Descriptions des arts et métiers
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- DE LA RT
- DE LA MÂTURE.
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- Par M. R 0 MME, Profejfeur Royal de Mathématiques de MM. les Gardes dé'la Marine à Rochefort, Correfpondant de VAcadémie Royale des Sciences.
- M. DCC. LXXVIII.
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- DESCRIPTIO
- DE U A fL T
- DE LA MÂTURE.
- Ijorsque les hommes imaginèrent d’employer la force du vent pour mouvoir les VaifTeaux , ils inventèrent nécefïàirement l’Art de la Mâture.' Cette époque remonte, fans doute , à des temps très-reculés ; & cependant la Science à laquelle il étoit réfervé de dicter à l’Art les réglés qu’il doit
- fuiVre , n’a paS flif progrec j-'*opwitionuij ù cct iluigliciucnc. Eli©
- ne peut même , malgré les efforts de grands Géomètres, prefcrire exactement aux Mâts des VaifTeaux , ni la place qu’ils doivent occuper, ni la hauteur à laquelle ils doivent s’élever.
- L’Art de la Mâture qui embraffe tout ce qui eft relatif, foit à la forme des Mâts, foit à la liaifôn des pièces qui les compofent, foit à la folidité de leur établiffement fur les VaifTeaux, femble déjà avoir acquis toute la perfection dont il eft fufceptible. Les ouvrages des Artiftes Mâteurs font aufli finis qu’ils peuvent l’être , & fans doute ils produiront les meilleurs effets poflibles, dès que la Théorie fe fera élevée au but qu’elle doit atteindre.
- La defcription d’un Art femble devoir préfènter non-feulement le tableau , foit des ouvrages qu’il produit, foit des moyens & des procédés qu’il emploie pour les former ; mais elle doit s’étendre à d’autres objets. Un Art, qui efTentiellement a pour bafè les Sciences exactes, la Phyfique Sc ïex* périence, ne peut être bien connu que par le détail combiné, & des réglés générales auxquelles il eft afïèrvi, Sc des fondements lùr lelquels elles font établies. Le développement de ces réglés entraîne l’obligation de remonter Masture. A
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- a DESCRIPTION
- à leur fource , de les raifonner, de les comparer, & de préfenter ce qu’elles peuvent renfermer de vague ou de douteux. Les préceptes de la Science doivent donc ici fe mêler néceffairement aux pratiques de l’Art, & leur liaifon bien expofée ne peut que réfléchir une plus grande lumière & fur l’un & fur l’autre. Plufieurs Auteurs eftimés ont traité de la fcience de la Mâture; leurs Ouvrages étant publics, peuvent être confultés par tous ceux qui veulent s’inftruire fur ces objets : ainfi, lorfque je formai le projet de décrire l’Art de la Mâture , il ne me reftoit plus à defirer, pour compofer un Ouvrage complet fur cette matière intéreflante , que la communication des connoiflances d’un Artifte éclairé & inftruit par une longue pratique de fon Art. M. Perrain , entretenu par le Roi au port de Rochefort en qualité de Maître Mâteur, eft cet Artifte, d’ailleurs habile dans tous les Arts relatifs à la Marine, qui a bien voulu me donner toutes les lumières & les fecours néceffaires. Il s’eft joint à moi pour compofer en commun un tableau de l’Art de la Mâture ; & fi cet Ouvrage eft jugé de quelque utilité , nous partagerons enfemble le tribut de la reconnoiflance publique. Les fils de cet Artifte qui déjà répondent dignement aux leçons d’un fi bon Maître , ont exécuté les plans joints à notre travail , avec un foin qui doit donner de leurs talens 8t de leur zele l’idée la plus avantageufe.
- C’eft avec de tels fecours que l’Art de la Mâture a été décrit. Cet Ou-* vrage, entrepris fous de tels aufpices, s’attirera fans doute la confiance de MM. de fAcadcmio Jos 3 s*il pour rhérîfpr 1 purs fuffrages, je me
- croirai récompenfé de mon travail au-delà de mes efpérances.
- CHAPITRE PREMIER.
- Des Mâts SC des Vergues»
- La terre eft*enveloppée d’une atmofphere dont les colonnes font rarement dans un parfait équilibre, & l’air a toujours quelque mouvement fur une di-redion déterminée , quelle que foit la région du globe où l’on fe trouve. C’eft d’après cette confidération que toutes les puiflances qui peuvent être employées à mouvoir les vaifleaux, la plus propre eft fans doute le vent. Il eft peu de bâtiments qui {oient mis en mouvement par quelqu’autre caufe , & on fe fert d’un tel moteur même dans les Galeres qui font deftinées primitivement à n’obéir qu’à l’adion des rames.
- Un vaiffeau eft un poids énorme, qui ne peut être ébranlé que par une force confidérable ; Sc l’air eft fi rare, que fon effet n’eft grand que lorfqu’il agit fur unefurface trés-étendue. C’eft pourquoi on a imaginé de donner aux vaifleaux
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- de U ART DE LA MASTURE> Chap. I. 3
- ye$ voiles qui préfentent une très-grande furface , afin qu’elles reçoivent de l’air une impulfion proportionnée à la malle à mouvoir. Comme le cours du vent eft ordinairement horifontal, on a déterminé que le plan des voiles feroit vertical, & dès-lors on a établi les voiles for les vaifleaux, à l’aide des mâts propres à les foutenir dans une fituation verticale, & en employant des vergues iqui fervent à les déployer & à les étendre, afin que l’impulfion du vent foit & plus direéle & plus multipliée.
- Des mâts, des vergues & des voiles COffîpofent enfemble tout l'appareil né-ceffaire pour donner à un vaiffeau tout le mouvement que le vent peut lui communiquer. Les voiles reçoivent l’impulfion du vent, elles la tranfmettent aux .vergues qui les foutiennent ; les vergues font portées par les mâts qui font étroitement liés au vaiffeau : ainfi cet effort du vent fe communique au vaif* feau qui, dès-lors preffé par une telle puiflance , refoule le fluide, furmonte ïà réfiftance, ôc le fillonne avec une rapidité proportionnée à la caufe qui le fbllicite. Qu’on confidere la Figure première , elle repréfente une fini pie barque. Une feule voile fert à la mettre en mouvement, & à lui donner un fillagô convenable. Le côté fupérieur de cette voile abde eft lacé avec la vergue ab , & cette vergue eft liée en c avec le mât fg. Le vent agit for la voile, & l’effort réfultant fe partage entre le mât & les points det, qui font les points par lefquels les coins inférieurs de la voile font retenus. Des cordages attachés à ces angles det, unifient la voile à la barque, qui reçoit ainfi tout le mouvement que fa force, l’étendue de la voile & la forme du vent lui permettent d’acquérir.
- On peut maintenant imaginer comment, dans un gros vaiflèau, dont la longueur eft plus confidérable que celle de cette barque, & dont la mafle eft bien fupérieure , les mâts & les voiles ont pu être multipliés. On conçoit auflî comment les mâts peuvent être plus ou moins élevés , & comment on peut ?en diftribuer plufieurs fur différents points de la longueur d’un vaiffeau.
- Il régné la plus grande diverfité dans la forme des bâtiments qui font con£ truits ou par ordre du Gouvernement , ou pour les befoins du Commerce ; aufli la mâture convenable à tous ces bâtiments préfente de très-grandes différences. Cependant elle n’eft pas extrêmement variée, foit dans le nombre des mâts, foit dans celui des vergues ; mais les différentes dimenfions des vaif-feaux produifent de grandes différences, foit dans la hauteur des mâts, foie dans leur groffeur.
- Tous les bâtiments peuvent, fans doute, porter le même nombre de mâts ; mais la même voilure n’étant pas également néceflaire à tous , on diminue dans les uns, relativement aux autres, foit le nombre des mâts , foit celui des voiles. Les Vaiffeaux de guerre , les Frégates , plufieurs Corvettes , Sc les Bâtiments marchands qui refoulent dans leur marche une colonne d’eau confidérable ,
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- 4 DESCRIPTION
- portent auffi une grande voilure , Sc font ordinairement garnis de trois mâts à peu-près verticaux. Les bâtiments moins forts n’ont qu’un ou deux mâts ; tels que les Senauts > les Brigantins , quelques barques, des bateaux, &c.
- Les mâts d’un vaifleau ont des noms diftinéüfs & des places déterminées ; Sc la mâture d’un vaifleau de guerre réunît tous les mâts que l’art a imaginé néceflaires au fillage & aux évolutions d’un bâtiment quelconque. Si Fig. on jette les yeux fur la Figure 3 , on y diftinguera trois mâts à peu-près verticaux , & un quatrième placé fur l’avant du vaifleau qui eft incliné à l’horifbn. Ce vaifleau, repréfenté dans cette Figure , eft {ans voiles & fans agrêts, & là mâture eft toute nue. Le mât incliné Sc placé fur l’avant, fe nomme Beaupré ; le mât fuivant qui eft vertical, eft nommé Mât de Mifaine ; celui qui répond à peu-près au milieu du vaifleau, porte le nom de Grand Mât, il eft perpendiculaire à la quille ; Sc le mât qui eft à l’arriere, Sc qui eft parallèle au grand mât, eft le Mât d! Artimon, Ces mâts , confidérés chacun en particulier, fcnt compofés de mâts partiels qui, par leur longueur particulière, forment en-femble la hauteur de chaque mât total. Le premier mât partiel du grand mât eft nommé Bas-Mât, Son pied repofe fur la carlingue du vailfeau, Sc il s’élève jufqu’à une certaine hauteur déterminée par l’art Sc par l’expérience. Le fécond mât partiel, dont la longueur fert de prolongement au bas-mât, eft le grand Mât de Hune, Sc le troifieme mât partiel eft le Mât de Perroquet, Les trois mâts partiels de Mifaine font auflî nommés Bas-Mât de Mifaine, petit Mât de Hune, Sc Mât de petit Perroquet, Le mât d’artimon eft formé fouvent de deux mâts partiels * Sc quelcmefbîc de trois, qui font- nommés Bas-Mât cIAr* timon , Mât de Perroquet de fougue Sc Mai de Perruche ; Sc le mât de Perroquet de fougue fert fouvent à porter feul les voiles de fougue Sc de perruche; Le Beaupré n’eft pas compofé de plufieurs mâts partiels, cependant il y a une efpece de petit mât, nommé Boute-hors ou Bâton de foc, qui prolonge fa longueur ou fa faillie hors du vaifleau ; mais les dimenfions de ce boute-hors n ont pas avec celles du beaupré un rapport comparable à celui qui régné entre les dimenfions des mâts partiels d’un même mât ; elles font, au contraire j dans un rapport bien plus grand.
- Si les mâts d’un vaifleau font ainfi formés de plufieurs mâts partiels, c’eft que les plus grands arbres ne fuffiroient pas pour faire un mât total. Ces mâts partiels £ç partie d’un même mât font étroitement liés les uns aux autres, pour réfifter enfemble & ne faire qu’un feul tout. Les moyens employés , foit pour les réunir ? foit pour les aflujettir, fbit pour les foutenir élevés & placés à la fuite l’un de l’autre , feront l’objet d’un des Chapitres fuivants. Il nous paroît eflen-tiel de commencer par examiner comment on a réglé le nombre des mâts d’un yaiflèau, comment on a fixé leurs places & borné leur hauteur. Ces trois objets doivent premièrement nous occuper. Us ferviront de diflTertation préliminaire
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- de L’ART DE LA MASTÜRE. Chap. I. y
- qui devient bien eflentielle à l’intelligence de l’Art de la Mâture. Nous con-noierons, par un tel expofé , les vrais principes de la mâture. Nous faurons fur quoi font fondées les fonctions & les ufages des différents mâts d’un vaif* feau ; & établifîânt ainfî les rapports qui doivent régner entr’eux, nous jugerons mieux des dimenfions que doivent avoir les mâts 8c les bois convenables à la mâture de toute elpece de vaiffeaux.
- 5. i.
- L A maffe d’un vaiffeau eft trop-confidérable pour que la voilure d’un feul mat puiffe lui communiquer un mouvement convenable ; d’ailleurs, la difficulté prefque infurmontable d’affigner exactement la place de ce mât unique > 8c la néceffité de produire dans un vaiffeau des évolutions très-promptes, ne permettent pas de borner à un feul mât la mâture d’un vaiffeau. Les Marins dirigés par l’expérience ont donc décidé qu’on établiroit plufieurs mâts , fur-tout dans les gros bâtiments. On calculeroit aifément le nombre des mâts convenable à un vaiffeau d’une longueur déterminée, fi ces mâts portoient tous une voilure égale, & fi les voiles de chaque mât avoient dans toute leur hauteur une même largeur déjà fixée par la pratique. En effet, fi on cherche le nombre des mâts verticaux d’un vaiffeau donné , comme la manœuvre ne permet pas qu’on en établifle aux extrémités du vaiffeau, fi ce nombre eff n , fi la longueur donnée du vaiffeau eft ay & fi la diftance réciproque de ces mâts eft
- d 9 on aura /z = -j.
- Afin de détermine* A, adoptons les v&ges qn*4- fuivent les Marins fur la largeur qu’ils aflignent aux baffes voiles, 8c fuppofons cette largeur égale à la demi-longueur du vaiffeau. La commodité de la manœuvre n’a pas permis de leur donner plus d’étendue en largeur. Confidérons maintenant plufieurs mâts établis fur divers points de la longeur d’un vaiffeau. Lorfque les voiles portées par ces différents mâts font un angle droit avec la quille„ 8c que le vent eft arriéré, ces voiles fe couvrent mutuellement ; & les voiles de l’avant ne recevroient pas l’impuifion du vent régnant, fi celles de i’arriere né-toient pas carguées. Cette impulfion eft alors perpendiculaire fur le plan des voiles qui y font directement expofées, 8c la grandeur de l’effet qui en réfulte, compenfe en partie le défaut d’aélion des autres voiles. Les intervalles des mâts , quels qu’ils foient alors , n’influent aucunement ftir l’intenfité de l’effort des voiles. Mais fi l’incidence du vent eft oblique , & fi le plan des voiles fait un angle plus ou moins aigu avec la quille ; c eft alors qu’il faut fup-pléer au peu d’énergie de l’effort réfultant de l’impuifion du vent fur chaque voile, par l’étendue des voiles éventées. Ainfî, c’eft lorfqu’on court au plus près, que la néceffité devient plus preffante de faire porter beaucoup de voiles , 8c de leur faire recevoir l’impuifion du vent dans tous les points de leur
- Masture. B
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- Fig. 2.
- Fig. 3.
- 6 DES C RI P T I0 N
- furface. C’eft donc fur-tout dan$ les routes au plus près que les voiles ne doivent pas Te couvrir mutuellement, Sc cette condition dépend principalement de la diftance établie entre les différents mâts. Ainfi les circonftances fem-blent donc exiger qu’on calcule la diftance convenable qui doit régner entre les mâts, pour le cas où les voiles font orientées au plus près.
- Dans les gros vaiffeaux, les voiles orientées au plus près font avec la quille un angle égal à trois quarts de vent, ou à 330 45', Sc alors le vent ne les frappe que fous un angle d’incidence de 220 iyà peu-près. Soit oe la longueur du vaifteau 5 abSz.ec deux voiles parallèles orientées au plus près, Sc portées par deux mâts voifins, qui font fîtués aux points q Sc d. Soit na la direétion du vent. Si on cherche bc ou qd dans le triangle abcy Ôc qu’au lieu de la largeur de chaque voilé on mette la demi-longueur du vaifteau, on trouvera que /z = 3 à peu-près. Ainfi les mâts verticaux d’un vaifteau doivent donc être bornés au nombre de trois , lorfque toutefois les voilures de chaque mât font égales, & lorfque les voiles d’un feul mât ont dans toute leur hauteur une même largeur égale à la demi-longueur du vaifteau. Ces conditions énoncées ne font pas exactement conformes à celles que les Marins ont cru devoir remplir. Ils ont bien fixé à trois le nombre des mâts verticaux d’un vaifteau ; mais ils ne leur ont pas affigné une voilure égale , & les voiles d’un même mât ont des dimenfions fort différentes. Trois mâts leur ont paru fuffifants pour produire tous les effets qu’on peut attendre du jeu des voiles, Sc l’expérience les a convaincus que ces mâts, bien loin d’être égaux en voilure , dévoient avoir entre eux des différences cnnfictérahles. Cependant à cec trois mâts verticaux que tous les bâtiments font fufceptibies de porter, ils ont joint un quatrième mât incliné à l’horifon, Sc placé tout-à-fait fur l’avant du vaifteau ; Sc l’utilité de ce mât l’a fait adopter dans prefque tous les bâtiments. Il favorife particuliérement les évolutions d’un vaifteau , il contribue beaucoup à maintenir l’équilibre des voiles , Sc fur-tout il afture prefque feul la folidité de tout le refte de la mâture. Le beaupré eft d’une grofleur toujours confidérable relativement aux autres mâts, fans avoir autant de longueur. Ce qui oblige à lui donner de fortes dimenfions , c’eft qu’il a les plus grands efforts à foutenir, non pas à caufe de la grandeur d’aélion du vent fur les voiles, mais de la part des autres mâts verticaux auxquels il fert d’appui effentiel. Si ceux-ci fe maintiennent conftamment dans une pofition verticale , c’eft que le beaupré par fà réfiftance & fa folidité abforbe en partie l’effet des puiflances qui tendent à les abbatre. Si on veut fe convaincre de la néceflité Sc de l’importance de ce mât, relativement au foutien des autres mâts , il faut jetter les yeux fur la Figure 3. Le bas-mât d’artimon eft retenu par l’étai mm. Cet étai eft un gros cordage qui embrafle la tête du mât , Sc dont l’autre extrémité eft folide-ment liée au grand mât, près du pont. Le grand mât eft retenu par un étai
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- DE VA RT DE LA MAS TU RE. Chà>. I. 7
- ccd9 qui embrafle par une de fes extrémités la tête de ce mât, & vient le brider en a avec un autre jcordage nommé Collier, dont les branches paflent de chaque côté du mât de mifàine pour venir embrafler la courbe de capucine. Le mât de mifàine eft auffi foutenu par un êtai g g'qui embrafle par un bout la tête de ce mât, & dont l’autre extrémité eft liée étroitement au beaupré en g'. Les mâts partiels , tels que les mâts de hune & de perroquet , font retenus ou directement ou indirectement par ce mât de beaupré. Le grand mât de hune a un étai, dont l’extrémité eft attachée à la tête du mât de mifàine. L’étai du petit mât de hune eft lié en i au beaupré* L’étai du mât de perroquet de fougue aboutit à la tête du grand mât, & celui du mât de perruche s’amarre à la tête du grand mât de hune. Celui du grand mât de perroquet defcend à la tête du petit mât de hune, & celui du mât de petit perroquet eft lié au boute-hors de beaupré. On voit, par conféquent, que fi le beaupré étoit détruit à la mer par quelque accident ? les mâts qui font fou-tenus immédiatement par ce mât ne pourroient plus conferver leur fituation verticale avec la folidité néceflàire, & leur chute feroit fuivie fans doute de celle des autres mâts partiels qui font étayés par les premiers. La dépendance de tous ces mâts verticaux eft donc bien établie relativement au beaupré. Ce mât eft auffi fixé folidement fur l’avant du vaiffeau, & fon importance lui a fait affigner de fortes dimenfions , afin qu’il foit fufceptible de la plus grande réfiftance.
- s'
- Les Marins fe font bornés à n’établir que ces quatre mâts fur les plus gros
- vaiflèaux. De trê.S-pôtitc tatimpntc or» pnrtfcm cependant vin nombre égal J mais
- alors leurs voiles ont bien moins d'étendue. La multiplicité des mâts, dans de petits bâtiments , rend la manœuvre trop difîicultueufe & trop embarraffée. C’eft auffi la commodité dans ce genre & la foible quantité de voiles néceflài-res à ces petits bâtiments qui ont fait réduire le nombre de leurs mâts à deux mâts verticaux 9 & même à un feui avec un beaupré. Trois mâts feraient trop preftes, trop ferrés , & la voilure convenable feroit difperfee en un trop grand nombre de voiles ; ce qui exigeroit pour les manœuvres & plus de temps & plus de bras. Toutes les raifons qui permettent de donner trois mâts aux grands vaiffeaux dont les équipages font nombreux , & dont la longueur eft confidé-rable, réduifent donc les petits bâtiments à porter un plus petit nombre de
- mats.
- §. II.
- Le choix des places convenables aux différents mâts d’un vaiffeau eft d’autant plus difficile, que ces mâts font en moindre nombre. Des voiles portées par plufieurs mâts peuvent être miles en équilibre foit avec elles-mêmes, foit avec la réfiftance de l’eau, quelle que puiffe être la direétion de cette derniere ;
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- § DESCRIPTION
- mais un feul mât for un vaiffeau n’a pas une pofition arbitraire , parce qufoni vaiffeau foie plus fouvent une route oblique à fa quille , qu’une route direcSteJ Dans une route oblique quelconque , le mât unique d’un bâtiment devroit être placé dans le point où la longueur du vaiffeau eft coupée par la direélion relative horifontale de la réfiftance de l’eau ; & c’eft autour de ce point que les voiles de différents mâts doivent être mifes en équilibre. Ces principes fondamentaux qui doivent fervir à déterminer le lieu d’un mât quelconque, font plus aifés à énoncer , que faciles à mettre en exécution. U eft prefque impoflî-ble d’affigner la direction de la réfultante du choc de l’eau ; car la forme de la proue d’un bâtiment n’a pas encore une courbure qui foit affujettie à certaines loix précifes, & on pourroit même avancer qu’entre tous les vaiffeaux qui ont été conftruits jufqu’à préfent, il n’en eft peut-être aucun dont la proue fût d’une forme parfaitement connue du Conftruéteur qui en traça le plan. Les lignes d’eau d’un vaifleau font tracées {ans aucunes loix; &, dans l’exécution des plans, cette partie du vaiffeau qui régné depuis le dernier couple de l’ayant jufqu’à l’étrave, ne reçoit (à forme que des mains des Charpentiers qui la déterminent foivant leur goût, & for-tout fuivant la courbure des liffes. Cette courbure n’eft affervie à aucune réglé, & elle n’eft dépendante que du degré plus ou moins grand de la flexibilité des bois qu’on emploie pour former les liffes. Ces confldérations fuffiroient feules, fans doute, pour démontrer que dans l’état où fe trouve aujourd’hui l’Architeéture Navale , il eft prefque impofîible qu’un Ingénieur-Conftruéleur, avant la conftruétion d’un vaifleau, détermine av?r la j-'ofition rl*=» la rofnîfnnto ckoo He l’eau for l’avant
- d’un vaiffeau ; d’ailleurs on ignore fi la réfiftance de l’eau fur lavant d’un vaiffeau eft la feule impulfion du fluide que reçoive tout le corps d’un bâtiment. Des expériences nouvelles, que j’ai faites au port de Rochefort, concourent à prouver que des variétés dans la forme de l’arriere d’un même vaiffeau , modifient étrangement & très-fenfiblement les réfiftances qu’un tel vaiffeau éprouve lorfqu’il eft follicité au mouvement par les mêmes puiflan-ces ; j’ai même remarqué que plus il y avoit de douceur dans les contours des lignes d’eau confidérées depuis le maître couple jufqu’à l’étambot, & moins un tel bâtiment éprouvoit de réfiftance contre les- effets* des caufes propres à lui communiquer du mouvement. Ainfi, dans l’état aéluel des Sciences & de l’Art de la conftruélion, il ne faut donc pas efpérer qu’on puiffe déterminer pour les routes obliques, la place que devroit occuper le mât unique qu’on donneroit à un vaiffeau. Dans les routes diæéles le choix de cette place feroic affez arbitraire , parce que la direction de la réfiftance eft néceffairement alors dans le plan diamétral du vaiffeau. Mais comme un vaiffeau ne peut fuivre que rarement une route direéte, la recherche de la pofition de la réfultante du choc de l’eau dans toutes fortes de routes , devient très-intéreffante & très-
- néceflaire,
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- VE U ART DE LA MASTURE. Chap. î. ^
- néceflaire. On évite ce que cette recherche peut préfenter de difficultueux * en donnant plufieurs mâts à un vaifleau, 8c on le fait d’autant plus aifément que cette multiplicité de mâts produit d’autres avantages très-précieux pour la navigation. A l’aide du beaupré 8c de l’artimon il eft facile, dans tous les cas Sc pour toutes les routes, Soit en augmentant, Soit en diminuant les voiles de l’un ou l’autre de ces mâts , 'd’établir 8c de maintenir l’équilibre néceflàire autour de ce point ignoré dont nous avons parlé ci-deffus. Un léger tâtonnement , 8c une grande pratique de la mer font bientôt trouver aux Marins cette combinaifon de voiles propre à maintenir un vaifleau fur une route constante 8c déterminée.
- Quoiqu’il y ait plufieurs, fituations à donner à trois forces en, rempliffant toujours la condition, qu’elles Soient conftamment en équilibre, & que leur réfiftance paffe par un point déterminé ; cependant dans toutes ces combinaisons de polirions, il régné néceffairement des rapports, entre les diflances qui Séparent ces forces. Ainfi, dans un vaiffeau > les intervalles des mâts doivent être proportionnés 8c à leur voilure & à leur éloignement du centre par lequel doit paffer la réfultante de l’effort de toutes les voiles. L’expérience, bien mieux que la théorie, a fait connoître que les divers mâts d’un vaifTeau.ne dévoient pas avoir une voilure égale. Le grand mât & le mât de mifàine Semblent être Seuls chargés de toute la voilure néceffaire au fillage d’un vaiffeau. Le beaupré 8c l’artimon , quoique chargés de plufieurs voiles, ne paroiflent pas contribuer au fillage comme les deux autres mâts ; on diroit même qu’ils ne font confacrés partiGuliGierrkcn.t: cjn’» évolutions rTun vaiileaU y 8c
- à maintenir l’équilibre des voiles 8c de la réfiftance de l’eau. Dans tout vaifleau le grand mât 8c celui de mifaine font extrêmement élevés relativement à l’artimon , 8c ils font faits pour porter de très-grandes voiles depuis leur fommet jufqu’au niveau des ponts, lorfque l’état du vent peut le permettre. De forte qu’il y a une infériorité 8c une différence très-grandes entre l’effort réuni des mâts d’artimon 8c de beaupré , & celui des deux autres mâts.
- Cette différence de voilure que nous ferons connoître plus particuliérement ailleurs, a été reconnue 8c appréciée par les Marins obfervateurs & inftruits par une longue pratique. Elle a donc été établie comme un principe fondamental de mâture , en fuppofant toutefois que les différents mâts euffent telle place déterminée fur la longueur d’un vaiffeau. On a donc reçu dans la Marine une réglé générale qui a pour objet la place précife des mâts, & qui eft Suivie avec l’exaélitude la plus fcrupuleufe. Le mât de mifàine eft fitué au j de la longueur du vaiffeau, en comptant depuis l’étrave. Le grand mât eft un peu en arriéré du milieu de cette longueur, 8c cet éloignement du milieu t? de cette longueur : enfin le mât d’artimon eft placé à une diftance de l’étambot égale au i de la longueur totale.
- Mastv rs,
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- DESCRIPTION
- Ces places que [‘expérience afligne aux mâts, & cette différence énorme qui régné entre leur voilure , annoncent affez que néceflàirement la réfultante de fimpulfion du vent fur les voiles de tous ces mâts, doit néceffairement, dans les routes obliques, paffer en avant du milieu du vaiffeau. Par conféquent la direétion de la réfultante du choc de feau fur tout le corps d’un vaiffeau, qui doit être également éloignée de la verticale du centre de gravité, paffe auilî en avant dumilieu du vaiffeau, quelle que foit la forme de la caréné. C’eft la pofition de cette derniere réfultante qui a obligé les Marins guidés par la feule pratique de porter toute la force de la voilure d’un vaiffeau en avant de fon centre de gravité. Ils n’ont pas connu cette pofition, mais ils ont combiné leurs voiles, comme les circonftances paroiffent l’exiger.
- C’eft autour du point ou la réfultante du choc de Peau coupe la longueur du vaiffeau, que les efforts de chaque mât doivent être en équilibre. Ces efforts doivent donc être entre eux en raifon inverfe de la diftance de ces mâts à ce point d’interfeétion, & c’eft d’après un tel rapport que la voilure du mât de mifaine étant très-étendue , ainfi que celle du grand mât, le mât d’artimon ne peut, au contraire , porter qu’un petit nombre de voiles. Le beaupré par fà voilure établit enfin un équilibre qui ne régné pas toujours parfaitement entre les efforts réunis du grand mât Sc du mât d’artimon, & l’effort du feul mât de mifaine. >
- Toutes les raifons qui viennent d’être détaillées, ont feules concouru à faire
- établir entre les mâts d’un même vaiffeau des différences^ qui femblent confa-crées par une pri*tiqu«^conftante. La grande voilure alïîgnéç Sc au grand mât & au mât de mifaine, oblige de donner à ces mâts des dimenfions bien fupérieu? res à celles du mât d’artimon deftiné à porter peu de voiles. L’artimon eft donc toujours un foible mât relativement aux deux autres mâts verticaux, &le beaupré même ne feroit, fans doute , que d’un mince échantillon , fi d’autres raifons énoncées ailleurs ne fe joignoient à ce qu’exige l’effort de fa propre voilure , pour lui preferire des dimenfions confidérables. Le diamètre de ce mât tient toujours le milieu entre ceux du grand mât & du mât de mifaine, qui font à peu-près égaux.
- Jufqu’à préfent nous avons parlé du nombre des mâts d’un vaiffeau, Sc des points de la longueur où ils doivent être placés. Déjà nous avons fait prefïèntir les différences qui doivent régner entre les diamètres des mâts différents d’un même vaiffeau, Sc pour mieux faire connoître les rapports des groffeurs de ces mâts, il ne nous refte plus qu’à parler de la hauteur qu’on doit donner à la mâture d’un vaiffeau.
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- VE L'ART DE LA MASTURE. Chap. L it
- §. IIL
- La mâture convenable à un bâtiment doit, fans doute, avoir une hauteur déterminée, & les bornes qui lui font prefcrites dépendent fur-tout de la forme de la proue. La figure de l’arriere devroit aufll influer fur cet objet ; mais ce neft pas ici le lieu de développer ce nouveau genre de rapport, quelqu’ inté-reflant quil puifle être.
- Nous avons vu que lî un bâtiment ne portoit qu'un feul mât, ce mât devoir néceflairement occuper une place déterminée fur la longueur de ce bâtiment. La hauteur d’un tel mât eft auffi fixée par des confiderations & des raifonne-ments à peu-près femblables. Le point ou la réfuitante relative horifontale de la réfiftance de l’eau coupe la longueur du vaifleau , eft le lieu convenable à ce mât unique. De même fi on imagine une ligne verticale menée par le centre de gravité d’un vaifleau, le point où cette verticale eft coupée par la direétion de la réfuitante abfolue de la réfiftance de l’eau , eft le terme de la hauteur du centre d’effort de la voilure. C’eft dans un tel point que doivent fe réunir les efforts partiels de toutes les voiles de ce mât unique. La hauteur de ce point fert à déterminer celle du mât, pourvu que la forme de fa voilure foit déjà fixée. On donne à ce point le nom de Point vélique.
- C’eft en rempliffant exaélement une telle réglé de mâture, que jamais un bâtiment ne peut perdre cette afliette horifontale, qui eft fi néceffaire à fa fûreté & au développement de toutes fes bonnes qualités. Mais cette réglé eft
- aufll difficile à exccuicr , que ecllc qui la place Ju mât unique cTun vaifi-
- feau. La pofition de la réfuitante relative horifontale de la réfiftance de l’eau, eft dans le même plan que la direétion de la réfuitante totale ; ainfi ce que nous avons dit fur la difficulté d’afllgner la fituation de la première, s’appliquey immédiatement à la recherche de la réfiftance totale.
