Descriptions des arts et métiers
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- L A R T
- DEXPLOITER LES MINES
- D E
- CHARBON DE TERRE.
- «
- Par M. MORAND > le Médecin.
- PREMIERE PARTIE.
- DU CHARBON DE TERRE
- ET DE SES MINES-
- », ICC. LXVIIL
- 9L /t'y K r-
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- J
- INTRODUCTION.
- Il n’e s t perfonne qui ne connoilTe de vûe ou de nom le Charbon de Terre. Son ufage eft prefque indifpenfable pour mettre le Fer en œuvre, & dans les autres travaux qui demandent du feu. Tout le inonde fçait qu'il dédommage complètement l’Angleterre du bois qui lui manque , & que beaucoup d’endroits de l'Allemagne pour leur chauffage , pour leurs Manufactures, pour tous leurs befoins, préfèrent, par une œconomie bien entendue, le Charbon de terre (Steen Kohlen ) au bois qu’ils pourroient tirer des. Forêts dont ils font environnés.
- La portion la plus nombreufe du peuple de Liège , jufqu'aux femmes & aux enfans, vit dans les Mines de Charbon qu'ils nomment Houillieres 9nc fubfifte que par la Houille 9 8c ne "connoît point d’autre feu que celui de cette matière répandue de tous côtés fous leurs pieds*
- Appellé dans ce pays il y a plufieurs années, je fus invité par l’Académie à quelques recherches fur ce foffile. Il eft naturel de croire que ne pouvant faire un pas fans voir des Houillieres , de la Houille 8c des Houilleurs, rien ne devoit être plus aifé que de.répondre aux délîrs de ma Compagnie. Je m’en flattois moi-même , 8c me repo-fant fur cette facilité * j’allois tous les jours vifiter les Paires , ( on nomme ainfî les endroits où fe ramaffe la Houille jufqu’au moment de la vente ) ; je m’occupois à examiner le Charbon de terre aufortir de la mine, à chercher les Houilleurs qui me paroiffoient les plus intelligens , à les queftionner fur tout ce qui pouvoit fournir matière à quelque obfervation d’Hiftoire-Naturelle.
- Je ne tardai pas à fentir l’infuffifance de cette méthode dans mes recherches. Tout mon temps fepaffoit à développer les idées d’Ou-vriers, qui pour la plupart ne s’embarraffent que de remplir leur tache, a entendre des explications ordinairement inintelligibles, fouvent defeCtueufes, quelquefois même contradictoires , à refpirer la pouffiere de la Houille fans connoître fa nature.
- Je pris le parti de lire les Ouvrages écrits fur cette matière ; ce qui ne me fut pas difficile : jufqu’à préfent ceux qui en traitent uni-Charbon dr Terre. „
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- i) INTRODUCTION.
- quement font en très-petit nombre. Dans trois Mémoires de M. Triewald , que j’aurai occafion de citer plus fouvent dans la féconde Partie de mon Ouvrage, on trouve un détail très-bien raifonné fur l’exploitation du Charbon de terre : ces Mémoires ont été traduits & publiés en François dans le Journal (Economique. Ce même Journal a fait plufieurs fois connoître le Charbon de terre fous différentes vues d’utilité. M. de Tilly , Interreffé dans les Mines d’Anjou, a raffemblé dans une Brochure de 131 pages, les moyens ufités pour l’exploitation de ce foffile. Ces Auteurs femblent avoir eu pour objet d’encourager quelqu'un à développer les manœuvres particulières au travail des mines de Charbon. Quelques Obfervateurs Anglois fe font bornés à décrire toutes les circonftances qui le peuvent déceler ou accompagner.
- Ces derniers m’ont d’abord indiqué la route que je devois fuivre. pour concourir au but que fe propofe l’Académie dans la Defcrip-tion des Arts & des Métiers. La connoiffance & l’exploitation du Charbon de terre y tiennent effentiellement. Comme Naturalise, il me fuffifoit d'examiner le Charbon de terre, abftradion faite du travail néceffaire pour enlever cette fubftance de fa mine ; c’eft le premier objet que je me propofai. En conféquence je partageai mon temps à vifiter les magafins de Houille, & à voyager dans les Tailles; on appelle ainfi les chemins, ou les ouvrages fouterreins qui réful-tent de la taille de la Veine.
- Développer les ufages techniques des différentes contrées où l’on exploite le Charbon , détailler fon exploitation, & les avantages politiques & œconomiques qui en réfultent : tel fut le fécond objet que je crus avoir à remplir comme Phyficien & comme Citoyen.
- Je ne me fuis pas diffimulé l’importance de l’entreprife ; plus d’une fois elle m’a infpiré la plus grande défiance, & fi j’ai eu le courage de la fuivre, je n’ignore pas combien je fuis éloigné de ne rien laiffer à défirer ; mais j’ai dû efpérer qu’en faveur des difficultés attachées à un travail de cette nature, qu’en confidération de la maniéré entièrement neuve dont je l’ai envifagée, pour laquelle on reconnoîtra que les Ecrits antérieurs , dont j’ai fait ufage, ne m’ont été que d’un foible fecours ; j’ai cru , dis-je , pouvoir efpérer qu après l’accueil favorable fait à l’Introdudion que je lui en ai préfentée en 1761
- (1) A la rentrée publique de l’Académie du 14 Novembre , & remife à M. Parent, premier Commis de M. Bertin , alors Contrôleur-Général.
