Descriptions des arts et métiers
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- ART TYF FRTÇFR
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- OU RATIN ER
- LES ÉTOFFES DE LAINE-
- Par M. D U HAMEL DU MONCEAU.
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- M. D C C. L X V I.
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- TO^awsww^TOwaam
- ART DE FRI S ER.
- OU R A T I N E R
- LES ÉTOFFES DE LAINE.
- Par M. Duhamel du Monceau.
- On frise plufieurs Etoffes de laine , & particuliérement les Ratines, les Peluches , l’envers des Draps noirs , &c. Cette opération confifte à rouler les uns fur les autres , les poils qui couvrent la fuperficie de l’étoffe, 8c qu’on laiffe pour cette raifon un peu longs , de forte qu’un nombre de ces filaments étant réunis par petits paquets, ôc roulés les uns fur les autres , forment autant de petits boutons. On juge bien que cette opération ne donne aucune force à l’étoffe , & que les boutons fe détachent au fervice ; mais on a trouvé qu’il étoit agréable d’avoir une1 étoffe comme labiée ou couverte d’un nombre confidérable de petits boutons qui fe touchent prefque les uns les autres. S’il ne s’agiffoit que de ratiner un petit morceau d’étoffe^ il fufïiroit de l’étendre & de l’attacher fur une table rembourrée bien ferme , 8c la plus plate qu’il feroit poffîble, prenant enfuite une planche fur laquelle on auroit d’abord étendu de la colle-forte, & enfuite faupoudré du fable allez fin, en un mot, ce que les Apprêteurs de Drap nomment une Tuile , 8c dont nous avons parlé à l’occafion de l’apprêt des Draps , il n’y auroit qu’à appuyer cette tuile fur la furface du Drap qu’on veut ratiner, & lui imprimer un mouvement rapide & circulaire, les poils fe joindroient les uns aux autres, ils s’entortilleroient les uns fur les autres, & le morceau d’étoffe feroit ratiné ; mais ce moyen, peu expéditif & fatigant, ne feroit pas praticable en grand , ou pour un nombre confidérable de pièces d’étoffe qu’on voudroit frifer : c’eft ce qui a engagé à faire cette opération par le moyen d’une machine très-ingénieufe, 8c qui expédie beaucoup l’Ouvrage; onia nomme une Frïfe ou un Frifoir.
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- Defcripdon de la Frife•
- Pour prendre une idée de cette machine qui paroît affez compliquée , il faut avoir préfent à l’efprit quelle doit faire paffer d’un mouvement lent
- 8c uniforme fuccefîivement toute la longueur de la piece d'étoffe De la Frise. A
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- Z DE LA FRISE.
- qu'on veut ratiner entre les deux pièces qu'on nomme le Frijoir ; & cette même machine fait mouvoir * d’un mouvement vif, la partie fupérieure de ce frifoir, dont la furface eft couverte de fable fin qui y eft attaché avec de la colle forte , & cette couche de fable , qui eft fort unie, a un quart de pouce d'épaiifeur au moins.
- Je vais commencer par expliquer les parties qui font communes à ces deux opérations ; enfuite j'expliquerai en particulier ce qui eft propre à chacune d'elles.
- Au rez-de-chauffée (PL /, II & III>fig. i ) eft un manege : A font les leviers qui ont chacun 19 pieds de longueur ; c'eft fur ces leviers que font attelés les chevaux au moyen des paloniers A (PL II & III) y de forte qu'on n'attele qu'un cheval, quand on ne fait ufage que d'une frife ; on en met deux pour faire travailler deux frifes, & quatre, quand les quatre frifes travaillent. Entre ces quatre leviers, il y a quatre perches a, ( PL I,fig* 1 ) auxquelles on attache la longe des chevaux pour guider leur marche.
- Dans la machine que nous détaillons, ce font les chevaux qui font les moteurs ; mais fouvent on profite d’un courant d'eau, qui ne change rien à ce qui conftitue véritablement la frife.
