Descriptions des arts et métiers
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- additions et corrections
- RELATIVES
- A L'ART DU CHARBONNIER.
- Par M. D u h a m e l du Monceau, de VAcadémie Royale
- des Sciences,
- Qu OIQ UE fait vijitéplusieurs grojfis Forges où Von fond la Mine & où ï on travaille le Fer, je ri y ai pas fait un ajfe£ longféjour pour connoître par moi-même certains détails 9 tels que la quantité de Charbon qui ejl néce faire pour entretenir en feu ces grands Fourneaux, fai donc été obligé de rrien rapporter a quelques Mémoires qui m avaient été fournis par des gens qui dévoient, par leur état, en etre inflruits, Il e(l vrai que ces Mémoires ne m avoient été donnés que comme des a-peu-pres ; car il ejt certain que tu ^^J^^rnntion du Charbon doit varier fuivant différentes circonfiances, telles que la conjîruction du Fourneau , la qualité du Charbon, & la nature de la Mine. Cependant je foupçonnois que la con-fommation de la matière combuflible, telle que je lai donnée dans ! Art du Charbonnier , étoit exagérée ; & je défirois la rejtreindre 9finon à une quantitéprècife , ce qui ne me paroi jfoit pas poffible pour tous les Fourneaux , au moins à un terme moins éloigné du vrai9 que ce que fav ois mis dans VArt du Charbonnier,
- T appris que M. Dangenoujl, Capitaine en premier dans le Corps Royal d! Artillerie, ayant été chargé pendant plufteurs années de fe tranfporter dans différentes Forges du Royaume qui travaillent pour VArtillerie , il avoit fuivi affidue-ment le travail de ces Forges , & tenu des Mémoires exacts de fes obfervations. La confiance que /av ois au fentiment de cet 'habile Officier , me fit efpérer qu avec fin fecours je fer ois en état de rectifier dans VArt du Charbonnier, ce qui regarde la confimmation du bois pour le fervice des groffes Forges,
- M, Dangenoujl, qui ri a pour objet que ce qui peut être avantageux au Service, & utile au Public 9 m envoya fur le champ les Mémoires que je me fais un plaifir de publier tels que je les ai reçus ; invitant ceux qui ont V Art du Charbonnier, de les joindre à la fuite, comme un article très-intéreffant pour ceux qui fi propoferoient d établir des Fourneaux pour lafonte & le travail des Mines de fer*
- m?
- Add. au Charbonnier,
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- ADDITIONS ET CORRECTIONS
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- DETAILS fur la confommation du Charbon pour les Forges SC Fourneaux à fer: par M.Dangenoust 9 Capitaine en premier au Corps Royal d9Artillerie ; avec des Réflexions utiles pour Vexploitation des Mines de fer, ÔC des tentatives pour y employer du Charbon de Houille.
- A v a n t d’entrer dans le détail de la confommation d’un Fourneau , il faut établir les mefores en ufoge dans la Province où l’on a fait les obfer varions.
- En Champagne, la Corde charbonnière a prefque par-tout ÿ pieds de hauteur 7 pieds de longueur : & la longueur des bûches eft de 3 3 pouces.
- L arpent de bois en coupe de 25 à 27 ans , produit environ 40 de ces cordes de bois.
- Par-tout on coupe dès le mois d’Oétobre, le bois deftiné à être converti en charbon pour les Fourneaux. On prétend quil y auroit de la perte à le laiffer trop long-temps fécher for la vente ; ainfi la coupe qui commence au mois d’Oc-tobre d’une année, eft ordinairement réduite en charbon & confommée au Fourneau pendant les 11 mois foivants. Cet ufage provient peut-être de limpoffibi-lité où font les Maîtres des Forces. d« îuttilamment de bois pour
- avoir toujours une coupe en avance.
- On prend toutes les précautions qui font bien détaillées dans l’Art du Charbonnier , pour choifir l’emplacement des Fourneaux , les charger, les bouger» & cuire le bois qu’ils contiennent. Toutes les différences qu’on remarque quelquefois , confiftent dans quelques pratiques particulières à chaque Fondeur ou Dreffeur ; efclave de ïà méthode, il la croit préférable à toute autre, quoi-qu’aflèz fouvent elle n’ait rien de plus avantageux que les autres pratiques.
- Quatre cordes & demie de bois, & cinq au plus, des dimenfions rapportées ci-deffos, produifent une banne de Charbon ; cependant lorfque le bois eft tortueux ou mal arrangé, il en faut fix.
- La Banne contient 20 poinçons, dont dix doivent être combles.
- Le Poinçon dont il s’agit, a 20 pouces de diamètre, for 28 de hauteur.
- Le poids du Charbon varie trop pour évaluer celui de la banne. J’en ai trouvé qui ne pefoient que 1500 livres ; il eft vrai que le Charbon étoit de bois blanc, qui eft fort commun en Champagne ; mais dans le pays de Liège, entre la Sam-bre & la Meufe, on eftime que la banne pefe 2 $60 livres.
