Descriptions des arts et métiers
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- L' A R T
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- DU BOURRELIER
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- DU SELLIER
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- Par M. de Gars au l t.
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- M, DCC. LXXIV.
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- DU BOURRELIER
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- DU SELLIER.
- A VANT-PR OPOS.
- A-.». de détailler cet Art & les fuivants , il paroît indilpenfable de faire mention des objets pour lefqueis ils fe font formés.
- L’homme, au commencement,contraint de labourer la terre pour en tirer ferx principal aliment, s’étant trouvé d’ailleurs avoir plus de délirs que de moyens de les exécuter, a heureufement découvert celui d’apprivoifer certains animaux beaucoup plus forts que lui, 8c de les aiïocier à fes travaux : tels font l’Eléphant , le Chameau, le Cheval, le Bœuf , le Buffle , l’Ane , la Renne. Par-; mi ces Quadrupèdes domeftiques répandus dans les diverfes parties de la terre , les uns fe font trouves propres à porter des fardeaux, d’autres à tirer la charrue 8c les voitures chargées , & enfin plufieurs également capables de porter & de tirer.
- UTiléphant> habitant de l’Afie, le plus grand des animaux à quatre pieds, porte des charges très-pefantes ; le Chameau de l’Afrique, & dans l’Afie le Dromadaire , autre efpece de Chameau, font moins grands & proportionnellement moins forts ; le Cheval, animai courageux & de grande reflburce, qui fe trouve pre£ que par-tout, excepté au fond du Nord, eft capable non-feulement de porter hommes & fardeaux, comme les précédents, mais encore de les tirer,' pourvu qu’ils foient proportionnés à là force , qui, à la vérité, eft bien in* férieure aux deux premiers , mais bien plus liante.
- Le Bœuf 9 8c en quelques contrées de l’Europe , le Buffîe, autre efpecè de Bœuf, animaux très-lents, dont la force eft principalement dans le col ^ ne font propres qu’au tirage. L'Ane eft très-fort pour fà petite taille ; il porte jSç tire : on a tenté de réunir, par la génération, fa vigueur avec celle du Bourrelier, &c. A
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- a AVANT-PROPOS.
- Cheval, & on y a réuffi ; de forte que de l’accouplement de la Jument avec f Ane , ou de l’Aneffe avec le Cheval, il provient un Mulet, animal domefti-que plus grand & plus fort que F Ane, mais incapable d’engendrer. Le Jur mart, autre animal métif, provenant du Taureau & de FAnefle , ne fait que porter ; mais quoique petit, il eft très-fort : il ne peut, comme le Mulet, le perpétuer. Quant à la Renne de Laponie , c’efl une efpece de Cerf, habitant le fond du Nord : il ne fàuroit tirer que de légers fardeaux , & ne porte point.
- Pour fe fervir de tous ces animaux fiuvant leurs facultés.., il a fallu, à l’égard de ceux qui portent , attacher folidement les charges fur leur dos , en ^obfèrvant en même temps l’équilibre néceflàire yau fouJ.agement de l’animal ; & pour les bêtes de tirage , lier celles qui y font propres , {oit aux inftruments <TAgriculture , foit aux Voitures dans lefquelles fe tranfportent toutes efpeces de denrées êc de marchandifes. Ce détail efl: du reflort du Bourrelier-Bâtier , & compofe la partie de fon Art la plus étendue.
- L’homme a voulu profiter pour lui-même, des avantages que lui offrent ces animaux , Sz * p™ir fQ faire porter fur le dos principalement du
- Cheval, une efpece de fiege au moyen duquel étant commodément alïis, il le conduit où il veut fans fe fatiguer ; de plus, afin de fe fervir aufli utilement des animaux qui tirent, il aconftruit des Voitures à fon ufàge particulier, accompagnées de toutes fortes de commodités. C’efl dans ces deux points que confifte l’Art du Sellier : mais une Voiture ne fauroit fervir, fi elle n’eft arrêtée & fufpendue dans la place quelle doit occuper, & fi les animaux defti-nés à la tirer ne font revêtus des liens qui doivent les y attacher ; ce qui a donné lieu à plufieurs Bourreliers de fe livrer uniquement à cette derniere entreprife.
- L’unique Voiture des François des deux fèxes, jufqu’au régné de Charles VI, étoit le dos du Cheval ou du Mulet ; les Rois, Reines, Princes, Sujets en un mot, tous n’en connoifloient point d’autre. Sôus Charles VI, parurent les Litières portées par deux Chevaux : elles étoient découvertes & ne fermaient qu’aux Dames de la Cour. Sur la fin du régné de François I, les Coches ou Chars parurent ; l’ufage en venoit d’Italie : il n’y en eut alors que deux en France , l’un pour la Reine , l’autre pour Diane, fille naturelle de Henry II ; & en 1588, fous Henry III, il n’y en avoir qu’un dans Paris, qui étoit celui du premier Préfident. Us fe multiplièrent enfuite, mais en petite quantité , jufques vers la fin de la Ligue , fous Henry IV, temps auquel les ayant changés de forme en quelques points, ils changèrent aufli de nom , & furent ap-pellés des Carrojjès (ij. Les premiers étoient lu fp en du s avec des cordes ou des courroies ; on y montoit avec une échelle de fer : le relie de leur delcription
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- (1) Il y a toute apparence que le terme de Carrojj'e, eft' dérivé du latin Currus ou Carrus,
- qui fignifîent un Char , & qu’il en eft l’augmentatif r c’eft-à-dire , un grand Char«
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- ^ AVANT-PROPOS. ~ 3
- manque ; mais il eft certain qu’ils étoient bien différents de ceux d’à-préfenc.
- Les Bourreliers ont été érigés en Corps de Maîtrife , fous le régné de Charles VI, en 1403. Ce Roi leur donna des Statuts qui furent renouveliés en *S78> fous Henry III ; puis fous Louis XIV, en 1665 ; & fous Louis XV, ( aéluellement régnant ) en 1734.
- Leurs titres font BourreUers-Bâtiers-Hongrieurs (1).
- Ils feront Doiîieres, Avaloires, Brides, Têtieres , Chaînes, Mancelies, Anneaux de cuir, Traits, Reculements, &c ; Refnes & Longes de cuir de Hongrie, Chaînettes, Courroies, fauffes Soupentes de marche-pied , Fourreaux de foupente, Couvertures de cuir, de toile , Scc ; Sellettes de limonier , tout le Harnois de tirage ,Bâts, Panneaux , Seaux de cuir pour les incendies , Enjolivure de toute étoffe , Licols, Filets , Caveflons, Contres de Charrue , Langes.
- Les Selliers ont leurs Statuts fous Henry III, en 1577 , confirmés en ry(?y fous Henry IV, 8c en 1678 , fous Louis XIV ; mais comme la plupart des Ouvrages nommés dans leurs anciens Statuts ne fubfiftent plus, ils ont été auto-rifés à changer leurs Liftes , en exprimant à la ^lace des pièces anciennes , les modernes qui leur font dévolues ; leurs titres font Selliers , Lormiers (2) , CarroJJiers.
- Ils feront Selles de toute efpece pour Chevaux, Haquenées, Mulets, Scc j Caveffines, Caveffons, Bridons, Filets, Maftigadours, Lunettes , Mors, Etriers ,. Banderolles de timbales & leurs couvertures, Banderoles de guidons , Eten-darts, Porte-moufquets, Carabines, Harnois de folle couverts : ils feront Litières, leurs Selles & Harnois à bras & Bricoles; Coches, Chars, Charriots, Car-rofles, Calèches garnies, bas de Siégé de Cocher , Trouffequins, Etuis, Chars triomphants, Chariots de pompe funebre, la grande Couverture pendante , Garniture de cercueil, Caparaçons, Crinières: ils couvriront tous Harnois, Soupentes, Chaînettes , Courroies , Couffinets de trouffe, Malles,Porte-manteaux ,CouiïI-nets de pofte & leurs Valifons , Poches de cheval,7Couffinets, Couvertures pour les chevaux , Caparaçons , Bâts François & leurs Courroies, Fourreaux de piftolets, Chaperons, Bourfes, faux-Fourreaux & garniture d’iceux, Houffos, Garnitures de chaifes, Placets, Fourreaux d’arquebufo & leurs Bourfes, Four-» reaux de rondaches, Cafques, Heaumes, Epieux d’arbalêtre & Enjolivures.
- Dans la defeription de ces Arts , ainfi que de tous ceux où les Ouvriers peuvent faire tant de chofes , fi on entreprenoit de détailler & d’expliquer jufqu’àla derniere, le Leéteur , au lieu d’acquérir de nouvelles connoiffances, fe trouveroit très-fouvent fatigué par la répétition des mêmes manœuvres : c eft donc de ces manœuvres qu’il eft'queftion de l’inftruire , & non de les
- (1) Ils s’appellent Hongrieurs, parce qu’ils ont !e droit d’apprêter pour leur ufage le cuir de
- Hongrie. . r ~
- [2.) Lçrmisr eft un vieux mot qui lignine Uu-
- vrier en petits ouvrages de fer, comme Clous,
- Anneaux, &c. Il paroît par ce titre , que les, Selliers peuvent les forger pour leur ufa^e.
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- 4 AVANT-? R O P O S.
- lui répéter. Ainfî on s’eft attaché à décrire les pièces les plus compofées de celles que chaque Art exécute ' actuellement, & qui mettent l'Ouvrier en (état, en fuiyant les mêmes principes , non-feulement de réuflîr fur tontes les autres pièces dont il eft fait mention dans les Statuts , mais encore à l'égard de ce qui pourroit fe préfenter de nouveau à chacun dans fon Art.
- On divifera l'Art du Bourrelier en deux Sections : la première , qui commencera au fécond Chapitre, contiendra le Bourrelier-Bâtier : la fécondé, le Bourreîier-Carroffier, qui fera fuivi de l'Art du Sellier , précédé de l'Arçon-nier ; fur quoi il faut fàvoir que la Manufacture des Arçons eft abfolument de l'Art des Selliers, & qu'ainfi s’il y a des Arçonniers, c eft que les Selliers laiflent faire leurs Arçons de Selles à des Ouvriers qui travaillent le bois , ce qu'ils leur ont permis d’autant plus volontiers , que ce travail eft étranger au refte de leur Art, qui s’approche beaucoupplus de celui,du Tapiflier. "
- On a obligation de la connoiflance de ces Arts à plufieurs habiles Ouvriers & Maîtres. On a été inftruit pour le Bourrelier-Bâtier , chez M. Enfroy , rue des Foffés S. Bernard, par lui-même & par M. Agron, fon ancien Sc premier <jarçon ; par M. -, Maître Bourrelier-Carrofîîer , rue S. Thomas, près
- la place S. Michel, pour tout ce qui regarde fon Ait, TA** du Sellier a été 'dicté par M. Begly, demeurant rue du Sépulcre; & pour l'Arçonnier , on s’efï .adrefle , fur fa réputation, à M. Coulier, rue de Verfailles, près la rue Victor,
- L’ART
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- L’ART DU BOURRELIER.
- CHAPITRE PREMIER,
- Inflruments, Outils SC Matériaux des Bourreliers en général.
- Le Corps des Bourreliers n'étoit qu’un, avant que les Voitures, pour là commodité des hommes eufient paru en France ; mais comme le travail, & raifon de ces Voitures, devenoit plus délicat & exigeoit une manœuvre par-; ticuliere qui s’éloignoit beaucoup de la manière ancienne , & pouvoir occuper un homme tout entier , plufieurs Maîtres s'y adonnèrent uniquement, ce quî les fépara en deux branches ; & c’eft pour les diftinguer entr eux, que ceux qui continuent leur travail primitif , confondent le nom de Bourreliers-Bâtlers, & que les autres font appellés Bourrelî*r*-f'*+r'dF**s- fo fervent tous , en , à des mêmes inftrüments , plus forts pour les
- Bourreliers de gros Harnôis, plus fins pour ceux de Harnois de CarroiTe. Les premiers en ont cependant quelques-uns qui leur font nécefiaires, & les der-; niers quelques autres dont les premiers ne fe fervent point. On les diftinguerâ tous ici, en cotant en lettres romaines, ceux qui font communs à tous les deux *, les lettres italiques indiqueront ceux des Bourreliers-Bâtiers ; & les chiffres, ceux des Bourreliers-Carrofliers. Ceux qui font fans chiffres, font communs à plufieurs autres Arts. Voici la lifte générale , qui fera fuivie de Yqxz
- plication.
- A A, le Bat-à-bourre. e, le Serre-point.
- A , la Pince de bois. f9 la Broche à piquer. Planché
- B, le Marteau. 1 c e y le Fer à Bâtier. à*
- C, le Couteau-à-pied. g g y l’Aiguille à Bâtier.
- D, la Serpette. E, E*, la Rênette. P, G, le grand & petit Ëmporte-piece. H, Y Alêne à brédir. I y l’Alêne à coudre, y-a, là Forme. a a y le Coin. t h b , le Maillet, le f, la faillie Verge.' » d d y le faux Garrot. ^"b, la Verge à enverger. c 3 l’Aiguille à réguillen à, le Paffe-corde. ' 2 >le Serre-attache. 3, le Poinçon. 4, le Formoir.
- $ y g y le Tire-bourre." 6, h y le Rembourroir. L'Epée. Le Tire-pied. La Manicle ou Gant royah Le Rondin ou Rondinet. La Mafle de fer. Le Billot. L’Etau. Plufieurs fortes de Clous.
- A A , le Bat-à-bourre eft un inftrument commun aux deux Bourreliers , comme auffi aux Selliers, &c. Il eft compofé de planches pofées horifontale-* ment, de fix à fix pieds & demi de long, & de trois pieds plus ou moins d© Bourrelier , &c, B
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- % FART du bourrélier,
- large. Â un des bouts de ce plancher, eft attachée une traverfe a , percée dé huit trous pendant deux empans ; on arrête dans ces trous huit petites cordes de Sx pieds de long, qu’on attache enfuite par l’autre bout à une fécondé traverfé b, qui ne tient point au plancher : au milieu de celle-ci on fait entrer un manche de bois c, de deux pieds dé long ou environ. Ces cordes font attachées également diftantes l’une de l’autre.
- Le nom de cette machine délîgne Ion ufàge ; car elle'eft faite pour bat-, tre de la bourre. Voici comme on s’en fert. On commence, après avoir mis la bourre fur le plancher, par prendre deux baguettes , avec lefquelles , fô mettant à genoux, on bat cette bourre pour la dégroffir ; enfuite prenant le manche du bat-à-bourre, & tendant les cordes, on en frappe la bourre jufqu’à ce qu’elle foit entièrement divifée & légère.
- A , la pince de bois, fert aux deux : elle eft compofée/de deux pièces de bois ; la plus longue a a, de trois pieds huit pouces de long, &de cinq pouces de large par un bout, allant toujours en diminuant jufqu’à l’autre bout qui /fera celui d’en bas ; on l’évide à plat, commençant à un pied neuf pouces du bas, en lui donnant une forme un peu courbée : cette mâchoire eft immobile. L autre pièce eft une pareille mactioiic £ , ^ charnière de bois
- c y où la première commence à fé courber. Ces deux mâchoires fermées né fe touchent qu’au haut de leur largeur : celle-ci s’ouvre & fe ferme fur la première.
- Quand l’Ouvrier veut s’en fervir , il la fait palier par-deflous la cuifle droite en biais jufqu’à terre, appuyant fà mâchoire immobile fur la cuifle gauche ; il place enfuite les peaux qu’il veut coudre enfemble , entre les deux mâchoires, & il les contient en appuyant la cuifle droite fur la mâchoire mobile ; alors il fe met à coudre en perçant les deux peaux avec l’alêne : puis paflànt dans le trou les deux aiguilles en fens contraire, fi c’eft un Bourrelier-Bâtier, ou les deux foies , fi c’eft un Bourrelier-Carroflier ou un Sellier ; il tire 1 eguillée qui les fuit jufqu’à ce que le point foit ferré.
- B, eft la forme du marteau des Bourreliers, Selliers, Sec:
- C, le couteau à pied : il fert aux deux , ainfi qu’aux Selliers, aux Cordon-» niers, &c, pour couper le cuir.
- le cuir en long
- & en venant à foi, comme le couteau à pied, en avançant.
- E y la rênette fert aux deux à faire des traces fur les courroies, en en* tamant la fuperficie du cuir ; celle marquée E, eft fimple : elle appartient au Bourrelier-Bâtier; Z?*, eft à double branche; c’eft celle du Bourrelier-Car-rolfier.
- F, le grand, G le petit emporte-pieces. Ils fervent aux deux à faire les trous aux courroies pour y pafler les ardillons des boucles.
- H y L’alêne à brédir fert aux deux à percer les fentes au travers desquelles iis paflènt la laniere de cuir avec laquelle ils brédiflent*
- D y la ferpette : les deux Bourreliers s’en fervent à couper
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- L'ART DU ÈOÜRRRIÎER. f
- l’alêne à coudre fèrt aux deux à percer les trous pour les coutures à joindre des Bourreliers-Bâtiers, & pour les coutures piquées des Bourreliers-, Carroffiers.
- a y la forme ne fert qu’aux Bourreliers-Bâtiers : elle eft compofée de deux gros morceaux de bois d’orme de trois pieds de haut chacun, coupé plat lût fbn épaifleur du haut en bas, ainfi qu’à la furface fepérieure, où il a fix pouces de large ; ils s’élargiffent enfeite en tous fens dans leur longueur jufqu’en bas * où ils ont treize pouces d’épaiifeur : le dos de chacun eft arrondi différem-4 ment ; l’un en fe rétréciftant par les côtés y fe termine en portion de cercle \ c eft celui coté u ; 1 autre, coté x , fe rétrécîflant davantage , forme une arête un peu arrondie. On fe 1ère de cet infiniment pour mettre les colliers en fon* me , comme il fera expliqué ci-après. Pour Cet effet on approche les feperficieS plates 1 une de l’autre ; on fait entrer le collier par-defîus la forme ainfi difpo-fée ; & à l’aide du coin a a, qu’on fait entrer entre deux à grands coups du maillet b b, on l’oblige à s’étendre & à fe former t la fauffe-verge c c, qui eft de cuir, laquelle fe met à un bout du collier 9 & le faux garrot dd, de bois , aident encore à cette opération.
- b b y Vu. yergo à diverger fert aux mêmes ; c’eft une tringle de fer d’environ quatre pieds & demi de long ayant un bouton à un de fes bouts, & l’autre bout applati & un peu échancré à fon extrémité i elle fert à pouffer la paille dans la verge du collier. t
- c, l’Aiguille à réguiller ne fert qu’aux précédents: elle eft un peu recourbée l & fert à faire les grands points de ficelle qui rapprochent la tête du collier.
- dy le paffe-corde fert aux mêmes à enfiler la ficelle pour la paffer où on veut qu’elle traverfe.
- e y le ferre-point fert aux mêmes à prendre 8c entortiller la ficelle pour avoir plus de force à en ferrer les points : il eft de bois.
- fy la broche à piquer fert aux mêmes pour faire tenir & incorporer , pour ainfi dire , la bourre dans la paille , quand on en met par-deffus un em-paillement.
- t e y le fer à Bâtier fert aux mêmes : il eft pointu par un bout * plat & quarré par l’autre : il fert à rembourrer les bâts de Mulet.
- g g y l’Aiguille à Bâtier fert aux mêmes à paffer la ficelle au travers de la rembourrure des bâts de Mulet.
- n y le ferre-attache ne fert qu’aux Bourreliers-Carroffiers à ferrer leurs bré-diffures & attaches de cuir : il eft de bois.
- 3 , le poinçon ne fert qu’aux mêmes pour monter & démonter les voitures.
- 4, le formoir de même : il eft de fer & garni au bout d’une petite roulette fur l’épaiffeur.
- J , g y le tire-bourre : il fert aux deux; mais quoique fon ufàge (bit le même pour chacun ? le tire-bourre 5 y des Carroffiers, & le tire-bourre g 9 des Bâtiers %
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- B L’ART DU BOURRELIER.
- font de forme différente ; celui des Carroffiers eft contourné en S, Sc Celui del Bâtiers eft plus long , tout droit & recourbé feulement par le bout. Leur ufà-ge efl de retirer la bourre des endroits d’où on veut l’ôter.
- 6 9 h , le rembourroir fert aux deux -: il eft dans le cas du précédent pour lâ forme & pour la matière ; car celui des Carroffiers 6, eft de bois un peu contours né ; & celui des Bâtiers eft de fer, tout droit, applati, échancré par le bout* Sc emmanché : ils fervent tous deux à pouffer & enfoncer la bourre.
- On a jugé qu’il étoit inutile de donner les figures des inftruments fùivantsy trop connus.pour les décrire ici : on renvoie à l’Art du Cordonnier.pour le tire-pied & la mâniele ; on dira feulement que le tire-pied ne fert qu’aux Bâtiers^ que la manicle, m'oins*large que celle des Cordonniers, fert aux deux, & qu’ils l’appellent le gand royal, pour l’ennoblir par le terme.
- Il épée n’eft autre chofè qu’un bout d’épée d’un pied de long, emmanché dans un 'manche de bois ordinaire : elle ne fert qu’aux Bâtiers, principalement a percer la verge pour y paffer les boutons.
- Le rbndinet zîk xm bom de manche à balai, long d’un pied, qui fert aux Bâtiers à pouffer la bourra Jnnç 1e collier, ôc à la battre par-deffuspour l’arranger.
- Le billot fert aux mêmes à battre & corroyer le cun aYtc la majje deJer ; Y étau à tirer le cuir , pour l’allonger.
- Les mêmes fe fervent de plufieurs fortes de clous, entr’autres de b roquettes, de clous de quatre, d’un pouce Sc demi de long ; de clous de fix, de deux pouces ; de clous à lattes, &c.
- Les deux Bourreliers ont toujours au milieu de la boutique , une table quar-rée d’environ deux pieds de large, entourée d’un rebord de quatre doigts de haut : ils la nomment le Veilloir, parce qu’elle leur fert toute l’année. Ils (è placent fur des tabourets autour du Veilloir pour travailler , & mettent deflus les outils dont ils ont befbin à mefure qu’ils s’en font fervis. On verra dans la fuite des Chapitres mettre tous ces outils en œuvre.
- Matériaux.
- L e s matériaux que les Bourreliers en général emploient, font les cuirs, les peaux tannées, les peaux paffées en poil, la toile , la bourre de bœuf, de veau & celle de mouton qu’ils nomment bourre blanche ; le crin, la laine en écheveau de toutes couleurs, le fil gros , la ficelle en deux brins , le fil blanc & de couleur, la paille de feigle.
- Le cuir de Hongrie eft du cuir de bœuf préparé en blanc: il s’en fait aufîî de cheval, mais bien inférieur en bonté; il eft même défendu aux Bourreliers-Carroffiers, par leurs Statuts , de s’en fervir en foûpentes. Le cuir de Hongrie ne fe débite qu’en demi-peaux , qu’on nomme bandes. On appelle cuir dé Ailej magne, le cuir de vache préparé comme le précédent.
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- L’ART DU BOURRELIER9 Le cuir d Angleterre eft de bœuf ou de vache, apprêté en couleur fauve \ il^ft à grain ou lifle.
- Le cuir de bœuf noir lifte.
- Le cuir maroquiné de vache, veau , mouton, & le maroquin.
- La peau de mouton tannée ou bafànne jaune.
- La peau de mouton blanche.
- La peau ou toifbn de mouton.
- La peau de cochon tannée. '
- La peau de caftor tannée.
- La peau de veau , de blereau, de fànglier en poil;
- Voyez le Tanneur , le Corroyeur, le Mégiflîer , le Marqquinier & le Chamoifeur, par M. de la Lande, de l’Académie des Sciences.
- PREMIERE SECTION.
- PU BOURRE LJE R-B Â T 1ER.
- CHAPITRE SECOND.
- De la coupe du cuir ; les mefures , les coutures , les nœuds ôC les ouvrages en général du Bourrelier-Bâtier,
- Dans cet Art, on ne fauroit donner de réglés certaines pour la coupe du Couds cuir ; on dira feulement que le dos de fanimal eft toujours le plus fort, quoi- Çu*r» que le côté du ventre foit quelquefois plus épais ; du refte on examinera la peau, & on verra ce quon peut en tirer du fort & du foible , fùivant les pièces qu’on doit exécuter, afin que le tout puifle fervir, foit à une chofè , foit à une autre. Cette connoiflance eft dans le cas de celles qui s’acquierent plutôt par la pratique que par théorie.
- Les Bourreliers ne melurent que par empans pour les longueurs , & par tra? vers de^doigt pour les largeurs. Un empan eft huit pouces de long: ils s’ac- Empans, eoutument à faire avec la main étendue la valeur d’un empan , en mettant le pouce en arriéré & les doigts en avant, jufquà ce que depuis le pouce ju£-qu’au bout du fécond doigt ainfi étendus, il fe trouve huit pouces ou environ ;
- & pour continuer cette marche, ils rapportent le pouce où étoit le fécond doigt, & ainfi de fuite en avançant jufqu’à la fin de la melure. Ils ne s’aflujet-r iifîent pas, comme on voit, à la précifion géométrique , de laquelle leurs ou* vrages n’ont pas un befoin abfolu ; cependant l’habitude fait qu’ils ne s’en éloi« gnent guere.
- Bourrelier , &c0 Ç
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- IO V ART DU BOURRELI E R.
- Pour aflembler toutes les pièces d’un harnois quelconque , afin de le rendre complet & prêt à fervir, il faut d’abord tailler tous les cuirs, pour enfuite Les coutures les lier l’un à l’autre par différents points de couture , ou par des nœuds 8c 6c nœuds. ^ attacj,es <je Jiverfes façons, fuivant les places & l’effet que chaque efpece de lien doit produire. Or comme toutes ces manœuvres font partie de la construction des harnois, & qu’on répétera plufieurs fois leurs noms dans l’explication qui va fuivre , il vaut mieux, afin de retrouver plus aifément leurs defcrip-tions & procédés , les tranfpotter dans ce Chapitre , que de les répandre à mefure dans le courant du difcours.
- Les Bourreliers-Bâtiers le fervent d’aiguilles & jamais de foie de fànglier ; ils différent en cela de leurs confrères , les Bourreliers-Carroffiers , qui n’emploient pour leurs coutures que des foies de fànglier au lieu d aiguilles, comme on verra par la fuite ; on réferve alors la maniéré dont ils s y prennent pour lier ces foies à leurs aiguillées , quand on les traitera à la fuite de ceux-ci : tous les deux fe fervent de fil gros ; mais les Bâtiers l’enfilent dans de véritables aiguilles , ou dans des carrelets. Outre le fil gros , ils emploient encore de la ficelle plus ou moins grofîe , mais toujours cordée en deux brins : ils coufent auffi avec de la laniere de vache 8c de mouton blanc ou rouge J c efî ce qu’ils appellent de la couture.
- Ils éfilochent leur fil gros & leurs ficelles par les bouts , & leur font faire la pointe pour les enfiler dans les aiguilles : ils les poifîent, ou ils s’en fervent fans les poiffer , fuivant les cas. Lorfqu’ils veulent poiffer, fi c’eft du fil gros , après en avoir affemblé plus ou moins de brins fuivant la grofieur de l’aiguillée qu'ils veulent faire , & en avoir éfiloché 8c retordu les deux bouts fur le genou, ils prennent de la poix noire, & tendant le fil au crochet, ils l’en frottent d’un bout à l’autre , ajoutant à mefiire un peu de fuif qu’ils prennent au bout du doigt pour rendre cet enduit plus coulant. Ils poifîent la ficelle de la même maniéré. A l’égard des lanières , qu’ils nomment de la couture, ils en taillent les bouts en pointe allongée, laquelle leur tient lieu d'aiguille pour traverfer les trous qu’ils font avec l’alêne.
- Iis ont plufieurs fortes de coutures , les unes ordinaires , comme à fiirjet, à point devant, & c. & d’autres qui leur font plus particulières, comme celle Couture à qu’ils nomment couture a joindre, la même que leurs confrères les Bourreliers-joindre. Carroffiers appellent couture piquée, & femblable , à quelques petites différences près , aux coutures que les Cordonniers nomment coutures lacées. L’aiguillée de ceux-ci étant enfilée , comme on a déjà dit, dans une aiguille à chaque bout, ils commencent par s’armer du gant royal, & pofànt les deux cuirs qu’ils veulent joindre fous la pince , ils paffent d’abord la moitié de l’aiguillée au travers le premier trou d’alêne ; puis ayant percé un fécond trou plus ou moins près du premier , ils y font paffer toujours l’aiguille à main droite la première, & la gauche en deçà : iis continuent de même jufqu’à h
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- demi-jon&ion.
- Section I. Du Bourrelier-Bâtier. i r
- fin de la couture , en ferrant chaque point. Cette couture leur fert à joindre enfemble deux cuirs le ldng de leurs bords. Lorfqu’iis veulent joindre avec une feule aiguille , la paflant fucceflivement dans les trous de l’alêne, ils nom- . A ment cette couture une couture à demi-jonction.
- La brédijjiire efl une autre efpece de couture qui ne fe fait jamais qu’avec Brédiflure. de la laniere de cuir : elle efl: deftinée à contenir dans fefpece d’anneau de cuir qu’elle occafionne , une boucle , un anneau de fer , un cuir traverfant,
- &c. On commence par plier le bouc du cuir autour de ce qu’on veut qu’il contienne : car la brédiflure ne fe fait jamais qu’aux bouts des cuirs du fons de leur largeur ; on les y replie fur eux-mêmes ; le cuir redoublé, on perce les deux doubles avec 1 alêne à brédir, puis on pafle de la couture dans la fente : on continue toujours ainfi. La laniere ou couture , en allant d’un trou à l’autre, doit tourner l’épaiflfeur des deux cuirs en dehors. La brédiflure ne pafle gueres le nombre de quatre points de chaque côté. On finit ordinairement par un point fupérieur dans le milieu des cuirs , <& quand les deux derniers points qui fe regardent, font fuffifamment éloignés l’un de l’autre, on met fouvent un point quarré dans l’intervalle. Au bas de la Planche 9 , on voit des bré-diflures de deux façons. La figure 1 y montre la brédiflure ordinaire ; la figure 1, repréfente une autre façon , par laquelle les fentes étant moins proches l’une de l’autre , courent moins le rifque de fe communiquer.
- Le point de billot efl: une efpece de brédiflure qui fe fait toujours comme la précédente avec de la couture ; mais celle-ci s’exécute au milieu de plufieurs cuirs qu’elle traverfe pour les ferrer plus fort l’un contre l’autre : on la nomme point de billot, parce qu’elle fo fait toujours aux billots du collier : il efl: aifé de voir fa difpofition, P/. 6, Fig. B.
- La rentraiture efl: une couture à demi-jonétion, faite avec du fil ou de la ficelle ; elle fe fait à points devant, en perçant avec l’alêne des trous également te. diftants, dans lefquels on fait paflèr fucceflivement l’aiguille : cette couture peut fe ferrer en tirant avec la maip tous les points de deflus.
- Appointer efl enfoncer l’aiguille en perçant deux cuirs , qu’on veut join- Appointer,' dre enfuite par les bords , la reflortir à côté, nouer le fil 8c couper : ces appointées fe font de diftance en diftance , pour joindre des pièces qu’on doit coudre enfuite, afin qu’elles ne fe dérangent pas en coulant; on les enleveà mefure qu’on les rencontre.
- Ils font auffi plufieurs noeuds différents foivant que les places l’exigent, favoir, le nœud droit, le nœud plat ou de coupliere , le nœud croifé ou patte d’oie , le nœud quarré ; ils fe font tous avec la laniere de cuir.
- Le nœud droit n’efl: autre chofe que le nœud ordinaire redoublé par un fécond nœud ferré fur le premier à contre-fens ; la figure A , FL 6, en fait voir . l’apparence.
- Le nœud plat ou de coupliere , fe fait de la laniere même , quand Nœud plat r ou de cou-
- on s’en fert pour approcher deux pièces l’une de 1 autre ; on l’emploie pour pliere.
- Point
- Billot.
- de
- Rentraitii-
- Nœud droit.
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- î2 L’ART DU BOURRELIER
- tenir enfèmble les attelles d un collier ; alors la laniere ainfi nouée fe nomme une cou plier e 9 PL 6 , Fig. ï. Ayant redoublé la laniere fur elle-même , faites une fente a ; faites pafler dans la fente le double b en c ; remontez par derrière end} ramenez en devant le bout e , par-deffus c : voilà le nœud fimple. Pour le faire double, Fig. 2, faites palier le bout e par-derriere , de g en f9 d'où vous le ferez revenir par-devant, palier par-dellous g, & ferrer : la Fig. 3, fait voir ce qui paroît à l'envers de ce nœud double.
- Patte d’oie. Le nœud croifé ou patte d’oie , fe fait pour attacher l'un fur l'autre piulîeurs cuirs larges, PL 6, Fig. 4 ; paflez en a dans la fente de l'alêne la laniere e h 9 à laquelle vous aurez fait une fente en e ; relevez-la à l'envers ( lignes ponctuées) c'eft~à~dire , derrière les cuirs en b. Son chemin eft marqué par deux lignes ponétuées : paflez-la’en devant dans la fente b, & vous la mènerez par-delîus a , , dans la fente c ; puis vous la releverez par-derriere (lignes ponc-
- tuées ) pour la ramener en devant au travers de la fente d9 Fig. J ; paflez le bout A, de d en h , au travers de la fente e, par-delfous & par-delfus jufqu'en f; puis la faifimt pafler entr elle <8c les cuirs de f en g 9 vous en ramènerez le bout h par-deflbus f.
- Nœud quar- Le nœud quarré. Ce nœud fe fait pour joindre deux portions de courroies
- ré. ou de laniere enfemble : on s'en fert principalement au harnois des mulets,
- Fig. 6 ; pliez le bout a e ni; paffez le bout b par devant 1 en 2 , Fig. 7 ; re-? levez le bout a par-defliis le bout b 2 en 3. Côtoyant 1, Fig. 8 , relevez le bout b par-deJIus le bout a en 4, le paflànt au travers du pli 1.
- Gance. La gance de mulet. On ne conftruit guere cette elpece de gance qu'aux harnois de mulet ; elle fe fait en ficelle à-peu-près comme un des côtés d’une boutonnière d'habit : on la commence par 6 ou 7 points coulés a a, Fig. 9 , qu'on croifè l'un fm l'autre vers le milieu de leurs longueurs. Comme çes points ne tiennent à l'étoffe que par les deux bouts, on leur donne plus ou moins de longueur , fuivant celle qu'on veut donner à la gance ; on les renferme enluite à points noués qu'on fait avec la même ficelle ; ladite Fig. 9, en montre l'apparence;
- Ouvrages.
- Enfonçure.
- Le Bourrelier-Bâtier fait à neuf les harnois des chevaux de charrette , les panneaux pour différents ulàges, les bâts des chevaux de fbtntne ordinaires ; & pour la guerre, tout l'équipage de guerre du mulet, le collier & bât d'âne , l'équipage des chevaux de coches & de fourgons, les torches ou bâtines , les colliers des chevaux de brancards, & c.
- Parmi les raccommodages, il y en a un entre autres, auquel les Bourreliers donnent un nom particulier, peut-être à caufè qu'il arrive fréquemment. Le collier du cheval de charrette eft fujet à s'ufer bien plutôt à l'endroit du poitrail qu'ailleurs, parce quel'ufàge des Charretiers eft de mener leurs chevaux à 1'abreu-yoir en le$ détellant, & avant de les déharnacher ; & comme le bas du collier trempe chaque fois dans l’eau ,il le pourrit ; ce qui oblige à y remettre des pièces neuves :c'eft ce que les Bourreliers appellent mettre une enfonçure au collier.
- chapitre;
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- Section I. Du Bourrelier-Bâùerl
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- CHAPITRE TROISIEME.
- Le Harnois des chevaux de Charrette.
- Les chevaux de charrette font, â proprement parler, les chevaux de force Sc de peine ; auflî les gros chevaux entiers font préférables à tous autres. Cela étant , leurs harnois doivent être de réfiftance & trèsTolides. Aux voitures â deux roues, comme charrette, haquet, tombereau , Scc, on ne les attele jamais qu'un à un l'un devant l'autre. Celui qui tient immédiatement à la voiture , placé entre fes limons , a un harnois plus Compofé , parce qu'indépendam-ment du tirage , il a à fupporter partie du poids de la voiture ; tous les autres ne faifant que tirer, en ont un bien plus Ample. Celui qui eft dans les limons , fe nomme le limonier, F/. 9, Fig. A, a; celui qui le précédé immédiatement , le chevillier b ; le troifieme, le cheval de faute : quand il y en a un quatrième avant lui , finon, il s’appelle le cheval de devant c. On peut en atteler tant qu’on veut ; mais pafle cinq , il faut un focond Chartier*
- Il s'agit maintenant d'expliquer la bride & le collier, qui font le harnois de l'avant-main de tout cheval de charrette ; après quoi on détaillera le refte de celui du limonier , & enfuite des chevaux de devant ; le licol qui eft propre^ ment le harnois de tête du cheval à l'écurie, terminera l'Article IV de c© Chapitre.
- Article Premier.
- La Bridé.
- L a Bride eft compofée de la têtiere , du fronteau, des montants , des aboutoires , du cache-nez , de la fous-gorge, du mors & des rênes.
- Pour conftruire la Bride Fl. 4, Fig. 1, on a un mors 2, rond, de buis , defept pouces un quart de long, large dans fon milieu de deux pouces de circonférence, & renflé aux bouts d'un quart de pouce de plus, au travers defquels eft pafle un anneau de fer. Ces mors viennent de Province & fe vendent chez les Quincailliers.
- Pour faire les montants 3 , coupez des bandes de cuir blanc, larges d'un pouce ; appliquez-les en deux l'une fur l'autre , paflez-les dans 1 anneau du mors ; repliez-les enfuite fur elles-mêmes , ce qui fera quatre cuirs : le montant gauche doit avoir de longueur trois empans & demi, parce qu'après avoir pafli fur la tête , où on le nomme la têtiere , il doit fe boucler au montant droit fait également de quatre cuirs , mais qui n'aura qu'un empan & demi de long. Ee montant gauche arrivé avec fes quatre cuirs à un empan au-deflus du mors , vers le lieu où feront pofées par la fuite les aboutoires , vous Y appointerez Bourrelier >&c. E)
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- ï4 L'ART DU BOURRELIER.
- avec des clous, & vous commencerez à le diminuer d’épaiffeur avec le couteau à pied, en fupprimant d’abord un des cuirs intérieurs ; vous en ôterez de la même maniéré encore deux en montant de diftance en diftance : il ne reliera plus que le cuir extérieur foui qui doit palier fur la tête. Il faut en exécutant ceci amener toujours en mourant les cuirs intérieurs à mefure qu’on les retranche , de façon que la dégradation foit imperceptible. Ce montant gauche, après avoir paffé fur la tête , doit defcendre de l’autre côté pour fe boucler au montant droit, fait également de quatre cuirs , qui s’appelle U court montant, lequel fera terminé par la boucle qui recevra ledit montant droit. Quelques-uns veulent des porte-mors de cuirs fimples attachés aux montants, & pointent quelques clous le long des bords defdits montants pour les tenir en place.
- Coulez enluite les cuirs de chaque montant par deux coutures à joindre le long des bords ; vous ôterez les clous à meftire que votre couture avancera : continuez au montant gauche, julqu’à ce que vous foyez arrivé au-deflus de la tête ou têtiere ; coufez de même le court montant, & attachez là boucle; battez-les fur le billot avec la malle pour les corroyer Sc unir ; JurtaillezA.es enfoite avec les cilèaux, c eft-à-dire, égalifoz-en les bords ; coufez avec de la laniere de cuir le cache-nez 4 , à l’un 3c à l’autre montant, à un pouce au-deflus de l’anneau du mors, 3c les aboutoires y de même fous chacun à huit pouces dudit anneau : chacune de ces trois pièces fera de deux cuirs coufus enfemble. Coufez enfuite le fronteau au-deflbus de l’oreille ; le fronteau 6 f Sc la fous-gorge 7 font de la même piece ; mais le fronteau aura deux cuirs , & la fous-gorge un foui: le bout du fronteau à droite, doit dépalfer le montant ; vous le fendrez en forme de boutonnière, pour y boutonner le bout de la fous-gorge, auquel vous ferez un bouton de cuir roulé ; vous attacherez deux petites lanières ou lacets de cuir du haut de chaque aboutoire, au milieu du fronteau, pour alfurer les aboutoires en leurs places.
- Voilà la bride toute fimple ; il faut être bien indigent pour fe contenter de cette grofliere fimplicité : prefque tous y défirent plus ou moins d’ornement. On renvoie pour ce détail à l’Article cinquième ci-deflous, où l’on verra tout ce qu’on a coutume d’ajouter aux harnois des chevaux de charrette pour les parer.
- On brédit aux anneaux du mors les deux branches d’une rêne 8, de cinq empans, qui doit être fendue jufqu’au cinquième empan.
- Article Second.
- Le Collier.
- C e n’eft pas la chofo la plus fimple que la taille du Collier d’un cheval de charrette ; elle eft au contraire tellement compliquée, Sc d’un détail fi embar-ralfé, qu’il n a pas été poffible de la traiter ici fins multiplier les figures, afin
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- de conduire cette coupe jufqu à fon dernier terme : en voici la raifon; Il faut que , {ans aucune bafè folide fur laquelle on puiflè fe régler , ayant étendu fur une table une peau de mouton tannée, on parvienne à compofer une efpece de long fac irrégulier dans fà largeur , mais qui ait toutes les proportions re~ quifes. Lorfqu’après lavoir rempli de paille & débourré, on l’aura accolé par les deux bouts, cette première peau n’étant jamais fuffilànte, on y ajoute des morceaux ; on coud le tout enfèmble, excepté les deux bouts qu’on laifle ouverts , on retourne ce fac, on le remplit de paille & de bourre , comme il vient d’être dit ; on attache les deux bouts l’un contre l’autre, ce qui lui donne 1 apparence d un ovale à jour , quand enfuite on l’a mis dans la forme : ceci n’étant qu’un extrait luccinét de l’opération , on va entrer dans le détail.
- I. Prenez une peau de mouton tannée, autrement bazanne jaune A , trempez- £ la dans un feau d’eau pour la ramolir , & la rendre flexible ; tordez & égoutez l’eau, étendez la peau fur la table, la chair en-delfous.
- II. Pliez-la exactement fur elle-même par la moitié le long du dos, la fleur en dedans b b\ pliez le col c le long de l’arrête du dos jufqu’à la ligne ponctuée , qui marque ici l’endroit de ce pli ; dépliez fur le champ, la marque du pli reliera. Vers le milieu de la trace que ce dernier pli a laiflëe, ell marqué ici dans la ligne ponéluée un gros point d, qui défigne une marque que vous ferez avec le dos de vos cifeaux.
- III. Pliez en biais environ les deux tiers du dos, côté du coi par-deflùs, la peau jufqu’à la fufdite marque d, Sc le tiers reliant du côté de la queue pareillement, ce qui vous donnera deux triangles a9 b. Le petit triangle b 9 de quelque grandeur que foit la peau , ne doit jamais avoir plus d’un empan de long: remettez votre peau dans fa première lituation II, b b.
- IV. Renverfez le col b, par-deflus le commencement du dos depuis la marque d ; il emmenera avec lui une partie du poitrail de l'animal, & les jambes de devant , le tout en double ; faites une trace le long de la ligne du col avec le dos des cifeaux de c en d ; coupez le long de la trace une portion defdites parties qui eft celle du poitrail.
- V. Coupez de. même l*autre portion du poitrail qui efl le double de la précédente , une portion double qui efl: celle des jambes de devant étant reliée en bas ; faites une trace avec le dos des cifeaux en biais depuis d jufqu’en e, appuyez ferme pour quelle fe marque fur le double qui efl:deflous.
- VI. Retournez la partie fur laquelle vous venez de faire la trace, & coupez celle de deflous le long de l’imprefllon que la trace de deflus vient de faire jufqu’en d ; alors toutes les parties coupées ci-devant depuis IV , tenant à cette derniere o o o, elles feront totalement féparées du corps du collier , Sc ôtées comme fuperflues. Pliez en-deflous la petite piece de deflùs a, que vous avez tracée fans la couper, jufquà ce quelle rencontre le bord de celle de deflous ; vous les appointerez enfemble en deux endroits, le col n’ayant pas quitté fà
- Planche
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- Le fourniment.
- Coudre & furtailier.
- X6 UART DU BOURRE LI ER.
- place pendant toutes ces opérations : dédoublez4e fans le déplacer b ; appoin-
- tez-le fur le corps en deux endroits marqués par deux points.
- VIL Refaites vos plis en biais, comme ils étoient N°. III, Sc avec un fil, une ficelle, Scc , vous prendrez en ligne droite , depuis le bout fupérieur du grand triangle, la longueur jufqu’au pareil bout du petit triangle , c’eft-à-dire, de a en b ; pliez enfuite votre mefure en deux, Sc vous la porterez* aînfi du haut des deux plis au bas du ventre de la peau de c en d. Si cette derniere mefure dépaffe la peau, vous y ajouterez des pièces pour remplir les vuides.
- VIII. Coup ez le bas du grand triangle en a, ce qui vous défera du col ; coupez de la même direction le bord double du ventre jufqu’au bout b, des jambes de derrière ; mais vous commencerez cette derniere coupe à un pouce au-deiTus de celle du bas du grand triangle en a ; vous couperez auflt en pointe alongée le bout du petit triangle du côté de la queue en c : puis relevant cette pointe vous marquerez fur le corps une trace circulaire qui ira fe terminer en b , Sc tout de fuite vous couperez tout le derrière le long de cette trace ; puis vous fendrez toute l’arrête du dos , en coupant les plis d’en-bas du grand Sc du petit triangle dd9 d’un bout à l’autre ; appointez chacun avec le corps à quelque diftance de la rondeur e. Ç Les Bourreliers nomment la rondeur, l’inflexion qui fe fait à la pointe des deux triangles ) ; vous pliflerez cette petite rondeur avec quelques points d’aiguille, vous ferez une belle rondeur : c’eft en terme de Bourrelier, arrondir cet endroit en douceur & avec grâce.
- Comme chaque triangle eft double, Sc qu’ils font repliés fur le corps qui eft pareillement double , l’efpace qu’occupent les triangles efl: quadruple ; Sc comme il eft néceflàire que tout le refte le foit aufli, vous prendrez deux morceaux de pareille peau qui puiflent, étant l’un fiir l’autre , couvrir tout ce qui n’eft que double , Sc au-delà: on les nomme le fourniment A. Vous les taillerez de façon que non-feulement ils couvrent le corps, mais qu’ils le dépaflent par-derrière de quatorze pouces ou environ, formant un triangle avancé dont le haut defcende de la pointe alongée c du petit triangle, Sc dont le bas fe relève un peu depuis les jambes de derrière b. Le fourniment eft marqué A,
- Il s’agit maintenant de coudre pour joindre toutes les pièces. On fait quatre coutures à joindre, favoir une pour coudre chaque piece du fourniment aux deux triangles d d, une au bout large du grand triangle en a , la quatrième pour joindre tout le ventre de l’animal aux fourniments. Toutes ces coutures fe font avec le tire-pied Sc le gant royal* Les coutures faites , vous replierez le collier comme lorfqu’il a été fini de tailler , vous égaillerez bien tous les bords faillants de ces coutures avec les cifeaux, c’eft ce qui s’appelle fur-tailler ; vous coudrez enfuite à grands points une bande de toile de trois pouces de large, à l’endroit qu’occupera la verge dont on parlera ci-après, pour la doubler, & d’autres bandes de quatre pouces de large pour doubler les deux bouts.
- IX.
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- § e c T ï o M I. Du Bourrelier-B âdef* ïj
- IX. Retournez votre collier comme on fait un gant * en faifànt pafler un Rentraire lâ bout au travers de l’autre ; la fleur alors fe trouvera en dehors > & doit y relier ; Verg@4 puis vous ferez à grands points avec l’alêne 8c le carrelet, une couture à demi-jondlion a a, à un pouce de dillance du devant du collier ; cette couture formera la verge, elpece de bourrelet qui coule le long des attelles , comme on verra par la fuite. Les Bourreliers appellent cette opération rentraire la verge.
- Procédez à l’empaillement, c’eft-à-dire, à remplir d’abord la verge du col- Ënipaillê* lier avec de la paille droite de fegle : la nouvelle eft la meilleure. Pour cet effet, nient de là
- “Y"
- prenez la verge à enverger ; paffez - la par un trou fait dans une planche °
- jufqu à la tête de cet inftrument, qui ne doit pas pouvoir pafler au travers de ce trou. Cette planche étant à terre , vous debout, mettez les pieds deflus , l’inftrument fe tiendra droit: alors prenez de la paille longue plus ou moins , portez-la au haut de l’inftrument, pliez-en environ un pied de long fur fon échancrure ; puis vous le ferez entrer par un bout du collier dans fa verge , l’y enfonçant d’un bout à l’autre ; vous continuerez cette manœuvre jufqu’à ce qu’il y ait aflèz de paille pour la rendre dure & bien ronde.
- Nota. Que pendant l’opération du rempliflàge , il faut toujours entretenir la peau humeétée. Quand la verge eft remplie , prenez de la bourre bien fine , celle de veau eft la meilleure ; après vient la bourre de bœuf ; celle de cheval eft la moins bonne: prenez le bâton nommé le rondin ou rondinet, page 8, Rembour*
- pour poulfer la bourre, l’enfoncer 8c la battre par-deflus le collier, pour la rer* ranger 8c la rendre égale par-tout : vous en mettrez la valeur de deux pouces d’épaiifeur dans tout le collier*
- Vous procéderez enftiite à le remplir entièrement de paille : en voici la façon. Etant afîis & tenant le collier par un bout, prenez le rembourroir , portez fur Ion extrémité échancrée de la paille longue que vous y plierez en Empailler*
- deux ; pouffez cet inftrument ainft couvert de paille dans le collier le long du côté oppofé à celui de la verge, qui doit faire , quand le collier fera monté fur attelles ci-après , le haut du derrière ; vous ne pafferez pas le milieu qui eft l’étroit ; continuez toujours cette façon , jufqu’à ce que vous voyiez ce côté rendu & enflé. A mefure que la paille s’accumule, elle range la bourre du côté de la verge : ce côté empaillé , vous en faites autant à l’autre. Il eft à ob-ferver qu’en pouflànt la paille , il ne faut pas continuer à la cacher entièrement fous la peau ; on en laiffe une portion en-dehors, ce qui en fait un amas le long de la tête du collier , lequel fert à lui donner là forme , comme on verra ci-après. Tout le collier étant rempli d’un bout à l’autre, marchez deflus en le foulant avec les pieds ; cette aélion corrompt, range & égalife l’épaifleur de la paille.
- Enfuite vous tenant debout au milieu, vous fàififlez des deux mains un des bouts ; vous le tirez à vous avec force, & en même-temps frappant du pied par reprifes fur le côté pour le faire obéir, vous parviendrez à amener le bout Bourrelier , &c. É
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- 18 LART DU BOURRELIER.
- jufquà vous ; vous en ferez autant de l’autre côté. Ayant donc de cette maniéré approché les bouts l’un de l’autre , & les ayant accolés, vous prendrezfW-lléguiller. guille à réguiller , dans laquelle vous enfilerez une ficelle en deux, nonpoîffée, longue de quinze pieds ; vous commencerez d’abord à joindre ces deux bouts l’un à l’autre par quatre ou cinq grands points croifés dont vous les lacez au bas de la tête , où la paille commence à paroître ; vous continuerez par-defllis la paille à lacer de grands points parallèles l’un à l’autre jufqu’en haut ; vous ferrez enfuite tous ces points avec la main, comme on ferre un lacet ; cette façon approche les cuirs de chaque bout l’un de l’autre, Sc reflèrre la paille apparente, que vous ébarbez enfuite avec un couteau.