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- INTRODUCTION. iij
- le Public uferoit d’indulgence pour les défeduofités qui fe rencontreront dans cet Ouvrage.
- Soutenu par cet efpoir dans mes premiers efforts, j’avois prolongé de plufieurs mois mon abfence de Paris, afin de vifiter le pays de Liège, d’Aix-la-Chapelle , de Charleroi, & pour conférer avec tous ceux chezlefquels j’ai crû trouver les connoiffances néceffaires (') : mais deux perfonnes recommandables à plufieurs égards , doivent entre autres avoir part ici aux marques publiques de ma reconnoif-fance:feuM. le Vicomte des Androuin, ancien Capitaine de Dragons au [Régiment de Flavacourt, Seigneur de Hodelin-Sart, d’E-pigny, de Villers- fur-Leffe , Bailli de Charleroi ; & M. le Chevalier d’Heufy , Confeiller privé de S. A. C. l’Evêque Prince de Liège, ancien Bourguemeftre de la ville, & fon Miniftre envoyé auprès du R o i.
- Le premier, vieillard aimable & refpeéïable, n’a befoin que d’être nommé. L’avantage qu’a retiré une de nos Provinces entière de fon expérience confommée dans tout ce qui concerne la Houillerie, eft affez frappant, comme on le verra dans la treizième Seétion de cette première Partie, pour lui mériter le titre de Bienfaiteur du Hay-naut François. Sans lui j’eulfe peut-être renoncé à une entreprife qui m’avoit déjà coûté bien des foins inutiles. On conçoit que fouvent les Houilleurs les plus habiles font incapables de tranfmettre des idées qu’ils ne doivent qu’à un long ufage , & prefque jamais au rai-fonnement. Une très-grande partie des infiruétions que j’avois à grande peine obtenue d’eux, ou bien étoit reliée tronquée & indigefle ou n’avoit pû être dégagée du voile ténébreux & greffier qui les en-veloppoit. Je n’en étois pas encore à faifir fans interruption la férié des objets ; je ne pouvois par conféquent donner ni forme, ni arrangement avantageux au petit nombre d’idées nettes que j’avois pû recueillir. Un féjour de peu de durée chez feu M. le Vicomte des Androuin , dans fa terre de Hodelin-Sart près Charleroi, a fuffi pour jetter le trait de lumière fur l’enfemble d’objets fi prodigieufèment variés.
- M. le Chevalier dHeufy , homme d’Etat dans fa patrie, recherche en toute occafion a ce titre par fès concitoyens , accueilli tout récemment par notre Miniflere, porté par goût à communiquer les
- (i) A Liège, MM. de Bury , pere & fils. A Aix-la-Chapelle . M. Blaife.
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- ïv INTRODUCTION.
- connoiffances précifes qu'il a fur toutes les matières propres à faire fleurir les Etats, m’a accordé obligeamment fur mon travail des conférences fuivies, d’après lefquelles on peut compter pour l’exactitude de tout ce qui a trait à la Houillerie du pays de Liège.
- C’eft ainfi que guidé préalablement par des notions puifées dans la Nature même que j’avois été fuivre dans l’intérieur des Houillie-res ; 8c par celles que m'ont fournies les Houilleurs les plus au fait, j’ai pu tirer parti du petit nombre d'écrits relatifs à mon fujet;jeme fuis infenfiblement trouvé en état de le faifir fous toutes les vûespof-fibles, d’emcomparer les différents rapports, d’embraffer enfin cette matière dans toute fon étendue , 8c de tracer au moins une grande ébauche.
- Je préfente la Houille fous deux faces générales, comme branche très-variée de l’Hiftoire-Naturelle,& comme branche importante de Commerce.
- Sous la première confidération, je regarde ce foiïile comme le plus fingulier de tous, après les fubftances métalliques. Répandu qu’il eft plus ou moins profondément dans toute la maffe du globe , j’en traite toutes les dépendances dans le plus grand détail.
- Sa compofition , fa nature, fes différentes efpéces & variétés , les météores aqueux, aériens 8c ignées qui accompagnent cette fubdance dans les entrailles de la terre , où ils gênent fînguliérement la pour-fuite des ouvrages , font traités comme appartenants à la Phy-fique.
- Je viens enfuite à le confidérer feul 8c en particulier dans fes mines ; en décrivant la maniéré dont il efl: difpofé, je donne non-feulement la fituâtion , la difpofition , la figure , les dimenfions, mais encore la direction, la marche & les limites des bancs de Houille.
- Le corps de cet Ouvrage 5 dont je ne publie aujourd’hui que la première Partie, étant elfentiellement l’hiftoire du Charbon de terre Sc de fes mines , le pays de Liège étant d’autre part celui fur lequel je m’étends le plus, parce qu’il fait, pour ainfi dire , la bafe démon Ouvrage , j'ai adopté les termes de Houille , les dénominations de Houillerie , dont on y qualifie la chofe &le métier ; j’ai appellé, ( fur-tout quand je donne la géographie fouterreine de ce pays ) Bures , les foffes ou puits des mines, Borins , Houilleurs , ceux qui en entreprennent l’exploitation, ou qui s’adonnent aux travaux
- de
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- introduction. v
- <Ie Houillerie ; ce qui n’empêche pas que > lorfque je décris les mines d’autres pays, je ne fade ufage des termes qui y font reçus, en les comparant avec ces premiers, fuivant les circonftances.
