Descriptions des arts et métiers
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- DE LA VOILURE.
- Par M. RO MME y Profejfeur Royal de Mathématiques de MM. les Gardes de la Marine a Roche fort 3 Correfpondant de l’Académie Royale des Sciences.
- De l'Imprimerie de Moutard, Imprimeur-Libraire de la Reine, de Madame, de Madame la Comteflè d’Artois? & de 1’Académie Royale des Sciences, rue des Mathurins, Hôtel de Cluni,
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- S’il faut une caufe puiffante pour mouvoir la maffe énorme d’un vaiffeau, il faut auffi des moyens propres à la communication du mouvement; & fi cette caufe eft le vent, les moyens font des voiles, des vergues & des mâts. Les voiles font lacées avec les vergues ; celles-ci font liées aux mâts , 8c les mâts font unis étroitement au corps du vaiffeau; de forte que le vent frappant dans les voiles déployées , l’impulfïon fe communique au vaiffeau qui eft entraîné avec une vîteffe proportionnée, foit à la caufe qui le meut, foit à la polition & à l’étendue des voiles, foit enfin à la forme plus ou moins avantageufe de fa çarene.
- L’établiffement des mâts , des vergues 3c des voiles doit par conféquent être auffi folide que leur ufage femble l’exiger. C’eft pourquoi des cordages de diverfes groffeurs font employés, foit à maintenir les mâts dans une pofition fixe, foit à foutenir les vergues dans des places déterminées 8c convenables , foit enfin à déployer les voiles, à les orienter , à les étendre, à les plier, Sc à diminuer leur étendue à volonté. Déjà, dans la defeription de l’Art de la Mâture, j’ai dit comment les mâts font conformés , établis 8c affujettis fur un vaiffeau ; j’ai fait connoître la forme des vergues ; j’ai défigné leurs places, 8c j’ai expofé non feulement comment elles y étoient élevées, mais auffi par quels moyens elles y étoient foutenues. Ainfi, il ne me refte plus qu’à décrire toutes les voiles d’un vaiffeau, avec toutes les manœuvres qui leur font relatives.
- Je ferai donc connoître toutes ces voiles féparé-ment ; je décrirai leur forme 8c la maniéré dont elles
- (a) Voyez à la fin de cet Ouvrage l’explication de tous les termes de marine relatifs au gréement d’un vaiffeau : cependant, pour éviter les répétitions, je n’y ai pas placé les mots dont l’acception a été fixée dans le cours de la defeription de cet Art. Si pour me faire entendre j’empruntois quelques termes d’Archi-
- font travaillées ; enfuite je les préfenterai établies aux places qui leur font affignées fur un vaiffeau ; enfin , j’accompagnerai cette defeription de tous les détails relatifs aux manœuvres de chaque voile. Je puis d’autant mieux entrer dans toutes ces ex-pofitions nombreufes, que la place de chaque manœuvre ufuelle ou courante eft auffi bien fixée que celle des voiles mêmes, 8c que leur pofition elt auffi raifonnée qu’elle eft confiante.
- Tous ces développemens exigent fans doute, pour être compris, les définitions d’un très-grand nombre de mots particuliers à la marine ; 8c comme, en plaçant ces éclairciffemens néceffaires au centre de l’ouvrage, ils interromproient la chaîne des def-criptions, je me fuis décidé à donner à la fuite dé cet Ouvrage, 8c par ordre alphabétique , une explication fuffifante des mots employés ôc non définis en en faifant ufage ( a).
- Il n’appartenoit certainement qu’à un homme dé mer de donner au Public la defeription de l’Art de la Mâture , ainfi que de la Voilure, 8c on devoit peu s’attendre à me voir entreprendre de traiter une matière qui doit m’être étrangère. Auffi, lorfque j’eus décrit l’Art de la Mâture, je ne préfentai cet Effai à l’Académie des Sciences que comme uné preuve d’un zele que je voulois faire connoître, 8c non comme un Ouvrage réellement utile. L’Académie a bien voulu approuver mon travail, 8c m’engager à le compléter par la defeription de l’Art de la-Voilure. Dès-lors, trop flatté de cette invitation pour être arrêté par la crainte de ne pas remplir avec fuccès les intentions de l’Académie,
- tecture navale , on aura recours à l’Ouvrage de M. Duhamel fuir cet objet, & on y trouvera les définitions néceffaires. Je nie ref-trains ici abfolument à ce qui regarde le gréement total d’un vaiffeau, fans y mêler rien d’étranger.
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- DE LA VOILURE.
- je me fuis mis en état de répondre à fon attente, autant qu’il étoit en mon pouvoir de le faire. J’ai confulté les Maîtres de l’Art; j’ai fréquenté les atte-liers du Port de Rochefort ; j’ai obfervé avec attention la maniéré de gréer & de dégréer les bâtimens ; & enfin j’ai recueilli toutes les lumières que ma pofition & les circonflances m’ont permis d’acquérir. C’efl avec ces moyens que j’entreprends la defcrip-tion de l’Art de la Voilure, qui doit être regardée comme une fuite de celle de l’Art de la Mâture, ôc comme un quatrième chapitre ajouté à ce premier Ouvrage. On doit donc fuppofer ici, que déjà les mâts d’un vaiffeau font établis ôc fixés ; que les Vergues font élevées à leurs places refpe&ives, ôc qu’il ne refie plus qu’à les garnir de voiles Ôc de manœuvres qui complètent enfin le gréement total d’un vaiffeau.
- Article premier.
- Il régné entre les principales voiles d’un vaiffeau le même ordre & la même diflinétion de noms qu’entre les vergues dont nous avons déjà défigné le nombre ôc la pofition»
- (Fig. i & 2). Comme chaque mât partiel porte une vergue , de même auffi chaque vergue fou-tient une voile. La voile qui eft lacée avec la grande 1 «vergue, efl nommée grande voile , ôc les voiles portées par les vergues plus élevées ôc par le grand mât, font nommées voiles de grand hunier ôc de grand perroquet; de forte que chaque voile, ainfi que chaque vergue , emprunte fon nom du mât auquel elle efl: unie immédiatement.
- Le mât de mifaine porte aufïi trois voiles principales ; le mât d’artimon en a deux ou trois ; ôc le mât de beaupré, ainfi que fon boute-hors, foutiennent enfemble ôc deux vergues ôc deux voiles. Ces deux dernieres ne reçoivent pas leurs noms du mât auquel elles font attachées. La voile de beaupré efl nommée civadiere, ôc celle du boute-hors , contre - civadiere.
- Le nombre des voiles d’un vaiffeau ne fie borne cependant pas à celui des voiles que nous venons de nommer, il en efl encore d’autres qui font établies entre les mâts, ôc dont le plan efl placé à peu près dans le fens de la longueur du vaiffeau. Les noms fous lefquels ces voiles font connues, font ceux de focs ôc de voiles d’étai. Elles ne font pas lacées avec des vergues comme les premières dont nous avons parlé, mais elles font déployées par le moyen de manœuvres ôc de poulies placées convenablement. Dans leur développement elles fui-vent à peu près la direction des étais, qui fervent, comme on fait, à maintenir les mâts.
- (Fig. 3 ). Dans un beau temps, un vaiffeau porte encore, outre ces premières voiles, d’autres*voiles fupplémentaires , que l’on nomme bonnetes , ôc qui font déployées à l’aide de boute-hors, dont nous avons parlé dans la defeription de l’Art de
- la Mâture. Enfin, on ajoute encore quelquefois à toutes ces voiles d’autres petites voiles placées à la tête du grand mât ôc du mât de mifaine, au deffus des perroquets , ôc qui font nommés perroquets volans.
- Toutes les voiles dont je viens de faire l’énumération ont toutes une étendue différente Ôc des manœuvres relatives, placées dans un ordre ôc dans des lieux convenables à leur fituation particulière. Ainfi, pour l’éclairciffement de cette matière, qui embraffe autant d’objets divers , ôc afin que les détails relatifs foient faifis comme ils doivent l’être, j’ai cru néceffaire de confidérer les voiles de chaque mât féparément , ôc de parler enfuite des autres voiles, telles que les focs ôc les voiles d’étai : c’efl la feule méthode que ce fujet a femblé me preferire, pour être traité fans confufion ôc fans obfcurité.
- (Fig. 4 ). La grande voile d’un vaiffeau a la forme d’un trapeze. Sa grande bafe, qui efl la bafe inférieure , lorfque fur un vaiffeau cette voile efl déployée , efl égale à la longueur totale de la grande vergue, en y comprenant celle des taquets ( Fig. 1 & 2). La petite bafe, parallèle à la première, ôc auffi horizontale, efl égale à cette longueur, moins celle des taquets. Cette petite bafe, ou ce côté de la voile, efl defliné à être envergué ou lacé avec la vergue, Ôc c’efl par cette raifon qu’il efl nommé l’envergure de la voile, tandis que le côté parallèle inférieur porte le nom de bordure de la voile. La hauteur de ce trapeze, qui prend ici le nom de chute de la grande voile, efl égale à la hauteur à laquelle la vergue efl élevée au deffus du gaillard, en retranchant quelques pieds de cette quantité.
- La grandè voile d’un vaiffeau de guerre efl, comme on voit, d’une très-grande étendue, ôc on emploie pour la former une toile qui foit d’un tiffu ôc d’une force proportionnés à cette étendue. C’efl dans les Manufactures d’Angers,d’Agen, &c. qu’on fabrique toutes fortes de toiles à voiles. (Voje^Toile à voile.) Ces toiles ont vingt-un pouces de largeur ; ôc c’ell par une fuite de bandes de toile , placées l’une à côté de l’autre, ôc réunies enfemble par des coutures, que l’on forme la furface entière de la grande voile d’un vaiffeau. Ces bandes de toile ou laizes ont une longueur égale à la chute de la voile, ôc elles font placées parallé’ement à cette même chute. Lorfque le Voilier travaille à coudre (a) enfemble ces laizes préparées, il a foin de faire anticiper le bord de chaque bande fur le bord correfpondant de la laize voifine ; ôc alors, par plufieurs fuites parallèles de points de couture, il réunit folidement enfemble les bords de ces bandes. Cette étendue, dont une laize anticipe fur fa voifine , efl nommée proprement couture de la voile. La couture d’une voile a donc, fuivant les Voiliers, une largeur, 3c cette largeur varie fuivant les voiles. Dans la grande voile d’un vaiffeau de 74 canons, la largeur de la couture efl de trois pouces au haut: de la voile,
- (a) Les Voiliers emploient pour coudre & des aiguilles & une efpece mots Dé, Aiguilles & les figures j , 6, 7 & S.
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- DE LA VOILURE
- Sc enfuite diminuant par gradation depuis l’envergure jufqu’à la bordure, elle n’a plus au bas de la voile que l’étendue d’un pouce. C’elt par le moyen de cette diminution progrefiive dans la largeur de la couture, qu’on réulîit à former toute la fürface de la voile par un nombre déterminé de laizes égales, & qu’on établit entre l’envergure & la bordure une différence déjà défignée Sc néceffaire pour l’éta-bliffement de cette voile déployée. Le nombre des laizes fuffifantes à la formation de la grande voile ^ eft ainfi calculé Sc d’après la grandeur de fon envergure, Sc d’après la largeur de la toile, ainfi que celle de la couture. Quant à la longueur de ces mêmes laizes, il eft à remarquer qu’elle n’eft pas la même dans chacune. La hauteur de cette voile, mefurée au milieu, eft plus petite que la longueur de fes côtés ; Sc cette différence dans les gros vaif-feaux, eft de trois pieds ou trois pieds fix pouces. C’elf par cette raifon que le côté inférieur de cette voile, ou fa bordure, n’a pas précifément la forme d’une ligne droite dans toute fon étendue. Cette différence de longueur dans les laizes ne commence qu’à celles qui correfpondent au tiers de la bordure de chaque côté du milieu de la voile ; Sc c’eft à compter de ces points qu’elle croit avec ménagement à chaque laize fuivante, jufqu’à devenir de trois pieds ou trois pieds fix pouces à chaque angle ou coin de la voile.
- Lorfque les laizes qui compofent une voile font toutes coufues les unes aux autres, alors le Voilier travaille à fortifier cet affemblage : il fait autour de la voile une efpece d’ourlet, en repliant le bord de la voile fur la voile même. Cet ourlet, qu’il nomme gaine, n’a pas la même largeur dans tout le contour de la voile, Sc cette largeur a plus d’étendue fur l’envergure qu’autour du refte de la voile. On verra bientôt fur quoi eft fondée cette différence. Cette gaine n’eft fixée fur la voile que par un fimple rang de points de couture.
- Le Voilier place enfuite fur cette voile, parallèlement à fa chute, Sc auprès de la gaine latérale, une laize entière, qui a la longueur du côté de la voile, Sc toute la largeur de la toile. Cette laize, qui fert de renfort à la voile fur les côtés, eft coufue par un de fes bords au fond de la voile, Sc par l’autre bord à la gaine. La Figure quatrième fait connoître la pofition de cette efpece de doublage (a).
- Parallèlement à l’envergure, Sc à une diftance de cette envergure , égale au quart de la chute, le Voilier coud une bande de toile, qui n’a de largeur que la moitié de celle de la toile , Sc cette bande prend le nom de bande de ris. Elle eft coufue, ainfi que le premier doublage, fur la face de la voile qui eft deftinée à recevoir immédiatement l’impul-* fion du vent.
- Le Voilier applique aufii auprès de la bordure de la voile, Sc en fix endroits différens, des morceaux de toile , qui portent le nom de renforts, parce que réellement ils fervent à renforcer les par-
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- ties de la voile qu’ils recouvrent. Chacun de ces renforts a une aune de hauteur Sc le double de la largeur de la toile. Ils font diftribués à égale diftance le long de la bordure, comme on le voit dans la Figure quatrième. Ces doublages font deP tinés à foutenir la voile contre les efforts des manœuvres qui, attachées aux points de la bordure correfpondans à ces renforts , font employées à retrouffer Sc à plier la voile.
- Cependant la grande voile, dans cet état, n’à pas encore affez de force pour réfifter aux efforts auxquels elle fera livrée, Sc qui pourroient la déchirer ; ainfi, c’eft pour lui donner toute la fermeté convenable que le Voilier coud fortement fur tout le contour de la voile Sc fur la gaîne un cordage nommé ralingue ( Fig. * ), qui eft proportionné à la grandeur de la voile ou à celle du vaiffeau. La ralingue eft coufue de façon qüe la gaîne de la voile embraffe le tiers de fa circonférence.
- Quoique la voile foit embraffée dans fon contour par un cordage, la groffeür de ce cordage n’eft pas la même par-tout, ou plutôt différens cordages j ajoutés les uns aux autres, Sc de diverfe groffeür, entourent enfemble l’étendue de la voile. Celui qui régné le long de l’envergure , Sc qü’on nomme la ralingue têtiere, n’eft que les deux tiers de la grof-feur de la ralingue qui embraffe le refte du contouf de la voile; Ces deux ralingues font artiftement réunies^ par leur extrémité, vis-à-vis les deux angles fupérieurs de la Voile ; Sc la maniéré deles réunir mérite d’être décrite particuliérement. Voici comment le Voilier forme cette efpece d’enlacement (Fig. p). Il fait paffer le bout de la têtiere entre les torons de la ralingue latérale, <Sc lui faifant embrafler deux de ces torons, il le replie fur lui-même, Sc enfuite il épifife fon extrémité avec la têtiere. Le bout de la ralingue latérale eft auffi replié fur lui-même au point de cette ralingue, où elle eft pénétrée par la têtiere, Sc l’extrémité eft aufii épiffée le long de la ralingue latérale, C’eft ainfi , par le retour de ces ralingues fur elles-mêmes, que le Voilier forme deux œillets, qui font correfpondans à chaque coin de la voile, Sc qui ont leur utilité particulière pour faciliter la jon&ion de l’envergure de la voile Sc de fa vergue* Ces œillets, Sc les points des ralingues où les épiffures ont été faites, font enfuite fourrés ou recouverts d’un petit cordage, dont les tours, ferrés Sc preffés , donnent une nouvelle force à cettë partie des ralingues, Sc garantiffent ainfi la folidité de cet affemblage néceffaire.
- La têtiere eft coufue fur cette face de la voile qui eft deftinée à recevoir l’impulfion du vent. L’autre ralingue eft aufii coufue en partie fur la même face, Sc en partie fur l’autre face. ( Déformais la première face de la voile fera nommée le dedans de la voile j 8c la face oppofée fera nommée le deffus de la voile. ) Là ralingue eft donc coufue en dedans de la voile, depuis le coin fupérieur nommé la pointure de la voile, jufque en o , placé près du coin
- a ) Dans les figures des voiles > les doublages font marqués par üne teinte plus forte que le fond des voiles.
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- DE LA VOILURE.
- inférieur de la voile', nommé point d’écoute. Au point o , le Voilier détourne la ralingue fur l’autre face de la voile, 8c coud fur cette face la partie qui embraffe le contour o c % de cette voile. Enfuite il ramene la ralingue de deffus la voile en dedans, & la coud depuis ^ jufqu’en q : il la détourne en-fuite depuis q jufqu’en r, & de r en.b; elle eft enfin coufue en dedans de la voile. Les parties o cScrd ont trois pieds de longueur dans les gros vaif-feaux, tandis que c ^ 8c q d font égales châcune au quart de la bordure. Les parties o 8c rdq de la ralingue , reçoivent un renfort avant d’être cou-fues à la place qui leur eft aiïignée. Ce renfort devient d’autant plus néceffaire, que c’eft aux points c 8c d de la voile que font attachés les cordages qui fervent à déployer 8c à border la voile. L’effort de ces manœuvres, qui eft confidérable , a donc fait juger convenable de donner à ces parties de la ralingue une force plus grande que dans le refte du Contour de la voile. C’eft pour remplir cet objet que le Voilier commence d’abord par congréer 8c fourrer ces parties de la ralingue. Il prépare enfuite féparément, 8c de la même maniéré, un nouveau cordage de la longueur de o c ^, mais d’une force un peu inférieure à celle de la ralingue. Ce nouveau cordage , fourré 8c congréé, eft alors affemblé 8c lié avec la partie ocir de la ralingue, pour partager avec elle l’effort que doit foutenir l’angle inférieur de la voile. Cependant cet affemblage , qui doit embraffer le contour oq de la voile, a toujours une longueur plus grande que o c 8c le Voilier lui donne cet excès de longueur, afin qu’en le cou-fant il puiffe lui faire former une boucle ou un œillet correfpondant au coin inférieur de la voile. Cet œillet eft deftiné à retenir ces manœuvres, que nous difions plus haut être employées à déployer 8c à tendre la voile ; 8c il a ainfi une certaine faillie au delà dy. coin de la voile. Cette forme, que prend le cou s de la ralingue , ne permet pas que les côtés de la oile foient aifément coufus à la ralingue, fans aucune interruption; 8c c’eft pour fuppléer à cet inco’ îvénient qu’on perce dans la toile 8c en dedans de l’angle inférieur de la voile, trois trous, tels qu’on les voit dans la Figure quatrième. L’un eft immédiatement au fommet de l’angle ; les autres, plus éloignés du fommet de cet angle, font placés chacun à trois pouces de diftance de la ralingue correfpondante. Ces trous, ou ces œillets, font fortifiés dans leur contour ; & c’eft par ces trous d 8c b' qu’on faitpaffer un bout de merlin, qui unit chaque côté de la voile avec la ralingue correfpondante. L’œillet qui eft au fommet de l’angle fert auiïi au paffage d’un bout de merlin, qui eft employé à brider l’amarage que l’on fait lorfqu’on veut refferrer l’ouverture de l’œillet de la ralingue. Afin de renforcer ces œillets, 8c que la voile ne foit pas déchirée , on prépare autant de petites bagues de corde (Fig. io), qui ont le diamètre de l’œillet, 8c on les coud fur la voile. Le diamètre des trous de la voile eft depuis fix lignes jufqu’à quatorze lignes, félon que les voiles appartiennent à de grands ou à de petits bâtimens.
- On perce auffi dans la bande de ris ( Fig. 11 ) autant de trous qu’il y a de laizes dans l’étendue de la voile, 8c on les fortifie de la même maniéré. La gaine qui régné le long de l’envergure eft de même percée d’autant de trous ; 8c c’eft l’efpace néceffaire pour placer ces œillets qui a obligé de donner à la gaine, dans cette partie, une largeur plus confidérable que celle de la gaine qui régné fur le refte du contour de la voile.
- Enfuite, fur la ralingue latérale ( Fig. 4 ), 8c vis-à-vis la bande de ris , le Voilier place en dehors de la voile une patte de ris. Cette patte (Fig. 12) eft formée par un morceau de cordage, dont les deux bouts o Scs font enlacés avec lés torons de la ralingue. L’efpace embraffé fur la ralingue par ce cordage, eft à peu près de cinq pouces dans les voiles des grands vailfeaux, 8c le cordage eft affez long pour faire un arc dont la fléché eft à peu près de deux pouces. Chaque patte de ris , placée ainfi de chaque côté de la voile, vis-à-vis la bande de ris, fert à retenir une manœuvre qu’on y attache, 8c qui eft employée pour aider à diminuer l’étendue de la voile déployée, lorfque le vent 8c les circonftances viennent à l’exiger.
- Sur l’étendue des ralingues latérales de cette voile (Fig- 4)^ on place auffi au deffous de la patte de ris trois pattes femblables, qui reçoivent comme elle leur nom de leur ufage, 8c qui font nommées pattes de boulines ; faites 8c travaillées comme les pattes de ris, elles ont des places qui ne font pas arbitraires. La plus haute de ces pattes eft placée un peu au deffus du milieu de la chute de la voile, 8c les deux autres font placées à diftances égales, entre l’angle inférieur de la voile & la patte la plus haute. Ces pattes fervent à retenir les boulines, qui font des manœuvres deftinées à étendre le côté de la voile, afin que la voile, mieux préfentée au vent, en reçoive une impulfion 8c plus étendue 8c plus direfte.
- Sur la ralingue de bordure (Fig. 4), 8c vis-à-vis chaque renfort partiel, déjà placé en travaillant la voile, on établit autant de pattes femblables aux pattes précédentes. Elles font deftinées pour des manœuvres nommées cargue-fond, qui fervent à retrouffer la voile 8c à la rapprocher, en la pliant, de la vergue qui la porte.
- Telle eft la grande voile d’un vaiffeau fortant des mains du Voilier. C’eft dans cet état qu’elle reçoit enfuite toutes les manœuvres dont elle doit être garnie , foit pour être enverguée, foit pour être déployée,foit pour être ferrée, foit enfin pour être manœuvrée.
- Je penfe qu’il eft plus à propos d’expliquer maintenant comment cette voile eft établie fur un vaiffeau, que de renvoyer cette defcription à une place plus éloignée. Cette voile vient d’être travaillée fous les yeux du Lefteur, 8c fans doute il lui deviendra moins pénible de fuivre tous les détails qui doivent accompagner l’établiffement de cette voile. Ainfi, cette raifon me détermine à faire voir comment le Maître de manœuvre difpofe cette voile, foit pour remplir l’objet auquel elle eft deftinée,
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- foit pour réfifter aux efforts auxquels elle eft né-ceffairement expofée. Je défignerai d’ailleurs le nom, le lieu 6c l’ufage de chaque manoeuvre néceftaire à cette voile. Le nom 6c le lieu ne changent pas plus l’un que l’autre, 6c les hommes de mer mettent cet ordre dans le gréement d’un vaiffeau, afin que le jour, ainfi que la nuit, iis puiffent trouver aifé-*nent les manoeuvres qu’ils veulent faire agir.
- Une voile, pour recevoir 6c tranfmettre l’impul-fion du vent, n’auroit befoin d’être retenue contre le cours du vent, que par les quatre coins, û, £,</, 6c c (,F‘g- 4) ; mais la grande courbure que prendroit la voile dans cet état, 6c le grand effort que fes coins auroient à foutenir, ont décidé les Marins à adopter l’ufage d’attacher à la vergue, 6c par plaideurs points, l’envergure entière a b de cette voile. C’eft à ce deffein que la gaine qui régné le long de l’envergure porte des œillets, 6c que les ralingues têtieres 6c latérales forment des boucles dans leur jon&ion aux angles fupérieurs de la voile. En effet, lorfqu’on veut enverguer la voile décrite, ou lorf-qu’on veut lier fon envergure avec la grande vergue d’un vaiffeau, on commence par fixer les coins ou points fupérieurs de cette voile aux extrémités de la vergue. (Fig. p). Un cordage à trois torons, 6c de plufieurs braffes de longueur, pafl'e dans l’œillet de la ralingue latérale, ainfi que par-deffus le taquet de la vergue ; 6c par le moyen de plufieurs tours répétés de ce cordage , chaque point fupérieur de la voile fe trouve attaché 6c fixé à la grande vergue. Ce cordage efl nommé raban de pointure , 6c fon effort eft encore fécondé par l’effort d’un autre cordage, nommé raban de croifure, qui pafie par-deffus la vergue en dedans du taquet, en tra-verfant l’œillet de la têtiere.
- Lorfque les points fupérieurs de la voile ont été liés folidement avec la vergue, alors dans chaque oeillet de la gaine d’envergure on fait paffer autant de cordages, qu’on nomme rabans d’envergure. Ils font moins gros que les rabans de pointure. Chacun de ces rabans eft introduit dans l’oeillet, de façon que le milieu du raban réponde à l’œillet, 6c que de chaque côté de la voile il y ait une branche pendante. Alors, faifant paffer fucceffivement en fens contraire les branches de chaque raban , 6c par-deffus la vergue , 6c par l’œillet correfpondant de la gaine, ces trous multipliés achèvent de lier étroitement à la vergue toute l’envergure de la voile.
- La grande voile, ainfi enverguée, eft déjà retenue en partie contre l’effort du vent : enfuite, des manœuvres attachées aux angles inférieurs, fervent à maintenir la voile dans un plan à peu près vertical , 6c à préfenter fa furface à l’impulfion du vent. Comme la grande voile d’un vaiffeau de guerre eft d’une étendue très - confidérable , 6c comme par conféquent elle peut recevoir de la part du vent une impulfion très-grande, il eft certain qu’elle ne feroit pas facile à manœuvrer, fi on fe contentoit d’attacher à fes coins inférieurs de fimples cordages. On facrifîe donc une partie de la rapidité des mou-Vemens, à la sûreté 6c à la commodité de la ma-
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- nœuvre. C’eft pourquoi on eftrope deux poulieà fimples féparément ( Fig. B ). On termine chaqué eftrope longue par un cul de porc; 6c les queues des eftropes étant enfuite unies enfemble ( Fig. 15), cet affemblage eft introduit dans l’œillet o de la ralingue , correfpondant à chaque point inférieur de la voile. Enfuite un nouvel amarage refferre l’ouverture de l’œillet, 6c les culs de porc empêchent quel’affemblage a mb ne puiffe s’échapper de l’œillet du point de la voile. C’eft à l’aide de ces poulies fimples 6c des cordages qui paffent fur leur rouet, que chaque point de la voile peut être mû.
- 6c la voile tendue comme les circonftances l’exigent {Fig. 14). Dans l’une de ces poulies on fait paffer un cordage nommé l’écoute de la grande
- voile; 6c le cordage qui paffe dans l’aütre poulie eft nommé l’écouet ou l’amure de la même voile.
- L’écoute fert à porter le point de la voile vers l’arriere A du vaiffeau, tandis que l’amure eft employée à l’en éloigner ou à le porter vers l’avant^ c’eft-à-dire à amurer la voile. L’ufage de ces manœuvres doit être facile à concevoir , lorfqu’on fe rappelle ( Defcrip. de VArt de la Mâture. ) que les voiles doivent, au gré du Manœuvrier, faire un angle droit ou un angle aigu avec l’axe de longueur du vaiffeau. Si la voile eft préfentée à fimpulfion du vent, de façon que fon plan foit perpendiculaire à cet axe de longueur, alors comme la bordure de la voile eft plus grande que la largeur du vaiffeau , cette voile ne peut être bien étendue j à moins que chaque écoute ne porte en arriéré chaque point infé-1 rieur de la voile. Mais fi la route propofée du vaiffeau 6c la direction du vent régnant exigent que le plan de lâ voile faffe un angle aigu avec l’axe de longueur, alors la vergue eft jlacée, par le moyen des bras, fous cet angle déterminé ; 6c tandis que le point inférieur de la voile, qui eft du côté du vent, eft porté à l’avant par fon amure, l’autre point fous le vent eft tiré vers l’arriere à l’aide de fon. écoute ( Fig. ï 6c 2 ). C’eft d’après une telle pofi-tion de cette voile que l’on dit, dans le langage des Marins , que cette voile eft amurée au vent 6c bordée fous le vent. En général, en tirant fur l’amure d’une voile on amure la voile, 6c en employant fon écoute on la borde, c’eft-à-dire qu’on l’étend, 6c qu’on diminue, autant qu’il eft poflible, la grande courbure qu’elle tend à prendre.
- C’eft pour orienter ainfi la grande voile, 6c avec facilité, que fes amures 6c fes écoutes font placées aufti avantageufement qu’elles peuvent l’être. Une des extrémités de l’écoute eft attachée à un piton fiché dans la préceinte du vaiffeau auprès des bouteilles , à peu près à la hauteur du point de la voile ( Fig. 14). L’écoute , en fuivant le contour extérieur du vaiffeau, vient paffer dans une des poulies d’affemblage portées par le point de la voile ; elle revient enfuite paffer par une autre poulie q à longue queue, placée 6c maintenue dans une pofition horizontale fous les porte-haubans d’artimon , Sc de là elle fe rend à un trou/, pratiqué dans l’épaif-feur du bord, qui facilite fon entrée dans l’intérieur du vaiffeau, où elle eft manoeuvrée commodément,
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- & enfin amarée à un taquet de lançage, fixé contre le bord intérieur du vaiffeau.
- Cette poulie à queue dont je viens de parler, porte ce nom, parce que l’eftrope de cette poulie eft terminée par une longue queue cd, fourrée & garnie d’une colle c à fon extrémité. C’ell à l’aide de cette coffe c qu’on aiguillette la queue de cette poulie à un piton fiché dans le vaiffeau en p. Ce fyftême de la poulie 8c de fa queue ell enfuite fou-tenu dans une pofîtion horizontale par une courbe de fer ki h, appliquée contre le bord extérieur du vaiffeau, 8c placée entre les chaînes des haubans d’artimon. Cette fituation horizontale qu’on donne à cette poulie, eft nécelfaire, parce que l’écoute doit être tirée horizontalement.
- ( Rg-13 )• L’amure de la grande voile fait dormant à un piton S, fiché dans le dogue d’amure A B au def* fous du rouet. Le courant paffe dans la poulie b d’amure ( Fig. 14), qui eft retenue dans le point inférieur de la voile ; de là l’amure revient paner fur le rouet du dogue d’amure ( Fig. 13 ), 8c enfuite, rentrant dans l’intérieur du vaiffeau , elle eft manoeuvrée & enfin amarée au cabeftan qui fert même fouvent à amurer la voile.
- L’amarage de l’extrémité de l’écoute ou de l’amure à leur piton refpeêtif, s’exécute très - Amplement. Le bout de ces manœuvres, après avoir paffé dans le piton, revient fur lui-même, où il eft retenu par piufieurs tours preffés & ferrés d’un petit cordage.
- Quoique l’écoute & l’amure fervent à déployer la grande voile, qui eft orientée obliquement à la quille, 8c qui eft toujours l'outenue par fa vergue élevée, ces moyens ne fuffifent cependant pas pour donner à cette voile la tenfion qu’elle doit avoir, 8c la figure plane dont elle doit approcher, autant qu’il eft poftible, fur-tout lorfque le vaiffeau court au plus près ; car alors le vent frappe la voile fous un petit angle d’incidence, & le côté de la voile qui eft au vent a befoin d’être tiré vers l’avant, afin que la furface de la voile , dans cette partie, ne foit pas abandonnée à fa molleffe, 8c qu’elle fe préfente mieux au cours du vent dont elle doit recevoir l’impulfion ( Fig. 1 8c 2 ). C’eft pour remplir cet objet, qu’on attache des manoeuvres convenables aux trois pattes de bouline, portée par chaque ralingue latérale de la voile ( Fig. 16). Soient abc ces trois pattes. O11 amare un bout de cordage 0 ^ n par les extrémités n 8c o aux deux pattes a 8c b, 8c 0 prend alors le nom de branche de bouline. Cette branche porte une coffe coulante ou bague de fer , qui peut courir le long de 0 % n. Autour de cette coffe en ^ eft amarée l’extrémité d’une fécondé branche de bouline, dont l’autre extrémité eft attachée à la troifieme patte c ; 8c cette fécondé branche de bouline porte auffi une coffe pareille, qui eft embraffée par l’extrémité d’un nouveau cordage rx, qui eft proprement la bouline. Cette bouline r s gouverne ainft les deux branches de bouline 8c le côté ac de la voile. Elle paffe dans une poulie coupée, qui eft amarée fur le coltis en avant du vaiffeau ( Fig. 1 8c 2 ) ; 8c lorfque l’équipage hâle fur cette bouline, dont l’effort eft dirigé fui-
- vant la pofîtion de la p.oulie coupée, alors le côté de la voile eft tiré en avant 8c en dedans du vaiffeau, 8c par ce moyen la bouline contribue à déployer mieux la voile, 8c à lui faire recevoir le vent fous un angle d’incidence, plus grand que fi elle étoit abandonnée à elle-même. La bouline étant hâlée autant qu’elle doit l’être, eft enfuite retenue dans cette roideur par un taquet du gaillard auquel elle eft amarée.
- L’amure 8c la bouline, placées ainfi du côté du Vent, fervent à déployer la voile autant qu’elle peut l’être , tandis que l’écoute fous le vent eft employée à étendre ou à border le refte de la furface de cette voile {Fig. 1 8c 2). Telle eft donc une grande voile orientée obliquement à la quille ; 8c il eft facile de concevoir comment elle fer oit déployée , fi fon plan faifoit un angle droit avec la quille. Maintenant qu’elle a été préfentée dans toute fon étendue , il refte à faire voir comment, fuivant i’occafion, on diminue cette même étendue de voile, expofée à l’effort du vent, 8c même comment on fouftrait au vent, foit en tout ou en partie , la grande voile d’un vaiffeau. Je vais donc faire connoître tous les moyens qu’on met en ufage pour exécuter ces diverfes manoeuvres.
- Ce n’eft que par un vent extrêmement violent qu’on eft obligé de diminuer, à la mer, l’étendue de la grande voile, en prenant un ris. Prendre le ris de la grande voile , c’eft fouftraire à l’effort du vent cette partie de la furface de la grande voile, qui eft comprife entre l’envergure 8c la bande de ris. On fait paffer dans chaque œillet de cette bande une garcette de ris a b c ( Fig. 17 ), qui eft un cordage plat, fait de fils treffés enfemble , 8c dont chaque extrémité eft terminée en pointe. Lorfque chaque garcette eft paffée dans chaque opillet ( Fig, 11 ), 8c que le milieu de la garcette eft dans l’oeillet, alors elle eft fixée dans cette pofition par un nœud fait fur cette garcette de part 8c d’autre de la voile. Chacune de ces garcettes a piufieurs braffes de longueur. Elles fervent à plier fur la vergue cette fur-face de la voile qui eft entre l’envergure 8c la bande de ris. Mais pour rapprocher facilement cette bande de ris de l’envergure, 8c pour affujettir fortement fur la vergue les extrémités de cette bande, on attache à chaque patte de ris un raban, nommé raban de ris. Ce raban eft un cordage à trois torons, qui, étant retenu par la patte de ris, s’élève vers la grande vergue, 8c fert ainfi d’abord à rapprocher de la vergue la bande de ris, 8c à lier l’extrémité de cette bande avec l’extrémité de la vergue en dehors du taquet. C’eft lorfque les rabans de ris ont fait leur fondion, qu’on emploie enfuite les garcettes de ris pour achever de prendre le ris propofé.
- Dans certaines circonftances plus fréquentes, les Marins diminuent encore 8c l’impulfion du vent fur la grande voile , 8c l’étendue de cette voile par un autre moyen , qui confifte à élever auprès de la vergue un des points inférieurs de la voile. Exécuter cette manœuvre, c’eft, fuivant les Marins, car-guer le point de la grande voile. Dans cet état, la voile n’eft plus retenue par ce point, & alors fon
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- plan tend à fe placer dans une direction différente de celle où il étoit fitué auparavant, & elle prend enfin une direction qui la fouftrait au vent autant qu’il eft poffible. C’eft pour faciliter cette manoeuvre, effentielle dans bien des cas, qu’on attache à chaque point inférieur de la voile une poulie fimple, dans laquelle paffe un cordage f u q {Fig. 15), nommé cargue-point, & qui fert à élever ce point auprès de la vergue. Cette poulie fimple, devant être placée dans une fituation propre à la manoeuvre qu’elle doit favorifer, porte une effrope terminée par un oeillet ou longu£L.boucle. Cette boucle eft introduite dans l’oeillet du point ; 8c alors, dans la partie de la boucle qui fe préfente hors du point, on fait paffer le corps de la poulie, qui, par ce moyen, eft placée au deffus du point, 8c tournée du côté delà vergue, en dedans de la voile. La cargue-point embraffe le rouet de cette poulie, 8c fait dormant fur la vergue en un point éloigné du bout de la vergue d’une diftance égale au tiers de la longueur de cette vergue. Le courant de cette cargue s’élève de la poulie de point vers la vergue, poqr paffer dans une poulie fimple, aiguilletée fur la vergue auprès du dormant ; enfuite cette cargue defcend pour fe rendre à une poulie de retour, aiguilletée au plat-bord du gaillard d’arriéré, 8c enfin elle eft amarée à l’eftrope de cette derniere poulie.
- Si une cargue-point, employée feule, fert ainfi à diminuer l’effort du vent fur la voile, il s’enfuit que l’impulfton diminue bien davantage lorfqu’on fait agir les deux cargue-points. Ces deux cargues font donc employées lorfqu’on fe propofe de plier la voile ou de la fouftraire à l’effort du vent. Mais ces deux manœuvres ne font pas fuffifantes pour aider à ferrer la voile. C’eft pourquoi on joint à leur effet celui d’autres manœuvres , nommées du nom général de cargues, 8c des noms particuliers de cargue-fonds 8c cârgue - boulines. C’eft en mettant toutes ces cargues en aétion, que la voile eft re-trouffée auprès de la vergue ; 3c c’eft après cette manœuvre que les plis nombreux de la voile peuvent facilement être preffés 8c ferrés contre la vergue , de façon que le vent ne puiffe avoir aucune prife fur fa furface.
- Les cargue-fonds font deftinées à rapprocher la bordure de la voile auprès de la vergue, tandis que les cargue-boulines faififfent & élevent les côtés de cette même voile. Ces cargues paffent par-deffus la voile. Afin de bien préfenter le jeu de cargue-fond, il faut que je décrive & la place & le cours des cargues. La première cargue fert à retrouffer la moitié de la voile depuis la bordure jufqu’à l’envergure. C’eft un cordage dont une extrémité eft amarée à la patte de fond, voifine du point inférieur de la voile. Cette cargue s’élève en courant fur la convexité de la voile jufqu’à la vergue, où elle paffe dans une poulie fimple, correfpondante à la patte de fond. De là elle va traverfer une poulie double, aiguilletée aux barres de hune, 8c vient embraffer le rouet d’une poulie longue, placée en avant du mât. Enfuite cette cargue revient fur elle-même, repaffe fur le fécond rouet de la poulie double, ai-
- guilletée aux barres 8c traverfant line nouvelle poulie, aiguilletée fur la vergue, auprès dès poulies de driffe ^ elle defcend jufqu’à la bordure où fort autre extrémité eft amarée à la patte de fond^ placée près du milieu de la bordure. La poulie longue, qui eft placée en avant du mât, 8c qui eft embraffée par la cargue-fond , ne porte ce nom que parce que c’eft un fyftême {Fig. C. ) de deux poulies réunies par leur extrémité, 8c dont les plans font perpendiculaires l’un à l’autre. Le fécond rouet de cette poulie , dont le premier rouet eft embraffé par la cargue-fond , fert au paffage d’une fécondé manœuvre ( Fig. 1 8c 2 ), qui porte le nom de driffe de cargue-fond , ou Amplement de cargue-fond, tandis que l’autre cargue, dont on a décrit le cours, retient le nom d’itague de cargue-fond. La cargue-fond , proprement dite, fait dormant au fronteau du gaillard d’avant; 8c le courant qui paffe fur un rouet de la poulie longue, defcend pour fe rendré à une poulie de retour qui eft aiguilletée près du dormant de la cargue, 8c qui, détournant la direction de la cargue, en rend la manœuvre plus facile. Cette cargue eft enfin amarée auprès de cette derniere poulie. Il y a auffi une fécondé cargue-fond 8c une itague de cette cargue-fond , qui correfpond à l’autre moitié de la grande voile. On voit aifé-ment qu’en roidiffant les cargue-fonds, la voile doit être retrouffée 8c élevée auprès de la vergue. Mais, par cette adion des cargue-fonds , les côtés de là voile ne font pas encore affez rapprochés de la vergue, 8c ramaffés en plis affez ferrés 8c affez égaux; C’eft donc pour remplir cet objet, que les Marins attachent le long de chaque côté de la voile 8e aux pattes de bduline un nouveau cordage, qu’on nomme cargue-boulines. Cette cargue eft amarée , par une de fes extrémités , à la patte de bouline la plus baffe; 8c le courant de cette cargue, en s’élevant vers la vergue, paffe dans un margouillet attaché à la patte de bouline la plus haute. Cette cargue paffe enfuite dans une*poulie, aiguilletée fur la vergue, au tiers de fa longueur, pour fe rendre à une poulie fimple, aiguilletée fous lâ hune, aux tra-verfins ; 8c de là elle defcend enfin pour être amaréé à un taquet cloué au grand mât, près du gaillard;
- Si on imagine maintenant qu’on faffe agir en-femble toutes ces cargues décrites, cargue-points, cargue-fonds 8c cargue-boulines, on verra aifément que la voile doit fe replier fur elle-même, 8c que fes plis preffés doivent fe raffembler fous la vergue; Faire cette manœuvre, c’eft, fuivant les Marins, carguer la voile, 8c cette opération précédé celle de la ferrer. Celle-ci eonfifte à preffer fortement autour de la vergue tous les plis déjà formés de la voile, à l’aide des cargues, & de les maintenir dans cet état par le moyen de rabans, nommés rabans de ferlage, qui embraffent, par plufîeurs tours , 8c la vergue, 8c tous les plis correfpondans de la voile; Ces rabans de ferlage font au nombre de cinq fut chaque moitié de la vergue. Leur forme eft celle d’une fangle qui auroit quatre à cinq pouces de largeur ( Fig. 18 )< Les rabans qui font âu milieu de la vergue, 8c qui doivent ferrer par conféquent le
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- milieu dé la voile, ont plus djp longueur que ceux qui font placés aux extrémités de la vergue. D’ailleurs , une extrémité de ces rabans eft terminée par un oeillet, quifert à les aiguiileter avec la vergue, 8c l’autre extrémité a une forme pointue.