- Les deux bouts qui font la tête du collier étant rapprochés Sc joints, comme il vient d’être dit, le total repréfente un ovale alongé , vuide en dedans, mais fans régularité ; c’eft cette régularité qu’il efl: néceflaire de lui donner , ce Former en clue vous exécuterez au moyen de la forme ; ( voyez la defcription de cet inf-premier. trument Chapitre premier , Sc là figure, PI. i. ) Pour cet effet, vous le ferez entrer fur la forme , la verge en-deflous , & à grands coups du plat du maillet, vous le battrez tout autour fur fon épaifleur pour l’applatir , étendre la peau , Sc corrompre la paill© • puis mettant le coin , vous le ferez entrer à force de coups de maillet ; le collier s étendra alors, Sc commencera à prendre fon contour intérieur : retournez-le, la verge en-deffus ; j’ai oublié de dire qu’il faut toujours mettre fa tête du côté de l’arrête delà forme. L’ayant retourné comme il vient d’être dit, vous recommencerez le même procédé ; cette fois, vous aurez fait entrer la fauflfe-verge entre le bas du collier , Sc le côté arrondi de la forme , Sc le faux-garrot entre fà tête Sc l’arrête de la forme. Cela fait, qui s’appelle former en premier, reprenez votre collier, Sc recommencez à y faire entrer Refournir. de la paille tant qu’il en pourra contenir , ce qui s’appelle refournir ; vous refi-Reformer ferrerez une fécondé fois les points de ficelle de la tête, puis vous le reformerez , c’eft-à-dire, vous le remettrez fur la forme, où vous le traiterez comme la première fois , fans en omettre aucune circonftance. On ufe communément à toutes ces façons une botte de paille entière Sc davantage. Après l’avoir ôté de la forme , fi vous vous appercevez de quelque endroit mal uni, vous y rapportez encore de la paille ; enfin vous revenez à votre ficelle que vous ferrez tant que vous pouvez le long de la tête ; & continuant avec la même ficelle , vous en employez le reliant à la larder de tous côtés dans la paille de la tête, perçant de l’embouchure au haut de la tête, revenant à l’embouchure , Sec ; ainfl vous traverfez toute cette partie de grands points que vous ferrez à mefiire pour y donner de la fermeté Sc de la confiftance, & jufqu’à ce qu elle ait acquis une figure longue, étrécie par degrés jufqu’en haut, où elle fe termine quarrément ; le collier efl: alors en état d’être appiécé.
- La piece, autrement le chaperon , efl: un morceau du même cuir du collier ; vous le taillerez en élargiflànt par les côtés > Sc vous en échancrerez les bouts
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- Section L Du Bourrelier-Bâtier• ip
- en queue d’hirondelle, le proportionnant de façon que , lorfqu’il fera en place , il recouvre le deflùs , le devant & le derrière de la tête , où la paille eft appa-rente ; vous en coudrez tous les bords au cuir du collier à forjet , avec de la couture blanche , & avant de fermer la couture , vous pafferez encore un peu de paille par-deflous ; ce qui fe nomme foutenir fous le chaperon. La Fig. A , PI. i, repréfente le collier vu par-devant; a, partie du chaperon ; b h , la verge : la ligure B repréfente le collier vu par-derriere ; b, partie du chaperon ; c c c , le refte du collier*
- Quand un collier eft deftiné aux chevaux de devant , on y ajoute les deux pièces de côté : qui font deux morceaux du même cuir , qu’on coud avec de la couture blanche au cuir du collier de chaque côté vis-à-vis de fendroit où pafle les billots auxquels tiennent les traits de corde, pour le garantir de leur frottement : on voit la pofitîon de ces pièces , PL 3 , Fig. 2 ; a, piece de côté ï on ne met point ces pièces au collier du limonier , parce qu’il na point de traits.
- Le haut du collier fe nomme la tac, b, Fig. 2 ; elle eft recouverte d’une piece de cuir c c f qui s’appelle la piece ou chaperon. L’embouchure d, eft au-bas de la tête ; c’eft-là que le collier comment à €& /©parer en deux parts qui forment le corps du collier ; 1 endroit ou il eft le plus large par-derriere , fe nomme la pance e ; la verge//’, eft l’efpece de bourrelet qui occupe tout le devant du corps.
- Quand le collier eft achevé, il eft bon de le frotter d’huile ; elle nourrit le cuir. L’huile de poiflon eft la meilleure ; à fon défaut , on peut prendre telle huile que l’on voudra.
- Le collier, tel qu’on vient de le décrire, n’eft en état de fervir que lorfque les attelles, au nombre de deux, y font ajoutées & intimement jointes ; elles font toutes de bois de hêtre : leur forme eft repréfentée PL 2, Fig. C ; elles fe fabriquent dans les ventes des bois , d’où on les envoie par paquets de différentes grandeurs, depuis deux pieds de long jufqu’à quatre ; elles font ou de feiage ou de fente. L’Ouvrier les joint par paire, en paffant de la ficelle dans un trou qu’il perce exprès au bas de chacune.
- On donne des noms aux parties de ces planches, pour les diftinguer. Le haut de l’attelle a, qui eft le plus large, fo nomme la patte. Le petit angle b , fe nomme la mentonnière à en-haut ; le refte de la longueur c c, eft le corps de L attelle , & l’extrémité d, la mentonnière d en-bas.
- Monter d'attelles un collier, c’eft y joindre & attacher folidement fes attelles ; pour cet effet, le Bourrelier choilît celles qui lui font les mieux proportionnées ; & lorfqu’en les préfentant en place, il voit qu’elles n’en prennent pas affez bien le contour, il les charpente, &en ôte du bois aux endroits défectueux avec une efpece de petite hache recourbée en dedans , qui s’appelle ejfette , & la râpe à bois, jufqu’à ce qu’il les ait réduites au point nécefîaire ; enftiite
- Àppiécer.
- Pièces de côté.
- Planche
- Noms deâ
- parues
- Collier.
- du
- Huiler lô Collier.
- Les Attebf
- les*
- Monter
- d’Atteiles.
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- 20 EART DU BOURRELIER.
- il fait à chacune une mortaife , traverfante , PL 2, Fig. C, e , de deux pou* ces de long à un empan au-deflus du trou de l’Ouvrier dont on vient de parler ; il fe fert , pour faire cette mortaife , d’une efpece de tarriere qui le termine en vrille , ce qui lui a donné le nom de queue de cochon, & de la râpe à bois pour l’adoucir ; il fait auflî avec la même tarriere un trou en haut f, au-bas de la patte.
- Les attelles préparées , comme il vient d’être expliqué, prenez une courroie,
- , paffez-la au travers du bas de la verge , bien au milieu ; puis par trois fois d un _
- trou du bas d’une attelle à l’autre , en ferrant ; finiffez par la nouer du nœud La Couplîe- double de coupliere ; c’eft ce qu’on nomme h coupliere d en-bas , PL 3 , re d en-bas. Fig. r, a, qui approche les mentonnières d’en-bas des attelles* Sc les unit au bas du collier: ce nœud efl: décrit Chapitre fécond } & fà figure PL 6, Fig. 2 &
- 3 ; puis approchant les attelles le long des côtés extérieurs de la verge du collier ju{qu’aux mentonnières d’en-haut, autant qu’elles peuvent s’approcher , vous prendrez la courroie deftinée à faire la coupliere d’en-haut, laquelle doit être beaucoup plus longue que celle avec laquelle vous avez fait celle d en-bas , ôc vous vous en fervirez comme d’une ceinture , qui embrafle le bas des deux pattes pour les maintenir en place , pendant que vous attacherez les boutons.
- Les Bou- Les boutons, au nombre de huit b b b b , font de petites courroies qui joi-tons* gnent tout le corps du collier aux attelles ; pour les attacher , vous les enfilerez
- dans le paffe-corde, avec lequel vous percerez la verge de dehors en dedans , en rafant l’attelle , fur laquelle vous bifferez un tout de la courroie que vous y clouerez avec de la broquette ; le premier bout que vous avez paffé, vous le ramènerez par-deffus la verge fur le bois de l’attelle , à laquelle vous le clouerez avec trois clous de pareille broquette : le premier fe place de chaque côté vers la coupliere d’en-bas, le fécond vers la mortaife ci-devant faite aux attelles , le troifieme au-deffus du fécond , Sz. le quatrième vers le haut de la verge à égale diftance ou auprès l’un de l’autre , comme on les voit dans la figure r. Quand on deftine le collier à quelqu’un des chevaux de devant, on prend la courroie de chaque troifieme bouton plus longue que celles des autres , afin qu’il en dépafle un bout c c, qui fervira par la fuite à attacher la couverture de toile qu’on leur met fur le dos, ce qui ne fe fait point au limonier, attendu qu’il n’a point de couverture.
- Quand les boutons feront attachés, vous déferez la ceinture ci-deflus qui La Couplie- ^ent les attelles en refpeél, & vous en ferez la coupliere d'en-haut, en la pâtre d’en-haut. fanc d’une attelle à l’autre une feule fois dans le trou de chaque patte des attelles dd vous la nouerez à fon milieu fur celui de la tête du collier avec le nœud de coupliere fimple , PL 3 , Fig. 1 ; le bout qui en reftera, doit être fort long : on va en voir l’ufàge.
- Le Som- Le fommier eft une longue courroie qui embrafle le collier par-derriere,
- ou
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- Section L Du B ourretkr-Ë âtièr'. %i
- où on l'étend raifonnablement ; fes deux bouts retournent s'attacher fur le devant des attelles en e e, PL 3 , Fig. 1 , où on les cloué au-defîous du troifie-me bouton. Pafïez le bout du nœud de la coupliere d'en-haut , que Ton a dit devoir être fort long, fous la croifée f \ dont on va parler, de là fous le milieu du fommier ; puis tirant ce bout par-deffus ledit fommier avec force, vous l'obligerez à monter vers le derrière de la tête du collier, où vous l'arrêterez en nouant le bout de la coupliere fur lui-même. Cette manoeuvre tendra la coupliere d'en-haut par-devant comme le fommier par-derriere (1);
- La croifée f9 efl: une efpece de gancé dont on garnit le deffiis de la tête du La Croifeê» collier ; on la fait avec de la laniere qu'on fend en boutonnière par un bout -, on la pafle au travers d'un coin du haut de la tête du collier laifîànt la fente en- v
- dehors ; paliez enfiiite la laniere dans la fente où vous la ferrerez ; de là allez la paffer au travers du coin oppofé , puis vous la redoublerez, la cordant fur elle-même ju(qu'à ladite fente , où vous l'arrêterez avec un nœud : elle efl; défi tinée à empêcher la rêne de la bride qui doit paffer deflous de couler à droite ou à gauche ; onpaffe aufîï en même-temps, quand on veut, un morceau de cuir aux deux bouts de la croifée, lequel couvre tout le defïiis de la tête , & la garantit du frottement de la rêne,
- Les billots (2) font au nombre de deux ; iis fe conflruifent avec une cour- Les Bîiiôtâ roie de cuir de bœuf, large d’un pouce , longue de quatre empans ; pliez la & *es courroie par les deux tiers, c'eft-à-dire , que les deux bouts pliés enjambent l'un fur l'autre , & fe recouvrent vers le milieu de leurs retours ; vous en amincirez les extrémités ; les deux retours formeront deux vuides ou anneaux dé cuir qu’on nomme les boîtes du billot, dont vous fixerez l'étendue par quelques points de couture de vache, & avec de la même couture vous percerez au travers des trois cuirs dans le milieu du billot, d'une boîte à l'autre, quelques points qui les ferreront l'un contre l’autre , de les fortifieront. Cette couture particulière fe nomme le point du billot ; voyez-en la difpofition , PL 6 ,
- Fig. B : paffez par l'envers de chaque attelle au travers de la mortaife PL 3,
- Fig. 19 g g 5 les boîtes du billot l'une fur l'autre; quand elles feront paffées en-dehors, faites-y entrer le biquet h h, petit bâton encoché par les deux bouts, où il efl; plus gros qu'au milieu ; le billot ainfi redoublé & arrêté à l'attelle par le biquet, forme à l'envers de ladite attelle un gros anneau de cuir,
- PL 4, c c, Fig. 1 & 2 9 qui fervira à tenir ou la mancelle , fi le collier efl pour le limonier , ou l'œil des traits de corde , s'il doit fervir aux chevaux de devant.
- La mancelle du limonier, PL 4 , d9 Fig. 1, tient d'une part au billot c9 comme on vient de le dire , & d'autre part aux limons de la voiture E de cha* que côté ; elle eft de fer ou de cuir. Celle de fer dy efl; une grofîe chaîne
- quets,
- (1) On voit le fommier b en place , P/, , fur i (2) On voit les boîtes di
- les deux chevaux qui y font repréfentes. \ enfil és dans les biquets h hê
- Bourrelier , âc.
- des billots gg3 Plt
- F
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- de cuir.
- 32 ‘ L’ART DU BOURRELIER.
- compofée de quatre mailles longues de deux pouces & demi chacune i dont la première fe met dans le billot c; cette chaîne efl; terminée par un gros anneau rond & ^an|<Je^es de 4 pouces & demi de diamètre de dedans en dedans , qu’on fait entrer par le * bout du limon de la voiture , jufqu’à un trou où il efl: arrêté par une cheville à tête nommée ïattelloir f9 qui s’enfonce dans le trou quand l’anneau a paflé Mancelles au-delà, & qui tient à un pendant de cuir attaché au fommier. Les mancelles de cuir fe font ainfi. Prenez une courroie de cuir de bœuf blanc , d’un pouce de large & de huit pieds de long ; redoublez-la quatre fois fur elle-même, ce qui la réduira à deux pieds de long ; fabriquez un anneau rond de même cuir & de cinq pouces de dedans en dedans , que vous travaillerez comme une corde , auquel vous donnerez un demi-pouce ou plus d’épaifleur, & que vous fermerez avec un nœud plat de mouton blanc, Fl. 6, Fig• A ; paflez cet anneau au milieu de votre première courroie que vous réduirez à un pied de long en la repliant par-deffus l’anneau, & dont vous rejoindrez les deux bouts par un pareil nœud plat, ce qui vous donnera un anneau long que vous ferez entrer dans le billot, & l’anneau fera arrêté au limon comme le précédent, quand on attellera le limonier.
- Nota. Que les mancelles de cuir font meilleures que celles de fer ; elles n ufent pas le bois des limons, ni le cuir des billots comme le fer ; il efl: vrai qu’elles font plus cheres, & ne durent pas tant.
- La Houflfe. H ne s’agit plus, pour que le collier ait tout ce qu’il lui faut, que d’y attacher la houife qui eft une peau entière de mouton avec fa laine ; on la double en entier de toile blanche, que l’on coud à petits points avec du fil poilîe ; on coud de même une bande de cuir par-deffus la doublure le long du devant de la peau, & une piece de peau de caftor dans le milieu ; pour mettre cette houfïè au collier la laine en-deffus on fait deux fentes en long à un pouce des bords du devant, fuffifantes pour y faire entrer les pattes des attelles ju£ ques vers la coupliere d en-haut, ou on la cloue aux attelles de quatre clous par-devant, & de deux par-derriere ; on en met auflî au bas de la bande de cuir de chaque côté qu’on noue contre les attelles ; cette peau de mouton tombe librement derrière le collier, le couvre ainfi que le garrot SC les épaules, & lui fert en même-temps d’une efpece d’ornement. On n’a point exprimé la houffe du collier dans les Fig. i & 2, Fl. 4, parce quelle auroit caché toutes les pièces de deflbus •, il fùffit, pour en voir l’efïèt, de la voir fur tous les chevaux d’une charette attelée, FL p , Fig. A.
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- S fi c ip i oh I. Du Bourrelier-Bâtier.
- n
- Article Troisième,
- La Selle ou Sellette de Limon, <& le refie du harnois duLimonieh
- L a Sellette de limons dont lutage eft de loutenir fur le dos du chevalleâ limons d'une charrette ou autre voiture pareille ; cette Sellette , dis-je , eft compofée d'un fuft de bois , de quatre pièces , PL 3, Fig. 3 , deux courbes a a , & deux lobes b b ; ces pièces le fabriquent dans les forêts d'où elles viem nent en paquets fans être aflèmblées ; c eft au Bourrelier à les alfortir & à les monter à Ion point, les taillant avec l'eflette & la râpe, c eft-à-dire , ôtant du bois, les aminciflant, &c, & enfin les montant à demeure , en unifiant les lobes aux courbes devant & derrière avec quatre clous c c c c : les courbes fe pofent d'équerre fur les lobes dans une rainure qui eft à un pouce de l'extrêmi* té de chacun, qui, par conféquent, dépaflêra les courbes paradevant & par* derrière.
- Le fuft de la Sellette aflemblé , tournez-le à l'envers , pour tendre & clouer dans le vuide que les lobes laiflent entr’eux un vieux cuir de l'une à l'autre courbe, ce qui fe nomme le pont ; croifèz l’une fur l'autre fous le pont deux autres vieilles courroies , que vous clouerez aux bouts des deux lobes en croix de faint André ; on les nomme les traverjes : retournez votre fuft en-deflus , & couvrez tout l'efpace entre les deux courbes & le defliis des lobes avec un morceau de vieille toile ; c’eftee qu'on nomme le faux Jïege de la Sellette ; vous clouerez ce faux fiege le long des courbes & fur les deux aubes, enfuite prenez ( fuivant les Statuts ) une peau de mouton tannée , mais mieux du cuit de bœuf, pour faire le vrai fiege , taillez comme le faux fiege, clouez-lede même aux courbes , mais avec des clous à tête ronde ; mettez aufli un feul clou au milieu des lobes, tirant vers le bas , lequel percera dans le bois ; ce clou fera été par la fuite ; empaillez entre la peau & la toile , c eft-à-dire, entre le fiege & le faux fiege avec de la paille feulement, jufqu'à ce que le fiege foit fuffifamment tendu & bombé ; vous forcerez de paille davantage le long des courbes, pour qu'il s'y fafle une élévation ou bourrelet qui fe nomme une arrête, afin que le milieu du fiege foit plus creux, & pour l’abbaifler encore davantage , vous le foulerez en le piétinant : cela fait, déchirez Sc arrachez la paille qui pourroit fe trouver au-deflous du clou dont on vient de parlerjuA qu'au bas du lobe ; rangez le furplus de côté & d'autre ; ôtez le clou, & mettez en fix dont l'arrangement doit imiter les jambages d'un A tronqué par fà pointe ; vous mettrez un petit cuir fous chacun des deux clous d'en-haut 5 il ne doit fe trouver dans cet intervalle que la peau , la toile & le bois : cette opé^ ration fe nomme chambrer le fiege.
- Vous percerez avec une tarriere deux trous à la courbe de derrière, un de
- Le
- Le Pont^
- Les Tra« verfes.
- Le faux Siégé,
- Empailler*
- Chambrer*
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- Planche
- 4*
- I.a Toile.
- La Couverture façon-
- a
- née.
- Le Panneau,
- 24 FART DU BOURRE L1 ER.
- chaque côté, lefquels ferviront ci-après à pafler la ceinture de l’avaloire , quatre autres aux quatre coins des aubes pour y pafler les quatre attaches du pan-Les Tafles. neau ci-après j puis vous clourez les taffes. On nomme ainfi des bandes de peau 3 P/. 4, Fig. I , h h, de caftor , larges de quatre pouces , 8c taillées quarré-ment & en long , qui s’aflemblent en les coulant en équerre au bout Tune de l’autre ; elles font au nombre de quatre , deux devant, 8c deux des deux côtés ; les deux de devant fe taillent en demi-pointe. Quand vous les aurez affem* blées j vous les borderez toutes autour du bas avec de la laniere de mouton blanc , que vous y coudrez avec du fil ciré ; puis vous les clouerez au bas des aubes, 8c celles de devant, le long de la courbe de devant, les pointes en-dehors au-deflus du garrot de la Sellette : on ne met point de tafles derrière la Sellette ; mais on y cloue une bande de toile i l , un peu plus large que les tafles ; on la remploie d’un pouce pour la clouer , & on met fous les clous une nervure de mouton blanc ; on la taille en biais , defcendant à chaque bout pour qu’elle le termine en pointe ; on la nomme Amplement la toile quand elle eft toute unie ; mais fi onia brode, ou qu’on la peigne , alors elle prend le nom de couverture façonnée ; on la coud aux tafles avec du fil ; on en orne les deux pointes avec de petits flots ou bouffettes pendantes.
- Il faut ajouter à la Sellette fon panneau qui doit porter fur le dos du limonier : vous le ferez à part. Prenez une bafanne ; vous la mouillerez , & l’étirerez bien ; pii ez-la par le milieu fur fa longueur, & la réduifez à deux empans 8c demi de largeur fur un empan 8c demi de longueur, la taillant de façon que la partie dont vous voulez faire le derrière aille en élargiflant de deux pouces plus que devant ; coufez enfemble tout du long les deux côtés du ventre de la peau ; furtaillez la couture , coupez enfuite le pli d’un bout à l’autre , la couture du ventre fera le milieu du panneau , 8c le dos de l’animal féparé en deux, comme étant le plus fort de la peau, en fera les côtés ; prenez des bandes de vieille toile de quatre pouces de large , que vous coudrez tout autour de l’envers de la peau ; enfuite ayant étendu fur la table de la toile de Mor-tagne , vous mettrez votre bazanne par-deflus, vous l’appointerez avec ladite toile aux quatre coins, de peur qu’elle ne fe dérange ; puis vous couperez votre toile tout autour, d’un pouce de plus que la peau ; vous y remploierez , 8c coudrez ce furplus ; vous chambrerez enfuite par une couture lefpace d’un empan en long au haut du devant de cette forme-ci A , la pointe tournée du côté du dos : cette chambrure fe trouvera au-deflus du garrot du cheval, &pour conferver le pli, c’eft-à-dire, afin que la rembourrure ne pafîe pas d’un côté a l’autre , vous en ferez la féparation par une couture à grands points le long de celle que vous avez faite au commencement, pour joindre les côtés du ventre de votre peau ; celle-ci doit traverfer la toile & la joindre à fon deflus. Faites enfuite une fente en travers , au milieu de chaque côté de la doublure , par lefquelles yous les empaillerez ferme 8c à plat. Cela fait} il vous refte à attacher
- le
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- Section L Du Êourrelier-Bdtieh à 5
- le panneau à la fellette ; alors vous y mettrez quatre attaches -, une à chaque Coin du panneau, en perçant d abord le coin au travers duquel vous ferez paffor lattache* qui traverfont le trou que vous avez ci-devant fait à 1 aube , fè nouera en-defîus ; vous le joindrez encore au milieu des courbes devant & derrière , au-devant par une petite courroie que vous coudrez fous le milieu du devant du panneau , & que vous clouerez enfuite fur le plat de la courbe de devant j par-derriere vous arrêterez un pareil cuir fous le milieu du panneau * au travers duquel vous le paflerez enfuite pour le clouer de même for le plat de la courbé de derrière.
- Coufez for le haut de l'arrête du devant du fiege de la fellette , une bouclé demi-ronde ç, enchappée ; elle fervira par la fuite à boucler la rêne du limo-nier 8.
- Clouez la fouventriere du limonier K , for le lobe hors la main de la follette , à l'endroit de la chambrure dont on a parlé ci-deifus , dans la conftruc-tion de la fellette , & au même lieu à la main ; clouez pareillement une boucle enchappée. La fouventriere eft une courroie large de deux pouces , & longue de cinq à fix pieds, qui, paflânt fous le ventre du cheval , fo boucle du côté oppofé, c'eft-à-dire , à la main*
- Nota. Lorfque les chevaux , mulets, Sic , marchent foui à foui , fun devant l'autre , & que le Conduéteur eft à pied , il eft d'ufage qu'il fo tien» ne à gauche , ayant fon fouet à la main droite , pour avoir plus de facilité à les appuyer , ce qui a fait appeller le côté gauche de l'animal le coté a la main, ( fous-entendue du fouet ) , & le droit le coté hors la main. Le Cavalier monte à gauche ; il eft à là main pour monter. Le Poftillon monte le cheval qui eft à gauche ; le cheval de brancard eft fous fo main , le Cocher ayant un cheval à droite & un à gauche, le gauche eft hors la main, & le droit fous la main du fouet*
- Quoique la fouventriere de limons ne foit point attachée au harnais du li-monier , cependant c’eft ici le lieu de la décrire, puifqu'elle eft faite à fon intention ; il pourroit, dans le cas où la voiture s'en iroit à cul, la retenir par fon propre poids : cette fouventriere l eft faite d'un cuir blanc, de trois pouces de large, qui va d'un limon à l'autre, paflànt par-deffous le ventre du limonier quand il eft attelé. A quelques pouces en avant de fa fouventriere, on redouble ce cuir for lui-même , & on le brédit, ce qui forme un anneau de cuir qu’on nomme la boite de cette fouventriere : cette boîte doit avoir deux empans de tour, fans compter la brédiflure ; le furplus qui eft le fimple cuir, aura quatre empans & demi, au bout defquels fera coufue une boucle enchappée de la largeur du cuir, au-delà de laquelle le cuir continuera pendant environ quatre empans. Cette continuation fo nomme le contre fanglùt de cette fouventriere. Pour la placer , on fait entrer fo boîte fur le limon hors la main, & on la boucle à fon contre-fonglot autour du limon à la main ; fo place eft entre les mancellesy, & la dofliere enc, dont on va parler.
- Bourrelier , &c. G
- La bôücîé de la Rêne.
- La SouveiB triere*
- Sur les Ëi* preflions à là main ôc hors la maifii
- La SotiVeiî-triere de îh mons.
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- I
- La Doïïiere.
- Les Rouleaux.
- La Ceinture.
- Former la Doiliere.
- 26 L'ART DU BOURRELIER.
- Le refte du harnois du limonier confifte dans la doffiere &'les piecesqui s y joignent, 8c dans l’avaloire & fès accompagnements.
- La doffiere A , fondent les limons de la voiture fur le fiege de la fellette du limonier ; elle fe fait de cuir blanc de bœuf, de neuf pouces de large & de neuf empans de long , coupé quarrément ; on plie ce cuir en deux du fens de fa largeur ; la doffiere ainfi redoublée n a plus que quatre pouces 8c demi de large. Quand le cuir n’efl; pas allez fort 3 on y ajoute un blanchet ( voyez le Bourrelier-Carroffier ci-après ) large de trois pouces & demi, que l’on placera avant de plier le cuir le long du double qu’on deftine à être extérieur ; on taillera en pointe le bout à la main du blanchet ; on attachera cette pointe au cuir avec une attache ou nœud croifé, PL VI > Fig. y, & à un empan dudit nœud ; on commencera à le coudre à deux rangs de fil jufqu’à 1 autre bout ; quand après cela la doffiere fera pliée , comme il vient d’être dit , par le milieu de fa. largeur , cette couture fera totalement cachée, 8c le blanchet fe trouvera entre les deux redoublements.
- Ayez deux rouleaux c ; on nomme rouleau un petit bâton tourné, terminé par une tête à chaque bout, de fix pouces de long 8c un pouce de diamètre ; vous les renfermerez , excepté leurs têtes qui doivent dépafler , dans chaque bout de la doffiere par une brédiflure, avec de la couture de vache de quatre points & un point quarré ; enfuite vers le milieu de la longueur delà doffiere, vous coudrez un pafiànt de cuir de deux pouces de large qui s’appelle ici une traverfe \ cette traverfe doit être coufue à un peu au-delà du milieu hors la main ; elle eft deftinée à maintenir la ceinture qui fert à allonger & raccourcir la doffiere. Cette ceinture B y fe fait de toute la longueur d’un cuir de bœuf; elle aura un pouce de large. Après l’avoir étirée, vous la battrez 8c la borderez ; vous mettrez à un de £es bouts le moins fort une boucle demi-ronde , 8c à l’autre bout vous ferez avec l’emporte-piece des trous de deux pouces en deux pouces pendant la longueur de trois pieds. La ceinture ainfi préparée , vous fendrez en quarré la doffiere à fes brédiflùres ; ces fentes découvriront le milieu des rouleaux ; puis ayant fait entrer la ceinture fous la traverfe ci-deffus, vous la ferez paffer de dedans en-dehors dans les fentes des rouleaux , d’où elle doit retourner , repliée fur elle-même , fe boucler proche de ladite traverfe vers le milieu de la doffiere à la main, d’où en la ferrant plus ou moins , elle allonge ou raccourcit la doffiere par les rouleaux ; on finit par former la doffiere , c’eft-à-dire , par la mettre fur la forme. Pour cette opération, on a deux morceaux de bois ronds , de quatre pouces de diamètre & d’un pied à quinze pouces de long , percés chacun de deux trous de tarriere, un en-haut, l’autre en-bas, à deux pouces ou environ de leurs bouts ; on les met dans les deux retours des bouts de la doffiere, où on les approche enfuite l’un de l’autre par une corde qui, paffant de leurs trous hauts dans leurs trous bas , les lie l’un à l’autre, & les maintient en place. On porte le tout fur la forme à
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- Section t. Du Bourrelier-Bâtier, 27
- collier: les bâtons ronds doivent être du côté de Ion arête à droite 8c à gauche 5 alors on enfonce le coin à coups de maillet, on retourne la doffiere , 8c on refrappe le coin : cette façon l’étend , 8c en même-temps fes extrémités fo moulent fur les bois ; on la fortaille enfuite par les bords , 8c on ajoute un pendant de cuir en-haut qui fervira à la tenir à la fellette, en l'attachant dans le trou de la courbe de derrière hors la main, lorfque le cheval fera attelé*
- La croupe du limonier eft occupée par lavaloire DD, compofée de huit pièces.
- Les deux pièces les plus confidérables de favaioire le nomment les bras d avaloire, m , n \ ils font de cuir blanc de bœuf, coupés quarrément, &.chacun de huit pouces de large. Le bras davaloire d’en-haut m, qui paffe for la croupe , aura cinq empans de long ; celui d'en-bas n , qui tourne autour de la croupe horifontalement, en aura fept. Pliez chaque bras for la largeur 9 non pas précifément en deux , mais à un pouce près, que le deffous aura de plus ; vous les brédirez chacun par les deux bouts dans deux gros anneaux de fer o, de cinq pouces de diamètre; chaque brédiflure fera de quatre points gradués & un point quarré.
- Pliez enfuite en deux le bras d'en-bas for fà longueur pour avoir fon milieu , & vous regler pour pofor les branches d avaloire.
- Les branches d'avaloire 10 , font au nombre de 4, deux de chaque côté du même cuir des avaloires ; chacune d'un pouce & demi de large ; elles font inégales en longueur ; les deux plus courtes auront quatre empans de long, & les plus longues deux pouces & demi de plus, parce que celles-ci doivent croifer fur les courtes branches & s’attacher plus loin ; la courte branche de chaque côté s'arrêtera au bras d'en-bas, vers le milieu de fà moitié , au cuir de deffus feulement, 8c la longue branche de même à fix pouces du pli ci-deflus fait au bras ; pliez enfuite le bras en-haut pour avoir pareillement fon milieu ; vous mettrez à celui-ci cinq attaches , une au milieu pour la croupiere 12, les quatre autres pour les quatre branches. Toutes ces attaches doivent être paffées au travers des deux doubles du cuir de lavaloire ; vous fendrez enfuite le cuir de deffus du bras davaloire d'en-bas, & celui du bras d'en-haut, tous deux à la diftance d'un empan du gros anneau , 8c vous pafferez dans ces deux fentes une courroie pareille à celles des branches, qu'on nomme le coupletp, vous en joindrez les deux bouts enfemble au milieu en-dehors , 8c vous les y nouerez avec le double nœud de coupliere, PL 6, Fig. 2,
- De crainte que les attaches ci-deffos que vous avez mifos au bras d'avaloire d'en-haut qui trayerfent fon double cuir, ne bleffent le cheval, vous ferez deux petits coufîinets larges comme la main ; le deffus fo fait en bafànne ; on le double de toile que l'on coud au-deffos tout autour avec du fil, 8c on les emplit de paille ou de bourre. On les attache fous le bras proche les branches de chaque côté ; vous fendrez le cuir du bras d'en-haut vis-à-vis de chaque
- Lbivàioirë»
- Les bràê d’Avaloire*
- Les bran* ches d’Ava* loire*
- Le Couplet;
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- La ceinture d’Avaloire.
- Former l’A-valoire.
- La Croupière.
- La Chaîne.
- Le Bafcul.
- 2S L'ART DU BOURRELIER.
- couffinet, pour y attacher une courroie nommée la ceinture de tavaloirê ç ? vous la paflerez en premier lieu dans le trou hors la main de la courbe de derrière de la fellette de limon , St la repaierez enfuite dans l’autre trou à la main, & vous la ramènerez à l’autre fente du bras où vous l’arrêterez : cette ceinture fait tenir l’avaloire à la fellette.
- On forme l’avaloire comme la doffiere ci-deffus , afin de lui faire prendre la tournure qu’elle doit avoir ; pour cet effet, on lie enfemble les deux gros anneaux auxquels le bras d’en-haut & celui d’en-bas viennent aboutir ; on fait entrer fur la forme un de ces bras, on bat le coin, on retourne le bras 9 on renfonce le coin : on en fait autant à l’autre.
- La croupiere 12, fe fait d’un feul cuir de deux empans & demi de long & de deux pouces de large ; on le fend en deux par un bout, ce qu on nomme le fourchet, Cetce fente a fept à huit pouces de long ; on attache le cule-ron à fes deux branches. Le culeron eft de mouton tanné ou bafanne jaune, de trois pouces Sc demi de large & de deux empans de long ; on le double d’un tiffu qui eft de la fàngle étroite ; on le joint dans fà longueur par une couture à furjet en fil ; on le remplit de bourre , on le tourne en ovale , & on brédit le fourchet à fes deux bouts. La croupiere fe prend au milieu de l’ava-loire au bras d’en-haut dans une attache qui y eft pafiee.
- Enfin on met une chaîne^ de fer à chaque gros anneau ; elle n’a pas d’autre nom que la chaîne ; elle eft compofée d’une patte de fer , efpece de crochet large qu’on ferre à coups de marteau fur l’anneau , & de cinq gros chaînons, au dernier defquels on ajoute un crochet*. Lorfqu’on attelle le limonier, ce dernier chaînon, ou un des autres , fe prend dans un très-gros clou à crochet enfoncé dans le limon , affez près de la doffiere ; il fe nomme le ragot s. Le crochet du bout fert à retrouffer la chaîne fur l’avaloire quand on dételle.
- Le bafcul t, quand on en met un, eft une courroie allez longue , pour que de la chambrure de la fellette hors la main où elle eft clouée, à côté de la fou-ventriere, paflànt de deflous en-deffus du gros anneau, coulant fur tout le bras d’avaloire d’en-bas où elle eft foutenue par trois nœuds croifes, PL 6, Fig. 5 , pris dans ladite avaloire , elle aille fè rendre à un anneau enchappé , cloué à côté de la boucle de la fbuventriere dans la chambrure à la main de cette fellette, où elle fera arrêtée.
- Voici l’ufage de toutes les pièces principales du harnois de limonier. Les attelles fervent à foutenir le collier ; les mancelles attachées aux attelles opèrent le tirage de la voiture. La fellette foutient la doffiere qui embrafîe les limons ; la fbuventriere affure la fellette fur le dos du cheval ; la fouventriere de limons les retient dans la montagne par le poids du cheval ; l’avaloire lie le train de derrière du cheval aux limons par les chaînes qui fervent auffi de re-culement ; le bafcul eft utile dans les defcentes pour foutenir la croupe du limonier , & augmenter fon appui : dans tout autre cas, il ne fert à rien ; c’eft pourquoi plufieurs n’en ont aucun befoin, Articlï
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- Section L Du B ourreüer-B âtief.
- ®9.
- Article Quatrième.
- Le Harnois des chevaux de devant.
- Plus les fardeaux dont on charge une voiture font confidérables, plus II faut ateler de chevaux devant le limonier. Le cheval qui le précédé immédiatement , fe nomme le chevillier ou le cheval en cheville , parce que fes traits *
- PL 4, x x 9 Fig, 2 , tiennent aux limons au moyen d’une cheville de bois u y Fig, I, de chaque côté ; celui d’enfoite qui eft le troifieme cheval , n a point de nom particulier. Quand il termine l’atelage ; mais s’il y en a d’autres devant lui, alors il acquiert le nom de cheval de faute, & les autres ne le nomment que par le nombre , comme le quatrième , le cinquième, Scc, Les harnois de tous ces chevaux font les mêmes , mais bien moins compofés que celui du limonier.
- Premièrement, la bride de tout cheval de charrette eft la même , ainfi que le collier garni de fes atelles. La feule différence en ce qui regarde la bride , eft que la rêne du limonier va, comme on a dit, le boucler à un anneau attaché à là follette , & qu’aux autres chevaux elle fe réunit à une courroie defeptà huit empans , terminée par le culeron , laquelle fe nomme demi-rêne à culeron,
- PL 4, e <?, Fig, 2. Les petites différences qui fe trouvent au collier font i° , que les billots des atelles, au lieu de porter les mancelles , porcent les traits de corde ; 2 , qu’on laiiîe dépafler au troifieme bouton du collier un bout de leurs courroies pour, ce qui a été dit ci-devant, y attacher la couverture ; 30 f qu’on attache derrière l’atelle à la main vers le milieu de fa longueur un anneau de fer enchappé pour y paffer la retraite, ce qu’on expliquera en détail; d’ailleurs, le refte du harnois confifce en une couverture , un furdos, un faux-furdos, des fourreaux , une fouventriere, & des traits de corde.
- Tout le dos, Fig, 2 , eft garni d’une couverture de toile a ; on prend d’une La Couver-toile écrue de trois quarts de large, une aune de long, ce qui eft fuffifant turede toile, pour couvrir tout le dos du cheval ; on la borde tout autour de lifieres de drap, b b , que l’on y coud avec de la couture de mouton blanc ; on la brode avec du drap ou de la laine , principalement aux coins de derrière c ; ou bien on la peint en noir. Les Bourreliers ont pour cet effet une feuille mince de cuivre , de deux pieds en quarré , fur laquelle font divers deffeins percés à jour : ils appliquent la feuille fur la couverture , & avec une broffe & du noir de Chapelier qu’ils paffent fur le deflin qu’ils jugent à propos de choifir , il fe marque en noir fur la toile.
- Votre couverture en cet état, faites-y une fente au milieu à un empan du derrière , dans laquelle vous pafferez une patte de cuir d. Pour faire cette La patte de patte, taillez un morceau de cuir en ovale, de quatre à cinq pouces de long,re couvertu^ Bourrelier , &c. H
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- L'ART DU BOURRELIER.
- au milieu duquel vous ferez deux fentes parallèles, ce qui formera une petite courroie qui fera la patte en quefiion; vous la ferez pafler de deflous en-deflus dans la fente de la toile , fous laquelle vous coudrez le refte du cuir ; ce fera dans cette patte que paflèra la demi-rêne à culeron e e , qui, en même-temps, empêchera la couverture de varier; & pour la maintenir d’ailleurs en là place, vous l’attacherez au collier en trois endroits , par de longues attaches ou lanières 5 que vous y coudrez à l’envers ; celle du milieu g s’arrêtera au fommier, & les deux de côté f , iront fe nouer au bout des courroies du troifieme bouton des atelles , FL 3 , Fig. 1, c c.
- î-e Surdos, Le fljrcjos h ^ ainfi nommé, parce qu’il pafle feir le milieu du dos par-deflus la couverture , eft fait d’un cuir de bœuf de deux pouces de large, & de fix empans de long : il eft defciné à feu tenir les deux fourreaux auxquels on 1 attache , comme on va voir.
- Les Four- Les fourreaux i i, au nombre de deux , font formés en tuyaux applatis ; on reaux, , ,
- les fait de cuir blanc de bœuf ou de cuir tanne ; ils auront quatorze pouces de
- long , 8c neuf pouces de large , avant d’être pliés du fens de leur longueur, ce qui fait quatre pouces 8c demi de large fur chaque face. Quand ils l’auront été, fi on ne les juge pas allez de réfiftance, on les doublera en dedans avec du vieux cuir ; enfuite on les plie , on les bat fur le billot, on les ferme aux deux tiers par une couture (1) , on les fortaille 5 8c pour les faire tenir au fur-dos , vous commencerez par entourer le fourreau à la main avec un des bouts du furdos , vers le milieu de la longueur dudit fourreau, c’eft-à-dire plus en-devant qu’en arriéré ; vous brédirez ce bout, puis vous l’attacherez au fourreau en-defloiis avec un nœud croifé, PL 6 , Fig. y , & par-deflus avec une attache. A l’égard du fourreau hors la main, vous l’entourerez d’un boucletot, auquel viendra fe boucler l’autre bout du furdos.
- ‘ tes Traits, Les traits x x x 9 Fig. 1 & 2 , de corde, qui atellent le chevilier à la voiture , 8c les autres chevaux l’un à l’autre, doivent avoir neuf pieds de long , la paire de traits pelant fept livres ; ils fe terminent par deux anneaux par le Cor-dier, faits avec les bouts repliés de la même corde ; on en pafle un dans le billot du collier ; celui-ci fe nomme 19ail du trait, y , qui enfuite traverfe le fourreau , 8c finit par l’anneau de l’autre bout, qui fe nomme la patte du trait, £. Après avoir atelé le limonier , on pafle la patte des traits du chevilier y , Fig. 1 , au travers du bout du limon, julqu’au de là d’un trou dans lequel on met une groffe cheville u, qui l’empêche de fortir. Le troifieme cheval s’atelle au fécond avec le billot à biller 2 , Fig. 8, efpece de cheville plate à crochet, que l’on pafle au travers de la patte du trait du cheval de devant, 8c de l’œil de celui du cheval de derrière , auquel on la noue avec la petite courroie 3 2
- . Ci) L’autre tiers en devant refte ouvert pour donner paffagc à la fouventrkrc, comme on verra ci-après.
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- Section I. Du Bourrelier-Batier.
- La fouventriere de traie k , eft une courroie de deux pouces de large 8c fa Souven'
- r ^ tncre»
- de quatre empans de long , qui s'attache aux traits de corde dans les fourreaux; on en tourne un des bouts autour du trait hors la main , 8c on l’y arrête avec une attache ; on brédit à l'autre bout une boucle : on arrête pareillement au trait à la main , avec une attache, un contre-fànglot d'un empan 8c demi de long, pour la boucler après l'avoir fait pafler fous le ventre du cheval audit contre-fànglot. Cette fouventriere d’un côté & fon contre-fanglot de l'autre , fortent des fourreaux par l'ouverture du tiers qu'on a laide ouvert à cet effet ; lorfqu'on les a fermés, on rejoint les deux bouts de cette ouverture par une
- attache o. j
- Le faux fhrdos s, eft une courroie d'un pouce de large 8c de trois empans Le faux-Sur-8c demi de long , à un bout duquel on brédit un anneau de fer ; fon autre bout fe joint par une attache au boucletot du fourreau hors la main : cette attache prendra le furdos 8c le faux-furdos , que l'on fait paffer de droite à gauche par-deffus la demi-rêne à culeron ; fon anneau pend librement à la main : cet anneau eft deftiné à foutenir la retraite.
- Le cordeau eft une médiocre corde qu'on prend de trois brafles & demie, Le Cordeau, quand on n'a que deux chevaux à ateier , de fix brades 8c demie pour trois chevaux , & de deux brafles pour le quatrième cheval, de deux brafles pour le cinquième, &c. -
- On fait pafler le cordeau en double vers un de les bouts fur la patte de l’atelle gauche du limonier ; le bout court du redoublement va s’attacher à l'anneau ci-après de la retraite du cheviiiiei ; le long bout pafte dans l'anneau de l’atelle du chevillier, 8c va s’attacher à l'anneau de la retraite du cheval de faute, &c.
- On fait une poignée au cordeau , c’eft-à-dire , qu’on le tourne en rond fur lui -même nombre de tours , afin que le Chartier ait de la prife pour l'empoigner ; cette poignée doit fe trouver entre le limonier 8c le chevillier.
- Une retraite eft une courroie d'un cuir fimple , de cinq pieds de long, ayant La Retraite» un anneau de fer à un bout, lequel on attache au cordeau vers le vis-à-vis de la croupe du cheval, d'où elle paffe en premier lieu dans l'anneau du faux-furdos , enfuitedans l’anneau enchappé cloué à l'envers de l’atelle du chevillier, d'où elle va s'attacher à l’anneau du mors , le tout à la main.
- Quand le Chartier tire à lui le cordeau , toutes les retraites tirent les chevaux à gauche qu'il exprime par le mot dia ; & pour les faire porter à droite, il ne peut fe fervir de rien que du cri hue ou huriau qu'il leur fait entendre.
- Le licol des chevaux de charrettes fe fait entièrement de cuir de bœuf, & Le Licol, comme celui des chevaux de carrofle ( voye£ le Bourrelier-Carroflier ci-après) excepté qu'il n'a point de frontail 9 8c que la fougorge paflè dans un anneau de cuir attaché au-haut du defliis de tête.
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- TA RT D U BOURRE LIER.
- Article Cinquième.
- T O me ment du Harnois des Chevaux de Charrette.
- O n ra(Terrible ici feus ce titre , les noms , la façon 8c la place des differents ornements exécutés par le Bourrelier au harnois des chevaux de charrette, afin qu’on puiffè voir le tout d’un coup d’œil. Comme les petites bouffettes Tout celles qui abondent le plus fur le harnois, on va commencer par leur defeription; puis viendront les grandes bouffettes , la peinture , les traces , &c.
- petites bouffettes, PL 4 , Fig. 3 , fe font toutes de laine filée , & en 'écheveau d’une ou de plufieurs couleurs ; celles qu’on emploie le plus, font le blanc , le jaune , le rouge , le bleu ; ceux qui en voudroient d’autres , doivent en avertir le Bourrelier. Voici la façon d’une petite bouffette, qu’on fuppofè ici être des quatre couleurs fufdites. Ayez un écheveau de chacune ; coupez-le aux deux bouts ; paffez un point de fil à l’endroit auquel vous voulez que tienne la bouffette : prenez une moitié d'un des écheveaux ; fi vous voulez, par exemple, que le tour delà bouffette foit rouge, étendez à plat la moitié de l’écheveau rouge , pofez par-deiïus une épaiffeur moins large d’une des autres couleurs: vous arrangerez ainfi vos quatre couleurs l’une fur l’autre. Vous porterez enfuite toute cette épaiffeur de laine à l’endroit où eft le point de fil ci-deffus, de façon que le tout paffe au-delà dudit fil d’un pouce ou plus , félon la hauteur que vous voulez donner à la bouffette , dont ceci n’efl encore que la moitié ; puis reprenant votre fil, vous ferrerez vos laines fur le cuir par quelques points qui fe croiferont : cette manœuvre leur fera prendre le demx-xond. Le centre de la bouffette étant ainfi bien arrêté, vous couperez en deçà du -fil tout l’écheveau à la même hauteur , ce qui vous donnera l’autre moitié , que vous relèverez contre la première : elles fè joindront très-bien , & formeront la petite bouffette entière Fig. 3. Vous finirez par lafurtailler, en arrondiflànt avec vos cifeaux pour la rendre bien régulière.
- L’aigrette 0, PL 4, Fig. 1, eft une petite bouffette pour la façon : elle fè fait fur de la laniere de cuir ; enfuite on la coud en dedans du haut d’un cuir de deux pouces de large , que l’on tourne en tuyau rond ; on place ce tuyau der bout fur le milieu du deffus de tête, où on l’arrête avec de la couture de mouton.
- On met au fronteau, PL 4 , Fig. 1, trois petites bouffettes, une au milieu ,
- , & deux à fà jonétion avec les montants ; aux aboutoires quatre petites bouffet-
- tes , deux à chacune en-devant.
- Au cachenez trois petites bouffettes, une au haut du milieu , 8c deux aux coins.
- A la croupiere cinq petites bouffettes, une au commencement du fourchet, deux à chaque coté du cuieron, A
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- Section I. Du Bourrdier-Bâtier. 33
- -Al’ aValoîre clu cheval de limon , huit petites bouffettes & deux aux Couplets, ce qui fait dix ; lavoir , deux à chaque branche d’avaloire , & un à chaque couplet,
- A la couverture des chevaux de devant Fig. 2 , deux , une à chaque coin de derrière.
- — Ce qui fait vingt-huit petites bouffettes , en comptant l’aigrette: on met trois grandes bouffettes au-deffous des trois petites du fronteau. On va expliquer la façon des grandes bouffettes.
- La grande bouffette PL 4 , Fig. 4, fe fait d’une ou de plufieurs couleurs, La grande comme les petites : coupez, comme aux précédentes , vos écheveaux en deux : Bouffette. prenez un bout de fil d’archal de la grofîeur d’une moyenne ficelle , 8c de quelques pouces de long ; faites-le recuire au feu , pliez-le en a , 8c le tordez un tour pour former l’anneau a. Pliez le milieu de chaque bout b b, en équerre; vous en limerez les extrémités en pointes ; arrondiflez un morceau de cuir c en forme de bouton plat, d’environ un pouce de diamètre; faites entrer les deux bouts de votre fil d’archal au travers de ce cuir vers là circonférence ; prenez une moitié d’écheveau , paflez-la en biais jufqu’à fon milieu dans le vuide que vous avez laifîe entre le bouton de cuir c & Panneau de fer a ; croilez une pareille épaifîeur fur cette première , foit de la même couleur, foit d’une autre ; & fi vous voulez trois couleurs, vous en croiferez encore une autre entre les deux premières. Les lignes ponétuées marquent comment il faut croilèr les laines. Cela fait, poufîez le rond de cuir c jufqu’à ce qu’il vienne à preffer les laines, & pour le tenir en place , recourbez les bouts du fil-d’archal contre fon épaiffeur en-dehors ; tournez en-haut l’anneau de fer a : les laines fe rabattront alors fur le cuir qu’elles recouvriront , & ledit anneau fe trouvera au centre , au-defîus duquel il paroîtra, Arrangez-les bien en rond autour du cuir au-deflous duquel vous les ferrerez en*/, d’aboid avec une ficelle que vous couvrirez enfuite par quelques tours de laine de couleur ; il fe formera une boule qui fera la tête de la bouffette : vous ferez encore au-deflous un fécond étranglement en ferrant vos laines un pouce plus bas en e, avec de la laine feulement ; le relie de la longueur/*/, formera une efpece de houppe alon-gée , dont les couleurs feront également réparties dans tout le tour, à la différence des petites bouffettes où les couleurs forment des cercles fur leur épaif* feur.
- Dans tout le harnois des chevaux de charrette , on ne met que trois de ces grandes bouffettes , qu’on place au fronteau de la bride fous les trois petites bouffettes , qu’on y a attachées, qui leur fervent, pour ainfi dire , de couronnement. Pour cet effet, on fe fert d’un fil-de-fer qu’on accroche à l’anneau de la grande bouffette par un bout, & qu’on enfonce par l’autre au travers du centre de la petite bouffette & du fronteau, derrière lequel on le rive.
- La peau de bléreau en poil eft encore une elpece d’ornement ; on l’attache Bourrelier , âc> I
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- 34 LA RT DU BOURRELIER.
- à la bride des chevaux de charrette ; on en met suffi une à l'avaloire du limonier. Celle de la bride encoure la ganache {ansla ferrer; on coupe une peau Le Blereau. de bléreau en étréciffant par les deux bouts , & on la place le poil en-dehors^’ Pour cet effet , en conftruifànt la bride , vous aurez mis une attache au montant hors la main un peu au-deffus du fronteau , 8c une courroie arrêtée au milieu du deffus de tête fous le tuyau de l'aigrette ; maintenant vous pafferez un des bouts du bléreau dans ladite attache hors la main , & ayant coufu une boucle à l'autre bout de la peau, vous la bouclerez à la main à la courroie qui fort de deffous l'aigrette. A l'égard de celle qui fe met fur la croupe du limonier 3 vous la ferez tenir à fon milieu à la croupiere par une attache, & pareillement à fes bouts où elle tombe fur l’avaloire.
- On orne les bords des cuirs, principalement de ceux qui compofent la bride, La Trace, d’une efpece de bordure , qu'on nomme de la trace ; & leurs milieux de compartiments répétés, auxquels on donne le nom de bâtons rompus. Pour vous préparer à exécuter ces deux elpeces de broderie, commencez par couvrir le cuir que vous voulez travailler avec du drap rouge, bleu, &c ; puis prenez de la couture : c eft ainfi que fe nomment des bandes étroites ou lanières de mouton blanc ; vous la taillerez par un bout en pointe alongée : cette pointe vous tiendra lieu d'aiguille ; vous percerez les bords du drap & du cuir avec une alêne fine près-à-près, & introduifant à mefure cette couture blanche par fa pointe dans les fentes de l'alêne , vous faites un rang de points en biais d’un bout à l'autre, auquel vous joignez un autre rang du fens oppofé, Fig. y & 69 a a a a. On voit dans le milieu de la figure y entre les deux traces, ce qui fe Les Bâtons nomme 'Bâtons rompus, & dans la figure 6 , les doubles bâtons rompus. Tout jcompus. cela fe fait avec de pareille couture : ce qui conftitue les doubles bâtons rom-
- pus , eft des points de laine noire b b> qu'on paffe par-defius , aux endroits où ils fe croifent ; quelquefois on omet le drap, & on travaille le tout fur le cuir nud.
