Descriptions des arts et métiers
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- ART
- DU PERRUQUIER,
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- CONTENANT LA FAÇON DE LA BARBEf
- la Coupe des Cheveux ; la Conjlruciion des Berniques d!Hommes & de Femmes ; le Perruquier en vieux ;
- & le Baigneur-Etuvijle.
- Far M. DE G A R S A U L T.
- M. D;C C. L X V il.
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- AVANT-PROPOS.
- C LOVis, premier Roi des Francs, les Succefleurs, &les Princes dé leur Sang, regardoient la longue chevelure comme une marque de dignité füprême, & né faifoient jamais couper leurs cheveux. Rafer un Prince de la Maifon Royale étoit l’exclure de la Couronne* La Nation portoit auffi fes cheveux, mais plus ou moins courts, bailleurs, îobfcurité qui régné à cet égard faute dé Monuments, ne permet pas d’en dire davantage. On a vû dans un Sceau royal d’Hugues Capet 9 chef de la troifiemé Race , qu’il y eft repréfenté avec des cheveux courts & une barbe affez longue : enfin, en ipi, François I. ayant été bielle à la tête par accident, fut obligé de faire couper fes cheVeux ; tout fuivit fon exemple jufqu’aux Prêtres qui fe firent tondre. Depuis ce temps il devint indifférent aux Rois de porter les cheveux longs ou courts, & cette marque de dignité fut anéantie*
- En partant de la première époque, c’eft-à-dire, du régné de Clovis, on voit que la barbe fut en recommandation parmi les Francs pendant plufieurs fiécles", jufquà ce que Louis VIL fe l’étant fait entièrement rafer,tous fes Sujets fuivirent fbn exemple; ainfiil n’y eut plus de barbes en France jufqifà François I. qui en 15 21, après avoir fait couper les che-, veux, comme on vient de le dire, laiffa croître fa barbe; la voilà donc revenue aux François ; les Gens de Juftice feulement ne voulurent pas la reprendre* Henri IV. donnoit une forme régulière à la fienne en l’ar-^ rondiffant par en-bas, & tailloit fès mouftaches en éventail ; ce que l’on peut voir à fa Statue équeftre fur le Pont-neuf* Tout ceci diminua petit à petit, de façon que foüs Louis XIII. la mouftache étoit beaucoup amincie, Sc on n’avoit confervé dû refte de la barbe qu’un toupet en pointe au-deffous de la lèvre inférieure , le toupet fut retranché, & Louis XIV. n’avoit plus qu’un filet de barbe à l’endroit delà mouftache quon nommoit une Royale, quil n’a pas même confervé jufquà la fin de fon régné. Maintenant ni le Roi, ni aucuns de fes Sujets ne fe laiffent croître la barbe, & tous les François , de quelque état qu’ils foient, fe font régulièrement rafer : les Soldats, principalement les Grenadiers, confervent encore la mouftache qui n’eft regardée à préfent que comme un ornement militaire du Soldat , non de l’Officier.
- Comme depuis François I. les prérogatives qu’on avoir attribuées aux Perruquier. a
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- iv AVANT-PROPOS.
- cheveux & à la barbe font abolies, ceux qui ont de beaux cheveux en font ce qu’ils veulent,fans tirer à conféquence ; mais la beauté que nous avons a (lignée à nos cheveux eft une beauté rare ; peu de perfonnes, fur-tout les Hommes, fe trouvent les avoir avec toutes les qualités né-celfaires, dont voici les conditions qui font d’être railonnablement épais Sc forts, d’une belle couleur de châtaigne, plus ou moins foncée , ou d’un beau blond argenté, d’une longueur moyenne, defcendant jufqua la moitié du dos; il faut encore, que fans être crêpés, ils frifent naturellement, ou du moins qu’ils tiennent long-temps la frifure, que les tempes Sc le deffus du front foient fuffilàmment garnis.
- Les cheveux en général font fujets à bien des accidents Sc des défauts qu’il falloit fupporter ou du moins pallier , avant que la perruque eût-été imaginée. Plufieurs fe trouvent en avoir très-peu ; il y a des maladies qui les font tomber ; ils fe dégarnilïent quelquefois fans aucune maladie apparente, de maniéré que non-feulement les perfonnes âgées, mais ceux qui ne le font pas encore, deviennent chauves avant le temps : il falloit donc fe réfoudre à porter des calottes, cofcffure trille & platte, fur-tout quand aucun cheveu ne l’accompagne. Ce fut pour remédier à ce défagrément, qu’on imagina au commencement du régné de Louis XIII. d’attacher à la calotte des cheveux poftiches qui panifient être les véritables ; on parvint enluite à lacer des cheveux dans un toilé étroit de Tiflerand, comme aufli dans un tiffu de Franger qu’on nomme le Point de Milan : on coufoit par rangées ces entrelacements fur la calotte même, rendue plus mince Sc plus légère ; pour cet effet on fe fervoit d’un canepin ( l’épiderme de la peau du mouton ) fur lequel on attachoit une chevelure qui accompagnoit le vifàge Sc tomboit fur le col ; c’étoit alors ce qu’on appella une Perruque : enfin, on perfectionna cette efpece de modèle qui étoit déjà un acheminement aux tréfilés. Les trefles fur trois foies furent trouvées : on les arrangeoit en les coufant fur des rubans, ou autres étoffes que l’on tendoit Sc aflèmbloit fur des fêtes de bois ; on parvint enfin à copier une chevelure entière afi fez bien pour pouvoir la fuppléer au défaut des cheveux naturels. Cette découverte parut fi bonne & fi fecourable , qu’en 16$6, Louis XIV. dit le Grand, créa quarante-huit Charges de Barbiers-Perruquiers fùivant la Cour, Sc en même temps il fut auffi créé en faveur du Public deux cents autres Charges ; cette création relia fans exécution : enfin, en 1673, on en fit une autre de deux cents Charges ; celle-ci eut lieu.
- Mais quelque temps après que ces dernieres Charges eurent été créées,
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- M. Colbert s’appercevant qu’il fortoit des fommes confidérables du Royaume pour acheter des cheveux chez l'Etranger, il fut délibéré d’a-bolir les Perruques & de le fervir de bonnets,tels à peu-près que quelques Nations en portent : il en fut même effayé devant le Roi plufieurs modèles; mais le Corps des Perruquiers Tentant bien qu’il alloit être anéanti, préfenta au Confeilun Mémoire accompagné d’un Tarif bien circonstancié, qüi faifbit voir qu’étant les premiers qui exerçoient cet Art nouveau , lequel n’avoit point encore paffé dans les Etats circonvoifins, tels que l’Elpagne, l’Italie, l’Angleterre > &c. les envois de Perruques qu’ils faifoient, furpafïoient beaucoup la dépenfo, Sc faifoient entrer dans le Royaume des fommes bien plus confidérables, qu’il n’en fortoit pour l’achat des cheveux, ce qui fut caufè que le projet des Bonnets fut abandonné *.
- De nouvelles Charges ont été créées, Sc ils font actuellement au nombre de 8 jo, fous le titre de Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Etuvifies. Ils reçoivent leurs Lettres en Chancellerie, Sc lèvent leurs Charges aux Parties Cafuelles ; elles font héréditaires : leurs Officiers font un Prévôt, des Gardes, des Syndics ; ils ont droit Sc leur eft attribué le commerce des cheveux en gros & en détail, comme auffi leur eft permis de faire & vendre poudre, pommade, opiat pour les dents, en un mot, tout ce qui peut fervir à la propreté de la tête Sc du vifàge ; mais à préfent la plus grande partie des Perruquiers ne s’embarraffent point de ces corn-pofitions qu’ils laiffent aux Parfumeurs, dans le diftriâ defquels elles tombent naturellement. Us font la barbe ; cette opération du Perruquier eft la feule qui foit permife aux Chirurgiens :1e rafoir étant regardé comme un infiniment de Chirurgie : mais comme le Perruquier & le Chirurgien ont tous deux le droit de faire la barbe qui eft une opération journalière Sc générale, & que le Chirurgien n’a pas celui d’accommoder la Perruque, il étoit néceffaire de les diftinguer l’un de l’autre par des marques extérieures ; c’eft pourquoi afin que le Public puiffe reconnoî-tre auquel des deux il a affaire, le Chirurgien doit avoir pour enfoigne des baffins de cuivre jaune, & ne peut peindre le devant de fa boutique qu’en rouge ou en noir, au lieu que le Perruquier a des baffins blancs ( d’étain ) Sc peut peindre le devant de fà boutique en toutes autres couleurs.
- Ce qui conftitue particuliérement l’Art du Perruquier eft celui de faire les cheveux, c’eft-à-dire, de les étager pour leur donner un afpedlagréa-
- * On n'a d'autorités pour citer ce fait que la tradition : celui qui m'en a inftruit l'avoit entendu dire à un Officier décoré de la Croix de S, Louis, fort vieux, qui lui die en avoir été témoin*
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- ble, celui de conftruire toutes efpeces de Perruques & parties de Perruques , comme tours, toupets, chignons, &c. pour Hommes 8c pour Femmes , 8c de tenir des Bains & Etuves.
- La manufacture des Perruques eft un Art moderne ; ilfe perfectionne de jour en jour, & il y a apparence qu’il fera durable par les avantages qu’il acquiert fur les cheveux naturels, dont un des plus grands eft de débarraffer des foins journaliers ; les Femmes même en profitent, quoique plus rarement, attendu que leur tête ne fe dégarnit pas fi communément que celle des Hommes : en un mot, la Perruque eft de tout lèxe 8c de toutes conditions.
- L’ufage de la poudre eft encore plus nouveau que celui de la Perruque : Louis XIV. ne pouvoit la fouffrir ; on obtint cependant de lui for la fin de fon régné, quelque adouciflement à cette averfion, 8c même il enduroit qu’on en mît une idée à fes perruques ; maintenant il eft très-commun de mettre de la poudre aux cheveux 8c aux perruques.
- Les Bains 8c Etuves, autre appanage du Perruquier, ont une origine bien differente des autres parties dont on vient de parler; car ils font de toute antiquité, principalement dans les pays chauds, où ils font journaliers ; dans le nôtre on n’en ufo que de temps en temps, fur-tout en été; je ne parle que des Bains de propreté : d’ailleurs les Bains font d’un grand fecours en Médecine, alors ilsfe divilënt en différentes efpeces, Demi-Bain, Bain froid., Bain chaud, Bain d’immerjîon, &c. Quelques Perruquiers s’adonnent à cette branche de l’Art, 8c on trouve chez eux baignoires , étuves, & tout ce qui y a rapport, comme pâtes dépilatoires, &c.
- L’Art du Perruquier, c’eft-à-dire, de tous les objets qu’il embraffe, étant celui dont on entreprend de donner ici l’explication détaillée, on va commencer par la barbe , comme fon opération la plus ordinaire, enfuite viendra l’accommodage des cheveux naturels, puis la manufacture des Perruques, enfin les Bains 8c Etuves.
- On doit la defcription de toutes ces parties de l’Art, & principalement de la plus compliquée, c’eft-à-dire, de la conftruélion de la Perruque 8c de tous fes détails, à M. Antoine Quarré, Perruquier appliqué 8c ingénieux, qui a fait plufieurs recherches pour fa perfection, 8c dont le but 8c le projet eft d’imiter la belle Nature : 8c pour l’Art du Baigneur, on a eu le bonheur de s’adreffer à M. Thomas le Clerc, Baigneur très-inftruit, & même au-delà des connoiffances qui luifuffiroient pourréuffir parfaitement dans fon Art.
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- ART
- DU PERRUQUIER,
- CONTENANT LA FAÇON DE LA BARBE;
- la Coupe des Cheveux ; la Conflruclion des Perruques d*Hommes & de Femmes ; le Perruquier en vieux ;
- & le Baigneur-Etuvifte.
- LE BARBIER-PERRUQUIER.
- CHAPITRE PREMIER.
- Faire la Barhe.
- Quoique l'opération de la Barbe Toit une des moins ignorées , on ne fçauroît cependant fe difpenfer d'en faire mention ici ( Pl. 1. ) , attendu qu’elle entre néceffairement dans l’Art du Perruquier : c*eft pourquoi on va nommer les inftruments dont il fe fert particuliérement à cet égard, à chacun defquels on ajoutera ce qu’on croira convenable de remarquer.
- PtANCHE I.
- Inftruments.
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- tfjUnBaflin à barbe d’étain ou de fayence , dans lequel eft une favonette. b [ Un Coquemard de cuivre rouge de Perruquier, pour chauffer l’eau dans la boutique.
- Cj Une Bouteille à l’eau chaude, de cuivre rouge, pour mettre de l’eau chaude dans la poche , & la tranfporter en ville.
- d} Un Cuir préparé : c’eft une laniere de cuir de veau collé fur une petite tringle de bois avec fon manche, & empreint de quelques poudres impalpables, comme émeri, ardoife pilée , brique , poudre de pierre-à-razoir, &c. L’effet du cuir, quand il eft bon , eft de faire couper le razoir plus doux. e? Une Pierre-à-razoir ; efpece de pierre d’un grain très-fin, qui fe tire d# Perruquier. A
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- 3 ART DU PERRUQUIER.
- pays de Liège, ou de Lorraine, où on la trouve fur les carrières d’ardoife : elle fert ayec quelques gouttes d’huile d'olive, à repafler les razoirs quand ils viennent à s’émouffer ; ceux qu’on deflineaux barbes fortes Sc dures, doivent être repaffés plus gros de taillant.
- Un morceau de Savon blanc : le favon blanc efl: meilleur pour la barbe que les favonettes de compofition ; il l’attendrit mieux , ce qui fait que le ra-zoir coupe plus doux.
- g, Un Razoir fermé , & un autre ouvert.
- On fait fondre du favon blanc dans de l’eau chaude ou froide, on en lave la barbe pour l’attendrir, on la raze enfuite , on finit par laver le vifage.
- Quand on fe fait razer toute la tête, on finit par la laver avec un peu d’eau-de-vie.
- CHAPITRE SECO ND,
- Faire les Cheveux > & frifer.
- T, a Coupe des Cheveux efl: la fcience qui donne aux cheveux naturels une forme régulière, en retranchant leurs inégalités Sc les taillant par étages , lefquels doivent s’arranger avec grâce en accompagnant le vifage. C’efl: pré-cifément le rudiment de la Perruque, & les principes fur lefquels elle a été perfectionnée. Il efl donc à propos de détailler le mieux qu’on pourra cette opération, attendu qu’elle efl: une des plus elfentielles du Perruquier.
- Les Perruquiers appellent faire les cheveux , les couper fùivant les réglés de l’Art; ce qui fe termine ordinairement par frifer Sc poudrer.
- Commencez par peigner toute la tête à fond pour bien démêler les cheveux ; enfuite prenant & engageant dans votre peigne A ( PL J. ), d’abord fut le haut de la tête , une portion ou rangée de cheveux, vous amènerez doucement le peigne vers vous en droiture ou de biais, fuivant que vous voudrez couper ou droit ou en biais, avancez ainfi jufques vers la pointe des cheveux , que vous laiflèrez en-dehors engagée dans le peigne ; puis coulant vos cizeaux B, à demi-fermés, par-deflous le peigne, ils couperont tout ce que vous voulez retrancher de ce rang ; vous continuerez cette façon fur toute la tête, jufqu’à ce que les cheveux foient faits, obfervant que les rangs fizpé-rieurs foient plus courts que les inférieurs par toute la tête.
- Nota y qu’il efl: nécelfaire que le Perruquier en amenant ( comme il vient d’être dit ) les cheveux à lui, les maintienne toujours d’équerre à la tête ; car s’il les abaifloit avant de couper, il arriveront que ceux de delfus recouvrî-roient ceux de deflous , ce qui feroit une épaifleur délagréable ; cette remarque doit fervir aufll pour les perruques ci-après , fur lefquelles le Perruquier fait à peu-près la même opération.
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- ART DU PERRUQUIER. $
- Il fembleroit fur ï expofé qu’on vient de faire de la coupe des cheveux > qu’un peu d’habitude fuffiroit pour en venir à bout cependant il fe trouve des Perruquiers bien fupérieurs en cela à d'autres. Comme cette opération n’a point de réglés précifes, c’efl une affaire de génie , dont un certain talent, le goût & le coup-d’œil font tous les frais.
- Quand les cheveux font faits, on les met ordinairement tout de fuite en papillotes pour les frifer , on les paffe au fer, & on les poudre. Or, comme ces opérations ne fe font point au hafard , mais font alfujetties à des procédés & à quelques inftruments particuliers , c’efl: ici le lieu d’expliquer comment on doit s’y prendre pour bien opérer.
- Les papillotes font faites de papier taillé en petits triangles, de deux pouces ou environ : préférez pour les faire le papier gris, le papier Jofeph , le papier brouillard , parce qu’ils fe déchirent & fe caffent plus difficilement que tout autre. Raflemblez avec votre peigne une petite portion de cheveux, faifif-fez-les en-delfous avec les deux premiers doigts d’une main vers le milieu, & les prenant de l’autre par la pointe, roulez-les liir, eux-mêmes, & envelop-pez-les tout de fuite avec une papillote C ( PL I.).
- Il fe fait de deux fortes de frifîires , ou en crêpé , ou en boucle. Pour le crêpé qui s’exécute ordinairement aux cheveux courts du haut de la tête, on prend les cheveux pêle-mêle, & on les tourne court & ferré fans précaution, afin qu’il ne fe faffe point de vuide dans le milieu ; au lieu qu’à la frifure en boucle on ménage un vuide dans le milieu du roulement.
- Toute la tête étant garnie de papillotes,il s’agit maintenant de la paffer au fer.
