Descriptions des arts et métiers
-
-
- ?
- *
- \
- *<
- <
- %
- l
- 3
- A
- ?
- *
- C
- \ ; i"
- »
- «am
- r
- '
- /
- 'Vf
- W ' <
- ).
- t
- itmr
- ♦
- »
- (
- /
- \
- /
- *
- *.'4*
- p.n.n. - vue 1/398
-
-
-
- , * €
- f
- DU
- * , <
- \ /
- Par M. Duhamel vu Monceau.
- V'
- \
- .
- Page de titre n.n. - vue 2/398
-
-
-
- r
- n
- /
- i
- \
- V
- r
- f
- Ce
- v »r f\ 11» So ? v OU O * i o
- ..- P
- -ri PD •'*
- *£ V. W-*. tA.' i—
- V
- * .
- I
- *Jt,î.
- p.n.n. - vue 3/398
-
-
-
- TABLE
- D E S C H A P I T R E S, ETARTICLES
- de la Defcription de l’Art du Serrurier.
- CHAPITRE PREMIER.
- Introduction & Principes généraux fur VArt du Serrurier. Page I
- Article premier ; Plan de l’Ouvrage. . Ibid.
- Art. IL Qualités Ôc dimenfions des Fers , ôc choix qu’on doit en faire pour différents ouvrages. 3
- Art. III. Détail de la boutique ôc des outils qui font les plus néceffaires aux Serruriers. 9
- Art. IV. Des attentions qui font néceffaires pour faire chauffer le fer à la forge. 13 Art. V. Delà maniéré de fouder à chaud. 16 Art. VI. Sur la maniéré de brafer le fer. ) 8 Art. VII. Maniéré de recuire le fer ôc
- l’acier.
- 20
- 21 23 ôc
- 2$
- Art. VIII. Sur la façon de forger.
- Art. IX. Maniéré de mener la lime.
- Art. X. Sur la maniéré de polir le fer l’acier.
- Art. XI. Des ornements qu’on fait avec l’étampe. 27
- Art. XII. Sur la façon de couper le fer. 29 Art. XIII. Maniéré de faire les ornements de ferrurerie découpés. 30
- Art. XIV. Maniéré de percer le fer, d’y faire des vis ôc de le fraifer. 32
- Explication des Figures du Chapitre premier. 3 8
- Planche J. Ibid.
- Planche IL 4°
- Planche III. 41
- CHAPITRE SECOND.
- Des gros Ouvrages en fer pour la Joli-dité des bâtiments. 43
- Art. I. Des gros fers pour les bâtiments. Ibid. Art. IL Des guirlandes. 49
- Art. III. Des courbes de jottereaux. 50 Art. IV. Des courbes de f^iux ponts. 51 Art. V. Des courbes de ponts. 5*2
- Art. VI. Des ferrures de gouvernails. Ibid. Art. VII. Ferrures des bouts de vergues. 56 Art. VIII. Des chevilles de differentes fortes. 57
- Explication des Planches du Chapitre fécond. $8 Planche IF. ' Ibid.
- Planche V.
- Planche VI.
- Serrurier.
- 6 o
- 61
- CHAPITRE TROISIEME.
- Des Ouvrages de Serrurerie qui fervent a la fureté de ceux qui habitent les maifons. 62
- Art. I. Des chaffis à verre qu’on peut faire en fer. Ibid.
- Art. IL Des grilles ffmpîes ôc .fans ornements. 6$
- Art. III. Des grilles ornées par les feuls contours du fer, ôc des différentes maniérés de rouler le fer, ou d’en former des volutes que les Serruriers nomment des rouleaux , avec les différentes façons de les affembler. 7 4.
- Art. IV. Des ornements fimples qui fe font à l’étampe, ou fur de petits tas. 8 y Art. V. Des ornements de ferrurerie era-• • boutis au marteau. 91
- Art. VI. Maniéré de faire les ornements relevés fur le tas, ôc finis fur le plomb. 99
- Explication des Planches du Chapitre troifeme. 100 Planche VI. où Von détaille la façon de faire les vi-traux. des Eglifes, ainjî que des chaffs de fer pour recevoir des carreaux de verre., & où Von a re-préfenté le profil de plufieurs plate-bandes ornées de moulures, 100
- Explication de la Planche VII. qui repréfente la maniéré de faire les différentes efpeces de grilles (impies , 6r de rouler le fer pour les balcons , &c. Ibid. Explication de la Planche VIII. où Von a repréfenté des balufirades des frifes , des areboutants, des pilafires, autres détails. 102
- Explication de la Planche IX. qui repréfente la maniéré de faire les balcons, & d’etamper le fer. 103 Explication de la Planche X. où Von explique la façon défaire de pofer les rampes des efcaliers.
- 10 6
- Explication de la Planche XI. fur la maniéré de faire des ornements au marteau & fur le tas. Ibid. Explication de la Planche XII, où Von travaille Vor-nement, . 108
- CHAPITRE QUATRIEME.
- Des Ouvrages de Serrurerie qui ont rap~ port à la fermeture des portes, des croi-fées, de s^armoires, & des c offres. 109
- Art. I. Des différentes fortes de pentures, paumelles, briquets, ôc fiches, ou charnières, qui rendent les portes battantes ouvrantes ôc fermantes. no
- Art. IL Des ouvrages de Serrurerie qui
- a
- p.r1 - vue 4/398
-
-
-
- 3) TABLE
- fervent pour tenir les portes ôc les croi--fées fermées, tels que les verroux, les targettes , les efpagnolettes, les crémones,
- ÔCC. 1 i p
- §. I. Des verroux. 120
- §. 2. Des croifées anciennes. 122
- 3. Changements qu’on a faits aux croifées , & qui ont engagé à faire les verroux à reffort. 122
- §. 4. Deux verroux liés par une barre de fer
- nommée Crémone. 123
- §. 3. Des efpagnolettes à bafcule. 124
- §. 6. Des efpagnolettes à pignon. Ibid.
- §. 7. Des efpagnolettes à agraffe & à pignon*. 127
- §. 8. Des efpagnolettes à agraffe fimple. 127
- §. 9. Comment on fait les efpagnolettes pour , fermer les volets aux croifées qui ont un importe. 12p
- §. 10. De quelques façons de fermer les contrevents. Ibid.
- §. ir. De la façon de faire les efpagnolettes. 13 1
- Art. III. De la fermeture des portes co-cheres. 133
- Art. IV. Des ferrures que les Serruriers emploient pour tenir les portes fermées, telles que les différentes efpeces de loquets, ôc de becs de canne, 133
- §. 1. Des loquets fimples. 13 6
- §. 2. Des loquets à vielle. 138
- §. 3. Des loquets à la cordeliere. Ibid.
- §. 4. Des loqueteaux à relfort. 13P
- §. 3. Des becs de canne. 140
- Art. V. Ouvrages de Serrurerie qui regardent le Ferreur. 141
- Uoia. Cet Article eft indiqué Art. III. C’eft une faute ; il faut lire Art. V.
- §. 1. Des portes à pentures & à gonds. Ibid. §. 2. Maniéré de ferrer les fiches à nœuds ou à gonds. 143
- §. 3. De la façon de mettre en place les efpagnolettes. 1.48
- Explication des Planches du Chapitre quatrième. 14P Explication de la Planche XIII. où font repréfentés les ferrures qui fervent à tenir battantes & fermées les portes communes, & à fortifier les af-femblages de Menuiferie ; on y voit aujji les ferrures pour les portes cocheres. Ibid.
- Explication de la Flanche XIV. où Von reprèfente la maniéré de faire les fiches, ôt* comment le Serrurier quon nomme Ferreur , les attache aux portes, aux battants d’armoires, & aux volets ; & aujji la maniéré défaire les platines pour les verroux & targettes. 131
- Explication de la Planche XV. où font repréfentés plujieurs ouvrages de Serrurerie qui fervent à tenir les portes 6r les croifées fermées. 133
- Explication de la Planche XVI. qui repréfente plu-Jîeurs maniérés Jîmples de tenir les portes fermées. 137
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Des Serrures de toutes les efpeces , par M. de R EAU MU R. if 9
- Art. I. Des ferrures en général. Ibid.
- Art. II. Détail des différentes parties qui compofent une ferrure. 160
- Art. III. Divifion des ferrures, ôc expofi-tion des parties qui font propres à chacune. 163
- Art. IV. Idée générale de la maniéré de
- faire les différentes pièces dont une ferrure ert compofée, de piquer la ferrure, ôc d’affembler toutes fes pièces. 166 Art. V. Des ferrures auxquelles la tête du pêne fort du palâtre, pour entrer dans une gâche. . ' 171
- Explication des Figures du Chapitre cinquième. Explication de la Planche XVII. où Von a repréfen-té un petit bec de canne, & quelques parties d’une ferrure , pour commencer à les faire connoître d’une façon générale , avant que d’entrer dans de plus grands détails ; ainfi cette Planche peut être regardée comme une continuation de la Planche XVL du Chapitre quatrième. Ibid.
- Explication des Figures de la Planche XVIII. qui repréfente des ferrures à clef forée ou à broche, pour des portes d’appartements £?* d’armoires. 173 Explication des Figures de la Planche XIX. où font repréfentées des ferrures befnardes. 174
- Explication des Figures de la Planche XX. qui repréfente une ferrure befnarde à deux pênes, qui nous donnera lieu de faire diverfes remarques fur le moyen de rendre les ferrures plus sûres. 176
- Explication des Figures de la Planche XXI. qui repréfente les ferrures propres aux portes légères. 179 Explication des Figures de la Planche XXII. où Von a repréfenté une ferrure à broche, à double entrée, & à plufieurs fermetures. 182
- Explication des Figures de la Planche XXIII. repré-fentant une ferrure qui, outre la fermeture ordinaire , ferme une porte de chambre , ou de buffet haut & bas, &* arrête de plus une b^rre horizontale placée en travers vers le milieu de la porte. 183 Explication des Figures de la Planche XXIV. qui repréfente i°, une ferrure de buffet à pignon ; 20, me ferrure qui ouvre une porte par fes pentures ; 30, une maniéré de fermer une porte haut &* bas. 188
- Art. VI. Des ferrures dont le pêne rerte renfermé dans le palâtre. 191
- Explication des Figures de la Planche XXV. qui repréfente une ferrure à pêne, en bord, à une feule fermeture , & une autre ferrure de même genre à deux fermetures. ^ 191
- Explication des Figures de la Planche XXVI. qui repréfente une ferrure de coffre fort à trois fermetures. 194
- Explication des Figures de la Planche XXVII. repré-fentant une ferrure de coffre fort à quatre fermetures. 197
- Explication des Figures de la. Planche XXVIII. re-préfentant une ferrure de coffre fort à Jîx fermetures. 200
- Explication des Planches XXlXt & XXX. qui repré-
- p.r2 - vue 5/398
-
-
-
- ï
- DES CHAPITRES
- fentent une ferrure dite moderne ; la XXIX. en montre l'extérieur , la XXX. l'intérieur. 203 Explication plus détaillée des Figures de la Planche XXIX. qui expofe Vextérieur de la ferrure dite moderne. " 208
- Explication détaillée des Figures de la Planche XXX. qui repréfente Vintérieur de la ferrure dite moderne. 209
- Explication des Figures de la Planche XXXI. qui repréfente une de ces ferrures de cojfres , connus à Paris fous le nom de coffres forts d’Allemagne. 210
- Art. VII. Des cadenas. 215-
- Explication de la Planche XXXII. repréfentant une ferrure en bojfe, différentes efpéces de cadenas. Ibid.
- §. 1. Des cadenas. 216
- Art. VIII. Maniéré détaillée de faire les ferrures , c'eft-à-dire , de faire les pièces dont elles font comppfées , ôc de les afïembler. 2,21
- §. 1. De la maniéré de faire les Clefs. 221 Explication des Figures de la Planche XXXIII. qui repréfente la maniéré de forer & de forger les clefs communes. 23 1
- Explication des Figures de la Planche XXXIV, où font repréfentées les différentes indujlries auxquelles on a recours pour faire les forures les plus difficiles. 233
- Art. IX. Des différentes fortes de garnitures. 23 y
- §. 1. Des ferrures forées. Ibid.
- * §. 2. Des rouets fimples & bouterolles. Ibid.
- §. 3. Rouet en pleine croix. 237
- §. 4. Croix de Lorraine. 239
- §, f. Rouets à faucillons, foit en dehors foit en dedans, & bouterolles à faucillons en dehors. Ibid.
- §. 6. Rouets à bouterolles renverfés en dehors ou en dedans , foit à angle droit, foit à crochet. 240
- §. 7. Pleines croix renverfées en dehors ou en dedans, fous un angle quelconque. 241 §. 8, Des rouets & pleines croix haftées foit
- ET ARTICLES. il)
- §. 1. Garnitures de ferrures befnardes. Ibid.
- §. 2. Pertuis en cœur, en trefle, pertuis qua-ré , &c. 233
- §. 3. Rateaux. 234
- Explication des Figures de la Planche XXXVI. qui repréjente les garnitures des ferrures bejnardes. Ibid.
- Art. XI. Où l’on examine ce qu'on peut fe promettre de fureté de chaque efpe-ce de ferrure, félon la façon dont elle eft garnie ôc attachée. 256
- en dedans foit en dehors.
- §. 9. Rouet en N.
- §. 10. Rouet en fût de vilebrequin.
- §. 11. Rouet en H.
- §. 12. Rouet en Y.
- §. 13. Rouet en S.
- 14. Rouet en fond de cuve.
- §. if. Rouet foncé.
- §. 16. Planche foncée.
- Ibid.
- 243
- Ibid.
- 244 245* Ibid. Ibid. 247 Ibid.
- §. 17. Planche foncée en fût de vilebrequin.
- 248
- §. 18. Planche foncée en fleur-de-lys. Ibid.
- Explication des Figures de la Planche XXXV. qui repréfente les principales efpeces de garnitures qui conviennent aux clefs forées. 249
- Art. X. Des ferrures à bout.
- 252
- CHAPITRE SIXIEME.
- Delà ferrure des Equipages, & particu-liérement des re(forts. 261
- Art. I. Des ouvrages de Serrurerie qui appartiennent à la caille. 261
- Art. II. Des ouvrages de Serrurerie qui appartiennent au train. 263
- Art. III. Des re/Torts. 264
- Explication des Planches du Chapitre ffxieme. 274 Explication de la Planche XXXVII. dans laquelle il s’agit des ferrures des Equipages. Ibid.
- Explication des Figures de la Planche XXXVIII. qui repréfente la façon défaire les refforts d'équipage. _ 27;
- Explication des Figures de la Planche XXXIX. qui repréfente différentes efpeces de refforts. 276
- Explication des Figures de la Planche XL. qui repréfente le reffort nouvellement inventé par M. Renard. 278
- CHAPITRE SEPTIEME.
- Des renvois de fonnettes > & de leurpo-Je ; de la ferrure des perjiennes ; des Jlores pour les cabinets d'appartement ; 6 du travail de quelques orne-ments pris aux dépens du fer. 278
- Art. I. Des renvois de fonnettes, ôc de leur pofe. 279
- Art. II. De la ferrure des perliennes. 281 Art. III. Des flores pour les croifées d’appartement. 282
- Art. IV. Des ornements qu'on fait aux dépens du fer. 284
- Art. V. Evaluation du poids des fers. 286
- Explication des Figures de la Planche XLI. qui re-préfente le Pofeur de fonnettes. 288
- Explication des Figures de la Planche XLII. qui repréfente des fores d’appartement, G' des ouvrages dont Us ornements font pris aux dépens du fer. 289
- Explication de plufeurs termes qui font en ufage dans
- l'Art du Serrurier.
- 291
- Fin de la Table des Chapitres & Articles.
- /
- p.r3 - vue 6/398
-
-
-
- %
- n
- i*-
- MpV
- < ; ••• ;;•? • •
- S4à? !
- :’Al.; • '
- f
- v
- (
- v
- t
- •v
- W-. 1
- v
- . *
- s
- %
- v.
- ïVO.
- V — \*r^.
- > T - V-
- :~ ü:.i
- h.\ .
- V.'/*
- i • . i?T.
- . -••• .‘i t. ; .
- ?r >
- - / -
- •’ ' bt ,
- W'JMA > a\
- Ar-
- A
- *
- :p ;î
- ‘ J
- g?-,;*/
- t - ?-
- :> *; r1 •«
- .* :-T
- ' ‘*1..... f
- , .3; .
- *âr« I-
- r- ........................................
- '•J$ ^ rv ? b . .$ '* -•
- .'.. .:• ‘f‘:\ i . ^ '
- -A'* ' '£ ' "*:-A **
- . b " '.r’. ! .>.A^
- ' •-'#7;-
- • ’ A.
- '.' - ' «
- ’i-} - ' -•
- *' <
- a- •• :.:t
- A l.l
- , -.«.v», ôfbr:^! « .aï 4- * v •’
- ;;.A'’-,vvA . '
- .1 '
- .. ... (
- . »'
- &
- ,. , î
- J. 1
- F-
- ART
- r
- :i
- •O/
- r
- c
- - t
- i r
- ÎtV.,
- i»
- p.n.n. - vue 7/398
-
-
-
- A R
- Par M. Duhamel du Mo n c eau.
- CHAPITRE PREMIER.
- I NT RO D U CT ION & Principes généraux fur l’Art
- du S ER RU RI £ R.
- Article premier.
- Plan de P Ouvrage.
- jNJo u s commencerons cet Art, qui efl: fort étendu, par faire connoître les différentes qualités des fers, & indiquer la façon de les diftinguer, par expofer en général à quels ouvrages chacuns font propres, relativement à leur qualité douce ou aigre , &c. les lieux d’où on les tire pour Paris, les différents échantillons des fers qu’on trouve chez les Marchands ; en un mot il nous a paru convenable de commencer par faire connoître la matière fur laquelle le Serrurier doit travailler, renvoyant toutefois pour le travail qui fe fait dans les groffes Forges , à ce qui a été dit par M. le Marquis de Courtivron , de l’Académie des Sciences, & M. Bouchu, Maître de Forge, Correfpondant de la même Académie, dans les quatre Seélions qu’ils ont données fur les groffes
- Nous entrerons enfuite dans la Boutique du Serrurier pour faire connoître les différents outils qui lui font nécelfaires : nous n’avons point prétendu rendre cette énumération complette ; notre delfein a été de ne prêter attention qu’aux outils qui fervent le plus communément, 8c nous avons réfervé à parler des autres lorfqu’il s’agira des ouvrages où ils font particuliérement employés : un détail plus étendu n’auroit point eu de bornes, puifque très-fréquemment les Serruriers imaginent & font eux-mêmes les outils qui leur paroiffent commodes pour exécuter certains ouvrages.
- Nous commencerons enfuite à entamer les connoifîances qui tiennent plus direélement à l’Art du Serrurier, Nous parlerons des différents char-Serrurier* A
- p.1 - vue 8/398
-
-
-
- 2 A R T DU SERRURIER.
- bons qu’ils peuvent employer, de la préférence qu’on doit donner aux uns fur les autres, fuivant les différents ouvrages qu’on fe propofe de faire. Nous expliquerons comment on doit placer le fer dans la Forge pour lui donner ~*ine bonne chaude ; comment on doit forger , fonder, brafer , limer le fer ; Sc nous parcourrons ainfi les éléments ou les principes de cet Art.
- Les ouvrages de Serrurerie font d’un ufage bien commun dans les Bâtiments. Quelquefois ils fervent à augmenter leur folidité ; les chaînes, les ancres, les harpons, les embraffures, les fentons donnent du foutien aux ouvrages -de maçonnerie ; les équerres , les tirants , les liens, les brides affermiffent les ouvrages de Charpenterie & de menuiferie. D’autres fois les ouvrages de Serrurerie, tels que les grilles , font employés à la fureté de ceux qui habitent les maifbns : ils mettent à l’abri des voleurs les appartements fitués aux raiz-de--chauffée ; dans certaines circonfiances ils tiennent lieu de portes de bois, même de murs fans offufquer la vue. On en fait des garde-fous tels que font les balcons vis-à-vis les croifées, les rampes des elcaliers , les baluftrades qui bordent les terraffes, les fofîes, les fàuts-de-loup ; <k toutes les chofes que nous ne préfentons que du côté de leur utilité , deviennent des objets de décoration par les ornements qu’on y ajoute ; c’efl: même en cette partie de la Serrurerie que notre Art s’eftle plus perfectionné de nos jours. Les fu-gerbes grilles , les balcons, les portes^grillées que l’on voit dans les Eglifes , chez des Particuliers, & fur-tout dans les Maifbns Royales ,font voir que la menuiferie 8c la fculpture ne font prefque rien en bois qu’on ne puiffe imiter en fer , & fou vent avec plus de légéreté. Quand on n’épargne point la dépenfe , on voit des moulures pouffées auffi net que fi elles l’ét oient fur le bois , des couronnements de grilles remplis de feuillages , de rinceaux , de fleurons, de couronnes , d’écufTons, même de figures d’hommes & d’animaux ; nous pourrions citer des ouvrages en ce genre qui font d’une très-belle exécution, tels que les grilles de Maifon, la grille du Chœur de Notre-Dame, celle de l’Abbaye de S. Denys, exécutée par unFrere de cet Ordre, la Chaire de l’Abbaye de S. Antoine , les belles grilles que M. Deftriches a faites pour le Portugal, un Dais que M. Gérard a fait dans la vue de faire appercevoir jufqu’ou pouvoit aller cette partie de l’Art du Serrurier, & quantité d’ouvrages qui ont été exécutés avec élégance & précifion par M. Durand.
- On ne trouvera dans notre Ouvrage qu’un petit nombre de defleins de ces beaux ouvrages , parce que nous avons apperçu qu’ils n’avoient pas plus de bornes que les traits que peuvent imaginer les meilleurs Deffinateurs : d’ailleurs on trouve grand nombre de ces beaux deffeins chez ceux qui vendent des Eftampes ; nous nous bornerons donc à expliquer en général les moyens que les Ouvriers habiles emploient pour les exécuter avec goût & précifion, & nous ne donnerons que le petit nombre de deffeins qui nous ont paru nécef-fairespour faire mieux entendre le travail des Ouvriers.
- p.2 - vue 9/398
-
-
-
- ART DÛ S ERRURÎER. 3
- Àïnfi après avoir expliqué la façon de faire les grilles de barres droites , nous expliquerons comment on peut les orner d'enroulements & par différents contours qu’on fait prendre au fer. Nous pafferons enfuite à la maniéré de faire des moulures en battant le fer rougi au feu fur des moules qu'on nomme Etampès ; comment on emboutit le fer au marteau , & fur les taf féaux ; enfin comment on le releve fur le plomb pour faire des ornements très-recherchés.
- Quantité d'ouvrages de menuiferie feroient inutiles fi le Serrurier n’y métroit pas la derniere main. Il faut ferrer les portes & les eroifées , les battants des armoires , les couvercles des coffres, &c. ce qui exige, pour que toutes ces chofes puiffent s'ouvrir &fe fermer, des gonds , des pentes , des couplets, des charnières , des fiches à vafe & à broche ; de même pour les tenir fermés , on emploie des verroux, des targettes, desbafcules, des efpagno-lettes, des loquets, loquetons , &c. Enfin pour qu'il n’y ait que le Propriétaire qui puiffe ouvrir les appartements , les coffres & les armoires, on a imaginé une infinité de fortes particulières de ferrures & de cadenas ; c'efl pat* cette belle partie de l'Art du Serrurier que fe terminera notre Art. *
- A R t i c l e 11.
- Qualités SC dimenjîons des Fers , SC du choix qifon en doit faire
- pour différents Ouvrages.
- Avant que d'employer le fer, il faut que le Serrurier Cômtioiffe fa nature, & qu'il apprenne à en diftinguer les différentes qualités ; car fuivant l'efpece d'ouvrages qu'on doit travailler,il convient d'employer différentes qualités de fer , les uns doux & les autres plus fermes ; d'ailleurs tous les fers ne doivent pas être travaillés de la même maniéré , les uns veulent être plus chauffés que d'autres*. Toutes ces connoiffances font donc effentielles à un Serrurier.
- Or on, peut à l'examen extérieur du fer en barre, acquérir quelque con-noifîànce fur fa qualité ; mais on en eft encore plus certain quand on examine fon grain après qu'il a été rompu : c'eft ce que nous allons effayer de rendre fenfible.
- * j’ai trouvé dans le dépôt de l’Académiè un grand nombre de Planches gravées & une partie de l’explication des Figures écrites de la main de M. de Réaumur. Inutilement ai-je effayé dé rétrouver l’ordre que M. de Réaumur s’étoit propofé' dé fui-vre dans la defcription de ce grand Art, ce qui m’a engagé à faire graver plufieurs nouvelles Planches, à faire des changements aux autres, & à faire la defcription de toutes les opérations fuivant l’ordre qui m’a paru le plus convenable. Hcureufement que j’ai trouvé ce qui regarde les ferrures & les cadenas, entièrement fait par M. de Réaumur, & je le donnerai fans prefque y faire aucun changement.
- Plufieurs habiles Serruriers fe font fait un plaifir de me prêter la main; fi quelque opération m’embarraffoit, ils la faifoient exécuter devant moi dans leur boutique. M. Durand qui demeure à S. Vi&or, a fur-tout pris un intérêt particulier à mon travail : M. Gérard, Maître Maçon, dont le pere eft établi Serrurier auprès de S. Etienne-du-Mont, m’a rendu les mêmes fervi-ces, & de plus m’a aidé de plufieurs deffeins qu’il exécute avec beaucoup plus de précifion que ne pourroient faire des Deflinateurs qui n’au-roient pas connu comme lui l’Art du Serrurier,
- p.3 - vue 10/398
-
-
-
- 4
- ART DU SERRURIER.
- Il faut d’abord s’informer de quelle mine vient le fer , fi elle eft douce ou caflànte ; car quoiqu’il arrive que dans une même mine ou une même forge 3 il fie trouve des fers plus aigres les uns que les autres , l’ordinaire eft que tous les fers d’une même forge , font d’une qualité approchant la même. Par exemple, à Paris on regarde les fers de Berry, comme étant plus doux que ceux qu’on nomme de Roche, ou que ceux qu’on appelle fen communs , quoiqu’il fe trouve des fers de Roche qui font fort doux.
- Après ce qui a été dit dans les quatre Seâions fur le fer , & à l’occa-lion de la forge des ancres, on fçait qu’on fond la mine dans de grands fourneaux, qu’on coule le fer en gros lingots appellés Gueufe, auxquels on donne dans le fable la forme d’un prifme triangulaire du poids de iy à 18 cent livres & plus ; on porte la gueufe à l’affinerie où on la fait chauffer fondante ; on la ramafle , on jette du fable deflus & on la pafle fous le gros marteau où on la bat d’abord à petits coups pour rapprocher & fonder les parties les unes avec les autres. Quand cette loupe eft refluée , c’eft à-dire quand parles coups de marteaux, on er\ a fait for tir le laitier qui étoit inter-pofé entre les parties de fer, on frappe plus fort pour étirer le métal en greffes barres d’environ trois pieds de longueur ; eniuite on les fait repaffer à la forge pour leur donner différentes formes à la demande des Marchands. Je ne rappelleIbmmairement ce travail qui a été bien détaillé ailleurs, que pour qu’on fâche que quand il fe trouve dans le fer des grains fi durs, que la lime ne peut mordre deflus, 8c qu’on eft obligé de les emporter avec un cifeau ou un burin, c’eft prefque toujours parce que le fera été mal travaillé par rAffineur.
- Quand les barres font longues & menues, le Serrurier qui choifit du fer, les foule ve par un bout, il les fecoue fortement, & quelquefois elles font fl aigres , qu’elles fe rompent. Il eft rare quelesbarresnepuiflent fupporter cette épreuve;; c’eft pourquoi on leur en fait éprouver une plus forte: on les drefle fur un de leurs bouts, & on les laifle tomber fur le pavé ; les fers fort aigres fe rompent. De plus , fi en examinant attentivement la furface des barres , on apperçoit de petites gerces qui les traverfent,-c’eft une marque que le fer n’a pas été fliffifamment corroyé , qu’il tient de la nature du fer de gueufe , & qu’il fera rouvelin , c’eft-à-dire, caflànt à chaud 8c difficile à forger : fi au contraire on apperçoit de petites veines noires qui s’étendent fuivantla longueur de la barre, c’eft une marque que le fer a été bien étiré; car il eft certain que par la façon de battre le fer fous le marteau , on lui donne du nerf ; ou on lui ôte cette qualité, s’il l’avoit ; en terme de Serrurier, onle corrompt', cependant il eft toujours avantageux que le fer ne fbit point pailleux.
- On connoît encore mieux la qualité du fer en examinant fon grain ; pour cela il faut le rompre. On prend donc un cifeau bien trempé , & ayant placé la barre de travers fur l’enclume, on fait une entaille à grands coups de
- marteau,
- p.4 - vue 11/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER1 %
- marteau, puis faifant porter à faux le barreau fur deux morceaux de fer qu’on metàfix pouces l’un de l’autre fur un billot de bois, & frappant à grands coups de marteau fur l’entaille, on rompt le barreau.
- D’abord quand on eft obligé de tourner en différents fens le barreau pour le rompre, quand il plie fous les coups de marteau , quand ces coups font marqués par de fortes impreflîons , on eft certain que le fer eft doux au moins à froid. Au contraire il eft aigre fi, dès les premiers coups, la barre fe fépare.'
- Si la rupture eft brillante, fi elle fe montre formée de grandes paillettes comme des morceaux de talc, on eft certain que le fer eft fort aigre, qu’il fera dur à la lime Sc difficile à manier fous le marteau tant à chaud qu’à froid ; qu’il fera tendre à la chauffe, Sc qu’il fe brûlera aifément ; quelquefois même, au lieu de s’adoucir fous le marteau, il en deviendra plus aigre ; ce fer eft donc de mauvaife qualité pour toutes fortes d’ouvragesffeule-ment, à caufe de fà dureté , il pourra être employé en gros fer dans les cir-confiances où il eft expofé à des frottemenst.
- Il y a des fers qui fe montrent moins blancs & moins brillants que les précédents , parce que leur grain eft moins gros : ils ne font pas fi aigres, ils fe chauffent mieux ; Sc comme ils ne font point mois , les Maréchaux les e(liment, & les Serruriers les emploient feulement pour les ouvrages qui doivent relier noirs, parce qu’ils font durs à la lime, Sc que fou-vent on y rencontre des grains fur leftjuels la lime ni le foret ne peuvent mordre.
- Quand la caffure eft d’un brun noirâtre Sc quelle eft inégale, y ayant des flocons de fer qui fe déchirent comme quand on rompt du plomb , ce que les Ouvriers appellent de la chair, c’eft du fer très-doux qui fe travaille aifément à chaud &à froid fous le marteau Sc fous la lime ; mais il eft prefqtie toujours difficile à polir , 'Sc rarement il prend un beau luftre.
- Il fe trouve encore des fer& qui font, pour ainfi dire, compofes des deux elpeces dont nous venons de parler > parce qu’on apperçoit fur leur rupture des endroits blancs & d’autres noirs ; quand on emploie ces fers tels qu’ils viennent de chez les Marchands, ils font pour rordinaire pailleux., Sc de dureté inégale ; mais quand on les a corroyés, ils font excellents pour la forge & pour la lime ; ils font fermes fans être caftants , Sc ils fè poliffent aifément, pourvu toutefois qu’ils ne fôient point cendreux, défaut auquel font expofés prefque tous les fers doux. Il eft fenfible que ces fers auroient au fortirdes groffes forges , la bonne qualité qu’on leur procure, fi on les y avoir corroyés avec plus de foin.
- Il y a encore des fers qui ont le grain fin Sc gris, qui n’ont point de chair , qui cependant ne rompent point aifément, qui font même affez pliants ; ces • fers prennent un beau poli ; mais ils font durs à la lime & bouillants à la forge : en un mot ce font des fers acérains qui prennent la trempe; les Ma* Serrurier. B
- p.5 - vue 12/398
-
-
-
- « ART D V SERRURIER,
- réchaux les préfèrent pour faire des focs & des coutres de charrue,parce qu’ils tiennent, comme nous l’avons dit, de l’acier, mais ils ne font pas propres pour les ouvrages qui doiventfupporter de grands efforts., comme , font les efïîeux de voiture ; quand on doit les limer , il faut les laiffer fe refroidir doucement, pour qu’ils ne fe trempent point ; & on doit les ménager à la forge prefque comme fi on travailloit de l’acier.
- Les fers qu’on nomme Rouverains, dont nous avons déjà dit quelque chofe, font affez ployants & malléables à froid , mais il faut les ménager au feu , & fous le marteau ; ils répandent, quand on les forgé, une odeur de foufre , & il en fort des étincelles fort brillantes ; fi on les chauffait prefque blanc, & qu’on les frappât rudement, ils le dépéceroient fous le marteau, ils fe rom-proient, ou au moins ils deviendroient pailleux. Les fers d’Efpagne & ceux qu’on fait avec de vieille mitraille corroyée , font prefque tous rouverains : ils font bons , mais il faut les travailler avec ménagement ; un mauvais Torgeron n’en feroit que de mauvais ouvrage.
- Après avoir indiqué la façon de connoître la qualité des différents fers, il eft bon de détailler ceux qui fe trouvent chez les gros Marchands de Fer de Paris.
- Les fers de Lorraine font réputés les plus doux de tous , enfuite ceux du Berry, du Nivernois , 8c de la rive de la Loire $ enfuite viennent ceux de Champagne & de Bourgogne , qii’on nomme les Fers de Roche , & entre ceux-là on en diftingue de trois qualités ; ceux qu’on nomme fimplement de Roche , entre lefquels il y en a qui font prefque auffî doux que ceux du Berry ; ceux qui font d’une qualité inférieure fe nomment Fers demi-Roche ; & tous les fers qui font encore de moindre qualité fe défignent fous le nom de Fers communs.
- Tous les fers fe façonnent de différents échantillons, & les plus petits fers quarrés de quatre à cinq lignes jufqu’à huit & neuf fe nomment Au Carillon » ainfi il y a du carillon de Lorraine , de Berry, de Roche & de fer commun. Les Serruriers fe fourniffent des uns & des autres fizivant les ouvrages qu’ils veulent faire, & le prix qu’ils les vendent ; car les fers de Lorraine & de Berry font plus chers que les fers de Roche, & ceux-ci coûtent plus que les fers communs.
- Les carillons exceptés, tous les autres fers font défignés fous le nom de Jers quarrés , & il y en a depuis neuf à dix lignes jufqu’à trois pouces ~ & quatre pouces quarrés, tant en fer de Lorraine que de Berry, de Roche ou commun.
- i
- Cependant on déflgne encore ces différents fers par les ufages qu’on en fait le plus communément.
- On nomme Cojle de Viche tous les fers refendus dans les fenderies. On les diftingue aifémeîit; parce qu’ils ne font point à vive-arrête,leurs faces font varrondies , leurs bords font inégaux & remplis de bavures, & les plus me-
- p.6 - vue 13/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 7
- sus fers fendus s’emploient pour faire des fentons ; ils portent même ce nom. On tient dans les magafins des Colles de vache depuis deux à trois lignes on quarré jufqu’à douze.
- , Les fers méplats forges au gros marteau font de différents échantillons, 8c ils fervent à une infinité d’ouvrages différents.
- Ceux qui s’emploient pour les bandages des groffes voitures, ont depuis 29 jufqu’à 3 2 dignes de largeur fur douze à quinze lignes d’épaiffeur, &les barres ont environ neuf pieds de longueur.
- Les fers qu’on nomme Bandages pour de moyennes voitures, ont fept juf qu’à douze lignes d’épaiffeur fur la même largeur 8c longueur que les précédents.
- On tient encore des fers méplats qu’on nomme à bandages, qui ont 29 à 30 lignes de large fur 6 jufqu’à 8 lignes d’épaiffeur, & les barres ont depuis douze jufqu’à 13 pieds de longueur ; prefque tous ces fers font de Roche : cependant on en trouve de mêmes dimenfions qu’on a tirés de Lorraine 8c de Berry ; fur quoi il eft bon de remarquer que les fers de Lorraine ou de Berry qui font ^très-doux, durent plus fur les voitures que les fers dit de Roche , quoiqu’ils foient plus durs.
- Pour les équipages, on emploie le plus fbuvent du fer de Berry ou de Lorraine, quia cinq à fix lignes d’épaiffeur, 26 à 28 lignes de largeur , & la longueur des barres eft de iy à 18 pieds.
- On tient encore des fers méplats de toutes les qualités, & fur-tout des communs, depuis 17 à 18 lignes de largeur jufqu’à 30 & 32 pouces, & depuis quatre jufqu’à huit lignes d’épaiffeur ; la longueur des barres varie.
- Le fer dit demi-laine , tel que celui qui fert à ferrer les bornes &les feuils déporté, a de 26 à 28 lignes de largeur fur fix à fept lignes d’épaiffeur, 8c les barres ont neuf à dix pieds de longueur.
- Le fer de Maréchal pour ferrer les chevaux, a cinq à fix lignes d’épaiffeur , 12 à 16 lignes de largeur , & les barres ont 12 à 14 pieds de longueur.
- Le fer qu’on nomme Cornette , a de cinq à fept pouces de largeur , fix à huit lignes d’épaiffeur, & quatre à fix pieds de longueur. On en revêt les bornes 8c les encoignures qui font fort expofés au choc des roues.
- Les bandelettes pour les limons & les rampes d’efcalier, ont pour l’ordinaire de deux à quatre lignes d’épaiffeur, fept à huit lignes de largeur , 8c les barres ont depuis fix jufqu’à douze pieds de longueur.
- Les fers ronds pour les tringles fe tiennent en paquets , 8c l’on en trouve depuis cinq lignes de diamètre jufqu’à neuf & dix.
- Les feuilles de tôle à feau ou fer mince & battu , ont depuis douze juf qu’à quinze lignes de largeur, & une ligne d’épaiffeur.
- Les tôles à palaftre ont depuis 6 jufqu’à 9 pouces de largeur fur une ligne ou une ligne 8c demie d’épaiffeur, les feuilles ont 8 à 9 pieds de longueur.
- p.7 - vue 14/398
-
-
-
- S A'RVr DU SERRURIER:
- La tôle à ferrure a depuis 18 jufqu’à 60 lignes de largeur, environ une ijgne d’épaifleur , & les feuilles ont cinq à fix^pieds de longueur.
- La tôle à fcie eft la même que celle à ferrure.
- La tôle pour'garnir les portes cocheres, a depuis 9 jufqu'à 13 ouces de largeur fur une ligne 8c demie ou deux lignes d’épaifleur ; la longueur des feuilles eft de-cinq à fix pieds.
- La tôle de Suede pour relever 8c emboutir, a 20,22 pouces de largeur fur une ligne d’épaifleur , & la longueur des feuilles eft de 26 à 28 pouces.
- La tôle dite à étrille , a de 7 à 9 poucesde largeur, une demi-ligne d’é~ paifleur, & les feuilles ont 27 à 28 pouces de longueur ; elles fe vendent par doublons.
- Les tôles dites à rangettes , quon emploiepour les tuyaux-de poêle , ont 14 a iy pouces de largeur , une demi-ligne d’épaifleur,.& les feuilles ont 18 à 20 pouces de longueur.
- Enfin les tôles à réchaud, dont fe fervent les Chauderonniers 8c Tôliers, ent une demi-ligne d’épaifleur ,fept à neuf pouces de largeur , & les feuilles ent de 18 à 20 pouces de longueur.
- Il ne faut pas croire que tous les fers que nous venons de défigner fbient précifément employésaux ufàges pour lefquels on les-tient dans les maga-fins ; les Serruriers choififlent chez les Marchands de Fer, ceux qui leur conviennent, ou pour la qualité ou pour les dimenfions ; car dans les magafins bien aflbrtis, on trouve à choifir des fers de toutes fortes de dimenfions ; & comme rien neft plus économique pour les ouvrages de Serrurerie que d’employer des fers qui aient à très-peu de chofe près les dimenfions dont on a befoin , quand on a à f: Le quantité d’ouvrages d’une même efpece on envoie dans les Forges des modèles qu’on y copie exaélement : c’eft ainfi que dans les Provinces on tire des Forges des fers pour les focs & les coutres des charrues qu’on ne trouve point chez les Marchands de Fer de Paris. La Marine tire des fers méplats pour les courbes -, des carillons pour les chevilles, &c; & elle envoie aux Forges des modèles en bois, afin de diminuer, le plus qu’il eft poflîble, la main-d’œuvre dans les Ports. *
- * Nous avons dit plus d’une fois que le fer acquiert de la force chaque fois qu’il eft forgé ; mais nous nous fommes toujours fervi du terme d'étiré, c’eft-à-dire , forgé toujours dans un même fens en alon-geant le fer ; car on peut, en forgeant le fer, le corrompre , comme difent J es Ouvriers, & diminuer de fa force. ( Voyez la Forge des Ancres* la Tréfilerie , &c. où cet article eft fuffifamment expliqué.) Ceci bien entendu, je vais rapporter une expérience que M. de Buffon a faite pour reconnoître la force du fer chargé fuivant fa longueur.
- Une boucle de fer de 18 lignes ~ de groffeur,
- ( c’eft-à-dire, que chaque montant de cette boucle; avoit 548 lignes quarrées , ce qui fait pour les deux 65?6 lignes quarrées ; ) cette boucle avoit environ dix pouces de largeur iur treize pouces de hauteur * 8c
- îe fer étoit à peu près de la même groffeuè par-tout. Cette boucle étant chargée perpendiculairement , elle a rompu prefque au milieu des deux branches verticales, 8c non pas dans les angles, étant chargée de 28 milliers.
- Suivant cette expérience , chaque barreau d’une ligne quarrée ne pourroit fupporter que 40 livres.Cependant M. de Buffon ayant mis à l’épreuve un fil de fer qui avoit une ligné de diamètre un peu fort, ce fil quin’avoit pas une ligne de folidité n’a rompu qu’étant chargé de 4py livres, après avoir fupporté 482 livrés, fans fe rompre ; la force de ce fil étoit donc douze fois plus grande qu’une verge d’une ligne quarrée pril'e dans îe barreau.
- D’où peut dépendre cette différence énor-
- Article
- p.8 - vue 15/398
-
-
-
- 9
- ART DU SERRURIER.
- Article III.
- Détail de la Boutique ôC des Outils qui font les plus néceffaires
- aux Serruriers.
- Je ne me propofe point de faire ici rénumération de tous les outils dont fe fervent les Serruriers ; je me borne à ceux dont les boutiques bien montées font pourvues* me réfervant de parler de ceux qui ne fervent qu’à certains ouvrages lorfque Foccafion s’en préfèntera : d’ailleurs les Ouvriers imaginent de nouveaux outils fuivant les circonftances, & ce point fait une partie de leur lavoir, qui eft fur-tout bien important quand on a à faire beaucoup d’ouvrages femblables ; en ce cas on fe procure des outils pour expédier Fouvrage fans rien perdre fur la précifîon.
- Il eft indilpenlàble d’avoir des enclumes pour forger à chaud & à froid. J’ai donné ailleurs la façon de forger & de réparer celles qui font rompues, avec un détail des différentes formes qu’on leur donne; il fuffit de dire ici que dans les boutiques où l’on travaille habituellement de gros fer il faut, i°, unegroffe enclume quarrée, ( Planche /, Fig. i ) , placée fur fon billot à portée de la forge.
- a°. Mais le plus ordinairement les Serruriers ont une forte enclume a une ou à deux bigornes , telle que ( Fig. 2) au bas de la Flanche & à la Vignette , pour étirer le fer, & pour tourner les greffes pièces en rond ; on en a ordinairement de différente grandeur, 8c à celles qui ne font pas greffes & pelantes, on ménage en-deffous une partie faillante a ( Fig. 2,3 ), &c , qui entre dans le billot : pour augmenter leur fermeté , il eft bon de ménager à la table des groffes enclumes un trou quarré~£ ( Fig, 2 ), dans lequel on met ou un tranchet ou une fourchette pour couper , ou pour rouler de petits fers.
- 30. Aux bigornes ( Fig. 2 & 3 , on a foin qu’une des pointes foit quar-
- rée , & que l’autre foit ronde ; celle-ci fert à bigorner les anneaux des clefs, les annelets & quantité d’autres pièces.
- qp. On a encore une bigorne .moins groffe ( Fig. 3 ), qu’on met fur un
- me dans la force de deux verges d’une pareil!e fo-îidité, i°. Dans les épreuves que nous avons faites fur la-force des cordes, nous avons reconnu que les forces particulières des cordons étant-ajoutées les unes avec les autres, furpaffent la force d’une corde formée d’un pareil nombre de. .cordons. Mais cette différence de force dépend'én partie d’une caufe particulière à la fabrication des cordes, Sc que nous avons fait appercevoir dans l’Arc de la Corderie. 20. Onfait qu’il y a bien de la différence de cohérence entre les parties des différents fers, & fon ignore quelle étoit la qualité du fer de la boucle, par comparaifoU avec celui du fil de fer; mais je crois avec M. de Buffon qu’il y a une autre caufe qui influe.beaucoup fur cette différence de force, favoir, de ce que le fil de fer a paffé bien des fois par l’épreuve du feu , & qu’il a été fort étiré. Les
- Serrurier.
- expériences fuivantes le prouvent.
- M. de Buffon fit rompre une boucle faite avec le même fer que la précédente : elle avoit 18 lignes & demie de grofîeur : elle ne fupporta de même que 28450 livres, & rompit prefque dans le millieu des deux montants.
- Une autre boucle de même fer, mais qui avoit été reforgée & étirée, de forte que le fer fe trouva n’avoir que neuf lignes d’épaifleur fur dix-huit de largeur, fupporta, avant que de rompre, 17300 liv. pendant que , fuivant les autres expériences, elle auroit dû rompre fous le poids de 14 milliers.
- Une-autre boucle du même fer qui avoit été réduite à 16 lignes L de groffeur,ce qui fai 5 do lignes quarrées, a porté 24600 livres, au lieu que fur le pied des premières épreuves elle n’auroit porté que 22400 livres.
- C
- p.9 - vue 16/398
-
-
-
- ÏO ART DU SERRURIER
- ^ & d’autres fort petites ( Fig. 4 & 5 ) , qu’on place fur l’établi dans une platine de fer, ou bien qu’on fàifit par le bas dans les mâchoires d’un étau ; elles fervent à arrondir les petits fers tels que plufieurs pièces de la garniture des ferrures. Il faut encoreplufieurs tas & taffeaux d’établi ( Fig. 6) , quarrés ou à bigorne ( Fig. y ) , de différentes grandeurs ; les uns ont la table plate, d’autres l’ont arrondie. Nous en parlerons plus en détail quand il s’agira de relever le fer furie tas pour faire des ornements.
- y°. On doit avoir plufieurs marteaux, principalement des gros qu’on mene à deux mains ( Fig. 7,8 & 9 ) , & qu’on nomme à devant ou traverje ; des marteaux à main ( Fig. 10 & i l ) , a panne de travers ou a panne droite ; des marteaux d’établi, ( Fig. 12 ) pour porter en ville, & qui fervent à bigorner , pour faire des enroulements ; des marteaux à tête plate , pour dreffer~& planer le fer ; des marteaux à tête ronde & demi-ronde, pour relever Sc emboutir les pièces rondes, &c. Nous en parlerons dans la fuite, lorfqu’il s’agira des
- ornements.
- 6°. Des foufflets fimples ou à deux vents, pour animer le feu ; on en voit un petit dans la Vignette ( Fig. 28 ) , Sc deux hommes ( Fig. 13 & 14 ) qui font agir un grand foufflet qu’on ne voit point; comme on trouvera ailleurs la façon de faire les grands foufflets de forge, & comme nous les repréfente-rons plus en grand, il fuffira de dire ici que deux grands foufflets fimples , comme nous en avons repréfentés à la forge des enclumes, font communément plus de vent qu’un foufflet double; mais il faut plus de force pour les faire mouvoir. Le vent fe rend dans la forge par un tuyau qu’on nomme la Tuyere.
- y0. On ne peut fe paffer de tenailles de différentes groffeurs : les unes font droites, elles fervent à tenir le fer far l’enclume ; on a auffi des tenailles croches qui fervent à tenir le gros fer dans la forge, des tenailles goulues pour faire des boutons, des tenailles à lien pour faire des va les , des rouets, Sec. des tricoifes. ( Voyez les Fig. 17,18, 19,20 , 21, 22 ).
- 8°. Des pinces pour manier les pièces délicates ( Fig. 23 ). On les nomme volontiers Bequettesplates ; il y en a dont les ferres font rondes, elles fervent à rouler les pièces délicates. Il y a auffi des pinces à anneaux ; les Serruriers ne s’en fervent guere, à moins que ce ne foit pour des ouvrages très-délicats.
- 90. On doit avoir plufieurs broches ou tifonnieres , pour ouvrir le feu ( Fig. 24 ) , & des palettes ( Fig. 25 ) , pour dégager la tuyere & fablonner le fer ; une pelle de fer ( Fig. 26 ) , pour mettre le charbon à la forge, & une grande pelle de bois ( Fig. 27 ), pour mettre le charbon en tas , ou en emplir les corbeilles.
- io°. Il doit toujours y avoir auprès de la forge une auge de pierre ou de bois, ( Fig. 26 dans la Vignette ) , pour avoir de l’eau à portée, avec un balai ou écouvette ( Fig. 29 ) , pour raffembler le charbon & arrofer le feu, & dans quelque vafe du labié fec ( Fig, 28 dans la Vignette ). '
- p.10 - vue 17/398
-
-
-
- ri
- ART DU S E RR U RI E R.
- n°. U eft indifpenfable d’avoir des cifeaux,des tranches,pour fendre le fer à chaud, ou le couper quand il y en a de trop. On voit dans la Vignette un Ouvrier C, qui coupe un morceau de fer avec un cifoau à froid. Les tranches font un fort cifeau emmanché dans une hart : nous les repréfenterons ailleurs. On a encore des cifeaux ou tranches percées pour couper à chaud des fiches Sc couplets ; des poinçons ronds, quarrés, plats ou ovales. ( Fig. qy, 46, 47 ), pour percer à chaud des trous de différentes figures.
- 12°.Des mandrins ronds, quarrés, ovalés,en lofànge, triangulaires ( Fig. 30,31,32,33) , pour agrandir des trous ou forger deffus des canons de ces différentes figures ; c’eft pourquoi il faut en avoir de différentes grandeurs & formes, comme nous le ferons voir dans la fuite ; car il n'a pas été poifible de repréfenter tous ces différents outils fur une même Planche.
- 130. On ne peut guere fe paffer de réglé de fer ( Fig. 34 ) , pour dreffer les pièces qui doivent être droites ; d’équerre ( Fig. 3^ ) , pour aiTembler les pièces à angle droit ; de fauifes équerres ( Fig.36 ) ; de compas de différentes grandeurs à branches droites ( Fig.37 ), ou courbes ( Fig. 38 ) , pour me forer les longueurs, les diamètres & les épaiffeurs.
- 140. Il eft bon d’avoir des cloutieres rondes, quarrées ou ovales, avec des poinçons pour former les têtes des vis. Il én fera parlé ailleurs.
- iy°. D es chaffes quarrées, rondes & denrforondes, (Fig. 41, 42,43 & 44 ) > Pour battre les endroits où le marteau ne peut atteindre ; alors on pla-ce la chaffe, & l’on frappe deffus avec un marteau, le manche de ces çhaffes eft de fer.
- 160. Il eft indifpenfable d’avoir des étaux. Il en faut de .grands ( Fig. 48 ) pour forger & limer les groffes pièces à chaud & à froid. On les nomme Etaux de réfiftance ; B eft le corps de l’étau ; Ç, l’endroit où les deux pièces B s’aflemblent à charnière, avec une goupille qui les lie ; D} œil de l’étau ; A,le reffort à chien qui fert à ouvrir les mâchoires ; E, au deiïbus font les rondelles ; F, la boîte dans laquelle eft l’écrou, & qui reçoit la vis ; K, fa manivelle ou fon levier ; H, la bride qui fert à attacher l’étau fur l’établi. Les étaux à limer font de force moyenne.
- 170. On a encore des étaux à patte ( Fig. 49 ), qu’on met fur l’établi pour travailler les petites pièces : la vis A , qui eft reçue dans l’écrou B, eft au-def-fous de l’établi ; la patte C eft par deffus. Ces deux pièces fervent à attacher ces fortes d’étaux : les mâchoires & les autres parties font à peu près comme ffans les grands étaux. Les étaux à main ( Fig. yo ), font fort commodes pour failir les petites pièces de fer qu’on auroit peine à tenir dans les mains ; on en a quelquefois dont les mâchoires font alongées , & fe terminent en pointe ; on les nomme Etaux a goupille. Nous détaillerons ailleurs la façon de faire les étaux. Les Fig. 64,6y , 66 , font des efpeces d’étaux qu’on nomme Mordaches : nous aurons plus d’une fois occafion de parler de leur ufage.
- p.11 - vue 18/398
-
-
-
- Zft ART DU SERRURIER:
- pnfin on a encore des efpeces de mordaches de bois ( Fig. 63 ), pour affu-
- Jettir les pièces polies.
- 180. Les greffes limes confident en gros carreaux (Fig. y 1) taillés rude pour ébaucher les gros fers à froid. Les demi-carreaux ( Fig. y 2 ) , qui ne différent-des carreaux que parce qu’ils font moins gros,& les groffes car-relettes, ( Fig. 53 ) celles-ci font taillées moins rude ; elles fervent pour limer après qu’on a dreffé avec le carreau Sc le demi-carreau. Les limes plâtres ( Fig. 54 ) font encore moins rudes.
- 19°. Les limes moins groffes font les limes quarrées ( Fig. y y , ) ou les petites carrelettes qui fervent à ouvrir les trous quarrés. Les limes rondes ou en queue de rat ( Fig. y 6 ) , les ovales & les demi-rondes, pour ouvrir les trous de ces figures , Sc faire les dents des feies de long ; les limes triangulaires ou en tiers-point, pour limer les feies à débiter , faire les pas des vis & des taraux, Scc ; les limes à bouter , pour limer les panetons des clefs Sc les feies à refendre Scc ; enfin les limes à fendre ou fendantes de plufieurs groffeurs, pour fendre les clefs : il faut y mettre un dôfferet. Nous aurons occafion de parler ailleurs de ces différentes limes.
- .20°. Les petites limes font quarrées, ou demi-rondes , ou coutelles, ou en queue de rat, ou ovales, ou triangulaires, ou en cœur, &c. Toutes ces petites limes qui ne different des autres que par leur groffeur, fervent pour évider les anneaux des clefs , Sc les pièces d’ornements , comme écuffons, couronnements,&c. Il faut encore des limes fendues par le milieu,pour épargner des filets; des limes à fendre de plufieurs fortes j Sc il faut avoir quelques-unes de toutes ces limes qui ne fbient point taillées d’un côté, afin qu’elles ne mordent point fur ce que l’on veut ménager.
- 21°. On a encore des limes de toutes ces fortes qui font taillées fin, & qu’on nomme Limes douces, elles fervent à finir les ouvrages délicats, & qu’on fe propofe de polir.
- 22°. Ilffaut encore d’autres menus outils ; des forets, ^ Fig. yy) de différentes groffeurs avec leurs boîtes, pour percer à froid; des poinçons plats de différentes fortes, pour piquer les rouets des ferrures, Sc des poinçons bar-longs pour percer les trous des pieds des refforts, &c. des perçoirs ( Fig. 71 & 72 ) , pour percer avec les poinçons ; un morceau de fer plié ( Fig. 73 ) tient fouvent lieu d’un perçoir ; la palette ( Fig. 5 8 ) , pour percer feul ; l’archet ( Fig. 59 ) , avec là corde de boyau pour faire tourner le foret. On ne peut fe paffer de griffes , de tourne-à-gauche ( Fig. 60 ) , de plufieurs groffeurs , de fourchettes (Fig. 61 ) , petites tranches ( Fig. 62 ) ; Fig. 63 , une tranche pour emmancher dans une hart.
- Les Serruriers bien montés ont un ou plufieurs tours & toutes leurs dépendances , Sc des outils particuliers pour forer ; mais nous remettons à en parler ailleurs , ainfi que de quelques outils qui ne fervent qu’à certains ouvrages. 23®.
- p.12 - vue 19/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 13
- 23°. Une meule de grès & des pierres à aiguifer de différents grains ïbnt encore d’une grande utilité. On voit à la Vignette au haut de la Planche une boutique bien fournie d’Ouvriers, qui ont chacun différentes occupations.
- A , Deux Apprentifs qui tirent les foufflets.
- B , Un Maître Forgeron & deux Compagnons qui battent le fer chaud fur une enclume quarrée.
- C, Un Compagnon qui coupe un morceau de fer avec un cifeau à froid.
- D y Un Compagnon qui fait une rivure dans l’étau-.
- E y Un Compagnon qui lime avec le gros carreau.
- F y Un Compagnon qui lime avec une carrelette.
- G y Un Compagnon qui arrondit un poinçon ou la tige d’une cle£
- H y Maniéré de tenir la lime pour limer Panneau d’une clef.
- Nous ferons ulàge, dans plus d’une occafîon, de ce qui eft repréfenté fur cette Planche.
- Article IV.
- Des attentions qui font nécejfaires pour bien chauffer le fer à la Forge*
- L’art du Serrurier confifte en grande partie à profiter de la duélilité du fer pour en faire differents ouvrages en le frappant avec le marteau ; mais le fer froid eft peu duélile, & le Serrurier auroit bien de la peine à le travailler s’il ne iavoit pas augmenter cette duélilité en le chauffant. Heu-reufementle fer a la propriété de s’atendrir par la chaleur au point de céder facilement aux coups de marteau; mais il eftimpoffible de bien forger un fer qui a été mal chauffe ; il faut que le fer fbit amolli par le feu y & éviter qu’il ne foi-t brûlé ; c’eft pourquoi un gros barreau de fer ne doit point être chauffé comme un menu; un fer aigre ou acerain doit être moins chauffé qu’un fer doux y & c’eft un article où échouent les mauvais Ouvriers.
- Le Forgeron doit auffi connoître la qualité de fon charbon ; car il s’en trouve de chargés de foufre qui rongent & gréfillent le fer. Il y en a qui chauffent beaucoup plus que d’autres. Le charbon d’Angleterre qu’on nomme de Newcajlle , eft très-bon ; mais comme il eft léger , il fe confume fort vite & il gréfiile le fer : c’eft pourquoi on le mêle avec celui d’Ëcofle ou avec celui d’Auvergne, qui eft terreux, & qui feul ne feroit pas un feu affez aélif. Il y a en France de fort bon charbon : celui de Saint-Etienne-en-Forez eft: quelquefois meilleur que celui d’Angleterre; celui de Moulins vient enfuite; celui d’Auvergne eft moins eftimé. Il faut que le morceau de 1er qu’on chauffe foit placé dans le charbon un peu au-deffus du courant d’air qui fort de la tuyere ; car iî le fer étoit immédiatement à rembouchure de la tuyere, cet air nouveau le refroidiroit , pendant que les deux côtés feroient très-chauffes ; & II le fer étoit affez éloigné de la tuyere pour qu’il y eût du char* Serrurier. D
- p.13 - vue 20/398
-
-
-
- »s#
- 14 A R T DU S ERRURIE R.
- bon entre la tuyere & le fer , le feu qui feroit lancé par le courant d’air fur une portion du barreau, le brûleroit en cet endroit, pendant qu’ailleurs il ne feroit pas affez chaud. Il ne faut donc pas enfoncer trop le fer dans le charbon ; mais il eft à propos qu’il foit un peu élevé au-deffus de la tuyere , { Planche //, Fig. 1 ) , afin que le feu étant animé dans une grande étendue , le barreau chauffe uniformément 8c dans une longueur fuffilànte pour être forgé. En général il faut ménager tellement la chaude que la chaleur pêne-* tre au fond du morceau ; car un fer qui feroit beaucoup chauffé à la fuper-ficie, de peu en dedans, fe forgeroit mal.
- On peut donner une bonne chaude avec le charbon de bois Sc auflî avec -celui de terre ; même celui-ci, quand il eft bon , chauffe plus vite & plus à fond que le charbon de bois : mais il eft plus facile de connokre fi le fer eft affez chaud quand on emploie le charbon de bois , que quand on fe fert de celui de terre ; parce que, quand on donne la chaude avec le charbon de bois, on apperçoit des étincelles brillantes qui fortent avec bruit du fer comme de petites étoiles blanches, 8c alors le barreau eft bien près d’être fuffifàmment -chaud , s’il nel’eft pas trop. Le charbon de terre forme fur le fer une croûte 8c une flamme claire qui empêche les étincelles de paroître auflî fenfible-ment. Mais on perce la voûte de charbon avec un tifonnier ; & quand on voit le fer bien blanc , 8c comme bouillant, on juge qu’il eft bien chaud.
- Quànd la forme du fer qu’on chauffe le permet, il eft très-avantageux de le retourner dans la forge pour qu’il foit chauffé également par-tout ; mais cela ne fe peut pas toujours : heureufement, quand la forge eft bien attifée, on peut chauffer le fer par-tout & à fond fans le retourner.
- La p'erfeélion de l’attifàge de la forge confifte en ce que le charbon faffe au-deffus du fer une voûte, ou comme un fourneau de réverbere dans lequel 4e feu animé par les foufflets attaque, en circulant, le fer par tous les côtés , ( Planche 11, Fig. 1 } : cette efpece de fourneau de réverbere fe fait aifément quand on emploie du charbon de terre; car en mettant à l’extérieur du charbon mouillé ou en mouillant le deffus du charbon , il fe forme une calotte qui fubfifte long-temps fans être pénétrée par le feu. Si l’on emploie du charbon dè bois, on en met auffï de mouillé par-deffus ; mais la voûte fe
- forme bien mieux quand on couvre le charbon de bois avec du charbon de . > #
- terre mouillé. Ain fi rien n’eft mieux, pour donner une bonnechaude, que d’émployer du charbon de bois , 8c de mettre par-deffus cette couche du charbon de terre mouillé , d’autant que par ce mélange des différents charbons, on évite d’avoir beaucoup de craffe dans la Forge.
- Quand on manque de charbon de terre , il faut humeâer le charbon de bois qui eft "en deffus avec de l’eau dans laquelle oh a détrempé de la terre rouge ; cette boue fort claire forme la croûte que nous avons dit être né-xëffurepour donner une bonne chaude.
- 7
- p.14 - vue 21/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. ï;
- Pour s’affurer fi le fer eft fuffifiimment chaud , on peut arrêter les foufflets, & en prêtant l’oreille , on entend un petit bruit comme fi le fer bouilloit.
- Mais ce moyen eft dangereux ;car fi quand on ceffe de fouffler, il tombe un charbon vis-à-vis la tuyere avant que le fer foit chaud , la chaude eft interrompue. Il vaut mieux examiner s’il fort, par l’endroit où le fer entre dans le charbon , des étincelles rouges; alors on juge que le fer commence à s’échauffer : mais lorfque les étincelles font blanches , le fer eft chaud. Ou bien on perce la voûte de charbon avec un tifonnier, comme il a été dit plus haut.
- Il faut proportionner la quantité du charbon & la force du venta la groffeur du fer qu’on veut chauffer ; car fi pour chauffer de petits fers , on faifoit agir fortement de grands foufflets avec un grand feu, le fer feroic brûlé avant qu’on eût pu connoître s’il a acquis le degré de chaleur qu’on defire.
- Il faut auffî proportionner à la quantité du feu , la groffeur des tuyeres ; la tuyere doit être plus petite pour le petit fer 8c plus greffe pour le gros fer. Dans les boutiques bien montées, on a de petites Forges pour chaufferies petits fers.
- Il faut encore proportionner la chauffe à la qualité du fer, 8c être prévenu que les fers aigres brûlent plus aïfement que les doux , de forte que ceux-ci doivent être plus chauffes que les autres.
- Suivant les différentes intentions, on doit aufii chauffer plus ou moins le fer ; par exemple,.il doit être plus chauffé quand on veut le fonder , que quand il ne s’agit que de le forger, 8c on diftingue les différents degrés de chaleur par la couleur que prend le fer : c’eft pourquoi on dit qu’il ne faut chauffer certains fers aigres ou acerains ou rouverains que couleur de cerije, fans quoi ils fe fépareroient par morceaux fous le marteau : au contraire un fer doux peut être chauffe blanc ; 8c pour faire une bonne foudure , il faut une chaude fuante ; on la nomme ainfî, parce qué quand la maffe de fer eft groffe, on en voit dégoutter des parcelles fondues.
- Quand on craint qu’un fer aigre ou rouverain ne brûle, il eft fouvent bon, quand il approche d’être chaud, de le découvrir de charbon , 8c de jetter def fus du fable feo. On attife de nouveau la forge, & on achevé de donner la chaude qui ordinairement réuftît mieux.
- Quand on tire le fer de la Forge, il faut le foule ver & fe garder de le laiC fer traîner fur le fraifil * : cette attention eft fur-tout néceffaire pour les fers qu’on veut fouder. Il faut être prévenu que certains charbons de terre laifo fent une craffe fur le fer qui le fait paroître couvert de fraifil, quoiqu’on l’ait tiré de la Forge avec les précautions que nous venons d’indiquer. En le frappant contre l’enclume, ou le billot, ces craffes tombent, 8c le fer refte affez net. En général, l’acier doit être moins chauffé que le fer, & il y a des aciers
- * Dans les groffes Forges , on dit Frajü ; à Paris, on emploie plus volontiers le terme de Fréjil,
- p.15 - vue 22/398
-
-
-
- iS ART DU SERRURIER.
- fins qu’il ne faut pas chauffer jufqu’au couleur de cerife.
- Nous avons dit que pour qu’une chaude foit bonne, il faut que le fer foit chauffé à fond, & pour cela fil faut le chauffer par degrés, un feu trop vif pourroit brûler la fuperficie du barreau avant que la chaleur eût pénétré .dans l'intérieur, ce qui feroit un grand défaut. C’eftpar cette réflexion que je termine ce que j’avois à dire fur la maniéré de bien chauffer le fer.
- Article V.
- De la maniéré de fonder à chaud.
- Le fer a cette propriété, que deux morceaux fe réunifient affez exactement pour n’en faire qu’un, quand après leur avoir donné une bonne chaude , on les forge l’un fur l’autre ; & nous allons rapporter les attentions qui font né» ceffaires pour bien exécuter cette opération.
- Il faut d’abord refouler , puis amorcer en bec de flûte, les deux pièces qu’on veut fouder enfemble. Si l’on fe propofe de fouder l’une à l’autre les deux pièces AB ( Planche //, Fig. 2 ) , il faut étirer en flûte les deux parties qu’on veut réunir , de forte qu’en les pofant l’une fur l’autre, elles fe joignent à peu près comme fi elles étoient d’un feul morceau ; fi c’efl: de gros fers , quelques Forgerons penfent qu’il efl bon de marteler les faces qui doivent fe toucher, ce qui confifle à faire fur l’une & l’autre piece des entailles avec un cifeau ou une tranche, ou la panne du marteau.
- D’autres Serruriers forgent les deux pièces qu’ils veulent réunir , de forte qu’elles s’accrochent ( Planche II, Fig. 3), afin que les pièces ne puiflent couler l’une fur l’autre; mais ces martelages & ces crochets font à peu près inutiles, parce que, comme il faut tdonner une forte chaude , les bavures s’effacent à la Forge , & elles pourroient être nuifibles fi elles contribuoient <à retenir le fraifil.
- Les deux pièces étant bien amorcées, & les ayant tenues plus greffes qu’elles ne doivent l’être, ce qu’on fait fouvent en refoulant le fer, on leur donne une bonne chaude blanche, apportant toutes les attentions que nous avons détaillées dans l’article précédent, pour que le fer foit bien chauffé à fond fans être brûlé , prêtant une finguliere attention à ce que les deux morceaux de fer foient également chauds, & qu’ils le fbient dans toutes les parties qui doivent fe réunir ; mais peu au-delà de l’amorce afin que le fer ne s’a-maigriffe pas auprès de la foudure.
- Quand on efl parvenu à les bien chauffer, on les tire doucement de la Forge : 011 prend garde qu’il ne s’attache du fraifil fur les faces qu’on veut fbu-der ; car ces parties étrangères empêcheroient les deux morceaux de fer de fe réunir : il efl vrai qu’ordinairement la force de la chaude empêche qu’il ne s’y
- en
- p.16 - vue 23/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER* ïj ,
- en attache ; on les porte diligemment fur l'enclume , on les frappe contre le billot pour faire tomber les crades 9 fi l'on apperçoit qu'il y en foit refté ; deux Ouvriers placent les deux morceaux Fun fur l'autre dans la pofition où iis doivent relier, après qu'ils feront foudés , & on frappe d'abord à petits coups , mais répétés le plus promptement qu’il eft pofîîble fur toute l’éten-due de la foudure ; car comme le fer eft fort chaud , fi l'on frappoit d'abord à grands coups, les deux bouts pourraient gliffer Fun fur l'autre, ou le ferle romproit par parcelles , fur-tout s'il étoit aigre ; enfuite il faut frapper plus fort : car la réunion doit fe faire d'une feule chaude ; quand la foudure eft manquée à la première, il eft difficile d'y revenir ; cependant fi l'on apper-cevoit des endroits qui ne fuffent pas foudés, ce qui arrive quand il s'eft trouvé entre les morceaux qu'on veut réunir des craffes ou des écailles , il fau-droit ouvrir l'endroit pailleux avec un cifeau ou un poinçon,afin d'aviver l'in-térieur de la paille, & en faire fortir les craffes & les écailles ; on mettroit dans l'entaille une mife ou lardon de fer doux ou d'acier ; quelques-uns couvrent le tout de terre franche détrempée avec de l'eau ; mais quand le fer eft prefque chaud à forger, on ôte doucement le charbon de deffus la piece , & avec une palette, on jette deffus l'endroit qu'on veut fouder, du iablon ou du grès pilé fin & ffic, ou de la terre franche en poudre ; on remet le charbon à fa première place , & on continue la chaude jufqu'au blanc ; puis on bat très-promptement & à petits coups l'endroit qu'on veut fouder. Souvent des fers aigres qui ne fe réuniroient pas,fe fondent très-bien quand on les a faupoudrés de fable ou de terre en poudre.DesForgerons m'ont dit qu'ayant à fouder des fers aigres, & remarquant que leur fer étant trop chaud , fe dépeçoit, ils s’étoient bien trouvés de tremper le fer dans l'eau de la forge ,
- & de le retirer fur le champ pour le porter bien vite fur l'enclume.
- Quand on a jetté du fable fur les foudures , la lime a peine à prendre défi* fus, ce qui n'arrive pas quand on s'eft fervi de terre franche réduite en poudre; ainfi il y a des circonftances ou la terre eft préférable au fable. Cependant à Paris, je n'ai vu employer que du fable.
- L'acier fe fonde moins bien fur l’acier que fur ie fer : c’eft pourquoi en parlant de la forge des enclumes, nous avons dit que quand on vouloit charge? d'acier la table d'une vieille enclume, onfoudoit de l'acier fur une femelle** de fer doux , 8c qu'on rapportoit cette femelle acérée fur la vieille enclume ij de même quand on a à fouder enfemble deux bouts de fer aigre , fouvent on fe trouve très-bien de rapporter entre deux une lame de fer très-doux. On prétend qu'une lame d'acier eft encore très-bonne pour réunir des fers aigres.
- Il y a des pièces de gros fer qu'on auroit peine à placer bien exactement l'une fur l'autre pour les forger : en ce cas on les perce 8c on les affujettit avec des boulons, ( Flanche //, Fig, 4. ) On chauffe tout enfemble les deux pièces & les boulons , on les fàupoudre de fàblon; & quand la chaude eft bien don^ née, ils fe foudent affez bien.
- Serrurier. E
- p.17 - vue 24/398
-
-
-
- *8 A R T D U S ERRUR IE R*
- Cette pratique eft cependant fujetteà bien des inconvénients. i°. S’ilen-;tre des craffes entre les deux pièces boulonnées , la fbudure n’eft pas exaéte.
- 2°, Il eft difficile de bien chauffer les deux pièces qui doivent fe réunir , & qui étant appliquées Tune fur l'autre, ne font pas expofées à la grande aétion du feu. Ce n’eft pas la face qui doit être foudée , qui reçoit la principale impreffion du feu , & la difficulté augmente quand les morceaux de fer font de groffeur inégale.
- 3°. Il faut que les boulons foient bien chauds pour qu'ils fè fbudent eux-mêmes , 8c qu’ils fe pêtriffent avec le refte du fer.
- 4°. On voit dans la Forge des enclumes, & encore mieux dans celle des ancres , qu’on peut fouder de gros fers fans les boulonner.
- Ainfi nous ne pouvons approuver cette méthode ; mais on eft quelquefois obligé d'y avoir recours.
- J ai dit qu’il falloit amorcer les pièces qu’on vouloit fouder ; cependant j’ai vu fouder très-bien une piece A, au bout de la piece B ( Fig. y,). Il eft vrai que l'une & l’autre étoient de fer doux.
- Il arrive quelquefois que pour fouder enfemble deux barreaux de fer aigre, on fe trouve très-bien de fouder au bout d'un des deux barreaux unmor» ceau de fer doux qu’on foude enfuite a l’autre bout de fer aigre.
- Art i c l e VI.
- : '• r-..
- "
- Sur la maniéré de brafer le Fer,
- Il n’eft pas pofîîble de fouder une piece de fer à chaud, comme nous l’avons expliqué, fans changer fà forme & particuliérement fà longueur ; il eft cependant quelquefois important de raffembler deux pièces travaillées comme la clef ( Planche II, Fig, df), en confervant leur forme & leurs dimenfions ; on peut le faire en les brafant, ainfi que nous allons l’expliquer.
- Je fuppofe d’abord qu’on ait à brafer une piece telle que la clef { Fig, 6 ) qui feroit rompue en biais. Il faut ajufter & affujettir le mieux qu’il eft pofli-ble les deux pièces , de forte qu’elles fe joignent exaétement à l’endroit où on veut les brafer& de façon que les deux pièces foient à l’égard l'une de ^l’autre dans la pofition où elles doivent être, fans quoi, lorfque les deux parties feroient réunies , elles feroient un tout difforme, & qui ne pourroit fe réparer au marteau ni à chaud ni à froid ; c'eft pourquoi on les lie ordinairement avec du fil de laiton, afin qu'elles ne fè dérangent point ; s'il n'y avoit pas d'inconvénient à racourcir la piece rompue qu’on veut brafer , on pourroit limer les deux morceaux comme le repréfente la Figure 8.
- Mais fi la piece étoit rompue net comme la Figure 7, il feroit difficile d’afïii-jettir les deux morceaux en confervant leur longueur , & fans cet ajuftement, la brafure n auroit point de force. En ce cas, on refend les deux pièces, & on
- p.18 - vue 25/398
-
-
-
- Art du serrurier. %9
- rapporte dans les fentes une petite lamé de fer comme on le voit dans la Figure 7.
- Quand toutes les pièces qu’on veut brafer font bien réunies , & quand on a avivé avec la lime les endroits qui doivent fe raffembler par la foudure j car la craffe , la g'raiffe & la rouille empêchent le cuivre de s’attacher au fer ; enfin quand les pièces font bien ajuftées & affermies dans la pofition qu elles doivent avoir, on prend du laiton ; le plus jaune eft le meilleur ; on le gratte Sc on le décape; quand il eft bien net /on en coupe de petits morceaux qu’on met entre les deux pièces qu’on veut brafer ou fur toute l’étendue de la jointure ; on couvre le tout avec un papier ou un linge qu’on affujettit avec du fil, afin que les morceaux de laiton ne fe dérangent pas ; on fait enfùite une pâte avec de la terre grade , du fable, de la fiente de cheval , du verre pilé ou du fraifil pulvérifé , Sc un peu d’eau ; on pétrit cette pâte. Si l’on employoit une terre trop graffe, elle fe fondroit avant le cuivre ; c’eft pour empêcher qu’elle ne fe fende, Sc qu’elle ne fonde, qu’on y ajoute du fable, du fraifil, de la bourre ou delà fiente de cheval.
- On couvre l’endroit qu’on veut brafer avec cette pâte, Sc fuivant la grof* feur de la piece on en met une couche de deux , de trois, de quatre, de cinq ou de fix lignes d’épaiffeur , & on met par-deffus de l’écaille de fer qui deffe-che la terre, & empêche encore qu’elle ne fe fende ; on met la piece ainfî ajuftée dans le feu de la forge, Sc on chauffe à petit vent Sc doucement ; il eft même mieux de tenir du temps la piece dans du charbon allumé fans faire agir le fouffiet ; car pour que le cuivre s’attache bien au fer, il faut que le fer foit chaud avant que le cuivre fonde: or la chaleur du charbon fans l’action du foufflet n’eftpas affez confidérable pour faire fondre le cuivre. Mais quand le fer eft chaud & prefque rouge , on anime le feu doucement par le vent du foufïîet, Sc alors le fer a pris affez de chaleur pour que le cuivre s’y attache. Lorfqu’on s’apperçoit qu’il fort de la terreune fumée ou une flamme bleue tirant fur le violet, on juge que le laiton entre en fonte , Sc on retourne la piece à différentes reprifes pour que le laiton fondu fe répande par-tout ; enfin quand on juge que le laiton a bien rempli les vuides , on tire la piece de la forge , & on continue à la tourner doucement Sc lentement jufqu’à ce quelle foit un peu refroidie, afin que le laiton ne fe raffemble pas plus à un endroit qu’aux autres. Quand on juge que le laiton eft figé , on met la piece à l’écart pour qu’elle fe refroidiffe dans la terre ; alors les morceaux font bra-fés, & on peut emporter avec la lime le cuivre qui eft de trop. Mais on ne peut pas mettre la piece à la forge pour la rétablir au marteau ; car le cuivre feroit fondu avant que le fer fût affez amolli pour être forgé, & les morceaux fe fépareroient, d’autant plus aifément que le cuivre jaune ne peut être battu à chaud. On peut employer de la rofette au lieu de laiton ; mais comme la mitraille de cuivre rouge eft un peu plus chere que celle de cuivre jaü-î ne, il n’y auroit aucun avantage à employer delà rofette, à moins qu’on
- p.19 - vue 26/398
-
-
-
- *20 ART DU SERRURIER.
- ne pût redreffer à chaud une piece qui feroit brafée avec le cuivre rouge , parce que la rofette eft duélile à chaud & à froid ; mais je ne fai pas éprouvé.
- C’eft ainfi qu’on brafe les groffes pièces ; à l’égard de celles d’un moindre volume, elles peuvent fe brafer fans terre : pour cela ayant ajufté les pièces > comme nous l’avons dit, & ayant mis fur l’endroit qu’on veut réunir de petits morceaux de laiton on mouille cet endroit & on làupoudre deffus du borax en poudre *, on fait fécher doucement la piece devant le feu , faifant enforte que le laiton & le borax ne fe détachent pas, enfuite on met la piece à la forge} & on arrange tout autour des morceaux de charbon de bois pour qu’ils entourent toute la piece fans y toucher ; on fait agir doucement le foufflet jufqu’àce qu’on voie le laiton couler .& s’étendre dans toute l’éten"* due de la fente ,ce qui fe fait aifez promptement, parce que le borax précipite la fufion,& en même temps fait étendre ledaiton fondu.
- La brafure eft plus propre & moins apparente, quand au lieu de laiton on emploie de la foudure de Chauderonniers, qui eft faite avec dix parties de laiton & une partie d’étain fin ; ce mélange peut fe* piler en grenaille : cette foudure eft très-ffufible ; mais il eft bon d’être prévenu qu’étant très-aigre, elle ne tient pas auffi-bien que le laiton. D’ailleurs comme cette foudure fond aifément , le fer n’a pas le.temps de s’échauffer avant que la foudure coule, ce qui eft> comme je l’ai dit, un obftacle à la perfeélion de la foudure.
- Quand on veut brafer des pièces précieufes & très-délicates , on emploie de la foudure d’Orfevre faite avec deux parties d’argent fin , & une partie de cuivre rouge qu’on fait fondre dans un creufet, & qu’on coule dans une petite lingottiere qu’on a auparavant frottée de fuif. On bat ce lingot juf. qu’à ce qu’il foit de l’épaiffeur d’une forte feuille de papier. On coupe cette foudure par paillettes, & on brafe au borax, comme avec la foudure de Chau-deronnien celle-ci a l’avantage de ne point marquer fur le fer, de fondre aifément & de réunir le fer au moins aufli fortement que les autres , auxquelles elle eft préférable pour les pièces très-délicates. Elle ne convient même que dans cette circonftance, parce que, comme cette foudure fond aifément, un morceau de fer affez gros n’auroit pas le temps de s’échauffer avant ;que la foudure fût fondue.
- 'Article VII.
- Maniéré de recuire le Fer.3C TAcier.
- Il eft quelquefois néceflàire de faire recuire le fer & l’acier, foit pour rendre ces métaux plus aifés à forer & à limer , foit pour qu’on puiffe les travailler à froid au marteau, foit pour que les outils acérés ou les refforts foient
- * Je crois que le cryftal très-fufibîe mis en poudre pourroit s’employer avec le borax , & mettre en .état de moins employer de ce fel qui eft cher.
- moins
- \
- i
- p.20 - vue 27/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 21
- *noins caflànts. Macurin Jouffe * confeille de les couvrir d’une couche de terre franche alliée de fable àl’épaifleur de trois ou quatre lignes, & de mettre les ouvrages ainfi couverts de terre, dans un tas de charbon qu’on laiflè s’allumer de lubmême, Sc d’y lai fier l’ouvrage jufqu’à ce qu’il foit refroidi, après que lé feu s’eft éteint de lui-même.
- Quelques-unsfrottent l’ouvrage avec du fuif ou de la cire avant que’de l’envelopper de terre : cette méthode me paroît fort bonne , parce que la terre empêche qu’il ne fe leve des écailles de delfus le fer, Sc les matières gralfes font que le métal ne fe brûle pas, ce qui eft important pour des ouvrages qui font prefque finis , ou qu’il faut recuire plufieurs fois. Le fieur Durand , habile Serrurier établi à Saint Viétor, m’a alfuré qu’après avoir fait bien des efiais , il n’avoit rien trouvé de mieux, pour adoucir le fer Sc l’acier par le recuit,que de le faire rougir à la Forge, couleur de cerife , Sc de le fourrer tout rouge dans un mélange de fon & de fraifil ; il fort de ce mélange une épaiffe fumée : apparemment que la partie gralfe du fon agit fur le fer pour lui donner beaucoup de douceur. Au relie on trouvera dans d’autres Arts, différentes façons de recuire le fer, qui ont auflî leurs avantages.
- Les uns, par exemple, recuifent dans un four chaud , d’autres avec un feu de bois blanc, d’autres mettent les pièces délicates dans une marmite de fer, qu’ils mettent au milieu des charbons ardents : ces diverfes méthodes Sc plufieurs autres fe trouveront dans les détails de différents Arts.
- Les petits outils d’acier & les r efforts fe recuifent fou vent en les pofànt fur un gros morceau de fer rougi au feu , ou même à la lumière d’une chandelle , quand ils font fort déliés. Le fer & l’acier polis prennent différentes couleurs au recuit : d’abord ils deviennent bleus, enfuite on apperçoit des veines pourpres,puis la couleur tire fur le jaune,après elle brunit & devient ce qu’on appelle couleur d'eau, quand on la frotte avec la pierre qu’on nomme Sanguine, qui eft un caillou très-dur , ou une elpece d’agate. Ces différentes couleurs indiquent au Serrurier le progrès du recuit, & on lait que tel outil doit être revenu au bleu, un autre au jaune, &c. On fe fert encore du recuit, pour donner aux ouvrages de fer & d’acier polis, des couleurs qui font quelquefois très-agréables.
- Article VI IL
- Sur la façon de forger.
- Pour travailler les gros fers , le Maître Forgeron fe fait aider par deux ou trois Compagnons ( B PlancheI dans la Vignette}, qui frappent chacun avec un gros marteau : quand le fer eft fort gros, le Maître le manie à deux
- * Maturin JoufTe étoit un très-habile Serrurier établi à la Fléché, quia fait un ouvrage fur fon Art ; mais comme il s’efl contenté de décrire
- Serrurier.
- quelques pièces "de Serrurerie , qu’il regardôit comme des chef-d’oeuvres , fon ouvrage ne nous a pas été d’une grande utilité.
- F
- p.21 - vue 28/398
-
-
-
- 3* ART DU SERRURIER:
- mains , Sc en ce cas , il ne tient pas de marteau, il dit à fes Compagnons ce qu’ils doivent faire ; mais fouvent le Maître tient de la main gauche le fer qu’on forge, & de la droite un marteau qu’on peut manier d’une main. Quand le fer eft aifez long pour qu’il puilfe le manier fans fe brûler, il ne fe fert point de tenailles ; mais il ne peut s’en paffer quand le fer eft court. En ce cas il le foude quelquefois au bout d’une barre de fer qu’on nomme Ringard. Voyez la Forge des Ancres Sc des Enclumes.
- Quand les Compagnons font accoutumés à manier le marteau & à bien frapper de mefure, le Maître en a moins de peine, Sc l’ouvrage s’expédie plus promptement; mais le travail des Compagnons s’apprend aifez promptement, il n’en eft pas de même du Maître : il doit frapper du marteau qu’il tient dans là main à l’endroit où il veut que les autres donnent leur coup ; & par la force des coups qu’il donne , il leur indique s’il faut frapper plus ou moins fort ; il indique auffi aux Compagnons qu’il faut difcontinuer de frapper en laiflànt tomber fon marteau fur l’Enclume à côté du fer qu’il forge, Sc on recommence quand il fait porter fon marteau fur le fer. Ce n’eft pas tout : c’eft lui qui doit entretenir le fer fur l’enclume, l’avancer, le reculer, le tourner dans tous les fens, &avoir le coup d’œil aifez jufte pour que les côtés d’un fer quarré foi en t bienàangle droit pour le tenir d’une largeur & d’uneépailfeur convenable, Sc la même dans toute la longueur d’une barre, en confervant toujours les arrêtes bien vives. Je parle ici des fers quarrés , & qui doivent conferver leur même calibre dans toute leur longueur ; mais il y a des cas ou le fer doit être plus gros d’un bout que de l’autre, Sc il n’eft pas aifé d’entretenir cette dimnution uniforme en confervant les arrêtes bien vives. C’eft tout le contraire pour les fers ronds , on n’y doit appercevoir aucune arrête, Sc pour l’ordinaire il faut que la circonférence foit bien ronde. Les habiles Forgerons fàtisfont fi bien à toutes ces conditions, qu’on n’apperçoit point les coups de marteau , Sc qu’on croiroit que les fers qui fortent de leurs mains auroient été dreffés à la lime. Il eft vrai que pour les fers ronds , ils fe fervent fouvent d’étampes Sc de marteaux qui font creufés en portion de cercle. Comme il n’eft queftion ici que des principes généraux , je ne parle point des fers qui doivent être forgés de groffeur inégale , de la maniere’de faire des enroulements, & de quantité d’opérations qui font beaucoup plus difficiles que celles dont nous venons de parler ; il fe préfentera dans la fuite de ce Traité beaucoup d’occa-fions de parler en détail de toutes ces chofes qui maintenant neferoient point à leur place naturelle.
- Pour les petits fers, un feul homme les tient fur l’enclume de la main gauche , & il les bat de la main droite : quoique le forgeron évite en tirant le fer du feu de le traîner dans le fraifil, il a foin, avant que de lepofer fur l’enclume, de lui donner un coup fous l’enclume pour faire tomber le fraifil qui pour-roit s’y être attaché.
- p.22 - vue 29/398
-
-
-
- I
- ART DU S E RR U R 1ER. 2$
- On commence aufti, quand le fer eft fur l'enclume, par donner de très-petits coups qui font détacher Técaille du fer, & enfuite on forge plus ferme, 8c on finit quand le fercefle d’être affez chaud pour s’étendre. On peut bien à petits coups rendre la fuperficie du fer plus unie, lors même que le fer eft prefque froid. Mais fi l’on continuoit à donner de grands coups fur un fer refroidi, outre qu’on perdroit fon temps, puifqu’il ne s’étendroit pas, on pourroit de plus rendre le fer pailleux.
- Une grande partie des petits ouvrages demandent beaucoup d’adreffe 8c d’habitude pour bien mener le marteau ; c’eft pourquoi Maturin Jouffe recommande aux Apprentifs de s’exercer à forger du plomb , s’attachant à lui faire prendre avec le marteau la même forme qu’ils voudraient donner à du fer,' Je crois que cette méthode qui ne confomme ni fer ni charbon eft bien propre à former la main des Appren tifs , qui en font quittes po ur refondre leur plomb, quand ils veulent faire un autre ouvrage.
- Quand on veut que la piece qu’on forge foit bien unie, on mouille, en finiflànt, le marteau & l’enclume, 8c le fer fe trouve très-net 8c bien uni.
- Quand il faut étirer du fer, foit pour le corroyer & le rendre plus doux, foit pour le réduire aux proportions dont on a befoin, pour avancer beaucoup l’ouvrage ,1e Maître Forgeron pofe le fer fur la partie arrondie delà bigorne, 8c en frappant de la panne de fon marteau , il indique aux Compagnons qu’ils doivent faire de même, 8c l’ouvrage s’en exécute plus promptement. Mais enfuite il faut forger avec le plat du marteau, 8c far la table de l’enclume , pour unir & drefler le fer.
- Nous avons dit, en parlant de la maniéré de chauffer le fer, que les fers aigres , rouverains & acérains dévoient être chauffés avec plus de ménagement que les fers doux. J’en dis autant à l’égard delà Forge : on peut forger plus fortement les fers doux que les autres.
- Article IX*
- Maniéré de mener la Lime*
- C’est un grand talent pour un Serrurier que de bien forger ; mais il eft suffi très-intéreflànt qu’il fâche bien limer. Le carreau ( Planche I, Fig. 51 ), eft fans contredit la lime la plus difficile à mener, au moins pour la fatigue. Le Serrurier ayant bien ferré dans fbn étau le morceau de fer qu’il veut dé-groffir, 8c étant debout devant fbn établi, la jambe gauche un peu en avant, ( Planche I & dans la Vignette ), faifit le manche du carreau avec la main droite ; il pofe fon carreau fur le fer qu’il veut limer ; il appuie le talon defà main gauche fur le bout du carreau oppofe au manche ; & en pouffant fortement le carreau , puis le retirant à lui, il entame le fer $c il le dreffe, dé-
- p.23 - vue 30/398
-
-
-
- *4 ART DV SERRURIER*
- truffant toutes les inégalités que le marteau auroit pu lailïer ; il auroit peine à drelTer fon fer s’il poulfoit fa lime perpendiculairement fur le barreau ; il faut quil la pouffe un peu obliquement, & en la promenant un peu fuivant la longueur du barreau ; & l’angle que doit faire le carreau avec la barre, efl; à peu près déterminé par l’obliquité des hachures du carreau. Quand on a dreffé ion fer à peu près, on le retourne dans l’étau pourxroifer les traits de la lime par de nouveaux traits. Mais le Serrurier doit prêter une grande attention à mener fon carreau bien horizontalement : car les Apprentifs qui font balancer leur lime , forment la furface de leur fer en dos-d’âne, ils liment ronds, au lieu que la furface du fer doit être bien plate, pourformer fur les -angles du fer de vives arrêtes. En un mot, il faut limer plat.
- Il doit auffi prêter une finguliere attention, quand il lime des fers quarrés, que toutes les, faces fcient bien d’équerre , & pour s’affurer s’il y parvient,, il doit, quand il a bien dreffé une face, préfenter.de temps en temps l’équerre pour drefferde même les autres faces préfenter auffi de, temps .en temps fur la longueur une réglé bien dreffée pour s’affurer s’il n’emporte pas ici, ou là trop de fer. Quand il a dégroffi fon fer avec le carreau , il le perfectionne avec la carreiette, ( Planche /, Fig, 52 F dans la Vignette ), il emploie des limes de moins en moins rudes r fuivant que l’ouvrage exige plus ou moins de perfeétion. Toutes les groffes limes fe mènent de la même maniéré , le corps étant un peu penché en avant pour appuyer toujours fur la lime, afin qu’elle morde fur le fer.
- Je ne dois point oublier défaire remarquer qu’il feroit impoffibîe de bien dreffer une piece de fer , fi elle n’étoit pas placée bien horizontalement. Ainfi il efl: très-important d’établir l’étau bien perpendiculairement pour que les mâchoires foient exactement horizontales., & on doit placer auffi le fer bien ferme & bien horizontalement-dans les mâchoires de l’étau.
- torfqu’il faut limer une piece qui efl: fourchue ou qui forme un enroulement, f Ouvrier ne pouvant pas placer là main gauche au bout de fa lime tient toujours le manche de la lime de k main droite ; mais il pofe les doigts de fa main gauche fur la lime tout auprès de fa main droite , ( Planche I, H dans la Vignette ) , & il lime en pouffant Sc tirant à lui alternativement : il faut toujours que la lime foit menée bien,droite , & éviter de la faire balancer fur l’ouvrage.
- Il y a des cas où les Serruriers doivent employer des limes rondes, demk ^rondes , à tiers-point, &c, fuivant les contours du fer qu’ils travaillent.
- Dans certaines cireonftances, par exemple quand on fait des' tiges d’efpa-gnolettes ou des tringles de rideau , après avoir dreffé le fer , ce qu’on 'fait en promenant la lime fur une certaine longueur du barreau, ôc en la balançant : lorfque le fer efl: dreffé , on le tire en long ; alors le Serrurier tenant le manche du carreau d’une main , & l’mitre-extrémité du carreau de l’autre
- main ,
- p.24 - vue 31/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. aj
- main, il pofe là lime perpendiculairement fur la tringle ; 6c la promettant fui-vant la longueur de la tringle , comme on le voit Planche XIII9 fig. J , il forme des traits qui fuivent cette direéïion ; & avec des Ümes moins rudes , il les adoucit. Souvent pour aller plus vîte3 il met la tringle entre deux limes. Le fleur Durand a imaginé une machine pour exécuter promptement ce travail : nous pourrons ^n parler dans la fuite.
- Lorfqu’on a à limer un petit fer rond, comme une goupille, ou un poinçon , TOuvrier le tenant de la main gauche, le pofe fur un morceau de bois qui déborde l’établi,ou qui eft pris dans l’étau, ( Planche /, dans la Vignette G ), 8c tournant continuellement le fer qu’il veut arrondir, à mefure qu’il fait agir la lime, il parvient à le faire à peu près rond.
- L’Ouvrier qui veut limer le bout d’un morceau de fer, l’appuye contre la table de l’établi, le tenant ferme , pendant qu’il fait agir la lime de la main droite ; ou bien il faifit l’ouvrage dans l’étau, 8c il lime des deux mains»
- Quand un Serrurier veut limer auprès d’un ornement ou d’un talon qu’il ne veut point entamer , il prend des limes dont un des côtés n’eft point taillé ; & en mettant ce côté vers l’endroit qu’il veut ménager , il ne l’entame point.
- Nous aurons bien des fois occafion de parler des différentes opérations qui fe font avec la lime, ainfî nous nous bornerons au peu que nous venons de dire, qui fuffit pour donner au commencement de notre Art une idée générale d’une des opérations du Serrurier qui exige le plus d’adrelfe & d’habitude.
- Article X.
- Sur la maniéré de polir le Fer SG VAcier.
- Le fer le plus doux, le plus aifé à chauffer & à forger tant à chaud qu’à froid, celui qui efl: auffi le plus aifé à limer, n’eft pas ordinairement le plus propre à prendre un beau poli, il conferve prelque toujours un œil terne & gras.
- Il y a encore des fers cendreux qui reftent toujours chargés de petits points qui empêchent qu’on ne les poliffe parfaitement.
- Les fers aigres, durs 8c difficiles tant à forger qu’à limer, prennent communément un poli plus brillant ; & l’acier reçoit bien mieux le poli que le fer , fur-tout quand il efl très-fin & trempé bien dur.
- Les Serruriers dérouillent & décraffent les gros fers qu’ils veulent éclaircir en les frottant avec de l’écaille de fer ; autant vaudroit-il les frotter avec du grès ; mais ces écailles fe trouvent fous leur main , 8c ilsfe propofent d’exécuter une opération très-grofîiere.
- Ils blanchiffent à la lime leurs ouvrages plus recherchés ; & après les avoir ébauchés avec des limes fort rudes , qui avancent l’ouvrage , ils emploient Serrurier. G
- p.25 - vue 32/398
-
-
-
- *6 ART DU S E R RU RIE R.
- des limes moins rudes, & d'autant plus fines & plus douces , qu’ils veulent ^ donner plus de brillant aux pièces qu’ils travaillent ; l’attention qu’ils ont pour les ouvrages qu’ils ne veulent point polir exactement , & qu’ils ne fe proposent que d’éclaircir , eft de promener toujours la lime dans un même fens y défaire enforte que les traits que la lime forme fur le fer, loient toujours dans une même direction, autant que cela fè peut ; car fi au milieu d’une platine il fe trouve un bouton ou quelqu’autre pièce làillante, les traits de lime font nécefiairement interrompus, il faut que les traits de la lime prennent une autre direction , ce qui paroît fur l’ouvrage fans néanmoins faire de difformité, lorfque les Serruriers ont l’attention que les endroits où la lime change de direction foient bien terminés.
- Ceci eft bon pour les ouvrages communs; mais quand on veut donner un poli fin, il faut, lorfqu’on a dreffé la piece avec une lime bâtarde, croi-fer les traits avec une lime plus fine pour emporter l’imprefîion de tous les traits précédemment formés , & cette manœuvre doit s’obferver toutes les fois qu’on change de lime ; plus elle eft répétée, plus l’ouvrage eft parfait.
- Quand on veut que les ouvrages foient plus brillants , on emploiè, après les limes douces, des grès fins , de l’émeri pilé & paffé à l’eau , de la pierre à l’huile réduite en poudre fine, du colcotar broyé très-fin, de la pierre pourrie d’Angleterre, de la potée d’étain , du tripoli, &c. & nos Serruriers , pour frotter leurs ouvrages avec ces poudres, fe fervent d’un morceau de bois tendre ou d’une lame de plomb qu’ils chargent de ces différentes poudres délayées avec de l’huile. Ce travail eft très-long, & pour cette raifon augmente beaucoup le prix de l’ouvrage. Il ne tiendroit qu’à eux de l’abréger en employant des meules. Suivant la forme des ouvrages,ils pourroient fe fèrvir tantôt de meules de bois femblables à celles des Couteliers , ou quand les furfaces font plates, de meules horizontales montées comme celles des Lapidaires , chargeant les unes ou les autres d’émeri fin, & enfuite de potée dont ils feroient une pâte avec de l’huile ; mais au moyen de ces meules, il ne leur feroit pas poffiWe d’atteindre dans les creux des moulures ; c’eft le cas où il convient d’avoir recours à une induftrie dont les Anglois font grand ufà-ge. Ils on,t des meules verticales & d’autres horizontales qui font hériflees de poils de fànglier comme les décrottoires ; ces poils entrent dans tous les creux des moulures, & y portent l’émeri & fhuile qui fervent à les polir.
- Au moyen de cette induftrie, les Anglois donnent un grand brillant à leurs ouvrages de fer & d’acier Les plus communs : il eft bon de remarquer qu’on pourroit donner du brillant à un ouvrage qui n’auroit point été douci ; mais pour faire un bel ouvrage, il faut qu’il foit parfaitement douci avant que de le polir ou de lui donner le dernier brillant.
- On procure encore un brillant très-vif aux ouvrages de fer & d’acier polis en les fourbiflànt, c’eft-à-dire, en les brunilîànt avec un outil d’acier trempé
- p.26 - vue 33/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 27
- très-dur &bien poli, ou avec une pierre de fanguine qui eft fort dure & fe trouve dans les mines de fer ; l'un ou l’autre étant aflujettis au bout d’un long manche, on frotte l’ouvrage avec force, & on lui donne un brillant très-vif.
- L’acier trempé fort dur prend un poli brun & très-brillant ; il eft alors en état de prendre par le recuit une belle couleur bleue ou ce brun brillant qu’on appelle couleur d! eau.
- Article XI.
- Des Ornements qu on fait avec f Etampe„
- Le fer amolli par le feu eft tout autrement tendre que l’acier trempé,, ou même que le fer qui eft froid. Les Serruriers ont profité de cette propriété du fer pour le mouler étant rougi & amolli par le feu, dans des creux qui font faits avec de l’acier trempé ; quoiqu’on donne une forte chaude au fer qu’on veut ainfi mouler , il s’en faut beaucoup qu’il foit aflez coulant pour entrer dans le creux d’un moule, comme font les métaux fondus ; il eft feulement amolli, & il faut le contraindre à entrer dans le creux par de grands coups de marteau.
- Cette manœuvre induftrieufe abrégé beaucoup l’ouvrage : car au lieu d’employer la lime pour former les vafes qui terminent les fiches , les moulures qui ornent les efpagnolettes , les boutons, les poignées & les olives pour les loquets, les verroux, les ferrures,&c. lesplate-bandes des baluftrades & des rampes d’efcalier ; toutes ces choies font faites en un inftant au moyen d’une étampe fimple ou double qui eft faite avec deux morceaux d’acier, dans lefquels on creufe la forme de la moitié d’un vafè ou d’un bouton, loit qu’il foit ovale ou rond 5 le fer étant dégrofiî 8c formé à peu près comme le doivent être les vafes ou les boutons, on le fait bien chauffer , puis le pofànt fur la femelle d’en bas A, Planche ///, ( Fig. 25), de l’étampe , & pôfant déifias l’autre femelle B , on frappe deifus celle-ci à coups de marteau, on la fouleve pour retourner vite le fer dans l’étampe avant qu’il foit refroidi, & ayant ainfi retourné plufieurs fois le vafe ou le bouton, il a pris la forme qu’on defire ; il ne s’agit plus que de le blanchir à la lime, & de lui donner le degré de poli qu’il doit avoir. Pour les petits boutons, on a de petites étampes ( Fig. 26 ) ; A eft la femelle de deflous ; B eft celle qu’on pofe deffus ; elle a la forme d’un cachet. S’il eft queftion de plate-bandes, ona des étampes ( Fig. 27 ), & on frappe fur le fer avec le marteau ; s’il s’agit des moulures ou d’arrondir les tiges d’efpagnolettes, on pofe le barreau fur une étampe, & on met deffus la femelle {Fig. 24) fur laquelle on frappe , comme nous allons l’expliquer plus en détail.
- On fait encore les têtes des vis avec une étampe : la tige de la vis étant retenue dans une efpece de clouyiere, on frappe fur la tête avec un poinçon qui porte en creux la forme que doit avoir en relief la tête de la vis*
- p.27 - vue 34/398
-
-
-
- *g ART DU S ER R UR 1ER.
- Il feroit bien long d’évider à la main avec un burin , un cifeau & la lime les moulures qu’on voit aux plate-bandes des rampes d’elcaliers , des baluftra-des, des balcons, &c. Ces moulures fe font très-promptement, comme nous venons de le dire, au moyen d’une étampzfig. 27. qui porte la contr’épreu-ve des moulures qu on veut imprimer fur le fer. Lorfque nous parlerons de la façon de travailler les grilles , nous donnerons la Figure de ces étampes : nous nous propofons auffi d?expliquer ailleurs comment on place les étampes fur les enclumes , & comment on pofe le fer deffus pour le frapper avec le marteau, Sc le contraindre à entrer dans l’étampe ; car il nous a paru convenable de réferver ces détails pour les endroits ou nous aurons à parler des ouvrages qu’on fait avec l’étampe.
- Les mandrins font encore des efpeees d’étampes fur lefquelles on forge du fer, pour ménager des ouvertures ou des creux ovales, ronds, quarrés > en lofànge , à pans, &c. On en fait ufàge dans bien des occafions, pour former des douilles de toutes fortes de formes, des mortaifes, &c.
- Les tiges des efpagnolettes font faites avec du fer quarré qu’on nomme du carillon , pour l’arrondir & lui donner la forme d’une tringle : quand on a abattu avec le marteau les angles du fer , on achevé de le calibrer dans une érampe qui eft creufée comme une gouttière. Le Maître tient la barre d’une main, il la pofe fur la gouttière creufée dans la femelle inférieure de l’é-tampe qui eft placée fur la table de l’enclume ; il pofe deffus la partie fu-périeure de l’étampe qui eft pareillement creufée en gouttière ; un Compagnon frappe deffus, & le Maître tourne la barre en différents fens; fi l’on veut qu’elle forte de l’étampe plus propre , on frotte de graiffe le creux de l’étamu pe, & par cette manœuvrela barre quarrée devient bientôt une tringle ronde.
- On forme auffi avec l’étampe les moulures qui font aux nœuds des efpa-gn dettes : on trouvera tous ces détails, dont nous ne parlons ici que d’une façon très-fommaire , aux endroits où il s’agira de ces différents ouvrages. Mais il convient de dire ici quelque chofe de la façon de faire les étampes.
- Pour faire les étampes qui doivent fervir pour calibrer des fers longs, comme les plate-bandes des rampes , des balcons & des baluftrades , ou les tringles qu’on arrondit,on foude un morceau d’acier fur un morceau de fer, &on creufe groffiérement en gouttière l’endroit des moulures ; enfuite on forme avec la lime ou le tour fur un morceau d’acier ou plus communément fur un morceau de fer des ordres de moulures, pareils à ceux qu’on veut faire paroître fur la plate-bande ; puis faifànt rougir l’étampe qu’on a ébauchée, comme nous l’avons dit, on imprime à grands coups de marteau dans l’étampe les moulures qu’on a formées en relief fur le barreau. Ce morceau de fer fait donc l’office d’une étampe qui fert à former la vraie étampe, avec cette différence que comme l’étampe en relief ne doit fervir qu’une fois, on fe contente de la faire avec du fer, au lieu que la vraie étampe qui doit fervir longtemps eft chargée d’acier
- qu’on
- p.28 - vue 35/398
-
-
-
- ART DÛ SÈRRÎ/RÏÈ R. 2ÿ
- quon trempe après qu elle a reçu l’impreffion des moulures , Sc qu’on a réparé à l’outil les défauts qu’elle pouvoit avoir. Voilà comme on fait très-promptement des étampes propres à former fur le ferdeS moulures femblables à celles que les Menuifiers pouffent avec le rabot fur le bois. Il paroît beaucoup plus difficile de faire des étampes pour imiter les moulures que font les Tourneurs; car il femble qu’on eft obligé de creufer au burin les gorges, les glands, les boutons, enfin tous les ornements ; mais communément les Serruriers fe contentent d’ébaucher gtolfiérement ces étampes ; & pour les finir, ils forment fur le tour, Sc avec du fer, le bouton, l’olive, le vafe, ou l’ornement dont ils ont befoin ; & en faifant rougir l’étampe creufe qu’ils ont ébauchée,ils la perfeétionnent en frappant dedans celle en relief qu’ils ont fait fur le tour, Sc qui étant de fer dur, réfifte fuffifàmment pour imprimer là for-,me dans le fer rougi au feu, à peu près comme un cachet imprime Ion empreinte fur' la cire. Les moulures étant ainfi affez bien formées en creux, on trempe l’étampe qui fert alors à faire un grand nombre de moulures femblables fur le fer , comme je l’expliquerai dans la fuite.
- #-
- Article XII.
- Sur la façon de couper le Fer*
- On coupe le fer à chaud & à froid. Pour couper le fer à chaud, iorfqu’il eft gros, un Compagnon A le porte, au fortir de la Forge, fur la table de l’en-.clume. Le Maître Forgeron B pofe delfus une tranche ou un cifeau emmanché dans une hart ( Planche //, Fig. p ), & un autre Compagnon C frappe fur la tranche avec un marteau à deux mains : quelquefois on retourne le barreau pour entamer le fer par deux côtes oppofés.
- On fe fert auflî de la tranche pour emporter le fer qui fe trouve de trop aux endroits où l’on a fait de grolfesfoudures : nous en avons parlé à i’oc-cafion des ancres Sc des enclumes , Sc c’eft ce que font les Ouvriers Fig. p.
- , Quand il s’agit de petits fers, on a fur le bord de l’enclume une petite tranche ( Planche /, Fig. 62 ) , dont la queue entre dans une mortaile qui eft pratiquée fur l’enclume ; on pofe le fer rougi delfus cette tranche , Sc d’un feul coup de marteau le fer eft coupé.
- On coupe auffi le fer à froid avec un cifeau bien acéré qu’on nommé Cifeau a froid, & à grands coups de marteau l’Ouvrier C ( dans la Vignette , Planche /) entame le fer ; mais cela ne fe pratique guere que pour des fers de moyenne grolfeur.
- On verra dans la fuite de cet Art que les fers minces fe découpent avec une gouge ou un cifeau qu’on nomme Langue dé carpe , ou même un cifeau qui a le taillant quarré. La tôle , le fil de fer peuvent aufiî fe couper avec des cL fàilles ( Planche II, Fig. 1 o ), dont la grolfeur eft proportionnée à l’épailfeuf Serrurier, H
- p.29 - vue 36/398
-
-
-
- V
- 3o ART DU SERRURIER.
- •du fer qu’on veut couper ; mais les Serruriers nefefervent guere de cet outil.
- •On coupe auffi le fer avec une foie ; c’eft une lame d acier mince qui eft •dentée fur le tranchant.& ftriéefur les côtés, & qu’on affermit.par un dolferec : •enfin les limes fervent auffi à.couper le fer. Mais les Serruriers évitent d’em-ployer ce moyen .parce qu il n eft pasaflèz expeditif.
- À R T I C % E XIII.
- Maniéré défaire les Ornements de Serrurerie découpés.
- Autrefois on relevofc en boffe les platines , ordinairement fur le tas 5 quelquefois fur le plomb, comme nous l'expliquerons lorfqu'il fera quefiion des grilles richement ornées. On évidoit à-jour entre ces reÜefs plufîeurs endroits ; Sc pour les rendre plus.apparents, on mettoit quelqu'étoffe de couleur entre la platine & le bois. Il y a même quelque lieu de croire que le bois des Portes de Notre-Dame étoit couvert de cuir, apparements rouge ou doré , fur lequel on avoit mis les ornements de fer qui fubfiffent encore aujourd'hui.
- On croyoit encore augmenter le mérite de ces platines en couvrant le fer d e vernis de différentes couleurs , ce qu'on appelloit fort improprement les émailler ; Jouffe donne la compofition de quelques-uns de ces vernis qui font bien inférieurs à ceux qu'on pourroit faire aujourd'hui. On étamoic aufiî plufieurs ferrures , Sc je puis affurer qu’il y a un grand avantage àfuivre cette méthode; car je connois un Château affez ancien dont toutes les ferrures qui ont été étamées, font encore blanches Sc exemptes de rouille*
- Au refie tous ces ornements ne font plus de mode : on eft aujourd'hui dans le goût de faire les platines des verroux, les rofes qui accompagnent les boutons Sc les couronnements des boucles de portes cocheres découpées, évidées & percées à jour: peut-être a-t-on eu raifbn de préférer les orne* ments fîmples & bien polis aux reliefs qu'on faifoit autrefois, qui le plus fou-vent étoient affez mal exécutés. Je dis le plus fouvent ; car il y a eu & il y a encore aujourd'hui d'habiles Ouvriers qui font en ce genre des ouvrages dignes d'admiration. Quoi qu'il en foit, le grand ufage qu'on fait maintenant des ouvrages découpés , a fait imaginer des moyens pour les exécuter promptement & régulièrement. Je vais indiquer ces moyens.
- Quand on a à faire beaucoup d'ornements qui doivent être d'une même grandeur Sc d'un même deffein , on fait correctement Sc avec de fortes plaques d'acier , des patrons qui portent régulièrement tous les contours quç doivent avoir les platines avec les à-jours ou les parties qui doivent être évidées : on les nomme des moules. On affujettit entre deux de ces moules d'acier femblables & trempées, plufieurs feuilles de tôle ; Sc afin que c es feuilles de tôle ne fe dérangent pas,il y a aux moules deux trous dans lefquels paffent des
- p.30 - vue 37/398
-
-
-
- I
- ART DU SERRURIERv p
- broches à vis qu’on Terre avec des écrous ; ou ce qui neft pas fi bien, on ferre les moules dans les mâchoires d’un étau.Quand les morceaux de tôle font bien affujettis entre les deux plaques qui forment le moule , on découpe à la fois toutes les feuilles de tôle, en fuivant les contours du moule avec un cifeau quarré , Sc on évide les à-jours en employant descifeaux de différentes figures, comme des langues de carpe, des gouges, &c. fuivant les contours qu’on doit fuivre. S’il y a dans le delfein des trous qui fe fuivent pour former comme (des graines, on les forme, avec des poinçons qui font plats par le bout, au lieu d’être en pointe, & qui emportent la piece. Il peut fe trouver quelques parties délicates qu’on ne pourroit pas emporter avec le cifeau ; en ce cas , on en trace les contours avec une pointe , & on les évide avec de petites limes.
- Quand les feuilles de tôle font tirées du moule, on fuit tous les contours avec la lime pour les ébarber, Sc quelquefois on taille les bords ou quarrément ou en bifeau.
- Si l’on veut confulter la Planche Xftt, on verra ( Fig. 32 ) , une plaque de tôle coupée pour faire la platine d’une targette, avec les trous pour l’affujettir dans le moule. La Figure 31 repréfente une des feuilles de ce moule; à la Figure 34, les feuilles de tôle font aifujetties par des vis entre les deux feuilles du moule > Sc on a commencé à les découper ; à la Figure 33 , elles font entièrement découpées.
- Ces fortes d’ornements empruntent leur principal mérite du beau poli qu’on leur procure ; & comme ce poli fe donne principalement avec diffé* rentes limes, il faut affujettir les platines ou les rofettes qui font minces fur une planche qui leur donne du foutien ; on affujettit cette planche en la faifilfant dans un étau par une partie qui fait faillie au-deffous dela planche, Sc on retient les pièces qu’on veut polir fur la planche par un itrier de fer qui porte à fon milieu un écrou dans lequel entre une vis dont le bout d’en-bas appuyé fur la platine, comme on le voit Fig. 3 6 3 Sc l’étrier efi: repréfenté Fig. 37.
- Les Serruriers donnent un mérite de plus à ces ornements découpés en les attachant fur la menuiferie avec un nombre confidérable de petits clous dont les têtes font rondes & polies , Sc qu’ils arrangent avec régularité Sc goût fur toutes les parties de l’ôuvrage.
- Il y a des Ouvriers qui s’occupent prefque uniquement à faire de ces fortes d’ouvrages , & il y en a à Paris des magafins ouïes Maîtres Serruriers fe four-nilfent : mais quand ils ont une rofette ou un autre ornement d’un goût finguli'er qui ne fe trouve pas chez le Quinquaillier, ils le font exécuter dans leur Boutique; Sc comme une ou deux rofettes ne dédommageroient pas de ce qu’il en coûteroit pour faire des moules d’acier ou de cuivre, ils collent fur une plaque de tôle, le papier qui porte le delfein , & ils découpent la tôle fur du plomb avec une langue de carpe, ou des cifeaux dont le taillant a diffé-
- p.31 - vue 38/398
-
-
-
- •32 AR T DU S E R RU R 7 E R.
- rente forme, ce qui emploie beaucoup plus de temps que la méthode que nous avons décrite.
- Article XIV.
- Maniéré de percer le Fer 9 dy faire des Vis 3G de le fraifer. j
- En général on perce le fer à chaud & à froid. L’opération de percër le fet à chaud eft la plus expéditive ; mais les trous qu’on fait à froid font plus réguliers.
- Pour percer un morceau de fer a chaud, on fait rougir à la forge l’en1-•droit où l’on veut faire le trou.
- On commence par entamer le trou fur l’enclume par les deux faces op-.polees avec un poinçon pour ne point faire de bavure ; enfuite , afin de déboucher le trou , on pofe l’endroit rougi fur une perçoire { Planche III, Fig. i ), qui eft ordinairement un cylindre de fer creux & fort épais : au refte il importe peu que la perçoire foit cylindrique ou parallélipipédique ; il ne s’agit que de donner au fer un point d’appui tout autour de l’endroit qu’on veut percer, 8c que l’endroit où doit être le trou ne porte for rien ; fi la pièce qu’on veut percer n’eft pas épaiffe , & que le trou doive êtreafîez menu, le Serrurier tient de la main gauche un poinçon qu’il pofe for le fer chaud, il frappe deflus jufqu’à ce qu’il ait faitbourfoufler le fer par deflbus ; puis pour emporter la piece-, il retourne le fer , & pofant deflus la boflè un poinçon dont le bout foit quarré , il frappe fur la tête du poinçon avec un marteau qu’il tient de la main droite; fi le trou doit être fait dans de gros fer, le poinçon ( PL 111, Fig. 3 ) eft emmanché dans une hart, & on frappe deflus avec un gros marteau à deux mains, comme on le voit Planche II, Fig. 9. Si le trou doit être ouvert, 8c qu’on ne veuille point enlever le morceau de feç quioccupoit la place du trou ; comme il ne s’agit que d’ouvrir le fer , & pour ainfi dire, de le fendre en deux, on commence par former l’ouverture avec un poinçon en iofonge ( Planche III, Fig. 4 ), qu’on nomme Langue de carpe, & on l’acheve avec un poinçon ( Planche III, Fig. y, 6 ou 7 ) dont la grofleur doit être proportionnée à celle du trou qu’on veut faire ; 8c fi le fer eft épais, on monte la langue de carpe, ainfi que ces différents poinçons, dans une hart ( Planche III, Fig. 3 ) , comme on fait les tranches, & on frappe deflus avec un gros marteau, comme nous l’avons repréfenté ( Planche II Fig. 9 ). L’effort du poinçon fait ouvrir le fer , qui ordinairement fait des bavures en deflbus, en même temps que le barreau de fer s’élargit furies côtés : pour lui faire reprendre la forme qu’il doit avoir, on le frappe for la table de l’enclume ; & ayant mis dans le trou un mandrin rond ou quarré, on forge deflus. Il faut donc avoir des langues de carpe , des poinçons & des mandrins de différentes grofleurs & de diverfes figures, ronds , quarrés ,
- p.32 - vue 39/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 33
- en lofànge, ovales, Sec. pour donner aux trous plus ou moins d’ouverture Sc differentes formes. Comme la chaleur du fer détrempe,amollit&gâte la forme de ces outils , on eft obligé de les rétablir, Sc de les tremper de temps en temps. On verra dans la fuite qu'on trouve de grands avantages à forger fur des mandrins.
- Il eft fuperflu de dire qu’on peut percer à froid la tôle très-mince avec un poinçon bien acéré. En ce cas, on place la tôle fur un morceau deplo^ib , Sc on frappe avec un marteau fur la tête du poinçon ; mais quand on veut faire partir le morceau, après qu’on a commencé le trou avec un poinçon dont le bout eft quarré, on retourne la tôle , on la pofè fur une perçoire (PL III. Fig. 2 ) , & mettant le poinçon fur la bofle qui a été faite par le premier coup, on frappe de nouveau fur le poinçon , Sc le morceau tombe dans la perçoire : enfuite on ébarbe les bavures avec la lime, s’il eft néceffàire ; car fouvent le morceau fe détache fans laifler de bavures.
- On perce à froid les fers plus épais avec un foret ( Planche III, Fig. 8 ) ; cet outil eft une broche de bon acier df9 qui eft quarrée dans une partie de fa longueur pour être aifujettie folidement dans une efpece de poulie e qu’on nomme la Boite : au fortir de la boîte, cette broche eft plus menue Sc ronde ; fon extrémité f s’élargit Sc eft applatie ; enfin la plupart fe terminent en quarré , Sc cette extrémité eft formée par deux bifeaux oppofés ; les Serruriers commencent le trou avec une langue de carpe, ce qu’ils appellent goiiger le trou.
- Quand le fer qu’on a à percer n’eft pas épais, les Serruriers le percent quelquefois avec un foret qui eft monté fur un inftrument qu’on nomme Drille ( Fig. p ) : il eft formé d’un petit arbre de fer vertical a b au haut duquel eft un trou dans lequel pafle une bande de cuir ae9ad9 qui va répondre de chaque bout à une traverfe e d 9 que l’arbre vertical traverfe, Sc qui forme avec lui comme une croix ; cette traverfe étant foutenue par la bande de cuir , au-deflous de laquelle eft une efpece de meule de plomb c, aflez pefante , la partie b eft percée d’un trou quarré qui reçoit le bout d’en haut du foret bf9 Sc la partief eft le taillant de ce foret; on pofe la piece qu’on veut forer à plat, on met le tranchant du forêt à l’endroit où doit être le trou , on fait tourner l’arbre a b plufieurs tours , pour que les courroies ae, a d s’enroulent autour de lui par plufieurs révolutions ; enfuite mettant une main à un bout de la traverfe en e , Sc l’autre à l’autre bout en d, l’Ouvrier appuie deflus pour que la corde , en fe déroulant de deffiis l’arbre, lui imprime un mouvement circulaire fort vif; alors il fouleve les mains5, Sc le mouvement qui étoit imprimé au plomb c , continuant d’autant plus longtemps que ce plomb eft plus lourd , les cordes fe roulent en fens contraire de ce qu’elles étoient fur l’arbre a b ; l’Ouvrier appuie de nouveau les mains fur la traverfe e d9 puis il les releve, Sc continuant ce mouvement alternatif^ Serrurier. I
- p.33 - vue 40/398
-
-
-
- 34 ' ART DU SERRURIER.
- le foret tourne tantôt de droite à gauche, & tantôt de gauche a droite, ce qu’il faut pour percer le fer.