- La hauteur du point vélique devroit changer fuiyant les routes que fuit un vaifleau, parce que la direétion de la réfiftance n’eft pas toujours également inclinée à l’horifon. Cette hauteur calculée pour la route direéte peut être très-confidérable , parce que la fiabilité du vaifleau relativement à l’axe de largeur étant très-grande , elle s’oppofe avec fuccès aux inclinaifons que l’effort modéré des voiles tend à produire autour de ce même axe. Dans les routes obliques l’axe du vaifleau, autour duquel l’effort des voiles follicite l’incli-naifon du vaifleau , ne jouit pas des mêmes avantages que l’axe de largeur ; & la fiabilité à l’égard de ce premier axe n’a pas la même énergie : d’ailleurs la pofition de la réfuitante de la réfiftance n’eft pas la même , & de là il fuie qu’un vaifleau cede néceflairement à la force qui le follicite ; il prend alors une inclinaifon d’autant plus grande, que fâ fiabilité eft plus foible, & que fon point vélique eft placé moins avantageufement. Si on vouloir obvier à ces incli-
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- »' DESCRIPTION
- naifons qui peuvent fouvent devenir dangereufes , il faudroit dans un vaiffeau varier la hauteur du point vélique , félon l’exigence des circonftances & la diverfité des routes obliques de ce vaiffeau. Mais la loi de ces changements eft encore inconnue. L’Architecture navale n’eft pas affez perfectionnée pour prefcrire quelle doit être, dans un vaiffeau donné, la pofition du point vélique , relative à chaque route oblique. Elle ne fàuroit même alîigner la hauteur de ce point convenable à la route directe d’un bâtiment Conftruit d’après les plans quelle peut produire. Les Marins , dans un tel état d’incertitude , Sc prelTés de làtisfaire à ce qu’exige la fureté de la navigation, n’ont confulté que leur expérience. Elle a réparé les vuides que laifloit la théorie imparfaite. Ils ont donc imaginé de donner à chaque mât plufieurs voiles partielles, & de même que la multiplicité des mâts peut les aider à mettre en équilibre Sc l’effort des voiles Sc la réfiftance de l’eau, de même auffi la multiplicité des voiles leur permet de modérer les inclinaifons d’un vaiffeau , en fupprimant à volonté l’effet des voiles qui tendent à l’augmenter. Les Marins fe font ainfi procuré les moyens de placer le centre d’effort de toutes les voiles à une hauteur convenable aux circonftances. Nous avons vu que chaque mât avoît trois mâts partiels dans un gros vaiffeau , & chacun de ces mâts porte une voile qui peut être déployée ou ferrée à volonté indépendamment des autres voiles. Ils combinent la voilure de tous les mâts d’un vaifleau -, de façon que la réfultante totale pafle par le point vélique qui convient à la route que fuit le vaifleau.
- Dans l’exécution de la' mâture d’un vaiffeau , les Marins s’en rapportent entièrement à un Tarif général qu'ils ont formé, Sc qu'ils fuivent exactement lorfqu’ils veulent déterminer la mâture d’un vaiffeau quelconque* Ce Tarif ne renferme peut-être pas les meilleures proportions de mâture , parce qu’elles ne font pas encore connues ; mais il préfente des formules qui juf qu’à préfent ont paru fuffifantes. Le grand défaut qu’on puiffe lui imputer, c’eft de n’être calculé que fur la largeur feule d’un bâtiment : ainfi il affigne la même mâture à plufieurs bâtiments qui, n’ayant de commun que la largeur, different dans les autres dimenfions ainfi que dans la forme de leur caréné.
- Tels font actuellement les principes fondamentaux de l’Art de la Mâture. Si l’Architecture navale fait des progrès aufïï utiles que néceflàires, & fi les loix de la réfiftance de l’eau, viennent à être mieux connues, on verra enfin difparoître ces Tarifs généraux qui n’ont d’autres fondements qu’une pratique aveugle, & que les Marins placent à p:.éfent au rang des collections les plus précieufes.
- Nous allons faire connoître cette Table qui eft aujourd’hui le feul guide des Ingénieurs Sc des Marins. On fàura auparavant que les longueurs des mâts font eftimées en longueur du maître-bau. Le maître-bau eft, en d’autres termes , la largeur du vaiffeau. Les groffeurs des mâts ou leur diamètre ont un
- rapport
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- DE L'ART DE LA MATURE* C»à*„ L î$
- rapport déterminé avec leurs longueurs. Nous nous contentons de prêfehteî dans la Table fuivante * le plus petit & le plus grand diamètre d'un mât s nous renvoyons à un autre Chapitre, le détail des réglés en ufàge pour déterminer & la forme d'un mât & la gradation que l'on établit entre les divers diamètres correfpondants aux differents points de là longueur.
- Il devient néceflàire d'ajouter encore quelque explication utile à finteilï-gence entière de la Table fuivante : on fait d'avance qu'un mât total eft compofé de plufîeurs mâts partiels ; mais il ne faut pas imaginer que leurs longueurs partielles réunies enfemble , donnent exactement là longueur totale d'un mât : cette lomme feroit trop confidérable ; ces mâts partiels ne font pas ajoutés bout à bout. Lorfque ffig» 4* ) bas-mat B A a été fixé dans (à pofition verticale fur un vaiffeau , le mât de hune M R qui doit deve* nir par fa longueur un fiipplément à celle du bas-mât, ne le furpafïe pas de toute fa longeur. Une partie extrême O M du mât de hune eft unie étroitement à une partie extrême B C du bas-mât : ainfî le mât de hune ne s’élève réellement au-deflus de la tête du bas-mât que de la quantité O R% Cette partie B C du mât inférieur, eft nommée le Ton dé ce mât* Cet affem-blage B C O M9 eft néceflàire à la folidité de l'établiffèment du mât de hune* Le mât de perroquet eft lié de même au mât de hune qui a un ton convenable. La longueur du ton d'un mât , n'eft pas proportionnée à celle du mât élevé , mais à celle du mât inférieur; c'eft aufll ce que la Table fuivante fait connoître. Cet éclairciffèment que je joins ici, devient néceflàire * lor£ que d'après la Table fuivante on veut calculer la hauteur réelle d'un mât total au-deflus du niveau de la mer : cependant dans un tel calcul, il faue remarquer que le grand mât Sc le mât de milàine defcendent jufqu'à la car-’ lingue du vaiffeau ou leur pied repofe, tandis que le pied du mât d'artimon s’appuie fur le premier pont. C’eft avec ces confidérations qu'on détermine aifément la hauteur réelle que la pratique aflïgne à chaque mât d'un vaiffeau donné.
- Masture.
- D
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- D E S C R I P T I O N
- Dimensions des Mâts d'un Vaijjeau.
- Longueur.
- a ~ Baux,
- S - Baux,
- H du bau#
- 'i i Baux , •moins le ton •du grand mât,
- Grand
- Diamètre.
- jg de la longueur du mât,
- tî8 <*e la longueur de ce mât.
- ïs de la longueur de ce mât.
- h de la-longueur de ce mât.
- Petit
- Diamètre.
- ~ du grand diamètre.
- du grand diamètre.
- j du grand diamètre.
- |- du grand diamètre.
- Longueur du Ton.
- f de la longueur,
- - de la Ion gueur du mât.
- Y de la longueur.
- j de la longueur de ce mât.
- REMARQUES.
- (jrand Mat.
- I. Bas-Mât.
- i®. La longueur de ce mât eft comptée de deftus la quille; & comme fon pied ne peut repofer que fur la carlingue , la hauteur réelle de ce mat eft moindre, que celle donnée par ce tarif, de toute la hauteur , foit de la Varangue foit de la carlingue.
- 2°. Le grand diamètre de ce mât doit être placé de façon qu’il fe trouve un peu au~deftiis du pont ou entre les deux premiers ponts lorf-qu’il y en a plulieurs.
- 3°. Le lieu de ce mât eft en arriéré du milieu du vaifteau , â une diftance égale au — de k longueur totale du vaifteau plus le demi-diamètre du mât.
- 4°. Ce mât eft fitué perpendiculairement à la quille.
- 11. Grand Mât de Hune.
- i°. Ce mât eft placé en avant du bas mât, & il l’élonge âpeu près du tiers de fa longueur.
- z°. Son grand diamètre correfpondà l’extrémité du ton du bat-mât, de fon petit diamètre eft à l’extrémité fupérieure.
- III. Mât de grand Perroquet.
- i°: Autrefois la longueur de ce mât n’étoit que les } du bau ; aujourd’hui les perroquets des vaifteaux ont de longues fléchés , de. fuivant le ftile des marins , leur longueur, moins le ton, eft égale à la moitié plus au 8 e. du bau.
- 2°. Ce mât eft placé en avant du mât de hune.
- 3°. Son grand diamètre correfpond au bout du ton du mât de
- hune > Ou fon ^ctie ftiametr© eft an bout fupéjricur de ce mât
- Mat de Misaine.
- I. Bas - Mât.
- i°. Malgré la réglé générale qui fixe des bornes à la longueur de ce mât , on fuit cependant, dans la pratique une autre re<de. Jamais le bas-mât de mifaine n’eft de la longueur preferite parole tarif, parce que cette longueur eft comptée de deftus la quille , de que le pied de ce mât repofe néceffairement fur le maffif placé*fur la carlingue , qui, elle même , a certaine hauteur au deftus de la quille. Toutes ces hauteurs doivent donc être fouftraites de la longueur ailignée par la table , lorfqu’on veut fixer la longueur vraie du bas-mât de mifaine. L’ufage confifte même uniquement â faire enforte que ce bas-mât étant placé fur le vaifteau , l’extrémité de fon ton réponde exaéteinent au } de la longueur du ton du grand mât en comptant de l’extrémité fupérieure de ce mât. Cette derniere re<de eft luivie plus généralement. . e
- 2®. Le point qui répond au } de la longueur du vaifteau, â compter de l’étrave, détermine la pofition du bas-mât de mifaine. Le centre de ce mât eft placé en arriéré de ce point à une diftance égale à fon demi-diametre.
- 3°. Le mât de mifaine eft réellement vertical.
- Le refte eft comme au grand mât.
- II. Petit Mât de Hune.
- Ce mat eft abfolument égal au grand mât de hune. Autrefois il n’en différoit que des f du ton , de on a jugé à propos d’anéantir cette différence.
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- DE L'ART DE LA MATURE. Chap. I,
- «B
- REMARQUES.
- Longueur.
- Crànd
- Diamètre.
- Petit
- Diamètre.
- Longueur du To n.
- III. Mât de petit Perroquet,
- i°. Le grand diamètre de ce mât correfpond au bout du ton du mât de hune.
- 20. Le ton de ce mât porte aufli le nom de fléché.
- I du bau.
- éî de la longueur.
- j du grand i ^ ^ diamecre. gueurdu mât.
- Mat d’Artimon,
- I. Bas - Mau
- i °. Son pied repofe fur le premier pont, & il ne s’élève qu’a une hauteur déterminée par un ufage confiant. Placé fur le vaifleau , il faut que le fommet de ce mât foit de niveau avec la naiflance du ton du grand mât.
- 2°. Son grand diamètre eft placé au deflus du gaillard.
- 3°. Le point éloigné de la perpendiculaire de letambot, de -6 de la longueur du vaifleau , détermine la place de ce mât. Son centre eft toujours en avant de ce point, a une diftance égale au demi-diame-tre du mât.
- 4°. Ce mât eft perpendiculaire à la quille.
- 11, Mât de Perroquet de Fougue,
- i°. Autrefois la longueur de ce mât n’étoit que les ~ du bau»
- 2°. Les diamètres font placés comme dans les autres mâts.
- III. Mât de Perruche,
- Tous les mats d’artimon des vaifleaux n’ont pas des mâts dè perruche. On y fupplée , en donnant au perroquet de fougue une fléché dune longueur égale à celle du mât de perruche.
- Mât de Beaupré,
- i°. La partie de ce mât, faillante en avant &c en dehors du vaif-feau, eft d une. longueur égale â celle du bau. Le point de l’étrave <jui fixe la fortie du batiment, eft au niveau du feuillet , de la 2®. batterie lorfquil y a plufieurs ponts , ou de la première s’il n’y a qu’un pont.
- z°. Son pied repofe fur le premier pont en avant, auprès du mât de mifaine.
- 3°. Son grand diamètre correfpond à l’étrave ou aux f de la longueur. 5
- 4 * °N biclinaifon a l’horifon eft de 3 50, dans les vaifleaux j Sc
- de 250, ou 2 0°, dans les petits bâtimens , parce que les focs font plus grands relativement dans ces derniers : fi daris les vaifleaux & les frégates ce mat a une plus grande inclinaifon , c’eft qu’alors les grands mats verticaux font bien mieux foutenus à l’aide de leurs étais. Ainli le pied de ce mât eft plus ou moins élevé fur le pont qui le foutient j a 1 aide de quelques morceaux de bois , de façon qu’il foit placé fuivant l’inclinaifon preferite.
- Bâton de Foc.
- i°. La faillie au-delà du beaupré eft tantôt le } fk tantôt les - de fa longueur , parce que fuivant le befoin d’eloigner le grand foc, on poufle le boute-hors plus ou moins en avant.
- 2 . Son plus grand diamètre eft aux ^ de fa longueur , en comptant depuis la pomme.
- 1 | Baux,
- longueur,
- —• du grand -p? défia diamecie. longueur.
- 1 Bau*
- ék de la
- longueur de ce mât.
- tï du grand — de îi diamètre, longueur du mât»
- | Bau.
- Tî de la longueur.
- } du grand diamètre,
- y dê !â longueur.
- i | Baux.
- La demi fomme des grands diamètre, du grand mât & du mât de mifaine.
- f grand diamètre.
- —• de la loft* gueur du mât,
- 1 Bau,
- k de la
- longueur.
- f du grand diamecre.
- C terminé par une pomme).
- Remarques fervant de fupplément à cette Table,
- T°tVS nS bât,imens posent à l’arriere un m; pavillon. Il elt placé au couronnement, & il fert à tenir e pavillon de la nation. Sa longueur eft cell
- iW* j°n §rant^ diamètre eft de la longueur , < petn diamètre eft la moitié du grand.
- JH? teiaiPs d’hiver ne permettant pas ordin u âge des voiles de perroquet, alors on rem
- les mâts de perroquet par des bâtons d'hiver dont les dimenfions font moitié de celles des mâts dont ils occupent la place.
- 30. Les petits bâtimens tels que les Senauts, les Bri-gantins , les Goélettes , les Bateaux &c les Barques, ne font pas matés de la même maniéré que les grands vaif* féaux. Un fenaut, tel qu’on le voit dans la figure 5è. eft
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- DESCRIPTION
- 16
- îir bâtiment à deux mâts , ainfi que le brigantin de la figure 6. Mais il eft des différences confidérables entre les voilures 8c même les mâtures de ces bâtimens. Le fenaut a des voiles de même forme que celles des grands "vaifïeaux fans en avoir le même nomlxe. A l'arriéré de fon grand mât, on voit un petit mât qui régné parallèlement au bas-mât du grand mât, Ôc qui fert à porter iine voile prefque femblable à l’artimon des vaifleaux. Cette voile , ni ce petit mât ne fe trouvent pas dans le brigantin, qui d’ailleurs dans fa voilure ne différé des vaifleaux que par une voile dont la forme eft un quadrilatère , 8c qui eft portée pas le bas-mât de fon grand mât. Les grands mâts de ces deux efpéces de bâtimens font placés en arriéré du milieu de leur longueur à une diftance égale à — de la longueur totale. Les mâts de mifaine font fitués comme dans les vaiffeaux. On varie beaucoup les inclinaifons du beaupré. Les goélettes ont deux mâts, figure 7* 3 8c leurs voiles font différentes de
- celles des vaiffeaux. Le grand mât eft placé en arriéré du milieu de la longueur , à une diftance égale au 77 de la longueur totale de ces bâtimens. Il n’eft pas perpendiculaire à l’horifon , 8c fon inclinaifon fur l’arriere eft de %6°. Le mât de mifaine eft éloigné de l’étrave de ,j de la longueur , 8c il eft perpendiculaire la quille. Le beaupré eft incliné à l’horifon de 140.
- Les barques qui n’ont qu’un mât vertical, ont aufli un beaupré incliné à l’horifon fous un angle de 19°-, leur mât eft placé au milieu de la longueur totale.
- Le mât des bateaux eft placé au ~ de la longueur totale , 8c fon inclinaifon à l’horifon eft de 740, en arriéré. Le beaupré eft incliné de I5)0. figure 8.
- Il feroit trop long de faire l’énumération d’une foule de petits bâtimens dont la mâture femble ne fuivre aucune réglé. Chaque Marin la fixe à fon gré 8c fuivant fon caprice } 8c les détails de toutes ces pratiques arbitraires feroient plus ennuyeux qu’ils ne font intéreffants.
- Tel eft le Tarif de la Mâture , & telle eft la fourCe où les Marins pui-fent les connoiflànces des dimenfions qu'on doit donner aux mâts d’un bâtiment quelconque. Quoique l’expérience ait forvi de bafe à ce Tarif, cependant un vaifleau maté d’après les proportions générales qu’il renferme, n’a pas la mâture la plus parfaite & la plus convenable. Un vaifleau ainfi mâté garde rarement à la mer une fituation droite, la feule qui lui permette de naviguer avec des lignes d’eau, telles qu’elles ont été calculées par le Conf truéteur. Souvent l’inclinaifon produite par l’effort des voiles, eft portée fi loin qu’il faut alors diminuer la voilure élevée , & abaiffer ainfi autant qu’il eft néceflaire , le centre d’effort des voiles , jufqu à ce qu’aucun accident ne Fig, £; menace le vaiffeau incliné. La Figure 9 repréfente un vaiffeau à la bande, & chargé par l’impulfion d’un vent frais. Son inclinaifon eft médiocre , parce que fes perroquets font ferrés , & que le centre de voilure eft abaifle proportionnellement au défaut d’aétion de ces voiles hautes. Les grandes incli-naifons d’un vaiffeau de guerre, quoiqu’elles ne menacent pas d’un danger trop preflànt, font cependant accompagnées de très-grands inconvénients : alors les fabords de la première batterie ne peuvent plus s’ouvrir, & le fer-vice de fes canons devient impoffible d’un côté. Cette circonftance rend un bâtiment bien plus foible, & moins redoutable pour l’ennemi qui peut l’attaquer.
- Pour obvier à ces inconvénients, & pour réparer les défeétuofités de la fcience de la mâture*, ainfi que pour afliirer une belle batterie à un vaifleau, malgré le moment dangereux de ces voiles, on s’applique à lui donner la plus grande fiabilité , autant toutesfois que d’autres qualités effentielles peuvent le permettre. Dans l’état aétuel des chofes, on cherche moins à con-ferver la hauteur néceflaire à la batterie d’un vaiffeau , par les foins qu’on pourrait prendre de perfectionner l’Art de la Mâture ; mais on remédie à tout en donnant beaucoup de fort au corps d’un vaiffeau , & une grande fur-face à fa ligne de flottaifon. Ces moyens d’éluder les difficultés font les feuls
- connus
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- DE VART DE LA MATURE. Chap. I. 17
- connus & les feuls pratiqués, Ainfi d’après ces confîdérations & ces arrangements, on s'en tient exactement 8c exclufivement au Tarif de Mâture donné précédemment. Il eft l'ouvrage de l'Art , il eft le fruit d'une longue expérience ; 8c à ces titres, il confervera la confiance des Marins jufqu à ce que la théorie perfectionnée puifle le remplacer par des réglés plus exactes 8c plus sûres.
- Ce Tarif général ne préfente ces dimenfions abfolues des mâts d'un valf* feau, qu'en fuppofànt tacitement que la voilure eft d’une forme déterminée 8c convenue. En effet, nous avons expofe plus haut que fi la mâture devoir être fixée dans fa hauteur par la pofition du point yélique, il y a voit une infinité de formes à donner à la voilure, telles cependant que jamais ce point vélique ne peut changer de place. La direction de la réfiftance de l'eau * dé-* eide du lieu du point vélique ; mais la forme de la voilure éloigne ou ref-traint les bornes preferites à la hauteur réelle de chaque mât* C'eft pourquoi les régies générales établies dans la table précédente, ne font fondées que fur une certaine combinaifon de voiles d'une forme déterminée. Les Marins fe font fixés à un feul genre de voilures ; & c’eft d'après une telle convention qu'ils ont fixé & la hauteur réelle des mâts & leurs grofleürs abfo-lues. Les Figures 10, 11 préfentent la forme adoptée de la voilure d’un vaiffèau ; on y voit que les voiles diminuent de largeur à mefure qu'elles s'élèvent au-deflus de l'horifon ; & que la plus grande partie de la voilure totale eft portée par le grand mât & celui de mifaine. Les voiles de ces mâts ont les plus grandes dimenfions. Elles font au nombre de trois fur chaque mât , fans parler de celles qui leur font ajoutées, lorfque le beau temps le permet. Chaque voile eft portée par chaque mât partiel, & elles prennent le nom de mâts partiels. Non-feulement les voiles du grand mât font les plus larges, elles font auffi les plus hautes ; auffi ces deux mâts font-ils de tous les mâts les plus gros 8c les plus élevés. Les mâts partiels qui les compofènt ont par conféquent de fortes dimenfions, 8c leur force eft proportionnée à l'étendue des voiles qu'ils foutiennent. La voile du bas-mât a plus de fur-face que la voile du mât de hune , qui elle-même eft plus étendue que la voile de perroquet. Toutes ces voiles ont la forme de trapèzes, & leurs différences précifes ne feront pas expofees ici. Il fuffit d'annoncer que les différences exiftent, 8c que , fixées par une pratique confiante, elles fervent à décider de la hauteur réelle des mâts.
- Sans doute 5 on auroit pu affigner à un mât quelconque des voiles donc la largeur fût toujours égale dans toute l'étendue de leur hauteur , mais alors la hauteur abfolue de ce mât n'auroit pas été auffi confidérable ; & les Marins penfènt qu il eft préférable de donner beaucoup d'élévation à la voilure , en la diminuant cependant de façon que les mâts conforvent une Mature. E
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- i8 DESCRIPTION
- foiidité néceflàire, & que la pofition du point vélique n’éprouve aucun changement. Ils jugent avec raifon que dans une maffe d’air en mouvement telle que le vent, les filets du courant d’air les plus élevés au-deffus de la fur-face de la mer doivent avoir un cours plus libre, & par conféquent plus prompt que les filets inférieurs. La vîtefle de cet air qui rafe la furface de l’eau & des vagues, doit être rallentie 8c par le frottement & par le choc périodique des ondes qui s’élèvent, 8c qui s’abaiffent alternativement. Ce retardement de vîtefle doit fe communiquer de bas en haut ; 8c par conféquent , on ne peut s’empêcher de regarder le cours de l’air placé au-deffus de l’eau, comme étant le plus vif 8c le plus rapide. C’eft donc pour profiter de cet air qui a plus de vîtefle, que les Marins ont afîîgné à leurs mâts une plus grande hauteur, en s’afferyiflànt à diminuer à proportion l’étendue des voiles les plus élevées. Par ce moyen , le point vélique ne change pas de pofition, & en confervant la même voilure, on obtient une impulfion plus grande de la part de l’air. Telles font les raifbns générales qui ont déterminé les Marins à adopter la forme de voilure que nous avons fait connoître plus haut.
- C’eft la longueur des mâts & la forme des bois employés à les former qui décident de la grandeur de leurs diamètres. Le plus grand diamètre d’un mât quelconque doit être calculé d’après la pofition de la puiflànce qui fait effort pour le rompre , 8c d’après l’intenfité de cette même puiflànce. La hauteur d’un mât eft déterminée d’après l’impulfion d’un vent modéré, & fes diamètres font aufli proportionnés à la même impulfion. Les vergues fbu-tiennent les voiles contre les efforts du vent. Chacune eft liée au mât en un point de fa longueur ; 8c c’eft en ce point que l’effort réfultant de l’impul-fion du vent fe communique au mât, le preffe & le follicite à la rupture. Dans l’état aétuel de la mâture & de la voilure des vaifleaux, un mât a plu* fïeurs voiles , comme il a été dit ci-deffus ; il a donc plufieurs voiles, & il eft follité par autant de puiflànces différentes en divers points de fà longueur. Ainfi la grofleur d’un bas-mât de grand mât, par exemple, ne peut pas être déterminée, conféquemment au feul effort de la baffe voile & de la pofition de cet effort, parce que les angles inférieurs du grand hunier font aufli retenus par la même vergue qui foutient la bafle voile ; par conféquent cette grande vergue communique au bas-mât non-feulement l’effort partiel de la voile baffe, mais aufli un effort partiel du hunier. La vergue du hunier foutient de même une partie des efforts du hunier & du perroquet, 8c enfin la vergue de perroquet achevé de preffer la tête du mât par une partie de l’effort du perroquet. Les efforts de ces voiles, ou plutôt de ces vergues, font donc comme autant de puiflànces qui preffent un mât en divers points de fa hauteur. Elles fe réunifient pour produire un effort réfultant qui tend à rompre
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- DE L ART DE LA MATURE. Chap. L tg le mât ea certain point qui doit toujours être celui où le mât eft lié au vaif-{eau. C’eft en ce dernier point par conféquent que le bas-mât du grand mât doit avoir une groffeur telle qu’il puiffe réfifter à l’effort total réfultant de l’impulfion du vent fur chaque voile. Les mâts élevés & partiels , tels que le mât de hune & le mât de perroquet, doivent donc avoir auffi des diamètres relatifs aux efforts qu’ils peuvent éprouver. Mais dans tous les calculs des diamètres des mâts, c’eft {ur-tout la qualité des bois employés à la mâture qui doit être confultée. Ainfi il femble qu’il n appartient qu’à l’expérience feule de diéter la grandeur réelle des diamètres des mâts. La théorie peut bien fournir la loi qui doit régner entre les diamètres correlpondants aux divers points de la hauteur d’un même mât : mais entre tous ces diamètres, le plus ^ grand dépend trop de^la force des bois, Sc il faut que l’ulàge en décide fouverainement. Comme dans la Table précédente nous ne voulions faire connoître que la grandeur précife de ces grands diamètres, nous avons rapporté ce qui eft obfervé & fuivi conftamment par les Marins. Ces réglés de pratique ont jufqu’ici paru très-fuffifantes , Sc nous croyons que fur cet objet le Tarif préfenté mérite quelque confiance.
- Voici le moment de parler des vergues : déjà nous avons dit que les voiles étant néceffàires au fillage d’un vaiffeau, il falloit qu’elles fuffent bien déployées, & qu’elles reçu fient l’impulfion du vent dans toute leur étendue, en affrétant la moindre courbure pofiible. C’eft pour remplir de telles fonctions que les vergues {ont placées horifontalement. Les voiles font attachées le long de ces vergues par différents points de leur largeur. La figure FiO. 12 donne une idée de ces moyens pratiqués, employés pour étendre les voiles. On y voit un hunier dont le côté fupérieur eft lacé avec la vergue,
- Sc dont les angles inférieurs font retenus par des manœuvres aux deux extrémités de la vergue inférieure qui foutient la baffe voile. Le côté inférieur de ce hunier n’eft pas lacé avec cette derniere vergue comme l’eft le côté fupérieur avec la vergue qui porte le nom de vergue de hunier.
- On diftingue dans la garniture d’un vaiffeau une grande quantité de vergues de plufieurs grandeurs, & cette multiplicité eft produite par la nécef-fité d’établir plufieurs voiles dans un même bâtiment. Le même mât, comme on voit (j%. io, ) porte plufieurs voiles, Sc par conféquent plufieurs ver- Fig. gués. S il eft des raifons qui autorifént à donner plufieurs mâts à un même bâtiment, il en eft auffi qui exigent la multiplicité des voiles portées par un feul & même mât. Sans doute la voilure d’un mât étant donnée de forme & de furface , une feule vergue attachée au haut de ce mât, auroit fuffi pour {outenir la voile unique deftinée à ce mât \ mais les événements de la mer, la' grande courbure d’une telle voile, la force variable des vents, & les differentes fiabilités d’un vaiffeau fuivant différentes routes , n ont pas permis
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- de ne donner à un niât qu’une voile unique qui eût la furface convenable, La voilure a dû nécefîàirement être divifée en plufieurs parties , afin que dans l’occafion on n’expofè à la fureur du vent que la voilure convenable à la sûreté d’un vaifleau. Lorfque précédemment on a déterminé la hauteur de la mâture * on fuppofoit tacitement dans cette recherche que le vent qui follicitoit le vaifleau au mouvement, étoit modéré , confiant Sc uniforme. Dès qu’il devient impétueux, irrégulier Sc variable, foit dans fa force , foit -dans fa direction , dès que la mer s’élève en vagues confidérables, dès-lors toutes les relations changent, Sc le vaifleau ne peut plus porter toutes fes voiles (ans courir les rifques ou de s’ouvrir ou de perdre fa mâture. Dans de telles circonfiances, ce n’eft plus le moment d’avoir égard à la hauteur du point vélique , quand même ce point feroit bien connu , parce que la direction de la réfiftance éprouve des changements étonnants, foit par les différentes inclinailons du vaifleau, foit par le choc multiplié des vagues. Ainfi dans cette efpece de bouleverfement de la nature, il n’eft plus permis de fuivre d’autres réglés que celle qui font diétées par le defir de fa confervation. Ga lutte contre le vent, on fuit la grofle mer, & on le place dans la fituation qui fou lirait davantage un vaifleau aux chocs violents Sc de l’un Sc de l’autre. On fait* alors très-peu de voiles, ou même on n’en déploie aucune fi le vent devient trop furieux. La voilure eft enfin ordonnée de façon que fa furface foit toujours aflbrtie à l’état du vent Sc de la mer. Il faut donc qu’elle puifle être Fig, ij. variée comme les temps qu’on peut éprouver, La Figure 13 préfente un bâtiment efluyant une tempête : fa voilure eft , comme on voit, très-peu confi-dérable. Elle le réduit à la feule bafle voile de mifàine qui eft orientée au plus près du vent. Les autres voiles font exactement ferrées ; Sc l’effort de la mifaine fuffit feul pour maintenir le vaifleau fur une certaine route déterminée , ainfi que pour le foutenir contre le choc d’une grofle mer, Sc l’empêcher de dériver au gré du vent Sc des flots. Toutes ces confidérations ont concouru à faire établir plufieurs voiles fur un même mât. Si chaque mât n’eût porté qu’une feule voile, alors on eût été obligé de donner à ces mêmes mâts une groffeur bien plus considérable-; caria vergue unique qui eût été placée à la tête de ce mât, auroit eu une grande énergie pour en produire la rupture. Cette raifon ou la crainte d’un tel danger , auroit donc fait augmenter confidérablement les diamètres qui font actuellement aflignés aux mâts des vaifleaux. La diftribution de plufieurs voiles fur l’étendue d’un même mât, leurs vergues relatives attachées à differents points de la hauteur d’un tel mât, & par conféquent leur effort particulier appliqué à ces diverfes hauteurs , font fuivis de moindres inconvénients. L’effort moyen de toutes les voiles , dans une telle combinaifon, eft bien moins élevé au-deflus de la mer , qu’il ne le feroit fi le mât, avec une voilure égale, ne portoit qu’une
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- feule 8c même voile. D’ailleurs, à faide d’une celle diftribution ou divifion de voiles , le point vélique peut toujours conferver une place convenable, gc enfuite on fe ménage la facilité de donner à un vaiffeau telle voilure que l'état des v^nts 8c de la mer peut rendre néceffaire. Si le vent eft modéré 8c la mer belle , on met toutes voiles dehors ; s’il devient un peu trop frais, on ferre les perroquets, 8c on court fous les quatre voiles majeures. Si fà force augmente encore , on ne fe fert que des balles voiles , & s’il dégénéré en tempête, on met à la cape , en ne confervant qu’une ou deux voiles orientées de façon qu’elles ne reçoivent du vent qu’une très-foible impulfion. Enfin li ce peu de voiles rifquoit encore d’être emporté , alors on court à fec fans expofer aucune voile à la fureur des vents. Ces details doivent faire con-noître que l’expérience feule a dû & pû régler cette divifion des voiles d’un vaiffeau. La théorie permet à la pratique toutes ces combinaifons afforties aux circonfiances, & elle ne l’affujettit, lorfqu’elle fixe l’étendue & la diftribution des voiles , qu’à la confidération intéreffante de la hauteur & de la place du point vélique.
- La nécefïité d’établir plufieurs voiles fur un vaiffeau , a fait employer plu-fleurs vergues : cependant toutes les voiles, telles que les focs & les voiles d’étai, ne font pas foutenues par des vergues. Ces voiles triangulaires fervent: beaucoup dans les routes obliques 8c de beau temps: elles font repréfencées dans la Figure 11. Le plan de ces voiles, lorfqu’elles font déployées , eft placé p l ^ dans le fens de la longueur du vaiffeau. Des manœuvres particulières attachées au fommet de leurs angles, fervent à les déployer: ces voiles font Utiles 8c contribuent beaucoup au fillage. Les Figures 9 8c 10 font connoître particuliérement les vergues, feul objet dont nous nous occupons actuellement.
- Le grand mât eft compofé de trois mâts partiels. Il porte auffi 8c trois voiles 8c trois vergues. Quelquefois ces vergues font au nombre de quatre, parce que dans les beaux temps, on place au-defîus du perroquet, un autre perroquet volant. Ces vergues font défignées par des noms diftinélifs : la plus baffe 2 9 fe nomme grand’ vergue ; la fécondé 3 , eft la vergue du grand hunier, 8c 4 eft la vergue du grand perroquet. Telle eft l’énumérarion des vergues du grand mât. Il en eft de même du mât de mifâine ; elles fe nomment vergues de mifaine, vergue de petit hunier 8c vergue de petit perroquet : ce mât porte auffi dans les climats tranquilles, un petit perroquet volant. La vergue 14 du beaupré eft horifontale comme les vergues dénommées précédemment : elle fe nomme Vergue de Civadiere ; & la vergue portée par le bâton de foc , eft nommée Contre - Civadiere. Le mât d’artimon , le plus bas porte deux vergues ; l’une eft nommée Vergue d'artimon : elle eft: placée différemment de toutes les autres verges : elle eft inclinée à l’horifon,
- & le plan de fa voile eft fi tué dans le fens de la longueur du vaiffeau. Ella Mature. F
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- eft représentée, n°. 13. dans la Figure précédente. L’angle qu’elle fait avec l’horifon eft de 4 J°. La fécondé vergue portée par le bas-mât d’artimon, eft nommée Vergue barrée ou Vergue feche : ce nom lui eft donné parce qu’elle ne porte aucune voile bafle, & qu’elle ne Sert qu’à retenir par ‘fes extrémités les coins inférieurs du perroquet de fougue. Au-deffus de cette vergue, eft celle du perroquet de fougue, & au-deiïus de cette derniere, on voit celle de perruche qui eft liée au mât partiel de même nom.