- On brode ordinairement le milieu du cache-nez & des aboutoirs , la toile de la fellette du limonier & la couverture des chevaux de devant, ou bien on peint ces deux derniers comme il a été dit à leur article. A l'égard de la La Broderie, broderie , elle fe fait par-deffus le drap dont on couvre les cuirs en laines de toutes couleurs, excepté le blanc qui eft toujours de mouton blanc. Quant à la toile, on brode immédiatement deffus ; il fe fait auffi des broderies toutes en lanières de drap.
- On trace les deffins avec de la craie , & on les remplit en points devant toutes les rangées parallèles les unes aux autres, foit en largeur ou en longueur du deffin. Ceux qui fe font le plus communément , font ou les armes de France ou celles du Maître de 1 équipage , ou bien des deffins de fleurs. On voit un aboutoire brodé Fig. 7 , & la couverture du cheval de devant Fig. 2 9 dont le coin eft brodé. Cette broderie n'eft pas bien fine ; mais
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- Section I. Du Bourrelier-Baller• 3 y
- elle ne laifle pas d avoir de l’éclat par la variété des couleurs , fur-tout quand elle efl: neuve.
- Les brédiflures des bras d’avaloire au gros anneau du limonier, & les fourreaux des chevaux de devant, ont auffi leurs parures, que les Bourreliers appellent des Feftons : c’efl: une bande de drap rouge que Ton taillade en pointes, tant plein que vuide , qu’on attache avec de la couture blanche , tant au-deiîus de la brédiflure qu’au bas des fourreaux , à l’endroit ou ils font coufus.
- Enfin un ornement aiïez médiocre , mais qui s’exécute fur le champ , dans l’idée d’interrompre l’uni du cuir fur les courroies qui ont une certaine longueur , ou qui font très-larges, cet ornement, dis-je , fe fait avec la rênette , mftrument qui , par-tout où il efl: conduit , enleve la fuperficie du cuir de la largeur d’une ligne & à la profondeur d’un quart ; on s’en fort pour faire des traits le long des bords des cuirs Sc des lolànges fur leurs largeurs , que les Bourreliers nomment des quarrês ; par exemple , on fait des quar-rés aux enchapures des bras d’avaloire ; on rênette en long à quatre rangs les branches d’avaloire, Scc, le tout foivant l’idée de l’Ouvrier.
- Une parure utile , c’efl: de peindre les a telles à huile en telle couleur que l’on voudra, plus communément en rouge : cette façon conferve Sc nourrit le bois. On orne ordinairement leurs pattes des mêmes delfeins qu’on exécute en broderie fur le refte du harnoîs.
- Feftonner.
- Renetter.
- Peindre les Atelles.
- «S——WP————— mrmm n » i i i i il n i n 11 n ——i m». i «i — i mi u .. .w.. ..w.,,,.,, „imt,
- CHAPITRE QUATRIEME.
- , De l'atelage des Coches SC des Fourgons.
- I Âe s harnois des chevaux qui satelent aux Coches, Charriots , Fourgons d’armée Sc autres Voitures de cette elpece , font les mêmes en général que ceux des chevaux de devant des Charrettes ; mais attendu qu’au lieu de deux limons ces voitures n’ont qu’un timon , il faut abfolument les ateler deux à deux , ce qui change la façon du tirage, & qui a fait ajouter au harnois des limoniers quelques pièces néceffaires : c’efl; de ces pièces ajoutées dont on va particuliérement expliquer la difpofition.
- Atelage des Coches.
- Les Coches font d’anciennes voitures à quatre roues, à fléché & à timon, dont on ne fe fort plus que pour voyager d’une Ville à une autre, & y tranf-porter hommes , paquets & marchandifos ; on les atele depuis deux chevaux qufqu à fix ou huit dans les mauvais chemins : à deux chevaux * il n’y a qu’un
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- 3<S L’ART DU BOURRELIER.
- Cocher; mais au delà il y a toujours un Portillon. Le Cocher ne monte point fur le fiege ; il monte en Telle fur le cheval atelé à gauche du timon. Le cheval à fa droite fe nomme le S ouverte; le Portillon monte fur le dernier cheval à gauche qui termine l’atelage. La PL 4 aidera à comprendre ce qui fuit.
- Aux yeux des deux traits des limoniers, qui font, comme on vient de dire , le porteur du Cocher & le fouverge, on pofe un anneau de fer pour Hecukment, mettre à chaque cheval un reculement : ce reculement eft fait d un fort cuir de bœuf, large de trois à quatre pouces.
- Voici fon chemin : on le parte dans un des deux anneaux de fer, puis par-devant le poitrail du cheval quil traverfo , pour pafler dans fautre anneau: de là les deux bouts vont fe boucler au gros anneau de 1 avaloire, auxquels, pour cet effet, on a ajouté un ardillon ; & afin quil fe communique au bout du timon , on met à fbn milieu, en face du poitrail de 1’ animal, un crochet de fer qui s’accroche , quand on atele , à une chaîne de fer qui tient au bout du timon, afin que quand le cheval recule , l’avaloire attire le reculement , la chaîne , & par conféquent le timon en arriéré.
- Fourehets. On met au fouverge Sc au porteur-un fourchet par-devant , dont les branches & la queue , prifes enfemble , doivent avoir deux empans & demi de long ; on en cloue les deux branches aux deux atelles de chaque collier du côté du col du cheval, au-deflbus de la coupliere d’en-haut ; on parte enfuite la queue qui doit être terminée par une boucle en arriéré , par-dertous la crci-fée de-la tête du collier. Le fouverge feul doit avoir un4 fécond fourchet de trois empans & demi de long, dont on attachera les branches au bras d’en-haut de fon avaloire ; on en fait enfuite paffer la queue fous la patte de fà ' couverture , d’où elle ira fe boucler à la boucle de la queue du fourchet de devant. A l’égard du porteur, comme il a une folle , il fliffit d’y attacher par-devant un contre-fànglot qui fe boucle dans la queue du fourchet de devant, & par-derriere deux courroies qui, partant de l’avaloire , s’arrêtent aux crampons de la folle.
- Tous les autres chevaux n’ont rien d’extraordinaire dans leurs harnois ; les quatrièmes s’atelent à -une volée au bout du timon ; les fixiemes, Sec, ont au bout de leurs traits un crochet de fer qui s’accroche dans une maille de fer à l’œil du trait du foivant : tous les traits font garnis de fourreaux.
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- Atelage des Fourgons.
- L e Fourgon duquel on va décrire l’atelage , fort principalement à l’armée : c’eft une voiture de tranfport , ordinairement fermée de planches , & couverte d’un toit de même matière : le Fourgon n’a que deux roues , quoiqu’il ait un timon , ce qui exige une piece principale dans le harnois des chevaux de derrière. Çette piece fo nomme un Colleron ; ce colleron fe parte for le co!
- du
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- Section I* Du BourreUer-Bâuefé 37
- du porteur Sc du fouverge , Sc fort à tenir le timon , & par conféquent la yoi^ ture en équilibre : on y ajoute un reculement.
- Le colleron eft compofé de deux cuirs de bœuf, feutrés de bafanné , c’eft- fâoiièfôfli à-dire , de la bafanne entre les deux cuirs , le tout de quatre doigts de large & de quatre empans & demi de long. Le cuir qui fera le deftous doit être plus large d’un pouce de chaque côté que celui de defîus ; on coud le tout enferâble , Sc on met un anneau de fer à chaque bout ; on l’attache au milieu de chaque colleron qu’on arrête enfuite à la coupliere d’en-haut du collier , pour le fixer à l’endroit où il doit porter for le col du cheval au-devant du collier ; on arrête dans un des anneaux d’un bout du colleron une plate-longe d’un fimple cuir , qu on noue enfuite au bout d’un long palonier , ou volée, arrêtée ferme fous le timon en travers à deux pieds Sc demi de fbn bout, Sc dont on va attacher l’autre bout à l’autre anneau du colleron ; on attache encore dans les anneaux du colleron deux autres plate-longes : ces deux dernieres , en partant des anneaux 9 foivent en arriéré la même route de celles des Coches ci-deflùs 9 Sc vont fo boucler de même dans les anneaux de ïavaloire pour fervir de re- Recula culements; ou bien, en fupprimant ces plate-longes, on fe fert d’anneaux Sc de ments* chaînes d’alliance. Les anneaux d’alliance font deux anneaux de fer enfilés l’un dans l’autre ; on en pafle un à chacun p arell p; ntrpr* billot au travers de la mortaife ; l’autre refte en arriéré : l’un reçoit un bout de la chaîne ; on brédit à l’autre une longe qui va, comme ci-deflùs , fe boucler à l’avaloire : le tout J • tant la chaîne que la longe qu’on y ajoute, doit avoir cinq pieds & demi de long ; de cette maniéré le reculement, au lieu de prendre au colleron, part du collier ; cette façon eft la plus ufitée.
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- Bourrelier t&c.
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- L’A RT DU BOURRELIER.
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Des Panneaux.
- Panneau fim- U N Panneau fimple , en général, eft une efpece de petit matelas dont le
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- r # deffus eft de peau , le deflous de toile, le dedans garni de paille & de bourre ;
- on le met en guife de Telle fur le dos de Tanimal, & on s'afleoit deffus. Il s en fait pour plufieurs ufàges, & aflez différents entr'eux pour exiger une def-cription particulière de chacun ; tels font le panneau de çhevillier qui fert aux . Chartiers & aux gens de la campagne, le panneau de Boucher , le panneau à trouflequin, le panneau de riviere.
- Le F anneau de Çhevillier.
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- Planche
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- Canons;
- U n Chartier qui a une grande route à faire, ne pourroit y fuffire fans mon* ter de temps en temps fur quelqu’un de fes chevaux : c'eft ordinairement le çhevillier qui a la proférons , qui. a occafîonné le nom de Panneau de Che* villier à celui que Ton va décrire. Plufieurs gens de la campagne fè fervent de ce Panneau pour voyager plus à leur aife qu'à poil fur leurs montures.
- Le deffus du panneau fera de bafanne ou bien de peau de yeau ; il doit avoir deux'" empans "& demi du devant au derrière, & trois empans d'un côté à l'autre. Si la peau n'eft pas aflez grande, on y ajoute des pièces.
- Pliez la peau par la moitié le long du dos ; taillez les côtés un peu plus étroits devant que derrière , arrondiflez un peu les quatre coins ; enfùite dépliant votre peau , & l'étendant à l'envers, vous le toilerez entièrement d'une vieille toile ; puis vous l'appointerez aux quatre coins fur une toile neuve de Mortagne, laquelle vous tiendrez de deux doigts plus large tout autour que le deffus , pour donner place à la rembourrure ci-après ; vous faufilerez cette toile au-deflus avec un fil fimple ; vous borderez enfuite votre panneau avec des bandes de la même peau qui fait le deffus : on ne borde point alors les quatre coins ; ce ne* fera que lorfqu'il fera prefque achevé.
- Pliez-le une fécondé fois comme la première ; faites le long du milieu une rentraiture avec de la couture de vache ; vous la commencerez à quatre doigts du devant, & la terminerez à quatre doigts du derrière : cette rentraiture partagera la peau en deux côtés ; faites-en deux autres fur la pente du panneau de chaque côté. Le bas des côtés d'un panneau fe nomme la pente du pan-neau, & les intervalles entre deux rentraitures fe nomment des canons : ils imitent en quelque façon la verge d'un collier. Ces canons font repréfentés a a, VL 3 , Fig. 15 fur un panneau de çhevillier achevé : ils doivent avoir deux
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- doigts de large. Faites encore un petit canon b, au-delfus des deux premiers î celui-ci n’aura qu'un pouce de large : empaillez les canons, ainfi que le devant & le derrière, avec de la paille longue que vous ferez entrer de part & d’autre par les coins que vous avez laiffés ouverts exprès ; fendez enfuite dans fon milieu la toile du panneau de deux doigts de long en travers, pour empailler le corps qui ne s’emplit que de menue paille. Quand le panneau eft plein , verfèz par terre fùr fon plat la moitié de la forme à collier qui a une arrête PL 1 , fur laquelle vous plierez votre panneau ; vous le battrez avec le dos du maillet, pour lui faire prendre la courbure qu’il doit avoir , & par le même moyen, vous lui dreflèrez deux arrêtes g g bien dégagées , l’une le long du devant , l’autre derrière. Drejfer une arrête, en terme de Bourrelier , c’eft pouffer & approcher la paille le long des bords , & la contraindre à fe prefler 8c à s’amonceler entre le deflus & la doublure, jufqu’à ce qu’il paroifle le long du deflus une élévation aiguë comme le dos d’un couteau ; vous borderez enfin les quatre coins ou pointes i L ; vous plierez encore le panneau une féconde fois fur la forme ; il faut que les pointes en foient bien dégagées , c’eft-à-dire, qu’elles ne foient pas trop chargées de paille.
- Vous ferez enfuite les deux couflinures c c , qui s’attachent & fe ferment fous le panneau ; ( une couffinnra pcut ro tuin^icf , pour la forme , à un petit traverfin de lit de repos) ; on les fait de toile de Mortagne ; chacune aura neuf pouces de large fur-toute la longueur du panneau ; vous coudrez les côtés de chaque couffinure à la doublure du panneau avec un fil en deux, à quatre pouces 8c demi l’un de l’autre, éloignant chacune d’un pouce de la rentraiture du milieu ; puis vous les remplirez de bourre , 8c les fermerez aux deux bouts.
- Pour arrêter le panneau fur .l’animal, vous vous fer virez d’une fàngle de cuir de bœuf e, à laquelle vous mettrez un anneau de fer f à chaque bout ; vous arrêterez une courroie h dans un des anneaux, laquelle fe terminera en pointe par l’autre bout. Pour maintenir la fàngle en fà place , vous aurez précédemment placé une attache d d9 de chaque côté fur les canons, 8c lorfque vous voudrez fangler , vous paflerez la courroie deux fois d’un anneau à l’autre $ en ferrant, puis vous la nouerez fur elle-même.
- Le Panneau du Boucher.
- C e Panneau fert aux Bouchers à tranfporter leurs viandes à cheval ; & comme leurs panneaux fe conftruifènt d’une peau entière de veau paflee en poil , le poil en-dehors, ils fourniflent ordinairement cette peau toute fraî^ che fortant de deflus l’animal ; mais attendu qu’elle ne fàuroit s’employer en cet état, le Bourrelier la prépare en la faifànt tremper dans des eaux d’alun, ce qui dure une huitaine de jours ou environ , pour la travailler enfuite , c’efl-' à-dire •* en racler la chair 8c la laifler fécher à demi.
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- Arçon,
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- La peau étant dans cet état , commencez par la plier en deux de la tête à la queue ; taillez votre panneau : il doit avoir quatre empans de long , & la largeur de toute la peau par-devant. La figure 11, repréfente la moitié de la coupe d’un Panneau de Boucher ; arrondiffez les pointes de devant a, pendant l’efpace de cinq pouces, Sc les échancrez de trois pouces du côte du ventre b b 9 le long duquel vous irez tout droit jufqu’à un empan du bout, où vous ferez encore une échancrure c , qui aura quatre pouces d’enfoncement ; puis vous couperez droit jufqu’au bout d. Cette derniere partie fera le couffinet , comme on verra ci-après; enfuite dépliant le panneau à l’envers, vous le toilerez en entier de vieille toile.
- Fendez le milieu de la peau, à trois doigts du devant, de cinq pouces en long ; vous fermerez cette fente par une piece de même longueur & de quatre doigts de large, pour y loger un pommeau ci-deflous ; fendez auffi la peau à trois doigts du bout du couffinet dy d’un travers de doigt. A cette fente vous coudrez un anneau enchapé ; cet anneau arrafèra le bout du deffius de la peau : fon enchapure fera de cuir de Hongrie d’un empan de long, couffie par-deflous en fil ; elle aura à fon bout coufu quatre doigts de large : appointez le panneau en entier ffir une toile neuve de Mçrtagne par les quatre coins avec un fil fimple , en coupant la toile au pourtour ; laiffiez-la déborder de huit pouces au-delà du devant-* Sc de deux doigts au-delà du refte du panneau; remployez un quart de pouce de cette toile , que vous faufilerez enffiite au-deffus , excepté le devant; puis vous borderez les côtés & le derrière avec de la pareille peau.
- Vous ferez une rentraiture le long du milieu du panneau avec de la couture de vache à grands points , de deux doigts de long , jufqu’au panneau ; puis vous formerez, comme au précédent, les canons furies côtés par dépareilles rentraitures, favoir, une à deux doigts de la bordure des côtés , depuis les pointes de devant jufqu’à l’échancrure de derrière, une autre à deux doigts au-deffiis, & une troifieme dun empan de long au-deffius de la précédente , éloigné de deux pouces. Les deux bouts s’étreciflànt en pointe, vous remplirez les deux grands canons avec de la paille droite par les pointes de devant qui ne font pas encore bordées, & pour empailler le petit d’au-deffius, vous fendrez la doublure ; rempliffiez enfuite le corps du panneau de menue paille par ces mêmes fentes.
- Le panneau étant à demi-plein, fi le Boucher y veut un arçon , vous aurez un arçon de devant d’une felle ordinaire tout préparé , c’eft-à-dire, nervé , collé & encuiré ; ( cette préparation fera enfeignée dans l’Art du Sellier ci-après ) j vous le ferez entrer par le devant du panneau entre deux pailles, le haut de l’arçon bien droit au milieu du pommeau ; continuez à mettre de la menue paille ; paffez trois points de fil double de chaque côté de l’arçon avec une grande aiguille , pour le retenir en là place , chambrez le deflous de l’argon vis-à-vis le garrot du cheval fur la doublure ; faufilez la doublure du devant
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- avec
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- Section L Du Bourretier-Èadef. \t
- «Vêc la peali ; bôrdezle devant, excepté les pointés; fendez la doublure en travers de deux doigts de long ; achevez de remplir le panneau , Sc fur-tout le deflus Sc le deffous de l’arçon bien ferme ; faites une arrête bien fine fur l'arçon, du relie , comme au précédent ; dégagez bien les pointes , bordez-les , pliez le panneau deux fois fur la forme à collier.
- Garniffez d’un porte-étrier de cuir, de deux doigts de large , & de trois empans de long, ayant un anneau à chaque bout, vous brédirez ces deux anneaux au porte-étrier avec de la petite couture , vous l’arrêterez enfuite a\ï panneau avec trois attaches , favoir , au milieu dans la rentraiture près du pommeau , Sc les deux bouts fur les féconds canons ; paflez enfuite une cour-roie de quatre pieds de long , Sc d’un pouce de large, dans chaque anneau du porte-étrier : ces courroies fe garnirent par un bout d’une boucle coufue en fil avec fon paflànt taillé en pointe par l’autre bout : on les palfe dans l’œil de l’étrier, & on les boucle : c’efl ce qu’on nomme des étrivieres.
- Coufez fur les canons à la main , avec de la petite couture de vache, deux contre-fànglots de cuir de bœuf, d’un pied Sc demi de long , d’un pouce de large, celui de devant près l’anneau du porte-étrier, l’autre à un empan plus en arriéré ; & fur les canons hors la main , à quatre doigts du porte-étrier , vous coudrez avec de la meme couture, une langle de cuir de bœuf de cinq empans de long, de quatre doigts de large ; fendez-la par l’autre bout d’un pied de long ; garniffez chaque branche d’une boucle à l’Angioife, ou demi-boucle , auxquelles vous bouclerez les deux contre-fànglots pour fàngler le panneau fur le cheval.
- La croupiere fera d’un pied de long, fendue d’un empan par un bout ; vouâ coudrez le culeron à ces deux branches de fourchet, & deux petites bouffée-* tes fur les coutures ; vous mettrez à l’autre bout de la croupiere une boucle demi-ronde , coufùe en fil : coufez avec cette boucle un contre-fànglot que vous pafferez dans l’anneau enchapé au couflinet du panneau 9 pour enfuit© Venir le boucler à cette boucle*
- Le Panneau a 'Trouffequm*
- Cette efpece de panneau refTemble, autant quille peut, à une felle à tiroufi fequin faite par les Selliers : on y eft fort commodément, & le prix en efi moindre , ce qui engage plufieurs à s’en fervin
- Pour faire ce panneau , fervez-vous de l’une ou de l’autre des peaux qui s’emploient pour le panneau de chevillier ci-devant ; coupez-le de la même longueur , enfin fuivez pour le corps du panneau prefque en tout fà conflruélion ; les différences qui fe trouvent en chemin font fi peu confidérables, que pour éviter les répétitions, on a mieux aimé faire ici un extrait fuccinél de cette conflruélion, que de recommencer ce qui efl déjà détaillé dans le panneau d© Bourrelier , L
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- ki VAUT DU BOURRELIER;
- chevillier ci-devant, fe contentant de noter les différences à mefure quelles fe rencontreront.
- Quand on veut un couffinet pour un porte-manteau , on taille la peau par-derrière en échancrant de chaque côté , comme au panneau de Boucher.
- Appointer le panneau fur une toile neuve de Mortagne , aux quatre coins laifler déborder la toile de deux doigts.
- Faufiler la toile au panneau, le border de pareille peau excepté les point es.
- Faire une rentraiture au milieu.
- Faire deux canons de chaque côté , les emplir de paille droite.
- ' Emplir de pareille paille le devant par les pointes de devant.
- Fendre la toile pour remplir le corps du panneau de menue paille.
- Plier le panneau fur la forme à collier.
- Border les pointes.
- Plier une féconde fois fur la forme.
- Afin de rendre ce panneau femblable à une felle, on ajoute une elpece de pommeau taillé en forme d’un oifeau , des battes & un trouflequin, fans quil y entre aucun bois ; chacune de ces pièces taillées double de la même peau , on les coud enfemble, puis on les remplit de paille menue : on les coud au panneau chacune en fà place.
- Pour les conftruire, après les avoir taillées , coufèz par l’envers les deux morceaux de chaque piece , y joignant une laniere de mouton rouge entredeux , que l’on prend dans la couture : on la nomme un jonc ; retournez-les enfuite fur la fleur , il paroîtra le long de la couture une ligne rouge.
- Pofez l’oifeau au milieu du devant fur le bord , les battes à fes deux côtés ; & le trouflequin à deux pouces du derrière*
- Pour faire tenir toutes ces pièces, faites une fente à la peau du panneau de la longueur de la piece; coufez à l’envers avec le point à joindre fes bords avec ceux de la fente ; puis vous l’empaillerez , & vous en rapprocherez la fente à fur jet : tout ceci fe fait avant d’empailler le panneau.
- Mettez au-deflous des battes un anneau enchapé , coufu fur les canons, pour pafler les courroies d’étrier, qu’on nomme étrivieres\ & derrière le trou fie-quin , ou au bout du couffinet, s’il y en a un, un anneau enchapé de quatre doigts de long ; que l’anneau feui paroifle en deflus , comme au panneau de Boucher ci-devant. Si vous avez taillé un couffinet, vous attacherez deux courroies derrière le trouflequin pour y lier le porte-manteau.
- Vous fuivrez pour la croupiere & le culeron le même procédé indiqué au panneau de Boucher ci-devant.
- J’ai oublié de dire que pour afîurer l’oifeau dont le bec eft en l’air, on met au bout du bec une attache qui va fe rendre au panneau.
- Nota. Que quelquefois on met des couffinures comme au panneau de
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- Section I. t)u J?ourrelier-Bàtief. 45
- chevillier ; que fi on veut on rembourre le panneau avec de la bourre au lieu de paille ; Sc que pour les femmes qui montent les deux jambes du même côté t on fait hors la main un efpece de dofiier contigu au trouffequin , qui coule le long du côté vers les battes pour leur foutenir les reins*
- Collier & Panneau de rivière.
- L e collier & le panneau des chevaux qui remontent les bateaux fur les tivieres, doivent être conftruits de façon à réfifter, autant qu’il eft poflible , aux^ dommages que l’eau peut leur caufer , lorfque ces chevaux font obligés d entrer dedans Sc d’y cheminer, ce qui arrive aifez fréquemment- dans leurs routes ; moyennant quoi, les différences de ces pièces aux autres du même genre font allez confidérables pour en faire ici un article particulier , en parlant d abord de leur collier , Sc enfuite de leur panneau ; ce qui terminera leurs harnois en général, Sc tout ce qu’on a à dire à cet égard.
- i°. Les chevaux qu’on emploie à ce travail, font de médiocre taille ; c eft pourquoi leur collier eft allez petit ; 2°, ils font toujours atelés deux à deux,' chaque paire à part, qu’on nomme une courbe de chevaux * parce que chacun eft attaché par des traits de corde à un palonnier courbé en-devant ec palon-nier, attaché à une volée courbée de même , laquelle tient à la corde du bateau. A mefiire que le bateau eft plus grand ou plus chargé , on augmente le nombre des courbes de chevaux ; & comme le Marinier Conduéleur de fà courbe monte tantôt fur l’un Sc tantôt fur l’autre de fes chevaux , chacun doit avoir fon panneau.
- Le Collier*
- Ce collier fe fait de bafànne, comme les autres ; mais attendu qu’il eft communément aflez petit, on retranche de la peau en la coupant en long, à quatre pouces au-delà de fà vraie moitié ; puis on plie en deux ce qui en refte ; & en continuant , au lieu de faire le pli du col à rafe du corps, comme il eft marqué PL 2, Fig. II, ligne ponéluée , on l’avance fur le corps d’un empan ou environ , au lieu de rabattre le dos en deux triangles , comme on fait aux autres colliers ; on le plie prefque quarrément. Les fourniments fe coufent aux bouts dudit pli, ce qui éleve cette couture à un empan du bas du collier, au moyen de quoi, entrant plus rarement dans l’eau , quand les chevaux le mettent à guay , elle n’eft pas fi fujette à fe pourrir , & l’eau à pénétrer dans l’intérieur du collier (i). On achevé le collier comme à l’ordinaire; & quand il s’agit de le remplir, on enferme dans la verge une corde au lieu de paille Sc on l’empaille en entier, fans jamais y mettre de bourre.
- (i) Pour mieux concevoir ces différences, repaffez la taille du Collier ordinaire à l’Article fécond du Chapitre troifieme.
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- 44 .. L’ART DU BOURRELIÊR.
- A l'égard des atelles , en arrondiflànt leurs pattes, on les rabaifTe aftèz y pour donner facilité au Marinier qui eft alîis de côté fur Ion panneau , de voir fon chemin par-deffus. Les boutons qui attachent le collier aux atelles, feront de cuir noir ; & au lieu de coupliere d’en-bas , on mettra deux bandes de fer l'une fous l'autre , qu'on nomme croijjants de fer , crochus par les deux bouts qu'on fera entrer dans le bois-; on y mettra la houffe de mouton comme à For-diaalre.
- Le Panneau.
- L e panneau de rivière fera de bafànne ; Il doit avoir un empan & demi ee long du devant au-derriere , & la même mefure d'un côté à l'autre ; que les deux bouts faffent un peu la pointe , & que le panneau foit un peu plus étroit du devant que du derrière ; le toiler de vieille toile ; Fappointer fur une toile de Mortagne ; le border ; faire une couture en travers à fîx pouces du devant, & une pareille à fix pouces du derrière, aaf Pi. 3 , Fig. III ; le rentraire de cinq coutures en long entre les coutures a a9 ce qui formera lîx canons ; le rembourrer de paille ; mettre deux couffinures b b de toile j de neuf pouces de large ; les remplir de paille ; les fermer aux deux bouts avec deux ronds de bafanne , & de la couture de mouton rouge fous le point de fil ; la fangle fera de cuir noir à deux anneaux c c, dans l'un defquels vous mettrez une courroie pour fangler le cheval comme au panneau de chevilliei: ci-devant. La fangle doit paffer deifus le panneau dans deux attaches d, fous lefquelles vous mettrez un morceau de vache , afin que la fangle n ufe pas le panneau.
- Le relie du harnois fera une couverture peinte fur la croupe, des traits 8c porte-traits de corde, un cordeau arrêté au palonnier; le mors de la bride doit être de fer , ce qu'on nomme un mors creux*
- chapitre
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- Section I. Du Bourrelier-Bâtierl
- 4Ï
- CHAPITRE SIXIEME.
- Les Bâts.
- L e Bât en général eft une elpece de felle qui fe met fur le dos des bêtes de fomme, pour y attacher les fardeaux dont on les charge ; il eft compofé d’un bâtis de bois, auquel on joint un panneau rembourré. Il s’en fait de di-verfes maniérés pour les Chevaux, les Anes & les Mulets ; pour les chevaux, on en conftruit de deux efpeces, le bât ordinaire &le bât de guerre ; pour les ânes, on ne fait que le bât ordinaire. Le bât de guerre pour les mulets en temps de guerre leur eft particulier. Le bât ordinaire pour les chevaux Sc les ânes, fe nomme Bât à boutonner ; celui de guerre pour les chevaux Bât cl fauffes gouttières ou Bât François ; le bât de guerre des mulets Bat d'Auvergne-
- On va décrire tous ces bâts l’un après l’autre ; quant au bât de mulet , on y joindra tout le refte de fort harnois, qui ne reffemble à aucun de ceux qu’on a décrits ci-devant.
- Tout bât eft compofé d’un fuft Sc d’un panneau. Le fuft eft de bois, Sc tou-jours de quatre pièces, lavoir, deux aubes & deux courbes. Il eft du diftriél ^LANCHE du Bourrelier de faire les fufts ; mais comme il lui en vient de tout ébauchés 5 des ventes des forêts , il n’a plus qu’à les perfectionner & les ajufter ayec l’aiflette Sc la râpe à bois, fuivant l’ulàge qu’il en veut faire. La courbe defti-née au-devant a, Fig. 3 , doit toujours être de deux pouces plus étroite que celle du derrière a *. Pour aflembler le fuft , après avoir fait entrer les courbes dans les engravures des aubes, on cloue les aubes b, bd. chaque pointe des courbes, avec cinq clous de quatre, comme il eft dit de la lellette de limon. Voilà en général le fuft prêt à recevoir le panneau. Les autres cir-conftances qui s’y joignent, feront détaillées dans la defcription de chaque bât , dont on va donner la conftruétion.
- Le Bât de Cheval à boutonner.
- Ce bât eft le plus ordinaire; il eft même le fèul dont fe fervent communément les gens de Campagne ; il eft compofé, comme tous les autres, d’un fuft & d’un panneau. •
- Le fuft étant monté , il s’agit de le mettre en état de recevoir le panneau ; pour cet effet, vous percerez deux trous de vrille au travers des courbes, un à celle de devant au-deffus du garrot, l’autre vis-à-vis à la courbe de derrière & deux autres trous, un au milieu du bas de chaque aube fur la pente proche Bourrelier, &c. M
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- 6 VA RT DU BOURRELIER.
- le bord ; clouez enfuite à un pouce du haut de chaque courbe , en-dehors J une bànde de fer de deux doigts de large, ayant un crochet à fon milieu ; il faut, en la clouant, mettre un petit rond de cuir fous la tête des clous , afin de les bien affurer.
- Panneau, Pour faire le panneau , commencez par prendre la mefure du fuft ; puis ayant mouillé & étiré une peau de mouton tannée entière, telle qu’il vous la faut, pliez-la par la moitié fur la chair de la tête à la queue pour la tailler enfuite félon votre mefure.
- Afin que le panneau (bit allez grand & ample , il doit déborder le fuft au-delà des courbes de quatre doigts par-devant & de trois doigts par-derriere :
- La Châfîe. cet excédent eft ce qu’on nomme la châJJ'e du panneau ; il faut encore qu’il ait allez de profondeur pour toucher fous les courbes quand il fera en place, 8c qu’il ait par les côtés un empan de pente au-delà des aubes. Si la peau n’eft pas alfez ample en ces endroits, ce qui arrive fouvent, prenez-en deux morceaux le long du col de l’animal que vous avez dû retrancher d’abord, pour équarrir votre panneau ; vous les y coudrez à l’envers avec du fil en deux poifle , mettant un petit jonc dans la couture; vous la furtaillerez , 8c vous arrondirez en douceur les pointes 8c la pente pour la grâce ; vous toilerez c’eft-à-dire, vous doublerez le panneau en entier de vieille toile , puis vous
- Les Façures.
- mettrez les façures.
- Ce qu’on nomme les Façures, eft des bandes de toile de Mortagne, de cinq pouces de large , qui fe mettent à l’envers le long des bords du panneau tout autour, où vous les y appointerez. Les façures des pentes doivent dépaf-fer d’un pouce celles du devant & du derrière ; vous mettrez entre ces façures des pentes 8c le panneau, 6 morceaux de bafànne de cinq pouces de long, c’eft-à-dire, trois de chaque côté, lavoir deux aux coins, & une au milieu de la pente ; appointez-les tous du côté de la fleur ; coufez tout autour enfem-ble la peau du panneau 8c la vieille toile ; repliez un peu en-dedans les façures du devant & du derrière ; vous y ferez deux petites rentraitures de toute leur largeur avec de la couture de bafanne ; puis revenant aux pentes, vous prendrez deux petites baguettes de la longueur des pentes du panneau ; vous les entourerez de paille droite qui excede leur longueur de fix pouces par chaque bout ; vous entourerez cette paille avec un fil fîmple, le cordant tout le long de la baguette ; vous releverez la façure de la pente pour arrêter la baguette au panneau , par une couture qui l’entourera ; vous commencerez & finirez cette couture en prenant dedans les fix pouces de paille , dépaflànts les baguettes , que vous aurez précédemment dû plier à chaque bout fur les façures de la chafle devant & derrière.
- Vous emplirez le panneau de paille droite ; pour cet effet, commencez par mettre fous les baguettes une petite mifè de paille, puis étendez le panneau par terre , l’envers en-deflùs ; mettez-vous à genoux , pofez une réglé de bois
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- Section ï. Du Bourrelier-Bâtier. 47
- le long du milieu ; puis prenant à pleine main de greffes mifes de paille droite, vous les lierez de deux liens de paille ; vous mettrez deux de ces mifes de chaque côté en long jufques dans les baguettes de la pente, puis une en travers fur les chafles du devant Sc du derrière, pour leur donner de la rondeur ; obfervez, en plaçant les mifes, de mettre toujours leurs liures en-deffous 5 achevez de remplir de cette façon le refte du panneau bien ferme, & uniment de chaque côté par-deffus les deux mifes en travers ci-deffus.
- Relevez le panneau de terre, Sc ployez-le par la moitié ; vous rabattrez enfuite les façures des pentes des côtés fur les mifes de paille , Sc vous les coudrez d’un fil en deux non poifle , avec les façures des châffes , & vous refournirez de petites mifes de paille fur les pentes pour bien unir le tout.
- Pour boutonner ce panneau , c’eft-à-dire , y faire les boutons piqués qui ont Les pou, donné à ce harnois le nom de Bat à boutonner, prenez un gros carrelet que tons* vous enfilerez de ficelle en deux poiffée , avec laquelle vous ferez des boutons en traverfànt pour chacun le panneau de deflous en-deflus, & paflant en-def* fus fous chaque point avant de le ferrer un peu de laine de toutes couleurs , vous en ferez deux rangs fur les pentes ; éloignez d’un pouce d’un bouton à l’autre le fécond rang à trois pouces du premier , puis vous chambrerez le garrot avec la même ficelle d’un empan de long fur quatre pouces de large , faifant les points d’un pouce de long , Sc vous mettrez aux deux côtés deux boutons pour agrément : on voit PL 5 , Fig. 1, a a, un panneau bou-
- tonne.
- Il s’agit maintenant d’attacher folidement le panneau à fon fuft ; comme n- joindre le cez , en le mettant en fa place , par le pofer, de maniéré qu’il déborde un Panneau au peu plus en-devant que par-derriere ; puis pour l’attacher en-haut au milieu des courbes , & l’y joindre en-deflous, vous pafïerez devant Sc derrière dans la rentraiture du milieu du panneau une longue attache de cuir, delà dans le trou fait ci-devant au-haut de chaque courbe , allant Sc revenant ; vous finirez par en corder le bout fur elle-même, PL 3 , Fig. B ya \ écartez-le enfuite au moyen de deux bâtons ; placez alors & clouez les Dagornes : c’eft le nom Dagomes, qu’on donne ici à de petites courroies de vieux cuir de boeuf , au nombre de quatre ; vous les pafferez d’abord aux quatre coins du panneau , enfuite vous les croiferez dans le trou que vous avez fait aux aubes au-deffous des pointes des courbes : il faut prendre deflous les groffes mifes de paille du devant & du derrière ; puis croifànt l’un fur l’autre les deux bouts de chacune, vous les clourez départ & d’autre le long de la pointe de la courbe , avec trois broquet-tes b b, de chaque côté ; vous pafferez auffi une attache au travers du milieu de la pente, Sc dans le trou du milieu du bas de l’aube où vous l’arrêterez avec un double nœud.
- Otez les bâtons qui écartoient le panneau ; corrompez avec une pince les mifes de paille , puis vous pafferez avec une grande aiguille à réguiller ,
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- rer.
- La Sangle.
- La Croupière.
- Les
- chets.
- 48 L'ART DU BOURRE LI ER.
- quatre points de moyenne ficelle des deux côtés du panneau à rafe les bords Rembour- des aubes du-haut & du-bas ; puis vous le rembourrerez bien uniment de bourre de veau , & ferrerez les ficelles à mefure que vous rembourrerez deflous ; & afin de bien incorporer la bourre avec la paille, vous la piquerez à mefure avec la broche à piquer.
- La garniture de ce bât confifte en une fàngle, une toile pour couverture , deux crochets de fer & une croupiere.
- La fangle, PL $ , Fig. I, b , & PL 3 , A, dd9 fera de cuir de bœuf, de quatre doigts de large , & de cinq empans de long ; vous la fendrez par un bout en fourchet, Sc vous la clouerez vers le milieu de l'aube hors la main ; Vous coudrez à chaque extrémité du fourchet une boucle enchapée ; vous clouerez vers le milieu de l'aube à la main, plus en-devant qu'en arriéré , deux contre-fànglots de même cuir de deux empans de long , à quelque diftance l'un de l'autre, qui ferviront à boucler les deux branches du fourchet de la fan* gle.
- La croupiere, PL 3 , Fig. A, c c> doit être double : là branche hors la main fera la plus longue ; elle fera coulue à un des bouts du culeron : elle doittra-verfer les arcades des deux courbes , tourner autour de l'attache du panneau a Fig. B , à la courbe de devant, ôc retourner enfiiite fe joindre à la main à la courte branche , pareillement coufue à l'autre bout du culeron , dont on cou-1 vre les coutures avec deux petites bouffettes.
- La toile , PL 5 , Fig. 1 ,rc, pour couvrir la croupe de l'animal, doit avoir jufqu'au culeron, qu'elle ne doit pas déborder , un pied & demi, & deux pieds trois quarts de l'autre fens ; elle efi: ordinairement peinte en noir : on la cloue vers le bas de la courbe de derrière, & pour quelle prenne bien le rond de la croupe , on plie en biais par-delîous de chaque côté la partie que l'on va clouer ; obfèrvez de mettre fous les clous de la couture de mouton rouge. Si on veut qu'elle foit façonnée à fleurs, c’efl>à-dire 9 bordée, alors on la borde à plat d'une lifîere de drap, coufiie avec du mouton blanc, & deux petites bouffettes pendantes à chaque coin.
- Les crochets, PL 3 , Fig* B , e 9 Sc A, ee 9 tiennent chacun en-dehors au-haut des courbes à un croiflànt de fer qu'on y cloue.
- On fe paffe allez fouvent à cette elpece de bât du poitrail Sc du bafcul ou fefîier ; cependant fi on veut les y ajouter, on les trouvera décrits au fuir vant.
- Le Bât François a faujfes gouttières , ou de guerre.
- La Toile.
- Crû-
- Quoique ce bât fe conftruife en plufieurs parties, comme le précédent, on ne laiffera pas de le décrire en entier, mais plus fuccinélement pour les
- pièces qui fe reffemblent ce fera à cet égard une efpece de récapitula^ tion.
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- Section I. Du Bourrelier-B âtier. 49
- Il eft compofé , comme le précédent, d’un fuft 8c d’un panneau : on nomme le fuft dont on fe fert ici, Fuji Normand, qui, quoiqu’il foit fait comme les Fuft Nor-autres, eft cependant plus dégagé & plus ouvert ; on FaiTemble & on le garnit mand* comme le précédent ; mais comme il eft principalement fait pour la guerre, on • y ajoute deux vertevelles de fer. La vertevelle , PL 3 , Fig. C9 a , eft ici un an- Vertevelles. neau de fer de deux pouces en quarré, qu’on arrête en dedans de chaque courbe avec deux clavettes à tête de piton. Pour mettre cet anneau en place , on commence par faire quatre trous de vrille deux à deux , aü-defîous du croifîànt du crochet ordinaire ; on paffora au travers de ces trous de dedans en-dehors les deux pointes de chaque clavette, dont les têtes foutiennent la charnière de l’anneau pour quil roule librement ; ainfi les courbes font garnies par-dehors d’un crochet avec fon croiflànt, 8c par-dedans de cet anneau : ces vertevelles font def tinées à foutenir les malles ou coffres fufpendus , comme on verra ci-après.
- Pour faire le panneau de ce bât qui fo nomme à faujjes gouttierres, Fig. A , Panneau. g ggg9 prenez une peau de cochon ou de truie ; elles font communément plus grandes : il faut la mouiller, l’étirer, la laiffer égoutter, la ployer en deux for fa longueur , 8c enfuite la tailler. La pente 8c la châffe , comme le précédent ; on prend la tête & le collet de la peau pour refournir le deftiis, parce que les peaux ne font jamais affez larges pour faire un panneau un peu ample ; on appointe ces pièces au ventre de l’animal avec un fil fimple ; on les coud enfuite du côté de la chair, un jonc de mouton rouge entre-deux ; on retourne le tout ; on bat la couture , on la fortaille ; on arrondit la pente , la châffe, les quatre pointes.
- On coud une toile à couverture d’un pied de large for la pente tout du long, ainfi que for la châfîè ; cette toile fe coudra à un pied au-defïus du bas de la pente avec un fil en deux poiffé , obfervant que cette toile foit bien égale à la peau le long du bas de la pente : on met les façures de toile neuve de Mortagne , même largeur du précédent; on les appointe & les coud au panneau un jonc de mouton blanc entre la couture ; on coud le derrière du panneau ; on ne coud que la vieille toile avec la façure for les pentes des deux côtés, parce que le cuir ne fe recoud qu après que le panneau eft plein. La couture fe fait à furjet avec un fil en deux poilTé ; on partage le panneau en deux par le milieu avec deux rentraitures de la largeur de la façure, une devant , l’autre derrière ; on met deux baguettes aux côtés entortillées de paille droite ; on les coud , on remplit le panneau comme le précédent, on le boutonne à la toile qui eft coufoe à la pente ; on le traverfo & on le boutonne for la façure : tous ces boutons font en-deflous, ils fo font comme les précédents ; on n’y met qu’un brin de laine, on rabat la peau fur la pente ; on coud fur la baguette avec du mouton blanc \ quatre doigts de la pente, en tournant par-devant 8c par-derriere ; on repouffo bien le panneau , on le chambre for le garrot proche la rentraiture, comme le précédent ; on le met dans le fuft avec Bourrelier , &c. N
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- Le Poitrail.
- La Sangle.
- Le Feflier.
- La Toile.
- Courroie de Feflier.
- Courroie de Malle.
- Pailletés»
- jo L'ART DU B O URRELIER.
- les attaches & dagornes ; on y pique la bourre ; que la rembourrure (bit bien
- ferme ; bien dégager l’arrête & les côtés.
- Garniflez ce panneau d’un poitrail, PL 3 , Fig• A , h h, de cuir de bœuf, de fix empans de long, & de deux doigts de large ; clouez-en un bout fur l’aube hors la main ; mettez à l’autre bout une boucle demi-ronde dans une enchapure de cinq pouces de long, que vous y coudrez avec de la couture ; vous clouerez l’enchapure à l’aube à la main en biais, pour que le poitrail prenne bien le rond de celui du cheval.
- Faites une fangle de cuir de bœuf dd9 de cinq empans & demi de long, de quatre doigts de large ; clouez-la par un bout à l’aube prefque dans le milieu hors la main ; taillez-la à l’autre bout en fourchet, d’un empan & demi de long : chaque branche fera garnie d’une boucle enchapée coufue en fil ciré ; clouez fur l’aube à la main deux contre-fànglots de cuir de bœuf d’un pouce & demi de large, fur deux empans de long, pour y boucler le fourchet.
- Faites un feflier ou bafcul f f9 de fix empans de long , de deux doigts de large , de cuir de bœuf, garni d'une boucle à demi-ronde par chaque bout, coufue avec mouton rouge ; vous le feutrerez , c’eft-à-dire , le doublerez avec de la bafànne, entre laquelle 6c le deflus vous le remplirez de bourre en entier; clouez quatre contre-fànglots de cuir de bœuf de deux empans de long, de deux doigts de large, deux à chaque aube en arriéré, pour boucler les boucles du feflier.
- La croupi ere comme au précédent.
- La toile qui couvre la croupe , fera façonnée à fleurs , & bordée par-derriere d’une lifiere fur laquelle on fera des bâtons rompus avec de la couture de mouton blanc, une petite bouffette pendante aux deux coins; clouer la toile le long du bas de la courbe de derrière, depuis le défaut de fon arcade de chaque coté ; mettez une petite frange fous les clous , & au milieu de cette toile une attache qui ira rendre à l’attache de derrière qui joint le panneau à la courbe.
- Afin de foutenir le feflier à la hauteur convenable, on fait une fente dans chaque courroie de la croupiere , vis-à-vis l’une de l’autre, pour y pafler une courroie d’un demi-pouce de large i i, dont on arrête les deux bouts au feflier, à un empan & demi de fes deux boucles.
- Pour porter les valifes ou ballots, lorfqu’on charge le bât, on a quatre courroies, chacune de neuf pieds de long, larges de trois doigts ; on les nomme Courroies de malle ; on les garnit par un de leurs bouts d’une boucle à roulon avec fon paflànt, & par l’autre bout on les taille un peu en pointe *, on brédit à chaque courroie à un empan & demi de ladite boucle, avec de la couture de vache, un fort crochet, avec lequel on accroche la vertevelle; on met aufli deux de ces courroies à chaque vertevelle ; delà elles prennent la malle d’où elles vont fe boucler à la boucle à roulon. Si on veut placer une troifieme valife au milieu du bât, on fe 1ère de deux pailletés ; c’eft ainfi qu’on nomme , en cette occafion, deux courroies de cuir de bœuf, de huit pieds de
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- Section I. Du Eourrelier-Bâtiet. ^r
- long chacune, & d’un pouce & demi de large, chacune garnie d’une boucle ; on en pafîe une de chaque côté des attaches du panneau qui prend la malle entre le panneau & les courbes oà elle fe boucle.
- Nota. Que la bride du cheval de bât pour la guerre eft à-peu-près la même <je
- que celle du cheval de charrette , les feules différences font qu’on y ajoute guerre, des porte-mors & un mors fèmblable à celui du cheval de felle, qu’on ne met que deux grandes bouffettes au fronteau , & que l’on fait à la rêne un bouton qu’on pafîe dans le crochet du bât.
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- CHAPITRE SEPTIEME.
- Du Bat d9Ane: Remarquesfurfon Collier.
- L e Bât d’Ane eft abfolument pareil , proportions gardées, pour le fuft , comme pour le panneau , à celui ci-devant qui fe nomme Bât à boutonner.
- Il n’en eft pas de même de fon collier; on eft obligé de le faire de façon qu’il s’ouvre en deux par le bas, attendu que cet animal ayant la tête grofîe proportionnellement à fon col qui eft court & mince , le collier, après avoir paffé la tête , fe trouveroit trop large , &tourneroit fur fon col : voici comme on évite cet inconvénient. On coupe le bas du collier par le milieu; on ferme les deux côtés coupés par une piece de même peau, & pour rapprocher & rejoindre tant le collier que les atelles , on met au collier d’un côté une boucle & de l’autre un contre-fanglot pour le ferrer quand il eft en place. A l’égard des atelles, on y cloue le long du bord extérieur de chacune au-deC fous du bout du fommier , un croifîànt qui fuit le contour de l’atelle jufqu’au bout, où un de ces croiflànts fait charnière avec l’autre , c’eft-à-dire , qu’il n’a qu’un charnon qui fe place entre les deux ; de l’autre une cheville de fer pafîee au travers les tient enfemble. Cette cheville a une tête dans laquelle on pafîe une petite courroie que l’on cloue à une des atelles, moyennant quoi, lorf* qu’on veut mettre le collier, on déboucle le contre*fimglot, on ôte la cheville ; le collier s’ouvre; on le paffe par-deffus le col, & on le referme.
- Nota. Qu’il fe rencontre quelquefois des chevaux de charrette auxquels on eft obligé, par les mêmes raifons, de faire de ces colliers.
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- FART DU BOURRELIER.
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- CHAPITRE HUITIEME.
- Le Harnois du Mulet d'armée équippê en guerre.
- Les mulets réuffiflant beaucoup mieux à porter qu’à tirer , le cheval leur eft inférieur pour la première de ces deux fondions, autant quil leur eft fo-périeur pour la fécondé.
- Lorfqu’on emploie le mulet aux voitures, fi c eft à la charrette , on lui met les mêmes harnois des chevaux de charrette ; fi c eft au carrofle , on fo fort des harnois de carrofle. Il s’en trouve auffi qu’on peut monter ; alors on leur met le harnois du cheval de felle, ou on les monte à cru : mais le théâtre de la guerre eft celui où ils fo diftinguent le plus. Ils y font préférés aux chevaux de fomme dont ils épargnent le nombre, attendu qu’ils portent bien plus pelant , qu’ils ont la jambe plus fore, qu’ils tiennent long-temps for pied , & qu’ils font d’une moindre nourriture ; auffi les y confidere-t-on beaucoup plus qu’ailleurs ; & pour montrer l’eftime qu’on en fait, on les équippe avec diftinclion ; ils y font très-fonfibles , fi on en croit les Muletiers, qui prétendent les affliger quand ils ont fait quelque faute , en leur ôtant leur rang ou quelques unes de leurs parures: on va voir qu’elle eft leur magnificence par le détail que l’on va faire de tout ce qui compofe leur harnois & fes ornements.
- Le Licol»
- Le licol du mulet eft compofe d’un deflus de tête, d’une mufoliere f d’un fronteau, d’une fous-gorge appellée Lyonnoife \ le tout de cuir de bœuf en blanc, & de chaînes de fer.
- Le deflus de tête, VL 3 , Fig. IV , a aaa> qui fait le tour de la tête jufqu’au deflus de la bouche de chaque côté, aura deux doigts de large & quatre empans & demi de long ; il fera renetté à quatre raies en longueur. La mufeliere b, aura dix pouces de long & quatre doigts de large à fon milieu, d’ou elle ira en diminuant du haut jufqu’aux deux bouts ; elle fera renettée en quarré. Le fronteau c , aura un pouce de large & deux empans de long ; la lyonnoifo dd, aura un pouce de large & fix empans de long. La longue chaîne de fer ce doit avoir cinq mailles , & être terminée par un anneau à chaque bout. La courte chaîne f9 n’aura que deux mailles & un anneau à chaque bout, c’eft-à-dire, que toutes les deux partiront des anneaux du deflus de tête , & finiront chacune par un anneau.
- Pour faire le licol, arrêtez dans les anneaux qui foutiennent les chaînes , les
- deux
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- SëctïoK I. Du Bourrelier-B drier. y 3
- deux bouts du deflus de tête 8c ceux de la mufeliere , en les y coufant d’abord Façon du a demi-jointure avec un fil en deux poifle; puis vous les brédirez enfuite proche Licol, l’anneau avec de la couture de mouton rouge , à trois points & un point quarté ; & avec la même couture vous ferez une croix & trois points de billot,
- Pl. 6, B ; coulez enfuite au-delà defdites enchapures deux lacets de vache i i9 qui iront en biais du deflus de tête à la mufeliere ; tournez vos points de cou- , ture en rond ; mettez au milieu du deflus de tête un paflànt h , d’un pouce de large , coufu en fil ; vous pafferez dedans la lyonnoife ; vous le croiferez vers la moitié de la ganache du mulet par un nœud quarré g , expliqué PL 6 ,
- Fig. 8 ; vous en arrêterez enfuite les bouts aux anneaux où les chaînes de fer font arrêtées ; vous ferezpaffer la longue chaîne dans l’anneau de la courte, & vous attacherez à l’anneau de fer du bout de cette longue chaîne une ou deux longes de cuir.