- Les Serruriers fe fervent rarement de cet inftrument ; il eft d’un bien plus grand ufage dans d’autres Arts , ou il eft connu fous le nom de Trépan.
- Quand les Serruriers ont à percerdu fer qui n’eftpas fort épais, ils mettent la palette à forer (Fig. io), contre leur eftomac. Cette palette à laquelle-on donne différentes formes, eft de bois; mais elle eft garnie d’une planque d’acier n b, percée de trous c, dans f un defquels on met le bout d du foret ( Fig. 8 ) ; on roule la corde d’un archet g h ( Fig. 11 ) fur la boîte e -(Fig. 8 ) ; on appuie l’extrémité y* du taillant du foret fur l’endroit qu’on veut percer ; on met la pointe d dans un des trous de la palette , & faifànt agir l’archet, on fait tourner forcyîte ce foret qui peu à peu perce le fer. On trouvera l’Ouvrier en attitude fur quelques-unes des Planches de la fuite de cet Art, particuliérement lorfqu’il s’agira des clefs.
- Quand le Serrurier eft déchargé d’appuyer avec fon eftomac le foret contre la piece qu’il perce , il a la liberté de fe placer perpendiculairement fur la longueur du foret, & il eft bien plus en force pour faire agir l’archet. C’eft ce qui a fait imaginer différentes machines ( Fig. 12 & 13 ) ; dans ce cas, pendant qu’une main fait agir l’archet, l’autre pouffe le foret vers le fond du trou au moyen d’une vis & d’un écrou.
- La machine Fig. 12 , qui eft fort en ufage, eft une piece de fer pliée de façon quelle forme deux branches ou montants parallèles a b, joints l’un à l’autre par un arc àreffort c, pris dans la même piece qui forme les deux montants, ou ce qui revient au même, par une piece foudée aux deux bouts inférieurs des montants a b ; ainfi au moyen de ce relîbrt, les montants tendent à s’écarter par le haut. Une fécondé bande de fer c d, repliée auffi en deux,& qui eft pofée horizontalement, forme une couliffe pour un des montants b , les deux bouts d de cette bande horizontale font attachés chacun d’un côté différent au montant a, qui doit refter fixe pendant que celui b eft mobile. *
- Le bout e de cette efpece de couliffe eft percé par un trou taraudé en écrou qui reçoit une vis f ; en tournant cette vis, elle pouffe le montant mobile b vers le montant fixe a ; l’extrémité du montant mobile b eft formée en palette , & il tient lieu de la palette que les Serruriers mettent fur leur eftomac ; elle reçoit de même l’extrémité de l’arbre du foret, 3c le prefle contre la piece g h que l’on perce.
- Pour faire ufage de cette machine , on faifit dans l’étau le montant fixe a ; on place la piece à percer g h contre l’extrémité d de ce montant ; on place le foret horizontalement entre la piece à percer, & la palette du montant mobile; la vis y" donne le moyen deprefferle foret contre la piece, & de continuer cette preffion à mefure que le trou fe creufe ; ainfi le Serrurier
- p.34 - vue 41/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER> 55
- fait jouer l’archet de la main droite, & il a continuellement la main gauche fur la visf pour la tourner d’un fens ou d’un autre , à mefure qu’il s’apper-çoit que le foret mord trop ou trop peu.
- La Figure 13 repréfente un autre outil à percer qui eft encore d’un ufa* ge pi us commun dans les Boutiques des Serruriers ; il efl: compofé d’une petite barre de fer ronde abc, dont un des bouts c efl recourbé en crochet, & dont l’autre a efl taillé en vis. Cette piece pafle au travers d’une autre d e qui efl pareillement de fer, Sc formée en palette par un bout e ; par l’autre elle efl recourbée en talon.
- Pour fe fervir de cette machine, on ferre dans l’étau la piece à percer, on acroche à la boîte du même étau le bout en crochète, Sc on fait entref le bout d recourbé de la palette dans un trou percé dans l’établi. Ce trou efl alfez grand pour permettre à la palette de s’incliner, quoiqu’il l’erm* pêche de tomber. On place horizontalement le foret fg, entre la palette Sc la piece qu’on veut percer, on le fait tourner avec l’archet ; & pour preflef continuellement la palette contre le foret, l’Ouvrier tourne l’écrou h qui efl traverfé par la vis de la piece a b c.
- On conçoit que ces deux machines ne feroient pas propres à percer des trous profonds ; car comme les palettes s’inclinent continuellement, le trou ne feroit pas percé droit ; mais l’obliquité de ce trou n’eft pas fenfible, quand les pièces qu’on veut percer ne font pas épailfes.
- Les Serruriers ne laiiTent pas de le fervir de ces machines pour percer des trous affez profonds ; & pour empêcher que le trou ne devienne fort oblique, ils placent la queue du foret dans un autre trou de la palette pour le relever un peu à mefure que le trou s’approfondit ; ou bien ils inclinent un peu la piece à percer qui efl faille dans l’étau.
- Quand le fer efl épais, comme il faut faire agir long-temps le foret, Sc que ce travail efl pénible , on fe fert, pour tenir le foret, d’un chevalet ( Fig. 14 ). Ce chevalet efl formé de deux poupées de fer a b. La poupée a qui reçoit le bout du foret efl aflujettie à demeure au bout c de la femelle e d-, la poupée b efl mobile > & elle gliffe dans la rainurefg, où elle efl: retenue par une vis, & un écrou h qui fort au-deflous delà femelle c d; on conçoit que le porte-foret le tient très-folidement, on làilit la femelle c d dans un étau ; un Compagnon fait agir l’archet avec les deux mains, 8c un autre prélente la piece qu’il faut percer : la fatigue efl ainfi partagée entre deux Ouvriers, Sc l’ouvrage s’expédie. On verra, lorfque nous parlerons des clefs , d’autres chevalets qui font encore plus commodes; nous n’en parlerons point ici pouf éviter les répétitions.
- Quelquefois il faut évafer une des deux ouvertures d’un trou pour qu’une rivure ou la tête d’une vis fe logent dedans, Sc foient arafés; cet élargiiTe^ mentfe fait avec des fraifes , les unes rondes, coniques & garnies de fines/î
- p.35 - vue 42/398
-
-
-
- 36 ART DU SERRURIER.
- (Fig, xÿ ) , gu avec desfraifes quarrées & pyramidales B ( Fig. 16 ); eft faifant tourner ces fraifos comme les forets avec l'archet, à l'ouverture d'un trou précédemment fait, on l'évafe ;Sc en taillant en cône tronqué une tête de vis , elle fe loge dans le trou., où elle fe trouve arafée.
- Il y a encore des circonftances où un bout de douille ou de tuyau doit être calibré ; pour cela on y pafle un aléfoir : -mais le vrai lieu de parler de cet inftrument eft dans l'Art du Fondeur , lorfqu'on traitera de la façon de travailler les corps de pompes; ou-dans celui de l'Armurier, quand il s'agira de percer les canons de fufils; ainfi, quoique les Serruriers faffent quelquefois ufege desaléfoirs, nous remettons^ en parler dans une autre occafion.
- On trempe de temps en temps le bout des forets dans de l’huile pour empêcher qu'ils ne fe détrempent. Mais il eft au moins aufti avantageux d'y introduire un petit filet d'eau qui rafraîchit continuellementle foret, & qui ne forme pas de boue ou cambouis comme l'huile.
- Les Serruriers font grand ufage des vis & des écrous pour affembler leurs ouvrages. Les vis fe font prefque toujours avec la-fiiiere, & les écrous avec les tarauds ; ainfi il faut dire quelque chofe de ces deux inftruments.
- Une fiiiere eft un trou percé dans un morceau d'acier ( Fig. 17 ), & dans l'intérieur duquel eft inforit un pas de vis ; ce pas devis fe fait avec un taraud ( Fig. 18) , ainfi il faut commencer par expliquer comment on fait les tarauds matrices qui fervent à faire les filières , d'autant que quand on a de bonnes filières , on s'en fert pour faire les tarauds qui fervent enfuite à faire les écrous dans le fer*
- Les gros tarauds ne doivent point être entièrement d'acier ; ils feroient trop expofés à fe rompre. On doit fouder une virole d'acier fur un morceau de fer à la partie a ( Fig. 18 ) , où doivent être les filets de la vis , ou bien on les fait tout de fer , & on les trempe en paquet, ce qui, dans certaines circonftances, eft préférable.
- Quand cette partie a eft couverte de bon acier , on fait fur le tour la portion a ( Fig. 18 ) qui doit porter les pas de la vis ; cette partie doit être un peu conique ; on forme fur elle avec la lime, ou encore mieux fur le tour, les pas de vis , & on tourne en rond la portion b qui doit être terminée par le quarré c ; aftez fou vent on fait à la partie a trois échancrures triangulaires d qui coupent tous les pas de vis ; ces entailles font que les pas de vis font comme autant de couteaux qui entament le métal, & les gouttières ^/fervent à loger les copeaux qui font formés par les pas de vis du taraud. Quelquefois on lime la partie a du taraud (Fig. 18 ) , en tringle , comme on le voit en A -, il ne refte de pas de vis qu'en efg, ce qui fuffic pour entamer le fer , Sc former les pas de l’écrou : quand tout eft ainfi difpofé , on trempe le taraud fort dur.
- Pour faire la fiiiere ( Fig. 17 ) , on forge un morceau de fer auquel on
- rapporte
- p.36 - vue 43/398
-
-
-
- Art du serrurier. 37
- rapporte un lardon d’acier à l’endroit ou Ton doit peréer là filiere; ortie perce d’un trou qui doit être aflez large pour recevoir le bout le moins gros du taraud $ on met le taraud dans le trou ; 8c ayant mis le quarré c du taraud dans le tourne-à-gauche ( Fig. rp ) y on fait tourner lé taraud dont les pas de vis trempés s’engagent dans l’acier non trempé de la filière Fig: 17); on tourne en fens contraire le taraud , on F ôté du trou; avec une brode, on ôte les paillettes d’acier qui font dans les entailles â du taraud on le frotte d’huile -, puis on le force de nouveau à entrer dans le trôu ; St quand il l’a traverfé en entier , les pas de vis font imprimés dans 1 intérieur de la filiere , & il ne relie plus qu’à la tremper.
- Les vis 8c les écrous fe font comme les tarauds & les filières : toute là différence confifte en ce qu’on fait les vis 8c les écrous avec du fer , au lieu que la portion des tarauds & des filières où font formés les pas de là vis, doivent être d’acier trempé, foit qu’ils foient faits fur ie tour ou à la filiere ; alors ils fervent à faire des vis de des écrous dans le fer, qui efl plus mol que l’acier trempé. Mais de plus on peut faire, & les Serruriers font le plus ordinairement, les tarauds avec des filières, & les filières àveé des tarauds, 8c ces féconds tarauds leur fervent enfuite à faire des vis 8c dès écrous dans lé fer ; ce qui exige en cela le plus d’attention eft de proportionner la groffeur du cylindre qu’on veut paffer dans la filiere à la groffeur du trou : s’il étoit trop menu , les pas ne feroient pas aflez profonds, & les filets feroient interrompus ; s’il étoit trop gros, comme il éprouveroit trop de réfiftance à paf* fer dans la filiere , il fe tordroit 8c courroit rifqué dé fe rompre. La greffe ur du cylindre qu’on veut paffer à la filiere, doit être égale à l’ouverture de la filiere prife au fondées pas de la vis ; quand les Serruriers doivent faire beaucoup de vis d’une même groffeur , ils percent dans un morceau de tôle un trou qui leur fett à calibrer les cylindres de fer qu’ils veulent tarauder : il y a quelque avantage, fur-tout pour les petites vis, à fe fervir de filières brifées ou formées de deux pièces ( Fig. 20), les trous de la filiere étant percés à moitié dans une pièce A & à moitié dans une autre B ; en rapprochant plus ou moins les deux pièces au moyen de la vis C, on diminue le trou à mefure que le pas fe forme : de cette façon, on fait fans effort les vis, 8c on ne fatigue ni la filiere ni la vis que l’on fait. Les pièces A B portent donc l’écrou ;les pièces DE ne fervent que de rempliflage ; ces quatre pièces entrent à couliffe dans les côtés F G de la filiere ; une des joues de la coulifle eft emportée en HI > pour qu’en ôtant la vis C, ôn puiffe retirer les pièces A B C D.
- Il eft fouvent commode d’avoir des pas de vis plus ou moins gros 8c plus ou moins fins percés dans une même filiere ( Fig. 21 ) ; mais ces filières ne fervent que pour de petites vis.
- Quand on veut former de groffes vis ou des filets dans un gros écr*ou,il faut employer beaucoup de force : c’eft pourquoi on fait le tourne-à-gauche
- Serrurier* K
- p.37 - vue 44/398
-
-
-
- !
- 3S ART DU S E R R ÜR I È R.
- £ Figure ïp ) fort long , pour avoir un grand bras de levier ; en ce cas il faut que la filiere ( Fig. 17 ) , ou le taraud ( Figure 18 ) , foient bien fermement aflujettis, ainfi que la vis ou l’écrou qu’on veut tarauder ; pour cela on aflujettit le taraud ou l’écrou dans le tourne-à-gauche , comme à la Figure 22 , où l’on voit que le bras de levier a porte une vis qui ferre l’écrou b ou le porte-taraud c dans la boîte b e. f eft un barreau de fer qui fert à ferrer la vis du levier a. Pour tenir bien ferme la pièce de fer qu’on veut tarauder , on a dans les grandes Boutiques une efpece d’étau fort bas 8c très-fort { Fig. 23 ), qui eftlèrré par deux vis g g, 8c l’on aflujettit le boulon ou la pièce de fer dans laquelle on veut faire un écrou, entre les deux mâchoires c c dd de cette efpece d’étau, a a font deux forts piliers de fer de deux pieds & demi de haut, dont le bout d’en bas eft reçu dans unefortepiece de bois qui efl: Icellée en terre ; la folidité de c es piliers eft encore augmentée par les arcbou-tants h , & les deux piliers a font immobiles , ainfi que la mâchoire c c qu’ils portent à leur bout d’en haut; la mâchoire dd, qui eft mobile, porte les deux ailes e e , qui embrafient la mâchoire fixe c c, & repofe fur les talons ff : il eft fenftble qu’en tournant lés deux vis g g > on rapproche la mâchoire dd, do celle c c, qui eft fixe , 8c le fer qu’on met entre deux eft affujetti très-fer^ mement ; alors deux Ouvriers placés aux bras des leviers du tourne-à-gauche ( Fig. 22 ), ont beaucoup de force pour faire agir le taraud.
- Explication des Figures du Chapitre Premier.
- PLANCHEm /. .
- (H et T ê Planche repréfente dans la Vignette une Boutique de Serrurier, 8c ^au bas de la Planche , les outils dont il a principalement befoin.
- Fig. 1, Vignette y une grofle enclume quarrée fur fon billot ; elle doit être à portée de la forge ; B , la table de cette enclume*
- On voit le Maître Forgeron qui tient avec des tenailles un morceau de fer rouge fur l’enclume, & qui le forge avec un marteau à main ; devant lui font deux Compagnons qui forgent avec des marteaux à deux mains.
- Derrière le Maître Forgeron , on voit une enclume à bigorne qui eft encore auprès de la forge, pour contourner le fer.
- Figure 13 & 14, font deux Apprentifs qui tirent le foufflet : auprès de l’Àpprentif 13 , eft un petit foufflet qui fert quand on veut chauffer de petits fers.
- Entre les deux Apprentifs Figure 13 & 14, eft la forge ; A eft le manteau de la cheminée , fous lequel eft le foyer.
- Devant la forge, eft une auge de pierre remplie d’eau Figure 26 3 à côté
- i
- /
- t
- p.38 - vue 45/398
-
-
-
- ART Dï) SERRITRIÊR. 3 9
- Figure 28 , eft une auge remplie de fable, & dedans une palette pour en répandre fur le fer chaud.
- Figure 2 dans là Vignette, eft une enclume à deux bigornes, une plate e & l’autre rondey*; en b fur la table, eft une mortaife pour y mettre, fuivant le befoin une tranche ou une griffe. On voit un Compagnon C, qui coupe un morceau de fer avec un cifeau à froid.
- Figure 33 , eft un Compagnon qui fait une rivure fur l’étau ZX
- Derrière les Ouvriers, eft un établi pour les Limeurs, & on voit en F F deux Compagnons qui liment avec un carreau : à l’égard de ceux qui font au bas dè la Vignette Figure 16, celui G arrondit la tige d’une clef, Sc celui H en lime l’anneau.
- * v* i
- Au bas de la Planche Figure r, eft une groffe enclume quarree ; Figuré ± 9 une enclume à deux bigornes ; ordinairement il y en a une ronde & une quarrée: la Figure 3 eft une petite enclume à bigorné, ou un bigorneau, qui doit être fermement affujettie dans fon billot par une longue pointe a,
- La Figure 4 eft une petite bigorné d’établi qu’on ûifit dans l’étau par la partie a.
- Les Figures £ & 6 font des tas ou taffeaux ; un quàrré , l’autre à bigorne; quelquefois on les place dans un billot : d’autres fois on les faifit dans les mâchoires d’un étau : il en faut dé bien dés formes différentes , comme nous le détaillerons dans une autre occafiom
- Les Figures 7 ^ 8 & 9 font de gros marteaux qu’on nomme à devant ou travers -, & qu’on mene à deux mains , comme on le voit dans la Vignette. Les Figures 10 & 11 font des marteaux à main , à panne droite ou de travers. Là Figure 12 eft un marteau d’établi qui fort à bigorner, ou qu’on porte en ville.
- N Les Figures 17,18, 19, 20 & 21, font des tenailles , lés unes droites, les autres croches pour tenir le fer à la forge ou fur l’enclume, & pour d’autres ufàges. La Figure 22 repréfonte une tricoife : lés Serruriers ne s’en ferventpas ordinairement ; les Ferreurs en font un grand ufage : à l’égard des pinces ou béquettes Figure 23 , dont les unes ont les mordants ronds pour rouler lé fer, & les autres l’ont quarré , les Serruriers n’en font ufage qué quand ils travaillent des ornements fort délicats, ou pour les garnitures des ferrures.
- La Figure 24 eft une tifonniere qui fert à attifer la forge.
- La Figure 25 eft une palette qui fert à fabler le fer, & à dégorger la tuyere.
- La Figure 26 eft une palette de fer pour mettre le charbon à la forge, & la Figure 27 , une grande pelle de bois pour mettre le charbon en tas •& en remplir les mannes.
- Figure 29 eft une écouvette pouf arfofor le charbon qui eft a la forge , & le raffemblen '
- p.39 - vue 46/398
-
-
-
- I
- 4P âEL DU SE R RU R 1E R.
- Les Figures 45,46 <& 47 font des cifeaux 8c des poinçons pour couper* & percer le fer à chaud : les Figures 30,31,32 & 33 font des mandrins de-différentes formes pour ouvrir les trous & forger defliis le fer au fortir .de la forge.
- La Figure 34 eft une réglé de fer divifée par pouces , 8c elle a une petite anfe pour pouvoir la pofer fur le fer chaud fans fe brûler.
- Les Figures 35 & 36 font une équerre & une fauffe équerre de fer.’
- Les Figures 37 & 38 font des compas à branches droites ou courbes.
- Les Figures 41,42', 43 ô 44 font des chaffes plates ou à bifeau 8c chan--frein.
- La Figure 48 eft un gros étau à pied qu’on nomme de réjijlance pour limer les gros fers, 8c forger à chaud 8c à froid.
- La Figure 49 eft un étau à patte : Figure yo , eft un étau à main : il y en a dont les mordants fe terminent en pointe ; ils fervent à limer les goupilles.
- Les Figures 64, -6j & 66 font des mordaches qu’on ferre dans les mâchoires des étaux ; la Figure 63 repréfente une elpece de mordache de bois pour affujettir les pièces qui font polies.
- Les Figures yi , 52, y 3 & 54 font des limes ou carreaux de différente forme & grandeur : il y a encore d’autres limés plus petites Figure y y & y 6 , dont les unes font rondes ou à queue de rat, d’autres demi-rondes, d’autres quarrées, d’autres à tiers point, &c.
- Figure yy eft un foret avec fa boîte ; Figure y 8 eft une palette que le Serrurier met fur fon eftomac pour recevoir le bout du foret qui eft oppofé à celui qui perce lorfqu’il perce feul; Figure yp eft l’archet qui fertà faire tourner le foret.
- Les Figures 60 font des griffes 8c des t'ourne-à-gauche pour Contourner le fer; Figure 61, une petite fourchette qu’on met fur l’enclume pour contourner les petits fers ; la Figure 62 eft une petite tranche; Figure 63, une tranche plus forte pour monter dans une hart : Figures 71,72 & 73 font des perçoires fur lefquelles on pofe le fer qu’on veut percer à chaud ou à froid , pour former un porte-à-faux.
- FLANC H E IL
- Elle reprèfente une forge, & la dilpofition des morceaux de fer qu’on veut fouder & brafer, avec des Ouvriers qui coupent ou percent le fer chaud.1
- La Figure 1 repréfente la coupe d’une forge, & fon foufflet à deux âmes ou à deux vents. >
- A , le Foyer de la forge fur lequel eft un tas de charbon bien arrangé, 8c qui fait le dôme d’un fourneau de réverbere ; B eftle doflîer delaforge; C eft le for qui chauffe; D eft la partie inférieure du foufflet ;E, fe partie fupé-rieure; F, des poids qui font baiffer cette partie 5 C, la perche ou la brim-
- ba lie
- )
- 1
- p.40 - vue 47/398
-
-
-
- I
- ART DU SERRURIER. 4r
- balle qui fait agir le foufflet au moyen de la chaîne H; /, la tuyere par laquelle le vent du foufflet fe rend dans la forge.
- La Figure 2 repréfente deux morceaux de fer A 8c S, qu'on a forgés en flûte , ou qu’on a amorcés pour les fouder enfemble. Quand on a donné à l’un & à l’autre une chaude Liante, on les pofe fur la table d’une enclume C, & en les forgeant ils fe réuniffent au point de ne faire qu’un feul morceau ; quelques Forgerons prétendent qu’il faut, en amorçant les pièces A & B, • former des inégalités qui entrent les unes dans les autres , comme on le voit •
- j
- Figure 3.
- Quelquefois on goupille les pièces qu’on veut fouder, Figure 4; mais il faut éviter, autant qu’on le peut,de fuivre cette pratique, non-feulement parce que les faces des barreaux qui doivent fe réunir ne peuvent pas fe chauffer auffi-bien que les faces extérieures de ces barreaux ; mais encore parce qu’il eft à craindre qu’il ne s’introduife des craffes entre les deux barreaux.
- La Figure f fert à faire voir qu’on peut fouder en retour d’équerre la piece A au bout de la pièce B.
- Les Figures 6, 7 & 8 fervent à faire voir comment on doit préparer deux morceaux de fer qu’on veut réunir en les brafant : on peut tailler les deux bouts en flûte comme à la Figure 6 , ou ce qui eft mieux, on les entaille quarré-ment comme à la Figure 8 , ou encore mieux , on introduit un lardon qui s’étend d’une piece à l’autre comme à la Figure 7.
- La Figure 9 fert à faire concevoir comment on perce le fer à chaud avec un poinçon emmanché dans une hart,& comment on le coupe avec une tranche ; A eft un Compagnon Serrurier qui tient fur l’enclume un barreau qui fort de la forge ; B eft le Maître Forgeron qui pofe la tranche ou le poinçon à l’endroit 011 il faut couper ou percer le barreau ; C eft un autre Compaq-gnon qui frappe fur la tranche avec un marteau à devant, ou à deux mains:
- Figure 10 eft une forte cifàille pour couper le fer à froid; les Serruriers ne s’en fervent guere.
- P LA NC HE 111.
- On y a repréfenté les outils qui fervent à percer , tarauder & fraifer le fer à froid.
- La Figure 1 A eft une perçoire : c’eft un fort canon de fer creux , fur lequel on pofe le barreau qu’on veut percer , afin que l’endroit ou doit être le trou porte à faux.
- La Figure 2 B eft un gros morceau de fer dans lequel font percés plu-fieurs trous qui font autant de perçoires pour des fers minces.
- La Figure 3 eft une tranche emmanchée dans une hart F.
- Les Figures 4, y y 6 <§ 7 font des poinçons de différentes forme & gro£ feur. )
- Serrurier,
- L
- p.41 - vue 48/398
-
-
-
- ^ ART DU SERRURIER.
- La Figure 8 eft un foret monté dans fa boîte : d> la pointe du foret \fy fon taillant ; e, fa boîte.
- Figure ib, la plaque que le Serrurier met fur fon eftomac; elle eft de bois, â icefl une lame de fer où font des trous pour recevoir la.pointe d du foret.
- Figure 9 eft un inftrument pour percer, nommé Drille ;fb, le foret monté <îans la piece b a; c eft une meule de plomb qui en confervant le mouvement * qu’on lui a donné, fert à faire tourner le foret ; à b, l'arbre du drille \de,hL croi-fée du drille qui eft traverfée par l'arbre ; da, e a eft une courroie qui entoure l’arbre ; en appuyant les mairïs fur de, la courroie fe déroule; en remontant la traverfede, la meule de plomb c qui a acquis une vîtefle,roule la courroie dans un autre fens fur l'arbre b a, & ainfi le foret tourne continuellement de droite à gauche, 8c de gauche à droite.
- La Figure ir eft un archet de fer ou de baleine, avec là corde de boyau qu'on roule fur la boîte des forets pour les faire tourner.
- La Figure ï2 eft un porte-foret ; à b, deux branches de fer qui font jointes par un reffort ; la bride c d eft rivée fur la branche a en d; f, eft une vis qui fert à rapprocher la branche æ de la branche b pour appuyer plus ou moins le foret e contre le fer g h qu'on perce.
- La Figure 13 eft un autre porte-foret ; e d eft une plaque de fer qui tient lieu de celle de bois que les Serruriers mettent fur leur poitrine ; le crampon d entre dans un trou qu'on fait à l'établi; le crochet c fàifit quelque chofe de fixe.
- L'écrou h de la vis a fort à prelfor le foret contre la piece qu’on perce, & on fait agir le foret gf> au moyen de l'archet Figure 11.
- La Figure 14 eft un autre porte-foret: c’eft un vrai tour d’horloger ; cdeft une piece de fer qu’on faifit dans l’étau , la poupée a ne remue point ; la poupée b a la liberté de couler dans la rainure fg, & on l’affujettit où l’on veut au moyen d'une vis & d'un écrou h ; ces deux poupées tiennent le foret en état : on le fait tourner avec l'archet, & on préfente le fer qu'on veut percer au taillant: quelquefois il y a une troifieme poupée qui fort à tenir la piece qu'on veut percer ; on la trouvera repréfentée ailleurs.
- Les Figure s 15 & 16 font deux fraifes qui fervent à élargir l’entrée d’un trou où doit entrer une tête devis, qu'on veut arrafer : la fraife A eftftriée, la fraife B eft quarrée ; on les fait tourner avec l’archet comme les forets.
- La Figure 17 eft un écrou ou fîliere, & la Figure 18 un taraud pour faire des vis & des écrous; cl , les pas de vis ; d, des entailles qu’on fait pourlogerles copeaux que le taraud emporte ; quelquefois ces entailles font fi confidérables que la partie à eft triangulaire comme A * ; alors il n'y a de pas de vis qu'en ef g; comme le taraud Fig. 18, fort à faire de groffes vis, il a une tête quarrée c qui entre dans l'ouverture aufiî quarrée d'un levier Fig. 19, qu’on nomme tourne-à-gauche, & on aflujettit l'écrou Fig. 17, dans une elpece d’étau Fig. 23, dont * Nota. A la page 36 du Difcours, ligne 3 8 , il faut lire triangle, ad lieu de tringle.
- p.42 - vue 49/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 43
- * nous avons donné la defcription dans l’ouvrage ; quelquefois auffion affujettit dans cet étau, le fer qu on veut tarauder & la pièce Figure 22 porte les filières.
- On a encore Figure 11, de petites filières à main ; les trous a b c defg font autant de pas de vis différents ; la pièce fur laquelle on veut faire une vis èftaffujettie dans un étau.
- La Figure 2ù eft une filiere briféè 5 la partie À porte la moitié d’un écrou > & la partie B, l’autre moitié ; D E font des pièces de remplilTage , & toutes ces pièces entrent à couliffe dans les joues F G ; un des côtés de la côuliffé manque en HI, pour pouvoir retirer les pièces qui y font renfermées ; au moyen de la vis C, on rapproche la piece A de la pièce B, à mefure que la vis fe forme.
- La Figure 2 y A & B font les parties de deffus & de délfous d’une étampé pour faire des boutons de ferrure.
- La Figure 26 A Sc B repréfente le deffus &ie deffouà d’une petite étampe pour faire des vafes à la tête des fiches.
- La Figure 27 eft une étampe pour faire des moulures fur dés plate-bandes;
- La Figure 24 eft la moitié d’une étampe pour arrondir les tiges des efpagno* lettes 5 l’autre moitié eft tout-à-fait femblable.
- CHAPITRE IL
- \
- Des gros Ouvrages en Fer pour la folidité des Bâtiments.
- À-P RE ’s avoir donné quelques principes généraux fur la Serrurerie , il faut entrer dans des détails , & commencer par les ouvrages les plus greffiers , qui font en état d’être mis en œuvre au fortir des mains du Forgeron, fàns être réparés à la lime.
- J ai dit que le Serrurier travailloit pour la Habilité , la fureté 8c la décoration des bâtiments : mais nous nous propofons de né parler préfentement que des ouvragés qui contribuent à leur folidité ou fiabilité ; ainfi nous allons détailler les piecés qu’on forge pour rendre plus durables les ouvrages de maçonnerie & de charpenterie. Nous dirons enfuité quelque chofe de quelques gros ouvrages de forge qui font employés pour la conftruétion des Vaif feauxi
- Article Premier;
- Dès gros Fers pour les Bâtiments.
- Pour entretenir les murs de face dans leur à plomb , on les lie avec les murs de refend par des tirants & des ancres.
- On appelle Ancre un morceau dé fer qui s’applique fur l’extérieur du mur qu’on veut retenir , & qui entre dans une boucle qu’on a faite à un tirant. L’ancre eft quelquefois droite comme A B ( Planche IU, Fig. 1 ) , Sc en ce
- p.43 - vue 50/398
-
-
-
- 44 ART DU SERRURIER.
- cas elle n'eft autre choie qu'un barreau d'un pouce ou dix-huit lignes en quar-ré auquel on foude un talon C, pour qu'il ne coule point dans la boucle C du tirant A ( Fig. 2. )
- On a perfectionné les ancres ; & pour les mettre en état d'embraffer une > plus grande étendue du mur qu'on veut retenir , on en a fait en Y (Fig. 3 y ou en S ( Fig. 4) , ou en X ( Fig. y. )
- Pour faire les ancres en F, on foude un barreau de fer quarré au barreau A B ( Fig. 3*) vers l'endroit C, puis on enroule la branche F) qui fait le prolongement du corps de l’ancre AB r8c on enroule de même & en fens contraire la branche E qu'on a foudée au corps de l'ancre vers C : * ces enroulements fe font fur la bigorne , ou pour l’ordinaire dans des fourchettes avec des griffes , comme nous l'expliquerons dans la fuite : enfin on fou-de le talon C ( Fig. 3 ) , 8c l'ancre en Y eft finie.
- Pour faire l'ancre en S ( Fig. 4 ) , on fait un enroulement en A , 8c un autre en B, 8c on foude un talon en C. Il dépend de l'adrelfe de l'Ouvrier de donner à 1 ’S un contour agréable.
- L'ancre en X ( Fig. y ) , fe fait avec deux barres de fer que l'on courbe par les extrémités A A , B B ; on les joint en C, où l'on foude un talon : on a repréfenté en D E l'extrémité du tirant, ayec l'œil D qui embraffe l'ancre.
- A l'égard des tirants , les plus fimples , ceux qui coûtent le moins / mais auffi lés moins bons , ne font qu'une bande de fer plat A D C ( Figure 2 dont on replie le bout en C fur un mandrin d'une groffeur proportionnée à celle de l'ancre J?. On foude l'extrémité delà partie recourbée avec le corps de la barre , pour former une boucle ; on donne enfuite une bonne chaude en D ; 8c faififiant le corps de la barre avec deux fortes griffes , en tordant on fait le pli D , qu'il faut effayer de faire le plus long qu'il eft poffible pour moins corrompre le fer; moyennant ce pli, on peut clouer la partie droite A fur une poutre, 8c alors’on termine le tirant par un talon comme le harpon { Fig. 6 ); fi l’on met à l’autre extrémité de la même poutre un pareil bout de tirant ou un harpon avec fon ancre , les deux murs oppofés feront affez bien liés l’un à l'autre ; mais la liaifon eft encore plus parfaite quand la barre ou le corps du tirant traverfe tout le bâtiment. Souvênt, pour que rien ne paroi fie 5 on noie cette barre dans un mur de refend, 8c l'ancre dans celui de face. Quand les tirants ne traverfent pas toute la largeur du bâtiment, on les termine en A par un fellement en enfourchement comme le harpon (Fig. 7 ) ^ afin qu’elles fe lient mieux avec le corps du mur. Les talons fe font ou dans l'étau ou fur le bord de l'enclume ; à l'égard du fellement, on fend la barre avec la tranche, 8c on ouvre un peu les deux cotés qu'on a féparés.
- Quand ces tirants manquent, c’eft ordinairement par la partie D ( Fig.z^), parce que le fer eft corrompu en cet endroit. On éviteroit cet inconvénient en mettant la barre du tirant de champ ou dans le mur ou fur une des
- deux
- p.44 - vue 51/398
-
-
-
- ART DU S ER RU RI È R. 45
- d-eux faces verticales d’une poutre : mais un défaut de ces tirants qui fubfifle-roit toujours , feroit qu’on ne pourroit pas les bander avec force dans le fens qui convient pour rapprocher les murs l’un de l’autre ; c’efl; l’avantage qu’on fe procure au moyen des chaînes Amples (Fig. 8 ) , ou par les chaînes qu’on nomme a moufle ( Fig. 9. )
- Pour faire les chaînes fimples (Fig. 8) , on forme en A un enfourchement ; & au bout de chaque branche BB, on fait, fur un mandrin quarré plus large qu’épais, une boucle fondée ; on en fait une auffi au bout D de la barre CD ; 8c mettant cette boucle D entre les deux autres BB, on les traverfe toutes trois par une forte clavette.# qu’on forme un peu en coin, pour qu’en la chaffant les chaînes foient tendues,
- Pour faire les chaînes à moufle ( Fig. 9 ), on recourbe le bout des barres AB & CD; 8c fi l’on veut, on foude les bouts recourbés , comme on le voit en E ( Fig. 10 ) : enfuite on fait des chaînons en F G, (Fig. 11 ) ;le bout C d’une des barres ( Fig. n), s’accroche dans le chaînon en F (Fig. 11 ) ; on place le crochet B (Fig. 13 ) de l’autre barre , entre les deux crochets G (Fig. 11 ) du chaînon ; & au moyen de la clavette H (Fig. 14 & 9 ), qu’on chaife à force, la chaîne à moufle efl bien tendue, comme on le voit ( Fig. 9 ). Ces chaînes font très-bonnes , & elles feroient encore meilleures fi l’on fou-doit aux corps des barres , tous les bouts recourbés ; mais elles coûtent plus que celles dont nous avons parlé d’abord*
- On choifit, pour faire les chaînes, les bandes de fer les plus longues qu’on peut, afin de mettre moins de moufles ou chaînons, parce que cette partie coûte plus que le relie.
- Il feroit bon que les chaînes fulfent faites avec du fer doux ; & fi le fer étoit fort aigre, on fouderoit du fet doux aux endroits où l’on doit faire les boucles, pour que ces endroits étant mieux foudés , ne rompilfent point* Quand les barres font trop courtes , on les alonge en en joignant deux en-femble, comme le repréfente la Figure iy ; mais alors le fer efl un peu corrompu aux plis. -
- Il y a de petits tirants de moindre conféquence qu’on nomme Harpons ; s’ils aboutiflent à une piece de bois à laquelle on puilfe les attacher , on les termine par un talon B (Fig. 6) ; s’ils aboutiflent à un mur , on les termine par un fcellement A ( Fig. 7. )
- Il y a des tiges de cheminées qui s’élevant fort haut au-deflus des croupes , courroient rifque d’être renverfées par le vent, fi elles n’étoient pas affermies par des chaînes ou tirants qui traverfent l’épaifleur du tuyau, & auxquels on ajufle des ancres qui s’appuient fur les deux faces oppofees des cheminées. On fait ces ancres ou en S (Fig. 17), ou enl, comme le repréfente la Figure y ; les S, A B ( Fig. 17 ) elles font retenues pàr la Serrurier. ' M
- p.45 - vue 52/398
-
-
-
- I
- $6 ART DU SERRURIER,
- grande boucle C D , 8c l’extrémité E du tirant eft attachée a la charpente
- par de forts clous, un talon, 8c quelquefois un enfourchement.
- La longueur de la boucle CD eft déterminée par l’épaiffeur du tuyau de cheminée , o.n la forge fur un mandrin qui a la même épaiiïeur que les ancres. Après l’avoir courbée en Cau moyen d’une griffe , on fait une foudure en D ; à l’égard de l’autre bout du tirant, on lui donne différentes formes fui-vant que l'exigent les pièces de charpente où on les attache.
- On fortifie quelquefois les cheminées de brique qui fe fendent, par des embraffures (Fig. 18 ) : elles font formées par quatre bandes de fer qui s’af-femblent par leurs extrémités à tenon & à mortaife ; ou bien une bande eft courbée en équerre en CD (Fig. ip) , 8c elle s’affembie à tenon & à mortaife avec la piece AB.
- Les morraifes s’ouvrent à chaud avec une langue de carpe , & on les équar-rit au moyen d’un mandrin ; à l’égard des tenons, comme ces embraffures font ordinairement faites avec du fer aigre , on fou de fur les bouts A B , des morceaux de fer doux qu’on équarrit avec une chaffe, comme nous l’expliquerons dans la fuite; puis on y fait une ouverture pour y paffr une clavette: ordinairement on ne prête pas beaucoup d’attention à bien former les angles C D ; mais fi on défîroit les faire réguliers , on refouleroit le fer en c es endroits , ou l’on y fouderoit une mife pour fe procurer de l’étoffe, afin de faire les angles à vive-arrête : ceci regarde toutes les pièces qui doivent être coudées en retour d’équerre.
- Ces fortes d’embraffures ne font plus guere d’uftige : on a coutume de fortifier les cheminées de briques par de forts fentons ( Fig. 20) , qui fe terminent en fcellement, 8c qui s’accrochent les uns dans les autres ; ils font noyés dans l’épaiffeur de la maçonnerie.
- A l’égard des cheminées de plâtre , on les lie avec de foibles fentons faits de fer fendu mince , & qui s’accrochent les uns dans les autres ( Fig. 21 & 22 )A B 8c C*.
- Les manteaux de cheminée s’appuient fur une forte piece de fer quarrée qu’on nomme pour cette raifbn Manteau de cheminée \ on en fait avec un fim-ple barreau de fer qui porte fur les jambages ; mais il eft mieux pour éviter l’écartement, de faire (Fig. 23 ) deux retours d’équerre en A 8c en B, avec deux fcellements qui entrent dans le mur en C8c en D. Dans des offices, on - en fait quelquefois de cintrés ( Fig. 24 ).
- Nous parlerons aillleurs fort en détail de la façon de cintrer le fer.
- Quand on met des manteaux de marbre ou de pierre déliais, les Marbriers emploient de petites pattes de fer mince (Fig. 2J1) , qui ont un petit
- * Le terme de Fenton vient de ce que c es menus ouvrages lont faits avec du fer fendu par les couteaux des fenderies; les gros fers fendus fe
- nomment chez les Marchands des Cous de vaches ; ils font ordinairement arrondis fur une de leur face.
- p.46 - vue 53/398
-
-
-
- ART" DU SÈRRÜRIER. 47
- {tellement en A, 6c un fort petit mamelon en B qui entre dans un trou que le Marbrier fait pour le recevoir.
- On fait ces patres avec du fer plat qu’on refend à chaud pour faire le {bellement qui doit être plat. Du côté du mamelon , on bat le fer fur le tranchant pour augmenter fon épaifleur , on. le courbe, 8c on achevé de le former dans une étampe: quelques-unes de ces pattes ont deux mamelons; un en deflus qui entre dans le manteau , 8c un en deffous qui entre dans le jambage : on en fait auilî qui ont des mamelons à chaque bout pour lier deux pièces de marbre qui fe fuivent.
- On lie encore les pièces de charpente par des harpons ( Fig. 26 ) , qui fe terminent du bout A par .un talon, & de l’autre B par un fcellement, ou bien par des plate-bandes (Fig, 27). Les unes A B font droites, & les autres CD (Fig, 28) font courbes pour s’ajufter, par exemple, à la figure des limons des efeaiiers.
- Les équerres ( Fig, 29 & 30 ) , font encore de bonnes liaifons : à la Figure 29 , le fer eft plié furie plat; & à la Figure 30 , les barres font foudées dans l’angle, où l’on ménage un goulfet pour lui donner plus de force : la plupart font terminées par des talons ; on ouvre ou l’on ferme plus ou moins les branches des équerres fuivant la place où on veut les pofer.
- Je détaillerai dans un inftant la façon de forger les équerres, en parlant des courbes des Vaiflêaux. ‘ '
- Les brides coudées ou non coudées ( Fig. 31 & 32 ) , fervent à fortifier une piece de bois qui eft fort affoiblie par une grande mortaife, ou à foute-nir un chevêtre, lorfqu’on craint d’affoiblir les pièces où il aboutit par des entailles à mi-bois ou des mortaifes.
- La Figure 33 eft encore une bride pour lier une poutre à un endroit qui paroît foible , ou qui commence à s’éclater. On met quelquefois,l’une à côté de l’autre deux femelles fembiables à A B, retenues par des boulons CC y ou bien on met aux deux bouts des femelles AB deux étriers fembiables
- IEF,
- Ces équerres, brides, étriers, crampons, plate-bandes, font liées fuivant leurs forces 8c la place où on les met (Fig. 34 ) , par des crochets, cheviller-tes ou pattes A F\ on fe fort de ces menus fers pour foutenir les corniches de bois ou de plâtre , ou bien on emploie à ces ufàges des crampons B ou dents de loup C, ou des clous & chevilles à tête DE, ou même des boulons ( Fig. 3 y ) , qui font ou à clavette comme A y ou à vis comme B} ou à fcellement comme C ; ordinairement on fait leurs têtes quarrées, & on les encadre dans le bois; d’autres fois on leur fait des têtes rondes comme B ( Fig,
- 33 )•
- On fait l’œil a ( Fig. 35 ) avec une langue de carpe & un mandrin ; on
- p.47 - vue 54/398
-
-
-
- ^8 ART DU SERRURIER.
- taraude la vis b avec une filiere, comme nous l’avons expliqué : à 1 egard
- du fcellementr, nous avons déjà dit comme on le fait:.
- ‘On peut faire les têtes rondes en refoulant le fer , & le frappant enfuite dans uneétampe , ou une efpece de çlouyere : mais cette opération corrompt le fer ; ainfi le plus fouvent on foude au bout du barreau un morceau de fer en portion d’anneau D {Fig, 33). Je dis une portion d’anneau ; car fi l’anneau étoit entier * comme il augmenteroit de volume , il s’étendroit fous le marteau 8c il ne fe fouderoit pas. On foude pareillement les têtes plates ABC, ( Fig. 3 y ) , & on finit les unes & les autres dans une étampe /ou plus fréquemment dans le gros étau FX ( Planche I dans la Vignete ).
- Comme il y a du danger à mettre du bois fous les âtres des cheminées , il efl: ordonné d’y mettre des enchevêtrures : fouvent les Charpentiers les font en bois , 8c on met du fer fous le foyer ; mais ils font meilleurs en fer , comme le repréfente la Fig. 3 6 : c’eft un gros fer quarré ; les parties AB portent fur les folives, le coude B C doit être égal à l’épailfeur des folives, 8c la diftance CC à la largeur du foyer fupérieur. Toute l’étendue du foyer jufqu’au fond de la cheminée eft garni, parce qu’on nomme desbandes de trémie ( Fig. 37 ) ; on les fait de fer plat, parce qu’elles n’ont à fupporter que le poids du foyer, au lieu que le chevêtre fupporte toutes les folives qui aboutififent delfus ; on arrête les bandes de trémie fur les folives qui les portent, par deux clous D qu’on met dans les trous AB.
- Les fablieres font foutenues par des corbeaux qu’onjfait en bois dans les bâtiments qui n’exigent point de propreté ; mais les corbeaux en fer (Fig. 38 ), font beaucoup moins difformes : ce n’eft autre chofe qu’un gros morceau de fer quarré qui efl; terminé à un defes bouts par un {bellement A.
- Autrefois on pofoit les folives fur les poutres ; mais comme l’épaiffeur des poutres pendantes a paru difforme , on a entaillé le défiais des poutres de l’épaiffeur des folives. On s’eft bientôt apperçu que ces entailles affoiblifioient les poutres, 8c l’on a trouvé plus à propos de rapporter fur les côtés des poutres des pièces de bois qu’on nomme des Lambourdes , & c’eft dans ces pièces qu’on fait les entailles qui reçoivent les folives ; on attache ces lambourdes fur les côtés des poutres avec des chevillettes ; mais pour les bâtiments de conféquence , il efl beaucoup plus folide de mettre de diftance en diftance des étriers doubles ( Fig. 39 ) ; la partie AB porte fur la face fupérieure de la poutre , les côtés A C,B C embraftent les côtés verticaux de la poutre , 8c les crochets CDE fupportent les lambourdes.
- Les Plombiers ont auffi recours aux Serruriers pour donner delà folidité à leur ouvrage. Ils embraftent les tuyaux de defoente avec des gâches ou crampons (Fig. 40). La partie A embraffe le tuyau, & les branches B B font fceilées dans le mur.Leschaîneauxfont foutenus par des crochets qu’on nomme à chat-neaux (Fig.â^ 1), 8c les gouttières en faillie par des barres de godets (Fig.^i').
- Le
- p.48 - vue 55/398
-
-
-
- »
- ART DÜ SERRURIER. 49
- Le bout A eft en l'air-, l’extrémité B embrafle quelquefois une poutre, 8c d'autres fois elle fe recourbe & eft fcellée dans un mur ; au milieu font, de diftance en diftance,des crochets Cqui embraffent & foutiennent la gouttière. La Figure 43 eft un crochet qui fert aux Plombiers à attacher leurs échelles.
- Comme il n’y a pas beaucoup de préceptes à donner fur la façon de forger les pièces dont nous venons de parler, après ce que nous avons dit des principes généraux de l’Arc du Serrurier, nous fommes perfuadés qu’on ne fera pas embarraffé à les forger , fur-tout étant aidé par les Figures ; ainfi nous croyons devoir nous borner à ce que nous avons dit des ufages de chaque piece qu’on peut employer pour la folidité des bâtiments.
- Outre les ouvrages dont nous venons de parler, on met encore au nombre des gros fers, les linteaux de portes 8c de croifées, les barres d’appui unies , les barres de languettes, de contre-cœur, de potagers ; les potences des poulies à foin 8c à puits, ainfi que les impériales de puits , quand ils ne font point ornés ; les plate-bandes pour mettre fur les margelles. .
- Les manivelles pour les puits à treuil , 8c les autres machines , les armatures pour les bornes 8c les fèuils des portes cocheres, les fabots des pilotis , &c. tous ces ouvrages font de forge, & fe vendent à la livre; à l’égard des pattes, crochets d’efpalier, 8cc. qui fe vendent au cent, nous aurons oc-cafion d’en parler ailleurs.
- La plupart des ouvrages dont nous venons de parler, fe vendent au poids ,1 8c font de différents prix,fuivant la nature du fer qu’on eft obligé d’employer, 8c le travail qu’on doit y faire.
- Je ne me propofe point d’entrer ici dans le détail de toutes les ferrures qui fervent à la conftruélion d’un Vaiffeau, cette partie du travail du Serrurier me méneroit beaucoup trop loin. D’ailleurs la plupart de ces ferrures fe travaillent à peu près de même que les gros fers des bâtiments : ainfi je me renferme à dire un mot des guirlandes 8c des courbes de fer, des ferruresd es bouts de vergues 8c de celles du gouvernail, Amplement pour donner une idée des gros ouvrages de Serrurerie qu’on fait pour les Vaiffeaux, & de la maniéré de les travailler. Je profiterai de ces exemples pour expliquer comment on doit forger les grandes équerres ; car ce qu’ôn appelle dans la Marine des guirlandes 8c des courbés, font à proprement parler de grandes équerres qui doivent être très-folides.
- Article IL
- Des Guirlandes.
- Lès guirlandes font de grandes équerres D C, A B ( RL V\fig. r ) formées par deux bandes de fer A B ou CD qu’on nomme dans les Ports Lattes ; chacune des branches eft entaillée par le gros bout ami-fer en a 8c en c, pour Serrurier. N
- p.49 - vue 56/398
-
-
-
- ÿo A R T DU SERRURIER.
- former l'amorce qui eft néceffaire pour les fouder avec le talon. Les deux branches font percées fur leur plat de trous eee , &c. à dix ou onze pouces de 'diftance les uns des autres ; on leur donne affez de diamètre pour recevoir les chevilles qui fervent à attacher les guirlandes dans l'intérieur du Vaiffeau contre les membres. Au relie les branches de l'équerre font plus épaiffes du côté de l'angle AC ou <2 c, ce qu'on appelle le renfort, qu'à leur extrémité oppofée B D ou b d. Quand les deux lattes font forgées, percées èc amorcées par le bout épais a St c3 on forge un talon qui eft un morceau de fer^de deux pieds de long,de fixpouces de large, & fept pouces d'épaiffeur *, percé d'un ou deux trous au milieu. Quand ces différentes pièces font préparées , le Chef d'ouvrage met le gros bout de la latte c d au feu ; on chauffe à un autre feu le talon f de la guirlande. Quand le tout eft chaud à fouder, on les tire du feu, & on pofe la partie c fur un des bouts du tAonf qui eft amorcé de façon que les deux parties qui font entaillées ou amorcées, fe rencontrent ; on frappe à grands coups pour fouder enfemble ces deux pièces. Cette opération qu'on nomme la première encolure étant faite, on fait la fécondé encolure en fondant le bout a de l'autre latte à l'autre bout dutalon f on fortifie le talon St les fou-dures par des mifesqu’on metdansraiffelledela guirlande,puis on remet le tout au feu pour recevoir une fécondé chaude. Alors on préfonte fur la pièce le modèle en bois qu'a donné le Gonftruéleur , on l'appelle le gabari ; pour voir fi la guirlande prend la forme qu'elle doit avoir, & quand les talons font bien formés, & quand les foudures font fortifiées par desmifos , on fo difpofo àfou-der l'arcbontantgA qui fe place ordinairement aux deux tiers de la longueur des lattes à commencer par le bout mince , St on place les bouts de l’arcbou-tant dans une amorce ou entaille qu'on a faite fur le champ de chaque latte en g h pour tenir les bras de la guirlande à l'ouverture qu'on defire ; & quand l'arcboutant eft foudé , & quand on a fortifié les foudures de l'arcboutant par une ou plufieurs mifes, on a une guirlande pareille à celle qui eft repréfentée Figure r , AB C D G H: elle pefe ordinairement 13 , 14 ou ijoo livres; ainfi c'eft un gros morceau de forge.
- Article ï IL
- Des Courbes de Jottereaux.
- Les courbes de Jottereaux ( Fig. 2), qui fervent à lier l'éperon au corps du Vaiffeau, font auffi des efpeces d'équerres formées d'une latte de jottereaux AB ou a b qui s’attache fur le jottereau , d'une latte d'éperon C D ou c d qui s'attache fur l'éperon , St d'un areb ou tant G Fl ou g h affemblé comme il eft re-
- * Il eft évident que les dimenfions de toutes les pièces de ferrurerie qu’on fait pour un Vaiffeau,changent fuivant la grandeur de ce Vaiffeau:
- mais je ne puis entrer dans ces détails ; ainfi je me fuis borné à donner à peu près les grandeurs qui conviennent pour un Vaiffeau de 74 canons.
- p.50 - vue 57/398
-
-
-
- n
- ART DU SERRURIER.
- préfenté dans la Figure. On foude fur la latte CD ou c d un fort talon F ou f, auquel on forme une amorce, pour quelle s’affemble à mi-fer avec la branche ou la latte a b ou A B ; on forge à part l’arcboutant g h ; on fait des amorces aux extrémités Sc des entailles en G Sc en H ou en g h , fur le champ des lattes , pour recevoir les amorces de l’arcboutant; & à la forme près, ces courbe fe forgent comme les guirlandes : elles pefent ordinairement 900 ^ 1000 ou 1100 livres.
- Article IV.
- /
- Des Courbes de faux Ponts.
- Les courbes de faux Ponts ( Figure 3 ) , font formées par deux lattes, dont Tune AB ou a h a (fez longue fe cheville fur le bord, & l’autre AC ou ac, plus courte, fe cheville fur le fauxbau : elles font affermies par un arcboutant DE ou de; Tune & l’autre branche font chevillées fur le plat. Quand on veut faire une de ces courbes , on perce les lattes de plufieurs trous FFF oufff pour recevoir les chevilles qui doivent l’attacher au bau & aux membres; comme ces courbes font plates , & comme la branche A Cou a c doit être attachée fur le bau, & la branche AB ou a b, fur les membres, l’équerre reçoit là principale force de l’arcboutant D E oude y qui ne peut être foude que fur le champ de ces lattes. Comme elles ont peu d’épaiffeur, on met en D ou d , ainfî qu’en E ou e, des renforts qui augmentent en ces endroits l’épaif-feur des lattes. On commence donc par fortifier les lattes en D ou d, & en jË ou e, par des renforts ; on fortifie auffi leur extrémité vers A par une forte mife ; on amorce les deux bouts A à mi-fer, comme on le voit dans la Figure. On foude ou l’on encole les deux branches en A ou a, & on fortifie l’aiffelle par une mife G ou g ; enfuite on préfente le gabari fur les lattes fondées qui forment l’équerre, pour leur donner jufte l’ouverture qu’elles doivent avoir. Cette opération faite, on foude l’arcboutant fur le champ des lattes en D E y de on fortifie c es foudures par une ou deux mifes. On fortifie auffi l’encolage A par deux mifes qu’on pofe dans l’aiffelle l’une après l’autre. La jonélion des trois pièces qui compofènt une courbe étant faite, on vérifie encore fi l’ouverture efl: bien conforme au gabari, & on finit par la parer avec le marteau pour la rendre plus agréable à l’œil. On retranche quelquefois fous les gaillards l’arcboutant aux courbes verticales qu’ont cloue fous les barreaux & furies membres , pour dégager les logements qui y font, Sc parce que ces courbes ne fatiguent pas autant que celles des Ponts. Les courbes des faux ponts pefent environ 300 livres.
- t
- 4
- p.51 - vue 58/398
-
-
-
- Des Courbes de Ponts.
- Les'courbes qu’on nomme de Ponts, parce qu’elles fervent à unir les baux du premier & du fécond pont au corps du VaifTeau, fe forgent autrement que les courbes des baux du faux pont, parce gue les courbes du faux pont fe clouent ou s’attachent une branche fur les baux, & l’autre fur les membres : ainfi il faut imaginer une bande de fer plat qui feroit pliée en A fur fon plat formant une équerre , au lieu qu’aux courbes de ponts, une des branches doit être chevillée & clouée fur une des faces verticales du bau. Cette branche A B dans la Figure 4., fe préfente par fa face plate , & l’autre branche A C ou a c devant être attachée fur les membres , elle préfente fon épaiffeur. La branche ou latte verticale A Couac, dont on ne voit que l’épaiffeur qui doit être attachée au côté du VaifTeau, & qu’on nomme latte de bord, efl: percée, comme les lattes de faux ponts, aux endroits marqués FF F ou fff', on foude un renfort en A ou en a, pour qu’il y ait plus de fer à l’endroit de la fou-dure ; on foude aufïî un renfort en D ou en d, où doit aboutir i’arcboutant ; on fait au fil une entaille fur le champ en E ou en e pour recevoir I’arcboutant.
- Quand les deux lattes font ainfi forgées , & quand on s’eft affuré en les pré-Tentant fur le gabari, qu’elles ont la forme que defire le Conftruéieur , on chauffe féparément le bout A des lattes de bord & de bau ; les deux pièces étant chaudes, le Chef préfente la fienne, qui efl: celle de bord, fur l’enclume, 8c le Chauffeur pofe celle de bau fur le champ de la latte de bord. Le tout étant bien foude & fortifié par des mifes qui doivent s’étendre fur les deux lattes , & former tle talon , on vérifie fi les deux branches de la courbe ont l’ouverture qu elles doivent avoir , 8c on foude I’arcboutant un bout E ou e fur ie champ de la courbe de bord, & l’autre bout D ou d fur le plat de la courbe de bau. Ces courbes pefent ordinairement 300 ou 3^0 livres.
- En voilà allez pour faire comprendre comment on forge ces grandes équerres qu’on nomme dans la Marine Courbes, ce qui indique la meilleure maniéré de forger les équerres, pour toute forte d’ufages.
- Article VI.
- Des Ferrures de Gouvernail.
- Un Vaiffeau qui a perdu fon gouvernail efl: en très-grand danger ; ainfi les Forgerons doivent choifir, pour les ferrures de gouvernail, d’excellent fer, & le travailler avec tout le foin pofîible.
- On fait que le gouvernail efl: placé en dehors du Vaiffeau, tout du long de l’Etambot ; & pour qu’il ait un mouvement de rotation ou de charnière
- jjbmbiable
- p.52 - vue 59/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 53
- femblable à celui d’une porte qu’on ouvre & qu’on ferme, fes ferrures ( Planche VI} confident en gonds que les Marins nomment Crocs , 8c en pentu-res qu’ils appellent Canafjieres. Les gonds tiennent au gouvernail, 8c ils font en enfourchement pour qu’ilspuiflent embrafler les deuxfaces du gotivcrnaiL
- Les pentures dont l’œil eft en faillie , ont pareillement deux branches qui embrafTent l’étambot, & fe prolongent fur le corps du VaiiTeau.
- Le gond ou croc Figure 1 repréfenté en plan en A, & de profil en B, efl: le plus élevé, étant placé environ deux pieds au-deiTous du trou de la barre du gouvernail ; comme le gouvernail a moins de largeur en cet endroit que plus bas, les branches a a ne font pas longues ; 8c pour les arrêter plus fermement, on les termine par deux ailes ou pattes b h , qui permettent de les arrêter par un plus grand nombre de clous ; c eft le croc ou la cheville du gond.
- Le gond ou croc A 8c B Figure 2 , qui eft placé dix-huit pouces au-deiTus de la quilie à un endroit où le gouvernail a beaucoup de largeur, a pour cette raifbn les branches a a fort longues 8c point de pattes.
- La Figure 3 A 8cB repréfente un gond ou un croc intermédiaire : nous fe* rons feulement remarquer que les branches a a ne font pas toujours parallèles; elles s’écartent ou fe rapprochent pour s’appliquer exaélement fur les faces du gouvernail.
- Les pentures ou canaftleres Fig. 4. embraflent par la partie b toute la faillie de l’étambot, & les branches a a font clouées fur le corps du VaiiTeau, à différentes hauteurs; & comme à caufedes façons,la figure du VaiiTeau change beaucoup à différentes hauteurs, fur-tout à l’arriéré, il s’enfuit que l’ouverture des branches des pentures doit auffi être fort différente ; c’eftpourquoi la penture ou canafliere, Fig. 4 qui doit être placée dix-huit pouces au-deiTus de la quille 8c recevoir le gond, Fig. 2 , a les branches a a prefque parallèles & fort longues , parce qu’à l’endroit où cette penture eft placée , les façons font fort pincées, 8c elles n’ont pas plus d’épaiifeur que l’étambot. La penture Fig. y qui doit recevoir le gond Fig. 1, étant placée au-deffus de la liffe d’hourdi -, ou deux pieds environ au-deffous du trou de la barre du gouvernail, le corps du VaiiTeau étant prefque plat en cet endroit , les ailes a a font pref que droites : il n’en eft pas ainfi de la penture intermédiaire Fig. 6, qui doit recevoir le gond Fig. 3 ; cette penture étant placée à un endroit où le VaiiTeau a beaucoup de renflement, les ailes a a font très-divergentes* La partiel de ces trois pentures Fig. 4,5 & 6 , embraiïe l’étambot : nous ferons encore remarquer que les yeux c font garnis en dedans d’une virole de cuivre.
- Je vais dire quelque chofe fur la façon de forger ces gonds ou crocs 9 &ces pentures ou canaflieres $ à l’égard des pentures , il s’agit de donner une bonne forme à leur tête c, & l’équerrage convenable aux ailes a a.
- Pour un VaiiTeau de 74 canons , on prend un barreau de cinq à fix pouces en quarré , & Ton foude au bout un ringard pour pouvoir le manier plus Serrurier. Q
- p.53 - vue 60/398
-
-
-
- f4 ART DU SERRURIER.
- aifément ; le Chauffeur donne une bonne chaude à ce barreau, puis il le dre du feu, & le porte fur l’enclume.
- Pour le percer , un Ouvrier pofe deffus un poinçon quieft plat par le bas & rond%u-deffus, emmanché dans une hart, & il frappe fur ce poinçon qui ouvre d’abord le trou , puis l’arrondit par la partie ronde du poinçon qui fait l'office de mandrin ; le trou étant fait, on fait avec une tranche deux entailles aux deux côtés du trou ; elles doivent avoir un pouce & demi de profondeur, & être éloignées du trou de deux pouces 5 ces entailles marquent la largeur que doit avoir la tête de la canaffiere ou penture. On remet le fer au feu, & quand il eft chaud, on le reporte à*l'enclume ; on le pofe fur une des faces où le trou eft percé ; & avec une tranche, on fend le barreau en deux en commençant à l’endroit où l’on a fait l'entaille jufqu’à neuf ou dix pouces de longueur où l’on coupe le barreau, & on foude un ringard à la pièce pour pouvoir la manier plus aifément.
- Pendant ce travail, d’autres Ouvriers préparent trois ou quatre mifes pour charger la tête : on en pôle une à droite & l’autre à gauche de l’œil, la troifieme fe place fur la tête : il eft rare qu’on en mette fur le plat.
- Quand les mifes font ainfi placées, on donne deux bonnes chaudes, une à droite & l’autre à gauche pour perfectionner l’une après l’autre ces deux parties. On emporte avec la tranche le fer qui eft de trop, on arrondit la tête c, & on pare cette partie: puis on agrandit le trou avec un mandrin de 44, à 45 lignes de gros. On emporte du fer, & on perfectionne le trou avec une tranche qui a la forme d’une gouge ; puis avec un poinçon on fait des trous d’environ fix lignes de profondeur tant autour que dans l’intérieur du trou, pour que le cuivre qu’on doit y fondre s’attache mieux au fer. On remet la pièce au feu pour la parer s’il en eft befoin, & la tête de la canaffiere eft finie; cependant on l’amorce pour recevoir les lattes a a.
- Les lattes qui doivent faire les branches a a, ne viennent pas toutes préparées des forges : pour qu’elles foient meilleures , on les fait dans les Ports , foudant enfemble plufieurs bandes de bon fer plat de différentes longueurs mifes l’une fur l’autre , formant un paquet qui diminue d’épaiffeur à mefure qu’il s’éloigne de la tête ou de l’amorce qu’on a faite à la tête c b. Le paquet de fer en lame étant bien arrêté par des cercles ou brides, on le met au feu, & on lui donne une bonne chaude pour fouder les barres, d’abord au gros bout ; on continue les chaudes pour fouder les mêmes barres dans toute leur longueur qui eft de quatre pieds & demi ou cinq pieds pour un Vaifleau de 74 canons. A mefure qu’on donne les chaudes, on perce des trous de fix en fix pouces, ce que l’on continue dans toute la longueur de la latte qu’on travaille. Quand elles font bien corroyées & régulièrement forgées , on les foude aux amorces qu’on a faites à la tête.
- Les ailes d e de la tête doivent embraffer l’étambot, & le trou ou l’œil de
- p.54 - vue 61/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 55
- la canaffiere doit être au milieu de ces deux ailes. L’Ingénieur-Conflruéteur fait donner aux forges un gabari ou modèle qui indique précifément la forme que ces pentures doivent avoir : c’eft pourquoi le Forgeron , pour s’y conformer exactement* fait, au milieu du trou de fa canaffiere , une marque avec une tranche ; puis prenant avec un compas fur le gabari, la diftance de ce trou à rextrémitë des ailes, il porte cette ouverture de compas fur le fer, & il marque de deux coups de tranche la longueur des ailes , ainlî que l’endroit où il doit faire les plis d e.
- Voilà l’endroit où doivent être marqués les plis; pour les former, on a ajufté un fort étrier au bord d’une groffe enclume qui elt pofée à terre., cet étrier doit excéder la table de l’enclume de trois pouces. On donne une bonne chaude à l’endroit où doit être le pli, on paffe promptement la branche du gond jufqu’au pli dans cet étrier ; & en relevant la latte à force de bras, on lui fait prendre la forme d’une équerre; on en fait autant à l’autre latte, alors la canaffiere a la forme d’un grand étrier dont les branches font plus ou moins ouvertes fuivant l’endroit Quelles doivent être placées ; on préfonte les pièces fur le gabari, pour que les branches aient précifément l’ouverture que ringénieur-Conffruéteur defire : on finit par les parer, & on les porte à la fonderie pour garnir l’œil de cuivre fondu.
- Après avoir expliqué comment on forge les canaffieres ou pentures qui font attachées au corps du Vaifleau, il faut donner la façon de forger des gonds ou crocs qui s’attachent fur le gouvernail même.
- On choifit pour cela une barre d’excellent fer rond, de trente fix lignes de diamètre pour un Vaifleau de 74 pièces de canons. Elle a été forgée en paquet , l’ayant bien fait refluer dans l’étendue de dix-huit pouces de longueur qu'elle doit avoir ; après avoir refoulé un bout pour augmenter fa grofi* feur, on remet cette piece au feu, & on la porte fur l’enclume pour l’a* morcer ; on l’applatit fur deux côtés oppofés , faifant prendre à l’amorce la figure d’une queue d’aronde large d’environ cinq pouces, & on laiffele milieu de l’amorce de même épaifleur que le diamètre du fer, pour recevoir les lattes.
- Cependant pour fortifier l’amorce par une mifo, on chauffe à un autre feu un morceau de fer plat d’environ un pied de long, de quatre pouces de large , & de huit à neuf lignes d’épaifleur ; pendant que cette barre chauffe , on donne auffi une chaude au croc , 8c ayant tranlporcé les deux pièces fur l’enclume > on les foude, de forte qu’elles n’en font plus qu’une.
- Pendant que des Forgerons préparent deux lattes , comme il a été dit en parlant des pentures, on chauffe blanc la tête des gonds qu’on vient de forger, & à grands coups de marteau on fait prendre à la partie cde la figure de l’épaiffeur du gouvernail. On marque avec une tranche l’ouverture de qui eft indiquée par le gabari ; & à l’endroit de ces marques, on foude les lattes qui
- p.55 - vue 62/398
-
-
-
- ♦
- \
- 56 ART DU SE R RU RIE R.
- forment les bras a a , ayant foin que les lattes puiffent s’appliquer exactement fur les deux faces du gouvernail* où on les attache folidement avec des clous & chevilles.
- Article VIL
- Ferrures des bouts de Vergues.
- Lorsqu’il y a peu de vent * on alonge les vergues * au moyen de ce qu'on nomme des boute-dehors, qui portent de petites voiles pour augmenter la largeur des grandes. Or il faut que ces boute-dehors puiffent fe ramener le long de la vergue , lorfqu’on ne veut point faire ufage de ces voiles furnuméraires, & être pouffes en dehors lorfqu’on veut en faire ufage.
- Pour cela on fait entrer la vergue dans un anneau A (Fig. 7), qui embrafîe la vergue , & doit être placé entre le quart & le tiers de la moitié de fa longueur ; à ce grand anneau en eft foudé un autre petit B, dans lequel paffe le boute-dehors ; il ne feroit point affujetti folidement s’il n’étoit arrêté que par cet anneau ; mais on met au bout de la vergue une pareille ferrure Fig. 9 , le bout de la vergue entre dans l’anneau Dy & le boute-dehors dans celui E. On conçoit que le boute-dehors qui paffe dans les deux anneaux B ( Fig. 7) & E (Fig. 9) a la liberté d’être porté en dehors & retiré en dedans du Vaiffeau, étant toujours affujetti folidement. Ces ferrures fe nomment Cercles de bouts de vergue,8cle grandanneau A (Fig. 7), eft ordinairement à charnière en a 8c en b\ les ferrures que nous venons de décrire fe nomment à la Françoife\ celles qu’on appelle a tAngloife Fig. 8 & 10 * font un peu différentes; le grand cercle à charnière A qui embraffe la vergue ne différé point de celui à la Françoife* & il fe place au même endroit ; mais pour que le boute-dehors foit plus aifément porté en dehors ou en dedans du Vaiffeau , on ajoute au petit cercle B qui doit recevoir le boute-dehors, un rouleau Cfur lequel repofe le boute-dehors ; à l’égard de la ferrure de bouts de vergues Fig. ro, au lieu de l’anneau D {Fig. p), on fait une lardoireü’/’ qui embraife par fes branches le bout de la vergue, & qui, au moyen de la barre coudée G H, porte le cer-cle I qui a le rouleau K. lur lequel repole le boute-dehors ; on place encore en arriéré du VaiiTeau un chandelier Fig. ir , qui porte un boute dehors pour la voile qu’on nomme Tappe-Cul.
- Maintenant qu’on a une idée de ces ferrures & de leur ufage , il faut dire quelque chofe de la façon de les travailler.
- Pour faire la ferrure de bouts de vergues à l’Angloife Fig. ro, bn prend pour un Vailfeau de 74 canons , quatre lattes de 3 pieds de longueur, de deux pouces Sc demi delargeurau collet, & de fept lignes d’épailTeur;on faitàcha-cune un coude au gros bout du côté de F, pour que les branches s’ouvrent comme une lardoire, & qu’elles puilfent embralfer le bout de la vergue :
- ainfi
- /
- p.56 - vue 63/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- •amli ces 'coudes doivent être d’autant plus .grands que la vergue eft .plus grofle. On foude les quatre lattes enfemble en F, on amorce ces lattes réunies. On amorce à un autre feu une barre de fer quarrée ou ronde pour la fonder aux quatre lattes réunies comme on4e voit en F G. On prépare le •cercle I qui porte le bout de barreau H ; 3c ayant amorcé les barreaux F G 8c H G , on les foude au point G, de forte que les deux faffent un retour d'équerre; enfin on ajufte au cercle / le rouleau K, fur lequel doit porter ie boute-dehors , & la ferrure eft en état d’être ajuftée au bout de là vergue, & affujettiè par des clous & les viroles L M. '
- Les cercles de bouts de vergues à la Françdife Fig. p , font beaucoup plus fimples : ils confiftent en deux cercles D E, faits avec du fer plat ; la grandeur de celui D doit être proportionnée à la groffeur de là vergue au bout où on doit le placer, & celui E à la groffeur du boute-dehors ; on les perce poury river à «chaud la petite traverfe N.
- Le cercle de boute-dchors à charnière A (Fig. y & 8,),que l’on placé e titre le tiers & le quart de la vergue font faits de fer plat ; on commence par forgée les charnières a h > on les foude au bout des barres c d qu’on a coupées d’une longueur convenable pour entourer la vergue à l’endroit où ce cercle doit être placé. On forge avec le même fer l’anneau ou le demi-anneau B qui doivent recevoir leboute-dehors», & on les lie aux cercles A par les petites traverfes iV; pour que le boute-dehors coule plus aifément , on y ajoute quelquefois un rouleau e comme aux ferrures Angloifçs.
- A l’égard du chandelier ou du cercle de bôute-dehôrs à pivot Fig. ir, on forge les charnières a on forge à part les deux parties c c3 on les pofe l’une far l’autre pour percer les trous c c qui doivent recevoir la cheville du rouleau. On foude enfemble ces deux parties, & on leur donne une forme quar-rée conforme au gabari, & femblable à ce que représente la Figure n.On donne une forme circulaire à la partie a db, & l’on finit par le pivot ou le pied du chandelier e f.
- Article VIII.
- ' Des Chevilles de différentes fortes*
- On fait encore dans les greffes forges des ports, des chevilles de différent tes fortes. Nous allons en dire quelque chofe d’une façon fort abrégée.
- A l’égard des chevilles à organeau Fig. 12 , qui fervent pour les batteries de canon, il faut prêter une grande attention fur-tout à la tête a ; c’eft pourquoi on les fait ordinairement avec de vieux fers : on en fait un paquet fur un bout de fer plat ; on lie ces vie.ux fers avec quelques brides ; le paquet, ou comme difent les Forgerons, le pâté, étant formé , on lui donne une chaude légère, feulement pour mieux rapprocher toutes les parties , enfuite on don-; ne une forte chaude pour fouder &c corroyer enfemble les différents morceaux de fer qui forment le pâté. On donne une troifieme chaude pour per^ Serrurier, P
- p.57 - vue 64/398
-
-
-
- •ÿ.8 A R T DU SERRURIE R.
- cer le trou > & donner à la tête la forme qu’elle doit avoir, & on forme une amorce à deux pouces du trou pour y fouder un bout de fer rond qui fait ce qu’on nomme la Cheville, ou la partie b c qui doit traverfer les membres; on ouvre en c une efpece de mortaife pour recevoir une clavette ; enfin on 'ajoute l’organeau d 'à peu près comme nous l’avons expliqué en parlant de la forge des ancres. (
- La cheville à clavette Fig. 13 , qui palfe dans le taillemer & l’étrave , celle Fig. 14, à clavette qui traverfe l’étambot, 8c fa courbe.
- La cheville à rivet Fig. ïy , qui traverfe l’étambct.
- La cheville auflî à rivet Fig.16 , qui traverfe l’étrave & le marfouin.
- La cheville quarrée Fig. ij, qui fert à l’aflemblage dés couples.
- La cheville quarrée 8c à clavette Fig. 18 5 qui fert à afTujettir les courbes '-de bois.
- Toutes ces chevilles & plusieurs autres font faites de barres de fer doux & de bonne qualité , des échantillons qui approchent le plus *de celles que doivent avoir ces différentes chevilles, relativement à leur deftination ? &àla groffeur des bâtiments. Gn fait à un des bouts une tête en forme de champignon ; on les forge d’un bout à l’autre toujours un peu en diminuant.
- Je ne parlerai point de la façon de faire la tête ni d’ouvrir Tœii? parce que toutes ces chofes ont été amplement expliquées ailleurs.
- Explication des Planches du Chapitre fécond»
- PLANCHE IF.
- C e t t e Planche repréfente les gros fers pour la folidité des bâtiments. La Figure 1 eft une ancre droite ; A B, fa longueur ; Cun morceau de fer qui fait faillie pour empêcher que l’ancre ne coule dans la boucle du tirant.
- Figure 2. A C,partie du tirant; ^l’ancre qui entre dans l’œil C : en D eft un pli pour que l’œil C devienne vertical.
- La Figure 3 eft une ancre formée en Y. A B, eft la partie droite 5 C, le talon pour retenir la barre dans le tirant. E D, les deux branches qui fe renverfent pour former un Y.
- La Figure 3* repréfente deux barreaux deftinés pour faire une ancre en Y. AD , un grand barreau; CE, un petit qu’on foude au grand en C.
- La Figure 4 eft une ancre figurée en S. A B 9 les deux extrémités qui font "contournées 5 C;le talon.
- La Figure y eft une ancre en X.AA,B B, les extrémités qui font contournées; C, le talon ; DE, l’œil & l’extrémité du tirant : quelquefois les tirants font retenus par des harpons; fi ces harpons font attachés à une poutre ,-on les termine par un talon B Figure 6 ; s’ils doivent être attachés à un muron
- p.58 - vue 65/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER^ 59
- les termine par un fceliement A Fig. 7 ; quand on veut que le tirant traverfe tout le bâtiment, on termine les barres qui le forment par des crochets qu’on voit en A B Fig# iy , qui entrent l’un dans l’autre ; ou encore mieux, on fait des chaînes Fig. 8 , 8c les yeux B B 8c D étant difpofés comme on le voit en A , font traversés par une clavette H qui entre à force. On eftime encore mieux les chaînes moufîées Fig. 9 ; l’extrémité des barres eft recourbée comme on le voit en C Fig. 12 , 8cen B Fig. 13 ; ou encore mieux, on foude la partie recourbée comme on le voit Fig. 10; la partie Q Q G Fig. 9 , qu’on nomme la moujfle, eft repréfentée à part Fig. il, & le coin H fe voit Fig. 14. r La Figure 17 repréfente deux ancres A B , & un tirant E , qu’on met aux tiges de cheminées pour empêcher que le vent ne les renverfe. La partie CD traverfe le tuyau de la cheminée , 8c l’extrémité E du tirant va s’attacher à une piece de la charpente.
- La Figure 18 eft une ceinture de fer qu’on met aux cheminées de briques qui léfàrdent ; onia nomme une embraffure ; elle eft quelquefois formée pair quatre bandes de fer plat affemblées à tenon 8c mortaifes en A B C D ; d’autres fois ( Fig. 19 ) les deux bouts delà piece CD font coudés en équerre, 8c font affemblés à mortaife dans la piece A B.
- La Figure 20 repréfente de forts fentons qui s’accrochent les uns dans les autres , 8c qu’on noyé dans le mortier pour empêcher les cheminées de briques v de léfarder. Les Fig. 21 & 22 font de petits fentons qu’on met dans les cheminées de plâtre , pour les empêcher de fe fendre.
- La Figure 23 eft un manteau de cheminée droit. La Figure 24 eft un manteau cintré, les bouts C Z) font fceliés dans le mur; les parties AC yBD, portent fur les jambages,
- La Figure 2y repréfente de menues ferrures ; A 8c F des crochets & une patte; Z?, un crampon ; E, une cheviilette ; D, un clou à tête ronde, 8c C une broche. Figure 25*, une patte de marbrier.
- Les Figures 2 6,27 , 28 font des harpons * de différentes fortes , les uns à fceliement, les autres à talon ; les uns droits, les autres courbes : leur ufage eft de retenir plufieurs pièces qui tendroient à fe féparer.
- "La Figure 29 eft une équerre.oùle fer eft plié fur le plat. La Figure 30 , une équerre où le fer eft plié fur le champ. Les Figures 3 ï & 32 font des brides coudées & non coudées, qui fervent à fortifier des pièces de bois qui font entamées d’une partie de leur épailfeur. La Figure 33 eft encore une bride pour lier une poutre qui menace de rompre.
- La Figure 35 repréfente des boulons ; A, boulons à clavette ; B, à vis; C, à fceliement. Figure 36 , enchevêtrures; Figure 37 , bande de trémie pour mettre fous les âtres des cheminées , afin de prévenir les incendies.
- Figure 38 , corbeau qu’on fcelle dans les murailles pour foutenir les fir blieres. Figure 39, étrier double qu’on met fur les poutres pour foutenir les lambourdes.
- p.59 - vue 66/398
-
-
-
- (
- fo AR T DU "STR R U R 1E R.
- Figure- 40/ gât he ou- crampon pour-fou tenir le long des murs, les tuyaux <le defcente \Figure^x &-44crochet à chêneau ; Figure 42, barre de godet pour foutenir les gouttières qui font faillie en dehors ; Figure 43 , font des crochets qui fervent aux Couvreurs‘& aux Plombiers, pour affermir leurs : échelles ? ou pour attacher leur=corde nouée.
- PLANCHE V. -
- O n a reprefenté fur cette Planche les guirlandes & les courbes quffervent Ur la liaifomdes Vaiffeaux.
- La-Figure-r repréfente ce qu’on nomme dans îa conftrucftiom des Vaiffeaux une Guirlande: on les fait communément en bois ; mais comme il eft bien difficile de trouver des pièces qui aient une-figure'convenable y on en fait en fer qui font une très-bonne liaifon. J’en dis autant pour les courbes de jottereaux de Pont & de faux-Pont, dont je parlerai dans"la fuite. C?effila difette des bois courbes quf a excité rinduftrie des Porgerons’fur un point qui eft très-avantageux.
- -..Je préviens-encore pour toutes les figures qui font 'contenues fur cette Planche, que les petits caraclere^indiquent les pièces féparées , les gros ca-raèleres les mêmes- pièces réunies.
- Je mai fait gravemqu’ùne guirlande ,'qu’uner'cOurbe de jotteféaiix, 8cc. Cependant fui van t ies'endroits où ces pièces font placées-,' & la nature 'des bâtiments , il y a de ces pièces de grandeur & de forme différente ; mais comme il ne s’agit ici que de là façon de les forger , Ce que'je dirai aura fon application à toutes. -
- Une guirlande eft Une pièce courbe Figure 1, quf fe meta l’avant & dans l’intérieur diss Vaiffeaux. Elle s’attache fur les membres qui font en cet endroit , & en forment la liaifon. ACFl eft le talon de la guirlande ; AB & CF)f en font les branches, qui font percées de tfoüs aux endroits ÆVLe renfort eft à la partie la plus épalffe du côté dé' A C ; G H> eft l’arcboutant.
- La Figure -T repréfente uüe courbe de jottereaux. Elles fe placent en de^ hors du Vaiffeau. Elles fervent a joindre l’éperon au corps du Vaiffeau : ai h fi une branche eft chevillée fur les membres, & l’autre fur l’éperon ; A j5 , eft la branche qui s’attache fur les membres ; C £),effcelle qui porte fur l’éperon; elles font percées en E : F , eft le renfort ; GH, l’arcboutant.
- -La Figure^ eft une courbe de faux-pont ; les deux branches A B & À C font plates. Elles font percées de-trous en F, 8c elles ont des renforts pour recevoir les extrémités de l’arcboutantD ; le' talon eft; en A.
- -La Figure 4 repréfente une courbe de pont : la branche A B fe préfente de plat, la branche AC de champ ; l’une & l’autre font percées fur le plat en F 9 8c elles ont des renforts en D & en £*, pour recevoir les' boutsffie l’arc-iboutant ; le talon A eft auflifortifié par des mifes qui forment un-renfort.
- ' PLANCHE
- p.60 - vue 67/398
-
-
-
- ART DUS ER R U R iE R.
- PLANCHE VL
- )
- Cette Planche repréfente les ferrures du gouvernail, & celles des bouts üe vergues.
- Comme il eft queftion d'affujettir le gouvernail fur l'étambot , de forte quilait un mouvement de charnière, les ferrures du gouvernail confiftent en gonds qu'on nomme Crocs, & en pentures quon appelle ConaJJieres ou Rojes.
- Figure i ,1e croc le plus élevé représenté en plan en À , 8c de profil en B ; cl a , les branches ; b b , les pattes ou ailes; c, la cheville du gond.
- Figure 2 eft le.gond qui eft placé le plusprès de la quille ; a a,les branches^ qui font-longues, parce qu'en cet endroit le gouvernail a beaucoup de largeur; A le repréfente en plan , & B de profil.
- Figure 3 eft le gond ou croc qu'on place entre les deux précédents ; À le fait voir en plan , & B de profil.
- Figure 4 eft la penture ou rofe qui eft placée la plus près de la quille.
- Figure y eft la penture la plus élevée.
- Figure 6 eft l'intermédiaire.
- La Figure j eft une -ferrure de bout de vergue à laFrançoife ; A, anneâû qui embraffe la vergue ; B, anneau dans lequel paffe le boute-dehors.
- La Figure 8 eft la même ferrure à l'Angloife qui différé en ce que l'an* neau B porte un rouleau e , fur lequel porte le boute-dehors, ce qui fait qu'on le manœuvre plus aifément*
- Ces ferrures fe placent entre le quart Sc le tiers de la moitié de la longueur de la vergue.
- On place au bout de la vergue la ferrure Figure j, qui, à la grandeur près -, xeffemble à celle qui eft repréfencéej^. j \ l'anneau D embraffe la vergue, & le boute-dehors paffe dans l'anneau E.
- Les Anglois font cette ferrure en forme de lardoire Figure io, qui embraffe le bout de la vergue ; le boute-dehors paffe dans l'anneau /, & roule fur le rouleau K.
- La Figure il eft un chandelier à pivot qui reçoit un boute-dehors pour la voile qu'on nomme Tape-Cul ; il a un rouleau comme le cercle de bout de vergue à l'Angloife.
- La Figure 12 eft une cheville à organeaux , qui fervent pour tenir les ca* nons en batterie.
- Figure 13 , cheville à clavette qui paffe dans le taillèmer & l’étrave.
- La Figure 14 eft auffi une cheville à clavette qui traverfe l’étambot & fa courbe,
- La Figure 15 eft une cheville à rivet, qui traverfe l'étambot. Fig. 16, autre cheville à rivet. Fig. X7 cheville à rivet, qui fert à l'affemblage des courbes* Serrurier. Q
- i
- p.61 - vue 68/398
-
-
-
- 1 •
- 6a. ART DU S ER RU RI ER.
- La Fig. 18 eft une cheville quarrée à clavetce, qui lercauffi a aiîujeEtir les ^courbes.
- c H A P I T R E I I I.
- Dm Ouvrages de Serrurerie qui fervent à la fûreté de ceux qui habitera.
- les Maifons.
- A p r e’s avoir détaille les ouvrages de Serrurerie qui fervent à augmenter :la folidité des bâtiments, & de plus quelques-unes des pièces principales qui contribuent à la liaifon du corps des Vaiffeaux , nous nous propofonsde trah ^ter des ouvrages qui font employés pour la fûreté de ceux qui habitent 'les -maifons ; il faut des ouvertures aux murs pour former les portes d’entrée,, & les fenêtres qui éclairent 'les appartements. Mais il eft néceftâire que ces ouvertures foient impraticables à ceux qui voudroient piller ce qu’on y a ^renfermé. D’un autre côté, rien n’eft plus agréable que d’avoir, aux murs des jardins & des parcs , des percées qui permettent d’étendre la vue dans la campagne. Mais ilme faut pas que ces jardins & ces parcs lbient acceffibles à tout le monde. Rien n’eft plus propre à remplir ces intentions que les grilles ; auftï nous nous propofons d’en traiter dans le plus grand détail. Mais pour ne point interrompre ce que nous aurons à dire fur les différentes efpeces de grilles, nous allons nous écarter un peu de notre marche , pour parler des croifées que l’on peut faire avec du-fer, d’autant que ces ferrures fe rapprochent affez des grilles, tant pour leur conftruétion que pour leur üffge ; car une croifée garniè d’un chaftîs en fer feroit aufllfûrement fermée , que il l’on avoit mis une grille de fer devant un chaftis de bois.
- A R t i e -L e I.
- Des Chajfïs à verre qu’on peut faire enfer.
- Tous les vitraux des Eglifes font garnis de panneaux de verre montés en plomb , & ces panneaux font reçus dans des bâtis de Serrurerie. Comme ces bâtis font communémerit des ouvrages de forge , c’eft ici véritablement le lieu d’expliquer la maniéré de les faire.
- Ces bâtis confident ordinairement en des montants A B ( Planche VIX, Fig- i ), & des traverfes femblables \CD : ces montants 8c ces traverfes font faits avec du fer plat de 18 lignes de largeur fur fept à huit d’épaiffeur, 8c qu’on nomme à'Paris Fer à Maréchal. Pour les affembler, on fait aboutir les traverfes femblables à C& à D fur les montants AB , & on les unit au moyen d’une petite bande de fer plat E F> qu’on attache avec des rivets tant fur les montants que fur les traverfes , de forte que fur le côté oppofé qui répond au dedans de i’Eglife, les montants & les traverfes font arraie es
- p.62 - vue 69/398
-
-
-
- ART D U SERRURIE R. %
- comme G H; Sc quand on les regarde du côté du dehors de l’Eglife * on voit la petite bande de fer E F qu’on a ajoutée pour réunir les traverfes aux montants : ces chaffis font entièrement dormants ; il n’y a que quelques panneaux qui puiiTent s’ouvrir, ayant un petit chaffis particulier qui eftferré fur les montants avec de petits gonds ou des couplets dont les ailerons^ font 'rivés fur les montants, comme on le voit en I K.
- II n’y a point de feuillures à ces vitraux ; c’eft pourquoi autrefois on rivoit fur les montants Sc fur les traverfes des crochets L L L , qui tenoient lieu <de feuillure ; maintenant on fait mieux, on rive fur les montants & les travers fes a a des broches b qui fe terminent par une vis ; ces broches traverfent une lame de fer mince c c ; les bords du panneau de vitre fe placent entre la lame de fer mince c c , Sc la traverfe a a ; Sc en ferrant les écrous femblables à d le panneau eft pincé tout autour par les bords ccy & affujetti plus folidement qu’il ne le feroit dans une feuillure. Cependant les panneaux feroient immanquablement enfoncés parles coups de vent, s’ils n’étoient pas foutenus par des vergettes de fer , faites de petits fentons qui fe terminent à chaque bout par un œil qui entre dans les broches à vis b , &font affût je ttis par l’écrou d. Les Vitriers arrêtent les panneaux de verre fur ces vergettes , au moyen de petites bandes de plomb ou de fer blanc qu’ils foudent fur les plombs du panneau, Sc qui fe replient fur les vergettes.
- Ces bâtis de Serrurerie font faits ordinairement affez groffiérement, par ce qu’étant toujours vus de loin, un ouvrage recherché ne s’appercevroit pas*, Sc le travail qu’il exigerôit feroit en pure perte.
- On pourroit faire, Sc ion fait effectivement en certaines circônftances, des vitraux d’Eglife, beaucoup mieux travaillés. Pour en donner une idée , je vais expliquer comment font faits les chaffis à verre des ferres du Jardin Royal des Plantes : ceux-ci reçoivent de grands carreaux de verre ; mais il eft aifé de concevoir comment, en retranchant ce qu’on nomme dans la Menuiforie les petits bois, pour neconferver que les traverfes, on pourroit les rendre propres à recevoir des panneaux.
- Voici donc comment font faits les chaffis des ferres en queftiôn : les portes Sc les baies font formées par un bâti de fer, folidement affemblé à tenons & à mortaifes, comme je l’expliquerai en parlant des grilles, Sc c’eft à ces bâtis que font attachés les pivots & les fiches à gond qui tiennent les portes-bat-tantes ; les petits fers qui tiennent lieu de ce que les Menuifiers appellent les petits lois , qui comme l’on fait, doivent recevoir les carreaux de verre, ces petits fers, dis-je, font faits avec du petit carillon, & les traverfes s’affem* blent avec les montants à mi-fer, comme nous l’expliquerons en détail lorfque nous parlerons de certaines grilles de Religieufes qui font faites avec des bar* reaux quarrés. Il faut maintenant des feuillures pour recevoir les carreaux \ elles font fcites en attachant fur le carillon avec des rivures, des bandes de fer
- p.63 - vue 70/398
-
-
-
- I
- >4 ART DU SERRURIER.
- plat affez minces , mais fuffifàment larges pour excéder les barreaux de cariK Ion de trois lignes de chaque côté, Sc les carreaux font retenus dans ces feuillures par quelques Chevilles 'du maftic ; cês chaffis qui ferment avec des ef-pagnolettes, font fort fblides & affez propres.
- On pourrdit, fans augmenter beaucoup le travail, former avec l’étampe, les feuillures aux dépens du carillon. Mais le heur Chopitel, célébré Serrurier de Paris, a fait des chaffis à verre infiniment plus propres. Nous allons en dire un mot, quoique ces. ouvrages fortent de 4a fimplicité de ceux dont il s’agit dans ce Chapitre.
- Il avoit imaginé , & fait exécuter à Effonne un laminoir qui étoit formé de deux forts cylindres de fer que l’eau failoit tourner en des lèns contraire5 l’un de l’autre. Ces rouleaux parfaitement bien ajuftés portoient fur leur circonférence des entailles, les unes quarrées , les autres en gorge ronde, & les autres en forme de moulures ; en paffant des barres de carillon chauffés dans un four comme on le fait à'certaines fonderies, dans les entailles quarrées, elles fortoient-du laminoir calibrées avec de vives-arrêtes mieux formées qu’on n’auroit pu les faire avec la lime, en y 'employant beaucoup de temps. En paflànt des barres dont on avoit abattu les arrêtes dans les gorges rondes, elles fortoient propres à faire des tiges d’efpagnoiette ou des tringles de rideaux ; au moyen des entailles en moulures , on formoit avec des -fers méplats des plateLandes ornées de moulures ? & propres à être attachées fur les rampes des efcaliers,fur les baluftrades, &c. Et ce même laminoir four-niffoit au fieur Chopitel le moyen de faire à pemde frais des chaffis à verre-, très-propres & ornés des mêmes moulures que les chaffis à verre qui for-
- 9
- tent des mains des Menuifiers.
- Les Figures 2,3 & 4 marquent quelques-uns des profils des plate-bandes pour les baluftrades.
- La Figure y repréfente ce que portoient d’épaiffeur Sc de largeur, les deux montants du milieu des deux chaffis à verre d’une croifée de fix pieds fix pouces de hauteur , & de quatre pieds de largeur repréfentée Fig, 10 ; la Fig, y repréfente donc les deux battants de cette croifée : il y a à un de ces battants une plate-bande à doucine, & à l’autre une plate-bande unie fur laquelle eft pofée l’efpagnolette, comme on le voit Fig. 10: ces deux bar** reaux ont auffi chacun une feuillure a a pour recevoir les chaffis à verre.
- La Figure 6 repréfente les deux montants du dormant; la partiel qui eft creufe reçoit la partie faiilante c de la Figure 7 , Sc l’autre partie creufe marquée o , fert à ajufter une aile de fiche.
- La Figure 7 fert à repréfenter les deux montants du chaffis à verre 5 d’un côté a eft la feuillure pour recevoir les carreaux de verre ; il y a de plus une ef pece de talon dont la partie ronde marquée c fe loge dans le creux marqué b de la Figure 6, Sc la partie d du même talon fert à ajufter les fiches.
- La
- p.64 - vue 71/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 65
- La Figure 8 repréfente les deux traverfes du chaffis dormant ; à l’égard des traverfes du chaffis à verre, on peut avoir recours à la Figure excepté qu’elles doivent être quarrees du côté du talon.
- "La Figure 9 fert à faire voir les petits fers dont un côté porte deux doii-cines oppofées Tune à l’autre , 8c de l’aütre côté font deux feuillures a a pour recevoir les carreaux de verre. On a repréfenté ( Fig. 1 r ) quatre carreaux de verre , deffinés plus en grand quà la Figure 10 , pour qu’on puiffe apperce-voir comment on arrête les carreaux au moyen de petites rofettes a a qui font affujetties dans les angles par des vis.
- Le jet-d’eau du chaffis à verre fe voit Fig. 12 , &ii eft attaché à la travef-fe d’en bas par des goupilles prifonnieres femblables à g.
- Le jet-d’eau du dormant fe voit Fig. 13 , & il eft attaché à la traverfe par des goupilles prifonnieres femblables à h.
- Nous expliquerons ailleurs ce que c’eft que des goupilles prifonnieres.
- Le fieur Chopitel étant mort, ce beau laminoir a été détruit ; mais on peut voir chez le fieur Durand, célébré Serrurier, qui demeure à S. Viélor, un modèle très-proprement exécuté d’une pareille croifée, & une porte vitrée battante très-proprement exécutée , qui eft en place depuis pîufieurs années.
- Affiurément les croifées en fer couteroient plus que celles en bois ; mais elles ne font point fujettes à fe déjetter , & ce feroit un ouvrage dont on ne verroit pas la fin. Comme les petits fers font plus menus que les petits bois, ces croifées laifTent pafter plus de jour,& la dépenfe de ces chaffis feroit confi-dérablement diminuée, fi l’on emplôyoit des verres de Bohême, parce qu’a* lors on fupprimeroit prefque tous les petits fers.
- Je vais maintenant parler fort en détail des grilles de fer de toutes les ef~ peces.
- A R T I C L E I I.
- Des Grilles Jimples ôC fans ornements.
- Les Grilles qu’on met aux fenêtres du raiz- de-chaulTée pour les rendrê plus fûres contre les voleurs, celles des portes de jardins, & celles qu’on met au lieu de murs aux endroits où l’on veut fe ménager de la vue, doivent être les plus fimples de toutes, non-feulement pour des raifons d’économie, mais encore afin que les grilles des croifées ne diminuent le jour que le moins qu’il eft poffiblè, & que les autres n’offufquent point la vue. Les ornements feroient déplacés dans ces circonftances, puifqu’ils feroient incommodes.
- De plus, notre intention , en expliquant d’abord la maniéré de faire les grilles fimples, après avoir parlé des gros fers des bâtiments, eft de commencer toujours par les ouvrages les plus aifés à exécuter, avant que de paffier à ceux qui font plus difficiles. #
- Serrurier. R
- p.65 - vue 72/398
-
-
-
- m AR T DU S E R R URAE R.
- •Celles d’entre ces,grilles qui font les,plus Amples n’ont que deux p:ieds & demi à trois pieds de hauteur ,,( Planche VIII, Fig, i„) , foit qu’elles foient deftinées à faire des balufirades vis-à-vis -les fàuts-de-loup , 8c au bord des folfés, ou les balcons les pluscommuns ; elles ne font formées que par des barres montantes femblabiesà a a, qui font aflembiéeshaut &'bas dans lesfom-miers AA ( P lancheVlII > Fig, i_).
- Cet aflemblage-fe faifant à tenons & mortaifes , il convient d’expliquer comment on s’y prend pour faire promptement 8c folidement tant les tenons que les mortaifes ; & ce point étant une fois bien expliqué, nous ferons difpenfés d’y revenir toutes les fois que nous aurons à parler de cette forte d’aflembiage , ce qui arrivera allez fréquemment.
- Il eft fenfible qu’on pourroit faire les tenons E ( Planche Vfl, Fig. 13 ) à la lime , 8c les mortaifes Figure 6 , à peu près comme les font les Charpentiers en perçant avec le foret des trous tout près les uns des autres, & en emportant le fer qui relleroit entre des trous, d’abord avec umburin, & en-fuite avec la lime ; maisces opérations feroient fort longues, & elles ne rem-pliroient pas fi bien le but qu’on fe propofe, que la méthode que fuivent les Serruriers : il faut la décrire.
- Pour alfembler les montants -a a avec les fommiers /i ( Planche VIII, Fig. 1 ) du haut & du bas, il faut former des tenons aux bouts des bâfres montantes a7 comme on le voit aulîi en f8ch( Planche VII Fig. y .j), ou au bout du barreau P {Planche VIII, Fig. 13,), & faire des mortaifes Q ( Planche VIII Fig. 13 ) , aux endroits D D des fommiers AA ( Planche VIII, Fig. 1 ) : les tenons entrent dans les mortaifos, & on les rive fur -les fommiers A aux endroits D D
- Les tenons ayant moins de diamètre que le corps des barres, on doit forcer l’extrémité des barres un peu plus menue que le relie ; mais ce tenon doit être taillé quarrément un peu méplat ,•& fortir d’un endroit plus renflé que le corps de la barre , comme on le voit en C( Planche VIII, Fig. 13 ) & en E , ( Planche VII, Fig 13 ) ; car ce petit renflement rend l’aflemblage beaucoup plus folide.
- -Pour équarrir le tenon , onfe fert de chafles quarrées, & à chanfrein ou à bifeau 18c K ( Planche VU , Fig. i8v) , qui font des efpeces de marteaux à tetequarrée & plate, fur les deux faces, & dont le manche qui efl de-fer efl plus long que celui des marteaux ordinaires. Un Ouvrier ( Fig. 1 Plan, che VII dans la Vignette ) tient fermement fur l’enclume la barre dont le bout fort de la forge, 8c le Maître Forgeron ( Fig. 2 dans la Vignette ) après avoir un peu refoulé le fer pour former le renflement dont nous avons parlé, tient de la main gauche, dans une pofition verticale, le manche a Æ de la chafle, 8c dans la main droite un marteau ordinaire ; il appuie l’angle de la chalfè qui efl; en bas contre un des côtés qu'il veut dilpofer en tenon; 8c frappant
- p.66 - vue 73/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. ëf
- âveô fon marteau fur la chafle, il forme une des faces du tenon, & refoule le fer, ce qui fait au-deflus du tenon le petit renflement qu’on voit au bout du •barreau P( Planche VIII, Fig. 13 ) , Sc aufli au bout de la barre E ( Planche VII, Fig. 13 ) ; faifànt ainfi parcourir à la chafle les quatre faces du tenon, on les finit les unes après les autres.
- Dans quelques Boutiques, au lieu des chaffes dont nous venons de parler,' on en a de fendues F ( Planche VII, Fig. 13) , ou de creufées comme une clouyere d’un trou quarré ou rond n o ( Planche VII, Fig. 21 & 22 ), propre à mouler un tenon d’une certaine grofleur. Ils font entrer dans le creux de cette étampe le bout de la barre qui eft fort chaud ,8c qui a été amené à peu près à la grofleur du tenon ; & frappant enfuite fur l’étampe où la chafle creu-fe ( Fig. 21 ou 22 ), le tenon fe trouve formé avec un petit renflement au-deflus. On ne met point ordinairement de manche à cette efpece d’étàmpe on la fait aflez longue pour qu’on puifle la tenir dans la main fans courir rif-que de fe brûler au fer qui eft chaud.
- Ce qui empêche beaucoup de Serruriers d’avoir de ces étampes , eft ia„ Qu’il en faut un aflbrtiment pour faire des tenons de toutes les grofleurs.
- 20. Parce que le fer eft corrompu par le refoulement, & que les tenons font fujets à fe rompre 5 c’eft pourquoi plufieurs préfèrent de rapporter un lardon ( Planche VIII, Fig. 14) : nous en parlerons dans la fuite.
- Les tenons étant faits aux deux bouts de toutes les barres * il s’agit dé faire aux fommiers A A, ( Planche VIII, Fig. x ), les mortaifes qui doivent les recevoir, telles qu’on les voit en Q ( Planche VIII, Fig. 13 ) , & en / ( Planche VII, Fig. 6. )
- Pour percer régulièrement les mortaifes, on commence à pofer fur l’éaa-bli une bande ou réglé de fer qui doit être de la longueur des fommiers. On la divife avec un compas pour marquer les endroits où il faut faire les mortaifes, pour que les barreaux foient convenablement efpacés. Ce fera , fi l’on tveut,cinq pouces & demi ou fix pouces, fi les barres montantes aaÇ PL VIII, Fig. 1 ) ont un pouce de grofleur ; & on les placera plus près à près, fi les bar* res font plus menues ; mais il faut tantôt augmenter & tantôt diminuer un peu la diftartee des barres, pour qu’au bout du balcon, ou de la baluftrade, ou de la porte, il ne refte pas une diftance plus grande ou plus petite qu’entre les autres barreaux. Ces diftances étant exactement marquées fur la réglé , on y donne un coup de lime pour que la marque ne s’eSàce point ; & comme en perçant les mortaifes, les barres des^ fommiers s’alongent un peu , on préfente fur le fommier à chaque trou qu’on perce, la réglé divifée afin que les mortaifes foient bien placées^
- Pour former les mortaifes/ ( Planche VII, Fig. 6) , ôn fait rougir à k forge l’endroit ou on veut les former, on pofe la barre fur l’enclume , 8c on commence le trou avec une langue de carpe; furie champ, plaçant la barre
- p.67 - vue 74/398
-
-
-
- m ART DU SERRURIER.
- <3e plat fur la perçoire R ( Planche VII, Fig. 17 ) , on perce le trou / ( PL VII, Fig. 6), avec un poinçon/7 ou / ( Fig. 23 ) qui diminue un peu de grofleur par en bas , mais qui prend enfuite la forme quarrée que doit avoir la mortaife, & fon extrémité doit être plate pour détacher le morceau de fer qui tombe dans la perçoire ; fi ceft du fer plat , on frappe furie poinçon, comme le fait l'Ouvrier Figure 3 dans la Vignette, Ordinairement on fait le poinçon p ou q un peu en diminuant de grofleur par le bout ; & au-deflus il a la grofleur & la figure que doit avoir le tenon, afin que quand le trou eft ouvert par le bout du poinçon, la mortaife foit formée par la partie qui eft au-deflus, qui dans ce cas fçrt de mandrin ; ou bien ayant retiré le poinçon , on chafle dans le trou un mandrin , & on laiffe le mandrin dans la mortaife pendant qu’on frappe fur les deux faces oppofées de la barre , pour effacer au moins en partie l’élargiflement qui s’eft fait vis-à-vis les mortaifes.
- Quand le fer eft gros , on emmanche le poinçon P dans une hart Fig, 2o, & on frappe déifias avec un gros marteau à deux mains.
- Quand les tenons Sc les mortaifes font faites, il ne s’agit, pour monter ces grilles," que de faire entrer les tenons dans les mortaifes , ayant attention que les deux fommiers AA( Planche VIII ) foient bien parallèles l’un à l’autre, Sc que les barres a a foient exactement perpendiculaires , ou qu’elles foient d’équerre avec les fommiers. Enfuite on rive l’extrémité des tenons qui excède les fommiers ; alors fi ces baluftrades doivent être placées dans une ern-brafure , on fcelle les extrémités AA ( Planche VIII, Fig, 1 ), des fommiers dans les jambages ; fi ces baluftrades font longues , on leur met de diftance en diftance des arcboutants ( Planche VIII Fig, 2 ou 3 ) ; on couvre auffi quelquefois le fommier d’en haut d’une plate-bande ornée de moulures ; ce qui fera expliqué dans la fuite. Nous remettons encore à un autre lieu à faire remarquer que quelquefois les barres préfentent à celui qui les regarde une de leurs faces plate , & d’autres fois un de leurs angles ; ce qui fe peut faire ou par la difpofition de la mortaife, ou par celle du tenon. Tout cela deviendra clair par ce que nous dirons plus bas.
- Les fommiers A du haut & du bas fuffifent pour aflujettir fermement des barreaux qui n’ont que trois pieds de longueur ( Planche T///, Fig, 1 ) , comme font ceux des baluftrades & des balcons ; mais il feroit aifé de faufler & même de rompre des barreaux montants qui auroient fix ou huit, ou douze ou quinze pieds de longueur , comme font les grilles des portes des jardins ( Planche Vil, Fig, 12 ) , ou celles qui ferment les croifées ( Fig, 7 & 8) = dans ces circonftances, on fortifie les barreaux CC(Fig, 12) en les failànt pafler dans des traverfes B B , qui font percées de trous aflez grands pour que les barres montantes CC paflent au travers. Voici comme l’on fait ces traverfes.
- Ayant coupé les barres qui doivent faire les traverfes de même longueur que celles des fommiers, & ayant marqué ; comme nous l’ayons dit, les endroits
- /
- p.68 - vue 75/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER, %
- droits où Ton doit percer les trous, foit qu’on les veuille percer fur une des faces des barres comme M ( Fig. p ) , ou diagonalement fur cette face comme Z ( Fig, ip ) ,ou furl’angle formé par deux faces comme N(Fig. ro), on donne une bonne chaude à l’endroit où Ton veut percer les trous qu’on “commence à ouvrir avec un large cifeau ou une tranche P (Fig, 20), ou une langue de carpe H( Fig, 11); on refoule un peu le fer, foit en frappant avec le marteau fur le bout des barres rougies , foit en frappant le bout dés barres pofé perpendiculairement fur l’enclume , 8c par ce moyen on fait ouvrir les fentes i enfuite on achevé de lés former avec un mandrin , qui eft lui-même une efpece de cifeau Q ( Fig, iy ), qui à quelque diftance de la pointe, a p réellement la même figure ôc la même groffeur que celle qu’on veut donner au trou ; ou ce qui eft la même chofe, un peu plus que celle du barreau montant qui doit paffer dedans.
- C’eft toujours à chaud qu’on perce les barrés, & pendant qu’on les percé avec le mandrin, elles font pofées fur une perçoire R ( Fig, 17 ) , comme on le voit Fig. 3 dans là Vignette. La perçoire , comme nous l’avons déjà dit, eft une efpece de cylindre creux dont les bords font fort épais R ( Fig, 17 ); il eft à propos que la perçoire ait deux entailles diamétralement oppofées a 8c b fur les bords fupérieurs, pour que la barre retenue dans les entailles chancelé moins quand on frappe fur le cifeau ou fur le mandrin ; & pour cela il faut que l’entaille de la perçoire foit quarrée quand on veut percer les trous fur le plat des barres , ôc triangulaire quand on veut les percer fur les angles ; ce qu’on ne fait pas ordinairement,parce que les joues du trou feroient -affaiblies-.
- Il eft bon de remarquer qu’en perçant les traverfes, on n’emporte pas le morceau comme aux fommiers ; on écarte feulement le fer pour ouvrir les trous : c’eft pourquoi il y a toujours un nœud ou un renflement aux deux côtés des trous,
- ? Dans les Boutiques où l’on n’efl pas bien monté en outils, on fe fert, au lieu de la perçoire Fig. 17, d’une piece de fer folide, 8c pliée à peu près comme une S, ou en arcade Fig. 24 : ils pofent k barre à percer fur cetté pièce de fer , 8c le trou fe trouve entre les deux branches.
- L’effort du mandrin qui Ouvre le trôu évafe la barre en ces endroits , ce qui forme, comme nous l’avons dit, des nœuds fans qu’on foit obligé d’y rapporter du fer ; vis-à-vis ces nœuds aux côtés des trou$ , le fer étant divifé en deux, n’a que la moitié de l’épaiffeur que la travérfe a ailleurs ; 8c pour que la barre fe déforme moins, on la forge quelquefois fur une étampc O ( Planche VII, Fig. 10 ). Les barres s’accourciffent plutôt que de s’alonger dans cette opération ; cependant on fera bien de prélenter de temps en temps la réglé divifee, comme lorfqu’on fait les fommiers ; car il eft important que les trous des fommiers & des traverfes fe rapportent exactement, lans quoi il ne feroit pas poflible de monter la grille,
- Serrurier. S
- p.69 - vue 76/398
-
-
-
- To ART DU S ER RU RI ER.
- On voit des* grilles telles que ( Planche VII, Fig 8,) où les faces des barres montantes telles que CC , font parallèles à la face du fommier d’en bas A A : alors on perce les traverfes fur une desbaces des barres , comme NI ( Planche VII, Fig.^^'j on fait suffi des faces des tenons parallèles aux •faces des barres on perce les traverfes E F fur le plat, de façon que les faces des trous /oient parallèles aux côtes de la barre M ( Fig. 9 ).
- D’autres fois on trouve quelque chofe de plus agréable de préfenter en devant l’angle des barreaux montants; alors on fait enforte que la diagonale des barreaux montants CC ( Fig. 12 ) , tombe perpendiculairement fur laface du fommier A A; pour cela en dirige la face la plus large du tenon d’un angle à l’autre des barreaux montants, de façon que cette face loit parallèle à la face du fommier , Sc en ce cas on perce les trous des traverfes , ou fur l’angle des barreaux qui doivent faire ces traverfes comme N (Fig. ïo') , ou plus communément pour ménager la force du fer, on perce les trous fur le plat des fommiers L ( Fig. 19 ).
- Suivant qu’on veut rendre les grilles plus ou moins folides, ou l’on ne met qu’une traverfe Fig. 12 ,, ou on en met deux Fig, 7, ou même un plus grand nombre.
- Si nous avons fuppofé qu’on affembloit les barres montantes C, dans les fommiers AA (Fig. 12 ), à tenons & mortaifes,c’eft pour expliquer comment on fait cette /brte d’affemblage ; car pour l’ordinaire on fait des trous ronds dans les fommiers qu’on perce à chaud avec un poinçon , & l’on termine les barres montantes par des lardons ronds qu’on rapporte ou qui fe font comme les mortaifes avec une e/pece de clouyere O ( Planche VII, Fig. 22).
- I Quand les ri vu res font bien faites, cet affemblage eft très-bon, Sc ilexigfc beaucoup moins de travail Sc de précifion que les tenons & mortaifes qu’on ne peut cependant fe dilpenfer de faire pour les bâtis des portes Sc panneaux, comme nous le dirons dans la fuite.
- Quand on emploie du fer doux, on peut faire les grilles comme nous venons de le dire ; mais comme les fers aigres font moins chers que les doux ^ on a coutume de les employer pour ces fortes d’ouvrages qui conformaient beaucoup de fer, Sc qui n’exigent point des opérations délicates Sc précifes : cependant fi l’on n’employoit que du fer aigre, on auroit peine à percer les traverfes 5 ainfi les traverfes & les fommiers fe font en fer doux. Il feroit aufti difficile de faire les tenons avec du fer aigre ; c’eft pourquoi les Serruriers 'fendent le bout des barres de fer aigre ,V( Planche VilI Fig. 14), Scj rapportent un bout b de fer'doux; quand ce bout eft bien foudé avec la barre, elle-eft terminée par du fer doux avec lequel on peut faire les tenons quarrés ou les lardons ronds , comme nous l’avons expliqué , Sc cet ouvrage eft prefque aufti bon que s’il étoit entièrement dçfer doux avec des tenons.
- On s’attache fur-tout à faire régulièrement les tenons & les mortaifes des
- p.70 - vue 77/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- tartes principales NE ,1F, LG , HO, entre lefquelles font les bar^ reaux montants a ( Planche VIII, Fig. ï ) , & en rapportant le lardon de fer doux , on ménage un petit renflement dans les angles pour donner plus de folidité à l'affembiage. Ces renflements qu'on voit aux angles L G ( Fig. r ) &c , font des efpeces de gôuflets qui fortifient ces parties ; Sc comme on les fait avec du fer doux , on a, aux extrémités des fommiers , de l’étoffe pour y former de bons tenons. Il eft fur-tout eflentiel d'apporter ces attentions aux bâtis des portes & aux pièces voifines des endroits oil les portes font pendues , 8c aufli aux montants qui font continuellement ébranlés par le battement des portes.
- Pour monter les grilles femblables à la Figüre 12 , Planche VII, on commence par paffer les barres montantes dans les trous des traverfes ; enfuite on met leurs tenons dans les mortaifes des fommiers, \8c ayant tout établi bien quarrément, on rive les barreaux fur les fommiers, comme nous l'avons dit en parlant des grilles à hauteur d'appui.
- S’il s'agit d'une porte, les fommiers du haut & du bas , ainfî que les travers fes, font rivés fur un fort barreau Fl ( Planche VIII, Fig. I ) , lequel fe ter^ mine en bas par un pivot femblable à I ou i ( Planche VII , Fig. 6 } , qui eft reçu dans une crapaudine ; & par le haut il eft embraffe par un collet K ; 8c le dernier barreau L G ( Planche VIII, Fig. r ) , eft rivé fur le form-mier d'en bas IL, 8c fur celui d’en haut G, pendant que les traverfes femblables à È B ( Planche VII, Fig. 12 ) , quand il y en a, font rivées par un de leurs bouts fur le montant F I\Planche VIII, Fig. 1 ) 8c par l'autre fut celui LG ,( même figure '), ce qui forme un chaflîs’ dans lequel font les barreaux montants cc c ( Planche VII, Fig. 12).
- S'il eft queftion d'une grille qui ferme une percée faite au mur d'un Parc, comme la Figure 7, Planche VII, peut le repréfenter , le fommiet d'en bas A A eft encaftré de toute fon épaiffeur dans des tablettes de pierre de taille fur lefquelles la grille repofe ; les bouts de ce fommier , ainfi que l'extrémité'de toutes les traverfes, fe terminent par un fcellement comme E^ 8c elles font fcellées dans les jambages de pierre dé taille qui bordent la percée..
- Souvent aux grilles à hauteur d'appui ( Planche VIII, Fig. ï ), le fotm mier d'en bas n'eft point encaftré dans la tablette, mais il y eft attaché dé diftance en diftance par des crampons N ou O qui fouvent enfilent une boule comme on le voit en M.
- Quand les grilles ont une certaine longueur, on les fortifie par dès arc* boutants { Planche VIII, Fig. 2 & 3 ). On en met fur-tout aux barreaux qui reçoivent le battement ou qui fupportent les portes comme E N O H ( PL VIII, Fig. x) i & les uns comme Q Fig. 2 , font arrêtés au barreau montant par un collet, & fcellés par en bas dans un dé de pierre vd’autres Fig. 3, font
- p.71 - vue 78/398
-
-
-
- t
- 7s ART• DU SERRURIER:
- joints au barreau par un lien S, & font liés par en bas au moyen d'un autre lien T au fommier T Ÿ9 lequel eft fcellé dans la pierre par un crampon X, & le fommier XTY embrafle le barreau montant par un enfourchement qui *efi e n Y.
- Au-deflus de la derniere traverfe E (Planche VII, Fig.j'), on termine les barres montantes en pointe ou toutes droites D, ou en flammes ondoyantes comme F ; quand on ne veut point interrompre cet ornement au-deflus des portes, on rapporte ces pointes fur une barre qui forme le delfus.de la baie de la porte. x
- Nous avons dit que les portes rouloient par en bas fur un pivot dans une crapaudine i ( Planche VII, Fig. 6 ) , & que par le haut elles étoient retenues par un collet qui fait l'effet d'une bourdonniere. Ce collet fe fait de différentes façons, c'eft ce qui nous relie à expliquer ; les plus folides font faits par un morceau de fer courbé en anneau A ( Planche VIII, Fig. 4 ) ; les deux bouts de ce morceau de fer fe réuniiTent pour faire un fort tenon B qui entre dans une mortaife qu'on fait au barreau C ; ce tenon eft rivé en B & goupillé en D ; cela eft plus foiide que la Ample bride K (Fig. 1. )
- Quand on Icelle des,grilles dans fembralure des croifées , on n'appointit pas le bout D des barres ( Planche VII, Fig. 7) ; on les fait entrer dans des trous qu’on fait à la plate-bande du haut, & on fcelle dans les jambages les bouts E B des traverfes & le bout A du fommier d'en bas.
- Quelquefois pour jouir de l'appui des croifées, & pouvoir appercevoir ce qui fe pafle au-deilbus des croifées, on plie les barreaux montants G //, en EF (Figs8)y de forte que la partie d’en haut des barreaux montants eft dans l'embrafure des croifées, pendant que la partie baffe depuis iqufqu'à H fait faillie en dehors, ce qui oblige de couder le bout du fommier A, ainfi que l'extrémité de la traverfe E, afin de regagner le dedans du tableau où Ton doit les fceller ; c’efl pourquoi on termine toutes ces parties par un fcellement; enfin on fcelle le haut des barreaux montants dans les pierres de la plate-bande du haut de la croifee , ou bien on les termine en pointe comme D ( Fig. 7 ), ou encore on replie les pointes en dedans vers lacroifée comme KG (Fig. ) 8» Les grilles des Parloirs des Religieufes font faites de deux façons : les unes le font avec des barres parfaitement équarries , & on aflemble les traverfes aVec les montants en entaillant les unes & les autres, aux endroits ou elles fe croifent, de la moitié de leur épaifleur, de forte qu'elles s'arrafènt en dehors & en dedans. On perfectionne les entailles à la lime , on joint les montants avec les traverfes aux endroits où ils fe croifent, au moyen des goupilles arrafées , & quand cet ouvrage eft bien exécuté , on n'apperçoit point les joints.
- D’autres grilles de Religieufes font faites avec des barres rondes, tant pouf les montants que pour les traverfes j elles fe font précifément comme les
- grilles
- p.72 - vue 79/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 73
- grilles dont nous avons parlé d’abord , excepté qu’on perce les tfaverfes e ( Planche VIIy Fig. 16 ), avec un poinçon rond, St on fait de petits nœuds bien arrondis.
- On fait encore des grilles qu’on nomme entrelacées , Fig. i<5, parce que tantôt les montants paffent au travers des traverfes , St à d’autres endroits les traverfes paffent au travers des montants y mais ce ne font pas des ouvrages ordinaires , ces grilles font plus difficiles à faire que les autres fans être meilleures. On leur attribue cependant un avantage, mais qui eftbien peu confî-dérable : ondit que G un montant de grille de Fenêtre ou de foupirail de Cave étoit alfemblê à tenons en haut St en bas, ce qui fait le plus folide ouvrage des grilles communes, on pourroit tirer un barreau de place lorf-qu’on auroit coupé les tenons du haut & du bas, au lieu qu’après avoir coupé près des deux bouts un montant des grilles entrelacéesl’entrelacement em-pêcheroit qu’on ne tirât le barreau,
- D’abord nous ferons remarquer que dans les grilles ordinaires, fappui empêche qu’on ne tire les barres ou montants, St qu’on les dégage des traverfes, lorfqu’il y en a. D’ailleurs , cela ne feroit favorable à cette difpofition des montants que quand on auroit befoin de les ôter en entier, & les voleurs trou-veroient affez de paflàge au travers d’une grille entrelacée , après avoir ôte la partie d’un montant qui ne reçoit point de trayerfe ; c’eft ce que l’on comprendra aifément en examinant la Figure 16 % Planche VII > où à la partie cc^ddy ce font les traverfes qui paifent dans les montants , & à la partie TTVVy ce font les montants qui pafTent dans les traverfes $ St avec un peu de réflexion, on concevra comment s’aflemblent ces fortes de grilles, c’eft à quoi fe réduit tout ce quelles ont de particulier. -
- Jouffe qui s’eft attaché dans fon Livre à ne rapporter que ce qui lui pa-roiflbit de plus difficile dans fon Art, a repréfenté deux de ces fortes de grilles : dans un quarré qui eft au milieu de la première, il y a ajuftë la figure d’un Nom de Jefus qui eft foudé à une des traverfes ; mais c’eft un ornement indépendant du travail propre à cette grille, qui au refte eft la même qu’on a "repréfentée Fig,. 16, St femblable à une que j’ai vue St démontée à Breft.