- Les matelots deflinés à ferrer la voile, montent jufqu’à la grande vergue par les enflechures des haubans, & fe diftribuent en nombre convenable fur l’étendue de cette vergue ( Fig. i & 2 ). Il faut alors, pour la commodité de leur opération, que leurs pieds foient appuyés au deifous de la vergue, afin qu’ils puiffent ramaffer en avant de la vergue les plis nombreux de la voile, 8c les lier étroitement avec cette vergue. C’eft pourquoi on établit un cordage {Fig. 19 ), nommé marche-pied , qui eft divifé en deux parties, dont chacune correfpond à chaque moitié de la vergue. Chaque marche-pied eft terminé d’un côté par un oeillet qui fert à le ca-peler au bout de la vergue, tandis que fon autre extrémité porte une cafte. ( Souvent au lieu d’une coffe on met un cap de mouton, comme on le voit dans la Fig. 19.) Le fécond marche-pied, corref-pondant à l’autre moitié de la vergue, eft aufii ca-pelé par un bout, & la coftfe qu’il porte à fon extrémité eft ridée avec celle du premier marche-pied, 8c cet aiguilletage correfpond au milieu de la vergue. Cependant, avec quelque force qu’on pût rider ces marche-pieds, le poids des matelots, répandus en grand nombre fur leur longueur , leur donneroit néceftfairement une courbure très-confidérable, 8c qui empêcheroit les matelots de dominer au defliis de la vergue. Cette confidération a donc fait établir l’ufage de faire fbutenir le marche-pied en divers points de fa longueur, par des cordages nommés étriers, qui paffent par-deftfus la vergue, 8c qui portent une coftfe dans laquelle paftfe le marche-pied. Ces étriers m font au nombre de trois, 8c même de quatre fur chaque moitié de la vergue. C’eft avec ces fecours que la courbure de chaque partie du marchepied , divifé par fes étriers, ne peut plus être gênante, 8c la voile peut alors être ferrée commodément.
- Ces détails fur la grande voile d’un vaiffeau, fuffifent fans doute pour faire connoître comment cette voile eft travaillée, comment elle eft enver-guée , déferlée, orientée, bordée , carguée 8c ferrée. Ils comprennent ainfi 8c la formation de cette voile, 8c la maniéré dont elle eft employée. Toutes les autres voiles portées par un vaiftfeau, doivent être fufceptibles d’être manœuvrées comme la grande voile. Elles font donc comme elle garnies de manœuvres propres à les déployer, à les orienter 8c à les ferrer. Cependant, quoique toutes ces voiles foient deftfnées à recevoir 8c à tranfinettre l’impul-fion du vent, comme les circonftances exigent fouvent qu’elles foient employées 8c déployées les unes fans les autres, 8c comme elles fervent aufti quelquefois toutes enfemble, elles ont chacune leurs manoeuvres féparées, 8c c’eft par un tel arrangement qu’on aflortit aifément aux circonftances la voilure d’un vaiffeau. Sa grandeur peut toujours être proportionnée à l’état du vent, à celui de la mer, ainfi qu’aux deffeins particuliers du Manoeuvrier.
- Cette indépendance mutuelle des voiles d’un vaiff feau fembleroit me laiftfer la liberté de les décrire dans un ordre arbitraire : cependant.il en eft un qui eft indiqué par l’état des chofes, 8c auquel je crois devoir me conformer.
- Dans un vaiftfeau, chaque mât porte des voiles, qui font totalement féparées des voiles des autres mâts ( Fig. 1 8c 2 ). Le grand mât porte une grande voile, une voile de grand hunier, 8c une voile de grand perroquet. Ces trois principales voiles, qui compofent en partie la voilure du grand mât, font établies de façon qu’elles peuvent être déferlées 8c déployées féparément. Cependant il régné entre elles une certaine dépendance ; elles ne peuvent être orientées différemment, 8c il faut toujours qu’elles foient toutes dans un feul 8c même plan. Cette ef-pece de dépendance ne régné pas néceftfairement entre les voiles du grand mât 8c celles du mât de mifaine, ou des autres mâts. Le plan de celles-ci peut faire, avec l’axe de longueur du vaiffeau, un angle différent de celui que les voiles du grand mât font avec le même axe ; 8c c’eft d’après ces confî-dérations que j’ai cru devoir me décider à décrire \en particulier chaque fyftême de voiles, ou la voilure féparée de chaque mât. Ainfi, dès que j’ai commencé à décrire la grande voile 8c la pofition de fes manœuvres, je dois m’occuper maintenant à détailler tout ce qui regarde la voile du grand hunier.
- La voile qui, dans un vaiffeau, eft placée immédiatement au deffus de la grande voile, eft celle de grand hunier ( Fig. 1 8c 2 ). Elle eft portée.par la vergue de même nom, 8c fes dimenfions font déterminées par la place qu’elle occupe, fa forme eft celle d’un trapeze. L’envergure de cette voile eft égale à la longueur de la vergue de grand hunier, moins celle de fes taquets ; 8c fa bordure eft égale à l’envergure de la grande voile, moins un quaran-te-huitieme de toute la longueur de la grande vergue. Sa chute eft égale à la longueur du grand mât de hune, moins le ton, 8c moins la moitié de la longueur de la noix de ce mât.
- L’envergure & la bordure font taillées en ligne droite, tandis que les côtés de cette voile reçoivent; une certaine courbure, en partie arbitraire, 8c en partie déterminée par la pofition de quelques manœuvres.
- ( Fig. 20 ). Soit abcd la forme d’un grand huniet. La courbure du côté a c ou du côté b d, dépend depuis a jufqu’en p de la pofition des bandes de ris, au nombre de trois, 8c de la diftance qui régné entre les taquets du bout de la vergue. La bande de ris la plus élevée dans les grands huniers des vaiffeaux de guerre, eft placée à quatre pieds de diftance de l’envergure ; 8c le point m du côté de la voile, qui eft l’extrémité de cette bande , ce point, où eft placée la première patte de ris, doit toujours correfpondre verticalement au deffous du premier taquet de la vergue. La troifieme bande de ris, ou la plus baffe, eft placée au tiers de la chute de cette voile, 8c la fécondé bande de ris tient le milieu entre la première 8c la troifieme bande. Les deux points n 8c p du côté
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- de la voile doivent aulîi ^ comme le point ni, cor- nier. Le premier de cés doublages efl coufu près du refpondre verticalement aux deux taquets extérieurs point d’écoute. C’efl Un affemblage de trois laizes de la vergue. Les points mnôcp étant ainfi fixés de
- pofition de chaque côté de la voile, alors la voile efl taillée de façon que le côté a c, ainfi que le côté 1> d, paffent par les points déterminés. Enfuite, depuis la troifieme bande de ris jufqu’à la bordure, les deux côtés de la voile reçoivent du Voilier une courbure qu’il réglé à fon gré.
- Lorfqu’un Voilier fe propofe de faire la voile du grand hunier d’un Vaiffeau , il calcule d’après fon envergure le nombre des laizes de toile qui font néceffaires pour former le parallélogramme aoqb, en fuppofant toujours ce qui efl néceffaire, foit pour la gaine, foit pour la largeur que doit avoir la couture. Cette largeur efl d’un pouce ou un poüce un quart dans les voiles des gros vaiffeaux, 8c elle efl conflamment la même dans toute la hauteur de la voile. La partie a o q b du hunier étant travaillée, on complette cette étendue par de nouvelles laizes, dont le nombre efl calculé fur l’étendue des parties q d Si c o de la bordure, & dont la forme efl réglée par la courbure déjà afîignée aux côtés a cou bd de la voile.
- Autour de cette voile ainfi préparée, on fait ünè gaine femblable à celle qui entoure la grande voile, Cnfuite on couvre de renforts ou de doublages les parties de cette voile qui doivent présenter une plus grande réfiflance.
- Le premier doublage efl nommé le tablier du hunier ; il a la forme d’un parallélogramme reétangîe; 8c dans la Fig. 20, c’efl fhig, Sa bafe hi efl le tiers de l’envergure, & fa hauteurefl égale au tiers de la chute. Il efl appliqué en dedans du hunier, de façon que le milieu de fa bafe correfponde au milieu de la bordure.
- Ce tablier, coufu fur le hunier , empêche que Cette voile ne foit déchirée dans cette partie qui frotte irrégulièrement contre les rebords de la grande hune. Cette voile efl encore préfervée des dangers du frottement par l’araignée. ( Voye^ le mot Araignée. )
- Les bandes de ris font coufues dans les places dé-fignées précédemment, 8c portent des oeillets ainfi que la gaine d’envergure. Ces oeillets font plus multipliés que dans la grande voile. Si le Voilier fait un oeillet dans la première laize latérale du hunier, il en perce deux dans la fécondé laize, enfuite un feul dans la tronieme laize, 8c deux dans la quatrième, en obfervant cette alternative pour les laizes fuivantes.
- Au deiîçus des extrémités de chaque bande dé ris, on coud fur la voile un petit renfort (Fig. 20 ), qui a la largeur de la toile 8c quelques pieds de hauteur. Le côté extérieur de ce renfort prend la courbure ou l’inclinaifon du côté de la voile.
- Aux coins fupérieurs du hunier, le Voilier coud auffi un renfort, dont la largeur efl celle dé la toile, 8c la hauteur égale à fa largeur.
- Depuis les bandes de ris jufqu’à la bordure, 8c le long des cotés de la voile, le Voilier place plufieurs doublages fucceffifs pour fortifier ces côtés du hu-
- de toile qui recouvre un certain efpàce ^ s c du hunier. A la fuite de ce premier renfort, 3c au deffus, le Voilier coud plufieurs laizes, placées fùcceifive-ment, comme on le voit dans la Figure. Tous ces renforts donnent aux côtés de la voile une force fupplémentaire, qui leur efl néceffaire pour réfifler aux grands efforts que doivent fupporter à la mer &les points de la voile 8c les pattes de bouline.
- De même, on fait régner de chaque côté du tablier, 8c le long de la bordure,un doublage formé d’une feule laize. Il s’étend depuis le bord du tablier jufqu’au doublage placé ail point d’écoute.
- La voile ainfi travaillée, efl enfuite ceinte par une alingue, coufue fur la gaîne de cette voile. Cette ralingue n’a pas la même groffeur dans tout le contour de la voile. La ralingue qui régné le long de la bordure 8c qui embraffe les deux points d’écoute $ efl celle de toutes qui a la plus grande circonférence; Les ralingues latérales, qui l’élevent jufqu’aux points fupérieurs de la voile, ont une moindre, circonférence, mais elles font plus groffes que la têtiere.
- La partie de la ralingue de fond qui embraffe uri point d’écoute , efl renforcée comme femblable partie de la ralingue de grande voile. Elle efl fourrée 8c unie à un autre cordage qui efl aiiffi fourré; Cet aifeinblage efl coufu fur la gaîne , 8c le Voilier, dans ce travail, a foin de former un Oeillet au point inferieur de la voile. Ge point efl nommé point d’écoute. La partie de cette ralingue qui régné fous le tablier, efl auffi fourrée. Les ralingues latérales font épiffées aVee les extrémités afeendantes des ralingues de fond, 8c la têtiere efl enlacée avec les ralingues de chute , comme les ralingues femblables de la grande voile.
- Sur chaque ralingue latérale, & vis-à-vis chaque bande de ris, le Voilier attache une double patte de ris* Au deffous des pattes 8c des bandes de ris, on place auffi quatre pattes de bouline. La plus haute de ces pattes correfpond à peu près au milieu de la chute du hunier ; les autres pattes font diflri-bu ées à diilances égales, entre le point d’écoute 8c la plus haute patte de bouline.
- La ralingue de bordure porte auffi quatre pattes de cargue - fond, diflribuées à diilances égales le long de la bordure 1 enfuite on attache à chaque patte du milieu un margouillet, qui fert au paffage de chaque cargue-fond.
- C’efl dans Cet état que le grand hunier fort des mains du Voilier pour pâffer dans celles du Ma-1 nœuvrier ; 8c celui-ci s’occupe alors des moyens d’enverguer cette Voilé, &c de la garnir de toutes les manoeuvres néceffaires.
- Le grand hunier efl envergué comme la grande Voile. Deux râbans de pointure 8c de croifure, avec des rabans d’enVergure , réuniffent étroitement à la vergue l’envergure du hunier. Les points inférieurs de cette voile ne font pas garnis d’un affëmblage dê poulies d’écoüte 8c d’amure. Il n’y a aucune poülie attachée au point inférieur du hunier. Un feul Cor* dage, qui efl l’écouté * efl introduit dans l’oéiliet dU
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- point, &ily eftretenu par fon extrémité, qui eft terminée en cul de porc. Chaque écoute, ainfi fixée au point d’écoute, paiïe enfuite fur le rouet d’une poulie capelée au bout de la grande vergue, de nommée poulie de bout de vergue ( C’eft la même poulie qui porte le rouet fur lequel palfe la balancine). En fortant de cette poulie, l’écoute fuit la longueur de la vergue, de fe rend à une poulie aiguilletée fous la grande vergue , auprès de en dehors des poulies de drille. De là elle defeend pour paffer fur un rouet des bitons, de pour être amarrée à ces mêmes bitons.
- Ainfi, lorfqu’à la mer on veut déployer le grand hunier pour lui faire recevoir l’impulfion du vent, on roidit les écoutes pour tendre ou border la voile, on hilTe fa vergue jufqu’à la tête du mât, Sc alors le hunier efh appareillé, fi toutefois il a été orienté d’avance par le moyen des bras de grande vergue Sc de vergue de grand hunier.
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- Le hunier n’a pas des amures comme la grande Voile 5 mais ce qui en fait fon dion, ce font les bras de la grande vergue, qui, donnant à cette vergue l’obliquité convenable, rappellent en même temps la bordure du hunier dans le même plan vertical qui paffe par la grande vergue.
- A ces premières manoeuvres on en ajoute d’autres, qui fervent, foit à mieux préfenter au vent la furrace du hunier, telles que les boulines, foit à diminuer fon étendue, tels que les rabans & les palanquins de ris, foit à la fouftraire au vent, en la carguant, telles que les cargue-points, cargue-fonds & cargue-boulines. Ces manoeuvres, qui font deftinées aux mêmes ufages que les manoeuvres femblables de la grande voile, ont auffi à peu près la même pofition; mais il y a quelques différences que je dois faire remarquer.
- Deux cargue-fonds fervent à retrouflfer le hunier. Chacune eft attachée par une de fes extrémités à la patte de fond voifine du point d’écoute. Chaque cargue paffe enfuite dans le margouillet de la patte placée près du milieu de la bordure ; Sc enfuite s’élevant à la vergue, chacune paffe dans une poulie aiguilletée fur la vergue, près des poulies d’itague; de là le courant paffe dans une poulie frappée fur le deuxieme hauban du grand mât de hune, près du capelage ; & defeendant enfuite par le trou de la hune, nommé trou du chat, chaque cargue fe rend aux bitons de cargue-fonds fur le gaillard d’arriere, où elle efi; amarrée à un taquet.
- Chaque cargue-point eft amarrée fur la vergue par une de fes extrémités. Le courant partant de ce point fixe, vient pafier dans la poulie de cargue-point, qui efi; attachée au point, comme la poulie de cargue-point de grande voile. Le courant remonte enfuite à une poulie aiguilletée fur la vergue, Sc au tiers de fa longueur près du dormant. Cette cargue enfin defeendant jufqu’au ton du grand mât, où elle traverfe une poulie qui y efi: aiguilletée, fe rend à une poulie de retour, fixée au plat-bord fur le gaillard d’arriere, Ôc efi: amarrée au taquet dutroi-fieme hauban du grand mât.
- Chaque cargue-bouline eft une manoeuvre fimple,
- qui eft amarrée à la fécondé patte au defius du point d’écoute; le courant paffe dans un margouillet attaché à la troifieme patte, s’élève jufqu’à la vergue,! traVerfe une poulie correfpondante ; de là ce courant fe rend à une poulie aiguilletée au deuxieme hauban, près de celle qui fert au paffage de la car-gue-fond; & defeendant enfin, chaque cargue paffe fur un rouet des bitons, Sc eft amarrée à un taquet du gaillard.
- .La bouline du grand hunier gouverne trois branches de boulines, tandis que comme on l’a vu, celle de grande voile n’en gouverne que deux. La ralingue de chute porte à cet effet quatre pattes, nommées pattes de bouline. La première branche de bouline porte une coffe coulante, Sc eft amarrée par fes deux extrémités aux deux pattes fupérieures : la fécondé branche , portant auffi une coffe coulante, eft amarrée par fes deux extrémités aux deux pattes les plus baffes. Les deux coffes coulantes, portées par ces deux branches, fervent enfuite à l’amarrage des extrémités d’une troifieme branche*, qui porte auffi une coffe coulante, autour de laquelle eft attachée la bouline ( Fig. 21 ). La bouline , pour agir avec avantage, fe.rend dans la hune de mifaine, & paffe dans une poulie aiguilletée fur barrière du mât de mifaine ( Fig. 1 Sc 2 ). De là elle defeend par le trou du chat, paffe dans une poulie aiguilletée à un piton fiché en dedans contre le plat-bord, Sc enfin elle eft amarrée au taquet du dernier hauban de mifaine. C’eft ainfi, par le fecours de cette bouline, qu’on déploie au vent le côté du hunier.
- On prend des ris edans le grand hunier, à l’aide des rabans, des palanquins Sc des garcettes de ris. J’ai déjà fait remarquer que le Voilier, en travaillant cette voile, avoit fait des doubles pattes de ris , vis-à-vis chaque bande de ris, fur la ralingue latérale. Chacune de ces pattes n’eft nommée double, que parce que deux pattes confécutives , Sc liées à la ralingue , correfpondent à la même bande de ris^3 L’une de ces pattes eft deftinée pour l’amarrage du raban de ris , Sc c’eft à l’autre patte inférieure qu’eft attaché le palanquin de ris. Le palanquin de ris fert à élever auprès de la vergue cette partie de la voile qu’on veut fouftraire au vent ; Sc après l’aftion du palanquin de ris, chaque extrémité de la bande de ris correfpondante eft fixée fur la vergue, par le moyen des rabans de ris. Ces points, des côtés de la voile, étant faifis fortement, alors les garcettes de ris font employées pour ferrer étroitement contre les divers points de la vergue les plis prefîes de cette étendue de voile, comprife entre l’envergure Sc la bande de ris.
- Le palanquin de ris eft un cordage fimple, attaché par un nœud à la patte de ris la plus baffe. Cette manœuvre s’élève jufqu’au bout de la vergue, paflë fur un rouet, logé dans l’épaiffeur du bout de vergue , prolonge enfuite la vergue jufqu’à une poulie aiguilletée près du milieu de la vergue ; Sc defeendant par le trou du chat, elle vient pafier fur un rouet des bitons, pour être enfin amarrée à un taquet fur le gaillard^C’eft en roidiffant ce palanquin
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- de ris qu’on pourroit prendre le troifieme ris ; mais il fert auffi à prendre & le premier 8c le deuxieme ris féparément, avec la feule attention d’attacher le courant du palanquin à la patte correfpondante au ris qu’on fe propofe de prendre.
- Le palanquin de ris n’eft: pas toujours un limple cordage ; & celui que nous venons de décrire eft. dans une polition li peu avantageufe, qu’on le dif-pofe autrement dans quelques vaiffeaux ; il eft alors compofé d’une itague 8c d’un garant de palanquin de ris. Cette itague eft le palanquin déjà décrit, qui s’élève jufqu’au deffus du rouet du bout de vergue, par lequel il paffe, 8c porte une coffe à fon extrémité. Une poulie fimple & à croc, qui eft embraf-fée par le garant du palanquin, accroche dans la cofte de l’itague ; & ce garant, qui fait dormant au chuquet du grand mât de hune, paffe dans cette poulie, ainfi que dans une autre poulie, qui eft ai-guilletée au même chuquet. De là, le palanqiiin defcend par le trou du chat, paffe fur un rouet des bitons , & eft amarré à un taquet fur le gaillard. Cette fécondé maniéré de gréer un palanquin de ris eft plus commode, & produit des effets plus furs; mais là manœuvre eft néceffairement plus lente que lorfque le palanquin eft fimple.
- C’eft avec toutes ces manœuvres , qui ont été préfentées chacune en particulier , qu’on fait du grand hunier un ufage convenable , foit aux cir-conftances, foit à l’état de la mer & du vent, foit aux defleins du Commandant du bâtiment.
- Veut-on déployer cette voile? les itagues & les driftfes fervent à élever la vergue de hune jufques à la tête du mât. Les écoutes font enfuite employées à étendre la voile ou à la border. Lorfque la route exige que le vent frappe la voile obliquement, alors les bras des vergues fervent à orienter le hunier, 8c la bouline du vent fert à mieux préfenter la furface de cette voile. Si le grand hunier, ainfi appareillé, eft menacé d’un vent dont l’effort mettroit en dan-der oü le mât ou le vaiifeau, alors la furface de cette voile eft diminuée fuivant l’exigence des cas, en prenant ou un , ou deux, ou trois ris, à l’aide des palanquins, des rabans 8c des garcettes de ris* Si'le vent devient trop fort, on en diminue l’effort, en amenant fur le ton du grand mât la vergue du grand hunier, ce qui fe fait en larguant les drilfes 8c les itagues ( a). Alors la colonne du vent qui frappe la voile, perd de fa hauteur, & l’angle d’incidence eft aufti très-diminué. Si enfin on veut fupprimer totalement l’effort du grand hunier, on retroulfe promptement cette voile, déjà amenée par le moyen de fes cargue-fonds, cargue-points 8c cargue-bouiines ; Sc lorfque la voile, eft ainii pliée, elle eft ferrée en-fuite par le moyen des rabans de ferlage.
- La vergue de hune eft aufft garnie d’un marchepied, qui fert à foutenir les matelots employés â ferrer la voile. Ce marchepied eft divifé en deux parties, dont chacune correfpond à chaque moitié de la vergue. Chacune de ces parties eft capelée au
- bout de la vergue, 8c leur extrémité eft attachée ail racage de la même vergue; Cé marche-pied , dans fa longueur, eft foutenu par des étriers de même forme que ceux du marche-pied de grande vergue.
- Telle eft la voile du grand hunier, teiles*font fes manœuvres, 8c tel eft leur ufaee.
- La voile du grand perroquet, portée par là vergue 8c le mât du même nom, eft placée au deffus de la voile de grand hunier, 8ç fa forme eft aulfi celle d’un trapeze. La bordure de cette voile eft égale à l’envergure du grand hunier, & fon envergure égale la longueur de la vergue de grand perroquet, moins celle de fes taquets. Sa chute eft égale à la longueur du mât de grand perroquet, moins la longueur dti ton de ce mât.
- La forme d’une voile de grand perroquet étant ainfi déterminée ,, le Voilier travaille à la compofer de laizes de toile, de la même maniéré qu’il a compofé la voile de grand hunier {Fig. 21 ). Les laizes étant côufues enfemble, alors il fait une gaine autour de la voile, 8c pratique fur la gaine d’envergure des œillets diftribués comme au grand hunier. Comme cette voile n’a qu’une petite furface , 8c qu’elle n’eft jamais déployée dans les gros temps ^ elle n’eft fortifiée que par fes feules ralingues, qui même ne font pas fourrées aux points d’écoute; Ces ralingues font au nombre de trois, dont là groffeur. eft différente. La ralingue de fond eft la plus groffe, 8c la têtiere eft la plus foible : celle-ci fe combine avec les ralingues de chute comme au grand hunier 8c à la grande voile. Cette voile n’a ni bandes de ris , ni pattes de ris, & fa ralingue de chute ne porte que trois pattes de bouline. La plus haute de ces pattes eft fituée un peu au deffus du milieu de la voile ; enfuite, la diftaace de cette pattç au point d’écoute étant divifée en trois parties 8c demie, on établit entre là première patte 8c la fef conde une diftance égale à deux parties 8c demie ^ 8c la troifieme patte eft placée enfuite à diftanees égales 8c du point d’écoute 8c de la fécondé patte; Ces pattes fervent à amarrer les branches de bouline $ qùi font difpofées comme celles de grande voile. Enfin la ralingue de fond ne porte aucune patte.
- La voile de grand perroquet étant ainfi préparée ^ èft enverguée, à l’aide des rabans de pointure, dé croifure 8c d’envergure. Elle eft enfuite garnie dé manœuvres néceffaires, telles que des écoutes, des boulines 8c des cargue-points. Chaque écoute eft un cordage fimple, qui fe termine par un oeillet 011 boude. Cette boucle eft retenue par un cabillot ^ porté par le point de la voile. On voit la forme de ce cabillot dans la Fig. 22 8c la Fig. D.
- L’écoute traverfe la poulie de bout de vergue du grand hunier, paffe dans une poulie aiguiiletéê fous la même vergue, près du milieu , 8c defeen-dant par le trou du chat, elle fe rend à une poulie de retour, attachée au plat-bord, vis-à-vis le quatrième hauban ; enfin, elle eft: amarrée au taquet dé ce hauban.
- ( *0 Les balancincs de la vergue de grand hunier ne font rnat. Elles fervent feulement a foutenir la vergue amenee fur Is
- jamais amarees lorfque le grand humer eft haut ou à la tete du ton du bas mat} concurremment avec 1 itague 6e la dxilfe.
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- La cargüe-poînt de cette voile elt aufti un cor^ dage (impie , terminé par une boucle, & capelé au cabiilot qui elt au point de la voile. Elle s’élève en» jfuits à une poulie aiguilletée au tiers de la longueur de la vergue, ôc, defcendant par le trou du chat, ehe eft enfin amarrée au cinquième hauban du grand mât.
- ( Fig. 28 ). La bouline gouverne les deux branches de bouline attachées aux trois pattes de la ralingue de chute, ôc elle eft placée avec avantage pour bien préfenter au vent la voile du grand perroquet. Cette bouline fe rend à une poulie aiguilletée au dernier hauban du petit mât de hune ; de là elle defcend par un trou pratiqué dans la hune de mifaine, Sc elle eft amarrée au taquet du fixieme hauban de mifaine.
- Comme les mâts de perroquet ont tous une longue fléché, qui domine au deiïiis de la vergue de perroquet, quelquefois, Ôc par un beau temps , on fait porter à cette fléché une nouvelle petite voile, nommée voile de'perroquet volant. J’ai donné dans l’Art de la Mâture les dimenfions de la vergue de cette voile ; ainfi, c’eft fuftifant pour faire con-noître l’envergure de ce perroquet, comme la vergue de grand perroquet fuffit pour déterminer la bordure de cette même voile. Sa chute eft proportionnée à la hauteur de la fléché.
- Cette voile eft travaillée comme celle du grand perroquet. Elle eft entourée par deux ralingues, placées comme celles de la grande voile ; ôc fur ces ralingues il n’y a ni pattes de ris, ni pattes de boulines, ni pattes de cargue-fonds.
- Cette voile eft enverguée comme le grand perroquet ; chacune de fes écoutes eft amarrée par un noeud fur le bout de la vergue du grand perroquet, de forte qu’on ne cargue point cette voile, mais on amene fa vergue ôc on ferre la voile.
- La grande voile, celle du grand hunier, ôc celles des perroquets, ne compofent pas encore toute la voilure du grand mât d’un vàiffeau. Ces voiles décrites font bien celles qui, à la mer, font employées le plus ordinairement ; mais lorfque le temps eft beau ôc que le vent eft très-doux, alors on charge le grand mât ôc, des voiles précédentes Ôc de bonnettes. Ces bonnettes doivent être regardées comme une nouvelle extenfion-donnée foit à la grande voile, foit au grand hunier, foit au grand perroquet : car ces trois voiles principales ont chacune , ôc de chaque côté, une bonnette, dont l’étendue eft un fupplément fouvent utile aux deffeins du Navigateur.
- Chaque bonnette de grande voile a la forme d’un trapeze a b cd ( Fig. 23 ). L’envergure a b eft parallèle à la bordure c, ôc le côté a d eft prefque perpendiculaire aux deux bafes oppofées , tandis que l’autre côté h eft incliné de façon que l’envergure eft plus petite que la bordure. Le côté bc eft nommé le guindant de la bonnette.
- La chute ad de cette voile eft égale au fix cinquièmes de la chute de grande voile. L’envergure eft les trois huitièmes de l’envergure de la grande voile, ôc la bordure de eft égale aux cinq douxiemes de cette même envergure.
- Le Voilier qui veut former cette bonnette, coupé preméirement le nombre de bandes de toiles qui font néceffaires pour compofer le parallélogramme adab$ enfuite, à ce premier affemblage, il joint de nouvelles laizes , taillées pour compléter, par l’étendue b 0 c, la furface ÔC la forme entière de la bonnette.
- Cette voile eft entourée d’une gaine percée de quelques oeillets fur l’envergure, ôc elle reçoit un renfort ou doublage aux deux angles inférieurs dôc c. On voit ces doublages dans la Fig. 23 ; ôc leur largeur, ainfi que leur hauteur, font égales à la largeur de la toile. Le contour de cette voile eft enfuite fortifié par deux ralingues confécutives , dont l’une embraffe la partie b cdq ^ tandis què l’autre régné fur le refte q a b du contour. Au point b, fes ralingues forment des oeillets femblables à ceux que la têtiere ôc la ralingue de chute forment en-femble dans les autres voiles décrites. C’eft pour faire de tels oeillets, au point a, que le Voilier coupe la têtiere vis-à-vis de l’angle a, afin que les bouts coupés ôc enlacés enfemble faffent les oeillets néceffaires.
- Cette voile eft établie fur un vaiffeau autrement que les voiles précédentes ; ôc on aura une idée de fa fituation, en imaginant que fa furface eft un pro-longement de la grande voile, ôc qu’elle eft placée de façon que a d fuit dans fon cours la dire&ion de la ralingue de chute de la grande voile.
- ( Fig. 24 ôc 2 3 ). La moitié a % de l’envergure de cette voile eft enverguée avec une petite vergue. Une driffe eft amarrée au milieu de cette petite vergue ; un fimple cordage fert de driffe. Cette driffe paffe par une poulie aiguilletée fur le bout de la grande vergue , fe rend dans une poulie, placée fous la même vergue, près de la poulie d’écoute de hune, & defcend enfin pour être manœuvrée ôc amarrée à un taquet fur le gaillard d’arriere, à côté du mât. C’eft par le moyen de cette driffe que la bonnette eft hiffée, ôç qu’elle eft élevée jufqu’à ce que la petite demi-vergue touche le bord inférieur de la grande vergue , fous laquelle elle vient fe ranger.
- Cette première driffe ne fuftiroit pas pour étendre la bonnette, ôc pour la maintenir à la place qui lui eft aftignée : c’eft donc pour fuppléer à fon défaut qu’on amarre une fécondé driffe à l’autre point b de l’envergure. Cette nouvelle driffe, qui eft un fimple cordage, paffe dans une poulie aiguilletée à l’extrémité du boute-hors de grande vergue ; enfuite elle s’élève à une poulie fimple à pendant, aiguilletée au ton du grand mât de hune ; ôc defcendant par le trou du chat, elle eft enfin amarrée fur le gaillard d’arriere à un taquet voifin du mât.
- Cette bonnette, déjà fixée par fes deux driffes, eft auffi retenue par des manœuvres attachées aux points d ôc c. Le cordage amarré au point c, où il y a un œillet formé par la ralingue , eft nommé l’amure de la bonnette. Cette manœuvre paffe dans une poulie aiguilletée au bout de l’arc-boutant, en-fuite elle fe rend fur l’avant des haubans d’artimon, à une galoche clouée fur le plat-bord, ôc elle eft;
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- amarrée à un taquet cloué au plat-bord , en dedans du vaiffeau.
- Cet arc-boutant dont je parle, a été décrit dans l’Art de la Mâture. Il eft foutenu par deux haubans, qui font deux cordages attachés à fon extrémité. L’un de ces haubans eft arrêté par un apotureau^ placé à l’arriéré des haubans de mifaine , autour duquel il fait plufieurs tours ; & le deuxieme hauban fe rend à la galoche où paffe déjà l’amure de la bonnette , & eft amarré fur le gaillard d’arriere à un taquet. Ces haubans, qui fervent à maintenir l’arc-boutant dans une polition fixe, font aufii employés à le placer dans tous les cas , parallèlement à la grande vergue, afin que, par cet arrangement, le plan de la bonnette foit toujours le prolongement du plan de la grande voile.
- Au point d de la bonnette de grande voile eft aufii frappée une autre manoeuvre, nommée l’écoute de la bonnette. Cette écoute, attachée par fon milieu au point d, a par conféquent deux branches, afin que, fuivant la pofition de la grande voile , une branche puiffe porter le point d à l’arriere , tandis que l’autre pourroit rappeler le point d à l’avant. La branche d’écoute employée, efi amarrée au premier taquet commode.
- Les deux bonnettes kde grande voile , qui font faites pour être placées de chaque côté de la grande voile, font parfaitement femblables ; ainfi la def-cription que nous venons de donner regarde l’une 8c l’autre bonnette.
- Les bonnettes de grand hunier , qui font aufii au nombre de deux, 8c qui fe placent aux deux côtés du hunier , different un peu , par leur forme, des bonnettes baffes précédemment décrites ( Fig. 2 y ). L’envergure a b de l’une quelconque de ces bonnettes , placée fur le vaiffeau, efi horizontale ; mais les autres côtés cd 8c b d font inclinés à l’horizon. La chute a c de cette bonnette eft égale aux j| de la chute du grand hunier ; l’envergure eft le quart de celle du grand hunier, 8c la bordure c d eft égale à l’envergure de la bonnette de grande voile. Cette bordure c d eft inclinée, 8c la forme de cette bonnette eft celle d’un quadrilatère. Ainfi, pour com-pofer cette vbile, les laizes de toile augmentent de longueur fuccefîivement depuis le côté ac, en approchant de b d. Les laizes néceffaires pour former l’étendue de cette voile, 8c fous la forme défignée, étant coufues, 8c cet affemblage étant entouré d’une gaîne qui porte des oeillets le long de l’envergure, alors des ralingues, au nombre de trois, 8c de grof-feurs differentes, achèvent de donner à cette voile la folidité convenable. La plus groffe ralingue em-braffe bd c s, 8c la plus petite eft la têtière qui régné le long de a b. Celle-ci eft réunie aux ralingues latérales en a 8c b, où elle forme des œillets, 8c les deux autres ralingues font épiffées enfemble au point
- Cette voile préparée, eft établie fur le vaiffeau, au deffus de la bonnette de grande voile : elle eft placée 8c à côté du grand hunier, & dans le plan de cette voile. Le côté a b eft envergué à une petite Vergue par des rabans , 8c fur le milieu de cette
- vergue eft amarrée une driffe, nommée driffe de bonnette. Cette manœuvre, deftinée à élever la vergué de bonnette 8c cette voile, pâffe dans une poulie attachée au bout de la vergue du grand hunier, fe rend à une poulie aiguilletée fur la vergue, près de la poulie d’itague, 8c de là, defcendant par le trou du chat fur le gaillard d’arriere, elle traverfe une poulie de retour, 8c eft amarrée à un taquet.
- Au point d, nommé le point d’amure, on attache l’amure de la bonnette. Cette manœuvre deftinée â mouvoir le point d de la bonnette, paffe dans une poulie amarrée à l’extrémité du boute-hors de grande vergue, fe rend au couronnement du vaiffeau pour traverfer une galoche clouée fur le plat-bord, 8c eft amarrée à un taquet cloué fur la dunette.
- On attache de même aü point c une manœuvré qui eft nommée l’écoute de la bonnete ; elle paffe dans une poulie aiguilletée fur la grande vergue, à quelque diftance de fon extrémité , 8c elle fe rend dans la hune où elle eft amarrée aux haubans.
- Quelquefois les bonnettes du grand hunier ont deux pattes 8c deux branches de boulines, avec une bouline qui eft roidie 8c amarrée dans la hune dé mifaine. Ces bonnettes étant gréées de cette manière, reçoivent le nom de bonnettes à l’Angloife.
- La voile du grand perroquet eft aufii, dans les beaux temps, augmentée de l’étendue de deux bonnettes égales 8c placées de chaque côté de cette voile. Les dimenfionS d’une bonnette de grand perroquet font, à l’égard de celle de la voile du grand perroquet, dans le rapport qui régné entre les dimen-fions des bonnettes de grand hunier , 8c celle de là voile de grand hunier : leur forme eft la même ; mais ces bonnettes ne font ceintes qüe par deux ralingués confécütives..
- Lorfqu’on veut établir une bonnette de perroquet , le côté a b eft attaché à Une petite vergue, au milieu de laquelle eft amarrée une driffe. Cette driffe paffe dans une poulie fixée au bout de la vergue du grand perroquet, & defcend enfüite dans la grande hune où elle eft amarrée.
- L’amure de la bonnette, frappée au point d, fe rend aufii dans la hune , après avoir traverfé uné poulie amarrée à l’extrémité du boute - hors de la vergue de grand hunier ; 8c l’écoute attachée au point c eft encore amarrée dans la hune, après avoir traverfé une poulie qui eft aiguilletée fur là vergue du grand hunier, à quelque diftance du bout de cette vergue.
- La voilure du grand mât d’un vaiffeau, en comptant toutes les voiles qu’il peut porter dans les plus beaux temps, eft donc compofée de dix voiles; qui font la grande voile, la Voile du grand hunier; le grand perroquet , le perroquet volant, les deux bonnettes baffes, les deux bonnettes du grand hunier,
- 8c les deux bonnettes dü grand perroquet. Il eft fans doute très-rare de voir à là mer toutes ces voiles déployées en même temps; car il faut, pour cet effet, un concours de circonftânces favorables qu’il n’eft pas facile d’obtenir, 8c il eft à remarquer qu’un’ vaiffeau ne porte jamais que les bonnettes du vent. Les voiles du grand mât employée^
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- le plus ordinairement , font la grande voile, le grand hunier, & on y joint quelquefois le grand perroquet ; ce qui qe Ce fait que lorfque le temps eft beau, & le vent peu,violent : car, quelque fort que foit le grand mât d’un vaiffeau, il foutiendroit difficilement l’effet d’une fi grande voilure, fi le vent agiffoit un peu vivement fur les voiles.
- Le nombre des voiles dont peut être chargé le mât de mifaine, eft égal au nombre des voiles du grand mât. Ses voiles font diftinguées entr'elles de la même façon, & toutes taillées fous une forme à peu près femblable. Le bas-mât porte une voile baffe, nommée la mifaine, qui peut être accompagnée de deux bonnettes placées chacune de chaque côté de cette voile. Le petit mât de hune fondent une voile nommée le petit hunier, à laquelle on donne deux bonnettes ; le petit mât de perroquet porte le petit perroquet avec deux bonnettes ; & enfin au deffus du petit perroquet, eft le petit perroquet volant.
- La defcription de la voilure du mât de mifaine n’aura pas la même étendue que la defcription de la voilure du grand mât, parce que plufîeurs observations & remarques déjà faites, font applicables aux voilures de l’un & l’autre mât ; néanmoins les détails où je dois entrer feront encore affez nombreux, d’autant plus que je ne peux me difpenfer de faire connoître féparément les dimenfions, la forme & le travail des voiles , ainfi que leurs manœuvres , la maniéré de les gréer, & la pofition déterminée de chacune.
- La voile de mifaine eft portée par la vergue de mifaine ( Fig. 26). Son envergure eft égale à la longueur de Cette vergue comprife entre fes taquets. Cette voile a moins de chute au milieu que fur les côtési Sa chute au milieu eft calculée comme l’eft celle de la grande voile ; mais fa chute latérale excede l’autre de quelques pieds, proportionnellement à l’abaiffement du bout du minot , au deffous du gaillard d’avant.
- Ce minot eft une efpece de boute-hors fixé fur le plancher de la poulaine d’un vaiffeau , & faillant entre l’étrave & le boffoir ; il porte à fon extrémité une poulie dans laquelle paffe l’amure de mifaine. Ainfi, puifque, la mifaine étant bien amurée, le point de cette voile doit venir toucher la poulie du minot, puifque d’ailleurs le bout du minot eft placé au deffus du niveau du gaillard , il devient néceffaire que la chute latérale de la mifaine foit plus grande que la chute mefurée au milieu. D’ailleurs, comme on ne pourroit donner une trop grande faillie au minot, fans nuire à la folidité de fon établiffement , on a été obligé de reftreindre cette fuite, & de lui donner des bornes qui obligent par conféquent de rendre la bordure de mifaine plus petite que fon envergure ; fans cette précaution , jamais la mifaine amarrée ne feroit aufti ten-due^qu’elle doit l’être. Cette différence de l’envergure à la bordure eft aifément établie par le Voilier, qui a foin de donner aux coutures qui réunifient les laizes compofantes de la voile, une largeur plus grande auprès de la bordure , 8c plus petite au haut
- de la voile, en faifant diminuer graduellement cette largeur, depuis la bordure jufqu’à l’envergure.
- Lorfque le Voilier a coufu les laizes de toile qui doivent former la mifaine , il entoure cet affem-blage d’une gaine , & place des renforts fur différentes parties de cette voile. Le premier renfort eft une laize coufue latéralement auprès de la gaine, & qui régné de chaque côté du haut au bas de la voile. Le Voilier met un fécond renfort qui a la largeur de la toile, 8c qui, placé à côté du premier , s’étend depuis la bordure jufques au milieu de la voile. Un troifieme doublage eft encore placé de chaque côté auprès du deuxieme renfort, 8c s’élève depuis la bordure jufqu’au quart de la chute latérale de la voile. La Fig. 26 préfente l’ordre 8c l’étendue de ces doublages. On y voit aufti des morceaux de toile placés vis-à-vis différens points de la bordure, auxquels correfpondent les pattes de cargue - fond. Ces renforts partiels font fem-bîables à ceux de la grande voile, 8c fembla-blement placés ; ils font aufli en même nombre. Le Voilier coud aufti une bande de ris, à une diftance de l’envergure, égale au quart de la chute. Dans cette bande, il y a des œillets, ainfi que dans la gaine d’envergure , âc ces œillets font diftribués 8c travaillés comme ceux de chaque bande de ris du grand hunier.
- Autour de cet affemblage de laizes bien fortifiées, on coud deux ralingues fucceftives. Elles font moins groffes que celles qui régnent autour de la grande voile ; mais elles font difpofées de la même façon, 8c fortifiées également aux mêmes endroits. Chaque ralingue latérale porte aufti une patte de ris ; mais elle n’a que deux pattes de bouline. La plus haute patte de bouline correfpond au milieu de la chute, 8c la deuxieme patte eft placée à diffances égales de la première patte 8c du point d’écoute. Des pattes de cargue-fond, en même nombre 8c de même forme que celles de la grande voile , font diftribuées de la même maniéré fur la ralingue de fond de mifaine.
- Cette voile ainfi préparée , eft enfuite enverguée comme l’a été la grande voile. Deux rabans de pointure 8c de croifure fervent à fixer fur le bout de la vergue les deux coins fupérieurs de la voile, 3c des rabans d’envergure unifient à la vergue tous les autres points correfpondans de l’envergure ( Fig. I & % }.
- Les points inférieurs de cette voile, ou les œillets de la ralingue reçoivent un affemblage des poulies d’écoute 8c d’amure, qui font réunies 8c placées comme celles qui font aux points d’écoute de la grande voile ; chacun de ces points d’écoute porte aufti une poulie de cargue-point.
- L’écoute\at ( Fig. 13 ) de mifaine, qui paffe dans la poulie du point, fait dormant furie contour exté-^ rieur du vaiffeau, près des porte-haubans du grand mât; 8c le courant, après avoir traverféla poulie d’écoute a , fe rend à une galoche t, placée dans l’é-paiffeur du bord, au deffous du paffe-avant, rentre ainfi dans l’intérieur du vaiffeau pour être manoeu-vrée aifément, & enfuite elle eft amarrée à un taquet de lançage.
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- Chaque cargue-point de mifaine eft placée comme celles de grande voile, & ces cargues , après avoir fuivi une route femblable, font amarrées au premier hauban de mifaine.
- La bouline de mifaine ne gouverne qu’une feule branche de bouline ( Fig. 27). Cette manœuvre paffe dans une poulie aiguilletée fur le beaupré , entre les deux étais de mifaine ; elle revient enfuite fur elle-même , traverfe un des rouets du râtelier de beaupré , Sc elle eft amarrée à un des montans du coltisi
- La cargue-bouline fait dormant à la patte de bouline la plus baffe, Sc en s’élevant vers la vergue, elle paffe dans un margouillet porté par la deuxieme patte de bouline. Cette cargue fuit le même cours que la cargue-bouline de grande voile , & elle eft amarrée à un taquet cloué au pied du mât de mifaine , c’eft-à-dire , près du gaillard.
- Les cargue-fonds de mifaine font difpofées comme celles de grande voile, excepté que les itagues de ces cargue - fonds, au lieu de revenir en avant du mât de mifaine, paffent en arriéré de ce mât. Les cargue-fonds font auffi en arriéré du mât de mifaine, & s’amarrent au fronteau du gaillard d’avant.