- Les leviers A, (PL /, II& III) font tourner l'arbre C qui s'étend juf-qu’au plancher du premier étage ; il a 3 pieds 8 pouces de longueur, depuis fon extrémité d'en bas, jufqu'aux enrayures qui portent la grande roue dentée B , qui eft établie à 10 pieds au-deiïus du terrein. Cette grande roue dentée B a9 pieds 4 pouces de diamètre, & elle porte 72 dents.
- Cette roueengrene dans deux lanternes D (PLI, II & III) , qui ont environ 15 pouces de hauteur ; leurs plateaux ont 20 pouces de diamètre, & ces lanternes font chacune garnies de douze fufeaux ; les arbres de ces lanternes traverfent le plancher, & tout auprès du carreau du premier étage eft un rouet horizontal F (PL 1 ,fig- 2) , qui eft enarbré avec les lanternes D : l'arbre commun fe termine en h (PL II), par conféquent le rouet F eft emporté par le mouvement des lanternes D : ainfi la roue dentée B fait mouvoir les deux lanternes D ; ces deux lanternes emportent avec elles les deux rouets F qui, engrénant dans quatre lanternes femblables à G, font agir quatre frifes. On n'en a repréfenté que deux fur les Planches I & II pour éviter la confufion.
- Chaque rouet F, qui a 41 dents, engrene dans deux lanternes G, qui ont 12 fufeaux ; chacune des lanternes G a un arbre dans lequel font enar-brés, les rouets H 9 qui ont 42 dents chacun; 2% une petite lanterne My dont je parlerai dans la fuite : mais avant d'aller plus loin 5 il eft bon de lavoir que quand on veut qu'une des frifes ne travaille pas, on débraye la lanterne G pour l'empêcher d'engréner dans le rouet F, ce qu'on fait au moyen d'un levier Z, qui communique à un autre levier Y7 qui embrafle
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- DE LA FRISE. 3
- l’arbre de la lanterne G , le fouleve 8c dégage fes fufeaux des alluchons du rouet-F. Ceci s’apperçoit clairement fur la Planche III, fig. 3 ; mais on ne peut appercevoir les deux leviers fur la Planche I, fig. 1. Je reviens au détail de la machine. Les rouets //engrenent dans les lanternes I {PL //) , qui ont 7 fufeaux. Ce font ces lanternes qui donnent le mouvement aux frifoirs par un moyen bien fimple.
- L’axe de cette lanterne I, {PLI y II & III, 8c encore mieux PL IV, fig. 1 & 2) y eft de fer, 8c fon bout d’en bas eft reçu dans une crapaudin efi, ( PL IV9 fig- 1 & 3 ). Le haut de cet axe eft reçu dans un collet de cuivre e > (PL IVKfig. I & 4), qui a 8 pouces de longueur, 2 pouces d’épaiffeur, & 3 pouces de largeur. Ce collet eft fermement aflujetti avec des vis dans la piece de deffous du frifoir hhy {fig. 1 & 6) ; l’extrémité de cet axe & fe termine par une pointer, qui n’eft pas concentrique à l’axe, mais qui s’incline fur un de fes côtés. Cette efpece de broche coudée entre dans le trou c d’un couflinet de cuivre dy {fig- 1 & J ) qui a 7 pouces de longueur, un pouce 6 lignes d’épaiffeur, & 2 pouces 8c demi de largeur. Ce couflinet eft fermement attaché par des vis à la partie fupérieure du frifoir gg9 8c la broche c de l’axe entre à l’aife dans ce trou, y ballotte ; 8c comme fon extrémité recourbée décrit une courbe dont le centre eft dans l’axe du point <§, le couf-finet d y 8c le deflus delà frife g g {fig-1 6 7 ) , reçoivent un trémouffement 8c une efpece de mouvement circulaire, qui convient pour former les boutons de la Ratine.
- Récapitulons ce que nous venons de dire. Les leviers A font tourner la roue dentée B. Cette roue en hériffon engrene dans les deux lanternes D, qui emportent les deux rouets Fy qui engrenent dans les quatre lanternes G. Ces lanternes font tourner avec elles les quatre rouets Hy qui engrenent dans les huit lanternes /, qui font trémouffer la partie fupérieure g des quatre frifoirs.