- * La Bride. ,
- L a bride du mulet efî compofée d’un deflus de tête , d’un fronteau garni de trois plaques de cuivre , d’un fourchet, d’une fous-gorge , d’un mors de fer, d’ une paire de rênes, d’un moreau avec fbn deflus de tête ,d’un plumet, de flots 8c de fimoufles.
- Pour le deflus de tête, prenez une courroie de cuir de bœuf en blanc , PL 3 Fig.Y y de cinq empans de long, fur un pouce 8c demi de large ; mettez une boucle à chaque bout, 8c par-deflbus la boucle un contre-fanglot de fix pouces de long, & pour l’épaifîeur que ledit deflus de tête doit avoir , mettez quatre cuirs de même largeur & d’un empan & demi de long ; depuis chaque boucle au bout de cette longueur, vous retrancherez un cuir, ainfî l’épaifîeur ne fera plus que de trois cuirs pendant deux empans de long ; appointez le tout avec des clous de quatre ; puis coufez à deux rangs avec du fil en quatre brins poifl* fés ; en faifànt ces coutures , vous arrêterez dans les cuirs à la diftance de quatre doigts de la boucle à la main , un paflànt d’un pouce de large , couvert de mouton rouge ; vous couvrirez du même mouton la bride depuis chaque bou-cle pendant deux empans. Quand la bride fera coufue, vous la battrez fur le billot, & la furtaillerez ; puis vous la plierez en deux par la moitié ; vous brédirez au-deflous du pii les deux côtés enfemble avec quatre points de gros fil * en tournant, ce qui fe nomme faire la tète de la bride , & vous ne laiflerez au-deflus de la brédifîure que l’efpace nécefîaire pour palier dedans par la fuite une attache; vous placerez à un empan au-defîous de ce milieu deux flots, un de chaque côté.
- Pour faire le fronteau , PL 3 , Fig. V , a a, il vaut mieux fe fervir d’un bout de traits de chevaux de carrofle , que de cuir neuf, qui eft plus fujet à s’é-* tendre ; ces traits font compofés de trois cuirs ; vous en prendrez donc un boue de deux empans de long ; vous le couvrirez en entier de mouton rouge ; vous
- Deflus ât Tête.
- Fronteau,
- Bourrelier , &e.
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- O
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- V ART DU BOURRELIER. le coudrez par le milieu à demi-jointure, pour prendre en même-temps lé mouton de'deffus & de deflous ; à chaque bout dudit trait, vous coudrez un morceau de cuir de bœuf de la largeur du fronteau , 8c de fix pouces de long ; vous couvrirez ces morceaux par-deifus de mouton rouge ; ils fervent de chaque côté du fronteau à envelopper la têtiere de la bride : arrêtez enfuite le fronteau for la teftiere , à cinq pouces de la tête de chaque côté, avec un clou de quatre. ^
- Les Plaques. La bride du mulet fe décore de trois plaques rondes de cuivre ; ces plaques font, comme on les voit difpofées, PL y, Fig. III, b b b, à delîeins repoufles ail cifeau ; c’eft fouvent les armes du maître , Ion chiffre ou autres delîeins ; chacune , PL 3 , Fig. V , b b , a cinq pouces de diamètre, tenant à charnière à une lame platte de même métal e , de deux pouces & demi de long, for deux pouces de haut ; celle du milieu b b, eft fur le front qu’elle couvre ; les deux autres 1». i tiennent lieu d’aboutoires , & toutes les trois lui fervent d’ornement : ces plaques rondes font chacune percées vers le bord des deux côtés des charnière j de quatre trous deux à deux , pour palier un lacet dans chacun , comme on va voir. Pour attacher d’abord celle du milieu en là place , clouez la lame pîatte à quatre clous jaunes fur le milieu du fronteau ; engagez delîbus les ’ deux branches d’un fourcher de cuir ce, d’un empan de long, qui fe termine en une pointe par fon autre bout. Ce fourchet fo recouvre en entier de laine de toutes couleurs , fabriquées comme plufieurs petites bouffettes qui feroient un corps contigu ; clouez enfuite de même les deux plaques de côté , les charnières fur le morceau de cuir qui recouvre la teftiere, duquel on a parlé ci-def-fus ; vous trelierez avec de la couture de mouton rouge douze lacets ; vous en paflerez quatre d d 9 deux à deux , dans les trous de chaque plaque ronde d’où vous les irez arrêter au fronteau avec un point & demi de fil ; entourez le delfus de tête, depuis la tête jufqu’au fronteau,des deux côtés, avec du galon de laine , ce qui fe nomme les Simoujjes ; vous clouerez le bout de ce galon de chaque côté for le bout du fronteau , d’ou pendra un flot ; clouez auffi en cet endroit un morceau de cuir rouge d’un pouce de large avec trois clous jaunes , l’un au bout de la .fimoufle, l’autre fur la teftiere, le troifieme au milieu dudit morceau ; vous paflerez le bout pointu du fourchet ci-defliis dans la tête de la bride par deux fois, & l’arrêterez.
- La Sous- La fous-gorge fera de cuir de bœuf de cinq empans de long & d’un pouce de large, renettée, percée & en pointe par un bout, ayant à fon autre bout une boucle coufoe avec du mouton rouge Sc fon paflant : cette fous-gorge fora arrêtée fur la tête de la bride , comme il fuit; prenez un fil d’archal recuit ; faites en ferrant quelques tours au-bas de la tête , ce qui lui donnera l’afpeél d’un gros bouton e, PL 3 , Fig. 5 , & de peur que le fil d’archal ne remonte , enfoncez par-deflùs un clou jaune de chaque côté, fous lefquels , avant de les clouer, vous placerez un petit morceau de drap rouge : quelquefois , pour plus
- gorge
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- S è c T i o n I. Du Ë ourreüer-B âtier. jj
- cle magnificence, on mec fur la tête par-deflus la fous-gorge un petit fourchet à quatre branches , garni de laine, d'où pendent quatre flots ; vous attacherez un flot aux deux côtés du fronteau contre le dernier lacet de la plaque de côté. Voy. PL 5 , Fig. Il & III.
- Le mors du mulet eft une petite tringle de fer , PL 3, Fig. VI % retournée en équerre parles deux bouts , finiiîànt en deux anneaux de fer ; vous paflerez dans ces anneaux les deux contre-fangiots de la bride , pour les boucler aux boucles du bas du deflus de tête ; vous brédirez aux mêmes anneaux , avec du mouton rouge, une paire de rênes de cuir de bœuf, d'un pouce de large & de toute la longueur du cuir , auxquelles vous ferez un bouton de mouton rouge à un empan du bout.
- Le moreau , PL $ , Fig. Il, a, eft une efpece de filet à mailles quarrées, travaillé en forme de panier rond , qui doit avoir feize pouces de diamètre 8c autant de profondeur ; on le fait avec de la corde de {part, de la dimenfion d'une grofle ficelle. Le fpart eft ungramen ou herbe, imitant le jonc, très-commune en E/pagne ; on en fait de la corde. Le moreau doit renfermer tout le bas de la tête du mulet jufqu'à la hauteur d'une mufeliere : il eft fufpendu par un deflus de tête dont on va parler : on met dedans un peu de foin pour amufer l’animal en chemin : on le maintient à la hauteur convenable par un deflus de tête qu'on lui ajoute de quatre empans & demi de long ; pour cet effet, on commence par coudre au moreau à fes côtés , un peu plus en-devant qu'en arriéré , avec du fil, deux boucles demi-rondes enchapées , 8c leur paflant ; ce deflus de tête fera de cuir de bœuf 8t de la largeur defdites boucles , pointu par les deux bouts ; vous le recouvrirez en entier d'un galon de livrée que vous coudrez d'un petit fil dans le milieu ; vous le bouclerez aux fufdites boucles, & le paflerez par-deflus la bride du mulet, fans l'arrêter en aucun endroit. Pour orner le moreau , vous coudrez fur le haut du devant un morceau quarré b , de drap façonné, à fleurs , avec une couture à furjet, faite de mouton blanc ; vous mettrez fous le point aux côtés 8c au bas une longueur d’une autre étoffe , garnie d'une petite frange , que vous coudrez fur la piece de drap ; vous coudrez auflï le drap par-deffous la frange avec une pointe de fil en deux ; vous mettrez deux flots au moreau , un de chaque côté, entre la piece de drap 8c l'en-chapure.
- Le Bât du Mulet, nommé Bât d'Auvergne.
- C e Bât eft compofé d'un fuft de bois, nommé la felle , PL 3 , & d'un panneau nommé la forme.
- La felle eft compofée de deux courbes,PL 3, Fig. VII, a a , & de deux élevés b b, qui tiennent la place des aubes dans les autres bâts. Les courbes auront quatre pieds de tour ; elles auront cinq pouces de large depuis la pointe jufqu'à quatorze pouces au-deflus, 8c enfuite fix pouces de large au tournant de la
- Le Mors.
- Le Moreau*
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- jg U A RT DU BOURRE LIE R.
- courbe ; chaque courbe eft de deux pièces entées 8c engravées à mi-bois Tune
- fur l’autre 8c clouées.
- Le Fuft. Les éleves faites avec de la volige , auront deux empans de long 8c un pied de large. Pour préparer les éleves, c'eft-à-dire , pour leur donner de la cambrure en-deflous , on leur fait prendre cette forme en les préfentant au feu ; enfuite on les cloue fous les courbes avec fix clous de quatre pour chacune ; il faut que l'éleve aille enuhaut jufqu a l'engravure du dedans des courbes, Sc en-bas jufqu' à leurs pointes, où elle doit être un peu arrondie. Les courbes doivent être placées fur les éleves à fix pouces de diftance l'une de l'autre : il faut avancer J eleve par-devant allez pour qu'il y ait une fois autant de châflTe que par-der-riere. Lorfque l'éleve n'eft pas alfez large , on lui en ajoute au-deflùs une petite x, de deux(doigts de large , qui ne dépaffera la courbe de devant que de deux pouces ; on percera la courbe de huit trous, quatre de chaque coté , lavoir deux en-bas au-deffus de la pente, 8c deux autres au-delîtis de l'éleve : on verra leur ufàge par la fuite.
- La Forme. La ferme du bât c c c c , fè fait avec de la grolîe toile forte & de réfiftance» Pour la conftruire , lorfque le fuft de la felle eft aflemblé, pliez la toile par la moitié, 8c vous la couperez comme on taille le deflus d'un panneau ordinaire, en vous réglant pour fà longueur du devant au-dertiere fur celle des éleves, que vous pafîerez cependant de quatre doigts par-derriere, 8c feulement •de deux doigts par-devant. A l'égard de fa largeur, il faudra la faire dépafler auffi de quatre doigts au-delà du bas des éleves , & qu’elle fuive exactement le deflous des courbes ; vous en arrondirez les pointes au prorata de celles des éleves. On appelle la chcîjje , ce qui déborde le devant & le derrière, & la chargeoire , ce qui dépaflè le bas des éleves ; ainfi, la forme aura ( en termes de Bourrelier ) deux doigts de châftè par-dévant, quatre doigts par-derriere, 8c la chargeoire aura quatre doigts de chaque côté.
- Quand la forme eft taillée comme il vient d’être dit , vous ferez quatre paillons : c'eft de groffès mifes de paille droite ; les deux que vous deftinez au-devant & au-derriere feront d'un-pouce de diamètre ; vous entourerez ceux-ci de groflè ficelle, dont les tours feront à un pouce l'un de l’autre ; les deux des chargeoires n’auront qu'un demi-pouce de diamètre; vous les renfermerez toutes dans la toile , à laquelle vous les faufilerez ; ainfi la forme fera bordée tout autour avec des paillons ; en faufilant les paillons du devant & du derrière, ajoutez fur le haut des faces devant 8c derrière un morceau de toile de Mortagne neuve, de fix pouces de large au milieu , finiflànt en pointe par les deux bouts. Ces pièces fè nomment les brayes de la forme d d : celle du devant eft de deux morceaux joints enfemble par une couture ; on les appointe ; on ficelle le bas pour leur donner de la rondeur ; on recouvre celle de devant d'un morceau de mouton rouge : la braye de derrière n'eft que d'une pièce , & n'a point de mouton rouge.
- Couvrez
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- Section I. Du Bourrelier-Batier.
- Couvrez enfuite la forme d’une peau entière de mouton noir ; étendez-la bien fur le deflus de la forme ; que le derrière de la peau qui eft le plus large foit fur le paillon de derrière ; vous ne coudrez cette peau que fur les paillons de devant & de derrière. Ces coutures fe font à furjet, depuis le haut jufqu’au niveau des élevés, le reliant fur les quatre pointes à point plat. Comme on ne taille ni ne coud cette peau par les côtés , il faut faire enforte que le bord du ventre de l’animal pulflè fe cacher fous les éleyes de la felle ; vous mettrez enfuite la forme fous la felle , la faifànt toucher par-tout fous les courbes ; percez deux trous de petite vrille y y > à chaque coin , aux pointes des éleves, pour y arrêter la forme à la (elle avec un nœud, PL 6, Fig, IV, en patte d’oie, & trois à quatre trous le long de la pente £ £ de chaque éleve pour y arrêter la pente de la forme, en paflant la ficelle au travers du paillon de la chargeoire.
- — Le tout ainfi préparé, il eft temps de commencer le rempliflàge de la forme par 1 empailler premièrement aux deux bouts avec le fer à Bâtier , donnant une belle rondeur aux faces 8c aux brayes ; enfuite vous remplirez le corps de la forme avec de grofîes miles de paille droite , que vous ferez prendre dans l’empli ftàge des brayes ; il ne faudra pas que la forme foit trop gonflée de paille , mais qu’elle foit empaillée bien uniment. L’empaillement achevé, il faut le mettre à préparer la bourre qui doit fervir , après la paille , à rembourrer tout le bât.
- On ne fe fert point d’autre bourre que de celle qui proyient de la laine de mouton. Les Bourreliers l’appellent de la bourre blanche : cette bourre blanche eft ce que les Lainiers tirent de dellus leurs étoffes, lorfqu’ils les préparent fur la perche avec le chardon à Bonnetier, pour la mettre au point néceflàire : pour rembourrer le bât de mulet, il faut la battre jufqu’à ce qu’elle devienne très-divifée, douce 8c légère comme de la moufle, d’abord avec des baguettes comme la bourre ordinaire, 8c enfuite avec le bat-à-bourre, PL r, Fig. AA \ pour cet effet, il faut être au moins deux avec chacun un bat-à-bourre fur le même plancher, que les cordes en foient bien fines, 8c battre chacun à fon tour bien promptôr ment, jufqu’à ce qu’il y en ait une braflade , c’eft-à-dire, une quantité fuffifan-te, fuivant la proportion du bât que l’on veut remplir ; alors on prend une planche de la longueur du bât qu’on aura mis à portée, avec laquelle on ferre 8c foule la braflade ; enfuite fe mettant à genoux près du devant du bât, on l’enleve toute entière , dont on remplit tout le bât ; on la prefle bien fur les brayes devant 8c derrière pour relever leurs mottes , c’eft-à-dire, pour renfler 8c arrondir les faces de la forme. Si le bât ne fe trouve pas aflèz plein , on le recharge fur la chargeoire , c’eft-à-dire , qu’écartant avec le fer à Bâtier la bourre le long des chargeoires, on en enfonce de nouvelle tant qu’on en peut faire entrer , 8c on la foule enfuite à grands coups de genou; car il faut que cette rembourrure en général foit tellement preflee que, quoiqu’elle ne {oit ni coufue ni couverte , elle ne puifle fe déranger ; prenez enfuite du fil-agor ou feizenne ( terme de Cordier ) : c’eft une efpece de ficelle que vous Bourrelier , êc. P
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- b L’JEnrê noire.
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- enfilerez dans une grande aiguille à Bâtier de deux pieds de long ; percez en-deflùs au défaut des paillons devant & derrière, 8c traverfant les mottes , vous reflortirez à huit pouces ; on fait ainfi quatre points par-derriere 8c trois par-devant ; on ferre ces points au moyen d’un petit ferre-point deftiné à cet ufa~ ge ; on finit par bien unir les mottes, en les frappant du plat du fer à Bâtier ; puis on les plume bien uniment, ainfi que toute la rembourrure.
- Il s’agit maintenant de garnir le bât de tout ce qui doit l’accompagner, tant pour le fèrvice que pour l’ornement.
- On place 8c on cloue l’enrênoire e, compofée d’un petit morceau de bois tourné, creufé d’une petite coche au milieu, dans laquelle on brédit une courroie de deux empans de long ; elle eft en pointe au bout que l’on brédit, 8c fait la fourche par l’autre bout ; on pafle cette fourche entre la forme & le defibus du milieu de la courbe de devant, pour être cloué en dedans de ladite courbe : ce petit bâton eft deftiné à attacher les rênes de la bride & le collier de fonaille.
- Les Clefs. Ce qu’on nomme les clefs du bat f, fe placent une par-devant, l’autre par-derriere , 8c s’arrêtent en dedans des courbes ; chacune eft compofée d’une courroie d’un pouce de large, & de deux empans de long ; on pafle un anneau de fer au travers ; puis en pliant en deux cette courroie , l’anneau le trouve aü milieu, où on le brédit par un point tourné ; on pafle le cuir de dehors en dedans fous le milieu de la courbe , & on le cloue en dedans comme l’enrê-noire ci-deflus.
- Il faudra mettre quatre gances en différents endroits de la forme : ces gan-ces fe font avec de la ficelle à points coulés fur la longueur qu’on veut donner à la gance ; on en fait cinq , les croifant un peu l’un fur l’autre, & on les entoure de la même ficelle avec un point noué d’un bout à l’autre, PL 6, Fig. IX, a a ; on en fera deux longues de deux pouces, PL 3 , Fig. VII, dont l’une g f fera au haut de la forme de devant, au travers de laquelle on fera pafler l’en-rênoire, afin de l’empêcher de fe déranger ; l’autre h , femblable à la première, fe mettra au-haut de la forme de derrière pour les cavalons 8c cordons ci-après , & deux courtes, fàvoir , une de chaque côté de la forme de devant fur fon paillon , vis-à-vis des trous percés dans la courbe près de l’éleve, pour maintenir le poitrail & le poitraillon ci-deflbus.
- Le poitrail, PL 5 , Fig. II, c, le tablier d, le poitraillon 8c le cuir de la
- Les Gances.
- Planche petite fonnaille, font l’un avec l’autre un tout enfemble , dont le tablier tient Le Poitrail devant: le poitrail eft un cuir de fix pieds à fix pieds 8c demi de long 8c le Tablier, le d’un pouce de large , faifant la fourche jufques vers les deux tiers de fa Ionie Cuir de gueur Par b°ut ^ors main & brédi par l’autre bout à une boucle demi-deflus. ronde , qui doit boucler le poitraillon. Le poitraillon eft un cuir de trois errL pans de long & de deux doigts de large , entier jufqu’au tiers de fà longueur; le refte eft fendu en fourchet : le bout entier fe boucle à la main dans la
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- Section I. Du Bourrelier-Bâtier. 3*9
- boucle demi-ronde du poitrail ci-deflus. Le tablier eft un morceau quarré de toile rouge, de cinq empans en tous fens ; on le garnit horifontalement de trois ou cinq rangs de franges , lefquelles s’étagent & enjambent lune îur l’au-tre. Le cuir de la petite fonnaille ou cuir de deffus qui enferme le haut du tablier entre lui & le poitrail, doit avoir trois pouces de longueur de plus que la mefure du tablier.
- On attache le haut du tablier le long du cuir du poitrail, commençant à fà boucle demi-ronde ; on ajoute par-deflus le cuir de la petite fonnaille , nommé le cuir de dejjiis, qui fe brédit par fès deux bouts au cuir du poitrail, les brédiflùres paflànt aux coins du tablier. Le poitraillon s’ajoute à la main, en fe bouclant à la boucle demi-ronde du poitrail ; delà on pafle fon fourcher dans la gance de la forme ; on fait enfùite entrer fes branches dans les trous deUa courbe , au-delà defquels on les noue d’un nœud quarré , PL 6, Fig. 8 ; d autre part , le fourchet du poitrail fe paflànt de même dans la gance de la forme hors la main , on le fait pareillement entrer dans les deux trous de la courbe de ce côté , où on les arrêtera avec un nœud quarré.
- La fàngle, PL 3 , Fig. VII , k k , dont on fe fert, eft une fàngle ordinaire de quatre pouces de large & de cinq pieds de long ; on coud en fil à un de fes bouts , un gros anneau enchapé , 8c à 1 autre bout, qui étant la fin de la fàngle, fe termine en une efpece de frange faite avec les bouts des ficelles avec lefquelles elle eft tiflue, on prend cette frange avec un entrelacement de plufieurs rangs de nœuds d’un petit cordeau de deux pieds de long , au bout duquel on attache un petit anneau : on arrête à la fàngle, au-deflus de ce petit cordeau, une grande courroie de cuir de bœuf d’un pouce de large. Lorfqu’on veut fàngler l’animal , on pofe la fàngle fur la felie entre les deux courbes, & pour la ferrer fous le ventre, on pafle plufieurs fois la grande courroie d’un anneau à l’autre : on finît à la main par un nœud plat, PL 6, Fig. A.
- Le fous-ventre , PL j*, Fig. II , e , eft compofé d’un morceau de toile de Mortagne , ordinairement de la couleur du fond de la livrée du Maître de l’équipage ; fa longueur de devant en arriéré eft d’un pied deux pouces, & fa largeur d’un côté à l’autre fera de deux pieds & demi. Cette toile eft ourlée tout autour, & garnie de trois petites franges de laine de toutes couleurs, une à chaque bord, 8c une au milieu : on fait une petite gance aux quatre coins pour fufpendre ce fous-ventre par quatre fils-agor , chacun de deux pieds de long ; on les attache d’abord aux gances , puis par-devant aux cuirs de la courbe qui tiennent le poitraillon & le poitrail, & par-derriere aux polieres ci-deflous.
- On n’ajoute jamais de croupiere à ce harnois ; mais pour en tenir lieu dans les defeentes, on garnit la croupe d’une fauchere. La fauchere, PL 3 , Fig. IX, b b, eft une efpece de tringle quarrée de bois, contournée comme on voit encore PL S > F'lê* ü: e^e a un b011 Pouce & demi d’épaifleur en tous fens, tournée à fon
- La Sangle.
- Le Sous-ventre.
- La Fauchere & les Polieres,
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- 60 L'ART DU BOURRE L I ER.
- milieu en arc rentrant, & par les bouts courbée en-dedans, gagnant l’équer-re : on la fofpend derrière la croupe quelle traverfe ; à environ un pied au-delîous de la queue , on la joint au bât par des courroies qu’on nomme les Volières. (On tire les faucheres du Pui en Velay ). On la garnit de deux rangs de clous dorés à grofle tête , quon appelle clous de fauchere , l’un fur le deftus, l’autre furie côté en-dehors; on perce ùn trou à quatre doigts de chaque bout, pour attacher la fauchere au bât: on prend deux courroies d’un pouce de large & de fix pieds de long : on les fend en fourchet à un de leurs bouts ; le boutfimple fe pafîe & s’arrête dans les trous des bouts de la fauchere : on fait palfer enluite les deux branches du fourchet au travers des trous qu’on a faits ci-devant à la courbe de derrière de la felle, au-delfus des éléves , ou on les noue l’une à l’autre en-dedans d’un nœud droit, PL 69 Fig. A. C’eft ces courroies qu’on nomme, comme on vient de le dire , les Volières9c c , Pl. 3 , Fig. IX.
- Julqu’à préfont, en parlant des pièces néceflàires au harnois du mulet, on a expliqué en même-temps ce qui s’y ajoute pour les décorer ; maintenant on va détailler toutes celles qui ne font que de pur ornement : on commence par i’embelliflement de l’avant-main de l’animal.
- Le Galon. Pour parer la face du devant de la forme , on attache une petite bouffette, PL 3 , Fig. 8 , a, au milieu du bas de là braye , de on coud du galon de laine de deux doigts de large en compartiments b b b, fur toute cette braye : ce galon eft ordinairement celui de la livrée du Maître de l’équipage.
- La petite Tous les mulets d’un équipage ont la petite fonnaille , VL y , Fig. II, f9 Sonnaille. c*eft-à-dire , onze ou treize petites fonnettes faites exprès pour cet ulage : elles font applaties en ovale, & d’un pouce de haut. Au lieu de fonnettes, on met • également des grelots ; on attache l’une ou l’autre de ces fonnailles le long du cuir de deflus le tablier dont on a parlé ci-devant ; on les y efpace à égale dif tance: on les attache avec du fil de fer, & dans chaque intervalle on fait un nœud avec de la couture de mouton rouge.
- Le Collier Tous les mulets ont aufll un collier tel qu’on va le décrire; mais de le gar-nir avec des fonnettes du double plus grandes que celles qu’on vient d’expliquer , eft une elpece de diftinétion qui ne s’accorde qu’aux favoris , & qui forement flatte plus le Muletier que les animaux qu’il conduit, à caufo du choix qu’il fait de ceux qu’il aime le mieux , imaginant qu’ils y font fonfibles. Le collier g9 eft fait d’une courroie de bœuf de fix empans &demi de long,
- & de deux doigts de large: on met à un bout une boucle coufue avec de la couture de mouton rouge & un paflànt.
- L’autre bout eft percé pour fe boucler à la fufdite boucle ; on garnit cette courroie avec de la peau de bléreau en poil, qui ait un empan de large, & toute la longueur de la courroie ; for ce bléreau on attache au moins onze grofi-fies fonnettes ovales, de deux pouces & demi de long , Sc de deux pouces de diamètre, efpacées de quatre en quatre pouces par des bouts de fil-d’archal,
- auxquels
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- Section ï. Du Bourrelier-B âtier. Si
- auxquels on fait traverfer le bléreau & la courroie , & pafler dans un bouton de cuir , ou on les rive ordinairement : la fonnette du milieu a quatre pouces de haut Sc trois pouces de diamètre. Ce collier ainfi garni fe nomme le Collier de Jonnaille. Pour arrêter ce collier fur le col du mulet quil doit entourer , on a une courroie de deux empans de long , fendue en fourchet dans la longueur d’un empan ; on fend vers le haut du collier les deux côtés vis-à-vis l’un de l’autre , à un empan du bout percé. Ces deux fentes fervent à pafler les deux branches du fourchet dont on vient de parler , que l’on noue enfuite l’un à l’autre avec le nœud quarré , PL 6 , Fig. VIII ; l’autre bout de ce fourchet fe fend en boutonnière de quatre doigts de long , pour faire entrer dedans l’en-rênoire qui , par ce moyen , attache le collier au bât.
- La grofle fonnaille eft un gros cléran , PL y , Fig. III, a, ou cloche mince Là gtofîe de fonte , égale en largeur du haut en-bas, formant un ovale applati de dix pou- Sonnaille, èes de long , fon ouverture eft de fix pouces en long , & de quatre pouces en large ; fon battant eft un os rond Sc creux de huit pouces de long, dans lequel paflè une courroie prifo à un crochet, qui eft au fond , laquelle , après avoir traverfé l’os , doit être terminée par une bouffette pendante ; on l’attache au milieu du collier, d’où elle pend fur le tablier , rendant un fon obfour, quand le mulet eft en marche. 1
- Le gros grelot eft de tonte, de forme Iphérique , de trois à quatre pouces Le grosGre-de diamètre , fendu en-deflous, attaché comme le précédent au milieu du collier: toutes ces fonneries fe font au Puy en Vélay.
- Le collier de fonnaille eft toujours pour le premier mulet.
- La groflè fonnaille ou clape , pour le fécond.
- Le gros grelot, pour le troifieme.
- Get ordre fe répété de trois en trois mulets.
- Tous les mulets d’un équipage portent la petite fonnaille ci-devant attachée au poitrail, fans en excepter les trois dont on vient de parler.
- Les deux plumets dont on décore les mulets , pour paraître fur la foene , au Les deux
- théâtre de la guerre , fe placent l’un à leur tête, PL y , Fig. Il, a , l’autre fur Plumets‘ la forme au-deflus dü garrot b ; tous les deux font compofés d’un bâton rond , fourni par le Broflier, de trois pieds de long & d’environ un pouce de diamètre ; les plumes ne commencent qu’à un pied d’un bout :1e refte, jufqu’à l’autre bout* eft garni de plufieurs rangs de plumes , étagés en rond & en élargiflant du bas en-haut ; ces plumes font de queue de coq. Au plumet de tête, les plumes doivent être'plus courtes qu’à celui de bât. Pour les foutenir, dn cloue à tous les deux fur le bâton , au défaut des plumes, une courroie de deux empans de long: tous les deux fe placent à la main. Le bâton de celui de tête pafle dans la fous-gorge, de là fous la têtiere de la bride ; le bout va enfin s’arrêter dans le paflant au-deflus de la boucle du montant de la bride ( ci-de-yant dans la defcription de la bride ) , & le bout de fa courroie s’arrête à la Bourrelier , &c, Q
- i
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- Le Couvre-chef,
- Le Cordon,
- Le Cayalon;
- fe L'ART DU BOURRELIER.
- boucle du moreau. Pour mettre le plumet du bât, on fend le haut de la forme a la main à quatre doigts de 1 enrênoire ; on y enfonce environ à moitié le bâ-ton du plumet ; on fend du bout de là courroie trois pouces de long , pour la palier dans l’enrênoire. ÿ
- Nota. Que dans un équipage de mulets un peu nombreux, les plumets du premier de tous font en plumes blanches.
- La croupe du mulet a fa décoration particulière ; on va la commencer par le couvre-chef.
- Le couvre-chef, PI. 3 , Fig. IX, a. a} eft un morceau de galon de laine ordinairement de la livrée du Maître de l’équipage, de trois pouces de large ,’ garni d’une petite frange de laine de couleurs par chaque côté , & de cinq pieds & demi de long, lous lequel on attache en differents endroits un cuir ,de bœuf de deux doigts de large ; le tout doit palier par-deflus la croupe, & être cloué aux deux bouts de la fauchere de trois clous de broquette, fous lef-quels on met de petits morceaux de mouton rouge ; on attache le cuir au galon, directement au milieu, avec un point de couture de mouton rouge, qu’on noue d un nœud droit. Des deux côtés de ce nœud droit, on fait une fente au cuir, chacune de quatre doigts de long ; Sc a cote de ces fentes, on fait un point de mouton rouge qui feryira à arrêter le cordon avec le nœud droit, & à quatre, doigts des deux bouts deux autres , pour arrêter le cavalon.
- Le cordon ddd, eft fourni par le franger : il eft de laine de couleurs qui fe rapportent à celles du couvre-chef; il eft rond & de trois quarts de pouce de diamètre ; il doit avoir dix pieds de long. On le plie en deux par la moitié qu’on arrête & noue à la quatrième gance s dont il a été parlé dans la conftruction du bât , laquelle a été attachée au milieu du haut de la forme de derrière , entre fon paillon & la courbe; de là, on en fait pafler chaque branche dans les fentes en long ci-deflus, faites à côté du nœud droit du milieu du couvre-chef, où elles s’arrêtent avec un nœud droit ; on les fait enfuite remonter en les croilànt au-deffous du couvre-chef, aux côtés de la forme fur le paillon, à un empan du milieu de chaque côté , où on les arrête avec un point de ficelle.
- Le cavalon e e e, eft un galon de laine pareil en tout au couvre-chef, excepté que la petite frange ne doit commencer qu’à un pied de fon milieu de part & d’autre ; il aura cinq pieds & demi de long ; on le plie par la moitié on l’attache à la gance fufdite par-deffus le cordon ; puis on en pafle les deux côtés dans les fentes des bouts du cuir du couvre-chef, où on les arrête avec un nœud droit : ils doivent enfuite dépaflèr de quatre doigts au-delà du couvre-chef.
- On terminera tout cet ornement par huit flots, deux au bout du couvre* chef, deux petits flots aux retours des deux branches du cordon , deux grands flots au bout de leurs retours, fur le paillon delà forme de derrière, & enfin deux aux deux bouts du cavalon.
- V.
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- Section I. Du Bourreiier-Bâdcf. S 3
- tes cordes à charger terminent tout l’attirail du mulet : elles confiftent en deux chargeoires, une corde à biiler 8c une corde de chargeoire. Les char-geoires font deux cordes, chacune de deux pieds de long , qu’on pafte de la courbe de derrière à celle de devant , dans, les trous précédemment faits à ces deux courbes , & dont on arrête enfoite chaque bout par un nœud ordinaire ? à la main & hors la main.
- La corde à biiler aura fopt brades 8c demie de long ; on la pafle d abord fous la chargeoire hors la main , de là dans la clef de derrière , dans la chargeoire à la main , dans la clef de devant ; puis on la ramene fous la chargeoire à la main, de forte quelle fait tout le tour du bât.
- La corde de chargeoire aura de même fept brades & demie de long ; on fait vers le milieu de celle-ci deux gances à deux pieds de diftanee Tune de lautre ; ces gances fe font de la même corde pour en former un anneau à la diftanee fufdite*
- Dans le temps quon éleve les malles pour charger , on pofe ces deux gam ces en tendant leurs intervalles en travers vers le haut des deux courbes à la main ; on jette les deux bouts de la corde par-deftus la malle à la main ; on la pafle par-deiïbus la malle hors la main, par-deftus celle-ci, par-deflous à la main; amener aux gances 8c nouer : voilà les malles ou ballots liées enfomble. U s’agit maintenant de les attacher ferme au bât ; pour cet effet, on rejette les deux bouts à la main de la corde à biiler , précédemment reftés fous la chargeoire par-deftus ; on tord le tout enfomble avec la bille ; on en fait autant hors la main. Les billes ou garrots font des bâtons qui doivent avoir trois pieds de long , 8c être un peu cambrés ; on leur fait un trou à quatre doigts d’un de leurs bouts, dans lequel on fait pafler uns grofle ficelle 9 qu’on attache à la chargeoire pour les retenir.
- Comme la bourre blanche remplit tout le dedans du bât à Tu ni du bas des éleves, & quelle eft extrêmement foulée, il ne peut y avoir que la charge, qui, par fa pelànteur , puifle la creufer & lui faire prendre la forme du dos du mulet. Pour y parvenir, on lui met fon bât, & oa le charge de plufieurs facs remplis de cailloux jufqu’au poids de 300 livres ou environ, & on le promené ainfi à différentes fois , jufqu’à ce que la place du dos foit fuffifàmment creufée.
- La grande couverture fe met par-deffus la charge ; elle aura fix pieds en quarré ; on la fait de drap , ordinairement de la couleur du fond de la livrée ; on la borde & on la brode plus ou moins magnifiquement : elle s’arrête au poitrail & à la fauchere par quatre bouts de ficelle qui prennent aux coins de la couverture. V. la PL 9, Fig. B9 où eft un rang de mulets avec leurs couvertures.
- Les Cordes à charger.
- Les Chargeoires.
- La Corde à biiler*
- La Corde de chargeoire.
- La grande Couverture.
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- rART DU BOURRELIER„
- Barde.
- 'Cette Barde eft une efpeee de panneau qui fe met à la guerre fur lé dos d'un mulet f & qui lui fert de bât pour porter uniquement un très-grand Pour la Flan- coffre conftruit par le Coffretier : ce coffre fc nomme Flandriere. On dit qu'il rArtd’uSrf a ^ huaginé en Allemagne ; on s'en eft beaucoup fervi dans les guerres de fretier. Flandre : il fert à porter toutes les provisions de bouche, le vin , la viande, la ivaiffelle, le linge de table, & fert encore de table à manger pour plus de douze perfonnes : voici la defcription de la barde qui eft du diftriét du Bourrelier.
- Prenez une forte toile neuve ; donnez-lui fept pieds de long en quarré j pliez-la par la moitié , ce qui ne fera plus que trois pieds & demi de large, fur fept pieds ; coufez enfèmble les deux bouts doublés ou pentes de la toile ; laiffez ouvert le troifieme côté qui fera le derrière ; on le coudra par la fuite j retournez la toile, afin que les coutures fe trouvent en dedans. Dans cet état, pliez encore par la moitié du fens de fa largeur ; vous fuivrez ce fécond pli par une couture fimple qui traverfera les deux doubles de la toile , obfervant de faire vers le bout de cette couture une petite chambrure ou garrot d'un doigt de large de chaque côté ; faites enfuite un pli du même fens de cette couture au milieu de chaque moitié qu’elle partage, Sc fuivez ces deux plis par deux coutures pareilles : ces trois coutures partageront la barde en quatre canons , qui peuvent avoir chacun vingt pouces de large ; rempliffez-les de bourre blanche , puis forcez de paille par-deflus la bourre , pour que les canons foient bien fermes, & rembourrez bien uniment; vous fermerez enfuite le derrière par une couture àfurjet.
- Formez enfuite fur la barde deux paillons en travers , l'un devant , l'autre derrière. Pour faire ces paillons , on coud à quatre doigts du devant & du derrière une longueur de toile, de huit pouces de large , les deux côtés de la longueur à trois pouces l'un de l'autre ; ils ne doivent defcendre qu'à quatre pouces de la pente ou extrémité de chaque côté de la barde. Quand les deux bords de la toile font coufùs, on remplit le milieu de paille bien ferme , ce qui éleve ces paillons de quatre pouces ; on en ferme les bouts avec de la ficelle.
- Prenez enfuite une peau de vache noire à grain, entière ; mouîllez-la , & l'étendez fur la barde. Quand elle eft bien étendue, coupez tout autour proche des bords ; puis vous la coudrez fur la barde avec fil ciré , obfervant qu'elle ne faffe point de plis , Sc quelle porte bien au pied des paillons quelle doit envelopper, & au travers defquels vous pafferez enfuite deux rangs de boutons de laine de toutes couleurs , l'un au-deflous de l'autre , le premier au bas des paillons, 1 autre au-deffous avec de la ficelle, pour les rendre encore plus fermes. Pallez
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- Section I. Du Bourrèlièr-Baller. 6$
- Pafîez 3c brédiflez une enrênoire de bois, au milieu dune courroie de deux pieds de long en pointe par les deux bouts , pour les pafler au-deflus du garrot au travers du paillon ; après quoi vous les nouerez du nœud quarré : on paflè la bride du mulet dans cette enrênoire.
- Faites au paillon de derrière une gance de ficelle.
- - Mettez quatre anneaux de fer, deux aux coins des paillons de devant, 8c deux à ceux de derrière ; vous arrêterez chacun avec une courroie dun pied & demi de long , que vous pafierez au travers du paillon ; vous brédirez à chacun des anneaux du devant une grande courroie de cuir de Hongrie , de deux pouces de large, 3c a ceux de derrière une boucle enchapée pour boucler les courroies de devant, afin qu elles embraflent les bouts de la flandriere , pour la maintenir en place , quand Ion arcade efl enchâiïee entre les deux paillons.
- \"-On fait tenir à cette barde toute la garniture du mulet, comme à un bât ; le tablier s arrête au travers du paillon de devant, hors la main, avec le nœud quarre , le poitraillon de même de fautre côté ; par-derriere , on pafle le cordon 3c le cavalon dans la gance dont on vient de parler : ils doivent être un peu plus courts qu au bât. Les polieres de la fauchere paflèront dans les anneaux du paillon de derrière : on met la {angle 8c le fous-ventre comme à un bât : on galonné le paillon de devant- Ae* I* livrée du Maître de féquipage.
- EBgfflsgggssg^BBaBaaBa
- CHAPITRE NEUVIEME.
- La Bâtine ou Torche.
- !
- C È T T e pieçe efl: là plus fimple du métier ; ce n’eft , pour ainfi dire, qu’une longue couflînure de toile empaillée, pliée enluite en deux parties égales , accolées & retenues au moyen de quelques cuirs traverfimts, coufus de diftance en diftance, terminée par une croupiere & arrêtée fur le dos de l’animal, foit âne ou cheval, avec une fangle ; elle fert à porter des facs ou à monter le Paylan.
- Pour un cheval ordinaire, prenez trois quarts un feize, PL 6 , A 2, dans la longueur d’une toile écrue de trois quarts de large, forte 8c de réfiftance ; ^LANCHE étendez-la fur une table , pliez-la de carne en coin B, comme on a coutu- LaTôile* me de plier un mouchoir de col ; par cette façon , l’excédent qui efl ici un feize, n’entre point dans le quarré, dont le pli C C, fait la diagonale ; vous couperez d’un bout à l’autre le long du pli, ce qui fépa'rera la toile en deux triangles échancrés quarrément par un de leurs angles , à caufe du feizieme de furplus ; joignez exactement 8c coufez enfemble le côté de chaque triangle oppofé auxdits feiziemes, & vous aurez un grand triangle D 3 , équarri par Bourrelier , &c. H
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- m V ART VU BOURRELIER.
- les deux extrémités de fa bafe ; échancrez de quatre doigts le fommet de cha que petit triangle réunis E E ; rapprochez les échancrures que vous continuerez à coudre jufqu’au bout. Ces échancrures, quand la bâtine fera achevée » formeront une élévation au-deffus du garrot de F animal, afin qu’elle n’y porte pas.
- Votre toile ainfi difpofée , étendez-la à terre de toute fa longueur la couture en-dedans; commencez à l’empailler par le milieu, y mettant <le la paille droite en liaifon à tête-bêche par le gros bout, de maniéré que le tout foit bien égal d’épaiifeur, 8c bien uni, pour qu’il ne s’y forme point de grofieurs ( que les Bourreliers appellent des nœuds ) , qui puiflent blefler l’animal ; enfermez cette paille, quand il y en aura affez, en joignant par un point le fommet du grand triangle à là bafe F , exaélement dans le milieu ; appointez ^ de même de diftance en diftance les côtés jufqu’aux bouts bien exaélement, mettant toujours de la paille à mefure ; vous fermerez enfuite le tout par un© couture à furjet, les points près-à-près avec un fil en deux ciré : faites enfcrte v que la tête qui eft le devant de la bâtine, foit bien relevée ; c eft cette cou-
- ture qui eft apparente le long des côtés : la torche en cet état, pliez-la exactement par la moitié G 4 G, en approchant les côtés l’un de l’autre , obfer-vant que les deux bouts //, Ibicnt bien égaux , afin que l’échancrure du garrot fe rencontre jufte au-bas du milieu de la tête, dont 9 pour l’affermir, vous -ferrerez les deux côtés avec une petite aiguille à réguiller 8c du petit fil en deux , comme on ferme à-peu-près la tête d’un collier de charrette.
- Vous couperez enfuite en arrondiflànt un morceau de bafàne /, que vous échancrerez par le milieu pour répondre à l’échancrure du bas de la torche ; vous le coudrez fur fa face du devant avec un petit fil ; vous mettrez fous cette couture en guife d’agrément de la couture de mouton rouge ; vous ferez deux morceaux ronds de pareille bafànne , dont vous fermerez les deux bouts de la torche ; enfuite pour joindre folidement & faire tenir enfemble les deux L'es Traver- côtés , vous ferez trois traverfesde cuir Z, Z, L , chacune de quatre doigts de es, large & d’un empan 8c demi de long , que vous coudrez en travers d’un côté
- à l’autre. Pour les joindre enfemble , vous mettrez la première à un empan de la tête ; à celle-ci , en cas que la bâtine ferve à monter dellus , vous ajouterez à chaque bout un anneau enchapé pour y paffer des courroies d’étriers ; vous garnirez fous chaque anneau d’un petit morceau de cuir pour l’empêcher , ainfi que les porte-étriers , d’endommager la toile ; la fécondé fera coufue entre la première 8c la troifieme , qui fe pofera à un empan des bouts ; il faudra que cette derniere traverfe ait deux fentes en long qui doivent fe trouver fur les deux jambages de la torche, pour y palfer une gance de cuir de trois pouces de long. On coud toujours cette derniere traverfe bien ferme 8c ferré avec un petit fil en deux ciré , & fous le point une couture de mouton rouge : coufez les gances bien folidement aux bâtines fur lelquelles on monte.
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- Section I. Du BourreUer-Batier. éj *
- On attache ordinairement furie haut de la tête une petite poignée M, faite La Poignée, avec de la couture de vache tortillée comme la croifée d un collier ; on la re-^ couvre quelquefois de drap.
- Vous terminerez toute la garniture de la torche par une croupiere & une Croupiere làngle: faites une Croupiere de deux empans & demi à deux branches avecfon & Sar#e* culeron à l'ordinaire, garni de deux petites bouffettes ; vous l'arrêterez dans les gances par un nœud coulant. La fangle lera de tiflu de quatre doigts de large , garnie par un bout d'une boucle à roulon enchapée , & une courroie à 1 autre bout; on paffe cette fangle par-deffus la bâtine , & on la ferre fous le ventre.
- CHAPITRE DIXIEME.
- Différents Colliers pour lès chevaux de Chaife.
- Il fe rencontre des chevaux de brancard qui ont la peau fi fine ou fi facile à s'écorcher avec le poitrail de leurs harnois , dont le cuir aplat eft toujours plus dur qu'une peau rembourrée , qu'ils en deviennent hors d’état de fervir ; pour éviter cet inconvénient, il faut fe déterminer à préférer au poitrail, & même au faux-poitrail, un collier léger 8c dégagé. Il s'en fait de plufieurs fortes, dont l'un fe nomme Collier a la Flamande, l'autre Collier à tringle ou a l! An-gloife.
- Pour faire le collier à la Flamande, on a des ateles étroites & làns pattes, ^Collier à k c’eft-à-dire , toutes droites & égales au haut, peintes en noir & vernies ; on fera avec de la peau de veau ou de mouton noirs , un petit collier bien dégagé & à la maniéré ordinaire ; mais il fera entièrement rembourré de crin ; il s’ou-yrira en-bas comme le collier d'âne ci-devant, par des croiffants à charnière ;
- & pour le rendre plus agréable à la vue, on garnira chaque atele de deux rangs de clous dorés, un le long du bord extérieur du haut en-bas, l’autre de même au bord intérieur J on joindra le collier aux ateles avec des boutons plats ; c'eft-à-dire , qu'après avoir paffe le cuir noir du bouton au travers de la verge , au lieu de le repaffer par-deflus, on fera couler le cuir le long de la verge en-dedans ; & la traverfant une fécondé fois de dedans en-dehors, on le fera for-tir fur l’atele pour un fécond bouton , &c. Tous ces boutons feront couverts de clous dorés.
- Pour fatisfaire ceux qui ne fauroient s’accoutumer à voir un cheval fin & léger portant un collier à ateles de bois, à l'imitation de celui d’un cheval de, charrette , on a emprunté des Anglois , plus fufeeptibles que nous d’une pareille dégradation , la maniéré dont iis font, dans ce cas, un collier fans ateles
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- Collier
- ^Tringles.
- m L'ART DU ËÙURRÈ LIÉ R.
- de bois, fë Tervant à leur place de tringles plates de fer , d’un pouce 8c demi de large ; ces tringles font bien moins apparentes que les ateles , & fou-tiennent également le collier. On en va faire la defcription.
- Le collier à tringles ou a £Angloife s’ouvre par en-haut, ou par en-bas Ci on veut : il fert au même ufage du précédent ; fes ateles font des tringles de fer tournées, comme on voit PL 6 , Fig. X > b b , terminées par un anneau quarré à chaque bout. On pofe chaque tringle fur un morceau de vache noir a ; on laide dépaffer en-haut le cuir de deux pouces , & on commence à couper par quatre pouces de large , tant en-dehors qu’en dedans, {ans compter la largeur de la tringle , dont on fuivra le contour en-dedans, toujours à la même distance ; mais en-dehors on s’en éloignera en douceur & infenfiblement jufqu’à un empan de l’anneau de côté c ; puis on le rapprochera de même julqu au bout 5 où il n’y aura plus que deux pouces de diftance : il faudra que le cuir au bout de cette tringle , la dépafle d’un pouce. Sur cette piece ainfî taillée , coupez-en une pareille en balàne noire, qui la déborde un peu; puis pour cacher la tringle, coupez, en la Suivant d’un bout à l’autre, un morceau de vache noir ; entourez-en le deffus de la tringle , Sc coufez-le à la grande piece de pareille peau que vous avez taillée la première, à laquelle vous coudrez enfuite la bafane noire : Vous embourrerez entre ces deux dernieres avec du crin.
- On joint le collier èn-bas par une coupliere paflee dans les deux anneaux du bas de la tringle : on pafle les traits du cheval dans les deux anneaux de côté, & on attache les deux d’en-haut avec une courroie v à boucle , que l’on cache enfuite au moyen d’un morceau de cuir taillé en ovale, de lîx pouces de long , aux deux bouts duquel le coulent deux petites courroies qui fe bouclent à deux petites boucles attachées de part & d’autre au-haut du collier.
- SECONDE
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- ^ S e c t i o N IL Du Bourre lier- CarroJJicr* 6$
- SECONDE SECTION.
- DU BOURRELIER-CARROSSIER.
- G e t t é branche de la Communauté des Bourreliers s’adonne uniquement à la conftruélion du harnois des chevaux de Carrofle, 'Berlines , Chaifes & autres voitures de tranfport pour les hommes ; à monter ces voitures fur leur train , 8c à ajouter à tous ces ouvrages les ornements qui les accompagnent s leur travail eft moins varié, moins rude & plus délicat que celui des précédents. • . -
- Leurs outils font expliqués dans le Chapitre premier -, ainfi que les matériaux dont ils fe fervent : on les retrouvera ici, à mefure qu’on avancera dans le détail de leur travail* \
- CHAPITRE ONZIEME.
- Des Fils , de leurs préparations SC des Coutures*
- ï i e Bourrelier commence, pour quelque chofe que ce foie, par couper ion cuir & difpofer fes pièces en longueur Sc en largeur ; pour cet effet, après l’avoir étendu furfécoffret, qui eft une table fuffilànte , il en examine le fort Sc le Foible , afin de les Faire fervir dans fon ouvrage , de maniéré que le Fort foit employé à la conftruétion des pièces qui fatiguent le plus, Sc le foible à celles qui n’ont befoin que d’une médiocre réfiftance; On ne fauroit donner Sur ja c e de réglé jufte pour cette coupe , finon qu’il faut tirer de fon cuir le meilleur àu cuir. ' parti qu’il eft polfible, afin que tout en puifle fervir , foit â une chofe , {bit â l’autre , fuivant l’épaiffeur & la force qui convient aux ouvrages qu’on doit exécuter. Il eft confiant que le dos de l’animal eft toujours le plus fort, quoique le côté du ventre foit quelquefois plus épais ; du refte, c eft une expérience.
- Ces Bourreliers ne font prefque que d’une forte de couture , qu’ils nomment couture piquée, laquelle eft à-peu-près la même que celle que le Cordonnier Coutures pi-nommé couture lacée ; la feule différence eft qu’il ne fait aucun enlacement, ^ ni nœud : c’eft auffi la même que le Bourrelier-Bâtier appelle couture à join-dre , à l’exception que celui-là ne fe fert que d’aiguilles, au lieu que celui-ci n’emploie que la foie de fanglier, à l’inftar des Cordonniers, obfervant l un Bourrelier > èc. S
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- yà VA HT JD U BOURRELIER.
- comme l'autre , en croifànt leurs aiguilles ou leurs foies dans les trous de l’alêne , de pafler la droite la première, & la gauche en deçà.
- Soie de San- Pour lier les foies à l’aiguillée effilochez-en un bout, c’eft-à-dire , arrachez;
- des brins du bout de l’aiguillée, afin de l’amincir en pointe allongée, que vous retordrez enfuite fur la cuifle ; prenez une foie de fanglier , féparez-la en deux parfon bout mince, un peu au-delà de la moitié de fa longueur; puis avançant la pointe de votre aiguillée entre les deux féparations, & même un peu au-delà de l’endroit où elles ceflent, tordez le tout enfemble , mais chaque
- brin l’un après l’autre, afin d’en laifler un des deux fans le joindre par le bout
- Tordre le Fil,
- Coutures
- noires.
- à un travers de doigt près ; prenez enfuite une alêne , percez au travers de T aiguillée au-defibus, Sc tout auprès du bout de la foie relié en l’air ; retirez l’alêne, Sc prenant l’extrémité de la foie non divifée qui elile gros bout, vous l’abaiflerez pour l’amener au trou de l’alêne ; vous le ferez palfer au travers Sc le lierez en-haut jufqu’à ce que vous l’ayez ramené tout droit, comme il étoit auparavant. On peut recommencer pour plus de folidité cette dernier© opération une fécondé fois, en faifant un trou d’alêne au defious du premier ; mettez de même une pareille foie à l’autre bout de faiguillée, Sc alors elle fera garnie de deux foies, une à chaque bout.