- Il feroit fuperflu de redire ici l’ufage de toutes ces manœuvres qui accompagnent la mifaine ; fem-blables par leur nom à celles de la grande voile, elles font auffi les mêmes fondions.
- Comme le petit mât de hune eft égal au grand mât de hune , de mpme auffi la voile du petit hunier a l’étendue & la forme du grand hunier. Ces voiles font faites de toile de même efpece. Les laizes qui compofent l’une Sc l’autre font en même nombre , ainfi que les bandes de ris dont la pofition eft la même. Cependant les ralingues latérales ne portent, dans le petit hunier, que trois pattes de bouline, placées comme celles du grand perroquet*
- Les manœuvres, telles que les cargue-fonds, cargue-points Sc cargue-boulines, font difpofées Sc amarrées femblablement à celles du grand hunier* L’écoute du petit hunier eft attachée , Sc court comme l’écoute du grand hunier ; elle paffe fur un rouet des bitons, en avant du mât de mifaine , Sc elle eft amarrée à ces bitons.
- La bouline gouverne deux branches de boulines arrangées comme celles du grand perroquet ( Fig. sl8 ) ; elle paffe fur un rouet d’une poulie à trois rouets, qui eft attachée au bout du bâton de foc, Sc revenant enfuite fur elle-même ( Fig. 1 <$>& ), elle paffe fur un rouet de râtelier de beaupré, & elle eft amarrée à un montant du coltis.
- La voile du petit perroquet n’eft pas entièrement égale à celle du grand perroquet; fes dimenfions font calculées comme celles du grand perroquet, c’eft-à-dire, d’après la vergue Sc le mât qui portent cette voile. D’ailleurs, elle eft travaillée Ôc préparée entièrement de la même maniéré. Elle reçoit auffi les mêmes manœuvres, qui font femblablement placées, excepté la bouline dont le courant fe rend au bout du bâton de foc, pour traverfer une coffe aiguilletée à l’eftrope d’une poulie à trois rouets qui y eft attachée ; Sc de là cette manœuvre def-
- cend pour paffer par le râtelier du beaupré, Sc pour venir s’amarrer à un montant du coltis.
- La voile du petit perroquet volant eft parfaitement femblable à celle du grand perroquet volant j Sc fes manœuvres font difpofées dans le mêrné ordre.
- La mifaine eft accompagnée, dans le beau temps de deux bonnettes. Chacune de ces voiles a une chute égale aux| de celle de mifaine. Quant à leur envergure de à leur bordure, elles font calculées d’après les mêmes rapports qui ont fervi à déterminer les dimenfions des bonnettes de grande voile. Une bonnette de mifaine eft d’ailleurs travaillée dé même, Sc fous la même forme que celles de grande voile : elle eft établie fur un vaiffeau d’une maniéré à peu près égale. La différence confifte en ce que fon envergure n’eft pas attachée à une demi-vergue $ Sc qu’au lieu d’être déployée par un arc-boutant j elle l’eft à l’aide d’un tangon qui en fait fonction; Les deux points fupérieurs d’une bonnette de mifaine font retenus chacun par une driffe. La driffe; qui eft attachée au point de la voile qui eft la plus en dehors du vaiffeau, paffe dans une poulie amarrée à l’extrémité du boute-hors ; elle s’élève enfuite pour traverfer une poulie à pendeurs aiguilletée au ton du petit mât de hune , Sc defeendant par le trou du chat, elle fe rend à une poulie de retour, accrochée à un piton au pied du mât de mifaine, Sc enfin elle eft amarrée à un taquet.
- La driffe frappée fur l’autre point fupérieur de la voile , traverfe une poulie qui eft aiguilletée fur la vergue de mifaine , à quelques pieds de diftanee des taquets de la vergue. Elle fe rend enfuite à une poulie aiguilletée fur la même vergue auprès des poulies de driffe , Sc defeendant à une poulie de retour, accrochée à un piton près du mât de mifaine , elle traverfe cette poulie, Sc va s’amarrer à un taquet.
- L’amure de cette bonnette qui tient à un de fes points inférieurs, paffe dans la poulie amarrée à l’extrémité du tangon , fe rend à la galoche qui fert au paffage de l’écoute de mifaine, ôc va s’amarrer à un taquet cloué au plat-bord, près du paffe-avant.
- L’écoute de la bonnette eft attachée par le milieu au point inférieur de cette voile, Sc la branche employée eft amarrée au premier taquet convenable.
- Le tangon , tel qu’il a été décrit dans l’Art de la Mâture, eft une efpece de- vergue qui n’eft pas arrondie, mais qui eft à huit faces. Elle eft fixée fur le gaillard par des bouts de corde. Son extrémité faisante hors du vaiffeau eft foutenue par un palan à croc, dont le pendeur eft attaché autour du mât dé mifaine.Le,croc de ce palan accroche une coffe portée par un cordage qui embraffe le tangon en un point fftué au tiers de la faillie extérieure*
- Les bonnettes du petit hunier font femblables à celles du grand hunier, Sc tout gréé de la même maniéré. Il en èft de même des bonnettes du petiè perroquet comparées à celles du grand perroquet : driffes, écoutes, amures, tout eft placé de même, Sc fes manœuvres font amarrées dans la hune de mifaine.
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- Le mât d’artimon, qui a des dimenfions bien inférieures à celles du grand mât & du mât de mifaine, porte aufii une voilure moins eonfidérable. La voile foutenue par le bas-mât d’artimon eft bien différente des voiles baffes, des autres mâts, non feulement par fa forme , mais aufii par fa pofition. Le plan de la voile d’artimon eft placé dans le fens deda longueur du vaiffeau ; & fa forme eft celle d’un trapeze , dont les bafes parallèles font placées verticalement.
- C’eft l’emploi qu’on fait de cette voile qui a rendu néceffaire la pofition qu’on lui donne ; car c’eft par un tel arrangement qu’elle devient très-utile pour faciliter les évolutions d’un vaiffeau. Comme cette voile eft placée en arriéré, & à une grande diftance du centre de gravité , lorfqu’elle eft déployée ôc qu’elle reçoit l’impulfion du vent, elle agit fur le vaiffeau avec la plus grande énergie , 3c le fait venir au vent avec beaucoup de vivacité.
- On voit dans la Fig. 29 , la forme de l’artimon. Lé côté s q de la voile régné le long du bas-mât d’artimon, 3c on calcule fa longueur, en fouf-trayant, de toute l’élévation de ce mât au deffus de la dunette , deux fois 3c demie la longueur du ton de ce mât.
- Le côté mq, nommé l’envergure, eft égal au —: de la longueur totale de la vergue d’artimon.
- Le côté r s ou la bordure eft égale à la diftance du mât au couronnement du vaiffeau , en retranchant cependant quelques pieds de cette diftance. Enfin m r, qui eft la chute de cette voile , eft d’une longueur égale à q s plus ~ de l’envergure m q.
- Le Voilier calcule , d’après la bordure de cette voile, le nombre des laizes qui doivent compofer fon étendue , en tenant compte dans ce calcul, ôc de la largeur de la gaîne, ôc de la largeur d’un pouce qu’on donne aux coutures. Le Voilier, après avoir affemblé les laizes , perce des oeillets le long de l’envergure , de façon qu’il y en ait deux fur chaque laize. Cette voile reçoit en-fuite plufieurs renforts. Le premier, qui a pour largeur la demi-largeur de la toile, régné depuis q jufqu’en s. Le deuxieme renfort eft placé au point d’écoute ; il a une demi-laize de largeur, ôc il régné depuis le point d’écoute jufques au deffus de la bande de ris. Cette bande de ris , formée d’une demi-laize, eft placée horizontalement à une diftance de la bordure égale au quart de q s. Cette bande d’ailleurs a des œillets diftribués comme ceux des bandes de ris des huniers.
- Trois ralangues de différentes groffeurs embraffent le contour entier de cette voile. La plus groffe régné fur toute la bordure, ôc s’élève de chaque côté jufqu’à la bande de ris, en formant unoeillet à chaque angle inférieur de la voile. Une ralingue plus petite s’élève enfuite de chaque côté depuis la bande de ris jufqu’à l’envergure. Et enfin la têtiere fortifie l’envergure , ôc elle eft réunie par les extrémités aux ralingues latérales , en formant, comme dans les autres voiles, deux œillets correfpondans aux angles fupérieurs de cette voile. La partie de la ralingue
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- de fond, qui forme le point d’écoute , eft fourrée, ôc l’œillet eft armé d’üne coffe. L’œillet dü point d’amure, fans être fourré , porte aufii une coffe.
- Sur chaque bouline latérale , ôc vis-à-vis la bande de ris, le Voilier établit une patte de ris. Il attache aufii plufieurs petites pattes à diftances égales fur la longueur de la ralingue.
- La voile d’artimon eft enverguée par des rabans de pointure, de croifure ôc d’envergure, afin de l’établir folidement ; le côté q s eft lacé avec le mât d’artimon, par le moyen d’un cordage, qui, par plufieurs tours, embraffe fucceftivement & le mât d’artimon Ôc chaque patte attachée fur la ralingue latérale. Ce cordage fait dormant fur la patte la plus haute de cette ralingue. Le point d’amure S eft enfin amarré fortement au mât par une aiguillette qui paffe dans la coffe du point Ôc autour du mât , ôc les tours de l’aiguillette font enfuite bridés par de nouveaux tours qu’on fait paffer entre le mât ôc la coffe.
- Le point d’écoute r porte une coffe, ôc on borde cette voile en accrochant dans cette coffe le croc d’une poulie dans laquelle paffe un cordage nommé l’écoute d’artimon. Cette écoute fait dormant à l’eftrope d’une fécondé poulie correfpondante qui tient au couronnement du vaiffeau. Cette écoute traverfant fucceftivement ces deux poulies, fert à les rapprocher l’une de l’autre, ôc par conféquent à border l’artimon. Elle eft amarrée à un taquet cloué au couronnement.
- La voile d’artimon porte un grand nombre de cargues difpofées différemment de celles des autres voiles ( Fig. 1 ). Ces cargues font diftribuées de chaque côté du plan de cette voile. Cinq cargues attachées à la ralingue m r correfpondent à une des faces du plan de la voile , & cinq autres cargues attachées aux mêmes points de la ralingue de chute regardent l’autre face du même plan. Ces dix cargues ont une de leur extrémité épiffée fur la ralingue de chute. Les points a , b, d, e , /, indiquent le lieu de chaque paire de cargues. La cargue qui fait dormant au point a de la ralingue, s’élève oblique- „ ment vers la vergue, Ôc paffe dans une poulie a'w Il en eft de même des autres cargues qui paffent aufii dans des poulies correfpondantes, aiguilletées fur la vergue. Les deux paires de cargues les plus élevées qui paffent dans les poulies a' b', defcen-dent de ces poulies pour être amarrées à un taquet cloué fur le plat-bord. Les trois autres paires de cargues, après avoir traverfé les poulies à! ^ e' , fuivent la diredion de la vergue, ôc defcendent ainfi pour venir paffer dans des poulies à trois rouets, aiguilletées auprès du point de fufpenfion de la vergue d’artimon ; enfuite ces cargues font amarrées à un taquet cloué au mât d’artimon, près de la dunette.
- Ces cargues en adion replient la voile auprès de la vergue.
- Les œillets de la bande de ris de cette voile ne font garnis de garcettes qu’au moment où le vent force de prendre le ris.
- Cette voile, quoique deftinée à être toujours
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- placée dâns le fens de la longueur du vaiffeau, s’écarte cependant de cette polition , fuivant l’exigence des cas. Les ours d’artimon peuvent rappeler ou la vergue à ftribord ou à bâbord du bâton de pavillon , <5c l’écoute peut être en même temps portée Iffr l’un ou l’autre bord. C’eft en variant ainli la ntuation de cette voile , qu’on peut favo-lifer plus ou moins l’évolution d’un Vaiffeau.
- Au deffus de la voile d’artimon eft placée-la voile du perroquet de fougue, qui, par la formé '& la maniéré dont elle eft travaillée, reffemble beaucoup aux huniers. Elle a la figure d’un trapèze ( Fig. 30) : fa bordure eft égale à la longueur de la vergue-lêche, comprife entre les taquets, en fouftrayant de cette grandeur ~ de la longueur de cette vergue. Son envergure eft donnée par la longueur de la vergue de perroquet de fougue, 6c fa chute eft calculée d’après la longueur du mât qui foutient cette voile, comme la chute des huniers a été déterminée d’après les dimenfions des mâts de hune.
- Les laizes qui compofent cette voile font taillées, coufues 6c difperfées comme celles des huniers : leur affemblage reçoit un tablier 6c des renforts femblables. Ses ralingues font auiïï en même nombre, Sc arrangées de la même maniéré. Cette voile cependant ne porte que deux bandes de ris. La plus baffe correfpond au tiers de la chute, à compter de l’envergure, 6c l’autre bande eft placée à diftances égales de la première 6c de l’envergure. Les ralingues latérales ne portent donc que deux pattes de ris ; elles n’ont auffi que trois pattes de bouline, placées comme celles des perroquets ; les pattes des cargue-fonds font en même nombre que celles des huniers, 6c difpofées de même.
- Cette voile eft enverguée comme toute autre Voile décrite. L’écoute paffe dans la poulie du bout de vergue, traverfe une poulie aiguilletée fur le milieu de cette vergue, 6c defcend pour être amarrée à un taquet fur la dunette.
- Le point de cette voile porte auffi une poulie de cargue-point. La cargue qui embraffe cette poulie fait dormant fur la vergue en un point éloigné du milieu de cette vergue de la demi-largeur de la hune d’artimon. Le courant de la cargue, après avoir paffé dans la poulie du point , revient tra-verfer une poulie aiguilletée près du dormant de la cargue , s’élève à une poulie aiguilletée au ton du mât, 6c defcendant par le trou du chat, cette cargue eft enfin amarrée au taquet du troifieme hauban d’artimon.
- Les branches de bouline reffemblent à celles des perroquets. La bouline qui les gouverne, par exemple , la bouline qui eft attachée au côté ftribord de la voile , fe rend au dernier hauban de bâbord du grand mât, pour traverfer une poulie aiguilletée fur ce hauban près du trelingage, 6c elle va s’amarrer au taquet du deuxieme hauban du même mât. La bouline de bâbord fe rend à ftribord, 6c eft amarrée au taquet du deuxieme hauban de ftribord.
- Les rabans de ris , les palanquins de ris 6c les gaxcettes font difpofées comme aux huniers. Le
- VOILURE. If
- palanquin eft amarré à un taquet fur la dunette'.
- Les cargue - fonds arrangées comme celles de huniers, font amarrées de chaque côte ail taquet du quatrième hauban d’artimon.
- La voile de perruche placée au deffus du perroquet dé fougue , a des dimenfions qui font calculées d’après les mêmes rapports qui fervent à déterminer celles du grand 6c du petit perroquet ; elle eft compofée 6c travaillée comme les autres Voiles , 6c elle eft enverguée par des rabans pareils : fon écoute, qui eft un cordage fïmple , eft capelé à un cabillot porté par le point de cette voile. Le courant traverfe une poulie capelée afthout de la vergue de perroquet de fougue, fe rend à là poulie double, où paffe le palanquin au milieu de la vergue, 6c defcendant par le trou du chat, cette écoute eft amarrée au taquet du dernier hauban.
- La voile d’artimon eft quelquefois accompagnée d’une bonnette nommée bonnette d’artimon. Quelques Marins fe contentent fouvent de faire fervir à fa place une bonnette de grand hunier : mais d’autres emploient une bonnete faite exprès pour la voile d’artimon, 6c pour la place qu’elle doit occu-per ( Fig. 31 y. Sa forme eft celle d’un quadrilatère; fa chute a b eft égale à celle de l’artimon ; fon envergure a c eft le tiers de fa chute , 6c fa bordure b o eft égale à la moitié de cette même chute ; lé côté c o eft nommé le guindant de la bonnette.
- Le nombre des laizes compofantes eft calculé d’après l’envergure, 6c lorfqü’elles font réunies, on ajoute à ce premier affemblage, du côté du guindant , des laizes en nombre néceffaire , 6c de forme convenable pour compléter l’étenduë a b o c de là voile. La gàîne faite, ainfi que les oeillets , fur la gaine de l’envergure, cette voile eft ceinte par deux ralingues appelées bout à bout. La premiers ralingue embraffe a b o c, 6c la têtieré régne le long de a c. Il y a à chaque coin de la voile des oeillets qui font formés par les ralingués.
- Cette voile eft enverguée à une petite vergue prefque informe, 6c qui n’eft autre chofe qu’un morceau d’efpare ; au milieu de cette efpecë de vergue eft attachée une driffe fervant à hiffer la bonnette qui doit être fufpendue au bout dé la vergue d’ar-timôn. Là driffe paffe dans une poulie fixée au bout de cette vergue , 6c de là elle defcend pour être amarrée à un taquet cloué au couronnement.
- Une efpece de boute-hors eft enfuite employé à déployer la bordure de la bonnette. Ce boute-hors faifi par des cordages fur la dunette, eft faillant hors du vaiffeau. L’amure de la bonnette paffe dans une poulie attachée au bout du boute-hors, 6c elle eft amarrée fur la dunette aü premier taquet convenable.
- L’écoute de cette bonnette fixée aù point ^ , eft amarrée en dedans du vaiffeau à un taqtiet. Ce boute-hors, dont on peut changer la pofîtion à volonté, fert à placer le plan de la bonnette fous une obliquité telle qu’elle peut être exigée par les circonf* tances.
- Le perroquet de fougüe a auffi deux bonnettes : leurs dimenfions font calculées comme celles des
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- bonnettes de huniers, & il me refte à dire la pofî-tion de leurs manoeuvres. La drifle qui eft amarrée fur le milieu de la vergue d’une de ces bonnettes, paffe dans une poulie amarrée au bout de la vergue de perroquet de fougue ; elle fe rend enfuite à une poulie fimple aiguilletée près du milieu de cette vergue , ôc defcendant par le trou du chat, elle eft amarrée au taquet du troifieme hauban d’artimon.
- L’amure traverfe la poulie amarée à l’extrémité du boute-hors de la vergue-lêche , fe rend à une galoche clouée fur le plat-bord près du couronnement , ôc s’amare à un taquet voifin.
- L’écoute qui eft amarrée au point par un nœud, paffe dans une poulie aiguilletée au quart de la longueur de la vergue-lêche, & vient s’amarrer dans la Lune d’artimon.
- Le mât de beaupré & fon boute-hors portent chacun une voile nommée civadiere ôc contre-civadiere. La première eft enverguée fur la vergue de civadiere, Ôc la fécondé à la vergue de bâton de foc.
- La civadiere a la forme d’un parallélogramme re&angle ( Fig. 32 ); l’envergure & la bordure égales entre elles, ont une longueur donnée par celle de la Vergue de civadiere diminuée de celle des taquets : fa chute eft égale à la moitié de fon envergure.
- Cette voile eft travaillée comme les autres voiles; mais elle ne reçoit aucun doublage, elle eft ceinte par deux ralingues. La première ( Fig. 32). embraffe b de & la têtiere fortifie l’envergure. Il y a des œillets aux quatre coins de cette voile.
- Le Voilier coud fur cette voile deux bandes de ris qui fe croifent ôc qui forment enfemble une efpece de fautoir. La première bande régné depuis le point de pointure de ftribord jufqu’à un point du coté de bâbord de cette voile, ôc fitué aux | de la chute, en comptant cette diftance depuis l’envergure. L’autre bande de ris croife la première de bâbord à ftribord ; & dans une pofition fem-blable fur ces bandes, le Voilier perce des œillets qui font diftribués comme dans les huniers.
- Les bandes de ris , placées fi différemment dans la civadiere, ont aufli un ufage bien différent de celui des bandes de ris des autres voiles. Celles-ci font imaginées pour aider à fouftraire au vent une partie de l’étendue de la voile, & les bandes de ris de la civadiere font deftinées pour un autre objet. On aura une idée de leur ufage , fi on examine dans quelle fituation eft placée cette voile lorfque fa vergue eft braffée fur l’un ou l’autre bord. On verra qu’alors la vergue d’abord horizontale , devient inclinée à l’horizon lorfqu’elle eft braffée, ôc que dans cette pofition, un de ces points inférieurs doit plonger néceffairement dans l’eau de la mer. Il faut donc, pour obvier à cet inconvénient, que la voile foit retrouffée du côté où elle trempe dans la mer, ôc que fa bordure devienne de nouveau horizontale, malgré la fituation inclinée de fa vergue; par conféquent, la bande de ris ne peut avoir qu’une fituation inclinée à l’horizon, ôc elle ne peut pas être parallèle à l’envergure comme dans les autres voiles.
- Malgré ces précautions, cette voile eft toujours fi près de la mer, qu’elle reçoit fouvent de l’eau dans les fonds ; c’eft pourquoi le Voilier perce dans cette voile L, auprès de fa bordure, trois grands trous, un auprès de chaque point d’écoute, ôc l’autre au milieu. Ces trous fervent D’écoulement de l’eau que les vagues de la mer jettent dans la voile , ôc par ce moyen la voile, la vergue liî le mât ne font furchargés du poids de cette eau qui peut tomber fouvent & en grande quantité dans le fond de la civadiere.
- Chaque ralingue latérale porte donc une patte de ris. Des pattes de cargue-fond font aulfi diftri-buées fur la ralingue de bordure, comme fur les ralingues des huniers.
- La civadiere eft enverguée comme les autres voiles. Ses points d’écoute portent chacun une poulie lourde L , nommée tête de moine , à caufe de fa forme ( Fig. E. ). Elle eft retenue ôc attachée au point inférieur par la queue de l’eftrope qui eft ter-* minée en cul de porc. L’écoute qui paffe dans cette poulie fait dormant, Ôc eft amarrée aux montans du coltis.
- Cette voile n’a ni boulines, ni cargue-bouHnes ; mais elle eft gréée de cargue-points & cargue-fonds. La cargue-point eft un cordage fimple amarré au point de la voile. Elle s’élève du point à une poulie aiguilletée au tiers de la longueur de la vergue, fe rend au râtelier de beaupré qu’elle traverfe , ôc vient s’amarrer à un montant du coltis.
- Les cargue-fonds gréées comme celles des huniers , font amarrées aux montans du coltis.
- La contre-civadiere a la forme d’un trapeze ; fa çhute eft celle du perroquet de fougue ; fa bordure eft réglée fur la vergue de civadiere, ôc fon envergure eft déterminée par la vergue de contre-civa-diere. S’il y a quelque rapport établi entre cette voile ôc celle du perroquet de fougue, c’eft que celle-ci doit, dans l’occafion, être remplacée par là première.
- Cette voile n’a ni renforts, ni pattes : elle eft entourée par trois ralingues fucceffives, difpofées comme celles du perroquet de fougue. Elle n’a pas de cargue-fonds , mais fes points d’écoute font garnis d’une écoute ôc d’une cargue-point.
- L’écoute paffe dans une poulie capelée au bout de la vergue de civadiere, ôc elle vient s’amarrer à un montant du coltis. La cargue-point paffe dans une poulie aiguilletée fur la vergue de contre-civa-diere , Ôc eft amarrée à un montant du coltis.
- Ces deux voiles qui compofent la voilure du mât de beaupré , ne font pas employées aufli fréquemment que les voiles des autres mâts , car elles font placées peu avantageufement. Si le vaiffeau court vent arriéré, la mifaine Ôc la grande voile empêchent le vent de frapper fur la furface de ces voiles , ôc s’il court obliquement à la quille, alors ces voiles braffées fous le vent font néceffairement un effet de peu de conféquence ; mais fi le mât de beaupré foutient feul Ôc immédiatement cette foible voilure ( Fig. 16*2), il partage aufli avec le mât de mifaine l’effort ôc le poids d’autres voiles triangulaires pla**
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- cées entre ces deux mâts, dans la dire&ion des étais, & qui font, pour les évolutions d’un vaiffeau, de la plus grande néceffité. C’efl maintenant de ces Voiles triangulaires qu’il refie à parler. Comme elles femblent appartenir en même temps à deux mâts à la fois, j’en ai réfervé là defcription jufqu’au moment où j’aurois fait connoître les voiles qui ne dépendent que d’un feul mât.
- Les voiles qui font placées entre le beaupré 8c le mât de mifaine, font au nombre de trois , & font nommées focs. Il y a auflï entre le mât de mifaine 3c le grand mât, des voiles qui tiennent à l’un Sc à l’autre mât. Pareilles voiles font auffi établies entre le grand mât 8c le mât d’artimon. Celles-ci prennent le nom général de voiles d’étais, parce que ces voiles placées 8c déployées dans le fens de la longueur du vaiffeau, fuivent dans leur développement la direction des étais.
- Je vais commencer par faire connoître les focs, parce que de toutes les voiles d’étais, non feulement elles font les plus utiles , mais aufli parce qu’elles font employées plus fouvent 8c prefque toujours avec fuccès, à caufe de leur éloignement du centre de gravité, pour faire arriver un vaiffeau.
- Aucune vergue ne fert ni à déployer , ni à fou-tenir ces voiles triangulaires. Les focs, comme nous l’avons déjà dit, font placés entre les mâts de mifaine 8c de beaupré. Ils font au nombre de trois, diflingués par les noms de petit foc, contre-foc, 6c grand foc.
- Soit repréfenté le petit foc par le triangleabc, {Fig. 33). Lorfque cette voile eft déployée, le côté a b fuit la diredion de l’étai du petit mât de hune. La chute a c de cette voile efl perpendiculaire à la bordure c b ; a c efl d’une longueur qui excede de quelques pieds la chute de la mifaine, ’& la bordure b c efl égale aûx \ de cette chute.
- Le Voilier compofe cette voile de laizes, dont le nombre efl calculé fur l’étendue de la bordure, 8c dont la longueur efl bornée par la pofition déterminée du guindant ou de l’hypothénufe a b. L’af-femblage de ces laizes efl fortifié par un doublage placé à chaque angle de la voile. Chacun de ces doublages a la longueur de la toile 5 celui du point d’écoute a une aune de hauteur.
- La gaine qui entoure la voile, efl garnie d’oeillets le long du guindant, 8c fur chaque laize le Voilier perce1 un oeillet, enfuite le foc efl ceint de deux ralingues: L’une embraffe la partie 0 c b am J en formant des oeillets à chaque angle du foc, 8c la ralingue de chute épiffée avec les extrémités de la première, régné de 0 en m. Le point d’écoute efl fourré, 8c le Voilier place auprès de l’angle a de la voile un cabillot parallèle à la bordure, 8c qui fert à maintenir cette voile étendue au fommet, lorf-qu’elle efl hiffée le long du faux étai du petit mât de hune. Ce cabillot efl maintenu dans cette fitua-tion par la ralingue de chute 8c celle du guindant, qui traverfent en q 8c en/ce cabillot percé de deux trous pour le paffage de ces ralingues.
- Chaque œillet de la gàîne du guindant reçoit enfuite une bague de fer , dont la forme efl
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- a b d, ( Fig. 34 ). Cette bague efl ouverte en f ,8c c’efl par cette ouverture qu’elle efl paffée dans l’oeillet; enfuite, dans cette pofition, les deux branches b a 8c b d font réunies par un aiguilletage \ 8c chaque bague efl fixement attachée au guindant du foc. C’efl dans ces bagues qu’on fait paffer le faux étai du petit mât de hune ; de forte qu’en tirant fur le fommet du foc 8c dans la diredion de l’étai, le guindant de cette voile fe développe ; 8c s’étend, dans toute fa longueur, fur le faux étai qui fait alors fondion de vergue , car il foutient le poids de la voile déployée. Le cordage qui fert à biffer le foc le long de l’étai, efl nommé la driffe du petit foc. Cette driffe, qui efl amarrée au fommet a du foc, s’élève jufqu’au ton du petit mât dè hune, paffe dans une galoche placée à flribord dù mât, 8c defcend fur le gaillard pour y être manœu-vrée 8c amarrée enfin à un taquet cloué au fronteau du gaillard d’avant.
- Le point b de cette voile, nommé le point d’amure , efl folidement attaché à un piton fiché dans le mât de beaupré entre les violons , Sc cette voile, retenue ainfi par l’étai, la driffe 8c le point d’amure aiguilleté , efl enfuite tendue ou bordée par une écoute attachée au point c de cette voile. Cette écoute efl un cordage fimple, dont le milieu efl fixé dans l’oeillet e du petit foc. Ainfi l’écoute a deux branches qui fervent à mouvoir commodément vers flribord ou bâbord le point d’écoute du foc. Chaque branche employée à border le foc, traverfe une poulie aiguilletée au plat-bord près du coltis, auprès de laquelle elle efl amarrée.
- On voit par l’établiffement du petit foc, 8c par le lieu qu’occupe cette voile, que l’impulfion du vent fur cette voile efl foutenue en partie par lé beaupré, 8c en partie par le petit mât de hune 8c fon faux étai ( Fig. 1 & z ). On doit remarquer que le centre d’effort de cette voile doit être entre les deux mâts de beaupré 8c de mifaine.
- Les manœuvres dont nous avons parlé fervent à déployer 8c à border la voile ; mais il en efl d’autres qui font employées pour amener le foc 8c le fouflraire à toute impulfion du vent.
- Il efl vrai que , dans la pofition de cette voile; il fuffiroit pour l’amener, de larguer la driffe 8c défiler l’écoute, file frottement permettait àlapefan-teur de cette voile 8c de fes manœuvres de produire tout fon effet : car alors le guindant de la voile devroit gliffër le long du faux étai ; mais cet obflacle a trop d’énergie, & on accéléré la defcenté du foc par un cordage nommé calebas, qui efl attaché au fommet a du foc. Ce calebas defcend à travers les bagues du guindant , paffe dans une poulie aiguilletée au point d’amure, 8c fe rend fur le gaillard , où en la roidiffant on fait defcendrè ou on amene le petit foc.
- Le grand foc eft auffi de forme triangulaire, plus grand que le petit foc ; il eft placé en un lieu plus élevé au deffus de là mer ( Fig. 33). Sa chute a c eft égale à la longueur totale du grand mât de hune ; fa bordure eft égale au tiers de fa chute, plus au tiers de la chute du grand hunier. Il efl
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- travaillé pâr le Voilier de la même maniéré que le petit Foc, & fes doublages ont feulement un peu plus de hauteur. Il y a des oeillets percés dans la gaine du guindant; mais le Voilier n’en forme pas auprès des angles fupérieur 8c inférieur de cette voile ; deux ralingues difpofées comme celles du petit foc , embraffent tout le contour de la Voile.
- Le grand foc établi 8c déployé fiir un vaiffeau, n’eft pas porté par un étai comme le petit foc, mais par un cordage particulier, nommé draille, qui fuit la direction des étais, & qui tient aux deux mâts de mifaine Sc de beaupré. Cette draille paffe dans les anneaux attachés à divers points du guindant du grand foc : une extrémité de cette draille s’élève au ton du petit mât de hune, 8c elle paife dans une galoche aiguilletée au ton de ce mât 8c à bâbord. Elle defcend enfuite dans la hune de mifaine, où elle eft amarrée après avoir été roidie à l’aide d’un palan. L’autre extrémité de la draille eft attachée à un grand anneau de fer, nommé rocambeau. Le boute-hors de beaupré paife dans cette bague, qui a la liberté de gliffer le long de ce boute-hors. Cette facilité de glilfer dans ce rocambeau , eft d’ailleurs augmentée par le foin qu’on prend dégarnir le contour de ce rocambeau de petits anneaux, qui, par leur mobilité , diminuent les effets du frottement 8c de la preftion qui pourroient s’oppofer, foit à fa defcente , foit à fon élévation ( Fig. 3 5 ),
- Le grand fcc eft hiffé le long de cette draille à l’aide d’une driffe attachée au fommet de la voile, Cette driffe paffe dans une galoche aiguilletée au ton du petit mât de hune , 8c pendante à ftribord de ce mât. Elle defcend enfuite fur l’arriere du mât de mifaine, pour être amarrée à un taquet cloué au fronteau du gaillard d’avant.
- Le point d’amure b eft aiguilleté avec le rocambeau; ainlî, il n’y a d’autre mouvement que celui de cet anneau , 8c par conféquent, il ne s’éloigne jamais du boute-hors, qui même porte fouvent le nom de bâton de foc, parce qu’il foutient & ce foc 8c le contre-foc.
- L’écoute du grand foc eft double comme celle du petit foc , & par les mêmes raifons , cette voile étant bordée à ftribord ou à bâbord, fon écoute paffe à ftribord ou à bâbord, dans une poulie aiguilletée au platbord près du coltis, 8c elle eft amarrée au premier taquet placé convenablement.
- Le grand foc eft garni d’un calebas qui fert à l’amener, 8c cette manoeuvre eft difpofée comme le calebas du petit foc. Il y a aufti un autre cale-bas qui fert à faire remonter le rocambeau le long du bâton de foc. Cette manoeuvre , affez mal nommée , eft attachée au rocambeau ; elle paffe fur un rouet placé à l’extrémité du boute-hors , & vient fe rendre fur le gaillard d’avant, où elle eft retenue par un montant du coltis.
- Entre le petit foc & le grand foc, on établit fur un vaiffeau un troifieme foc, nommé contre-foc ; il eft de forme femblable aux autres focs, travaillé de la même façon , 8c gréé de manoeuvres pareilles. Sa chute eft égale à la longueur du grand mât de
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- hune, 8c fa bordure eft à peu ptès la même que celle du grand foc.
- Cette voile n’eft pas établie comme les deux autres focs ; elle n’eft portée fouvent ni par une draille, ni par un étai, 8c elle eft déployée uniquement à l’aide de fa driffe , de fon amure 8c de fon écoute. Sa driffe s’élève au ton du petit mât de hune, paffe dans une galoche placée à bâbord de ce mât, 8c defcend pour être amarrée au fronteau du gaillard d’avant. L’amure eft attachée à un rocambeau, qui eft un anneau de corde em-braffant le bâton de foc comme le rocambeau du grand foc : le cordage qui forme le rocambeau, porte plufieurs pommes enfilées qui fervent à le faire gliffer plus facilement le long du boute-hors.
- L’écoute de ce foc eft double, 8c la branche employée eft amarrée au premier taquet placé convenablement. Ce foc eft aufti amené à l’aide d’un calebas difpofé comme celui des autres focs.
- L’intervalle qui régné entre le grand mât 8c le mât de mifaine peut être couvert de voiles, fui-vant le temps & les circonftances. Ces voiles font placées dans le fens de la longueur du vaiffeau, 8c fuivant la diredion des étais. Cette pofîtion leur a fait donner le nom de voiles d’étais. Les voiles de cette efpece, qui font établies entre les deux grands mâts , font au nombre de quatre. La plus baffe eft nommée la grande voile d’étai ; les autres portent les noms de voile d’étai du grand mât de hune, contre-voile d’étai, 8c voile_d’étai du grand perroquet. L’ordre que j’ai fuivi, en les nommant, annonce l’ordre dans lequel elles font placées les unes au deffus des autres à bord d’un vaiffeau.
- ( Fig- 3 3 )• La, grande voile d’étai eft triangulaire. Sa chute a c eft égale à celle de la grande voile , en y ajoutant la longueur de la moitié du ton du grand mât. Sa bordure eft à peu près égale à la diftance du grand mât au mât de mifaine. Cette voile eft travaillée comme le petit foc, 8c porte des œillets fur la gaîne du guindant : un doublage placé à chaque angle , fortifie ces parties de la grande voile d’étai. Le doublage coufu au point d’écoute, a pour largeur celle de la toile, 8c fa hauteur eft de quelques pieds. Celui du point d’amure 8c du point, fupérieur font formés de deux laizes affemblées 8c bornées dans leur hauteur par le guindant de cette voile. Les deux ralingues dont cette voile eft ceinte, font difpofées comme aux focs, 8c le point d’écoute eft fourré.
- Sur un vaiffeau, la grande voile d’étai efthifféele long d’une draille, dont une extrémité terminée par une boucle, eft aiguilletée au grand étai ,au deffus de la pomme de cet étai, tandis que le courant de la draille qui paffe dans une poulie fimple, aiguilletée au mât de mifaine , au deffous du grand collier, eft roidie 8c retenue par un palan frappé à l’autre extrémité. Cette draille traverfe par conféquent toutes les bagues du guindant de la voile. On hiffe la grande voile d’étai, à l’aide d’une driffe, qui, fixée au point fupérieur de la voile, s’élève à une poulie aiguilletée à un traverfin au deffus de la hune, 8c
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- defcend enfuite pour être amarrée à un taquet du grand mât près du gaillard.
- Le point d’amure de cette voile eft attaché au taquet de bolTe fur le gaillard d’avant.
- Le point d’écoute porte une coffe, dans laquelle on accroche un palan, qu’on emploie à border cette voile. Ce palan eft amarré à un piton qui eft dans la courfive, 6c il agit foit à ftribord, foit à bâbord , félon que le point d’écoute doit être porté de l’un ou de l’autre bord. Cette voile eft amenée par le moyen d’un calebas difpofé comme celui des focs.
- La voile d’étai de hune qui eft placée immédiatement au deffus de la grande voile d’étai, a la forme d’un trapeze tel que a b c d ( Fig. 3 6 ). Sa chute arriéré a b eft égale aux f de celle du grand hunier : la hauteur de, qu’on peut nommer fa chute avant, eft égale à deux fois le ton du grand mât, & fa bordure b c eft égale aux g de la diftance des deux grands mâts. Cette voile travaillée comme la précédente , eft fortifiée d’un doublage aux quatre coins. Elle eft ceinte par deux ralingues fuc-ceftives; la première embraffe le contour s de b q, 6c l’autre régné fur q a s. C es ralingues forment des oeillets à chaque angle, & celui du point d’écoute eft fourré.
- C’eft le long du faux étai du grand mât de hune qu’eft déployé le guindant de cette voile. Cet étai traverfe toutes les bagues du guindant , 8c une driffe fert à hiffer cette voile. Cette driffe paffe dans une galoche aiguilletée au ton du grand mât de hune, 6c à ftribord de ce mât. Elle defcend par un trou fait dans la plate-forme de la hune, pour aller traverfer une poulie amarrée fur le gaillard d’arriere, & pour être amarrée à un taquet près des bitons.
- Le point d qui eft nommé le point d’amure fu-périeur, eft amarré à l’eftrope de la poulie du faux étai. L’amure inférieure eft un bout de corde qui paffe dans la coffe portée par l’oeillet c de la voile, 6c qui attache ce point au collier du grand étai.
- L’écoute de cette voile eft à deux branches. La branche employée palfe dans un des trois rouets d’une galoche clouée fur le plat-bord du gaillard d’arriere, 6c elle eft enfuite amarrée à un taquet cloué fur le plat-bord auprès du paffe-avant. Cette voile eft enfin amenée par le moyen d’un calebas.
- Au deffus de cette voile d’étai eft une autre voile nommée contre-voile d’étai. Semblable à la précédente, fa chute a b eft égale à celle du grand hunier, en y ajoutant la moitié du ton du grand mât de hune , la chute avant c d eft d’une longueur égale à une fois 6c demie le ton du grand mât ; 6c fa bordure eft un peu moindre que celle de la voile d’étai de hune. D’ailleurs, celle-ci eft travaillée comme la précédente.
- Etablie dans le vaiffeau , cette Voile eft portée par une draille, dont une extrémité eft amarrée fur un rocambeau ou un anneau de cordes garni de pommes enfilées, 8c qui embraffe le petit mât de hune 51 autre extrémité de la draille s’élève au ton du grand mât de hune, paffe dans une galoche
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- amarrée à bas-bord du ton de ce mât, 6c defcend pour être amarrée à un taquet fur le gaillard d’arriere.
- Une driffe fert à hiffer cette voile. Le courant de cette manœuvre paffe dans un rouet de la galoche placée à bas-bord du ton du grand mât de hune ; enfuite elle defcend pour palier dans une poulie de retour, aiguilletée à un piton fur le gaillard d’arriere , où elle eft amarrée à un taquet.
- Le point d’amure fupérièur eft aiguilleté au rocambeau , 6c le point d’amure inférieur eft amarré fur le capelage du mât de mifaine.
- Cette voile eft bordée par une écoute à deux branches ; 8c la branche employée paffe dans la même galoche où fe rend celle de la voile d’étai de hune, pour être enfuite amarrée à un tacpiet cloué au plat-bord : un calebas eft employé pour amener cette voile.
- Au deffus de la contre-voile d’étai, on établit encore une voile qui eft nommée voile d’étai de grand perroquet. Souvent fa forme eft triangulaire, 6c plus fouvent elle reftemble aux deux voiles qui viennent d’être décrites ( Fig. 3 6 ). Alors fa chute a b eft égale aux J de la chute du grand perroquet. La chute avant eft égale à la longueur du ton du grand mât de hune ; 6c fa bordure eft égale à la demi-diftanee du grand mât 6c de celui de mifaine.
- Cette voile , travaillée comme les précédentes b ne reçoit cependant aucun doublage , 6c elle néft entourée que par une feule ralingue.
- Sur le vaiffeau, cette voile eft portée par Pétai du grand perroquet qui traverfe toutes les bagues du guindant. La driffe qui fert à hiffer cette voile, paffe dans une poulie ou dans une coffe amarrée à l’étai du grand perroquet près du ton de ce mât, 6c de là, defeendant par le trou du chat, elle eft amarrée à un taquet cloué au grand mât près du gaillard.
- Le point d’amure fupérièur de cette voile eft attaché à là poulie d’étai du grand perroquet, 6c le point d’amure inférieur eft attaché au deffous de cette même poulie , 6c au courant defeendant de l’étai du grand perroquet.
- L’écoute qui eft à deüx branches ^ paffe dans un rouet de la galoche clouée fur le plat-bord du gaillard d’arriere , 6c elle eft amarrée à un taquet cloué fur le plat-bord près dû paffe-avant.
- On âmene auftî cette voile à l’aide d’un calebas.
- Deux voiles d’étai font auffi établies dans l’intervalle qui régné entre le grand mât & le mât d’artimon. La plus baffe eft nommée voile d’étai d’artimon , 6c l’autre plus élevée eft la Voile d’étai de perroquet de fougue.
- ( Fig. 33 ). La voile d’étai d’artimon eft triangulaire : fa chute a c eft égale à la longueur du côté de la voile d’artimon qui eft lacée avec le mât, en y ajoutant celle du ton de ce mât. La bordure c b eft égale à la diftance du grand mât, au mât d’artimon. Cette voile, travaillée comme les autres voiles d’étai ,* reçoit un doublage à chaque coin , 6c porte des œillets le long du guindant. Elle eft ceinte par deux ralingues fucceftives; l’une embraffe a c b r, 6c l’autre plus foible régné fur le refte du contour,
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- ( Fig. I 8c 2 ). Cette Voile eft portée par une braille , dont une extrémité eft amarrée au deffus de la pomme d’étai d’artimon, tandis que l’autre extrémité 9 après avoir traverfé une poulie aiguilletée au grand mât au deffus de l’étai d’artimon, eft amarrée à l’eftrope de la même poulie.
- Une driffe fert à hiffer cette voile ; elle paffe dans une poulie aiguilletée près du ton du mât d’artimon & fur l’étai de ce mât; de là, cette manœuvre defeend pour être amarrée fur la dunette.
- Le point d’amure de cette voile eft attaché par une aiguillette autour du grand mât -, au deffous de l’étai d’artimon.
- L’écoute de cette voile eft fimple , & elle s’amarre à un taquet cloué près du plat-bord. Comme elle eft fimple, elle fert à porter le point de la voile , fuivant les circonftances , foit à ftribord, foit à bâbord. Cette voile eft amenée à l’aide d’un calebas.
- La voile d’étai du perroquet de fougue eft placée au deffus de la voile d’étai d’artimon ; elle a la forme d’un trapeze a b c d ( Fig. 3 6 ). Sa chute a b eft celle du perroquet de fougue, augmentée de la longueur du ton du grand mât. La chute d c eft égale à la longueur du ton du grand mât, 8c fa bordure eft égale aux *- de la diftance du grand mât au mât d’artimon.