- . 1 r
- L^autre grille que Jouffe a repréfentée,a cinq quarrés garnis de fleurons, & a bien plus d’entrelacements que la première , les montants y font plus lacés avec les traverfes ; mais pour faire ces entrelacements, il faut brifer des mon-; tants St les fouder enfuite ; or quand on voudra profiter de cet expédient 8c employer le temps néceffaire pour l’exécuter, on entrelacera, tant qu’on voudra, les montants avec les traverfes.
- Nous allons maintenant traiter des grilles qui font faites de fers contournés St roulés, St qui pour cette raifon fortent de la fimplicité de celles dont nous Venons de parler.
- ‘ Serrurier, X
- p.73 - vue 80/398
-
-
-
- A RT DU S ER R UR 1ER.
- Article I IL
- TA
- Des Grilles ornées par les feuls contours du fer , SC des differentes maniérés de rouler le fer ou d'en former des volutes que les Serruriers nomment des Rouleaux ; avec les différentes façons de les af fembler.
- Dans les ouvrages de fer où Ton veut fortir de lafimplicitë des barres droites donc nous avons parlé dans l’Article précédent, comme fondes grilles qui fervent à la décoration des Eglifes & des autres grands édifices , les balcons des maifons particulières, la plupart des rampes des efcaliers un peu confidérabies , tous ces ouvrages font plus compofés que ceux dont mous avons parlé ; ils exigent plus d’adrefîe, & ils ne pourroient être exécutés fans des précautions & des induflries particulières qui méritent d’être décrites.
- Comme il ne s’agit point encore d’ouvrages très-riches , la plupart des ornements dont nous nous propofons de parler , 8c qui effectivement font très-agréables , fe réduifent à des contours qu’on donne aux barres de fer, qu’on fçait varier d’une infinité de maniérés ; mais dans ces contours on emploie très-fréquemment les volutes : on les appelle dans la Serrurerie du Fer roulé, & on nomme un rouleau une barre de fer contournée en volute /telle que A & B ( Planche Vif Fig. 26 ) : on voit que le panneau de Serrurerie Fig. 14, reçoit fon principal ornement de quatre rouleaux AB CD, les parties E F étant du fer droit.
- Ces parties ae Serrurerie font faites tantôt de fer en barre qui eft communément du carrilion, & tantôt du fer en lame qui a été applati par les cylindres des applatiflèries qui donnent à ces lames une forme bien régulier e , fur-tout quand elles ont paffé plufieurs fois entre les rouleaux. Quand les Serruriers ont befoin pour certaines parties de fer d’un échantillon qui ne fe trouve point dans les magafins, ils les étirent 8c les appla-tiffent eux-mêmes dans leurs forges avec leurs marteaux; mais fi ce travail étoit beaucoup répété, il augmenteroit confidérablement le prix de l’ouvrage.
- Affez fouvent il entre dans une même grille ou dans un même balcon du fer quarré ou du carrilion, & du fer applati ou en lame. Ledeffein exige quel’» quefois qu’on emploie de l’un 8c de l’autre fer, 8c les parties qui font en fer applati exigent bien moins de travail que celles qui font en fer quarré; mais comme elles ont moins de force, on a l’attention de mettre du fer quarré aux endroits qui courent plus de rifque d’être rompus. D’ailleurs les ouvrages qui font faits enfer quarré ont toujours l’air plus mâle & plus fatisfai-fant à la vue que ceux qui font faits avec du fer en lame.
- Le Serrurier commence par tranfporter le deffein qu’il a imaginé ou qui
- 'X
- p.74 - vue 81/398
-
-
-
- h'
- ART DU SERRURIER.
- lui a été fourni par l’Architecte fur une grande table de la même grandeur que l’ouvrage doit être, afin de s’épargner la peine de faire des réductions * & principalement pour qu’il puiffe préfenter fur ie deffein les pièces à me-fure qu’il les travaille pour s’aflurer s’il les exécute régulièrement; au relie ce delfein confifte dans un fîmple trait, les ombres feroient inutiles.
- Si la grille devoit être plate & formée d’une répétition de panneaux fem-blables, tels par exemple que celui Fig. 14 Planche VII , ou des Figures 5 & 6 Planche VIII, il fuffiroit d’avoir un delfein de ce panneau ou d’une partie pour faire tout le relie.
- Mais comme ordinairement on fépare les panneaux femblables par d’autres qui forment des elpeces de pilaftres, à peu près femblables aux Figures 8, 9 , 10 & 11, Planche VIII , il faut avoir deux patrons, un pour les panneaux > l’autre pour les pilaftres*
- Lorfque les grilles forment un rampant, comme aux efcaliers, il faut que le patron fuive le rampant Fig* 7 , Planche IX, au droit des quartiers tournants Planche IX, Fig. 8 ; il faut que le delfein foit fait fur une furface convexe qui fuive les contours du limon, parce que dans tous ces cas il faut que la difpofition des enroulements change beaucoup* C’eft là où l’on recon-noît lés Serruriers qui ont du goût. Car il faut que ces parties foient conformes au delfein courant, quoiqu’on foit obligé de beaucoup changer le contour de toutes les parties, qui le forment, & il y a quelque difficulté à y parvenir fans eftropier le delfein. Les habiles Ouvriers parviennent cependant à varier toutes les parties de leur ouvrage fans que rien paroilfe rompu. Nous rapporterons dans un inftant comment ils s’y prennent pour fe tirer de ce petit embarras. Il faut encore que le patron fuive le bombement d’un balcon , fuppofé que ce balcon fût bombé ; mais on doit fur-tout avoir foin que tous les montants s’élèvent perpendiculairement, fans quoi la grille feroit diffor* me quand on viendroit à la mettre en place. Par exemple, il faut que dans la rampe Fig. 7 , Planche IX, les fommiers CCSc B B foient bien parallèles aux limons de l’elcalier, & que les montants B C le trouvent bien à plomb, quand la grille fera en place; les entre-toifes horizontales F ( Fig. 7) , doivent être parallèles aux fommiers, & les verticales G G doivent fe trouver à plomb ou parallèles aux montants B C; fans ces attentions l’ouvrage n’auroit rien de fatisfaifànt, il choqueroit immanquablement tous ceux qui auroient le coup d’œil un peu jufte*
- Comme les Serruriers font alfervis à fuivre les contours que les Charpentiers ont donnés aux limons, ils relevent ces contours avec du fer en lamé paré, mince & bien recuit, qu’ils appliquent exactement fur le limon; & c’efl fur le contour de cette barre qu’on divife les panneaux 8c les pilaftres , comme nous l’expliquerons dans un inftant.
- A mefure qu’on a contourné les pièces, on les préfente fur le patron , 8c
- ï
- p.75 - vue 82/398
-
-
-
- V6 ART DU SERRURIER.
- °n les re&ifie quand on s’apperçoit qu elles n en fuivent pas exactement les contours.
- - Comme dans toutes les.grilles Sc les balcons, il y a toujours plufieurs .pie-ces de fer qui font roulées de la même façon , le Serrurier commence par préparer une efpece de moule fur lequel il courbe les pièces qui doivent être femblables. Ce moule qu’on appelle un faux Rouleau éft un barreau Planche Vil y Fig. 2 y > ou Fig.io Planche IX , auquel on fait prendre le contour cu’on veut donner à un nombre de pièces femblables; mais afin que les faux rouleaux t t ( Planche VI/, Fig. 2y),ou O PQ [Planche IXyFig. io) .} eonfervent leur figure , on les rive quelquefois en plufieurs endroits fur une forte barre plate s s, & cette barre fert à les feifir dans l’étau, comme on le voit Fig. 4 Planche VII, .dam la Vignette.
- D’autres fois le faux rouleau efl: terminé par un crampon qui entre dans le trou qu’on fait fur l’enclume pour recevoir une fourchette ou une tranche.
- Xorfqu’on travaille de gros fer, on attache quelquefois le feux rouleau fur un gros billot de bois i mais dans l’un ou l’autre cas il faut toujours que le faux rouleau.foit horizontal; il feroit difficile d’en faire ufege fi on lui don-n oit une autre pofition.
- Quand on veut rouler un barreau, on lui donne une bonnechaude, on recourbe dans l’étau avec le marteau , celle de fes extrémités qui doit faire le centre ou la naiflance de la volute, en un mot on forme avec le marteau les plus petites révolutions de la volute ah c de ( Planche VII, Fig. 27 d’abord comme a ,enfuite comme h ; on engage enfuite l’extrémité de la plus petite révolution du faux rouleau dans l’angle que forme le petit commence-ment de la volute, puis on tourne peu à peu le barreau d e [Fig. 27), comme fait l’Ouvrier Fig. 4 Planche VII, dans la Vignette , fur les révolutions de ce faux rouleau, & on le force à s’y appliquer exactement par les griffes u xy £ & ( Fig. 28, Planche Vil ) ; fi le barreau s’élève trop, on le force à s’abaiffer dans le faux rouleau avec le tourne-à-gauche x ou.ç; s’ilfe gauchit , on le redreffe avec le tourne-à-gauche ou les fourchettes £ ou &.
- Comme il faut que le fer foit flexible, on le met de temps en temps au feu ; mais à chaque chaude , avant que de le remettre dans le feux rouleau , quelques-uns .trempent dans de l’eau la partie qui a été roulée pour quelle ne fe déforme pas. Cette pratique n’efl: cependant pas bcmne, l’eau fait ouvrir le fer & le déforme ; d’ailleurs fi le fer étoit acérain, il fe tremperoit, & on ne pourroit plus le forer ni le limer ; & fens le tremper dans l’eau , on parvient à faire fuivre l’enroulement au fer qu’on travaille. On conduit donc fucceflî-vement la barre fur chaque tour du faux rouleau , jufqu’à ce qu’elle les ait enveloppés tous , ^qu’elle ait été appliquée exactement fur chacun d’eux. Nous avons déjà dit que pour faire entrer la barre dans le faux rouleau, pour faire quelle s’applique exactement fur tous fes contours , & qu’elle ne v ^ l’excéde
- p.76 - vue 83/398
-
-
-
- ART DU S ER RU R 1ER. jy
- f excède point par en haut, on fe fert de differents outils qui étant affez longs fourniiTent au Forgeron un levier qui augmente beaucoup fa force; au refte il y en a de differente forme, mais en générai ce font des efpeces de crochets qui peuvent embraffer en même temps la barre & le faux rouleau Figt 28 , PL VII; au bout des barres uy Sc & , il y a deux dents*
- Quelques-uns de ces outils qu’on nomme Tourne-à-gauche, ont leurs 'deux bouts recourbés & ramenés parallèlement au corps de foutil dans -une longueur de deux ou trois pouces, comme on le voit Fig. 28 , aux deux bouts , du barreau , Sc à un des bouts des barreaux u y ^ ; ils fervent , comme nous l’avons dit, pour dégauchir la barre. Les autres ne font, comme on le voit Fig. 28 , recourbés de la forte qu’à un de leurs bouts ; leur autre bout eft recourbé à angle droit ; & à quelque diftance du coude , on a foudé une piece de fer qui égale la partie recourbée , Sc qui lui eft parallèle , formant toutes les deux enfembie deux dents qui ont fait donner à ces outils le nom de Griffe. Une dent porte fur le faux rouleau , l’autre fur la barre , Sc leur ufagè eft d’obliger la barre à s’appliquer fur les révolutions du faux rouleau ; d’autres , comme ont un de leurs bouts fourchu , Sc leur ufage eft de re-dreffer le fer quand il prend un faux contour, Sc quand une de fes faces ne s’applique pas fur le faux rouleau. Enfin il y en a de femblables à &; & fuivant lagroffeur des fers qu’on travaille , on le fért de griffes plus ou moins fortes de plus ou moins longues.
- On voit aux extrémités des barres Figure 27 , Planche VII, des rouleaux plus ou moins avancés , Sc ceux Fig. 26, font finis. On voit encore Figure 10 , Planche IX, un faux rouleau d’une autre forme ; car il faut en avoir de bien des formes différentes fuivant les differents contours qu’on veut faire prendre aux rouleaux, quelques-uns de ces contours font re-préfentés en STV ( Planche IX, Fig. 1 r ). On forme les arcades des Figures y & 6 Planche VIII, fur une efpece de faux rouleau, ou plutôt fur un mandrin Figure 24 , Planche VII ; il porte à fa partie convexe une petite cheville qui doit entrer dans un trou qu’on a fait au milieu de la barre qu’on veut tourner en arcade ; on laifit la branche r dans un fort étau ; & fur la partie convexe/0, on contourne les barres qui doivent faire les arcades t ou f des Figures 5 & 6 , Planche VIII
- Quand les Serruriers n’ont pas befoin d’un grand nombre d’enroulements de même forme Sc de même grandeur, ils lavent fe paffer de faux rouleaux : plufieurs même ne s’en fervent jamais*
- Pour cela ils mettent dans l’étau, ou encore mieux dans un trou qu’on a pratiqué fur la table de l’enclume une fourchette A ( Planche VIII, Fig. iy) à peu près femblable à l’extrémité fourchue £ & de là Fig. 28 , Planche VII; ils engagent dans cette fourchette le barreau qu’ils veulent rouler ; Sc aii moyen d’une griffe à dents a h ( Planche VIII9 Fig-, iy ) ils obligent lë Serrurier. V
- p.77 - vue 84/398
-
-
-
- \
- \
- 78 ART DU S E R R'U RI ER:
- fer defe rouler. Cette méthode exige plus d’adrefle que le faux rouleau ; mais il y a d’habiles Ouvriers qui contournent ainfi leur fer avec une régularité furprenante. Il y a même quelques circonflances où on ne peut fe fervir ni de faux rouleaux, ni de griffe , & où l’on efl: obligé de rouler le fer avec le marteau en frappant à peu près comme fi l’on vouloit le refouler.
- Très-fouvent les rouleaux terminent des barres droites, comme on voit les rouleaux AB C D aboutir aux parties droites E F (Planche VII, Fig* xq ) ; la même chofe fe voit aufli au bas des Figures 5 & 6, Planche VIII: On ne foude pas les rouleaux au bout des parties droites en E ou en F ( Planche VII, Fig. 14) ; les foudures fefont en K : il faut donc faire des retours d’équerre en E & en F: pour que ces angles foient bien formés , il efl; nécefTaire de ménager de l’étoffe en ces endroits. Si l’on travaille fur du fer quarré, on peut en refouler le fer pour le rendre plus gros aux endroits on l’on doit former les angles ; mais fi l’on travaille fur du fer plat, on * ne peut pas fe difpenfer d’y fouder un morceau de fer doux. Ce que nous venons de dire àToccafîon de la Figure 14, Planche VII, a fon application aux Figures y & 6 , Planche VIII.
- Pour donner plus de grâce aux rouleaux , on a coutume de diminuer un peu fépaiffeur du fer à mefure qu’il approche des petites révolutions des vo~ lûtes ; & fi ces premières révolutions font faillantes & très-rapproehées les unes contre les autres , elles font une maffe comme à la Figure 7, Planche VII ; on é vide cet endroit avec le burin & la lime , & on fait la rainure de la volute aux dépens du fer , ce qui augmente confidérablement le travail.
- Quelquefois il part d’une même volute, deux branches qu’on roule dans des fens différents, comme on voit dans la Figure 7 , Planche VIII, les deux branches adcSccb de la volute d : en ce cas on foude deux barreaux AB ( Fig. iü ) , en C ; la partie D fait le rouleau c (Fig. 7 ) ; la partie A fe contourne comme a, & la partie B comme b ; de cette façon un habile Ouvrier peut faire toutes les poftes comprifes depuis d jufqu’en Fig. 7 ), d’un feul morceau , fans être obligé d’employer ni liens ni rivures ; mais par cette méthode le fer n’efl: point évidé jufqu’au fond de la volute, Sc l’ouvrage devien-droit bien plus confidérable fi on vouloit l’évider au cifeau. Pour que la volute foit évidee à la forge comme A ( Fig. 16), on forme deux talons qu’on foude à plat,comme on le voit en B (Fig. 17) ; la partie a de la Figure 16 efl faite du barreau a ( Fig. 17 ) ; la volute b ( Fig. 16 ), efl: faite de la partie b ( Fig. 17 ),
- & elle efl formée au marteau ; enfin la partie c {Fig. 16 ) efl: faite de la partie c (Fig. 17); pour joindre la partie e f g*,avec la partie abc,on fait une foudure en d.
- Quelquefois il part trois rouleaux d’un même endroit, comme on le voit en A ( Fig. 20 ) ; pour cela on forme trois talons aux barres a b c (Fig. iÿ) ; le talon de a efl foude avec le talon de b, & ces deux talons avec celui c ; le rouleau a (Fig. 20) efl formé par la barre a (Fig. 19) ; le rouleau^ (Fig.zo'),
- (
- p.78 - vue 85/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- par la barre b ( Fig. 19 ), & le rouleau c ( Fig. 20,) par la barre c ( Fig. 19.) Mais il faut être bon forgeron pour faire ces fortes d'ornements,
- Quand les pièces, foit droites, foit roulées, dont les grilles doivent être faites , font forgées, on fonge à les affembler ou à les réunir de façon qu’elle5 faffent un tout pareil au delfein que la grille doit avoir.
- Ces afTemblages fe font de quatre maniérés : ou par des foudures, ou à te*î nons & mortaifes , ou avec des rivures ou par des liens.
- Les parties E F du panneau Fig. 14 , Planche VII , font foudées en K ; ainfi les deux enroulements A B avec i’entretoife qui les lie F E, forment un membre d’ornement qu’il faut réunir avec l’autre qui eft pareil & préparé pour remplir le panneau.
- Les montants GG ( Planche VII, Fig. 14)? & ( Planche VIII, Fig. 8 & 9 ), s’aifemblent à tenons & mortaifes, comme nous l’avons expliqué en parlant des grilles fimples.
- Pour faire les aifemblages à rivure, on perce les deux pièces dans les endroits où elles doivent fe toucher, comme en / ( Planche VII, Fig. 14)* & on fait entrer dans ces deux trous uné goupille de fer doux qu’on rive par les deux bouts ; c’eft ce qu'on nommé une Rivure»
- La quatrième maniéré d’aifembler efl: par des liens quiembraifent les deux pièces qu’on veut réunir ; entre ces liens, il y en a de Amples H ( Planche
- VII, Fig. 14 ), & d’autres qui font ornés dé moulures N Ç Planche VIII, Fig. 6 & 9 ), ou N ( Planche /X, Fig. 7 # 9 ) : ces derniers contribuent à la décoration de l’ouvrage.
- A l’égard des aifemblages à tenons Sc mortaifes, nous nWons rien à ajouter à Ce que nous en avons dit à l’occafîon des grilles les plus fimples 5 nous y renvoyons donc entièrement.
- Nous ferons remarquer feulement que les baluflrades Figurés J & 6, PF
- VIII, font aifemblées avec des rivures en 13c znf, à tenons & mortaifes en u u , par des liens fimples en H, & par des liens ornés en N.
- Pour ce qui efl de l’aiTemblage à rivure, comme la principale opération confifte à percer les trous aux endroits où doivent entrer les goupilles, nous n’en parlerons pas non plus, parce que nous avons fàtisfait à tout ce qu’on peut defirer à l’endroit où nous avons expliqué les différentes maniérés dé percer le fer à froid & à chaud. Il nous fuffira de faire ici les trois réflexions fuivantes. i°, En général pour qu’une rivure tienne bien, il faut, quand on â mis fà goupille dans le trou , donner au fer qui l’embraffe quatre coups de langue de carpe, pour ferrer le trou contre la goupille , enfuite on forme la rivure.
- 2.0. Quand la rivure fe trouve dans certains endroits d*un rouleau, comme vers les premières révolutions, la goupille ne peut être frappée immédiate^ ment par le marteau ; alors pour fe procurer un point d’appui affez folide
- p.79 - vue 86/398
-
-
-
- j8o £>£/ SERRURIER,
- pour que le bout de la rivure où le marteau ne peut atteindre fe rebroüfïe, ^on pafle un morceau de fer coudé qu'on-appelle un P oinçon coude ^ Figure 21 Aj Planche *VIII, Je façon qu'il recouvre le-trou quieft dans-la révolution du rouleau., afin que le bout de la rivure fur lequel on ne peut frapper rencontrant le morceau de fer , fe rive ; & on achevé de perfectionner cette rivure en frappant fur le poinçon coudé , pour qu'ibagiffe fur le bout delà rivure. Quand il efl: poflible d'entrer la rivure par l'endroit où le marteau ne peut atteindre , on commence par faire une petite tête à la goupille Figure 21 B, Planche VIII. Il faut toujours que les goupilles foient de fer doux.
- £°. Quand deux pièces ne fe touchent pas exactement, ondes joint quelquefois par une rivure qui porte à fon milieu une graine ou bouile A (.PL
- VUE Fig. 6 <5 9..)
- 4°. On fait encore des rivures qu'on nomme Prifonniers. Pour'cela on fait dans une barre de fer ou une plate-bande un trou qui ne perce que de deux lignes, & on efîàie que ce trou foit un peu plus large au fond qu a fon entrée, ce qui fe peut faire en balançant un peu le haut du foret ; mais de plus on rétrécit l'entrée du-trou avec la langue de carpe ; on met dedans un lardon au bout duquel on a fait une petite tête Fig. 21 B, Planche VILL Quelques coups de marteau fur le bout de ce lardon , & quelques coups de langue de carpe auprès, fuffifent pour le river affez dans le trou, pour qu'il n'en puiffe fortir , & les coups de marteau qu'on donne enfuite fur l'autre bout pour le river, ne peuvent qu'augmenter l'adhérence du lardon.
- A l'égard des liens les plus fimples qui ne peuvent fervir que dans les endroits où les pièces fe touchent comme H ( Planche VII, Eig* 14.) > ils tiennent lieu' des rivures, & ne leur font pas beaucoup préférables. Ils font formés par une piece k, qui porte deux petits tenons traverfant une petite piece quarrée qui les lie , & fur laquelle on les rive; mais il y a des pièces qu'on lie enfemble quoiqu'elles ne fe touchent pas, les ouvrages ornés' de rouleaux en donnent fréquemment des exemples. On en voit un en JW ( Planche VIII, Fig. J ? 6 & 9 ) ; la piece qui embraffe (Staffujettk les deux pièces un peu éloignées l'une de l'autre, eftappellée un lien ^ & maintenant prefque toujours un lien à cordon à caufe des moulures dont ils font décorés. On apprendra dans l’article où il s'agira d'étamper les ornements', comment on forme les moulures fur ces fortes de liens, aa ( Planche IX, Fig% 12 ) efl: un morceau de fer étampé , & propre à faire un lien à cordon \h ^ efl: un cifeau propre à couper le cordon ; c, un morceau de fer coupé pour faire un lien à cordon ;il eft vu du côté de la moulure : c2, le même morceau vu du côté plat ; c 3, la piece qui avec la piece cx, fait le lien entier femblable à r 4, Pour faire le corps du lien c3, qui embraffe les pièces qui doivent être liées, on y ajoute une fécondé piece qui fait le quatrième , & un des longs côtés du reélangle ; celle-ci efl: appellée la bride du lien : elle s'a (Tenable avec le
- p.80 - vue 87/398
-
-
-
- (ART DU SERRURIER. %i
- corps du lien par les pieds à rivure du lien ou de petits tenons.
- Dans les ouvrages propres, le lien dont nous venons de parler , eft une elpece de boîte c$ fermée par deffus& par delïous , PL IX, Fig.12.. On n'y voit point de vuide, il femble entièrement mafîif, parce qu'on ferme le deffus & quelquefois le deflous du lien avec deux pièces minces c6 , qu'on appelle les couvertures du lien : les uns les affemblent avec le cordon par des entailles & des tenons à queue d'aronde; les autres attachent deux petits étoquiaux près de chaque bout de la couverture qu'ils arrêtent par de petites rivures qui paiïent au travers du cordon & dans les étoquiaux* -
- Les mâchoires des étaux ordinaires ne feroient pas commodes pour tenir les liens pendant qu'on les rive ; on les met dans une elpece de tenaille qu’on nomme Mordache Nz ( Planche IX, Fig. 13),& on ferre les mordaches dans l'étau ordinaire. Ces mordaches font formées de deux branches qui font jointes, comme les forces, par un relfort qui tend à les écarter, & par con-féquent à ouvrir la mordache ; leurs deuxfoouts font coupés quarrément, mais entaillés de façon qu'il refte intérieurement à chaque branche une partie plate & faillante ; ces deux parties {aillantes font une elpece de petite table ou enclume fur laquelle porte la pièce qu'on veut river ; c’eft un point d'appui qui l'empêche de defoendre.
- Souvent deux rouleaux ne font tenus enfemble que par une barre droite, affemblés par chaque bout avec l'un d'eux à tenons & mortaifes : ces pièces F ( Planche IX, Fig. 7 & 9 ) , fe nomment des Entre-toifes, terme que la Serrurerie a emprunté de la Charpenterie & de la Menuiferie qui les emploient en quelques circonftances à peu près pareilles.
- Il manqueroit à la partie de l'Art du Serrurier qui regarde les grilles un ar-ticle bien important,ii nous négligions d'expliquer comment on doit conduis re le travail des rampes d’efcalier, &la façon de les mettre en place. Des Serruriers qui fàuroient faire des grilles d'appui ou des balcons avec du fer droit ou contourné, pourroient bien être embarralfés à faire & à mettre en place des rampes d'efcalier, s’ils ignoroient certaines pratiques qui fourniffent aux Serruriers des moyens de faire fuivre à leur ouvrage les contours qu'exigent les limons tant dans le fens horizontal que dans le vertical. Car nous avons déjà dit en paflànt que les Serruriers font aifervis à fuivre les Contours que les Charpentiers ont donnés aux limons des efoaliers ; quoique les habiles Serruriers parviennent à corriger une partie des défauts qu’ils apperçoivent dans les limons. Mais il faut fuppofer le limon bien conduit : en ce cas ils relèvent avec une bande de fer en lame, parée , mince & bien recuite, les contours des rampes en appliquant ce fer exaélement fur le limon , à quoi leur fervent beaucoup les tourne-à-gauche , & les griffes dont nous avons parlé, fur-tout aux endroits des quartiers tournants. Ce travail fe fait à froid n'ayant communément pour enclume qu'un billot de bois ou un grès; & comme
- Serrurier* X
- p.81 - vue 88/398
-
-
-
- 4Ba MKT DU SERRURIER.
- cette lame eft de plufieurs pièces , on a foin de la couper dans les parties droites à l’approche des quartiers tournants.
- Le Charpentier doit avoir eu-l'attention que la face fupérieure de fon limon ne s'incline ni du côté des marches ni en dehors, afin que la bande de fer plat que pofe le Serrurier, ne s'incline pas non plus ni d'un côté ni d'un autre : fans cette attention, il ne feroitpas poffible de monter la rampe,à moins que le -Serrurier n'eût réparé parfbn induftrie les fautes qu'aurok fait le Charpentier.
- On tranlporte à la Boutique cette bande de fer qui eft de plufieurs morceaux ; mais on fait à ces différents morceaux des marques de rencontre ou des repaires, parce qu'ils doivent s’ajufter les uns avec les autres pour donner les contours du limon,
- C'eft fur les contours de cette lame qu'on divife les panneaux & les pi-laftres, ouïes endroits ou fe doivent trouver les barreaux montants qui ferviront à former le bâti, foit que la rampe étant des plus fimples doive être formée de barreaux montants comme la baluftrade -Fig. ï , Planche VIII9 ou d'arcades comme celles Fig. y & 6 même Planche, ou de panneaux Fig. 7 & p, Planche IX. Ce que nous nommons le bâti de la rampe > doit être formé parle fommier d'en bas ce {Fig. 7), parle fommier d'en haut B B , & de temps en temps, fuivantle deffein , par des barreaux montants c B qui doivent entrerdans le limon , & donner de la folidité à la rampe. Les montants c font terminés à leur bout d’en haut par des tenons qui font reçus dans des mortaifes que l'on fait au fommier d'en haut B : au contraire chaque partie du fommier d'en bas eft terminée par des mortaifes qui embraflent des tenons qu'on pratique aux montants c. Ainfi le fommier d'en bas doit être coupé vis-à-vis chaque montant c ; à l'égard du fommier d'en haut, on peut le couper où l'on voudra, à moins que ce ne foit une rampe à panneaux ; car alors l'empâtement qui joint les différentes pièces du fommier doit tomber fur un des barreaux montants.
- Pour ce qui eft des rampes en arcades femblables à la baluftrade Fig. 6, Planche VIII, qui ne font point interrompues par des barreaux montants c comme la baluftrade Fig. y , ou celle à panneaux Fig. 7 , Planche I X, on attache le fommier d'en bas au limon par de forts gougeons c Fig. 6 , Planche VIII , clavettes dans le limon, on en met de diftance en diftance, & le fommier d'en haut eft retenu par des rivures qui font en D.
- On fait à la boutique fur la lame de fer plat avec laquelle on a pris le contour de la rampe , le fommier d’en bas qui doit être de fer quarré doux , ayant grand foin que ce fommier fuive exactement tous les contours de la lame à laquelle on a fait prendre ceux du limon.
- Comme le fommier d'en haut qui ferc d'appui doit fuivre tous les contours de celui d'en bas,& lui être parallèle dans toutes fes parties, on le contourne fur le fommier d’en bas qui alors fert de patron ; à l'égard de la plate-bande,on
- p.82 - vue 89/398
-
-
-
- ART DÛ SERRURIER. 83
- ïa contournera quand les panneaux feront montés à la boutique.
- On fait que la plate-bande eft une bande de fer plat, ornée de moulures. Nous dirons dans la fuite comment on les fait fur une étampe.
- Il faut que le fommier d’en bas ait une forme régulière ; lors même que le limon a des défauts, l’habile Serrurier lait les corriger.
- Comme on a marqué fur la lame qui fuit les contours du limon , la divi-fion des panneaux & des pilaftres , on coupe le fommier d’en bas vis-à-vis ces marques, & on forme à chaque bout des tenons qui doivent entrer dans des mortaifes qu’on fait aux barreaux montants pour les recevoir.
- Quand il y a des barreaux montants qui s’étendent du fommier d’en bas au fommier d’en haut,comme CB (Planche VIII, Fig. y , & Planche IX, Fig. 7), on fait enforte que les barreaux montants excédent le deflhus du fommier d’en bas de fix pouces comme C, afin qu’ils entrent de cette quantité dans le limon ou on les arrête avec des clavettes , ce qui rend l’ouvrage très-folide.
- • Il faut que les barreaux montants foient bien à plomb ; ainfi on conçoit que pour que les tenons qu’on fait dans le fommier d’en bas qui eil rampant, s’ajuftent exaélement avec les barres qui doivent être à plomb , il faut faire une faufle coupe, on la prend avec une faulfe équerre que les Serruriers nomment Sauterelle, qui fert aufïi à faire régulièrement les tenons qui terminent les pièces du fommier d’en bas, & les mortaifes des barreaux montants qui doivent les recevoir.
- A l’égard des rampes à arcades Fig. 6, Planche VIII , qui n’ont point dè barreaux montants, ainfi que les defieins courants PlancheX yFig. 6 & 7, 011 ne peut fe difpenfer, pour prendre les faufles coupes dont nous venons de parler , d’y mettre des barreaux poftiches F F ( Planche VIII, Fig. 6 ) , qui font ponétués, & qu’on ôte à mefure qu’on met en place les arcades ou les delfeins courants.
- Quand les fommiers d’en haut & d’en bas, ainfi que les barreaux montants font faits , il faut les préfenter fur la place pour s’affurer que tout lê bâti s’ajufte bien ; car la perfe&ion de la rampe dépend beaucoup de l’exactitude qu’on a obfervée dans le bâti ; ainfi après avoir examiné fi lê fommier d’en bas fuit exa&ement les contours du limon, il faut vérifier avec un fil à plomb , fi les barreaux montants font exaélement à plomb , puis placer le fommier d’en haut, & s’aflurer encore s’il eft bien parallèle à celui d’en bas.
- Quand le bâti eft bien régulièrement établi, oh peut compter avoir fait une partie confidérable de l’ouvrage ; car c’eft dans les efpaces compris entre les deux fommiers & deux montants qu’on doit rapporter ou des barres fimples, fi c’eft une rampe femblable à la baluftrade Fig. 1, Planche VIII) ou des arcades, fi la rampe doit être dans le goût des Figures y & 6, ou d’autres ornements comme ceux de la Figure 14, Planche VII , ou de la
- L
- p.83 - vue 90/398
-
-
-
- S* ART BU SERRURIER.
- Fig ure 7 , PlancheIX. Il faut donc , avant que de démonter le'bâti de la rampe pour la reporter à la Boutique , fe mettre en état de le monter dans la Boutique , précifément comme s'il étoit en place ; pour cela on prend l'ouverture es que les barreaux montants font avec les fommiers tant du haut que du bas. On pourroit prendre ces ouvertures avec une fauffe équerre, & les conferver ; m ais les Serruriers s’accommoden t mieux d’un petit infiru-1 ment qu’ils nomment Griffe , Ptanche X, Fig. i : c’eft un petit barreau de fer qui porte.une pointe acérée à chacune de fes extrémités.
- Ils numérotent leurs barreaux i, 2,3, 8cc, Fig. 2 , & la petite griffe fait l’office d’un compas à verge qui ne change point d’ouverture;; pour conferver l’ouverture de l’angle a, ils mettent une pointe de la griffe fur le milieu du barreau montant 1, &Tautre fur leffommier, & avec un pointeau ils font , un petit trou aux endroits ou répondent les pointes de la griffe : pour avoir l’ouverture de l’angle^ , ils tranfportent de même la griffe du .côté b » 8c ils font une marque fur le montant & unie fur le fommier ; ils font les mêmes opérations fur les angles c 8c d, de même fur les quatre angles formés par la. rencontre dm barreau montant n° 2, avec les fommiers du haut 8c du bas , & de même fur tous les autres barreaux : ils démontent enfuite tout leur bâti j ils le portent à . la boutique ; quand -ils ont établi leurs fommiers , & quand ils ont mis chaque barreau à*fa place, ils vérifient s’ils ont cônfervé leur même pofition relativement aux fommiers , en repréfentant la. griffe dans les trous précédemment marqués tant fur les barreaux que fur les fommiers.
- Le bâti étant ainfi exactement établi dans la même pofition où il étoit^ en place fur le limonil s’agit - de tranfporter entre les montants & les fommiers les panneaux qui doivent les remplir , Ce qui feroit bien difficile à qui ne fàuroit pas comment on -s’y prend pour qu’un deffein qui remplit un qua-dre quarré en rempliffe un qui efl: en lofange. Mais toutes les difficultés s’éva-nouiffent quand on connoît la méthode que fuivent les Serruriers. Pour la faire comprendre, je fuppofe qu’on veut tranfporter le panneau a b cd( PL XyFig, 3) qui efl: dans un bâti quarré , dans celui Fig*, qui efl: en lofange; il faut divifer les côtés a b & d c en quatre parties égales , 8c les côtés a d 8c bc en huit parties plus ou moins , 8c tirer par ues points des lignes verticales parallèles au côté bc, 8c des lignes horizontales parallèles au côté a b , enfuite on divife de même la ligne a b de la lofange Fig, 4, en quatre parties, & la ligne bc en huit, on tire par ces points les lignes verticales 8c horizontales qui font marquées furcette Figure 4, qui fe trouve divifée en lofange, au lieu que la Figure 3 l’eft en quarré ; enfuite faifànt répondre toutesles parties du deffein de la Figure 3 , à la lofange de la Figure 4, le deffein fe trouve figuré , comme il le doit être, pour le rampant.
- Les quartiers tournants Fig, 5 , fe tranfportent tout de même fur la convexité d’un tambour qui alamêmecourbureque le quartier tournant : mais
- , pour
- de tous lesangl
- p.84 - vue 91/398
-
-
-
- ART DU $ ERRÜRIER.
- pour divifer en quatre ou en un plus grand nombre de parties la circonférence de la courbe abc, on prend cette circonférence avec une réglé très-mince qu’on plie fur le tambour 5 & l’ayant redreflee, on divile la longueur en quatre parties. Si l’on veut même tranfporter le deflein avec plus d’exaélitude , on multiplie les divifions , afin que les quarrés qu’on forme fur le tambour foient plus petits; car plus on fait les carreaux petits, plus on a de facilité pour tranfporter le delfein du quarré dans la lolànge, & d’une furface plane fur une convexe. Pour tracer fur le tambour les lignes horizontales, on fe fert aufll dé cette même réglé mince qu’on applique exaéiement fur toutes les divifions de la ligne c d3 & de toutes les autres verticales qui lui font parallèles. Les lofàn^ gës étant ainfi tracées fur la circonférence du tambour, on y tranfporte lé deflein de la Figure 3, comme nous l’avons dit en parlant de la Figure 4.
- On travaille alors toutes les parties qui doivent former le panneau,comme nous l’avons expliqué plus haut. On les afiemble à mortailes, ou par des rivures ou avec des liens, & on perce des trous tant dans les fommiers du haut & du bas que dans les montants, pour y afiujettir les ornements des panneaux; enfin on apporte àl’efcalier les panneaux tout montés pour les mettre en place.
- Il fe trouve certains efcaliers où dans les endroits des quartiers tournants les fommiers tant du haut que du bas approchent tellement de la pofition verticale , qu’il ne feroit pas poflible d’y rapporter le deflein en entier ; en ce cas on retranche une partie du deflein,ou on y fubftitue quelques ornements qu’on eflàie, qui s’écartent le moins qu’il eft poflible du goût des autres panneaux.
- Les ornements du panneau Fig. 6 , Planche Xy font prefque entièrement de fer roulé , au lieu que les ornements du panneau Fig. 7 , font pre£ que tout de fer relevé & embouti. Nous allons expliquer la façon de les travailler.
- Article IV*
- Des Ornements jimples quife font à iEtampe ou fur de petits taSè
- Ordinairement le fer roulé occupe la plus grande partie des panneaux des balcons & des grilles ; cependant il refte prefque toujours entre ces pièces de fer roulé d’aflez grands vuides qu’on remplit d’ornements qui repré-fentent diverfes fortes de feuilles, de tiges ou de jets chargés de graines : d’ailleurs les montants &les traverfes qui forment les chaflis des panneaux, font quelquefois décorés de quarts de rond ou de moulures * 8c les plate-bandes qui recouvrent les appuis des balcons, des baluftrades d’appui & des rampes, font toujours,ou prefque toujours, ornés de moulures ; la plupart dé ces ornements feroient très-longs à exécuter avec le burin, le cifeau, la lime ou le rabot ; on les fait très-vite au moyen d’une efpece de moule dont nous avons déjà parlé Chapitre I, qu’on nomme Etampe.Et comme je me fuis plutôt étendu fur la façon de faire les étampes que fur la maniéré d’en faire ufàge , je
- Serrurier. Y
- /
- r
- c
- p.85 - vue 92/398
-
-
-
- M .'ART DU SERRURIER„
- 'rais reprendre ce dernier point & entrer dans des détails fuffifants.
- L’étampe Fig. 14 Planche IX, eft une piece de fer épaiiïe chargée -d’acier oîrfont formées en .creux les moulures ou figures qu’on veut exécuter en relief, & on fait en relief fur l’étampe les moulures qu’on-veut faire en creux far l’ouvrage ; c’eft une elpece de cachet qui imprime fon empreinte for 4e fer chaud 8c attendri par le feu. Nous avons déjà vu faire ufage des étam-~pes à l’occafron des tenons. & des têtes des boulons , & nous avons expliqué damaniere de son fervir.
- Les étampes les plus fimples, dont nous devons pour cette raifon parler •en premier lieu, font celles qui fervent à imprimer des cordons r des quarts de rond, des doucines & d’autres moulures fur des pièces longues & droites. La même étampe fert quelquefois pourrfaire des ornements de différen-:.*tes largeurs , 8c même pour des ornements de différente elpece ; -tout* dépend des moulures ,&des differentes cannelures qui y-font formées*
- Pour fè fervir de l’étampe , on l’affujettit fur la table d’une forte enclu-.me ;< enfuite on pofe fur quelques-unes de fes cannelures la partie de la barre-qu’on veut étamper.., & qu’on vient de faire rougir à la forge ; on frap-,pe deffus à grands coups de marteau Fig. 2 Planche IX , dans la Vignette ; la barre eft forcée d’entrer dans les cannelures de l’étampe , &d’en prendre la figure j en chauffant de même 8c en forgeant fur l’étampe fucceffivemênt toutes les parties d’une barre , on lui donne d’un bout à l’autre le même ornement.
- Pour que les moulures Ibient formées bien régulièrement, il faut que les étampes foient fermement afliijetties fur la table d’une forte enclume. On les y met tantôt en long, Fig, ij , 8c tantôt fuivant la largeur de l’enclume, Fig. 16 ; celles qu’on place en long font moins longues que la table de l’enclume, & cependant elles font beaucoup plus longues que larges* Elles ont à chaque bout un crochet a a ( Fig. 14 ) , & on paffe dans chacun de ces crochets une bride de fer m m ( Fig. 1 y ) ; onpafle le milieu de ces brides dans les crochets a a de l’étampe , on ramene "les deux bouts de chaque bride fous la table de l’enclume ; & comme elles font percées à leur extrémité , on retient les deux bouts enfemble par un boulon g qui paife dans les deux trous n n , & qui eft lui-même arrêté par une clavette h.
- Les étampes qui fe mettent en travers de Kenelume Fig. j6 , font auffi
- «
- plus longues que larges , il faut que leur longueur excede un peu la largeur de l’enclume : elles ont à chaque bout un crochet qui le trouve hors de la table : deux bandes de fer ef ( Fig. i6z ’) , qu’on arrête fous l’enclume parle boulon g, qu’on paiTe dans les trous ff8c qu’on retient avec la clavette h, fuffifent pour affujettir fermement cette étampe fur l’enclume.
- Pour épargner un Ouvrier , on place fouvent auprèsde l’enclume fur laquelle l’étampe eft attachée , une barre de fer verticale i ( Fig. 16 ) , dont le bout inférieur / qui eft recourbé & pointu , enfonce dans le billot qui
- p.86 - vue 93/398
-
-
-
- Sdb
- N ir-
- fP
- ART DU SERRURIER; 8?
- /
- porte l’enclume ; le bout fupérieur k de la même barre efl auffi recourbé, Sc *1 torrne un crochet ; cette piece tient lieu d’un Ouvrier ; car en paflànt le bout de la barre qu’on étampe fous ce crochet , elle eft affujettie fur fétampe, Sc le crochet f empêche de fimtiller après chaque coup.
- On recommence à frapper le fer qui repofe fur l’étampC jufqu’à ce que les moulures foient bien imprimées dans le fer ; Sc quand on travaille des ouvrages qui demandent à être bien finis , on répare les endroits défectueux avec la lime droite ou courbe Sc le burin.
- Il efl: certainement avantageux d’alfujettir les étampes fur la table de l’enclume. Cependant cette méthode a des inconvénients: ilfe détache néceflai-rement des écailles du fer rouge qu’on pofe fur fétampe ; fi on les y lailfoit, elles felogeroient dans les creux de fétampe, & empêcheroient que les moulures ne fe formalfent ; il faut les ôter ou avec un plumeau ou en foufflant ; pendant ce temps le fer fe refroidit : c’eft pourquoi on a bien plutôt fait de renverfer fétampe. Cette raifon engage bien des Serruriers à ne les point attacher fur l’enclume ; & en les faifant plus pelantes, elles s’y tiennent aflez bien <f elles-mêmes pour qu’on puifle forger deflus le fer fur lequel on veut imprimer des moulures.
- Quand dans des cas particuliers & rares on ne peut pas fe fervir de f étampe, l’ouvrage efl: beaucoup plus long à exécuter,& rarement auffi parfait : par exemple , pour faire une plate-bande qui auroit un quart de rond de chaque côté & une moulure au milieu Fig. 17 , il faudroit abattre à coups de marteau les angles des deux côtés fur une même face , achever de leur donner de la rondeur .avec la lime ; & enfin pour faire paroître une partie faillante entre ces deux quarts de rond, il faudroit forger une fécondé bande plus mince Sc plus étroite que la première , & l’attacher avec des rivets entre les deux quarts de rond S ( Fig. 17 ). On trouve quelques anciennes grilles où les plate-bandes font travaillées de cette façon ; apparemment que dans le temps qu’elles ont été faites, on ne connoiifoit pas les étampes qui d’une feule opération font des ouvrages bien plus parfaits, comme une baguette entre deux plate-bandes q ( Fig. 17 ), des doucines, en un mot toutes les moulures que les Menuifiers font fur ie bois avec leurs rabots.
- Dans les ouvrages dont nous venons de parler , fétampe fait prefque tout, Sc il ne refte fouvent rien où l’Ouvrier puiJTe faire paroître fon adreife ; ori en a fait même où les moulures étoient encore mieux fuivies. Le fieur Cho-pitei, célébré Serrurier de Paris, avoit établi fur la rivière d’EflTone près Côr^ beil comme nous l’avons dit, un laminoir où une barre pafiint entre deux rouleaux fur un defquels les moulures étoient tournées en creux, elle fortoic ornée de moulures très-bien détachées ; on en voit plufieurs profils à la Planche VP Fig. 2,3 & 4 ; ici la preifion des rouleaux faifoit l’effet des coups de marteau pour faire entrer le fer dans fétampe.
- p.87 - vue 94/398
-
-
-
- \
- 88 ART DU SERRURIER.
- Il y a bien des ouvrages de Serrurerie où l’étampe n’eft pas d’un aufîi grand fecours. Elle ne 1ère qu’à façonner de petites pièces qui par leur affèm-blage doivent en former de confidérables ; c’eft ce qu’on verra par les différentes feuilles dont nous allons parler.
- De toutes les e/peces de feuilles, celles dont les Serruriers font le plus d’ufàge font celles qu’on nomme feuilles d’eau ; elles entrent dans prefque tous les ouvrages chargés d’ornements. En général les feuilles d’eau Fig. 18^ Planche IX, font beaucoup plus longues que larges ; elles font pliées en gouttière jufqu’à quelque diftancc de leur bout qui fe renverfe fur le dos de la feuille j cette partie renverfée fe nomme la lippe de la feuille ; enfin les bords de cette feuille font ondés : voici comment on les fait.
- Toutes les différentes formes qu’on donne à la tôle pour faire une feuille d’eau font compriles fous la Figure 18 , & marquées de la lettre u , à laquelle nous avons ajouté des chiffres pour les diftinguer; & les outils qui fervent pour faire ces feuilles, font compris fous la Figure <?, ôc défignés par la lettre t avec différents chiffres , ainfi des autres.
- On commence par forger un morceau de fer plat ou de tôle, on le coupe quarrément à un de fes bouts , 8c à l’autre il fe termine en pointe allez arrondie u ; il a en largeur & en longueur de quoi fournir à l’étendue de la feuille qui eft plus ou moins grande.
- L’étampe fert ici à imprimer une nervure qui s’étend de toute la longueur de la feuille , & à renverfer la lippe, ou à donner une courbure arrondie au bout de la feuille.
- Cette étampe eft une piece de fer' t1 (Fig. 19 ), dans laquelle eft creufé un trou en demi-fphere ; au fond de ce trou , on a ménagé une arrête tz , propre à imprimer une cannelure dans la feuille ; on pofe fur le trou de l’é-tampe le bout de la feuille qui a été chauffé ; & pour l’y faire entrer, on a un poinçon ou bouterolle r5 , dont le bout eft proportionné au diamètre de l’ouverture du trou ; il eft arrondi Sc comme divifé en deux parties éga* les par une cannelure proportionnée à l’arrête du fond de l’étampe ; on oblige la feuille à entrer dans l’étampe en frappant fur la bouterolle, fon bout uz y prend une figure arrondie, pendant que la nervure y eft imprimée.
- Quelques Serruriers creufent la nervure & arrondiffent le bout de la feuille avec le marteau ; alors leur étampe eft une barre de fer t4 fur laquelle font deux parties plus élevées que le refte ; l’une & l’autre font arrondies & fépa-rées par une cannelure ; on fait le milieu du bout de la feuille dans cette cannelure en frappant avec la panne du marteau : cette méthode eft bien plus longue que l’autre , & les feuilles u5 ne font pas fi bien formées.
- Toute la partie depuis la lippe u4 jufqu’à l’autre bout, doit être creufée en gouttière ; on creufe cette gouttière avec une étampe r5 qui eft en demi-anneau x, & qui a une oreille^ à chaque bout. On ferre cette étampe dans
- un
- p.88 - vue 95/398
-
-
-
- I
- ART DU SERRURIER, v 89
- un étau ; 5c avec la panne du marteau, on y fait entrer fuccellîvement toute la longueur de la feuille jufqu’ à la lippe.
- x Jufqu’ici la partie creufée en gouttière eft droite ou à peu près droite comme lâ ( Fig, 19 ), il faut la renverfer comme lâ ; on lui fait prendre cette courbure en la battant à petits coups fur un petit tas fourchu t6 ; les deux branches de ce tas font parallèles Tune à l’autre , 5c toutes deux ont une courbure approchante de celle qu’on veut faire prendre à la feuille , le vuide qui eft entre les deux branches fert à conferver la gouttière ou nervure, on l’approfondit même lorfqu’on frappe immédiatement au-deffus de cette fépara-tion.
- Par cette opération la feuille eft mife dans l’état repréfenté par il ; il faut, pour la finir, onder fes bords comme le repréfentent 11 u7 : on forme ces ondes à petits coups de marteau fur de petits tas t7 , qui étant minces , laiffentà l’Ouvrier la liberté de contourner les bords de fa feuille comme il le juge à propos.
- Les feuilles d’eau font, de toutes celles que font les Serruriers, les plus difficiles à exécuter* celles qu’ils nomment Feuilles de Palmier font quelquefois un grand effet quoiqu’elles foient bien plus aifées à faire ; ceft un grouppe • de feuilles femblabies à B* { Fig. 20 ) qui font longues, étroites , pliées en gouttière jufqu’auprès de la pointe , & un peu cintrées ; elles n’ont ni ondes ni nervures. Quand on a forgé & coupé une piece de fer plat ou de tôle B1 ( Fig. 20 ) de la grandeur 5c de la figure propre à être étampée , la feuille eft bientôt finie au moyen d’une étampe A2, qui reffemble à de grands cifeaux ; la partie recourbée fait véritablement l’étampe, le refte, depuis le clou jufqu’au bout, font des leviers qui font néceflàires pour augmenter la preflion ; les deux parties recourbées ne font point en taillant, l’une eft creufée en gouttière, 5c l’autre plus mince fe loge dans cette gouttière AK Quand x l’étampe eft fermée, ces deux parties font cintrées comme les feuilles de palmier le doivent être. On ouvre l’étampe , on pofe la piece de tôle toute rouge fur la partie creufée en gouttière, en preflant l’autre partie de l’étampe on contraint la feuille de tôle à en prendre la forme comme dans un moule, 5c la feuille eft faite. On raffemble plufteurs de ces feuilles, ’onles monte fui* une tige i?4,5c on forme un grouppe Dz pour monter les feuilles, 5c enfor-* mer des branches. On fait pafferdes rivets de diftance en diftance dans la branche principale B4, le même rivet porte de part 8c d’autre phifieurs feuilles pour imiter en quelque forte la difpofition des feuilles du palmier*'
- Les Serruriers font la plupart du temps les rivets avec de gros fils de fer* Ils enlacent quelquefois des branches de lierre ou d’olivier autour de celles de palmier , comme on le voit en Dz ; les feuilles de ces branches j?* E5 E4 font encore plus aifées à faire : on en coupe les contours au cifeau , on les plie avec le marteau, 5c on forme la nervure fur un petit tas*7 ( Fig. 19} Serri/rier. Z
- %
- p.89 - vue 96/398
-
-
-
- 1
- 9o ART DU SERRURIER.
- qui a une nervure au milieu ; on réunit plufieurs de ces feuilles fur uns branche commune Es , & celle-ci fur une branche principale E7 l’Ouvrier 6 delà Vignette perce des trous dans une tige pour monter un de ces ornements.
- Les Serruriers qui ont du goût & du deffein, varient d’une infinité de manières ces fortes de branchages ; ils y ajoutent des grappes de raifin E6., ils imitent même certaines fleurs , & enlacent les branches E7 ; mais la façon d’exé* cuter tous les ornements , revient à ce que nous venons de dire , avec de fi petites différences que perfonne ne fera embarraffé de les imaginer.
- Les graines entrent encore fouvent dans les ouvrages de Serrurerie. On donne ce nom à des boules polees les unes au-deffus des autres * & qui vont toujours en diminuant de gro fleur F> F4 F* (Fig. 2i ), de forte quelles Semblent enfilées par une même tige qui fert de bafe à la plus grofle des graines ou boules, & qui a un jet qui fort de la plus petite ; le tout eft pris dans une même piece de fer après qu’elle a été arrondie * terminée en pointe , en .un mot façonnée au marteau & à la lime comme Fz. Pour tailler les graines , on commence par les efpacer 8c par marquer d’une entaille jufqu’ou chacune doit aller. Ces entailles fe font avec un cifeau dont le taillant eft circulaire ou en portion de cercle H3. Les Ouvriers 3 8c 4 de la Vignette font cette opération. La féparation de chaque graine étant ainfi marquée , on les arrondit une à une parle moyen de deux étampes, la première ou celle de deffous s’arrête fur l’enclume , comme nous l’avons expliqué en parlant des moulures ; elle eft creufée en gouttière//5 & H4 , & elle a au fond une arrête tranchante dont la coupe eft femblabie à l’elpace qui doit être entre deux graines. La figure de la partie creufe de l’autre étampe qui doit être defftis, eft la même que celle qui tient à l’enclume ; mais elle a un grand manche -de bois Hz ; la graine qu’on veut arrondir fe pofe fur l’étampe de l’enclume, de forte que l’arrête du fond de cette étampe entre dans l’entaille qui fépare les graines. On pofe de même au-deflus des graines l’autre étampe, un Ouvrier frappe defliis, 8c la graine fe moule dans l’une 8c l’autre étampe. On retourne à différentes fois la même graine dans les étampes ; à chaque fois on "frappe defliis ,& elles font faites bien plus promptement & plus régulièrement qu’elles ne le pourroient être avec la lime.
- Maintenant on emploie une méthode enco*re plus expéditive : car ayant des étampes qui portent 4,^,6 graines, lorfque le morceau de fer eft forgé à peu près comme F*, on étampe tout à la fois la file de graines précifé-ment comme nous dirons qu’on fait les moulures auprès des nœuds des efi-pagnolettes , & par ce moyen toutes les graines font faites à la fois plus régulièrement que quand on les fait les unes après les autres. Quelquefois le 'fil qui termine les graines , eft droit comme F4 , & quelquefois on le rend ondoyant fur la bigorne comme jFL
- 1
- p.90 - vue 97/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER, 91
- On a vu qu’on fe fervoit très-avantageufement de certaines étampes, qu’on
- peut comparer aux clouyeres, pour former les tenons ; les mandrins font des
- elpeces d’étampes qui donnent la grandeur & la forme aux trous qu’on a
- commencés avec des poinçons ou des langues de carpe. On verra dans la fuite
- «
- qu’on fait encore ulàge des étampes pour donner des formes agréables aux têtes des vis, pour former les valès qui décorent certaines fiches* pour les boutons , & dans plufieurs autres circonftances.
- On voit en O Figure 22 , Sc aux Figures 23 & 24, les outils dont fe fervent les Ouvriers qui montent les ornements, pour percer leur fer. On peut con* fulter ce que nous en avons dit au commencement de ce Mémoire.
- L’Ouvrier Fig. y de la Vignette, dilpole les ornements qu’on fe propole de mettre en place.
- On imite quelquefois aflez bien Sc très-aifément en fer , des fleurs naturelles. Pour faire la Tulipe Fig. % Planche X-, on découpe, pour faire les fîx feuilles de la flçur, deux morceaux de tôle comme A ; on fait un trou au milieu , on bat les trois parties aaa fur un tas pour creufer chacune comme une cuiller, & formant fur un tas fourchu des rainures dont celle du milieu s’étend jufqu’à la pointe, Sc les autres s’étendent moins haut, on imite la forme des feuilles des fleurs des tulipes ; on met deux pièces pareilles à A l’une dans l’autre pour faire les fix feuilles de la fleur* Quand on a attaché fur la tigeC les feuilles D qui font plus Amples & plus ai fées à faire que les feuilles d’eau, on pafle l’extrémité d’enhaut de cette tige dans le trou qui eft au milieu de la piece de tôle découpée A qu’on a creufée & relevée comme nous venons de l’expliquer; Sc quand on a rivé le bout de cette tige, on rapproche les feuilles pour en former la coupe d’une tulipe.
- La fleur du Narcifle Figure 9 , eft formée de trois morceaux de tôle, une
- Ë quon creufefur le tas pour faire le baflîn du milieu , Sc deux découpées
- comme A pour faire les flx feuilles de la fleur en les tenant plus arrondies 1. . 'K x
- que les feuilles des tulipes ; Sc les renverlànt un peu par les bords, on
- monte au bout d’une tige ces trois pièces qui par leur airemblage imitent aflez
- bien la fleur d’un naîcifle*
- Tous ces ornements,comme on le voit,font ailes à faire, Sc ils fuffifent pour faire comprendre comment on imite les fleurs des Lis, les Grenades,' Scc. Mais il y en a dont l’exécution eft plus difficile,» Nous allons en parier dans l’Article fuivant ; Sc ce que nous avons à dire , jettera beaucoup de jour fur ce que nous venons d’expliquer d’une façon trop générale.
- Article V.
- v Des Ornements de Serrurerie emboutis au Marteau.
- Les étampes que nous avons vu fi commodes pour former des moulures fur de gros fer, Sc même pour commencer des ouvrages plus délicats, com*4
- p.91 - vue 98/398
-
-
-
- 5>2 ART DU SERRURIER.
- me font les feuilles d’eau, les étampes fl utiles en bien des circonftances ne font pas propres à faire de grands morceaux d’ornement ; elles ne font bonnes que pour imprimer des moulures fur des pièces mafîives,ou pour mouler quelques efpeces de petites feuilles: encore avons-nous vu en parlant des feuilles d’eau , qu’elles laiffent beaucoup de chofes à faire àl’adrelfe du Serrurier.
- Les ornements les plus légers qui, quoique minces, ont beaucoup de relief & d’étendue, fe font ordinairement de plufieurs morceaux ; par exemple ,1e rinceau Y ( Planche XI, Fig. y J) , efl compofe ,de trois fleurons Tz Vz X2,. On commence ces fleurons au marteau fur des efpeces de tas ou tafleaux , & c’efl: ce qu’on appelle des Ornements faits au marteau : on concevroit mieux ce travail fl nous expliquions ce que c’efl: qu’Emboutir <& Kétreindre. Mais nous nous refervons à traiter ce point intéreflant dans l’Art du Chauderonnier ; il nous fuffit de dire préfentement que le tafleau efl: une petite enclume qui fbutient la pièce pendant qu’on la reieve en.boffe avec le marteau * ainfi ces ornements fe commencent à peu près comme nous avons.dit qu’on finiffoit les feuilles d’eau , & c’efl; de cette façomqu’ôn fait les plus grands morceaux dont les parties doivent être détachées Sc' ouvertes, c’eft-à-dire ,, dont differentes feuilles doivent être fur differents plans; c’efl:à quoi fervent beaucoup les rapports de differents fleurons, ce que l’on concevra aife-ment en faifant attention que le rinceau Y '{Fig. J ) , efl: compofe de trois fleurons. T V X montrent les trois morceaux de tôle qu’on a découpés , & Tz V1 X2 y ces morceaux’de tôle.travaillés & qui n’ont plus befoin que d’ê-' tre afîembiés pour faire le fleuron Y.
- Prefque tous les ornements de Serrurerie font relevés au marteau. Cependant les ouvrages faits furie plomb font mieux finis; les côtes , les nervures, Sc les autres parties délicates des feuilles &\les fleurons font mieux repréfentées, de forte qu’on fait au marteau les parties d’ornements qui doivent être vues de loin ; il feroit inutile d’y mettre un grand fini, on nel’ap-percevroit pas ; mais on travailleroit fur le plomb les ornements qu’on doit voir de près, & dont on peut confidérer tous les détails, fi on ne les -faifbic pas en fonte de cuivre, ce qui épargne de la peine & efl meilleur* parce que les fleurons relevés étant fort minces, ils font Peuvent rompus lorfqu’on les met à portée de la main. L’inconvénient de la fonte en plilfieurs endroits efl qu’elle tente les voleurs , au lieu que les fleurons en fer ne font d’aucune valeur. On ne peut guere fe difpenfer de travailler furie plomb les armoiries Sc les fupports qui quelquefois repréfentent des hommes & des animaux , lorfqu’on veut qu’ils foient très-finis.
- Tous ces ornements fe font avec de la tôle , & on a grande attention de choifir la plus douce, comme efl celle de Suède; l’Ouvrier la prend plus ou moins épaifle fuivant qu’il fe propofe de lui donner plus de relief, ce qui exige qu il l’étende davantage; mais communément il préféré la min ce, parce qu ellecft moins chere & plus aifée à travailler. Quoique
- p.92 - vue 99/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 93
- Quoique la tôle de Suede foit affez duétile , cependant elle ne l’eft pas autant que l’argent 8c le cuivre ; il faut que l'Ouvrier la travaille avec plus de ménagement; & comme ellefe durcit 8c s’écrouit fous le marteau, il faut de temps en temps lui donner des recuits ; car tous les ouvrages relevés fur le tas fe travaillent à froid : cependant fi l’on avoit une grande quantité de petits fleurons à faire qui euflent tous la même forme , je croirois poflible de les avancer beaucoup à l’étampe ; pour cela il faudroit avoir deux plaques d’acier, une defquelles porteroit le deflein en creux, 8c l’autre en relief ; on mettroit entre ces deux plaques la tôle rougie au feu, 8c au moyen d’un coup violent tel que celui que donne le balancier des médailles , le fleuron feroit imprimé, & il ne feroit plus queftion que de contourner les differentes parties fuivant l’intention du deflein.
- Nous avons déjà dit que les defleins de Serrurerie fe font de la grandeur que doit avoir l’ouvrage , 8c qu’on n’y trace que les traits fans ombres. On ponce le deflein des ornements fur un papier n n ( Fig. 8 ) , ou i i ( Fig* 9 ) , 8cc, qu’on découpe en fuivant tous les traits, 8c on colle le papier fur la feuille de tôle qu’on veut travailler.
- Le contour étant ainfi marqué , le Serrurier le fuit avec ùn cifeau à froid; 8c il découpe fa tôle comme l’a été le papier qu’il a collé defllis. Ordinairement le tranchant du cifeau qu’on emploie pour découper la tôle, n’eft point
- i
- quarré , mais un peu arrondi ; c’eft une efpece de langue de carpe.
- Il faut, quand on deffine des ornements pour la Serrurerie, avoir l’attention; de choifir ceux qui peuvent être exécutés avec plus de facilité, & qui doivent faire un plus grand effet ; c’eft pourquoi on ne deflîne pas communément les feuilles que préfentent les végétaux. On en a imaginé qui ne reA femblent guere à celles des plantes, que pour cette raifon on nomme Feuilles £ ornements, qui font fort découpées, & dont les bords fe contournent en différents fens Y ( Fig. J , Planche XI ) ; il faut donc que la tôle qu’on a découpée prenne différents reliefs, que d’une tige il parte differentes feuilles,* que ces feuilles foient mifes dans différents plans, qu’elles prennent chacune différente convexité, qu’elles aient des nervures qui préfentent un peu l’idée des vraies feuilles , c’eft là où fe montrent le goût & l’adrefle de l’Ouvrier /talents qu’on ne peut acquérir que par un long exercice.
- L’Ouvrier qui veut travailler un ornement au marteau, fe place entre deux étaux. Dans l’un, il met différents taflfeaux ou tas, comme nous le dirons dans un inftant, 8c dans l’autre un morceau de bois ou de plomb. On voit Fig. x dans la Vignette, un Ouvrier qui travaille un fleuron au marteau, 8c le fleuron eft appuyé fur un petit tas.
- Les tas ou tafleaux E>F ( Fig. 6 ), font des tiges de fer acéré
- 8c trempé d’environ un pouce de diamètre , 8c qui ont depuis deux jufqu’à fix pouces de hauteur. Ces tas different les uns des autres principalement par leur Serrurier. A a
- p.93 - vue 100/398
-
-
-
- 94 ART DU S E R RU RI ER:
- -extrémité fopérieure qui fait le deffus des tas ; les uns font faits comme les têtes des marteaux, & ont toutes les variétés des différentes tetes , c eft-a-dire^ qu’il y en a de plus ou moins convexes; d’autres reffemblent aux pannes des marteaux , ils font minces par rapport à leur largeur , mais toujours arrondis en deffus ; enfin d’autres taffeaux font fourchus , ils fe terminent paç deux tranches plus ou moins écartées , & chacune plus ou moins mince.
- Les tas qu’on nomme fendus , fervent pour faire les groffes nervures ou côtes ; ce font celles qu’on travaille d’abord , & qui fervent à guider pour les autres , la largeur de la fente du tas détermine la groffeur de la nervure. On appuie la tôle fur le tas dans l’endroit ou doit être la nervure , ,on frappe avec le marteau fur la fente du tas, & il fe forme un fillon qui marque la nervure & quand on. veut faire des nervures plus fines , on prend àes tas dont les fentes foient plus étroites.
- Les fines nervures fe font ou fur l’arrête d’un tas, ou for un tas for-' mié comme la panne d’un marteau ; plus le tas eft mince, plus la nervure eft: fine ; car pour former les nervures, on frappe à droite pu à gauche aux deux côtés du tas.
- Si l’on veut relever en boffe le milieu d’une feuille, on fo fort de tas de différentes groffeurs dont la tête eft arrondie.
- Il ne foffit pas d’avoir des tas de différentes gro fleurs 8c figures , ilfautauflt avoir des marteaux de différentes formes comme A, B C, D ( Fig. 7 ) j l’Ouvrier choifit, foivant fes différentes intentions, les marteaux qui lui pa-; roiffent les plus propres à remplir fos vues.
- Mais pour donner certaines rondeurs ou certaines courbures aux feuilles entières, on fe trouve très-bien de fobftituer aux tas ou taffeaux des morceaux de bois ou de plomb,for-tout pour former des concavités; on don-! ne cette forme au bois Fig. 12 , mais le plomb la prend par les coups de marteau qu’on donne fur la tôle ; on appuie deffus là tôle , & on la forge avec un marteau à tête ronde, le bois ou le plomb cede aux coups des marteaux , & la tôle qu’on frappe deffus en prend d’autant mieux la courbure qu’on veut lui donner ; ce qui fait que le plomb eft préférable au bois, parce qu’étant plus duélile , il obéit mieux aux coups de marteau , mais encore parce qu’à chaque coup de marteau on change fa figure , 8c on lui fait prendre celle qu’on defire. De même pour faire le fleuron Q Q P ( Fig. 10 ) on découpe la piece de tôle iVpour faire le milieu P du fleuron ; les pièces de tôle O O font deftinées à faire les fleurons de côté QQ> Comme les extrémités de ces fleurons s s ont beaucoup de revers , il feroit difficile de les prendre dans le même morceau ; on travaille à part les différents revers R S* Sz qu’on rapporte enfuite avec des rivets. On les voit en place au fleuron Q Q P > ils font marqués des lettres r s s.
- Le vafe Fig. n , eft compofé de l’affemblage d’un nombre de pièces Réparées, ainfi que nous allons l’expliquer.
- p.94 - vue 101/398
-
-
-
- ;
- ART DU SERRt/RIRR. 9;
- La bafe du pied du vafe qui forme une efpece de focle, eft formée par une piece femblable à D D , qui eft garnie de plufieurs étoquiaux ddd ^Jui fervent d'attache à différentes pièces , comme nous allons l’expliquer : on plie cette piece pour en former un quarré 4444, comme on le voit en E ; D, font les étoquiaux ; quatre pièces femblables à F, forment la doucine du pied du vafe ; on y voit les trous qui fervent pour les affembler.
- Laçage quarrée E reçoit une traverfe g g qui porte une tige £ qui s'élève dans l'axe du vafe. On voit en H le pied fini ôc garni des doucines qui font faites avec les pièces F. On met au-deflus du pied en i une eipece de gland en virole / qui s'enfile dans la broche montante G.
- On fait à part, & comme nous l'avons expliqué plus haut, un fleuron K K qu'on enfile aufli dans la broche G ; ainfi il fe trouve placé au-deffus du gland* & il embrafle le corps du vafe qui eft gaudronné. Ce corps du vafe eft formé d'une piece M qui en fait le fond. Sur ce fond Àf fiont affemhiées des pièces détachées femblables à N8c N, qui par leur union forment les gau-; drons & le corps du vafe Z.
- On pofe au-deflus de cette efpece de tulippe qui forme le corps du vafe un cordon O, formé de petites pièces de tôle pliées en forme de ruban Q & qui font attachées au cercle d’en haut 8c d’en bas p p. On voit cette virole féparée en P, 8c la virole roulée en ruban Q qui eft entre deux viroles Z; la virole roulée Q eft faite avec une lame de fer plat R un peu courbé, 8c on la roule fur un mandrin S%
- Le couvercle du vafe T eft fait à peu près comme le corps ; une plaque ron^ de de fer porte des lames relevées en gaudron u u , qui font attachées fur une calotte de tôle. Au-deflus de ce couvercle, on met une virole renflée en cordon r, 8c par deffiis un petit vafe X d'où il fort des flammes Y ; on pour-roit les faire avec de petites lames de fer travaillées féparément, contournées en différents fens 5 & les affembler dans le petit vafe, comme nous l'avons expliqué ; mais ordinairement on les fait en bois ou en fonte*
- Article VI.
- Maniéré de faire les Ornements relevés furie tas 9 SC finis furie
- Plomb,
- V
- «
- Les Serruriers né font guere dans f ufage de relever fur le plomb. Ce^ pendant on pourroit relever fur le plomb prefque tous les ornements qu'on fait fur les taffeaux • l'ouvrage en feroit plus long , mais aufli il feroit plus parfait. G'eft pourquoi nous croyons devoir expliquer cette façon de travailler, quoiqu'on puifle juger qu'elle eft trop recherchée pourdes ouvrages dé Serrurerie. Il ne feroit pas poflible de donner fur le plomb les grands reliefs ; c'eft pourquoi on commence toujours par ébaucher l'ouvrage fur le tas, com^
- p.95 - vue 102/398
-
-
-
- 9s art du serrurier.
- me nous l'avons expliqué, 8c on ne fait que le perfeétionner fur le plomb. '
- Quand on travaille fur le plomb, on eft encore guidé par les traits du défi* Tein qu’on veut imiter, quon fait de la même grandeur que doit être l’ouvrage fini ; mais comme il feroit difficile de travailler de grandes pièces , on coupe en plufieurs parties les rinceaux qui ont de rétendue; on travaille en particulier chaque feuillage ; & quand ils font finis , on les aflemble les uns avec les autres par des rivets , & nous avons déjà dit qu’on devoit avoir recours à cet expédient lors même qu’on fait des ornements au marteau , làns cela les renverfements de feuilles feroient bien difficiles à exécuter; 8c quand toutes ces pièces féparées font bien réunies, elles ne paroiflent faire qu’un feui morceau, fur-tout quand on les voit d’une diftance un peu considérable.
- Gn pourroit aufli travailler les ornements de fer avec le cifelet fur le niafi-tic ; mais ce travail n’eft guere du diftriét des Serruriers : il faut l’abandonner aux-Ouvriers qu’on nomme Cifileurs, qui travaillent fur des métaux plus précieux , l’argent 8c l’or , quelquefois le cuivre.
- Donnons un exemple de la divifion d’un corps d’ornements en plufieurs pièces. On conçoit, fans que nous le difions, que le fronton Fig, j*, Planche XII, eft formé d’un grand nombre de pièces dont une partie feront détaillées dans l’explication de cette Planche ; mais de plus chaque corps d’ornements eft formé de bien des pièces ; c’eft ce que nous allons faire appercevoir. Les parties E F qu’on nomme les Confoles du, couronnement , font chargées de plufieurs rinceaux & feuilles d’ornements: on voit cette confole Fig. 6, repréfentée feule & plus en grand ; G H eft la partie E de la Figure y , 8c op de la Figure 6 ; ce n’eft pas tout, G H eft formée des deux pièces IK 8c L L. \.
- La partie fupérieure F de la Figure j* , repréfentée par R Q ( Fig, 6 ) , eft formée par les deux pièces M N, Ainfi O P Q R ( Fig, 6 ) , repréfentent toutes ces pièces montées 8c réunies par des rivures ; c’eft ce que fait l’Ouvrier Figure 2 dans la Vignette, Kz ( Fig, 6 ) , eft un des rinceaux de la confole R ( Fig, 5 ) , qui n’eft pas encore à fa place, & ce rinceau-là même eft fouvent compoié de deux ou trois pièces qu’on a travaillées féparément, ainfi que nous l’avons expliqué plus haut ; il en eft de même des autres ornements qui décorent cette confole , ainfi qu’on le voit en E F ( Fig. J ).
- Comme les deux côtés d’un fronton font ordinairement fomblables 8c fim-métriques , on travaille en même temps les deux pièces qui doivent former les deux côtés du fronton. On commence donc par couper deux morceaux de tôle égaux , & un peu plus grands que le trait du deflein , 8c pour cela ou bien on colle le papier fur lequel eft le deflein fur la tôle, ou bien on le pique & on le ponce avec de la craie ; mais auparavant on a frotté légèrement defuif la tôle, afin que la poudre de craie qui fort du poncif s’attache
- mieux
- p.96 - vue 103/398
-
-
-
- art du serrurier. p~?
- mieux à la tôle; par cette petite opération, le deffein eft tranïporté fut un des morceaux de tôle. Mais nous avons dit qu’on en mettoit deux l’un fut l’autre qui dévoient être travaillés en même temps , & par les mêmes coups de marteau; il faut donc que les traits du deffein fervent pour les deux feuilles, & il eft effentiel qu’elles ne fe féparent pas , & même qu’elles ne perdent pas leur première fituation réciproque ; pour cela on replie les bords «en plufieurs endroits, comme on le voit à la Couronne Fig. 7 Planche XII± & au morceau d’ornement Fig. 8 & 9 Planche XI.
- Comme il faut que les pièces qu’on doit travailler aillent plu fleurs fois àïi feu , les traits de craie qui ne tiennent qu’à de la graiiPg, feroient bientôt effacés ; c’eft pourquoi on marque les contours du deffein avec un poinçon d’acier qu’on nomme Pointeau , & les marques fubfiftent jufqu a ce que l’ouvrage foit prefque entièrement fini : on voit ces trous ponétués Fig. 8 & 9* PL XI & Fig. 7 PL XII ; mais ce deifein ne fert qu’à marquer les principaux contours des différentes parties dont les unes doivent former des reliefs & les autres des enfoncements. On commence à former ces creux & ces reliefs fur les taffeaux , & avec le marteau, comme nous l’avons dit en parlant des ornements qu’on fait au marteau ; mais on a grand foin de n’emboutir que peu à peu, ne donnant qu’une concavité ou une convexité peu fenfible aux parties qui doivent en avoir beaucoup, puis on la fait recuire, Sc ce n’eft qu’à force de recuits répétés qu’on parvient à bien emboutir : le fer n’a pas affez de fouplefle pour être traité brufquement ; ce n’eft qu’à force de ménagements 6c de patience qu’on parvient à l’étendre fans le rompre. Nous avons parlé plus haut de la forme des taffeaux & de celle des marteaux , ainfi nous pouvons nous difpenfer d’y revenir.
- On bat auffi le fer fur le plomb ou fur le bois creufé en baffin Fig. 12 , Planche XI, comme nous l’avons dit plus haut ; & quelquefois on pofe le plomb fur un billot, comme on le voit Fig. 1, Planche XII dans la Vignette ; à tous les recuits, on commence à travailler fur le taffeau , & quand l’ouvrage eft avancé à un certain point, on le releve fur le plomb qui fert à former les reliefs , les creux & les rondeurs»
- Tout ce que nous venons de dire ne différé prefque pas des procédés que nous avons expliqués pour les ornements emboutis ; auffi n’avons^nous point encore parlé de ce qu’on appelle véritablement relever fur le plomb* Les ouvrages auxquels on fe propofe de donner cette perfection , doivent commencer par être emboutis, & alors l’ouvrage n’eft encore qu’ébauché J il eft à peu près comme le repréfente S S ( Fig. 7 , PL XII) , & il doit être comme les Figures TT, V V ou X X : ce dernier travail qu’on appellerele* verfur le plomb ou fur le maftiç, eft véritablement emprunté du Cifeleur.
- Mieux l’ouvrage eft embouti, mieux il fe travaille fur le plomb. Pour cette derniere opération, on remplit de plomb fondu ou de maftic, tous les creux Serrurier* B b
- p.97 - vue 104/398
-
-
-
- I .
- 9S ART DU SERRURIER.
- qu’on a formés en emboutifïànc ; pour cela on borde de terre grafle le pourtour de la tôle en fuivant tous fes contours ; :8c quand cette terre eft bien feche, on coule du plomb fondu dans cette efpece "de baffin ; on pofe la face où le plomb fe monte , fur un billot de bois ; on y arrête l’ouvrage avec de gros clous a a ( Fig. 13 Planche XI), dont la tête eft en forme de T% •pour qu’elle appuie fur les “bords de la piece ; car il faut que les coups qu’on donnera pour travailler la piece, ne la dérangent pas ; c’eft pourquoi on met tout autour de la piece les clous ~a a prefque touchants.
- , Üa piece étant bienaffujettie, l’ouvrier travaille à h relever; ce terme exprime fort bien qui réfultera defon travail. Il s’agit d’augmenter les reliefs & les creux des endroits emboutis, de détacher de nouvelles parties & de donner du relief.à tout l’ouvrage.; tout cela s’exécute avec desefpeces de cifeaux qu’on nomme Mattoirs rPlanche XI, ;Fig. 16 ; ils different des vrais .cifeaux ien ce que l’extrémité quiporte fur la tôle, au lieu d’être tranchante , eft toujours taillée par dents .& hachures comme une lime , & cela afin que l’outil engrene fur le métal, & qu’il ne gliiTe pas iorfqu’on le frappe avec le •marteau :'le mattoir du Serrurier eft, àlaforce près, le cifelet du Cifeleur , 8c il fait l’effet d’un repouffoir.
- Il faut avoir de grands & de petitsmattoirs, & dont l’extrémité foit différente ; dans les uns, elle eft quarrée, dans d’autres arrondie. On en a de minces, d’épais, de larges, d’étroits, &c. afin de pouvoir travailler dans toutes les efpeces de creux qu’on veut former. Pour commencer à relever, l’ouvrier fe fert d’un des plus gros mattoirs, il le tient de la main gauche ayant la pointe inclinée vers fon corps, Planche XII, Fig. r , & Planche XI, Fig. 3 dans la Vignette , & il frappe deffus avec le marteau; commençant par relever ou plutôt par enfoncer tous les traits qui marquent le contour de ce qui a été embouti, en fuivant les lignes ponétuées que nous avons vu piquer au commencement; il releve enfuite les parties comprifes entre ces traits. Pour relever, il faut, comme nous l’avons dit, placer obliquement le mattoir, & frapper un peu au deffus du trait ; l’inclinaifon qu’on donne au mattoir oblige le plomb & le fer à s’élever, le fer s’étend fous les coups, & ce donc il s’étend eft employé en convexité ; ce qui le prouve, c’eft que le contour du deffein n’augmente ni ne diminue ; cependant les reliefs augmentent. Il eft vrai que pour produire cet effet, il fuffit fouvent de creufer les concavités , & d’enfoncer les endroits qu’on veuc filionner pour faire paroître les nervures des feuilles.
- Les contours des feuilles ou des parties de feuilles étant marqués , comme nous l’avons dit, on trace les nervures & les côtes avec de la craie avec laquelle on fait deux traits qui renferment la largeur de chaque nervure ; ils fe rapprochent à leur origine où ils concourent prefque à un même point,
- & ils s’écartent pour fe diftribuer aux différentes parties de feuilles, comme on le voit en Ra ( Fig. 6 Planche XII )^
- /
- p.98 - vue 105/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. pp
- Il faut prêter une finguliere attention à ces nervures ; car ce font elles qui font principalement diftinguer les ouvrages qu’on a travaillés fur le plomb de ceux qui font faits fur le taifeau ; les nervures fur le plomb font plus régulièrement St plus nettement tracées.
- On enfonce avec les mattoirs la partie du fer qui eft fous chaque trait, d’où il fuit'que l’entre-deux des traits prend du relief , St forme une côte
- ou arrête.
- En général, quand on releve fur le plomb, il eft à propos de travailler les parties femblables les unes après les autres , St de ne'pas finir tout de fuite un même côté ou un même fleuron, parce que fi Ton agifloit ainfi , comme on porteroit le plomb d’un même côté, on trouveroit des vuides fous la tôle , quand on viendroit à travailler un autre côté du même fleuron.
- Quand les pièces font fuffifamment relevées & bien finies , on coupe les bords au cifeau, 8c on fait fondre le plomb qui foutenoit la tôle pendant le travail ; St quand ces bords font bien ébarbés, il ne refte plus qu’à les affem-bler avec des rivets, comme le font les Ouvriers Fig. 2, 3 & 4 Planche XII dans la Vignette : l’explication des Figures des Planches XI & XI1 achèvera de faire comprendre comment on affemble les différents fleurons qu’on a travaillés en particulier * St qui doivent faire un tout régulier.
- Suivant ce que nous avons dit des ornements emboutis ou relevés fur le plomb , on conçoit que ce font des pièces minces , St terminées-par quan-tité de pointes ; ces raifbns font qu’on ne les place qu’à des endroits élevés,, non-feulement parce que les pieds les dérangeroient, mais encore parce qu’ils accrocheroient les habits ; c’eft une attention qu’il faut avoir quand on defline des ouvrages de Serrurerie. Et c’eft pour cette raifon que les Serruriers fe contentent ordinairement de relever leurs ouvrages fur le tas : le grand fini qu’on leur donneroit fur le plomb ou fur le maftic , feroit inutile pouç des ouvrages qu’on ne voit que de loin. '
- On fait encore, nous l’avons déjà dit, des ornements de Serrurerie en évi* dant une piece pleine ; comme on ne fait pas ufàge de ces ornements pouç les grilles , nous remettons à en parler lorfqu’il s’agira des verroux , des targettes , des mains , des olives, des poignées, &c. C’eft encore pour placer chaque chofe en fon lieu, que nous remettons à un autre endroit à parler des ferrures creufées au cifelet, au burin, avec différentes limes, &c. comme ort fait quelquefois les ^boucles ou heurtoirs déporté cochere.
- . v
- 1
- p.99 - vue 106/398
-
-
-
- lOù
- ART DU SERRURIER.
- Explication des Planches du Chapitre troijîeme.
- PLANCHE VP.
- Ou P on détaille la façon de faire les Vitraux des Eglifes , ainfi que des Chajfs . - de fer pour recevoir des carreaux de verre , & où P on a repréfemé le profil de
- plufieurs plate-bandes ornées de moulures.
- IGURé i > elle fert à faire voir comment on aflemble les bandes de fer, pour faire les vitraux des Eglifes.
- l.--; A B > les montants : pour y joindre les traverfes CD , on met une bande de fer-plat £ F , qui traverfe le montant A B , Sc qui entame fur les tra-' verfes CD, où elle eft attachée par des clous rivés qui font tant fur ie montant* que furies traverfes 5 H G, repréfente le côté du dedans de l’Eglife, Sc EF, le côté du dehors. Pour retenir les panneaux de verre, on rivoit autrefois fur lés traverfes & fur les montants des crochets LLL, qui tenoient lieu de feuillure: pour faire concevoir comment on les arrête maintenant, a a repréfente un bout d’une des traverfes CD \ b, eft une broche taraudée ; elle çft rivée fur la traverfe aa;c c, eft une bande de fer mince percée de trous de diftance en diftance , dans lefquels entrent les broches b ; on met le panneau de vitre entre a a 8c c c , & on les affujettit en rapprochant c cde a a au moyen de l’écrou d.
- Les Figures 2 , 3 & 4 font des profils de moulures pour des plate-bandes,
- La Figure y eft la coupe des deux montants AB, de la croifée Fig. 10 , dans H groifeur qu’ils doivent avoir* a a, font les feuillures qui doivent recevoir les carreaux.
- Les Figures 6 & y font les montantsCD ScE F duchaffis à verre Figure 10, - La Figure 8 eft un morceau des traverfes du chaffis dormant G H.
- La Figure ÿ repréfente un morceau des petits fers IK. a a, feuillure pouç recevoir les carreaux.
- La Figure 10 eft la croifée toute entière.
- La Figure 1 r repréfente quatre carreaux plus en grand que dans la Figure r o*
- La Figure 12 eft le jet-d’eau du dormant.
- La Figure 13 eft le jet-d’eau du chaflîs à verre.
- Explication de la Planche Vil, qui repréfente la maniéré de faire les différentes efpeces de Grilles fimples, ÔC de rouerie fer pour les
- Balcons, ôGc.
- La Figure 1 dans la Vignette tient une barre de fer fur renclume.’
- La Figure 2 y fait un tenon ; elle tient de la main gauche le manche a d’une chaiTe b contre laquelle elle frappe.
- La Figure 3 dans la Vignette perce une barre de grille, fur laquelle elle tient de la main gauche un mandrin d.
- ' ef>
- p.100 - vue 107/398
-
-
-
- P
- ART DU SERRURIER. ici
- ef, Chambrière qui porte un des bouts de la barre ; les dents y" d’une cre-mailiere donnent la facilité d’élever le crochet e; fouvent cette chambrière tient lieu d’un garçon Serrurier,
- La Figure 4 dans La Vignette roule une barre de fer furmn faux rouleau ; la piece h fur quoi efl: attaché le faux rouleau, efl: ferrée par les mâchoires de l’étau.
- z k font deux feux d’une même forge ; & on remarquera que la forme arrondie de la forge fait que la barre qui chauffe à un des feux, n’embarrafîe point l’autre feu.
- Bas de la Planche.
- Figure 12, A A, AA, B B, grille commune telle que font cdles de la plupart des portes de jardins. Les montants font affemblés à tenons Sc mortaifes avec les fo miniers des deux bouts A A, Scies barreaux CC font de plus af-fujettis au milieu par une traverfe B B qui laiffe paffer les barres.
- Figure j , A A, DD, grille femblable à celles qu’on met le plus fouvent aux fenêtres, dont les montants font terminés en pointes par le bout fupé-rieur D D ; B B efl: une traverfe ; E E, autre traverfo dont les bouts font terminés par des fcellements.
- Figure 8 , autre grille de fenêtres, dont les montants font coudés en E E Sc FF, H K , un des barreaux de cette grille ; on y voit x°. le tenon H; 20, les deux plis FF; 30, la pointe G ; 40, une pointe ondoyante^'
- Figure x8 IK , efpecede marteaux appeilés chaffes pour faire des tenons aux barres, telles que E Fig. 13 : la Fig. 2 de la Vignette y travaille. *
- Figure 19, L , morceau de barre percé par des trous dont les côtés font obliques à ceux de la barre comme ceux de la traverfe B B Fig. 12.
- Figure 9, M, trous dont les côtés font parallèles aux côtés de la barre comme ceux des traverfes de la grille E E, B B ( Fig. 8 ).
- Figure 10, N, barre percée fur l’angle.
- O O , efl: une efpece d’étampe qui fou tient la barre pendant qu’on répare le nœud fur un mandrin afin de ne point endommager l’arrête.
- Figure 11, H ; Fig. 1 y, Q ; Fig. 20, P, mandrins ou poinçons pour percer.
- Figure ij, R, rondeau appelleperçoire for lequel on pofe les barres pour les percer. On met les barreaux dans les entailles a b pour les tenir plus fermement for la perçoire.
- Figure 16, TT, VF, XX, YY, a a, b b, d d, grille qffon appelle entrelacée, parce qu’à des endroits les montants paffent au travers des traverfes , & à d’autres endroits les traverfes paffent au travers des montants.
- La Figure les repréfente dans fondant où l’on efl: près de les affembler.
- On voit que les traverfes enfilent les montants T T, Y Y depuis T !Tjufques en VV, Sc que depuis Y Y jufques en X, les montants doivent paffer au travers des traverfes ; au contraire les mêmes traverfes comprifos en X X Sç Serri/rier. C c
- >
- p.101 - vue 108/398
-
-
-
- 102
- ART DU SERRURIER.
- Y Y, paffent dans la partie de tous les montants comprife entre cc 8c dd, 8c ces montants à leur tour enfilent les parties des traverfes qui font entre a a Sc b b.
- e une barre de c#tte grille.
- Fig. j ffy montant de grille ou de balcon qui a des tenons aux deux bouts; g h , autre montant qui n’a qu un tenon au bout h.
- iklm ii y Fig* 6 y affemblage de pareils montants pour la porte d'une ba-luftrade ; en i eft un pivot & là crapaudine, & en l des mortaifes.
- Figure 21 & 22y no 9 étampes ou chafles à tenons ou à pointes, ou forte de clouyere.
- Figure 23,p font des mandrins.
- Figure 2s s,t t, faux rouleau j s s efl; la piecefur laquelle efl affujettï le Faux rouleau tt.
- Fig ure 28, u xy £ & y diverfes fortes de griffes, de fourchettes, de tourne àgauche pour faire entrer les barres dans les faux rouleaux.
- Figure 27, i i i > barres droites.
- abc de y diverfes barres plus ou moins avancées à rouler.
- Figure 26, AB y deux morceaux de fer roulé quon affemble quelquefois dans la pofition où ils font ici.
- Figure 14, G G y panneau d’une baluftrade ou d’un balcon, dont les ornements font faits par les différents contours du fer»
- Explication de la Planche VIII, où Von a repréfentè des balujlrades9 des fr if es y de s arcboutantSydes pilaflres SG d’autres détails.
- Figure 1 , une baluflrade fimple à hauteur d’appui avec une porte au milieu \ MNG y les crampons pour la fceller dans la plate-bande de pierre de taille ; /, le pivot de la porte & fa crapaudine ; K9 le lien qui fert de bour-donniere ; on peut le faire plus folide comme il efl repréfenté en AB y Fig. 4.
- Les Figures 2 & 3 repréfentent des arcboutants, l’un fimple 5 l’autre orné de rouleaux.
- Les Figures y & 6 repréfentent des baluftrades en arcade , les unes Amples , les autres ornées de rouleaux & de liens de différentes fortes.
- Les Figures 7 & 12 font des frifes de différents goûts.
- Les Figures 8,9,10 & 11 font des pilaflres différemment compofés.
- La Figure 13 efl un barreau P, terminé par un tenon en C9 & au-deffous une mortaife Q.
- La Figure 14 qui efl deflînée plus en grand > fert à faire voir comment on rapporte un lardon de fer doux à un barreau de fer aigre pour faire un bon tenon ; quelques Serruriers ne foudent point ce lardon , iis fe contentent de le ferrer dans la fente qu’ils ont faite au bout du barreau.
- p.102 - vue 109/398
-
-
-
- io3
- ART DU SERRURIER.
- A la Figure TJ on fait un petit rouleau dans une fourchette.1
- La Figure 16 efl un morceau d’ornement pour unefrife,& les Figurez 17 & 18 font deftinées à expliquer différentes maniérés de le travailler.
- La Figure 20 efl un morceau d’ornement où trois enroulements partent d’une même origine, Sc on voit Figure 19, comment on doit fouder les barres pour faire cet ornement.
- La Figure 22, A, efl une efpece de chafle pour tenir coup dans les endroits où l’on fait une rivure lorfqu’on ne peut pas y atteindre avec la maffe d’un marteau.
- La Figure il, B 9 eft un rivet. #
- La Figure 23 , C, efl une fàuterelle, efpece de compas à verge, dont nous parlerons lorfqu’il s’agira de monter les rampes des efcaiiers.
- Explication de la Planche IX, qui repréfente la maniéré de faire les
- Balcons ÔC d’étamper le fer.
- Nous avons dit quelque chofe dans le Chapitre I de la façon d’étamper le fer; mais ç’a été d’une façon fi générale, que je ne puis pas me difpenfor d’y revenir : je m’abfliendrai feulement de parler de la façon de faire les étam-pes * parce que je me fuis principalement attaché à traiter cet article.
- Les Figures 1 & 2 dans la Vignette, frappent fur une barre de fer pour l’étamper.
- La Figure 2 tient la barre fur l’étampe, Sc frappe fur le fer, ainfî que la Fi*, gure r.
- La Figure 3 étampe une feuille d’eau ; elle tient de la main gauche le poinçon ou l’étampe en relief qui emboutit la feuille dans l’étampe qui efl en creux.
- La Figure 4 tient avec des tenailles la feuille d’eau fur l’étampe qui efl en creux.
- La Figure J arrange les pièces qui doivent compofer le quartier tournanû d’un efcalier fur un moule de bois b b, qui en a le contour , Sc qui porte le deffein de la grille.
- La Figure 6 perce une piece avec une machine à percer pareille à celle qui efl marquée au bas de la Planche par les Figures 23 & 24.
- Les pièces qui font repréfentées fur le bas de la Planche , ne font point affervies à une échelle , parce qu’on en fait de différentes grandeurs ; ainfî ce n’eft pas ici le cas où l’on peut être embarraffé pour les mefùres. Le deffein de l’ouvrage réglé les mefures de chacune de ces parties.
- La Figure ç, A A, efl une moitié de panneau de balcon.
- La Figure 7 efl une portion de rampe qui a un quartier tournant CCC. Les mêmes lettres marquent dans ces deux figures des parties femblables.
- D D D , rouleaux en anfe de paniers; E, autre rouleau qui tient de l’an~ fe de panier.
- p.103 - vue 110/398
-
-
-
- io4 ART> DU SERRURIER:
- EF, Entre-troifes.
- G G y Montants.
- H H y Rouleaux fimples foudés avec des rouleaux en anfe de panier.
- 19 Rouleau en cul-de-lampe.
- L y Support.
- K RR y Feuilles d'eau.
- M y Graines. ;
- aa ScN, Liens à cordon.
- La fuite donne en détail les pièces qui entrent dans les deux figures précédentes. °
- Figure IO; O P Q , faux rouleau.
- Figure i r yS T y W y morceaux de fer qui ont été roulés.
- . Figure 8 y X Y y modèle de quartier tournant fur lequel on pôle les pièces de fer pour voir fi on leur a fait prendre la courbure & le rampant convenables, comme le fait l'Ouvrier , Figure y dans la Vignette.
- Figure X2y aay fer étampé propre à faire des liens à cordon. b y Cifeau avec lequel on coupe le cordon.
- C i , morceau de fer coupé pour faire un lien à cordon ; il eft vu du côté / de fon quârt-de-rond.
- C2, le même vu du côté plat.
- C 3, autres pièces qui avec la précédente forment le lien à cordon.f C 4 , le lien à cordon fini. /
- C 5 , un lien à cordon recouvert.
- C 6 y la couverture vue féparément.
- Figure 16 y dy étampe propre pour les pîate-bandes quarderonnées, pofée fur l'enclume/
- e y lien ou bride qui arrête l’étampe. -
- ffy trous pour recevoir une clavette. g y cette clavette. h y clou qui arrête la clavette.
- i y crochet qui retient un des bouts de la barre fur l'enclume pour l'empêcher de fe déranger, afin d'épargner un Compagnon. i k l y le même crochet vu féparément.
- Figure if, l y autre étampe retenue fur l'enclume par deux brides. mm y c es deux brides.
- nnm. Figure IJ1, bride de l'étampe /, Figure if, vue féparément, effy Figure i6x y bride de l’étampe dy Fig. 16 , vue féparément.
- Figure 14, p y étampe détachée de l'enclume ; a a y les crochets qui fervent à Tattacher fur l'enclume.
- Figure 17 y q, bout de plate-bande étampé.
- $ y bout de plate-bande de pièces rapportées comme on les faifoit avant
- qu'on
- 1
- p.104 - vue 111/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER,. 10;
- qu’ on eût imaginé les étampes. On voit auprès la coupe de cette plate-bande. Figure i9j r1 3 Etampe à feuilles d’eau. tz , Coupe de cette étampe.i
- r5, Poinçon pour emboutir les feuilles d’eau dans l’étampe. t* ôc F y autre forte d’étampe.
- u y Feuille d’eau Amplement forgée & coupée de grandeur; uz y Feuille d’eau emboutie y vue du côté convexe. lâ , Feuille d’eau emboutie y vue du côté concave. t% x y Etampe dans laquelle on plie le corps de la feuille d’eau en gouttière.
- u* y Feuille d’eau qui a été pliée en gouttière dans l’étampe précédente. u y Feuille d’eau qui a été cintrée fur «la bigorne. u y Feuille d’eau qu’on a commencé à onder. i? y Feuille d’eau qui a toutes fes ondes.
- F9 t6yt7y Tas qui fervent à onder ôc à perfectionner les feuilles d’eau.
- Figure 20 y A2, y Etampe pour les feuilles de palmier.
- A} y Coupe des deux branches de cette étampe.
- A4, Une des branches.
- Bz y Feuilles de palmier Amplement forgées, & découpées;
- J?* y Les mêmes embouties.
- BA y Feuilles de palmier montées fur une tige ou un rivet en tient plu-Aeurs aflemblées.
- Dz y Branche de palmier où font entortillées des feuilles de lierre.
- Ez y Feuille de lierre qu’on a commencé à forger.
- Es y Deux feuilles foudées enfemble*
- EA y Feuille de lierre Anie. . ; *
- Es y Feuilles de lierre affemblées.
- F6 y Graine de lierre.
- E7 y Tige autour de laquelle on a entrelacé des feuilles de lierre;
- Fig. 2i y Fz Piece de fer enlevée qui doit fervir de tige à pluAeurs graines, F3 F 4. Graines coupées ou détachées*
- Hz y Etampe à graines. ^
- i/4 8c H ^ y Autre étampe pour détacher les graines»
- H5, Cifeau à couper les graines, jF*, Piece qui a fes graines & feuilles d’eau;
- Figure 22 ? 23 ô 24, Machines à percer : nous les avons décrites au Livre premier.
- Figure 13 y Nz y Efpece de mordache fort commode pour travailler les liens à cordon.
- Serrurier1
- Dd
- p.105 - vue 112/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- \
- ïo 6
- Explication de la Planche X, ou Von explique la façon défaire SC de
- pofer les Rampes des Efcaliers.
- Figuré i eft un petit infiniment qui fe termine par deux pointes, & qui fait l'office d'un compas à verge pour prendre l'ouverture des angles a 8c b> c 8c ddelà Figure 2.
- Figure 2 , elle repréfente le bâti d'une rampe d'efcalier , les montants i, 2 & 3 doivent être bien d'à plomb.
- Figure 3 eft un panneau de Serrurerie quarré pour mettre fur un palier, & la Figure 4 fait voir comment on tranlporte le deffein de la Figure 3 , pour lui donner une forme de lolànge, lorfqu'on veut en former une rampe.
- La Figure y fait voir comment on peut tranlporter ce même deffein fur la fuperficie d'un cylindre , pour le mettre à un quartier tournant,
- La Figure 6 eft: une grille dont le rampant eft fort doux, & elle emprunte tous fes ornements des enroulements du fer, des feuilles d'eau 8c des graines, ce qui eft beau, mais tient un peu du goût gothique,
- La Figure 7 eft une grille dont le rampant eft un peu plus roide , & qui eft formée de feuilles d'ornement, de rinceaux & de confoles , dans le goût moderne, comme les ouvrages dont nous allons parler dans la Planche fuiv.
- Explication de la Planche XI, fur la maniéré de faire desOrnements
- au marteau, SC fur le tas•
- La Figure I dans la Vignette, travaille un fleuron au marteau ; on voit Ce fleuron appuyé fur un petit tas.
- La Figure 2%emboutit un morceau de tôle fur le plomb : le billot porte la piece de plomb.
- La Figure 3 travaille à proprement parler fur le plomb , elle releve un fleuron avec le mattoir qffelle tient de la main gauche.
- La Figure 4 joint enfemble par des rivures différentes parties d'un même branchage ou rinceau.
- Bas de la Planche.
- Figure 7, A, marteau qui fert à emboutir ; B C, marteau dont la tête B eft propre à emboutir, la panne C propre à relever.
- Dy Marteau dont les deux bouts fervent à relever.
- Figure 6, E, Taffeau fourchu par les deux bouts.
- F G , Taffeaux fendus par un bout, 8c arrondis à l'autre.
- H, Taffeau qui fe termine en coin parles deux bouts.
- /, Taffeau plat,
- K , Taffeau ou perçoire qui fert à percer les petites pièces ; on les appuie fur fon bout K , 8c on frappe deffus avec un poinçon.
- Ly Ce poinçon.
- p.106 - vue 113/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 107
- M y Taffeau ou perçoire qui fert à percer de plus grandes pièces que le taffeau K ; on le gêne dans l’étau > Sc on pofe la partie à percer vis-à-vis un de fes trous. Quelquefois on fe fert de ces tafleaux pour faire de petits enfoncements ; alors on prend un poinçon moufle 3c on ne frappe pas affez fort pour percer le fer.
- Figure 10 , N y Piece de tôle coupée pour faire le milieu d’un fleuron.
- O O y Côtés de ce fleuron.
- P Q Q y Le fleuron relevé au marteau.
- R s s y Differents revers du fleuron qui fe rapportent avec des rivures.
- Figure fy T VX, Trois pièces de tôle coupées pour compofer un rinceau.
- Tz V\ Xz y Ces trois pièces embouties & percées où elles doivent être jointes enfemble par des rivures.
- Y y Rinceau fini Sc compofé des trois pièces précédentes.
- Z y Revers fini au marteau.
- Zz y Autre revers découpé.
- Z1 y Ce revers relevé au marteau.
- Fig.i^yuaa. Clous pour attacher fur le billot la piece à relever fur le plomb*
- Figure 16 y c defg h , Differents mattoirs.
- Fig lire 9, iy iy iy iy Deux pièces de tôle pofées l’une fur l’autre : les coins / i ii renverfés les tiennent alfemblées. On voit les points qui marquent le deffeîn du fleuron.
- kl y Deux parties oppofées qui font déjà relevées ; on releve de même les unes après les autres les parties oppofées.
- mm y Le fleuron précédent fini.
- Figure % y n n y rinceau prêt à être relevé fur le plomb.
- Figure I2y 0 p, billot fur lequel on attache la piece qu’on veut relever ; la furface de ce billot eft quelquefois creufée, Sc d’autres fois en relief.
- Figure 11, AB C, Vafe de fer qui fe forme des parties fui vantes.
- DD y Piece garnie de divers étoquiaux d dP qui font l’embafe ou le focle du pied du vafe.
- E y La piece précédente pliée.
- F y Une des pièces des côtés du pied qui en forment la doucine*
- G y Tige vue féparément, & en place dans le pied.
- H y Pied fini.
- I y Virole qui fe met au-defliis.
- K y Fleuron qui fe met au-deffiis de la virole précédente.
- L y Le corps du vafe.
- M y La partie qui en fait le fond.
- N y Une des petites lames qui s’aflemblent fur le fond, Sc dont plufieurs enfemble forment le corps du vafe Sc fes godrons.
- * Ils fe voyent à côté du Vafe Fig. 11.
- p.107 - vue 114/398
-
-
-
- prog ART DU SERRURIER.
- O y Cordon qui fépare le corps du vafe de fon couvercle.
- * P y Une des viroles qui compofent le cordon.
- Q , Virole de fer roulée qui eft entre deux viroles plates. <
- R , Lame de fer plate & un peu.courbée pour compofer la virole.
- S y Mandrin fur lequel fe roule la bande R.
- T y Couvercle du vafe.
- Vy Le haut du couvercle où font aifemblées les lames dont il efl: formé. uuy marque deux lames en place. t >
- X y Petit vafe au-defliis du grand , d’où fort une flamme.
- Y y La flamme : on la fait ordinairement de bois peint en couleur de fer, ou il faudroit la faire de fonte.
- Explication de la Planche XII, où Von travaille VOrnement.
- La Figure i dans la Vignette releve une Couronne fur le plomb.
- La Figure z aifemble les confoles du couronnement.
- La Figure 3 aifemble les pièces qui compofent le cordon de l’Ordre.
- La Figure 4 monte des fleurs de Lys fur un éculfon.
- Bas de la Planche.
- Figure 5y A A E E F F, repréfènte un couronnement de grille.,
- A A y en efl la bafe.
- B B y Le plan de cette baie.
- C C y La piece qui fait la face de devant.1 D y Profil de la bafe.
- E F, E F, font les confoles du couronnement. Elles font chargées chacune de divers rinceaux & fleurons.
- Figure 6y G H y efl la partie inférieure de la confole E vue féparément.
- IK LL y Les deux pièces G H féparées ; L efl l’endroit où elles fe rivent; M N y Les deux pièces dont la partie fupérieure de la confole F efl com-
- O PQRy Les quatre pièces dont la confole efl compofée, réunies par des rivures.
- R* Un des rinceaux ,de la confole.
- Figure 7 ySS y Couronne emboutie & prête à être travaillée fur le plomb; TT V Vy Couronne finie deifus le plomb , & qui efl déjà tirée ou découpée en V V\
- XXy Couronne à laquelle on a ajouté les cordons du haut Sc du bas du bandeau.
- L, Un de ces cordons.
- Z y Diamants de la couronne qui ne font que des têtes de clous taillées à facettes. aa3
- *
- 1
- p.108 - vue 115/398
-
-
-
- c
- ART DU S ERRUR1E R, ïoç
- aay La couronne garnie de Tes diamants. b b 9 Ecuflon avec quatre rivures pour recevoir un cordon. c c y Ecuflon entouré de fon cordon , Sc garni de fes fleurs de Lys. d y Fleur de lys leparée. e c y Cordon de l'Ordre de Saint Michel. ffy Fait voir comment on fait ce cordon fur le plomb. g y Une des coquilles du cordon. h y Sa médaille. i y Cordon de TéculTon. k ky Collier de l'Ordre du S. Efprit.
- Il7 Quelques-unes de fes parties : elles fe font fur le plomb. o o o y Fil de fer auquel on rive toutes les pièces du cordon : il eft garni de perles en o o o» p y La croix du Saint-Elprit.
- q y Vafe qui fe fait à peu près comme celui de la Planche précédente. r y Son pied.
- fy Elpece de cornet, forte de vafe. t y La flamme qui fort du vafe fl
- CHAPITRE IV.
- Des Ouvrages de Serrurerie qui ontrapport à là fermeture des Portes $ des Croifées, des Armoires âC des Coffres.
- Çetïê partie de la Serrurerie donne beaucoup d'occupation aux Ou* vriers ; ainfi nous devons eflayer de la traiter en détail.
- Il faut commencer par mettre les portes, les croifées, les armoires en état de s'ouvrir & de fe fermer au moyen des charnières ou de pièces qui en tiennent lieu, telles que les pentures, les gonds, les fiches à broche ou à vafe , les couplets, &c. enfoite on les garnit de loquets, de verroux, d'elpa-gnolettes, de bafoules & de targettes , & d'autres petites ferrures qui les tiennent fermées , mais qui permettent en même temps à tout le monde de les ouvrir ou de les fermer. Enfin, pour interdire à tous autres qu'aux Propriétaires, la faculté d'ouvrir ou de fermer les portes & les coffres , on fait ufage des ferrures & des cadenas. Ce dernier travail où l'adrefle & l'induftrie des Ouvriers a plus brillé que dans tous les autres, exige de plus grands détails : mais heureufement il s'eft trouvé fait dans les papiers de M. de Réau-mur ; c’eft pourquoi, à caufe de fon étendue , & de fon importance, il fera un Chapitre particulier qui fera le cinquième de cet Ouvrage*
- Serrurier; E e
- /
- /
- p.109 - vue 116/398
-
-
-
- ïro
- ART DU S £ R RU RJ ER.
- Article I.
- Des différentes fortes de Tentures ; Paumelles , Briquets ôC Fiches ou Charnières qui rendent les portes , battantes, ouvrantes
- ÔC fermantes*
- On fortifie les aflemblages de Menuiferie par des équerres qu’on encaftre He leur épaiiTeur dans le bois , 8c qu’on attache foit avec des clous foit avec des vis ; 8c quelquefois , pour plus de foliditë , on met des équerres en dehors & en dedans, & les têtes des clous rivés font fur l’équerre du dehors ; l’autre bout ferive fur l’équerre du dedans; pour les croifées battantes 8c les portes légères , on fe fert de petites équerres à peu près comme Fig. i Planche XIII; mais pour les portes cocheres, on met des équerres B B ( Fig. 2 ) * qui ont toute la longueur de la traverfe , 8c portent à leur extrémité deux branches AA qui remontent fur les deux montants; ces branches ne font pas toujours aux extrémités des équerres, 8c le corps des équerres B B> ainfi que les branches A A, font fouvent contournés pour s’ajufter à la forme des pièces fur lefquelies elles doivent être attachées : nous en donnerons des exemples, principalement en parlant de la ferrure des équipages. Quelquefois on termine les branches par des fleurons CC, 8c quelquefois aufli on arrête le bout des branches par des crampons D D.
- On ferre donc différemment les portes fuivant leur grandeur 8c leur pe-f fànteur, & aufli fuivant le degré de propreté qu’elles exigent.
- Les grandes portes des fermes ôc des granges où l’on ne cherche que de la fblidité, font fufpendues par un pivot 8c une bourdonniere.
- Le pivot E F ( Fig. 3 Planche XIII), eft un fort étrier compofé de deux branches E 8c d’un mamelon C ; les deux branches de l’étrier embraflent le chardonnet de la porte, & elles font traverfées par des clous rivés qui ont pour point d appui l’une & l’autre branche. Le mamelon C repofe fur la crapaudine Figure 4 , & c’eft ce pivot qui fupporte tout le poids de la porte : quelquefois le pivot C ( Fig. 5 ), eft porté par une équêrre dont les deux branches A 8c B font arrêtées fur l’épaifleur du chardonnet 8c de la traverfe d’en bas par des clavettes A(Fig. <5)qui font goupillées : voilà la ferrure du bas. Celle du haut ne fert qu’à empêcher le déverfement de la porte au moyen de ce qu’on appelle la bourdonniere ; les plus Amples font faites par le haut du chardonnet de bois B ( Fig. 7 ), qui eft arrondi 8c qui entre dans une bride ou un lacet A ( Fig y2, ) , qu’on foelle au haut du jambage ; d’autres fois la bourdonniere eft formée par une douille de fer A ( Fig. 8 ), qui eft fcellée au haut du jambage , 8c dans laquelle entre un gond B qui répond à un enfourchement qui embralfe le chardonnet, 8c eft retenu fur le haut de
- p.110 - vue 117/398
-
-
-
- xr t
- ART DU SERRURIER.
- la porte par des clous rivés. On le met dans une fîtuation renverfée, pour que quand le pivot ou la crapaudine s’ufent, le poids de la porte ne charge point ce gond qui ne doit fervir qu’à empêcher le devers , 8c prévenir que la porte ne baille du nez, comme difentles Ouvriers, ou ne s’incline du côté oppofé à la bourdonniere* N
- Aux grandes portes propres & à panneaux, on fait les crapaudines en équerre A B ( Fig. y ) ; la branche horizontale de Féquerre pâlie fous la traverfè du bâti, & la branche perpendiculaire fur l’épaiffeur du montant ; le pivot C eft la prolongation de la branche verticale , & ces branches font retenues fur la Menuiferie par des clavettes A ( Eig. 6 ), qui font traverfees par des goupilles B.
- Le bout du pivot elf reçu par la crapaudine Fig. 4, 8c le devers de la porte eft retenu par des fiches à gonds AB CD ( Fig. 9 ), compofées des deux gonds A B, liés par la broche C, qui font repréfentés féparément Fig. 10 , avec la fiche à gond D , qui eft repréfentée feule en D (Fig. 11) ; les deux gonds font liés par le boulon C (Fig. 9 & 10) j mais il faut laiffer du jeu entre les deux gonds AB (Fig. 9), 8c l’aile D pour que le poids de la porte repofe toujours fur la crapaudine 8c le pivot, même quand l’une & l’autre s’ufent ; à l’égard des deux gonds AB (Fig.io), ils doivent être fcelîés dans les jambages de la porte , 8c l’aile D de la fiche à gond doit être ferrée dans le montant de la porte, étant retenue avec des broches comme nous l’expliquerons dans le Chapitre du Ferreur.
- Pour faire le pivot en étrier, on foude au bout F ( Fig. 3 ) , 8c entre les deux barres E E qui doivent embraffer le chardonnet, un morceau de fer pour faire le mamelon C, & on forge le dedans de l’étrier ou fur la bigorne ou dans l’étau.
- Le pivot à équerre Fig. y , fe fait à peu près de même, excepté qu’on ouvre à ouverture d’équerre celle des branches qui doit être pofée horizontalement fous la traverfe de la porte, 8c qu’au lieu de fimples trous, on ouvre des mortaifes qui reçoivent les clavettes Fig. 6 : nous remettons à expliquer comment fe font les fiches à gonds, 8c les gonds, après que nous aurons parlé de toutes les efpeces de pentures.
- Les pentures les plus fimples qui fervent pour les portes d’entrée dans les différents bâtiments, font de longues barres de fer dont un bout eft roulé > en anneau fur un mandrin Fig. 12 ; mais pour le mieux , il faut que l’anneau qu’on appelle le nœud de la penture foit foudé à la barre comme Fig. 13.
- Il y a des pentures qui font compofées d’une double bande appliquées de part & d’autre de la porte, de forte qu’elles reçoivent entr’elles deux toute l’épaiffeur du bois , c’eft ce que Jouffe a appelle Pentures flamandes, Fig. 14 ; quelquefois les deux branches font égales 8c femblables,quelquefois elles font de différente forme# grandeur comme dans la Fig. 14, pour s’ajufter à la
- p.111 - vue 118/398
-
-
-
- ÎI2 ART DÜ SERRURIER.
- menuiferie fur laquelle les pentures doivent être attachées.
- Les portes de chambres qui font légères, & qui ne font pas travaillées avec beaucoup de foin, fur-tout les portes battantes qui n’ont qu’un bâti couvert d’étoffe, fe ferrent avec des pentures qu’on nomme Paumelles; elles différent des autres en ce qu’elles font plus courtes & plus larges ; comme bn veut les attacher fur le bâti immédiatement auprès du nœud, elles s’é-largiffent pour prendre la forme d’une platine, afin que s’étendant haut & bas fur le bâti, leur largeur fupplée en partie ace qui manque à leur longueur pour leur donner de la force : il y en a qui s’évafent comme une pattè percée de trois trous A ( Fig. iy ), on les nomme à queue d'aronde, d’autres qu’on nomme en 5, B memefigure , fe partagent en deux parties dont une remonte & l’autre defcend, le nœud étant entre deux.
- Toutes ces pentures s’affemblent avec des gonds qui font, les uns à {bellement , les autres à patte & les autres à pointe Fig. 20,2 r, 22 8c 23, fuivant qu’ils doivent être attachés à de la maçonnerie ou à de la menuiferie: il y a cependant des pentures dont le bout fe termine en pivot A B ( Fig. 16 ) , & alors ce pivot eft reçu dans une crapaudineFz^. 17 , qui eft ou à /bellement ou à pointe. Il y a des pentures qui font droites Fig. 12,13 , d’autres font coudées Fig. 18 5 quelquefois le gond eft rivé fur l’équerre qui fortifie l’af-femblage Fig. 19 ; celles-ci font employéespour les portes qui fe ferment d’elles-mêmes. Il y a aufîi des gonds droits Fig. 20 & 21 ; d’autres coudés Fig. 22 & 23 ; entre les uns & les autres, il y en a à fcellement Fig. 20 8c 22 , d’autres à patte Fig. 23 , qui fe clouent fur la menuiferie& d’autres à pointe Fig. 2 r, qu’on enfonce dans le bois du chambranle.
- Quand une fois on eft prévenu que les nœuds des pentures fè font fur un mandrin, on ne peut être embarraffé à les forger, à moins qu’on n’y mette beaucoup d’ornements qui ne font que des acceffoires inutiles, & qu’on fait comme les autres ornements dont nous avons parlé à l’occafion des grilles , ou dont nous aurons encore occafion de parler dans la fuite.
- On pourroit citer comme un chef d’œuvre en ce genre les pentures des deux petites portes qui font aux deux côtés de la grande porte de l’Eglife de Notre-Dame de Paris. M. de Ré au mur, comme bien d’autres, a été frappé de la fingularité de cet ouvrage , & je trouve dans fes papiers, fur une feuille volante, une note que je crois devoir inférer ici.
- « Il eft certain, dit M. de Réaumur, que peu de Serruriers aujourd’hui ofe-» roient entreprendre un pareil ouvrage. Plufieurs même ont imaginé que » ces pentures ont été jettées en moule, & que Bi/cornet, ( c’eft le nom du » Serrurier qui l’a fait ) avoit le fecret de faire du fer moulé de la qualité du » fer forgé. JoulTe regrette la perte de ce fecret qui effeélivement feroit » fort à regretter, s’il avoit été découvert. Au lieu que nos pentures font en a dedans des bâtiments, celles-ci font en dehors des portes."Le corps de la
- «penture
- p.112 - vue 119/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 113
- » penture eft à l’ordinaire une large bande de fer qui forme une efpece de » tige qui jette de toutes parts une infinité de branchages, chacun défquels » en fournit d’autres. Trois pareilles pentures foutiennent chaque porte, Sc » départ & d’autre de la penture du milieu, c’eft-à-dire, entre elle Sc là penture d’en haut, & entre elle Sc la penture d’en bas, il y a une faujje pen-3> tare ; je donne ce nom à une bande de fer qui fort de tige à divers orne-» ments pareils à ceux des pentures. Ces portes qui font fort grandes font » partout couvertes d’ornements qui prennent leur naiffance de ces cinq pen-» tores ; ils font le même effet que fi la porte étoit fculptée par tout, Sc les » ornemens d’une penture rencontrent ceux de l’autre.
- » Quoi qu’on en dife, le corps des pentures Sc les ornements font de fer » forgé Sc faits, comme on les feroit aujourd’hui , de divers morceaux fou-» dés tantôt les uns fur les autres , tantôt les uns au bout des autres ; ce qu’il » y a de mieux n’eft pas même la façon dont ils l’ont été ; les endroits où il y » a eu des pièces rapportées font affez vifibles à qui l’examine avec attention 5 >3 on 11’a pas pris affez de foin de les réparer , quoique cela fût aile à faire.
- » Quoi qu’il en foit, ces pentures font certainement un ouvrage qui a de* » mandé un temps très-confidérable, Sc qui a été difficile à exécuter. Il n’eft „ pas aifé de concevoir comment on a pu fonder enfemble toutes les pièces 9} dont elles font compofées ; il y a cependant apparence que toutes celles » d’une penture l’ont été avant qu’elle ait été appliquée fur la porte ; car on » auroit brûlé le bois en chauffant les deux pièces qui dévoient être réu-» nies.
- » On n’a pas mis non plus une pareille maffe à une forge ordinaire* » il paroît néceffaire que dans cette circonftance la forge vînt chercher l’ou-» vrage *, on s’eft fervi apparemment de fbuiflets portatifs comme on s’en ferc encore aujourd’hui en divers cas ; on a eu foin de rapporter des cordons, >> des liens, des fleurons, Scc, dans tous les endroits où de petites tiges & 3) des branches menues fe réuniffoient à une tige ou branche plus confidéra-3) ble. Les pièces rapportées cachent les endroits où les autres ont été fou-» dées ; c’eft ce qu’on peut obferver en plufieurs endroits où les cordons ou » fleurons ont été emportés, ces cordons & fleurons avoient fans doute été 33 rapportés Sc réparés après avoir été foudés.
- 33 Ce n’a pas non plus été chofe facile que de rapporter fur la porte ôc d’y <« ajufter une penture de cette grandeur ; il y a même ici une chofe qui em-» harraffe ceux qui examinent ces pentures.
- » Le corps de la penture eft, comme nous l’avons dit > en dehors ; mais il » faut que le nœud foit a l’ordinaire en dedans ; pour cela, la penture fe cou-33 de à angle droit à quelque diftance du bord de la porte le plus proche des 33 gonds ; là ellepaffe au travers de la porte dans une mortaife ; de l’autre 33 côté de cette mortaife elle a un nœud pareil à ceux des portes ordinaires Serrurier« F f
- p.113 - vue 120/398
-
-
-
- ïi4 ART DU SERRURIER.
- » qui a pourtant moins de hauteur que ceux des gonds ordinaires proportion-» nellement à la grandeur delapenture.
- « Ce nœud embarraffe ceux qui n’y regardent pas d’axTez près ; ils croient » qu’il faut qu’il ait été foudé après que la penture a été attachée, & ne peu-a> vent point imaginer comment il l’a été.
- » Mais toute leur difficulté naît de ce qu’ils croient que le nœud n’a pu *> paffer au travers de la porte, parce qu’il ne paroît pas en dehors qu’on ait t> fait une mortaifo affez grande pour le laifler paffer , parce que la penture » recouvre elle-même une partie de cette mortaife. Il n y a pourtant rien en » cela que de fimple ; & fi l’on vouloir aujourd’hui fulpendre une porte avec » une penture attachée en dehors, & qui pour aller joindre le gond pafiat au » travers de la porte, on s’y prendroit précifément comme on s’y eft pris pour faire paffer le nœud de ces grandes pentures ; mais, comme nous ve-» nons de le remarquer, on a donné peu de hauteur à ces nœuds , afin de » n’être pas obligé de tailler une trop grande mortaife dans la porte.
