans l’attelier avec une grande explofion dangereufe pour les Affiftants ; l’eau réduite en vapeur, produit des effets qu’on peut comparer à ceux de la poudre à canon.
- . C’en ce qui arrive aufll lorfqu’on jette dans le feu ces petits globules de - verre, qu’on nomme pétards : ils difperfent avec bruit les charbons du foyer , & tout ce qui fe rencontre devant eux, lorfque l’ardeur du feu les a une fois brifés, avec cette différence que cette explofion eft moins dangereufe que l’autre, parce qu’il eft plus aifé d’éviter des charbons, ou du moins, en les recevant, ils ne font point tant de mal que des gouttes de plomb qui s’appliquent fur la chair, & qu’on ne peut pas fecouer aufli aifément qu’un charbon. L’un & l’autre font très-dangereux : il eft imprudent de s’y expofer.
- Pour écarter tous ces rifques, fbit qu’on emploie du vieux plomb ou du neuf, il faudra avoir grande attention de le vifiter , & s afîurer parfaitement qu’il ne contient point d’eau.
- J’ai dit tout ce qu’il y avoit à dire fur la fonte du plomb. Comme à préfent une partie des ouvrages du Plombier fe fait avec des tables coulées, je vais donner la façon de les faire, ou autrement, de les jetter fur le moule.
- CHAPITRE SECOND.
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- Des Tables.
- Lorsque le plomb eft fondu 8c purifié, il eft en état de prendre toutes fortes de formes dans des moules. Les Plombiers en ont, à cet effet, plufieurs différents les uns des autres : les uns font des moules à tables, les autres à tuyaux , les autres en forme de cœurs, & quantité d’autres dont nous parlerons dans la fuite. Leur premier foin eft donc , après avoir préparé le plomb à être coulé, d’apprêter les moules dont on a befbin. Mon deffein eft de les détailler tous ; mais comme une grande partie des ouvrages de la Plomberie fe fait avec des .Tables de plomb, je commencerai, dans ce Chapitre, par décrire cette première opération.
- On entend par Table, une furface de plomb d\me certaine longueur, largeur & profondeur. On en diftingue de deux fortes ; les unes font coulées fur fable , les autres fur toile ou étoffe. Nous traiterons dans ce Chapitre des unes * de des autres : nous le diviferons pour cet effet en deux Articles : dans le premier, nous parlerons des Tables coulées ftr fable ; dans le fécond, des Tables coulées fur toile. " " " Article
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- Chapitre IL Des Tables;
- Article Premier.
- Des Tables coulées furfable.
- Il faut i°. commencer par fe procurer les uftenfiles qui font nécefîâires à cette opération ; 2°. préparer le moule ; 30. difpofèr le plomb à être coulé ; 40. le couler ; y°. l’enlever de deffus le moule.
- §. I. Des Uflenfiles néceffaires pour couler le Plomb fur le moule à fable.
- I l faut premièrement avoir ce qu’on nomme le Moule A À, Fig. y & 7 * PL 1 & 2, avec là poêle B, quon voit aufli au bas de la Planche 1, Kg*. 6 & 7 ; a°. un Arrofoir D, Fz:g\ y $ 8 , P/. 1 ; 30. un Labour Z?, Fig. S & 91 4°-111:1 Rable Z^ FYg. y , 7,8 <5 10 ; y0, une Plane G, Fig. J <§ 11 ; 6°. une Truelle , Fig. 12 ; 70. plufieurs Cuillers Z/, Fig. y & 13 ; 8*. une Serpette , Fig1. 1 P/. 2 ; 90. enfin un Levier C D> Fig. y. Nous allons les détailler plus particuliérement , afin de marquer leurs différents ufàges.
- Le Moule AA, Fig. y <§* 7, P/. 1 & 2, dont fe fervent les Plombiers pour couler des tables de plomb , forme une caifîe de 16 à 18 pieds de long, fur ^ à y pieds de large : elle a ordinairement environ 8 pouces de profondeur ; elle eft afïife fur plufieurs tréteaux de charpente , qui l’élevent de terre environ de 3 pieds , pour la commodité des Ouvriers ; le tout eft de chêne, comme étant le bois le plus folide. 4
- On met dans cette caifîe une couche de fable d’environ 6 pouces d’épaiffeur ; fur laquelle on doit couler le plomb pour le réduire en tables.
- Le fable qu’on emploie à Paris, Sc le plus propre à cette opération, eft celui que l’on trouve dans les fablonnieres de B elle ville, vers le Pré - Saint-Gervais : il eft d’une belle couleur ; il n’eft pas feulement propre à couler le plomb, les Fondeurs en cuivre en font ufàge ; il fert aux Potiers de terre pour allier avec la glaife. Les Plombiers s’en fervent un an entier fans le changer; après ce temps là, ils font dans l’ufàge de le renouveller, parce qu’alors il eft rrop calciné, & n’eft plus bon à aucun ufàge.
- Les Plombiers qui ne feront point à portée de s*en procurer, doivent s’étudier à découvrir dans leur voifinage le fable qui peut le plus leur convenir. En général, il faut fe fervir du fable le plus doux & le plus fin qu’on puiflè trouver.
- La caifîe de ce moule qui contient la couche de fable , eft fermée, lorfqu’on ne s’en fert pas, d’une grande couverture de charpente, divifée en plufieurs pièces portatives, afin d’avoir la facilité de l’enlever quand on veut y couler quelques Tables. .
- Cette couverture eft faite pour empêcher la pouffiere d’y entrer. Ce moule ne Plombier. ' ' " c
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- w> EART DU PLOMBIER, &c.
- laiHe pas que d’être utile lorfqu’on n’y coule pas : étant fermé avec fa couverture, il forme un long 8c large établi qui peut fervir à plufleurs chofes. Les "Plombiers en font un endroit de décharge où ils mettent tantôt des rouleaux de tables qui peuvent embarraffer l’attelier, tantôt quantité d’autres uftenfiles qui ne les empêchent pas d’y rouler en même temps leurs Tuyaux, & de les y iouder, d’y tracer leurs Cuvettes, & de les couper , Sec. comme on le verra dans les Chapitres qui concernent ces fortes d’ouvrages, où nous en avons fait la defeription.
- La Poêle B, qui eft au bout de ce moule, & dans laquelle on tranfporte le plomb de la chaudière pour le couler fur le fable, eft de cuivre ; elle eft évafée par devant comme un éventail ouvert : fon fond eft rond ainfi que fes côtés ; par devant elle a un pied 4 pouces de large ; fon talon n’a qu’un pied ; le pourtour de fes côtés eft fait en forme de bourrelet, & vient fe terminer en mourant vers le devant de la poêle : elle reffemble affez exaélement à un van à vanner le bled , excepté qu’elle eft moins large : voilà toute la différence, comme on peut le voir PL 1, Fig. 7. Elle eft enfermée dans un chaffis de fer qui a une queue de 2 pieds de long, pour aider les Compagnons à la lever plus aifement, Fig. 6. Cette poêle avec fon chaflis, fe place toujours au haut du moule : elle eft foute-nue fur un tréteau I, Fig. <} , J & 8 , PL 1 & 2 , faite de bois de charpente dreffé à cet effet , que la plupart des Plombiers couvrent d’une plaque de plomb, pour le garantir de la chaleur que communique à la poêle & à fon chaffis le plomb qu’on y met.
- Ce qu’on nomme ÏArroJbir, èft véritablement un entonnoir de fer-blanc ^ femblable à celui dont on fe fert pour remplir les bouteilles ; toute la différence qu’il y a, c’eft qu’il eft un peu plus grand, comme on l’a déjà vu, Fig. 8, PL r*
- Le Labour E, Fig. y & 9 , eft un outil fait comme les beches dont les Jardiniers fe fervent pour labouref la terre.
- LeRable, Fig. 5,7,8 & 10, PL 1 & 2, eft une réglé de bois d’un pouce d’épaif feur, & de toute la largeur du moule : il a aux deux bouts deux petites entailles, dans lefquelles entrent les deux bords du moule , lur lequel on l'appuie dans le milieu: il a un manche d’environ 3 pieds de long, pour donner la facilité de le faire couler d’un bout du moule à l’autre, comme on le voit Fig. < ôj, PL 1 & 2.
- La Plane G, Fig. 5 & 11, PL 1, eft une plaque de cuivre qui a environ un pied en quarré ; l’une de fes furfaces eft polie , & l’autre porte une poignée qui lui eft attachée.
- La Truelle, Fig. 12 , eft femblable à celles dont les Maçons fe fervent pour leurs ouvrages, comme on l’apperçoit par la figure.
- La Cuiller H, Fig. 2 & 13 , eft un vafe rond qui a 8 pouces de diamètre ; fur'2 de profondeur: elle a une queue k de 9 pouces de longueur, Sc elle reffemble à une cafferole de cuifine: elle contient environ 25 ou 30 liv. de plomb ; c’eft de cette cuiller dont fe fervent les Ouvriers pour tranlporter le
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- Chapitre II. Des Tables> ïr
- plomb fondu & purifié de la chaudière dans la poêle.
- La Serpette, Fig. I, PL i, eft femblable à celle des Vignerons ; le manche A a environ 4 pouces de long, fur 1 pouce de diamètre ; fà lame B eft recourbée & tranchante : il y a une petite élévation C fur le dos de cette Serpette , fur laquelle on frappe, pour la faire entrer plus aifément dans les corps que Ton veut divifer. Les Plombiers s’en fervent pour féparer la table coulée fur le fable , de fes rejets , comme nous le dirons dans la fuite.
- Enfin le Levier, Fig. 1, eft un morceau de bois rond d’environ 6 pieds de long : on s’en fert à enlever chaque table de defîiis le moule , afin d’avoir la commodité d’en couler une nouvelle : le milieu A eft plus gros que fes extrémités ; fes deux bouts C, D , forment une.petite poignée qui empêche la main de gliffer.
- §. IL De la préparation dit Moule.
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- Cette préparation demande quatre différentes opérations; 1°. il faut en arrofer le fable ; 20. le labourer ; 3°. le rabler ; 40. enfin le planer.
- Pour Tarrofer , il faut commencer par enlever la table <pui couvre le moule 5
- enfuite on prend l’arrofoir qu’on remplit d’eau , après en avoir bouché l’orifice avec le pouce ; on le porte de cette maniéré for le moule : on retire le doigt qui retenoit l’eau* on la laifle couler fur le fable , dont on arrofe toute la fur-face en afîez grande quantité, pour que l’eau puifle pénétrer & détremper toute la profondeur de là couche : il faut enfuite la labourer.
- §. III. De la maniéré de labourer le Sable après l'avoir arrofé.
- O n entend par labourer fè Sable qui eft dans le moule , le becher : on prend à cet effet l’outil qui eft propre à cette opération ; on l’enfonce dans le Sable , comme un Jardinier enfonce fà beche dans une terre qu’il veut préparer à quelque plantation ; toute la différence qu’il y a, c’eft que l’un fait fbn ouvrage avec le pied, au lieu que l’autre ne le fait qu’avec la main ; du refte , il s’en fuit le même effet. Toute la fiirface du Sable eft couverte de mottes que l’on amoncelle les unes contre les autres pour les faire fécher,
- §. IV. De la maniéré d'écrafer les Mottes. 1 * •
- Après avoir retourné ainfi fa couche de fable, on la nivelle : on fè fert pour cet effet du râble* qu’on fait couler d’un bout du moule à l’autre ; par fbn moyen on pulvérife les mottes & on rend la couche dé fable unie, autant quelle peut l’être après cette première opération.
- Cela ne fiiffit pas; il faut encore la planer.
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- L'ART DU P LO MB 1ER, &c.
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- §. V. De la mdniere de préparer la Plane.
- i°. O K la fait chauffer. Il eft une façon de l’avoir chaude dans le moment ; au lieu de la laiffer une demi-heure devant le feu , & de perdre fbn temps à attendre , on ne fait que la pofer légèrement fur la forface du plomb qui eft en fonte dans la chaudière, 8c dans l’inftant elle eft brûlante.
- Il eft pourtant bon d’obferver que cette façon de faire chauffer la Plane , qui eft la plus prompte, n’eft pas la meilleure, & quil vaudroit mieux qu’elle -fût préfentée à la chaleur immédiate du feu : les Ouvriers en conviennent ; mais comme ils préfèrent le moyen le plus expéditif, ils choifiiïent ordinairement le premier expédient.
- Soit qu’on la faflê chauffer en la préfentant au feu, ou en la pofànt fur la for-face du plomb qui eft dans la chaudière , il eft aifé de fentir qu’il faut avoir la précaution de fe garnir les mains avant de la prendre ; pour cet effet les Ouvriers ont coutume de fe faire une poignée de vieux chapeau, ou de prendre guelqu’autre chofo de femblable , capable de les empêcher de le brûler.
- 2°. Avant d’appuyer cette Plane fur le fable, il faut avoir fattention de frotter le côté qu’on y doit appliquer, avec de la graifle, pour la rendre plus douce. Les Plombiers font en ufàge d’en faire un petit fàchet qui fort à plufieurs fois, ceft-à-dire, ils en renferment dans un linge un morceau de la grofleur environ d’une noix, qu’ils paflent de temps en temps for la Plane.
- §. VI. De la maniéré de paffer la Plane fur le fable.
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- I l faudra faire attention à deux chofes ; r<>. quelle ne foit pas trop chaude,^ parce quelle fécheroit trop le fable, qui rendroit le plomb, quon doit y couler, graveleux. 2°. Il ne faut pas non plus qu’elle foit trop froide, parce qu’alors le fable n’ayant pas perdu allez de fbn humidité, houreroit le plomb, ( c’eftle terme de l’Art ) & l’empêcheroit de couler. Etant prévenu de ces inconvénients y on palfo la Plane for la couche de fable qui eft dans le moule, d’un Lout à l’autre avec la même légéreté qu’une Repafleufo conduit fon fer for fon linge. Par cette quatrième & derniere opération, le fable devient uni comme une glace, & eft déjà prêt à recevoir le plomb qu’on doit y couler ; mais avant d’en venir là, il faut avoir l’attention d’ouvrir des fofles au bout de la couche du fable, c’eft-à-dire, des récipiendaires pour recevoir la quantité de plomb qui excédera celle! qu’il faut pour chaque table ; fans cette précaution le plomb reviendroit for lui-même, & feroit que la table feroit plus épaifle à un endroit
- à l’autre, & par conféquent ne feroit point unie.
- §. VII.
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- Chapitre II. Des Tables.
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- §. VIL De la maniéré d!ouvrir les fojjés du bout du Moule.
- Les Plombiers entendent par fojjés, deux trous qu’ils font pour l’ufage quê nous avons dit plus haut. On ouvre ces fofles avec la truelle; on en fait toujours deux, pour divifer en deux le plomb qui doit y tomber, afin de l’enlever plus aifement.
- Les folles dont nous venons de parler, devîendroient inutiles oii prefqu’inü-tiles, fi le plomb qu’on coule fur la couche du fable qui eft dans le moule > n’y parvenoit pas aifement, il vaudroit autant ne les avoir pas faits, parce que le plomb reviendroit également fur lui-même. U faut donc faire en forte que la couche où il doit être coulé, foit faite de telle maniéré quelle aille en pente y pour que le furplus du plomb qui excédera ce qu’il faut de matière pour chaque table, puifle couler dans ces foffés : on doit faire cette pente avec la Plane*1 Quand les foffés feront ouverts, on la repaiera fur la couche, & on la preffera par degré, & à mefure qu’on s’approchera de fes extrémités qui font du côté des
- fofles, en telle façon que cette couche de fable ait au moins 2 pouces de pente*
- Comme il eft un moyen Jc rétrécir cette couche autant qu’on veut, & que
- nous n’aurions plus occafion d’en parler dans le cours de cet Ouvrage, j’en dirai un mot ici.
- §. VIII. De la maniéré de rétrécir le Moule»
- J’ai entendu expliquer ici la façon de travailler la couche entier© du fable quî eft dans le moule , parce que j’ai fùppofé qu’on vouloit des tables de cette largeur. Si on en vouloit de moins larges, on fe ferviroit de ce qu’on nomme Y éponge ; c’eft une planche qui eft portative : elle a la hauteur des côtés du moule, & elle eft de toute fa longueur intérieure ; on la fait entrer dans le fable par le moyen d’un fofîe qu’on y fait, & que l’on recomble tout autour pour l’affermir, après l’y avoir fait entrer ; pour la rendre plus folide, on a coutume de mettre entre les côtés du moule 8c cette éponge , des fhorceaux de bois : par là on viendra à bout de rapprocher les côtés du moule autant qu’on voudra, & l’on fera des tables de toutes les largeurs ; du refte le travail eft le même.
- Revenons à la maniéré de difpofer fon plomb à être coulé. Cette opération confifte i°. à le tranfporter de la chaudière dans la poêle ; 2°. à lavoir connoître le degré de chaleur qu’il doit avoir pour pouvoir être verfé fur le moule.
- §. IX. De la maniéré de tranfporter dans la poêle le Plomb
- qui doit être coulé*
- Lorsque le plomb fera bien purifié, & que le moule fera tout prêt à le recevoir, on le trarifportera dans le vafe que nous venons de nommer, c’eft-â-Plombier. £)
- N
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- *4 ÉART DU PLOMBIER, <èc.
- dire, dans la poêle que nous avons décrite plus haut, & qui eft toujours établie au bout du moule pour recevoir en premier lieu le plomb qui doit être coulé fur le fable, afin de s’y réduire en tables ; pour cet effet il faudra avoir des bottines aux jambes, pour éviter les gouttes de plomb qui peuvent tomber en le tranf portant d’un lieu à l’autre. On prendra enfuite la cuiller H, que nous avons également décrite plus haut, avec une poignée de vieux chapeau, pour ne pas le brûler : on la plongera dans la chaudière, comme on le voit Fig. 2 de la Vignette, Pi. I9 & on la portera auflî pleine qu’on pourra au lieu qui lui eft deftiné, & on l’y verfèra, comme on le voit également dans la fécondé Vignette, Fig. y ; on y reviendra un auffi grand nombre de fois qu’on verra que cela fera néceflàire , félon la grandeur des tables que l’on voudra faire : on n en fàuroit marquer le nombre , parce que, comme il n’eft pas d’une néceffité abfolue que toutes les cuillers foient de la grandeur de celle dont j’ai parlé , il pourra fe faire qu’on en ait de plus grandes ou de plus petites ; mais tout ce qu’il faudra remarquer, c’eft qu’il fera néceflàire de compter la première fois le nombre des cuillerées qu’on mettra dans la poêle ;fi ce nombre fe trouve fuflîfant pour les tables dont on aura befoin , on continuera toujours de même : s'il n’eft pas fufïifànt, on en mettra jufqu’à cè qu’on ait trouvé à peu-près la quantité qui convient. En général, il faut en mettre plus que moins, parce que dans ce dernier cas on feroit forcé de recommencer la table ; au lieu que dans le premier cas le furplus du plomb tombera dans les fofles que j’ai prefcrits d’ouvrir à l’extrémité de la couche du fable, & le travail & la peine, de cette maniéré, ne feront point perdus,
- §. X. De la maniéré de connoître le degré de chaleur que le Plomb
- doit avoir pour être coulé.
- • Il eft néceflàire que le plomb ait un degré de chaleur convenable pour être Coulé, & pour que les tables réufliflent ; il faut qu’il ne foit ni trop chaud nî trop froid, parce que dans le premier cas il creuferoit le fable & s’érailleroit ; Sc que dans le fécond cas il fe coaguleroit, s’amoncelleroit fous le rable , & ne couleroit pas jufqu’au bout du moule , par conféquent les tables feroient manJ quées, Sc on feroit forcé de les -recommencer ou en entier ou en partie. Pour y obvier, il faut avoir une grande attention à obferver l’inftant où il aura acquis le degré de chaleur qu’il doit avoir pour être coulé : cela eft très-facile à connoîtrev Lorfqu’on verra qu’il commencera à s’attacher aux bords de la poêle, c’eft une marque qu’il eft au point où il doit être; s’il ne s’y attache pas , c’eft une preuve qu’il ne l’a pas encore acquis, par conféquent qu’il eft trop chaud : il faudra attendre ; ou, fi l’on veut, il eft un moyen de le lui donner dans l’inftant : on y mettra des morceaux de plomb froid, de fix livres, de dix, &c , jufqu’à ce qu’ils opèrent l’effet que nous avons dit ci-deflus ; & lorfqu’il fera enfin au degré qu’il doit avoir pour être coulé , il faudra s’y difpçfer au même inftant, en obfervant ce qu’on va dire à ce fujet,
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- Chapitre ïï. Des Tables;
- §. XL De la maniéré de couler le Plomb fondu & purifié, & de le tabler.
- I l faut commencer par prendre le Rable F, comme on le voit dans la première .Vignette de la féconde Planche, Fig. 7, le pofer fur les bords du moule qui font du côté de la poêle, & le tenir un peu ferme ; il formera un petit pont, par f efpace qu’il y aura entre le rable & le fable, qui a été fait par la plane qu’on a appliquée fur la couche après l’avoir râblé , & qui a affaiiîe la furface de cette même couche d’environ 1 lignes*
- Deux Ouvriers prendront enfuite la queue de la poêle (7, comme on le voit dans la même Vignette, la lèveront & en répandront le plomb fur le moule *
- fans fe précipiter ; le plomb D s’étendra fur la couche du fable E, & paflera à travers l’efpace F\ qui eft entre le rable & le fable , & s’étendra également fur toutes les parties du moule. Lorfque l’Ouvrier qui tient le rable , verra que le plomb eft déjà parvenu aux trois quarts du moule , qu’il commence à perdre de la force, qu’il ne coule plus allez vite ? & voudroit chercher à s’amonceler, il le rejettera avec le rable du côté des folTes G H ; il fera quelques pas en arriéré enfuite , 8c repaiera fon rable fur toute fa table , pour faire couler dans les folfés le plomb fiirabondant, comme on fait tomber avec une râpe le grain qui fùrpafle les bords du vafe où on le mefure. Les tables auront plus ou moins d’épaiffeur, félon la capacité & l’adrelie de l’Ouvrier ; cela vient encore du plus ou du moins de chaleur que le plomb aura.
- II eft pourtant, en général, un moyen de les rendre plus ou moins épaifles fi l’on veut; c’eft d’appuyer plus ou moins la plane fur le fable: moins on la preflera, & moins il y aura de vuide entre le fable & le rable , par conféquent les tables en feront plus minces. Ce n’eft pas un petit talent que de couler & rabler proprement fes tables , & de les rendre bien minces : c’eft à cette adrefîe qu on reconnoît les bons Ouvriers ; comme c’eft de-là d’où dépend en partie la propreté de prefque tous les autres ouvrages, on ne fauroit y apporter trop d’attention.
- §. XII. Des Joins quilfaut avoir après que le Plomb efi coulé.
- C o m m e le plomb en refroidilîant fe retire toujours environ un pouce fur pieds, & que la pefànteur de celui qui eft entré dans les folles, lui oppofêroit un obftacle qui feroit capable de faire rompre le milieu de la table, & de forcer 1 Ouvrier à la recommencer, auflî-tôt que le plomb fera tombé dans les folles G H y il faudra prendre la Serpette A , Fig. 1, avec laquelle on coupera chaque table aux bords des folles G H, en la frappant avec la Batteronde A, Fig. 3 , afin de la féparer du plomb qui y eft entré ; on les détachera en outre à l’autre bout du moule, fi par hafàrd elles y prenoient ; on en fera de même tout autour du moule , fi on voit quelqu’endroit où il foit befoin de le faire*
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- *« D AR T DU PLOMB 1ER,&c;
- §. XIII. De la manière de faire des Anneaux aux rejets qui font tombés dans les fojfés, afin de les en retirer plus aifément.
- Comme le plomb qui tombe dans les# foffiés, & qu’on nomme rejet, ne iaifîë pas que d’être confidérable, quoiqu’il foie divifé en deux parties par le moyen de la réparation qu’on pratique entre les deux fofles, il feroit prefqu’im-poflible de l’en retirer avec les mains ; c eft pourquoi il faut fe fervir d’un moyen qu’on a imaginé , de faire aux rejets de chaque table, des anneaux ou anfes , afin d’avoir plus de facilité de les enlever des folles où ils font entrés.
- On aura donc foin, dans le même temps que les tables feront coulées, de jetter des gâches dans le plomb qui eft entré dans les folfés GH, pendant qu’il eft encore chaud, afin qu’elles fervent de poignées pour l’en retirer commodé^ ment, quand le plomb y aura pris & s’y fera attaché en refroidiflant.
- Ces gâches font de fer & forment i^n demi-cercle , dont les deux bouts font a crochets, comme on peut le voir dans la Planche de l’emplacement des Tuyaux de maifons , Fig. 7, PL XII.
- A proprement parler, elles ne font point faites pour cet ufage ; les Plombiers n’en tiennent chez eux que pour fervir d’attaches aux Tuyaux des defeentes comme nous le dirons dans la fuite. Mais comme les Ouvriers en ont toujours fous leurs mains, ils peuvent s’en fervir préférablement à toute autre chofe, & même nous le leur confeillons ; en effet, elles font très-propres à cet ufage , parce quelles forment un anneau, comme nous l’avons dit, auquel le plomb s’attache, & qu’il eft fort aifé de prendre avec la main,
- §. XIV. De la maniéré d'enlever les Tables de dejfus le Moule;
- Après que le plomb coulé aura couvert, comme on le voit dans la fécondé Vignette, toute la couche du moule, & que la table A, Fig. 8, aura refté quelques inftants fur le fable , c’eft-à-dire, le temps de prendre & de durcir,1 il faudra l’enlever de deffus le moule B, pour y en couler de nouvelles; on ne doit pas attendre quelle foit froide , parce qu’il feroit trop difficile de la rouler ; il faut donc au même inftant commencer à la plier par fes deux bouts CD, qui font du côté de la poêle E, prenant des morceaux de chapeau ou des vieux linges, pour ne pas fe brûler : on laiffera un vuide dans le milieu pour que le levier y puiffe entrer. On fe met ordinairement deux pour cette opération ; un la roule avec la main d’un bout, l’autre à l’autre bout l’aide avec fon pied o monté fur Je moule, & marchant fur fes bords en s’appuyant à la muraille ; l’Ouvrier qui eft à terre tient un Bourfeau dans la main droite, & la frappe à mefure qu’ils la roulent, pour empêcher qu’elle ne fe boffele, ainfi qu’on le voit dans la fécondé Vignette, Fig. 8 : on doit avoir l’attention de ne pas marcher fur le
- fable
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- Chapitre IL Des Tables. 17
- fable ni pieds nuds ni chauffes, par la raifon que fi on y marchoit pieds nuds, on fe brûleroit, & de l’autre maniéré on gâteroit le fable ; mais les rebords du moule étant affez larges pour y marcher, on doit s’y tenir. Il n eft pas befoin de recommander que le pied qui appuie fur la table A , 8c qui aide à rouler, foit chauffe ; cela parle de foi-même.
- Cette maniéré de rouler les Tables devient néceflaire pour rouler même les moins larges; mais elle eft encore bien plus importante lorfque les Tables font de toute la largeur du moule , 8c qu’elles n’ont pas été rétrécies par le fecours de l’éponge, parce qu’alors il feroit plus pénible 3 pour l’Ouvrier qui eft à terre , d’alonger fi loin fes bras ; au refte on continuera d’opérer ainfi jufqu’aux fofles.
- Quand toute la Table A fera repliée fur elle-même en forme de rouleau , comme on le voit Fig. 4, on l’énlevera de deflus le fable ; pour cela il faudra prendre le levier, qu’on fera paffer dans l’efpace AB, Fig. 5 > que j’ai dit de laifter dans le milieu de chaque rouleau , en commençant à les rouler ; enfuite deux Ouvriers prendront le levier par fes deux extrémités CD, & avec lui enlèveront chaque Table de deflus le moule, 8c la placeront dans l’endroit le plus convenable de l’attelier ; s’ils veulent la mettre fur le tout, un cTeux fe courbera 8c appuiera par terre le bout du levier qu’il tient, l’autre la fera couler 8c la mettra droite • s’ils veulent au contraire la coucher , ils fe courberont tous deux, la poferont à terre & en retireront le levier pour l’avoir tout prêt à s’en fervir à retirer les autres Tables de deflus le moule, à mefure qu’elles feront en état de l’être.
- §. XV. De ce qiiil faut faire des Tables manquées.
- Comme il eft extrêmement rare & même impoffible de réuffir à toutes les Tables qu’on coule, fans en manquer quelques-unes, & qu’au contraire il s’en trouve plufieurs qui ne font bonnes qu’à refondre ; il faudra alors les brifer à 1 endroit ou fera le défaut, en autant de morceaux que cela fe pourra, afin que le fardeau foit moins lourd, 8c on les rapportera dans la chaudière afin de les y faire refondre : il faudra fe mettre plufieurs Ouvriers fi ces morceaux font pefànts.
- §. XVI. De ce quilfautfaire quand le défaut fe trouve au milieu de la Table.
- Il eft bon de faire remarquer ici, qu’il arrive fouvent que les Tables manquées fie font pourtant pas toujours toutes mauvaifes & toutes à jetter ; qu’il peut arriver qu’il n’y ait qu’un feul défaut dans ces fortes de tables, tel, par exemple, que pourroit être un marron qui a été occafionné par un fable trop humide , 8c qui s’élève au milieu d’une table : ou du moins une partie peut être bonne fi l’autre moitié eft mauvaifè ; il ne faut pas alors tout fàcrifier.
- On ne fera refondre toute la Table que dans le cas où on n’en pourra pas tirer parti : fi elle eft bonne jufqu’au milieu, on çonfervera cette partie ; il Plombier. E
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- î$ L’ART DU PLOMBIER, &c.
- ne faudra fimplement couper que ce qui ne peut pas fervir 5 cela fera fort aifé à faire avec la réglé, le couteau Sc le marteau ; il peut le trouver des ouvrages auxquels on pourra femployer ; on peut s’en fervir, par exemple, pour faire des Cu-vettes, des Godets, des Gouttières, &c. Il feroit donc inutile de recommencer ce qui pourra fervir. Les défauts de cette table retranchés , on la roulera de la même maniéré que fi elle étoit entière, en rapportant dans la chaudière les morceaux qui ne pourront pas fervir, ainfi que nous lavons expliqué plus haut.
- §. XVII. De ce qu ll faut faire des rejets.
- On enlèvera de même chaque rejet des folles G 9 H\ en paflànt le levier dans l’anneau de la gâche, ainfi qu’on le voit Fig. 6 ; on portera le tout dans la chaudière ; le plomb fondra, Sc alors on verra les gâches, détachées du plomb , flotter fur fa furface , Sc on les en retirera facilement.
- Quand on aura enlevé les Tables de delfus le moule, on retravaillera le labié comme fi l’on n’y avoit coulé aucune Table ; c’eft-à-dire, on l’arrofera, on le labourera, on le rablera Sc on le planera* on en fera autant à chaque fois qu’on voudra y couler de nouvelles Tables ; toute la différence qu’il y a, c’eft que, comme le plomb échauffe beaucoup le fable, il faudra avoir attention qu’il ne conferve pas trop de fa chaleur lorfqu’on y coulera de nouvelles Tables, par les rifques 8c les inconvénients qu’il y a à craindre d’un plomb trop chaud.
- On vient de voir une maniéré de couler le plomb; comme l’une paroît être une fuite de l’autre, nous allons en donner une autre dans l’Article fuivant, différente de celle-ci.
- Aticle Second. .
- t
- Des Tables coulées fur toile.
- Nous venons d’expliquer la façon de couler les Tables de plomb fur le fable, il eft encore une autre maniéré de jetter le plomb lorfqu’on veut qu’il foit par Tables fort minces Sc fort égales , c’eft fur l’étoffe ou drap de laine qu’on met à la place du fable. Comme cette opération différé en quelques chofes de la première, il eft bon de la détailler dans cet Article, afin de la mieux faire fentir. Il faut d’abord avoir de ces fortes de moules, qu’on nomme Moules a toile ; il eft une certaine maniéré d’apprêter ces moules & d’y verfer le plomb, qui eft differente de la façon de le verfer fur les autres moules; cela demande par conféquent des détails dans lefquels nous fommes forcés d’entrer.
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- Chapitre IL Des Tailes.
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- §. I. Des Moules a toile•
- IL y a deux fortes de Moules en fait de coulage fur toile : l’un efl bordé par un chaffis A, B 9 Fig. r. PL III, des deux côtés , Sc n’exige pas un rable différent de celui des moules à fable : l’autre n’efl bordé que d’un côté feulement , Fig. 2 & 3 ; l’autre côté B, eft égal à la Table ; il faut par conféquent pour ce dernier, un rable différent de ceux dont nous avons parlé jufqu’ici, comme nous le dirons en fon lieu : du refie, ils font confirmes de la même maniéré que nous l’avons fpécifié plus haut ; on les fait de telle longueur qu’on veut, mais ordinairement ils font moins longs que les autres moules, du moins le dernier, parce qu’on ne s’en fert que pour y fabriquer tout ce qu’il y a de plus mince en Tables. Pour le premier , comme on peut y fondre des Tables de l’épaiffeur de celles qu’on coule fur les moules à fable, il a ordinairement leur longueur. On fufpend au bout de chaque moule une lingottiere pour former une efpece de foffé, & recevoir le furplus du plomb, Fig. 4.
- §. II. De la façon £ apprêter U un Ù* Vautre de ces deux Moules
- avant d'y couler le plomb.
- Ces deux Moules s’apprêtent de la même façon. Comme il ne fuffiroit pas que le Moule fur lequel on veut couler le plomb ne fût couvert que d’une fimple toile, parce qu’il faut que le plomb foit jetté fur une couche un peu molle & qui prête , il faudra mettre une étoffe ou drap entre la table du moule & la toile où le plomb doit être coulé, qui fera le même effet que le fable.
- Comme le plomb ne pourroit pas couler fur une étoffe qui ne feroit point unie, ou que s’il n’étoit point arrêté par fes replis il fe bofîeleroit ; il faut avoir l’attention de tendre 'fon étoffe ou fon drap le plus qu’il fera poffible, en la clouant aux rebords de la table du moule ; enfuite on mettra par-deffus cette étoffe ou drap, une toile ou treillis fin, que Ton aura également le foin de bien tendre, par la même raifon que celle que nous venons de dire. Cette toile eft ordinairement du coutil, parce que c’efl celle qui eft la plus propre à cette opération ; les autres toiles s’enflamment trop aifément.
- Il ne fuffit pas que cette toile foit bien tendue ; il faut encore qu’elle foie grailfée, afin qu’elle adouciffe & rafraîchiffe le plomb qu’on y coule, & que les Tables aient moins d’âcreté, & foient moins fujettes à fe cafîer.
- Voici comme on s’y prend pour graiffer .la toile. On enferme de la graille dans un linge ; c’efl ordinairement du fuif de chandelle, parce qu’une graillé plus chere ne feroit pas plus d’effet, & occafionneroit une dépenfe inutile ; on la préfente devant un réchaud de braife qu’on tient à côté de foi ; on en frotte à plufieurs fois la toile où le plomb doit être coulé d’un bout à l’autre.
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- E’A RT DU PLOMBIER, &c.
- On peut également faire fondre de la poix-réfine graffe, & avec un pinceau eft frotter cette même toile ; cela reyiendroit au même.
- §. III. De la pente que doivent avoir ces efpeces de Moules.
- Com me on ne fe fert de ces Moules que quand on veut faire des Tables extrêmement minces, ainfi quon l’a déjà dit, il faut que le plomb qu’on veut y employer n’ait pas le temps d’y féjourner autant que fur les autres moules , c’eft-à-dire, les moules à fable où il ne coule pas extrêmement vite , n’ayant environ que deux pouces de 'pente dans le trajet qu’il parcourt depuis la poêle d’ou on le verfe, jufqu’aux foliés qu’on ouvre au bout de chaque moule. Pour cet effet, il faudra donner à ces fortes de moules une pente d’environ douze ou quatorze pouces au lieu de deux. Le rable le conduira plus aifément ; le plomb même fe précipitera plus promptement au fond du moule, & par-là, les Tables en feront moins épailles. Il eft queftion maintenant de donner l’explication de la maniéré dont il faut s’y prendre pour couler le plomb fur ces ef-peces de moules.
- (
- §. IV. De la façon de connoüre le degré de chaleur que le Plomb doit avoir
- pour être coulé\
- Il n’eft pas ici moins nécelïàire que dans le Chapitre précédent, de connoî-tre le degré de chaleur que le plomb doit avoir pour qu’il puiffe être coulé, pour deux raifons : la première , afin que le plomb s’étende aifément ; la fécondé, pour qu’il ne brûle pas la toile ou l’étoffe fur laquelle on le coule. On peutfe fervir, pour cet effet, des moyens que nous avons donnés plus haut; mais il y a une autre façon de le faire, qui quoique différente de la première, n’eft pas moins aifée. Il faut prendre un morceau de papier & le jetter dans le plomb qui eft deftiné pour être coulé ; s’il brûle & s’enflamme, c’eft une pr,euve que le plomb eft encore trop chaud, 8c qu'il enflammeroit également la toile ou le drap fur lequel on le couleroit ; il faut en ce cas lui donner le temps de fe refroidir : fi au contraire le papier ne rouflifloit qu’un peu, c’eft une marque qu’il n’auroit pas affez de chaleur ; alors il faudroit le réchauffer au point où le papier tienne le milieu, entre s’enflammer & ne jaunir qu’un peuf
- §. V. De la maniéré de verfer le Plomb furie moule a deux bords.
- Il faut d’abord avoir le foin de prendre un rable C, tel que celui dont on fe fert pour les moules à fable ; on le pofe de même fur les bords du moule , à quelques diftances de l’endroit où doit fe faire le coulage du plomb, d’où on l’atteint , comme on le voit Eig. i ; enfuite on prend une cuillier Fig. y, un peu
- grande ,
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- Ëh'apit re IL Des fables. i£
- grande, qui contient environ trente à trente-cinq livres, on Femplit de plomb qu’on vetfo fur la toile le plus promptement qu’on peut, afin qu’elle ne s’enflamme pas, ce qui arriveroit fl on ne précipitoit le coulage. Quand le plomb aura paffé au-delà du rable, & fera environ au milieu du moule, on relèvera lé rable en fe jettant en arriéré ; on le repofera furie champ à deux pieds plus haut pour reprendre toute la Table, & l’on repouflera le plomb par fon moyen dans la lingottiere fufpendue au bout du moule pour le recevoir de la même maniéré que nous Favons dit dans le Chapitre précédent.
- Comme la façon de couler le plomb fur le fécond moule eft différente en quelque chofe, il eft néceffaire d’en parler.
- §. VI. De la maniéré de verfer le Plomb fur le moule à un feul bord.
- Comme ce moule n’a qu’un bord, il lui faut un rable différent de celui dont j’ai parlé; on en a un fait de trois morceaux de bois A3B9C3 aflèmblés quarrément & d’égale hauteur, comme on le voit Fig. 6 ; ceux des deux côtés ont environ douze ou quatorze pouces de long ; ils vont en diminuant fur le devant en forme de deux angles aigus, 8c ne confervent leur hauteur qu’à l’endroit où iis font affemblés avec la piece A du milieu, qui a fept ou huit pouces de haut, fur uné longueur égale à la largeur que l’on veut donner à la table de plomb qu’on doit couler : il a de plus un double manche D9 E> pour le prendre, & une traverfe F, pour foutenir fes côtés. Après que la toile eft graiffée, on pofe ce rable au haut du moule en le tournant comme on le voit. Fig. 3 ; avant d’y verfer le plomb on y met une 'carte pour lui fervir de fond, & empêcher que la toile ne brûle pendant qu’on y verfe le plomb pour faire la Table, & qu’il y féjourne. Le plomb eft arrêté d’un côté par le chaflîs du moule, de l’autre côté par les rebords du rable; on eft le moins de temps qu’il eft poffible à le couler* Auffi-tôt que cette opération eft faite, deux Ouvriers qui doivent tenir déjà les manches de ce rable, le font gliiîer dans un inftant d’un bout du moule à l’autre, jufqu’à la lingottiere qui eft au bout du moule, dans laquelle ils font tomber le furplus du plomb néceflàire à faire ces fortes de Tables. Ils doivent avoir l’attention de le conduire fur une même ligne , pour que la Table ne foit pas plus large d’un côté que d’un autre; cela eft aifé à faire en tenant le rable toujours contre le rebord du moule. Il faut aufli faire enforte que la carte ou carton qui eft au fond du rable ne fuive pas,parce qu’elle feroit manquer la Table; dans ces rifques il vaut mieux l’attacher : moins on eft de temps à faire gliffer le rable, moins épaifle eft la Table. Les Ouvriers doivent donc avoir foin de ralentir ou de précipiter cetté opération à proportion de l’épaiffeur qu’ils veulent donner à leurs Tables*
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- Plombier,
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- SU L'ART DU P LOME IER, &c>
- §. VIL De la maniéré de relever ces Tables de dejjus le Moulei
- Il faut avoir un couteau ;onpaflefalame entre la Table & la toile, afin de la détacher de de pouvoir la prendre ; enfuite on la roule toute entière : comme elle eft pour l’ordinaire extrêmement mince, ainfi qu’on le voit Fig. 7, on prend garde de ne pas la cafter ; on l’enleve enfuite de deftùs le moule, afin quil foit tout prêt à en recevoir d’autres ; on la met à un coin de l’attelier, on détache enfuite la lingottiere qui eft au bout du moule, & qui n’eft fufpendue qu’avec des crochets , pour en ôter les rejets, ou autrement dit, les excédents de la ^Table qui vient d’être coulée, les rapporter dans la chaudière & les faire fondre de nouveau.
- §. VIII. De Tuf âge de ces Tables.
- Ces Tables fervent à toutes fortes de petits ouvrages. On les emploie fur les toits à couvrir des chevrons de bois, de petites lucarnes, & à plufieurs amor-tiflements : on les emploie fur-tout dans les bâtiments ; on les met entre les joints des pierres fondamentales pour les afîeoir plus lolidement : il en eft entré une grande quantité dans les bâtiments du Louvre. On s’en fert auffi pour les clochers , en leur donnant toutes fortes de formes, en les coupant tantôt en quarré, en cœur, &c.
- Mais cette maniéré de couler le plomb, eft devenue peu en ufage depuis qu’on a inventé le laminage. Les Tables de la Manufacture ont fait tomber les anciennes , parce qu’il eft plus aifé de les faire de l’épaifleur qu’on veut. On ne trouve plus de moule à toile ; & s’il en exifte quelqu’un , ce n’eft plus que dans les Provinces qui ne peuvent fe procurer que très-difficilement des Tables de la Manufacture. Pour les Plombiers qui ont un Laminoir,ou qui font à portée d’en faire venir des Tables , ils ne fondent plus de ces Tables fi minces : cela me donne occafion de parler du laminage dans le Chapitre fuivant.
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- Chapitre III, Du Laminagè-.
- CHAPITRE TROISIEME*
- Du Laminage.
- Ap rès avoir décrit comment les Plombiers coulent leur plomb fur ie fable & fur la toile pour fy réduire en Tables, il me paroît à propos de parler du Laminage , & d’expliquer comment en profitant de la duélilité du plomb, on efî parvenu par le moyen de deux cylindres de fer, à fournir des Tables de différentes largeurs ,& précifément de fépaiffeur qu’ on défire, beaucoup plus régulièrement qu’on ne le peut faire par les méthodes que nous avons expliquées.
- C eft ce que nous nous propolons de faire dans ce troifieme Chapitre, que nous diviferons en quatre Articles : dans le premier nous donnerons une courte Difîertation fur le Laminage, avec le plan de l’Attelier ; dans le fécond, nous parlerons de la maniéré de fondre &: do couler les Tables propres à être laminées • dans le troifieme, nous détaillerons toute la mécanique du Laminoir, afin de donner la plus exaéte connoiffance qu’il nous fera poffible de cette belle machine, quon ne fauroit trop admirer, & d’en faire mieux fentir'les différentes opérations j dansie quatrième enfin, nous traiterons de la façon de s en feryir.
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- Article Premier.
- Diflertatîon fur le Laminage ; avec un plan ie tout (Attelier.
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- O n fait que dans les JYÎonnoies on pafle 1 argent, 1 or Sc le cuivre par dés Laminoirs, pour réduire ces métaux à une épaiffeur uniforme & convenable pour les monnoies qu on fe propofe de fabriquer. Les Orfèvres laminent aufiî leurs métaux pour les réduire promptement à fépaifïeur qui convient pour leurs ouvrages. Les Laminoirs pour le plomb font, à la forcé & à la grandeur près , prefque femblables aux Laminoirs des Orfèvres & des Monnoyeurs.
- Il y a environ quarante ans, qu’une Compagnie fe propofa d’établir en France des Laminoirs pour le plomb, qui etoient depuis long-temps employés en Angleterre avec fucces. Les Lamineurs commencent, à la vérité, par couler leur plomb en Tables à peu-près comme les Plombiers ; mais ils les tiennent épaiiTes de ij a. 18 lignes, & enfuite les réduifènt à l’épaifîeur précifè qui convient aux ouvrages qu’on fe propofe de faire, en les paffant, comme nous l’avons dit, entre deux cylindres, ce qui réduit les Tables à une épaiffeur uniforme dans toutes leurs parties.
- Outre que la perfection de ces Tables laminées étoit fenfible, leur avantage
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- 24 L'ART DU PLOMB 1ER, &c. \
- étoit conftaté par le grandufage qu’en font les Angiois. Cependant letablilfe-ment du Laminoir a éprouvé des oppofitions ; quelques-uns s’étoient perfuadés que le plomb en paffant & repayant fous les rouleaux du Laminoir , feroit feuilleté comme un gâteau ; mais l'examen qui en a été fait par 1 Académie d Architecture , & les expériences que l’Académie des Sciences fit faire, ayant détruit tous ces préjugés, l’établifîement des Laminoirs a été autorifé par le Gouvernement. Je ne m’arrêterai point à réfuter une Piece d’écriture qu’on s’efl; avifé de faire imprimer dans un Journal 20 ans après l’établififement du Lami^ noir, lorfque quantité de perfonnes étoient par leur propre expérience en état de détruire les allégations vagues qui étoient rafïemblées dans cet écrit. Je me bornerai à faire appercevoir d’une maniéré générale, la fupériorité des Tables de plomb laminées fur celles qui font coulées , finon en tout, du moins en quelque chofe.
- Quelques-uns des avantages que les Tables de plomb laminees ont Jïtr celles
- qui font Jîmplement coulées. 3
- Quelqu’habileté qu’aient pu acquérir les Plombiers à manier le rable , ils ne fauroient imiter l’égalité du plomb laminé dans leurs Tables coulées : ils en peuvent bien faire de plus ou moins épaifîes ; mais il leur feroit impoffible d’en faire précifément d’une telle ou telle épailfeur : au lieu que par le moyen du Laminoir, on y réuffit parfaitement 8c fôrement ; c’eft déjà un premier avantage du plomb laminé, d’où il en réfiilte un autre. Le plomb Amplement coulé ne pouvant être parfaitement d’une égale épaifleur dans toutes fes parties, il s’enfuit quelquefois, & prefque toujours, que les Particuliers qui s’en fervent, font obligés d’acheter beaucoup plus de matière qu’il n’eft néceflàire. Pour le prouver par un exemple , je fuppofe qu’on demande aux Plombiers cent pieds quarrés de plomb d’une ligne d’épaiffeur ; fi les Tables qu’ils livrent n’avoient précifément qu’une ligne dans toutes leurs parties, cent pieds ne péfèroient qu environ cinq cents cinquante livres; mais comme les Tables coulées ont toujours en quelques endroits une demi-ligne 8c en d’autres une ligne & demie ou deux lignes , &fouvent davantage, il s’en fuit que les cent pieds pefent quelquefois huit à neuf cents livres, au lieu que le plomb laminé étant toujours & par-tout d’une épailfeur parfaitement égale, les différents morceaux d’une Table, coupés à tel endroit que ce puilfe être, feront toujours de même poids, s’ils font de même grandeur : ainfi point de matière fuperflue ; parconféquent point de dépenfe inutile. Si l’on compare fur ce principe la dépenfe d’un ouvrage fait de plomb laminé , avec celle d’un ouvrage de même étendue fait en plomb coulé* on trouvera que la différence fera d’un tiers de matière pour certains ouvrages, &de moitié pour d’autres. On eft donc fort heureux d’avoir trouvé un moyen pour empêcher qu’il n’entre dans les différents ouvrages de Plomberie plus de matière qu’il n en faut, 8c qu’on ne multiplie pas des frais déjà affez onéreux par eux-
- mêmes*
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- mêmes.D*ailleurs,comme le plomb augmente de volume à la chaleur,& en diminue au froid , il eft probable que les parties minces feront dechirees par celles qui font plus épaifles , ce qui n’arrivera pas dans les tables qui feront par-tout exactement d’une égale épaiiïèur.
- On peut dire encore, qu’en fe fervarit du plomb laminé ^ on épargne fur la foudure auffi-bien que fur le plomb , parce qu’il fort du laminage des tables de à 30 pieds de longueur fur 4 pieds Sc demi de largeur, ce qui fait à peu^ près le double de la longueur & de la largeur des tables coulées ; il fuit de cette différence qu’il faudra la moitié moins de foudure dans la plupart des ouvrages de grands traits. Il faut cependant avertir qu’on n’entend pas parler de certains ouvrages où l’on eft obligé de multiplier les foudures pour augmenter leur folidité , ainfi que le demandent les réfervoirs , les cercueils, & quel# ques autres ouvrages; il ne s’agit ici que des Amples foudures.
- Une confédération qui n’eft pas à négliger, Sc dont nous avons déjà parlé j eft que le plomb commun furcharge la charpente par un poids inutile. Le nou-* veau plomb ne le charge que d’un poids néceflaire, ce qui difpénfe les Char-* pentiers de donner un fi gros équarriflage à leurs pièces de bois ; c’eft encore une épargne qui tourne à J/aycuatage des Particuliers , puifqü il en refuite une économie fur la fourniture du plomb , fur celle de la foudure Sc fur la char-5 pente ; ajoutons encore que le plomb laminé roulé en tuyau n’offrant point de prife au limon que l’eau entraîne toujours avec elle , il doit s’y former moins d’engorgements que lorfqu’ils font faits de tables coulées.
- La bonté du plomb laminé a été conftatée par les certificats des Ouvriers qui en ont employé , Sc par les atteftations de la ville de Londres, envoyées à JYL le Duc d’Antin par M. le Comte de Broglie, alors Ambafladëur en Angleterre! enfin par le certificat de l’Académie des Sciences, qui feule eft capable d’écar-* ter tous les doutes qu’on pourroit avoir à ce fùjet.
- On peut même rapporter une quatrième preuve qui emporte une pieirié conviélion. C’eft ce que m’en ont dit plufieurs Plombiers, & nommément M-Belon , l’un d’eux , homme judicieux, rempli de droiture, qui a eu la bonté dë me communiquer les connôiftànces qui m’étoient néceftàirès pour décrire uri Art dont il remplit fi noblement la profeffion, juftice que le Public lui rends Cet habile Plombier m’a afliiré qu’il fortoit de très-bonnes tables du Laminoir $ qu’il s’en fervoit fouvent, Sc qu’il les trouvoit d’un très-bon ufage lorfque les Ouvriers ne s’étoient pas négligés, ce qui arrive quelquefois. J’en ai eu moi-même la preuve dans une table de la Manufacture d’Angleterre qu’on a déroulée fous mes yeux ; elle fe feuilletoit dans plufieurs endroits : mais ce font des défauts entièrement étrangers au Laminoir. Il feroit injufte d’attribuer à cette belle machine des défauts qui rie proviennent que de la négligence de quelques Ouvriers. Je crois, au contraire, que quelque difficulté qu’ait elîuyé cet etablilfement en France, on ne peut s’empêcher de fàvoir bon gré aux Plombier. q
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- FART DU PLOMBIER, &c.
- Entrepreneurs d’avoir employé toutes fortes de moyens pour les furmonter.
- Il eft pourtant à propos d’avertir que mon intention n’eft pas de rejetter en-* tiérement les tables coulées ; je penfe quil y a des cas où l’on fera bien d’en faire ulàge : les unes & les autres ont leur prix.
- Pour donner une plus grande clarté à ce Chapitre , nous allons commencer» par tracer ici un plan de l’Attelier de la Manufacture du Laminage, & nous n’avons plus qu’à en décrire les différentes parties , ce que nous ferons avec le plus d’ordre qu’il nous fera poffible.
- §. IL Defcription de t Attelier du Laminage , & dijlribution des différentes
- TJJines qui en dépendent.
- Dans cet Attelier, qui eft Ipacieux, eft établi à peu-près comme chez les Plombiers une chaudière A, PL IF, Fig. I ; elle eft de fonte de fer , & entourée de maçonnerie ; fon ulàge eft, comme chez les Plombiers, deftiné à faire fondre le plomb. Cette chaudière eft un peu élevée, & pour la lervir , il faut monter quatre ou cinq marches ; plus bas eft un vafe H, qu’on nomme Auge , il eft deftiné à recevoir le plomb fondu qui fort de la chaudière par un robinet a , & coule lur la bavette b pour le verfer fur le moule /; le plomb fondu , coulé fur le moule, forme une table moins longue que celles que font les Plombiers, mais plus large 8c beaucoup plus épaifte ; à l’endroit a, Fig 2, eft placé une grue qui fort à tranfporter les tables de plomb de la fonderie au Laminoir : on la verra ailleurs en élévation.
- On voit, Fig. 3 , l’emplacement du manege ; H font les leviers qui ont 13 pieds de longueur; à leurs extrémités, on attele les chevaux qui font tourner un arbre vertical A qui eft mobile for fon axe, & il porte une roue horifontale ou de champ B, laquelle engrene dans une lanterne E, qui étant fermement affojettie à l’arbre horifontal CC, lui communique fon mouvement, & cet arbre CCle tranfmet à un hériflon D & à une autre lanterneÆ, d’autant qu’ils font fermement aiïiijettis à l’arbre C C. Comme je ne me propofe ici que de donner une idée de la place que les différentes mines occupent dans l’Attelier , je remets à expliquer dans la foite quel eft Tufàge de ces roues ; il foffit de dire quelles tranfmettent leur mouvement à deux lanternes qui font portées par un petit arbre qu’on ne voit point dans cette Figure. Ce petit arbre fait mouvoir deux cylindre KL de fonte, entrelefquels doit paffer la tablé de plomb qu’on lamine ; & comme il faut la foutenir dans toute fa longueur, & faire enforte quelle éprouve le moins de frottement qu’il eft poffible, il y a un grand chaffis FF de 50 pieds de long, qui porte des rouleaux TT mobiles fur leurs axes,1 qui foutiennent les tables de plomb , & font qu’elles peuvent parcourir la longueur du chaffis V F, fans prefque éprouver de frottement.
- Avant d’aller plus loin , je ferai remarquer qu’il y a des Laminoirs qui au lieu d’être mus par des chevaux , le font par un courant d’eau : alors une roue
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- Chapitré IÏL Du Laminage
- a aube verticale, 8c femblable à celle des moulins à farine i eft jointe à f arbre CC , & le fait tourner fins qu’il foit befoin du rouet B ni de la lanterne E,Fig+ 5 ; à cela près les deux machines font entièrement femblables. Je vais entreÉ dans le détail des différentes opérations, & je commence pat ce qui regarde la Fonderie. •
- La Figure 4 repréfonte une coupe longitudinale de la Fonderie , Fig. 2. À * eft la chaudière ; B , la fournaife, ou l’endroit où l’on met le feu ; C, le cen** drier ; D, la cheminée pour l’évaporation de la fumée ; F , la bavette qui con^r duit le plomb fondu dans l’auge ; H I, le moule fur lequel on coule la table de plomb , comme le font les Plombiers , ainfi que nous l’avons expliqué. Ce moule ou cette table doit être folidement établie ; c’eft pourquoi il y a deux fortes {olives K K qui font enfouies de toute leur épaiffeur dans le terrein , aux* quelles font aflemblés les pieds de la table L LL ,8c les arcs-boutants M. Quand le plomb fondu eft rendu par la bavette -Fdans l’auge//, il faut le verfof dans le moule I. Or cette auge contenant beaucoup de plomb, 8c étant très-pe-finte d’ailleurs, elle eft tellement échauffée par le plomb fondu , qu’il ne fo-* roit pas poffible de la manier. C’eft pourquoi on emprunte le fecours d’un double levier V; pour entendre ecrte manœuvre , il faut concevoir qu’un des bords de l’auge H eft ajufté à charnière au bout du moule 1,8c qu’à l’autre bord de l’auge eft attaché à chaque angle une chaîne c, & que chacune de ces chaî-4 nés eft attachée en d au bord d’une demi-pouüe XY, qu’un levier Vfait tourner: la chaîne c, fe roulant for la circonférence de cette demi-poulie , éleve le côté b de l’auge ; & comme il y a deux leviers VU, comme on le voit Fig r / PL 7, deux demi-poulies XY, 8c deux chaînes cc qui répondent l’une à l’angle a, l’autre à l’angle b de l’auge , il eft évident qu’en abaiffint les leviers XYÿ on foulevera le côtia b de l’auge, 8c le plomb fe répandra en nappe for le moule /*
- Article Second.
- De la fonte des Tables dejlinées à être laminéeSé
- Les Entrepreneurs de la Manufacture du Laminage commencent, comme les Plombiers, par faire fondre leur plomb, ainfi que nous l’avons dit dans le Chapitre premier de cet Ouvrage, Nous nous dilpenforions de le répéter ici ; mais comme le fourneau dont fe fervent les Entrepreneurs du Laminage , eft différent de celui des Plombiers , il nous devient indilpenfible de le décrire*
- §. I. Defcription du Fourneau.
- Ce Fourneau A, Fig. 1 & 2, PL 7, dans lequel on fait fondre le plomb, eft éleve d environ quatre ou cinq pieds au-deffus du terrein. Il eft accompagné a un cote 8c a autre d un petit efcalier B , qui n’a que quatre à cinq marches,
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- S8 FART DU PLOMBIER, êc.
- par leïqueiles on peut monter fur le palier C , d’où les Ouvriers peuvent voir
- travailler dans la chaudière , qui n’eft élevée que de trois pieds ou environ au-deflus du palier. C’eft-là où les Ouvriers fe placent pour charger ou écu-mer la chaudière. Au fond de la chaudière, il y a un robinet D qui fert à la vui-der lorfque le plomb eft fondu. Il eft fermé par un robinet de fer E , ce qui eft bien plus expéditif que de le tranfporter par cuillerée comme le font les Plombiers. La bouche de fon foyer F efl: par le côté dans un pan coupé qu’on a pratiqué entre le petit efcalier B , & le robinet D , qui fert à décharger la chaudière ; car il n auroit pas été poffible de le mettre au-devant du fourneau, comme on le voit chez les Plombiers.
- Comme ce fourneau fe trouve élevé d’environ deux pieds de terre, on a pratiqué un cendrier où tombe la braife du bois qu’on met fur la grille pour la fonte ; l’ouverture de ce cendrier G, Fig. i, fe trouve à rafe terre, & dans le pourtour des marches qu’on monte pour aller à la chaudière. Les bûches au lieu d’être pofées par terre, le font fur une forte grille de fer, qui occupe toute la capacité du deflous du foyer.
- Il n’y a qu’un tuyau pour l’évacuation de la fumée qui fort du foyer de ce fourneau, au lieu que les Plombiers en ont deux ; mais il eft auflî plus gros que celui des Plombiers. Du refte, la cheminée & fon parement font faits comme ceux que nous ayons décrits dans le fécond Chapitre de cet Ouvrage.
- §. IL De t Auge & du Moule.
- L’Auge H, Fig. I, i, 3,4, jf, qui eft au pied de ce fourneau, comme nous l’avons dit, dans laquelle on fait paflèr par un robinet le plomb de la chaudière lorfqu’il eft prêt à couler, eft de fonte de fer, & elle eft affife fur un foc de maçonnerie a un bout du moule /, dans lequel fe fait le coulage; car ce moule eft vis-à-vis du fourneau, & placé fur le même alignement. Cette auge occupe toute la largeur du moule, & contient environ 3 Joo liv. de métal ; le moule auquel elle eft adoifée , eft affis fur plufieurs pieds de charpente , & eft d’une conftruc-tion extrêmement folide , pour nêtre point endommagé par le poids de l’auge 8c du plomb quelle contient, dont il fupporte en partie le fardeau, jufquà ce que les Ouvriers l’aient vuidée. Il a quatre pieds & quelques pouces de large fur fix de long ; il contient une couche de fable d’environ fix pouces d’épaif. feur ; fes bords font épais ; on peut l’ouvrir par le bout, afin de pouvoir en retirer plus commodément les tables qu’on y coule.
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- Chapitre III. Du Laminage. ap
- §. III. De la façon de mettre le Plomb dans la Chaudière, & de ce que l’on doit
- faire avant de le couler.
- Lorsqu’on veut faire dès tables qui font deftinées à étire laminées , on doit commencer par faire fondre le plomb qu'on veut y employer. Il faut donc en garnir d'abord la chaudière ; ce travail eft un peu plus difficile dans la Manufacture que dans l'attelier des Plombiers , parce qu'ici il y a trois marches à monter , au lieu que chez les Plombiers tout eft de plein pied. Pour faire cette opération avec plus d'aifànce, il faut employer deux Ouvriers, uii doit monter fur le palier, pour être à portée de mettre le plomb dans la chaudière , Sc l'autre doit refter en bas, pour le lui faire pafîèr à mefùre.
- §. IV. De la maniéré Æ'allumer le Fourneaa ,faire fondre le Plomb, & léécitmer.
- Quand la chaudière eft garnie de plomb , félon fâ capacité , il faut allumer du feu dans le foyer , ce qui eft un peu plus difficile que dans les fourneaux des Plombiers, parce que le fond qui doit foutenir les bûches étant à Jour, il faut ou avoir le foin de tenir des bûches embrafées, pour n'avoir plus qu'à les y mettre Sc les fouffier , ou faire enforte que les bûches Sc les copeaux , 8c autres matières combuftibles qu'on y peut mettre, foient bien près les unes des autres, pour que la braife, avec laquelle on les allumera, ne tombe pas dans le cendrier.
- On fera également deux feux, comme nous Favons dit ailleurs, afin de mettre le plomb plutôt en fufion ; on l'écumera de même : il feroit inutile de répéter ce qui a été déjà expliqué à ce fujet.
- §> V. De la maniéré de préparer le Moulé*
- On commence par arrofer la couche de fable qui eft dans le moule, avec un arrofoir comme à l'ordinaire; enfuiteon la laboure, Sc on l'émiette avec une pelle Sc un rateau , Fig. 6 Sc 7 ; Sc tout cela fe fait à la Manufaélure comme chez les Plombiers : il n'y a de différence que dans les Outils dont ils fe fervent ; car le rable qui fert à unir les couches de fable ainfi que la plane , font différents, comme on le voit Fig. 8 & 9. Il faut nécelîàirement être deux Ouvriers pour prendre les quatre manches A, C, D, de leurs râbles , au lieu qu'il n'en faut qffun pour conduire celui des Plombiers. ^ i -
- Comme les tables, qu'on deftine à être laminées, font trop épaifles pour être roulées , & que d’ailleurs elles font trop pelantes pour que les Ouvriers puiffent les retirer du moule ; il faut avoir l'attention de faire au bout des tables le plus éloigné du fourneau , une anfe C9 Fig. 16 & 17, pour pouvoir la fàifir avec un crochet, Sc l'enlever au moyen de la grue dont nous parlerons Plombier. H
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- dans la fuite. Il faut donc ne pas oublier de faire un arrondiflement dans le fable du côté oppofé au fourneau, au centre duquel on placera une cheville de fer un peu conique, ce qui formera le moule de l’anfe que chaque table doit avoir pour être tirée commodément de deflusfon moule. Nous expliquerons en fon lieu ce qu’il faudra faire de cette anfe , lorfque la table fera fur le Laminoir.
- §. VI. De la façon de faire paffer le Plomb fondit delà chaudière dans V auge ,
- & d’y éprouver fa chaleur.
- Quand on a fondu & écume une fbffifànte quantité de plomb pour faire une table, & quil eft prêt à être coulé, pour tranfmettre le plomb de la chaudière dans l’auge , on a une feuille de tôle, Fig. 11, roulée en gouttière ; on en place un bout dans l’auge, & on appuie l’autre fur le chevalet K, Fig. 2 & J2 , qui répond au robinet D de la chaudière, & qui lui-même eft fbutenu par quatre crampons de fer l9m9n9o.On retire enfuite le robinet E, Fig. 2 & 13 > & pour cela on retire les deux vis p9q9 des écrous r9s9 qui ferrent la queue du robinet , afin d’empêcher qu’il ne forte de lui-même de fà place, & ne fafïe perdre le plomb.
- Le plomb trouvant une ouverture, coule à travers le canal portatif de tôle dans l’auge, ce qui épargne aux Ouvriers la peine de l’y porter à cuillerée, Comme le font les Plombiers ; par ce moyen il n’en refte point ou très-peu dans la chaudière.
- On doit dans cet inftant ou éteindre le feu qui eft fous la chaudière , ou y mettre du plomb nouveau , fi l’on veut encore y couler des tables , afin que celui qui refte dans la chaudière ne le brûle pas. Mais avant de charger la chaudière , il faut ôter la gouttière de tôle , remettre le robinet à fà place , & avoir l’attention de l’aifujettir par les vis R, 5, Fig. 12 , pour que le plomb ne coule pas. Mais foit qu’on veuille couler une nouvelle table ou non, il faut toujours ôter la gouttière de tôle, pour quelle n’empêche pas de lever l’auge pour en verfer le plomb dans le moule.
- §. VII. De la façon de verfer le Plomb fondu de F auge dans le moule.
- L’auge fort pelante par elle-même, & qui contient de plus près de trois milliers de plomb , ne pourrait être levée commodément, même par un grand nombre d’Ouvriers, pour verfer le plomb quelle contient fur le moule déjà difpofë pour le recevoir. De plus, étant remplie de plomb fondu, elle eft lî chaude qu’il ne ferait pas poffiblç d’y porter les mains. Ces difficultés ont fait imaginer les deux leviers VU9 dont nous avons déjà parlé , qu’on a établis dix ou douze pieds au-deffus de l’auge , comme on le voit Fig. r, PL VII, & qui font mobiles fur leur axe T; on abaiffe, par le moyen d’une double baf-
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- Chapitre III. Du Laminage. 3 r
- culeee, ces leviers, qui, ayant chacun à leur extrémité une demi-poulie XY, enlevent l’auge qui eft attachée par deux crochets a b ^ Fig. 4 , à des chaînes c c qui paffent fur ces demi-poulies , & qui s’y roulent à mefure qu’on abaiffè les leviers. Par cette manœuvre , deux hommes qui agiffent de concert , luffilènt pour renverfer l’auge & le plomb qu’elle contient fur le moule. Lors donc qu’on fe fera affiné que le plomb a le degré qui lui eft néceflaire pour être coulé , d’après ce que nous avons dit dans le fécond Chapitre fur cette matière , deux Ouvriers feront defcendre les leviers par le moyen des bafcules qui y font attachées ; ils forceront l’auge de remonter fur la charnière f g h , Fig. y , qui l’attache au bord du moule , & le plomb coulera en nappe dans le moule d’un mouvement toujours également prompt. On rendra enfoite la liberté aux bafoules , & on laiflera l’auge def cendre & reprendre fà place. /
- §. VIII. De la façon de rabler la Table dans le Moule.
- On a deux différents râbles pour rabler chaque table de plomb dans fon moule; l’un a deux manches, comme on le voit Fig. 14 ; fautre n'en a point, Fig- 15, & du refte il eft fait comme le premier ; ils font tous deux échancrés de la largeur du moule ; ni l’un ni l’autre , comme on le voit, ne reflemble à ceux des Plombiers , auffi ne doivent-ils pas produire un effet femblable à celui des premiers. Dans la Manufaélure on paffe le rable fur le plomb qui eft encore en fonte, le conduifànt lentement pour emporter les craffes qui fe font portées à laforface. Les Plombiers ne fo propofent que d’unir la furface de leurs tables , afin quelles n’aient pas plus d’épaifieur dans un en-" droit que dans un autre ; c eft pour cette raifon que les Lamineurs fe mettent ordinairement deux à rabler leurs tables l’un tient le rable par un bout, ou par un de fes manches, quand ils prennent celui qui a deux manches , Fig. 14 ; &r autre par fon autre bout, ou par fon autre manche. Ils commencent par pofer leurs râbles for le bout du moule qui eft à côté de l’auge ; ils le ct>n~ duifent ainfi julqu’à l’autre bord ; l’adreflë qu’on doit avoir dans cette opération , eft de ramaiïèr toute la couche de feu des tables, & toutes les parties de plomb décompofées, pour les faire tomber dans les rejets de chaque table , c’eft-à-dire, dans le folfé ouvert pour former l’anneau , qui eft fait pour avoir la facilité de lui accrocher un cable , & d’enlever plus aifément, par le moyen de la grue , chaque table de fon moule. Comme cet anneau n’eft fait qu’à cette fin, il eft regardé comme une portion étrangère de la table dont on le retranche, comme nous le dirons dans la foite.
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- §. IX, De la façon de retirer la Table du Moule.
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- Comme les tables deftinées à être laminées, doivent être épaifles, & qu’il fèroit pour cette raifon impoflible de les rouler , on ne peut pas fe fervir ici du levier dont les Plombiers font ufage pour enlever leurs tables de defîus leur moule ; c’eft à raifon du poids de ces tables qu’on a imaginé une grue tournante , PL VII, Fig. I 6. C’eft par fon fecours qu’on tire du moule la table A, Fig. 3 & 16. On commence par accrocher le cable B de la grue à l’anneau C que nous avons dit qu’on formoit à chaque table qu’on fondoit au milieu du côté qui eft oppofé à l’auge. On emploie pour cela le crochet D, Fig, 3 , 16 ou 17 , & quoique chaque table pefe environ 2600 livres f deux hommes , au moyen de la grue, Fig. 16, fuffifent pour les enlever ai-férnent du moule. Le cable de la grue fe roule fur un treuil, aux deux extrémités duquel font fixées deux roues de fer dentées, dans lelquelles engrenent deux petites lanternes ou pignons qui tiennent à un axe de fer , aux extrémités duquel font les manivelles que ces hommes font tourner.
- Il eft évident qu’au moyen de cet engrenage, qui multiplie beaucoup la force , deux hommes appliqués aux manivelles pourront tirer du moule cette pelante table.
- Il y a, Planche VII, Figure 3 , un rouleau E qui eft établi au bout du moule , & deux pièces de bois qu’on incline F G, qui donnent beaucoup de facilité pour retirer du moule les tables de plomb. Il faut les abaifler l’une fur l’autre , comme on le voit Fig. 16 , on les redreffe enfuit e à grands coups de mafle. Quand cette table fera tirée du moule , on la couchera à terre, comme on le voit en A , Fig. 16, jufqu’à ce qu’elle foit refroidie, 8c qu’on veuille la mettre fur le chafïis pour la laminer. Comme la méchanique du Laminage eft confidérable , & que c’eft une opération qu’il convient de traiter en détail, nous en parlerons à part , & nous en formerons la matière de l’article fui van t. Nous allons finir celui-ci par quelques réflexions qui regardent le fondage.
- §. X. De tépaiffeur que doivent avoir ces Tables.
- Pour que le Laminage foit parfait, il conviendrait que les tables fufient par-tout d’une égale épaifleur. Les Ouvriers de la Manufacture font leurpofïible pour approcher de cette précifion ; ils ne peuvent cependant y parvenir rigoureufe-’ ment, foit à caufe de la difficulté qu’il y a à conduire le rable pour écumer le mé^ tal, foit parce qu’il y a des parties qui refroidiflent plus promptement que d’au* très. Mais on s’eft apperçu que ces petits défauts , qui font très-nuifibles quand les tables font minces, ne font fujets prefqu’à aucun inconvénient quand les tables font épaiffes. De plus, on fait que les parties du métal qui
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- fe font réduites en chaux, & que les Ouvriers appellent des Craffes, fe portent à la luperficie. C’eft pour cette raifort que les Plombiers appellent la fur-f face fupérieure de leur table le feu , Sc iis favent que cette furface eft moins parfaite que celle du defïous, C’eft pour emporter ces prétendues craffes, qui feroient contraires au Laminage , que les Ouvriers du plomb laminé qui font à la Fonderie, écument leur plomb avec le rable, ce qui ne feroit pas praticable fur des tables minces ; Sc fi , malgré cette opération , la fuperfîcie des tables a encore quelques craffes, elles font d’autant moins nuifibles, que les tables font plus épaiffes ; car on eft dans i’ufage de leur donner 16 à 18 lignes d’épaiffeur, Sc quand les opérations font bien faites , on obtient, aU moyen du Laminage, des tables qui font homogènes dans toutes leurs parties , Sc dont les deux fiirfaces font parfaitement unies. Mais il ne conviendroit pas d’augmenter l’épaiflèur que nous venons d’indiquer, non-feulement parce que les tables, devenant beaucoup plus pelantes , feroient trop difficiles à remuer , mais principalement parce quelles feroient bien plus long-temps à être réduites par le Laminoir à l’épaiftèur qu elles doivent avoir : car il y auroit de grands inconvénients à vouloir précipiter l'opération, en rapprochant d avantage les cylindres ; on fèroit obligé de multiplier le nombre des chevaux, & on cour-roit rifque d’écailer les tables , en refoulant le métal avec plus de précipitation ; au lieu qu’en ne donnant qu’une preffion modérée , le plomb qui eft un métal très-duélile , s’allonge peu-à-peu çn perdant de Ion épaiftèur fans fe rompre, & {ans que fès parties fe défiiniflènt : ainfi, en donnant aux tables 16 8c 18 lignes d’épaifïèur , on peut dans une journée les réduire à i’épai£ feur qu’on a coutume de demander, & on parvient à avoir des tables qui font parfaites dans toute leur étendue.
- Article Troisième.
- Détail du Laminoir.
- Quoique nous ayons dit au commencement de ce Mémoire qffon fait ufage du Laminoir dans plufîeurs Arts , celui qui nous occupe prélèvement offroit des difficultés qu’il falloit furmonter par des moyens affez Amples, pour diminuer plutôt les frais que de les augmenter. Le grand poids du plomb rendoit les tables difficiles à manier, & exigeoit qu’on rendît la machine affez folide pour n’êtra pas fujette à de fréquentes réparations. Le Laminoir que nous allons décrire , qui nous vient d Angleterre où il a été connu en 1700, & qui occupe toute 1 annee, tant en Angleterre qu’en Irlande, plus de vingt-deux mille Ouvriers, fatisfait complettement à tout ce qu’on a légitimement lieu d’attendre d’une pareille machine ; il eft à peu-près pareil à celui qu’on emploie à Hambourg pour laminer le cuivre. Il y a de ces Laminoirs qui font mus par un courant d’eau ; Plombier* t
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- 5$ TA RT DU PLOMB 1ER; &c;
- comme nous l’avons dit, il n’eft pas befbin de le répéter ici. Celui qui eft établi à Paris SC dont nous allons nous occuper, eft mis en mouvement par quatre chevaux qui tournent dans un manege, étant attelés à l’extrémité des leviers H9 PL IV. Fig. 3 , ou PL V. Fig. il eft fenfible que les chevaux tournant dans le manege , doivent imprimer un mouvement circulaire à l’arbre vertical A, & par conféquent à la roue de champ ou au rouet horifontal B, puifqu’il eft fermement attaché à l’arbre A, PL V9 Fig. i.