- Cette voile, qui eft travaillée comme les autres voiles d’étai, reçoit comme elles pareils doublages ; mais elle n’eft entourée que par une feule ralingue, dont les bouts font épiffés enfemble au point R.
- Etablie fur un vaiffeau , elle eftf portée par l’étai du perroquet de fougue qui traverfe les bagues attachées au guindant de cette voile.
- La driffe qui fert à hiffer cette voile , paffe dans une poulie aiguilletée à l’étai près du ton {Fig. 1 8c 2 ) ; de là , elle defeend par le trou du chat pour être amarrée à un taquet cloué fur la dunette.
- Le point d’amure fupérieur eft fixé fur l’eftrope de la poulie d’étai, & le point d’amure inférieur eft attaché fur l’étai d’artimon.
- Le point d’écoute porte une écoute fimple qui eft amarrée au premier hauban d’artimon, foit à ftribord , foit à bâbord , félon que la voile eft bordée à l’un ou à l’autre bord.
- C’eft ici que fe terminent enfin les détails nombreux , relatifs foit à la conftru&ion des voiles, foit à leur établiffement fur un vaiffeau ; Sc fi, d’un coup d’œil, on embraffe tous les objets préfentés dans cette defeription , on aura une idée de la voilure totale d’un vaiffeau. J’ai donc fait connoître jufqu’à préfent tous les moyens propres à tranf-mettre à un bâtiment l’aftion du vent quelconque ; mais je ne dois pas me borner à ces feuls détails, & fi j’ai décrit les moyens dont on fe fert pour mettre un vaiffeau en mouvement, je ne dois pas moins donner une idée de la façon dont ces moyens font employés. Auparavant, je dirai en peu de mots comment, dans un port, une rade, un vaiffeau peut être retenu flottant fur le même point çle la mer , malgré les flots, les vents & les courans.
- Un vaiffeau doitdl refter flottant 8c fans mou-
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- vement fur la furface de la mer, foit qu’il attendè ’ pour fon départ le retour d’un vent favorable , foit qu’il cherche à fe fouftraire à la fureur d’un coup de vent, foit enfin qu’il doive mettre un terme à fa route ? il faut alors qu’on emploie de nouveaux moyens pour le retenir dans un lieu fixe, malgré tous les efforts du vent & de la mer pour le mettre en mouvement : c es moyens font les ancres. L’Art de faire les ancres ( Fig. 37 8c 38), publié par l’Académie, ne me laiffe rien à dire fur cet objet. J’ajouterai feulement qu’un vaiffeau de guerre armé convenablement, eft pourvu de fix ancres , c’eft-à-dire, de quatre groffes ancres égales,
- 8cde deux petites ancres à jet. La force de ces ancres eft proportionnée à celle du vaiffeau.
- Les groffes ancres d’un vaiffeau doivent pefer autant de fois cent vingt livres qu’il y a de pieds dans la largeur de ce vaiffeau ; 8c les ancres à jet font d’un poids un peu moindre que la moitié du poids des premières. Deux de ces ancres font établies chacune fous chaque boffoir lorfque le vaiffeau eft à la mer ; la troifieme, nommée ancre de veille , eft placée le long de bord, de façon que fa patte foit en arriéré des porte-haubans de mifaine, & la quatrième eft dans la cale au grand paneau. Les ancres à jet font équilibre avec l’ancre de veille, étant placée fur le bord oppofé.
- Lorfqu’on veut retenir un vaiffeau flottant 8c immobile fur le même point de la mer, on éta-lingue le bout d’un cable à l’organeau de l’ancre ; on laiffe tomber l’ancre fur le fond de la mer, on file du cable autant que l’exigent les circonftances ,
- 8c le cable eft enfuite amarré autour des bittes dans (. l’intérieur du vaiffeau. La patte de l’ancre s’engage néceffairement dans le fond de la mer, 8c la réfifi tance plus ou moins grande qu’elle trouve dans la qualité du fond , fait que le vaiffeau eft retenu plus ou moins fûrement dans la même place. Les cables deftinés à unir pour ainfi dire le vaiffeau avec fon ancre, ont tous cent vingt braffes de longueur , 8c leur circonférence proportionnée à la force du vaiffeau , a autant de fois fix lignes qu’il y a de pieds dans le maître bau. Aujourd’hui cette groffeür adoptée précédemment, vient d’être diminuée d’un dixième , parce qu’on a trouvé que, faits d’après cette réglé générale, les cables étoient trop volumineux , 8c qu’ils tendoient avec trop d’avantage à foulever l’ancre mouillée.
- L’ancre qui eft traverfée près du boffoir de ftribord , 8c qui eft ordinairement mouillée la première, tient à un cable compofé de trois cables réunis bout à bout par des épiffures. La grande longueur de ce cable devient fur-tout néceffaire lorfqu’un vaiffeau eft mouillé au milieu d’une mer orageufe ; car alors il eft auffi agité que la mer qui l’environne , 8c fes grands mouvemens contribueroient bientôt à dégager la patte de l’ancre qui le retient, fi le cable trop court tranfmettoit à l’ancre les mou-^ vemens auffi rapides qu’irréguliers de ce vaiffeau. C’eft pourquoi, dans ces circonftances, on éloigne confidérablement le vaiffeau de fon ancre, en filant jufqu’à deux cents , 8c même jufqffà trois cents
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- braffes de cable, & alors les ofcillations du vaiffeau, quelque grandes qu’elles foient, ne produifent plus fur 1 ’ancre trop éloignée, qu’un effet infenfible, qui eff encore diminué par la foupleffe 8c l’élafti-cité du cable.
- L’ancre traverfée fous le boffoire de bâbord, n’a qu’un feul cable , & elle eff nommée ancre d’affourche. L’ancre de veille a un cable compole de deux cables épiffés par leur extrémité.
- Des grelins font deftinés pour les ancres à jet, & leur groffeur eff la moitié de celles des cables.
- Je terminerai cet article par deux Tables qui né-ceffairement en font partie. L’une eff celle des dimenfions de toutes les manoeuvres qui fervent à la garniture d’un vaiffeau, & la fécondé préfentera les dimenfions des ancres de différens poids. J’y joindrai auffi un état de toutes les poulies qui font partie du gréement d’un vaiffeau, avec quelques remarques fur la force & la forme de leur eftrope.
- La première Table ne préfente d’autres réfultats que les rapports des longueurs 8c des groffeurs des manoeuvres à la longueur du maître bau d’un vaiffeau ; elle renferme les proportions de quelques manoeuvres dont on a déjà parlé à la fin de l’Art de la Mâture ; mais cet inconvénient ne m’a pas arrêté, 8c j’ai penfé qu’on me pardonnêroit cette répétition, en faveur de la généralité de cette Table qui embrafle toutes les manoeuvres d’un vaiffeau quelconque.
- La fécondé Table donne précifément les dimenfions en pieds 8c pouces des différentes parties d’une ancre dont le poids eff déterminé* 8c fert d’argument à cette Table.
- Enfin, l’état qui termine cet article n’eff autre chofe que l’énumération des poulies de toutes ef-peces qui font employées pour gréer üri vaiffeau. On trouvera d’ailleurs à l’article Poulie, tous les détails qui peuvent faire connoître 8c leur forme variée, & les dimenfions de toutes leurs parties.
- TABLE
- Des dimensions des differentes manœuvres qui font partie du gréement
- d'un Vaiffeau
- NOMS DES MANŒUVRES.
- ' Mat d’A rtimon,
- Pendeur de candelettes........................... r..........
- Haubans doubles.....»... »............... *.................
- Rides pour haubans...................... i......
- Etai..................................................................
- Garant de candelettes, .. -................................î . t . ....
- Driffe..............................................................
- Batard de racage. ............. ^...................................
- Enflechures pour les haubans des deux côtés...........................
- Quenouillettes.............................. ..............*........
- Gambes de hune......................................................
- Martinet pour la hune...............................................
- Rides pour ce martinet. ..................................
- Martinet pour la vergue.....................................;......
- Branches pour martinet...............................,...........
- Driffe de flamme...................................................
- Cargues de l’arriere de la voile d’artimon...............
- Cargues du milieu.................................................
- Cargues de l’avant................................................. ;.
- Ours............................,.......................... i......
- Ecoute......................................... ».................; i
- Sufpente pour la vergue.............................................
- Eftrope de la poulie de driffe à trois rouets. ...............
- Eftrope de la poulie à deux rouets. ..........
- Longueur. Groffeur.
- Baux. de Bau,
- ï 0 X «4
- 2 î I 84.
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- DELA V O I L U R Ë.
- jSuiTE DÈS MANŒUVRES DU MaT d’ArTIMON.
- NOMS DES MANŒUVRES.
- 'Aiguillettes pour idem...........................
- Garant de palan de driffe. .......................
- Garant de palan d’amure...........................
- Sufpente pour la vergue....................
- Quarantenier pour envergure.............1........
- Ligne pour amarrage...................
- Ligne pour ralingue..............................
- Merlin pour ralingue.............................
- Merlin pour amarrage.............................
- Bittord pour fourrure............................
- Ralingue de fond.................................
- Ralingue de têtiere..........................
- Fit à voile......................................
- Voile d'Étai d? Artimon.
- Groffeur.
- i
- **
- 25>
- 1
- 1
- 14
- 312
- 3
- 2
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- de Ban.
- J.JZ.
- 1 s
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- Lignes.
- 16
- IO
- 5
- 5
- 10
- 12
- Itague ou draille............................
- Rides pour l’itague..........................
- Driffe.......................................
- Amure........................................
- Ecoute. .....................................
- Ralingue.....................................
- Têtiere......................................
- Vergue feche.
- Bras de vergue de fougue................
- Balancines... *. *............‘..............
- Mouftaches.............................
- Rides pour mouflaches........................
- Sufpente.....................................
- Perroquet de fougue.
- Haubans doubles..............................
- Rides pour haubans...........................
- Galhaubans doubles...........................
- Etai.........................................
- Rides pour les galhaubans....................
- Rides pour étai..............................
- Itague.......................................
- Driffe.......................................
- Batard de racage.............................
- Marchepied........ .........................
- Etriers......................................
- Bras.........................................
- Balancines...................................
- Ecoutes...........................
- Enflechures pour les deux cotés..............
- Cargue-points................................
- Cargue-fonds...........................
- Boulines.....................................
- 2 44 1
- 151
- 1
- 16S
- 1
- U6
- 1
- 151
- 1
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- 2 5 6
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- 268
- Pattes
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-
-
- DE L A VOILURE.
- Suite des Manœuvres du Mat d’Artim’oN;
- NOMS- DES MANŒUVRES. Longueur. Groffeur.
- Pattes de boulines 7 " lllll 1 1 ! ' piHfi i Baux. I de Bau. I
- Saifines } I I Hé I
- Eflrope de poulie A 4 X 3.4.0 I
- Ralingue A.. i Æ l I 6 8 I
- iTêtiere T 4 7 15 6 X
- Ligne pour rabans de vergue 8 1 8 8 #
- Ligne pour amarrage .
- Merlin pour ralingue
- Bitord pour fourrure 4 134 1
- Voile (Pétai de perroquet de fougue. Amure ,1
- Driffe i 0 1 X 16 I
- Calebas.. 2 X n 1 x16 I
- P.rnutfi 2 4 TFT ,1
- Ralincrne. » 1 7 1X6
- Têtiere 1 7 7
- Grand Mat. Pendeurs... 77..7. . 8 T i 18 8 -î- À. _î_ 7iT Mi rr + rfr
- Haubans doubles. 3 r
- Rides pour les haubans doubles k
- Cnlltpr d’étai . I 1 17X8 _Î__J L_ 48 1 108 III
- Etai. « ,. ^ 4
- ïîicipç d’étai 2 7 4SI 108 1 7
- Eaux étai , . . 4 A 1 i7i 8 ?
- Collier de faux étai . 2 r * I I X t
- Rides de faux étai 2 7 144
- Garant de caliorne .. ,. _ CL 8 \ K ’ 144 1
- Garant de candelettes 96 1
- Driffe à l’Angloife . . 0 ; 1X0 5
- Enflechures pour les deux côtés 9 5° 1 378 1
- Quenouillettes. 777 1
- Trelîngage fous la hune. . 8 Ci
- Gambes doubles pour la hune .. . y iîi 1 _
- Martinet pour l’araignée 8 1 3 x 1
- Rides pour l’araignée. 7 x 8 8 1
- Sufpente de palan d’étai . . S , O I x S g" l I ï
- Cartaheu pour étai ....... 2 4 S 1 '5 r 1 108 1 168 I
- Garant de palan d’étai. 1 5 6 1
- Garant de bredindin .. . 1 x 0 X
- Pendeurs pour idem 144 I
- Marche-pied pour la vergue % 2 - I 0 g . 1^
- Ride pour idem. * 1 z iog
- Etrier » t X xi 6 t
- Bras . ........ 4 5 1x0 . X t#
- Faux bras s 6 1 110 X
- Balancines >.. t.......... *. * IXO X IXO
- Ligne}.
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-
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-
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- DELA VOL LU RE,
- Suite des Manœuvres du grand ~Mat.
- NOMS DES MANŒUVRES.
- Ecoute.........................................
- Faulfe écoute..................................
- Ecouets en brefîin.............................
- Cargue-point...................................
- Cargue-fond....................................
- Cargue-bouline. ...............................
- Boulines.........................................
- Pattes pour boulines...........................
- Sufpente pour la vergue........................
- Herfe pour idem................................
- (a) Pantoquiere..................................
- Garant de palan d’amure........................
- Garant de palan de bouline.....................
- Garant de palan à fouet........................
- Garant de palan de roulis......................
- Garant de palan de bout de vergue..............
- Pendeurs pour idem.............................
- Pendeurs doubles 5pour palan du mât. ............
- Pendeurs de poulie de drille à l’Angloife......
- Ellrope de la poulie de drifTe fur vergue........
- Ellrope pour poulie d’écoute de hune...........
- Ellrope pour poulie fous vergue................
- 'Aiguillette pour idem.........................
- Quarantenier pour envergure............ .......
- Quarantenier pour amarrages....................
- Ralingue.......................................
- Têtiere........................................
- Ligne pour amarrage............................
- Ligne pour ralingue............................
- Merlin pour amarrage...........................
- Merlin pour ralingue...........................
- Bitord pour fourrure & amarrage................
- Bitord pour fourrure de ralingue...............
- Fil à voile. .................................
- Grande voile <Tétai.
- Draille........................................
- Ride pour la draille...........................
- Amure..........................................
- Drilfe.........................................
- Ecoute.........................................
- Ralingue.......................................
- Têtiere......................... ..............
- Bonnettes de grande voile. Hauban d’arc-boutant.........................
- Longueur. Grolfeur.
- Baux. de Bau.
- 6 84
- I
- 4 7 84
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- 6 X 110
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- Lignes.
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- (a) La pantoquiere haubans.
- a une longueur qu on détermine en multipliant les trois quarts de la largeur du vailfeau par le nombre des
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-
-
- DE LA VOILURE,
- Suite des Manœuvres du grand Mat»
- */
- NOMS DES MANŒUVRES.
- Amure. .........................................
- D rifle.........................................
- Ecoute....................................
- Balancine d’arc-boutant.........................
- Ralingue........................................
- ( Urand Hünier.
- Guindereffe.....................................
- Pendeurs doubles pour candelettes...............
- Haubans doubles.................................
- Ride pour hauban................................
- Galhaubans doubles..............................
- Etai............................................
- Ride pour l’étai................................
- Ride pour les galhaubans doubles................
- Faux galhaubans.................................
- Ride pour idem..................................
- Ride de faux étai............. „............
- Garant de candelettes.........................
- Itague double........*......-.....................
- Eftrope de poulie d’itague. ....................
- DriflTe.....».................................
- Fauffe drille...................................
- Batard de 'racage...............................
- Enflechures pour ces deux côtés...............
- Marche-pied pour la vergue. ................»...
- Ride pour idem..................................
- Etriers... .......................
- Bras............................................
- Faux bras. .....................................
- Balancines......................................
- Ecoutes...........................................
- Cargue-point....................................
- Cargue-fond.......................;..........
- Cargue-bouline..................................
- Bouline.........................................
- Pattes de bouline...............................
- Itague de palanquin de ris....................
- Palanquin de ris................................
- Garant de palanquin de ris......................
- Garant de palan de bouline..,...................
- Garant de palan de roulis. ...................».
- Saifine.........................................
- Eftrope de poulies..............................
- Quarantenier pour envergure.....................
- Quarantenier pour amarrage. ....................
- Ralingue pour les deux côtés....................
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- -ongueur. Grofleur.
- Baux. de Bau.
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-
-
- DE LA VOILURE.
- Suite des Manœuvres du grand Hunier.
- a*
- NOMS DES MANŒUVRES.
- Ralingue de fond.'....’......................
- ,Têtiere........-............ ...................
- Ligne pour amarrage..............................
- Ligne pour ralingue..............................
- Merlin pour ralingue.............................
- Bitord pour fourrure & amarrage..................
- Bitord pour fourrure de ralingue.................
- Voile d’étal du grand Hunier.
- Amure............................................
- Drille...........................................
- Ecoute...........................................
- Calebas..........................................
- Ralingue.......................................
- iTêtiere............r............................
- Bonnettes du grand Hunier.
- Amure...........................................
- Drille. .........................................
- Ecoute...........................................
- Ralingue.........................................
- Grand Perroquet.
- Haubans doubles..................................
- Ride pour idem...................................
- Galhaubans doubles...............................
- Ride pour idem...................................
- Etai.............................................
- Itague..................;........................
- Drifîe...........................................
- Batard de racage.................................
- Marche-pied......................................
- Bras.............................................
- Balancine...............<........................
- Cargue-point. ...................................
- Bouline..........................................
- Pattes de bouline................................
- Ralingue.........................................
- Têtiere..........................................
- Itague...........................................
- Rides............................................
- Ligne pour rabans d’envergure....................
- Ligne pour amarrage..............................
- Merlin pour amarrage.............................
- Bitord pour fourrure 8c amarrage.................
- Mat de Misaine.
- Pendeurs doubles pour caliorne...................
- Pendeurs doubles pour candelettes.................
- Haubans doubles.......................»..........
- Longueur. Groiïeur.
- Baux. de Bau.
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-
-
- DE LA VOILURE;
- Suite des Manœuvres du Mat de Misaine;
- NOMS DES MANŒUVRES.
- Longueur.
- Groffeur.
- Bide pour hauban..........................................
- Etai......................................................
- Bide pour étai................*...........................
- Faux étai..................................................
- Bide de faux étai.............. ........................
- Garant de caliorne........................................
- Garant de candelette....................... *.............
- Drille.....................................................
- Pendeurs de drille..............v..........................
- Bâtard de racage.....................................
- Calebas de racage..........................................
- Haie haut de racage........................................
- Enflechures pour les deux côtés............................
- Quenouillette..............................................
- Trelingage fous la hune. ..................................
- Gambes doubles. ..........................................
- Martinet pour la hune......................................
- Bide pour le martinet.............I........................
- Marche-pied................................................
- Bide pour idem......................... ^..................
- Etriers...................................................
- Bras. .....................................................
- Faux bras.................................................
- Bouline. ...............................................
- Balancine.................................................
- Ecoute............................................ ^......
- Faulfe écoute..............................................
- Ecouets...................................................
- Cargue-point..............................................
- Cargue-fond.......».......................................
- Cargue-bouline.............t...............................
- Patte de bouline..........................................
- Sufpente pour la vergue...................................
- Herfe pour idem...........................................
- Garant de palan d’amure..................................
- Garant de palan à fouet..................................
- Garant de palan de roulis............................
- Garant de palan de bout de vergue........................
- Pendeurs pour idem.......................................
- Etai de tangage...........................................
- Eftrope de la poulie de retour de Tétai du grand Mât de hune,
- Eftrope de poulie fur vergue pour driffe..................
- Eftrope pour poulie d’écoute de hune......................
- Eftrope pour poulie fous vergue...........................
- Aiguillette pour idem........'............................
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- DE LA VOILURE.
- Suite des Manœuvres du Mat de Misaine.
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- NOMS DES MANŒUVRES. Longueur. GroiTeur.
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- Lignes.
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- 2
- (a) La pantoejuicre a une largucur qu’on dé termine haubans.
- en multipliant les trois quarts de la largeur du vailTeau par le nombre des
- V
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-
-
- DE LÀ VOILURE
- - 3*
- Suite des Manœuvres du Mat de Misaine.
- NOMS DES MANŒUVRES,
- Cargue-bouline....................................
- Bouline...........................................
- Pattes de bouline...................................
- Itague de palanquin de ris. ......................
- Palanquin de ris....................................
- Palan de roulis. ..............................
- Saifine..............................*............
- Têtiere...........................................
- Ralinguepour les deux côtés....................
- Quarantenier pour envergure....................
- Quarantenier pour amarrage..........................
- Eftrope de poulie d’itague........................
- Bitord pour fourrure de ralingue de fond......____
- Bitord pour fourrure de ralingue..................
- Bitord pour fourrure & amarrage. .................
- Ligne pour amarrage. .............................
- Ligne pour ralingue,..............................
- Merlin pour amarrage................................
- Merlin pour ralingue..............................
- Vêtît Perroquet.
- Haubans doubles...................................
- Ride pour idem....................................
- Galhaubans doubles.................................
- Ride pour idem.....................,................
- Etai................................................
- Drille ...........................................
- Bâtard de racage..................................
- Marche-pied...................................
- Bras................................................
- Balancine...........................................
- Cargue-point........................................
- Bouline...........................................
- Pattes de bouline.................................
- Itague.........................................
- Ralingue............................................
- Têtiere.............................................
- Ligne pour envergure................................
- Ligne pour amarrage....................
- Bitord pour fourrure & amarrage.....................
- Merlin pour amarrage... *.......<
- Mat de Beaupré.
- Tire-veille double............... i.................
- Ride pour idem....................................
- Herfe pour la vergue..............................
- Marche-pied pour la vergue........................
- Ride pour idem..................
- Longueur. GroflTeur.
- Baux. de Bau.
- 4 î I % 04
- 4 i I I $ 6
- i 1
- z 1 5 6
- i r lii
- 6 1 jÿx
- 2 f t 777
- Z 1
- 3 7 19Z
- T 1 I
- 1 7 H6
- 2 f l I 7 x
- IO 1. 1 S8
- 20 I 748
- t I
- I 2- 8 +
- - * t9
- 2 I *160
- 27* :
- IOO
- 5
- 72
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- 1 7 S XÿZ
- X 1
- > 283
- 6 I
- I 68
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- 7 28 8
- 3 7 .. x 777
- 7 Z 777
- « I 140
- 1 I
- 163
- 5 I z 04
- 2 - 1
- 104
- 5 7 T,. 204
- 5 1 204
- 1 1
- i 140
- 7 X
- 1 z 15 6
- 2 i I
- ^ 4 168
- 7 I
- S 5 48
- 3
- 14
- 7 S
- 1
- I
- 2 - 108
- } I X 92
- 1 17
- z I7i 8
- 1 1 I
- 15 6
- 7 I
- t 548
- Lignes.
- IO
- IO
- IO
- IO
- 3?
- IO
- IO
- IO
- S
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-
-
-
- 3*
- DE LJ VOILURE.
- Suite des Manœuvres du Mat de Beaupré.
- NOMS DES MANŒUVRES. Longueur. GrolTeur.
- Etriers,. * ,., Baux. 1 de Bau. I
- Aiguillette pour l’herfe de la vergùè. 4 i 16S 1
- Garant de palan de bout ... % 2 ï X I 6 t X
- Mouftaches 1 S 6 _ 1...
- Ride pour mouftachès. 1 % 144 I .
- Bras . i Ml X
- Balancine ^....... 5 X 6 3 X
- Cargue-point. 3 * « * x<8 1
- Ecoute 2 2, 3 r o I x 6 S 1
- Cargue-fond 144 X
- Sous-barbe. 4 O 1 1
- (a) La première Liure. “* 4 96
- {F) La fécondé Liure
- Garde-corps pour l’éperon 1 I
- Ride pour idem, ... *........... . % X x 0 s X
- Ralingue 3 3 j i 96 2
- iTêtiere . -268 I
- Quarantenier pour envergure.. I ÿ 140 X
- Quarantenier pour amarrage ..... .it, , 43a. X
- Ligne pour amarrage » *........ 5 14 4} 1
- Ligne pour ralingue........................ . ...... ......... . *. ....
- Bitord pour fourrure de amarrage 1
- Bitord pour idem Sc idem. 7
- Bitord pour fourrure de ralingue I OO
- Merlin pour ralingue 5
- Fil à voile. . » 28 S S 2 1
- Voile dlétai du petit Hunier ou petit Foc. Drifle » I
- Calebas , Mi t
- Ecoute 191 X
- Grand Foc. Draille 4 r* I 103 X
- DrifTe. 5 4 108 X
- Calebas. 6 144 X
- Ecoute. * m X
- Amure 4 1 144 x
- Faux Foc. 4 144
- S 77
- 5 1 244
- 4 i I 6 8
- Bonnette en étui du grand Hunier. Drilfe , 3 î Tji
- Amure 144
- 5 ïT7
- Lignes.
- ÎO
- $
- S
- 10
- IO
- S
- a
- (a) La première Liure cft égale à la guinderefle du grand Mât de hune.
- (é) La fécondé Liure eft égale à la guinderelîe du petit Mât de hune.
- Ecoute
- p.32 - vue 35/88
-
-
-
- DE LA VOILURE-, 33
- Suite des Manœuvres du Mat de Beaupré.
- NOMS DES MANŒUVRES. Longueur Groffeur;
- Ecoute, i ........ Baux. 2 de Bau. I
- Driffe. . Bonnette en étui du petit Hunier. 2 < 1 I S 6 X
- 'Amure ;. J 1 % 4 i I ï 6 l
- Ecoute ............ *68 I
- Driffe du dedans Bonnette de Mifaine. de la voile. .................. 3 l 18° - i
- Driffe du dehors. 4 -T 3 i Mi I
- Amure , . . . .... ........ 1 Ji i
- Ecoute . J i I - Ht I
- Hauban du tangon Driffe. . . ..7. . 2 { 144 I
- Bonnette de grand Perroquet. 6 no i
- Amure. 6 - 104 I
- Frnnfp 2 io4 z
- Driffe.."..:...... 1 Amure Bonnette du petit Perroquet. > s h S i 3 4 T îl£ i 104 i
- Ecoute ^ ; 104 z
- Driffe . 7. 7 Bonnette de Perroquet de fougue. il 6 I Ig®
- Amure, 4 X igO
- Ecoute. * *. è a I 144
- NOMS DES MANŒUVRES.
- ANCRES.
- Un cable de grande touee........'..
- Un cable de fécondé touée.............
- Un cable de veille....................
- Un cable d’affourche....................
- Grelins............................• *
- ,Tourne-vire....................*.....
- Boffe-de-bout.........................
- Serre-bolTe...........................
- Boffe de la foffe aux cables----------
- Boffe à bouton........................
- Garant de capon.......................
- Breffin pour traverfer les ancres.....
- Cordage pour emboudinure................
- Garniture de bouée... .............
- Quarantenier pour emboudinure.........
- Quarantenier pour étalingure....*....
- Vieux cables pour fourrure............
- Longueur. Longueur. Groffeur.
- Brajfes. Baux. de Bau.
- I2Ü Z 14
- 120 Z *14
- 120 -i 14
- 120 \ z 1*4
- 120 z 48
- 7 i j_ 48
- 2 I 6 0
- 2 1 I
- 71
- I 7 X 6o
- • 2. 4 7i r 161
- S i I os
- % t" i i
- i 108 1 172
- 3 i ... I • 144
- i i I
- 96
- 2 { t
- 1 1 I
- * 1 15 i
- 120 1 _L *4
- moins uà pouce.
- I
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-
-
-
- 34
- DE LA VOILURE*
- Dimensions particulières des Manœuvres principales du Vaijjeau
- la Ville de Paris.
- Mât d’Artimon. Grand Mât. Mât de Mifaine. Beaupré. •
- NOMS DES MANŒUVRES.
- O g Longueur Groiïeur O Longueur GrofTeur £ O 3 Longueur CroiTeur Z O g Longueur Groffeur
- cr O en braffé. en pouce. 0 en brafTe. en pouce. cr en bralTe. en pouce. r 0 en brafle. en pouce.
- Haubans f 12 H7 20 29O IO 18 243 I 9 7 2 IO , 4 4
- Rides pour haubans I 2 78 37 20 I70 57 Il 8 I44 5 2 IO 2
- Pendeurs 2 11 2 2 9 IO 2 16 97
- Etal de tangage I *7 i°r
- Ride pour idem . I 17 47
- Etai 1 i8i 8- 2, 1 25 J7 I i*ï i<5
- Collier d’étai r.^ I 6 x 1 20 17 1 7 I<a
- Ride d’étai I 37 1 30 5 I 32 47
- Driiïe 1 66 57 2 180 1 57 2 160 57
- Ecoute I 43 37 2 108 6 2 100 57 2 7X 3
- Cargue î4 280
- Herfes pour idem 7 10 7 3
- Garant de candelette 2 76 l 37 2 120 3 l 2 120 47
- Breflin à traverser les ancres 1 *7 X 97
- Ources 2 40 1 37
- Breflin pour les Voiles 1 8 <5-1
- Martinet pour vergue 1 53 I 37
- Branche pour idem 3 6 3 -,
- Faux martinet. 1 42 4 'V
- Garant de palan de bout de civadiere. 1 $6 3
- Liures de beaupré (vieilles guinderejjes). 2 160 8
- Martinet pour hune ou araignée I 40 *7 1 48 1; I 38 *ï
- Ride de l’araignée I 6 1 7 1 6 1 i 4 I 5 ii
- Drofîe de racage I 40
- Palan d’amure 1 18 »? 2 44 I 44 ' 3
- Gambe de hune 8 5° 12 108 4 I 2 104 37
- Drifle de flamme i 17
- Bâtard de racage, i 9 47 1 48 5 | 1 44 47
- Enfléchure en quarantenier. 6 360 8j48o 7 420 Ij
- Rabans de voile en quarantenier 5 300 i1- X 7420 7 420 / li X 3 180
- Amarrage en quarantenier 4 240 i; 7420 7 420 lî 3 180 *ï
- Ligne d’amarrage 5 250 0 71 7 6 00 77L 9 450 0 71’ 4 200 7 K
- Merlin & luzin 20 2ûft 30^ 25ÎÈ 14*
- Bitord 3 5°ft 800^ 700^ 150^
- Fil à voile itt iîtt Ift
- Faux étai 1 25 10 1 16
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-
-
-
- 55
- DE LA VOILURE.
- Suite des Dimensions particulières des Manœuvres du Vaisseau la Ville de Paris.
- ca
- Mât d’Àrtimon. Grand Mât. Mât de Mifaine. Beaupré. t»
- NOMS DES MANŒUVRES. Z O 3 Longueur GrolTeut ? Longueur Groffeur 2; 0 3 Longueur Groffeur J" Longueur Groffeur
- S- en brafle. en police. P CT rt O en braffe. en pouce. n cr en braffe. en pouce. 8 en braffe. » en pouce.
- Herfe pour idem J 1 20 10 1 7 X 97
- Ride idem B I 87 X 5 7 1 8 47
- Ecouets en breflin 1 2 108 5 2 100 47
- Boulines 2 58 5 2 54 5 4 4
- Pattes A - 2 12 4-
- Bras 4 2 110 <T 2 1 4r 2 90 > 4 1 4 7 2 IOO 1 37
- Pendeurs de bras . 2 IO 2 10 1 57 2 9 5 2 8 î 3 7
- Faux bras ( vieux cordage.) 2 110 1 4 7
- Balancines 2 138 4 2 128 3 7 2 72 37
- Cargue-points 2 5,8 47 2 94 4 2 5° 2 J
- Cargue-fonds 2 64. 37 2 61 37 2 4^ 27
- Cargue-bouline 2 6z 3 7 2 60 37
- Haie-haut de racage I 39 *7 i 35 *;
- Calebas de racage I 30 il 1 31
- Garant de fufpente de palan d’étai... 2 140 I 47
- Sufpente de palan d’étai 2 32 X 77
- Garant de caliorne - i - 2 166 5 2 !56 47
- Cartaheu 2 86 i 37
- Bredindin I 1 3 7
- 'Herfe de bredindin I 6 <
- Marchepied » 2 11 5 2 *9 4 7 2 147 X 37
- Etriers IO 24 1 37 8 22 I 37 8 16 I 2 -
- Rides pour étriers I *7 I 2-7 1 *7 2 -4* 1 5 *ï
- 'Palan à fouet X
- ) - ^ 2 50 3 7 2 44 3
- Palan de bout de vergue 2 104 3 7 2 100 I 3 7
- Pendeurs pour Hem * 2 14 5 r 2 10 5
- Pantoquîere U *, I 5§ 2 7 I 54'
- Faux haubans ( vieux cordage ) 4 S* 9 r 4 52 97
- Herfe pour idem 2 8 9. 7 2 7 9
- Ride pour idem .. 4 5* 5 4 32 47 '
- Sufpente de vergue i 20 id 1 18 97
- Droffe : 2 20 8 2 19 8
- Garant 2 90 37 2 86 1 37
- Herfe 2 «r 9i 2 6 9 1 8 47.
- Aiguillete pour civadiere »... i 7 ij
- Tire-veille ...» 2 24 47
- Ride pour idem 2 12
- Barbe-Jean 2 20 «7
- Ride pour Barbe-Jean. »..*»** 2 20 37
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-
-
-
- 3<
- DE LA FOILVRE.
- Suite des Dimensions particulières des Manœuvres du Vaisseau la Ville de Paris.
- K O M S
- DES MANŒUVRES.
- Grand Hunier.
- Haubans.. »........
- Pendeurs. ...................
- Rides de haubans.............
- Etai,.................»......
- Rided’étai..............
- Fauxétai (vieux cordage'),. . ..
- Herfe pour idem............
- Ride pour idem...............
- -jGalhauban.. .„..............
- iRide pour idem...............
- (*) Guindereffe...........
- Driffe.....................
- Fauffe driffe...............
- Itague.......................
- Fauffe itague................
- Ihcoutes......
- iBoulines.....................
- iPattes.......................
- |Bras...................
- |Pendeurs de bras.............
- faux bras ( vieux cordage').....
- SjGalhaubans volans...........
- iBalancines. .........
- |Cargue-points. ..............
- !Cargue-fond. ----------------
- |Cargue-bouline.............-
- ÈGarant de palan de mât.......
- Marche-pied...................
- Etriers......................
- Ride. .......................
- Garant de palanquin de ris...
- Pendeurs pour idem..........
- Gambe de pendeurs...........
- îSaifine...............
- Garant de bouline...........
- Garant de palan de bouline...
- Garant de palan à fouet.....
- Bâtard de racage............
- Sufpente....................
- ,Quarantenier pour enfiéchure.
- Idem pour raban de voile....
- >dem pour amarrage..........
- Ligne d’amarrage............
- Herfe pour poulie d’étai....
- Bitord......................
- Merlin & luzin..............
- Fil voile...................
- I 2 2
- 1 2 I 1 I 1 I 6 6 i i i i
- 1
- 2 2 G 2
- 4
- 6
- 2
- 1
- 1
- 2
- I
- G
- G
- G
- IQ
- Longueur-
- eribrafle.
- H 9 12 78
- 31 26 22
- 3
- 1G 150 41 92 224 128 28 28 84 84 2 G 114 10
- 5°
- 11G
- liG
- 86
- 84
- 80
- H
- 18
- 11G 18 18
- 60
- 25
- 26
- 44
- 28
- 3 80 3 80 3 80 500
- Grofleur en pouce,
- G G
- 37
- si
- 1
- 37
- G
- ï
- 4r 3
- *7 3 7
- 8 r
- Petit Hunier.
- 12 2 1 o 1 1 1
- 1
- 6
- G
- 1
- 2
- 37
- 3 ï
- «ï
- 4
- 3
- 37
- 3
- 37 4
- 6^ x
- 3
- 37
- 3
- 37
- 1
- .31 3Î
- 3 r
- X
- 3 7
- 2-
- 4
- 3 3
- 1
- 37 3
- I
- 3 7
- I r I G
- 5
- IT I 5
- yk'gjjio 1
- 1b 9
- 500
- 25
- Longueur en braffe.
- I44
- 11
- 7*
- 29
- 22
- 28 ;
- G , 144
- 3^
- 88
- 11G
- 16
- 78
- 78
- 21 96 8 » 96
- 48
- 112 11 2 82 80 76
- 1G
- 112
- 16
- 18
- 52
- 2 G
- 360
- 300
- 300
- 500
- 3
- jlb ^
- Grofleur en pouce.
- 57
- 57
- 3
- 8
- 3
- ' 1
- 57
- 3
- 6
- 3
- G
- 3 7
- H
- 7 7 37
- 1
- 37
- Z
- 37
- 4
- I
- 3 7 G
- 37 3 7
- I
- 3 7
- I
- 37
- 1
- x 7 1
- - ^ 5 X
- x 7
- 2
- *7
- 37
- x 7
- 2 4
- Perroquet
- de Fougue.
- 3 7
- «ï
- ii
- 7 lig
- 1
- 4 7 1b
- 45°
- 24
- ilb
- Longueur en braffe.
- 88
- 48
- H G
- 74
- 22
- 39
- 68
- 18
- 64
- 6
- 72
- G
- 76
- 76
- 56
- 54^
- 11
- 12
- 180 120 2 120 4*200
- G ro fleur en pouce.
- I
- 37
- Z
- Z
- 47 2 4
- 37
- 2
- 1
- 47
- 1
- Z 7
- Grand
- Perroquet.
- 47
- »?
- 5
- i;
- 2
- 2
- 3
- i4
- I
- 1
- I
- 7%
- 12 5
- 1b
- Longueur en braffe
- 43
- 30
- 32
- 126
- 20
- 64
- H
- 116
- 96
- 8
- 106
- 6
- 5°
- 106
- 10
- G
- 4*200
- 4 200
- 1 8 irfe
- Grofleur en pouce.
- 3 7
- 37
- *7
- 1
- 37
- 3
- 3.7
- 1
- 3 4
- z
- x 7
- Z
- 27
- Z
- 1 7
- 2 4
- *7
- z 4
- Petit Perroquet,
- 1 -
- 2 r
- 7% 7 Kg-
- 200
- 25
- 1b
- 1b
- Longueur en braffe
- 40
- 30 3*
- Grofleur en pouce,
- Vergue deFougue.
- I 22 20
- 60
- *3
- 112
- 88
- 6
- 98
- 5
- 46
- 98
- 97
- G
- 1J°
- i5o
- I -7
- 37
- 37
- 14
- 3 7
- 3
- 2
- 2
- 1
- 2 r
- *7
- 14
- 150
- 10
- 71,'g 7 Kg-1b
- 1b
- tongueur en braffe.
- Gr<'ir en
- IO
- 12
- 7*
- 7
- 72
- 11
- M
- 10
- 6
- (*) Les Limes de beaupré fc foot avec de vieilles guiaderefles,
- p.36 - vue 39/88
-
-
-
- 37.
- DE LA VOILURE.
- \
- Suite des Dimensions particulières des Manœuvres principales du Vaisseau la Ville de Paris.
- Voile d’étai Voile d’étai de Voile d’étai de V oile d’étai Voile d’étai Voile d’étai de n 1 1 Contre- voile
- 0 M s de grand Mât. grand Hunier. petit Hunier. de grand Perroquet. d’Artimon. r erroquet de Fougue. d’étai.
- des 1
- \1a*®üVRES* 2 c 3 Longueur GrofTeur Z O 3 U* Longueur GrofTeur Z O 3 O- Longueur GrofTeur Z Q B sr Longueur GrofTeur Z 0 3 cr Longueur ] GrofTeur Z 0 3 cr Longueur GrofTeur Z 0 ' 5 Longueur GrofTeur
- i-t CD en brafle. en pouce. Ci en brafle. en pouce. 0 en brafTe. en pouce. r? en brafTe. en pouce. ci en brafTe. en pouce 0 en brafTe. en pouce. c& en brafTe. en pouce.
- Ïtague I 14 5 1 M I 3 7 I H 3; , IO , i ? 4
- flide- I G *7 1 G I I 7 I 5 1 r 1 7 1
- Drifle 1 3* 2~i 1 45 9 2ï 1 40 *7 1 40 1 24 *ï 1 34 I 4 G
- pcoute I 9 3 7 I 36 27 I *4 3 7 1 24 X 1 8 3 i 1 H 1 1 }G
- Amure I 4 3 ï 1 G >; I 3 *7 1 3 I G i;
- Cale-bas... .1 ! 1 10 I f 1 14 I 1 1G I 20 1;
- Foc.
- z
- g jLongueur en bralTe
- Go
- 40
- GrofTeurjj -n pouce.
- M AN (EU F RÈS £>ES AnCRES ET bü G OV'VERN À î £.
- Ü OMS DES MANŒUVRES.
- Cables. Idem.. . Idem. . . Grelins. Idem...
- Aufliere. ...........................
- Tourne - vire........................
- ïtague de gouvernail. ................
- Bofle de bout......................
- Serre-bofle. ........................
- Garant de capou»....................
- Grelin pour orins. .............. ».. *
- Bofle pour le pont.................
- Faufle bofle pour la fofle aux cables......
- Emboudinure ( en vieux cordage ). .......
- Haubans de porte-lof. ...............
- Sauve-garde de gouvernail......
- Quarantenier pour amarrage.........
- Petite fauve-garde pour les chaînes..
- Ligne d’amarrage. ...................
- Hfcy.jaBiBnaan'iigHi
- ! 1.1.1 'ilULll'.» 1* ••• il* • *
- 2
- 2
- 1
- 2 2 2 8 •>
- 1
- 12 6
- 4
- 1
- 2 2 2
- Longueur en brafTe. GrofTeur ! enpouce.|
- 3 Go I 1 2 3 7 1 1 i
- 240 2 2 - ;
- 120 2 ï |
- 240 12
- 240 I I
- 120 Io
- 128 1 1 i !
- Go 1 *
- 44 i°i S
- 112 G~ i
- f i
- 130 5 4 i
- ï 20 8 - i
- 3^ 97
- 48 200^
- 24 I 3 r
- 14 1 77
- 120
- iG 67
- 100 7
- K
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-
-
-
- DE LA VOILURE.
- Etat des Poulies oui font,partie du gréement d’un Va'tJJeau de guerre.
- te.u.
- te. R.
- Kg. O.
- Fig. V.
- Fig. b.
- Fig- Q-
- Fig. H.
- NOMS DES POULIES.
- Moque à coeur pour le grand étai...
- Moque d’étai à cœur, dont une à deux goujures pour étai de mifaine...,
- Idem, pour étai d’artimon. .... •.
- Idem, pour grand faux étai........
- Idem, dont une à deux goujures pour faux étai de mifaine...............
- Poulies de caliorne à trois rouets, dont deux à deux goujures pour grande driflfe & pendeurs de grand mât. ................................
- Poulies de caliorne à trois rouets, dont deux à deux goujures pour drilfe de mifaine & pendeurs de mât...
- Poulies de caliorne à deux rouets pour le grand mât........................
- Poulies à deux rouets pour le mât de mifaine. ..........................
- Poulies de palan pour candelette de mifaine & palans de charge..........
- Idem, pour candelette du grand mât. Idem, pour candelette d’artimon. .. Poulie fimple pour étai du grand
- hunier...........................
- Poulie de fous - vergue de grande
- vergue à deux goujures...........
- Poulies de fous-vergue de mifaine à
- deux goujures..................-
- Poulies d’écoute de hune..........
- Poulies idem de mifaine..........
- Poulies d’écoute pour le perroquet de
- fougue.........................
- Caps-de-mouton petits & grands...
- Poulies longues à deux rouets pour étai du grand hunier.......
- Idem ,pour faux étai du grand hunier.. Idem p pour étai du jpetit hunier......
- Remarques relatives aux Efiropes des differentes Poulies.