- Voila le détail de toutes les parties qui conftituent véritablement la machine compofée de quatre frifes ; le refte eft un acceffoire important qui fert à tirer peu-à-peu l’étoffe de toute fa longueur, pour en faire paffer fuccefîî-vement toutes les parties entre les deux pièces du frifoir h h 8c g g, de forte que chaque partie de l’étoffe refte affez long-temps entre les deux pièces du frifoir, pour quelle foit ratinée ou boutonnée, & pas affez pour que les poils foient détruits 8c emportés. J’expliquerai dans un inftant par quelle méchanique s’opère cette manœuvre ; mais il faut auparavant expofer le travail de la machine , relativement à l’opération de ratiner ou frifer les étoffes.
- On commence par coucher l’étoffe, c’eft-à-dire, par la plier en zigzag fur une forte table gg, { PL Vyfig. 1 ) qui eft rembourrée de nopes, 8c fous cette table eft un faudet R ou une efpece de cage dans laquelle on arrange
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- l’étoffe à mefore qu’elle paffe fur la table, afin qu’elle ne fe fàliffe pas.
- - Quand, en pliant l’étoffe, il ne relie plus que le bout fur la table, afin que l’étoffe foit frifée dans toute fe longueur, on y coud un morceau de drap blanc h (PL III, fig* 4 ) , tout - à-fait au bord de la piece d’étoffe i : cette couture ne fe fait point avec du fil , mais avec deux broches de fil de fer II 9 qu’on enlace dans l’étoffe h Sc le morceau de drap i qu’on y ajoute.
- Quand la piece d’étoffe qu’on veut frifer eft pliée en zigzag, ou, comme l’on dit, rangée , Sc qu’on y a ajouté le morceau de drap dont nous venons de parler, on ôte les bâtons K (PL II, fig. 1 ) , qui fervent à appuyer la partie g du frifbir contre la partie h. On fouleve la partie fupérieure g g du frifoir au moyen du fléau r (PL III, fig. 1 é 2), au bout duquel eft un poids qui aide à foule ver cette partie du frifoir qui eft affez lourde , parce qu’elle eft formée d’un bâti d’affemblage e ( PL IV, fig* 8 ) de pièces qui ont 3 pouces 6 lignes de largeur, dans lequel font rapportés les panneaux c, c, c, comme on le voit (fig* 9 ), & fous cette piece eft fermement affu-jettie une planche g g (fig* 7 ) 5 qu’on couvre de colle forte , fur laquelle on feupoudre du feble fin pour faire une couche bien unie d’un quart de pouce d’épaiffeur, & toutes ces pièces réunies forment la piece (fig* 10 ).
- Quand cette partie du frifoir eft foulevée, on porte la piece qu’on a rangée dans le faudet ou la cage R ( PL //) , comme on le voit en g. On pofe le morceau de drap blanc qu’on a attaché au bord de la piece fur la table h qui fait la partie inférieure du frifoir, de forte que le drap blanc pende en en bas, Sc que la tête de la piece foit exactement couchée fur la piece h (PL //, fig. 1 ) , qui eft couverte d’une panne fort rafe bien tendue fur cette table par des clous Sc des crochets (PL IV,fig* 14)* comme on le voit (fig* 6 ). On defeend la piece g ( PL II ou PL IV, fig* 9 ) du frifoir for le côté de l’étoffe qu’on veut frifer; on l’appuie avec les bâtons K ( PL II) ; Sc après ce que nous avons dit de la méchanique de la Frife , on coriçoit que faifant tirer les chevaux , la partie g du frifoir qui eft garnie en deflous de fable collé for une planche, prend un mouvement de trémouflement un peu circulaire, qui fait frifer le poil de l’étoffe; mais fi l’étoffe reftoit trop long-temps entre les deux pièces du frifoir , elle s’uferoit ; il faut donc la tirer peu-à-peu par un mouvement doux, & régulier, pour que toute la longueur de l’étoffe paffe fucceffivement dans le frifoir ; & comme il feroit pénible de tirer ainfi peu-à-peu l’étoffe avec les mains, voici comme la machine exécute cette opération d’une façon très-réguliere.