- Le Perruquier fe fert de deux fortes de Fer : l’un efl une pince terminée par deux mâchoires plates en-dedans D (PL I.) ; l’ancienne façon dd, étoit de les faire d’égale épailfeur : l’autre relfemble à de longs cizeaux. Le premier fe nomme Fer à frifer ; le fécond, Fer à toupet E, dont une des branches qui efl: ronde, entre dans l’autre qui efl: creufée. Faites chaufferie fer à frifer, à nud, fur de la braife , jamais fur le charbon. Quand il fera au degré de chaleur néceffaire, ce qu’on reconnoît lorfqu’il ne roufïït pas un papier qu’on lui préfente, ou bien en l’approchant de la joue, vous ferrerez chaque papillote un inftant plus ou moins long , mais il vaut mieux l’employer affez chaud pour qu’il relie peu fur chacune ; c’efl pourquoi quand on a toute une tête à paffer, on a plufieurs fers qui chauffent en même temps.
- Quand toutes les papillotes feront refroidies, vous les déferez & peignerez le tout enfemble , puis vous formerez & arrangerez avec grâce les boucles, le toupet Sc le crêpé qui fe pratique ordinairement aux cheveux courts vers le front & les temples.
- Crêper efl mêler & confondre enfemble les cheveux frifés : cet accotnmo-dage par fa légéreté donne un afpeéi agréable à la vue.Pour crêper on pince
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- de haut en bas légèrement avec deux doigts au travers des cheveux qu’on veut crêper ; on amene doucement à foi ceux qu’on a faifis, & en même temps on les repoufle avec le peigne fin à mefure qu’ils fe dégagent d’entre les doigts.
- Quant aux boucles, on les forme en peignant enfemble une quantité de che-veux , dont on rabat la frifure fur le premier doigt qui leur fert de moule.
- Le Perruquier a encore d’autres rubriques, foit pour dégarnir les chevelures trop épaiflès, foit pour rendre les cheveux plus fermes, afin qu’ils tiennent la frifure. Pour dégarnir#il fait une opération, qu’il appelle effiler : voici comme il s’y prend. Il releve & fait tenir à la tête avec fon peigne un rang de cheveux > & portant fes cizeaux aux racines de ceux que ce rang relevé a découverts, il les tient entr’ouverts les pointes en-bas, & par le moyen d’un léger pincement, il coupe ce qu’il juge être de trop ; il parvient ainfi à réduire une chevelure quand elle eft trop enflée. Il affermit & donne plus de confiftance aux cheveux mous & qui fe laiflent trop aller , avec ce qu’il appelle de la Pommade forte : il fait cette pommade fur le champ , en mêlant un peu de poûdre avec de la pommade qu’il fait fondre dans fes mains. Il retrouve les cheveux comme à la précédente opération, met de cette pommade à la racine des cheveux qu’il vient de découvrir, ce qu’il continue d’étages en étages.
- Quand on veut un toupet qui couronne le front, c’eft-à-dire, que le premier rang, au lieu d’être frifé , foit relevé à plat & recourbé en arriéré ; c’eft l’office du fer à toupet. Le Perruquier le fait chauffer modérément ; il prend enfuite entre les deux branches le rang qui doit former le toupet, il le dirige en-haut tout droit ; puis tournant le fer , fa branche ronde en-deffous , il le courbe en arriéré > & fait faire aux cheveux par le bout le crochet en bas*
- Poudrer•
- La frifure étant arrangée,il ne s’agit plus que de poudrer. La meilleure poudre pour les cheveux eft faite de farine de froment, & la pommade eft du faindoux : on met la poudre dans une large boëte de fer blanc F, ou dans un fàc de peau de mouton G.
- Les meilleures houpes à poudrer H, font faites avec les longues foies qui font aux chefs des étoffes de foie.
- Commencez par enduire de pommade le dedans de vos deux mains, que vous pafferez enfuite légèrement fur toute la frifure ; chargez d’abord votre houpe de peu de poudre pour poudrer à demi-poudre, terme de Perruquier. Cette petite quantité de poudre fuffira pour faire appercevoir les cheveux qui Portent de l’arrangement général & les couper, après quoi vous achèverez de poudrer.
- De peur que la poudre ne fe répande fur le vifage & n’entre dans les yeux
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- ART DU PERRUQUIER. *
- de celui que Ton poudre -, les Perruquiers lui donnent un cornet 1 ; c*efi: une feuille de carton tournée comme un cornet de papier : on fe cache le village dans le gros bout de ce cornet ; il a des yeux de verre, & Pair pour la refpiration entre par le petit bout : on le tient à la main,
- s Des différentes façons de porter les Cheveux.
- Les cheveux naturels fe portent de différentes façons :fçavoir, de toute leur longueur, ou très-courts, principalement les Eccléfiaftiques, auxquels ils ne doivent pas dépaffer le bas de la nuque du col. On les met en bouffe, en cade-nette, en eadogan ; cette nouvelle façon efl une nouvelle mode : on plie l’un fur l’autre tous les longs cheveux de derrière pris enfemble, & quand on efl arrivé à la nuque, on noue par le milieu tous ces retours avec un ruban. Le toupet à la Grecque efl encore une mode nouvelle : on laiffe les cheveux du toupet fort longs, & on les renverfe bien avant fur le fommet de la tête.
- Les perruques imitent une partie de ces accommodages ; mais elles en ont de particuliers qui s’en éloignent beaucoup, comme on verra ci-après.
- Depuis quelque temps il a été imaginé pour les Soldats des Régiments des Gardes Françoifes & Suiffes, afin de foutenir leurs frifures contre toutes fortes de temps, une façon qui n’efl pas 'tout-à-fait la même pour les uns & pour les autres , mais qui fait à peu-près le même effet. La maniéré des Gardes-Françoifes efl: de fe fervir d’une lame de plomb, mince & étroite , d’environ trois pouces de long A ( PL V. ). Après avoir ôté les papillotes des cheveux des côtés , ils en prennent la maffe dans les doigts, portent fous le milieu de là largeur une portion de la lame de plomb , la plient en revenant par-deffus, roulent les cheveux par-deffus ce premier pli, & font tenir cette boucle en appuyant deffus par un fécond pli le refie de la lame. Le furplus de la mafîe des cheveux au-deffus de ce dernier pli, fe dirige en-dehors, retombe & la cache , ce qui forme deux boucles parallèles B. Les Suiffes ne font autre chofe que rouler la boucle autour d’une carte en rond , & l’arrêter à la carte avec une épingle.
- CHAPITRE TROISIEME.
- De la Perruque en général.
- L e plus grand art du Perruquier efl: celui par lequel il rend les cheveux à ceux qui s’en font défaits, & en donne à ceux qui en manquent. Faire une perruque , efl: conflruire une efpece d’épiderme , au travers duquel on attache & on arrange des cheveux frifés, ou non frifés, allez artiftement pour qu’étant pofés fur la tête ils paroiffent être les véritables: Il feroit ici queflion d’imiter la belle Nature. Cependant parmi les efpeces de perruques qui fè Perru qi/ier. B
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- 6 ART DU P E RRUQUIE R.
- font actuellement, les unes fuivent Tes loix , les autres s’en écartent encore, mais bien moins cependant que dans l'enfance de cet Art, dont on étoit tellement épris, que l’on croyoit ne pouvoir jamais avoir affez de cheveux fur la tête. Les perruques étoient immenfes en largeur & en longueur, & repré-fentoient plutôt la face d'un ours ou d'un lion, que la forme d'une tête humaine.
- Les perruques ufitées actuellement font au nombre de fept ou huit fortes, parmi lefquelles quelques-unes palfent de mode , fans doute pour y revenir, comme toutes les modes en France.
- Planche II On fait des Bonnets ou Perruques courtes, A. Ces bonnets font ronds , s'allon-géant cependant plus ou moins derrière le col. Les Perruques en bourfe, B, fe terminent derrière par des cheveux plats 8c longs m m> ( PL IL ) qu'on enferme dans une bourfe de taffetas noir n , qui les prend à la-hauteur du col. Ces deux efpeces font fort à la mode. Les Perruques nouées C> font plus garnies de cheveux que les précédentes. Elles fe terminent fur le dos de chaque côté par des cheveux droits & longs, que l'on noue d'un fimplenœud rr; l'intervalle entre ces deux côtés eft occupé par une greffe boucle de crin roulée en tire-bouchon r. Cette efpece de perruque eft une des plus compofées, 8c quoiqu’elle s'éloigne beaucoup du naturel, elle eft cependant très-commune. La Perruque et Abbé D , refiemble beaucoup au bonnet : elle eft toute ronde ; elle fe monte différemment des autres , comme on verra par la fuite. Les Perruques naturelles E, imitent les longues chevelures : elles font frifées comme toutes les autres le long de la face, mais elles defeendenu enfulte à plat par derrière jufques vers la moitié du dos, où elles finiffent en pointe a, ou bien quarrément par des boucles b b. Cette perruque eft la coëffure des Jeunes-gens de Juftice. Les Perruques quarrées F, font conftruites en général comme les perruques nouées; elles ont de même une greffe boucle de crin en tire-bouchon r, mais à la place des nœuds ce font des rangs de cheveux frifés tt, qui defeendent quarrément jufques vers la moitié des épaules. Cette coëffure eft celle des Màgiftrats & Gens graves. La Perruque à la Brigadiere G, eft conftruite comme le bonnet, & fe termine par deux groffes boucles de crin en tire-bouchon, accoliées d> que l'on noue enfembie avec une rofette de ruban noir ee. C’eft proprement lacoëf-fure des Gens de cheval, elle lied très-bien. La Perruque à cadenettes H, imite la perruque naturelle, avec cette différence que les cheveux longs fe partagent en deux côtés, qu’on enferme dans deux cadenettes rr. On voit actuellement peu de cette elpece de perruques.
- Toutes ces perruques fe font à montures pleines, ou à oreilles 8c demi-oreilles ; ce qui fera expliqué ci-après. Le Perruquier fait auflî des Tours de cheveux pour garnir les chevelures naturelles, dont le défaut eft d'être trop claires. Il fait de même des Tempes, des Toupets , & autres parties de chevelure ; principalement aux Femmes, auxquelles on fait auftl des Devants, des Bichons frifés, des Chignons relevés, des Perruques entières , &c.
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- ART DU PERRl/QUlEÈi
- CHAPITRE QUATRIEME.
- Des Cheveux & Crins qui fervent aux Perruques•
- (Tomme la Perruque eft deftinée à procurer des cheveux aux têtes qui en ont befoin , il paroîtroit qu’il ne devroit entrer que des cheveux dans fa conftruc-tion ; cependant à moins que le cheveu dont on fe fervira, ne foit de première qualité , Sc par conféquent bien cher, on peut faire une bonne perruque à meilleur marché, en mêlant un peu de crin de cheval pris fur la crinière, avec un cheveu de qualité inférieure : le crin étant plus ferme , aide à foutenir la friliire. D’ailleurs toutes les grolfes boucles des perruques nouées * quarrées & à la Brigadiere, doivent être de crin. On fe fert encore du toupet de crin qui fe trouve au bout des queues des gemlTes. Il fe fait même des perruques entièrement de crin de cheval , mêlé, lî Ton veut, avec celui de veau & de ge-nilfe, lefquelles font fort bonnes & réulfilfent très-bien. Il eft vrai que fui-vant les Statuts des Perruquiers, elles font fai Affables ; mais ils font fort mal s’ils les faillirent, car elles font excellentes & jà l’avantage du Public. On a employé de temps en temps d’autres matières , comme poil de chevre, laine de moutons de Barbarie, fii-de-fer. Tout cela eft tombé de foi-même par fon peu de mérite. On a vu auffi des perruques de verre blanc Sc de fougères ; mais c’étoit pure curiolité.
- Les cheveux fe vendent chez quelques Perruquiers qui fe font adonnés à ce commerce ; ils les achètent de Marchands qui courent le pays, Sc les débitent à la livre. Il vient des cheveux de beaucoup d’endroits. On en tire de Flandres, de Hollande, de toutes les provinces de France ; mais les meilleurs nous viennent de Normandie.
- Pour qu’un cheveu foit de bonne qualité, il doit être rond , élaftique, lourd : ceux des pays chauds font fecs & creux, par conféquent de moindre qualité. Il fe vend encore une elpece de cheveux qui nous viennent de Suille Sc d’Angleterre : ce font des cheveux originairement roux , qu’on a blanchis fur l’herbe comme on blanchit la toile , Sc que par cette raifon on nomme de V Herbe ou des Cheveux herbes. Ils ne fe frifent point, ils ne fervent qu’à faire les.nuances des plaques, du lilfe , Scc. On ne doit jamais les mêler dans le corps de la frifure.
- Les cheveux les plus chers font les blancs , les blonds Sc les noir-jais ; cette derniere couleur s’emploie maintenant très-peu : les couleurs communes font les chateins clairs Sc bruns.
- On ne doit jamais employer les cheveux des hommes; ils font trop fecs & calfants, étant toujours à l’air ; ceux des Dames Sc des Habitantes des villes ont
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- 8 ART DU PERRUQUIER*
- le même inconvénient : ce font les Villageoifes & les Femmes de campagne qui feules fourniJTent les bons cheveux, parce qu'elles les ont toujours à couvert fous leurs bonnets ; car moins ils prennent l'air, meilleurs ils font.
- A l'égard du crin* il s'en trouve , comme le cheveu , de toutes couleurs & degrés de fineffe. On ne fe fert jamais du crin de la queue des chevaux. On doit obferver ici que le crin , quoique pris fur un animal vivant, eft communément mêlé de crin mort : on appelle mort un crin mat & caffant : le crin vif eft toujours luftré & luifant ; c’eft pourquoi il eft néceffaire d'éplucher le crin en en ôtant tout le mort avant de s'en fervir : c’eft ordinairement le Marchand qui prépare fon crin avant de le mettre en vente.
- Il eft bon de remarquer ici que quelques Perruquiers pburroient fe tromper & leurs Pratiques, en employant du poil blanc de bouc à la place du cheveu herbé, attendu que ce poil eft mol, fans confiftance, jaunâtre, caffe* & en un mot, ne vaut rien.
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Le Travail de la Perruque.
- Prendre la Mefiire.
- D, quelque efpece que foit la Perruque , la mefure fe prend toujours de la même façon , puifque ce doic être celle de la tête que vous avez à coeffer. Pour cet effet vous vous fervirez d’une bande de papier, d un pouce de large, & de longueur fuffifante ; vous la porterez :
- i°. Du haut du front à la nuque du col, obfervant toujours de ne pas def-cendre trop bas, de peur que le mouvement de la tête en arriéré ne repouffe la perruque fur le front ; & même pour en être plus sûr, vous prierez la per-fonne, dont vous prenez la mefure , défaire ce mouvement.
- Marquez l’extrémité de cette mefiire, ainfi que de toutes les autres, par de petites oches ou entailles, que vous ferez au papier avec vos cizeaux.
- 2°, Mefurez d’une tempe à l'autre,paflànt par le milieu du derrière de la tête. 3°. D'une oreille à l'autre, paffant fur le fommet de la tête. Si vous devez faire une perruque à oreilles, vous arrêterez cette, mefure au-deffus des oreilles : fi c’eft à demi-oreilles , vous l'arrêterez à la moitié des oreilles : vous la porterez jufqu'au bas des oreilles, fi la perruque doit être à monture pleine, c'eft-à-dire , fi elle doit couvrir entièrement les oreilles.
- 4°. Au milieu des deux joues, paffant par-derriere la tête. y0. Du milieu du haut du front, jufqu'à l’une ou l’autre tempe.
- La mefure prife, on convient de la nuance , c’eft>à~dire, de la couleur îdont fera la perruque.
- Injlruments
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- ART DU PERRUQUIER;
- Infiniment s & Matériaux. *
- Une^ête à perruque de bois d'orme Un Etau de Perruquier.
- ou de frêne. Une Réglé de bois à étager*
- Des Cizeaux grands & petits» Des Bilboquets de buis. -
- Des Peignes gros & fins. ‘ Une Etuve ou Tambour*
- Des Serrans & Cardes de fer. Un Fer à palfer*
- Un Métier à trefler.
- Un Réfeau ou Coëffe.
- Du Ruban à monter.
- Du Ruban à couvrir.
- Des Cheveux.
- On mettra les lettres de renvoi en parlera.
- Du Crin de cheval, veau, vache. Du Bougrao ou Treillis.
- Du Fil gris nommé Fil en trois*
- Du Fil de pêne.
- ceux qui font delïinés à mefure qu'on
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- A R T I C L E ' P ït E M I E R* ;
- Préparation des Cheveux.
- Apre's avoir acheté vos cheveux en gras ou plats, c’efl-à-dire , tels quils Portent de la tête fiir laquelle ils ont été coupés, il s'agit de les préparer-en leur donnant la confiftance, la frifure & l'arrangement requis, afin de pouvoir enfiiite être employés à la conftruétion d’une perruque fôlide & durable. On va voir que ceci eft un vrai travail, rempli de quantité de circonfiances in-dilpe niable s.
- Commencez par dètêter , c’eft-à-diré , partager vos cheveux en petites portions que vous lierez vers le milieu, mais plus du côté de la tête du cheveu»7
- lélotay On nomme la Tête du cheveu, le bout qui effectivement tenoit à la tête : l’autre bout s’appelle la Pointe du cheveu.
- Prenant enfuite chaque portion mettez-la au dégras. On a pour cette opération de la farine folle, autrement gruau ou petit Ion , qui n'eft autre choie que la farine qui s’élève en Pair dans les Moulins, ou aux Halles quand on la remue, & qui retombe lixr la place : on fe fert auffi de fablon fin. Vous fau-poudrerez chaque portion de cheveux, que vous agiterez à melure pour faire entrer celui de ces ingrédiens dont vous vous ferez lervi, Sc peu après vous le ferez fortir en fecouant ; vos cheveux alors feront liiffilàmment dégrailfés.