- Dans rénumération de toutes ces vergues, on peut encore inférer les boute-hors qui font réellement des efpeces de vergues : fi on confulte la Figure Fig. 14. 14, on verra l’ufàge & la forme des boute-hors. Cette Figure préfente le bout d’une grande vergue fur laquelle eft le boute-hors qui, par fa longueur, fert de prolongement à la vergue à laquelle il eft attaché en a & en c. Cette efpece de vergue eft nommée boute-hors parce qu’elle fert à porter hors du vaifleau une nouvelle voile qui devient un fupplément à la voilure ordinaire lorfque le vent eft extrêmement foible. Cette voilure fupplémen-Fig, 10. ta^re repréfentée dans la Figure 10. La grande vergue, celle de miSaine, celle du grand & du petit hunier ont des boute-hors. Les voiles portées par ces boute-hors font nommées Bonnettes : le boute-hors de grand’vergue porte en même temps la bonnette bafîe p , mais il fort auffi à déployer la bonnette haute q. Une autre efpece de boute-hors placé perpendiculairement à la longueur du vaifleau, accroché aux porte-haubans, fert à étendre le côté inférieure de la bonnette balle ; ce boute-hors prend ici le nom d’arc-boutant ferré. La bonnette bafle de mifaine eft déployée par des moyens femblables. Le côté inférieur de cette bonnette eft étendu , à l’aide d’un boute-hors nommé Tangon, qui ne s’accroche pas aux porte-haubans comme celui de la grande bonnette, mais il repofe dans le fens de la largeur du vaifleau for le gaillard d’avant ou il eft folidement attaché.
- Tous ces boute-hors prennent leur nom des vergues auxquelles ils appartiennent. Ceux des bonnettes de hunier fe diftinguent par les noms de boute-hors de grand & de petit hunier : nous ferons connoître leurs dimenfions dans la Table foivante des dimenfions des vergues. Nous obferverons feulement que les bonnetes baflfes n’ont pas de vergues ; mais les angles de leur côté fupérieur font retenus par des manœuvres dont l’une pafle à l’extrémité du boute-hors, & l’autre fuit la longueur de la vergue , pour aller pafler dans une poulie placée près de la tête du mât. Les bonnettes de hunier ont au contraire une petite vergue qui eft un morceau d’efpare : ces vergues font fu£ pendues par leur milieu à l’aide d’un cordage ou drifle qui pafle dans une poulie placée à l’extrémité du boute-hors
- Les vergues d’un bâtiment ont des longueurs & des grofleurs différentes: leur longueur eft proportionnée à la largeur fupérieure des voiles qu’elles doi-
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- DE L’ART DELA MATURE. Chap. I. aj
- Vent foutenir; & comme la pratique feule décide de la forme des voiles hautes & baffes, elle a par conféquenc fixé indirectement la longueur convenable aux vergues. Quant au diamètre principal des vergues , l'expérience a feule fervi à le déterminer. Quelques confidérations générales ont dû cependant entrer dans le calcul des diamètres. En effet, une vergue eft faite pour étendre le côté d'une voile ; ce côté eft lacé avec la vergue , & lui eft lié par différents points ; de forte que chaque vergue , foutenant une voile enflée par le vent, peut être regardée comme follicitée en différents points de fa longueur, par autant de puiffances qui tendent à en produire la rupture. C’eft: pour empêcher cette rupture que le diamètre principal d’une vergue doit être d’une grandeur convenable. La place de ce diamètre eft plus aifee à affî-gner fur la longueur de la vergue , que fà valeur n’eft facile à eftimer.Une vergue eft liée au mât par fon milieu ; ainfi, les efforts de chaque moitié de voile fur chaque • demi-vergue , tendent à rompre cette vergue dans le milieu de fà longueur.
- C’eft donc au milieu d’une vergue que doit être placé ce diamètre principal, dont la grandeur précife eft d’ailleurs dépendante de la force des bois employés à former les vergues. Il eft à propos d’obferver qu’une vergue baffe, par exemple, ri’a pas feulement à foutenir l’effort d’une baffe voile, elle éprouve encore en partie l’effort d’une voile haute, c’eft-à-dire , du hunier, dont les coins inférieurs font étroitement liés aux extrémités de cette même vergue , comme on peut le voir Jig. io ; ainfi la baffe voile & le hunier réunifient leurs efforts Fig. io« pour produire la rupture de la vergue bafle. C’eft donc à ces efforts réunis qu’il faut oppofer une réfiftance fupérieure , & c’eft dans la force de la vergue qu’elle doit réfider. Le diamètre principal d’une telle vergue doit donc être calculé d’après l’intenfité & le moment de ces deux puiflànces. Des expériences relatives à la force des bois, & l’eftimation approchée des efforts qu’une telle vergue peut avoir à foutenir, ont décidé des diamètres principaux des vergues.
- Voici le Tarif des dimenfions des vergues : leur longueur eft eftimée en longueur du maître-bau. Leur groffeur ou leur diamètre principal eft relatif à la longueur des vergues. Il y a dans ce Tarif une colonne dont le titre exige une explication ; c’eft celle où font défignées les longueurs des taquets des vergues.
- Une vergue deftinée à étendre le côté d’une voile déterminée, a toujours une longueur plus grande que le côté de cette voile. Si on confulte la Figure 15 , on verra comment le côté de la voile eft lacé avec la vergue, & comment la vergue excede de chaque côté la largeur de la voile. Cet excédent égal fur chaque extrémité de la vergue fe nomme Taquets ; & la colonne de la Table fiiivante correfpondante au titre Taquets, préfente la femme des longueurs des deux taquets de chaque vergue. La Figure 12. fait con- Fig.l2*
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- noître fufàge de ces taquets: ils font confacrés à recevoir différents cor-# dages néceffaires à la manoeuvre des voiles, & fur-tout l'équipage d'une poulie d qui fert à roidir la voile fupérieure , & au paffage d'un cordage nommé Balancine, employé à loutenir le poids de la meme vergue, & a la maintenir horifontale. On verra dans le troifieme Chapitre, les details relatifs a lu-fage de ces taquets.
- D imensions des Vergues d’un Vaijfeau.
- Longueur. Grand Diamètre. Petit Diamètre. Taquets. REMARQUES.
- Grand.1 Vergue.
- z j Baux. de la. longueur f du grand diamecre. 75 de la longueur de la vergue. i°. Le grand diamètre de cette vergue , ainfi que de toutes les vergues horifontales d’un vaiffeau , eft placé au milieu de la longueur , de il régné le long de cette vergue pendant un certain efpace , afin qu’il y ait plus de force au milieu de la vergue, Le petit diamètre fe trouve aux deux extrémités. 2,°, Cette vergue eft perpendiculaire a la longueur du mat.
- Arc-boutant Ferré.
- * i Baux. h de la longueur de l'arc-boucane. } du grand diamètre. 1°. Le grand diamètre eft fitué au ÿ de la longueur, Se le petit l’eft à l’extrémité de l’arc-boutant. 2°. Il porte à fon gros bout un crochet de fer j par lequel il eft accroché aux porte-haubans du vailfeau : il s élancé hors du batiment en fuivant le prolongement de la largeur , Se il foutient par fon extrémité le coin inférieur de la bonnette de grand voile.
- Grand Boute - hors.
- i ~ Baux. h la longueur. f du grand diamètre, Ce grand boute-hors fert de prolongement, dans l’occafion, à la grand’vergue. Il eft lié à cette vergue , Sc lorfqu’il eft en fonétion ou qu’il porte les bonnettes, le ^ de fa longueur élonge la vergue , tandis que les - s’étendent au-dehors du vailfeau.
- Vergue de grand Hunier.
- i { Baux. tIô de la longueur. 7 du grand diamètre. y de la longueur. Cette vergue a aulïi un boute-hors , qui , relativement à cette vergue , a les mêmes rapports de dimenfions que ceux du grand boute - hors à l’égard de la grand’vergue.
- j Ban. 75 de la longueur. 7 du grand diamètre. f de la longueur. Vergue de grand Perroquet. Vergue de Perroquet volant.
- Ts Ban. -k de la longueur. 7 du grand diamètre. rï de la longueur. Les vergues de bonnettes font faites* fans aucune réglé , un morceau d’efpart en fait l’office.
- Vergue de Mifaine.
- z Baux. h ie Ia longueur. 7 du grand diamètre. 7£ de la longueur. Le grand &: le petit diamètre font placés comme ceux de la grand-vergue. Le boute-hors de cette vergue lui eft proportionné comme le grand boute-hors l’eft à la grand’vergue.
- Tangon.
- i j Baux. h de la longueur. | du grand diamètre. Le tangon fert à la bonnette de mifaine , comme l’arc - boutant ferré fert à la bonnette de grand’voile. Au lieu d’être accroché aux porte - haubans de mifaine , il repofe fur le gaillard d’avant ou il eft fixé folidement.
- Vergue
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- DE L’ART DE LA MATURE. Chap. I.
- R E M A R Q U E S.
- Vergue de petit Hunier.
- Vergue de petit Perroquet,
- La vergue du perroquet volant de ce mât a, avec celle du petit perroquet , les mêmes rapports que le grand perroquet volant à la vergue de grand perroquet.
- Vergue d’Artimon.
- Son grand diamètre eft placé au y de fa longueur. Le diamètre du gros bout eft celui de l’extrémité inférieure de cette vergue , &c le plus petit diamètre qui eft la moitié du grand , eft celui de l’extrémité élevée de cette vergue.
- Vergue feche ou barrée.
- Elle a un bout-hors.
- Vergue de Perroquet de Fougue,
- Vergue de Perruche,
- Vergue de Civadiere.
- Cette' vergue eft égale à celle du grand hunier, & elle eft placée aux de la longueur du beaupré.
- Vergue de Contre-Civadiere.
- Elle a les mêmes dimenfions que la vergue du grand perroquet.
- i y Baux, du Bau.
- i Baux.
- t 7 Bau. i Bau.
- 7 Baux.
- i t Baux.
- f Bau.
- iso de la longueur. ?ô de la longueur.
- tô de la longueur.
- h de la longueur.
- ïië de la longueur.
- *60 de la longueur.
- ikde la longueur.
- h de la longueur.
- Y du grand diamètre.
- f du grand diamètre.
- Diametfe d rros-bout.
- \ du glrind diamètre.
- T § and diamètre.
- 7 du grand diamètre.
- Y du grand diamètre.
- 7 du grand diamètre.
- Y du grand diamètre.
- 7 de la longueur.
- \ de la longueur.
- i’. pouces ou 15 pouces.
- rfa de la longueur.
- 7 de la longueur.
- j de la longueur.
- I de la longueur.
- | de la longueur.
- Je dois joindre aufli a cette Table les dimenfions qu’on donne ordinairement aux vergues de quelques Corvettes ou d’autres bâtiments mâcés en Senau. Ces bâtiments ont une fléché de Senau, telle que nous l’avons décrite précédemment, & telle quelle eft repréfentée dans la Figure y; La vergue Fig. y; qui fert à étendre le côté fupérieur de la voile de Senau eft nommée Corne de Senau , parce que l’extrémité de cette vergue qui s’appuie fur la fléché de Senau eft taillee en croiftànt. afin qu elle embrafle exactement le contour de de la fléché. La figure 15 préfente la forme d’une corne de Senau. La Ion-Fig. 1 y; gueur de cette corne eft égale à celle du bau. Son grand diamètre eft * de fa longueur, & il eft placé à l’extrémité de la corne appuyée fur la fléché. Le petit diamètre placé à l’autre extrémité eft la moitié du grand diamètre.
- Les Brigantins, les Yachs, les Goélettes & plufîeurs autres petits bâtiments," ont non-feulement, outre la voilure ordinaire, une corne nommée Pic dans les batiments ; mais auffl un gui qu on peut regarder comme failànt l’effet des arcs-boutants dans les gros vaifïeaux. La Figure 6 donne une idée de la voile pIG g a laquelle on adapte un gui & une corne. La corne eft 00, la voile qui lui eft attachée eft lacee comme toute autre voile 1 eft à la vergue. Mais le gui eft ,
- employé feulement a étendre le côté inférieur de la voile. Comme cette voile Mai ure. ri
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- *£ DESCRIPTION
- eft ordinairement un quadrilatère, dont le côté inférieur remporte de beaucoup fur le côté fupérieur, le gui eft par conféquent plus confidérable que la corne. Sa longueur eft égale à 2 7 baux. Son grand diamètre eft ir de fa longueur , & le petit diamètre eft la moitié du grand. La forme de ce gui eft telle que fon grand diamètre eft placé au f de fa longueur.
- Il ne fera pas inutile de parler ici de la mâture des chaloupes , des canots, ainfi que de quelques autres bâtiments. Sur la Méditerranée les voiles triangulaires font fouvent en ufàge dans les bâtiments qui ne fréquentent que cette mer. Les Pinques , les Polacres, les Galeres * les Tartanes, Scc, portent des voiles latines, & les mâtures de ces bâtiments font aflorties à une telle voilure# Les réglés de mâture qui font fuivies généralement dans la pratique, confiftent à donner au grand mât une longueur == à 2 r baux. Le grand diamètre placé au f de la longueur eft le de cette longueur, & le ton eft rr de la même longueur. Le mât de milàine a de longueur les I de celle du grand mât. Les diamètres font calculés de même. Les mâts portent chacun une vergue nommée Antenne. On aura une idée & de l’antenne & de là pofition, en la comparant à la vergue d’artimon d’un vaiffeau. La grande antenne a de longueur 4 f baux. Son grand diamètre placé au f de la longueur , eft d’autant de fois I ligne 9 points, qu’il y a de pieds dans fa longueur. Le diamètre du petit bout eft la î du grand diamètre, & celui du gros bout eft les f du même diamètre. L’antenne de mifàine a de longueur autant de fois 10 points 9 lignes,’ qu’il y a de pieds dans la longueur de la grande antenne. Ses diamètres font calculés de même.
- On mâte fouvent des chaloupes, & on leur donne une voilure nommée voilure a Baleftron. Il y a deux voilures de ce nom ; mais la mâture eft la même pour l’une & pour l’autre. Le grand mât a une longueur égale à 2 { baux. Son diamètre eft tï de fa longueur, & le petit diamètre eft la moitié du grand. Le grand mât eft placé au milieu de la longueur du canot ou de la chaloupe.
- Le mât de mifaine a une longueur égale à autant de fois 10 points 8 lignes , qu’il y a de pieds dans la longueur du grand mât. Ses diamètres font caculés d’après les mêmes rapports, & fa place eft au ts- de la longueur du petit bâtiment.
- Les voilures à baleftron font repréfentées dans les Figures x6 êc 17. Dans la première Figure les voiles font triangulaires. A C eft un mât dont nous avons donné les dimenfions. Le baleftron eft une efpece de petit mât élevé dans la pofition df II fert de prolongement au mât, & fa fonction eft de foutenir la pointe élevée/, &unepartie/V de la voile triangulaire fqr. Ce baleftron tourne dans des anneaux placés en Ae & Bd, de forte que la voile peut être placée dans telle pofition qu’on juge devoir lui donner.
- Dans la Figure 17 la voile eft quadrangulaire. Un de fes côtés verticaux eft
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- DE VA RT DE LA MATURE. 'Cita*. î. a?
- lacé avec le mât AB par des anneaux qui lui permettent d'être biffée & amenée à volonté. La voile eft maintenue déployée par le baleftron CD*
- Les dimenfions de ces deux efpeces de baleftrons font les mêmes. Leur longueur eft plus grande de 6 p°. que celle des mâts auxquels ils font unis* Leur groflèur eft égale à autant de fois i ligne 9 points * quil y a de pieds dans leur longueur. Leur petit diamètre, placé à l’extrémité fopérieure, eft la moitié du grand diamètre , & ce grand diamètre eft placé au f de la longueur. Dans la Figure 1 l’extrémité d du baleftron répond aux f de la hauteur du mât AC, de forte que ef eft égale aux f de ce mât.
- Certains bâtiments nommés Yachts, ont auffi une mâture particulière ; ils portent un grand mât dont la longueur égale le bau; fon diamètre égale autant de fois 2 lignes 8 points, qu’il y a de pieds dans là longueur, Sc il eft placé au f de la longueur de ce mât. Le petit diamètre eft la moitié du grand. Ce mât eft placé au f de la longueur du bâtiment, en comptant depuis l’étrave. Il porte une voile déployée à l’aide d’un gui & d’une corne. Le gui a de longueur les f de celle du grand mât. Son.diamètre placé au f de la longueur eft +V de cette longueur. Le diamètre du gui, près du mât, eft les f du grand diamètre , Sc celui du petit bout en eft la moitié.
- La corne eft les \ du bau. Son diamètre a autant de fois 4 lignes qu’il y a de pieds dans la longueur, & le petit bout a pour diamètre la moitié du grand. Le grand mât a un ton qui eft j de la longueur. Ces bâtiments portent auffi un beaupré qui a de longueur 4 points 6 lignes par pied de la longueur du grand mât. Son diamètre eft de 6 lignes par pied de la longueur. Il eft placé au 7 de cette longueur. Le petit diamètre placé au bout eft la moitié du grand.
- Telles font les proportions générales, foit des mâts, foit des vergues de toute efpece de bâtiments. Il ne faut pas cependant imaginer que dans tous les cas les Marins obfèrvent ces réglés rigoureufement. Ils s’en écartent quelquefois , & fuivant certaines circonftances , ils fe permettent de diminuer ou d’augmenter les réfultats de ces tarifs généraux. La forme particulière d’un bâtiment , la qualité des bois de mâture, ou des idées qui leur font propres, les déterminent a s’éloigner de l’opinion commune. Ces variétés foiit une foite néceflaire de l’incertitude des vrais fondements de l’Art de la Mâture. En effet, la colleétion des proportions générales des mâts & des vergues , ces tarifs que nous avons préfontés, ne font conlàcrés que par l'ufàge*. Ils ne doivent être regardés que comme le réfultat des fentiments & des avis réunis de chaque Marin expérimenté. Ainfi tout homme de mer qui a des talents, dès côimoiftances & une longue pratique, fe croit en droit de faire fubir des changements aux réglés ordinaires de mâture. Ces changements, jufqu’à préfent, n’ont pas été confidérables ; cependant il eft, je crois, à propos de faire connoître corn-
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- s.8 DESCRIPTION
- bien on s’eft écarté dans certaines circonftances des réglés de mâture prescrites par les tarifs généraux. Je joindrai donc ici un tableau de la mâture de plufieurs bâtiments d'efpece différente. On comparera leur mâture réelle avec celle des Tables, & on jugera des différences. Cet expofé terminera le premier Chapitre.
- Lieu ajjigné à chaque Mât fur dès Bâtiments connus
- Le Rotal-Louis avoit de longueur 191 pieds 9 pouces.
- Diftance du milieu de fon grand mât à la perpendiculaire
- de l'étrave ; . . . . . . . 103*”. ropo.4llg.
- du milieu du mât de mifaine à la même perpend. ... 21 5 4
- du milieu du mât d'artimon à la perpendiculaire
- de l'étambot.....................36 96
- Ce vaiffeau conftruit par M. Colomb de voit porter 116 canons.
- N
- Le Saint-Esprit. Vaiffeau de 80 canons, & conftruit
- par M. Olivier. . . . Longueur . . . i83pl. 2p0. llg* Diftance du milieu du grand mât à la perpend. de l'étrave.. ior 3 (
- du milieu du mât de mifaine à la-même perpend.. . 18 10
- du milieu du mât d'artimon à celle de l'étambot. . . 34 2 2
- L’Alcide. Vaiffeau de 64 canons, conftruit par M. Olivier.
- Longueur.........................ijqp*. opo. olig,
- Diftance du milieu du grand mât à la perpend. de l'étrave... 83 o o
- du milieu du mât de mifaine à la même perpend.. . 14 8 o
- du milieu du mât d'artimon à celle de l'étambot... 26 o o
- L’A M ph 1T rite. Frégate de 2 6 canons, conftruite par
- M. Guignard. . . . Longueur .... 13^pi. opo. ons.
- Diftance du milieu» du grand mât à la perpend. de l'étrave... 73 10 o
- du milieu du mât de mifaine à la même perpend... 1 $ 4 o
- du milieu, du mât d'artimon à celle de l'étambot.. .23 4 o
- La Flore. Corvette de 14 canons.... Longueur.... 64P1. 4P0. oIigw Diftance du milieu du grand mât à la perpend. de l'étrave... 36 4 o
- du milieu du mât de mifaine à la même perpend.... 6 8 o
- Le Chameau , Flûte de la plus grande réputation.. Long.. 140^. opo. o1^. Diftance du milieu du grand mât à la perpend. de l'étrave.. .77 o o
- du milieu du mât de mifaine à la même ...... 17 o o
- du milieu du mât d'artimon à celle de l'étambot... 27 o o
- Dimenfions
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- DE L’ART DE LA MATURE. Chap. I
- 2 9
- Dimenjions réelles de plujieurs des Mâts SC des Vergues Vaijfeaux connus.
- La Ville de Paris. Le Dauphin P\.oyal, L £ Bizarre. j
- Vaisseaux.**...... de 90 canons. de 70 canons. de 64 canons, 1
- Largeur principale 48 pieds 6 pouces. 43 pieds 6 pouces. / 40 pieds 10 pouces. |
- Mâts. Longueur. | Diamètre. Ton. Longueur. Diainetre. Ton. Longueur. Diamètre, Ton. |
- pieds, pou. pouces, lign. pieds, pou. pieds, pou. pouces, lign. [pi. po. üg- [ pieds, pou. po. lig pis pi. po. lig.;
- Grand Mat I 12. .0.. . .36..6... .13..O... 104..0... .34..O... 11. .6..0. S.98..9... 32.1I..0. 10.10. ,6.«
- Grand Mât de Hune .69..0... .2I. .O. . . ..8,.0..• 66.. I... .19.,3... .6..7..3. |,6l..3... 17.II..3. .6.. I. .3 J
- Mât de grand Perroquet .io,,o« «. .14..8... L 2 2L . . 2. . • ..8..8.., ,6..6..0. .8..7.-0, • 7. .4. .2.**
- Mât de Mitaine 102. .O.. . >35..6... .12..0... • u • • • •9$•*4*•• .32..0,.. îo,.8..0. I.90. .4... 30..0..0. IO. .O. .5 *“
- Petit Mât de Hune.. .65..0... .2I..0... ..6..0... 1.J9* «6.. . .19..3... .J.10..3. f.yç.,2... 17.il. .3. .5..6..0F
- Petit Mât de Perroquet .44..0... ..9..9'" .r1..0... J.31. .8... ..7..6... .6..0..0, i ’ ’ L30..1... .7..6..0. .6..0..6.I
- Mât d’Artimon .77..0... .13..0... ..9..0... .7. .0. .7.5
- Perroquet de Fougue )
- Mât de Perruche / .61..0... . 1 2..0... .18..0... !•**••*••* .13..6... 20..4..0. .51..0... 1I..0..0. îo..0..0.3
- Mât de Beaupré .67..0... •3f••*••• .•••••••. i. 60.10... .33..0... .$6.10... 31..0..0. i
- Bâton de Foc .60..0... .1<..0... L aï .. 6... (î.f1.to. l
- «Bâton de Pavillon.. .48..6... ..8..0 .. . - O . . Q . . . .3..U,.V. i
- Vergues. Taquets, Taquets. Taquets. 1
- Grand’Vergue. .............. 104..0... .26..O,.. ..4"é... .94..3... .13..2... .3.11..0. .88..6... 22..T..O. .3. .8..6.1
- V ergue de JYlilàine .96..0... .24..6... .2... . 87..0.,, .81..8... 20..5..0. i .3 . .4..6.1
- Vergue d’Artimon .96..0... .17..7... . . I . . 2 . . - ,87,,0.., . T7. .2 . I.81..8... 16..6..0. ? 1
- Vergue de Civadiere .<58..0... .15. .6... ..3.-4... .63..4... . 14..6.., .4..6..0. L J9••6... I4..8..O. I.4..3..O.J
- Vergue de grand Hunier .72.,0... .16..0... /I A . . 8 . 1. 61.. 2 ... 14..4..O. .4..4..3.1
- Vergue de grand Perroquet...... ..8..6... .. 3 .. 3... .27. •A . . *7 . . <1 . . - 9. . - 9 . .0.1. 2 Ç . . 8 . . . .7..4..O. (.2..0..0.3
- Vergue de petit Hunier .69.* 0... . 1 < . .9... « *4*.9... .62.,0,,, a . . t . . n . I z • •z•.0. J.4..0..9.J
- Vergue de petit Perroquet .44..... ..8..0.,. ,.2..9... - 24-. *0. . . ,,6,10,,, ,6.,7..0.
- Vergue barrée .69'•0... .14..0... «.4..O... .62..0... .11..6... .4..1..1. j.58. .6... 11..8..0. .3.ii..6.|
- Vergue de Perroquet de Fougue.. .46..0... ..8 ..9... . 22 - «4.. . . . .7.TO. . . I. 27. . < . . . .7..6..0. .2..4..0.1
- Tandon., .69..0... • I Z • 6 • . , i.^8.,0... I O * - 0 - . O - .I,•I#.0.1
- . Vf •IO.«O.•« .44..6, . Læt . .0.. . .7..0..0.
- Grand Boute-hors............. .49..o•. • ..8..6.:. • 45 • • O . . . 40..o... .6..8..0.
- Petit Boute-hors .46..0... ..8..0... .42. .O. . . ..7..0... - S. 2". .0. . . .6..2..0.
- V ÜY P OP OT AME. La Dédaigneusej La Sylphide.
- V AISS BAUX de 50 canons. Frégate de 26 canons. de canons.
- Largeur principale 38 p ieds 4 pouces. j 35 pieds 0 pouces. 2 j pieds 0 pouces.
- Macs, j Longueur. Diamètre. Ton. Longueur, Diamètre. Ton. Longueur. Diamètre. Ton. j i
- 8 1 pieds, pou. pou. lig. pieds, pou. pieds, pou. pou. lig. pieds, pou. pieds, pou. pou. lig. pieds pou. J
- Grand Mat .1 .91..1... • 30..3... . 10..4... .86..0... ,26..0.,. ..9- .9..• ,6l.,0,.. .i8..0... ..7..0...Ï
- Grand Mât de Hune ! L <8 T.0. . . . 28..0... • I I . . 2 • . . .-4r.o.r.|
- Mât de grand Perroquet.. .27 ..6... . 1 U . . } . . . . .8. .3 ... * 1 ) * * 5 * * * . . 7 - . fi . . .
- Mât de Mifàine • 55 * • • • • • 0 • * 5 • • • . 57..0... ••^•*}*** .17..O*.. * •5 • • • ••« . T A r . A . . , j
- Petit Mât de Hune §• } • •‘T* • • 1.Ï3..I... .15..3... ..4..8... . 52..0... .15..3... ..5..7...j .35..0... .II..0... .. 3. .57 1
- Petit Mât de Perroquet. LÎ5..0 .18,.0... ..6..0... . .2. .O 1
- Mât d’Artimon .1 Aa. ..6--6 , 30..1... 6..0." .<1. .3 ... . 11. .6... * * * *«-
- Perroquet de Fougue \ . 10. .3 . ..
- Mât de Perruche. J j.?7. .0... ..9..9." .21 . .O. . .{ .50..4... ..9. .14..0... ,, 0 ..7..0... .. 6., 0... ;j
- Mât de Reauoré _ L <a..8... , 9. 8 . , 3 r . , .36..0... .17..6... ..0.,0...1
- Râfnn de Foc 1 9*4 • i1) • .U. . • . 2 I . ,0,,, ..6..0...
- Bâton de Pavillon..... ;
- Vergues, Taquets. Taquets, ] Taquets.
- Grand’Verone ... 9 6 s .C2..6... . 13..6... ..3..0...
- Vercriift deMîfaine 1_ 7*.- y - . . .3..0... . 17 ••U. • . a • 9 0 8.49. .O .13..0... .. 2.. 3.. J
- Vergue d’Artimon K.76..0... .12..6... ..1..0... 1.67. .9... .12. .3... .•J."'’.. ..I..0...j .46..6... ..9.»o... ..1..0...
- Vergue de Civadiere.. I.54..0... .Iz..0... ..z..6... 3.51. .0.,. . 12. .0., . ,.3 . .2..J . 36..0... ..8..3... ..2..3...
- Vergue de grand Hunier........ §.60,.6... .12..9... ..Ç..3... j. $4. .0.. • .13..0... . . 3 . . 6 1 .39.-6... ..8..6... ..3..0...
- Vergue grand Perroquet........ I.41..0... ..7.-0... ..I. .6... .32..?... ..6..0... ..1..6...! . 24 , . 6 ... ..5..0... ..1..5...
- Vergue de petit Hunier |.?6..6... .12..O... ..4 ..9"‘ .52..0... . 11..6. .. .. 3..3.. .§ .36..0... ..8.,0... ..2..9...
- flVergue de petit Perroquet 8.41..0... ..6..6... .. 1. .6... .30..3... ..6..0... .. 1.. 6.. . | .22..6... ..5..0...
- !Vergue barrée. .11..0... .•3 ,.6...\ •fo..3... ,10..6... .36.,0... ..8.,0... ..1..6...
- IVergue de Perroquet de Fougue.. •h..î... ..7..3... ..3..0... I.38. .3 ... .6..0... .. 2 .. 6... .24..6... ..1. .2...
- angon .46..6.., ..7..6... j.48..0,.. .10..0... .34..0... ..7.•3 • * *
- | \rc-boutant ferré t. t,, t , .42..0.,,
- iGrand Boute-hors .79..O. .. ..6..6... .24..0... ..<..0.,.
- 1 Petit Boute-hors .35..0.. . ..6. .0... .32..0... ..7. .0... .24..0... ..5..0...
- 1 Vergue de contre-Civadiere .38..0.. . ..7..0... ..1. .3... L 32..0... . .7..0... ..I..4..J fi
- Vergue de Perruche 1 * S
- SVergue de Perroquet-volant .31..O... ..3..0... 8
- iRoute-hors du grand Hunier..... .24..0... . . A A " ‘ " S •• • 8
- ÜBoute-hors de petit Hunier *.24..0.., .:uâ' •°* • * 1 yrrwr ris Maec»rag-ejaB. 1
- Mâture. H
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- D E S C R 1 P T LO N
- 3°
- J3 AT1AÎE N TS.
- \Largeur principale.
- Le Chameau} Le PluvierX Batiments . ... .] Flûte.
- 30 pieds o pouces.
- Mâts.
- ;Grand Mât. .......
- Grand Mât de Hune. . , 'Mât de grand Perroquet Mât de Milàine .....
- Petit Mât de Hune. . . , Petit Mât de Perroquet. . ,
- |Mât d’Artimon........
- Mât de Perroq. de Foug.l Mât de Perruche. . . .j
- Mât de Beaupré.........
- Bâton de Foc............
- Bâton de Pavillon.. .. . .
- Vergues*
- Grand’Vergue............
- Vergue de grand Hunier.. Vergue de grand Perroq. .
- Vergue de Milàine........
- Vergue de petit Hunier. . Vergue de petit Perroquet. Vergue d’Artimon. . . r .
- Vergue barrée............$44. o
- Verg. de Perroq. de Foug. |i8, o Verg. de Perruche. .
- Vergue de Civadiere. . . ,|4f. o Verg. de contre-Civadiere.
- Tangon.............
- Grand Boute-hors.. .
- Petit Boute-hors. . .
- Arc-boutant ferré. .
- Verg. de Perroquet volant.! Boute-hors de grand Hun.. Boute-hors de petit Hunier.
- Long. Diam.
- jpi. pou. pou. lig.
- m. 0. 23. 0.
- U9» 6. 14. 6.
- j|22 . O. 7. 6.
- I70. 0. 22. 0.
- 148. 0. 14. 0.
- t- 0 0 7* 0.
- r ‘ °* [7. 0.
- 133 • °* 10. 6.
- r * °* 23. 0.
- 9 » • • • •
- 166. 0. 16. 3.
- !48. 0. 10. 6.
- M* 0. ?. 6.
- |6 f. 0. 16. 0.
- 47* °* xo. 4.
- 322. 0. 5. 0.
- O O 'O wm 11. 0.
- 8. 6,
- 6. 6.
- Ton.
- Gabarre.
- 25 pieds o pouces.
- Long.
- pi. pou l!pi. pou. .8. o.féo. 6. .4. 6J40. 6. .3. o.|z4. o. .8. o.|?4. 6. .4. o.[3f. o. .2.. 8.EZ3. o. .6. 0J53. 6.
- .3. o.fiç. o.
- 40. o.
- ......Jz8. o.
- 19
- Taquets.'.
- • ?. 9. .8. o. .3. 6.
- •f* 9> .8. o. .3. 2.
- .4. o. .4. O.
- o.
- *3 J37
- 3°
- b?