- Le bout de l’étai embraffe le contour d’une de ces moques, en fuivant une rainure pratiquée dans le fens de Ton épaiffeur, & fon extrémité revient éionger l’étai avec lequel elle eft réunie par plufieurs amarrages. La fécondé moque eu embraffée par le collier d’étai.
- Le bout de l’étai de mifaine forme Peftirope d’une de ces moques , & la fécondé moque a pour eftrope une double herfe, qui, *rrès avoir embraffé étroitement fon contour , forme à l’extrémité de la poulie deux larges oeillets, par le moyen defquels cette moque eft aiguilletée fous le beaupré.
- Une de ees moques a une herfe double terminée par deux longs œillets qui fervent à lui faire embrafler le contour du grand mât, & ces œillets font liés enfemble à l’avant de ce mât par une aiguillette. L’autre moque a le bout de l’étai pour eftrope.
- Ces moques font établies comme celles des étais.
- Celles à pendeurs ©nt une feule goujure ; leur eftrope eft un fimple cordage fourré, qui eft affez long pour former au deflus de la poulie une longue queue, dont l’extrémité porte une cofle de fer : c’eft à l’aide de cette cofle qu’on aiguillette ces poulies autour du ton du mât. Les poulies correfpondantes à ces premières, font faites 6 pour être aiguilletées autour de la vergue : c’eft à cet effet qu’elles ont deux goujures , & qUe leur eftrope eft une herfe double terminée par deux longs œillets. Les deux poulies de caliorne n’ont qu’une goujure , & leur eftrope fimple porte à fon extrémité une cofle qui fert à aiguilleter chaque poulie à chaque pendeur.
- Eftropées comme celles du grand mât, qui font deftinées aux mêmes ufages.
- Elles n’ont qu’une goujure ; leur eftrope çft une herfe longue * dont l’extrémité porte un croc.
- Comme les précédentes.
- La caifle de ces poulies eft longue, & renferme deux rouets placés à k fuite l’un de l’autre ; les unes ont une eftrope terminée par un œillet, tandis que l’extrémité de l’herfe dans les autres poulies eft armée d’un croc.
- 41
- Comme les précédentes.
- 78
- Elle a deux goujures & une herfe double j elle eft aiguilletée autour du ton du mât de mifaine.
- L’eftrope eft une herfe double terminée par deux œillets 5 elles font aiguilletées autour de la vergue.
- Pareilles à celles de grande vergue.
- Leur nom eft: auflï poulies de bout de vergue. La même caifle renferme deux rouets, dont les plans font placés perpendiculairement l’un à l’autre. L’eftrope n’embraffe pas toute la longueur de la poulie j mais elle paffe dans un trou pratiqué entre les deux rouets, & elle eft terminée par un œillet qui fert à capeler chacune de Ces poulies à chaque bout de la vergue.
- Celles-ci font femblables aux précédentes.
- Les extrémités des haubans ou des bandes de fer, forment les cftropes des capside-mouton.
- L’eftrope de| l’une eft: terminée par un œillet qui porte une cofle, 8c elle eft aiguilletée à l’étai ; l’autre poulie a une eftrope armée d’un croc qui s’accroche dans un piton placé fur le gaillard d’a* vant. Cet afl'emblage de poulies, ou ce palan, fert à rider l’étai.
- *
- Idem.
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-
-
-
- DE LA VOILURE,
- Suite de l’État des Poulies»
- $9
- Fig. d.
- Fig. e. Fig. K.
- 1 f
- Fig. h.
- Tig. B.
- Fig. 48*.
- \
- NOMS DES POULIES.
- Poulie pour le perroquet de fougue.
- Poulies de cap on ferrées à croc à trois
- rouets...........................
- Poulies de guinderefle ferrées à croc
- pour grand hunier................
- Idem, pour le petit hunier. ........
- Idem, pour le perroquet de fougue... Poulies Amples à deux goujures, dont deux plates pour itague de grand
- hunier.........................
- Poulies Amples à deux goujures, dont deux plates pour le petit hunier. ..
- Idem, à deux goujures, dont une plate
- pour le perroquet de fougue.......
- Poulie Ample à deux goujures pour fufpente de vergue feche............
- Pouhe à canon à deux goujures pour écoute de perroquet de fougue.... Pouhe Ample pour faux étai du grand
- hunier,...........................
- Idem, pour faux étai du petit hunièr. Poulies doubles à palan pour drifles
- des deux huniers. ......,.........
- Idem^ double pour drifle du perroquet
- de fougue........................
- Idem7 Ample pour idem...............
- Poulies doubles de palan.........
- Poulies longues à deux trous & un rouet.................... —.........
- Poulies Amples pour retour de cande-
- lettes du grand mât..............
- Poulies idem pour retour de candelette
- d’artimon........................
- Poulie double à palan pour le palan de bout de civadiere..................
- Poulie Ample pour idem..............
- Poulies Amples pour retour des driffes des deux huniers..................
- Idem, pour retour de la drifle de perroquet de fougue................
- Idem, Ample pourpendeurs de bras des deux huniers........................
- Idem^ pour pendeurs de bras de la vergue de civadiere.................
- Idem, pour pendeurs de bras de vergue feche. .............................
- Idem^ pour pendeurs de bras de perroquet de fougue. ..................
- Rem arque s relatives aux EJlropes des différentes Poulies.
- L’eftrope eft «ne herfe fini pie qui, après avoir embratfe la poulie, fe divife en deux branches fimples, dont chacune eft terminée par un petit œillet. Ces branches font deftinées à entourer le grand mât, à l’avant duquel elles font aiguilletées.
- L’eftropede chacune eft une bande de fer, armée d’un grand
- croc.
- 2 L Le croc de ces poulies eft deftiné à être accroché à un piton placé 2 f fous le chôuquet.
- Les deux goujures annoncent une herfe double ; elle eft terminée par de.ux œillets j les poulies plates font capelées au mât, & les autres font aiguilletées fur la vergue.
- Idem.
- L’herfe eft double , & a deux œillets qui fervent à raiguilleter fur la vergue.
- I > L’eftrope fimple eft terminée par deux branches féparées dont .les extrémités ont chacune un œillet.
- 1 J
- L’herfe fimple des unes porte à fon extrémité une code pour être aiguilletée à l’itague i l’herfe des autres poulies eft armée, d’un croc.
- L’eftrope fimple eft terminée par un œillet qui fert à l’amarrage de l’itague.
- L’cçïllet de l’eftrope fimple porte une code fuivic d’un croc,
- L’eftrope fimple eft terminée par un œillet.
- Les trous font placés aux extrémités de chaque poulie ; l’un fert pour recevoir le dormant de la balancine , & l’autre fert au paifage de l’herfe qui porte une colfe, afin que la poulie puilfe être aiguil-ietée autour du ton du mât.
- L’eftrope fimple porte une code , & un croc au bout de l’œillet "qui la termine.
- L’eftrope fimple porte au bout de l’œillet qu’elle forme > Une code, avec un croc qui eft deftiné à être accroché aux pitons placés au bout du beaupré.
- L’eftrope fimple fe divife au delà de la poulie en deux branches, terminées chacune par un œillet, Ces branches embradent la vergue.
- L’eftrope çft fimple, 3c forme tin œillet à l’extrémité de la poulie.
- 4
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-
-
- .4®
- DE LA VOILURE.
- •Suite de i’État des Podiiis.
- Fig. C.
- Fig. A.
- Tig.R
- fig. x.
- 18.
- Vig. f.
- NOMS DES POULIES.
- Poulies fimples de cargue-point pour les deux huniers..............
- Idem0 pour cargue-fond & cargue-bou-line............................
- Poulies fimples pour bras de mifaine. Poulies de cargue - fond à deux rouets,
- Poulies fimples de diverfes grandeurs.
- Poulies pour caliorne à trois rouets pour cargue d’artimon..............
- Poulie à deux rouets pour drifie de vergue d’artimon....................
- Poulies fimples pour retour de guinde-refies...............................
- Idem, fimples pour balancines de civa-diere..................* • ..........
- Idem 9 pour cargue-point de civadiere.
- Idem^ pour cargue-fond de civadiere. Poulies à têtes de moines»... »....
- Râteliers à huit rouets. - - ...T....
- Poulies à canon pour palan de bout de vergue..............................
- Idem, fimples pour idem..............
- Poulies à canon-pour drifie de grande
- vergue......................»...
- Poulies fimples.................
- Poulies fimples pour targue d’artimon..........................
- Poulies fimples de retour.......
- Idem, pour idem. . ......• •....
- Poulies doubles à palan pour palan de dimanches............
- Idem, fimple pour idem.......
- Poulies fimples pour retour de bras de grand hunier.. »...............
- Idem , fimples pour bouline de grand hunier dans la hune de mifaine....
- Poulies à canon pour itague de palanquin de ris. .........................
- Remarques relatives aux E(tropes des différentes Poulies.
- Celles qui font amarrées fur la vergue , ont une herfe fimple qui fe divife en deux branches terminées chacune par un oeillet ; l’herfe de la poulie du point de la voile eft fimple, 8c forme un œillet.
- Quatre de ces poulies ont une herfe à deux branches j les autres ont une eftrçpe terminée par un œillet,
- Leftrope eft fimple avec un œillet.
- On les nomme auffi galoches. Leurs rouets font à la fuite l’un de l’autre-dans deux cailles qui fe tiennent, & leurs plans font refpe&ivement perpendiculaires l’un à l’autre. Ces poulies font fans eftropes j elles fervent aux baffes voiles.
- L’eftrope eft-fimple, Sc terminée par un œillet.
- Idem»
- Cette poulie a deux goujures , & une herfe double terminée par deux œillets.
- L’œillet de l’eftrope fimple porte une colle.
- 4
- 20
- loi I lj I 2
- L’eftrope fimple a un œillet.
- Deux de ces poulies ont chacune une eftrope fimple qui fe partage en deux branches, & l’eftrope de chacune des deux autres eft terminée par un oeillet.
- Eftrope fimple à oeillet.
- L’eftrope eft une herfe fimple qui fe partage ên deux branches terminées chacune par un eul-de porc. Ces branches traverfent la calottepar des trous qui y font pratiqués , & em bradent le conteur de la poulie.
- Ils font amarrés fiir les liüres de beaupré , & leurs extrémités, font auffi fiées .par des amarrages qui palfent par-delfus ôc par-delfous le mât.
- L’eftrope fimple forme un œillet au boüt de la poulie.
- L’œillet de l’eftrope porte ici une cblfe 8c un croc, & ces poulies fervent à accrocher la chaloupe d’un vaifleau lerfqu’on veut la mettre à la mer ou à bord.
- Deux de ces poulies ont une eftrope à œillet , lés autres ont de plus un croc.
- L’eftrope eft à œillet ; mais plusieurs, telles que les poulies de retour dans-les palans , font armées d’un croc fuivant leurs ufages.
- L’eftrope fimple eft terminée par un œillet.
- L’eftrope à fouet eft une herfe fimple terminée 'par une petite boucle, dans laquelle on parte un bout de corde d’une certaine longueur, qui eft enfuite treflee, & qui forme auflï une queue ou un fouet, à l’aide duquel on attache aifément ces poulies , en faifant faire plufieüts tours à ce fouet autour de Ikibjet qui doit foutenir les poulies.
- Eftrope à œillet & à croc.
- Eftrope à œillet fimple.
- Idem.
- Idem
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- DE LA VOILURE.
- 41
- Suite de l’État des Poulies.
- Figure B.
- Idem , (impies pour idem. Idem 9 pour les retours..
- Poulies de caliorne à trois rouets pour brayet.................................
- Idem, à deux rouets.
- Poulies (impies pour retour.......• •
- Poulies (impies pour grandes écoutes & amures............................
- Idem , pour idem de mifaine. Idem, pour fauffe amure...
- Idem ^ pour retour des driffes de grande vergue d’artimon Si caliorne de
- grand mât. ...................
- Idem, pour drille de mifaine Si caliorne..........................<
- 4
- Remarques relatives aux Efiropes des differentes Poulies,
- Leur eftrope fimple porte un r t Nota Ces huit poulies font rempla-croc & une colTe. l c^cs ’ ^uivant îa méthode actuelle , par
- 1 un alTemblage de galoches tournantes, < placées verticalement entre deux plari-
- L’eftrope eft fimple avec unjcl\es de tha^e
- ... 1 1 f mat. Ces galoches font au /ombre de
- œi1 et* ^ 11 ou if. Voyez Eig. *4.
- L’œillet de l’herfe fimple porte une colle. Le brayet eft un cordage qui pafie fous le pied du mât de hune, & qui fert à foutenir z fon poids lorfqu’on le guindé.
- L’œillet de l’herfe fimple porte une colfe & un croc.
- Idem, pour retour de palans de charge Si candelettes de mifaine..........
- Idem.
- Fig. Y.
- Fig* D.
- Poulie de caliorne à trois rouets pour étai de tangage...................
- Idem , à deux rouets.............. - -
- Poulies à canon......................
- Poulies (impies. *........ ........
- *>•
- Poulie coupée pour bouLûe. ....
- Poulies (impies pour retour.........
- Cabülots, .......................
- d '
- I
- ^ Deux de ces poulies ont une herfe fimple qui a deux branches terminées chacune par un cul-de-porc & réunies enfemble. L’herfe {des autres poulies a une longue queue qui porte une colfe. Celles-ci Vfont aiguilletées chacune à un piton en dehors du vailfeau.
- 4;
- La même herfe fert à eftroper ces deux poulies ; cette herfe palfe au travers de la guibre du vailfeau où elle eft folidement attachée,
- L’eftrope des unes a un oeillet qui porte une colfe , & l’œillet de l’eftrope des autres a une colfe & un croc.
- Idem
- 44
- L’œillet fimple de l’eftrope porte un croc.
- L’eftrope eft fimple, & terminée par un œillet avec une cofle.
- L’eftrope a deux branches qui font aiguilletées fur Tétai de tangage.
- L’eftrope fimple a un œillet qui porte Un croc.
- L’herfe pafle dans un trou qui eft à la tête de la caifle , & la poulie eft attachée au collier du grand ctai.
- . L’eftrope eft fimple & a un œillet»
- Sans eftrope.
- 1
- t
- »
- I
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-
-
-
- DE LA
- Dimensions de diverfes 'Ancres , réglées d’apres leur poids.
- Epaisseur
- du carré du
- bras à la
- nai (Tance
- du bec.
- . pouc. iig-
- 3 4
- 3 3
- 3 2
- 3 2
- 3 I
- 3 O
- 2 11
- 2 IO
- 2 IO
- 2 9
- 2 8
- 2 7
- 2 G
- 2 G
- 2 5
- 2 4
- 2 3
- 2 2
- 2 I
- 2 O
- I I I
- I 10
- I 9
- 8
- I 7
- I 6
- I 5
- I ' I 3
- WBnBBKB90BS9t9SB2MKR
- ftî
- b
- O
- Longueur| Dimensions Dimensions
- POIDS des Ancres. totale de ' chaque Ancre. de la ve coL Largeur. ;rge au let. Epaiffeur. de la ver de la c Largeur. ge près ulaffe, Epaiffeur, Longueur de la cu- lalfe.
- piés. pouc. pouc. iig- pouc. üg. pouc. üg pouc. iig. piés. pouc.
- 7000 ^ iG 0 I 2 O 8 6 6 O G 0 3 8
- G 500 , 8 I I 7 8 ? 9 5 10 2 11
- Go 00 *5 4 I I 2 8 1 7 G 5 9 2 10
- 5800 *5 3 11 0 8 1 7 4 5 S 2 9
- 560Q *5 2 10 10 8 0 7 2 5 8 2 9
- 5400 n 0 IO 8 7 11 ! 7 1 5 7 2 8
- 5200 14 10 IO 6 7 10 j 7 0 5 7 2 8
- 5000 H 8 10 5 7 9 11 5 G 2. 7
- 4800 H 5 I O 2 7 8 <5 9 5 5* 1 7
- 4609. H 2 IO 0 7 8 7 5 5 2 7
- 4409 13 11 9 i° 7 7 6 6 5 4 2 6
- 4200 13 8 9 8 7 7 S 6 5 5 4 2 6
- 40QQ W 6 9 6 7 $ 4 5 ? S
- 3 SoQ H 3 9 4 7 4 6 T ? 5 2 2 5
- 36QO ï3 0 9 2 7 2 6 1 5 2 1 4
- 3400 12 ' 8 8 11 7 0 5 i 1 5 1 2 4
- 3200 iz 4 8 8 6 10 5 9 5 0 2 3
- 3000 12 0 8 5 6 8 7 5 0 2 2
- 2800 11 10 8 3 $ | 5 6 4 11 2 2
- zGoo 11 8 8 Q 6 4 5 5 4 9 2 1
- 2400 11 6 7 9 6 2 5 4 4 7 2 1
- 22.00 I 1 3 7 6 é? 0 5 2 4 5 2 0
- 2000 11 0 7 5 5 10 5 0 4 3 I 11
- l800 \ I<jOQ 1Q 7 11 5 8 4 9 4 0 I iq
- 10 2 7 5 6 ! ^ 6 3 9 I 9
- I4OQ 9 9 6 3 5 4 j ^ 3 3 6 I 8
- I 2QO 9 4 5 11 5 2 4 0 3 4 I 7
- IOOO 9 0 5 7 5 1 S 3 9 3 2 j 1 6
- Largeur & épailfeur des tourillons. DIAMETRE du trou où ? a(Te l’organeau. Distance du trou de l’organeau à la tète de la culafTe, Epaisseur dçla tête de la eu! a (Te, Largeur de la tête de la culaffe. DIAMETRE intérieur de l’organeau. Diametrs de la grof- feur de l’or ganeau.
- pouc. Üg- pouc. iig. pouc. üg- pouc. Üg- pouc. üg- pouc. üg- pouc. iig.
- 2 8 3 9 3 10 G O 8 I I 25 I 3 4
- 2 7 3 8 3 9 5 IO 8 6 24 6 3 3
- 2 3 7 3 8 5 9 8 1 23 9 3 2
- 2 3 7 * ? 8 5 8 7 11 23 4 3 2
- 2 £ 3 6 3 7 S 8 7 9 23 1 3 1
- 2 5 3 6 3 7 5 7 7 8 22 10 3 1
- 2 5 3 5 3 6 5 7 7 7 22 7 3 0
- 2 4 3 5 3 (? 5 6 7 6 22 4 3 0
- 2 4 3 4 3 5 5 5 7 4 22 0 2 11
- 2 3 3 3 3 5 5 5 7 2. 21 9 2 11
- 2 3 3 2 3 4 5 4 7 0 21 2 10
- 2 2 3 2 3 4 5 4 6 10 21 3 2 10
- 2 2- 3 1 3 3 5 3 6 8 21 0 2 10
- 2 I 3 1 3 3 5 2 é> 7 20 6 2 9
- 2 I 3 0 3 2 5 2 6 6 20 1 2 8
- 2 O 2 11 3 2 5 1 G 5 l9 8 2 7
- I II 2 10 3 1 5 0 6 4 l9 3 2 6
- I 10 2 10 3 1 5 0 G 4 18 10 2 • 6
- I IO 2 9 3 0 4 11 6 3 18 5 2 5
- I 9 2 8 2 11 4 9 G 2 18 0 2 5
- I 9 2 7 2 10 4 7 G 0 *7 7* 2 4
- I 8 2 7 2 9 4 5 5 10 17 2 • 2 4
- I 7 2 <5 2 8. 4 3 5 8 1 <5 9 2 3
- I 7 2 5 i 7 4 0 5 4 iG 0 2 2
- I 6 2 4 2 6 3 9 5 Q 1 5 3 2 1
- I J 2 3 2 5 3 6 4 8 H f 1 11
- I 4 2 1 2 4 3 4 4 5 *3 10 1 10
- I 3 1 10 2 3 3 2 4 2 13 2 1 9
- Longueur de l’organeau.
- Longueur! de chaque bras, me-1 jJu kras au furée en li-j gne droite j depuis le bec jufqu’à] l’encolure. | Largeur
- pies. pouc>
- 7 7 7 7 7
- 6 il
- G io G 9
- piés. pouc. pouc.
- G 0 12
- 5 10 I I
- 5 8 11
- 5 8 I I
- J 7 IO
- j * IO
- 5 5 10
- 5 4 IO
- 5 4 IO
- 5 3 IO
- 5 2 9
- 5 1 9
- 5 0 9
- 4 ic 9
- 4 9 9
- 4 8 8
- 4 7 S
- 4 <a - 8
- Longueur .Longueur de chaque jdu bouc du
- bec.
- G o 5 io
- 5
- 5 4 5 3
- 5
- 5
- 5
- 5
- 5
- 5
- 4
- 4
- 4
- 4
- 4
- 4
- 4
- 4
- 4
- 4
- 3 *1 ? 9
- bec.
- pouc. Iig
- 3 °
- 2 11 2 IO 2 IO 2 IO 2 c,
- Epaisseur du bout du bec.
- pouc. Iig O IO O O O O O O
- III I IO
- 1 9
- i 7 1 5 i 3
- o 7 o 7 o 7
- O 7
- O
- O
- O ‘
- O
- O
- O
- o
- o
- o
- o
- o
- o
- o
- o
- o
- o
- o
- asTOHwiriiUTni
- nrorm—«ürinri 11,1i1""1" iT^«~«»T'i«nnrwpw.
- Longueur de la patte, La plus grande lar- Epaisseur] 1 de la patte au milieu
- non com- geur de la de la plus
- pris le bec. pâtre grande lar-
- snRnBRÜ^ geur _
- pouc. üg. pouc. Üg pouc. iig.
- 37 0 33 O 2 8
- >6 2 3 2 3 2 7
- 55 4 3 1 6 2 G
- 35 4 51 3 ‘ 2 6
- 55 4 31 0 2 G
- 34 6 3° 8 2 5
- 54 6 30 4 2 5
- 33 8 3° 0 2 4
- 3 3 8 29 9 2 4
- 3 2 9 29 (5 2 3
- 32 9 29 2 2 3
- $ 1 10 28 10 2 2
- 51 q 28 6 2 2
- 30 0 28 3 2 2
- 30 0 28 0 Z 2
- 3° 0 27 8 Z 1
- 25) 3 27 4 Z 1
- 3 27 0 Z 0
- 3 2(5 4 Z 0
- 2? 4 2S 8 I 11
- *7 5 • 25 0 I 10
- 2 G 5 14 3 I 9
- 25 9 23 6 I 8
- 23 10 22 3 I 8
- 21 11 21 0 I 7
- 11 0 19 9 I 6
- 20 1 18 (5 I 5
- 19 3 17 3 I 4
- égale des côtés de la patte.
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- D E L A V O IL U RE. 43
- Article IL
- Jufqu’à préfent, nous ne nous fommes occupés qu’à accumuler fur un vaiffeau tous les moyens propres à la communication du mouvement ; & le vaiffeau a reçu tout cet appareil, en confervant l’immobilité la plus parfaite. Maintenant il efl à propos de préfenter ces moyens en adion , & d’expofer comment, avec le fecours d’un vent favorable, ils fervent, foit à diriger un vaiffeau fur une route déterminée , foit à lui faire faire les mouvemens 8c les évolutions néceffaires, foit enfin à lui donner toutes les fituations que le vent, la mer 8c les cir-conffances peuvent exiger.
- Mon deffein n’eft pas de détailler toutes les manœuvres qu’on ” peut faire à la mer. La force du vent éprouve des variations fi grandes , la fiabilité de chaque bâtiment efl fi différente , l’état de la mer efl fi variable, 8c les vaiffeaux ont des formes fi diffemblables qu’on ne peut préfenter ici que quelques réglés générales de manoeuvres. Les com-binaifons particulières font trop nombreufes 8c dépendent trop du moment, pour qu’ici je puiffe ôc doive les parcourir. L’expérience 8c des connoif-fances étendues , foit en phyfique, foit en mécanique, doivent diriger un Manœuvrier, 8c lui faire affortir aux circonflances particulières l’application des réglés générales de manœuvres. Je me bornerai donc à parler de ces préceptes généraux, parce que d’ailleurs ils fuffifent au plan que je me fuis propofé, 8c que les détails qu’ils exigent ferviront affez à faire connoître amplement comment on emploie les voiles que nous avons établies avec tant de foin fur un vaiffeau, comment on réunit en-femble les efforts particuliers de ces voiles, comment on les oppofe l’un à l’autre, 8c enfin quel efl l’effet particulier qu’on peut obtenir Je chaque Voile féparément.
- Deux remarques effentielles doivent précéder ce que j’ai à dire fur cette matière. La première a pour objet la pofition relative des voiles ; 8c la fécondé porte fur les différentes fituations qu’on peut donner au plan d’une voile baffe d’un vaiffeau.
- i°. Si jufqu’ici nous avons diftingué entr’elles les voiles d’un vaiffeau, c’étoit feulement ou parce qu’elles étoient plus grandes , ou parce qu’elles appartenoient à des mâts différens ; ici il faut établir une nouvelle diftinction, qui doit fervir à diriger les Manœuvriers dans l’emploi qu’ils doivent faire de chaque voile d’un vaiffeau. La pofî-tion du centre de gravité d’un bâtiment étant connue , les voiles qui font placées du côté de la proue par rapport à ce point , font nommées voiles d’avant, 8c les autres fituées du côté de la pouppe, portent le nom de voiles d’arriere. Ainfi les voiles du mât de mifaine, celles de beaupré, les focs & les voiles d’étai du grand mât font au nombre des voiles d’avant, tandis que celles d’arriere font les voiles du grand mât, du mât d’artimon, 8c les voiles d’étai d’artimon. Cette diftinétion mérite d’autant plus d’être remarquée, qu’elle fert utilement, foit à mettre entre les voiles déployées un équilibre né-
- ceffaire, foit à rompre à propos cet équilibre. Pour donner à un bâtiment un mouvement de rotation qui le faffe changer de pofition avec autant de pré-cifion que de rapidité, ces voiles, comme on volt, agiffent avec une énergie qui doit être proportionnée à leur diffance de ce même centre de gravité ï ainfi l’effet des unes efl préférable à celui des autres, pour accélérer une évolution 8c la produire avec célérité. C’eft pourquoi il devient donc néceffaire qu’un Manœuvrier, qui veut à fon gré faire évoluer un vaiffeau , ne puiffe jamais douter de la pofition d’une voile. Ce doute ne peut jamais tomber fur les voiles du beaupré , du mât de mifaine, des focs & des voiles d’étai du grand mât, ni fur les voiles du mât d’artimon, ni fur fes voiles d’étai ; mais il peut avoir pour objet les voiles du grand mât. Car le lieu du centre de gravité d’un vaiffeau n’eff jamais affez bien connu, pour qu’on puiffe affurer précifément quelle efl la diffance qui régné entre le lieu de ce centre 8c celui du grand mât. Cette diffance d’ailleurs doit toujours être fi petite 7 8c le moment des voiles du grand mât doit être fi peu confidérable, qu’un Manœuvrier ne peut guere fonder fur l’effet feul de ces voiles le fuccès d’une évolution. Il eff même un cas où la grande voile amurée autant qu’elle peut l’être, 8c le point fous le vent de cette voile étant cargué, alors l’effort de cette voile doit paffer en avant du centre de gravité : cette voile doit donc alors être confidéréè comme voile d’avant. Toutes ces raifons rendent donc toujours fort douteux l’effet des voiles du grand mât pour produire la rotation d’un vaiffeau , 8c un Manœuvrier habile fait en faire ufage dans les circonflances où il peut fie trouver.
- Si on compare actuellement les voiles de l’avant 8c celles de l’arriere • fi on examine comment elles font fituées , 8c fi On calcule les effets féparés qu’on peut en attendre relativement aux mouvemens de rotation d’un vaiffeau , on voit bientôt que les voiles de l’avant doivent avoir , pour faire tourner le vaiffeau dans un fens, plus d’énergie que les voiles de l’arriere pour le faire tourner dans le fens oppofié. Le grand mât eff très-peu diftant du centre de gravité ; le mât de mifaine, dont la voilure eff à peu près égale à celle du grand mât , eff bien plus éloigné de ce centre ; 8c le beaupré , en s’élançant hors du vaiffeau , femble éloigner de ce centre les efforts des voiles qu’il foutient, tandis que le mât d’artimon, dont la voilure eff foible, eff placé à peu de diffance de ce centre de gravité. La fomme des momens des voiles de l’avant eff donc bien plus confidérable que celle des momens des voiles de l’arriere, 8c il fembleroit que cette différence permettroit peu 8c de déployer toutes les voiles, 8c en même temps d’établir entre elles un équilibre néceffaire. Mais comme autant de voiles ne peuvent être déployées que lorfque la direction du vent oblige d’amurer les baffes voiles , alors la réfiftance de l’eau eff une nouvelle force placée latéralement & en avant du centre de gravité, qui détruit cette fupériorité du moment .des voiles de Pavant fur celui des voiles de Parriere, 8c qui main-
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- tient l’équilibre cherché. La pofîtion de cette réfif-îance devient alors le fujet d’une autre obfervation; c’eft qu’elle eft fituée très-avantageufement pour fempêcher un vaiffeau d’arriver, & par conféquent pour favorifer les manœuvres au vent. Ce font aufii de telles raifons, qui ont rendu néceffaire Cette grande différence que je viens de faire remarquer , entre l’énergie des voiles d’avant & celle des voiles de l’arriere. Des forces nombreufes font réunies utilement à l’avant, pour produire , malgré l’effet de la réfiffance de l’eau, l’arrivée ou l’abattée d’un bâtiment, tandis que de foibles moyens font placés à l’arriere, pour faire tourner le vaiffeau dans un fens vers lequel la réfiffance de l’eau le follicite. Je n’ai pas parlé ici du gouvernail, parce qu’il peut , au gré des Manœuvriers , favorifer les mou-* vemens de rotation dans les divers fens, 8c parce que d’ailleurs il n’entre pas dans mon plan de parler d’autres effets que de ceux des voiles.
- 2°. Si j’ai fait remarquer ailleurs que le plan des .voiles doit être vertical, je dois ajouter, ici qu’en confier van t toujours aux voiles cette polition verticale , la diredion du vent exige fouvent qu’on faffe faire au plan de chaque voile, avec l’axe de longueur du vaiffeau , des angles qui varient jufqu’à un certain point : tantôt le plan des voiles fait avec cet axe un angle de 90° ; tantôt cet angle eft moindre, & il diminue de plufieurs degrés, jufqu’à un certain terme déterminé par les dimenfiôns du vaiffeau. Ce terme extrême pour la grande voile, par exemple, a lieu lorfque cette voile efl; amurée de façon que le point inférieur touche au dogue d’amure. Si, dans ce cas, on veut juger de l’angle que fait la partie inférieure de cette voile ( du côté du vent) avec Taxe de longueur; il faut favoir que le dogue d’amure efl placé en avant du grand mât de toute la longueur du maître bau. Ainfi, en calculant quel doit être cet angle, on trouve qu’il efl environ de 30° , ou à peu près de trois aires de vent : mais fi la partie inférieure de la voile fait avec la quille un tel angle lorfqu’elle efl amurée ; la vergue de cette voile, quelque braffée qu’elle puiffe être , efl bien éloignée de faire avec le même axe un angle aufii aigu. Il y a des obftacles qui s’y oppofent néceffairement. Ces obflacles font les haubans fous le vent, qui ne permettent pas à la vergue de tourner affez autour du grand mât, pour venir fe placer fous une fi grande obliquité. Car, en consultant l’Art de la Mâture , on y verra que le premier hauban avant du grand mât, correfponct au milieu de ce mât, c’eft-à-dire que fi un plan vertical paffoit par le centre du grand mât, ce plan pafferoit aufii par le premier hauban avant de ce même mât. Ainfi, d’après cette polition 8c l’élévation connue de la vergue, fi on calcule quel angle elle peut faire avec la quille dans un vaiffeau de ligne, lorfqu’elle efl braffée à toucher le premier hauban fous le vent, on trouvera que cet angle peut être au plus de 750 ou 70°. Cependant, dans le fait, il efl ordinairement plus petit, parce que la grande voile étant amurée , comme nous l’avons dit, 8c les autres voiles étant orientées d’une maniéré affor-
- VOILURE.
- tie, alors ces voiles, frappées par un vent frais, font néceffairement incliner le vaiffeau fous le vent; par conféquent alors, le vaiffeau étant à là bande , les haubans fous le vent ne confervent plus leur roi-deur primitive, &, devenant plus lâches, ils permettent à la vergue de prendre une polition plus oblique à la quille. Cette obliquité efl encore favori-fée par le jeu qu’on donne aux droffes de la même vergue en les larguant un peu : de forte que toutes ces facilités réunies donnent à penfer que le plus petit angle que puiffe faire la grande vergue d’un vaiffeau avec la quille, efl au plus de 5 o à 6o° ou de cinq aires de vent. Comme d’ailleurs il faut que la diredion du vent faffe avec la vergue un angle qui foit au moins d’un quart de vent, pour qu’il puiffe frapper dans les voiles d’un vaiffeau de guerre, 8c produire une im-puifion favorable à fa route; on voit par conféquent que fi le vent faifoit avec la quille un angle plus petit que fix quarts de vent, le vent feroit alors contraire à fa route, 8c aux projets du Manœuvrier.
- Si maintenant on compare 8c l’angle de la quille avec la grande vergue braffée autant qu’elle peut l’être, 8c l’angle de la quille avec la partie inférieure 8c au vent de la voile ; on reconnoîtra que le vent qui frappe les parties hautes de la voile fous un petit angle d’incidence, lorfque l’on court au plus près, doit agir fur la partie inférieure de cette voilé fous un angle d’incidence plus grand de deux quarts de Jvent. On verra aufii que le plan de cette voile amurée, s’éloigne beaucoup de la polition verticale qu’il devroit avoir, 8c que par conféquent l’impulfion du vent efl diminuée à raifon de l’in-clinaifon de cette voile à l’égard de l’horizon. Cependant on obvie en partie à ce dernier inconvénient , par le fecours de la bouline du vent. Én midiffant cette manœuvre , on tire en même temps le côté de la voile de haut en bas 8c vers l’avant du vaiffeau; ce qui fait que cette partie de la voile efl préfentée au choc du vent, fous un angle d’incidence bien plus grand que fi cette voile étoit abandonnée à elle-même.
- Ce que nous venons de dire de la grande voile , s’applique prefque entièrement à la mifaine. Cependant , je dois faire remarquer, en faveur de l’éta-bliffement de la voile de mifaine, que les bras de la vergue de mifaine font placés très-avantageufement , tandis que la polition des bras de la grande vergue efl très-défavantageufe au braffeyage. Le bras defîbus le vent de mifaine tend à élever le bout de la vergue, lorfqu’il agit pour brader au plus près; ce qui permet à cette vergue une rotation plus étendue, tandis que le bras fous le vent de grande vergue tend au contraire à faire baiffer l’extrémité de la grande vergue , 8c par conféquent à diminuer le braffeyage.
- Si on fait pareilles confidérations fur les autres voiles d’un vaiffeau, on verra que les vergues des huniers peuvent être bradées plus que les baffes vergues, parce que les haubans qui s’oppofent au braffeyage ne s’écartent du mât que proportionnellement à la largeur de la hune ; ce qui fait qu’en calculant l’angle qu’une vergue de hunier braffée
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- pour le plu§ près , peut faire avec l’axe de longueur du vaiffeau, on trouve qu’il peut être de quatre quarts de vent au moins. Les vergues de perroquet peuvent encore être bradées plus que celles des huniers. Quant aux focs , aux voiles d’étai Sc à l’artimon, on voit parla polition de leur écoute, comment leur plan peut être placé pour recevoir le choc du vent fous un angle d’incidence plus ou moins grand, ainfi que le terme où fe borne l’augmentation de l’angle formé par le plan de chacune de ces voiles, Sc l’axe de longueur du vailfeau.
- De toutes les réflexions que nous venons de faire, on peut conclure que la route d’un vaiffeau étant donnée, le vent peut avoir une direction contraire ou favorable à cette route, fi on divife la circonférence de l’horizon entre trente-deux parties égales ou aires de vent, & que , du centre de l’horizon, on mene des rayons à chaque point de divifion, pour indiquer la direction Sc le nombre des vents différens qui peuvent fouiller des diverfes parties de l’horizon ; alors on reconnoîtra que de ces trente-deux vents principaux , il y en a dix qui font contraires, Sc vingt-deux qui font plus ou moins favorables à une route quelconque.
- Après toutes ces remarques-utiles à ce qui fuit, je vais m’attacher à donner une idée générale des manœuvres d’un vaifleau, & de l’üfage de fes voiles. Suppofons donc, pour partir d’un point fixe, qu’un vaifleau foit mouillé dans un port, ou une rade , Sc que le vent régnant foit favorable à fon départ: nous allons le repréfenter mettant à la voile ; nous le fuivrons courant fur une direftion déterminée, Sc nous ferons voir quelles font les voiles dont on fait ufage, foit relativement aux divers degrés de . force Sc aux différentes directions que le vent peut avoir, foit relativement aux diverfes évolutions, Sc aux mouvemens qu’on peut fe propofer de produire dans ce vaifleau.
- ( Fig. 40. ) Imaginons que ce vaiffeau foit évité debout au vent, Sc qu’il foit à quelque diftance de l’ancre mouillée qui le retient ou qui l’enchaîne à la même place. Le premier foin du Manœuvrier eff de le rendre libre, Sc de le dégager de les entraves, foit en coupant le cable qui l’arrête , fi les circonf-tances font trop preffantes, foit en tirant lancre du fond de la mer. La première maniéré eft la plus courte Sc la plus difpendieufe , mais, elle n’eff employée qu’à la derniere extrémité. La fécondé efl: plus ordinaire, Sc voici le procédé qui eff en ufage pour l’exécuter. Comme le vaiffeau efl: éloigné de fon ancre , il s’en rapproche d’abord en fe traînant à l’aide du cable , jufqu’à ce qu’il fe trouve verticalement au deffus du lieu de la mer où repofe cette ancre, Sc dans lequel fa patte efl: engagée. Ce cable 0 mr, qui fert à traîner le vaiffeau jufqu’à ce point, n’eff pas garni au cabeftan ( Fig. Z) ; mais il eff uni en dedans du vaiffeau à un autre gros cordage nommé tournevire, qui embrafle là circonférence du cabeftan r. Cette tournevire q £ p a cent brades de longueur, Sc fa groffeur eff les j de celle des cables ( Fig. Z ). Ses extrémités terminées par des œillets, font réunies enjK &^, ou
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- mariées enfemble par un aiguilletage , de forte qu’aîors cette tournevire eff un cordage fans fin : d’ailleurs, fur divers points de fa longueur , cette tournevire eff garnie de pommes qui rendent plus fur l’ufage de cette manœuvre. La tournevire eff donc étendue fur le pont, depuis le cabeftan qu’elle embrafle par trois ou quatre tours , jufqu’aux écu-biers 8c au beaupré fous lefquels elle paffe. Cette partie de la tournevire , qui régné depuis l’écubier jufqu’aux billes A B , accompagne Sc fuit ce cable qui entre dans le vaiffeau; Sc, pour cet effet, on les réunit enfemble par le moyen de pîufieurs gar-cettes qui tournent autour du cable Sc de la tournevire ; Sc les pommes, placées de trois pieds en trois pieds fur l’étendue de la tournevire, empêchent de gliffer ces garcettes, qui quelquefois font au nombre de vingt-cinq. C’eft à l’aidé de cet appareil qu’en virant enfuite un cabeftan , la tournevire entraîne le cable, qui, à mefure qu’il rentre dans le vaiffeau , eff reçu dans la foffe aux cables où on fe roue : enfuite les nouvelles parties de câble introduites dans le vaiffeau par l’effort du cabeftan , font auffi réunies comme les précédentes à la tournevire , tandis qu’on défait les tours des garcettes placées précédemment, Sc devenus inutiles. C’eft ainfi que , par des répétitions fucceflives de cette manœuvre, le vaiffeau s’avance vers fon ancre Sc fe trouve bientôt à pic. Pendant cette opération, qui occupe une partie de l’équipage, une autre partie eft employée à tout préparer pour appareil-' 1er, ou à mettre en état d’être déployées des voiles convenablement placées. Ces préparatifs font affor-tis à l’état du vent, Sc même du lieu où le vaiffeau eft mouillé. Je ne parlerai d’abord que du premier cas. Si le vent eft maniable, ou qu’il ne foit pas trop fort, on hiflfe à tête de mât les vergues de grand , Je jjcuk înuirioi ck, Uc perroquet de fougue, avec leurs voiles ferrées , mais retenues feulement par des fils carrets ; Sc on pare les focs ( fi le vent étoit violent, ces vergues ne feroient hiffées qu’à mi-mât ). Enfuite, fi on fe propofe de faire abattre le vaiffeau fur ftribord, on braffe bâbord devant , Sc ftribord deniers : c’eft - à - dire qu’à l’aide des bras de bâbord, on braffe les vergues de mifaine Sc de petit hunier, Sc on haie fur les bras de ftribord de la grande vergue, de la vergue du grand hunier Sc de celle du perroquet de fougue ; de forte que ces voiles fe trouvent orientées Sc prêtes à être déployées lorfque le vaiffeau eft rendu verticalement au deffus de fon ancre. Tout étant en cet état, on vire au cabeftan ; alors l’ancre fe dégage, quitte le fond, Sc le vaiffeau, devenu libre, obéit aufli-tôt à l’impulfion du vent fur la furface des voiles défignées, qui font déployées Sc bordées au moment où le vaiffeau n’eft plus arrêté par fon ancre. {.Fig. 41 ). Comme le Vaiffeau étoit évité debout au vent, le vent, dans le premier moment, ne frappe que fur le petit hunier braffé bâbord , Sc fon effet eft en même temps de faire culer le Vaiffeau, & de le faire tourner en pouffant fa proue fous le vent. Le vaiffeau Commence donc ainfi une rotation accélérée par l’adion du gou-
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- vernail dont on met la barre du côté vers lequel on veut abattre, & préfente bientôt au choc du vent les voiles de Tanière déployées pour le recevoir. Dès que le vent frappe dans les voiles d’ar-riere , on évente le petit hunier en bradant fous le vent, 6c on dirige alors le vailfeau fur la route qu’on veut lui faire tenir, en déployant d’ailleurs toutes les autres voiles que les circonftances peuvent permettre d’appareiller.