- Les coutures piquées noires , blanches Sc brédiflures s’exécutent par ceux-ci de la même maniéré que celles de leurs confrères les Bâtiers : voye^ au Chapitre fécond les titres Couture cl joindre , à demi-jonction Sc Brêdifjure. Seulement aux coutures blanches qui, outre l’utilité, fervent fouventde décoration, les points fe font très-courts Sc près-à-près , de façon qu'ils paroifient contb gus , n’étant qu’à un quart de ligne l’un de l’autre.
- Comme les coutures font ordinairement d’une grande étendue, on prépare de gros pelotons de fil blanc ou brun , de dix à douze aunes , jufqu’à dix ou douze brins ; il s’agit de retordre enfemble tous ces brins à la groffeur d’une ficelle plus ou moins forte. Quand l’Ouvrier les a raffemblés en peloton fur fa main, il les paffe en double dans un crochet fellé dans la muraille ; puis s’éloignant jufqu’à ce qu’il foie arrivé aux deux bouts , il les tend l’un Sc l’autre ; il en tourne un trois tours autour du pouce gauche, met le bras par-deiîus au-delà du coude , comme s’il vouloit s’y appuyer, porte l’autre bout fur le bas de la cuifle vers le genou , où appuyant le plat de la main fur 1q fil, il le tord en la poufifant en avant, & continuant cette manœuvre fans quitter fà place, le fil va fe tordant jufqu’au crochet. Quand il le juge fuffifamment cordé, il en fait autant à l’autre double ; puis il revient en dévidant les deux fils fur fà main, Sc les cirant ou avec de la poix pour les coutures noires , ou avec de la çire pour les blanches, ( on va expliquer ces coutures) Sc les lifle, fi le fil efl: brun Sc poifie , avec un morceau de cuir ; Sc s’il eft blanc , avec un linge 5 enfin il les pelotonne, Sc les met à part pour s’en fervir.
- Les coutures noires , appellées ainfï, quoiqu’elles ne foient que brunes,
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- S ë c t i o N IL Du Bourrelier~Catrojjîer. jl
- {è font avec le fil gros poifle avec de la poix noire 8c du fuif fondu mêlés enfemble , ou bien, pour que l’ouvrage en foie plus agréable à la vue , avec de la poix grife: voici comme elle eft compofée : fur une livre de poix de Bourgogne , demi-livre de poix-réfine, 8c un quarteron de fuif ou graille* moins quand il fait chaud. La première recette eft la meilleure pour la foli-* dite de l’ouvrage : le fuif n’eft ajouté que pour rendre la poix plus coulance ; c eft pourquoi on doit en mettre moins en été quen hiver ; les coutures noires , n’ayant aucun agrément * s’emploient pour la foiidité dans la jonétion des cuirs.
- Les coutures blanches font, pour ainfi dire * les coutures d’ornement ; elles Coutures fe font uniquement avec le fil de Cologne blanc, quoique, fuivant l’idée, blanches, on pourroit en employer de toutes autres couleurs ; mais cela arrive rarement : elles expriment les defleins & contours tracés for les pièces ; alors les points piqués doivent être fi proches l’un de l’autre , qu’ils donnent l’apparence d’un trait contigu & relevé : ces defleins plus ou moins recherchés rendent les harnois agréables à la vue en leur ôtant l’uniformité.
- Il fe trouve des cas où les Bourreliers fe fervent avec l’aiguille 8c le fil du fimple furjet ou autre couture commune.
- La brédiflure eft une efpece de couture commune aux deux Bourreliers ; Brédiflure* elle leur eft également néceilaire, principalement pour enfermer les boucles 8c anneaux aux bouts des courroies : voye% au Bourrelier-Bâtier précédent comment elle fe fait.
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- CHAPITRE DOUZIEME. ^ "
- Des divers Atelages.
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- A Toute voiture à quatre roues ayant un timon * les chevaux font toujours Des voîtu-atelés deux à deux à côté l’un de l’autre ; il eft néceflaire que les harnois des res ? fluatre chevaux attachés immédiatement au timon, ayent quelques pièces de plus que ceux de devant : on nomme ceux-ci timoniers , chevaux de timon, chevaux de ' derrière ; les deux qui les précèdent s’appellent les quatrièmes , quand ils ter* minent l’attelage ; quand ceux-ci font conduits par un Poftillon , leurs traits fe communiquent avec ceux des chevaux de timon ; mais s’ils n’ont point de Poftillon, on les atele à une volée qui tient au bout du timon , ainfi ils font chevaux de volée ; mais ce nom ne leur eft principalement donné que lorf qu’on atele à fix ou huit chevaux ; alors le Poftillon eft abfolument néceflaire. L’atelage eft donc compofé des chevaux de timon ,des chevaux de volée , des Jixiemes 8c des huitièmes : ces quatre derniers n’ont point d’autre no^i *
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- VA RT D U BO URRE L I ER. ii ce n’efî; que ceux qui terminent l’ateiage, s’appellent chevaux de devant ou du Poflillon.
- Une autre efpece d’atelage n’eft que de trois chevaux , deux au timon, le troifieme atelé à un palonnier placé au bout du timon: c’eS ce qu’on nom-me une arbalète,
- -Il y a des voitures légères à quatre roues , tirées par un Peul cheval renfermé dans une efpece de fourche, qui tient à l’avant-train , appellée une Limo-niere : cet équipage fe nomme une demi-fortune*
- Depuis quelque temps , en mettant un avant-train à limoniere attaché à une Chaife de polie, on en fait une voiture.à quatre roues; alors on atele dans la limoniere le cheval de brancard, celui du Poflillon à ià gauche attaché à un palonnier, comme à l’ordinaire , & quelquefois un troifieme cheval à un autre palonnier à droite,
- Si, au lieu de limoniere, l’avant-train a un timon & un fîege du Cocher, on fe fert de la Chaife comme d’un Carrofle.
- Les harnois des chevaux qui rirent les voitures à deux roues, font différents, en quelques circonftances , de ceux à quatre roues ; ces voitures font les Chaifes de polie ; Sc depuis quelque temps les Cabriolets , les Chaifes, s’a-telent à deux chevaux, quelquefois à trois d’un même rang ; on en met un entre les brancards de la Chailè ; celui-ci le nomme le cheval de brancard. On atele l’autre à un palonnier hors des brancards à gauche ; c’ell celui que le Poflillon monte ; il fe nomme le bricolier, le cheval du Poflillon, le cheval de coté ; le troifieme, lorfqu’on en met un , s’atele à droite, comme le cheval du Poflillon à gauche.
- Le Cabriolet n’a qu’un cheval dans les brancards, que le propriétaire a coutume de mener lui-même de dedans la voiture*
- CHAPITRE
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- S è ù T ï o k II. Dît B outre lier- Carrafer.
- CHAPITRE TREIZIEME*
- Les Ouvrages du Bourrelier-Carroflieri
- Comme les pièces de harnois qui conviennent à tous chevaux de Carrofïè f doivent marcher ici les premières, c’eft par elles qu’il convient de commencer ; elles fe réduifent au licoi & à la bride : mais les harnois qui fe pofent fur leurs corps, dont la deftination eft de les attacher aux différentes voitures f peuvent fe divifer en harnois des voitures à quatre roues , & harnois pour les Voitures à deux roues ; ainfi, après avoir expliqué le licol & la bride , on commencera les harnois de Carrofîe par celui des chevaux de timon $ comme étant le plus compofé , & enfuite on ira à tous les autres^
- Explication de quelques Termesi
- Avant d’entrër en matière * il eft bon de donner l’explication de quelques Termes quon trouvera répandus dans le difcours, lavoir , la bordure, le faux-bord 5 le blanchet, la coujjinure.
- La bordure eft un morceau de cuir de vëaü ou de vache , qu’on taille afïeæ large pour palier fous la piece de harnois , & fe redoubler en-deffus le long de chaque côté d’un* demi-pouce & être enfuite arrêtée d’un bout à ' l’autre le long du bord de fon redoublement avec une couture piquée.
- Le faux-bord eft en deux courroies de même cuir , d’un pouce de large * avec lefquelles on borde la piece avec une pareille couture.
- Le blanchet eft un bout de courroie d’un pied de long ou plus, qu’ori ajoute vers les bouts taillés en pointe de quelques pièces, par-deflus les cuirs qui les compofent, & que l’on perce pour les ardillons des boucles: il y a des pièces ou l’on fait aller le blanchet d’un bout à l’autre*
- La couflinure eft en certaines pièces le cuir de deflous, qu’on tient'plus large de demi-pouce de chaque côté, que ceux de deffus : elle ne fè borde’ jamais.
- Article Premier**
- Le Licol»
- Toutes les pièces du licol font de cuir de bœuf horrgroyé , êc toutes d’un pouce un quart de large.
- La têtiere , trois pieds huit pouces de long.
- Bourrelier , &c. T
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- 74 L’ART DU BOURRELIER,
- La mufelîere ; trois pieds deux pouces.
- Les deux jouieres , chacune treize pouces.
- Une ou deux longes, de huit pieds de long.
- , : Un anneau de fer.
- Les cuirs de la têtiere 8c de la mufelîere qui palTent dans Panneau de fer * ou elles fe redoublent, font arrêtés & ferrés à l’endroit du doublement par un bouton de cuir : ce bouton eft une elpece de brédiifure entrelacée , qui enveloppe les deux portions de cuir en les traverfant.
- Les jouieres fe brédiflènt d’un bout à la têtiere , de l’autre à la mufe* iiere.
- Article Second.
- La Bride.
- L a bride fe fait en cuir noir, pafle au foif ; elle eft compofée des par-1 ties fuivantes.
- La têtiere a deux pouces de large, 8c un pied fix à fept pouces de long.'
- Les deux montants ont chacun un pouce de large & dix pouces de long.
- Le frontail a un pouce de large y 8c un pîed de long.
- Les deux œilleres ont chacune cinq pouces en quarré.
- La mufeliere 8c la fous-harle qui ne font qu’un, ont un pouce de large & un pied trois pouces de long.
- La fous-gorge a un pouce de large 8c deux pieds de long.
- Les deux porte-mors ont chacun un pouce de large 8c huit pouces de long.
- Le troufle-crin a un pouce de large 8c deux pieds de long.
- Les rênes ont un pouce de large 8c fept pieds de long, d’un feul cuir.
- Têtiere. La têtiere 8c tous les autres cuirs de la bride font fîmplès, excepté les œillères qui ont deux cuirs ; ils feront tous bordés , excepté les porte-mors , le trouffe-crin,& les rênes : pour former la têtiere , pliez le cuir par le milieu de fa longueur, puis fendez-le depuis chaque bout en deux parties égales cha-• cune jufqu’à trois pouces du milieu, ce qui fera fix pouces qui ne feront pas fendus.
- Pour le deiîus de tête , chaque branche de devant fe boucle aux montants, & celles de derrière à la fous-gorge.
- Montants. Les montants coulent le long des joues ; ils feront terminés à un bout par une boucle ; celle qui doit boucler en-haut la branche de devant du fourcher fera la plus grande ; celle du bout d’en-bas qui eft plus petite , bouclera le porte-mors ci-defïbus.
- Porte-mors, Les porte-mors, un' de chaque côté, fo coufent en-bas à l’envers des montants , à trois pouces au-defliis de la petite boucle ; ils doivent traverfer l’œil
- t
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- Section ïî. Du Bourreïier-Carroffiero "du mors de dedans en-dehors, pour le foutenir , & fe boucler à la petite boucle du montant.
- La mufeliere & la fous-barbe d’une feule piece doivent pafler entre le cuir du porte-mors, & l’envers du montant; pour cet effet 9 on laiffe le cuir du porte-mors allez long pour donner paflage , & foutenir ces pièces en leurs places ; & on lui fait deux coutures Tune au-delîus, l’autre au-deflous du paflage de la fous-barbe ; ce qui forme une efpece d’anneau de cuir : avant de boucler la fous-barbe à laquelle eft attachée la boucle qui la ferme , on la pafle dans un petit anneau de fer vague.
- . La fous-gorge entoure la ganache vers le gofier ; on la pafle dans l’anneau vague fufdit : elle eft précédemment garnie de deux boucles , une à chaque bout qui vont boucler aux deux branches de derrière des fourchets de la te-tiere.
- Le frontail traverfe le front au-deflus des yeux ; on le redouble de chaque côté derrière le fourchet de la têtiere, où on le coud, Sc on le traverfe d’un point au milieu du fourchet.
- Les œilieres fe pofent aux montants vers le haut, vis-à-vis des yeux ; on les y coud en-dedans à deux rangs de couture noire.
- Le troufle-crin fert à R coujjcl de crin qui tombe far le front
- du cheval ; on le taille en étréciflant par un bout ; on roule l’autre bout en forme de bouton ; on fait une fente au milieu du deflus de tête ; on pafle le troufle-crin dedans de deflous en-defliis; on raffemble le crin, & on le tourne autour jufqu’à bout où on le noue.
- Les rênes d’une feule piece fervent à tenir la tête du cheval dans une^belle lituation, fans cependant lui gêner la bouche ; on les pafle dans la gargouille du mors ; pour cet effet, on leur met à fix pouces de chaque bout une boucle enchapée ; on fait entrer le bout dans la gargouille , Sc on le boucle ; quelquefois on fait les rênes de deux pièces pour pouvoir les allonger ou raccourcir fuivant le befoin ; alors on place une courte rêne au mors , à laquelle , à un pied de diftance, on met une boucle dans laquelle on boucle la grande rêne.
- Mufeliere & fous-barbei
- ëoiis-gdrgéï
- Froritalh
- <Eilieres.
- Troufle-
- crin;
- Rênes;
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- L’ART DU BOURRELIER.
- Article Troisième.
- Le Harnois des chevaux de Tunon.
- ï, e harnois des chevaux de Çarrofle , principalement des chevaux de timon , peuvent être divifés en pièces du tirage, en pièces de fufpenfion , & en pièces de différents ülàges.
- Pièces du tirage.
- La chaînette de timon pour reculer & tourner.
- Le poitrail pour avancer.
- Le reculement pour fortifier le recul.
- Les deux traits pour avancer.
- L’avaloire d en-bas pour foutenir le recul.
- Pièces de fufpenjlon.
- Couflinet pour foutenir les bras de bricole.
- Bras de bricole pour foutenir le gros anneau de devant.
- Barres de poitrail pour foutenir le poitrail.
- Troufle-chaînette de timon pour lurpendre la chaînette de timon.
- Grande croupiere êc culeron.
- Avaloire de deflus & furdos pour foutenir lé gros anneau de derrière & les fourreaux. Barres de derrière pour foutenir lavaloire d’en>bas.
- Fourreaux«
- Sous-ventriere.
- Troufle-queue.
- Sac à queue.
- Pièces de différents ufages.
- I es guides.
- Enrênuic a l’Italîenrte.
- Plate-longe pour les rueurs.
- Planche
- 7.
- Poitrail;
- La chaînette de timon A ,Fig. I, eft compofée de trois cuirs blancs & un noir bordé; elle a un pouce un quart de large, & quatre pieds & demi de long; on coud à un de fes bouts une boucle &fon paflant; on y boucle l’autre bout, & on entoure le tout par-deflùs d’un anneau de cuir, fait d’un fimple cuir, qu’on place au-deflous de l’endroit où eft la boucle , & qui rapproche à l’aife l’un de l’autre les deux doubles de la chaînette : on nomme cet anneau le bouton de la chaînette ; ce bouton eft vague , & n’eft point attaché ; ce n’eft autre chofe qu’un coulant, qui fait faire au bout de la chaînette une efpece de gros anneau de cuir. On pafle cette chaînette d’une part dans le reculement, où elle eft vague , & d’autre part du côté du bouton au bout du timon, d’où elle ne làuroit lortir au moyen de la courroie de timon, dont on parlera dans la garniture des voitures ci-après : fon ufage eft de contenir les chevaux à égale diftance du timon , & d’y communiquer l’effet du reculement ci-
- deffous.
- Le poitrail, PI. y, Fig. III, eft compofé de trois cuirs, celui de de flous, nommé la CouJJinure a a, eft de cuir de vache, de quatre pouces & demi de large ; celui de deflus, nommé le fond, b b, de trois pouces un quart, & par-deflus un blanchet c c, d’un bout à l’autre d’un pouce trois quarts ; fa longueur eft de quatre pieds deux pouces; on en retourne trois pouces à chaque bout pour
- les brédir aux deux gros anneaux de devant. On le voit en place FL 7, Fig. L
- fi ota,
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- Section II. Du Bourrelier-Canotier. 77
- Nota. Quelques-uns veulent que les couffinures du poitrail & de l’avaloire d’en-bas ci-après foient redoublées du fens de leur longueur, comme les ava-loires des chevaux de charrette ; Ion ufàge eft d’être poufle par le poitrail &
- , les épaules du cheval, quand il marche en avant, ce qui fait tendre les traits Sc avancer la voiture.
- Le reculement D , D , D , PL 7, eft compofé de trois cuirs d’égale lar- Reculement. geur , deux blancs Sc un noir lifle Sc bordé; il a un pouce de fond , c’eft-à-dire de large, Sc dix pieds & demi de long ; il pafte devant le poitrail où il reçoit la chaînette de timon, puis de chaque côté au travers des fourreaux, d’où il va fe boucler aux gros anneaux de l’avaloire d’en-bas , qu’il dépafte enluite d’un pied, pour qu’on puifle le rallonger en cas de befoin ; ce furplus fe prend dans un paflânt attaché à l’avaloire d’en-bas , près de l’endroit où elle eft brédie à fon gros anneau.
- Nota. Que comme on vient de parler des gros anneaux de fer du poitrail Les gros & de l’avaloire d’en-bas , il eft bon d’être inftruit qu’ils ne font pas de lar-anneaux* geur égale, ceux du poitrail ayant trois pouces & demi de diamètre de dehors* en-dehors , & ceux de l’avaloire un demi-pouce de moins.
- Les traits E , E , E, font compofés d’autant de cuirs que le reculement > Traits.
- Sc difpofés de même ; ils ont un pouce Sc demi de large Sc fix pieds quatre pouces de long. Le trait de chaque côté Te boucle dans le gros anneau du poi- ( trail, Sc fon bout dépaflera en devant d’un pied Sc demi. Ce furplus entre d’abord dans un paflânt attaché près de la brédiflure du poitrail audit anneau,
- Sc à huit pouces au-delà dans un dé. Le dé, P/. 6, Fig. m , eft un anneau de fer demi-rond, ayant la forme d’un D romain ; on le coud au poitrail par le côté où il eft droit ; ( le reculement y pafle auffi ). L’autre bout des traits qui doivent embrafler les deux bouts des paloniers, fè brédit à un anneau de fer ' totalement quarré & un peu cambré ; fon nom eft la boucle à trait. Avant de placer le bout dont on vient de parler , on l’aura paflfé au travers de la boucle à trait, qu’on aura fait defcendre enfuite jufqu’en bas, pour que ce bout fe termine en un gros anneau de cuir , qu’on paflfe fur le bout du palonier, quand on atelle : les traits ne fervent de rien, quand on recule ; leur ufage eft de
- faire avancer Sc tourner.
- L’avaloire d’en-bas R, PL J, & Fig.IV, PL 9 , eft compofée de deux cuirs , favoir, une couflinure a a, de trois pouces de large , Sc un fond b b , de d5en.bas! deux pouces de large ; on y ajoute, fi on veut, un blanchet c c, de treize lignes de large d’un bout à l’autre : elle fe brédit à fes deux gros anneaux ; fon ufage eft d’appuyer la croupe du cheval, dont le poids, contraignant le recule-ment, foulage beaucoup l’animal qui s’appuie deflus, quand il s’agit de reculer la voiture ou de defcendre une montagne.
- Avaloire
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- Bourrelier , &c.
- V
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- 7S
- L’ART DU B O U R RE DIE R.
- Remarque.
- Toutes les pièces que Ton vient de décrire font, pour ainfi dire, les travailleurs : c’eft par elles que la voiture eft mife en mouvement. Le poitrail & les épaules du cheval renferment fa principale force pour tirer ; c’eft pourquoi, elles doivent être & font effeéHvement fufpendues à la hauteur du milieu de fon poitrail, excepté les traits qui defcendent plus ou moins bas , félon que les roues de devant le font ; ainfi, plus les roues de devant feront hautes, plus le cheval employera fa force avec avantage pour lui & pour la voiture : fuivent les pièces de foutien, félon la divifion qu’on en a faite.
- Le Couffi- Le couffinet, PL 9 , Fig. V, eft un petit panneau recouvert dun quarré net* long , qu’on nomme la couverture du couffinet, Fig. VI, & PL 7, Fig. I,
- F ; le deflus du couffinet fè fait de veau noir, & le delîous a a en toile ; la peau aura quatorze pouces de long fur cinq pouces de large , & la toile dix-Couverture fept pouces de long & huit pouces de large. La couverture du couffinet qui de Couffinet. fajt ^ part ? doit être de cuir gras de veau; on la double d’un vieux cuir :
- elle aura vingt pouces de long fiir fept pouces de large ; on la borde entièrement de veau. Pour faire le couffinet, on commence par coudre la toile tout autour à l’envers du veau ; cette couture fe fait à furjet avec le fil de Bretagne noir ; on chambre enfuite le milieu en largeur par quelques grands points de fil. La chambrure c , fera de deux pouces & demi de large dans tout le travers du couffinet ; on fait deux fentes en long à la peau du deflus , une à chaque moitié du panneau, par lefquelles on fera entrer le crin Sc la bourre avec lefquels on les remplit. La peau du côté de la fleur, fera le deflus du couffinet; la toile portera fur les épaules du cheval, Sc la chambrure c> fe trouvera au-deflus du garrot. On verra au titre fuivant comment on fait tenir au couffinet là couverture. L’ufàge du couffinet eft de tenir le bras de bricolle , les barres de poitrail, les troufle-chaînettes de timon , & la grande croupiere : fà couverture attache les rênes de la bride , & foutient les guides.
- Bras de Bri- Le bras de bricolle G, PL 7, aura trois pieds huit pouces de long & un eolle, pouce de large; il pafle entre le couffinet & fà couverture du fens de leur longueur, & va s’attacher de part Sc d’autre aux deux gros anneaux du poitrail : il eft d’abord compofé d’un bout à l’autre de deux cuirs , un blanc & un noir liflé ; mais comme dans l’efpace qu’il parcourt entre le couffinet & fà couverture, on lui ajoute un fécond cuir blanc , il a trois cuirs dans cet efpa-ce ; c’eft à ces cuirs blancs > fous le couffinet, qu’on coud du côté qui regarde le dos du cheval une boucle enchapée , deftinée à boucler la grande croupiere ; plus du côté du col deux pareilles boucles pofées en biaifànt, chacune à cinq pouces du milieu ; celles-ci boucleront les deux barres de poitrail ci-deflbus ; enfuite ayant pafle deux attaches en double au travers des cuirs du couffinet
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- Section II. Du B ourrelier-CarroJfier, <7p
- a cote de fa chambrure , on les fera traverfor les trois cuirs du bras de bricolle, au-deffiu defquels on les nouera de deux nœuds ; on paflera de même au travers du miliei de la couverture une attache qui arrêtera une petite courroie à boude qui doit forvir à tenir les rênes de la bride ; & à fept pouces des bouts de la couveiture , on paflera pareillement les courroies, nommées porte-anneaux, parce quelles tiennent deux anneaux de cuivre ronds, dans lefquels on fait J paifer les guides; on fera fort ir lattache dechaque anneau de dedans en-dehors au milieu des bouts de la couverture; puis rentrer en-deflous dans le bras de bricolle à fa fortie du couflinet ; le bras de bricolle fe boucle par fes deux bouts à un \ boucletot , attaché à un gros anneau du poitrail, de chaque côté : fon ulàge eft de fouteçir les gros anneaux du poitrail à la hauteur convenable.
- Ler barres de poitrail C, au nombre de deux , font compofées d’un cuir de Barres de bœuf, lifle, de deux pieds de long fur un pouce & demi de large ; elles fe bré- 01l,rai * diflent à un anneau de cuivre enchapé coufu au poitrail, en avant, près du dé de fer, ( voye^ les traits ci-deflus ) , Sc vont fe boucler aux deux boucles cou-fues en biais fous la couverture du couffinet (yoye{ le bras de bricolle ci-deiTus) ; elles fervent à maintenir le poitrail en fa place.
- Le trouflè-chaînette de timon Hy eft une laniere ou courroie étroite d’un TroufTe-• chaînette de
- pied de long , qui s’attache au coin de la rmive^ure du couflinet dans le bras de Timori.
- bricolle ; dans une paire de harnois, on place l’un à droite, l’autre à gauche;
- on fait à un bout un bouton roulé , & une fente vers fon attache : fon ulà-
- ge eft, lorfqu’on dételle, de prendre la chaînette de timon pour la tenir
- relevée.
- La grande croupiere N y Sc le culeron O , font deux pièces que l’on'joint Grande
- l’une au bout de l’autre; la grande croupiere eft compofée d’un cuir lifte , Croupiereôc bordé de veau ; elle a trois pieds huit pouces de long en comptant neuf pouces de fourchet; ce qu’on nomme ainfi, eft une entaille faite au bout de la croupiere, de neuf pouces de profondeur, évidée en triangle , ce qui la partage en deux branches qui vont s’écartant l’une de l’autre ainfi d’un pouce & demi de large * qu’on donne à la grande croupiere depuis la boucle qui l’attache au bras de bricolle fous la couverture du couflinet, jufque vers l’avaloire de .deflus dont on va parler ; on doit la tailler en élargiflant en douceur jufqu’au bout, afin que le fourcher ait deux pouces Sc demi d’ouverture. Le culeron aura un pied huit pouces de long, Sc deux pouces & demi de large ; on le rembourre, on le coud, &on le termine par une boucle à chacun des bouts, qui fe boucleront aux branches du fourchet. La grande croupiere foutient les fur-dos & l’avaloire de deflus , Sc au moyen de fon culeron empêche le couffinet de fe porter trop en-devant, fur-tout dans les defcentes.
- L’avaloire de deflus L , & les furdos K , /, font compofés d’un cuir liflè , Avaloire de bordé d’un pouce un quart de large , chacun d’une feule piece ; l’avaloire aura ^US&^U1> quatre pieds de long ; le furdos K, trois pieds dix pouces ; le furdos /, trois
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- go VA RT DU BOURRELIER.
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- Fourreaux.
- ' Barres de derrière.
- Souventrie-
- XQ.
- Troufle-
- queue.
- Le Sac à queue.
- pieds huit pouces de long; on ne compte ici que deux furdos, parce que c eft la mode aétuelle. Les furdos & l’ayaloire de deflus doivent traverfer !e dos du cheval par-deflus ou par-deflous la grande croupiere , à diftance à-peu-près égale les uns des autres, le premier furdos paflànt à deux ou trois puces du coufîinet. Lorfqu’on les fait pafler par-deflus, on leur coud, à Tcndroit du paflàge, un cuir de même largeur, dans lequel on enferme la croupiere ; h on veut qu’ils paflent par-deflous , alors on double toute la grande croupiere d’une couflinure , entre laquelle on les arrête avec des points de couture. Les bouts de l’avaloire de deflus vont fe boucler à un boucletot pafé dans le gros anneau de l’avaloire d’en-bas , & ceux des furdos à des boucles enchapées coufues aux fourreaux. L’avaloire d’en-haut fert à maintenir le gros anneau d’avaloire en fa place, & les furdos à foutenir les fourreaux.
- Les fourreaux V9 au nombre de deux , font chacun d’un feul cuir de bœuf lifîe , de fix pouces de large & de quatorze pouces de long ; on les plie en double fur leur longueur, où on les coud dun bout à l’autre; ils fervent, étant attachés aux furdos, à foutenir le reculement qui pafle librement au travers.
- Les deux barres de derrière MP une de chaque côté de la croupe, reflem-blent pour leur largeur Su leurs cnîrs aux barres de poitrail ci-devant ; on les attache en biais fous la grande croupiere vers la croupe du cheval , à trois pouces de l’avaloire de deflus, d’où elles vont le boucler à une boucle encha-pée dans un anneau de métal arrêté à l’avaloire d’en-bas , à un pied de fa brédiffure , au gros anneau d’avaloire; leur ufage eft de foutenir l’avaloire d’en-bai en fa place.
- Les pièces qui fuivent ont chacune un ufàge particulier.
- La fouventriere JT, eft un cuir fimple, de deux pieds Sc demi de long , attaché d’un bout à un des gros anneaux du poitrail, paflànt fous le ventre du cheval Sc allant fe boucler à un boucletot au pareil anneau de l’autre côté ; quand elle eft ferrée , elle empêche le harnois de varier à droite ou à gauche.
- Le troufle-queue, fig. 8, eft un morceau quarré de gros cuir, de fept pouces de long fur quatre pouces de large ; à gauche près des deux coins fur fà largeur on coud deux boucles c, & vis-à-vis à droite deux courroies b ; on troufle Sc replie la queue du cheval plufieurs fois fùr elle-même ; on l’entoure enfuite avec ce morceau de cuir ; on la ferre avec les boucles & leurs courroies : au milieu du haut de ce troufle-queue , près de fbn bord eft paflee une laniere de cuir d, ayant un bouton roulé à un bout, & une fente à l’autre, pour le faire tenir au culeron ; cette piece fert à empêcher les chevaux de fe falir la queue dans les boues.
- Le fàc à queue Q, eft un étui de cuir, qu’on taillera de vingt pouces de long fur un pied de large ; on l’arrondit en le coulant fùr fa largeur par un
- bout
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- Section II. Du B ourrelier-CarroJJiei. Si
- bout à un rond de pareil cuir ; on taille les côtés en mourant julqu’à l’autre bout, les diminuant chacun de deux bons pouces ; on les coud enfemble ; on attachera fix pouces près du haut, qu’on ne ferme point, une boucle & un contre-fànglot pour ferrer le fac en cet endroit ; on met aufîï à la croupière deux çontre-langlots & deux boucles au haut du fac qui bouclent lefdits contre-fenglots; Sc pour tenir ce lac ferme & tendu, on lui ajoute par-dehors du haut en-bas un blanchet, for lequel on place quelquefois, en guifo d’ornement, un rang de boucles dorées, bouclées avec leurs courroies ; il fert, comme le précédent, à .garantie la queue delà boue. Le trouffo-queue eft d’un plus grand ufage.
- Les guides avec iefquelles le Cocher conduit fes chevaux, font au nombre Les Guides, de deux ; la guide droite , & la gauche ; on les fait d’un cuir Ample , d’un pouce de large ; la droite a douze pieds. & demi de long , Sc fo termine par une boucle dans laquelle fe bouclent fous le même ardillon deux courroies du même cuir , celle de dehors de cinq pieds quatre pouces de long , l’autre en de<-dans de fept pieds neuf pouces, ayant chacune une boucle brédie à neuf pouces du bout. La guide gauche n’a que deux pieds & demi de long , & deux boucles, une à chaque bout ; l’une de ces boucles fert à boucler la guide droite ; l’autre boucle reçoit également deux courroies dans les mêmes proportions de celles de la guide droite. J
- _ Afin que les deux chevaux s’apperçoivent de l’intention du Cocher, Scy 1 obéiffent au même inftant, après avoir bouclé les guides droite & gauche enfemble, on fait paffer la plus courte branche de chacune au travers des anneaux de dehors de la couverture de couffinet , d’où on les amenoit fo boucler à la gargouille de la branche extérieure du mors, ou à l’anneau du touret; mais maintenant on les boucle dans l’anneau à l’Angloife attaché à l’œil du mors. Les plus longues branches fe paflènt dans l’anneau de dedans de ladite couverture, d’où celle de la guide droite va rendre à la branche intérieure du cheval hors la main , Sc réciproquement du cheval hors la main au cheval à la main, fe croifant en chemin.
- Depuis quelque temps , plufieurs ont adopté une maniéré de guider les ^Enrênure à
- chevaux préférable à celle qu’on vient de décrire. A celle-ci, qui fe nomme
- lTinrenure h /’Italienne, les branches des guides font égales , & vont au mors
- de chaque cheval, qu’on peut, par ce moyen , conduire à part, fuivant là
- bouche ; Sc pour les lier enfemble , la communication de l’un à l’autre fe fait
- par deux italiennes, nom qu’on donne à deux Amples cuirs d’un pouce de large
- & de quatre pieds huit pouces de long , qui fo prennent d’une part dans un
- anneau attaché exprès fous la couverture du couffinet dans le bras de bricolle
- où elles fo pafîent, Sc de l’autre part vont fe boucler en fe croilànt de l’un à
- l’autre cheval, comme les précédents.
- r Plate Lon
- La plate-longe pour les rueurs n’eft point eflèntielle au harnois du timonier; „e-
- BûURRELIERy &C. X
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- S2 VA K T DUmBOURRELlER.
- elle ne s'y ajoute que lorfque le cheval a la mauvaife habitude de ruer , à caufe du danger où eft le Cocher d'en être bleiîe dangereufement.
- En commençant là defcription par la partie qui entoure la volée, elle eft compofée de trois cuirs, deux noirs & un blanc dans le milieu ; là largeur eft d'un pouce trois quarts, & fa longueur de deux pieds & demi , jufqu' à la groflè boucle enchapée , où elle s'arrête , formant un gros anneau de cuir, après lequel elle a vingt pouces de long jufqu'à Ion Fourchet ; elle n a plus que deux cuirs depuis le commencement du fourchet, dont chaque branche aura cinq pieds trois pouces de long & un pouce un quart de large. A huit pouces du bout de chacune , eft une boucle enchapée qui fe boucle aux gros anneaux du poitrail ; le fourchet a deux traverfes d'un cuir limple ; celle qui eft la plus près du bout en eft à trois pieds : elle aura feize pouces de long ; la fécondé qui fera à dix pouces de la première aura un pied de long : cette plate-longe fait très-bien fon effet, & on ne doit jamais négliger d'en mettre, pour peu qu'on voye le cheval difpofé à ruer dangereufement.
- Article Quatrième.
- Le Harnois des chevaux de devant.
- / .
- Le harnois des chevaux de devant, Fig. II, comprend celui des quatrièmes ou des chevaux de volée , des fixiemes & huitièmes : il eft bien plus fimple que celui des chevaux de timon, n'ayant ni reculement ni avaloire ; il confifte dans les pièces fiüvantês, pareilles aux mêmes des chevaux de derrière.
- Un couflinet a.
- Un poitrail b.
- Deux barres de poitrail c.
- Un bras de bricolle d. j Un furdos e.
- • *
- Une grande croupiere f9 & fon cuîeron g.
- Deux trouffe-traits h.
- Deux porte-traits A, des fixiemes & huitièmes, deux porte-traits de volée n; Deux traits de volée II.
- Deux traits de fixiemes & de huitièmes m m.
- La fouventriere o.
- Les porte-traits de fixiemes ou huitièmes font nécelîairement plus longs que ceux du timon , 8c partent de la grande croupiere, attendu qu'il n’y a point d’anneau d'avaloire.
- Quand l'atelage eft de quatre chevaux fans Poftillon, on attache une volée au bout du timon, aux paloniers de laquelle on atelle les deux chevaux de devant avec des traits pareils à ceux des chevaux de timon, mais qui auront
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- Section II. Du Bourrelièr-Carrojjîer. 83
- fept pieds de long. Si on fait le même atelage de quatre avec un Poflillon , les traits des quatrièmes feront tout droits, c'eft-à-dire , ne fe termineront point en un rond , comme ceux des chevaux de derrière, & feront de longueur inégale ; car ceux du cheval, à la droite du Poflillon, auront huit pieds de long , & ceux de celui du Poflillon huit pieds & demi ; & comme tous ceux-ci doivent fe boucler aux chevaux de timon, il eft néceffeire d'allonger leurs traits par-devant ; pour cet effet, on leur ajoute des faux traits de deux pieds de long ; ces faux traits fe terminent à un de leurs bouts par une boucle à trait ( Voyej ci-deffus au titre les Traits ) , & à l'autre bout par une boucle à chaînette de timon ; on défait le trait ordinaire ; on le fait palier dans la boucle à trait, puis on le remet en fe place. Les boucles à chaînette à l'autre bout des faux traits, fent celles où fe boucleront les traits des quatrièmes.
- A fix chevaux, les traits des quatrièmes auront fept pieds de long ; ceux des fixiemes dix pieds, ainfi que ceux des huitièmes.
- Les guides, pour les quatrièmes , auront dix pieds, & pour les fixiemes en cas de huitièmes , quatorze pieds ; toutes ces guides communiquent à celles du Cocher ; pour cet effet, on commence par coudre à trois pouces en deçà des branches des guides du timon une boucle enchapées9 à laquelle on boucle les guides des quatrièmes, après les avoir feit paffer dans un anneau attaché au milieu du deffus de tête des timoniers ; celles des fixiemes aux guides des quatrièmes, en cas de huitièmes , & au-deflus de tête des quatrièmes.
- Le harnois du cheval du Poflillon a de plus une felle & un deflus de felle, ( Voye[ ci-defîous les harnois de chaife )«
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- CA RT DU BOURRELIER.
- CHAPITRE QUATORZIEME.
- Les Harnois des chevaux de Chaife.
- Les chevaux de Chaife qui font originairement au nombre de deux, ne peuvent avoir leurs harnois femblables lun à l'autre , nétant pas eux-mêmes appareillés comme le doivent être les chevaux de Carrofle, attendu que les fondions de chacun exigent des qualités différentes ; car lun doit être un che. val étoffé, leger & allongé , l’autre ramaffé & moins confidérable ; le premier fe nomme le cheval de brancard, parce que fa place eft entre les deux brancards de la Chaife, quil doit foutenîr; le fécond monte le Poftillon ; auffi eft-il nomme le porteur : on le nomme encore le bricoher ou le cheval de cotét
- on va détailler le Harnois de chacun à part, commençant par celui du cheval de brancard.
- Harnois du tcheval de Brancard.
- ---------^ * La fe|jette> Fi^ j
- Planche B, Le poitrail.
- 8. C, Les deux barres de poitrail.
- D , Les deux contre-fanglots.
- E, Les deux gros anneaux du poitrail. FF, Les deux traits.
- G, La croupiere & fon culeron.
- H 9 L’avaloire.
- I, Le gros anneau de lavaloire. K 9 Les deux petites barres.
- L, Les deux barres d’avaloire. M y Les deux reculements.
- 0 , La longe de main.
- La façon de la Pellette fera décrite ci-après dans l’Art du Sellier, attendu que quoique les Bourreliers foient en droit de la conftruire , ainfi que le Sellier, neanmoins cette manœuvre s’éloignant de leur pratique ordinaire, & le Sellier
- y étant accoutume, ils les reçoivent de lui, & y ajoutent le refte du harnois.
- 1
- de ïselT^ LC Sellîer PerCé ’ Cn Ia fellette > vers le milieu de chaque côté,
- te. deux petites mortaifes éloignées 1 une de l’autre de deux pouces & demi,
- deflinees a y paiïèr les courroies de dojjiere X , qui doivent fixer la dofîîere
- de la chaife en fa place ; chaque courroie aura feize pouces de long ; on la
- paflera de dehors en-dedans dans la mortaife de devant ; on la fera refTortir par
- celle de derrière ; le bout de devant eft garni d’une boucle. Quand la dofliere
- eft pofée, on boucle ces courroies qui l’embraflent & l’empêchent de varier
- fur la fellette. La courroie à rêner Y, s’attache au milieu du haut de la fellet-
- te ; on commence par enfoncer en cet endroit un petit crampon quarré de
- fer , d un pouce d ouverture ; apres quoi, on pafle au travers de ce crampon
- une petite courroie de feize pouces de long ; on l’y redouble, 8c on coud
- le redoublement au haut du crampon. A un bout de cette courroie qui ne
- fera éloigné que d un pouce dudit crampon , on attachera une boucle, à
- laquelle
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- Section IL Du Bourrelier-CarrojJier. 8 j*
- laquelle l’autre bout viendra fe boucler quand on aura mis les rênes de la bride entre-deux : les anneaux des guides qui s’attachent fur la fellette de Lacets pour chaque çôté en devant, fervent à foutenir les guides , ordinairement de trefles des
- de foie rondes ou plates, qui s’ajoutent quelquefois à la Chaife de pofte & guides à la toujours au Cabriolet, afin que celui qui eft dedans, puifle conduire lui- ^ette’ même le cheval de brancard. Pour pofer ces anneaux, on a, ce qui s’appelle, un lacet, qui eft une petite bande de métal pliée en deux , formant une efpece d’anneau , dont les deux jambes en pointes fe touchent fans fo joindre ; on fait entrer l’anneau des guides dans celui-ci ; puis enfonçant fes deux queues raf-femblées dans un trou qui traverfe l’arçon, on les rive à l’envers’, laiflànt à l’anneau des guides la liberté de fe mouvoir.
- - Le poitrail comme celui des chevaux de Carrofle.
- Les deux barres de poitrail de même ; on les arrête à la fellette , en les bouclant à une boucle enchapée, clouée à l’arçon de devant à trois pouces du haut.
- Les deux contre-fonglots fe clouent fur les bandes d’arçon , & vont fe bou-cler à un boucletot pris dans le gros anneau.
- Les traits de cinq pieds de long s’attachent au gros anneau du poitrail.
- La croupiere avec fon culeron, fe boucle dans une boucle enchapée , clouée au milieu de l’arçon de derrière.
- L’avaloire comme celle d’en-bas des chevaux de Carrofle.
- Les deux petites barres prifes dans le gros anneau de l’avaloire, fe bouclent aune boucle enchapée, clouée à l’arçon de derrière à quatre pouces du haut.
- Les deux barres d’avaloire, comme aux chevaux de Carrofle.
- Les deux reculements , chacun de trois pieds & demi de long, s’attachent d’une part au gros anneau de l’avaloire , & de l’autre ( lorfqu’on atelle ) à un crampon enfoncé dans les brancards de la Chaifo.
- La longe de main eft une fimple courroie de fix pieds de long & d’un pouce de large ; on l’attache aux branches de la bride : le Poftillon la tenant à fo main, s’en fort pour guider le cheval de brancard.
- Harnoisdu Bricollier, Fig, IL
- C e cheval a plufieurs épithetes ; il s’appelle le porteur, parce que le Poftillon le monte ; bricollier , parce qu’il tire la Chaife en biaifànt ; & cheval de ,
- côte , attendu qu’il eft hors du plan de la Chaife : fo place eft toujours à gauche du cheval de brancard : comme porteur, il eft folié , & comme étant attaché à la Chaifo , il lui faut un harnois qui fo lie avec fo folle : cette folle fera expliquée dans l’Art du Sellier ci-après ; mais attendu que le refte de fon harnois ne peut fe faire que par le Bourrelier, c’eft ici fo place.
- Bourrelier , &c. Y
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- I
- S6 L’ART DU BOURRELIER.
- a, Un poitrail.
- b b, Un deflus de Telle.
- c, Deux boucletots.
- ddd, Deux traits.
- e, Un furdos.
- Le poitrail comme le précédent.
- Le deflus de Telle eft en deux pièces : une à droite, de deux pieds dix pouces de long ; Tautre à gauche , d’un pied de long : la droite eft d’un cuir lifte , bordé de treize lignes de large : elle Te brédit à un anneau de cuivre enchapé au poitrail à un pied en avant du gros anneau : la gauche eft de même cuir ; elle Te termine en une boucle, à laquelle Te boucle la piece droite. Quand elles font jointes, le Poftillon les pofe fur fà Telle le long des battes en-dedans : le deflus de Telle Tert à Toutenir le poitrail en Ta place.
- Les deux boucletots ont chacun quatre pouces de long ; on les coud d’un bout aux gros anneaux du poitrail : leur boucle eft une demi-ronde ; elle fo boucle à un contre-fonglot attaché fous la folle.
- Les deux traits font de trois cuirs , deux blancs & un noir bordé ; ils ont quinze lignes de large&fopt pieds & demi de long; ils font brédis par un bout au gros anneau du poitrail.
- Le Turdos Te fait d’un cuir lifte, bordé d’un pouce & demi de large , & de quatre pieds quatre pouces de long à droite : il eft brédi fur lui-même , formant un anneau, au travers duquel pafle le trait qu’on arrête en place par une attache qui, après l’avoir traverfé, Te noue autour : la même chofe s’opère à gauche par un boucletot arrêté de même, auquel le furdos Te boucle ; ce furdos pafle entre les deux cuirs de la croupiere.
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- Section IL Du Bourrelier-Carrofier.
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- CHAPITRE QUINZIEME.
- De la Garniture des Voitures.
- C* e s T au Bourrelier-Carrofîîer à folpendre fur le train du Charron toutes les Voitures à roues qui tranlportent les hommes d’un lieu à un autre, & à les garnir de tous les cuirs néceiîàires à cette fufpenfion : ces voitures font les Coches, les Carrofles , les Berlines, les Chaifos , &c; mais quoique les Coches & les Carroilès ayent rang d’ancienneté for les Berlines, ces dernieres ont tellement prévalu par leurs avantages, en comparaifon des premiers, qu elles ont prefqu anéanti les Carrofles.
- Garniture de la Berline.
- La courroie de timon.
- Les deux ronds de palonier.
- Les foûpentes ôc leurs fourreaux.
- Les foûpentes de marche-pied Ôcgarniture. Les deux traits le long du brancard.
- Les courroies des pieds corniers. Les courroies de guindage.
- Le porte-Uege.
- Les courroies de côté du fiege. La courroie ôc mains de derrière.
- La courroie de timon ay Fig. III, efl une laniere de cuir de demi-pouce de large, garnie d’une petite boucle par un de fes bouts ; on la noue vers fà boucle à l’anneau qui efl: au haut du crochet du timon ; elle fort, lorfqu’on a enfilé les deux chaînettes de timon jufqu’au crochet, à leur barrer le paflàge, pour empêcher qu’elles ne fortent de leurs places ; ce qui fe fait en paflant le long bout de cette courroie au travers d’un trou x, fait dans le timon au-delfons du crochet, d’où l’ayant fait fortir on l’amene boucler à fa petite boucle.
- Les deux ronds de palonier b, font deux gros anneaux de cuir , qui em-braffent les bouts de la volée & le milieu de chaque palonier: le rond de palonier fe fait d’un foui & même cuir blanc , tourné quatre fois en rond for lui-même ; on en amincit infenfiblement les deux bouts, afin qu’ils ne forment point d’épaiffeur ; on met par-deflus un cuir noir lifle, & le tout fo coud à quatre rangs de couture noire.
- Les foûpentes de la voiture c c, au nombre de deux , ont communément quatorze pieds de long & quatre pouces de large ; elles fo compofont de cinq cuirs blancs coufos en long, à fix rangs parallèles de couture noire , avec fil poiflé ; on les brédit à la traverfo de devant , d’où elles coulent fous les brancards de la Berline , paflant au travers d’une bride de fer quarrée , mife à chaque pied cornier fous la voiture devant & derrière , & vont fe rendre à un cric attaché à la traverfo de derrière où on les fait tenir ; & afin que la caiffe de la voiture ne puiile pas couler en-devant ou en arriéré fur les foûpentes,
- N
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- Planche
- 14.
- Courroie de Timon.
- Ronds de Palonier.
- Soûpentes.
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- L’ART DU BOURRELIER.
- on les traverfe fous chaque portière avec un tire-fond qu’ on vilîe dans le bois ; on recouvre les foûpentes avec des enveloppes de cuir , quon nomme des fourreaux : ces fourreaux font au nombre de quatre , parce que chacun celle où chacune commence à entrer fous la voiture ; ils fe font d’un cuir noir lilfé, bordé de vache ; les pentes du bordé fe lacent l’une à l’autre par-deftous ; chacun couvre la partie de la foûpente qui eft en-dehors jufqu’à la cailfe de la voiture devant Sc derrière. Quand la voiture eft à relions, les foûpentes ne font compofées que de trois cuirs de Hongrie bordés de vache, & s’atta-* chent aux relîbrts : on ne leur met point de fourreaux.
- Les foûpentes de marche-pied d d, une pour chaque marche-pied, auront trois pouces Sc demi de large Sc lix pieds & demi de long , parce qu’elles fe redoublent Sc paffent ainli fous la planche du marche-pied , ce qui réduit chaque côté à la longueur d’un pied jufqu’à la planche ; elles font compofées de trois cuirs de Hongrie & un cuir lifte bordé ; elles s’attachent vis-à-vis de chaque portière autour de deux boulons de fer qui fortent horizontalement des brancards.
- Les deux traits le long des brancards font compofés de deux cuirs , un blanc & un lifte bordé; ils ont chacun un pouce de large & huit pieds de long; ils s’attachent par-devant au côté d’en-dedans du brancard à un anneau de fer, qui tient au boulon qui traverfe le brancard vis-à-vis la traverfe de parade , Sc par-derriere par un petit cric pofé au bout du brancard : ces pièces ne font pas anciennes ; elles fervent à adoucir les mouvements de la voiture de bas en-haut Sc des côtés , en fe prêtant à celui des guindages , dont on va parler, iefquels, tant les petites que les grandes , précédemment entouroient le brancard même , comme on voit en e e , f f.
- Les quatre petites courroies de guindage des pieds corniers e e , une au-Guindage. deftbus de chacun , ont un pouce de large Sc trois pieds de long ; elles font compofées d un cuir noir lifte bordé , & s’attachent chacune à un anneau quarré, mis à côté des brides ci-deflus , ( voye£ les foûpentes de la voiture ) ; elles tournent autour des traits le long du brancard, comme les fuivantes ; elles fo bouclent à elles-mêmes.
- Grandes Les quatre grandes courroies de guindage ou de côté ff9 ont un pouce Guindage ^arge & ftx pieds de long ; elles font compofées de deux cuirs , un blanc Sc un noir lifte , bordé ; elles font prifes dans un anneau quarré , de fer , placé au haut des pieds corniers devant & derrière , & defoendent embrafter les deux traits le long du brancard : on embrafle aufli chaque courroie redoublée par un bouton ou coulant ; on met une boucle à un bout, & fous cette boucle , à l’envers , un paftànt ; on pafte l’autre bout dans le paflànt, de là dans l’anneau quarré, puis dans la boucle en-haut ; puis on fait couler le bouton en-bas pour reftèrrer l’ouverture.
- Porte-fiege. Leporte-ftege de Cocher eft compofé de deux branches de cuir blanc,&
- de
- Soupentes de Marchepied.
- Traits de Brancard.
- Petites Courroies de
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- Section IL Du Bourrelièr~Carrojjief. 80
- de quatre traverfes du même cuir : les deux branches ont chacune cinq pieds de long 8c un pouce & demi de large, s’attachant dans les anneaux quarréa du porte-fiege de fer , arrêtés fur les montants de devant ; les quatre traverfes ont chacune deux pieds de long , même largeur des branches ; on les redouble & on les.attache d’une branche à l’autre à diftances égales : ce porter fiege fert à foutenir l’efpece de dellus de banquette, fur laquelle le Cocher s’afleoit.
- Les courroies de côté du fiege qui le ferrent vers les deux bouts, fur le Coürroîô port e-fiege , ont de large un pouce deux lignes , & fix pieds de long ; elles ^ ^
- font d’un cuir blanc; leurs bouts s’attachent aux porte-fieges de fer par plu-* fleurs tours.
- La courroie de derrière pour les Laquais g, a un pouce de large 8c quinze Courrbîé pieds de long; elle efl d’un cuir liffé, bordé; on forme aux deux bouts dedederrière* cette courroie deux poignées h 9 comme on va voir ; pour cet effet, le Sellier aura mis vers les deux coins de derrière de l’impériale quatre crampons, ef-pacés 2 à 2 , à fix pouces de diftance l’un de l’autre ; on brédit d’abord l’un des bouts de la courroie au premier crampon ; on forme la poignée de huit à neuf pouces de bas, en relevant la courroie, qu’on fait paffer au travers du fécond crampon , auquel on la brédic pour former la poignée , fuivant la me-fiire fufdite ; on prend l’autre bout de la courroie pour la relever, & la bré-dir de même aux deux crampons de l’autre bout de l’impériale : cette courroie & fes poignées, ainfi difpofées, fervent à aider les Laquais à monter derrière la voiture, & à les y affermir.
- Garniture de la Chaije de polie•
- La dofïiere.
- Les deux foûpentes de derrière. Les deux foûpentes de devant.
- Les^ deux courroies de crémaillère. La courroie de ceinture.
- Les deux traits de deffous.
- Les deux marche-pieds.
- La courroie de portière.
- Les trois courroies de cerceau.
- Le rond de palonier.
- La croifée de palonier*
- La courroie de palonier.
- Les deux enchapures de palonier.
- Les deux poignées de derrière.
- Les fourreaux & couvertures de refioré quand ils font bordés ; mais c’eft Y ouvragé du Sellier quand ils ne le font pas.