- Ce rouet horifontal B, qui a foixante & dix-huit dents, engrene dans une lanterne verticale E, qui a trente-neuf fufèaux ; & cette lanterne étant fermement afîujettie à l’arbre horifontal C C , lui imprime fon mouvement, qui lui-mê* me le communique à la lanterne Æ & à l’hériflon D9 qui lui font fermement aflujettis à fautre bout : ainfi l’hériflon D, & la lanterne Æ étant emportés par l’arbre C C, tournent dans le même fens que lui ; cet hérifton Z?, qui a trente-unedents, engrene dans la lanterne F, quia vingt-fept fufeaux. On conçoit que cette lanterne doit tourner en fens contraire de l’hériflon D; mais la lanterne F peut tourner fans communiquer aucun mouvement au petit arbre e, qui lui fert d’axe , parce que l’ouverture a, Figm a, qui eft au centre des plateaux de la lanterne F, eft un canon de fer rond, St que le petit arbre e, Fig. I, eft auffi rond à l’endroit où eft placée la lanterne F : ainfi les chofes étant en cet état, la lanterne F, peut tourner fans imprimer aucun mouvement à l’arbre e ; réciproquement aufîi, cet arbre e fait fes révolutions fans imprimer aucun mouvement à la lanterne F. Examinons maintenant quel eft le mouvement des lanternes Æ Sc F, ainfi que de la petite roue G 9 qui eft entre-deux : d’abord la lanterne Æ qui tient à l’arbre CC9 tourne dans le même fens que cet arbre, & que l’hériflon D ; mais cette lanterne Æ, engrene dans une petite roue de renvoi G, qui tourne dans un fens contraire à celui de cette lanterne : or cette petite roue G , engrenant dans la lanterne^", lui fait prendre un mouvement pareil à celui de la lanterne Æ, & cette lanterne^n’ayant aucune adhérence avec le petit arbre e9 qui eft fon axe, elle peut comme la lanterne F, tourner librement & indépendamment de l’arbre qui lui fert d’axe ; de forte que ces deux lanternes peuvent tourner l’une dans un fens, l’autre dans l’autre, pendant que l’arbre e, refte en repos , parce que l’une & l’autre lanternes ont au centre de leur plateau au lieu de tourillons, un canon de fer, comme nous l’avons déjà dit, qui roule librement fur la partie de l’arbre e9 où elles répondent, qui eft arrondi en cet endroit; Pour que les lanternes Fou f puiflent agir fur l’arbre e qui les porte, il faut donc attacher l’une ou l’autre de ces lanternes à cet arbre, fuivant qu’on veut qu’il tourne dans un fens ou dans un autre ; car on verra dans la fuite, qu’il faut que l’arbre e9 change de temps en temps le fens de fes révolutions pour en prendre une contraire , c’eft-à-dire, qu’après avoir pendant un temps fuivi les révolutions de la lanterne F, il faut enfuite qu’il tourne dans le fens de la lanternefl Or cela s’exécute au moyen d’un verrouil qui eft placé entre ces deux lanternes
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- C U a P i ? R Ë III. Du Latninàgèi $ f
- Sc qui à volônté lie Tune ou l’autre de ces lanternes avec l’arbre e ; M comme cet arbre doit fuivre les révolutions de la lanterne à laquelle on l'attache , il s’en fuit que l’arbre e9 doit tourner tantôt dans un fens & tantôt dans un autre, Nous nous propofons bien d’expliquer la méchanique de ce verrouil ; mais il eft bon auparavant de faire connoître comment eft fait l’arbre e , PL Vllî9 Fig, 4. Il eft de fer fondu. M, N, font les tourillons ou les axes fur lefquels tourne far-bre e ; les parties K K , font arrondies ; 8c c’eft en ces endroits que font placées les lanternes/& F , PL V9 Fig. 1 & 3, qui ont, comme on l’a dit, au centre de leurs plateaux un canon de fer qui laifle une ouverture ronde , de forte que far-bre qui n’a aucune adhérence avec les lanternes , peut refter en repos , quoiqu’eL les tournent l’une d’un fens, l’autre del’autre i le milieu LL9 du petit arbre e9 eft quarré & deftiné à recevoir la piece qui porte les verrouils , dont l’ouverture étant quarrée, ce porte-verrouil eft tenu adhérent à la partie quarrée LL9de l’arbre 19 de forte que quand il s’en détachera un verrouil vers l’une ou l’autre lanterne. , cette lanterne liée par ce moyen avec l’arbre e, le forcera de fuivre fes révolutions ; & comme cet arbre e, eft deftiné à faire tourner le cylindre K , il a à un de fes bouts une, boîte quarrée ^, qui reçoit l'extrémité Ç? de ce cylindre , qu’il fait tourner tantôt dans un fens, tantôt dans un autre , félon que les lanternes F ou/le font tourner lui-même,
- Il eft bon de remarquer que la partie arrondie de l’arbre e, qui doit recevoir la lanterne/, eft plus grofle que le quarré du porte-verrouil, & que la partie arrondie qui doit recevoir la lanterne F, eft plus menue que la partie quarrée , afin que quand on veut mettre en place ces différentes pièces, on puifle commencer par placer la lanterne/, enfuite le porte-verrouil, & enfin la lanterne F.
- J e vais maintenant expliquer la méchanique du verrouiL
- §. I. Du Verrouil*
- , Je commence par le porte-verrouil. À9 B9 Fig. 4, PL Ÿ9 eft une boite de fer qui eft repréfentée en plan Fig. 5 , pour faire voir fbn ouverture quarrée E* dans laquelle entre la partie quarrée LL, de l’arbre e9 PL VIII $ Fig. 4. Cette boîte qui eft de fer fondu, porte deux pièces méplates, dont on voit l’épai/Teur pig. 4, PL V9 & la largeur Fig, j ; ces deux pièces , pofées parallèlement aux-deux faces oppofées de la boîte A , B, comme on le voit Fig. 4, forment comme des rayons qui font entaillés à leur extrémité H, Fig. y , 8c ces entailles H, fervent de conducteurs aux verrouils II, K K, Fig. 6 , comme on le voit à la Fig. 8, où les mêmes objets font indiqués par les mêmes lettres : il faut* donc concevoir que les verrouils II, K K , peuvent glifter dans les entailles H, & fe porter vers la droite ou vers la gauche , pour attacher l’une ou l’autre lanterne F ou/ à l'arbre e9 ainfi que nous l’avons expliqué. Les extrémités de ces verrouils
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- ÿ6 L'ART DU PLOMB 1ER, &c.
- entrent dans des rainures garnies de fer, qu’on voit en bby Fig. 2 8c 3, PL Sc elles y gliffent jufqu’ à ce quelles rencontrent les barres de fer ce, même ji~ gure, qui font un peu faillie fur le pian des plateaux des lanternes, & alors ils emportent Tune ou l’autre lanterne jufqu à ce qu’on porte le verrouil vers le côté oppofé. Il refte à expliquer comment on le porte d’un côté ou d’un autre.1 Les deux verrouils II, K K, font de fer forgé , & foudés à un anneau auffi de fer forgé l, dont on voit l’épailleur Fig. 6, & la largeur Fig. 7 ; il faut que les verrouils foient fermement attachés à cet anneau, puifque ce font eux qui le fou-tiennent; il foitde-là que fi l’on poulie l’anneau vers la gauche ou vers la droite,il oblige les verrouils de couler dans les fourchettes H H, Fig, y , vers un de ces côtés ; ainfi toute l’opération confilie à poufter cet anneau vers un des côtés, ce qui s’exécute d’une façon bien fimple, Cet anneau, for qui portent les yerrouils , eft creufé fur fon champ d’une gouttière qu’on apperçoit à la Fig. 8 ; il y a fous cet anneau un effieu A, B, Fig. 9 & 10 PL VIII, qui porte deux montants C, D, qui font affermis par une entre-toife E, F : or ces deux montants portent à leur extrémité deux pannetons G, H, qui entrent dans la gorge qui eft creufee dans l’épaiffeur de l’anneau qui eft ponélué à la figure 10. A l’effieu A, B , eft alfemblé un levier I, K, qui fait tourner l’effieu quand on le juge à propos : or il eft évident qu’en appuyant for ce levier, on porte les montants C, D, vers la gauche & les pannetons G, H, entraînent le cercle /, vers ce même côté, ainfi que les verrouils qui y font attachés.
- Maintenant il eft fenlible que quand on a pouffé le verrouil du côté de la lanterne F, cette lanterne étant fermement attachée par le verrouil à l’arbre e, elle lui communique fon mouvement & le fait tourner, ainfi que le cylindre K 7 dans un fens contraire aux révolutions de l’arbre e ; mais quand on porte les verrouils du côté de la lanterne f, en élevant le levier I, K, Fig. 9 , la lanterne F, étant libre , tourne indépendamment de l’arbre e; mais le verrouil ayant attaché l’arbre e, à la lanternef, cette lanterne lui communique fon mouvement qui eft dans un fens oppofé au mouvement de la lanterne F , ainfi elle fait tourner l’arbre e, de même que le cylindre K, dans le même fens que l’arbre e ; de forte que tant que le verrouil eft porté du côté de la lanterne F, le cylindre K tourne dans un fens oppofé aux révolutions de l’arbre e, Sc quand ce même verrouil eft porté du côté de la lanterne f, le cylindre K, tourne dans le même fens que l’arbre e. Au-deflusde ce cylindre K, eft affujetti par des colets un autre cylindre L, tout pareil. On engage la table de plomb qu’on veut laminer entre ces deux cylindres ; celui de deflbus K, étant mu circulairement par la machine, entraîne la table de plomb ; & cette table par fà preffion & le frottement, détermine le cylindre de delfos L, à tourner, quoiqu’il n’ait aucune liaifon avec la machine ; & c’eft par la violente preffion que la table de plomb éprouve entre ces cylindres, qu’elle perd de fon épailfeur & quelle augmente proportionel-lement en longueur, en un mot, quelle eft laminée, Les gables de plomb
- reçoivent
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- reçoivent donc dé lapplatiflement en paffant entre les cylindres; mais il convient de ne leur faire prendre leur extenfion que peu à peu ; aînli il faut que les ta-blés paflent un grand nombre de fois entre les cylindres pour être réduites à l’é-paiflèur quon délire, ainfi que nous Talions voir dans l'article de la maniéré de laminer. Si les cylindres tournoient toujours du même fens, il faudroit toutes les fois qu'une table auroit pafle de toute fà longueur entre les cylindres, la tranfpor-ter pour la mettre dans fà première pofition ; ce tranfport feroit pénible, 8c en quelque façon impratiquable : c'eft pour l'éviter qu'on a fort bien imaginé de la faire aller & venir focceflivement dans des fens oppofés de Ken F, PL VIII, Fig. 1, êc enfuite de Y en K; ce qui s'exécute très-facilement en faifant tour^ ner les cylindres dans des fens contraires, ainfi que nous l'avons amplement ex< pliqué.
- Les cylindres qui font de fer fondu Sc tourné, ont, comme nous l'avons dit,-un pied de diamètre, afin qu'ils puiffent réfifter à la grande prefifion qu'ils doivent produire fans prendre aucune courbure ; il faut pour cette même raifon qu'ils foient folidement affujettis ; car ils ont à fiipporter de grands efforts. De plus , comme les tables de plomb doivent être d une pareille épaiffeur dans toute leur largeur, il eft néceffaire que les cylindres foient établis bien parallèlement l'un à l'autre : cela ne fuffit pas, puifque les tables jde plomb perdent de leur épaif feur en paflant fous les cylindres, il faut être maître d'approcher ou d’éloigner l'un de l'autre les deux cylindres d'une très-petite quantité, fans leur faire perdra toutefois le parallélifme qu'ils doivent avoir ; cela s'exécute très-bien , au moyen d'un ajuftement qu'on nomme le Régulateur, Voilà en général les conditions qu'on a à remplir : voyons par quel moyen on y eft parvenu.
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- §. IL Du Régulateur.
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- Les cylindres & toutes lés pièces qui en dépendent, font établis fur un fort fommier AyFlg. 1, PL VI ;A9 Fig. 2, eft une coupe tranfverfàle de cefommier. Les lignes ponéluées a a, font pour faire voir les trous a a, Fig, I , qui reçoivent le bas des colonnes de fer B B, Fig. 3. Car les deux cylindres K, L, Sc tout ce qui leur appartient, eft renfermé entre les quatre fortes colonnes de fer B , Fig. 1, & qu'on voit féparément à la figure 3. La partie a9 b, de ces colonnes traverfe le fommier par les trous qu’on voit en aay Fig. 2; les repos aa9 Fig. 3, portent fur le fommier ; l'extrémité b9 c,qui porte une vis, excede le fommier en-deflous pour recevoir les écrous e ou f9 Fig. 4, dont la tête eft à pans pour pouvoir les ferrer fortement avec une clef ; ces colonnes font encore affermies en haut par des entre-toifes g, & des écrous h, Fig, y.
- Les tourillons qui font à l'extrémité des cylindres, font reçus dans des collets qui leur permettent de tourner fur leur axe : or ces collets ont chacun deux oreillons qui font chacun percés d'un trou, dans lefquels paflent les colonnes de fer Plombier, K
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- 38 L’ART DU PLOMBIER, &c.
- JS B 9 Fig. 3 , qui les aflujettiflent très-fermement. On pofe d'abord les collets qui Apportent le cylindre inférieur, de façon que le delîous de ces collets s’ap-puye for le fommier A, comme on le voit entre a8ca> Fig. I.
- Je vais eflàyer de donner une jufte idée de ces collets avec le «fecours des fi-' gures qui font for la Planche VI.
- On voit, Fig. 8, le collet du cylindre inférieur, Sc au-deflbus en A, fon plan vu par-deflus, étant garni de fbn pallier de cuivre, qui eft repréfenté féparémenc en C. '
- Ce même collet eft repréfenté dans la figure 6 % vu par la face qui regarde le dedans du Laminoir. On voit en Z), que l'endroit C, eft difpofépour recevoir le pallier de cuivre qui eft au-deflus hors de place, & en E, le pallier occupe la place qui lui étoit deftinée;z, k9 font les trous des oreilles par lefquels paflent les colonnes de fer B B 9 Fig. 3.
- En A, Fig, 9, eft repréfenté le collet fepérieur du cylindre L , Fig* I, vu du côté extérieur ; fon pallier de cuivre fe voit au-deflous en B.
- F, Fig. 7, eft le collet de ce même cylindre vu en perlpeélive Sc du côté de la face qui regarde l'intérieur du Laminoir; au-deftôus eft fon pallier de cuivre hors déplacé.
- Enfin 9A9 F9 B, Fig. r2, eft un collet qui peut fe lever & s’abaifler; il eft ideftiné à foutenir le cylindre L, dont les tourillons font dans la gorge F ; A, B , D, eft un étrier de fer qui foutient le collet F, par l'extrémité des barres A,B> qui lui font jointes.
- Pour faire appercevoir futilité de ce collet mobile, il faut entrer dans des détails au fojet de la partie du Laminoir, qui eft deftinée à écarter l'un de fautre ou à rapprocher les cylindres K, Z , d'une auffi petite quantité quon le juge à propos, Sc de façon qu'ils foient toujours parallèles. Toutes ces pièces que nous venons d'expliquer, font ce qu'on nomme le Régulateur ; il n’agit que for le cylindre fopérieur Z, le cylindre K, refte toujours dans la même poiîtion.
- Le Régulateur agit fur les deux extrémités du cylindre L ; mais comme ces deux portions font entièrement femblables , il nous fofïira d’expliquer celle qui fe préfente à la vue à la figure r.
- On fe rappellera que la partie fondamentale du Laminoir, eft une grofle piece de bois A, que nous avons nommée le fommier, dans lequel font implantées quatre colonnes de fer B, Fig. r. Ces colonnes traverfent les oreillons z, k ; Fig. 6, des collets ee9 Fig. 1, for lefquels repofent les tourillons du cylindre inférieur K. Plus, le collet mobile A, F, B, qui fupporte le cylindre fopérieur Z, & enfin le collet b b > Fig. r , qui recouvre les tourillons du cylindre fopérieur L : ces colonnes font taraudées en vis à leur partie fopérieure d9 pour recevoir les écrous f Fig. I & il, qui font garnis chacun d'une roue de fer ho-rifontale P: deux de ces roues Fig. I4,engrenent à la fois dans un pignon /, qui eft porté par un même arbre qu’une roue 0 qui eft deflùs j comme on le voit Fig. 3 j
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- Chapitre HT. Du Laminage'* 39 cette roue eft mile en mouvement par des vis fans fin, qu’on voit aux extrémités de l’arbre R R, Fig-13, & ces vis fans fin font mifes en mouvement par une clef S, même figure.On voit ces pièces en fituation à la figure 14; &la figure iy eft une piece de fer qui lèrt a tenir la vis làns fin en état. Il rélùlte de cet ajufte-ment que quand on tourne les vis làns fin, elles communiquent leur mouvement à la roue 0, Fig. 3, qui enarbrée avec le pignon qui eft deflous,le fait tourner, & ce pignon engrenant dans les roues P, Fig. 14, leur communique Ion mouvement, & par conféquent aux écrous qui font au centre de ces roues f ; & comme ces écrous répondent aux vis i des colonnes, Fig. 3, il eft fenfible que ces écrous qui appuyent fur le collet fupérieur B, Fig. 1, du cylindre Z, tendent à le faire approcher du cylindre K 9Sc par conféquent à comprimer davantage la table de plomb qui eft entre les deux cylindres ; mais pour écarter les deux cylindres , il ne fuffit pas de tourner les écrous en fens contraire, le cylindre L, feroit déterminé par Ion poids à s’appliquer immédiatement furie cylindre K.On a remédié à cet inconvénient par le collet F, Fig. 12, qui embrafle par-def fous le tourillon du cylindre Z; aux deux bouts de ce collet A> F, B, eft ajufté ce que nous avons nommé Vitrier ^4, S, Z?, avec Ion entre-toile C9E. Les pièces de cet étrier le réunifient en D, où font attachés des cables x x, PL V, Fig. 11 qui fe roulent lùr un treuil Z, qui eft établi au-deflus du Laminoir, auquel on ajoute au bout d’un levier un poids O, & ce poids doit être fuffilànt pour foulever le cylindre L, ainfi que toutes les pièces de l’armure du Régulateur. Il faut donc concevoir que ce cylindre L, & tout ce qui en dépend , eft foutenu lùr les collets qui font tirés en en-haut par le treuil Z ; & au moyen des rouages dont nous avons donné la delcription, on le rapproche exactement à une diftance convenable du cylindre K, où il eft retenu fixement, de forte que la preflion du plomb ne peut le faire relever.
- Je vais expliquer lommairement, & par forme de récapitulation, la maniéré de fe fervir de cette belle machine.
- Article Quatrième.
- De la maniéré de laminer.
- L a table ayant été ébarbée & nétoyée par le lècours des brofles, Fig. y ; PL VIII , du fable qui pourroit y refter attaché, on la leve de terre avec la grue tournante, & on la porte lùr les rouleaux T du chaflîs du Laminoir, Fig. 3 & ir ; on préfente une de fes extrémités entre les deux cylindres K, L; ou abaifle au moyen du Régulateur, le cylindre Z, lùr la table de plomb autant qu’il convient pour la faire mordre : le verroüil étant attaché à la lanterne F, on fait marcher les chevaux; la table de plomb convenablement comprimée, palfe entre les deux cylindres.Quand toute la longueur de la table a pafle entre
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- les cylindres, on change le verrouil pour Tattacher à la lanterne f ; & -fans changer la pofition des cylindres, on la fait revenir d’où elle étoit partie ; alors on ref* ferre un peu les cylindres, on attache les verrouils à la lanterne F, & la table reçoit une nouvelle preflion : on répété cette opération quelquefois deux cents fois, pour réduire la table à l’épaifleur quelle doit avoir, n’augmentant la preflion au moyen du Régulateur, que quand la lanterne F travaille ; l’autre/’ne fèrt qu’à rappeller la table en fens contraire de ce qu’ elle étoit lorfqu’elle étoit menée par la lanterne F7, & à perfectionner le laminage qu a fait cette lanterne; Six hommes & fix chevaux fùffifent pour faire aller cette machine ainfl difpofée onze heures tous les jours.
- §. I. De la maniéré de réduire les Tables en feuilles très~minces.
- Nous venons de décrire ici la maniéré de réduire des Tables à une épaifleut ordinaire, Sc autant qu’elles peuvent l’être par le fècours des feuls cylindres ; mais il efl un moyen de les comprimer davantage quand on veut en avoir des tables très-minces ; on les place au Laminoir, en les pofant fur une table de plomb plus épaiflè & déjà laminée, qui fert de fupport à celle qui efl: fort mince ; alors il n’y a que celle de deflus qui fe lamine : on peut par ce moyen, fi l’on veut, la rendre aufïi mince qu’une feuille de papier.
- Je terminerai ce qui regarde le Laminage par quelques remarques qui importent à fa perfection.
- i°. Il efl toujours avantageux de donner au manegeun grand diamètre; les chevaux en fatiguent beaucoup moins.
- a0. Quand les tables de plomb font fondues, il faut les laiflèr refroidir avant de les pafler au Laminoir : cette chaleur jointe à celle que les tables aquierent en paflànt entre les cylindres, diminueroit l’union que les parties du plomb ont entr’elles, & le métal en feroit moins ductile.
- 30. Il efl néceflàire, avant de mettre les tables au Laminoir, de les bien né-toyer du côté qui touchoit au fable , avec des broffes , comme on vient de le dire , puis avec un morceau d’étoffe ou de toile neuve : le fable rayeroit les cylindres, & celui qui s’incorporeroit dans le plomb, en rendroit lafurface rayée ou piquée fans cette précaution , ce qu’il faut éviter.
- 4°. Il faut que les deux cylindres foient d’un grand diamètre & égal : d’un grand diamètre pour que la preflion fe fafle dans une plus grande furface de table , & que l’angle curviligne que forment les deux cylindres étant aigu, la preflion commence de loin, & aille en augmentant jufqu’à l’endroit où les cylindres font plus rapprochés, ou jufqu’au grand diamètre des cylindres.
- Il faut que les cylindres foient d’un pareil diamètre, pour qu’ils n’aillent pas plus vite l’un que l’autre, & que les deux furfaces des tables foient preflees également.
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- Chapitre III. Du Laminage. qt
- 5*0. Il vaut mieux paffer les tables un grand nombre de fois entre les cylindres , que d’augmenter beaucoup la preflion ; car le métal qui le prête à un petit applatiffement, fe déchireroit fi Ton vouloit tout d’un coup lui en faire fouffrir un plus confidérable.
- 6°, Il faut que les chevaux aillent d’un pas égal, & éviter qu’ils tirent par fecoufles ; la Machine en fouffriroit , ainfi que la table qu’on lamine.
- 70. Il eft bon d’être prévenu que les tables qui s’étendent fi confidérablement en longueur, confervent exaélement la largeur qu’elles avoient lorfqu on a commencé de les laminer.
- 8°. Il eft certain que toute l’épaiffeur des Tables contribue à leur allongement ; 8c que ceux qui ont penfé qu’il n’y avoit que les deux furfaces qui s’al-longeaflent, fe font trompés ; puifque quand une table a acquis toute Ion extenfion, les lurfaces fupérieures & inférieures excédent , par les bouts, tout au plus de 2 ou 3 lignes le milieu de l’épaiflêur de la Table; & qu’on coupe les Tables où l’on voudraon les trouvera par-tout d’une égale épaiffeur.
- 90. Comme les Tables qu’on veut rendre fort minces, acquièrent plus de longueur que n’en a le chaflis VY, PL 3 , on les coupe par 1® milieu
- pour les laminer feparément.
- §. II. Comment on retire les Tables laminées de de fus le Chajfis*
- Cette opération différé peu de ce que pratiquent les Plombiers pouf enlever leurs Tables de deffus le moule ou ils les ont coulées ; on aura feulement l’attention de tirer la Table hors des cylindres du côté de la grue ; enfiiite deux Ouvriers, la frappant avec la batte, la rouleront, en commençant par le bout qui eft près des cylindres, & ils continueront jufqu’à ce qu’ils fbient au bout du chaflis qui eft du côté de la grue : ils pafferont dans ce rouleau de plomb un levier qui doit déborder par les deux bouts environ de 6 pouces, pour y attacher le cable de la grue : en tournant la manivelle on l’enlevera aifé-ment; & en faifant tourner la gruë, on portera cette Table dans l’endroit où elle doit relier, jufqu’à ce qu’il fe préfènte des Acquéreurs.
- §. III. Supprejjion pu on a propofé de faire au Laminoir.
- O n a voulu retrancher plufieurs chofes à cette Machine ; penfànt la rendre plus commode qu’elle ne le paroît. Nous venons de la repréfenter dans l’état où elle eft aéluellement ; mais quelqu’un a imaginé qu’on pouvoit la Amplifier , & il a donné un plan dans lequel il a retranché une partie du rouage.
- Il en a fupprimé la roue de renvoi G, le hériflon D> l’arbre fupérieur qui le portoit, & les lanternes Æ F ; on n’a laifîe que la lanterne du bout, c’eft-à-dire, celle qui engrene dans la roue de champ, qui a été portée à l’extrémité Plombier. L
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- V.
- 42 L’ART DU PLOMBIER, &c.
- de l’arbre inférieur, qui tient immédiatement au. cylindre inférieur. On lui ajoute une lanterne femblable à la lanterne E, qui eft au bout de l’arbre fopé-rieur, du côté du manege ; toutes deux font mobiles autour de cet arbre, Sc engrenent dans la grande roue de champ, qui eft renverfée dans ce nouvel arrangement, & renfermée dans une capacité creufée dans le manege.- Les leviers font attachés au-deffus de cette roue : un verrouil femblable au premier , mais beaucoup plus long, fert pareillement à fixer les. lanternes alternativement for l’arbre, pour procurer les différentes révolutions néceflàires aux cylindres, pour que la Table puiffe repafler de côté & d’autre ; l’une des lanternes étant fixée for l’arbre par le moyen du verrouil, elle lui communique le mouvement qu’elle reçoit de la roue de champ. L’arbre fait tourner avec lui le cylindre, auquel* comme nous l’avons dit plus haut, il eft adapté immédiatement , jufqu’à ce que l’on dégage cette lanterne, pour enfuite faire agir la fécondé, en la fixant for l’arbre par le moyen du même verrouil; alors cette derniere imprime aux cylindres des révolutions contraires à celle de la première lanterne : d’ou il foit que les mêmes effets font produits par des voies plus fim-ples ; car dans la première Machine la roue de renvoi G, fe trouve trop petite , & devroit être agrandie : il eft vrai qu’on pourroit augmenter fon diamètre , & le rendre égal à celui des lanternes, fans cependant diminuer celles-ci, ce qui feroit fort aifé, en plaçant toutes ces pièces à côté les unes des autres, & par là donner un nouvel arrangement à la Machine.
- Mais ce plan n’a pas encore été exécuté ; il y a apparence même qu’on a apperçu des raifons qui ont empêché de l’adopter : on s’en tient à Paris, & par-tout ailleurs, à l’ancien Laminoir ; c’eft ce qui a fait que je n’ai point voulu en donner le delfoin. La curiofité du Public fora fons doute fatisfaite for ce que j’en ai dit ; d’ailleurs on le trouvera décrit dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences.
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- Chapitre IV. Des Tuyauxi
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- CHAPITRE QUATRIEME.
- Des Tuyaux.
- I l n’eft perfonne qui ignore ce que c’eft qu’un Tuyau ; ainfi nous ne nous occuperons pas ici de le définir : nous nous contenterons de dire quil y en a de plufieurs fortes : les uns font fondus, les autres font foudés. Mais comme cette derniere méthode confomme de la foudure, qui eft beaucoup plus chere que le plomb , & qu’elle augmente la main-d’œuvre , les Ouvriers ne doivent y avoir recours que lorfque les Tuyaux, dont ils auront befoin, feront d’un diamètre trop confidérable pour être fondus ; ils feront alors obligés de partager leurs tables de la longueur <5c largeur convenables, pour la grofîèur des Tuyaux dont ils auront befoin, qu’ils arrondiront & fouderont comme nous le dirons dans la fuite. Ces fortes de Tuyaux font ordinairement de Aines pour les Pompes , Conduites d’eaux de Fontaines, Réfervoirs & Pièces d’eau, dont les eaux font forcées. Mais lorfqu il ne leur faudra que des Tuyaux qui ne paflèront pas 6 pouces de diamètre, on peut fe fervir d’un moule pour les faire : on en trouve depuis 9 lignes de diamètre, jufqu’à 6 pouces. Afin de pouvoir parler de ces deux différentes efpeces de Tuyaux , nous diviferons ce Chapitre en d'eux Articles ; dans le premier, nous traiterons des Tuyaux fondus ; dans le fécond, des Tuyaux foudés.
- Article Premier.
- Des Tuyaux fondus.
- §. I. Des Ufienfiles néeejfaires pour la fonte des Tuyaux.
- On doit avoir un moule & un madrier. Le moule, Fig. i, P/. IX, tel que les Fondeurs en cuivre le livrent aux Plombiers, eft un cylindre creux, ouvert par les deux bouts ; il porte, près un de fes bouts , un entonnoir A, que l’on appelle jet, par lequel on verfe le métal fondu ; fur chacun de fes côtés, il y a deux éminences ou deux goujons B C, qui fervent à l’affermir dans les brides à charnières dont nous parlerons dans la fuite , & quelques ouvertures D D, qui forment des évents ou ventoufes, pour laiffer échapper l’air quand on verfera le métal fondu dans le moule.
- Ce moule eft formé de deux pièces, qu’on nomme côtier es, Fig. 2 ; & ces côtieres rapprochées l’une de l’autre & fermement liées, comme nous le
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- 44 L'ART DU PLOMBIER, &c.
- dirons, forment le moule entier, Fig. i. Il eft fenfible que fi les deux bouts du moule reftoient ouverts, le métal qu’on verfe par l’entonnoir A, s’échapperoit ; c’eft pourquoi on ferme le bout K, Fig. i & 2 9 par une piece de cuivre G, Fig. 3 ; on la voit en place en K, Fig. 2 : on la nomme portée. Elle doit fermer exactement le bout K du moule , & elle eft percée dans Ion milieu pour recevoir un mandrin ou boulon de fer , dont nous parierons dans un inftant, & fermée par une piece H ou /, Fig. 4, qui eft percée dans fon milieu, ainfi que la portée G 9 Fig. 3, pour recevoir le mandrin ou boulon de fer K Z; mais la portée qui entre dans le corps du moule, eft taillée en bec de plume , pour faciliter la liaifon du métal, lorfqu’on fait plufieurs coulées pour faire une longueur de tuyau : on la voit en place au bout L de la Figure 2. Comme il faut qu’elle conforve toujours une même fituation , on lui forme un oreillon M, Fig. 2 <§ 4, qui doit être toujours en haut, pour que la partie la plus longue du bec de plume N 9 Fig. 2 & 4, foit vers le bas : on la voit dans cotte fituation à la Figure 2 , en L.
- Il eft évident que pour que le moule fok complet, il faut joindre lune auprès de l’autre les deux côtierés d’une façon très-fiolide ; cela fie fait par les brides à charnières, Fig. jfÔô; les goujons B C, Fig, ï , entrent dans les ouvertures a, des bridés , Fig..^ & 6, qui font tenues fermées par les pannetons b, même figure, qui entrent dans les ouvertures qui reçoivent la clavette, Fig. 7. Cet ajuftement fie voit en place en O, Fig. 8, où l’on voit qu’au moyen des brides à charnières, le moule eft auïïi folide que s’il étoit d’une feule piece. Les parois intérieurs du moule doivent faire l’extérieur des Tuyaux ; mais pour qu’ils foient creux, il faut établir dedans un noyau cylindrique, que les Plombiers appellent le boulon : on le voit Fig. 9. Il doit être de fer ; on en fait auffi en cuivre pour les gros moules : ceux-ci font creux ; les uns & les autres doivent être plus longs que le moule, bien arrondis depuis Q jufqu’à R, 8c méplats depuis Q jufi> qu’à S ; c’eft la différence qu’il y a entre le diamètre extérieur du boulon, & le diamètre intérieur du moule, qui fixe l’épaiftèur du métal qui formera le Tuyau ; il faut en outre le placer bien exactement dans Taxe du moule , afin que les Tuyaux aient une égale épaifleur dans toute leur circonférence ; cela fie fait aifément au moyen des pièces de fonte, Fig. 3 & 4, qui, comme on le voit en K L, Fig. 2, font enfilées par le boulon de fer.
- Nous avons déjà dit que les ventoufes D D, Fig. 1^8, font deftinées à donner iffue b l’air qui augmente de volume, & fie raréfie par la chaleur du plomb fondu. Comme elles font placées à la partie fupérieure du moule, elles indiquent encore que le moule eft plein, quand on voit le plomb fortir par ces ventoufes. C’eft d’ailleurs pour éviter les foufflures, que la rapidité avéh laquelle les Ouvriers jettent le plomb pourroit occafionner, fi on n’avoit l’attention de donner une iflue à l’air qui eft dans l’intérieur du moule, par le moyen de ces ventoufes.
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- Chapitre IV. Des Tuyaux. 45
- Le moule étant ainfi bien ajufté, on le place fur ce qu’on appelle le madrier ; c’eft une forte table de chêne, -Fig. 10, qui a 16 à 18 pieds de longueur , fur 20 pouces de largeur , & 4 pouces & demi d épailîèur ; ce madrier eft porté par de forts pieds de charpente : il y a vers T 9 une grande ouverture en forme de grande mortaife, qui a 3 pieds de longueur, & 6 pouces de largeur, au droit de laquelle efl: pofé le moule. Il y a vers les deux bouts de cette ouverture, deux fortes traverfes qui font arrêtées avec des boulons, & fermement attachées au madrier : elles font deftinées à foutenir le moule de façon qu’il ne touche point au madrier, qu’il pourroit endommager par la chaleur que le plomb fondu lui communique ; d’ailleurs étant ainfi ifolé, le plomb qui fè répand en le verfànt dans l'entonnoir du moule, ainfi que celui qui fort par les ventoufes, tombe par terre ; 8c afin qu’en rejailliflant il ne brûle pas les jambes des Ouvriers , les deux côtés du madrier font, à cet endrolt, fermés par des planches ou des tables de plomb qui font clouées au bord du madrier, & qui tombent jufqu’à terre*
- On verra dans la fuite qu’à chaque coulure de Tuyau, il faut en tirer le boulon , ce qui exige de la lorce ; c'eft pour cela qu’on établit folidement, vers le bout de la table, un cric X 9 Fig. 10 : il efl compofé d’un arbre de fer a b f Fig. 1 r ; à l’extrémité b, efl un levier en croix ou à moulinet, Fig. 12 , & an milieu une lanterne c, qui engrene dans la roue d9 Fig. 15 , qui efl enarbrée avec la lanterne g, fur l’elfieu ef9 même figure ; la lantern tf engrene dans les dents de la crémaillère X9 Fig. 10. On voit que cet ajuftement multiplie beaucoup la force. Ce cric efl ajuflé au madrier par quatre boulons de fer qui reçoivent tout le cric enfèmble. Par fon moyen , on fort le boulon, ou on le remet en place dans le moule ; car comme le cric agit également d’un fens & d’un autre, il s’enfuit qu’en tournant le moulinet d’un fens ou d’un autre, il peut ou tirer le boulon du moule, ou le remettre en place félon que cela devient nécefiaire.
- Quand on fè prépare à couler un Tuyau , on tire le boulon du moule, 8c on ôte les pièces qui font à fès deux bouts : lavoir, la partie G, Fig. 3,8c celle qui efl en bec de plume ; on ouvre les brides à charnières : on écarte l’une de l’autre les côtieres ; on efluie bien toutes ces pièces, & on les frotte de graifle ; enfuite on remonte le moule, comme nous l’avons expliqué plus haut , au moyen du cric : on met dans l’intérieur le boulon, & alors le moule efl en état de recevoir le plomb fondu qui efl dans la'chaudiere, Fig. 14, & dont on a conduit la fonte, comme nous l’avons expliqué plus haut fort en détail
- Plombier
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- §. IL Du moulage des Tuyaux*
- O n fuppofë que le plomb efl fondu, écume , revivifié , &tout prêt à être coulé ; un Ouvrier ira prendre la cuiller, & il la plongera dans la chaudière } pigm 14, pour la porter pleine à l’endroit où l’on a placé le moule : il en verfera le plomb dans Tentonnotr A, qui efl; fait pour le recevoir, le plus rapidement qu’il fera pofiible, comme on le voit Fig. io ; le plomb fè dilperfera dans toutes les parties intérieures du moule , c’eft-à-dire, depuis la plume jufqu’ à la portée : on attendra quelques inftants pour que le plombait le temps de prendre ; mais il ne faut pas le laifler réfroidir entièrement, pour que le plomb quon jettera dans le moule s’allie & fe foude mieux avec la partie de Tuyau e, déjà moulée, & qui efl; hors du-moule.
- §. IIL De la maniéré de retirer chaque morceau de Tuyau du moule à mefure qiion les coule ; & de ce que deviennent la plume & la portée*
- Quand une fois le plomb aura pris, le Compagnon frappera, avec fon marteau , Fig• ïo, qu’il a toujours devant lui , les clavettes des brides à charnières , & les fera fortir. Il ouvrira le moule, qui efl; fort chaud, avec la pointe de fon marteau, qu’il fera entrer dans fes jointures : il féparera aînfi les deux côtieres , qui tomberont des deux côtés £m leurs brides à charnières ; le Tuyau enveloppera le boulon dont il faut le dévêtir ; un Ouvrier, pour cet effet, pren* dra la branche A du moulinet, Fig. 17, enfuite la branche B, & fiicceffive-ment, & le fera tourner en dedans ; & afin de tirer à lui le boulon, un autre Ouvrier prendra ce premier bout de Tuyau, & le tirera à lui dans le fens contraire, par le moyen de fon rejet qui s’élève toujours au milieu de chaque bout de Tuyau qu’on fond: il efl formé du trop plein , c’eft-à-dire, de tout le plomb qui refle dans l’ouverture du moule ou l’entonnoir A , Fig. 10, parce qu’il vaut mieux en mettre plus que moins : il y prend la forme de cet entonnoir, Sc facilite le moyen de faifir le Tuyau ; on lortira de cette maniéré chaque bout de Tuyau jufqu’au delà de l’entonnoir A, mais non pas tout entier, parce que c’efl: à cette extrémité que doit fe faire l’union du premier plomb qu’on vient de couler, avec celui qui doit être jetté de nouveau dans le moule, pour la continuation du Tuyau.
- La portée G, Fig. 3 , fuira ce premier morceau de Tuyau, parce qu’il faudra tirer le tout enfemble ; ainfi quand le premier bout de Tuyau efl: fait, elle devient inutile, attendu que le Tuyau prend fa place, & arrête le nouveau plomb en bouchant l’ouverture inférieure du moule. La plume H ou /, Fig. 4 ; au contraire, doit toujours refter à fa première place, parce qu’il faut que chaque bout de Tuyau qu’on fond, fe forme fur la plume, pour qu’il prenne
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- Chapitre IV. Des Tuyaux; 47
- mieux; comme nous l'avons déjà dit, au plomb que Ton jettera de nouveau dans le moule, jufqu a ce que le Tuyau ait la longueur qui! convient de lui donner, qui eft ordinairement de 12 à 13 pieds.
- §. IV. De ce quilfaut faire des Rejets à mefure que le Tuyau
- prend de la longueur.
- C o m M e on ne doit jamais manquer de combler les rejets du moule , afin que le plomb qui y furabondera prefle celui'qui eft dans le moule , & le force , par fon poids, d'en remplir tout le vuide ; ce plomb fiirabondant formera autant de rejets, quil faudra couper avec le cifèau Fig* 13, ainfi qu'on le remarque//g*. 16, avec le marteau, parce qu'ils font inutiles à chaque bout de Tuyau que Ton fortira du moule, excepté le premier rejet ; il ne le faut couper que lorfque le Tuyau aura la longueur qu'on veut lui donner : on doit le laiifer, parce qu'il donnera prife pour retirer plus aifément le Tuyau e9 Fig. 10, du moule, à mefure qu il s'allongera par les fontes réitérées. On jettera les rejets dans la chaudière , à mefure quon les coupera , ainfi que le plomb qui eft tombé autour du moule , & qu'on aura le foin de détacher, de même que le plomb quia coulé à terre, s’il eft confidérable, afin de le remettre fondre de nouveau avec celui qui eft déjà fondu.
- §. V. De la façon de retirer les Tuyaux de dejfus le Madrier.
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- O n conçoit que les Tuyaux $ y font par partie ou par bouts qui ont la lon« gueur du moule, qu'il faut ouvrir à chaque bout de Tuyau que l'on forme; Sc comme ces bouts de Tuyau fe joignent les uns aux autres dans le moule, on pourroit allonger autant qu’on voudroit les Tuyaux ; rien nempêcheroit, d'après ce que nous venons de dire, fi on en avoit l'emplacement ; mais ils deviem drqient trop longs : ainfi il faut une réglé & une mefure dans tout ; on doit borner leur longueur à 13 pieds, comme nous l’avons dit plus haut. Quand ils auront cette longueur, il faudra les retirer de delîus le madrier, afin qu'ils faf-fent place à d'autres. On commencera par abattre le rejet f9 qui étoit refté : on fè mettra deux ; on le prendra par les deux bouts, en tenant dans fès mains de quoi s'empêcher de brûler , fur-tout celui qui prendra le morceau qui vient d'être fondu en dernier lieu ; on le pofera dans l'endroit de l'attelier qui lui fera deftiné. Voilà ce qui regarde la fonte des Tuyaux : on recommencera la même opération autant de fois qu’on aura befbin de Tuyaux.
- On ne s’y prend pas différemment pour faire des Tuyaux de 6 pouces de groffeur, que pour ceux d'un pouce de diamètre, le travail eft le même ; & il ny a de différence que parce que le moule, & par conféquent les Tuyaux^ augmentent en groffeur.
- Comme l'emplacement du madrier & la préparation du moule, ne laiflenç
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- 48 ÜA R T DU PLOMB 1ER, &c:
- pas que de demander du temps, les Plombiers ont coutume d'employer tout un jour à la fonte de leurs Tuyaux, fans la difcontinuer : ils en font jufqu’à 30 9 un jour portant l’autre. Ils font de même le jour de la fonte de leurs Tables : ils en fondent toute la journée. Ce jour là on double la paye des Ouvriers.
- On ne parlera point du poids des Tuyaux, parce que c eft à proportion de leur diamètre quils pefent plus ou moins , non-feulement parce qu’il y a plus de plomb dans la circonférence des gros Tuyaux que dans celle d’un petit, mais encore parce que les gros Tuyaux doivent être plus épais que les petits. On ôbfervera feulement qu’il eft indifpenfable aux Plombiers d’avoir chez eux un fléau Sc des balances, pour pefer ceux qu’ils délivrent Sc qu’ils reçoivent, Sc généralement tous les ouvrages qu’ils font Sc que je détaillerai par la fuite, félon l’ordre que je me fuis prefcrit, : on doit voir par-là que quiconque veut faire fà profeffion de l’Art qu’on traite ici, doit avoir un lieu fpacieux pour y établir fon attelier.
- Article Second.
- Des Tuyaux fouies*
- Comme 011 rfa pas coutume de fondre des Tuyaux qui aient plus de 6 pouces de diamètre , ainfi que nous l’avons dit plus haut , parce qu’il ne fe fait point de moule qui furpaffe cette-grofîeur , ou du moins qu’on s’enfèrt très-rarement ; Sc que dans P Art qu’on traite ici, on fe trouve fouvent dans le cas d’en avoir befoin de plus gros, foie pour les Pompes, fait pour les principales conduites des Fontaines, foit pour la décharge des eaux des Pavillons ou des grands toits , on a été forcé d’imagi ner le moyen de rouler des Tables de plomb, que l’on coupe de telle largeur & longueur que l’on veut, proportionnellement à la groffeur des Tuyaux dont on a befoin, afin de fuppléer par là à l’impoffibilité où l’on étoit de pouvoir les faire fondre moulés. Ce travail ne laifîe pas que de demander de radreffe. On pourroit y joindre la coupe des Cuvettes, Sc n’en faire qu’un Chapitre , fi on vouloit fiiivre Inflige des Plombiers, qui paflent un jour entier à difpofer leurs ouvrages à être foudés , afin que toutes les parties étant difpofées, ils n’ayent plus le lendemain qu’à les fouder. Mais on les traitera à part Sc en deux Chapitres différents, afin d’expliquer plus clairement ces differentes opérations : on ne parlera ici que des Tuyaux.
- On diftingue quatre diverfes mains-d’œuvre avant qu’ils puiflent fbrtir de l’attelier: ils doivent i°. être coupés; 20. êtr.e arrondis; 30. ils doivent être fàlis,1 écaillés, & grattés en la partie qui doit être foudée ; 40. enfin ils doivent être; foudés de long. Il convient d’expliquer féparément chacune de ces opérations.
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- Chapitre IV. Des Tuyaux*
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- §. I. Façon de couper les Tuyaux.
- IL faut, pour cette première opération , une table Fig. r , FL X , d’environ 4 pieds de large, fur 16 de long, pour étendre la table de plomb qui doit fervir à faire les Tuyaux dont on a befoin. Le moule qui a fervi à couler les tables fur fable , eft très-propre à cette opération ; les Ouvriers n’auront befoin que de le couvrir, comme nous avons dit qu’on le faifoit lorlqu’on ne s’en fervoit pas pour couler; il faut de plus une équerre Fig. 16, une réglé , un compas, un tire-ligne, un couteau & des battes rondes. La réglé, Fig. 2, doit avoir environ J4 à i(5 pieds de long ; le compas, Fig. 3, efl: fait comme ceux des Tailleurs de pierre ; le tire-ligne, Fig. 4, efl un inflrument crochu 8c tranchant, fait comme une ferpette : il fert à tracer fur le plomb l’endroit où il faut le couper ; le couteau , Fig. f , doit être affez fort pour réfifter aux coups de marteau qu’il reçoit quand on coupe les tables ; fon manche efl court, 8c le tout a environ un pied de long. La batte ronde, Fig. 6, efl un rondeau de bois qui a un manche pris dans la même piece : on s’en fert fouvent en place de marteau, pour frapper for le treteau 9 Sz. for-trvnf* dans r&tte* o^^ration. ütant muni de ces inftruments, yoici comme ilTaut opérer.
- Il faudra prendre une table de plomb en rouleau, que l’on étendra for la table qui fait la couverture du moule à fondre les Tables , comme ôh fa déjà dit. Là première chofe que l’on doit faire , c’eft de commencer par en couper les laifes ou bandes qui doivent faire les Tuyaux. On foppofe qu’on veuille faire un Tuyau de 3 pouces de diamètre dans toute fa longueur ; car il y a des Tuyaux qui font plus gros à une extrémité qu’à l’autre , mais qu’on employé rarement : on prendra 10 pouces for la largeur de la table avec le compas, tant d’un côté ' que de l’autre : on pofera Ja réglé for les deux points qu’on aura tracés ; enfoité avec le tire-ligne , conduit par la réglé, on fera for la table de plomb un trait le plus profond qu’on pourra : on finira de féparer la table par le moyen du couteau & de la batte ronde.
- Si l’on fo trou voit dans le cas d’avoir befoin d’un Tuyau de 3 pouces de diamètre par le haut, & de 2 pouces feulement de l’autre, ( car on leur donne telle forme que l’on veut, félon que les endroits pour lefquels ils font deftinés, lé requièrent, ) on ne prendroit alors que 8 pouces de ce côté là. Du refte la coupe efl la même.
- §. II. De la façon de rouler les Tuyaux*
- I l faut, pour cette opération, avoir des battes plates. Cet outil à 3 pouces de large, & un pied de long, le manche compris : le tout efl d’une feule piece ; la différence qu’il y a entre la batte ronde & la batte plate , c’eft que l’une efl un rondin entier, l’autre n’eftque la moitié d’un rondin, Fig. 7. Lorfquon aura Flombier. N
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- fo VA RT DU PLOMBIER, êc.
- donc coupé ce qu’il'faut pour faire le Tuyau, on tirera fur le bord de la table cette bande de plomb qu’on deftine à être roulée : on appuiera une main deflus, afin de la tenir plus ferme ; de l’autre on prendra la batte plate, & on en frappera les rebords par-defîous de bas en haut, pour en relever les bords : on en fera autant au côté oppofé, en retournant la plaque de plomb que I on frappera juf-qu’à ce quelle foit arrondie, & que fes côtés foient fi bien appliqués l’un contre l’autre & fi bien joints, qu’on ne puifle point y paffer la lame d’un couteau. Cette opération exige toujours une adrefle qu’il eft difficile de décrire : c’eft une fcience que l’on acquiert par fufage. Ainfi on le contentera d’indiquer en général la maniéré dont il faut s’y prendre ; tout ce qu’on peut en dire , c’eft v qu’on voit de ces Tuyaux fi bien travaillés, qu’il feroit impoflible de connoître s’ils ont été moulés ou roulés, fi l’on n’appercevoit pas l’empreinte de la fou-dure avant de palier outre.
- Il eft bon d’obferver qu’il ne faut pas changer d’opération, que l’on n ait roulé tous les Tuyaux dont on peut avoir befoin, pour mettre plus d’ordre en Ion travail.
- §* III. De la maniéré de Us falU • écailler & gratter.
- Après qu’on aura arrondi fes Tuyaux de la façon qu’on le voit, Fig. i y, il faut les écailler ou aviver aux endroits où l’on veut que la foudure prenne, parce que la lurface du plomb fe falit aifément, & eft toujours enveloppée, félon le terme des Plombiers, d’une crajje qui fait couler la foudure & l’empêche de s’attacher au plomb ; au contraire, il faut les fàlir aux endroits où l’on ne veut pas que la fou-; dure s’attache, & où elle feroit inutile. Mais avant tout, comme le Tuyau eft rond, il faut, pour l’empêcher de rouler, l’appuyer des deux côtés par de petites cales ou plufieurs petits chevalets qui foutiennent ou embrafïènt les Tuyaux par-deflous : ils font de plomb, & ce font les Plombiers qui les font. On en voit un dans la Vignette en a , Fig* 8 : onafleoit les Tuyaux fur ces chevalets.
- On aura enfuite de la terre grafle que l’on détrempera dans de l’eau ; on en frottera le pourtour de chaque Tuyau, comme on le voit à la figure il, en A j afin que la foudure qui coulera fur le Tuyau, fè détache aifément des endroits où elle eft inutile. On commence par cette opération, crainte que quelques écla-bouflures de terre graffe ne tombent à l’endroit des jointures du Tuyau, où il faut nécefîàirement que la foudure s’attache; enfuite on prendra le cifeau & les battes rondes. Le cifeau eft fait à peu-près comme ceux des Maçons, & eft repréfenté à la Planche de la fonte des Tuyaux, Fig. 13 : on fe fert encore du grattoir, Fig* p ou 10 , & avec ces outils on avive ou écaille le Tuyau d’un bout à l’autre, à l’endroit où il doit etre foudé, de la largeur de 2 pouces, comme on le voit en C, Fig. il. Quand on aura donc fali & écaillé les Tuyaux qu’on aura roulés , il faudra les fonder comme nous allons l’expliquer.
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- Chapitre IV. Des. Tuyaux. 51
- §. IV. De la façon de préparer la Soudure.
- Pendant qu’on difpofera les Tuyaux à être foudés, il faut que d’autres Ouvriers préparent la foudure. C’eft un alliage d’étain & de plomb ; la quantité quil faut de l’un & de l’autre pour faire un bon corps de foudure, eft deux tiers de plomb fur un tiers d’étain. On mettra dans la chaudière de l’un & de l’autre de ces métaux dans la proportion que nous venons d’indiquer ; enfuite on allumera le fourneau, & on fera fondre la foudure comme nous avons dit au Chapitre où il eft traité de la fonte du plomb : on l’écumera de même ; on aura feulement foin de mettre à part l’écume qui en proviendra, parce qu’elle refervira à faire de la foudure en la révivifiant par le rafinage, comme on le dira dans le treizième Chapitre de cet Ouvrage. Outre qu’on y perdroit fi on la mélangeoit avec l’écume du plomb , parce qu’on n’en retireroit plus de la foudure , mais du plomb ; c’eft que d’ailleurs elle aigriroit le plomb, & lui oteroit fa première bonté.
- §. V. De la maniéré de Jouder les Tuyaux•
- Pour cette opération, il faut avoir un fer à fouder & de la poix-réfine; Le fer à fouder dont les Plombiers fe fervent , eft un barreau de fer A, Fig. 12, qui en forme le manche , au bout duquel eft un morceau de fer en forme de cône B ; mais la pointe du cône doit être moufle, & formée à peu-près comme le petit bout d’un œuf de poule. Comme quand le fer eft chaud, on fe brûleroit en le prenant par le manche A, on enveloppe cette partie* avec deux morceaux de bois creufés en gouttières C. Les fers à fouder , Fig. 12 & 13 , ont environ un pied de longueur; il faut, pour s’en fervir , les faire rougir dans le feu ; alors pendant que le fer chauffera, on doit faire un nœud ou attache de foudure à chaque bout du Tuyau, afin d’empêcher que la grande quantité de foudure qu’on eft obligé d’y verfer pour la faire prendre, ne le fafle entrouvrir. Quand ces nœuds de foudure auront pris, prenant de la foudure fondue dans une cuiller, on en verfera d’un bout à l’autre, comme on le voit en B , Fig. 1 r. Un Ouvrier prendra le fer avec la poignée de bois dont nous avons parlé > pour qu’il puiffe le tenir & l’employer à fon ufàge fans fè brûler , comme on le voit en D, Fig. 8 & 11 ; il l’appliquera fur la foudure qui fera verfée fur le Tuyau après l’avoir frotté de poix-réfine, afin qu’il ne s’étame point & coule mieux fur la foudure, qui ne doit refter attachée au Tuyau que dans la quantité qu’il en faut pour le fouder. Il faut avoir le foin que la foudure ne fafte pas de groffeur, mais foit unie, ainfi que le refte de la circonférence du Tuyau. Pour que la foudure prenne bien, il faut que le Tuyau foit échauffé par le fer ; cependant il le faut paffer légèrement, mais on ne doit pas ménager la foudure. De là vient qu’il en faut environ 10 livres pour fouder un pied de Tuyau; ce n’eft pas
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- L’ART DU P LO MB I E Ry &c.
- que toute cette foudure, comme on vient de le dire, refie au Tuyau ; il n’en demeure au contraire qu’une couche de quelques % nes, qui peut être évaluée à une livre par chaque petit Tuyau, & les autres à proportion ; mais c’eft afin quelle réchauffe le Tuyau, & s’y prenne mieux : celui qui la verfera fur le Tuyau , aura donc foin de ne pas la ménager.
- Il feroit impoflible qu’une aufll grande quantité de foudure ne fe fît pas quelque paffàge a travers le Tuyau, for-tout à l’endroit où l’écaillure l’a le plus aminci ; c’eft pourquoi il fe formera quelques épingles en dedans du Tuyau ; mais c’eft peu de chofe, on les lailfe, parce qu’elles ne font point un obftacle au courant de l’eau.
- §, VI. Maniéré de détacher du Tuyau la foudure inutile,
- & de ce qu il en faut faire,
- Quand le premier Tuyau fera une fois foudé, on en arrachera la foudure inutile : il faudra fo garnir les mains pour pouvoir la prendre làns fo brûler ; on la détachera fort aifément par le moyen d’une terre grafle qu’on y aura mifo tout au tour, & qui aura empêché qu’elle fît corps aycc le plomb • on la rapportera dans la chaudière, afin qu elle s’y fonde de nouveau ; enfuite on frottera le Tuyau avec un torchon mouillé pour l’approprier : on le retirera de defliis les chevalets en le prenant par les deux bouts, & on le placera dans un coin de l’attelier, où l’on y amoncellera tous ceux que l’on aura foudés, comme on le voit dans la Vignette , Fig. 14. On fera la même opération pour tous les autres Tuyaux.
- On aura le foin, à la fin de ce travail, de balayer les écaillures de plomb } afin de les mettre en un coin pour en tirer parti ? ainfi quon le dira en fon lieu.
- CHAPITRE
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- Chapitre V. Des Cuvettesi
- S3
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Des Cuvettes.
- A près les Tuyaux pour diriger les eaux, ce qu’il y a de plus nëcefîaire dans les maifons , for-tout dans celles où il y a plufieurs locataires , ce font les Cuvettes : on les a imaginées pour que ceux qui logent un peu haut, n aient pas l’incommodité de defoendre pour fe défaire de leurs eaux, & puiffent les jetter fins nuire aux autres locataires. Elles peuvent recevoir jufqu’à un feau d’eau à la fois : elles tranfmettent les eaux qu’on y verfe , dans un tuyau qui leur eft joint, & qui defcend jufqu’au rez-de-chauffée.
- Il y a plufieurs fiecles qu elles ont été inventées ; mais on n’en fiit pas précis fément l’époque.
- U y en a de plufieurs fortes ; les unes font faites en forme de hotte , les autres font auffi faites en forme de hotte , mais en meme i-emps angulaires ; les autres font rondes ; les autres lont enfin quarrées. On les fait de ces différentes formes , félon l’endroit où on eft obligé de les placer : on met indifféremment les Cuvettes à hotte ou rondes fous les fenêtres ; les angulaires font faites poui; les encoignures des murs, SC ne peuvent fervir ailleurs.
- Pour parler de toutes ces Cuvettes , nous diviforons ce Chapitre en trois Articles. Dans le premier, nous parlerons des Cuvettes à hotte, & des Cuvettes angulaires; dans le fécond, des Cuvettes rondes j & dans le troiûeme enfin a des Cuvettes quarrées.
- Article Premier.
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- Des Cuvettes a hotte.
- Toute Cuvette eft compofée de trois pièces: il n’eft que leurs noms qui changent. Il faut, pour former la Cuvette à hotte, figurer un doffier A A, Fig:
- un devant B> & une crapaudine défignée par la ligne ponéluée C. Le doffier eft la piece de plomb A , Fig. 1 & 2 , qui eft appliquée contre la muraille; le devant eft ce qui forme la hotte B , Fig. I & 2; enfin la crapaudine eft une piece de plomb C, Fig. 1, 2 & 11, percée à jour , qui eft placée & foudée dans l’intérieur de la Cuvette, pour empêcher que les ordures qui peuvent fe trouver dans les eaux qu’on jette, ne partent dans les Tuyaux D, Fig. 1 & 2 , & ne les engorgent : elle les retient dans la Cuvette , d’où il eft plus aifé de les enlever £ que de les arracher du Tuyau où elles auroient paffé, fi elles n’avoient pas trouvé un cbftacle en leur chemin, & quelles auroient engorgé.
- Fjlqmbier* O
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- LA RT DU PLOMBIER, êc.
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- \ • §. L De la manière de les couper*
- I l faut d’abord mettre le morceau de plomb* dont on veut fe fervir* fur une table , comme on le voit dans la Vignette * Fig. 3, & en ôter leslaifes ou bavures ; enfuite avec le compas A, on commencera par tracer & couper le doffier, comme on l’a repréfenté Fig. 4 : on tirera donc la ligne A B, Fig» 4 CF y * qui en marquera la hauteur Sc le milieu. On fuppofe qu’on ait befoin d’une Cuvette à hotte de 2 pieds Sc demi de haut * Sc d’un pied Sc demi de large ; on prendra avec le compas là hauteur * qu’on marquera par les lignes C D EF; enfuite on prendra fur cette hauteur un pied, pour faire ce qu’on appelle le haut de la Cuvette* Sc l’on fera les feétions 93 * IK* pour avoir une ligne droite, Sc on tirera celle qui efl: marquée par LM. Si on ignoroit comment fe font ces feétions* on fe ferviroit fimplçment de l’équerre. •
- On prendra fur les lignes CD LM, $ pouces de chaque côté de la ligne A B9 ’Sc on tirera les lignes N, O , qui marqueront la largeur du haut de la Cuvette.! On prendra enfuite fur la ligne EF, 3 pouces de chaque côté de la ligne AB 9 pour faire le bas du doffier ; Sc on tirera les deux lignes R, S* en iaifiànt aux quatre coins du bas du doffier * les petites oreilles & x y\ y de la façon qu’elles font repréfentées* Fig. y & 8; par cette opération* on aura un doffier avec toutes fes proportions * Sc il n’y aura plus qu’à le couper avec le couteau Sc la batte ronde * en fuivant les lignes tracées pour marquer l’endroit*de la coupe* dans la maniéré qu’on le voit Fig. J* où l’on a repréfenté le même doffier détaché de la table * à laquelle il tient encore dans la Figure 4,
- Le devant de la Cuvette ne demande pas une moindre attention* ainfi qffion -le voit à la Fig. 8. On commencera par tirer fur la table de plomb Fig. 6nquî doit fournir le devant de la Cuvette* la ligne A B* qui la divifo en deux. Comme le devant doit avoir la hauteur du bas du doffier* il faudra meforer la diftance qu’il y a de la ligne L M, Fig. 4 * à celle E F ; on pointera avec le compas cette même hauteur for le morceau de plomb dont on vient de parler* & d’où l’on veut tirer le devant de la Cuvette * Sc on tirera les mêmes lignes E F, LM, Fig. 4 E 6, pour marquer la hauteur qu’il doit avoir.
- Comme ce devant étant joint à fon doffier* doit faire un demi-rond parfaits fi le doffier a un pied & demi de large* du pourtour 0 au pourtour Q , Fig. y , il faut que le devant ait 2 pieds î pouce feulement * parce qu’il faut que le doffier déborde d’un pouce environ de chaque côté* pour recevoir la foudure* autre* ment ce devroit être 3* pouces au lieu d’un, par la raifon que la circonférence a toujours deux tiers de plus que le diamètre; & comme le devant de la Cuvette doit faire la moitié de la circonférence * il doit avoir la moitié en-deffius de cè qu à fon doffier : il faudra garder la même proportion dans tous fes points.
- Ainfi on prendra for la ligne L M * Fig. 6 , un pied Sc demi de chaque
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- Chapitre V. Des Cuvettes; y y
- côté de la ligne A B, pour faire le haut du devant de la Cuvette ; on prendra enfuite for la ligne E 4 pouces St demi pour faire le bas , & on tirera les deux lignes R , S , en laiifant aux quatre côtés de ce devant de Cuvette , les petites oreilles ux y ainfi qu’on les a laiflees au doffier. Comme le haut du devant de chaque Cuvette, eft toujours en forme de bourrelet, il faudra avoir foin de prendre de quoi le faire ; pour cet effet on pofera le compas 6 pouces au-deftiis de la ligne L M fur la ligne B, c’eft-à dire, dans le milieu : on en fera fon point central, ou 1 on pofera une branche du compas ; St après avoir pris la hauteur du devant de la Cuvette, on tracera fur la ligne B du milieu de LM la courbe P Q; enfuite il n’y aura plus qu a couper, fur le tracé, la table de plomb , comme on a fait pour le dolfier.
- §. IL De la façon de travailler le devant de la Cuvette a hotte;
- Il faut d’abord obferver que la table de plomb n’eft pas fi propre du côté du fable que de l’autre côté, & qu’il faut cacher'autant qu’on peut cette petite difformité. On aura donc foin de mettre en dedans de la Cuvette, le cote du doffier le plus propre , parce que c’eft à cet endroit qu’il eft le plus vifible. Il faut faire tout le contraire pour le devant de la Cuvette ; fon côté le plus uni doit être en dehors , St le côté fale en dedans ; ce n’eft pas une exception pour les Cuvettes , la propreté que demande chaque ouvrage qu’on fait en plomb ,
- ,exige qu’on ait cette attention pour tous généralement*
- U s’agit à préfent de donner au devant de la Cuvette la forme qu’il doit avoir. Pour cette opération, il faut avoir un Bourceau, Fig, 7: &, avec cet infiniment , commencer par faire le bourrelet du devant de Cuvette ; pour cet effet,’ on doit l’appliquer for une table , St rebrouïfer fes bords en dedans ; on formera ainfi ce qu’on appelle le Bourrelet B, Fig. 8: on arrondit enfuite le corps du devant de Cuvette en le frappant en dedans, puis en dehors, comme fait dans la Vignette, l’Ouvrier Fig. 9, St on le force ainfi à prendre la forme que repréfente la figure 8 , le plus régulièrement qu’il eft poffible. A préfent qu’on a apprêté fes morceaux de Cuvette , il faut fe diipofer à les joindre en les fou-; dant, afin de la completter.
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- §. III* Préparatifs avant la Soudure;
- Il faudra falir d’abord les'rebords du devant de chaque Cuvette, aux endroits ou on ne voudra pas que la foudure prenne , enfuite l’écailler tout autour environ ‘ d’un pouce aux endroits où l’on voudra que prenne la foudure : on en fera autant au doffier , qu’on falira en deflous, afin de reprendre aifément la foudure qui s’y attachera. Quand cette première opération fera faite, on joindra le devant de la Cuvette By avec fon doffier A A, Fig. 1, St on les attachera enfemble avec les
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- p TART DU PLOMBIER, 6c
- oreilles u x y {, qu’on a dit qu’il falloir laiffer aux quatre coins du doflier A A & de fon devait B, ainfi quelles font repréfentées Fig. j & 8. On a imaginé ces oreilles ou attaches, afin de maintenir le doflier & fon devant dans la pofition qu’ils doivent avoir fur la table, Fig. io , de la Vignette, pour qu’ils puiffents £tre foudés facilement.
- §. IV. De la maniéré de fonder le tout enfemble;
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- L o R s Q u E le devant de la Cuvette fera fàti, écaillé 8c attaché à fon doflier, on la tournera fur le côté; un Ouvrier verfera dans leur jointure de la foudure qui coulera d’un bout à l’autre. Il faut qui! commence par le milieu ; afin que la chaleur de la foudure ne fonde pas les oreilles qui les tiennent attachés. Quand la première foudure aura pris, on redoublera la dofè, parce qu’il n’y aura plus aucun rifque : on la frottera enfuite de poix-réfine, & on y appliquerai fer à fouder, afin qu’il ferve lui-même à réchauffer le plomb & à faire couler la foudure inutile, pour n’y en laifler que ce qu’il faut. On fera la même chofe de l’autre côté, comme on le voit dans la Vignette, Fig, ioJ alors la Cuvette commencera de prendre la forme qu elle doit avoir.
- §. V. Du Nœud de foudure qui! faut faire â chaque Cuvetteï
- Pour la plus grande commodité, on a coutume de pofèr à chaque Cuvette un' bout de tuyau D, Fig, i & 2 , pour la rendre complette ; par ce moyen on évite Une foudure qui deviendroit fort difficile, s’il falloit la faire fur les lieux mêmes ^ ou fouvent c’eft tout ce qu’on peut faire que de la pofèr ; mais par le moyen de ce tuyau D de jointure, on diminue la peine , parce qu’on n’a plus qu’à faire entrer les tuyaux les uns dans les autres , c’eft-à-dire, le tuyau £) dans les autres qui forment la deïcente, ce qui eft plus àifé que de les fouder. Pour cet effet il faut avoir un bout de tuyau , d’environ 2. pieds de long, que Ton fera entrer dans le bas de la Cuvette d’environ 2 pouces ; on falira de nouveau & on écaillera le tout enfemble environ de 4 pouces tout autour: on fera, ce qu’on appelle en terme de l’Art, un Nœud de foudure E, Fig. I 62, afin que leur jointure foit plus folide ; ce nœud E doit régner tout autour du haut du tuyau & du bas de la Cuvette. Pour cette opération, il faut coucher fà Cuvette, & recevoir par* deffous avec un morceau de coutil, la foudure qu’on y verfè afin de retenir 8c appliquer la foudure contre le plomb ; il faut en même temps frotter cette fou-dure de poix-réfine , 8c y paffer le fer à fouder. Ce n’eft pas la feule occafion oiv les Plombiers emploient les nœuds de foudure ; ils joignent de la même maniéré tous leurs petits tuyaux de fontaines, c’eft-à-dire, tous ceux qui font fondus & non roulés , comme je le dirai dans le Chapitre qui traite de ces matières. Quand on aura fait cette opération tout autour de la Cuvette , elle aura la forme qu’on lui voit dans la figure I* §. VI*
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- Chapitre V» Des Cuvettes,
- §. VI. De la façon de faire & de pofer la Crapaudine.
- t a Crapaudine fè met dans le fond de la Cuvette, environ 3 pouces au-deflu£ du nœud de loudure , c’eft-à-dire , à l’endroit de la ligne ponéluée C, Fig, 11 elle doit être en dedans , Comme on le voit dans la coupe Fig, 1 , par la ligne C , qui marque la place qui lui eft deftinée. Il faut mèfiirer la grandeur qu a, à cet endroit, la Cuvette à laquelle on veut la mettre ; d’après cette connoifîance , on coupera un morceau de plomb qui doit avoir la forme d’un demi- cercle > comme on le voit Fig, r r : on tracera un double cercle en dedans, environ à un pouce de fon bord , parce que ce rebord eft néceftàire pour prendre la fbudure* Il faudra enfuite avoir un emporte-piece, Fig, ti ; c’eft un infiniment d’envi-ron 8 pouces de long ; on frappe avec le marteau fur le Corps du poinçon A ; fon autre bout B eft comme un tuyau tranchant par fes bords : il eft fenfible qu’en pofant la partie B de cet outil, fur le plomb , Fig. t î, on forme des trous * & que le morceau de plomb qui eft emporté, entre dans la partie évafés du tuyau B : étant conduit par les traits de Compas, on perce allez régulièrement la quantité de trous qu’on juge convenable, comme fait, dans laVignette, l’Ouvrier Fig, 13. Ces crapaudinês laiftent un libre paftàge à l’eau, Sc retiennent les ordures qui pourraient engorger les tuyaux*
- Quand cette Crapaudine fera faite , ôn la pofera dans la Cuvette, qu’on fàlira & qu’on écaillera tout autour, ainfî qu’on l’a marqué Fig, 2., par la ligne C; enfuite on y coulera de la loudure, & on obfervera tout ce qui a été dit à foc-* cafion des autres foudurès ; on retirera enfuite tout le plomb qui s’eft attaché à la Cuvette qu’on vient de foudér, pour le faire refondre de nouveau il on en a beloin ; enïhi on lavera la Cuvette , & elle fera prête à être pofée.
- On ne donnera pas une defcriptiôn particulière des Cuvettes angulaires, parce qu’elles fe font de la même maniéré que celles dont on vient de parler ; toute la différence conlifte dans leur dolfier, qui eft angulaire, parce qu’elles font faites pour être placées dans l’encoignure des murs, & que ces endroits demandent qu’elles ayent cette forme. On conçoit qu’il faut que les Crapaudinês ayent une forme angulaire ou ronde, pour qu’elles conviennent aux Cuvettes où on .veut les placer.
- Article Second.
- De la maniéré de faire les Cuvettes rondes*
- Les Cuvettes rondes font faites comme les Cuvettes à hotte, de trois pieCes rapportées, qui font un fond, un pourtour, & une crapaudine î il eft vrai que plufieursn’ont pas de crapaudine; mais alors elles font fujette's à s’engorger, & ce n’eft point un ménage pour les particuliers, que d’épargner une petite plaque de plomb & quelques façons.
- PLÔMjBÏÉRi . £
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- *$8 £ART DU PLOMBIER, &c.
- On mefurera d’abord la grandeur du fond A, Fig. 14, que l’on veut donner à ces efpeces de Cuvettes : on s’y prendra, pour le tracer & pour le couper, comme nous l’avons dit plus haut ; on mefurera enfuite de quelle hauteur doit être le pourtour BBy qu’on veut lui donner. On prendra en conféquence la grandeur de la circonférence du fond A : on tracera & on coupera fon pourtour B B ; d’après ces mefures, il n’eft pas néceflaire que leur fond A déborde leur pourtour B B, attendu qu’on les foude en dedans , parce qu’on a Vaifànce de le faire : c’eft le contraire des Cuvettes à hotte ? qu’on eft obligé de fouder en dehors, attendu qu’étant contraint d’appliquer le devant des Cuvettes tout entier fur fon dolîîer avant de les fonder enfèmble, il empêche que l’Ouvrier puifîe y appliquer commodément la foudure ; c’eft pourquoi il le fait en dehors : c’eft ce qui a fait imaginer les petites oreilles avec lefquelles on les attache.
- On commencera par faire un bourrelet C à l’extrémité du pourtour B, pendant qu’il n’a aucune forme : on s’y prendra comme pour les devants des Cuvettes à hotte ; on en fera autant à toutes les Cuvettes : on arrondira enfuite le pourtour avec la batte ronde, pour lui faire prendre la forme du fond A, auquel il doit être fondé, l’Ouvrier l’appliquera enfuite fur fon fond A , ainfî qu’on le voit Fig. 15*, le fbudera Sc donnera au tout la forme qu’ont les Figures 14 & 16.
- On peut leur faire un doffier A, Fig. x6 , pour les clouer, 011 bien on les attachera avec des crochets ; on y fbudera enfuite la crapaudine en D, après l’avoir percée avec l’emporte-piece A, & le marteau C9 comme on le voit dans la Vignette Fig. 13.
- On conçoit qu’il faut enlever une plaque de plomb du fond A, pour lui mettre une crapaudine : c’eft cette même plaque de plomb dont on fe fert ; on ne fait que la percer & la remettre à fà place, après y avoir foudé un bout de tuyau E, Fig. 14, en s y .prenant comme je l’ai dit à l’occafion des Cuvettes à hotte.
- Article Troisième,
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- Des Cuvettes quarrêes.
- Les Cuvettes quarrées ne font pas plus difficiles à faire que les rondes ; il n’y a de différence que dans la façon de les couper. Leur fond A , Fig. 17, ainfï que leur pourtour B B, eft quarré : on les foude en dedans comme les Cuvettes , mondes ; il n’eft donc pas néceffaire que le fond A déborde leur pourtour B B : il faut leur attacher également un tuyau pour que les eaux puiffent s’évacuer.-Pour cet effet on prend la mefùre du tuyau qu’on veut leur joindre, afin de recevoir les eaux , & leur donner paffage : on coupera, d’après cette groffeur, une plaque de plomb dans le fond de la Cuvette, à l’endroit convenable : on leur foudera le tuyau, comme on l’a déjà dit.
- On prendra enfuite le morceau de plomb qu’on a enlevé, on le mettra à
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- CiTAPitRE VI. De la pofe des Chaîneaux, Gouttières, &c: $p
- jour avec Femporte-piece, & on le refoudera à l’endroit d’où il a été retiré. C’eft la même opération pour toutes les Cuvettes.
- On n’entrera pas dans les différents détails qu’exigeroit la defcription des ouvrages de fantaifie ; on ne s’eft propofé ici que de donner la façon dé’travailler ceux qui font les plus ufités dans la Société.
- Après les détails où nous fommes entrés, les Ouvriers ne feront pas embar-rafles pour exécuter plufieurs ouvrages qui fe préfenteront en différentes occa-’ fions, & qu’il n’eft guere poffible d’imaginer.
- CHAPITRE SIXIEME.
- De la pofe des Chameaux , Gouttières, Godets, Noues, Faîtages, Tuyaux de defcente, Cuvettes, SCc.
- Apkè s avoir expliqué la maniéré de faire des Tuyaux fondus, ainfi que des Tuyaux foudés ; après avoir donné la façon de faire des Cuvettes de différentes eipeces 7 Sc avoir profité de ce qui regarde ces différents ouvrages , pour expliquer comment on fait différentes fortes de foudures , nous allons parler de la pofe des Plombs fur les bâtiments , dans lefquels nous comprendrons les Tuyaux & Cuvettes que nous venons de décrire. Nous aurons occafion de parler des Gouttières entre deux bâtiments, & dans les Noues ; nous ferons voir de quelle façon on difpofe les Tuyaux de defcente, & les Cuvettes qu’on met à différents étages pour la commodité des locataires, & deftinées à recevoir les eaux du ciel, afin d’en garantir les bâtiments auxquels on les adoffe ; nous dirons un mot des Faîtieres qu’on place au haut des bâtiments Sc fur les arêtiers. Toutes ces chofes étant du diftriét du Plombier, nous ne devons pas négliger d en parler.
- Nous diviferons donc ce Chapitre en huit Articles. Dans le premier, nous traiterons de la conftruétion & pofe des Chaîneaux ; dans le fécond , de la conf* truélion & pofe des Gouttières ; dans le troifieme, de la conftruélion & pofe des Godets ; dans le quatrième, de la conllruéHon & pofe des Noues ; dans le cinquième , de la conftruélion & pofe des Faîtages ; dans le fixieme, de la pofe des Tuyaux de defcente ; dans le feptieme, de la pofe des Cuvettes ; dans le huitième enfin, de la façon de dégorger ces Tuyaux*
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- VA RT DU PLOMBIER, &c.