- 27. o 16. o 37. 6 30, o
- .4. 6*137. 6.
- 1%» o.
- 22. O,
- 2 6. o,
- 18. o,
- 16. o.
- Diam. Ton.
- Largeur principale
- Mâts.
- V Ou RS, Cha te.
- Grand Mât..............
- Grand Mât de Hune. . . |Mât de grand Perroquet. Mât de Milàine. .... IPetit Mât de Hune. . . . Petit Mât de Perroquet.. Fléché de Senaut. ... Mât de Beaupré. ....
- Bâton de Foc........... .
- Bâton de Pavillon.......
- Vergues.
- ÎGrand’Vergue . . . . . . ^Vergue de grand Hunier.. Vergue de grand Perroquet.
- jVergue de Milàine.......
- Vergue de petit Hunier. . j Vergue de petit Perroquet.
- Gorne d’Artimon..........
- Gui. . •••••_...........
- Vergue de Civadiere.. . .
- Mâtée en Senaut. Matée en.Brigantin.
- *
- Long. Diam. Ton. Long. Diam. Ton.
- pi. pou. pou. lig. pi. po. [pi. pou. pou. iig pi. po.
- 59 • 0. 18. O. .7. 0. j$9- ô. 18. 0. .7. 0.
- 31. 0. 8. 0. .4. 6. 31. 0. 8. 0. .4. 6.
- 22 . O. 5. 4* .4. 6. 22, 0. 5- 4* .4. 6.
- Î4* o- 17. o.\ .6. 0. 54. 0. 17. 0. .6. 0.
- 2 9. 0. 7. 6. .4. 0. 2g. 0. 7. 6. .4. o.|
- 21. 0, J. 0. .4. 0. 21. 0. f. 0. .4. o.|
- 30. 0. 17. 6. ko. 0. 17. 6.
- 20. 0. 6. 6. 20. 0. 6. 6.
- Taquets. Taquets.
- 48. 0. 11. 3. .2, O. 48. 0. 11. 3. • 2> • O #
- 34. 6. 7. 6. .1. 6. «34. 6. 7. 6. .1. 6.
- 20. 6. 4* 0. .1* 4* ko. 6. 4* 0. .1. 4.
- 4 6. 0. 10. 9. .1. p6. 0. 10. 9. .1. g.'
- 32. 6. 7. 0. .1. d. |3'2. 6. 7. 0. .1. 6.
- 19. 4* 3* . I . 2. !i$>. 4. 3- 3>* .1. 2.
- 20. 0. J. 6. .1. O. i20. O. 6.
- ...... • ••••» k 6. 0. 8.0.
- 1
- Batimeents Le Yacht le Camille. La Goëlette des Colonies.
- Largeur principale. . . .1 18 pieds 6 pouces. io pieds 3 pouces.
- Mâts. Long. Diam. Ton. Long. Diam. Ton.
- Grand 'Mat Grand Mât de Hune. . . . Mât de grand Perroquet. . pt. pou. pou. lig. pi. po. pi. pou. po. lig. pi. po.
- 69. 4. 17* 4* .4. 9* 3U °* .7. 6. .7. O.
- Mât de Milàine Petit Mât de Hune.. . . . Petit Mât de Perroquet.. . Fléché de Senaut «MM* 32. 0. .6. 6. .4*. 8.
- Mât de Beaupré. . . . . . 27. 3. 13. 0. *••••• 14. 8. .6. 9.
- Bâton de Foc 22. O. 6, 6. • ••••• >3. 0. .4. 6.
- Bâton de Pavillon Vergues. Grand’Vergue Vergue de grand Hunier.. Verg. de grand Perroquet. 10. 3. .3. 0. 1 Taquets.
- Vergue de Milàine Vergue de petit Hunier. . Vergue de petit Perroquet. • •••*• *••••• 20. 0. .4. 0. • I » 0 »
- Corne d’Artimon 18. 6. f. 0. 12. 6. .4* 0.
- vjui. • .......... Vergue de Civadiere, . . . 47* o* 10.. 0. 28. 0. °*
- j
- ).' ... -
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- DE L’ART DE LA MAT Ü RE. Chap. II
- 3*
- «MüMiaBS
- CHAPITRE II.
- t
- Des Bois propres à la Mâture ; SC de la conjlruclion
- des Mâts.
- S i les mâts d’un vaifîeau doivent être fufoeptibles d’une très-grande réfîf tance , ils doivent auflî être doués d’une certaine flexibilité : trop de roideur dans leurs fibres, produiroit bientôt leur rupture , Sc trop de molleffe em* pêcheroit qu'ils ne fuffent maintenus Sc fixés dans une pofition invariable» Cette flexibilité néceflàire Sc cette jufte folidité femblent fe réunir dans les Pins Sc les Sapins, La légéreté propre à ces bois, & la hauteur à la* quelle ils s’élèvent, contribuent à les faire adopter préférablement à tout autre bois , pour former les mâts des vaiffeaux.
- On trouve en plufîeurs lieux & fous différents climats des arbres de cette elpece qui font aflez élevés pour la mâture ; mais des qualités diftinétives ne les rendent pas tous également convenables. Cet arbre fe trouve dans le Nord de la France , dans l’Acadie, au Canada, à la Louiflane, fur les Py~ rénées, dans la Savoie, l’Auvergne & la Catalogne ; mais les bois du Nord ont fur ceux des autres régions une fupériorité qui les rend préférables. Ils ont le cœur menu , le grain fin , les fibres en font flexibles, Sc le bois eft pénétré d’une gomme ou d’une réfine abondante qui le nourrit Sc l’entretient long-temps après qu’il a été abattu.
- Les bois des Pyrénées ne font pas de même elpece que ceux du Nord. Ceux-ci font des Pins, les autres des Sapins ; ainfi leurs qualités font différentes. Ils ne fe reflemblent ni par la couleur, ni par le grain , ni par la compofition des fibres. Cependant les Sapins de fraîche coupe Sc d’un grain ferré font d’un très-bon ufage, L’élafticité néceffaire aux mâts eft une des qualités qui diftingue les Sapins des Pyrénées : ils fe font aufli remarquer par un defféchement plus prompt que dans les bois du Nord. Ceux-ci font fournis d’une réfine plus épaifle Sc qui ne s’évapore qu’après un long temps Sc un long ufàge. Le feul moyen employé pour prévenir cette trop prompte diffipation de fubftance dans les mâts dfes Pyrénées * eft de les immerger dans l’eau.
- Les bois de 'Savoie, d’Auvergne Sc de Catalogne , ont le cœur très-po~ reux : le grain en eft gros , le bois eft fec & peu nourri , ce qui fait qu’ils fe defféchent facilement, & fe rompent enfuite fous de foîbles efforts.
- Lès Sapins du Canada, de l’Acadie & de la Louifiane tiennent beaucoup x des bois du Nord : le cœur en eft aflez petit, le grain fin, Sc les pores font
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- remplis de réiine. Ces qualités font qu ils fuppléent avec fuccès au défaut des bois du Nord.
- Si entre ces différents bois on -choiCc préférablement ceux du Nord, c’eft qu’on a remarqué que les bois qui réuniffent la force néceffaire à la flexibilité convenable , doivent avoir des pores ferrés & remplis d’une réline qui fe diftingue par l’odeur agréable qu’elle répand. Le grain ferré d’un arbre annonce la multiplicité de fes fibres, & la préfence d’une gomme abondante fomble garantir 8c la fouplelîe & la durée de là force. Les terres humides & marécageufes ne produifont que des bois focs & de mauvaife qualité. Au contraire , les arbres produits par des terres noires , mêlées de pierres & de graviers, font bien nourris fins être affoiblis par une fijperfluité de branches.
- Ces attentions n’échappent pas aux perfonnes qui font chargées de choilir dans les forêts les bois propres à la mâture des vaiffeaux du Roi. Elles obier vent auffi de faire faire les coupes dans les fiifons convenables ; c’eft-à-dîre, pour les bois du Nord, à la fin du mois de Mai, temps où la fève ne monte pas encore. Si on négligeoit de prendre une précaution auffi effen-tielle, on verrait bientôt dépérir les bois coupés au temps de la fève ; car alors les pores des arbres font ouverts, le cœur en eft tendre, & la gomme eft répandue irrégulièrement autour des fibres. Après ce temps de la fève, les fibres fe rapprochent, les pores fe refferrent, & la réfine n’eft plus flottante , mais elle remplit tous les vuides d’une fobftance qui nourrit l’arbre 8c lui allure une longue durée.
- Lorfque les Fourniffours du Roi envoyent dans fes Ports les bois qu’ils Jugent propres au fervice des vaiiïeaux, ils y font vifités , & on n’accepte que ceux dont l’apparence garantit les qualités. Lorfque le cœur de ces bois eft coloré d’un rouge pâle , lorfque les cercles concentriques font féparés , lorfque les pores font ouverts , ces apparences annoncent une coupe faite hors de faifon 5 & fi le pied d’un arbre ne préfente pas une réfine abondante, c eft un nouveau ligne de profcription. Les Maîtres Mâteurs entretenus dans les Ports de Sa Majefté , ont toutes les lumières néceflàires pour faire ces difi rinétions utiles. Ils ont parcouru les forêts , & ils ont fait un fréquent emploi d’arbres de toutes efpeces pour former des mâts. Ainfi , on voit qu’ils peuvent veiller avec fuccès à ce qu’il n’entre dans les magafins du Roi que des bois de bonne qualité.
- Les arbres reçus ainfi dans les Arfenaux, ne font pas employés au même moment, maïs ils font conforvés dans des folles faites exprès, dans lelquel-les ils font recouverts d’eau de mer. Les bois du Nord fubmergés fe confer-vent parfaitement. L’eau de mer ne les pénétre pas beaucoup, mais elle les entretient frais, elle empêche l’évaporation de la réfine , 8c leur çonferve ainfi une nourriture néceffaire.
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- DE L'ART DE LA MATURE. Chap. IL 33 Les bois moins réfineux , tels que ceux des Pyrénées, de Savoie Sc d’Auvergne , dès qu’ils font immergés , reçoivent beaucoup d’eau, & enfuite, lorfqu’ils font expofés au grand air, xette eau s’évapore très-promptement , ainfi que la réfine qu’ils contiennent ; c’eft pourquoi ces bois deviennent Sc frêles & foibles. Les durées de ces mâts ont été obforvées : un mât des Pyrénées fait un fervice de deux ans Sc demi à peu-près 5 en comptant du moment où il eft tiré des fofles pour être employé, tandis qu’un mât du Nord fait un fervice de quinze années confécutives.
- Il ne fufEt cependant pas, pour qu’un arbre foit propre à la mâture, qu’il • ait la «force & la flexibilité néceflâires ; il faut encore que les dimenfions foient convenables. Nous avons vu dans le Tarif général de la mâture , que le petit diamètre d’un mât, tel que celui de mifàine , ou un grand mât étoit les t du grand diamètre ; que ce grand diamètre étoit placé au i de la longueur totale de ce mât, en comptant du gros bout, & que la longueur même de ce mât étoit trente-fix fois plus grande que le diamètre de ce mât. Ces conditions néceflâires à la mâture , font obfervées dans le choix des mâts Sc dans l’acceptation des arbres qui font envoyés dans les Ports par les Fournifo fours du Roi. On exige donc , i°. que des arbres étant préfentés pour le for-vice des vaiffeaux, leur grand diamètre foit mefuré au I de leur longueur ; 20. que leur petit diamètre foit les f du grand, Sc que le petit diamètre foie placé à une diftance du gros bout égale à trois fois autant de pieds qu’il y, a de palmes dans le grand diamètre. Cette palme dont nous parlons eft la mefore commune des diamètres des mâts : une palme vaut treize lignes. Ainfi on voit que puifque le grand diamètre d’un mât efl:, par le Tarif, un trente-fixieme de la longueur totale du mât, il faut aufll réciproquement que cette longueur foit égale à trois fois autant de pieds qu’il y a de palmes dans le grand diamètre de ce mât.
- Ce n’eft pas que tous les mâts préfentés à l’acceptation par les Fournit fours, ayent toujours les proportions défignées précédemment. La longueur d’un arbre n’eft pas toujours dans le rapport exigé avec le diamètre; mais ces mâts ne font pas moins fournis au Roi, en les confidérant comme ayant ou tels diamètres aflortis à leur longueur , ou telle longueur aiïortie à leur diamètre. Le détail des conditions du marché fait entre le Roi Sc les Four-nifleurs ne feroit ici d’aucune utilité, ainfi je me difpenforai d’en parler* Mais il étoit à propos d’indiquer de quelles dimenfions font les bois bruts & fans écorce, tels qu’ils font reçus dans les Ports, afin qu’on pût voir facilement , & pourquoi on eft obligé de compofer certains mâts avec plufieurs arbres, & comment on réglé le choix de ces pièces compofàntes.
- Les plus gros mâts fournis au Roi dans les Arfenaux, ont à peu-près ving-neuf palmes de diamètre : il y en a peu de cette force, Sc il eft très-rare Mature. I
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- qu’on en préfente d’une groffeur fopérieure. Les plus petits mâts ont douze palmes de diamètre. Les arbres qui ont cinq à fix palmes de diamètre font nommés -efparts doubles , Sc ceux de quatre & trois palmes font des efparts {impies, On verra dans la formation des mâts de toute efpece de bâtiments, i’ufage des petits mâts nommés matereaux, & des efparts de deux efpeces. SI maintenant on parcourt le Tableau des mâts réels de divers bâtiments , Tableau placé à la fin du premier Chapitre , & fi on compare les diamètres des bas-mâts, foit du grand mât , {bit de celui de mifàine, foit du mât de beaupré d’un gros vaiffeau, avec les diamètres des plus gros arbres fournis dans les Ports, on verra que les premiers font bien fupérieurs aux derniers. Si , d’ailleurs, on remarque , comme déjà nous l’avons dit, que les arbres de vingt-neuf palmes font très-rares , Sc que les arbres les plus nombreux dans les Arfenaux font ceux qui ont des diamètres de quinze ou vingt palmes, on conclura de toutes ces confidérations que le bas-mât d’un vaiffeau de foi-xante-quatre canons 9 ne peut être formé que de plufieurs arbres réunis : on verra suffi que les mâts de hune, & à plus forte raifon ceux de perroquet, ne peuvent être faits que d’un feul arbre.
- C’efl: cette compofition de mâts formés de plufieurs pièces , qui a exercé fadrefle des Mâteurs ; il falioit imaginer les moyens de rendre un tel affem-blage suffi folide & auffi durable que la qualité particulière des pièces com-polàntes pouvoit le permettre. Il falioit qu’un mât 9 aînfi formé, conforvât toujours & la force & la flexibilité & la légéreté même qu’on trouve réunies dans un mât d’un feul arbre bien nourri, Sc dont les fibres font nombreufes & ferrées. Les Mâteurs ont réuffi à remplir toutes ces conditions néceffaires. Les procédés qu’ils foi vent feront bientôt expofés avec tout le détail convenable. Il eft à propos de faire connoître auparavant la forme qu’on donne aux mâts, Sc les réglés qu’on foit pour leur donner une courbure déterminée.
- Nous avons vu dans le Tarif général quels doivent être & le plus grand & le plus petit diamètre que les Marins affignent à tel mât d’un vaiffeau de telle lar geur. Il ne nous refte donc qu’à faire connoître les diamètres intermédiaires cor-refpondants aux différents points de la longueur d’un tel mât, Sc alors fa forme fera auffi bien défignée qu’elle peut l’être. Voici la méthode employée par les Mâteurs pour déterminer ces diamètres intermédiaires. Soie ah le grand diamètre d’un mât ; enfoite des points a Sc h regardés focceffivement comme centres, foient décrits les arcs h a Sc b o avec le même rayon a h ; foit enfin porté le petit diamètre du mât parallèlement à a b, de façon que fes extrémités touchent aux deux arcs a o Sc b o ; Sc foit ce, ce petit diamètre : les arcs be Sc a c font par conféquent égaux. Si maintenant on divife l’arc b e Sc l’arcac en un certain nombre départies égales, tels que bq9 qs9 Sec. a > &c. Sc û on joint les points de diyifion correfpondants de ces deux
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- DE U ART DE LA MATURE. Chap. IL arcs par des lignes droites , ces lignes ^q, xs, &c. feront les diamètres intermédiaires du mât dont AB eft le grand diamètre ; c’eft-à-dire, que fi Z S fig* *9 > eft la longueur totale du mât, Scû P S efi: le i de cette longueur, on placera le grand diamètre en P. La diftance de P à Z ou la ligne P Z étant enfuite divifée en autant de parties égales qu’il y en a dans chaque arc be ou ac y les points de divifions X,/, D , Sec. feront ceux où l’on portera ces diamètres intermédiaires précédemment déterminés, & ils y feront placés dans le même ordre qu’ils confervent fur la Figure 18. Les Mâteurs dî-vifent ordinairement cette longueur P Z en quatre parties égales. Le grand diamètre étant placé en P, le premier diamètre intermédiaire, tel que %q*9 répond au point D, Sc ce même diamètre eft auffi défigné pour être celui du bout inférieur S de ce mât. Les autres diamètres intermédiaires doivent répondre, comme nous l’avons dit, aux autres points de divifion /, L Sc Z.
- Tous les diamètres d’un même mât étant ainfi déterminés ; fi ce mât eft d’une grofleur qui permette de le faire d’une feule piece ; alors on confidere fi l’arbre qui doit le former a dans les divers points de fà longueur Sc la rondeur & la grofleur convenables : enfuite on le conforme de façon que, régulier dans les contours, il ait à chaque point de fà longueur % les diamètres défignés par la Figure précédente.
- S’il n’eft aucun arbre qui feul puifle former un mât déterminé, alors on le compofe de plufieurs pièces ou de plufieurs arbres. Le nombrë de ces pièces eft ou trois, ou quatre, ou cinq , ou fept , ou neuf. Les aflemblages de cinq ou de fept pièces font eftimés les plus folides. La grofleur d’un mât & l’échantillon des pièces de mâture dont un Port eft pourvu, décident du nombre des pièces qui entrent dans la compofition d’un mât. Nous ne parlons encore que de ce nombre de pièces néceflâires pour former par leur grofleur réunies, la grofleur totale du mât quelles compofent ; car ces mêmes pièces prifes feparément font fouvent elles-mêmes aflemblées avec de nouvelles pièces qui fùppléent à la longueur qui leur manque pour égaler la longueur totale aflïgnée au mât.
- Les pièces préparées pour être réunies 3c aflemblées 11e font pas rondes ; les arbres d’où elles font tirées ont d’abord été équarris ; & lorfqu’elles ont été travaillées, lorfqu’enfin elles ont été réunies, le mât qu’elles compofent n’eft pas encore rond. Les coupes tranfverfales de ce mât & perpendiculaires à fa longueur, ne font encore que des quarrés dont le côté eft égal au diamètre que doit avoir le mât fini. Ce mât quadrangulaire eft enfuite arrondi fuivant des procédés qui feront décrits, iorfque l’ordre des chofes l’exigera.
- Les pièces qui compofent un mât ne font multipliées que pour forme)£« par leur grofleur particulière, la grofleur totale de ce mât : ainfi on doit préfumer qu’il eft un arrangement de pièces qui eft le plus propre à donner à leur
- Fig. i(?.
- Fjg. 18.
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- iiaifon toute la lolidité néceifaire. On ne peut prendre une idée plus jufte & fpius précifè de ce genre d’arrangement que par l’infpeélion des coupes tranf* verlales de -différents mâts compofés d’un nombre différent de pièces. Nous ne préfenterons pas ici la forme des coupes d’un mât achevé, mais d’un mât encore quadrangulaire. Ce n’eft pas qu’en confidérant la tranche circulaire d’un mât fini-, on n’apperçoive parfaitement Tordre des pièces compofàntes, mais *ces mêmes pièces y font mutilées ; les pièces collatérales y paroiffènt tail-4ées plus ou moins, fui vaut ce qu’exige la rondeur du mât. Dans la coupe quarrée les pièces compofàntes paroiffent dans tout leur entier , Sc alors on peut remarquer comment chacune à du être travaillée féparément pour concourir à former avec les autres compofàntes, un mât d’une groffeur déterminée.
- ïtG.20. La Figure 20 préfente la combination de trois pièces aflemblées pour former une feul mât. La ligne circulaire ponétuée annonce & le contour du mât tel qu’il doit être lorfqu’il fera achevé, Sc ce qui refte de chacune de ces pièces dans le mât arrondi.
- Fig.2ï. Dans la Figure 21 on voit Taffemblage de quatre pièces inégales ; & c’ell làns doute Ici que je dois faire remarquer la compofition invariable ou con£ tante de tout mât de beaupré : un ,tel mât eft toujours formé de quatre pièces égales. Avant d’être affemblées 9 elles font équarries, & leurs quatre faces perpendiculaires l’une à l’autre, font égales entr’elles : il n’en eft pas de même dans la formation du mât de mifaine ou du grand mât. Leur a£ femblage n’eft pas fait de quatre pièces égales ; des pièces inégales fe fup-pléent mutuellement pour former f épailfeur totale de ces différents mâts : ainfi les coupes tranfverfales faites en différents points de leur longueur, ne font pas également divifées par la diftribution des pièces compofàntes, comme on peut le voir à la Figure 21 , qui préfente une fuite de tranches d’un même ' mât, correfpondantes à ces différents diamètres. Les mâts de beaupré , au contraire, font tels que quelque part qü’on y confidere une coupe tranfver-fale, elle paroît divifée en quatre efpaces égaux qui répondent aux quatre pièces compofàntes de ces mâts, fig.
- Fig. 22. La Figure 22 repréfente la compofition d’un mât de cinq pièces. Afin déformais de faire diftinguer toutes les pièces compofàntes d’un même mât , nous leur donnerons les noms que les Mâteurs leur afîignent. La piece a eft la mèche, h eft la piece de l’avant du mât ; c eft celle de Tarriere ; d eft celle de bas-bord , & £ celle de ftribord. La diftinéiion de la mèche & des autres pièces, confifte en ce que la mèche régné depuis le bout du ton ju£ qu’au pied du mât ; tandis que les autres pièces ne s’étendent que depuis le pied jufqu’à la naiffance du ton.
- L Si un mât eft compofé de fept pièces fà coupe tranfyerfàle a la forme
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- & les divifions de la Figure 23. La mèche a efl au milieu ; une piece forme Fig. Lavant, une autre l’arriéré : deux pièces aflemblées forment la face flribord,
- 8c deux idem font placées à bas-bord.
- La tranche du mât de neuf pouces a la forme de la figure 24 , une piece au milieu , une piece à l’avant, l’une à l’arriéré , trois fur la face flribord , 8c trois aflemblées fur la face bas-bord.
- Tous ces détails préliminaires font ainfi connoître quel eft l’ordre qu’on fait régner entre les pièces d’aflembiage d’un même mât. Il feroit inutile de donner plus d’extenfion à ces objets : il ne nous relie qu’à faire voir comment ces pièces compolantes font liées entr’elles, pour ne faire qu’un même tout, flexible , léger 8c fufceptible d’une très-grande réfîftance.
- Les arbres qui font deftinés à la compagnon d’un mât font premièrement équarrise Comme on fait d’avance les diamètres qu’un mât doit avoir dans les divers points de fa longueur, la prévoyance des Mâteurs confille donc à ne faire équarrir que des arbres qui réunis puiffent former la grolfeur totale du mât dans chaque point de la longueur. Les pièces compofàntes, avant d’être travaillées les unes pour les autres, ont donc des dimenfions plus fortes de quelques pouces, que lorfqu’eiies font aflemblées ; ces pièces travaillées ne le réunifient pas en s’appliquant Amplement l’une fur l’autre , 8c en fe touchant mutuellement par leurs faces planes ; la foiidité de leur liaifon exige plus de précautions. On pratique , à cet effet, dans Lépaifleur de chaque piece équarrie des adents, faillans dans les unes 8c rentrans dans les au* très. Par un tel arrangement les fùrfaces -des pièces s’engrenent de façon qu’elles ne peuvent jamais giifler l’une fur l’autre , foit dans le fens de la longueur, foit dans celui de la largeur. Elles peuvenr feulement être féparées par des efforts qui tendroient à les éloigner direélement l’une de l’autre dans un fens perpendiculaire aux faces par lefquelles elles fe touchent. Mais des cercles de fer qui les embraflent 8c les rapprochent étroitement, garantiffent parfaitement la foiidité de leur réunion,
- Nous ne pouvons donner une idée plus claire de la forme des pièces com-pofantes d’un même mât, de leur aflemblage & de leurs adents , qu’en décrivant particulièrement & avec le plus grand détail, la formation d’un mât déterminé , tel que le bas-mât d’un vaifleau de foixante-quatorze canons. En fuivant une telle méthode, nous expoferons la compofition d’un tel mât avec toute l’étendue convenable ; nous ferons connoître le nombre des pièces com-pofatites ; nous ferons remarquer 8c la forme & les entailles qui leur font afli-gnées par Lufage & dans une telle defcription le mât paroîtra fe former com-plettement fous les yeux du Leéteur.
- Suppofons, en fuivant le Tarif général, que le bas-mât du grand mât d’un vaifleau de foixante-quatorze canons, doive avoir cent huit pieds de longueur Mature, . ' K
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- 3§ DESCRIPTION
- Sc trois pieds de diamètre, Suppofons auffi qu'une telle grofleur , & refpece Je bois dont un Port eft approvifionné, exigent qu’un tel mât {oit compofé 4e ïept pièces : cette combinaifon eft d’ailleurs la meilleure & la plus {blide. -La longueur cent huit pieds étant très-confidérable 9 il y a peu d’arbres qui feuls puiflent avoir une pareille longueur : ainli chacune des pièces composantes aura befoin d’une nouvelle piece qui lui ferve d’allonge, St fupplée au défaut de fa longueur : il faut donc quatorze pièces de mâture pour conftruire te mât défigné,
- Un Mâteuf expérimenté, d’après les dîmenfions données d’un mât, décide bientôt & de la force St du nombre des mâts néceflàires pour fournir quatorze pièces convenables. Dans la circonftance préfente, voici l’énumération des arbres qui feroient choifis & employés dans la conftruétion du bas-mât propofé. Un arbre de vingt-fèpt palmes de diamètre ; deux arbres de vingt-trois palmes, quatre de vingt-deux palmes, & trois de vingt-une palmes ; nous ne nommons ici que les grands diamètres de ces arbres, St ce détail eft fuffi-‘lànt , parce que, St les petits diamètres St les longueurs doivent être proportionnés aux grands diamètres : ces dix arbres fuffilent pour former le mât demandé. Le plus gros eft deftiné à fervir de mèche , & les autres à former , foie les pièces collatérales, foit celles qui doivent fuppléer à leur longueur*
- De ces dix arbres on fait donc quatorze pièces : la divifîon de ces arbres étant
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- faite convenablement , alors ont les travaille féparément ; on les équarrit, comme nous l’avons dit, & on commence par l’arbre qui doit former, la mèche : on le met fur quatre faces perpendiculaires, à commencer depuis le petit bout jufqu’à douze ou treize pieds de fà bafe, Cette partie extrême de l’arbre refte ronde ou cylindrique, & on la deftine à former le ton du mât, qui, dans cet exemple , a douze pieds de longueur: fi cette mèche n’a pas la longueur néceflàire de cent huit pieds, on lui ajoute une nouvelle piece au petit bout : cette piece fupplémentaire eft aiïemblée folidement avec la mèche ; St voici la méthode qui eft fui vie pour faire cet aflèmblage.
- Soit, b efdc a, l’extrémité de la mèche trop courte, St foit kl h g n m9 Fia. 26. la piece deftinée à l’allonger convenablement. On voit dans cette Figure 26, que les deux pièces font entaillées l’une & l’autre dans le fens de leur épailfeur. d c qui eft égale à ef9 eft le tiers de l’épailTeur totale de la piece ; & la longueur de l’écart qui eft o e, égale la longueur gny dont la mèche eft allongée ; c’eft-à-dire , que l’écart eft toujours la moitié de la longueur de l’allonge*
- Si maintenant on imagine ces deux pièces, la mèche St fon allonge, retournées St vues fur une autre face, on diftinguera la forme de leur aflem-blage : on remarquera que l’extrémité de chaque piece eft terminée par un Fîg,27. contour de b a9 de trois côtés (fig. 27. ) Comme ces pièces doivent être réunies enfemble , l’une eft deftinée à recevoir l’autre ; ainfi l’extrémité de rallonge eft reçue dans l’épaifleur de la mèche où l’on pratique une excava-
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- tion convenable ; l'extrémité de la mèche réciproquement eft reçue dans l'é-pailleur de rallonge. Cette forme donnée aux extrémités de ces pièces fe nomme paume ( en terme de Marine): elle eft imaginée pour empêcher que ces pièces unies lune à l'autre, ne puiflent gli(Ter latéralement.
- Afin d'ajouter à ces premiers moyens de liaifon, on a imaginé de prati-quer auffi fur les faces par lefquelles ces pièces doivent fe joindre, des adents qui forment une efpece d'engrenage : la Figure 27 exprime bien la forme Fig. 27. de ces adents. Sur la mèche ou plutôt fur l'une de ces faces, les adents font faiilants , & ils font rentrants fur l'allonge par le moyen d'une excavation faite dans cette allonge aux dépens de fon épaifleur. Si on veut concevoir parfaitement la forme de ces adents, qu'on s'imagine une fuite de parallélogrammes reéfangles tels que a b cd,fe hgy &c. qui foient joints fucceffivement par une partie de leur bafe , telle que fd>g k M &c. 6c qui foient placés dans le même ordre repréfenté dans la Figure 28 ; fi on imagine enfuite que Fig. 28. ces parallélogrammes, ( en nombre arbitraire) foient les bafes, d'autant de petits prifmes reétangles , d'une hauteur peu confidérable ; on reconnoîtra la figure particulière de ces adents, fur lefquels eft fondée principalement & la liaifon des pièces avec leurs allonges , & l'union des pièces compofantes d'un même mât. #
- La longueur ac des bafes de ces prifmes ou de ces adents eft de cinq pieds ; leur largeur cd9 varie depuis trois pouces jufqu'à fix, parce qu'on la proportionne à la largeur totale de la piece qui porte ces adents. Leur profondeur ou leur faillie ou la hauteur de ces petits prifmes eft d'un pouce un quart.
- Ces adents font rangés, l’un à la fuite de l’autre: ils font liés enfemble par les fibres du bois qui dans les efpaces fd, g ky &c. ne font jamais coupés dans les adents faiilants. Le premier adent dépafle celui qui le fuit immédiatement d’une quantité ef qui ordinairement eft d’un pouce & demi : le troî-fieme dépafle le fécond autant que celui-ci eft dépafle par le premier & du même côté. Cette chaîne d’adents pratiqués dans une piece d’allonge corre£ pond à une pareille fuite d'adents pratiqués dans la piece qu'elle doit allonger. La différence du travail de ces deux pièces confifte en ce que ces adents font faiilants fur la mèche, & qu'ils font excavés ou rentrans dans l'épaif-feur de la piece d'allonge. Ces deux fuites d’adents font donc ainfi travaillées l'une pour l'autre , & on voit que des pièces préparées de cette maniéré , lorfi» ~ qu’elles font réunies , doivent, pour ainfi dire , fe pénétrer mutuellement Sc former un tout fi bien lié , que l'une des pièces ne puifle glifler fur l'autre , dans quelque fens quelle y foit follicitée. D'ailleurs , comme on l'a déjà dit, les paumes ajoutent auffi à la folidité de cet affemblage : ainfi, l'allonge de la mèche fait avec cette mèche un tout auffi folide que fi la mèche totale n'é-toitque d’une feule piece. Il eft vrai que la piece d'allonge, follicitée dans
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- un fens-, pourroît être féparée de la mèche ; mais les pièces d’aiïemblage défi* chiées à être placées fur les faces de cette mèche, doivent enfuite recouvrir l'allonge 8c la mèche , & empêcher toute défunion.
- Si j’ai expofé avec tant de détail les préparations néceflaires à l’aflemblage dune Ample piece d’allonge avec la mèche, c’efl; que les autres aflemblages foit des autres allonges avec les pièces collatérales , foit de ces pièces collatérales avec la mèche , s’éxecutent fuivant les mêmes procédés.
- La mèche d’un mât étant autant allongée qu’elle doit l’être pour égaler f'âa, St?, cent huit pieds de longueur : alors 29 , on trace fur chacune de fes faces, une fuite d’adents qui régnent depuis le pied jufqu’à • la naiflanee du ton : on rend ces adents Taillants , en les exécutant ; & auprès du ton on pratique des paumes. Chacun de ces adents ou petits prifmes quadrangulaires ont les dimenlîons qui ont été indiquées précédemment à l'égard de l’allonge de la mèche. La largeur feule des adents varie fuivant la largeur des faces de la mèche. Les paumes excavées au haut de la mèche, & près du ton , font deftinées à recevoir les extrémités des pièces collatérales qui doivent être terminées par un contour convenable : la profondeur de ces paumes efl: d’un pouce un quart, égale par conféquent à la faillie,des adents.