- . L’axe de la lanterne G (PL II) fait mouvoir la petite lanterne M\ cette lanterne engrene dans la roue dentée N\ cette roue dentée emporte avec elle la lanterne O qui eft portée par le même arbre, & cette lanterne O engrene dans la grande roue dentée p, qui fait mouvoirl’arbre horizontal Q
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- DE LA FRISE, s
- qui eft un rouleau de bois couvert dans toute fa longueur d’une efpece de carde, dont les griffes tirent l’étoffe tout doucement ; ainfi il faut concevoir que les rouages M N O P (PL II, fig. I, ô PL I, fig. 2 ) font deftinés, i°, à ralentir le mouvement de la lanterne M, pour que l’arbre Q Q tourne lentement ; 2°, à renvoyer le mouvement de la lanterne M jufqu’à l’endroit où doit être placé l’arbre Q Q ; le morceau de drap blanc qu’on a ajouté à la piece d’étoffe * & qui répond aux deux pièces du frifoir pendant fur le devant de la machine, paffe fur le rouleau Q Q ; il enveloppe ce rouleau de la moitié de Ion diamètre. On fufpend avec deux bouts de corde une perche de bois TT (PL I y fig. 2^ bien unie, qui rapproche légèrement la piece vers le rouleau, pour que, quand la machine eft en mouvement, les pointes de ce rouleau s’engagent dans l’étoffe, & qu’à mefure que le rouleau tourne , il tire peu-à-peu la piece qui tombe, & s’arrange dans le faudet R 9 (PL Iy fig. 2 ). Un Ouvrier ( PL Vyfig. 4) qui eft du côté du rouleau en hériffon, examine fi la piece paffe bien à plat dans le frifoir; s’il s’eft fait des plis qui forment des queues de rat, il les remarque pour les rétablir, comme nous l’expliquerons.
- De l’autre côté de la frife, la piece d’étoffe qui eft rangée dans le faudet R ( PL III, fig. 2 ) , paffe, avant de s’engager dans le frifoir , fur une perche b y puis fur une autre c, & enfin fur une troifieme d qui la dirige à paffer entre les deux pièces du frifoir.
- De ce côté de la machine il y a deux Ouvriers ( PL V, fig. 4) ; l’un veille à ce qu’il ne fe faffe point de plis, l’autre , avec une béquille, détache l’étoffe du hériffon quand elle s’entortille trop autour, & quelle s’y attache affez fermement pour ne point tomber dans le faudet. Quand la piece eft entièrement paffée, on leve la piece g de deffus du frifoir , & avec une vergette en balai, on époufte les deux pièces du frifoir, pour qu’il n’y refte point de laine hachée. On porte enfuite la piece d’étoffe dans le faudet R de la table à ranger ( PL Vy fig. y ) ; on la paffe de toute fa longueur fur la table ; on la broffe d’un bout à l’autre avec une brofîe en forme de balai, & on la range de nouveau pour la faire paffer une fécondé fois par la frife, ce qu’on répété ordinairement trois fois , & alors l’étoffe eft frifée ou ratinée.
- Quand il y a eu des plis à l’étoffe , l’endroit plié ne fe frife point ; on appelle ces endroits des Queues de Rat. Pour effacer ces défauts , on pafle deffus une efpece de drouffette ou carde A ( PL IVy fig. 11 ), ou un peigne B y qu’on nomme Rebroujjette , & les poils étant ainfi allongés, ils fe frifent mieux que le refte de l’étoffe.
- Les vraies Ratines font ordinairement d’un tiffu croifé ; mais on ratine ou l’on frife auffi des Draps qu’on a foin de ne point tondre de près , & particuliérement on frife l’envers des draps noirs fins qu’on débite à Paris. Quand on ratine l’envers des draps noirs, c’eft l’endroit du drap que l’on couche fur la panne de la table du frifoir ; lorfque ce font des étoffes qu’on veut frr De la Frise. B
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- fer ou ratiner à l’endroit, c’elt leur envers qui repofe fur la panne.