- Article P r e m i e r.
- Des Chameaux.
- S i , fur les bâtiments un peu conftdérables, on laiflbit Peau s écouler par les égouts , elle mouiileroit les murailles, qui en feroient fort endommagées , fur-tout les crépis. Sur les grands bâtiments, comme font les Eglifes, on reçoit Peau des toits dans de grandes gargouilles de pierre ; mais les murs des maifons particulières , même des châteaux , n’étant pas aflez épais pour fupporter cette conftruétion, on raflemble l’eau des toits dans des conduits de plomb , qu’on .appelle des Chaîneaux. Ges Chaîneaux ayant une pente, conduifent les eaux à <des Cuvettes qui font faillie pour porter l’eau loin des murailles , ou dans des "Tuyaux de delcente, qui la rendent jufqu’au niveau du pavé,
- §. I, Conjlruclion des Chaîneaux*
- O N prend lur le bâtiment, la longueur, la largeur & la profondeur qu’ils ^doivent avoir ; car il eft fen/ible que ceux qui doivent recevoir l’eau d’un grandi toit, doivent et replu s larges & plus profonds que ceux qui ne doivent recevoir que peu-d’eau. D’après ces melures, on coupe à la boutique les tables de plomb !de largeur, & on en prend une longueur proportionnée à l’étendue de l’ou* Vrage. Comme on leur donne la forme qu’elles doivent avoir fur le lieu où on doit les pofer , on les porte au bâtiment.
- L’affife des Chaîneaux L, Fig. i, PL XI /, doit être d’abord faite ou en plâtre j par le Maçon, ou en bois, par le Charpentier, & avoir une largeur & une pente convenables ; cette affife doit toujours avoir un peu de pente vers le devant ou la partie du Chaîneau A B, qui s’élève verticalement.
- Le Plombier commence à faire un bourrelet à la partie A B qui eft oppofée au tnur: nous avons expliqué comment on fait ce bourrelet en parlant des Cuvettes, Chap. Vy on les plie dans leur longueur, pour que le fond du Chaîneau M, porte fur fon affife L , que le devant A B s’élève perpendiculairement, Sc que l’autre bord C de la table de plomb aille, en relevant, recouvrir un peu la fabliere N de la charpente.
- Pour que le plomb, qui eft flexible Sc pelant, ne le déforme pas, on pôle le Chaîneau fur des crochets de fer, Fig. 2 , qui ont environ un pied de longueur , qu’on attache à un pied les uns des autres, à la làbliere N , Sc qui repo-fent fur l’affife L ; de plus , on cloue le bord poftérieur du Chaîneau fur la làbliere N , comme on le voit en O , Fig. 1 , ou en P y Fig. 11, où deux Ouvriers mettent un Chaîneau en place lur un bâtiment.
- Il eft fenfible qu’on ne peut pas faire une longue fuite de Chaîneaux d’une feule
- table
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- Chapitre VL De la pofe des Chaîneaux 9 Gouttières, èc. fiï table de plomb ; c’eft pourquoi on en foude les uns au bout des autres autant qu’il en faut pour faire toute la longueur. Comme nous avons amplement expli* que la maniéré de faire différentes foudures, nous ne nous y arrêterons pas pour le préfent*
- Article Seconïh 7
- Des Gouttières.
- Quand deux toits Ay Bf Fig. 12, étant oppofés l’un à Vautre, les deux égouts le rendent à un même endroit, comme für la muraille C, il faut placer à cet endroit un canal de plomb qui en reçoive les différentes eaux, pour les porter au bout des toits: c’eft ce qu’on appelle une Gouttière. La table de plomb qui la forme, n’eft point bordée par un bourrelet : elle fe termine par les deux bords, ainfi qu’on le voit dans la partie M du Chaîneau que repréfente la Figure 1 ; chaque bord eft cloué fur les fàblieres de la charpente ; comme elle eft foutenue dans toute la longueur par le mur fur lequel elle repofe t on n’y met point de crochets , & les ardoifes doivent former un égout qui recouvre les bords de la table de plomb , comme on le voit en C • par le moyen du niveau Fig* 14}, on lui 4onne la pente qu'on veut.
- Article Troisième*
- Des Godets*
- Îl y a, outre les Gouttières dont nous venons de parler, des Gouttières îàillantes, que les Plombiers nomment Godets G > Fig. 1, qu’on place à la partie la plus bafïe des Chaîneaux ou des Gouttières dont nous venons de parler, pour que Peau ne bavé point contre les murs.
- Comme ces Godets ou Gouttières font pelants & ont beaucoup de porte-à-faux , on commence par établir une barre de fer Z, Fig. 1, qui étant defîous * doit fbutenir le poids du plomb ; pour lui donner encore plus de confiftance, on met fur cette barre une, deux, ou trois embralùres K, Fig. 1, qui retiennent lô plomb dans la fttuation ; enfuite on prend une table de plomb de 4 ou | pieds de longueur, au bord de laquelle on forme des deux côtés, & dans toute fa longueur, un bourrelet : on courbe cette table dans toute fa longueur , pour former un canal, on la pôle for les crochets Kj & fi on la met au bout de la Gout-iere C,Fig. ia , on la foude à cette extrémité ; niais fi l’on veut ajufter ce Go-Jet à un Chaîneau ? on fait dans la partie baffe , où toutes les eaux doivent le rendre , une ouverture F H, Fig. I, au côté du Chaîneau qui fe releve vertical lement. Quand on a pofé le Godet fur la barre de fer Z, qui doit le fupporter, on le loude au Chaîneau en iZ
- Depuis quelque temps , il eft défendu de mettre de pareils Godets ou Goût** tieres fur la rue, aux maifons qu’on bâtit; mais on laiife fubfifter & réparer cQut Plombier. ' Q
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- #2 f L’ART DU PLOMBIER, 6c,
- qui font établis avant le Réglement ; & il eft toujours permis d’en mettre dan£ les cours, pour éviter les tuyaux de defcente: car par le Réglement, il eft ordonné de faire aboutir les eaux des Gouttières C, Fig. 12, ou des Chaîneaux A B, Fig. 1, à des tuyaux tels que IK, Fig. 11, qui rendent 1 eau fur le pave.’ Nous expliquerons comment on pofe ces tuyaux ; mais auparavant il faut dire quelque chofe des Noues.
- À R £ î CIE Q U A T R I I M Des Noues.
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- Qu a n d deux toîts fe jettent l’un fur l’autre, la partie A B, Fig. 13 , ou ils Te rencontrent, Te nomme une Noue.
- On voit dans l’Art du Couvreur, qu’on en fait en tuiles ; mais elles ne font pas bonnes ; celles en ardoifes font meilleures : mais fans contredit celles en plomb font préférables. Pour les faire, on pofe une Gouttière de bois de A en B, pour fou tenir; celle de plomb, qui s’attache fur, la Gouttière de bois qui eft creufée dans une petite poutre, précifément comme en C , Fig. 13 , dont elle ne différé que parce qu elle eft fort en pente , Sc le Couvreur doit faire en C 8c en D deux petits égouts qui rendent l’eau des deux toits dans la* Noue de plomb ^ d’où l’eau fe rend ou-dans un Chain eau, ou dans un Godet, comme nous Payons dit plus haut. .
- ArTÎCU C I N Q U I E M
- > • ;
- Des Faîtages.
- "Sur les bâtiments couverts en tuile, on couvre le faîte avec de grandes tuiles creufes qu’on pofe à mortier, ainfi qu’il eft expliqué dans l’Art du Couvreur. Il y a des Couvreurs allez adroits pour former en ardoife le faîte des bâtiments ; mais cela eft fujet à bien des réparations , 8c on ne peut pofer de/lus ni cordes nouées ni deux échelles en chevalement, comme on l’a repréfenté dans l’Art du Couvreur, PL IV, Fig. 13. Le mieux eft donc, pour les couvertures en ardoifes % de couvrir le faîtage en plomb, comme on le voit en M, Fig. ir ; & après qu’on a attaché avec des clous au faîte de charpente, des crochets doubles N, or* pofe la table de plomb pliée, comme on l’a dit, de telle forte qu’elle recouvre de 4 ? 5, ou 6 pouces le rang d’ardoife le plus élevé. Comme une table de plomb ne peut pas être affez longue pour s’étendre de toute la longueur du toît, on en attache plulîeurs les unes au bout des autres.
- Les arêtiers couverts en ardoifes étant plus Tu jets que le plein toît à être endommagés par le vent, il eft encore bon de les former par une table de plomb
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- C H A p Î T r E VI. De la poje des Chaîneaux > Gouttières, &e. 6%
- qui recouvre les ardoifes, comme O P , Fig. Il ; & comme ces tables fç pofonc comme les faîtages , nous ne nous y arrêterons pas davantage*
- Aux panes de brifés Q R* des toits en manfàrde, on fe contente ordinaire* ment de faire un petit égout en ardoife ; mais il eft beaucoup mieux de mettre fous ce petit égout dardoife, une petite table de plomb qu’on cloue fur la pane de brifés, Sc qui eft recouverte par l’égout d’ardoife : elle empêche qu’il ne foie emporté par le vent. Comme cette table de plomb eft légère & étroite , on peut fe difpenfor de la retenir par des crochets*
- §. I. De lâ Corde nouée. ;
- Pour éviter de faire des échafaudages qui exigeraient des frais confide* râbles , les Couvreurs Sc les Plombiers font grand ufàge de ce qu’on appelle la Corde nouée ; c eft effectivement un cable , Fig. 3 , où l’on fait de 6 en 6 pouces un gros nœud : on en paifo mi bout dans le bâtiment, par une croifée C, Fig. n , une lucarne ou un œil de bœuf, Sc on l’attache fermement à quelque chofe de folide ; de ce foin dépend la vie de l’Ouvrier qui en fait ufoge pour monter ou pour s’établir à un endroit où il a à travailler, comme on le voit en
- H, Fig. 1 r *
- Pour fe fervir de cette corde nouée, l’Ouvrier ajufte à chacune de fes jambes un étrier , Fig. 4 <§> 5 ; c’eft une forte courroie F E, à laquelle eft ajufté, à fon extrémité , un fort crochet de fer ; l’Ouvrier paffe fon pied dans l’étrier en F; il attache la courroie à fes jambes par les jarretières de cuir A By C D9 avec left-quelles il ferre fes jambes en paflànt le bout des jarretières 'B Dy dans les boucles A C. Quand les étriers font ainfi fermement attachés à fes jambes, il pafle les crochets E dans une ceinture de cuir qu’il a autour du corps, pour pouvoir marcher fans être incommodé par le bout E des étrietaé
- Quand il veut monter à la corde nouée, il détache un des crochets de là ceinture ; il paffe la corde au-deffus d’un nœud dans le crochet, Sc le nœud l’empêchant de defoendre, il porte tout fon corps for cet étrier ; fi c’eft celui de la jambe droite, il paffe le crochet de la jambe gauche au-deffus du nœud plus élevé ; & portant tout fon corps fur l’étrier gauche, il détache le crochet de l’étrier droit, pour le placer plus haut ; & répétant cette opérationil s’élève, au moyen de la corde nouée, comme s’il montoit à une échelle; cependant il faut qu’il tienne toujours la corde au-deftus des crochets avec une de fes mains, fans quoi il courroit rifque de fe renverfer en arriéré ou vers un des côtés. Il ne foffit pas de monter ; l’Ouvrier a befcin de s’arrêter à un endroit où il doit travailler ; & pour le faire commodément, il monte avec lui la follette , Fig. 6, for laquelle il s’affîed lorlqu’il eft arrivé à l’endroit où il doit travailler.
- Cette follette eft formée d’une planche légère A B C D, de 2 pieds de largeur , Fig. 6, Sc de deux courroies qu’on tient d’une longueur égale au moyen
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- EART DU PLOMB 1ER, &c,
- des bouçles E F. Ces courroies qui, au moyen de ces boucles , font comme une chaîne fans fin, paftent fous la planchette A B CD, 8c par l’œil du crochet G , qui fert comme les crochets E E des étriers, pour attacher cette efpece de fiege à la corde nouée :au moyen de cet ajuftement, il s’établit fur un toit ou le long d un mur, comme on le remarque en H, Fig. 11. Cette façon de s échafauder eft très-ingénieufe 8c fort commode ; mais nous n’entrerons pas dans de plus grands •détails; le peu que nous en avons dit étant joint aux figures,, en donnera une idée fuffifamment exaéie,
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- A K T I C L E ’ S I X ï Ë Sï £•'
- ^ -Delapojèdes Tuyaux. * '
- O n commence par pofer un Tuyau de fonte en bas de la maifon, qui doit Ravoir un empattement ou un coude pour dégorger l’eau dans la rue > & hors du pied du mur auquel il-eft adjacent. On ne met point de Tuyau de plomb à cet endroit-ià , parce qu’il feroit fujet à être fauffé , percé ou enlevé ; on aftùjettit ce premier Tuyau de fonte avec plufieurs gâches, qui ont la forme que représente la figure j , qui l’embraftent, 8c dont les bouts a, b, font Icelles en plâtre •dans le mur. Celui qui pofe les Tuyaux porte toujours avec lui une petite auge A, Fig. 8, 8c une truelle B, Fig. ij ; on jette enfiiite la corde nouée ; l’Ouvrier monte au-deflus du Tuyau de fonte: il reçoit un Tuyau de plomb qu’on lui defcend par le moyen dune Corde ; il l’emboîte dans le premier Tuyau de fonte de fer d’environ 6 pouces , parce qu’on ne foude pas les Tuyaux de def-cente , 8c tâche de Iç mettre le plus droit qu’il eft pofilble ; enfuite il l’attache avec des gâches comme le premier : il continue ainfi julqu’au haut du mur, ayant toujours l’attention de faire entrer le Tuyau fupérieur dans le Tuyau inférieur, pour que l’eau trouve un libre cours.
- On doit favoir, avant de pofer aucun Tuyau, la quantité de pieds qu’il y a du haut du mur à Ion pied, afin de n’être pas dans le cas de couper les Tuyaux fur l’endroit, ce qui doit être fait avant dans la boutique. O11 ne doit pas conduire ces Tuyaux tout-à-fait au haut du mur, il faut laifter environ 4 pieds ; parce que comme ces Tuyaux répondent ordinairement à des Chaîneaux qui ont des bouts de Tuyau d’environ 5 pieds aux endroits qui doivent donner paifage à l’eau, on les emboîte enfemble*
- Article
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- Chapitré VI. De la pofe des Chaîneaux , Gouttières, &c* 6$
- Article SeptiemÉ.
- De la pofe des Cuvettes*
- Comme les Cuvettes font faites polir la commodité des locataires, elles fé pofènt d’étage en étage , deflous , ou du moins à la portée de chaque fenêtre. On commence par gâcher, comme nous favons dit, un premier tuyau de fonte ; quand on a conduit fes tuyaux de defeente au bas de la fenêtre où la Cuvette doit être pofée, on la defeend par la fenêtre fupérieure, comme on le voit en Z, Fig. 11 ; l’Ouvrier qui eft porté fur la corde nouée, la prend 8c l’emboîte dans le tuyau de defîous ; enfùite il replie le haut du doffier de la Cuvette fur le bois dé la fenêtre, auquel il le cloue. On lui defeend enfùite un autre tuyau qu’il reçoit, & qu’il attache également avec des gâches : il tâche que la bouche de tous les tuyaux qu’il pofe en deflous des Cuvettes pour y faire le dégorgement des eaux qu’ils recevront, réponde toujours à un des coins de la Cuvette, afin qu’ils embarraflent moins. Il continue la même opération autant qu’il y a d’étages 8c de Cuvettes à pofer*
- On fait de même à l’égard des Cuvettes angulaires, excepté qu’on attache leurs doifiers dans l’angle des murs auxquels elles font deftinées*
- C’eft de cette maniéré dont on pofe les Cuvettes rondes , 8c généralement toutes fortes de Cuvettes, Il n’eft perfonne qui, après ce que nous venons d’en dire, ne les mît lui-même en place. •
- Comme il peut arriver qu’on ait pofé fes tuyaux de defeente fans y mettre des Cuvettes , n’en ayant pas pour lors befoin, 8c que dans la fuite les Propriétaires veuillent en faire mettre, il eft bon d’expliquer cetté opération , qui demande quelqu’attention.
- Quand donc on eft dans ce cas là, il faut commencer par dégâcher les tuyaux , & les déboîter à l’endroit où l’on veut pofer fâ Cuvette ; enfùite on l’y pofe comme nous l’avons dit, fans qu’il foit befoin de foudure : s’il n’y avoit pas d’erm boitement près de cet endroit, il faudroit couper le tuyau. On dreffe enfùite le tuyau fùpérieur que l’on a déjointé pour pofer la Cuvette, toujours par le moyen de la corde ; on le met à un coin de la Cuvette, en dedans, de telle maniéré qu’il y rende fes eaux , 8c que de-là elles puiflènt couler en bas fans être interrompues.
- On voit par-là qu’il eft aifé de mettre des Cuvettes à chaque étage, fans quelles puiflènt fe nuire les unes aux autres, ce qui eft d’une très-grande commodité pour les maifons où il y a plufieurs locataires.
- Plombier.
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- DA RT DU PLOMBIER, &c.
- Article Huitième.
- De la façon de dégorger les Tuyaux.
- Quoiqu’il foit ordinaire de mettre des crapaùdines à la plupart des Cuvettes, cependant toutes n’en ont point ; & il arrive que parmi les eaux qu’on y jette , il fe trouve des ordures qui s’arrêtent dans les tuyaux , les engorgent, & mettent les Ouvriers dans la néceflîté de les dégorger. D’ailleurs il peut arriver que par les grandes pluies quelques morceaux de décombre tombent, ou dans la Gouttière, ou dans le Chaîneau , & aillent s’amonceler dans le tuyau de ne le bouchent ; dans tous ces cas on eft obligé d’avoir recours au Plombier pour le réparer. Nous allons indiquer comment on s’y prend,
- On commence d’abord par s’aflurer quel eft le tuyau qui eft engorgé, en y Jettant de l’eau; lorfque ce tuyau eft petit, & qu’il n’eft engorgé que par quelques ordures faciles à faire defoendre , on prend le jonc , Fig. p : c’eft une elpece de fonde dont les Plombiers fe fervent pour les petits engorgements : elle çft tortillée comme un ferpent ; elle a environ 12 pieds de long : on nomme le bois dont elle eft, Je ou Rotin : il nous vient de la Chine ,* où il croît en forme d’arbrifïèau ; c’eft le même bois que celui dont on fait les chaifes de canne. On a eftàyé d’en planter à l’Ifle de France: on atout lieu de croire qu’il réufïîra. On la fait entrer dans le tuyau en la détordant, jufqu’à ce qu’on ait rencontré ce qui fait l’engorgement ; c’eft toujours par le bas du tuyau qu’on commence l’opération , parce qu’il eft plus aifé de faire fortir les ordures par l’endroit où elles font facilement entrées : un Ouvrier va au haut du tuyau recevoir le jonc.
- Si le tuyau étoit gros & extrêmement engorgé, & que cette première fonde ne fût pas foffifànte, il faudrait en employer une plus forte. C’eft un morceau de plomb A, Fig. 10 , long pour qu’il foit pefant, & menu pour qu’il entre mieux dans le tuyau : il eft attaché à une corde B ; on le fait entrer par le haut du tuyau , & le laiflànt tomber avec vîtefle, il emporte les ordures qui forment l’engorgement; pour cela on le releve & on le fait tomber à plufieurs reprifos.
- Si cette fonde de plomb ne pou voit détruire l’engorgement, on pourrait en employer une qui, au bas du plomb, aurait un morceau de fer quarré, pointu Se acéré, qui déborderait le plomb de 6 pouces ; cette pointe pourrait brifer des platras que le plomb ne feroit qu’entafler.
- Si l’engorgement étoit peu éloigné du bout d’en-haut du tuyau , on pourrait le détruire avec un barreau de fer terminé en pointe quarrée , qu’on feroit agir comme un pilon.
- Enfin fi l’engorgement étoit formé par une pierre fort dure, & qu’aucun des moyens que nous venons de rapporter ne pût réulfir, il faudrait s’aflurer précifé-ment du lieu de l’engorgement pour crever le tuyau, retirer ce qui fait
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- Chapitre VIL Des Couvertures. . $7
- Lembarras, & réparer le tuyau par un nœud de foudure, ou une piece de plomb que l’on fouderoit.
- Voyons à préfent les différentes Couvertures faites uniquement en plomb.
- CHAPITRE SEPTIEME.
- Des Couvertures.
- O N entend par Couverture, un entablement qu’on pofe fur la partie fupêrieiire de quatre murs, qu’on recouvre enfuite foit en plomb foit en ardoife.
- Le mot de Couverture eft fi clair & fi intelligible par lui-même , qu’il n’a pas befoin de plus ample définition. Nous nous contenterons feulement, comme ce terme eft un peu général , d’expliquer les différentes dénominations des Couvertures.
- Dans le mot de Couverture, on peut comprendre les toîts ordinaires des maifons, les terraffes, les lucarnes, les yeux de bœuf, les pavillons, les combles ou les dômes des Eglifes, enfin les clochers. Notre deffein eft de parler de tous ces objets en particulier, pour en détailler les différents ouvrages. Nous en excepterons cependant les toîts ordinaires des maifons, où il n’entre do plomb que quelques Chaîneaux, Gouttières, Noues, Sec. parce que nous en avons déjà parlé dans le Chapitre précédent, & qu’il feroit inutile de répéter ce que nous en avons dit. Si quelquefois on avoit quelqu’un de ces toîts à couvrir tout entier en plomb, on n’aura qu’à confiilter ce que nous fbmmes forcés de dire par rapport aux autres Couvertures, tant pour l’échafaudage, que pour la coupe des ardoifes qu’il faudroit y employer. D’après cet avertiffement, nous diviferons donc ce Chapitre en huit Articles. Dans le premier, nous traiterons des Combles ; dans le fécond, des Clochers ; dans le troifieme, des Pavillons ; dans le quatrième , des Dômes ; dans le cinquième, des Yeux de bœuf ; dans le fixieme, des Lucarnes ; dans le feptieme, des Terraffes ; dans le huitième, de la maniéré de réparer toutes ces différentes efpeces de Couvertures.
- Article Premier.
- Des Combles.
- O N entend par Comble, un toit qui, ëlevé fur deux faces parallèles, fe termine par un angle aigu, & jette l’eau de deux côtés différents dans des Gargouilles qui en couronnent le pied, & qui la rendent enfuite dans des Tuyaux de defcente ou Gouttières faillantes ; tel eft celui de Notre-Dame. Ces fortes de Couvertures ne font employées ordinairement que dans les édifices d’Eglifès. On 1
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- 68 L'ART DU PLOMBIER, tire.
- en diftingue de deux fortes; les uns font tout couverts en plopib, les autres le font feulement en tuiles ou en ardoife : nous ne parlerons ici que des premiers.
- §. I. De ïentablement de la Charpente.
- O N fùppofe donc qu’on veut couvrir le Comble d’une Eglife en plomb ; le Plombier ne le peut couvrir qu’après que la charpente eft finie. Il faut que l’on place d’abord les chevrons A B bien de niveau , comme on le voit Fig. i, P/. XIII* que l’on attache ordinairement de 12 en 12 pouces; il faut qu'ils foient chevillés fur les panes qui doivent les porter ; enfuite on cloue fur les chevrons des voliges de 4 à j1 pouces de large, efpacées d’un pouce & demi ou 2 pouces, ainfi qu’on le voit dans la même figure, en c d e f g h, afin que le tout foie dans l’état qu’on le voit, Fig. 2 , qui repréfente l’enfemble des chevrons & des voliges : il eft fenfibleque la charpente d’un Clocher doit être pareillement faite, avant qu’on puiiïe y attacher aucune table de plomb, comme il paroît dans la même figure. Pour continuer la defeription de notre Art* nous fuppofons que ce travail préliminaire* qui regarde les Charpentiers, eft fait, le Plombier doit alors difpofer fes tables & les attacher.
- §. II. De la coupe des Tables de plomb defîmées à la couverture des Combles.
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- La largeur ordinaire de ces tables eft de trois pieds * fur 12 pieds de longueur; on pourroit en faire de plus longues & de plus larges ; mais comme il en réfui— teroit de grands inconvénients, comme cela eft arrivé quelquefois, lorfque par leur pefànteur ayant brifé leurs attaches, plufieurs tables font tombées du haut de la couverture de l’Eglife en bas ; c’eft ce qui a engagé à les diminuer pour la sûreté des Ouvriers. On commence par les dérouler dans l’attelier fur le dos de la couverture du moule à fable ; on en retranche enfuite les alaifes. Après les avoir coupées de la longueur 8c largeur que nous l’avons dit plus haut, qui eft de 3 pieds de large, fur 12 de long, on les roulera de nouveau l’une après l’autre : on en chargera une charrette , parce qu’il feroit impoflible que les Ouvriers puflent les porter eux-mêmes, fur-tout lorfque le trajet eft un peu long. On les conduira ainfi au lieu où elles doivent être pofées. Quand elles feront au bas de l’édifice, pour les monter plus vite & en plus grand nombre, on pourra fe fervir d’une gruë, qu’on établira fur le toit, 8c avec laquelle on les enlèvera ; mais il n’en fera befoin que quand on fera dans le .cas de faire ou de renouveller une Couverture toute entière.
- On fuppofe donc à préfent quelles foient arrivées au haut de l’édifice ; il ne s’agit plus que de les mettre en place.
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- Chapitre VII. Des Couvertures.
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- §. III. De la façon de les attacher.
- Un Ouvrier doit commencer par clouer fur les voliges des crochets au droit de chaque chevron , à un pied de diftance les uns des autres, ainfi qu’on le voit Fig. a , en A. Ces crochets, Fig, 3 , doivent avoir une longueur proportionnée à la largeur des tables ; ils font applatis par une de leur extrémité a, où il y a trois trous pour recevoir les clous ; le bas b forme un crochet d’environ un pouce, pour retenir chaque table, Sc l’empêcher de tomber.
- Autrefois on ne faifbit que clouer les tables ; mais il eft arrivé fouvent que les tables fe font déchirées par leur pefànteur à l’endroit où elles étoient clouées , Sc font tombées. Le premier inconvénient fobfiftoit toujours, quoiqu’on les eût diminuées dans leur longueur & largeur; pour leur donner plus de confiftance Sc de folidité, on a imaginé les crochets dont nous venons de parler.
- On commence toujours par les attacher de bas en haut, & non de haut en bas ; on pofe de même les tables : quand il y aura plusieurs crochets d’attachés, deux
- Ouvriers apporteront une table pour l’y placer. Les Plombiers Sc les Couvreurs fo fervent, pour cet effet, d’une échelle attachée x Uta cuufîins ou fafoines de
- paille , pour la foulever un peu, & faire en forte quelle ne foitpas immédiatement appliquée à la couverture, qu’il y ait au contraire un vuide de 8 pouces au moins ; c’eft afin que les pieds des Ouvriers ayent plus d’appui, Sc qu’ils montent & defcendent plus aifément, comme on le voit en la Fig. 2, Ils montent par cette échelle ; ils pofent la table C for les crochets qui font deftinés à la recevoir. Cela n eft pas foffifànt ; il faut encore clouer chaque table au droit des chevrons, comme on le voit au haut de la table I, Fig. 1, en telle forte que chaque clou traverfo trois chofos ; fàvoir, la table, la voüge Sc le chevron ; outre les clous qui la retiennent par en-haut, elle eft retenue encore par les crochets qui débordent Sc empêchent quelle ne puifîe tomber. Nous avons dit qu’il falloit attacher les crochets à un pied de diftance les uns des autres ; comme la table eft longue de 12 pieds, Sc qu’on les pofe en longueur, il s’enfuit que chaque table elt fbutenue for douze crochets environ : on continue ainfi. Quand le premier rang des tables eft placé , pour faire le fécond rang, on pofe les fécondés tables en recouvrement fur les premières, qu’on couvre environ de 4 pouces, pour que la pluie qui fe trouve pouffée fouvent par un vent impétueux , ne puiffe y pénétrer en aucune maniéré , & quelle retombe au contraire dans les gargouilles qui régnent tout autour de l’édifice ; ce recouvrement fait encore que les tables fe foutiennent mutuellement.
- Les clous dont on fe fort s’appellent des clous de Couvreur ; ils font un peu forts ; ils ont 2 pouces Sc demi de long, quelquefois davantage : on les attache très-près l’un de l’autre ; on les enfonce avec le marteau , Fig, r 3. Ce n’eft point aflez que les tables foient en recouvrement les unes for les autres,.pour empê-Plombier, S
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- rjo LA RT DU PLOMBIER, &c.
- cher que la pluie ne puifle s’introduire jufqu’à la charpente ; car elle pourroit entrer parles côtés ; pour y remédier ,ona foin de replier les rebords de chaque table dans leur hauteur à chaque bout, l’une en deflous, & l’autre en deflus, A Sc B, Fig. 4 & y : pour mieux les joindre, on les fait entrer l’une dans l’autre ; on ferme par là toutpaflage à l’eau du ciel, Sc on empêche quelle ne puiflè pénétrer jufqu’à la charpente , quelle pourriroit. A mefure que Ton monte, on diminue la longueur des tables, conformément à la forme de la charpente, ainfi que cela doit fe fentir par foi-même. Quand le tout eft couvert de la même maniéré qu’on le voit en D, Fig. % , on couvre le faîte Sc les arêtiers,
- §, IV. De la façon d'attacher les Faîtages*
- O n entend par Faîtage, un cordon de plomb pofé fur l’angle de l’élévation du comble ? qui embrafîe les tables des deux faces du toît. Le même cordon qui régné dans les angles du comble, change de nom, Sc s’appelle arêtier. Ils font d une fi grande néceflité , qu’on eft toujours dans l’ulage d’en mettre même for les combles couverts Amplement en ardoife : la feule néceflité peut forcer à s’en
- On commence d’abord par les coins ; on attache des crochets des deux côtés ^ ou bien on a des crochets doubles qui tombent des deux côtés du faîte : on les met toujours à un pied de diftance les uns des autres ; on plie enfuite chaque table de plomb en forme de gouttière, qu’on renverfo Sc qu’on pofe for les crochets , comme on le voit en E, Fig. z f fous cette formé elles embraflent Sc recouvrent le bord fupérieur des tables des deux côtés de la couverture, Sc forment ce qu’on appelle les arêtiers, dont le nom leur vient des folives de bois qu elles recouvrent, & qui fe nomment arêtiers. On fait enfuite le cordon du faîtage, c’eft-à-dire , lorfqu’on a conduit la couverture des coins jufqu’au haut du comble, on y attache de même des crochets des deux côtés, for lefquels on pofo des tables de la même longueur, & on fait en forte qu’il y ait au moins un pied de table de refte à chaque bout du faîtage , afin de les replier Sc de les faire def cendre en recouvrement fur les deux bouts de la couverture des deux faces du comble.
- §. V. Façon de faire les Baguettes quon voit fur TEglife de Notre-Dame^
- P o u R la propreté de l’ouvrage , on a coutume, lorlque toute l’Eglife, fort faîtage Sc fes arêtiers font couverts, d’y revenir de nouveau pour arrondir & mettre en baguette les deux extrémités de chaque table, on leur donne en place la forme qu’elles ont en A Sc en B , Fig. 4 Sc y , ce qui fait le coup d’œil que préfente le comble de Notre-Dame ; pour cet effet, on replace l’échelle double qui embrafle les deux toîts de la couverture de TEglife, comme on le voit Figm
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- Chapitre VIL Des Couvertures. 71:
- % , en H, & avec la batte plate on les arrondit comme on le voit Fig. f. On fait cette opération, qui rend la couverture plus folide, d’un bout de la couverture de l’Eglife à l’autre ; de cette forte les tables forment entr’elles de petites baguettes; rondes qu’on voit fur la couverture de l’Eglife de Notre-Dame, & que les Plombiers ont foin de faire fur toutes les couvertures de cette nature. Ces petites baguettes ne laiflent pas que de faire un bel ornement : l’eau qui coule d’en-haut, ne peut, par ce moyen, y pénétrer, & elle tombe nécessairement dans les gargouilles , d’où elle coule jufqu’à terre à. travers des Godets & Tuyaux de defcente, quelquefois par des Gouttières Paillantes,
- Article Second.
- Des Clochers,
- On a la même raifon de couvrir les Clochers, que de couvrir les Eglifès J c’eft pourquoi il faut expliquer de quelle façon on s’y prend. Cette opération confifte, i°. à échafauder le Clocher que l’on veut couvrir; 20. à couper les ardoifes de plomb qu’on veut y employer 5 3°* à les y attacher. Il eft à propos d’obferver que la couverture des Clochers, ainfi que celle des Eglifes, peut être faite en tuiles ou en ardoifes de terre glaife ; mais nous n’en parlerons pas , parce que cette matière regarde l’Art du Couvreur, qui a été traité fort au long par M. Duhamel; je n entends traiter ici que les Couvertures qui regardent l’Art que je traite,
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- §. I. De la maniéré <£échafauder les Clochers*
- U N des premiers foins qu’on doit avoir, eft d’échafauder avec la plus grande folidité les Clochers qu’on veut couvrir, fans quoi les Ouvriers courroient rifque de périr. On commence par faire pafler par les fenêtres du Clocher, Fig. 2 & 1 r , ou par les œils de bœuf, s’il n’y a pas de fenêtres, les poutres qui doivent porter l’échaffaud ; on les lie avec des cordes , pour les rendre plus folides ; enfuite on attache des planches tout autour du Clocher, qui forment autour de lui un plancher circulaire, par le moyen duquel on a la facilité de travailler commodément à la couverture.
- §. IL De la maniéré de couper & de pojer les Tables*
- O N attache d’abord des crochets à la même diftance que nous l’avons dit plus haut, tout autour du bas de la charpente du Clocher, qui forme un auvent circulaire ou quarré , félon la conftruétion des Clochers ; on pofe fur ces crochets les premières tables qui doivent faire le commencement de la couverture du
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- J2. F A RT D U P L O M B I E R, êc.
- Clocher. Quand cette première operation eft faite , fi on ne veut point couvrir le Clocher tout entier en plomb, mais feulement ce qui eft le plus néceflàire , comme font les arêtiers, le Couvreur en ardoife en garnira d’abord le milieu ; le Plombier enluite attachera des crochets à chaque côté des quatre coins du Clocher , & y pofera fes tables de façon quelles recouvrent les ardoifes, & les foutiennent ; il couvrira le bois des fenêtres en étendant Amplement fes tables dans toute leur largeur, & les clouant à la charpente.
- §. III. Maniéré de couvrir le Clocher tout entier en plomb.
- Lorsqu’on veut, au contraire , que tout le Clocher foit couvert en plomb , & non pas en ardoifes, alors on prend de petites plaques de plomb de la grandeur à peu-près des ardoifes, auxquelles on donne toute efpece de forme : on en fait de rondes d’un bout , & quarrées à l’autre, Fig. 6; les unes font quarrées d’un bout, & pointues de l’autre, Fig. 7 ; les autres font quarrées d’un côté Sc coupées en cœur de fautre, Fig. 8 ; les autres font quarrées Amplement. On ne finiroit pas fi l’on vouloit les décrire toutes, parce qu’on en fait d’une infinité de maniérés, foivant le goût de l'Ouvrier ; ainfi on fe contente d’indiquer les formes qu’on leur donne le plus ordinairement.
- On en attache d’abord un rang aux premières voliges, au-deflus des tables de plomb dont nous avons parlé plus haut ; on continue ainfi : on fe contente de les attacher avec des clous qui fiiffifont, parce qu’ils ne' foutiennent pas de grands poids : on les pofe l’une fur l’autre, le fécond rang couvrant toujours une partie du premier ; & l’on a attention que les ornements du Clocher ne fatiguent point la charpente ; pour cela ils doivent être délicats, mais toujours faits de façon qu’ils empêchent que la pluie ne pénétré. On voit, Fig. 2 , en L, la forme à peu-près que ce travail doit avoir. Pour le refte il n y a pas de différence ; on couvre les côtés comme nous l’avons dit plus haut.
- §. IV. De la maniéré d'échafauder les Fléchés des Clochers;
- O n fait un focond échafaud fur le premier dont nous avons parlé ; pour cela on commence par y pofer des montants, foutenus d’un bout par de petites folives faites en forme de potences renverfées & chevillées dans leurs pieds ou patins ; on les attache en-haut à des traverfes par le moyen de plufieurs cordes : on les arrête ainfi afin qu’elles n’aillent pas de côté Sc d’autre, Sc on les plan-chéïe par le haut. On fait ce fécond échafaud à côté d’un œil de bœuf, afin qu’on puilfe y monter commodément, où l’on y fait une trape pour pouvoir y placer l’échelle. . ,
- §. V.
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- Chapitre VII. Des Couvertures 73
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- §. V. Façon de couvrir les Fléchés des Clochers*
- C o M M e la partie des Clochers, qu’on nomme la Fléché, efl plus délicate que le refte, on coupe des plaques de plomb plus minces Sc plus petites que celles qu on emploie aux pleins toits ; d’ailleurs c efl: la même opération.
- Il y a des Fléchés qui font rondes, d’autres qui font quarrées ; on Couvre celles qui font rondes, en attachant tout autour les lames de plomb qui réparent tous les accidents, en recouvrant la moitié du premier rang par le fécond rang ; c efl: ce recouvrement que les Couvreurs nomment le pureau , Sc on continue de même jufqu’au haut de la Fléché ; mais aux Fléchés rondes, ainfi qu’aux tou„ relies , dont le toit efl: conique, il efl: bon que les plaques de plomb foient un peu plus larges par en-bas que par en-haut ; pour celles qui font quarrées , on commence par garnir le milieu des quatre faces jufqu’au haut de la Fléché; on couvre enfoite les côtés avec des bandes ou cordons de plomb qui font foutenus par des crochets qui embraflent les lames de plomb Sc ardoifes des deux fur faces : on fait en forte de conduire cet ouvrage avec propreté jufqu’au haut de la
- Fléché.
- On peut couvrir les Fléchés quarrées ou à pans avec des bandes de plomb qui s’étendent de toute la hauteur de la Fléché ; mais on les tient plus larges par en-bas , fuivant la diminution de grolfeur de la Fléché : on les replie environ d’un pouce l’une fur l’autre, Sc on les cloue enfemble aux quatre coins, quand la Fléché efl: quarrée ; quand elle efl ronde, on les foude en trois ou fix endroits différents , folon le diamètre plus ou moins grand de la Fléché.
- Soit quelle foit couverte en ardoifes Amples ou en ardoifes de plomb , il faut lui faire une calotte de plomb qu’on met au haut de la Fléché, pour emboîter Sc couvrir l’extrémité du dernier rang des ardoifes, & les bandes de plomb ou cordons qui couvrent les quatre coins de la Fléché , ainfi qu’on le voit Fig. %, en I.
- Nous parlerons dans un Chapitre à part de tous les ornements en plomb dont on peut décorer les Clochers, & le haut de leurs Fléchés, ainfi que les aiguilles des Croupes & des Tourelles,
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- Plombier*
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- 74 L’ART DU PLOMBIER, êc.
- I
- Article Troisième.
- Des Pavillons & des Tourelles*
- On entend par Pavillon, un bâtiment quarré qui accompagne un corps-de-log is. On nomme encore Pavillon, un corps-de-logis foui & ifolé , qui a une forme quarrée, tel qu’on en voit au Château de Marly. Les Entrepreneurs en placent aufiï à l'extrémité des galleries, comme on le voit à Verfailles , ce qui décore beaucoup les bâtiments , Sc leur donne plus de majefté. On en confirme également en plufieurs autres endroits des bâtiments, félon que la fymmétrie du planque les Entrepreneurs veulent exécuter, le demande. Ils .font diftingués des Tourelles, dont nous parlerons dans ce même Article, en ce que les Tourelles , ainfi que leur couverture, font rondes, au lieu que les Pavillons font quarrés.
- Quand on veut couvrir un Pavillon, il faut, ainfi qu’on l’a dit par rapport aux Combles & aux Clochers, en faire préalablement affeoir la charpente par les Ouvriers qui ont coutume de faire ces fortes de conftruélions ; le Plombier doit enfoite y attacher fos ardoifos.
- §. I. De la conjlruclion de la Charpente.
- Quoique je fois déjà entré dans quelques détails par rapport à cet objet je donnerai encore une idée de la charpente des Pavillons, pour faire mieux fentir en quel état elle doit être avant que le Plombier puiffe y pofer fes ardoifos.
- Comme le Plombier finit l’ouvrage du Charpentier, ces deux Arts ont un fi grand rapport entr’eux, qu’on ne peut parler du Plombier, lor{qu’il s’agit des couvertures, fans dire quelque chofo de l’ouvrage du Charpentier.
- Ce dernier doit d’abord alfeoir for la maçonnerie quatre folives A , B 9C, Dy emmortaifées l’une dans l’autre, Fig. i, PL XIV’. Il doit drefler aux quatre coins quatre arêtiers E, F, G, //, qu’il faut également emmortaifer aux deux extrémités ; favoir , d’un bout dans les folives d’entablement, & de l’autre dans les arêtiers qu’on voit en 1 ; on remplit enfoite l’elpace qu’il y a d’un arêtier à l’autre, par des chevrons Ky que l’on pofe de pied en pied , & que l’on emmor-taife également aux deux extrémités ; lavoir, d’un bout dans les folives d’entablement, & de l’autre dans les faîtieres /, /, qui en font le couronnement ; on recouvre ces arêtiers par des voliges L, comme à l’ordinaire. Comme ces fortes de Couvertures font toujours formontées de quelques amortiflements , il faut faire pour cet effet une petite charpente dans l’intérieur des Pavillons , comme dans l’intérieur des Clochers ; cela confifte à croifor plufieurs petites folives N,
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- Chapitre VII. Des Couvertures* 7$
- dans le milieu defquelles on en emmortaife une,s qu’on creufe pour recevoir le fer d’amortiffement qu’on voie en if: on couvre enfuice le faîte par de petites {olives que Ton emmortaife d’un bout dans les faîtieres //, & de l’autre dans la {olive du milieu , c eft-à-dire, celle qui doit porter le fer d’amortiffement. Voilà l’état dans lequel le Plombier ou le Couvreur en tuiles, doivent trouver la charpente avant que l’un ou l’autre puiffe la recouvrir.
- §. II. De la manière de couvrir les Pavillons*
- Lorsque la charpente des Pavillons eft faite, allez ordinairement on les fait couvrir en tuiles ou en ardoifes, & il ne refte plus au Plombier quà revêtir les arêtiers , les faîtieres , 8c les noues , s’il y en a*
- Mais lorfqu’on veut que la Couverture foit toute entîePe en plomb, les Plombiers taillent des feuilles de plomb pour mettre à la place des tuiles ou des ardoifes , 8c ces feuilles prennent le lieu 8c le nom des ardoifes de terre.
- Les Plombiers donnent à ces ardoifes de plomb différentes formes, fuivant leur goût, comme on le voit PL XIII, à fimitation de ceux qui cuifent les ardoifes de terre ; mais affez ordinairement ils donnent à leurs ardoifes une forme quarrée par un bout, 8c arrondie par l’autre , pour que ces lames de plomb étant pofees les unes fur les autres, imitent l’arrangement qu’ont les écailles fur le dos des poifîons : on les attache, avec les clous ordinaires, fur les voliges, en commençant toujours par le bas, 8c continuant ainfi de rang en rang , en pofànt ardoife fer ardoife, jufqu’à ce qu’on foit parvenu au faîte. On ne peut faire toute la couverture qu’en tranfportant l’échafaud aux endroits où cela eft nécefo faire ; c’eft aufll ce qu’on eft obligé de faire. On n’eft pas dans l’ufage de couvrir les quatre côtés du Pavillon en même temps ; on commence par en couvrir un > & les autres tour à tour l’un après l’autre ; ou du moins fi l’on veut que cet ouvrage fe faffe en même temps, il faut que l’échafaud couronne tout le Pavillon , 8c qu’on puiffe en faire le tour aifément : quatre Ouvriers pourront alors travailler chacun de leur côté fans fe gêner.
- Les ardoifes du premier rang qui doivent former l’égout, foit qu’il y ait un chaîneau qui régné tout autour de l’entablement, comme on le voit en A , Fig* 2 , en quoi les Pavillons different fouvent des Clochers, ou qu’il n’y en ait pas , 8c que les ardoifes tombent fimplement en recouvrement fer le mur, doivent être plus larges que celles du fécond rang , ainfi de fuite i afin que cétte partie du toît qui reçoit non-feulement l’eau qui tombe du ciel ? mais encore celle que les ardoifes fepérieures ont reçue, & par conféquent en plus grande quantité, leur réfiftent davantage en recevant plus de recouvrement, & oppofent également plus de réfiftance aux vents & aux orages.
- On voit par-là qu’il eft; néceflaire d’une petite combinaifon, pour donner aux ardoifes , à mefure que l’Ouvrier monte de rang en rang, autant de pureau 8c de
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- 7S FART DU PLOMBIER, &c.
- recouvrement, & par conféquent autant de largeur Sc de hauteur qu’elles font dans le cas de recevoir d’eau, Sc d’être agitées par les vents.
- De temps à autre, on frappera fur les ardoifes qu’on aura pofées, pour qu’elles portent exactement l’une fur l’autre, Sc que le vent ne puiffe point les relever ni faire remonter les eaux du ciel par-deflous. Quand on aura couvert ainfi les quatre faces du Pavillon , comme on le voit Fig. 2, fe conformant à ce qui eft dit dans l’Art du Couvreur, pour l’emploi des ardoifes de terre, il ne reliera plus qu’à couvrir les arêtiers. On pourrait les couvrir avec des tables de plomb , qui, débordant chaque arêtier à droite Sc à gauche, recouvriroient, par les deux bords, les ardoifes de plomb qui doivent joindre immédiatement chaque côté des quatre arêtiers B, comme on le fait quelquefois pour les Couvertures en limples ardoifes ; mais les Plombiers préfèrent de les couvrir avec des lames de plomb , auxquelles ils donnent la forme des faîtieres de terre. On les pôle comme les ardoifes, c’eft-à-dire , les unes fur les autres, commençant par l’égout, Sc Unifiant à l’aiguille de la charpente ; or, pour que ces faîtieres loient lolidement attachées , non-feulement il faut les clouer , mais il faut encore qu’elles foient pofées fur des crochets qu’on cloue fur les chevrons les plus voifins dé l’arêtier , comme on le voit dans la couverture des Combles : elles donnent plus de con-fiftance aux ardoifes qu’elles recouvrent ; celles-ci font plus en état de retenir celles qu’elles recouvrent, Sc ainli de fuite ; par ce rfioyen une Couverture conftruite de cette maniéré, doit être plus folide.
- Ces crochets font néceflaires, parce qu’on doit éviter, autant qu’on le peut y d’employer de la foudure fur les bâtiments , par la railbn que les endroits foudés étant plus épais que les tables , Sc étant formés d’un alliage d’étain Sc de plomb , elles ne changent pas également de volume, quand elles éprouvent des alternatives de chaud Sc de froid, ce qui ne manque pas d’occafionner des ruptures.
- Le toît du Pavillon étant ainfi couvert, il ne refte plus qu’à couvrir les aiguilles qui furmontent toujours le faîte Sc l’extrémité des arêtiers, comme on le voit Fig. 2 ; c’eft ce qu’on appelle les amortijjements, dont nous nous occuperons dans le Chapitre fuiyant.
- §. III. Des Tourelles.
- Les Tourelles font des bâtiments ronds, dont la bafe eft quelquefois plus large que le corps de la Tourelle : c’eft en quoi elles different des Pavillons.1 On s’en fert comme d’un arc - boutant, pour former un point d’appui au refte du bâtiment ; on y fait des cabinets de_ décharge , ou des efcaliers dérobés. Ces fortes de bâtiments étoient très-communs dans les Forts ou Châteaux de garnifon, qu’on faifoit autrefois pour fe mettre à l’abri de l’ennemi y pendant que les guerres civiles ( qu’une infinité de petits Seigneurs-Rois , puif-fants Sc fanguinaires, ont allumées, jufqu’à ce que, pour le bonheur des peuples y
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- Chapitre VIII. Des Couvertures* yy
- ils ont été fournis fous un même fceptre, ) enfanglantoient la France, Sc en faifoient la défolation. U n eft pas de vieux Château qui n en fourniffe un exemple.
- De Ces Toürelles, il y en a plufieurs qui font en forme de plate-forme, qu’on couvre de la maniéré qu on le verra a 1 Article des Terraftes • les autres font couvertes en chapeau d’ardoife, de plomb ou de terre, comme on le voie Fig, 3, Sc furmontées de quelqu’amortiffement.
- Par rapport à la charpente, elle eft la même que celle des Clochers ou des Pavillons, avec cette différence que l’aiguille eft plus pointue que celle des Pavillons, & l’eft moins que celle des Clochers. v
- Le couvrement s’en fait comme celui des Pavillons Sc des Clochers, en obfervant ce que nous avons dit à ce fojet ; excepté qu’il n’y a point d’arêtiers dans ces fortes de Couvertures, qu’on n’a pas la peine de couvrir : on tourne tout autour du chapeau pour en attacher les ardoifes à chaque rang qu’on pofe*
- Il n’eft pas ordinaire qu’on fafle des Chaîneaux tout autour du chapeau ; les ardoifos tombent ordinairement en recouvrement for la maçonnerie ; mais comme il peut y en avoir abfolument, s’il étoit queftion d’en faire, il faudroit qu'il fûts rond ; du refte confolter ce que nous avons dit à ce fojet dans l’Article des Combles & de la pofe des Chaîneaux.
- Article Quatrième.
- Des Dômes* ,
- Personne n ignore ce que c’eft qu’un Dôme ; on fait que c’eft un édifice rond, d’un plus ou moins grand diamètre, furmonté d’une calotte ou couverture ronde Sc ovale, comme on le voit par celui de Saint Pierre de Rome * celui de la Sorbonne de Paris, Celui des Invalides, du Val-de-Grace, du College Mazarin Sec. Sc qui jette les eaux en tous fens , ainfi que lès Fléchés & les Tourelles J c’eft en quoi ils different des Combles.
- Ces fortes d’édifices font particuliérement propres aux Egiifes t il eft très-raté d’en voir employer à d’autres ufages.
- Il y en a de plufieurs façons, tant par rapport à léur grandeur, que par rap^ port à leur couverture ; les uns font Amplement couverts en ardoifes ; les autres le font en plomb , fans autres ornements : tel eft celui du Val-de-Grace ; les au^ très font en ardoifes, qui font furmontées de diftance en diftance, Sc avec fym-métrie, de plufieurs côtes ou arêtes couvertes en plomb. Enfin il y en a d’autres qui font tout en plomb, furmontés également des mêmes, arêtes, mais qui font peintes comme on le voit au Dôme du College Mazarin, ou dorées comme celles du Dôme des Invalides*
- Nous allons parler d’abord des plus riches*
- Plombier* V
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- L'ART DU PLOMBIER, &c.
- §. I. Des Dômes à côtes ou à arêtes.
- Les plus riches Dômes font ceux ou il entre plus de façon ; or , les Dômes à côtes font les plus fufceptibles d’ornements , parce qu’on peut les peindre ou les dorer comme on veut, & qu’on ne,peut pas le faire for les autres ; c’eft auffi ceux qui demandent le plus de travail, comme il eft facile de le voir par celui qui eft repréfenté Fig. 4, PL XIV. Pour en décrire les ouvrages qui concernent notre Art, nous foppofons que la charpente efl: faite , ainfi que les échafauds , qui doivent être folides ; les échafauds volants établis, à la maniéré des Couvreurs for des chevalets, ne le feroient pas allez pour fopporter la quantité de plomb quil faut pour ces fortes d’ouvrages. Le travail du Plombier fe réduit donc à couvrir de plomb la charpente couverte elle - même de voliges, & produirait une calotte qui fixe la forme que la couverture du Dôme doit avoir. Il faut * remarquer que le Dôme que nous donnons pour exemple, eft divifé, dans toute là circonférence, par des côtes ou arêtes B, qui font parfaitement femblables les unes aux autres , & placées à des diftances égales.
- Pour garnir l’entre-deux de ces arêtes, on commence à l’ordinaire par le pied , & on pofe les feuilles de plomb taillées en ardoife, en les attachant for la volige avec des clous, comme je l’ai dit en parlant de la couverture des Fléchés, des Pavillons & des Tourelles ; quand tous les entre-deux A des arêtes B font couverts-, comme nous venons de l’expliquer , on couvre les côtes ou arêtes , & le haut du Dôme.
- §. II. De la Couverture des Côtes ou Arêtes• ^
- Oh pourroit abfolument couvrir les côtes B9 comme les entre-deux A, avec des lames de plomb taillées comme des ardoifes ; mais cette uniformité ne pré-fenteroit rien d’agréable : l’œil eft bien plus fatisfait quand on rompt cette uniformité ; c eft pourquoi on couvre ces côtes avec des tables de plomb , dont on proportionne la largeur 8c la longueur à celle des côtes : on les replie des deux côtés, de façon qu elles recouvrent un peu les parties qui font couvertes en ardoifes de plomb, & on les arrête avec des clous ; car, il ne faut pas croire qu’une côte ou arête foit couverte par une feule table de plomb prife dans toute fa hauteur, comme on pourroit abfolument le faire avec des tables laminées qui font d’une prodigieufe longueur ; mais on ne l’a point encore fait : au contraire , on en ajufte plufieurs les unes au-deflus des autres en recouvrement de 3 ou 4 pouces, & chaque morceau eft arrêté par le bas avec des crochets qu’on cloue for les voliges qui forment les côtes du Dôme.
- Quand les côtes B & les champs A, qui font entre-deux, font garnis de plomb, on termine le haut du Dôme par une calotte, à laquelle on donne diffe-
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- Chapitre VIL Des Couverture& rentes formes, fuivant le goût de l’Architeéle ; mais il Faut que le bas de ces calottes recouvre, tant les côtes ou arêtes, que les parties de couverture qui font entre deux. Or , les uns font ces parties tout unies, 8c les autres les forment en fêlions, comme on le voit en e 3 au Dôme qui nous fert d’exemple. Ces fef-tons font formés de beaucoup de pièces quon cloue les unes à côté des autres. Ordinairement on fait tomber un fefton fur la crête , Sc un autre entre deux , proportionnant leur largeur à la place quils doivent occuper. La forme des fefl tons eft indifférente, pourvu qu’ils joignent allez exaélement les parties qu’ils recouvrent , pour que l’eau ne puifîe y pénétrer, & qu’ils foient alfez bien attachés pour que le vent ne puifîe les enlever : il eft vrai que le poids des tables de plomb qu’on emploie, contribue à produire ces deux effets. Nous dirons ailleurs comment on garnit d’ornements les feftons*
- On couvre enfuite la partie feftonnée C, par des bandes de plomb D, qu’on pofe horifontalement, formant un recouvrement flir les feftons ; & ces bandes horifontales D, forment comme un bandeau qu’on arrête avec des clous Sc des crochets. Ordinairement on remplit les efpaces c avec des feuillets de plomb , qu’on taille comme des écailles de poifîon, & on décore, fi l’on veut, le champ E, par des coupures qui Forment comme des efpeces de guirlandes. Nous en parlerons dans le Chapitre fuivant, ainfi que de la façon de former des moulures fm les bandeaux D. On place enfuite le bandeau F, comme on a fait celui D ; mais de forte qu’il faffe recouvrement fur le champ £.
- La plate - forme FF9 qui forme comme une efpece dé terraffe, doit être en plomb ; mais la baluftrade étant de fer, eft du reffort des Serruriers : on laifïè feulement une ouverture au milieu de cette plate-forme, pour qu’un Ouvrier1 puiffe y paffer quand il faut faire quelques réparations, & arriver aux fenêtres G du Dôme , pour en couvrir le dedans avec des bandes de plomb H, que l’on doit affujettir à la charpente par des clous. Pour revetir.de plomb la partie quarrée, ils forment de plufieurS pièces une table de plomb quarrément en dehors , & évuidée en centre par le dedans ; enfuite ils la clouent à la charpente , comme on le voit en i. On peut aufîî décorer les efpeces de pilaftres de quelques ornements; pour cela on forme, avec des bandes de plomb contournées , des confoles qu’on attache à différents endroits avec des clous, ou bien des feuilles découpées ou fendues ; on pofe au-deflïis de ces pilaftres des bandes de plomb i i, à peu-près femblables à celles DD Sc F F; & toutes les bandes horifontales doivent former des moulures telles que ii \ elles ne font pas, à la vérité, très - régulières ; mais comme on les voit de loin, elles forment un bon effet.
- C’eft fur cette efpece de corniche i i, que l’on doit pofer une calotte K K ; qui doit tomber fur elle en recouvrement : elle eft de plufieurs pièces, & attachée à la charpente avec des clous dans toute l’étendue de fà circonférence.
- Avant de mettre en place cette calotte, on cloue à la charpente de la coupole
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- 8o L’A RT DU PLOMBIER, &c.
- K, une ferrure d’amortiffement pour porter le globe L, fa folive M, & le coq N: Ces parties d’amortiffement peuvent être faites en plomb ; mais communément on les fait en cuivre : il faut avoir attention que le globe joigne bien exactement la barre d’amortiffement, pour que l’eau ne puiffe pas s’introduire par cet endroit, & pourrir la charpente : on met ordinairement pour cela une petite plaque de plomb qui joint bien exactement la barre, & qui recouvre le haut du globe , comme on le voit au-deffus de L.
- On ne fe contente pas de charger de découpures, de feuillages , & de toutes fortes d’ornements dont l’Art eft {ufceptible ; on releve encore la firucture de ces fortes d’ornements, par une peinture , ou même par une dorure qui leur donne plus d’éclat ; mais comme cés décorations concernent , l’une l’Art du Peintre , l’autre celui du Doreur, nous nous contenterons d’en avoir parlé, fans indiquer la maniéré dont cela fe fait. .
- Les Charpentiers ont coutume de former dans ces grands Dômes, à quatre endroits diamétralement oppofés, des yeux de bœuf. Quand le Dôme eft entièrement couvert, les Plombiers en défendent le revêtiflement en plomb, comme je vais l’expliquer dans l’Article fuivant. ' •
- §. III. Des Dômes dont la Couverture ejl moins riche.
- i K
- Par rapport aux autres Dômes, c’eft-à-dire , ceux qui font tout unis & {ans Prêtes, il eft facile de concevoir qu’ils demandent moins dépravai! que les premiers ; on ne fait que les couvrir dans toute leur rondeur 8c de bas en haut, en petites ardoifes de plomb. D’après ce que nous venons de dire des autres, il fera bien aifé de concevoir le travail de ceux-ci.
- On n’a point coutume de les peindre ou dorer ; cependant cela feroit poffible abfolument ; car les ardoifes qui y entrent, quand elles font en plomb, feroient fofceptibles de ces fortes de décorations ; mais on n’eft point dans cet ulàge : car même dans les plus riches Dômes, on n’eft dans l’habitude que de peindre ou dorer les arêtes, ce qui revient encore aflez cher. Ceux-ci n’en ayant point, étant d’ailleurs d’une ftruéture commune, il ne conyiendroit pas de donner plus 'de décoration à leurs ardoifes que celles des plus beaux Dômes, qui, cependant, fembleroient l’exiger davantage.
- Les ardoifes & le plomb ne font pas les feules matières qu’on peut employer à ces fortes de Couvertures, on peut les faire en petites lames de cuivre, comme on le voit au Dôme de Saint Pierre de Rome, que Sixte-Quint fît ainfi couvrir fous fon régné ; mais alors la dépenfe en devient bien plus confidérable.
- Article
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- Chapitre VIL De$ Couvertures
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- Article Cinquième.
- Des Yeux de bœuf
- O n appelle Œil de bœuf, une ouverture ronde qu'on forme dans les toîts des Clochers, comme on le voit Fig. % , VL XI11 ; dans celui des Dômes, ainfi quon l'apperçoit enO, Fig. 4, PL XIV% en un mot dans prefque toutes les Couvertures, {bit pour donner du jour dans l'intérieur de la charpente, foit pour faciliter les réparations que ces différentes Couvertures demandent de temps à autre. Il y en a d'ornés de toutes les maniérés.
- §. I. De la maniéré d'en couvrir le devant.
- Quan n on veut faire un ouvrage propre, la maniéré dont on doit s'y pren-Hre, comme on le voit en O, Fig. 4, PL XIV\ ou nous en avons repréfenté un , pour donner une idée de la façon dont ils doivent être faits, ceft de les revêtir dans cet endroit, après que la charpente en eft conftruite, en petites feuilles de plomb taillées en ardoifès, dont la forme reflèmble à celle des écailles de poiflon , ainfi que le Dôme même , que nous avons donné pour exemple , eft couvert. On coupe enfuite une plaque de plomb de la rondeur de la charpente , que Ton ouvre dans le milieu pour former le jour de l'Œil de bœuf.
- Ce morceau de plomb eft ordinairement d'une feule piece, quand l'Œil de bœuf eft petit ; quand il eft un peu grand, elle eft de deux pièces.
- Soit qu elle foit d'une feule piece ou de deux, le contour doit au moins avoir 8 pouces de large, afin qu'on puifîè la rabattre en dedans fur la charpente , en dehors fur les ardoifès, & la clouer aux deux endroits, pour l'y affujettir plus folidement. On garnit le dedans en plâtre, pour égalifer le plomb avec la charpente. Comme le plâtre a befoin d'un fiipport pour refter en place, on garnit la charpente de pointes de clous , ou en petites voliges, fur lefquelles on affied fon plâtre.
- §. IL De la maniéré de couvrir le haut & les côtés.
- Quand le devant de l'Œil de bœuf eft couvert, on garnit le haut & tout le refte de la moulure de la charpente en petites bandes de plomb, comme on le voit en O. On fait enfuite les côtés c edfdc l'Œil de bœuf, Fig. 6, qui vont joindre & recouvrir la partie du Dôme qui eft couverte en écailles. Cette partie étant coupée comme il convient, on l'attache fous le morceau abcd, qui forme la face de l’Œil de bœuf, & du côté d ef fur les feuilles de plomb qui {ont x figurées en ardoife. Enfin on couvre le deilus par une table de plomb ghikl* Plombier. X
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- 8% L’ART DU P LO MB I E R, êc
- qui fait une petite faillie for les tables de plomb dont nous avons parlé, 8c on met au bas de l’Œil de bœuf, une bavette mn , pour rejetter l’eau plus avant fur le toît. Il faut faire de d en /, une petite Gouttière ou un fond de Noue, pour rejetter feau qui découle de defliis l’Œil de bœuf. On peut décorer le’deflùs de ces Yeux de bœuf de quelques ornements , comme on le voit en O , Fig. 5, 6c l’on fait beaucoup valoir ces ornements , quand on les bronze ou qu’on les dore, comme on Ta fait au Dôme des Invalides.
- §. III. D’une manière plus Jîmple de les couvrir.
- Il eft une maniéré de les couvrir plus Amplement, & qui ne donne pas tant de travail. On n’emploie même la façon que nous venons de décrire, que lorfque le relie de la conftruétion le demande, pour lui fervir d’accompagnement. Les Yeux de bœuf ordinaires fe couvrent par une ou deux plaques de plomb , que l’on cloue d’un côté dans l’intérieur de la charpente qui forme le jour de l’CEil de bœuf, & de l’autre fur le dos de la même charpente, les faifant reborder , ceft-à-dire, tomber en recouvrement de 4 pouces fur les ardoifes du toît.
- Nous venons de parler des Yeux de bœuf ; paffons à préfent aux Lucarnes.
- Article Sixième.
- Des Lucarnes.
- O N diftingue de trois efpeces de Lucarnes, Fig. f , 7 â 9 ; lavoir, celles qu’on nomme Flamandes, celles qu’on appelle a la Capucine, & d’autres De-moijelles. Pour prendre une idée des différentes formes qu’on donne aux Lucarnes , on peut confolter l’Art du Couvreur.
- V
- §. I. De la maniéré de les couvrir.
- L a plupart font couvertes en tuile ou en ardoife ; peu font faites entièrement en plomb : quelquefois cependant, pour conferver le bois , on les couvre de tables de plomb qu’on cloue deffus ; mais à la plupart de celles qui font couvertes en ardoife, on fe contente de mettre en deflus & fur le devant une bande de plomb pour former un rivet, de couvrir le faîte avec une table de plomb,; & de faire fur les côtés des Noues en plomb.
- §. II. De quantité d’autres Ouvertures quon fait dans les toits»
- I l y a encore for les toîts quantité de petites ouvertures, Fig. 8, auxquelles on donne différentes formes : ce font, à proprement parler, des diminutifs de Lucarnes ; celles qui font un peu grandes, font préparées par les Charpentiers :
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- Chapitre VII. Des Couvertures. 83
- 3c en ce cas le Plombier fait prendre, à coups de batte, aux tables de plomb qu’il a coupées de grandeur égale, la forme qu’a la Charpente elle-même. Lorf-qu’elles font fort petites, elles font faites entièrement par le Plombier : il leur forme en devant un gros ourlet , pour donner du foutien au plomb qu’il atta-che avec des clous fur les chevrons, ayant foin de mettre deffous une bavette de plomb qui recouvre la charpente.
- Enfin on appelle proprement des Lunettes, de petites Couvertures qu’on fait aux toîts d’ardoife , pour pafler la corde nouée lorfqu’il faut faire des réparations : on les attache for une traverfe de bois qui s’étend d’un chevron à un autre. Tous ces petits ouvrages font fi ailes à exécuter, que nous abuforions de la patience du Leéteur, fi nous voulions entrer, à leur fojet, dans des détails. Nous dirons feulement qu’à toutes les Lunettes il faut que la partie du plomb qui regarde le haut du toit, foit recouverte par les ardoifes; & qu’à la partie qui regarde le bas du toît, le plomb recouvre les ardoifes: fans cette attention l’eau s’infinueroit entre le plomb Sc la charpente.
- Article Septième.
- De la Couverture des Terrajjes*
- Enfin 11 ya d’autres Couvertures , qui font celles des Terraflès , dont la façon eft autant différente des premières, que celles des Clochers, des Dômes 9 des Pavillons & des Tourelles, ont de rapport entr’elles.
- D’abord par Terraffe , on entend en général un toit plat, plus ou moins élevé au rez-de*chauffée ou à la portée foit du premier, foit du fécond étage, &c. Il y en a de plufieurs fortes ; les unes font couvertes en pierres de taille, les autres en tables de plomb. Comme il peut entrer du plomb dans les deux, & qu’il doit y être employé différemment, il faut en parler Séparément, pour mieux faire entendre cette double opération.
- §. I. Des Terrajjes couvertes en pierres de tailler
- Quoique nous ayons dit que le toit des Terraffes eft plat, cependant les Plombiers, quand ils les couvrent en plomb, ou les Maçons, quand on veut les faire en pierre, doivent obferver d’en élever le milieu de quelques pouces, afin de donner de la pente aux eaux du ciel ; en même temps ils doivent rendre cette pente infenfible à tous ceux qui peuvent aller s’y promener, quand elles font confidérables, & quelles font faites à cet ulàge: c’eft ici le travail, principalement des derniers.
- Nous obfervons feulement que comme le plomb qui doit y entrer, doit être coulé dans les joints, & qu’on n’en pourroit faire entrer qu’une très-petite quan-
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- tité , fi on ne lui ouvroit pas un plus grand efpace que celui qui eft entre deux pierres affifes & appliquées Tune, contre l’autre ; Sc que d’ailleurs quand il y en entreroit, il feroit facile à enlever , parce qu’il n’auroit point allez de prife , & laide roit filtrer l’eau. Pour s’affurer du contraire & fermer tout pafiage, il faut faire avec le cifeau, avant que de les mettre en place, une entaille d’un demi-pouce au moins , tant en largeur qu’en profondeur , à chaque côté de chaque pierre qui regarde le ciel, ce qui formera en tous fens de chaque pierre un lit alfez confidérable pour que le plomb puiiTe y féjourner , & les cimenter l’une avec l’autre , comme on le voit en A , Fig, 10.
- On fuppofe que ce travail eft fait, le Plombier fait d’abord fondre fon plomb dans une marmite qu’il porte avec lui lorfqu’il en eft nécelîaire , Sc dont nous parlerons plus amplement dans le Chapitre du dégorgement des Tuyaux de conduite : il en remplit enfuite une cuiller , Sc le verfe dans les entailles qui font entre les pierres, à proportion de la quantité qui en eft néceflaire. La cuiller qui eft repréfentée PL III, Fig. y , c’eft-à-dire , celle dont on fe fert pour couler fur toile , eft très > propre à cet ufàge , parce qu’elle eft profonde; & au moyen du bec qu’on lui voit, on eft plus maître de répandre le plomb où l’on veut, de le faire avec mefure, Sc toujours également.
- Comme le plomb, ainfi que tous les liquides , s’affàifle Sc fe retire en refroi-difîant, il faudra y revenir plufieurs fois avant qu’il foit a fiez froid pour empêcher que le nouveau plomb, dont il eft encore befoin, puifîe faire corps avec lui.
- Quand toutes ces entailles feront garnies de plomb, comme il ne peut fe faire qu’il n’excede un peu en quelques endroits, on prendra le grattoir, Sc on le mettra de niveau avec la pierre, pour donner plus de propreté à ces fortes d’ouvrages. t
- Ce que nous venons de dire par rapport à ces fortes de Terrafîès, on peut l’entendre des Balcons, qui femblent en être un diminutif.
- Il faut obferver r°. qu’on peut cimenter d’une autre maniéré les joints des Terraffes en pierre de taille; qu’on fe fert, pour cet effet, du ciment ordinaire , qui eft fait avec du plâtre Sc du verre pilé , ou bien avec du mâche-fer : c eft1 même ce qu’on emploie le plus ordinairement ; on le met alors aux endroits que nous venons de fpécifier par rapport au plomb. 2°. Qu’il n’entre jamais de Chaîneaux de plomb , quoiqu abfolument cela peut fè faire , dans les Terraffes en pierres de taille ; ce n’effi point l’ufage , ce feroit encore moins un profit pour ceux qui y en feroient mettre. Le canal qui régné tout autour de ces Terraffes, & qui en reçoit les eaux pour les transmettre à des Tuyaux de defcente, ou , s’il n’y en a point, à des Gouttières fàillantes ou Godets, eft formé d’un cordon de pierres taillées pour cet^effet, & qu’on doit cimenter tout autour avec du plomb, de la même maniéré que le refte du toît*' Mais cette opération demande un peu plus de travail dans ces endroits, parce qu’on conçoit que le plomb doit trouver une chute rapide qui l’entraîneroit au
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- Chapitre VII. Des Couvertures* 8$
- fond du canal , l’en empliroit, pendant qu’il doit s’arrêter dans les entailles des bords de chaque pierre. Pour les cimenter Tun avec l’autre, il faut donc avoir le foin de prendre un morceau de coutil, comme on le verra plus amplement dans le foudage des Réfervoirs en plomb , l’appliquer contre le côté du canal qu’on veut garnir de plomb, pour l’empêcher de couler infruélueufement aux endroits où cela n’efl; point néceilàire : on doit faire la même chofe aux deux côtés de chaque canal, & dans toute leur longueur.
- Je crois avoir dit tout ce qu’il y avoit à dire par rapport à cet objet : on a vu à peu-près tout le plomb qui peut entrer dans les Terrafîes en pierre de taille ; paifons à celles qui font entièrement couvertes en plomb.
- §. IL Des Terrajjes couvertes en plomb*
- S i le plomb efl plus cher que la pierre , il peut arriver que les Terra (Tes en ^ pierre coûtent auffi plus que celles qui font en plomb, par la raifon que les pre* mieres demandent toujours d’être affifes fur une voûte, au lieu qu’on peut faire les fécondés fur de la fimple charpente, aufïl bien que fir des voûtes.
- La maniéré dont il faut s’y prendre, confifte à couper d’abord fes tables, que l’on affied horifontalement l’une contre l’autre. Comme on ne peut point fè fervir de loudure dans les toîts, comme nous l’avons dit plus haut, il faut les replier, dans leur longueur, d’environ deux pouces de chaque côté , comme nous l’avons dit en parlant des Combles. De deux tables qui doivent être jointes enlemble, l’une doit être pliée en deflous, 8c l’autre en deffus : on cloue à la charpente qui les porte , ces rebords, qui, comme on doit le concevoir, ont quatre fois l’épaifîeur de chaque table, & on les applatit le plus qu’on peut, afin que cette petite élévation {oit prefqu’infenfible à ceux qui peuvent aller s’y promener. C’ef bien différent des Combles , où il faut que ces joints de tables {oient battus 8c arrondis en baguette , comme on l’a dit en fon lieu.
- On ne fait point de replis aux tables dans leur largeur ; on ne fait que les mettre les unes fur les autres en recouvrement d’environ i pouces ; c’eft-à-dire , qu’on commence à pofer d’abord fes tables dans le bas de la pente, qu’on met enfuite les fécondés fur les premières, ainfi de fuite, pour que l’eau du ciel n’ait point d’obftacle en fon chemin , & coule aifément jufqu’à la petite élévation qu’on doit faire dans le milieu des TerrafTes en plomb, fi cela eft facile, ou autre part, ainfi que dans les autres TerrafTes ; on les cloue enfuite en plaçant les clous à l’endroit de ce petit recouvrement, de telle maniéré qu’ils mordent l’extrémité des deux tables* '
- Quant aux Chaîneaux qui doivent être placés tout autour de ces TerrafTes, il faut obferver ce que nous avons dit au Chapitre de la pofe des Chaîneaux.
- On peut également couvrir les Balcons en plomb ; mais d’après ce que nous venons de dire , on concevra aifément de quelle maniéré on doit s’y prendre* Plombier. Y
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- s6 L’ART DU PLOMBIER, &c.
- Nous pourrons dire ici un mot fur les Plates-formes, où le plomb elt employé d’une maniéré différente de celle que nous venons de fpécifîer.
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- §. III. Des Plates-formes.
- Rarement elles font couvertes entièrement en plomb, on couvre Amplement en plomb chaque joint des pierres qui y font employées. Nous citerons la Plateforme qui régné tout autour du chœur de Notre-Dame, puifque c eft-là que nous avons vu cette nouvelle maniéré de couvrir les joints des pierres, afin de mieux faire fentir de quelle façon on doit le faire.
- Cette Plate-forme , Fig. 12, eft coupée par petits combles, dont chacun eft formé de quatre greffes pierres de taille A9ByC, Z), qui fe joignent, & qui font fiirmontées d’une petite boule taillée dans la pierre même ; ces combles forment un poids qui charge la voûte qui eft deflous , afin de la rendre plus folide.
- On commence par faire un chapeau de plomb à la boule E , qu’on modèle à l’endroit même à coups de batte, parce qu’étant formée de quatre parties, elle a par conféquent quatre joints par lefquels l’eau pourroit tranfpirer. Ce chapeau en place , doit avoir à peu-près la forme d’un chapeau ordinaire, dont les ailes font abattues.
- On couvre enfuite le joint F \ pour cet effet on prend une bande de plomb que l’on arrondit en canal ou tuyau coupé par moitié; on l’applique dans la longueur de la jointure des deux pierres,en maniéré de canal renverfe; on l’applatit un peu à l’endroit qui pofe fur l’aile du chapeau : on l’attache enfuite avec deux ou trois gâches, que l’on plâtre ou que l’on plombe dans chaque pierre , après en avoir fait la place avec le cifèau. Ces plaques de plomb demi-arrondies, ainfi attachées & appliquées aux joints de ces pierres , il eft impoffible que l’eau y pénétré. On fait de même par rapport aux trois autres joints.
- Tout autour de ces petits combles, régnent des gouttières qui en reçoivent ‘ les eaux & les tranfmettent aux gouttières, & de-là dans les tuyaux qui font deffous, qui les prennent & les rendent dans la rue.,
- ' Nous ne répéterons pas ici de quelle façon ils fe font, parce que nous nous fommes affez étendus fur cette matière, lorfque nous en avons parlé pour la première fois.