- Enfoncez le plus que vous pourrez de ces portions dégrailfées dans un Serran ou grande carde K, (PLI.) la pointe des cheveux L de votre côté* afin de les tirer par la pointe : ce qui fe fait en prenant avec le pouce & une des lames de vos grands cizeaux entr'ouverts, ceux qui dépaffent les autres * les tirant dehors, & les donnant à mefure à votre main gauche.
- Quand vous en aurez ralfemblé une certaine quantité, vous les ficellerez vers P ERRU Q 171ER* C
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- Planche
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- IO ART DU PERRUQUIER,
- la tête avec du fil de pêne : on nomme ainfi les longs fils du bout des pièces de toile l qui Jervent à tendre les métiers des Tifierands. Mettez chaque paquet à part;, & continuant à tirer toujours les cheveux dépaflants, pôfez à mefure les paquets que vous en ferez , 1*un fur l’autre en croix > pour qu’ils ne fe brouillent pas : par cette façon les cheveux s’étagent, pour ainfi dire , d’eux-mêmes : car les plus longs viêrineri't cTabord * & on arrive enfin par degrés à tirer jufqu’aux plus courts. Quand on a des cheveux précieux, on les tire , pour n’en point perdre , d’abord par la tête, & une fécondé fois par la pointe.
- Toutes vos portions ainfi préparées, enfilez-les en plufieurs fuites proportionnées l’une à l’autre ; alors elles feront prêtes à être frifées.
- Le blanc & les couleurs claires demandent quelques attentions de„ plus que les couleurs communes. Si on ne les trouve pas aiïez dégraiiïees par l’opération du gruau marquée ci-delfus, on les lave dans du favon noir ; après quoi ayant mis une pierre d’indigo brut dans un linge , on trempe ce nouet dans l’eau tiede , on l’y prelfe & exprime avec force, jufqu’à ce qu’on voie l’eau chargée d’une teinture bleue très-foncée ; alors on y trempe les cheveux, .puis on les laifie féeher : cette préparation leur donne un œil bleu tendre, quf les empêche de rouflîr par la fuite.
- Nota j que c’eft une très-mauvaife maxime de blanchir le cheveu à la vapeut du foufre, qui le delléche trop & le rend calfant : on peut y blanchir le crin de cheval, qui eft plus robufte ; on lave auffi les queues de veau 3c de jeune vache.dans une eau favoneufe pour les déjaunir.
- Il s’agit maintenant de frifer le cheveu. On commence par placer l’étau M (pu.) au bord d’une table, à laquelle on le vifle* Cette efpece d’étau eft particulier au Perruquier * tant pour fa forme , que par fa fituation horifontale : ( le delfein le fait fuffifamment connoître). La petite branche fupérieure O , qui tient à la vis de la tête , fert à le ferrer, 3c le reflort qui eft entre les deux branches des mâchoires, à l’ouvrir : la ficelle N, qui pafle fur la mâchoire fupérieure, defeend double jufqu’à terre, où elle eft réunie par un nœud. On va favoir quel eft fon ufage.
- Vous étant afïïs vis-à-vis de l’étau, prenez une portion de cheveux d’une de vos fuites ; enveloppez-la par la tête d’un morceau de cuir, que vous prendrez 8c ferrerez dans l’étau, les pointes de votre côté ,• alors vous en féparerez une partie ; & pour n’être point embarraffé du furplus, vous le rangerez derrière la ficelle N, dont on vient de parler, que vous tiendrez tendue en mettant le pied dedans. D’autres attachent un bout de ficelle à la mâchoire fupérieure de l’étau ; ils le laiflent pendre , Sc mettent un plomb à fon extrémité ; ils rangent de même derrière le furplus des cheveux.
- Ayant donc amené à vous cette partie féparée, que vous tenez ferme par les pointes, vous placerez deffous un petit morceau de papier, & par deftus
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- ART DV P Ë RRUQt/IÊ R. It
- tin bilboquet, le cheveu entre deux , que vous roulerez bien Ferme fur cebil-t boquet , le papier marchera en même temps Sc s’y roulera aulîî.
- ' Mais avant d’aller plus loin on doit faire connoître le Bilboquet ; après quoi on reprendra cette opération où on Ta laiffée.
- Le Perruquier doit être muni d’un bon nombre de bilboquets oooo. Cè font de petits bâtons de buis , d’environ trois pouces de long, ronds , plus menus au milieu , renflés aux deux extrémités : c’eft , comme on vient de dire, fur eux qu’on roule les cheveux par la pointe : on roule auffi le crin fur des bilboquets plus gros. Les bilboquets fur lefquels on roule les frifures des Femmes, doivent être fort menus, c’eft-à-dire , gros comme une ficelle ordinaire : on les peut faire auffi de fil de fer, mais cette pratique a le défaut de rouffir les pointes du cheveu.
- En continuant l’opération du bilboquet vous ne roulerez jamais deflus plus de quatre travers de doigts, quelque longs que foient les cheveux ; cette fri* fiire eft fuffilante. Vos cheveux roulés, vous les ficélerez au bilboquet par plu* fieurs tours de ficelle : vous ferez la même manœuvre à toutes les parties dans lefquelles vous diviferez votre portion de cheveux ; ainfi il y en aura telle de laquelle il pendra trois, quatre, Sec. bilboquets ficelés. Quand les cheveux font très-courts, on les roule en entier fur le bilboquet ; ils fe trouvent en* tourés du papier, & avoir chacun fbn bilboquet à part ; on les lie enfùite d’un fil fimple.
- Quand vous voulez qu’il entre du crêpé dans votre ouvrage, vous prenez deux bilboquets 2,2, 2, voifins dans une portion de cheveux longs, vous les cordez Se vous les liez enfemble.
- Nota. On roule toujours en entier le cheveu, quelque long qu’il ibit, fur les bilboquets pour Femme.
- Vous enfilerez chaque portion fbrtant de l’étau avec fes bilboquets dans une ficelle , jufqu’à ce qu’il y en ait une longueur qu’on nomme une Suite.
- Lorfque vous aurez nombre de fuites étagées, vous les mettrez dans une chaudière avec fiifiifamment d’eau de pluie ou de riviere, ( l’eau de puits ne vaut rien ), Se vous les ferez bouillir pendant trois heures à gros bouillons, après quoi vous les retirerez pour les faire fécher doucement dans l’étuve : fi vous avez du crin, vous l’ôterez de la chaudière quand il aura bouilli une heure,. Se demie.
- L’Etuve PP eft Communément ce que les Dames nomment un Tambour > dont elles fe fervent pour chauffer leurs chemifes & leurs autres hardes, lorf-qu’elles s’habillent. C’eft un ouvrage de Boiffelien II a environ deux pieds huit pouces de haut ; il eft traverfé en dedans à huit pouces près du haut par un treillage de fil de fer ; on le ferme avec un couvercle. Comme il s’agit de fécher les cheveux en forçant de la chaudière, on met à terre une poêle remplie
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- Planche
- III.
- ïa ART DU PERRUQUIER.
- de poufïiere de charbon allumé, on pofe l’étuve par-deffus ; puis on verfè tout ce qui a bouilli * fur le treillage on étend doucement tous les bilboquets ; on couvre l’étuve de fon couvercle, que l’ôn bouche‘bien tout autour ; on laifle
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- fécher doucement, retournant de temps en temps pour que tout féche également : les cheveux' font à leur point de fécherefle, quand le bilboquet tourne dans fa boucle ; alors on les tire de l’étuve pour les placer & arranger fur des feuilles de papier gris , ou fur un torchon , en faifant plufieurs lits les uns fur les autres ; on donne ordinairement au total la forme d’un pâté.
- Liez le tout avec de la ficelle, & vous le livrerez au Pain-d’épicier ou à un Boulenger, qui Payant reçu l’entoure d’une pâte de fégle,& le mettant au four le fait cuire avec modération.'
- Ce pâté ainfi cuit, vous étant renvoyé tout chaud, vous le cafterez pour en ôter toutes vos fuites ; que vous reporterez pour peu de temps à l’étuve, Amplement pour faire évaporer une petite humidité que la cuiflon aoccafionnée. _ 'Nota, que quelques-uns mettent le crin dans le pâté, d’autres non ; la chofb eft aflez indifférente.
- Le tout, étant bien refroidi, décordez , c’eft-à-dire , déficelez & ôtez tous les bilboquets. Les fuîtes ayant été décordées, vous vous mettrez à dégager , ce qui fignifie , mettre enfemble deux ou trois des gros paquets que vous venez de décorderr, obfervant qu’ils fojent.de même longueur : vous enfoncerez cet affemblage par la pointe dans une carde , vous en ferez entrer une autre ren-verfée Q dans celle-ci, pour âflujettir les cheveux entre deux, puis vous les tirerez par la tête avec le pouce & les cifeaux, de la façon qui eft expliquée au commencement de cet Article, les féparant à mefure en plufieurs petits paquets qu’on nomme des Mèches. Vous lierez chaque mèche d’un fil fimple, &à mefure que vous les ferez, vous les poferez en croix l’une fur l’autre, afin que les longueurs fe fuivent. Vous en ferez de nouvelles fuites, que vous ferrerez dans des boëtes, en un lieu ni humide, ni trop fec, en attendant que vous en faffiez ufage dans la préparation de la Perruque.
- Article Second.
- Préparer la i Perruque.
- Pour préparer la Perruque vous prendrez plufieurs mèches de même longueur , commençant par les plus longues ; vous les joindrez & lierez enfemble, ce qui formera un paquet ; vous en ferez ainfi tant qu’il vous en faudra de différentes longueurs, en mefurant chaque mèche fur une régie de bois, avant de les afiembler en paquets.
- La Régie de bois eft une tringle platte , divifée , comme il fuit : d’un de fes bouts jufqu’à la première divifion il y a deux pouces marqués par un trait, ainfi que toutes les fuivantes : cette première divifion eft chiffrée i ; les intervalles
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- ART DU PERRUQUIER-. i3
- valles entre la fécondé, troifieme , quatrième & cinquième, ônt chacun 8 lignes ; la fixieme & feptieme , p lignes ; la huitième , io lignes ; toutes les autres ont chacune un pouce ; il eft rare qu'on étende les divifions au-delà de 19 pouces : on peut cependant en marquer davantage, en tenant la régie plus longue , fi on avoit à mefurer de très-longs cheveux.
- Mettez donc la régie devant vous, puis prenant une méehè, étendez-la deffus depuis le bout jufqu à quelque divifion que ce foit ; l'ayant remarquée* vous rognerez quarrément d'un coup de cifeau le bout de la tête de la mèche : quand vous aurez par ce moyen trois ou quatre mèches de même longueur , en un mot, autant que vous voudrez en joindre pour faire un paquet plus ou moins gros, vous leur ôterez leur ligature ; vous les mêlerez enfem-ble , & tout de fuite vous les mettrez dans la carde couverte d'une autre carde, d'ou vous les tirerez par là tête pour égalifer les cheveux ; cela fera un paquet B ; il ne s'agit plus que de le lier & de marquer fa longueur : pour cet effet prenez une petite bande de papier blanc b> dont vous commencerez par engager un bout dans le milieu de l'épaiffeur du paquet vers la tête du cheveu, que vous entourerez enfuite du relie de la bande ; vous la lierez au milieu d'un fil fimple ; vous finirez votre opération par écrire fur ce papier le chiffre de la divifion fur laquelle le cheveu des mèches que vous venez d'employer a relié ; fi , par exemple, elles ont fini au chiffre ou divifion cottée 8 > vous écrirez 8 ; fi c'ell à 7, vous écrirez 7 , &c4
- Ayant donc formé ou étiqueté tous vos paquets, vous connôifTëz leurs lorn gueurs réciproques : il s'enfuit alors deux autres opérations ; l'une eft de mêler le crin dans chacun de ceux où il convient qu'il y en ait ; l'autre, de faire les nuances quand il en eft befoin, ce qui eft nécelfaire lorfque la couleur du. cheveu qu'on emploie, eft trop claire ou trop brune : ces mélanges s'exécutent de différentes maniérés ; l'une eft de prendre dans un paquet de crin la quantité proportionnelle que Vous en Voulez mêler* de défaire le pâ-* quet de cheveux pour lui accoler le crin qui doit être de même longueur, & de mêler l'un avec l'autre par un mouvement réitéré des deux mains , qui fait approcher l'un de l'autre les ongles des deux pouces ; par ce moyen lë crin fe mêlera * & fe diftribuera alfez bien ; vous referez enfuite le paqüet comme il étoit : on peut faire la même chofe pour mêler les cheveux blancs; cependant ils ne fe diftribueront pas fi également que par la façon fuivante* Mettez dans la même carde deux paquets de même longueur , chacun à part, l'un de cheveux de couleur, l'autre de blancs tirant fucceflîvement de l'un & de l’autre par la tête , vous en formerez dans vos doigts un feul paquet, dont la nuance fera bien mieux confondue & mélangée.
- Une troifieme façon, & la meilleure pour le crin, s'exécute dans le temps que f on trelfe ; alors ayant mis le paquet de crin dans une carde près du métiei* I
- P erri/quier* D
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- r4 ART DU PERRUQUIER.
- treffer, on en tire à chaque paffe la quantité qu’on veut ajouter au cheveu , 8c on trefle les deux enfemble : on entendra mieux ceci en lifant l’Article des TrelTes ci-après.
- Nota, que lorfque la qualité du cheveu qu’on emploie eft parfaite , le crin y efl: inutile ; qu’on en doit mettre peu, par exemple, un douzième quand le cheveu a de la confiftance , 8c davantage à mefure qu’il efl: moins fort.
- D’autre part vous prendrez un quarré de papier blanc CCC, & l’idée rem* plie de tout l’arrangement de votre perruque, vous la porterez, pour ainfî dire , fur ce papier, en commençant par tirer nombre de grandes lignes ho-rifontales parallèles à volonté , & affez éloignées l’une de l’autre, pour pou* voir écrire dans leurs intervalles quelques chiffres , 8c des tirets ; les grandes lignes marqueront la quantité de rangs que la perruque aura & leurs longueurs,1 les petits tirets 8c les chiffres indiqueront les differents étages qui fe fuccé* deront dans chaque rang : enfin, vous couperez le papier aux deuxbouts, tra-verfant les grandes lignes en différents biais & oches, qui borneront la longueur de chaque rang de treffes ; ce papier alors a nom les Mejures de la Per-ruque : tout ceci mérite un plus grand détail. On vient de dire que tous les pa-* quets mefiirés fur la régie de bois, doivent être cottés conformément aux chiffres de ladite régie ; donc il y en aura de marqués 2, d’autres y , d’autres , &c. ; vous fçavez d’ailleurs combien de rangs ou treffes de cheveux doivent compofer votre perruque; vous tirez en conféquence, comme on vient de dire , autant de grandes lignes fur le papier : or , fi vous voulez qu’un ou plusieurs rangs foient faits d’un bout à l’autre avec les cheveux du paquet, par exemple , cotté 2 , vous écrivez 2 , n’importe à quel endroit, fiir le papier au-deffous de la ligne que vous voulez fuivre tout du long avec les cheveux du paquet 2 § mais quand il s’agit de changer la longueur des cheveux de dijp* tance en diftance, & par conféquent les paquets dans toute la longueur d’un rang quelconque, vous divifez la ligne qui indique ce rang par un petit trait de plume, ou par un point à l’endroit où vous voulez qu’un paquet finiffe, 8c qu’un autre commence, 8c vous marquez le numéro du paquet ; par exemple , je veux que le cinquième rang en defcendant commence par 2,8c aille jufqu’à une certaine diftance , je fais à cette diftance contre ma grande ligne une petite ligne d’à-plomb , à côté de laquelle j’écris 2 ; les cheveux feront treffes & arrangés en conféquence jufqu’à cette petite ligne ; de-là je veux continuer avec les cheveux du paquet 3 , qui font plus longs que les précédents ; je vais marquer mon tiret & le chiffre 3 à côté ; alors s’il me convient que les cheveux 2 recommencent, je récris 2 au-delà du tiret, & un paquet 2 efl: repris, 8cc. C’eft ainfî que tous les chiffres des paquets répondent à tous ceux qui font écrits furies mefures, & doivent être treffes en conféquence.
- . On oublioit de dire que lorfque le Perruquier prévoit qu’il aura befoin de
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- ART DU PERRUQUIER. M
- faux rangs, c’eft-à-dire, de rangs qui ne fuivenfc pas toute la longueur, il marque par une petite croix fur le rang même , à 1’inftar duquel le faux rang doit être fait, l’endroit où il doit fe terminer : les faux rangs fervent à remplir de certains vuides qu’onne fçauroit s’empêcher de lailfer dans quelques endroits de la tête , à caufe que les renflements qui s’y rencontrent, font écarter les vrais rangs l’un de l’autre*
- Les mefures, dont on vient de parler, font celles' du corps de la perruque} on fait encore pour chaque perruque la mefure des tournants, c’eft-à-dire> des trelfes qui accompagnent le vifage , au nombre de deux de chaque côté i celle-ci n’eft qffune bande de papier D, de la largeur d’une régie ordinaire > fiir laquelle fans tirer de grandes lignes, on ne marque que des divifions Sc des chiffres des paquets dont on veut fe fervir.
- La Planche JIL fait voir lés mefures de la perruque nouée ou quarrée CGC, qui font les mêmes: on l’a choifie parmi les autres, comme étant la plus compliquée, Sc parce qu’il lui faut un fécond papier divifé EE > qui indique le deffus de boucle ; cette partie de rangs ne s’ajoutant quà cette efpece de per* ruque.
- Article Troisième.