- En examiflhnt la coupe tranfverfale d’un mât compofé de fept pièces ; on voit que les pièces d’aflemblage qui doivent, les premières, être unies à la mèche , font celles de l’arriere & de l’avant du mât. Ces pièces proviennent d’arbres qui ont été équarris ; mais, lorfqu’elles ont été travaillées, leur coupe tranfverfale particulière n’eft pas toujours un quarré , comme le font celles de la mèche. Elles font conformées de façon feulement que les épaifleurs de ces pièces jointes à celles de la mèche , faflent enfemble le diamètre total du mât dans chaque point de fa longueur. Si ces pièces premières n’étoient pas aflez longues pour couvrir la mèche depuis le ton jufqu’au pied du mât, alors il faudroit commencer par leur ajouter des allonges néceflaires , qui feroient aflemblées avec ces pièces , fuivant la méthode déjà expofée.
- Ces opérations préliminaires étant exécutées, 8c chaque piece ayant les dimenlîons relatives, alors on entaille une face de chacune de ces pièces de façon qu’elle puilîè recevoir le rang d’adents Taillants déjà formé fur une face correfpondante de la mèche : ainlî une face de chaque piece collatérale efl: donc excavée , & on y pratique des adents rentrants, parfaitement correspondants à ceux de la mèche ; on a foin d’ailleurs de terminer ces pièces par une paume. Ces pièces collatérales étant enfuite préfentées fur chaque face correfpondante de la mèche, les adents s’embralfent mutuellement, & s’unif-fent fi étroitement qu’elles ne peuvent plus glifler l’une fur l’autre.
- Pour achever le mât, il ne refie plus qu’à couvrir les deux autres faces de la mèche, ainfi que les épaifleurs des premières pièces par les pièces de ftribord
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- DE VA RT DE LA MATURE. Chap. H. 41
- & de bas-bord. La Figure 30 préfente l'aftemblage formé de la mèche & des deux pièces de l'avant & de l'arriere. Il eft vu par l'une de ces faces qui doi* vent être couvertes par les pièces ftribord & bas-bord ; de forte que Ton doit y remarquer Sc l'épaiffeur de chaque piece de l'avant ou de l'arriéré, Sc une face de la 'mèche qui porte un adent faillant. La longueur totale de ce côté de l'aflemblage, permet de joindre au rang d'adents faiüants de la mèche, deux nouvelles fuites d'adents. Aufll on pratique de chaque côté des adents de la mèche un rang d'adents qui ont avec ceux-là une dilpoix-tion relative qu’il faut faire connoître.
- La Figure 30 fait diftinguer comment on travaille cette face de l'aflenT-blage. Elle n'eft que le tableau de cette face préparée : on y remarque au milieu & fur la mèche un rang d'adents 0 m, qui avoit été fait précédemment après l’équarriffage de la mèche; Sc après l'aflemblage des deux nouvelles pièces de l'arriéré Sc de l’avant, on pratique fur les côtés, les rangs d'adents b c Sc a d qui régnent depuis le pied du mât jufqu'au ton exclufivement : ces adents font faillants. Les adents latéraux & correlpondants font oppofés l'un à l'autre , & le milieu de chacun des adents latéraux répond à l'extrémité de l'adent oppofé de la mèche. Ces adents alternatifs feront mieux dif-tingués dans la Figure 30 que dans une defcription plus détaillée : ainfi je renvoie à l'inlpeélion de cette Figure, ceux qui voudront connoître Sc l'ordre relatif de ces adents, Sc la variété de leurs combinaifons.
- En exécutant ces adents , on a égard à une certaine confidération qui réel-ment eft de quelque importance. Comme chaque piece , ainfi que la mèche g peut avoir une allonge , les adents doivent être tracés de façon que les extrémités de l'écart répondent toujours au milieu de la longueur d'un adent* s'il eft pofîible : l'aflemblage des pièces & de leurs allonges devient ainfi plus fblide.
- Les deux faces de ce mât ébauché, étant ainfi préparées avec trois rangs d'adents faillants, Sc par conféquent deux rangs d'adents rentrants ; alors or* travaille les pièces qui doivent recouvrir c es nouvelles faces. Comme ces faces font d'une largeur confidérable, les pièces de ftribord ou de bas-bord font formées chacune néceffàirement par l'aflemblage de deux pieces-particu-lieres qui, équarries Sc portant des adents correlpondants, font réunies par leur épaifleur. Les deux pièces deftinées à compofer ainfi par leur aflem-blage une feule piece de ftribord pour le mât, n'ayant pas chacune une épaif* feur qui permette d’y pratiquer un rang d'adents qui régné du haut au bas: alors, potfr contribuer par d'autres moyens à leur liaifon la plus fblide, on partage l'efpace ghab (fig. 31) ; en plufieurs parties telles que abdc * c d ef, qu’on nomme de^ , & dont les unes font faillantes, & les autres ren^ trantes alternativement.
- Mature.
- Fl (3%
- Fig, 31.
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- Ces adents cTun nouveau genre ont la même longueur & la même faillie que les adents dont nous avons parlé précédemment. Ils font faits aux dépens de i’épaifleur de chaque piece, & leur largeur eft égale à celle de la pièce.
- Deux pièces étant ainfi travaillées Tune pour l’autre, font enfùite aflem-blées, pour former enfemble une feule piece de ftribord ou de bas-bord. Cet affemblage efl: de nouveau préparé pour être uni au mât ébauché. Sur une de fes faces, on pratique des adents rentrants correfpondants aux adents fail-lants du mât, Sc réciproquement les extrémités font aufli terminées en paumes pour qu’elles foient reçues aux excavations déjà faites dans l’épaiffeur du mât ébauché. Les pièces de ftribord & de bas-bord affemblées avec le mât, complettent enfin la formation totale du mât, & c’eft ainfi que fept pièces réunies ne forment alors qu’un feul & même tout ; mais ce tout efl encore informe , il n’a pas la figure qui lui convient : il reflemble dans cet état à une pyramide quadrangulaire tronquée dont toutes les tranches parallèles à la bafe font autant de quarrés, fur-tout fi on ne confidere le mât que depuis fon ton exclufivement. Il refte donc maintenant à donner à ces tranches une forme circulaire, & nous allons détailler les procédés qui font en ufàge pour remplir ce nouvel objet.
- Ce problème confifte à faire un folide de révolution , d’un fblide dont toutes les coupes perpendiculaires à là longueur font des quarrés. Nous ne parlerons pas ici du ton du mât, parce que les tranches font reliées circulaires : il n’eft ici queftion que de cette étendue du mât qui régné depuis le pied jufqu’à la naiflànce du ton.
- Déjà les coupes quarrées du mât ont des côtés égaux aux diamètres réels que le niât doit avoir lorfqu’il fera arrondi ; il s’agit donc de connoître les moyens pratiqués propres à faire difparoître 9 dans l’efpace de chaque tranche quarrée abdc , (fig. 32), les petits efpaces n bon, oàmoy &c. afin qu’il ne refte, après cette fouftraélion, que l’elpace circulaire nqmo.
- Les Mâteurs ont imaginé le procédé fuivant. Ils fuppofent avec railon que la tranche circulaire foit inlcrite à la tranche quarrée abdc; mais ils imaginent aufli qu’à ce même cercle nqmo y loient circonfcrits des polygones réguliers, l’un de huit côtés, le fécond de feize ; le troifieme de trente-deux, le quatrième de foixante-quatre , &c. enfin jufqu’au polygone dont les côtés fe confondent ou approchent beaucoup de fe confondre avec la circonférence nqmo; ce nombre de polygones , dans la pratique , eft reftraint à quatre. Si maintenant on imagine anéanties luccelîivement les différences qui régnent entre les efpaces renfermés par ces polygones, on parviendra enfin à réduire le quatre à un polygone de foixante-quatre côtés , qui différé peu lenfible-ment du contour du cercle nmoq. Les Mâteurs font une telle opération dans
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- DE VART DE LA MATURE. Chap. II. 43 toute fon étendue ; les tranches quarrées du mât font d’abord réduites à des tranches de huit côtés qui font circonforites comme les premières au même cercle nqmo. Pour y parvenir , les Mâteurs divifent (fg. 33), a b en cinq Fig.33 parties égales. Ils portent enfuite de part Sc d'autre du milieu de chaque côté une des parties , telles que o i ; alors fur chaque côté de la tranche on a deux points marqués, tels que n Sc i fur a b, &c. i’elpace ni devient alors le côté du nouveau * polygone de huit côtés. Ces points i m indiquent donc les elpaces tels que ibfi , gdmg 9 Scc. qu'il faut retrancher du quarré pour obtenir une tranche oélogonale. Les Mâteurs répètent cette opération à chaque tranche du mât correfpondante aux points de divifion déjà tracés fur la longueur de ce mât pour marquer le lieu des diamètres intermédiaires. Le bois compris dans les elpaces b if b, gdmg, Sc c. étant coupé fur toute la longueur du mât, ce mât, par cette opération, devient un folide à huit faces.
- Quoique les Mâteurs foient affez dociles à liiivre cette méthode qui a pour but de déterminer le côté de l’oétogone , cependant ils reconnoiflênt qu'elle eft inexaéle. En effet, le calcul fait voir d'ailleurs que le diamètre ou le côté de la tranche ne devroit pas être partagé en cinq parties ; mais que de part Sc d’autre du milieu de chaque côté , tel que le point 0, on détermineroit les points i Sc n, en faifant i0 , ou on égales au r+ du côté a b. Les erreurs que les Mâteurs ont reconnu dans cette première méthode leur en a fait adopter une féconde que le calcul démontre être lufülànte.
- On vient d’annoncer qu’il étoit démontré que la valeur de on eft les rr du rayon du mât. Les Mâteurs divifent donc o a en trois parties égales au>
- > (fig- 34) & prenant le milieu r Se au 9 ils divifent r o en deux par- Fig.34 ties égales au point n, & le point n fe trouve ainfi déterminé ; car n 0 9 dans cette conftruétion eft réellement égale aux tt du rayon.
- Le mât réduit à un folide régulier de huit faces , eft enliiite réduit de nouveau à un folide de feize faces. Le problème confifte donc à anéantir dans la tranche (fig* 35 ) > nifgml hkn9 tout l’efpace dont elle différé du po- Fig.33 lygone de feize côtés circonfcrit au même cercle : c’eft à cet effet , qu'on divife chaque côté de Foétogone en quatre parties égales. Les deux parties qo Sc os du côté Ni doivent former le côté du nouveau polygone. Si maintenant on imagine des lignes menées de la première divifion de chaque côté à la première divifion du côté fuivant ; fi dans tout le contour du polygone on mène des lignes placées comme les lignes q r Sc s t; Sc fi enfin , on retranche les efpaces tels que sits Sc qrnq9 Scc. on formera le nouveau polygone de feize côtés. Cette méthode employée pour déterminer la longueur q s du côté de ce nouveau polygone, eft affez exaéle ; car le calcul démontré que ce côté doit être les fâ du côté de l’oélogone : une telle opé-
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- 44 DESCRIPTION
- ration étant répétée fur les contours de chaque tranche oélogonale du mât, & le bois Convenable étant fouftrait, alors le mât devient un folide régulier de feize faces ; c’eft par la même méthode qu’il devient un folide de trente-deux faces & même de foixante-quatre : les Mâteurs s’arrêtent ordinairement à cette derniere fubdivifion, & ils fe contentent d’abattre les arêtes du mât avec un couteau à deux manches pour l’arrondir parfaitement.
- C’eft ainfi qu’un mât d’aflemblage fe compofe, fe forme & s’acheve. Les précautions qu’on prend pour lier enfemble les pièces d’aflemblage, garantirent affez la folidité de ce tout fait de plusieurs morceaux ; cependant on a dû remarquer, dans le cours de cette defcription , que fi ces pièces compo-fantes ne peuvent glifler l’une fur l’autre dans aucun fens, rien ne s’oppofo à ce quelles foient féparées par des efforts qui tendroient à les éloigner l’une de l’autre dans un fens perpendiculaire aux forfaces par lefquelles elles fe réunifient. Le moyen que les Mâteurs employènt pour empêcher cette réparation dangereufe, confifte à ceindre le mât de cercles de fer qui l’em-braflent & le preffent en divers points de fa longueur : ces cercles épais font placés à une diftance réciproque de trois pieds en trois pieds & demi* L’épaiflèur de ces cercles eft vr du diamètre correfpondant du mât, & leur largeur en eft le foptieme* Ces cercles pour être mis en place font chafles avec force, & ils achèvent de donner à un mât d’aflemblage toute la folidité de liaifon qui lui eft néceflâire.
- La defcription que je viens de préfènter de la formation d’un mât compofe de fept pièces , doit fans doute faire aflez preflentir comment on doit compo-pofer un mât foit de trois pièces , foit de quatre, foit de cinq, foit de neuf* S’il y a de la différence dans le nombre des pièces compofàntes, les moyens de les lier entr’elles font conftamment les mêmes, & il fiiffit de confidérer de nouveau les coupes tranfverfales de ces différents mâts , pour imagine^ complètement & la pofition relative de ces pièces compofàntes, Sc l’ordre obfèrvé dans l’arrangement de leurs adents.
- C’eft ainfi que dans les Atteliers de Mâture , on voit former les bas-mât ou du grand mât, ou du mât de mifiune d’un gros vaifleau. Le mât de beaupré mérite quelques remarques particulières.
- Il n’y a aucune variété dans la façon de compofèr un beaupré quelcon-* que ; quatre arbres égaux fervent à former chaque mât de ce nom. Déjà nous avons fait connoître les coupes tranfverfales de ce mât ; il ne refte plus qu’à faire l’expofé des dimenfions des arbres employés pour former un beaupré dé* terminé, tel que celui d’un vaifleau de fbixante-quatorze canons. Suppofons que fà longueur foit de foixante-trois pieds & fon grand diamètre de trente-, quatre pouces fix lignes. Un Mâteur le compoferoit de quatre arbres qui au-roient chacun yingt-cinq palmes de diamètre : le travail de çes arbres, leur
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- DE U ART DE LA MATURE. Chap. L 4?
- préparation 8c leur réunion s'exécuteroient comme précédemment : les arbres feroient équarris , les faces par lefquelles ils doivent fe réunir porteroient des adents Taillants ou rentrants, tels que les circonftances l’exigeroient. Ces pièces travaillées ainfi les unes pour les autres , feroient enfuite réunie's enfem-ble pour compofer d'abord un mât quadrangulaire. On fuivroit d'ailleurs les mêmes procédés foie pour calculer les diamètres intermédiaires d’un tel mât, foit pour l'arrondiflement de ce mât. Des cercles de fer termineroient & garantiroient enfin la liaifon de toutes les pièces compofàntes.
- Le bas-mât d’artimon eft rarement de plufieurs pièces -, cependant celui d'un yaiifeau de foixante-quatorze canons , peut être formé , ou d’un feul arbre de vingt-cinq palmes de diamètre , ou d'un arbre de vingt palmes 8c d’un fécond de dix-fept palmes. Dans les deux cas , on fuit les mêmes méthodes employées relativement à de plus grands mâts, foit pour déterminer les diamètres, foit pour aflembler les pièces compofàntes , foit enfin pour arrondir l'affem-blage 8c rendre à ces liaifons toute la folidité néceflaire.
- Les mâts de hune font faits d'une feule piece , leurs diamètres font calculés de la même façon que ceux des autres mâts ; mais ils ne font pas arrondis dans toute l'étendue de leur longueur. Le pied du mât de hune ou fà plus gro/Te extrémité , eft de forme quarrée. Ce pied quadrangulaire a de longueur tV de celle du mât. Sa grofleur égale celle du bas-mât, mefurée à la naiflànce du ton ; 8c cette grolfeur eft, comme on voit, trop confîdérable > pour qu'un même arbre puifle, fans une grande perte de bois, fournir , foit aux dimensions du pied , foie aux autres grofleurs intermédiaires du mât. Lorfque les Mâteurs font le choix d’un arbre propre à faire un mât de hune , ce n'eft pas au diamètre du pied de ce mât qu'ils ont égard : ils le choififlent tel qu'il puifle fuffire à la grofteur du refte de ce mât, ainfi ils ne fe règlent que fur le grand diamètre qui lui eft afligné par le tarif général. On ajoute enfuite au pied de ce mât un fupplément de bois néceflaire pour lui donner la grofteur qu’il doit avoir. C’eft à cet effet qu'on place fur le contour du pied du mât , en avant & fur les faces latérales ftribord & bas-bord, des planches d'une épaifteur convenable. Le pied acquiert ainfi la forme quarrée demandée. Les chofes étant arrangées, la face arriéré de l'arbre qui forme le mât n'éprouva aucun changement ; les faces avant & latérales font feules recouvertes de planches. La Figure 36 repréfente un mât de hune. Son pied eft vu par une ^IG* de fes faces de ftribord ou de bas-bord. On doit y remarquer que la grofleur du pied de ce mât l'emporte beaucoup fur celle du refte du mât. Ce pied a deux ouvertures en a & en b, ainfi que deux rainures pratiquées dans l'é-paifleur du mât. Ces rainures font deftinées à recevoir des cordages qui viennent embrafîer deux rouets placés en a & en b, 8c dont le diamètre eft à peu-près celui du pied du mât; car ils font logés dans fon épaifteur. Ces Mature, M
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- rouets font employés pour élever le mât de hune, jufqu’à ce que fbn pied Toit m niveau du ton du bas-mât.
- Au-deffus de ces rouets eft un trou quarré, qui rraverfe le mât d’une face à la face oppofée, Ce trou eft deftiné à recevoir une cheville de fer , nommée Clef de Mât, dont la fonélion utile eft de foutenir tout le poids du mât de hune élevé & mis en place.
- Ce pied de mât, formé de pièces affemblées, eft ceint d’une bande de fer que la Figure donne affez à connoître ; & c’eft ainfi qu’on allure parfaitement la liaifon des pièces qui compolenc ce pied de mât , quoique d'ailleurs elles foient bien chevillées.
- La tête du mât de hune mérite auflî quelques détails. Près du ton de ce mât, il y a une partie de ce mât placée immédiatement au-deftous de la naifi-fance du ton , qui n’eft pas arrondie. Son contour eft à 8 faces , & dans la Fjg. 16. Figure 35 cette partie eft ogqf. Elle a de longueur deux fois & demi le diamètre du mât ; fa grofteur près du ton eft beaucoup plus confidérable que celle qui eft affignée à ce mât par le calcul des diamètres intermédiaires. Cet excès de grofteur , dans cette partie du mât, eft deftinée à former autour du mât, à la nai(Tance du ton , un rebord folide qui puiffe fervir d’appui au mâc de perroquet, dont tout le poids femble devoir repofer fur ce bois excédent. La faillie du bois dans le contour 0 f eft d’un pouce ou un pouce 7. Tous ces mâts de hune font conformés de la même façon. Les mâts de perroquet ont aufli la même forme. Ils font d’une feule piece , & leur pied eft de forme quarrée , dont la grofteur eft égale à celle du mât de hune mefurée près du ton. La feule différence qui régné entre la forme du pied d’un mât de hune Sc du pied d’un mât de perroquet , confifte en ce que celui ci porte à l’extrémité un crochet d’un pouce & demi de faillie, tel qu’on le voit dans la Figure FlG* 37* 37. Ce crochet fert à retenir ce mât , fi quelqu’effort tendoit à le faire fortir du lieu où il doit être maintenu. La tête du mât de perroquet eft faire comme celle des mâts de hune , excepté que les dimenfions font relatives à celles du mât de perroquet.
- Les Vergues d’un vaifleau font formées d’un feul arbre ou compofées de pièces d’affemblage. La grand’vergue <& celle de mifaine font feules formées de plufieurs arbres. Les autres vergues ont des dimenfions qui permettent de les faire d’un feul arbre. Si on confidere le Tarif général relatif aux vergues , on verra quelle eft la grandeur & la pofition, foie du grand diamètre , foie du petit diamètre, de telle vergue, de tel vaiffeau. Quand aux diamètres intermédiaires, ils fe calculent par la méthode employée pour déterminer ceux des mâts.
- Les vergues faites d’un feul arbre ne font pas travaillées comme celles d’affemblage. L’arbre n’eft pas équarri, parce que la perte de bois feroit trop con-
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- fidérable ; niais elles font travaillées de façon que dans chaque point de leur longueur elles aient le diamètre calculé. Les dimenfions de cet arbre étant réduites à ce qu’elles doivent être , alors la piece eft arrondie depuis le milieu jufqu’aux extrémités. Cependant il eft, au milieu de la vergue, un efpace qui, au lieu d’être cylindrique , eft a 8 faces. Cet efpace s'étend également de part & d’autre du milieu de la vergue, & là longueur eft égaie à cinq fois le diamètre de la vergue. Il eft même à remarquer que dans cette partie la vergue a des diamètres plus grands d’un pouce que le diamètre déligné par le tarif. C’eft cet excès de grolfeur qui a fait donner à cette partie de la vergue le nom de renfort ; & c’eft par ce moyen que la vergue eft fufceptible d’une plus grande réfiftance.
- Les extrémités d’une vergue font auffi garnies de taquets qui interrompent l’arrondilTement des bouts de la vergue. Déjà nous avons fait connoître ce qu’on entend par taquets de vergue. Nous avons dit que la longueur de la vergue forpafloit l’envergure de la voile qu’elle doit foutenir de toute la longueur des taquets. Cet excédent de longueur ne porte le nom de taquets, que parce que chaque extrémité de la vergue porte des taquets , dont l’ufàge eft nécelfaire pour la manœuvre des voiles & des vergues.
- On forme ces taquets en travaillant au contotir de la vergue , & en laiflànt au bois une épaifleur excédente & convenable dans les endroits où ces taquets doivent être placés, abc eft la figure ifolée d’un taquet (fig. 38.) Imaginons que le plan de la bafe A C foit appliqué fur le contour de la vergue, & que b c foit la hauteur du taquet au-defiùs du contour de la vergue ; tous les cordages qui s’appliquent contre la tête bc d’un tel taquet, feront retenus, & ne pourront glifler le long de la vergue. Tel eft le genre d’ufàge qu’on fait de ces taquets. Pour ajouter encore à la force des premiers taquets placés fur le côté fupérieur d’un bout de vergue, on en place auffi de correfpondants for le côté oppofé & inférieur, de façon que les cordages font retenus & au-deffus & au-deffous de l’extrémité de la vergue par la tête de chaque taquet correfpondant. Si le bois le permet, ces taquets font corps avec la vergue , autrement ils font faits féparément, & font unis à la vergue Çfig. 39.)
- Toutes les vergues n’ont pas un même nombre de taquets. La grand’vergue & celle de mifaine n’ont qu’un feul rang de taquets, c’eft-à-dire, un for la vergue , & un au-deflous qui lui eft correfpondant. Les vergues de Perroquet, de civadiere, de contre civadiere , & la vergue feche n’ont auffi qu’un feul rang de taquets. Il y en a deux rangs for la vergue de Perroquet de fougue, & trois fur les vergues de hune. Voyez Figures 40 & 41.
- Lorfqu’une vergue eft mife en place for un vaiffieau, les taquets correfpondants font placés les uns en avant de la vergue, & les autres à l’arriere. Sur les vergues où il y a plufieurs rangs de taquets à la fuite l’un de l’autre, on
- Fig.
- Fig. 39.
- Figure 40 & 4»
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- WlG. 42.
- "A
- Fig. 43.
- tg DESCRIPTION
- fait régner'entre ces rangs une diftance de douze ou quinze pouces. C’eft l’utilité de ces taquets & la variété de leurs ufages qui les ont fait plus ou moins multiplier fur différentes vergues.
- Si le diamètre d’une vergue doit être fi confidérable qu’elle ne puiffe être formée d’un feul arbre , alors elle eft compofée ou de deux, ou de trois, ou de quatre pièces. Suppofons, pour fixer les idées fur cet objet, qu’on fe pro-pofe de faire la grand’vergue d’un vaiffeau de 74 canons.
- Deux arbres de 27 palmes fuffifent pour fa conftruétion, parce que la longueur totale de cette vergue doit être de 9<5 pieds 8 pouces, 8c fon diamètre de 2 pieds. Les Mâteurs ont coutume d’affembler les deux arbres compofànts, de façon que l’un fafîe feul une moitié de la vergue ou un bout de la vergue , tandis que l’autre arbre fait l’autre bout de la vergue. Ces arbres font, par corn féquent, réunis par leur plus grolfe extrémité , & leur écart a une longueur égale à la moitié de la vergue. La Figure 42 ci-jointe repréfente ces deux pièces vues fur une face , 8c prêtes à être réunies. Les pièces compofimtes font donc arrangées relativement l’une à l’autre, de façon que le commencement de leur écart répond au quart de la longueur de la vergue. Les furfaces cd & ef y par Iefquelles elles doivent fe toucher quand elles feront réunies, ont une longueur égale à la moitié de la vergue entière. Les arbres deftinés à former une telle vergue font équarris dans cette partie de leur longueur , ou* doit fe faire Taffemblage ; 8c les extrémités d 8c e de ces pièces font terminées en paumes. Les parties c 8c f des pièces compofantes font donc excavées'
- fous la même forme, afin que l’une des pièces reçoive exaélement l’extrémité
- #
- de l’autre piece.
- Les furfaces par Iefquelles les pièces fe touchent & fe réuniffent, portent chacune un rang d’adents, faillant dans l’une 8c rentrant dans l’autre. Ces adents n’ont pas la forme des adeftts pratiqués fur les pièces compofantes d’un mât ; ainfi je vais en donner une defcription particulière.
- Imaginons (fig. 43*) une fuite de trapèzes , tels que alrq, 8c placés fur une même ligne. Ces trapèzes, comme on le voit dans la Figure, font liés l’un, à l’autre par leurs bafes. La grande bafe du premier trapeze eft jointe à la petite bafe du trapeze fuivant. La différence de ces bafes produit de part & d’autre des crochets tels que qs , no $ 8cc. Si on imagine maintenant que tous ces trapèzes foient les bafes d’autant de prifmes droits peu élevés, on aura une idée de la forme des adents qui fervent à l’aiTembiage des pièces compo-fàntes d’une vergue.
- La longueur réelle de chacun de ces adents , ou la hauteur de ces trapèzes eft de 5 pieds; la grande bafe de chaque trapeze varie de ^ à 8 pouces , fuivant la largeur des pièces où ces adents font pratiqués; & le crochet qs eft la demi-différence de la grande à la petite bafe. Ce crochet a un pouce 8c demi
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- DE U A RT DE LA MATURE. Chap. IL 49
- de faillie. D'ailleurs la profondeur des adents rentrants , ou l’élévation des adents Taillants eft de 15 lignes.
- Ce rang d’adents régné, dans l’ordre décrit, depuis le milieu de la vergue jufqu’à chaque extrémité de l’écart. Le premier rang s’étend depuis £ jufqu’à la ligne ab qui pafle par le milieu de la vergue, & depuis cette ligne ab$ une nouvelle fuite de trapèzes placés dans un ordre oppofé, s’étend jufqu’à l’extrémité de l'aflemblage. La Figure 43 feule fait diftinguer cette variété , qui contribue à donner la plus grande folidité à la réunion des pièces com-pofantes.
- Les adents des pièces compofàntes étant ainfi exécutés fous la forme indiquée , alors les pièces font réunies l’une à l’autre, & leur union eft aftez étroite pour qu'elles ne puiflent plus glifler l’une fur l'autre dans aucun fens. Des liens de fer, placés enfuite de diftance en diftance fur la longueur de la vergue, ou plutôt de l’écart, achèvent de donnera cet aflemblage toute la liaifon qu’il doit avoir.
- Une vergue d’aftemblage eft d’ailleurs arrondie & travaillée comme les vergues faites d’un feul arbre. Si quelquefois on emploie trois ou quatre pièces pour former la même vergue , ce n’eft pas pour eompofer la longueur totale de la vergue à conftruire, mais feulement pour fuppléer dans le milieu de la vergue au défaut de grofleur des deux pièces qui, réunies, forment enfemble la longueur totale de la vergue. Ces deux pièces fupplémentaires font placées fur chaque côté de la vergue, & on leur donne une longueur aftez grande pour qu’elles s’étendent fur la vergue 4 ou y pieds au-delà des extrémités des écarts des pièces aflemblées. Ces pièces collatérales font d’ailleurs jointes à l’aflemblage des deux premières pièces, à l’aide de nouveaux adents pratiqués 8c dans les pièces collatérales & dans les faces latérales de la vergue ébauchée. Ces adents font rentrants dans les fupplémentaires, 8c leur forme eft la même que celle des adents pratiqués fur les pièces compofàntes des mâts. Ce nouvel aflemblage, formé de trois ou quatre pièces, fe travaille & s’arrondit comme toute autre vergue.
- Les vergues, autres que la grand’vergue & la mifaine , font toujours faites d’un feul arbre. La feule vergue d’artimon eft d’une longueur fi confidéra-ble , que fouvent un feul arbre , de grofleur convenable, ne peut fuffire pour la former. Alors on y fupplée par une allonge. Toutes les vergues ont des diamètres calculés par la même méthode qui fert à déterminer ceux des mâts. Les données font différentes, mais les réfultats fe déterminent d’une maniéré uniforme. Toutes ces vergues ont d’ailleurs au milieu de leur lon-longueur un renfort tel qu’il a été décrit plus haut. L’étendue du renfort eft proportionnée â la grofleur de chaque vergue.
- Les arcs-boutants qui tiennent rang parmi les vergues, font d’une feule Mature* N
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- piece. Ils ont un crochet de fer à l’une de leurs extrémités ; & c efl l’ufage qu’on en fait qui exige un tel crochet. D’ailleurs la forme des arcs-boutants n’a rien de particulier.
- Le tangon efl: exactement reflemblant à une vergue, quant à fa forme. I! peut au befoin remplacer la vergue du petit hunier. Les diamètres intermér diaires font calculés comme ceux des autres vergues.
- Les boute-hors conforvent la forme des bois employés à les former, excepté que leur gros bout n’eft pas arrondi, mais taillé à 8 faces. Le bâton de foc efl comme les boute-hors. Son extrémité deftinée à faillir hors du vaiiïeau efl terminée par une pomme. Cette partie extrême a toute la grofleur que peut permettre le bois employé à former le bâton de foc, parce qu’on y pratique des mortaifes néceflàires aux manœuvres.
- Nous bornerons à ces détails l’étendue de ce Chapitre , & nous ne pouvons mieux le terminer qu’en donnant une Table de l’échantillon des arbres employés pour former la mâture entière d’un vaifleau de 74 canons. Nous l’accompagnerons d’un Tableau général de toutes les pièces de mâture deflînées dans l’état ou elles font employées fur les vaifleaux. Ce fera un réfomé complet de tout ce qui efl contenu dans le cours de ce Chapitre. Voyez Pian-* ches A & B.
- Enumération du nombre SC des dimenjlons des Arbres employés pour compofer la Mâture totale d9un Vaijjfèau de 74 Canons.
- Mâts,
- Grand Mât...............
- Mât de Mifàine..........
- Mât d’Artimon. ......
- Mât de Beaupré..........
- Deux grands Mâts de Hune. Deux petits Mâts de Hune. Alât de Perroq. de Fougue. Mât de grand Perroquet Mât de petit Perroquet. Mât de Perruche. . . Bâton de Fog. ..... Bâton de Pavillon.. . . Mâts de la Chaloupe. . Mâts des deux Canots.
- Long.
- pl. pou. to8. o. XOI. O.
- 74. O.
- 63. o. 66, o.
- 64. o. 4^. o. 40, 6. 37. 2, 25. o. 44. o.
- 44. o.
- Vergues,
- Grand’Vergue............
- Vergue de Milàine. . . . . Vergue d’Artimon. . . . . 2 Vergues de grand Hunier 2 Vergues de petit’Hunier. Vergue de Civadiere.. . , Vergue lèche.... ...
- Verg. de Perroq. de Foug. Vergue de grand Perroq. , Vergue de petit Perroquet Vergue de Perruche. . . . Verg. de contre-Civadiere. 2 Arcs-boutants ferrés. z grands Boute-hors. .
- 2 petits Boute-hors. . . Jumelle de Campagne. Tangon...............
- Diam.
- pou
- 36.
- 33* 23. 34. I5>. 19• 12. 10. 9‘ 7* 12.
- 7.
- lig.
- o. 8. 4 • 6. 6, 6. o. o. 3* 3-8.
- 4*
- pi. 12. t I .
- 8.
- 6.
- 6.
- 12 . ï I .
- 7.
- 96. S. 88. o. 88. o. 66. o. 58. 8. 66. o. 58. 8. 40. 4. 3 6, o. 32. o. 25). 4. 3 6. o. 48. o. 40. o. 3 6, 8.
- 24. o. 22. o. T7. 6, lé. o. 14. 6, 16. o. 13. o. 10. o, 8. 1.
- 7. 3-6, o,
- 8. d.
- 9. o, 8. o, 7* 4'
- 58. o. 11. 8
- Ton.
- Nombre & Dimenjions des Arbres nécejfaires.
- pou.]
- . o.
- > 3-' 3-
- 8.
- o.
- o.
- o,
- o.
- Taquets.
- 4-4*
- 1.
- 4-4.
- 4. o.
- 2, é. 2. 4. 2. 2.
- 2. O.
- 2. 4.