- Pour ne rien omettre de tout le plomb qui entre dans les Couvertures * nous dirons un mot de ces tables de plomb ifolées qu’on voit quelquefois au haut de quelques parties de murs, Fig. 13 ; c’eft ordinairement pour couvrir une partie de muraille qui eft mince, & qui eft prefque toute faite de charpente. Toute l’opération confifte à prendre la mefiire de l’endroit où l’on veut la placer ; on coupe enfuite la table A, que l’on cloue fur la charpente comme on le voit.
- Enfin il entre du plomb en forme de couverture, au haut des murs de fépa-ration , lorfqu’ils font fiirmontés par des folives au lieu de pierres de taille. Ce font ces mêmes folives que l’on couvre en plomb, pour empêcher que la pluie
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- Chapitre VIL Des Couvertures. 87
- ne les pourriiîe. On le fait avec des tables auffi longues qu’il eft poffible , que l’on fait defcendre en recouvrement des deux côtés de la folive dans fa longueur, & que l’on y cloue. On noie enfuite ces endroits-là avec du plâtre.
- Je crois avoir fuivi tous les endroits des Couvertures où l’on peut mettre du plomb : voyons la maniéré de les réparer.
- Article Huitième.
- De la maniéré de réparer les Couvertures.
- Quelques précautions que les Plombiers prennent pour rendre leur ouvrage folide , il arrive qu’avec le temps il dépérit ; tantôt ce fera une table f une ardoife, &c. qui fe percera ; d’autres fois le vent en enlevera. Il eft mille autres inconvénients qu’on ne peut pas prévoir, & qui forcent tous les jours les Ouvriers à remonter fur les toits pour les réparer. Il eft ici queftion d’expliquer comment ils doivent s’y prendre.
- §. I. De la réparation des Combles,
- O N paiîe une échelle à travers la fenêtre du Clocher ; on la coule fur les tables de plomb qui forment la Couverture de l’Eglife, & on l’appuie fur les gargouilles, comme on le voit Fig. 2, PL XIII: elle doit être portée, comme nous l’avons dit, fur des couffins de paille, afin qu’elle n’endommage pas la Couverture ; Sc que les Ouvriers defcendent & montent plus aifément. Un Ouvrier paffe enfuite par la fenêtre du Clocher, & par le fecours de cette échelle , defcend jusqu’aux gargouilles, qui, aux Eglifes, ont ordinairement un parapet/ Ü’environ 2 ou 3 pieds de haut : il a , par ce moyen , la facilité d’en faire le tour fans craindre aucun rifque. Un autre Ouvrier defcend auffi par la fenêtre du Clocher, Se fe met à cheval fur l’angle de la Couverture de l’Eglife ; ils prennent tous deux l’échelle, l’un par un bout, & l’autre par l’autre bout, & la portent à l’endroit où il en eft befoin : ils vifitent enfuite la table qu’il faut réparer ; fi elle eft peu endommagée , ony cloue Amplement une plaque de plomb ; ü au contraire il faut la changer, ou que le vent l’ait enlevée, on en met une autre à fa place de la même grandeur, en la pofant fur des crochets, & la clouant comme nous l’avons dit plus haut, après l’avoir repliée des deux côtés, pour la continuation des baguettes ou bourrelets que les tables forment entr’elles : ils remettront enfuite l’échelle vis-à-vis du Clocher, y rentreront, & la retiront à eux.
- Pour les maifons qui font couvertes en plomb, il n’y a point de clochers ; mais il y a des lucarnes , & le travail eft le même.
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- LA RT DU PLOMB 1ER, &c.
- §. II. De la maniéré de réparer les Clochers,
- Comme les Clochers fe trouvent ordinairement au milieu ou au bout de la Cou: verture des Eglifes, qu’ils font extrêmement rapides, & qu’il eft impoffible d’y dref-fer des échelles, il faut, dans ce cas là, faire ufage de la corde nouée, qu on fait pafler par la fenêtre fopérieure , ainfi que nous l’avons dit dans le Chapitre des Tuyaux des maifons , Sc qu’on le voit Fig. z, PL XIII, en K; il defcendde cette forte jufqu’à l’endroit où la réparation efl: néceflaire : il ôte Sc attache fes plaques de plomb comme il veut : on répare de même les fléchés des Clochers : toute la différence qu’il y a, c’eft que plus la réparation à faire efl près de la pointe de la fléché, plus elle efl difficile : on ne peut la faire qu’en attachant la corde nouée au haut de la fléché ; pour cet effet il faut avoir l’adrefle de jetter Sc de pafler une petite corde qu’on pend au bout d’une latte, Sc qu’on defcend ainfi ; on attache à fon autre bout la corde nouée, qu’elle monte à fon tour, Sc quelle fait paffer autour de la boute de la fléché. On rend cette corde nouée aufli folide qu’il efl poflible : on y attache enfoite la fellette par le moyen de fon crochet, & l’on va où le befoin le demande. On fait ce qu’il efl néceflaire: on en redef-cend ; enfiiite on détache fa corde nouée & on la retire. Ces travaux , comme on le fent, font très-périlleux : ils demandent de l’adrefle & de l’habitude.
- Nous en avons affez dit fur cet objet ; nous n’entrerons point dans un fi grand détail par rapport aux Pavillons, aux Tourelles, aux Dômes, aux Yeux de bœuf, aux Lucarnes , Scc ; comme toutes les Couvertures ont un très-grand rapport entr’elles, les réparations qu’elles demandent font à peu-près les mêmes; Il s’agit, dans les unes & dans les autres, de fiibftituer ou une ardoifo ou une table , à d’autres que le vent peut avoir enlevées : il faut les couper fùivant que les endroits que l’on veut recouvrir le demandent, & les y placer avec le plus de propreté qu’il efl poflible. Celui qui peut le faire à un endroit, peut le faire à tous les autres.
- Nous nous contenterons d’obferver qu’il faut ufer de la corde nouée autant que cela fe pourra, parce que la dépenfe efl alors moins confidérable ; mais quand cela fera impoffible, il faudra avoir recours aux échafauds.
- Quant à ce qui regarde les Terraffes, les Balcons , lés Plates-formes, il n’eft befoin ni de l’un ni de l’autre : de-là vient que les réparations qui y font nécef-feires, en font d’autant plusaifées.
- Nous allons paffer au Chapitre fuivarit,' où il efl traité de la maniéré de blanchir le plomb qui entre dans les Couvertures ; Sc ceChapitre peut être regardé , par la matière dont il traite, comme une fuite de celui qui concerne les Couvertures. Nous y verrons en même tqmps la maniéré de faire les différents Amortif fements dont les Plombiers couronnent leurs Ouvrages, & la maniéré également de les blanchir, ?
- CHAPITRE
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- CîïÀèifRE VIÎI. JDu blanchiment des Couvertures, '&Ck
- CHAPITRE HUITIEME.
- Du Blanchiment des Couvertures SC des A morddements.
- O N entend par blanchir les Couvertures , revêtir d’une croûte d’étain le plomb qui y eft employé.
- Nous avons donné la façon de couvrir les Eglifes, les Clochers, les Dômes, les Pavillons, Scc, fans parler de cette opération, parce qu’on n’eft prefque plus en ufage de le faire ; ce n’eft pas que les Couvertures d’aujourd’hui 5 qui n’ont pour tout éclat que la couleur brune que prend le plomb après qu’il a ferv1 quelque temps , doivent l’emporter fur celles qui font travaillées avec de l’étain î il s’en faut beaucoup ; car, d’abord pour l’ufàge il eft le même des deux côtés ; en fécond lieu celles-ci ont en outre un éclat qui approche de celui de l’argent, 8c qui ne s’efface jamais , ou du moins très-peu ; au lieu que les autres , après un certain temps vues d’un peu loin, ne paroiflènt pas même ce quelles font : en fixant les ardoifes de plomb qui couvrent le Dôme du Vai-de-Grace, on les prendroit plutôt pour des ardoifes de terre, que pour du plomb. D’ailleurs les Couvertures qui font étamées s’apperçoivent de fort loin ; il eft aifé de les diftinguer parmi la confufion des objets que le lointain préfente à notre vue parce qu elles jettent une clarté fi perçante, furtout quand le foleil y réfléchit fes rayons, quelles ne fauroient nous échapper ; ainfi il eft facile de fentir l’avantage qu’a Une Couverture étamée fur une qui ne l’eft pas.
- Je ne vois donc pas ce qui a pu être caufe quelles font devenues aujourd’hui fi peu en ulàge parmi nous.
- Il faut néceflàirement conclure, par tout ce que nous venons de dire, qu on a tort d’avoir rejette cet ornement des Couvertures , ou fi on ne l’a pas entièrement rejetté, de ne pas s’en fervir plus fouvent.
- Quant à moi, je penfe qu’on m’accuferoit d’avoir omis quelque chofe d’eflen-tiel à l’Art que je traite, fi je n’en faifôis pas mention. Je parlerai donc ici de la maniéré de blanchir les tables & les ardoifes fervant aux Couvertures, ainfi que les Amortiflements, après que j’aurai donné la maniéré de les faire.
- Ainfi je diviferai ce Chapitre en quatre Articles ; dans le premier, je traiterai de la préparation de l’étain ; dans le fécond, de la maniéré de l’appliquer fiir les tables & ardoifes fervant aux Couvertures ; dans le troifieme * de la façon de faire les differents Amortiflements dont les Plombiers couronnent leurs ouvrages ; dans le quatrième, enfin de la maniéré de les blanchir,
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- Plombiers
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- ÜART DU PLOMB 1ER, &c;
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- Article Premier.
- De la préparation de Vétain.
- Avant de longer à blanchir fait les Tables, foit les Ardoifes & Amortifîe-ments qu’on emploie dans les Couvertures, il faut préparer Pétain dont on fe fert pour ces fortes d’ouvrages. Cette préparation eft toute fimple; car il n’entre aucun alliage dans Pétain que Pon emploie au blanchiment ou à Pétamage des tables Sc ardoifes de plomb deftinées à la Couverture des Eglifes, Dômes, Clochers , Pavillons , &c ; tout ce qu’on y fait, c’efl: de le mettre en fufion, Sc de le divifer par petites lames ou éclats, afin de n’avoir plus qu’à le jetter fur le plomb qu’on veut étamer. Voilà la façon dont cela fe fait.
- §. I. De la maniéré de faire fondre ïétain, & de le jetter en lames.
- On en remplit d’abord la marmite A , Fig. I , PL XVI y qu’on met fur le feu ; on a en outre une table B propre, fur laquelle on lailïe tomber quelques gouttes d’étain par éclats, d’une petite cuiller, avec laquelle on le prend dans la marmite A , où on Pa mis en fufion. Ces petites gouttes d’étain fe caillent Sc fe figent fur cette table; pendant les premiers inftants qu’on les y laifîè, elles reflemblent à de petites écailles. On les enleve aufîî-tôt pour les amonceler dans un coin, afin de faire place aux autres. On continue ainfi aulîi long-temps qu’on prévoit qu’il en faut pour le plomb qu’on a à blanchir.
- On a foin, pendant cette première préparation , de garnir la marmite de nouvel étain à mefùre que Pon en tire , afin de ne pas le laifler manquer, Sc de pouvoir continuer fon opération.
- §. IL De la raifon qui empêche quon ne jette L'Etain fur le Plomb quon veut blanchir aujf-tôt quon le fort de la marmite.
- L a raifon pour laquelle on ne jette pas Pétain bouillant tel qu’on le tire de la marmite où on Pa mis en fufion, c’efl: parce que premièrement ce degré de chaleur feroit fondre les tables de plomb à l’endroit où on le jetteroit, il les per-filleroit ; au lieu de s’y étendre Sc de les orner, il les défigurerait ; on perdrait, en s’y prenant de cette forte, & la table de plomb fur laquelle on le verferoit,
- Sc Pétain même, qui fuirait à travers les différents trous qu’il s’ouvriroit fur la table où on le verferoit.
- En fécond lieu, c’efl qu’uneîi grande chaleur neft pas nécefîaire pour cette opération ; il fuffit que Pétain ne foit pas en gros volume, & puifîè devenir affez liquide pour s’étendre fans endommager le plomb qu’on étame. Or^
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- Chapitre Vllï. Du Blanchiment des Couvertures, &c. <pr Comme l/étain eft très-duélile par lui-même, cela fe fait très-aifément, comme on va s’en convaincre par la chaleur que Ton communique au plomb fur lequel on le met.
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- Article Second.
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- De la maniéré de blanchir les Tables & les Ardoifes qui font employées
- aux Couvertures.
- Cette opération confîfte, i°. à difpofèr lès tables à être étamées; 20. à y jetter les lames d’étain dont nous venons de parler, pour les y étendre & en faire une efpece de croûte qui couvre tout le plomb,
- §. I, De la maniéré de difpofèr les Tables qiion veut étamer*
- Pour difpofèr la table Ay Pig. 2, à être blanchie, on commence par la dérouler 8c rétendre fur deux tréteaux B C; enfuite il faut avoir un petit réchaud D , que l’on remplit de charbons ardents; on le pi ace fous la table A, qu’on veut blanchir, & qui eft déroulée Sc foutenue fur les deux tréteaux B C; le charbon l’échauffe , mais fans la faire fondre : cependant on y jette ces petites lames de plomb que nous avons dit de préparer. Comme l’étain fond beaucoup plus vite que le plomb, on voit bientôt ces lames en fufîon fur la fuperfîcie de la table qu’on blanchit ; mais elles ne s’incorporent pas avec le plomb : elles font feulement changées en globules liquides qui rouleroient d’un bout de la table à l’autre, fans néanmoins s’y attacher, parce qu’il faudroit, pour cet effet, que le plomb fût lui-même en fufion. Il eft donc effentiel d’indiquer le moyen dont il faut s’y prendre pour les écrafer, les étendre Sc les attacher à la table qu’on étame , en telle façon qu’elles faflent une couche qui cache totalement la couleur du plomb,
- §. IL De la maniéré d’étendre l’Etain fir le Plomb.
- L’Ouvrier doit prendre dans fes mains une poignée d’étoupe, qu’il faut tremper dans de la poix-réfine, afin de la graiffer un peu, & avec laquelle il écrafera les petites lames d’étain dont il eft queftion, & les étendra enfuite fort aifément fur toute la fuperfîcie de la table qui eft immédiatement fur le réchaud, Sc par conféquent brûlante : l’étain s’v attachera en telle quantité qu’il voudra. On continue de même depuis un bout de la table jufqu’à l’autre, en promenant fur fa fuperfîcie fon étain Sc fon étoupe, comme on le feroit d’un torchon fi l’on vouloit effuyer une table mouillée. Il n’eft pas befoin de dire qu’il faut avoir le foin de tranfporter le réchaud Sc le feu qui eft dedans , aux endroits où cela eft néceflàire ; cela fe fent de foi-même. On prendra enfuite chaque table qu’on
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- aura étamée, & on la roulera fur elle-même, le côté étamé étant etl dedans pour qu'il ne fe faiifle pas, afin qu elle foit toute prête à être tranfportée & employée où il fera néceflàire.
- Voyons la façon d’étamer les ardoifes,
- §. III. Du blanchiffage des Ardoifes.
- P a r la même raifon qu’on blanchit les tables qui couvrent les Eglifes * on blanchit auffi les ardoifes qu’on emploie au même ulàge ; mais comme elles font d’un trop petit volume pour pouvoir les tenir fur le feu, il faut commencer par blanchir la table d’où on veut les tirer ; enliute on les découpe de la façon que nous lavons dit en fon lieu : elles fe trouvent par ce moyen étamées de cette forte , & on diminue par - là une partie du travail & de la peine qu’il faudroit néceifairement apporter fi on étoit obligé de les étamer féparément. Paflons aux Amortilfements.
- Article Troisième.
- De la manière de faire les différents Amortiffements dont les Plombiers
- décorent leurs Ouvrages.
- On entend par Amordffement, un couronnement d’ôuVrage quel qu’il foit. Cette dénomination convient ici proprement à quelques pièces d’ornement que le Plombier met au plus haut des toits, pour férvir d’accompagnement à la verge de fer qui fupporte une girouette, une croix, un coq ou un pigeon. On en faifoit autrefois un bien plus grand ulàge qu aujourd’hui ; car, pour ne point fatiguer la charpente par un poids inutile, ou on les a entièrement fupprimés , ou on les a beaucoup diminués ; de forte qu’on fe contente fouvent de mettre fur les aiguilles, ou à la partie la plus élevée des Lucarnes, des Pavillons 2 Scc.‘ une fleur de lys ou un petit globe ; on ne fe fert pas tant des girouettes qu’on le laifoiü anciennement. Mais fi l’on veut garnir de quelqu’ornement la tige d’une croix ou d’une girouette, il faut que les tiges, Fig. i, P/. XV, qui les portent, fbient refendues & ouvertes par en-bas en forme de lardoire A , qu’elles loient percées de trous pour pouvoir les attacher à l’aiguille avec de forts clous ; & comme ces tiges lupportent les pièces qui forment l’Amortiflement, on les nomme des fers, ou des ferrures d? Amortiffements. Ces Amortiflements, comme on le voit par celui que repréfente la Fig. 2 , qui eft fait de cinq pièces a, b , c >d, e, doivent être creux en dedans , pour recevoir la tige de fer Z?, Fig. 1, qui doit les fbutenir. Ainfi quand on a cloué fur l’aiguille le fer d’Amortifîe-' ment A , Fig. r , on pofe la partie d’Amortiflement a, Fig. 1, qui neft ordinairement qu’une lame de plomb roulée qu’on attache par en-bas à la charpente • avec des clous, & qui doit, par en-haut, embrafler allez exactement le fer d’Amortiffement, Fig. i. Les autres partiess d> £,font ordinairement
- fondues ±
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- C h à f 11 r e VlïL Du BIdntTiufùnl des CàuvertUres , &c. 95
- fondues , 8c doivent être percées dans le milieu pour recevoir le fer d Amortifle-ment qui les enfile 8c les foutient toutes ; il faut encore que le bas de la piece b recouvre un peu le haut de la piece a 9 8c de même de toutes les autres pièces c9 d9 e9 afin que feau fbit fejettée en dehors, 8c ne puiflè pas, en coulant le long de la ferrure d’Amortilïement, pénétrer jufqu’à faiguille de la charpente qu'elle pourriroit; enfin on rapporte , fi Ton veut, quelques feuilles découpées qu’on attache avec des clous à Celles qui font fondues, comme on le voit en b & en c.
- Ce ne font pas les feuls AmortifTements qu’on emploie ; on en fait d’autres qui font en forme de globe, & de beaucoup d’autres façons.
- On peut diftinguer trois fortes d’Amortiflements ; les uns font fondus , les autres prennent leur forme fous la batte ; les autres enfin font appellés mixtes, c’eit-à-dire , découpés en partie , 8c en partie fondus. Comme le détail en feroit trop long, nous nous contenterons d’en décrire quelques-uns de chaque efpece.
- §. I. Des Âmortijfements contournés fous ta batte*
- Les Amortifîements qui font faits de cette maniéré, font principalement les globes que l’on met au-delfus des Dômes , comme on le voit en Z, Fig. 4, PL XIVNous commencerons par eux la defcription que nous nous fommes papote de faire.
- J’ai déjà dit qu’on les faifoit fouvent en cuivre ; mais quand on veut qu’ils foient en plomb, on prend ordinairement du plomb laminé par préférence aù plomb fondu, parce qu’il faut qu’ils foient le plus légers qu’il eft poflible', 8c que par conféquent les feuilles de plomb qui y font employées, ayent peu d’épaiffeur. Ils font faits de deux pièces, que l’on coupe de la maniéré que nous allons le dire.
- On a une table A A, Fig. 8, fur laquelle on tire une ligne B B ; ori prend deux centres fur cette ligne, marqués par E F, qui fervent à défigner avec lé compas deux plateaux ronds C D9 Fig. 8 & 9, plus ou moins grands, fuivant la groffeur que l’on veut donner à la boule. On fait dans le milieu de chaque plateau avec une gouge, Fig. 10, un trou, dont on verra l’ufage dans la fuite.
- On aboutit ces deux plateaux l’un après l’autre , c’eft-à-dire, on les arrondit en les frappant à petits coups dans le milieu 8c par les côtés, de la même maniéré qu’on le voit Fig. 11, pour en faire deux hémifpheres ou calottes : on les préfente l’un à l’autre , pour qu’ils s’ajuftent exactement, comme le fait l’Ouvrier que repréfente la Figure 12.
- PLOMJ&IERi
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- VA RT DU PLOMBIER, &c.
- §. IL De la maniéré de les foudcr.
- Pour les fonder, il faut placer fur la table G, Fig. 13, deux fupports ou chevalets H1, fur lefquels on affied fon globe, traverfé par une tringle de fer K K, que fon fait palier dans ces deux trous que nous avons dit d’ouvrir à chaque plateau : c’eft à quoi ils fervent ; ils font auffi faits pour que ces fortes d’Amortiffements puiflent être enfilés par le fer d’amortiflèment qui doit les porter.
- On foude enfoite ces deux plateaux ou hémifpheres enfemble ; pour cet effet on les accotte contre quelque gros poids qui les empêche de changer de place. On les foude ainfi en avivant le plomb où la foudure doit prendre, & falifïànt les endroits où il ne faut pas quelle s’attache. Cet Ouvrage demande de fadreffe ; c’eft pourquoi on ne peut pas fpécifier de réglés à ce fujet.
- Mais je dirai ce que les Ouvriers les plus intelligents ont coutume de faire; Comme il feroit impoffible d’empêcher que les deux plateaux ne vacillent un peu jufqu’à ce qu’ils foient entièrement foudés enfemble, c’eft-à-dire, dans toute leur circonférence, & que cela ne pourroit fe faire exactement, ou même feroit impoffible, on a imaginé de jetter quelques gouttes de foudure de diftance en diftance tout autour de l’endroit qui doit être foudé, avant même de l’avoir avivé ; cela forme de petites attaches, qui commencent par aftùjétir les deux plateaux l’un contre l’autre d’une maniéré auffi folide que s’ils étoient réellement foudés.
- Avec un peu d’intelligence on fait toutes les autres opérations très-aifément i on donne à ce globe, par ce moyen, la forme qu’on voit repréfentée dans la Figure 14. On le met enfuite en place, en faifànt paffer le fer d’amortiflèment dans le dedans de ce globe, comme on le voit Fig. 15. Nous dirons ailleurs de quelle façon on les blanchit.
- §. III. Des AmortiJements qui font fondus.
- Les Amortiflements qui font jettés au moule, font ordinairement les coqs dont on furmonte les croix qu’on place fur les Clochers. On fond encore les pigeons que l’on met for les Colombiers, en outre plufieurs feuillages que l’on cloue en divers endroits des Couvertures. Nous dirons un mot for chacun de ces Amortiflements en particulier.
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- Chapitre VIII. Du Blanchiment des Couvertures, &c. 9Î §. IV. Des Amortijjements faits en forme de Coqs.
- Assez fouvent cette figure de coq que Ton voit au haut des Clochers, eft faite avec des lames de cuivre embouties & foudées ; mais ceux quon fait en plomb font jettes en moule , comme je vais l’expliquer.
- Les Plombiers ont une table de cuivre A, Fig. 16, dans laquelle eft gravée en creux un Coq Z?, coupé par la moitié de fon épaifleur : car on ne fond jamais un Coq tout entier. Cet ouvrage fe fait en deux fois : on en fond d’abord une moitié, enfoite l’autre ; on les attache toutes deux enfemble par le moyen de la foudure.
- Pour jetter en moule un Coq , on frotte de graiffe la partie B du moule qui eft creufo , & qui repréfente une moitié de Coq coupé par fon épaifleur ; puis ayant mis le moule bien de niveau, on verfo avec une cuiller du plomb fondu dans le creux ; enfuite avec un rabot on emporte tout le plomb qui eft de trop. Quand le plomb a pris corps, on fort la première moitié de Coq du moule ; puis on en fond une autre moitié : on creufo dans le plomb de quoi loger la douille de fer CD> Fig. 17, qui doit recevoir le fer d’amortiflement E. On foude cette douille à une des moitiés ; puis on réunit les deux moitiés, & on les foude pour former le Coq entier , & pour lui donner la forme qu’ont ceux que nous voyons quelquefois au haut des croix qu’on place > for les Clochers.
- §. V. Des Amortijjements faits en forme de Figeons.
- O n fond aufli en moule des Pigeons, qu’on a coutume de mettre for le haut des Colombiers ; mais on les fond tout entiers d’un foui jet, parce que ne devant pas tourner au vent, il n eft pas néceflàire d’y mettre une douille. C’eft pour les fondre d’un foui jet, que le moule A eft de deux pièces qui s’appliquent l’une for l’autre, comme on le voit Fig. 15?, & on les retient en cet état par le moyen de quatre fiches à broches B By CC, Fig. 18. Ce moule , où la forme d’un Pigeon eft gravée en creux, étant frotté de graifle, & les deux pièces étant réunies , comme on vient de le dire, on verfo du plomb fondu par l’ouverture E. Quand le plomb eft figé, on ôte les broches ; on ouvre le moule, & on tire le Pigeon F, Fig. 20 : il ne s’agit plus que de l’attacher à l’extrémité du fer d’amortiflement ; & comme il ne doit point tourner au vent, mais être fixe ; il n’eft befoin que de percer avec une gouge & à coups de marteau ,un trou dans lequel entre l’extrémité du fer d’amortiflement , qu’on y aflujétit avec de la foudure.
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- §. VI. Des Feuillages.
- Les Plombiers font encore, avec des moules, différents morceaux d’ornement , comme des olives, des rofes , des morceaux de guirlandes, des feuilles d’eau, &c. qu’ils attachent avec des clous ; & comme ils fe font tous de la même maniéré, je me bornerai à expliquer comment on jette en moule une feuille d’ornement.
- Il faut avoir un moule de fonte, de fer ou de cuivre , dans lequel foit marquée en creux la feuille , comme on le voit Fig. 6 ; on graillé le moule ; on le place exactement de niveau ; puis, Fig. 7, on verfe deffus du plomb fondu, & avec un rable a, on emporte tout le plomb qui eft de trop , pour qu’il ne refie que celui qui remplit le creux du moule; car les ornements doivent être très-minces, pour qu’ils puiffent s’ajufter aifément aux différentes formes des parties où on les attache avec des clous. Il eft vrai qu’on en fait auffi de découpées ; pour cela on trace for une table de plomb laminé , la forme de la feuille , puis on la découpé avec une gouge & à coups de marteau. Quoiqu’en les attachant on fafîè prendre aux différentes parties de ces feuilles , des contours qui les font paroître moins roides, elles ne font jamais auffi agréables que celles qui font fondues dans un moule, & elles ne fe font pas auffi promptement.
- §. VIL Des Mixtes.
- Les Amortiffements que f appelle Mixtes, font ceux qui font moitié fondus & moitié travaillés fous batte , comme on le voit Fig. 1, 3 & 22; ceux-ci fe découpent & fo font à l’endroit même, quant à ce qui regarde l’ouvrage qui fo fait fous la batte, parce qu’on doit prendre la forme de la charpente for laquelle on les modèle. Quant aux feuillages dont on les décore enfoite, ils fe font dans l’attelier, parce que cela eft plus commode pour les Ouvriers.
- On commence d’abord par revêtir le bas de la charpente des bandes Z?, Figï 3 , que l’on fait tomber en recouvrement en A, 8c que l’on cloue l’une contre l’autre en les repliant dans leurs jointures, l’une en deflous, l’autre en deftus y de telle forte que les clous mordent quatre fois l’épaiffeur de chaque bande, & par conféquent on doit obferver ici ce qui a été dit par rapport aux tables de la Couverture des Terrafles en plomb. v
- On coupe enfoite deux plaques de plomb E E, dans la forme qu’on le voit Fig* 4, pour emboîter la charpente qui eft au-deffos; cela fe fait en tirant une ligne F G fur la table for laquelle on veut les prendre; enfoite les lignes HH9 II, 8c puis les lignes collatérales KL: on les cloue l’une fur l’autre comme les bandes B.
- On prend de nouveau deux autres plaques de plomb MM, Fig. 3 & p pour couvrir l’extrémité de la charpente , & on les aboutit for le lieu même
- comme
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- comme on le voit en O : on les y cloue également ; on y applique & on y cloue enfuite des feuillages Q, Fig. 6, comme on le voit en P> Fig. 3 , que Ton fait fondre ainlî que nous l’avons dit plus haut. Pour rendre ces efpeces d’Amortifle-ments plus folides, on cloue de petits colets C C de plomb entre les bandes B & les plaques E E : on en fait autant entre les feuillages , comme on le voit en . DD.
- Ordinairement on noie dans la maçonnerie les folives S S9 qui forment le pied de ces fortes d’Amortifièments. Mais fi on vouloit les couvrir en plomb, il faudroit le faire en ardoifes, & s’y prendre comme nous l’avons dit par rapport aux Clochers , aux Tourelles, Scc. ou tout Amplement les revêtir d’une table de plomb coulée, fi fà longueur fuffit, ou d’une table laminée, qui fupplée au défaut des premières par la longueur quon peut lui donner avec le fecours des cylindres.
- On eft dans* fufàge de placer au haut de ces Amortifièments une ferrure R, que l’on cloue en dehors ; pour cet effet il faut qu’elle ait la forme qu’a celle qui eft repréfentée Fig. 1 : ou on la fait entrer dans la charpente, comme on le voit en O, & on la formonte enfuite d’une girouette T.
- Comme les deux autres, Fig. 1 & 22, font à peu-près les mêmes que celui-ci , nous nous contenterons de ce que nous avons dit au fujet du premier. Il fera facile de concevoir comment on les fait, par le détail dans lequel nous venons d’entrer.
- Ces fortes d’Amortifièments font tout ce que les Plombiers peuvent faire de mieux dans leur Art.
- On peut compter une .quatrième efpece d’Amortiffement, qui ne demande pas tant de peine que les premiers.
- §. VIII. De quelques autres Amortijfements*
- O n fait des Amortifièments plus Amples de bien des façons différentes ; je me bornerai à en détailler un , Fig. 21 , qui eft fans feuillages & fans découpures , qu’on ne laiffe pas d’employer affez fréquemment , parce qu’il exige peu de façon, êc qu’il eft affez folide. Il eft formé de trois pièces A, B9C. On coupe le morceau A, qui eft de la moitié d’une table de plomb qui porte 7 pieds, & on le tient un peu moins large par le bout qui doit être en haut que par l’autre , afin qu’il prenne une forme un peu conique. On coupe enfuite deux morceaux B C en rond, comme fi l’on vouloit faire une fphere, excepté qu’on laiffe à chacun un rebord par le pied pour l’attacher au morceau A : on emboutit chacun de ces morceaux pour en former comme une calotte. On laiffe 1 aiguille de la charpente un peu longue , & on la taille comme il convient pour recevoir l’Amortiffement ; car le plomb doit être modelé fur la charpente même. On coupe le bas du morceau A en trois parties E9 F, G 9 pour les clouer fur le Plompier* B b
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- 98 L'ART DU PLOMB TER9&C.
- faîte & les arêtiers ; & afin que ces bandes de plomb emboîtent bien les bois fur lefquels on les pofe, on les cloue par les deux bords.
- Mais avant d’arrêter ces bandes de plomb, on enveloppe avec le morceau A l’aiguille, en le roulant & le frappant avec la batte fur l’aiguille, dont elle doit prendre la forme, Sc on l’y attache du haut en bas avec des clous, ayant attention que cette ceinture ne fbit pas du côté de la face du bâtiment ; enfuite on rabat les parties E9 F, G, quon cloue fur le faîte SC les arêtiers, comme nous l’avons dit.
- Les deux morceaux B C fe pofent fur le premier A ; on les attache d’abord enfemble par un rempli qu’on fait entre ces deux morceaux, & qu’on cloue à la charpente : on rabat enfuite les rebords fur le morceau A, qui a d’abord été mis en place, & on les attache avec des clous.
- On peut dire en général, que tous les Amortiflements qu’on modèle fur une piece de charpente, font très-aifés à faire.
- . Article Quatrième.
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- Du Blanchiment des Amortijfements.
- Les Amortiflements & les Plates-bandes qui portent des moulures, fe mettent ordinairement en couleur, qu’on imprime à l’huile : quelquefois on les dore ; mais comme l’un coûte fort cher, & que l’autre eft de peu de durée , il arrive fouvent que les Plombiers leur donnent une croûte d’étain pour les blanchir , ainfi que nous l’avons dit par rapport aux tables Sc ardoifes des Couvertures. Nous nous difpenferions de répéter ici ce que nous avons dit par rapport à cet objet ; mais comme ce travail eft différent de l’autre en quelque chofe , quoique la matière qu’on emploie fbit la même, nous ne pouvons éviter d’entrer dans quelques petits détails à ce fujet. Nous parlerons d’abord des Globes.
- §. I. Du Blanchiment des Globes.
- O N commence par étamer la table de plomb d’où on doit les tirer, comme on fait les tables qu’on étame en entier; mais on a foin de la couvrir d’une épaifle couche d’étain : on en coupe deux moitiés de Globe ; enfuite on les bat au marteau , pour les emboutir, & on foude l’une à l’autre. Comme les coups de marteau qu’on donne pour les emboutir, & la terre grafle dont on les frotte pour les fouder, terniflent Sc endommagent l’étamage, pour le réparer, après avoir foudé le Globe, on le met fur du charbon allumé ; Sc quand on voit que l’étain eft prêt à fondre, on frotte la fuperficie de la boule avec de l’étoupe chargée de poix-réfine ; comme la couche d’étain eft épaifle, on parvient à l’étendre : de forte qu’en continuant cette opération fur toute la fuperficie de la
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- Chapitre VIII. Du Blanchiment des Couvertures, &c. pp
- boule on la rend claire comme de largent. Si Ton appercevoit le plomb en quelques endroits , on pourroit y verfer quelques gouttes d'étain.
- §. II. Du Blanchiment des Amorti(fements fondus.
- Pour faire comprendre comment on doit blanchir les pièces d'ornements fondues & qui font maffives, je me bornerai à donner pour exemple les Coqs qu’on met fur les Clochets, & les Pigeons quon place m haut des Colombiers.
- Il eft fenfible que toutes ces pièces qu’on fond maffives, font trop épaifles pour être blanchies de la même maniéré que les tables ; c’eft pourquoi on s’y prend différemment ; on les blanchit auffi-tôt qu’on les a tirées du moule en leur jettant de petites écailles d’étain. La chaleur du plomb qui fort du moule & qui eft brûlant, jointe avec la poix-réfine qu’on y mêle , le rend affez coulant pour qu’il puiffe s’étendre fur les parties en relief, comme dans les creux. On frotte lé Coq dans toutes fes parties avec l’étoupe enduite de poix réfine, pour faire attacher l’étain par-tout également. On en fait autant aux Pigeons , ainfi qu’aux feuillages ; mais cette première opération leur fuffit : au lieu qu’il faut y revenir deux fois par rapport aux Coqs ; parce que comme ils font fondus en deux /ois, & foudés après être blanchis , ainfi que les Globes, il faut en retirer la terre^ graffe qu’on emploie toujours dans la foudure, en outre la foudure inutile ; enfuite recouvrir l’endroit de la foudure même, d’une nouvelle croûte d’étain que l’on y jette en gouttes ; & étant en fufion, ce nouvel étain fe prend avec l’autre: par ce moyen le Coq femble n’avoir jamais été foudé.
- Il eft utile , pour les étamages , d’avoir des réchauds en réverbere, où le feu eft contenu dans une grille qui eft au centre d’une plaque. Comme ces fortes de réchauds , quand on les préfente à une forface verticale, y portent une grande chaleur , cela peut être très - avantageux pour réparer certaines parties qui auroient manqué aux opérations que nous venons de rapporter.
- C’eft-là le plus grand éclat que les Plombiers puiflènt donner aux AmortiiTe-ments dont ils couronnent leurs ouvrages , Sc qu’on voit dans les Couvertures 9 principalement au haut des Pavillons. Quand on en veut de plus majeftueux, on a recours aux Sculpteurs, comme on le voit dans les dix Pavillons que l’on compte dans le Château de Verfàilles. Les deux premiers qui forment la grande Ecurie, font couronnés par deux frontons, dans lefquels on voit deux enfants affis fur des trophées. Les deux autres Pavillons qui forment la petite Ecurie, font dans le même genre, ceft-à-dire, couronnés par des enfants également affis for des trophées.
- Mais ceux , parmi tous les autres, qui font le mieux décorés, font ceux qui flanquent les deux ailes du Château : ils offrent deux balcons , dont celui qui eft à main droite préfente fix ftatues; lavoir, Iris avec fon voile, Junon avec fon paon, Zéphire avec de petites ailes qui figurent l’Air, & trois autres : Vulcain au milieu de deux Cy dopes, qui repréfentent le Feu.
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- M0 L'A R T DU PLOMBIER, &Ci
- Le balcon qui eft à gauche offre, de même que celui qui eft à droite, fix ftatues ; favoir * Gérés, Pomone & Flore, qui repréfentent la Terre ; & trois autres, Neptune, Thé tis & Galathée, qui repréfentent l'Eau. Ce font des chefs-d'œuvre où le cifeau des Arcis, des Drouilly , &c. a épuifé toute la délicatefle de l'Art. A proprement parler , ce font ces fortes d'ouvrages que l'on peut appeller de vrais Amortiftements : ceux que nous venons de décrire, à peine en méritent-ils le nom ; mais j’en ai parlé parce qu'ils entroient dans le plan que je me fuis propofé.
- Voyons la maniéré d'enlever la croûte d'étain que l'on peut donner au plomb qui entre dans les Couvertures, quand cela eft néceftaire : ce fera la matière du Chapitre fuivant.
- CHAPITRE NEUVIEME.
- De la maniéré de déblanchir le Plomb étamé, SC d'en tirer parti.
- O n entend par dèblanchir le plomb, comme nous venons de le dire, la maniéré d'en tirer la croûte d'étain qu’il a reçu dans le blanchiment.
- Les Plombiers font non-feulement différents ouvrages qu'ils mettent en place,’ ainfi que je viens de l'expliquer, mais encore ils achettent les vieux plombs de démolition , ou bien ils les prennent en diminution de celui qu'ils fourniflent. Beaucoup de c es ouvrages ne font bons qu'à mettre en pièces, pour être enfuite fondus. Parmi ces fortes de plombs, il s’en trouve qui ont été ou étamés ou foudés , dont il faut retirer l'étain par plufieurs motifs.
- i°. Parce que l'étain eft plus cher que le plomb. Cette raifon doit engager les Plombiers à enlever le plus qu'ils peuvent, celui qui fo trouve dans les vieux plombs avant de les fondre.
- 2°. Ils doivent faire en forte que les vieux plombs qu’ils mettent en fufîon, & qu'ils emploient enfoite, ne foient pas plus aigres que les plombs neufs ; il eft confiant que [l'étain , quoique fort duétile, aigrit le plomb dans lequel il fe trouve : cela eft prouvé par l'expérience ; car la foudure, qui eft un alliage de plomb & d'étain, eft plus aigre & plus caftante que le plomb ou l'étain pur. Un plomb où il y auroit de l'étain , feroit fojet à rompre fous la batte. La fonde dont on fe fert pour dégorger les tuyaux des Fontaines, ou les eaux forcées, feroit aifément crever ceux où il en feroit entré.
- Tout concourt donc à engager les Plombiers à retirer celui qui peut être dans leurs vieux plombs avant de les mettre en fonte , en ufànt de la maniéré dont il faut s'y prendre pour y réuflir : c eft ce qui a donné lieu à ce Chapitre purement (Economique.
- Nous
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- Chapitre ÎX. De la manière de déblanèhir le Plomb étamé, êfc. to%_
- Nous le diviferons en quatre Articles ; dans le premier, on verra la maniéré de détamer les Tables; dans le fécond, celle denlever la fbudure des luyaux & des Cuvettes ; dans le troifieme, celle de retirer Pétain des Amortiflements ; dans le quatrième, celle de tirer parti des vieux Plombs après cette opération faite.
- Article Premier»
- De la maniéré de detamer les Tables êtamées*
- Îl faut d abord remarquer que les Plombiers ont très-rarement de ces fortes de Tables, parla raifon que nous avons rapportée plus haut, qu’on n’étoit prefque plus en ufage d’en faire ; mais ce n eft point une raifon pour paffer fous filénce ce que j’ai à en dire*
- Quoiqu’il convienne d’employer différents moyens,pour féparer l’étain d’avec le plomb; tous font fondés fur ce principe: que l’étain eft bien plus aifé à fondre que le plomb ; de forte qu’un degré de chaleur qui fait fondre l’étain , n’eft pas fuffifant pour la fufion du plomb : de-là vient que la foudure fond plus aifé-ment que le plomb pur ; & quoique ces différents degrés de chaleur ne foient pas confidérables , les Plombiers favent profiter de cette propriété de l’étain pour le retirer du plomb, en le faifant, comme ils difent, rejouer. Ces généralités ne fuffifent pas ; entrons dans des détails.
- Pour retirer l’étain des tables de plomb qui ont été blanchies avec ce métal, il faut commencer par dérouler une partie de ces tables ; on fupporte une portion de la table A , Fig. 3 , PL XVI, fur des tréteaux B C : on met fous cette table un fourneau D , avec de la braife allumée, en ménageant bien la chaleur , pour ne point fondre le plomb : il devient cependant aflèz chaud pour fondre l’étain dont il eft couvert, au point qu’en faifant à la partie la plus bafle, une petite gouttière E}l’étain s’y rend, & on le reçoit dans une cuiller F. On peut le conduire encore en cet endroit avec un tampon de fiiaffe frotté d’un peu de poixuréfine en poudre. Il faut avoir le foin de changer de place le réchaud où eft la braife > pour que l’étain fonde dans toute l’étendue de la table qui eft foutenue fur les tréteaux B C. Quand on a retiré tout Pétain d’une partie , on doit rouler cette partie détamée du côté G , & dérouler la partie qui n’eft point encore détaméè qui eft en FI, pour la faire refluer comme nous venons de l’expliquer. Il fauü également avoir le foin de faire un nouveau bec ou gouttière E, à chaque partie de table dont on aura fondu l’étain * afin de le faire tomber dans la cuiller.
- A l’égard de cet étain, on le ramafle & ôn le conferve pour l’employer â l’ufage que nous dirons dans le quatrième Article de ce Chapitre.
- Il arrive quelquefois que la table fe perce, & que 1 étain dégoutte dans îa braife qui eft deflbus : il faut l’en retirer , s il y eft en aflez grande quantité pour que cela puifle fe faire , ou on le ramaffe aveç les charbons pour le joindre aux cendrées.
- Plombier. Cg
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- UA RT DU PLOMBIER, &c.
- Article Second.
- De la façon de retirer la foudure des Tuyaux roules & des Cuvettes.
- Co mme les Cuvettes fuivent les Tuyaux, nous parlerons dans cet Article des uns & des autres, pour faire voir comment on sy prend pour en tirer la foudure,
- §. I. De la façon de le faire aux Tuyaux.
- O N peut d'abord emporter avec un couteau & à coups de marteau, l'endroit du tuyau A, Fig. 4, où eft la foudure ; par ce moyen on aura une bande B qui renfermera la foudure & une partie du tuyau de plomb où elle étoit attachée ; on mettra cet alliage de plomb & de foudure dans la chaudière, les jours que l'on fait de la foudure, en y ajoutant de l'étain dans la quantité fuffifànte, afin de faire un alliage convenable pour former un bon corps de foudure. Pour arriver à peu-près à ce point, on pefe les rognures B dont nous venons de parler ; & fuppofànt qu'elles contiennent un fixieme d'étain, on y ajoute un fixieme d'étain neuf, afin que l'alliage foit d'un tiers d’étain fur deux tiers de plomb.
- Lorfqu'on a befoin de faire beaucoup de foudure , on met dans la chaudière au lieu de plomb neuf, des bouts de tuyaux foudés, ce qui difpenfè d'y ajouter une auffi grande quantité d'étain.
- §. II. D ’une autre maniéré d’enlever la foudure des Tuyaux.
- Les Plombiers s'y prennent encore d'une autre façon pour retirer la foudure de leurs tuyaux ; c’eft en les faifànt refluer : ils les pofent pour cet effet fur de la cendre chaude, comme nous le dirons des petites pièces d'amortiflement qu'on veut détamer ; ou bien on-pofe le tuyau fur des tréteaux, & on préfente deflous des réchauds remplis de charbons allumés. Dans l'un & l'autre cas la foudure dégoutte dans la cendre ou dans la braife, d'où on la retire ; mais il faut tâcher de ne faire fondre que la foudure.
- §. III. De la maniéré de tirer la foudure des Cuvettes.
- A l'égard des Cuvettes, il eft plus difficile de les faire refluer, d’autant qu'il n'eft pas aifé de les foutenir fur le réchaud ; & fouvent le plus court moyen eft de couper la foudure , comme nous avons dit qu'on le faifoit pour les tuyaux.
- 11 eft bon d’avertir que lorfqu’on fait refluer foit des Cuvettes, foit de$ Tuyaux, pour que la foudure ne s’attache pas de nouveau au plomb qui devient
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- Chapitre IX. De la maniéré de déblanchir le "Plomb itarné, ère. tof brûlant par cette opération à mefure qu’on la fait fondre , il faut les falir de la même maniéré que fi on vouloit les fouder ; par ce moyen la foudure qui, en fondant, coule toujours de côté Sc d’autre , n’y refte pas attachée*
- Article Troisième.
- De la maniéré d! enlever tétain & la foudure des Amortiffements*
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- Nous avons dit qu’on pouvoit en compter de trois efpeces ; lavoir , ceux qui font travaillés fous la batte, ceux qui font fondus, Sc ceux qui font compofés des deux premiers. Il faut s’y prendre différemment.
- §. I. De la façon de le faire aux Globes.
- Les Amortiffements qui font en forme de Globes, comme ils font creux % doivent être coupés tout autour de l’endroit où ils ont été foudés : on y enfonce d’abord la pointe de la ferpette qui perce le plomb ;^quand cette première en-* taille eft faite, on continue tout autour du Globe, en le faifànc rouler à mefure qu’on le coupe , jufqu’à ce que les deux hémifpheres foient féparées ; enfuite il faudra retirer la bande de foudure avec le plomb fur lequel elle a été mife , de l’hémifphere où elle eft encore attachée*
- Il refte à ôter la croûte d’étain qui eft fur la furface de chaque hémifphere*1 Pour cet effet on prend un réchaud de braife qu’on couvre avec une de ces moitiés de Globe , qui étant concave , l’embraffe ; il faut qu’elle foit fùpportée lùr quelque chofe , afin de donner de l’air au feu pour qu’il ne s’éteigne pas. On en fait autant de la fécondé.
- L’étain réchauffé par le plomb s’en fépare Sc tombe à terre tout autour dé chaque hémifphere, d’où enfuite on le ramafle.
- §, IL De la façon de tirer V étain des Amortiffements fondus 9 & de ceux qui font
- moitié découpés û* moitié fondus.
- P o u r les Amortifîements qui font coulés dans des moules , comme les mou* lures qu’ils y prennent font fort épaiffes en de certains endroits, Sc très-minces en d’autres, on ne peut fe fervir du réchaud pour échauffer le plomb ; il faut les mettre fur de la cendre chaude, comme nous l’avons dit par rapport auxTuyaux, & quelle le foit affez pour faire fondre l’étain, fans faire fondre le plomb qui en eft revêtu ; l’étain coulera dans la braife , où on le ramaflera du mieux qu’il fera poffible : on portera le refte aux cendrées.
- Quant aux Amortiffements mixtes , il faut en détacher les feuillages, Sc en tirer l’étain, comme nous venons de le dire.
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- Si ce qui eft découpé forme des tables affez larges pour être mifes commodément fur le réchaud , il faudra s’en fervir ; finon on doit les mettre fur la braife ainfi que les feuillages.
- Ce que nous avons dit au fojet de ces Amortiffements, doit s’entendre de tous les autres ; l’intelligence de l’Ouvrier for-tout, doit foppléer à tout ce que nous n’avons pas dit.
- Article Quatrième.
- Du parti que l’on peut tirer des vieux Plombs après que la foudure ou tétain
- en ont été enlevés.
- I l faut obferver qu’après cette opération le Plombier fe trouve avoir deux chofes dont il doit faire différents ufages ; favoir, l’étain, & le plomb dont il a été tiré. En outre, parmi ces vieux plombs, il fo trouve des tables , des Tuyaux, des'Cuvettes, &c, dont on peut tirer parti de la façon que nous allons le dire,
- §. I. De Vufage qiion doit faire de V Etain & des Soudures.
- Les Plombiers n’emploient leur étain‘qu’à un feul ufage : c’eft à faire de la foudure. Celui qu’ils font venir des mines, ainfi que celui qu’ils tirent des vieux plombs, leur fert à cet ufage : ils le mettent indifféremment fondre ; mais ce dernier eft plus ou moins pur, félon qu’il y eft entré plus ou moins de plomba Il faut y avoir égard quand on le met dans la chaudière, mais encore davantage par rapport aux foudures qu’on fait reffuer ; car, outre qu’elles entraînent toujours un peu de plomb , c’eft qu’elles-mêmes ne font qu’un alliage, en forte qu’elles ne contiennent qu’une très-petite quantité d’étain. Le plomb y domi-neroit trop fi on n’y ajoutoit de l’étain neuf : cela arrive toutes les fois qu’on le met en fufion.
- il y a encore plus de plomb dans les foudures que l’on coupe, puifqu’on enleye, celui auquel elle s’étoit attachée; elles exigent par conféquent plus d’étain.
- §. II. De t ufage des Tables qui ont fervi aux Couvertures.
- Quant à ce qui regarde les Tables, iorfqu’une fois toutes celles qu’on peut avoir font détamées , il faut en retrancher , ainfi que des tables ordinaires, ce qui eft défectueux ; le refte peut fervir à faire des doffiers de Cuvettes, des bouts de Tuyaux, des ardoifes , &c. On foppofe ici quelles ne font pas entièrement mauvaifes : car fi au contraire , parmi toutes ces tables, il n’y avoir rien qui pût fervir, il faudroit fimplement les brifer, & les faire fondre pour en tirer de nouvelles.
- §. III.
- V»/
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- Chapitre IX, De la maniere de déblanchir le Plotrib êtamé , &c* io|
- §• III. Du parti que ton peut tirer dès Tuyaux*
- O u la fouduré en à été enlevée, bu elle y èft encore. Dans le premier cas, ori jpeut en faire des fonds de Noues , de petits Chaîneaux, en foppofànt qu’ils foient encore bons dans la plus grande partie de leur longueur 9 finon il faudroit les brifer & les faire fondre comme les mauvaifos tables.
- S’ils ne font pas encore défoudés, on pourra en prendre les meilleurs bouts en les coupant tout autour: il eft quantité d’endroits où ils peuvent être employés. Ils feront très-bons, par exemple , pour mettre âu bas dés Olivettes, à l’extrémité des Chaîneaux, c’eft-à-dire, à l’endroit où ils tranlmettent l’eau aux Tuyaux de defcente. On pourra en faire ulàge à quantité d’autres endroits,
- §. IV. Du parti que Von peut tirer des Cuvettes & des ÀmortiJJements*
- Comme parmi toutes les Cuvettes, ainfi que parmi les Amortiflements que l’on enleve des bâtiments dans les démolitions , il fo trouve quelques pièces qui peuvent encore forvir en entier ; il faudra les conforver. Un Plombier qui efl: un peu occupé , à chaque inftant trouve occafion de s’en défaire, fur-tout des Cuvettes : car elles font fi utiles & fi commodes, qu’on ne peut s'en pafler. Ce que le temps n’aura pas épargné, & qui ne fera plus d’ufage , doit être fondue On en dit autant par rapport à tous les autres plombs.
- On a expliqué dans les Chapitres précédents, comment il falloit s’y prendre pour mettre les bâtiments à l’abri des eaux du ciel. Voyons dans les Chapitres foivants, ce que l’on doit faire pour y introduire & y conferver celles qui font à notre ufage, & que l’on appelle proprement domefliques. Paffons pour cet effet aux Réfervoirs* *
- Flomsier:
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- L’A R T DU PLOMB 1ER, &c.
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- ES»
- CHAPITRE DIXIEME.
- Des Réfervoirs.
- O N entend par Réfrvoir , un dépôt d’eau plus ou moins considérable*
- On en diftingue de plufieurs fortes : les uns font for charpente ; la caifle qui forme alors le Réforvoir eft toujours garnie en plomb ; les autres font en pierres , qui font également garnies en plomb, ou dont les joints font Amplement cimentés, foit en plomb ou en ciment ordinaire. Parmi ces Réfervoirs, il y en a quon appelle Domejîiques, parce qu’ils font dans les maifons. Les autres , qu’on voit dans les enclos , & qui fervent à garder du poifton, quelquefois à porter de petits bateaux pour s’y promener, font connus fous le nom de Pièces d'eau , ou de Poijfonnieres. Nous les nommerons ainfi pour les diftinguer des premiers.
- Les Réforvoirs for charpente, au contraire, font toujours domeftiques, parce qu’ils ne font placés que dans les maifons. Mais parmi ces Réforvoirs on en difo tingue également de plufieurs fortes : les uns fe nomment Réfervoirs de concef-\ Jion9 les autres de Jlmples Réfervoirs.
- Parmi les Réforvoirs de conceffion mêmes, il y en a de plufieurs elpeces ; mais tous fervent à la même fin 5 c’eft-à-dire 9 qu’ils font faits pour donner aux Propriétaires la facilité de vendre Sc commercer la quantité d’eau qu’ils ont de trop ; il n’y a que leur forme qui différé l’une de l’autre.
- Pour avoir occafion de parler des uns & des autres , nous diviforons ce Cha*^ pitre en quatre Articles ; dans le premier, nous parlerons des Réforvoirs de conceffion ; dans le fécond, des fimples Réforvoirs for charpente ; dans le troi-Ceme, des Réfervoirs for pierre ; dans le quatrième, des Pièces d’eau ou Poijfonnieres. ,
- Article Premier.
- Des Réfervoirs de conceffion.
- Nous commençons par les Réfervoirs de conceffion, parce que les autres font ordinairement une fuite de ceux-ci. Les Particuliers qui ont de l’eau chez eux, la tirent prelque toujours de-là : il eft très-rare même que les plus grands Seigneurs , for-tout dans cette ville, n’en ayent une fource propre.
- On entend par Réfèrvoir de concejjion, ainfi que le terme l’indique affez, des Réfervoirs qui partent la quantité d’eau dont on a befoin, de maniéré qu’on
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- Chapitre X, Des Réfervoir s* 107
- peut en vendre aliéner une partie aux différents Particuliers qui fe préfentent , jufques & à concurrence de ce voiume excédent d'eau.
- Nous donnerons d’abord une idée de celui de la Pompe du Pont Notre-Dame, comme étant un des plus grands & des plus curieux qu’il foit poffible de voir.
- §. I. Du Réfervoir de concejfion du R ont Notre-Dame,
- Voici de quelle maniéré il eft conftruit: il eft d’abord à l’étage le plus élevé, qui efl: de niveau aux quartiers les plus hauts de Paris ; il forme une caiffe, qui efl: adoffée à hauteur d’appui contre trois murs voifins l’un de l’autre. Cette caille qui régné autour de ces trois murs, a toute leur longueur , qui peut aller à 36 pieds, un pied Sc demi de profondeur, & environ 40 à 48 pouces de large; enforte qu’elle s’avance en deçà de chaque mur de 4 pieds à peu-près : de tous les côtés, en étendant le bras, on peut toucher le mur ; par conféquent: le milieu de l’endroit ou elle efl:, efl: vuide : cela a été fait exprès, afin qu’on pût plus aifément y faire les réparations qu’un ouvrage fi confidérable doit néceft fàirement demander de temps à autre.
- Cette caiffe efl: faite de trois bandes fbudées l’une à l’autre dans leur jointure , & faites d’un plomb extrêmement épais SC le plus fort qu’il fbit poffible de couler ; lavoir , iQ. d’une première bande qui efl: adoffée au dos des trois murs, Sc qui étant foudée aux deux angles qui font dans les trois murs, en fait elle-même trois ; 20. d’une fécondé plaque de plomb qui forme le fond de la caifle, & qui étant auffi foudée en deux endroits, en forme par conféquent trois autres ; 30. d’une troifiemebande qui efl: faite, ainfi que les premières, de trois autres plaques de plomb fondées enfemble, & qui forme le devant de la caiffe. Le tout efl: porté fur une forte grille de fer qui prend dans le mur & emboîte toute la caiffe ; le haut de la bande du devant de la caiffe eft rabattu fur une barre de fer qui régné tout autour du Réfervoir, & qui efl foutenue par des montants qui prennent dans la charpente du plancher. Le delîous de la caifle eft tout à jour, pour donner paflàge aux tuyaux.
- Dans le dedans de cette caifle, il y a une fécondé bande de plomb qui eft rebrouffée , & qui va d’un bout du Réfervoir à l’autre : elle a un pied & demi de haut ; elle eft à un pied environ du dos du Réfervoir, qui eft appuyé contre chaque mur. Elle eft foudée, ainfi que les premières, en deux endroits dans fa longueur, en outre en-bas & par les deux bouts : c’eft elle qui reçoit la première l’eau que rendent les tuyaux de la Pompe.
- Il y a en outre, dans le dedans de la caifle du Réfervoir, deux autres bandes auffi longues que celle-ci ; mais qui font de cuivre : elles font foudées dans les mêmes endroits que la première, mais il y a moins de diftance entr’elles, qu’il n’y en a de la première de plomb au dos du Réfervoir. Elles font plus preffées les unes contre les autres : il n’y a qu’un pied de la derniere bande de cuivre à la
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- koÈ E'À R T D U P L à M B I Ë R; ëc.
- plaque de plomb , par conféquent il n’y a à peu-près que 6 pouces entrelles ;
- elles font egalement moins hautes à proportion.
- Les deux bandes qui font en cuivre, font foutenues entrelles par des clous de fer qui les traverfont & qui font rivés aux deux bouts. La plus élevée , qui eft en plomb, eft foutenue par de femblables clous, & par une barre de fer qui fait tout le tour du Réforvoir , 8c qu’elle enveloppe fous un large bourrelet qu’on lui a fait en la retrouflant. Cette barre de fer, & ces attaches qui font entre les bandes de plomb & de cuivre, dont l’intérieur du Réforvoir eft garni ; font employées pour empêcher que l’eau qui eft introduite entre ces différentes foparations avec force, ne les abatte.
- L’efpace qu’il y a entre les deux bandes de cuivre & le devant de la caifîe ÿ forme une quatrième café qui eft auflî longue & prefqu’auffi large que toutes les autres enfemble ; c’eft dans cet endroit que font placées de diftance en diftance quatre cuvettes de conceffion, & les tuyaux du trop plein*
- §. IL De la manière dont monte J!eau.
- \
- Il y a fix tuyaux montants pour cet effet, qui font établis de diftance ed diftance dans l’épaiffeur des trois murs auxquels tout le Réforvoir eft adoffé. De ces fix tuyaux, il y en a quatre qui vont fans ceffe ; les autres ne font faits que pour fuppléer à ceux-ci, quand quelqu’un d’eux a befoin de quelque réparation; Ils ont au moins 8 pouces de diamètre chacun ; le bas eft en plomb ; le haut, au contraire, eft en potin fondu dans les forges. Ces tuyaux de potin font courts & ajointés les uns avec les autres par le moyen de quatre vis & d’autant d’écrous ; forifice de ces tuyaux qui jette l’eau , eft plus large que les tuyaux, & forme line ouverture d’environ 13 à 14 pouces de large, for 18 de haut. Au bas de chaque orifice qui eft en plomb, il y a une bavette également en plomb, 8c for laquelle l’eau qui monte de la rivière, coule & fo répand dans le Réforvoir;
- Ces tuyaux jouent par le moyen de plufieurs corps de pompes, tant foulantes qu’afpirantes, que le courant de la rivière met en mouvement, & qui éleyenc l’eau jufqu’à cent cinq pieds dans le temps des balles eaux.
- L’équipage de ces pompes qui occafionne un grand bruit, comme on peut le préfomer , eft fi bien imaginé, qu’il ne rifque rien dans les eaux les plus fortes. On l’a fait de telle forte , qu’on peut l’enlever tout entier au premiex étage, & le mettre à couvert des inondations, en laifîànt libre paflage aux eaux < Cette belle machine eft trop connue, pour que j’entreprenne de la décrire plus au long. Je me contenterai de dire, qu’en général, c’eft une chofo fort curieufe> & qui mérite bien qu’on faffe quelques pas pour faller voir.
- 4srv
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- Chapitre X. Des Rèfervoin* top
- §. III. De la maniéré dont Veau Je communique d'une cajï dans l autre.
- Nous avons dit que les bandes qui formoient ces cales, étoient loudées dans le bas , ainfi que par les côtés ; 1 eau doit, par conféquent, s’y trouver enfermée. En effet , elle y eft retenue jufqu’à une certaine hauteur , au-deffiis de laquelle il y a, favoir : à la première bande qui eft en plomb, des ouvertures de diftance en diftance, larges de 2 pouces, fur 6 de long ; & aux deux autres qui font en cuivre, un cordon de petits trous qui régné à la même hauteur dans toute leur longueur : ils ont chacun un pouce de diamètre. 4
- L’eau étant donc montée , s’étant répandue dans la première cale, & l’ayaftt remplie jufqu’à la hauteur où l’on a formé ces ouvertures dont nous avons parlé, s’échappe à travers ces mêmes ouvertures dans la féconde café, 8c de-là dans la troifieme, par le moyen de ces cordons de trous qu’on y a pratiqués d’un bout à l’autre. Elle tombe enfuite dans quatre cuvettes qui font en cuivre, & qui ont tout autour de fomblables trous, & de-là dans les tuyaux qui leur répon-dent en paftànt à travers d’une crapaudine de cuivre qui eft dans le milieu de chaque cuvette : elle eft faite comme une forme de chapeau, mais creufe 8c toute perfillée ; elle s’ouvre en deux quand on veut.
- La communication de l’eau qui fe fait de la première cafo à la fécondé, n’eft pas vifible ; mais les deux autres forment autant de jets dont le coup d’œil eft très-agréable. La communication qui fe fait de la quatrième café aux cuvettes, ne l’eft pas moins ; chaque cuvette forme une corbeille de jets qui récréent autant la vue que les premiers.
- Toute l’eau du Réfervoir du Pont Notre-Dame, eft partagée en trois parties, qui fourniffent les trois principaux quartiers de Paris ; lavoir, le quartier du Fauxbourg Saint-Germain , celui de Louis-le-Grand , & celui du Marais ; c’eft pourquoi il y a trois cuvettes. La première cuvette eft celle du Fauxbourg Saint-Germain , qui diftribue l’eau dans tous les Réfervoirs 8c les Fontaines qui en dépendent. La fécondé eft celle de Louis-le-Grand , qui diftribue également l’eau dans tous les Réfervoirs & les Fontaines de là dépendance. La troifieme eft celle du Marais , dont ce quartier, ainfi que le Fauxbourg Saint-Antoine , toutes fes eaux.
- On peut compter une quatrième cuvette plus petite que les trois autres , qui eft pour l’Hôtel-Dieu, 8c qui ne conduit l’eau qu’à ce feul endroit*
- Les trois autres premières , au contraire, foürniiTent de l’eau à 44 endroits differents ; favoir, à la Fontaine de la croix de l’Apport-Paris, à celle des Innocents , de Saint-Leu , de la Reine, du Ponceau, de la porte Saint-Denis, de la tour Saint-Martin, de Montmartre, des petits Peres, de Colbert, de Louis-le-Grand , des Capucins, de Saint-Florentin , des Capucines, de la butte Saint-Roch , de Richelieu, de la Halle , de la Halle neuve, Maubué , Sainte-Avoye, Plombier. Ee
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- iiô VA RT DU PLOMBIER,
- des Blancs-Manteaux, du Cimetiere Saint-Jean, de Sainte-Catherine , des Tour-nelles, de Trogneux, de T Abbaye Saint-Antoine , de Basfroid, de Saint-Louis, de l’Echaudé, Boucherat, de Vendôme, près le Temple, des Audriettes , de Saint-Benoît, de la Place Maubert, des Folles Saint-Bernard , de Saint-Viélor, du Palais, de Saint-Severin, de Saint-Côme, des Cordeliers, de l’Abbaye Saint-Germain , de la Charité & de Grenelle.
- C’eftainfi que par le moyen de quatre cuvettes, & d’autant de tuyaux de def* cente, l’eau, que l’on fait monter au haut de la Pompe Notre-Dame, fe diftribue dans tous les quartiers de Paris par le moyen de 44 tuyaux de conduite , qui font embranchés les uns dans les autres, 3c couverts par le pavé des rues.
- §. IV. De Iutilité des Crapaudines qui font dans les Cuvettes.
- Quelque grande que foit la quantité d’eau qui monte dans le Réfervoir dans les crues d’eau qui arrivent pendant la fonte des neiges ou les fortes pluies, les trois quartiers dont nous venons de parler n’en reçoivent pas davantage. Les cuvettes , il efl: vrai, dans ces cas-là, fe remplilfent jufqu’au bord ; mais les Crapaudines qui font dans le milieu ne lailfent paffer toujours qu’une mefure d’eau ordinaire ; 3c par conféquent les tuyaux qui la reçoivent, n’en conduifent pas une plus grande quantité dans un temps que dans un autre, quoique l’eau quelquefois furabonde : c’efl en quoi confifte leur première utilité. Les eaux fiiperflues que les crapaudines refufent, prennent leur cours à travers d’un tuyau qu’on nomme le trop plein , qui efl: à côté de chaque cuvette, 3c dont l’orifice efl: en forme d’entonnoir dont le diamètre a 6 pouces environ. Ces différents tuyaux les rendent dans la riviere.
- La féconde utilité de ces crapaudines , efl: d’empêcher que les feuilles qu’entraîne l’eau qui pafle par les tuyaux montants, pendant la faifon où elles tombent & couvrent la riviere, ne fe glifïent dans les tuyaux de defcente, 3c ne les engorgent : l’obftacle qu’elles leur préfentent les arrête donc dans la cuvette, d’où , ceux qui font chargés d’y veiller, ont foin de les retirer.
- §. V. De T utilité des differentes féparadons qui fontfaites dans ce Réfirvoir.
- L a fin pour laquelle on a imaginé de faire ces différentes féparations que nous avons nommées cafis , efl: de purifier l’eau de la riviere qu’on y fait monter, qui en a un très-grand befoin, fur-tout dans les pluies, où elle devient extrêmement épaiife; en effet, étant tranfmife de l’une dans l’autre , elle fait autant de dépôts qu’il y a de café. Ces dépôts font une matière gluante qui reflèmble à de la terre grafle : ils font fi confidérables, qu’il faut les enlever au moins tous les trois mois. Voici de quelle maniéré cela fe fait.
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- Chapitre X. Des Réfervoirs.
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- §. VI. De la maniéré d'enlever les dépôts que Veau laiffe dans les
- differentes cafés du Réfervoir•
- Il eft à propos d’arrêter les pompes dans ces cas-là , afin que l’eau ne monte pas dans le Réfervoir. L eau étant ainfi arrêtée , il eft queftion de retirer celle qui eft dans les cales, qui ne peut plus fortir hors d’une certaine hauteur, & qui, par conféquent, eft forcée d’y féjourner. Pour cet effet on leve les foupa-pes du Réfervoir : il y en a une dans le fond de chaque café, qui lui eft foudée ; nous dirons ailleurs de quelle façon cela fe fait ; mais avant tout, on retire d’abord ou avec une truelle, ou avec une petite pelle de fer, une partie de la terre graffe qui y eft dépofée, & autant qu’il eft polfible de le faire, de peur qu’en lortant en trop grande quantité, elle ne s’arrêtât dans quelqu’endroit des tuyaux, & ne les engorgeât.
- Quand on a eu cette première attention , alors on prend la foupape de la première cale par Ion anneau, & on donne aux eaux un libre cours ; on fait en forte, avec un balai, qu’il n’y refte rien du dépôt qui s’y étoit formé : on en fait autant à toutes les autres. On rebouche enliiite l’ouverture de chaque café par la lou-pape qui lui eft propre. On fait enluite aller les pompes qui font monter une nouvelle eau dans le Réfervoir : elle coule bientôt d’une café dans l’autre. Ordinairement on emploie cette fécondé eau pour les laver entièrement, c’eft-à-dire, qu’on les balaye bien , & qu’on en releve les loupapes ; après quoi les choies font rétablies comme auparavant.
- Il faut que cette opération fe fafTe vite, ainfi qu’on le conçoit bien, afin que le cours des fontaines ne foit prefque point interrompu. Ordinairement, comme elle eft faite par des Ouvriers qui en ont l’habitude , l’interruption , quand il y en a, n’eft prefque pas fenfible.
- Comme les Particuliers ne font venir leur eau, qu’ils achettent, que des Ré-fervoirs des Fontaines de la ville 3 parce qu’il ne feroit pas commode de la prendre au Pont Notre-Dame , par les frais de conduite que cela occafionneroit, nous pouvons en donner une petite defcription , d’autant mieux qu’ils entrent, à proprement parler, plus particuliérement dans l’elpece des Réfervoirs de concef» lion dont nous traitons dans cet Article, parce qu’ils font environnés de cuvettes de conceffion qui n’attendent que des Acquéreurs.
- §. VII. Des Réfervoirs des Fontaines de Taris, qui proviennent de la Pompe
- du Pont Notre-Dame.
- Les quarante-quatre Fontaines de Paris, que nous avons nommées plus haut, ont chacune un Réfervoir A, Fig. i, PL XVIII, d’où l’eau ne coule que torique les Porteurs-d’eau la font fortir ; cela fe fait en pouffant dans le mur un petit
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- îï± VA RT DU PLOMBIER, &c.
- bouton de cuivre qui fait faillie , & qu’on voit en T, au-deflus du jet de la Fontaine. Ce petit bouton preffe lui-même la partie de la ferrure V9 qui eft en dedans de la Fontaine à laquelle il tient, & qui eft faite en forme de demi-potence elle eft attachée à la muraille en X; cette branche de ferrure , par cette preffion, fait haufler l’autre branche Y qui lui eft oppofée : elle attire elle-même un pifton qui lui eft attaché, qui bouche , dans fa pofition naturelle, le tuyau de la Fontaine , 8c qui alors donne paftage à l’eau qui fe répand dans la rue. On retire enfuite le bouton de cuivre à foi, & l’eau eft auffi-tôt arrêtée.
- Ces Réfervoirs A, Fig. i & 2, PL XVI1, 8c Fig. 1, PL XVIII, forment auffiplufieurscafés, ainfi que Celui du Font Notre-Dame; mais ils font faits de différentes façons, quelquefois quarrés, d’autres fois angulaires, félon que les endroits où ils font le permettent. Ils ont aux deux bouts en Z, Fig. 3 6 4, PL XVII) des cuvettes de conceffion, (tel eft celui de Notre-Dame) quelquefois tout autour , comme on le voit auffi en Z , Fig. 1 & 2, où l’eau ne fe communique pas, 8c qu’on n’y fait entrer, ainfi que nous le dirons dans l’Article fuivant, que lorfqu’elles font vendues.
- Ces cuvettes Z font différentes de celles du Réfervoir de Notre-Dame ; les premières font en cuivre, au lieu que celles-ci font en plomb.
- §. VIII. De la cônjlruclion de la Caiffe de ces fortes de Réfervoirs.
- Q u a N d on a la facilité de la faire quarrée , telle qu’eft celle du Réfervoir de Notre-Dame, on lui donne ordinairement cette forme. On prend une plaque de plomb plus ou moins grande, à laquelle on fbude un pourtour à qui l’on donne fa forme. Dans le milieu de la caille, on foude des bandes de différentes hauteurs, qui doivent être également percées à différentes hauteurs, pour que l’eau fe Communique d’une café dans l’autre , Fig. 3. Celle du milieu du Réfervoir doit être en plomb ; la fuivante peut être en cuivre ou en plomb , indifféremment. La troifieme doit être toujours en plomb , 8c doit former les petites cuvettes de conceffion Z, par le moyen d’autres petites plaques de plomb que l’on croife & que l’on foude entre cette bande & le pourtour du Réfervoir. Au milieu de chaque cuvette on fait un trou, pour lui fouder un tuyau de trop plein de la même groffeur. On foude également dans le milieu du Réfervoir , un tuyau montant que l’on bride de la maniéré qui fuit, quand ils font confidéra-bles 8c trop gros pour être joints par des nœuds de foudure.
- §. IX. De la maniéré de fe fervir des Brides.
- On entend par Brides, une double couronne de fer ou de cuivre, qui étant écrouées & taraudées aux quatre coins, peuvent être appliquées l’une contre l’autre, 8c fermées par des vis , pour comprimer un corps que l’on met entre
- elles.
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- Chapitre X. Des Réfervoin. xr|
- elles. On s’en fert pour les tuyaux montants, afin de les joindre les unes avec les autres, foit qu’ils fbient en potin, {bit qu’ils foient en plomb, parce qu’elles les fortifient beaucoup. La différence quil ya, eft que les tuyaux de potin les portent avec eux, parce qu’ils font fondus enfemble ; au lieu qu’il faut les adapter aux tuyaux de plomb , à qui elles font tout-à-fait étrangères.
- 11 y en a de différentes formes ; les unes B, Fig. 11 & 12 , PL XVIII, font quarrées, & écrouies en quatre endroits C, D> E, F9 ou entrent quatre vis G, HfI9 K9 Fig. 12. Les autres A , Fig. 10, font toutes rondes, & ne font écrouées qu’à deux endroits L, M.
- Pour s’en fervir, il faut d’abord apprêter fes tuyaux : cela confifte à en retroufler chaque extrémité en dehors environ d’un pouce, comme on le voit en G , Fig. 8, pour donner prifo à la bride, & pour que les tuyaux s’appliquent mieux l’un for l’autre : on ne doit pas pafler un pouce , parce qu’autrement on boucheroit les écrous de la bride , & les vis ne pourroient pas y mordre.
- Il faut en faire autant au tuyau H9 qui doit lui être joint, & à tous les tuyaux qui doivent former le tuyau montant, après avoir mefuré l’efpace qu’il y a de l’endroit d’où l’on veut faire venir fon eau, au Réforvoir qui doit la recevoir. On fait cette opération avant que de fortir de l’attelier ; on porte enfuite ces tuyaux ainfi préparés, aux lieux où ils doivent être pofés, afin de n’avoir plus qu’à les ajointer enfemble.
- On foude le premier tuyau montant H9 Fig. 8 & 14, à l’ouverture de la pompe qui doit fournir l’eau ; enfuite on a une couronne de cuir /, Fig. 13, qu’on coupe for la rondeur du bout de tuyau replié en F ainfi qu’en H: on met cette couronne de cuir /, entre ces deux tuyaux, ainfi qu’on le voit Fig. 8; on ajointe le tout enfemble, & on le ferme par le moyen des deux brides qu’on apperçoit en G K, Fig. 8, & des quatre vis G, H9 /, K, Fig. 12, comme nous l’avons dit plus haut, afin que le tout forme une jointure fem-blable à celle qui eft repréfentée en L, Fig. 14.
- Cette couronne de cuir /, qu’on met eiitre les deux tuyaux, efl: faite pour fe prêter à la compreffion des brides , & pour que les tuyaux, par ce moyen, fo joignent fi bien, que l’eau ne puifîe pas pafler à travers. Outre que ces brides fortifient étonnemment les tuyaux montants , c’eft qu’encore elles les rendent très-aifés à réparer, parce qu’on n’a qu’à les dévifler. On fe fert également ' de ces brides pour les tuyaux qui paffent fous terre, lorfqu’ils font gros.
- On conduira le tout jufqu’au haut du Réfervoir, en faifànt pafler ce tuyau montant par l’ouverture qui eft faite dans le dedans du Réfervoir, 8c qu’on voit en a , Fig. 2 , PL XVII. On fera en forte qu’il puifle verfer l’eau dans le Réfervoir fans baver : on le recourbera un peu ; fi l’on veut, on pourra mettre dans cette partie-là un robinet tel que ceux qu’on a repréfentés en c, Fig. 1 & 3 ; l’eau fe répandra for la furface du premier Réfervoir, d’où elle fe communiquera à ceux qui l’environnent, & de4à aux cuvettes de conceffion, qui font ouvertes. Plombier. F f
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- ii4 L'ART DU PLOMBIER, &c.