- On varie un peu la manœuvre fuivant la fîneffe & l’efpece d’étoffe qu’on veut ratiner ; mais ce font des détails dans lefquels nous ne pouvons pas entrer , 3c qu’on apprend aifément par l’ufàge.
- EXPLICATION DES FIGURES
- DE LA FRISE.
- PLANCHE PREMIERE.
- Fi g ure r. Elle repréfente le plan de la partie de la frife ou du frifoir qui eft au rai-de-chauffée : c’eft le manege.
- A9 les leviers où l’on attele les chevaux; comme la machine fait jouer quatre frifoir s, & comme on eft maître de ne faire travailler à la fois qu’un, deux ou trois frifoirs 5 on attele autant de chevaux qu’on defîre faire agir de frifoirs : a, perches auxquelles on attache la longe de chaque cheval pour le diriger dans fa route.
- B, grande roue à hérifîon qui eft emportée par le manege, 3c qui fait agir tous les frifoirs. Elle eft placée au-deffous du plancher qui fépare le raiz-de-chauffée du premier étage.
- D y deux lanternes qui engrenent dans la roue B y 3c dont les axes tra-verfent le plancher qui fépare le raiz-de-chauffée du premier étage : chacune de ces lanternes fait agir deux frifoirs.
- Cy eft la coupe horizontale d’un arbre vertical 3c tournant, qui eft mu par les leviers A, & qui emporte la grande roue dentée B.
- Figure 2. Cette Figure repréfente le plan de la partie de la frife qui eft au premier étage.
- E E y la difpofition de deux des quatre frifoirs au premier étage autour du point C qui repréfente le bout de l’arbre C de la Figure 1.
- D y eft l’axe d’une des lanternes D de lzjig< 1. Cet arbre emporte le rouet F, qui engrenant dans les deux lanternes G G , fait jouer deux frifoirs. Il y a un pareil rouet de l’autre côté de C, qui fait agir les deux autres frifes & qui eft mis en mouvement par une des lanternes D, fig, r.
- La lanterne G, le rouet H 3c la petite lanterne M font portés par un même arbre horizontal 5 ainfi la lanterne G emporte avec elle le rouet H 3c la petite lanterne M.
- Le rouet H engrene dans la lanterne /, qui met en mouvement la partie fupérieure du frifoir g g.
- La lanterne M qui eft mue par l’arbre du rouet H, engrene dans la roue à hériffon N, laquelle fait tourner la lanterne O qui eft fur le même axe , 3c
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- DE LA FRISE. 7
- cette lanterne engrene dans la roue à hériffon P> dont Taxe Q Q eft hériffé de fils de fer comme une carde. Les roues 8c lanternes M N, O P font deftinées à faire tourner d'un mouvement lent l'arbre horizontal Q , qui par fes griffes tire la piece d'étoffe à mefure qu'elle eft frifée. T, eft une perche de bois qui appuie fur le drap pour le rapprocher de l'arbre Q Q, afin que les griffes prennent dans l'étoffe avec affez de force pour la tirer d'entre les deux parties du frifoir.
- R, un grand faudet qui eft fous le frifoir : R, un petit faudet qui eft fous le rouleau QQ: Z,Z, leviers de fer qui fervent à débrayer les lanternes G, G, quand on veut qu'un frifoir ne travaille pas. Ce levier fera repréfenté plus fen-fiblement dans d’autres figures.
- PLANCHE IL
- Au bas de la planche eft le profil & l'élévation des frifoirs, dont on a vu le plan fur la PL I : les pièces pareilles font marquées de mêmes lettres.
- Au rai-de-chauffée ou dans le manege , A, les leviers avec leurs palonniers, pour atteler les chevaux : on n'en a repréfenté que deux ; mais il y en. a quatre : C, l'arbre tournant d'où part une enrayure qui foutient la grande roue à hériffon B. Cette roue engrene dans deux lanternes D ; on n'en a repréfenté qu’une.