- On préféré pour les Fourneaux le Charbon de Chêne, parce qu’il produit plus de chaleur, & que pour cette raifon il porte plus de Mine.
- Très-peu d’Ouvriers favent l’employer à la forge : pour laquelle on recherche celui de Châtaignier ou de Bois Blanc.
- Je n’ai point vu jetter le Charbon dans l’eau ; on le conferve autant qu’il eft
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- A L’ART DU CHARBONNIER, 3
- poffible fous des hangards ; & j’ai toujours vu les Fondeurs diminuer la charge de mine fur la quantité ordinaire de Charbon lorfqu il étoit mouillé : j’en trouve la raifon dans l’Art du Charbonnier , page 24.
- Un Fourneau refte en feu dans l’Angoumois & quelques autres Provinces, pendant huit mois au plus : la qualité des pierres ne foutient pas plus'dong-temps l’aéiion du feu animé par le vent des foufftets. L’ouvrage fe dégrade louvent dès le troifieme mois ; & comme il. s’agrandit proportionnellement au dommage qu’il éprouve, on fondroit à perte fi l’on youloit continuer ; puifqu’en chargeant toujours la même quantité de Charbon , on eft obligé de diminuer celle de la mine à proportion que l’ouvrage ou le creufot s’agrandit.
- Dans la Lorraine, la Champagne, la Normandie , le Luxembourg & le pays de Liège, un Fourneau refte en feu au moins un an : quelques-uns fe fou-tiennent même deux ou trois ans; ce qui dépend de la qualité des pierres & de celle de la mine.
- La Confommation d’un Fourneau en 24 heures , eft communément de deux bannes Sc demie de Charbon, ou de 3 bannes au plus ; que l’on divifo en 18 charges, qui reftent chacune un peu plus de cinq quarts d’heure à paflèr.
- Il eft cependant bon de faire remarquer que cette quantité de charges n’eft pas la même dans toutes lc> Forges ; Il y en a où l’on ne porte que 12 OU 14 charges en 24 heures ; mais comme elles font plus fortes, la confommation totale revient à-peu-près au même ; j’en excepte les Forges à canons, où l’on obt ferve une manutention différente.
- Il fuit de ce qu’on vient de dire, qu’en comptant même fix cordes de bois pour obtenir une banne de Charbon, il s’enfoivroît que l’entretien d’un Fourneau ne monterolt qu’à ^70 cordes de bois, ou iopy bannes de Charbon pour les 365’ jours d’une année.
- En comparant le produit en fonte de différents Fourneaux que j’ai eu occa-fion de voir en travail, je trouve que le réfoltat moyen eft de trois milliers en fonte de gueufe par 24 heures, & rarement autant en ouvrages moulés.
- Un plus grand produit, s’il y en a dans quelques Forges, provient d’une mine plus riche , qui n’exige pas une plus forte confommation de Charbon.
- On peut inférer de ces obfervations, qu’une banne de Charbon fert à fondre la quantité de mine foffilànte pour produire un millier de fonte ou à-peu-près ; & qu’un Fourneau en rend près de onze cent milliers dans une année.
- Je me fois propofé de connoître combien il y avoit de déchet for les matières expofees au feu d un Fourneau. Pour cela j’ai fait mettre à part les craffes qui en font provenues pendant la fonte d’une quantité de mine connue dont on avoit chargé le Fourneau.
- En Mine,......... dooo liv.
- En Charbon,...... 2500
- 00. liv.
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- ADDITIONS ET CORRECTIONS U en eft forti
- EnLitier,..........1837 Üv. "J
- En Fonte ,.........16yo J
- Il s’eft donc perdn en Evaporation ou autrement,.....
- L’objet d’un particulier qui éleve un Fourneau, eft, ou de fondre la mine pour des ouvrages moulés , comme Canons, Mortiers , Bombes , Boulets, Tuyaux , Marmites , Chaudières, Contre-cœurs, & autres uftenciles ; ou de couler Amplement de la Gueufe , qu’il convertit en fer forgé.
- Dans le premier cas, j’ai détaillé la plus forte confommation de bois qu’il pouvoit faire.
- Dans le fécond, il lui faut d’autres établiflements & une nouvelle dépenfe de Charbon, pour l’opération indifpenfable de l’affinerie & de la chaufferie.
- On employé une banne & un quart de Charbon, pour affiner, chauffer & forger quinze cents livres de fonte, qui rendent un millier de fer ; & en travaillant a double , c’eft-à-dire , jour & nuit à une affinerie, on forge de 1600 à 1800 livres de fer : de maniéré qu’en déduifant les jours de fêtes, de fécherefle, ou de gelée, pendant lefquels on ne travaille point à la Forge, on peut faire dans l’année quatre cents milliers de fer, qui coufuuuucut Gnq cculs Lmuucs de Charbon, ou 3000 cordes de bois.