- PlÀNCHE
- IIL
- Les Trelfes & leur travail*
- Toutes les manoeuvres & préparations de cheveux qui ont été détaillées jufqu’à préfent, n’ont pour objet que celui de les mener par degrés au point de perfeélion où on peut les conduire avant d’être affemblés par les trelfes > pour enfuite les arranger fur la coëffe, ( efpece de calotte légère ) Sc com-pofer un tout enfemble qui étant pofé fur la tête ,faffe l’effet, ou à peu-près d’une chevelure naturelle frifée : cette manufaélure eft principalement dévolue à certaines Femmes, qui n’ont d’autre emploi dans l’Art que celui de trelfer les cheveux, Sc que par cette raifon on nomme des Trejfeufes : les Perruquiers treffent auflï, mais ils ne fe mêlent ordinairement que des trelfes de certaine confiftance ; les Femmes feules font en polfeffion, à caufe de la finefîé Sc de la légéreté de leurs mains, d’exécuter les trelfes courtes & fines.
- Aucun cheveu ne fçauroit fervir à la perruque qu’iï n’ait été trelfé. Trejfer eft arranger côte à côte , Sc l’une après l’autre, des pincées de cheveux qu’on nomme des pajfées, parce qu’on les engage au moyen d’une efpece d’entrelaf* fement dans plufieurs foies tendues fur un infiniment qu’on appelle un Me'* tier > dont il eft nécelfaire de faire la defcription avant d’expliquer comment éette manoeuvre s’y exécute*
- Le Métier à trelfer A A confifte en une planche épailfe d’environ deux bons pouces, large de trois à quatre pouces, longue de deux pieds, percée fut fon plat vers les deux bouts d’un trou de tarriere , dans chacun defquels pu
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- j6 ART DU P ERRUQU1E R.
- enfonce un bâton G G, arrondi au tour, d'environ un pied & demi de haut, 8c d'un pouce de diamètre ; le bâton de la gauche fe fait fouvent de la moitié plus court que le droit : ces deux bâtons font mobiles > c'eft-à-dire, qu’on peut les oter de leurs trous quand on veut, ils font l’elfentiel du Métier ; c’eft pour*-, quoi on retranche quelquefois la planche dont on vient de parler, quand on peut les adapter à une table, en y faifant tenir par des vis deux quarrés de bois Taillants, troués & à la même diftance.
- Pour tendre le Métier, c'eft-à-dire , le mettre en état de recevoir les paf-, fées , on commence par tailler 6 petits quarrés longs de papier gggggg, ou bien on coupe trois cartes à jouer en deuxfuivant leur longueur, ce quire-: vient au même : on ôte le bâton droit dé fon trou, on l'enveloppe vers fon bout fupérienr d’une des bandes de papier , ou d'une demi-carte , on l’entoure à fon milieu de plufieurs tours de foie de Grenade ; on recommence la
- même chofe à trois pouces au-delfous ; on elpace de cette façon fix foies ; on
- o
- remet le bâton en fa place ; on raffemble les bouts des fix foies h h h iii9 qu'on va attacher enfemble à un petit crochet plat au milieu du bâton gauche ; on tourne à la main les deux bâtons dans leurs trous, jufqu'à ce que toutes les foies foient bien tendues ; alors le Métier eft prêt.
- La foie de Grenade dont on fe fert, eft la meilleure qu*ôn peut trouver j elle a trois brins ; on préféré la violette qu’omcrôit la moins caifante.
- C'eft tout le long des foies que l’on vient de tendre, que s’entrelaflent les cheveux côte à côte, par une maniéré qui les empêche de jamais s'en échapper : on les range pajfée par pajfée ; les paifées ne fe prennent jamais dans plus de trois foies ; il s’en fait quelquefois fur deux foies ; les trois autres foies du Métier fervent à leur tour, comme on verra par la fuite.
- U fe fait de plufieurs efpeces de paffées ; on va les décrire.
- 1! M redoublée, le double tour A a.
- Ayant pris une pincée de cheveux de la main droite , vous en ferez couler la tête de droit à gauche, à l’aide des deux mains.
- i°. Derrière la foie d’en-bas, devant (*) la foie du milieu & d’en-haut. j2°. Derrière la foie d’en-haut, devant la foie du milieu & d’en-bas.
- 3°. Derrière la foie d’en-bas Sc du milieu, devant la foie d'en-haut.
- 4°. Derrière la foie d’en-haut, devant la foie du milieu & d’en-bas.
- 5°. Derrière la foie d'en-bas & du milieu, devant la foie d’en haut.
- 6°. Derrière la foie d'en-haut, devant la foie du milieu, derrière la foie d'em bas.
- Cette paflee forme une M qui auroit fix jambages; elle fe fait pour tous les corps de rang d'une perruque.
- (i) Vivant fignifie de votre côté.
- Z. M, Simple
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- ART DU PE RRUQU1E R. i7
- VM/impie , le /impie tour B b.
- Cette paffée finit au jambage cotte40. de la précédente; ilfetermine comme le <5°. ; mais on fait deux tours autour de la foie d'en-haut.
- VN. C c»
- A cette paffée, au lieu de rabattre le 30. derrière la foie d'en-haut , on laifle la tête en-haut.
- Cette paffée ne fert qu'au premier rang de la groffe boucle des perruques nouées & quarrées, comme auffi aux deux grôfîès boucles de la Brigadiere y de peur que les têtes des pafîées ne piquent le col fi elles étoient rabattueSé
- VM /impie fur deux foies Dd»
- Cette paffée qui eft V M ftmple, à laquelle on ne prend que deux foiesV ne fe fait que pour les tours de tonfureé -
- La première & la derniere pa/fe'e d’arrêt E e <£r F f.
- On commence toutes les treffes par la première paffée d'arrêt, parce qu'elle empêche toutes les autres de gliffer fur les foies au-delà de leurs places ; elle fe fait en M comme les autres , excepté que le 20. paffe derrière la foie du milieu.
- On finit tous les rangs par la dernîere paffée d’arrêt, foit que l'on veuille laiffer un intervalle entre la fin d'un rang & le commencement d'un autre y foit pour terminer tout-à-fait ; elle fe fait en M , excepté que le 6°. après avoir paffé derrière la foie d’en-bas, eft ramené par-devant, & enfuite par-derriere.
- Le Serre-bien G g. - -
- . Il fe fait encore une efpece d'arrêt qui ne fert que lorfque l'on treffe la groffe boucle & les nœuds de la perruque nouée : cet arrêt que Ton peut ap-peller le Serre-bien 3 ferre chaque paffe & l'empêche de bourfouffler. Pour cet effet, on prend un fil hh> fuffifamment long, on l'engage dans la première paffée d'arrêt, j$c on le laiffe pendre ; quand la fécondé paffée eft faite , on reprend ce fil, qu'on fait paffer du derrière en-devant de la foie en-haut, puis derrière la foie du milieu, & en-devant entre ladite foie du milieu & celle d'en bas, & on le ferre contre cette fécondé paffée ; on continue la même chofe à toutes les autres.
- Quelquefois dans le temps que l'on eft à treffer, une des foies tendues fur le métier fe rompt; cet accident arrive plus fouvent auprès delà mèche qu'on vient de lacer, qu'à tout autre endroit ; il eft effentiel de lavoir en rejoindre les deux bouts , fans quoi on feroit fort embarraffé pour continuer. C'eft pourquoi il a fallu imaginer une efpece de' nœud très-folide , lequel faifit le plus petit bout qui peut avoir prife fans faire quafi d’épaifleur, 8c ne le lâche jamais : le voici. Suppofons que ce foit la foie la plus élevée des trois qui fe foit caffée vers la treffe , faites vers le bout du grand bout féparé 0, un nœud fimple r, ne le ferrez pas ; faites-en rentrer le bout 0 2, dans l'anneau Perruquier. E
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- 18 ART DU PERRUQUIER.
- qu’il forme , & lui faites faire un ventre p , que je nommerai le fécond Anneau, dans lequel vous ferez entrer le petit bout q, de la foie caflee; tirez à droit l’extrémité o 2, du grand bout, les deux anneaux qu’il forme fe ferreront ; & quand vous verrez qu’ils feront prêts à fe fermer, & que la petite foie fera bien engagée , tirez tout de fuite ledit bout 02, à contre-fèns, c’eft-à-dire ,de droit à gauche ; & quand vous entendrez un petit clac , le nœud eft fait.
- Maintenant que vous voilà inftruit du Métier, de la façon de le tendre, de le raccommoder, 8c de toutes les efpeces de paffées qui s’y exécutent, af feyez-vous vis-à-vis ; attachez à votre portée une carde par deux vis fur la table, ayez un peigne & les mefures en papier qui vous feront échues en partage , fi vous êtes plufieurs ; car les Treffeufes & Treffeurs travaillant enfem-ble fe les diftribuent par parties, en coupant le papier le long de la ligne d’un rang quelconque : prenez les paquets de cheveux cottés comme ils le font fur le papier des mefures ; commencez le travail par engager par la pointe frifée celui dont vous allez vous fervir, enfoncez votre peigne par-deffus, tirez avec le bout des doigts de la main droite par la tête, très-peu de cheveux pour les paffées courtes & fines, & davantage à proportion pour les autres , ce qui ne peut gueres fe compter , mais on le fent dans fes doigts pour peu qu’on ait d’habitude. Vous ferez d’abord la première paffée d’arrêt, puis toutes les autres, que vous rangerez en les preffant à mefure l’une contre l’autre du côté du petit bâton, qui eft toujours à gauche ; continuez jufqu’à ce que vous trouviez fur la mefure une petite ligne, ou divilion, accompagnée d’un chiffre different de celui fur lequel vous avez commencé. Par exemple, il eft écrit fur la mefure le chiffre 2 , vous avez tiré vos paffées du paquet cotté 2, vous devez d’abord vous affurer fi vous avez rempli la longueur indiquée jufqu’au petit tiret de divilion ; pour cet effet, vous rapporterez le papier le long de votre treffe, pour voir fi fa longueur eft égale à celle de fa ligne jufqu’à fa divilion 2 ; fi elle ne l’eft pas, vous la compte tterez de cette divilion, la ligne continuant toujours. Si au bout d’un ef pace vous trouvez un autre tiret, ou divilion , accompagné d’un autre chiffre, par exemple, 3 , vous prendrez le paquet 3 , que vous trelîerez jufqu’à cette fécondé divilion, & ainfi du relie. Votre première ligne exécutée , vous paff-ferez à celle de delfous , & pour votre commodité vous la plierez en arriéré, de façon que le pli du papier rafe cette autre ligne, for les mefures de laquelle vous opérerez comme à la première, 8cc.
- Exécutez ainfi toutes vos mefures for les trois mêmes foies , obfervant feulement de lailfer un petit intervalle entre un rang chiffré & un autre, & lorfque vous vous trouverez près du grand bâton , où les foies font trop écartées pour pouvoir ferrer les paffées, vous tournerez les bâtons for leur axe de droit à gauche, tous deux en même temps ; par ce moyen les tteffes faites
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- ART DU PERRUQUIER. i9
- fe dévideront autour du bâton gauche, & le bâton droit vous fournira de nouveau des foies pour continuer.
- Les mefuretf en papier ne défignent que les rangs d'un des côtés de là Perruque, ordinairement le côté droit ; ainfi obfervez en treflant que la fri-fure de toutes vos paffées foit relevée de votre côté ; il s'agit maintenant du côté gauche ; vous l'exécutez en entier fur les trois autres foies fans changer dé fituation, obfervant feulement que la frifure des paffées foit à l’envers de l’autre , c'eft-à-dire , quelle foit relevée du côté du Métier : fi vous faites faire à la fin la culbute aux treffes, vous verrez que la frifure fe trou* vera dans le fens où elle doit être, c'eft-à-dire, relevée à gauche.
- Les treffes dont on vient de parler, font étagées; car chaque chiffre indique , fuivant fa valeur , des cheveux plus longs ou plus courts ; il s'en fait encore en longueurs indéterminées fur un feui numéro ; celles-ci fe nomment des TreJJès à ïaune, parce qu’on en fait tant d'aunes que l’on veut, dont le Perruquier coupe ce qu'il lui en faut, à mefure qu'il en a befoin. Les treffeg à l'aune courtes & fines fe font fur les bas numéros ; celles-ci fervent pour les devants des Perruques : on treffe aufli à l'aune les cheveux plats & longs pouf les plaques des Perruques d'Abbés, des Bonnets, le toupet des Perruques nouées, les nœuds, les greffes boucles de crin & le liffe des Perruques en bourfe : toutes ces pièces n'ont pas befoin d'être faites avec du bon cheveu, ce font des cheveux de toute efpece, pourvu qu'ils aient la longueur & la couleur qu'il faut ; on les prépare comme les autres cheveux, mais on les roule fans aucune précaution, comme ils fe trouvent, tête ou pointe, fur de gros bilboquets, pour avoir une frifure lâche à la pointe ; on en fait les nuances avec du cheveu herbé ; on effile aulîi leurs paquets avant de les treff fer, ce qui fe fait en prenant le paquet jy, à fa ligature avec la main gauche, & faifant fortir avec l'autre main, hors de l'épaiffeur de la tête, de petites maffes de cheveux de hauteurs inégales, puis on coupe cette tête quarrément au-deflus de la ligature ; on délie enfuite le paquet qu’on mêle bien fur lui-même avec les deux pouces > de la façon expliquée ci-devant à l'Article fécond : quand le tout efi: bien confondu, on remet la ligature z, vers la tête, qu'on tient bien égale ; c'eft ainfi qu'on fait des paquets de cheveux plats de differentes longueurs & un peu frifés.
- Nota, que la plaque des Perruques naturelles n'efi: pas dans le cas des précédentes ; celle-ci doit être compofée de bons cheveux, finiffant par des boucles & nuancées avec du vrai cheveu blanc, en un mot, d'un cheveu égal au refte de la Perruque.
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- Planche
- IV.
- ART DU P E RRUQU1 E Ré
- Article Quatrième.
- Monter la Perruque.
- Monter une Perruque , c’efl proprement conflruire Tefpece de calote mince & légère , fur laquelle on attache & on arrange toutes les trèfles fui-vant l'Art, pour que le tout enfemble devienne une perruque parfaite.
- Vous avez donc commencé, après Tâchât des cheveux , par les dégraifler au moyen de plufieurs opérations, enfuite let\r donner la frifure, & féparer par paquets leurs différentes longueurs qui ont été treifées, en fùivant les mefures indiquées fur du papier, lefquelles treffes mifes en place , doivent former telle ou telle perruque : il s'agit préfentement des procédés qui doivent la conduire à fa perfection.
- Vous avez dû immédiatement après avoir pris la mefure de la tête que vous devez coëffer, en avoir commandé au Sculpteur une de bois, fur les mêmes proportions ; on les fait ordinairement d’orme ou de frêne. Prenez cette tête , fig. A, fur vos genoux * ayant préalablement mis à votre portée du Ruban à monter, B B ,fig. B, il s*en emploie de deux fortes ; Tun de pure foie ; Tautre, fil & foie ; ils ont un pouce de large ; vous aurez auflî du Ruban à couvrir CC; celui-ci a trois pouces 8c demi de large , il efl: toujours de fil & foie ; des Pointes d’Epinglier, un petit Marteau, des Cifeaux * du Fil en trois ; ce fil efl de lin de couleur grife , en trois brins, il vient de Flandre , c’efl le feul que le Perruquier emploie pour coudre ; du Bougran, de l’eau de^Gomme Arabique , 8c toutes vos Treffes.
- Le milieu de la tête de bois efl toujours marqué par le Sculpteur d’un trait, fig, F, D , qui prend du milieu du front jufqu’à la nuque du comprenez le ruban à monter que vous porterez au front, fur la ligne dont on vient de parler , en d,fig, B, où vous l’arrêterez avec une pointe plus haut, ou plus bas, fuivant que vous aurez à avancer plus ou moins une pointe en cheveux; puis partant de ce milieu vous conduirez votre ruban à droit & à gauche jufqu’à l’endroit des tempes ; vous égaliferez les deux côtés au compas, 8c vous les arrêterez de même avec des pointes ; vous retournerez le ruban fur lui-même pour le defcendre le long des joues ; Tangle e, que forme le ruban dans ce retour , fe nomme Téchancrure ; tous les plis 8c les retours qu’on fait faire à ce ruban, fè fixent avec des pointes, auxquelles on donne deux ou trois coups de marteau feulement, attendu qu’on les ôte par la fuite.
- Il fe conflruit de trois fortes de montures, qu’on peut appliquer à quelque perruque que ce foit, pour fuivre en cela l’idée de c_eux pour qui elles fe font : les unes fe nomment Montures pleines ; les autres , Montures à oreilles ; les troifiemes, à demi-oreilles. La monture pleine efl celle qui doit palier juf
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- ART DU PERRUQUIER. ai
- qu*au bas de l’oreille , 8c la couvrir entièrement : la monture à oreilles laiiTe toute l’oreille à découvert, & celle à demi-oreiile n’en couvre que la moitié fupérieure.
- Cela étant, fi votre Perruque doit être à monture pleine, vous ferez def* cendre le ruban à monter le long de la joue, jufqu’au-deflous de la marque de l’oreille , fig. B, où vous le tournerez en le pliffant, 8c le conduirez jusqu’au milieu du bas de la tête h, par-derriere de chaque côté; mais fi c’eft une monture à oreilles, vous le détournerez plutôt, c’eft-à-dire , au-deffus du lieu de l’orejlle, fig. A , 8c enfuite un peu en remontant, puis par un autre retour, vous le defcendrez en arriéré , où vous le couperez vis-à-vis du niveau du bas de l’oreille en C. A l’égard de la demi-oreille, après le retour à la moitié de l’oreille , vous ferez la même chofe. Ces deux montures fe font cependant quelquefois comme les montures pleines, c’eft-à-dire, conduifant le ruban à monter jufqu’à la nuque du col.