- Article Second.
- Des jimpies Rèfervoirs fur çharpente.
- Ceux-ci font différents de ceux que nous venons de décrire. Nous les appelions fimples, parce quils ne forment qu’un feul lit, au lieu que les autres en compofent plufîeurs. La conftruétion de ces fortes de Rèfervoirs, confifte io. à pofer les tables félon la forme & la mefùre d’une caifîe de charpente qui doit être préalablement faite ; 2°. à les y fouder.
- Il faudra donc , ayant que le Plombier puiffe pofer aucune table , que le Charpentier établifîe, dans l’endroit que le Particulier, qui veut faire faire le Réfervoir, lui indiquera, la caiffe qui doit le recevoir 8c le foutenir.
- L’Art que je traite n’étant pas celui du Charpentier , je pourrois me dilpenfer de décrire de quelle maniéré la charpente deflinée à fupporter un Réfervoir 9 doit être faite. Cependant pour plus grande clarté, il me paroît néceflàire d’en dire au moins quelque choie.
- §. I. De la confiruclion de la charpente.
- O N fùppofe qu’on ait à faire un Réfervoir de Particulier , pour y dépofér une eau qu’il a achetée de la Ville : on mefure d’abord la hauteur du Réfervoir de la Ville A, Fig. 1, PL XVIII, d’où elle doit venir ; s’il a 20 pieds de haut, on n’en donnera que 18 à celui du Particulier r'epréfenté en B, Fig. 2, parce que l’eau perd toujours un peu de fa fource, à railon de la friélion qu’elle éprouve en chemin.
- La charpente A, Fig. 3 , lùr laquelle doit être affis le Réfervoir en plomb , doit être faite de plufîeurs traverfes B, en-haut 8c en-bas, qui feront foutenues par des montants C, afin de recevoir d’eux la hauteur convenable pour donner au Réfervoir la profondeur qu’il doit avoir. Pour rendre cette charpente plus folide, on met des traverfes D en forme de croix de Saint-André, qu’on emmor-taife dans les montants ; on attache en outre aux quatre coins de la charpente, des bandes de fer E en-haut 8c en-bas. Il faut que toute cette charpente foit planchéïée en dedans avant que d’y mettre les tables de plomb , qui, fans cet appui, pourroient céder au poids du volume d’eau qui entre ordinairement dans ces efpeces de Rèfervoirs, & caufer un grand dommage ; il ne faut laiffer que trois trous , un pour le trop plein , l’autre pour la diftribution, 8c le troifieme pour donner paflàge aux eaux quand on voudra vuider le Réfervoir pour le né-toyer, ainfi qu’on le voit par la petite ouverture F, qui fe trouve fous les pieds de l’Ouvrier qui releve la loudure. La caillé du Réfervoir doit être portée fur fix piliers de charpente G, ou d’un plus grand nombre fi le Réfervoir le demande : ils doivent être à la hauteur qu’il convient, & afîîs fur autant de pieds de maçonnerie , H.
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- Chapitre X, Des Réfervoir s.
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- v §. II. De la pofe des Tables,
- Quand toute la charpente eft dans cet état , l'Ouvrier mefure la longueur & la largeur que doivent avoir fes tables. On fuppofe que le Réfervoir que l'on veut faire, a 12 pieds de large, 18 de long, & 5 pieds 10 pouces de haut ; il faut prendre trois tables de 4 pieds de large, & les couper en fîx tables de 6 pieds de long, qui feront les deux côtés de la largeur du Réfervqir. On doit donner à. chaque table 6 pieds de haut, quoique la caiffe de la charpente ne porte que y pieds 10 pouces ; parce qu'il faut que chaque table recouvre en dehors la charpente d'environ 1 pouces, & qu'elle lui foit clouée. On coupera enfiiite fur de nouvelles tables, de quoi faire les deux côtés de la longueur du Réfervoir. Comme nous avons 18 pieds à couvrir dans la longueur du Réfervoir > & que l'on doit, autant qu'il fe peut, rendre les tables égales , on prendra fix tables de 3 pieds de large, au lieu de quatre , qu'on coupera en douze tables de 6 pieds de haut pour leur donner la même hauteur que les premières, qui porteront, jointes l'une contre l'autre ,3 6 pieds de large : on en mettra 18 pieds d'un côté, ceft-à-dire , fix tables, <& autant de l'autre ; on coupera pour le fond qui porte 18 pieds de long fur 12 de large , la même quantité de tables de la même longueur & largeur. On pofera d’abord les tables du fond du Réfervoir, enfiiite celles des coins ; on finira par celles du pourtour. Il ne faut pas oublier dans cet ouvrage, ainfi que dans tous les autres, de tourner en dehors chaque table du côté le plus propre, comme on l'a déjà dit, & de cacher le côté du fable en l'appliquant au dos de la charpente ; enfiiite on les foude de la façon qui fuit.
- §. III. Du fondage des Tables,
- Comme il feroit impoffible de fouder des tables mobiles, on commence par tenir les deux, premières tables qu'il faut fouder, en les appuyant contre la charpente avec la batte plate , après les avoir ajointées Tune contre l'autre ; enfuite on les écaille avec le marteau & le cifeau d’un bout à l'autre à l'endroit où elles fe joignent ; en outre on les falit, pour la même raifon que nous l'avons dit plus haut. On commence par fouder les côtés ; cette opération eft fort difficile, parce qu'il faut retenir en l'air la foudure, pour quelle ait le temps de prendre. Pour cet effet on a une artelle ou gouttière : c'eft un morceau de bois de chêne rond Sc concave, à peu-près fait comme ces poignées dé bois avec lefquelles on prend le manche du fer à fouder, comme on le voit Fig, 4, & dont on fe fert même au défaut d'artelle. On appliquera cette artelle ou gouttière au haut de la jointure de chaque table ; on y verfera de la foudure : elle fe répandra fur le plomb à travers la concavité de l’artelle, qui la dirigera à l'endroit où l'on veut qu’elle prenne. Pour rallentir fa chute, & la faire féjourner plus long-temps aux
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- ïi6 L'ART DU PLO ME 1ER, &c.
- endroits où il faut qu’elle s’attache, on la recevra avec un morceau de coutil. Celui dont fe fervent les Plombiers, a au moins une demi-aune de long : on le replie en quatre , ainfi qu’on l’a dit dans le Chapitre des Cuvettes ; quand elle fera caillée, on la frottera avec de la poix-réfine, & on y palfera le fer à fouder 9 après l’avoir fait rougir dans le feu pour écarter la foudure, l’amincir & la polir.
- §. IV. De la manière de fouder les coins de chaque Réfervoir.
- La façon de fouder les coins de tous les Réfèrvoirs en général, eft un peu différente de celle de les fouder dans leurs autres parties : le travail n’en eft cependant pas plus difficile ; mais il demande un peu plus de temps : voici de quelle maniéré il faut s’y prendre.
- En foudant les coins de chaque Réfervoir , on fera en forte qu’il s’y attache plus de foudure ; pour cette raifon on ne l’y ménagera pas , on la verfèra également à travers l’artelle ou gouttière, & on la relèvera de même par le moyen du coutil, ainfi que nous venons de le dire ; mais on ne fe fervira pas du*même fer à fouder ; il faut en avoir un autre dont la tête A foit plus large que le premier, & qui foit faite en cul-de-poire , comme on le voit Fig. y : c’eft, à proprement parler, le fer des Réfèrvoirs de des Cercueils ; il ne fert que très-rarement à autre chofe. On le fera rougir comme le premier, & on le paffera fur la foudure , après qu’on l’aura verfée & frottée de poix-réfine, pour empêcher que ce fer à fouder ne s’étame. Comme fà tête eft fort large, il laifiera environ 3 pouces d’épaiffeur de foudure dans l’angle de chaque coin du Réfervoir ; cette quantité de foudure fe trouvant dans les endroits où le Réfervoir a le plus de poids à foutenir, & où il feroit le plus foible fans elle, le confolidera. On fera la même chofe aux quatre coins & à chaque côté du bas du Réfervoir , pour le fortifier également dans ces parties , qui feroient trop foibles pour réfifter au poids de l’eau.
- Après avoir foudé-les côtés & les coins du Réfervoir, on foudera le milieu ; cette opération n’eft pas fi difficile que les premières ; mais auffi la fituation des Ouvriers eft plus pénible : on fàlit, on écaille toujours de la même maniéré qu’on l’a dit, & on foude de même. Quand tout le Réfervoir en plomb fera foudé, il faudra en détacher la foudure inutile ; on balaiera les écaillures & les petites gouttes de foudure qu’on mettra féparément pour en tirer parti de la maniéré que nous l’expliquerons dans le Chapitre treizième ; on fera enfuite à la table de plomb une ouverture, femblable à celle de la charpente, pour donner paflàge aux eaux ; & afin d’empêcher que l’eau qui coulera dans le Réfervoir ne s’échappe , on fermera cette ouverture par une foupape à boucle, qu’on enlèvera par le moyen d’un crochet quand on voudra.
- La foupape dont les Plombiers fe fervent, eft ordinairement de cuivre : elle eft faite de deux pièces ; l’une eft un cercle A, comme on le voit Fig. 6, de
- l’épaiflèur
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- Chapitre X. Des Réjervolrs. ï
- répaiffeur d’unpouce & demi, &l’autre un bouchon B> Fig.7, qui entre dans le cercle A ; le cercle A doit être immobile , & le bouchon B mobile, pour que Ton ait la facilité d’ouvrir Sc de fermer le paffage à l’eau ; c’eft pourquoi il eft à boucle C: on la prend avec un crochet D, Fig. 8, pour la lever; le tout ferme & fe joint fi bien, qu’il neft pas poffible quune feule goutte d’eau puiffe y trouver paflage.
- §. V. Du foudage des Soupapes*
- IL faut d’abord commencer par les étamer ; pour cet effet, il eft nécefîairé d’avoir une lime. Celle qu’ont coutume d’employer les Plombiers, eft à marché A , Fig. 9 : elle a environ un pied de long ; fes dents B font un peu greffes i elle eft femblable à celle dont les Serruriers fe fervent pour ieurs gros ouvrages. On râpe, c’eft le terme de l’Art, le cercle A, Fig. <5, de la foupape, pour en ôter la crafle qui s’y dépofo; on la trempe enfuite dans la foudure, qui y prend & s’y attache comme celle qu’on met dans le dedans des cafferollés. Lorfque le cercle A de la foupape fera étamé, on en bouchera le trou qu’on doit avoir iaiffé à la table de plomb E, ainfi qu’on le voit dans la coupe, Fig. 8, Sc on la foudera tout autour à cette table de plomb , après l’avoir écaillée : fans cet expédient, il feroit impoflible quejla foudure prît au cuivre : le tout s’attachera enfemble ; par ce moyen le Cercle A deviendra immobile, & le bouchon B fe lèvera Sc fe rabaiffera ainfi qu’on le jugera à propos. Comme il n’eft pas aifé d’accrocher l’anneau C quand le Réfervoir eft plein, il me femble que j’aimerois mieux un gros robinet, qui, foudé en dehors au vuidange F9 donneroit la faci^ lité d’ouvrir & de fermer le Réfervoir tout de fuite fans prendre tant de peine ; peut-être n’y a-t-on pas longé, ou y a-t-on trouvé des inconvénients*
- §. VI* De la pofe des Tuyaux*
- Les premiers tuyaux que l’on pofe après que la caifle du Réfervoir eft faite & revêtue de plomb, font le tuyau montant, le trop plein Sc le vuidange ; enfuite on afîied les tuyaux de conduite dont nous parlerons dans le Chapitre fuivant.
- On commence, fi fort veut, à mettre le tuyau montant en place ; mais avant de le faire, il faut lavoir la quantité d’eau que l’on doit tranfmettre du Réfervoir de la Ville A, Fig. r, PL XVIII, dans le Réfervoir B du Particulier, Fig.
- & avoir un tuyau proportionné à ,fon volume. Il eft une réglé invariable pour ne pas fe tromper: un tuyau d’un pouce de diamètre contient, plein, 144 lignes d’eau i d’après ce principe on prendra des tuyaux d’un diamètre convenable à la conceflion qui a été faite par la Ville.
- ’ Il faudra que le Plombier s’informe d’abord quelle eft la cuvette de concef-
- Plombier* G g
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- xîS L" A R T DU PLOMBIER, &c.
- lion, parmi toutes celles qu’on voit Fig. i & 3 , PL XVII, que la Ville a vendue au Particulier qui lui a commandé ce Réfervoir ; après s’en être inftruit, il fou-dera fon tuyau C, Fig. 1, FL XVIII, à l’extrémité du bout de tuyau qui eft attaché à chaque cuvette, comme on le voit Fig. 1 & 2 9 PL XVII*
- Cet ajointement doit fe faire par un nœud de foudure D, Fig. 1, Fl. XVIII ; il efl: d’autant plus difficile, qu’il faut le faire en l’air, Si dans une lituation peu commode pour l’Ouvrier. On falira d’abord fes tuyaux, Sc on les grattera ; après avoir appliqué les tuyaux l’un contre l’autre, on y verfera de la loudure, qu’on retiendra par le porte-foudure ou morceau de coutil : 011 la fera prendre tout au-tour du tuyau qu’on attache ; on arrondira enfuite , avec le fer à fouder, ce nœud de foudure, frotté préalablement de poix-réfine. Comme un tuyau de 14 pieds, qu’ont ordinairement ceux qu’on fait fondre ou qu’on roule , ne luffiroit pas pour conduire l’eau de conceffion du Réfervoir A de la Ville, Fig. 1 , PL XVIII, au Réfervoir B du Particulier, Fig. 2 , il faut joindre plufieurs tuyaux enfemble par des nœuds de foudure E, F, G, H, jufqu’à ce qu’on ait atteint le Réfervoir B du Particulier : ces nœuds le font comme les premiers. Il faut auffi faire des folfés d’un bout à l’autre de la rue que les tuyaux doivent traverfer, comme on le voit entre la figure 1 & la figure 2.
- Il ne faut pas oublier d’avoir l’attention de faire entrer le tuyau fupérieur, c eft-à-dire, celui qui donne l’eau , dans l’inférieur, afin de ne point mettre d’obftacle à Ion cours : c’eft une réglé pour tous les autres tuyaux de conduite , comme pour ceux-ci
- On fe trouve dans le cas de courber quelquefois ce tuyau, comme on le voit par le coude qui efl: en /, Fig. 2, {ans qu’on puiffe s’en dilpenfer ; cela n’eft pas bien difficile à faire ; comme le plomb n’en efl: pas bien fort, on. ne fait que le prendre par les deux bouts , Sc on lui donne la forme qu’on veut fans qu’il lè .caffe , làns même qu’il perde rien de Ion diamètre en aucune partie , parce que le plomb prête beaucoup.
- Quand le tuyau montant fera arrivé au Réfervoir B du Particulier , on l’attachera à la charpente par un clou Z, fait en crochet; enfuite on en recourbera l’extrémité qui doit verfer l’eau dans le Réfervoir , comme on le voit en M, afin qu’il ne bave pas.
- Comme les cuvettes qui n’ont point encore été achetées, font fermées de tous les cotés, & qu’il efl impolfible que l’eau du Réfervoir y entre, auffi-tôt que le tuyau montant efl: placé, on va la percer avec une vrille.
- C’eft une opération où alfifte toujours fArchiteéle de laVille, comme chargé, par ferment, de fes intérêts, afin de ne pas laifler prendre plus d’eau qu’il n’en revient, LaVille lui a, pour cet effet, mis entre les mains une jauge, Fig. y , Pl XVII, où les lignes , les demi-pouces & les pouces font marqués ; c’eft avec cet inftrument qu’il mefure le trou fait à la cuvette qu’on a achetée, en l’enfonçant plus ou moins, félon la quantité d’eau qui a été vendue. L’eau qui lèche le derrière
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- Chapitre X. Des Rejervoirs* ïïp
- de ïa cuvette, fort bientôt, comme le vin d’une piecé que Ton met en perce, Sa fe répand dans la cuvette., de-là dans le tuyau qui la conduit au Réfervoir du Particulier, qu’il faut avoir foin de boucher, jufqu’à ce que tous les autres tuyaux du Réfervoir {oient mis en place , parce que l’eau qui y entreroit empêcherait dè le faire*
- On pofe enfuite le trop plein Ar, Fig. 2 , PL XVIII ; c’efl un tuyau qui éft dans le dedans du Réfervoir : il efl nonfmé ainfî, parce qu’il donné pailàge à l’eau, qui, devenant furabondante, pafferoit par-deffus le Réfervoir, & Caufè-roit beaucoup de dommages en pourrillànt la charpente fur laquelle le Réfervoir efi affis, ou les fondements des murs où elle tomberait ; c’efl pour cette raifort qu’on le met à environ un pouce au-deflbus des bords du Réfervoir , afin qu’il empêche qu’il ne fe remplifie tout-à-fait.
- Comme il ne laifle pas que de pafîer de temps en temps une allez grande quantité d’eau par ce tuyau, & qu’il ferait dommage de la perdre, on en peut faire un abreuvoir O pour les chevaux ; on le conduit pour cet effet dans une cour P, où l’on fait un baffin Q à la hauteur environ de deux pieds, pour la commocfité des chevaux. On le met ordinairement dans un coin ; on l’appuie contre les côtés intérieurs du Réfervoir t du relie on le foude comme le tuyau montant C.
- Le vuidange R, Fig. 2 , efi un tuyau qui efi pour recevoir l’éau qui pafïe par la foupape S, quand on la débouche pour nétoyer le Réfervoir. On le fait auffî gros qu’on veut , afin que donnant paflage à beaucoup d’eau , elle relie moins de temps à fe vüider : on le foude de la même maniéré que les autres. On le conduit ordinairement dans la rue , autant que cela fe peut. Quand ils font gros on les bride , Fig* 8.
- §. VIL Des avantages que les Réfervoir s dortïefiqües, corifruits fur charpenté $ ont fur les Rêfrvoirs de même nature , confruits fur maçonnerie. •
- J e découvre dans les Réfervoirs faits fur charpente, différentes commodités que je n’apperçois pas dans ceux qui font affis fur maçonnerie.
- Premièrement, il efl plus difficile de conflruire un Réfervoir fur maçonnerie à telle ou telle hauteur , pour pouvoir conferver celle de l’eau qu’on fait venir * au lieu qu’on petit le faire très-aifément par le moyen d’une charpente fblide • De-là vient qu’on ne voit guere ou prefque jamais de Réfervoirs en plomb fur maçonnerie, que dans la terre. J’en conclus qu’il efl de quelque maniéré très^difficile de pouvoir en faire ufage dans les cas dont nous venons de parler*
- D’ailleurs, je vois d’autres avantages dans la nature de la conftruélion des Réfervoirs fur charpente * qui doivent les faire prévaloir fur les autres, autant néanmoins que cela efl poffible ; c’efl qu’ils ne peuvent perdre une feule goutté d’eau fans qu’on ait auffi-tôt la facilité d’appercevoir la quantité de celle qui s’ert va, l’endroit où elle fuit, & par conféquent le moyen de réparer cette perte
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- 120 VART DU PLOMB IER, &c.
- dans le même moment ; au lieu qu’il n’en eft pas de même des autres. Si 'quelques-unes de leurs tables viennent à manquer & à fe prêter au filtrage de l’eau , on ne l’apperçoit pas dans le moment, & on n’y met pas plus aifément remede. Mais fi les premiers l’emportent fur les féconds, on n eft pas toujours dans la pofîlbilité d’en faire. On en confirait toujours quelques-uns fur maçonnerie : il faut donc en parler.
- Article Troisième.
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- D es Réfervoirs fur maçonnerie.
- I l faut d’abord que toutes les pierres de taille qu’on emploie dans ces cas-lâ, & qui doivent porter le plomb , foient affifes, & que toute la maçonnerie foit faite avant qu’on puifle y pofer aucune table : cela fait, on s’y prend de la même
- - maniéré que nous l’avons dit par rapport aux Réfervoirs précédents : toute la différence qu’il y a, c’eft qu’au lieu d’appuyer fes tables contre de la charpente, on le fera contre de la maçonnerie : d’ailleurs on fondera les tables comme les
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- précédentes*
- II faudra y établir un tuyau de trop plein, Un vuidange, & un tuyau de conduite , s’il en eft néceflàire ; je dis s’il en eft néceffaire, parce qu’il eft des Réfervoirs fur maçonnerie qui n’en ont point.
- Un des plus beaux & des plus grands que nous connoîlîions de cette efpece , eftcelui de Bicêtre. Puifque cela vient à propos, f nous allons le décrire tel qu’ileft.
- §. I. Du Réfervoir de la maifon de Bicêtre.
- Ce Réfervoir, qui eft un des plus confidérables qu’il y ait en Europe, a 64 pieds en quarré, 8c 9 pieds de profondeur: il contient quatre mille cinq cents muids ; il eft fermé par une voûte conftruite & affife fur des piliers de maçonnerie. Les pieds de chaque pilier font noyés dans l’eau du Réfervoir; mais pour qu’ils n’en foient point endommagés, ils font couverts en plomb à la hauteur de l’eau, ainfi que le pourtour & le fond du Réforvoir : le tout eft environné d’un balcon de fer garni de fil d’archal , par le moyen duquel on peut faire tout le tour du Réfervoir. Il donne de l’eau à douze endroits différents : fa voir, à la Cuifine, à Saint-Marc (*), à Saint-Jofeph, à Saint-Luc, à la Miféricorde , à Saint-Charles , à Saint-Louis, à la Buanderie, à la grande Fontaine , & à trois Jardins différents. C’eft de ce dépôt d’eau , que la maifon de Bicêtre tire toutes fes eaux, ou prefque toutes, fi l’on en excepte une petite fource quelle a encore, qui en fournit à quelques endroits. Deux robinets & un foui aqueduc fuSifent pour diftribuer cette grande quantité d’eau aux différents endroits que nous venons de nommer.
- ( *)Saint~Marc, Saint-Jofeph, Saint-Luc, &c. font des Dortoirs de Bicêtre.
- §.n.
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- Chapitre X. Des Rêfervoirs.
- §. IL De V endroit £ où efi tirée l'eau qui garnit ce Rêfervoir.
- L’eau qui eft dans ce Rêfervoir ne vient d'aucune rivière, en montant par des tuyaux , pour fe répandre en forme de champignon , comme celle des Réfer-yoirs de la Ville ; c eft d’un Puits, fameux par fa profondeur, qu'on tire l’eau qu’il contient.
- Ce Puits a été fait par M. de Bosfrand, Architeéle du Roi, & qui a été Adminiftrateur de cet Hôpital en 1733 , 1734 & 173 J : lui-même la fait confl truire fous fes ordres. Ce Puits a 34 toifes & demie de profondeur, 15* pieds de diamètre , 8c 45 pieds de circonférence ; la maçonnerie qui en eft immenle , a été élevée en onze jours. & onze nuits. • N
- La façon dont on en tire l’eau eft fort curieufe ; c’eft par le fecours* de plu-fleurs chevaux : il y en a douze uniquement employés à cet ouvrage, dont quatre travaillent continuellement depuis 3 heures du matin jufqu à 7 heures du foir , Fêtes & Dimanches, & qu’on releve tour à tour.
- Les quatre chevaux qui travaillent, font attachés à quatre leviers qui reflem-blent à ceux de la machine du Laminoir, par le moyen defquels ils font tourner tin arbre vertical qui porte un treuil, auquel eft attaché un gros cable, dont on fait paffer les deux bouts dans deux poulies, qui, placées au-deffus du Puits , les dirigent pour y defcendre. Aux deux extrémités de ce cable , font deux féaux garnis de fer, dont chacun pefe vuide, douze cents, & plein 2784, & tient trois muids ou* environ.
- Ce font ces féaux qui vont chercher l’eau tour à tour au fond du Puits, & la yerfent dans une coquille maffive de plomb , qui eft devant le Puits , en s’accrochant par leur anneau dans un crampon de fer qui fait pencher leur orifice à mefiire que le cable, auquel ils font attachés, les attire en-haut.
- Il faut obferver i9. que ces fortes de Rêfervoirs ne font pas toujours en tables de plomb, qu’on fe contente fouvent de boucher les joints des pierres de taille qu’on y emploie, avec du ciment qu’on y jette. S’il arrive que ce foit avec du plomb qu’on le faffe, il faudra s’y prendre de la façon qu’on l’a Ipécifié par rapport aux Terraffes cimentées de cette maniéré.
- 2°. Que foit que ces Rêfervoirs, qu’on peutappeller proprement des Rêfervoirs de diftribution, foient fiir maçonnerie ou fur charpente, dès-lors qu’ils font faits pour contenir une eau qui eft deftinée pour boire , ou pour fervir à quelqu’autre ufage de la vie , ils doivent être toujours à couvert, afin que l’eau du ciel n’y tombe pas, 8c ne trouble pas celle qu’ils contiennent.
- Paflons aux Pièces d’eau des enclos,,qui, au contraire, font toujours à découvert.
- Plombier.
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- L’ART DU PLOMB 1ER, &c.
- Article Quatrième.
- D CS PLCCCS d CCLll OU POLj^OTLTlLCTCS CjUC l OTl 'voit dans les Enclos«
- Ces Pièces d’eau confidérables qui font un des principaux ornements des enclos, font de véritables Réfervoirs, parce quils en ont la forme. Ils ne different des premiers qu’en ce qu’ils font découverts : aufll ne font-ils pas pour le même objet. Les un»fervent à conferver une eau qui eft pour l’ufàge de la vie; celle , au contraire, qui eft en dépôt dans ceux-ci, ne fert qu’à tenir du poiflon & le conferver vivant. Ils procurent le plaifir de la pêche ; on peut y jetter le filet pour fe récréer. C’eft ce qui fait qu’on leur donne ordinairement le nom de Poijjonnieres ; mais ce nom convient lur-tout aux petites Pièces d’eau, d’où l’on peut voir qu’il y en a de plufieurs formes & de plufieurs grandeurs. Celles qui font confidérables, outre qu’elles contiennent prefque toujours une très-grande quantité de poiflon , portent encore , pour l’ordinaire, un bateau pour s’y promener , comme je l’ai vu en plufieurs endroits.
- Soit qu’ils foient d’un volume d’eau médiocre ou confidérable, dès-lors qu’ils font en plomb, ils font, en tout, faits comme les précédents , du moins quant à ceux qui ne contiennent qu’une petite quantité d’eau ; & les autres n’en different que par leurs foupapes , comme on va le voir.
- §. I. Des Soupapes des grandes Pièces d'eau.
- , Il faut que tout foit proportionné ; les foupapes dont nous avons parlé par rapport aux Réfervoirs domeftiques ordinaires, feroient trop petites pour de grandes Pièces d’eau. On doit donc en employer qui répondent au volume d’eau que Ces Pièces d’eau contiennent : c’eft ce qu’on eft obligé de faire à chaque fois que l’on fe trouve dans cçs cas-là.
- Celles dont on fo fort ont la forme des premières, à la vérité, & on les foude de même : mais le bouchon en eft infiniment plus gros ; d’ailleurs, au lieu d’être à anneau, il tient à une forte barre de fer dont le haut eft à vis, Sc reffemble à une clef de preflbir. Cette clef pafle, à l’endroit où elle eft taraudée, dans une large barre de fer écrouée & faite pour la recevoir ; cette derniere eft fupportée fur deux autres qui font plombées dans la muraille.
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- Chapitre X. Des Réfervoirs. 123
- §. IL De Vendroit où on les place.
- Pour avoir la facilité de les fermer & de les ouvrir, afin de vuider quand on veut les Pièces d’eau quelles ferment, on doit chercher l’endroit où cela puifle le trouverions faire aucun embarras; mais il n’eft pas de lieu plus convenable pour les placer , que dans une des encoignures de la maçonnerie qui forme ces Pièces d’eau : c’eft auffi là où on eft dans l’ufage de les mettre ordinairement. Il faut avoir le foin d’ouvrir un canal qui leur réponde ; car il ne fuffit pas qu’il y ait des loupapes, il faut encore des conduits louterrains qui en reçoivent l’eau, & la tranfmettent hors des Pièces d’eau , afin de les écurer , & d’en ôter tout le poifîon quand on juge à propos.
- §. III. De la maniéré de fe fervir de ces Soupapes.
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- La clef, qui eft la barre de fer pofée dans le milieu, a un anneau, ainfi que les clefs des prefloirs, lequel eft fait pour recevoir une pince de fer, afin qu’on puiflè la faire tourner comme on le juge à propos. Quand on veut l’ouvrir , on y pafïe cette pince, & on fait ce que font ceux qui veulent defiferrer un preffoir; par ce moyen la clef monte & attire à elle le bouchon de la loupape qui lui tient : il donne paflàge à l’eau , autant qu’il y en a dans la Piece d’eau ; on en enleve enfiiite ie-poiflon, & on en cure le fond, où les eaux font toujours un dépôt, qui ne lert pas peu à engraifler le poifîon ; enluite on l’écure, comme on l’a vu par rapport au Rélèrvoir du Pont Notre-Dame. Ces Pièces d’eau tirent quelquefois leurs eaux du ciel, que l’on y laifïè amaffer ; d’autres fois d’une fource qu’on y conduit ; enfin des Réfervoirs domeftiques mêmes; 8c de cette forte ils peuvent être regardés comme une ébauche de la diftribution de l’eau que les premiers contiennent.
- Mais nous ne nous arrêterons pas là: la matière que cette diftribution préfente , eft trop étendue pour que nous ne la traitions pas en grand & dans toutes
- fes parties ; c’eft ce que nous allons faire dans le Chapitre liiivant,
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- .L’ART DU PLOMBIER, &c:
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- CHAPITRE ONZIEME.
- De la dijlribation des Eaux.
- Les Particuliers ne font conduire des fources chez eux, ou n achètent de l’eau de la Ville, que pour fe procurer la facilité d’avoir de l’eau en plufieurs endroits de leur maifon pour leur commodité ; c’eft en quelque maniéré pour cet unique objet qu’ils font la dépenfe des Réfervoirs domeftiques qu’ils font faire, & qu’ils tiennent chez eux : ils ont coutume même de donner quelque chofe à l’agréable, lorlque leur ailànce peut le leur permettre. Les Seigneurs , par exemple , qui ont des Hôtels dans Paris, ne fe contentent pas d’avoir quelques fontaines utiles, foit pour fournir de l’eau à la cuifine , à l’abreuvoir des chevaux , & quelques robinets pour les bains & les lieux d’aifonces ; ils font encore bien aifos de voir leurs jardins décorés de quelques pièces d>eau, non-feulement de celles dont il a été queftion dans le quatrième Article du Chapitre précédent, mais encore d’un jet d’eau, d’une nappe d’eau, & autres chofes femblables, folon que le volume d’eau qu’ils ont acheté, eft plus ou moins confidérable.
- Après avoir donc donné la maniéré de faire les Réforvoirs, il paroît néceflàire de continuer cette opération , en difànt de quelle maniéré on peut faire la diftri— bution des eaux qu’ils contiennent.
- Cette diftribution ne laiflè pas que de demander de l’intelligence de la part des Plombiers; mais elle en exigeroit beaucoup plus, s’il falloit qu’ils calculaient la pefànteur des liquides , la friéiion des parois des vafes dans lefquels on les fait paffer, & l’exacte quantité de pieds,.de pouces, de lignes, qu’ils perdent en hauteur à mefore qu’ils s’éloignent de leur fource ; mais on n’exige point d’eux ces. recherches phyfiques. De mon côté je préviens que je n’irai pas au-delà de ce que me permet l’Art que je traite ; je me contenterai de renvoyer le Lecteur au Traité d’Architecture hydraulique de M. Bélidor, où cette matière eft amplement traitée. Je me bornerai au travail du Plombier, que je développerai en fix Articles. Dans le premier , je parlerai de l’aflïette des Tuyaux de conduite ; dans le fécond, des Robinets ; dans le troifieme, des Fontaines ; dans le quatrième, des Jets-d?eau ; dans le cinquième, des Nappes d’eau; & dans le fixieme, des Cafoades.
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- Article
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- Chapitre XI. De la dijlribution des Eaux*
- Article Premier.
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- De l’ajjîette des Tuyaux de conduite en général.
- Nous avons déjà parlé de quelques Tuyaux , mais qui ne regardoient point du tout l’opération que nous traitons dans ce Chapitre; il s'agit ici des Tuyaux de conduite.
- On entend par Tuyau de conduite, un tuyau principal, auquel plufieurs autres font joints, pour diftribuer & conduire aux endroits qu'on juge à propos , l’eau contenue dans le Réfervoir. On commence par polèr le tuyau principal.
- §. I. De la pofe du premier Tuyau de dijlribution.
- C e premier tuyau i?, Fig. i, PL XIX, doit entrer dans l'intérieur du Réfer-voir A , par l’ouverture que nous avons dit de faire pour le recevoir, dans le. Paragraphe qui traite de laconftruélion de la charpente ; Sc il doit monter jufqu'au milieu du Réfervoir, à peu-près julqu'en A : il faut l'attacher en dedans du Ré-fervoir, ainfi que le trop plein ; mais on doit avoir le foin de louder les clous tout autour des trous qu’ils font aux tables dans lefquelles on les enfonce. On Ibude à ce premier tuyau d'autres tuyaux du même diamètre , pour le conduire en tel endroit qu'on veut. On peut joindre à celui-ci d'autres tuyaux plus petits ; cela fe fait en les embranchant l'un dans l'autre.
- §. II. De la maniéré d'embrancher les petits Tuyaux de conduite dans
- les Tuyaux principaux.
- Lorsqu’on veut embrancher de petits tuyaux aux tuyaux principaux, on fait une ouverture à ces derniers, proportionnée au diamètre de ceux qu’on veut leur joindre , & on les attache enfuite par des nœuds de foudure , ainfi que cela eft repréfenté en D. On affied enfuite fes tuyaux for de la terre ou fur des cordons de pierre qu'on nomme gargouilles.
- Partons maintenant aux Robinets , qui entrent pour beaucoup dans les conduites.
- Article Second.
- Des Robinets.
- O N entend par Robinet, une clef faite pour donner ou fermer le palîàge à toutes fortes de liquides , comme on le voit en C.
- Tout Robinet eft compofé de deux pièces de cuivre A, B , Fig. 2,3, 4 6 & 7, qui entrent l'une dans l'autre. La partie i? eft immobile; la partiel, Plombier. X i
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- X2Ô L'A R T DU P LO MB1E R, &c.
- au contraire, ou autrement le bouchon, eft mobile : on peut le faire tourner du côté que Ton veut. Ces deux pièces font percées à jour dans un ou plufîeurs endroits de leur circonférence , en telle forte que les eaux trouvent un paflage, lorfque les deux trous des deux parties du Robinet fo rencontrent ou fo regardent ; & au contraire toute iflùe leur eft bouchée , lorfqu’ils font tournés d’un fens oppofé.
- On diftingue plufîeurs fortes de Robinets ; les uns font à une eau, Fig. 2 ; les autres à deux, Fig. 3 ; les autres enfin à trois, &c. Fig. 4. Ceux qui font à deux eaux ont deux branches C, D, 8c le bouchon A n a qu’un trou qui le traverfo,
- Fig. 2.
- Ceux qui font à deux eaux, ont trois branches E9 F, Gy Fig. 3 , & leur bouchon a trois trous.
- Ceux qui font à trois eaux ont quatre branches H, /, K, L, 8c leur bouchon a quatre trous, Fig. 4.
- Outre que ces Robinets font extrêmement eflentiels pour arrêter les eaux quand on veut dégorger des tuyaux, comme nous le verrons dans le Chapitre fuivant, ils font encore très-nécefîàires pour la diftribution des eaux. Il arrive d’ailleurs fouvent qu’on veut faire forvir la même eau à plufîeurs chofos différentes ; par exemple , à donner de l’eau tantôt à une fontaine, tantôt à un jet-d’eau, tantôt â une nappe d’eau , &c. cela ne peut fe faire que par le moyen des Robinets qui bouchent le paflage à l’eau aux endroits où on ne la veut pas, 8c le lui ouvrent fuccefîîvement aux endroits où on defire qu’elle aille ; pour cet effet il faut qu’ils foient fondés aux tuyaux de conduite. Comme cela demande quelques explications, nous nej.e renverrons pas plus loin.
- §. I. De la maniéré de placer ces Robinets en général.
- A v a n t de fouder un Robinet quelconque, il faut d’abord s’afîurer de deux chofes ,i°. s’il convient ; car on ne pourrait pas mettre un Robinet de deux eaux où jl en faut un de trois , 8c pareillement un de trois où il en eft befoin d’un de quatre ; 20. fi c eft l’endroit le plus propre pour le placer, & où l’on ait le plus de commodité pour l’ouvrir ou le fermer.
- §. II. Des circonjlances où F on doit employer les Robinets h une eau.
- O n doit employer les Robinets à une eau, ou autrement dit à deux branches C, D, Fig. 2 , lorfqu’on ne veut faire aller l’eau qu’à un foui endroit, 8c qu’il n’y a par conféquent qu’un feul tuyau de conduite.
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- Chapitre XI. De la dïjlribution des Eaux*
- §. III. Des cas où il faut fe fervir des Robinets a deux eaux•
- On doit fe fervir des Robinets à deux eaux, ou autrement dit à trois branches E, F9G9 Fig. 3 , lorfqu’on veut que feau aille dans deux endroits différents, & que, par conféquent, il y a deux tuyaux de conduite.
- §. IV. Des circonflances où il faut faire ufage des Robinets à trois eaux.
- O N doit faire ufage des Robinets à trois eaux , ou autrement dit à quatre branches H9 7, K, L , lorfqu’on veut que l’eau aille à trois endroits différents, & que par conféquent il y a trois tuyaux de conduite. Voyons à préfent de quelle façon on les étame pour les fouder.
- §. V. De ïétamage des Robinets.
- Tout Robinet avant d’être foudé , doit d’abord être étamé, ceft-à~dire , blanchi avec de l’étain, afin que lafoudure puifîe y prendre.
- Puifque l’étamage eft une chofe effentielle dans la foudure des Robinets, il faut expliquer comment il fe fait.
- On a une lime ordinaire de Serrurier , avec laquelle on râpe le bout de chaque branche de la partie B, Fig. 2, 3 & 4, pour en enlever la fuperficie ; on y verfè enfuite de l’étain qui s’attache au cuivre , & le met par ce moyen en état de prendre à toutes fortes de foudures.
- §. VI. Du foudage des Robinets.
- Lorsqu’une fois les Robinets, qu’on veut mettre dans une conduite, font étamés , on prend la batte ronde 9 Scan amincit le bout du tuyau qui doit donner l’eau au Robinet, pour le faire entrer dans une de fes branches ; parce qu’il faut > autant quon le peut, ne point mettre d’obftacle au cours de l’eau , & que l’on en mettrait un très-grand , fi la branche du Robinet entroit dans le tuyau fupé-rieur.il faut faire tout le contraire à l’autre bout du Robinet, par la même raifon; il faut que la branche qui donnera l’eau , entre dans le tuyau inférieur. Pour cet effet on ouvre le bout de ce tuyau avec le tampon & le marteau ; quand le tout eft dans fà place, on fait un nœud de foudure à chaque côté du Robinet que l’on vient de placer ; c’eft-à-dire , fi c’eft un Robinet à deux branches C, D, Fig. 2 , on en fera deux; fi c’eft un Robinet à trois branches E9 F9 G, Fig. 3 , on en fera trois ; fi c’eft un Robinet à quatre branches H, 1, K 9 L, Fig- 4 , on en fera quatre.
- Il faut pourtant remarquer ici qu’on fe fert quelquefois des Robinets à trois ou
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- ï28 L'ART DU F LO M B IER, &c.
- quatre branches pour une feule eau : c’eft lorfqu’on veut la faire aller fuccelïiye-ment à plufieurs endroits différents ; alors les bouchons different de ceux dont nous venons de parler : ils font faits de telle façon que le bouchon du Robinet à deux eaux bouche le paflàge à l’une en l’ouvrant à l’autre ; & que le bouchon du Robinet à trois eaux, en donnant ilfue à une eau , la bouche à deux autres , ce qui fait qu’on peut compter cinq efpeces de Robinets. Nous avons vu la maniéré de faire ufàge des uns 8c des autres : paffons aux Fontaines,
- Article Troisième.
- Des Fontaines.
- Les Fontaines font ce qu’il y a de plus nécefîàire dans une maifon : le refte n’eft qu’agrément : c’eft aufîî ce qu’on commence à faire de l’eau qu’on a achetée 8c qu’on fait venir.
- On en diftingue de plufieurs formes ; les unes font des Fontaines communes, les autres font un peu plus recherchées ; il y entre des amortilfements que les Fondeurs en cuivre jettent ordinairement, mais dont les Plombiers ne laiflent pas que d’en faire quelques-uns. Cela n’arrive pas dans Paris , où on eft obligé de diftinguer ce qui dépend de fon Art, de ce qui n’en eft pas, quand il s’agit toutefois de quelqu’ouvrage confidérable ; & fi on ne le faifoit pas , on pôurroit y être forcé par Juftice : telle eft la loi des Maîtrifos. Mais dans les Provinces , où l’on n’eft pas menacé de procès, attendu qu’on ne connoît pas toutes ces Maîtrifos , les Ouvriers étant moins nombreux, les Plombiers un peu induftrieux y font fouvent Fondeurs, & réunifient dans un foui ouvrage, ce qui dépend de plufieurs Arts.
- §. I. Des Fontaines ordinaires.
- O N entend par Fontaines communes ou ordinaires, celles qui font fans ornement. L’ouvrage qui concerne ici les Plombiers, fe réduit aux tuyaux de conduite qui viennent en droiture du Réfervoir de diftribution, ou qu’ils embranchent à un tuyau principal, comme on le voit en D , Fig, i, PL XIX. Ils les foudent comme nous l’avons dit plus haut ; ils les conduifent de cette forte dans une cour ou un jardin, en un mot à l’endroit où doit être la Fontaine, en les allongeant par autant de tuyaux & de nœuds de foudure qu’il en faut pour y arriver : là ils redreffent leur dernier tuyau de conduite, & l’élevent à proportion de la hauteur qu’ils veulent donner à leur Fontaine, 8c que la vivacité de l’eau qui vient du Réfervoir le permet, eu égard à la force que perdent les liquides par la friélion qu’ils éprouvent des parois des vafos qui les contiennent. Au bout de ce tuyau de conduite, ils foudent quelquefois un bout de tuyau de fer ou de cuivre, quelquefois un robinet, quand on ne veut pas que la Fontaine aille
- toujours.
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- Chapitre XI. De la dijlribution des Eaux. 129
- toujours. On en fait fur-tout beaucoup ufàge dans les Fontaines des cuifines, où on n en fait couler l’eau que lorfqu’on en a befbin , 8c pour la pure néceflité.
- §. II. Des Fontaines un peu plus recherchées.
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- Dans les Fontaines un peu plus recherchées, ils ont coutume de jetter en moule * des placards qui repréfentent aflez ordinairement une tête de lion* dans la gueule duquel ils mettent un petit tuyau de fonte pour former le jet. Ces Fontaines fo voient ordinairement dans l’angle d’une cour.
- Pour celles qui font au milieu des cours, ils conduifent le jet au haut de la pyramide , & le font fortir en gerbe par le moyen d’un ajoutoir, ainlî qu’on le voit en A, Fig. 8, fomblable à celui des jets dont il fera queftion dans l’Article foivant ; quelquefois ils enveloppent ce jet d’un globe de plomb ou de pierre de taille , qui eft en deux parties cimentées dans leur joint. Ils l’enferment hermétiquement & le rendent invifible: alors ils flanquent quatre petits tuyaux de fonte dans le globe , 8c en font fortir quatre jets. Ces Fontaines font allez communes dans les Provinces: c’efl un avantage qu’elles ont fur Paris. On en voit for-tout de très-belles à Clermont-Ferrand, qui font fournies par feau admirable qui vient dans un très-gros corps de conduite, d’une montagne voifine qu’on no mmeÆujytf.
- Il eft quantité d’autres formes qu’on peut donner aux Fontaines, 8c qu’on ne peut pas rappeller toutes ; nous nous contenterons de ce que nous en avons dit. Paflons aux Jets-d’eau.
- Article Quatrième. f' Des Jets-d!eau.
- Il eft ordinaire qu’après avoir fongé à l’utile, on donne quelque chofo à l’agréable. Les Jets-d’eau feront une nouvelle partie de diftribution de l’eau que nous avons dans notre Réfervoir; cela nous donnera occafion d’expliquer ce qui concerne, dans ces ouvrages, l’Art du Plombier.
- On entend par let-d'cau, un grand baflîn de pierre ou de marbre, qui eft hori-fontal à la terre, 3c d’ou il fort une gerbe d’eau plus ou moins forte, qui retombe dans ce même baflîn.
- Elle s’élève à une hauteur plus ou moins grande, félon la hauteur de fà fource. Il y en a une quantité prodigieufe aux environs de Paris, dans les jardins & promenades publiques. Il y en a au Luxembourg, aux Tuileries, au Palais Royal, &c ; mais on ne les fait jouer ordinairement que le jour de Saint Louis,
- * Ces moules fe font ordinairement fur les lieux avec de la terre & des glaires d’oeuf.
- Plombier.
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- r A RT DU PLOMBIER, &c.
- §. I. De la maniéré de faire les Jets-d’eau.
- I l faut que le Plombier ait avec lui un Maçon , & qu’il lui fade, fous fes yeux , creufer un badin H, Fig. 1, dans la terre, au milieu duquel on fait un petit fofle / où l’on pofe la petite boule d’où doit fortir le Jet ou la gerbe d’eau, & dans laquelle on doit déjà avoir mis un bout de tuyau de conduite : on entend par-là qu’il faut que cette boule, qui'eft ordinairement de pierre , foit creufe en dedans. On fbude enfuite un autre tuyau au premier, pour lé fortir hors du badin. On pofe un autre tuyau avec foupape pour faire fortir les eaux du badin quand on voudra lo nétoyer. On pave enfoite le badin, & on le cimente de telle maniéré, que les eaux n’en puident point fortir,
- §. IL De la maniéré de fouder Vajoutoir du Jet-d'eau.
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- On entend par ajoutoir, ce morceau de cuivre par où la gerbe d’eau pafïe, & qui eft à l’extrémité du tuyau de conduite , Fig. 1 & 7.
- On fuppofe qu’on veuille fouder l’ajoutoir K , Fig. 7,8 & 9 ; on fait à ce fujet ce qu’on a fait par rapport aux robinets , c’eft-à-dire , on le lime & on rétame de même : on y verfe enfuite la foudure, qui y prend ainfi que fur du plomb gratté , Sc l’attache au tuyau de conduite D , dans la forme qu’on le voit Fig. 7 & 8.
- On remarquera ici que par rapport aux ajoutoirs, il ne faut pas obferver ce qu’on a dit à l’égard des Robinets ; il ne faut pas que le tuyau entre dans l’ajou-toir, comme cela devroit fe faire fi on ne vouloit pas gêner le cours de l’eau ; il faut, au contraire , faire entrer le bout de l’ajoutoir dans l’orifice du tuyau, par la raifon que plus l’eau trouve de difficulté à fortir d’un vafo où elle eft vivement predee, plus elle jaillit avec force & rapidité. C’eft pour cette raifon qu’on fait l’orifice des ajoutoirs mêmes fi étroit.
- §. III. De la continuation du foudage des Tuyaux de conduite.
- O N reprend la conduite au bas du badin, c’eft-à-dire , on foude un tuyau à celui qu’on a déjà pofé , toujours en faifànt un nœud de foudure entre les deux ' & faifant entrer le tuyau qui doit donner l’eau, dans celui qui la reçoit. On continue ainfi jufqu’à l’endroit où l’on veut prendre l’eau.
- Cela peut fe faire de deux maniérés, ou en conduilànt le tuyau jufqu’au Réfervoir, en telle forte qu’il n’ait point de communication avec les autres conduites, & qu’il en foit féparé , ou en l’embranchant à la première conduite de la Fontaine dont nous avons parlé plus haut ; alors il faudra fe fervir d’un robinet à une eau, Fig. 7, l’embranchement des tuyaux en fera plus aifé.
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- Chapitre XI. De la dijlribution des Eaux.
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- Article Cinquième.
- Des Nappes d'eau.
- O N entend par. Nappes d'eau , un jet ou plufieurs jets de fontaine , dont la chute eft brifée. Il y en a de plufieurs façons, les unes forment un éventail, les autres tombent en forme ovale , comme on le voit Fig. 8 S 9. *
- On peut en former une troifieme partie de diftribution. Rien neft plus commun que les pièces d'eau dans les Parcs de Verfàilles & de Marly : on peut prendre là les plus beaux & les plus riches modèles que l'on puiffe imaginer.
- Le travail eft le même que celui des Fontaines ordinaires & des Jets-d'eau, quant à ce qui regarde la pôle des tuyaux ; toute la différence quil y a, c eft qu'on fait tomber le jet ou la gerbe d’eau fur un baflin peu profond Sc prefque plat, qu’on voit en L, Fig. 8 & 9, que les Plombiers jettent quelquefois en moule, lorfqu'il n'y a perfonne pour les faire dans l’endroit, & qu'ils font en plomb ; ils les font faire quand ils font fimplement en pierre ou en marbre.
- L’eau brifée par ce baflîn, jaillit tout autour dans un baflin inférieur M, qui la rend dans un troifieme baflîn N, par deux endroits O, P. Ce troifieme baflîn doit avoir un trop plein Q, qui, toujours ouvert, donne paflàge à une quantité d'eau égale à celle qui tombe dans le baflîn N.
- §. I. De l'avantage que les Baffîns de plomb ont fur les Baffins de marbre«
- L’avantage que les baflîns de plomb ont fur les derniers, c’eft qu'ils peuvent être bronzés & enrichis d'une croûte d'or qui leur donne un éclat infiniment fupérieur à celui du marbre : c'eft de cette façon que font travaillés quantité de baflîns & de ftatues qui décorent le fuperbe Parc de Verfàilles. Mais un mélange de l’un & de l'autre fait un très-bon effet ; c'eft pourquoi la magnificence qui régné à Verfàilles , n a pas fouffert qu'on le négligeât.
- Article Sixième.
- Des Cafcades.
- On peut encore divifer fon eau en d’autres pièces d’eau qu’on nomme Ca£ cades , qui ne laiflent pas que de faire un très-bel effet. Nous en dirons quelque chofe , pour décrire en quoi & de quelle maniéré les Plombiers font employés à ces fortes de pièces d'eau pour les faire aller : elles formeront une quatrième partie de diftribution.
- On entend par Cafcade, une grande quantité d’eau qui defcend du haut d’une
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- i32 LA RT DU T LO MB 1ER, érr.
- élévation un peu confidérable avec rapidité, & tombant for plufieurs petits rochers ou efcaliers de maçonnerie , eft brifée en une infinité d’endroits.Les plus belles étoientà Marly. Il y en avoit une fur-tout quifurpafîoit toutes les autres, qui étoit derrière le Château : elle formoit une rivière entiers , qui, en fe précipitant de fort haut fur foixante-trois marches ou degrés de marbre, formoit des nappes d’eau d’une beauté que rien n’égaloit en ce genre là. Le temps & le féjour que Louis XV a fait à Paris pendant fa minorité, ayant été caufe du dépériffement de ce foperbe morceau ; & les fommes qu’il auroit fallu pour le rétablir Sc pour l’entretenir étant trop confidérables, on prit le parti de le détruire : en place de cette Cafcade on y a mis, en 1728 , un grand tapis de verdure.
- Mais il y en refte encore de très-belles, telle que la Cafcade ruftique, qu’on nomme ainfi parce qu’elle eft dans un bofquet : elle tombe d’une fontaine rapide, au haut de laquelle il y a un grand baffin qui en porte un fécond de métal doré, foutenu par trois Tritons.
- Au haut de la Cafcade, il y a un Fleuve & une Naïade de marbre blanc. Les deux tablettes de la rampe de cette Cafcade font ornées de fix ftatues de marbre blanc, pofées alternativement entre quatre vafes de métal doré.
- Il y en a auffi à Verfailles qui ont leur mérite, telle que celle de l’allée d’eau.
- Il fcroit impoffible d’en faire d’aufli belles de la petite quantité d’eau qui efl; contenue dans un Réfervoir de Particulier ; mais cela n’empêche pas qu’on n’en puifle faire quelques-unes qui aient leur prix, Sc qui décorent auffi bien leurs jardins ou leurs cours , que celles dont nous venons de parler accompagnent les beautés de Marly ou de Verfailles, parce qu’ils font moins grands que les parcs de ces fuperbes Maifons Royales ; d’ailleurs il n’eft pas néceiïàire qu’elles aillent toujours , Sc on peut quelquefois leur faire paffer une grande quantité d’eau, en leur réunifiant celle de tous les autres endroits.
- §. I. De la maniéré de les faire.
- Il faut que le Plombier monte fcs tuyaux à la hauteur du lieu où la Cafcade, quon veut faire, doit être établie ; enfuite il doit les couvrir par un baffin dé marbre ou de plomb qu’il pourra jetter dans des moules faits exprès ; ce baffin doit être percé dans le milieu Sc plat, afin que l’eau fcrtant par le tuyau, fe répande de côté Sc d’autre for des degrés de pierre de taille ou de marbre, Sc foive la chute qu’on lui prefcrit pour opérer l’effet dont nous venons de parler.
- §. II. De la maniéré de faire jouer les Fontaines , les Jets-d'eau,
- les Nappes d'eau & les Cafcades
- Il faut favoir premièrement fi toutes ces pièces d’eau doivent aller à la fois,
- ou fi on ne veut en faire aller qu’une feule, & les autres tour-à-tour, quand on le juge à propos. si
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- Chapitre XII. De la Réparation des Tuyaux des rues , &c. 133
- Si on a une fuffifànte quantité d’eau pour qu’elles aillent toujours, il n y aura rien à faire, finon quà laifler couler l’eau qu’on a deftinée à chacune d’elles.
- Si, au contraire, on n’a qu’une eau, 8c qu’on veuille la faire aller tantôt à la Fontaine A, Fig- 8 & 9, tantôt aux Jets-d’eau E> F, G, Fig. 1 , & tantôt à la Cafcade , il faudra avoir recours à des robinets dont le bouchon foit fait de telle façon qu’il ferme le palîàge à l’eau d’un côté, & le lui ouvre en même temps de l’autre.
- Quand on voudra l’eau à la Fontaine , on donnera l’eau au tuyau qui l’y conduit , en tournant le bouchon du robinet d’un certain fens, & de même par rapport aux Jets-d’eau & à la Cafoade. On fera cette opération toutes les fois qu’on voudra changer le cours de Ion eau : c’efl:, fans contredit, le plus grand avantage que puiflènt procurer les robinets.
- A préfent que nous venons de voir de quelle façon le fait l’affiette des tuyaux de conduite dans la terre, qu’ils flanquent de différentes maniérés, paflons au dégorgement de ces mêmes tuyaux.
- CHAPITRE DOUZIEME.
- De la Réparation des Tuyaux des Rues, SC autres Tuyaux
- de conduite.
- Q uelque attention qu’on apporte à réparer tous les défauts qu’on apper« çoit aux Tuyaux avant de les mettre en place, il ne laiffe pas d’arriver de temps en temps qu’il fe fait des ouvertures par où l’eau s’échappe elles font quelquefois occafionnées parla gelée , d’autres fois parce qu’il fe trouve aux tables dont on fait les Tuyaux, ou à ceux qui font jettés dans les moules , des parties minces qui ne peuvent fupporter la charge de l’eau qui fort des Réfervoirs fort élevés; enfin il fe rencontre des défauts de foudure 8c des engorgements de corps durs qui percent les Tuyaux.
- Dans tous ces cas, on s’apperçoit que les Jets-d’eau 8c les Fontaines ne four-niffent plus la quantité d’eau qu’ils donnoient auparavant ; on eft alors obligé T. de vifiter les conduits, pour découvrir où font les fraélures & les pertes d’eau , & y remédier ; 20. d’y faire les réparations qui font néceflàires pour les mettre en état. Nous traiterons ces deux opérations en deux Articles différents , qui partageront tout ce Chapitre.
- T LO MB J ER.
- Li
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- *34 L'ART DU PLOMBIER, &c:
- Article Premier.
- Des moyens de découvrir les endroits des pertes d'eau.
- 1 l y a plu (leurs moyens de le faire, {oit par le fecours des gargouilles, {oit par les regards, foit par les fouilles.
- §. I. Premier moyen.
- On nomme proprement gargouilles , des conduites de pierres de taille qu’on met au haut des bâtiments pour recevoir feau des grands combles ; mais les Plombiers ont encore donné ce nom à un cordon fouterrain de pierre de taille, qui eft creufé en forme de gouttière, & cimenté dans fes joints, pour recevoir leurs tuyaux. Tous les tuyaux qui viennent de la pompe du Pont Notre-Dame , & qui entrent dans les differentes conduites des Fontaines de Paris , font pofés fur ces fortes de gargouilles, pour empêcher Peau de percer dans les caves & la faire jaillir entre les pavés ; en effet, ne lui donnant aucun paflage en défions, elles l’obligent à monter, ce qui eft très-propre à faire appercevoir les endroits des pertes d’eau, quand il arrive quelques fraétures aux tuyaux. Le Plombier n’a befoin que de fuivre & examiner avec attention le chemin ou les rues fous lefquelles les conduites paflent, il trouve bientôt où elles font en défaut ; alors il doit s’y arrêter & les réparer, comme nous le dirons dans la fuite.
- Mais il eft plus difficile de découvrir le lieu de la fraéture, lorfque l’eau pouvant couler dans l’intérieur de la terre, ne fe manifefte pas à la fiiperficie ; alors il faut avoir recours à un fécond expédient.
- §. IL ^Second moyen«
- Quand on ne fàuroît appercevoir les lieux où les tuyaux fuient, il faut vifiter les Regards : c’eft le fécond moyen qu’ont les Plombiers de découvrir les endroits du défaut de leurs tuyaux.
- On commence par les ouvrir. Les Plombiers, quand ils vont faire ces fortes d’ouvrages, portent toujours avec eux plufieurs pinces de fer A, B, Fig. i Û* 2 , PL XX, dont l’une eft ordinairement plus crochue que l’autre ; ils fou-lèvent avec celle-ci la trape du Regard A, Fig. 3 ; enfuite avec les pinces A, B, c’eft-à-dire , avec les deux enfemble, on la fait gliffer fur le pavé pour l’enlever entièrement de defflis le Regard.
- Quand le Regard fera tout-à-fait ouvert, on mettra en décharge le robinet B, c’eft~à-dire, on en retirera la clef ; & fi le tuyau eft bon jufqu’à cet endroit, l’eau fortira avec force ; alors on la remettra : on fermera ce premier Regard,
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- Chapitre XII. De la Réparation des Tuyaux des rues , &c* 13 j Sc on paflera à celui qui vient après, qu'on ouvrira comme le premier , pour y faire la même opération.
- §. III. De ce quilfaut faire quand il n’y a point de Robinets dans les Regards.
- Il efl: très-facile de mettre un tuyau en décharge lorfqu'il y a des robinets, pour favoir s'il efl: bon jufques-là ; mais comme il n'y en a pas toujours, il arrive fouvent qu’on ne peut point y avoir recours, & qu'on efl, par conféquent, forcé de fe fervir d'un autre expédient.
- Lors donc qu'il n'y aura pas de robinet, il faudra, pour y foppléer, faire une ouverture au conduit.
- §. IV. Ouvertures qu’on fait au défaut de Robinets.
- Elles fe font en enlevant une plaque de plomb de la largeur du diamètre du tuyau, Sc d'environ 8 pouces de long, que l'on trace d'abord avec le tire-ligne, qui, preffé contre le tuyau , lui fait une première entaille ; on finit enfoite de couper cette plaque de plomb avec le couteau Sc la batte ; par ce moyen on met une partie du dedans du tuyau à découvert. Si le tuyau efl: plein d'eau à cet endroit, Sc qu'elle y ait un libre cours, c’efl une preuve que le tuyau efl: bon jufques-là. Il faudra palier au troifieme Regard ; mais il arrive fouvent qu'il n'y en a pas, Sc que la perte d'eau fe trouve dans cette partie de la conduite.
- Il faudra encore recourir à un troifieme moyen, qui efl: le dernier de tous , Sc dont on ne doit ufer que dans la derniere néceffité.
- §. V. D9 un troifieme moyen de connoître où efi lé endroit des pertes d’eau*
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- Lors qu’enfin il fera impoffible, par les expédients que nous avons donnés plus haut, de découvrir les endroits des pertes d’eau que les conduites éprouvent , il faudra en venir aux fouilles.
- Ce que les Plombiers entendent par fouilles, ce font des fofles qu'ils font à l'endroit à peu-près ou il efl poffible de préfomer que l'eau fuit. On voit par-là qu'il doit arriver fouvent de leur en voir faire beaucoup au haford Sc de très-inutiles, parce qu'il efl impoffible que cela foit autrement, à moins d'avoir les yeux de l'Hydrofoope de nos jours, for-tout quand les conduites font fans Regards, comme il y en a plusieurs, ou qu'il y a très-loin d’un Regard à l'autre.
- §. VI. Des fouilles ou des fofifis quon doit ouvrir au defaut des Regards.
- Les fouilles ou les fofîes qu’on fait ordinairement dans ces cas-là, font de 4 pieds de long, for 2. pieds de large. On porte avec foi une bêche , pareille
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- x%6 rART DU PLOMB 1ER, 6c.
- à celle dont on fe fert pour labourer le fable du moule, comme nous l'avons dît dans le fécond Chapitre ; on porte en outre une pince, avec laquelle on enleve les pavés des rues ou les pierres. On creufe le folle avec la pioche A, Fig. y, & la bêche A, Fig. 6, jufqu'à l'endroit où l'on s'imagine qu'eft à peu-près le tuyau.-11 faut prendre garde de ne pas l'atteindre avec la bêche ou la pioche, crainte de le crever ; il faut, pour cet effet, fouiller aux environs pour tâcher de découvrir pofitivement où il eft. Quand on l'a dégagé en entier, on l'ouvre comme nous venons de le dire. Quand on n'a pas, cette première fois, rencontré le défaut de la conduite, on recommence d'autres foffés de la même maniéré, en auflï grande quantité qu’il en eft néceftàire, julqu'à ce quon ait trouvé l'endroit défeétueux. Voyons à préfent les réparations que les Plombiers doivent y faire*
- Article Second.
- Des opérations nécejjaires pour mettre les Tuyaux en état.
- Lorsqu’une fois on a, par les moyens que nous avons indiqués ci-deftus, trouvé l'endroit de la fraéture des tuyaux où il fe fait des pertes d'eau , il faudra faire les réparations qui font néceflàires pour les mettre en état de reforvir & de reconduire l'eau où il en eft befoin. Ces réparations confiftent i°. à tirer l'eau des foffés qu'on a ouverts; z°. à dégorger les tuyaux; 30. à les refouder dans l’endroit de leurs fraétures ; 40. à recombler les foffés qu'on a faits.
- §. I. De la façon de retirer l'eau des fojjés.
- Les fraétures qui fe font faites au tuyau que l'on veut réparer, laiffent échapper beaucoup d'eau ; il eft ordinaire que les foffés que l'on fait fe rempliftent d'eau à une certaine profondeur : cela arrive fur-tout lorfqu'on eft dans la néceffité d'ouvrir le conduit 3 dont il fort prefque toujours une eau affez confidérable. Comme elle nuiroit à l'Ouvrier, il faut qu'il commence par l'en retirer, afin qu elle n empêche pas l'opération qu’on y croit néceftàire : il eft une façon de le faire. On a ordinairement, ainfi qu'on le voit Fig. 7, un feau A, avec lequel on puifera l'eau qui s'eft répandue dans le foffé B qu'on a fait, & on la retirera pour la jetter dans le ruifleau de la rue. Si alors le tuyau de conduite n'a befoin que d'être foudé en quelqu'endroit, n'ayant qu'une petite fraéture, il n y aura qu'à la boucher Amplement avec de la foudure ; fi, au contraire, outre cette fraéture, le conduit avoit befoin d'être dégorgé , il faudra s'y prendre de la maniéré qui fi^it.
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- Chapitre XII. De la Réparation des Tuyaux des rues. 137
- §. IL De la façon de dégorger le Tuyau.
- Comme ce qui caufe 1 interruption de 1 eau, n’eft pas toujours une fuite d eau, & quelle provient quelquefois d’un engorgement de tuyau occafionné ou par des queues de renards, qui eft une longue traînaffe de racines , formée avec le temps dans la conduite, ou par le limon que l’eau y a dépofé, il fera nécef* faire d’employer , pour les dégorger, plufieurs inftruments dont les Plombiers ont coutume de fe fervîr. Nous commencerons par le tampon, puifque c eft le premier dont ils faflent ufàge.
- §. III. De U emploi du Tampon.
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- C e que les Plombiers appellent tampon , eft un bouchon de bois A, Fig. 4, plus ou moins gros, quils adaptent à l’orifice du tuyau qu’ils veulent dégorger , & avec lequel ils le ferment hermétiquement. Il reifemble à peu-près à une clef de cuve un peu confidérable : ils en ont un certain nombre ; mais ils ne conviennent pas tou s/a tous les tuyaux: ils prennent celui qui y va le mieux; enfuite ils l’enveloppent de chanvre, & par-là ils ont la facilité d’augmenter ou de retrancher fa groffeur, félon que cela eft néceflàire ; quelquefois même ils l’entourent d’un torchon, quand le tuyau eft d’un fort diamètre. Après qu’ils l’ont ainfi difpofé, ils l’enfoncent dans le tuyau avec la batte, pour qu’il le bouche tout-à-fait.
- L’effet de cet inftrument eft de réunir une grande quantité d’eau dans le tuyau qu’on veut dégorger, en lui fermant tout paflage, afin qu’en le retirant après un. certain temps, les eaux, ainfi accumulées, fortent avec force & entraînent tout ce qui fe rencontre fous leur paflage ; mais ce moyen ne leur réuffit pas toujours : quand le tuyau eft trop plein , & que l’eau n’a pas la facilité de s’y introduire , parce que tous les paflàges lui font bouchés , elle n’acquiert jamais affez de vivacité pour opérer cet effet : de-là vient qu’on eft obligé de recourir à un autre inftrument, qui pénétré dans le dedans du tuyau, & qu’on nomme la fonde.
- §. IV. De ? emploi de la Sonde,
- N o us avons déjà parlé de deux Sondes pour le dégorgement des tuyaux des maifons ; mais la Sonde des Fontaines ne leur reffemble pas : elle eft tout-à-fait différente. Celle-ci eft faite de plufieurs baguettes de fer , grofles environ comme le petit doigt, Fig. 8, & unies l’une avec l’autre par deux anneaux A , qui entrent l’un dans l’autre. Au bout de cette Sonde eft un tire-bourre By pour arracher tout ce qui fe trouve à fon paflage. Elle n’eft point embarraflante parce qu’on peut la plier fore aifément : on la met, quand on veut, fous le Plombier. - Mm
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- i38 V ART D U P LO M B IÈR, &c.
- bras. On voit par-là qu’il eft très-facile de la porter d’un lieu à un autre , &
- par-tout où l’on peut en avoir befoin.
- §. V. De la façon de s en fervir.
- Quand il y a des robinets au- deflus des Regards ou des folles qu’on a faits 9 comme on le voit en B, Fig. 3, on commence par les mettre en décharge, c’eft-à-dire , par détourner l’eau qui palîoit par le tuyau qu’on veut fonder , en lui donnant un autre chemin ; ou s'il n'y a point de robinet, il faudra boucher, avec le tampon ou autre chofe, l’entrée du tuyau , afin que l’eau n'y pafïe pas, & ne gêne pas l’Ouvrier.
- Quand donc le folfé fera afTez vuidé pour qu’on puifle y travailler, & qu’il n’y viendra plus d’eau, on fera entrer la Sonde dans le tuyau par fon tire-bourre C, Fig, 7, qu’on voit en B; cette opération demande de l’adrefle : on doit avoir l’attention de la tourner toujours du même côté quand on l’enfonce,Sc du côté contraire quand on la retire. On doit faire cela avec un peu de force, mais en même temps avoir grande attention de ne pas crever le tuyau avec le tire-bourre de la Sonde. Il faut que le poignet lente quand la direction qu’on lui donne eft droite ou faufîe;lorfqu’ons’appercevra qu’elle eft prife à la queue de renard ou au limon qui engorge le conduit, alors on la retirera à foi, pour entraîner avec elle ce qui bouchoit le pafîàge de l’eau : on y reviendra à plufîeurs fois; après quoi on remettra la clef ou la poignée du robinet qu’on avoit enlevée pour le mettre en décharge ; & l’on bouchera en outre, par le moyen du tampon A , Fig. 4, le dedans du tuyau du côté qu’il a été fondé : on laiflèra remplir le tuyau ; on retirera enfuite le tampon ; le refte du limon, que la Sonde n’a pu emporter, étant chargé par l’eau, lortira par l’ouverture qu’on a faite au tuyau, en forme de longs boudins ; & le tuyau étant entièrement dégorgé, l’eau reprendra fon cours. Si cela ne fitffit pas, il faudra ufèr d’un troifieme infiniment qu’on nomme 11 Siphon, que tout le monde connoît pour précipiter le cours de l'eau, Sc forcer tous les obftacles qui fe rencontrent en fon chemin.
- §. VI. De r 1emploi du Siphon.
- L e Siphon , Fig. 9, s’emploie aufîi pour le dégorgement des tuyaux. Voici comment cela fe fait.
- On fuppofe, par exemple, qu’on veut dégorger le tuyau d’une cuvette de conceflion ; on plonge dans l’eau du Réfervoir les deux branches CE renverfées , c’eft-à-dire, de telle maniéré que l’eau puiflè y entrer & en remplir la concavité ; on les redrefîe enfuite en bouchant avec les deux pouces l’orifice A, B, de chacune de ces deux branches : on pofe la plus courte, c’eft-à-dire, la branche Ef dans le Réfervoir, & l’autre dans le tuyau de la cuvette de conceflion en même
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- Chapitre XII. De la Réparation des Tuyaux des rues. 139
- temps, en retirant les doigts qui tenoient l’eau qui eft dans le Siphon : l’eau du Réfervoir , preflee par le poids de l’air, chaiïe bientôt, en prenant fa place , la première eau qui eft entrée dans le Siphon, qui, ne trouvant point d’obftacle , & vivement pouflee en D par la colonne d eau qui la fuit, fe précipite dans le tuyau ; ainfi de fuite.
- Par le moyen de ces Siphons , on peut faire monter l’eau à 3 3 pieds : par-là on voit quil doit y avoir des Siphons de plufieurs grandeurs, qu’on emploie félon qu’on veut forcer une eau plus ou moins.
- Les plus grands ne peuvent fe plonger dans le Réfervoir ; il faut les remplir d’eau d’une autre maniéré, parce que cela eft abfolument néceflàire pour les faire jouer. On renverfe également la partie D dans ceux-ci comme dans les autres ; enfùite on a une cruche pleine d’eau, on la verfe dans ces Siphons jufqu’à ce quelle les ait remplis d’un orifice à l’autre ; le refte fe fait à la maniéré ordinaire.
- Quoi qu’il en foit, l’eau ainfi forcée, fort bientôt à l’autre bout du tuyau avec tant de précipitation, qu’il eft impoflible qu’aucun obftacle lui réfifte : elle entraîne tout avec elle, & le dedans du tuyau devient net comme la main. Il s’agit à préfent de refouder les ouvertures qui y ont été faites, & de remettre toutes chofes comme elles étoient auparavant.
- §. VIL Des Outils nécejjaires au refiudage des Tuyaux.
- !
- Les Plombiers ont coutume d’apporter avec eux un fàc, Fig. 10, rempli de différents outils dont ils peuvent avoir befoin, parmi lefquels il y a un Grattoir , un Fer à fouder, un Porte-foudure, c’eft-à-dire , un quart de coutil qu’ils plient en quatre, & qu’ils attachent au cordon de leur fàc, comme on le voit en A. Il leur faut encore un petit Fourneau, Fig. 11, une Marmite , Fig. 12, & un Polaftre, Fig♦ 13 ; le Fourneau eft d’une tôle forte : on y allume du charbon ; il eft échancré à trois endroits ; ces échancrures A9B 9C9 font pour foutenir le fer à fouder qu’on y fait chauffer : il a un anneau D , par lequel on le prend.
- La Marmite eft de fonte de fer ; elle eft à trois jambes A9 B9 C : elle a une anfe D pour la prendre ; c’eft dans cette Marmite qu’on fait chauffer la foudure.
- §. VIII. Du Polajlre 9 & de fin utilité.
- L e Polaftre eft de fer; ce font deux bandes A, B9 Fig. 13 , attachées avec deux clous, qui s’ouvrent & fe ferment de même. On l’applique fur le tuyau, qu’il embrafle : on le remplit de charbons allumés, pour fécher le dehors des tuyaux, afin que la foudure y prenne mieux. Voilà à quoi il fert.
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- L'ART DU ? LO MB 1ER, &c.
- §. IX. De la façon de refouder l'ouverture faite aux Tuyaux.
- On commence à remplir de foudure la marmite A, Fig. 14, & on la met fur le fourneau B : on en allume le charbon avec lefouffletC; un autre Ouvrier def-cend dans le foffé yl, 'Fig. 15, avec l'échelle B ; il commence à écailler ou gratter le tuyau C tout autour de l'ouverture qu’on lui a faite : il coupe une plaqueZ) de plomb de fà longueur 8c largeur, qu'il écaille également tout autour ; il l'applique enfuite à l'endroit qui lui eft deftiné. Il faut d'abord qu'il ait la précaution de faire fécher le tuyau avec le polaftre, qu'il applique deflus, après l'avoir rempli de braife ; il l'enleve enfilite, 8c verfe de la foudure fur le tuyau échauffé par le polaftre, tout autour de l'endroit qu'il a écaillé, & de la plaque de plomb’ qu'il y a pofée ; il retient, par le moyen de fon coutil E, qu'il a dans une main ç de la foudure qu’il y verfe ; de l'autre main, il la frotte de poix-réfine, & y pafle enfin le fer à fbuder F, pour finir de rendre fon ouvrage plus correét.
- §. X. Façon de recombler les Fojjës.
- * - K.
- Lorsque l’eau a repris fon cours, 8c que le tuyau eft foudé , on enleve la foudure qui eft inutile , qu’on remet dans la marmite à refondre avec celle qui y eft reliée. On met le foffé A à fec ; on place de la terre autour du tuyau C; enfuite on achevé de combler le foffé, 8c les Paveurs réparent la rue.
- On a foin qu’il ne fe rencontre aucune pierre au-deflbus ou autour du tuyau que l'on recouvre, afin de ne point l'endommager en achevant d'emplir le foffé A.
- On a enfuite le foin d’aller remettre la clef ou la poignée du robinet B, Fig.
- 3 , afin de redonner le cours à l’eau , & l'on replace la trape du Regard A.
- Ce feroit ici le lieu de détailler en grand la maniéré de nétoyer les différentes efpeces de Réfèrvoirs ou Pièces d’eau, dont nous avons fait mention dans le Chapitre précédent ; mais nous en avons déjà dit quelque chofe ; nous 11e le répéterons pas. Il eft vrai que ce détail auroit pu être utile, fiir-tout pour les Fontaines compliquées , les Jets-d'eau, 8cc ; mais on eft obligé d'omettre beaucoup de chofes , pour ne pas faire un Ouvrage trop étendu ; d'ailleurs, il n'eft pas d'Ouvrier, un peu verfé dans fon état, dont l’intelligence ne puilîe fùppléer aifément à tout le refte. Paffons maintenant au Rafinage.
- CHAPITRE
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- Chapitre XIII* Du Rafinage*
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- CHAPITRE TREIZIEME.
- Du Rafinage des Cendrées de Plomb ôC de Soudure.