- En fùppofànt donc qu’un fourneau, une affinerie & une chaufferie, foient en feu toute l’année , le Maître de forge emploiera 9570 cordes de bois. Mais avec une feule affinerie, il ne peut faire que 400 milliers de fer ; pour lefquels il ne lui faut que 600 milliers de fonte : par confequent il eft inutile qu’il fafte aller fbn fourneau au-delà de ce qu’il lui faut pour Fentreuen de fà forge. D’où il luit qu’en le tenant en feu feulement pendant 6 mois, il fe procurera affez de gueufe pour occuper fbn affinerie toute l’année, avec feulement onze cents bannes de Charbon, ou 6600 cordes de bois pour fatisfaireaux deux objets, à raifon d’une banne par millier de fonte, & d’une banne un quart par millier de fer.
- On peut juger d’après ce détail, qu’il faut deux affineries & une chaufferie, pour convertir en fer forgé, la quantité de fonte que rendroit un fourneau pendant une année ; & c eft fur ce pied , & d’après les obfervations que j’ai rapportées , qu’un Maître de forge doit fe pourvoir de bois & de charbon.
- jVf. Dangenoufl nia de plus fait part de quelques épreuves qui ont été faites pour cuire la Houille, & la rendre propre à être employée comme le Charbon de bois pour les grands fourneaux des Forges. Ces Expériences font trop intéreffantes aux Maîtres de Forges, pour ne les pas rapporter ici.
- On a fait, cefl M. Dangenoujl qui parle, depuis ro ans à Saurbrick, des effais fans nombre pour rendre la Houille propre à être employée comme le Charbon de bois, à fondre la mine de fer. M. Jars, de l’Académie des Sciences, qui l’avoit vu employer avec fuccès en Angleterre, a renouvellé cette idée à fbn paffage par ici. J’ai
- 3487 ÜV. ^013 Üv.
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- A L’ART DU CHARBONNIER. y
- J ai été voir avec lui les établiffements de Saurbrick ; il rendra compte mieux que moi des Fourneaux établis pour débarrafler la Houille de fes foufres & bitumes , Sc en tirer une huile, dont on prétend fe fervir pour différentes choies.
- Nous avons appris fur les lieux, qu’on n’avoit pu réuffir à fondre la mine avec la houille feule, quoique décompofée, mais qu’on s’en étoit fervi avec fuccès pour des Fourneaux de poterie, en la mêlant à partie égale avec du Charbon de bois, fur la quantité ordinaire de mine. Le produit en fer ayant été moindre qu’avec le Charbon, & le fer forgé de mauvaife qualité , on a pour ces raifons ceffé d’employer pour les Fourneaux du Charbon de houille ; mais on a continué à décompofer la houille , parce que l’huile & le bitume qu’on a retiré , joint avec le Charbon de houille qui peut fervir pour chauffer les appartements , a dédommagé amplement du travail.
- Mais d’après les éclairciffements que nous a donné M. Jars, M. de Hayange a mis de cette houille dans un de fes Fourneaux pendant 34 heures dans les proportions luivantes :
- 14 Charges de mine, avec 5 fixiemes de charbon, Sc un fixieme de houille.
- 13 Charges de mine, avec 2 tiers de charbon, un tiers de houille.
- 18 Charges de mine, avec moitié de charbon , Sc moitié de houille.
- Les deux jjicmicroc proportions ont parfaitement réufîi ; la fonte a été belle , & le litier fort coulant ; mais avec la derniere, la fufion a été plus lente, le creufet plus embarrafle, les feories feches, & le Fondeur aflùjéti à un travail continuel ; cependant la tuyere toujours claire.
- Le produit du Fourneau a été à l’ordinaire. On a forgé les différentes fontes avec luccès : elles fe font trouvées aifées à affiner.
- Cette épreuve aiïûre qu’on peuc, tirer parti de la houille pour économifor le bois ; Sc qu’en changeant quelque chofe à la conftruétion intérieure du Fourneau, on parviendra à une fufion parfaite , fiir-tout en donnant plus de chûte aux étalages. Elle invite les Maîtres de forge, qui fe trouveront à portée des houillères , à tenter ce procédé, qui conduira peut-être à trouver des moyens de fe fervir de la houille en plus grande quantité que le Charbon de bois, lorfque les Ouvriers feront plus expérimentés fur la façon de l’employer.
- M. Jars a indiqué des moyens plus fimples de réduire la houille en charbon, que ceux qu’on emploie à Saurbrick.
- M. Dangenouft me marque qu’il a été témoin des eflâis qu’on a faits depuis le départ de M. Jars, & qu’ils promettent, pour les Fourneaux qui fe trouvent à portée des houillères, une grande économie fur le bois ; ce qui eft très à dé-firer pour le bien de l’Etat. Déjà M. de Hayange fe propofe d’en faire ufàge dans fes fondages.
- C eft ce qui m engage à terminer ce petit Mémoire d’additions, par un de feu
- M. Jars, de 1 Académie des Sciences, qui a été adreffé à la Compagnie par M. fon frere.
- Add. au Charbonnier.