- N’ayant pû me difpenfer dans les détails particuliers du pays de Liège, de nommer la plus grande partie des villages où fe fouillent différentes efpéces de Houille, j’ai cru néceffaire de donner un plan topographique des environs de fa Capitale, pour y retrouver la plupart des endroits que je défigne. La partie de cette Carte qui repréfente le côté gauche de la Meufe , toujours occupé en temps de guerre par l’ennemi, n’a été levée par aucun Ingénieur François : j’ai été obligé de m’adreffer à un Arpenteur de Liège, & M. le Chevalier d’Heufy a eu la complaifance de me donner fes avis pour que cette partie ne fût point fautive.
- Quant à la Carte de la rive droite de la Meufe, on ne peut douter de là fidélité ; Mgr. le Duc de Choiseul , dont la prote&ion eft affurée à toute efpéce de travail qui fe rapproche des vûes du bien public, dont ce Miniftre eft animé, a daigné contribuer à cette perfection de mon entreprife ; par fon ordre, il m’a été communiqué du Dépôt des Plans une Carte de cette partie des environs de Liège, fur laquelle eft copiée celle numérotée i, dans laquelle font exprimés les faux-bourgs de cette ville , d’où partent les principaux Cordons des mines dont la cité eft comme le centre.
- J’ai feulement fubftitué à l’orthographe françoife celle du pays j je m’y fuis conformé dans mon Ouvrage , & elle tftla même que celle qui a fervi à la carte de Kints, d’après la matricule de l’Empire.
- La Carte numérotée x, qui l’accompagne, renferme généralement toute l’étendue du terrein qu’occupent les mines de Charbon autour de Liège, & qui manque dans la Carte précédente.
- La defcription d’une fouille de Charbon du pays de Liège depuis la fuperficie jufqu au dernier banc de ce foflile, forme un article non moins intereffant, dans lequel font compris, i°. l’examen du fol extérieur des Houillieres & de leurs environs j ce qui donne occalion de parler des indices que les Minéralogiftes donnent communément pour reconnoître fi un terrein recele de la Houille ; x°. les lits de terre, les pierres qui forment la maffe de fa couverture , qu’il faut percer avant de parvenir au Charbon ; 1 ordre dans lequel ces couches font
- rangées, leur nature , leur confiftance ; 30. les matières pierreufes Charbon de Terre,
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- vj INTRODUCTION.
- qui font décidément étrangères à toute la maffe environnante des veines. Je qualifie de cette maniéré des entaflements de quartiers de roches, qui poftérieurement à leur formation & à celle des veines, fe font éboulées dans les endroits où on les trouve en fouillant une mine, Sc qui forment un des principaux obftacles à l’exploitation.
- Outre l’avantage de cette elpece de Géographie souterreine pour faire connoître toute la charpente des mines de Houille, on voit qu’elle indique de plus tant les fubftances qui fervent de minière au Charbon, & celles qui entrent généralement dans fa compofition, que celles qui l’avoifinent, ou qui s’y font mélangées par quelque accident que ce puilfe être.
- Cette diverfité d’objets que j’ai décrits dans la première Partie, ne peut être regardée comme inutile ni indifférente , toute étrangère qu’elle paroifle au premier coup d’œil ; les Tranfaétions Philofophi-ques ne contiennent aucun Mémoire touchant le Charbon de terre, qui ne foit traité fur ce premier plan, lequel, ainfi que je l’ai dit plus haut, n’eft que la connoiffance de la chofe, & point du tout celle de fon exploitation. Le célébré M. Lehmann, dont la mort récente eft une perte difficile à réparer, a donné , enfuivant une route à peu près femblable , un excellent EJfai fur l’Hifioire Naturelle des Couches de la Terre. On doit convenir avec cet Auteur qui'/ feroit à fouhaiter que cette méthode fût appliquée à toute la Minéralogie. En effet, quoique ces couches, auxquelles feules il eft poflible d’atteindre, ne foient que l’en-croutement du globe, & ne compofent qu’une très-petite partie del’é-paiffeur de la terre, puifque les mines les plus profondes ne defcen-dent pas à la huit-millieme partie de fon diamètre, il y en a cependant affez , ( c’eft la remarque expreffe d’un Auteur illuftre par fon génie & par fon pinceau ) pour reconnaître un ordre que nous ne foup-çonnions pas , & des rapports généraux que nous nappercevions point au premier coup dœil ('). Pour l’objet dont il s’agit en particulier, il eft évident qu’une defcription, & s’il étoit poffible, une connoiffance complette des matières répandues dans un terrein que l’on veut fouiller pour trouver une veine, eft un préliminaire qui tient effentielle-ment à ce qu’on recherche, & qui rendra par la fuite fa découverte & plus fûre & plus facile.
- C’eft par ces raifons qu’après avoir traité dans le plus grand dé-
- (i) Hiftoire du Cabinet du Roi , Tome I. II. Difcours 3 Hijîoire & Théorie de la Terrer
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- INTRODUCTION.