- On voit dans cette Figure comment cette lanterne eft foatenue par une piece courbe qui eft liée au plancher par des étriers , afin de ne point embar-raffer le manege. On voit auffi que l'arbre de cette lanterne traverfe le plancher , pour communiquer le mouvement aux rouages .qui font au premier étage. Cet axe fe termine en b, 8c fait mouvoir le rouet F qui engrene dans les lanternes G. On n’a repréfenté qu’une lanterne D 8c un rouet F. La lanterne & le rouet que nous ne faifons pas appercevoir, font derrière ceux que nous avons repréfentés, 8c en font éloignés de tout le diamètre de la grande roue B B.
- Il faut remarquer qu’à la droite de cette Figure, la machine eft coupée par un plan perpendiculaire à l'arbre tt, (PL I, fig.i), de forte que cet arbre eft coupé en deux, ainfi que les rouets H 8c les lanternes G 8c M; on y a fupprimé les roues dentées N 8c P, ainfi que la lanterne O , 8c le rouleau hériffé de pointes Q Q ; enfin une partie du faudet R : à cette partie droite de la figure, l'étoffe Q paffe du faudet où elle eft rangée entre les deux tables du frifoir g g 8c h h. A la partie gauche de la même figure, toutes les pièces font entières, & on voit l'étoffe Q qui a paffé dans le frifoir, 8c qui retombe frifée dans le faudet R.
- F, un des deux rouets qui font au-deffus du plancher. Il engrene dans les lanternes G, qui emportent avec elles les rouets H 8c les petites lanternes M* Les rouets H engrenent dans les lanternes /, qui font mouvoir la table fupérieure du frifoir g, comme on le verra plus fenfiblemenc dans une au-
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- g DE LA FRISE,
- tre figure. La petite lanterne M fait tourner l'hériffon N, qui emporte la lanterne O , 8c cette lanterne fait tourner l’hériiTon P , qui emporte lentement le cylindre Q Q , qui eft hériffé de pointes.
- # R , eft le faudet : q, l'étoffe pliée ou rangée dans le faudet ; au - defltis de Q , eft une perche défignée par une ligne ponétuée & fufpendue par des cordes ; elle fertà appuyer un peu l'étoffe contre le cylindre QQ:kh, eft la partie fixe 8c inférieure du frifoir : g g, eft la partie mobile, & fupérieure : K , K y font des morceaux de bois qui preffent la partie g du frifoir contre la partie h.
- Z , eft une partie du levier qui fert à débrayer la lanterne G. Ce levier fera repréfenté plus fenfiblement dans une autre figure.
- Toutes les roues, tous les rouets & toutes les lanternes font deflînées en grand au haut de la Planche, 8c cotées des mêmes lettres qui les annoncent dans la machine repréfentée en place au bas de la Planche.
- PLANCHE III.
- Dans cette Planche , la même machine eft repréfentée vue d'un autre côté : A, fig. i, les leviers & palonniers : B, la grande roue en hériffon : D, les deux lanternes : C, l'arbre vertical'& tournant.
- Ce qu'il faut principalement remarquer au haut de la Planche ,s c’eft le rouet H qui engrene dans la lanterne /, dont l'axe fait mouvoir la piece fupérieure du frilbir g g fur la piece inférieure h h, qui refte fixe.
- r, eft un levier qui fert à foulever la partie g g du frifoir, quand on a ôté les bâtons K, fig. i.