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- ADDITIONS ET CORRECTIONS
- MANIERE de préparer le Charbon minéral , autrement appelle Houille, pour le fubftituer au Charbon de bois dans les travaux Métallurgiques, mife en ufage dans les Mines de Sainbeffur les documents de feu M. J a r s y de VAcadémie Royale des Sciences ; pratiquée , perfectionnée SC décrite par M. Gabriel Jars , fon frere, intérejfé auxdites Mines.
- Lu T ili tÉ des Houilles ou Charbons de pierre , eil depuis long-temps reconnue en France, de rend précieufes les carrières de ce minéral qu’elle pof* fede.
- On l’emploie dans les Forges, 8c on le fubflitue avec avantage dans plufieurs cas au Charbon fait avec le bois , dont il importe d’autant plus de diminuer la confommation , que l’on fe plaint avec raifbn que la quantité en diminue fenfible-ment dans le Royaume , 8c que les forêts le détruifènt par les coupes fans être remplacées par des plantations équivalentes.
- Il feroit donc à délirer pour l’Etat , que dans tous les lieux à portée de le pourvoir de Charbons de pierre ou de terre , on s'habituât à s’en fervir à l’exemple de la ville de Lyon , dans laquelle depuis un certain nombre d’années, le peuple l’emploief, comme à Saint-Etienne 8c à Saint-Chamont, à tous les ufàges domeftiques, ce qui produit une épargné pour le confommateur, 8c un bénéfice pour le Royaume.
- A plus forte raifon eft-il d’une grande importance qu’on puifïe le fubftituer au Charbon de bois dans le traitement des Mines qui en exige une fi grande quantité. Mais il‘fe préfente plufieurs inconvénients ; le Charbon foflile tel qu’on le tire de la carrière , nuit Singulièrement aux opérations Métallurgiques, & le plus grand de fes défauts eft de détruire une quantité confidérable de métal dans les fontes.
- Les Anglois qui ont beaucoup de Mines de Charbons de pierre 8c peu de bois, paroifîent avoir été les premiers à faire des tentatives pour obvier à ces inconvénients. J’ai vu dans un Manufcritfur ! Art £ exploiter les Mines de Charbon , que les premiers eilàis faits ace fù jet, remontent à des dates très-anciennes ; & Swedèmborg, très-habile Minéralogifte, en parle , mais comme d’un Art qui de Ion temps n’avoit pas été porté à fa perfeélion.
- L’induftrie des Anglois furmonta dans la fuite les difficultés, 8c ils parvinrent par des opérations affez fimples au but défiré, c’eft-à-dire, à ôter au Charbon minéral fes qualités nuifibles à la fonte des métaux ; ils reconnurent bientôt tous les avantages qu’apportoit cette découverte : mais ils faifoient un myftere de leurs procédés, & la France à peine inftruite de leurs fuccès, n’en partageoit point le bénéfice ; lorfque feu M. Jars, de l’Académie des Sciences, 8c AfTocié de celle de
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- A L’ART DU CHARBONNIER. 7
- Lyon , fut envoyé par le Miniftere dans tous les pays où l’on exploite les Mines, pour y faire des obfervations fur divers objets relatifs à l’avancement des Arts.
- Un des objets for lelquels cet Académicien crut devoir jetter les yeux , fut la maniéré de préparer le Charbon de pierre pour l’employer utilement dans les opérations Métallurgiques ; il fit à ce fujet toutes les recherches poffibles , & me fit part de fes conjeélures & des moyens qu’il imaginoit pour arriver au même point que les Anglois. Un voyage que bientôt après nous fîmes enfemble dans le Nord , fulpendit les expériences que je me propofài de faire fur cet objet dans les Mines de Sainbel. Au retour de mon voyage, je ne tardai pas à m’en occuper ; la réuflîte de mes premiers efiais m’encouragea : je continuai les tentatives ; j eus bientôt la fatisfaélion de voir que mes travaux n étoient pas infruétueux, 8c dans i’efpérance de les rendre plus utiles encore, je me fais un devoir de les foumettre au jugement de l’Académie, qui en aflurera le focces.
- Toute elpece de Charbon foflile nuit aux fontes des Métaux, quoique dan£ différens dégrés foivant fes diverfes qualités ; le but que l’on doit fe propofer , eftde détruire les principes nuiflbles quil renferme, & de conferver ceux qui font utiles à la fonte.
- Sans vouloir entrer dans Une ânalyfe profonde de ce minéral, on fait en général qu'il eft, comme tous les bitumes, compofé de parties huileufes & acides ; dans ces acides, on diftingue un acide fulphureux, à qui je crois que l’on peut attribuer principalement les déchets qu’on éprouve , lorfqu’on l’emploie dans la fonte des Métaux. Le foufre & les acides dégagés par l’aélion du feu dans la fufion, attaquent, rongent & détruifent les parties métalliques qu’ils rencontrent : voilà les ennemis que l’on doit chercher à détruire ; mais la difficulté de l’opération confifte à attaquer ce principe rongeur, en conforvant la plus grande quantité poffible des parties huileufes, phlogiftiques & inflammables , qui feules opèrent la fufion, & qui lui font unies.