- Comme M. de Réaumur a beaucoup travaillé fur l’adouciffement du fer fondu, il a été engagé à examiner avec attention ces belles pentures qui ont toujours paffé pour avoir été fondue, 8c quife trouvent être d’un fer doux* Les pentures dont M. de Réaumur vient de parler font donc très-chargées d’ornements , plus remarquables parce qu’elles font difficiles à exécuter,» que par leur bon goût ; on peut même dire que ces ornements font déplacés 8c poftiches ; une grande partie de la difficulté de l’exécution auroit été fauvée, fi le Serrurier avoit mis ces trois fortes pentures en dedans de l’E-glife , & qu’il eût couvert le dehors de la porte d’une dentelle de Serrurerie, qu’on auroit pu faire d’un meilleur goût que le nombre infini d’enrouie-mens qu’on voit fur ces portes. Mais dans ces temps où le goût gothique régnoit, il fembloit que les ouvrages étoient d’autant plus beaux qu’ils étoient plus difficiles à exécuter. Au moins en réfuit oit-il qu’il fo formoit d’habiles Ouvriers qui auroient exécuté avec facilité des ouvrages de meilleur goût. C’eft ce qu’on peut dire de plus avantageux pour les ouvrages gothiques.
- Je reviens à mon fojet, 8c je dis que comme il n’eft pas probable qu’on retombe dans ce mauvais goût, les pentures font des ouvrages for lefquels il n’y a pas beaucoup de préceptes à donner pour la façon de les forger ; tout le travail fe réduit, comme on l’a déjà vu, à étirer une barre, à en rouler un des bouts fur un mandrin, à percer des trous tout du long de la barre pour recevoir les clous qui doivent l’attacher; lorfque le nœud eft fait, on en foude le bout avec le corps de la penture for l’arrête de l’enclume.
- Il y a des efpeces de paumelles comme Figure ip, PL XIII, où le nœud eft fait d’une piece rapportée fur l’équerre qui fortifie l’affemblage du bâti de menuiferie. On n’en fait ufage que pour desportes battantes très-légeres & garnies d’étoffe.
- p.114 - vue 121/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. iï$
- Pour donner aux paumelles une figure en S ( Fig. ry ), on fend la pièce de fer, 8c on écarte l'une de l'autre les parties fendues*
- Il y a des façons plus compofées de ferrer ou de pendre les portes ; on les emploie dans les appartements : mais avant que d'en parler , il faut dire quelque chofe des gonds qui entrent dans les pentures.
- Les gonds confiftent en un morceau de fer qui doit s’attacher par un bout dans l'embrafure des portes, 8c porter à l'autre bout une cheville ou gougeon qui entre dans le nœud d'une penture.
- Comme les gonds doivent être attachés ou à de la maçonnerie ou à du bois, on les termine, au bout qui fait leur attache, ou par un fcellement comme Figures 20 & 22 , ou par une pointe comme Figure 21, ou par une patte comme Figure 23 ; à l'égard de la tige , on la fait le plus fouvent droite com* me à la Figure 20, & quelquefois coudée comme aux Figures 22 & 23.
- La plus fimple maniéré de faire les gonds foie en boisfoit en fcellement, eft de prendre la cheville qu'on nomme le mamelon dans la même pièce dont eft fait le corps du gond, en refoulant un peu le bout du barreau pour donner du corps au mamelon, 8c le courbant enfuite à l'équerre. Ces gonds font le-moins chers & auffi les moins bons ; la petite attention qu'ils exigent eft, par le refoulement dont nous avons parlé, de laiffer le fer plus renflé qu'ailleurs à l'endroit où doit être l'angle faillant du gond ; fans cette précaution, l'an* gle feroit arrondi, 8c le mamelon ne feroit pas bien ajufté au bout du corps du gond, ce qui arrive fréquemment à ces fortes de gonds.
- Les gonds font beaucoup mieux faits quand on rapporte le mamelon , comme nous allons l'expliquer : mais cela fe fait de deux façons différentes, une pour les gonds à fcellement, & l'autre pour les gonds en bois.
- Pour les gonds à fcellement, on perce à chaud d'outre en outre avec un poinçon 8c un mandrin le bout du corps du gond où doit être le mamelon ; on fait entrer dans ce trou le boulon qui doit faire le mamelon , 8c on les foude principalement en rivant à chaud l'extrémité du mamelon qui excede en deffous le corps du gond ; car fi l'on frappoit fur le nœud , il s'é-tendroit 8c fe fbuderoit mal avec le mamelon. Comme en perçant le nœud du gond avec un mandrin , on a étendu le fer en cet endroit, il s'enfuit que le fer faillit tout autour du mamelon , & cette faillie forme un point d'appui à l'endroit où doit repofer le nœud de la penture. Quelques coups de marteau donnés quand on perce le trou, ou fur le mandrin, ou quand on rapporte le mamelon , arrondiffent cette partie comme on le voit à laFigure 20.
- Comme les gonds en bois font plus foibles que les autres, 8c comme ils fe terminent fouvent en pointe ; on courroit rifquedeles fendre fi on les perçoit comme les autres, c'eft pourquoi on y apporte plus de ménagement.On applatit 8c on arrondit le bout où doit être le mamelon ; on y forme un noeud, à
- p.115 - vue 122/398
-
-
-
- ÏIS ART DU SERRURIER.
- peu près comme celui des pentures ; 8c quand le mamelon a été mis dans ce nœud, on foude les deux pièces enfemble. Je reviens aux autres efpeces de ferrures qu’on emploie pour pendre les portes.
- Ce qu’on nomme des fiches différé des pentures 8c des paumelles en ce que leur attache eft dans le bois, comme la partie D de la fiche à gond, Planche XIII,Fig. 9 & il, au lieu que les autres font appliquées deffus la menu iferie. La partie D de la fiche Fig. n,peut être regardée comme un tenon •qui entre dans une mortaife qu’on fait dans le bâti de bois , elles y font en quelque façon fichées , ce qui probablement les a fait appeller des fiches. Quoique cette ferrure convienne aux portes légères, on ne laiffe pas d’en mettre aux grandes portes cocheres , principalement aux Poutis ou guichets ; ^rnais ces ferrures font toujours deftinées pour les portes de menuiferie propres 8c ornées de panneaux auxquelles il feroit delagréable de voir les moulures coupées par des bandes de fer.
- • La partie des fiches qui entre dans le bois fe nomme T aileron D [ Fig. Il, Planche XIII) ; celle qui eft en dehors & qui eft analogue au nœud des pentures , eft nommée la boîte , E meme Figure.
- Dans certaines fiches qu’on nomme a vafie ( Planche XIV Fig. j é é ) ^ cette boîte plus alongée que le nœud , eft terminée d’un côté par un petit ornement qu’on appelle le Vafie , parce qu’il en a ordinairement la figure.
- La boîte de la fiche à vafe reçoit un gond M comme les nœuds des pentures ; ce gond eft ajufté à une partie F G [Fig. 27 ) , qui eft entièrement femblable à la boîte, qui porte comme elle un aileron qui fèrt à arrê-ter-ce gond dans le chambranle, comme l’aileron de la boîte B [ Fig. 21 ), l’eft dans le montant de la porte.
- Il y a des fiches qui ne portent point de gond, on les appelle desfiches à nœuds, [Fig. 11 ), ou quand elles font très-groffes, desfiches à chapelet, Fig. 24, Planche XIII: ce font de vraies charnières qui au lieu de boîte ont deux ou un plus grand nombre de nœuds ; la diftance d’un nœud à l’autre eft égale à la longueur du nœud même ; c’eft une boîte qui a été pour ainfî dire coupée en plufieurs parties, on emploie enfemble deux pareilles fiches dont l’une a un nœud moins que l’autre; les nœuds de celle-ci font reçus entre les nœuds de celle-là à la maniéré des charnons d’une charnière ordinaire, & on les retient enfemble par une brochet [Fig. 27, Planche XIII fi ou X [ fig. 8 Planche XIV) , qui enfile tous les nœuds : on voit de ces fiches aux volets brifiés, ainfi qu’aux poutis des portes cocheres.
- Pour les poutis des portes cocheres , les chapelets font faits , comme nous l’avons dit, d’autant de pièces détachées qu’il y a de nœuds tout-à-fait fembla-bles a a ( Fig. 27, 28 & 29, PL XIII ) , qui font embrochés par un fort bougon b ( Fig» 27 & 28 ) ; pour les croifées , les portes d’armoires eu les volets , les fiches à nœuds ont une aile commune à toutes Y Y [ Fig. 7 , Planche XIVfi On
- p.116 - vue 123/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. xï7
- On nomme Fiches coudées celles dont les ailerons font pliés en équerre , on les emploie dans certaines dilpofitions de portes d’armoires.
- Une autre forte de ferrure moyenne entre les paumelles 3c les fiches eft ce quon nomme les couplets Fig. 13, Planche XIV; ils s’afiTemblent à charnières comme les fiches à nœud, & ils s’attachent fur le bois comme les paumelles ; ils peuvent aulfi fervir à des volets, brifés ou non ; mais on ne les emploie jamais que pour des ouvrages de menuiferie légers, & qui ne font pas faits avec beaucoup de foin.
- Pour la fermeture des boutiques, on emploie quelquefois dès pentureS brifées par des nœuds A qui forment des couplet s Planche XIII, Fig. 3 6 ; après ce que nous avons dit, la feule infpeétion de la figure fuffit pour que l’on conçoive la maniéré de les faire.
- On donne le , nom de Briquets, une efpece de couplet A,B,C(Fig. iy^ 16 & 1 j,Planche XIV), qui ne fçauroit fe plier que d’un côté, & qui a deux nœuds , deux parties en faillie qui empêchent qu’on ne le plie des deux côtés oppofés.
- On les applique par le côté oppofé au nœud Planche XIV, Fig. ry ; les nœuds Fig.16 ô 17, n’entrent point l’un dans l’autre ; mais il y a une piece D ÇFig- iS), qui forme deux nœuds, Sc qui au moyen de deux broches, complexe la charnière , comme on le voit Fig. iy & 17.
- Les tables à manger qui ne fe plient que d’un côté, font ordinairement af^ femblées par des briquets.
- On peut fans doute varier ces efpeces de ferrure \ mais les exemples que nous venons de donner fuffifent pour jetter du jour fur les ferrures dont nous ne parlons point. Il nous refte à expliquer la façon de faire les fiches; elle eft plus recherchée & plus induftrieufe que celle des pentures.
- Pour faire une fiche à boîte Planche XIV, L K (Fig. y), on prend un morceau de tôle forte A (Fig. 20); on le coupe de la largeur que doit avoir la fiche > non compris le vafe , & on lui donne alfez de longueur, pour qu’é-; tant pliée en deux, elle fourniife la boîte Sc les deux pièces qui doivent former l’aileron. On plie cette tôle fur un tas ou fur une bigorné, & ôn formé une gouttière au milieu de la piece qui doit faire la boîtevî ( Fig. 20) ; en mettant un mandrin dans cette gouttière , on rapproche les deux parties qui doivent faire l’aileron ; au moyen du mandrin , cè rapprochement forme la boîte, Sc on fait l’aileron en foudant l’un à l’autre les deux morceaux de tôle B qui excédent le cylindre creux ou la boîte Fig. 21.
- Pour des ouvrages très-recherchés, on prend la boîte, 1 aileron & le vafe dans un même morceau, Sc on perce la boîte au foret comme on ferôit une clef ; mais ces fiches exigent beaucoup de travail, 3c elles ne font guère meilleures que les fiches ordinaires lorfqu’elles font bien faites.
- Pour faire le vafe de cette fiche,on forge un morceau de fer cylindrique C
- Serrurier. G g
- p.117 - vue 124/398
-
-
-
- n8 JRT DU SERRURIER.
- (jFig, 122), terminé à un de fes bouts par un lardon D aufil cylindrique , mais plus menu, detelle forte que ce lardon puifie entrer jufle dans la boîte de la fiche, & que la partie qui furmonte le lardon foit de la grof-feur de l'extérieur de la boîte. Le lardon qui entre'dans la boîte, y eft-retenu par une rivure ,& la portion plus grofle D (Fig. 23), doit excéder la boîte pour être figurée en forme de vafe E (Fig. 24) ; la boîte ne fera donc fermée que par un de fes bouts où fera le lardon , & l'autre bout ouvert èn cylindre creux pourra recevoir le gond. Aflfez fou vent, au lieu de la goupille , on foude dans la boîte la partie D (Fig. 23 ) qui doit faire le vafe.
- Si l'on voüloit avoir une fiche à gond, iln'yauroit qu’à faire entrer par un bout de la boîte un gond ou une broche, & ne mettant point de vafe le river fur le bout de la boîte où nous avons dit qu’on attachoit le vafe; la fiche à boîte feroit par-là changée en fiche à gond; mais il eft bon pour les 'fiches à vafe que cette broche excede parle bas de la boîte, & quelle y foit un peu renflée Fig. 2 y F, pour y faire un vafe femblable à celui qui termine la boîte. On voit les deux pièces réunies aux Figures y & 6 , & 27.
- Une fiche à nœud ou à charnière fe prend fuivant la force qu’elle doit avoir ou dans une piece de fer battu , ou dans une piece de tôle pareille à celle dont on fait les fiches à boîte ; mais pour les fiches à nœud on évide en R la piece de fer , comme on le voit Fig- 30. En la découpant, on lailfe au milieu un nombre de bandes féparées pareil au nombre des nœuds que doit avoir •la fiche.
- Chacune de ces bandes a en longueur & en largeur de quoi fournir à la hauteur & au contour d'un nœud, & elle eft découpée tant plein que vui-de; on conçoit qu'en repliant en deux & roulant fur un mandrin la partie du nœud où font les bandes , en rapprochant les ailes , & en les fondant, comme nous l'avons expliqué pour les fiches à vafe,on fait une fiche à nœud S (Fig. 9 ) 8c T (Fig. 10) , de forte qu'en réunifiant ces deux parties comme on le voit en V (Fig.11) , & en pafifant une broche X(Fig. 8), dans.tous les nœuds, la charniereéT ( Fig. 7 ) eft complété : c'eft ce qu'on nomme une fiche a nœuci ou a broche.
- Les çouplefs Z (Fig. 13 & fe font comme les fiches à nœud , excepté qu'ils ont moins de nœuds, & que-le nœud eft entièrement jette fur une des faces de l'aileron.
- A l'égard des briquets Fig. iy, 16 & 17, ils fe font'comme les couplets,excepté que les deux parties font liées par une «piece poftiche Fig. 18, quieft un double nœud ; 8c quand on amis les deux broches, il y a deux charnières accollées l'une à l'autre.
- Comme les fiches s'emploient fur des ouvrages propres, on blanchit à la lime les nœuds & les boîtes, & on a foin de tirer les traits en long, plu-fieurs même font très-exaéiement polies; à certain couplets les ailerons font découpés à^our pour les rendre plus propres.
- p.118 - vue 125/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 119
- f
- Si Ton faifoit les vafes à la main , ils exigeroient bien du temps ; mais ordinairement on les fait aflezvîte en leur donnant leur figure dans une étam-pe. Gette étampe eft quelquefois faite de deux pièces féparées, comme nous l’avons repréfenté fur la Planche III9 qui portent chacune en creux la forme de la moitié du vafe , & on leur ménage un repaire pour que la rencontre foitprécife , d'autres fois ce font des efpeces de tenailles OP (Planche XIII, Fig.28 ), au bout de laquelle P eft gravée la figure de la moitié du vafe ; on renferme la portion de fer rougie au feu & ébauchée pour former le vafe, entre cçs deux parties de Fétampe ; un Ouvrier les tient bien exactement placées pendant qu’un autre Ouvrier frappe avec le marteau fur Fendroit ou font figurés les vafes en creux : à la vérité par cette opération les vafes ne font pas finis , on eft obligé de les réparer au fortir de Fétampe avec la lime & fur un tas N {Fig. 2.6), s’aidant d’un cifeau, dont le taillant eft circulaire & qu’on nomme Dégorgeoir, parce que ces efpeces d’étampes fervent à former les gorges, Sc à creufer les parties qui détachent le corps du vafe Q {Fig. 29).
- Mais quand on travaille des fiches très-propres, on répare les vafes fur le tour.
- Article IL
- . «
- Des Ouvrages de Serrurerie qui fervent pour tenir les Portes SC les* Croifées fermées , tels que les Verroux , les Targettes ? les
- Efpagnolettes 9 les Crémones , ôCc. ,
- Nous avons fuffifàmment détaillé toutes les efpeces de ferrures qui procurent aux portes & aux battants d’armoires un mouvement de charnière , au moyen duquel on peut les ouvrir & les fermer ; mais'pour que ces portes & ces battants d’armoires folent véritablement utiles, il faut ajouter d’autres ferrures fans lefquelles celles dont nous avons parlé ne fèroient pas d’une grande utilité ; elles ne tiendroient rien à couvert puifqu’ii leur ferait indifférent d’être ouvertes ou fermées , le moindre vent les mettrait dans Fun ou l’autre état ; auftî les Serruriers ne manquent-ils jamais de les garnir de ferrures , qui remédient à ces inconvénients : les unes les tiennent fermées affez exactement, pour que le vent ni les animaux ne puiffent les ouvrir ; mais de façon que Faccès des appartements foît facile à ceux qui veulent y entrer ; la plupart des loquets font de ce genre : par d’autres ferrures y comme font quelques efpeces de loquets, & les verroux, le Proprietaire peut s’enfermer ; mais elles ne garantiffent rien de la rapine des voleurs, lorfque le Propriétaire eft forti : ce font des ferrures de ce genre dont nous allons parler. Pour que la fermeture des appartements & des armoires foit complété , il faut non-feulement que le Propriétaire puifle s’enfermer chez lui* de façon qu’on n’y entre qu’avec fà permiffion ; mais de plus il faut qu’elles foient exactement fermées quand il fort : c’eft à quoi fervent les ferrures &
- p.119 - vue 126/398
-
-
-
- s
- ' ART DU S E RRU RIE R.
- lès cadenas. Nous nous propofons de*fuivre en détail ces- différents objets > & nous commencerons, comme nous avons .fait jufqu’à préfent, parles ouvrages les plus Amples avant que-de paffer à ceux qui font plus compliqués, &
- ' pour cette raifon nous parlerons des ferrures dans un Chapitre particulier.
- - ( -
- §. I. Des Ferroux.
- »
- Les verroux fourniffentla façon la plus Ample de s’enfermer chez foi ou dans fa chambre. Ils font tous faits d’une piece de fer ronde ou quarrée qui ta une certaine longueur , Sc qui coule dans deux crampons qui tiennent le corps des verroux affujettis dans la poAtion où ils doivent être , & un des bouts du verrou entre tantôt dans un trou fait à une des pierres de l’em-brafure de la porte, tantôt dans un crampon , & quelquefois dans une gâche ; ce font ces crampons & gâches qui les tiennent fermés. Au milieu du corps du verrou eft ou un bouton, ou une queue, ou une efpece de palette affemblée à charnière avec le corps du verrou ; ces queues & boutons fer/entà ouvrir ou à fermer commodément le verrou.
- Le plus Ample de tous les verroux qu’on emploie pour les portes des fermes, parce qu’il eft très-folide, & qu’il ne lui manque que delà propreté, ce verrou A (Planche XIII, Fig. 38), eft fait d’un bout de fer for* gé rond a h ; on le fend à chaud en c pour y attacher, au moyen d’une goupille , une queue d qui fort à l’ouvrir & à. le fermer. Ce barreau coule dans les deux crampons ee dont les queues traverfent la porte,& font rivées fur l’autre côté. Ces crampons font fouvent faits.comme le lacet B (Fig. 38), & fou~ vent le bout a.9 quand on fermele verrou eft reçu dans un,pareil lacet’, la forme de la queue A varie , quelquefois elle s’affemble au point c à charnière , & étant plate comme C, elle porte un paneton ou auberon qui entre dans la fente de la ferrure plate D , & alors la porte eft aufli bien fermée que fi elle Fêtait avec une ferrure à pêne .:*on ne fait ufàge de ces ferrures plates que quand on met les verroux en dehors des portes. v '
- On en fait* d’un peu plus propres Fig. 39 , dont le corps a h eft quarré , les crampons eele font aufiî, & on rive ordinairement au milieu un bouton d qui fort à le fermer Scà l’ouvrir. On pofe fouvent ces verroux quarrés fur une platine Fig. 40.
- On met ordinairement les verroux Fig. 38, en dedans des maifons ou des appartements ; mais quand on les met en dehors , on fait la queue droite 3c fendue, pour que quand-le verrou eft fermé , elle fe rabatte fur un crampon qui la traverfe &• dans lequel on paffe un cadenas , qui tient le verrou fermé. Quand- les verroux font plats ou quarrés comme la Figure 40 , ils ne peuvent tourner dans leur crampon ; c’eft pourquoi, au lieu du bouton, on y 4jufte une queue qui étant attachée au corps du verrou par une charnière,
- peut
- N
- p.120 - vue 127/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 1%X
- peut fe relever ou s'abaiffer pour entrer dans une ferrure plate, comme nous l'avons dit, ou recevoir le crampon & le cadenas dont nous venons de parler.
- A l'égard des verroux qui fe pofent en dedans, comme en faifànt un petit trou à la porte, il feroit facile avec un crochet de pouffer la queue du verrou & d'ouvrir la porte, on met quelquefois au-deffus du verrou Figure 40 , Planche XII1, un petit crochet f qui retombe de lui-même derrière le verrou quand il eft fermé, & on ne peut ouvrir ce verrou qu’auparavant on n'ait foulevé le crochet.
- On met aux portes cocheres propres des verroux plus ornés Figure 41:; qui font, à proprement parler, de grandes targettes femblables à celles qu'on employoit autrefois pour tenir les volets fermés ; & ces targettes n'é-toient, à proprement parler, que de petits verroux de l'efpece dont nous parlons : B eft la gâche du verrou A ( Figure 41). On voit que la targette ou le vèrrou C ( Figures $ & 6, Planche XV) repofefur une platine AA(Fîg. 6), qui porte les deux crampons ou cramponnets B B, fervanc de couliffe au verrou qu'on mene par un bouton D ; on attache la platine de ces verroux ou de ces targettes fur la menuiferie avec des vis en bois ou des clous. Il eft vrai qu'on a fait des targettes dont la platine recouvroit le verrou Figure 43 , PL XIII; le bouton a tenoit à une queue qui excédoit la platine hb > 8c le verrou couloit au-deffoutf de la platine dans une cage de tôle à laquelle il y avoit une fente qui recevoit un petit bouton pour empêcher le verrou d'enfortir; la partie du verrou recouverte par la platine eft marquée fur cette Figure 43 , par des lignes ponétuées : comme ces targettes fe mettoient à des volets arrafés, le verrou entroit dans une efpece de gâche. Maintenant la platine eft prefque toujours entre le verrou & le bois ; & comme on fait les battants des croifées à recouvrement, le verrou eft reçu dans un crampon ou une gâche B ( Fig, 41 ), qü'on difpofe de différentes façons fuivantla place. ^ -
- Les verroux dont nous avons parlé jufqu'àpréfent, fe meuvent horizontalement : il y en a dont le mouvement eft vertical, & le plus fimplede tous eft celui repréfenté Figures 30 ê 3 r, Planche XIII, qu’on mettoit anciennement au bas des portes cocheres ; ce verrou n'eft qu'un gros barreau de fer quarré taillé en chanfrein par en bas, pour qu'il entre mieux dans la gâche. On foude au milieu un talon pour empêcher qu'il ne forte des crampons qui le retiennent. Onajufte en haut une boucle ou un anneau qui fert à l'arrêter à un crochet pour le tenir ouvert. Ce verrou gliffe dans des crampons B qui traver-fent le battant de la porte; & quand on l'a décroché, il retombe & fe ferme par fonpropre poids ; le crochet A qui l'empêche de retomber, eft repréfenté à part C (Fig. 31); on a fait de ces verroux Figure 30,qui étoientajuftés fur une platine. Enfin pour fermer le haut des portes, on a encore fait des verroux à cgitVLQ Figures (S* 4 J.Nous en parlerons endétaillorfqu'i! s'agira des croifées.
- Serrurier. H h
- p.121 - vue 128/398
-
-
-
- T2A
- ART DU SERRURIER..
- Je n’explique point ici comment on fait les platines ornées & à jour, parce queyen ai parlé au commencement de cet Art, Chapitre I, pag. 30 & fuivantes. On peut encore confulter fur ce fujet les Figures 31,32,33, 34,3J <§* 36 de la Planche XIV, avec l’explication de cette Planche.
- Je fuis obligé de m’écarter un peu de mon objet pour faire mieux comprendre ce que j’ai à dire fur la fermeture tant des croifées que des portes à deux vantaux.
- §. 11. Des Croifées anciennes*
- Anciennement on laiffoit un montant dormant ou meneau q q ( Fig. 4, Planche XV) , au milieu des baies des croifées, & on les traverfoit au milieu de leur hauteur par un impolie rs, de forte que la baie étoit divifée par une croix dormante ; à ces croifées, les chaffis à verre étoient arrafés, & les volets étoient à recouvrement ; les chaffis à verre , tant du haut que du bas, étoient fermés par des targettes qui entroient dans des gâches , & on n’ou-vroit prefque jamais les chaffis à verre du haut ; les volets du bas étoient fermés par des targettes dont le verrou entroit dans un crampon ; & comme on ne pouvoir fe difpenfer d’ouvrir les volets d’en haut qui étoient trop éleyés pour qu’on pût les ouvrir , fi l’on y avoit employé des targettes, on faifoit ufage des loqueteaux. v
- §. III. Changements qu'on a faits aux Croifées, & qui ont engagé à faire
- des Verroux à rejfort. ^
- Peu à peu on a élevé l’impolie pouf faire la partie d’en bas des croifées beaucoup plus grande que celle d’en haut, comme on le voit Figure 4 ; alors % on ne pouvoit plus atteindre aux targettes qui étoient au haut de cette partie ; ceft ce qui a fait imaginer les verroux à reffort & à queue Planche XIII • Figures 44 & 45^ le verrous*! eft retenu fur une platine par deux crampons B B comme le verrou des targettes ; mais comme ce verrou eft dans une pofition verticale, fon propre poids l’auroit fait defcendre & ouvrir de lui-même, fi par le frottement d’un reffort qu’on met entre le verrou & la platine, on n’avoit pas fait un obftacle à fa defcente. On voit fur les côtés du verrou deux petits oreillons ee(Fig. 10 , PL XV) qui fervent à limiter la courfe entre les deux crampons B B ( Fig. 44 & 4J , PI. XIII) ; ces verroux ferment dans un crampon qu’on met au-deffus de la croifée fur l’impofte , & ils fe ferment furie montant de la croifée. Il eft fenfible qu’en alongeantla queue de ces verroux, le bouton fe trouvoit à portée d’être faifi de la main ; & pour maintenir toujours cette longue queue dans une même fituation , on l’entre-tenoit en différents endroits par de petits crampons E qui faifoient l’office de conducteurs.
- On a fait encore un grand ufage de ces verroux à reffort pour fermer les
- p.122 - vue 129/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER,.
- armoires ; le verrou qui fermoit le haut avoir une longue queue , <§C celui du bas en avoir une allez courte.
- On a tôujoursfait le bout des verroux en chanfrein Z ( Fig. îo , Planche XV) , afin que fi le bois fe déjettoit, la pointe du verrou prenant dans le crampon , on pût, en forçant un peu , obliger le bois de revenir dans fon joint. Afin de rendre le chanfrein plus confidérable, on a fait des verroux très-étroits & fort épais Z ( Fig. io, Planche XV") ; mais il falloit que le battant fe fût peu déjetté pour que ce moyen le fît revenir. Il en a été à peu près de même des verroux qui portoient à leur extrémité un crochet g ( Fig. 12 ), & qui fe fermoient en tirant le bouton en enbas ; l'avantage quon fe procuroit, fe réduifoit à ce qu'on a plus de force en tirant le bouton en enbas qu'en le relevant; mais quand la croifée étoit alfez déjettée pour que le crochet ne prît point dans le crampon elle bâilloit toujours par le haut.
- La forme des croifées a encore changé, & au lieu de les arrafer dans le montant ou le meneau du milieu , on les a faites à recouvrement ou à noix ; dans l'un & l'autre cas, un battant s'appuyant fur l'autre, & n'y ayant plus de meneau dormant, il fuffifoit d’arrêter le vantail qui s'appliquoit fur l'autre pour que les deux le fuffent ainfi avec deux verroux à reffort attachés fur le vantail qui recouvroit l'autre ; les deux étoient fermés , le verrou d'en bas entroit dans une gâche qui étoit fur l'appui de la fenêtre 9 & celui d'en haut dans un crampon.
- Il a enfuite paru plus commode de n’avoir à porter la main que fur un bouton pour ouvrir ou fermer une porte d'appartement, une çroifée , une armoire.
- i
- §. IV. Deux Verroux liés par une barre de fer nommée Crémone.
- ;
- La plus fimple maniéré de produire cet effet étoit de joindre le verrou d’en haut avec le verrou d’en bas par une verge de fer, ou de faire que les queues des deux verroux fe joigniffent, & qu'elles fuffent foudées l'une à l'autre, en faifànt le verrou d'en bas comme les autres verroux à reffort, & le verrou d'en haut à crochet Fig. 12, Planche XV 9 Sc en mettant à, la hauteur de la main un bouton ou une main k ( Fig. 13. ) Il eft clair que lorsque l'on abaiffoit la main, les deux verroux fe fermoient, & qu'en pouffant en haut la même main , les deux verroux s'ouvroient , parce qu'au moyen du crochet Figure 12, les deux verroux fe fermoient en baiffant, & ils s’ou-vroient en montant. On faifbit la main k ( Fig. 13 ) , à charnière, afin qu'elle n’accrochât point lorfqu’on paffoit par les portes. Ces verroux qu'on a nommés Crémoney ne font plus d'ufage ; on leur a préféré les efpagnolettes à baf* cule Figure I j*, Planche XV*
- p.123 - vue 130/398
-
-
-
- *33 * R T 'DU S E R RU RI E -R.
- §. V. Efpqgnoleites abafcule.
- A 8c B font les queues des deux verroux à reflort a bya b. CD eft un ^levier qui1 a fon point d'appui au point G où eft un tourillon H9 fur lequel il tourne, & ce tourillon 7/eft fermement attaché à la platine E F qui eft arrêtée par des vis au montant de la croifée ou de la porte , l'extrémité I du verrou A eft attachée à l'endroit i du levier CD 9 8c le bout K du verrou B eft attaché au point k de çe même levier ; ces attaches i 8c k font des goupilles rondes qui ont la liberté de tourner dans les trous 18c K qui font l'extrémité des verroux. Il y a un bouton en Z), & on fait le levier CD aflez long pour que celui qui ferme la croifée puifle vaincre la réliftance que les verroux éprouvent, pour entrer dans leurs gâches. Ces elpagnolettes à baf-cule font fort bonnes, for tout depuis qu'on a beaucoup diminué le balan-_ cernent des queues des ver roux,occafionhé par le levier CD.Voici comme on y eft parvenu : d’abord les queues des verroux n’étoient point coudées ; elles alloient s'inclinant un peu de côté & d'autre répondre tout droit aux points i k, ce qui produifoit un grand balancement qu'on a évité en partie en fai-fant à l'extrémité des queues des verroux les coudes arrondis qu'on voit dans la Figure i j; maintenant on pofe fur une platine E F ( Fig. iy ) une rondelle de fer retenue par le tourillon H qui lui permet de tourner quand on appuie fur la queue D , qu'on fait affez longue, & qui emporte avec elle la rondelle G : à la circonférence de cette même rondelle font attachés par deux goupilles rivées les bouts des deux verroux A B qui peuvent tourner fur les goupilles ik 9 il eft évident que quand on haulfe ou quand on baiflfe le levier D pour faire tourner la rondelle, les deux verroux montent ou defoendent en même temps; le balancement des verroux eft moindre qu'il n'étoit d'abord à caufe du coude de la queue des verroux A B , ainfi qu'il eft repréfen-té dans la Figure iy. On recouvre ordinairement ces bafcules par une elpece de palâtre qui les rend fort propres.
- §. VI. Des E/pagnolettes à pignon.
- On efl: encore parvenu à faire que les coudes des verroux ne balancent point du tout par un moyen fort ingénieux & commode, qui eft connu fous le nom à’Efpagnolette à pignon *.
- On place Figure 16, au milieu de la platine FF, un pignon ou une petite roue dentée qui tourne fur un axe quitraverfe la platine FF p ainfi que la couverture ou le palâtre qui recouvre tout cet engrenage, & qu'on h'a point repréfenté dans la figure; le bout des deux verroux AB eft coudé à angle
- * Je ne fçais ce qui a fait appeller E/pagnolettes toutes les ferrures dont nous parlons j car il efl probable qu’elles ont été imaginées par les Serruriers de Paris.
- droit
- p.124 - vue 131/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. i2f
- droit en CD, Sc chacun porte un rateau qui engrene dans la roue dentée placée au centre de la platine. On voit que quand on haufle le bouton G, on éleve le verrou 2?, mais en même temps on éleve aufli le rateau de ce verrou qui engrene dans le pignon , lequel engrenant dans le rateau du verrou A, fait def cendre ce verrou de la même quantité que l’autre s’élève, ce qui rend très-fènfible le jeu des deux verroux, tant pour ouvrir que pour fermer la porte ou la croifée.
- Pour empêcher que les rateaux ne s’écartent du pignon , on a pratiqué fur chaque piece une ouverture longue dans laquelle il y a des conducteurs ou petites chevilles qui font rivées fur la platine FF. On met de diftance à autre le long des queues des verroux, des conduéteurs L, & on couvre tout l’engrenage d’un palâtre qui rend ces efpagnolettes fort propres*
- Toutes ces efpagnolettes ont cet avantage que les queues des verroux fe prolongeant fur toute la longueur des battants, elles les empêchent un peu de fe voiler , mais elles n’ont pas celui de les faire revenir à leur place quand ils le font : c’eft ce qui a fait donner la préférence aux efpagno-lettes dont nous allons parler ; mais auparavant il eft bon de faire remarquer qu’on eft parvenu à tenir les volets fermés par les mêmes efpagnolettes à verrou que nous venons de décrire : le moyen eft bien limple ; on mettoit fur la queue des verroux un paneton qui, quand le verrou s’élevoit ou s’abaif» foit, portoit fur un autre paneton attaché au volet ; & quand on chan-geoit le verrou de fituation , comme les deux panetons ne fe recouvroient plus, on pouvoit ouvrir les volets fans ouvrir les chaflîs à verre ; il eft vrai que la rencontre de ces deux panetons exigeoit de la précifion, & qu’ils étoient expofés à fe détraquer.
- §. VII. Des Efpagnolettes a agrafe & à pignon.
- L’Efpagnolette dont nous allons parler, fert en même temps à fermer les chaflis à verre & les volets , on peut la nommer a agraffe & à pignon ; fà prin* cipale partie Fig. 18 , Planche XV, eft une verge de fer ronde rr,au(ÏÏ longue qu’un des montants du chaffis à verre, elle eft retenue contre le montant qui eft à recouvrement par des lacets à vis 11 u u , elle a autant de colets, c’eft-à-dire, d’endroits où elle a moins de diamètre qu’ailleurs, qu’il y a de lacets employés à la retenir. Chaque lacet A B ( Fig. 19 ) , a une tête fonde formant une efpece d’anneau qui entoure un des collets de la verge rr{ Fig. 18 ); comme le diamètre de la verge eft plus grand au-deffus du collet, on ne reflerre l’anneau du lacet que quand la verge y eft engagée : on voit un collet en b b ( Fig. 20.
- Il eft déjà aifé de comprendre que la méchanique qu’on emploie ici ne ref femble point à toutes les efpagnolettes dont nous avons parlé jufqu’à pré-fent, puifque la verge ne peut ni s’élever ni s’abaifler ; mais elle peut tour-Serrurier. I i
- p.125 - vue 132/398
-
-
-
- X2Ô ART DU SERRURIER:
- ner autour d’elle-même. Voyons d’abord comment, en tournant, elle ferme le chaflîs haut & bas : chaque extrémité de la barre rr( Fig. 18 ) a une partie r s en crochet qui eft perpendiculaire au corps de la verge ; ce crochet qu’on appelle le paneton de Iefpagnolette , eft perpendiculaire au chaflîs lorC-que l’efpagnolette eft ouverte, & il eft parallèle au plan du chaflîs, lorfque l’efpagnolette eft fermée ; ce paneton eft coudé à angle droit près de fon extrémité : quand le corps du paneton eft parallèle au chaflîs, fon coude fè trouve accroché dans un crampon, ou quelque chofe d’équivalent, & il s’en dégage quand le corps du paneton devient perpendiculaire à la traverfe de la croifée.
- La piece qui fert de crampon peut être faite de différentes maniérés ; mais avant que de nous occuper de ces petites variétés, voyons le fécond effet de l’e£ pagnolette qui confifte à tenir les volets fermés. On a imaginé quelque chofe de plus Ample ; mais voici comme on s’y prenoit d’abord.
- Il y avoit deux platines de fer £ £ attachées contre le montant du chaflîs \ verre qui fait le recouvrement : l’une eft proche du bout fupérieurde la verge, & l’autre de fon bout inférieur. Dans chacune de ces platines étoient arrêtés deux des lacets à vis 11, qui arrêtoient la verge de l’efpagnolette ; la partie de la verge qui eft entre ces deux lacets étoit affujettie à une partie de pignon qui n’a-voit de dents que fur un quart de fà circonférence a a ( Fig. 18 & 20 ) ; le nombre de ces dents n’alloit ordinairement qu’à trois ; le refte delà circonférence du pignon étoit uni & circulaire ; la partie où les dents étoient taillées étoit circulaire par rapport au chaflîs ; quand l’efpagnolette étoit fermée , ce pignôn portoit une efpece de long paneton Z d’environ fîx pouces de longueur , on le nommoit Iaileron, & il étoit perpendiculaire à la verge de l’efpagnolette. Quand cet aileron s’appliquoit contre le volet, il le tenoic fermé ; un autre aileron pareil Z% ( Fig. .18 & 21 ) s’appuyoit fur l’autre volet, & le tenoit cje même fermé; ce fécond aileron étoit aufli la queue d’un fécond pignon jy qui n’avoit, comme l’autre, des dents que dans le quart de fà circonférence ; mais celui-ci avoit un eflîeu particulier qui étoit retenu par deux petites pièces V , perpendiculaires à la platine fur laquelle elles étoient rivées ; le pignon a de la verge, & celui b qui en eft féparé, s’en-grenoient l’un dans l’autre ; ainfi lorfqu’on tournoit la verge dans ces fens, on tournoit les deux ailerons jufqu’à les obliger de s’appliquer l’un contre l’autre ; l’aileron Z qui tenoit au pignon a de la verge, en fuivoit le mouvement ; mais en même temps, au moyen de l’engrenage , il faifoit tourner l’autre pignon b dans un Cens contraire du fien , 8c l’aileron Zz s’approchoit de l’aileron Z ; alors on pouvoir ouvrir les deux volets. On arrêtoit au contraire les deux volets en faifànt tourner la verge dans un fens contraire ; car les deux ailerons s’écartoient l’un de l’autre jufqu’à ce qu’ils fulfent dans une même ligne droite , l’un & l’autre étant exaélement appliqués contre les volets.
- /
- p.126 - vue 133/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 127
- Pour que les volets & les chafiis à verre reftaffent fermés, il ne s’agiffoit plus que de fixer la verge dans cette pofition ; pour cela, entre les deux nœuds u u ( Fig. 18 ) , on joignoit à la verge une efpece de queue .%• qui lui étoit attachée par un boulon ou une charnière j cette queue pouvoit s’élever ou s’abaiffer, par conféquent on pouvoit la faire aifément entrer dans un crampon à patte y qui étoit attaché à un des volets, & alors tout étoit fixé ; c’eft cette même piece qui fervoit de main ou de levier pour ouvrir la croifée, ce qui s’exécutoit en levant la queue x pour la dégager du crampon y, en-fuite on la faifoit tourner horizontalement, la verge fuivoit ce mouvement, les ailerons fe relevoient, & déjà on pouvoit ouvrir les volets; en même temps les griffes ou agraffes r s fe dégageoient de leurs crampons, Sc rien n’empê-choit qu’on n’ouvrît les chaffis à verre. Ces pignons étoient fujets à fe détraquer; les ailerons étoient embarraffants. C’eft pour ces raifons qu’on a abandonné ces fortes d’efpagnolettes, Sc celles qu’on fait aujourd’hui font infiniment plus fimples. Nous allons en parler.
- §. VIII. Des Efpagnolettes à agraffe fimpie.
- Les efpagnolettes à agraffe dont il s’agit font, pour le corps de l’efpagno-lette, tout-à-fait femblables à celle dont nous venons de parler ; le chafiis à verre eft fermé par les crochets ou agraffes qui font en haut Sc en-bas ; elles n’en different que par i’ajufternent qui eft deftiné à tenir les volets fer-^ més ; cet ajuftement eft beaucoup plus fimple, auffi maintenant on n’en fait prefque point d’autres. L’efpagnolette à agraffe Figure 22 , aune tige de fer aflujettie fur un montant delacroifée par des pitons à vis Fig. ip , reçus • dans des collets ; les bouts de cette tige de fer portent pareillement des crochets qui prennent dans des gâches tenant au dormant : ces efpagnolettes ont, comme les autres, un levier D en forme de poignée pour tourner l’efpagnolette ; mais elles n’ont point les pignons dentés & à aileron qu’on voit aux Figures 18,20 & 21.
- On foude fur la barre deux ou trois panetons a ( Fig. 22,23, 24 ) , dont la faillie doit être dans le même plan que la main ; quand donc on met la main perpendiculaire au plan de la croifée, les petits panetons le font auftl ; on a attaché fur le volet qui doit fermer le chafiis à verre qui porte l’efpagno-lette, Sc vis-à-vis le petit paneton dont nous venons de parler, une efpece de porte b ( Fig. 22 & 2j) , qui n’eft autre chofe qu’une plaque de fer qui a un œil quarré , ou qui eft fuffifàment évidée pour recevoir le paneton, Sc ces pièces font un peu courbées par leur bout, de façon que quand le volet eft fermé, cette partie recourbée embraffe la verge de l’efpagnolette.
- On conçoit que les petite panetons a étant dans une fituation perpendiculaire au plan delà croifée, fi l’on abat le volet, le paneton a entre dans l’ou-
- p.127 - vue 134/398
-
-
-
- ,28 ART DU SERRURIER.
- verture de la porte b , & fi Ton retourne la main pour fermer 1 efpagnolet-te , les panetons a s’agraffent dans la porte b, & ce volet fe trouve fermé. A Tégard de l’autre volet, on attache deflus de petites pattes c ( Fig. 22 & 26) dont le bec c a alfez de longueur pour être un peu attrapé par le bout du paneton a ( Fig,. 22 <9 23 ) : on conçoit donc que par les trois petites pièces a b c ( Fig. 22 ) , les volets font auffi exaélement fermés par les elpagno-lettes que fi l’on avoit mis les pignons de la Figure 18. .
- Quelquefois on a compris ces agraffes entre deux nœuds qui traverfoient une petite platine d ( Fig. 22 & 24 ). Mais communément on n’en met point, & on met tout Amplement les agraffes comme a b ( fïg. 28 ) fans platines.
- Une chofe qu’il eft plus important de faire remarquer, c’eft qu’on ne peut pas fe fervir d’un crochet à patte y ( Fig. 18 ou 30) , pour arrêter fur le chaffis à verre la main des efpagnolettes , quand on veut qu’elle ferme en même temps les volets, parce que l’épaiffeur de ces crochets empêcheroit les volets de s’approcher des chaffis à verre ; dans ce cas on met fur le dehors des volets le crochet à patte y ( Fig. 18 ), & fur les chaffis à verre, on met de petits crochets plats G (Figure 27 ou 35), quife brifent à charnière en G tout auprès du montant, afin que ce crochet puiffe fe coucher fur le montant fans faire dJépaiffeur, lorfqu’on veut fermer les volets.
- La Figure 28 nous fervira à faire remarquer qu’on trouve encore quelques efpagnolettes qui fervoient par en bas à faire monter & defcendre un verrou au moyen d’un pas de vis très-alongé A, qui prenoit dans un écrou taraudé dans l’intérieur du verrou ; on voit que tournant la barre de l’efpa-gnolette , on faifoit monter & defcendre le verrou. Apurement cette conf truébion ne vaut pas le crochet dont on fait ufage aujourd’hui ; mais il y a apparence qu’on ne s’efi: pas déterminé tout d’un coup à abandonner les ver-roux qui étoient prefque la feule fermeture dont on fît ufàge.
- En examinant toutes les efpeces d’efpagnolettes qui fe trouvent dans des bâtiments qui commencent à devenir anciens, on reconnoît que les efpagnolettes ne font pas parvenues tout d’un coup au degré de perfection où nous les voyons aujourd’hui. Les premières efpagnolettes étoient trèsffimples,& fem-blables à la Figure 2p. Les pitons étoient attachés fur les montants par des efpeces de pattes a a; ils ne pouvoient fervir qu’à fermer des chaffis à verre ; Sc comme la main ne devoit point embraffer de volets, on fe contentoit de fendre le barreau , & de retenir dans' cette mortaife l’extrémité de la main avec une goupille , de façon néanmoins qu’elle pouvoit s’élever & s’abattre ; ou bien on faifoit la main à charnière, comme on le voit en£( Fig. 25? & 30 ). Onfe fert encore de ces efpagnolettes fimplespour fermer les croifées qui n’ont point de volets, ou certaines portes.
- Si dans le commencement de l’invention des efpagnolettes, on vouloit couvrir de volets les chaffis à verre, ou bien les volets étoient tenus fermés
- par
- p.128 - vue 135/398
-
-
-
- r *
- ART DU SERRURIER. 129
- par des verroux , des targettes ou des loqueteaux ; ou bien on mettôit une fécondé elpagnolette fur un des volets ; cette elpagnolette Fig. 30, avoit haut & bas des crochets qui tenoient fermé le volet ou elle étoit attachée, & outre cela elle avoit', comme nous l’avons dit, deux grands ailerons C C qui, quand il s’agifloit de fermer les volets, s’appliquoient fur le volet auquel la verge de l’elpagnolette n’étoit pas attachée ; cette fécondé elpa^ gnolette avoit aufli une main b pour la tenir fermée.
- §, IX. Comment onfait les Ejpagnolettes pour fermer les Volets aux Croifées qui
- ont un Impojle.
- Quelquefois les Propriétaires défirent avec raifon qu’il relie au haut de leurs croifées au moins quatre carreaux dormants , comme on le voit à la Fig. 4, Flanche XV:l es chaffis à verre compris dans ces croifées depuis l’impofte jufqu’au haut relient toujours fermés, ainfi point d’embarras à cet égard. On peut les tenir fermés avec des verroux, des targettes & des loqueteaux qui ne fervent que quand on nettoie les vitres ; & l’efpagnolette ne s’étend que depuis l’impolie jufqu’en bas, ce qui fuffit pour les chaffis à verre j mais les volets font rarement interrompus, ils s’étendent depuis le bas jufqu’au haut de la croi-fée ; fi l’efpagnolette fe termine en q ( Fig. 4 ), ou à l’impolie, la partie q r des volets n’ell point foutenue par l’efpagnolette ; fouvent il n’y a pas grand mal : comme cette partie n’ell pas confidérable, pour peu que les bâtis foient forts & de bois fec, cette partie fe maintient fans fe déjetter : mais on veut quelquefois quelle foit aflujettie ; alors on emploie deux moyens, l’un efl de prolonger l’efpagnolette jufqu’en r , & tout l’inconvénient qui en réfulte fe réduit à ce que quand le chaffis à verre efi: ouvert, on voit un bout d’efpagnolette qui en excede le bâti : l’autre moyen qu’on emploie plus communément confifle à couper l’elpagnolette en q ( Fig. 31), d’attacher la partie q r fur la partie dormante q r du chaffis à verre de la croifée Fig. 4, le bas de cette partie fe termine par un enfourchement dans lequel entre le tenon S qui termine la partie d’en bas de l’elpagnolette ; & au moyen de ce tenon qui fe loge dans l’enfourchement, quand on ferme la croifée, la partie q r efl emportée par la partie d’en bas , & elle en fuit tous les mouvements, comme fi l’efpagnolette étoit d’une feule piece.
- §. X. De quelques façons de fermer les Contreventsi
- A la campagne, fur-tout aux croifées du raiz-de-chauflee qui donnent fur les parcs, on defire quelquefois avoir des contrevents qui rendent les appartements plus fûrs contre les voleurs , & qui protègent les croifées qui fans cela relient expofées aux injures de l’air, même pendant l’abfence des Maîtres; la plupart de ces contrevents font ferrés avec des pentures qui Serrurier. K k
- 1
- p.129 - vue 136/398
-
-
-
- i3o ART DU S ERRURIE R.
- font clouées fur les contrevents , 8c des gonds fcellés dans les pierres de taille qui forment le tableau ; de cette façon toute 1 eau qui coule le long du mur , tombe fur le contrevent, qui pourrit quoique fouvent on ait la précaution de mettre au haut des contrevents une emboîture de chêne qui réfifte mieux à la pourriture que le bout des planches de lapin dont eft formé le contrevent. Il eft mieux de ferrer les contrevents par en bas avec un pivot coudé qui aboutifleà une crapaudinefcelléedans l’appui, & de mettre en haut une penture coudée pour que le contrevent étant fermé, il entre dans Fern-brafure de la croifée , & qu’il foit un peu à l’abri de la pluie. Comme on veut que les contrevents paroiflent le moins qu’il eft poffible quand ils font ouverts, on les peint en blanc fur le côté qui alors fe montre en dehors ; & comme d’un autre côté on trouve agréable que les baies des croifées foient marquées quand les contrevents font fermés , on peint en brun l’envers du contrevent, ou la face qui fe montre ; moyennant cette attention, les contrevents paroiflent peu quand ils font ouverts ; 8c qftand ils font fermés, l’ouverture des croifées fe diftingue bien des murs.
- Pour tenir ces contrevents fermés , on ne peut pas fe fèrvir de crochets , parce que les chaflîs à verre font maintenant à noix ; mais les Serruriers ont imaginé différents moyens qu’ils ont variés fuivant les circonftances , & qui la plupart produifent aflez bien ce qu’on defire.
- Les contrevents dont nous venons de parler font fort bons ; mais ils ne font pas auflî propres que ceux qui font ferrés fur le dormant de la croifée , & qui s’appliquent immédiatement fur le chaflîs à verre ; ces contrevents ont à l’ordinaire deux vantaux , & chaque vantail fe plie en deux ; quand les murs ont aflez d’épaiflèur, le contrevent ainfi brifé n’excede point, quand il eft: ouvert , le tableau de la croifée ; mais quand le mur n’a pas aflez d’épaiflèur relativement à la largeur des croifées, on forme la brifure de façon quelle fe trouve fur l’angle du tableau, & une partie du contrevent fe replie en dehors fur le mur ; quand le contrevent eft fermé , il doit s’appliquer exactement fur le chaflîs à verre : il refte à favoir maintenant comment avec des chaflîs à verre qui font à noix , on peut tenir les contrevents fermés. C’eft ce que nous allons expliquer le plus clairement qu’il nous fera poflîble.
- L’efpagnolette n’a aucun rapport avec le contrevent, ainfi elle eft faite à l’ordinaire. Comme les contrevents font brifés, ils font garnis dans leur hauteur de trois pentures reçues dans trois gonds à pointe qui entrent dans les montants du dormant, & à l’endroit de la brifure elles ont une char-
- 4
- niere comme une fiche à broche ; l’extrémité de ces pentures s’étend juf-qu’au bord du contrevent, & les bords font taillés en chanfrein, afin que les deux vantaux puiflent rentrer d’environ un demfpied dans-l’intérieur de la chambre, lorfque les chaflîs à verre font ouverts ; c’eft pour cette raifon que les contrevents ne portent pas jufqu’à l’appui; ils fe terminent par en bas
- i
- p.130 - vue 137/398
-
-
-
- ART DU SE R R U RI ER. 13 î
- à la hauteur du jet-d’eau du chaffis à verre ï on retire donc en dedans les deux vantaux du contrevent dont les bords s’éloignent l’un de l’autre , d’autant plus qu’ils entrent davantage dans la chambre pour la même raifon qu’ils s’éloignent quand on les pouffe en dehors pour les ouvrir. Or il y a fur le montant du chaffis à verre qui porte la gâche de la noix , fix crochets qu’on place pour plus grande folidité à la hauteur des bandes des pentures des contrevents, & trois de ces crochets ont leur croc à droite ♦ & les trois autres ont leur croc à gauche. Suppofons maintenant qu’on a tiré en dedans de la chambre les deux vantaux des contrevents , & que pour la raifon que nous avons dite , il s’en faut d’une certaine quantité que les bords ne fe touchent ; on pouffe les chaffis à verre dans leur baie pour les fermer à lor-dinaire ; les crochets paffent entre les bords des deux vantaux du contrevent ; & continuant à pouffer les chaffis à verre, on pouffe en même temps les contrevents , dont les bords fe rapprochent d’autant plus qu’ils font plus près d’être dans le plan de la croifée ; ils s’engagent ainfi fous les crochets qui les retirent, & empêchent qu’on ne les puiffe ouvrir jufqu’à ce qu’ayant ouvert les chaffis à verre, & ramené les contrevents en dedans de la chambre, les bords des vantaux du contrevent s’écartent, & fe dégagent des crochets qui font fur le montant du chaffis à verre ; alors ayant ouvert les chaffis à verre , on pouffe en dehors les contrevents.
- Comme ces contrevents s’appliquent très-exaélement fur les chaffis à verre , il faut qu’ils s’ouvrent de toute la hauteur arce que l’épaiffeur de i’im-polie, s'il y en avoit un, ne permettroit pas d’en faire ufàge.
- Comme le contrevent fe termine au-deffus du jet-d’eau du chaffis à verre 3 ce qui eft néceffaire pour qu’il entre dans la chambre, ce jet-d’eau femble fait pour le contrevent lorfqu’il eft fermé.
- On pourroit placer les crochets du chaffis à verre à la hauteur qu’on vou-droit ; ils ne retiendroient pas moins les contrevents : mais il eft mieux qu’ils fe rencontrent fur l’extrémité des pentures.
- On a coutume de mettre fur les contrevents aux endroits où fe rencontrent les crochets , un morceau de fer recourbé, ou une efpece de gâche qui les recouvre, & qui empêche qu’avec une pince on ne puiffe les rompre.
- §. XI. De lafaçon de faire les Efpagnolettes.
- Apre’s avoir amplement décrit toutes les bafcules & efpagnolettes qui ont été , ou qui font en ufàge , il faut dire quelque chofe de la façon de les faire; mais je m’attacherai particuliérement à celles qui font le plus d’ufage, celles dont j’ai parlé en dernier lieu , & qu’on connoît fous le nom d*Ef pagnolettes à agrafe.
- Pour faire une de ces efpagnolettes , on prend un barreau de carillon, Fi-
- p.131 - vue 138/398
-
-
-
- ï32 ART DU SERRURIER. ^
- gure 46, Flanche XIII. qui doit avoir une longueur pareille a la hauteur delà croifée ; on en abat les angles Sc on lui forme huit pans ; enfuite on l’arrondit à Tétampe comme je Fai dit plus haut, c’eft-à-dire , qu’on le forge entre deux étampes qui font creufées chacune en demi-rond , & en retournant fréquemment le barreau dans l’étampe , il eft bientôt arrondi comme une tringle. Il eft queftion enfuite de renforcer les endroits qui approchent des nœuds; pour cela , on forge des mifes en viroles ou des anneaux qui relient ouverts , Sc on les foude aux endroits qui avoifinent les nœuds commet h cd ( Fig. 47 ) 5 comme ces endroits doivent avoir des collets Sc être ornés de moulures ainfi que cdef( Fig. 3 y ), on finit par les forger fur une étampe qui porte en creux les moulures qu’on veut faire en relief fur le barreau ; on frotte l’étampe de fuif ; on retourne fréquemment le barreau à mefure qu’on le forge dans l’étampe, & en très-peu de temps les ornements des moulures font faits ; il n’eft plus queftion que de les repafler un peu avec la lime.
- Lorfqu’on fait des efpagnolettes très-propres , on ne fe fert point d’étam-pe , on met fur le tour les endroits où doivent être les moulures comme b c ( Fig. 48 ), & on forme toutes les moulures avec l’outil, enfuite on foude ces morceaux travaillés au tour fur la tige de l’efpagnolette.
- Quand on fe propofe de les bronzer, on fe contente de les blanchir ; mais fi l’on veut les mettre en couleur d’eau , il faut leur donner un beau poli ; alors il ne s’agit plus que de les attacher fur le montant du chaflis ; cela fe fait, comme nous l’avons déjà dit, par des lacets ; auxquels on donne différentes formes fuivant le goût du Serrurier. Mais il eft plus important de dire comment on met ces lacets en place à V tnàcoit f (Fig. 47) ; les parties a b cd étant plus groffes que le collet f qui les fépare, il n’eft pas poffible d’enfiler le lacet par le bout de l’efpagnolette; les Serruriers s’y prennent de deux façons différentes, qui font à peu près auffi bonnes l’une que l’autre. On forge un morceau de fer b c ( Fig.] 48) , qui eft affez large au milieu pour former le corps du lacet, Sc il fe termine en pointe par les deux extrémités pour en faire la queue ; on étampe le corps pour lui donner la forme qu’on juge convenable , on replie ce lacet fur un mandrin qui doit être de la même grofleur que la partie du collet^ Fig. 47 ) , où il doit être placé ; les deux pointes rapprochées, foudées, & taraudées jufqu’en e ( Fig. yo ), forment la queue du lacet ; mais on chauffe Sc on ouvre le corps du lacet, commey’( Fig. yo ) , pour le mettre en place ; Sc quand on l’a mis à l’endroit/^ Fig. 47 ), on le ref-ferre avec l’étau pour lui faire reprendre fa première forme ; d’autres ( Fig. 49 ) , après avoir foudé la queue a du lacet à la partie b c qui en doit faire le corps , roulé & foudé cette partie b c, coupent l’anneau comme on le voit ma (Fig.^i); puis ayant chauffé & ouvert l’anneau, ils le paffent dans le collet, Sc le refferrent dans l’étau ; & quoique le corps du lacet ne foie que rapproché, la feule force du fer fuffit pour qu’il ne s’ouvre jamais, quand
- on
- s
- l
- p.132 - vue 139/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 133
- on Ta mis en place comme^( Fig. 35* ), la queue ayant traverfé le montant de la croifée, eft arrêtée par l'écrou D ( Fig. yo) qui eft de l'autre côté du montant : on voit Fig. y 2 , toutes les pièces féparées qui doivent former la main d'une efpagnolette femblable à C (Fig. 3 y ).
- On a repréfenté en D ( Fig. y3 ) , un paneton préparé pour être mis en place comme on le voit en D ( Fig. 35).
- On voit Planche XV, Fig. 19, A 8c B , des lacets dont nous avons déjà parlé plus haut.
- Pour rendre les poignées & les agraffes des efpagnolettes plus propres , ' on les découpe quelquefois comme on le voit Planche XV, Fig. 34, 3y ,
- 36 & 37.
- Les crochets des efpagnolettes s'agraffent quelquefois dans des crampons à peu près femblables à celui qui eft repréfenté Figure 39 , mais plus communément dans une gâche Figure 33 , Planche XV.
- Nous allons parler dans un article féparé des grofles & fortes ferrures quon emploie pour les portes cocheres. Nous reviendrons enfuite à ce qui regarde les portes d'appartement, & les vantaux des armoires.
- Article III.
- / De la fermeture des Portes Cocheres.
- ?
- Autrefois pour tenir les portes cocheres fermées, on mettoit au bas les gros verrouxFig. 30 ou 31, Planche XIII, & en haut on mettoit le fléau Figure 3 2 ; c'étoit un gros barreau de fer quarré L L , qui étoit percé dans fon milieu pour recevoir le gros boulon N, ce boulon traverfoit le montant de la porte environ aux deux tiers de fa hauteur ; on mettoit entre le fléau Sc la porte, la platine O , & par-deflus le fléau , la rondelle P ; le tout étoit arrêté par une clavette qu'on palfoit dans l'œil du boulon ; le fléau dans cette fituation n'empêcheroit pas qu’on n'ouvrît la porte ; mais on pofoit fur les deux vantaux deux forts panetons & crochets M, qui étoient attachés dans des fens contraires, de forte que quand on faifoit tourner le fléau fur le boulon qui le traverfoit, il s'accrochoit dans ces deux crampons ; & quand on vouloit ouvrir la porte, on droit en en bas la barre R, & le fléau fortant des crochets & devenant perpendiculaire, fe rangeoit fur le montant de la porte qui pouvoit s'ouvrir aifément ; la barre R portoit en S un paneton ou un auberon qui entrant dans la ferrure plate T, empêchoit ceux qui étoient en dedans de la maifon d'ouvrir le fléau.
- Outre le gros verrou & le fléau, pour aflurer la fermeture des portes cocheres , on mettoit encore fur le poutis une crémaillère G ( Fig. 33 ) . dans laquelle s'accrochoit la barre IH ( Fig. 34 ), qui entrant dans les différents crans delà crémaillère,permettoit d’affuiettir le poutis à telle ouverture' qu'on Serrurier. L1
- S-
- p.133 - vue 140/398
-
-
-
- i34 ART DU SERRURIER.
- jugeoit convenable. Au moyen de toutes ces ferrures, les portes étoient bien fermées. Mais on emploie maintenant des ferrures beaucoup plus fîmples & qui font à peu près auffi fores.
- On ferme le haut de la porte au moyen d'une demi-efpagnolette très-forte à peu près comme A B ( Fig. 35), qui s'étend depuis le haut de la porte jufqu'à la hauteur de la ferrure, & le bas A eft terminé par des moulures en cul-de -lampe ; le crochet B tient le haut de la porte exaélement fermé , & le corps de l'efpagnolette qui eft un fort barreau ,• empêche que le montant de la porte ne fe déjette : on ne met point en bas de verrou qui rouille ordinairement, & ne peut plus couler dans fès crampons ; mais on met une barre IH ( Fig. 34 ) , qu'on pofe affez bas pour aflujettir très-foli-dement la partie baffe de la porte en s'accrochant dans les pitons K ou K qui font ou à vis ou à rivure.
- A l'égard du poutis, il eft tenu fermé par une groffe ferrure à deux tours & deux forts verroux Fig. 38,39, 40 <§*41.
- On conçoit que ceux qui font en dedans de la maifbn peuvent lever le crochet, & ouvrir l'efpagnolette , ainfi que les verroux ; alors la porte n'étant fermée que par le pêne , il fèroit poffible à celui qui auroit ouvert l'efpa-gnolette , la barre & les verroux, d'ouvrir la porte en forçant fur le pêne $ pour obvier à cet inconvénient, on met dans l'œil if de la barre Fig. 34,
- & au bout de la main C (Fig. 3 J ) , un moraillon & auberon qui entre dans une ferrure plate T ( Fig. 32 ) , au moyen de quoi il n'eft pas poffible de lever la barre ni d'ouvrir l'efpagnolette ; mais ces moraillons font defàgréa-bles ;* de plus il faut avoir de petites clefs pour ouvrir les ferrures plates 9 Sc ^ ces petites clefs font fbuvent égarées.
- Voici comme nous avons remédié à ces petits inconvénients; d'abord pour empêcher qu'on ne puiffie décrocher la barre E ( Fig. 42 ) , nous avons ajufté dans la gâche B de la ferrure A un faux pêne C, qui étant pouffé par le pêne D de la ferrure, recouvre le crochet E de la barre, & empêche qu'on ne le dégage de fon crampon : tant que la porte eft fermée , le pêne D empêche qu'on ne faffe rentrer le faux pêne C dans la gâche B ; mais quand la ferrure eft ouverte, on fait aifément reculer le faux pêne, & alors on peut lever le crochet pour ouvrir les deux battants de la porte ; ce qu'il y a de commode, c'eft que quand on a fermé lepremier battant, & mis le crochet, le faux pêne C eft pouffé par le pêne Z), & placé fur le crochet Z? fans qu'on y faffe attention. Nous avons fait ulage avec grand fuccès de cette petite méchanique.
- Nous avons encore imaginé un moyen tout auffi lïmple pour empêcher qu'on n'ouvre les efpagnolettes fans avoir recours aux moraillons ni aux ferrures plates. A (PL XIII9Fig^7)dk une portion delà tige d'une efpagnolette à la hauteur de la ferrure ; cette portion de l'efpagnolette traverfè la gâche B qui doit recevoir le pêne C de la ferrure ; vis-à-vis ce pêne C, nous fai-
- p.134 - vue 141/398
-
-
-
- c
- ART DU SERRURIER. 13*
- fons fouder à la tige A de l’efpagnolette , un petit paneton femblable à D ( Fig* 3T)» S[u1 s’élève dans la^ gâche quand on ouvre l’efpagnolette , & qui fe couche au fond de la cage de la gâche , quand on ferme l’efpagnolet-te ; quand la ferrure eft ouverte, rien ne s’oppofe à ce mouvement, & on eft maître d’ouvrir ou de fermer l’efpagnolette comme on le juge à propos. Mais fi l’efpagnolette étant fermée, le paneton D eft couché au fond de la gâche , Sc qu’on vienne à fermer la ferrure , le pêne C coule fur le paneton y Sc alors il n’eft plus poftîble d’ouvrir l’efpagnolette ; ce moyen eft bien fimple Sc extrêmement commode.
- Si l’on vouloit en même temps & d’une feule opération tenir l’efpagno-lette Sc le crochet fermés fans avoir recours aux moraillons, il faudroit ajufter à la tige de l’efpagnolette à la hauteur du crochet , un pignon -denté feulement dans la moitié de fa circonférence , & que ce pignon engrenât dans des dents qui feroient à la queue d’un faux pêne , formant comme une crémaillère ; car en tournant l’efpagnolette pour la fermer, le pignon feroit fbrtir le faux pêne qui fe placeroit au-deflus du crochet.
- Nous avons parlé plus haut des ferrures qu on fait pour fortifier les aflem-blages des portes cocheres , ainfi que des pivots , gonds, fiches à gond Sc à nœuds qu’on emploie pour les tenir battantes ; ainfi il ne s’agiflbit dans cet article que de détailler les moyens qu’on peut employer pour les tenir exaélement fermées ; ayant fàtisfait à ce point, nous allons revenir à la ferrure des portes des appartements Sc des armoires.
- Article IV.
- >
- Des ferrures que les Serruriers emploient pour tenir les Portes fermées, telles que les différentes efpeces de Loquets ÔC de Becs de Canne.
- On peut regarder les loquets comme un genre particulier de fermeture qui en quelques circonftances a prefque les avantages des ferrures , puif-qu’on eft obligé d’employer une clef pour les ouvrir.
- Le loquet ordinaire eft compofé d’une longue piece de fer/I B ( Fig.
- 1, Planche XVI ) , appellé le Battant, Sc en quelques pays la Clinche ; c’eft une efpece de levier qui tourne librement autour d’un clou qui eft le plus fouvent à un des bouts du battant A ; l’autre bout B qu’on appelle la tête eft retenu par un crampon CC qui modéré fon mouvement fans l’empêcher de s’élever Sc de s’abaifler d’une certaine quantité ; quand la tête du battant eft abailfée, elle eft engagée dans une efpece de crochet HSc T Fig. 2 & 3, qu’on nomme le Mentonnet qui eft attaché au chambranle dans l’embrafure, ou à l’huilferie de la porte, laquelle eft ainfi retenue fermée par le battant du loquet. La Figure 2 H, repréfente un mentonnet à pointe pour mettre dans la menui-ferie, Sc le mentonnet T ( Fig. 3 ), eft à fcellement pour les embrafures en plâtre.
- \
- p.135 - vue 142/398
-
-
-
- i36 art du serrurier.
- Pour ouvrir la porte,il faut élever le battant du loquet par le moyen d’une piece de fer LM ( Fig. 4 ) , qui traverfe la porte dont on éleve quelquefois la queue en appuyant le pouce fur un évafement L qui eft au bout de ce petit morceau de fer, Sc qui fe préfente au dehors de la porte ; c’eft ce qu’on appelle un Loquet à poucier ; il y a au-dehors de la porte une efpece de poignée K ( Fig. 4 ), qui fert à tirer la porte pour la fermer : cette poignée Sc ce poucier L Mfont retenus par une platine N O qui eft clouée fur la porte. D’autres fois il y a ^au-dehors de la porte une boucle F(jFig. 5 ), une olive D (Fig* 1 ) , ou un bouton qu’on tourne pour élever le battant. On fait aflez communément ufage de cette difpofition de loquet pour les portes des chambres, en tournant l’olive D ou l’anneau F, le petit morceau de fer Gxm E fouleve le battant; quelquefois la tige de l’olive D ou de l’anneau F ett quarrée ; elle entre dans le trou A ( Fig. 1 ) , qu’on fait alors quarré , Sc en tournant l’olive , le battant jfe leve ; mais il y a fou vent trop de frottement Sc de réfiftance. Il y a d’autres loquets plus induftrieufement difpofés qu’on nepeut ouvrir qu’avec une clef. On fait de ces loquets de deux fortes différentes, les uns qu’on appelle a Vielle, & les autres à la Cordeliere.
- Les loquets à vielle Figure 6 , ont une entrée fomblabié .à celle des ferrures ; quand la clef Figure 10, eft aflez enfoncée pour que fon paneton excede l’épafffeur de la porte, en la tournant, le paneton fouleve une efpece de manivelle NO Fig. 7 & 8, ou un levier recourbé qui fouleve le battant, comme on le voit Figure 9.
- Les loquets à la Cordeliere qui font fort en ufage dans les Dortoirs des Couvents, ont auffi une clef Figure l y , mais qu’on ne tourne point ; on ne fait que la foulever ; le bout du paneton de cette efpece de clef éleve une petite piece de fer f ( Fig. 11 ) , qui tient au battant ; ce paneton eft évidé en plufieurs endroits dans lefquels paflfent des morceaux de fer de pareille figure, ce qui forme une efpece de garniture aflez ingénieufement imaginée.
- Ce que nous venons de dire des différentes efpeces de loquets , ne peut qu’en donner une idée générale ; pour les faire mieux connoître, il faut les fuivre les uns après les autres plus en détail. Nous allons eflàyer de le faire.
- §. I. Des LoquetsJimples.
- Il eft clair que fi l’on attachoit fur le battant d’une porte, & en dedans de l’appartement, un morceau de fer femblable \ AB (Planche XVI, Fig. 1), en mettant un clou dans l’œil A pour que ce morceau de fer qu’on nomme le battant du loquet puifle tourner fur le point A, & qu’on mît fur le chambranle delà porte aufli en dedans de l’appartement un mentonet H ( Fig. 2 ) , dans lequel s’engageroit le bout B du battant AB ( Fig. 1 ) , il ne feroit pas poflible à celui qui feroit en dehors d’entrer dans l’appartement , Sc celui qui eft en dedans en fortiroit enlevant avec le doigt le b*>ut
- B
- p.136 - vue 143/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 137
- B du battant pour le dégager du mentonnet H ( Fig. 2 ) ; afin d’empêcher le bout 2?.( Fig. 1 ), de tomber par Ton propre poids dans la perpendiculaire ponctuée A F & afin qu’il ne s’élève point trop , on le renferme dans le crampon C C ( Fig. 1 ) , qui limite fon mouvement ; quand la porte bat dans une embrafure de plâtre , au lieu du mentonnet H ( Fig. 2 ) , on en met un coudé T ( Fig. 3 ), qui a deux fcellements pour l’affujettir dans l’embra-fure.
- Ordinairement on fouhaite que les loquets puiffent s’ouvrir en dedans & en dehors des appartements, 8c on leur donne cette propriété de plufieurs maniérés très-fïmples.
- La plus commune a été d’attacher fur le dehors de la porte une platine I ( Fig. 4 ), de la traverfer par une branche courbe K, qui étant rivée en dedans delà chambre, fournit une poignée pour tirer la porte à foi, & la fermer ; la platine / efl encore traverfée par une broche L M aiïujettie à la platine par une échancrure ôc une goupille; cette broche s’évafe en dehors de la chambre par une palette L qu’on nomme le Poucier, parce qu’eti appuyant le pouce fur cette palette, on contraint la partie M de s’élever & de foulever le battant du loquet jufqu’à ce qu’il ait échappé le crochet du mentonnet ; quand on efl; en dedans de l’appartement, on ouvre le loquet ou en foulevant le bout M, ou enloulevant immédiatement le bout B du battant Figure 1 ; mais communément on met un bouton vers G par lequel on le leve.
- Une maniéré encore plus fimple , & qu’on pratique fou vent pour produire le même effet, efl de faire le trou A ( Fig. 1 ) quarré, de paffer dedans une broche quarrée retenue en dedans de la chambre par un écrou, 8c qui répond en dehors à un bouton ou à une olive femblable à D ( Fig. r ) , qui porte fur une platine en rofette ; il efl clair que ce bouton qui fert à tirer la porte , fert auffi à ouvrir le loquet en le tournant ; le feul inconvénient efl que s’il y a du frottement du battant dans le mentonnet, comme cette réfiftance efl appliquée à un long bras de levier, on a peine à tourner le bouton, ce qui oblige de le faire ovale, ou de lui donner un afiez grand diamètre ; fouvent à ces fortes de loquets , on rive en dedans de la chambre fur le battant vers G\in petit bouton qui fert à foulever le battant & à tirer à foi la porte , lorfqu’on l’ouvre.
- La Figure 1 repréfente une autre difpofition de loquet à bouton ; D efl un bouton qui efl au dehors de la chambre ; à fon centre efl une broche E qui porte une partie en faillie E E faite en portion de cercle, & qui f0u-leve le battant; quelquefois on fubftitue au bouton une boucle F (Fig. 5 ) 3 & on ajufte à la broche une piece de fer G qui fouleve le battant quand on tourne la boucle F ; quelquefois en pouflant un bouton, on fait agir une bafcule qui fouleve le battant ; &c puifqu’il ne s’agit que de lever le Serrurier, Mm
- p.137 - vue 144/398
-
-
-
- »
- î38 art du serrurier.
- battant, on peut imaginer une infinité de moyens pour produire cet effet: ainfi nous n’infifterons pas davantage fur ce point ; & nous allons parler des loquets un peu plus compofés.
- §, 11. Des Loquets a yielle.
- On a voulu qu’il y eût quelque difficulté à ouvrir les loquets pour entrer dans des cabinets, & par-là mettre les loquets en état de tenir en quelque façon lieu de ferrures à la vérité bien imparfaites, mais qui font fuffifimtes pour renfermer des effets peu précieux, ou pour tenir fermées des portes qui, étant dans des Dortoirs , font déjà affez fûres ; il faut une clef, ou quelque chofe d’équivalent , pour ouvrir ces loquets , qu’on nomme a vielle , apparemment parce que leur jeu fe fait par une manivelle qu’on a comparée à celle d’une vielle.
- Ces loquets font formés d’une platine P ( Fig, 6 ) , qui eft attachée fur la porte par quatre vis, & au milieu eft l’entrée pour la clef ; le battant du loquet eft attaché de l’autre côté de la porte ; fur la face oppofée Fig, 7, eft rivée une broche ou un étoquiau O qui porte le levier coudé N, ou la vielle qui eft mobile autour de la cheville O ; on apperçoit encore une petite garniture en M : ainfi il faut concevoir Figure 8, que l’étoquiau S eft folidement attaché à la platine ; que la manivelle étant terminée au bout S par une douille enfilée par l’étoquiau , elle peut tourner autour du point 5, & l’on voit que le paneton de la clef s’appuyant au point 7% il fouleve la vielle , Sc la branche R repréfentée en F ( Fig, 9 ) , leve le battant A B jufqu’à ce qu’il foit échappé du mentonnet; on conçoit que la platine PP ÇFig, 9) fert de palâtre fur lequel on attache l’étoquiau O , la garniture M ( Fig. 7 ) , Sc l’entrée de la clef ; pour éviter que toutes ces ferrures n’éprouvent du frottement , on ajoute la couverture X ( Fig. 9 ) , percée d’un trou dans lequel l’extrémité de la clef Figure 10 , qu’on tient pour cette raifon un peu longue, peut entrer. On attache encore fur la platine un crampon à rivet Z ( Fig, 11 ) qui fert de conduéleur à la partie B du battant.
- Ces loquets font d’un uftage très-commun pour fermer des garde-robes & d’autres cabinets qui ne renferment pas des effets très-précieux ; cependant on peut les ouvrir aifement avec un crochet. Ceux dont nous allons parler font un peu plus difficiles à ouvrir quand on n’en a pas la clef; on les nomme à la Cordeliere,
- §. III. Des Loquets à la Cordeliere,
- AB{ Fig, 12 ) eft le battant du loquet ; C eft le crampon qui lui fert de conduéteur 5 D eft un bouton attaché folidement à la partie g du battant; g f & une tige de fer attachée folidement au bout g de la broche du bouton D , & qui forme en cet endroit un retour d’équerre ; tout cela eft en dedans de la chambre, & on voit que pour forcir de la
- p.138 - vue 145/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 139
- chambre, on ouvre ce loquet en foulevant le bouton D , & qu’étant en dehors de la chambre, on ouvrira le loquet en foulevant le bout de la broche fl mais afin d’obliger d’avoir une clef pour foulever le petit barreauj^V, on a mis fous la platine Figure 13 , une efpece de garniture. Pour donner une idée de ce petit ajuftement, confidérons la chofe dans un autre point de vue.
- a a (Fig. 13 ) eft une platine clouée fur la face de la porte qui regarde le dehors de la chambre ; elle porte l’entrée b du loquet à la Corde-liere , & elle lui fert de palâtre ; la cioifon c qui divife en deux fuivant la longueur l’entrée b , eft formée par l’aileron c a e de la Figure 14. Cette pièce Figure 14, eft attachée fur la platine Figure 13 , à l’endroit c par l’éva-fement e (Fig. 14) ; la parties c (Fig. 14) divife l’entrée en deux parla cioifon c ( Figure 13 ) , & la partie arrondie h ( Figure 14 ) , forme une partie de la garniture, parce qu’on verra dans un inftant qu’elle doit paffer dans la partie arrondie i de la clef Figure iy.
- ee(Fig. 12 ) eft une platine creufée en gouttière qui eft attachée fous le palâtre a ( Fig. 13 ) ; elle tient lieu d’un foncet de ferrure pour empêcher la clef d’entrer trop avant ; & la courbure concave de cette piece doit correlpondre à la courbure convexe de la partie h g ( Fig. 1 y) de la clef»
- Pour concevoir la maniéré de fe fervir de ce loquet, imaginons la platine a ( Fig. 13 ) clouée fur le derrière de la porte, que le loquet AB ( Fig. 14) foit ajuftéfur la partie de la porte qui eft en dedans de la chambre par une vis ou un clou qui entre dans l’œil A., & à l’autre bord par le crampon C; ajoutons qu’on a fait une échancrure dans l’épailfeur de la porte pour recevoir le foncet e e { Fig 12 ) , qui tient à l’intérieur de la platine a ( Fig. 13 ) y qui fert de palâtre où entre la partie g h de la clef Figure ry : en la préfentant de plat dans l’ouverture g h de la Figure 13 , la cioifon c c (Fig. 13 <§* 14 ^ entre dans la rainure a de la clef Figure iy , la partie arrondie b de la Figure 14, entre dans l’ouverture i de la clef Figure iy ; les ailes ad delà Figure 14, entrent dans l’ouverture b c de la Figure 1 y ; en foulevant cette clef, elle appuie fous l’extrémité /du petit morceau de fer f ( Fig. 12) & fouleve le battant g du loquet A B (Figure 12) , jufqu’à ce qu’il ait échappé le paneton. La garniture de ces efpeces de loquets confifte au rapport qu’il doit y avoir entre toutes les parties des pièces c ce d( Fig. 14 ) Sc e e (Fig. 12 ) , avec la forme de la clef ; ce qui fait que les loquets à la Cordeliere font plus difficiles à ouvrir que ceux en vielle.
- §. I V. Des Loqueteaux à refort.
- On mettoit autrefois très-fréquemment, & on met encore quelquefois aux volets des croiiees qui font élevées, des loqueteaux à reflbrt ; ces loqueteaux Figure 1 , Planche XV > font compofés d’une platine ordinairement
- p.139 - vue 146/398
-
-
-
- ï4o ART DU SERRURIER.
- découpée ; fur un des bords de la platine eft rivé un cramponner X , dans lequel entre l’extrémité .L d’un battant de loquet F -Z j ce battant eft percé d’un trou en T,& attaché en cet endroit fur une platine par une goupille rivée, de forte qu’on peut regarder ce battant de loquet comme un levier qui a fon point d’appui au milieu de fi longueur ou eft la goupille T qui lui permet de fe mouvoir : un relfort de chien V * retenu en K par un étoquiau a fes branches engagées dans le cramponnet, & elles appuient la partie Y du battant fur le bas du cramponnet. Il eft maintenant évident qu’en tirant le cordon qui eft dans l’œil Z , on fouleve l’autre bout du battant , & on le dégage du mentonnet Y (Fig. 2) ; & en tirant un peu ce cordon en dehors, le volet s’ouvre ; pour le fermer , on conduit fortement par le cordon le volet contre la croifée ; l’extrémité Y du battant Figure 1 , glilfe fur la partie inclinée du mentonnet Y( Figure 2)5 le reflbrt le fait defeendre dans la coche de ce mentonnet, & le volet refte fermé jufqu’à ce qu’on tire le cordon.
- On *a été long-temps à fe fervir de ces loqueteaux pour fermer les volets n n de la partie d’en haut de la croifée Fig. 4 , Planche XU, parce qu’on n’y pouvoir pas atteindre avec la main. Mais ces loqueteaux qui n’étoient pas bien forts étant expofés à elfuyer de violentes fecouffes , exigeoient d’affez fréquentes réparations. C’eft pourquoi on leur a fubftitué des ferrures plus foli-des & plus propres à faire revenir un volet quifeferoit dejetté.Nous en avons parlé affez amplement.
- §. V. Des Becs de Canne.
- On fait une efpece de petite ferrure à pêne employée affez fcuvent par les Moines au même ufage que les loquets, & qui s’ouvre avec une clef fins paneton. Laforure de la clef eft quarrée ou àplufieurs pans, comme celle des clefs de pendules Planche XUI, Fig. 13 ; q eft la clef ; p, le quarré qui tient à la ferrure, & qui entre dans la clef ; elle reçoit donc une brochep ( Fig. 16 ) de pareille figure, cette broche eft arrêtée fur la couverture, mais elle y tourne aifément. La même broche porte une lame de fer O ( Fig. 17 ) , allez fem-blableau paneton d’une clef-, & qui en fait aulîi la fonéiion : ici la clef eft donc en quelque façon divifée en deux , fon paneton eft rivé fur la broche P ( Fïg* -16, *17 & 18 ) ; quand la clef tourne, elle fait tourner la broche , 8c le paneton pouffe en même temps le reffort ri ( Fig. 17 & 20 ) , ainfi que les>barbes du pêne s s, alors le pêne K K avance ; i i ( Fig. 16 & 17 ) eft une platine ou le fond d’un palâtre ; n,( Fig. 16 ) eft le foffet \lm rfy ( Fig. 16 17 ) , le grand reffort, il eft repréfenté féparément Figure 20.
- K K y le pêne ; on le voit féparément Fig. 19 ; s,fes barbes; r, fes encoches; u , ( Fig. 16 & 17 ) , les picolets ou cramponnets qui conduifent le reffort.
- * Je crois qu’on nomme ces reffbrts de chien, parce que ce font des refforts pareils que les Arquebu-fiers mettent aux chiens des platines de fuûl.
- 1 On
- p.140 - vue 147/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 141
- On voit que la fureté de ces efpeces de verroux à reffort dépend de ce qu'il faut que la douille quarrée de la clef foit de groffeur à recevoir la broche quarrée qui doit y entrer : auftî n'emploie-t-on ces efpeces de ferrures que pour renfermer des chofes qui ne font pas très-précieufes , & qu'il fuflît de mettre un peu à couvert de la main.
- Voici encore une efpecede petite ferrure qui eft moins fûre que la précédente , puifque ce qui tient lieu de la clef, relie toujours attaché à la porte ; c'eft un bouton en dedans de la chambre, & un en dehors qu'il n'y a qu'à tourner pour ouvrir la ferrure, ou, fî l’on veut, le petit verrou à reffort qu'on nomme un Bec de canne.
- Figure 22 eft le palâtre ou la cage d'une petite ferrure ; A> le trou par où paffe la tige des boutons ou olives qui fervent à ouvrir le pêne ; B, trou pour mettre une des vis qui fervent à l'attacher à la menuiferie ; C, trou dans lequel on rive l’étoquia fur lequel eft roulé le reffort'à boudin ; D E, un trou & une petite mortaife qui fervent l'un & l'autre pour attacher le pi-colet qui embralfe le relfort ; F , ouverture pour le pêne ; Fig. 23 , le palâtre garni de toutes les pièces qui font jouer le pêne ; G H1, le pêne qu’on voit féparément Figure 24 ; Æ Z, le cramponner ou picolet qui fert de conduéteur au pêne; il eft repréfenté féparément Figure 25 ; il eft affujetti par la vis M, & on voit qu'il limite le mouvement du pêne à la longueur de l'entaille N O ( Fig 24 ) ; P, relfort à boudin qui poulfe le pêne en dehors; il eft repréfenté féparément Figure 26. Q R ( Fig. 23 ) , eft un morceau de fer qui tient lieu du paneton de la clef pour faire mouvoir le pêne; on l'a repréfenté féparément Figures 27 & 28.
- * On peut y remarquer un trou quarré S dans lequel doit entrer la partie quarrée V de la tige des olives XX ( Fig. 29 ). La face qu'on voit Figure 28 , eft celle qui regarde le côté du palâtre, & on apperçoit un petit congé tt qui empêche que les ailes q r ne portent contre le palâtre. Suppofons maintenant,pour appercevoir l'effet de cette efpece de ferrure,que la broche quarrée V( Fig. 29 ) , foit dans l'ouverture quarrée S ( Fig. 23 } ; on voit que quand on tournera une des olives X ( Fig. 29 ), une des ailes R ou Q du bec de canne prelfera la partie recourbée HI du pêne qui fera par-là obligé de rentrer dans la ferrure ; & la partie G de ce pêne étant dégagée de fa gâche, on pourra ouvrir la porte quand on lailfera les olives en liberté ; le reffort P s'appuyant fur la partie recourbée du pêne, le pouffera en dehors, & la partie G entrant dans fà gâche , la porte fera fermée. On taille ordinairement la partie G du pêne en chanfrein pour qu'il gliffe fur fa gâche, & que la porte fe ferme en la poufïànt, fans qu'on foit obligé de tourner les olives ; c'eft ce qu'on appelle un bec de Canne. La Figure 30 eft une rofette découpée qu'on attache fur la porte à l’endroit où l'on a fait le trou par lequel paffe la tige Vqui répond aux olives X.
- Serrurier.
- Nn
- p.141 - vue 148/398
-
-
-
- i42 art du serrurier.
- Il y a encore de petits becs de canne qu’on emploie pour les portes de Bibliothèque & qui font beaucoup plus fimples que ceux dont nous venons de parler ; ils confident en une feule platine A A {P lanche XFII, Fig. 16 ) qui s’attache avec des vis fur le battant intérieur de l’armoire : B B eft unè petite portion de rebord qui fournit un paflage au pêne , & qui fert à le guider dans fa marche ; CD ( Fig. 14 6 16 ) eftle pêne ; Cen eft la tête qui eft taillée en chanfrein ou en bec de canne ; on voit Figure 14, qu’en E ce reflort diminue beaucoup d’épaififeur, ce qui fait que le bout du reffort à boudin K s’appuie fur la partie faillante , Sc chafîe le pêne en dehors. On peut remarquer aufll à ce pêne une ouverture G dans laquelle eft une cheville à tête quarrée /, qui fert de conduéleur au reffort, & qui limite là courfe. Au deflous du pêne eft une barbe H fur laquelle s’appuie le paneton L ( Fig. 14 , if & 16), quand on tourne le bouton M(Fig. 15) qui eft en dedans de la chambre ; lorfqu’on veut ouvrir l’armoire, il eft clair qu’en tournant le bouton M le paneton L s’appuie fur la barbe H du pêne , ce qui l’oblige de rentrer dans laferrure ; & quand on lâche le bouton , l’extrémité du reflort K pouffe le pêne en dehors ; N (Fig. if ) eft une petite platine qu’on attache avec des pointes fur le battant de l’armoire pour recouvrir le trou qu’on a fait pour paffer la broche O du bouton M.
- Les Serruriers ne fe bornent pas à faire leur ouvrage, ce font encore eux qui le mettent en place, c’efl: ce que nous allons traiter dans l’article fuivant.
- Article III.
- Ouvrages de la Serrurerie qui regardent le F erreur.
- Ferrer des portes , des chaflîs de fenêtres, des contrevents, &c , c’efl: y attacher les ferrures néceilaires pour les tenir en place & pour les ouvrir ou fermer, favoir, les pentures , les fiches ou couplets 3 & les ferrures, loquets, verroux ^targettes ou crochets. Le Ferreur fuppofe toutes ces pièces faites, il n’a aucunement à façonner le fer ; ce qu’il a même fouvent de plus difficile àfaire, c’efl: d’entailler le bois; ainfi les Arts qui ont pour objet de travailler le bois, fembleroient avoir droit de revendiquer cet article : auffi les Menui-fiers adroits ferrent-ils très-bien; & pour les ouvrages propres, il eft bon, dans la plupart des Provinces , que le Menuifier & le Serrurier fe réunifient pour mettre les ferrures en place. Nous regarderons néanmoins l’Art du Ferreur comme une partie de la Serrurerie, d’autant que les Statuts des Serruriers leur donnent, par privilège , le droit de ferrer ; d’ailleurs il eft bon de voir tout de fuite mettre en place les pièces que nous avons vu travailler.
- §. I. Des Portes à Pentures & à Gonds.
- Le Ferreur n’a pas occafion de montrer fon adrefle, quand il n’a qu’à fufi-pendre une porte avec des pentures ordinaires. Il commence par la préfen-ter à l’huiflerie ou à la baie, & à l’y appliquer comme il veut qu’elle y foit
- p.142 - vue 149/398
-
-
-
- J
- ART DU SERRURIER. 143
- tenue ; il marque alors par deux traits fur le mur ou fur le montant du chambranle ou du dormant, la place d’un des gonds. Il tire avec fangle d’un ci-feau un trait le long de la partie inférieure du gond , & un autre au bout de fon mamelon ; avec le même outil, il trace deux autres traits fur la porte, l’un en fuivant le bord fupérieur du nœud de la penture , & l’autre en fuivant le bord inférieur du même nœud ; Sc delà même maniéré*, il marque tout de fuite la place' de l’autre gond & de l’autre penture, ou des autres gonds & pentures, s’il y en a plus de deux ; il eft feulement important que le deifous de la porte oppofé aux gonds releve plutôt un peu au lieu de plonger, car c’eft un grand défaut à une porte que de bailfer du nez , & de traîner furie plancher.
- La porte étant retirée de l’ouverture, le Ferreur la couche à plat, & y attache les pentures entre les traits précédemment marqués : car c’eft pref* que toujours par elles qu’on commence ; on eft plus gêné quand les gonds font pofés les premiers ; on attache les pentures ou avec des clous ordinaires, & alors leur tête eft fur la penture même , ou ce qui eft la même chofe, vers le dedans de la porte, ou bien on les attache avec des clous rivés qui font des clous à grofle tête, pareils à ceux qu’on voit fur les portes cocheres ; la tête de ceux-ci eft en dehors de la porte. Pour les faire paifer, on perce dans le bois des trous vis-à-vis ceux des pentures , les clous doivent y entrer avec aflezde peine pour être gênés, & ils doivent être affez forts pour qu’on ne rifque point de les caifer en les enfonçant ; enfin on rogne la tige du clou à une ou deux lignes de la penture , & on rive le bout excédant fur la penture même ; comme les clous rivés font chers , on fe contente fouvent de mettre deux clous rivés fur chaque penture près des nœuds , & les autres font des clous à pointe. Autrefois on faifoit des clous dont la tête étoit à pointe de diamant, & la tige étoit fendue ; on mettoit la tête en dehors de la porte fur le bois & quelquefois fur une virole mince découpée qui faifoit comme une efpece de rofette ; la tige traverfoit la porte ainfi que la penture, & on écartoit les deux branches du clou qui embralfoient la penture dans le fens de fà largeur. f
- Les pentures étant attachées , il faut fceller les gonds. Ceux qui le doivent être dans le mur, n’occupent que les Serruriers de Province. Le droit de les fceller appartient à Paris aux Maçons. On les {celle communément avec du plâtre 5 mais comme le trou qu’on a fait pour les recevoir eft fouvent beaucoup trop grand, on le remplit de morceaux de tuileau qui avec le plâtre compofent un maffif fort folide ; au lieu de tuileau , d’autres Ouvriers fur-tout quand , faute de plâtre , ils font obligés de fceller en mortier, enfoncent des morceaux de bois taillés en coins ; ils font entrer les premiers par le gros' bout, & les autres par la pointe. Jouffe a raifon d’avertir que des gonds fcei-lés de la forte ne le font foiidement qu’autant que le bois refte fain ; mais
- p.143 - vue 150/398
-
-
-
- 144 ART D U SERRURIER.
- quand on emploie debon cœur de chêne,il fubfifte long temps fans fo pourrir.
- Dans les Pays oùle plâtre eft cher, on fcelle les gonds avec du mortier de chaux & de ciment, dans lequel on mêle de la moufle qui donne du fou-tien au mortier & qui ne pourrit jamais. On fe fert encore, pour foeller les gonds , de limaille de fer détrempée dans du vinaigre ; on en entoure le gond qu’on enveloppe enfuite de filafle , on le fait entrera force dans fon trou qu’on remplit de limaille autant qu’on peut. Le vinaigre fait rouiller cette limaille , la rouille unit les grains enfemble jufqu’à en faire une mafle jfolide & très-dure ; d’autres ajoutent à la limaille du tuileau pilé & pafle au tamis* Le défaut de ce maftic eft d’être long-temps à prendre corps; 8c comme la limaille gonfle en rouillant, elle ne manque pas d’éclater les pierres lorfqu’elles font tendres , ou quand le {bellement efl; près du bord de la pierre ; en ce cas on pourroit employer un maftic fait avec de la poudre de chaux bien détrempée avec une huile deflîccative, de la filafle & du ciment pafle au tamis de crin , fans fe difpenfer de fourrer dans le trou des morceaux de tuileau frottés d’huile. Il y a des endroits à la campagne où cette poudre de tuileau fait le corps de la compofition ; on la lie en la mêlant avec des limaces rouges broyées ; enfin d’autres fe fervent de diverfes efpeces de ciment , comme de la chaux vive &du ciment gâchés avec du fromage mol 8c du lait. Enfin dans les Pays où il y a des meulieres pour travailler le fer , j’ai vu faire de très-bons foellements avec la boue qui fe trouve au fond des auges où trempe la meule, qui n’eft autre chofe que de la limaille de fer & du grès.
- Si les gonds font en pointe, c’eft l’affaire du Ferreur de les enfoncer dans le chambranle qui eft de bois ; mais on n’arrête jamais ni les uns ni les autres avant que d’avoir remis la porte garnie de fes pentures en place ; elle fixe la pofition qui leur convient. *
- Le défaut le plus ordinaire des portes eft de traîner en bas du côté op-pofé aux gonds ou le plus proche delà ferrure. Le. poids de la porte fem* blable à celui d’un levier dont les gonds feroient le point d’appui, fait effort pour faire fortir le gond fupérieur , 8c pour enfoncer davantage le gond inférieur ; fila porte étoit folidement fulpendue, les axes des deux gonds devroient être dans une même ligne verticale tirée à diftances égales du mur de la porte; mais comme il arrive fouvent que les gonds ou les pentures cèdent un peu, il eft à propos de donner au gond inférieur un peu plus de faillie qu’au gond fupérieur ; mais cette différence doit aller à bien peu de chofe, & c’eft à la prudence de l’Ouvrier à la régler.
- Nous ne croyons pas devoir nous arrêter à expliquer la maniéré d’attacher les pivots, les verroux , les loquets, les ferrures , les gâches à ces fortes de portes. Il feroit encore fuperflu de faire obferver que toutes les ferrures des portes qui donnent fiir la rue , 8i jfur-tout des portes cocheres, doivent
- p.144 - vue 151/398
-
-
-
- K
- ART DU SERRURIER. 145
- V
- être très-fortes, non-feulement parce que ces portes font fort lourdes, mais encore parce que ce font elles qui font la principale fureté des maifons ; & pour cette raifon on attache ces ferrures avec de forts clous rivés.
- §. 11. Maniéré deferrer les Fiches a nœuds ou à gonds.
- KKôTi
- Où il y a le plus de foin à apporter pour le Ferreux, & où la propreté de fon travail peut paroître, c’eft dans la maniéré de ferrer les fiches foit à nœuds foit à gonds.'U commence toujours par préfenter la porte foit de maifon,foit de chambre, foit d’armoire, à l’ouverture quelle doit fermer ; il prend enfuite deux fiches emboîtées comme elles le feront lorfqu’on les aura fichées ; & appliquant l’aileron de l’une fur la porte, & l’aileron de l’autre fur le chambranle ou montant de la baie à la place où il convient qu’elles foient placées 5 il marque avec deux traits l’endroit où répond le bordfu-périeur & le bord inférieur de chaque aileron qui fervent d’une réglé,le long de laquelle il tire fes traits. Il marque tout de fuite & de même la place des autres fiches qui feront employées.
- Pour ferrer à préfent chaque fiche, il y a deux chofes à faire, i°, de creufer dans l’épaifleur du bois une mortaife qui reçoive fon aileron qu’on peut regarder comme un tenon , 20, d’arrêter cet aileron dans la mortaife, par le moyen de deux pointes qui traverfent le montant de la porte ou du chambranle. Après avoir forgé l’aileron, on y a percé deux trous , ou fouventle Ferreurles perce lui-même; ces trous doivent recevoir & lailfer palfer les pointes. Il faut marquer en quels endroits de l’entaille fe trouveront ces trous quand la fiche y fera logée 5 autrement il ne feroit pas aifé de les faire enfiler par les pointes. La largeur des ailerons , & les endroits qui feront vis-à-vis de leurs trous étant marqués, on creufe la mortaife.
- Pour la commencer, on perce avec un vilebrequin q ( Fig. 47 ), garni d’une meche s ( Fig. 38 ) , des trous prefque touchants dans toute la longueur de la mortaife qui doit être égale à la largeur de l’aileron ; la mortaife ne doit avoir de profondeur que la longueur de l’aileron , ainfi chaque trou du vilebrequin ne doit pas pénétrer à une plus grande profondeur ; c’eft pourquoi le Ferreur marque fur la meche du vilebrequin la longueur de l’aileron , & on ne la fait entrer dans le bois que jufqu’à cette marque : on voit dans la "Vignette, Fig. 4 , Flanche XIT^, un Ferreur occupé à percer ces trous. A fes pieds font à terre deux fiches à vafe , un panier & une efpece d’étui où font fes outils.
- On coupe enfuite avec un cifeau Fig. 39 & 40 fur lequel on frappe à l’ordinaire avec un marteau, le bois qui eft refté entre les trous, & on enle-ye ce bois, ou on nettoie la mortaife avec le bec d’âne Figure 41, & le crochet y ( Figure 45 ).
- Ce qu’il y a de plus long dans le travail du Ferreur, eft de creufer ces mor-Serrurier* O o
- t
- V
- p.145 - vue 152/398
-
-
-
- I46 art du serrurier.
- taifes ; quelques Ouvriers fuivent une méthode qui l'abrege beaucoup. Après avoir percé les premiers trous, ils en percent d'autres qui rencontrent ceux-ci obliquement en inclinant le vilebrequin ; ainfi au lieu que les autres trous étoient parallèles aux bords de la porte, ceux-ci leur font inclinés. Le vilebrequin expédie bien plus d ouvrage que le cifoau & le bec d'âne , il refte peu à faire à Tun & à l'autre de ces outils.
- Mais cette pratique a fon inconvénient ; en perçant obliquement, on conduit fouvent la pointe du vilebrequin par de-là l'endroit ou feront les côtés de l'aileron ; cela ne fait à la vue aucun mauvais effet, mais la fiche en eft moins fermement affujettie ; elle n'eft plus retenue que par les feules pointes, au lieu que quand l'entaille n'a précifément que la largeur de l'aileron , les côtés mêmes de l'entaille la foutiennent. Il en eft comme d'un tenon qui ne fait jamais un bon affemblage quand il eft à l'aife dans fa mortaifo.
- Quoi qu’il en foit, l'entaille étant faite , on perce les deux trous qui doivent la traverfer, & laiffer pafler les pointes Fig. 44, qui affujettiront l'aileron ; on fait enfuite entrer cet aileron dans la mortaifo. On cherche alors G les trous percés dans le bois fe rapportent bien à ceux qui le font dans le fer J car malgré les précautions qu'on a prifes, & dont nous avons parlé, il arrive fort fouvent qu'ils ne font pas bien précifément lun vis-à-vis de l'autre. On fait entrer par un des trous un outil appellé Cherche-pointe £ ( Fig. 42 ), & qui eft lui-même pointu ; on frappe deffus : quand on font qu'il n'avance pas aifo-ment, ou que les coups de marteau donnent un certain fon plus clair que celui du bois, c'eft une preuve que la pointe ne rencontre pas le trou de l'aileron ; alors on change l'inclinaifon de l'outil ; ou on prend un cherche-pointe qui eft un peu courbé ^ (Fig. 43 ) , jufqu'à ce quon ait trouvé l'inclinaifon convenable pour rencontrer le trou de l'aileron 5 alors on retire cet outil, 8c on fait entrer une pointe de fer Fig. 44, ou un clou fans tête en fuivant l'inclinaifon qu'avoit le cherche-pointe, & enfin on coupe cette pointe de part & d’autre à fleur de la porte. On apperçoit au haut du cherche-pointe un crochet qui eft très-commode pour le retirer lorfque les coups de marteau l'ont rendu très-ferré dans fon trou; c'eft auflï pour donner prife aux tricoi-fes lorfqu'on eft dans le cas de retirer la pointe Fig. 44, qu'on y pratique une petite tête.
- Nous devons faire remarquer que les portes fe placent de deux manières : ou elles font en recouvrement fur les dormants , ou elles font arra-fées, c'eft-à-dire, qu'elles ne débordent ni de part ni d'autre les montants. Quand les portes font en recouvrement, l'ouverture de la mortaifo qui reçoit l'aileron des fiches à gond, ou de celles qui en tiennent lieu, eft for une des faces du dormant qui eft recouverte par la porte , c'eft-à-dire , que le plan de l'aileron eft perpendiculaire au plan de la porte fermée; c'eft le cas où les fiches qui entrent dans la porte demande le moins de fojétion. Quand on perce leur mortaifo, il faut feulement prendre garde qu'il y ait
- p.146 - vue 153/398
-
-
-
- /
- ART DU SERRURIER. 147
- depuis le milieu de cette mortaife jufques à la partie de la porte qui s’applique fur le montant, le demi-diametre de la fiche , & quelque petite chofe de plus ; cet excédant n’eft pas néceffaire, mais il eft avantageux quand les gonds tirent trop la porte.
- Quand les portes font arrafées ou qu’elles ne font point en recouvrement, l’ouverture des mortaifes qui reçoit les ailerons des fiches à gonds ou de celles qui en tiennent lieu, eft dans la face qui marque l’épaifTeur du dormant ; dans ce cas, les ailerons des fiches font parallèles au plan de la porte fermée. L’ouverture de ces mortaifes fe prend alors pour l’ordinaire auprès de l’angle ou dans l’angle même. C’eft auffi ce qu’on appelle ferrer fur l’angle c{ Figure 17).
- Dans ces cas, les nœuds des fiches empêcheroient la porte de s’approcher affez près du dormant ; il y refteroit un vuide dont le diamètre feroit égal à celui du nœud, fi l’on n’entailloit en feuillure la partie de la porte, & celle du montant qui répondent aux fiches. On donne à chacune de ces entailles autant de largeur que le nœud a de diamètre.
- Les volets brifés fe ferment auffi d’une maniéré femblable. Il eft important pour ces fortes de ferrures de marquer bien précifément jufques ou peut aller la boîte ou nœud, ou, ce qui eft la même chofe, marquer bien précifément le centre de la mortaife qui reçoit l’aileron. On le peut faire avec le compas après avoir pris le demi-diametre du nœud. Mais le trufquin Planche XIV, Figure 46, qui eft décrit dans l’explication de cette Planche, eft un outil bien plus précis ; il ne donne pas feulement le diamètre delà fiche, il fert à tracer la ligne qui doit être tout du long du milieu de la mortaife , & dans fa vraie direction.
- Si l’on emploie des fiches à nœuds, l’ufàge eft d’arrêter celles qui en ont le plus contre le dormant.
- Au refte celles qui tiennent lieu de gond, qui font celles du dormant s’arrêtent , ou en terme de l’Art, fe pointent les dernieres ; il eft plus aifé de les hauffer, baiffer, avancer & enfoncer, félon qu’on le trouve néceflàire, qu’il ne feroit aifé de le faire fur les autres. Il n’y a que les fiches à gonds des chaffis à verre, qui ont des volets, où l’on pointe les fiches à gonds les premières ; comme dans le même endroit du même montant il doit y avoir deux fiches féparées par peu d’épaiffeur , on n’eft pas libre de changer leur place à volonté ; auffi commence-t-on par elles, Sc on vient enfuite à celles des volets & des chaffis à verre qui demandent des Ferreurs exercés.
- Il n’y a point d’efpeces d’ouvrages à Paris qui ne puiffent occuper plufieurs Ouvriers. Il y a des Serruriers qui ne s’occupent qu’à ferrer des fiches, & ce font ceux qu’on nomme Ferreurs. On n’a guere recours à eux pour ferrer les pentures qui exigent peu de lavoir. On donne communément depuis deux fols jufqu’à trois pour ferrer chaque fiche, c’eft-à-dire, pour ferrer une fiche en boîte, & celle qui lui fert de gond.
- p.147 - vue 154/398
-
-
-
- 148
- ART, DU SERRURIER.
- \
- §. III. De la façon de mettre en place les Efpagnolettes.
- Pour mettre en place les espagnolettes, ayant établi le chaflïs fur des tréteaux comme Fig. 4 , Planche XIV dans la Vignette, le Ferreur pofe l’ef pagnolette fur le montant de la croifée où elle doit être attachéeprécifément comme elle fera en place ; il marque fur le montant les endroits où répondent les lacets qui doivent alfujettir les efpagnolettes ; il perce des trous pour recevoir la queue de ces lacets , 8c il les arrête avec les écrous faifànt une petite entaille dans le bois pour que ces écrous foient arrafés ; il met enfuite en place les volets pour marquer vis-à-vis les panetons les endroits où il faut placer les portes 8c les agraffes qui fervent à alfujettir les volets. Enfin il met dans leur dormant la croifée ou au moins les chafiïs à verre pour tracer en place les entailles qui doivent recevoir les crochets , 8c il finit par y attacher les gâches. Tout cela s’exécute affez aifément*, 8c n’exige pas autant d’adreffe que les fiches. Ce que nous venons de dire fuffit pour indiquer aux Ouvriers comment ils doivent s’y prendre pour mettre en place les autres ouvrages de Serrurerie.
- Voilà les portes & les croifées ouvrantes & fermantes , 8c déplus elles font garnies de petites ferrures telles que les loquets qui fuffifent pour empêcher le vent 8c les animaux de les ouvrir; quelques-unes même de celles que nous avons décrites, telles que les loquets à vielle ou à la cordejiere , exigent qu’on ait des efpeces de clefs pour ouvrir les portes ; d’autres enfin tiennent les portes & les fenêtres très-fûrement fermées pour celui qui fe renferme dans la chambre ou là maifon, de ce genre font les verroux, les crochets, les fléaux, les efpagnolettes ; mais aucune de ces ferrures ne remplit' l’office d’une bonne ferrure : fi le Propriétaire fe renferme dans fa chambre, elle équivaut à un bon verrou ; s’il en fort emportant avec lui là clef, il eft très-difficile à un étranger d’y entrer ; fouvent les voleurs trouvent plus de facilité à rompre les portes ou à percer les murs. Ce que je viens de dire a fon application aux coffres 8c aux armoires : pour peu donc qu’on réfléchifîe à la grande utilité des ferrures , on doit convenir que c’eft une belle invention, 8c que cette partie de la Serrurerie méritoit d’être bien décrite : heureu-fement M. de Réaumur s’eft chargé de ce foin, & le Chapitre V fera entièrement de lui. *
- * On fera peut-être choqué de voir que nous n’avons point obfervé un ordre régulier & relatif au difcoursdans l’arrangement des Figures que nous avons données jufqu’à préfent ; en voici la raifon. J’ai trouvé dans le dépôt de l’Académie un nombre de Planches gravées , & ne connoilfant pas l’ordre que M. de Réaumur s’étoit propofé de fuivre, j’ai été obligé de faire effacer plufîeurs Figures pour y en fubflituer d’autres. Je n’ai pu même me difpenfer de faire graver en entier
- plufîeurs Planches que j’ai intercalées entre les autres; ce qui fait que le difcours renvoie à la Planche VII, par exemple, puis à la Planche VIII, puis à la Planche IX, & il oblige de revenir en-fuite tantôt à la PI. VII, & tantôt à la PI. VIII. Mais ayant eu foin de renvoyer allez exactement aux Planches qui repréfentent les objets dont je parle, j’efpere qu’on pourra, fans beaucoup d’embarras, fuivre mon Difcours.
- Explication
- p.148 - vue 155/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- i0
- Explicatio n des Planches du Chapitre quatrième* PLANCHE XIII.
- O îi font repréfentées les Ferrures qui fervent à tenir battantes & fermées les portes communes, & à fortifier les ajfemblages de Menuiferie ; on y voit aujjî les ferrures pour les Portes Cocheres*
- pIGURE i, Une équerre fimple pour donner du foutien aux tenons» Figure cl , Une équerre à deux branches qui fert pour les portes cocheres t le corps B B & prolonge tout du long de la traverfe d’en bas, & les branches A A remontent fur les montants ; elles font attachées par des clousri* vés & quelquefois avec des crampons DD; on a rompu le corps B B pou£ ne point embarrafler la Planche*
- Figure 3 , Pivot à enfourchemerit ou à étrier pour les portes des fermes % E E 3 fes branches ; C > fon mamelon ; E, la réunion des deux branches.
- Figure 4 eft une crapaudine dans laquelle tourne le pivot des portes co-* cheres autres portes ou volets.
- Figure y 3 Equerre qui porte un pivot C ; la branche horizontale B de cette équerre paife fous la traverfe d’en bas de la porte, & la branche verticale A eft attachée fur l’épaiffeur du chardonnet ; l’une & l’autre font attachées par des chevilles à clavette A. Figure 6 , la clavette eft marquée Bé
- La Figure j fait voir comme on arrondit le haut du chardonnet d’unepor-te de ferme pour entrer dans une bourdonniere qu’on voit Figure 7%
- On fait de ces bourdonnieres en fer comme A Figure 8 , qui reçoit le mamelon d’un gond à enfourchement B. ,
- Figure 9 eft une fiche à gond. ABC D fait voir comment les differentes parties qui la compofent s’ajuftent les unes avec les autres* D eft l’aileron de la fiche qui entre dans le chardonnet ; A , un gond avec fon boulon C qui traverfe le nœud E de la fiche ôt la bourdonniere B ; les Figures 10 & 1 r re-préfentent les mêmes chofes développées & indiquées par les mêmes lettres# Figure 12 3 Penture ordinaire*
- Figure 13,Penture plus forte dont le nœud eft foudé3& qui porte un talon* Figure 14 , Penture appellée Flamande ? qui eft fort bonne, parce qu’elle embraffe l’épaifleur de la porte* celle-ci aune de fes branches en patte ; il y en a qui ont leurs deux branches droites, d’autres les ont de differentesfigu* res fuivantla forte de menuiferie où on les pofe.
- Figure iy , Penture dont la queue refendue en deux , fe prolonge haut 8c bas fur le bâti de la menuiferie ; celle cotée B eft en S, & celle cotée A eft en patte.
- Fig ure 16, Paumelles : celle cotée A eft à pivot recourbé, & celle cotée J? eft à pivot droit. Figure 16 eft une paumelle qui termine une barre. Serrurier. * P p
- \
- ♦
- p.149 - vue 156/398
-
-
-
- Ijo ART DU SERRURIER.
- Figure 17 3 Crapaudine des paumelles précédentes.
- Figure 183 Penture coudée.
- Figure 19 S 3 nœud de penture rivée fur une équerre.
- Figure 20 3 Gond à fcellement & à repos ; le boulon ou mamelon eft rap^ porté.
- Figure 2r 3 Gond à bois & à repos ; le mamelon eft rapporté.
- Figure 223 Gond à fcellement coudé ; le mamelon eft pris dans la piece.
- Figure 23 3 Gond à patte.
- Figure 24, Fiche à chapelet.
- Figure 27? 28 & 29, a, une des fiches dont l’aflemblage forme le chapelet; b, broche des fiches à chapelet terminée par un vafe ; b c , une broche fépa-rée en deux parties 3 ainfi qu'elles le font avant que l'on ait enfilé les fiches ; on aflemble les deux parties b c par une rivure qui traverfe une des fiches.
- Figure 36y Penture à charnière pour la fermeture des boutiques;les nœuds de la charnière font en A A.
- Figure 30 , Gros verrou dont le mouvement eft vertical , & qui eft attaché fur une platine.
- Figure 3 r 3 Verrou femblable au précédent qui eft retenu par des crampons B. A, C3 crochet qui fert à le tenir ouvert. Ces verroux fe mettent pour ' tenir le bas des portes cocheres fermé.
- Fig ure 32 LL, Fléau qui fèrt à tenir fermés les deux grands battants des portes cocheres ; N3 boulon du fléau ; O P , virole & plaque du boulon ; My les mains du fléau ; R , verge qui tient, l’auberon S qui doit entrer dans une ferrure plate dont T eft l’entrée.
- Figure 33 , G Crémaillère où s’engage le bout I de la barre à crochet. Figure 34, Z lacet à fcellement qui retient la queue H de la barre HI, & K eft un fort piton où entre le crochet I; il eft bon que ce piton foit à vis & rivé.
- Fig ure 38 9 a b Verrou rond retenu par des crampons e e ; fà queue c porte un auberon d qui entre dans la ferrure plate D; B eft un lacet fervant de gâche à ce verrou.
- Figure 3 p, a b Verrou quarré retenu par les crampons e ; en d il y a un bouton pour l’ouvrir ou le fermer.
- Figure 41 eft encore un verrou quarré dont le mouvement eft horizontal ; mais fa platine A eft ornée, & le verrou eft reçu dans une gâche B.
- Figure 43 , Verrou à queue a dont le mouvement eft horizontal, & qui eft recouvert par la platine b.
- Figure 44, Verrou vertical & à queue, aflujetti fur la platine ABC; il y a entre le verrou & la platine en e, un reflort pour l’empêcher de def-cendre par fon propre poids.
- Figureqy, A Verrou à queue femblable au précédent, mais plus proprement travaillé ; il eft pofé fur la platine B B ; en £ eft une conduite pour
- p.150 - vue 157/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. ijr
- empêcher la queue de balancer*
- La Figure 42 fert à faire voir comment , au moyen d’un verrou ou faux pêne C, qui eft placé dans la gâche D, & qui eft pouffé par le pêne de la ferrure A, on peut empêcher qu’on ne leve le crochet E de la barre quand la ferrure eft fermée.
- La Figure 3 y eft une dembefpagnolette à agraffe dont on fe fert affez fou* vent pour fermer le haut des portes cocheres ; il faudroit en A une moulure en cul de lampe ; le paneton D eft inutile , & il faudroit que la main C fût plus du côté de Â.
- La Figure yj fert à faire voir comment en mettant dans la gâche B un paneton femblable à D ( Fig. y 2 ) le pêne C de la ferrure coule deffuslorfque l’efpagnolette eft fermée, & empêche que ceux qui font en dedans de la maifon ne puiffent ouvrir l’efpagnolette lorfque la ferrure eft fermée. J La Figure 46 eft une barre de carillon deftinée à faire une efpa-* gnolette.
- Les Figures 47, y 2 & y 3 fervent à faire voir comment on fait les collets f ^ & comment on affemble les panetons D , & les mains C des elpagnolettes.
- Les Figures 48,49 , yo & y 1 fervent à faire voir les différentes maniérés de faire les lacets qui doivent être placés dans les collets fy pour affujettir les elpagnolettes fur la menuiferie.
- Explication de la Planche XIV, ou Von repréfente la maniéré dê faire les Fiches > SC comment le Serrurier qu on nomme Ferreur, les attache aux Portes , aux Battantsd’Armoires SC aux Volets ; SC aujfla maniéré défaire les Platines pour les Verroux SC Targettes*
- La Figure I dans la Vignette repréfente un Ouvrier qui coupe une barré en morceaux propres à faire des fiches ; la barre eft foutenue en b par un crochet qu’on nomme Chambrieré, pour épargner un compagnon Serrurier. On éleve ou on abaiffe le crochet à volonté au moyen de la corde quile por^ te, qui paffe deux fois au travers du manche c d du crochet; le frottement de la corde fait un arrêt fuffifant pour que le crochet ne efelcende pas ; Sc lé frottement eft d’autant plus fort que le poids eft plus confidérable.
- La Figure 2 repréfente un Ouvrier qui répare à la lime le vafe d’une fiche* L’Ouvrier Figure 3 ^ lime de long le nœud d’une fiche ; Figure 4 , eft un Ferreur qui perce avec le vilebrequin, un chaftls de bois qu’il veut ferrer. On voit à terre ùne efpece d’étui & un panier, où font les outils du Ferreur , avec les deux fiches qu’il va mettre en place. Les autres figures font au bas de la Planche. Je vais commencer par détailler les outils du Ferreur.
- La Figure 9 , x eft un tournevis que le-Ferreur met quelquefois dans fort vilebrequin , pour tourner les vis dont la tête eft fendue.
- p.151 - vue 158/398
-
-
-
- i;a ART DU SERRURIER.
- La Figure io^eft un morceau de fer difpofé pour faire une meche de vilebrequin. LaFigure 12, t eft une meche de vilebrequin vue du côté de la gouttière. Figure 38 , s eft une meche de vilebrequin vue par le dos. Figure 47, ^eft un vilebrequin garni de fa poignée & de là vis. Figure 13 r, eft ce vilebrequin dont on a ôté la poignée & la vis qui font à côté.
- La Figure 39 f > eft un cifeau pour nettoyer les mortaifes. La Figure 40 o , autre cifeau plus mince. Figure 4 $ y , eft un crochet en bec d’âne pour vuider les mortaifes. Figure 41 y4, autre bec d’âne plus fort pour les grofles ferrures. Figure 42 ^, eft un cherche-pointe droit. La Fig. 43 un cherche-pointe courbe, & la Figure 44 une broche ou pointe pour retenir les fiches dans leurs mortaifes.^
- La Figure ^6fg hi, eft un trufquin ou une efpece de compas avec lequel on prend foit les diamètres , foit les longueurs des fiches pour tracer les di-, menfions des entailles. On prend ces mefures entre la pointe g du trufquin 8c fon corps h ; k l eft le corps du trufquin traverfé en deux fens par deux trous / k qui fe rencontrent un peu dans l’intérieur ; l eft l’entaille où pafle la branche h qui porte la pointe ; k l’autre entaille où entre le coin L On voit au-deflus en m, la branche qui porte la pointe, 8c en n l’autre branche faite un peu en coin qui fert à fixer la branche m en la preflànt contre l’entaille,
- La Figure 17 a a repréfente le montant d’une armoire qu’on ferre; la mor-taife eft faite en b , ainfi que les trous dd qui doivent recevoir les pointes. On voit en c une des fiches à nœuds en place , 8c en e on voit l’aileron qui doit entrer dans le battant. Voilà tout ce qui regarde le Ferreur.