- VI)
- tail poffibïe, tout ce qui peut, en ayant rapport à la Minéralogie en général, être appliqué aux Charbons de terre, ou Houilles du pays de Liège, je tranlporte le Leûeur en Angleterre & en Allemagne. A la faveur de defcriptions tirées d’Ouvrages eftimés, je lui fais con-noître les mines de Charbon qui fe trouvent dans ces contrées ; en lui rappellant à chaque fois les notions générales que je lui ai pré-fentées en détail pour un feul pays, afin de le mettre à même de rapprocher ces defcriptions les unes des autres, de comparer tant ces mines, que les termes adoptés par les Ouvriers de ces pays divers.
- Je lui fais parcourir la France relativement au même objet, en palfant en revûe non-feulement les provinces de ce Royaume, uni-verfellement connues pour riches en Charbon, mais encore plufieurs d’entre elles où on en a tiré en différens temps, ce qui y conftate fuf-fifamment l’exidence de cette matière : ce tableau par lequel je termine la première Partie de mon Ouvrage, eft pour quelques-unes de ces mines, éclairci ou circonflancié dans plufieurs points, félon qu’il m’a été poffible d’avoir communication ou de Mémoires lurs , ou d’échantillons ; il fixera fans doute l’attention du Public François. Le nombre des mines qu’il y trouvera, lui donnera au moins de l’étonnement , fur-tout lorfqu’il jettera les yeux fur les Cartes Phyfiques que j’y ai jointes ; elles ont été, ainfi que celles du pays de Liège, foumifes féparément à l’examen de l’Académie. Elles font un travail particulier qui tient à un plan général de Géographie & de Minéralogie phyfique ; mais en même-temps fe rapportent uniquement à l’hiftoire des mines de Charbon de terre de France , en forte quelles peuvent être détachées en faveur de ceux qui voudroient fe les procurer feules & indépendamment de l’Ouvrage.
- Je ne dois pas laiffer ignorer la part qu’a eue M. Buache à cette portion auffi intéreflante que difficile de mon Ouvrage. Les vûes qui font particulières à cet Académicien fur la continuité des chaînes de montagnes , fur l’enchaînement de la charpente qui traverle les continents , qui foutient les parties de notre globe , fur la liaifon de quelques pays avec d’autres (') , paroilfent de jour en jour s’accorder avec ce que les Minéralogifies découvrent d’une partie de la compo-
- ) EfTai ^le Géographie Phyfique, où ton pro- J quelques confide'rations particulières fur Iesdif-j fs vues générales fur Fefpéce de charpente férens bafifins de la mer , & fur fa configuration
- .-g ° e * c°nipofée de chaînes de montagnes intérieure , par M. Buache. Mémoires de VAcad.
- raverlent les mers comme les terres 5 avec Roy. des Sciences de Paris, année 1752. p. 3pp.
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- -vîij INTRODUCTION.
- fition intérieure de la terre, au point de ne plus préfenter, ainfi que le faifoit modeftement l’Auteur , un commencement de fyftême (1 ), mais un acheminement à une plus grande connoiffance du globe. Lorfque M. Guettard fit drefler la Carte minéralogique de la France & de l’Egypte, qu’il a publiée en 1746* il fut frappé d’une linguliere corref-pondance entre ce que fes recherches lui avoient appris fur la diftriL bution Sc la direction des couches qui féparent la France de f Angleterre ? & les principes que M. Buache s’étoit déjà formés, & dont il a depuis donné le développement , fur la Géographie naturelle intérieure ; M. Buache avoit établi ces principes fur des réfultats généraux d’obfervations faites fur les éminences, les profondeurs,les irrégularités de la forme de la terre. M. Guettard fans juger ce premier eflai de fon confrère appliquable au lien , obferve que ce Géographe qui avoit concouru à fon travail, fcavoit fouvent juger d'avance ce qu il devait avoir vû, & que prejque toujours fes obferyallons fe trouvoient conformes à fes idées {ff
- De quelque maniéré que Ton envifage le Charbon de terre, ou comme Naturalise qui eft fondé à le foupçonner diftribué dans toute l’étendue du globe, dont ilcompofe une très-grande partie, foit comme Politique qui voit de quelle utilité doit être la connoilfance de fon exiftence dans tel ou tel endroit ; ce foffile peut fournir tout feul une Carte neuve dans fon genre & importante dans fon objet ; je n’ai donc pû mieux faire que de recourir à des confeils & à des lumières , pour lefquels le Phylîcien & le Naturalise doivent être prévenus avantageufement. Auffi les travaux particuliers auxquels M. Buache s’eS livré pour rendre ces Cartes claires, n’ont pas fans doute peu contribué à leur mériter le fuffrage de l’Académie , qui les a jugées utiles & dignes d’être publiées fous fon privilège (3).
- La Carte numérotée 3 , portée fur une feuille du format de l’Ouvrage , contient les principales rivières qui parcourent les provinces de France, &les chaînes de montagnes qui traverfenttoute l’étendue de ce Royaume, conformément au plan phyfique donné en 175 2, par M. Buache. Subdivifée par Généralités, dans lefquelles font indiqués les bourgs, villages ou hameaux où fe trouvent les
- (2) Voye% page 41 du Mémoire cité précédemment.
- (3) Mémoire 8c Carte minéralogique fur la ftrudure & la fituation des terreins qui traverfent
- la France & l’Angleterre, par M. Guettard. Mém. de VAc. Roy. des Sc. de Paris , an. xy^S.page 364.
- (3) Elles fe trouvent chez M. Buache, premier Géographe du Roi, quai de l’Horloge du Palais.