- C’efl: à quoi tend le procédé dont je vais donner la méthode ; on peut le nommer le défoufrage. Après l’opération, le Charbon minéral n’efl; plus à l’œil quune matière feche, Ipongieufe, d’un gris noir, qui a perdu de fon poids & acquis du volume, deux obfervations qui paroiffent intéreffantes. Je remarquerai encore que ce Charbon s’allume plus difficilement que le Charbon crud, mais que là chaleur efl: plus vive & plus durable,
- Le Charbon minéral ainfi préparé, fe nomme en Angleterre Côaks, & fe prononce Coks ; les Anglois s’en forvent avec avantage pour fondre différents minerais ; les Orfèvres l’emploient pour fondre les métaux fins : on en brûle aufîî dans les poêles & les grilles des appartements.
- Le procédé au moyen duquel le Charbon de pierre devient Coaks, eft facile en apparence ; il ne s’agit que de faire brûler la Houille , comme on brûle le - bois pour faire du Charbon \ mais il exige une pratique bien entendue & beaucoup de précautions, foit dans la conftruélion des Charbonnières, foit dans la
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- 8 ADDITIONS ET CORRECTIONS
- conduite du feu, fans quoi Ton n obtient que des Coaks imparfaits 8c incapables d’être employés utilement, ce quil eft aifé de reconnoître à la feule infpeétion, & par le déchet que doit faire telle ou telle qualité de Charbon, après des épreuves faites avec exaélitude, ainfi qu’on peut en juger par celles des Houilles des Mines de Rivedegier, dont il eft fait mention dans le Procès-verbal ci-après.
- Pour réuflîr à obtenir de bons Coaks, il eft de la plus grande importance, & même indifpenlàble, d avoir une bonne qualité de Charbon qui foit exempt de pierre ou roche, c’eft-à-dire , tel qu’eft celui de Rivedegier, dénommé Charbon de maréchal ; c’eft le feul dans ces Mines qui foit propre pour les Forges & à l’ulàge auquel nous le deftinons ; car fautre efpece appellée Charbon pèrat, qui ne fert ordinairement que pour la grille , comme tenant plus long-temps au feu, eft mêlé de beaucoup de pierres qui lui donnent de la pefànteur. Le premier au contraire eft très-léger , luifànt & friable, en un mot tel quil doit être pour s’en fervir avec avantage.
- La Benne ou Banne du Charbon pérat, pefe brut, . . . 290 à 300 liv.
- La Benne du Charbon de Forge...................270 à 280.
- La Benne des Coaks,........................... . 170 liv.
- Lorfqu’on s’eft aflùré de cette qualité de Charbon, les Ouvriers Charbonniers ne doivent point encore en négliger le choix; ils doivent en féparer la roche que l’on rencontre quelquefois dans les gros morceaux : on^ fait ce triage en les caftant.
- Pour défoufrer la Houille avec profit, il eft reconnu que les morceaux doivent être réduits à la grofîeur de 3 à 4 pouces cubes, afin que le feu puifïè agir & pénétrer dans leur intérieur.
- Après avoir formé un plan horilontal fur le terrein, on arrange ce Charbon morceau par morceau ; on en compofe une Charbonnière d’une forme à-peu-près femblable à celle que l’on donne pour faire du Charbon de bois, & de la contenue d’environ yo à 60 quintaux, quantité fufEfante pour obtenir de bons Coaks ; car j’ai obfèrvé après diverfes épreuves, qu’en les faifànt plus fortes, il en refte beaucoup après l’opération que le feu n a pénétré qu’en partie, & d’autres où il n’a pas touché.
- Il en arrive autant fi l’on donne aux Charbonnières trop d’élévation, quoi? que dans le même diamètre : l’inconvénient eft encore plus grand , fi comme je l’ai éprouvé, on place le Charbon indifféremment & de toutes grofîèurs.
- Une Charbonnière conftruite de la maniéré que je viens de l’indiquer, peut & doit avoir 10, 12 , julqu’à iy pieds de diamètre, & 2 pieds à 2 pieds 8c demi au plus de hauteur dans le centre.
- Au fommet de la Charbonnière, on laiflè une ouverture d’envirôn<î à8 pouces de profondeur, deftinée à recevoir le feu que l’on y introduit avec quelques Charbons allumés lorfque la Charbonnière eft achevée, alors on la recouvre & l’on peut s’y prendre de diverfes maniérés.
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- A L’ART DU CHARBONNIER. p
- Une des meilleures & la plus prompte, eft d’employer de la paille & de la terre franche qui ne foit pas trop féche ; on recouvre toute la furface de la Charbonnière avec cette paille , que l’on met alfez ferrée pour qu’une épaif-feur d’un bon pouce de terre que l’on jette par-deffus & pas davantage, ne tombe pas entre les Charbons, ce qui nuiroit à l’aélion du feu.