- Nota, que comme le ruban à monter eft la bafe de tous les contours 8c retours de la partie delà Perruque qui accompagne le vifage, s’il faut, quand il eft pointé , l’éloigner un peu , l’avancer , ou lui donner de la courbure en quelque endroit de la face, on le pouffe avec le doigt pour le ranger ; mais comme on auroit de la peine à le faire couler fur la tête de bois dont le grain eft rude , le Perruquier coupe une carte en triangle, 8c la fourant par fa pointe fous le ruban, il vient aifément à bout de le mouvoir fur cette carte, où il peut couler aifément.
- Il s’agit maintenant de fixer folidement ce ruban en fa place , 8c de le bien tendre d’un bout à l’autre : pour cet effet, prenez une aiguillée de fil en trois; yous percerez le ruban vers le bord, & vous porterez votre fil à de petits crochets, fig. A &C, faits avec des pointes fans tête , que vous aurez précédemment enfoncées de diftance en diftance, coudées 8c applaties en les enfonçant dans le bois, en-devant, au front, le long des joues, & en arriéré fur le haut de la tête, aux côtés 8c derrière fig. E. Tous ces fils, e, e , e,fig. C, qui prennent d’une part le ruban , & qui de l’autre paflent dans ces crochets, le contretirent, &le tendent de toutes parts,fig. A\ à mefure que vous placez vos fils, vous ôtez les premières pointes d> d,fig. B, avec lefquelles vous l’avez d’abord arrêté à la tête.
- Cette opération achevée, coëffez la tête de fon rézeau D,fig• B. Le rézeau
- eft une efpece de filet très-fin , maillé en rond, qui prend facilement la for-
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- me de la tête : il s’en fait de fil & de foie. Les bons nous viennent de Lorraine vers Nancy y & de Normandie du cote du Mont S. Michel. Vous le couferez au ruban, après quoi vous couperez comme fuperflu tout ce qui dépaffe la couture. /
- Prenez enfuite le ruban à couvrir C C, pofez-le fur le fommet de la tête, pu vous le couferez fur fon large au ruban à monter au front en g, fig. jB, P ERRU QU I ER. F
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- Planche
- IV.
- 22 ART DU PERRUQUIER.
- & le faifant defcendre par le milieu de la tête aux montures pleines jufquau bas du derrière, où on retrouve le même ruban à monter, coufez-le en chemin faifant au rézeau , & enfin audit ruban en h ; mais aux montures à oreilles vous le couperez vers le milieu du derrière de la tête , fig. E ; pofez un autre bout du même ruban , fig. B, qui paffant en croix fur le précédent au fommet de la tête , defcende jufqu’au retour du ruban à monter aux oreilles, & le coufez de même : ces deux rubans qui fe croifent, cachent une grande partie du rézeau, fur-tout en-devant.
- Il arrive aux montures quand la Perruque a été portée quelque temps , qu’elles fe refferrent & s’éloignent du vifage, à moins qu’elles n’ayent été d’abord fort profondes, ce qui eft un autre inconvénient, parce qu’étant neuves elles le couvrent trop ; ce qui a fait chercher comment on pourroit s’op-pofer à ce rétréciffement ; le moyen fuivant réuffit très-bien. Mettez dans l’eau la tête toute montée, & l’y lailfez quelque temps ; retirez-la, laiffez fécher ; la monture fera devenue lâche , de façon quon eft obligé de la retendre ; mais auflî elle ne fe retire plus, ou du moins très-peu.
- Aux montures à oreilles & à demi-oreilles, qui font moins fermes fur la, tête que les montures pleines, on ajoute au ruban à monter, à l’endroit où il a été coupé de chaque côté, une demi-jarretiere E E , fig. A , pour ferrer la Perruque par-derriere ; fouvent aufïî on ajoute trois morceaux de bou-gran , l’un fur le deflus de la tête/, les deux autres depuis l'échancrure juf-qu’au-deffus de l’oreille g ; le bougran fert à affermir ces parties & à les faire coller Contre le vifage ; mais ce n’eft pas une régie générale, le Perruquier s’en fert fuivant qu’il le juge à propos. On trouvera ceci détaillé dans l’Article ci-après , qui a pour titre , Quelques Circonfiances.
- A-rticle Cinquième.
- I Coudre la Perruque.
- La monture, autrement la coëffe qui doit s’appliquer immédiatement fur la tête, étant achevée , il faut la garnir & la couvrir entièrement de cheveux. C’eft donc maintenant qu’on doit y coudre les trefles, & les arranger fuivant leur deftination ; elles portent alors le nom des endroits où on les place.
- Le bord de front a, fig. D, eft deux rangs de treffes fines & courtes, qui doivent être coufiies au bord du front jufqu’aux échancrures.
- Les tournants b b, font deux rangs de treffes plus longues , qui fe coufent l’un derrière l’autre le long des joues jufqu’à l’oreille ; ceux-ci fe nomment particuliérement les petits tournants.
- Les grands tournants ccc, ou Amplement tournants, prennent au-deflbus des
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- ART DU PERRUQUIER. a3
- précédents, & vont jufque derrière la tête, ils font plus garnis ; car plus les treffes s’allongent, plus elles font épaiffes.
- Toutes les Perruques ont les trois parties de treffes , dont on vient de parler ; toutes les autres parties, dont on va faire le détail , s’y joignent , ou s’obmettent, fuivant les efpeces de Perruques ; car la coque qui fe met également aux Perruques nouées & à toutes les Perruques à oreilles , fe met rarement aux Perruques d’Abbé : ïétoile fe met le plus fouvent aux Perruques quarrées, & toujours aux Perruques d’Abbé : les corps de rangs fe mettent à toutes Perruques, excepté aux Perruques d’Abbé , lefquels n’ont que des tournants 3c le tour de tonfiire : la plaque fe met aux Bonnets, aux Perruques d’Abbé & aux Perruques naturelles : le UJfe , aux Perruques en bourfes : les feules Perruques nouées 3c quarrées ont le toupet, le dejjus de boucle & la grojfe boucle : les Nouées ont deux nœuds , & les Quarrées deux quarrures.
- Toutes ces parties doivent être expliquées plus au long, c’eft ce que l’on va faire.
- On a déjà parlé du bord de front, des petits 3c grands tournants, on ajoutera feulement ici que ces trois parties coufues font tout le tour de la Perruque.
- La coque aa, jig. B 3c H, eft compofée de quelques rangs de treffes cour- Planche tes qui s’élèvent fur la pointe du front, & dont la frifure fe replie en arriéré.
- L’étoile b b, jig. C 3c D , eft compofée des plus petites efpeces de treffes dont on tourne en coufant la frifure, de façon qu’au milieu du front la droite ëc la gauche fe regardent & fe courbent vis-à-vis l’une de l’autre ; ce qui forme le deffein d’un cœur.
- Le deifus de tête dd,jig. D, eft res, qui occupent le milieu du fommet de la tête, immédiatement derrière lune ou l’autre des deux parties précédentes.
- Les corps de rangs , font nombre de treffes étagées qui garnirent la Perruque jufqu’au bas & par derrière ; on les diftingue en petits & grands corps de rangs , ou corps de rangs croips.
- Les corps de rangs croifésee, occupent tout le bas de la Perruque, & fe croifent un peu l’un l’autre vers la nuque : les petits f, prennent au deffus & montent en pyramide jufqu’au niveau de l’échancrure & du devant de tête.
- La plaque eft compofée de nombre de rangs de cheveux plats effilés qui Planche garniffent le derrière de la tête aux Bonnets, aux Perruques d’Abbé 3c aux Perruques naturelles, o o o, jig. ADE.
- Le toupet, le deilus de boucle, la grofle boucle , les nœuds 3c les quarrures font des parties particulières aux Perruques nouées 3c quarrées.
- Le toupet eft compofë de treffes à faune en cheveux plats, effilés* faibles , aifez courts 3c creifés fans crin , pp, jig. C 3c E\
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- formé par plufieurs treffes courtes & clai- Planche
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- 24 r A RT DU P ERRUQU1E R.
- Le defliis de boucle eft formé par plufieurs rangs de cheveux frîfés, 8c placés depuis le toupet jufqu'à la groffe boucle qq, mêmes figures ; ces deux parties occupent l'efpace qui aux autres efpeces de Perruques eft rempli par la plaque ou par le lifte.
- La groffe boucle rrrr, mêmes figures, occupe le milieu du derrière defdites Perruques , & tombe fur la nuque du col, elle eft tout crin ; les nœuds ssss> fig. C, au nombre de deux * font compofés de groffes treffes de cheveux longs effilés, que Ton noue d'un fimple nœud ; ils fe placent des deux côtés de la groffe boucle : les quarrures tttt, fig. F, occüpent aux Perruques quarrées la place des nœuds ; elles font formées par les corps de rangs d’en-bas, en cheveux frifés 8c étagés.
- Le tour de tonfure uu}fig. D, eft une treffe fine à deux foies, avec laquelle on entoure les tonfures ou couronnes des Perruques d'Abbé.
- Le lifte : on appelle ainfi les cheveux longs 8c plats des Perruques en bourfe mm, fig. B, 8c en cadenettes nn,fig. H.
- L'ordre des Coutures.
- Tous les rangs de treffes fe coufent à la coëffe d un fimple point devant, du bas en-haut, & du derrière au-devant ; c'eft-à-dire, qu'on commence à coudre le plus bas rang , puis celui d’au-defliis, 8cc. excepté cependant les tournants qu'on coud de haut en-bas ; les treffes courtes & fines fe coufent près-à-près ; mais toutes les autres, s'efpacent parallèlement à la diftance de trois lignes, ou environ, l'une de l'autre.
- Par ¥ ordre des coutures on entend ici celles qui fe font les premières Sc fucceflivement jufqu’à la fin de chaque Perruque.
- A la Perruque nouée & quarrée ,
- i°. Les tournants ; 20. le bord de front ; 30. la coque ou l’étoile ; 40. les nœuds à la nouée , les quarrures, à la quarrée ; j10. la groffe boucle ; 6°. les corps de rang ; 70. le deflus de tête ; 8°. le deffus de boucle ; 90. le toupet.
- Nota, que les treffes du toupet fe placent 8c fe coufent de bas en-haut, & que l'intervalle entre les deux rangs de fon milieu fe remplit dans toute fa longueur par la treffe qu'on mene en zigzag ; c’eft ce qu'on nomme le ehamarage du toupet.
- A la Perruque $ Abbé,
- 10. Le bord de front ; 20. la coque ou l'étoile ; 30. les tournants ; 40. le défi-; fus de tête ; j’°. la plaque ; 6°. le tour de tonfure.
- Nota , qu'il fe pratique de trois efpeces de tours de tonfure : la tonfure ouverte , qui laiffe voir cette partie de la tête à nud, & deux fortes de tonfures couvertes. A la tonfure ouverte, il faut placer, en montant cette Perruque, le rézeau de façon que fon centre, qui eft toujours compofé de grandes L mailles
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- mailles en rond, foit pofé à l’endroit où fera la tonfure ; on renverfe toutes ces mailles par-delfus le rézeau tout autour , & on les y coud chacune à part portant des fils de communication d’une maille à l’autre dans tout le pourtour î il n’efl: pas befioin de dire qu’il faut couper le ruban à couvrir avant & après le rond : on a foin de tenir ce rond ouvert un peu oval en travers , parce que la Perruque étant tendue fur la tête de l’Abbé , il deviendra parfaitement rond. Quant aux deux efpeces de tonfures couvertes * il s’en fait une au Métier du Rubanier ; c’efl: un petit tilîii fur lequel dépalfent des rangées de cheveux très-courts, imitant lés véritables qui auroient été coupés depuis peu ; on coud ce tïlîu autour du rond de la tonfure : l’autre fe fait par le Perruquier avec des trelfes très-fines, qu’on coud en fpirale fur le ruban à couvrir , juf-qu’à ce qu’ils remplilfent tout le vuide de la tonfure. l
- Au Bonnet,
- 1°. Les tournants ; 2°. le bord de front ; 30. la coque ou l’étoile ; 40. les grands corps de rang ; y°. les petits corps de rang ; 6°. le delfus de tête ; 70. la
- A la Brigadiere, - '
- Elle fe coud comme le Bonnet ; on y ajoute feulement par-derriere deux grolfes boucles en tire-bouchon accollées, qu’on noue avec une rofette de ruban noir.
- A la Perruque en bourfe,
- ï°. Les tournants ; 20. le bord de front ; 30. la coque ; 40. les corps de rang ;
- le delfus de tête ; 6°. le lifîe.
- Nota , que la Perruque en bourfe fe fait le plus fouvent à oreilles, rarement à monture pleine ; alors le lifîe prend fur Poreille même au-delfous des corps de rangs.
- A la Perruque naturelle, '
- i°. Les tournants ; 20. le bord de front ; 30. la coque ; 40. le delfus de tête ; y0. les grands corps de rang ; <5°. les petits corps de rang ; 70. la plaque qui doit être trelfée clair, & former des boucles étagées fur les côtés & terminées en pointe par une feule boucle , ou bien ( & c’efl: la derniere mode ) fans boucles aux côtés, mais terminée quarrément par une boucle fur le doigt qui en tient toute la largeur. Voyez PL Il.fig. E,
- A la Perruque en cadenettes ,
- Elle fe coud comme la Perruque en bourfe ; on fépare la plaque, ou plutôt le lilfe en deux portions égales, qu’on enferme chacune dans une cade-nette : cette Perruque efl: paffée de mode, cependant quelques-uns la confer-vent encore.
- P ERRl/QUIER. ,
- G
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- Planche
- IV.
- ART DU PERRUQUIER.
- Article Sixième.
- Quelques Circonflances.
- A toutes les montures pleines on met un cordon par-derriere, c’eft-à-dire , que Ton attache au ruban à monter vers le deffous de l'oreille de chaque côté * un petit cordon ou une ficelle, qu’on enferme en repliant par-deffus, le bord de ce ruban qui lui fert de fourreau, &lefoutient jufqu’au-derriere de la tête, au-deffus de la nuque du col : c’eft en cet endroit que les deux portions du cordon fe nouent, & fe ferrent plus ou moins, pour affermir la Perruque fur la tête, & la faire porter par-tout»
- Lorfqu’on ne ferme pas avec le ruban à monter les Perruques à demi-oreiiles & à oreilles, on ajoute & on coud defïus, à l’endroit où il ceffe derrière les oreilles , une jarretière, ou, pour mieux dire , deux moitiés de jarretières EE^fig. A, une de chaque côté ; on les ferre tant qu’on veut avec la boucle : 8c comme ces fortes de montures font plus légères que les pleines* & n embraffent pas fi bien toute la tête, on les rend plus folides en les gar-\ niffant avec du bougran, dont on met un morceau au deffus de tête , & deux autres, un de chaque côté le long de la joue, depuis l’échancrure jufqu’au retour du ruban à monter , & par-deffus ledit ruban, auquel on le coud , excepté fon côté qui regarde le derrière de la Perruque , quon ne coud point alors f afin de pouvoir introduire une forte eau de gomme entre lui & le ruban , au moyen d’un petit bâton plat; l’eau de gomme en place, on achevé de coudre le bougran , & tout de fuite les rangs de treffes qui paffent en ces endroits ; ce qu’il faut faire avant que la gomme fe foit féchée : on obferve le même procédé au defïus de tête.
- Lorfqu’on doit faire une Perruque à une perfonne dont les tempes font creufes, il eft difficile de la faire approcher dans cet endroit, à moins de fe fervir d’un petit refïort d’acier, tel qu’on en met aux montres : on en cafïe la longueur d’un pouce & demi àdéux pouces , on le place en travers furie ruban à monter , un peu au-deffous de l’échancrure , fa bande en-defïoùs, Sc on le maintient en place par une couture qui l’emmaillotte tout du long ; ce reffort agiffant fur la coéffe, la poulie dans l’enfoncement de la tempe.
- Il y a des Perruquiers qui placent fur le bord de la Perruque , entre le bougran & la coëffe , une lame de plomb large d’environ deux doigts, qui prend depuis l’échancrure jufqu’au bas ; céttè lame ne s’ajufte qu’aux montures à oreilles ; elle fert à faire mieux coller le bord de la Perruque, parce que la lame fe plie aifément, prend & conferve mieux le contour des tempes ; mais cette pratique n’eft pas auffi bonne qu’on le croiroit ; le plomb eft un métal mol 8c de peu de reffort, qu’il perd aifément pour peu qu’on le tourmente, ou fe caffe bien-tôt ; alors il ne fervira plus de rien.
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- ART DU PERRUQUIER. 27
- - Quelquefois Iorfque le Perruquier ne juge pas à propos de fè fervir du ref* fort, il paiîe une foie le long du bord de la Perruque à l'endroit des tempes,
- & la ferre un peu, ce qui fuffit alors pour coller la Perruque en cet endroit.
- Article Septième.
- Achever la Perruque.
- Quand votre Perruque eft( entièrement coufue , examinez-la, & fi vous la trouvez trop garnie de cheveux, vous ferez avec vos petits cizeaux l'opération d'effiler, expliquée au Chapitre IL de la Coupe des Cheveux , pour en diminuer la quantité.
- Enfuite ayant mis chauffer fur la braife modérément le fer à paffer x, vous Planche prendrez un bout de chandelle que vous frotterez iégérement le long de la racine des rangs, par repriles ; & à chacune, mouillant votre doigt, vous humecterez l'endroit du fuif, & tout de fuite vous appliquerez le fer fur l’endroit humeélé ; vous parcourrez ainfi toutes les treffes auxquelles vous trou-' verez cette opération convenable ; elle raffermit la racine des treffes.
- Le fer à paffer x, eft formé comme on le voit dans l'eftampe ; le petit quarré 2 efl: deftiné à chauffer les endroits étroits : ce fer efl très-utile ; il redreffe & affujettit les cheveux à la coque , aux devants, aux tournants, Sc fert à égalifer les boucles fuivant leurs contours aux Perruques d'Abbé : quelques-uns fe fervent à fa place du carreau femblable à celui des Tailleurs, mais beaucoup plus petit.