- Je dois faire ici quelques remarques relatives aux détails de cette maniéré d’appareiller. Appareiller n’eft autre chofe, comme on voit, que préparer un vailfeau, 8c le mettre en état d’être dirigé fur une route déterminée. Comme au premier moment , 6c lorfqu’il eft encore mouillé , il eft évité debout au vent, il faut néceffairement que fa proue foit pouflee ou adroite ou à gauche de la direction du vent, jufqu’au point où le vent pourra frapper dans les voiles orientées au plus près. C’eft auffi pour produire cette abattée, que les focs 6c le petit hunier font employés préférablement, 6c leur pofition indique allez que leur effort doit produire cet effet auffi fûrement que rapidement. Le grand hunier 6c le perroquet de fougue, braffés à contre, reçoivent bien , dans le premier moment, le vent fur leur face antérieure, ce qui accéléré la rotation : mais bientôt le vent frappe dans ces voiles, & leur effet modéré alors l’abattée, que les voiles d’avant tendent toujours à augmenter. La proue du vailfeau décrit donc dans cette abattée un arc de lîx aires de vent au moins , à compter du point où le vailfeau étoit debout au vent. Dans cet état, 6c lorfque les voiles d’arriere font éventées, îe vailfeau eft donc follicité par les voiles d’avant à tourner dans un fens 6c à culer, tandis que les voiles d’arriere le preffent d’avancer & de tourner
- en fens contraire; fi© , fi l’éqwilifc-rc eft
- bien établi entre ces forces, le vailfeau ne doit avancer ni reculer, mais il doit dériver au gré du vent 6c de la mer. On changeroit promptement la fituation de ce vailfeau, en éventant le petit hunier , déployant les voiles néceffaires, 6c gouvernant fur la route donnée, lî toutefois l’ancre qui a quitté le fond au moment de l’appareillage , fe trouvoit alors au deffus de la furface de l’eau. Mais fi la mer eft profonde dans l’endroit du mouillage, alors le temps nécelfaire pour appareiller n’eft pas fuffifant pour élever l’ancre au deffus de l’eau à l’aide du cabeftan, & , dans ce cas-là, le vailfeau , ainfi que fes voiles, ne changent pas de pofition. Les voiles relient braffées comme elles étoient en appareillant, 6c le vailfeau dérive, jufqu’à ce qu’enfin l’ancre paroiffe au deffus de l’eau ; alors on évente le petit hunier, 6c on fait fervir pour la route proposée. Faire fervir, fuivant le langage des Marins, c’eft éventer les voiles, 6c déployer toutes celles qui peuvent être utiles. L’ancre qui parolt au deffus de l’eau, eft enfuite rangée à la place. Pour cet effet, on accroche ce croc de la poulie de capou B ( Fig. l’organeau de l’ancre, 6c on décharge le cable Q de ce pefant fardeau, qui eft alors porté par le boffoir ; on éleve cette ancre jufqu’au bof-
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- foir A, & lorfqu’elle eft haute, on paffe dans l’organeau un gros cordage ^lu m, nommé boffe debout , dont une extrémité eft retenue au deffus du boffoir par un cul-de-porc ^ qui la termine , tandis que le courant traverfe un trou vertical pratiqué dans l’épaiffeur du même boffoir. Cette boffe, après avoir paffé dans l’organeau, remonte par-deffus la tête du boffoir , 6c fe rend à un taquet cloué fur le gaillard, où elle eft folidement amarrée.La poulie de capou,alors fans effet, eft décrochée , 6c l’ancre eft encore dans une pofition verticale ; on la range enfuite le long de bord par le moyen de la candelette de mifaine, avec laquelle on la faifît par une patte, 6c on l’éleve jufqu’à ce qu’elle foit dans une pofition horizontale, où on la maintient à l’aide d’un gros cordage nommé ferre - boffe , qui eft amarré autour d’un apotureau.
- Ranger ainfi une ancre le long de bord, c’eft la traverfer.
- En faifant l’appareillage précédent, nous avons fuppofé au Manoeuvrier le deffein de faire abattre fur {tribord ; fi le vailfeau eût dû abattre fur bâbord , alors on auroit braffé {tribord devant 6c bâbord derrière, 6c le refte de l’appareillage auroit été conforme à ce qui a été dit précédemment. On doit feulement remarquer ici, que lorfque le vailfeau eft dans un efpace libre , alors on a foin de le faire abattre vers le côté oppofé à celui de l’ancre qui étoit mouillée. Mais fouvent un vailfeau n’eft pas mouillé dans un efpace vafte 6c libre de tout obftacle ; fouvent il faut le faire abattre promptement, 6c fur le lieu même où il fe trouve éloigné de fon ancre ; alors l’abattée exige de nouvelles opérations. Dans ce cas , fi le temps le permet , on amarre en dehors du vailfeau, fur le cable de l’ancre mouillée, une auffiere qu’on fait palfer par un fabord de l’arriere, 6c qu’on garnit au cabeftan. En roidiflant cette auffiere, 6c en filant le cable à proportion , le vailfeau abat du côté oppofé à l’auffiere, 6c on réglé a fon gré la grandeur de l’abattée ; par ce moyen, l’abattée fe fait fans que le vailfeau prenne aucun mouvement progreftif. Si, après l’abattée, la diredion du vent eft telle que les voiles orientées puilfent porter, alors on dirige le vailfeau fur la route donnée. Mais fi, l’abattée faite, le vent ne donnoit encore que fur les voiles, alors on établiroit ces voiles comme on Ta fait précédemment pour appareiller 5 fi le temps nécelfaire à ces opérations étoit trop long pour la fituationoùi’onfe trouve, on couperoit le cable, & on appareilleroit.
- Cette façon d’appareiller n’a lieu que dans les circonftances les plus preffantes , parce que le vaif-feau fait alors des pertes confidérables. Il laiffe à la mer une auffiere, un cable, 6c une ancre.
- Je me fuis contenté jufqu’ici de défigner feulement les voiles employées pour appareiller, fans détailler particuliérement ni comment on s’y prend pour les orienter 6c les déployer, ni pourquoi elles font choifîes préférablement aux autres voiles qui font partie de la voilure d’un vailfeau. Le premier objet n’a pas, je penfe, befoin d’un grand développement, fi on fefouvient de tout ce qui a été décr*
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- dans cet Ouvrage & dans l’Art de la Mâture : car déjà on a dit que les vergues des huniers font hif-fées à l’aide de leurs drilles & de leurs itagues, qu’elles font bralfées par le fecours des bras, ôc bordées en tirant fur leurs écoutes. Il n’eft donc plus queftion que de motiver la préférence qu’on donne à ces voiles fur les autres dans les appareillages. Comme on doit faire abattre le vailfeau, & que le vent eft cenfé venir de l’avant, il faut auffi que ce foit quelque voile de l’avant, telle que le petit hunier ou la mifaine , qui foit déployée pour produire l’abattée déûrée ; ôc certainement pour un tel effet, le petit hunier eft, à tous égards, préférable à la mifaine; car un hunier orienté au plus près, eft toujours mieux établi qu’une baffe Voile orientée auffi au plus près. Sa bordure eft bien tendue le long de la grande vergue ; ôc lorfqu’ii eft bordé avec foin , la furface approche beaucoup d’une fur-face plane , parce que fes fonds font bien déployés dans toute leur étendue ; au lieu que, dans une baffe voile orientée <5c déployée auffi bien qu’elle peut l’être , la bordure plus grande que la largeur du vaiffeau, n’eft jamais bien tendue, 3c le fond de cette voile prend par conféquent une courbure conlidérable fous le poids du vent. De forte que, fi cette voile étoit orientée pour un appareillage, c’eft- à-dire fi elle recevoit le vent fur fa face antérieure , elle fe courberoit irrégulièrement, ôc le vent repoufferoit différentes parties de fa furface, foit fur les haubans du côté du vent, foit dans le vuide qui régné entre les haubans ôc le mât de mifaine. Ainfi, dans une telle pofition , cette voile contribueroit plus à faire culer le vaiffeau qu’à le faire abattre. La préférence eft donc bien due au petit hunier ; ôc les Marins font convenus affez gé-néralement d’appareiller fuivant le procédé indiqué précédemment. La première maniéré S’appareiller ne convient, à la rigueur, que lorfqu’après l’appareillage on fe propofe de courir au plus près ou quelques quarts largues. Car fi la route propofée pouvoit être faite à l’aide d’un vent arriéré, on fe difpenferoit, en appareillant, de déployer Ôc le perroquet de fougue ôc le grand hunier, qui, par leur effort, retarderoient l’effet du petit hunier Ôc des focs fuffifans. D’ailleurs, pour ramener le bâtiment à avoir vent arriéré dans tout autre cas, dès que le vaiffeau aura fait fon abattée ( c’eft-à-dire, de fix aires de vent ) , il faut alors qu’il coure de l’avant , ôc qu’il acquière de la vîteffe, pour que le gouvernail devienne fufceptible d’adion ; il faut donc néceffairement que les deux huniers ôc le perroquet de fougue foient appareillés comme on l’a dit auparavant. D’ailleurs, avant d’appareillef , la route eft déjà déterminée , Ôc on fait d’avance quelle fera, après l’appareillage, la voilure néceffaire, foit pour diriger le vaiffeau, foit pour le maintenir ôc le faire courir fur la route propofée. Dès qu’on a appareillé ôc qu’on veut mettre en route, alors les combinaifons fe multiplient, ôc les cas feroient innombrables fi je voulols feulement en faire l’énumération. La route peut avoir, dans fa diredion, des rapports très - variés avec la diredion du vent,
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- ôc les manoeuvres font variées comme CeS rapports »• le vent d’ailleurs peut avoir différens degrés de force, ôc la voilure eft toujours affortie à l’état du vent. Mais afin de parcourir les cas généraux de ma* noeuvre, fans cependantles approfondir, je me bornerai à fuppofer d’abord que le vaiffeau doit courir vent arriéré ; je fuppoferai enfuite que la direction du vent faffe avec la quille un angle qui augmente graduellement jufqu’à fe ranger au plus près. J’imaginerai auffi, en décrivant les manœuvres relatives , que le vent frais d’abord acquiert une force toujours croiffante jufqu’au dernier degré de violence , ôc je ferai connoître quelles font, dans tous ces cas, Ôc la voilure Ôc les manœuvres convenables, en traçant ce qui eft pratiqué généralement par tous les hommes de mer. Après ces premiers détails, j’expoferai comment on manœuvre, foit pour faire virer de bord le vaiffeau confidéré fous une voilure donnée, lorfqu’on veut le faire changer de route, foit pour mettre en panne, ou pour arrêter ce vaiffeau dans fa route au milieu d’une mer fans fond , à l’aide de fes voiles , foit enfin pour conduire un vaiffeau au mouillage, c’eft-à-dire en un lieu de la mer où le vaiffeau, à l’abri des Vents, foit fûrement retenu par les ancres mouillées dans un bon fond.
- Enfin, toutes les efpeces de manœuvres qu’on peut faire fur un vaiffeau, fe réduifent à celles dont j’ai fait l’énumération. Il fuffiroit donc à tout homme qui fe charge de conduire un vaiffeau, de favoir : i°. appareiller; 2°. déployer ôc orienter les voiles convenables à une route propofée ôc à un vent donné; 3°. virer de bord ; 4?. mettre en panne, ôc 50. enfin, conduire un vaiffeau au môuib» lage. Mais à ces çonnôiffances, il faut qu’il joigne une pratiqué «A® 1® **».<»* 7 longue expérience ÔC un jugement prompt, qui, dans l’occafion , l’aident à commander la manœuvre la meilleure. Si tous les principes de manœuvre font fimples , leur application Ôc leur combinaifon font fouvent difficul-tueufes. Les forces à combiner font en petit nombre : c’eft la réfiftance de l’eau, c’eft: l’effort des voiles, c’eft l’adion du gouvernail ; mais la maffe à mouvoir, c’eft-à-dire, le vaiffeau, préfente de nouvelles difficultés. Il faut connoître fà Habilité , il faut apprécier la force de ces mâts, & le degré de réfiftance dont ils font fufcéptibles» Il faut avoir examiné fi, par fa forme , il eft propre à gagner au vent ou à tomber fous le Vent en dévirant plus ou moins. Il faut enfin , par la pofition de fes mâts ôc de fes voiles , connoître, dans tous les cas, les moyens d’établir entre les voiles un équilibre néceffaire, ôc une convenance qui faffe que, fous la voilure adoptée , le Vaiffeau prenne la vîteffe exigée par les circonftances. C’eft fous un tel point de Vue qü’on doit confidërér la fcience d’un habile Marin , Ôc c’eft ainfi qü’on peut juger quel doit être le nombre de fes connoiffances. Le plan que je me fuis propofé de remplir, ne peut pas embraffer tous ces objets, dont la pnipart dépendent plus de l’expérience que de principes mathématiques. Mon plan eft borné néceffairement aux feuls
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- DE LA VOILURE.
- objets que j’ai annoncés précédemment, & je vais développer toutes les parties de cette matière qui peuvent être difcutées dans un Ouvrage de la nature de celui-ci.
- Suppofons que le vaiffeau doive courir vent arriéré après avoir appareillé , alors, en appareillant , on le laide abattre jufqu’à ce qu’il préfente diredement fa pouppe à l’impulfion du vent. 11 ell cependant à remarquer, que fi, pour appareiller, on a déployé le grand hunier, la rotation du vaiffeau ou fon abattée ne tarde pas à ramener le vent dans cette voile , & alors on évente le petit hunier ; bientôt le vaiffeau ne cule plus, & auffi-tôt qu’il court de l’avant, on met la barre au vent, afin que, preffé par plufteurs forces ainfi réunies , le vaiffeau abatte autant qu’il eft néceffaire. Si cependant ces forces ne fuffifoient pas , 8c que le vaiffeau fût arrêté dans fa rotation ; ce feroir une preuve que les voiles de barrière agiroient avec trop d’avantage contre les voiles de l’avant, 8c balanceraient leur effet. C’eft pourquoi, dans un tel câs, les voiles de l’arriere font miles en ralingues , c’eft-à-dire qu’on les braffe 8c les oriente de façon que leur plan foit fitué exadement dans la direction du vent. Les voiles d’arriere font alors fans effet, 8c les voiles d’avant agiffent affez efficacement pour produire toute l’abattée convenable. Dès que la rotation eft achevée, 8c que le vaiffeau reçoit le vent de l’arriere, alors on laiffe tomber la mifaine, c’eff-à-dire qu’en la déferlant 8c larguant les cargues, fon poids entraîne la partie inférieure & fert à la déployer. Enfuite on la borde également à l’aide de ces deux écoutes ; on braffe carré le grand hunier 8c le perroquet de fougue ; 8c fi le temps eft beau, on joint à ces voiles le grand perroquet , ainfi que
- les bonnettes de mifajnp rie grand kumer Sc de grand
- perroquet. On conferve toujours déployés 8c le petit foc 8c le petit hunier, quoique le vent arriéré ne puiffe pas frapper fur leur furface, parce que ces voiles peuvent être utiles pour gouverner le vaiffeau dans un cas imprévu.
- Si fous cette voilure le vent arriéré augmente en force 8c devient très-frais , alors on ferre toutes les voiles hautes, ainfi que les bonnettes de perroquet 8c de hunier ; enfuite on amene, on cargue, 8c on ferre le grand perroquet ainfi que le perroquet de fougue. On amene les bonnettes baffes, & on amene même le petit hunier fi le vent eft violent. Ainfi l’on court alors fous la mifaine 8c le grand hunier ; 8c enfin fi fa force prend un accroiffement trop confidérable , on ferre aulîi la mifaine, ce qui arrive rarement.
- Lorfque le vaiffeau , pouffé par un vent arriéré , continue de pourfuivre une route propofée , 8c qu’il arrive dans des régions où le vent n’a plus fa même diredion , la voilure change auffi fuivant le changement du vent. Si fa nouvelle direction fait avec la quille un angle de i$o°. de 140°, à compter de l’avant du vaiffeau , alors on braffe un peu les vergues fous le vent, de façon qu’au lieu de faire avec la quille un angle de 900, comme auparavant, elles fafient un nouvel angle moindre de quelques
- degrés. On amure la mifaine en portant le point du vent en avant 8c jufques auprès du boffoir ; 8c fi le temps eft beau, à la voilure qu’on faifoit vent arriéré , on ajoute la grande voile ( Fig. 39 ), dpnt on cargue le point du vent ; 8c on peut y joindre auffi toute autre voile, excepté les bonnettes fous le vent. Si, fous une telle voilure, l’équilibre des voiles i’exigeoit, on borderait l’artimon, pour arrêter les écarts du vaiffeau 8c le maintenir fur la route propofée. Les focs d’ailleurs , ainfi que les voiles d’étai, peuvent auffi faire partie des voiles déployées.. Mais fi le vent devient confidérable fans changer de diredion, on réduit la voilure précédente aux quatre voiles majeures, c’eft-à-dire , la mifaine , les deux huniers 8c la grande voile, toutes les autres étant fouftraites à l’impulfion du vent fi le temps l’exige. Le point du vent de la grande voile refte encore cargué, enfuite fe conforme aux nouveaux degrés de force que le vent peut acquérir ; on prend des ris dans les huniers , 8c fi le temps force de prendre tous les ris , alors gn ferre la grande voile; un nouveau degré de violence dans le vent* fait enfuite ferrer les huniers , 8c on court fous la mifaine 8c le petit foc. ( Fig. 42 ).
- Si la diredion du vent vient encore à changer, 8c que fa force d’abord médiocre augmente fucceffi-vement en fuivant les gradations déjà défignées, alors on oriente différemment les voiles employées précédemment. Si, par exemple, l’angle du vent avec la quille diminue jufqu’à être de 1 oo° ( ou trois quarts largues, fuivant le langage des Marins ) ; dans cette fuppofition 8c d’un vent maniable, le vaiffeau peut porter toutes voiles dehors, les voiles baffes étant amurées, l’une au minot, 8c l’autre au dogue d’amure. Ainfi les vergues font braffées plus que dans le cas précédent. Le vent devenant très-frais , on ne laiffe au vaiffeau que les quatre voiles majeures déployées. Si le vent fraîchit davantage , on ferre les huniers lorfque les qualités du vaiffeau impofent cette obligation; autrement, on les laiffe déployées, 8c on haie les boulines des baffes voiles. Sous cette derniere voilure 8c avec le vent fuppofé, fouvent un vaiffeau a une marche fi rapide, qu’on eft obligé de tenir toujours au vent la barre du gouvernail, parce que la réfiftance de l’eau tend fans ceffe à faire venir le vaiffeau au vent. D’ailleurs , fi dans cette circonftance on veut aider l’adion du gouvernail , on borde moins la grande voile que la mifaine ; ce qui fait que l’effort de cette voile étant moins confidérable, les auloffées du vaiffeau, c’eft-à-dire fes écarts du côté du vent, font moins vifs, moins étendus, 8c moins nombreux. Mais fi , malgré ces précautions, la grande voile fait venir le vaiffeau trop au vent ^ alors on la cargue. Le vent devient-il plus fort lorfque le vaiffeau court fous la derniere voilure f on prend les ris dans les huniers, 8c on cargue la grande voile fi déjà elle ne l’a pas été ; 8c le vent croiffant encore en force, le vaiffeau pourfuit fa route fous la mifaine & le petit foc , malgré la violence du vent qui doit devenir extrême pour obliger à ferrer ces voiles, ( FlS- 42. )
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- de la voilure.
- Si enfin le vaifTeau court au plus près du vent, c’eft-à-dire fi la direction du vent ne fait plus avec la quille qu'un angle de fix quarts de vent ( Fig. i ‘Sc 2 ) ; alors de beau temps on peut mettre toutes .voiles dehors, excepté les bonnettes qu’on ne dé-ploie plus dès que le vent fait avec îâ quille un angle plus petit que po°. Mais toutes ces autres voiles font employées avec fuccès. On haie toutes îes boulines, & on déploie même la civadiere après avoir pris dans cette voile le ris qui eft du côté du vent ( Fig. 2 ). On prend ce ris , parce que, fous cette voilure, le vaifTeau donne à la bande ;
- la civadiere, toute déployée Sc fans ris pris, tremperoit dans la mer.
- Dès que le vent fraîchit, on amene les voiles hautes , c’eft-à-dire les perroquets ; on amene auffi les voiles d’étai, excepté la voile d’étai de hune qu’on garde plus long-temps, parce qu’elle ne fatigue pas la mâture. Si la force du vent oblige d’amener le grand foc , on cargue en même temps l’artimon, & on court fous les quatre voiles majeures , le perroquet de fougue, la voile d’étai de hune, Sc le petit foc. Si le temps devient allez im-pofant pour forcer à prendre jufqu’à trois ris dans les huniers, alors on ferre le perroquet de fougue , ainfi que la voile d’étai de hune. Si la force du vent prend un nouvel accroiffement & par grada-tion , on ferre auffi fucceffivement d’abord le petit hunier, enfuite le grand hunier , Sc enfin, fi on 11e peut pas tenir les deux baffes voiles déployées, ©n met à la cape. On voit donc qu’il n’y a qu’un vent violent qui puiffe forcer de mettre à la cape. Mais non feulement fa violence oblige à cou-lir fous cette foible voilure, fa contrariété force auffi d’avoir recours à ce même état de voilure ( On lait d’ailleurs qu’un vent eft réputé contraire, dès que fa diredion fait a ver re 11a ri ^ la route propofée un angle plus petit que fix aires de vent ). Dans tous ces cas, on fait une foible voilure , foit pour éviter les effets que produiroit la fureur du vent, foit pour s’éloigner de la route propofée le moins qu’il eft poffible , Sc on remplit ces deux objets , foit en expofant peu de voiles au choc du vent, foit en préfentant les voiles déployées très-obliquement à la diredion du vent, de forte que l’effort réfultant foit auffi foible qu’il peut l’être. On met à la cape fous des voilures différentes. Les qualités du vaifTeau ou la maniéré dont il fe comporte fous l’effort d’un gros vent Sc au milieu d’une mer furieufe, décident dans le choix d’une cape convenable. Tantôt un vaifTeau eft à lacape fous la grande voile Sc le petit foc, tantôt fous la mifaine feule & le petit foc , tantôt fous l’artimon &le petit foc, tantôt fous la grande voile d’étai Sc le petit foc, & tantôt fous la voile d’étai d’artimon Sc le petit foc (On tient dans toutes ces capes la barre fous le vent). Celle de ces capes fous laquelle le vaifTeau paroît être moins fatigué par la mer, eft celle qui fixe le choix du Manœuvrier. Cependant il arrive quelquefois que la violence extrême du vent ne permet pas même de refter à la cape , Sc on eft obligé de ferrer toutes les voiles de la cape, parce que, fans
- cette précaution , on les Verroit bientôt enlevées par le Vent ; alors on court à fec , c’eft-à-dire, fans voile, Sc on fait Vent arriéré. Mais la mer peut devenir fi groffe qu’elle menace le vaifTeau d’un danger preffant, Sc, dans cette extrémité , cédant à la néceffité , on expofè quelques voiles au vent, pour que le vaifTeau coure de l’àvant Sc puiffe fuir les coups de mer.
- Lorfqu’on eft à la cape fôus la mifaine, il peut fê faire qu’on foit obligé de faire arriver le vaifTeau, ou parce qu’on eft engagé , ou parce qu’on veut éviter un écueil; Sc quelquefois les voiles déployées , quoique placées à l’avant du centre de gravité, ne peuvent pas produire cet effet né-ceffaire ; le vaifTeau refuTe d’obéir , foit au gouvernail, Toit à l’effet des voiles de l’avant. Dans cette extrémité dangereufe, il faut d’abord filer l’écoute de mifaine, parce qu’alors cette voile prenant, fous l’effort du Vent, Une courbure plus grande, le centre d’effort eft porté plus en avant du centre de gravité, Sc tend alors plus avantageufement â pouffer la proue fous le vent. Si cette manœuvre ne réuffit pas, Sc fi la circonftance eft prenante, il faut couper le mât d’artimon, qui, par fa fur-face Sc celle de fon gréement, s’oppôfe toujours à l’arrivée du vaifTeau. Si cette perte ne Tuffit pas, on abat le grand mât par la même raifôn. Alors il devient prefque impoffible qü’après ces facrifices Sc ces pertes énormes, le vaifTeau n’obéiffe pas aux voiles de l’avant.
- Telles font les manœuvres générales que les chan-gemens du vent, dans Ta force Sc Ta diredion, obligent de faire pour maintenir un vaifTeau fur une route propofée. On voit par ces détails, que les Marins proportionnent la voilure à l’état dii j o*-» ci toutes les con-
- sidérations dont nous avons fait plus haut l’énumération , en parlant de l’étendue des connoiffances qu’un Marin doit avoir pour manœuvrer avec Tu* reté Sc avec fuccès. Ce font encore ces mêmes confidérations qui doivent faire juger combien les manœuvres que je viens de préfenter font füfcep-tibles de variations dans les applications qu’on peut en faire dans différens vaiffeaux.
- Je dois ajouter ici quelques développemens utiles à l’intelligence complette des manœuvres précé-* dentes. Sans doute on doit imaginer comment les voiles font déployées , orientées Sc ferrées lorf-que le vent eft doux ; mais auffi on doit juger que les Marins prennent des précautions pour faire dans un mauvais temps les mêmes opérations. Les remarques que je veux joindre ici, ont donc pour objet la maniéré d’appareiller ou de ferrer dans un gros temps, foit un hunier, foit une baffe voile ; car les autres voiles ne font pas employées dans pareilles circonftances. Veut-on déployer un hunier malgré un grand vent ? on commence par mettre fa vergue dans la diredion du vent, en la bradant autant qu’il eft poffible, Sc même en fâifant venir le vaifTeau au vent de quelques quarts de vent, pour mieux border le hunier dans cette pofition; alors la vergue étant fur le ton du mât ( car ce n’eft qu’en
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- appareillant qu’on hiffe la vergue d’un hunier au haut du mât avant de la déployer. Lorfqu’on eft à la mer, on borde le hunier avant de hiffer la Vergue ), on déferle le hunier, 8c on le borde d’abord fous le vent en halant fon écoute , enfuite on le borde au vent, 8c les écoutes étant bien amarrées, on braffe la vergue à recevoir le vent dans la voile, 8c enfin on hiffe la vergue. Ce dernier mouvement eft même fécondé par l’effort du vent qui enfle la voile , 8c qui par conféquent fouleve la vergue. Cette vergue hiffée , on la braffe convenablement à la route qu’on fait ou qu’on veut faire.
- Veut-on ferrer le hunier preffé par l’effort d’un gros vent ? on amene la vergue fur le ton, 8c on la braffe au vent ; enfuite on pefe fur toutes les cargues au moment où on déborde, 8c alors on le cargue 8c on le ferre.
- Quant à une baffe voile, fi on veut la déployer 8c l’amurer dans un gros temps , on braffe la vergue de façon qu’elle foit fur la diredion du vent ; eft-dle rendue à cette pofition ou à peu près ? on largue toutes les cargues enfemble, excepté la cargue du point qui eft fous le vent, 8c on haie l’amure. La voile étant amurée , on file la cargue-point deffous le vent, 8c on borde la voile : enfuite fi on veut courir au plus près , on file le bras du vent, 8c on haie la bouline fans braffer fous le vent. Si alors il y a beaucoup de tangage , on doit tenir roide le bras du vent 8c mollir celui fous le vent. Veut-on carguer la grande voile, par exemple, le temps étant toujours le même ? comme par cette manoeuvre on veut quelquefois faire arriver le vaif-feau, comme auffi on peut vouloir fuivre la même route , alors les manoeuvres font afforties à ces différens cas. n anc 1a rlernÎAr rac , on cargn^ d’abord le point du vent, enfuite on cargue celui qui eft fous le vent, &, dans le même moment, en pefe fur toutes les cargues, de forte que la voile fe trouve retrouffée promptement fans battre contre le mât : ce qui arriveroit fi on larguoit le point deffous le vent avant celui du vent. Dans le premier cas, c’eft-à-dire fi c’eft pour arriver qu’on cargue la grande voile , alors c’eft le point fous le vent qui eft cargué le premier, parce que la partie de cette voile qui eft retenue au vent par l’amure, fait alors fondion de voile d’avant, 8c tend à produire 8c à favorifer l’arrivée du vaif-feau. Le point du vent eft enfuite cargué, 8c toutes les cargues étant mifes en adion en même temps, la voile eft aufli-tôt carguée.
- Quant aux focs 8c aux voiles d’étai, elles font manœuvrées fans exiger de précautions particulières.
- Revenons au vaiffeau qui, fous plufieurs voilures, a pourfuivi toujours la même route , fauf tout effet de la dérive ; 8c fuppofons qu’ayant les amures fur un bord , on veuille le faire changer de route, 8c prendre les amures fur l’autre bord, en préfen-tant au vent le côté du vaiffeau qui auparavant étoit fous le vent : faire cette manoeuvre, c’eft virer de bord, fuivant les Marins. On vire de bord de deux maniérés, parce que le vaiffeau peut tour-
- ner en deux fens différens pour fe rendre dans la nouvelle pofition où on veut le préfenter. Les Marins définiffent ces deux maniérés de faire tourner le vaiffeau, par la fituation où fe trouve le vaiffeau par rapport au vent dans chacune de ces évolutions. Comme le vaiffeau eft fuppofé courir au plus près du vent, 8c que les voiles font amurées à ftribord, par exemple, on peut faire tourner le vaiffeau de façon que bâbord vienne fe préfente t au vent, fous le même angle d’incidence, foit en produifant dans ce vaiffeau une rotation dans le fens de bâbord à ftribord, ou de ftribord à bâbord. Si on le fait tourner de bâbord à ftribord, dans cette évolution, le vent doit frapper néceffaire-ment fur les voiles, fon avant doit s’élancer directement contre le cours du vent, 8c alors le vaiffeau eft dit virer de bord vent devant. Si,les amures étant fuppofées toujours à ftribord , on fait tourner le vaiffeau de ftribord à bâbord , on voit que , pendant la rotation , le vent frappera toujours dans les voiles, 8c barrière recevra directement le choc du vent ; c’eft ce qui a fait nommer cette évolution , virer de bord vent arriéré, ou lof pour lof. On voit donc que l’étendue de l’évolution en virant de bord vent devant, eft moins confidérable que lorfqu’on vire vent arriéré : car fi , avant 8c après l’évolution, le vaiffeau court toujours au plus près fur chaque bord, l’arc qu’il décrit en virant vent devant, eft au moins de 13 6° , parce qu’on fait que le vaiffeau étant au plus près, l’angle de la quille avec la diredion du vent, eft au moins de 68° , & lorfqu’il vire vent arriéré, cet arc eft de 2240.
- Si on veut que le vaiffeau vire de bord vent devant, on fait en forte qu’il commence fon évolution en venant au vent le plus vivement pof-fible. Cette rapidité de rotation qui eft néceffaire, & qui dépend tout- de la vît elfe progreftïve du vaiffeau avant l’évolution , ne permet pas qu’on puiffe virer vent devant lorfque le vaiffeau court fous les deux baffes voiles feulement, ou fous la mifaine amurée au plus près. Ces voiles ne donnent pas aux vaiffeaux un fillage allez confidérable, pour que l’adion du gouvernail ait une énergie fuftî-fante : c’eft pourquoi à la cape fous les baffes voiles, jamais on ne vire de bord vent devant.
- Si le temps eft beau, 8c qu’on veuille virer de bord vent devant, toutes voiles dehors orientées pour le plus près du vent, on commence par faire arriver le vaiffeau -d’un quart ou d’un demi-quart de vent; pour augmenter fa vîteffe, on lui donne plus d’air. Dans ce moment, les Matelots font dif* tribués dans tous les lieux où il faut agir pour l’évolution, c’eft-à-dire, près des bras, des écoutes, des boulines, &c. Ces préparatifs étant faits, on met la barre droite, parce que le vaiffeau ayant une courfe oblique à fa quille, la pofition de la réfiftance de l’eau fuftit pour faire venir le vaiffeau au vent. Le vaiffeau commence donc alors fon évolution, 8c dès que les voiles viennent en ralingue, on pouffe doucement la barre du gouvernail fous le vent ; on largue les écoutes des focs 8c des voiles d’étai d’avant 3 6c le vaiffeau continue fon évolution juf-
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- qu’à mafquer fes voiles , c’eft-à-dire à recevoir le vent fous fes voiles ( Fig. 4 3 ), Aufti-tôt que les voiles font mafquées, on fouleve les points du vent des baffes voiles, en pefant un peu fur les car-gue-points , & on largue les écoutes des voiles de l’arriere. Lê vaiffeau, par une rotation continuée, fe trouve bientôt debout au vent, & dès qu’il eft arrivé à ce point, on décharge les voiles de barrière , ce qui fe fait en larguant en même temps 8c les bras qui auparavant étoient fous le vent, 8c les boulines du vent ; enfuite on oriente ces mêmes voiles du côté oppofé (Fig. 44). Ainfi le perroquet de fougue , le grand hunier 8c la grande voile, 8cc. font changés en même temps, 8c les premiers font orientés au plus près lorfque la grande voile a été amurée. Auffi-tôt que la rotation fuivie du vaiffeau ramene le vent dans les voiles de l’arriere déjà orientées au plus près, on décharge les voiles de l’avant(Fig. 4^ ), en braffant les vergues de ces voiles, 8c en les orientant au plus près, après avoir amure la mifaine. L’effort de ces voiles d’arriéré retarde bientôt la vîteffe de rotation ; 8c comme les voiles de l’avant, pendant qu’on s’occupe à les changer, ne font aucun effet, fouvent les voiles de l’arriere qui amortiffent d’a-jbord toute la vîteffe de rotation dans le premier fens , jetteroient bientôt le vaiffeau au vent : on arrête donc cette nouvelle rotation en bordant les focs 8c les autres voiles d’avant, qui rétabliffent un 'équilibre néceffaire entre toutes les voiles , 8c per-- ^ttent au vaiffeau de courir au plus près, 8c fans écarts, fur le bord oppofé à celui fur lequel il cou-roit précédemment.
- Dans les détails de cette évolution, on doit remarquer le jeu particulier de chaque voile. Dès que, dans le premier inftant, le gouvernail, par fon aétio-n. feule, a rompu l’équilibre Sc que le vain eau vient au vent, alors les voiles d’avant recevant le vent fur leur furface antérieure, tendent à accélérer la rotation commencée. Cet effet eft réellement un peu contrarié par celui des voiles de l’arriere , qui, toujours orientées comme auparavant, reçoivent le vent fur leur face antérieure. Mais la rotation ayant commencé avec vivacité , parce que l’accroiffement de vîteffe, communiqué au vaiffeau avant de virer, a donné à l’adion du gouvernail une très-grande énergie, cette rotation doit continuer fi on a pris les précautions indiquées, 8c le vaiffeau doit s’élancer vivement dans le vent. Sa proue, en tournant, a-t-elle dépaffé le vent ? alors il faut penfer àfe précautionner contre cette grande vîteffe de rotation, qui eft toujours entretenue par les voiles d’avant, 8c qui n’eft plus retardée par les voiles d’arriéré. Auftî oriente-t-on promptement les voiles de l’arriere fur le bord oppofé ; 8c dès que ces voiles nouvellement orientées font éventées, leur effet, qui tend à diminuer la rotation, anéantit bientôt cet excès de vîteffe de rotation, qui porteroit le vaiffeau au delà des bornes où il doit s’arrêter. Les voiles d’avant établies enfuite fur l’autre bord oc réunies aux voiles d’arriéré , achèvent enfin de rétablir l’équilibre 3 8c donnent enfemble au vaiffeau
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- une vîteffe progreffive qui le fait gouverner au gré du Manoeuvrier.
- Si le temps étoit mauvais , c’eft-à-dire , le vent violent 8c la mer groffe , alors on ne vireroit pas de bord vent devant, parce que les huniers font fur-tout néceffaires pour cette évolution ; ainfi il ne refte plus alors d’autre parti à prendre que celui de virer vent arriéré. Cette fécondé efpece d’évolution s’exécute facilement 8c avec fuccès ; ce qu’on ne peut pas dire de la méthode de virer vent devant.
- Si d’un beau temps 8c toutes voiles dehors on trouve à propos de virer de bord vent arriéré, voici comment on fait faire cette évolution au vaiffeau. Comme le vaiffeau doit arriver, on fup-prime les voiles d’arriere qui tendent à le faire venir au vent; on càrgue donc l’artimon ainfi que le point fous lèvent de la grande voile, on met le perroquet de fougue en ralingue ou dans le lit du vent, 8c on pouffe la barre au vent. Quelquefois, malgré cette manoeuvre, le vaiffeau n’arrive pas comme on le délire ; alors on cargue la grande voile, 8c on met le grand hunier en ralingue. Mais fi, fans ces reffources nouvelles, le vaiffeau arrive, on fe contente de larguer les boulines du grand hunier 8c de la grande voile, 8c on braffe leurs vergues au vent, à mefure que le vaiffeau arrive. Dès que la diredion du vent paroît être perpendiculaire à la quille, on met en ralingue 8c le grand hunier 8c le perroquet de fougue ; 8c dès qu’on arrive vent arriéré, il faut que les voiles d’avant fe trouvent orientées perpendiculairement à la quille, c’eft-à-dire , il faut élever les points du Vent de la mifaine , braffer les vergues, 8c border les voiles d’avant. Le vent a-t-il dépaffé la pouppe, 8c le vaiffeau n'eit-il plu» veut diiicre par une fuite de l’évolution toujours continuée? alors on borde l’artimon , 8c on évente le perroquet de fougue, ainfi que le grand hunier, en fuivant la direction du vent, & on accéléré ainfi la vîteffe de rotation. On amure la grande voile , 8c puis on la borde : on amure en-fuite la mifaine, 8c fucceffivement on haie les boulines des voiles d’arriere ; on borde les voiles d’avant , on haie suffi leurs boulines, 8c après toutes ces manœuvres, le vaiffeau fe trouve établi fur le bord oppofé pour courir fur une nouvelle route, 8c fous la voilure convenable au temps & aux cir-conftances.
- Si le temps eft mauvais, 8c que le vaiffeau à la cape foit obligé de virer de bord vent arriéré ( Fig. 42) ; s’il eft à la cape fous la mifaine , par exemple , & le petit foc , on met la barre au vent en braffant les vergues d’arriere en ralingue. Dès que le Vaiffeau eft fur le point d’arriver vent arriéré, on file l’écoute de mifaine , on fouleve le point du vent, on largue la bouline , 8c on braffe au vent, de façon que , de vent arriéré , la mifaine foit dans un plan parallèle à la largeur du vaiffeau; alors on change de bord l’écoute du petit foc. L’évolution continue , & , en s’y conformant, on braffe les vergues comme les pofitions variées du vent l’exigent ; enfin, gu amure la mifaine fur le bord
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- de la voilure,
- ôppofé, enfuite on la borde , on haie fa bouline, orientés pour le plus près du vent ; 8c, dans cet état, <& révolution eft achevée. , le bâtiment dérive fans -courir de l’avant, parce
- Si le vaiffeau eft à la cape fous la grande voile & le petit foc, & qu’on veuille le faire virer de bord vent arriéré, on cargue la grande voile, 8c on lailïe agir le petit foc qui fait arriver, étant fécondé pat le gouvernail dont la barre eft tenue au vent; pendant l’évolution, on tient les vergues d’arriere en ralingue , 8c celles d’avant à recevoir le vent. Dès que le vaiffeau eft arrivé vent arriéré, on amure la grande voile en tenant cargué le point qui eft fous le vent, enfuite on borde le petit foc; 8c dès que le vent eft arrivé par le travers du vaiffeau , on borde la grande voile , 8c on haie fa bouline pour courir fur ce nouveau bord.
- Etant à la cape fous l’artimon 8c le petit foc, on vire vent arriéré en carguant l’artimon, 8c les manoeuvres qu’on fait enfuite, relfemblent à celles du cas précédent, c’eft - à - dire qu’on change le foc lorfque le vaiffeau eft vent arriéré ; 8c dès qu’il a dépaffé ce point, on borde l’artimon pour faire une nouvelle route.
- Veut-on virer de bord lorfqu’on eft à la cape fous la grande voile d’étai 8c le petit foc ? on met la barre au vent, le vaiffeau arrive ; 8c dès que le vent eft arriéré, on change de bord les écoutes de ces voiles , 8c la manoeuvre eft faite.
- Si le vaiffeau court fous la voile d’étai d’artimon 8c le petit foc, on a foin, pour virer de bord, d’amener la voile d’étai, 8c l’évolution fe fait en manoeuvrant, comme lorfqu’on vire de bord, étant à la cape fous l’artimon & le petit foc.
- Lorfqu’un vaiffeau eft à la mer 8c qu’il fuit une joute déterminée , les circonftances peuvent exiger que ce vaiffeau foit arrêté au milieu de fa courfe. Les ancres ne font plus des moyens convenables dans une mer dont on ne peut plus fonder la profondeur. Ainfi, on fe fert du vent même 8c des voiles, pour anéantir dans le vaiffeau tout mouvement progreffif, en l’abandonnant cependant à la mer, qui l’entraîne & le fait tomber fous le vent. Si de beau temps on veut arrêter le vaiffeau courant toutes voiles dehors , ou, comme difent les Marins, fi on veut mettre en panne, on ferre les petites voiles, telles que les voiles d’étai, les bonnettes, focs, contre-focs , civadiere 8c perroquets, excepté le perroquet de fougue ; on cargue aufti les baffes voiles, 8c le vaiffeau ne court plus alors que fous les deux huniers , le perroquet de fougue 8c le petit foc. Après cette manœuvre, on borde l’artimon , on amene le petit foc, 8c on met la barre fous le vent ; on braffe carré le petit hunier amené à mi-mât, c’eft-à-dire qu’il faut que fon plan foit parallèle au maître couple du vaiffeau. On braffe aufti le grand hunier 8c le perroquet de fougue, de façon qu’ils foient
- (a) On met en panne plus fouvent de cette autre maniéré. Toutes les voiles étant ferrées , excepté les deux huniers Sc le perroquet de fougue ( Fig. 46 ), on borde l’artimon & on brade carré le grand hunier ( c’eft-à-dire , de façon que fon plan foit parallèle à la largeur du vaiffeau ) , & on fait porter le petit hunier ainfi que le perroquet de fougue bradés au plus près. La barre du gouvernail eft mife fous le vent ; & fous cette voilure le vaiffeau eft en panne. Veut-on enfuite faire fervir & reprendre
- que le vent fur le petit hunier porte le vaiffeau à culer, tandis que le vent fur les voiles d’arriere , tend à le faire courir de l’avant ; ces efforts fe contrarient 8c doivent fe balancer , alors.Je vaiffeau ne peut plus prendre d’autre mouvement que celui de la mer, 8c celui qui réfulte de l’impulfion du vent fur les voiles dans le fens perpendiculaire à la quille. Ce mouvement, toujours affez confidé-rable , fait toujours tomber un vaiffeau fous le vent du lieu où il a mis en panne. Mais , par cette manœuvre , on réuftit du moins à arrêter fon mouvement progreftîf autant de temps qu’on le défire. Dès qu’on ne veut plus retenir le vaiffeau ainfi arrêté, 8c qu’on fe propofe de reprendre fa route, alors on change la barre qui étoit fous le vent , 8c on cargue l’artimon ; le bâtiment ne tarde pas à arriver en faifant cette manœuvre , 6c, pour accélérer l’arrivée, on borde les focs 8c on les hiffe. Si 3 malgré ces forces, le vaiffeau refufe d’arriver, alors on met le perroquet de fougue en ralingue. Mais s’il arrive, comme on doit l’attendre, on évente le petit hunier, on le hiffe, 8c on appareille toutes les autres voiles que la dire&ion de la route 8c l’état du vent permettent de déployer (a)„
- Si, dans un mauvais temps 8c courant fous les quatre voiles majeures , on veut mettre en panne , il faut carguer les baffes voiles , border l’artimon 8c amener les deux huniers en mettant le vent fur: le petit hunier; dans cet état, le vaiffeau eft e<£ panne. C’eft la force du vent qui oblige, dans cette circonftance , d’amener les deux huniers , parce qu’on doit craindre avec raifon que le vent n’emporte les voiles d’un vaiffeau qui ne fuit plus fon impulfion.
- TJ.n vatffêan eft-il enfin arrivé au terme d’une route propofée, ou les circonftancesl’obligent-elles d’entrer dans un port, une rade ou une baie ? alors il faut diriger fa courfe vers un lieu où le fond de la mer foit propre au mouillage. Ce lieu du mouillage eft d’avance déterminé ( Fig. 47 ) , & il faut manœuvrer de façon qu’en arrivant dans cq lieu, le vaiffeau foit fans vîteffe 8c rangé debout au vent, parce que c’eft dans cette fituation exigée ( fauf les courans ) qu’on peut laiffer tomber l’ancre fur le fond de la mer. Si le temps eft beau, on conduit le vaiffeau au mouillage en diminuant de voiles fucceffivement. On cargue donc les voiles hautes, 8c on amene les petites voiles ; on cargue enfuite les baffes voiles, fi toutefois le vaiffeau pa-roît conferver affez de vîteffe pour le porter juf-qu’au lieu du mouillage, qu’il approche de ce fieu , on amene les deux huniers fur le ton, ainfi que le perroquet de fougue; on cargue le grand
- une route déterminée ? on hiffe le petit foc , on cargue l’artimon , & on change la barre dir gouvernail. Cette manœuvre doit alors faire arriver le vaiffeau. Si cependant cet effet n’a pas lieu , on met le perroquet de fougue & le grand hunier en ralingue ; alors le vaiffeau fait néceffairement fon évolution. Bientôt il court de l’avant, & dès ce moment on évente le orand bu-aier ainfi que le perroquet de fougue , & on déploie toutes les autres voiles convenables, foit à la route, foit au vent régnant.