- C o m m e le Rafinage a été imaginé pour révivifier toutes les parcelles de plomb que Ton a pu faire dans le courant d’une année, ainfi que tout ce qui s’eft décompofé dans les fontes qu on en a faites, nous avons cru quil étoit à propos de remettre à parler de cette opération dans les derniers Chapitres de cet Ouvrage ; c’efl pourquoi nous nous fommes contentés d’avertir en plufieurs endroits qu’il falloit ram a fier les balayures de l’attelier , ainfi que les cendrées ou écumes qu’on redroit des fontes du plomb par le moyen de l’écumoire : c’efl: ici le lieu de décrire cette opération.
- D’abord par Rafinage, on entend la façon de ré vivifier des parties de plomb décompofées, qui ont perdu leur phlogiftique , & font devenues en forme de chaux, ce que les Plombiers appellent proprement craffies. Ce travail confifte en quatre chofes principales ; 10. à laver ces fortes de cendrées ; 20. à les jetter dans le creufet; 30. à les recevoir à mefure quelles fondent ; 40. à les couler dans des lingotieres ; car les Plombiers-rafineurs s’en fervent, comme nous le verrons à la fin de ce Chapitre. Après ces opérations, les cendrées de plomb révivifiées, dégagées de tous corps étrangers, & ayant repris le phlogiftique quelles avoient perdu, forment un nouveau plomb propre à être employé à toutes fortes d’ouvrages.
- On en fait autant des cendrées qui proviennent des fontes de foudures ; mais nous n’en parlerons pas en particulier. Comme ce travail eft le même de part & d’autre, nous nous contenterons de donner la maniéré de révivifier les premières cendrées.
- Nous diviferons ce Chapitre en quatre Articles, pour traiter féparément les quatre différentes opérations que nous venons de défigner à ce fujet.
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- Article Premier.
- Du lavage des Cendrées*
- Nous allons détailler comment cela fe fait ; mais avant il convient de Commencer par donner la defcription des outils qu’on doit fe procurer pour ce premier travail.
- *
- K ri
- P LOMBÏERé
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- r ART DU PLOMBIER, &c.
- §. L Des UJlenJlles nécejfaires pour le lavage des Cendrées.
- Il faut quatre tonneaux A , B , C, D, Fig. i, PL XXI, une febille E, & une truelle F; trois de ces tonneaux ne doivent être défoncés que d’un côté, & le quatrième doit l’être des deux côtés : il faut qu’ils foient tous à peu-près de la même grandeur ; on a coutume de les prendre de 3 pieds Sc demi de haut, Sc de 2 pieds de diamètre. On commence par remplir les trois premiers A, B, C, d’eau que l’on va chercher à la rivière , ou qu’on tire d’un puits, ainfi qu’on le voit Fig. a : comme il faut beaucoup d’eau, il eft néceftaire d’avoir ou la riviere ou un puits à la portée de l’attelier. C’eft dans ces tonneaux que les Plombiers-rafineurs lavent leurs cendrées ; ils fs fervent de c es trois tonneaux pour les paffer par trois eaux différentes ; le quatrième D, Fig. 1, qui eft défoncé des deux bouts, eft deftiné à recevoir & à égoutter les cendrées ; c’eft pourquoi doit faire en forte qu’il foit placé à côté d’un périt canal ou ruiifeau , par lequel les eaux que rendent les cendrées lavées, puiiTent s’écouler.
- §. IL De la maniéré de fe fervir de ces UJlenJiles.
- I l faut être quatre Ouvriers ; le premier amoncelle à côté de lui les cendrées qu’il veut laver , pour les avoir à fà portée; enfuite prenant la febille E ou jatte de bois qui a un manche perpendiculaire par lequel on la tient, Fig. 1 & 3, il la remplit à moitié de cendre, Sc la plonge dans le premier tonneau A, Fig. 1, ou elle fe remplit d’eau : il remue le tout avec la truelle F, qui reffemble à celle des Maçons. Les charbons ou la terre qui fe trouvent mélangés avec les miettes de plomb qui retient encore en nature , s’en féparent, ainfi que de celles qui ont été décompofées dans les fontes, & nagent fur la fiîrface de l’eau qui eft dans la febille : on les fait tomber dans le tonneau avec la truelle. Quand une fois ils en ont été enlevés, on penche la febille fur un côté, & on en fait tomber l’eau même doucement : on trouve au fond le plomb qui s’y eft précipité, étant
- dégagé des corps étrangers plus légers que lui.
- Le premier Ouvrier fait enfuite pafler cette febille à celui qui eft à côté de lui ; il la prend & la plonge de nouveau dans l’eau du fécond tonneau J?, qu’il a devant lui ; il la remue de même avec la truelle , Sc en ôte de nouveau les corps étrangers plus menus que les premiers, qui s’élèvent pareillement fur la furface de l’eau qui eft dans la febille, en les faifànt tomber dans fon tonneau. Il donne en fuite fà febille au troifieme, qui fait la même opération : il finit de laver les cendrées dans une eau nouvelle que contient le troifieme tonneau C, & de les purifier de toutes les matières étrangères. Il vuide fa febille, comme nous l’avons déjà dit, Sc il trouve au fond une cendre de plomb qui reflemble à du terreau ; il la donne à un quatrième Ouvrier, qui fait tomber cette cendrée dans le
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- Chapitre XIII. Du Rajinage. 145
- quatrième tonneau D, qui eft devant lui, & qui Payant point de fond, donne paflage à l’eau que foent ces cendrées ; cette eau coule dans un ruiffeau qui la conduit dans la rue.
- Le premier Ouvrier prend de nouvelles cendrées ; oc après les avoir lavées , il les parte-aux autres Laveurs; ce que Ton continue jufqu a ce que toutes les cendrées foient lavées.
- Comme ce lavage eft ablolument nécertfaire avant que de les révivifïer , on eft dans l’ufage d'employer un jour, ou plufieurs, lorfqu’un ne fuffit pas, à faire cette opération préliminaire.
- On vuide les tonneaux quand l’eau, eft trop laie ; 8c par cette railon le premier tonneau doit être vuidé plus louvent que les autres, parce que les matières qu'on y lave font plus chargées d’ordures. On ne fait aucun ufàge du charbon qui fe trouve au fond de ce premier tonneau ; on jette le tout dans une cour , où l’on en forme un tas pour l’enlever lorfqu’on en a une quantité, 8c le porte* aux lieux où cela eft convenable.
- Chaque fois qu’on vuide ces tonneaux, on a foin de les remplir d’une eaü nouvelle, afin de les avoir tout prêts à recommencer l’opération que nous venons de décrire.
- Les Plombiers doivent, comme nous l’avons dit, avoir grand foin de ne pas mélanger les écumes des foudures avec celles du plomb, pour ne pas perdre de l’étain en les mêlant avec du plomb, & ne pas aigrir le plomb qu’ils retirent de leurs cendrées, par l’alliage de l’étain. Le Plombier-rafineur doit pareillement , en fon particulier , avoir le foin de ne pas mélanger les cendrées de fou-dure , avec les cendrées qui proviennent du plomb.
- Lorfque les Ouvriers ont lavé toutes leurs cendrées de plomb * 8c qu’elles ont aflez foé, ils doivent les retirer du quatrième tonneau D, où elles ont été jettées pour rendre leur eau, & en former un tas dans un coin de l’attelier, où ils foient à portée de les prendre pour les verfor dans le creufet, & procéder à l’opération du rafinage que nous décrirons dans l’Article fuiyant.
- Ils prennent enfuite les cendrées qui proviennent des fontes des foudures , où il y a les deux tiers d’étain, & ils les lavent comme celles de plomb, ainfi que nous venons de le dire ; iis les font également pafler par trois eaux : ils les mettent égoutter dans le quatrième tonneau, 8c les en enlevent pour les trat yailler lorfqu’il en fera temps.
- $. XII. D 1une autre maniéré de laver les Cendrées*
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- Nous n’avons décrit qu’un lavage domeftique, 8c fait par le fecours de l'eau d’un puits ; on peut s’y prendre d’une autre maniéré lorfqu’on a une riviere à û portée. Ce lavage eft plus exaét, diminue la main-d’œuvre, de par conféquent retranche une partie des frais. Ifn’eft donc pas hors de propos d’en parier*
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- 144 VA RT DU P LO M B IE R, êc.
- Il n’efi befoin dans ce cas que d’un baquet, Fig. 4, Sc d’une fébille ou panier H; alors trois Ouvriers peuvent faire plus douvrage à eux feuls , que huit n’en fauroient faire en s’y prenant comme nous venons de le dire. L’un commence * par garnir un panier de cendrées , comme on le voit en G ; un autre Ouvrier le prend, le plonge dans la riviere , Sc en fait fortir toutes les matières étrangères avec là truelle ; il le vuide & le remplit plufieurs fois de l’eau de la riviere, qui emporte en L, dans fon courant, les parties qui fe trouvoient unies à la cendrée de plomb : cela fe fait fans qu’on ait befoin de courir d’un tonneau à un autre, parce que l’eau de la riviere qui fe renouvelle à chaque inftant, entraîne l’eau quifedalit. L’autre Ouvrier écarte les terres lavées fur un grand drap , qu’il étend au bord de la riviere, comme on le voit en 7, meme figure, pour les faire fécher ; quand elles le font fuffifamment, on les charge, ainlî qu’on l’a repréfenté en K, pour les tranfporter à i’attelier.
- On choifit pour ce travail des jours de foleil, parce qu’on a la facilité de faire fécher fes cendrées promptement : c’eft le plus court expédient quand on le peut; mais il n’eft pas toujours poffible d’en ufer : on eft fouvent forcé de recourir à l’eau de puits , fur-tout lorfque les eaux de la riviere font groflês ou troubles : de-là vient que nous avons donné deux maniérés différentes de laver les cendrées , afin qu’on fe ferve de l’une ou de l’autre, félon que les temps le permettront. Il nous relie à préfent à expliquer la maniéré de révivifier ces parties décompofées de plomb ainfi lavées. <
- Article Second.
- De la fonte des Cendrées.
- Lorsqu’une fois les cendrées font lavées, Sc qu’on les a fait fier, on les paffé au xreufet pour les révivifier par la fufion.
- §. I. Deficription du Creufet.
- Ce que les Plombiers-rafîneurs appellent leur Creufet, eft un fourneau A 4 Fig. 1 & 2 , PL XXIfi qu’ils font conftruire ordinairement, 8c autant qu’ils le peuvent, en briques de Bourgogne : ils les préfèrent à toutes les autres, parce quelles font naturellement fort dures ; elles ne font pas fi fujettes à fondre , & réfiftent davantage à l’aélivité du feu qu’ils font obligés de faire dans leur creufet pour mettre les chaux de plomb ou d’étain en fufion, Sc les revivifier.
- La forme de ce creufet eft quarrée, Sc a environ 4 pieds & demi de haut, & 3 pieds de large : il eft tout maflîf ; il n’y a dans le milieu qu’un petit canal y Fig. 2, qui eft courbé Sc fait en pointe : il eft large m A; il eft un peu profond en E, où il fait un petit coude, Sc étroit par le bas, comme on le voit en
- B.
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- Chapitre XIII. Du Rafinagè. 14J
- 'B, Sa plus grande ouverture A, eft placée fur la fiirface horizontale de la maçon* nerie : elle a environ 4 pouces de long , fur 6 pouces de large ; c’eft par cette ouverture qu’on charge le charbon 8c la cendrée du plomb qu’on veut rafiner J c’eft auflî par cet endroit que fortent la flamme & la fumée du charbon ; c’eft , à proprement parler, le foyer du creufet ; l’autre bout B , de ce canal, qui n’a que 4 pouces en quarré, eft l’endroit par lequel le plomb révivifié coule dans une chaudière, que l’on a toujours foin de mettre au pied du creufet pour le ^recevoir ; c’eft pour cet effet qu’on a donné à la partie B une pente de quelques pouces. L’ouverture eft à deux pieds de terre, comme on le voit danslaVignette en B , Fig. 1. Il y a en dedans de ce canal une plaque de fer D, Fig. 2 ù* 3 , qui étant coudée, revêt le devant du canal, 8c une entrée E au fond, pouf réfifter aux coups de pince qu’on donne pour brifer le mâche-fer 8c en faire fbrtir le métal ; la plaque qui eft en B, a au milieu une ouverture de 4 pouces, par où coule le plomb révivifié qui s’y rend par le canal D.
- Dans le milieu du côté droit de ce creufet, on fait pafïèr la tuyere d’un fouf* flet, Fig. 4, qui eft femblable à ceux des Maréchaux; ce tuyau ou cette tuyere doit répondre au coude que fait le creufet dans la conduite de décharge. On fait jouer le foufÜet par le moyen d’une brinbale F G, dont le point d’appui eft attaché au plancher de l’attelier en H.
- Au-deflûs du creufet, Fig. 1, eft une cheminée pour en recevoir la fumée ; fon manteau eft de plâtre, & enveloppe tout le creufet. On doit le faire félon l’emplacement qu’on a. Celui que j’ai vu eft établi à environ 3 pieds au-deflus du creufet : il a par le bas 4 pieds de large, 8c va en diminuant infenfibiement, de forte qu’il n’a qu’un pied 8c demi à l’endroit où il rend dans le tuyau qui conduit la fumée au-deflus du bâtiment», Ce manteau eft fbutenu & attaché au plancher de l’attelier avec des bandes de fer.
- La conftruclion de ce creufet eft ce qui coûte le plus dans le Rafinage, parce qu’il faut le reconftruire plufîeurs fois dans une année ; cela n’eft pas étonnant î le feu qu’on eft obligé d’y faire fond, au bout d’un certain temps, la brique , quelque dure qu’elle foit, fur-tout à l’endroit où eft le foufflet, parce que fon vent fait revenir la flamme avec vivacité fur la brique qui l’environne , 8c rien ne peut réfifter à fon aétion ; une fois que la brique eft fondue en plufîeurs endroits, il faut reconftruire le creufet, parce qu’autrement le plomb fe perdroit.
- Quelques-uns de ces creufets font faits de façon que la flamme fort par les deux bouts du canal, parce qu’ils font moins refferrés en dedans que celui dont nous venons de parler, 8c ils ont de l’avantage fur les autres ; mais la flamme & la fumée fe répandent dans-i’attelier , faute d’autre iflue ; 8c cette fumée caufe de fi violentes coliques aux Ouvriers, qu’on eft forcé de préférer ceux que nous venons de décrire , quoique moins bons à plufîeurs égards.
- Pour que les briques réfiftent plus long-temps fansfe fondre, on peut faire, à Plombier. O o
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- ï4<? L9ART DU PLOMB 1ER,
- chaque fois que Ion conftruit un nouveau fourneau , un petit enduit avec le mâche-fer qu'on en tire ; pour .cela on broie ce mâche-fer, Sc on en mêle une grande quantité avec le mortier qu'on y emploie : cela forme un ciment qui réfifte plus long-temps au feu que le mortier ordinaire.
- §. II. Du charbon qu on emploie pour Vallumer.
- On fe fert ordinairement du charbon d'Yonne ; c'eft celui de tous ceux quon apporte à Paris, qui brûle le mieux Sc qui fe confume le moins vite : il fonne comme du verre. Quelques-uns prétendent que le charbon qui provient des Châtaigniers d'Auvergne, lui feroit préférable; mais on ne peut guere s'en procurer dans ces pays-ci.
- §. III. De la façon de Vallumer*
- O n jette d’abord une pellée de braife dans le foyer ; elle tombe dans le coude que fait le creufet en dedans de la maçonnerie , c'eft-à-dire, entre E Sc D , à l'endroit où répond le tuyau du foufflet, afin que le vent la tienne bien allumée. on met enfuite fur cette braife une pellée de charbon , dont on fait une première couche : on met enfuite une couche de cendrée. On continue de former ces couches alternativement, jufqu'à ce qu'on ait rempli le foyer , ce que les Rafî-neurs appellent charger le creufet. Rendant cette opération , on fait toujours agir le foufflet pour allumer le charbon , qui fait bientôt fondre la cendrée : elle fe révivifie au moyen du phlogiftique que le charbon lui communique. Après que le fourneau ou creufet eft chargé des premières couches, Sc lorfqu'il eft bien allumé, il faudra mettre de la cendrée tout autour, comme en A, Fig. r , pour quelle achevé de fe fécher, afin quelle ne ralentiftè pas le feu lorfqu'on en fera couler dans le foyer , ce qu'on fait avec une petite pelle, à mefure que ce qui eft dans le creufet fe confomme. Il faut le remplacer ainfi par de nouvelles matières pour la continuation de l'opération.
- Le feu confumera une partie des corps étrangers qui environnoient la cendrée ; Sc en calcinera une autre partie qui étoit mêlée avec le charbon ainfi qu'avec la brique, qui, fondant tou jours un peu à chaque rafinage, forme des fcories qu'on appelle le mâchefer.
- Les flammes qui fortent de ce creufet font de toutes couleurs, mais ordinairement blanches : elles font agréables à l’œil ; l'Ouvrier qui les approche de plus près, doit prendre garde de ne pas refpirer la fumée qui fort de ce foyer, pour éviter les coliques qu'elle donne ordinairement, Sc qui font des plus dan-gereufes ; l'habitude n'y fait rien: elles n'épargnent pas plus ceux qui ont déjà plufieurs années de travail, que ceux qui entrent dans l'attelier pour la première fois. Pour fe prémunir contre ces coliques , les Ouvriers ufent d'eau-de-vie , Sc prétendent, peut-être mal à propos, qu'ils y font alors moins fojets.
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- Chaêïtrê XIII. Du Rafinagê. 147
- te plus sûr moyen qu’on ait pour s’en préferver , eft de faire la hotte de la cheminée large, & d’élever le creufet fous cette hotte, afin que la cheminée en pompe toute la fumée.
- Article Troisième.
- De la maniéré de recevoir le Plomb qui coule du creufei.
- I l faut avoir une chaudière Cfig. ï, de fonte, d’environ un pied de haut for tx pieds de large; la hauteur ne peut pas être augmentée, parce qu’il faut qu’il y ait quelque diftance du canal par où le plomb coule, à la chaudière. Mais il n’en eft pas de même de la largeur ; plus la chaudière fera grande, plus on aura de facilité à écumer le plomb qui doit y tomber. Il faudra qu’on place cette chau« diere au pied du creufet & fous l’endroit By d’où doit couler le plomb , comme on l’a repréfenté dans la Vignette , afin quelle reçoive le plomb à mefure qu’il fe révivifiera dans le creufet ; on doit avoir ce foin auffi-tôt qu’on allume le creufet : car le plomb ne tarde pas à s’ouvrir un palîàge, & bientôt on le voit filtrer & tomber dans la chaudière étant rouge comme un charbon ardent.
- On le laiffera couler tant qu’il voudra, làns toucher au creufet, afin de ne pas boucher le paffàge qu’il s’eft ouvert ; on ne touchera pas même au foyer : on n’y jettera plus rien ; mais quand on verra que le creufet ne rend plus de plomb , on fe difpofera à le vuider, afin d’en tirer le mâche-fer.
- §. I. Comment on tire le Mâche-fer du creufet*
- II faut néceflairement avoir des pinces pour le brifer ; cela eft difficile, parce que le charbon, la brique & les matières qui étoient mêlées avec le plomb, font un corps fi folide , qu’il faut beaucoup de force pour le rompre; cependant on ne peut s’en dilpenfer, pour que le creufet foit en état de recevoir de nouvelles cendres.
- Les pinces dont fe fervent les Rafineurs, font de plufieurs grandeurs ; les unes ont J pieds & demi, ce font les plus grandes, Fig. | ; les autres 4 pieds, Fig. 6 ; d’autres 3 pieds feulement , Fig. 7 : ce font des barres de fer rondes : d’un côté elles ont un bouton ; c’eft par où on les prend : de l’autre elles font taillantes. On emploie les unes ou les autres, félon l’endroit où le mâche-fer fe trouve le plus calciné. Un Ouvrier brife d’abord le mâche-fer qui eft au bord du creufet , avec une de ces pinces & la mafle , Fig. 8. Un autre Ouvrier tient l’écumoire, Fig. 9, fous le creufet : elle eft faite comme celles dont fe fervent les Plombiers pour écumer leur plomb, ce qui nous dilpenfe de répéter ce que nous en avons déjà dit ; il reçoit ainfi le mâche- fer qne le premier arrache du creufet : car il faut empêcher qu’il ne tombe dans la chaudière. On
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- 148 LA RT DU PLOMBIER, &c.
- continuera ainfi jufqu’à ce que le creufet foit entièrement dégorgé ; enfuite on brifera le mâche-fer qui eft dans le foyer du creufet, avec une petite pince plus groffe que les autres , Fig. i o, quon frappera également avec la maffe. Pour cet effet, on monte fur une chaife , afin d’en être plus à portée. Quand les feories font brifées , on les tire du creufet avec un fourgon pareil à celui des Plombiers , toujours par l’endroit qui fert à l’écoulement du plomb ; on reçoit ce nouveau mâche-fer dans l’écumoire : chaque fois on remuera cette écumoire comme on le fait d’une poêle à marrons qu’on tient fur le feu, afin que les petites parties de plomb qu’il peut y avoir, tombent dans la chaudière : elles y defeendront en petites étincelles de feu auffi abondantes que celles qui s’élèvent d’un brafier qu’on frappe avec la pincette.
- Après cette opération, on renverfera tout ce qui eft dans l’écumoire, à un endroit de l’attelier, pour enfuite le faire tranfporter hors de la ville. Si on voit que ces matières n’ont pas rendu tout le plomb qu’elles auroient pu rendre, au lieu de les jetter, on les remet dans le foyer du creufet; mais avant il faut les piler dans un mortier, Fig. I I, parce qu’autrement elles engorgeroient le creufet ; on doit même les mélanger avec de la cendrée, pour qu’elles ne foient pas fitôt recalcinées.
- On a éprouvé qu’il feroit pofîible de retirer de ces feories de l’argent & même de l’or ; mais ce ne feroit qu’une opération de curiofité, 8c qui ne payerait pas les frais quelle coûterait : ainfi je ne confeille pas aux Rafineurs de l’entreprendre.
- §, II. De la façon d'écumer le Plomb qui fort du Creufet.
- C o m m e il eft impoffible que dans les différents efforts que fait l’Ouvrier avec fà pince ou fon fourgon, pour brifer le mâche-fer dans le creufet, & l’en arracher, il ne tombe quelques corps étrangers dans la chaudière qui eft immédiatement deflous ; & que d’ailleurs le plomb, quoique révivifié, ne laifîe pas que de jetter encore toujours une écume, on eft obligé de l’enlever avant de le couler dans les lingotieres ; il faut donc prendre l’écumoire & la faire chauffer, pour qu’elle ne s’étame point : elle eft bientôt chaude, en la pofànt fur le foyer du creufet ; lorf-qu’elle fera brûlante, on la trempera dans le plomb fondu de la chaudière , & on s’en fervira pour enlever l’écume qu’on rejettera dans le creufet, afin de la revivifier de nouveau : c eft la même opération pour les cendrées d’étain ; ainfi on fe conformera à ce que l’on vient de,dire, pour révivifier les cendrées de
- Article
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- Chapitre XHL Du Rafinage. 149
- Article Quatrième.
- De la maniéré de couler le Plomb, ou Etain rajïné, dans les Lingotieres.
- CoMMEce n eft point ordinairement les Plombiers eux-mêmes qui rafinent leurs cendrées , ce font des Entrepreneurs qui s’occupent uniquement du Kafinage; ils font obligés de rendre le plomb en fàumons: ils le verfent pour cela dans des lingotieres, où il prend à peu-près la forme des faumons qu’on achette chez les Marchands ; alors les Plombiers peuvent les pefer, & lavoir ce que les Rafineurs leur rendent, lorfque toutefois ils ne leur vendent pas fours cendrées en gros, comme cela arrive quelquefois.
- §. I. De la forme de ces Lingotieres*
- Les Lingotieres, Fig. 12, dans lefquelles les Rafineurs coulent le plomb qu’ils ont révivifié, font de potin , & ont environ 2 pieds de long, for 4 ou y pouces de large : elles ont 2 pouces de profondeur. Toutes ne font pas précifé-ment de cette forme ; car il y en a de plus grandes, & d’autres plus petites.
- $.11. De la façon d’y couler.
- O N commence d’abord par les frotter en dedans avec de la graille ; enfuite on y verfe le plomb avec une cuiller d’environ 6 pouces de diamètre, for 2 pouces de profondeur > Fig. 9. Quand on a empli la Lingotiere, on attend que le plomb foit froid; enfoite on la renverfe pour en retirer le lingot de plomb* On recommencera la même manœuvre.
- On fait ,*en particulier, la même opération aux cendrées qui proviennent des foudures ; le travail eft le même.
- Lorfque les cendrées font bonnes, on en retire la moitié de plomb ; les Ouvriers font alors dix-huit à dix-neuf lingots par jour. Quand la cendrée n eft pas bonne, elle rend moins, ôc on fait moins de lingots.
- VLOMBlÊRé
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- L’A R T DU P LO MB 1ER> &e.
- lÿo
- CHAPITRE QUATORZIEME.
- Des Cercueils ; des Cœurs découpés SC fondus ; SC de plujieurs
- autres petits Ouvrages.
- L e s Plombiers ne laiflent pas que d’employer une grande quantité de plomb aux Cercueils, parce qu’ils font fort en ulàge parmi nous ; il n’efl: guere de Grands<, même de Riches, qu’on ne mette dans un Cercueil de plomb. Nous dirons dans ce Chapitre de quelle maniéré ils le travaillent.
- On peut y joindre les Cœurs, que les Plombiers font pour renfermer les cœurs humains, puifqu’ils ont rapport eux-mêmes à finhumation ; en outre nous y inférerons quantité d'autres petits Ouvrages qui fè font dans des moules, dont nous n’avons point .encore parlé. U efl: vrai que les Plombiers s’en fervent très-rarement ; cependant je crois qu’il convient d’en dire quelque chofe.
- Nous diviferons donc ce Chapitre en fix Articles. Dans le premier, nous traiterons de la conftruéHon des Cercueils ; dans le fécond, des Cœurs fbudés, fervant à renfermer les cœurs humains ; dans le troifieme , des Êcritoires ; dans le quatrième, des Gardes-papiers ; dans le cinquième, des Plombs à niveau;
- dans le fixieme, des Cœurs fondus,»
- ©
- Article Premier,
- De la conjlruclion des Cercueils.
- C è s fortes d*ouvrages fe découpent * & on ne les fond pas dans des moules. On commence i°. par défigner les plaques de plomb qui doivent y entrer; 2°. on les foude ; 30. on y pôle les Épitaphes que les parents des morts exigent qu’on y mette, pour avoir occafion de faire connoître leur rang, leur qualité & leur nailîànce. Commençons par dire quelque chofe fur l’antiquité des Cercueils,
- §. I. De C antiquité des Cercueils*
- L’usage des Cercueils eft très-ancien ; on ne fauroit dater Vépoque du temps où on a commencé d’en faire. On a trouvé, il y a plufieurs années, en Auver-* gne, aux environs d’une petite ville nommée le Pont^du-Château, une mumie, que depuis on a expofée dans le Cabinet d’Hiftoire-Naturelle du Jardin du Roi de Paris : elle étoit enfermée dans un Cercueil de plomb. Le fentiment général a été de croire qu’elle pafîbit, en ancienneté , les mumies d’Egypte. Le Cer-
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- Chapitre XIV* Des Cercueils, êèi ijf£
- cueil dans lequel on Ta trouvée, que nous avons repréfenté Fig. i, PI* XXIII, eft une boîte ordinaire , qui eft moins travaillée que les Cercueils d’aujourd hui , comme on peut le voir par la repréfontation : elle efl: prefque brute ; c’eft en quoi nos Arts fo font perfeétionnés. Mais fi l’Art que je traite a gagné quelque. chofe , on prétend que celui des Embaumements a beaucoup perdu , 8c quon ne fait plus aujourd’hui les faire conime les Egyptiens les faifoient ; on ne connoît pas même le baume dont ils fe fer voient*
- L’état dans lequel étoit la mu mie d’Auvergne, a du beaucoup furprendre ; cat on a trouvé fa chair fi vive & fi naturelle, les langes qui l’enveloppoient fi frais * qu’on auroit dit qu’elle ne venoit que d’être embaumée ; cependant on n’a pu découvrir aucune incifion, au lieu que les mumîes d’Egypte en ont une large fur la poitrine. C’eft ce qui a donné lieu à plufieurs de croire que celle d’Auvergne étoit plus ancienne.
- Comme ces Embaumements me jetteroient hors de mon fujet, fi je voutois les décrire $ je me contenterai de renvoyer le Leéteur aux Ouvrages de M. le Comte de Caylus, qui le fàtisferont fur tout ce que les anciennetés qu’il a traitées, pourront avoir d’intéreflànt à ce fujet.
- Tout nous détermine donc à croire que l’invention des Cercueils a foivi de près la découverte des mines, & que par confisquent elle fe perd dans l’anti-* quité, & nous dérobe fon époque certaine.
- Quoi qu’il en foit, ils étoient devenus fi communs en France, qu’il y fut mis une impofition en i6pj, de 6 liv. par Cercueil, qui fut augmentée dans la fuite.
- §. IL De £ utilité dés Cercueils i
- Ils font très-propres à conferver les corps, parce qu’ils les tiennent * par eux-mêmes , dans une fraîcheur qui les garantit, jufqu’à un certain point, de la putréfaélion ; d’ailleurs , fermés hermétiquement, ils empêchent l’air d’y entrer & retiennent les parfums 8c le baume dont on eft dans l’ulage de couvrir les corps de ceux qu’on met dans ces Cercueils. Leur grandeur ordinaire eft de 6 pieds ; on en fait de moins grands lorfque c’eft pour des enfants.
- §. lit. De là maniéré de faire les Cercueils i
- I l faut d’abord mettre for une table le rouleau de plomb fur lequel on veut le prendre, & l’étendre comme on le voit Fig. 2. On commence par le deflous du Cercueil : on tire la ligne A B ; on prend 6 pieds fur cette ligne poùr la lonj gueur du Cercueil : on ouvre le compas de 4 pouces , & on trace le cercle C, pour faire la tête du Cercueil, dont la circonférence doit paifer fur le point qui termine les 6 pieds ; enfuite on tire la ligne d’équerre D E, qui paflè par le centre M : on tire la ligne F G for la circonférence du cercle C, c eft-à-dire, à
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- xg.2 LA RT DU PLOMBIER, &c.
- 4 pouces de foa centre , pour former le col du Cercueil ; on prendra 9 pouces 9 à compter du cercle C* & on tracera la ligne H 1\ on prendra en outre 6 pouces fur cette ligne* à chaque côté de la ligne A B. On tirera deux lignes du centre du cercle C, qui aboutiront à ces deux points * & formeront le triangle KML; c’efl pour marquer la grofîeur que le col du Cercueil doit avoir. On ouvrira le compas de 4 pouces ; on en pofera une pointe à fextrémité de l’interfeétion des lignes MK, M L9 qu'on voit en HI; & des points K 8c L, qui ferviront de centres 9 on décrira les cercles n9 o 9 qui dans les parties qui ne font pas ponétuées, formeront les épaules du Cercueil. On prendra 2 pouces , à partir de la circonférence du cercle Cy 8c on tracera les cercles p , q* pour former la longueur du col. On tirera enfuite deux lignes du point central du cercle C9 au centre des cercles p9q; 8c des cercles p, q9 au centre des cercles n , o9 pour marquer exactement de chaque côté l’endroit de la coupe du col du Cercueil. On fait enfuite ion pied ; pour cet effet on prend 4 pouces à l’autre bout de la ligne A B 5 & l’on trace le cercle R : on tire la ligne ST, qu’on fait paiïèr par fon centre. On finit par tracer les lignes u x 9y pour former la longueur du Cercueil * qui fe perdent dans la circonférence des trois cercles n, 0, R : les deux lignes centrales HlyST> marqueront l’endroit de la coupe des épaules 8c du pied du Cercueil.
- §. IV. De la 'manière de couper le dejjus du Cercueil
- Lorsqu’une fois il efl; fini de tracer tout entier, on pafîè le tire-ligne fur les endroits où il doit être coupé ; on finit l’opération avec le couteau & la batte-ronde. Ce deffous de Cercueil, féparé de la plaque de plomb fur laquelle on l’a pris 9 aura la forme de la figure 3. Quand une fois la première opération efl faite , il n’eff pas befoin de recommencer de nouveau pour faire le deflus du Cercueil , on le deffine & on le coupe fur la forme du deffous, pour lui donner la forme de la figure 4.
- §, V. De la maniéré de couper les côtés, ou 9 en terme de ! Art ? le pourtour de chaque Cercueil.
- L a largeur des pourtours des Cercueils de 6 pieds, a ordinairement 8 pouces de haut du côté de la tête, & 6 pouces du côté des pieds ; il faut donc prendre d’abord cette largeur fur la table de plomb d’où l’on veut tirer le pourtour : on tracera enfuite une ligne d’un bout de la table à l’autre, à la réglé avec de la craie, pour prendre la largeur qu’il doit avoir : il faut au moins 14 pieds ? parce qu’il en entre beaucoup dans les différents contours que fait le deffous du Cercueil ; on en prendra plutôt plus que moins* attendu qu’il vaut mieux en avoir de refte que d’en manquer. Lorfqu on aura tracé le pourtour comme on vient de le dire, on le coupera avec le couteau & la maffe,
- §. VI.
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- Chapitre XIV. Des Cercueils, êe. 153
- §. VI. De la rtêcejjité de forger le dejfous, /<? dejfos & le pourtour•
- Æs Cercueils.
- L e plomb quon emploie aux Cercueils, ainfi qu’aux Réfervoirs ou aux CouJ vertures des toits, doit être extrêmement comprimé pour être plus folide. Lorf que la table de plomb, fur laquelle on aura coupé les morceaux de plomb dont on a befoin, n’aura point été laminée , mais Amplement coulée en table, on fera dans la néceffité de forger le plomb : 8c voici de quelle manière on doit s’y prendre. *
- §. VIL De la maniéré de forger le Plomb non laminé.
- IL faut avoir une pierre de liais d’environ 6 pieds de long, fur 4 de large , que Ton tient dans un endroit de l’attelier commode à cette opération : elle doit être maçonnée dans le pavé de l’attelier ; on y étend le morceau de plomb que l’on veut forger : il faut appliquer le côté le plus propre de chaque morceau de plomb , du côté de la pierre de liais. Un Ouvrier prend enfuite à la main une malle ou batte plate, Fig. y, avec laquelle il le frappe, comme on le voit dans la Vignette, Fig. 6. Il commence par battre à froid ou forger le deflous du Cercueil , enfuite fon pourtour, 8c puis fon defTus. Ce plomb ainfi frappé le durcît 8c eft plus propre à ces fortes d’ouvrages ; cependant le plomb ne s’écrouit pas comme la plupart des autres métaux. On en fera autant aux tables qui feront employées aux Réfervoirs ou aux toits des Eglifes. Si on fe fèrt du plomb laminé, il ne fera pas néceiTaire de le forger.
- §. VIII. De la façon de fonder le tout enfemble.
- L a première chofe qu’on puiflfe fouder dans un Cercueil, c’efl; le pourtour qui doit être attaché à fon fond, pour commencer à former la caille. Il faut d’abord, comme pour toutes les foudures, falir tout le délions du Cercueil, puis en gratter les bords environ dans la largeur d’un pouce tout autour ; on en fait autant aux côtés du pourtour qui,doit lui être joint ; enfuite on le roule tout entier, pour qu’il foit moins embarraflànt. On fonde enfuite le tout enfemble J pour cet effet on applique le pourtour du Cercueil à fon deflous, du côté de l’endroit deftiné à en faire le pied, comme on le voit Fig. 7 : c’efl: toujours là qu’on doit commencer de le fouder : le pourtour fe tient d’un côté par lui-même, & l’on appuie de l’autre avec la main, en le déroulant environ de 2 pieds , comme on le voit dans la même figure : on y verfe beaucoup de foudure. Rien ne demande tant de foin que le loudage des Cercueils, pour empêcher que l’odeur même du cadavre ne tranfpire > ce qufil n’ell pas agréable de réparer. Aucun P LO MSI ER. O 0
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- IJ4 L'ART DU P LO MB IE R , &c.
- ouvrage n’eft aufli plus folidement foudé que les Cercueils : on y laiflè 3 pouces environ de fbudure à chaque Vndroit du pourtour. On ne fe fert pas du fera fouder ordinaire ; on en emploie un qui eft fait comme une poire : il a environ un pied de long ; il eft d'une feule piece : c’eft le même que celui des Réfervoirs. On le fait chauffer comme l'autre, & on le frotte également de poix-réfine avant que de l’y pofer, afin qu'il ne s’étame pas : comme fà tête eft extrêmement large , il refte beaucoup de foudure dans les angles du Cercueil. .
- On ne foude pas le pourtour du Cercueil d'un feul coup, on le foude au contraire à plufieurs reprifès : on laiflè prendre la fbudure ; alors on a bien plus de facilité à faire prendre au pourtour la forme du deflous du Cercueil : on con^ tinue ainfi en déroulant le pourtour à mefùre qu’on le foude, jufqu'à ce qu’on en ait fait le tour, & qu’on foit arrivé à l’autre extrémité du pourtour déjà foudé. là on joint ces deux extrémités enfemble , en coupant le plomb qu’il peut y avoir de trop : il aura alors la forme que les figures 8 & 9 repréfentent ; on fbu-dera cet endroit avec le fer ordinaire. On enleve enfuite la fbudure inutile Sc qui a coulé fur la terre grafle dont on a fàli le deflous du Cercueil ; la boîte du Cercueil fe trouve faite par ce moyen.
- §. IX. De la façon de fonder le dejjus du Cercueil.
- Comm e on ne peut fouder le deflus des Cercueils que lorfqu’on y a mis les corps auxquels ils font deftinés, on ne fait Amplement que les difpofèr à être foudés fitôt qu’il le faudra ; on rebrouffe en dehors le pourtour A du Cercueil, pour réduire la hauteur du pourtour à environ 8 pouces, ainfi qu’on le voit Fig. 8. Lorfqu’on y a mis le corps, on pofe le deflus du Cercueil, Fig. 4, deflus le pourtour, & on en replie les extrémités qui ont été rebrouflees, fur le deflus du Cercueil, en telle façon qu’il l’encadre ; on fàlit & on gratte l'un & l'autre , & on foude ainfi le tout enfemble : il forme alors une caiflè plate , ainfi qu’on le voit Fig. 10 & 11.
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- §. X. De la maniéré d’y attacher des Epitaphes.
- On fe fert de plaque de cuivre pour faire ces Épitaphes, fur laquelle on fait graver les noms, les qualités, furnoms, &c. qui conviennent à celui à qui le Cercueil fur lequel on doit l’attacher eft deftiné. La famille du mort a coutume de l’envoyer chez les Plombiers pour les en inftruire, afin qu'ils la faflent faire , ou de l’avoir toute prête lorfqu’il en eft befoin.
- On commence par étamer cette plaque de cuivre ; pour cela on la lime, & enfuite on y verfe de la foudure : on gratte le deflus du Cercueil aux quatre coins de cette plaque, & on fait quatre petits cachets de fbudure, comme on le voit mêmes Figures.
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- Chapitre XIV. Des Cercueils, &c.
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- §. XI. De la maniéré de réparer les Cercueils dans les Caveaux.
- Cette opération n’eft pas des plus agréables ; mais la profeflion l’exige: on ne peut fe dilpenfèr de fermer les endroits où il y a des ouvertures ; il faut examiner où ils font : fi c’eft par les côtés, on le retourne de façon à pouvoir y remédier commodément. Il faut gratter l’endroit de la fraéture, enfuite allumer du feu, apprêter de la foudure dans une petite marmite que les Plombiers portent toujours avec eux, 8c que nous avons décrite au Chapitre de la réparation des Tuyaux : on en verfe la quantité qu’il en faut pour réparer le défaut du Cercueil. S’il y avoit une ouverture un peu grande, il faudroit enlever la piece 8c en mettre une autre , qu’il ^faudra gratter & fouder, ainfi qu’on l’a déjà dit.
- Comme les Cercueils ne fe font pas aufli promptement qu’on le défireroit, 8c que quelquefois il feroit à propos de les avoir for l’heure même, ainfi que les tranfports précipités, & quantité d’autres cas l’exigent, les Plombiers en ont fou vent de tout faits, qui font prêts à livrer quand l’occafion fe préfente. Ils les font à peu-près foivant la mefore ordinaire des corps, 8c ils n’attendent pas on les commande. Quelquefois aufli ils fe trouvent trop petits , & on eS obligé de couper la tête des corps qu’on y met, quand on n’a pas le temps d’en faire de nouveaux. Nous avons un trait dans l’Hiftoire qui nous en fournira un exemple. On fut obligé de le faire à Madame la Ducheflè de M * *, ainfi qu’on le voit dans la vie du fameux Abbé de Rancé, qui donnoit alors dans la vanité du fiecle & l’erreur des femmes. C’eft ce qui a donné occafion à un Poëte contemporain de lui faire tenir le langage qui fuit, dans une Lettre que l’Abbé de Rancé écrit à fon Ami, for là tragique hiftoire.
- Mon Ami, c’en eft fait ; tout eft changé pour moi.. ;. ;
- Ecoutes : tu connus cette jeune Beauté Qu’embelliffoit l’efprit, les grâces, la gaieté ;,..
- D’une illuftre famille ôt l’orgueil & l’efpoir,
- Eh bien I mon cœur charmé, brûloit de la revoir. •. ;
- J’arrive: il étoit nuit. Tout palpitant de joie,
- Je retrouve dans l’ombre une fecrette voie.
- J’entre ; tout fe taifoit : je la cherche de l’œil,
- Soudain, près de fon lit, j’apperçois un cercueil !, •..
- Je m’arrête, j’y cours ; & d’un regard avide ,
- Dieu ! je vois un corps pâle, inanimé, livide.
- Ce corps étoit fans tête ; & mon œil égaré Ne trouve, en la cherchant, qu’un tronc défiguré.
- Tout-à-coup, fur un marbre, une toile étendue,
- Nouvel objet d’horreur, fe préfente à ma vue.
- Je quitte le cercueil, j’approche épouvanté;
- Je fouleve, en tremblant, ce voile enfanglanté ;
- C’étoit fa tête ;. ï
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- r$6 VA RT DU PLOMB TER, &c.
- C’efl: ce qui, en effet, arriva au fameux Abbé de Rance ; mais ce défefpé-rant 8c trille fpeétacle lui eft devenu une fource éternelle de joie, parce quil a fait d’un efolave que les pafïïons tyrannifoient fous un joug impérieux, l’homme le plus libre, le Religieux le plus auftere, qui n a plus connu que les douceurs de l’amour divin, du filence & de la retraite. Une telle générofité méritoit bien le fàcrifice d’une femme, fans doute criminelle. Il faut croire que fi tant de viétimes infenfées tombent, leurs fers aux pieds, dans la profondeur des aby mes, c’eft qu’ils n’en font point capables.
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- - Article Second. .
- Des Cœurs contournés fous la batte«
- Pour faire de ces fortes de Cœurs, il faut d’abord les tracer. On a une table Aç de plomb, Fig. i, PL XXIV, fur laquelle on fait les différentes opérations qu’on voit fur cette plaque de plomb, afin d’avoir un Cœur dans les plus juftes proportions ; c’eft-à-dire , on tire d’abord la ligne B9 pour marquer le milieu du Cœur ; enfuite la ligne C, fur laquelle on tire deux cercles D9 E, qu’on partage par les deux lignes F, G ; on en trace un troifieme H9 du point où fe joignent ces deux premiers cercles, qui les embraffent, pour faire les côtés du Cœur. On en fait enfiiite la pointe en traçant les deux lignes /, K. On la féparera enfuite de la table for laquelle on l’a tracée, comme on le voit Fig. 2. On coupera une fécondé plaque de plomb for le modèle de cette première : il n’y aura plus qu’à les arrondir en Cœur.
- §. I. De la façon dont il faut s9y prendre.
- Pour pouvoir aifément contourner les plaques de plomb qui doivent former le Cœur qu’on veut faire, il faut les prendre l’une après l’autre 8c les aboutir ^ en les frappant dans le milieu avec i’inftrument qui fert à cet ufage, comme on aboutit une partie de globe ; mais on fait de plus une petite féparation en rentrant le milieu du Cœur, comme on le voit Fig. 3. On les rend de la forte un peu convexes d’un côté & concaves de l’autre ; on prefle enfuite les bords contre une table, pour les égalifer, comme on le voit Fig. 4, 8c pour les faire un peu rentrer en dedans.
- §. II. De la façon dont on s y prend pour les joindre enfemlle•
- Quand une fois les deux plaques de plomb qui doivent fervir à faire un Cœur, font bien abouties 8c fe rapportent parfaitement enfèmble, alors on les attache Amplement par un ou deux petits nœuds de foudure ; car on ne doit les
- fouder
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- Chapitre XIV. Des Cercueils, Ù*vi IJ7
- fbuder entièrement que lorfque le cœur humain, pour lequel il eft fait, ou vendu, y eft renfermé.
- §. III, De la façon de les fonder.
- Lorsque ces cas arrivent, on Commence par faire partir les petits liens de foudure qu’on y a faits, ou avec le cifeau , ou bien en les faifànt fondre.
- Après quon fa fàli & gratté à l’ordinaire, on y renferme le cœur auquel il eft deftiné, qui eft prefque toujours embaumé ; on l’attache d’abord avec de nouveaux nœuds de foudure, pour avoir plus de facilité de le fouder , & on Continue le reftè ainfi qu’on a coutume de le faire.
- Quelquefois on veut qu’ils {oient blanchis, afin qu’ils fbient plus propres. Il faut d’abord, quand ces cas fe rencontrent, blanchir tout entier le morceau de table d’où on veut les tirer: car il feroit impoffible de le faire quand ils renferment le cœur humain; du refte il faut fuivre les réglés de la coupe, que nous avons données à ce fujet.
- §. IV. De la maniéré d*y attacher des Epitaphes.
- Il eft naturel quon faffe mettre fur cette efpece d’urne, les qualités de celui dont le cœur y eft renfermé ; il eft du moins très-rare que cela ne fe faffe pas.
- Comme on ne peut pas graver fur le plomb, qui eft un corps trop mou pour foutenir long-temps l’impreffion des caraéleres , on y attache, ainfi qu’aux Cercueils , une petite plaque de cuivre AFig. 5 , où on les grave plus aifément*1
- La maniéré de les attacher eft la même que celle dont nous avons parlé plus haut, c’eft-à-dire , qu’on lime aux quatre bouts le cuivre qu’on y applique pour l’étamer , afin que la foudure y prenne, dont on fait enfuite quatre féaux aux quatre coins de cette même plaque de cuivre. On envoie le tout, ainfi apprêté, aux endroits pour lefquels il a été deftiné.
- Article Troisième.
- Des Ecritoires,
- L e moule A, qui eft repréfenté Fig. 6, dans lequel on coule les Ecritoires, eft rond Sc ouvert par le haut : il eft compofé de deux pièces B, C, Fig. 6 & 7, qui roulent fur leur charnière D ; ainfi on a la facilité de l’ouvrir Sc de le fermer comme on veut, par le moyen d’une double charnière EF, dont l’une eft en_ haut du moule, & l’autre en-bas, Sc qu’on arrête par deux clous GyH\ le dedans gy eft vuidé en forme d’Ecritoire , Fig. 6: il y entre un noyau K, qui eft ce qui forme la boîte de l’Ecritoire.
- Plombier. flr
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- ïj 8 VA RT DU P LO M B IEB., &c.
- Le tout eft de fonte de fer, & a une grandeur raifonnable. C’eft dans les moules de cette elpece où l’on jette ces Ecritoires de plomb dont on fe fert communément dans les Bureaux & chez les Maîtres à écrire. Voici comme on les fait.
- §. I. De la façon dont on jette les Ecritoires en moule.
- O n commence par ouvrir le moule ; on le graifle en dedans avec du fuif : on le referme enfuite en replaçant dans les charnons E9 F> les deux broches G, H, & les enfonçant avec le marteau pour qu’ils tiennent le moule exaélement fermé ; alors on prend une cuillerée de plomb , & on la verfe dans l’ouverture K du moule , qui eft faite pour le recevoir. U faut remarquer que l’Ecritoire eft renverfée dans le moule ; la boîte qui doit contenir l’encre eft en deflous : le pied qui doit la foutenir eft en defliis. Quand le moule eft plein, on donne quelques petits coups de marteau au centre du moule, pour faire couler le plomb dans toutes fes parties, 3c égalifer là foperficie, On attend quelque temps pour que le plomb puifle prendre.
- §. II. Comment on doit retirer VEcritoire du mou le.
- On fait partir avec le marceau les deux broches Q y U y & Ton rejette les deux parties du moule fur leurs charnières ; alors on en retire l’Ecritoire L , que l’on voit Fig. 8. On la gratte avec le couteau tout autour de fon pied, pour en ôter les bavures qui fe forment du trop plein, ou du Surplus de la matière qu’on eft obligé de mettre pour charger le plomb qui eft dans le moule. On recommence la même opération autant de fois qu’on en a befoin.
- §. III. De la commodité de ces fortes d’Ecritoires.
- S i ces Ecritoires ne font pas bien brillantes * elles font très-commodes, 8c on les adopte communément dans les Cabinets ; comme elles font fort pelantes , elles font moins fofceptibles que les autres à verfer l’encre for les papiers.
- Elles ont un fécond avantage, c’eft qu’elles tiennent l’encre fraîche, & l’empêchent de fécher, même dans les grandes chaleurs.
- Article Q’uatrieme.
- Des Gardes-papiers,
- Les Plombiers fondent quelquefois ce qu’on appelle des Gardes-papiers en plomb : on les nomme ainfi, parce qu’en effet on les applique for les papiers de Cabinet, & ils empêchent que le vent ne les faife voler de côté & d’autre.1
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- Chapitre XIV. Des Cercueils i Autrefois ces fortes de meubles en plomb étoient très-communs ; mais depuis que les Gardes-papiers de marbre ont été mis en mode, les premiers font devenus plus rares j cependant on en fait encore aujourd’hui. On ne trouvera pas hors de propos que je dife de quelle maniéré on les fait.
- §. I. Du moule des Gardes-papiers.
- O N a un moule A, Fig. 9 , qui eft de la même matière, & fait de la même façon que celui des Ecritoires dont nous venons de parler. Il eft également ouvert par le haut ; on f ouvre de même , en jettant les deux parties B9C 9 Fig. 9 & iô, dont il eft compofé, fur fes charnières D, & on le ferme de même par le moyen de deux clous E 9 F9 & de deux chappes G 9 H, dont l’une eft en haut, & l’autre au bas du moule : la différence qu’il y a, c’eft qu’au lieu d’être vuidé en forme d’Ecritoire 9 il eft creufé en j, c’eft-à-dire en dedans, en forme de petite trompette renverfée, Fig. 9.
- §. II. De la maniéré d?y verfer le plomb,
- O N apprête d’abord ce moule comme le premier, c eft-à-dire, qu’on l’ouvre pour le graiffer, afin que le plomb coule plus aifément: on le referme enfuite comme nous l’avons dit de 1 autre.
- On verfe enfuite le plomb par l’ouverture K ; le plomb étant un peu refroidi, on ouvre le moule, & on en retire le Garde-papier L, qu’on voit Fig. 10.
- Son pied, ainfi que celui des Ecritoires, fe trouve environné de bavures qu’il faut ôter avec le couteau, qui proviennent de la même caufe que celles des Ecritoires, c’eft-à-dire, de la néceffité où l’on eft de charger un peu la quantité de plomb qu’il faut pour chaque fonte, afin qu’il fafle poids & fe répande plus aifément dans toutes les parties du moule : il faut le faire le plus proprement qu’on peut, afin de ne point défigurer les moulures quifo trouvent à ces endroits.
- Article Cinquième.
- Des Plombs propres a faire des Niveaux.
- I l y a en outre plufieurs fortes de petits ouvrages qui fortent de chez les Plombiers, qu’on nomme des Plombs a niveaux ; les uns font ronds comme une petite boule, ainfi qu’on le voit Fig. 11 ; les autres font quarrés, comme le repréfente la Fig. 12. Les uns & les autres for vent à la même chofo, c’èft-à-dire, à tendre , par leur petit poids, une corde A , Fig. 11 & 12 , à laquelle on les fufpend, & qui eft elle-même attachée au haut d’une équerre, que tra-verfe une bande de bois marquée d’une ligne droite qui la partage ; la tenfion de
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- lSo L’ART DÜ P L0MB1 ER, Se.
- la corde A, mobile, en s’éloignant plus ou moins de la ligne D qui eft tracée fut la bande qui traverfe l’équerre , fait connoitre combien la partie de gouttière, «de toit, de plancher, gcc. qui répond à un pied de ce Niveau, eft plus haute ou plus baffe que la partie qui répond à l’autre jambe : on fait par ce moyen 1 endroit qu’il faut élever ou rabaiffer pour que le tout foit de niveau quand il le faut. De-là vient qu’on appelle ces outils mêmes, des Niveaux.
- §. I. Du moule des Plombs à Niveau.
- Les moules où l’on fait fondre les Plombs à Niveau, font ronds, Fig. 13 ; mais le dedans en eft différent, par la même raifon que les Plombs qu’on y coule, & dont nous venons de parler, ne fe reffemblent pas ; lés uns font vuidés en quarté, Fig. 14. les autres en rond. Dans le milieu de chaque moule il y a un petit boulon ou noyau B, qui le traverfe ; c’eft ce noyau qui forme le petit trou des Plombs des Niveaux où l’on fait paffer la corde A : ils ont un jet C, Fig. 13 & 14 , par lequel on y verfe le plomb. Après les avoir fermés comme les moules à Ecritoires & à Gardes-papiers, il faut, en outre, placer dans chaque moula le noyau B.
- §. II. De la maniéré de retirer les Plombs à Niveau de leurs moules'.
- Après qu’on aura jetté le plomb qu’il faut dans chaque moule, & qu’on l’aura laiffé refroidir, on prendra de petites tenailles, & l’on arrachera le noyau B, de chaque moule, que l’on tiendra avec la main, pour qu’il rélifte à ce petit effort. Cela fait, on fera partir les petits clous qui ferment & tiennent les chappes des deux moules, qu’on ouvrira avec le marteau pour ne pas fe brûler. On en fortira les petits Plombs qu’on y a fondus, dans la forme qu’on le voit Fig. 11 & ia ; il n’y aura plus qu’à les attacher quand on voudra s’en fervir.
- Comme les Plombiers ont beaucoup d’autres ouvrages plus confidérables à faire, ils ne tiennent de ceux-ci que très-rarement & lorfqu’on leur en commande ; la plupart même n’ont pas de moules : ils tiennent plus fouvent des Cœurs fondus, dont nous allons parler. Il n’eft aucun temps où ils n’en ayene toujours quelques-uns de faits.
- Article
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- Chapitre XIV. Des Cercueils, &c.. t6i
- Article Sixième*
- Cœurs fondus.
- Nous avons déjà parlé des Cœurs contournés fous la batte ; mais il y a d'autre Cœurs quon fait qui font fondus.
- On en diftingue encore de deux fortes parmi eux ; les uns font à anneau , comme on le voit Fig. i y ; les autres, au contraire , n ont point d anneau , mais ils ont en place deux trous qui les traverfent d'un bout à l'autre , Sc qui tiennent lieu de l'anneau des premiers, Fig. 16 & 17.
- Les uns & les autres fervent de contre-poids à différentes chofcs. On ft fort des petits Cœurs pour fofpendre des cages d'oifoaux dans les maifons, Sc avoir la facilité de les monter Sc de les defcendre fans peine Sc fans aucun rifque.
- Les Cœurs d'un plus gros volume font deftinés aux luftres & aux lampes d'Egli-fos. Ils font également très-propres pour ces endroits ; on peut avec ces Cœurs, monter Sc defcendre les lampes Sc les luftres auffi doucement qu'on veut, quel que foit leur poids, fins qu'on rifque de les lailfcr tomber ou d'en renverfcr l'huile;
- Les féconds Cœurs font plus en ufàge que les premiers ; ils font auffi plus commodes : on ne fe fort de ceux-là qu'au défaut des autres.
- i. U es Cœurs à anneaux.
- O N a un moule A, Fig. 18 & 19, qui eft de fonte de fer; il eft en deux parties, qui fe joignent & s'attachent par le moyen de quatre chappes B, &, quatre clous C : le dedans D eft vuidé en forme de cœur ; on y jette le plomb par le moyen d'un jet E, qui eft à un bout du moule.
- §. II. De la maniéré de fondre les Cœurs a anneau.
- O h graiffe d’abord le moule dans lequel on veut les jetter, comme à l'ordinaire , & on le ferme avec fos chappes Sc clous ou crochets ; on y verfc le plomb autant qu'il en peut contenir. On frappe le moule par quelques coups de marteau, pour que le plomb defcende mieux. Après quelques inftants, on fait partir les quatre petits clous qui tiennent les chappes du moule, dont les deux parties fc féparent auffi-tôt Sc tombent fur la table : on trouve alors le Cœur fondu, qui a la forme qu'on voit Fig. iy.
- §. III. Des Cœurs percés.
- Le moule Ay Fig. 20 & 21, des Cœurs percés, eft différent de l'autre , en ce qu'il y a deux petits boulons ou noyaux B, C, qui le traverfent, comme on le voit dans la coupe du moule, Fig. 21 ; du refte il eft fcmblable à celui des Plombier. S s
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- L'ART DU PLOMBIER; &c;
- Coeurs à anneau : il forme également deux parties qui fe joignent enfemble* & s’attachent par quatre chappes D, à clous ou crochets. Il eft également vuidé en forme de cœur en dedans E : on y verfe le plomb par un jet F, comme à lautre.
- §. IV. De la maniéré de fondre les Cœurs percés*.
- Après que le moule où on coule les CoèurS percés eft graifle & fermé, ors y fait entrer les deux petits boulons B , C; de même après que le plomb a été jette dans ces fortes de moules, avant que de les ouvrir, on retire avec des tenailles les deux petits noyaux B9C9 dont nous venons de parler ; ôn fait partir enfuite les crochets des chappes ; le moule fe fépare en deux comme le premier * Sc Ton trouve un Cœur dans la forme de celui que repréfentent les Figures i# 3c 17 : on le retire du moule pour en couler de nouveaux.
- Je crois avoir rempli le defleîn que je me fuis propofé, de parcourir toutes les opérations de TArt du Plombier dans tout leur entier 7 afin de les rendre palpables* Je pafle à l'explication des Planches*
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- Explication des Flanches.
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- EXPLICATION DES PLANCHES.
- PLANCHE PREMIERE.
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- ^ y j a Figure première repréfente plufieurs Saumons de plomb entaffés l’un fur lautre, dont chacun a un pied 8c demi de long, fur 8 pouces de large, 8c pelé environ 140 livres. Ils font gravés dans la forme quils ont, lorfque les Plorn-; biers les reçoivent des mines pour les mettre en œuvre : on leur voit différents chiffres dont les Mineurs les marquent, pour défigner les mines dont ils Portent^
- La Figure 2 repréfente la Chaudière dans laquelle les Plombiers mettent leur plomb ou leur foudure en fufion. A, en eft l’ouverture ; 2?, eft le fourneaü qui la porte, 8c dans la maçonnerie duquel elle eft noyée. F, eft la bouche du foyer, qu’on a fait au niveau du plancher, pour y placer le bois plus aifément» G , font des tuyaux de fer qui prennent du fourneau, 8c qui vont aboutir dans un tuyau de cheminée. C, eft le manteau de cette cheminée, qui eft établi 4 pieds au-delfus du fourneau pour en recevoir la fumée, 8c l’empêcher de fo répandre dans 1 attelier.
- La Figure 3 repréfente un Barreau de fer qui a 4 ou y pieds de longueur 9 qui eft crochu par le bout, 8c que les Plombiers appellent Fourgon. Ils s’en fervent pour attifer le feu qu’ils font fous leur chaudierê.
- La Figure 4 repréfente une Poêle percée comme une poêle à marrons, qui fort d’écumoire aux Plombiers , pour retirer de deffus leur métal ce qu’ils appel* lent les craffes ou écumes, ainfi que le charbon qu’ils y jettent pour révivifier les parties de plomb qui perdent, en fondant, leur phlogiftique*
- La Figure y eft une Caiffe de bois de chêne, établie for des pieds de charpente, qui a environ 16 à 1? pieds de long, for 4 à y pieds de large, & 8 pouces de profondeur, qui contient une couche de feble d’environ 6 pouces , & qui eft le moule ordinaire for lequel les Plombiers coulent leurs tables. /, eft un treteau de charpente fur lequel ils pofent la poêle qui contient le plomb qu’ils verfent for leur moule.
- La Figure 6 repréfente la Grille de fer qui enveloppe Cette poêle, & par le moyen de laquelle les Ouvriers la foulevent pour la renverfer for le moule.
- La Figure 7 repréfente cette même Poêle féparée de fon grillage, 8c dans la forme quelle a. B, marque le bourrelet qui régné tout autour de cette Poêle.
- La Figure 8 repréfente l’Arrofoir dont les Plombiers fe fervent pour rafraîchir la couche de fable qui eft dans leur moule.
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- ‘x6/^ Explication des Planches.
- La Figure 9 repréfente le Labour que les Ouvriers emploient pour couper & bêcher leur couche de fable après l’avoir arrofée. E f plaque de fer tranchante comme une pelle.
- La Figure 10 repréfente l’Inftrument qui écrafe les mottes de terre dont le labour a hérifle toute la fiirface du fable qui eft dans le moule , qui fert auffi au coulage des tables, & que les Plombiers appellent Rable. F, F, font deux entailles qui pofent fer les rebords du moule, pour qu’on ait une plus grande facilité de faire gliffer le Rable dun bout à l’autre fans fe déranger.
- La Figure 11 eft une Plaque de cuivre, qui a environ un pied en quarré, polie fur l’une de les ferfaces, que les Plombiers appellent Plane, 6c qu’ils paflènt fur leur fable, après l’avoir fait chauffer, & enduite de graille , pour le rendre uni. G9 eft la poignée avec laquelle on la prend.
- La Figure 12 eft une Truelle femblable à celles dont les Maçons fe fervent^ & avec laquelle les Plombiers font les foffés qu’ils ouvrent au bout de leur moule 9 pour recevoir le ferplus du plomb qu’ils jettent en table.
- La Figure 13 repréfente une Caflerole de cuifine, de 8 pouces de diamètre y fur 2 pouces de profondeur, qui fert aux Ouvriers de cuiller pour tranfporter leur plomb de la chaudière dans la poêle qui eft au bout du moule, k, eft la queue avec laquelle on la prend y qui a environ 9 pouces de longueur.
- PLANCHE IL
- La. Figure 1 repréfente une Serpette femblable à celle des Vignerons, dont les Plombiers fe fervent pour féparer leurs tables du furplus du plomb qui entre dans les fofles auflî-tôt quelles font coulées, afin que ce plomb, qui eft ordinairement très-maflif, ne les empêche pas de fe retirer > 6c ne les fafle pas cafler en quelqu endroit. A, eft le manche avec lequel on la prend, qui a environ 4 pouces de long, fer un pouce de diamètre. B y eft l’endroit par où on l’enfonce d’abord dans le plomb. C 9 eft une petite élévation qui forme le dos de cette Strm pette, fur laquelle on frappe pour la faire entrer plus aifément dans le plomb qu’on veut divifer.
- La Figure 2 eft un morceau de bois rond, d’environ 6 pouces de long, que les Plombiers font paffer dans leurs tables après les avoir roulées, 6c qui leur fert de levier pour les enlever de deflus le moule à chaque fois qu’ils en coulent, & avoir la facilité d’en faire de nouvelles. A, en eft le milieu ; C,Dy forment deux poignées qui donnent prife à la main des Ouvriers, 6c l’empêchent de
- La Figure 3 repréfente la Batte ronde dont fe fervent les Ouvriers pour frapper leurs tables & les replier fur elles-mêmes en forme de rouleau.
- La Figure 4 repréfente un Rouleau de table. Ay B, font les vuides qu’on Xaifle dans le milieu de chaque Rouleau, pour y faire entrer le levier.
- La
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- Explication des Planches. 16 y
- La Figure ÿ repréfonte un Rouleau de table enfilé par le levier CD, en A B 9 & la maniéré dont on enleve le tout de deftus le moule.
- La Figure 6 repréfente un des Rejets qui font formés du furplus du plomb dans le coulage des tables : il eft enfilé en A par un levier ; on le retire ainfi des fo/Tés > & on le porte dans la chaudière pour l’y faire fondre de nouveau.
- La Figure 7 repréfente un Moule où il fe fait un nouveau coulage. * C, eft la poêle que les Ouvriers lèvent ; Z), le plomb qui coule fur le moule ; E , le fable fur lequel il eft jetté ; F, le rable qui le pouffe d’un bout du moule à lautre ; G * H 9 les deux foliés qui font ouverts pour recevoir le furplus de ce qu’il faut de plomb pour faire chaque table,
- La Figure 8 repréfente un nouveau Moule, de deîfos lequel on veut enlever la table A qui y a été coulée ; pour cet effet on a commencé en B , à en rouler les deux extrémités C, ZL Un Ouvrier la frappe d’un côté avec la batte ronde; un autre Ouvrier monté en 0, fur l’autre bord du Moule , & s’appuyant contre la muraille , s’entr’aident mutuellement à la replier fur elle-même, afin de la mettre en rouleau , & de l’enlever comme nous l’avons dit plus haut. On voit à l’extrémité du Moule deux rejets défignés par deux petits anneaux, 8c dans la forme qu’ils ont lorfqu’ils font encore dans les fofles. Entre ces deux rejets 8c la table qu’on roule, on voit une petite féparation , pour marquer que la table a été féparée en cet endroit, afin de lui donner la facilité de fe retirer. E, eft la poêle renverfee 8c pofée dans fà fituation ordinaire. F, eft le rable que l’Ouvrier a pofé à terre après s’en être fervi. \
- PLANCHE IIL
- La Figure 1 repréfente un Moule à toile à deux rebords A, B ; C, repréfente un rable qui eft porté fur ces deux bords, pour le faire couler d’un bout à l’autre,
- La Figure 2 repréfente un nouveau Moule à table à un feui rebord A ; l’autre côté B eft plat. Ils font faits tous deux pour couler des tables minces, mais plus particuliérement le fécond.
- La Figure 3 repréfente ce dernier Moule A , B y pofé fur fes tréteaux, fut lequel on fait un coulage. L’Ouvrier qui tient la cuiller vient d’en répandre lé plomb for ce Moule. Deux autres Ouvriers tiennent un rable qu’ils font couler avec précipitation, pour que le plomb n’ait pas le temps de féjourner trop longtemps for le moule. On voit au fond du Moule une lingotiere qui eft faite pour fuppléer aux foffés dont nous venons de parler, & recevoir de même le forplus du plomb.
- La Figure 4 repréfente cette Lingotiere détachée du moulé. On voit aux* deux côtés les crochets par le moyen defquels elle y tient.
- La Figure y repréfente la Cuiller dont on fe fort pour verfor le plomb for lé moule.
- Plombier* T t
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- ï66 'Explication des Vtanches,
- La Figure 6 repréfente une nouvelle forme de Rable, différente de celle qu’ont les Râbles dont nous avons parlé plus haut, & qui eft fait exprès pour les moules à toile à un feul rebord. On le pofe fur un carton, & il reçoit d'abord le plomb avant quil fe répande fur le moule. A, eft le côté qu’on préfente à l’extrémité du moule , quand on y coule ; B9 C, font les deux côtés auxquels font attachés deux manches D9 E, par lefquels on le prend ; F9 barre de bois pour tenir les deux côtés B 9 C9 plus fermes.
- La Figure 7 repréfente une Table enlevée du moule & roulée en moitié 9 pour faire voir qu’on s’y prend ici de la même maniéré qu’on l’a dit plus haut, au fujet des tables coulées fur fable ; avec cette différence , que les Ouvriers ne montent pas fur les rebords du moule, parce que ces moules étant légers , on les place où l’on veut, pour donner plus de facilité aux Ouvriers d’enlever les tables qu’on y jette.
- PLANCHE IV.
- t
- L a Figure 1 repréfente la Chaudière dont fe fervent les Entrepreneurs de la Manufacture du Laminage, vue en plan. H 9 eft un vafe qu’on nomme Auge, auffi vu en plan, qui eft deftiné à recevoir le plomb fondu qui fort de la Chaudière. a, eft le robinet par lequel il pafle ; b 9 eft la bavette fur laquelle il coule ; /, eft le moule fur lequel on le verfè , qui eft auffi vu en plan.
- La Figure 2 eft une Gruë, qui fert à transporter les tables de plomb du moule au Laminoir, également vue en plan.
- La Figure 3 eft un plan de tout le Laminoir, & du manege qui le fait aller*1 H, font des leviers de 13 pieds de longueur, à l’extrémité defquels on attele les chevaux qui donnent le mouvement au Laminoir. A, eft l’arbre vertical qui eft attaché aux leviers. B , eft une roue de champ de foixante-dix-huit dents , qui eft portée par l’arbre vertical A, E, eft une lanterne de 39 fufeaux, qui engrene dans la roue de champ B. C C, eft un arbre horizontal, auquel eft aflii-jétie la lanterne E, qui lui communique fon mouvement. D9 eft un hériflon de 31 dents, qui lui eft également afliijéti. Æ , eft une autre lanterne qui lui eft auffi fermement attachée, & par lequel elle eft mue, ainfi que le hériflon ZL K, L, font deux cylindres de fonte, entre lefquels on fait paffer les tables qu’on veut laminer. T9 T9 font des rouleaux mobiles fur leurs axes , qui font faits pour foutenir les tables de plomb. V V9 eft un chaffis de 50 pieds, fur lequel ils font portés.
- PLANCHE V.
- (
- . L a Figure 1 repréfènte la machine du Laminoir vue en élévation. On y voit de quelle maniéré la roue de champ B eft portée par l’arbre A, & engrene dans la lanterne E, ainfi que le hériflon D, & la lanterne Æ, dans les lanternes F, f, e9 eft un arbre qui tient au cylindre A, & le fait mouvoir. G, petite
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- - Explication des Planches. i6j
- roue ou étoile de cuivre qui eft entre la lanterne Æ 8c la lanterne/*, pour chan-
- ger leur circonvolution, 8c par conféquent celle de l’arbre e, félon le fens dans lequel on veut que le cylindre K tourne, u, eft une boîte quarrée qui eft à l’extrémité du petit arbre e , & qui reçoit le cylindre K. x,x9 cables qui font attachés. Z , treuil fur lequel fe roulent ces deux tables, 8c qui eft établi au-deflus du Laminoir. O, poids qui eft placé en cet endroit pour jToulever le cylindre L, ainfi que toutes les pièces de la rainure du Régulateur.
- Les Figures 2 8c 3 , font les plateaux des lanternes F, f ay petits canons de fer qui formant une ouverture au centre des plateaux , reçoivent le petit arbre e 9 dans fendroit où il eft rond, b b, font des rainures garnies de fer, dans lefquelles entrent les verrouils. c c9 font des barres de fer qui font un peu faillie for le plan des plateaux des lanternes.
- La Figure 4 eft une Boîte de fer fondu. F, E, deux pièces méplates qui font pofëes parallèlement aux deux faces oppofées G, G, de cette Boîte.
- La Figure j eft la même Boîte repréfentée en plan, pour faire voir là largeur. Es ouverture quarrée qui reçoit la partie quarrée L L du petit arbre a H, font des rayons qui ont des entailles pour fervir de conduéteurs aux verrouils.
- La Figure 6 repréfonte ces verrouils, qui peuvent fe glifler dans les entailles
- H , 8c fe porter vers la droite ou vers la gauche, pour attacher l’une ou l’autre
- lanterne F ou/", à l’arbre e. //, KK, font deux verrouils; /, eft un anneau qui
- les reçoit à fos deux extrémités.
- *>
- La Figure 7 repréfente ce même anneau /, féparé des verrouils. /, K, mar-« quent les deux ouvertures dans lefquelles entrent les deux verrouils.
- La Figure 8 repréfonte encore ce même anneau avec fos verrouils /, K. F 9 font les deux pièces méplates de la boîte de fer qui reçoit le petit arbre e $ fur lefquelles les verrouils font portés en 18c en K«
- PLANCHE VL
- La Figure i repréfente toutes les pièces qui compofont le Régulateur, jointes enfemble. A, eft un fort fommier for lequel font établis les cylindres 8c tout ce qui en dépend. 2?, B, font des colonnes de fer qui entrent dans le fommier A* a y üy font les repos qui appuient fur le fommier. e yf, font deux écrous qui reçoivent l’extrémité de chaque colonne. A, B y Dy eft un étrier de fer qu’il y a aux côtés du Régulateur, 8c qui porte un collet qui peut fe lever ou s’abaifler, de£ tiné à foutenir le cylindre L* F, eft une gorge qui en reçoit les tourillons. e y e y collets for lefquels repofont les extrémités du cylindre inférieur Ki b y b , autres collets qui recouvrent les tourillons du cylindre fopérieur Z.
- La Figure 2 repréfente une coupe tranfverfale de ce fommier. Les lignes ponéluées aa9 marquent les endroits qui reçoivent les colonnes de fer F,F.
- La Figure 3 repréfonte ces mêmes colonnes de fer B B y féparées du refte de
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- 168 Explication des P tanches.
- l’armure du Régulateur, a, a, repos qui portent fur le fommier. b b, c c, vis qui excédent le fommier en deflbus, & font reçues dans les deux écrous dont nous venons de parler. l9 pignon ; o 9 roue qui eft attachée au même arbre.
- La Figure 4 repréfente les deux écrous e,f, féparés des colonnes de fer B9B9 pour en faire voir la forme.
- La Figure y repréfente les pièces de fer qui font au haut des colonnes de fer B, B. g y entre-toifes ; h, écrous qui fervent à affermir les colonnes de fer dans le haut.
- La Figure 6 repréfente le collet du cylindre inférieur, vu par le côté qui regarde le dedans du Laminoir. D, eft fendroit qui eft fait pour recevoir le palier de cuivre qu’on voit en deffus. i, k 9 oreillons que traverfent les colonnes deferi?,i?.
- La Figure 7 repréfente le collet du cylindre lupérieur, vu en perfpeétive £ & du côté de la face qui regarde l’intérieur du Laminoir. Au-deflous eft fon palier de cuivre hors de place, qui eft fait pour être placé dans la partie du collet qui eft vuidée en F.
- La Figure 8 repréfente le collet du cylindre inférieur. A, eft fon plan vu par-deftous, C, eft fon palier de cuivre, qui en eft féparé. d9 d 9 font les trous par lefquels pafîent les colonnes de fer B 9 B.
- La Figure 9 repréfente le collet iupérieur du cylindre L> vu du côté extérieur. B ? eft fon palier de cuivre volt ©n. JeÆ>ue 7 3z cjui doit entrer dans
- la partie du collet qui eft vuidée en A.
- Les Figures 10 8c 11 repréfentent les écrous f9 ainfi que la roue de fer horizontale P9 qui leur eft jointe, lefquels furmontent les colonnes de fer B9 B, & les reçoivent dans l’endroit où elles font taraudées, féparées de ces mêmes colonnes, pour faire mieux fentir leur forme.
- La Figure 12 eft l’étrier A, JS, D, fur lequel portent les cylindres , vu fépa-rément & détaché du refte de l’armure du Régulateur. F9 en eft le collet. C9 E 9 entre-toifes qui traverfent l’étrier. Comme il eft fait pour porter le cylindte L 9 il en reçoit les tourillons en F.
- La Figure 13 repréfente la vis fins fin, qui eft taraudée à fes deux extrémités , vue féparément & détachée de tout le refte de l’armure du Régulateur; S 9 clef par le moyen de laquelle on met cette vis fans fin en mouvement.
- La Figure 14 eft un plan de l’armure qui eft au-deflus des colonnes , qui eft compofée de la vis fans fin R 9 de la clef 5, & des quatre écrousyi qui furmontent les quatre colonnes de fer B 9 pour donner une idée de leur arrangement fur les lieux,
- La Figure 1 y eft une piece de fer qui fort à conduire la vis fins fin, qui } elle-même, la fait tourner par le moyen de fes branches, b 9 eft l’endroit où elle lui eft attachée.
- PLANCHE
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- Explication des Planches.