- Enfin, vous peignerez tous les rangs, vous formerez des boucles què vous rafraîchirez fur le doigt, exprefllon de Perruquier, qui fignifie relever la boucle autour du premier doigt de la main gauche , Sc coulant les cizeaux tout le long de ce doigt, couper toutes les pointes qui dépaffent, pour mettre la boucle à l'uni.
- Cela fait, coupez toutes les brides de fil qui attachent la Perruque à la tête de bois qui ne vous fert plus de rien, & placez-la fur une tête-à-perruque,ou ailleurs; mais fuppofant que vous vouliez l'accommoder tout de fuite, il fauj commencer par mettre la première poudre ; pour cet effet ,prenez-la à pleine main & l'imbibez par-tout avec force pommade, mélée avec un peu d'huile d'olive , peignez-la & poudrez-la à fond, puis formez grofliéremenc les boucles.
- Article Huitième.
- Accommoder la Perruque•
- Accommoder me Perruque, fignifie la difpofer à être mife fur la tête de celui pour qui elle efl faite ; cette difpofition confifte à la peigner à fond,
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- Flanche
- IV.
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- l'arranger avec grâce , y mettre Teflence ou pommade, & la poudrer : pour venir à bout de toutes ces opérations, vous commencerez par pofer vfctre Perruque fur une tête de bois montée fur fon pied : il s'en fait de deux fortes; l’une relie toujours à la même hauteur ; l’autre , qui fe nomme àcoulijfe, fis* F’ eft la plus commode, parce qu’elle peut defcendre & monter à la hauteur qu’on veut , attendu que fon pied eft de deux pièces ; le bâton fu-përieur 1, s’enfonce dans l’inférieur II, & une vis de bois III, l’arrête plus ou moins haut, de façon qu’on peut opérer debout ou affis : pofez votre Perruque bien précifément fur le milieu de la tête ; & pour la maintenir en place
- l’empêcher de varier,, ayez deux crochets de fil de laiton , que vousxaccrocherez par un bout au ruban à monter vers l’oreille, & par l’autre à un ruban ou cordon , que vous nouerez fous le menton de la tête : c’eft une mau-vaife maxime pour fixer fa Perruque, de l’arrêter fur le milieu du haut de la tête avec unegrofîe épingle debout, qui traverfe la coëffe & s’enfonce dans le bois ; cela ne l’empêche pas de varier quand on la peigne.
- Quand vous avez peigné à fond & mis la pommade forte , vous vous mettez à dijlribuer, c’eft-à-dire, à faire en gros votre arrangement général. Voyez pour le furplus le Chapitre II. de la Coupe des Cheveux.
- Il fe pratique aux Perruques de trois fortes d’accommodages ; le peigné, les boucles & le crêpé ; ces deux derniers font pqs de l’accommodage des cheveux naturels :4e crêpé , ou tapé , eftplus généralement en ufage pour les Femmes : quant au peigné qui eft un entrelacement étudié de la frifure, une e£ pece de mouffe de cheveux, qui fe mêlant les uns avec les autres, font un effet agréable à la vûe , il ne s’exécute guere en général que fur les Perruques nouées ou quarrées.
- Après la diftribution vous finirez par mettre bien également l’eflènce & la
- La'Boete , fig. G, dont les Perruquiers fe fervent pour porter leurs Perruques en ville fans qu’elle fè dérange, & qui eft faite exprès, a un pied & demi de haut, c’eft un quarré long; elle s’ouvre en-dehors par un côté, Sc jpar-deflus : du milieu de fon fond s’élève un bâton a, arrondi au tour , qui le nomme le champignon , parce qu’il fe termine en-haut par un rond qui reffem-ble à la tête d’un champignon : on pofe la Perruque deflus ; de cette façon , elle eft en l’air, & ne touche d’aucun côté à la boëte, que l’on ferme enfuite ; on la porte en la prenant par un anneau b, placé au milieu de fon couvercle.
- On renvoie la façon de mettre une Perruque aux fils & en papillottes, au Chapitre VII, qui traite des Perruquiers en vieux, parce que c’eft leur pratique.
- M. Quarré, celui dont il a été fait mention dans l’Avant-Propos , vient d’imaginer une efpece de Perruques qui ne fe défrifent & ne fe dérangent
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- jamais au vent, ni à l'eau , en un mot, indéfrifables ; il n'y entre d’autre matière que du cheveu ; on eft exempt de les peigner 8c arranger , un peu d'ef* fence 8c de poudre leur fuffifent , quand on le veut : ces Perruques font faites pour mettre le chapeau qui n'y apporte aucun dérangement. Elles peuvent fe conftruire en bonnet, en bourfe, en cadogan, en cadenettes: elles font excellentes pour les Chalîeurs , les Gens de cheval, les Voyageurs, les Courriers , les Gens de Mer, enfin pour tous ceux qui s'expofent aux intempéries de l5 air. Il demeure actuellement rue des Fojjes S. Jacques, en montant delà rue S. Jacques à ÏEflrapade.
- CHAPITRE SIXIEME.
- Des Cheveux & Perruques de Femmes.
- Les Femmes ont ordinairement la tête fort garnie & les cheveux longs, ce qui donne une grande facilité à varier les accommodages ; ces variations font partie du travail d’un ordre d'Ouvriers 8c d'Ouvrieres, qu'on nomme Coêffeurs 8c Coefftufes : ces Gens font faififfables quand ils ne font pas du Corps des Perruquiers, auxquels feuls appartient le droit d'accommoder les cheveux des deux fexes*
- Les Femmes font obligées, comme les hommes, pour entretenir leurs chevelures en bon état, de faire faire leurs cheveux de temps en temps : cette façon , quelque mode qui fubfîfle , efl: toujours la même ; tout le bord de la face jufqu'à l'oreille fe fait très-court, 8c s'augmente de longueur par degrés jufqu'à deux pouces & demi, dans l'étendue d'environ deux pouces en arriéré , puis les cheveux plus longs & du chignon s'étagent à proportion de leurs longueurs.
- L'accommodage d'à-préfent pour les cheveux naturels efl: de taper plus ou Planche moins de largeur tout autour du front 8c des joues jufqu'aux oreilles , fig. I.
- 11.1V. a a a. De ce crêpé s’élèvent des boucles fur le doigt rangées côte à côte, jufque derrière les oreilles , fig, IL IV. b b b. Tout le derrière de la chevelure du haut en bas ne fe frife point, mais fe releve 8c s'attache vers le fommet de la tête; c’eft ce qu'on nomme le chignon relevé, jig. III. c. D'autres dont les cheveux font courts, fe font frifer généralement toute la tête ; on tape le devant comme aux précédentes , tout le refte fe forme en boucles qu'on arrange entre elles de diverfes façons fuivant l'idée ; cet accommodage le nomme un bichon ; la tête repréfentée dans la fig- L eft un bichon en boucles brifées ou en point d'Hongrie.
- Pour frifer les cheveux les plus courts, on fe fert d'une efpece de papil-lottes qui fe nomment papillottes tortillées ; pour les faire, on tord par le P ERRU QU I ER. H
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- milieu dans fes doigts une petite bande de papier ce, ce qui forme un petit bilboquet très-mince ; on le place en travers par le milieu fur la pointe tendue du cheveu, que l'on roule autour tant qu’on peut aller, on approche en-fuite les deux bouts du petit papier d, qu on tortille enfemble; on recouvre le tout d’une papillotte ordinaire.
- Kota , que comme on frife les Femmes à grand nombre de petites papil-lottes, leurs'peignes d’accommodages font confiants différemment de ceux pour Homme ; ils ont une queue mince fur laquelle on tourne les boucles : on en voit de deux fortes, PL V. u u.
- On va maintenant parler des Perruques & parties de Perruques, que quelques Dames font néceflîtées de commander aux Perruquiers.
- En général, les Perruques de Femmes font analogues aux Perruques en bourfe , ou aux bonnets des Hommes ; auffi les nomme-t-on des bonnets : leurs parties à part font des devants, des côtés, des chignons, &c.
- Les Perruques de Femmes ne fe font jamais qu’à oreilles ; mais la monture en efl différente en ce qu’on n’obferve point d’échancrure , 8c que comme elles doivent avoir le tour du vifàge plus découvert que celui des Hommes , on recule davantage le ruban à monter ; le relie de la monture efl: rarement un rézeau, mais ordinairement du taffetas, de la toile fine , des rubans affemblés, &c. On la ferme par derrière, où on la ferre avec des cordons de cheveux ou autres : on coud les devants de haut en bas , les corps de rang foivant la direction que l’on veut donner aux boucles, & le chignon comme à la Perruque en boucles. Les parties de Perruque ci-deffus énoncées, qui fe travaillent à part fur la tête de bois, fe coufent fur de la toile de cholet, ou autre , ou du taffetas", quej’on tend bien à leur place fur cette tête : le devant de tête qui doit être tapé, a des treffes courtes 8c fines : les chignons relevés font des treffes de liffe ; les boucles des côtés fe coufent for du padou bien tendu.
- Quand une Dame n’a pas affez de cheveux pour former un chignon relevé de Tépaiffeur néceflaire, on lui fournit une toupe ; cette toupe n3eft autre chofe qu’un ramaffis de bouts de cheveux , de quelque efpece qu’ils foient, vieux ou neufs, bons ou mauvais ; à force de les pétrir dans les mains, ils fe confondent , s’accrochent, & s’entremêlent de maniéré qu’ils deviennent un corps confiftant, auquel on peut cependant donner une forme ; on donne donc à la toupe de l’épaiflèur dans le milieu, 8c on l’amincit en gagnant les bords, on la pofo fous la rendoublure du chignon quand on le releve, ce qui le fait paroître fuffifàmment renflé.
- On fe fert encore pour les chignons relevés d’un peigne x , fait exprès, affez gros, tourné en portion de cercle , à greffes & longues dents, éloignées l’une de l’autre environ d’un demi-pouce ; on garnit tout le haut de ce peigne
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- de plus ou moins de boucles de cheveux y ; ces boucles font formées par de la trefle, qu on tourne en vis paffant entre les dents • on fépare la frifure en boucles de differents fens ; on enfonce ce peigne ainfi garni au haut du chignon , foit des cheveux naturels , foit des Perruques , quand on veut être entièrement coëffée en cheveux. Voy. jig. 11L Car on met rarement une garniture au-defïus.
- Outre les accommodages dont on vient de parler , il y en a encore de pur ornement qu’il faut que le Perruquier ou Coëffeur exécute ; ce font des boucles à part 8c poftiches , faites pour être placées aux cheveux naturels 8c aux Perruques , en differents endroits de la tête où les grâces les appellent ; ces boucles ont une manufaéture particulière, dont il convient de donner ici les procédés généraux , comme faifant partie de l’Art; mais attendu qu’il feroit trop long 8c fùperflu de décrire toutes les formes dont on les varie > il fuffira de dire comme on s’y prend, en donnant pour exemple deux efpeces de ces boucles les plus communes, fçavoir, une boucle de côté h 8c une boucle à coquille o.
- Prenez du fil de fer très-fin mn > faites-le recuire , pliez en double 8c tordez ce qu’il vous faudra pour faire une queue plus ou moins longue; repliez encore de ce fil tor$ jufqu’à la longueur que vous voulez donner à la boucle, 8c pincez-la en même temps par la tête du cheveu Adans le haut de ce fécond repli, que vous ferrerez enfuite tout contre ; tournez votre trefle autour defcendant en tire-bourre , obfervant que la frifure foit de côté / ; vous ceflerez de tourner où le fécond redoublement finit, vous lui ferez faire un petit crochet, vous lierez cet endroit avec une foie, & vous couperez le fur-plus de la trefle , il reliera une queue de fil de fer tors ; c’eft par le moyen de cette queue qu’on enfonce dans les cheveux , que vous placerez la boucle où vous voudrez. La boucle en coquille o, fe commence comme la précédente; mais on fait le fécond redoublement plus court ; on approche plus l’un de fau-tre les tours de trelfe , & on dirige la frifure en-haut, ou on évafe la boucle.
- Nota, que les Perruques de Femmes , une fois achevées, ne s’accommodent plus que fur la poupée ou tête de carton.
- CHAPITRE SEPTIEME.
- Des Perruquiers en vieux.
- D ans le commencement de l’Art du Perruquier, le commerce des cheveux n’étant pas encore bien établi, ils étoient rares & chers, joint à ce qu’on garnifloit fi prodigieufement les Perruques, qu’il y en avoit telle dont le prix étoit exceifif : alors quelques Perruquiers conçurent qu’ils auroient
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- du débit, 8c feroient bien leur compte , en achetant à bon marché des Perruques plus ou moins ufées. Ils les retravailloient, pour ainfi dire , à neuf, en triant les meilleurs cheveux, 8c de deux n'en faifoient qu'une. Ils en met-toient d'autres aux fils, d'autres en papillotes, fuivant qu'ils les trouvoient fuf-ceptibles de l'un ou l'autre apprêt. Ils vendoient ces Perruques à bien meilleur marché , 8c il s'en trouvoit à tout prix. Il eft vrai qu'elles n'étoient pas de durée : mais comme elles jouoient le neuf, elles devenoient d'un grand fecours aux Particuliers, auxquels la fortune ne permettait pas une plus forte dépenfe, 8c enfin aux indigents.
- Cependant le commerce devint plus abondant; l’abus des groflès & longues crinières fe réforma , & les Perruques par conféquent baifferent de prix; de façon qu’à préfent le plus grand nombre peut y atteindre ; aufïï celui des Perruquiers en vieux eft-il réduit à peu.
- Ils ne peuvent tenir boutique à Paris que fur le Quai de l'Horloge du Palais. Ils ne font point la barbe ; ainfi ils n'ont point de bafîîns pour enfeî-gne : ils peuvent feulement avoir fur le rebord de leurs boutiques ce qu’ils appellent un Marmot, qui eft une vieille tête de bois fur laquelle ils clouent une très-vieille Perruque.
- Ils peuvent, autorifés par une ancienne Sentence de Police> faire du neuf; mais il leur eft enjoint d'y mêler du crin, 8c en conféquence d'attacher au fond de la coëffe un écrit contenant ces mots , Perruque mêlée ; le crin mêlé dans le corps de la Perruque eft défendu à tout autre Perruquier , de façon que fi celui du Quai de l'Horloge alloit s'établir par tout ailleurs dans Paris, il courroit rifque d'être faifi & amendé s'il employoit du crin.
- Ils achètent de vieilles Perruques de toute efpece, les mettent enpapil-lottes & les paffent au fer , ou bien ils les mettent aux fils, pour en raffermir la frifure, afin de les vendre enfuite un peu plus cheres qu'ils ne les ont achetées : ce font proprement les Perruquiers des pauvres gens.
- On met aux fils du haut en bas, c'eft-à-dire * qu’on commence par la boucle i, la plus haute, qu'on tourne dans fes doigts comme pour mettre une papillotte , puis avec une aiguille & du fil qu'on a arrêté au-deffus à la Perruque par un nœud, on traverfe la boucle de haut en bas 2, par le milieu , puis on paffe fon fil au travers de l'anneau croifant le premier fil, en-fuite , avant de ferrer, on repaffe en deflous au travers du retour qu'on vient de faire pour traverfer l’anneau , ce qui forme un point noué avec lequel on ferre la frifure qui ne fçauroit plus fe défaire ; on fait tout de fuite cette opération aux boucles inférieures 3 , &c. l’une après l'autre ; on continue au rang d’à côté & à tous les autres ; fi la frifure refte du temps en cet état, elle fe raffermit , mais elle n'eft plus fi durable. Quant aux papillottes, elles fe conduisent comme aux cheveux naturels. P oyez le Chapitre IL
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- CHAPITRE HUITIEME.
- Le Baigneur Etuvijîe.
- Parmi le Corps des Perruquiers il s’en trouve qui choifilTent la partie des Bains Sc Etuves, dont l’objet regarde la propreté du corps humain & fouvent la fànté.
- Les Inftruments du Baigneur-Etuvîfte fent en petit nombre , mais d’un bien plus grand prix que ceux de fes Confrères Perruquiers.
- Il s’agit pour lui d’un Appartement bien diftribué pour la commodité des Bains ; il lui faut une Pièce à cheminée pour chauffer Peau, Sc dans laquelle feront les deux réfervoirs , Pun pour l’eau froide , Pautre pour Peau chaude* qui communiqueront à toutes les Baignoires par des tuyaux fermés par des robinets H, qui feront placés deux à deux au-deffus de chacune^, vers le milieu d’un de fes côtés. Il doit avoir plufieurs Baignoires en différentes chambres, quelques petites Garde-robbes bien fermées , qui fe nomment des Etuves , lorfqu’avec des poêles on leur a donné le degré de chaleur convenable : ces étuves doivent être à portée des Bains ; quelques lits ; d’ailleurs le déshabillé complet, comme bonnets, robbes de chambre, chemifes de Bain, Scc. Sc tout le linge néceffaire , draps , ferviettes, Scc.
- Les Baignoires ordinaires A, font de cuivre rouge étamé en-dedans ; elles ont trois pieds dix pouces de long, environ deux pieds de large Sc autant de haut ; elles ont la forme d'un oval allongé, applatti par les côtés vers un de leurs bouts ; au fond eft une crapaudine percée de plufieurs trous, de laquelle part un tuyau qui coule fous le fond, fort du pied de la Baignoire , Sc efl: terminé par un robinet B , qui, iorfqu’on l’ouvre , fe dégorge dans un entonnoir plat C, pratiqué dans le carreau, Sc joint à un tuyau qui fort en-dehors , au moyen duquel toute l’eau de la Baignoire peut s’écouler.