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- hunier 6c îe petit hunier, on prépare l’ancre , 6c dès que le vaiffeau arrive au lieu du mouillage , on borde l’artimon, on met la barre fous le vent , afin que le vaiffeau vienne debout au vent. S’il conferve encore quelque vîteffe, elle efl bientôt amortie par l’effet du perroquet de fougue qu’on met fur le mât. Aufli-tôt que le vaiffeau paroît arrêté dans fa courfe, on laiffe tomber l’ancre : enfuite on ferre les voiles , excepté l’artimon, qu’on conferve déployé jufqu’à ce que le vaiffeau qui cule dans ce moment foit debout à fon cable, ôc on file du cable autant que l’exigent la profondeur 6c l’état de la mer. Le cable qui unit l’ancre mouillée & le vaiffeau, efl arrêté par la bitte (Fig.%), autour de laquelle il fait un tour, 6c par les boffes d avec lefquelles le cable efl amarré en arriéré de la bitte. Ces boffes font des tronçons de gros cordages : elles ont trois pieds de longueur dans les vaiffeaux de guerre, ôc leur groffeur efl la moitié de celle des cables. Une de leur extrémité efl terminée par un cul-de-porc, 6c par l’autre extrémité elles font attachées fortement à des boucles de fer fixées fur le pont.
- G’eft ainfi qu’un vaiffeau, dans un beau temps, efl: conduit ôc retenu dans un mouillage déterminé ( Fig. 40 ). Cependant, fuivant ce qui a été dit, le vaiffeau n’a mouillé encore qu’une feule ancre ; ôc les circonftances obligent très-fouvent à mouiller une fécondé ancre. Cette nouvelle opération fe fait de deux maniérés ; ou la chaloupe Q (Fg.40.) du vaiffeau porte la fécondé ancre, nommée ancre d'affourché^ au lieu où elletioit être mouillée; ou bien, fi le vent 6c la mer s’y oppofent, le vaiffeau même va mouiller fa fécondé ancre. Pour cet effet, on file, du cable de la première ancre mouillée , une longueur égale à celle de deux cables ôc demi : Ôc à cette diftance, on laiffe tomber l’ancre d’affourche, qui efl retenue dans le vaiffeau comme la précédente. Cette ancre mouillée, on file de fon cable en virant fur le cable de la première ancre, jufqu’à ce que le vaiffeau foit jugé convenablement placé par rapport à ces deux ancres.
- Si un gros vent ôc une groffe mer faifoient chaf-fer le vaiffeau, c’eft-à-dire, fi leur effort communiqué aux ancres les dégageoit du fond Ôc faifoit fillonner le fond par leurs pattes, alors on mouille-roit une troifieme ancre, nommée Vancre de veille. Si le vaiffeau n’étoit pas encore bien retenu par ces trois ancres, alors on mouilleroit enfemble les deux ancres à jet, on ameneroit aufîi les deux mâts de hune, ainfi que les baffes vergues ; ôc fi ces moyens étoient encore infuffifans , la derniere reffource, pour refter en place, feroit de couper les mâts fuc-ceflivement, afin de fupprimer tout l’effort qui ré-fulte de l’impulfion du vent fur tout le gréement du vaiffeau.
- Si le vaiffeau doit fe rendre au mouillage dans un gros temps , la manoeuvre efl différente ; étant au vent, & à une bonne diflance du mouillage , on ferre toutes les voiles , 6c on s’apprête à mouiller , en parant les trois groffes ancres ôc même les ancres à jet. Dès que, par l’effort du vent, on efl
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- arrivé au mouillage , on laiffe aufli-tôt tomber une ancre , ôc , à l’aide de l’artimon bordé, fi le temps le permet, on fait en forte de venir debout au vent. Si, dans cette pofition , l’ancre chaffe 6c ne tient pas au fond de la mer, alors on mouille une fécondé ancre, 6c fucceflivement la troifieme ancre, ainfi que les ancres à jet. On fait enfin toutes les manoeuvres convenables à l’état des chofes, jufqu’à ce que le vaiffeau, quoiqu’agité par la mer ôc tourmenté par le vent, foit retenu folide* ment par les ancres réunies.
- Maintenant on pourroit imaginer que ce vaiffeau mouillé leve de nouveau fes ancres, 6c s’éloigne du mouillage en remettant à la voile ; mais il devient fuperflu de le fuivre dans une Nouvelle courfe. Jufqu’ici, nous avons fuppofé fa marche fi variée 6c accompagnée de tant d’incidens, que nous nous fommes préparé toutes les occafions néceffaires au développement de toutes les efpeces de manoeuvres qu’un vaiffeau peut faire à la mer. Ainfi il n’eft pas befoin d’ajouter d’autres éclairciffemens, pour faire connoître, foit l’ufage des voiles que nous avons décrites, foit futilité particulière de chacune de ces voiles. Il fembleroit donc que ce devroit être ici le terme de la defcription de l’Art de la Voilure. Mais on reconnoîtra aifément qu’elle ne feroit pas complette, fi je la bornois à ce qui a été dit précédemment : car fi on examine avec attention l’enfemble des objets que j’ai traités jufqu’à préfent, on doit voir que je n’ai réellement décrit que la voilure des vaiffeaux de ligne. J’ai gardé le filence fur le genre de voilure, foit des bâtimens de guerre d’un rang inférieur, foit des bâtimens de charge, de commerce ou de courfe de toutes les grandeurs. Si je n’ai pas confidéré tant d’objets à la fois , c’eft parce que leur multiplicité auroit produit la con-fufion , 6c qu’enfuite ce que j’avois à dire du gréement d’un vaiffeau de ligne, s’applique auffi bien au gréement particulier de tout autre bâtiment. En effet, des bâtimens en grand nombre ont un gréement parfaitement femblable à celui d’un vaiffeau de guerre, 6c les autres bâtjmens portent des voiles qui, fans être en même nombre, font cependant femblables à certaines voiles des vaiffeaux de guerre. Ainfi, après avoir fuivi l’expofé de tout ce qui efl relatif, foit au gréement, foit à la manœuvre de chaque voile d’un vaiffeau de guerre, il devient facile d’imaginer comment font établies , gréées 6c manœuvrées les voiles qui leur reffemblent.
- La defcription qui précédé aura donc toute la généralité que je veux lui donner, fi, en faifant l’énumération de prefque tous les bâtimens connus, j’indique les ^traits de reffemblance qu’on doit remarquer entre leur voilure 6c la voilure entière des Vaiffeaux de guerre , ou quelques parties de cette même voilure.
- Suppofons que tous les bâtimens connus foient rangés en trois claffes, 6c qu’ils foient diflirfgués par le nombre de leur mât, fans compter le beaupré. La première claffe, qui efl celle des bâtimens à trois mâts, comprend, outre les vaiffeaux de ligne de tous les rangs , les frégates, les corvettes,
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- lés chebeks, les gaiiotes, les flûtes, les chattes, quel-ques bâtimens communs fur la Méditerranée, tels que des pinques, des polacres , des tartanes; & des bâtimens étrangers, tels que les crayers 8c les bûches.
- Les frégates, ( Fig. 39. ) corvettes , flûtes Fran-çoifes 8c Hollandoifes (Fig. 48. ), crayers 8c chattes (Fig. 49.)? reçoivent un gréement parfaitement femblable à celui des vaifleaux.
- La voilure des polacres ( Fig. 50. ) ellbien auflfi la même; mais les mâts de cette efpece de bâtiment étant à pible, le gréement de ces mâts préfente feul quelque différence dépendante de ce genre de mâture.
- Plufieurs chebeks ont la voilure 8c le gréement des vailfeaux, tandis que d’autres chebeks ont des mâts ( Fig. 51.), qui portent chacun une antenne Sc une voile triangulaire abfolument femblable à certaines voiles des vaifleaux , telle que la grande voile d’étai 8c les focs. Gomme cette maniéré de gréer eft particulière aux bâtimens de la Méditerranée , il faut que je la faffe connoître avec quelques détails ( Fig. 52.). Une antenne efl: une vergue très-longue a b , que je ne puis mieux comparer qu’à la vergue d’artimon des vailfeaux, en fuppofant cependant que fon extrémité a inférieure foit moins grolfe 8c plus effilée. Ces deux vergues font Semblablement placées 8c unies de même à leur mât refpeftif. Il efl cependant à remarquer ( Fig. 1 8c 2. ), que le mât d’artimon porte d’autres vergues que celle d’artimon, tandis que le mât qui porte une antenne ( Fig. 52. ), n’a pas d’autre voilure que la voile enverguée à cette antenne. Cette vergue efl: comme celle d’artimon, hiflée à l’aide d’une drilfe, 8c gouvernée par des ourfes ; l’antenne d’ailleurs efl: garnie de bras qui deviennent nécelfaires pour l’orienter. La voile, portée par cette vergue, a la forme d’une grande voile d’étai ( Fig. 5 3. ), 8c fon envergure efl: fon plus grand côté, qui efl: égal à la longueur de l’antenne. Cette voile établie à bord d’un bâtiment, elb d’ailleurs manoeuvrée comme l’artimon d:-' vailfeaux. Les chebeks dont je parle, portent trois voiles à antennes, 8c , fous cette voilure , ils pincent le vent bien mieux que les vailfeaux.
- Les corvettes ont quelquefois trois mâts , 8c alors elles font gréées comme les vaifleaux ; quelquefois aulîi elles font mâtées en fenaux. Je ferai connoître cette voilure , en parlant des bâtimens à deux mâts.
- Les gaiiotes à bombes Fratiçoifes n’ont quelquefois que deux mâts ; mais elles en ont fouvent trois, qui font gréés comme ceux des vailfeaux.
- Les bûches (Fig. ^3.), bâtimens F[ollandois, ont trois mâts, qui portent chacun une voile carrée, femblable aux baffes voiles des vailfeaux.
- Les pinques ( Fig. 51. ) ont trois mâts, qui portent chacun une voile latine enverguée à une antenne. Ces bâtimens n’ont pas proprement de mât de beaupré ; mais on place extérieurement, 8c à l’avant de ces bâtimens, une longue fléché, qui fert à amurer l’antenne de l’avant.
- Les tartanes ( Fig. 54.) ont aufli, au lieu de
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- beaupré, une longue fléché, qui fert aulîi à amurer l’antenne portée par le mât de l’avant. Les deux autres mâts placés à l’arriere, font à pible , 8c gréés comme ceux des vailfeaux.
- Il y a plus de variété dans les bâtimens à deux mâts, qui font compris dans la fécondé claffe, 8c leur efpece efl: plus nombreufe. On y compte les brigantins, les fenaux, les galeres, les goélettes , quelques gaiiotes à bombes , quelques corvettes, ainli que des bâtimens étrangers , tels que les be-landres, les dogres , les felouques , les gaiiotes Hollandoifes, les hourques, les houaris, les ketchs, les koffs, 8c enfin les chaloupes Sc canots des vaif-feaux. Entre ces bâtimens, les uns ont deux mâts à l’arriere, 8c les autres un grand mât & un mât de mifaine. Ceux de la première efpece font quelques gaiiotes à bombes (Fig. 68.), les galiottes Hollandoifes. (Fig. 67.), les dogres (Fig* 69.), les hourques ( Fig. 6y.))8c les ketchs (Fig. 70. ). Ceux de la deuxieme efpece font les fenaux, les brigantins , les galeres, les felouques , les belandres, les houa-ris, les koffs, ainfi que les chaloupes 8c canots des vaifleaux. Les voiles des bâtimens à deux mâts de la première efpece ont une telle reffemblance , foit avec les voiles des vaifleaux déjà décrites, foit avec les voiles des bâtimens à deux mâts de la deuxieme efpece, que je me reftrains à quelques détails relatifs à ces derniers»
- (Fig. 55.) Les fenauxfônt entré tous ces bâtimens ceux qui approchent le plus des bâtimens à trois mâts, parce qu’à l’arriere du grand mât ils ont un mâtereau placé parallèlement à ce mât, 8c qui lui efl: uni par le moyen de la hune fous laquelle la tête de ce mâtereau eft arrêtée.
- Si on établit ainfi ce mâtereau verticalement à l’arriere du grand mât, c’eft pour lui faire porter une voile femblable à Tartimon des vaifleaux. La feule différence dans le gréement de cette voile, confifte en ce que cette voile n’efl: pas enverguée fur une vergue aufli longue que la vergue d’artimon qui croife le mât d’artimon d’un vaiffeau. Elle n’efl: enverguée que fur un bout de vergue qui s’appuie fur le mâtereau par une de fes extrémités, terminée en croiffant, pour mieux embraffer le contour de ce mâtereau. Ce bout de vergue efl: nommé corne de fenau. D’ailleurs le gréement du grand mât 8c du mât de mifaine reffemble entièrement à celui de pareils mâts dans les vaifleaux; 8c leurs voiles font gréées & manoeuvrées de la même maniéré. C’eft fous cette forme que l’on grée quelques corvettes.
- Les brigantins ( Fig. 56.) ont une voilure pref-que femblable à celle des fenaux ; leur grande voile efl: placée ou comme l’artimon des vaifleaux à laquelle elle eft femblable , ou comme la voile d’ar-riere du fenau. La feule différence confifte en ce que cette grande voile qui eft enverguée à une corne nommée pic dans le brigantin, eft bordée par le moyen d’une efpece de boute-hors nommé gui, qui fert à porter loin du mât le point d’écoute de cette voile. La voile de fenau au contraire eft bordée comme l’artimon des vaifleaux ; d’ailleurs, les mâts
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- du brigantin portent toutes les autres voiles qu’on établit fur les mâts femblables des vailfeaux.
- Les galeres ( Fig. 57.) ne portent que deux voiles à antennes , une fur chaque mât. Ces voiles font gréées comme on l’a décrit précédemment.
- Les felouques ont la voilure des galeres.
- Les deux mâts des belandres ( Fig. ) portent une voilure femblable à celle du grand mât & du mât de mifaine des vaiffeaux , à l’exception de la grande voile , qui eft d’une forme pareille à celle de l’artimon des vailfeaux , 8c qui eft placée de la même maniéré fur ces bâtimens : la vergue à laquelle elle eft enverguée , eft comme la vergue d’artimon des vailfeaux ; mais la voile enverguée a beaucoup plus d’étendue, fon envergure eft égale à la longueur entière de cette vergue.
- Les chaloupes 8c les canots grands 8c petits {Fig. 59. & 60) , portent quelquefois des mâts 8c des voiles ; alors leur mâture eft à baleftron. Si on con-fuite l’Art de la Mâture, on verra qu’il y a deux efpeces de mâtures à baleftron ; les grands canots portent une mâture de la première efpece, c’eft-à - dire que chaque mât â une voile triangulaire. La mâture des petits canots eft de la fécondé efpece, 8c leurs voiles ont la forme de quadrilatère. Dans les chaloupes , fouvent le grand mât porte une voile à antenne, tandis que le mât de mifaine a une voile comme celle qu’on fait porter au mât à baleftron de la fécondé efpece.
- Les goélettes ( Fig. 61.) ont deux mâts qui portent chacun une voile, dont la forme reffemble à celle de la grande voile du brigantin ; chacune eft enverguée Sc bordée comme cette même voile , c’eft-à-dire , à l’aide d’un pic 8c d’un gui. Quelquefois ces voiles font furmontées d’un hunier ; mais elles ont toujours une voile d’étai, 8c des focs foutenus par un beaupré.
- Les houarîs ont une mâture à baleftron de la première efpece. Voyez la Voilure d’un Canot ( Fig. 6. ).
- Les koffs ( Fig. 62 ) ont une mâture à baleftron de la fécondé efpece , 8c quelquefois ils portent des huniers. Enfin les chaffe - marées ( Fig. 63.), & les bugalets ( Fig. 64. ) , font gréés en voiles carrées.
- La troifieme claffe comprend les barques, les bateaux , les cutters, 8c une infinité d’autres petits bâtimens qu’il feroit inutile de faire connoître fé-parément.
- Quelques-uns de ces bâtimens, tels que les barques de plufieurs efpeces, ont la voilure la plus Ample , qui confifte ( Fig. 66.) dans une grande voile carrée 8c quelques focs.
- Des bateaux de la Méditerranée portent une voile à antenne ( Fig» 65. ).
- Des bâtimens Hollandois,tels que les boyers ( Fig* 71.),les cagues ( Fig. 72. ), n’ont qu’une feule voile» Celle des boyers reffemble à la voile d’arriere d’un fenau, 8c les cagues ont une mâture à baleftron de la deuxieme efpece.
- Les cutters ( Fig. 73 6* 7 5 ), & d’autres bâtimens Anglois , imaginés pour la courfe ou pour la contrebande , ont un grand mât qui porte un perroquet, un hunier comme ceux des vailfeaux , avec une grande voile qui reffemble à la grande voile du brigantin. D’ailleurs, ces voiles font accompagnées de plufieurs focs.
- Enfin, les bateaux nommés bermudkns ou Jloopà ( Fig. 74.), ont un mât qui porte une grande voile, dont la forme 8c la pofition font les mêmes que celles de là grande voile d’un brigantin, avec un perroquet 8c un hunier. Ce qui diftingue cette dernière voile de hunier, c’eft que fa bordure eft extrêmement échancrée pour le paffage des étais du mât. Les points d’écoute de cette voile defcendent d’ailleurs jufqu’au plat-bord, tandis que ceux des huniers fe rendent feulement au bout de la grande vergue.
- On voit, dans cet expofé, que la voilure de toute forte de bâtiment reffemble en tout ou en partie à la voilure des vailfeaux de ligne, qui a été décrite avec toute l’étendue convenable. La reffem-blance de ces voiles, dans leur forme 8c leur defti-nation pour les mêmes ufages, doivent maintenant faire juger qu’elles ne peuvent pas être gréées différemment. Ainfi, tout confidéré , la defcription de la voilure d’un Vaiffeau de ligne embraffe néceffai-rement celle de la voilure de tout autre bâtiment, & il n’eft prefque aucune manoeuvre employée dans le gréement des petits bâtimens, qui ne faffe partie du gréement d’un vaiffeau de guerre. Je puis donc penfer que je n’ai rien à ajouter pour faire connoître l’Art de la Voilure en général. J’ai cru avoir choift le meilleur parti en décrivant d’abord la voilure d’un vaiffeau de guerre , 8c en faifant connoître enfuite comment les diminutifs de cette voilure, ou des combinaifons variées des différentes parties de cette Voilure, font employés pour compofer la Voilure particulière de tout autre bâtiment. Si ce plan de travail eft jugé le meilleur de tous ceux qu’on pouvoit imaginer , 8c s’il eft le plus favorable au développement des objets nombreux qu’il embraffe dans fon étendue, il ne me refte plus à délirer que de l’avoir rempli d’une maniéré fatisfaifante.
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- EXPLICATION
- DE PLUSIEURS TERMES DE MARINE
- Employés dans le cours de cet Ouvrage.
- A.
- jbATTÉe. Un vàiffeau abat ou fait une abat-tée , lorfque l’effort des voiles d’avant étant fupé-rieur à faction des voiles de l’arriere, le vaiffeau cede, 3c fa proue tombe fous le vent. On fait abattre un vaiffeau lorfqu’on appareille ; 8c un vaiffeau fous voile, qui eft dirigé fur une route déterminée, abat auffi quelquefois de lui-même Conféquemment à un défaut d’équilibre inftan-tané entre les voiles de l’avant 3c celles de l’arriere. Les abattées de la première efpece font conformes à la volonté du Manoeuvrier, 8c celles de la fécondé efpece s’appellent arrivées : elles contrarient 8c troublent fes deffeins. Celles-ci font autant d’écarts que fait le vaiffeau hors de la route que le Manœuvrier veut lui faire tenir : au lieu que l’a-battée, dans un appareillage, efl un mouvement de rotation néceffaire, 8c que le Manœuvrier produit expreffément pour pouvoir diriger le vaiffeau fur une route déterminée.
- Abattre. Le mot abattre a auffi une autre âccêp-tion. Il fignifie coucher un vaiffeau fur le côté , afin qu’on puiffe vifîter 8c réparer fa caréné.
- Agrès. Sous ce nom, les Marins entendent tous les cordages, poulies, vergues 8c voiles néceffaires à un vaiffeau, pour qu’il puiffe être mû par le moyen du vent. Les mâts ne font pas au nombre des objets compris fous le nom général d’agrès. Mais les haubans, les étais, ainfï que les autres manœuvres dormantes qui fervent à les maintenir , n’en font pas exceptés.
- Aiguilles (à voiles ), (Fig. fi.). Ces aiguilles différent par leur forme, des aiguilles communes ; celles-ci font arrondies dans le fens de leur épaiffeur depuis une extrémité jufqü’à l’autre. Les aiguilles à voiles ne le font que depuis l’extrémité où efl le chas jufqu’au milieu de leur longueur. L’autre partie ne cette aiguille eft de forme pyrami^ dale, 8c terminée par trois faces triangulaires. Les aiguilles employées par les Voiliers , ne font pas toutes de même longueur ; les plus courtes ont 2 pouces 8c demi, & les plus longues $ pouces. Elles font diftinguées entr’elles par l’üfage qu’on en fait. Celles qui fervent à coudre les ralingues, font les plus fortes, 3c leur chas peut recevoir depuis douze fils jufqu’à fix ; elles fe nomment aiguilles à ralingues. Le chas des aiguilles à œillet peut recevoir jufqu’à quatre fils. Celles à têtieres ont un chas pour deux, trois ou quatre fils ; 8c enfin celles à coutures, qui font les plus petites,
- ne reçoivent qu’un feul fil. Les Fig. y , fi, 7,8 8c * repréfentent un Voilier à l’ouvrage , fon dé, fon aiguille, 8c fa main en a&ion.
- AiguiIlettes. C’eft Un petit Cordage qui a quelques braffes de longueur, 8c qui porte ce nom, parce qu’il fert à attacher deux chofes enfemble. C’eff à l’aide d’une aiguillette qu’on donné à une poulie une pofîtion fixé.
- Aire d’un vaiffeau , c’eft fa vîteffe.
- Amarrage. C’eft là forme de la liaifon de deux objets. Une corde les réunit-élle ? cette corde eft i’amarre; 8c la rqâniere dont elle eft employée pour cônfôlidèr la réunion, eft nommée l’amarrage ou là façon d’amarrer. C’eft d’après cette diftindion, qu’il eft facile de comprendre le langage du Marin, lorfqu’il dit qü’il fait tel ou tel amarrage. Il y a deux fortes d’âtnàrrâges, connues fous les noms d’amârrages plats, 3c en étrive* Voyez Fig. H. En A 3c en B , l’amarrage eft à plat ; 8c en C, l’amarrage eft en étrive.
- Amarre. Cordage avec lequel on attache oir on retient quelque chofip. Les cables qui retiennent un vaiffeau flottant dans un port, font nommés fes amarres.
- Amarrer. C’eft attacher ou lier un objet à un appui fixe.
- Amener eft fynônymé avec abaiffer. Là pêfantèur produit la chute des corps élevés au deffus de la terre ; de même la pefanteur d’une vergue, d’une voile, d’un cordage , d’un pavillon, produit leur defcente, lorfque ces agrès font dégagés de tout ce qui les retenoit élevés. Lorfqu’on largue les drilles, les balancines d’une vergue, alors fon poids la fait gliffer néceffai-rëmènt le long du mât auquel elle eft unie, où par un racage, ou par des droffes ; 3c lorfqu’on fait cette manœuvre, on dit qu’on amene cette vergue. Un foC dont on largue la drille 3c Té-coûte, 3c dont on haie le calebas, eft auffi amené, parce qu’il defcend le long de Tétai ou de fa draille, en partie à l’aide de fon poids, qui, fans le frottement , le feroit feul defcendre tout-à-fait. C’eft ainfi qu’on doit entendre l’aètion d’amener un hunier, une vergue , un mât de hune, un perroquet, 3cc. Les baffes Voiles ne font point amenées, on les cargue. Les huniers au contraire font amenés avant d’être cargués 8c ferrés , ainft que les perroquets.
- Amure, Manœuvre qui fert à mouvoir le point
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- inférieur d’une baffe voile 9 & à le porter vers l’avant du vaiffeau , lorfque le plan de cette voile doit faire un angle aigu avec la longueur du vaiffeau. L’amure, dans quelques autres voiles, fert à fixer un point de ces voiles. C’eft toujours le point de la voile qui eft au vent.
- Amurer une voile. C’eft tendre cette voile en tirant fur fon amure autant que les circonftances l’exigent. Lorfqu’on oriente les voiles obliquement à la quille, alors les baffes voiles, telles que la grande voile 6c la mifaine, font amurées au vent & bordées fous le vent. On haie l’amure qui rappelle fur l’avant du mât le point de chacune de ces voiles , tandis que, fous le vent, l’écoute halée porte le point de ces voiles fur l’arriere des mâts qui les foutiennent. Les voiles font amurées autant qu’elles peuvent l’être , lorfque le point du vent de la grande voile touche au dogue d’amure, 6c celui de la mifaine au bout du porte-lof ou minot.
- Ancre. On voit une ancre nue ( Fig. 37. ) •; à côté de cette ancre eft le jas en deux parties ; & la Fig. 38 préfente une ancre garnie de fon jas, qui eft, comme on fait , dans un plan perpendiculaire au plan des bras de l’ancre. L’organeau (jFig. 38.) paroît auffi garni, 6c on apperçoit le bout du cable qui y eft attaché ou étalingué.
- Araignée. Si on imagine un morceau de bois (Fig. F.), peu épais 3c plus long que large, percé de plufieurs trous diftribués dans le fens de fa longueur , Sc attaché par le moyen d’une code au faux étai, par exemple , du grand mât au deffous de la pomme ( Fig. 1 & 2. ) ; fi on imagine auffi le contour antérieur de la hune, percé de plufieurs trous , 6c qu’un petit cordage amarré fur Tétai remonte pour paffer dans le trou le plus éloigné, fait dans la hune, qu’il redefcende en-fuite pour traverfer le bois d’araignée par le trou le plus bas , 6c que, de là , le même cordage remonte encore à un trou de la hune pour reve-
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- nir au bois d’araignée & enfuite à la hune , en répétant ces tours plufieurs fois ; on verra aifé-ment que toutes ces branches formées par ce cordage, compofent une efpece de toile d’araignée ; 8c c’eft cette reffemblance qui a fait donner à cet affemblage le nom d’araignée. L’ufage de cette araignée eft d’empêcher que le hunier n’éprouve un trop grand frottement fur le contour de la hune, 6c que fes fonds ne s’engagent fous la hune.
- Ardent ( un vaiffeau ). Lorfque les voiles de barrière d’un vaiffeau font un plus grand effort que les voiles de l’avant, conféquemment à l’impul-fion du vent, alors la proue du vaiffeau s’élance du côté du vent ; 8c fi le vaiffeau ne permet pâs, par fa conftrudion 6c par la fituation de fes mâts, qu’on détruife, fans recourir à l’adion du gouvernail, cette tendance à venir au vent, alors le vaiffeau eft nommé ardent.
- Arrivée. Un vaiffeau fait des arrivées, ou arrive. Il fait des arrivées, lorfque, fous voile, fa proue tombe fous le vent par accès, 6c alors la direction du vent fait, avec le plan de chaque voile , un angle plus grand, ce qui rend fon impulfion plus forte. Quelquefois le Manoeuvrier ordonne que le vaiffeau arrive , en faifant dominer l’effort des voiles d’avant fur celles de l’arriere, ou en pouffant au vent la barre du gouvernâil. Ces deux moyens font tourner le vaiffeau autour d’un axe vertical.
- Armer un vaiffeau. C’eft l’approvifionner de vivres «Sc de munitions de guerre. C’eft auffi lui donner le nombre d’hommes de mer néceffaires, fait pour manoeuvrer, foit pour combattre,
- Auloffée. C’eft un mouvement inftantané d’un vaiffeau, dont la proue s’élance du côté du vent, foit conféquemment au choc accidentel, des vagues, foit à caufe d’une fupériorité momentanée des voiles de l’arriere fur celles de l’avant,
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- AN de ( à la). Un vaiffeau qui, par la force du vent ou par l’adion de quelque autre puiffance, s’incline d’un côté, eft dit donner à la bande de ce côté-là.
- Baraquetes. Leur forme eft bien exprimée par la Fig. * Elles portent deux ou plufieurs rouets. Elles s’amarrent, fuivant leur ufage, ou au ton des mâts ou dans les haubans, parce qu’on s’en fert pour les balancines des huniers 6c les driffes des focs.
- Basses voiles. Comme dans un vaiffeau il y a des voiles placées les unes au deffus des autres, foit au grand mât, foit à celui de mifaine 6c d’artimon , celles qui font les plus baffes, 6c qui font réellement les plus grandes voiles d’un vaiffeau, font nommées baffes voiles , à caufe de leur po-fition : on donne ce nom à la grande voile 6c à la voile de mifaine. ^
- Batiment. On donne ce nom général à toute efpece de vaiffeau.
- Bittes. Ce font deux piliers verticaux, placés fur l’avant du vaiffeau. Ils font fortement affujettis dans la place qu’ils occupent ; & pour augmenter leur force, ils font croifés par une traverfe horizontale, nommée couffin des bittes. C’eft autour des bittes 8c du couffin qu’on arrête de cable d’une ancre mouillée ( Fig. Z.).
- Bittons. Leur nom annonce une reffemblance avec les bittes qui fervent à retenir le cable d’un vaiffeau. Auffi les bittons, dont les dimenfions font bien inférieures, ont une forme femblable à celle des bittes. Les piliers verticaux portent des rouets qui fervent pour le paffage des écoutes de huniers. On place des bittons en avant du grand mât 6c en avant du mât de mifaine. En arriéré de ces mâts, on place auffi fur le gaillard des bittpns d’une autre forme, 6c on les diftingue fous le nom de bittons de cargue-fonds. Plufieurs poulies tournantes font placées verticalement entre deux plans horizontaux, comme on le
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- Voit dans la Fig. J4* Elles fervent au palfage des cargue-fonds , des huniers, des cargue-boulines, des palanquins de ris, des drilfes de voiles d’é-tai, des écoutes , des perroquets, &c. Cette der-niere efpece de bittons a été imaginée depuis peu de temps , pour tenir lieu d’une foule de poulies de retour , qui étoient placées chacune féparément en arriéré du grand mât & du mât de mifaine , 8c qui fervoient au palfage des différentes manoeuvres nommées précédemment.
- Bord. Ce mot a plulieurs lignifications dans lé langage des Marins.. On dit aller à bord, pour dire aller au vailfeau ; Coucher à bord, être à bord, lignifient auifi coucher ^ être dans le vaif-feam Les Marins emploient auifi le mot bord, pour diftinguer les côtés du vailfeau ; au lieu de dire l’un & l’autre côté, ils difent l’un 8c l’autre bord. C’efl: encore en ce fens qu’on dit bâbord, pour exprimer le côté gauche, & flribord pour le côté droit. C’eflr auifi dans le même fens qu’on doit entendre les mots franc-bord , vibord , plat-bord , bordages j bordées, &c.
- Border une voile. C’efl: tendre cette voile autant qu’elle peut l’être , en roidilfant fon écoute.
- Bossoir. C’efl; une piece de bois A , de très-forte dimenlïon, qui faille en avant du vailfeau (Fig. V. ), <3c qui repofe fur l’extrémité du couple de coltis. Elle fert à foutenir le poids de l’ancre i foit au moment où elle va être mouillée, foit àu moment où, tirée du fond de l’eau ^ on fe prépare à la traverfer. Sa pofition facilite fur-tout cette derniere opération : car l’ancre au bolfoir eft rapprochée du côté du vailfeau, le long duquel elle doit être élongée ou traverfée* Enfuite la faillie du bolfoir a l’avantage d’éloigner du bord la patte de l’ancre , & d’empêcher ainfi qu’elle ne s’engage fous les façons du vailfeau.
- Bouée. C’efl: un corps plus léger que l’eau, & qui a la forme d’un gros cône tronqué (Fig. T. ) ; il efl: de bois ou de liège. Au moment où l’on mouille une ancre , on jette à la mer une bouée, qui tient à l’ancre par un Cordage nommé orin* Cette bouée Z ( Fig V. ), plus légère que l’eau j fürnage 5 8c fe place verticalement au delfus de l’ancre mouillée.
- Bouline. Là bouline ^ dans ün Vailfeau, efl: une manoeuvre deftinée à tirer le côté d’une voile $ afin qu’elle foit mieux déployée, plus tendue, & expofée plus diredement à l’impulfion du vent* Cette manoeuvre n’efl pas immédiatement attachée à une patte de bouline, mais à des branches de boulines 9 dont les extrémités fixées fur les pattes embralfent une très - grande longueur de la ralingue latérale de la voile. C’efl: par un tel mécanifrne qu’üne bouline halée étend la partie balfe d’une voile, 8c l’empêche de prendre une courbure qui diminueroit l’impulfion du vent, (Fig. i , 2, 16, 21,27, 28.)
- Braquet* Cordage qui palfe par delfous le pied du
- mât de hüne guindé j Sc qui fert à le foutenir* Il a la grolfeur de la guinderelfe.
- Bras. Gordages qui fervent à mouvoir les Vergues horizontalement,8c aies faire tourner autour des mâts qui les foütiennent. Voyez Fig, 1 8c 2 ^ 8c fur-tout l’Art de la Mâtur£. La maniéré dont les bras font placés dans les vailfeaux, n’efl: pas extrêmement âvantageufe. Gomme ils doivent faire mouvoir les vergues horizontalement, ils de-vroient auifi être fitués dans le plan horizontal qu’on imagineroit paffer par les vergues, Le bras de la grande vergue, par exemple , étant roi-di, ne follicite pas feulement l’extrémité de la vergue à fé mouvoir horizontalement ; mais il tend auifi à faire bailfer cette même extrémité, ce qui ne devroit pas être. On fent fur-tout ce défavantage, lorfqu’on veut amurer la grande voile ; il faut bralfer fous le vent ^ 8c le point du vent doit toucher au dogue d’amure* Comme la bordure de la voile fait avec la longueur du vailfeau un plus grand angle que l’envergure , cette voile étant bien amurée , alors la ralingue latérale du côté du vent tend à faire bailfer l’extrémité de là Vergue qui ëft du côté du vent , tandis que le bras delfous le Vent tend à faire bailfer l’extrémité fous le vent de la même Vergue. Ces efforts font contraires, & lorfqu’ils ne font pas combinés avec ménagement, ils peuvent avoir lès fuites les plus dangereufes. CeS confidérations devraient bien engager les Marins à Chercher une meilleure pofition pour les bras de grande vergue* Ceux de mifaine font mieux placés par les mêmes raifons ; mais ils tirent la Vergue de mifaine dans une dire&ion qui efl: encore bien oblique, 8c par eonféquent leur effort fe Uécomjjofe en trois efforts , tandis qu’il n’en faudroit qu’un feul qui fût perpendiculaire à la longueur de la vergue, 8c placé dans le plan horizontal qui palfe par la vergue. On jugera aifé-ment, d’après ces principes, de la bonne ou mau-vaife pofition des bras des autres vergues.
- Brasse. C’efl: une mefure adoptée par les Marins; fa longueur efl: de 5 pieds*
- Brasser. C’efl: tirer, à l’aide des bras j l’extrémité d’une vergue pour l’éloigner de fa pofition perpendiculaire à l’axe de longueur du vailfeau, 8c pour lui faire former un angle plus aigu,
- BRasSeyage. Lorfqu’une vergue efl: dans la fitua-tion perpendiculaire à l’axe de longueur du vaif-feau j alors il y a une dilfance entre cette vergue & les haubans du mât qui la foütiennent* C’efl: cet efpace mefuré fur un plan horizontal, paffant par la vergue, qui efl: ce que l’on nomme le bralfeyage; parce que réellement c’efl: pâr cet efpace qu’eft borné 1?angle le plus aigu qu’on puilfe faire faire à la Vergue avec l’axe de longueur du vailfeau.
- Bredindin. Palan amarré à l’étai, 8c placé au delfus du grand panneau.
- Bressin* C’efl Técouet ou l’amure.
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- EXPLICATION
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- o r. La Fig. D annonce fa forme. Il eft en bois , Ôc fon ufage a été défigné lorfqu’on a parlé de la maniéré* d’attacher les écoutes des perroquets. On peut voir un cabillot en place dans la Fig.
- Caps-de-mouton. {Fig. H. ). Leur forme eft celle d’une fphere applatie ; leur diamètre eft égal à deux fois la circonférence du cordage qui doit les embraffer, & leur plus grande épaiffeur eft la moitié de leur diamètre. Ils font percés de trois trous placés triangulairement Sc perpendiculairement à leur épaiffeur. La goujure ou la cannelure qui eft pratiquée fur leur épaiffeur & dans tout le contour , a une largeur égale au diamètre du cordage, Sc fa profondeur eft le quart de ce diamètre.
- Caponner une ancre. C’eft accrocher l’organeau de l’ancre avec le croc de la poulie de capon, ôc employer enfuite cette poulie pour élever l’ancre jufqu’au boffoir ( Fig. V. ).
- Cargues. Les cargues font des manoeuvres qui fervent à plier la voile, 3c à la retrouffer jufques au deffous de la vergue à laquelle elle eft attachée. Ces cargues prennent divers noms , félon les points de la voile auxquels elles font amarrées. Celles qui font frappées fur les pattes de la ralingue de bordure ou de fond, font nommées cargue-fonds, ôc par des raifons analogues , les autres cargues reçoivent les noms de cargue-points , cargue-boulines.
- Les cargues ne font adaptées qu’aux feules voiles portées par des vergues : ainli les focs , les voiles d’étai n’ont pas de cargues. Elles font pliccs & ferrées par d’autres moyens affortis, foit à leur forme, foit à leur pofîtion.
- Cartaheu. Ce mot lignifie un cordage qui paffe dans une poulie limple, ôc qui fert, foit à diriger le palan d’étai & à le placer vis-à-vis un paneau, foit à élever ou baiffer un objet quelconque. Chasser. Un vaiffeau mouillé eft dit chaffer, lorf-que, preffé par l’effort réuni du vent ôc des lames , il force fon ancre de labourer le fond où fa patte eft enfoncée. On voit par conféquent que ft un gros vent ou une groffe mer doivent tendre à faire chaffer un vaiffeau mouillé, cet effet n’a lieu que lorfque le fond n’a pas affez de tenue ou de ténacité. Un vaiffeau qui pourfuit un vaiffeau ennemi, eft dit le chaffer.
- Chat.Sa forme eftrepréfentée {Fig. $ 6.). Lorfqu’un vaiffeau a deux ancres mouillées, ôc qu’en évitant, fes deux cables fe font croifés Sc entortillés , alors, à l’aide de ce chat, on dépaffe les cables. Coiffée { une voile ). C’eft une voile qui reçoit l’impulfion du vent fur fa face antérieure. Congréer un cordage {Fig. 3. ). C’eft remplir par un petit cordage afforti les vuides extérieurs qui régnent le long d’un cordage entre les torons qui le forment. Le petit cordage fuit le cours des torons, ôc empêche que l’eau ne s’inllnue auffi
- - aifément qu’àuparavant dans le centre du 'cordage ; il ajoute d’ailleurs à fa force, Ôc en lui donnant un contour plus arrondi, il le prépare à recevoir de la fourrure une forme plus régulièrement cylindrique.
- Cosse { Fig. 57. ). On voit que c’eft un anneau de fer, qui porte une cannelure fur fon contour extérieur, afin que cette coffe puiffe être entourée par un cordage. Plufîeurs poulies portent des coffes au bout de leurs ellropes. Ces coffes rendent leur amarrage plus folide. Le centre de la coffe fert fouvent au paffage d’une aiguillette , ôc quelquefois à retenir un croc. ’
- Courant d’un eprdage. C’eft cette partie d’un cordage qui traverfe une ou plufîeurs poulies. On lui donne le nom de courant, par oppofition au nom de dormant qu’on donne au point de ce cordage par lequel il eft amarré.
- Cueillir un cable ou tout autre cordage. C’eft rouer ce cordage ôc l’étendre circulairement, en lui faifant décrire des circonférences d’un rayon déterminé, qui font aufti nombreufes que la longueur du cordage peut l’exiger. Cet arrangement fait qu’un cordage tient moins de place, ôc fes tours réguliers, placés les uns fur les autres, permettent de le filer dans toute fa longueur, fans craindre aucun embarras.
- Cul-de-porc. Il y en a de deux fortes. L’un eft nommé cul-de-porc fimple, ôc l’autre double. Le premier ( Fig. G.) eft employé pour terminer un cordage par un bouton : les trois torons du cordage font d’abord féparés, enfuite on les entrelace comme dans la Fig. G, ôc on ferre plus étroitement cet enlacement, en faifant repaffer chaque toron par-deffous ce bourlet, de façon que les torons reviennent tous fortir par le centre du bourlet, ôc là, ils font réunis par un petit cordage : tel eft le cul-de-porc fimple. Quelquefois les cordons réunis au deffus du bourlet, font encore enlacés enfemble. Cette efpece de cul-de-porc termine ordinairement les boffes de bout ôc les boffes du cable , ainfi que les eftropes des poulies d’écoutes ôc d’amures des grandes voiles ôc de mifaines des vaiffeaux.
- Le cul-de-porc double n’eft qu’un double cul-de-porc fimple ; il fe pratique pour la réunion de deux parties d’un cordage coupé. Chaque bout féparé étant formé de trois torons, on fépare ces torons, ôc on détord une certaine longueur de chaque bout. On rapproche les deux bouts, en plaçant les torons d’un des bouts entre les torons de l’autre bout. Alors on fait avec les trois premiers torons un bourlet ou un cul-de-porc fimple. On en fait de même avec les trois autres torons ; ôc ces culs-de-porcs, adoffés enfemble , ne permettent plus que les deux bouts de cordages puiffent être féparés de nouveau. On ajoute meme a la folidite de ces bourlets, en étendant au delà du cul-de-porc les torons le
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- long du cordage , Se en fourrant cette partie du Culer. Un vaifTeau cule lorfque, preffé par l’effort cordage, afin de retenir fixement les extrémités de fes voiles coiffées , il recule de l’avant à des torons enlacés. l’arriéré.
- D.
- É. Les Voiliers emploient une efpece de dé (f&S')? Pour pouffer leur aiguille. Comme leurs ouvrages exigent & de fortes aiguilles Se de grands efforts , un dé ordinaire au bout d’un doigt quelconque de la main, ne feroit pas affez avantageufement placé peur vaincre la réfiffanfte que les Voiliers trouvent à ccudre à ces voiles les ralingues «St les œillets. C’eff auiïi cette rai-fon qui leur a fait placer un dé de forme convenable au milieu de la paume de la main. Ce dé circulaire A ( Fig. 7. ), s’applique par une face plane fur une laniere de cuir où il eff attaché. Les deux bouts de cette laniere font coufues enfemble , Se cette affemblage porte le nom de paumelle. Dans cette paumelle, on pratique une ouverture B pour le paffage du pouce , afin qu’étant mife en place, elle ne puiffe tourner en aucun fens autour de la main (Iig. 8. ), & que le dé correfponde toujours au milieu de la main pendant tout le cours du travail de l’Ouvrier.
- Déborder une voile, un hunier. C’eff filer l’écoute ou la larguer par degrés.
- Debout au vent. Un vaiffeau eff debout au vent, lorfque fa proue eff tournée dire&ement vis-à-vis le point de l’horizon d’où vient le vent. On dit auffi qu’on a vent debout, lorfque le vent régnant vient directement du lieu où l’on voudroit courir. On doit entendre de la même façon l’expref-fion debout à la lame , qui eff relative aux vagues de la mer, lorfqu’elles viennent frapper l’avant du vaiffeau.
- Déferler une voile. C’eff la defferrer, c’eff défaire les rabans de ferlage qui la tenoient preffée contre la vergue.
- Dégréer un vaiffeau. C’eff ôter tout ce qui com-pofe fon gréement, tels que les voiles, vergues,
- manœuvres , poulies , haubans , étais , Sec. Dehors ( une voile ). C’eff une voile expofée à rimpuîfion du vent, & déployée autant qu’elle peut l’être fuivant les circonftances.