- A défaut de paille , on peut y fuppléer par des feuilles féches ; mais on n’eft pas toujours dans le cas de s’en procurer. J’ai fait effayer auffi de recouvrir avec des gazons ou mottes ; mais il n’en réfulta pas un bon effet.
- Une autre méthode qui , attendu la rareté & cherté de la paille, eft mile en pratique aujourd’hui aux Mines de Rivedegier, par les Ouvriers que les Lite-relfés 4es Mines de Cuivre y emploient à cette opération avec un fuccès que j’aî éprouvé, eft celle de recouvrir les Charbonnières avec le même Charbon ; cela fe fait comme il fuit :
- L’arrangement de la Charbonnière étant achevé, on en recouvre la partie inférieure depuis le fol du terrein jufqu’à la hauteur d’environ un pied avec du même Charbon crud , tel qu’il vient de la carrière & des déblais qui fe font dans; le choix du gros Charbon ; le reliant de la furface eft recouvert avec les déchets des Coks , qui font en très-petits morceaux.
- Par cette méthode , on n’a pas befbin comme par les autres, de pratiquer des trous autour de la circonférence pour l’évaporation de la fumée ; les înterftices qui fe trouvent entre ces Coks y fuppléent, & font le même effet ; le feu agit également par-tout.
- Lorfque la Charbonnière eft recouverte jufqu’au fommet, alors l’Ouvrier apporte , comme il a été dit, quelques Charbons allumés qu’il jette dans l’ouverture, 8c achève d’en remplir la capacité avec d’autres Charbons. Quand il juge que le feu a pris, & que la Charbonnière commence à fumer, il en recouvre le fommet, & conduit l’opération comme celle du Charbon de bois, ayant foin de reboucher les endroits où le feu a pafle, afin d’empêcher que le Charbon ne fe confume, & ainfi du refte, jufqu’à ce qu’il ne fume plus, ou du moins que la fumée en forte très-claire, ligne confiant de la fin du défoufrage.
- Pour toute cette manœuvre, l’expérience des Ouvriers eft très-néceflàire.1
- Une telle Charbonnière tient le feu quatre jours, & plufieurs heures de moins,' fi l’on a recouvert avec de la paille & de la terre ; lorfqu’il ne fume plus, on recouvre le tout avec de la pouflîere de Charbon pour étouffer le feu, & on le laifîè ainfi pendant 12 ou 15 heures ; après ce temps on retire les Coks partie par partie à l’aide de rateaux de fer , en féparant le menu qui fert à recouvrir d’autres Charbonnières.
- Lorfque les Coks font'refroidis, on les enferme dans un Magafin bien fecs ; s’il s y trouve quelques morceaux de Charbons qui ne fbient pas bien défbufrés , on les met a part pour les faire palier dans une nouvelle Charbonnière : on en a de cette façon plufieurs en feu , dont la manœuvre fe feccède.
- Add. au Charbonnier, G
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- ADDITIONS ET CORRECTIONS Trois Ouvriers ayant un emplacement allez grand, peuvent préparer dans une femaine 350 jufqu à 400 quintaux de Coks.
- Il eft eflentiel de bien dépouiller le Charbon minéral de la roche & des pierres qui peuvent y être mêlées ; car il eft arrivé, foit par défaut d'expérience des Ouvriers , foit par leur négligence , que plufieurs Charbonnières n ont produit que des Coks imparfaits, qui dans la fonte ont occafionné beaucoup d'embarras ; d'où j'ai conclu que les acides deftruéleurs n'avoient pas été fuffifàmment détruits, & que l'on n'en a voit pas féparé des pierres qui ne fondant point, s’accumuloient dans rintérieur du Fourneau.
- J’en ai la preuve dans l'eflai que j’ai fait de la Houille de Sainte-Foi-l'Ar-gentiere, à trois lieues de Sainbel, qui a préfonté les mêmes inconvénients au bout de quelques heures de fonte, puifqu'elle eft unie à une grande quantité d'une efpece de fchifte très-réfraélaire, & par conféquent peu propre à cette opération ; au lieu que les Coks produits de la Houille choifle des Mines de Rive-degier , ont procuré dans la fonte des minerais de cuivre, tout le fiiccès qu’on pouvoit en attendre, comme il eft prouvé ci-après.
- Par le décompte détaillé des Charbons de terre des Mines de Rivedegier, mis en défoufrage à Sainbel depuis le 20 Janvier 1769, julqu’au 10 Mars foi-vant, il eft conftaté que ces Charbons perdent ou déchetent dans cette opération de 3 5 pour cent, c eft-à-dire, que 100 livres de Charbons cruds , font réduites à 65* livres de Coks. Ce fait a été vérifié plufieurs fois aux Mines de Rivedegier, où depuis le premier Avril 1769 , les ïntérefïes des Mines du Lyon-nois, occupent trois Ouvriers à cette préparation.