- La Figure 2 repréfente les mêmes objets vus d'un autre côté j le rouet H; la lanterne /; le frifoir g g, h h ; le cylindre hériffé de cardes Q ; deux marches E pour élever les Ouvriers ; le levier r pour foulever la partie g g du frifoir ; K, les bâtons qui appuient la partie fupérieure du frifoir fur celle de deffous. Mais ce qui mérite le plus d'attention , c'eft la dilpofition de l’étoffe qui eft rangée au-deffous de H dans le grand faudet R ; elle va paffer fur la perche b, de-là elle enveloppe la perche c 8c la perche d, 8c ellepafle entre les deux tables g, h du frifoir, enfuite fous la perche e, enfin fur le cylindre Q qui eft hériffé de pointes comme une carde, & elle tombe dans le petit faudet R; les perches byc9d fervent à tendre l'étoffe, pour qu'elle ne paffe pas trop vite dans le frifoir, 8c la perche e l'appuie fur le cylindre hériffé de pointes, qui eft deftiné à faire fortir l'étoffe du frifoir.
- La Figure 3 fert à faire concevoir l'effet du levier Z pour débrayer la lanterne Gy 8c empêcher que fes fufeaux n'engrenent dans les dents du rouet F. On conçoit qu'en appuyant fur le bout du levier y, on éleve le bout Y de ce levier qui fouleve le bout Z du levier inférieur, & en même temps l'axe de la lanterne G, affez pour que les fufeaux ne foient plus attrapés par les dents du rouet F, 8c alors un des quatre frifoirs ceffe de travailler, fans pour cela qu'on foit obligé d'arrêter les autres. La
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- D E L A F R I S E. $
- La Figure 4 fait voir comment on ajoute un morceau de drap i au bout de la piece d'étoffe qui eft repréfentée par h ; au lieu de faire une couture , on fe contente de paffer dans ces deux pièces les aiguilles l qui font plus ou moins longues fuivaftt le lez de l'étoffe*
- PLANCHE IV.
- La Figure 1 eft deftinée à faire voir plus en grand toutes les parties du frifoir : 1, eft la coupe de la lanterne qui eft mife en mouvement par lé rouet Hy qui n eft point rèpréfenté ftir cette Planche \ fy eft une crapaudine de cuivre qui reçoit Taxe & de la lanterne I. Cet axe eft de fer ; il eft par en haut reçu dans un collet de cuivre e > qui eft fermement attaché à'la partie h h du frifoir, laquelle eft immobile. L'axe & fe prolonge au-deffus du collet e ; il eft un peu courbé à fon extrémité c> 8c il entre à faife dans le collet de cuivre d, qui eft fermement attaché à la partie fupérieure 8c mobile du frifoir g g. On conçoit que quand la lanterne I tourne > comme l'extrémité c eft inclinée vers un des côtés, elle imprime un mouvement au collet de cuivre d ; & par une fuite néceflàire à la partie fupérieure 8c mobile g g du frifoir : ce mouvement n'eft pas eonfidérable ; mais il eft fuffifànt pour frifer l'étoffe. Nous avons dit que pour mettre l'étoffe entre les deux parties gg 8c h h du frifoir, il falloir foulever la partie fupérieure g g du frifoir : c'eft ce qui s’exécute aifément au moyen du levier r. U ÿ en a un à chaque bout du frifoir;
- La Figure 2 repréfente Taxe de la lanterne I,f en eft le corps, 8c c l'ex*: trémité recourbée qui fait jouer le frifoir,
- Là Figure 3 repréfente k crapaudinef,jfïg. 1 ; k /zg\ 4, le collet e, & la fig. y, le collet d9 auquel l'extrémité c de l'axé de la lanterne /, imprime du mouvement.
- La Figure 6 eft la table de deffous 3 8c fixe h h du frifoir. Cette table eft rembourée denoppes, 8c couverte d’une pluche fort rafe , qui eft clouée fur les côtés de la table, & tendue par lés bouts avec des crochets, Jig. 14. comme on le voit jig. 6.
- La Figure j eft une partie de la table mobile ou du déflus g g du frifoir. C’eft une planche qui eft couverte d'une couche bien unie de fable, attachée avec de la colle.
- Là Fig ure 8 eft un bâti de Menuîferie dans lequel on rapporte les panneaux c c p jig. 9, 8c c'eft fous ce chaflis qu'on rapporte la planche, jig. 7 , comme on le voitjig. 10. La jig. 11 A B 8c la jig. 12 font des peignes ou des efpeces de cardes ou de tuiles qui fervent à frilèr les endroits qui ne l'ont pas été , comme font les queues de rat.