- mines
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- INTRODUCTION* ix
- mines de Charbon de terre ; cette Carte n’a pas feulement le mérite d’aider lacuriolité du Leéteur, en abrégeant fes recherches géogra- , hiques : fonufage s’étend encore, quant à cette première Partie, à faire voir d’un feul coup-d’œil cette nouvelle richelfe de la France , & à démontrer fur ce point une abondance, à laquelle il ne paroît pas qu’on ait jufqu’à préfent fait beaucoup d’attention ; mais en continuant de rendre compte de mon Ouvrage, je ferai voir, lorfquej’en ferai àla fécondé Partie, l’utilité plus générale à laquelle elle s’étend.
- Les Plans 4. 5.6.7. contiennent ledétail dequelquesProvinces fur un plan'géographique d’une échelle beaucoup plus grande, pour exprimer d’une maniéré fenfible toutes les mines qui y font près les unes des autres.
- Quoique dans la partie des mihes de Charbon de terre, le Vocabulaire ne paroiffe pas en lui-même fufceptible de trop de variantes, il ne laide pas que d’avoir fa difficulté, & elle n’ëft pas toujours auffi aifée àfurmonter qu’on pourroit le croire d’abord ; les eXpreffions des Ouvriers ne font jamais uniformes que dans un feul & même pays ; paffe-t-on dans un autre ? (fût;il le plus voifin,) le langage du métier, formé de termes apportés par des Ouvriers étrangers, qui y ont été attirés, quelquefois de différents pays, eft confondu dans l’idiôme particulier au pays ; ces termes n’ayant prefque rien confervé de leur première origine, s’altèrent quelquefois au point de n’être plus recon-noiffables. Cette complication dans la nomenclature forme une ef-pece de langue qui toute corrompue , toute barbare quelle foit, doit cependant être regardée comme la clef du métier, dont ne peuvent fe paffer ceux qui voudroient interroger ou comprendre les Ouvriers; on s’appercevra aifément que je me fuis appliqué àfamiliarifer le Leéleur avec le langage des Mineurs, dans chaque pays où je le tranfporte, que j’ai cherché à’mettre les uns & les autres à portée de. s’entendre. C’eft auffi dans cette intention que l’hiftoire des mines de chaque pays eft précédée d’un Vocabulaire,lorfqueles Ouvriers ontaffez de ces termes.
- On fçait encore que les Suédois &les Allemands ont enrichi l’hif-
- toire du Règne Minerai d une langue toute particulière pour défigner
- les fubftances qu ils connoiffent. Les Latins ne font point pauvres
- fur cet article ; mais ils l’ont embrouillé, en donnant à quelques
- fublffinces des noms impropres , ou par lefquels différents Auteurs Charbon de Terre. c
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- X INTRODUCTION.
- ontauffi mal-à-propos défigné d’autres minéraux : cette efpece de langue mélangée n’en eft pas moins de conféquence pour les* travaux des mines & pour la géographie fouterreine, ce qui m’a déterminé à la donner au Public dans le courant de l’Ouvrage. Puis , afin de faciliter les recherches de ceux qui feroient dans le cas de le conful-ter, j’ai fait fuivre la Table des Matières d’une Lifte Alphabétique des fubftances, quelles qu’elles puiffent être , qui fe rencontrent dans les fouilles de Charbon de terre. On y trouvera la plûpart des noms iynonymes employés par les Naturaliftes, ou ufités parmi les Ouvriers en différents pays , pour défigner la même fubftance, 8c au moyen de la page de renvoi , ce Catalogue pourra fervir de Dictionnaire Minéralogique , favorable pour fintelligence des Auteurs d’Hiftoire Naturelle, ou pour la leàure des Ouvrages en langues étrangères , qui traiteroient de cette matière , ou même de toute autre efpece de mines.
- Le Leéteur doit préfumer, que malgré tous mes foins, la difficulté de l’orthographe de la plûpart de ces mots , quelquefois différents feulement entre eux par cela , doit avoir occafionné des fautes dans le cours de fimpreffion ; mais j’avertis que je n’ai rien oublié pour rendre du moins cette efpece de Dictionnaire correéi ; &afin qu’à cet égard il tienne lieu d’Errata, j’en ai profité, de même que de la Table des Matières pour réparer quelques fautes effentielles, ou quelques omiilîons qui pourroient intéreffer la curiofité du Leâeur.
- La Seconde Partie de l’Ouvrage , qui n’eft retardée que par les Gravures, traite du Charbon de terre comme branche de commerce. La première condition pour le débiter eft qu’il foit èxploité, c’eft-à-dire, qu’il faut aller chercher les veines au travers de toute la charge terreufe &pierreufe, qui les précédé ou qui les fépare les unes des autres, en détacher le Charbon , & l’amener du fond des Houïllieres jufquau jour. Le fimple expofé de la première Partie fait juger que ces opérations doivent toujours être traverfées par des difficultés plus ou moins fuffifantes pour forcer quelquefois de varier , fufpendre ou même abandonner les travaux. Cette fécondé Partie eft donc défi-tinée à détailler tout ce qui eft pratiqué tant pour prévenir ces obf-
- tacles en les reconnoiffant, que pour y remédier, 8c les furmonter ,
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- s’il eft poffible ; à indiquer encore les moyens de chajfer les ouvrages, c’eft-à-dire , de fe faire route dans la mine, de fuivre la veine, de
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- introduction. xj
- la retrouver quand elle eft interrompue, ou perdue, de tranlporter le charbon de terre hors de lamine, &c.