- PLANCHE VIL
- L a Figure ï repréfente tous les Uftenfiles qui concernent la fonte du LamL nage, vus en élévation. A9 eft la chaudière. B 9 les degrés que Ton monte pour aller à la chaudière. C9 efl le palier de cet efcalier, F9 la porte du foyer du fourneau fur lequel la chaudière efl: affile. D9 robinet de la chaudière. E, en efl le bouchon. H9 efl l’auge dans laquelle coule d’abord le plomb. 1, efl le moule fur lequel l’auge le verfe. V9 U 9 font deux leviers, a, X9 font deux poulies qui font à l’extrémité de ces leviers. T, efl l’axe fur lequel elles tournent. c 9c 9 chaînes qui font attachées aux poulies en d9 d’un côté , & à l’autre extrémité, à l’auge H. e, e, bafcules qui fervent à faire bailler les leviers K9 U 9 8c par conféquent à lever l’auge , quand on veut la verfer for le moule.
- La Figure 2 efl une coupe du fourneau , de ï auge & du moule , où l’on voit de quelle façon les flammes enveloppent & lèchent le deflous de la chaudière. A 9 efl la chaudière. D y le robinet. E, le bouchon du robinet. K, efl le chevalet qui tient le bouchon du robinet ferme , afin qu’il ne fuie pas ; il fert auflï à foutenir la gouttière de tôle qui tranfimet le plomb de la chaudière à l’auge.; m9 o9 font fes pieds qui entrent dans la terre, G 9 efl le foyer du fourneau, H 9 l’auge. 7,1e moule.
- La Figure 3 reprélente une Table A, que Fon tire du moule. B , efl le cable qui la tire. C9 efl un anneau qu’on fait à chaque table qu’on fond. D , efl le crochet qu’on y fait entrer , & qui s’attache au cable & à la table. E9 efl l’extrémité du moule, par laquelle on la fait paffer. F9 G 9 font des rouleaux qu’on abaiffe, & fur lefquels on fait gliffer la table A 9 pour avoir plus de facilité à la defcendre.
- La Figure 4 repréfente l’auge détachée du moule, pour faire voir de quelle façon elle efl faite, a, b9 font les crochets dans lefquels entrent les chaînes qui la lèvent.
- La Figure y repréfente la même auge dans le fens contraire,/", g, h 9 font les crochets qui s’appuient furie moule quand on leve l’auge.
- La Figure 6 repréfente un Labour avec lequel on remue le fable du moule*
- La Figure 7 repréfente un Rateau avec lequel on émiette les glebes que le labour hérifle fur la furface du fable.
- Les Figures 8 & 9 repréfontent deux Râbles différents de ceux des Plombiers, avec lefquels les Ouvriers, qui font employés au laminage, unifient leur fable, A,B, C 9 D y font les endroits par lefquels on les prend.
- La Figure 10 repréfente la Plane qu’on paffe fur le fable ayant d’y couler.
- La Figure 11 repréfente le Tuyau de tôle qui tranfmet le plomb fondu de la chaudière dans l’auge.
- La Figure 12 repréfente le Chevalet qui efl devant la chaudière. l9m9n9 o9 Plombier. V v
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- jjq Explication des Planches.
- font quatre crampons qui entrent dans la terre, pour que ce chevalet foit plus folide. p y q 9 font deux écrous faits pour ferrer le haut du chevalet, r, s > marquent de quelle maniéré ils entrent dans les vis qui tiennent au chevalet.
- La Figure 13 marque le Tampon du robinet de la chaudière, détaché de ce même robinet. E, eft Tendroit par lequel on le prend.
- Les Figures 14 St iy repréfentent deux autres Râbles différents des premiêrs qu’on voit Fig. 8 & 9, & qui ne reffemblent pas non plus à ceux des Plombiers. Ils font faits pour rabler le plomb dans le moule.
- La Figure 16 repréfente la Gruë vue en élévation , que deux hommes font jouer. B, eft le cable qui fe roule fur le treuil qu’ils font tourner au moyen de la double manivelle qu’ils ont dans les mains. C, eft un anneau qui eft à l’extrémité d’une table A , qu’ils tirent. D, eft le crochet qui la tire.
- La Figure 17 repréfente le même crochet fait en forme d’une S, féparé de la table St du cable auquel il tient, Fig. 3 & 16.
- PLANCHE VIII,
- Les Figures 1 & 2 repréfentent toute la Machine du laminage, vue dans tout fon enfemble & en travail. On voit en H de quelle façon les chevaux la mettent en mouvement. A, table roulée que l’on enleve de deflus le Laminoir : on Voit par-là de quelle façon cela doit fe faire.
- La Figure 3 repréfente les deux cylindres vus léparément , St détachés du refte de la machine du Laminoir. P, eft l’extrémité du cylindre fjpérieur Z, qui eft portée par le double collet que portent les fourchettes du Régulateur* Q, eft l’extrémité du cylindre inférieur K, qui entre dans la boîte qui eft à l’extrémité de l’arbre e.
- La Figure 4 repréfente de quelle façon eft fait le petit arbre e. M, N, font les tourillons ou les axes fur lefquels tourne ce petit arbre..Les parties K, K , qui font arrondies, marquent les endroits où font placées lès lanternes
- le milieu de cet arbre, qui eft quarré & deftiné à recevoir la piece qui porte les verrouils, dont l’ouverture eft également quarrée, St par conféquent les rend adhérents à cet arbre, u, boîte quarrée qui reçoit l’extrémité du cylindre inférieur K.
- La Figure y repréfente les Broffes dont on fe fert pour ébarber chaque table qu’on veut laminer.
- La Figure 6 repréfente les Leviers, par le moyen defquels on tranfporte le verrouil pour faire changer la direétion des tables qu’on lamine.
- La Figure 7 repréfente les Tenailles qui fervent à caffer les laifès des tables qu’on lamine , à mefiire quelles s’applatiffent.
- La Figure 8 repréfente deux Marteaux qui fervent à couper les tables.
- La Figure 9 eft une nouvelle repréfentation du Verrouil. A, B, effieu qui tient à l’anneau des Verrouils. C7 D, font deux montants que porte cet effieu.'
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- Explication des Planches.
- j? F, entre-toife qui fert à affermir ces montants. IK, levier qui tient à Teffieu AB,& qui le fait tourner quand on juge à propos.
- La Figure io eft encore le même Verrouil vu dans un autre fens. A B 9 eft feiïieu dont nous venons de parler. C, D, les deux montants. E F, l’entre-toife. G, H, font deux pannetons qui portent les deux montants, 8c qui entrent dans la gorge qui eft creufée dans 1’épaiffeur de l’anneau tracé ici par deux cercles ponétués.
- La Figure ir repréfente deux Rouleaux vus féparément 8c détachés de leurs chaflis, pour en faire voir la forme, & pour faire entendre que, quoique toujours dans la même place, ils roulent lur eux-mêmes au moyen de deux axes qu’ils ont à leur extrémité.
- La Figure 12 repréfente une Batte* ronde, pour* frapper les tables 8c les replier en rouleau pour les enlever de deffiis le chaffis.
- La Figure 13 eft une Batte plate, qu’on emploie au même ufàge,
- PLANCHE IX.
- La Figure r repréfente le Moule dans lequel les Plombiers fondent leurs tuyaux, qui eft ouvert par les deux bouts, & fait en forme de cylindre creux : le tout eft en cuivre. A, repréfènte un entonnoir que l’on appelle Jet, par lequel on verfè le plomb. C7 font dcu* éminences ou deux goujons qui fervent à l’affermir. D9 Dy font des évents ou ventoufes, pour laifler échapper l’air quand on verfe le métal dans le moule. K, L, font les deux extrémités de ce moule qui font à jour.
- La Figure 2 eft une coupe de ce Moule, pour faire voir de quelle façon le noyau ou boulon qui entre dans ce moule y eft placé , ainfi que la plume & la portée. .
- La Figure 3 repréfènte cette piece de cuivre qu’on nomme Portée, féparée du moule : elle eft percée comme on le voit dans fon milieu G, pour recevoir le mandrin ou boulon de fer qui entre dans le moule.
- La Figure 4 eft la piece de fonte qu’on nomme Plume, qui eft également percée dans fon milieu, ainfi que la partie G, pour recevoir le même mandrin ou boulon à l’autre bout.
- Les Figures 5 8c 6 repréfentent des Brides à charnières qui ferment les côtieres du moule, a, font des ouvertures dans lefquelles entrent les deux goujons By C9 Fig. 1. b9 font des pannetons qui les tiennent fermes, qui entrent dans les ouvertures qui font vis-à-vis, dans lefquelles on fait palfer une clavette.
- La Figure j repréfente cette clavette féparée de tout le refte.
- La Figure 8 repréfènte tout cet ajuftement en place, où l’on voit qu’au moyen de ces brides à charnières , le moule eft aufïï folide que s’il étoit d’une feule piece.
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- tyi Explication des Planches*
- La Figure 9 repréfente le Boulon ou Noyau cylindrique de fer, qui entre dans le moule , & qui forme le diamètre des tuyaux qu’on y fond : il eft arrondi en Q jufqu'à R, méplat depuis Q jufqu’à S.
- La Figure ro repréfente une longue Table de chêne, que les Plombiers appellent le Madrier , qui a 16 à 18 pieds de longueur, fur 20 pouces de largeur , & 4 pouces Sc demi d’épaifleur. Ce madrier eft porté par de forts pieds de charpente. T> eft une grande ouverture en forme de mortaife , qui a 3 pieds de longueur, & 6 pouces de largeur, au droit de laquelle eft pofé le moule fur deux fortes traverfes qui font arrêtées avec des boulons, & fermement attachées au madrier. U 9 font des planches de chêne qui font clouées au bord du madrier & qui tombent jufqu’à terre , pour empêcher que le plomb , rejailliftànt par les ventoufes du moule, ne brûle les jambes des Ouvriers. X , eft un cric qui eft fait pour tirer le boulon du moule. On voit en A , de quelle façon on verfe le plomb, e, eft le tuyau que l’on fort du-moule à mefure qu’on le fond, jf, font les rejets qui fe forment dans l’entonnoir.
- La Figure ir repréfente une partie du Cric ifolé & féparé du madrier, ab 9 eft un arbre de fer qui tient au moulinet, c, eft une lanterne*
- La Figure 12 repréfente le Moulinet fèul,
- La Figure 13 repréfente un Cifeau avec lequel on coupe le jet qui fe forme dans l’entonnoir du moule.
- La Figure 14 repréfente le Fourneau 3c la CLaudiere 7 dans laquelle OH puife îe plomb pour le jetter dans le moule.
- La Figure 15 repréfente une Roue ifolée du cric, qui engreae dans la lan« terne c, & qui eft enarbrée avec la lanterne g, fur l’eflieu e fl
- La Figure 16 repréfente un Ouvrier qui coupe les rejets qui s’élèvent fur le tuyau e, à mefure qu’on le fond,
- La Figure 17 marque de quelle façon on tire ou l’on fait entrer le boulon dans le moule. A9 2?, font les branches du moulinet, qu’un Ouvrier prend dans fes mains pour faire jouer le cric.
- PLANCHE X.
- L a Figure 1 repréfente une Table, fur laquelle on voit comment les Ouvriers arrondirent fous la batte les tuyaux qui ne font pas fondus, & qu’il faut, par conféquent, former fous la main pour les fouder enfiiite.
- La Figure 2 eft une longue Réglé dont fe fervent les Plombiers, pour les défil gner fur les tables de plomb dont ils veulent les tirer.
- La Figure 3 eft le Compas avec lequel ils mefurent la largeur des plaques de plomb , qui doit faire le diamètre des tuyaux.
- La Figure 4 repréfente le Tire-ligne qu’ils paftent fur la craie, & par le moyen duquel ils font une première entaille dans le plomb, pour avoir plus de facilité à le couper. £a
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- Explication des Planches; 173
- La Figure y repréfente deux Couteaux, dont les Ouvriers fe fervent ïndiffé* remment pour continuer l’opération du tire-ligne, cefl-à-dire, pour finir de couper leur plomb.
- La Figure 6 eft la Batte dont ils fe fervent pour frapper ces Couteaux & les faire mieux entrer.
- La Figure 7 en eft une autre d*une autre efpece;
- La Figure 8 repréfente une Table qui porte plufieurs tuyaux: on y volt trois différentes opérations. Il y a un Ouvrier qui gratte les tuyaux pour les mettre en état d’être foudés. Le fécond les foude. Le troifieme lui porte la {endure; a, chevalets fur lefquels les tuyaux font portés, pour qu’ ils ne touchent pas là table,
- Les Figures 9 8c ïo repréfentent plufieurs fortes de Grattoirs, dont les Ouvriers fe fervent pour gratter le plomb à fendroit ou ils veulent le fouder, afin de raviver, 8c que la foudure s’y attache mieux.
- La Figure 11 repréfente un Tuyau que l’on foude, féparé de la table ou on a coutume de les mettre, pour faire mieux fentir cette opération. A, repréfonte la maniéré dont on doit d’abord les fàlir avec de la terre graffe. C, repréfente la façon de les gratter ou aviver. B9 la maniéré d’y verfor la foudure. D, la façon d’applatir la foudure fur le tuyau , & de l’y attacher par le moyen du fer à fouder, qu’il faut avoir la précaution de frotter auparavant avec de la poix-réfine, afin qu’il ne s’étame pas.
- Les Figures ra Sr t y la Formp. des Fers dont les Plombiers fe
- fervent pour fouder leurs tuyaux. A , en eft le manche. B, la partie qu on pofe for la foudure. C, C, font deux morceaux de bois creux, avec lefquels les Ouvriers retirent leurs fers du feu pour ne pas fe brûler, & les tiennent pendant le temps de la foudure.
- La Figure 14 repréfonte plufieurs Tuyaux amoncelés les uns for les autres , qui ont déjà été foudés.
- La Figure ly repréfente un nouveau Tuyau dans toute là longueur, pour faire voir comment la foudure, qui eft marquée à fon extrémité fupérieure par plusieurs lignes, lui eft attachée.
- La Figure 16 repréfente une Equerre, dont quelquefois les Plombiers fè fervent pour deflîner 8c couper leurs tuyaux,
- „ PLANCHE XI;
- La Figure I repréfonte une Cuvette, deflînée, Côupée, fondée, 8c prête à mettre en place. A A, en eft le doflier, qui eft fait pour s’appliquer contre le mur. B, en eft le devant, qui eft furmonté par un bourrelet qui régné tout autour de fa partie fupérieure pour lui donner plus de grâce. C, marque, pat la ligne ponéluée qu’on y voit, l’endroit du dedans de la cuvette où eft pofé çe Plombier. X x
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- ^74 Explication des P tanches*
- "qu’on appelle la Crapaudine, D, eft le bout de tuyau quon eft dans l’ufage de joindre à l'extrémité de chaque cuvette , pour avoir plus de facilité à les mettre v€n place. Z?, eftle nœud de foudure que l’on fait entre la cuvette & le tuyau, *Sc qui les attache enfemble.
- La Figure i eft une coupe de cette même Cuvette, ou les mêmes chofes font •défignées par les mêmes lettres,
- La Figure 3 repréfonte une Table for laquelle un Ouvrier commence par enf deffiner le dofïîer. A, eft la table de plomb dont il le tire.
- La Figure 4 repréfonte la même Table de plomb, avec les différentes lignes qu’il faut tracer, pour que la coupe foit plus correéte.
- La Figure y repréfonte ce même Dofïîer féparé de la table de plomb d’où il a été tiré. A , en eft le haut. Z?, en eft le bas, que l’on arrondit pour attacher au bout de tuyau D, Fig, 1. O, Q, marquent les endroits où on les cloue au mur, marquent les petites oreilles qu’on leur laiffo en les coupant, pour iervir de premières attaches , afin de les fouder plus aifément.
- La Figure 6 repréfonte le devant de la Cuvette, avec les différentes lignes qu’il faut tracer pour le couper plus exaéfement.
- La Figure 7 eft une elpece de Batte un peu différente de celles dont nous avons déjà parlé 3 que les Ouvriers emploient, ainfî que les premières, pour frapper for le couteau avec lequel ils veulent divifor leur plomb, mais plus ordinairement pour arrondir leurs cuvettes.
- La Figure 8 repréfonte le devant dp la Cuvette, féparé & détaché dé la tablé cle plomb dont il a été tiré. B, eft le bourrelet qu’on eft en ufàge de leur faire*
- x,y, £, font les oreilles qu’on leur laifle, ainfi qu’au doffier, pour les-attacher d’abord enfemble,
- La Figure 9 repréfente de quelle façon on travaille ce devant de Cuvette , pour le mettre en état d’être foudé au doffier, ceft-à-dire , pour lui donner la forme qu’il a dans la figure ci-deffus.
- La Figure 10 repréfonte de quelle maniéré on foude ce devant de Cuvette à ion doffier.
- La Figure ir repréfente la Crapaudine qu’on met dans le dedans de la Curette en C9 Fig, 1, qui eft à jour.
- La Figure 12 eft l’Outil avec lequel on la travaille, qu’on nomme Emporte-pièce, A y en eft le manche, fur lequel on frappe avec la batte , pour le faire mieux entrer dans le plomb. jB, eft un fer rond & tranchant à l’extrémité, qui entre dans le plomb & le coupe par morceaux pour le mettre à jour.
- La Figure 13 repréfente un Ouvrier qui tient une autre crapaudine, pour faire voir de quelle façon elles fe travaillent.
- La Figure 14 repréfente une Cuvette ronde. A, en eft le fond. B, le pourtour. C y marque le bourrelet qu’on leur fait ainfi qu’aux cuvettes à hotte. D , défigne l’endroit où doit être pofée la crapaudine. D, le bout de tuyau qu’on leur attache, ainfi qu’aux premières cuvettes.
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- Explication des Planches. T 7 J
- La Figure X y repréfente cette même Cuvette imparfaite » pour faire voir de quelle façon on modèle fon pourtour fur fbn fond pour l’y fouder.
- La Figure 16 repréfente une autre Cuvette ronde, faite d’une autre façon. A, en forme le dolfier, que Ton cloue ordinairement fur une fenêtre ; au bas eft un bout de tuyau comme aux précédentes, qu’on recouvre également par une crapaudine en dedans de la cuvette*
- La Figure 17 marque une Cuvette quarrée. À, en eft le fond. B, en eft le pourtour : elle a également un' bout de tuyau, & eft travaillée & foudée comme les autres»
- PLANCHE XII.
- L a Figure ï repréfente un pan de Toît. A B , devant d’un chaîneau qui seleve verticalement. C, côté du chaîneau qui eft cloué au dos de la charpente. D y crochets qui fupportent le devant du chaîneau. Ey gouttière {aillante. F y Gy I y bourrelets de cette gouttière. H y ouverture par laquelle l’eau du chaîneau fe communique à la gouttière, pour enfiiite tomber dans la rue; K y barres de fer fur lefqu elles c es fortes de gouttières font portées. L, eft l’affife des chalneaux, qui doit d’abord être faite ou en plâtre par le Maçon , ou en bois par le Charpentier. M, fond du chaîneau. N O y fàbliere de la charpente , à laquelle le derrière du chaîneau eft cloué.
- La Figure 2 marque la forme des Crochets fur lefquels on affied le devant
- des chaîneaux.
- La Figure 3 repréfente la Corde nouée dont on fè fert pour monter fur les toîts, quand on ne peut point y placer l’échelle, ou qu’on ne le veut pas..
- Les Figures 4 Se J repréfentent les Etriers qu’on attache aux nœuds de cette corde, & fur lefquels l’Ouvrier appuie fes pieds. A , B y C, D, font quatre jarretières dans lefquelles il fe ferre les jambes. E, E , font les crochets avec lefquels il attache ces étriers à la corde.’
- La Figure 6 repréfente la Sellette fur laquelle l’Ouvrier s’affied. A y B y C y D y eft une planche vuidée par le devant pour recevoir fes jambes : elle a quatre anneaux, dans lefquels entrent quatre courroies qui fe ferrent par des boucles EyFy félon qu’on veut que la fellette ait plus ou moins de fond. Gy eft un crochet femblable à celui des étriers , qui tient les courroies de la , fellette , & s’accroche également à la corde nouée.
- La Figure 7 eft une Gâche avec laquelle on attache les tuyaux des maifons* a y h y font les extrémités de cette gâche , qui font crochues & qu’on noie dans le mur avec du plâtre.
- La Figure 8 repréfente la petite Auge qui contient le plâtre, & que les Ouvriers portent toujours avec eux lorfqu’ils travaillent à ces fortes d’ouvrages.
- La Figure 9 eft un Jonc, qui eft la première fonde avec laquelle les Plombiers dégorgent leurs tuyaux,
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- Explication des Planches:
- La Figure ro repréfente une autre Sonde, que les Plombiers emploient pour les grands engorgements. A, eft un plomb qu’ on fait defcendre dans le dedans des royaux. B, èft la corde à laquelle il eft fufpendu.
- La Figure 11 repréfente le devant d’un Bâtiment. À, B9 eft le devant du toit fur lequel on pofe un chaîneau qui répond à un tuyau de defcente , auquel on attache une ^cuvette. C 9 eft la corde nouée fur laquelle eft porté l’Ouvrier quil’y place. M9 eft un faîtage de plomb , que deux Ouvriers pofent au haut du toit du bâtiment. N, repréfente la forme des crochets fur lefquels on l’aflied. O,1 P , arêtiers couverts en plomb. Q9 R9 panes de brifés qu’on met aux toits faits en forme de manlarde.
- La Figure 12 repréfente deux combles A, B, qui rendent leurs eaux au même endroit. C9 gouttière de plomb qui eft au bas de ces deux combles 9 8c qui en reçoit les eaux.
- La Figure 13 repréfente deux Murs qui fe joignent 8c rendent leurs eaux au même endroit. A B , noue qui les reçoit. C, D, font deux gouttières qui font égoutter l’eau dans la noue.
- La Figure 14 repréfente un Niveau, qui fert à mefurer la pente quon veut donner, foit aux chaîneaux, foit aux gouttières qu’on pofe fur les toits.
- La Figure ij* eft une Truelle pour plâtrer les gâches qui fulpendent les tuyaux des maifbns.
- PLANCHE XIII.
- :L a Figure ï repréfente la façon de couvrir les Eglifes. A 9B9 font les che« vrons. c, d9 e9f9g, h 9 font les voliges qu’on met entre les chevrons pour er* garnir i’efpace. /, eft une table de plomb qui eft attachée au droit des chevrons par des crochets, & qui en recouvre une première. k9l 9m9 font les extrémités de ces crochets qui foutiennent les tables.
- La Figure 2 repréfente le haut d’une Couverture entière d’Eglife, ou l’on' voit faire la pofe des tables. En A 9 un Ouvrier pofe les crochets. B9 eft une table que deux Ouvriers defcendent par la fenêtre du clocher. C9 eft une autre table que deux autres Ouvriers placent fur les crochets déjà pofés. Dy repréfente une partie de cette couverture déjà faite. E9 eft un faîtage de plomb dont deux Ouvriers recouvrent le haut du toit, ainfi que les tables qui recouvrent fes deux faces. F, marque les bourrelets ou baguettes perpendiculaires qu’on voit du haut du- toit en bas, & qui fe forment par un repli qu’on fait dans les jointures colla-! térales des tables, & qu’on arrondit enfuite entre deux battes. H9 eft une double échelle , par laquelle les Ouvriers montent 8c defcendent, qui eft fou-; levée par des couflins de paille, pour que le pied de l’Ouvrier ait plus de prife.1 L, eft le haut du clocher, qui eft furmonté par une boule de plomb & une croix.1 K, eft la corde nouée par laquelle un Ouvrier eft delcendu pour aller recouvrir un œil de bœuf. L9 marque la partie du clocher qui eft déjà couverte en ardoifes. La
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- Explication des Vtanches* 177
- La Figure 3 marque la forme des Crochets fur lefquels OU aflied les tables des couvertures, a, eft l’endroit où on les attache, b, eft ce qui retient les tables.
- La Figure 4 repréfente deux Tables de couverture jointes enfemble. A9 fait voir la maniéré de replier les tables dans leurs jointures, pour faire ces baguettes quon voit entre les tables de la couverture de Notre-Dame.
- La Figure 5 repréfente deux autres Tables également jointes enfemble en B» mais mifes en place for des crochets. Les petits trous qu’on voit en-haut font les endroits où on les attache en outre avec des clous d’un bout à l’autre.
- Les Figures 6,7,8 8c 9, repréfentent plufieurs fortes d’ardoifos de plomb," pour faire voir de quelle façon les Plombiers coupent celles qu’ils emploient aux couvertures.
- La Figure 10 repréfente un pan de Clocher, où l’on voit plufieurs ardoifos attachées aux voliges , pour donner un exemple de la maniéré dont cela fo fait.1 A 9B9 C9 D9 E, font les ardoifos qu’on pofe les premières ; auffi font-elles un peu plus grandes que les fécondés. Les ardoifos F, G, H, / , le font moins que les fécondés ; les fécondes recouvrent les premières ; les troifiemes, les fécondés} ainfi de fuite.
- La Figure 11 repréfonte un Œil de bœuf détaché du clocher, g 9 eft une pla--que de plomb clouée tout autour.
- La Figure 12, mal-à-propos cotée 13 , eft le Marteau avec lequel les Ouvriers frappent les clous dont ils fe fervent pour attacher leurs tables ou leurs ardoifos.
- PLANCHE XIV.
- La Figure r repréfonte un Pavillon, dont la charpente eft à découvert, pour faire voir en quel état elle doit être pour qu’on puiflè la couvrir. A9B9C9 D % font quatre folives emmortaifées l’une dans l’autre, & affifos fur la maçonnerie.’
- E 9 F9 G9 H9 font quatre arêtiers qui font drefles aux quatre coins, également emmortaifés à chacune de leurs extrémités. I, faîtieres. K, font des chevrons que l’on pofo de pied en pied, 8c que Ton emmqrtaÜfo également aux deux extrémités. L, font des voliges qu’on pofe au droit des arêtiers & des chevrons,
- 8c fur lefquelles on attache les ardoifos de plomb. M9 fer d’amortiflement. N,’ petites folives auxquelles il tient.
- La Figure 2 repréfonte le même Pavillon couvert d’ardoifos de plomb. A9 chaîneau de plomb qui régné tout autour de l’entablement.
- La Figure 3 repréfonte une Tourelle couverte d’un chapeau d’ardoifos en
- La Figure 4 repréfonte un Dôme. A9 champs ou entre-deux garnis en ardoifos de plomb. JB, côtes ou arêtes du Dôme, qui font placées à des diftances égales,
- & couvertes en tables de plomb. C, fefton de plomb. D, bandes de plomb.1 c, feuillets de plomb taillés en forme d’écailles de poiffon. E, champ ou entre-Plombier* Yy
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- jyg 'Explication des Etanches,
- deux. F9 bandeau de plomb qui tombe en recouvrement fur les ardoifes du champ E. G, fenêtres du dôme. H, bandes de plomb qui recouvrent le dedans de ces fenêtres, i i, moulure de plomb faite en forme de corniche. K K , calotte de plomb qui tombe en recouvrement fur cette moulure ou corniche. L, globe du Dôme, porté fur une ferrure d’amortiffement. M, folive à laquelle le fer d’amortiffement eft attaché. N, coq. O , œil de bœuf.
- La Figure 4 xepréfente l’CEil de bœuf du Dôme, Fig. 3 , féparé de ce même Dôme, 8c recouvert en ardoifes de plomb faites en forme d’écailles de poiflon.
- La Figure y repréfente une Lucarne Flamande.
- La Figure 6 repréfente encore l’QEil de bœuf cpdeflus, pour faire voir de quelle maniéré il fè recouvre, a b, plaque de plomb qui forme la face de fœil de bœuf. c,d, e font des plaques de plomb qui en forment les côtés, g, h, i, k, /, table de plomb qui fait une petite faillie fiir les premières plaques de plomb, m n, bavette pour rejetter l’eau fur le toit.
- La Figure 7 repréfente une Lucarne demoifelle.
- La Figure 8 repréfente les petites ouvertures qu’on fait dans.les toits quon nomme Lunettes, & qui font un diminutif des Lucarnes.
- La Figure 9 repréfente une Lucarne à la capucine.
- La Figure 10 repréfente une Terrafîe en pierre de taille. A, entailles qui font entre les joints des pierres, & qui font faites pour recevoir le plomb ou le ciment qu’on y jette pour fermer tout paflàge à l’eau.
- La Figure 11 repréfente une TerrafTe couverte en plomb;
- La Figure 12 repréfente une Plate-forme qui eft coupée par petits combles . A, B9 C, D, font quatre groffes pierres de taille taillées en pointe par le haut, qui fe joignent enfemble & font un petit comble, lequel eft fiirmonté d’une petite boule taillée dans la pierre même. E , chapeau de plomb qui couvre la petite boule du comble qu’on modèle à l’endroit même à coups de batte. F, bandes de plomb travaillées en forme de canal renverfé, qui recouvrent les joints des pierres de taille.
- La Figure 13 repréfente un pan de Mur de charpente. A, table de plomb clouée à ce mur, qu’on met dans les endroits où la charpente feroit expofée à l’eau du ciel, afin de l’en garantir.
- PLANCHE XV.
- La Figure 1 repréfente un Fer d’amortiflement. A> eft l’endroit où on le cloue à la charpente. B, en eft l’aiguille.
- La Figure 2 repréfente un Amortiiïèment. û, en eft le bas : les petits joints qu’on y voit, marquent à quels endroits les clous doivent être pofés. b, font des feuillages fondus qu’on y a attachés, c >d>e > font trois plaques de plomb différentes , contournées & modelées fur la charpente, ainfi que la première plaque de plomb a.
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- Explication des Planches* ïjp
- La Figuré 3 reprêfènte un autre Amortiflèment. A, eft un égout qui tombé en recouvrement fur le mur. B 9 font des plaques de plomb attachées les unes à côté des autres fur la charpente qu'elles recouvrent* C, bande de plomb qui les ferme par le haut. E, autres plaques de plomb attachées & clouées à la charpente. D y guirlandes de plomb. M, autres plaques de plomb abouties & arrom dies par le haut. O , endroit par lequel pafle le fer d’amortiflèment. P, feuilla-^ ges attachés aux plaques M. R y fer d’amortiflèment. S, charpente ou muraille de la petite tour fur laquelle l’amortiiTement eft porté. T > girouette.
- La Figure 4 repréfente de quelle façon doivent être coupées les deux plaques E, Fig. 3. F y G y en eft le milieu ; H y I y la largeur; K, L , les côtés.
- La Figure y repréfente de quelle façon les deux plaques fupérieures M, don-vent être embouties pour être jointes enfèmble, 8c faire feffet qu’on voit en O, Fig. 3,
- La Figure 6 repréfente un Moule à couler des feuillages de plomb* eft fendroit fur lequel on verfe le plomb*
- La Figure 7 repréfente le même Moule, pour faire voir de quelle maniera on y verfe le plomb, a, rable avec lequel on enleve le plomb inutile*
- La Figure 8 repréfente une Plaque de plomb fur laquelle on a deflîné deux plateaux pour les emboutir 8c en faire un globe. A y eft la plaque de plomb; B y la ligne centrale; Cy D y la circonférence des deux plateaux; E $ Fy leurs centres.
- La Figure p repréfcucc une Table, qui port© une plaque de plomb y fur la-* quelle un Ouvrier compaiïe chacun de ces plateaux.
- La Figure 10 repréfente un Goujon y qui eft un morceau de fer tranchant par le bout, & attaché à un manche qui fert à tous les plateaux de chaque globe, pour y faire paflèr le fer d’amortiftèment.
- La Figure il repréfente une Table, fur laquelle un Ouvrier emboutit les plateaux du globe.
- La Figure 12 repréfente une autre Table, fur laquelle un autre Ouvrier les joint enfemble pour voir s’ils font également emboutis.
- LarFigure 13 reprêfènte une autre Table, flir laquelle un Ouvrier les foude^ G, eft la table. H y /, deux chevalets qui portent le globe. K, eft un fer qui le traverfe, & qui eft une efpece d’eflieu fur lequel on le fait tourner pour le louder dans toute là circonférence.
- La Figure 14 repréfente ce Globe entièrement fbudé.
- La Figure 15 eft une coupe de ce même Globe, qui reprêfènte de quelle maniéré le fer d’amorti Sèment le traverfe lorfqu’il eft en place.
- La Figure 16 repréfente un Moule à coq. A, eft le moule. B y B, le corps & la queue du coq, qui font gravés fur ce moule.
- La Figure 17 reprêfènte une moitié de Coq fortie du moule; car on n'en peut jamais fondre qu’une moitié l’une après l’autre, qu’on foude enfuite ehfèmble*
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- l8o Explication des Planches:
- C, eft rentaîlie qu’on a faite à cette moitié de coq, pour y fouder la douille que doic enfiler le fer d’amortiifement. Z), eft cette douille. E, le fer d’amor-tiiîement qui porte le coq.
- La Figure 18 reprélente un Moule à pigeon en deux pièces , dans chacune defquelles eft gravée une moitié de pigeon. A9 eft le moule. B, les quatre fiches qui fervent à fermer le moule. C, les quatre anneaux dans lefquels.elles entrent.' E, fendroit par lequel on verfe le plomb dans le moule après qu’il eft fermé.
- La Figure *9 repréfente ce Moule fermé avec fes fiches. , ^
- La Figure 20 reprélente le Pigeon dans la forme qui! a lorfqu’il fort du moule,
- PLANCHE XVI.
- L a Figure 1 repréfente une préparation d’Etain, pour blanchir les tables, ardoifes & amortilfements qui entrent dans les Couvertures. A, marmite dans laquelle f étain eft contenu, & où on le fait fondre. B, table fur laquelle un Ouvrier lailfe tomber quelques gouttes d’étain après l’avoir fait fondre , pour en former de petites écailles, & n’avoir plus qu’à les jetter fur les tables qu’on veut étamer.
- La Figure 2 repréfente le blanchilïage des Tables. A, eft la table qu’on blanchit, qui eft déroulée 8c étendue pour qu’on puiflè y faire fondre les écailles de plomb dont nous venons de parler, & les y étendre avec de l’étoupe, afin qu’elles forment fur la fuperfic le de lei lati© unô croûte qui caclic entièrement le plomb. B, C, font les deux tréteaux qui la portent. D, réchaud de charbon qu’on allume 8c qu’on pofe fous la table de plomb , afin de lui communiquer aflez de chaleur pour qu’elle fafle fondre l’étain qu’on met deffïis.
- La Figure 3 repréfente la maniéré de déblanchir les Tables étamées. A, eft la table dont on enleve l’étain. B9C9 les tréteaux qui la portent. D, le fourneau qui la met en état, par le moyen de la chaleur qu’il lui communique, de faire fondre la croûte d’étain dont elle eft revêtue. E, gouttière par laquelle découle l’étain à mefiire qu’il fond. F9 cuiller dans laquelle on le reçoit. G , eft le côté où on roule la table à mefiire qu’on la détame. H, eft le côté où on la déroule à mefiire.
- La Figure 4 repréfente la maniéré d’enlever la foudure du plomb. A, eft un tuyau qu’on défonce. B, eft la bande de plomb qui porte la foudure, qu’on coupe des deux côtés en forme de lifiere.
- PLANCHE XVII.
- L a Figure 1 repréfènte un Réfervoir de conceflion. A, eft le réfervoir, ou l’eau tombe & eft contenue, c, le tuyau montant qui donne l’eau, auquel eft foudé un petit robinet. Z, font les cuvettes de conceflion qui font tout autour
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- Explication des Planches. î8f
- die ce réfervoir, d’où l’eau leur eft tranfmife quand les Particuliers les âchettent 8c qu’on les perce.
- La Figure 2 eft une coupe du même Réfervoir. a, marque l’endroit par où pafle le tuyau montant.
- La Figure 3 repréfente un autre Réfervoir de concèiïion, defliné d’après celtiî de Notre-Dame, c , efl: le tuyau montant qui donne l’eau , fait comme le pre-mier, avec un robinet pour ouvrir & fermer l’eau quand on veut. Z 9 font les cuvettes de conceflîon qui font tout autour du réfervoir, 8c qui different un peu des premières. On voit de quelle façon l’eau tombe dans les cuvettes.
- La Figure 4 eft une coupe de ce même Réfervoir.
- La Figure y eft la Jauge avec laquelle on mefure l’eau que les Particuliers achettent, pour ne pas leur en donner une plus grande quantité qu’il ne leur en revient ; c’eft à quoi fervent les différents chiffres qu’on y voit* Le premier marque 2 pouces, c’eft-à-dire, qu’un trou qui feroit de cette groffeur, donne-roit 2 pouces d’eau , &c. ainfi de fuite ; les demi-pouces font marqués à la troifieme colonne.
- PLANCHE XVIII.
- L a Figure 1 marque la forme du dedans des Réfervoirs des Fontaines de Paris. A9 eft l’endroit où l’eau eft contenue. D9 eft un tuyau de conceflîon* T 9 eft un bouton de cuivre que Ton preffe contre le mur pour avoir de l’eau. V 9 eft une potence de fer. x 9 eft un axe de cette potence qui tient au mur 9 8c auquel elle eft attachée, y, eft un pifton qui tient à une branche de la potence ,1 8c qui entre ou fort du tuyau qui donne l’eau, félon qu’on veut en faire venir ou la fermer. -
- La Figure 2 repréfente un Réfervoir de Particulier, qui tire Ion eau du premier. B 9 eft l’endroit où fe rend l’eau. C 9 eft le tuyau qui l’y tranfmet, 8c qui traverfe la rue. E, F 9 G 9 H 9 font différents nœuds de foudure qui joignent 8c attachent un tuyau à l’autre, pour la continuité de la conduite d’eau. L, eft un clou à anneau qui tient le tuyau. M 9 eft l’endroit par lequel il verfe l’eauj N, eft un tuyau de trop plein. P, eft le lieu où il conduit l’eau. Q 9 eft un baflin qui la reçoit, & qui forme un abreuvoir pour les chevaux. R, eft lé tuyau de vuidange. S 9 eft l’endroit où il communique au Réfervoir.
- La Figure 3 repréfente le même Réfervoir, pour faire voir de quelle manierei on les travaille. A9 eft la caifïe du Réfervoir. B9 les quatre folives qui la forment. C, les montants qui donnent la profondeur au Réfervoir. D y font des croifillons pour rendre la charpente plus folide. Z?, font des bandes de fer clouées aux quatre coins des folives, en-haut 8c en-bas, pour les rendre plus fermes./ F9 eft une ouverture pour recevoir le vuidange, qui fert à faire fortir toutes 1 eau du Réfervoir quand on veut l’écurer. G, font huit piliers de charpente qui portent toute la calife du Réfervoir. H, font des pieds de maçonnerie, fu£ Plombier. Z s
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- 182 Explication des Planches.
- lefquels iis font portés. On voit en JB, deux Ouvriers qui foudent les tables d un coin du Réfervoir ; l’un verfe la foudure ; l’autre la retient avec un morceau de coutil, pour ralentir fa chute, & faire en forte quelle ait le temps de prendre au plomb. Plus loin, un autre Ouvrier cloue l’extrémité des tables de plomb fur les rebords de la charpente.
- La Figure 4 repréfente un morceau de bois creux & fait en forme de petit canal qu’on applique contre les tables, & à travers lequel on verfe la foudure, afin d’être plus certain de la faire tomber aux endroits où on veut quelle prenne.
- La Figure y repréfènte la forme du Fer à fbuder des Réfèrvoirs & des Cercueils. A, en eft la tête, qui eft fort large, afin de laiflèr beaucoup de foudure.
- La Figure 6 repréfènte une Soupape. A9 efl: l’endroit qui donne paflàge à l’eau. La circonférence de çette foupape efl: foudée à la table de plomb du Réfervoir, fur laquelle on place cette foupape.
- La Figure 7 repréfente le Bouchon de cette foupape. B, efl: ce qui entre dans la foupape. C, l’anneau par lequel on retire ce bouchon de la foupape quand on veut donner paflàge à l’eau.
- La Figure 8 repréfente la même Soupape en place. D9 eft le crochet qu’on fait entrer dans l’anneau du bouchon. E, eft la table de plomb à laquelle la foupape eft foudée. F 9 eft le tuyau qui lui répond. G, eft une bride. /, une couronne de cuir qu’on lui applique. K, eft l’autre bride qu’on met aux tuyaux un peu gros, pour les fortifier ôc leur donner de la confiftance. H, eft un autre tuyau qu’on joint au premier par le moyen des brides ci-deflus.
- La Figure 9 repréfente une Lime dont on fè fert pour râper les foupapes qui font en cuivre, afin de les étamer & de les fbuder enfuite au plomb. A, en eft le manche ; B , font les dents de la lime.
- La Figure 10 repréfènte une Bride à deux vis. A, eft l’endroit qui reçoit le tuyau. Z, M9 font deux anneaux vifles en dedans.
- La Figure 1 r repréfente une Bride quarrée. B, eft l’endroit par où paflè le tuyau. C9 D 9E9F9 font quatre trous vifles en dedans.
- La Figure 12 repréfènte la même Bride. G, Hy I, K9 font quatre écrous qui joignent une bride à l’autre, & les tiennent fermement prelfées, afin que l’eau n’y tranfpire pas.
- La Figure 13 repréfènte une Couronne de cuir qu’on met entre.
- La Figure 14 eft un Tuyau H, bridé. L, repréfente i’eflèt que font les briges étant en place.
- PLANCHE Xj IX.
- L a Figure 1 repréfente une Diftribution d’eau. A, eft le Réfervoir d’où viennent toutes les eaux. B 9 eft un tuyau principal de conduite. C9 eft un autre tuyau principal de conduite. D, font des petits tuyaux de conduite embranchés dans les premiers par des nœuds de foudure. E 9 eft un jet d’eau. F,
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- .'Explication des Planches* loj
- èn eft un autre. G , en eft encore un autre , mais plus fimple que les prêtniers* H9 en eft le baflîn. /, eft la coupe de la boule de laquelle le jet fort. K y eft l’ajoutoir qui eft foudé au tuyau de conduite , 6c qui forme le jet.
- La Figure 2 repréfente un Robinet à une eau. A y eft un bouchon de cuivre* J?, eft l’autre partie de cuivre dans laquelle entre le bouchon* C, £>, font deux bouts de tuyaux fondus d’une feule piece, que l’on foude entre deux conduits de plomb, 8c par lefquels paffe l’eau.
- La Figure 3 repréfènte un Robinet à deux eaux. À, eft le bouchon où l’on voit différents trous qui font faits pour répondre aux trois tuyaux de la partie inférieure. 5,ej cette partie dans laquelle entre le bouchon. E 9 F, G y font trois bouts de tuyaux que l’on foude à trois conduits de plomb.
- La Figure 4 eft un Robinet à trois eaux* A , en eft le bouchon y B y eft for* récipiendaire. H y /, K y L, font quatre bouts de tuyaux qu’on foude à quatre conduits de plomb après les avoir limés 8c étamés, ainfi que les premiers.
- La Figure y repréfente une Clef, avec laquelle on ouvre le premier Robinet p Fig.%.
- La Figure 6 eft Une coupe du Robinet de la Figure 2*
- La Figure 7 eft la coupe d’un Tuyau de conduite, & d’un Robinet qui lui eft foude. D, eft le tuyau auquel il eft foudé. K , ajoutoir qui eft au bout du tuyau* K, le même ajoutoir féparé du tuyau.
- La Figure 8 repréfente une coupe de Fontaine. A, en eft le jet. D, eft le tuyau qui y conduit l’eau. K, l’ajoutoir femblable à celui des jets-d’eau. L, baf fin fur lequel tombe la première eau , 8c où elle fe brife pour former une nappe d’eau. My eft un fécond baffin qui la reçoit. N, eft un troifieme baflîn* O, P y font deux gouttières, à travers defquelles elle y tombe. Q , eft un tuyau de trop-plein, qui empêche que l’eau du baflîn N y ne forte par fes bords, 8c lui donne paffage fous la terre.
- La Figure p repréfènte la même Fontaine telle qu elle eft*
- P L A N C H E XX*
- Les Figures t 8c cl repréfentent deux Pinces, dont les Plombiers fe fervent pour ouvrir les Regards des rues. A , eft une pincé crochue. B y eft une pincé direéte.
- La Figure 3 repréfente un Regard ouvert. A, én eft le dedans. B, eft un Robine t.
- La Figure 4 repréfente un Tampon dont on fe fert pour boucher l’orifice des tuyaux. A, eft la partie qu’on y fait entrer.
- La Figure y repréfente une Pioche. A, eft ce qui entre dans la terre*
- La Figure 6 repréfente un Ouvrier qui fait un fofle. A y eft la terre qu’il retire. B, le tuyau qu’il travaille à découvrir.
- La Figure 7 eft un foffé entièrement fait, où des Ouvriers travaillent* A, ell
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- ^$4 'Explication des Flanches.
- un feau plein cTeau qu’on tire du fond du fofle, afin de pouvoir y travailler. B, eft le dedans du fofle. C, eft un tuyau qu’on dégorge. D, eft la Sonde qu’un Ouvrier y fait entrer à cet effet.
- La Figure 8 repréfente cette Sonde en grand. A , font les anneaux qui font au bout de chaque branche de la Sonde, qui font qu’on la plie & déplie fort aifément. B, eft le tire-bourre qu’on fait entrer d’abord dans le tuyau qu’on veut dégorger , & qui s’attache aux queues de renard qui s’y font gliflees, par le moyen duquel il eft enfuite fort aifé de les retirer.
- La Figure 9 repréfente un Siphon qu’on emploie lorfque la fonde ne fait point tout fon effet. A, B , font les deux orifices du tuyau, par lefquels l’eau monte &defcend. C, £, font les deux branches du Siphon. D, eft l’endroit où monte l’eau.
- La Figure 10 repréfente un Sac, que les Plombiers ont coutume de porter avec eux lorfqu’ils vont dégorger quelque conduite. A, eft une piece de coutil qui eft attachée aux cordons du fâc.
- La Figure 11 repréfente un Fourneau où l’on allume du charbon pour y faire fondre de la foudure. A, B, C, font trois entailles faites pour fupporter le fer à fouder qu’on y fait chauffer. D , eft l’anneau par lequel on le prend.
- La Figure 12 repréfente la Marmite qu’on pofe fur ce fourneau, & dans laquelle on met la foudure en fufion. A9B9C, font les trois jambes fur lefquelles appuie la marmite. D , en eft l’anfo.
- La Figure 13 repréfente un Polaftre appliqué fur un tuyau pour le réchauffer; A, B, en font les côtés. C, D , deux clous qui forment un double axe, par le moyen defquels on peut l’étendre ou le fermer. E, eft l’endroit où l’on met le charbon.
- La Figure 14 repréfente un Ouvrier qui fait fondre de la foudure. A, eft la marmite dans laquelle elle fond. B, le brafier ; C, le foufflet qui l’allume.
- La Figure iy repréfente un Ouvrier qui travaille dans un fofle. Ay eft le dedans du fofle. B, l’échelle par laquelle l’Ouvrier y eft defcendu. C, le tuyau qu’il foude. D> la plaque de plomb qu’il lui applique. JE, le coutil avec lequel il ramafle fà foudure. F, le fer à fouder avec lequel il l’unit. Au haut du Re-i gard eft un autre Ouvrier qui lui apporte un nouveau fer à fouder ; parce que comme ils fo refroidiflent vite, il en faut plufieurs pour les appliquer tour-à^ tour à mefure qu’il eft néceflàire.
- PLANCHE XXL
- L a Figure r repréfente un Lavage domeftique de cendrées , pour les difpoi fer au rafinage. A9 B, C, D, font quatre tonneaux , dont trois font pleins! d’eau , & dans lefquels fe font trois différents lavages ; le quatrième eft percé des deux côtés, & reçoit les cendrées pour les égoutter. E, febile avec laquelle
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- Explication des Planches. îSfr
- on prend les cendrées. Fy truelle avec laquelle on les y remue pour les faire détacher des corps étrangers. •
- La Figure 2 repréfente un Ouvrier qui tire de l’eau pour remplir ces ton* neaux.
- La Figure 3 repréfente la Sebile féparément,
- La Figure 4 repréfente un fécond Lavage différent du premier. G s font des cendrées qu'on plonge dans la rivière. H9 eft le panier dans lequel elles font contenues. L, eft le courant de la riviere. I, grand drap étendu au bord de la riviere, for lequel les cendrées lavées font écartées pour fe fécher* K, charrette fur laquelle on charge les cendrées.
- PLANCHE XXII.
- L a Figure 1 repréfente le Creufet où les Plombiers-rafineurs jettent leurs cendrées après les avoir préparées à être fondues. A , eft une ouverture de 4 pouces de long, fur 6 pouces de large, qui forme le foyer du creufet * dans lequel on jette le charbon & les cendrées9 foit de plomb, foit d'étain , pour, leur rendre leur phlogiftique. B, canal par où fort le plomb ou Pétain qu’on raflne. C, chaudière de fonte d’environ un pied de haut, fur 2 pieds de large , pour recevoir le plomb qui coule par le canal de ce creufet.
- La Figure 2 repréfente une coupe de ce même Creufet. A , eft le canal qu’il forme en dedans. B > eft une plaque de fer qui eft au-devant du canal, & qui a une ouverture de 4 pouces, par laquelle fort le plomb ou l’étain qu’on raflne. D, eft une autre plaque de fer qui, étant coudée, revêt le devant du canal.
- E y eft une autre plaque de fer qui eft en dedans du canal, pour réfifter aux coups de pince qu’on donn een dedans du creufet pour le décharger, c eft-à-dire, en retirer le mâche-fer après que tout le plomb eft forti des cendrées.
- La Figure 3 eft un plan du même Creufet, où les mêmes chofes font désignées par les mêmes lettres.
- LaFigure 4 repréfente un Soufflet dont la tuyere répond au coude que fait le creufet dans la conduite de décharge. FG9 brimbale par le moyen de laquelle on fait jouer le foufflet. H, point d’appui où elle eft attachée, & qui donne à l’Ouyrier la facilité de faire aller le foufflet plus aifément.
- Les Figures 5,6 8c 7, repréfentent des Pinces de plufieurs grandeurs & de différentes elpeces, dont les Plombiers-rafineurs fe fervent pour faire fortir le mâche-fer de leur creufet & le décharger : d’un côté elles ont un bouton ; c eft on les prend : de l’autre elles font taillantes.
- La Figure 8 repréfente la Maffe avec laquelle les Ouvriers frappent ces pinces pour les faire entrer dans leur creufet.
- La Figure ÿ repréfente l’Ecumoire dont les Plombiers-rafineurs fe fervent pour écumer le plomb ou l’étain qu’ils ont tiré de leurs cendrées, dans laquelle Plombier^ Aaa
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- 'Explication des Planches*
- ils reçoivent aulïî le mâche-fer qu'ils tirent de leur creufet, afin qu'il ne tombe pas dans la chaudière.
- La Figure io repréfente une Pince différente des autres, plus courte & plus groffo, avec laquelle on brife le mâche-fer qui eft dans le creufet, par le haut du foyer ; pour cet effet on monte fur une chaife , afin d'en être plus à portée* La Figure n repréfente un Mortier , dans lequel on pile le mâche-fer qui retient encore du plomb, pour le rafiner & en charger de nouveau le creufet.
- La Figure 12 repréfente des Lingotieres qui font de potin , & qui ont envi-? ron 2 pieds de long, for 4 ou $ pouces de large, 8c 2 pouces de profondeur 9 dans lefquelles les Plombiers-rafineurs coulent leur plomb ou étain provenu des cendrées , pour les rendre aux Plombiers.
- PLANCHE XXIII.
- L a Figure I repréfente une Boîte quarrée de plomb , garnie de fon cou^ vercle , qui forme un Cercueil femblable à celui qu’on a trouvé en Auvergne, & qu’on a expofé depuis au Cabinet de Curiofités du Jardin du Roi.
- La Figure 2 repréfente une Table de plomb , fur laquelle on voit le deffous d’un Cercueil defliné 8c prêt à être coupé. A B , eft une ligne qu’on a tirée dans le milieu de la table de plomb, pour forvir de réglé à toutes les autres lignes. C, cercle pour former la tête du Cercueil. On voit à côté de ce cercle deux petites feétions que Ton a laites pour avoir la ligne droite D E , qui tra-verfe le centre du cercle. FC, eft une ligne horifontale à la première , qui coupe la circonférence G du cercle C, & for laquelle on a pris deux centres , pour tracer les deux petits cercles p,q, qui doivent former le col du Cercueil. HI9 eft une troifieme ligne horifontale aux deux premières. K, Z; M, font deux lignes courbes qui viennent aboutir à la ligne HI, en égale diftance de la ligne A B, au bout defquelles on a pris un double centre pour faire les deux cercles /z,u, qui doivent former les épaules du Cercueil. Ces doubles lignes qui traverfont les centres des petits cercles*/?, q, font pour marquer l’endroit de la coupe. R, eft un autre cercle qui doit former le pied du Cercueil. S T, eft la ligne fur laquelle fon centre eft pris, 8c qui marque où doivent fe terminer les lignes qui doiyent former le corps du
- Cercueil.
- La Figure 3 repréfente ce deffous de Cercueil découpé, 8c tel qu’il faut qu’il foit pour qu’on puiffo lui fouder fon pourtour.
- La Figure 4 repréfente un delfos de Cercueil, modelé & coupé for le deffous du Cercueil.
- La Figure y repréfente un Maillet > dont les Plombiers fe fervent pour battre à froid 8c forger le plomb qu’ils emploient aux Réfervoirs ou aux Cercueils.
- La Figure 6 repréfente un Ouvrier qui forge du plomb fur une pierre de liais.
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- Explication des Flanches. 187
- La Figure 7 repréfente une Table & deux Ouvriers qui fbudent le pourtour d’un Cercueil ; l’un le déroule d’un bout , l’autre lui applique le fer à fouder.
- La Figure 8 repréfente le pourtour d’un Cercueil féparé de fon fond, pour faire voir quelle forme il doit avoir.
- La Figure 9 repréfente deux Ouvriers qui tiennent un Cercueil à moitié fait.
- La Figure 10 repréfente la coupe d’un Cercueil achevé, pour montrer la forme qu’ils ont en dedans.
- La Figure n repréfonte un Cercueil en entier, tel qu’il eft lorlqu’on le'porte dans le caveau : on voit fur le deflus du Cercueil une plaque de cuivre ou Épitaphe , for laquelle les qualités 8c la condition du mort font gravées, & dont les quatre coins font étamés 8c foélés par quatre cachets de foudure.
- PLANCHE XXIV.
- L a Figure 1 repréfente la maniéré de deflîner les Cœurs foudés, deftinés $ renfermer des cœurs humains. A, table de plomb for laquelle on voit une moitié de Cœur tracée. B, ligne qui marque le milieu du Cœur. C9 autre ligne for laquelle font pris deux centres. D9 E, deux cercles. F, G, lignes qui les tra-( verfent. H 9 autre cercle. /, K, lignes qui forment la pointe du Cœur. .
- La Figure 2 repréfente la même moitié de Cœur féparée de la table de plomb1 où on l’a d’abord tracée.
- La Figure 3 reprélente une Table , & un Ouvrier qui frappe for cettd table, une moitié de Cœur dans le milieu, pour la rendre un peu convexe d’un côté , & concave de l’autre.
- La Figure 4 repréfente un Ouvrier qui preifo les bords de deux moitiés de Cœur contre une table, pour les égalifer & les dilpofor à être foudées.
- La Figure 5 repréfente une Plaque de cuivre pour fervir d’Épitaphe, de la même maniéré que celle qui a été employée au Cercueil.
- La Figure 6 repréfonte le Moule dans lequel on coule les Écritoires. B, C deux pièces dont il eft compofé, qui roulent for leur charnière JD. E9 F , double charnière du moule pour le fermer ou l’ouvrir. G y H, clous qui arrêtent ces charnières, g, dedans du moule qui eft vuidé en forme d’Êcritoire. K, noyau qui forme la boîte de l’Écritoire.
- La Figure 7 repréfente les deux pièces B9 C9 féparées du refte du moule.
- La Figure 8 repréfente l’Écritoire fondue & fortie de fon moule.
- La Figure 9 repréfonte un Moule à Gardes-papiers. A , eft le moule en entiei: 8c fermé.
- La Figure 10 repréfente le même Moule ouvert. B 9C9 font les deux parties dont il eft compofé ; D9 en font les charnières ; E 9 F 9 font des clous qui tiennent les charnières ; G, H9 chappes, dont l’une eft en-haut du moule, & l’autre au bas. j, dedans du moule creufé en forme de petite trompette renverfée*’
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- l88 Explication des Vtanches.
- K9 ouverture par laquelle on jette le plomb. Z, Garde-papier forti du moule.
- La Figure 11 repréfente un Plomb à niveau, rond comme une petite boule;
- La Figure 12 repréfente un autre Plomb à niveau, mais quarré. A, eft la corde à laquelle ils font attachés. D, ligne qui eft tracée fur la bande de bois qui traverle Péquerre pour marquer 1 a-plomb.
- La Figure 13 repréfente un Moule à Niveau, vuidé en rond en dedans.
- La Figure 14 repréfente un autre Moule à Niveau, vuidé en quarré en dedans; B, boulon ou noyau qui eft dans le milieu de chaque moule , & qui le traverfe pour former le trou qui eft dans le milieu de chaque Plomb à niveau , & dans lequel on paffe la petite corde qui les tient. C, jet par lequel oh verfe le plombé dans fintérieur de chaque moule.
- La Figure 15* repréfente un Cœur à anneau.
- Les Figures 16 & 17 repréfentent deux Cœurs qui ont des trous qui les traverfent en place d'anneau, auxquels on les attache.
- Les Figures 18 & 19 repréfentent le Moule des Cœurs à anneau. A9 eft la moule. B, chappes qui attachent le moule. C, clous qui entrent dans les chap-pes. D, dedans du moule qui eft vuidé en forme de Cœur. E, jet par lequel on jette le plomb dans le moule.
- Les Figures 20 & 21 repréfentent le Moule des Cœurs percés, qui eft difféJ xent du premier. A, eft le moule. B9C9 petits boulons ou noyaux qui -le traverfent. D, chappes du moule. E, dedans du moule. F, jet par où le plomb coule dans le moule.
- Fin de ïExplication des Flanches,
- i
- EXPLICATION
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- à
- EXPLICATION DES TERMES
- PROPRES A L’ART
- DU PLOMBIER.
- A
- j ou T oi r, C’eft une piece de cuivre ronde & à jotfr , que Ton fonde à l’extrémité des conduites des Jets-d’eau , & qui en forme la gerbe,page 130*
- Ajujlages , ou petits tuyaux de fonte fer-vant aux Fontaines, que l’on ajufte au bout d’un tuyau de Fontaine , pour en faire fortir l’eau en différentes maniérés. Il y en a qui font à têtes d’arrofoirs ; d’autres qui forment des fleurs-de-lys ; d’autres des vafes de di-verfes façons , comme il s’en trouve à Ver-failles , page 12p.
- Amboutir quelque piece de plomb ou autre métal, ceft. la rendre convexe d’un côté & concave de l’autre , page $3.
- - AmortLjJement. Par cc mot les Plombiers
- entendent tous les ornements qu’ils font fur les bâtiments, & qui peuvent concerner leur Art, page p 2.
- Angle ; ( cuvette à ) c’eft une cuvette dont le doflier eft à angle. On les fait de cette maniéré pour les placer dans l’encoignure des murs, page
- A-plomb ; mettre un tuyau à-plomb, c’eft le pofer perpendiculairement à l’horifon. On dit qu’un tuyau eft bien à-plomb, lorfqu’il cft bien droit. Voyez Niveau,
- Ardoife de plomb ; c’eft un morceau de plomb mince, taillé de différentes façons en ardoife pour la couverture des Dômes ou Clochers : les unes font en forme de cœur ; les autres quarrées fimplement ; les autres ovales , félon le goût de celui qui les emploie, page 72.
- Arêtiers de plomb. On nomme Arêtiers, les quatre angles d’un Pavillon : on donne le même nom au plomb qui les couvre, page
- 7?’
- Arrofoir, C’eft un entonnoir , pour le plus fouvent, avec lequel les Plombiers arrofent le fable de leur moule ; quelquefois c’eft un arrofoir ordinaire, tel que celui des Jardiniers, page p SC 10.
- Attelles, Ce font deux morceaux de bois creux, qui, étant mis l’un contre l’autre, font une poignée qui fert aux Plombiers à prendre leurs fers à fouder. Les Vitriers
- Plombier*
- nomment, au contraire, Mouflettes, celles dont ils fe fervent pour le même ufage, page$i.
- Attelier, C’eft le lieu ou les Plombiers s’établiffent ôt travaillent aux différents ouvrages qui concernent leur Art. Tous les Artiftes donnent le même nom à leur Laboratoire , page 48.
- Attijoir, C’eft une barre de fer crochue par un bout, dont les Plombiers, & généralement tous les Fondeurs, fe fervent pour attifer leur feu. Voyez Fourgon,
- Auge. C’eft un vafe de potin qui eft au haut du moule où l’on coule les tables avant de les laminer. Il reçoit, par le moyen d’un canal de tôle portatif qui le lui tranfmet, le plomb qui eft dans la chaudière , Ôc le verfe fur le moule par le moyen de deux bafcules que deux Ouvriers abaiffent, & qui l’enle-vent lorfqu’il eft temps de couler le plomb qu’elle contient, page 30.
- Auget, Les Plombiers appellent ainfi un vafe long qu’ils rempliffent de plâtre, & qu’ils portent avec eux lorfqu’ils vont pofer les tuyaux des maifons, ou autres ouvrages qui le demandent : c’eft à peu-près le même que celui dont fe fervent les Maçons, page
- 54.
- B
- Baguette, Les Plombiers entendent par ce terme les remplis qu’ils font à chaque bord des tables dont ils fe fervent dans la couverture des Eglifes, pour fuppléer à la foudure, que l’on n’y emploie que le moins que l’on peut, attendu que la gelée la brife, & pour que l’eau du ciel ne s’infinue pas jufqu’à la charpente, quelle pourriroit, Afin de joindre l’agréable à Futilité, ils arrondiffent ces remplis avec leurs battes en forme de baguettes,1 qui prennent depuis l’entablement du mur jufqu’au haut du faîtage. C’eft ainfi qu’eft travaillée la couverture de FÊglife de Notre-Dame de Paris , page 70.
- Bandes de plomb, C’eft, en général, un morceau de plomb long, qui n’a point encore été employé à aucun ouvrage , page 4p.
- Bafcule, C’eft une chaîne de fer à poî-
- Bbb
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- Explication des Termes
- gnée qui f attirant le levier auquel elle eft attachée , l’oblige à baiffer d’un bout, ôc à hauffer de l’autre , ôc par ce moyen à enlever le poids qui lui eft attaché : c’eft de ces bafcules dont fe fervent les Ouvriers de la Manufaéture du Plomb laminé , pour enlever leur auge ôc la verfer fur leur moule , page 3 0.
- Bafque ou Lanufure, eft une piece de plomb qu’on met au droit des arêtiers, ôc îous les épies ou amortiffements. On la nomme ainfi ? parce quelle eft coupée en forme de bafque , page $2.
- Bavette. On appelle ainfi une bande de plomb qui couvre les bords ôt les devants des chaîneaux que l’on met aufli fur les grandes couvertures d’ardoife, au-deffous des bourfeaux ,page 82.
- Bavures. Voyez Laifes.
- Bomber > c’eft arrondir quelque chofe. Bomber une plaque de plomb, c’eft la rouler en tuyau. Voyez Amboutir.
- Boudin. Les Plombiers nomment ainfi la boue qui fort des tuyaux qu’ils dégorgent par le fecours du fiphon ou de la fonde > page 138.
- Boulon ; c’eft un morceau de fer rond, qui fert de noyau pour faire les tuyaux de plomb fans foudure : il eft de toute la longueur du moule. C’eft de ce morceau de fer dont les tuyaux qu’on fond, reçoivent
- leur diamètre. Il y en a de plus ou moins gros , félon la groffeur du moule , pages 44 SC 45'.
- Bourrelets. Ce font les bords d’une plaque de plomb roulés. On les appelle ainfi, parce qu’ils reffemblent à de véritables bourrelets. On a coutume d’en faire au-devant des cuvettes des chaîneaux > qu’ils fortifient beaucoup , àtc.page $5.
- Bourrer. Les Plombiers difent que leur plomb bourre, lorfqu’il s’arrête fur le fable ,
- & qu’il y forme ce qu’ils appellent des marrons. Voyez Marron.
- Bourfeau ou Bourfault ; c’eft un gros membre rond, fait de plomb, & qui régné dans les grands bâtiments , au haut des toîts couverts d’ardoife. Au - deffous du Bourfeau , il y a une bande de plomb, que l’on nomme Bavette. Le petit membre rond qui eft encore fous la bavette , s’appelle Mem-bron. La piece de plomb qui eft fous les épies ou amortiffements, fe nomme la Nu-fure ou Bafque, parce qu elle eft coupée en forme de bafque. Voyez Bavette.
- Bourfeau à battre ; c’eft un morceau de bois léger, dont les Plombiers fe fervent pour faire le bourrelet de leurs cuvettes, page
- Branches de tuyaux ; ce font plufieurs tuyaux joints enfemble par des nœuds de foudure. Voyez Nœuds de foudure.
- Brajier. Les Plombiers en font deux t un
- deflous Ôc l’autre deffus leur chaudière , quand ils commencent à mettre leur plomb en fufion, afin d’en accélérer la fonte, page
- Bretelles. On appelle ainfi les fangles des hottes que les Ouvriers prennent lorfqu’ils ont quelque chofe à porter.
- Brides. Ce font deux plaques de fer quar-rées ôc vuidées en rond dans le milieu : elles font faites pour tenir lieu de foudure. Elles prelfent les extrémités des tuyaux par des vis ôc des écrous qui font aux quatre coins de chaque bride. Pour que l’eau ne tranfi-pire pas, ôc pour mieux prelfer les tuyaux l’un contre l’autre, on met entre les rebords des tuyaux une couronne de cuir. On fe fert des brides pour des tuyaux d’un gros diamètre, ôc qui ne peuvent être ajointés par des nœuds de foudure, pages 112
- ll3' , r
- Brifês ; ( pannes de ) ce font plufieurs tables de plomb qui couvrent la partie fupé-rieùre des combles, Ôc qui vont jufqu’au faîte, ou à l’endroit où le toît eft brifé : de-là vient qu’on les nomme Bannes de bnfés, page 65.
- Buveau ou Beveau9 eft un infiniment fem-blable à une équerre ; la différence qu’il y a,1 c’eft que l’équerre demeure fixe, ôc que les branches en font immobiles ; au lieu que celles du Buveau fe ferment ôc s’ouvrent comme l’on veut, pour prendre ôc pour tracer toutes fortes d’angles. Outre cela les
- branches d’une équerre font à droite ligne 5 celles du Buveau ont quelquefois une forme ronde, Ôc font bombées ; quelquefois il n’y en a qu’une qui le foit, ôc l’autre eft droite : d’autres fois elles font courbées ôc creufes en dedans, ou bien il n’y en a qu’une qui eft de la forte, ou même la moitié d’une. Ainfi on en fait de plufieurs façons, félon le befoin qu’on en a. Les Plombiers s’en fervent pour s’éviter la peine de tracer différentes lignes qu’il leurferoit indifpenfable de faire fans cet infiniment. On dit le Buveau.de deux plans ^ pour marquer l’inclinaifon qu’il y a , p. 3*4.
- C
- Canal ou Tuyau de defeente $ c’eft un tuyau qui fert à conduire les eaux d’un toît jufqu’en bas, que Vitruve appelle page 6 4.
- Canal <T aqueduc ou Gargouille, eft un cordon de pierre de taille bombé, qui four tient les tuyaux de conduite ,page 134.
- Cafcade ou Cafcate. On nomme ainfi les endroits où les Plombiers conduifent une chute d’eau par le moyen de plufieurs tuyaux, foit quelle foit naturelle , foit qu’elle foit faite par artifice,comme celles que l’on fait dans les Grottes ôc dans les Jardins , pour faire tomber l’eau de haut en bas par diverfes chûtes ou degrés }page 131 SC 132,
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- propres à tArt
- Cerédrèes% Les Plombiers nomment ainfi les écumes qu ils enlèvent de la fuperfïcie de leur plomb , quand ils le mettent en fufion. Voyez Crajfes.
- Cercueil. Les Cercueils des Plombiers font compofés de trois pièces , d’un pourtour, d’un deflus ôc d’un deflous. La figure du col eft découpée fur le deflus & fur le deflous : on les foude avec force foudure, afin qu’ils fe confervent plus long - temps, pages. i£3 SC 1^4.
- Chaîneau ; ( Compluvium ) c’eft le canal ou gouttière de plomb, dans lequel toutes les eaux de la couverture d’un logis tombent pour fe décharger dans les cuvettes & tuyaux de plomb. Dans les grands Edifices, on ne les fait point en plomb ; on ne fait Amplement qu’une, rigole taillée dans la pierre, dont les eaux coulent dans les gargouilles.
- Il y a des Chaîneaux de plomb , qu’on nom* me à bords, lorfqu’ils ne font que rebordés par l’extrémité ; ôc d’autres qu’on appelle a bavette, quand ils font recouverts d’une bande de plomb,page 60.
- Chappes ; ce font les deux poignées ou tenons qui fervent à fermer ou ouvrir le moule dans lequel les Plombiers font fondre leurs tuyaux, pages 43 , 44 SC 45’.
- Charbons. Les Plombiers en jettent dans leur plomb pour le révivifier, page 7.
- Charge. On dit que le creufet du rafinage
- eft bien chargé 9 lorfqti’ora y a mis plufieurs
- couches de charbon & de cendrées , page
- 14 6.
- Charger le creufet ; c’eft le garnir de charbon ôc de cendrées, page 146.
- Charnière ; c’eft ce qui joint une partie du moule à tuyau avec l’autre, en forte quelles peuvent fe replier l’une fur l’autre ôc tourner fur leur centre. Elles font, ainfi que le moule ôc fes chappes, faites de potin, ou autrement dit, d’un compofé d’arcol,c*eft-à-dire,de l’excrément du cuivre jaune ôc de plomb alliés Ôc fondusenfemble,pages 143, 144 14$.
- ChaJJis, Les Plombiers appellent ainfi une grille de fer qui enveloppe la poêle qui eft au bout de leur moule à tables, pages 5? SC 10.
- ChaJJis du Laminoir ; c’eft l’endroit où les tables fe laminent : il a environ jo pieds de long ; il eft couvert de rouleaux mobiles fur leur axe, pour que les tables gliffent plus aifément, page 26,
- Chaudière ; c’eft le vafe dans lequel les Plombiers font fondre ou leur plomb ou leur foudure : elle eft à tenons ou oreillons, qui font noyés dans la maçonnerie du fourneau, page*.
- Chevalet ; les Plombiers s’en fervent pour fupporter les tuyaux qu’ils foudent, p, yo.
- Chevrette. Les Plombiers appellent ainfi un chenet de fer un%peu haut, qu’ils mettent dans le foyer de leur fourneau pour élever le
- du Plombier. xpr
- bois ôc lui donner du jour, afin qu’il brûle mieux, page 4.
- Cifeau, eft un inftrument pour gratter le plomb , ôc en enlever les premières écaillu-res, afin que la foudure y prenne mieux. Les Plombiers s’en fervent pour les tuyaux rou-lés, pour les cuvettes, ôc dans les Réfervoirs*’ Voyez Grattoir.
- Clavette, eft une efpece de clou que l’on met dans les chappes du moule à couler les tuyaux, pour le fermer plus folidement, afin qu’il ne s’ouvre pas lorfqu’on y coule le plomb ; comme elle y entre avec un peu de force , & quelle y eft gênée, on la fait fortir à petits coups de marteau, lorfqu’on veut rouvrir le moule pour en retirer le tuyau qu’on y a coulé, pages 44 SC 46.
- Cœurs de plomb. Il y en a de deux fortes ; les uns font fondus, ôc fervent pour les lampes des Eglifes, ou pour fufpendre des cages d’oifeaux. Les autres font foudés ôc contournés fous la main : c’eft pour renfermer des cœurs humains,pages 1 yé, 161 SC 162.
- Comble. Il y en a de pointus, de plats, de brifés, qu’on appelle à la manfarde, ôc de plufieurs autres façons. On les couvre ordinairement en plomb, pages 67 SC 68.
- Compas. Il y en a de plufieurs fortes ; celui des Plombiers eft fort grand, ôc il eft de fer. Ils s’en fervent pour prendre la mefure de la coupe des différents ouvrages qui concernent leur Art ^ page 4p.
- Compajfer. Les Plombiers appellent com-paffer un doiïier ou devant de cuvette, lorfqu’ils mefurent avec le compas la grandeur qu’ils doivent avoir , p. £4.
- Conferve. Réfervoir où l’on garde l’eau pour la diftribuer dans des aquéducs ou canaux. Voyez Réfervoir.
- Coquille de plomb \ c’eft un grand vafe de plomb qui eft fait en forme de coquille. Il y en a une au puits de Bicêtre, pour en recevoir les eaux , page 121.
- Corde nouée ; c’eft un cable où l’on fait ^ de 6 pouces en 6 pouces, im gros nœud. On l’attache par un bout, l’Ouvrier monte par l’autre > par le moyen de deux étriers Ôc d’une fellette, qui ont chacun un crochet qu’il fait entrer dans les nœuds de la corde : cela demande beaucoup d’adreffe, page 63, Cornière ; c’eft le canal de plomb qui eft le long de l’angle de deux grands corps de logis* V oy. Gouttière.
- Couteau. Les Plombiers s’en fervent lorf-; qu’ils ont defliné ce qu’ils ont à prendre de chaque table, afin de le couper. Le Tire-ligne commence par faire une petite fépara-tion. Le Couteau, frappé par le marteau finit le refte, page 4p.
- Couture, maniéré d’accommoder le plomb fur les couvertures ; c’eft un repli qu’on fait entre deux tables de plomb. Voy. Bourrelet. Couverture• Il y en a de plufieurs fortes :
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- Explication des Termes
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- les unes font des Combles , les autres des Pavillons, les autres des Dômes, ôcc. On entend par Couverture de plomb, plufieurs tables de plomb réunies ôt attachées enfem-fele, qui couvrent le haut des maifons ou des Eglifes. Dans les premiers fiecles, félon Vitruve ,les Couvertures des maifons étoient toutes plattes ; mais comme on vit quelles ne garantiflbient pas de l’eau ôc des neiges, on les exhaufla dans le milieu, c’efl>à-dire , qu’on fit des Combles plus ou moins élevés, félon les divers climats , ôt félon les matières dont on les couvroit , page 67.
- Craie ; c’eft la matière avec laquelle les Plombiers, ainfi que tous les autres Artiftes, tracent leurs lignes pour deffiner leurs ouvrages avant que de les couper, p. 34.
- Crampons. Voyez Oreillons.
- Crapaudine ; c’eft une plaque de plomb à jour, qu’on met dans le dedans des cuvettes , afin que les ordures ne paffent pas dans les tuyaux de defoente , Ôt ne les engorgent pas, page $7,
- Crajjes ou Ecumes. Les Plombiers appellent ainfi des parties de plomb qui ont perdu leur phlogiftique en fondant ; iis les tirent de leur chaudière par le moyen d’une écumoire faite en forme de poêle à marron , pour les révivifier enfuite au creufet, page 4.
- Cremaillere ; c’eft une barre de fer dentée, qui tient au cric ôt au boulon du moule à tuyaux , par le moyen de laquelle on fort ce boulon du moule quand le tuyau eft fondu , page 45.
- Creufet ; c’eft un fourneau à forge , dont on fe fert pour rafiner & révivifier les miettes & cendrées de plomb, après les avoir lavées, pages 144 SC 148.
- Cric ; c’eft un rouage compofé d’une roue ôt d’une lanterne, ôt enfermé dans une boîte de fer, par le moyen duquel on tire le boulon ou noyau des moules à tuyaux,page 47.
- Croûte d'étairu Les Plombiers nomment ainfi une couche d’étain appliquée fur une table ou ardoife de plomb , ou for quelque amortiflement, pages $q SC p8.