- La Figure 13 eft une broffe, balai ou épouffette pour nétoyer le frifoir & fétoffe.
- PLANCHE V.
- Figure r, table à coucher vue par le bouté De la FrisÈa C
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- *0 DE LA FRISE.
- R , faudet : g g > piece d’étoffe.
- Fig. 2, table à coucher vue fuivant fa longueur : A, faudet.
- Figure 3 , R plan du faudet.
- Figure y, un Ouvrier qui êpouflette une piece d’étoffe, & qui la range ou ïa plie en zigzag.
- Fig ure 6 y B CD y perches autour defquelles pafle Vétoffe avant d’entrer entre les deux piqfces du frifoir : E, perche fufpendue par des cordes, qui fert à appûyer l’étoffe fur un cylindre hériffé de pointes.
- La Figure 4 repréfente la partie de la machine qui eft au premier étage vue en perfpeélive.
- F y grand rouet horizontal qui engrene dans la lanterne G qui eft enarbrée Wec. le rouet H qui engrene dans la lanterne I qui fait mouvoir la partie g de la frife, h en eft le deffous ; K, des morceaux de bois qui appuient fur le deffusg- du frifoir : R, levier pour foulever le deflus du frifoir, il y en a autant à l’autre bout : A, Ouvrier qui reçoit l’étoffe au fortir de la frife : B, Ouvrier qui, avec une béquille, fig. 7, dégage l’étoffe par deffous le Métier, pour qu’elle fe préfente régulièrement dans le frifoir, & qui veille à empêcher que l’étoffe ne fe roulé fur le cylindre Q hériffé de pointes : *5*, l’étoffe qu’on frife : R, le faudet*
- Figure S y eft un tourne-à-gauche de 16 pouces de longueur, pour monter & démonter plufîeurs parties de la machine.
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- EXPLI CA TIO N de quelques Termes qui font propres à V Art
- de frifer les Etoffes de Laine.
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- Cougher l’Etoffe. Voyez Ranger.
- Epoussette , forte de balai qui fert à épouffeter & nettoyer,ou les frifoirs ou l’étoffe qu’on frife , à mefure qu’on la range dans le faudet.
- F
- Faudet ; c’eft une cage à claire-voie formée de barreaux, dans laquelle on met les pièces d’étoffe pour prévenir qu’elles ne fe falilfent , comme elles le feroient, fi elles portoient fur le plancher.
- Frise ; machine qui fert à frifer ou ratiner plufîeurs efpeces d’étoffes de laine.
- Friser une Etoffe : c’eft raffembler & tortiller les uns fur les autres les poils d’une étoffe de laine, de façon qu’ils forment de petits boutons : comme on donne cette préparation principalement aux ratines, on l’appelle communément Ratiner : on dit, Il faut ratiner cette Efpagnolette , ce Drap, &c.
- Frisoir ; table couverte de fable attaché avec de la colle,8t qui fert à frifer les étoffes,
- c’eft une des pièces principales de la Frife : quelquefois & peu exactement, on employé le terme d q frifoir, au lieu de celui de frife.
- N
- Noppes > laine courte que les Tondeurs lèvent de deflus les draps.
- Q
- Queues de Rat; endroits qui n’ont point été frifés à la première opération : il s’en forme par-tout où il s’eft fait des plis.
- 1 R
- Ranger une piece d’étofïe qu’on veut ratiner ; c’eft la plier en zigzag pour qu’elle fe déplie aifément , pour palier entre les deux parties du frifoir.
- Ratiner. Voyez Frifer.
- Rebroussette ; c’eft, ou une efpece de carde, ou une lame garnie de dents, qui fert à relever le poil aux endroits où il s’eft formé des queues de rat.
- T
- Table a ranger ; c’eft une table dont le deffus eft en dos de bahu, & rembourée de noppes.
- De l’Imprimerie de L. F. DELATOUR. 1766.
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