- Je fuis cette fubftance dans fes magafins , pour donner connoif-fance des différentes mefures des charbons , des prix de leur vente en différents pays. Après avoir décrit les outils, les inftruments, uften-liles & machines relatives à toutes les différentes manœuvres nécef-faires pour les travaux de l’exploitation, leurs prix établis conftam-ment depuis plufieurs années dans le pays de Liège, y feront joints.
- Les loix, coutumes, police de Houillerie au pays de Liège, où elles font, que je fçache , les plus étendues, & forment une Jurif-prudence dans laquelle on a pourvu à tout," ces loix entrent auflî dans l’exécution de cette féconde Partie.
- Les régies fuivies en Angleterre pour la conduite Sc l’entreprilè des ouvrages de Houillerie, font enfuite examinées dans le même ordre ; la plus grande partie de ce qui a trait à ce Royaume, eft le fruit des voyages, dans lefquels M. Jars a été employé par le Miniftere dans les mines des pays étrangers.
- Les defcriptions des mines de Charbon de terre & celles de leur exploitation dans quelques pays que ce foit, pourroient avec raifoji n’être regardées que comme des tableaux fecs & ftériles, fi elles étoient féparées du détail des utilités fans nombre dont peut être cette fubftance ; ce point mérite donc de notre part d’être démontré en grand & de la maniéré la plus fenfible.
- Comme les différents ufages du Charbon de terre dans les Uzui-nes , Fonderies, Forges, Clouteries , & autres Manufactures métalliques, dans les Raffineries, les Salines, les Verreries , les Tourailles, les Brafferies, Fours à briques, à chaux, &p. tiennent immédiatement à la defcription de chacun de ces Arts, dont quelques-uns font déjà publiés, & d’autres le feront par la fuite ; je m’en tiendrai à une fimple énumération de quelques Charbons de terre, mentionnés dans la première Partie, pour indiquer la qualité propre à chacun de ces ouvrages, leurs ufages différents, foit en mêlant enfemble plufieurs fortes, foit en y joignant quelque partie de bois. Jelaiffe aux Sçavants qui fe font chargés , ou quife chargeront de décrire l’Art en entier, les details qui concernent le choix du Charbon , & la maniéré de l’y employer.
- Si je me permets néanmoins de parler de quelques maniérés rernar-
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- auj INTRODUCTION.
- quables <3e l’employer pour quelques ouvrages métalliques, jé m’occuperai par préférence à confidérér ce foflile relativement au chauffage ; j’infifterai particuliérement fur tous fes avantages , comme moyen œconomique, qui n’eft un préjugé que pour les feuls François , principalement dans la Capitale. Je m’étendrai fur tout ce qui a rapport aux préparations qui font d’ufage à Liège & ailleurs, pour brûler cette matière dans les âtres de cheminées & dans les poêles , reffource immenfe pour les Hôpitaux , pour les Communautés, les grands Atteliers , &c.
- Je n’ai pas même négligé d’inftruire de quelques ufages particu. liers auxquels peut fervir le Charbon de terre, en en féparant l’ef-pece de poix minérale qui lui eft alliée ; ni de ceux que l’onpeut faire de la cendre de ce foflile , après qu’il a été employé au feu , &c.
- Je donne une idée de l’exploitation de quelques mines de France,' fur-tout celles du Forez, de l’Auvergne , du Bourbonnois, dans lef* quelles on fouille plus abondamment ce foflile ; j’indique en général d’après l’expérience, la qualité de la plus grande partie des charbons qui en proviennent. Ce-qui eft connu fur l’exercice de ce commerce en France, par les réglements fur l’exploitation des mines ou carrières de Charbon , fur les prix de vente, les frais de tranlport, occupera un article dans cette fécondé Partie.
- On trouvera une facilité finguliere dans les Ipéculations que de nouvelles exploitations pourraient faire naître, en rapprochant cet article de ce que nous avons dit de femblable pour les autres pays, & les comparant enfemble. Le Spéculateur y acquerra des vûes fages & (économiques , qui le convaincront que nos mines de charbon peuvent être d’un produit important pour l’Etat. Il doit aufli avec le temps en réfulter des idées utiles fur la négligente maniéré dont les François conflderent les mines en général : ils n’attachent aii Charbon de terre prefque d’autre valeur que celle de fervir uniquement pour l’ufage des Ouvriers ; ‘les yeux fermés fur l’expérience heureufe des autres pays, fur le prix exorbitant des bois , ( avant-coureur de leur difette, ) & fur la néceflîté de les ménager , ilsfe comportent en tout, ou comme fl le Charbon de terre manquoit dans ce Royaume, ou comme s’il ne fe trouvoit que dans quelques provinces.
- Cette efpece de diferédit eft d’autant moins réfléchi, que la France
- ne le cédant point à cet égard à différentes contrées de l’Europe,
- poffede
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- INTRODUCTION. xii)
- poffede tout ce qui peut faire valoir ce don de la Nature : des hommes experts dans l’Hydraulique & dans les Méchaniques , très-capables par conféquent de furmonter les difficultés de l’exploitation ; grand nombre de rivières navigables ; les chemins, objets de l’admiration Sc de l’envie des Etrangers, qui rendent les communications & les tranfports li faciles ('); que pourrait encore délirer un Etat, pour profiter avec abondance de cette nouvelle richeffe ?