- La Figure 20 A, eft un morceau de tôle préparé pour faire une fiche à fini pie nœud équarri 8c roulé en partie. Figure 21 B, le morceau de tôle entièrement roulé. Figure 22 C, morceau de fer préparé pour le vafe qui doit être mis au bout de la fiche. Figure 23 D , fiche au bout de laquelle le cylindre C de la figure précédente eft foudé. Figure 24 E, vafe fini rivé au bout d’une fiche. Figure 2 y F, fiche qui porte un gond G propre à recevoir une des fiches précédentes. Fig. 27 H, les deux fiches affemblées , ou, fi l’on veut, une fiche mife fur fon gond. Fig. y L, fiche mife fur fon gond, 8c dont les vafes font finis. Fig. 6 M, fait voir comment le gond entre dans la fiche. Figure 28 OP, eft une étampe en tenaille propre à faire les vafes beaucoup plus promptement que lorfqu’on les travaille à la main. On a coupé une de fes branches en O. P, repréfente une des moitiés de l’étampe, 8c l’autre moitié eft dans l’autre branche. Figure 29 Q , eft un vafe étampe dans la tenaille dont nous venons de parler. Figure 26 N, eft un dégorgeoir pour préparer les collets des vafes avant que de les travailler à l’étampe. On pique la queue du dégorgeoir dans un billot, on pofe le morceau de fer où l’on veut faire le vafe fur ce dégorgeoir. Un fécond Ouvrier en tient un autre pareil deflùs, 8c tandis qu’il fait tourner d’une main le fer entre ces deux dégorgeoirs , un Ouvrier frappe fur le fupérieur. l-a
- p.152 - vue 159/398
-
-
-
- I
- \
- ART DU SERRURIER. 153
- La Figure 30 , RR eft un morceau de tôle équarri & évidé pour faire une fiche à double nœud. Fig. p, S eft la fiche à double nœud roulée 8c foudée. Figure 10, T eft une fiche à trois nœuds. Figure 119Vlts deux fiches précédentes alfemblées. Figure 8 * X broche qui doit palfer dans les nœuds de cette fiche. Figure 7 , Y Y eft une fiche alfemblée avec fa broche ; les ailerons Y Y font étendus.
- La Figure 13 , Z repréfente un couplet alfemblé. Figure 14, les deux pièces qui compofent le couplet. Figure iy eft un briquet ou une elpece de couplet qui ne s’ouvre que dans un lèns. Ils fervent ordinairement pour les tables à manger. Figure 16, les deux pièces qui compofent le briquet. Figure 17 , le briquet vu dans un autre fens. La Figure 18 fert à réunir les deux pièces ï6 au moyen de deux broches.
- U ne nous refte plus à parler que de la façon de faire les platines, & nous le ferons fort en bref, parce qu’il en a déjà été queftion dans le Chapitre I.
- Figure 32, r , r , morceau de tôle découpé pour faire une platine.
- Figure 3 r > 6 3 piece d’acier trempé qui a la figure de la rofette qu’on fe propofe de faire. On en a deux pareilles entre lefquelles on met plufieurs feuilles de tôle qu’on découpe toutes à la fois ; à la Figure 34, les platines 4,4, y , font en partie découpées, & à la Figure 33 , elles le font entièrement; 2, 2 & 3, 3 marquent les vis qui alfujettilfent les platines entre les deux moules. Quand il y a de petites parties qu’on ne peut découper de cette façon , on les marque avec le traçoir Figure 35, qui fert aujfïi d’aléfoir pour arrondir certains contours.
- La Figure 36 eft une elpece d’étau pour alfujettir à plat les rofettes 8c les platines qu’on veut polir : on le làifit dans un autre étau par la partie a. On couche la platine ou la rofette fur la planche dd9 8c on l’y alfujettit par l’étrier 8c la vis b ; cet étrier b cdeft repréfenté à part Figure 37.
- La Figure ip eft une elpece de gouge pour découper les ajours des platines 8c rofettes des Fig. 3 r.
- Explication de la PL XV, où font repréfentès plujîeurs ouvrages de Serrurerie qui fervent à tenir les Portes SC les Croifées fermées*
- Figure i , loquet à relfort; Y Z, le battant du loquet ; auprès de T eft un clou fur lequel tourne ce battant; en Z eft un cordon qui fert à ouvrir le loquet ; Vle relfort quile ferme ; X, le picolet ou cramponner quifert de conduéleur 8c au battant 8c au relfort ; K , l’étoquiau du relfort.
- Figure 2, le mentonnet de ce loquet 5 ce mentonnet eft formé par une piece arrondie fur laquelle coule le battant du loquet ; & quand le relfort l’a fait retomber derrière cette partie làillante, le volet eft fermé ; ce mentonnet eft attaché en V fur une platine.
- Figure 4, une croifée garnie de fes volets brifés ; m m) dormant; r s, impof Serrurier. Q q
- )
- p.153 - vue 160/398
-
-
-
- 354
- ART DU SERRURIER.
- te; q q, montant du milieu du chaflîs à verte qui porte la noix, &fur lequel eft ferré l’efpagnolette ; en p eft la main de cette efpagnolette ; cette efpagno-lette eft à pignon comme on le voit en o o.
- Figure 5 & 6, petit verrou ou targette ; C en eft le verrou avec fon bouton D. f?2?,lesplcolets ou cramponnets qui fervent à Fattacher fur la platine AA; il ferme dans un crampon tel que la Figure 39 , qui fert de gâche à ce verrou.
- Nous avons parlé précédemment des verroux verticaux qu'on nomme href-fort, parce que pour les empêcher de retomber par leur propre poids , on met entre le verrou & la platine qui le porte , un petit relfort femblableà dd(Fig. 9). On peut fe rappeller que nous avons dit que,pour ouvrir les croi-fées fermées avec ces fortes de verroux , on étoit obligé de porter la main fucceffivemënt fur le verrou d'en haut & fur celui d'en bas , pour les ou* vrir l'un après l’autre, & de même pour les fermer ; pour parvenir à ouvrir à la fois le haut & le bas , on a imaginé de faire le verrou d'en haut à cro-hetg ( Fig.) 12 ; & pendant qu'avec la main k (Figi) 13, on faifoit defcendre le verrou d'en bas dans fà gâche, celui d'en haut Figure 12, s'engageoit dans un crampon Figure 1 r ; & en levant la main k ( Figure 13 ), le verrou d'en bas fe dégageoit de fa gâche, & celui d'en haut de fon crampon.
- > On a produit le même effet au moyen des verroux à bafcule Figure 15 ; les verroux a b, l’un montant, l'autre defcendant, dont le prolongement de la tige du defcendant eft repréfenté par K B, & celui du montant par / A > font rivés par les bouts I & K , aux goupilles i k qui font fur l'évafement de la main C D ; au milieu de cet évafement eft un trou G dans lequel entre la broche qui eft au centre de la piece H rivée fur la platine E F ; on voit qu’en élevant la main D, les deux verroux fortent de leurs gâches , & qu'en abaiflànt cette main, les deux verroux rentrent dans leurs gâches; c es verroux ont été très-à-propos nommés à bafcule ; on voit que les queues des verroux éprouvent un petit balancement, c’eft un fort petit inconvénient; cependant on l'a évité par les verroux à pignon Figure 16, appuyant fur le bouton G 9 on abaiffe dans fà gâche le verrou d'en bas B 5 mais en même temps au moyen de la crémaillère D, on fait tourner la roue dentée E qui fait élever le verrou d'en haut A.
- Tous ces verroux ne peuvent faire revenir dans leur place les volets quifè font déjettés, qu'autant que le bifeau du verrou peut prendre dans la gâche ou le crampon qui eft deftiné à le recevoir ; c’eft pour cette raifon qu'on taille toujours en chanfrein le bout 2T ( Fig. 10 ) des verroux ; & pour augmenter cet effet, on place les verroux de champ, les faifànt étroits & fort épais danslefèns qui eft perpendiculaire à la croifee comme Z1 (Fig.j), au lieu que la forme ordinaire eft repréfentée par la Figure 10; ee font deux petites oreilles qui limitent le mouvement du verrou à la diftance qu’il y a entre les chevilles c c Figure 9 ; en fuppofànt des verroux à pignon attachés au
- p.154 - vue 161/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. lyy
- montant du milieu d’un chaflîs à verre, on conçoit quil fera aifé de l'ouvrir & de le fermer ; mais on a voulu le rendre propre à fermer en même temps les volets. Pour faire comprendre comme on s’y eft pris , fai repréfenté Figure 8, la queue du verrou B ( Figure 16) plus en grand ; on foudoit fur cette queue a ( Figure 8 ), un paneton/* qui eft jrepréfenté beaucoup trop grand ; & quand on fermoit les verroux, ce paneton prenoit fur une petite piece de fer plat qui étoit fur le volet ; 8c en ouvrant le chaflîs à verre , comme le paneton ne répondoit plus à cette petite plaque de fer, le volet avoit la facilité de s’ouvrir.
- On a continué à perfectionner les ferrures qui dévoient fervir à ouvrir & à fermer les croifées , & au lieu de lever & de baiffer les queues des verroux , on a attaché une forte barre de fer ronde fur le battant du chaflîs à verre qui portoit la noix, & cette tringle de fer ronde Figure 28, y étoit retenue par des lacets a b, reçus dans des collets femblables à b ( Fig. 20 ) qui permettoient à la barre de tourner fur elle-même. On étoit alors bien près d’imaginer les elpagnolettes telles que nous les avons aujourd’hui ; mais accoutumé qu’on étoit aux verroux, on ne les a pas abandonnés tout de fuite ; en employant cette tringle qui empêchoit les chaflîs de fe voiler, on a cherché à faire mouvoir verticalement des verroux A B ( Fig. 28 ), lorfqu’on feroit tourner la barre; on y a réulîî au moyen'de la vis A qui avoit des pas très-alongés , afin que le verrou A B parcourût plus de chemin dans la révolution d’un demi-tour. Enfin on a entièrement abandonné les verroux, & l’on a imaginé les elpagnolettes à agraffe Figure 29 ; la barre A B fermement afliijettie au montant du chaflîs à verre par des lacets a, retenus par des pattes ou plus fréquemment par des vis, portoit à fes extrémités A&B, deux crochets tels que celui qu’on apperçoit en A; en faifimt tourner cette barre fur elle-même au moyen d’un levier appliqué en b, ces crochets ou agraffes prenoient dans le crampon Figure 39, ou la gâche Figure 33 , ou dans une cheville de fer recouverte par la gâche Figure 40, & le chaflîs étoit fermé $ en tournant en fens contraire le levier, les agraffes fortoient du crampon ou de la gâche, & on pouvoit ouvrir la croifée. Par cette méchanique très-fim-ple non-feulement on tient les croifées exactement fermées, mais de plus la barre empêche qu’elles ne fe déjettent, & les crochets font revenir les chaflîs qui malgré cela fe feroient déjettés.
- D’abord ces efpagnolettes à agraffes ne fermoient que les chaflîs à verre, on fermoit les volets avec des verroux à reffort, des targettes, des loque-' teaux à reffort, 8cc, puis on a pris le parti de mettre fur un des volets une féconde efpagnolette Figure 30, qui par fes crochets tenoit ce volet fermé ; mais cette efpagnolette portoit deux longs panetons Cqui s’appuyoientlorf-que l’efpagnolette étoit fermée fur l’autre volet qui par ce moyen étoit exaélement fermé. Mais voilà deux efpagnolettes au lieu d’une, & les Serru-
- p.155 - vue 162/398
-
-
-
- t56 ART DU SERRURIER.
- riers ont employé leur induftrie pour faire enforte que les volets fulTent fermés par la même efpagnolette qui fermoit les chaflis à verre.
- D’abord ils ont imaginé de mettre fur la verge de l’efpagnolette un paneton C ( Fig. 20 ) , qui s’appliquoit fur un des volets , en voilà déjà un de fermé d’une façon bien Ample ; pour fermer l’autre volet , ce paneton C ( Figure 20 ) , ou plutôt la verge de l’efpagnolette portoit un pignon a armé de trois ou quatre dents qui engrenoient dans un autre pignon b placé au bout d’un autre paneton Z2 ; cet engrenage déterminoit le paneton Z2 à s’appliquer fur l’autre volet qui fe trouvoit fermé : tout cet ajuftement eft repré-fenté par la Figure 18 , ainft que les platines Z. ttuu font les lacets ; x, la main ; , le crampon à patte qui la retient.
- Les Serruriers ont encore beaucoup Amplifié ces efpagnolettes : car Figure 22 & 24 , pour tenir les volets fermés, il fuffit de fouder fur la verge de l’ef-pagnolette un petit paneton a, d’attacher fur un des volets une petite patte C ( Fig. 26 ), & fur l’autre volet une efpece de porte b ( Fig. 25 ) ; on voit que toutes ces pièces étant placées bien exaélement l’une vis-à-vis de l’autre, quand on tourne la verge de l’efpagnolette pour fermer la croifée, le paneton a de la verge paffe dans l’ouverture de la porte b, & appuie fur l’extrémité du paneton c , comme on le voit Figure 22 ; & les volets font aufli exaélement fermés que les chafîîs à verre, par un ajuftement bien Ample & très-folide. Aujourd’hui on ne met plus de platine comme on en voit une en d au haut de la Figure 22 ; on ferre les lacets 8c les agraffes immédiatement fur le bois , comme on le voit au bas de la Figure 22,
- Quand il n’y a point d’impofteaux croifées, les crochets des efpagnolettes prennent dans les traverfes du haut &du bas du dormant ; mais quand il y a un impofte comme à la Figure 4, il faut, fi l’on veut affujettir les volets dans toute leur hauteur, faire enforte qu’ils s’étendent de toute la hauteur par-deffus l’impofte. En ce cas on coupe l’efpagnolette à la hauteur de i’impofte, comme on le voit Figure 31 ; la partie r t eft attachée par deux lacets depuis l’im** pofte jufqu’au haut du dormant, & eft terminée au bout t par une entaille en enfourchement, & l’extrémité s de l’efpagnolette qui répond à la hauteur de l’impofte, eft taillée en tenon ; lorfqu’on ferme le chaflis à verre, ce tenon q entre dans l’enfourchement t, & pour lors l’efpagnolette eft comme d’une piece. Quand on tourne la poignée de l’efpagnolette , les crochets qui font aux deux extrémités tournent aufîî, & l’efpagnolette eft fermée. On peut, fi l’on veut, mettre à la partie r t une agraffe qui affujettiffe les volets en cet endroit.
- La Figure 27 eft un crochet qu’on met fur les chaflîs à verre pour retenir la queue de l’efpagnoletté ; il a une charnière en G pour qu’il puiffe fe coucher fur le chaflis à verre quand on ferme les volets.
- A l’égard des crochets Y qui font fur les volets Figure 18 & 30, ils ne fe plient point. On
- p.156 - vue 163/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. >157
- On voie au bas de la Planche Figure 34 , une main. Figure 3y , un crochet à charnière. Figure 36 & 37, uneagraffe décorée de quelques ornements.
- Explication de la Planche XVI y qui repréfenteplujieurs maniérés
- fimples de tenir les Portes fermées.
- Figure i,A B battant d’un loquet à bouton; A , la queue du battant; B3 fà tête ; au milieu de la ligne ponéluée F A , eft: un œil, ou Ton met un clou fur lequel tourne le battant; CC , crampon qui empêche le loquet de s’écarter de la porte, de s’élever ou de s’abaifler trop : quelquefois on fait l’œil quarré, & on entre dedans une broche quarrée qui répond à un bouton qu’on tourne pour lever le loquet.
- D , bouton.
- E y tige de fer avec une partie en faillie qui fert à foulever le battant quand on tourne le bouton.
- Figure y , F boucle de fer qui tient lieu du bouton pour lever le loquet au moyen de la petite piece G. -
- Figure 2 , H inentonnet qui tient au chambranle, & qui fert à recevoir la tête du battant pour tenir la porte fermée. Figure 3 , T autre mentonnet qui fe fcelle dans l’embrafure.
- Figure 4 , garniture pour un loquet à poucier ; /, platine de ce loquet ; K , branche qui fert de poignée., & qu’on tire pour fermer la porte; L la piece qu’on abaiife avec le pouce pour lever le battant du loquet au moyen de la partie M, qui eft en dedans de la chambre. ^
- Figure 7, M loquet à vielle vu du côté qui eft appliqué contre la porte; la platine P P. tient lieu de palâtre & d’entrée ; NO , petite manivelle qu’on ' nomme la Vielle ; O , étoquiau autour duquel elle tourne ; M y petite garniture pour la clef.
- Figure 6 y P P h même platine vue par dehors ; alors elle fert d’entrée ; A B , partie du battant du loquet.
- Figure S y RS Th vielle vue féparément avec fon étoquiau.
- Figure 9, le même loquet vu par derrière avec toutes les pièces*qui en dépendent. AB , le battant du loquet ; K, œil où l’on met le clou ; V, branche de la vielle paffée fous le loquet, & qui le leve quand elle eft elle-même levée par la clef ; O , étoquiau de la vielle ; P P, la platine ; X, couverture fous laquelle doit être la vielle.On la voit féparée indiquée par la même lettre X.
- Figure 10, la clef.
- . Figure 13 , loquet à la cordeliere vu par devant ; a a, la platine où eft l’entrée , & qui fert de palâtre ; h y l’entrée. On apperçoit en c une cloifon qui eft la partie e c de la piece e c d ( Figure 14) qui tient lieu de garniture', & qui oblige, pour ouvrir ce loquet, d’avoir une clef qui lui foit alfortie.
- Figure 12 e e. eft une platine pliée au milieu en gouttière ; elle eft atta-Serrurier. Rr
- p.157 - vue 164/398
-
-
-
- 158 ART DU SERRURIER.
- chée contre la platine a a ( Figure 13 ) , & elle tient lieu de ce qu’on appelle dans les ferrures le foncer,fe& une tige qui tient au loquet, & qui eft libre, étant ifolée dans la gouttière. Quand onfouleve la clef, elle appuie fur le bout f de cette tige qui leve le loquet A B g. C efl: le crampon qui limite le mouvement du loquet; D > efl: le bouton qui fert à ouvrir le loquet quand on eft en dedans de la chambre.
- Figure if eft la clef pour ouvrir cette elpece de loquet ; i reçoit la partie arrondie b ( Figure 14 ) ; la partie c ea d( Figure 14 ) entre dans bac (Fig. iy ) ,Sc Tarrondiflementy^ Figure 12). reçoit la partie g h de la clef Figu-z re if.
- Les Figures 16 & 17 font des efpeces de petites ferrures dont la clef n’a point de paneton ; toutes deux repréfentent cette ferrure du côté qui eft appliqué contre la porte.
- La Figure 16 a toutes fes pièces, & on en a emporté quelques-unes à la Figure 17. '
- i le palâtre; K K,le pêne; /, pied du relfort; m, le relfort qui a fes arrêts en m; n> le foncet ; n1> gorge du relfort. O, palette qui tient lieu du paneton de la clef, les parties du relfort font indiquées par les mêmes lettres à la Figure 20 ; p ( Figure 18 ) eft la tige où tient le paneton O ; q, la clef forée comme celle d’une pendule, pour recevoir le bout de la tige qui eft quarré.
- Figure 19, K le pêne féparé ; s s s, fes barbes; ttt7 fes encoches ; quand on tourne la clef, le paneton o ( Fig. 17 ) porte fur la partie convexe de la gorge du relfort ri1 qui fouleve la partie m, les arrêts fe dégagent des encoches t ( Figure 19 ); alors rien n’empêche que le pêne ne glilfe dans les picolets u u, & le paneton portant fur la barbe s qu’il rencontre, fait avancer le pêne ; quand le paneton a échappé la gorge n% du relfort, la partie m follicitée par la partie /, retombe à là place, un arrêt prend dans une encoche r, ce qui fixe le relfort dans la fituation, & la porte eft fermée jufqu’à ce que la clef revenant lur fes pas produife les mêmes effets en fens contraire pour retirer le pêne en dedans & ouvrir la porte.
- q ( Figure 20 ) eft l’étoqiiiau marqué q ( Figure 17 ).
- La Figure 23 eft une elpece de verrou à relfort qu’on nomme Bec de canne ; Figure 22, a a le palâtre ; b b , la cloifon ; c c , le rebord où eft percé l’ouverture F pour le paflàge du pêne G ( Fig. 23) ; d> étoquiaux ; K Z ( Figure 23 & 2f ) , piece qui tient en quelque façon lieu du foncet, & qui fert à diriger la route du pêne : elle eft repréfentée à part Figure 2f. M, la vis qui l’attache au palâtre ; G HI ( Fig. 23 & 24 ), le pêne qui eft coudé en équerre ; il eft repréfenté à part Figure 24. N O, eft une entaille qui limite la £ourfe du pêne, étant embralfé par la piece Figure 2 j\
- Figures 23,27 & 28, RS Q levier à deux branches, qui tourne far le point S , & qui appuyant contre la partie HI du pêne, le fait rentrer en dedans ;
- p.158 - vue 165/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 159
- cette piece R S Q, efl deffinée à part Figure 27 ; Sc à la Figure 28 , elle préfente le côté qui regarde le palâtre. On voit en rr une petite partie Taillante qui empêche les branches de cette piece de frotter contre le palâtre ; le trou quarré qui efl: au milieu S, reçoit la broche quarrée Figure 29 \ la partie ronde Y ( Fig. 29 ) entre dans le trou A ( Fig. 22) ; la partie quarrée V Ç Fig. 29} entre dans le trou quarré S ( Fig. 23,28 ou 27, Sc la partie VZ entre dans le quarré du bouton Xz. on apperçoit qu'en tournant un de ces boutons , on pouffe la partie Ç) ou la partie R de la piece R S Ç) , contre la partie HI de la queue du pêne, Sc la tête G rentre dans le palâtre ; pour le faire for-tir , il efl: preffé en fens contraire par un refforfi* à boudinp ( Fig. 23 & 26 ) qui efl: arrêté au centre des révolutions à un étoquiau.
- La Figure 30 efl: une rofette qu'on cloue fur la menuiferie à l'endroit oii elle efl: percée , pour recevoir la broche Z Y ( Figure 29).
- On trouvera dans la fuite la maniéré de faire les palâtres, les étoquiaux, les refforts Sc toutes les pièces qui forment une ferrure.
- 1
- CHAPITRE V.
- D es Serrures de toutes Les efpeces,par M. de Rea umur.
- Article L
- Des Serrures en général.
- ]N[o u s voilà enfin parvenus aux ferrures qui font la lurété des fermetures des portes des armoires > des coffres 3c de tout ce qu'on veut y renfermer : heureufement cette belle partie de la Serrurerie s'efl: trouvée faite par feu M. de Réaumur ; c'efl: donc lui qui va parler.
- Il n'y a point de machines plus communes que les ferrures; elles font affez compofées pour mériter le nom de Machine ; mais je ne fais s'il y en a qui foient auffi peu connues par ceux qui les emploient. Il efl: rare qu'on fâche en quoi confifte la bonté d'une ferrure , le degré de sûreté qu'on peut s'en promettre. Leur extérieur efl: prefque la feule chofeà quoi on s’arrête. Les ufâges importants auxquels elles font employées^devroient cependant exciter la curiofité à les connoître, fi la curiofité étoit toujours excitée raifonnable-ment. Il n'y a rien dans la Serrurerie qui demande plus d*adreffe Sc d'habileté delà part de l'Ouvrier ; auffi efl>ce toujours une ferrure que les Statuts de cet Art propofent pour chef-d'œuvre à chaque alpirant àMaîtrife.
- Il y a bien des efpeces de ferrures > dont les unes conviennent mieux pour certaines fermetures, Sc d’autres pour d'autres. Elles ont chacune des parties ou des difpofitions de parties particulières ; les unes font plus aifées à forcer que les autres; il y en a qui donnentprife aux crochets Amples,d'autres ne peuvent
- p.159 - vue 166/398
-
-
-
- i6o ART DU S ERRU RI E R.
- être ouvertes que par deux crochets ; d’autres plus parfaites font à l’épreuve des crochets : enfin il y en a d’aifées à ouvrir ayec des rolfignols ou des clefs corrompues , & d’autres qui ne lffpeuvent être que très-difficilement. Voici l’ordre que nous nous fommes propofés de fuivre pour faire connoître toutes ces différences & en général tout ce qui contribue à rendre les ferru-
- I
- resparfaites ou défeélueufes. *
- ' 1°. Nous ferons connoître les principales parties des ferrures , "celles qui leur font communes à prefque toutes , & nous donnerons en même temps line courte explication des termes dont nous aurons befoin dans la fuite.
- 2°. Nous indiquerons aprèsies principales efpeces de ferrures, celles auxquelles toutes les autres peuvent être ramenées.
- 30. Nous les ferons mieux connoître , chacune par une courte defcription, & fur-tout par une explication de la Planche où elles font repréfentées.
- 4°. Les ferrures étant connues , nous viendrons à la maniéré de faire leurs parties, de les alfembler ou de compofer toute la ferrure, les clefs, les garnitures , Sc la façon de les piquer.
- y. Enfin nous ferons quelques remarques fur leurs défauts & leurs perfections. Nous décrirons les maniérés dont on les ouvre fans la clef, & comment elles doivent être faites pour être le plus fûres qu'il eft pofiible.
- 1 _
- Article ÏL
- Détail des différentes parties qui compofent une Serrure.
- On fait qu’une ferrure Planche XVII, eft une efpece de boîte ordinai-' rement reétangle ou quarrée Figure x , qui renferme un ou plufieurs ver-roux qu'on ne peut ouvrir que par le moyen d’ufte clef. Cette efpece de boîte eft fouvent ouverte d'un côté, c’eft celui qui eft appliqué contre le bois : le côté parallèle à celui-ci ou à la piece de bois contre laquelle la ferrure eft attachée , & qui forme l’extérieur de la boîte r ( Fig. 1, 2 & 3 ) s’appelle le Palâtre ; c’eft fur le palâtre que font affujetties la plupart des pièces de la ferrure ; des quatre autres faces de la ferrure, l’une a a ( Fig. 1 <9 2 ) eft nommée le rebord du palâtre ; c’eft celle où eft une ouverture £ par où fort & entre l’efpece de verrou qui ferme la ferrure qu’on nomme le Pêne : elle eft ' nommée rebord du palâtre, parce qu’elle eft faite de la même piece que le palâtre qui a été plié à angles droits.
- Les trois autres faces x x de cette efpece de boîte font nommées enfèm-ble la cloifon ; elles font compofées d’une piece de fer pliée deux fois à angle droit, & arrêtée perpendiculairement fur le palâtre. Elle l’eft par de petites pièces de fer b b ( Fig. 1 & 1 ) , appellées Etoquiaux , nom commun dans la Serrurerie à la plupart des petites pièces qui en portent ou qui en arrêtent d autres ; celles-ci font forgées quarrément ; elles ont très-peu de diamètre,
- p.160 - vue 167/398
-
-
-
- . /
- ART DU SERRURIER,. 161
- métré , 8c font prefque auffi longues que la bande qui forme la cloifon, eft large ; un des bouts de chaque étoquiau eft termine par un tenon qui entre dans le palâtre, 8c eft rivé deflus ; à quelque diftance de l’autre bout, l’éto-quiau a un autre tenon en faillie fiir un des côtés, c’eft-à-dire, perpendiculaire à fa largeur ; celui-ci entre dans la cloifon , 8c s’y rive.
- L’efpece de verrou que la clef fait aller 8c venir, 8c qui tient la porte fermée, efl: appellée Pèle , 8c plus fouvent Pêne. M. Félibien a préféré ce dernier nom , nous l’adopterons auffi, quoique les Serruriers lui donnent prefque toujours le premier.
- Le pêne efl: retenu dans la ferrure par un crampon A {Fig. j)qui lui tient lieu de couliffe ; on l’appelle le Picolet ; il efl: attaché au palâtre par un tenon a 8c une vis qu’on met en b ; on le voit en place Figure 3.
- Le corps du pêne a des efpeces de petites dents B ( Fig. 4 ) , qui donnent prife à la clef, comme on le voit Fig. 6 ; ce font, en terme de l’Art, les barbes du pêne ; le bout D qui fort de la ferrure, ou plus généralement celui qui tient la porte fermée , efl: fa tête , & l’autre E fà queue : quelquefois le pêne a deux têtes , & il efl: appellé Pênefourchu ; quelquefois il en a encore davantage.
- Si le pêne nétoit pas arrêté fixement ou il a été conduit parla clef, ce ne feroit qu’une efpece de verrou , il feroit-ouvert toutes les fois qu’on pourroit le poufîer avec une lame de couteau ou avec un clou ; c’eftpour cela qu’en même temps que la clef le pouffe , elle le dégage de l’endroit où il efl: arrêté. Dans plufieurs ferrures , le pêne a des entailles C ( Fig. 4) appellées Encoches ; une petite piece de fer qui, fuivant les conftf-uétions de ferrures, eft tantôt fur le pêne & tantôt fur le reffort/& auffi quelquefois fur le palâtre, fe nomme 1’ Arrêt du pêne qui s’engage dans une encoche qui eft ou fur le pêne, ou fur la gâchette. Quand cet arrêt eft porté par le reffort, la clef le foule-ve toutes les fois quelle fait marcher le pêne; fi la petite piece qui fert d’arrêt eft portée par le pêne , elle s’engage dans une encoche qui eft à une piece attachée contre le palâtre qu’on nomme la Gâchette : les Planches donneront des exemples de ces différentes difpofitions d’encoches 8c d’arrêts.
- Mais ce qui caraétérife principalement la ferrure, & ce qui la rend plus fûre , ce font les pièces appellées'communément les Gardes, & dans la Serrurerie, les garnitures ; ce font elles qui empêchent de tourner toute clef qui n’a pas certaines entailles. Il y*en a de cinq fortes dont il fera plus aifé de donner l’idée quand nous aurons remarqué les différents endroits où les clefs peuvent être fendues.
- Toute clef eft compofée d’une partie longue b c ( Fig. 7 ), qui en eft la tige ; un des bouts de la tige fe termine par un anneau a, l’autre bouc eft tantôt percé, & alors la clef eft dite forée, Fig.j 9 tantôt il eft façonné en bouton ; on appelle ces clefs à bout, Figure 7* 5 près de ce dernier bout, la clef a
- Serrurier. ^ Sf
- p.161 - vue 168/398
-
-
-
- j6z ART DU SERRURIER.
- une partie plate en faillie e dqui eft appellée le Paneton, Le paneton eft le plus fouvent plat & toujours coupé quarrément. Le côté du paneton oppofé & parallèle à la tige eft pour l'ordinaire plus épais que le refte ; on le nomme le Mufeau de la clef g g ; il y a des panetons courbés deux fois félon leur longueur qu on nomme Panetons en S, parce quils en ont la figure. On fait de refte que c’eft le paneton qui fait marcher le pêne ; l'ouverture de la ferrure qui le laiffe paffer, s’appelle avec raifon l'Entrée. On nomme aufiî Entrée un ornement de fer Figure 13 , rapporté fur la porte autour du trou qui laiffe paffer la clef ; mais afin que tout paneton qui peut entrer dans la ferrure, n’y puiffe pas tourner, on l’entaille , & on attache dans la ferrure des pièces qui s’oppofent au mouvement des clefs qui ont leurs entailles d’une autre figure ou d’une autre grandeur.
- On fend les clefs de bien des maniérés différentes , & qui peuvent encore être plus variées qu’on ne le fait ; elles fe réduifent à cinq efpeces principales d’entailles qui conduifent à toutes les autres. Celles qui ont leur ouverture furies côtés, foit inférieur foit fupérieur du paneton e e ( Fig.j') , font appelles les Rouets ; il y a pourtant une de ces fortes de fentes qui a toujours le nom de Bouterolle, c’eft celle qui eft taillée vers le bout inférieur, & qui fépare, pour ainfi dire, le paneton de la tigtf ; les autres fentes plus avancées vers le mufeau font toujours nommées Rouets. Les entailles de la troifieine efpece font moins profondes que les rouets, elles font creufées dans le mufeau ; il y en a plusieurs parallèles les unes aux autres, on les appelle les Râteaux g g 5 elles forment les dents de la clef ; mais lorfqu’une de celles-ci , c’eft ordinairement celle du milieu, eft pouffée plus loin que les autres , & jufqu’auprès de la tige m> elle prend le nom de Planche, & fait la quatrième efpece de fente qui demande dans la ferrure une partie très-différente de celle que demandent les rateaux. Enfin quand la fente appellée Planche s’élargit quelque part vers le milieu du paneton , ou proche de la tige, comme on le voit aux Figures 7 , on donne un nom particulier à cet endroit de la fente , on le nomme un Permis ; & quoique ce ne foit qu’une modification de la planche , nous le mettons dans une claffe particulière, parce qu’il engage à un travail fort différent. Quand il y a une entaille ifolée dans le paneton , c’eft-à-dire, qui ne communique ni avec la planche ni avec les rateaux , elle porte aufiî le nom de Permis.
- Ainfi toutes les fentes des clefs le réduifent aux rouets, bouteroîles, râteaux , planches & pertuis : mais il y en a des unes 8c des autres de bien des figures différentes dont il n’eft pas temps de parler: il fuffit de remarquera préfent que quand une clef tourne dans une ferrure , chacune de fes fentes reçoit une piece de fer qui lui eft proportionnée, & ce font toutes ces pièces enfemble qui portent le nom de Garniture. Elles ont aufiî chacune le nom particulier de l’entaille de la clef, à qui elles conviennent : un rouet de la clef
- p.162 - vue 169/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 163
- tourne,par exemple, autour d'une piece appelléeiîo^r qui eft une lame de fer roulée, & ainfi des autres ; mais quelquefois la clef ne rencontre que dans une partie de la circonférence qu’elle décrit, la piece qui arrêteroit une autre clef ; les pièces appellées Rateaux de la ferrure Figure 11, n’occupent prefque jamais qu’une petite partie de cette circonférence.
- Quelquefois toutes ces pièces font recouvertes par une piece plate au ftî grande que le palâtre, on la nomme alors la couverture, elle eft le deffus de la boîte ; mais plus fouvent elles font cachées feulement par une piece plate beaucoup plus petite C (Fig. io ) ou en place Figure I & 3 ; elle eft portée par deux pieds e e qui font arrêtés fur le palâtre par des vis , & cette piece eft nommée le Foncety aufli eft-elle le petit fond ; elle porte, comme le palâtre, quelques-unes des garnitures ; fi la clef a, par exemple, des rouets de part & d autre, un de ces rouets eft attaché au foncet, l’autre au palâtre.
- Quand la ferrure n’a qu’une entrée ,.qu’on ne peut l’ouvrir que d’un côté , cette entrée eft du côté du foncet. Si la clef eft forée , il y a dans la ferrure une broche Figure 9 , qui en porte aufli le nom, qui va au moins jufqu’au foncet, & même par-delà. Cette broche eft la garniture du trou de la clef.
- Mais quand la clef n’eft pas forée, on attache fur le foncet une efpece de tuyau C ( Fig. 6 , Planche XIX ) , appellé Canon qui a autant de longueur à peu près que le bois de la porte a d’épaiffeur ; ce canon conduit la clef dans la ferrure. Celles qui ont des broches n’en ont pas befoin , la broche produit le même effet. Cependant pour les ferrures folides, comme font celles des portes , on met un canon quoiqu’elles aient une broche.
- On appelle Serrures àplujîeurs fermetures, celles qui fe ferment en plus d’un endroit ; ce qui fe fait ou par le moyen de pênes qui ont plufieurs têtes , ou des têtes divifées en plufieurs parties, ou par le moyen de plufieurs pênes différents, ou enfin par le moyen de quelques autres pièces dont nous parlerons dans la fixité. Car nous donnerons des exemples de tout ceci dans différentes planches.
- La longueur que la clef fait parcourir au pêne pour l’ouvrir, eft: nomméeJ la Courje du pêne.
- Article ÏIL
- Divijiort des Serrures, ôC expojitîon des parties qui font propres
- à chacune.
- Toutes les ferrures fe rangent affez naturellement en deux claffes dont la première comprend celles hors defquelles eft le pêne, lorfqu’elles font fermées , & l’autre celles au-dedans defquelles le pêne refte en entier , quoiqu’elles foient aufli fermées. Nos ferrures ordinaires de portes de chambre , d’armoires , de bureaux, Scc, font de la première claffe. Les ferrures de coffre fort, les ferrures en boffe, les ferrures plates qui retiennent les fléaux des
- p.163 - vue 170/398
-
-
-
- i<*4 ART DU SERRURIER.
- portes cocheres , les ferrures antiques ôc les cadenas font de la fécondé clafle.
- Les premières fe divifent en ferrures à broche, en ferrures befnardes * & en ferrures qui fans être befnardes , n'ont pourtant point de broches. Les ferrures à broches font celles dont les clefs font forées. Les ferrures befnar-des , celles dont la clef n’eft point forée ; & qui s'ouvrent de l'un & de l'autre côté de la porte par le moyen d'une même clef qui entre par des ouvertures pofées Tune vis-à-vis de l'autre. Enfin il y en a qui, quoiqu'elles n'aient pas de broche, ne s'ouvrent pourtant que d'un côté ; on en a repréfenté une Planche XXI, Fig. 19. Les ferrures des portes de chambre font prefque toujours befnardes ; celles des portes d’armoires & bureaux font à broche , ou au moins elles ne s'ouvrent que d'un côté.
- La tête du pêne ou des pênes des unes & des autres eft tantôt quarrée , & tantôt taillée en bifeau, d'un côté. Il y en a quelques-unes qui ont prefque toujours ce bifeau * Sc qui en prennent le nom de Serrure en bec de canne ; on en voit fouvent aux bureaux. Quand ces ferrures font fermées , les têtes de leurs pênes font ou arrêtées dans une entaille faite dans le bois pour les recevoir, ou paffées fous unepiece de fer nommée Gâche ; entre les gâches les unes fe fcellent en plâtre , & on les appelle à fcellement ; les autres qu'on nomme Gâches à pointe, font effectivement terminées par des pointes qu'on enfonce dans le bois.
- A préfent toutes les ferrures fe font pour être attachées en dedans de la chambre ou de l'armoire. Il n’y a plus que quelques ferrures de la fécondé claffe qu’on attache en dehors. Pour rendre celles qui étoient en dehors auflî fûrement attachées, & afin quelles ne fiffentpas un effet défagréable, ilfal-loit les charger de beaucoup d'ouvrage. On en verra des exemples dans les ferrures antiques.
- Il y a des ferrures > foit befnardes, foit à broches, dont les unes font appelées à pênes dormants , & cela parce que le pêne ne fort de la ferrure 5 ou n'y rentre que quand il eft pouffé par la clef; & à d'autres qui font appellées Serrures à tour & demi, leur pêne n’eft entièrement dans la ferrure que quand on le tient ouvert ; il y a un reffort qui tend continuellement à l'en faire fortir. Nous ferons voir dans les Planches fuivantes les différentes dif-pofitions qu’on donne à ce reffort. Ces ferrures fe ferment d'un demi-tour en tirant la porte, c'eft-à-dire, qu'il faut un demi-tour de clef pour les ouvrir de ce que le reffort les ferme ; on les ouvre auffi par le moyen d'un bouton placé en dedans de la chambre , on les appelle a tour & demi 3 parce que la clef fait un tour & demi pour les ouvrir entièrement, ou un pour les fermer , parce que ce reffort a fermé le demi-tour.
- On donne auffi affez fouvent pour nom aux ferrures le nombre des tours que fait la clef pour les ouvrir ; on appelle Serrure à demi-tour celle que la clef ouvre en un demi-tour ; on n’en fait point de celles-ci pour des portes,
- Sç
- p.164 - vue 171/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. tSf
- Sc rarement en fait-on dont les penes fortent en dehors * nous en avons pourtant un exemple dans les coffres forts d Allemagne (<2). On appelle Serrure à un toury celle où la clef n’en fait qu’un ; à deux tours, celle où elle en fait deux. Il n’y a que des ferrures extraordinaires où les tours de la clef paffent ce nombre. i
- Outre le pêne , les ferrures de cabinet ont quelquefois une efpece dé verrou qui fe ferme fans la clef 5 de forte qu’une ferrure à pêne dormant fe ferme en tirant la porte , comme une à tour & demi ; ce verrou eft pouffé hors de la ferrure par un reffort comme le pêne des tours & demi, & on l’y fa]t rentrer par le moyen d’un bouton, ou avec la clef qui , en faifant marcher le pêne , fait auffi marcher le verrou , parce que le pêne le tire : on en trouvera un exemple dans les Planches.
- On peut encore ramener à cette claffe de ferrure celles de buffet î outré les pênes dormants quelles ont de commun avec quelques-unes des précédentes , elles ont de plus des verroux qui fe ferment haut & bas, afin que l’argenterie foit plus en sûreté ; dans les unes , ces verroux haullent 8c baif-fent par le moyen d’un levier appellé Bafcule ; & dans d’autres, par le mouvement d’un pignon qui engrene dans des dents taillées dans ces verroux, & difpofées comme celles des crémaillères. On en trouvera le détail dans les Planches , & on y a joint une maniéré de fufpendre les portes qui s’ouvrent des deux côtés , comme celles de quelques chaifes roulantes , parce que ces fortes de pentures ont au moins autant de rapport avec les ferrures de buffet* qu’avec les pentures ordinaires.
- Les Serrures de la fécondé claffe, outre l’entrée de ta clef, ont une ou plufieurs ouvertures, félon qu’elles font à une ou à plufieurs fermetures, pour recevoir des efpeces de crampons appellés Auberons. Tantôt l’auberon eft rivé àune bande de fer qui fe baiffe& feleve, comme on le voit aux portes cocheres, aux ferrures antiques; cette bande eft nommée leMoraillon (F). Tantôt il tient au manche d’un verrou , tel eft celui des ferrures en boiTe ; tantôt il eft attaché au couvercle d’un coffre. Les ouvertures qui laiffent entrer les auberons, font ou dans le rebord du palâtre ou dans le palâtre , lorf-qae les ferrures s’attachent en dehors. Toutes ces ferrures font fermées lorfque l’auberon eft arrêté dedans de façon à n’en pouvoir fortir : or il y a trois maniérés dont on l’y arrête , favoir, t°, par un pêne femblable à ceux des autres ferrures, tel eft celui des ferrures en boffe , ferrures de caffette qui s’attachent en dehors, & ferrures de fléaux de portes cocheres ; 2° , par le moyen d’un pêne qui a une longue branche perpendiculaire qui fe recoude ou fe termine par une tête parallèle au rebord du palatre : on nomme Pênes en bord les ferrures qui en ont de cette derniere efpece : 3% enfin
- (a) On peut en prendre l’idée par le petit Bec de canne, Planche XVII, Figure 16.
- (b) Nous en avons parlé à l’occaflon des Verroux.
- Serrurier. Tt .
- p.165 - vue 172/398
-
-
-
- ;
- 166 ART DU SERRURIER.
- elles fe ferment par le moyen de gâchettes. La Serrurerie fait un double emploi de ce terme; nous nous en fommes déjà fervis pour exprimer des pièces qui arrêtent les pênes ordinaires; peut-être pourtant que la lignification ne fera pas équivoque, parce que les pièces qu'il lignifie, different alfez de figure & de pofition pour qu'il foit toujours aifé de reconnoître de laquelle on veut parler. Nos gâchettes qui fervent à fermer, font portées par un éto-quiau autour duquel elles tournent, comme un levier autour de fon point d'appui; un des bouts qui eft d'un côté de l'étoquiau, donne prife au paneton de la clef, & l’autre a une tête propre à s'engager dans un auberon. Quelquefois la même ferrure a des pênes & des gâchettes. Les plus mauvaifes de toutes qu'on emploie quelquefois pour des coffres, n'ont qu’une feule gâchette , on les nomme des Houffettes ; elles s’ouvrent à un demi-tour, & fe ferment à la chute du couvercle.
- Celles à pênes en bord & à gâchettes ont en dedans des pièces analogues aux gâches des ferrures de la première claffe ; on les nomme des Coqs; la tête du pêne ou de la gâchette , après avoir paflfé dans l’auberon, entre dans le coq, elle fert à le foutenir.
- Les cadenas font des ferrures qui ne s’attachent point à demeure contre les portes qu'ils tiennent fermées. La plupart -reviennent aux ferrures de la derniere claffe ; ils fe ferment par un pêne qui ne fort point : mais plufieurs femblent compofer un genre particulier , ils ne fe ferment point par des pênes , gâchettes, &c ; mais par des refforts , ou d’autres difpofitions de pièces.
- Tout ceci s'éclaircira par Finfpeélion des figures qui fuivent, & les explications qui y font jointes. Mais auparavant nous allons donner une idée fu-perficielie de la maniéré de faire les differentes pièces qui compofent une ferrure ; ce que nous aurons à dire dans la fuite en deviendra plus clair.
- . . . c
- Article IV.
- Idée générale de la maniéré de faire les différentes pièces dont une Serrure ejl compofée, de piquer la Serrure SC d’affembler
- toutes fes Pièces.
- Il faut commencer par faire la clef, comme nous l’expliquerons, c eft la bafe fondamentale de la ferrure. ^
- Nous fuppofons donc que la clef de la ferrure qu’on entreprend eft finie, ou au moins que fes garnitures font fendues, puifque c’eft la clef qui détermine la pofition & même la figure de la plupart des autres pièces. Le pa-lâtre eft la bafe où s’attachent ces mêmes pièces ; on commence pour cette raifon par le forger. On le fait ou de tôle ou d’une barre étirée , félon qu'on le veut plus ou moins épais ; on l'équarrit & on plie enfuite fon rebord, qui eft ce qu’il y a de plus difficile à l'égard de la cage d’une ferrure; ce rebord doit faire un angle droit avec le corps du palâtre ; la maniéré ordi-
- \
- p.166 - vue 173/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 167
- naire eft de faire prendre fuccefllveulent differents angles à cette partie juf» qu'à ce qu'elle foit arrivée à l'angle droit , & cela en la forgeant ou fur l'en« clume, ou fur une mâchoire de l'étau. D'habiles Serruriers au contraire plient d'une feule chaude la partie deftinée au rebord jufqu'à venir toucher le pa& lâtre 8c s'appliquer defliis ; dans la chaude fuivante , ils relevent cette même partie, ils la mettent à l'équerre avec le relie : la raifon qui leur fait préférer cette pratique à celle qui eft le plus en ufage, c'eft qu'ils ont obfervé qu'en fuivant la première,on affoiblit trop le rebord dans l'endroit ou il fait un angle avec le corps du palâtre; à mefiire qu'on le plie, les coups le rendent plus mince en cet endroit, & c'eft cependant où il a befoin d'avoir plus de force. On voit aflez fouvent des ferrures où ce rebord baille, où il s'écarte de la cloi-fon , ce qui ne feroit pas arrivé s'il eût eu plus d'épaifleur du côté extérieur? de l'angle, au lieu qu’en ouvrant ce rebord après l'avoir entièrement plié i on refoule la matière vers le fommet de l'angle, & on y en trouve de relie quand on veut applanir l'angle du palâtre avec la lime J
- Nous ne dirons point comment on ouvre dans le rebord du palâtre le troti ou les trous qui laiffent fortir les têtes des pênes, ou qui donnent entrée aux auberons; il n'y a fur cet article aucune pratique à remarquer*
- Le palâtre étant forgé , on forge la cloifon qui fe fait auffi d'une bande de tôle, ou d'une barre de fer étirée à qui l'on donne un peu plus de largeur que le paneton de la clef n'a de hauteur î on plie cette bande à angles droits en deux endroits differents, à quoi il y a moins de fujétion qu'à Pii er le rebord du palâtre, parce que la cloifon fatigue moins ; d’ailleurs elle n'eft pas prife dans la pieçe qui forme le palâtre ; elle y eft affemblée comme nous allons l'expliquer.
- Nous avons vu des ferrures faites avec foin où la cloifon portoit les éto-quiaux qui fervent à l’arrêter fur le palâtre ; ils font pris dans la piece même dont elle eft formée. Ce font des endroits où l'on a réfervé plus d'épaifleur, & qu'on a percés enfuite tout du long pour laifler pafler des vis ; mais on ne prend de pareils foins que pour des ferrures de chef-d'œuvre : les éto-quiaux de toutes les ferrures communes font de petites pièces rapportées & faites avec peu de façon , un même morceau de fer étiré fort long, & de la groffeur qui leur convient en fournit plufieurs. Chaque étoquiau eft rivé par un bout fur le palâtre ; il a pour cela un tenon à ce bout, & il a quelque part dans fà longueur 8c fur le côté, une partie en faillie ou un tenon qyi fe rive fur la cloifon. On donne à la piece étirée pour faire des étoquiaux, plufieurs de ces petites parties fàillantes diftantes les unes des autres de la longueur d'un étoquiau ; divilànt enfuite cette piece entre deux de ces parties faillantes, 8c autant de fois qu’on peut faire de pareilles divifions, on la partage en plufieurs étoquiaux.
- Il y a pourtant des étoquiaux un peu plus façonnés ; ils fervent auffi à un
- p.167 - vue 174/398
-
-
-
- i6S ART DU SERRURIER.
- double ufage ; on les appelle des Etoquiaux à patte ; celui de leurs bouts qui ne fe rive pas dans le palâtre, porte une patte, une efpece de tête percée par un trou qui laide pafler une vis qui fert à affujettir la ferrure contre la porte, ce qui eft une maniéré plus propre Sc plus fûre d'attacher les ferrures que la maniéré ordinaire.
- Le palâtre , la cloifon Sc les etoquiaux étant préparés , on encloifonne la ferrure, c’eft-à-dire, qu'on attache la cloifon fur le palâtre. On verra dans les Planches les places où fe mettent les étoquiaux , Sc qu'on en donne plus ou moins aux ferrures félon leur grandeur. On marque la place des étoquiaux qu’on veut employer tant fur le palâtre que fur la cloifon, Sc on perce , avec un foret, des trous dans tous les endroits marqués. Chaque éto-quiau entre dans deux de ces trous , favoir dans un du palâtre, & dans un trou correfpondant de la cloifon ; on rive les tenons en dehors, on en fait de même à tous les étoquiaux.
- Dans les ferrures communes , la- cloifon n’eft point affujettie avec le rebord du palâtre , & nous avons déjà remarqué qu'il arrive aufïi fort fouvent que ce rebord baille, qu'il s’écarte de la cloifon. Ce rebord eft appliqué fur le bord de la porte ; il réüfte aux efforts qui tirent la ferrure du côté des gonds, & il a de ces efforts à foutenir toutes les fois qu’on pouffe une porte contre fa baie avant que le pêne foit rentré , Sc encore plus dans d'autres circonftances. Le mieux feroit donc que le rebord du palâtre Sc la cloifon fuftent liés enfemble ; quelques-uns le font en entaillant les deux bouts de la cloifon, Sc ceux du rebord du palâtre, de façon qu'ils peuvent s'air fembier à queue d'aronde.
- Mais une manoeuvre plus fûre, Sc auffi commode pour arriver au même but, c'eft de faire la cloifon plus longue qu'on ne la fait ordinairement ; au lieu qu'elle fe termine de part & d'autre où commence le rebord du palâtre , il faut qu’elle foit pliée à angle droit à chacun de ces endroits ; chacune des parties qui font par-delà ces angles ou plis, deviennent par confé-quent parallèles au rebord du palâtre, avec lequel on les affujettit par des rivures. Il n'eft pas néceflaire*de donner beaucoup de longueur à l'une 8c à l’autre de ces parties.
- Voilà la boîte de la ferrure faite, il refte à la remplir de fes pièces, du, pêne, du picolet, & des refforts, gâchettes , garnitures, foncets, &c. On forge 3?lime ordinairement toutes ces différentes parties avant que de commencer à en piquer ou affembler quelqu’une. Piquer une pièce , c'eft marquer par des traits fa place fur le palâtre. Si la ferrure eft pour un coffre fort, <k qu’elle ait des coqs, ce font les premières pièces qu’on pique , & qu'on aflem-ble ; mais fi la ferrure eft du genre de celles dont le pêne fort, on commence par piquer le pêne ; on marque par un trait à quelle diftance de la cloifon doit être celle de ces faces d’où partent les barbes, Sc cette diftance eft
- au
- p.168 - vue 175/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 169
- au moins prife prife au diamètre du cercle que décrit la clef ; on lui donne même quelque chofe de plus ; car il faut que la clef tourne aifément.
- Une autre chofe à déterminer dans la fituation du pêne, c’eft la longueur de la courfe ; or cette longueur eft toujours égaie à la diftance d’une barbe à l’autre , & de plus à l’épaifleur d’une des barbes, de forte qu’en faifimt les barbes au pêne, on réglé l’étendue de la courfe qu’il aura dans la ferrure ; car fi cette ferrure eft bien faite , quelque nombre de barbes qu’il ait, la première de fes barbes, ou la plus proche de la tête, doit fe trouver quand le pêne- efl: entièrement ouvert à des diftances des deux bouts de la ferrure par reiiles à celles où en efl: l’entrée de la clef, ou plus exactement pareilles à celle où eft le centre du cercle que la clef décrit, &la derniere des barbes doit être dans la même place quand le pêne eft fermé.
- On enleve les pênes comme toutes les pièces mafïives au bout d’une barre, on les façonne félon que la ferrure le demande, & on efpace leurs barbes proportionnellement au chemin qu’on veut qu’ils faifent dans leur courfe , & on lait quelle eft cette diftance dans des ferrures communes. Les Ouvriers même qui fe font mis lùr le pied de donner leur ouvrage à bon marché , & qui par conféquent n’y peuvent employer que peu de temps , ont des étampes à barbes, c’eft-à~dire, des fers où la figure des barbes eft gravée en creux à la diftance où elles doivent être les unes des autres. On forge le pêne fur ce fer, & on y étampe les barbes ; mais il y a encore à déterminer la longueur de ces mêmes barbes ; car plus une barbe eft longue , & plus long-temps la clef a prife deflùs pendant qu’elle fait fon tour : la raifon en eft claire ; fi une barbe ne faifoit que toucher ou entrer peu dans la partie fupérieure du cercle que la clef décrit, la clef ne feroit que toucher, ou elle poulferoit peu cette barbe ; fi au contraire la longueur de la barbe éga-loit celle du rouet que décrit la clef, & que le pêne fût fur la tangente du bord fupérieur de ce cercle, la clef poulferoit la barbe pendant un quart de tour, & pourroit amener la barbe fuivante par-delà la place que nous lui avons aflignée comme la plus convenable.
- , Or pour bien déterminer la longueur des barbes par rapport à leur diftance, ou , ce qui eft la même chofe, par rapport à l’étendue de la courfe du pêne , il faut, fi la ferrure eft à broche, piquer la broche, ou, fi elle a une clef à bout, y piquer le centre de la tige. Pour cela on applique le paneton de la clef contre le bord du pêne mis en place , mais entre fes barbes , & on appuie le bout de la tige de la clef fur le palâtre ; on tire deux traits parallèles au pêne, qui font deux tangentes du bout de la tige ; au milieu de ces deux tangentes, on perce un trou qui eft celui de la broche , ou le trou qui laifïe pafler la tige de la clef à bout.
- Souvent même l’Ouvrier ne prend pas tant de précautions pour marquer le centre de la clef, & ne laide pas de bien faire; il mouille le bout de la
- Serrurier. V u
- p.169 - vue 176/398
-
-
-
- j7o ART DU SERRURIER.
- clef avec fà falive^ & l’applique , comme nous l’avons dit, fur le palatre ; fi la clef eft forée , elle mouille la circonférence du cercle qu il faut ouvrir ; fi elle eft à bout, elle mouille le centre de ce cercle.
- Il eft de conféquence que la clef en tournant affleure le bord du pêne ; car par-là le pêne devient lui-même une garniture , puifqu’il empêche d’entrer toute clef qui auroit le paneton plus large que celle qui doit l’ouvrir.
- Le centre de la clef étant piqué, il eft aifé de voir jufqu’où elle doit conduire chaque barbe, afin que celle qui fuit vienne dans la place où elle a pris la première quand elle abandonne cette première, & on pique auffila place du picolet & celle des arrêts & des gorges du reiïort du pêne. Les arrêts doivent trouver l’encoche chaque fois que la clef cefle de pouffer une barbe , & la clef doit prefler la gorge des reftforts toutes les fois qu’elle commence à agir contre une barbe.
- Le picolet eft une efpece de crampon qui fe forge comme tous les autres.
- Les grands reflorts , les reflorts à boudin, fouillot, redores de chien, fe font d’acier de Hongrie peu trempé : s’ils l’étoient trop, ils /eroient plus caftants, & il fuffit qu’ils aient fuffifamment d’élafticité ; à beaucoup de ferrures, ces renforts font de fer ; & pour leur donner de l’élafticité autant qu’il faut, après les avoir enlevés & forgés à chaud , on les bat à froid , on mouille de temps en temps le marteau avec lequel on les frappe ; les Ouvriers attentifs ne les frappent de la forte que fur une des faces, fur celle qui eft du côté où le reflort tend à s’ouvrir, ce qui leur fait prendre une figure qui augmente en^ core leur aélion.
- On fait toujours en acier les reflorts à deux branches qui ferment le pêne d’un demi-tour, quand une des branches du reflort agit immédiatement contre la queue du pêne , qu’elle ne la prefle point par le moyen d’un fouillot, parce que dans ce cas le reflort doit agir plus loin, & que le fer ne confer-veroit pas toute l’élafticité néceflàire. Ces reflorts étant forgés, on les trempe, & on leur donne un recuit au fiiif ; ou on les recuit fans fuif : les bons Serruriers, au lieu de reflorts de chien , emploient ceux à boudin, 8c généralement tous ceux qui doivent réagir avec force , font faits avec de bon acier de Hongrie, auquel ils donnent un recuit convenable.
- Enfin le pêne, le picolet & les reflorts étant piqués , ou, fi l’on veut, arrêtés , on pique les garnitures; en faifant tourner la clef, on trouve les circonférences fur lefquelles doivent être les rouets. Les dents de la clef montrent aùffi alors jufques où peuvent aller les rateaux. On marque avec des traits la place de toutes ces pièces. S’il y a des planches, des pertuis, la clef réglé de même la hauteur de leurs pieds. Toutes ces pièces fe rivent à l’ordinaire.
- La derniere pièce à mettre eft le foncet, ou la couverture, fi la ferrure en a une ; la furface extérieure de l’une & de l’autre doit être mife de niveau
- p.170 - vue 177/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 171
- avec le bord de la cloifon , autrement on feroit obligé d’entailler la porte où l’on veut attacher la ferrure, & il eft à propos de n’avoir à y faire d’autre entaille que celle qui laide paiïer la clef ou fon canon.
- Voilà en gros comme fe font les ferrures ; mais ces idées générales ne fuf-fifent pas, on trouvera les détails dans la fuite : il faut auparavant décrire toutes les efpeces de ferrures qui font en ufage ; & pour le faire avec ordre, nous parlerons d’abord des ferrures auxquelles la tête du pêne fort du palâtre pour entrer dans une gâche.
- Nous parlerons enfuite de celles où le pêne refte dans la ferrure, & paffe dans une efpece de gâche qu’on y introduit & qu’on nomme Auberon.
- Enfuite nous traiterons des Cadenas.
- Article V.
- Des Serrures auxquelles la tête du Pêne fort du Palâtre pour entrer
- dans une Gâche.
- Explication des Figures du Chapitre cinquième. PLANCHÉ XVII.
- Où Von a reprefenté un petit Bec de canne , & quelques parties dune Serrure 9 pour commencer à les faire connoître d’une façon générale avant que d’entrer dans de plus grands détails. Ainji cette Planche peut être regardée comme une continuation de la Planche XVI du Chapitre IV.
- L a Figure 16 eft un petit bec de canne qu’on met aux portes des Bibliothèques , ou à des portes vitrées très-légeres ; comme ces petites ferrures conduifent peu à peu aux ferrures, j’ai profité d’un vuide quife trouvoit fur la Planche XVII, pour en placer un différend de ceux qui font fur la PL XVI.
- A A y le palâtre ; B, petit rebord du palâtre par lequel fort le pêne ; C D , le pêne qui a une ouverture en G, dans laquelle eft une cheville à tête I, qui fert de conduéleur au pêne , & tient lieu des picolets ; & cette cheville qui, par fa tête, affujettit le pêne, limite fa courfe. -1
- On voit en H une efpece de barbe fur laquelle s’appuie le paneton L, qui eft foudé à la broche du bouton, & qui tient lieu du paneton d’une clef, pour retirer le pêne dans l’intérieur de la ferrure.
- P, eft un picolet qui reçoit le bout de la broche O du bouton, Sc qui fert à l’affermir.
- En Q font les trous pour attacher le palâtre au battant de la porte ; K, eft un reffort à boudin qui pouffe le pêne en dehors, quand le paneton du bouton le laiffe en liberté.
- La Figure 14 repréfente le pêne D C, fa barbe H, fà fente G , qui reçoit la cheville à tête I; une partie de la broche O du bouton, & fon paneton L ;
- p.171 - vue 178/398
-
-
-
- ;
- j72 ART DU SERRURIER.
- enfin le relTort à boudin K, qui appuie contre le talon E, qu on a formé en
- diminuant l’épaifTeur du pêne à la partie E F
- i j- le bouton M, fa broche O, fon paneton L, & une petite platine N y qui recouvre le trou qu’on a fait au battant de l’armoire pour paffer la broche O.
- Je pourrois m’étendre beaucoup plus fur de pareilles petites ferrures que les Serruriers lavent varier fuivant les circonftances ; mais nous croyons devoir nous abftenir d’entrer à ce fujet dans de plus grands détails. Ainfi nous allons entamer ce qui regarde les ferrures qui doivent faire l’objet du Chapitre V.
- Les Figures r, 2 & 3 repréfentent une ferrure à broche & à gâchette attachée fur le palâtre.
- Ta Figure 1 repréfente cette ferrure prefque entière, vue en perlpedive du côté de l’entrée de la clef.
- La Figure 2 eft la même ferrure à laquelle ifmanque plufieurs parties.
- La Figure 3 eft le plan de cette même ferrure.
- Il faut remarquer que dans toutes les figures, les mêmes pièces font repré-fentées par des lettres pareilles ; r r, le palâtre ; x x , fa cloifon dont une partie eft brifée eny ; aux Figures 1 <9 2 > a a le bord du palâtre, dans lequel eft l’ouverture jj du pêne E D. b , les étoquiaux qui fervent à aflèmbler la cloifon avec le palâtre ; C ( Figures 1 & 3 ) , le foncet. On le voit féparément à la Figure 10 , avec fes pieds ou attaches ee> & l’entrée qui à ces ferrures eft percée dans le foncet; F ( Fig. 1 & 2 ) eft la broche. On la voit féparément avec fon pied Figure 9.
- D E ( Figures 1 & 3 ), le pêne ; il eft vu féparément Figure 4 ; D, fa tête ; Ey fa queue ; By fes barbes ; d, l’ouverture pour l’attache du bouton G (Figures 1 & 12).
- H ( Figures 2 & 8 ), la gâchette ; h, fon pied autour duquel elle tourne comme on le voit Figure 6 ; g, là gorge.
- I, le relTort de la gâchette qui eft attaché au palâtre en K, & qui va s’appuyer fur la gâchette en fe prolongeant derrière l’étoquiau h.
- A eft le picolet ; il eft en place Figures 1 & 3 , & on le voit féparément Figure $ : il fert de conduéleur au pêne, il a à un bout a un tenon qui entre dans le palâtre, & à l’autre b un œil pour recevoir une vis.
- On voit à la Figure 6, comment le paneton de la clef prend dans les barbes du pêne , 8c comment il leve la gâchette.
- P ( Figures 1,3 ô 12 ) ell un reffort à deux branches qui fert à fermer le demi-tour ; Q eft fon pied ou l’étoquiau qui l’attache au palâtre ; une de fes branches s’appuie fur la cloifon , comme on le voit Figures 1 <£3 en b ; 1 autre appuie far une levre ou talon qui eft à la queue du reflort, & il y a en R ( Fig. 1, 3 (& 12 ), un étoquiau qui empêche cette branche du relTort de trop avancer. On
- On voit à la Figure
- p.172 - vue 179/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 173
- On voit à la Figure 12, comment le bouton 8c la couliife s'ajuftent avec le pêne pour ouvrir le demi-tour.
- La Figure 13 eft une platine de tôle découpée 8c percée pour recevoir la clef, c’eft ce qu’on nomme ! Entrée \ on la cloue furie battant de forte qu’elle réponde exaélement à l’entrée qui eft ouverte dans le foncet.
- Figure 11 eft un rateau avec fon pied : on verra dans la fuite que c’eft une garniture qui entre dans les dents qui font au mufeau de toutes les clefs.
- Figure 7 , clef forée; Figure 7% clef à bout; a, l’anneau ; b c, la tige ; de, le paneton ; g g, le mufeau : nous parlerons ailleurs des garnitures.
- Explication des Figures de la Planche XVIII, qui repréfente des Serrures à clef forée ou à broche, pour des Portes d’Appartements ôC d’Armoires.
- Cette Planche repréfente Figures 1, 2,3 & 4, une ferrure forée à tour & demi, à pêne en paquet, ou monté fur gâchette.
- Les Figures ij & 18 repréfentent des ferrures plus petites , -fervant pour des Bibliothèques ; elles n’ont point de gâchette , mais ont un grand reifort placé entre le pêne 8c la cloifon.
- La Figure 1 repréfente la ferrure parfaite & montée ; A, le palâtre; B, la cloifon ; C} le rebord du palâtre ; D, la queue du pêne ; E} fa tête ; F, le reifort double ; G, le foncet ; P, la broche ; S , l’entrée.
- Figure 2 y la même ferrure où l’on a ôté la cloifon 8c le foncet, pour mieux faire appercevoir les parties du dedans; Ay le palâtre ; C, le rebord ; D , la queue du pêne ; E y la tête ; K K , fes barbes; H ; le picolet-, I, l’ouverture pour recevoir le bout de la couliife ; Z, la gâchette; M, fa gorge; O, le rouet ; P, la broche ; Z, les rateaux ; F , le reifort double.
- La Figure 3 ne repréfente que le palâtre A ; C, fon rebord où eft l’ouverture du pêne ; 1, l’ouverture faite au palâtre pour la couliife ; L, la gâchette ; My fa gorge ; N, fon reifort ;aa} ouverture pratiquée au palâtre pour recevoir les pieds du rouet.
- Figure 4 eft le plan de cette ferrure où l’on a ponéiué le foncet ; A , le palâtre ; D , la queue du pêne ; E, fa tête ;K K , les barbes'; Hy le picolet; M y la gorge de la gâchette ; F, le reifort double ; Gy le foncet qui eft ponctué; S y l’entrée ; TT y pieds des rateaux. '
- Figure 5 y O les rouets détachés.
- Figure 6 9 F le reifort double.
- Figure j y L h gâchette ; M, fà gorge ; N y fon reifort.
- Figure 8 , P la broche avec fon pied.
- Figure 9 , T le rateau avec fon pied.
- Figure 10 y H le picolet.
- Serrurier. Xx
- p.173 - vue 180/398
-
-
-
- I
- /
- I
- i74 ART DU S ER RU RI ER.
- Figure ri , Q la couliffe ; Figure 12 , R fon bouton ; Figure 13 > QR ces deux parties jointes enfemble.
- Figure 14, E D le pêne ; K, fes barbes ; I, ouverture pour recevoir la queue de la couliffe.
- Figure ij , G le foncet renverié pour faire voir fes pieds, fon rouet 8c
- 1> r *
- 1 entree.
- }Figure 16 > la clef dont le paneton eft refendu d’un rouet fimple, d’un rouet à pleine croix, 8c des dents pour le rateau.
- Figure 17 , une petite ferrure à pêne dormant, & à deux tours.
- A, le palâtre 5 B > la cloifon ; C , le rebord du palâtre ; D E ; le pêne ; K K y fes barbes ; L y le reffort ; My fà gorge ; H, le picolet ; G, le foncet ponciué ; S y l’entrée.
- Figure 18 , la même ferrure vue en perfjpeélive, & à laquelle on a ôté une partie de la cloifon & le foncet.
- A y le palâtre ; B y la cloifon ; Cy le rebord ; D E y le pêne ; K K y fes barbes ; H y le picolet ; LL y le reffort ; M, fa gorge ; P, la broche ; S y l’entrée ; T T y les pieds des rateaux.
- Figure 19 y D E le pêne détaché ; K K K , les barbes.
- Fig. 20 y G le foncet ; a a3 les ouvertures pour river les pieds d’un rouet ; S y l’entrée ; b, un des pieds du foncet.
- Figure 21 y P la broche avec fon pied ou fà patte.
- Figure 2 2 y H le picolet. J -
- Figure 23 y T le rateau. ^ '
- Figure 24 * la clef qui eft fendue pour un rouet i} une bouterolie b y 8c les dents d’un rateau. ' .
- Explication des Figures de la Planche XIX, où font repréfentées
- des Serrures Befnardes.
- Elle repréfente une ferrure befnarde à deux tours à pêne dormant, qui eft arrêté par un grand reffort pofé au-deffus de ce pêne.
- Cette ferrure peut fervir pour donner une idée générale des ferrures befnardes. L’entrée B de la clef de la Figure r, eft pour ouvrir la ferrure lorfqu’on eft dedans la chambre. Le canon Y Y de la Figure 2 , conduit la clef dans la ferrure lorfqu’on veut l’ouvrir étant en dehors. La partie de la Planche Q Q ( Figure 3 ) partage FépaifTeur de la ferrure en deux. Le pertuis R a autant de faillie du côté de Q Q, qui eft caché, que de celui qui eft en vue. De quelque côté qu’on faffe entrer la clef, la fente a ( Fig.
- J ) qui partage fon paneton en deux parties égales , reçoit la planche Q Q de la Figure 3 autour de laquelle elle tourne, d’ou il fuit que pendant que les dents d une des moitiés du paneton foulevent le grand reifort Figure 3 , quelles pouffent la gorge K 5 les dents d’une autre moitié du paneton pouf-
- ;
- p.174 - vue 181/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 175
- fent une des barbes du pêne; le pêne peut alors céder à l'effort de la clef, parce que l'arrêt du reffort ne le trouve plus engagé dans les encoches du pêne , lorfque la clef éleve le grand reffort.
- Cette dilpofition de reffort efl: commune à bien des ferrures : on voit dans la Figure 4 les encoches H du pêne ou s’engage l’arrêt du reffort au bout de chaque tour , & les barbes G du pêne. La Figure féparée 27 repréfente ce pêne p s ; fon étendue vers n efl: l’arrêt qui empêche le pêne de fortir de fon palâtre, plus loin que fa courfe ; q , les barbes ; r, les encoches. On voit en s un talon qui fert à éloigner le pêne du palâtre pour qu’il ait moins de frottement.
- Les figuresféparées montrent auffi la maniéré dont fe forge le reffort, ainfi que les canons & les planches , & la maniéré d’affembier les planches avec le permis. Entrons dans les détails.
- La Figure 1 repréfente la ferrure vue du côté de la chambre.
- Figure 2 la repréfente vue du côté qui s’applique contre la porte.
- Les Figures 3 <&4 la repréfentent vue à peu près du même côté que la Figure 2, mais avec beaucoup moins de parties.
- Les autres figures font des parties détachées des figures précédentes.
- A A A, le palâtre. Ils marquent auffi Figure 1, les ouvertures par où paf fent les vis qui attachent la ferrure.
- B ( Figure 1 ), l’entrée de la clef; C, cache-entrée.
- Figure it & 12 > D D deux cache-entrées vus féparément, ôc de deux-différens côtés.
- EEE ( Fig, 1 & 2 ) la cloifon : on l’a ôtée aux Figures 3 & 4.
- F 9 le rebord du palâtre percé en F, pour laiffer paffer la tête du pêne.
- G ( Figure 4 ) le pêne en place ; G, marque auffi fes barbes.
- H{ Fig ure 4 ) les encoches du pêne.
- Fig. 25 féparée /, le pêne vu retourné, ou du côté qui efl: le plus proche du palâtre dans la Figure 4 ; ps, la longueur du pêne ; les barbes ; r les encoches; /z, l’arrêt du pêne.
- Figure 4 & 17, Mle picolet du pêne.
- N (Fig 4), le rouet du palâtre : on voit auffi ce rouet en iVdans la Fig. ip.
- O ( Figure 20 ) la piece dont efl: fait ce rouet.
- P P ( Figure 4) les trous ou fe rivent les pieds de la planche.
- Q Q ( Figure 3 ) la planche.
- R ( Figure 3 ) pertuis de la planche.
- Figure 15,5 piece féparée dont on fait la planche.
- Fig ure 14 y TT planche qui a fon pertuis.
- Figure 23, T2 Tz pertuis féparé de la planche, vu en deux fons différens.
- V( Figure 2 ) le foncet qui cache la planche & d’autres garnitures,
- X 9 pied de la planche.
- p.175 - vue 182/398
-
-
-
- 176 ART DU s ERRURIE R. .
- Y Y, canon de la clef.
- Zab^Fig ure p ) eft le même foncée vu hors de la ferrure j a, fon pied 5 b , le canon.
- Figure 6 , c canon vu feparement.
- Figure jy d piece de fer roulée pour faire un canon.
- Figure 8 , e canon fur le mandrin qui fert à le rouler.
- Figure 10 y f piece de fer dégroflîe pour faire le canon.
- Figure 16 ,g eft le foncée renverfé, c’eft-à-dire, vu du côcé intérieur de la ferrure ; on voit qu’il porte en g un rouet.
- h i k ( Figure 3 & 13 ) féparée , eft le grand reffort pofé fur le pêne. h y fon pied ou étoquiau par lequel il eft attaché au palâtre. i y fon encoche. k y la gorge du reflort.
- Figure 18 , m, n , o , pple grand reflort féparé.
- o y renvoi du reflort, & qui fert à former la rondeur qui reçoit le pied pp. r y la lame du milieu du reflort. m n y la partie la plus étroite.
- Uy partie qui doit s’encocher dans le pêne.
- * st y la troifieme partie du reflort pliée en s. q r y endroits où la partie du milieu eft rivée contre la partie courbée, s, gorge du reflort.
- ty contour qui ne fert gueres qu’à l’ornement.
- Figure 22 , x y £ piece forgée pour faire un reflort femblable. y y l’arrêt ou partie qui doit s’encocher dans le pêne.
- Fig. 21 y 3,4, J , 6 la piece précédente qui eft déjà pliée en un endroit.
- 13 A .
- arrêt.
- ÿ , l’endroit où il refte à la plier.
- Figure 24,7 rateaux pour la garniture.
- Figure y , clef 8 ; & p, le paneton où font marqués les deux rouets, 8, p, la planche a y8c le rateau b b.
- Explication des Figures de la Planche XX, qui repréfente une Serrure Befnarde à deux pênes, qui nous donnera lieu de faire diverfes remarques fur le moyen de rendre les Serrures plus Jures.
- 10. Elle donne un exemple des ferrures qui ont une couverture. Dans la Figure 1, le palâtre eft emporté ; A A eft la couverture. Dans la Fig. 2 & 3 , la couverture eft emportée , 8c B B eft le palâtre : mais la couverture ne fert fouvent que pour une propreté aflez inutile ; le foncet lui tient lieu de cette piece.
- 2°. Elle a deux pênes dont le fort eft dormant, & à deux tours ; aufll lui
- voit-on
- /
- p.176 - vue 183/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER> i77
- voit-on dans les figures trois barbes 8c trois encoches. L’arrêt de ce pêne eft double de ceux des pênes que nous avons vus ; car outre qu’il eft tenu par un grand reffort H ( Figure 2 ) , il porte encore une gâchette en paquet Fi* gure 1 D E E, L’arrêt qui entre dans les encoches E E de cette gâchette, eft rivé fur le palâtre. On peut auffi remarquer une pofition de gâchette différente de celle qui eft fur la Planche XVII, 8c quelque différence dans fa figure 8c celle du reffort.
- Le pêne qui eft ainfi arrêté par une gâchette & un grand reffort, en vaut mieux, non-feulement parce qu’il eft retenu par une force double , mais fur-tout parce qu’il eft plus mal-aifé aux crochets de l’ouvrir; car fi les garnitures permettent à un crochet de lever ou le reffort ou la gâchette 3 celui des deux qui n’eft pas levé, tient encore le pêne auffi fortement que le pêne des ferrures ordinaires eft tenu.
- 30. Elle a un fécond pêne à demi-tour qui difpenfe de fermer le plus fort quand on eft dans la chambre. Un reffort à boudin Q ferme le demi-tour de ce pêne ; oû l’ouvre dans la chambre par le moyen d’un bouton P ; la clef ouvre auffi ce petit pêne par dehors après avoir ouvert entièrement le plus gros , 8c cela parce qu’il y a une équerre mobile O N M ( Figure 1) qui tourne autour du pied N ou étoquiau qui la porte ; ce pied paffe au travers de l’angle de l’équerre , 8c eft rivé fur le gros pêne ; une des branches O de la même équerre eft horizontale 8c couchée fur le gros pêne ; quand ils font tous deux entièrement fermés ou ouverts ; l’autre branche .Malors eft verticale, & engagée par le bout F” dans une entaille faite dansle petit pêne K.Lz Figure4. montre la dilpofition des deux pênes RS8c IKïun par rapport à l’autre, 8c celle de l’équerre ON M, quand ils font tous deux entièrement ouverts ou fermés ; mais quand le gros pêne R S eft entièrement ouvert, 8c que le petit IK ne l’eft point encore, les deux branches de l’équerre prennent des pofitions inclinées comme on le voit Figure y , parce que la partie M de l’équerre marche avec le pêne fur lequel elle eft arrêtée ; alors le bout O de la branche qui étoit couché fur le gros pêne eft en deffous de ce pêne, 8c dans un endroit où il peut donner prile aux dents de la clef Voyez Fig, y O NM, Par conféquent fi la clef tourne, elle releve cette branche O qui s’oppofe à fon paffage ; l’équerre entière tourne donc fur elle-même , d’où il fuit que la branche M qui eft engagée dansle petit pêne, l’ouvre.
- 40. Les coupes 0 0p p ( Figure ry ) , font voir qu’on donne quelquefois des canons aux ferrures befnardes ; ce canon tourne avec la clef : il eft arrête dans la ferrure, parce qu’il a plus de diamètre qu’en dehors, ou que n’en ont les entrées de la clef ; ce qui eft montré par m ôc l ( Fig. 6 ). Ce canon eft une bonne garniture pour les ferrures befnardes ; comme il tourne avec les crochets, il les empêche de trouver les barbes du pêne.
- Serrurier. Y y
- p.177 - vue 184/398
-
-
-
- ï7g ART DU SERRURIER.
- Reprenons ces objets pour les examiner plus en détail.
- La Figure I repréfente la ferrure ayant fon palatre emporte*
- La Figure 2 la repréfente ayant la couverture & une partie de fà cloifbn emportées.
- La Figure 3 eft un plan de cette ferrure qui eft en perfpeétive dans les Figures 1 & 2*
- AA( Figure 1 ) , la couverture.
- B B ( Figures 2 & 3 ), le palâtre.
- C, le grand pêne.
- D E E ( Figure 1 ) , la gâchette ; D 9 fon pied ; E E, fes encoches, dans lefquelles entre un étoquiau rivé fur le palâtre qui ne fàuroit paroître dans aucune des trois figures.
- H ( Figures 2 & 3 ), grand refîort avec fes arrêts.
- / ( Figures 1 & 2 ) un des pieds de la planche ou pertuis qui n’a point été mife ici pour éviter la confufion.
- K 9 le fécond pêne.
- L y fon picolet.
- My une des branches de l’équerre qui ouvre le fécond pêne.N
- N ( Figure 1 ) , le pied de cette équerre.
- O ( Figure 1 ) , fa gorge.
- P ( Figures 2 & 3 ) , bouton qui ouvre ce pêne dans la chambre,;
- Q(&g ures 1,2, & 3 ), reffort à boudin qui le ferme.
- Figure 4 y RS le grand pêne vu féparément avec fa gâchette D E en paquet, & fon équerre O NM dans la pofition où elle eft quand le petit pêne IR Sc le grand font tous deux ouverts ou fermés.
- Figure y , O NM fait voir la pofition de l’équerre dans le cas où le grand pêne eft ouvert, & le petit fermé ; elle montre comment la clef a prife alors fur la gorge O de l’équerre.
- Figure j y O N M équerre féparée.
- a y autre efpece d’équerre qu’on emploie quelquefois.
- Fig ure 8 , b pièce dont on fait un reffort à boudin c.
- d y étoquiau pied de ce reffort. ^
- Fig ure 9, e le bouton du petit pêne.
- Figure 10 ,/y"planche coupée par le milieu où Ton voit fon pertuis.
- g y partie du canon tournant.
- h ( Figure 11 ), un des pieds de la planche.
- Figure 12 ), picolet.
- K ( Figure 13 ) , grand reffort.
- lm( Figure 6 ) , canon tournant & fà coupe ; il ne fauroit fortir de la ferrure à caufe de la partie m l qui eft plus groffe que le refte.
- Figure 14, n clef befnarde. '
- /
- p.178 - vue 185/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 179
- Figuré Ij; ,oo coupe de la ferrure prife par le milieu du canon qui eft garni de là clef.
- p p, autre coupe.
- Explication des Figures de la Planche XXI, qui repréfeme les
- Serrures propres aux Portes légères.
- Cette Planche repréfente deux ferrures dont la première, Figures r,2 â 3; eft une ferrure befnarde à tour & demi , à pêne en paquet ou monté fur gâchette.
- La fécondé ferrure, Figures 18 & 19, eft une ferrure de même efpece, mais faite pour une porte vitrée.
- Les ferrures des portes de cabinet, & la plupart de celles des portes de chambres font pareilles à la première ; la clef fait un tour & demi pour les ouvrir, & n’en a qu un à faire pour les fermer ; parce que le reflort qui pouf fe le pêne, lui fait parcourir ce que feroit un demi-tour de clef
- La difpofition du reffort du demi-tour èft différente ici de celle de la Planche XX ; il ne pouffe pas immédiatement le pêne. Ce reffort h i k ( Fig: ia , 3, y & 7 ), agit contre une piece appellée Souillot lm> lmn( Figure 3, 6 & 7), qui peut tourner comme autour d’un centre autour de l’étoquiau qui lui fort de pied ; cette efpece de reffort eft appellée Reffort de chien.
- Mais nous avons eu fur-tout en vue de faire connoître dans cette ferrure ce quon appelle un Pêne en paquet ou monté fur gâchette. C’eft un pêne qui porte avec foi la gâchette, & le reffort qui tient la gâchette abaiffée dans le temps que le pêne eft arrêté. La gâchette^X Y ( Figures, 3,7,8, ô 10 ), eft une lame de fer plus épaiffe à un bout qu’à l’autre. Les bons Ouvriers font un trou dans cette épaiffeur, & les mauvais, au Ifeu de rendre le bout de la gâchette plus épais, fe contentent de le rouler. Dans le trou X qui eft au bout de la gâchette eft un étoquiau qui lui fort de pied, & qui eft rivé tout auprès de l’endroit où eft la tête B du pêne Figure 8. La gâchette va jufqu’auprès de la queue du pêne ; elle eft recourbée dans la partie Y qui doit fe trouver entre les deux barbes P P ( Figures 3 & 8 ) ; elle y forme une convexité qu’on appelle la gorge de la gâchette, & qui donne prife aux'dents de la clef, on fait quelquefois cette gorge d’une piece rapportée; par-delà cette gorge la gâchette a deux encoches £ ( Figures 7, 8 & 10 ) dans le côté qui eft le plus proche du palâtre.
- Le reffort Figures 7,8,10 & n , d’ou dépend en partie le jeu de la gâchette , eft une lame pliée prefque à angle droit en deux parties inégales : la plus courte a un piedjf ( Figures 7 & 11 ) , rivé fur le pêne proche de fo queue , un peu par-delà le pli : la branche la plus longue s’incline & vient s’appuyer fur la gâchette prefque horizontalement,ayant fà gorge affez avancée
- p.179 - vue 186/398
-
-
-
- 180 ART DU SERRURIER.
- entre les barbes du pêne; la gâchette ne peut cependant avancer davantage vers le côté où le reffort la pouffe ; la fécondé branche du reffort de la gâchette en empêche : elle paffe par-deffus le bout de la gâchette ; mais le reffort ne manque jamais de ramener la gâchette en fa place d’abord que la clef ceffe de lui faire violence ; 8c quand la gâchette eft dans cette dilpofition , le pêne ne fauroit fe mouvoir horizontalement ; il y a au-deffous de P ( Figure 3 ) un petit arrêt fixé fur le palâtre qui s’engage alors dans une des encoches ç de la gâchette, d’où la gâchette n’eft dégagée que quand la clef l’éleve.
- La Figure 12 g, efl; un morceau d’acier dilpofé pour faire un reflort de gâchette.
- La ferrure des Figures 18, 19 & 20 efl, comme la précédente , une ferrure befnarde à tour & demi, à pêne en paquet, monté Air gâchette ; elle efl pour une porte vitrée; & comme ces fortes déportés donnent peu de place à la ferrure , au lieu de les faire oblongues , on les fait prefque quarrées ; le pêne Fig ure 2r y efl plus court, par conféquent on place le picolet plus proche du rebord du palâtre.
- Le reffort qui ferme le demi-tour efl différent de ceux que nous avons vus, & efl un reffort à boudin jF, c eft-à-dire, qu’il efl roulé quelques tours autour de fon pied ; le bout de ce reffort efl engagé dans une entaille creu-fée dans le pêne entre le picolet & le rebord du palâtre.
- Entrons dans de plus grands détails pour donner une idée encore plus jufte des ferrures dont il s’agit.
- La Figure 1 efl la ferrure befiiarde qui fert à une porte ordinaire vue du côté qui efl dans la chambre.
- La Figure 2 efl le plan de la même ferrure vue du côté qui s’applique contre la porte.
- La Figure 3 efl la même ferrure en perfpeélive vue du côté dont la Figure a donne le plan.
- Les autres figures qui font entre les trois précédentes, font les parties de la ferrure repréfentées féparément.
- A A A ( Fig. 1 & 2 ) efl le palâtre ; auprès de ces lettres font les trous qui fervent à attacher la ferrure fur la porte.
- A la Figure 18 , comme cette ferrure efl courte, les trous pour l’attacher font en a a a fur le rebord du palâtre, & fur une efpece de patte qui efl attachée à la cloifon.
- B ( Figures 2 & 3 ), & b ( Figures 18, 19 <& 20 ) , eft le rebord du palâtre dans lequel la tête du pêne paffe, comme quand il efl fermé à demi-tour.
- C&ceft la cloifon ; on ne l’a pas mife à deffein de deux côtés aux Figures
- 3,19 & 20.
- D ( Figure i ) , le bouton qui ouvre le demi-tour ; on ne peut pas l’ap-
- percevoir
- p.180 - vue 187/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. x8r
- percevoir à la Figure iS 3 & communément il n’y en a point à ces fortes de ferrures lorfqu’elles font deftinées pour des armoires.
- E ( Figure 3 ) petit étoquiau du bouton avec une clavette pour retenir le bouton D Figure x.
- F ( Figure i ) le cache-entrée ; il n’y en a point aux ferrures d’armoires qui n’ouvrent que d’un côté.
- - G 8cg, le foncet, Figures 14, xy, 18 & 26.
- H8c h ( Figures 15 ô 26 ) , fes pieds : on voit Fig. 2 & 3 , feulement la place ou ils fe pofent.
- I (Figure 13 ) , le canon pour fervir de conduéleur aux clefs qui ne font point forées.
- K 8c k ( Fig. 14, 1 y (& r8 ), l’entrée de la clef du côté de la couverture;!
- L 8c l ( Figure 26 & 28 ), permis fait pour la clef Figure 4.
- M( Figure 4 & 27 ), permis de la clef.
- OQRPP,8coqpp( Figure 21 <§* 29 ), le pêne féparé vu du même côté que dans la Figure 3.
- O , entaille proche de la tête : à toutes les ferrures à demi-tour , la tête du relfort doit être en bifeau, ce qui les fait nommer en Bec de canne.
- P P 8cpp y fes barbes.
- Q , l’endroit entaillé pour fétoquiau du bouton quand il y en a.
- R C Fig ure 29 ) , encoche pour recevoir l’arrêt de la gâchette.
- VXYZ 8c P P ? 8c u xy ipp ( Figure 8 & 22 ) 5 eft le même pêne vu d’un autre côté 8c renverfé de haut .en bas pour faire voir fa gâchette 8c fon relîort.
- V u , la tête du pêne.
- X x y l’endroit où la gâchette eft portée par un pied.
- rj, gorge de la gâchette.
- Z l’encoche de la gâchette où l’arrêt s’engage.
- Figures 8 & 24, & le reifort qui prelfe la gâchette en X, 8c qui en retient pourtant la tête vers Z.
- XY Z & Figure 10 font voir la gâchette 8c fon reflort détachés dupé-ne>& ces pièces placées comme elles le doivent être l’une par rapport à l’autre.
- X x Y y ( Figures 9 & 23 ) , gâchette féparée ; la gorge Y eft prifè dans la piece.
- & ( Figures 11 & 24 ) eft le relfort de la gâchette > vu féparément ; e eft le petit rebord qui arrête le bout de la gâchette.
- fy eft le pied du reifort > par le moyen duquel on le rive contre le pêne,
- g ( Figure 12 ) y piece dont eft fait le relfort précédent Figure 11.
- h i k ( Figure y ) 3 relfort appellé Rejfort de chien.
- h y fon pied.
- i y la branche qui s’appuie contre la cloifon.
- Serrurier. , Z z
- p.181 - vue 188/398
-
-
-
- 18z ART DU SERRURIER.
- k, la branche qui preiTe le fouillot.
- I m n ( Figure 6 ), le fouillot ; /, fon pied ; m, la partie entaillée qui biffe pafler le pied du reffort;n, le bout qui preiTe contre le reffort de la gâchette;
- La Figure 7 fait voir comment le reffort de chien, le fouillot & la gâçhet, te en paquet font difpofés les uns par rapport aux autres.
- u u ( Figure 2 ), les rateaux qui entrent dans les entailles u u de la clef Figure 4 & 27.
- Les Figures 18 & ip repréfentent une ferrure de porte vitrée : elle eft vue ^ du côté de la couverture ; mais dans la Figure ip , cette couverture & deux des côtés de la cloifon ont été ôtés.
- g ( Figure 18 ) , la couverture ou plutôt le foncet.
- Figure 26 eft ce foncet enlevé & renverfé ; l eft un rouet comme la clef Figure 27 le demande.
- h y eft un des pieds du foncet.
- Figure 27 , la clef.
- b Ç Figures 18 & ip ), le pêne qui eft toujours taillé en bec de canne.
- F ( Figures 18 & ip ), le reffort à boudin qui le ferme d'un demi-tour $ F% fon pied ; O , fon aile : on le voit féparé Figure 25.
- Figure 21, le pêne féparé & renverfé qui fait voir la place des étoquiaux qui portent la gâchette & fon relîort.
- Figure 22 , le pêne avec fon paquet, c’eft-à-dire, avec la gâchette & font reffort.
- Figure 23 > gâchette féparée dont la gorgej eft rapportée.
- r,, l’encoche de la gâchette.
- Figure 20 , pâlatre nud * ou Ton ne voie que le petit étoquiau m, qui eft l'arrêt de l’encoche de la gâchette, & l’entaille pour le jeu du bouton.
- O ( Figure 2y ), reffort à boudin avec fon pied jF.
- Q Q ( Figure ip ) , la planche.
- R , le pertuis faic comme le demande la clef D ( Figure 27 ).
- Explication des Figures de la Planche XXII , où Von a repréfenté une Serrure à broche, à double entrée ÔC àplujieurs fermetures.
- Cette Planche qui repréfente une ferrure à broche s’ouvre cependant des deux côtés, & elle fe ferme à quatre fermetures par le moyen de deux pênes & d’un verrou.
- Quoique les ferrures à broche ordinaires ne puiffent être ouvertes que d’un côté, il eft aifé d’en faire qu’on ouvre de l’un & de l’autre côté, Sc cela fans multiplier aucune des pièces effentielles ; tout fe réduit aux changements ÿc aux additions fuivantes.
- p.182 - vue 189/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 183
- A ne pas mettre les deux entrées l’une vis-à-vis de l’autre, quoiqu’on les mette fur une même ligne. Aucune ne doit être au milieu du palâtre ou de la couverture. Pour la diftance qui doit être entre l’une & l’autre , & l’addition des parties, on en jugera aifément par celle que nous allons prendre pour exemple qui a un pêne dormant &à deux tours. Ce pêne eft fendu ; mais ne nous arrêtons point encore à cette circonftance. Les arrêts de ce pêne font portés par un grand reffort G , placé horizontalement en deffus du pêne, comme nous l’avons expliqué en parlant des pênes dormants {impies Planche XIX 5 ce que ce reffort a de particulier , c’efl: qu’il a deux gorges Fig. 2 H Sel y le milieu de l’une eft vis-à-vis le milieu d’une des entrées , Sc le milieu de l’autre gorge vis-à-vis le milieu de l’autre entrée; par conféquent foit que la clef tourne dans l’une , foit qu’elle tourne dans l’autre ouverture, elieleve ce reffort, elle le defencoche. On multiplieroit en même proportion le nombre des gorges des gâchettes, fi c’étoit un pêne en paquet.
- On voit de même qu’il faut multiplier le nombre des barbes du pêne. Au lieu de trois , il faut en donner fix à notre pêne dormant à deux tours, afin que la clef en puiffe pouffer trois par chaque entrée. Pour le nombre des encoches du pêne, il refte de même ; il ne faut auffi de même qu’un arrêt.
- On met quelquefois moins de garnitures à celle des entrées par où on ouvre en dedans de la chambre , qu’à l’autre , parce qu’il n’importe pas autant qu’une ferrure foit bien fermée quand on eft dans une chambre, que quand on en eft dehors : c’efl: ce qu’on voit dans la Figure 4-, le rouet fimple h répond à l’entrée du dedans de la chambre.
- Pour ne pas trop multiplier le nombre des Planches, la même ferrure nous fervira encore à faire voir quelques ftruétures particulières. Celle-ci a deux pênes réels 9 & par dehors femble en avoir quatre.
- i°. Le premier eft un pêne fourchu, un pêne à deux têtes, qui ont chacune une ouverture particulière dans le rebord du palâtre c d ( Figure 4 Jj
- 20. Il a de plus un fécond pêne e ( Figure 4 ) , qui fe ferme par un demi-tour , & qui s’ouvre immédiatement par la clef, & non par le moyen d’une équerre comme le petit pêne de la Planche XIX ; près de là tête , ce pêne a une hafture, & cela afin que fon corps s’élève bien plus haut que la tête ; il va fe placer horizontalement entre le palâtre & le pêne dormant ; & voici pourquoi il ferme toujours à un demi-tour. Un reffort de chien qui prefle un fouillot, comme nous l’avons expliqué Planche XIX, tient ce demi-tour fermé. Le même pêne a un étoquiau , & il y a une couliffe ou entaille pour recevoir cet étoquiau taillé dans le pêne dormant X, de façon qu’il peut aller & venir dans la couliffe. Celui-ci n’a que deux barbes, le reffort de chien le ferme toujours d’un demi-tour, la clef fait faire le tour & demi-reftant.
- 30. Enfin il femble que cette ferrure ait un quatrième pêne / (Fig. 4 ); elle porte un verrou qui en a la figure ; ce verrou eft pofé fur lacloifon;
- p.183 - vue 190/398
-
-
-
- i
- \
- 184 ART DU SERRURIER.
- on l'ouvre 8c on le ferme à l'ordinaire d’un bouton ; il s’ouvre ici par le moyen d’une couliffe n( Figure 3 ) , qu’on a mife feulement pour va-; rien
- Les détails où nous allons entrer,achèveront de rendre ceci très-clair.
- La Figure 1 eft le palâtre fans cloifon ni rebord. :}
- À 3 le paneton d’une clef dont la tige eft cenfée par-delà le palâtre.
- B, rouet qui remplit toutes les ouvertures qui font taillées dans la clef.
- C 3 broche qui enfile la clef quand elle entre du côté de la couverture.
- D 3 rouet fimple tel qu’il eft dans le bout du paneton de la clef.
- La Figure 2 eft la ferrure en perfpeélive à laquelle on a ôté la couverture 8c la cloifon d’un côté. . ,
- La Figure 3 eft le plan de la figure précédente.
- F 1 l’entrée du côté du palâtre ; on remarquera qu’il n5y a pas tant de garnitures ici qu’en B ( Figure 1 ) , & cela parce qu’on n’a pas befoin de fermer fa porte aufll furement quand on eft dedans, que quand on eft dehors.
- F 3 place de la broche qui répond à l’entrée qui eft du côté de la couver-’ tare.
- G 3 grand reflbrt qui fert d’arrêt au pêne dormant.
- If 13 les deux gorges.
- K G HI( Figure 7 ) vers le haut de la planche eft le même reflbrt ; K marque fon entaille.
- L ( Figures 2, 3 & 4 ) reflbrt de chien; fouiliot prefle par le reflbrt précédent.
- N M ( Figure 9 ) montre l’entaille du fouiliot, 8c comment il peut atteindre le pêne à tour & demi fans rencontrer le pêne dormant.
- Figure 8 3 Z le reflbrt de chien féparé.
- Figure 6 O P P le pêne dormant qui paroît avoir deux têtes P P, parce qu’il eft fourchu.
- Q Q Q 3 les encoches ; on y voit aufll fes barbes,
- S , même figure, la tête du pêne à tour & demi.
- STVX, ce pêne en entier.
- T y eft fa hafture, ou un coude formant renvoi pour que la tête du pêne forte de la ferrure en e ( Figure 4 ) , 8c que le corpsf g foit pofé dans la ferrure fur le pêne dormant.
- W ( Figure 6) 3 fes barbes.
- Xy i’étoquiau qui entre dans la coulifle E du pêne dormant.
- Figure 4 eft la même ferrure vue du côté du palâtre d’où on l’a enlevé 3 excepté fon rebord : elle fait voir la difpofition du pêne à tour 8c demi.
- Y y le rebord du palâtre qui eft refté.
- a y l’entrée du côté de la couverture.
- b 3 la place de la broche pour l’entrée qui eft dans l^e palâtre.
- \ C dy
- p.184 - vue 191/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER; i8y
- t d ,les têtes du pêne dormant. ..
- e y la tête du pêne à tour & demi. - ~ ~
- /, hafture de ce pêne. g y fa queue.
- h y fouillot qui preffe la queue du pêne. i y reffort de chien.
- lmny( Figures 2,3 , 4 & 10 ) , le verrou ; / , fa tête ; m, l'endroit où le bouton eft arreté.
- n y le bouton : c’eft, Figure 1 x, une piece à couliffe.
- . 0 . ( Figure 12 ) , rouet fimple \p y de même.
- Figure 13 , r rouet en S ; le même rouet vu du côté de fes pieds.
- Figure 14 , q rateau qui fait partie de la garniture : on le voit en place dans les Figures 2 & 3.
- Figures 5 A & 6 B y coupe de la ferrure prife par le milieu de chacune de fes entrées.
- Figure $ A y 3 3 y coupe du rouet qui répond à l'entrée du dehors de la chambre.
- 4 y coupe du rouet fimple qui répond à l’entrée du dedans de la chambre. «7,8, coupe du pêne & du dormant.
- Figure 6 y B coupe du pêne qui eft mené par le reffort.
- 8, 9 , coupe des deux rouets fimples. y, coupe du verrou, r, 2, les broches des deux entrées. Peu à peu nous paffons des ferrures les plus fimples à celles qui font plus compofées.
- Explication des Figures delà Planche XXIII, reprèfeniant une Serrure qui, outre la fermeture ordinaire , ferme une porte de chambre ou de buffet haut âC bas , <3C arrête de plus une bar-5 re horizontale placée en travers vers le milieu de la porte.
- On ne fe contente pas des ferrures ordinaires pour les portes des buffets; on en veut qui arrêtent la porte en haut & en bas, & qui de plus fortifient la porte même, en y arrêtant une barre en travers. On emploie auffi ces fortes de ferrures pour des portes de chambre qu’on veut fermer bien fièrement. On trouve ici une des façons dont cela s’exécute.
- La Figure 1 repréfente une porte avec fon chambranle. Outre le pêne qui entre dans la gâche D à l’ordinaire , il y a deux verroux C fermés par la même ferrure. La porte eft de plus fortifiée par une barre E F y dont un bout eft arrêté dans le crochet F, & l’autre dans la ferrure.
- Pour fuivre toutes les fermetures de cette ferrure, commençons par celle - de fon pêne. La Figure 2 montre qu’il eft ouvert par deux tours de clef, comme tous les pênes dormants à deux tours ; c’eft un grand reffort qui fait Serrurier. Aaa
- p.185 - vue 192/398
-
-
-
- iS6 ART DU SE RRU RI ER.
- fon arrêt ; mais on voit qu’il fe recoude à angles droits où finirent les autres pênes Figure z K\ pour defcendre vers la cloifon auprès de laquelle il fe coude une fécondé fois ; la partie qui eft après le fécond coude L M ( Figure a ) , a environ le tiers de la longueur du corps du pêne , & lui eft parallèle : nous la nommerons la queue du Pêne*.
- En fermant le pêne , on ferme les deux verroux 8c la barre horizontale ; celle-ci l’eft par la queue du pêne. Le bout de la barre porte un crampon ou auberon Figure 6, Q & R. La cloifon eft entaillée pour lailfer entrer cec auberon dans la ferrure ; quand la tête du pêne le ferme, là queue entre dans l’auberon , & alors la barre eft arrêtée ; la queue du pêne a un picolet par.* ticulier, il a une entaille dans laquelle entre aulîî l’auberon , cet auberon en embarralfe moins. Ici la queue agit comme les pênes en bord.
- Refte à voir comment le pêne en fe fermant ferme le verrou d’en bas & celui d’en haut. Ils font chacun attachés par un bouton autour duquel ils roulent au bout d’un des bras du levier appelle Bajcule Figure y ; ces deux bras font égaux, ils font horizontaux lorfque le pêne eft ouvert, & alors les deux verroux font ouverts; mais dès-lors que le pêne fort de là gâche, le levier s’incline, la branche la plus bafte ferme le verrou d’en bas, & la plus haute celui d’en haut. Voici par quelle méchanique cela s’exécute :1e levier tient à une tige plate attachée au pêne par un bouton ; c’eft donc le pêne qui porte le levier ; dès-lors que le pêne marche , il emporte avec foi le bouton , la tige du levier ne peut pas le fuivre en confervant là pofition verticale , les deux verroux qui tiennent aux branches du levier s’y oppofent, ils font arrêtés eux-mêmes par les entailles de la cloifon dans lefquelles ils paflent ; tout ce que peut faire la tige du levier, c’eft de s’incliner, ce qui lui eft permis, parce que le bouton qui lui fort de pied eft reçu dans une efpece de couüiTe ou d’entaille plus longue que large. Le pêne oblige donc la tige du levier à s’incliner , par conféquent les deux branches du levier s’inclinent auffi , l’une defoend 8c l’autre monte , la première poulie en enbas un verrou , & la fécondé poulfe l’autre en enhaut.
- Le poids des deux verroux doit être égal, afin que la clef trouve moins de réfiftance à les ouvrir & à les fermer.
- On a encore quelquefois ajouté un verrou ^ ( Figures i & 3 ) , à cette ferrure ; il eft fermé par un reflbrt, & on l’ouvre en tournant un bouton qui tient à une tige de fer D ( Figure 2 ), laquelle porte une platine qui aprife fur le talon du verrou.
- Détaillons plus exaélement cette méchanique.
- La Figure 1 repréfente la porte entourée de fon chambranle & fermée.
- A A, la porte.
- B B 9 fon chambranle.
- C C, les verroux qui ferment haut & bas.
- p.186 - vue 193/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 187
- D , la gâche ou entre le pêne & le verrou.
- E F, la barre.
- E y l’endroit ou fon auberon entre dans la ferrure.
- F y le crochet qui foutient l’autre bout de la barre.
- G, le bouton fur lequel peut tourner la barre quand elle n’eft point arrêtée dans la ferrure.
- La Figure 2 repréfente en perlpeétive la ferrure à qui on a ôté fa couverture , la cloifon du côté fupérieur, ainfi que ce qui produit le mouvement des verroux.
- La Figure 3 eft le plan de la Figure 2.
- H y le grand relfort.
- IK LM eft le pêne recoudé à angles droits en K ; & en Z M, eft là queue ; il eft aufll marqué des mêmes lettres dans une Figure 7.
- N ( Figures 2 & 3 ), le picolet ordinaire.
- O ( Figures 2 & 3 ) , picolet fendu pour lailfer palier l’auberon de la barre : on le voit en O ( Figure 8 ) & en R ( Figure 6 ).
- P Q ( Figure 6 ) , bout de la barre E ( Figure I ).
- Q y fon auberon.
- RS ( Figure 6) fait voir comment l’auberon R entre dans le picolet fendu y & la queue du pêne coupé en S , qui eft entrée dans cet auberon.
- T U ( Figure 9 ) eft le même pêne avec fon paquet, favoir, fon relfort T y 8c fa gâchette V.
- Xy le reftort feparé.
- Y y la gâchette aulïï féparée.
- Z ( Figures 2 & 3 ) verrou qui eft tenu fermé par un relfort. cl y ce relfort. b y picolet du verrou. 1
- c y lame de fer qui a prife fur la queue du verrou. d y tige de fer auquel tient cette lame.
- La Figure 4 eft une coupe faite près des boutons qui ouvrent le verrou^ e e y boutons dont un eft de chaque côté de la porte. Ce boutoij eft détaillé en u x. '
- f, la tige de fer qui tient au bouton. g y la lame qui rencontre la queue du verrou.
- La Figure y eft une partie de la ferrure qu’on a prife feulement de la grandeur nécelfaire, pour démontrer d’où dépend le jeu des verroux qui ferment haut 8c bas.
- h i klm y la bafcule en T renverfé. h i y les deux bras du levier.
- k y étoquiau rivé dans le palâtre autour duquel les deux bras précédents peuvent tourner.
- p.187 - vue 194/398
-
-
-
- a 88 v ART DU SERRURIER.
- I m, tige de la bafcule qui a une entaille ou coulifle l m , ou entre un étoquiau rivé dans le pêne , Sc marqué I ( Figures 2 & 3 ).
- o, verrou fupérieur.
- p, le trou de la cloifon par où il pafle. q , l’endroit où Ton a coupé ce verrou.
- r , verrou inférieur, & le trou de la cloifon par où il pafle* s, l’endroit où il a été coupé.
- / ( Figure 10) la clef. '
- 2, 3,4, ( Figure y ) partie de la couverture qui empêche que les verrous Sc la bafcule nagiflent contre les garnitures pendant leur mouvement.
- Explica tion des Figures de la Planche XXIV> qui repréfente , 1% une Serrure de buffet à pignon ; 20, une Serrure qui ouvre une porte par fes pentures ; 30, une maniéré de fermer une porte haut SC bas.
- Au lieu des bafcules pareilles à celles de la Planche précédente, on met fouvent des pignons aux ferrures qui ferment des verroux en haut Sc en bas, ou qui ont des efpeces de pênes verticaux. Les tiges de ces verroux paffent dans des entailles faites à la cloifon ; leur partie qui efl: en dedans de la ferrure efl; dentée à peu près comme le font les crémaillères Figure 1 ; les dents d’un des verroux font tournées vers les dents de l’autre, auflî s’engre-; nent-elies dans le même pignon ; ce pignon a pour pied un étoquiau hori-* zontal rivé dans le palâtre. Ce pignon peut tourner autour de fon pied, Sc en tournant il ferme Sc ouvre les verroux ; car il efl; clair qu’il fait monter l’un Sc defcendre l’autre ; * il n’y trouve pas grande réflftance fi le poids de chaque verrou efl; le même ; c’efl; un levier dont les bras font également chargés.
- Relie feulement à faire tourner le pignon , Sc rien de plus fimple : c’efl; le pêne qui en efl chargé; outre fes barbes ordinaires, il en a d’autres , ou des dents qui s’engrenent dans le pignon Figure 2 ; par conféquent toutes les fois que la clef fait marcher le pêne, le pignon tourne, & fait monter un des verroux & defcendre l’autre, ce qui les ferme ou les ouvre, félon que le pêne s’efl; avancé du côté de la gâche, ou qu’il s’en efl éloigné.
- Nous avons fait mettre encore à cette ferrure un pêne qui le ferme à un demi-tour feulement Figure 3 , Sc que la clef ouvre par le moyen d’une équerre. La difpofition de cette équerre efl différente de celle que nous avons fait voir dans la Planche XIX ; le pied de celle-ci efl: arrêté fur le palâtre , & non fur le pêne comme l’autre. A chaque tour que fait la clef, elle rencontre la gorge de la branche fupérieure de cette équerre, elle la releve,
- * Nous avons eu occafîon, en parlant des Verroux , de décrire ies verroux à bafcule, & ceux à
- pignon ou à crémaillère 5 comme les deffeias que
- nous avons mis fur la Planche X V , font fort petits, on fera bien d’avoir recours à ceux qui font fur çette Planche XXIV.
- par
- p.188 - vue 195/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. tS9
- par conféqueiit les branches inférieures pouffent le pêne, elles rouvrent y & le reffort le referme fi la clef commence un nouveau tour.
- Il y a des portes qu’il eft coriïmode d’ouvrir des deux côtés ('a). La Figure 7 donne l’idée d’une des maniérés dont cela s’exécute : les gonds des pentures font de chaque côté des efpèces de verroux qu’on fait fôrtir de leurs boîtes qui tiennent lieu de gâche. On éleve une tige de fer à laquélle tiennent ces gonds. Gette tige peut être élevée par un pignon , û on le veut, ou d’unè maniéré plus fîmple, comme il eftrepréfenté dans la Planche.
- La Figuré iô fait voir une maniéré de fermer haut 5c bas une armoire avec de Amples verroux , iorfqu’ii ne s’agit que de bien maintenir les montants (Fj\
- Nous allons expliquer les figures de la Planche XXIVplus en détail.
- L’échelle de cinq pouces efl: pour la ferrure à pignon*.
- L’échelle d’un pied efl pour les autres pièces.
- La Figure 1 efl la ferrure vue du côté qui s’attache contre le bois;
- A A, couverture qui cache toutes les parties intérieures.
- B 9 l’entrée qu’on a faite en S, 8c à laquelle Ôn a donné une broché;
- CC, deux entailles percées dans la eloifon entré fon bord 5c la convertit» ire pour fervir de couliffe à un des verroux.
- D E, céverrôu coupé en D 8c en E, la partie E prolongée efl celle qui porte la tête du verrou, 5c qui ferme en haut.
- F G , l’autre verrou dont la partie /^prolongée ferme en bas;
- H ] le pignoh.
- I K y les dents du verrou où le pignon s ehgrene; il efl à remarquer que le poids des deux verroux doit être tel, & la longueur delà partie qui ne s’accroche point telle , que le pignon foit toujours à peu près également chargé de chaque côté.
- La Figure 2 efl la ferrure vue du même côté, dont on a ôté la couverture;
- L y le pêne dont les barbes s’engrenent dans le pignon y d’où l’on voit Comment, en faifànt aller ce pêne, on fait tourner le pignon , & par confé-quent comment on fait monter un des verroux , & on fait defeendre l’autre;
- My le pignon.
- N y reffort qui fermé lin fécond pêne ; parce qu’on a fait Cette ferrure à
- deux fermetures outre celles des verroux;
- O y ce fécond pêne.
- La Figure 3 efl la même ferrure ^ niais vue du côté du palâtrè qui a été em«
- porte.
- P y le pêrië.
- Q y pignon.
- (a) Nous avons été tentés d’eri parler lorfque nous avons expliqué la façon défaire les fiches à noeuds; mais comme nous avons vu que M. de Réaurnur en avoit traité , nous n’en avons rien dit ; c’efl encore pour cette raifon que nous nous difpen-
- Serri/rier:
- ferons d’ên parler, Iorfqu’ii fera quëftioû de la ferrure des Equipages.
- (b) On peut confulter ce que nous avons dit fut les Verroux à bafculé & à pignon.'
- B b b
- p.189 - vue 196/398
-
-
-
- /
- I
- i9o ART DU S E R RU RI E Ri
- R, étoquiau qui fert d’eflieu au pignon.
- S T T, les deux verroux coupés en S S Sc en TT.
- V X, équerre qui ouvre le fécond pêne quand la clef prefle fa gorge.' Figure 4 y Z Y cette équerre.
- Figure y , le pêne dont a a marque la coulifle;
- Figure 6 b , la partie fupérieure d'un des verroux. c, crampons qui la retiennent. d y Ion arrêt.
- La Figure 7 fait voir la difpofition d’une porte qui s’ouvre de deux côtés. On a repréfenté la portière d’une chaife roulante * parce que c’eft ordinairement le cas où l’on en fait ufàge. efy efy chaffxs dormant.
- gi, gi, la partie de ce chaffis fermée par une porte* h i y penture de chacun des côtés delà porte.
- A,Æ, Æ, les fiches des pentures.
- Ihylh, refforts qui pouffent les pentures en enbas; ^ mi y mi y refforts qui tirent ces pentures en enbas. Les uns Sc les autres refforts ne font pas abfolument néceflàires.
- n y efpece de ferrure qui a un bouton par le moyen duquel on ouvre la porte de ce côté.
- o y le bouton qui ouvre l’autre côté où l’on a ôté le palâtre delà ferrure; p y barbes de la penture que le paneton du bouton éleve ou abaiffe félon qu’on veut ouvrir ou fermer la porte. Il eft aifé d’imaginer qu’une clef avec un paneton pourroit faire l’effet de ce bouton ; aufïi s’en fert-on quelquefois. qr s e& une partie de cette porte qui a été brifée ; q en eft le bois.] r s y reffort qui tend à abaiffer la penture qu’on a élevée pour la mettre comme elle eft quand la porte eft ouverte. . ,
- t y une des fiches de la penture , tirée de fes boîtes quand on veut ouvrir la porte.
- u y les boîtes de cette fiche. x y les mêmes boîtes vues féparément.
- fiches ou contre-fiches qui fe placent entre les deux boîtes x.
- La porte x dans la pofition où elle eft repréfentée y eft fermée ; il n’eft pas poffible de l’ouvrir ni du côté de /z, ni du côté de o. Mais quand on tourne le bouton 0 y le paneton qui s’engage dans les barbes p , fouleve le barreau vertical, Sc en même temps la broche t ; alors les nœuds u u Sc la broche t s’emportent avec la portière y Sc il ne refte d’attaché au battant que le gond £ : il eft clair qu’alors les gonds k k qui font du côté de 0 , font l’office de verroux verticaux y pendant que ceux qui font du c^té de n font l’office de charnière, & le contraire arrive quand on tourne U bouton n.
- Les Figures 9, 10 font voir une difpofition de deux verroux qui ferment
- p.190 - vue 197/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER x9t
- haut Sc bas une armoire, & qu'on ouvre par le dehors avec un bcmtdm
- 2> 3 , Figure io > ces deux verroux coupés en deux & en trois*
- I, bouton qui tient à une verge qui ferme ou ouvre les verroux fèldft
- l'inclination qu'on lui donne. ^
- 4, l'endroit où eft l'effieu ou étoquiau, autour duquel tourne cette vergé*1
- J, fi, Figure 8, fait voir cette verge en entier.
- J eft la place de l'étoquiau autour duquel elle tourne*
- 6, fon bouton*
- 7, 8, fes deux bras à qui tiennent , par deux étoquiaux, les bouts des ver-roux courbés.
- 9,9, les verroux.
- io , ii, Figure 9, la partie courbe des verroux , vue féparément avec fes étoquiaux. (.
- Figures 11 & 12, la rofe qui recouvre les parties coudées Figure 9*
- Figure 13 , la platine qu'on met fous les coudes des verroux.
- On peut confulter ce que nous avons dit de ces fortes de verroux à bafécule à l'endroit où nous avons parlé des verroux.
- Article VL
- Des Serrures dortt le Pêne rejle renfermé dans le Palâtre*
- Explication des Figures de la Planche XXV,
- Qui repréfente une Serrure a pêne en bord a une feule fermeture , & une autre
- Serrure de même genre à deux fermetures.
- Les ferrures dont nous avons parlé jufqu’à préfent qui fervent pour tenir les portes Sc les armoires fermées , ont toutes des pênes qui fortent du palâtre, & entrent dans une gâche : il eft bon de dire quelque chofe d'une au^ tre elpece de ferrure dont les pênes relient renfermés dans le palâtre ; un crampon qui entre dans la ferrure par une fente qui eft au bord, fait l'office d’une gâche dans laquelle le pêne entre. Ces elpeces de ferrures fervent pour les couvercles des bureaux qui fe rabattent, pour les coffres, les pendue les, & en quantité d'autres occafions.
- La Planche XXVfert donc à faire connoître un genre de ferrures dont nous avons fait la fécondé claffe, lavoir, de celles qui fe ferment fans que le pêne forte en dehors. Celles qui font repréfentées ici, font appellées deà Pênes en bords, apparemment parce que la tête du pêne marche toujours en fuivant le rebord du palâtre*
- Les ferrures des coffres font communément de cette efpece, & on les fait toutes aujourd'hui comme celle de la Planche XXV, pour être attachées en dedans. Elles ne font jamais befoardes ; on leur donne toujours des broches |
- p.191 - vue 198/398
-
-
-
- \9% ART DU S ERRÙ RIE R.
- on pburroit pourtant y mettre des clefs à bout ; mais elles en feroient moins
- bonnes.
- N‘ogs allons Commencer à nous faire une idée des chofes qui leur font
- ,4
- com^nunes, en fuivant les figures i, 2, qui repréfentent la plus fimple des ferrures de ce genre.
- Ces ferrures font de figure rëétangle , cômme cêlles des portes, mais au lieu que dans les autres ferrures , les plus longs côtés font horizontaux ; dans la ferrure en place comme on la repréfente ici, ils font verticaux. Le rebord du palâtre eft alors la partie la plus élevée ; il a une ou plusieurs entailles B ( Figure 1 ) , qui reçoit un crampon appellé Auberon, attaché au couvercle du coffre. La Figure 5 , DDC fait voir la bande auberonniere du côté où elle eft attachée au couvercle , & en deffous fon auberon C.
- Le corps du pêne , la partie du pêne où font les barbes , efl: horizontale à l’ordinaire, & portée vers le milieu du palâtre par deux picolets qui lui fervent de couliffe. Ceci efl: affez femblable aux ferrures dont nous avons donné la defcription. Mais d’un des bouts du corps de ce pêne s’élève une tige de fer jufqu’auprès du rebord de la cloifon : c’eft au bout de cette tige qu’il faut chercher la tête du vrai pêne Q ( Figure 6 ) ; c’eft une partie en faillie taillée quarrément & parallèle au rebord du palâtre.
- Quand le pêne marche, il porte avec foi la tige précédente dont la tête entre dans l’auberon du coffre, & alors le coffre efl fermé.
- Afin que la tête du pêne, après qu’elle efl paffée dans l’auberon, ait moins de jeu , elle efl reçue dans une piece de fer qui efl , pour ainfi dire, une gâche Figure 7 féparée, H IG. Cette piece efl attachée contre le rebord du palâtre & contre le palâtre même ; elle fait l’office de conduéleur , on la nomme Coq : il y en a de doubles & de fiinples , celui de la Figure 7 , HIG eftfimple.
- Quand ces fortes de ferrures n’ont qu’une feule fermeture , il faudroit donner au pêne_une tête trop longue fi la tige qui la porte étoit droite ; c’eft * pour s’épargner cette longueur qui feroit inutile & incommode, qu’on recourbe la tige d’une façon qui approche fon bout fupérieur de l’entaille qui reçoit l’auberon Figure 1 M, & Q ( Figure 6).
- La clef fait marcher le pêne de ces ferrures comme celui de toutes les autres , & rencontre des barbes 00 ( Figure 6) , femblablement placées.
- Le pêne eft arrêté par un reffort Figure 8 , qui eft pofé au-deffus ; il eft femblable aux grands refforts que nous avons vus placés de même en d’autres ferrures ; il n’en diffère qu’en ce qu’il eft plus court.
- Les Figures 3 & 4,& les figures féparées qui y ont rapport, montrent la conftruélion d’une ferrure à pêne en bords à deux fermetures. Elle a deux ouvertures a b dans le rebord de fon palâtre qui reçoivent deux auberons G G ( Figure 9 ) de la bande auberonniere g. L’auberon qui entre dans l’entaille
- p.192 - vue 199/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER4 253
- taille b (Figure 3) y eft arrêté par la tête du pêne. Ce pêne ne différé de celui de la ferrure précédente qu’en ce que 1à tige eft moins coudée ; elle n’a pas auffi il loin à aller trouver fon auberon.
- L’auberon qui entre dans l'entaille a eft fermé par une gâchette q r s (Fig. 3, 4 (5 10). Cette gâchette eft une piece de fer plus longue que la tige du pêne, mais qui lui eft femblable par en haut ; elle a une tête telle que la fienne , au lieu que quand la tige du pêne fe meut, elle eft portée parallèlement à elle-même ; la gâchette tourne comme un levier autour de fon point d’appui ou pied r. Quand elle eft fermée, elle eft verticale ; Sc elle eft toujours fermée ici quand la clef ne la tient pas ouverte ; un reffort qui laprefle continuellement, contraint la tête à fe tenir dans fon coq. Ce reffort eft un reffort double ou compofé d’une lame txy pliée en deux branches Figure ir, & qui font entre elles un angle très-aigu ; une des parties ou une des branches du reffort a deux pieds t x qui la fixent fur le palâtre, l’autre branche y a feule du jeu, Sc preffe la gâchette au-deffus de fon pied.
- La clef, en tournant, rencontre la partie inférieure de la gâchette , dont la gorge s (.Fig. 3 <5* 4) s’oppofe à fon paffage ; ainfi tant que le paneton eft horizontal & tourné du côté de la gâchette, ilia tient ouverte, mais elle fe ferme fi-tôt que la clef l’abandonne.
- Les lettres cd( Figures 3 & 4 ) marquent les coqs dans lefqueltes entrent les têtes du pêne Sc de la gâchette ; ceux-ci font des coqs doubles. La Figure 12 g ele fait appercevoir.