- D'où il réfulte que le quintal de ces Coks, rendu à Sainbel tous frais faits , achat du Charbon, façon des Ouvriers » emplacement pour la préparation * provifion & tranfport, revient à environ 44 fols poids de marc,
- FONTE DE COMPARAISON.
- Le 7 Mars 1769 > à deux heures & demie après midi, on commença la fonte de comparaifon dans deux Fourneaux courbes ou à manche, dune grandeur femblable, & allant d'une égale vîtefle ; on garnit l'un en Coks > & l'autre en Charbon de bois à l'ordinaire ; la fonte fut continuée jufqu'au 18 à la même heure: elle avoit été interrompue pendant 13 heures le Dimanche 12 , pour réparer & refaire les baffins d'avant-foyer & de réception. On employa donc pour le total de la fonte 2 y r heures pour fondre en tout onze cens quatre-vingt-deux quintaux de minerais mêlés de la mine du pilon & de celle de chevinay rôtis à 4 feux, fuivant l'ufage ci,.... 1182 quintaux.
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- A JL"ART DU CHARBONNIER.
- Savoir,
- 672 quintaux dans le premier Fourneau garni de Coksy ont produit en matte, 114 quintaux*
- Ils ont confommé 330 quintaux, poids de marc de Coks, ce qui a 44 fols , fait
- monter la dépenfe à......., ...........726 1ÎV.
- j110 quintaux dans le fécond Fourneau avec le Charbon de bois, n’ont produit en matte, que 89 quintaux.
- Us ont confommé 316 voies de Charbon de bois , qui à 47 fols prix commun , fait
- monter la dépenfe à *.................. • 742 12 £
- D’où il ï’éfulte :
- Si ÿIO quintaux minerais fondus avec le Charbon de bois, coûtent 742 liv* 12 fols, les 672 quintaux fondus de même, auraient coûté . 78 liv. 9 f. 8 d.
- Mais les 672 quintaux minerais fondus avec les Coks, n ont dépenfé que ........*..............................726 liv.
- Donc, il y a un bénéfice dans une fonte de 12 jours &
- à un feul Fourneau , de............................252 liv. 9 C 8 d.
- ce qui fait environ le quart.
- Le gain fur le temps efi encore un objet de conféquence, puifque dans les temps de féchereffe , la riviere fournit fi peu d’eau, qu’on eft: obligé de fuf-pendre les fontes ; on a donc un avantage réel dans l’opération: car, fi pour fondre jio quintaux de minerais, on a employé avec le Charbon de bois 2
- heures, il auroit fallu pour fondre les 672 quintaux , 3 3o heures trois quarts.
- Mais avec les Coks, les 672 quintaux ont été fondus en 2 51 heures.......
- Donc, on gagne............ ......... . 79 heures trois quarts,
- outrais jours fept heures dans une feule fonte.
- Pour parvenir à reconnoître plus particuliérement l’emploi que l’on peut faire du Charbon de terre au lieu de Charbon de bois, dans différentes opérations de Métallurgie,
- J’ai fait, après la fonte mentionnée ci-defîus-, fondre dans le même Fovus neau avec des Coks> une partie d’un grillage de matte de cuivre, de laquelle on a obtenu environ trais quintaux de cuivre noir, pour le raffiner, le fondre enfuite & le battre au martinet, à l’effet de reconnoître fi quelques portions acides, fulphureufes, qui auraient pu rèfter dans les Coks, n’altéreroient point le métal.
- Les trois quintaux de cuivre ont été raffinés fur le petit foyer, fondus Sc étendus fous le marteau , autant qu’il a été poffible, fans qu’on y ait remarqué aucune fente ni gerfure.
- Toujours dans la même vue, on a fait rôtir à part tes 114 quintaux de matte ,
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- t% ADDI TIONS ET CORRECTIONS
- produits de la fonte du minerai avec les Coks ; on a obtenu le cuivrenoir qui a été raffiné, fondu & battu fous le marteau comme le premier avec tout le fuccès poffible ; d’où il s’enfuit qu’il eft bien prouvé que les Coks ne nuifent point à la qualité du cuivre , Sc peuvent être employés utilement.
- OBSERVATIONS.
- En détaillant le mérite de l’opération, je ne dois pas en diffimuler les inconvénients. J’ai fait ouvrir les Fourneaux, Sc j’ai obfèrvé que celui où l’on a fondu avec les Coks , a été beaucoup plus endommagé que l’autre, il s’agit de Y ou* vrage, & qu’il s’y eft formé dans l’intérieur des cavités plus grandes.
- On ne s’étonnera point de cette différence, fi l’on remarque que la chaleur des Coks eft bien plus vive que celle du Charbon de bois; mais pour peu qu’on réfléchiftè fur cet inconvénient, il eft prouvé qu’il n eft rien en compa-railbn des avantages qui réfultent de l’emploi de cette matière combuftible ; l’augmentation de dépenfe ne roulera que fur une réparation un peu plus confi-dérable à la fin de chaque fonte , Sc fur la durée de Y ouvrage des Fourneaux qui fera dans le cas d’être renouvellé chaque année, au lieu de ne l’être que tous les deux ans fiiivant l’ulàge.