- La dofliere a , Fig. I (*) , efl: une piece de cuir placée près du bout des brancards , deftinée à les foutenir fur la fellette de harnois du cheval de brancard : elle aura deux pouces 8c demi de large & fix pieds & demi de long , compo- —1 fée de deux cuirs blancs 8c d’un noir liffé , bordé de vache ; on brédit à deux Planché pieds de chaque bout une boucle enchapée & Ion paflànt ; on tourne ces
- (*) Les deux Figures de la Chaife de polie font mal tournées dans cette Planche, à caufe
- Bourrelier , &c.
- du palonier qui devroit y être à gauche , comme il paroîtroit en regardant au travers du papier,
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- 9° VART DU BOURRELIER.
- bouts par-delîous les brancards , les paifant dans un crampon de fer qui y éft attaché, de peur que la doffiere ne fe dérange ; 8c on les boucle.
- Nota. Que les relîorts à écreviife étant préférables à tous les autres, on a pris ici une Chai fe garnie de ces r efforts.
- Soupentes Les deux foûpentes de derrière b , b , Fig. II * font chacune de deux pièces , de derrière, c’eft-à-dire, la loûpente 8c le contre-fanglot qui font enfemble dix pieds de long far trois pouces & un quart de large, fans compter la bordure ; elles fe compofent de trois cuirs blancs, un cuir liffé & la bordure de vache : les refîorts à écreville ont à leurs bouts élevés une barre de fer en forme du haut d’un T romain , tourné du fens de la longueur de la Chaife, moitié en arriéré , moitié en devant, terminé par un crochet à chaque extrémité ; on fait une fente à un bout de la loûpente, par laquelle on raccroche au crochet de derrière de ladite traverfe ; on l’amene enfuite à un crampon de fer, attaché au brancard de derrière du corps de la Chaife, au travers duquel l’ayant paflee on va la boucler au contre-lànglot accroché pareillement au crochet de devant de la traverfe : ce contre-lànglot aura trois pieds 8c demi de long, garni d une grolîe boucle. Ces trois cuirs font cachés ici par le haut des fourreaux de relfort * *.
- Soupentes Les deux loûpentes de devant c, c, Fig. II , font pareilles aux précéden-de devant, tes pour la quantité ÔC la largeur des cuirs ; mais elles n’ont que quatre pieds & demi de long, lefquels redoublés , ne font que deux pieds un quart ; elles paffent de chaque côté dans un crampon qui eft au bas du corps de la Chaife , d’où elles tournent autour de la traverfe de devant , 8c fe bouclent en-' delîus à elles-mêmes.
- Courroies Les deûx courroies de cremailleres & leurs fourreaux b9 by by F ig.l, 8c d, d9 d> de crémaille- p[g„ H , les courroies ont un pouce & demi de fond , c’eft-à-dire, de large, 8c neuf pieds 8c demi à dix pieds de long elles partent d’un petit cric e e , Fig. II, attaché au bout de derrière des brancards, pailant fer les confoles de fer à deux branches j 9fy Fig. II, élevées fur chaque brancard vers leurs extrémités poftérieures; delà traverfant la cremaillere de fer c9 Fig. I, attachée au-deffus du pied cornier de derrière , accompagnées en cet endroit de leurs fourreaux ; elles finilfent au brancard près du marche-pied, où elles fent liées de plufieurs tours ou brédies à un crampon. Les fourreaux £, Fig. I, ont un pied un quart de long & huit pouces de large, qui, étant pliés par la moitié en longueur, ne font que quatre pouces à chaque face ; on joint le redoublement par une couture que l’on borde par-deffus ; on les arrête en place aux courroies par une attache à chaque bout : ces fourreaux garantiflènt leurs courroies du frottement de la cremaillere.
- La courroie de ceinture g g g g, Fig. II , eft pareille aux précédentes pour la quantité 8c la largeur des cuirs ; elle aura fept pieds de long : fon milieu paflè dans un ou deux anneaux de fer, attachés au milieu de la planche de derrière hhh^
- reaux.
- Courroie de ceinture ÔC fourreaux.
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- Section IL Du Bdurrelier-Carrojjief. n
- % Iî, d’ où elle va le rendre à deux pareils anneaux mis au brancard de chaque côté , à fix pouces plus en arriéré que les précédentes ; elle a auffi deux fourreaux qui la garantirent du frottement des coins de la Chaife : ceux-ci n’ont que neuf à dix pouces de long ; ils fe travaillent 8c s’arrêtent comme les précédents : les courroies de cremaillere & celle-ci concourent à adoucir les fecouffes de côté de la Chaife.
- Les deux traits de deffbus d 9 d. d, Fig. I, bouclent les traits du harnois du . Jïa*ts
- . . . deliousi
- cheval de brancard ; ils font pareils en tout aux courroies de cremaillere ci-deffus : ils ont chacun huit pieds de long ; ils prennent depuis l’échantignole de la roue , & vont par-deffous le brancard foutenus par quatre attaches de dif-tance en diftance , jufqu’au défions du' cerceau , où iis fe terminent par leurs boucles ; on les fait quelquefois de corde recouverte de cuir.
- Les deux marche-pieds i , i , Fig. II, 8c e , Fig. I, ont chacun fept pieds dé Marche^ tour & trois pouces de fond ; ils font compofés de trois cuirs blancs & un P^s* noir, liffé & bordé ; on les brédit à chaque bout autour du brancard, puis on les cloue deffus à un pied & demi l’un de l’autre.
- La courroie de portière f, Fig. I, fur laquelle tombe la portière , quand La Courroie on l’ouvre , s’attache par fes deux bouts à un fopport de fer , pofé debout for ^ f° c chaque brancard ; elle a trois pieds de long 8c un pouce un quart de fond : elle eft compofée dun cuir noir bordé.
- Les trois courroies de cerceau /,/,/, Fig. II, font deftinées à affermir le cer- Les trois ceau m 3 8c le taffeau n , Fig. II, 8chk, Fig. I, qui eft joint en leurs places ; cerceau!8 ^ elles font toutes trois égales pour les cuirs & leurs largeurs à la précédente : deux prennent au milieu du cerceau en-dehors, & la troifieme part du haut du taffeau : celle-ci fera un peu plus courte que les deux autres ; elles vont fe clouer toutes trois for les brancards à un pied 8c demi en avant, celle du cerceau à droite, 8c à gauche celle du taffeau , à côté de la courroie du cerceau , qui vient au brancard gauche.
- Le rond o, Fig. I & II, du paionier du cheval de côté, eft pareil en tout à Le rond dé ceux des paloniers de Carroffe ; voye£ ci-devant. paionier.
- La croifée de paionier p, Fig. II, eft compofée de deux cuirs blancs & un La crojfe^ noir bordé ; elle a un pouce 8c demi de fond 8c cinq pieds 8c demi de long ; de palonier* on la paffè au travers du rond, d’où on va l’attacher par chaque bout fous chaque brancard q q , ligne ponétuée , Fig. II, vis-à-vis de la traverfè de devant : cette courroie communique à la Chaife le tirage du paionier,
- La courroie de paionier r, Fig. II, qui fert à le foutenir à hauteur convena- La courroie ble, eft un fini pie cuir de deux pieds de long , qui paffè au travers du rond où ^ePa*on*ef<i il fc redouble, 8c va s’attacher for le brancard à la main près le bas du tafo feau.
- Les deux bouts du paionier n, Fig• II, font garnis d’une en chapure avec depaîonier?
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- L’ÂRT DU BOURRELIER.
- Poignées de derrière.
- fa boucle: ces enchapures autour du palonier n’ont que deux cuirs ; ôn en met un troifieme depuis le palonier , julqu’à la boucle pour fortifier.
- Les deux poignées de derrière x , Fig. I, pour les Laquais , font d’un Cuit bordé de dix-huit pouces de long, redoublées & brédies chacune à deux crampons à l’impériale ( voye£ la Berline ci-deflus ). La courroie de derrière ne fe met point aux Chaifes.
- Le relie des cuirs , comme le fiege du Cocher, le garde-crotte , les cuirs du cerceau de la couverture des malles, les panneaux, l’impériale, la cave, les planches de marche-pied, les fourreaux & couvertures des reflorts , font du
- diftriét du Sellier.
- Nota. Que lorfqu’on veut que les cuirs qui couvrent les reflorts foient bot^ dés * c’eft alors aux Bourreliers à les faire.
- asa»Hi«aB*aafc;i*^«aaE«a
- CHAPITRE SEIZIEME,
- Des Ornements du Bourrelier de CarroJJe.
- Réflexions L e s harnois Sc la garniture des voitures, tels qu’on vient de les décrire ; ^ar"ont tout ce qu’il leur faut delà part du Bourrelier, pour les ulàges auxquels ils font deftinés, mais fans aucun ornement : il eft vrai que la parure n’eftpas d’une utilité abfolue ; mais comme elle efl: agréable à la vue, & qu’elle fatis-fait l’amour-propre , on s’en pafle difficilement : elle n’a de bornes que la plus grande magnificence où elle puifle monter ; fùrquoi il ne paroît pas hors de propos de parler ici de deux opinions différentes à l’égard des harnois : les uns prétendent que de beaux harnois fur de beaux chevaux les déparent plutôt qu’ils ne les font valoir ; un beau cheval furpaflânt par fa figure tout l’or & l’argent dont on pourroit le couvrir ; en conféquençe , ils les font harnacher prefque à nud : les autres difent que plus les harnois font riches, plus il attirent les regards fur les animaux qui les portent. A l’égard des premiers, les harnois des chevaux de devant ci-deflus leur fuffifent ; mais il efl néceflâire pour les autres de détailler tous les ornements qui fo pratiquent dans l’Art. Il s’én fait de deux fortes, ceux que le Bourrelier exécute , & ceux qu’il ne fait que pofer & mettre en place.
- Les Cens font premièrement des defleins courants, qu’il trace au compas au milieu des pièces dans toute leur étendue , qu’il couvre enfuite avec la couture piquée de fil de Cologne blanc : les defleins les plus ordinaires font des portions de cercle qui fe joignent l’une au bout de l’autre , mais à contre-fens ; ils Les ondes, les nomment des ondes, PL <) , Fig. VIL II s’en fait en deux maniérés ; celle
- qu’on
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- Section ÎL Du Boiirrdier-Carrojjier*
- qü*bn'vient d’exprimer, & une autre appeliée ondes a pic ; à celle-ci, on fait Ondes à pic* deux portions de cercle 'du même fons, côte à côte, Sc deux autres à contre-fens, Fig. VIII ; mais, lorfqu’au lieu de ces defleins, on demande des fleurs des compartiments, Sec , alors le deflein fe trace fur le papier. Le Bourrelier commence par le piquer en entier avec une épingle ; puis l’appliquant fur le cuir, il le ponce fucceflîvement avec de la chaux en poudre dans un nouet ; enfuite il le marque avec un poinçon pour le fuivre avec de la couture blanche piquée*
- Les cuirs auxiliaires, c’eft-à-dire, qui partent du deflus du cheval, pour foutenir les pièces du tirage , peuvent être découpés quand on le délire ; alors le Bourrelier les taille plus large qji’à l’ordinaire , leur donne en-fuite par les bords differentes inflexions ; il les perce aufli à jour quand il en efl: requis , en formant dans leur milieu des vuides de figures differentes , & borde le tout à faux-bord.
- Lorfqu’on emploie le cuir fauve, dit cuir dsAngleterre , on n’y ajoute ordinairement point de bordure.
- Quand on veut que le harnois, au lieu d’être noir ou fauve , foit rouge * vert, jaune , &c, le Bourrelier colle fur les cuirs , avec de la pâte , qui eft de la forte colle de Vitrier , des maroquins de toutes ces couleurs ; pour le blanc, il fe fort de bafonrfe blanche.
- Les ornements en laiton & en fonte dorés, font Tournis, par les Cifoleurs & par les Fondeurs, aux Bourreliers, qui les diftribuent Sc les attachent fur les harnois. Les pièces formées par ces métaux confiftent en boucles Sc demi-boucles , fleurons, bouts , rofettes & Contours : ces pièces en laiton ou cuivre jaune cifelées, font beaucoup plus légères ; mais elles font caffantes , ce qui arrive rarement à la fonte. Les boucles font de differentes grandeurs Sc de defleins plus ou moins riches, PL 7,2 & 3 ; les bouts fe terminent en pointe 4 ; leur place eft ordinairement aux bouts pointus des courroies : les fleurons y , Sc rofettes 6, s’efpacent Sc fe placent fur tout le harnois félon le goût du Bourrelier ou du Propriétaire’; les contours ornent les couvertures decouffïnet, PL 9 , Fig. VI. Aux ornements en cuivre jaune , l’Ouvrier a foin de faire des trous deux à deux en differents endroits de fapiece , afin que le Bourrelier puifle y pafler des fils de laiton, & au travers du cuir , au-delà duquel il les tord enfemble pour les y attacher folidement. Quant aux pièces de fonte, le Fondeur laifle des queues pointues à l’envers, P/. 7, 7, avec/ lefquelles , après avoir percé le cuir , il les rive à coups de marteau.
- Quand on orne le deflus de la tête des chevaux avec des aigrettes , il arrive qu’ils les corrompent ou les caffent, en fe frottant la tête, ce qui Bourrelier A a
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- 94 B* A RT D U BOURRELIER.
- les a fait abandonner par plufieurs ; on fe contente à préfent de leur attacher au montant extérieur de la bride, près de l'oreille, une large cocarde de cartilànne, au-deflous de laquelle pend un gros gland derrière l’œillere, bu un flot de rubans, le tout fourni par le Franger:ce même Ouvrier fournit encore des rênes de trefle , terminées par un gros gland , & des guides plates ou rondes, que le Bourrelier ajufte fuivant fart.
- Les ornements de la garniture des Voitures , en ce qui concerne le Bourrelier, confident en defleins piqués fur les cuirs , & en boucles & bouts -dorés*
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- LA R T DU SELLIER-
- 5?
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- INTRODUCTION,
- L'Art du Sellier comprend en premier lieu la conftruélion des Selles, quî fervent de fiege au Cavalier , la Bride pour conduire fon cheval, le Licol, &c j fecondement Fart de tapifler & garnir les Voitures, dans lefquelles on s'afleoit à l'abri du temps", pour voyager ou pour pafler d'un lieu à un autre', à Faide de chevaux ou autres bêtes de tirage qu'on y atelle.
- Cet Art , tel qu'il eft à préfeiît pôur la façon des Sellés , èft très-différent de ce1 qu'il pouvoir êtrè anciennement ; il y a même grande apparence qu’il n'a été amené au point de perfeétion où il eft actuellement, que par degrés , comme beaucoup d'autres Arts , 8c qu'une des premières qui ait pu mériter le nom de Selle , parut dans le temps de la Monarchie où les Guerriers étoient tout couverts de fer ; mais que l'inconvénient dangereux d'être en-châfte dedans 9 de maniéré à ne pouvoir s'en débarraffer en cas de chute du cheval, a fait reléguer dans les Académies * dont la deftination eft de dreffet les hommes & les chevaux aux évolutions militaires i les manèges dans lesquels ils travaillent, font un terrein préparé, très-doux & de peu d'étendue, • où il eft bien rare que le cheval s'abatte. Nous défignons cette Selle qui fe nommoit Selle à corps, par le nom de Selle à piquer, après quelques changements qui y ont été faits ^ comme on verra Chapitre cinquième ; la Selle à la royale , & piufieurs autres ont pris fa place pour la Campagne.
- Le Sellier a feul le droit de faire & finir toute efp ece de Selle , a commencer par les arçons qui en font la bafe ; mais il ne lui eft pas permis de faire là fellette des chevaux de Chaife : c'eft au Bourrelier à la conftruire, comme appartenante au harnois dont il eft chargé. Il eft rare quë les Selliers & les Bourreliers fachtent oü veuillent faire des arçons *. cette pratiqüe s'éloigne trop du refte dé leur travail, de forte qu ils fe trouvent en quelque façon obligés d'autorifer des Ouvriers fans maîtrife, à charpenter les arçons de leurs felles ; en conféquence , les uns fuivent les ventes des Forêts , où ils achètent le bois de hêtre qu'ils travaillent en arçons fur le lieu , pour être vendus aux Selliers ; d'autres s'établiftenc dans les Villes. On commencera donc par l'Arçonnier en particulier ; après quoi on détaillera le travail du Sellier pour les Sellés, Brides, & autres uftenfiles qui fervent au cheval de felle.
- Lorfque les Litières, les Chars & Chariots, les Coches, les Carrofles,
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- parurent focceffivement en France , les Carroffes ayant pris le deflhs , 0n ajouta aux Selliers le nom de CarroJJiers , qu’ils confervent toujours , quoique les Carroffes foient prefque anéantis. Cette partie qui regarde la garniture des Voitures aéluelles , & quelques autres pièces de leur diftriét termineront l’Art du Sellier.
- CHAPITRE PREMIER. L’Arçonnier, Arçonneur, ou Charpenteur d’Arçons.
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- Tout Arçon efl de bois de hêtre : c’eft un bâtis de plufieurs pièces de bois, aflemblées en forme d’un compas ouvert, ou d’un arc tendu ; larçon de devant efl: attaché à celui de derrière par deux planchettes du même bois , qui fe nomment les bandes.
- Outils, Injlruments & Matériaux.
- Le compas d’Arçonnier, a a.
- Différents aceaux, b.
- La hachette.
- Les faufîès-bandes, c cc.
- La fcie, le compas de fer, la plane, la râpe à bois.
- Le bois de hêtre. > " "... s v .
- La colle-forte la meilleure.
- ...T. u. Le compas d’Arçonnier a a, lui eft particulier ; il efl: de bois ; fès branches
- Planche ont chacune environ un pied de long ; il fert à prendre la mefure fur le dos I0* du cheval.
- Les fauflfes-bandes c c c, lui font auffi particulières ; ce font trois réglés de bois, longues de dix-fept pouces, une percée aux deux, bouts de quelques trous de vrille, les deux autres percées de même , mais feulement à un bout, &à l’autre bout fendues de fix pouces de long près du bout; elles fervent à égalifer les arçons entr’eux, pour ajufter enfuice les vraies bandes , comme on verra ci-deflbus.
- D’ailleurs , les aceaux b de différentes courbes, la hachette, la fcie , Scc, dont il s aide fuivant le befoin, lui font communs avec plufieurs autres Métiers.
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- Les pièces des Arçons, Fig. A A.
- Les Arçons les plus compofés font de onze pièces : l'Arçon de devant eft fait de quatre pièces, {avoir, les deux devants d, d 9 les deux lièges e, e.
- L'Arçon de derrière contient cinq pièces , le pontet fy les deux pointes g ,g, les deux bouts de trouflêquin h , h. Les deux bandes II afïemblent les deux arçons : il s'en fait pour différentes Selles , de neuf & de fept pièces, par le retranchement de quelques-unes de celles ci-deffus.
- Les deux grandes pièces de l’Arçon de devant, qu'on nomme les devants, ont des noms différents à mefure que leur forme change ; celui qu'on donne au fommet des deux pièces affemblées , eft le galme i ; la voûte qu'elles forment au-deflous du galme fo nomme le garrot ou ! arcade 2 : le galme & l'arcade compofent le collet ; l’elpace qui eft avant la diminution d'épaifîeur qui va jufqu'aux bouts , s'appelle les mammelles 3,3; les deux petites pièces fe nomment les lièges e$e; les deux pièces qui vont de l'Arçon de devant à celui de derrière pour les lier enfemble, fe nomment les bandes 11& Il, Fig. B B ; elles font plus larges derrière que devant. A l'Arçon de derrière, te pontet f qui tient le milieu , & le milieu du trouffequin, ne font qu'une pièce-, les autres font les deux pointes de derrière g 9g, & les deux bouts du trouf . fequin h , h, quife joignent à fon milieu , & s'appuient fur les pointes.
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- T rendre la mefure.
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- La première chofe que l'Arçonnier doit faire, quand il a des Arçons de commande , eft de prendre la mefure fur le dos du cheval ; pour cet effet, il pofe fon compas ouvert du fens où fes branches fe rapprochent par le haut au-deffus du garrot, jufqu'à ce que fes pointes arrivent au défaut du mouvement de l'épaule ; il rapporte cette ouverture fur une réglé de vingt-deux pouces , divifée de pouce en pouce : il trouvera communément pour un cheval ordinaire quinze pouces d'ouverture ; puis retournant le compas for fon clou en fens contraire , il fait la même opération fur les reins du cheval, jufqu'à ce que les pointes arrivent au défaut des côtes , d'où le rapportant fur la réglé, il trouvera ordinairement deux pouces de plus que devant, ce qui fera dix-fept pouces d'ouverture : ces deux mefores lui fuffifent pour travailler fes Arçons.
- Le travail de l’Arçonnier.
- L a mefure prife fur le cheval, comme on vient de l'expliquer, l'Arçonnier commence par débiter fon bois, c’eft-à-dire, par foier de longueur toutes les pièces de fes Arçons ; enfoite il les dégroflïc & les ébauche l'une après Bourrelier , &c. B b
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- l’autre avec fa hachette ; puis ii leur donne la forme Sc les achevé avec les aceaux, la râpe à bois, Sec. Les pièces achevées , il y en a qui fe collent à plat-joint, d’autres à mi-bois : à l’égard de celles-ci, il trace avec la pointe de fon compas de fer ou autrement les échancrures ; puis en foivant fes marques avec quelques traits de foie , il pénétré jufqu’à mi-épaiffeur ; il évide enfuite fes échancrures avec l’aceau ou la plane bien uniment, pour que les parties échancrées qui doivent fe remplir mutuellement, fe joignent bien jufte.
- Il aflemblé chaque Arçon Sc en colle les pièces , celles de l’Arçon de devant à plat-joint ; il y en a qui, pour le rendre plus folide , y ajoutent une petite clef en travers en dehors, entre le galme & l’arcade : celles de l’Arçon de derrière à mi-bois , le tout avec de la meilleure colle forte ; Sc pour que les aifemblages à mi-bois ne fe dérangent pas en féchant, il frappe au milieu de chaque joint un clou , fous lequel il fait entrer un petit morceau de cuir : ces clous y relient jufqu’à ce que les Arçons foient parfaitement fecs. Les clous ôtés, il met fes Arçons fous les faufles-bandes ccc, ( voye% leur def-cription aux inftruments ci-delîus ) ; il commence donc par clouer les deux bandes fendues fur les pointes de l’Arçon de devant, de là for les pointes de derrière par le bout fendu : le cloud qui palfe dans la fente , aura un petit morceau de cuir fous là tête, comme les autres clous dont on vient de parler ci-delfos ; c’efl: alors qu’en failànt couler les fentes fous leurs clous, plus ou moins, il parvient à égalifor la dillance des deux Arçons , & fe donne la mefure de l’étendue du fiege en longueur , laquelle il prend avec un fil, le portant du haut du galme au haut du milieu du pontet, fbit quinze, feize, Scc, pouces ; alors il ferre le clou for la fente, & cloue la troifieme faulle-bande d’un bout fous l’arcade, & de l’autre fous le milieu du pontet, le tout bien alluré ; & après s’être confirmé en portant fon fil des pointes de devant à celles de derrière, en droiture Sc en diagonale , ii taille Sc ajulle fes deux vraies bandes qu’il place Sc colle à mi-bois, tant à l’Arçon de devant qu’à celui de derrière, à trois pouces du milieu du devant Sc à quatre derrière ; il frappe un clou à chaque joint, laifle fécher , Sc finit par ôter les faufïès bandes ; alors fon travail efl: achevé , Sc les Arçons prêts à être employés par le Sellier.
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- Lijle détaillée de Arçons des Selles en ufage.
- onze pièces.
- De la Selle à piquer.
- De la Selle à la royale, PL io, Fig, D D.
- De la Selle à trouffequin.
- De la Selle de Polie.
- De la Selle de Portillon d’équipage. '
- De la Selle ordinaire de femme > Pl. i o , Fig* E E.
- Arçons { De ta Selle de charte de femme rafe à la Polonoife.
- De la Selle rafe ou demi-Angloife.
- De la Selle à guides. I c .
- De la Selle de Courrier de malles, ^ neu* Pieces*
- De la Selle de Fourgonier. \
- De la Selle à l’Angloife , PL io, Fig. FF. 1 fept pièces. De la Selle de cheval de Brancard, PL 10, Fig. 7.3
- Proportions des Arçons de la Selle à la royale.
- Parmi les Arçons compofés de onze pièces, on choifit ici pour modèle les proportions de celles des Arçons à la royale, qui feront fuivis des différences qui fe trouvent dans les autres , fuivant la lifte ci-deffus.
- Les Arçons de la Telle à la royale font faits de onze pièces.
- Les deux grandes pièces de TArçon de devant, qu’on nomme les devants , auront chacun onze pouces & demi de long à prendre du dedans de garrot, c’eft-à-dire , du milieu de l’arcade jufqu’aux bouts, & quinze pouces d’ouverture d’un des bouts à l’autre : leur largeur de trois pouces ou plus.
- Les deux lièges qui fe placent debout vers le haut des devants à un pouce du haut du galme ; leur longueur arrafant les bords intérieurs des devants auront quatre pouces & demi de long ; leur haut bout aura deux pouces d’élévation-, leur largeur qui s’applique fur les devants, fera au milieu de demi-pouce.
- Les quatre pièces fufdites qui compofent tout l’Arçon de devant, fe font & fe collent à plat-joint : à l’Arçon de derrière, le pontet qui eft la piece du milieu de l’Arçon & le milieu du trouffequin , qui ne font qu’une feule piece , auront, pris enfemble, fix pouces de long & deux pouces de haut ; le deffous du pontet aura deux pouces de large.
- Les deux pointes s’affemblent & fe collent à mi-bois au pontet ; il y aura du milieu du pontet au bout de chaque pointe onze pouces de long : chacune aura trois pouces ou plus de large.
- Les deux bouts de trouffequin qui s’affemblent & fe collent à mi-bois au milieu du trouffequin fur leur hauteur , & à plat-joint fur les pointes , auront chacun huit pouces & demi de long , & leur largeur fur les pointes fera d’un
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- Toutes les pièces de l'Arçon de derrière aflemblées, il aura dix-fept pouces d'ouverture d'une pointe àTautre.
- Différences des autres Arçons.
- A onze pie- Les Arçons de la fêlle à piquer fur le modèle defquels ceux de la felle ces a piquer* g ^ rQyaje ont compofés , ont les mêmes onze pièces ; les différences
- font que les lièges ont fix pouces & demi de longueur 8c quatre pouces de haut à leur haut bout; que le trouflêquin a cinq pouces &demi de hauteur, & qu'il n'a que treize pouces de fiege : ces Arçons ont un pommeau de bois de trois pouces de long, taillé en-dehors horizontalement dans la même pièce du galme, qui fêrt à accrocher le chapelet des étriers, pour monter à cheval. Ce pommeau a été fupprimé à toutes les Telles fur lefquelles on monte làns fe fervir d'un chapelet : ces - Arçons font le chef-d'œuvre de l'Arçon-nier.
- Les Arçons à trouflêquin ont les onze mêmes pièces ; ils fe font pour les Telles de Cavalier, de Dragon & pour les valets ; les lièges s’y placent à rafe du haut du galme ; les bouts de trouflêquin fe terminent en arrondiflànt, parce qu’on n'y ajoute point de battes ; les lièges auront de long fix pouces 8c au haut bout deux pouces 8c demi de haut ; la hauteur du trouflêquin eft de deux pouces Sc demi : le fiege eft de feize pouces pour la Cavalerie, de quinze pouces & demi pour les Dragons, & de quinze pouces pour les valets.
- Le pofte. Les Arçons de pofte reffemblent en tout aux précédents ; mais ils ont dix-huit pouces de fiege.
- Poftillon Les Arçons de Poftiilon d'équipage de même ; mais ils n ont que feize pou-d équipage. ces £ege.
- A trouffe-quin.
- Femme.
- A neuf pièces , rafe. Courrier en guides.
- Les Arçons de femme 5 Fig. E E, ont onze pièces , comme tous ceux dont on vient de parler ; les différences font qu'ils n'ont qu'un fêul liège , qui fe place à gauche, côté dumontoir, un trouflêquin de quatre pouces de haut, duquel part hors la main un doffier qui eft une planche d'abord de même hauteur , qui coule le long de la bande hors la main , où elle augmente en hauteur , de maniéré que vers le milieu de fon étendue elle aura jufqu'à fept pouces de haut ; elle va fe rendre fur le bout du devant du même côté. Le galme qu'on nomme en cette occafion le pommeau , s'affemble à mi-bois, 8c aura fix pouces 8c demi de haut ; il s'ajoute debout au-deflus du vrai galme : ils auront de dix-fept à dix-huit pouces de fiege.
- Les Arçons de la felle rafe n'ont que neuf pièces, attendu qu'il n'y a point de trouflêquin ; du refte, ils font femblables à ceux de la fêlle à la royale.
- Les Arçons de Courrier en guides ont neuf pièces, parce qu'ils n'ont
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- point de lieges ; du refte , ils font femblables aux Arçons à trouflequin ; mais de trois pouces à trois pouces & demi de haut, on met à ces Arçons un pommeau pour y accrocher le chapelet du Courrier : ils ont feize pouces de fiege.
- Les Arçons de Courrier de malle, neuf pièces ; ils ont dix-huit pouces de Courrier de fiege, le trouflequin fix à huit pouces. Malle.
- Les Arçons de Fourgonnier , neuf pièces ; ils ont feize pouces de fiege, le Fourgon-trouflequin trois pouces à trois pouces & demi ; du refte , ces deux derniers font n*er« femblables en tous points à ceux de Courrier en guide.
- Les Arçons de la feüe à Y Angloife m, n’ont que fept pièces ; ils font tout  fept pie-
- A 1> *
- unis , n ayant ni liege ni trouflequin ; ils ont pour un Maître dix-fept pouces 1 An~
- de fiege, & pour un Poftillon dix-huit pouces.
- Les Arçons de la fellelte de cheval dé brancard ont fept pièces , & quinze Sellette,: pouces de fiege,
- LA CONSTRUCTION DES SELLES.
- Avertissement,
- Une Selle n’eft autre chofe que des arçons tapifles & garnis de Coût et qui leur eft néceflàire , pour que le Cavalier pulfïe, par ce moyen , être affis commodément fur le dos du cheval ; ainfi les proportions des arçons, quori vient de donner au Chapitre premier, font la proportion des Selles; on s’y eft étendu fur les arçons à la royale , comme étant du nombre des plus com-pofés ; & attendu que la Selle conftruite fur ces arçons eft la plus difficile à bien faire , & quelle donne les principes fur lefqüels on peut fe mettre en état d’exécuter toute efpece de Selles Françoifes, qn continuera à la prendre pour modèle, comme on a fait à l’égard de les arçons. La Selle que nous appelions à t Angloife, parce que nous l’avons empruntée des Anglois , a une conftruélion particulière dont on donnera enfuitè le détail ; la Selle de femme a quelques parties qui ne fe rencontrent dans aucune autre ; on les expliquera ; on finira par la Sellette du cheval de brancard , qu’on met ici, quoique appartenante à l’Art du Bourrelier , parce quelle auroit été la feule à décrire dans cet Art, au lieu qu’ici elle aura été précédée de notions analogues à fe defeription.
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- Bourrelier ; &c.
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- ART DU SELLIER.
- CHAPITRE SECOND.
- Les quartiers des Selles.
- Toutes les Selles ont des quartiers , c’eft-a-dire, une efpecc d étoffe compofée , avec laquelle on remplit l'intervalle des deux côtés des Selles, le long des bandes des arçons , & fur laquelle repofent les cuiffes du , Cavalier : cette étoffe fè fabrique ordinairement par des femmes ; elle le compole par pièces. Pour y parvenir, ona plufieurs plate-formes ou deffus de table de bois d'environ trois pieds en quarré , & un tonneau ou un gros billot fur lequel on met la plate-forme pour pouvoir la tourner à là volonté.
- Ayant placé votre plate-forme, étendez deffus une peau entière de mouton tannée, l'envers en defliis ; bâtiffez-la tout autour avec des pointes de Maréchal , qu'elle foit bien étendue ; Sc comme tout quartier doit avoir vingt-huit pouces en quarré y coulez des morceaux de même peau dans les vuides qui pourroient le rencontrer au pourtour , afin de la rendre lui van t ladite mefure.
- Pâte, Ayez de la pâte ; c efl ainfi que fe nomme une forte colle de farine ; cette colle fe fait avec de la folle-farine qui le trouve répandue dans les Moulins à bled , & de l'eau commune,une chopine pour un litron de farine ; on fait bouillir l'eau , & toute bouillante , on la verfe fur la farine en remuant toujours ; elle devient d'une bonne épaiffeur & très-collante.
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- Mettez de cette pâte fur la peau , étendez-la bien uniment avec un morceau de bois taillé exprès , qu'on nomme le lijjoir X, PZ. io : ayez de groffe toile ; la vieille toile à fàcs efl: la meilleure , parce qu'elle prête moins, étendez-la par-deffus la colle ; étendez une fécondé couche de colle, puis une fécondé toile fur laquelle vous pafferez le liffoir, pour rendre le tout bien uni ; mettez enluite fécher à l'ombre iur la plate-forme. Quand cette étoffe fera parfaitement feche, vous la déclouerez de delîus , & vous aurez alors un corps de l'épaiffeur d'un fort carton , mais plus ferme & plus lolide ; une peau de mouton ainfi préparée , fait les deux quartiers d'une Selle ; & des recoupes, le Sellier en compofe les battes de devant & de derrière, comme on verra par la fiiite.
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- L'A RT DU SELLIER.
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- CHAPITRE TROISIEME.
- Les Outils, Matériaux SC le commencement du Travail
- Les Selliers ont peu d’Outils qui leur foient particuliers; ce font les
- fuivants.
- La Liflette A. . •
- Les Cornettes B C, C C9 D.
- Les Rofettes E.
- Le Miniflre. ,
- Les greffes Tenailles.
- Du refte, ils fe fervent de plufîeurs autres inftruments qui leur font com-, mu ns avec les Bourreliers, comme le couteau à pied , le rembourroir , le tire-bourre, la rênette , le marteau , les pinces de bois & de fer, le batte-à-bourre, Sec, fuivant le befoin qu’ils en ont.
- On parlera du miniftre & des groffes tenailles, en traitant ci-après la garniture des voitures à laquelle ils fervent principalement.
- La liflette A, qui eft d’os, fèrt à unir Se liflêr ce qui vient d’être collé, en la partant deflus.
- Les cornettes B C , C C, D, fervent à imprimer des traces & différents defleins fur le cuir.
- Les rofettes E , font faites comme de gros clous, évidés en étoile fur l’é-pairteur de leur bout ; on s’en fort pour imprimer de petites étoiles fur le cuir à coups de marteau.
- Leurs matériaux font le nerf, la toile, le cuir, la colle-forte , la pâte ci-deflus, le velours, les galons, le fil-gros, les frang es, la bourre, le crin , la plume, Sec.
- Les coutures doubles fe font avec des aiguilles comme celles des Bâtiers , & fo nomment coutures piquées, comme celles des Carroflîers ; le point de cordonnet fora décrit Chapitre quatrième, au titre Dejjeins de Cordonnet.
- Nerver*
- Tous arçons, avant de fonger à les garnir, doivent être nervés & en? cuirés ; ce quon nomme le nerf de boeuf avec lequel on les nerve , efl: dans l’animal la marque de fon foxe ; il a huit à dix pouces de long tout préparé. Cette préparation confifte à le divifer en filafîe avec de grortès cardes de fer ; ceux qui l’apprêtent ainfi, le vendent en paquets d’une livre aux Clinquaillers ou directement aux Selliers.
- Putils,1
- Planche
- 10,
- Matériaux,1
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- xo4 TA RT DU SELLIER.
- Ecartez ces fils de nerf , & les étendez à mefure fur les arçons de tous côtés , & toujours du fens de la longueur des pièces ; ayez en même-temps de la colle-forte chaude, trempez dedans à mefure une brofle de Peintre, que les Selliers appellent un pinceau, dont vous enduirez le nerf en tapant la brofle deflirs ; paflez enfuite la liflette par-tout pour bien unir & applatir le
- nerf ; laiifez refroidir.
- Encuirer\
- Pour encuirer enfuite les arçons nervés , prenez de la toile de moyenne grofleur, taillez-la en morceaux fur la mefure de chaque piece d’arçon ; car il faut que le bois en foit couvert entièrement ; trempez chaque morceau à mefure que vous voulez l’appliquer dans la colle-forte chaude , à plufieurs reprifes , le maniant & pétrifiant dans vos mains à chaque fois avant de le pofer ; paflez enfuite la liflête, afin qùe la toile fe colle bien uniment par-tout.
- Ferrer.
- Les arçons nervés , encuirés Sc bien fées, il s’agit de les ferrer: cette ferrure confifte en bandes de fer plates & autres ferrements, favoir, fous l’arçon de devant jufques vers les bouts, une bande d’un bon pouce de large , qui fuivra toutes les inflexions de l’arçon ; fous celui de derrière , une pareille bande ; une bande qui traverfe en dedans le collet du devant de la Selle, & fe termine fur les lieges ; on la nomme bande de collet ; du refie , les porte-étriers faits avec de petites tringles de fer, qui fe mettent fur les bandes d’arçon , comme auflî quelques boucles & anneaux enchappés : toute cette ferrure fe cloue au bois des arçons : elle varie fuivant les Selles,
- Sangler & faux-Jiêger.
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- Sanglé R eft: remplir avec des fangles le vuide qui fe trouve à toutes les Selles entre les deux bandes d’arçon ; faux-Jîéger eft couvrir de toile par^ deflus les deux bandes. Pour fàngler , vous clouerez d’un arçon à l’autre en-def fous, quelquefois en-deflus, entre les deux bandes de la fàngle fine, deux morceaux qui fe croiferont l’un fur l’autre au milieu de leur longueur. Pour faux-fiéger, vous couperez un morceau de toile, de façon qu’étant tendu & cloué fur les bandes & fur les arçons, il couvre en entier par-deflùs les fan-gles fufdites les bandes & l’intervalle entre les deux arçons.
- CHAPITRE
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- L’A R T DU S E L11 £ R>
- CHAPITRE QUATRIEME,
- Conjlruclion de la Selle à la Royale. '
- Ma intenant que ces quatre opérations communes à toutes les Selles font décrites ; fuppofànt ici qu’elles foient exécutées fur les arçons d’une Selle à la royale, vous continuerez par tailler les quartiers Fig. 2 , PL io , c’eft-à-dire, l’étoffe décrite Chapitre fécond, deftinée à remplir les côtés de la Selle. Pour cet effet, vous couperez cette étoffe' en deux quarrés longs ; on j^eg entamera un des longs côtés à trois pouces d’un de fes bouts : cette entamure tiers, fera le milieu du haut du galme a ; de là on conduira fa coupe en rafànt les lieges en-dehors ; on remontera de même en-dedans jufqu’à un pouce Sc demi au-delà du dedans dés bandes b , que l’on fîiivra tout du long à cette diftance jufqu’aux bouts dé trouffequin, autour defquels on tournera de même pour terminer la coupe au milieu du haut du pontet en-dehors c , & à un pouce & demi de l’autre bout d d\ le côté oppofe qui eft en-bas e e, doit paffer à quatre pouces au-defîous des pointes des devants d’arçon.
- Chaque quartier ainfi taillé , vous couperez fur lui fon deftusqui fera de Defîus dë cuir de Ruffie , de velours, Scc ; vous le couperez le long des trois côtés de <luartieri dehors ff» d’un demi-pouce plus large , Sc dans l’efpace du liege au trou/fe-quin plus bas d’un pouce & demi g g, que l’étoffe du quartier b \ que vous laifïerez à nud.
- Vous pouvez alors achever chaque quartier à part, qu’il n’y ait plus qu’à
- les monter fur la Selle quand il en fera temps. Pour cet effet, vous éten- ^
- drez avec la liflettë de la pâte fur le quartier ; vous y collerez le deffus , puis
- vous pointerez fur une table fbn excédent de demi-pouce , & vous laifferez fé-
- cher. Ouand lê tout fera bien fec , vous rabattrez en-deffous l’excédent du A t ^
- x ' Achever tes
- deffus , ce qui peut fe faire de deux façons. Si le deffus eft de roujji ( c’efi: le quartiers, nom qu’on donne par corruption au cuir de Ruffie ), après en avoir replié les bords en-deflbus, on les arrête par une couture piquée ; s’il eft en velours, on les rabat à l’Ângloife. Pour rabattre à l’Angloife, on décolle la dou- Rabattre à ble toile du quartier autour des bords ; oriy fait entrer dans l’intervalle les bords lAngloifei du deffus , & on colle le tout enfemble ; on borde le deffus avec un galon, ce qu’on ne fait point en roüfîi : la couture ci-deffus tient lieu de bordé.
- Tracez fur le milieu du quartier, nommé tentre-jambe, les deffeins décor- Reffôins fa donner ; ces deffeins confiftent à marquer avec la réglé Sc la cornette B , du cordonnet ôé haut vers le bas , un peu en biais , des lignes parallèles deux à deux , chaque fomt’ double ligne répétée quatre ou cinq fois à diftance égale les unes des autres , B0URRELIER)&€i Dd
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- Les battes.
- ïo6 L’ART DU SELLIER,
- qu’on termine par de petites portions de cercle auiïï doubles , faites au compas Fig. 3, æ cl , pour les fuivre enfuite d’un bouta l’autre avec le point de Façon du cordonnet compofé d’un fil 8c d’une foie rouge : pour le faire , vous piquez
- donner6 l’alêne, puis vous paffez le fil avec l’aiguille de deffous en deffus ; & avant
- de le repafler en defious, vous engagez un bout de la foie dans le point avec
- lequel vous la ferrez enfuite , & ainfi de point en point tendant toujours la
- foie : ces deffeins font une efpece d’ornement utile , pour empêcher le déflus de fe déjoindre de fon quartier.
- Tout cela achevé, vos quartiers feront prêts à monter fur les arçons.
- Les quatre battes, tant les deux de devant que de derrière, font des pièces deftinées à garnir les bouts des lieges & du trouffequin ; on les fabrique avec les morceaux de l’étoffe des quartiers qui relient après qu’ils ont été taillés ; on les coupe fur des patrons : celles de devant Fig. 4, font corn* pofées de deux de ces morceaux ; il en faut quatre des plus forts pour celles de derrière, Fig. 5 ; les battes de devant dépafferont les lieges de deux pouces , & celles de derrière de quatre pouces. A la Selle à la royale , la batte de devant a de long fix pouces 8c demi paffés ; au bout d’en-dehors , deux pouces & demi de haut ; l’autre bout un pouce & demi. La batte de derrière a cinq pouces 8c demi paffés de long , le bout en dehors deux pouces 8c demi de haut, le bout bas un pouce 8c demi : on les amincit par le delîus & au bout haut. Pour conftruire celles de devant, collez avec de la pâte les deux morceaux de chacune enfemble ; puis vous les pointerez fur une planche par les deux bouts , & les laifferez fécher ; on fait de même aux battes de der-
- rière.
- Pour achever la batte de devant , vous collerez fur toute fa furface de dehors un morceau de cuir de Ruffie ; puis marquant fur cette face le contour du liege, à deux pouces près du bout quarré de la batte , vous y coudrez un petit galon qui le repréfentera ; vous coudrez auffi de l’autre côté en-dedans un autre morceau de même cuir, que vous aurez taillé un peu plus large que le bout de la batte , pour qu’étant coufu & pliffé dans les angles, on puifïe le rembourrer par le côté en-dedans, qui ne fera point coufu vis-
- Chauffer les à-vis le bout quarré du liege : cette façon eft ce qu*on appelle chauffer les battes. hatteS'
- Pour monter les battes fur les lieges, vous commencerez par décoller de delîus la batte le roufîTqui eft dans l’enceinte du petit galon ; vous y ferez entrer le liege ; le corps de la batte fe trouvera en dedans derrière le liege. Ayant pofé ainfi les deux battes avec un peu de pâte que vous aurez mis aux ~ lieges, avant de les enfoncer, vous les clouerez, c eft-à-dire , l’étoffe qui les couvre , qu’on laifîe toujours dépafîer un peu ; vous les clouerez , dis-je , fur les devants d’arçon de trois clous par-dehors , & d’autant par-dedans.
- Vos battes en place b , Fig. 3 , & affinées, vous amincirez au haut ce qui
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- L'ART DU SELLIER. iô;
- neti eft pas recouvert, en y taillant en-dedans un petit bifeau ; vous borderez
- tout le deflùs garni d’un petit galon .% je , Fig. 4 , que vous pafferez de l’une à
- l'autre par-deflus le galme de l’arçon ; puis vous placerez les miroirs. On Les Miroirs,
- nomme le Miroir , un petit morceau de l’étoffe dont on fera le fiege ; on le taille
- fuivant le contour du petit galon ci-deffus qui repré fente le tour du deflus
- du liege ; on le colle à plat fur le cuir de Ruffie qu’il encadre ; on en fait
- entrer les bords fous le galon , & on cloue le bas fur les bandes d’arçon.
- Les battes de devant ainfi travaillées, font les premières pièces de la Selle montées à demeure fur les arçons, (ij.
- Vous affemblerez alors les quartiers par leurs bouts de devant a, avec Alfembîer une couture à furjet; vous couvrirez cette couture par une petite bande de ies quartiers, rouffi couiue à deux rangs , qui fe nomme un petit galme ; vous poferez ce milieu fur le galme de l’arçon de devant ; vous porterez les deux quartiers en leur place , Sc vous les retiendrez par quatre clous, que vous pointerez, deux vers les battes, Sc deux vers le trouffequin ; vous verrez avec le compas fi le bas des quartiers eft à diftance égale des pointes de l’arçon de derrière , ce qui doit être exaéiement ; en même-temps vous porterez les battes de derrière aux bouts de trouflequin fur les quartiers , où vous marquerez ce qui doit en dépaffèr le trouffequin ; vous ôterez enfuite les quartiers , & coudrez à points croifés lefiiites battes fur fendroit marqué. Vous coudrez enfemble les deux bouts de derrière des quartiers c, Fig. 2 , au-deffus du pontet, derrière le crouffequin; recouvrez la couture d’un petit galme.
- Otez les clous qui pointoient les quartiers*
- Coupez le vrai fiege d d, Fig. 3 , en chamois, velours, Scc , d’utt feul Le fiege, lô
- morceau, fur un patron repréfenté plié en deux Fig. 6: celui de la Selle chaperon 6c
- 4 *•••*- jg dedans de
- à la royale a un pied dans fon plus large derrière, & quatre pouces deyant ; trouflequin*
- vous le doublerez de toile ; vous marquerez fur l’étoffe cinq traces elpacées en travers ; c’eft ce qu’on nomme les barres du fiege ; vous les fuivrez toutes par une couture en foie à points devant, qui prendra le deffus Sc la doublure que vous aurez coupée un peu plus large que le deffus, pour donner facilité à la rembourrure: vous coudrez au fiege le chaperon e par-devant, & le dedans de trouffequin f par-derriere ; vous ferez ces pièces de l’étoffe du fiege.
- Le chaperon eft deftiné à recouvrir en-dedans le collet de l’arçon jufqu’à la garniture des battes , Sc le dedans de trouflequin doit recouvrir pareillement en-dedans tout l’intervalle entre fes battes garnies : chacun fera en deux morceaux égaux , coufus au bout l’un de l’autre $ on les taille fuivant la place qu’ils
- (1) Quand aux battes de derrière, vous en garnirez la moitié la plus large c, Fig. 3 , qui doir dépaffer le bout du trouffequin de quatre pouces ; vous en amincirez le haut & le côté en bifeau en-dedans ; vous collerez en dehors le cuir de Ruflie ; vous borderez le tour d’un galon,
- & à un demi-pouCe au-deffous , vous coudrez un autre galon parallèle au premier; vous clouerez au trouffequin en-dedans à demeure cinq ou fix clous à la partie de la batte qui n’eft point couverte.
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- Feutrure du trouflequin.
- Piquer la feutrure.
- Pofer le fie-ge, le chape^ ron & le dedans de trouf? fequin.
- ioS VAUT B U S £ L L I £
- doivent occuper ; de plus on joint encore par une couture, le long du de-;
- dans de trouflequin , un morceau de cuir de Ruflîe deftiné à le fortifier.
- On couvrira tout le derrière du trouflequin jufqu’à la garniture des battes : on en couvrira la couture d’un galon , qui répondra au fécond galon des battes ; yous doublerez le chaperon de toile, & vous y ferez quelques barres comme au .fiege ; vous ne doublerez point le dedans de trouflequin ; mais pour lor-nement , vous le remplirez de petites barres de pouce en pouce ; enfuite retournant ces pièces à l’envers , vous fendrez en travers la toile au milieu de chaque barre du fiege , pour y faire entrer de la bourre de laine , Sc les rembourrer mollement ; puis vous ferez à la toile de côté & d’autre de ces fentes de petites taillades en long avec les cifeaux ; vous les femerez fur toute la doublure : ceci fe fait pour que la toile prete quand on tendra le fiege ; par la fuite, vous ferez la même opération à l’envers du chaperon ; vous coudrez un petit cuir en avant, aii-deflous du milieu du devant du fiege. *
- Pour faire enfuite la feutrure du trouflequin, coupez un morceau de toile aufïï long que le trouflequin & les parties de fos battes qui ne font point garnies, & affez large pour qu’elle puifle pafler par-deffus; coufoz-la d’une couture piquée le long du bas dudit trouflequin en-dedans ; jettez-la enfuite par-deflus ; vous la couperez alors au Faut du bout non garni dé chaque batte, & l’y coudrez en lui donnant du jeu , pour pouvoir les rembourrer enfuite par le côté en-dedans , que vous ne coudrez point : quand cette rembourrure eft faite, pointez la toile de quelques clous le long de la moitié de la hauteur du trouflequin en-dehors ; rembourrez-la en-dedans ; continuez toujours de pointer des clous & de rembourrer , jufqu’à ce que vous ayez rempli l’intervalle d’une batte à l’autre, ce qui s’appelle faire la feutrure du troujfequin; enfuite un peu au-deffus de ce rang de clous pointés, vous ferez un rang de piquures de pouce en pouce, c’eft-à-dire , que perçant avec l’alêne de dehors en-dedans, vous traverferez le bois du trouflequin & la feutrure pour y pafler l’aiguille enfilée ; puis la repaflànt dans le même trou, vous engagerez dans le fil, avant de le ferrer,/ une pincée de bourre. Cette piquure faite , vous ôterez le rang de clous , & vous couperez le furplus de la toile au-deflbus du1 fil de la piquure ; vous recouvrirez la toile des deux battes d’un morceau de cuir de Ruflîe , que vous leur coudrez en-bas , en-haut & à côté.
- Vous borderez d’un galon les deux côtés du fiege du chaperon & du dedans de trouflequin , que vous ne coudrez qu’à mi-bord ; & avant de les placer, vous coudrez au faux-fiege la portion des quartiers qui n’eft pas coun verte de leurs defliis.
- * Placez le fiege bien au milieu entre les deux arçons par-deflus le faux-fiege ; vous en coudrez le bout le plus large, qui eft le derrière d’une couture piquée, trayerfànte le long du bas du trouflequin ; vous le tendrez
- enfuite
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- D A RT D V SE LL I Ê R. xcp
- enfuite en long au moyen du petit cuir que vous avez ci-devant ajouté à l’autre bout, Sc que vous clouerez au collet ; coufez cet autre bout au-bas du collet, comme vous avez coufii le derrière : ces deux coutures prendront en même-* temps, l’une, le bas du dedans de troufiequin, l’autre , celui du chaperon qüi tiennent tous les deux au fiege , comme il a, été dit.
- Vous rembourrerez le delîous du fiege par les côtés dans toute Ion étendue Rembôurtet bien également ; vous en fermerez les côtés, en les tendant par une couture Ie üege* piquée en avant fur les quartiers ; puis vous la couvrirez de l’autre demi-largeur du galon que vous coudrez de même aux quartiers ; vous releverez enfuite le dedans de troufiequin par-deflus là feutrure , Sc vous colerez la piece de roufly qui y eft jointe , comme il a été dit , le long du dehors du troufiequin ,
- Sc vous la clouerez en-bas de quelques broquettes. Pour faciliter votre opération , vous aurez précédemment enfilé par les bouts les deux derrières des quartiers qui cachent cette place ; vous les aurez retroufles & attachés avec le fil par un nœud au bord de leurs côtés bas. Quand elle fera faite , les quartiers retourneront d’eux-mêmes en leur place , & recouvriront les broquettes ; vous coudrez enfuite les galons des côtés autour des battes, & vous coudrez un galon fur tout le haut du troufiequin ; vous releverez le chaperon $ vous coudrez le galon des côtés fur la cfiauftîire des battes de devant, & Coudre leê le haut fur le haut des battes Sc du galme, le rembourrant à mefure ; vous Salons* recouvrirez cette derniere couture en coufant par-defius le galon de communication d’une batte à l’autre ; voye^ les battes ci-deffus.