- On conçoit comment les coffres qui ont de ces fortes de gâchettes fe ferment par la chûte du couvercle. La tête de la gâchette eft taillée en bifeau q ( Figure 10 ). La preffion du couvercle force par conféquent cette gâchette à s’ouvrir , à laiffer entrer l’auberon , & la figure de la tête de la même gâchette s’oppofe à la fortie de l’auberon, tant que cette gâchette n’eft pas tenue ouverte par la clef.
- On fait de petites ferrures qui ne fe ferment que par une feule gâchette ; mais il nous a paru inutile d’en faire repréfenter une. Il eft aifé d’imaginer en examinant les Figures 3 & 4, que le pêne o ( Figure 13 ) eft ôté , & que la gâchette eft plus près du milieu ; cette ferrure en feroit une qui fe ferme-roit avec une feule gâchette 5 mais ce font les plus mauvaifes de toutes les efpeces, elles s’ouvrent par un fimple demi-tour. Ôn n’en fait guere d’ufà-ge que pour les ferrures plates , celles qu’on met aux caffettes , aux portefeuilles , aux pendules , &c.
- Dans la Figure 3 , £ eft la broche qui eft auff repréfentée Figures ry & en y Sc en Y; ç & & , les rateaux qui font repréfentés Figure 16 ; £ (Fig. 3 ) repréfente auffi le rouet qu’on voit en Z ( Figure 17 ) ; le reffort du pêne qu’on voit à part Fig. 14.
- K ( Figure 3 ) le grand pêne qui eft vu à part, Fig. 13 , avec fes barbes n> Sc fes encoches o. Les Figures 18 repréfentent l’entrée de la couverture, & la Serrurier, Ç c c
- p.193 - vue 200/398
-
-
-
- i94 ART DU SERRURIER.
- Figure ip la clef ; 6 ,1a partie du canon de la clef qui eft forée; y, le paneton.
- Explication des Figures de la Planche XXVI, qui repréfente une Serrure de coffre fort à trois fermetures•
- Il n’eft point de ferrures où il foit plus ordinaire Sc plus néceflaire de multiplier les fermetures qu’à celles des coffres forts. C’en font de ce genre qu’on prend pour les chef-d’œuvres les plus difficiles. Celle-ci eft une des plus fimples & des plus en ulàge; elle fe ferme à trois fermetures, dont une dépend du pêne Sc les deux autres des deux gâchettes. Comme ces fortes de ferrures fe font avec foin , on leur donne fouvent des couvertures ornées ; on en voit une Figure i. Quelquefois on les fait plus chargées d’ornements inutiles ; car le bois contre lequel ils font appliqués les cache. Les remarques que nous avons à faire fur cette ferrure font : i°, que la tige H du pêne s’élève à peu près du milieu 1 du corps Figures 2 & 4 ; ce pêne n’a que deux barbes MM ( Figures 2 & y ), Sc peut être ouvert feul, & ferme par un demi-tour de la clef ; mais la ferrure entière ne l’eft que par un tour Sc demi, Sc voici comment. Suppofons la ferrure entièrement fermée comme elle l’eft Figure 2, où les têtes du pêne & des gâchettes font dans leurs coqs, Sc que le pêne s’ouvre en allant de R vers N, parce qu’il peut paffer fous le pied de la gâchette X VE ; la clef, en tournant de R vers V > ouvre donc le pêne ; en continuant fa route elle arrive vers X, elle y rencontre la gorge X de la gâchette X V E ( Figures 2 & 6 ), elle l’ouvre, mais la clef doit achever fon tour pour parvenir à la gâchette decb( Figures 2 <§*7); fi-tôt qu’elle abandonne la gâchette X VE , elle fe ferme : elle quitte donc celle-ci ; mais pour y revenir, elle va jufqu’à la gorge d, Sc ouvre la gâchette de b c, celle-ci eft alors ouverte, Sc elle ne fe ferme point comme l’autre, quoique la clef l’abandonne : nous en verrons bientôt la raifbn 5 mais fuppofons-le à préfent. Refte donc à ouvrir la gâchette X V(Fig, 2); pour cela on fait faire à la clef un demi-tour en fens contraire du tour qu’elle a fait, on la ramenepar en bas de d vers X, &lorfque fon paneton eft horizontal, on l’arrête ; ce paneton ouvre la gâchette Sc l’empêche de fe fermer. Il eft aifé de voir pourquoi on fait rebrouffer chemin à la clef quand elle eft arrivée en d; les barbes du pêne qui ne peut plus céder, l’arrêteroient fi elle vouloit continuer fa route dans le même fens. Ces fortes de ferrures font miles au nombre de celles qui ont des lecrets, parce que bien des gens ne s’avifent pas de faire tourner une clef dans le fens contraire à celui où ils l’ont tournée pour achever d’ouvrir.
- 20. Il y a différentes maniérés de tenir la gâchette de cb ouverte après que le paneton Ta quittée. En voici une. On a un reflort qui eft une ftmple lame de fer ou d’acierf g{ Figure 8 ), coupée plus longue que large à peu près quarrément. Son reifort tend à lui donner une petite convexité ; cette lame eft attachée par un bout contre le palâtre, entre le pêne Sc celui de fes pi-
- p.194 - vue 201/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. i9y
- colets qui eft le plus proche de la gâchette ; h (Figure y) repréfente le côté convexe de la lame ou reflbrt qui touche le palâtre ; quand le pêne efl: fermé, il tient le reflbrt applati Sc entièrement appliqué contre le palâtre ; mais lorf-qu’on ouvre le pêne , Sc qu’on fait faire un demi-tour à la clef, alors ce demi-tour faifànt tourner de la droite vers la gauche la partie d de la gâchette dcbe ( Fig. 2 & 7 ) , le bout du reflbrt f g ( Fig. 8 ) s’échappe de deifous la gâchette, fe préfente à la partie e placée au-deflbus du pied de cette gâchette, Sc la tenant en refpeél, s’oppofe à fon retour, de forte quelle ne peut plus fe fermer qu’en faifant faire un tour entier à la clef. Ceci deviendra plus clair par l’ex plication de la Planche XXVII.
- 3°. Cette ferrure fe ferme par un tour de clef ; car ramenons la clef de X en d, en la faifant pafler par M M. i°, la gâchette X fe ferme dès-lors que le paneton abandonne fa gorge. 2°, Ce paneton rencontrant les barbes du pêne, ferme le pêne, & il ferme en même temps la gâchette dcb\ car le pêne en avançant, abaiife le reifort qui s’oppofoit au retour de cette gâchette. La Figure y , h RI N fait entendre comme le pêne abailfe ou laifle relever ce reifort félon qu’il marche vers R ou vers N.
- 4°. Le pêne a ici deux picolets N R. Son arrêt efl produit par une gâchette P & O ( Figure 9 ). Cette gâchette efl une elpece de loquet qui a fon pied attaché à un des picolets, & dont la tête s’élève Sc s’abailfe dans une efpece de mentonnet Q ( Fig. 3 & y), ou de couliife taillée dans l’autre pico-let. Le même picolet fournit un reifort fimple Sc étroit qui preife la gâchette vers fon pied ; ce reflbrt efl appelié Rejfort en feuille de Jauge. La gâchette a une gorge O qui fe trouve entre les deux barbes du pêne quand il efl fermé ; elle a de plus une encoche ou entaille P ( Figure 9 ) , dont l’ouverture efl à fa partie inférieure. Le pêne porte un petit étoquiau fur lequel tombe l’encoche ou partie entaillée quand la gâchette efl abaiifée , alors le pêne ne fçauroit être mu horizontalement ; mais quand la clef releve la gâchette , l’arrêt ou étoquiau du pêne fe trouve hors de l’encoche,' Sc alors le pêne peut avancer.
- Pour achever de rendre ceci plus clair, je vais fuivre plus en détail l’explication des figures.
- La Fig. 1 repréfente la ferrure vue du côté qui s’applique contre le coffre.
- A ( Figure 10) efl la bande auberonftiere qui s’attache au bord du couvercle du coffre.
- B B B , les trois auberons.
- C, queue de la bande auberonniere.
- D D ( Figure 1 ) efl le rebord fùpérieur du palâtfe.
- E E E 9 font les trous qui laiifent pafler les auberons.
- F F, la cloifon du palâtre.
- ‘ G G y la couverture qui cache la garniture.
- p.195 - vue 202/398
-
-
-
- r
- *p6 ART DU SERRURIER.
- H H, la partie fupérieure de la couverture qui eft évidée 7 & cela Amplement pour l’ornement.
- /, la broche qui entre dans la forure de la clef.
- K, entrée faite en S ( elle doit être droite parce que la clefl’eft).
- * L M, foncet, ou couverture des garnitures.
- N N N, les trois coqs.
- O , la tête du pêne.
- P P , les deux gâchettes.
- Q y les reflbrts qui ferment les gâchettes.
- La Figure 2 repréfente la même ferrure de la Figure r , à laquelle on a ôté le rebord DD , & un des rebords F & la couverture G G. On riy a pas mis non plus la garniture.
- La Figure 3 eft le plan de la même ferrure , & les autres figures plus petites font les parties détachées des figures précédentes.
- On a marqué dans toutes ces figures les parties femblables avec les mêmes lettres.
- A y le trou de la broche. Le cercle ponétué marque le cercle que décrit le paneton de la clef. *
- B y le palâtre auquel on a ôté fà cloifon, ainfî qu’en B ( Figure 2 ).
- C, C y C, Cy étoquiaux ménagés dans 1 epaifleur de la cloifon pour l’attacher au palâtre avec des vis, ce qu’on pratique dans les ferrures de chef-d’œuvre.
- D D D y les trois coqs. 1
- EE E ( Figure 2 ) font voiries têtes du pêne Sc des gâchettes engagées dans dans les coq$. ‘
- F D G E ( F igure rr) eft un coq détaché.
- , E eft la partie qui reçoit la tête du pêne ou gâchette.
- F eft un des deux pieds du coq qui l’attache au palâtre.
- , G eft le trou qui fert à l’attacher au rebord du palâtre.
- H (Figure 4) la tige du pêne.
- I en eft le corps.
- K / eft le pêne en entier vu du côté qui s’applique contre le palâtre.
- L I, ( Figure 5 ) eft le pêne dont on a coupé la tige en L} où l’on voit fes picolets , gâchette, reffort, &c.
- MM, barbes du pêne.
- N y picolet qui porte le pied & la gâchette du pêne.
- O y la gorge de la gâchette du pêne.
- P ( Figure 9 ) l’encoche de cette gâchette.
- Q ( Figure y ) l’arrêt engagé dans l’encoche précédente.
- R ( Figure y ) fécond picolet dont la partie S eft le reffort en feuille de fiuge qui preffe la gâchette du pêne.
- T V X ( Figure 6 ) une des gâchettes qui ferme la ferrure 7 favoir celle qui neft ouverte que quand elle eft tenue par la clef. ^
- m
- p.196 - vue 203/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- 197
- Ty fa tête.
- Uy l’endroit où paffe l’étoquiau qui la porte.
- X , la gorge contre laquelle agit la clef.
- Figure 12 3 Y Z a un des refforts; Y Z y fes deux branches; la branche Y a un pied , il y en a un autre en a.
- bc( Figure y ), partie fupérieure de la gâchette qui refie ouverte quand le pêne l’efl ; b , fà tête ; c y place de l’étoquiau ; d, fa gorge.
- e y la partie qui rencontre le reffort qui arrête cette gâchette.
- fg( Figure 8 ), ce reffort.
- g y fendroit où efl l’étoquiau qui l’attache.
- La Figure y du pêne dont la tige efl; brifée en L y fait voir le reffort précédent marqué h, placé comme il le doit être par rapport au pêne, v i (Figure 13 ) un des rateaux.
- k ( Figure 14) , la garniture.
- / ( Figure 15 ) > le paneton de la clef ; R S 9 le picolet 8c fon reffort marqués des mêmes lettres qu’à la Figure y.
- o (Figure 16 ) un anneau de clef qui efl: fort orné.
- • Explication des Figures de la Planche XXVII repréfentant une
- Serrure de coffre à quatre fermetures.
- Elle s’ouvre comme celle à trois fermetures par un tour & demi de clef dont le demi-tour efl: en fens contraire du tour. Deux de fes fermetures dépendent aufli de deux gâchettes difpofées comme celles de la Planche précédente , & dont par conféquent nous n’avons rien à dire.
- Ce quelle nous offre de plus particulier, c’eff;, en terme de Serrurerie, fon pêne brifé, ou plus clairement fes deux pênes qui fervent pour les deux autres fermetures. Enfemble ils n’occupent guere plus de place qu’un feul pêne à tige, & cela parce qu’ils font entaillés de façon qu’ils s’emboîtent mutuellement l’un dans l’autre.
- Ils ont chacun une tige 1 K ( Figure 1 ) %fd ( Figure 4 ) , / i (Figure y) qui ont chacune une tête tournée de différents côtés. Les deux tiges font appliquées l’une contre l’autre quand la ferrure efl: ouverte , elles s’éloignent l’une de l’autre quand on la ferme; la clef n’agit que fur un pêne pour les faire marcher toutes deux.
- Un d’eux a feul des barbes, fon corps efl plus fort que celui de l’autre.
- La Figure 6 r u tfs , & la Figure 7, o p q nx , repréfentent les deux pênes auxquels on a coupé les tiges en n8cr,8c font voir comment une partie du pêne qui n’a point de barbes entre dans l’autre pêne, & réciproquement comme une partie du pêne à barbes entre dans celui qui n’en a point.
- La Figure 8 ytt montre ces deux pênes dont on a coupé les tiges , autant emboîtés l’un dans l’autre qu’ils le peuvent être; on y voit pourtant unef-Serrurier. D d d
- p.197 - vue 204/398
-
-
-
- ïç8 ART DU SERRURIER.
- y
- pace vuide £ au-délions duquel font des dents taillées dans le pêne à barbes ; on voit de même des dents au-deffus de cet efpace taillées dans l’autre pêne; celles-ci lui tiennent lieu de barbes qui font pouffé es par un pignon.
- Ce pignon 2 Figure 9 > eft arrêté fur le pêne à barbes par un pied ou eftîeu autour duquel il eft mobile ; quand les deux pênes font fermés , il eft également éloigné des dents des deux extrémités, & celles du milieu font engrenées entre les liennes ; par conféquent toutes les fois que la clef fait avancer les pênes à barbes vers un côté, le pignon fait aller l’autre pêne de l’autre côté ; car les dents de ce premier pêne font tourner le pignon, & le pignon, en tournant, pouffe le fécond pêne : ainfi ces pênes s’écartent ou viennent à la rencontre l’un de l’autre félon le fens dans lequel le pignon tourne.
- On donne ordinairement à ces fortes de ferrures un tambour MM{ Figures 1,2 & 3 ), qui eft une efpece de cylindre creux fervant de cloifon à toutes les garnitures. Les rouets RR font attachés contre fes parois intérieures. Le tambour eft entaillé dans les endroits où la clef doit avoir prife fur les barbes du pêne & fur les gorges des gâchettes. Les Figures 3 & 2 montrent comment les barbes du pêne entrent dans le tambour , & les Figures 1, 2 comment les gorges des gâchettes s’y placent.
- Il eft encore ordinaire de donner aces fortes de ferrures un canon tournant T S, au milieu duquel on voit une broche triangulaire, parce que la clef dont on a le paneton Figure 10 , en 4, y, eft forée en tiers-point.
- Si la Planche précédente n’avoit pas fufEfàmment fait entendre comme une des gâchettes F ( Figures 1,2,3) eft tenue ouverte par un reffort tant que les pênes font ouverts, la Figure 3 y fupléeroit. Elle fait voir en 8 Figure 3 , le bout du reffort fimple paffé fous la gâchette ; par conféquent fi cette gâchette en s’ouvrant avance vers 8, le bout du reffort s’échappera, & ce reffort tiendra la gâchette ouverte jufqu’à ce qu’il foit abaiffé par le pêne.
- La Figure 1 repréfente en perfpeétive une ferrure à quatre fermetures du côté où entre la clef.
- La Figure 2 eft le plan de la même ferrure.
- La Figure 3 eft une autre vue du tambour que celle de la Figure r.
- A A B D ( Figure 1 ) le palâtre ; on a ôté le rebord qui étoit en AA, comme dans la Figure 1 de la Planche précédente, & la partie de la cloifon qui doit être en A B.
- C ( Figure i ), la cloifon qu’on a laiffée d’un côté.
- FEE E, les quatre coqs.
- F G , les deux gâchettes.
- H H , les refforts qui les tiennent fermées.
- Figure 11, H X: dans ce détail, on montre un de ces refforts détachés. On voit en H & en X, par où on les affujettit contre le palâtre & contre fon rè-bord.
- p.198 - vue 205/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 199
- IK ( Figures 1 & 2 ), les deux pênes dilpofés comme ils le font lorfque la ferrure eft fermée.
- Z Z, les picolets des pênes.
- M ( Figures 1,2 & 3 ) , le tambour.
- N N, (es pieds.
- O P P ( Fig. 2 & 3 ) échancrure qui eft au tambour pour y biffer entrer la gorge O de la gâchette, & les barbes PP du pêne à barbes.
- Q Q, les gorges des gâchettes qui entrent par deux autres échancrures.
- R R, les rateaux qui font rapportés } il eft mieux de les prendre dans la piece ; & plus ils ont d’étendue, meilleurs ils font.
- S, le canon dont la broche eft en tiers-point fimple.
- T ( Figures 1 & 3 ), la contre-tige du canon.
- a b cd ef ( Figure 4 ), font les deux pênes vus ouverts 8c repréfentés du même côté qu’ils paroiffent dans la Figure r. a b font les barbes du pêne \ cd eft la tige. e eft partie du corps de l’autre pêne.
- eftla tige. - *
- g h i K l ( Figure ÿ ) font les mêmes pênes vus du côté qui eft appliqué contre le palâtre.
- g h font les deux barbes du pêne qui a i pour tige.
- K l eft l’autre pêne'.
- m, marque les dentelures ou crémaillères de chacun de ces pênes. tl op q x ( Figure 7 ) eft le pêne à barbes vu du même côté que dans la figure précédente.
- n eft partie delà tige qui a été coupée.
- p eft une entaille qui reçoit la partie de l’autre pêne formée en tenon. o , la crémaillère de ce pêne.
- q, partie de ce pêne taillée en tenon pour entrer dans l’autre. ru s ty ( Fig. 6 ) eft celle du fécond pêne dont la tige a été coupée en r. s eft la partie en tenon qui entre dans la mortaifep du pêne à barbes. t eft la mortaife qui reçoit le tenon q du pêne à barbes. y , les dentelures ou la crémaillère de ce pêne.
- Z11( Figure 8 ) , fait voir les deux pênes proches l’un de l’autre, comme ils le font quand la ferrure eft ouverte ; leurs tiges ont été coupées en tt. Z, eft l’endroit où la noix s’engrene.
- 2 Figure 9 5 la noix ou pignon.
- 3 Fië ure 12 , reffort qui retient les gâchettes. ^
- 4 Figure 10 , paneton de la clef.
- 6,7 Figure 13 , gâchette G de la Figure 1 qui a en 7 une entaille pour laiiîer mouvoir le pêne.
- 8 Figure 14, l’autre gâchette.
- p.199 - vue 206/398
-
-
-
- 200
- ART DU SERRURIER.
- L ( Figure IJ ) picolet féparé. On le voit en place dans les Figures I & 2.
- Explication des Figures de la Planche XXVIII , repréfentant une Serrure de coffre fort à fixfermetures.
- C*£$t la plus difficile dé celles qu’on donne à faire pour chef-d’œuvre aux Alpirants à maîtrife 5 & parmi les Alpirants, on n’y oblige que ceux qui n’ont aucun titre, c’eft-à-dire, ceux qui ne font point fils de Maître, qui n’ont point fait leur apprentiftàge à Paris , ou qui n’y ont point travaillé pendant huit ans en qualité de Compagnons. Les Statuts de la Serrurerie fuppofent que cette ferrure peut être faite en trois mois ; mais c’eft quand elle efttrès-fimple, fans ornements, fans vuidanges , comme celle qui eft repréfentée ici.
- De ces fix fermetures, deux dépendent de deux pênes pareils à ceux delà Planche précédente. On les a repréfentés ici ouverts Figures 1 & 2 , au lieu qu’ils font fermés dans l’autre Planche.
- Les quatre autres fermetures fe font par quatre gâchettes alfemblées deux à deux à charnière.
- Des deux gâchettes alfemblées à charnière, l’une eft plus longuedddd (Figures 1 & 2 ) que l’autre eeee; la plus courte ne va guere qu’au delfous de leur pied commun qui eft la broche de la charnière. La plus longue defcend jufques au tambour , & a une gorge k ( Figures 1 & 2 ) , qui donne prife à la clef ; la clef ouvre ces deux grandes gâchettes comme dans la Planche précédente, & la ferrure entière par un tour Sc demi dont le demi-tour eft en fens contraire du tour.
- Quand la clef ouvre une longue gâchette, elle ouvre en même temps la petite gâchette portée par le pied, & cela par une méchanique à laquelle nous ferons attention après avoir obfervé celle qui les ferme, & les coqs qui reçoivent leurs têtes.
- Un même reifort, figure féparée p 0 ( Figure 3 ), tient fermées les deux gâchettes d’une même charnière; ce reifort eft double ; c’eft une bande de fer pliée en deux parties égales & femblables qui à l’endroit du pli forment un angle aigu. Près du fommet de cet angle , & du côté qui doit toucher le palâtre , ce reifort a un pied o rivé dans le palâtre à diftance égale des deux gâchettes ; l’effort que font les deux branches ^our s’ouvrir ferme donc ici les deux gâchettes. Il ne différé de ceux que nous avons déjà vus dans les ferrures de coffres forts qu’en ce que ces deux branches font mobiles, au lieu que les autres ont une de leurs branches fixe.
- Quatre coqs fuffifent ici pour les fix fermetures, & cela parce que les deux du milieu FF( Figures I & 2 ) font doubles ; elles reçoivent chacune une tête de pêne Sc une tête de gâchette ; auffi ont-elles au milieu une cloifon G (Figure 4) qui les divife en deux cellules. Les Statuts de la Serrurerie
- ne
- p.200 - vue 207/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. âôî
- ne permettent pas de faire cette cloifôn d’une piece rapportée, iis veulent que le coq D F G H ( Figure 4 ) foie d’un feul morceau de fer.
- On remarquera auffi,comme nous l’avons déjà fait,que dans toutes cés fer-, rures les étoquiaux de la cloifon font pris dans la piece même qui fait la clof» fon, & qu’ils font percés pour laifter paffer des vis qui affujetiiffenc enfem* ble la cloilon & le palâtre.
- ^ Il nous relie à voir comment la clef, en ouvrant une des grandes gâchettes , ouvre la petite avec laquelle elle eft aflemblée à charnière. Entre plu^ fleurs maniérés dont cela pourroit s’exécuter, voici celle qui eft commune^ ment en ufage.
- La grande gâchette, en tournant autour de fon pied, fait tourner une bafi cule y i( Figure 5), qui eft un levier à deux branches inégales , dont la plus longue £ eft verticale comme la gâchette elle-même,quand cette gâchette eft fermée , & dont la fécondé & plus courte branche y eft alors horizontale. Cette bafculea fon pied différent de celui des gâchettes ; la longue branche de la bafcule defcend jufques vers la gorge de la gâchette, pour lui ménager une'place où l’on entaille la gâchette u ( Figure 6) , mais de façon que cette branche eft néceffairement entre la cloifon & la gâchette ; l’entaille hè lui permet pas de venir de l’autre côté ; ainiî dès-lors qu’on fait tourner la gâchette, dès-lors qu’on approche fa queue de la cloifon, on fait tourner en même temps la bàfcule ; la plus courte branche de celle-ci dont bous n’avonS encore rien dit, ouvre alors la courte gâchette, & cela parce quele'bout de cette branche eft engagé fous une petite partie entaillée qu’a la courte gâchette ; cette branche pouffe donc la courte gâchette ; elle l’oblige à comprimer le reffort, à le faire céder, autant qu’il eft nécelfaire pour que la tête de la gâchette forte du coq. . - .
- Le mouvement de la clef ferait rude, fi la branche de la bafcule contre laquelle agit la grande gâchette, n’étoit beaucoup plus longue que celle qui agit contre la petite gâchette : cette difpofition fait que la force dé la clef eft appliquée fur un levier beaucoup plus long que celui contre lequel le reffort fait effort par-là la main eft en état de vaincre aifément là réfiftance.
- --' Le tambour qu’on a donné à cette ferrure né tourne pas tout autour comme celui des ferrures precedentes ^ ce font des difpofitions qui le varient a volonté, & qu on a fait reprélènter feulement pour montrer les différentes maniérés dont les’ Ouvriers s’y prennent pour arrivera une même fin.
- Celle des grandes gâchettes qui n’a pas befoin de la clef pour être tenue ouverte, eft auffi arrêtée ici par un reffort difpofé tout autrement que dans lesPlanches précédentes.
- Eflàyons d éclaircir ceci en entrant dans de plus grands détails, ef ÏÀ Figure ï repréfente en perfpeclive une ferrure du côté ou là’clefentre î on en a ôté la couverture qui va ordinairement jufqu aux coqs, & les gar-
- Serrurier. ’ E e e
- p.201 - vue 208/398
-
-
-
- 202
- ART DU SERRURIER. nitures qui fe logent dans le tambour ; elles auroient rendu le deffein trop confus.
- La Figure 2 eft le plan de la même ferrure.
- AA( Figure i ) le rebord du palâtre.
- B B , la cloilon.
- CCC (Figure 2) le palâtre.
- D D D D ( Figure 1 ) montrent comment lés coqs font attachés contre le rebord du palâtre.
- E F ( Figures 1, 2 ) les deux coqs limples.
- F F , les coqs doubles.
- D F G H ( Figure 4 ) eft un coq double.
- D, r ouverture par où pafle la vis.
- G , la cloifon qui divife ce coq en deux.
- H , un des pieds du coq.
- 11(Figures r, 2 & 7 ), le tambour.
- KK K, entaille qui laide pafler la gorge d’une grande gâchette; *
- L ( Figures 1 & 2 ) endroit où le tambour eft coupé pour donner entrée aux barbes du pêne, & à la gorge de la gâchette.
- M , les rateaux.
- N( Figure 2 ) , l’endroit où eft placée la broche.
- O ( Figure 8 ) canon dont la broche eft en tiers-point canelé.
- P, partie du corps du canon quia été coupée, parce qu’elle auroit eu trop de longueur.
- Q, fà contre-tige.
- R R y piece de fer, qui eft attachée contre le palâtre en dehors de la fer-» rure, pour tenir le canon.
- S ( Figure 9 ) un des picolets du pêne.
- T ( Figure 10 ) les deux pênes.
- T X Y ( Figure 10 ) les montre ayant leurs tiges coupées en T 9 & du même côté où ils font repréfentés Figures 1 & 2 ; mais on en a ôté la piece a a ( Figure 11 ), ce qui fait qu’on y voit de plus la gâchette X, & fon ref-fort Y ; du refte ces pênes font faits du côté oppofe, comme la planche précédente les repréfènte. '
- V V font les barbes d’un des pênes.
- £-( Figure 12) marque la gâchette avec fon relfort repréfentés féparé-; ment.
- cdFigure 1 & 2 ) une des longues gâchettes. '
- e, une des petites gâchettes.
- fS ( Figure 13 ) eft une grande gâchette.
- g > fa gorge ; h, fa charnière; i 7 l’entaille où fe place la longue branche de la bafcule.
- p.202 - vue 209/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. mj
- k lmy une petite gâchette repréfentée féparément ; k, fa charnière; m% la partie qui donne prife au bras le plus court de la bafcule ; /, fa tête.
- op ( Figure 3 ) relfort qui fe place entre les deux gâchettes affemblées à charnière ; o, fon pied.
- La Figure 6 ,p qr s t montre deux gâchettes affemblées avec leur reffort & leur bafcule.
- • p q, la grande gâchette ; r s, la courte ; 1, le reffort.
- u x, la bafcule dont u la plus longue branche eft en dehors de la gâchette pq9 & dont la branche x recoudée embraffe en x la gâchette r s.
- y ^ ( Figure j ) la bafcule vue féparément.
- £ , fa longue branche ; y, fa courte branche.
- Figures 14543 y, d, 7 eft la même gâchette avec fbn arrêt,
- y eft la bafcule.
- 6,7 eft la piece qui fait l’arrêt quand la bafcule laiffe échapper la branche de cette piece.
- 8 , le relfort qui la prelfe.
- 9, lo Figure y , font voir la figure & la difpofition de ïarrêt 6,7*
- Explication des Planches XXIX ôC XXX 9 qui repréfentent une Serrure dite Moderne ; la XXIX en montre l'extérieur, ôC la
- XXX V intérieur.
- Il y a certainement long-temps que ces fortes de ferrures ont été véritablement modernes ; elles en confervent cependant le nom'' , comme le Pont-Neuf conferve le fien. Le 17e article des Statuts des Serruriers tiré de ceux qui leur furent accordés par Charles VI en 1411, ordonne pour chef-d'œuvre aux Afpirants à Maitrife, les ornements dont elles font furchargées ; ils font femblables à ceux des Eglifes Gothiques, ce qui prouve de refte qu'il faut chercher bien loin leur origine.
- On en faifoit de trois fortes , de porte de chambre ou de cabinet, de buffet & de coffre fort. Elles s’attachoient toutes en dehors comme les autres ferrures antiques , au lieu quà préfent toutes nos ferrures s’attachent en dedans.
- { Les panetons des clefs des unes & des autres étoient percés de permis Planche XXX, Figure 4, N M qui n'avoient aucune communication en-tr'eux ni avec les bords du paneton. Celles qui avoient le moins* de permis en avoient fept ; elles étoient propofées pour chef-d’œuvre aux Afpirants d'apprentiffage. Celles qui étoient ordonnées aux Afpirants fans qualité, en avoient depuis fept jiiqu’à 21. Les Jurés fuivoient une efpece de tour de rôle qui étoit tel : à l'Afpirant qui fe préfentoit après celui qui avoit fait une clef à neuf permis, ils en donnoient à faire une, à dix ; à l’Apprentif fuivant, une à onze, & ainfi de fuite ; malheur à qui fe préfentoit, lorfque le nombre
- p.203 - vue 210/398
-
-
-
- 204 ART DU SERRURIER>
- des pertuis étoit devenu grand, fbn ouvrage en étoit beaucoup plus difficile* foit à caufe des pertuis à percer , foit à caufe de la garniture qu’ il falloit faire# L’ouvrage d’ailleurs étoit toujours très-long. La clef & la ferrure étoient fi chargées d’ornements,, de vuidanges * de fculptures* de charnières ; d’un fi grand nombre de dents & de rateaux fendus comme des dents des peignes & de forures difficiles* qu’il y avoit telle clef qui ne pouvoit être finie en moins de fix mois par un Ouvrier diligent & habile ; la clef de la ferrure en-femble foccupoient près d’un an * & quelquefois jufqu’à deux.
- Tout ce travail n’aboutilToit pourtant qu’à faire un ouvrage de très-mauvais goût de de mauvais ufage. Les ferrures* quoique à quatre fermetures * n’é-toient qu’à un demi-tour * de on pouvoit aifément en déranger les garnitures. Pour la figure des clefs* elle étoit entièrement ridicule * comme on le voit affez par celle que nous avons fait repréfenter Planche XXX * Figure 4 * à la place de l’anneau ordinaire * elles avoient un chapiteau quarré terminé par quatre angles aigus qui ne pouvoient guere manquer de bleffer la main de celui qui s’enfervoit un peu indiferétement.
- Jouffe en a fait repréfenter quelques-unes dont les anneaux font d’un meilleur goût : mais après tout ces ouvrages ridicules * fi l’on veut*' de mauvais tout enfemble* affuroient à la Serrurerie des Ouvriers habiles. Il eft peu d’ouvrages qu’on ne pût confier à un homme qui avoit fait une'pareille clef & une pareille ferrure. Mais comme un Ouvrier capable de les exécuter, n’étoic pas fouvent en état d’employer en pure perte le long-temps qu’elles deman-doient * une Sentence de Police du 29 Juillet 1699 > leur a fubftitué d’autres chef-d’œuvres. Il feroit à fouhaiter qu’on eût fait entrer dans les nouveaux une partie de ce qu’il y a de plus difficile dans les modernes ou anciens } mais qu’on eût feulement diminué le nombre de chacune de ces chofes diffi-; ciles, l’Afpirant feroit obligé à même preuve d’adreffe* & n’auroit pas tant de temps à perdre. ' * • . ;•
- On ne trouve plus de ces fortes de ferrures que chez les curieux. Nous ne l’avons pourtant pas fait repréfenter pour la feule fingularite.de la figure ; elle donnera occafion de remarquer quelques façons de travailler qui méritent d’être connues. -, v
- Celle qui eft repréfentée dans les Planches eft une ferrure de coffre fort J faite il y a plus de quarante ans par le Sieur Bridou qui a été un des anciens de fà Communauté. Elle eft faite pour être attachée en dehors du coffre, dans l’épaiifeur duquel toutes les garnitures doivent être logées par un moraillon Figure 3 * Planche XXIX, attaché au couvercle du coffre. Ce moraillon a deux branches qui vers leur milieu portent chacune en deffous un auberorx //( Figure 3 •) ; le palâtre eft percé en deux endroits HH( Figure 2 ), pour, recevoir les auberons, & deux pênes entrent dans ces auberons pour les fermer. On obfervera que les ferrures qui s’attachent en dehors * ont alors leur
- s palâtre
- p.204 - vue 211/398
-
-
-
- I
- (
- ART DU SERRURIER.
- palâtre À A ( Planche XXIX, Figure 2 ) ’en dehors, Sc que l’entrée de la clef eft par confequent dans le' palâtre*
- Cette ferrure a de plus une troifieme ouverture ; celle-ci eft en deflus dans le milieu du rebord fupérieur & le feul rebord du palâtre. Un auberon èlm bouton attaché au couvercle du coffre, entre dans cette ouverture. Ce font là, à proprement parler, les feules fermetures de la ferrure , qui ne laiffe pas d’être appellée a quatre fermetures, ôc cela parce que Fauberon dernier eft; arrêté par deux gâchettes.
- Mais avant que de voir la difpofition des parties qui fervent à fermer cèttô ferrure, arrêtons-nous un peu au dehors. Elle a un cache-entrée Planche XXIX y C Figure 1, Figure 2 > D E. Dans les ferrures de ce genre , les cache-entrées entrent toujours dans le delfein de larchiteélure de tout l’ouvrage. Ce cache-entrée s’ouvre ordinairement par un fecret, mais affez fim-pie. Il eft tenu par enbas à charnière, il occupe toute la place qui eft entra les deux pilaftres du moràillon jufqu’à la confole qui porte un petit Saint; il porte en dedans un petit verrou D qu’un reffort E ( Figure 2 ) , tient fermé». On ouvre ce verrou en abaiffant un petit ornement qui eft en dehors dit cache-entrée E ( Figuré 2 ).
- De tous les ornements du dehors de la ferrure Sc même de la clef, nous ne parlerons à préfent que de ceux qui repréfentent des efpeces de dentelles , pour faire remarquer la maniéré dont ils font travaillés. Iis font com-; pofés de trois platines différemment évidées, & plus les unes que les autres^ Celle qui eft en deffôus Feft le moins y celle du milieu Feft davantage, & enfin l’extérieure Feft le plus, Sc cela afin qu’au travers de celle-ci on voie une partie des deux autres, fans pourtant laifîer diftinguer que l’ouvrage eft de trois pièces ; il en paroît finguliérement travaillé. V X Y ( Figure f parée ) marquent trois de ces platines. T} la piece qui a des couliffes pour les recevoir, & S y l’effet que font ces platines évidées pofées les unes far les autres. On attache les charnières ; celle du moràillon devoit être à onze nœuds K K LL ( Figure 3 ). v
- La broche M ( Figuré 3 ) , qui tenoit les nœuds ou charnons affemblés J devoit être creufe. Par un petit tour d’adreffe ils faifoient paroître cette broche encore beaucoup plus travaillée. Elle fomble percée tout du long par, trois trous féparés ; l’Ouvrier en étoit pourtant quitte pour fouder à l’un Sc l’autre de fes bouts une petite platine percée elle-même par trois trous, ceux d’une des platines étoient vis-à-vis ceux de l’autre; quoique tout l’intérieur de la broche foit creux, il ne le paroît à qui la regarde , que comme les platines des bouts.
- La clef étoit ordinairement à double forure Planche XXX y Figure 4'j «S. Scs pertuis étoient rangés fur trois rangs G N M (Fig. 4 ) , quand il y en avoit plus de neuf; les pertuis étoient quarrés d’ordinaire , ou ils étoient des Serrurier. Fff
- p.205 - vue 212/398
-
-
-
- &o6 ART DU SERRURIER.
- quarrés lïn peu refendus de deux côtés. Les pertuis du rang le plus proche de la tige font de la première efpece, & ceux des deux autres rangs N M ( Figure 4 ) de la fécondé ; enfin ces clefs avoient ordinairement une boute-colle & un rouet à clique bout du paneton.
- La forure de la clef f^c aflez imaginer que la ferrure devoir avoir une Proche logée dans un canon , que la broche entroit dans le trou du milieu de là clef, Scie canon dans la féconde forure de là tige. Ceci fera aiTez expliqué dans la fuite à Toccafion des différentes forures des clefs.
- La garniture qui mérite ici le plus d’attention eft celle des pertuis. Ce font des fils ou des lames de fer, des portions de figure d’anneaux propor-tionnéeà celle des pertuis. Ils font difpofés fur trois rangs concentriques, Figure Jeparée R , & chaque rang eft compofé de plufieurs lames ou portions d’anneaux potées les unes au-deffus des autres , comme le font les rateaux Figure Réparée NM»
- Toutes les lames des pertuis d’un même rang tiennent par un bout à une même pièce de fer qui leur fert de pied commun; ces'trois pièces font Coudées enfemble Figure féparée R»
- Cette forte de garniture, difficile à travailler, a deux grands défauts. La ferrure ne peut être fermée que par un demi-tour, il efl: impoffible que la clef faite un tour entier ; elle efl: arrêtée dans l’endroit où efl le pied des lames en anneaux qui font la garniture des pertuis, la clef ne fauroit pafter outre. Le fécond inconvénient, c’eft que chaque lame eft une portion d’an-tieau circulaire qui n’eft foutenue que par un bout ; il eft par conféquent fort aifé de déranger ces fortes de garnitures ; le moindre effort eft capable de les tirer de leur place , alors on voudroit inutilement faire entrer la clef dans la ferrure, elle n’y fauroit plus tourner. Au refte, ces lames étoient G bien ajuf tées Sc G bien proportionnées à la figure des pertuis , que la clef en tournant en chaffoit l’huile.
- Les rateaux font difpofés à l’ordinaire ; mais ils ont chacun des lames plus longues, plus larges & plus minces que celles qu’on emploie ailleurs au même ufage. La profondeur, le peu d’épaiffeur Sc la largeur des dents de la clef le demande.
- U refte à voir d’ou dépendent les mouvements de cette ferrure. Les deux Cuberons du moraillon font retenus par deux pênes qui, en pafïànt, nous ferviront d’exemple de pênes qui ne forcent point hors de la ferrure comme ceux de la première clafïè, & qui fe meuvent le long du rebord du palâ-tre comme ceux que nous avons vus dans les trois dernieres Planches. La clef, en tournant, pouffe une des barbes de l’un des pênes Figures i & 2, F Sc figure feparée a b. Elle le fait avancer dans un des auberons ; dès-lors que celui-ci marche, il pouffe l’autre pêne dans l’autre auberon. Voici corhment ils font difpofés l’un fur l’autre d’une des maniérés dont on difpofe des pê-
- p.206 - vue 213/398
-
-
-
- ART DU SERRURIERi 207
- îles brifés. Celui qui a des barbes eft plus menu à un bout qu’à l’autre , Figure féparée c ; il entre dans une entaille de l’autre pêne à peu près comme dans une caiffe, Figure féparée g. Ge fécond pêne efthafté ou recoudé deux fois à angles droits, Figure féparée efgh\ ainfl fà partie fh qui eft après le fécond coude, eft parallèle au pêne à barbes. Il y a une pièce de fer, Figure féparée i l; affemblée à charnière avec le bout de cette partie du pêne recoudé , &avec Fautre pêne immédiatement au-deffus de la barbe la plus proche de la cloi-fon jn. Cette piece eft percée au milieu par un trou K , qui reçoit un éto-quiau rivé dans le palâtre ; elle peut, comme un levier, tourner autour de cet étoquiau. De cette difpofition il fuit que quand le pêne à barbe eft pouffé vers fon auberon, il oblige le petit levier à prendre une pofition plus approchante de l’horizontale ; ce levier pouffe donc le pêne recoudé, il le fait entrer dans fon auberon ; de même quand on ramene ce fécond pêne* le le* vier ramene le pêne recoudé.
- A l’égard des refforts qui fervent à arrêter le pêne à barbé , ils font dilpo-fés à peu près comme dans les autres arrêts ; de forte qu il n eft plus queftion que de voir comment eft arrêté Fauberon qui tient au couvercle du coffre : une feule gâchette y fuffiroit : pour rendre la chofe plus difficile, on avoit éta* bli d’y employer deux Figures 1 & 2 , xy Planche XXVIII ; ces gâchettes font retenues vers le milieu du palâtre par un étoquiau, elles font affemblées à charnière, Fune a deux nœuds, l’autre n’en a qu’un, Figure féparée ^3,2* '6,7; deux refforts 13, 13, Fig. 1, 2 & Fig.féparée, attachés chacun contré un des côtés de la cloifon, tiennent les deux gâchettes affujetties l’une con*; tre l’autre tant qu’on ne fait pas violence aux refforts ; elles font l’une & Tau-* tre taillées en chanfrein creux, Figure féparée £ &p,io, ir, & il refteaffez d’efpace entre les chanfreins de l’une 8c de l’autre pour laiffer paffer une pièce de fer, Figure féparée /, dont la tête eft plus grolîe que le refte, c’eft une elpece de tête de clou ; au deffous du chanfrein des gâchettes, il y a une ca* vité qui reçoit cette tête ; quand le deffus du coffre tombé, la tête de l’au*; beron contraint les deux gâchettes à s’écarter ; elle va fe loger dans leur ca* vité oit elle eft retenue jufqu’à ce que la clef écarte les gâchettes l’une de l’autre.
- La clef n’a prife que fur une d’elles, Figure féparée 4$ & c’en eft affez; celle fur qui elle a prife, a une queue plus longue que l’autre ; cette queue fé trouve dans la route de la clef, elle fait tourner cette gâchette autour de fon étoquiau , comme un levier tourne autour de fon point d’appui, 8c celle-ci écarte l’autre en même temps par un moyen que les Serruriers emploient dans diverfes ferrures au lieu des pignons, & dont nous fommes par conféquent bien aife de pouvoir faire mention ici. C’eft par le moyen d’une petite piece de fer qu’ils appellent une S , Figure féparée y 8c p, ïo, ir. Souvent aulîi elle eft faite en S ; elle eft tenue par un étoquiau autour du-
- p.207 - vue 214/398
-
-
-
- 308 a.rt du SERRURIER.
- \
- quel elle peut tourner 8c qui la divife en deux également ; elle eft immédiatement entre les deux gâchettes, 8c eft prefque verticale quand elles fe touchent, Figure ftparée 9,1 o , n ; le bout inférieur de l’S efi: engagé , à n'en pouvoir fortir , dans une entaille creufée dans une des gâchettes , figure fé-parée 10,8c le bout fupérieur de lù? eft de même dans l'autre gâchette * ainfi dès lors que la clef retire une gâchette de la place, cette gâchette oblige VS à fe coucher, ou , ce qui eft lamême chofe, à écarter la féconde gâchette.
- /
- Explication plus détaillée des Figures de la Planche XXIX qui expofe Vextérieur de la Serrure dite Moderne.
- La Figure r repréfente le devant de la ferrure chargée de tous fes ornements 8c ayant en place fa bande auberonniere. Les autres figures font voir en détail les parties de celle-ci.
- A A A A ( Figures 1 & 2 ), lepalâtre.
- B B ( Figuresi , 2, 4 , y & 6 ), la charnière du cache-entrée.
- C( Figures 1 & 4 ) > petite piece qu'on tire en bas pour^ouvrir le ver-; rou du cache-entrée.
- E D( Fig ure 2 ) , le cache-entrée ouvert, 8c Figure y eft le cache-entrée ,vu hors de place.
- D ( Figures 2 & y ) , le verrou du cache-entrée.
- E , le reifort qui le ferme.
- F ( Figure 2) bande de fer ou eft percé un trou dans lequel entre le verrou du cache-entrée.
- G ( Figure 2 ) , entrée de la clef.
- NH( Figure 2 ) , les trous où entrent les auberons*
- Il ( Figure 3 ), lesauberons.
- K K , charnière du moraillon.
- L L , partie de là charnière de la bande du moraillon.
- - M, la broche de la charnière percée au bout en trois endroits.1
- N ( Fig ures 1,2,3,4 ) , la place du petit Saint.
- ' O O , les ornements en vuidanges qui fe mettent au coin du palâtre avec la vis qui fert à l’arrêter.
- P y écrou de la vis précédente.
- Qy le même ornement vu retourné.
- R R ( Figure 2 ) , les endroits où fe placent les ornements précédents.
- S S, deux des ornements des bords : on s’eft fervi de celui-ci pour montrer comment font tous les autres.
- T, piece de fer qui a trois coulifles où fe placent les unes fur les autres les trois lames évidées VX Y.
- V; la lame qui a plus de plein 7 & la plus proche du palâtre,
- p.208 - vue 215/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. âo9
- X, celle du milieu.
- Y, l'extérieur*
- Z Z , autres ornements des côtés, vus en place Sc féparément*
- a a , ornements du bas du palâtre.
- b b ( Figure 2 );, place des ornements SS.
- c c ( Figure 2 ), place des ornements Z Z.
- dcL) place des ornements A A de la Figure r.’
- ff \ ornement qui efl: placé en bas au milieu.
- ggy un des ornements des côtés dont la place efl: le long d’un pilaftré* h i , vis qui fervent à attacher la ferrure. \
- i , Técrou engagé dans la vis* k dans la Figure 6, l’écrou féparé de la vis»
- Explication détaillée de la Planche XXX qui repréfente F intérieur
- de la Serrure dite Moderne.
- La Figure 1 efl: cette ferrure vue en perfpeéHve.
- La Figure 2 en efl: le plan-,
- La Figure 3 en efl la couverture qu’on a enlevée des Figures r, 21
- A A A A ( Figures 1 & 2 ), le palâtre.
- B B ( Figure 1 ) > rebord du palâtre qui s’attache fur le bord du coffre.*
- CC/D D ,E E ( Figure 3 ) y la couverture où les lettres précédentes marquent les trous par où paffent des vis qui ont les mêmes lettres dans les Figures 1 & i*
- F 3 le canon qui a une double forurè ou une tige ronde au milieu."
- G ( Figures 3 & 4,) > la bouterolle de la ferrure y Sc 4 celle de la défi
- H ( Figures 3 & 4 ) , le rouet, idem.
- KF efl le canon vu féparément avec la piece K „ qui du côté de la ëou« verture n’eft pas vifible dans la Figure 3.
- L LL L ( Figures 1 & 2), trous par où paffent les vis qui attachent la ferrure au coffre. Les autres trous font ceux qui fervent à attacher les orne-, ments. Voyez la Planche précédente.
- M ( Figure 4 ), le rang des përtuis de la clef le plus proche des dents*,
- N(Fig ure 4 ) , le fécond rang des pertuis.
- O ( Figure 4 ), le rang de pertuis le plus proche de la tige*
- P ( Figure 4) j les dents de la clef.
- M NO , hors de la Figure 4, marquent les filets ou lames qui entrent dans les pertuis de chaque rang.
- P ) les rateaux*
- Q } le trou où paffe le canorn’
- R fait voir comment font affèmblées les trois pièces M N O * pour faire
- Serrurier. Ggg
- p.209 - vue 216/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER,
- - la -garniture des permis.
- $ , eft le plan du bout du paneton qui fait voir la double forure.
- T ( Figure 2 ) , ouverture de la clef ¥( Figures i & 2 ) , le pêne qui a des barbes.
- X, le pêne plie deux fois en équerre.
- 4L 9b 9-c 9 d, le pêne contre lequel agit la clef.
- nyb9 fontf£s barbes.
- ^ la partie de ce pêne qui entre dans le pêne plié en équerre»,
- 4, partie de la charnière qui l’aflemble avec l’autre pêne,
- *f9 P^ne plié en équerre en e 8c en fi
- g, l'ouverture oui entre la partie c de l’autre pêne.
- h, la charnière où entre le charnon de la pièce i L i l, piece qui affemble les deux pênes.
- k , l’eftieu fur lequel elle tourne.
- rn y montre la maniéré dont les deux pênes font affemblés. u y picolet du reffort portant une vis au-deffus qui fert à retenir la couverture.
- x y ( Figures 1^2), font les deux gâchettes. On les voit repréfèntée§ féparément vers le haut de la Planche.
- £ ( Figures I 6 2 ) , l’étoquiau qui les retient.
- £ vers le haut de la Planche , les nœuds de leur charnière.
- 1, au haut de la Planche eft le clou ou bouton qui eft attaché au couvercle du coffre.
- 2,3 , la cavité où fè loge la tête de ce clou.1
- 4 j la queue de la grande gâchette y.
- 5 y VS qui fait ouvrir la gâchette x quand la gâchette y s’ouvre.
- 6 9 7 font les entailles où fe place l’5* ; comme elles font du côté du pa-litre, elles ne font pas vifîbles Figures 1 & 2.
- 9,10, 1 r , à côté de la Figure 2 eft une partie des deux gâchettes retournées. On y voit VS il portée par un étoquiau, & logée dans les entailles 9 Sc 10.
- 22 , Figures ï & 2 & figure fiéparée, pièces qui font ici l’effet de la cloifon. 13, dans les mêmes figures, font les refforts qui tiennent les gâchettes fermées.
- Explication des Figures de la Planche XXXI9 qui repréfiente une de ces Serrures de coffres connus à Paris fous le nom de Coffre-fort d’Allemagne.
- Il ne manque rien à ces fortes de coffres du côté de la folidité ; ils font faits en entier de fer, & quand iis ne feroient que de bois , revêtus, comme ils le font extérieurement de bandes de fer, ils ne pourroient être brifés
- p.210 - vue 217/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 2xf
- que très-difficilement. Leurs ferrures font fort différentes de celles que nous avons vues jufqu’ici. Elles ont prefque autant de grandeur que le deffus du coffre ; elles le ferment par un grand nombre de pênes. Celle que nous avôns fait graver a douze fermetures ; on en fait qui en ont 24 Sc plus : malgré là grandeur de ces ferrures , & tout l’appareil avec lequel elles font faites, elleé répondent mal à la folidité du refte du coffre. Si nous en avons fait repréfen-ter une, c’eft furtout pour faire voir qu’on n’y doit pas avoir grande confiance , Sc pour en faire fentir les défauts , afin qu’on ne s’avife plus de faire venir de loin des ouvrages qui ne valent rien. Nous aurons en même temps occafion de faire remarquer une maniéré commode de faire mouvoir à la fois plufieurs pênes ou gâchettes, dont bn pourrôit faire un meilleur ufàge* Tous les pênes ne s’y ferment qu’à un demi-tour * c’eft ce qu’il eft aifé de voir par le paneton u ( Figure 2 ), qui pour garnitures a des pertui's différents de ceux de la Planche précédente par leur figuré * mais qui de même font ifolés, Sc ne parviennent point jufqu’au bord du paneton. Or noué avons objfèrvé à l’occafion dès permis des modernes , que toute clef qui a de pareils permis ne peut faire qu’un demi-tour. On le voit encore par la garniture de cette ferrure repréfentée féparément en ïd>, iy , 13 ( Figure 3 ) le pied rj, 13 des garnitures des permis empêche la clef d’achever un tour* Les pênes de cette ferrure réfifteroient fortement à qui voudroit entreprend dre d’enlever le deffus du coffre. Mais ce n’eft pas par-là qu’un GrocheteuC de portes les attaqueroit ; il n’y à qu’à percer le coffre en certains endroits* Sc alors il eft facile de les ouvrir tous à la fois avec un poinçon , comme on le verra affez par la defcription de la ferrure.
- Dans la Planche, le coffre Figure r eft repréfènté ouvert 5 On voit la ferrure attachée contre la furface intérieure de fon deffus ; afin pourtant que les pièces dont elle eft compofée fuffent vifibles * on a enlevé une couverture qui les Cache ordinairement Sc qui les défend de la pouflîere. Une partie dé cette couverture eft dans le bas de la Planche marquée 19 & 20 ( Figure 4 )«
- Cette ferrure Figure 1 a douze pênes * quatre dans fes angles, afh e, fix dont trois font fur chacun de fes côtés, d ,d> e, d >d, i; Sc deux dont ud eft au milieu de chaque bout b g \ chaque pêne eft retenu par deux picolets comme on le voit Figure 7. Entre ces picolets le pêne a une encoche 6 ( Figl 7 & 8 ), dans laquelle eft engagé un reffort ££ (Fig. 7 & 8)1 Ce refforè eft ordinairement une efpece de reffort à boudin porté par un étoquiau ; dès-lors qu’on abat le deffus du coffre , ces douze refforts ferment les douze pênes, comme les ferrures déporté à un demi-tour ferment leur demi-tour* d’où l’on voit combien ces coffres font peu fûrement fermés. Ici les pênes ne rencontrent ni gâches ni coqs ; mais il y a tout autour du coffre un rebord de fer E E E E ( Figure 1 ), dont la faillie eft vers le dedans, qui tient lieu Sc de gâche & de coq ; les pênes s’engagent fous ce rebord* de forte que quand
- p.211 - vue 218/398
-
-
-
- ara ART DU SERRURIER.
- le deifus du coffre ne feroit point arrêté par des charnières , il feroit bien fondement retenu fi les pênes étoient plus difficiles à ouvrir.
- On n’ouvre point cette ferrure comme les autres par le devant ; pour tromper , on y met pourtant une entrée D. Mais la véritable entrée de la clef eft en deffus du couvercle vers fon milieu' ; elle eft ordinairement couverte par quelque cache'entrée qui a un fecret ; dans un demi-tour, la clef ouvre tous les pênes en pouffant une piece de fer que nous appellerons le grand Pêne, quoiqu’il ferveuniquement à faire agir les autres P Q R S T (Fig ure y ) ; il eft fou tenu par des picolets Y Y, Figures i.
- Ce grand pêne eft placé environ vers le milieu du deffus du coffre parallèlement à un côté. Quand il eft pouffé par la clef, il s’éloigne d’un des bouts , Sc s’approche de l’autre; Sc c’eft pendant ce mouvement qu’il ouvre toutes les fermetures.
- A chaque bout il y a deux branches perpendiculaires à fà tige P Q RS ( Figure i & y ) ; entre celles-ci il y a quatre autres branches pofées deux à deux, l’une d’un côté, l’autre de l’autre, & également diftantes du milieu T T VV ( Figures i & y) ; les deux branches P Q d’un des bouts ouvrent trois penes; favoir, ceux de deux angles a c, & un au milieu de ceux-ci P Les branches de l’autre bout R S ouvrent cinq pênes , favoir, outre les trois de l’autre bout agfy les deux les plus proches de ce bout e L Les quatre autres branches n’ouvrent chacune qu’un pêne dddd.
- Mais voyons d’abord l’effet des deux branches P Q qui ouvrent trois pênes. Elles font d’inégale longueur ; la plus longue P s’appuie fur le bras d’un levier km( Figures r, Sc y Figure ÿ ), ce levier a deux bras km >ml, qui font entr’eux un angle aigu. Il eft foutenu par un étoquiau autour duquel il tourne-librement. Son fécond bras eft appuyé fur une partie en faillie qui eft à la queue du petit pêne a , comme on le voit Figure 7 ; dès-lors que le grand pêne s’approche de l’autre bout du coffre * la grande branche P de ce pêne preffe la branche km du levier k m L L’autre branche de ce levier m /, en tournant, tire le pêne, elle l’ouvre. Ce mouvement entendu , tous les autres font faciles à entendre ; ils dépendent d’une femblable méchanique.
- La branche la plus courte Q du pêne s’appuie immédiatement fur un rebord en faillie qui eft à la queue du pêne qui occupe le milieu de ce bout du coffre : par conféquent dès-lors que le grand pêne marche, il ouvre celui-ci, Sc c’eft ce petit pêne celui c qui eft dans l’angle. Entre eux deux il y a un levier plus ouvert 4 ( Figure 10) , mais du refte affez femblable à celui dont nous avons parlé pour ouvrir le pêne a. Il n’en différé que par le côté vers lequel il eft tourné. Le petit pêne du milieu a une branche qui s’appuie fur un * des bras de ce levier. L’autre bras du même levier a prife fur un étoquiau p rivé dans la queue du pêne de l’angle. Dès-lors que le pêne du milieu s’ouvre , il fait tourner le levier qui tire vers le dedans du coffre le pêne du
- coin,
- p.212 - vue 219/398
-
-
-
- 213
- ART DU SERRURIER*
- coin ; ainfi , voilà les trois pênes a , b, c 9 ouverts.
- Les quatre branches qu’a le grand pêne entre Tes deux bouts TT VV y n’agiffent pas différemment pour faire rentrer chacun des pênes des côtés d ddd% Ces branches ont chacune prife fur un des bras d’un levier en équerre dont le bout de l’autre bras eft appuyé fur un rebord de la queue du pêne-J
- Relie à voir comment les deux branches R S de l’autre bout ouvrent cinq pênes. Les autres agiffent en tirant, & celles-ci en poufîànt. L’une qui eft la plus courte R> rencontre la branche d’une équerre r foutenueparun étoquiau; comme tout ce que nous avons vu •l'autre bras de l’équerre rencontre encore Je rebord de la queue du pêne e qui eft fur le devant du coffre ; ainfi l’on voit allez comment il peut être ouvert. L’autre bras de l’équerre, que la branche du pêne pouffe immédiatement, ouvre encore un autre pêne ; c’eft celui qui eft au milieu du bout g. Entre l’équerre & ce pêne* il y a un levier en S ( Figé i & 11 ). Un de fes bras eft dans le chemin de la branche d’équerre que nous confldérons, l’autre bras embraffe un étoquiau rivé fur le pêne du milieu gé L’équerre en tournant fait tourner VS, & 1 ’S pouffe ce pêne en dedans du coffre. C’eft à la derniere branche S à ouvrir les trois pênes reliants ; fon bout rencontre un des bras d’une équerre t, dont l’autre bras s’appuie fur le pêne de côté i; voilà donc de quoi l’ouvrir. Deux autres leviers x 8cu fervent à ouvrir les deux des coins f & h. Ils fon t foutenus chacun par un étoquiau entre le pêne du milieu & un des coins. Une de leurs branches qui eft la plus courte> s’appuie fur un étoquiau rivé en deffus du pêne proche là queue ; leurs deux autres bras font recourbés de façon que leur convexité eft du côté de la branche du grand pêne. Un de ces bras s’appuie immédiatement fur la branche du pêne alfez près de fa tige ; le bras de l’autre levier eft logé dans la concavité du précédent. La branche du pêne poulfe le bras qui la touche , & celui-ci pouffe le bras de l’autre équerre ; ces deux équerrestournent, & leur mouvement eft fuivi de celui des deux pênes/X Elles font repréfentées à paré Figures p & IO*
- Mais les mouvements de tant de pênes ne peuvent fe faire fans de rudeà frottements. Le coffre en devient difficile à ouvrir ; on eft quelquefois obli-» gé dé paffer un petit levier dans l’anneau de la clef pour la faire tourner. Cependant par une explication plus détaillée des figures, nous allons achever de donner une idée complette de cette grande ferrure.
- Figure i, A A A A eft le coffre ouvert*
- B B , A A, le deffus du coffre.
- CC, une des bandes horizontalès quifoütiehnent lés plaques de fer dônt le coffre eft compofé.
- D y une des bandes verticales où il y a une fauffe entréë de clef.
- E E F F G G, rebord en dedans du coffre fous lequel les pênes fe placent^
- H H y têtes de quelques-uns des clous qui tiennent les barres.
- Serrurier, Hhh
- p.213 - vue 220/398
-
-
-
- 214 ART du serrurier,r
- I, petit coffre dans le grand. j
- K,* piece qui fe leve pour foutenir le couvercle.
- L L ( Figures I & 12 ) , crochets qui arrêtent en partie le deffus du coffre. MM, crochets ou mains du deffus du coffre qui s'engagent fous ceux du .dedans LL.
- N N a deux des charnières de ce coffre.
- O NN( Figure 13 ), les fait voir féparément.
- P QRS ( Figure 1 & y ), le grand pêne.
- * P Q 9 les deux branches d'un de fes bouts.
- R S, les deux branches de l'autre bout.
- V V, deux branches du milieu.
- TT, deux autres branches plus grandes.
- Y Y, les picolets : on les voit féparés 8 Figure 6.
- X ( Figure 6 ), la barbe du pêne.
- Z Z ( Figure 1,7 & 8 ), quelques-uns des refforts qui ferment les pênes. a b c ( Figure 1 ) , les trois pênes qui font ouverts par les branches P Q. dd d d 3 les quatre pênes qui font ouverts par les quatre branches du milieu. e f g h i, les cinq pênes qui font ouverts par les branches R S.
- * kl m, levier qui ouvre le pêne a. '
- k, le bras par lequel la branche P a prife ; l, celle qui tire le pêne, m 5 fon étoquiau ; n, branche du pêne b qui ouvre le pêne r. o , le levier qui ouvre ce pêne.
- p , l’étoquiau fur lequel la branche de ce levier a prife. q qq q, les quatre équerres qui ouvrent les pênes dddd.
- r, équerre qui ouvre le pêne e.
- s, levier en S qui ouvre le pêne g.
- * t, équerre qui ouvre le pêne L ^
- u levier qui ouvre le pêne A.
- x, levier qui ouvre le pênefl
- * Les pièces, Figures 6,7,8,9,10, n, 12,13 <& 14 > marquées par des chiffres* font les pièces effentielles repréfentées féparément.
- , j, 2, 3,4, f, font les leviers de différentes figures employés dans le coffre.
- 1 1 efl: le levier k L
- 2 * les leviers q„
- 3 * le levier s.
- 4, y * les leviers x&u.
- 6, j, Figure 8 * efl: un petit pêne dont la gorge en entaille 6 efl pouffée par le reffort Z.
- 7, le rebord qui donne prife au levier, c 8 , Figure 6, fes picolets.
- 1 Figures j, font 1 es pièces précédentes en place.
- <
- p.214 - vue 221/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. âi*
- Fig ure IJ , eft la clef deffrnée fur l’échelle du coffre*
- Figure 2 u, paneton de la clef deffinéfur une plus grande échelle.1 Figure 3 j 12,13 ,14, iy , fait voir la garniture de la clef. 12 eft la cou*: verture.
- 13 > 14 en font les pieds. Les garnitures font rivées contre le pied îj ; & c’eft pour cela que la clef ne peut faire qu’un demi-tour*
- ij, la garniture du milieu, c’eft une efpece de permis qui iie fauroit convenir à une clef forée qui fait un tour entier.
- 16 y la broche.
- y (Figure 1 ) dans le deffus du coffre , fait Voir la garniture en place. On doit imaginer l’entrée de l’autre côté.
- Figure 4 ; 19, 20, moitié de la couverture de fer qui s’attache âu-deffus du coffre pour cacher les refforts. 20, endroit où elle eft percée pour laiffer paffer les garnitures. ^
- 21, Figure 16 y une des mains du coffré.
- On conçoit aifément qu’en pouflànt le grand pêne Figure J 9 par quelque moyen que ce foit, on ouvrira aifément tous les pênes^
- Article VIL Des Cadenas.
- Explication de ta,Planche XXXII repréjentant une Serrure en Boffe,
- & différentes efpeces de Cadenas.
- La Serrure enboffe Figure 1, eft très-antique; elle n’eft plus guere eri ufage qu’à la campagne* Elle s’attache en dehors de la porte , par conféquent l’entrée K de la clef eft dans le palâtre B ; ce palâtre eft embouti, & fait une boffe d’où la ferrure a pris fon nom* Cette figure du palâtre épargne la peine de lui forger & de lui attacher une cloifon. Il a affez de Concavité pour loger; toutes les pièces du dedans de la ferrure HH IK G.
- Cette efpece de ferrure eft du genre de celles dont le pêne ne fort point* Âu-deffus de celle-ci il y a un verrou C ; elle eft faite pour le tenir fermé. Le manche ou moraillon de ce verrou DE a un auberon qui entre dans la ferrure en E, & le pêne entre dans cet auberon-, comme on le voit en G : du refte, les garnitures de cette ferrure n’ont rien de particulier, on peut les lui donner telles qu’on veut : on les fait ordinairement affez Amples > par-» ce qu’elle eft de peu de valeur*
- Ain'fî Figure i eft une ferrure en bofle.
- AA en eft le palâtre e abouti en Bè C, le verrou*
- D y le moraillon du verrou.
- E , l’endroit où eft l’auberôn. v
- F F y la couverture, & la ferrure vue par le dedans#
- p.215 - vue 222/398
-
-
-
- I
- 216 ART DU SERRURIER.
- G Gy le pêne.
- H H, les picolets qui le portent.
- /, le reffort.
- K , la broche.
- L y la clef. ,
- §. Des Cadenas.
- On appelle Cadenas les ferrures qui ne s’attachent jamais contre le bois à clous Sc à vis, mais qui ont une anfe propre à entrer dans un crampon où dans le maillon d’une chaîne. On en fait de bien des figures différentes, de fphériques Figure 3, de plats, de triangulaires Figure 4 ; on en fait d’autres en cœur Figure 2 ; on en fait auflî de toutes fortes de grandeurs. Les plus grands fervent à des chaînes de bateaux , à des portes de caves, les plus petits aux valifes, malles ; d’autres font faits pour les fers qu’on met aux pieds & aux mains des Criminels, pour les entraves des# chevaux. Nous allons en parcourir les principales efpeces»
- Figure 2 efl un grand cadenas en Cœur pour bateaux ou portes de caves.
- On fait ceux-ci auflî grands Sc auflî forts que des ferrures communes. Le corps ou boîte F G du cadenas eftcompofée de deux pièces égales & fem-blables 11 D, dont l’une tient lieu depalâcre Sc l’autre de couverture. Ces deux pièces font féparées par une bande contournée comme elles, qu’on peut appeller la clùifon du Cadenas G G, Sc qui efl auflî affemblée avec les deux autres pièces par des étoquiaux H H. Le pêne efl: affujetti contre une des deux pièces précédentes par deux picolets K ; le refte de la garniture n’a rien de particulier.
- L’anfe A efl: recourbée en dehors du cadenas en arc. D’un côté, cette anfefe termine par une tige ronde & droite qui entre dans le cadenas par là partie fupérieure , Sc fort en deiTous par fa partie inférieure £ C. Cette tige efl: entre la cloifon Sc la queue du pêne, fi l’on peut donner le nom de queue Sc de tête à un pêne dont les deux extrémités font femblables. L’autre bout de l’anfe ne peut defcendre qu’un peu au-delîous du pêne. La partie qui doit refter en dehors efl plus groffe ; l’ouverture ne fàuroit la laiffer paffer.
- La partie qui efl en dedans, a une entaille affez grande pour recevoir la tête du pêne ; quand le pêne efl entré dans cette ouverture, le cadenas efl fermé. L’autre branche de l’anfe, celle qui a une tige droite, ne fauroit s’élever ; mais lorfqu’on dégage le pêne de la branche la plus courte, rien n’empêche qu’on n’éleve l’anfe entière ; afin pourtant qu’on ne l’éleve point jufq.u’à le faire fortir du cadenas, la tige droite a, à fon extrémité, un bouton C trop gros pour fortir par l’ouverture dans laquelle le refie de la tige joue. Quand on veut > on garnit ces fortes de cadenas comme les meilleures ferrures.
- Ainfi la Figure 2 repréfente un grand cadenas en cœur.
- A y anfe du cadenas.
- B,
- p.216 - vue 223/398
-
-
-
- \
- ART DU SE RRURIER. 2x7
- B , la tige de Tarife.
- C y fon bouton.
- D y la partie de la tige qui eft dans le cadenas.
- E F marque une piece de fer fur un cadenas fermé qui fert de cache-, entrée ; on l'arrête avec une vis en F qui ne peut point fortir entièrement du cache-entrée; mais en détournant la vis, on fait marcher de côté lé cache-entrée, & Ton découvre l'entrée qui efl delfous & qu’on a repréfentée fur le cache-entrée : ce cache-entrée efl; repréfenté à part* L'entrée de la clef eft donc au*delTous de E»
- G G y la cloifon du cadenas.
- H El y étoquiaux fervant à attacher cette cloifon contre une des pièces qui fervent dé palâtre & de couverture*
- 71y une de cesqpieces*
- K y le pêne.
- L y le reifort du pêne. '
- : My un rouet.
- N y la broche ; elle efl: repréfentée à part fur la piece qui la porté;
- : O, la clef.
- P fait voir comment lé pêne entre dans une des branches de l'anfe;
- Les Figures 3 6 4 repréfentent de petits cadenas ronds & triangulaires dont l'intérieur efl: le même.
- On fait des cadenas, foit ronds, foit triangulaires, auxquels on donne üne garniture alfez foible, mais différente de celle du précédent. Ges fortes de cadenas ont deux oreilles, un des bouts de l'anfe efl: rivé à l'une de ces oreil-, les O ( Figure 3 ), mais mobile autour de fa rivure, & il y a un mouvement dé charnière ; auffi-tôt que l'autre oreille a été enfoncée dans le cadenas, il eft arrêté par le pêne qui s'engage dans l'entaille qu'on a faite à cette anfepour le recevoir. La queue de ce petit pêne eft continuellement pouffée par un reifort double M ( Figure 3 ) femblable à quelques-uns de ceux que nous avons vus aux ferrures qui fe ferment différemment d'un demi-tour.
- Ce pêne eft fouvent logé dans une couliffe ; il eft recoudé à équerre dans l'endroit où le reifort le pouffe. Une des branches de l'équerre 1L fert dé barbe ; la clef, en tournant, rencontre cette branche, & la preflant, elle fait céder le reifort & poulfe le corps du pêne en arriéré ; alors le cadenas eft o^ yert.
- Ainfi la Figure 3 eft un cadenas rond.
- A eft le morceau convexe qui ferme le cocj du côté de l'entrée de la clef
- B y moitié d'*une des oreilles.
- Cy moitié de l'autre oreille à laquelle l'anfe eft attachée.’
- D, piece de fer pour former la cloifon qui alfemblè deux pièces emboiitiës pareilles à la piece A.
- Serrurier* ïii
- p.217 - vue 224/398
-
-
-
- /
- aïS ART DU SERRURIER.
- E E y deux pièces qui occupent l'efpace entre les deux bouts de la piece précédente -, 8c qui donnent les oreilles du cadenas.
- F9 autre piece qui bouche le vuide qui eft d'une oreille à l'autre.
- G y pièces qui forment une coulifle dans laquelle glifle le reflort.
- Ii IK L eft un cadenas dont le deffus efl: emporté.
- H y la broche.
- I Lyle pêne dont la branche / entre dans l'anfe.
- K y le picolet.
- } L y la branche du pêne contre laquelle le reflort agit.
- My le reflort.
- ' NO y l'anfe.
- Figure 4 efl un cadenas triangulaire ouvert & fermé qui ne différé du cadenas rond que par fa forme extérieure ; la garniture de ces fortes de cadenas N reflemble quelquefois à celle des ferrures & quelquefois à celle des cade- ' nas Figure 3. r
- La Figure y repréfente un cadenas en demi-cœur fermé par quatre reflorts fans autres garnitures.
- II efl dommage qu'il ne faille que quelques coups de marteaux pour faire fauter l'anfe de ce petit cadenas ; car il efl des plus ingénieufement imaginés y & il n'eft guere poflîble qu'il puiffe être ouvert par une clef qui n'a pas été faite exprès.
- * Les deux branches de fon anfe fe terminent en pointe F F qui ont chacune quatre faces planes. Il y a des reflorts rivés ou fondés fur deux des quatre faces de chaque pointe , lavoir, les deux faces intérieures par rapport à l'anfe F Gy FGy 8c fur deux faces extérieures prifes du même côté fur chaque pointe.
- Les reflorts ne font aflujettis qu'auprès des pointes ; ils tendent à s'ouvrir entre chaque oreille E E ; le cadenas a des ouvertures qui laiflent entrer ces pointes ; mais on ne les y fait entrer qu'avec un petit elfort. Les deux bouts de l'anfo étant entrés jufqu'au defliis des reflorts , le cadenas efl fermé fans pêne ni gâchette ni autre appareil. Les quatre reflorts s’ouvrent ,& par con-féquent ils ne fauroient plus fortir par où ils font entrés.
- On ouvre ces cadenas avec une petite clef forée K I , dont le paneton efl fait différemment de ceux que nous avons vus. La partie du milieu a quelques lignes de largeur de plus que celles des bouts , & elle a une longueur égale à la diftance qui efl entre les deux pointes du cadenas, ou peu moindre.1 Cette partie du milieu doit tourner entre les deux pointes , 8c prefler les deux reflorts attachés contre les faces qui font en dedans de l’anfe ; 8c des deux autres parties du paneton, l'une abaifle un des reflorts qui efl en dehors de l'anfe, 8c l'autre abaifle Fautre ; ces quatre reflorts ainfi abaifles, rien n'empêche de retirer l'anfe de dedans le cadenas, ou, ce qui efl la même chofe, de l’ouvrir.
- p.218 - vue 225/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER,
- Figure y eft donc un cadenas en demi-coeur qui fe ferme par quatre refforts;
- A , ce cadenas fermé payant encore fi clef en A.
- B , fon anfe*
- C, fil de fer qui ne fert quà empêcher l’anfe de tomber quand le cadenas efl: ouvert. Il empêche aufli quon ne change l’anfe de côté.
- E E D F G H y efl: ce cadenas ouvert.
- D y V entrée de la clef.
- EE,hs oreilles en trelefquelles font les trous où entrent les pointes de l’anfe*
- F F y les pointes de l’anfe.
- H F y H F y refforts attachés fur une des faces de chaque pointe.
- G F, G F, redores attachés fur les deux faces du dedans de l’anfe.
- IK efl: partie d’un cadenas démonté où la clef efl: entrée.
- I marque la broche de la clef.
- K fait voir comment la clef, en tournant, abat les quatre redores*
- L ML y la clef.
- M y la partie du paneton qui ferme les deux refforts marqués ci-delîus G G*
- LL, la partie du paneton qui ferme les deux reflorts qui fe préfentent en avant.
- La Figure 6 efl celle d’un cadenas'cylindrique qui le fermé par une mé-chanique aflez femblable à celle du cadenas de la figure précédente.
- On fait un cadenas qui fe ferme & s’ouvre par le même principe que le précédent, dont la clef efl cependant fort différente*
- Ce cadenas efl un cylindre creux qui près d’un de fes bouts à une oreille B où un des bouts de l’anfe efl rivé ou foudé, l’autre bout de l’anfe a une efpece d’auberon C; & près de l’autre bout du cylindre, il y a un trou qui laifle entrer cet auberon dans le cadenas. Pour l’y arrêter, on fe fert d’un clou D FF qui pour tête a un gros bouton Z)., Près de la pointe de ce clou fur chacune de fes faces efl attaché un reflbrt qui s’ouvre en lardoire précifé-ment difpofé comme ceux que nous avons vus dans le cadenas précédent. Lër bout du cylindre le plus proche de l’auberon efl ouvert; par cette ouverture, on fait entrer le clou , & aufli-tôt qu’il efl entré , l’anfe efl arrêtée* En tirant le bouton par la tête, on ne peut plus le faire fortir fins brifer les refi forts , ou fans fe fervir d’une clef G H K, ^
- Elle efl fort différente de toutes celles que nous avons vues. Près de fon bout elle efl recoudée , & la partie recoudée efl percée par un trou quarré. L’entrée de cette clef efl au bout du cylindre oppofé à celui où efl le clou à reflort. On fait entrer d’abord la partie percée, & enfuite la tige de la clef ; tout efl difpofé de façon que la partie percée reçoit le clou ; en avançant, elle abaiffe fes quatre relîorts, & en continuant de le pouffer, elle l’ôte de fi place , alors le cadenas efl ouvert.
- Figure 6 y au haut de la Planche.
- p.219 - vue 226/398
-
-
-
- I
- 220 ART D U SERRURIER.
- .A , cylindre creux qui fait le corps du cadenas.
- B Cy fon anfe qui a en C un auberon.
- D y tête du clou à reflort qui ferme ce cadenas:
- Près de E, l’entrée de la clef
- F F font voir les reflorts attachés fur le clou D.
- G H K , la clef dont l’ouverture H reçoit la pointe du clou, Sc prefle en-fuite les reflorts.
- K y la partie de la clef qu’on préfente à l’entrée M pour ouvrir la ferrure, Sc la faire entrer peu à peu.
- M N O P y eft ce cadenas ouvert tout du long pour faire voir comment les reflorts du clou le ferment, Sc comment la clef l’ouvre.
- M y la clef.
- N y la tête du clou. '
- O y l’auberon de l’anfe.
- P y la clef dans laquelle la pointe du clou eft entrée.
- Figure 7, autre cadenas cylindrique à reffort. Le corps du cadenas eft , comme celui du précédent, un cylindre creux A; il y a auflî une anfe fem-blable B , Sc qui entre par un bout d’une maniéré femblable. Une tige de fer ou une efpece de pêne a F, entre dans l’auberon B de cette anfe, Sc la tient fermée’; l’autre bout a de cette tige eft taillé en vis ; la clef I eft un écrou percé dans une tige de fer 5 on fait entrer cet écrou par le bout ouvert du cadenas , Sc en le tournant , on tire le pêne de l’auberon. Lorfqu’on veut fermer la ferrure, il n’y a qu’à détourner l’écrou ; à mefure qu’on lâche le pêne, il eft poulfé vers l’auberon par un reffort à boudin H. Ce reffort eft appuyé par un bout contre le cylindre du coté où entre la clef, Sc de l’autre bout contre une platine ronde G que porte le pêne , afin que ce reffort ne pouffe
- pas le pêne trop loin , & qu’il ne foit pas hors de la prife de la clef ; il y a
- __ •
- une platine ronde E brafée en dedans du cadenas , comme nous allons l’expliquer plus en détail.
- Figure 7 eft le cadenas cylindrique qui fe ferme par le moyen d’un re£ fort à boudin. 1
- A y le corps du cadenas. 1
- B y l’auberon de l’anfe. ^
- C y la clef entrée dans le cadenas.
- DE y le corps du cadenas ouvert qui laifle voir le trou Z) par où entre la clef. La platine E percée quarrément pour laiffer marcher le pêne. 0
- F y pêne taillé en vis par le bout a, le bout F eft celui qui entre dans l’auberon.
- F eft auffl l’endroit du pêne qui pafife dans une platine contre laquelle il eft foudé ou rivé.
- G y platine attachée au pêne & à un bout du reflort à boudin.
- H y
- p.220 - vue 227/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER: bat
- Hy le reffort à boudin.
- I, la clef.
- KLM font voir toutes les parties en place dans un cadenas dont un côtl â été emporté.
- K, la clef coupée en deux félon là longueur pour laiiTer voir la tête du pêne.
- L y le bout du pêne qui entre dans l’auberon.
- M y la platine qui empêche le pêne d'aller trop loin.
- )
- Article VIII.
- Maniéré détaillée de faire les Serrures y c’ejl-à-dire, de faire les pièces dont elles font compofées, ÔC de les affembler.
- Nous pouvons fuppofer àpréfent les différentes elpeces de ferrures connues, puifqu’il n’en eft point qu’on ne puiffe ramener à quelqu’une de celles que nous avons décrites. Quelles qu’elles foient, leurs pièces s’affembient à peu près de la même maniéré. Mais les pièces dont les unes font compofées, fe travaillent tout autrement que celles qui compofent les autres. C’eft fur-tout dans les clefs & dans les garnitures que le travail varie. C’eft auffi ce que nous examinerons plus en détail. io, Nous commencerons par les clefs, c’eft toujours auffi par où les Serruriers commencent les ferrures : 2° , Nous traiterons enfuite des garnitures qui conviennent aux differentes clefs: 30, nous verrons forger Sc limer les autres parties dont le travail eft plus flmple , comme les palâtres , cloifons, picolets , étoquiaux , pênes & refforts : 4°, Nous affembierons enfuite ces pièces pour en compofer une ferrure: y0* Nous finirons ce qui regarde les ferrures par l’examen de la fureté qu’on peut fe promettre de chacune d’elles , félon leur elpece de garniture : à l’oc-* cafion de quoi nous dirons quelque chofe des fecrets*
- §. Dé la manière de faire les Clefs*
- On prend une pièce de ferde,deuxou trois pieds de longueur, 8c de groffeur proportionnée à celle de la clef que l’on veut former* Ces fortes de pièces font ordinairement des morceaux d’une barre plus large, qui 3 été fendue tout du long en deux ou trois ; auffi les nomme-t-on des Feu-tons *. On met un bout de ce fenton dans la forge. On lui donne une chaua de fuante, on le chauffe prefque fondant. On le retire alors du feu, on le porte fur l’enclume pour le forger & l’étirer, ou, en termes de l’Art, pou£ enlever la clef. Ce qu’on appelle enlever une Clef y c’eft donner groffiéremenû fa figure au bout du fenton, étirer la tige, le paneton , percer l’anneau ÿ
- * A Paris, on ne fe donne pas la peine de refendre le fer , parce qu’on en trouve de tout échantillon chez les Marchands ; mais iis ehoififfent de bon fer de Roche*
- Serrurier. K k k
- 1
- p.221 - vue 228/398
-
-
-
- aa/ ART DU SERRURIER:
- & enfin détacher cette clef du refte du fenton. C’eft apparemment de cette derniere opération , que la façon entière d’enlever a tiré fon nom *. L’anneau fe prend toujours au bout du fenton. C’eft la partie qu’on forge la première & d’abord à plus petits coups. Quand le refte eft dégroiü , on le perce avec un poinçon de'fer ; deux ou trois coups de marteau en font l’affaire.
- Un bon Ouvrier enleve fa clef d’une chaude : Jouffe affure qu’il en peut même enlever jufques à trois & quatre, quand le fer eft doux ; mais c’eft quand on enleve la clef avant que d’avoir étiré le paneton & percé l’anneau ; ce qui alonge la façon au moins de moitié.
- On lui donne enfuite une nouvelle chaude, après laquelle on arrondit mieux la tige ; on referve fon embafe fi elle en doit avoir une ; on dégage cette tige du paneton ; on met le paneton de grandeur ; on forge fon mu-feau. Pour former ce mufeau , la pratique de plufieurs Serruriers eft de tremper dans l’eau la clef prefque couchée, en faifànt entrer la première, la partie de la tige la plus proche du paneton , & cela jufqu’à ce que le milieu ou les deux tiers de la largeur du paneton foient mouillés. On la retire auilî-tôtde l’eau, & on frappe furie bord où doit être le mufeau, qui n’ayant point été mouillé eft encore rouge , & par conféquent fouple, pendant que le refte a pris plus de dureté. Il s’étend, & déborde de l’un & de l’autre côté le refte du paneton, C’eft la méthode la plus commode ; mais les bons Ouvriers ne la regardent pas comme la meilleure : la trempe durcit trop une partie de la clef ; ils fàvent a fiez ménager leurs coups pour forger le mufeau fans le fecours de l’eau. Ils ferrent le paneton dans l’étau , & laiffent en deffus la partie qui doit être applatie.
- Si la clef eft pour une ferrure befnarde, elle doit avoir une hayve , ou, comme nous l’avons expliqué ailleurs , une partie en ligne droite , qui fait faillie fur une des faces du paneton. On fait l’hayve avant que le mufeau foit forgé ; on l’étampe, l’étau même fert de moule , ou d’étampe à la plupart des Serruriers. Ils approchent fes deux mâchoires l’une de l’autre, jufqu’à ce qu’il ne refte entr’elles qu’autant de diftance que l’hayve doit avoir de largeur. Ils appliquent le paneton prefque blanc fur l’étau , & à coups de marteau ils contraignent une petite partie du fer à fe mouler entre les mâchoires. D’autres fe fervent d’un fer à hayve , c’eft-à-dire, d’un fer où eft creufée une gouttière de la profondeur & de la largeur que doit avoir l’hayve; ils tiennent ce fer fur l’enclume, & étampent le paneton deffus.
- Il y a des panetons courbés , qu’on appelle Panetons en S, parce que leur courbure reffemble à celle d’une S. Ceux de cette forte qui font le plus grof* fièrement faits, fe forgent fur l’arrête de l’enclume. Mais pour ceux qu’on travaille avec plus de foin, on tient le paneton droit & plus épais qu’à l’ordinaire ; on y perce enfuite deux trous Planche XXXIV > Fig• n > fun où
- * Aflez^généralement les Serruriers emploient ce terme quand ils détachent d’un barreau un ouvrage dégroffi*
- p.222 - vue 229/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- doit être le vuide autour duquel tourne la queue de F5*. La maniéré dont on fore la tige apprendra celle dont on fore ces panetons; avec la lime on ouvre chacun de ces trous d’un côté, dans toute leur longueur ; le côté ou l’on ouvre l’un eft fur une face du paneton * & celui ou l’on ouvre l’autre eft fur l’autre face ; enfin limant les bords de ces trous , on achève de donner la vraie courbure de VS. On donne à d’autres panetons une courbure demi-circulaire vers le milieu ; il ne faut pour ceux-ci que la moitié du travail néceiïàire pour ceux qui font en Si
- Le paneton étant ainfi dégroflî , on travaille à mieux façonner Panneau : nous ne dirons pas qu’on a donné une nouvelle chaude , nous fuppofons qu’on donne celles qui font néceflàires, Sc il en faut plus donner à proportion que la clef eft plus greffe, & que l’Ouvrier eft moins habile. On tient le paneton avec des tenailles, & on fait entrer le bout d’une bigorne dans l’anneau ; aufli cette façon s’appelle-t-elle bigorner l’anneau ; à coups de marteau on dégroflît fon contour , on l’aggrandit, on l’arrondit.
- Il prend fur la bigorne une figure circulaire ; ce n’eft pourtant pas celle qui doit lui relier. Les anneaux^de nos clefs communes font un peu ovales * le delfus eft applati en anfe de pannier. Lui donner cette figure, s’appelle U ravaler. On ferre pour cela la clef entre les mâchoires d’un étau , en laiflant l’anneau en dehors. Dans cet anneau on fait entrer un des bouts d’un outil de fer appellé Ravaloir. Son corps eft un prifme à quatre faces égales, & fes deux bouts font coniques. On frappe contre cet outil engagé dans la clef, il alonge l’anneau du côté fur lequel il porte; on l’alonge de même de l’autre côté ; & enfin pour furbailfer davantage le même anneau, on donne quelques coups de marteau immédiatement fur là partie fupérieure*
- On dégroflît enfuite , fi l’on veut, la clef avec la lime quarrée, on dréffe mieux la tige , on la dégage davantage du paneton , on rend le paneton de la hauteur dont on le fouhaite ; en cas qu’il ne foit pas bien dans le plan de l’anneau, on l’y met. Si la clef efl: à bout, on arrondit fon bout, on le dégage un peu du relie de la tige. Mais fi la clef doit être forée , on fonge à y travailler ; on commence par faire un petit creux qui donne prife au foret, ce qu’on nomme gouger la clef \ parce qu’on fait le trou avec une efpece de burin appellé Gouge ; il eft plus épais que les burins ordinaires **
- Ce qu’on doit avoir principalement en vue en forant la clef, c’eft que la forure ait le même axe que la tige; quelle n’incline point plus d’un côté que d’un autre ; les forures des clefs communes font rondes , elles fe font par le moyen d’un foret d’acier bien trempé, comme tous les outils à couper le fer. Le bout de ce foret eft femblable au taillant d’un cifeau , il n’en différé que par fà grandeur. Ce foret eft dégage derrière le taillant, c’eft-à-dire, que
- * Quand nous avons parlé , au premier Chapitre, de la façon de percer le fer, nous avons annoncé qu’il en feroit encore queftion lorfqu’il
- s’agiroit des clefs , 8c nous avons remis à cet endroit à parler de pîufieurs manoeuvres que nous avons vu qui étoient décrites par M. de Ixéaumur,
- p.223 - vue 230/398
-
-
-
- 324 ART du serrurier.
- fon taillant a plus de diamètre que le refte qui doit entrer après lui dans la Forure, afin que le fer quil détache , trouve iiTue ; on en a de propres à des clefs de différents diamètres.
- On le fait toujours agir par le moyen d’un arçon ou archet, outil connu de refte. Afin que l’arçon puiffe le faire jouer , ce foret eft engagé dans un eflîeu fixé dans le centre d’une boîte. Ce que les Serruriers nomment Boîte du foret, eft une efpece de cylindre, qui à l’un & l’autre bout a un rebord comme une bobine. Ces boîtes ont communément un pouce fept à huit lignes de diamètre , & quelquefois moins.
- Les maniérés dont on perce communément les clefs fe réduifent à deux J dont la première eft lorfqu’un Ouvrier perce feul ; il ferre le paneton de la clef dans l’étau, au-deffus duquel la tige refte horizontale. Il appuie le bout du foret dans le trou commencé par la gouge, 8c il appuie contre fon ventre le bout de l’effieu qui porte le foret ou la boîte, ce n’eft pourtant pas immédiatement. Il a eu foin de couvrir fon ventre d’une eipece de plaftron, appelle Palette ; c’eft une piece de bois plate dont la figure importe peu, contre le milieu de laquelle eft attachée une bande de fer percée de plufieurs trous. C’eft dans un des trous de cette bande qu’entre le pivot qui termine par un bout l’eflîeu de la boîte. La preffion du ventre de l’Ouvrier foutient feule la palette ,, la boîte 8c le foret, & elle met le foret en état d’agir contre la clef. Dans cette attitude, l’Ouvrier fait aller 8c venir l’archet, 8c la clef fe perce.
- L’autre maniéré de percer eft en ufàge pour les grofles clefs, elle occupe deux Ouvriers. L’un ne fait que tirer l’archet, 8c l’autre tient la clef. Le foret ajufté dans fa boîte, eft foutenu par un chevalet, c’eft-à-dire, par deux petits montants de bois; l’un eft affemblé fixe à équerre au bout d’une piece, qu’on peut appeller la bafe du Chevalet ; cette piece a une entaille dans laquelle entre un tenon ménagé au bout du fécond montant. Ce tenon eft lui-même percé par une entaille, dans laquelle on fait entrer un coin par le moyen duquel on fixe ce fécond montant à la diftance ou on le veut du premier.
- Le chevalet fe place dans un étau. Ses mâchoires ferrent la piece horizontale qui fert de bafe à ce chevalet. Pendant qu’un Ouvrier armé à l’ordinaire' d’un archet, fait tourner la boîte avec vîtefle, un autre foutient la clef, il la preife contre la pointe du foret. Il la tient dans des tenailles à vis , appellées B tau à main.
- Comme le trou doit recevoir une broche droite 8c cylindrique , il doit être percé droit & rond. A mefure qu’on le perce’, on examine s’il eft tel ; quand la clef mérite quelque attention , on mefure avec un calibre fi fes parois ont par-tout une épaiifeur égale ; fi on laiffe à la tige par-tout une égale épaifleur ; 8c c’eft afin qu’on puiffe mieux calibrer le trou, que Joufle, avec
- quelques
- p.224 - vue 231/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. à2|
- quelques Serruriers, veut quon mette la tige à huit pans avant que de la forer. Ce calibre eftcompofé d’une bande de fer pliée en équerre Planche XXXIIL Tig’t3. Une des branches4 de l’équerre eft environ d’un tiers plus courte que l’autre y ; au bout de cette branche plus courte, il y a une broche de fer 6, parallèle à la plus grande branche de l’équerre. Enfin dans le bout delà plus longue branche, il y a un écrou qui Iaiffe palTer une pointe de fer en vis 7, de forte qu’on approche ou éloigne à volonté la pointe de la vis de la broche. Voici la maniéré de fèlèrvir de cet outil. On fait entrer la broche du calibre dans le trou de la clef; on l’applique d’un côté contre fes parois & l’on fait approcher la pointe de la vis jufqu’à ce quelle touche la clef en dehors. L’épaiffeur de la clef en cet endroit eft donc précifément ce qui eft compris entre la broche St la pointe ; en faifimt tourner le calibre, en le faifant monter & defcendre, on voit fi l’épaiffeur eft par-tout la même ; où le calibre ne peut pafler fans repouffer la pointe,l’épaiffeur eft plus grande, 8t plus petite où elle touche moins. La broche ou tige eft taillée en vis du côté où elle touche une des branches de l’équerre, & arrêtée par un écrou, ce qui donne la facilité d’alonger la broche, de la faire entrer plus avant dans la clef.
- On fe fert encore d’un autre calibre plus Ample, St affez bon pour les clefs communes Figure iq.C’eft une lame defer 8 pliée trois fois à angle droit ; elle forme une elpece de petit chaflis, à cela près qu’un des côtésp de ce petit chaflis eft rond , & qu’il ne touche pas un des bouts. Ce côté eft la broche qui doit entrer dans la clef. L’elpace qui eft entr’elle & un des bouts du calibre, fert à mefurer l’épaiffeur de la tige de la clef. On rapproche , ou l’on écarte cette branche flexible, félon que l’épaiffeur de la clef le demande.
- Mais pour toutes les clefs communes, on néglige de faire u/àge de ces calibres , & la plupart de ceux qui s’en fervent n’y ont recours que lorfqu’ils arrondiffent la tige. Les autres calibrent leur trou en laiffant la clef librement fur le foret, &la retournant fucceflivement de différents côtés. Si la direélion de la tige eft la même dans quelque fens qu’on la pofe, c’eft une preuve que le trou eft bien au centre; fi au contraire elle s’incline davantage, lorfque certaines parties de la tige font au-deffus, c’eft une preuve que les parois de ces parties font plus minces que le refte, que le foret les a creufées davantage.
- Outre les deux maniérés de forer les clefs, dont nous venons de parler, il y en a une troifiemequi a été imaginée par M. Renier, & qui eft peut-être peu connue. On s’y fert d’un chevalet Figure iaqui a quelques pièces déplus que le précédent ; elles épargnent l’Ouvrier occupé dans l’autre à tenir la clef, St donnent un moyen de percer la clef beaucoup plus droit. L’eflieu commun à la boîte St au foret, paffe par-delà les deux montants. Un des montants a une entaille quarrée, St c’eft en dehors de ce montant que le foret eft retev nu dans le bout de l’eflieu qui le reçoit, par le moyen d’une vis ; un boulon de fer empêche l’eflieu de s’élever dans cette entaille. L’autre montant eft Serrurier. Lll
- p.225 - vue 232/398
-
-
-
- X
- 2.a$ ART DU SERRURIER.
- perce jpar un trou rond , qui laiffe paffer l’autre bout de l’eflieu. Ce bout d’eflîeu a au moins autant de longueur en dehors du montant , qu on donne de profondeur aux trous des clefs forces le plus avant. La bafe du chevalet eft prolongée par-delà ce montant, & le bout de la partie prolongée eft entaillée ; dans cette entaille, eft retenue, par un boulon, une piece de fer recôu-dée , qui a deux branches. Le coude eft précifément dans l’entaille. La branche fupérieure a une rainure du côté du montant ; dans cette rainure eft le bout de relîleu. La branche inférieure eft chargée d’un poids autant pelant qu’on le juge néceffaire. Ce poids tend à faire tourner la branche recoudée vers le montant, & par conféquent à pouffer l’eflieu qui portp le foret ; ce qui produit la preffion néceffaire pour que le foret trouve prife fur la clef. De l’autre côté, la bafe du chevalet porte un troifieme montant quifert à tenir la clef. Le bout de la tige eft fur le bout fupérieur de ce montant, 8c le refte de la clef porte fur une efpece de petite table quarrée. La piece qui forme cette petite table , eft aflemblée à équerre près d’un defes bouts contre une autre piece à peu près de même grandeur & de même figure ; celle-ci s’applique contre la face du montant, & elle y eft retenue par un boulon à vis fixé dans le montant. Elle a une entaille qui laiffe paffer ce boulon. Avec un écrou qu’on fait entrer dans la pointe de ce boulon , on la ferre autant qu’il eft néceffaire pour la foutenir.Dans le deffus de la petite table portée par cette piece, il y a quatre vis fixées ; ces vis donnent le moyen d’affujettir la clef qu’on veut forer. On pofe deffus deux bandes de fer pliées chacune vers le milieu en portion de cercle, & percées chacune près de leur bout par un trou qui laiffe paffer une vis,d’ou l’on voitaffez qu’on gêne ces barres avec des écrous.
- La clef étant ainfi en place, la branche inférieure de la piece recoudée étant chargée d’un poids fuffifànt, il ne s’agit plus que de faire jouer ce foret par le moyen d’un arçon ordinaire ; ce foret va toujours droit, 8c la clef fixe ne peut être que bien percée. On remarquera peut-être que le foret, à mefii-re qu’il avance, eft moins preffé contre la clef, parce que l’inclinaifon de la branche où le poids eft fufpendu change ; mais ce changement eft fi peu con-fidérable que l’effet n’en eft pas diminué fenfiblement.
- Nous nous fervirons encore de cette occafion pour faire remarquer un moyen fimple dont fe fervoit le même M. Renier pour forer plus vite. Au lieu de l’huile dont les Serruriers frottent de temps en temps leur foret, il avoit un pot qui laiffoit continuellement tomber de l’eau fur la clef. Cette eau a deux bons effets: elle entraîne la limaille à mefure qu’elle eft détachée, & empêche le foret de s’échauffer ; elle lui conferve fa dureté. Il y a d’autres manières , dans la Serrurerie, de percer des trous , dont nous ne parlons point ici., parce qu’ils ne conviennent point à ceux qui font profonds *.
- Mais les Serruriers cherchent à prouver leur adrefle, en faifant aux clefs des
- * On en a vu les moyens détailles dans le Chapitre I. j
- p.226 - vue 233/398
-
-
-
- ART DÜ SERRURIER. ai?
- trous bien plus difficiles que les fimples trous ronds, Sc qui rendent tes ferrures plus parfaites : nous allons parcourir les principales de ces elpeces de forures , Sc montrer comment il faut s’y prendre pour y réuffir.
- Dans les forures ordinaires -, la tige de la clef eft un cylindre creui' > Sc c’eft ce qu’on appelle forure Jlmple. Mais on fait des clefs, qu’on nomme a double forure ; la tige eft compofée de deux cylindres creux qui ne fe touchent point l’un l’autre ; l’extérieur eft féparé de l’inférieur par un efpace vuide; les Serruriers les appellent même a tripleforure > parce qu’elles demandent une forure dans la broche de la ferrure qui reçoit la clef. Quelquefois la tige de ces clefs eft compofée de deux pièces, Sc c’eft la maniéré la plus fimple de les faire. On perce d’abord la tige comme pour les forures ordinal res, à cela près qu’on donne à cette forure un diamètre beaucoup plus grand par rapport à celui de la tige. On forge enfuite un fécond cylindre * dont le diamètre eft moindre que celui du creux précédent, précifément de la quantité du vuide qu’on veut lailfer entr’eux. La longueur de ce nou^ veau cylindre fe prend égale à la profondeur du trou qu’on a percé dans la clef. On le fore, comme on a foré l’autre , après quoi on le fait entrer dans la tige de la clef, afin de l’y aifujettir aifément, & de lui en faire occuper le centre ; en le forgeant, on a attention de lui lailfer une bafe d’une ligne ou deux de longueur, qui a même diamètre ou un peu davantage que le troii de la tige ; ainfi ce cylindre n’entrant qu’à force, pourroit être ftable ; on le retient pourtant d’une maniéré encore plus fixe; on attache là bafe contre la tige par le moyen d’une rivure ; on les lime enfuite, de façon qu’elles ne paroiffent point.
- Mais la maniéré la plus parfaite de faire les doubles fôrufes, c’eft de les percer toutes les deux dans la tige même, làns rapporter aucune piece. O il commence alors par forer le trou du centre. On forge enfuite une broche d’acier qui a même diamètre que ce trou, Sc qui eft plus longue qu’il n’eft profond. Cette broche a de plus une queue de longueur arbitraire qui a plus de grolfeur que le relie de la broche. Entre la queue & le corps de la broche, il y aune partie longue de quelques lignes, dont le diamètre furpalfe celui du corps de la broche, précifément d’iine quantité égale à celle de fépailTeui: que doit avoir le cylindre qui entoure le vuide du milieu de la tige. Enfin on "'forge une virole d’acier , un peu plus courte que la tige delà broche. Cette virole eft elle^-même un cylindre creux , elle peut pourtant s’ouvrir d’un côté dans toute là longueur. Etant fermée, le diamètre defon vuide eft égal à celui du cylindre creux qui doit occuper le centre de la tige, l’épaiffeur des parois de ce cylindre comprife ; & l’épailfeur de la virole eft la mefure du vuide qui doit féparer le cylindre extérieur de l’intérieur ; un des bouts de la virole eft taillé en lime. On l’ajufte fur la broche de façon que la tige de la broche occupe fon centre.On la rive fur la partie de la broche quia moins de diamètre que
- p.227 - vue 234/398
-
-
-
- 228 ART DU SERRURIER.
- \
- la queue, & plus que la tige, On la tient encore fermée , & fur-tout quand on commence à s’en fervir, par le moyen de boutons coulants fèmblables à ceux des porte-crayons.
- Voilà toutes les pièces qui compofent l’outil nécelfaire pour faire la fécondé forure. Son ufage eft aifé à imaginer. On fait entrer le bout de la tige dans la première forure, & c’eft le bout de la virole qui doit faire la fecon. de. La tige foutient le fer autour duquel la virole fore , & contraint la virole à tourner toujours autour d’un même centre. On engage la queue de la broche dans une boîte femblable [à celles des forets communs , avec lefquels un homme feul perce une clef. Pendant que l’Ouvrier fait tourner d’une main la virole qui tient ici lieu de foret, il preffe avec fon eftomac cette virole * par le moyen d’une palette , contre la clef qui eft arrêtée dans l’étau.
- Si l’on vouloir faire des forures triples Sc quadruples, on le pourroit en multipliant le nombre des viroles, ou en en employant fucceftîvement de différents diamètres ; mais ceferoit un travail long Sc difficile.
- Après les forures rondes, les plus ordinaires font celles que les Serruriers appellent en tiers-point, c’eft*à-dire , dont l’ouverture eft triangulaire, ïi y en a en tiers-point limple , l’ouverture de celles-ci eft un triangle rectiligne ; il y en a en tiers-point canelé, les trois côtés de celles-là font curvilignes. Les Afpirants à maîtrife font obli^ps à forer des clefs de l’une ou de l’autre façon.
- Pour forer une clef à tiers-point fimple, on commence par lui faire une forure ronde; on change enfuite ce cylindre creux en un prifme à bafe triangulaire, par le moyen de fept à huit broches plus greffes les unes que les autres, dont on fe fert fucceffivement, Ces broches font d’acier trempé ; leur bout eft triangulaire ; le corps de la broche l’eft auffi, mais il a moins de diamètre. La broche fe termine par une queue plus forte que la tige précédente , 8c prefque aufti longue. Près de fon bout, elle a un talon ou une partie en faillie pour qu’on puiffe la retirer facilement.
- La première broche eft la plus petite de toutes : en frappant fur fa queue, à petits coups, on refoule le fer des côtés du trou, on en détache auffi des parcelles qui tombent dans le fond du trou; peu à peu l’on fait entrer la broche, elle rend un peu triangulaire le chemin qu’elle parcourt ; mais on lui en fait peu faire fans la retirer, elle pourroit s’engager trop; & c’eft afin de la pouvoir retirer qu’on lui a laiffé un talon ; en donnant quelques coups au-deffous, on la dégage. Après l’avoir retirée, on la fait rentrer une fécondé fois Sc même une troifieme , mais de façon que les faces de la broche touchent chacune une face du trou différente de celles qu’elles touchoient auparavant , les faces du trou en deviennent plus égales entr’elles.
- Cette première broche ayant affez élargi le trou, on en emploie une plus
- grofte,
- p.228 - vue 235/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. aap
- grôfie ) ou plutôt, pour épargner le temps & l’acier , on fart recuire la première pour la détremper ; on refoule fon bout pour le rendre plus large, & on lui donne une nouvelle trempe.
- Un accident à craindre, c’eft de cafter la broche dans le trou. II ne fèroit guere poffible d’en retirer le morceau ; 8c fi l’on vouloit employer des forets ordinaires pour percer la partie reliée, on courroit rifque d’en cafler beaucoup fans avancer l’ouvrage. Une petite précaution que prennent les Serruriers , met leur travail en fureté contre cet accident. Avant que de faire ulàge des broches , ils mettent dans la forure de la clef une petite pincée de poudre ; & au lieu de bourre, ils chalfent un petit morceau de plomb jufqu'à la poudre ~ quand une broche fe calfe , il n’y a qu’à faire rougir la clef, elle enflamme la poudre qui chafle la broche *.
- Les ferrures de ces fortes de clefs ont des canons qui font, pour ainfi dire, des étuis où la clef s’emboîte ; or comme il eft ordinaire de donner à l’extérieur de la tige des clefs forées en tiers-point une figure approchante de la triangulaire, le canon doit aufli avoir cette figure. Deux des côtés de ces tiges font plats & forment un angle, le troifieme qui eft celui d’où le paneton prend fon origine, s’arrondit ordinairement, & eft un peu détaché du' rèfte par deux entailles qui vont depuis le bout de la clef jufqu’à l’anneau ; ce côté arrondi s’appelle la contre-tige. Cette contre-tige eft en dehors, ou à fleur du canon : le creux du canon eft triangulaire ; on le fait par confé-quent avec une broche de grofleur proportionnée à celle de la clef. Mais le canon eft outre cela ouvert d’un côté dans toute la longueur pour recevoir la contre-tige , & c’eft avec une lime ordinaire qu’on fait cette ouverture^
- Le centre du canon doit aufli être occupé par une broche,précifément fem-blable à la derniere qui a fervi à forer la clef. On l’arrête par le moyend’une petite goupille , ou rivet qui la traverfe &le canon, tout auprès de fon fond.
- La forure en tiers-point cannelé, n’eft plus difficile qu’en ce qu’elle oblige à canneler les côtés des broches* La dlef qui doit être percée de cette façon' eft d’abord forée par un trou rond ; on change ce trou en un à tiers-point fimple, & on fait celui-ci en tiers-point cannelé.
- On remarquera que la derniere broche que l’on emploie pour l’une 8c l’autre forure, a prefque autant de largeur qu’au bout, fur une longueur d’environ un pouce. Mais de quelques broches qu’on fe ferve, on ne doit pas oublier de mettre fouvent de l’huile, pour- les faire glifler plus aifément.
- La forure en étoile Planche-XXXIU, Fig. 30 & 31, n’a rien de plus difficile que celles en tiers-point, tout dépend encore de la figure des bro** ches & de la maniéré dont on les pôle.
- Pour la forure en fleur de lys Figure 43 <§44 , qui eft regardée comme une des plus difficiles , on forme d’abord quatre trous ronds , difpofés aux quatre
- * Il faut éviter de fe mettre devant l’ouverture de la clef qu’on fait rougir.
- Serrurier.
- Mm m
- p.229 - vue 236/398
-
-
-
- *5© ART DU SERRURIER.
- coins cTun quarré dont le centre de la tige occupe le milieu ; le trou le plus éloigné du paneton , fe transforme enfuite en celui qui repréfente le fleuron du milieu de la fleur de lys, ou, en terme de l’Art , la lippe. On y parvient avec des broches en lozange. Deux des autres trous deviennent les ailerons ; on fait pa£Ter dans chacun fucceflivement, des broches évidées dans leur longueur ; enfin on fait le pied de la fleur avec un autre foret.
- La maniéré de forer les canons eft la même ; un grand ouvrage eft encore celui de travailler les broches qui doivent en occuper le centre ; on le fait avec la lime.
- Il nous refte à préfent à voir comment on fend les clefs, c’eft-à-dire , comment on taille leurs rouets, rateaux , pertuis ? & autres garnitures. Lorfque les clefs méritent qu’on prenne beaucoup de précautions , avant que de commencera les fendre, on trace avec une pointe , appellée auffi pointe a tracer, des traits qui marquent la longueur & la figure de chaque fente, quelques-uns noirciffent auparavant le paneton avec du noir de fumée. Elles fe taillent avec deux fortes d’outils ; toutes celles qui fe terminent à une des faces du paneton , & qui font droites , comme les rateaux , bouterolles , rouets Amples , fe fendent avec une lime , que fon ufàge fait nommer Lime fendante \ pour les autres entailles , comme les bras a’une pleine croix , le fût d’un villebrequin, & toutes autres qui ne vont pas le terminer en ligne droite fur une des faces du paneton , elles s’ouvrent avec des burins Sc s’achèvent avec des limes fines.
- Les garnitures étant tracées , on met le paneton de la clef dans des tenailles faites comme les tenailles à vis; elles n’en différent que parce que leurs branches s’approchent l’une de l’autre par leur reffort. On les nomme des Serre-panetons. On gêne le ferre-paneton entre les mâchoires d’un étau. Après quoi on commence par fendre les entailles droites qui fe terminent à une des faces du paneton; car c’eft toujours par celles-ci qu’on commence, Sc n’importe par laquelle. 1
- La lime avec laquelle on les taille, porteroit avec plus de raifbn le nom de fcie Planche XXXIII, Fig. 17 ; c’eft une vraie fcie à main : les Serruriers les font eux-mêmes , & d’un excellent acier; les dents font peu dévoyées; la lime fe termine par une queue qui s’engage dans un manche de bois. Mais afin que cette fcie ou lime mince ait allez de force, on la garnit d’un doffier *, ce doflîer eft une piece de fer à couliffe avec un manche , auflî longue en dehors que la fcie. Le dos de la fcie ou lime s’engage dans cette coulifl'e. La maniéré de fe fervir de cet outil n’a rien de particulier, en peu de coups il taille une des fentes ; une fcie ordinaire ne fend guere plus vite le bois.
- Au lieu de cette fcie ou lime, d’autres fe fervent d’une vraie lime, qui eft taillée fur les côtés & jufqu’au tranchant , mais femblabie dans tout le refte à la fcie précédente. Cette fécondé lime eft plus propre à aggrandir les fen-
- p.230 - vue 237/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 231
- tes déjà ouvertes qu’à les tailler : les bons Serruriers ne s’en fervent qu’à cet ulage.
- On voit bien que les fentes de la fécondé efpece ne peuvent s’ouvrir avec les fcies précédentes; on a recours au burin , on le pouffe à la main, Sc quelquefois on frappe deffus avec le marteau. On dreffe , on applanit les mêmes fentes avec le burin , ou avec des limes très-fines. Comme les clefs, en tournant dans les ferrures décrivent des cercles , chaque entaille devroic être renfermée entre des arcs de cercles qui euffent pour rayons, l’un la diflance du centre de la tige au commencement de l’entaille, & l’autre la diflance du centre de la clef à l’autre bord de l’entaille; mais on fe contente de leur donner de la courbure , fans trop regarder laquelle , & encore ne le fait-on que pour les ferrures de prix.
- Enfin on achevé de façonner la clef avec des limes de différentes figures pour fes differentes parties ; on lime l’anneau en dedans avec une queue de rat, & en dehors avec une lime carrelette , 8c de même les autres parties. On la polit avec des limes plus fines, ou avec un bruniiToir. Quand elle efl bien limée, on ne la ferre plus dans l’étau qu’avec des tenailles de Bois.
- Explication des Figures delà Planche XXXIII9 qui repréfente la maniéré de forer ôC de forger les Clefs communes.
- La Vignette repréfente des Ouvriers occupés à percer des clefs.
- La Figure i fore feule une clef à la maniéré ordinaire ; a efl l’étau qui ferre le paneton de la clef ; b, la palette de bois appliquée contre le ventre de l’Ouvrier ; c , l’archet qui fait tourner le foret.
- Les Figures 2 <§* 3 font occupées à forer une groffe clef. La Figure 2 tire & pouffe l’archet avec fes deux mains. Le foret efl porté par un chevalet. L’étau dtient ce chevalet affujetti. La Figure 3 tient avec des tenailles Q , ou un étau à main, la clef à forer, 8c lapreffe contre le foret.
- La Figure 4 fore feule une clef tenue par le même chevalet qui porte le foret ; /"eftla piece de fer qui fait avancer le foret à mefure que la clef fe perce. Le bas de la Planche fera mieux entendre cette difpofition.
- Bas de la Planche.
- \
- Figure y A, fenton au bout duquel on a enlevé une clef R C
- B , l’anneau qui n’eft encore que percé.
- C, le paneton.
- D, endroit où la clef efl prefque détachée du fenton.
- Figure 6 EF Gy clef un peu plus dégroflie ; Ey l’anneau qui a été bigorné ; G, le paneton.
- Figure j HI, clef encore plus avancée ; H elf ’le paneton auquel on a fait un mufeau.
- )
- p.231 - vue 238/398
-
-
-
- *3a ART DU SERRURIER.
- /, l’anneau qui a été ravalé.
- Figure 8 K K, ravaloir ; on ravale avec un des bouts K.
- 9 L LMy palette que l’GuVrier s’applique contre le ventre quand 11- perce , comme on le voit Fig. i ;:M, piece de fer percée de plufieurs trous -dans un defquels il loge le bout de l’effieu de la boîte.
- Figure io NO P Q y foret monté pour percer comme il parait Figatres
- 2
- N, la boite.
- OP yl’effieu.
- Q, le foret.
- R S T y le chevalet compofé des deux montants R T 8c de la traverfe S ^ui eft ferrée par l’étau.
- Figure il V, profil de l’étau à main.
- X, là face.
- Figure m Y Z aLe d y chevalet de l’invention de M. Renier, avec lequel , l'Ouvrier Figure 4 travaille. '
- Y Z j deux montants qui portent l’efiieu de la boîte. a c y cet eflleu arrêté dans l’entaille <2 par un boulon, b y le foret arrêté dans l’effieu par une vis. e \ le trou du montant Y qui laifie paffer Teffieu. e y coulifle qui reçoit le bout de l’effieu.
- _ dfy bafe du chevalet.
- J*g y piece recourbée & mobile autour du boulon fl g, la branche qu’on charge d’un poids,afin que la branche ee prefie l’effieu.
- . h d y le troifieme montant du chevalet qui porte une vis en h. ikllm pièces qui s’appliquent contre le montant h , & qui y font arrêtées par l’écrou & la vis h i.
- Il mm y efpece de table fur laquelle on arrête la clef, avec les bandes de fer qui fervent à l’y affujettir.
- n > Fi.g ure détachée, une de ces bandes ; a, une des vis ; & k, un des écrous qui la tiennent en place.
- p (J y la petite table reprëfentée féparément ; la - clefeft tenue feulement par une bande..
- r r y piece qui fait la bafe du chevalet vue féparément. s tu ,1a boîte avec fon effieu.
- .x y le foret.
- j 5 gouge pour commencer le trou, burin.
- 1 y 2 y la piece recoudée qui preffe le foret.
- 3 , arçon ou archet.
- Figures 13 ; q, y , 6,7, calibre pour voir fi les clefs fe forent droit ; 4 j,
- piece
- p.232 - vue 239/398
-
-
-
- ' ART DU SERRURIER. ^
- piece de fer pliée en équerre ; 6, le montant qu’on fait defcendre plus ou moins par le moyen de la vis y.
- 7, vis qu’on approche du montant 6, autant qu’il faut pour làifïer entré fa pointe & ce montant l’épaiiTeur de la clef.
- Figure 14 ; 8 , 8,9 , calibre plus fimple & plus ordinaire dont on fait ufa* ge en inclinant plus ou moins la branche 9.
- Figure iy ; 10 , ferre-paneton ou mordache, efpece de tenailles pour tenir le paneton dans l’étau.
- Figure 16 ; tr, autre fèrre-paneton qui tient une clef.
- Figure r7 ; iy, 16, lime à fendre ; 12 , fon manche 513, la lime ; 14 » piece de fer creufée en couliffe qui fert à foutenir la lime, & qu’on nommé Dofferet : on le voit féparément Figure 18»
- Explication des Figures de la Planche XXXIV, où font repréfen-
- tées les differentes induftries auxquelles on a recours pour faire
- les forures les plus difficiles.
- Figure 1, A A moule pour faire l’hayve d’une clef: il eft au moins aufîi large ordinairement que le paneton ; mais s’il eût eu toute fàlargeur, ilau* roit tenu trop de place.
- Figure 2 , B B hayve faite dans le moule précédent.
- Figure 3 , C le même paneton de clef auquel on a fait un mufeau ; on a retranché à ces clefs & à plufieurs des fuivantes l’anneau, pour ne leur pas faire occuper trop de place ; on a pourtant mis plufieurs de ces anneaux de différentes figures , pour donner une idée des maniérés dont on peut les varier.
- Figure 4, D tige forée, afin qu’on puiffe y rapporter une double forure#
- Figure y y EF canon qui fe rapporte dans la tige D en F ; on l’arrête avec un petit rivet.
- Fig ure 6 y R tige forée où l’on veut faire une double forure fans rapporter de piece.
- Figure 7, H fer plié en virole pour faire la double forure.
- Figure 8y K M LI virole pour la double forure montée fur fa broche.
- IK , la broche.
- L y la virole.
- M M, anneaux qui la ferrent ;le premier eft un coulant quon fait approcher de I, à mefure que la forure avance.
- Figure 9, N O P eft la broche.
- Figure 10, Q la virole qui paroît ftriée en forme de lime.
- Figure n,57" paneton foré aux lettres S 8c T , pour prendre la figure d’une 5.
- VX y le même paneton qui forme une 5, parce que les trotfs S 8c T ont été ouverts avec une lime.
- Serrurier. Nnn
- p.233 - vue 240/398
-
-
-
- s34 ART DU SERRU RÎER.+
- Figure 11 y Y clef qu’ on veut forer en tiers-point fimple.
- Figure 13 , Z partie de la clef précédente dont la forure eft devenue en tiers-point.
- Figure 14, a h broche avec laquelle la forure ronde a été changée en tiers-; point.
- Figure iy, c la même clef dont la forure a été agrandie , & où la contre* tige dd eft formée.
- Figure 16, e broche qui a fervi à agrandir la forure.
- Figure 17 , f g la même clef plus finie ; on remarquera qu’en g elle a un rouet fendu qui eft un peu circulaire, ce qu’on n’obferve que dans les clefs les plus parfaites. .
- Figure 18 , h partie de la pièce dont eft fait le canon delà clef.
- Figure 19 ,, i k l m ce canon.
- iy marque la broche qu’il a au milieu.
- rriy la fente qui reçoit la contre-tige de la clef.
- Figure 20, n une coupe de la broche qui occupe le centre du canon.
- Figure 21, q la cleff g de la Figure 17 dans le canon de la ferrure.
- Figure 21 y r clef percée en tiers-point fimple pour l’être en tiers-point cannelé.
- Figure 23 , s broche pour le tiers-point cannelé.
- Figure 24, tu clef commencée à percer en tiers-point cannelé.
- Figure 2 y y x x clef perche en tiers-point cannelé, & quia fa contre-tige.
- Fig ure 27 yy le canon dse cette çlef.
- Figure y ^ £ la broche qui la perce.
- Figure 29 , & montre une partie de ce canon dans l’état où il eft quand la place de la contre-tige n’y eft pas encore creufée.
- Figure 30 ; 1, clef commencée à forer en étoile.
- Figure 31 ; 2 , la clef forée en étoile.
- Figure 32 ; 3 , la broche qu’on y emploie.
- Figure 3 3 ; 4 marque la broche du canon & la fente qui reçoit la contre-tige de la çlef. \
- Figure 34 ; y, tige qu’on veut forer en fleur de lys, où l’on a déjà percé quatre trous.
- Figure 35 $ é, broche avec laquelle on fait le fleuron du milieu, ou la lippe de la fleur de lys.,
- Figure 36 ; 7, la tige à laquelle cette lippe eft faite.
- Figure 37 ; 8 , broche pour faire les feuilles des côtés de la fleur.
- Figure 38 ; 9 , tige où un des côtés de la fleur de lys eft percé. '
- Fig ure 39 ; 10, forure en fleur de lys finie.
- Figure 40 ; n, broche qu’on, y a employée ou qui fert au canon de la clef.
- Figure 41 ; 12, la clef plus avancée.
- /
- p.234 - vue 241/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 23J
- Figure 42 ; 13 , la clef finie*
- hgure \ i4,fon canon.
- F igure 44; xj, la clef dans fdn canon.
- Article IX. ,
- x
- , Des différentes fortes de Garnitures•
- Nous avons aflez fait remarquer que la principale force des ferrures leur vient de leurs garnitures; c’eft ce qui les caraétérife, qui met une véritable différence entr’elles > les fimples loquets & les verroux à reffort. Comme elles font ce qu’il y a de plus important dans les ferrures, elles font auffi ce qu’il y a de plus difficile à faire ; il faut être habile Ouvrier pour contourner de certaines façons des pièces de fer minces fins les cafler quelque part. Auffi ne fauroit-on employer du fer trop doux pour cette efpece d’ouvrage*
- Nous regarderons à préfent les ferrures comme réduites fous deux genres t fivoir, fous celui de ferrures à clef forée ou ferrures à broche , & fous celui de ferrures befnardes, & cela parce que ce dernier a des efpeces de garnitures qui ne font pas propres à l’autre. Nous commencerons par celles du premier*
- §. I. Des Serrures forées.