- Démâté ( vaiffeau ). C’eff celui qui, par l’effort du vent ou les coups de canon, a perdu ou quelques-uns de fes mâts, ou même tous fes mâts. Lorfqu’on dit qu’un vaiffeau eff démâté , on ajoute de quel mât, Se de combien de mâts.
- Déraper l’ancre. C’eff dégager la patte de l’ancre du fond de la mer où elle étoit enfoncée.
- Dériver. Un vaiffeau qui court dans la dire&ion de fa quille n’a pas de dérive ; mais fi fa route fait un angle avec la direction de la quille, cet . angle eff nommé fa dérive. Un vaiffeau dérive néceffairement, lorfque les voiles ne font pas un angle droit avec l’axe de longueur du vaiffeau. Il peut dériver encore, même quand cette condition n’exiffepas, c’eff-à-dire, quand le courant de la mer , les vagues l’entraînent hors de la route qu’il fuivroit, fi ces caufes n’agiffoient pas. La dérive d’un vaiffeau fous voiles, Se fans égard à l’influence des courans, eff toujours dépendante de la forme de fa caréné.
- Dogue d’amure. Piece de bois A B (Fig. 13 Se 1.) placée Se fixée fur le contour extérieur du vaiffeau , à une diftance du milieu du vaiffeau, égale à la longueur de la moitié de la grande vergue. Dans cette piece eff pratiquée une ouverture latérale, dans laquelle eff logé un rouet fur lequel pafle famure de grande voile.
- Dormant ( faire ). Un cordage fait dormant en telle place, lorfque fon extrémité y eff attachée.
- D risse. C’eff en général une manœuvre courante qui fert à élever ou une voile , ou une vergue, ou un pavillon, ou une flamme , Sec.
- »
- coûtes d’une voile, manœuvres happées aux angles inférieures d’une voile, Se deffinées à la retenir dans un plan à peu près vertical, contre l’effort du vent qui tend conftamment à l’élever. Cette manœuvre rappelle donc vers l’arriere du vaiffeau le point de la voile, tandis que l’amure porte fur l’avant le point inférieur qui eff du côté du vent, lorfque la route du vaiffeau eff oblique (Fig. i Se 2.).
- Ecubiers , ouvertures circulaires faites auprès de l’étrave dans l’épaiffeur du. vaiffeau. C’eff par ces ouvertures garnies de plomb quepaffentles cables qui tiennent aux ancres en dehors , Se qui font arrêtés en dedans par le moyen des bittes. Il y a deux écubiers de chaque côté de l’étrave.
- Embraqver. C’eff tirer à force de bras une corde lâche Se pendante.
- EmPôinTure d’une voile ( Fig. 9. ). C’eff le fom-met de l'angle de la voile, formé par la têtiere Se la ralingue latérale. Ce coin de la voile eff auiïi nommé pointure par plufieurs Marins.
- Encablure. On dit qu’un vaiffeau eff à une encablure de diftance , par rapport à tel ou tel objet, lorfque cette diftance eff égale à la longueur d’un cable qui eff de cent vingt braffes.
- Enflechures de haubans. Ce font des échelons de corde , placés entre les haubans des mâts, & dont la fuite forme une échelle par laquelle on peut monter depuis le pont jufqu’au fommet de chaque mât. Chaque enflechure eff faite d’un quarantenier qui croife les haubans dans leur longueur, & qui, placé horizontalement, eff attaché fur chaque hauban qu’il croife. Ces enfle-
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- EXPLICATION
- chures font placées à diflances égales, comme les échelons d’une échelle.
- Engagé (vaifTeau). Un vaifTeau à la mer cede toujours en partie , foit au choc des lames, foit à l’effort du vent, en s’inclinant fous le poids de ces puifTances ; mais fa fiabilité le redreffe après le paffage d’une lame, & le foutient contre l’effort du vent. Cependant, fi l’effort des lames & celui du vent l’obligent de s’incliner au delà de certaines bornes, 6c qu’il refie fous cette inclinaifon fans fe relever , alors ce vaifTeau efl ce qu’on nomme engagé^ 6c cette fituation efl extrêmement dangereufe. Il faut alors que le vaifTeau foit folli-cité à arriver , 6c par le gouvernail 6c par la fup-preffion des voiles de l’arriere, en faifant agir le petit foc 6c la mifaine. Si ces moyens font fans effet, il faut couper le mât d’artimon, enfuite le grand mât, 6c enfin le mât de mifaine , fi les cir-conflances rendent toutes ces pertes néceffaires.
- Episser. C’efl faire une épiffure. Voye^ Epiffure.
- Epissure. Les Marins veulent-ils réunir deux bouts de cordage, 6c rendre cette réunion folide l C’efl par une opération qu’ils nomment épijjïire : premièrement, ils commencent par féparer les uns des autres les torons qui compofent le bout de chaque cordage (Fig. L. ); enfuite, par le moyen d’un épiffoir ( Fig. 6c. ), infiniment de fer qu’on ne peut mieux comparer pour fa forme qu’à une corne, ils introduifent (Fig. M.) les torons fépa-rés du premier cordage entre les torons ferrés du deuxieme cordage, 6c réciproquement. Cet enlacement fait avec foin, réunit folidement les deux bouts du cordage.
- Equipage, Les Matelots, les Canonniers , 6cc. def-tinés pour le fervice d’un vaifTeau, compofent enfemble ce que l’on nomme fon équipage.
- Estrope d’une poulie. Si on examine la description que nous donnons de la forme d’une poulie de vaifTeau à l’article Foulie ( Fig. N.), on remarquera que la caille ou le moufle de la poulie porte une rainure m n, nommée goujure. C’efl fur cette goujure qu’on fait paffer un cordage qui embraffe le corps de la poulie, 6c qui efl nommé ejlrope. Afin de faire connoître comment les Marins ef-tropent une poulie , voici quelques détails fur cet objet. Ils prennent un cordage e D, d’une longueur convenable, 6c de dimenfions proportionnées à la poulie ; ils fourrent ce cordage qui prend la forme E d, 6c ils épilfent enfemble les deux bouts : alors ils placent la poulie entre les branches du cordage ( Fig. a.), de façon que l’épiffure réponde à la bafe de la poulie. Ces branches em-braffent la poulie en fuivant chacune la diredion de la goujure ; &, par un amarrage folide ( Fig. A. ), elles font enfuite réunies au fommet de la poulie. Par cette opération, il refie au delà de la poulie une boucle plus ou moins longue, formée par le prolongement de l’eflrope ; 6c c’efl par le moyen de cette boucle que la poulie efl amarrée à la place qu’elle doit occuper pour faire le fervice auquel elle efl deflinée. Il y a des poulies qui ont une double eflrope en corde {Fig. 6.); d’autres
- qui font ceintes d’une bande de fer, 6c qui portent un croc ( Fig. e. ) ; d’autres dont l’eflrope , au lieu d’être terminée par une ou deux boucles, l’efl par les deux branches du cordage qui fert d’eflrope, 6c dont les bouts n’ont pas été épiffés enfemble. Ces deux branches font quelquefois terminées chacune par un oeillet ( Fig. d.}, ou portent chacune une coffe à leur extrémité, afin que les poulies puiffent être aiguilletées aifément autour de quelque point d’appui que ces branches doivent embraffer. Les branches qui terminent une %flrope, font quelquefois jointes enfemble l’une contre l’autre, 6c leur réunion efl couronnée par un cul-de-porc ( Fig. B. ) : quelquefois aufli l’ef-trope, fans être terminée par deux branches fépa* rées, ne l’efl que par une boucle dont les branches font réunies aufli, 6c portent à leur extrémité une coffe ( Fig. h. ) : quelquefois l’eflrope de la poulie efl terminée par un fimple bout de cordage qu’on nomme fouet ( Fig.fi ), 6c qui fert auffi à arrêter la poulie par des tours multipliés, faits par ce fouet autour d’un objet fixe. Toutes ces variétés, dans les eflropes, dépendent des places aflignées aux poulies , parce que l’eflrope n’a été imaginée que pour foutenir le poids de la poulie, 6c pour 1 faciliter fon établiffement dans la place qu’elle doit occuper.
- Etablir une voile. Lorfque le Manoeuvrier a décidé de la pofition du plan d’une voile, l’équipage s’occupe à l’orienter, fuivant les ordres qui lui font donnés; 6c c’efl alors qu’il efl queflion de bien l’établir dans cette pofition déterminée, c’efl-à-dire, de la placer de façon qu’elle reçoive le vent fans prendre une trop grande courbure, & que fa furface approche autant qu’il efl poflible d’une furface plane.
- Eta r.c. Ce font les manoeuvres fixes ou les gros cordages qui retiennent les mâts de l’arriere à l’avant ; les gros mâts ont deux étais , 6c cependant ils font mal étayés. Ils font foutenus, il efl vrai, contre les efforts qui tendent à les rompre dans le fens de l’arriere à l’avant de latéralement, c’efl-à - dire que , lorfque les voiles reçoivent l’impul-fion d’un vent même violent de l’arriere à l’avant,
- . les mâts éprouvent rarement quelque rupture ; mais fi le vent vient à frapper fur ces voiles de l’avant à l’arriere ou dans les voiles orientées, alors les mâts de hune , par exemple, réfiflent peu à une impuîfion violente, 6c cela vient fans doute de ce que les feuls étais qui les foutiennent alors , font peu fufÜfans pour anéantir l’effet de ces efforts deflrudeurs.
- Etalinguer le cable. C’efl l’attacher à l’organeau de l’ancre ( Fig. V. ). On fait paffer le bout du cable dans l’organeau. Çe bout repaffe par-deffus, 6c enfuite par-deffous le courant du cable, 6c enfin fon extrémité efl amarrée fur le tour fait par le bout du cable à l’aide de deux amarrages.
- Eventer une voile. C’efl la placer de façon que le vent qui agiflfoit auparavant fur fa face antérieure, ou qui étoit dans le plan de fes ralingues, frappe enfuite dans cette voile. On voit ainfi
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- qu'éventer Une voile n’eft pas la déployer pour qu’elle reçoive l’impulfion du vent; Sc on ne peut fe propofer de l’éventer que dans les cas où le vent régnant foufïle fur la voile ou dans le plan de fes ralingues. Alors, foit en faifant agir le gou-
- vernail , foit en faifant abattre, foit ën bràffant la vergue, la voile eft bientôt dans une fituation à recevoir le vent dedans, &, dans cet état, elle eft dite éventée»
- JF as et ER. Une voile eft dite fafeyer, lorfque le plan de cette voile eft placé dans la diredion du vent.
- Filer du cable, de l’écoute, de la bouline Sc d’un cordage quelconque, c’eft larguer graduellement ces manœuvres, & diminuer leur tenfion, leur roi-deur, en donnant plus de longueur à la partie du cordage qui foutient l’effort d’une puiffance quelconque.
- Fleur-d'e au ( à ), c’eft-à-dire, au niveau de l’eau * à la furface de la mer.
- Flottaison d’un vaiffeau. C’eft la fedion qu’on imagineroit faite à fleur-d’eau dans le corps de ce vaiffeau.
- Fourrer une manoeuvre. C’eft la garnir de toile, ou feulement l’envelopper de bitord pour la garantir des effets du frottement. Voyez E d ( Fig. N. ). On recouvre une manœuvre de bitord ou autre petit cordage , en attachant fixement le bout du bitord fur cette manœuvre , Sc enfuite en faifant faire à ce bitord, autour de la manœuvre, une fuite de tours preffés Sc multipliés dans un fens
- perpendiculaire à la longueur de la manoeuvre» De cette façon , les parties d’une manœuvre les plus expofées au frottement, font recouvertes de toute l’épâiffeur du bitord , Sc fouvent meme encore de l’épâiffeur d’une toile ou de fils de vieux cables qu’on place entre le bitord Sc la manœuvre. Cette Opération de fourrer une manœuvre eft accélérée Sc faite avec plus de fuccès, à l’aide d’une efpeee de maillet ( Fig. h. ) , qu’on nomme maillet à fourrer. Ce maillet porte une cannelure qui embraffe la manœuvre , Sc le bitord fait deux ou trois tours autour du manche ; alors, le maillet tournant autour du cordage, le bitord enveloppe la manœuvre par autant de tours qui font très-ferrés > à caufe du frottement qu’éprouve le bitord fur le manche du maillet ; frottement qui l’empêche de gliffer aufti facilement, Sc qui par conféquent fait que chaque tour preffe la manœuvre plus étroitement.
- Frapper une poulie, une manoeuvre,c’eft l’attacher à quelque objet fixe,
- ARCETTE(Flg. I7.).
- Garnir. Ce mot eft fynonyme avec gréer. Garnir lin mât, une vergue, Scc. c’eft les gréer de toutes les poulies Sc de toutes les manœuvres néceffaires, foit pour les établir & les maintenir dans là place qui leur eft aftignée, foit pour faciliter l’ufage des voiles.
- Garniture d’un vaiffeau, c’eft fon gréement.
- Goujure. C’eft une excavation faite longitudinalement fur le contour extérieur de la caiffe d’une poulie. Elle eft deftinée à recevoir l’eftrope de, la poulie, Sc à la retenir dans fa profondeur. Elle eft proportionnée à la groffeur du cordage qui * forme l’eftrope , & fa grandeur eft le | de la circonférence de l’eftrope. Voyez les Figures des Poulies.
- Gra'pin. On Voit fa forme dans la Fig. 5* 5^. De même que les vaiffeaux font retenus par des ancres, une chaloupe eft retenue par un grapin qu’on laiffe tomber fur le fond de la mer.
- Gréement. C’eft l’affemblage des poulies, mar-gouillets, cordages , voiles Sc vergues dont on munit un vaiffeau, pour qu’il puiffe naviguer à l’aide du vent.
- Gréer un vaiffeau. C’eft mettre à fa place chaque manœuvre,telles que haubans, étais, galhaubans, vergues, voiles , poulies, écoutes, balancines, amure, bouline, cargues, Scc.
- Guinder un mât de hune. C’eft élever ce mât partiel à la tête d’un bas mât.
- Guinderesse , gros cordage qui fert à élever les mâts de hune à la place qu’ils doivent occuper.
- Haler. Ce mot fîgnifîe tirer avec force. On haie Herse d’une poulie. C’eft fon eftrope. Voy. Eftrope. une manœuvre pour la roidir. Hisser. Ce mot eft fynonyme avec élever.
- J
- Je u de Voiles, C’eft là fomme de toutes les Voiles qui compofent la voilure complette d’un vaiffeau.
- L
- Labourer. Une ancre qui eft mouillée, &qui ou de la mer, fillonne Sc laboure néceffairement ne peut retenir le vaiffeau contre l’effort du vent le fond où fa patte eft engagée.
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- EXPLICATION
- Lames. Mot fynonyme avec flots, ondes & vagües.
- Larguer. Ce mot eft fynonyme avec lâcher, laif-fer aller ou graduellement ou tout-à-fait.
- Lefer l’ancre. C’eft tirer l’ancre du fond , ôc l’élever jufques au deffus de l’eau.
- Lignes d’eau d’un vaifleau. Ce font toutes les fec-tions horizontales qu’on peut imaginer faites dans la caréné d’un vaifleau.
- Lof. C’efl; un mot relatif, qui exprime la pofition
- d’un objet lorfqu’il eft placé du côté du vent : c’efl dans ce fens qu’on commande à la mer de lever le grand lof, c’eft-à-dire , de lever le point inférieur de la voile qui eft placé du côté du vent. Le minot qui eft connu fous le nom de porte-lof, tire fon nom de fon ufage ; car il fert à porter ôc à retenir le point du vent de la mifaine lorfqu’elle eft amurée.
- jLvA.aillet. Voyez Fourrer.
- Mancsufres. Ce mot a deux acceptions dans la Langue des Marins. On dit faire une manoeuvre, & gréer un vaifleau de fes manoeuvres. Faire une manoeuvre, c’efl faire ufage des voiles d’un vaif-feau ôc du vent régnant, pour produire un effet ou une évolution projetée ; ôc gréer un vaifleau de fes manoeuvres, c’efl le.garnir de tous les diffé-rens cordages qui font néceffaires, foit pour fou-tenir fes mâts, fes vergues ôc fes voiles, foit pour donner aux vergues ôc aux mâts les pofitions exigées par les çirconftances. Ces cordages, qui portent le nom de manoeuvres, fontdiftingués encore les uns des autres par les noms de manoeuvres dormantes ôc de manoeuvres courantes ; ou , fl l’on veut fe fervir de termes plus connus , on distingue des manoeuvres fixes qui font établies, ôc qui relient dans une pofition invariable , ôc des manoeuvres mobiles qui varient, foit dans leur fituation, foit dans leur aélion. Les haubans , les étais, &c. font de la première claffe ; les écoutes, les bras, les driftes, les boulines, les cargues, <Scc. font de la fécondé.
- Margouillet. C’efl: un anneau de bois ( Fig. $ 8 ), dont le contour extérieur eft cannelé pour qu’il puiffe être embraffé par un cordage ; le centre de l’anneau fert au paffage de quelques manoeuvres.
- Moques. Il y a des moques qui reffemblent, ainlî que les caps-de-mouton, à une fphere applatie ; d’autres ont la forme d’un coeur ( Fig. û. ) ; mais toutes ont un large trou au milieu, qui fert aux paffages multipliés d’une ride employée pour roi-dir les étais ou autres cordages.
- Mouillage , place choifie fur le fond de la mer, parce qu’elle eft fituée à une profondeur bornée au deffous du niveau de l’eau , ôc qu’elle eft propre à recevoir ôc à retenir la patte d’une ancre qu’on y laiffe tomber. Il eft, comme on voit, de bons ôc de mauvais mouillages, fuivant la qualité du fond.
- Mouiller. C’efl: laiffer tomber l’ancre ; ôc un vaifleau eft mouillé lorfqu’il eft retenu par fon ancre, dont la patte eft engagée dans le fond de la mer,
- N.
- « ud d’hauban.
- O
- \£/L illet. Ce mot a, dans le langage des Marins, la même acception qu’on lui donne communément. Il lignifie en général une ouverture circulaire ou alongée , faite pour le paffage d’un lacet, d’un cordon, &c. mais fa lignification s’étend encore plus loin : on nomme oeillet, toute boucle formée par un cordage qui revient s’attacher fur lui-même, comme la boucle que forme la ralingue aux points d’une voile, comme les boucles qui terminent très-ordinairement les herfes ou eftropes des poulies ; ôc on dit enfin l’oeillet de l’étai,
- P.
- A rer. Ce mot eft fynonyme avec préparer; ôc c’efl: dans ce fens qu’il faut entendre ces expref-lions, parer un cable, parer une ancre , parer à virer. Cependant il a une autre lignification ; lorf-qu’on dit, parer un rocher ou parer un danger, alors il a l’acception du mot éviter.
- Patte. Patte de ris, de bouline (Fig. 12.). C’eft un demi-anneau formé par un morceau de
- l’oeillet de la tournevire , ôc ainlî de mille efpeces d’oeillets qui font néceffaires pour faciliter le gréement d’un vaifleau.
- Organeau. Anneau de fer qui tient à l’extrémité de l’ancre , Ôc auquel le cable eft attaché.
- Orin. Gordage dont une extrémité eft attachée à l’ancre mouillée, ôc dont l’autre bout tient à une bouée flottante verticalement au deffus de l’ancre, pour indiquer le lieu de l’ancre. L’orin eft fouvent employé pour lever l’ancre. Voyez abc ( Fig.V.).
- cordage, dont chaque bout eft épiffé fur la ralingue ; les pattes de ris Ôc de boulines font aufli fixées fur la ralingue, pour qu’on puiffe y attacher d’autres cordages néceffaires à la manoeuvre des voiles.
- Peser fur une manoeuvre. C’eft faire fervir le poids de fon corps à tirer ou roidir une manoeuvre. Point d’une voile, C’eft en général le fommet de
- l’angle
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- DE PLUSIEURS TERMES DE MARINE.
- f angle que forment les deux côtés d’une voile. Ce nom eft donné plus particuliérement au fommet de chaque angle inférieur d’une voile éventée : on les nomme points d’écqute.
- Porter. Une voile porte lorfque le vent frappe dans cette voile.
- Poulie. Une poulie, dans un vailfeau, n’eft pas compofée d’un rouet B feulement, mais aulfi d’une cailfe, dans l9épailfeur de laquelle elt logé ce rouet. On emploie dans les vailfeaux, des poulies à un, à deux 6c à trois rouets. Celles à un rouet n’ont qu’une caille; celles à deux rouets n’ont fouvent qu’une feule, cailfe où font logés ces deux rouets l’un à côté de l’autre (Fig. O.), dans deux mortaifes parallèles, 6c pratiquées dans l’épailfeur de la caiffe : fouvent aulfi deux cailfes, dans un même plan, mifes bout à bout, 6c ne formant qu’un feul fyllême, contiennent chacune un rouet, telles que les poulies à palan, les can-delettes, 6cc. Ces deux cailfes , placées bout à bout, font aulfi quelquefois dans deux plans perpendiculaires 1 un à Fautre , telles que les poulies de drilfe, de cargue-fond, de grande voile (Fig. C.). il y a aulfi les poulies de bout de vergue ( Fig. Q.), qui font longues, 6c qui, dans une même caiffe, renferment deux rouets placés à la fuite l’un de l’autre, 6c litués dans des plans perpendiculaires entre eux. Les poulies à trois rouets ( Fig. R.), font compofées d’une feule cailfe à trois mortaifes parallèles , pour loger les trois rouets. On connoit
- • encore, dans la Marine, une autre efpece de poulie à un rouet, nommée poulie coupée (Fig., Y 6cy.). Elle elt de forme oblongue ; la cailfe efb ouverte fur une de fes faces , 6c cette ouverture permet de placer fur le rouet un cordage qui doit fervir à une manoeuvre prompte. La bouline de grande voile paife fur une poulie coupée ( Fig. Y. ), qui elt fixée fur l’avanç du vailfeau.
- Il me relie à faire connoître les dimenfions, 6c des poulies, 6c des différentes parties qui les com-pofent : en général, ces dimenfions dépendent de la grolfeur du cordage qui doit palfer fur le rouet. Le diamètre du rouet B ( Fig, N. ), dans une poulie fimple, elt égal à deux fois la circonférence du cordage. Son épailfeur elt le tiers de cette circonférence , 6c la cannelure a une profondeur
- • égale au douzième de l’épailfeur du rouet. Les rouets font de gayac ; la cailfe où ce rouet elt renfermé , a une largeur égale au diamètre du rouet plus deux fois l’épailfeur de ce rouet ; fa plus grande épailfeur elt triple de celle du rouet ; fa longueur elt égale au diamètre du rouet plus trois
- • fois 6c demie l’épailfeur de ce rouet. Dans cette cailfe, qui toujours elt faite de bois d’orme Sc
- r d’une feule pièce, on pratique une mortaife où elt logé le rouet d’orme, & cette mortaife a une
- . longueur égale au diamètre du rouet plus deux fois 6c demie l’épailfeur de ce rouet, tandis que
- . fa largeur n’excede que de deux lignes l’épailfeur
- - du rouet. La goujure, qui elt une cannelure m n
- - pratiquée fur chaque face extérieure de la cailfe , a une profondeur qui elt égale au quart de l’é-
- paiffeur du rouet. Dans une poulie fimple ^ telle que celle dont nous venons d’alfigner les dimen-fions, le rouet ne correfpond pas directement au milieu de la mortaife; & il y a un plus grand intervalle entre le rouet 6c le haut de la mortaife , pour introduire facilement dans cette ouverture le cordage qui doit palfer fur le rouet. Cette ouverture elt égale à une fois 6c demie l’épailïeui! du rouet au haut de la mortaife. Dans les poulies doubles , les rouets qui font placés l’un à côté de l’autre, ont les proportions déjà allignées. L’épailfeur du bois qui fépare les deux mortaifes, elt ici égale aux deux tiers de l’épailfeur du rouet, 6c la cailfe commune elt alors d’une épailfeur qui égale à peu près cinq fois celle d’un des rouets* Les poulies doubles à palan font formées chacune de deux cailfes placées à la fuite l’une de l’autre , & tirées de la même piece de bois. Les deux rouets de ces cailfes féparées ne font pas égaux, le diamètre du petit étant les deux tiers de celui du grand rouet : les dimenfions de chaque cailfe ou de chaque rouet, font calculées fuivant les rapports indiqués précédemment; on a foin feulement de donner à chaque cailfe la même épailfeur;
- Quelques poulies font à trois rouets parallèles t plulieurs aulfi n’ont que deux rouets ; leurs dimenfions , ainli que l’épailfeur de l’entre-deux des mortaifes , font calculées comme on l’a preferit précédemment : il en elt de même des poulies de caliorne, qui ont quatre rouets parallèles.
- Les poulies de bout de vergue ou d’écoute de hune , ont une forme particulière , parce qu’une feule cailfe elt deltinée à renfermer deux rouets placés à la fuite l’un de l’autre, 6c dans des plans per* pendiculaires entre eux; la cailfe par conféquent elt conformée mntrpnqKIpmpnt à fa deltination. Les poulies coupées pour boulines ont aulfi des dimenfions réglées fur les rapports énoncés précédemment , avec cette différence cependant que le haut de la cailfe elt plus alongé, parce que ç’ell dans cette partie qu’on pratique un trou où palfe le cordage qui fert à attacher chaque poulie de cette efpece.
- Il y a aulfi, dans le vailfeau, des rouets de fonte ; on les. emploie dans les feps de grande r drilfe 6c de mifaine.
- Il y en a dans les bittes du grand & du petit ' bunier, dans les bolfoirs; on s’en fert pour les écoutes de mifaine 6c de grande voile. Les poulies de capon font aulfi garnies de rouets de fonte, ainli que celles de caliorne, de guinde-relfe, 6c de quelques itagues.
- Les poulies qui ne reçoivent pas d’ellrope, quoique leur cailfe foit conformée ou percée pour recevoir un cordage qui les arrête 6c les fixe dans une pofition déterminée, ne portent plus le nom de poulie, mais celui de galoches. Les Fig. p, Y ,
- y , c, font de cette efpece. Cependant les poulies, repréfentées dans les Fig. Y 6c y ,.font aulfi nommées poulies coupées; la première Y fert pour le palfage de bouline , 6c la fécondé pour aider à rider les* liures du beaupré. Celle-ci elt ferrée,
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- EXPLICATION
- Sc porte un croc. La poulie ( Fig. ) , eft une galoche qui fert au paffage de la balancine de vergue feche. La poulie (jFig. K. ) , eft une poulie de guindereffe ; fon eftrope eft de fer, «Sc elle «ft armée d’un croc. La poulie ( Fig. L. ), eft nommée poulie à croc 5c à émérillon, parce que fon croc peut tourner dans tous les fens, fans que la poulie qui le porte change de fttuation : cette efpece de poulie fert pour les driffes de huniers ou de perroquets de fougue. La Fig. G eft une galoche pour les cargue-fonds de baffes voiles.Les poulies repréfentées ( Fig. 48.), 5c qui font à croc 5c à oeillet, font nommées poulies de retour. Les poulies {Fig. ^), font des baraquettes. Voyez ce mot. La Fig. F eft encore une poulie qui n’a aucune pofition fixe, mais qu’on peut attacher où on veut, à l’aide du bout de cordage qui eft au cul de cette poulie. Cette marque qui les diftingue des autres poulies , leur a fait donner le nom de poulies à fouet. Telles font à peu près toutes les poulies d’un vaiffeau 5c leurs dimenfîons.
- Près ( tenir le plus près ). Un vaiffeau tient le plus près,lorfque, fes voiles étant braffées autant qu’elles peuvent l’être, la direâion du vent fait avec leur furface le plus petit angle fous lequel il puiffe les frapper, de maniéré cependant qu’il communique quelque vîteffe au vaiffeau. Plus la largeur d’un vaiffeau eft confidérable, 5c plus les haubans empêchent la grande vergue de faire un grand angle avec l’axe de largeur du vaiffeau ; quoiqu’un vaiffeau donne à la bande par l’impulfion d’un vent oblique ; quoique fes haubans fous le vent perdent de leur roideur par cette inclinaifon; la grande vergue cependant, braffée fous le vent autant qu’elle peut l’être , ne fait encore avec l’axe de longueur <qu’un angle qui eft Ab rînq quarte Ab vent. Ainfi la dire&ion du vent doit donc, pour que fonimpul-fion produife quelque effet, faire avec l’axe de lon-. gueur du vaiffeau ; un angle plus grand que cinq quarts de vent. C’eft auffi ce qui fait dire aux Malins, que les gros vaiffeaux ne portent au plus près
- Q
- uArt de vent. C’eft la trente-deuxieme partie de 3 6o°, ou le quart de 45°. Le mot quart a cependant une autre acception ; lorfqu’on dit faire le quart, Officier de quart : faire le quart, c’eft veiller à la manoeuvre du vaiffeau pendant une certaine
- qu’à fix quarts de vent, voulant faire entendre par cette expreffion, que les vergues étant braffées aui plus près, le vent doit faire avec l’axe de longueur du vaiffeau , un angle plus grand que cinq quarts de vent. Mais, fi les vergues ne peuvent être braffées plus au vent, il n’en eft pas de même des parties inférieures des baffes voiles : par exemple 9 les points du vent de ces voiles font portés plus en avant que les extrémités des vergues ; 5c fi on calcule l’angle que doit faire la partie inférieure de la voile amurée avec l’axe de longueur, on trouve que cet angle peutn’être que de trois quarts de vent.
- Palan d’étai. Il fert à embarquer les objets de car-gaifon ou d’approvifionnement quelconque; il eft foutenu par un pendeur, qui embraffe le ton du grand mât.
- Palan de roulis. Il fert à retenir les vergues amenées des huniers lorfqu’il y a de grands roulis. Une poulie de ce palan eft accrochée au bout de la vergue, 5c l’autre l’eft au pied du mât de hune.
- Palan de mât. Ce font les candelettes : celui du mât de mifaine fert à traverfer les ancres; mais le principal ufage des palans de bas mâts, eft pour roidir les haubans de ces mâts.
- Palan de bout de vergue. Il tient à un pendeur capelé au bout d’une baffe vergue, 5c il fert à éloigner du bord, comme à foutenir les chaloupes qu’on met à la mer ou à bord.
- Pantoquiere. C’eft un cordage qui femble unir les haubans de ftribord d’un bas-mât à fes haubans de bâbord. Elle court horizontalement, & va de l’un à l’autre hauban correfpondant. Ainfi l’on voit que les haubans qui fe trouvent vis-à-vis l’épaiffeur du mât, ne peuvent être unis par la pantoquiere. Elle eft placée à diftance égale de laliune Sc du gaillard ; Sc, comme elle eft roidie , fa principale utilité eft d’empêcher que, dans les grands roulis, les haubans fous le vent ne mol-liffent trop , 5c ne s’éloignent trop du mât qu’ils doivent foutenir.
- partie des vingt-quatre heures de la journée ; 5c l’Officier de quart eft celui qui, pendanqle même temps, commande telle manœuvre que les circonf-tances exigent, 5c que le Capitaine peut ordonner.
- R
- as ans. On peut les nommer cordage de retenue. On connoît, dans la Marine, des rabans de différens noms : les rabans de pointure qui fervent à lier les points fupérieurs d’une voile avec la vergue ; les rabans d’envergure qui font employés à lacer l’envergure d’une voile avec la vergue ; les rabans de ris qu’on met en ufage pour retenir fixement la bande de ris auprès de la vergue, & ainfi des autres, tels que rabans de frelage, rabans de pavillon, rabans de fabords, 5cc.
- Ralïngue. C’eft un cordage à trois torons commis , moins ferré que les autres auffieres, 5c qui * prend le nom de ralingue lorfqu’il eft coufu fur les bords d’une voile pour en renfoncer le contour. Voyez le Traité de la Corderie, de M. Duhamel. Râtelier de beaupré ( Fig. x. ). C’eft une longue caiffe qui renferme plufîeurs paires de rouets, placées à la fuite l’une de l’autre. Il y a deux rate-fiers , 5c chacun eft attaché dans une fituation verticale de chaque cote du beaupré : c’eft leur pofi-
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- DE PLUSIEURS TERMES DE MARINE.
- lion qui leur a fait donner le nom de râtelier de Ibeaupré. La longueur de la caiffe commune à ces rouets, eft égale au douzième delà largeur du vaif-• feau ; le diamètre de chaque rouet eft égal à trois fois la circonférence de la bouline de petit hunier.
- Rechange. On ne fe contente pas de gréer complètement un vaiffeau qui va à la mer , mais encore on le munit de plulieurs parties de gréement qui puiffent remplacer celles que Tubage, ou le vent, ou la mer peuvent détruire. On le fournit d’un fécond jeu de voiles, ainfi que d’un demi-gréement en cordages , poulies, chaînes de haubans, lattes de hune, caps-de-mouton, vergues de hune, de perroquet, mât de hune, jumelles, boute-hors, &c. Cet approvifionnement fupplémentaireeft ce que Ton nomme rechange.
- Retour ( poulie dç ). Poulie qui fert à changer la
- dire&ion d’une manoeuvre , afin qu'on puiffe la roidir plus commodément.
- Ris. Prendre un ris ou larguer un ris. Les Marins difent qu’ils prennent un ris, lorfqu’ils diminuent l’étendue d’une voile de tout l’efpace qui régné entre la vergue & la bande de ris la plus voifine. On prend deux ris dans un hunier, en diminuant l’étendue du hunier de tout l’efpace compris entre la vergue de grand hunier 8c la deuxieme bande de ris. Larguer un ris , c’eft défaire ce qui avoit été fait en prenant un ris.
- Rocambeau. On voit fa forme dans la Fig. 3 j.Le bâton de foc paffe dans l’anneau C ; l’amure du foc eft aiguilietée avec le croc b de Témérillon, dans lequel eft accroché le bout de la draille ; 8c la partie d du rocambeau, eft celle à laquelle eft attaché le haie-haut du rocambeau.
- O aisine. C’eft une fauffe cargue, qui, lorfque le hunier eft amené , eft: employée à faifir les deux ralingues latérales du hunier 8c à les rapprocher, afin que le vent ait moins de prife fur la voile.
- Sangle {Fig. 18.).
- Sec ( courir à ). C’eft l’état d’un vaiiTeau que l’im-pétuofité du vent force à courir fans voiles , 8c par le moyen de la feule impulfion du vent fur les mâts 8c les manoeuvres : c’eft ce qui fait que Ton dit également, courir àfec, ou courir à mâts 8c à cordes.
- Serrer une voile. C’eft rapprocher les plis qui ont été formés en la carguant ; c’eft les prelfer 8c les ferrer, de façon que la voile en cet état foit réduite au plus petit volume, 8c préfente la plus petite furface poftible.
- Serrer le vent. C’eft orienter les voiles au plus près, 8c recevoir le vent dans ces mêmes voiles fous l’obliquité la plus grande poftible.
- Servir ( faire ). C’eft faire porter les voiles ou faire frapper le vent dans les voiles, pour fuivre une route déterminée.
- T.
- JL A que TSi Morceaux de bois attachés folide-ment au vaîffeau , 8c de forme propre à l’amarrage de diverfes manœuvics d’un vaiïTeau. il y a plulieurs efpeces de taquets , dont la forme eft repréfentée dans les Fig. 49 , , 51 , $2. Le
- taquet ( Fig. 49. ), qui fe cloue fur le vaiffeau, eft nommé taquet à bofte. Celui qui eft repréfenté ( Fig. 50.) , eft cloué contre un mât; le taquet { Fig. J1. ), eft amarré à un hauban ; ces taquets portent ainfi le nom de taquets de haubans 8c de mâts ; enfin, le taquet ( Fig. 52.) eft nommé taquet de lançage. C’eft à ces taquets qu’on amarre lés diverfes manoeuvres courantes.
- Tenir le vent, la mer, c’eft réfifter au vent ou à la mer. U11 vaiffeau qui, malgré la force du vent, pourfuit toujours fa même route, eft dit tenir le vent, tandis que d’autres vaiffeaux, dans les mêmes circonftances , font forcés d’arriver, par la crainte de perdre leurs voiles ou leurs mâts. On tient la mer ,• lorfque la fureur 8c l’élévation de fes vagues ne tourmentent pas un vaiffeau jufqu’au point de l’obliger à chercher une retraite dans un port, une rade, une baie.
- Toile à voiles. Les toiles employées dans les ports pour faire les voiles, fbrtent des Manufactures ^ d’Angers, d’Agen, 8c quelquefois de Rennes. Elles font de différentes forces , 8c par conféquent de différentes efpeces. Il y a des toiles à trois fils 8c
- à deux fils, qui font de la première elpece. Les
- prcmiproe fervent à. faiit. lw giaiitlw voiles , les
- mifaines, les grandes voiles d’étai, 8c les petit? focs des vaiffeaux qui portent depuis foixante-quatorze canons jufqu’à cent vingt.
- Les toiles à deux fils delà même efpece, fervent à faire les grandes voiles, mifaines, grandes voile? d’étai 8c petits focs, deftinées pour des frégates 8c de groffes flûtes. Elles fervent aufli à faire les huniers, les artimons 8c civadieres des vaiffeaux de guerre, depuis foixante-quatre jufqu’à'ceux du premier rang.
- Ces toiles ont 21 pouces de largeur.
- Il y a des toiles de la deuxieme efpece, qui font 8c à trois fils 8c à deux fils. Celles à trois fils font employées pour les grandes voiles , mifaines, grandes voiles d’étai, petit foc des vaiffeaux qui portent depuis cinquante jufqu’à foixante-quatre canons. Celles à deux fils de la même efpece, fervent à faire les grandes voiles, mifaines, grandes voiles d’étai, petits focs des corvettes, & pour les artimons, huniers 8c civadieres des vaifi féaux du traifieme rang.
- Ces toiles ont aufti 21 pouces de largeur.
- Il y a aufti des toiles, nommées melis doubles, qui fervent pour faire les voiles d’étai , d’arti-mon des vaiffeaux de guerre, les artimons, huniers 8c civadiere des frégates, ainfi que des flûtes ;
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- EXPLICATION DE PLUSIEURS TERMES DE MARINE.
- & enfin les grandes voiles , mifaines, grandes voiles d’étai 8c petits focs des bâtimens qui portent depuis douze jufqu’à dix-huit canons. Elles ont 21 pouces de largeur.
- D’autres toiles, nommées melis fimples, font de deux efpeces : celles de la première fervent pour ïes perroquets de fougue des vaifieaux de guerre de tous les rangs, pour les focs des vaifieaux de foixante - quatorze 8c des rangs fupérieurs, 8c ^nfin pour artimon , hunier & civadiere des bâtiment de douze à dix-huit canons. Elles ont 21 pouces de largeur.
- * Les toiles melis fimples dè la deuxieme efpece, fervent pour les perroquets , voiles d’étai, de hune, bonnettes baffes, 8c huniers des vaifieaux des deux premiers rangs, pour focs de corvettes, /régates 8c vaifieaux du troifieme rang, pour perroquets de fougue , voiles d’étai, artimon, bonnettes baffes de corvettes, frégates 8c flûtes. Elles ont 24 pouces de largeur, ^
- D’autres toiles, nommées toiles de bonnettes,
- y.
- r* n t. Les Marins expriment par des mots particuliers 8c fouvent vagues, foit le degré de force du vent, foit fa pofition relative à la route qu’un vaiffeau doit tenir , foit auffi fa pofition par rapport à certains points du vaiffeau. Les degrés du vent font marqués par petit vent, vent petit frais, vent maniable , vent gros frais , raffales, rifées, «gros vent, vent forcé, coup de vent. Le vent, confidéré dans fa dire&ion par rapport à la route, jeft nommé vent favorable, vent contraire, vent debout ; 8c, relativement à- divers points d’un iVaiffean % il efl- «ômmft v^nt arriéré . vent petit largue, vent grand largue , vent de quartier , vent de un, ou deux, ou trois quarts largue, vent de plus près, vent devant 5 par rapport
- fervent pour les voiles d’étai 8c bonnettes de perroquet des vaifieaux de tous rangs, pour voiles d’étai de hune 8c bonnettes de hunier des corvettes , frégates 8c flûtes. Elles ont aufli 24 pouces de largeur.
- Il y a enfin des toiles à doublage, qui ferment à doubler ou à renforcer les voiles dans les parties qui font les plus expofées à être déchirées, 8c qui doivent être fufceptibles d’une plus grande réfiftance. Elles ont 21 pouces de largeur.
- Traverser une ancre. C’eft ranger le long de bord une ancre pendante fous le boffoir, 8c la fixer dans cette pofition par le moyen de la ferre-boffe.
- Trelingage.
- Trou du chat. C’eft l’ouverture que les Mâteurs laiffent au milieu d’une hune, lorfqu’ils la conf-truifent, 8c qui fert, foit pour le paffage de la tête du bas mât, foit pour celui du mât de hune, foit pour celui de plufieurs manoeuvres, foit enfin pour celui des Matelots qui font utiles, ou dans la hune ou à une plus grande élévation.
- aux voiles, on dit auffi Vent deffus, vent dedans.
- Il feroit difficile d’indiquer quel eft le degré de force qui fait donner au vent la qualité de bon frais , gros frais, &c. Les autres noms donnés au vent, ou fe comprennent aifément, ou font expliqués dans le cours de l’Ouvrage.
- Virer. Ce mot eft fynonyme avec tourner.
- Voilier. L’homme qui porte le titre de Voilier eft l’Ouvrier'qui fait les voiles. Mais l’on dit auffi d’un vaiffeau, qu’il eft un bon ou un mauvais voilier, pour exprimer qu’avec tel vent de telle voilure , il marche avec plus ou moins de vîteffe, pair fcomparaifon anv autres vaifieaux qui communément, dans les mêmes circonftances, ont un fillage plus ou moins confîdérable.
- FIN.
- E R R A T A.
- P A G t colonne ligne au lieu de
- 5 » • première , 47 » » • • trous multipliés , . . . . tours multipliés.
- 7 » * Idem , . 4 9 • • • • de cargué^-fond , . . . . des cargue-fonds.
- Idem , Idem , . 50y . . . des cargues....... de ces cargues.
- sz 3 . fécondé, # Ji t • • • pendant , ....... pendeur.
- 14 * • première, 48 , ... au deülus du niveau , . . . au deffous du niveau.
- Idem y Idem y . 54 » • • • cette fuite cette faillie.
- *7 » • Idem y . 4 y . . . ou la vergue à ftribord , . • • • la vergue qu à ftribord.
- Idem y Idem y . 34 > • • • vergue-lêche , ..... vergue-feche.
- Idem y fécondé , Z7 y ... b 0 y bd.
- Idem , fécondé , 18, . . . * 0 , . • c d.
- 38 , . première, 10 & 15 , . vergue-lêche ...... vergue-feche.
- 20 , . féconde , dernierc, . au deffus de la hune, . . au deffous de la hune.
- 33 > • derniere , . 68 pouces , 68 livres.
- 34 , - z du titre. . la Ville de Paris , ajouter . le bau de ce vaiffeau a 48 pouc. de longueur.
- 4-5 , . fécondé , 10 , ... jufqu’aux billes , . . . . jufqu’aux bittes.
- Idem y Idem , . 18 , ... un cabeftan , au cabeftan.
- 46 3 . première, 59 > • * • ce croc , . ...... le croc.
- 47 > • fécondé , 4^> • ♦ • ces mâts, fes mats.
- Idem y Idem , . 4 9 > • • . en dévirant....... en dérivant..
- 48 , . première, 32 > • • • de ces deux écoutes , . . de fes deux écoutes.
- Idem y fécondé , 18 , ... fe conforme , ..... « t • fe conformant.
- r 49 » , première, 7 » • • toutes ces autres, .... toutes les autres.
- JO , . fécondé , 50 » - • • on lui donne plus d’air , . ou lui donner plus d’airc.
- ’ Ji » • première, Z y . . . fur fes voiles.
- Idem y Idem , . 15 » * ‘ * premiers font orientés, . t . . premières font orientées.
- Idem y féconds , 33 » • • » * élever les points »•«..« • 1 • fo «lever le point»
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