- 10 Mâts. 1 de 27 palmes. 2 de 23 palmes. 4 de 22 palm. 3 de 21 palmes,
- ro Mâts, t de 26 palmes. 2 de 22 palmes. 4 de 21 palmes. 3 de 19 paimes,
- t Mât de 25 palmes ou 3 Mâts. 2 de ao palmes. 1 de 17 palmes.
- 4 Mâts, chacun de 25 palmes,
- 2 Mâts de 21 palmes.
- 2 Mâts de 21 palmes.
- 1 Mât de 14 palmes, i Mât de 12 palmes, t Mât de x x palmes.
- I Mât de 9 palmes.
- 1 Mât de 14 palmes. N
- X Mât de 10 pal es.
- 1 Mât de 8 palmes. 1 de 7 palmes, t elpar double, & 4 elpars fîmples.
- 1 Mât de 7 palmes. 3 elpars doubles, & 4 efpars fîmples.
- Mâts égaux de 2 6 palmes.
- Mâts de ‘4 palmes.
- Mât de 19 palmes.
- Mâts de 19 palmés.
- Mâts de 18 palmes.
- Mât de 19 palmes.
- Mât de 16 palmes.
- Mât de 13 palmes.
- Matéreau de 11 palmes.
- Matéreau de 9 palmes.
- Matéreau de 8 palmes.
- Matéreau de 11 palmes.
- Matéreaux de xo palmes.
- Matéreaux de 9 palmes.
- Matéreaux de 8 palmes.
- Mât de ié palmes , & t de f? palmes. Mât de 1 s palmes,
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- VE L’ART DE LA MATURE. Chap. III.
- St
- riiw—i ii
- CHAPITRE III.
- De VArt de mater les Vaijfeaux.
- Jusqu’ici les mâts ont été confîdérés dans l’attelier des Mâteurs. C’eft-là qu’ils ont été compofés & conformés chacun féparément. Maintenant il faut expofer comment on les établit dans les places qui leur font affignées. Il faut détailler tous les moyens quon emploie, foit pour mâter un vaiffeau de fes bas-mâts, foit pour élever au-deflus des premiers les mâts de hune ou de perroquet , foit enfin pour les joindre , les unir l’un à fautre , 8c leur affiner une fituation invariable.
- Tous ces détails doivent être préfentés avec ordre & netteté ; ainfi, pour fatisfaire à de telles conditions, je vais commencer par faire connoître quelques travaux préliminaires dont le but eft de préparer les mâts, comme il convient à la jonélion des mâts partiels defiinés à compofer enfemble un feul & même mât.
- Le bas-mât d’un vaifleau doit porter immédiatement le mât de hune, & ce bas-mât s’appuie fur la carlingue du vaifleau. La tête d’un tel mât doit donc être préparée de façon qu elle puifle etre unie étroitement au mât de hune, & fon pied doit être conformé pour la place qu’il doit remplir.
- Nous avons dit dans le Chapitre précédent qu’un bas-mât étoit arrondi dans toute l’étendue de fa longueur ; mais lorfqu’on veut l’établir à bord d’un vaifleau, alors on équarrit fon pied jufqu’à la hauteur de iy ou 18 pouces, de façon cependant que les côtés ftribord & bas-bord aient plus de longueur que les faces avant & arriéré du pied de ce mât. La place d’un tel mât avoit déjà été marquée dès la conftruétion du vaifleau, & l’emplacement propre à le recevoir avoit été préparé. Les Marins nomment cet emplacement Carlingue de mât. Cette carlingue eft formée par deux faufles varangues de por-que, placées à 6 pieds de diftance l’une de l’autre , & par deux pièces de bois, nommées Flafques , qui croifent les premières, & font éloignées entre elles du diamètre du pied du mât. Les flafques ont des extrémités préparées pour être reçues dans des entailles faites à queue d’aronde dans les varangues , & leur direction eft parallèle à la longueur du vaifleau ainfi qu’à l’horifon. *
- Soient OM & R N (fig. 44 & 45 ) une partie des varangues de porque, foient ac 8d bd les flafques, qui ordinairement ont 2 pieds de hauteur & 6 ou 7 pouces d’épaiffeur , & qui d’ailleurs excédent de quelques pouces les faufles varangues de porque. L’efpace abcd eft le lieu du pied du mât. Il eft
- Figures
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- Figures 46 ôc 47.
- Fig* 48•
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- trop grand, dans un fons, pour être rempli par le foui pied du mât; mais des billots placés dans les vuides, fervent alors de fupplément à l’épaifleur du mât. Les flanques font aflujetties dans la place qui leur eft affignée par de forts taquets placés en dehors du lieu du mât, & qui garantiflent ainfi la foiidité de leur pofition.
- C’eft ainfi qu’on forme la carlingue du bas-mât d’un vaifleau, & le pied du mât eft taillé convenablement. La tête de ce mât eft auflî travaillée de façon que le mât de hune foit établi auflî folidement qu’il doit l’être. On met en avant & au haut du bas-mât une jumelle de racage dont on voit la forme dans les Figures 46 & 47. Cette jumelle eft une piece de bois de chêne qui a de longueur le quart de celle du mât. Elle eft placée fur la partie antérieure du mât, de façon que le bord fupérieur a b répond à la naiflànce du ton du mât. Cette jumelle eft deftinée à empêcher que le mât de hune, lorfqu on l’éleve , ne frotte 8c ne déchire les haubans du bas-mât. Cet ufage a fait prêt crire à la jumelle une épaifleur variable foivant la grofleur de ces haubans.: Cette épaifleur varie' depuis trois jufqu’à cinq pouces dans la partie füpérieure de la jumelle, enfuite elle diminue depuis om jufqu’à cd> où elle n’eft que de deux pouces. La face de cette jumelle qui touche le mât eft concave, & celle qui lui eft oppofée aobm eft plane. Lorfque cette jumelle ainfi confor-* mée a été appliquée fur la partie antérieure du mât, la convexité du mât fait qu’il régné de chaque côté des vuides qui font remplis par des morceaux de de bois nommés Fourures. La forme 8c l’arrangement de ces fourures font telles que les deux côtés du mât, ainfi que la partie intérieure, font alors terminés par des furfaces planes* Si on veut connoître les raifons qui font donner une forme femblable à la tête du bas-mât, il faut fe rappeller comment eft conformé le pied du mât de hune. Il eft de forme quarrée, & comme il doit fo trouver placé en avant du bas-mât, près de la naiflànce du ton , on fait en avant de ce mât un emplacement ou plutôt une coulifle de figure quarrée pour le recevoir. La face plane 8c antérieure de la jumelle eft une face de ce quarré ou le fond de cette coulifle. Enfuite deux morceaux de bois nommés Jottereaux, cloués fur les fourures de ftribord & de bas-bord, 8c Taillants en avant de la jumelle, fervent à former les deux côtés de cette coulifle quarrée, qui fort à diriger le mât de hune pendant fcn guindage, & à recevoir le pied de ce mât lorfqu’il eft tout-à-fait élevé & mis en place.
- La Figure 48 préfente la forme de chaque jottereau; la longueur abz& le t du ton du bas-mât ; la largeur eft les t de la longueur, 8c l’épaifleur eft jz de la largueur. Les jottereaux font d’ormeau ou de chêne. Ils font placés for chaque côté du mât, de façon que la même ligne qui feroit tangente à l’arriere du mât, le feroit auflî aux deux bords arriérés des jottereaux, tandis qu’en avant du mât ils font fàillants 8c dépaflent le mât, ainfi que la jumelle. Les jottereaux font chevillés au mât, & la jumelle eft liée avec
- le
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- DE V ART DE LA MA T U RE. Chap. III. 53
- le mâc par plufîeurs tours de cordage , répétés en divers points de fa longueur. Si le bord fupérieur de la jumelle correfpond à la naiflànce du ton, le bord fùpérieur de chaque jottereau eft placé plus bas, à une diftance égale à la hauteur des barres, dont nous parlerons bientôt, iorfqu’il fera queftion de placer les mâts fur un vaifleau.
- Figure 46. Cet appareil des jottereaux & de la jumelle n eft relatif qu’à rétabliflement du mât de hune ; <3t comme ces pièces enflent été moins facilement unies au bas-mât, fi on feût établi auparavant dans la place qu’il doit occuper , on exécute donc ces ouvrages avant l’opération de mâter un vaifleau.
- L’extrémité du ton d’un bas-mât eft auffi travaillée relativement au mât de hune. On équarrit le bout du ton de façon qu’après cette opération , il ait la forme d’un tenon : ce tenon a de hauteur les f du petit diamètre du bas-mât. On verra bientôt i’ufàge de ce tenon. La Figure précédente préfente la tête d’un bas-mât garnie de fà jumelle , de fes jottereaux, Sc terminée par un tenon.
- C’eft ainfi qu’un mât eft préparé & difpofé à être mis en fa place fur le vaifleau auquel il eft deftiné ; & c’eft réellement ici que commence la défi-criptiôn de l’Art de mâter un vaifleau.
- Un bas mât eft, comme nous l’avons vu, l’aflemblage de plufîeurs arbres confidérabies ; il eft ceint de cercles de fer : ainfi, tout confidéré , un mât eft une mafle d’un poids énorme. Lorfqu’on veut mater un vaifleau , il faut élever de tels mâts du niveau de la mer, au-deffus du plus haut pont. Il faut qu’élevés ils foient à peu-près dans une pofition verticale ; alors on préfente leur gros bout vis-à-vis des ouvertures circulaires faites aux ponts du vaifleau, Sc on les fait ainfi defcendre avec ménagement ; leur pied traverfè ainfi les ponts & la cale pour venir repofer enfin fur la carlingue qui lui eft préparée. Une telle opération exige fans doute de très-grandes forces mifes en aélion , foit pour élever, foie pour foutenir dans fà defeente un corps d’un poids aufïï confidérable. La longueur du bas-mât, ainfi que l’élévation de l’acaftillage d’un vaifleau , obligent auffi de placer les forces néceflaires à une très-grande hauteur au-defius du niveau de la mer. Auffi dans chaque port il y a une machine deftinée uniquement à faciliter une telle opération : elle tire fon nom de fon ufàge, & porte celui de Machine a mâter. Il eft à propos de faire connoître particuliérement cette machine, parce qu’elle eft une partie effentielie de l’Art de mâter les vaiffeaux. A Breft & à Toulon ces machines font établies fur des quais en pierres ; mais à Rochefort cette machine eft flottante. Ces machines des différents ports ne différent cependant que par la bafe qui leur fert d’appui ; ainfi nous nous contenterons de décrire celle de Rochefort, & cette defeription fuffira pour donner une idée de celles des autres Ports.
- Mature,
- Fig
- O
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- Si on imagine qu’un gros vaiffèau ait été rafé , jufqu’à fon premier pont ex* clufivement, on aura l’idée d’un ponton & de cette bafe qui fert d’appui à la machine à mâter du port de Rochefort. Au milieu de ce ponton eft un grand mât, & fur le pont font placés plufieurs cabeftans. Sur le côté de ce ponton & -au milieu du contour du pont, il y a trois grands mâts fitués dans le même plan, dont le pied repofe fur le contour du ponton , 8c qui s’appuyent les uns fur les autres, en formant enfembie , par leur liaifon , l’aftemblage le plus
- Fig. 42* fort & le plus folide (j%. 49 ). Ces trois mâts ne font pas parallèles l’un
- à l’autre ; ils tendent à fe réunir par leur fommet. Le plan dans lequel font placés ces trois mâts , eft incliné à l’horifon , 8c la tête de cet afïemblage eft retenue par un très-grand nombre de gros cordages qui, d’un côté, font attachés à différents points de la longueur de ces mâts , & de l’autre côté font liés au bord oppofé du ponton. Confidérons féparément le fyftême de ces trois mâts (fig* 50 ) ; les deux mâts extrêmes N 8c S nommés bigues , ont
- Fig. 50. chacun cent un pied de longueur , & vingt pouces de grofleur à leur gros
- bout : le mât R qui tient le milieu 5 8c qui eft nommé fous-barbe 9 eft de quatre-vingt-quinze pieds de longueur, & de vingt-un pouces de diamètre à fon gros bout. La diftance réciproque des pieds de ces trois mâts eft de douze pieds. Ces trois mâts font liés les uns aux autres par de fortes traverfes nommées entre-toijes9 placées horifontalement fur divers points de leur longueur 8c traversant chacune les trois mâts N 9 S 8c R. Cet afïemblage 9 par ce moyen , devient un tout très-folide & fufceptible de la plus grande réfiftance. Cet afïemblage placé fur le côté du ponton , eft incliné à l’horifon de façon que ( fig. x ) t j repréfentant là pofition 9 8c ^ s étant une ligne verticale , la ligne / ^ ou l’écartement de la verticale eft égale à 17 ou 18 pieds. Ces lignes , ainfî que la fous-barbe , font maintenues dans cette pofition , non-feulement par les cordages ou haubans attachés fur l’autre bord du ponton , mais auffi par deux fortes pièces de bois nommées antennes 9 dont une extrémité eft liée au mât du ponton , 8c l’autre à la fous-barbe (fig* 49 ) ; l’antenne fd a cinquante-cinq pieds de longueur & feize pouces de diamètre ; tandis que la fécondé antenne e c 9 a foixante-onze pieds de longueur 8c vingt pouces de diamètre. Ces antennes font elles-mêmes fou tenues par des haubans multipliés qui font attachés à differents points de leur longueur, & font retenus par le mât du ponton. On doit remarquer dans ce détail que l’antenne fupérieure eft d’un échantillon plus fort que l’inférieure fd ; & c’eft par la raifon que celle-là eft feule chargée de la fonction de mâter un vaiffèau : en effet, cette antenne paffe entre les bigues , fur la tête de la fous-barbe qui lui fert d’appui, 8c faille en dehors du plan du fyftême des mâts d’une certaine quantité telle que o c. C’eft fur cette partie faillante de l’antenne que
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- DE L’ART DE LA MATURE.Chap. III. 5$
- Font placées les caliornes & les poulies néceffaires au mâtage des vaifleaux. On voit dans la figure 49, trois grofies poulies attachées au bout de l’antenne , Sc correfpondantes à autant de poulies inférieures : celles-ci font terminées par des crocs ou crochets par lefquels elles accrochent les bagues de cordes qui embraflent le mât qu’on veut élever. Le gros cordage qui palîè dans les caliornes , fe rend Sc fie garnit aux cabeftans placés fur la longueur du ponton. C’eft à Faide des cabeftans & des caliornes foutenues par les bigues qu’on tire un mât hors de l’eau , qu’on le difpofe dans une fituation verticale, qu’on iéleve jufqu’au-deflus du plus haut pont du vaifteau à mâter, en lui conforvant toujours fa pofition verticale. Lorfque le pied du mât eft élevé au-deflus du pont, & qu’il répond aux étambrages ou aux ouvertures des ponts , alors on l’abandonne avec ménagement à fon propre poids , <& on le fait defi-cendre verticalement par les étambrages jufqu’à ce que fon pied s’engage Sc s’appuie dans la carlingue qui lui a été préparée. Telle eft l’opération de mâter un vaifteau, & telle eft la mâchine qui fert à cet ufage au Port de Roche-fort. ^Les machines de Breft & de Toulon qui portent fur une bafe plus fixe Sc plus folide , ont une plus grande inclinaifon vers la mer, que celle de Roche fort. Si on a mis cette différence d’inclinaifon , c’eft que la machine à mâter de Rochefort étant flottante , lorfque les bigues font chargées du poids d’un gros mât, elles s’inclinent vers la mer , ainfi que le ponton qu’elles entraînent , Sc il réfuite de cette nouvelle inclinaifon que l’éloignement t s de la verticale eft alors de vingt-un ou de vingt-deux pieds : c’eft cet éloignement de vingt-deux pieds qui eft obfervé dans l’inclinaifon des bigues plus fixes de Breft Sc de Toulon , & qui eft fondé fur ce qu’un gros vaifteau a fouvent quarante-quatre pieds de largeur. Par ce moyen le fommet des bigues répond toujours à peu-près verticalement au milieu du vaifteau deftiné à être mâté , & le mât étant élevé au-deflus du pont, fon pied fe trouve alors exactement au milieu de l’étambrage. Cette moindre inclinaifon des bigues dans la machine à mâter de Rochefort, eft accompagnée d’un grand avantage ; les haubans les foutiennent avec plus de fermeté , les antennes font moins longues , les bigues font plus courtes , Sc tout l’aflemblage eft enfin plus folide Sc mieux lié.
- C’eft à l’aide de la machine à mâter , qu’on éleve Sc qu’on met à leur place les bas-mâts d’un grand mât, du mât de mifaine & du mât d’artimon , ainfi que le mât de beaupré. Les pieds de tous ces mâts differents font travaillés fous une forme convenable avant d’être préfentés aux places qu’ils doivent occuper. Sur ce fujet, nous n’avons encore décrit que la forme du pied du grand mât ; mais le pied du mât de mifaine eft équarri de la même maniéré, Sc fa carlingue eft abfolument femblable à celle du grand mât : elle exige feulement quelques attentions préliminaires , parce que les faufles varangues qui doivent former cette carlingue , portent le marfouin ; ainfi , avant de placer ces
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- S6 DESCRIPTION
- varangues, il faut remplir les vuides qui régnent entre les flancs du vaiffèau Sc ce marfouin. On y entaille des pièces de bois, & c’eft alors fur ce maf-fîf, ainfi que fur le marfouin, que les fauflès varangues font établies : on les traverfe par deux flafques, & cet aflemblage forme la carlingue du mât de znifaine. La tête de ce mât eft auflî difpofée convenablement pour fétablif-fement du petit mât de hune ; une jumelle de racage couvre la partie antérieure du mât, des fourrures placées ftribord & bas-bord , avec des jottereaux cloues ilir ces fourrures Sc fàillants en avant de la jumelle, donnent ainfi à la tête de ce mât une forme femblable à celle de la tête du grand mât. Le bout , du ton eft aufli équarri ; & {on tenon a une hauteur qui eft au diamètre du ton dans le rapport énoncé précédemment pour le grand mât.
- Le mât d’artimon a auflî une carlingue , mais elle n’eft pas placée fur la carlingue du vaifleau ; ceft une feule piece de bois établie fur le premier pont qui compofe toute la carlingue du pied de ce mât. Elle eft portée & entaillée fur deux barrots du pont ; fbn épaifleur eft de huit pouces dans les grands vaifleaux, & fâ largeur eft de vingt pouces. Ceft dans cette piece cpi’on fart une excavation propre à recevoir le pied équarri du mât d’artimon. La tête du mât d’artimon eft auflî garnie d’une jumelle & de deux jottereaux , & fon ton eft terminé par un tenon.
- Le pied du mât de beaupré repofe aufli fur une efpece de carlingue dont la forme eft particulière. Voici comme elle eft conftruite : fur le premier pont & un peu en avant du mât de mifàine, on établit une grofle piece de bois FiG,$r nommée Couffin de beaupré, parce qu’effeélivement elle fert d’appui au pied de ce mât incliné. Ce couffin porte fur les bordages du pont ; & il eft entaillé vis-à-vis des taquets des bittes. Il a plus de hauteur que ces taquets, & il les excede de fept à huit pouces : fà longueur eft de vingt pouces , fon épaifleur eft de quinze pouces , ainfi que fa hauteur, dans les vaifleaux de foi-xante-quatorze canons. Au milieu de ce couffin, & dans fbn épaifleur , il y a une excavation faite pour recevoir le pied du beaupré ; le pied de ce mât eft équarri, mais fous une forme particulière. Après l’équarriflage , ce pied reflemble à un tenon dont la longueur eft de deux pieds, & dont les quatre faces ne font pas parallèles. La face inférieure par laquelle le beaupré repofe fon pied fur le couffin eft parallèle au pont ; les autres races font fituées fur la direéïion du beaupré. Le bout du pied de ce mât ainfi travaillé , s’appuie contre le rebord de l’entaille du couffin. La coupe du mât qui femble couronner le pied équarri du mât , n’eft pas d’une forme circulaire. Le plan de cette coupe eft oblique à l’axe du mât, & fait avec cet axe un angle égal au complément de l’inclinaifon de ce mât à l’horifon.
- Ce mât repofe ainfi fon pied fur un couffin, & il porte fur l’extrémité de fétrave : mais fi fbn poids eft aflèz bien foutenu, ce mât n’eft pas encore
- maintenu
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- DE L’ART DE LA MATURE. Chap. III; 57
- maintenu dans la fituation qui lui eft prefcrite. Il faut d’autres moyens pour ren- Fig. ÿ* dre cette lituation auffi fixe quelle doit l’être ; c’eft à cet effet qu’on a imaginé de placer verticalement entre le premier & le fécond pont, deux fortes pièces de bois affemblées par leur épaiffeur, & dont la largeur eft parallèle à celle du vaiffeau. Cet affemblage eft placé en avant du mât de mifaine, & de façon que le pied du mât équarri le traverfe par fon épaiffeur, & paffe par une ouverture quarrée pratiquée au bas de ces pièces affemblées & nommées flafques de beaupré. L’ufage de ces flafques eft , comme on voit, d’empêcher les mouvements du pied de ce mât: ces flafques font d’ailleurs fituées folidement. Le pied de ces flafques eft reçu dans une entaille faite dans les bordages du pont, & leur tête eft entaillée pour être réunie au bau fupé-rieur qui leur correlpond. La largeur de ces flalques eft de quatre pieds,
- & leur epaifleur eft de lept pouces. La coupe circulaire du beaupré s’appuie contre la face anterieure de ces flalques, le pied équarri repofe lùr le couffin en arriéré des flalques, Si ces flalques empêchent que ce pied puifle prendre un mouvement vertical ni latéral. Afin de mieux affurer la pofition du beaupre, on établit en avant des flalques Si lous le beaupré, un nou- Fjg.ji. veau couffin qui s eleve julqu a ce mat incliné. On augmente encore tout cet appareil de deux montants verticaux, placés en avant du dernier couffin Si de part Si d’autre du mât. Ces montants font dans un plan parallèle aux flafques,
- Si ils s’oppofent à tout mouvement latéral du mât. On obvie encore au mouvement vertical du même mât, par le moyen de bordages de quatre pouces d'épaiffeur placés horifontalement, Si dont les extrémités font clouées fur les montants verticaux. C’eft par tout cet appareil qu’on réuffit à donner au beaupré la fituation la plus ferme & la plus invariable. La tête du beaupré eft auffi travaillée fous une forme qui lui eft particulière. Ce mât n’a pas de jumelle de racàge ni de jottereaux, mais de chaque côté de la tête de ce mât & le long du bout de ce mât, on place deux pièces de bordages conformées comme dans la Figure 53 ; Si unies au mât par leur épaiffeur : ces deux pie- p,G ces fe nomment violons de beaupré. Leur longueur eft un douzième de celle du mât ; leur largeur eft le tiers de leur longeur, & leur épaiffeur eft un fixieme de leur largeur. Les deux demi-cercles dont les violons font composés , ont pour rayons la largeur des violons. La partie Supérieure du contour du beaupré, comprife entre les violons, a une Surface plane. La tête du beaupré eft terminée par un tenon qui n’eft pas de forme quarrée comme dans les autres mâts. Ce tenon eft femi-circulaire, fon contour eft circulaire en deflous,
- & terminé en deffus par une Surface plane, fig. y 4. pIG
- Lorfqu’à l’aide de la machine à mâter déjà décrite, les bas-mâts d’un vaiffeau ont été mis en place , alors on donne tous les foins à les étayer dans tous les fens ; cependant on garnit auparavant la tête de ces mêmes mâts de Matvrb, P
- sr*
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- 58 DESCRIPTION
- tout l'appareil néceffeire à l'établiflèment des mâts partiels plus élevés, qui doivent par leur longueur ajouter à la hauteur du bas-mât.
- Comme un mât de hune ne s'ajoute pas au bas*mât , bout-à-bout, & que le pied de l'un ne s'appuie pas fur la tête de fautre ; comme enfin le mât de hune eft placé en avant du bas-mât, de façon que fon pied correfponde à la naiflànce du ton du bas-mât ; il faut donc employer tous les moyens né-ceflaires ; (oit pour foutenir le poids de ce mât de hune , foit pour l'unir fo-lidement au bas-mât, afin que les deux mâts liés enfemble, ne forment en-fuite qu'un feul tout.
- C'eft afin de fetisfaire à tous ces objets, qu'on commence par placer fur l'épaifleur des deux jottereaux deux barres qui font nommées élongis , & qui font deux pièces de bois dont la longueur eft égale à la moitié du bau , moins fix ou huit pouces ; leur largeur eft égale aux rr de la longueur , & Fic.yy. leur épaifleur eft la moitié de leur largeur. La Figure y y préfente la forme de ces barres qui font placées dans le fens de la longueur du vaifleau, position qui leur a fait donner le nom d'élongis. Ces barres font chevillées au bas-mât.
- Sur ces premières barres qui portent des entailles & en arriéré & en avant du bas-mât, on établit deux nouvelles barres qui s'aiïemblent avec les premières , en les croifent perpendiculairement à leur longueur , & portent le nom de traverfins. L'un de ces traverfins eft placé en avant du bas-mât à une diftance égale à répaiffeur.ou du pied du mât de hune, ou du ton du ^IG* bas-mât. Le deuxieme traverfin eft tangent au contour de l'arriere du bas-mât. Ces deux traverfins ont les dimenfions des élongis. Les entailles faites dans les traverfins ont de profondeur le tiers de leur épaiffeur. Ces entailles cor-refpondent à d'autres entailles faites fur les élongis ; les unes font faites fur la largeur des traverfins , les autres fur rêpaiffeur des élongis; de forte que ces barres étant aflemblées, leurs faces fupérieures font toutes dans un même plan. Les élongis, d'ailleurs, font entaillés d'un pouce & demi vis-à-vis les bas-mâts auxquels ils font unis, fig. y7.
- Si ces barres ont de fortes dimenfions, c'eft qu’elles font deftinées à porter un poids çonfidérable. Elles foutiennent feules les poids réunis & du mât de hune & du mât de perroquet. C’eft après avoir fait connoître & fufege de ces barres, & les places qui leur font afiignées , qu’il eft à propos de décrire leur forme : cet article appartient encore à la defeription de l'Art de la Mâture, & nous devons les traiter tous d'une maniéré circonftanciée.
- Les élongis, ainfi que les traverfins, font de chêne, mais ils ne font pas de même forme. Celle des élongis eft fens courbure ; ces barres font droites & confervent dans toute leur longueur la même largeur & la même épaifleur, excepté aux extrémités où les angles inférieurs de ces barres font ordinai-
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- DE VA RT DE LA MATURE. C«aî>. III. 59
- iement émoufles ; les traverfîns confervent bien auffi les mêmes dîmenfions dans toute leur étendue , mais ils ne font pas droits dans tous les fens. Ces barres ont une courbure dans le fens de leur longueur ; cette courbure eft régulière ;& voici comment les Mâteurs la déterminent (fîg* $6.*) Soit a b FiM#* le traverfin courbe, & a b la ligne droite qui pafle par les deux extrémités.
- Les Mâteurs ont pour réglé générale de faire égale à la demi-largeur du traverfin , la fléché c d, dont le traverfin, par fà courbure, doit s’éloigner de la droite a b. Cette ordonnée correfpondante au milieu du traverfin , étant * toujours donnée, le problème confifte à trouver toutes les autres ordonnées correspondantes aux divers points du contour du traverfin. Soit om,un quart F1G.58.1 de cercle décrit du point q avec un rayon égal à la flèche c d\ foit enfuit© divifé l’arc om tn autant de parties égales qu’on imagine de parties égales dans la demi-corde d b ou a d du traverfin * & Ibient enfuite menées les ordonnées du quart de cercle, par ces points de divifion. Ces mêmes ordonnées feront celles du contour du demi-traverfin cb ou ac. C’eft ainfi qu’on détermine la courbure du traverfin de l’arriere : celle du traverfin de l’avant eft tracée par les mêmes moyens, en prenant pour rayon q m les deux tiers de la largeur de ce traverfin.
- C’eft fous cette forme que les traverfîns & les élongis font affemblés. Ces barres étant ainfi établies à leur place fur la tête du mât, alors on cloue fur la face extérieure de chaque élongis, <3t entre les traverfîns, un coUflîn de bois de lapin dont la forme eft repréfentée dans la Figure 59. La face abcd Fig. yp, de ce couffin s’applique contre l’élongis ; fà hauteur ad, eft celle de la barre, & fon épaifleur eft auffi celle de l’élongis : ces couffins font deftinés par leur rondeur & leur molle fie, à confèrver les haubans.
- La tête du grand mât n’eft pas feule garnie d un aflemblage de barres.
- Celle du mât de mifaine, ainfi que celle du mât d’artimon, font préparées de la même façon , parce que ces bas-mâts foutiennent auffi des mâts élevés*
- Les barres du mât de mifaine , ont un pied , en longueur, de moins que celles du grand mât : les autres dîmenfions de ces barres font calculées d’après leur longueur dans les mêmes rapports qui ont été établis entre les dîmenfions des barres du grand mât. Ces barres ont la même forme & s’affemblent entr’elles, ainfi qu’avec la tête de chaque mât, de la même façon.
- C’eft lorfque les mâts font ainfi garnis de leurs barres qu’on travaille à les maintenir dans la fituation droite qu’ils doivent avoir. Les ouvertures circulaires faites aux ponts des vaifleaux , & placées les unes au-defliis des autres , annoncent d’avance la direélion réelle qu’on doit donner aux mâts qui les traverfent.
- Un bas-mât eft maintenu dans une fituation droite par plufieurs cordages qui le faififlent à la naiflànce du ton , & qui viennent l’attacher & le roidir,
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- So DESCRIPTION
- les uns à f avant du mât, & les autres fur les côtés , ainfi qu’à l’arriere du même mât. Les premiers {ont nommés étais, & les féconds haubans. Ils s’attachent tous à différents points du vaiffeau.
- On commence par capeler les haubans, ( un cordage eft dit capelé , lorf-FiG.tfo. qu’il embraffe l’objet auquel il eft attaché, ou par un oeillet, ou parce que paflant autour de cet objet, il fe redouble fur lui-même ). Les haubans font capelés avant les étais. Si un cordage eacd9 eft mis en double, & qu’au-def-^ fous du point du milieu où il revient for lui-même on unit enfemble , au point u, par exemple, les deux branches de ce cordage ; on forme ainfi un œillet a u ; une paire de haubans eft formée de même : un même cordage les compofe ; & ces deux haubans réunis font capelés au ton du mât à 1 aide de l’œillet a u. Quelquefois il y a des haubans fimples, lorfque ceux d’un mât font impairs, mais cela eft très-rare, Sc ordinairement les haubans font diftribués par paire de chaque côté du mât. Chaque paire de haubans capelés, repofe ainfi for le bord des éiongis, & le couffin placé for chaque face latérale de ces barres empêche que les cordages ne foient ni écorchés ni coupés. Les Marins affignent un nombre différent de haubans aux mâts de différents vaifi* féaux. Il font auffi régner un ordre déterminé entre les capelages de divers haubans d’un même mât. Ils capelent, i° les deux haubans de ftribord du grand mât ; 2° une paire de haubans à bas-bord du même mât ; 30 une autre paire de haubans eft enfuitè placée de nouveau à ftribord de ce mât, & ainfi de fuite alternativement. Les grands mâts des gros vaiffeaux ont jufqu’à dix haubans de chaque côté.
- Il faut remarquer que chaque hauban porte a fon extrémité un cap de mouton qui eft une fphere applatie percée de trois trous placés triangulairement, FiG.tfo. comme on le voit dans la Figure 60. Le bout de chaque hauban embrafle le contour du cap de mouton qui a une rainure for fon épaiffeur ; & il vient s’amarer for la longueur du hauban. Les divers haubans d’un même mât ont tous une place fixe. Le premier hauban, c’eft-à-dire, celui qui eft placé en avant de tous les autres , répond toujours au milieu du mât ; les autres haubans font placés à la fuite & fur la même ligne , en foivant les contours du vaiffeau. Leur diftance réciproque for les porte-haubans eft à peu-près de cinq pieds , fi les circonftances le permettent. Ces caps de mouton dont les haubans font garnis , fervent à roidir ces mêmes haubans, & pour y parvenir, on fe fort d’autres caps de mouton fixés folidement fur les côtés du vaiffeau ; un cordage lace enfemble & le cap de mouton fixé , & celui porté par l’extrémité du hauban correfpondant, & ces caps de mouton , en fe rapprochant, roidiflent le hauban autant qu’il devient néceflàire.
- Les haubans, comme on voit dans la Figure 61, ne maintiennent un mât qu’avec une énergie proportionnée à la grandeur de l’angle qu’ils font avec
- le
- Fig, tfi.