- Toutes les garnitures des ferrures à clefs forées Planche XXXV, font ou des rouets ou des bouterolles , ou des planches foncées, ou des râteaux. On trouve dans une ferrure , tantôt les unes , tantôt les autres ; & quelques* fois on les trouve toutes enfemble. Les unes 8c les autres peuvent être cor** tournées de prefque autant de figures differentes, que l’Ouvrier en peut ima* gitier ; il y en a pourtant certaines qu’on eft plus en ufage de leur donner ; nous choifirons des plus fimples , & des plus difficiles de celles-ci, autant ' qu’il en fera nécefîaire pour donner idée de la façon dont les autres peuvent être forgées.
- Comme on a donné les mêmes noms aux entailles de la clef, & auxgar-nitures de la ferrure, nos expreffions pourroient en être quelquefois équivoques, fi nous n’avertifflons defquelles nous voulons parler. Auffi aurons* nous foin d’ajouter quelquefois le mot de ferrure, ou de clef félon que nous voudrons faire entendre que nous parlons de la clef, ou de la ferrure. Par exemple , quand nous dirons le rouet de la clef, nous désignerons l’entaille faite dans la clef ; & quand nous dirons le rouet de la ferrure, nous défi* gnerons la pièce de la ferrure , qui paffe dans l’entaille ou rouet de la clef.
- §. 11. Des Rouets fimples & Bouterolles.
- Les rouets fimples des ferrures font des lames de fer roulées , qui ne for-trient pour l’ordinaire qu’une portion de cylindre creux D E ( Figure 1 ) 5 quand le rouet de la clef eft entaillé dans le côté du paneton le plus proche
- p.235 - vue 242/398
-
-
-
- .V
- dr> *
- 23tf ART DU SERRURIER.
- de Panneau , le rouet de la ferrure eft attaché contre le foncet ou la couverture , Sc par conféquent il ne peut avoir que partie de la furface d un cylindre ; il doit au moins lui manquer tout ce qui eft néceffaire pour laifler libre le mufeau de la clef.
- Quand le rouet eft taillé dans le côté du paneton le plus proche du bout a ( Figure i, Planche XXXV) , alors le rouet de la ferrure eft attaché con^ tre le palâtre , & il pourroit avoir toute la circonférence du cylindre. Mais fouvent on ne la lui donne pas pour épargner le travail.
- La bouterolle de la clef ne différé du dernier rouet que parce qu’elle eft plus proche de la tige g ( Figure 6 ); car on appelle ainfî l entaille qui la fépare du paneton. Comme la bouterolle delà ferrure a peu de diamètre, on lui donne pour l’ordinaire toute la circonférence du cylindre X. ('Voye£ Fig. 2
- Ainfi les rouets Sc les bouterolles font toujours des cylindres ou des parties ^ de cylindres creux T qui ont pour hauteur la profondeur de l’entaille de la clef, Sc pour diamètre deux fois la diftance du centre de la tige à l’entaille*
- Ils ont de plus deux pieds diamétralement oppofés ; c’eft-à-dire , deux petites parties qui excédent le refte , & qui fe rivent dans le foncet, ou dans le palâtre, félon la place du rouet.
- On fait communément les uns Sc les autres d*une piece de fer forgée mince , qu’on appelle , & que nous appellerons Fer à rouet La largeur de cette bande doit être égale à la hauteur du rouet,, & fa longueur doit fournir la circonférence. Auftî nommerons-nous fouvent hauteur du fer à rouet là largeur, Sc longueur du rouet, une longueur égale à fa circonférence.
- Ce ne feroitpas un ouvrage poffible à un Géomètre, que de prendre fur le fer à rouet, une longueur égale à la circonférence ou à partie de la circonférence que doit avoir le rouet. Mais la chofe eft fimple pour le Serrurier qui n’a pas à y regarder de fi près. Pour les rouets communs , il ne s’agit que de mefurer une longueur égale à une demi-circonférence, depuis le milieu d’un des pieds jufqu’au milieu de l’autre. Pour le faire, une des méthodes eft de marquer précifément la place d’un pied ; de pofer, autant exaélement que l’œil en peut juger , le centre de la tige vis-à-vis le milieu de ce pied, Sc de marquer avec un trait l’endroit ou eft l’entaille de la clef ; fur ce trait, on applique encore la tige de la clef, Sc ainfi de fuite on prend trois fois la diftance du centre de la tige à l’entaille, ou, fi l’on veut, on les prend avec un compas. A cette longueur, on ajoute environ une treizième ou quatorzième partie, & là doit fe trouver le milieu du fécond pied qu’on marque fur le fer à rouet. C’eft-à-dire , qu’on fuppofe ici que la demi-circonférence eft égale à trois rayons, Sc un peu plus à caufè qu’on retraint un peu le fer en le tournant.
- L’autre méthode aufli fimple Sc très'Ordinaire, c’eft de prendre une ouverture de compas quelconque, la plus petite eft la meilleure. On voit
- combien
- p.236 - vue 243/398
-
-
-
- ART DU S E RRURIER. 237
- combien de fois cette ouverture fe trouve dans la demi-circonférence piquée fur ce palâtre ou foncet. Suppofons qu’elle y foit quatre fois avec un refte , on marque l’endroit où elle y eft jufte quatre fois fur la lame de fer à rouet ; on prend une longueur qui commence au milieu d’un des pieds , Sc qui eft égale à quatre fois l’ouverture du compas , plus à ce qui a refté outre ces quatre ouvertures ; on lui ajoute même encore quelque chofe , Sc on lui en ajoute d’autant plus que l’ouverture du compas fe trouve moins de fois dans la demi-circonférence : la raifon en eft a (fez claire. Ce qui doit refter au rouet par-delà les pieds , n’engage à aucune mefure gênante; car fi on lui en donne trop , il eft toujours aifé d’en retrancher.
- La hauteur du rouet n’eft pas aufti difficile à prendre , puifque la longueur de l’entaille de la clef la donne.
- Le fer à rouet étant coupé de longueur & de hauteur, on le tourne fur la mâchoire de l’étau & fur la bigorne. Si l’ouvrage étoit plus important, on pourroit le faire fur un mandrin du diamètre du rouet; mais c’eft une chofe peu néceflaire. On le met en place quoique fouvent aiTez mal roulé , de on y met aulli la clef ; on la fait tourner quelques tours , 8c elle arrondit parfaitement le rouet, pourvu qu’entre les deux pieds , il y ait à peu près ce qu’il faut pour fournir à la demi-circonférence. S’il y avoit trop, la clef lui fe-roit faire un pli près de l’un ou l’autre pied, Sc corromproit vite le rouet; s’il y avoit trop peu , la clef fe corromproit elle-même.
- On donne une circonférence entière aux bouterolles , & à quelques autres rouets. On foude les deux bouts du fer à rouet l’un fur l’autre.
- Il y a des ferrures de conféquence où, au lieu de rouler des lames de tôle, on perce une piece de fer, & on la lime tout autour d’épaifleur convenable pour faire les bouterolles : mais c’eft employer du temps aflez inutilement. J’ai connu des Serruriers habiles à qui l’ufage du tour étoit familier , qui y avoient recours pour faire les bouterolles, les rouets, &c, des ferrures de prix ; c’eft bien le meilleur moyen de leur donner une parfaite rondeur.
- §. 111. Rouet en pleine Croix:
- Les rouets de la clef qui repréfentent une croix ordinaire , font nommés des Rouets en pleine croix c b (Planche XXXV, Figure 1 ). Ils font compofés d’une fente parallèle à la tige comme les rouets fimples, & en ont de plus une perpendiculaireà celle-ci,quiforme lesdeuxbras de la croix.Ainfilerouet en pleine croix de la ferrure doit être partie d’un cylindre creux , qui, à la même hauteur où font taillés les bras de la pleine croix de la clef, ait en dehors Sc en dedans une lame circulaire perpendiculaire à fa furface , Sc qui excede , foit du côté de fa furface extérieure, foit du côté de fa furface intérieure, de la longueur d’un des bras de la croix M MN O ; ou, ce qui revient au même,
- Serrurier. Ooo
- p.237 - vue 244/398
-
-
-
- a 38 ART DU S E R RU RI ER.
- qu’on imagine qu’on a appliqué ce rouet fimple perpendiculairement jfiir un plan ; que du centre du cercle qui fert de bafe à ce rouet, on a décrit deux cercles, dont l’un qui paffe par dehors le rouet, a un rayon qui furpaffe celui du cylindre, de la longueur d’un des bras de là croix ; & dont l’autre cercle qui pâlie par le dedans du cylindre, a un rayon moindre que celui du cylindre, de la longueur d’un des bras ; que de chacun de ces cercles on prenne une portion femblable à celle de la circonférence du rouet ; & qu’on imagine quon a détaché du relie du plan , ou de la lame , la portion renfermée entre ces cercles; il ne s’agira plus que de fe repréfenter la partie du rouet fimple ou doivent être les bras paflant au milieu de cette bande , pour imaginer l’effet qu’elle doit faire : ce que nous venons de dire, eft auffi en quelque forte la maniéré dont on fait le rouet.
- On commence par couper pour le rouet fimple , une lame AB A B A de longueur 8c de hauteur convenable; on lui réferve fes pieds C C ; enfuite, avant que de le tourner , vers le milieu de fa longueur , on fait une ouverture D un peu longue & d’une largeur à peu près égale à Fépaiffeur delà lame qui doit former les branches de la croix. A la même hauteur A A, on fend l’un 8c l’autre bout du rouet jufqu’au pied le plus proche de ce bout. Après quoi on tourne ce rouet à l’ordinaire ; & même pour s’affurer qu’il l’eft bien, on le met en place dans la ferrure , &'on y fait tourner la clef.
- Alors on le retire , & on l’applique perpendiculairement fur une lame de fer, qui a été réduite à l’épailfeur qui convient aux entailles de la clef. Sur cette lame on décrit, avec une pointe à tracer , deux portions de cercle dont l’une marque l’endroit que touche le contour extérieur du rouet, & l’autre l’endroit que touche fon contour intérieur..C’eft-à-dire, qu’on décrit ces lignes en fuivant, avec la pointe, la circonférence du rouet, d’abord par dehors , & enfuite par dedans. On marque de plus fur ces cercles l’endroit qui répond à la fente qui eft dans le milieu du rouet, & les endroits oùfe terminent les deux fentes qui font proches des pieds ; ou, fi l’on veut, on ne décrit les cercles que jufqu’au commencement de chacune de ces fentes. La platine fur laquelle c es deux arcs de cercles ont été décrits , doit former les bras de la croix : une partie en doit être en dehors , & l’autre en dedans du rouet. Pour cela on la fend entre les deux cercles décrits jufqu’aux endroits où répondent les fentes du rouet proche des pieds ; 8c quand on en eft à la portion de ces cercles qui répond à la fente du milieu , au lieu de fuivre l’entre-deux des cercles , on coupe une efpece de pied ou* de rivure» Ce pied tient à la partie qui a le moins de circonférence. Il doit entrer par le dedans du rouet dans la fente qui eft vers fon milieu, & c’eft-là où il doit être rivé. On agrandit avec la lime le trou qu’on a fait en fendant la platine , jufqu’à ce que fon vuide foit à peu près égal à l’épaifleur du rouet ; auffi eft-ce une entaille où elle doit être logée. On plie enfuite un peu en dedans
- p.238 - vue 245/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 23?
- les pieds du rouet, ce qui l’ouvre un peu ; alors on le fait entrer tout doucement dans l’entaille de la platine, ayant en même temps attention que le pied de la platine foit reçu par la fente du milieu du rouet, où on le rive enfuite. On redrefle avec le marteau la platine , ou le rouet, ou fes pieds dans les endroits où ils ont été un peu courbés ; car il n’eft guere poflible que ces deux pièces confervent exactement leur figure pendant qu’on les emboîte l’une dans l’autre. Enfin on coupe à froid avec des cifeaux tout ce que la platine a de trop , foit par dehors , foit par dedans , par rapport à la profondeur des bras de la croix de la clef.
- On voit que la partie de la platine qui eft par dedans, eft mieux aflujettie que celle qùi efl: par dehors. Cette derniere n’a point de pied , de forte qu’elle n’eft point attachée depuis la fente d’un des bras jufqu’à la fente de l’autre ; il eft vrai que des Serruriers habiles la fertiifent de façon qu’elle era-brafle très-étroitement le rouet. Mais fi on la brafoit, elle n’en feroit que mieux retenue ; 8c c eft le cas où il devroit être permis d’employer de la foudure ; elle ne pourroit faire qu’un bon effet.
- §. I V. Croix de Lorraine.
- La Croix de Lorraine Figure 3 , ne différé de la croix ordinaire qu’en ce qu’elle a deux bras de plus parallèles aux deux autres. D’où l’on voit que pour faire un rouet de ferrure en croix de Lorraine , il faut ajouter en pleine croix une fécondé platine, qu’on prépare 8c qu’on pofe comme la première.
- §. V. Rouets à faucillons, foit en dehors foit en dedans, & Bouterolles
- à faucillons en dehors.
- Lorfque le rouet de la clef n’a qu’une des branches de la croix, on l’appelle Rouet à faucillon. Si cette branche ou ce faucillon eft entre la tige de la clef 8c le rouet, c’eft un faucillon en dedans, Figure 9 / , & Figure 2 d. S’il eft entre le mufeau de la clef 8c le rouet , c’eft un faucillon en dehors. Il fuit de la pofition de la bouterolle, qu’il n’y a que cette derniere elpece de faucillon qui lui convienne , Figure 4 i.
- La garniture de l§ferrure qui répond à ces deux efpeces de rouets , eft femblable à celle de la pleine croix , à laquelle on auroit ôté la partie de la lame qui eft ou en dedans, ou en dehors du rouet. Ainfila maniéré de les faire eft encore plus aifée que celle de faire la pleine croix ; on commence de même par couper le rouet fimple, dans lequel on fend trois ou quatre trous, à la hauteur où doit être le faucillon , lavoir, un près de chaque pied , 8c l’autre ou les autres entre ceux-ci. On applique le rouet après l’avoir tourné fur une platine , fur laquelle on marque le contour , foit in-
- 1
- p.239 - vue 246/398
-
-
-
- Mo ART DU S ER RU R 1ER.
- teneur , foit extérieur du rouet; oft y marque de plus des pieds aux endroits qui répondent aux fentes du rouet, & il' ne refie plus qu à couper la lame , river fes pieds, 8c la réduire à une hauteur convenable.
- A l’égard du faucillon en dehors que portent quelques bouterolles, ordinairement on le faitd’une platine percée au milieu, à laquelle on ne laide point de pieds , parce qu’on brafe -cette platine. Car cette bouterolle ayant une circonférence entière-& peu -de diamètre , il feroit très-rdifficile d’y river les pieds du faucillon , fi on lui en laiflbit ; on fait pourtant des bouterolles à faucillons qui demandent plus de‘travail, & ce font les feules permi-fespar les Statuts des Serruriers de Paris. On prend une piece de fer ronde qui a autant de diamètre par-tout qu’en a la bouterolle avec fon faucillon ; on perce cette piece au milieu, afin qu’elle puiffe recevoir la tige de la clef, & en dehors on diminue fon épailfeur jufqu’à ce qu’elle n’ait que celle qui convient à la fente-de la clef, en réfervant une partie en faillie tout autour qui ferme le faucillon.
- §. VL Rouets & Bouterolles renverfês en dehors ou en dedans ,foit a angle droite
- "foit a crochet.
- Quand le bras de la croix eft à un des bouts du rouet, on l’appelle un Rouet renverfé, en dehors ou en dedans , félon que cette entaille eft entre le rouet & le mufeau, ou entre le rouet 8c la tige. Si ce bras, cette entaille eft perpendiculaire au corps du rouet, c’eft fimplement un Rouet renverfé I ( Figure 9 ). tMais fi elle y eft oblique, on le nomme Rouet renverfé en crochet ou en bâton rompu e (Figure 2,).
- On coupe le rouet renverfé plus haut au moins qu^un rouet fîmple , de tout ce qu’il faut pour faire le pli : en forgeant le fer à/ouet, on tient la partie qui doit le fournir environ du double plus épaiife que le refte. Quelques-uns même, pendant que leur fer a rouet eft encore tout droit, le plient en deux plus près d’un de ces bouts que de l’autre, 8c cela feulement afin de lui donner là plus d’épaiifeur qu’ailleurs ; après quoi on le tourne, s’il doit être renverfé en dehors. Après l’avoir tourné en rond , en frappant doucement & le tenant appuyé fur l’enclume ou la bigorne , on lui rabat un rebord à angle droit, obtus ou aigu, félon que la fente^e la clef le veut ; mais il eft à remarquer qu’on commence toujours à1 rabattre ce rebord par les bouts du rouet, & qu’on les tient pour cela plus épais , & un peu plus larges que le refte. Les bouts maîtrifent le corps de la lame. Jouffe veut pourtant au contraire qu’on commence à le rabattre par le milieu ; mais les Ouvriers d’aujourd’hui fe récrient contre cette méthode.
- Il y a un peu plus de façon pour le rouet renverfé en dedans, 3c cela parce qu’il y a à craindre d’ouvrir le rouet en le renyerlànt, 8c que la partie
- qu’on
- p.240 - vue 247/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER, 241
- qu’on renverfe doit, étant renverfée , avoir une moindre circonférence ; or il eft toujours plus aifé d’étendre du métal en le frappant, que de le rétrécir ; ayant coupé le rouet de longueur & de hauteur convenable , on le plie fur un mandrin qui a le même diamètre que le rouet doit avoir en dedans. On laifle le rouet fi^r ce mandrin , & on prend une virole de fer qui ira pas un cercle entier de circonférence , & dont le diamètre eft égal à celui du cylindre revêtu du rouet; on met cette virole autour du rouet, comme le rouet eft autour du cylin.dre, On ferre enfuite le tout entre les mâchoires d’un étau. On remarquera feulement que le rouet a été placé de façon qu’il excede le mandrin de tout ce qu’il faut pour fournir au renverfement. En frappant cette partie, on l’abat fur le bord du mandrin , pendant que la virole & le mandrin maintiennent le rouet.
- §. VIL Pleines Croix renverfées en dehors ou en dedans , fous un angle
- quelconque.
- La pleine croix renverfée dans la clef eft celle qui au bout d’un de fes bras a une entaille ; fi cette entaille f ( Planche XXXV> Fig. 2 ) eft au bout du bras le plus proche de la tige, elle eft renverfée en dedans , & en dehors, fi elle eft à l’autre bout. Pour l’une & l’autre, on fait une pleine croix à l’ordinaire , mais à laquelle on laifle de quoi fournir à la renverfure , du côté ou elle doit être. On a deux viroles de fer qui ont chacune, leur épaiffeur corn-prife, le diamètre du rouet pris en dedans, fi la renverfure eft en dedans ; & le diamètre du rouet pris en dehors, fi la renverfure doit être en dehors. Chaque virole a autant d’épaiffeur que le bras a de longueur jufqu’à l’endroit où il doit être renverfé. On met une de ces viroles en deffus, & l’autre en deffous de la platine qui répond au bras de la croix, & à petits coups de marteau , on la renverfe fur une des viroles. Si l’on veut que le coude foit à angle droit, le bord de la virole eft plat; fi l’on veut un autre angle quelconque à ce coude, on donne le même angle au bord de la virole.
- Puifque les faucillons*font femblables aux bras des croix, il eft allez clair qu’on renverfe leurs garnitures de la même façon.
- §. V I IL Des Rouets & des pleines Croix hajlées,foit en dedans ^ J oit en dehors.
- Lorfqu un rouet ou le bras d’une pleine croix B C ( Figure r ) outre la renverfure, a un fécond coude, on l’appelle un Rouet hafié k ( Fig. 3 ), ou une pleine croix hajlée ; quelquefois une pleine croix eft renverfée d’un côté & haftée de l’autre 5c cela quand un de fes bras n’a qu’un coude & que l’autre en a deux. Quelquefois le rouet eft hafté, Sc il a une pleine croix foit fimple , foit renverfée ou haftée„
- Serrurier. P p p^
- p.241 - vue 248/398
-
-
-
- 24a ART DU SERRURIER.
- Nous prendrons pour exemple la maniéré dont on fait un rouet fimple , qui porte une pleine croix renverfée d'un côté.
- On coupe la bande de fer qui doit former le rouet, comme pour un rouet fimple , & on la prend aficz large pour fournir à la hauteur du rouet hafté. On prépare enfuite une autre bande de fer , un peu plus large 8c plus longue que la précédente , & qui a autant d’épaifieur qu'il y a de diftance entre le premier & le fécond coude du rouet de la clef. Entre les deux bouts de cette bande , on taille une fente droite alfez large , & a fiez longue pour laifier pafler la lame qui doit devenir le rouet. On fait pafler cette lame au travers de la fente ; après quoi , à coups de marteau, on l'abat de l'un & de l'autre côté de la fente par où elle a pafle. Ainfi on lui fait les deux coudes quelle doit avoir. Ils font tous deux à angles droits, fi la fente eft coupée quarrément. Mais fi l'on veut qu'un des coudes ait un autre angle , il n'y a qu'à donner la même inclinaifon au côté de la fente fur lequel ce coude doit fe mouler.
- Il ne refte donc plus qu'à rouler ce rouet, & on le roule avec la piece même qui a fervi à faire fes haftures , elle le foutient ; pour le faire plus commodément, on prend un mandrin qui a une branche mobile autour d'un bouton 4, y, 6 ; cette branche forme, avec le corps du mandrin, des efpeces de tenailles ; on met un des bouts du rouet entre le corps du mandrin & fa branche. On la ferre enfuite dans l’étau, 8c en donnant plufieurs recuits , on tourne le rouet à petits coups de marteau , & la bande fur laquelle il eft appliqué, autour du mandrin. Après quoi on coupe cette bande pour en retirer le rouet.
- Si le fécond coude C de la hafture FL XXXV, Fig. 7 , a un angle trop aigu , pour qu’on puiffe le lui donner de la maniéré précédente, on a recours à un autre expédient. Le rouet hafté en bâton rompu de la Figure 7 en donnera un exemple. On prend encore une lame plus longue & plus large que le rouet, & qui a à peu près en épaifleur ce qu'il y a de diftance d'un coude à l'autre. Dans cette piece 29 , 30 , on creufe une entaille , dont une des faces fait, avec le défias de la lame, le même angle que fait dans la clef la première partie renverfée avec le corps du rouet. Cette face de l'entaille a autant ou plus de largeur que la première partie renverfée a de longueur; on donne à l'autre face de l’entaille, la même inclinaifon par rapport à la précédente, qu'à la partie du rouet, qui vient après le fécond coude, avec celle qui eft entre les deux coudes ; & enfin on forge une efpece de coin de fer aufiî long que l'entaille , 8c de figure à s'y bien appliquer ; tout étant ainfi préparé , on pofe la lame deftinée au rouet fur l'entaille précédente, &fur cette lame on pofele coin ; en frappant doucement fur le coin , on contraint le fer à rouet à fe mouler dans l’entaille , ce qui forme le fécond coude; pour le premier , on le lui fait en 1 obligeant de s'appliquer fur le refte de la bande de fer entail-
- p.242 - vue 249/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 243
- lse. On plie enfuite le rouet & la lame enfemble comme nous favons dit ci-devant. Mais avant que de les plier, on a foin de les river fur une piece qui les retient enfemble.
- Jouffe donne une maniéré de faire les rouets haftés de la première efpece différente de celleque nous avons expliquée.!! veutqu’on fe ferve d’un mandrin de même diamètre que le rouet, qui ait à un bout une entaille de même hauteur & profondeur que le premier coude de la hafture ; qu’on plie le fer à rouet autour de ce mandrin , & qu’on lui fafle le premier coude. Après quoi il fait mettre une virole d’une ligne & demie d’épaiffeur autour de la partie qui a été renverfée fur le mandrin ; il laide déborder cette partie par-delà la virole , fur laquelle il la fait enfuite replier à petits coups , pour faire le fécond coude. Mais la maniéré que nous avons donnée eft plus fïire pouf tourner le rouet fans le faire fendre.
- Le même rouet peut, comme nous l’avons dit, porter une pleine croix haftée , ou renverfée, ou tous les deux enfemble. Alors on fait ce rouet comme nous venons de le dire ; on lui ajufte la platine comme aux pleines croix Amples ; & s’il faut la renverfer, on la renverfe , comme nous Favons vu en parlant des pleines croix renverfées.
- A l’égard de celles qui de plus font haftées , on les fait, comme on les renverfe, par le moyen de deux viroles; mais une de ces viroles, lavoir, celle fur laquelle on a renverfe la platine la première fois, a un rebord placé à la hauteur que le demande la fente de la clef; on recourbe le rouet la féconde fois contre ce rebord , on lui fait prendre le même angle.
- §. IX. Rouet en N.
- 1
- Ce qu’on appelle Rouet en N ( Figure 8) , eft un rouet auquel les deux coudes de la hafture font prendre la figure d’une N. Il eft aifé d’imaginer comment doit être taillée la piece dans laquelle on moule, pour ainfi dire, le rouet pendant qu’il eft droit. Cette piece a une entaille oblique dans laquelle le fer à rouet prend la direction des jambes de ïN. En renverlàntle fer à rouet en fens oppofé de chaque côté de l’entaille , on fait les deux jambes. Enfin il ne refte plus qu’à rouler ce rouet avec fon moule , duquel on le retire enfuite.
- §. X. Rouet en fût de Vilebrequin.
- Le rouet appellé en fût de Vilebrequin l ( Figure 4 )> parce qu’il reffemble au fût ou manche de cet outil, eft un rouet qui a double hafture, c’eft-à-dire, qu’il a quatre coudes. Il y en a en fût de vilebrequin dont les angles font droits , & d’autres dont les angles font aigus ; ceux-ci font appellés des fûts de Vilebrequin en queue d!aronde ; la grande difficulté eft de tourner ces
- p.243 - vue 250/398
-
-
-
- 344 A'RT SERRURIER.
- rouets y ’on n’y travaille qu'après qu'ils ont été pliés aux endroits où ils le
- doivent être.
- Ceux qui font à angles droits , fe plient fur l'étau. On peut auflî les plier fur une efpece de mandrin comme le dedans du fût ; mais un pareil mandrin n'eft bien néceifaire que pour ceux qui font en queue d’aronde.
- Quand les uns 8c les autres ont été pliés, on prend une piece de fer doux plus longue Sc plus large que le rouet, & qui a autant d'épaifieur que le fût a de profondeur. On fend cette piece avec la lime à fendre , en ligne droite, en deux endroits différents. Chacune des fentes commence à un des deux bouts de la bande de fer, 8c a plus de longueur que la lame deftinée au rouet,; fi ce rouet eft en fût de vilebrequin à angles droits, elles font toutes deux perpendiculaires aux furfaces de la lame ; 8c fi le rouet eft à queue d'a-ronde,elles font inclinées comme le font dans la clef les entailles qui forment la queue d’aronde. C'eft-à-dire,que le plein qui refte entre ces deux entailles eft un moule qui doit s'appliquer exactement dans le fût du vilebrequin.
- On fait entrer doucement le fer à rouet dans ces deux fentes ; mais avant que de l'y faire entrer , on lui a formé les deux coudes du milieu du fût ; on achevé les deux autres après qu'il eft entré dans le moule ; on renverfe fur* haque côté du moule une partie du rouet. Enfin, à chaque bout du moule, ou au moins à un bout , on rive fur le rouet une petite bande de fer qui ne fort qu'à contenir mieux ces pièces. Il ne refte plus alors qu'à tourner le rouet comme nous l'avons expliqué, favoir, fur un mandrin d'un diamètre convenable.
- Etant tourné, on brife le moule pour en retirer le rouet, on lui fait fes pieds ; 8c s'il a quelqu'autre garniture, comme pleine croix, 8cc , bn la lui ajoute.
- §. X L Rouet en H.
- Le rouet qui dans la clef a une fécondé entaille parallèle à la plus longue , 8c jointe à celle-ci par une troifieme entaille qui leur eft perpendiculaire à l'une 8c à l'autre , eft appelle un Rouet en H, E Ç Figure 8 ) : pour le faire , on prend une lame de fer mince de la longueur du rouet ; pour la largeur , on en jugera par la maniéré dont on la travaille. On plie cette lame en deux félon fa longueur, après quoi on la fait entrer dans un moule qui a une longue entaille, ou l'on fo fort de la mâchoire de l'étau. L'épailfeur de ce moule eft égale à la longueur de l'entaille qui dans la clef repréfente la barre de VH ; la platine à rouet déborde de l'un 8c de l'autre côté du moule. On l'ouvre du côté où les deux bouts font appliqués l'un fur l'autre, & on la frappe à petits coups fur le côté oppofé, afin d’élargir ce côté au point néceflàire , pour qu'il forme la plus courte jambe de ÏH; enfin on le tourne a la maniéré ordinaire.
- §. XIL
- p.244 - vue 251/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- §. XII. Rouet en Y.
- a4$
- LE~rouet en 7,D( Figure 7 ), eft encore plus facile que celui qui eften H; on plie auffi en deux la bande de fer à rouet, en frappant fur cette bande repliée ; on foude enfemble les deux parties qui doivent faire le pied , la tige de TF. Enfuite féparant les deux branches, on ouvre l'F, & on tour-* ne le rouet à mefure , frappant fur l'étau alternativement la branche qui eft dehors1 & celle qui eft en dedans du rouet. On élargit Tune , & on re-traint l'autre.
- Il y a une autre maniéré de faire les rouets en F, qui convient aufll à des rouets de diverfes autres figures. Après avoir plié le fer à rouet comme nous l'avons dit, on en ouvre les deux branches pendant que ce fer eft droit, 011 le fait paffer dans les fentes de la clef pour s'aflurer qu'il a la figure qui leur convient ; alors on remplit d'étain fondu , lç vuide.qui eft entre les deux branches de l’F; & quand l'étain eft refroidi, on tourne le rouet à l’ordinaire : l'étain maintient les branches à peu près dans l'inclinaifon où on les a mifes. ^
- \
- §. X111. Rouet en S.
- Le rouet en S, B ( Figure 6 ), c'eft-à-dire, le rouet dont le boutfe termine par une S , eft fait auffi comme les rouets en H & F d'un fera rouet qui a été d'abord plié en deux. Mais pour former celui en S, le pli ne doit pas être fait au milieu du fer à rouet. On laide les deux parties appliquées l’une fur l'autre, depuis le pli jufques où doit commencer ÏS , c’eft-à-dire, qu’on laifle droit ce qui répond à la profondeur de la fente droite où elle finit, on écarte l'une de l'autre les deux parties du fer à rouet. Elles font inégalement larges, puifque le pli n’a pas été fait au milieu de la bande. La plus étroite forme la queue de l’S, & la plus large en forme la panfe & la tête. On roule chaque partie autour d'un fil de fer en les frappant à petits coups, après quoi on tourne ces rouets, comme tous ceux qui fe font dans des moules.
- §. XIV. Rouet en fond de Cuve,
- Quand la principale entaille du rouet de la clef, au lieu d'être parallèle à la tige, lui eft inclinée, on la nomme un Rouet a fond de cuve s t ( Fig. y ) : auffi la garniture qui lui répond reflemble à une portion de cuve, ou plus exactement, c'eft un cône tronqué & creux. Cette elpece de garniture eft peu en ufàge ; Jouffe dit quelle corrompt les clefs à eau fe du grand efpace qu'il leur faut. Mais c'eft plutôt parce quelle eft difficile à faire ; un paneton peut avoir de la force de refte, quoique des fonds de cuves y foient taillés. Les Serruriers font fur-tout embarraifés à couper ces rouets de hauteur. Serrurier, Q q q
- p.245 - vue 252/398
-
-
-
- <
- 245 ART DU SERRURIER.
- La difficulté eft plus grande à les couper de longueur ; a la vérité ils ne doivent pas être fermés non plus que les rouets fimples communs ; s ils 1 etoient, la clef ne pourroit y entrer. Mais il faut quil relie une certaine portion de cercle entre leurs deux pieds , & la difficulté eft de déterminer la longueur qui y convient à l’un & l’autre bout du rouet pour leur donner des portions de cercles femblables. Pour faire fentir en quoi confifte cette difficulté nous fournies obligés de faire quelques railonnements qui jetteront du jour fur la pratique que fuivent les Serruriers.
- Si l’on conçoit l’entaille du rouet prolongée jufqu’au centre de la tige, comme en q, & que l’on conçoive auflî la ligne qui marque le bord du paneton prolongée jufqu’au centre de la même tige comme en r; la ligne q r fera Taxe du cône dont le rouet op de la ferrure doit être une partie, 8c cette partie eft celle qui enveloppe le cône tronqué dont ji p r o eft la coupe. Suppofbns ce cône tronqué recouvert d’une bande de papier qui s’applique deflus exactement; fi ayant fendu cette bande de papier le long d’un des côtés du cône, nous l’enlevions de deifus le cône , nous n’aurions qu’à appliquer la même bande fur une piece de 1er propre à notre ufàge , couper cette piece de fer, & en fuite la rouler.
- Mais voici la pratique que fuivent les Serruriers : on doit fiippofer la fente de la clef prolongée jufqu’au milieu de la tige. On prend, avec le compas, la longueur de cette fente prolongée. De cette ouverture de compas, on décrit un arc de cercle fur une platine de fer.D’une fécondé ouverture de compas, on prend la longueur qu’il y a depuis l’endroit où finit l’entaille, jufqu’à celui où étant cenfée prolongée , elle rencontre le milieu de la tige. De cette ouverture 8c du centre du cercle décrit, on décrit un fécond cercle fur la platine de fer. La partie comprife entre .ces deux cercles donnela hauteur du rouet. On marque en quelque endroit de l’un ou de l’autre cercle, un pied du rouet. Du milieu de ce pied , on mefure une circonférence précifément comme on l’a fait pour placer le fécond pied des rouets fimples : c’eft-à-dire, ou en appliquant trois fois la clef fur cette circonférence, ou en en divifànt en quatre ou cinq parties, le demi-cercle piqué fur le palâtre ,& rapportant cesdivifions depuis le premier pied jufqu’au fe’cond. Le fécond pied étant marqué, on tourne ces rouets, comme les fimples, fur l’étau & fur la bigorne.
- Une maniéré plus fûre, mais plus longue, de faire ces rouets, feroit d’avoir un mandrin conique de même hauteur & de même diamètre que le cône de l’entaille, & de forger fur ce mandrin le rouet. On pourroit même faire un mandrin pareil de cire, ou de bois, le revêtir d’une bande de papier, jufqu’à l’endroit où le cône doit être tronqué, on n’auroit qu’à étendre le papier fur une platine de fer, le piquer tout autour pour couper le fer à rouet aflez exactement de grandeur ; car je fuppofe qu’on auroic marqué la place des pieds fur la feuille du rouet.
- i
- p.246 - vue 253/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 147
- Au refte , les pieds font du côté du petite ou du côté du grand cercle, fe* Ion le côté du rouet qui doit être attaché à la ferrure, & félon la partie de la ferrure à laquelle il doit être attaché.
- §. XV. Rouet foncé.
- On appelle Rouet foncé K ( Figure 9) , celui qui étant fendu parallèlement à la tige de la clef, eft croifé par une entaille femblable à celle du rouet en pleine croix , mais placée au bout du rouet. C’eft; un rouet taillé en T : par conféquent on pourroit faire le rouet foncé, en foudant ou en rivant au bout du rouet fimple , une platine femblable à celles des rouets en pleine croix. Mais les bons Serruriers veulent qui! foit fait fans rivure, d’une feule piece.
- Pour cela, on coupe une bande de fer de largeur convenable , comme pour un rouet fimple : mais en la forgeant, on a attention de la tenir beaucoup plus épailfe d’un côté que de l’autre. On ferre le côté épais entre les mâchoires d’un étau, on le frappe, on l’oblige à s’élargir. Ce dont il déborde de l’un Sc de l’autre côté du corps de la lame, eft ce qui forme lafonçure. On la lime de chaque côté pour la réduire à la largeur convenable, & on tourne enfuite le rouet en frappant à petits coups fur les bords de la fonçure. On a un faux rouet, c’eft ainfi qu’on appelle une Platîne qui a au milieu un trou circulaire du diamètre que doit avoir le rouet ; en appliquant à diverfes reprifes le vrai rouet fur le faux , on voit ce qui manque à fa courbure.
- Quelques Ouvriers qui craignent de ne pas réuftir à tourner ces rouets, forgent une platine ronde, du milieu de laquelle ils enlevent une platine circulaire de même diamètre à peu près que le vuide qui doit être au milieu du rouet. Ainfi il leur refte une couronne circulaire , ils la ferrent dans les mâchoires d’un étau ; & en frappant fur fon bord intérieur , ils lui font un rebord ; pour fournir à ce rebord, ils ont eu attention,en forgeant la platine, de la tenir plus épailfe qu’ailleurs vers cet endroit.
- §. XVI. Planche foncée.
- Il n’y a guere d’efpece de garniture qui vaille celle-ci ; on manque rarement de la mettre aux meilleures ferrures : quand elles font bien placées & de grandeur convenable, elles rendent les crochets inutiles. En général, on appelle Planche une lame parallèle au palâtre qui en eft foutenueà quelque diftance. Une des dents de la clef, plus profondément fendue que les autres, tourne autour de cette planche. C’eft, pour ainfi dire, un rateau qui fait tout le tour de la ferrure, & beaucoup plus large que les autres. Prefque toutes les ferrures befnardes ont des planches, au moins toutes celles qui ont des pertuis en ont ; mais on ne les appelle Planches foncées que dans les ferrures dont les clefs font forées, ou que quand la fente ne va pas jufqu’à la tige
- p.247 - vue 254/398
-
-
-
- 1
- *48 art du serrurier.
- Les autres s’appellent Planches Jlmples H ( Figure 8 ).
- An bout de l’entaille de la clef, on finit celle de la planche ; il y a une autre entaille qui eft celle qui fait la fonçure, & ces deux entailles enfem-bles font la planche foncée.
- L’entaille qui fait la fonçure eft tantôt parallèle , tantôt inclinée à la tige ; fouvent elle eft renverfée, ou a des haftures ; en un mot, elle eft fufceptible des mêmes variétés que les autres garnitures : nous nous tiendrons à deux différentes qui donneront aflez d’idée des autres.
- i , "
- §. X V 11. Planche foncée en fût de Vilebrequin GC( Figure 8 ).
- •On commence à la faire comme fi fa fonçure étoit fimple, & on les commence toujours de même de quelque façon qu’elles foient renverfées, Elles doivent être comme les rouets foncés d’une feule piece , & on les forge auffi de même; c’eft-à-dire, qu’en frappant fur le bord d’une bande de fer on l’élargit, on lui fait un rebord de la largeur dont on a befoin. On'tourne enfuite cette piece.
- Ce feroit là une planche foncée fimple ; on lui fait les ren verfures, haftures, par le moyen de viroles & de mandrins, comme nous l’avons expliqué à l’occafion des rouets. Nous parlerons feulement d’une maniéré commode de faire les planches foncées en fût de vilebrequin. On fait une tenaille exprès? les bouts de fes deux mâchoires ont une courbure femblable à celle du milieu du fût. Une de ces mâchoires eft de plus entaillée ; la hauteur de cette entaille eft égale à la partie du fût prife depuis la planche jufqu a fon premier coude, & la profondeur de l’entaille eft égaie à la diftance qui eft de--puis le premier coude jufqu’au fécond. D’ou il eft aifé d’imaginer comment, à coups de marteau, on forme cette efpece de hafture, puifqu’il ne s’agit que d’obliger la platine à s’appliquer fur l’entaille.'
- Ces fortes de planches font ordinairement foutenues par deux pieds rapportés appellés Couffnets, rivés par un bout fur la planche, & par l’autre fur le palâtre, qui fervent aufti à porter le foncet ou couverture.
- ) -
- . §• X V111. Planche foncée enfeur de lis.
- On peut rapporter la fonçure à la planche, & on le fait lorfque cette fonçure eft d’une figure difficile à forger. Par exemple, fi c’eft une fleur de lis, on fait fa fleur de lis, & on la rive à la planche.
- La fleur de lis N ( Figure p ) , fe fait de trois pièces, dont la féconde & la troifieme font le milieu de la fleur ; on fait l’une & l’autre de deux pièces droites , comme elles font repréfentées dans la figure, en évidant une piece de fer, foit avec la lime, foit avec des pointes. On les tourne féparé-ment, on les aflemble, enfin on les foude & on les rive à la planche.
- Explication
- p.248 - vue 255/398
-
-
-
- ART DUS E RR U R LE R. 24 p
- Explication des Figurés de la Planche XXX.V, représentant les principales efpeces de garnitures qui conviennent aux Clefs forées.
- La Figure I eft un paneton - qui a un rouet fimple a, 8c un rouet en pleine croix c b. ' . >. ; .
- A A B B , fer à rouet, A A en eft la longueur, 8c B B la hauteur.'
- C Cy les pieds du rouet : pour avoir un rouet fimple de ferrure , il ne reftë qu’à tourner ce fer ; mais on lui a fait de plus les entailles nécelfairès pour de-^ venir rouet en pleine croix. * *
- A A font les fentes où entre la platine qui forme les bras de la croix.
- D eft la fente où entre le pied, *ou la rivure ménagée dans la même ph-. tine. . -
- E F D eft le fer à rouet précédent roulé.
- GG H H y platine deftinée à faire les bras de la pleine croix. - —
- : H HIy fente circulaire qui y a été faite pour laiiTer palfer le rouet droit.'
- 1 y le pied qui doit entrer dans l’entaille D. , .
- if ,1a partie "qui doit faire le bras extérieur,ou celui qui eft en dehors du rouetf
- L H marque par une ligne ponétuée, la partie dé la platine qui n’eft point entaillée ,& qui doit s’engager dans l’entaille du rouet. La ligne ponéluée intérieure montre ce qui doit être emporté en dedans de cette platine.
- N N M M O O eft une pleine croix faite ; on lui a pourtant ôté une partie de fa circonférence , & on l’a fait de même à la plupart*des garnitures fuivantes, afin que l’intérieur en fût plus vifible.
- M My pieds du rouet.
- N N y bras extérieur de la pleine croix. * : ' H
- O O y bras intérieur. . ; .
- i
- P y bouterolle fimple. 1
- La Figure 2 eft un paneton où font taillés, i°, un rouet qui a un faucillon d y 8c qui eft de plus renverfé en bâton rompu .en e : 2° , une pleine croix renverfée en dedans f: 30, une bouterolle qui a un faucillon g renverfé.
- Q Q Q le fer à rouet préparé pour la garniture des fentes ed; il eft déjà renverfé en Q Q Q en bâton rompu.
- R R , fentes où doivent s’engager les pieds du faucillon.
- S y le même fer à rouet dans une autre pofition.
- TT TVV y ce fer à rouet fini ; TT T y fon faucillon ; Wy fa renverfure en bâton rompu.
- Xy bouterolle qui en X a une rainure pour recevoir la circonférence de la platine Y.
- Y9 platine qui fert à faire un faucillon rapporté à une bouterôlle.
- La Figure 3 eft un paneton où eft taillée une croix de Lorraine g*, 5c une pleine croix renverfée en dehors en h} & haftée en A.
- Serrurier. Rrr
- p.249 - vue 256/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- Z Z, fer à rouet pour une croix de Lorraine. Il ne différé du fer à rouet AA B B , gué parce qu’il a le double de fentes.
- x, i, bande de fer fur laquelle eft attaché le fer à rouet 2, 2, qui fera la garniture des fentes k h ; le fer à rouet 2, 2 , paffe au travers de la bande r, 1, & eft replie de l’autrecôté de cette bande.
- 3 , profil des pièces 2, 2ôc 1,1, qui fait voir comme le fer à rouet eft ren-werfe. •
- 4, y, 69 mandrift à tenailles qui fert à tourner les rouets baftés & renverfés ;, 4, la tige du mandrin; 5 , fà branche qui tourne autour d’un boulon ; 6, lame de fer*qui fert de moule; 7 5fer à rouet arrêté fur cette lame ; la lame 6 eft roulée eh partie autour du mandrin.
- 8 8 8 y 99 , la garniture de la fente k lu
- 8 8 8, la partie de la croix haftée.
- 9 9 , le bras renverfé.
- 10, virole qui fert ou pour renverfer à angle droit, où pour foutenir la partie qu’on renverfe.
- 11, i 1, virole qui fert à renverfer à angle aigu.
- 12,12 3 eft une bouterolle à faucillon renverfé pareil à celui que demande la fente g ( Figure 2). -
- 13 , 14, & xy font voir comment on dilpofe les viroles pour faire les renverfures. - — 1
- 13 eft le fer de la bouterolle au-deffus duquel eft la platine qui doit être renverfée fur la virole 14. • -.-
- iy fait voir la même bouterolle qui a une virole qui doit être renverfée. Celle de deffous fert à foutenir la platine.
- Figure 4 eft un paneton qui a 1°, une bouterolle à faucillon droit i : 2°, une fente en fût de vilebrequin /, dont la tige du fût eft croifée par une fente qui forme avec elle une croix de S. André renverfée n.
- 16, le moule ou la lame de fer fur laquelle on forme le fût de vilebrequin.
- 17, le fer à rouet. ' •/"' -
- 18 3 autre partie du fer à rouet qui paffe de ce côté du moule , & retourne enfuite de l’autre.
- 19 3 profil qui montre comment le fer -a rouet paffe dans fon moule.
- 20321,223 garnitures des fentes l n (Fig. 4 ).
- 20 , fût de vilebrequin.
- 22 3 21,22, 213 croix de S. André renverfée.
- Figure y 3 paneton où font taillés deux rouets en fond de cuve , qui forment aufll des croix de Saint André renverfées d’un côté ; 0 p eft une des entailles en fond de cuve ; t eft l’autre.
- p q eft la ligne o p prolongée jufqu’au centre de la tige ; o q eft le plus grand rayon qui fert à décrire un cercle fur le fer à rouet ; p q eft le rayon
- p.250 - vue 257/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. ayi
- é
- qui décrit le petit cercle concentrique au précédent.
- o oppu u fer à rouet coupé pour l’entaille op de la Fig. y ; q o , rayon égal à q o de la Figure y , & les qp font aufll les mêmes dans Tune & lautre figure.
- u xu font deux tiers du cercle décrit du rayon* oq; ce qu’il faut dans notre cas en or,eft égal à la moitié de r q.
- y y , le milieu des pieds des rouets pris au milieu de chaque cinquième partie ou de chaque x u.
- 23,23 , le fer à rouet tourné en fond de cuve.
- 23,23 en font les pieds.
- 24, 24, le même rouet qui a les bras de fa croix renverfés.
- Figure 6 y paneton qui aune bouterolle fimple g , Sc une pleine croix À qui porte un rouet en S , B.
- 2y , 2y, 26,2(5 fait voir comment on forme le rouet précédent d’une feule piece y 2y , 2y eft le bord du fer à rouet qui a été laifle plus épais , Sc qui a fourni de quoi former l’£ ; 2<5, 26,2f > 2y font les deux branches du fil qui fert de moule pour le tourner Sc rouler fi*.
- 27, endroit où ces deux fils font attachés enfemble.
- 28 y 28 eft le rouet précédent fini.
- La Figure 7 a une pleine croix haftée en bâton rompu C à angle aigu, Sc un rouet en pleine croix qui fe termine par un F, D.
- 29 y 3° y tnoule dans l’entaille duquel fe forme la hafture de la figure C.
- 30 , petite bande de fer qui entretient ce moule.
- 31, coin qui entre dans l’entaille 29,30.
- 32 , profil du moule & du coin précédent.
- 33 , le rouet de la figure Cfini.
- 34 eft le rouet de la figure D.
- La Figure 8 a un rouet È qui eft une pleine croix terminée par une H9 une autre pleine croixF qui fe termine en N y Sc une planche foncée HGG.
- 35 , moule fendu pour le rouet en H.
- 3 6 y profil de la figure que prend le fer à rouet quand il a été rabattu de l’autre côté du moule 3 y. ^
- 37 , moule fendu pour plier le rouet en N.
- 38 , 38 5 39 5 fer qui commence à être difpofé pour faire la garniture de la planche foncée HGG \ le bord 38, 38 a été rabattu , & forme le rebord 39*
- 39 doit fervir pour la fente G G y Sc38 , 38 pour H.
- 40,40,41,41:- planche foncée qui commence à être contournée.
- 42,43 , tenailles rompues en 43 par le moyen defquelles on fait la ren~’ verfure de la planche.
- L’entaille 42 fert à faire cette renverfure. La partie 40 eft renfermée entre les deux branches, pendant qu’à petits coups on rabat la partie 41.
- p.251 - vue 258/398
-
-
-
- aja ART DU SERRURIER.
- 44 > 45 > 44 » gran(ie partie de la planche foncée en u; on ' mèt dans les fentes 44 les pieds ouxouilinecs qui la portent.
- La Figure 9 a i°, un rouet Ample renverfé /: 20 * un rouet en T marqué K ; il fe fait d’une piece pareille à celle qui eft marquée 38, 39,38: 3% deux autres rouets L M en r inciinés : 40 , une planche foncée N en fleur de lys.
- .46 8c 47, piece limée pour faire la fleur de lys vue de deux côtés différents. 48 , la même piece roulée.
- 4P , la fleur de lys finie ;iLn’y manque qu’à y rapporter une planche à peu près femblabie à celle qui efl marquée 44,44.
- è
- Article X.
- j . r_ • •„
- Des Serrures à bout. - • }
- * •
- §. I. Garnitures des Serrures* Befnardes.
- On peut tailler dans les clefs befnardes toutes les eïpeces de rouets qu’on taille dans les clefs forées, pourvu que les entailles des rouets n’aillent jamais par-delà le milieu du paneton ; qu’à chacun de fes bouts , il y ait la même garniture; & qu’elles foient toutes deux placées l’une vis-à-vis de l’autre , fans quoi la clef ne pourroit pas entrer des deux côtés.
- On peut leur donner auffi des planches foncées ; mais leurs garnitures propres Sc celles dont nous avons à traiter font les pertuis , c’eft-à-dirë, des trous de diverfes figures percés dans la clef, dont le milieu eft également diftant de l’un & de l’autre bout du paneton.
- Les garnitures qui répondent à ces trous ou pertuis de la clef font toujours portées par une planche , qui n’a plus le nom de foncet, quand elle va depuis les dents de la clef jufqu’à fa tige, ou ce qui revient au même, quand elle n’a au milieu que le trou néceffaire pour laifler tourner laftige. '
- On donne à ces pertuis différentes figures dans différentes clefs. Nous en avons raffemblé des plus ordinaires & des plus difficiles à faire ; quand le pertuis n’a point de place qu’il doive néceffairement occuper, quand il peut être plus près ou plus loin du mufeau , on l’appelle Pertuis volant ; on appelle auffi quelquefois la garniture de la ferrure Pertuis volant, lorfque cette partie de la garniture qui doit entrer dans le grand pertuis de la clef, au lieu de faire tout le tour de la planche , n’occupe qu’une très-petite partie de cet* te planche : les Serruriers appellent entf eux ces fortes de garnitures des pertuis a la Provençale. Les garnitures des pertuis fe font ou de fer mince, comme celui dont nous avons vu faire les rouets,; & alors ils le travaillent d’une maniéré afléz femblabie ; nous donnerons pourtant quelques exemples de la maniéré de les tourner : ou elles fe font de fer épais , 8c louvent une partie d'un pertuis eft de fer mince, & une autre partie eft de fer épais.
- f
- \
- p.252 - vue 259/398
-
-
-
- ART DU S E RRURIER.
- 253
- §. II. Permis en cœur, en trefle , Permis quarré, &c.
- Tous ces pertuis font faits de gros fer avec le marteau & la lime, ou
- \
- avec des tas à étamper , pour aller plus vîte; on façonne le morceau de fer de maniéré qu’il puiffe entrer dans le permis de la clef. On l’y fait paffer d’un bout à l’autre pour s’affurer qu’il a la figure convenable dans toute fa longueur ; après quoi, en tournant cette piece, on lui donne une courbure qui a un rayon plus grand ou plus petit, félon la diflance du centre de la clef à laquelle efl; le pertuis qui doit recevoir cette piece ; fi fi place efl à l’extrémité de la planche la plus proche du centre, on creufe tout autour du pertuis une entaille dans laquelle on loge le bord de la planche : c’eft de quoi on peut voir des exemples dans le pertuis en cœur, qui efl repré-fenté Planche XXXVI , Fig ure 2 , 8c pour faire entrer la planche dans ce pertuis , on fronce un peu la planche par derrière, on lui fait deux plis qui l’ouvrent un peu vers le centre ; alors on place le pertuis, après quoi l’on redreffe la planche. A d’autres pertuis qu’on veut mieux affujettir , on fait une fente qui les traverfeau milieu , on laifîe un pied à la planche qui entre dans cette fente, & on rive ce pied en dedans du pertuis. Quand ce pertuis doit être entre les deux circonférences , on l’ouvre en deux dans la plus grande partie de £3 longueur, on le laifîe feulement fermé près de fes bouts , & au contraire on fend les deux bouts de la planche. On la fait entrer doucement dans la fente du pertuis, les deux bouts du pertuis paffent entre les fiennes. On fertit enfuite ce pertuis ; & fi l’on veut encore l’arrêter plus furement, on perce un ou deux trous dans la planche & le pertuis, & on y met des rivures.
- Les garnitures à pertuis de fer mince fe façonnent ordinairement dans des efpeces de moules ; par exemple, le pertuis en fût de vilebrequin Figure 4, fe fait d’une lame qui a autant de longueur que le pertuis a de circonférence, & un peu plus de largeur qu’il n’a de hauteur ; on a un moule entaillé en deux endroits , où l’on fait paffer les deux côtés de cette lame, après quoi on les replie, on tourne le rouet fur fon moule , & on coupe ce moule pour en ôter le rouet. L’explication delà planche fuppléra à ce qui pourroit manquer pour la parfaite intelligence de la fabrique de ces fortes de garnitures. On verra comment fe font les pertuis en ancre, en croix de Chevalier de Mal-the, en chapeau., &c. Nous ferons feulement remarquer comment s’ajuftent fur la planche les pertuis en fût de vilebrequin, en fond de cuve, en M, & autres pareils. Ils fe placent à peu près comme les pleines croix. On entaille feulement les bouts du pertuis, & au milieu on lui fend un ou deux trous pour laiffer paffer des pieds ; enfuite on fend la planche dans une circonférence égale , 8c femblable à celle qui efl: entre les deux fentes les plus proches des bouts du pertuis; en fendant la planche, on lui laifîe autant de pieds qu’on a fait de Serrurier. S ff
- p.253 - vue 260/398
-
-
-
- 254 ART DU SERRURIER.
- fentes dans la circonférence du permis entre celles des bouts; & enfin on aftem-tle les permis dans leurs planches, comme nous avons vu affembierles bras des pleines croix avec leur rouet. Il y a des clefs qui ont des permis qui ne tiennent point à d'autres entailles , ce font des trous ifolés. On a vu des exemples de ces permis dans les clefs des ferrures antiques, appeliées Modernes. On en voit affez fou-vent à des clefs de ferrures d'Allemagne. Ces fortes de permis demandent dans la ferrure des garnitures difficiles à faire & fort mauvaifes ; puifque la ferrure où elles font , ne peut jamais fe fermer qu’à un demi-tour de clef. On en entendra affez la raifon , & on verra tout ce qui eft néceflàire à la fabrique de ces garnitures , fi l'on confulte la planche des ferrures appela lées Modernes ou leur intérieur eft repréfenté.
- §. II I. Rateaux.
- Les feules garnitures dont il relie à parler, font les rateaux ; ordinairement ce font des lames foutenues les unesau-deffus des autres par une tige commune ; parce que les fentes du mufeau de la clef font à angles droits. Mais quelquefois la fente droite fe termine à une fente ronde, celles-ci demandent des rateaux, qu'on nomme en pomme. Quelquefois cette fente de la clef repréfente un cœur, alors le rateau eft: en cœur ; en un mot, on peut donner toutes fortes de figures aux fentes des rateaux de la clef, & toutes ces figures n’engagent à aucune explication. Pour la façon des rateaux des forrures , ce font de petites pièces affez maffives taillées dans unepiece plus greffe qui leur fert de tige commune.
- Explication des Figures de la Planche XXXVI, qui repréfente les
- Garnitures des Serrures Befnardes.
- La Figure i eft un paneton qui a un permis à tiers-point, & un pertuis volant à chapeau avec deux rateaux en pommes.
- a, le pertuis en tiers-point ou à jambes.
- i b c, le permis en chapeau ; b b, font les rebords du chapeau ; c, la forme.
- A A B B C D eft la garniture de la ferrure qui convient au paneton précédent; on n'a pris qu’une partie de la circonférence de cette garniture , Sc une partie de la planche ; on a fait de même dans les figures fembiables.
- A A B B, partie de la planche.
- CCC, pertuis en chapeau.
- D D, pertuis en tiers-point ou à jambes.
- F F G y planche qu'on a foncée en F F pour l’o uvrir par devant & recevoir le pertuis H.
- H, permis en tiers-point, le même que celui D qui a une rainure en H pour recevoir la planche.
- /, piece préparée pour faire le pertuis en chapeau , & en état d'être tournée.
- p.254 - vue 261/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- K, tas cannelé dans lequel on étampe des pièces deftinées pour des per-tuis de differentes figures.
- L , la cannelure ou la piece /a été étampée.
- MMy rateaux en pommes qui répondent aux rateaux d d de la clef.
- La Figure 2 eft un paneton dont le permis eft un cœur percé par une fléché ; e y le cœur \fy la fléché.
- N N O O j la garniture de la Figure 2.
- P P y le cœur.
- Q Q y la fléché.
- R y l’une des moitiés du cœur qui fe rive en deflus ou en deiTous de la planche, à caufe que le cœur femble percé par une fléché.
- S, les deux moitiés du cœur appliquées l’une fur l’autre.
- T y piece dont on fait le cœur.
- V V X X X y la fléché fendue en X X X pour laiffer pafler la planche. Figure 3 , paneton avec un pertuis en trefle, & un permis à chapeau dont les entailles font differemment difpofées de celles de la Figure 1. g y le pertuis en trefle. h , le pertuis en chapeau.
- i i kky garniture du paneton précédent. f.
- mm niy le trefle.
- Il l, le chapeau.
- n y fer rond plié pour faire deux des parties du trefle. o y deux de ces morceaux de fer tournés.
- Figure 4 eft un paneton qui a un pertuis quarré avec un fût de vilebrequin.
- p y le pertuis quarré. q, le fût de vilebrequin.
- rrssttuUy la garniture de la figure précédente. t tt eft le fût du vilebrequin. uuu y le pertuis quârré.
- x xy y y moule fur lequel eft la piece qui doit faire le fût du vilebrequin. a:1 , coupe du moule précédent qui montre le fer à rouet plié fur fon moule.
- % , le fût de vilebrequin ; on voit en un de fes bouts j comme il eft
- taillé pour recevoir la planche, & en i y une autre entaille où entre le pied de la planche.
- a , 3,4, y y planche de la garniture précédente. Les parties ^ du fût de vilebrequin fe placent en 2, 2 5 3, 3, l’endroit où la planche eft entaillée pour laiiîer pafler la moitié de la hauteur du fût de vilebrequin.
- 4 , pied du rouet qui fe loge dans le tronc du fût de vilebrequin.
- Figure y eft un paneton qui a un pertuis fendu en cœur & croix de Saint André.
- p.255 - vue 262/398
-
-
-
- sj.g ART DU SERRURIER.
- 6 , le cœur. ^
- 7, la croix de Saint André.
- 8, 8, 9, la garniture de ce paneton ; 8, 8 , la croix de S. André ;p, le cœur.
- xo, le cœur féparé.
- 11 eft la même garniture engagée dans le paneton.
- 12 j2 une des piecesqui forme la croix de Saint André, entaillée en 22 y ii y pour laiffer paffer la planche.
- *3 > I4 & lS > l’autre pièce.
- La Figure 6 eft un paneton percé par un pertuis en cul-.de-lampe, !& un en M, Sc dont deux rateaux font fendusœn fond de cuvel
- j6 , le cul de lampe.
- 17,1'Af.
- 18,19, 19, la garniture de ce paneton ; 18, le cul-de-lampe; 19, 19,XM*
- 20., moule dans lequel on forme f Af.
- 21, la lame de fer donc ÏM eft faite,
- .1% , le coin qui la fait entrer dans ce moule.
- 23 eft le profil du moule.
- 24 , celui de l’Af.
- 25 , celui du coin.
- Figure 7, un paneton percé par un pertuis en ancre avec Ion jas ; 26 eft cette ancre. , . ' . ’ . x
- 2S , 29 eft la garniture du paneton précédent*
- 2S, eft l’ancre. . ' . ; .
- , 29,29 , le jas formé par une piece femblable à celle des pertuis en-chapeau?
- 30 , pièce préparée pour faire les bras de l’ancre.
- 3 1, piece pliée qu’il ne refte plus qu’à rouler pour faire les bras de fancre.
- La Figure 8 eft un paneton dont le pertuis eft une.croix de Chevalier de Malthe. #v ' ' , .......
- 33 , la garniture de la Figure 8. . ‘ ’• *
- 34, 3 y, piece prête à finir qui fait deux des branches de la croix de Chevalier. Quand on l’attache avec des rouets, on là fend en deux félon la ligne 34, 3y. Une de ces parties fe met en defTus, & l’autre en deffous, & elles forment les deux branches qui font divifées par des lignes ponétuées.
- 36.35.. ...une des deux autres branches de la croix de Chevalier de Malthe
- prête à être roulée. ( î .
- 37, la même roulée.
- . , _ . A -R T I C L E X I. • V
- Ou Von examine ce qu on peut fe promettre de fureté de chaque efpeùe de Serrure félon la façon dont elle eft garnie ÔC attachée.
- Le principal fruit à tirer des articles précédents pour ceux qui ne font pas Serruriers, eft de favoir jufqu’à quel point on peut compter fur une ferrure,
- " &
- p.256 - vue 263/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 2 57
- 8c comment elle doit être conftruite pour être le plus fure qu'il eft poffible. Mais pour entendre quelles font des parties décrites ci-devant, celles qui les rendent plus fûres , il faut néceffairement expliquer comment on ouvre ou force une ferrure lorfqu'on n'a point ià clef. Ne craindra-t-on pas que nous ne donnions en même temps des leçons aux voleurs ? Il n'y a pas grande apparence qu'ils viennent les chercher ici, & qu'ils en aient befoin ; ils font plus grands maîtres que nous dans l'art d'ouvrir les portes. Apprenons donc fart d'ouvrir les portes fermées, afin d'apprendre celui de les fermer d'une maniéré qui ne laiffe rien , ou qui laiffe peu à craindre.
- Pour mettre cet article en ordre comme les autres, nous lui donnerons deux parties. Dans la première, nous verrons comment on peut ouvrir une ferrure dont on n'a point la clef, par l'ouverture qui laiffe paffer la clef; mais afin que le remede fuive de près le mal, nous parlerons enfuite des garnitures qui mettent la ferrure à l'abri de toutes les tentatives qu'on peut faire par cette voie. Dans la fécondé partie , nous parcourrons les différentes maniérés dont on ouvre les ferrures, foit en faifimt de nouveaux trous à la porte, foit en forçant l'une ou l'autre, & nous tâcherons d’indiquer les meilleurs moyens de les mettre à couvert.
- La maniéré la plus fimple d'ouvrir une ferrure dont on n'a pas la vraie clef, c’eft de la tâter avec une autre clef. Il n'eft que trop ordinaire de trouver des ferrures qu'un grand nombre de clefs ouvrent, pourvu que la hauteur de leur paneton ne furpaffe pas celle de l'entrée ; ce qui vient en général ou de ce que la ferrure n'a pas affez de garnitures , ou de ce que les garnitures ont trop de jeu dans les entailles de leur clef; car fi une ferrure étoit remplie de beaucoup de garnitures différentes , & que les garnitures fulfent, pour ainfî dire , moulées dans les entailles d'un paneton , qu'elles enflent précifément la même épaiffeur & une hauteur égale à la profondeur des entailles, il ne feroit peut-être pas poffible de trouver une autre clef qui pût ouvrir cette ferrure ; mais la chofe n'eft pas ordinairement fi difficile ; les Ouvriers font prefque toutes leurs garnitures d'une tôle qu'ils choififfent plus mince que les entailles de la clef dans lefquelles les garnitures doivent paffer,afin d'avoir moins de fujétion. D'ailleurs pour le courant, ils ne font que quatre ou cinq fortes de garnitures ; ce font ou des rouets fimples ou des pleines croix, fi la ferrure eft à broche ; ou quelques planches fimples avec des permis de deux ou trois fortes, fi la ferrure eft befnarde. D'où il n'eft pas furprenant que des clefs ouvrent des ferrures pour lefquelles elles n'ont pas été faites.
- Il y a d'ailleurs une efpece de fymmétrie qu'on afteéïe ici, & qu'il feroit bon de s'attacher à éviter. Je veux dire qu'on donne, par exemple, une même lar*> geur 8c une même profondeur à toutes les entailles qui féparent les dents , qu'on fait toutes les entailles des rouets à peu près également larges, au lieu que fi Ton varioit bizarrement ces épaiffeurs dans chaque clef, & qu'on prît la Serrurier. T te
- p.257 - vue 264/398
-
-
-
- -a j 8 ART DU SERRURIER.
- peine de Lire des garnitures plus épaiffes pour les phjs larges* entailles, Sc plus minces pour les plus étroites, Sc qu’on variât plus les pofitipns de toutes ces entailles qu’on ne fait ; que les rouets fuffent tantôt plus & tantôt moins éloignés de la tige ; que les dents euffent des largeurs inégales différemment combinées dans chaque clef, il feroitbien rare d’en rencontrer une qui ouvrît une ferrure pour laquelle on ne i’auroit pas faite.
- Mais les ferrures communes, loin d’avoir ces perfeélions, font encore lou-vent plus mauvaifès qu’elles ne paroiffent ; on croit qu’elles ont au moins les garnitures que demandent les entailles qui font à leur clef ; de on fait ces entailles pour le faire croire ; cependant telle clef a un rouet en pleine croix, dont la ferrure n a qu’un rouet fimple ; fouvent de deux rouets marqués fur clef, la ferrure n’en a qu’un. Un rouet, une planche, un permis n’occupe quelquefois qu’une partie de la circonférence qu elle devroit avoir. Cela eft fur-tout ordinaire aux ferrures de balles & de clincailliers ; de cent perfonnes quj en achètent,il n’y en a pas une quis’avifede les faire démonter pour voir fi leur intérieur a toutes les garnitures que la clef lui donne ; à peine trouye-t-on cette centième perfonne qui fâche quelle garniture de la ferrure convient a chaque entaille de la clef. L’Ouvrier qui connoît l’ignorance où l’on eft fur cet article, Sc qui veut gagner du temps, s’épargne une façon dont on ne lui tiendroit pas compte.
- Mais paffons à une maniéré d’ouvrir les ferrures, qui demande plus de fcience qu’une clef de hazard. On connoît affez la figure des crochets avec lefquels on ouvre la plupart des ferrures dont on a égaré les clefs. On fait que ce font de gros fils de fer recourbés près d’un de leur bout, Sc que c’eft par le moyen de pareils crochets que les Serruriers font leurs premières tentatives fur les ferrures qu’on leur donne à ouvrir.
- Pour voir comment on fait ufàge du crochet, il faut fe fbuvenir que quand la clef ouvre , elle fait ordinairement deux chofes , elle éleve un reffort, Sç pouffe les barbes d’un pêne. La partie du crochet qui eft depuis l’endroit où le fil de fer a été recourbé jufqu’au bout qui en eft le plus proche, tient lieu du paneton ; elle ne doit aufiî avoir au plus qu’une longueur égale à la hauteur du paneton ou à celle de la hauteur delà clef, puifqu’on la fait entrer dans la ferrure par cette ouverture, comme le paneton de la clef. Le refte du crochet tient lieu de tige. Pour faire agir plus commodément ce crochet, ôtons toutes les garnitures de la ferrure, nous les lui rendrons dans la fuite, Sc nous remarquerons en même temps qu’elles euffent mis obftacle à l’aétion de notre crochet.
- Si la ferrure où nous l’avons fait entrer eft à un tour 8c demi, Sc que fon demi-tour ne foit fermé que par le reifort qui pouffe la queue du pêne , c’eft le cas le plus fimple , & celui où l’on fe trouve fouvent lorfqu’on tire la porte d’une chambre où l’on a laiffé la clef j le pêne n’eft alors qu’un
- p.258 - vue 265/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER, 2 $9
- verrouil appuyé par un reffort, par confisquent il n’y a qu’à chercher avec lé bout du crochet une barbe du pêne, & après l’avoir rencontrée, la pouffer affez fort pour faire céder le reflort ; on fait marcher le pêne & on l’ouvre.
- , Mais fi le pêne eft fermé à un tour Sc demi, ou qu’il foit un pêne dormant fermé à un pu à deux tours , ce n eft plus affez alors de rencontrer la barbe du pêne, il faut foulever la gorge du reffort pour faire fortir l’arrêt du refi* fort de Ion encoche , & c’eft par-là qu’on commence. Le reffort étant foule-, vé, on introduit un fécond crochet : pendant qu’on tient avec la main gauche ou de quelqu’autre maniéré, le premier dans la pofition où on l’a mis pour élever le reffort, on cherche avec le fécond la barbe du pêne , Sc il eft aifé de faire céder le pêne, quand on l’a trouvé, rien ne le retient.
- Quand le pêne eft en paquet,quand il porte lui-même la gâchette qui fert à l’arrêter, un feul crochet peijt ouvrir la ferrure ; car ayant foule vé cette gâchette , il n’y a qu’à la pouffer dans le même fens qu’on poufferdit le pêne pour le faire marcher, Sc on produit le même effet puifqu’elle tient au pêne* Sc qu’ils marchent enfèmble. Ainfi l’on remarquera que cette façon d’arrêter le pêne , eft bien moins bonne que celle de l’arrêter avec un grand reffort pofé au-deffus de ce pêne ou avec une gâchette dont le pied eft rivé fur le palâtre, puifque dans le premier cas on ouvre le pêne avec un feul crochet * Sc que dans lé fécond il en faut deux.
- Donnons à préfent à la ferrure deux arrêts, dont l’un dépend d’un grand reffort, Sç l’autre d’une gâchette dont le pied eft rivé fur le palâtre ; il faut alors qu’un troifieme crochet vienne au fecours des deux premiers : iis font chacun employés à lever une gorge de reffort, la ferrure en eft par conféquent plus difficile à ouvrir ; car il n’eft pas aifé d’arranger trois crochets, Sc furtout quand il y a des garnitures que nous allons bientôt confidérer ; car fî elles donnent pafïage à un crochet,elles ne le donneront pas à deux ou à trois*
- Il ne faut pas un fi grand appareil pour ouvrir une ferrure befharde à tour Sc demi qui a un bouton, lorfqu’on eft du côté du bouton, ou, ce qui eft la même chofè, en dedans de la chambre ; car fi ces ferrures n’ont qu’un feul reffort, ce qui eft le cas ordinaire, on peut les ouvrir même avec un clou ; on fouleve le reffort avec la pointe du clou, & on ouvre le pêne en tirant le bouton.
- La prudence ne voudroit pas qu’on confiât rien de précieux à des ferrures qui ne font pas à l’épreuve des crochets, on le fait cependant tous les jours. Ils peuvent ouvrir la plus grande partie des ferrures befnardes malgré leurs garnitures. Un exemple pris de ces ferrures aidera à nous faire entendre tout ce qui regarde les autrês. Choififfons-en une qui ait, comme le paneton le demande, pour garnitures deux rouets & une planche garnie d’un pertuis. On obfervera que dans cette ferrure, Sc généralement dans toutes les autres, il y a un vuide qui répond à ce qui eft en plein dans le paneton de la clef*
- p.259 - vue 266/398
-
-
-
- atfo ART DU SERRURIER.
- or le vuide qui laiffe entrer ce paneton , laide toujours entrer le crochet. Dans notre exemple, le crochet étant entré , n'a quà avancer jufqu’à un des bords de la planche, là il rencontre le vuide qui eft entre cette planche & le rouet, & peut librement aller chercher les barbes du pêne ou la gorge du reffort. De même un autre crochet a libre paflàge de l’autre côté de la planche entr’elle & le fécond rouet pour aller chercher auffi ou les barbes du pêne ou les gorges du reffort. Ces crochets peuvent avoir chacun un diamètre prefque égal à la largeur de la partie du fer qui eft comprife entre la planche & le bout de chaque rouet, ce qui fuffit pour qu’ils aient une force affez confidérable. Si les rouets de la clef étoient fendus plus avant, qu’ils allaftent prefque jufqu’à la planche , il n'y auroit de paflàge que pour un crochet trop foible ; mais la clef deviendroit elle-même trop foible, une de ces parties ne tiendroit plus qu’à un filet : il faut toujours que les entailles lui laiifent une certaine force; mais on voit que toutes celles qui laifferont aux crochets un chemin pareil à celui que nous venons de voir, comme le laif-font prefque toutes les ferrures befnardes, pourront être ouvertes par deux ou trois crochets.
- Pour boucher le paflàge aux crochets , il faut donner aux garnitures de ces ferrures une planche foncée qui aille croifer fur les rouets ; que le paneton foit entaillé de façon que les gorges des refforts & les barbes du pêne foient à couvert, & il n'y a plus moyen que les crochets puiffent aller les rencontrer. Cette garniture vaut mieux que tous les pertuis les plus difficiles à faire.
- On donne quelquefois aux ferrures befnardes un canon qui reçoit la clef Sc qui tourne avec elle. Ce canon tournant eft une bonne efpece de garniture , fur-tout fi on le fait un peu gros ; il reçoit à la vérité le crochet comme la clef, & le crochet peut le faire tourner ; mais fi ce canon a affez de diamètre, il n’eft pas poffible au bout du crochet d’atteindre les barbes du pêne ni les gorges des refforts.
- Les ferrures à broche font plus -aifées à être mifes à l’épreuve des crochets que les ferrures befnardes ; on n’y eft point gêné à mettre des entailles égales à l’un & à l’autre bout du paneton , & chacune des entailles parallèles à la tige ou des rouets peut aller plus loin que le milieu des panetons , ce qu’on ne peut faire dans les ferrures befnardes : cependant fi ces fortes de ferrures ne font garnies que d’une pleine croix ou d’un rouet renverfé qui font leurs garnitures ordinaires, il eft toujours aifé aux crochets de les ouvrir ; c’eft ce que l’on verra fi l’on examine des panetons qui n’ont que de ces fortes d’entailles ; le plein qui refte à la clef montrera le vuide qui refte dans la ferrure pour le jeu du crochet.
- Les planches foncées font excellentes dans ces ferrures comme dans toutes les autres contre les crochets , pourvu que la dent qui preffe les barbes & celle qui fouleve les refforts, foient les deux plus proches de la planche ;
- car
- p.260 - vue 267/398
-
-
-
- ART DU SËRRÙRÎER: '*ffi
- car alors la ferrure mec furementà couvert des crochets les parties contre lefquelles ils devroient agir.
- Mais on garnit ces fortes de ferrures d’une rîianiere très-fimpie, très-fûre 8c à peu de frais. Si ellen’êft pas plus en ufage, c’eft apparemment parce qu'elle n’orne pas alfez la clef , & que l’on veut de l’ornement par-tout. On fend trois rouets dans la clef, deux à un des bouts du paneton , & l’autre à l’autre bout entre les deux précédents. On les fait aller chacun par-delà le milieu de la clef, de forte qu'ils fe croifent tous. Si les trois rouets de la ferrure ont une hauteur égale à la profondeur de ceux delà clef, il n’y a point de crochet qui puiffe approcher des barbes & des gorges m, la ferrure en devient encore plus fûre, lorfque le paneton où font fendus les rouets précédents, eft en S.
- Fin du Texte de M, DE RêAUMU R.
- CHAPITRE VL
- De la Ferrure des Equipages, ôC particulièrement des Rejforts.
- J l eft très-important à un carrofle & à une berline d’être alfez légère pour ne point trop fatiguer les chevaux , mais il faut d’un autre côté qu’elle aie de la force : car unéquipage fouffre beaucoup , fur-tout quand on le mene vite. Pour fàtisfaire à la première condition, les Charrons & fur-tout les Me-nuifiers tiennent leurs bois les plus minces qu’ils le peuvent* & pour remplir la fécondé, on fortifie les alfemblages avec du fer. Ces ferrures font faites les unes par les Maréchaux, & les autres par les Serruriers ; quelques parties mêmes font faites tantôt parles Maréchaux, 8c tantôt par les Serruriers , fuivant le degré de propreté qu’on veut donner à ces ouvrages. Car ceux qui fartent des mains des Maréchaux ,/ne font jamais aulîî propres que ceux que travaillent les Serruriers. Pour les ouvrages où l’on exige de la magnificence, les Serruriers emploient même le fecours desCifeleurs & des Doreurs ; mais nous devons nous renfermer à ne parler que des ouvrages de pure Serrurerie, puifqu’on traitera ces autres Arts à part. Je vais commencer par détailler les ouvrages qui font toujours faits par les Serruriers , qui appartiennent à la cailfe des voitures. Je dirai enfuite quelque choie des ouvrages qui regardent le train, & qui font faits tantôt par les Serruriers & tantôt parles Maréchaux. Je parlerai enfin des relforts , parce qu’ils font toujours faits par les Serruriers ; je ne dirai rien des eflîeux, des bandages des roues & des bandes qui fortifient les brancards, ces parties étant toujours faites par les Maréchaux.
- Article I.
- 4
- Des ouvrages de Serrurerie qui appartiennent à la Caijffe.
- Les tenons & lesmortaifes que font les Menuifiers de Carrofle font fi foibles Serrurier. V u u
- p.261 - vue 268/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- qu'ils feroient bien-toc brifés , fi on ne les fortifioit pas par des équerres de fer dont on varie beaucoup la forme , pour qu'elles s'ajuftent aux contours; des bois fur lefquels on doit les appliquer ; les unes font pliées fur le plat Fig ure ÿ , Planche XXXVII; d'autres fur le tranchant du fer Figure 6 ; quel-ques-unesont trois branches Figure 7 ; d’autres n'en ont que deux Figure 8 ; celles qui font en dedans de la caiffe font moins finies que celles qui font en dehors; les unes font attachées avec des clous à tête ronde; d’autres avec des clous rivés fur l'équerre qui eft en dedans ; d’autres avec des vis ; d'autres Figure 10 , au lieu d’une branche , ont une patte ; on s'en fert dans les cas où l'on eft obligé de les attacher fur la largeur d’une traverfe. Et pour empêcher les traverfes d'en bas de la caiffe de s’écarter , on met par-deffous la calife une bande de fer plat Figure 11, terminée à chaque bout par une patte ; on met auffi quelquefois au dos des caifîes une tringle menue Figure 12, terminée par deux vis.
- Pour attacher la caiffe aux foupentes, on met par-deffous une bande de fer plat Figure 13 , attachée par des clous à vis qui traverfent le bâti de la caiffe, fon brancard , 8c la bande de fer fur laquelle on met les écrous. Cette bande eft quelquefois terminée par une main, d'autres fois par deux, pour recevoir les foupentes qui embraffent un boulon à vis Figure 14; il y a furies^ côtés , à l’avant ou à l'arriere, des pitons à charnière Figure ly , qui fervent à retenir les guindages.
- Pour ferrer les portières des chaifes de pofte qui s’abaiffent en devant, telles que celle qui eft repréfentée Figure 16 *, il y a au bas deux couplets ou pat-; tes à charnière ou fiches A ( Fig. 16 8c 17 ) , qui permettent à la portière de s'abaiffer & de fe rapprocher du corps de la chaife.
- Quelquefois dans la traverfe B B ( Figure 16 ) , on loge deux verroux DE 8c un pignon F ( Figure 18 ), qui fe ferment au moyen d'un petit reffort, & qu’on ouvre avec des olives G ; on peut fupprimer cette ferrure aux chaifes de pofte 5 quand les montants de la portière ont une pente confîdérable en dedans, la portière s'appuie d’elle-même dans là feuillure avec affez de force pour qu'elle ne s'ouvre point, même quand les brancards portent à terre.
- Il y a des chaifes dont la portière du devant s'ouvre horizontalement ; 8c en ce cas afin qu'on puiffe defcendre des deux côtés fans être incommodé parla portière, on met fur les deux montants qui forment les bords de la portière, des fiches à gonds, & il y a dans l'épaiffeur du panéau un levier qui fait for-tir le gond des nœuds qui font du côté qu'on veut ouvrir , par exemple, du côté droit. Alors la portière peut s'ouvrir de ce côté-là ; & du côté gauche, la fiche reliant avec leur broche ou gond, la portière roule fur là charnière : quand on ferme la portière, la broche du côté droit retombe dans les nœuds de la fiche, 8c on eft maître de foulever la broche qui enfile les nœuds des fiches du côté gauche, fi l'on veut l'ouvrir de ce côtédà; cette
- * On appelle ces portières à la Touloufe.
- p.262 - vue 269/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 263
- efpece de ferrure efl détaillée dans le ChapitreV des ferrures Planche XXIV, Figure 7.
- A l’égard des portières des carrofies & berlines Figure 21 8c 22 , qui s’ouvrent horizontalement, elles font ferrées avec des fiches à vafe , mais qu’on fait prefque toujours de cuivre doré , ainfi elles ne font point du diftriél du Serrurier. On les tient fermées par un loqueteau B ( Figure 19 ), foulevé par une broche C qu’on fait tourner au moyen d’un anneau A qui efl: ordinairement de cuivre doré. Ou bien le loqueteau B ( Figure 20 ) , efl: foulevé par une olive de cuivre doré A qui fait tourner la broche C; dans l’un & l’autre cas, le loqueteau tombe dans une gâche qui efl: terrée dans l’épaifleur du montant ou dans un crampon doré attaché avec des vis fur le montant.
- Article 11.
- Des Ouvrages de Serrurerie qui appartiennent au Train.
- Il efl: très-probable que les premières voitures roulantes étoient fort approchantes de nos charrettes ou des charriots; ceux qui s’en fervoient étoient expofés à y recevoir tout le choc des cahots; on les a rendu un peu plus fupportables en fufpendant la caiflfe par des chaînes ou des courroies obliques Figure 21 : c’efl: ainfi qu’étoient fufpendus les carofies à fléché, Sc que le font encore les carrofies de voiture. Les équipages font devenus encore beaucoup plus doux au moyen des foupentes horizontales qu’on emploie fi utilement pour toutes les berlines, les chaifes légères & les cabriolets; dans ce cas Figure 22 , le brancart AB du corps de la berline a en défions une forme arrondie qu’on nomme le Bateau, Sc la foupente CD efl: attachée folidement par un bout à la traverfe du devant C, 8c elle répond par derrière à un petit treuil G fur lequel on la force de fe rouler au moyen d’une forte clef E qui fournit un grand levier ; & ce petit treuil ne peut tourner en fens contraire, parce qu’il efl: arrêté par un linguet L qu’on nomme Trappe, qui prend dans les dents des roues F, qui font dentées obliquement Sc enarbrées aux extrémités du petit arbre ou treuil G, fur lequel l’extrémité D de la fou-pente efl: roulée étant arrêtée par une cheville de fer nommée Dent de loup , qui traverfe la foupente , & entre dans une ouverture pratiquée au milieu du petit arbre G ; les roues dentées F ont à leur centre un trou quarré dans lequel entre l’extrémité quarrée de l’arbre ou treuil. Ainfi elles ne peuvent tourner fans que le treuil ou l’arbre tourne. Mais il faut que le treuil foit fermement attaché aux traverfes du derrière du train de la berline. C’efl: à cela que fervent les fupports//, les arcboutants/, Sc les jambes de force if que Ton contourne de différentes façons pour les ajufter aux différentes maniérés dont les bois du train ont été difpofés par le Charron ; il y a une piece de fer plat Z qui s’accroche dans les dents des deux roues pour les empêcher d’obéir aux foupentes qui font effort pour fe dérouler de deflus l’arbre. Cette piece fe nomme, comme je l’ai dit, la Trappe. Comme toutes les pièces du train
- p.263 - vue 270/398
-
-
-
- V*4 ART Dv SERRURIER*
- "d’un équipage fouffrent beaucoup , on les fortifie par des arcboutants Figuré 23, les uns A font droits, & les autres B font.plus ou moins cintrés ; '& comme à chaque équipage ils prennent des figures & des "contours différents, nous nous contentons d’en repréfenter deux qui pourront donner une idée des autres.
- Autrefois le fiege du cocher étoit.porté par des pièces de bois qui étoient :à l’avant, Sc qu’on nommoit Moutons ; mais maintenant on lait les moutons en fer A ( Figure 24 ) , Sc on fortifie ce porte-fiege par l’arcboutant B.
- La plupart de ces ferrures qui appartiennent au train font faites parles Maréchaux groffiers. On n’a recours aux Serruriers que quand on veut des ouvrages très-recherchés. Encore tous les ornements qui tiennent de la fcul-pture font-ils faits par des Serruriers-Gifeleurs ; c’eft pourquoi nous croyons devoir nous difpenfer d’entrer à ce fujet dans de grands détails. Nous nous contenterons de dire que pour les ouvrages fimples , on ébauche les moulures à l’étampe, & que pour les beaux ouvrages très-recherchés, on les fait entièrement avec la lime, les burins , &c. Tous les aifembiages du train font fortifiés par des bandes de fer, des liens, &c, qui font toujours faits par les Maréchaux. Mais j’infifteraifur les refforts qui fe font toujourspar les Serruriers.
- Article III.
- Des Kejforts.
- On gagne -beaucoup de douceur en fufpendant les caiffes en berli-i nés par des foupentes horizontales ; mais les voitures font encore tout autre-• ment douces quand on les fufpend avec des refforts d’acier. Il eft probable que les premiers refforts qu’on a appliqués aux voitures étoient de bois A A ( Figure 2y ) ; & comme ces refforts n’étoient, à proprement parler, que des perches ployantes , on a commencé par leur fubftituer des barres d’acier contournées comme il convenoit. Mais on n’a pas été long-temps à imaginer qu’on fer oit des refforts bien plus parfaits & plus liants en joignant les unes aux autres un nombre de lames d’acier qui toutes enfemble formeroient un feul reffort ; ce font ces refforts Figure 26 qui font maintenant en ufage & dont nous devons parler.
- Les Ouvriers nomment feuilles de ReJJort, les lames d’acier dont l’affem-blage forme un reffort, & tous les refforts des équipages font des paquets de feuilles d’acier pofées les unes fur les autres , de façon que la première a plus longue que toutes les autres , furpaffe la fécondé b \ la fécondé, la troifie-me c y & ainfi des autres. Toutes ces lames font arrêtées les unes fur les autres par un ou plufieurs boulons ; plus les lames font minces, & en même temps plus leur nombre eft grand , plus les refforts font liants. Il faut de plus que la force des refforts foit proportionnée à la pefanteur de la voiture ; un cabriolet quiauroit des refforts très-roides, feroit aufti rude que s’il n’en avoit point , parce qu ils ne plieroient pas ; & un reffort foible ne pourroit pas fupporter
- une
- p.264 - vue 271/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. *6^
- 'une voiture fort pefante. Un paquet de feuilles difpofées comme nous venons de le dire Figure 26, eft appelle par les Serruriers un coin de rejjort. Quelques reiTorts ne font compofés que d’un feul coin ou paquet de feuilles*; tels font "Ceux des brouettes Figure 27, Sc du devant des chaifes Figure 14 ; Planche XXXVIII > quand on en met à cet endroit ; ou des voitures de la Cour Fig. 13 même Planche. Tous les refforts des voitures peuvent le réduire au coin fimpie dont nous venons de parler, mais qu’on difpofe de bien des façons différentes,comme nous le ferons voir dans la fuite. Ain fi l’article principal & par lequel nous devons commencer fe réduit à bien expliquer com^ ment on doit faire un coin de reffort.
- Le fer ne vaut rien pour faire des raiforts , parce qu’il n’eft pas affez élaf» tique; quand il a été plié par une force fupérieure à la fienne, il refte fans fè redrelfer ; il faut donc de l’acier : mais celui qui auroit un grain trop fin fe-roit caffant ; ainfi il faut éviter de s’en fervir : une étoffe formée de fer & d’acier corroyés enfemble leroit préférable. Mais affez fou vent -, pour éviter la dépenfe & s’épargner la peine de faire cette étoffe, les Serruriers prennent de l’acier de Champagne ou du Nivernais, Ges aciers communs ont effe&ive-ment les principales qualités qui font néceffaires pour cés fortes d’ouvrages ; ils tiennent du fer, ils font fibreux comme lui, ils ont du corps qui les met en état de réfifterâ de violentes feeouffes fans fe rompre ; & quand ils font trempés à propos, ils ont affez bien la roideur & i’élafticité qu’on defire ; malheureufement les Ouvriers comptent tellement fur la bonté de ces aciers qu’ils ne les corroyent point ; iis fe contentent d’étirer un carillon pour en faire une feuille de r effort.
- Mais quand on veut faire d’excellents refforts pour lefquels on n’épargne pas la dépenfe pourvu qu’ils fbient liants Sc légers, on forge de l’acier de Hongrie entre deux lames d’acier commun ou même de fer. Voici les avantages qui en réfultent : On fait que le bon acier doit être ménagé à la chaude, & les deux feuilles d’acier commun ou de fer qui enveloppent 1 acier de Hongrie \ recevant la première aétion du feu, partagent l’acier, qui alors n’en eft point endommagé ; & il réfulte de cet alliage une étoffe très-foiide & très-élaftique qui difpenfe de faire les refforts aufli pelants que le font néceflàirement ceux qui font faits d’acier commun. Je vais détailler la façon de faire un coin de reflbrt tel que ceux qu’on met fous les brouettes Planche XXXVII, Figure 27 ; lé bout le plus épais a eft attaché fous la caiffe par des boulons à vis ; la tringle b qui tient lieu de foupente , eft attachée au bout le plus mince du coin c ; ainfi c’eft cette partie qui reçoit le premier choc, & l’autre bout de cette tringle embraffe l’effieU qui eft à l’aife dans une ouverture d faite à la caiffe ; le brancard ouïe boulon e par lequel on tire la brouette, eft auffi attaché à l’effieu.
- Nous ne nous arrêterons point à fixer le nombre des feuilles de ces refforts^ Serrurier. %xx
- p.265 - vue 272/398
-
-
-
- o66 ART DU S E R RU RI ER.
- ni leur longueur, ni leur pefanteur ; toutes ces chofes doivent varierfuivant le nombre de relforts qu’on emploie pour fufpendre une voiture,le poids plus ou moins grand de la voiture, Sc auffi le degré de douceur qu’on veut lui procurer; car un relfort fort liant qui rendroit une voiture très-douce fur un pavé uni pourroit n’être pas le meilleur dans un chemin très-raboteux • ies balancements trop grands font incommodes Sc rendent les coups de côté prefque inévitables. Mais dans toute forte de cas la feuille la plus longue qui s’étend depuis le gros bout a jufqu’à l’endroit c ( Figure 27.) , où la fou-pente doit être attachée, eft en quelque façon le vrai relfort, puifque les mi* très feuilles qui vont toujours en diminuant de longueur ne femblent faites que pour fortifier celle-ci. Comme la feuille la plus longue fatigue beaucoup pour les railbns que je viens d’expoler , lorfqu’on veut faire de très-bons relforts, on commence le coin par deux ou trois feuilles qui font d’une même longueur , Sc qu’on fait plus minces que fi l’onfe contentoit de faire la grande feuille d’une feule pièce.
- Le Serrurier commence toujours par travailler les plus longues feuilles 9 parce que fi, par quelque accident elles venoient à rompre, il s’en ferviroit pour en faire une plus courte,
- Ils appellent enlever une feuille, forger une barre, l’applatir, Sc la réduire à une longueur & une épaifleur convenable Figure xi, Planche XXXVIHz elle doit être un peu plus large par les deux extrémités que parle milieu ; le bout oppofé à l’attache doit être plus mince que le refte, & alfez large pour qu’on puilfe y pratiquer deux oreilles ; pour cela on étire les angles a ( Fi* gure 7 ), pendant qu’on abat les angles du côté de h, & qu’on arrondit cette partie qui doit être la plus épailfe de toute la feuille»
- A mefure que les feuilles font forgées, on les placé les unes fur les autres pour voir fi elles s’y ajuftent bien. Enfuite on perce le trou ou les trous par où doivent palfer les boulons qui doivent les réunir enfemble ou les affujettir à l’équipage. Comme la circonférence de ces trous ne doit point être baveufe, on ne fait point les trous avec un poinçon Sc un mandrin , mais avec une elpece d’emporte-piece, qui eft un cifeau creufé en gouge Sc emmanché dans une hart Figure 8. Les Serruriers ont même alfez fouvent un emporte-pièce fait en anneau avec lequel ils emportent le morceau , Sc percent le trou d’un feul coup. Le relfort fortant de la forge, eft pofé fur une perçoire ; un Compagnon pofe l’emporte-piece fur le fer, Sc un Apprentif frappe delfus.
- Les boulons qui traverfent toutes ces feuilles, les ralfemblent bien exactement par leur bout le plus épais ; mais elles pourroient fe déranger à leur bout le plus mince. C’eft pour éviter cet accident qu’on a pratiqué des oreilles a a ( Figure 7 ) à leur extrémité la plus mince.
- On arrange donc les unes fur les autres les feuilles dans l’ordre où elles
- p.266 - vue 273/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 267
- doivent refter , la Feuille 2 fur la feuille r , la feuille 3 fur la feuille 2 , & ainfl de fuite , finiffant par mettre la feuille 8 fur la feuille 7 , Figure 7 , & toutes les feuilles fe trouvent dilpofées comme on le voit Figure 6 ; on paffe les boulons dans les trous du bout le plus épais ; on les voit Figure 6 ; & on rabat les oreilles d’une feuille fur celle fur laquelle elle eft pofée, c’eft-à dire y fur celle qui la furpafTe le moins en longueur ; par ce moyen, elles font tellement affujetties qu elles ne,peuvent s’écarter ni à droite ni à gauche.
- ' Il ne faut pas oublier de dire qu’en forgeant les feuilles , on leur donné à toutes un petit contour pour que le coin de reffort étant attaché fous là voiture comme a c ( Fig. 14 PL XXXVIII ) , le bout c oppofé aux boulons s’écarte de la caiffe, ce qui eft néceffaire pour qu’il puiffe fe plier, & fe re-dreffer librement* Chaque feuille doit donc participer à la courbure générale qu’on voit au coin Fig. 18, PL XXXVIII-, mais les grandes plus que les petites. 11 feroit bien difficile de donner à toutes les feuilles la figure qui leur convient pour qu’étant réunies toutes enfembie, elles concouruffent à la figure qu’on defira, fi on les travailloit féparérnent ; mais les Serruriers les retiennent toutes enfemble au moyen delà tenaille Figure ç , qui différé des te*, nailles ordinaires en ce que les deux parties qui font les mordants, font droi~ tes , & percées chacune d’un trou dans lequel on fait paffer un boulon qui traverfe les feuilles de reffort ; toutes les feuilles font ainfi retenues dans l’état ou elles doivent être Figure 10 ; l’Ouvrier les porte à la forge ; <§c quand elles font rouges, il les bat fur l’enclume pour donner au coin la figure qui eft repréfentée Figure 18 ; c’eft ce que font les Ouvriers Figures 2 & 3 , dans la Vignette ; & bn ne parvient quelquefois à donner la forme qu’on délire qu après trois ou quatre chaudes. Alors on ouvre les tenailles, & on def-affemble les feuilles pour les tremper féparérnent ; quand on leur a fait prendre un rouge couleur de cerife , on les jette dans l’eau froide ; mais par ce moyen la trempe eft trop forte, les refforts ferdient trop caftants, il eft nécef-faire de leur donner un recuit convenable ; c’eft-là où certains Ouvriers réuff fiffent mieux que d’autres. Il y en a qui prétendent qué le degré de chaleur qui convient pour un bon recuit, eft quand en frottant fur le reffort un morceau de bois de lapin fec, il en fort des étincelles* l’Ouvrier Figure X dans la Vignette , eft occupé à cette épreuve.
- Il y a des Serruriers qui trempent toutes les feuilles de reffort à la fois étant raffembléès en paquet» Ce moyen eft plus expéditif, peut-être aufiî que les feuilles font un peu moins fujettes à fe déjetter ; mais il eft difficile que toutes les feuilles prennent un même degré de chaleur ; & aufiî comme elles fe recouvrent les unes les autres, elles doivent recevoir, inégalement l’impreffion de l’eau ; & il faut, après la trempe , les delaffembler, fi elles ne l’ont pas été auparavant, pour redreffer celles qui fe feroient tourmentées, 8C leur donner un peu de poli, comme je vais l’expliquer^
- p.267 - vue 274/398
-
-
-
- *68 ART DU SERRURIER.
- Quand les feuilles ont reçu un recuit convenable, on les polit ; quelques-uns prétendent quelles en font moins fujettes à rouiller. J'ai peine à me le perfuader ; car le noir de la forge fait un enduit fur le fer qui réfifte longtemps à la rouille, & plufîeurs couches de peinture à l'huile qu'on metfur les coins , font très-propres à les défendre de la rouille. Cependant les relforts polis font plus propres, & on apperçoit, en les poliffant, des défauts qu'on ne verroit pas fut le fer brut ; de plus les feuilles étant polies, elles glilfent mieux les unes fur les autres, 3c les relforts en font plus liants ; c'eft pour «cette raifon 8c auffi pour prévenir la rouille, qu'on grailfe les feuilles avant que de les réunir pour la derniere fois.
- Quoi qu'il en fofe, quand on veut les polir, on commence par les écurer avec du fable Ou du grès , enfuite on les émoud fur une meule de grès , Fla gares 4 & y dans la Vignette , comme font les Taillandiers. On les préfente à plat fur la meule , 3c on les émoud en long ; c'eft tout le poli qu'on leur donne ordinairement ; ceux qui veulent un plus beau poli, augmentent beaucoup le prix des relforts fans qu'ils en foient meilleurs. Quand les feuilles bien grailfées font affemblées de nouveau , on les alfujettit par des boulons à yis, & iis font en état d'être mis en place.
- Four des ouvrages très-propres, on repaffe à la lime chaque feuille de reflbrt avant de les tremper.
- Quoique nous n'ayons parlé que des relforts les plus lîmples, de ceux qui font à un coin, nous avons cependant dit prefque tout ce qui eft nécelfaire pour faire comprendre la maniéré de faire les autres relforts, qui font la plupart formés de la differente pofition ou de l'affemblage de plufieurs coins femblables à ceux dont nous venons de parler ; effectivement fi l'on metcoit aux quatre angles d’une voiture quatre bons relforts femblables à celui Figé 18 , Planche XXXVIII > comme ôn le vbit Figure 12, on auroit une voiture très-douce; de ce genre font les relforts qu'dn nomme à Apre mont, qu'on met fur le devant de plufieurs voitures a c ( Figure 14 ), & quelquefois derrière, où l'on attache les relforts fur la planche, comme on le voit aux chaifes de la Cour Figure 13. Les mêmes relforts peuvent auffi s'attacher au brancard ; alors on les fait croîfer en x : ils font fur-tout très-doux quand on les recourbe , comme on le voit PL XXXVIII, Fig. 19. Le relfort Figure 15 , qu'on nomme à Talon eft un relfort double qui, s'il étoit coupé par le milieu, feroit deux coins femblables à celui de la Figure 18. C'eft ainfi qu'on fait les reflorts de la diligence de Lyon.
- Les relforts qu on nomme à la Dalefme def ( Fig. 14 , PL XXXVIII) , parce qu'ils ont été inventés par M. Dalefme, de l'Académie des Sciences , font prefque un relfort à talon Figure ij , qui eft placé verticalement. M. Dalefme les enveloppoic par la foupente qui s'étendoit depuis la caiffeg jufi* qu'au haut du reiïonf, & fe terminoit au bas du relfort en d , Figure 14*'
- Qn
- p.268 - vue 275/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 269
- O11 fuie encore cette méthode qui eft très-bonne ; cependant pôut dès voitures légères , quelquefois on agraffe la foupente à l’extrémité y"du reflbrt.
- Autrefois ces relforts étoient attachés au mouton h i ( Figure 16 ) par une forte courroie : maintenant on les attache par un lien de fer k ( Fig. 16) ; mais pour plus grande fureté , on joint à ce lien une courroie à boucle, afin que fi le lien de fer venoit à rompre, le reflbrt fût retenu par la courroie.
- Ces relforts ne font ni fort chers ni fort lourds , & ils font très-doux ; aulîi en fait-on maintenant un grand ulàge pour les chaifes de polie & les berlines, auxquelles quelquefois on en met quatre Figure 16, oubien on les marie avec les relforts à Apremont Figure 14. On donne aufiî aux relforts dont nous venons de parler différents contours pour biffer la liberté de placer une malle ou dans d’autres vues, Sc cela fe conçoit aifément, fans que nous foyons obligé de multiplier les figures.
- Les meilleurs relforts pour les chaifes de polie font ceux qu’on nomme à EcreviJJe , Planche XXXIX, Figure 9. Ce font encore des relforts à un coin femblables à la Figure 10 , qui font réunis par leur tête comme on le voit Figure 8. On fait de ces relforts à deux & à quatre coins; mais il nous fuffira de parler de ceux qui n’en ont que deux, parce que les detix autres qui font pofés à côté font entièrement femblables à ceux dont nous allons parler.Nous nommerons le coin A ( Figure 8 ) , le fupérieur , Sc celui B, /’inférieur ; ils font réunis parleur tête au moyen du boulon C. On met toujours deux ref-forts pareils à celui Figure 8, qui font attachés à la planche du derrière do la chaife comme on le voit Figure 9. Cette planche porte à Ion milieu un arrondilfement M Ç Figure 11 ); c’eft-là que font attachés, l’un à côté de l’autre , le gros bout ou la tête C des coins fupérieurs & inférieurs A Sc B ( Fi-> gure 8 ) ; le bout B inférieur de ces coins va jufqu’auprès des bouts de las planche, Sc porte fur un mufle ou bande de fer qui forme une gouttière B ( Figure 9 ) & h ( Figure il ) , pour empêcher les relforts de s’écarter à droite Sc à gauche. On voit ce mufle féparément Figure 12 ; les deux bouts A des coins fupérieurs fe rapprochent l’un de l’autre , Sc même quelquefois ils fe croifent lorfqu’ils ne font pas chargés Figure 9 ; mais le poids delà chaife fait qu’ils s’écartent.
- La tête de chaque paire de reflbrt eft reçue Sc alfujettie par des clous à vis dans une boîte de fer battu Figure 13 Sc D Figure 9 ; Sc cette boîte eft alfujettie fur l’arrondiflement M ( Figure 11 ) de la planche de derrière par les montants Figure iy , & E Figure 9.
- On voit en I ( Figure 16 ) Sc en F ( Figure 9 ) les crochets où s’attachent les foupentes.
- La Figure 17 repréfente les feuilles de reflbrt qui font néceflairespour faire un coin femblable à la Figure 18 , pour les relforts à écrevifle; Figure 19 , urç Serrurier. Y y y
- p.269 - vue 276/398
-
-
-
- 27o ART DU SERRURIER.
- corps de chaifede pofte \aa , la caille ; b , la portière ; c c, la traverfe d'en bas garnie de fes équerres ; d Jeft un faux brancard femblable à la Fig. 20 , qu'on nomme quelquefois le foufflet. On attache deffous la bande de fer e e ( Figure 19) , au bout de laquelle eft la main qui fert à attacher les foupentes des refforts à écreviffe \f eft un reflbrt à apremont, fous lequel eft la barre Figure 23 , au bout de laquelle eft la main où s’attache la foupente de devant au moyen d'un boulon & d'un rouleau , comme on le voit en G ( Fig. 22 ) ; g ( Figure 19 ) eft le fupport des guindages qui font ponétués, Sc qu'on tend au moyen d'un petit cric , 8c h i ponélué marque le brancard.
- Pour faire comprendre qu'on peut beaucoup varier ia difpofition des coins de refforts , il me fuffira de joindre aux exemples que je viens de rapporter la difpofition qu'on donne à certains refforts qu'on met fous les carroffes à fléché; ces refforts excellents ne font plus guere d'ulàge , parce qu'on ne fe fert des carroffes à fléché que pour les cérémonies ; on ne met même plus guere derrière les chaifes de refforts à écreviffe, parce qu'on les trouve trop chers & un peu lourds. Les refforts des anciens carroffes Planche XXXIX Figure 24 , font à deux coins Figures 25 & 26; les faces ouïes feuilles a b font tournés l'une vers l'autre ; les deux têtes c d (Fig. 24 ) , font liées enfemble par deux fort boulons à vis ; quand ces refforts font en placé, un de ces coins b eft en deffus, nous le nommerons le fuperieury l'autrë a eft en deffous , nous l'appellerons Vinférieur. Ces deux coins ainfi difpofés Fig ure 24, ne forment qu'un reffort qui éft d’une figure très-avantageufo pouf l'effet qu'il doit produire.
- Ce reffort a deux bouts à £.qui font flexibles , celui du coin fupérieur b porte la voiture, le coin inférieur a eft comme attaché à la foupente, & il reçoit le choc des cahots, ou au moins il le partage avec le coin b , ainfi toute la voiture porte fur des parties flexibles. Ces deux coins peuvent donc être regardés comme des branches de levier dont le point d'appui eft à l'endroit t d ( Figure 24 ). Mais ce point d'appui n'eft pas fixe , les chocs le font changer de place, plus ils élevent la pointe a du coin inférieur , plus ils font def-cendre le point d’appui c d, ce qui fait que le choc ou le mouvement qu'il produit eft partagé entre le mouvement du point d'appui, & la contraction des refforts. . ^
- Mais il eft avantageux que le point d'appui puiffe monter & defcendre, il eft très-important qu'il ne puiffe aller ni à droite ni à gauche, ce qui arriver oit fouvent fi l'on n'avoit pas pris des précautions pour prévenir ce dérangement ; pour cela on a renfermé les refforts dans une cage ou un chaflîs Fig. 27 ; ce chaflîs de fer eft formé de deux pièces de fer égales n n y on les appelle màins\ le milieu de chaque main eft forgé prefque droit, 8c le fer eft plus large qu'épais ; les deux bouts de cette partie prefque droite fe terminent par des contours en arc, dont l'un eft en deffus, & l'autre en deffous pat*
- p.270 - vue 277/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 271
- rapport à la partie qui eft droite ; deux pièces entièrement fomblables Tune à l’autre , font tenues à une diftance Tune de l’autre un peu plus grande que la largeur du relïbrt par quatre boulons o o( Figure 27) ; le reflort eft repré-fonté dans fa cage Figure 28. Or un des boulons dont nous avons parlé eft arrêté contre un des angles du fond du carroffe; c’eft celui p ( Figure 27) qui eft à l’origine d’une des^parties contournées, 8c cette partie contournée defoend en deflous de la caifle ; les mains tournent librement autour dé ce boulon ; les deux bouts des coins du reifort font entre les boulons/) 8c q> comme on le voit Figure 28,8c ces deux boulons font à l’origine des parties contournées ; le bout du coin inférieur s’appuie fur le boulon r; c’eft par ce boulon que les chocs lui font communiqués. Car la foupente tient au boulon j qui eft le plus élevé des quatre. Enfin le boulon q fournit un point d’appui au coin fupérieur b, 8c fort à entretenir le reflort dans une* poil-iion convenable.
- Nous n’avons pas parlé exaélement quand nous avons dit "que les taloni e d des coins a 8c b étoient pofés l’un fur l’autre ; car ils font féparés par une piece de fer platte e qui fe termine en dehors par un rouleau creux aufîï large que le reflort : on nomme cette piece e Figure 24 , le talon du reflort \ lorfqu’elle eft afîujettie entre les têtes des deux coins ; le boulon p ( Figure 27) pafle dans la portion creufe & cylindrique de Ce talon ; en jettant les yeux fur les figures que nous venons de citer, principalement fur la Figure 28 , on apperçoit que ce talon contribue à maintenir les coins dans la cage, la tête des coins étant retenue dans la cage par le talon & fon boulon ; ainfi le point d’appui des deux branches du reflort peut defcendre- avec liberté quand les cahots l’exigent, parce que les fecouffes ne peuvent faire élever le bout inférieur du coin qu’il ne leve le boulon fur lequel il porte, par conféquent le boulon inférieur > celui qui retient lé talon, defoend en même temps.
- Le petit Bout du coin fupérieur a auflî un mouvement fous la caifle dit Carroffe ; 8c afin qu’il éprouve moins de réfiftance , l’extrémité de ce coin eft un peu arrondie comme on le voit Figure 24 ; & pour que le frottement de ce coin n’ufe pas les bords du carroffe, 8c qu’il ne s’écarte pas à droite 8c à gauche, il coule fur une bande de fer Figure 33 , attachée au Corps du carroffe 8c garnie de deux oreilles formant les rebords d’une efpece de cou-liffe qui reçoit le bout du reflort. Cette piece qu’on appelle le Mufle, a encore un autre ufàge : elle fe prolonge jufqu’en d ( Figure 29 ) , au-delà de l’endroit où porte le bout du reflort , 8c elle porte le boulon d {Figure 29 &32 ) qui attache les deux mains ; la Figure 34 eft une étampe fervant à forger cette bande de fer fur le mandrin d ( Figure 32 ) qui tient lieu du boulon dont nous venôns de parler.
- La main extérieure eft ordinairement recouverte par des ornements
- p.271 - vue 278/398
-
-
-
- i72 ART DU SERRURIER.
- qui étant de bronze ou cifeiés ne font point l’ouvrage des Serruriers.
- Le coin inférieur a ( Figure 24) eft plus long que le fupérieur , il doit être plus fouple , & il a affez la forme des coins Amples de reflort ; c’eft-à-dire, qu'il a un peu de concavité vers fes bouts , 8c une convexité au milieu. Le coin fupérieur b a une courbure uniforme dans toute là longueur excepté près du bout, où , comme nous l'avons dit, il eft arrondi à l'endroit qui s’appuie fur le carroffe.
- Pour les grandes voitures, on met quelquefois quatre ou fix coins pour un reflort ; mais comme ces coins font pofés à côté les uns des autres & parallèlement, deux coins font l'effet d'un qui feroit double de largeur ; les grands carroffes de cérémonie des Ducheffes font ordinairement formés de quatre coins, & ceux du Roi de fix. On multiplie les coins pour donner auxrefforts affez de force pour fupporter ces lourdes voitures, on pourroit leur en donner une fuffifante en faifant les lames beaucoup plus épaiffes , comme font celles de la Diligence de Lyon ; mais en multipliant les lames, on gagne de la douceur.
- Quand pour les grandes voitures les refidrts font formés de quatre ou de fix coins, les deux paires de coins entièrement femblables font placées à côté les uns des autres dans les mains, 8c la largeur du mufle eft égale à celle de tous les coins.
- On voit, Figure 29, un grand carroffe garni des refforts dont nous venons
- 3e parler : à l’avant p > il n'y a que la main ; à l'arriere q, le relTort eft dans la
- / \
- main.
- On a vu à Paris une caleche Angloife à laquelle Fig. 20, PL XXXVIII, un reflort à la Dalefme étoit attaché en e au mouton c d, 8c foutenu par un montantjf, & un areboutant g. La foupente étoit attachée à un fort anneau de cuir h, dans lequel étoit un reflort à boudin. Cette voiture étoit fort douce , mais je ne fait pas fi cet ajuftage conviendroit à une voiture pelante. M. Renard a imaginé, & fait exécuter des refforts Figure 1, Planche XL, très-légers, fort liants-, 8c qui ne font pas chers. Ces reflbrts confiftenten un chaffis de fer Figure 2 ; les deux grands côtés A B font faits par deux bandes de fer plat A B femblables à la Figure 3 ; aux bouts B , font des trous pour recevoir le fort boulon C ( Figure 4 ), auquel s'attachera la foupente ; au bout A du chaflîs eft foudée une piece de fer plat D ( Figure y ) , à laquelle il y a deux trous a a dans lefquels entrent librement les deux boulons E E ( Figure 6) \ on en a repréfenté un féparément Figure 7.
- Ces deux boulons pofés parallèlement l'un à l'autre, comme on le voit
- Figure 6 , font foudés à la traverfe F de l'anneau F G , 8c c'eft à la partie G
- de cet anneau ou de cette main, qu'on attache la foupente comme on le voit
- Fig• i. On paffe les boulons dont je viens de parler dans les trous de la tra-yerfe D du chalfis A B ; ces trous font marqués ûû( Figure y ) ; on enfile
- enfuite
- p.272 - vue 279/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 273
- enfuite ces boulons dans les reflorts à boudin H ( Figure 9 ) , comme bn le voit Figure I. On fait pafler ces mêmes boulons dans la rondelle K ( Figure 10 ), & dans les ouvertures b b de la piece I ( Figure 8 ). Enfin on aflujettit le tout avec des écrous L ( Figure 11)5 qu'on vifle dans la partie des boulons E qui eft taraudée : on voit toutes ces différentes pièces afi-femblées à la Figure 1, où lereffort eft complet.
- Suppofons maintenant, pour concevoir l’effet de ce reflort, que deux puif-fances, l'une appliquée en M, 8c l'autre en N, agiffent fuivant des direétions oppofées, il eft clair que la puiflànce Attirera vers elle la traverfe C du chaffis AB 9 8c que la puiffance M tirant à elle l'anneau G F, elle tirera les boulons E qui, a caufe des écrous L, agiront fur la traverfe / (Fig. I & 8 ) pour contra-<fter les reflorts H {Fig. i&$>) qui par leur réaction tendront à rétablir la machiné dans l’état où elle étoit avant que les forces M8c N euffent exercé leur aéliom On peut placer ces refforts ou dans une pofition verticale, en prolongeant \flez le brancard du deffous de la caiffe pour que les fbupentes elles-mêmes foient dans une pofition verticale , ou bien on tes pofe horizontalement comme on le voit en O 8c P ( Figure 12). Dans cette derniere pofition, les reA forts fatiguent beaucoup plus ; mais il eft de fait qu'ils réfiftent depuis plu-fleurs années fur des cabriolets, des chaifes, des diligences, 8c de grands car-roffes. Pour éprouver ces reflorts, M. Renard attache la partie Mk quelque chofe de folide ; 8c avec une efpece de treuil, il tire affez la partie N pour que les reflorts à boudin foient entièrement contradiés ; alors les rendant à eux-mêmes , il exige qu'ils reviennent au point d'où ils étoient partis*
- Un article bien à l’avantage de ces reflorts, eft q u'on ne feroit point arrêté, & qu'on ne courroit aucun rifque s’ils Venaient à rompre , parce que le chaflîs AB B eft plus fort qu'il ne faut pour foutenir la voiture. Mais pour que ces reflorts réufliffent, il faut lavoir choifir l'acier convenable, lavoir le travailler fans l’altérer, le tremper &le recuire à propos. C’eft ce que M. Renard qui en eft l'inventeur a étudié avec foin, 8c à quoi il réuffit admirablement bien *.
- Comme les ftores font encore du diftridl des Serruriers, il eft convenable d'en dire quelque chofe. Si c’eft un petit ftore pour un équipage , on prend un gros fil de fer à un des bouts duquel on foude un petit anneau ; fi c’eft , un grand ftore, c'eft ou une broche de fer, ou un bâton bien droit a b ( Figure 13)3 su bout duquel on ajufte deux tourillons de fer c d ( Figure 16); on arrête un fil de fer non recuit à un de fes bouts comme en e (Flg ure 13 ) ; puis on roule fur la verge de bois ou de fer, un fil de fer non recuit, comme on le voit depuis e jufqu'en b ; enfuite on paffe ce long reffort à boudin dans un tuyau de fer blanc Figure 14 ; on met aux deux bouts de ce tuyau deux tampons de bois ou deux plaques de métal foudés
- * Les refforts pour cabriolets pefent 24 à 25* ; ceux pour diligence , vis-à-vis, 32. liv. ceux pour berlines, 40. M. Renard , Méchanickn Ordinaire du
- Serrurier.
- Roi, demeure aux petites Ecuries du Roi, Fauxbourg Saint Denis.
- Z zz
- p.273 - vue 280/398
-
-
-
- 274 ART DU SERRURIER.
- du côté de f (Figure 14); le tampon de bois eft percé pour recevoir à l’aife le tourillon c ( Figure 13 ) ; il en eft de même à l'autre bout g; mais les axes c & d ne peuvent tourner dans les yeux des pitons A i 9 & le bout du fil de fer du côté de b n'eft point arrêté à la broche qui l'enfile, mais au tampon de bois qui bouche l'extrémité g du tuyau Figure 14 ; la verge c d ne peut donc tourner ; mais le tuyau de fer blanc a cette liberté , pourvu qu'il contraéle le reffort à boudin qui eft dedans: tout étant ainfi difpofé, on attache un morceau d'étoffe fur le tuyau de fer blanc , comme on le voit en k l C Figure iy ) ; au bas de cette étoffe en m n 9 on attache une baguette de bois. On roule tout le taffetas fur le tuyau de fer blanc, & l'axe cd étant fermement aifujetti dans les pitons h i, il eft clair qu’en tirant le taffetas par en bas , on fera tourner le tuyau de fer blanc, & on contractera le reffort à boudin qui par fa réaction, fera tourner le tuyau de fer blanc en fens contraire , ce qui roulera deffus le taffetas pour que le flore fe tienne fermé à la hauteur que l’on veut ; on met quelquefois au morceau de bois o qui ferme le tuyau g , une roue dentée 0, dans laquelle s'engage un linguet p pouffé par le reffort r; en tirant le cordon p, on le dégage des dents de la roue o , & le flore remonte comme de lui-même.
- Explication des Planches du Chapitre Jixieme.
- : PLANCHE XXXVII.
- Dans laquelle il s9agit des Ferrures des Equipages.
- Figure 6, équerre où le fer eft plié fur le champ ; elle s'attache dans les angles , une branche fur une traverfe, l’autre fur un montant.
- Figure 7, équerre à trois branches ; les branches b b s'attachent fur une tra-verfe, & la branche a fur un montant.
- Figure 8 ôc 9 , équerre où le fer eft plié fur le plat ; l'ouverture de l'angle varie ainfi que la forme des branches, pour sajufter aux contours de la me-nuiferie.
- Figure 10 , équerre à patte qui fe termine en b par une patte qu’on attache fur la largeur d'une traverfe ; il y a quelquefois une patte à chaque bout Figure 11 ; alors elles fervent à empêcher l'écartement. On emploie au même ufage un long boulon Figure 12 , qui fe termine en vis par les deux bouts.
- Figure 13 eft une bande de fer qui fe termine aux deux bouts par des mains dans lefquelles entre le boulon.
- Figure 14, ces mains fervent pour attacher les fbupentes. On voit cette piece en place fous la voiture Figure 21.
- Figure iy eft un piton à charnière qui fert à attacher les guindages.
- Figure 16 eft le bâti d'une portière de chaife de pofte ; on voit en A A les charnières qui lui permettent de s'ouvrir ; un de c es pitons à charnière eft re-préfenté à part A ( Figure 17 ).
- f
- /
- p.274 - vue 281/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. ayj
- A la traverfe d’en haut B B ( Figure 16 ), on ajufte quelquefois la pièce Figure 18, qui renferme deux verroux E D à pignon F; en tournant urt des boutons G, on^ouvre enfemble les deux verroux qui fe ferment d’eux* mêmes au moyen de deux reflorts.
- Les Figures ip 8c 20 repréfentent les loqueteaux qui fervent à tenir les portières des voitures fermées ; A, la boucle ou le bouton fervant à tourner la tige C qui porte le paneton B.
- Figure 21, un carrofle fufpendu par des foupentes obliques , comme l’é* toient les carrofles à fléché, comme le font encore les carrofles de cérémonie du Roi, & les carrofles de voiture. AA, les moutons ; B B, les foupentes ; C Gi les mains de l’extrémité de la bande de fer Figure 13 , 8c qui fervent à attacher les foupentes.
- Figure 22 , équipage fufpendu en berline. AB, le brancard de la caïffe fî* guré en bateau ; MM, la foupente qui eft horizontale ; elle eft attachée en i? avant à la traverfe C, & en arriéré au cric D E F ; FF, les roues dentées dû cric;G, le corps du cric qui forme un treuil : on voit au milieu une fehte où entre une clavette de fer qui arrête la foupente, 8c qu’on nomme la Dent de loup ; H I K, arcboutants , fupports & jumelles qui attachent fermement le cric au train ; L, piece de fer qu’on appelle la Trape ; elle s’engage dans les dents des roues du cric pour l’empêcher de fe dérouler ; elle fait l’office d’un linguet ou encliquetage.
- Fig ure 23 , arcboutants droits & contournés.
- Figure 24 , porte-fiege avec fon arcboutant.
- Figure 25 , corps de chaife monté avec des relTorts de bois A A.
- Figure 26 , coin de relfort ; a b c, les feuilles ; A , les gougeons à vis qui fervent à l’attacher.
- Fig ure 27, brouette garnie de fon reflort; a c, le reflort; fon attache eft en a\cb, verge de fer qui répond d’un bout c au reflort, & de l’autre à l’ef* fieu de la brouette ; d, ouverture au corps de la brouette pour laiiTer du jeu à l’eflîeu ; e , brancard.
- Figure 28 , marche-pied de fer ; a a, boulons à vis qui terminent le marche-pied, & qui fervent à l’attacher au brancard \b b, traverfe où l’on met le pied ; elle eft couverte par une planche cintrée qui eft attachée par des bou^. Ions à vis c.