- Le refte des Inftruments efl un petit Seau à une anfe D, de cuivre étamé en-dedans, d’environ fix pouces de diamètre & de quatre pouces de profondeur : on s’en fert à mêler dans la Baignoire les eaux chaudes Sc froides, en les y agitant, à ôter de l’eau, aux immerfions ; &c. un tuyau de fer-blanc, terminé en entonnoir par le haut E, avec une anfe de fil de fer ; on paffe cette anfe fur le robinet d’eau chaude, le tuyau alors defcend près du fond de la Baignoire, & y porte l’eau du robinet pour échauffer le fond, où l'eau fe refroidit plus aifément que dans le refte. Le Baigneur a des fandales F, à femelle Sc talon de bois , doublées de futaine Sc à étriers de futaine piqués ; ces fandales fervent à paffer du Bain dans l'étuve, & à en revenir : il fe fert de gants pour appliquer le dépilatoire, d’éponges pour l’ôter Sc de mitaines PERRUQUIER. I
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- de toile ou de futaine G, pour les autres friéHons : il a des fonds de Bain pour garnir les Baignoires : ce qui s’appelle un fond de Bain, eft une pièce de toile à drap, taillée fur le contour de la Baignoire , Sc qui la couvre en entier en-dedans Sc en-dehors.
- Article Premier.
- Le Bain de Propreté.
- L’espece de Bain qui exerce le plus fouvent le Baigneur, eft le Bain de propreté : on le prend par délices en pleine fanté ; aufïi les gens riches Sc fenfuels ont ordinairement chez eux ce qu’on appelle Y Appartement des Bains, qui n’a uniquement que cette deftination.
- Le Baigneur commence par chauffer l’eau du réfervoir d’eau chaude' Sc l’étuve ; il met le fond de Bain à la baignoire ; c’eft dans l’étuve où on fe déshabille entièrement ; on met un bonnet, ôc on s’affied fur une chaife ou un fauteuil totalement de bois ; alors le Baigneur commence fes friélions.
- La première eft, ( lorfqu’on la demande) celle de la pâte dépilatoire > dont voici la formule.
- Bâte dépilatoire du Baigneur.
- Chaux vivis Orpiment,
- 4 onces i once -,
- Eau chaude fuffifamment pour réduire le tout en pâte liquide ; ce qui eft bientôt prêt.
- Comme les dépilatoires font du reffort des Pharmacopées, on a extrait Sc on propofe ici un dépilatoire, tiré de celle du célébré Lémery , qui parole plus raifonné Sc mieux fait que le précédent , quoiqu’il foit aux mêmes dofes.
- Dépilatoire de Lémery.
- Chaux vive, Orpiment, .
- 4 onces, i once :
- Leflive de tiges de fèves , . 2 livres.
- Faites brûler les tiges dont vous ferez une leflive avec eau commune : filtrez la leflive, mettez-la dans un vafe de terre verniffée, jettez-y la chaux entière, laiflez-la macérer pendant quelques heures , ajoutez l'orpiment ; faires cuire à feu médiocre jüfqu’à confiftance de pâte liquide : pour éprouver fi le dépilatoire eft à fon point ,‘on trempe dedans une plume avec fes barbes ; fi en retirant la plume ^ les barbes quittent fans effort, il eft comme il le faut.
- Pour appliquer la pâte aux endroits où il en eft befoin le Baigneur met un gant ; il laiffe travailler le dépilatoire pendant fept minutes à la montre, au bout duquel temps prenant une éponge trempée en eau chaude , il le lave Sc l’ôte entièrement ; puis mettant une mitaine de Baigneur, il frotte par-tout avec un mélange d’eau Sc de fon, après quoi il fait une immerflon d’eau
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- chaude, la verfant par la nuque du col, elle fe répand fur tout le corps ; enfuite avec là mitaine & de la poudre d'amandes ameres délayées en eau chaude, il frotte par tout : l'effet de cette derniere pâte eft de rendre la peau douce ; celle qui fuit eft excellente.
- Pâte jaune.
- Amandes ameres ,. . . 3 quarterons. 1 Miel de Narbonne > . . . 1 demi-liv. Pignons,. ..... 1 quarteron. | Jaunes d'œufs-frais durcis, .8
- Pilez les amandes & pignons en poudre impalpable, puis vous mêlerez le tout enfemble, & la pâte eft faite ; elle eft incorruptible Sc fe conferve toujours ; pour s’en fervir on la délaie avec de Peau : cette pâte nourrit la peau , Sc la rend douce- Sc moëlleufè.
- Enfin, on nettoie tout le corps avec du fa von de Naples, battu dans Peau Sc réduit en grolfe moufle.
- Toutes ces friélions Sc immerfions terminées, on met les fàndales pour palier de l'étuve dâns la baignoire , où on demeure plus ou moins de temps: quand on en fort on réchauffé les fandales, on rentre dans l'étuve, où le Baigneur vous reffuie avec des linges chauds , Sc vous met des eaux de fen-teur. Il y a des perfonnes qui fe mettent enfuite dans le lit bien bafïïné, d’autres non. On ne prend guères ces Bains qu’un ou deux jours de fuite , Sc de temps à autre.
- Article Second.
- Le Bain de Santé.
- Ce qu on appelle Bain de famé, fe prend comme le précédent, avec de Peau tiède, mais plufieurs jours de fuite, Sc ordinairement comme remède par ordre du Médecin : c’eft pourquoi on fait abftraélion de toutes les frictions Sc immerfions déiicieufes qui accompagnent le Bain de propreté. Ilne s’agit à celui-ci que de fe mettre dans Peau, & y refter une heure plus ou ou moins , fuivant l'ordonnance ; on vous effuie feulement quand vous en forcez, Sc vous vous mettez au lit quelques moments.
- Il fe pratique encore d’autres Bains compofés * dont le but eft purement médicinal; on ne doit point entrer ici dans le détail des raifons pour lefquelles on les prend, mais feulement les nommer.
- Le Bain chaud de lait au lieu d’eau.
- Le Bain fioid. On ne peut guères y refter que fix à fept minutes ; on fe met tout de fuite au lit, où on fue abondamment.
- Le Bain,
- Bains Artificiels.
- avec décoétion d’herbes émollientes, avec décoélion d’herbes aromatiques, d’eaux minérales artificielles, avec la limaille de fer , &c.
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- Article Troisième.
- Bains Locaux•
- Le demi-Bain, eft celui où il n’y a que la moitié baffe du corps qui trempe dans l’eau.
- Le quart de Bain eft celui où les feules extrémités > comme jambes ou bras, trempent dans la liqueur.
- La Douche eft de l’eau chaude minérale ou autre > qu’on fait tomber de haut fur quelque partie du corps. ,
- Le Bain dinceflion eft celui au moyen duquel 9 étant aflïs fur un vafe qui contient quelque liqueur chaude, on en reçoit la fumée.
- Le Bain de juffumigation eft celui qui au moyen d’un conduit porte la vapeur de quelque liqueur chaude fur la partie du corps qui lui eft deftinée.
- Article Quatrième.
- Bains Secs.
- Le Bain de fahlon : on enfonce la partie affeétée dans du fablon chaud.
- Le Bain de marc de raijin : on enfonce la partie malade dans du marc de raifin nouveau & chaud.
- Tous ces Bains peuvent s’exécuter chez le Baigneur ; il n’eft queftion pour lui que de fuivre exactement l’ordonnance.
- Article Cinquième.
- Remarques fur une Machine nommée Cylindre.
- Le plus grand nombre n’eft pas de ceux qui vont chez le Baigneur 9 beaucoup fe baignent chez eux ; mais comme ils n’ont pas les commodités qui fe trouvent chez lui pour chauffer l’eau > 8c pour la maintenir à fon point de chaleur, on a imaginé depuis quelques années une machine très-commode à cet égard , mais en même temps très-dangereufe fi on s’en fert mal-à-propos. Cette machine fe nomme un Cylindre I ; il eft de cuivre rouge, & ref-femble à un très-gros coquemard : du bas du cylindre s’élèvent deux tuyaux KK> un de chaque côté, qui le dépaffent de quelques pouces : on remplit toute cette machine de charbon enflammé, & on la pofe au milieu de l’eau de la baignoire ; les évents qui font les deux tuyaux dont on vient de parler, donnent de l’air au charbon, de peur qu’il ne s’éteigne, & fervent en même temps à donner iffue à fa vapeur. Quand le cylindre a échauffé l’eau au degré convenable , on l’ôte & on fe met dans le bain : on le range à part, fou-vent dans la même chambre qu’on a ordinairement foin de tenir bien clofe pour être garanti de l’air extérieur pendant qu’on fe baignera.
- Voilà
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- ART DU PËRRUQÜ1Ë R. n
- Voilà la defcription de la machine & la mauvaife maniéré de s*en fer vir t car malheureufement bien des perfonnes peu infimités > ne fe doutent pâS feulement de fe s terribles effets > ou plutôt de ceux de la vapeur du charbon renfermée & fans ifîue en-dehors. Quoiqu’on fçache affez d'ailleurs les mal* heurs arrivés à plufieurs qui ont mis dans leurs chambres des brafiers de charbon allumé , ou de braife étouffée, en fe couchant, pour fe garantir du froid de la nuit, & que ceux qui n’ont pas été fecourus à temps ont été trouvés morts > on ne penfe cependant pas que cette machine puiffe produire le même effet. M. le Vayer, Maître des Requêtes, s’étant fervi du cylindre mourut dans fon bain, auffi bien que fon chien qui étoit dans la même chambre ** la vapeur du charbon qu’on refpire paffant dans les poumons, s’y mêle avec le fang qu’il fixe Sc arrête petit à petit, Sc on meurt en dormant*
- Après avoir averti du danger éminent de cette machine, il faut dire qu’elle efl cependant fort commode & fans aucun péril, fi on s’en fert avec toutes les précautions néceffaires : on chauffera donc l’eau de la Baignoire comme cî-deffus > mais pendant que le cylindre efl dans l’eau , on lafiîera entrer . l’air du dehors par quelque ouverture, comme porte ou fenêtre, Sc quand il fera ôté Sc tranfporté dehors , on fè mettra dans le Bain , fans trop fe prefi* fer cependant d’y entrer, & de fermer la communication de l’air extérieur J de cette façon on ne court aucun rifque évident.
- CHAPITRE NEUVIEME.
- Des Bains fur la rivière.
- O N n’entend pas parler ici de ces grands Bateaux qui paroiffent en été dans Paris fur la riviere de Seine, couverts de toiles qui defeendent en appentis fur l’eau , où elles s’attachent à des pieux enfoncés dans l’eau, Sc cachent à la vûe du peuple ceux ou celles qui fe baignent : ceci ne regarde qu’imparfaitement l’objet du Bain ; mais ce qu’on a deffein de décrire dans ce Chapitre , efl un véritable dcfolide établiffement confinait dans un Bateau fur l’élément effentiel à l’Art du Baigneur , duquel il peut aifément jouir avec profufion, Sc y joindre toutes les circonflances qui s’y ^apportent.
- L’idée de cet heureux établiffement étant venue à un Baigneur nommé Poitevin , fucceffeur du fieur Dubuiffon , Baigneur du Roi : il en entreprit l’exécution s’il pouvoit en obtenir la permifîion au Confeil : elle lui fut accordée par Lettres-Patentes du Roi, le quatre Avril 1760 ; elles furent enregiflrées en Parlement le treize Août 1761 , fur les rapports favorables du Lieutenant-Général de Police ; du Subflitut du Procureur-Général du Roi au Châtelet ÿ du Prévôt des Marchands & Echevim ; de {Académie des Sciences s de la Faculté de P E RR U QU J ER* K
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- ss ART DU PERRUQUIER.
- Médecine, & du premier Chirurgien du Roi. En conféquence le fleur Poitevin fit conftruire à Tes frais deux Bateaux à peu-près pareils, fur chacun defquels il a alfis un bâtiment ; l’un compofé d’un rez-de-chauffée Sc d’un étage dans la manfarde, l’autre d’un fimple rez-de-chauffée : ces deux édifices occupent toute l’étendue de leur Bateau : il a placé le plus confidérable du côté du Fauxbourg S. Germain , vis-à-vis le bout des Tuileries , où il eft toute l’année fans jamais changer de place. A l’égard de l’autre , il l’envoie tous les ans vers la pointe de l’ifle S. Louis, vis-à-vis des Céleftins, où il arrive le premier Avril, Sc y refte jufqu’à la fin de Septembre,
- On va donner une idée générale de la diftribution du Bâtiment le plus confidérable * qui eft le premier dont on a fait mention , auquel le fécond reffemble en grande partie.
- Il a cent quarante-un pieds de longueur , vingt-quatre pieds de largeur, & dix-huit pieds de haut jufqu’à l’arrête du toît qui eft couvert d’ardoife ; le rez-de-chauffée eft partagé en deux dans fa longueur par un corridor de cinq pieds de large : ce corridor eft interrompu vers fon milieu parvun efpace quarré qui occupe toute la largeur du Bâtiment, Sc dans lequel font placés le fourneau Sc la chaudière : cet efpace fépare en même temps les Bains des Femmes de ceux des Hommes ; chaque chambre n’a qu’une baignoire ; elles ont toutes neuf pieds de long fur fix pieds de large, chacune éclairée par une croifée. Du côté des Hommes il y a quinze chambres de Bain , deux chambres à lit, dont une à deux lits , une étuve & une douche. Les douches de la conftruétion du fieur Poitevin confiftent en un tonneau doublé de plomb, élevé fur des tréteaux, placé au premier étage : vers les réfervoirs du def-fous de ce tonneau part un tuyau de cuir, qui traverfe le platfond d’une chambre de l’étage inférieur, où il eft terminé par un entonnoir, ou ajutoir de cuivre, dont l’ouverture en bas a environ quatre lignes de diamètre ; il arrive jufqu’à huit ou dix pouces au-deffus d’une baignoire dans laquelle on place le Malade pour recevoir la douche, c’eft-à-dire, l’eau tiède qui portée par des pompes des réfervoirs dans le tonneau , tombe avec rapidité fur la partie affeélée, où elle eft conduite par la main du Baigneur. Du côté des Femmes il y a onze chambres de Bain, pareilles chambres à lit, étuve Sc douche ; les tuyaux des poêles qui font dans les étuves , font difpofés de maniéré qu’ils répandent la chaleur dans tout le Bâtiment. L’étage dans la manfarde a cinq Bains du côté des Hommes, dont quatre font accompagnés d’un lit ; & deux du côté des Femmes , dont un a un lit ; total, trente-trois Baignoires : le refte de l’efpace eft employé en fechoirs pour le linge , chambre de domeftiques , &c. Au milieu de l’étage dont on vient de parler, au-deffus de l’efpace quarré du rez-de-chauffée , font placés trois réfervoirs confi-dérabies qui reçoivent l’eau de la riviere par deux pompes à bras, qui étant
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- de l’autre côté du Bateau , font toujours à cinquante pieds du bord 3c enfon*> cées dans l’eau. Le premier réfervoir efl: rempli de fable : l’eau après l’avoir pénétré, remonte toute filtrée dans le fécond , d’où elle pafle dans le trob fieme, duquel partent les tuyaux qui portent l’eau froide à toutes les bai-^ gnoires , pendant que d’autres partant de la chaudière leur diftribuent l’eau chaude.
- M. Poitevin exécute dans fes Bateaux les Bains de toute efpéce ; Bains de propreté , de fànté, Médecinaux , &c. comme tout autre Baigneur peut faire chez lui, avec l’avantage de plus de prendre l’eau fur le lieu même , de la filtrer, Sc de l’employer à toute heure du jour & de la nuit , dans toutes les faifons, & quand même la riviere feroit glacée ; & quoique l’eau ait traverfé tout Paris avant d’arriver jufqu’à lui, il n’en réfulte aucun inconvénient, attendu qu’en la filtrant aufii parfaitement qu’elle peut l’être , il en fépare toutes les parties hétérogènes, Sc la rend auffi pure qu elle Tell à fa fource*
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- ART DU PERRUQUIER.
- EXPLICATION
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Des Termes de l'An employés dans cet Ouvrage•
- B
- C
- t
- JLÎ aignoirê , efpece de cuve applattîe par les côtés, ovale par les deux bouts ; il s’en conftruit de cuivre & de tonnellerie , on la remplit d’eau tiède, dans laquelle on s’enfonce jufqu’au col fur fon féant.
- Barbe» Voyez Faire la barbe.
- Bassin a barbe , vafe creux \ oval, échan-cré par un de fes côtés , cette échancrure entoure le devant du col fous le menton ; il s’en fait d’étain , d’argent, defayence, de porcelaine ; on le remplit à moitié d’eau chaude ou froide , & après y avoir fait fondre du favon ordinaire, ou du favon préparé qu’on nomme une Jdvonette, on en imbibe la barbe , afin que le razoir la coupe plus facilement.
- Bichon, nom qu’on donne aux cheveux du derrière de la tête d’une femme , quand ils font courts & frifés en entier.
- Bilboquet , petit bâton de buis de deux à trois pouces de long , plus mince au milieu qu’aux deux bouts , deftiné à rouler autour les cheveux de la perruque pour les frifer , en les faifant bouillir enfuite & les mettant dans le pâté.
- Boete a pommade , ordinairement de fer blanc, dans laquelle on met la pommade.
- Boete a perruque ; elle eft: de bois, capable de contenir une perruque pofée fur un bâton debout dans le milieu , qu’on nomme le champignon ; on la tranfporte ainfiau lieu de fa deftination. 1
- Boete a poudre ; elle eft ronde & de fer-blanc , on y met la poudre, elle refte dans la boutique.
- Bord de front , t refte de cheveux très-courts que l’on coud fur le bord du front de la perruque. :
- Boucle , arrondiffement des pointes des cheveux frifés , quand on leur fait prendre la forme d’un anneau plus ou moins étendu.