- Pour prévenir en partie cet inconvénient, Sc parce qu’il ne feroit pas poffible de fe procurer dans ce momënt-d la quantité de Coks dont on auroit be^ foin , à raifbn du fer vice public qui a lieu journellement au bord des carrières de Rivedegier , j’ai trouvé qu’en le mêlant à moitié ou à tiers avec le Charbon de bois , il en réfultoit un très-bon effet, Sc cela fe pratique aéluellement dans nos Fonderies depuis le premier Avril dernier avec fficcès.
- On comprend aifément que le mélange dans la fonte des deux matières corn-buftibles, ne donne pas les mêmes avantages que l’emploi des Coks feuls ; mais ils feront toujours affez grands pour le faire préférer à tous égards au Charbon de bois fans Coks. t
- Les Ouvriers Fondeurs en ont remarqué comme moi la différence, & donnent la préférence au mélange pour avoir une fonte plus égale ; d’ailleurs , il eft con£ \ tant que de quelque maniéré qu’on emploie les Coks , ils accélèrent la fonte des matières ; les Fourneaux fupportent une charge plus forte de minerais, fans augmenter la quantité de Charbons , Sc la dépenfe eft moindre.
- Une autre obfervation très-effentielle, c’eft celle du dégré de chaleur qu’acquiert la matte ou malle réguline dans l’intérieur'du Fourneau pendant le cours de la fonte, dont j’ai fait plufieurs fois la comparâijfon dans les percées de l’avant-foyer au baffin de réception ; de cette augmentation de chaleur réfulte un très-grand avantage.
- On conçoit que la matte plus échauffée fe purifie Sc fe dégage d’autant plus des parties fulphureufes qffelle renfetme ; on l’obtient, il eft vrai, en moindre quantité, mais elle eft plus riche en métal, d’où naît néceflàirement l’économie
- du bois
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- A L’ART DU CHARBONNIER. *3
- du bois dans les rôtiflàges quifuivent lopération, & du Charbon dans les fontes.
- Les Anglois fondent la plupart des minerais de fer avec les Coks , dont ils obtiennent un fer coulé excellent qui fe moule très-bien : mais jamais ils ne font parvenus à en faire un bon fer forgé.
- Les Coks ont donc leurutilité pour tous les ouvrages qui fe jettent en moule * feu M. Jars, dans la tournée qu’ il fit en 1768 , dans les Forges d’Alface, en fit faire un eflai qui réulïlt très-bien.
- Les Anglois ont encore une autre méthode de préparer le Charbon de terre pour les Fontes, dont ils retirent non-feulement les Coks, qu'ils nomment pour lors Cinders, mais encore la partie gralîè, avec laquelle ils fabriquent du gaude-ron. Cette opération fe fait par la diftillation dans un Fourneau fermé. Les Liégeois , à leur exemple , fuivent cette méthode depuis un an , & emploient avec fuccès les Coks dans la fonte des minerais de fer.
- De toutes ces obfervations, il réfulte qu indépendamment du bénéfice que la nouvelle méthode introduit dans le traitement des mines, elle allure une diminution de confommation en Charbons de bois 9 ce qui doit, avec le temps, faire bailler le prix de ces Charbons. On peut objeéter quen même temps cela fera haulîèr celui du Charbon de terre : mais cet inconvénient n’eft que momentané^ Il eft naturel de penfer que pour profiter de cette confommation, les Propriétaires des Mines extrairont une plus grande quantité de Charbons, qui ramènera bientôt l’ancien prix.
- Il n’en eft pas de nos Mines de Charbon comme de nos forêts ; leur abondance eft bien reconnue ; mais c’eft un nouveau motif pour exciter à J a recherche de nouvelles carrières , pour faciliter l’exploitation, <& pour encourager ceux qui en fécondant les vues du Gouvernement, travaillent à la perfeétion des Arts.
- Envoyé à l’Académie, par M. Gabriel Jars, 1 ej Janvier 1770.
- FIN.
- Fautes a corriger k VArt du Charbonnier.
- A la Noté qui eft au bas de la page 7 , mettes la Marne nu lieu de l’Oife, ôc l’Oife au lieu de îa Marne. Ainjî life? : II arrive du Charbon à Paris par l’Oife, qui vient de Chauni, de Compîegne, de Conflans - Sainte Honorine ; & par la Marne, qui entre dans la Seine à Conflans-PArchevêque.
- A la page 13 , ligne 23 , on a fait mafculin le mot aire : il eft féminin.
- A la page 21, ligne 22, quand on dit qu’il ne faut pas conclure que le volume du bois eft diminué de moitié, il faut concevoir qu’on entend en plus ou en moins .* car par ce qui eft dit enfuire au fujet du produit en Charbon, il eft établi qu’il excede la moitié. Mais toutes ces confé-f quences font données comme des à-peu-près.
- CNAM
- RESES&
- Add. au Charbonnier.
- D
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