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- DE VA RT DE LA MATURE. Chap. IIL €t le mât. Le bas-mât, un hauban Sc la plus grande largeur correfpondantë du Vaiffeau forment toujours un triangle dont un des angles eft celui du hauban avec Taxe du mât, Sc dont le finus eft toujours proportionnel à la largeur correlpondante du vaiffeau. Comme les vaifleaux ont une rentrée plus ou moins grande, au-deffus de leur fort, on n attache pas les caps de mouton fixes, fur les côtés extérieurs d’un vaiffeau , parce qu’alors l’angle des haubans Sc du mât feroit trop petit ; mais on établit horifontalement un affem-blage de fortes planches ou bordages cpîi s’unit au côté du vaiffeau par fon épaiffeur, Sc qui porte le nom de porte-haubans. Des courbes placés deflus & 'deflous ces porte-haubans les lient étroitement avec le flanc du vaiffeau : leur longueur eft de 40 pieds, Sc leur épaifleur de ÿ pouces. Dans les gros vaifleaux, leur largeur & leur faillie extérieure eft égale à la rentrée du vaiffeau dans les points ou correfpondent ces portes-haubans. C’eft fur le bord fàillant & extéj rieur de ces porte-haubans que font placés les caps de mouton fixes. Chacun de ces caps eft ceint d’une bande de fer 5 à laquelle tient une chaîne de fer, compofée de deux chaînons, & dont le fécond chaînon eft attaché fur un membre du vaiflèau. C’eft avec ces caps de mouton, aiufi fixés fur le bord des portes-haubans, que les caps de mouton des haubans font lacés avec un cordage nomme ride ; Sc c’eft de-là que les Marins ne difent pas roidir ou tendre les haubans, mais rider les haubans.
- Les haubans étant placés, on capele les étais qui ne font pas femblabieS aux haubans ; ceux-ci font des cordages à quatre corons , Ôc les étais font des cordages deux fois commis. Un étai porte à fon extrémité un œillet dans lequel on fait paffer l’autre bout du même étai, jufqu’à ce que cet œillet foie arrêté par une pomme placée fur la longueur de Tétai, Sc faite avec un qua-rantenier. L’étai eft ainfî terminé par une efpece de collier, à l’aide duquel il embraffe & le ton du mât Sc les haubans déjà capelés. Au-deffus & après cet étai, on en capele un fécond nommé faux-étai qui eft moins gros que le premier , Sc qui eft formé de la même maniéré. Ces deux étais portent chacun à leur extrémité une moque embraffée par le bout de Tétai qui vient s’amarer fur la longueur de Tétai. Chaque moque repréfontée dans la Figure 64, correfpond à une autre moque avec laquelle elle fo ride. Ces fécondes rnoques correfpondantes à celles portées par les étais, font placées en avant du mât de mifaine, & portées chacune par un cordage nommé collier ; ce collier eft de même groffeur que Tétai correfpondant. Au milieu de la longueur du cordage qui le forme on place cette moque dont le contour cannelé eft em* braffé par les deux branches égales de ce cordage : ces deux branches, après avoir été amarées enfemble fous la moque, s’écartent Tune de l’autre, pafo fent de chaque côté du mât de mifaine, & viennent fe croifer fous l’étrave Sc fous la courbe de capucine, pour revenir enfuite s amarer de part Sc d’autre Matière. Q
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- fur les mêmes branches du collier. Enfuite une ride qui paffe alternativement dans les moques de Tétai & du collier , & qui eft tendue à Taide des caliornes déjà capelées à la tête du mât, contribue à rider chaque étai autant que Texige la folidité du mât. Le collier qui correfpond au faux-étai, eft nommé faux collier, & reffemble entièrement au grand collier. Les moques portées par ces colliers font ordinairement éloignées de cinq pieds des moques des étais.
- Cet affemblage des étais & des haubans , fert à maintenir le mât dans une lituation droite , quels que puiflênt être les mouvements & les inclinai-fons d'un vaiffeau. Les étais, en moindre nombre que les haubans font auffi plus forts ; ôc font avec le mât un angle bien plus grand. Les étais retiennent le mât en avant ; les haubans le retiennent ftribord & bas-bord ; & même en arriéré, parce que tous les haubans, excepté les deux premiers, font tous placés en arriéré du mât. Les étais font ridés les premiers , les haubans le font enfuite. Lorfque les uns 6c les autres font ridés, on juge que le mât eft: dans la polition qu’il doit avoir , fi, entre Tétambrage & le contour du mât , il régné la même diftance de tous côtés : cette obfervation ne fe fait qu’à Tétambrage du premier pont. Dès qu’un mât eft ainfi bien établi, dans la fituation qui lui eft affignée, & qu’il doit conftamment garder , on ajoute à la folidité de l’appareil des étais & des haubans, en plaçant des coins de bois dans le vuide qui régné entre le contour du mât & les bords de Tétambrage. On les chaffe avec force , & en même temps , afin que non-feulement ils rempliffent bien le vuide qui exiftoit auparavant, mais auffi pour unir plus étroitement ce mât au vaiffeau. Ces coins ont une face concave & une face convexe : ils font égaux. Leur longueur eft de trois pieds ou trois pieds Sc demi ; leur largeur eft de huit pouces, & l’épaifleur de la tête de chaque coin eft proportionnée au vuide qui eft à remplir : on ne place des coins autour d’un mât qu’à Tétambrage du premier pont.
- Les procédés que nous venons de détailler, & qui font relatifs à l’établiffe-ment du grand mât fe répètent entièrement lorfqu’on veut affujettir le bas-mâü de mifàine, & même le bas-mât d’artimon. On capele des haubans au ton du mât de mifaine , & il y en a, de chaque côté du mât de mifàine, autant moins un , qu’on en compte au grand mât. Il eft auffi à remarquer que fi le premier hauban capelé au grand mât eft celui de ftribord , les Marins ont pour coutume de capeler à bas-bord le premier hauban de mifàine. Les autres haubans fe capelent enfuite alternativement comme au grand mât. L’étai de mifàine & fon faux étai font enfuite capelés. Ils font de même forme que ceux du grand mât. Il y a auffi des porte-haubans de chaque côté du vaiffeau, fur le bord de£ quels font appuyés des caps de mouton enchaînés, cloués au vaiffeau, & cor-refpondants aux caps de mouton portés par les extrémités des haubans. Ils font ridés comme ceux du grand mât. L’étai & le faux étai ont auffi une moqu©
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- qui fe ride avec une moque correfpondante fixée fur le beaupré, 3c placée aux 4 de la faillie extérieure de ce mât. Le bas-mât de mifaine a même UH troifieme étai quon nomme Etai de tangage, parce qu’il eft deftiné à foü-tenir le mât contre les effets du tangage, dont le mouvement eft très-fenfi* ble pour le mât de mifaine fitué à 1’extrémité du vailfeau. Cet étai eft attaché ou éguilleté au ton du mât, de-là il delcend verticalement jufqu’au deffous des jottereaux, où il eft lié & uni de nouveau au corps du mât. Enfuite il vient fe rider fur le beaupré en arriéré des autres étais de mifaine. Les étais font ridés avant les haubans, & toutes ces rides font tendues à laide des ca-liornes capelées au ton du mât. Enfin le bas-mât de mifaine eft auffi comme le bas grand-mât, alfujetti dans l’étambrage du premier pont par des coins convenables.
- Nous fetnblons avoir négligé jufqu’à préfent de défigner les dimenfions de tous les cordages dont nous avons parlé. Mais nous nous propolbns de donner à la fin de ce Chapitre une Table de toutes les dimenfions des cordages relatifs , loit aux mâts, foit aux vergues.
- Le bas-mât d’artimon a auffi des haubans & un étai. Les haubans font en moindre nombre que ceux des autres bas-mâts : il y en a julqu’à fix de chaque côté du bas-mât d’artimon d’un gros vailfeau. Le premier hauban capelé eft celui de ftribord. Chaque hauban porte auffi un cap de mouton, qui eft ridé avec un autre cap de mouton enchaîné & fixé fur le bord du portediauban correlpondant. L’étai d’artimon, qui eft unique, porte auffi une moque qui
- fe ride avec une fécondé moque éguilletée autour du grand mât, à la hauteur de 4 pieds au-delfus du gaillard.
- Tels font les moyens qu’on emploie pour aflujettîr & maintenir les trois mâts verticaux établis dans un vailfeau. Il nous refte à parler des précautions quon prend pour contenir le mât de beaupré. Déjà, en expolànt comment étoit conftruit Ion étambrage , nous avons fait remarquer que non-feule* ment fon pied repofoit fur un couffin qui portoit fur le premier pont, mais auffi que des flafques & des montans verticaux fervoient à le refferrer Sc à le maintenir dans une fituation déterminée. Cependant ce mât, fur lequel font attachés les étais de mifaine & ceux des mâts plus élevés , a befoin d’être foutenu fortement contre les efforts de ces manœuvres, ainfi que contre les effets dangereux des tangages violents qui tendent toujours à ébranler ce mât incliné , l’appui des autres mâts. C’eft pour prévenir tout inconvénient , qu’on a imaginé de lier étroitement le beaupré avec l’éperon du vailfeau. Cet éperon a deux mortaifes placées à quelque diftance au*deffous du mât. Un allez gros cordage pafle par une de ces mortaifes, vient par-delïùs le beaupré, & delcend encore pafler par la même mortaife pour revenir encore lur le beaupré, & faire plufieurs tours qui compolènt enfemble une
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- 64 DESCRIPTION
- des liures de beaupré. Un fécond cordage paffe auffi plufieurs fois , & dans la fécondé mortaife de l’éperon & par-deffus le beaupré , Sc fait ainfi la deuxieme liure de beaupré. Enfuite les tours de chaque liure font bridés en faiffeau au - deffous du beaupré , par le moyen du bout de chaque cordage , Sc le beaupré eft auiîi fortement uni à féperon du vaiffeau. Comme ce mât eft incliné à fhorifbn , & que les tours de cordages qui corn-pofent fes liures tendent vivement à glifler le long du mât , on place en arriéré de chaque liure, fur le demi-contour du mât, une fuite de taquets qui s’oppofent à la defcente du cordage qui forme la liure. Ces liures ne fe-roient pas étroitement ferrées, fi on les faifoit lorfque les étais font fortement ridés. Auffi on commence par délivrer ce mât des efforts des étais déjà ridés ; mais comme le mât de mifaine doit toujours être maintenu dans la fituation que les étais ridés le forçoient de conferver, on fupplée à Teffort de ces étais par celui de deux candelettes qui s’accrochent à deux herfes portées par les deux bolloirs du vaiffeau. Ces candelettes qui font de grofles poulies , dont les pendeurs font capelés au ton du mât, fervent à maintenir le mât comme les étais mêmes. Alors le mât de mifaine étant retenu par les candelettes, on largue les étais Sc on fait les liures de beaupré, qu’on rend encore plus faciles en chargeant l’extrémité du beaupré du poids de quelques tonneaux. Les liures faites auffi commodément qu’elles peuvent l’être, on remet les étais à leur place, on les ride, on leur donne toute la roïdeur qu’ils avoient auparavant, Sc le ïècours de candelettes devenant alors inutile, on les larguej On ajoute à toutes ces précautions celle de mettre fous le beaupré une nouvelle efpece detai qui contribue encore à la folidité de ce mât. Un gros cordage paflè focceffivement dans deux poulies à deux rouets, dont l’une eft attachée au-deflous du beaupré entre les colliers des étais de mifaine , & l’autre eft fixée fur l’épaiffeur de l’éperon au-deflous des pieds de la figure qui termine l’avant d’un vaiffeau. Ce nouvel étai eft nommé Sous-barbe,
- Ici fe bornent tous les détails relatifs à l’établiflement des bas-mâts d’un vaiffeau ; ainfi il nous refte à nous occuper des mâts élevés. Quelques opérations précédent l’exhauffement ou le guindage des mâts partiels, tels que ceux de hune ou de perroquet. Le mât de hune, qui eft deftiné à fervir par fa longueur de prolongement au bas-mât, doit être non-feulement élevé à une hauteur déterminée, mais, lorfqu’il fera rendu à la place qu’il doit occuper, il faut qu’il y foit maintenu dans une pofition déterminée, Sc que fon poids d’ailleurs foie foutenu par le bas-mât. Ce font ces confidérations qui ont fait imaginer une hune portée par les barres du bas-mât, Sc un chouquet qui porte fur la tête du bas-mât qu’il recouvre; Les barres foutiennent le poids du mât de hune ; la hune permet d’étayer ce mât par des haubans ; le chouquet unit le mât de hune au bas-mât, & les jottereaux ainfi que les barres,
- empêchent
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- DE L'ART DE LA MATURE. Chap. III. empêchent que le pied de ce mât n’ait aucun mouvement latéral.
- Une hune eft une efpece de plate-forme qui , à la mer , fert à découvrir les objets éloignés, parce qu’elle eft très-élevée au-deffus du niveau de la mer ; mais cette raifon n’a pas fait adopter les hunes fous la forme qu’on leur donne. On a eu pour but, en les imaginant, de s’en fervir pour aflujettir le mât de hune par des haubans qui, capelés à la tête du mât de hune, fè-roient ridés avec des caps de mouton fixés fur le bord de cette hune. Les haubans du mât de hune forment donc avec ce mât un angle proportionné à la longueur de la hune , & les dimenfions des hunes varient luivant les vaifleaux. La Figure 66 préfente la forme d’une hune.
- La hune du grand mât, mefurée de ftribord à bas-bord , eft d’une largeur égale à la demi-largeur du vaiiTeau. Son étendue de l'avant à l’arriere eft à peu-près la même. Elle n’eft raccourcie que d’un vingtième de la demi-largeur du vaifiëau. Au milieu de la hune il y a une ouverture quarrée (à peu-près), Sc qui eft deftinée pour le paflàge, foit du ton du bas-mât, fbit du pied du mât de hune. La largenr de cette ouverture eft égale auxrr du diamètre de la hune, & fa largeur de ftribord à bas-bord eft égale aux t du même diàmetre. La hune de mifaine a un pied de moins en diamètre que la hune du grand mât, & la hune d’artimon a un pied de plus en diamètre que le demi-diametre de la grande hune. De cette façon on voit que ces hunes placées fur les barres des mâts ne doivent les excéder que de trois pouces de tous côtés.
- Une hune eft faite de planches de ftp in affemblées & réunies par leur épaifleur. Lorfqu’on veut la conftruire , on commence par former l’ouverture quarrée qui régné au milieu. Deux planches ou bordages font placés dans le fens de la longueur , Sc à une diftance égaie à la largeur de cette ouverture. Deux autres planches, placées à une diftance réciproque égale à la longueur de l’ouverture, croifent les premières planches, Sc achèvent de former le quarré de la hune. A côté de ces planches on en place de nouvelles dans les deux fens, & elles font liées entre elles par des fiches de fer pointues des deux bouts , Sc enchaflees dans l’épaiiTeur de ces planches. La Figure 66 fait connoître l’ordre & l’arrangement de ces planches. Enfuite fur le bord de ce bâti on met un bordage de chêne ou d’ormeau qui a 8 pouces de largeur Sc I pouce f d’épaifleur ; il recouvre & l’avant de la hune & les côtés de ftribord Sc bas-bord. Le feui côté arriéré n’eft pas recouvert par ce bordage nommé Guérite. Cependant avant de placer la guérite on arrondit les angles de l’avant de la hune, & on donne à cette partie la forme indiquée dans la Figure. La guérite eft reçue dans une entaille faite à mi-bois dans les planches qui compofent le fond de la hune. Sur cette guérite ftribord Sc bas-bord, on met une bande de fer qui, dans les gros vaifleaux, a J lignes d’épaifleur Sc 3 pouces y de largeur. Cette bande régné de chaque côté depuis le point du Mature. R
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- DESCRIPTION
- FïG. 6j & 62.
- Fig. 6$.
- FïG. 67
- & 63.
- bord de la Lune qui correspond au mât de hune, jufqu’au bord poftérieur de la même hune. Par-deflus tout ce bâti on met enfin des taquets de chêne, qui femblent dans leur pofition être dirigés du centre aux divers points du contour de la hune. La tête du taquet porte fur le contour , Sc la queue aboutit aux côtés du quarré. Ces taquets font placés à 2 pieds de diftance Sun de l’autre dans la hune d’un grand vaifleau. Leur épaifleur à la tête eft de quatre pouces, de diminue jufqu’à n’être que d’un pouce à la queue des taquets. Ces taquets d’ailleurs portent une entaille de deux pouces ou un pouce Sc demi, correspondante & proportionnée à la guérite. C’eft ainfi que font conftruites les hunes de mifaine Sc d’artimon. La hune d’un mât eft placée fur les barres qui portent à leurs extrémités des œillets en fer, & dans le plan de la hune il y a des ouvertures correspondantes à ces œillets qui les traverfent, alors des cabillots introduits dans ces œillets unifient la hune avec les barres.
- Sur le bout du ton du bas-mât, il y a un chouquet qui le recouvre. Le mât eft terminé par un tenon, & le chuquet porte une mortaife proportionnée aux dimenfions du tenon. Le bout du mât s’engage ainfi dans cette mortaife , Sc le chouquet eft alors uni au bas-mât. Ce même chouquet eft Saillant en avant du bas-mât, Sc dans cette partie Saillante il eft percé d’un trou circulaire formé pour le paflage du mât de hune. Le chouquet eft un grand moyen de liaifon entre le bas-mât Sc le mât de hune. Le pied de celui-ci eft fàifi entre les barres du bas*mât , ôt le corps de ce mât de hune eft retenu
- par le chouquet. Les dimenfions du chouquetfont proportionnées àfon importance & à Son utilité. Sa forme eft celle d’un folide quadrangulaire , dont la bafe plane eft un quarré, dont les faces latérales font auflî des Furfaces planes, & dont la lace Supérieure a une courbure qui, d’ailleurs, eft aflez arbitraire. Elle eft telle cependant que la plus grande épaifleur du chouquet correfpond au ton du bas-mât. Cette grande épaifleur eft le f du diamètre du mât de hune. La plus petite épaifleur, qui eft celle du bord inférieur du chouquet, eft la moitié de la grande. La longueur ainfi que la largeur du même chouquet font égales à 2 fois y , le diamètre du ton du bas-mât. Les chouquets font de chêne ou d’ormeau. Souvent ils font compofés de deux pièces qui font liées enfomble par deux chevilles qui les traverfent, & qui font retenues à l’avant Sc à far-riere du chouquet par deux bandes de fer. Sur le plan de la bafe d’un chouquet, Sc parallèlement à fa longueur, il y a de chaque côté une bande de fer defti-née à foutenir des pitons qui fervent à porter des poulies néceflaires au guin-dage du mât de hune Sc à d’autres manœuvres. La forme Sc la coupe d’un chouquet font préfentées dans les Figures 67 Sc 68.
- Eorfque les barres , la hune & le chouquet d’un bas-mât font en place, c’eft réellement alors qu’on s’occupe à élever un mât de hune. Voici comment fo fait cette opération.
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- DE rART DE LA MATURE. Chap. III. 67 Déjà en conformant le pied du mât de hune, nous avons remarqué qu’il portoit des rouets inférés dans fon épaifleur 9 8c qui ont un diamètre égal à celui du pied du mât. C’eft autour de ces rouets 8c d'une poulie de guin-derefle accrochée à un piton de ehouquet, qu'on fait palier un allez gros cor-dage qui defcend & qui vient fe garnir au cabeftan. Le mât de hune eft élevé ou guindé à laide de ce fyftême de poulies de rouets & de guinderefle. Lorfqu’il s eleve, il eft maintenu & obligé de fuivre une direélion déterminée ; car il pâlie entre les barres du bas - mât, & par le trou circulaire du chuquet. Ce mât eft guindé jufqu’à ce que Ion pied vienne remplir fefpace quarré, formé par les barres, les jottereaux & la jumelle , & jufqu’à ce que le trou pratiqué dans ce même pied de mât pareille au-deflus des élongis. Alors on introduit dans ce trou une clef de fer (fig. 69.) Le mât eft enfuite abandonné à fon propre poids, qui eft foutenu par les barres fur lefquelles porte la clef de fer. Le mât de hune fe trouve ainli foutenu 8c lié au mât inférieur par les barres & le ehouquet. On ajoute à la Iblidité de cette union par des haubans, des étais 8c des galaubans. Avant de placer ces cordages, on capele à la tête du mât de hune un aflemblage de barres élongis 9 8c traverfins qui porte fur l’épai fleur de la noix du mât , ou fur cet excédent d’épaif-feur qu’on a laifle à la tête de ce mât en le conformant. Ces barres font né-celfaires au foutien 8c à Fécabliflèment du mât de perroquet. Elles font au nombre de cinq r deux élongis & trois traverfins. Les traverfins du grand mât de hune ont une longueur égale aux tt de celle des traverfins du grand mât. Leur largeur eft tt de la longueur, 8c l’épaifleur eft la moitié de la largeur. Ils ont une courbure dans le fens de leur longueur, qui eft* telle que la fléché du milieu eft égale à leur largeur. Les ordonnées du contour de la barre font calculées par la méthode expofée précédemment , relativement à la courbure des traverfins de grand mât. Les élongis font droits 8c fans courbure. Leur longueur eft les f de celle des traverfins ; leur largeur eft tt de leur longueur , & leur épaifleur eft égale à celle des traverfins. Les élongis & les traverfins font entaillés l’un vis-à-vis de l’autre , afin qu’on puifle les aflembler comme les barres du bas-mât. La diftance du traverfin du milieu à celui de l’arriere eft égale au diamètre du ton du mât de hune , & la diftance du même au traverfin de l’avant, eft égale au côté du pied du mât de perroquet. L’aflem-blage de ces barres étant placé fur la noix du mât de hune, eft cloué au mât de hune ; alors on capele les haubans, qui font au nombre de fix de chaque côté , dans les grands vaifleaux. Par -deflus ces haubans on capelle deux étais; X0, le faux étai & puis l’étai, 8c enfuite trois galaubans de chaque côté. Tel eft le capelage du grand mât de hune. Il eft le tableau du capelage & du petit mât de hune & du mât de perroquet de fougue. Chacun de ces mâts porte un fyftême de barres. Celles du petit mât de hune font égales aux barres
- Fig. 69,
- Fig. 6p.
- Fig, 6$*
- Fig. 70,
- Fig. 6$.
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- 58 DESCRIPTION
- du grand mât de hune. Celles du perroquet de fougue ne font qu’au nombre de quatre , deux traverfins conformés comme les autres, 6c deux élongis. Le troifieme traverfin du milieu, qui fe trouve dans les autres fyftêmes de barres, eft ici remplacé par un petit traverfin qui ne départe pas les élongis. On ca-* pele au petit mât de hune autant de haubans, d étais & de galaubans, qu’au grand mât de hune. Le mât de perroquet de fougue efl foutenu par quatre haubans dans les grands vaifleaux , un étai, & deux galaubans*
- L’étai du grand mât de hune vient parter dans une poulie capelée & pendante à l’arriere du mât de mifaine , & defcend fe rider à l’aide d’une poulie placée fur le gaillard au pied du mât de mifaine. Le faux étai parte dans une poulie éguilletée au mât de mifaine fous les jottereaux, & defoend auffî fur le gaillard où il efl: ridé & arrêté. Les haubans de ce mât portent a leur extrémité des caps de mouton qui fervent à les rider avec d’autres caps de mouton ferrés qui leur correfpondent, Sc qui font placés fur le contour de la hune du bas-mât. Nous avons dit plus haut que le bord fopérieur de la hune était recouvert d’une bande de fer de chaque côté du mât. Cette bande efl percée de plufieurs ouvertures, dont le nombre efl égal à celui des hau-Fig. n u bans du mât de hune. Des caps de mouton qui ont une eftrope ou ceinture en fer plat -, avec une allonge de fer , font placés au-deffus de la hune 6c vis-à-vis ces trous , de forte que leurs allonges traverfent ces trous. Cette allonge fe nomme Latte, 6c chaque latte porte à fon extrémité un œillet ou trou rond. Un croc porté par un cordage s’engage dans cet œillet, & les deux Fig. 72. branches du cordage qui portent le croc font amarrées au-deflous de la hune aux haubans du bas-mât. Les caps de mouton des haubans du mât de hune fe rident fortement avec ceux qui font fur le bord de la hune, & le mât de hune efl: ainfi maintenu dans une pofition fixe 6c déterminée. Ces haubans , cette hune, font unis au bas-mât, 6c dépendent immédiatement de fa fermeté; ainfi on a jugé à propos de retenir le mât de hune par des cordages qui feroient immédiatement attachés au corps du vairteau. Ces cordages font Fig. 65. nommés Galaubans. Capelés à la tête du mât de hune, ils defoendent jufqu’aux porte-haubans , où ils fe rident avec des poulies accrochées à ces porte-haubans. Le premier galauban efl placé entre le quatrième 6c le cinquième hauban du bas-mât. Le fécond entre les deux derniers haubans , 6c le troisième , à quelque diftance du dernier hauban. Ils font avec le mât de hune un angle plus grand que celui de ces haubans, 6c fervent, par conféquent, à mieux le fou tenir.
- Nous avons dit que le cordage qui portoit le croc deftiné à retenir la latte de hune étoit amaré aux haubans inférieurs ; mais nous n’avons pas détaillé, ni à quel point de ces haubans fe faifoit cet amarrage, ni comment on le ren-
- doit 6c folide 6c durable : c’eft donc maintenant ce qu’il s’agit d’expofer. Ce
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- cordage qui porte le crochet ou croc dont nous avons parlé , fe nomme gambe de hune. Il vient s’amarrer fur les haubans, en un point autant éloigné du bord de la hune qu’il y a de diftance entre ce même bord, Sc le bout du ton du bas-mât. Les gambes font retenues fur les haubans par un amarrage qui n’eft folide & qui ne peut glifïèr que parce qu’on fait fur les bas-haubans un trelingage ; c’eft-à-dire , depuis le premier hauban arriéré , jufqu’au deuxieme hauban avant exclufivement. On place horifontalement un vieux cordage en double nommé quenouillette, qui croife tous ces haubans en paflant alternativement derrière & devant ces haubans , Sc en les croifànt dans fon cours. Ce premier cordage ainfi arrangé eft retenu dans cet état par autant d’amarrages en bitord qu’il y a de haubans croifés. Enfoite comme l’opération eft faite fur les haubans de ftribord, comme fur ceux de bas-bord. On unit en-femble les haubans Sc les quenouillettes des deux bords par un nouveau cordage. Un bout de ce cordage eft amarré au premier hauban de bas-bord , Sc fe rend au premier hauban de ftribord ; il revient de-là au fécond hauban de bas-bord, Sc ainfi de fuite alternativement. Ces tours de cordages étant faits , ils font divifés en deux faifceaux qu’on bride au milieu, à l’aide d’un toron, afin de les roidir davantage. Ces quenouillettes & ces cordages qui croifent les haubans d’un bord aux haubans de, l’autre bord, compofent un tout que les Marins nomment trelingage. Les gambes de hune font ainfi amarrées très-folidement for les quenuuilleuca , ainfi cpc .fol les haubans correspon-
- dants.
- L’étai du petit mât de hune fe rend de la tête de ce mât où il eft capelé* à une poulie éguilletée au bout du beaupré ; Sc de-là il defcend for les liu-res de beaupré où il eft roidi à l’aide d’un palan. Le faux étai du même mât fuit l’étai : les haubans du petit mât de hune & les galaubans font placés Sc roidis de la même maniéré que ceux du grand mât de hune.
- L’étai du perroquet de fougue vient pafler dans une poulie éguilletée autour du grand mât, au-deffous des jottereaux. Dans les grands vaifleaux le perroquet de fougue a des haubans , des galaubans placés comme ceux des autres mâts.
- La tête du mât de beaupré eft auffi garnie d’un chouquet ; mais il eft en fer , & fa forme eft repréfentée dans la Figure 73. L’ouverture fe mi-circulaire de ce chouquet embralïe le tenon du mât ; Sc l’ouverture circulaire eft deftinée au patTage du boute-hors ou bâton de foc. Ce boute-hors étant mis en place prolonge le beaupré d’une longueur égale aux deux tiers du beaupré ; fon extrémité eft éguilletée for le contour du mât.
- Les mâts de hune font déjà garnis de leur chouquet Sc de leurs barres qui me portent pas de hune comme celles des bas-mâts ; ainfi les mâts de perroquets peuvent alors être guindés & mis en place. Les dimenfions des Mature* S
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- yo DESCRIPTION
- chouquets des mâts de hune & du perroquet de fougue font calculées comme celles des chouquets des bas-mâts. Chaque mât de perroquet élevé à la hauteur convenable, eft fbutenu fur les barres du mât de hune, à l'aide d'une clef de fer, qui porte tout le poids de ce mât. Enfoite on capele à la tête de ce mât tous les cordages ou toutes les manœuvres nécelfaires à fbn éta-bliffement, tels que des haubans, un étai Sc des galaubans. Le nombre des haubans d'un mât de perroquet eft celui des traverfins. L’extrémité de chaque hauban paflè dans un trou pratiqué au bout de chaque traverfin, & vient fè rider à l'aide de deux cottes , dont l’une eft au bout du hauban de perroquet , Sc l'àutre eft attachée au hauban correfpondant du mât de hune. Cette derniere eft placée au-deflous des barres, à cinq pieds du capelage. L’étai du grand mât de perroquet paffe dans une poulie capelée au ton du petit mat de hune> Sc defcend fè rider avec une poulie éguilletée au traverfin du mât de mifaine. Il y a deux galaubans pour afîujettir plus fortement le mât de perroquet , Sc ils defcendent de la tête de ce mât jufqu'aux porte-haubans où ils font ridés folidement. Le petit mât de perroquet eft foutenu de la même façon ; les haubans Sc les galaubans font placés de la même maniéré : fon étai defcend jufqu’à l'extrémité du bâton de foc , & là il paflè dans une poulie éguilletée, pour venir s’amarrer à l'eftrope de la moque d’étai de mifaine.
- Lorfque le mât d'artimon porte un mât de perruche, fbn étai vient s’ama-rer au-deflus du grand chouquet, autour du mât de hune. Il a deux haubans & deux galaubans de chaque côté ; fes haubans paflent par les trous faits au bout des barres du perroquet de fougue, Sc s’amarrent fur les haubans de ce dernier mât : les galaubans fè rendent aux porte-haubans d'artimon, où ils font retenus Sc roidis autant que l’exige la folidité de ce mât.
- Tel eft l'appareil néceflâire & mis en ufàge pour placer & pour maintenir les mâts d'un vaiflèau dans la fituation qui leur eft aflîgnée. C'eft par de tels moyens que les mâts font unis étroitement à un vaiflèau auquel ils doivent communiquer l’effort des voiles enflées par les vents, & cette communication ne fè faifânt quà l'aide des vergues qui foutiennent les voiles, il devient eflèntiel d'ajouter aux détails précédents des éclairciflèments for la pofition des vergues, Sc fur les moyens employés, foit pour les élever & les mettre en place, foit enfin pour les foutenir dans une fituation déterminée.
- Toutes les vergues d'un vaiffeau, excepté celles d’artimon, font placées horifontalement, & élevées plus ou moins au-deflus du niveau de la mer • leur poids eft foutenu par le mât auquel elles font étroitement liées, Sc chaque vergue eft unie à ce mât, indépendamment des autres vergues, de forte que chacune peut être fopprimée féparément elles font donc toutes établies féparément : ainfi nous allons parler de cha-que vergue en particulier.
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- DE VA RT DE LA MATURE. Chaf. III. 7r
- Lorfqu’on veut élever la grand’vergue à la place quelle doit occuper, on éguillecte deux poulies à trois rouets , placées de part & d’autre de cette vergue , & éloignées de quatre pieds entr elles. Deux autres poulies font auflî éguilletées au ton- du mât, au-deflus du capelage. Un gros cordage nommé drijfe , pafle dans les poulies de la vergue, & dans celle du ton du mât : une de fes extrémités s’amarre au ton du mât, & l’autre bout de la drille fo garnit au cabeftan qui, en tournant fait élever la vergue jufqu’à une hauteur déterminée qui eft celle du trelingage. Si ces drilles forvent à hilïèr ou élever la grand’vergue , elles ne foutiennent pas fon poids à la mer. Un autre cordage nommé fufpente eft deftiné à cet ufàge. La fofpente pafle dans une coffe placée exactement au milieu de la vergue entre les poulies de drille, & enfoite elle embrafle le ton du mât au-deffus du capelage où elle eft amarrée. Cette fofpente foutient prefque feule tout le poids de la grand’vergue lorfqu’un vaifleau eft à la voile. Les extrémités de la grand’vergue font cependant maintenues & même foutenues par de nouveaux cordages nommés balancines : leur nom peint leur ufage. Comme la vergue doit être conftam-ment horifontale , les balancines fervent à balancer les extrémités de cette vergue, & à élever celle qui tendroit à s’incliner par une caufe quelconque. Pour établir ces balancines, on capele, à chaque bout de vergue, une poulie nommée poulie de bout de vergue. Chaque cordage deftiné à fervir de balancine eft attaché for la vergue par une de fos extrémités , ( 8c cela s’appelle faire dor~? mantfur la vergue). Le courant de la balancine s’élève à une poulie à deux rouets, amarrée au chouquet du bas-mât, & de-là elle vient pafîer dans la poulie for la vergue , remonte à la poulie du chouquet, & defoend enfin par le quarré de la hune , pour venir s’amarer au fécond hauban avant. La vergue eft ainfi fcutenue, & par une fofpente & par des balancines. Ces premières manœuvres permettent à la vergue de faire avec l’axe de longueur du vaifleau , tels angles que les vents 8c les circonftances peuvent rendre néceflâires à la mer. Ainfi comme on eft obligé de varier fouvent ces angles-là , on facilite les mouvements de la vergue par le moyen de deux manœuvres ou cordages nommés bras, qui font placés aux deux extrémités de cette vergue. C’eft à cet effet qu’on capele aux deux bouts de la vergue une poulie de bras; & c’eft dans cette poulie que pafle le bras de la grand’vergue : il eft attaché ou il fait dormant par une de fes extrémités au bord du couronnement du vaifleau. Le courant, après avoir pafle dans la poulie de bras , fe rend de nouveau au couronnement pour pafler dans une poulie éguilletée près du dormant, & chaque bras s’amare enfoite à un taquet fur le gaillard. La grand’vergue eft liée au bas-mât par deux cordages nommés drojfes qui font formés de cuir , ou recouverts de cuir : le bout d’une drofle s’amare à ftribord, du mât for la vergue, embrafle l’arriere du mât, & vient
- Fîg. 74*
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- Fig. 7;.