- Bouteille a l’eau , vafe de cuivre rouge de la forme d’un gros flaccon, il tient environ une chopine d’eau , on le ferme avec un bouchon de liège ; il fert à mettre de l’eau chaude pour la tranlporter dans fa poche aux endroits où on va faire la barbe*
- Cardë , efpece de broffe hériffée de grand nombre de longues pointes de fer debout côte à côte.
- Cheveux plats , ou en gras ; on nomme ainfi les cheveux coupés fur une tête,1 tels qu’ils en fortent, Ôc avant d’avoir fubi aucune préparation.
- Cheveux Herbés , ce font des cheveux roux qu’on fait blanchir fur l’herbe en Suilfe & en Angleterre.
- Chignon, nom qu’on donne aux cheveux longs du derrière de la tête d’une Femme, quand on les a retrouffés à plat & arrêtés vers le fommet.
- Coeffe a perruque , efpece de calotte formée par un filet rond & quelques rubans 5 c’eft fur cette coëffe que fe coulent tous les cheveux qui compofent la perruque.
- Coque , treffes de cheveux qui forment le milieu du front d’une perruque.
- Coquemard, efpece de pot de cuivre rouge à anfe ôc à couvercle, qui fert pour chauffer l’eau dans la boutique.
- Corps de rangs , treffes qui forment les côtés de la perruque ; on les diftingue en corps de rangs croifés, ou grands corps de rangs ; ceux-ci entourent le bas de la perruque , on en croife les bouts l’un fur l’autre ; & en petits corps de rangs , ils garnift-fent les côtés commençant au-deffus des précédents , & finiffant vers l’échancrure.
- Côtés , ne fe dit qu’aux Femmes ; ce font des boucles ou des cheveux qu’on ajoute aux côtés de leurs chevelures pour les garnir.
- Crespé , le crêpé eft une frifure très-courte , confondue & mêlée enfemble de toutes fortes de fens.
- Crin , on ne fe fert que du crin de la crinière des chevaux,jamais de celui de la queue.
- Cuir a razoir , morceau de cuir de veau préparé, collé fur du bois ; on coule à plu* fieurs reprifes le razoir fur ce cuir pour le faire couper plus doux.
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- Décorder , c’eft ôter les cheveux de def-fus les bilboquets.
- Dégager
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- Dégager ] c’eft affembler plufieurs portions de cheveux décordés.
- Dessus de teste , plufieurs rangs de tref-fes courtes & légères, quon coud aufommet de là tête.
- Dessus de boucle , plufieurs rangs de trefTe quon coud au-deffus de la grolTe boucle aux perruques nouées & quarrées.
- Détêter , c’eft féparer pour première opération les cheveux qu’on va préparer, en petites portions qu’on lie d’un fil à mefure qu’on les a féparés.
- Devant de teste , une ou deux treffes très-courtes, qu’on coud tout autour du front jufqu’aux échancrures.
- Devants , cheveux trefFés fur un ruban ou fur une portion de coëffe , pour garnir le devant de la chevelure des Femmes.
- Distribuer , c’eft arranger le tout enfem-ble d’une perruque, pour donner à la friture la forme qu’on defire, foit en boucles , ou en peigné, &c.
- Douche , eau chaude qu’on verfe de haut dans un tuyau qu’on dirige fur la partie malade de celui qui la reçoit.
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- Echancrure , eft l’endroit où on coud le ruban à monter au haut de la tempe, pour le faire enfuite defcendre le long de la joue*
- Effiler , c’eft rendre , en coupant avec les cizeaux , les cheveux naturels moins garnis ; on coupe de même avec la pointe des cizeaux plufieurs cheveux aux rangs de tref-fe quand la perruque paroît trop épaiffe : c’eft aufïi rendre inégaux de la même façon les cheveux plats des plaques qui garniffent le derrière de plufieurs efpeces de perruques, afin qu’ils ne faffent pas- la vergette. 11 y a encore une façon de les effiler avant de les mettre en place, expliquée dans le corps de l’Ouvrage.
- Etager , c’eft rendre, en fe fervant des cizeaux , les cheveux naturels de deflùs plus courts que ceux d’au-deffous ; c’eft aufïi faire fuccéder petit-à-petit en treffant, les cheveux longs aux courts , ou les courts aux longs.
- Etau , inftrument de fer dont on fe fort pour contenir les affemblages de cheveux quand on veut les tirer pour les féparer en plufieurs portions.
- Etoile , treffes de cheveux au milieu du front d’une perruque , dont on dirige la frifure en deux portions qui fe regardent, & re-préfentent le deffein d’un cœur dont le milieu feroit vuide.
- Etuve , ouvrage de Boiffelier imitant un tonneau debout fans fond , ayant un couvercle en haut, & plus bas un treillage de fil-de-fer, fur lequel on étend les bilboquets forçants de la chaudière, pour en fécher les P ERRU Q_U I ER.
- cheveux au moyen d’une poêle de pOuiïiere de charbon allumé qu’on met en-bas*
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- Faire la barbe , c’eft la couper avec un razoir après l’avoir humectée avec de l’eau de favon , ou une favonette;
- Faire les cheveux , c’eft leur donner une forme régulière & agréable en retranchant avec les cizeaux leurs inégalités.
- Faire la teste, c’eft la razer entièrement*
- Fer, efpece de tenailles de fer, avec lequel étant chaud , on preffe les papillotes pour affûrer la frifure & la rendre durable.
- Fer a passer, inftrument de fer qui fert au Perruquier pour qu’étant modérément chaud & appliqué au défaut des treffes com* fues , il rende le cheveu ferme & folide.
- Fer a toupet, efpece de longs cizeaux/ auxquels au lieu de lames font deux longues branches de fer, l’une ronde , l’autre creufée en goutiere , dans laquelle la première fe loge ; on prend entre ces deux branches , le fer étant chaud , le toupet des cheveux naturels pour le renverfer & tourner fa frifure vers le fommet de la tête.
- Fil de pesne , fils longs qui fervent aux Tifferands pour tendre leurs Métiers ; les Perruquiers les emploient en diverfes occa^ fions.
- Fil en trois , fil de lin en trois brins * avec lequel les Perruquiers coufent les rangs de trefTe à la coëffe.
- Fond de bain, drap de toile blanche dont les Baigneurs couvrent les baignoires en entier , tant en-dedans qu’en-dehors.
- Frisure, fe dit des cheveux naturels/ quand au moyen de la papillote & du fer , ils relient tournés fur eux-mêmes , alors ils fon t f'rifés. La frifure delà perruque eft la même chofe , excepté qu’ayant préparé fans l’aide du fer les cheveux qui doivent cora-pofer une perruque , ils relient frifés beaucoup plus long-temps que les naturels.
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- Grosse boucle en tire-bouchon, pièce qui ne fe met qu’aux perruques nouées ÔC quarrées ; fa place eft derrière ces perruques au milieu du bas , & pend fur la nuque du col ; elle eft toujours de pur crin.
- Gruau , farine très-légere qui retombe dans l’aire des moulins iorfqu’ils travaillent; on s’en fert pour dégraiffer les cheveux def-tinés à la perruque.
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- Houppe , affemblage de nombre de gros brins de foie qui terminent les étoffes de foie, on les lie enfembleen rond ; on enfonce cette
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- houppe dans la poudre dont elle le remplit, puis on la fecoue au-deffus des cheveux enduits d’effence ou de pommade, la poudre qui s’en détache les blanchit.
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- Le lisse , cheveux longs ôc droits qui fe coufent à la coëffe, ôts occupent tout le derrière de la perruque en bourfe ; on les renferme dans la bourfe.
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- Marmot , c’eft 1’enfeigne des Perruquiers en vieux ; ils appellent ainfi une vieille tête de bois fur laquelle ils clouent une très-vieille perruque , ôc mettent le tout fur le rebord de leurs boutiques pour leur fervir d’enfeigne.
- Meches , petites portions de cheveux que le Perruquier fait ôc lie chacune à part à me-fure qu’il dégage. Voyez Dégager.
- Métier j infiniment de bois fur lequel on tend les foies qui fervent à treffer le cheveu.
- Mettre au dégras , c’efl faupoudrer le gruau fur les portions de cheveux qu’on vient de détêter,
- Mettre au fer , c’eft preffer avec le fer chaud toutes les papillotes d’une chevelure.
- Mettre aux fils , c’eft rouler les boucles d’une perruque Ôt arrêter chacune avec du fil.
- Mettre a l’indigo, c’eft tremper les cheveux blancs dans une forte eau d’indigo pour leur donner un œil bleuâtre.
- Mettre en papillotes , c’eft rouler les cheveux naturels ôc renfermer chaque boucle dans du papier,de peur quelle ne fe déroule.
- Mettre la première poudre à une perruque , c’eft y appliquer le premier enduit d’effence ôc de poudre.
- Mettre en suite , c’eft enfiler enfemble les portions de cheveux à mefure qu’on les fépare du tas.
- Mesures en papier , nombre de lignes parallèles l’une fous l’autre , qu’on fait à l’encre fur des morceaux de papier , pour indiquer aux Treffeufes les rangs de treffe qu’el-les ont à exécuter pour la garniture entière d’une perruque.
- Mitaine de Baigneur , efpece de mitaine de toile dans laquelle tous les doigts font renfermés, ôc qui fe noue au poignet ; le Baigneur s’en fert pour fes friêlions.
- Monter la perruque , c’eft en compo-fer la monture.
- Monture , eft l’arrangement fur la tête de bois des ruban, rézeau, étoffes, ôcc. qu’on fait tenir enfemble par des coutures, ce qui forme une efpece de calote légère, fur laquelle on coud enfuite tous les cheveux d’une perruque. Il s’en fait de plufieurs fortes.
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- La Monture pleine eft celle qu’on conduit jufqu au-deffous des oreilles quelle enferme. La Monture à oreilles eft celle qui laiffe les oreilles à découvert : celle cl demi-oreilles en cache le haut ôc laiffe le bas découvert,
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- Nœuds , pièces particulières à la perruque nouée : ce font deux affemblages de longs cheveux qui pendent derrière cette efpece de perruque de chaque côté de la groffe boucle, on releve chacun par un nœud fimple.
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- Papillote , petit morceau dé papier coupé en triangle, avec lequel on enveloppe ôc on ferre les portions de cheveux qu’on roule fur eux-mêmes pour les frifer.
- Papillote tortillée , eft celle qu’on emploie pour la frifure des cheveux très-courts ; on tortille dans les doigts en long une petite laniere de papier, on la tourne avec le cheveu, puis raffemblant les deux bouts du papier, on les tortille enfemble, en-fuite on couvre le tout d’une papillote ordinaire.
- Paquets , on nomme ainfi les portions de cheveux préparés Ôc prêts à treffer.
- Passée , quantité plus ou moins grande de cheveux préparés qu’on tire d’un paquet pour la treffer tout de fuite.
- Passer au fer , c’eft faifir avec la tête du fer à frifer tout chaud, chaque papillote l’une -après l’autre, pour faire tenir la frifure en de£; féchant le cheveu.
- Passer sur le cuir , c’eft couler la lame du razoir à plufieurs reprifes fur un cuir préparé , afin de le faire couper doux.
- Pasté , enduit de farine de fégle en forme de croûte de pâté, dont on enveloppe les cheveux attachés aux bilboquets, pour enfuite les mettre au four afin d’en affermir la frifure.
- Peignes de Perruquier ; ces peignes font partagés en deux différentes proportions de dents , d’un bout à la moitié les dents font plus groffes ôc éloignées, ôc de-là jufqu’à l’autre bout plus fines ôc ferrées; ceux pour Femmes n’ont qu’une moitié en dents, l’autre n’eft compofée que d’un manche ou queue.
- Petit Seau , infiniment de Baigneur ; il eft rond, de cuivre étamé en-dedans , il peut contenir deux pintes, il a une anfe ; il fert à mêler enfemble dans le bain les eaux chaude ôc froide , à ôter de l’eau , Ôcc.
- Pierre a razoir , efpece de pierre polie dont le grain eft très-fin, elle fert avec un peu d’huile à affiner le tranchant des razoirs en les coulant deffus à plufieurs reprifes.
- Plaque , treffes de cheveux longs , plats ôc ondés par la pointe, dont on garnit tout
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- le derrière de la tête de certaines perruques.
- Pointe, on appelle la pointe du cheveu le bout qui en termine la longueur.
- Pommade forte , on la fait en mêlant un peu de poudre dans la pommade.
- Poudre , préparation de certaines farines qui répandues fur les cheveux leur donnent un œil blanc.
- Poupée , tête de carton grande comme nature, fur laquelle on accommode les perruques des Femmes.
- Préparer la perruque , c’eft travailler le cheveu jufqu’à ce qu’il foit trelfé.
- Q
- Quarrure , c’eft les deux derrières de la perruque quarrée formés par les derniers corps de rangs croifés , que l’on dent longs, étagés ôt frifés ; ils accompagnent la groffe boucle, Ôt tombent au-delà quarrément fur les épaules.
- Queue de veau , de génilfe, Ôte. on mêle quelquefois parmi le crin de cheval celui du fanon de la queue des génifles quand il fe trouve allez fort, ôt on s’eft avifé de nommer Perruques de queue de veau celles qui font entièrement de crin.
- R
- RaffraichiR sur le doigt; fe dit lorf-que tendant l’index de la main gauche on amene defïus les boucles , foit des cheveux naturels ou de la perruque , ôt qu’enfuite en coulant les cizeaux le long de ce doigt, on en coupe les pointes qui dépaflent, afin d’é-galifer les cheveux par leurs extrémités.
- Rangs , on nomme ainfi les treflfes quand elles font coufues les unes au-deflus des autres.
- Razoîr , infiniment d’acier deftiné à trancher au raz de la peau la barbe, la tête, ôte.
- Réglé a etager , réglé de bois marquée par des lignes efpacées qui fervent à mefurer les différentes longueurs de cheveux des paquets avant de les trelfer.
- Repasser la barbe , c’eft la mouiller une fécondé fois pour y repaffer le razoir, afin quelle foit coupée au plus près qu’il eft pof-fible.
- Repasser sur la pierre, Voye^ Pierre
- a RAZOIR.
- Rézeau, on nomme ainfi une efpece de petit filet rond fait exprès, qui fait partie de la monture des perruques.
- Ruban a monter, c’efi du ruban de foie ou fil ôt foie , avec lequel on forme le bord de la monture.
- Ruban a couvrir , celui-ci eft toujours fil ôt foie Ôt bien plus large que le précédent, on Rattache en croix par-deffus le rézeau pour affermir la monture.
- S
- ' Sac a Poudre , petit fac de peau de mou* ton, dans lequel on met de la poudre pour la tranfporter hors la boutique.
- Sandales de bain , elles font à femelles Ôt talons de bois, doublées en-dedans de fu* taine ainfi que leurs étriers ; elles fervent à mettre les pieds à nud pour paffer du bain à l’étuve, ôt réciproquement.
- Seran , groffe carde ; on enfonce en premier lieu dedans, les cheveux pour commencer à les débrouiller.
- T
- Taper , c’efi repôuffer fur eux-mêmes avec le peigne les petits cheveux frifés pour leur donner l’apparence de cheveux crêpés : cet accommodage fe fait plus communément aux Femmes qu’aux Hommes.
- Teste de bois , eft celle que le Perruquier fait faire au Sculpteur fur la mefure qu’il a prife fur la perfonne qu’il doit coëffer, afin de conftruire deffus les perruques qu’il lui fera.
- Teste a perruquë > elle eft de bois comme la précédente ; on l’enfonce fur le haut d’un bâton rond debout, long de quatre pieds Ôt demi, ou environ , planté fur un pied ert croix ; c’eft fur cette tête qu’on pofe la per* ruque chaque fois qu’on veut l’acCommo* der. On en a imaginé une autre bien plus commode, on la nomme à couliffe , parce que le bâton qui la foutient s’enfonce à vo* lonté dans un trou profond , percé au milieu d’un morceau de bois attaché à un pied en croix pareil au précédent, au haut duquel eft un écrou ôt une vis de bois qui ferre le bâton de la tête à la hauteur qu’on veut, ce qui fait qu’on peut à fa volonté accommoder ôt arranger la perruque aflis ou debout.
- Teste du cheveu, c’eft l’extrémité des cheveux qui tenoit immédiatement à la tête de la perfonne à qui on les a coupés*
- Toupe , ramafïis de bouts de cheveux dé rebut, qui pétris dans les mains deviennent une maffe folide, à laquelle on donne l’épaifc feur ôt la forme néceffaire pour être placée fous le retrouflis du chignon des Femmes, afin de lui prêter de Fépaiffeur quand il eft trop peu garni.
- Toupet, il y en a de deux fortes : le tou-pet des cheveux naturels , ort appelle ainfi les cheveux relevés fur le milieu du front : le toupet de la perruque ne fe fait qu’aux perru* ques nouées ôt quarrées ; c’eft un efpace aF fez étendu de cheveux plats qui occupe à ces perruques le milieu du derrière de la tête.
- Tour , c’eft un ruban fur lequel font cou^ fus des rubans de trefle étagés, on le ferme *
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- il fait tout le tour de la tête par les côtés ; on l’ajoute & on le confond avec les cheveux naturels des Hommes quand ils font trop peu garnis.
- Tour de tonsure, fe fait uniquement aux perruques d’Abbé ; c’eft un rond coupé dans la monture qui imite la couronne des Prêtres.
- Tresse , c’eft un entrelacement de cheveux palfés entre trois foies tendues fur le métier ; il s’en fait de deux fortes : les unes font étagées, c’eft-à-dire, de cheveux fuc-celïivement de longueurs différentes ; les autres que l’on nomme trejjes à lé aune, fe font depuis un bout jufqu’à l’autre avec des cher veux toujours de même longueur.
- Fin de l'Art du Perruquier.
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- Per r u/j i art'.
- PLzn/JiA.Ire
- P
- s
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- Perruquier. PI U
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