- Cuiller ; c’eft le vafe avec lequel les Plombiers puifent leur plomb mis en fufion dans la chaudière, pour le porter dans la poêle qui eft au bout de leur moule : elle reftfemble à une caflerole , pages 9 SC 10.
- Cuvette• ( Compluvium. Vitruve. ) On nomme ainfi un vafe ou une capacité de plomb qu’on met deflbus ou à côté des fenêtres à chaque étage des maifons , pour éviter aux Locataires la peine de defcendre leurs eaux : elle reçoit l’eau non-feulement des Particuliers, mais même du tuyau fupé-rieur ôt des toits d’où elle tombe. Il y a des Cuvettes de quatre efpeces ; les unes font rondes, les autres quarrées , les autres à hotte & doflier plat, les autres font angulaires 9 pages 53 ; S J éC 58.
- Cuvettes de concejjion ; ce font celles qui tiennent aux Ré fer voir s , page 108.
- Cylindres ; ce font deux rouleaux de fer fondu, d’un pied de diamètre , dont les Plombiers-rafineurs font ufage pour laminer leurs tables, ôt qui les mordent jufqu’à ce quelles foient au point où on les veut,page
- Déblanchir les tables, ardôifes ôt a mortifiera ents , c’eft leur ôter la croûte d’étain dont ils ont été revêtus. Cela fe fait par le moyen d’un réchaud plein de braife que l’on met fous les tables, qui échauffe le plomb Ôt fait fondre l’étain, qui eft plus duêtile , pages 100 SC loi.
- Déborder les tables de plomb, c’eft-à-dire, les couper des deux côtés avec un couteau ou Débordoir, pour les rendre unies. Voyez Laifes.
- Débordoir ; c’eft l’inftrument avec lequel on déborde les tables. Voyez Couteau.
- Déchargé : mettre un tuyau en décharge > c’eft donner aux eaux qu’il contient, une ifiùe en dehors, en interrompant leur cours ordinaire. Cela ne peut fe faire que par le moyen d’un robinet, qu’on pofe dans un Regard ou autre endroit, ôt qu’on eft à portée d’ouvrir ou de fermer quand on veut.Lorfque les Plombiers veulent dégorger ou réparer quelques tuyaux , ils commencent toujours par-là , page 138.
- Defcentê. ( Fiflula. Vitruve. ) On nomme ainfi les tuyaux de plomb dans lefquels tombent les eaux des chaîneaux qui embrak fent les couvertures, page 64.
- Dôme, de Domus, ou bien du grec «f&yua,’ qui fignifie un toît ou une couverture : Doma inorientalibusprovinciis ipfum dicitur quod apudLatinos teclum. Saint Jérôme ad Sïmo-nem. Mais nous les diftinguonsen notre Langue. On entend par Dôme , les couvertures rondes qu’on fait ordinairement en plomb,1 telles que le Dôme de Saint-Pierre à Rome, celui de la Sorbonne de Paris, du Val-de-Grace, des Jéfuites, des Invalides, ôte. ôt ce que les Italiens nomment Cupola\ car parmi eux le mot de Domo, défigne particuliérement i’Eglife Cathédrale. On eft fort en ufage de les couvrir en plomb : on en fait de petites ardôifes en forme d’écailles de poiflbn, dont on recouvre les champs du Dôme ; les côtes ou arêtes fe garniflent en bandes de plomb , page 77.
- Doffler. Les Plombiers appellent ainfi le derrière de leur cuvette, page y 3.
- E
- Ebarber les tables, c’eft en ôter le fable avec des brofles ; c’eft ce que font les Plombiers-Lamineurs, avant îjuede les mettre fur leur Laminoir, page
- Ecume,
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- propres a T Art
- Ecume. Voyez CraJJes.
- Ecailler le plomb , c’eft le mettre en état de recevoir la foudure. Comme le plomb porte toujours avec lui fur la fuperficie, une cralfe qui empêche que la foudure ne puilfe bien s’y attacher , on le gratte jufqu*au vif, c’eft-à-dire, qu’avec un grattoir on en enle-ve la fuperficie , page 50.
- Ecaillures^ce font les pellicules de plomb qu’on enleve avec le Grattoir ou avec le Cifèau. Il faut les ramalfer pour les jetter ôt faire fondre , li elles font propres, dans la chaudière , ou pour les envoyer au rafinage fi elles font fales, en les mêlant avec les écumes qui proviennent des fontes. On fait plus ordinairement le fécond que le premier, parce qu'on commence par falir le plomb avant de le fouder ; par ce moyen les pellicules qu’on en enleve font prefque toujours couvertes de terre grade, ôt par conféquent hors d’état d’être fondues fur le champ avant d’avoir palfé par le rafinage , page 52.
- Ecumoire ; c’eft une poêle percée avec laquelle les Plombiers écument leur plomb , pages 4 SC %,
- Egout de plomb ; c’eft une plaque de plomb arrondie , qui donne iffue aux eaux qui découlent du toit, & les verfe dans la rue ou dans une cour. Voyez Godets.
- Emboîter des tuyaux ; c’eft les faire entrer l’un dans l’autre» On ne fait pas feulement cette opération pour les tuyaux de defcente, mais encore pour ceux de conduite ; la différence qu’il y a , c’eft qu’on ne fe contente pas d’emboîter les derniers, il faut encore les ajointer & attacher avec des nœuds de foudure. On doit avoir l’attention, dans les emboîtements , de faire entrer le tuyau qui donne l’eau, dans Gelui qui la reçoit, pour ne point mettre d’obftacle au courant de l’eau , pages 64 SC 12$.
- Embranchement des tuyaux. Ce mot lignifie l’aêtion de joindre plufieurs tuyaux en-femble par des nœuds de foudure. On en fait fouvent, mais principalement quand on veut qu'une même eau ferve tour-à-tour à plufieurs chofes différentes ; par exemple , tam tôt à une Fontaine , tantôt à un Jet-d’eau , &c. Il faut alors qu’il y ait des robinets qui lui ouvrent fon cours où l’on veut quelle aille , & qui le lui ferment, au contraire, où l’on ne veut pas quelle aille, page 129»
- Emporte-piece ; c’eft un inftrument fait ert croiffant ôt taillant. Les Plombiers s’en fervent pour mettre à jour les crapaudines des cuvettes , page f 7.
- Enfaîtements de plomb. On nomme airtfi des tables qu’on met au haut des couvertures des Eglifes, ou fur des folives qui font au haut des murs, & qui tiennent lieu de pierre de taille, afin de les garantir des eaux du ciel , & les empêcher de pourrir. Voyez Faîteaux ou Faîtieres.
- Plombier*
- du Plonibieh
- Epingles. Les Plombiers appellent àîrtfi les gouttes de foudure qüi outre-percent dans le dedans des tuyaux qu’ils fondent : moins il y en a, mieux ils font foudés , page $2.
- Epitaphes. Les Plombiers en attachent fur leuis Cercueils & fur les Cœurs qu’ils contournent fous la batte, quand on le leur commande , pages 154. SC 1^7.
- Eponge ; c’eft une grande planche portât tive, dont on fe fert pour diminuer la largeur des tables qu’on coule. Elle eft de toute la longueur & de toute la profondeur de là caiffe du moule. Voici de quelle façon oïl l’arrange dans le moule. On fait d’abord une foffe dans le fable, fur la longueur de fà couche, à telle diftance des bords du moulé que l’on veut ; on l’appuie enfuite par dé petits liteaux portatifs, que l’on met entré cette Eponge & les rebords du moule, pout la tenir ferme : on remet le fable enfuite à fà place; par ce moyen la couche du moule qui fe trouvoit avoir 5 pieds & demi de largeur, n’en a fouvent que trois , ou même deux 6c demi, félon que les tables, dont on a befoin* le demandent, page 13.
- Equerre ; celle des Plombiers eft faite corn-* me toutes les autres. Ils s’en fervent pout defîiner leurs ouvrages avant de les couper * page 49.
- Etabli des Plombiers ; c’eft une efpece de table à pofer leurs outils, ordonner & tra-* vailler leurs ouvrages. Voyez /Moule*
- Etain, Les Plombiers s’en fervent pour faire leur foudure, qui eft compofée de deux tiers de plomb ôt d’un tiers d’étain. Ils s’en fervent aufii pour blanchir les couvertures des Eglifes, des Clochers, des Dômes, mais rarement ; alors ils ne le mélangent pas, pages êC 89.
- Etamer les couvertures des Dômes , des Clochers, des Eglifes, c’eft les blanchir avec de l’étain. On étend chaque table fur des tréteaux ; on en réchauffe le plomb par le moyen d’un réchaud ardent qu’on met def-fous ; enfuite on jette des plaques d’étain fuE, le deftfus de chaque table où elles fondent ôc qu’on écarte avec de l’étoupe fur toute fa fuperficie. Il eft une autre façon de le faire , où le réchaud n’eft pas néceffaire ; c’eft lor£ que les tables viennent d’être coulées , & quelles font encore dans le moule & allez chaudes pour faire fondre l’étain, bien plus duêtile que le plomb. On fe fert de cette dernière maniéré pour blanchir tous les Amor-^ tiffements fondus, pages 90,91 SC 99.
- Etamer les Ajoutoirs, les Robinets, Ôte. c’eft les blanchir avec de l’étain , comme oit blanchit les caflferoles* Pour cet effet il faut en râper le cuivre jufqu’au vif avec une lime* On fait cette opération à l’endroit où on veut les fouder à quelques tuyaux de plomb 5 fans cela il feroit impoffible que la foudure, pût prendre au cuivre, page 127.
- Cce
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- ïp4 Explication des Termes
- Explofion. Les Plombiers ont à craindre une explofion dangereufe, quand ils n’ont pas l’attention de vifiter le plomb qu’ils mettent dans celui qui eft déjà fondu, parce qu’il faut qu’il foit bien fec, page 8.
- Faîtage de plomb ; c’eft la couverture en plomb que les Plombiers mettent fur les toits des maifons ou des Eglifes, Ôc qui couvre le haut des toits , page 62.
- Faltieres de plomb ; ce font plufieurs tables courbées & faites en demi-canal, qu on met au haut des couvertures pour en couvrir le faîte y page
- Fer à fonder. Les Plombiers l’appliquent fur leur foudure après l’avoir frottée avec de la poix-réfine, afin qu’il ne s’y étame pas. Il fert à allier Ôc unir leur foudure. Il y en a de deux fortes ; l’un a la tête en forme d’œuf de poule: il eft pour les tuyaux roulés; l’autre eft en cul de poire : ce dernier eft uniquement employé aux Cercueils & aux Réfer-voirs , parce qu’il laiffe plus de foudure dans les angles, ôc que cela eft néceffaire pour ces fortes d’ouvrages, pages y 1 SC né.
- Fers d' amortijfements ; ce font des morceaux de fer qui fe mettent fur les poinçons qui tiennent lieu d’épies de bois aux bouts des faîtes ôc couvertures en Pavillon. Us fervent pour les vafes de plomb que l’on fait paffer dans ces barreaux de fer , pour orner
- les Combles , page $2.
- Fers de cuvette ; ce font des pièces de fer qui portent & accolent la cuvette de plomb d’une gouttière ou chaîneau. Voyez Gâche.
- Feuillages de plomb. On appelle ainfi certains AmortifTements jettés en moule, ôc quirefifemblent en effet à des feuillages,p.$6.
- Forge des Plombiers ; c’eft une pierre de liais fur laquelle les Plombiers battent leur plomb à froid avec des maillets. Elle eft maçonnée dans le pavé, à un coin de l’attelier qui paroît le plus propre pour cet effet , page 133.
- Forger le plomb ; c’eft le frapper avec des maffes pour le condenfer ôc Faffortiorer. On forge ainfi toutes les tables qu’on emploie aux Réfervoirs, aux Cercüeils & autres ouvrages de cette efpece , parce qu’il faut que le plomb qu’on y emploie ait plus de corps que partout ailleurs. Comme le plomb forgé n’eft que pour fuppléer au plomb laminé , quand on fe fert du plomb de la Manufacture , il n’eft pas befoin de le forger, p, 1^3.
- Fojfe. Voyez Fourneau.
- Fojfés. Les Plombiers appellent ainfi deux creux qu’ils ouvrent au fond de la couche de fable qui eft dans leur moule: ils reffem-blent en effet à deux foffés. On y fait def-cendre, avec le rable, le furplus du plomb qu’il faut pour couler chaque table, Auffi-tôt qu’il y eft tombé, on a grand foin de fépa-
- rer avec une ferpette ce volume de plomb » qui ne laiffe pas d’être pefant, de la table qu’on a coulée, crainte que le plomb , qui fe retire toujours un peu, trouvant quelque réfiftance de ce côté là, ne faffe partager la table qu’on vient de couler , ôc n’oblige les Ouvriers à la recommencer, ce qui demanderoit une nouvelle peine, pages 13 SC ij.
- Fouilles ; ce font des foffés que les Plombiers font forcés de faire lorfqu’il n’y a point de Regard, pour réparer des conduites qui fuient, page 13 j.
- Fourgon 3 c’eft une barre de fer crochue,' avec laquelle les Plombiers attifent leur feu ,
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- Fourneau. Voyez Chaudière»
- Foyer ; c’eft une partie du fourneau des Plombiers, dans lequel on met le bois né-ceffaire à la fonte , ôc fur lequel la chaudière où l’on met le plomb en fufion eft afilfe à-plomb. Voyez Chaudière.
- Fronton. ( Fafligia. ) Ce mot lignifie un toît élevé par le milieu , ce qui, chez les Ro« mains , étoit particulier aux Temples ; car les maifons ordinaires étoient couvertes en plate-forme ; Ôc Céfar fut le premier à qui on permit d’élever le toît de fa maifon en pente, à la maniéré des Temples. Couvrir un Fronton ou le haut des Eglifes en plomb, c’eft le revêtir d’ardoifes ou de tables de plomb , que l’on attache aux voliges & au droit des chevrons. Voyez Combles.
- G
- Gâcher du plâtre, c’eft le détremper dans l’Auge ou Auget avec la Truelle. Les Plombiers en emportent toujours avec eux lorf* qu’ils vont placer leurs tuyaux de defcente. Nicod dit que ce mot vient de l’Allemand ytjfer > qui lignifie Eau, page 64.
- Gâches y ce font des crochets de fer qui font faits en croiffant; la circonférence en eft platte, ôc les extrémités pointues. On les plâtre dans le mur pour foutenir les tuyaux de defcente des maifons , afin qu’ils donnent paffage aux eaux qui defcendent des chaî-neaux ôc gouttières des toits. Les Plombiers s’en fervent encore pour enlever plus aifé-ment le plomb qui tombe dans les foffés de leur moule : jettés dans ce plomb pendant qu’il eft encore en fufion, ils s’y attachent ôc forment un anneau très-commode pour l’enlever des foffés. On les porte avec le plomb dans la chaudière ; ils fe détachent du plomb, ôc nagent bientôt fur fa furface, d’où on les retire, pages 16 ôc 64.
- Gargouilles ; c’eft un cordon de pierre fur lequel font afiis les tuyaux de conduite , page 134*
- Girouettes \ ce font de petites enfeignes de fer-blanc, que les Plombiers mettent au haut des maifons, aux faîtes des Clochers,
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- dès Pavillons , des Colombiers, &c. que le vent a la facilité de faire tourner, afin de faire connoître de quel côté il vient* Les Plombiers en couronnentordinairement leurs amortiffements, page 5>7»
- Godets» Les Plombiers appellent ainfl les gouttières faillantes qui jettent l’eau fur les rues ou dans les cours. Ils font peu enufage ; il n’y a même que ceux qui en ont eu anciennement dans leurs maifons , qui publient les entretenir* Les Tréforiers de France les ont défendus à tous ceux qui feroient bâtir de nouvelles maifons, par l’incommodité qu’ils occafionnent aux paffants dans les temps de pluie* Mais en voulant éviter un mal, on a expofé le Public à un autre bien plus grand* Les Particuliers qui font bâtir, n’ayant pas toujours le moyen de fournir aux frais que leur coûteroient des tuyaux de defeente, font un avancement de toit dont la chute eft plus à craindre que quelques gouttes d’eau, page 6i*
- Gouge, ( Gmia ) mot Gaulois \ c’eft un Outil de fer taillant, fait en croiffant, êt à manche de bois. Les Plombiers s’en fervent pour percer les globes qu’on met au haut des Dômes, afin d’y faire paffer le fer d’amortifi fement qui doit les foutenir : il fert encore aux Sculpteurs, page pj.
- Gouttière ; c’eft un canal de plomb qui fe trouve entre deux combles, & qui en reçoit les eaux, page 61 *
- Graijje. Les Plombiers en font quelquefois ufage en place de charbon, pour révivifier leur plomb , page 7.
- Graijfer les moules à toile, c’eft y paffer du fuif fondu , afin que le plomb qu’on y jette y coule plus aifément, & qu’il ne brûle pas la toile, page ip*
- Graijfoir; c’eft un morceau de linge dans lequel on renferme de la graiffe* Les Plombiers en frottent leur Plane avant de la paffer fur leur couche de fable, afin qu elle la rende plus liffe, page 12.
- Grattoir ; c’eft un infiniment de fer trempé & taillant, fait en forme de triangle, êc à manche. Les Plombiers s’en fervent pour aviver le plomb aux endroits où ils veulent établir leur foudure. Ils en ont de plufieurs fortes, qui fervent tous au même ufage , page jo.
- Grue. Elle eft compofée d’un rouage ÔC d’une ou deux manivelles, & d’un gruau. On penfe que c’eft la même chofe que ce que les Anciens appelloient Corvus. Les Plombiers-Lamineurs s’en fervent pour retirer leurs tables du moule, les monter ôt les défi cendre du Laminoir , page 26 SC 32.
- H
- Haler un tuyau de plomb, c’eft le cha-bler ôc l’attacher à une corde pour l’enlever au haut des murs & l’y placer. On en dit
- âu Plombier*. ïpf
- autant des cuvettes, lorfqu^on les monte pat une corde, & de tout le tefte* Ce mot eft connu des Charpentiers , des Maçons ôè des Tailleurs de pierre , dans le même fens , page $4.
- Halement \ c eft ie noeud qui fe fait àveé le cable, à la piece de plomb qu’on veut élever, page 64.
- Harpe ou Harpon : ôn dit encore Harpi/t Ou Croc 5 c’eft une piece de fer qui tient les pans de bois d’un bâtiment* Quand elle eft expofée à la pluie, il faut, pour empêchet que l’eau du ciel ne coule à travers fur lâ charpente qu’elle tient, & ne la pouirriffe, lâ couvrir toujours en plomb* V* Couverturej
- J
- Jarretières ; ce font deux courroies quë s’attachent aux jambes les Plombiers, lorf-qu’ils fe fervent de la corde ûouée & de lâ fellette, pour aller couvrir le haut d’un Clocher , page 63.
- Jauge ; c’eft un morceau de cuivre jaune rond, fur lequel font marquées les lignes ôc les pouces d’eau* Cet outil fert dans les conceflions d’eau, afin de mefurer la quantité qui revient aux Particuliers qui l’achet-ttnt* Les Plombiers en ont quelquefois, ôc ils s’en fervent ; mais on ne s’en tient pas à ce quils font; l’Architecte de la Ville, qui eft aulîi chargé de cette partie, eft toujours préfent, afin de s’affurer , pour la Ville, qu’on ne prend pas une plus grande quantité d’eau qu’il n’en a été concédé : on lui dé-pofe pour cet effet la Jauge de la Ville * page 118,
- Jauger une eau de concefîion; c’eft examiner fi la quantité d’eau qu’on a prife, n’ex-cede pas celle qu’on a achetée, pàge 118.
- Je ou Rotin* Les Plombiers s’en fervent pour dégorger les tuyaux des maifons >page 66.
- Jet des moules à Tuyaux 5 c’eft l’endroit par où on y jette le plomb* On nomme ainfi celui de tous les moules* Ce Jet forme un entonnoir qui s’élève au-deffus du moule* On a coutume de verfer du plomb dans lô moule jufqu’à ce que le Jet même foit rempli, afin que la pefanteur du plomb qui s’y trouve, puiffe forcer celui qui eft dans le moule à en remplir toute la capacité, & à ne point y laiffer de vuide, page 44.
- Jetter le plomb dans le moule, c’eft l*ÿ verfer. Les Plombiers fe fervent pour cet effet, d’une cuiller femblable à une cafferole, avec laquelle ils puifent leur plomb lorfqu’il eft en fufion , page 46.
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- Labour ; c’eft un outil dont les Plombiers fe fervent pour remuer le fable de leur moulë
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- Explication des Termes
- à tables après ravoir arrofé. Il eft fait à peu .près comme une pelle à bêcher, pages p SC
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- Labourer le fable du moule à tables , c’eft le foulever par mottes, ôc le mettre deffus deffous , page i î.
- étame avant de pouvoir les fouder. Voyez Etamer,
- Limes. Celles dont les Plombiers fe fervent , font de grofles limes de Serruriers; emmanchées à l’ordinaire. Voyez Rappe. Lingoderes ; ce font des vafes ordinaire-
- Laifes ou Bavures, Les Plombiers appel- ment de fonte de fer, plus longs que larges, lent ainfi les bords de chaque table qu’ils Les Plombiers les pendent au bout des mou-çoulent : ils ont le foin de les couper pour les à toile, pour fuppléer aux folles quils quelles foient plus unies avant de les em- ouvrent dans leur moule à fable , ôc recevoir ployer à aucun ouvrage , pages 4p SC f 4. le furplus du plomb nécelfaire à chaque ta-Lames £ étain ; ce font piufieurs éclats ble. Les Plombiers - rafineurs s’en fervent d’étain que les Ouvriers lailfent tomber fur aulïi pour y couler le plomb qu’ils tirent de une table, pour difpofer leur étain à fondre leurs cendrées , après les avoir palfées au
- dus aifément fur les tables qu’ils veulent blanchir. La même chofe s’entend d’un morceau d’étain laminé, page 90.
- Lames de plomb ; cela s’entend des morceaux de plomb extrêmement minces. Voy. Ardoifes.
- creufet ôc écumées. Les Mineurs s’en fervent également pour y couler leurs faumons de plomb , après l’avoir purifié, page 14p.
- Lingots, On donne ce nom au plomb qu’on fort des Lingotieres, page 14p. Lucarne, Garnir üfce Lucarne en plomb ,
- Laminer l’étain ou le plomb, c’eft le ré- c’eft en couvrir les bois qui pourroient être
- duire, d’une certaine épaiffeur qu’il avoit auparavant, à une moindre , par le fecours d’une forte compreflion. Cela ne s’entend pas feulement de l’étain ou du plomb , mais encore de tous les autres métaux, comme le cuivre , l’argent, l’or, ôcc. page 3p.
- expofés à la pluie. Les Lucarnes font des ouvertures qu’on met au-defïùs de l’entablement des maifons, pour donner jour aux chambres en galetas ou aux greniers. Il y en a de diverfes fortes : les unes fe nomment des Lucarnes demoifelles , ôc font quarrées
- Laminoir; c’eft la machine fous laquelle ôc fimples, fans aucun ornement : les autres on comprime les tables qu’on veut laminer. Flamandes ; elles font décorées d’un fron-II eft compofé d’un long chaffis de yo pieds , teau : les autres font rondes, ôc font ornées qui eft couvert de rouleaux; en outre de d’une corniche,page 82. deux cylindres égaux ôc parallèles , ôc d’un Lunette de pLomb ; c’eft une petite fenêtre régulateur. Ce font quatre chevaux, qui tra- que l’on fait dans les toits , ôc que l’on cou-vaillent onze heures par jour, qui le font vre en plomb, page 83, aller par le moyen d’un rouage, qui, par le fecours d’un verrouil, fait tourner les cylindres de différents fens, fans que les chevaux changent d’allure , page 33.
- Lanterne ou Pignon ; c’eft une roue du cric qui eft au haut du madrier des Plombiers. Voyez Cric,
- Lanufure. Voyez Bourfeau,
- Laver les cendrées de plomb , c’eft les
- M
- Mâche-fer, Les Plombiers-rafineurs appellent Mâche-fer y les matières qu’ils retirent de leur creufet, ôcqui font un compofé de charbon, de tuiles fondues, ôc des matières craffes des cendrées de plomb. Ils le pilent dans un mortier lorfqu’ils y voient prendre dans une fébille ôc les plonger dans beaucoup de plomb , afin de l’en retirer. Ils l’eau, en les remuant avec une truelle,page en rechargent leur creufet. Ils s’en fervent 1141. encore pour affembler les tuiles de leur creu-
- fet , lorfqu’ils le refont, en l’alliant avec de la chaux, penfant que c’eft le meilleur ciment qu’ils puiffent employer, page 147.
- Madrier. Les Plombiers appellent ainfi une longue table de chêne , fur laquelle ils
- Lavoir y c’eft un tonneau rempli d’eau.
- Voy ez Tonneau,
- Lecher. Les Plombiers difent que les flammes lèchent bien la chaudière, lorfqu’elles l’enveloppent, page y.
- Levier. Les Plombiers s’en fervent pour pofent leurs moules à tuyaux. Ce Madrier enlever leurs tables de deffus leur moule, porte à une de fes extrémités un cric; au-après les y avoir coulées, pages 9 SC 11, deffous eft une ouverture faite en forme de Liaifon. On dit faire une liaifon d’étain mortaife, où l’on fufpend le moule , page avec du plomb , lorfqu’on fait un alliage de 43.
- l’un ôc de l’autre pour en former de la fou- Maillet y c’eft une efpece de marteau de dure , page y 1. bois dont les Plombiers fe fervent pour for-
- Limer les ajoutoirs des Jets-d’eau, les ro- ger leur plomb , page 1 binets des Fontaines, c’eft enlever avec la Manier le rable avec adreffe , c’eft le lime la fuperficie de l’endroit où l’on veut conduire légèrement d’un bout du moule à que la foudure s’attache. Il ne fuffit pas de l’autre, ôc ne pas laiffer former des marrons les limer ou râper ; il faut encore qu’on les fur les tables ; c’eft en quoi on voit furtouc
- les
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- propres a £ Art du Plombier.
- les Maîtres Plombiers exceller, quand ils font un peu habiles : ils fe plaifent à fixer les yeux des fpeôtateurs , ôc défier leurs Ouvriers , page iy.
- Manivelle ; c’eft une partie de la grue, parle moyen de laquelle on lui communique le mouvement ; c’eft ainfi quon fait aller la grue du Laminoir , quand on veut retirer du moule les tables qui y ont été coulées, ou les élever fur le chafïis pour les laminer, page 32.
- Manfarde ou toit coupé. Garnir une Manfarde en plomb, c eft la couvrir de plaques de plomb, pour empêcher que la charpente ne foit endommagée par les eaux du ciel. Voyez Combles.
- Marrons. Les Plombiers appellent ainfi le plomb de leurs tables coagulé ôc ramaffé en pelottons. Ils proviennent de deux caufes, ou de ce que le plomb qu’on coule eft trop froid, ou de ce qu’il eft trop chaud; parce que dans ces deux cas il s’amoncelle fur le fable ôc arrête le rable : dans le premier cas , parce qu’il ne peut pas couler ; dans le fécond cas, parce qu’il creufe le fable ôc produit le même effet que lorfquil eft trop froid. On doit donc s’appliquer à connoître le degré de chaleur qu’il doit avoir, page 17.
- Marteau. Les Plombiers s’en fervent de plufieurs : ils en portent d’abord un devant eux, qu’ils ne quittent jamais , ôc qui ne leur
- lett principalcnacnt qvi’à fairp, rnnnnîtrf».
- & diftinguer des autres Ouvriers. Il eft de fer, à manche de bois. Ils en ont en bois à tête ronde, pour emboutir les calottes des globes qu’ils pofent au haut des Clochers ou des Dômes. Voyez Battes.
- Majfe ; c’eft un gros marteau de bois dont fe fervent les Plombiers pour forger leur plomb. Voyez Maillet.
- Membron ; c’eft un membre rond de plomb, qui eft fous la bavette. Voy. Bavette.
- Mortaife ou Mortoife. Les Plombiers appellent ainfi l’ouverture qu’il y a en tête de leur madrier, ôc fur laquelle ils fufpendent leurs moules à tuyaux. Voyez Madrier,
- Mortier ; c’eft un vafe de fonte de fer dont fe fervent les Piombiers-rafineurs, pour y broyer leur mâche-fer, lorfqu’ils croient qu’ils en peuvent encore tirer du plomb, page 148.
- Moule à Cœur ; c’eft un vafe de fonte de fer qui s’ouvre en deux, Ôc qu’on ferme avec de petites chevilles de fer. Il eft vuidé en dedans en forme de cœur, Ôc a par le pied un jet par lequel on verfe le plomb. Il y en a de plufieurs grandeurs , afin de fondre des Cœurs de différentes efpeces. Il y en a aufïi de plufieurs fortes ; dans les uns on enfonce, à côté de leur jet, un double boulon ou noyau de fer, avant que d’y jetter le plomb : ils tiennent aux Cœurs qu’on y coule ; on les en fait fortir par le moyen du marteau.
- Plombier*
- *97
- De cette maniéré ce s efpeces de Cœurs fe trouvent avoir deux trous qui les traverfent d’un bout à l’autre, où l’on peut paffer une corde ôc l’y attacher pour faire un contre-oids. Les autres moules font fimples, fans aguette, & on en retire des Cœurs qui n’ont qu’un fimple anneau par lequel on les attache^ L’un ôc l’autre de ces Cœurs fervent à fufpendre des lampes d’Eglife, ou des cages d’oi féaux, page 161.
- Moule à Ecritoires ; c’eft un vafe de fonte de fer qui s’ouvre en deux , ôc qu’on ferme avec de petites chevilles de fer. Il eft vuidé en dedans en forme d’Ecritoire. Il eft ouvert par le haut ; c’eft par cet endroit qu’on jette le plomb ^ page ai
- Moule à Garde-papier ; c’eft un vafe de fonte de fer qui s’ouvre en deux, ôc qu’on ferme avec des petites chevilles de fer. Il eft creufé en forme de cul-d’affiette, ôc vuidé par le haut pour faire une poignée aux Gardes-papiers , afin d’avoir la commodité de les tranfporter d’un lieu à un autre, page 15p.
- Moule à Niveau ; c’eft un vafe de fonte de fer, vuidé en dedans en forme de petite boule ou de petit cylindre: de-là vient qu’on diftingue différentes fortes de plombs à Niveaux ; les uns font ronds , les autres longs , page 1
- Moule à Tables \ c’eft une longue caifife porté*» fur des pieds de charpente , qui eft plus longue que large, fermée d’un couver-' cle de charpente en trois pièces, pour avoir y plus d’aifance de l’enlever ôc de l’y replacer r le tout eft de bois de chêne. La caiffe de ce moule a 8 pouces de profondeur, & contient , dans toute fa largeur ôc longueur y une couche de fable de 6 pouces d’épaiffeur : c’eft fur ce fable que les Plombiers coulent leurs tables de plomb, après l’avoir arrofé, labouré , râblé ôc plané. On ouvre dans le fable deux petits foffés pour recevoir le furplus du plomb néceffaire à chaque table. On nom* me le plomb qui y entre rejeta on le fait refondre après l’avoir retiré de ces foflfés , pages 9 éC 11.
- Moule à Tuyaux ; c’eft un cylindre creux , ouvert par les deux bouts : il porte, près un de ces bouts, un entonnoir qu’on appelle jet, par lequel on verfe le plomb dans le moule , page 43.
- Mouler un tuyau, c’eft le jetter en moule. Les Plombiers font de deux fortes de tuyaux, les uns font roulés, les autres jettés dans des moules, page 46.
- Moulinet ; c’eft une croix de fer à quatre branches, par le moyen de laquelle les Plombiers mettent leur cric en mouvement , quand ils fondent leurs tuyaux, foit pour faire entrer le boulon dans le moule, foit pour l’en retirer. Voyez Cric.
- Ddd
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- Explication des Termes '
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- N
- Niveau qu’employent les Plombiers ; c’eft un infiniment qui leur fert à mefurer le degré de pente quils veulent donner aux chaî-neaux ôc aux gouttières quils pofent fur les toits ; il leur fert aulïï pour marquer l’à-plomb de leurs tuyaux de defcente, Ôc généralement à drefifer Ôc à applanir tout ce qui doit être horizontal. Il y a plulieurs efpeces de Niveaux, qui fe font ou par le moyen de l’eau qui donne immédiatement la ligne horizontale, ou à l’aide du plomb, dont la ligne tombe perpendiculairement fur la ligne horizontale que l'on appelle la ligne de niveau. Le Niveau dont les Plombiers fe fervent , eft à peu-près comme celui des Maçons, Le plomb en eft rond ou quarré , au lieu que celui des Charpentiers eft fort plat ôc percé à jour, pour donner paffage à la vue, afin de mieux adreffer où ils veulent piquer le bois.
- Niveau, ( mettre à ) Cela s’entend de deux maniérés ; lavoir, lorfqu on dit mettre une ou plujieurs chofes de niveau fuivant la ligne horizontale y ou les mettre à niveau fui-*vant leur pente, c’eft-à-dire y fur une même 'ligne inclinée, Les Plombiers appellent mettre une gouttière ou chameau de niveau, lorfqu’ils les inclinent fuivant la ligne des rebords des deux combles ou du toit * j>age 60,
- Nœuds de foudure. Les Plombiers nomment ainfi une certaine quantité de foudure xamaffée entre deux tuyaux aboutis l’un contre l’autre, pour les attacher enfemble Ôc empêcher que l’eau n’en forte. Ils ont coutume de joindre ainfi tous les tuyaux de conduite, quand leur groffeur empêche qu’ils ne puiffent être foudés. Pour fuppléer à ces nœuds de foudure, on les bride l’un avec l’autre. Voyez Brides.
- Noquety c’eft une bande de plomb que l’on met ordinairement dans les angles enfoncés des couvertures d’ardoifes, le long des jouées des lucarnes ôc pignons.
- Noue, On nomme ainfi le canal de plomb qui eft entre deux toits, ôc dont il reçoit les eaux, page j2.
- Noyau, Voyez Boulon«
- O
- (EU de Bœuf, Garnir en plomb un <3Eil de bœuf, c’eft en couvrir la charpente. On entend par (EU de bœuf y une petite lucarne ronde que l’on fait dans la couverture des maifons , pour éclairer les galetas Ôc les greniers. Les Vitriers appellent ainfi le nœud qui eft au milieu des plats de verre dont on fait les vitres , page 81.
- Grillons. Les Plombiers nomment ainfi
- les tenons qui environnent le pourtour de leur chaudière, ôc qui font placés 6 pouces au-deflous de fes bords, pour la foutenir. On bâtit ces orillons dans la maçonnerie du fourneau. Ils ont environ 6 pouces de long Ôc un pouce de diamètre , page y.
- Ourlet de plomb ÿ ce font les rebords de deux morceaux de plomb repliés l’un dans l’autre. Voyez Bourrelet,
- Outil, Les Plombiers ont beaucoup d’ou* tils, parce que leur Art eft fort étendu. Outre leur fourneau, leurs poêles, leurs moules , leurs cuillers, Ôc autres chofes né-ceflaires à la fonte des tables ôc des tuyaux y il leur faut encore un niveau, un compas un marteau, des maillets plats ou battes plates, des bourfeaux, des ferpes, des fer-pettes, des couteaux , des planes, des gouges , des râpes, un débordoir rond, un grattoir , des fers ronds à fouder, des fers en cul-de-poire, ôc des attelles, avec lefquelles ils tirent ces fers du feu, ôc les tiennent pour s’en fervir. Ceux qui veulent exercer cette profelfion, doivent fe loger au large, page
- P
- P aller ou repos. Les Plombiers-Lamineurs appellent ainfi le haut des efcaliers qu’ils montent pour aller à leur chaudière. On nomme ainfi le repos de tous les efcaliers, j>ajre 20.
- Pavillon, de Papilio, dont les Italiens ont aufli fait celui de Padiglione. Garnir un Pavillon en plomb, c’eft le couvrir d’ardoifes de plomb, page 74.
- Pierre de liais. Les Plombiers appellent ainfi la pierre fur laquelle ils forgent leur plomb, page iyj.
- Pignon ; revêtir un Pignon en plomb, c’eft: le couvrir de tables de plomb qui embraJÇ fent les deux couvertures.
- Piliers des Rêfervoirs, Ce font des piliers de charpente, qui élevent ôc foutiennent à une certaine hauteur la caille de charpente où les Plombiers alÏÏent leurs tables de plomb,1 page 114.
- Pilon. Les Plombiers-rafineurs fe fervent d’un pilon pour broyer leur mâche-fer, page 148,
- Pince ou barre de fer. Les Plombiers-rafineurs s’en fervent pour brifer le mâchefer dans leur creufet, aulÏÏ-tôt que le plomb qui provient des cendrées, a celfé de couler; Ils en ont de plulieurs grandeurs,page 147.
- Plane ^ c’eft une plaque de cuivre : elle eft lifte d’un côté comme une glace, ôc de l’autre elle a une poignée avec laquelle on la prend. Les Plombiers s’en fervent pour liftier Ôc polir leur couche de fable avant que d’y couler leur plomb. On commence par la faire chauffer. Il eft deux maniérés de le faire, ou en la mettant auprès du feu, ou en
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- propres à l'Art
- h fufpendant fur le plomb qui eft en fufion dans la chaùdiere; enfuite on la prend avec une poignée de vieux chapeau ou autre chofe, qu’on porte dans La main, pour ne pas fe brûler : on la frotte avec le graiffoir ; on la paffe enfuite fur le fable dans toute fa longueur Ôc largeur, comme une Repalfeufe paffe fon fer fur le linge, pages p, i o SC 21.
- Flâner le fable du moule à tables , c’eft finir de le mettre en état d’y couler le plomb. Il y a trois opérations ; lavoir , celle de l’arrofer, de le labourer ôc de le rabler, que cette derniere opération termine >page 12.
- . Plâtre. Les Plombiers s’en fervent pour attacher dans le mur les gâches qui tiennent les tuyaux de defcente qu’ils pofent aux mai-fons, page 64.
- Plomb. Celui dont les Plombiers fe fervent , vient de Namur, en Flandres ; d’Ulme, en Angleterre ; de Pompéan ôc Poulaouin , en Bretagne, ôc de quantité d’autres endroits , page 3.
- Plume. Les Plombiers nomment ainfi une piece de cuivre qui eft à un bout du moule a tuyau, dans l’intérieur, parce quelle eft, en effet, taillée en bec de plume. Elle eft faite pour la continuation du tuyau qu’on fond , page 44 SC 46.
- Poêle. Les Plombiers appellent ainfi un vafe de cuivre qui eft au haut de leur moule
- à tables , dans lequel il» nf- ]f>ur p 1 r»mb
- pour enfuite le verfer fur le moule. Elle eft évafée par-devant comme un éventail ouvert ; fon fond eft rond ainfi que fes côtés : par devant elle a un pied 4 pouces de large ; fon talon n’a qu’un pied, pages p SC 1 o.
- Poignée. Les Plombiers en font avec des morceaux de vieux chapeau, ôc s’en fervent pour prendre la plane, ôc à quantité d’autres endroits, pour ne pas fe brûler les mains, page 12.
- Poix -réfine. Les Plombiers en frottent leur foudure, pour empêcher que leur fer à fouder , qu’ils y appliquent, ne s’y étame, page 51.
- Polaftre ; ce font deux bandes de fer attachées enfemble avec deux clous, qui s’ouvrent ôc fe ferment comme l’on veut. On applique cet inftrument fur les fraêlures du tuyau que l’on veut réparer, pour le fécher, afin que la foudure s’y applique mieux ; pour cet effet on le remplit de charbons allumés, page 15p.
- Portée ; c’eft une piece de cuivre qui eft de la groffeur de ce qu’on nomme Plume, ôc qui entre également dans l’intérieur du moule à tuyaux, pour en boucher l’extrémité, ôt empêcher que le plomb n’en forte. Elle ne refte qu’une feule fois dans le moule; c’eft lorfqu on commence le tuyau : une fois qu’il y en a un de fondu, on la tire du moule avec le bout de tuyau ; c’eft le tuyau lui - même
- du Plombier. ipy
- qui bouche l’extrémité du moule, pages 44
- sc 4^.
- Porte-foudure. Les Plombiers appellent ainfi un quart de coutil plié en quatre, avec lequel ils relevent leur foudure,page 13p.
- Pourtour. Les Plombiers fe fervent beaucoup de ce ternie pour exprimer les côtés ou la rondeur d’une cuvette, & de toutes fortes de chofes , pages £4 SC 152.
- Pureau. Les Plombiers appellent Pureau , la diftance qu’il y a des bords d’une ardoife de plomb à celles qui font au-deffus ôc au-deffous. Ainfi le Pureau d’une ardoife de plomb fur la couverture, eft la partie qui eft à découvert, ôc qui n’eft pas cachée par les autres. Quand on dit qu’il ne faut donner que 3 ou 4 pouces de pureau, c’eft-à-dire que le refte doit être couvert. Les Couvreurs ordinaires fe fervent du même terme pour exprimer la même chofe. Moins les ardoifes des uns ôc des autres ont de pureau, plus elles font preffées, ôc plus , par conféquent, la couverture en eft bonne ; la pluie ôc la neige ont plus de peine à y entrer 9page 73,
- Q
- Queue de renard. Les Plombiers appellent ainfi une longue tramaffe de racines qui entrent dans les tuyaux de conduite , Ôc les engorgent. Pour les en arracher, ils ont une Sonde à tire-bourre * qu’ils font entrer dans le tuyau ; le tire-bourre s’accroche à la queue de renard : ils la tirent par ce moyen , ôc dégagent le cours de l’eau, page 137.
- R
- Rahle ; c’eft une piece de bois dont les Plombiers fe fervent pour faire couler ÔC étendre leur plomb fur leur moule,pages p SC 10. /
- Rafraîchir un tuyau , c’eft le refouder ou en réparer les défauts. Voyez Réparer.
- Rafraîchir le blanchiffage des couvertures étamées, c’eft les remettre fur le réchaud, ôc y jetter de nouvelles lames ou pâtés d’étain. On a coutume de rafraîchir les amortif fements qui font en forme de globes, après les avoir foudés, ôc avant de les mettre en place, pour réparer les endroits que la terre graffe, qu’on eft obligé d’employer dans les foudures , doit néceffairement ternir, page
- p8.
- Râpe ou lime. Les Plombiers s’en fervent pour aviver les pièces de cuivre qu’ils font quelquefois dans le cas de fouder à leurs tuyaux, comme les ajoutoirs, les robinets. Cette opération eft néceffaire, parce qu’on ne peut pas les fouder fans les étamer, ni les étamer fans les aviver ^page 127.
- Recouvrement. Faire en plomb le recouvrement d’une partie de toît, c’eft y mettre
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- 200 Explication
- de nouvelles tables > ôc en enlever les anciennes.
- üejroidir. Les Plombiers doivent ne biffer refroidir les tables qu’ils coulent fur leur moule, qu’un peu ôc autant que cela eft né-ceffaire pour quelles prennent,page 16.
- Regratter.Ortâit regratter un ouvrage mal fondé. Pour cet effet il faut qu’on puiffe en ôter la foudure, par conséquent qu’on s’ap-perçoive de la faute qu’on a faite avant quelle fe foit refroidie. Gela arrive quelquefois en foudant des dofliers de cuvette.
- Régulateur. On appelle ainfi l’armure du Laminoir j qui dirige la preflion des tables qu’on lamine, afin quelles ne Soient pas plus preffées d’un côté que de l’autre. Il eft corn-pofé d’un fort Sommier, d’un cylindre, de quatre colonnes de fer, de plufieurs collets, d’une vis fans fin, de deux fourchettes de fer qui portent les collets ôc le cylindre, ôc d’un poids qu’on abaiffe ôc qui fait lever toutes les pièces du Régulateur à la fois , page
- 37-
- Rejets. On appelle ainfi le plomb qui entre dans les foffes que les Plombiers ouvrent au fond de leur moule, page 16.
- Réfervoir. On entend par ce mot, un grand baftin où l’on amafle un dépôt d’eau, pour la diftribuer enfuite à des Fontaines, Jets-d’eau, Nappes d’eau, Cafcades, ôcc. Prefque tous les Réfervoirs font en .plomb. Ces fortes d’ouvrages font une grande partie de l’Art du Plombier. Il y en a fur charpente , d’autres fur pierre de taille9page 114 SC 120.
- Retourner. Les Plombiers doivent avoir foin de retourner, dans tous leurs ouvrages, le côté qui a été coulé fur le fable, à l’endroit ou il n eft pas en vue ; par exemple, quand on fait des cuvettes , il faut mettre ce côté-là du côté de la muraille , ainfi des autres , page
- Robinet. On entend par ce mot , une clef faite pour donner ou fermer le paffage à toutes fortes de liquides. Les Plombiers en font ufage dans la conduite des eaux. II y en a de plufieurs fortes ; les uns font à une eau, lès autres à deux, les autres à trois, pages 12 6 SC 127.
- Rondelles de cuivre. On en connoît deux chez les Plombiers; l’une s’appelle Plume7 ôc l’autre Portée. Voyez ces deux mots.
- Rotin. Voyez Jé.
- Rougir. Les Plombiers ont coutume de faire rougir au feu les fers à fouder dont ils fe fervent dans les Réfervoirs, ou ceux qu’ils emploient pour le foudage des tuyaux roulés , afin qu’ils puiffent écarter la foudure Ôc la faire prendre davantage au plomb , pages 51,11 $ SC 15%.
- Rouleau de plomb. On appelle ainfi les tables des Plombiers , parce qu’ils ont coutume de les rouler fur elles-mêmes pour les
- des Termes
- enlever du moule. Ils les déroulent à mefure qu’ils ont befoin d’en prendre quelques morceaux pour les différents ouvrages qu’on leur commande, pages 16 SC 17.
- S
- Sable. Le moule à tables des Plombiers eft rempli d’un fable fin ôc d’une belle couleur ; c’eft un fable de champ, que les Italiens appellent Rena di cava. Ils le tirent des fablonnieres de Belleville, vers le Pré Saint-Gervais, page <?.
- Sac des Plombiers. Il eft fait de coutil affez large ; c’eft dans quoi ils portent leurs outils quand ils vont travailler en ville, page 13p.
- Sachet de graijfe ; c’eft un morceau de linge dans lequel les Plombiers renferment de la graiffe. Ils s’en fervent à frotter leur .Plane avant de la paffer fur le fable, page 12.
- Saillante. On dit Gouttière [aillante ± Voyez Godet.
- Saumon d,e plomb. On appelle ainfi le plomb lorfqu’il vient des mines , parce qu’il eft en petites tables d’environ un pied ôc demi de long, fur 8 pouces de large, qui pefent environ 140 livres , ôc qui font marquées au poinçon des différentes mines d’où elles viennent, pages 3 SC 6.
- ÇJAÏ//* ; iine v/ctpctuitd Je Luis, ronde ôc faite en forme de faladier , qui a un manche perpendiculaire par lequel on la prend.1 Elle fert au lavage des cendrées , page 142*
- Sellette ; c’eft un petit fiege portatif, qui eft formé d’une planche ôc de quatre bandes de cuir qui la foutiennent ; on accroche le tout à une corde nouée , par le moyen d’un crochet, ôc les Ouvriers montent ainfi au plus haut des Clochers. Voyez Corde nouée*
- Serpette. Celle des Plombiers eft fembla-ble à celle des Vignerons. Ils s’en fervent pour féparer leurs tables des rejets aufii-tôt qu’ils les ont coulées, pages 9 SC 11.
- Souder un tuyau ou une cuvette , ou tel autre ouvrage que ce foit. Cette opération en demande trois. Pour fouder un tuyau , ôcc. il faut premièrement le falir aux endroits où l’on ne veut pas que la foudure prenne ; 20. l’aviver aux endroits où l’on veut quelle prenne ; 30. y verfer de la foudure ôc l’y appliquer , page fo SC y 1.
- Soudure. Celle dont les Plombiers fe fervent , eft un alliage d’étain ôc de plomb , où il entre deux tiers de plomb fur un tiers d’étain : ils font fondre le tout enfemble dans leur chaudière. On foude aufli le cuivre avec de l’étain, ôc quelquefois avec de l’étain ôc de l’argent, félon la délicateffe de l’ouvrage, page $1.
- Soufflet. Les'Plombiers-rafineurs s’en fervent pour allumer ôc entretenir le feu de leur
- creufet.
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- propres à l'Art du Plombieh
- creiifet. Il eft femblable à celui des Maréchaux ; la tuyere communique au dedans du foufflet. On le fait jouer par le moyen d’une brimbale qui eft attachée au plancher > page
- 14?*
- Soupape. Les Plombiers s’en fervent pour arrêter l’eau des Réfervoirs qu’ils font en plomb , ôc pour la lâcher quand on veut. Il y en a de plufieurs fortes ; les unes font toutes plattes comme un ais, ôc fe nomment clapets \ les autres font rondes & convexes ; ce font celles qui font aujourd’hui le plus en ufage ; les autres enfin font rondes ôc en pointe comme un cône ou un foret, page 117.
- Syphon. Les Plombiers s’en fervent pour le dégorgement des tuyaux de conduite, page 138.
- T
- Table de plomb. Les Plombiers appellent ainfi une furface de plomb d’une certaine longueur , largeur ôc profondeur. On en dif-tingue de deux fortes ; les unes font coulées fur fable , les autres fur toile , page 18.
- Tampon. Ce que les Plombiers appellent Tampon y eft un bouchon de bois plus ou moins gros, qu’ils adaptent à l’orifice du tuyau qu’ils veulent dégorger, ôc par le moyen duquel ils le ferment hermétiquement. Il relfemble à peu-près à une clef de cuve , page 13 j.
- Tenons. ) VoyeT Or/l/nns
- Tire-ligne ; c’eft un infiniment à manche rde bois , tranchant par le bout. On s’en fert quand on veut couper quelque table : on le paffe fur la craie. Il fait une première entaille ; on finit cette opération par le moyen du couteau y page 45?.
- Toiles. On s’en fervoit beaucoup autrefois ; on les tendoit fur un moule, ôc on les graiffoit ; on y couloit enfuite comme fur une couche de fable. On en faifoit ufage lorfqu’on vouloit des tables extrêmement minces. Mais depuis que la Manufa&ure du Laminage eft établie, on n’en fait pas un fi grand ufage, page 18.
- Toit couvert en plomb ; c’eft un toit garni tout entier en ardoifes ou en tables de plomb. Il y en a de deux fortes ; l’un eft appellé des Latins difpluviatum , lorfque le faîtage va d’un pignon à l’autre, ôc jette les eaux des deux côtés. L’autre, qu’ils nomment tejludi-natum, eft ce que nous appelions en croupe ou en pavillon , par le moyen duquel l’eau tombe des quatre côtés. Parmi les premiers, c’eft-à-dire, les toits à deux eaux , on distingue les toîts coupés ou combles, qu’on nomme Manjardes, pages 67 <âr 74.
- Tôle de fer \ c’eft une efpece de canal ou gouttière , par le moyen de laquelle les Ouvriers de la Manufacture du Laminage
- Plombier.
- âof
- tranfmettent leur plomb de la chaudière dans l’auge j page ?0,
- Tonneau. Les Plombiers-rafineurs s’en fervent pour laver leurs cendrées, quand ils ne le font pas au bord de la rivière; Il leur en faut quatre , trois pour laver, ôc un quatrième pour faire fuer les cendrées après quelles font lavées, page 142.
- Tracer une plaque de plomb, foit pour faire un tuyau y foit pour faire un devant ou un doflier de cuvette, c’eft la marquer avec la craie, page 4p.
- Treteau. Les Plombiers s’en fervent en plufieurs endroits pour foutenir leurs tables quand ils les étament ; pour porter leur madrier fur lequel eft affis leur moule à tuyaux ; enfin pour porter la poêle où ils mettent le plomb fondu pour le jetter fur leur moule à fable , page 10.
- Triquets , Traquets ou Chevalets. Les Plombiers s’en fervent pour monter aux toîts qu’ils vont couvrir ; c’eft une échelle double élevée fur des couffins de paille , page 6$>.
- Truelle. Celle des Plombiers eft femblable à celle des Maçons. Ils s’en fervent à faire des fofTés au bout de leur moule, pour rece-voir le furplus du plomb néceflaire à chaque table, pages $ SC 10.
- Tuyaux fondus. Ce font des tuyaux d’un petit diamètre, que l’on jette dans des moules, où on les fond de pied en pied. On les retire à mefure. On leur donne ordinairement *4, pieds de long. On en recommence en-fuite de nouveaux, pages 43,44 ôc 45*.
- Tuyaux roulés. Ce font des tuyaux d’un trop gros diamètre pour être fondus. On commence par les couper ; on les roule en-fuite fur une table avec la batte, après quoi on les foude, pages 48 SC 4p.
- Tuyaux de conduite. Ce font des tuyaux qu’on place dans la terre pour conduire les eaux d’un endroit à l’autre : c’eft ainfi qu’on nomme les tuyaux de nos Fontaines,page%
- I25*.
- Tuyaux de defcente. Voyez Defcente.
- Tuyaux bridés. Voyez Brides.
- V
- Kentoufes* Ce font des petites ouvertures qui communiquent dans le dedans du moule à tuyau pour lui donner de l’air, Ôc faire couler le plomb qu’on y verfe dans toutes fes parties , page 44.
- Verrouil. C’eft ce qu’il y à de mieux inventé dans la méchanique du Laminoir. Il fert à faire changer de dire&ion aux cylindres , fans qu’on ait befoin de changer l’allure des chevaux. Il eft formé d’un porte-verrouil, qui eft une boîte de fer dans laquelle entre l’arbre qui fait tourner le cylindre fupérieur du Laminoir, ôc de deux pièces
- £ee
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- 202 Explication des 'Termes propres a F Art du Plombier J
- •méplattès que porte cette boîte ,& qui font chite&e de la Ville jauge enfuité ce trôtï, pofées parallèlement aux deux faces oppo- pour s’affurer quil n’y pafle pas une plus fees de la boîte. Ces deux pièces forment des grande quantité d’eau que les Particuliers rayons qui font entaillés a leur extrémité, n’en ont achetée,page iï8.
- qui fervent de conduêteurs aux verrouils fur lefquels ils peuvent gliffer pour accro- Y
- cher les lanternes qui font tourner le cylindre , ou l’empêcher,page 34. Yeux de perdrix. Les Plombiers appellent
- Vrille. Les Plombiers s’en fervent pour ainfi les petites marques qui fe trouvent dans percer les cuvettes de concelïion, quand les- l’étain, dont les couleurs font changeantes .* Particuliers les achètent de la Ville, afin c’eft à quoi ils reconnoiffent quand il eft boru que l’eau du Réfervoir y communique. L’Ar-
- Fin de F Explication des Termesi
- A
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- 1
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- _y
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET ARTICLES
- DE V ART
- DU PLOMBIER.
- Chapitre premier. t>e u Fonte,
- Page 2
- Article Premier, Du Plomb en général. ibid. §. L Des propriétés générales du Plomb, ibid, §. II. Des différentes fortes de Plomb. 3 §. III. Des Endroits d’où l’on tire le Plomb.
- ibid.
- §. IV. De la façon dont arrive le Plomb en France. ibid*
- Article II. De la maniéré de faire fondre le Plomb. 4
- §. I. Des Uftenfiles néceffaires pour la fonte.
- ibid.
- L bit, AÆâtiïf5rî a Qfïji'nïp on r'îiaro'er df* rdnmb
- la Chaudière. <5
- \ §, II. De la maniéré de conduire la Fonte.
- ibid.
- §. III. De la maniéré d’écumer le Plomb fondu , Sc de le révivifier. ibid.
- §. IV. D’une autre maniéré de révivifier le Plomb en fufion. 7
- §. V. Précautions qu’il faut prendre avant de mettre de nouveaux faumons ou Plomb froid, dans le Plomb qui eft . une fois en fufion. ibid.
- CHAPITRE II. Des Tables. g
- Article I. Des Tables coulées fur fable. ÿ
- §. I. Des Uftenfiles néceffaires pour couler le Plomb fur le moule à fable.
- ibid.
- §. II. De la préparation du Moule. 11
- §. III. De la Maniéré de labourer le Sable
- après l’avoir arrofé. ibid.
- §. IV. De la maniéré d’écrafer les Mottes.
- ibid.
- §. V. De la maniéré de préparer la Plane.
- 12
- §. VI. De la maniéré de paffer la Plane fur lè fable. ibid.
- §. VII. De la maniéré d’ouvrir les foffés du bout du Moule. 15
- §. VIII. De la maniéré de rétrécit le Moule.
- . ibid.
- §. IX, De la maniéré de tranfporter dans la poêle le Plomb qui doit être coulé. • . ibid.
- X, De la maniéré de connoîtrc le degré
- de chaleur que le Plomb doit avoir pour être coulé. iqs;
- §. XI. De la maniéré de couler le Plomb fondu & purifié, & de le tabler.'
- . .
- §. XII. Des foins qu’il faut avoir après que le Plomb eft coulé. ibid„•
- §. XIII. De la maniéré de faire des Anneaux aux rejets qui font tombés dans les foffés, afin de les en retirer plus aifément. 16
- §, XIV. De la maniéré d’enlever les Tables de deffus le Moule. ibid
- §. XV. De ce qu’il faut faire des Tables man-
- §. XVI» De ce qu’il faut faire quand le dé-;
- faut fe trouve au milieu de la Table. ifrii.
- §. XVII. De ce qu’il faut faire des rejets. 18. Article II. Des Tables coulées fur toile. ibid.
- §. I. Des Moules à toile* jp
- # §♦ II. De la façon d’apprêter l’un & l’autre
- de ces deux Moules avant d’y cou^ 1er le plomb.
- §. III. De la pente que doivent àvoir ces efpeces de Moules. 2o
- §. IV. De la façon de connoître le degré de chaleur que le Plomb doit avoir pour être coulé. ibid*
- §. V» De la maniéré de verfer le Plomb fur le moule à deux bords. • ibid. §. VI. De la maniéré de verfer le Plomb fur le moule à un feu) bord. 2T
- §. VII. De la maniéré de relever ces Tables de deffus Je Moule, 22
- §. VIII. De î’ufage de ces Tables. ibid.
- CHAPITRE III. Du Laminage, 25
- Article I. Dijfertadon fur le Laminage y avec un plan de tout VAttelier. ibid*-
- §. I. Quelques-uns des avantages que les Tables de plomb laminées ont fur celles qui font Amplement coulées. 2^ §. II. Defeription de l’Attelier du Laminage, Sc diftribution des différentes UfîneS qui en dépendent. 26
- Article II. De la fonte des Tables dejUnées à être laminées.
- §. I. Defeription du Fourneau* ibid, >
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- 204 TABLE DES
- §. II. De l’Auge ôc du Moule. Page 28 §. III. De îa façon de mettre le Plomb dans la Chaudière , & de ce que l’on doit faire avant de le couler. 29 §. IV. De la maniéré d’allumer le Fourneau, faire fondre le Plomb, ôc 1 écu* mer. ibid.
- §. V. De la maniéré de préparer le Moule.
- ibid.
- §. VI. De la façon de faire paffer le Plomb fondu de la chaudière dans l’auge, ôc d’y éprouver fa chaleur. 30 §. VII, De la façon de verfer le Plomb fondu
- de Pauge dans le moule. ibid, §. VIII. De la façon de rabler la Table dans le Moule., 31
- §. IX. De la façon de retirer la Table du Moule. 32
- §. X. De l’épaiffeur que doivent avoir, ces
- Tables. ibid.
- Article III. Détail du Laminoir, 33
- §. I. Du Verrouil. 3 $
- §. II. Du Régulateur. 37
- Article IV. De la maniéré de laminer, 39
- §. I. De îa maniéré de réduire les Tables en feuilles très-minces. 40
- §. II. Comment on retire les Tables laminées de deffus le Chaffis. 41
- §. III. Suppreflion qu’on a propofé de faire au Laminoir. ibid,
- CHAPITRE fV. Des Tuyaux, 43
- Article I. Des Tuyaux fondus. ibid.
- §. I. Des Uftenfiles néceffaircs pour la fonte des Tuyaux. ibid,
- §. IL Du moulage des Tuyaux. 46
- §. III. De la maniéré de retirer chaque morceau de Tuyau «In à
- qu’on les coule ; & de ce que deviennent la plume Ôc la portée, ibid, §, IV. De ce qu’il faut faire des Rejets à mefure que le Tuyau prend de la longueur. 47
- §. V. De la façon de retirer les Tuyaux de deffus le Madrier. ibid.
- Article IL Des Tuyaux foudés, 4^
- §. I. Façon de couper les Tuyaux. 49
- §. II. De la façon de rouler les Tuyaux, ibid, §. III. De la maniéré de les falir Si de les écailler ôc gratter. $0
- §. IV. De la façon de préparer la Soudure. 51 §. V. Delà maniéré de fouder les Tuyaux, ibid, §. VI. Maniéré de détacher du Tuyau la fou-dure inutile , ôc de ce qu’il en faut fkir6 ^
- CHAPITRE V. Des Cuvettes. $3
- Article I. Des Cuvettes à hotte, ibid.
- §. I. De la maniéré de les couper. 54
- §. II. De la façon de travailler le devant de la Cuvette à hotte. 55
- §. III. Préparatifs avant la Soudure. ibid.
- §. IV. De la maniéré de fouder le tout en-femble. y (5
- §. V. Du Noeud de foudure qu’il faut faire à chaque Cuvette. ibid.
- §. VI. De la façon de faire ôc de pofer la Crapaudine. 5*7
- Article II. De la maniéré de faire les Cuvettes
- rondes.
- Article III. Des Cuvettes quarrées. SS
- CHAPITRE VI, De lapoje des Chaîneauxy
- CHAPITRE S.-
- Gouttières > Godets , Noues , Faîtages > Tuyaux de defcente, Cuvettes} SCc. Pag.y-9 Article I. Des Ckaîneaux. 60
- §. I. Conftrudion des Chaîneaux. » ibid. Article II. Des Gouttières. 61
- Article III. Des Godets. ibid.
- Article IV. Des Noues. 62
- Article V. Des Faîtages. ibid.
- §. I. De îa Corde nouée. 63
- Article VI. De la pofe des Tuyaux.' 64
- Article VII. De la pofe des Cuvettes. 65
- Article VIII. De la façon de dégorger les Tuyaux.
- 66
- CHAPITRE VIL Des Couvertures. 67
- Article I. Des Combles. ibid.
- §. I. De l’entablement de la Charpente. 68 §. II. De la coupe des Tables de plomb defti-nées à la couverture des Combles.
- ibid.
- §. III. De la façon de les attacher. 69
- §. IV. De la façon d’attacher les Faîtages. 70
- §. V. Façon de faire les Baguettes qu’on voit fur l’Eglife de Notre-Dame. ibid. Article II. Des Clochers. 711
- §. I. De la maniéré d’échafauder les Clochers. ibid.
- §. IL De la maniéré de couper Ôc de pofec les Tables. ibid.
- §. III. Maniéré de couvrir le Clocher tout entier en plomb. 72
- §. IV. De îa maniéré d’échafauder les Flèches des Clochers. ibid.
- §. V. Façon de couvrir les Fléchés des Clochers. 7 3)
- Article III. Des Pavillons & des Tourelles. 74
- §. I. De la conftrudion de la Charpente, ibii. & TT f)e la manier*» Af* /-^n\rrir 1**c Pavillons.
- 19
- §. III. Des Tourelles. 76
- Article IV. Des Dèmes. 77
- §. I. Des Dômes à côtes ou à arêtes. 7g
- §. IL De îa Couverture des Côtes ou Arêtes.
- ibid.
- §. III. Des Dômes dont la Couverture eft
- moins riche. 80
- Article V. Des Yeux de Bœuf. 8 r;
- §. I. De îa maniéré d’en couvrir le devant:
- ibid.
- §. II. De la maniéré de couvrir le haut Ôc les côtés. ibid.
- §. III. D’une maniéré plus fimple de les cou-, vrir. 82
- Article VI. Des Lucarnes. ibid.
- §. I. De la maniéré de les couvrir. ibid. §. II. De quantité d’autres Couvertures qu’on fait dans les toits. ibid.
- Article VII. De la Couverture des Terraff s. 83] §. I. Des Terraffes couvertes en pierres de taille. ibidj
- §. II. Des Terraffes couvertes en plomb. 8y*, §. III. Des Plates formes. 86
- Article VIII. De la maniéré de réparer les Couvertures. . . , ^ , H
- §. I. De la réparation des Combles, ibid. §. II. De la maniéré de réparer des Clochers.
- 88
- CHAPITRE VIII. Du Blanchiment des Couvertures SC des Amortiffements. 89
- Article I. De la préparation de VEtain, 90
- §. I. De la maniéré de faire fondre l’étain , Ôc de le jetter m lames. ibid.
- §. II.
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- TABLE DES
- Iî. De la raifon qui empêche qu’on ne îette l’Etain fur le Plomb qu’on veut blanchir auffi-tôt qu’on le fore de la marmite. Page 90
- Article II. De la maniéré de blanchir les Tables & les Ardoifes qui font employées aux Couvertures, 91 I. De la maniéré de difpofer les Tables qu’on veut étamer. ibid.
- §. II. De la maniéré d’étendre l’Etain fur
- le Plomb. ibid.
- §. III. Du blanchiffage des Ardoifes. 92
- Article III. De la'maniéré défaire les differents Amortiffements dont les Plombiers décorent leurs Ouvrages. es ibid.
- I. Des Amurriffemeiits concourn fous la batte. _ 93
- §. II. De la maniéré de les fouder. 94 §. III. Des Amortiffements qui font fondus.
- ibid.
- §. IV. Des Amortiffements faits en forme de
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- §. V. Des Amortiffements faits en forme de Pigeons. ibid.
- §. VI. Des Feuillages^ 96
- §. VII. Des Mixtes. ibid,
- §. VIII. De quelques autres Amortiffements.
- 97
- Article IV. Du Blanchiment des Amortiffements.
- 98
- §. I. Du Blanchiment des Globes. ibid.
- §. II, Du Blanchiment des Amortiffements
- fondus. 99
- CHAPITRE IX. De la maniéré de déblanchir le Plomb étaméy SC d'en tirer parti,
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- A'RTIcr.Tï I. C?e la. maniéré de détamer ht Tables étamées. loi
- Article IL De la façon de retirer la foudure des Tuyaux roulés £r des Cuvettes. 102
- §. I. De la façon de le faire aux Tuyaux, ibid. §, IL D’une autre maniéré d’enlever la fou-dure des Tuyaux. ibid.
- §. III. De la maniéré de tirer la foudure des Cuvettes. ibid.
- Article III. De la maniéré d'enlever Vétain & la foudure des Amortiffements. 103
- §. I. De la façon de le faire aux Globes.
- ibid.
- §. II. De la façon de tirer Pétain des Amortiffements fondus, 6c de ceux qui font moitié découpés 6c moitié fondus.
- ibid,
- Article IV. Du parti que Von peut tirer des vieux Plombs après que la foudure ou Pétain en ont été enlevés. 104
- §. I, De l’ufage qu’on doit faire de l’Etain 6c des Soudures. ibid.
- §. II. De l’ufage des Tables qui ont fervi aux Couvertures. ibid.
- §. III. Du parti que l’on peut tirer des Tuyaux. ïoj*
- §. IV. Du parti que l’on peut tirer des Cuvettes 8c des Amortiffements. ibid.
- CHAPITRE X. Des Réfervoirs. 106 Article I. Ves Réfervoirs de conceffîon. ibid. §. I. Du Réfervoir de conceffîon du Pont Notre-Dame. 107
- §. II. De la maniéré dont monte l’eau. 108 §. III. De la maniéré dont l’eau fe communique d’une café danslautre. 109
- Plombier.
- CHAPITRES.
- 20;
- §. IV. De l’utilité des Crapaudines tpiî fonS dans les Cuvettes. 11 o
- §. V. De Putilité des différentes féparations qui font faites dans ce Réfervoir. ibid. §. VI. De la maniéré d’enlever les dépôts que Peau laiffe dans les différentes cafés du Réfervoir. 111
- §. VII. Des Réfervoirs des Fontaines de Paris, qui proviennent de la Pompe du Pont Notre-Dame. ibid.
- §. VIII. De la conftru&ion de la Càiffe de ccs fortes de Réfervoirs. 112,
- §. IX. De la maniéré de fe fervir des Brides,
- ibid.
- Article IL Des Jimples Réfervoirs fur charpente.
- 114
- §. I. De la conftru&ion de la charpente.
- ibid.
- §. IL De la pôfe des Tables. 1 ifii
- §. III. Du foudage des Tables. ibid.
- §. IV. De la maniéré de fouder les coins de chaque Réfervoir. 11 <5
- §.V. Du foudage des Soupapes. 117
- §. VI. De la pofe des Tuyaux. ibid.
- §, VII, Des avantages que les Réfervoirs do-:
- mefliques, conftruitsfur charpente, ont fur les Réfervoirs de même nature, conftruits fur maçonnerie;
- upi
- Article ÏÎI. Des Réfervoirs fur maçonnerie. 120 I. Du Réfervoir de la maifon de Bicêtre.
- ibid.
- §. II. De l’endroit d’ou eft tirée Peau qui garnit ce Réfervoir. i2ii
- Article IV. Des Pièces déeau ou Poîffonnkres que î’/in «mît fiant ht Enclos. 122
- §. I. Des Soupapes des grandes Pièces d’eau.
- ibid.
- §. II. De l’endroit où on les place. 123 §. III De la maniéré de fe fervir de ces Soupapes. ibid,
- CHAPITRE XI, De la dijlribudon des Eaux. * 124
- Article I. De Vaffette des Tuyaux de conduite en général. 12 fi
- §. I, De la pofe du premier Tuyau de diftri-bution. ibid.
- §. II. De la maniéré d’embrancher les petits Tuyaux de conduite dans lesTuyaux principaux. ibid.
- Article II. Des Robinets. ibid.
- §. I. De la maniéré de placer ces Robinets en général. 12$
- §. II. Des circonftances où l’on doit employer les Robinets à deux eaux.
- ibid.
- §. III. Des cas où il faut fe fervir des Robinets à deux eaux. 127
- §. IV. Des circonftances où il faut faire ufage des Robinets à trois eaux, ibid. §. V. De l’étamage des Robinets, ibid; §. VI. Du foudage des Robinets. ibid.
- Article III, Des Fontaines. 128
- §. I. Des Fontaines ordinaires. ' ibid.
- §. IL Des Fontaines un peu plus recherchées.
- 129
- Article IV. Des Jets-dé eau. ibid.
- §. I. De la maniéré de faire les Jets-d’eau.
- 130
- §. IL De la maniéré de Pouder l’ajoütok du Jet-d’eau. ibid,
- Fff
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- TABLE DES CHAPITRES,
- c IIÏ. De la continuation du foudage des ** Tuyaux de conduite. Page 130
- Article V. Des Nappes à'eau. , 13 *
- I. De l’avantage que les Baflins de plomb ont fur les Badins de marbre, ibid. Article VI. Des Cafcades. . ibid,
- I. De la maniéré de les faire. *32
- II. De la maniéré de faire jouer les Fon-
- taines , les Jcts-d’eau, les Nappes d’eau & les Cafcades. ibid.
- CHAPITRE XII. De la Réparation des Tuyaux des Rues , SC autres Tuyaux de
- conduite. *33
- Article I- Des moyen* de découvrir les endroits des pertes d’eau. *3 4t
- §. I. Premier moyen. ibid.
- §. II. Second moyen. ibid.
- §. III. De ce qu’il faut faire quand il n’y a point de Robinets dans les Regards.
- §> IV. Ouvertures qu’on fait au défaut de Robinets. ibid.
- V. D’un troifieme moyen de connoître où efl l’endroit des pertes d’eau, ibid. §. VI. Des fouilles ou des foffés qu’on doit ouvrir au défaut des Regards, ibid'. Article II. Des opérations nécejfaires pour mettre les Tuyaux en état. 136
- §. I. De la façon de retirer l’eau des foffés.
- ibid.
- §. II. De la façon de dégorger le Tuyau.
- *37
- $. III. De l’emploi du Tampon. ibid.
- §. IV. De l’emploi de la Sonde. ibid.
- §. V. IV fa façon de s'en fervir. 13?
- §.VI. De l emplox dn Sipnon.-1—1- ---tout.
- §. VII. Des Outils néceflaires au refoudage des Tuyaux. . 13i>
- §. VIII. Du Polaftre, 5c de fon utilité. ibid. $. IX. De la façon de refouder l’ouverture faite aux Tuyaux. *4°
- §. X. Façon de recombîer les Fofles. ibid.
- CHAPITRE XIII. Du Rafinage des Cendrées de Flomb SC de Soudure• 14*
- Article I. Du lavage des Cendrées ibid.
- §. L Des Uftenfiles néceflaires pour le lavage des Cendrées. 142
- §, II. De la maniéré de fe fervir de ces Ufîen-files. ibid.
- §. III. D’une autre maniéré de laver les Cendrées. 143
- Article II. De la fonte des Cendrées. 144
- §, I. Defcription du Creufet. ibid.
- §. IL Du charbon qu’on emploie pour l’allumer. 14 6
- §. III. De la façon de l’allumer. ibid.
- Article III. De la maniéré de recevoir le Plomb qui coule du creufet. 147
- §.I. Comment on tire le Mâche-fer du creufet. ibid.
- §. IL De la façon d’écumer le Plomb qui fort du Creufet. 148
- Article IV. De la maniéré de couler le Plomb, dit Etain rajiné, dans les Lingotieres. Page 14# §. L De la forme de cos Lingotieres. ibid*
- §. II. De la façon d’y couler. ibid»'
- CHAPITRE XfV. Des Cercueils > des Cœurs découpés SC fondus ; SC de plujîeurs autres petits Ouvrages. 1 fo
- Article I. De la confiruBion des Cercueils, ibid. §. I. De l’antiquité des Cercueils. ibid.
- §. II. De l’utilité des Cercueils. 1 f i|
- « III. De la maniéré de faire les Cercueils.
- ibid.
- IV. De la maniéré de couper le deflus du Cercueil. lS2
- §. V. De la maniéré de couper les côtés, ou, en terme de l’Art, le pourtour de chaque Cercueil. ibidj
- §. VI. De la nécefîité de forger le deflous,’ le deflus & le pourtour des Cercueils. 15*3;
- §. VIL De la maniéré de forger le Plomb non laminé. ibid.
- §. VIII. De la façon defouder le tout enfemble.
- ibid.
- §. IX. De la façon de fouder le deflus du Cercueil. 15*4
- §. X. De la maniéré d’y attacher des Epitaphes. ibid.
- §. XI. De la maniéré de réparer les Cercueils dans les Caveaux. 15 J
- Article II. Des Cœurs contournés fous la battes
- §. I. De la façon dont il faut s’y prendre, ibid» §. IL De la façon dont on s’y prend pour les joindre enfemble. ibid»
- §. III. De la façon de les fondci. 1S%
- §. IV. De la maniéré d’y attacher des Epitaphes. ibid:
- Article III. Des Ecritoires. ibid.
- §. I. De la façon dont on jette les Ecritoires en moule. ijg
- §. IL Comment on doit retirer l’Ecritoire du moule. ibid.
- §. III. De la commodité de ces fortes d’Ecri-j toires. ibidj
- Article IV. Des Gardes-papiers. ibid.1
- §. I. Du moule des Gardes-papiers. 1 ypj §. IL De la maniéré d’y verfer le plomb, ibid. Article V. Des Plombs propres à faire des Niveaux.'
- ibid.
- §. I. Du moule des Plombs à Niveau. 160 §. IL De la maniéré de retirer les Plombs àf Niveau de leurs moules. ibid. Article VI. Des Cœurs fondus. i6l\
- §. I. Des Coeurs à anneaux. ibid.'
- §. IL De la maniéré de fondre les Coeurs à anneaux. ibid,
- §. III, Des Coeurs percés. ibids
- §. IV. De la maniéré de fondre les Coeurs percés.
- Explication des Planches.
- Explication des Termes propres à l’Art du Plombier.
- Fin de la Table des Chapitres»
- DE L’IMPRIMERIE DE L, Ç. DELATOUR.
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