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- pafier dans une cofle fîtuée fur la vergue à bas-bord du mât. Le bout de la» fécondé drofle s’amare au contraire à bas-bord du mât, pour fe rendre en fùivant le contour arriéré du mât, à une colle éguilletée fur la vergue à ftri-bord du mât. Les extrémités de ces drofles {ont liées à deux palans dont la poulie inférieure eft fituée au pied du mât, & à l’aide de ces palans , ces drof-fes preflent & ferrent le mât à volonté. La grandVergue eft alors unie à fon mât auffi étroitement que les circonftances peuvent l’exiger. Les autres manœuvres, ainfi que les autres poulies dont la vergue peut être gréée, font relatives aux voiles , & cet objet ne doit être traité que dans la defcription détaillée de la-voilure dun vaiflèau.
- Je dois cependant ajouter ici que le bout de la vergue eft conformé pour faciliter le mouvement du boute-hors qui eft retenu au-deflus de cette vergue par un lien de fer qui reflemble à un 8. La forme de ce bout de vergue eft deffinée Figure 7J*
- La vergue de mifaine eft élevée de la même maniéré que la grandVergue* Des poulies, des drifles fervent à la hifler ou à la mettre en place : une fuf-pente en foutient le poids à la mer ; des balancines pareilles la maintiennent horifontale , & des drofles t'unifient au mât qui la portent. Les extrémités font auffi garnies de poulies de bras, & ces bras font dormants fur Fêtai du grand mât auprès de la pomme, tandis que leur courant, après avoir pafle dans la poulie de bras, remonte à une poulie platée près du dormant fur le grand étai. Ce bras pafle enfuite au-deflus de la grandVergue , & par une poulie éguilletée au capelage du grand mât, pour defcendre enfuite verticalement aa pied de ce mât où il eft amaré à un taquet.
- La vergue de grand hunier porte deux poulies Amples éguilletées de chaque côté du milieu de cette vergue , ceft dans ces poulies que palfent les cordages employés à hifler la vergue de grand hunier. Ces cordages ne fo nomment pas drifles comme aux bafles vergues, mais itagues. Le dormant de chaque itague fe fait au ton du mât de hune ; le courant pafle & dans la poulie fur la vergue & dans une poulie capelée au ton du mât ; les extrémités de ces itagues defcendent enfuite à Farriere du mât, & portent une poulie double qui forme un palan avec une fécondé poulie fixée fur les porte-haubans à Farriere des galaubans* Le cordage qui pafle dans le palan fe nomme drijje. Ceft à laide de ce palan que la vergue de grand hunier eft mife en place, & foutenue même à la mer. La manoeuvre en ufage pour hifler le petit hunier eft abfolument femblable à celle-ci. Les vergues de grand & de petit hunier ont des balancines : le dormant de ces manœuvres fo fait au piton du chouquet, & le courant, après avoir pafle dans une poulie capelée au bout de la vergue, s’élève à une poulie capelée par deflus les haubans de hune, & defcend enfin par le quarré de la hune pour être 'amarré à un taquet du
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- quatrième hauban ; des bras fervent auffi à orienter ces vergues. Une poulie eft capelée à chaque bout de vergue. Le bras du grand hunier qui pafle dans cette poulie, fait dormant au ton du mât d'artimon* au~deflus des jottereaux* Sc repafle dans une poulie attachée à un cordage nommé pandeur > qui eft capelé au mât d artimon ; delà il defcend , en paflànt par une poulie fixée au premier hauban d’artimon , & vient s’amarrer fur le gaillard. Le bras du petit hunier fuit à peu-près le même cours que le bras de la vergue de mifàine. Le dormant de ce bras eft fait fur le grand étai près de la pomme , mais en arriéré du dormant de bras de mifàine. Le courant, après avoir paffé dans la poulie de bras * ie rend a une poulie fur Tétai près du dormant* Sc depuis cette derniere poulie le bras accompagne celui de mifàine. Les vergues de grand & de petit huniet ne font pas liées à leur mât refpeétif comme les baffes vergues par deux droites*
- Ces vergues doivent être élevées Sc abaiflees avec la plus grande facilité ; Sc c eft pour aider ces mouvements qu’on a compofé un fyftême de boules Sc de bigots, fig. 75, qu’on nomme racage. Le racage lié à la vergue embrafle le F1G.7&* mât * Sc permet à la vergue de glifler à volonté le long du mât de hune*
- Si on veut avoir l’idée de ce racage, qu’on imagine des boules de bois, nommées pommes , percées d’un trou qui les traverfe diamétralement , & des bigots dont la forme eft repréfentée dans la Figure 77. Ces bigots font auffi Fig. 77* dans leur longueur percés d’autant de trous qu’il doit y avoir de rangs de pommes dans le racage. Si on imagine enfùite qu’un cordage nommé bâtard, traverfe Sc ces pommes Sc ces bigots arrangés fymmétriquement Sc dans Tordre repréfenté dans la Figure 76. Le nombre des bâtards eft égal au nombre Fig. 7^ des rangs de pommes , Sc l’aflfemblage de ces pommes , de ces bigots Sc des bâtards fe nomme racage. Les racages des vergues de hunier , font quelquefois de deux rangs de pommes, & quelquefois de trois. Les bouts des bâtards du racage , lorfque celui-ci emb rafle l’arriere du mât, pafle par-devant la vergue , en le croifànt de ftribord à bas-bord , Sc après avoir croifé plufieurs fois ils viennent s’amarrer à la vergue.
- La vergue du grand perroquet porte au milieu une cofle dans laquelle on accroche le croc de Titague qui fert ji hifler la vergue. Cette itague pafle dans un rouet pratiqué dans Tépaifleur de la tête du mât ou dans la noix du mât, fuivant le langage des Marins, Sc cette itague paflànt ainfi de T avant à l'arriéré du mât, porte à fon extrémité , une poulie fîmple dans laquelle pafle une driffe qui depuis cette poulie fe fépare en deux branches qui defcendent s'amarrer à ftribord Sc à bas-bord. Ce moyen employé pour hifler le grand perroquer , fert auffi à hifler le petit perroquet. Chaque balancine de ces vergues eft fîmple, terminée par un œillet ; chacune eft capelée au bout de vergue ; leur courant pafle dans une cofle capelée au mât de perroquet d'où elle defcend dans la hune correfpondante pour y être amarrée. Les bras de la Mature. T
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- vergue de grand perroquet font fimples : ils font capelés par un œili'et au bout de la vergue : ils fe rendent à deux poulies éguilletées à la tête du niât de perroquet de fougue, & ils defcendent fur la dunette où ils s’amarrent ftribord & bas-bord fur le fécond hauban d’artimon. Chaque bras du petit perroquet fe rend à une poulie éguilletée au capelage du grand mât de hune , & defcend s’amarrer fur le gaillard d’arriere près des bras de mifaine & de petit hunier. Un racage fimple unit ces vergues à leur mât relpeétif.
- La vergue d’artimon eft inclinée à fhorifon fous un angle de 4$° : elle porte une poulie à deux rouets qui eft éguilletée fur la vergue , en un point placé en avant de fon milieu, d’une longueur égaie à celle de la circonférence de cette vergue. Une autre poulie à trois rouets eft capelée au ton du mât, & elle eft placée à l’arriere de ce mât entre les élongis. Une drilîe , dont le dormant eft fait fur la vergue , paiTe fucceflivement entre ces deux poulies , & vient enftiite s’amarrer aux porte-haubans de bas-bord entre le premier 8c le fécond hauban. Cette vergue qui eft fituée à ftribord du mât, eft élevée à la place qu’elle doit occuper par le moyen de ces poulies ; une fulpente fert à foutenir fon poids. Cette fulpente embralfe le ton du mât & pafle dans une herfe qui eft lur la vergue : l’extrémité de cette vergue inclinée ,, eft foutenue par un cordage nommé Martinet, qui fert à la maintenir fous l’inclinaifon qu’elle doit conftamment avoir. Le martinet fait dormant au ton du mât de perroquet de fougue 5 le courant paftè dans une poulie Capelée au bout de la vergue d’artimon, repafle dans une autre poulie capelée à la tête du mât de perroquet de fougue , & vient enfuite s’amarrer au premier hauban en arriéré. Un racage fimple unit cette vergue au mât : un des bouts du battant porte une cofle 8c l’autre bout une moque. Le bâtard tourne autour du mât & de l’herfe de la poulie de drilfe , & le bout qui porte la colfe tra-verfe la moque. C’eft enfuite à l’aide de cette cofle & d’un palan fixé au gros bout inférieur de cette vergue , que le bâtard eft roidi & que la vergue eft ferrée plus ou moins étroitement contre le mât ; le gros bout inférieur de la vergue eft auflî retenu de chaque côté par des manœuvres nommées ours d!artimon. Ces cordages fervent à faire tourner plus ou moins la vergue autour du mât, afin de lui faire faire un angle plus ou moins grand avec l’axe -de longueur du vaifleau. C’eft à cet effet que le cordage qui forme fours de ftribord fait dormant fur le premier hauban arriéré du grand mât ; il paffe dans une poulie fixée fur le bout de la vergue , 8c de-là vient s’amarrer ftir un taquet des haubans de ftribord du grand mât, il en eft de même de fours de bas-bord.
- La vergue feche ou barrée eft la feule qui ne /bit pas liée au mât qui la foutient, ou par une drofle ou par un racage. Son poids eft porté par un fulpente qui pafle dans une poulie éguilletée fur le milieu de la vergue 9 8c
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- qui embrafîe le ton du mât autour duquel elle eft amarrée. Cette vergue eft horHontale , & elle eft placée au-defîous de la hune d'artimon. Ses baiancines font dormant au piton du chouquet, & le courant, après avoir pafTé dans une poulie capelée au bout de la vergue , revient à une poulie éguilletée au piton !du chouquet pour defcendre enfuite s’amarrer au quatrième hauban. A ces baiancines on ajoute deux autres elpeces de baiancines, nommées mouftaches de vergue feche. Ce font deux cordages tous deux amarrés au ton du mât, & qui portent à leur extrémité un cap de mouton. Chaque mouftache fe rend fur la vergue, l’une à ftribord & l’autre à bas-bord, pour y être ridée avec un autre cap de mouton placé à 6 pieds de diftancç du milieu de la vergue. Cette vergue barrée eft ainfi loutenue & par une fufpente & par deux baiancines , & par deux mouftaches. Chaque poulie deftinée au paffage des bras de cette vergue , n’eft pas capelée à les extrémités ; mais chacune eft éguilletée fur cette vergue, à fix pieds de diftance de fes extrémités. Le bras de bas-bord fait dormant au premier hauban arriéré de ftribord du grand mât, fur le trelingage , il pafle dans une poulie de la*vergue , & dans une autre fixée près du dormant : il vient enfuite s’amarrer au taquet du premier hauban arriéré du grand-mât. Le bras de ftribord fe rend à bas-bord en fuivant une route pareille à celle du bras de bas-bord.
- La vergue de perroquet de fougue porte une poulie d’itague éguilletée fur le milieu de cette vergue. L’itague fait dormant à la tête du mât de perroquet de fougue. Elle paffe dans une poulie deflus la vergue, & fe rend à une poulie au ton du mât, on a un rouet pratiqué dans, là tête de ce mât, pour paffer à l’arriere de ce même mât où fon extrémité porte une poulie de driffe. La driffe pafle donc dans cette poulie double, & dans une autre poulie fimple placée fur le bord du vailîeau en arriéré des galaubans de perroquet de fougue. Cette vergue eft unie au mât par un racage double. Les baiancines de cette vergue font fimples comme celles des vergues de perroquet. Leur extrémité porte un œillet qui fe capele au bout de vergue. La balancine paffe dans une poulie éguilletée au ton du mât, & delcend s’amarrer au quatrième hauban du bas-mât. Les bras de cette vergue font fimples & terminés par un œillet. L’un paffe de ftribord à bas-bord, & l’autre de bas-bord à ftribord, comme les bras.de la vergue feche. Us fe rendent aux premiers haubans arriéré du grand-mât, au- deftus de ceux de la vergue feche.
- La vergue de perruche porte une coffe éguilletée fur le milieu de fit longueur. Dans cette coftè eft accrochée l’itague qui s’élève & paffe dans un rouet pratiqué près du ton du mât de perruche. L’extrémité de l’itague qui paffe à l’arriere du mât, porte auffi une poulie de driffe, & on hiffe la vergue de perruche à l’aide d’une driffe , dont les deux branches s’amarrent de chaque côté du vailfeau. Des baiancines fimples paffent dans des coffes fixées à la
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- 75 DESCRIPTION
- tête du mât, & defoendent s’amarrer près de ceux du'perroquët de fougue* Le racage qui unit cette vergue au mât eft femblable à celui des perroquets*
- La vergue de civadiere porte une poulie éguilietée fur le milieu de £i longueur. Dans cette poulie pafle une fofpente qui embrafle le beaupré. Le poids de la vergue eft foutenu par cette fufpente ; mais comme ce même poids tend à la faire glifler le long du beaupré qui eft incliné à l’horifon, on a imaginé de fixer au bout de ce mât un palan, dont la poulie inférieure accroche une colle éguilietée fur la poulie de fofpente. Le dormant du garant du palan eft for fherfe de la poulie de fufpente , & le courant vient s’amarrer, fur le gaillard-d’avant. Ce palan eft nommé Valan-de-bout , & il empêche que la vergue portée par la fofpente nommée Civière , ne s’éloigne du point déterminé du beaupré auquel il doit correfpondre. Ce point eft fitué au quart de la longueur extérieure ou de la faillie du beaupré. Une poulie eft capelée aux extrémités de cette vergue pour le paflage de chaque balancine, dont le dormant fe fait au bout du beaupré, & dont le courant, après avoir pafle dans la poulie du bout de vergue, ainfi que dans celle du bout de beaupré, vient s’amarrer aux liures de beaupré. Cette vergue eft encore foutenue par deux mouftaches formées comme celles de vergue feche. Le dormant de chaque mouftache eft fixé au bout du mât de beaupré, & le cap de mouton porté par leur extrémité eft ridé avec un autre cap de mouton éguilleté fur la
- Vergue , à une diftance du milieu de cette vergue égale au fixieme de fà
- longueur. Chaque bras de cette vergue fait dormant au haut de l’étai de mi-faine près de la pomme, le courant pafle dans une poulie de bout de vergue , & remonte au haut de l’étai, près du dormant. De-là chaque bras fe rend à deux poulies fixées aux traverfîns de la hune de mifaine, pour defeendre en arriéré du mât, & s’amarrer fur le gaillard.
- La vergue de Contre-civadiere eft placée à quelques pieds au-delà du chouquet de beaupré. Elle porte une poulie éguilietée au milieu de fà Ion-1 gueur. Une driffe, dont le dormant eft fait au bout du bâton de foc, pafle dans la poulie de drifle fixée fur la vergue, remonte au bout du bâton de foc, pour embraffer un des rouets pratiqué dans la pomme, & defeend en-fuite pour s’amarrer fur le gaillard-d’avant. Cette vergue eft liée au bâton de foc par un racage fimple. Ses balancines font fimples ; chacune capelée au bout de vergue pafle dans un rouet de la pomme du bâton de foc, & vient s’amarrer au coltis. Les bra$ fimples font capelés aux bouts de la vergue, & fui-vent ou plutôt accompagnent les bras de la vergue de civadiere.
- Tels font les noms, les lieux & les fonétions de toutes les manœuvres qui fervent foit à élever, foit à foutenir, foit à orienter les vergues d’un vaif feau. Nous avons, dans ces détails, élagué tout ce qui pouvoit être relatif à la voilure, parce que ces objets ne font pas partie du travail que nous nous
- fommes
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- DE VAUT DE LA MATURE. Ch ap, III. 77
- femmes propofé. Cette diftraélion de ces dernieres manœuvres offre même un avantage. Ëlle contribue à la netteté néceflaire dans la defeription des objets que nous voulions faire connoître. Il ne nous refte plus maintenant qu’à donner, comme nous lavons promis , une Table des dimenîîons relatives, fbit des manœuvres qui fervent au gréement des vergues , foit des cordages employés à la garniture des mâts. Une telle Table qui terminera ce derniet Chapitre, nous paroît être le feul & dernier trait qui manque à ce tableau de la mâture. Nous allons l'expofer avec toute l'étendue néceflaire.
- La longueur du maître-bau eft encore ici la bafe fondamentale de la Ion-gueur des autres dimenfions des manœuvres d'un vai/feau. Il eft à propos, pour l'intelligence de la Table fuivante, d'obferver que les dimenfions font efti-mées en parties égales du compas de proportion. Ce compas eft /uppofé ouvert de façon que la ligne qui pafleroit par les points marqués 200 & 200 , feroit égale à autant de parties égales du compas qu'il y a de pieds dans le quadruple du maître-beau. Si, par exemple, le maître-bau eft de 40 pieds, la distance des extrémités du compas de proportion doit être de 160 parties égales* Les dimenfions des manœuvres font mefurées fur le compas parallèlement à cette ligne de diftance des deux extrémités, & la grandeur de ces lignes parallèles à cette bafe eft mefurée fur la ligne des parties égales du compas de proportion. Si , par exemple on veut connoître la longeur du grand étal d'un vaiffeau qui a 40 pieds de bau , comme la Table indique 45*, il faut, avec un compas commun, mefurer la diftance des points 45 & de l'échelle des parties égales, parallèlement à ligne 200 & 200. Cette diftance étant enfùite portée du centre du compas fur l’échelle des parties égales , on remarque combien elle vaut de parties égales, & chacune de ces parties vaut une brade, ce qui annonceroit dans le cas préfent que la Table afîîgne 36 braflfes de longueur au grand étai & à fon collier. On remarquera encore que dans cette Table, i° , les grodeurs des manœuvres font eftimées en pouces , & les longueurs en brades ; 20, qu'il y a deux efpeces de chiffres, Arabes & Romains, pour évaluer les longueurs des manœuvres. Lorfque les chiffres font Arabes, les parties égales qu'on détermine fuivant la marche indiquée précédemment, ne valent chacune que le cinquième d'une brade, & lor£ qu'ils font Romains , chaque partie égale vaut une brade. Si dans l'évaluation des groflfeurs il fe trouve de ces deux efpeces de chiffres ; lorfqu'ils font Arabes , chaque partie vaut le dixième d'un pouce , & lorfqu'ils font Romains , chaque partie vaut alors le cinquième d’un pouce.
- Ces éclaircidements font néceifaires & fuffifants pour l’intelligence parfaite de la Table fuivante.
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- Mature.
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- DESCRIPTION
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- Dimensions relatives des Manœuvres qui fervent au gréement des Mats
- ôC des Vargues dyun Vaiffeau quelconque.
- | ] Grand-Mât. I Mât de Mifaine. Mât d!Artimon. Mât de Beaupré.
- | Noms des Manoeuvres. Longueur. GrolTeur. Longueur. GrolTeur. Longueur. Groflèur. Longueur. GrolTeur.
- ! Bas- Mât. Bas- Mât. Bas- Mât. C„..„ A
- jL’Etai & fort Collier.......... XLV ÎQZ T T 2 T 6t- . t . - . t . 91 * 82 . JUUS» F _ > î 2 2 — - ..62 l
- |Le faux Etai & Ion Collier XLV 99•• ...... T T 2 . - _ - - T T r Barbe f 2
- fLe premier Hauban-avant...... ..81 10^........ 78, 00- - -- -- -- 68. —- - - - - . -
- |La ride de TEtai XLV 52 i<i A 2 - < 2 - - VU 2**..*.c
- Ride du faux Etai............. 2 1. ....... 60 - * - - . _ T _ 28
- Ride de Hauban. JZ, 60 AQ 47. 2 T
- DrilTe LXXXII.... LXXX 7T - LXI T 51* •••*••* T f . ...
- Le bras de grand’Vergue . . .... LXI \ 47 LIV........ 43. ....... xl y. >)* •**•**• 3 1. ....... t \rt
- Ralancine à Palan............. LXXXII i. . 42/ LXXIV. ...
- Baiancine fimple LXV\. .... 47.. Ilvi 50 2....... 42. ....... 1 < 1 VT i
- [Gambes de Hune... A 7 ! AT i AT. - 67 ^ T. . . 1 1 1 t
- Palan de Drolîes.... •. ........ LXV i T — . .
- Bâtard de Racage AT -------- 6° • -
- T „ f doubles. i6t -
- Les Ours |&fimples ' m r 3° 2
- Martinet XL i 50 2. ......
- Sufpente XLIf < 2 - ----- / - I
- Mouftache 60 A 2 — t7. .......
- gPalan de Bout. 807....... YYYVT 1
- St r> ' ("Première... t vvvvrr i • *94 O-
- ILiures de iseaupre. < r ^Deuxieme.. " J^AAAAIl -•
- LàaAII*# , 9 .«03» ......
- Mât de Hune. Grand Mât de Hune. Petit Mât de Hune. Mât de Per. de Fougue.
- L’Etai 161 1 02........ Tlil 88. . T .
- Le faux Etai Tli L <7.. ......
- Ride de l’Etai 111 -1. ..... . A2........ *r / 2##****»
- Ride de faux Etai 2 T * 5 u 2. •••••• •
- Ride de Galaubans & de Haubans. J!,,, 21 20.----T-T 3 6\ T4- 1 ....
- Un Hauban. 72........ 68 <7 <2 ....... . 2< 1
- Un Galauban. I<I , é7i J / • •••••*• 6i ~ I ZZ -7. 3°
- ïtapue LXII ‘ 5*4. «••••«. I JO t - <2 45 f.......
- Guinderefle. XCIX^. 88 LXXXIV -.. 8a i
- Iprilîe....................... cm 42. ....... xciï-...2 26-i XLIX
- Bras. LXI \ 42* LVI. J 2****#»* A2-- XL| 31. .......
- 'Baiancine. LXI | 42 LVI A 2 XXXVI i... 31
- Bâtard de Racage.. 10 il..,,... 42. 91. - . . - r T - 36 t 27. .,..... 31. .......
- Gambe de Perroquet 27........ 31 27. * . ^ t% % T 26. - -,
- Mât de Perroquet. Mât de grand Perroquet. Mât de petit i Perroquet.
- L’Etai 10. ....... z6 f
- Ride de l’Etai. J 2* * * * • • * 5 • • :
- Hauban 36.. ...... 21. ....... 2 T T. 8 . - r t . f
- Galauban XXX VI1... 26 . #.. 161 i
- Ride de Hauban & Galauban.... 3éf...:... isi....... 01
- Itacrue ? £ - - - «
- DrilTe LXXXII.... 45. ....... tTf LXVli ^.... 01 * AO - -------
- Bras. XLIX...... 21........ XLV...2.... 21'? -
- Baiancine.................... XXXII 21. ....... XXX -
- Bâtard de Racage * 31 17 2 6 » ••••••»
- Telle eft la defcription de fétat aétuel de l’Arc de la Mâture, Si elle faic connoître comment on forme les mâts, 8c avec quelle fblidité on les établie fur les vaiffeaux, elle annonce auffi l’incertitude qui régné encore & fur le vrai lieu que chaque rnât doit occuper fur un vaiifeau , & la hauteur réelle à laquelle chacun doit s’élever. En multipliant les mâts d’un vaiffeau, on s’effc fouftrait en partie mk dangers des erreurs qui pouvoient réfulter de l’ignorance de leurs places ; & en divifànt la voilure en plufieurs voiles féparées, on s’eft ménagé les moyens de varier & d’accommoder aux circonftances la hauteur du point vélique. Mais fi ces défauts trop effentiels font ainfi palliés, ils n’exiftent
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- DE VA RT DE LA MA T U R E. Cuap. IIL ' 70
- pas moins ,8c il refte toujours à faire la recherche importante fbit du lieu réel des mâts, fbit des bornes précifes de leur hauteur.
- Cette incertitude fur de tels objets en produit nécefîaîrement fut fêtât réel de la conftruétion des vaiffeaux. Elle s’oppofe au jugement qu’on voit* droit porter fur la perfeélion à laquelle a pu atteindre fÀrchiteélure Navale ; en effet, le vaifleau le mieux conformé rempliroit mai la jufte attente dè fon Auteur & des Connoiflèurs, G une mâture convenable ne fecondoit pas le fuccès des contours heureux qu’on auroit donné à fa caréné , 8c récipro-quement la mâture d’un vaifleau fefoit inutilement la meilleure poflibie relativement à ce vaifleau, 11 d’ailleurs la forme de celui-ci n’étoit pas douée de qualités brillantes. Ainfi il devient donc néceflaire que f Architeélure Navale ait déjà acquis toute la perfection dont elle eft fufceptible, afin qu’em* fuite on puifle juger fi les réglés raifonnées de l’Art de la Mâture, lorfqu elles feront découvertes , font auffi parfaites qu’on peut le défirer. Cette double recherche dépend particuliérement de la connoiflance des vraies loix de la réfiftance de l’eau ; & c’efl: l’ignorance de ces loix qui retarde en partie les progrès foit de la fcience de la Mâture , foit de f Architecture Navale. Ces loix découvertes ferviront , fans doute , à prefcrire des réglés de Mâture plus précifès ; mais l’Arc du Mâteur n’efl: pas fufceptible d’éprouver à une telle époque une grande révolution. La defcription de 'cet Art, telle que je la préfente aujourd'hui, ne peut donc alors efïuyer d'autres changements que dans l’expofé des fondements nouveaux qui ferviront de bafe aux nouvelles réglés de mâture.
- Je crois maintenant avoir rempli le plan que je m’étois propofé. J’ai fait connoître comment on forme les mâts, comment on les compofb de plufieurs pièces , 8c comment ces pièces font réunies & liées enfemble. J’ai donné l’état des dimenfions relatives foit des mâts, foit des vergues d’un vaifleau quelconque. Non-feulement j’ai détaillé toutes les réglés ufiielles de mâture, mais |ai difcuté auffi la fblidité des fondements fur lefquels elles font établies. J’ai préfenté chaque mât partiel ifolé, & enfuite je les ai réunis pour ne compofer qu’un feul mât. Enfin j’ai fait voir comment on les établit fur les vaiffeaux, 8c par quels moyens on les maintient dans une fituation déterminée. .Ces détails nombreux font fans doute fuffifànts pour donner une idée complette de l’Art de la Mâture 8c de la maniéré de mâter un vaifleau. C’efl: ainfi que j’ai formé un tableau bien vrai, fans doute, mais dans lequel les objets repré-fentés dans un ordre convenable ne font pas colorés auffi vivement & tracés auffi fortement qu’on auroit pu l’attendre d’une main plus habile. Meflieurs de l’Académie, auquels je préfente cet Ouvrage, voudront bien le recevoir avec indulgence ; & fi l’Auteur, malgré fes efforts , ne peut obtenir leur efiime, il aura du moins fait connoître en la recherchant 9 qu’il en fentoic tout le prix.
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- DES CHAPITRES ET ARTICLES
- ' CONTENUS DANS CET OUVRAGE.
- c HAPITRE PREMIER. Des Mâts & des Vergues. Pag. $
- Dimenfions des Mâts d'un Vzijfeau. J4
- Dimcnfions des Vergues d'un Vlijfeau. 2 4
- Lieu affigné à chaque Mât fur des Bâtiments connus« 28
- Dimenfions réelles des Mâts & des Vergues de plufieurs Vaijfeaux connus. 2$ *
- Ch ap. IL Des Bois propres â la Mâture ; SC de la confiruclion des Mâts. 31 Énumération du nombre <5 des dimenfions des Arbres employés pour compofer la Mâture totale d'un Vaijfeau de y 4 canons. 5°
- Ch ap. III. De l'Art de mâter les Vaijfeaux. yt
- Dimenfions relatives des Manœuvres qui fervent au gréement des Mâts & des Vergues d un Vaijjeau quelconque, 78
- Fin de la Table,
- EXTRAIT DES REGISTRES
- DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.
- Du 12 Août 1778,
- ÏVÏEfïieurs Duhamel , Bèzoüt , de Bori & Vandermonde ayant rendu compte à l’Académid d’un Ouvrage de M. Romme , fur VArt de la Mâture ; l’Académie a jugé cet Ouvrage digne de fon approbation & d’être imprimé fous fon Privilège : en foi de quoi j’ai ligné le préfenl Certificat, A Paris, ce 12 Août 1778. '
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- Signé, Le Marquis de Condorcet; Secrétaire perpétuel
- UE L’IMPRIMERIE DE L. F. DELATOUR, 1778.
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- EX PL IC AT I O N
- DE LA CARTE GÉNÉRALE DE LA MATURE,
- Comprife fous les noms de Planche première A, & Planche fécond© B.
- Planche Première, A.
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- imRE première. Mèche totale d’un Mât formé de fept pièces. AB > St CD 9 parties de cetfe Mèche, cb , longueur de l’Ecart, Sc a b^ fuite d’Adents néceflaires à l’aflemblage.
- Fig. 2. Piece d’aflemblage vue fur fà largeur, cd. partie de cette Piece, & ef, fon Allonge,
- Fig. 3. Vue de la même Piece fur fon épaiflèur. gk§ longueur de l’Ecart,
- Fig. 4. Vue de la Mèche unie à deux pièces, compofantes du mât.
- Fig. 5. Troifieme ou quatrième Piece compofànte du mât, formée de deux pièces réunies & repréfentées dans la jig. 6.
- Fig. j. Vue de chacune de ces Pièces fur leur épaiflèur.
- Fig. 8. Mât fini, arrondi, & ceint de cercles de fer.
- - Fig. p,IO, II, 12 , I3 14., Coupes de ce mat, faites en divers points de fa longueur.
- Fig. IJ. Pièces compofantes d’un mât de beaupré,
- Fig. 16. Aflèmblage de deux de ces Pièces,
- Fig. 17. Aflemblage de deux autres Pièces égales.
- Fig. 18. Beaupré aifemblé , arrondi, & ceint de cercles.
- Fig. 19, 20,21, 22,23 & 24 , diverfes Coupes de ce Mât.
- Fig. 2 J. Vue des deux Pièces compofantes d’une vergue,
- Fig. 26. Vergue finie & prête à être employée.
- Plancha Seconde, 2?.
- Figure première. Mât d’artimon vu de côté. AB , bas Mât. a b , Mât de perroquet de fougue. cd% Mât de perruche.
- Fig. 2. Mât faifant fonétion des Mâts de perroquet de fougue Sc de perruche.
- Fig. 3. Barres du bas mât.
- Fig. 4. Chuquet de ce mât.
- Fig. J. Hune du même mât.
- Fig. 6. Barres du mât de perroquet de fougue.
- MASTURE. X
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- Explication de la Carte générale de la Mâturei
- Fig. 7. Chuquet de ce mât.
- Fig. 8. Vergue d’artimon.
- Fig. p. Vergue feche ou barrée.
- Fig. 10. Vergue de perroquet de fougue.
- Fig. 11. Vergue de perruche;
- Fig. 12. Grand Mât vu latéralement. AB % bas Mât. CD , grand Mat de hune. EF9 Mât de grand perroquet.
- Fig. 13. Barres de bas Mât.
- Fig. 14. Hune de grand mât.
- Fig. 1^. Chuquet de bas mât.
- Fig. 16. Clef du mât de hune.
- Fig. ij. Barre élongis.
- Fig. 18. Barre du grand mât de hune. '
- Fig. 1 p. Chuquet de ce mât.
- Fig. 20. Grand*Vergue.
- Fig. 21. Vergue de grand hunier.
- Fig. 22. Vergue de grand perroquet.
- Fig 23. Arc-boutant ferré.
- Fig. 24. Boutehors de grand-Vergue.
- Fig. 25. Mât de mifaine vu par fon avant. AB , bas Mât. CD \ £etït Mât de hune. EF, Mât de petit perroquet.
- Fig. 26. Barre de milàine.
- Fig* 2j. Hune de milàine.
- Fig. 28. Chuquet de milàine.
- Fig. 2p. Couffin d’élongis.
- Fig. 30. Barre du petit mât de hune;
- Fig. 3î. Chuquet du petit mât de hune. v
- Fig. 32. Vergue de mifaine, avec fon boutehors#.
- Fig. 33. Vergue de petit hunier.
- Fig. 34. Vergue de petit perroquet.
- Fig. 35. Tangon.
- Fig. 36. Mât de Beaupré J?, avec (on boutehors E7 vu de côté;
- Fig* 37. Le même Mât vu horifontalement*
- Fig. 38. Vergue de Civadiere,
- Fig. 3p* Vergue de contre-Civadiere.
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