- La Carte marquée 3 , divifée par Provinces ou par Généralités, fert ici à montrer celles qui deftituées, quant à préfent, de Charbon de terre , peuvent en tirer de leurs voifins par la communication des rivières ; de cette façon fe préfente un débouché qui elt également profitable pour les provinces qui en ont, Sc pour celles qui en manquent.
- Enfin, je me fuis en tout attaché à Ce que les détails que comportent les principaux chefs de mon Ouvrage , y foient traités d’une maniéré convenable au but que je me fuis propofé. Faire ouvrir les yeux fur cet objet, y exciter le Propriétaire d’une Mine, en lui donnant un tableau clair de tous les ufages auxquels le Charbon de terre efl appliquable, Sc qui lui alfûrent un bénéfice immenfe ; mettre fur la voie les Entrepreneurs & les Ouvriers, en marquant à chacun leur tâche & leur befogne ; tel efl ce but, & il efl fans doute conforme au vœu de tout bon Patriote. En un mot, je n’ai rien négligé de ce que j’ai cru propre à infpirer l’idée de mettre en valeur les mines de Charbon de terre que nous avons en France, Sc à préfenter un fyflême de bonne adminiflration : c’efl de-là que dépendront la découverte j d’une bien plus grande quantité de Mines de charbon que celles auxquelles on fe borne, & raccroilfement frappant des avantages attachés à cette partie de Commerce.
- Pour les apprécier, il fuffit de jetter les yeux fur les Arts qui fleu-rilfent a la faveur du Charbon de terre, Sc de confidérer uninflant les endroits ou ce Négoce fait naître, & entretient les autres branches. Je ne choifirai qu’un exemple dans chaque.
- Nos Serruriers, ces Artifans fi utiles pour la fûreté domeffique, pour la folidité de nos édifices, auroient-ils fans le Charbon de terre,
- (O Avantages de la France par rappor t-ommerce & aux autres fources de la puiffi aes Etats, paragraphe III. de VOuvrage intii Remarques fur les avantages & les défavant
- Charbon de Terre.
- de la France & de la Grande-Bretagne par rapport au Commerce & autres fources de la puif-fance des Etats; traduit de l’Anglois du Chevalier Joh. Nickolls, Lcyde, 175^, in-12.
- d
- t
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- XÎV INTRODUC T. 10 N.
- porté dans la décoration des jardins & des palais, le goût & l'intelligence qui y régnent : c’eft à l’aide de cette fubftance qu’ils font devenus rivaux du Charpentier & du Menuifier, de ce dernier fur-tout dont les ouvrages feroient de peu de valeur, fr l’art du Serrurier ne les affermiffoit. Voilà pour les Arts.
- Le Forez & l’Auvergne ne doivent prefque ce qu’ils font qu’à l’abondance de charbon qu’ils fourniffent pour l’ufage de ces Artifans.
- Le feul commerce de cette matière en Angleterre n’emploie pas moins de quinze cents vailfeaux de cent jufqu’à deux cents tonneaux, 8c entretient un corps innombrable de matelots.
- Le pays de Liège ne tire la plus grande partie de fori bien-être que du Charbon de terre : que ferviroit à ce.pays, femblable par fes productions à l’Angleterre, la quantité de minéraux de toute efpece que récele fon territoire, s’il ne fournilfoit pas en même temps une matière auffi favorable que la Houille, pour les traiter à peu de frais 1 Sans cette matière, ce pays n’eût inconteûablement pas eu pour la fabrique des Armes cette célébrité , dont il a été feul en poffeffion pendant une longue fuite d’années ; ce qui a enrichi ou occupé une autre portion de fes habitans prefque auffi confidérable que celle qui eft employée aux Mines de charbon. •
- Qu’il me foit permis d’ajouter en palfant une remarque effentielle; les divers travaux qu’exige un feul Bure, fuffifent pour occuper plus de cinquante perfonnes de tout âge & de tout fexe ; toutes les dépendances de l’exploitation de ces mines font vivre une très-grande partie du menu peuple dont les environs de Liège fourmillent, de maniéré que plus de vingt mille âmes qui n’ont d’autres moyens de gagner leur vie que le travail des mines, le tranlport ou la vente de la Houille, deviennent utiles au pays, que cette même multitude furchargeroit fi elle étoit dans une inaétion forcée. Quelque vif que foit le froid, il n’oblige jamais l’Ouvrier de ce pays d’interrompre fon travail. Le pauvre n’y fuccombe point dans l’hiver aux atteintes d’une faifon plus rigoureufe, & toujours plus fatale à l’indigent qu’à tout autre.
- Nous ne devons pas plus que ce pays craindre la difètte d’Ou-vriers, s’il eft d’ailleurs facile d’y fuppléer : en effet, un métier auquel dans ce pays s’adonnent volontairement tant de bras, peut remplacer plus utilement les peines ordonnées contre les gens défœuvrés
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- I
- INTRODUCTION.
- 8c autres, que les loix condamnent uniquement à perdre leur liberté pour toujours, ou pour un temps limité.
- Un très-petit nombre de confidérations de cette nature, mais qui feroient déplacées ici, ne peuvent manquer de frapper un Miniftere éclairé, finguliérement occupé depuis quelques années de grandes vues fur le Commerce.