- Explication des Figures de ta Planche XXXVIII, qui repréfenU la façon défaire les Rejforts d* Equipage.
- Fig. I, Ouvrier qui frotte avec un morceau de fàpin fec , un reflort qu’il vient de recuire pour connoître le degré de chaleur qu’il lui a fait éprouver.
- Fig ure 2 & 3 , deux Ouvriers qui forgent un coin de reflort pour lui fai--re prendre la courbure qu’il doit avoir; celu i Figure 3 tient toutes les fêuil-
- p.275 - vue 282/398
-
-
-
- 276 , ART DU SERRU RIER,
- les réunies au moyen d’une tenaille à goupille pareille aux Figures p 8c io;
- T Ouvrier Figure 2 > forge ce coin.
- Figure 4 & y , deux Ouvriers qui poliflent une feuille de relfort fur la meule 5 l’Ouvrier Figure 4 , tourne la meule ; celui Figure y , préfente la feuille de relfort fur la meule. ; Il y a un engrenage à l’effieu de la meule pour quelle tourne plus vite ; K K dans la Vignette font deux coins de relfort.
- Figure 6, au bas de la Planche, coin de relfort formé de huit feuilles.
- Figure 7, les huit feuilles qui compofent ce coin de relîort.
- Figure 8 , gouge emmanchée dans une hart pour percer les feuilles fans faire de bavures.
- Figure 9, tenaille à goupille.
- Figure 10, toutes les feuilles réunies & lai fies par la tenaille à goupille ; Â, une plaque de fer qu’on met à l’endroit où doit porter le relfort; B , mufle qu’on met pour empêcher que les mouvements du bout du relfort n’ufent la cailfe.
- * %
- Figure 11, une feuille de relfort ébauchée, & qui n’eft pas encore détachée de la barre d’acier.
- Figure 12, corps de berline qui eft foutenu par quatre coins de relforts Amples & qu’on nomme àApremont.
- Figure 13 , corps de chailefemblable à celles de la Cour, foutenu en avant par une fimple foupente, & à l’arriéré , par un relfort fimple attaché fur la Planche.
- Figure 14, corps de caleche qui a en avant un relfort à apremont, & à l'arriéré la foupente répond à un relfort à la Dalefme ; a c, le relfort à apremont; ch, la foupente de devant ; d ef, le relfort à la Dalefme ; e, la bride qui l’attache au mouton \ f g, la foupente de derrière.
- Figure 15 , grande voiture fufpendue par un reflort double dit à talon, c’eft ainli qu’on fait le relfort de la Diligence de Lyon.
- Figure 16, gondolle fufpendue par quatre relforts à la Dalefme ; i h, eft le mouton où tient la bride K.
- Fig ures 18 & 19 , deux coins de relfort différemment contournés.
- Figure 20, relfort d’une caleche angloile ;ab, un relîort a la Dalefme bien contourné ; c d, le mouton où il eft attaché par la bride e ;f 8c g, montants & arcboutants pour rendre l’attache de ce relfort plus folide ; i k , anneau de cuir dans lequel eft un relfort à boudin. La foupente s’attache à la main h ; Figure 17, piton à vis pour attacher les guindages.
- Explication des Figures de la Planche XXXIX9 qui repréfente
- différentes efpeces de Refforts.
- Figures 8 quatre coins de relforts ajuftés pour un relfort à écrevilfe ; AB, la tête des relforts ; C, leur talon & leur attache.
- Figure 10 , deux coins féparés. Figure 11,
- p.276 - vue 283/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. %7f
- Figure ir , la traverfe ou la planche fur laquelle eft un évafement en M ou font attachés les reflorts par leur talon ; on voit en b un mufle fur lequel s’appuient les reflorts, & qui empêche qu’ils ne s’écartent à droite ou àgauche.
- Figure 12, ce mufle féparé.
- Figure 13 , cage de fer qui reçoit les talons du reflort.
- Figure 14 , une partie de cette cage.
- Figure iy , un des fupports qui aflujettit la cage Figure 13 , fur l’évafë-ment M de la planche Figure 11 : on voit toutes ces pièces en place Figure 9.
- Figure 16 y II crpchets qu’on met au haut des reflorts pour aflujettir les foupentes comme on le voit en F ( Figure 9 ).
- Figure 17, les feuilles qui doivent former un coin de reflort à écrevifle.
- Figure 18 , un coin de deflous où les feuilles font réunies.
- Figure 21 y un coin de deffiis d’un reflort à écrevifle avec un crochet pour les foupentes.
- Figure 19 y corps de chaife de pofte ; a a, le corps de la chaife ; b, la portière en partie ouverte ÿc c y la traverfe d’en bas ;f> reflort à Apremont qui eft à l’avant ; ddy piece de bois vue féparément Figure 20, on la nomme leJoufflet y e e y bande de fer qui porte en arriéré une main pour attacher les foupentes ; i h ? le brancard de la chaife ponétué ; g , le porte-guindage i h y qui eft ponétué.
- Figure 22 , le reflort à Apremont f ( Figure 19 ), repréfenté à part avec la bande de fer Figure 23 , qui porte la main.
- Nous allons parler des reflorts en cage qu’on met aux angles des carrof fes de cérémonie à fléché.
- Figure 24, les deux coins de reflorts Figure 25 8c 26 9 réunis par leurs ta-* Ions ; a, celui de deflbus ; by celui de defliis ; c dy leurs talons qui font réunis par un boulon à vis, & en e eft une piece placée entre les deux reflorts, & qu’on nomme aufli le talon ; ces reflorts fe pofent dans une cage Figure 27 qu’on nomme main ; la Figure 28 les repréfente renfermés dans la main.
- Figure 29 eft un corps de grand carrofle ; en dqy le reflort eft dans la main, 8c en p la main eft fans reflort.
- Fig ure 30 eft le talon e ( Figure 24 ) vu féparément.
- Figure 31 fert à faire voir le contour qu’on doit donner au fer qui fait les côtés de la main Figure 27.
- Figures 32 & 33 , mufle qu’on met aux angles du carrofle pour empêcher que les reflorts ne les ufent; dy un mandrin fur lequel on forge la gorge avec l’étampe Figure 34.
- Serrurier.
- A a a a
- p.277 - vue 284/398
-
-
-
- 278 ART DU SERRURIER:
- Explication des Figures delà Planche XL, qui repréfente le Ref fort inventé nouvellement par M. Renard.
- Figure r 5 le reflort vu en entier.
- Figure 2 , chaffis de fer AB AB, fermé en C par un tourillon Figure 4 , & en D par une plaque Figure y , percée de deux trous a a ; la Figure 3 repréfente un des deux grands côtés A B de ce chaffis: toutes ces pièces le voient affemblées dans la Figure 1 , & font indiquées par les mêmes lettres.
- La Figure 6 repréfente deux longs boulons E taraudés en vis au bout H 8c foudées à la partie F de la main F G: on en voit un féparé Figure 7.
- On enfile ces boulons dans le reflort H {Figure 9) ; on met par-deflus la plaque I ( Figure 8 ) , & les boulons entrent par les trous b b ; on met à chacun une rondelle K ( Figure 10 ) , & le tout eft aflujetti par des écrous fem-blables à L ( Figure ; 11 ) : toutes ces pièces fe voient réunies Figure r.
- La Figure 12 eft deftinée à faire voir comment on place les refforts ; la foupente eft coupée en o 8c p, 8c les refforts étant ajuftés à ces endroits aux foupentes M 8c N, comme on le voit Figure x > tout le refte s'ajufte comme à l'ordinaire.
- La Figure 13 eft deftinée à fairevoir l'ajuftement d'un reflort dans Tin té-rieur d'un flore ; on le y oit roulé fur une tige de bois ou de fer a b : c d font des tourillons qui cependant ne doivent point tourner dans les pitons h iy le fil de fer eft arrêté en e à la tige a b, & du côté de b à un tampon de bois attaché folldement au tuyau de fer blancy^( -Figïï4), dans lequel on fait paf-fer tout l'ajuftement d;ela Figure 13. On voit en g une pointe qui doit entrer dans le tampon de boisFig. 13 ), pour le joindre fermement au tuyau de fer blanc. On voit du côté de b ( Figure 13), un encliquêtage qui fert à tenir le ftore fermé de la quantité qu'on veut. On l'a repréfenté plus en grand Fig. 16 & 17 ; o, roue dentée en rochet 5 p, linguet ou encliquetage qui prend dans les dents du rochet o, & qui y eft porté par le reflort r; "en tirant le cordon p, on dégage l'encliquetage des dents de la roue, & le ftore s'ouvre.
- A la Figure 16, on a repréfenté toutes les pièces féparément ,K8c elles font indiquées par les mêmes lettres.
- CHAPITRE VIL
- Des renvois de Sonnettes ÔC de leur pofe, de la ferrure des P erfiennes > des Stores pour les Cabinets d*Appartement, SC du travail de quelques ornements pris aux dépens du fer.
- N»» s comprenons dans ce feptieme Chapitre plufieurs Articles qu'il eft bon de ne pas omettre , mais qui ne font pas affez confidérables pour faire autant de Chapitres particuliers.
- p.278 - vue 285/398
-
-
-
- 27P
- s
- ART DU SERRURIER.
- d.\9
- Article I.
- Des renvois de Sonnettes ÔC de leur pofe.
- Tout le monde fait combien il efl: commode , pour appeller à foi les do-meftiques dont on a befoin , de n’avoir qu’à tirer un cordon qui efl: auprès de fa cheminée , ou au chevet de fon lit, ou a portée de fon bureau. Ce cordon fait agir une fonnette qui fe fait entendre à l’endroit où fe tiennent les domeftiques lors même que cet endroit efl: fort éloigné de la chambre ou du cabinet (qu’on habite ; la communication du mouvement du cordon avec la fonnette fe fait par des fils de fer Sc des renvois ; avec ces fecours, les Serru-, riers experts pour la pofe des fonnettes font parcourir le fil d’archal dans tout le pourtour d’un appartement, ils le font monter au plus haut des mai-fons, & defoendre au raiz-de-chauffee, de forte qu’on fait jouer les fonnettes les plus éloignées avec un très-petit effort.
- Les pofours de fonnettes ne doivent point être arrêtés par les cloifons, les murs Sc les poutres qui fe rencontrent en leur chemin ; ils les percent d’un trou par lequel paiïent les fils d’archal.Pour cela ils ont des vilebrequins Planche XLI, Fig. i , avec des meches Figures 2 Sc 3 , qui doivent avoir depuis neuf pouces de longueur jufqu’à deux pieds & plus, pour percer des murs, des poutres ou des cloifons épafffes ; c’efl: pourquoi il faut avoir de ces me-ehes femblables à celles des Marbriers pour percer les pierres, Sc d’autres comme celles des Menuifiers pour percer le bois.
- Ils ont encore des broches Figure 4 , dont le bout efl acéré ; les unes font d’un pied de longueur , d’autres de deux ou plus ; elles font quelquèfois utiles pour percer plus promptement les trous lorfqu’il fe rencontre dans l’intérieur des'murs des gravois ou desplatras que la broche peut entamer. On foude à ces broches en a un talon qui donne la facilité de les retirer, lorfo qu’à coups.de marteau on les a fait entrer à force. On peut en avoir quelques-unes aflezw déliées où il y ait un œil vers b pour fervir à paffer le fil de fer dans les trous, lorfqu’ils font ouverts. Quelquefois on fe contento de faire pafler avec l’aiguille une ficelle dans le trou, & y ayant attaché le fil de fer , elle fert à l’introduire. On doit avoir encore de fortes tricoifes Fig ure y , pour arracher les broches des "renvois qui feroient mal placés ; il efl: bon d’en avoir encore dont les mâchoires foient tranchantes pour couper les fils de fer.
- Il efl: utile d’avoir des pinces ou béquettes Figure 6, les unes dont les mâchoires foient rondes pour rouler le fil de fer, d’autres dont les mâchoires foient quarrées pour faifir le fil de fer , Sc le tirer plus commodément qu’avec les mains lorfqu’il réfifte, ou lorfqu’on veut redreifer celui qui fe feroit courbé.
- Les marteaux Figures 7 Sc 8, fervent pour enfoncer les broches Figure
- p.279 - vue 286/398
-
-
-
- 28o art DU SERRURIER.
- 4, & aufli les tiges’des renvois, les crampons, &c ; la petite bigorne Figure p , eft utile pour rouler l’extrémité des gros fils de fer qui fervent à faire des reiïorts qu’on roule ordinairement fur un mandrin qu’on fait tourner avec une manivelle qui fe verra à la Planche XLII. On emploie tout au plus de trois efpeces de renvois; deux même feroient fuffifants. A celui Figure io, le clou A , lorfqu’ii eft enfoncé dans le mur, porte le triangle B CD, qui forme le renvoi parallèlement au plan du mur.
- Le renvoi Figure i r , ne différé du précédent que parce que la branche B eft un peu plus longue que les autres ; c’eft à cette branche qu’on attache le cordon pour que l’appliquant à un plus long bras de levier , on ait plus de facilité à tirer la fonnette.
- La Figure 12 repréfente le clou A des Figures 10 & n qu’on enfonce dans le mur ou le bois. On ne le fait jamais à fcellement, parce qu’ils tiennent affez bien dans le plâtre , & encore mieux dans le bois ; & fi l’on avoit à le fixer dans du mortier on enfonceroit dans le trou une greffe cheville de bois dans laquelle on feroit un trou pour recevoir la pointe a du clou ; la partiel eft arrondie pour recevoir l’œil c des triangles B C D ( Figures 10 & 11 ) ; on met par-deffus la rondelle c, fur laquelle on rive l’extrémité de la partie arrondie b.
- Quand le-clou A du renvoi Figure 13 eft enfoncé dans le mur , le triangle B C D eft dans une pofition perpendiculaire au mur ; pour produire cet effet, on ménage au clou A , une tige ou mamelon en C qui entre dans le trou b du triangle & dans la rondelle, le tout étant retenu par la rivure du mamelon ; on apperçoit que le mouvement du triangle doit être parallèle à la tige du clou. Ces fortes de renvois fe mettent dans les angles , oulorfque les fils d’archal doivent faire un retour d’équerre. _
- A l’égard des fonnettes, on les montoit autrefois dans de petites hures de bois a ( Figure 14) , foutenues par des tourillons b b, qui entroient dans de longs pitons c c qu’on enfonçoit dans la muraille ; un de c es pitons eft repréfenté féparément Figure ij. On voit en f ( Figure 14), un contre-poids qui fervoit à remettrerla fonnette dans fa pofition ; car par fon poids feul elle n’auroit pas pu vaincre le frottement de tous les renvois ; maintenant on fufpend prefque toutes les fonnettes à un reffort à boudin g ( Figures 16, 18 & 19); & pour vaincre le frottement des renvois, on emploie un autre reffort à boudin h ( Figures 18 & 19 ) qui tire le fil d’archal i qu’on a joint à celui de la fonnette en k : on diipofe ces refforts de rappel de bien des façons différentes fuivant que la place l’exige, ce qu’on peut imaginer aifément, & iis produifent toujours un très-bon effet ; lorfque les fils d’archal font fort longs pour aller d’un renvoi à un autre , on les fait paffer dans de petits crampons/( Figures 16 & 18 ), qui leur fervent decon-duéleurs : on voit un de ces crampons féparé Figure 17.
- Pour
- p.280 - vue 287/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 281
- Pour prendre une idée du jeu des renvois, il faut jetter les yeux fur la Figure 16, Sc l’on concevra qu’en tirant le cordon f, on fera jouer les renvois a b c d e , leur jeu étant exprimé par des lignes ponéluées ; il eft évident qu'en abaiffant le cordon f on fera mouvoir la fonnette A; avec un peu de réflexion, on ne fera pas embarraflé de pofer les renvois dans le fens qui leur convient, d’autant qu’en les préfentant à la place avant que de les attacher, on pourra les tourner en différents fens jufqu’à ce qu’on ait trouvé la pofition qui leur convient. Pour empêcher que par la tirée des reflorts de rappel dont nous avons parlé, les renvois ne fe renverfent, on met du côté où ils ne doivent point agir, une cheville de fer marquée i i ( Figure 16 ), fur laquelle une des branches du renvoi s’appuie quand on a lâché le cordon. On acheté le fil de fer par paquets roulés en écheveau. On doit commencer par le recuire dans un four ou dans de la braife, Sc prendre garde de le brûler ; "enfuite pour le redreffer, le Pofeur en attache un bout à un clou, & prenant dans fa main un morceau de cuir, il recule en ferrant fortement le fil dans ce cuir, ce qui ' fuffit pour le redreffer.
- Comme ce font les Pofeurs qui fourniffent le fil de fer , iis le prennent fouvent trop menu, afin qu’il leur en coûte moins, & parce qu’ils l’emploient plus aifément ; mais auffi il en dure moins.
- Les branches B C D des renvois Figures 10 & 15, font tantôt de fer, Sc le plus fouvent de cuivre fondu, elles ont environ 2 pouces & demi de longueur. La broche ou le clou A des Figures 10 Sc ir, a quatre ou cinq pouces de longueur , Sc celle du renvoi Figure 13 , fix à fept pouces fur cinq à fix lignes de gros auprès de la rivure.
- Les Serruriers pofent aufli des renvois pour ouvrir les ferrures à reffort des portes cocheres ; mais- comme la méchanique eft la même que pour les fonnettes , à cela près que les renvois font plus forts , Sc le fil d’archal plus gros,nous n’avons rien àajouterà ce que nous avons dit. Un des articles le pluy difficile du Pofeur de fonnettes , eft de lavoir s’échafauder ; c’eft prefque toujours avec des échelles ou des échafauds très-légers qu’ils établiffent fur les appuis des croifées d’une façon fouvent très-hardie. Car comme on les paie à tant le cordon, ils évitent, autant qu’ils le peuvent, des échafaudages qui leur coûteroient trop.
- Article IL
- ' * x
- De la Ferrure des Perjïennes.
- \
- /
- Tout le monde fait qu’en été pour fe ménager de l’air dans les appartements, Sc en même temps un jour doux qui ne foit pas éblouiffant comme eft la lumière direéle du foleil, on a imaginé de fubftituer aux contrevents ce qu’on nomme des Perjïennes , Figure 20. C’eft un bâti de menuiferie A B C D , garni de gonds ou de couplets en EFG, qui permettent de fou-Serrurier. ' Bfc>bb
- p.281 - vue 288/398
-
-
-
- I
- 282 ART DU SERRURIER.
- vrir 8c de le fermer , comme les contrevents ordinaires ; au montant oppo-fé CD , on met une elpagnolette ou des verroux à r effort HI, pour pou voir 4e tenir fermé quand on le juge à propos.
- Dans l’épaiffeur des montants AB 8c C D, on met de petites planches minces portant à chacun de leurs bouts un petit tourillon de fer qui entre dans des trous pratiqués dans l’épaiffeur & à la face intérieure M des montants AB 8c CD, de forte que chacune de ces petites planches K K peut tourner fur les tourillons , & être placée comme on le juge à propos , ou de façon que la largeur des planches foit dans une fituation verticale ou dans une fituation horizontale ; fi on les place dans une fituation verticale, comme elles fe recouvrent les unes les autres , ainfi que le pureau des ardoifes , la Perfienne fait l’effet d’un contrevent ordinaire, le paflage de l’air 8c celui de la lumière font interceptés ; mais fi l’on met le plan de toutes les petites planches dans une pofition horizontale , comme elles ne préfentent que leur épaiffeur qui eft peu confidérable, l’air & la lumière peuvent paffer librement, de forte qu’en inclinant plus ou moins toutes ces petites planches, on » fe donne autant d’air & de jour, qu’on le juge convenable; mais il eft fen-fible qu’on ne pourroit pas jouir de cet avantage s’il falloir porter fucceftî-vement la main à toutes ces planchettes pour changer leur inclinaifon. Les Serruriers font parvenus à faire enforte qu’on pût faire mouvoir , toutes à la fois , toutes ces planches avec beaucoup de facilité ; pour cela ils prennent une tringle de fer quarrée & menue L L ( Figures 20 & 2 1 ) , ils y ajuftent à la hauteur de la main une poignée Q, 8c dans toute la longueur de cette tringle autant de petits pitons N, qu’il y a de planches ; ils ajuftent au bord de chaque planche une petite piece coudée P ( Figure 21), qui fe termine à un de fes bouts par une patte o qu’on attache fur chaque planche, & à l’autre bout par un petit tourillon qui entre à l’aife dans les trous des pièces N; une de ces petites S s’attache fur les planches d’un côté de la tringle L L ; celle qui eft en-deffus s’attache de l’autre côté, & ainfi alternativement tout du long de la tringle L L, comme on le voit Figure 20. Maintenant il eft clair qu’en hauffant le bouton ou la poignée Q, on éleve le devant de toutes les petites planches d’une même quantité, 8c dans le même inftant, ce qu’il falloit faire.
- Article III.
- Des Stores pour les Croifées cT Appartements.
- Nous avons déjà parlé , à l’occafion de la ferrure des équipages, des petits flores qu’on met aux portières des carroffes, & ce que nous en avons dit, a dû donner une idée de la difpofition des reflhrtsà boudin , dans ces petites machines qui font d’une grande commodité dans plufieurs circonftances.
- /
- p.282 - vue 289/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 383
- Mais cela ne doit pas nous difpenfer de parler des grande flores d’appartement dont les refforts étant faits avec de gros fil de fer exigent, pour les plier , des précautions dont on eft difpenfé lorfqu’on fait les flores des voitures dont nous avons parlé.
- Ces grands flores Flanche XLI1, Figure 1, font formés, 1°, d’une broche de fer A B qui fe prolonge dans toute la longueur du flore ; du côté de A , il y a un anneau ou œil qui entre dans un crochet ou petit gond qui fert à l’attacher dans le tableau de la croifée ; on pourroit percer le bout B d’un autre œil pour fixer la broche à un piton au moyen d’une goupille; car la broche AB ne doit point tourner, elle doit être fixe ; l’extérieur du flore eft formé par un tuyau de fer blanc CD EF, qui a environ 2 pouces & demi à 3 pouces de diamètre.
- Les deux bouts de ce tuyau font fermés par deux tampons de bois G H qui font attachés au tuyau de fer blanc par des pointes qu’on voit à la Figure 2 en CD E F, & ces tampons font percés dans leur milieu d’un trou dans lequel pafle librement la broche AB, de forte que cette broche forme un. efiîeu fur lequel tournent les tampons & le tuyau de fer blanc.
- Si l’on avoit de gros fil de fer affez long pour faire le reffort à boudin d’une feule piece depuis G jufqu’en H, il fuffiroit d’attacher un des bouts I ( Figure 1) de ce reffort au tampon G, ce qu’on fait en recourbant le bout du fiide fer pour l’engager dans un trou pratiqué à la circonférence du tampon G ; & afin que ce reffort foit bandé lorfqu’on tournera le canon de fer blanc CD E F, ainfi que le tampon G, l’autre extrémité K du fil de fer eft fermement attachée à la broche AB, qui, comme nous l’avons dit,ne doit point tourner ; pour cela on met un morceau de bois K qu’on attache à la broche de fer par une goupille qui traverfe & le morceau de bois & la broche de fer, & on arrête le bout du fil de fer dans ce morceau de bois qui ne doit point tourner non plus que la broche AB laquelle il eft attaché très-fermement.
- Il eft évident que le bout K du reffort à boudin ne pouvant pas tourner, 8c le bout 1 du même reffort étant emporté par le tuyau, on bandera le reffort à boudin en faifant tourner le tuyau CD EF \ & le refîort voulant fe rétablir dans fon premier état, fera tourner le tuyau en fens contraire lor£ qu’on le laiffera en liberté.
- On attache bien fermement le bout d’une piece de coutil fur le tuyau de fer blanc , enfuite on roule toute la longueur de ce coutil fur ce même tuyau , & on coud en bas une réglé de bois L M ponéluée, à laquelle il y a un cordon N O P.
- On attache avec des crochets ou petits gonds, au haut de la croifée 9 la broche A B , de forte quelle ne puiffe point tourner.
- Il eft évident qu’en tirant en enbas la réglé L M, qui tient au bout de la piece de coutil, on déroulera le coutil de deffus le tuyau de fer blanc qui
- p.283 - vue 290/398
-
-
-
- 284 art du serrurier.
- tournera en bandant le reflort à boudin, d’autant plus qu'on fera faire plus de révolutions au tuyau; & le reflort tendant à fe rétablir dans fon premier état fera tourner enfens contraire le tuyau de fer blanc , quand en lâchant le .cordon N O P , le coutil fe roulera fur le tuyau & remontera vers le haut delàcroifée. Voilà enquoi confifle la méchanique des flores; mais il nous refte quelque chofeà dire fur la façomde les faire.
- Pour rouler promptement le fil de fer qui efl gros comme le tuyau d’une plume de bout d’aile , & qui n’eft point recuit, on a un cylindre de bois A( Figure y), retenu par deux poupées'verticales femblables à B , & qui porte à un de fes bouts une manivelle CD ; on pafle un bout du fil de fer dans un trou qui craverfe le cylindre de bois, 8c pendant qu’un garçon v tourne la manivelle, un Compagnon tient le fil de fer enveloppé dans fon tablier ; & en tirant de toute fa forcex, il albin que toutes les révolutions fe touchent bien exaélement, comme on le voit Figure 3 ; de cette façon le reflort à boudin efl fait très-promptement ; comme le fil de fer n’eft pas recuit, il fe déroule un peu quand on cefîe de tirer le bout du fil de fer, ce qui donne la liberté de l’ôter aifément de defliis le rouleau de bois A ( Figure 5 ) : c’eft de cette façon que les Pofeurs de fonnettes font les reflorts de rappel dont nous avons parlé plus haut.
- Nous avons déjà dit qu’il n’étoit pas poflîble de tourner de gros fils de fer qui fuflent aflez longs pour faire un reflort de toute la longueur du flore. Voici comme les Serruriers fe tirent de ce petit embarras*
- Ils font un nombre de bouts de reflorts tels que Figure 3 , ou RS Tg Fig ure 1 , & ils les joignent les uns aux autres par des bouts de cylindres de bois Figure 4 ; ils font percés dans leur axe, & la broche A B les traverfe à l’aife.; les bouts de fil de fer qui forment chaque portion de reflort, font attachés à ces cylindres , comme on le voit en Y ( Figure 1 ) j il n’y a que le dernier bout qui efl attaché au morceau de bois K fermement aflii-jetti à la broche A B ; mais il faut avoir l’attention de mettre toujours les bouts de reflorts les plus longs du côté ou efl l’œil de la broche, comme on le voit dans la figure ; de cette façon le reflort à boudin efl prefque aufll bien étant formé de quatre pièces que s’il l’étoit d’une feule.
- .Article IV. i
- Des Ornements quon fait aux dépens du Per.
- Nous avons fuffilàmment expliqué à l’occafion des grilles ornées, comment on releve des ornements fur le tas & fur le plomb , ce qui tient à la façon d’emboiitir & de retraindre les métaux dont on parlera expreflement & très en détail lorfqu’il s’agira de l’Art du Chauderonnier. Nous avons de plus annoncé qu’on faifoit des ornements en relief fur le fer , 8c que cette
- opération
- /
- p.284 - vue 291/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 28;
- opération tenoit à l’Art du Cifeleur ; que ces ouvrages faits fur le fer étant *-fort chers , on prenoit ordinairement le parti de le*s faire en fonte de cuivre qui ont le feul inconvénient d’être expofés à être brifés & volés.
- Cependant comme les Serruriers font des ouvrages en fer qui font pris dans la piece , revenant à ce que les Menuifiers appelle Elégis, il eft bon de dire quelque chofe fur la façon de les travailler. Je prends pour exemple une
- boucle ou heurtoir de porte cochere.
- Pour faire les boucles de porte Figures 6 & 7 * on choifit le ferle plus doux & le mieux corroyé. On le forge d’épaifleur , & le plus approchant qu’il eft poffible du contour qu’on veut donner à la boucle ; on perfectionne ce contour avec la lime, ayant collé fur le fer un papier qui porte le
- deffein.
- On perce avec le foret quantité de trous aux endroits où1 doivent être les ajours a a; on emporte , avec le cifeau & le burin , le fer qui refte entre les trous du foret, & on perfectionne les ajours avec des limes de différentes groffeurs & figures, pour rendre les pièces comme on les voit Figures 8 8c y; il s’agit enfuite de former les reliefs tels qu’on les voit aux Figures 6 & 7 , c’eft alors un travail de Sculpteur & de Cifeleur qu’on exécute avec des ci-féaux, des gouges, des grains d’orge, des burins faits avec d’excellent acier, 8c auxquels on donne la meilleure trempe : ces outils font ordinairement faits avec de vieilles limes qu’on a trouvé très-bonnes. On pointillé & on martelé les fonds avec des poinçons ; on fouille certains endroits avec des forets de différente groffeur, ou des boutons d’acier taillés en limes qu’on fait tourner à l’archet comme des forets. On fe fert aufîi de fraifes & de limes auxquelles on donne différentes formes fuivant les endroits où il faut qu’elles travaillent. On finit le tout avec des cifelets & des mattoirs, & on polit les endroits qui doivent l’être avec des pierres à l’huile taillées de différente façon, ou avec de l’émeri & de l’huile qu’on porte dans les creux avec un morceau de bois appointi ; on rend certaines parties très-brillantes en les fourbiflànt avec des bruniffoirs. Enfin on travaille quelquefois à part certaines parties, comme l’éculfon de la Figure 6, 8c on les attache à la place où elles doivent être avec des rivures. On voit que ces ouvrages qui exigent beaucoup d’adreffe, emploient beaucoup de temps & donnent bien de la peine. C’eft ce qui engage à fubftituer dans beaucoup de circonftances la fonte de cuivre au fer. Si l’on avoit des rofettes ou d’autres ornements à faire qui feroient des répétitions d’un même modèle, on pourroit les ébaucher avec une étampe qui feroit un poinçon d’acier portant en creux l'ornement qu’on veut faire en relief.
- Les anneaux des clefs Figures 10 8c ri , fe font, comme nous venons de l’expliquer; mais fi l’on en avoit un grand nombre à faire d’une même forme , on pourroit les étamper à froid avec un coin Éc un balancier , comme t Serrurier. ' Cccc
- p.285 - vue 292/398
-
-
-
- 286 ART DU SERRURIER.
- on fait les clefs de montres en Angleterre.
- A l’égard des pièces Figures 12 & 13 , les parties a a fe font fur le tour, & celles b b avec la lime.
- Les Serruriers, fur-tout ceux qui font de beaux ouvrages, font un grand ufage du tour; cependant nous nousabftiendrons d’en parler en détail, parce que l’Art du Tourneur fera traité à part.
- Quelques Serruriers font parvenus à relever très-proprement des moulures délicates fur des parties droites au moyen de rabots peu différents de ceux des Ebéniftes} & dans des parties creufes , ils ont monté fur un fut fem b labié à un bouvet des limes de différentes formes ; & c’eft là le cas ou des
- Ouvriers induftrieux imaginent & font eux-mêmes des outils qui accélèrent l’ouvrage ou le rendent plus parfait.
- J’ai amplement détaillé comment on faifoit des moulures avec letampe ; mais on a quelquefois des appuis de rampe qui font de fi fortes proportions qu’il ne feroit pas poffible de les étamper d’un feul coup; alors les Serruriers les font de plufieurs parties étampées chacune en particulier qu’ils af-femblent les unes avec les autres fi parfaitement qu’elles femblent ne faire qu’un feul morceau : la plate-bande de la rampe de la Compagnie des Indes peut être citée pour exemple j la partie A ( Figure 14 ) eft forgée à part, on étampe léparément les parties B B & C C , enfuite la partie D , & on joint toutes ces pièces avec des rivures prifonnieres ou encore mieux des vis.
- Article V.
- Evaluation du poids des Fers.
- Il eft toujours avantageux aux Serruriers de connoître à quoi fe monte le poids des fers qui doivent entrer dans un ouvrage qu’ils font fur le point d exécuter, non-feulement pour lavoir fur quel pied ils peuvent l’entreprendre , mais encore pour s’approvifionner de la quantité de fer dont ils auront befoin. Ces connoiffànces font encore utiles à ceux qui veulent faire exécuter un ouvrage de Serrurerie, foit pour faire leurs conventions avec les Serruriers, foit pour ne fe point engager au hafard dans des entreprifes trop difpendieufes. Suppofo donc qu’on ait une grille à faire, 8c qu’on foit convenu avec le Serrurier qu’on la lui payera à tant le cent, on defire lavoir à l’avance combien les fers des grolfeurs portées dans le devis doivent pefer. Il eft certain que tous les fers ne font pas, à volume égal, exactement de même poids ; le fer de gueufo eft plus léger que le fer forgé , d’où l’on peut conclure que le fer fera d’autant plus pèfirnt qu’il aura été plus épuré de laitier, 8c plus exactement corroyé. Cependant il eft d’expérience qu’on peut évaluer le poids du bon fer forgé entre 572 & £76 livres le pied cube ; il fuit delà qu’en fe donnant la peine de réduire en pieds cubes tous les fers de diffé-
- p.286 - vue 293/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER. 287
- rents échantillons, on parviendra à connoître le poids du fer qui entrera dans un ouvrage ; mais les Architectes ont befbin de moyens plus expéditifs, Sc ils en ont à choifir. Car indépendamment des tables calculées qu'on trouve dans plusieurs ouvrages d'architeélure-'pratique , fâchant qu'un barreau d'un pouce en quarré & d'un pied de longueur, pefe quatre livres, on en conclut qu'un barreau quarré ou méplat qui auroit 36 lignes quarrées de bafe, & un pied de longueur, peferoit une livre ; Sc par une opération très-fimple, il eft aifé de connoître le poids des fers de toutes fortes de dimenfîons*
- Pour cela on multiplie le nombre de lignes contenues dans chaque côté d'une barre de fer, l'une par l’autre , pour connoître fa bafe en lignes quarrées. Enfuite on divife le produit de cette multiplication par 3 6 -, Sc comme l'on fait que 3 6 barres d'une ligne de côté & d'un pied de longueur pefent une livre, il s'enfuit que ce qui vient au quotient exprime la quantité de livres que pefe un pied de longueur du barreau fur lequel on opéré. On multiplie enfuite le poids d'un pied de longueur par le nombre de pieds de la barre entière, & fon poids eft connu.
- EXEMPLE.
- Une barre de quatre pieds de longueur & de douze lignes en quarré, a 144 lignes quarrées de bafe, parce que 12 multiplié par 12 , donne 144 ; en divifant ce produit par 36, il vient 4 au quotient ; ce qui indique qu'un pied de longueur de cette barre pefe 4 livres, Sc que la barre pefe 16 livres.
- M. Antoine, Architeéle , a vérifié que cette méthode eft affez exaéte pour que fur plufieurs milliers de fer , on ne s'écarte du poids réel que de r y à 20 livres.
- La méthode que nous venons d'indiquer convient également aux fers quarrés, Sc aux fers méplats ; & il eft aifé d'en faire l'application aux fers ronds, au moins avec une approximation fuffifànte pour la pratique.
- Pour connoître la folidité d’une tringle ronde en lignes, il faut commencer par en mefurer la circonférence. On pourroit le faire avec un ruban ; mais il vaut mieux la conclure du diamètre ; ainfi fi le diamètre de la tringle eft de douze lignes, on fera cette proportion :
- 7 eft à 22 comme 12 eft à x quatrième terme que l'on cherche ; en multipliant 12 par 22, & en divifant par 7 le produit de cette multiplication , on connoîtra que la circonférence de la tringle eft de 37 lignes Sc f ; il faut enfuite multiplier cette circonférence par la moitié du rayon qui eft trois lignes , Sc il viendra 1x3 lignes quarrées plus y pour la quantité de lignes contenues dans la bafe. Il faudra divifer cette fomme par 36, il viendra au quotient 3 y , ce qui indique qu'une longueur d'un pied de cette tringle pefe 3 livres 2 onces 2 gros y , laquelle fomme on multipliera par la quantité de pieds quelle aura de longueur.
- p.287 - vue 294/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- &83
- Explication des Figures de Ut Planche XLI\ qui repréfente
- le Pofeur de Sonnette. .
- Figure x , un vilebrequin ; Figures 2 &3 , fes meches, entre lefquelies il y en a de fort longues.
- Figure 4 , une broche pour percer les trous ou pour paffer le fil d’archal par les trous qui font faits.
- Figure y, fortes tricoifes ; il en faut de plus petites qui fbient incifives pour couper le fil de fer.
- Figure 6, pinces ou béquettes ; il en faut dont les mordants foient arron-dis y & d’autres quarrés.
- Figures 7 & 8, des marteaux de différentes groffeurs.
- Figure 9 y petite bigorne d’établi ; il en faut de différentes grandeurs ; les pofeurs de fonnettes s’en fervent peu; ils roulent le gros fil de fer,, pour faire les refforts àbondin, fur un cylindre , comme nous le dirons dans la fuite en parlant des flores.
- Figure 10, renvoi dont le mouvement eft parallèle au mur où il eft attaché.
- Figure ri, renvoi pareil, mais dont la branche B eft plus longue que la branche ZX
- Figure 12 repréfente la broche ou le clou de ces renvois ; b eft la partie arrondie de ces clous, fur laquelle tourne le renvoi ; c, la virole fur laquelle on fait la rivure.
- Figure 13 eft un renvoi dont le mouvement eft perpendiculaire au plan du mur fur lequel il eft attaché.
- Figure 14, fonnette montée fur une petite hure de bois ; b A, les tourillons fur lefquels tournent les fonnettes ; c, deux pitons dans lefquels paffent les axes ou -tourillons b : on voit, Figure iy , un de ces pitons feparé ; fzft. un contre-poids pour vaincre les frottements des renvois, & rappeller la fonnette dans là pofition \g y tige de fer où s’attache le fil de fer A, quelquefois cette tige eft fur le côté , ce qui dépend de la direction du fil de fer.
- On voit Figures 16,18 & 19, des fonnettes attachées à l’extrémité des refforts à boudin g ; en k h} Figures 18 & 19, font des refforts à boudin qui rappellent le fil de fer pour vaincre les frottements des renvois. On voit en l ( Figures 16 Sc 18 ) un petit crampon qui fert de conducteur aux fils de fer ; Figure 17, repréfente ce crampon vu féparément.
- Figure 16 yfcordon de fonnette ; abc dey cinq renvois ; leur mouvement eft marqué par des lignes ponctuées ; h, fonnette attachée à un reffort à boudin g ; /, piton ou crampon pour conduire le fil de fer ; i i , broches de fer fur lefquelles s’appuient les renvois quand on lâche le cordon.
- Figure 18 9fle cordon ; a , un renvoi ; /, conducteur du fil d’archal \ g3 la fonnette attachée à un reffort à boudin ; A, reffort à boudin de rappel ; il
- agit
- /
- p.288 - vue 295/398
-
-
-
- ART DU S ERRURIER. 289
- agit fur le fil d'archal i qui eft attaché en k au fil cTarchal qui fait agir la fonnette , au moyen de quoi le relfort de rappel h travaille de concert avec le relîort g pour vaincre les frottements des renvois.
- Figure 19, fie cordon de la fonnette ; a b c, trois renvois s k i k, relfort de rappel; g-,relfort à boudin différemment dilpofé pour fulpendre une fonnette.
- La Figure 20 repréfente le battant d'une Perfienne. A B CD , le bâti de ce battant; EFG, endroits où l'on met les paumelles pour rendre ces battants ouvrants 8c fermants ; HI, renvoi à relfort pour tenir les battants fermés , K K, les planches minces qui font placées entre les montants AB 8c C D ,8c qui portent à leurs deux bouts des petites broches qui entrent dans des trous percés dans les montants pour les recevoir; L L ( Figuré 20 8c 2 r ) , menue tringle de fer quarrée qui porte les pitons NN, dans l'ouverture defquels entre l'extrémité des petites pièces en S marquées P/5 ; l'autre bout de ces mêmes pièces terminé en une efpece de patte o o, fe cloue fur les petites planches, d'où il fuit que quand on leve le bouton , le bout arrondi des petites pièces en S tourne dans les pitons N N, en même temps que ces pièces foulevent le bord de toutes les petites planches K K, tant 8c fi peu que l'on veut : on met la moitié de ces pièces en S à droite, & l’autre moitié à gauche de la barre L L, comme on le voit Figure 20, afin que la tringle foit maintenue dans une pofition convenable.
- Explication des Figures de la Planche XLII, qui repréfente des Stores d’Appartement, ÔG des Ouvrages dont les ornements font
- pris aux dépens du Fer.
- ;
- 4*
- Figure i , un grand flore pour des croifées d'appartement.
- La Figure 2 en eft la coupe, 8c les mêmes pièces font repréfentées par les mêmes lettres. AB, la broche fixe qui eft dans l'axe du flore ; CD E F, le tuyau de fer blanc qui renferme les relforts à boudin, & qui tourne fur fon axe quand on abailfe ou quand on éleve le coutil du flore ; G, tampon de bois qui eft attaché au tuyau de fer blanc par des pointes, comme on le voit Figure 2 ; c'eftà ce tampon que le bout I du relfort à boudin Q eft attaché ; l’autre bout de ce relfort eft attaché en V à un tampon repréfenté à part Fig. 4 , qui tourne librement fur la broche AB ; en F eftaufli attaché un bout du relfort R, l'autre bout eft attaché au tampon X, ainfi qu'un des bouts du relfort R ; l’autre bout eft attaché au tampon Y, ainfi qu'un des bouts du relfort T ; l’autre bout de ce relfort eft attaché au tampon K qui eft fixé par une goupille à la barre A B. Le tampon H eft attaché par des pointes au tuyau D F, ainfi que le tampon G.
- La Figure 3 repréfente un bout de relfort à boudin.
- La Figure y fert à faire appercevoir comment on fait très-promptement Serrurier. D d d d
- p.289 - vue 296/398
-
-
-
- n$o ART DU SERRURIER.
- ces reflorts à boudin, en les roulant fur un cylindre qu'on fait tourner par une manivelle.
- La Figure 6 eft la coupe de la plate-bande de l’efcalier de la Compagnie des Indes ; les.lignes ponctuées font voir le nombre des pièces dont cette plate-bande eft formée. A forme un quarré; B B, deux pièces qui font étam-pées féparément. CCy deux autres pièces auflî étampées féparément ; & toutes ces pièces font fi exaéiement réunies par des vis à la piece Z), qu’elles femblent ne faire qu’un morceau.
- Figure 8 , un morceau de fer ébauché & percé en a cl pour faire la boucle déporté repréfentée Figure 6.
- La Figure^ tü un morceau de fer ébauché pour faire la boucle Figure 7.
- Les Figures 10 Sc 11 font des clefs dont les anneaux font chargés d’ornements qu’on fiippofe avoir été ébauchés à l’étampe ; ce qu’on pourroit faire fi l’on en avoit beaucoup à faire d’une même forte.
- Les Figures 12 & 13 font .des ornements faits furie.tour & à la lime.
- p.290 - vue 297/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER
- 2pt
- E X P L IC A T I O N
- De plujîeurs termes qui font en ufâge dans l'Art du Serrurier.
- A
- •Ac E R a i N. Un fer acèrain eft celui qui participe de l’acier, ôc qui pour cette rai-fon s’endurcit par la trempe. Page y.
- Affinerie. Attelier des groffes forges dans lequel on donne la première préparation au fer de gueufe pour le purifier de ion laitier , rapprocher les parties de fer, ôc les mettre en état d’être forgées, 4.
- Aigre. L g fer aigre eft celui qui fe rompt aîfément à froid.
- Aileron d'une fiche eft la partie d’une fiche qui entre dans le bois comme un tenon dans fa mortaife, 116.
- Alesoir. Outil d’acier trempé qui fert à agrandir ôc à calibrer un trou en le faifant tourner dedans, 36.
- Amorcer. Les Serruriers fe fervent du terme d'amorcer pour fignifier une entaille qu’ils font dans le fer avec une langue de carpe aux endroits qu’ils veulent percer. Voyez Souder à chaud, 16".
- Ancre eft un barreau de fer, quelquefois droit,d’autres fois contourné en S,enLou en A, qu’on place fur un mur auquel on veut faire conferver fon à-plomb : l’ancre eft retenue par une chaîne ou un tirant, 43.
- Archet. C’eft une bande d’acier aux deux bouts de laquelle on attache une corde de boyau , ôc qui porte un manche ; fon ufage le plus commun eft pour faire tourner le foret, 34.
- Arçon. Voyez Archet.
- Armature. On a donné ce nom aux bandes de fer dont on garnit les bornes qui font expofées à être endommagées par les voitures , ainfi que les feuils des portes coche-res , 49.
- Arrêt du pene. C’eft un petit talon qui entre dans les encoches du pêne ; ou quand le pêne porte ce talon, il entre dans une encoche qui eft à une gâchette 3 de quelque façon que ce foit, cet arrêt empêche le pêne de courir, 161.
- Artichauts , forte de chardons qui fe mettent fur despilaftres , des barrières , ôcc. Voyez Chardons.
- Auberon. C’eft un petit morceau de fer en forme de crampon rivé au moraillon qui entre dans une ferrure plate ou en bofte , au travers duquel palfe le pêne pour le fermer,
- 133. "
- Bandage. Lame de fer qu’on met fur les jantes de roue pour les fortifier: on en fait dans
- les forges de différentes largeurs , épaiffeurs ôc longueurs pour fatisfaire aux voitures de différente force, 7.
- Barbes du pêne. On nomme ainfi de petites éminences ou parties en faillie qui font au-deffous du pêne , ôc dans lefquelles doit s’engager le paneton de la clef pour faire avancer ou reculer le pêne , 161.
- Barre de fourneau. Bande de fer plat coudée fuivant la forme des fourneaux , ôc dont les extrémités font fendues à fcelle-ment ; fon ufage eft d’empêcher que les briques ou carreaux qui forment le deffus des fourneaux ne fe détachent, 48.
- Barre de godet ou de garniture. Bande de fer deftinée à fupporter les gouttières en faillie. Elle eft formée d’une bande de fer plat d’une longueur fuffifante terminée par un fcellement ou une potence portant à l’autre bout une gâche de même fer rivée fur la barre, 48.
- Bascule. Levier retenu dans fon milieu par une goupille qui eft rivée fur une platine, ôc qui porte à fes deux bouts deux verges de fer. Ces deux verges répondent par en haut Ôc par en bas à deux verroux ; ôc quand , au moyen d’un bouton, on hauffe ou quand on baiffe un des bouts du levier , les deux ver-roux s’ouvrent ou fe ferment à la fois, 3 ôc 1<5y.
- Bâtarde. On appelle Lime bâtarde celle qui tient le milieu entre les limes rudes ôcles limes fines, 26.
- Bateau. Les Menuifiers en voitures appellent Brancard en bateau une traverfe fous laquelle font les foupentes des berlines , ôc qui releve par les deux bouts, 265.
- Battant d'un loquet, eft un morceau de fer attaché par un bout à la porte au moyen d’un clou, ôc qui par l’autre bout s’engage dans un mentonnet. Lorfque la porte eft fermée , il faut le foule ver pour ouvrir la porte, 13?. On dit aufti Clïnche.
- Bec-d’ane. Cifeau plus épais que large dont on fe fert pour ouvrir les mortaifes. Il faut que le taillant du bec-d’âne foit de la largeur que doit avoir la mortaife , iqy. *
- . Bec de canne. Ce font de petites ferrures dont le pêne à demi-tour eft taillé en chanfrein pour que la porte fe ferme en la pouffant. On donne particuliérement ce nom à de petites ferrures qui n’ont point de clefs, ôc qui s’ouvrent avec un bouton , 140.
- Becquettes. Ce font de petites pinces qui fervent pour contourner les petits fers dans
- p.291 - vue 298/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- les garnitures. Il y en a de plates, & d’autres dont les mordants font arrondis, page io.
- Besnarde , ferrure befnarde. On nomme ainfi celles qui peuvent s’ouvrir avec la clef, foit qu’on’foit en dedans, foit qu’on foit en dehors de la chambre. La plupart de ces ferrures n’ont point de broche, 164.
- Bigorne. On nomme ainfi des pointes qui terminent les deux bouts des enclumes. Ces pointes font ou quarrées ou rondes. On dit aflfez volontiers une bigorne pour fignifier une enclume à bigorne, 9.
- Bigorneau. Sorte de petite enclume à bigorne, ibid.
- Bigorner. C’eft forger un morceau de fer •'ôc l’arrondir en forme d’anneau fur la pointe de l’enclume appeilée Bigorne, pag. 9 & 10 ,
- Blanchi. Voyez Poujfé.
- Boîte eft la partie d’une fiche dans laquelle entre la cheville qui tient lieu du mamelon d’un gond, 116.
- Borax. Sel qu’on apporte des grandes Indes : il eft pour la plus grande partie formé d’un fel alkali de la nature de la bafe du fel marin ; mais il contient aufii un fel moyen d’une efpece particulière ôc acidulé auquel on a donné le nom de Sel Sédatif. Le borax a la propriété de fe vitrifier aifément ôc d’aider la fufion des métaux , 20.
- Boules. Les Serruriers nomment ainfi des groffes graines ou fpheres percées qui font traverfées par une rivure & placées entre deux pièces d’ornement pour détacher leur contour, 80.
- Boulons. Le boulon n’eft autre chofe -qu’une groffe cheville de fer à très-peu près cylindrique. Quand quelque ouvrage eft retenu avec des boulons , on dit qu’il eft boulonné. Il y a des boulons clavettés , d’autres font rivés ; il y en a même qui font à vis, 17.
- Bourdonniere. La bourdonniere eft aux portes de ferme un arrondiffement qu’on fait au haut du chardonnet ; on retient cette partie arrondie par un cercle ou lien de fer. On fait aufli des bourdonnieresen fer, ôc ce n’eft autre chofe qu’une penture qui entre dans un gond renverfé ,72.
- Bout , clefs à bout. Ce font celles qui ne font point forées , Ôc dont la tige au bout eft terminée par un boulon , 161.
- Bouter, lime à bouter. Ce font de petites limes qui fervent particuliérement à limer les .panetons des clefs ; mais elles ont encore d’autres ufages ,12.
- Bouterolle. ta bouterolle eft une partie de la garniture. La bouterolle de la clef eft une fente qui eft au paneton auprès de la tige. La bouterolle de la ferrure eft une pièce de fer qui doit entrer dans la fente de la clef. Voyez Rouet, 162,
- Braser. C’eft réunir les deux pièces d’un itnoxceau de fer rompu avec du cuivre jaune
- ou de la foudure de Chauderonnier ou de la. foudure d’Orfevre, 18.
- Bride. C’eft une efpece de lien qui fert à fortifier une piece de bois qui menace de s’éclater , 2.
- Briquet. C’eft un petit couplet qui a deux broches , ôc qui ne s’ouvre que d’un côté,
- 117.
- Broche. Chevilles de fer ordinairement menues ôc plus ou moins longues. Elles fervent dans la Serrurerie à plufieurs ufages, Ôc principalement pour retenir ôc affujettir plufieurs pièces les unes avec les autres, 3.
- Brunissoir : morceau d’acier trempé fort dur ôc poli : on s’en fert pour fourbir ou bril-lanter le fer poli. Ce qu’on nomme Riflard eft un bruniflbir, 27.
- Burin. Efpece de cifeau qui fe termine en pointe ou comme un bec-d’âne étroit, mais qui eft allez dur pour entamer le fer, 28.
- C
- Cadenas. On nomme ainfi des efpeces de ferrures qui ne tiennent point à la porte ou au coffre qu’on veut tenir fermés : les cadenas ont une anfe qu’on palfe dans un rno-raiilon ; Ôc quand les bouts de cette anfe font dans le cadenas, un pêne l’empêche de les en tirer quand on n’a pas la clef qui fert à l’ouvrir ,216.
- Calibre. C’eft tantôt une broche de fer » tantôt un trou dont on fe fert pour vérifier fi plufieurs trous font d’une même ouverture, ou fi plufieurs broches font d’une même grof-feur. Voyez Calibrer* 28 & 22 J.
- Calibrer. C’eft mettre un trou à un diamètre convenable, ce qui fe fait avec un ale-foir ; on calibre aufii un barreau de fer en le limant ou en le tournant jufqu’à ce qu’il foit à la groffeur qui convient. Omcalibre les vis avant que de les paffer à la filiere, 28 & 225*.
- Canon. On nomme le canon d’une ferrure à broche une efpece de tuyau dans lequel entre la tige de la clef, ôc qui fert à la conduire ; ordinairement on ne met point de bouterolle à ces fortes de ferrures, 165.
- Carrillon. On nomme ainfi de petits fers quarrés. Il y en a de différentes groffeurs Ôc de différentes qualités de fer: paffé neuf lignes , on ne leur donne plus ce nom, on les appellejfirx quarrés, 6 & 28. Il vaut mieux dire quarrillon.
- Cendreux. Un fer cendreux eft celui qui étant poli paroît piqué de petits points, y.
- Cerise. Chauffer couleur de cerife , eft conduire la chaude jufqu’à ce que le fer ait pris une couleur rouge que l’on compare à celle des cerifes, iy.
- Chaîne fignifie proprement un affembla-ge de plufieurs maillons; mais en Serrurerie , on nomme de plus chaîne pour les gros fers de bâtiments des bandes de fer qui traverfent le bâtiment ôc aboutiffent à des ancres. Il f en a de mouflées ôc de non mouflées, 4 J•
- Chair.
- (
- p.292 - vue 299/398
-
-
-
- Art du se
- Chair. Quand en rompant un barreau de fer j il y a des flocons qui fe tirent, ôc qui ne fe rompent que difficilement , les Ouvriers difent qu’i/ a de la chair ,'page y.
- Charbon. Les Serruriers emploient du charbon de bois , & ils eftiment celui qui eft fait avec du jeune chêne ôc cuit depuis deux ans. Ils emploient aufli du charbon foflile qu’ on nomme Charbon de terre. Les endroits d’où l’on en tire le plus, font la Fofle en Auvergne, Brafîac près Briüude , Saint-Etienne-en-Forez, le Nivernais, la Bourgogne,Con-ccurfon en Anjou , les environs de Mézieres Ôc de Charlevillé ; ôc des Pays Etrangers , le Haynaut, le pays de Liege ôc l’Angleterre. Celui-ci eft le meilleur.
- Chardonnet* On nomme ainfi un fort montant de bois qu’on met aux portes des fermes du côté des gonds. Il porte en bas le pivot qui roule dans une crapaudine*, ôc en haut il eft taillé en cylindre pour qu’il puiffe entrer dans une bourdonniere, 110.
- Chardons. Ce font des ouvrages de fer terminés par un grand nombre de pointes qui fe présentent en tous fens pour empêcher qu’on ne pafle à côté des grilles.
- Charnière. Une charnière eft compofée de nœuds ou charnons enfilés d’une broche rivée ôc garnie d’ailes comme les fiches,né.
- Charnons. On nomme ainfi les petits anneaux dans lefquels entrent une goupille, Ôc qui par leur réunion forment une charnière. Une partie des charnons eft attachée au couvercle d’une boîte, ôc les autres au corps de la boîte , ibid.
- Chasse. Une chafle eft un morceau de fer ou d’acier qui eft différemment contourné ôc qui fert à river ou refouler le fer dans les endroits où le marteau ne peut atteindre. Ainfi on place la chafle fur le fer qu’on veut river, ôc on frappe fur l’autre extrémité de la chafle, dans ce fens c eft une efpece de re-fouloir. Beaucoup de chaffes ont aflfezla figure d’un marteau ; mais on donne à la panne différentes figures comme en bifeau , en taillant, ôcc. 11.
- ‘Chaüde. Les Serruriers difent donner une bonne chaude ou une chaude fuante, ou une petite chaude, pour exprimer les différents degrés de chaleur qu’ils donnent à leur fer , 2 & 1 $*•
- Chauffer. Les Serruriers fe fervent de ce terme pour fignifier qu’ils mettent leur fer à la forge pour lui faire prendre le degré de chaleur convenable pour le fouder, le plier ou le forger. On dit chauffer blanc ôc chauffer couleur de cerife. Le fer prend à la forge d’abord une Couleur rouge ôc vive, alors on dit qu’il eft couleur de cerife ; en fuite ce rouge s’éclaircit ôc il pafle au blanc, alors il eft prêt à fondre. Voyez Chaude} y & iy.
- Cherche-pointe, efpece de poinçon qui a au bout oppofé à fa pointe un talon pour ai-
- Serrurier.
- R RU R 1ER,
- der à la retirer du trou, quâùd où Pa enfoncée à force ; il y en a de droites ôc d’autres un peu courbes. Son ufage eft de chercher le trou des ailes des fiches pour les pointer ou les arrêter par des pointes , 146.
- GhevetRE. Voyez Enchevêtrure.
- Chevillette. C’eft une petite broche de fer à peu près femblable à un clou qui n’au-roit pas de tête , 47.
- Cisailles,grands cifeaüx qui ont les lames courtes ôc les branches fort longues pour former un levier qui donne de la force à l’Ouvrier pour couper les métaux , 29.
- Ciseau, inftrument qui fert à couper le fer* Les cifeaux pour couper à chaud font les tranches ; ôc ceux pour couper à froid font le burin, le bec-d’âne & la langue de carpe. Les Ferreurs emploient des cifeaux en bois taillés en bec-d’âne , Ôc cifeau d’entrée , 29.
- Clef, inftrument de fer deftiné à ouvrir Ôc à fermer les ferrures ôc les cadenas. Les clefs font formées d’un anneau qui fert à la faire tourner, ôc d’une tige ordinairement ronde, à l’extrémité de laquelle eft une partie évafée qu’on nomme le Paneton qui eft plus épais à la partie éloignée de la tige ; on la nomme le Mufeau. Le paneton eft refendu , évidé ôc percé , de forte que les gardes puiffent paffer dans les ouvertures; il y a des clefs dont les tiges font percées, on les nomme forées ; d’autres ont la tige pleine, on les nomme à bout , 221.
- Clinche. C’eft un morceau de fer qui fert à foulever un loquet. Voyez Battant de loquet, & 13 ÿ.
- Cloison d’une ferrure. Voyez Paldtre.
- Cloutiere. Voyez Clouyere,
- Clouyere. C’eft un morceau de fer percé pour recevoir la tige d’un clou ; Ôc l’on forge la tête fur le haut dé là clouyere, qui à cet égard fait l’ofiîce d’enclume, ii.
- Coin de reffort. C’eft un aflemblage de plufieurs feuilles d’acier qui toutes enfemble forment un reffort pour une voiture , 26$.
- Colcotar. Tête morte de la diftillation du nitre avec le vitriol de Mars. Cette tête morte qui eft rouge , étant broyée très-fin peut fervir à polir les métaux , 2$,
- Conassierë ou rofe de gouvernail,quelques-uns difent Canaffiere \ c’eft à proprement parler une penture qui s’attache fur le gouvernail , dans laquelle entre le gond ou croc qui eft attaché fur l’étambot > Ôc lé corps du vaiffeau, y 5.
- Contre-c<eur. Les barres de contre-cœu* font deftinées à empêcher qù’ônne rompe, en jettant le bois , le contre-cœur qui eft dé fer fondu , ôc qui fe caflfe aifément quand il eft chaud , 49.
- Coq. Le coq en Serrurerie comme en Horlogerie, eft une efpece de crampon qui fert à attacher quelques pièces, les unes mobiles,les autres fixes, 166,
- E e e e
- p.293 - vue 300/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- z$> 4
- Corbeau, en termes d’architeêlure, eft une pierre ou un bout de foliveau. En termes de Serrurerie, c’eft un gros barreau de fer quar-ré qu’on fcelle dans les murs, ôc qui fait faillie fur le vif du mur pour foutenir une fa-bliere ou même une groffe piece de bois , fag. 48 &
- Cordeliere , loquet à la cor délier e ; ces loquets s’ouvrent au moyen d’une efpece de clef avec laquelle on fouieve le battanf.ilsfont principalement d’ufagedans les cloîtres, 138.
- Cornette. C’eft un fer méplat qui fert à défendre des eilieux les encoignures des bâtiments, 7.
- Corps de pene. Voyez Pêne.
- Corrompre le fer. On appelle corrompre le fer , changer fa forme en le refoulant, en repliant les parties les unes furies autres comme en zigzag. Cette opération le rend plus caf-fant, au lieu que quand on le forge en long, ou en terme de Serrurier , quand on l’étire, on le rend de meilleure qualité, 4.
- Corroyer le fer, c’eft le battre à chaud quand il fort de la forge,l’étendre,le plier plu-fieurs fois fous le marteau, ôc en quelque façon le pétrir pour le .purifier ôc le rendre de meilleure qualité, 23.
- Coste de vache, c’eft une efpece de fer en verge, refendue par les couteaux ou efpatars des fenderies; il eft rude , quarré , malfait, de plufieurs groffeurs, ôc fe vend lié en bottes , 6 & 4 6.
- Coulé, fer coulé \ ce fer méplat fe vend en paquet, ôc ne paroît pas avoir été forgé ; cependant il eft très-doux.
- Couleur-d’eau. Quand on recuit le fer &1 ’acier poli, il devient d’un beau bleu, puis il prend une couleur brune; & quand on le fourbit avec la pierre de fanguine,cette couleur qui devient brillante s’appelle couleur de au ,27., .
- Couplet , forte de petite charnière dont on fait ufage pour des ouvrages de Serrurerie légers, 3.
- Courbes; ce font, en terme de Marine, de grandes ^ .équerres qui fervent à joindre les baux aux membres du vaiftfeau. On diftingue les courbes de faux-pont ou de pont, ou des gaillards. Les courbes de jottereaux fe po-fent en dehors du vaiftfeau , ôc fervent à lier l’éperon avec le corps du vaiftfeau , 49.
- Course du pene ; c’eft le chemin que la clef fait parcourir au pêne foit pour le faire rentrer dans la ferrure , foit pour l’en faire fortir, 163. v.
- Courson. On donne ce nom à un fer de Berry, très-doux; fa forme eft une maftfe à pans irréguliers.
- Couverture. La couverture d’une ferrure eft une plaque de tôle qu’on place parallèlement au paiâtre , ôc qui cache toutes les parties de l’intérieur d’une ferrure. Plufieurs garnitures font attachées à la couverture, 153.
- Crampon. C’eft un morceau de fer replié par les deux bouts; s’ils s’attachent à dubois, ils fe terminent en pointe ; s’ils s’attachent à un mur, les deux branches fe terminent par un fcellement. Il y a de petits crampons qu’on appelle Cramponnets ou Picolets, 47.
- Cramponnet , forte de petit crampon. Quand on fe fert de ce terme à l’égard d’une ferrure, il eft fynonyme avec picolet. Voyez Picolet, 140 & 170.
- Crapaudine, morceau de fer ou d’acier au milieu duquel il y a un trou qui reçoit l’extrémité d’un pivot qui fupporte ou une porte ou un contrevent : fouvent ils fe mettent à bas dans un dé de pierre de taille ; il y en a aufti à queue qui s’attachent ou au chambranle ou dans l’embrafure ; fuivant ces circonftances on fait les queues ou à fcellement ou à pointe , 72 & 111.
- Cre&aillere. Garniture de fer qu’on met en travers derrière les portes cocheres, & qui fert à leur donner telle ouverture qu’on veut par le moyen d’une barre qu’on fait entrer dans leurs divers crans. Ce mot fe dit aufti d’une certaine garde qui eft dans les ferrures , 133.
- Croc. Partie de la ferrure du gouvernail qui eft attachée fur l’étambot, ôc fur le corps du vaiftfeau , Ôc qui entre dans la penture ap-pellée Conajfiere ou rofe qui tient au gouvernail : le croc eft au gond du gouvernail ce que » le mamelon eft aux gonds ordinaires, 33.
- Crochet. C.’eft une barre qui porte un croc à un de fes bouts, ôc à l’autre un œil qui entre dans un piton à vis ou à pointe. Il y en a de grands pour les portes cocheres , ôc de petits pour arrêter les croifées, portes, ôte. D
- Dégorgeoir. Efpece de bec-d’âne crochu dont les Ferreurs font ufage pour vuider les mortaifes, 119.
- Dégrossir ; c’eft la même chofe qdébau-. cher, 24.
- Demi-laine ; fer demi-laine , c’eft un fer méplat en bandes qui fert à ferrer les bornes ôc les feuiis de portes, 7.
- Dent de loup. C’eft une cheville de fer qui traverfe la foupente d’une berline , ôc aufti le treuil du cric qui doit la tendre. Ces chevilles rompent allez fouvent, 263.
- DÉPECER:on dit que le fer ou l’acier fe dé-? pecent, quand au lieu de fe pétrir, ils fe fépa-rent en floccons ou en morceaux, 17.
- Détaper ; c’eft éclaircir le fer en ôtant le noir de la forge, la rouille ou la craffe qui le recouvrent, 19.
- Dormant ; pêne dormant , c’eft un pêne qui ne peut être mené que parla clef, & qui n’eft pas pouffé hor^ de la ferrure par un ref-fort,ié4.
- Dosseret. C’eft une piece de fer qui em-braffe le haut d’une feie pour la fortifier ; ce font aufti deux plaques de fer réunies par des
- p.294 - vue 301/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- clous rivés, ôc qui renferment une lime fort mince pour lui donner du foutien , pages 12 & 233.
- Doublons. La tôle fe fait ôc fe vend par doublons , c’eft-à-dire, qu’il y a deux feuilles appliquées Tune fur l’autre, ôc quife tiennent feulement par un bout, 8..
- Douille. C’eft une efpece de bout de tuyau creux qui fert fouvent à recevoir un manche de bois, 28.
- Drille; inftrument qui fert à faire tourner le foret; on s’en fert dans plufieurs Arts, ôc on le nomme Trépan ,33.
- E
- Ebaucher, fynonyme de dégrofïr.
- Ecouvette , forte de balai qui fert à raf-fembier le charbon de la forge , ôc à arrofer le feu, 10.
- Ecru , fer cru eft celui qui ayant été mal corroyé ou brûlé, eft mêlé de craffes comme font fouvent l’extrémité des barres ,
- Emboutir ; c’eft battre la tôle à froid fur de petites enclumes qu’on nomme tas}&c avec de petits marteaux lui faire prendre différents contours, Ôc la relever en boffe , 3.
- Emrrassure. C’eft une ceinture de fer plat qu’on met aux tuyaux de cheminée de briques,pour empêcher qu’elles ne fe fendent ôc fe léfardent, 2, 46 & jp.
- Emeri ou Emeril. C’eft une pierre métallique qui fe trouve dans prefque toutes les mines, mais particuliérement dans celles de cuivre, d’or ôc de fer , ôc dont les Serruriers fe fervent pour polir leurs fers, 26,
- Enchevêtrure ou chevêtre. Ce font des barres de fer fur lefquelles pofent les folives qui aboutiffent fous les foyers, 48.
- Enclume; groffe piece de fer couverte d’une table d’acier qui fert à forger les métaux. Il y a de groffe.s enclumes quarrées, de groffes enclumes à une ou deux bigornes. Voyez Bigorne, & 9.
- Encoche. On appelle ainfi des entailles ou coches qui font à certaines ferrures fur le pêne ou fur la gâchette pour lui former un arrêt. Voyez Arrêt du Pêne, & 161».
- Encolure; c’eft la réunion de plufieurs piece^de fer foudées les unes aux autres, un fait des encolures pour joindre les bras d’une ancre à la verge , pour fouder les deux branches d’une courbe ou d’une guirlande, 5°*
- Enlever un pêne ou une clef, c’eft, en terme de Serrurier, détacher une piece d’un barreau pour en faire quelques ouvrages, c’eft dans ce fens qu’on dit enlever une clef ou une feuille de rejfort, 169 & 221.
- Enroulement eft un contour qu’on donne aux fers, ôc qui le plus fouvent approche de la volute. Les Serruriers les appellent Rouleaux, 10.
- Entrée de la clef, c’eft l’ouverture qu’on fait à la couverture d’une ferrure ou au fon-
- *9 S
- cet, pour recevoir la clef ; on nomme aufïi Entrée ,une piece de tôle ordinairement découpée qui eft ouverte pour recevoir la clef, ôc qu’on cloue fur le côté de la porte oppo-fé à la ferrure ,162.
- Equerre. On fait qu’une équerre eft formée de deux pièces de bois ou de métal, qui fe réuniffant par un bout, font un angle plus ou moins ouvert, 4p.
- Espagnolette. C’eft une barre de fer qu’on attache fur un montant d’une porte ou d’un chafïisà verre pour les tenir fermés, au moyen de crochets qui font au bout de cette barre, ôc qui prennent dans des crampons qui font au dormant lorfqu’on tourne la barre au moyen d’un levier qu’on nomme poignée ; il y en a de plufieurs fortes, 3 & 124.
- Esponton. On appelle Grilles à Efponton celles auxquelles l’extrémité des barres, au lieu d’être en pointe ou en flamme ondoyante, eft terminée par des fers de piques, 72.
- Etampe. C’eft un morceau d’acier dans lequel on creufe des moulures , Ôc qui formant comme un cachet,fert à les imprimer fur le fer rougi au feu, 3, 27, 8 6.
- Etau; forte de groffe pince qui eft fermement arrêtée fur l’établi, dont on ferre les mâchoires avec une vis. Il fert à tenir ferme un morceau de fer qu’on lime , qu’on rive ou qu’on forge ; il y en a de réfiftance , de petits qu’on nomme à patte, ôc de plus petits qu’on nomme Etaux à main , d’autres à main qui fe terminent en pointe , ôc qu’on nomme à goupilles ,nt
- Etirer le fer ou me barre, c’eft l’aîonger fur l’enclume en le forgeant à chaud, ôc toujours du même fens. Cette opération , quand elle eft bien faite, donne du nerf au fer qui en devient meilleur, 4 & 22 1.
- Etoquiau. Ce font de petites chevilles de fer qui fervent à porter, foutenir ou arrêter d’autres pièces plus confidérables ; les unes font quarrées, ôc d’autres rondes , 138.
- Etrier. C’eft une bande de fer plat qui embraffe une piece de bois pour la fortifier , ou deux pièces de bois pour les unir enfem-ble, 47. F
- Fentons. Ce font de petites tringles de fer fendues dans lesfenderies, ôc qu’on noyé dans les ouvrages en plâtre pour les empêcher de fe fendre ; on en fait principalement ufage dans les tiges des cheminées, 2 & 46.
- Fer. C’eft un métal dur à fondre , mais du&ile ; on en tire d’Allemagne , de Suede ôc d’Efpagne : les mines les plus abondantes du Royaume font celles de la Champagne, de la Lorraine, de la Bourgogne. La Normandie, le Maine , le Berry , le Nivernois, la Navarre, ôc le Béarn , en fourniftfent beaucoup. Les fers les plus doux font ceux d’Allemagne ôc de Suede ; ceux d’Efpagne font
- p.295 - vue 302/398
-
-
-
- i9s ARE DU SERRURIER.
- doux, mais füjets à être rôuverains ; les fers de Normandie font aigres; ceux deChampagne ôc de Bourgogne ne font pas meilleurs : mais il y en a de doux entre ceux de Roche ôc de Vibray ; ceux de Montmirail font doux; il y en a dans le Nivernois de doux Ôc de fermes; les meilleurs font ceux du Berry.
- Fer en feuelles.'Voyez Tôle.
- Fer a rouet. On nomme ainfi un morceau de tôle qu’on a coupé ôc préparé pour faire un rouet dans la garniture dune ferrure, 236.
- Ferraille. Onmomme ainfi des bouts de fer neufs ou vieux, dont on fait des pâtés pour les mettre en ma (Te s.
- Ferreurs. Ouvriers qui pofent les ferrures fur les portes , les battants d’armoires, les croifées, ôcc; leur travail fait partie du Serrurier , 1 #7.
- Feuille de ressort. O’eft une des lames qui forment un coin de reffort. Voyez Coin de reffort, 2<5y.
- Fiche a broche. C’eft une efpece de gond qu’on applique aux volets, ôc dont tous les charnons font enfilés par une feule ôc même broche, 3.
- Fiché a vase. Ce font des efpeces de charnières qui ne font compefées que de deux charnons, ôc qui font terminées haut ôc bas par de petits ornements faits en forme de vafe , 3.
- Fiches ; ce"font des efpeces de charnières ou de gonds qui portent un aileron qu’on enfonce dans le bois comme un tenon. C’eft cette partie qui caraêterife la fiche ; il y a des fiches à vafe , à broche , ôc à gond, à nœuds , à chapelet , coudées, ôcc y i i6.
- Fil d’archal. C’eft du fer tiré par les trous des filières.
- Filiere. C’eft une plaque d’acier trempé dans laquelle il y aplufieurs écrous qui fervent à faire les vis , 3(5'.
- Fléau d'une forte cochers , c’eft une barre de fer quarré de quinze à vingt lignes de groffeur,percée dans fon milieu d’un trou rond pour recevoir un boulon à tête qui lui fert d’efîieu, qui eft arrêté fur 4’un des battants de la porte, Ôc qui prend, quand on ferme la porte, dans deux crochets nommés gâche à-patte on à queue 9 133.
- Foncet. C’eft une plaque de fer attachée au palâtre1 d’une ferrure par deux pieds, ôc qui fert de couverture à une partie de la garniture. Quelques pièces de la garniture s’attachent fur le foncet, 139, 163, 168.
- Forée , clef forée. C’eft une clef dont la tige eft percée pour recevoir une broche, 161.
- Forer; c’eft percvér le fera froid avec un inftrument qu’on nomme Foret, 20.
- Foret , outil d’acier taillant par un bout Ôc trempé dur : il traverfe une boîte de bois ou une efpece Je poulie autour de laquelle
- eft roulée la corde d’un archet qu’on tire vÔc qu’on pouffe pour faire tourner très-vîte le foret, ce qui perce le fer, 33.
- Forgé. Le fer forgé eft celui qui a été travaillé fous le marteau.
- Fouillot. Rejfort *à fouillot, c’eft une petite piece de fer montée par un bout fur un éto(}uiau, ôc qui fert à renvoyer l’effet d’un reffort, 170.
- Fourbir. C’eft brunir ou donner dubriL lant à un métal en refoulant fes parties avec un bruniffoir ou avec la pierre de fanguine^
- 27.
- Fourchu. Pêne'fourchu. Voyez Pêne, Fermeture. Serrure à plufieurs fermetures:; la fermeture eft proprement le pêne qui ferme une porte ou une armoire. Une ferrure à une fermeture n’a qu’un pêne, celle à deux fermetures a deux pênes ,ôcc , 16$.
- Fraise. C’effun outil d’acier de forme tantôt ronde, Ôc d’autres fois conique dont la fuperfide eft ftriée comme unefime ; il fert à augmenter le bord d’un trou où fe doit loger la tête d’une vis ou d’un clou ; il y a d’autres fraifes dé formé très-diftérente ôc qui fervent à former des dents ou des ftriés ,
- 35-
- FRAïSii. Voyez Frafil.
- Frasier. Voyez Frafil.
- Frasil. Cendres ou craffes formées par le charbon de terre, Ôc le fer qui ayant perdu fon-phlogiftique, eft brûlé. C’eft en quelque façon du mâche-fer réduit en poudre , 1 y. G
- Gâche. Efpece de crampon qui fert à attacher les defcentes de plomb aux murailles ; les gâches fervent aufïi à recevoir les pênes des ferrures, ôc quelquefois les ver-roux, 48.
- Gâchette. Petite bande de fer qui fert comme de renvoi pour dégager les arrêts des encoches , 161,
- Gardes d’une ferrure. C’eft la mêmecho-
- fe que garnitures ; ce font à l’égard d’une fer-rure,des pièces placées dans l’intérieur d’une ferrure pour qu’elle 11e puiffe être ouverte que par des clefs taillées Ôc refendues relativement à fes gardes, iéi.
- Garnitures. Ce font toutes les^piece^ de fer qu’on met dans les ferrures , ôc qui doivent entrer dans les fentes , entailles ou dents qu’on a faites au paneton de la clef* On leur donne différents rioms, comme râteaux j houterolles , rouets, planches, ôcc > elles font la principale fûrefé des ferrures, à caufe de la correfpondance qu’il doit y avoir entre ces pièces de fer, ôc les entailles du paneton de la clef ; changer les gardes d’une ferrure , c’eft changer ces pièces , 161 ,
- 235-
- Gonds. Efpece de crochets qu’on attache dans les embrafures des portes ou des fenêtres pour recevoir les pentures , ôc dans
- i’ceil
- p.296 - vue 303/398
-
-
-
- ART DU .
- l’œil defquels entre le mamelon du gond pour rendre les portes ouvrantes ôc fermantes. Il y a des gonds (impies , ôc d’autres à repos ; les uns àfcellement, à patte ou à pointe. On nomme quelquefois petits gonds, des crochets dont les uns fe terminent par une vis , d’autres en pointe, ôc qui portent à leur autre extrémité une petite pomme ; ce font des clous à crochet faits avec foin , pages 3, 11 y.
- Gorge de reffort. C’eft un coude qu’on fait prendre au reflbrt d’une ferrure pour que le paneton de la clef puiffe le foule ver, 170.
- Gouge. Efpece de cifeau qui fe termine en arrondiffement par le bout, & dont le tranchant eft quelquefois creufé en forme de gouttière, 29.
- Gougeon. Cheville de fer qui traverfe deux pièces qu’on veut joindre enfemble. Souvent ils tiennent lieu de mortaife, 82.
- Gouger. C’eft commencer avec une gouge ou langue de carpe , le trou d’une piece qu’on veut percer au foret. On emploie encore ce mot dans un autre fens dont nous aurons occaffon de parler, 33,223.
- Goulue. Tenaille goulue ; ce font des efpeces d’étampes qui fervent à faire de petits globes ou boutons dans les ornements, 10.
- Goupille. C’eft une petite broche de fer qui fert à arêter les différentes pièces d’un ouvrage de Serrurerie , 6y.
- Grésiller. On dit que le fer fe grefille lorfqu’en le chauffant il devient comme par petits grumeaux ; il y a des charbons fulfu-reux qui co'rrodent la fuperficie du fer ôcla grefiilent ,13.
- GRiFFE,efpece de barreau de fer auquel on foude perpendiculairement deux chevilles de fer qui font comme deux dents. Leur ufage eft de fervir à contourner le fer en volute ou autrement. C’eft auffi-un petit inftru-ment de fer formé d’un barreau qui porte à fes extrémités deux pointes recourbées à angle droit, ôc qui mettent cet infiniment en état de fervir de compas à verge, 44,84.
- Grille. Ouvrage de Serrurerie, qui ferme un endroit fans en interrompre le jour : il y en a de fimples , d’ornées par les contours du fer ou par des entrelas* rinceaux, con-foies, palmettes, &c, 6y.
- Gros fers. On nomme ainfi des fers qui n’ont été que travaillés à la forge, ôc qui fervent à la folidité des bâtiments. On les nomme auffi/m de bâtiments.
- Gueuse, gros lingot de fer fondu de figure triangulaire tel qu’il fort des grands fourneaux fans avoir reçu aucune préparation. Le fer de gueufe eft impur, caffant, ôc ne peut être forgé, 4.
- Guichet. Voyez Poutis.
- Guirlande. C’eft une efpece de courbe ou d’équerre placée horizontalement dans Serrc/rier.
- ERRUR 1ER. a97
- l’intérieur des vaiffeaux ; ôc clouée fur les membres qui font à cette partie , 4p.
- H
- Harpon. Piece de fer plat qui fert à joindre ôc à affermir entr’elles les pièces de charpente. Si ces harpons répondent à une piece de bois, on les termine par un talon; s’ils aboutiffent à un mur , on les termine par un fcellement, 2, • 44, 4 5.
- Hart; morceau de bois de brin qu’on fend par le bout pour y introduire un poinçon, un cifeau, ou une tranche qu’on y retient au moyen d’une virole qui rapproche les deux parties qui ont été fendues; la hartfert à emmancher les inftruments dont nous venons de parler, qui n’ayant ni œil ni douille ne pourroient pas être emmanchés comme les marteaux, 11.
- Hature. Les Serruriers appellent hâture une portion de fer qui fait une faillie en forme d’équerre, ôC qui aboutit à un verrou ou r à la tête d’un pêne ; ainff c’eft une efpece de verrou dormant, 183, 184.
- Hayve. C’eft une petite éminence pratiquée vers le milieu des panetons, des clefs à bout, des ferrures befnardes, ôc qui fait une petite plate-bande en relief, 222.
- Houssette. On nomme ainff de petites ferrures faites avec peu de précaution ôc qui fervent à fermer les caffettes , les boîtes de pendule, ôcc , 166.
- Hure. C’eft un morceau de bois qui porte une fonnette ou une cloche , ôc qui roule fur des tourillons.
- J
- Jottereaux. Ce font des pièces de bois courbe qui étant mifes en dehors de l’avant du vaiffeau, fervent à foutenir l’éperon. On lie l’éperon au corps du vaiffeau par des efpeces d’équerre de fer, formées d’une latte de jottereaux , d’une latte d’éperon Ôc d’un arc-boutant. Voyez Lattes ôc pag. 50.
- L
- Laitier. On nomme ainff les fcorîes ou l’écume du fer qui nagent fur le métal dans les grands fourneaux ; il en refte auffi dans la gueufe , ôc on en fépare une partie à raffinerie , 4.
- LamInoir. C’eft une machine compofée de deux rouleaux qui tournent en fens contraire , ôc qui réduifent à une épaiffeur pré-cife une piece de métal qu’on fait paffer en-, tre ces rouleaux , 64.
- Langue de carpe. C’eft un cifeau dont le tranchant affez étroit eft arrondi ou en lo-fange , 2, 29.
- Lattes. On nomme ainff dans l’Architecture Navale des bandes de fer plat, telles qu’elles arrivent des forges. On donne auffi ce nom à des efpeces de membrures qui tiennent lieu de baux fous les gaillards, 49.
- Liens. Ce font des morceaux de fer méplat, coudés ou cintrés ; qui fervent à retenir
- Ffff
- p.297 - vue 304/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- quelques pieees dans un affemblage de charpente. On donne auffi ce nom à des pièces menues de fer qui fervent à joindre en-femble des ornements qu’on ne veut pas af-fembler par des rivures. Il y a des liens Amples, ôt d’autres ornés de moulures qu’on nomme à cordon , page 80.
- Lime. C’eft un-morceau d’acier trempé ôc ftrié qui fert à polir les ouvrages qui ont été travaillés à la forge. Il y a des limes qu’on nomme carreaux , demi~carreaux , carrelets , demi-rondesy à tiers-point, à potence, en queue de rat, ôt d’autres qu’on nomme limes douces qui ne fervent qu’à donner le dernier poli.
- Linteau. C’eft une barre de fer qu’on pofe fur les jambages des portes ôt des croifées pour foutenir les claveaux d’une plate-bande ou d’une arcade ; elle doit être groffe à proportion de fa portée & de fa charge 9 49.
- Lint 1ER. Voyez Linteau.
- Lippe. C’eft une partie dans les ornements relevés fur le tas qui eft plus renverfée que les autres, 230.
- Loquets ; bande de fer qui fert à tenir les portes fermées au moyen d’une piece nommée battant qui s’engage dans un menton-net , ôt de l’autre bout eft attaché par un clou fur la porte ; les loquets ordinaires s’ouvrent en appuyant fur le poucier, il y a auffi des loquets dits à la Coràehere & à Vielle qu’on ouvre avec une clef. Voyez Vielle ôt Corde-itéré y 27 , 135,136.
- Loqueteau. Petit loquet à r effort qu’on attache au haut des croifées à des endroits où. la main ne peut atteindre , Ôc qu’on ouvre en tirant un cordon qui eft attaché à fa queue, 139.
- Loupe : efpece de globe de fer qui a été un peu purifié à l’affinerie, ôt qui commence à être en état d’être forgé. Voyez la Forge des Ancres, 4.
- M
- Mâchefer.Ce font les fcories du fer ôc du charbon qui fe forment dans la forge. Il faut retirer le mâchefer fur les bords de la forge, fans quoi il empêcheroit la chaude.
- Mains de ressort. On nomme ainfi les principales parties de la cage qui reçoit les refforts doubles qu’on met aux carroffes à fléché & de cérémonie, 270.
- Mandrin , morceau de fer qui fert de noyau fur lequel on forge des pièces qu’on veut rendre creufes. Il y en a de ronds, de quartés ôc de toute autre figure, 11, 28.
- Manteau de cheminée , barreau de fer qui porte fur les jambages , ôt foutient les manteaux en maçonnerie des cheminées, 46, $9*
- Mardelle. Voyez Margelle.
- Margelle. C’eft une grande pierre taillée comme un bourrelet, ôt qu’on pofe fur la fermeture d’un puits. On fait quelquefois les
- margelles de plufieurs pièces, & alors onîes affujettit enfemble par des crampons de fer ,
- 49.
- Mars. Nom que les Chimiftes donnent au fer, Ôt qui eft inconnu en Serrurerie.
- Marteau. On fait allez ce que c’eft qu’un marteau ; mais nous devons dire ici que les gros marteaux qui fe mènent à deux mains fe nomment Marteaux à devant y qu’il y en a de moins gros qu’on nomme à main , ôt de plus petits qu’on nomme Marteaux Rétabli, Il y a auffi les rivoirs , demi - rivoirs ôc petits rivoirs ,* ils tirent leur nom de ce quils fervent communément à river, 10.
- Marteler. C’eft former avec un cifeau,ou avec la panne d’un marteau, des filions fur la fuperficie du fer, 16
- Mattoirs. Petits barreaux d’acier qui ont à leur extrémité différentes formes, ôt qui , au lieu d’un tranchants font taillés à leur bout comme une lime ; ils fervent à relever la tôle fur le plomb , 98.
- Mentonnet. Efpece de crochet qu’on attache dans l’embrafure des portes ou fur leur montant,pour recevoir le bout du battant des loquets. Il y en a à pointe ôc à fcelle-ment, 13y.
- Méplat. Les barres méplates font celles qui font forgées plus minces que larges : on les appelle auffi du fer en bande.
- Mise. Morceau de fer qu’on foude à quelque endroit d’un ouvrage qu’on veut fortifier. Il faut qu’elle foit bien amorcée,bien chauffée, nette de frafil ôc appliquée fur le fer chauffé fuant,i7, yo.
- Moderne. On a confervé la dénomination de Serrure moderne y à une ferrure qui eft: fort antique, 234.
- Moraillon. Piece de fer qui porte les auberons. Voyez Auberon, 164.
- Mordache. Efpece d’étau dont les deux mâchoires fe réunifient à une charnière ou à un reffort. On les ferre en les plaçant entre les mâchoires d’un étau ordinaire. Pour ne point gâter les ouvrages finis, on les faifit dans une efpece de mordache de bois. Il y a des mordache s à chanfrein , à lien, à bouton y quelques-uns les nomment Tenailles déétabli, 12,81.
- Moufle. Chaîne à moufle ; ce font des tirants formés par plufieurs bandes de fer qui s’accrochent dans une efpece de porte qu’on a jugé à propos d’appeller le moufle : on emploie auffi ce mot pour lignifier un affemblage de poulies fervant à multiplier les forces, pages 45* , y9.
- Moule. C’eft un creux dans lequel on coule du métal fondu : mais les Serruriers appellent de ce nom une efpece de patron d’acier qui leur fert à découper des rofettes, des entrées de ferrures, des platines, Ôte,30.
- Moutons. Les moutons des voitures font des pièces de charronnage qui s’élèvent à l’a-
- /
- p.298 - vue 305/398
-
-
-
- I
- ART DU SERRURIER.
- vant 6t Parrïere des brancards : ils portoient autrefois les foupentes obliques ; maintenant les moutons de l’avant portent le fiegedu cocher, Ôc ceux du derrière les arcboutants, 264.
- Mufle. On nomme ainfi des bandes de fer qui forment des efpeces de gouttières, ôc qu’on place fous les bouts des refforts pour empêcher que parleur frottement ils n’ufent les parties fur lefquelles ils s’appuient, 271.
- Museau à'une clef, c’eft un évafement qui eft au bout du paneton , ôc dans lequel font prefque toujours pratiquées les fentes qui doivent recevoir les dents des rateaux , 162.
- N
- Noirs. On appelle les ouvrages de Serrurerie noirs, ceux qui n’ont point été blanchis Ôc polis à la lime.
- O
- Organeau. C’eft un terme de Marine qui ne lignifie autre chofe qu’un gros anneau , < 7.
- P V
- PailleüX : un fer pailleux eft celui qui a de petites fentes qui font que la malfe entière n’eft pas bien liée, 4.
- Palatre. Efpece de boîte quarrée de tôle qui renferme le pêne, les refforts, Ôc tout ce qui conftitue l’intérieur de la ferrure ; un des côtés où eft percée l’ouverture du pêne s’appelle le rebord ; les trois autres , la cloifon, 17.
- Palette. On appelle palette à foret une pièce de bois que l’Ouvrier applique contre fon ventre , ôc fur laquelle eft attachée une bande de fer, percée de plufieurs trous pour recevoir le bout del’eftieu du foret; c’eft auiïi une efpece de fpatule de fer qui fert à fablonner le fer. Voyez Sablonner > 10,224.
- Paneton. C’eft une partie delà clef ordinairement quarrée qui tient au bout de la tige oppofée à l’anneau où font pratiquées les fentes ôc les dents qui paffent dans les gardes ou garnitures de la ferrure ; ce qui en fait le mu-feau : c’eft le paneton qui fait marcher le pêne. Il y a de ces panetons droits, Ôc d’autres en S. y oyez Clefs, 12,162.
- Panne, fe dit du côté le plus mince du marteau oppofé à la tête. Il y a des pannes droites , des pannes de travers , ôc des pannes refendues ,10.
- Pâté. Les Serruriers appellent pâté des paquets de fer menu qu’ils joignent enfemble pour les réunir Ôc les corroyer; c’eft un moyen excellent pour fe procurer du fer doux.
- Paumelles. Ce font des gonds qu’on met fur les portes légères, Ôc dont le mamelon entre dans une crapaudine attachée fur le chambranle , 110, 114.
- Pele ou mieux Pêne. Voyez Pêne.
- Pene. C’eft une efpece de verrou que la clef fait fortir ou rentrer dans la ferrure , ôc qui fert à tenir la porte fermée. La partie qui fort de la ferrure s’appelle la tête du pêne, l’autre bout fe nomme la queue ; le corps du pêne eft la partie moyenne entre la tête ôc la queue ; il
- 299
- y a des pênes à deux têtes qu’on nomme pênes fourchus, d autres qu’on nomme en bord. Ce dernier pêne ne fort pas de la ferrure , il coule fous le rebord, ôc entre dans i’auberoti qui eft attaché au couvercle d’un coffre, 161, 16$.
- Pentes. Ce font des bandes de fer terminées par un œil ou anneau dans lequel entre le gond, ÔC qu’on arrête fur la porte avec des clous. Leur ufage eft de tenir les portes ouvrantes ôc fermantes, 3.
- vPentures. Voyez Pentes.
- Perçoire. Les Serruriers nomment ainfii tantôt un gros morceau de fer replié fur lui-même, tantôt un gros canal de fer, ôc quelquefois un parallélipipede de fer percé de plufieurs trous. L’ufage de la perçoire eft de former un porte-à-faux quand on veut percer du fer, foie à chaud foit à froid, 33.
- Persiennes. Ce font des efpeces de contre* vents formés de chaflis de bois entre les montants defquels on met de petites planches minces ôc légères difpofées en abat-jour pour empêcher le foleil ou le grand jour de pénétrer dans les appartements. On en fait auffi qui fe replient à peu près comme les flores, 2B1.
- Pertuis. On nomme ainfi des ouvertures qui font faites au paneton, ôc qui font plus éva-fées que les fentes , 162.
- Picolets. Grampons qui embraffent Ôcaffu-jettiffent le pêne d’une ferrure, ôc danslefquels il a la liberté de gliffer ôc de couler aifément lorfqu’on veut le faire fortir ou rentrer dans le palâtre, 140, 170.
- Piquer une ferrure , c’eft tracer avec une pointe fur le palâtre l’endroit où doivent répondre les différentes parties qui par leur af-femblage forment la ferrure ; c’eft ce que les Menuifiers appellent le trait, i<58.
- Planche. Partie de la garniture d’une ferrure qui entre dans une fente faite au milieu du paneton d’une clef. La planche porte plufieurs pièces de la garniture. On met des planches aux ferrures befnardes, qui ouvrent en dedans ôc en dehors de la chambre. C’eft auffi une grande fente faite au milieu du mufeau, ôc qui s’avance plus ayant dans le paneton que les rateaux, 162.
- Planer. C’eft dreffer ôc unir un métal en le battant à froid fur un tas large ôc bien dreffd avec un marteau dont la tête eft auffi fort lar* ge Ôc dreffée avec foin ,10.
- Poinçon , morceau d’acier à peu près pointu , qui fert à percer le fer avec le marteau ; il y en a de ronds, de quarrés ôc de plats.
- Pointeau. C’eft un poinçon d’acier qui fert à percer des fers minces. Il y en a aufti qui fervent de traçoir aux Serruriers, 5)7.
- Pointer une fiche : c’eft mettre dans les trous des ailes d’une fiche, des pointes qui empêchent l’aileron de fortir de fon tenon. Quelquefois on dit pointer une fiche , pour lignifiée, la mettre en place, 147.
- Pons. Les ouvrages de Serrurerie qu’on
- p.299 - vue 306/398
-
-
-
- goo ART DU
- fait avec le plus de foin font ,polis à la lime douce ôc à l’émeri.
- Pomme. Rateaux en pomme , c’eft un râteau qui, au lieu de fe terminer par des .parties minces, porte au bout des tiges des rateaux ordinaires de petites pommes qui obligent de changer la forme des dents de la clef, 2 y4.
- Potée d'étain, C’eft une chaux d’étain qui étant broyée bien fin fert à polir les métaux , 26.
- Poucier. Loquet à poucier eft une petite palette de fer fur laquelle on appuie le pouce pour foulever le battant des loquets ordinaires, afin de le dégager du mentonnet quand on veut ouvrir la porte , 136".
- Poussés. On appelle les ouvrages de Serrurerie poujfés ceux qui font Amplement blanchis à la lime d’Allemagne fans être exactement polis.
- Poutis. Synonyme de guichet, petite porte auprès d’une grande ou qui fait partie de la grande , 116,
- Prisonniers. On appelle rivure prifonniere celle dont un des bouts de la rivure , au lieu d’être rivé fur une barre, l’eft dans un trou qu’on tient plus large par le fond qu’à l’entrée, 80. Q
- Quarré. Fer quatre eft celui dont la largeur eft égale à l’épailTeur. Celui qui n’a que douze à quatorze lignes en quarré fe nomme quarrillon ; celui qui excède ces dimenfions fe nomme fer quarré.
- Quarrillon. Voyez Fer quarré.
- Nota. Dans le cours de l’ouvrage, par-tout où il y a Carillon, lifez Quarrillon.
- Queue du pene. Voyez Pêne,
- . R
- Rangette eft une tôle commune qu’on emploie pour faire les tuyaux de poêle , 8.
- Rappointis. On nomme ainfi de légers ouvrages tels que les clous , pattes , broches, chevilles, crochets, pitons , vis, & c. que les Serruriers emploient, mais qui font communément faits par les Cloutiers.
- Rateaux. Piece de la garniture qui eft aux ferrures les plus communes ; ce font des morceaux de fer qui portent plufieurs parties baillantes dont les dents entrent dans les entailles qui font au mufeau de la clef; on donne aulfi ce nom aux entailles qui font creufées fur le mufeau, ôc qui forment des dents, 162, 254.
- Ravaler Panneau d'une clef, c’eft lui faire prendre une figure à peu près ovale de ronde i qu’elle étoit, ce qui fe fait avec un outil qu’on nomme Ravaloir qui eft une efpece de mandrin ,223.
- Ravaloir. Voyez Ravaler.
- Rebord d'unpalâtre. Voyez Palâtre.
- Recuire. C’eft chauffer du fer pour lui rendre fa duClilité après l’avoir battu au marteau, ce qui le durcit ou l’écrouit : on donne aufti un recuit aux ouvrages d’acier iorfqu’ils ont été trempés trop dur , 20.
- SERRURIER.
- Recuit. On donne un recuit au fer en lé faifant rougir pour le rendre plus duélile , ôc à l’acier pour qu’il foit moins caftant ,21.
- Relever fur le plomb, c’eft former avec des inftruments qu’on nomme Mattoirs des fib Ions ou creux qui font paroître les reliefs plus baillants, $7.
- RELEVEUR.On appelle ainfi des Ouvriers qui s’occupent uniquement à relever des ornements fur la tôle.
- Renfort. Ce font des pièces de fer qu’on foude à d’autres, à des endroits où ils ont befoin d’être fortifiés, yo.
- Renvoi de fonnettes. C’eft un triangle de fer ou de cuivre attaché à un clou par un de fes angles, ôc qui fert à tranfmettre le mouvement du cordon jufqu’à la bonnette.
- Ressort. On donne ce nom à différentes pièces de Serrurerie dont le bout eft toujours de produire quelque mouvement. Il y en a de doubles qui ont deux branches ; il y en a qu’on nomme à chien, parce qu’ils agiffent fur une troifieme piece qu’on nomme fouillot,com-me le reffort d’un chien de fufil. Le reffort à boudin eft roulé par un de fes bouts en fpirale. O11 met aux voitures des reftorts qui font formés par un affemblage de lames d’acier dont le gros bout fe nomme le talon , ôc le bout mince la tête. Il y a des reftorts à écrevijfe , à Apremont, à la Dalefme, ôcc , 170.
- Ressuer. Faire rejfuer le fer , c’eft le décharger des corps étrangers qui font dans la gueule, ôc fur-tout du laitier. Cette opération fe fait principalement à l’affinerie, 4.
- Retraindre. C’eft une opération fingulie-re par laquelle en frappant fur une piece de métal mince à coups de marteau, on la fait rentrer fur elle-même ; c’eft le contraire d'emboutir ,92.
- Rifflard. Voyez BrunijfoiY.
- Rinceaux. Ce font des ornements qui re-préfentent comme de grandes feuilles fort alongées ôc fort découpées par les bords, 2.
- Ringard. Barre de fer qu’on foude à un gros morceau de fer qu’on ne pourroit manier avec les tenailles , ôc au moyen duquel on le porte à la forge , ôc on le manie fur l’enclume , 22.
- Rivure. C’eft une efpece de tête faite à l’extrémité d’une broche de fer pour l’affujet-tir dans un trou où elle paffe. On fait une ri-vure à l’extrémité de petites goupilles qu’on nomme Rivures, ôc auffi au bout de certains clous que pour cette raifon on appelle clous rivés, 13, 79.
- Roche : fer de roche, demi-roche. Le fer qu’on nomme à Paris de roche vient de Champagne. Je crois que ce nom lui vient de ce qu’on s imagine qu’il eft fait avec de la mine en roche. On peut confulter Y Art des grojfes Forges. Celui qui eft dit demi-roche eft plus doux que l’autre. Peut-être dans les forges mêle-t-on
- la
- p.300 - vue 307/398
-
-
-
- ART DU SI
- la mine en roche avec celle en grains.
- Rose de gouvernail. VoyezConajfiere*.
- Rouet. Partie delà garniture d’une ferrure. C’eft une piece de tôle qui fait une portion de cercle ôc qui entre dans des fentes qui font aux côtés du paneton des clefs. On appelle aulfi rouet , dans une clef, les fentes qui font ouvertes fur les côtés du paneton , ôc dans laquelle entre le rouet de la ferrure , 162.
- Rouleau. Les Serruriers nomment ainfi du fer de quarrillon roulé en volute; ôc on nomme faux rouleau} un barreau auquel on a fait prendre ce contour, ôc qui fert à rouler les autres deffus. Voyez Enroulement, 74.
- Rouverain. Le fer rouverain eft celui qui bouillonne à la forge , ôc qui fe brûle aifément. Si on ne le ménage pas au feu, il fe divife en plusieurs parties.
- Nota. C’eft par erreur qu’à la page 4 on fa appelié Rouvelin, 4.
- S
- Sablonner. C’eft jeter du fable fin fur le fer chauffé à la forge lorfqu’on veut fouder, ou dans d’autres occafions, 10.
- Sabot. On nomme fabot une piece de fer creufe pour recevoir le bout d’un pilotis , ôc quife termine en pointe pour mieux percer leterrein, Ôt s’ouvrir un.paflage entre les pierres , 4p.
- Sanguine , minéral en forme de pierre rougeâtre, dure, pefante , Ôc par aiguilles longues *ôc pointues. On le nomme aufïi Pierre hœmatitu On s’en fert pour polir les métaux, 21,2.7.
- Sauterelle. Les Serruriers nomment ainfi une fauiTs équerre qui fert à prendre Pouver-ture des différents angles, 83.
- Scellement. C’eft une efpece d’enfourche-iment qu’on fait au bout d’une piece de fer qui aboutit à un mur, Ôc qui doit y être fceilé ou en plâtre ou avec du mortier, 44, 101.
- Scie. Les fcies de Serruriers font un feuillet d’acier mince; elles font dentées Ôc ftriées fur les côtés ; quelques-unes font montées fur un arçon ; mais la plupart font fortifiées par un dofferet, 30.
- Serrure. C’eft une machine très-ingénieu-fe qui eft formée d’une boîte nommée Palâ-tre, d’un ou de plufieurs pênes , Ôc en dedans de refforts, gâchettes ôc garnitures qui font qu’une ferrure ne peut être ouverte qu’avec fa clef. C’eft cette ingénieufe machine qui a donné le nom de Serruriers à des Ouvriers qui font beaucoup d’autres ouvrages en fer, i<5o.
- Sertir. C’eft réunir une piece à une autre par de petites levres qui font au bord du trou où l’on ajufte la piece ,253.
- Seuil. C’eft une grande pierre pofée au niveau du pavé entre les jambages d’une porte. Elle eft fouvent garnie de bandes de fer, 49.
- Souder. C’eft réunir deux morceaux de fer au point de n’en plus faire qu’un en attendrif-fant le fer au feu, ôc le frappant au marteau.
- Serrurier.
- 'RRURIER. 301
- Si, pour faire cette réunion , on emploie une fubftance étrangère qu’on nomme Soudure, les Ouvriers appellent cette opération brafer.
- Souder a chaud. C’eft réunir enfemble deux morceaux de fer qu’on a auparavant chauffés, prêts à fondre, avec le marteau. Pour que la foudure foit bonne, il faut que les deux morceaux qu’on veut réunir , fuient étirés en bec de flûte ; c’eft ce qu’on nomme amorcer , 1$ 9 ïé.
- Soufflet , faux brancard d’une chaife de pofte, page 270.
- Store. Tuyau de fer blanc dans lequel il y a un reffortà boudin fur lequel on roule un morceau d’étoffe qu’on peut dérouler de def-fus le tuyau pour fe garantir du foleil.
- Suante. On dit donner une chaleurfuante , lorfque le fer chauffé blanc commence à fondre, T
- Talon de reffort. Cette expreffion fe prend en deux fens ; c’eft fouvent le gros bout d’un coin de reffort, & aux refforts doubles des carroffes à fléché, une piece de fer placée entre les talons des deux refforts, ôc qui fert à les attacher à la caiffe par un boulon ,271.
- Taraud. Cylindre de fer couvert d’acier, dans lequel on a creufé des pas de vis pour faire ou tarauder des écrous , 36'.
- Targette. Sorte de petit verrou qu’on met à de petits volets, J3, 121.
- Tas ou Tasseaux. Ce font de petites enclumes , à la table defquelles on donne différentes formes pour emboutir ôc relever le fer en boffe , 1 o.
- Tasseaux. Voyez Tas.
- Tenaille. Inftrument pour tenir le fer ou à la forge ou fut l’enclume; il y en a de droites , de crochues ôc d’autres qui tiennent lieu d’étampes. Voyez Mordache, 10.
- Tete du pene. Voyez Pêne.
- Tic-e. La tige d’une clef eft la partie droite qui s’étend depuis l’anneau jufqu’au paneton.
- Tirant. C’eft un long barreau de fer qui traverfe tout un bâtiment , Ôc qui répond à une ou deux ancres,ou par un de les bouts tantôt à une poutre ôc tantôt à un mur. On met des tirants aux cheminées pour empêcher que le vent ne les renverfe , 43.
- Tisonnieres. On appelle ainfi des efpeces de fourgons qui fervent pour attifer la forge. Il y en a de droites ôc de courbes, 10.
- Tôle ou fer en feuilles. Ce font des fers qui ont paffé fous le marteau des applatifferies, Les Serruriers en emploient beaucoup de différentes épaiffeurs ; la tôle de Suede eft la plus eft i niée.
- Tombeau. On appelle des grilles ou des balcons à tombeau celles dont le bas fait une faillie ou par un coude ou par un arrondiffement en forme de confole , 72.
- Tourillon. Gros morceau de fer rond qui fert d’axe à plufieurs machines.
- Tourne-a-gauche. Les Serruriers pren*
- Gggg
- p.301 - vue 308/398
-
-
-
- ART DU SERRURIER.
- 302
- nent ce mot en deux fens. C’eft quelquefois un tourne-vis , ôc d’autres fois un crochet qui fert à contourner le fer.
- Tourne-vis. Voyez Tourne-à-gauche.
- Tranche. C’eft un cifeau qui fert à couper le fer à chaud. On l’emmanche dans une hart. Il y en a de percées pour couper les fiches à chaud , 9, 10.
- Tranchet , il faut lire Tranche.
- Trappe. Les Serruriers nomment ainfiune piece de fer plate qui s’engage dans les dents du cric des berlines, ôc fait l’office d’un lin-guet ou d’un encliquetage , 263.
- Tremie. On appelle une bande de trémie, une bande de fer plat qui aboutit fur les folives qui bordent le foyer , ôc foutient Pâtre fans craindre d’incendie, 48.
- Trépan. Machine qui fert à faire tourner un foret qu’on tient dans une pofition verticale. Voyez Drille, 34.
- TricoisEs. Ce font des efpeces de tenailles, xiont les mordants courbes ne pincent que par leur extrémité, 10.
- Tringles. Barres de fer forgé en rond; les tringles paflent dans des anneaux qui fou-tiennent les rideaux. Il y a des tringles de fer noir, d’autres blanchies à la lime, ôc d’autres polies.
- Tripoli. Efpece de craie ou de pierre tendre d’un blanc tirant fur le rouge qui fert à polir les métaux, 26.
- Trusquin. Outil qui fert à marquer les endroits où l’on veut ouvrir une mortaife, 152.
- Tuyere. C’eft un canal dé fer épais qui fert à conduire le vent du foufflet dans la forge, 10.
- V
- Vase. Petits ornements en forme de vafe qu’on met au haut ôc au bas des fiches qu’on nomme pour cette raifon Fiches à vafe, 3.
- VeRGEttes. Petites verges de fer qu’on applique ordinairement fur les panneaux de vitres montés en plomb, 63.
- Vielle. Loquet à vielle. Les loquets à vielle s’ouvrent avec une clef qui fouleveune piece coudée en forme de manivelle, laquelle fouleve le battant du loquet; on en fait ufage pour fermer les portes des lieux d’aifance,ôcc, 138.
- Vis. Ce font des morceaux de fer taraudés par un de leur bout, ôc terminés à l’autre par une tête, ou refendus en quarré. Il y a des vis de lit, de parquet, pour les glaces, pour les ferrures, ôc des vis en bois qui n’ont point d’écrou.
- Vitrail. Chaffis de fer avec des croifillons auffi en fer qui reçoit des panneaux de verre montés en plomb. On ne s’en fert guere que dans les Eglifes ôc les Bafiliques. On dit au pluriel des Vitraux y 62.
- Vitrau. Quelques Auteurs emploient ce mot dans le même fens que le précédent ; mais il vaut mieux dire Vitrail.
- Vrille. Petit inftrument qu’on mene avec la main, ôc qui fert à percer des trous dans du bois. Les Ferreurs en font quelquefois ufage.
- Fin.de lArt du Serrurier.
- De ritnprimerie de L. F. Delatour. 1767.
- p.302 - vue 309/398
-
-
-
- I
- Serrurerie . C/z. i f
- Fl.l.
- E^ Haïusard Scu/p •
- pl.1 - vue 310/398
-
-
-
- V;
- P
- 4
- &
- H
- 4- ' 4 ]
- r.
- i
- v-
- V ' • '
- i v •
- Ph
- > -sr
- vSr^V'.'
- r -
- VïM,-
- >
- p.n.n. - vue 311/398
-
-
-
- I
- i’
- "T
- Serrurerie. C/i.i.
- Tl.II.
- pl.2 - vue 312/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 313/398
-
-
-
- Serrurerie-. Ûi.i?r
- ri.in.
- )
- pl.3 - vue 314/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 315/398
-
-
-
- pl.4 - vue 316/398
-
-
-
- -ï
- *
- I
- L
- c*
- «•;.**,**«
- \
- \
- $!&&&s-'I
- . >*? *"4 v'<
- rt'îy^‘ „" •', -•') ..$&< • >4»
- TVÿ
- p.n.n. - vue 317/398
-
-
-
- iSerrura'ie . Chap.U. Tl. K
- ®
- pl.5 - vue 318/398
-
-
-
- ri
- *
- t
- *
- V
- »
- % -<ï.'"
- *
- {
- ;Sf;
- w
- /
- w.
- f
- r^hf4s£t'
- I
- i
- »
- . ' \
- 3
- p.n.n. - vue 319/398
-
-
-
- jpuf
- ' :
- 'v
- Ci
- W
- T
- tvl
- <>*
- M
- \
- Sen 77/ 'e? y c. Ov. Tl. Mn.
- pl.6 - vue 320/398
-
-
-
- * ' </+:
- V
- / V
- >'/***<
- .1
- •*
- *' :
- p.n.n. - vue 321/398
-
-
-
- Serrurerie . C/mp Hi, - ' JPJ. VJ ?
- uini Il il 1 111 IIS
- w
- jjjg
- jt&mcg-’p j'pmj- Q
- JrS PH h
- /
- feüffÜÏIbfJniflininniiiHmtmmTnuMtminmiimimmümiiiiimi wiiiH Hiiimiimumii i tiiHiiimii! n» i» i Liinn mi » mutj; mjy^ii nm mwupmmi i :n mimnmiTnimT h iimt ; in f nrif:1. ! n l ! tui 11 cr.il.;..-,..,:,.—;... ~~ . -T
- |H ‘ N p=r;
- %u H dll
- l
- S
- i
- pl.7 - vue 322/398
-
-
-
- t
- \
- •'ï1 'V iS** “S f
- J
- r !
- «
- (C>
- p.n.n. - vue 323/398
-
-
-
- errureries. Chap.m,
- 'Izùi djn^J’in/'/nruunj jj f
- pl.8 - vue 324/398
-
-
-
- I
- %
- t
- *
- yt
- t
- \
- c
- i
- .si
- 'S
- p.n.n. - vue 325/398
-
-
-
- \
- H
- X
- I
- !
- Sendureri&. chaP. m. R,væ.
- pl.9 - vue 326/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 327/398
-
-
-
- pl.10 - vue 328/398
-
-
-
- • v- '
- A.
- >*
- &V • ,
- V
- . V
- •',vîteâèfeî‘«
- "•V-
- f
- » v
- >
- «•'***•• h**'
- V, ' .
- L-V
- p.n.n. - vue 329/398
-
-
-
- \
- f
- Xld
- ni'dJ ' JA/PJnjajj
- pl.11 - vue 330/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 331/398
-
-
-
- pl.12 - vue 332/398
-
-
-
- 1
- m
- '>i:
- 4-
- 'I
- t'
- • H-.
- /
- < -
- *
- a'- •;
- A'
- V
- Cv
- ;
- /
- V
- >>
- 1
- *
- )
- {
- V
- *
- ;%Y
- a-
- p.n.n. - vue 333/398
-
-
-
- Serrurerie . Ch . JH.
- KPl. Jül.
- des ine fsa.r Ckau^vxu'ie .
- 1717
- Lucas sculp
- pl.13 - vue 334/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 335/398
-
-
-
- w
- Sciv^urene . chap.jK
- pi. xnr.
- 'K
- 11
- C '.u‘ ITau/Jard Sculp
- pl.14 - vue 336/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 337/398
-
-
-
- Seiv'iirerie Ckap.lf^
- j>i ,jar.
- SDeJaicpie'par JLecptier. Ombre etcp~cii'e par Hauajard ipip
- pl.15 - vue 338/398
-
-
-
- 5
- *
- .Àacst -JH»
- t
- i
- 1
- l
- b
- '-r>- *•
- -ï ' v,“ . ' ' < '. '
- ff-V'.
- *
- /
- /•'
- •v •
- / ^
- i
- A,
- p.n.n. - vue 339/398
-
-
-
- Serr'iuerie. Ch, JK
- PL Alr.
- Dessxrvé par R.rvie-r* et Chaufoxxrier
- Grave par J. Kou-rsareL .17 r-j.
- pl.16 - vue 340/398
-
-
-
- I
- 'i . ••
- -!•
- fà-.
- i:
- V
- i
- * i
- /
- ?
- p.n.n. - vue 341/398
-
-
-
- %
- e Set'rtu'erie Clmp . iv .
- PIXEL.
- H %Q^‘
- Fup. 28. Fuj . 27.
- Fùf. 23.
- Echelle 3e 10 pouce*?
- ^IUyjyUUjjQ2iiiUL.
- C^TÎâuTTard Scalp
- pl.17 - vue 342/398
-
-
-
- /
- v
- V
- rv.y ;î.v v'.Vr • s-A'
- ; V
- l
- •: ASÉsLïT;
- -*, •
- p.n.n. - vue 343/398
-
-
-
- pl.18 - vue 344/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 345/398
-
-
-
- A •
- Serrurerie-. Chap.V
- PI. sim.
- JC1,*1 [LmssarJ Scu/f>
- pl.19 - vue 346/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 347/398
-
-
-
- Serna'erie, chap. P~.
- æi. IIX
- Dissi-ruZ par ILecjrvier, et ~Bret&%^,
- Ora-ve par J. HcuuJar ci- i 716
- pl.20 - vue 348/398
-
-
-
- t
- t-
- s
- ; •"\
- V
- : "
- <ï '
- y
- ,c
- 5f
- /
- A
- y
- /
- <
- p.n.n. - vue 349/398
-
-
-
- Serrurerie Chap.~V;
- Ll.XL,
- dessine'par Brete-z, •
- 1717
- Lucas seul
- pl.21 - vue 350/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 351/398
-
-
-
- f
- #
- %
- Tl. XXI.
- | Dessiné pas' Rcpmes' et Bre-fert^
- Gravé pcir J Haussais'i£ zrjté.
- I
- pl.22 - vue 352/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 353/398
-
-
-
- Tl. xxm.
- Dessine par &&g rae-r e.t
- Grave par T 17
- pl.23 - vue 354/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 355/398
-
-
-
- Fl. '-xxnr.
- =îl
- nésj me par H-egnter e-t Xrete.T~
- Gi^a-v*. par J Hau^sa-rd lyié.
- pl.24 - vue 356/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 357/398
-
-
-
- I
- Serrurerie^. Ciuip. J'.
- II. xnv:
- Bejjvne par Reynier et BreteyL.,
- Grave par J. HêinJ-sarei-, 17 17
- pl.25 - vue 358/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 359/398
-
-
-
- Jerrurene . Chap. F
- £i. xxf;‘
- i{c s s iner or' H e a niot' oui b par Chtiuib lU'ie
- '7'7
- lotiras Seul
- pl.26 - vue 360/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 361/398
-
-
-
- SerrurerieCh/W. F7 PI • XiTJ-
- pl.27 - vue 362/398
-
-
-
- r» 1 V,<' \(T
- V
- J
- A '
- •5?V
- ' .'K,
- i '
- >
- f
- ;J7
- !
- \
- A
- y
- v
- p.n.n. - vue 363/398
-
-
-
- dessine'par Brete’S. lÿ' l & Lucas seul •
- pl.28 - vue 364/398
-
-
-
- \
- * ’ /• '*-1^ -'. ».'
- V .
- *
- "ÿ ;* •'*/
- y
- *
- •V
- /
- p.n.n. - vue 365/398
-
-
-
- SerrurerieCha . TT _______'__ *______ -PI
- de ss irvc pcir QreiePC IJ'lU • ' Liustts SCal*
- pl.29 - vue 366/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 367/398
-
-
-
- pl.30 - vue 368/398
-
-
-
- r
- I
- .‘/V
- iïT
- :
- :a
- .1^- r
- -^W, "** • • -•-
- ' -v.
- -
- sv :
- v-a
- f
- »
- £!
- f ;
- 'l8t|§
- • '*
- =
- ♦
- p.n.n. - vue 369/398
-
-
-
- pl.31 - vue 370/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 371/398
-
-
-
- I
- /
- Serrurerie*. Chap
- i>£. zm:
- . Fiq . là .
- Fig .x ,
- Echelle de t. pieds ,
- Dessine' par R-egnier et Brete*r~
- Cri a-ve' par J. Haussa*'à- ^7‘P
- pl.32 - vue 372/398
-
-
-
- /**.*••* : .*
- 1
- \
- J r
- ;> ...K.
- N
- ï
- ï
- r!
- m
- V
- «
- :>V :
- r
- ii
- %
- i-
- \ <
- p.n.n. - vue 373/398
-
-
-
- Serrurerie^ Chap. T.
- fi. mnm.
- pl.33 - vue 374/398
-
-
-
- f'
- > :
- !
- ;
- i
- :
- i
- :
- •N
- ;•
- ,!
- >“
- » '. : ./.
- p.n.n. - vue 375/398
-
-
-
- SerrurerieChap. V,
- Tlexxxm,
- ;v
- pl.34 - vue 376/398
-
-
-
- ’hf' *-t
- w *; t*f v »•>. > ; ' %
- 1
- i ; •
- >. s /;
- •„.v : ».
- X-v &;*,'•
- r
- p.n.n. - vue 377/398
-
-
-
- Serrurerie. Chap. /T
- fi . xmr
- Reynier dcl/.
- , j----- , .
- F uc a s scui<
- i
- 17*17
- pl.35 - vue 378/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 379/398
-
-
-
- pl.36 - vue 380/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 381/398
-
-
-
- 1
- Sen-urcrle. Cliap, FT
- Tl.JXXVL.
- Dejs in.e par Repi tuer e-t Brete^ï^ .
- Grave par J. Hduurjarei 1716.
- pl.37 - vue 382/398
-
-
-
- ' "4
- J
- i
- i
- r-v-”»•
- *.« .i
- " •
- 7
- ...3,
- 1
- J
- !
- \
- K-
- /'
- i
- *
- I
- . ftef <
- p.n.n. - vue 383/398
-
-
-
- «
- ' TTAXXX IJ TA ‘ 'VTUDJTIJJAp
- pl.38 - vue 384/398
-
-
-
- T;
- ;#
- ,>? ^
- ;
- =* ',-
- Éà
- K.
- /
- \
- / ?" ' ."' ?
- i
- )
- t-
- V
- /
- 1
- t >•
- v-/: - . ..
- <• •
- i'
- K
- * >•*
- p.n.n. - vue 385/398
-
-
-
- pl.39 - vue 386/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 387/398
-
-
-
- pl.40 - vue 388/398
-
-
-
- *
- A >•
- i ;
- \
- ••• '**£**& '
- -
- . viï,* ' ‘V
- /
- ''f:-
- '4
- J
- .^r<
- )
- i*Y.
- C;i :. •'•„>
- xàé-
- f
- o
- 2
- t
- p.n.n. - vue 389/398
-
-
-
- PI XL
- r
- I
- H
- i
- Sernu'eiic-Chaplb. n.
- »
- G A B
- \
- Fig. 12,,
- I
- I
- <
- pl.41 - vue 390/398
-
-
-
- '' c
- /
- v "V
- _ . • ....; ’...
- V - y'.
- * • \
- A'. y
- ' ‘ï
- -
- } 't
- ' .-v:
- •H-;,:'
- >
- *•4 ’i'*'-
- ’v
- v
- r.
- •
- \ -
- . . S1
- ' < ) •;
- s .
- 7'
- •V
- &
- V
- p.n.n. - vue 391/398
-
-
-
- Sennirci'ie . Chav.
- *1
- .-i-.'.jà»
- pl.42 - vue 392/398
-
-
-
- i£'
- V
- )
- i :
- ' rÿ-
- b
- \ % - 4 1 ' c
- V " ' : V
- %
- /
- ;
- f3
- A
- 's.
- •*tV
- 'fu
- p.n.n. - vue 393/398
-
-
-
- O
- \
- Serruren'e- PA. iir. PI .XLJl.
- f
- pl.43 - vue 394/398
-
-
-
- *V%
- *. •'
- /
- .A
- J
- ' *ï<
- 4
- f
- «
- , y
- <r
- I. '
- r~
- «r
- V
- *
- t
- "i
- .* *
- /
- V.
- 4
- v
- -» . . ♦
- 9 <
- rJ
- •Æï
- *
- *w
- ' r>ifeà/''
- , p-" *
- ♦
- p.n.n. - vue 395/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 396/398
-
-
-
- 1
- J
- V
- )
- j
- i
- »: V
- <
- ' •
- L
- >* >
- j
- i
- y
- r
- j
- /
- ' *
- /'
- A
- \
- )
- »
- /
- )>
- )':
- '4
- i,
- ( i r.
- /
- / r
- %
- 'y
- i
- , '(
- ( ; - --
- -s
- > c
- N
- %
- y
- i
- (<
- ' (
- f. *
- 'i- - •.
- ’é
- p.n.n. - vue 397/398
-
-
-
- p.n.n. - vue 398/398
-
-