- Vous aflemblerez Sc coudrez les deux bouts de derrière des quartiers au-defius du pontet, & vous en couvrirez la couture par un petit galme de
- Vous mettrez par-devant un rang de clous dorés en-dehors , depuis le galme Clous dorés* jufqu au bout des battes de devant de chaque côté , Sc un derrière, le long du troufTequin, depuis le pontet jufqu’au bout des battes.
- Il ne fe fait point de Selles dont le deflous ne foit garni de deux panneaux , deftinés à garantir le dos du cheval du bois des arçons ; c’eft pourquoi , tout le deflous de votre felle étant achevé , vous aurez conftruit deux panneaux égaux, £eâ pour être pofés l’un à droite , l’autre à gauche,fous les arçons. Or , comme neaux*
- la conftruélion des deux eft la même , le détail d’un feul fera fuififant*
- /
- Prenez un morceau de bafanne jaune , Fig. 8, ff ; appliquezda à l’envers des arçons, Sc tracez defius leurs contours avec une pointe , fàvoir, depuis le milieu de l’arcade du garrot , tournant de la pointe de devant à celle de derrière , Sc finiflànt fous le milieu du pontet, d’où vous tracerez une ligne droite qui rende à l’extrémité de l’arcade de votre côté ; coupez le long de ces traces, obiervant cependant de rentrer en douceur en-dedans entre les deux pointes , Sc de laifier , quand vous ferez arrivé à un pouce Sc demi de l’arcade, une petite avance de peau g, que vous couperez quarrément Bourrelier , &c* E e
- vS„
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- Garniture;
- Pofe r les panneaux,
- no L’A RT DU SELLIER,
- jufqu’au milieu de Farcade, par où vous avez commencé ; alors f le deflùs de votre panneau eft taillé, & vous fervira de patron pour Fautre : coupez fur la mefure des pointes des arçons deux petits morceaux de rouflÿ , arrondis comme elles par un bout, coupés quarrément par le bout oppofé ; coufez-les au-dehors de la peau à Fendroit des pointes d’arçon , excepté le bout quarré qui doit relier ouvert, ce qui formera une petite bourfe ou poche ; cela fait, vous doublerez de toile tout l’envers de votre delfus de panneau ; puis prenant une fécondé toile , vous poferez votre panneau delfus , Sc vous la couperez autour du dehors d’un pouce plus large , excepté entre les deux pointes , où vous la rapprocherez de la petite échancrure que vous avez faite, & dont, en relfortant, vous l’élargirez comme devant jufqu’à l’angle , pris vis-à-vis du pontet, où vous la couperez pendant trois pouces tout près du delfus ; puis relîortant un peu, vous couperez en droite ligne jufqu’au bout de la petite avance ci-deifus, fans vous embarrafler de fuivre davantage la forme du panneau; vous coudrez cette toile par les bords à ceux du defîus à grands points , la plilfant dans le tour des pointes ; vous coudrez enluite à mi-bord delfus Sc deflous par-deilus cette couture , une bordure de bafànne julqu’à trois pouces au-delà du pontet , où vous avez arrafé la toile avec le delfus. La bordure finie vous continuerez à coudre le long du defîus jufques vers le milieu de là longueur, où vous lailferez une ouverture de trois pouces ou environ , après laquelle vous reprendrez la couture jufquau commencement de la petite avance ; le furpius de la toile qui relie en-dehors , fe coudra au bout de ladite avance jufqu’où vous avez commencé à border ; vous ferez aulfi entre les pointes vis-à-vis de la petite échancrure h h> une couture en quarré , qui occafionnera un efpace où la bourre n’entrera pas : toutes ces coutures faites, vous pointerez à l’envers fur une table par les deux bouts ; vous rembourrerez d’un bon pouce d’épais & alfez ferme par l’ouverture fufdite, que vous coudrez en-fuite , & le panneau fera prêt à pofer.
- Avant de pofer les panneaux , il faut attacher aux arçons tous les cuirs né-celfaires au fervice de la Selle ; ces courroies confillent en trois contre-làn-glots a, a , a , Fig. 8 , le long de chaque bande aux boucles du poitrail b 9 a Vanneau de la croupière c, (i) aux attaches du coulfinet d, & aux trouflè-étriers e , & par-delfus aux crampons des fourreaux de pillolet g, g, Fig. 3 9 & à ceux du porte-manteau h.
- Les panneaux fe pofent les derniers. Pour cet effet, on commence par faire entrer les pointes des arçons dans les petites poches, coufues fur le delfus du panneau ce qui s’appelle chaujfer les panneaux ; on ne le fait tenir du relie qu’à Farcade par deux clous pour chaque panneau, & aux pointes de même ; la Selle alors eft totalement achevée , & prête à fervir, quand on y aura ajouté la croupiere avec fon couflin , le poitrail, les fangles, les étriers avec les
- (1) Pour le poitrail & la croupiere , voyc% le Chapitre douzième.
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- L'ART DU SELLIER. in
- étrîvieres ; du refte , il y a de quoi attacher le porte-manteau en paflànt des courroies dans les crampons rivés qui font derrière le troulfequin & les fourreaux de piftolets à ceux de devant près des lieges.
- On ajoute prefque toujours une couverture de bafànne jaune à la Sellé, qui Couverture. Couvre entièrement tout le deflus, pour la conferver & la garantir de la pouf-fiere ; la Selle même fert de patron pour tailler toutes les pièces de la couverture ; on double de toile de Cholet feulement ce qui en doit pofèr fur le fiege ; du refte , avant d’affembler toijtes les autres pièces, on paflè à l'envers de chacune une couche très-légere de pâte qui eft lèche en un moment, pour garantir la Selle d'une poufliere légete qui la faliroit perpétuellement fans cette précaution.
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Des variétés déformés SC de conflruclion dans les Selles Françoifes
- comparées à la Selle à la royale.
- J j a conftruétion de la Selle à la royale que l'on vient d’expliquer , donne la manœuvre , en general * de toutes les autres Sellés Françoifès ^ mais comme dans chacune il fe trouve différentes conformations, relatives aux divers ufages auxquels on les applique, il fùffira d’expliquer la ftruéture de ces différences , attendu que le travail efîèntiel efl déjà indiqué dans la précédente.
- La Selle à piquer.
- La Selle à piquer efl celle qui efl défignée par le Corps des Selliers pour leur chef-d’œuvre de réception : cette efpece de Selle ne fert que dans les Académies pour monter à cheval, par les raifons qui ont été déduites dans l’Introduélion , entre autres , quelle doit fbn origine à la Selle à corps des Guerriers aux temps des armures de fer, dont ils fe couvroient depuis la tête
- jufqu’aux pieds. ^ 1
- Nous avons découvert une de ces Selles à corps chez un Sellier , (le fleur Selle à corps Hutin , rue d’Orléans au Marais , ) qui avoit été conftruite par fbn bifàïeul ,
- & qui doit avoir environ cent ans ; on verra par le deffein que nous en avons fait, comparé à celui de la Selle à piquer aéluelle , qu’en ayant retranché ce qui y feroit préfentement fuperflu, & l’ayant accommodé à notre ufàge, elle n’a fait du refte que changer de nom.
- Cette Selle efl entièrement couverte en veau lac.
- La Figure I, repréfente le deflus des arçons ; il efl d’une feule piece;
- ( les arçons d'une Selle à piquer font de onze pièces, voye{ Chapitre premier ) ; les lieges & le troufîequin font collés deflus.
- Planche
- ii.
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- ïri VA RT DÜ SELLIER.
- La Figure II, repréfente farçon de devant vu de face , garni dune plaque a a a 9 de la matière des cuiraffes, clouée fur tout le devant , haute de quatre à cinq pouces, terminée quarrément au haut (ans pommeau, une partie b b, du dedans du trouflequin vue en perfpeélive.
- La Figure III, repréfente la Selle vue de profil ; c’eft dans ce profil que Fœil la détaille le mieux : on voit les deux plaques a, a, celle du devant, celle de derrière, la batte de derrière , & la hauteur du trouf fequin.
- La Figure IV, repréfente le derrière de la Selle ; on voit le dehors du trouflequin a a , garni de là plaque b b, le devant c c, Vu en-dedans en perlpeélive.
- Les différences entre la Selle à corps & notre Selle à piquer , font que celle-ci n’a point de plaques de fer, que Farçon de devant fe termine par un pommeau , & qu’elle eft en général moins groffîere ; & en la comparant pour la manufacture à la Selle à la royale, on n’y trouvera de différence que les battes de derrière qui le conftruilent d’une façon toute particulière dont on va donner le détail.
- Pour les compofer, on commence par tailler un fond a a , PL II, Fig. '2 ; c’eft ainfi que le Sellier appelle une portion de planche de bois de hêtre , épaiflè d’un pouce, haute de fept pouces large de trois pouces ; elle fera plate fur fa face extérieure ; le bas fera coupé quarrément; il farrondira en lime demi-ronde fur toute fa face extérieure , & la taillera fur les côtés du bas en haut en la diminuant de largeur jufqu’au fommet, qu’il terminera en portion de cercle ; ce fond ainfi taillé fera le haut bout de la batte ; couvrez ce fond entièrement d’un fort coutil, auquel vous en coudrez un pareil qui fera la longueur de la batte : le bas des deux côtés de ce dernier coutil fe coudra au premier quartier, Sc en fuite en les rapprochant un peu l’un de l’autre en allant vers là moitié du trouffequin en-dedans de chaque côté ; alors , dans cette efpece de poche, vous ferez entrer de la paille le plus que vous pourrez, en frappant à mefure à coups de marteau redoublés , pour que la batte devienne dure de paille comme du bois ; puis vous piquerez de gros fil tout au travers , que vous ferrerez à force ; après quoi vous la clouerez en-dedans du trouffequin. Comme ces battes, ainfi rembourrées ont à leur bout une épaiffeur qui fait faillie fur le trouffequin en-dedans de chaque côté, de façon qu’il fe trouvera un efpace entre elles moins épaiffe au milieu du trouffequin , vous la remplirez bien uniment avec des morceaux de quartier, que vous y clouerez pour gagner F épaiffeur ; enfuite vous feutrerez comme à la Selle à la royale. Vous obferverez, avant de coudre le fond au quartier, de Fy placer de façon que û bafe fuive la direélion d’une réglé pofée , en defeendant un peu de la batte de devant à celle de derrière ; du refte, procédez comme à la Selle à la royale.
- Vous
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- L’ART DU SELLIER.
- On couvre ces Selles de veau retourné, la chair en-dehors, oü de veau
- laô.
- Les Selles à trouffequin^
- C e titre comprend toutes les Selles qui ont des trouffequins plus ÔÜ moins élevés, dont les bouts font arrondis, & auxquels le Sellier n’ajoute point de battes : telles font la Selle de Poftillon d'équipage, de Courrier en guides, de Courrier de malles , de fourgonnier : les proportions de ces Selles font détaillées ci-devant au Chapitre de l’Arçonnier ; leur garniture fe travaille par le Sellier comme celle de la Selle à la royale, mais ordinairement en étoffe moindre , attendu que la plupart font faites pour des Poftillons, Courriers de malles , ou valets.
- La Selle de Pofte, Fig. 6 , PL il, a quelques parties ajoutées ou formées Là Sellé de différemment des autres ; elle eft ordinairement accompagnée d’une ventoufo a. On appelle vemouje, un creux ovale , enfoncé au milieu du fîege vers le troufïequin, pour éviter que le Courrier ne s'écorche par le frottemen continuel du fîege. Pour faire cette ventoufe , on plie le vrai fîege par la moitié, & force pli, depuis un pouce du trouffequin , on entaille la forme d’un ovale allonge de trois pouces en long ; on coupe enfuite deux morceaux de la même étoffe du vrai fîege , qui auront chacun un pouce de haut, & un troifieme qui fora celui du vuide, & doit faire le tond de la ventoufe. On coudra d’uné part les deux morceaux de côté le long du vuide ci-deffus, Sc de l’autre au morceau du fond , le tout à forjet ; puis ayant mis le fîege en place , on coudra tout le tour du fond au travers du faux-fiege, afin qu’il y foit adhérent ; après quoi on rembourrera le vrai fîege comme à l’ordinaire , & affez ferme autour de la ventoufe , qui alors formera un creux ovale d’un pouce de haut pour l’effet que l’on délire.
- Quand on veut, on met lés porte-étriers de fer b , par-dehors , en-dedans, des battes ; des focoches, ou bourfos c, devant ou derrière , Sec.
- La Selle de Femme ordinaire à troufjequin & dojfier*
- ï l fe fait de deux fortes de Selles de femme , l’une à trouffequin &l I dofïier, pour celles qui s’afloient les deux jambes du même côté, qui eft la plus ordinaire ; l’autre eft principalement pour les Dames chaffeufos ; on la nomme à la Polonoife pour femme : on en parlera après celle-ci.
- Pour la difpofition & la proportion de cette Selle , voye^ le Chapitre premier qui traite de l’Arçonnier, & la PL io , Fig. p; en conféquencè, le Sellier a à garnir un dofîîer & un pommeau : les autres différences font un double faux-fiege ou matelaffure, & un bourrelet.
- Le pommeau a, Fig. , fo rembourre légèrement fur fon bois , & fo-
- Planche-
- io.
- Bourrelier , &c.
- F f
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- ïi4 . L'ART DU SELLIER.
- recouvre de deux morceaux de l'étoffe du deffus ; les coutures fe couvrent
- de deux rubans ou galme.
- La toile du faux-fiege coupée pour aller jufqu'au bas du doffier 8c clouée fur les bandes , & enfuite au doffier, on fait la matelaffure en étendant la bourre comme à la Selle à la royale, & renfermant dans une fécondé toile qui renfermera auffi le bourrelet b9 b.
- Le bourrelet fe conftruit ftir le quartier côté du montoir ; pour cet effet, on met le quartier en fa place ; on l'y arrête par quelques pointes de clous ; alors on trace deffus deux lignes parallèles diftantes de trois-quarts de pouce Tune de Tautre, depuis le liege du devant jufqu’au bout du trouffequin ; on débâtit le quartier, on coupe une largeur de toile1 fuffifànte pour , après avoir été coufue au quartier le long d'une des traces fufdites par un de fes bords , elle forme étant coufue de même par fon autre bord fur Tautre trace , un vuide d'un pouce de haut tout du long ; on ferme ce conduit par le bout de devant, 8c par Tautre on le rembourre le plus dur qu'on peut; puis on pique ce bourrelet de plufieurs rangs de boutons de laine , afin qu'il devienne folide prefque comme du bois. Lorfque le quartier eft placé à demeure, la fécondé toile de la matelaffure paffèra deffus, 8c fe coudra au bas de ce bourrelet : il eft deftiné à relever le bas du fiege, de peur qu'il ne panche trop en-devant.
- Le vrai fiege le taille , comme on le voit Fig. io ; l'avance a, occupe l’intervalle entre le pommeau 8c le doffier au-deflus de la matelaffure, 8c s'y arrête ; on met une feutrure c , c , Fig. p , tout le long du trouffequin 8c du doffier , puis le deffus, 8cc , comme à la Selle à la royale, 8cc.
- Au lieu d'étriers, c'eft une planche d9 fur laquelle la femme met fès deux pieds : cette planche a un pied de long & tuois à quatre pouces de large , plate par-defïus , un peu bombée par-dellous ; on fait deux mortaifes vers chaque bout pour y paffer une étriviere e , e, dont chacune fe boucle à des anneaux quarrés , attachés à la bande d'arçon ; on rembourre 8c couvre le deffus de cuir, qu'on attache autour à la planche avec des clous dorés.
- /
- La Selle rafi, Fig. 3.
- Planche
- 11.
- I l n’y a pas grand’chofe à dire de cette Selle ; car elle fe travaille comme la Selle à la royale : cette Selle fe nomme auffi demi-Angloife , parce quelle n'a ni trouffequin ni battes ; le fiege de celle-ci fe taille plus ample par-derriere que celui de la Selle à la royale.
- f '. *
- f ;./
- WS
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- 1
- L'A RT DU SE L L ÎE R.
- La Selle rajè de Femme , dite Selle à la Polonoife*
- Celle-ci eft une Selle rafb accommodée à l’ufàge des femmes qui veu* lent être à cheval en face des oreilles du cheval, comme les hommes , fans cependant avoir jambe deçà Sc jambe delà ; les Dames qui chaflent s’en fervent principalement. Cette Selle eft difpofée de façon que la femme pafïè îa cuiffe droite au delà du pommeau qu’elle embrafle enfuite avec fon jarret , fa jambe droite revenant à gauche. 11 j a donc de plus à cette Selle un pommeau par l’Arçonnier élevé & recourbé par le haut en devant, quon nomme aufli un cold oie a, un liege b} hors la main , d’une forme particulière , qui s appelle le liege de cuijje , & par le Sellier un petit faux-quartier ou matelas c, vis-à-vis du liege de cuiile à gauche , pour recevoir la jambe droite & une poignée de fer garnie dy pour la main droite ; on ajoute par-devant un couffinet piqué e, qui tombe fur le cheval, pour que la jambe droite ne pofe pas fur le crin.
- Après avoir compris la manœuvre des Selles énoncées ci-defïus , il eft aifé de voir comment on parvient à exécuter toutes ces pièces ; il s’agit de les tailler fur des patrons, les rembourrer, feutrer, couvrir, &c, ce qu’il eft inutile de recommencer * la Figure 4 , en Paie ^percevoir la difpofi-tion.
- j - ' V »!
- *T*
- =s
- CHAPITRE SIXIEME.
- La Selle à TAngloife.
- V o 1 c 1 une Selle d’une conftruétton toute différente des précédentes • nous la tenons des Anglois ; les arçons font repréfentés en m, où on voit que celui de devant eft joint à mi-bois en a : la Selle eft repréfentée Fig. 11.
- Les arçons nervés & encuirés à l’ordinaire, on les {angle par-deftus au contraire des nôtres qui fe fanglent en-defîous ; on attache par-devant les deux fangles l’une fur l’autre , & on les écarte par-derriere d’environ un pouce ; puis par-deffus on cloue d’une bande d’arçon à l’autre deux ou trois traverfes de même fangle , à quelques pouces l’une de l’autre, plus en-devant qu’en arriéré ; puis on attache le faux-fiege de toile par-defïous le devant, revenant par-deffus les bandes, finifîant deflous le derrière.
- On arrange bien uniment la bourre fur le faux-fiege , ce qu’on nomme la matelajfure î' on la recouvre de pareille toile qui doit dépafler d’un pouce & demi tout le tour de la Selle ; on la découpe par entailles de pouce en pouce plus ou moins ; on l’arrête fous le devant par deux clous, d’où on h
- Planche
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- rA RT DU SELLIER. renverfe fur la bourre, & on pointe toutes les taillades par-deffous les arçofts * en les tendant à mefure fortement avec une pince de fer ; ces taillades pointées font ce que les Selliers nomment des Tirants, & la bourre fe trouve enfermée entre le faux-fiege 8c cette fécondé toile ; alors on cloue un rang de broquettes près-à-près fur chaque bande , commençant par le milieu du devant de la bande, & defcendant vers le bas, ce qui forme un petit circuit imitant celui que doit avoir le vrai fiege : on continuera les broquettes fous le devant 8c fous le derrière, afin que cette toile foit arrêtée dans tout fon tour ; enfuite on débâtit tous les tirants ; on coupe la toile le long des broquettes , & on la rejette avec fes entailles comme inutile.
- On a fes quartiers n, n , n, tout prêts & achevés, c’eft-à-dire , qu’on les a taillés fur des patrons , puis recouverts de cuir fauve d’Angleterre qu'on y a collé & rabattu à l’Angloife par les bords ; on préfente chacun à la place qu’il doit occuper ; on trace le long * de fon contour fupérieur, fur la matelafîure, une ligne noire , puis on ôte le quartier : ces lignes noires ne fervent qu’à mefurer avec un fil, fi les quartiers font taillés bien égaux, & fi l’un ne monte pas plus que l’autre.
- ^ Pour faire le vrai fiege à l’Angloife o , o 9 prenez dans une peau de vache fauve liffée un morceau quatre fuffifant pour envelopper & dépafifer de deux pouces tout le tour de la Selle , comme vous avez fait à l’égard de la toile de la matelafîure ci-deffus ; vous la mouillerez pour l'afiouplir ; vous l’étendrez fur la Selle ; vous lui ferez de pareilles découpures tout autour, que vous tendrez avec la pince , 8c pointerez ; en un mot, vous recommencerez fur cette peau la même opération que vous avez faite fur la toile de la matelafîure.
- Vous rapporterez une fécondé fois les quartiers en leurs places, 8c pour cette fois vous en tracerez le haut fur la peau avec une pointe de fer ; vous couperez le long de ces traces ce qui formera le fiege & le féparera des tirants, que vous débâtirez enfuite.
- Le morceau des tirants étant ainfi féparé du fiege tout autour , vous ïy ^réunirez en les appliquant l’un contre l’autre ; coupe contre coupe , l’envers du morceau des tirants & de celui du fiege chacun en-dehors, 8c les prenant dans la pince , vous les coudrez enfemble d’une couture à double branche affez à grands points & à quatre lignes au-deffous de leurs bords ; puis vous coudrez de même par l’autre côté le haut des quartiers à l’envers , faifànt cette couture au-deffus de la première 8c à points ferrés , prenant dedans les bords du fiege 8c du morceau des tirants ; alors dépliant le tout à l’endroit, vous aurez le fiege , les tirants 8c les quartiers joints enfemble, les tirants tenant au fiege par-deflous.
- Vous mettrez le tout en place à demeure, en retendant les tirants & les clouant avec des broquettes , & vous arrêterez chaque quartier aux arçons par
- deux
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- L'ART DU SELLIER: nj
- deux clous à l’Angloifè p> p, un devant , l’autre derrière , lefquels vous riverez en-de flous.
- Pour doubler le garrot, vous couperez un morceau du même cuir de vache f q y de Cx pouces de long 8c d un pouce de large , que vous taillerez un peu arrondi ; vous le clouerez fous larcade , le faifànt dépafler en-devant de deux lignes.
- Vous formerez une attache ou anneau de même cuir r r, dont vous joindrez les deux bords au milieu par une couture piquée , laiflànt les deux bouts plats, c eft-à-dire, fans les coudre ; vous rapprocherez ces deux bouts à un pouce de diftance 1 un de 1 autre fous le milieu du pontet, où vous les clouerez de façon que la partie coufue forte en-dehors d’un bon pouce , pour y attacher la croupiere : cet anneau fe nomme la petite croupiere„
- Nota. Quil y a des Anglois qui ne mettent ni poitrail, ni croupiere, 8c
- qui n ont qu’une fangle à l’endroit du furfaix ; mais les François les garniflènt comme la Selle à la royale. -
- On finit par pofer les panneaux dont la forme Fig. 12 , eft différente de ceux des Selles Françoifes, mais qui fe conftruifent de même; ils ne fe chauffent que fur le devant, attendu que l’arçon de derrière ne fe termine pas en pointe. *
- Il fe fait des Selles à l’Angloifè avec de fan* ^ a, PI, t î, Fig. y, fous
- les véritables : ces quartiers lont de la même étoffe des autres ; ils fe taillent pour l’ordinaire quarrément , & tiennent en-devant l’un à l’autre par un colet de l’étoffe du deflus , qui paflè fous l’arcade ou garrot où on le cloue ; on ne les recouvre de l’étoffe du deflus qu’en ce qui pourroit fe voir par-dehors ; car ils dépaflent les véritables de quelques pouces en-bas & par-derriere ; ces faux quartiers empêchent que les étrivieres ufent les panneaux.
- Pour les pofer, on les fend en travers à trois pouces au-deflus de l’extrémité des pointes de l’arçon de devant, que l’on fait paffer dans ces fentes de dehors en-dedans ; on leur fait une entaille vis-à-vis de T anneau du furfaix , pour qu’il paiTe en-dedans ; on les paflè par-deflous le porte-étrier, & on les arrête aux deux bouts fur les bandes par quelques clous.
- Quelques-uns demandent le fiege & les quartiers en velours avec galons & frange. *
- Bourrelier , &a
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- VA RT DU SELLIER.
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- CHAPITRE SEPTIEME.
- De quelques Selles de fatitaifie.
- * t
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- C e Chapitre eft deftiné à détailler les idées différentes de quelques-uns ; tant pour la garniture de leurs Selles que pour y faire des changements de forme qui leur plaifent davantage , que fi elles fui voient la maniéré ordinaire.
- Les uns veulent que le fiege foit très-dur, d’autres plus ou moins molet , ce qui fait que le Sellier emploie différentes matières, ou de la bourre bien, prefîee , ou du crin, de la plume , &c.
- Il fe fait des Selles auxquelles l’Arçonnier ne met que deux bouts de trouffequin, dont le Sellier remplit l’intervalle par une feutrure bien ferme , qui doit avoir le contour 3c l’apparence d’un véritable troufîequin ; on les appelle des Selles à la Qrapaudine.
- Les Selles à la Ragot^y font des Angloifès, auxquelles on ajoute un troufîequin.
- Il y a des Selles à l’Angloife avec des lieges ôC battes de devant.
- D’autres fe font à l’Angloife par-devant & rafes par-derriere , c’eft-à-dire, que les pointes de l’arçon de derrière font comme aux Selles rafes. '
- Quelques femmes demandent que le dofïier de leur Selle foit volant, c’efl-à-dire, qu’il foit détaché du trouffequin & de la mammelle, afin quelles puif fent le pofer à droite ou à gauche, pour pouvoir avoir toujours le dos tourné du côté du vent ; alors l’Arçonnier fait à ces Selles deux lieges qui, partant du galme, s’élèvent en biais jufqu’à la hauteur du dofïîer, & forment une pointe à leur extrémité fiipérieure, ce qui leur donne l’apparence de deux oreilles ou cornes ; on y attache le dofîîer par-dehors, ainfî qu’au troufîequin, avec deux boucles & leurs courroies à chaque bout.
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- VA R T DU SEL LIER*
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- CHAPITRE HUITIEME.
- De l'Ornement des Selles.
- L e plus fimple & eri même-temps le plus communément employé de tous ^ les ornements d’une Selle , eft le velours & le galon de foie ; on fait le fiege de velours , le chaperon, les battes , le trouffequin , & on borde le tout de galon de foie ; on couvre aufli les quartiers du même velours , & on les borde du même galon.
- Au lieu de fimple galon, on met des galons à frange, qui le nomment ,'du molet autour du fiege devant les battes derrière le troufïequin , & de plus , depuis la batte & depuis le trouiïequin, en defcendant jufquau bas des quar- > tiers.
- Au lieu de galons & franges de foie, on en met d’or & d’argent.
- Les deffeins de cordonnet fur les quartiers, au lieu de foie, du fil dor où A d’argent.
- Les boucles & étriers dorés ou argentés.
- Les barres du fiege , chaperon * > en 111 d or ou ^ argent.
- A l’égard des Selles à l’Angloife , il s’en fait, comme aux Françoifes ^
- fiege & quartiers de velours, avec galons dé foie, & les quatre gros clous dorés ou argentés ; & quand ces Selles font entièrement de vache fauve d’Angleterre , plufieurs veulent quon les égaye par différents deifins de fleurs, de rameaux, &c, gravés tant fur les quartiers que fur le fiege ; c’eft à cette manœuvre que fervent les différentes cornettes des Selliers , & un gros clou qu’on appelle une rofette, parce que fur fon bout eft gravé profondément un petit foleil. On fait donc les deifins fur ces Selles par deux maniérés i°, fi le deffin doit être fuivi fur toute la piece , on en a de tout tracés fur du papier plié en double ; on commence par les piquer avec une alêne ; puis on déplie le papier; on letend fur la piece où on ponce le défi-fin avec un nœud de poudre de chaux éteinte; après quoi, ôtant le papier, on trouve le deffin marqué en blanc ; enfuite prenant la cornette B , on l’appuie en pelant deflus aflèz fort, pour qu’elle enfonce les traits du deffin dans le cuir par une petite rainure. Les cornettes fervent à graver les bordu- Planche res des quartiers , fimples ou doubles ; la cornette C, eft entièrement de fer : >
- elle eft évuidée parles deux bouts en trois pointes émouffées; la plus longue ne fert que de guide aux deux autres , attendu qu’on la fait couler le long du cuir, pour que les traces qui fe font par les deux autres fe trouvent toujours à la même diftance des bords ; on prend le bout où les pointes font les plus diftantes entr’elles. Quand on veut y marquer un rang de rofettes, ce que
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- ïaô TA RT DU S E L L I E R.
- ion fait en donnant un coup de marteau étudié fur la tête du clou E ; on les efpace plus près ou plus loin Tune de l’autre, fuivant l’idée. La cornette C, C, ne fait qu’un trait près du bord ; la cornette B , eft celle qui fert le plus fou-vent aux Selliers quand ils ont quelque chofe à marquer, & dans cette oc-" cafion-ci, c eft elle qui fuit & enfonce le contour des deffins $ iis fe fervent encore d’une efpece de faufle cornette à deux pointes émouffees D , pour faire des traits ferrés dans le corps d’un ornement, ce qu’on appelle ombrer; en terme de deffein ; avec cet infiniment, ils tirent des lignes enfoncées côte à côte, & les traverfant d’autres lignes en lozanges des premières. 20 , Quand on ne veut pas fe fèrvir d’un deffin fuivi , niais en placer quelques-uns à part à fa volonté , on découpe leurs contours fur des morceaux de cuir ferme; on les pofe où on veut, & on en trace le pourtour. Quelques perfonnes font faire dans les traces, pour plus de magnificence, le point de cordonnet en fil d’or ou d’argent.
- i
- CHAPITRE NEUVIEME,
- La Sellette des chevaux de Brancard.
- %
- O N a dit Chapitre quatorzième du Bourrelier, la railbn pour laquelle on Planche a tranfporté ici la façon de la Sellette des chevaux de brancard.
- IO‘ La Sellette de brancard, Fig. 7, quant à Y arçon, n a que fept pièces com-
- me la Selle à YAngioife, & difpofées à-peu-près de même ; on la nerve en-cuire & fangle par-deffus. Il n’eft pas néceffaire de la faux-fiéger ; on fait deux mortaifes a , a , dans chaque bande d’arçon ; on couvre les quartiers qu’on taille en quarré ou en rond de cuir noir liffé ; on les coud enfembie à point piqué le long de leurs bords fupérieurs, & on recouvre la couture avec un jonc de cuir ; on les entoure de deiïins à points blancs piqués, ou on les orne de contours en fonte ou en laiton ; on les attache le long des bandes avec un rang de clous dorés , excepté à l’intervalle où paffera la doffiere ; on fend vis-à-vis des mortaifes fufdites le cuir des quartiers pour y palier de chaque côté une courroie qu’on fait entrer dans la mortaife poftérieure, & reftortir par l’antérieure avec là boucle ; on la cloue par-deffous la bande. Ces courroies fe bouclent par-deffus la doffiere, afin de la maintenir en fa place ; plus, on fait entrer les lacets de deux anneaux de métal au milieu de la jonétion de la bande , au-devant d’arçon de chaque côté, & on les rive en-deflous ; on cloue à l’arçon dans le même endroit une boucle pour boucler le poitrail ; plus une boucle au milieu de la longueur de la bande pour la fangle , le tout de chaque côté , Sc fous le pontet une boucle pour la croupiere ; on fait & on attache les panneaux comme à une Selle à la royale.
- La
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- VA RT DU SELLIER: xix
- La PL p , Fig. X, fait voir une Sellette de cheval de brancard toute garnie ; la feule différence entre celle-ci & celle qu’on vient de décrire, & qui la fait nommer Selle a pont, confifte en deux petites courbes que l’Arçonnier attache d’une bande à l’autre dans l’entre-deux delqueiles la doffiere fe loge : ces courbes fo garnirent en cuir, ainfi que le refte : a , a, petites courbes ; b , anneaux des guides ; c, c , fentes pour les courroies deflinées à fe boucler par-deflus la doffiere.
- CHAPITRE DIXIEME.
- Les CouJJinets.
- Les Couffinets font de deux fortes, le fimple Couffinet & le Couffinet a flanc ; tous les deux font utiles principalement lorfqu’on charge la croupe d’un cheval de quelque poids ; leur utilité confifte premièrement à empêcher la boucle de la croupiere de porter for le nombril ou rein du cheval, & de le bleflèr dangereufement en cet endroit, &, par la même raifon, à foutenir les chofes pelantes , qu’on attache fur la croupe au défaut de la Selle par-
- derriere. Le Couffinet fimple eft n---1 ~~ 7- feulement fon
- manteau ; mais fi c étoit un porte-manteau, une valife , ou autres paquets
- qui débordent de chaque côté, alors il eft nécelfaire de fe fervir d’un Couffinet à flanc pour garantir les flancs du cheval des coups qu’il en pourroit fouffrir , & de la fatigue , étouffure & écorchures que ces charges lui caufe-
- roient.
- Le fimple Couffinet, Fig. À,
- L e defius fe fait ou de bafanne , ou de veau qui eft meilleur ; on le taille en triangle arrondi par les angles ; la bafe du triangle aura fept pouces de long : Pl^che il y aura cinq pouces du milieu de cette bafe à l’angle oppofé ; on met le côté de la chair en-dedans : la doublure fe fait de toile ; on la coupera d’un pouce plus large que le deffus tout autour ; on joint la doublure au-deffus b , d’abord par le milieu des deux ; on bâtit enfuite la doublure tout autour , fai-fant un pli à chaque angle ; puis on recouvre ce bâtis d’un bord du même cuir du deffus ; la doublure alors forme deux petits panneaux féparés par la couture du milieu ; on les fend en travers d’un coup de cifeau à chacun ? pour les rembourrer en crin , & le Couffinet eft achevé.
- On paffe une attache c , c, c, à chaque angle : ce font de petites courroies quon fait traverfer de dehors en-dedans , & revenir ên-dehors ; on met un petit bouton de crin ferré dans le retour fur la doublure ; les deux attaches des bouts fe nouent à des gances de cuir , mifes exprès de côté & d’autre à l’ar-Bourrelier > &c. H h
- V
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- îaa L'A RT DU SELLIER.
- çon de derrière de la Selle ; la troifieme fe noue à la croupiere qui paffe par
- deffus le Couffinet.
- Le Couffinet à flanc ou à garde-flanc , B.
- L e Couffinet à garde-flanc B , eft compofé d un Couffinet & de deux ailes ; le Couffinet fe conftruit comme le premier ci-deflus, mais d'une forme 8c d’une dimenfion différentes ; car il eft formé en quarré-long 8c plus allongé vers la queue du cheval que le précédent ; les deux ailes c, c9 fe travaillent à part, plus ou moins amples, félon l'étendue des fardeaux qu'on a intention de mettre fur la croupe du cheval ; elles fe font de la même peau du Couffinet ; on les double de même; on les barre & les rembourre comme le fiege d'une Selle, & on les joint aux côtés du Couffinet a, par une couture à double branche ; on met une attache au milieu de fon extrémité poftérieure pour la croupiere & deux anneaux de cuir, un à chaque extrémité des quarts de rond des ailes, pour les pafîèr à la {angle du cheval 8c les y fixer.
- CHAPITRE ONZIEME.
- Les Houjfes , SC la Couverture d9Ecurie.
- T j e Sellier fait de trois fortes de Houffes, qui ont chacune leur ufàge particulier j favoir , la Houfle proprement dite, autrement le Croupelin, la Houffe de pied, autrement Houffe en fouliers, &la Houfle de main..
- La première eft faite pour couvrir la partie de la croupe du cheval, la plus proche de la Selle 8c du Cavalier, afin de garantir fon habit 8c fon manteau , quand il l'attache derrière lui, d'être falis par la tranfpiration de la peau du cheval ou par fa fueur.
- La fécondé fe met à la place de la première, lorfqu'on veut monter à cheval avec fes bas & fes fouliers , fans aucune précaution ; elle fert à les garantir des ardillons des fangles & des étrivieres ; c'eft pourquoi elle eft néceflàire aux Dames cavalières, 8c quand on monte n'ayant que fes bas.
- La troifieme ne fe met que fur le cheval qu'on ne monte pas actuellement, lorfqu'un Palfrenier le mené en main ; fon utilité eft de couvrir 8c garantir de la pouffiere ou de la pluie tout le harnois de corps du cheval,
- , . La Houffe ou Croupelin, C.
- L a Houfle fe fait prefque toujours de drap ou de velours, bordée d'un galon d'or, d'argent ou de foie ; fes proportions pour un cheval ordinaire font
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- L'ART DU SELLIER* 123
- neuf pouces de large à la croupiere , quarante pouces d’un bout à f autre , dix-huit pouces de chaque côté, & huit pouces en retour fous la Selle , parce qu après ces huit pouces, on coupe dans la piece une portion de cercle qui, paflànt au bout des neuf pouces fiifdits, fe termine à huit pouces de l’autre côté ; ce vuide eft caché fous le derrière de la Selle : on taille la doublure qui eft de toile de la couleur du deflus auquel on la bâtit pour là coudre enfuite tout autour ; on met toujours entre le deflus & la doublure une toile cirée ou un coutil : le coutil eft plus folide ; puis on borde le tour & le milieu d’un galon , & on y ajoute trois attaches comme celles du limple couflinet ci-deflus, lavoir, une au milieu du côté de la queue, qu’on noue à la croupiere ; les deux autres fe mettent aux deux bouts de l’échancrure , 8c fe nouent fous la Selle,
- La HouJJe de pied, D*
- Cette Houfle D, fo met au lieu de la précédente , lorfqu’on veut monter à cheval fans bottes ni guêtres ; elle garantit le bas des ardillons de la Selle 8c de la fiieur du cheval ; on en accompagne d’ordinaire les Selles de femme : elles fe font des mêmes étoffes de que précédente.
- C’eft un quarré-long de trois pieds quatre pouces fur deux pieds huit pouces, au milieu dnonpl °° <?ouJt7C icroire , quon enleve enfuite, ce qui fait un vuide de la forme qu’on voit D , dont les côtés a, a, a , a , doivent paffer fous la Selle dans tout fon pourtour : ce vuide fe difpofe de maniéré qu’il fe trouve neuf pouces d’étoffe fur la croupe autant de chaque côté, 8c cinq pouces au milieu du devant fur le garrot du cheval ; ce milieu fo coupe en deux b , b9 & on coud de chaque côté de la fente un ruban pour nouer fur le garrot.
- Le refte de la fabrique eft entièrement femblable à celle du croupelin ci-deflus, doublure, coutil, &c.
- La Houjje de main.
- Cette Houflfe eft faite pour couvrir & garantir de la pluie 8c de la poufîiere le harnois du corps d’un cheval, lorfqu’on le mene en main, c’eft-à*dire , fans être monté deflus.
- Elle fe fait toujours en drap : fes proportions font un quarré d’un aune d’un fehs & de quatre pieds de l’autre.
- Ayant plié le drap en deux du fens de l’aune, de la fin de ce pli, comme centre, tracez fur l’étoffe un quart de cercle , dont la circonférence laiflera en-dehors huit pouces jufqu’à l’angle du quarré ; coupez le long du quart de cercle , échancrez en ligne droite les huit pouces reliant depuis l’angle jufqu’au quart de cercle, en rentrant de quelques Mces ; dépliez votre
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- Planche
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- 124 L’ART DU SELLIER.
- étoffe ; vous aurez un demi-cercle vuide & deux bouts en biais, ce qui fera le
- devant de la Houlîe.
- Portez au côté oppofé votre quart de cercle de drap , que vous avez ôté dudit devant ; faites que Ion centre fè rapporte jufte au milieu du corps de la HoufTe, ce que vous connoîtrez aifément par la marque de leur pli ; coufez le diamètre au corps ; ce fera le derrière de la Houfîe.
- Vous doublerez & finirez celle-ci comme les précédentes.
- On n’orne pas le defïus de ces HoufTes de galons d’or & d’argent ; mais on les borde d’une bordure de faines de toutes couleurs, plus ou moins large , en fleurs & ornements, & ordinairement fur le rond les armes du Maître,
- Pour attacher cette Houfîe fur le cheval, on coud à l’envers , à quelque diftance du milieu du quart de cercle vuide , en travers , un morceau de fàngle , aux deux bouts duquel feront attachées deux courroies : un furfaix terminé par deux boucles, fe boucle d’abord à une defdites courroies; puis faifant le tour du ventre , il fè bouclera à l’autre. Plus, aux bouts en biais qui terminent le quart de cercle vuide , on met deux petites courroies d’un côté Sç deux boucles de l’autre ; on le boucle fur le milieu du poitrail.
- La Couverture d’écurie.
- , On couvre le corps des chevaux dans l’écurie pour le garantir de la pouf fiere & les tenir proprement ; on fait quelquefois leurs couvertures d’étoffes de laine, mais plus communément de coutil ou de toile.
- La Couverture pour un cheval ordinaire aura fix pieds de large & cinq pieds de long.
- Pour en faire la largeur, coupez deux lez à cinq pieds de long, les laiflànt de toute leur largeur , qui eft autour de deux tiers; pliez un troifieme lez en deux du fens de fà longueur ; coupez double le long du pli, en prenant le contour que vous donne la Fig. E, afin que la couverture prenne bien le rond de la croupe du cheval en a ; ces deux demi-lez fourniront ce qui manque aux premiers pour faire les fix pieds de large ; bâtiffez tous ces lez en-femble, c’eft-à-dire , les deux demi-lez l’un à l’autre, puis aux lez entiers de chaque côté.
- Coupez enfuite pour le devant une échancrure en biais b yb y la commençant fur la jonétion des demi-lez à trois pieds du derrière; & la pourfuivant, vous entamerez les lez des côtés que vous couperez en mourant jufqu’à deux pieds du bas, & votre couverture fera taillée ; vous joindrez le tout à demeure par de grofïes coutures fimples , par-deffus lefquelles , pour les cacher, ce qui fervira en même temps d’ornement, vous coudrez des lifieres de drap d’un pouce de large , ainfi qu’à tous les bords de la couverture c9c9c9c9c9c;
- #
- & defîous
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- L’A RT DU SELLIER. taj
- & deiïous ces bords à l’envers pour les fortifier , coufez pareillement un tiffu ou fàngle écroite d’un pouce de large.
- On ne double point ces couvertures ; pour les garnir on ajoute un couffi-net d, dy un furfaix <?, une croupiere h , 8c quelques bouclés/,/*, & contre-
- Le couflînet fe fait quarrément de toile , & fe rembourre avec de la bourre ; pofez-le a un demi-pied du commencement de l’échancrure fufdite, afin qu il porte au defaut du garrot du cheval du côté du dos , & l’ayant couvert du milieu d une langle ou furfaix ordinaire, garni à un de fes bouts d’une boucle, <5c a 1 autre d un contre-lànglot ; vous prendrez cette fàngle dans une couture fimple qui partagera le couflînet en deux, & l’attachera à la couverture ; enfuite, à un pouce des côtés de ce couflînet, de part 8c d’autre , vous ferez une fente g, g, parallèle à fes côtés, qui foit capable de laifler pafler le furfaix au travers; vous borderez ces fentes avec du drap ; le furfaix pafle en-deflous , lignes ponéluées, au travers des fentes ; il doit avoir fa boucle hors la main ; on le boucle ‘au ventre du cheval pour afliirer la couverture fur fort dos.
- Pour la croupiere , vous coudrez un fourchet fous la couverture, auquel vous bouclerez un culeron h.
- Pour joindre 1 poitrail du cheval, vous efpacerez fur les
- deux pieds de haut reliant des lez de côté au deflous des échancrures, d’un côté deux boucles/*, & de l’autre deux contre-fànglots pour fe boucler fur le milieu du poitrail.
- Lorfqu on veut mener le cheval à l’eau , fans lui ôter fà couverture , on lui fait ajouter quatre boutonnières de cuir , favoir, deux au bas des échancrures i, & deux près la croupiere k ; on coud quatre boutons de cuir /, 19 aux quatre coins de la couverture ; au moyen de quoi, en les faifant entrer y dans lefdites boutonnières, la couverture ell retrouflee de la moitié, 8c ne fe mouille pas.
- Bourrelier , &c>
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- L’ART DU SELLIER
- CHAPITRE DOUZIEME.
- Planche
- 12.
- Defïus de tête ou Tê-tiere.
- Deux montants.
- Deux porte-mors.
- Sous-gorge.
- Frontail.
- Muferole.
- Deux renes,
- Du refie de Véquipage du cheval de Selle > contenant le Licol, la Bride? le Bridon, la Cavejfîne, les Cûvejfons, ôGc.
- La Bride.
- Quoique le terme de Bride comprenne en général le mors 8c les agrès, fournis par l’Eperonnier, 8c les courroies & boucles qui le foutiennent dans la bouche du cheval & l'attachent à fa tête, cependant on ne parlera ici fous le nom de Bride, que de l'arrangement 8c la difpofition de ces courroies , qui forment ce qu’on appelle la monture de la Bride, attendu que cela regarde le Sellier , 8c qu’on n’entreprend point l’Art de l’Eperonnier ; on en agira ainfî pour toutes les pièces fuivantes où l’Eperonnier a part.
- La Bride Fig. ï , eft la plus compliquée des harnois de tête du cheval ; tous les autres n’en font que des émanations: elle eft compofée d’un defïus de tête ou têciere a, u, ü'u» ^— — a^art de large, faifànt le fourchet aux deux bouts ; de deux montants b , b, chacun terminé par deux bouçies dont l’une , qui efl la fupérieure , va fe boucler à la branche de devant dudit fourchet , 8c l’inférieure boucle le porte-mors ; les porte-mors c, c, fe coufent derrière les montants vers le bas, paffent au travers des yeux du mors , & fo bouclent en-dehors à la boucle bafle de chaque montant ; d’une fous-gorge d, d, terminée à chaque bout par une boucle qui prend la branche de derrière du fourchet ; du frontail e, qui, fo pofant horizontalement pour entourer le front du cheval, pafle au-deflus des boucles qui attachent les montants & la fous-gorge au fourchet, fo redouble en-deffous, où il fo coud à lui-même , premièrement entre les deux branches du fourchet, & focondement, pafl*é la branche de devant, ce qui forme un anneau de cuir qui enferme chacune defdites branches ; d’une muferole y, terminée par une boucle ; elle entoure le nez du cheval, pafle entre les porte-mors & les montants, & fo boucle par-derriere à elle-même.
- Les proportions en longueur de toutes ces courroies , ne peuvent fo fixer qu’à peu près; cela dépend de la groffour & longueur de la tête du cheval; mais pour prendre un terme moyen, le deflus de tête aura un pied & demi de long , les montants treize pouces, les porte-mors neuf pouces & demi, la fous-gorge un pied dix pouces, le fronteau un pied huit pouces, la muforoîe deux pieds quatre pouces.
- Les rênes déifia Bride g, g} au nombre de deux, auront chacune quatre
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- ïï A R T DU SEL LIER. ïif
- pieds huit pouces ; elles fe font du même cuir & de la même largeur des pièces ci-defius qui compofènt la Bride ; à quelques pouces d’un des bouts de chaque rêne, coufez une boucle enchapée & un paflant au-deffus, pour recevoir le bout quand il aura pafle dans l’anneau de la branche du mors J joignez les deux autres bouts par un bouton de cuir h 9 que vous y coudrez $ après avoir fait entrer fur les deux rênes un autre bouton de cuir i, coulant librement du haut en-bas*
- Le Eridou,
- L e Bridon qui eft un mors mince & léger, eft foutenu dans la bouché du cheval par un montant qui fait le tour de la tête par-deffus les oreilles , & va s’attacher de part & d’autre aux anneaux des bouts de ce mors ; comme on attache les rênes à la bride ci-deffus , on y ajoute un frontaii & une rêne de dix pieds de long, qui fe boucle de la même maniéré auxdits anneaux.
- Remarque. Comme on vient de détailler les pièces de la bride du cheval de Selle, ainfi que la façon de les affembler & de la monter, les autres harnois de tête pour différents ufages fuivant à-peu-près la même ftruéture, on n’a be-loin, pour ainfi dire , que d’en faire mention, en difant l’elpece de cuir qui convient à chacun pour former leurs têtieres, les places des boucles & des anneaux de fer qui s’y aioutent * ^,/cmbic ucame a fuutcnir Sc fixer
- les différentes muferoles qui les terminent , & enfin quels font leurs ufages.
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- Le Licol.
- L e Licol Fig. II, du cheval de Selle, eft communément de cuir de Hongrie ; le deflus de tête a, fait auffi la fous-gorge ; la boucle en fera placée Vers le milieu du côté gauche , le frontaii à l’ordinaire : la muferole h 9 fe paffera dans un anneau de ferc, arrêtée & ferrée contre ledit anneaü par un bouton de cuir; elle aura là boucle placée au côté gauche; la fous-gorge a, fe paffera de même dans l’anneau ; on n’y ajoutera point de bouton ; la . muferole fera garnie de deux jouieres d, d, de huit à neuf pouces de long, qui s’y coudront, ainfi qu’à la têtiere.
- On coudra ou on bouclera audit anneau une longe du même cuir, pour attacher l’animal à l’anneau de la mangeoire ; quelquefois on met deux longes e, e 9 qu’on lie à deux anneaux mis exprès aux mangeoires.
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- L'A RT DU SELLIER.
- Cavefline
- d’écurie.
- Cavefline de main.
- A trois anneaux.
- Les CaveJJlnes.
- Les Caveflmes, (avoir la Cavefline d’écurie & la Cavefline demain, fe font de cuir noir lifle ou de cuir lifle fauve d’Angleterre.
- La Cavefline d’écurie Fig. III, eft compofée d’une têtiere, d’un frontai! & d’une muferole ; le frontaii & la têtiere ont leurs boucles à gauche ; le bas de la têtiere fe pafle dans deux anneaux de fer a, a , où ils fe coufent ; le devant & le derrière de la muferole e e féparés , fe coufent pareillement aux deux fufdits anneaux, ainfi qu’une ou deux longes de cuir/", f
- Cette Cavefline fert principalement à panfer le cheval ; on la met alors à la place du licol : elle le retient également, & lui débarrafle davantage la tête, ce qui donne plus d’aifance au Palfrenier pour la lui bien nétoyer.
- La Cavefline de main Fig. IV, n’a que la têtiere & la muferole prifes dans les deux anneaux de fer a, a ; le derrière de la muferole pafle dans un troifleme anneau de fer b, auquel il eft arrêté par un gros bouton de cuir qui y eft coufu à demeure , contre lequel vient le rendre un bouton plus petit c, coulant, de pareil cuir ; on attache une longe de cuir e , audit troifieme anneau.
- Cette Cavefline — j^oU-îqlies t lorfqu étant fur un cheval, ils
- en mènent un autre ; alors ils mettent cette Cavefline par-deflus la bride ; ils font couler le petit bouton contre la barbe du cheval, & prennent J a longe dans leur main : le même homme peut en mener deux, un de chaque main.1
- Les CaveJJons.
- Les Caveflons font de deux fortes 5 le Caveflbn à trois anneaux, 8c le Caveflon de piliers.
- Le Caveflbn à trois anneaux Fig. V, fh fait ou de cuir de Hongrie ou de cuir lifle ; il eft compofé d’une têtiere a , a , avec frontaii, fi on veut ; d’une fous-gorge b , b , &/d’une muferole c9c9 la boucle de la têtiere à gauche ; la fous-gorge s’attache à la têtiere en arriéré au-deflousdu frontaii, ce qui empêche les montants de venir fur l’œil de l’animal & de le blefler ; elle a une boucle pour la ferrer : le bas de la têtiere fe pafle dans deux anneaux de fer d9 d ; la muferole eft par-devant de fer en e, e, & de trois pièces , dont deux fe joignent à charnière avec celle du milieu ; les anneaux de la têtiere paflfent dans le bout recourbé c c9 c c, des deux pièces de fer des bouts ; chacune des trois pièces a dans fon milieu un anneau mobile f 9 fm On recouvre ce devant de muferole de cuir, laiflant dehors fes trois anneaux; quelquefois on ajoute fous le cuir un peu de bourre , le tout afin d’empêcher
- que
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- U J RT DU SELLÏE R. ti9 >
- que le cheval ne foit bielle ; le derrière de la muferole eft de cuir, Sc s’arrête dans les deux anneaux de fer de la têtiere ; il a fa boucle.
- Ce Cavefton eft celui dont on fe fert pour faire trotter les chevaux autour du pilier, au moyen d’une corde de la grolfeur du doigt qu’on noue à l’anneau mobile du milieu ; les anneaux mobiles des deux autres pièces de fer font principalement utiles , ajoutant à chacun une corde , pour mener l’eftelon à la jument, Scc.
- Le Cavelîon de piliers, Fig. VI, fe fait de cuir de Hongrie , d’un pouce jyQ piliers, & demi de large ; il eft compofé, comme le précédent, d’une têtiere a a, mais fans frontail ; d’une fous-gorge by placée à la hauteur des yeux ; de deux anneaux de fer au bas des montants de la têtiere , & d’une muferole c c, de même cuir entretenue en fà place par quatre petites jouieres i, 2 , 3,4, deux qui prennent par-devant des montants à la muferole , & deux par-derriere les montants au derrière de ladite muferole ; les boucles à l’ordinaire * la muferole devant & derrière s’arrête dans les anneaux de la têtiere c, c.
- Ce Cavelîon fert dans les Académies à attacher par la tête un cheval entre deux piliers , au moyen de deux cordes m9 m9 ou longes qu’on arrête d’une part dans les anneaux de la têtiere , & de l’autre au travers du trou de chaque pilier pour lui donner leçon.
- Nota. (*>ue pour donner de la grâce à tous les harnois ci-deftus, les Selliers fe fervent du formoir avec lequel ils tracent de petites bordures le long des courroies des cuirs liftes, & de la rênette pour les bords de celles du cuir de Hongrie,
- De la fabrique des Boutons qui fervent âuôc harnois ci-dejjus.
- Comme il a été queftion dans les Articles de la bride, du licol & de la caveflînede main, de Boutons de cuir, foit arrêtés, foit coulants, il faut fà* voir que, pour faire ces Boutons, on prend Fig. VII, un petit morceau de courroie a, de la largeur dont on veut que foit le Bouton ; & après en avoir entouré l’endroit auquel on le deftine, on coupe & on arrête les deux bouts l’un à l’autre avec un ou deux points , vis-à-vis defquels on fait une petite fente au milieu du Bouton déjà formé, dans laquelle on fait entrer le bout d’une laniere étroite de cuir b b, qui n’eft deftinée qu’à lui fervir d’ornement , en le cachant en entier ; & pour y parvenir on a un moule à Boutons c, qui n’eft autre chofe qu’un bâton rond , long de fix pouces, applati fur deux faces oppofées , en aminciflànt jufqua un bout & en étréciftant en douceur fur les côtés , le tout jufqu’à demi-pouce de large au bout ; on fait entrer le Bouton fur le moule jufqu’à ce qu’il s’y arrête ; on finit par entrelacer en forme de trefle ou enlacement fur tout fon contour la petite laniere jufqu à ce qu’elle l’ait couverte entièrement; on retire le Bouton du moule , Bourrelier ,ôc, K k
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- Ijo L'A R T DU SELLIER.
- & on le place au lieu de fa deftination ; s’il doit refter en place , on l’y coud, fin on on ne l’attache point, & on lui laifle la liberté d’aller & de venir fur fes courroies.
- ' Le Poitrail & la Croupière.
- L e Poitrail du cheval de felle eft de deux fortes ; il fe fait de cuir pareil à celui de la bride : celui qu’on nomme Poitrail de chaffe, parce qu’il eft le plus ufité par les Chafleurs , n’eft compofé que de deux travers a9 al chaque travers aura deux pieds & quelques pouces de long. On les boucle par un bout l’un à l’autre ; l’autre bout de chacun fe redouble fur lui-même , & forme un anneau de cuir alongé, qui fe nomme un lacet. Pour mettre le poitrail en place, on fait paffer le haut de la première firngle au travers des lacets , & la boucle fe trouve au milieu du poitrail de l’animal.
- L’autre efpece , Fig. VIII , a de plus deux potences de cuir d’un pied de long ; elles fe coufent d’une part aux travers à fix pouces des lacets, & montent en biais vers le haut du devant de l’arçon, où elles fe bouclent : ces potences font principalement deftinées à y attacher les fontes de piftolets pour les aiîurer en placè._
- La croupiere Fig• IX 9 fe fait du meme cm* $ elle a ordinaire-»
- ment un pied & demi de long ; on la taille en élargilîànt depuis un pouce de large par un bout jufqu a un pouce & demi par l’autre, que l’on fend en fourcher a , a , dont on coud enfuite les branches au culeron h , 8c vers fbn bout étroit on attache, en-deffus une boucle enchapée c ; on le paffe dans l’anneau quarré du pontet, & on revient le boucler à ladite boucle.
- Le haut de la Planche il, repréfente un cheval fellé & bridé, a , la bride; h 9 le mors ; c , le bridon ; d, d, les rênes de la bride ; e 9 e, le poitrail à ' potences ; /, les fangles & furfaix ; g, les étrivieres ; h 9 les étriers ; i, i9if la felle ; la houffe ou croupelin ; m, la croupiere; n, le culeron.
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- y. Ay X
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- L’A RT DU SELLIER.
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- CHAPITRE TREIZIEME,
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- ->v La Garniture des Voitures.
- Lés Voitures de toute efpece, Berlines, Diligences , Vis-à-Vis, Chan fos, Cabriolets , &c, font devenues fi communes , for-tout à Paris, que la plus grande partie des Selliers de cette Capitale eft occupée journellement a les garnir , c eft-à-dire , à les tapiller & matelaffer en-dedans pour les Maîj très, & en-dehors pour les domeftiques : quelques-uns cependant font en* core des Selles ; mais les boutiques qui en fournifïent le plus, ainfi que tout 1 équipage du cheval de folle, font des Merciers Clinquaillers , qui font Marchands & point Ouvriers, lefquels achètent de Chamberlands ou autres,
- & revendent à leur profit: c eft-là, foit dit en paflant, qu’il eft bon d’être connoiffeur, aufiî bien qu’aux Voitures de hazard chez les Selliers.
- Pour revenir à leur conftruétion , il s’en fait de tant de formes & dé grandeurs, qu’il eft impofïîble de donner ici aucune dimenfion pour la garniture ; on ne peut qu’expliquer en général les moyens ^ont le Sellier fait ufàge.
- On a tranfporté ici quelques inftrùments du Carrofïkr, parce qu’ils fervent plus particuliérement au travail des Voitures.
- Le miniftre, chez les Selliers, Fig. 4, eft un infiniment de bois à quatre angles -rm*
- Taillants, arrondis, long de deux pieds quelques pouces, & d’un pouce & Planche demi de large , féparé à chaque face par un enfoncement ou gouttière d’un Le nûniftft. bout à l’autre \ on cloue au milieu d’un des bouts une. petite courroie dont on forme un anneau , au travers duquel on pafîe la moitié d’un écheveau de fil coupé, dont on redouble l’autre moitié par-deflus ledit anneau ; on couche les portions dudit écheveau le long des rainures : toutes les aiguillées dé-paffent le bois de quelques pouces ; on couvre ce bois d’un fourreau d’étoffe quelconque , fermé du côté de la petite courroie, ouvert du côté des bouts de fil, tant pour maintenir le fil dans les gouttières, que pour empêcher qu’il ne s’évente ; on tire par le bout chaque aiguillée à mefore qu’on en a befoim
- La greffe pince* Fig* 3, eft faite comme une tenaille ordinaire, excepté que fos La groffe branches ont un pied 8c demi de long, & qu’elle a for une de fos mâchoires Pince* umappui de fer pour arebouter la pince quand on veut tendre à force.
- Le poinçon mordant, Fig. y , fort lorfqu’on met des gouttières de cuir autour Le poinçon des impériales ( ce qui maintenant ne fo fait plus guere ) ; il eft fait comme tout m°foant:# autre poinçon, excepté qu’il eft à deux pointes pour percer deux trous d’un foui coup , pour enfoite faire entrer des clous dorés à deux queues , qu’on rive enfuite fous les gouttières à droite & à gauche.
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- Dedans de l’impériale.
- Do {fier.
- Matelafïure du doflier.
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- Travail.
- Toutes les Voitures pour le tranfport des hommes font compofées de la caille & du train j le Sellier garnit la caifle pour le Maître de la Voiture dehors & dedans ; il travaille auffi au train en ce qui regarde les domeftiques.
- Garniture du dedans de la Caijje.
- Les étoffes dont on garnit communément les Voitures en dedans, font le drap , le velours plein ou à ramages, velours d’Utrecht, maroquin , &c.
- Le Menuilîer ayant livré la caille au Sellier, il commence par ôter les portières & le pavillon ou impériale pour avoir la facilité de nerver & encuirer en-dedans tous, les panneaux tant de la Caille que des portières ; puis remettant le tout en place, il donne la Caille au Serrurier pour la ferrer en entier : du Serrurier elle revient au Sellier , pour la garnir dehors & dedans, & la ma-telafïer.
- Le Sellier ayant ôté une fécondé fois l’impériale , la renverfe pour la garnir
- en-dedans ; pour cet effet* il coupe un quarré de toile d’Alençon , de Mor-tagne, 8cc , proportionné à la place; il tend cette luiit? tout autour avec de
- Y attache, efpece de petite broquette ; & avec la même attache 8c un jonc delfous, il la cloue à toutes les courbes ; il pofe enfuite l’étoffe , qu’il coud à la toile le long de toutes les courbes, & qu’il cloue tout autour du chaffis de l’impériale ; puis il colle avec de la pâte une bande de toile de la couleur de l’étoffe autour dudit chaffis en-dedans.
- Le doffier fe fait par le Menuifier, de deux façons ; ou en bois plein , ou à jour, n’ayant qu’une croifée de bois ; s’il eft en bois plein , on pâte le bois par-dehors,' puis après avoir ôté légèrement le gras du cuir, on l’applique fur la pâte , & on le tend bien en l’arrêtant avec quelques clous de diftance en diftance, que l’on chaffe en biais , de peur de percer le bois des pieds corniers; s’il n’y a qu’une croifée , le cuir ne fe tendra que lorfque le dedans fera ma-telaffé ; il k tend alors avec les greffes pinces à plufieurs reprifes, & fe cloue comme l’autre.
- Pour faire la matelafïure du doffier en-dedans, fi c’eft un doffier plein, tendez un quarré de toile à la tringle de matelafïure en bas ; arrangez votre crin d’abord & votre bourre fur cette toile , dans laquelle vous les 'enfermerez en la tendant & la clouant dans tout le pourtour. A l’égard d’un doffier à croifée vous commencerez à tendre une première toile qui bouchera la croifée ; puis vous ferez du refte ce qui vient d’être dit ; après quoi vous finirez par tendre le cuir en-dehors, comme ci-deffus.
- Matelaffez les accotoirs, pofant d’abord de la bourre fur le bois, une gro/îe
- toile
- Accotoirs.
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- J
- VA RT DU SELLIER. toile par-deflu$ , que vous clouerez , du crin enfui te par-deffus cette grofle toile, 8c vous couvrirez le tout d’une toile fine que vous y clouerez à de-meure par-deffus le total.
- Matelaflez de même les côtés des glaces avec bourre ou crin, mais fans matelafîer double, comme il vient d’être dit pour les accotoirs.
- On coud enfemble le doffier g, PL 13 , & toutes les pièces jufqu’à la portière ; il en eft de même du devant de la Voiture , les portières à part.
- Garnifïez alors, c’eft-à-dire , recouvrez avec l’étoffe que vous avez choifie toutes les matelaflures, après l’avoir taillée ,& bordez de galon de couture > comme il va être expliqué.
- Ce que les Selliers nomment galon de couture, efl: une efpece de galon de foie , ' Galons de PL 13, Ay Fig. 1 & 2, d’un pouce de large, de la couleur de l’étoffe qu’on a couture, choifie, terminé par les côtés de deux lifieres aa, formant un fimple tiflu de quelques lignes de large ; on ne Temploie aux Voitures qu’après avoir enfermé dans fon envers une*groffe ficelle bb9 Fig. 2, par l’extrémité des deux lifieres, laquelle / efl la plus proche du galon, en coulant à grands points devant les lifieres franches.
- Toutes les matelaflures étant achevées, & les pièces de l’étoffe taillées fiü-vant leurs places , c’eft-à-dire , pour garnir le doffier , les goufîets , les panneaux, les pilaftres , les accotoirs - «n ^ sa*ons de couture à
- toutes les jonctions des pièces 5 favoir , aux coins du doffier, aux accotoirs dd & derrière d’accotoirs, autour des panneaux, devant 8c derrière les pilaftres , aux pieds d’entrée, au cadre de devant, aux portières, aux cadres des glaces , aux feuillures, avant de mettre le tout en place. ’
- On attache 8c on tend bien le tout au bois de la Caifie , le long defdits > galons de couture, d’abord avec des clous d’épingle, & enfuite par leurs lifieres avec de petits clous qu’on nomme de ! attache ou bardeau.
- Nota. Le bas des portières, le tour des glaces, 8c les accotoirs fè montent à part.
- On cloue d’une part au)t côtés du fond tin galon de couture, & d’autré part au même galon le côté des panneaux qu’on termine par un galon de couture, qui entourera le vuide des panneaux , puis les accotoirs & côtés d’em bas , 8c au-delà du galon de couture l’étoffe qui garnira les couliffes des panneaux volants, s’il y en a de tels.
- Tous les galons étant coufiis à l’étoffe , 8c ayant coufu haut 8c bas des bandes de toile , vous couvrirez bien , comme il eft dit, toutes les mate-lafltires, & tendrez bien l’étoffe chaque piece en fà place , la clouant le long des galons.
- Il fe fait de deux façons de panneaux de côté b b, Fig. A, fàvoir, ceux qu’on Cuftodes êc nomme Cuflodes, 8c les panneaux volants. On nomme Cujlodes , ceux qui tien- panneaux, nent à demeure à la Voiture ; alors le dedans fe rembourre comme le doffier ci-deffus, & le dehors fe couvre en vache noire, tendue tout autour avec des clous Bourrelier , &c. L l
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- Parclofe,
- Couffins.1
- Hafond.
- Impériale.
- Gave,
- *34 U A RT DU S Ë L L 1 E R.
- d’épingle, Sc par-deftus des clous dorés ; les panneaux volants peuvent s’enlever de leur place , ou couler à fond dans des couliffes pratiquées exprès ; on les couvre en-dedans de l’étoffe, Sc en-dehors de maroquin noir, que l’on coud tout autour avec l’étoffe de dedans.
- Les parclofes rrrr font les planches for lefqu elles fe pofont les couffins i 1 ; on les garnit d’un peu de bourre qu’on recouvre d’une toile ; on borde toute l’arrête de devant d’un bourrelet n n de deux pouces ; quant au-devant du coffre dont la parclofo fait le deffus, c’eft-à-dire 9 aux volets qui forment le coffre du fond du derrière de la Voiture, ainfl que la planche du fond du devant, au~deilbus de la parclofe du devant, on colle deffus avec de la pâte de la peau de mouton maroquinée, rouge, bleue, &c.
- Nota. Si la Voiture eft coupée, n’ayant de fond que celui de derrière, il n’y a au-devant ni parclofo, ni couffin , mais fimplement l’étoffe rembourrée légèrement.
- Les couffins i i fo font d’abord de peau de mouton, blanc, de la forme, étendue & proportion que la place exige ; c’eft ce qu’on nomme l'entaille du coujjin ; mais fi l’étoffe qui garnit eft du velours , cette entaille fo fera en treillis ; dans l’un ou l’autre cas, on la remplit de plume ; on la recouvre de toile colorée par le deflous. & de l’étoffe du dedans pour tout le refte, & la pente qui tombe Sc cache le coffre & le devant au couffin de devant.
- Le plafond qui couvre au-dedans le deffus de la cave, & for lequel on a les pieds, fo rembourre légèrement, puis fo couvre en vache, que l’on cloue tout autour avec des clous dorés.
- Le quarré de plafond fo mec par-deffus le plafond ; il fo fait de vache , bordé de vache ; on fait à chaque coin une fente qu’on boutonne à quatre boutons.
- Le Ferreur ayant pofé les fiches des portières, les poignées & les ftors, le Menuifier ayant cloué les voliges for toutes les courbes du pavillon a a a a , le Sellier le remet en place ; puis tendant bien le cuir de vache qui couvre le pavillon en-dehors avec la groffe pince, Fig. 3 , il l’arrête à tnefore avec des clous d’épingle ; enfoite il cloue tout autour les deux rangs de clous dorés, d’abord le clou de jonc ; puis plus près du bord les gros clous & les pommes , lavoir , une à chaque coin, Sc une au-deffus des pieds d’entrée, ou bien à préfont en place des clous Sc des pommes , les baguettes de> fonte avec des vis.
- La cave 00 fe garnit à part; on pâte tout le dedans qu’on recouvre avec de la toile, ou bien de la peau ; le dehors fo pâte également for le bois & la vache noire par-deffus ; on la borde Sc on cloue le haut, puis on la pofe & on l’arrête de chaque côté aux brancards de la voiture par fix ou huit clous forgés de deux pouces & demi de long ; on la fortifie par deux bandes de fer qui traverfent le deftous à diftance égaie , Sc fo replient en équerre jui1 qu’au haut.
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- VA R T DU S E L L I Ë R, i3y
- Le fiege du Cocher fe fait à part, de deux pièces, le delïous en cuir fort, le deflus en treillis, bordé de cuir de veau, coufii à deux branches, ceft-à-dire , à la façon des Bourreliers, par-delTus le treillis à l’endroit où paflent les courroies qui le ferrent fur le porte-fiege ; on ajoute fur les deux bouts deux bandes de cuir, de fix pouces de large ; on recouvre le tout de drap, velours, &c.
- Le tablier ou garde-crotte • eft de vache, ayant une tringle de fer le long de chaque côté, & bordé ; il s’attache en-devant avec des courroies entre la voiture & le fiege dû Cocher, & à Toppofite aux foûpentes ; il fert à garantir de la boue la glace.de devant.
- Les chaffis des glaces fè recouvrent de l’étoffe du dedans que l’on y colle, & que l’on coud feulement aux angles.
- On rembourre toutes les pièces ci-après , lavoir, les planches de marchepied , les bourrelets de brancard, les heurtoirs des portières , le bourrelet de la tringle de coquille du Cocher.
- Le matelas des laquais : pour cet effet, on commence par étendre de la bourre fur le bois, puis on la recouvre de cuir noir de vache, quon arrête tout autour avec des pointes, & par-deflus des clous dorés.
- Nota. Que le matelas des Laquais fe rembourre communément avec du foin.
- •ytirWTF mmu uwiWBMiMiiasra
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- «* " ' ...
- CHAPITRE QUATORZIEME ET DERNIER.
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- Le nombre des Ouvriers qui concourent à la perfeclion d’une Voiture} 3G la Life des Garnitures du Bourrelier ÔG du Sellier.
- Apk e’s avoir indiqué par curiofité la quantité d’Ouvriers qui concourent à l’achèvement total d’une Voiture, ceft-à-dire, la quantité d’Arts qui s’y emploient , on termine ce Chapitre par la Lifte des pièces qui tombent dans le diftriéï: du Bourrelier & dans celui du Sellier ; ce dernier Ar-tifàn entreprend ordinairement la Voiture entière , & par conféquent fe charge de tous les Ouvriers qui, de concert avec lui, la rendent parfaite & prête à fervir.
- Arts qui concourent à la perfeclion des Voitures , & à leur beauté.
- L e Menuifier , pour le bois de la Caille.
- Le Serrurier, pour ferrer la Cailfe & faire les Reflorts.
- Le Ferreur ( qui doit être Maître Sellier ) pour ferrer les portières, faire les Stors, Scc»
- Le Miroitier, pour fournir les Glaces.
- Siégé du Cocher.
- Tablier.
- Chaffis des glaces.
- Pièces rembourrées.
- Matelas des Laquais.
- J
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- 3s PART DU S ELLIE R.
- Le Peintre, pour peindre & vernir le bois en-dehors, ainlï que ie train «5£ les roues. >
- Le Sculpteur, pour toute la Sculpture de la caille & du train.
- Le Franger , pour fournir toutes les Trelles, Glands & Houppes qui fe placent dans l'intérieur de la Caille.
- Le Sellier-Carrofîîer, pour tapifler d’étoffe l'intérieur de la Caille , & de cuir plufîeurs parties du dehors.
- Le Bourrelier, pour les cuirs de fufpenfion, &c, qui joignent Sc attachent la caille fur le train.
- Le Doreur , pour toute la dorure Fur bois & clous dorés.
- Le Fondeur 9 pour les ornements de fonte.
- Le Cifeleur, pour tous les ornements de cuivre cifelés.
- Le Charron, pour tout le train & roues.
- Le Tourneur, pour ce qui doit être tourné au train , comme palonniers $ volée, Sec.
- Le Maréchal groffier pour les aiflieux, boulons, bandes de roue , $tc, Lijle des parties garnies par le Bourreliers
- Planche
- i±.
- Birlin ê.
- Les foûpentes, Fig. III, & fourreaux de foûpente, c 9 c.
- Les deux traits le long du brancard, ne peuvent fe voir ici 9 étant cachés paa les brancards.
- Les courroies de guindage 9 e , e.
- Les courroies des pieds côrnîers 9f9 f.
- Le porte-fiege............... ne peut fe voir ici \ étant recouvert par
- Les courroies de côté du liege , J le liege.
- La courroie Sc les mains de derrière , h, g.
- Les ronds de palonnier, h.
- La courroie de timon à.
- Chaise.
- Les deux foûpentes de derrière, b, b, Fig. II.
- Les deux foûpentes de devant, c, c.
- Les deux courroies de cremaillere 9 b b b 9 Fig. L Les fourreaux de cremaillere , £.
- La croifée.
- La courroie de ceinture, g g g g9 Fig. II.
- Les deux traits de delîbus ou contre-fànglots d'ailîîeu, d9 d9 Fig. I,
- Les deux marche-pieds, i, i.
- La courroie de portierey7, Fig. II.
- Les trois courroies de cerceau 9g9 h 9 h , Fig. 19 Sc II l9 Fig. IL
- U
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-
- ijf
- F À RT. DU S È LL I È à'.
- La Croifée de palonnier ,p qq, Fig. IL'
- Le rond de palonnier, o.
- Les deux poignées de derrière , x , Fig. I;
- Les fourreaux & couvertures de reffort, quand elles font bordées , fmôB c eft le Sellier qui doit les faire*
- Fardes garnies par le Sellier à la Berline & h la Chaifi*
- L e pavillon ou impériale en-dedans par l'étoffe, en-dehors par le cuir I 22 , Fig. III, PI. I^.
- Ledoffier, idem,g, PI. 13.
- Les côtés, les accotoirs , le devant par l’étoffe , ainfi que les portières | e,d,fi
- Les panneaux ou dormants, appelles cujlodes, ou volants , idem$ en-dedâni & par le cuir en-dehors , y y , Fig. III, PL 14*
- Le plafond par le cuir n n , PL 13. ‘
- Le quatre de plafond de cuir,
- La cave en-dedans de toile ou dé cuir, en-dehors dé cuir, 0 à.
- Les couffins peau 1 VOxrCiS par i étoile , 1 1,
- Les ehafïis des glaces par l'étoffe.
- Les parcloles par la toile * r r.
- Les devants des coffres par la peau.
- Le fiege du Cocher par l'étoffe, 3 , PL 14.
- La planche de marche-pied, d d$
- Les bourrelets de brancard ,4, Fig. III Les heurtoirs de portière,
- Le bourrelet de la tringle de coquille di Le matelas des Laquais,
- Le tablier ou garde-crotte *•
- Bourrelier , &c. M m
- 1 Cocher, >De cuir, J , F/*
- j
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- EXPLICATION DES PLANCHES
- E T DES VIGNETTES.
- PLANCHE PREMIERE»
- a Vignette repréfente les Atteliers des deux Bourreliers.
- A9 Bâtier qui coupe la peau pour faire le collier. B, Bâtier qui travaille le collier avant de l'empailler. C9 Bâtier qui travaille le collier fur la forme. Dy Bâtier qui attache les atelles au collier. " E 9 Carroflier qui coupe le cuir avec le couteau à pied. F, Carroffiers qui coufent à la pince G 9 un harndis îde Carroflè. H9 Carroflier qui tord le fil. /, Z, Veilloirs.
- Le bas de la Blanche reprêfente les Outils & Injlruments des deux Bourreliers
- & du Sellier,
- dd9 le faux-garrot* b 9 la verge a enYerger;
- c 9 l'aiguille à réguiller, d 9 le pafle-corde» e, le ferre-point. f> la broche à piquer. e e, le fer à Bâtier. gg~9 l'aiguille à Bâtier*
- 2 9 le ferre-attache.
- 3 9 le poinçon,
- 4 9 le fermoir.
- 5 , g9 les tire-bourres;
- 6 9 h9 les rembourroirs,
- PLANCHE I I.
- i
- Elle repréfente la coupé du collier des chevaux de charrette en o Figures, cotées depuis I, jufqua IX.
- Les Figures A, B, font voir le collier achevé & monté. A, le collier vu pat-devant. B , le collier vu par-derriere. C, une atelle.
- t
- &
- ÀA9k bat-à-brni!^
- A y la pince dé bols.
- B 9 le marteau. '
- C 9 le couteau à pied*
- D 9 la ferpette.
- EE *9 renettes.
- F9G9 le grand & petit emporte* piece.
- H 9 l'alène'à brédir,
- /, l'alène à coudre» a 9 la forme. a a 9 le coin. b b 9 le maillet. c c 9 la faufie-ycrge^
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- EXPLICATION bE$ P LANCÉE ^ Ï39
- PLANCHE I I h
- Figure ï , le collier monté avec fes atelles , vu de face, Fig. 2, le collier fans atelles vue de profil. Fig, 3, le fût de la fellette du limonnier de charrette. Fig, A , le bât du cheval de bât. Fig. B , le même bât vu par-devant. Fig, C, le haut de la courbe de devant d’un bât pour faire voir la vertevelle a. Fig. I, repréfente le panneau de chevillier , c’eft-à-dire , celui que les Chartiers mettent fur le cheval qui marche immédiatement avant le limonnier afin de monter deflus. Fig. Il, là coupe de la moitié du cuir du panneau de Boucher. Fig. III, le panneau de rivière , c’eft-à-dire, à 1 ufagé des chevaux qui remontent les bateaux fur les rivières. Fig, IV, le licol des mulets. Fig. V, la bride des mulets. Fig. VI, le mors des mulets fépaté de là bride. Fig. VII, le bât de mulet, nommé bât d! Auvergne, Fig. VIII , l’élevo de devant dudit bât vue de face. Fig. IX, l’éleve de derrière vue de face*
- PLANCHE IF;
- Figure I, repréfente un Iîmr»n«ici ou cheval-de limon avec tout fon harnois, & atelé aux limons d’une charrette. Fig. 2, un cheval de devant, foit che-villier ou autre, garni de même de tout Ion harnois. Fig. 3 , font deux petites bouffettes, l’une vue de face & l’autre de profil. Fig. 4, une grande boufo fette ; la petite figure montre le commencement de fa façon. Fig* j*, ornement des cuirs pour les chevaux de charrette , nommés bâtons rompus» Fig. 6, doubles bâtons rompus. Fig. 7 , une aboutoire ornée de broderie,' Fig. 8 , le billot à biiler pour ateler les chevaux l’un devant l’autre,-
- PLANCHE F,
- Figure I, cheval de bât avec tout fon harnois» Fig. II, mulet avec tout fon harnois de guerre* Fig. III , le même vu par-devant.
- FLANC HE VI
- Figure B y point de billot.
- Fig. A, nœud droit.
- Fig. I, II & III, noeud de coupliere.
- Fig. IV & V , patte-d’oie ou nœud croifév-Fig. VI, VII & VIH , noeud qûarré.
- Fig. IX , ganfe.
- Fig. X , collier à tringle ou àl’Angloifo,
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-
- *40 explication des planches.
- Fig. A 2, D 3 & G 4, la torche & fa coupe*
- Fig. m , un dés.
- Fig. , demi-boucle,
- /Vg. 0, boucletot.
- Fig. p y boucle enchappée.
- planche VII.
- Figure I ^ un cheval de carroflè deftiné au timon avec tout fon harnois.
- Fig. Iï, un cheval de carroflè appelle quatrième ou de devant, lorfqu’on atelle à quatre chevaux, & du milieu à fatelage de fix chevaux ; on voit dans fon harnois les différences entre le harnois à quatre 3c celui à fix chevaux,
- 2. y boucle.
- 3, boucle quarrée.
- 4 9 bout.
- y y fleuron.
- 6 9 rofettes. ^
- 7 , rofette vue de profil pour montrer les pointes fabriquées par le Fondeur , qui fe rivent à fenv®**» onî*. pnr y attacher toutes les pièces fiifdites,
- 8 y un trouflèqueue déployé.
- PLANCHE VIII.
- Figure I y le cheval qui s’atelle dans les brancards des Chaifes 9 appelle cheval de brancard, avec tout fon harnois.
- Fig. II, le cheval nommé bricolier 9 cheval de cote ou du Poflillon 3 qui s’atelle au côté gauche du cheval de brancard, avec tout fon harnois.
- PLANCHE IX.
- \
- Figure A y une charrette atelée de trois chevaux ; æ le limonier; by le chevillier ou cheval en cheville fur lequel eft monté le Chartier fur fon panneau de chevillier ; c, le cheval de faute.
- Fig. B y une file de mulets armés en guerre ; a y le premier mulet portant le collier de fonnaille ; b, le fécond mulet portant la groffe fonnaille ; c ^ le troifieme mulet portant le gros grelot.
- Fig. C y une Berline atelée de fix chevaux ; a , les deux chevaux de timon ; b9 les quatrièmes, ou chevaux de volée ; c les fixiemes, ou chevaux de devant.
- Fig. D y une Chaifè depofte atelée de deux chevaux; a9 le cheval de brancard ; b, le bricolier ; c, le cheval du Courrier.
- Fig. I, repréfente une brédiflure ordinaire,
- Fig. II,
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-
- EXPLICATION DES PLANCHES. 141
- Fig. II, autre efpece de brédilïure marquée par les efpaces qui ne font point ombrés comme la précédente; a , le cuir ; b, portion de l’anneau où eft la bré-diffure.
- Fig. III, portion du poitrail du harnois d’un cheval de Carroffo ; a a i couffinure ; b b , le fond; c c, blanchet.
- Fig. IV , portion de i’avaloire d’en-bas dudit harnois ; a a > couffinure J b b , fond ; c c , blanchet,
- Fig. V, le deifous du couffinet du harnois de timon ; a b b a, toile ; c 9 chambrure.
- Fig. VI, la couverture du couffinet ; a, a, a f a , a , les contours du métal ; d d, les gros anneaux de cuivre pour palier les guides ; b, b, les courroies qui attachent & arrêtent les rênes de la bride.
- Fig. VII, ornement fur les cuirs des harnois des chevaux de Carroffo fait en couture blanche appellée ondes.
- Fig. VIII9 ornement, idem, appellé ondes à pique.
- Fig. IX, un bout de trait de chevaux de Carroffo ; a, les deux cuirs blancs ; c c c, la bordure du cuir noir de deflbus ; b , le blanchet qui n’a qu’un pied de long.
- Fig. X, la follette du cheval de brancard.
- PLANCHE Xi
- a a , Le compas d’Arçonnier.1
- b , différents aceaux.
- c c c9 les fauffes bandes qui joignent 9 efpacent 8c éloignent l’arçon de devant d de celui de derrière e,
- Fig. A A , l’arçon d’une folle à la royale vu de face.
- Fig. B B y arçon vu en-deffus pour voir les bandes for leur longueur.
- Fig. D D y arçon vu par le côté pour en voir la ferrure.
- Fig. F F y arçon de folle à l’Ângloifo,
- Fig. E E y arçon de femme.
- Fig. 2 , un quartier de folle.
- C A y la liffette.
- Outils du Sellier. ) B C, C C, D, différentes cornettes.
- / E 9 rofette.
- Fig. 3 , folle à la royale,
- Fig. 4, batte de devant.
- Fig. 5 , batte de derrière.
- Fig. 6 y patron pour le fiege de la folle plié en deux:
- Fig. 7 y arçon d’une follette de Chaife de gofte pour le cheval de brancard,
- Fig. 8 , un panneau de folle.
- Bourrelier , &c* N i>
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- (
- I
- 14* EXPLICATION des planches
- Fig, p, une Telle de femme.
- Fig. il , Telle à TAngloiTe. '
- Fig. 12, un panneau de Telle à TAngloiTe.
- Fig. t r, attache de cuir qui fo met fous larcade de la Telle à TAngloiTe. Fig. q q , autre cuir qui Te met Tous le pontet de ladite Telle.
- Fig. io, la coupe du vrai liege de la Telle de femme.
- PLANCHE XL
- L e haut de la Planche repréfente un cheval Telle 8c bridé.
- a y la bride. b y le mors. d d y les rênes. c y le bridon. ety le poitrail. f y les Tangles 8c forfaix. g y les étrivieres. h y les étriers. i i i y la Telle à la royale.
- 11 y la houflè Oll V-IVUjJwlin. m y la croupiere. n y le culeron.
- Fig. 2 , Telle à piquer. a a y piece de bois qui termine le trouffequin , appellée le fond du. trouffequin.
- Fig. 3 , Telle rafo.
- Fig. 4 , Telle à la Polonoifo pour
- a y coi d’oie. b y liege de cuifle,
- Cy faux-quartier. dy poignée de fer. e y couffinet piqué.
- Fig. y, Telle à TAngloifo avec de faux-quartiers.
- a a y faux-quartier;
- Fig. 6 y Telle de pofte.
- a t ventoufo. b y porte-étriers de fer; c y bourTes ou foccoches;
- Fig. A y le couffinet fimple.
- b y couture qui joint le milieu de la doublure au milieu du deffus.
- c>Cy Cy attaches du couffinet à la Telle & à la croupiere.
- femme.
- Le bas de la Planche repréfente plufleurs Selles.
- Fig. ly les arçons d’une Telle ancienne quon appelloit Selle à corps ^ ils font d’une feule piece.
- Fig. II, la Telle à corps vue par-devant.
- a a a y piece de cuivre qui garnifloit le devant des battes. b b y vue d’une portion du trouffequin. j
- Fig. III, la même Telle vue de profil.
- a y vue d’une partie de l’armure du trouflèquin par-derriere.
- Fig. IV, la même folle vue par-derriere.
- a a y le derrière du trouffequin.
- b b y plaque de cuivre qui garnifloit le derrière du trouflèquin. c c y portion du devant.
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- EXPLICATION DES PLANCHES. 143
- PLANCHE XII.
- Figure E 9 couverture des chevaux dans l'écurie.
- Fig. I y bride du cheval de carrofïè.
- Fig. II, licol du cheval de carrofïè.
- Fig. III, caveffine pour le panfement.
- Fig. IV, caveffine de main. ^ r
- Fig. V, cavefïbn à trois anneaux.
- Fig. VI y gros caveflon de piliers ou de manege.
- Fig. VII, bouton de bride prêt à trefïèr.
- Fig. VIII, poitrail du cheval de felle.
- Fig.ïXy croupiere de cheval de felle.
- PLANCHE XIIL
- L a Vignette repréfente l’Àttelier du Sellier-Carroffier ; A, le Sellier ner-vant & colant un arçon b ; B, le Sellier tenant un quartier quil vient de tailler ; C, le Sellier garnifïànt une voiture en-dedans ; D, le Sellier faifânt une couture piquée,
- J JF de la Planche.
- Voiture appellée Perline, quand elle eft fufpendue entre deux brancards.
- A y la coupe d’une Berline pour en expliquer la garniture intérieure, a a, le pavillon, autrement l'impériale, byb y les panneaux. c y c y les côtés.
- dyd y les accotoirs. v
- e, la gl ace de côté faifant partie de la portière y* ; p , la main de la glace.
- g y le doffier ; h, le devant.
- iyi y les couffins pofés fur les parclofès y r y r y r y r.
- I y le coffre ; m , la planche du devant. n y n y les bourrelets fur le devant des parclofès ; o o, la cave.
- Fig. 1, le cordonnet à plat ; Fig. 2 , le cordonnet roulé fur la ficelle ; Fig. 3 , la groffe pince ; Fig. 4, le miniftre ; Fig. j , le poinçon mordant.
- PLANCHE XIV.
- Figure I, la Chaifede pofte , élévation. *
- Fig* Il, plan à vue d’oifeau de la Chaife de pofte. *
- Fig. III, Berline à deux fonds, élévation.
- * Les Figures I & II ont par mégarde été gravées à contre fens ; ainfï le palonnier qui y eft a droite devroit être à gauche,
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- 344
- TABLE
- DES CHAPITRES ET TITRES
- CONTENUS DANS CET OUVRAGE,
- SI VANT-PROPOS, page I
- CHAPITRE PREMIER,
- lnjlruments > Outils SC Matériaux des Bourreliers en général'. $
- Section Première• Du Bourre-lier-Bâtier• p
- CHAPITRE II.
- De la coupe du cuir ? mefures * les coutures > nœuds SC les ouvrages en général du Bourrelier~Bâtier, ibid.
- Coupe du Cuir. ibid.
- Mefure par Empans. ibid.
- Les coutures & nnpwk, 10
- Couture à joindre. ibid.
- A demi-jon&ion. 11
- Brédiflure. ibid.
- Point de Billot. ibid.
- Rentraiture. ibid.
- Appointer. ibid.
- Nœud droit. ibid.
- Nœud plat ou de coupliere. ibid.
- Patte d’oie. 12
- Nœud quarré. ibid.
- Gance. ibid.
- Ouvrages. ibid.
- Enfonçure. , ibid.
- CHAPITRE III.
- Xd Harnois des chevaux de Charrette. 15
- Article Premier. La Bride. ibid.
- Article IL Le Collier. 14.
- Le fourniment. 16
- Coudre & furtailier.
- Rentraire la Verge. 17
- Empaillement de la Verge, iÆiX
- Rembourrer. ibid.
- Empailler.
- Réguiller. 18
- Former en premier. ibid.
- Refournir. ibid.
- Reformer. ibid.
- Appiécer. i<?
- Pièces de côté. ifo’X
- Noms des parties du Collier. i^'X
- Huiler le Collier, iÆiX
- Les Atelles. ibid.
- Monter d’Atelles. ;i>
- La Coupliere d’en-bas. 20
- Les Boutons. ibid.
- La Coupliere d’en-haut. ibid.
- Le Sommier. ibid.
- La Croifée. 2 ii
- Les Billots & les Biquets. ibid:
- Mancelles & Atelloirs. 22
- Mancelles de cuir. ibid.
- La Houffe. 4 ibid.
- Article IIL La Selle ou Sellette de limon y SC le rejle du harnois du Limonnier, 25
- Le Fuft.
- Le Pont.
- tes Traverfes.
- G tâllÀ Oi’QQ/a
- Empailler.
- Chambrer.
- Les Tajflfes.
- La Toile.
- La Couverture façonnée.
- Le Panneau.
- La boucle de la Rêne.
- La Souventriere.
- Sur les Exprelïions à la main àc main.
- La Souventriere de limons.
- La Doffiere.
- Les Rouleaux.
- La Ceinture.
- Former la Doffiere.
- L’Avaloire.
- Les bras d’Avaloire.
- Les branches d’Avaloire.
- Le Couplet.
- La ceinture d’Avaloire.
- Former l’Avaloire.
- La Croupiere.
- La Chaîne.
- Le Bafcul.
- ibid. ibid. ibid: ibid: ibid. ibid:
- ibid. < ibid. ibid.
- ibid: hors la ibid: ibid.
- 2 S ibid. ibid. ibid.
- 27
- ibid:
- ibid.
- ibid.
- 2S
- ibid.
- ibid.
- ibid.
- ibid.
- Article IV, Le Harnois des chevaux de
- devant. ^
- La Couverture de toile. ibid.
- La patte de la couverture 1 tbid.
- Le Surdos.
- Les Fourreaux. ibid:
- Les Traits. ibid.
- La Souventriere, 3 x
- Le
- •,;i
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-
-
- TABLE DES
- Lé Faux-Surdos, Page 31
- Le Cordeau. ibid.
- La Retraite. ibid.
- Le Licol. ibid.
- Article V. VOrnement du Harnois des
- Chevaux Charrette. 32
- Les petites Bouffettes; ibid•
- La grande Bouffette. 33
- Le Blereau. 34
- La Trace. ibid
- Les Bâtons rompus. ibid.
- La Broderie. ibid.
- Feftonner. 3$
- Renetter. ibid.
- Peindre les Atelles. ibid.
- CHAPITRE IV.
- De lAtelage de Coches SC de s Fourgons .ibid.
- Reculement. 36
- Fourchets. ibid.
- Colleron. 37
- Reculements. ibid.
- CHAPITRE V.
- Des Panneaux. 3*
- Panneau fimple. ibid.
- Le Panneau de Chevillier, ibid.
- Le Panneau de Boucher. 39
- Le Panneau à TroufTequin. 4*
- Collier & Panneau de rîviere. 43
- C H APTT Tî v xt r*
- Les Bâts. '4*
- Fuft. ibid.
- Panneau. 4 6
- La Châfle. ibid.
- Les Façures. ibid.
- Les Boutons. . f7
- Les Dagornes. ibid.
- Rembourrer. 48
- La Sangle. ibid.
- La Croupiere. ibid.
- La Toile. ibid.
- Les Crochets. ibid.
- Fuft N ormand.
- Vertevelle s. ibid.
- Le Panneau. ibid.
- Le Poitrail. sp
- La Sangle. ibid.
- Le Feflier. tbtd.
- La Toile. ibid.
- Courroie de Feflier; ibid.
- Courroie de Malle. ibid.
- Paillettes. ibid.
- Bride de guerre. 51
- CHAPITRE VII.
- Bu Bât d'Ane : Remarques fur fon Collier. ibid.
- CHAPITRE VIII.
- Le Harnois du Mulet d'armée équippé en guerre.
- S2
- Bourrelier, &c.
- CHAPITRES. HS,
- Le Licol. Page fz
- Façon du Licol. . *3
- La Bride. ibid:
- Deflus de Tête; ibid.
- Fronteau. ibid:
- Les Plaques. 5*4
- La Sous-gorge. ibid.
- Le Mors. SS\
- Le Moreau, ibid«
- Le Bât du Mulet 9 nommé Bât d'Auvergne: ibid.
- Le Fuft; $6
- La Forme; ibid.
- L'Enrênoire.
- Les Clefs. ibid.
- Les Gances. ibid.
- Le Poitrail, le Tablier; le Poitraillon , le
- cuir de delfus. ibid.
- La Sangle. S9,
- Le Souventre. ibid.
- Le Fauchere & les Poliere*. , ibid.
- Le Galon. 60
- La petite Sonnaille. ibid:
- Le Collier de Sonnaille. ibid:
- La groffe Sonnaille. 61
- Le gros Grelot. ibid.
- Les deux Plumets. ibid•
- Le Couvre-chef. 62
- Le Cordon. ibid:
- Le Cavalon. ibid.
- Les Chargeoires. ibid:
- La Corde à biller. ibid.
- La Corde de chargeoire; ibid.
- La grande Couverture. ibid:
- Barde. H
- CHAPITRE IX;
- La Bâtine ou Torche. H
- La Toile. ibid:
- Les Traverfes. 66
- La Poignée. 67
- Croupiere ôc Sangle; ibidm
- CHAPITRE X.
- Différents Colliers pour les chevaux de Chaifew ibid.
- Collier à la Flamande; ibid.
- Collier à Tringles. 6%
- Seconde Section.
- Du Bourrelier-CarroJJier. 60
- C HAPITRE XI.
- Des Fils} de leurs préparations; & des Coutures* ibid;
- Coutures piquées. ibid:
- Soie de Sanglier, 70
- Tordre le Fil. ibid.
- Coutures noires; ibid•
- Coutures blanches* 73
- Brédiffure, ibid»
- O o
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-
-
- i45 TABLE DES
- CHAPITRE XII.
- Des divers Atelages. Page 71
- Des voitures à quatre roues. ibid.
- CHAPITRE XIII.
- Les Ouvrages du Bourrelier-Canojfîer. 73
- Explication de quelques Termes. ibid.
- Article P re m 1 er. Le Licol. ibid. Article IL La Bride. 73-
- Têtiere. ibid.
- Montants. ibid.
- Porte-mors. ibid,
- Mufeliere & fous-barbe. 7?
- Sous-gorge. iÆid.
- Frontail. ^ ibid.
- GEilleres. ibid,
- Trouflecrîn. ibid.
- Rênes. ibid.
- Article III, Le Harnois des chevaux de Timon, 76
- Poitrail. , ibid,
- Reculement. 77
- Les gros anneaux. ibid.
- Traits. ibid,
- Avaloire d’en-bas. ibid,
- Le Couflinet. 78
- Couverture de Couflinet. ibid.
- Bras de Bricolle. ibid.
- Barres de Poitrail. . -r*
- Trouüe-chaînette de Timon. ibid.
- Grande Croupiere & Culeron. ibid,
- Avaloire de defîus ôc Surdos. ibid.
- Fourreaux. 80
- Barres de derrière. ibid,
- Souventriere. ibid,
- Trouffe-queue. ibid.
- Le Sac à queue. ibid.
- Les Guides. 81
- Enrênure à l’Italienne. ibid.
- Plate-Longe. ibid
- A rt 1 cle IV, Le Harnois des chevaux de devant, S 2
- i'
- CHAPITRE XIV.
- Les Harnois des chevaux de Chaife, 8^
- Garniture de la Sellette. ibid,
- Harnois du Bricolier. _ 85
- CHAPITRE XV.
- De la Garniture des Voitures, 87
- Courroie de Timon. ibid.
- Ronds de Palonier. ibid.
- Soupentes. ibid,
- Soûpentes de Marche-pied. 88
- Traits de Brancard. ibid.
- Petites Courroies de Guindage. ibid.
- Grandes Courroies de Guindage. ibid.
- Porte-fiege. ibid.
- Courroie de côté du fiege. 89
- Courroie de derrière. ibid.
- CHAPITRES.
- Garniture de la Chaife de polie. Page 89
- Dofliere. ibid.
- Soûpentes de derrière.
- Soûpentes de devant. ibid.
- Courroies de crémaillères & fourreaux, ibid. Courroie de ceintute & fourreaux. ibid. Traits de deflous. ^1
- Marche-pieds. ibid.
- La Courroie de portière. ibid.
- Les trois courroies de cerceau. ibid,
- Le rond de palonier. ibid.
- La croifée de palonier. • ibid.
- La courroie de palonier. ibid.
- Enchapures de palonier. ibid*
- Poignées de derrière. 92
- CHAPITRE XVI.
- Des Ornements du Bourreliers de Carro/Je. ibid.
- Réflexions fur les Harnois. ibid.
- Les ondes. ibid.
- Ondes à pic. 9%
- L’ART DU SELLIER.
- 7 NT RODUCT 1 ON.
- CHAPITRE PREMIER.
- UArçonnier 9 Arçonneur , ou Charpenteur
- d3Arçons. 9$
- Outils , Inftruments & Matériaux, ibid;
- Les pièces des Arçons. 97
- Prendre la ibid*.
- Le travail de l’Arçonnier. ibid*
- Lifte détaillée des Arçons des Selles en
- ufage. * "99;
- Proportions des Arçons de la Selle à la
- royale. ibid.
- Différences des autres Arçons, 100
- A onze pièces. ibid*
- Î Selle à piquer. ibid.
- Selle à trouffequin. ibid*. Selle de pofte. ibid;
- Selle de Poftillon d’équipage.
- ibidi
- Selle de Femme. ibid*
- A neuf pièces. ibid.
- Î Selle rafe. ibid;
- Selle de Courrier en guides.*^ Selle de Courrier de Malle. 101! Selle de Fourgonnier. ibid; A fept pièces. ibid.
- Arcon de J §e}Ie à l’AngJoife. ibid.
- 9 \ Selette. ibid;
- LA CONSTRUCTION DES SELLES.
- Avertissement.
- CHAPITRE II.
- Les quartiers des Selles- T q%
- CHAPITRE III.
- Les Outils 9 Matériaux & le commencement du Travail. 10%
- Outils. ibid;
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- TABLE DES
- Matinaux. Page 103
- Encuirer. 104.
- Ferrer. ibid.
- Sangler Ôc faux-fléger. ^ ibid.
- CHAPITRE IV.
- Confiruâion de la Selle à la Royale.
- Les quartiers. ibid*
- Deffus de quartiers. ibid.
- Achever les quartiers. ibid.
- Rabattre à l’Angloife. ibid.
- Deffein du cordonnet ôc point. ibid.
- Façon du point de cordonnet. 10 6
- Les battes. ibid.
- Chauffer les battes.' ibid.
- Les Miroirs. 107
- Affetnbler les quartiers. ibid.
- Le flege , le chaperon ôc le dedans de
- trouffequin. ibid.
- Feutrure du trouffequin. 108
- Piquer la feutrure. ibid.
- Pofer le flege, le chaperon Ôc le dedans de
- trouffequin. ibid.
- Rembourrer le flege. 109
- Coudre les galons. ibid.
- Clous dorés. ibid.
- Les panneaux. ibid.
- Garniture. 1 to
- Pofer les panneaux. ibid.
- Couverture. 111
- CHAPITRES» î47
- *** La HoüfTe de pied* Page 125
- La HoufTe de main* ibid.
- La Couverture d’écurie. 12^
- CHAPITRE XII*
- Du refie de l'équipage du cheval de Selle £ contenant le Licol, la Bride 9 le Bridon , la
- Cavejfine9 les Cavejjons, &c, La Bride.
- Deffusdetête ou Têtiere. Deux montants.
- Deux porte-mors. Sous-gorge.
- Deux rênes.
- Le Bridon.
- Remarque.
- Le Licol.
- Les Caveflïnes*
- Cavefline d’écurie.
- Cavefîine de main.
- Les Caveffons.
- A trois anneaux.
- De piliers.
- 126
- ibid h ibid. ibid, ibid* ibid* ibid.
- 127 ibid, ibid*
- 128 ibid* ibid, ibid* ibid*
- 129
- CHAPITRE V.
- variétés de formes & de confit action dans les Selles Vranpoifes comparées à la Selle à la royale, ibid.
- La Selle à piquer. » ibid.
- Selle à corps. , ibid.
- Les Selles à trouffequin. J 113
- La Selle de Pofte. ibid,
- La Selle de Femme ordinaire à trouffequin ôc doflier. ibid,
- La Selle rafe. 114
- La Selle rafe de Femme, dite Selle à la Polonoife. 11 y
- CHAPITRE VI.
- La Selle à l'Angloife. ibid,
- CHAPITRE VII.
- De quelques Selles de fantaifie, 118
- CHAPITRE VIII.
- De bOrnement des Selles. 119
- CHAPITRE IX.
- La Sellette des chevaux de Brancard. 120
- CHAPITRE X.
- Les Coujfmets, 121
- Le fimple Couflinet. y ibid,
- * Le Couflinet à flanc ou à garde-flanc. 122
- CHAPITRE XI.
- Les Houjfes , & la Couverture à?Ecurie, ibid. ** La Houffe ou Croupelin. ibid.
- De la fabrique des Boutons qui fervent aux harnois ci-deffus. ibid*
- Le Poitrail ôc la Croupiere. 130
- CHAPITRE XIII.
- La Garniture des Voitures, 13 il
- Le miniftre. *btd:
- Lagroffe pince. ibid:
- Le poinçon mordant. ibid:
- Travail. 132'
- Garniture du dedans de la Caiffe, ibid*
- Dedans de l’impériale. ibid:
- Doflier. ibid:
- Matelaffure du doflier. ibid:
- Des Accotoires. ibid:
- Galons de couture. 13$
- Cuftodes ôc panneaux. ibid:
- Parclofes. 13^
- Couflins. ibid,.
- Plafond. ibid:
- Impériale. ibid:
- Cave. ibid*
- Siégé du Cocher. 139,
- Tablier. ibid,
- .Chaflis des glaces. ibid:
- Pièces rembourrées. ibid:
- Matelas des Laquais. ibid:
- CHAPITRE XIV.
- Le nombre des Ouvriers qui concourent à la per-
- feftion d'une Voiture, & la Lifie des Garni*
- tures du Bourrelier & du Sellier. ibid.
- Arts qui concourent à la perfe&ion des
- Voitures , ôc à leur beauté*
- ibid•
- Lifle des parties garnies par le Bourreliers
- . *3-
- Parties garnies par le Sellier à la Berline Ôt à la Chaife. 137
- Explication des Planches & des
- Vignettes, 138
- * Le Couflinet à flanc , ** la Houffe , *** la Houffe de pied & la Houffe de main, font relatifs à la Planche. ^ ^ ^ ^
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