- L’importance de la matière une fois développée ou connue , l’in-* térêt perfonnel fera pour le PofTeffeur d’un terrein de mine & pour ceux qui font nécelfaires à l’exploitation , une raifon puilfante de fe féconder mutuellement, & de fe déterminer à chercher de nouvelles fources de richeffe 8c d’induftrie.
- L’homme en place favorifera, protégera le travail 8c l’exportation du Charbon de terre, par des encouragemens, des libertés, des fran-chifes.
- La cherté du bois ne fera plus un malheur ajouté à la néceffité de fe chauffer : le combuflible moins coûteux 8c plus confommé qui peut lui être fubftitué, donnera à des familles entières un fècours efficace contre l’oiûveté 8c l’indigence. Pendant ce temps nos forêts fe rétabliront, nos Conflruéteurs en grand trouveront en France les bois nécelfaires à leurs travaux ; de-là la diminution de prix dans la main-d’œuvre ; de-là tous les avantages réels 8c décidés que procure une jufle balance dans la valeur des chofes néceffaires 8c utiles.
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- xvj
- 9
- TABLE DES TITRES.
- ART ^EXPLOITER LES MINES
- DE CHARBON DE TERRE.
- < J
- PREMIERE P A RT I E.
- Du Charbon de Terre et de ses Mines.
- INTRODUCTION. j
- SECTION PREMIERE. Da Charbon de
- Terre examiné à lœil nud > en particulier de ceux qui font déufage en Angleterre. i SECTION II. Comparaifon de la Houille avec le Charbon de bois fojjile. L $ Article premier. Mine de Charbon de bois foflile de France. 7
- Art. II. Mines de Charbon de boisfodïle en Allemagne. 8
- Art. III. Difpofition des Bancs de Foltz-Koh-len d nsk Mine de Hoen & de Stoekhau-fen, Comté de Nafïau. 9
- Art. IV. De la maniéré dont on tire les Hol?z-Kohîen. 10
- Art. V. Nature des Hoîtz-Kohlen. 11 Art. VI. Analyfe des Charbons Je bois fof-Itîes. 13
- SECTION III. Parallèle entre les Bitumes fohdes SC le Charbon de terre. 1y
- SECTION IV. Des Matières combujlibles alliées au Charbon de terre. 19
- Art. 1. Des Pyrites. 2.0
- Art. II. Du Soufre. 21
- Art. III. Des Sels accompagnans le Charbon de terre, 22
- Alun. 23
- Vinci. v 24
- Sel de Gkuber, Sel marin , Sel ammoniac.24 Art. IV. De la Matière bitumineufe du Charbon de terre. ; 25*
- Art. V. Du Charbon de terre confidéré chimiquement. 2 6
- SECTION V. Météores qui accompagnent le Charbon de terre. 28
- , Art. I. Eaux des Houillieres. 28
- Examen des Eaux des Houillieres du pays de Liège. 30
- Art. II. Vapeurs & feux qui s’exhalent de la Houille ; aftion de ces météores fur les Houilleurs à l’ouvrage. 32
- Art. III. Des effets que produit à la longue l’air des mines de Charbon de terre fur la
- fanté des Houilleurs. 39
- SECTION VI. Des Signes qui peuvent faire reconnoître à la furface ctun terrein
- quil renferme du Charbon. 40
- Defcription du Sol du pays de Liège. 42
- SECTION VII. Matières terreufes SCpier-reufes communes dans les Houillieres du pays de Liège. 43
- Art. ï. Couverture terreufe, ou état des différentes terres dans 1 ordre où elles le rencontrent communément fur les bancs de Houille dans le pays de Liège. qy
- Art. II. Couverture pierreufe , ou érat des différentes pier es dans l’ordre où elles fe trouvent fur les bancs de Houille. yo
- Art. III. De l’enveloppe des ve;nes de Houille. . SB
- Art. IV. Accidents à remarquer dans l’enveloppe fupérieure & inférieure des veines de Houille. * yfi
- Art. V. Des Failles. ro
- SECTION VIII. Des unes de Houille% SC de leur marche. 6%
- Allure des Veines. 64
- Pendage des Veines. 64
- Art. I. Des Veines de Houille confédérées dans leur fillage en Superficie & en profondeur. 66 Veines régulières & Veines irrégulières. 67 Art. II. Circonltances générales à remarquer dans les yeines de Houille. ‘ £8
- De la Thiroulle ou Téroulle. 71
- De la Houille morte. 72
- SECTION IX. Du Charbon de terre confi-déré dans J es particularités extérieures .7 3 Art. I. Des Houilles & Charbons de terre du pays de Liège en particulier. 76
- Art. II. De la Houille graffe , en patois Krâffe Hoye ; ou Houille chaude, en patois Chode Hoye. , jj
- Art. III. De la Houille maigre ; delà CIutte.78 Art. IV. Des Charbons forts ; du Charbon à Ufuine ; du Charbon foufreux. jp
- Art. V. Des Charbons foibles ; des Charbons de brique; des Charbons de four. 80
- Art. VI. De quelques Houilles & Charbons du pays de Liège les plus eftimés, & de ceux qui font de la plus mauvaife qualité. $2,
- SECTION X. Etendue de terrein qiéoccupent les Houillieres dans le pays de Lié-
- g6' T T' 8*
- Art. I. Etat de tous les Bures & mines de Houille des environs de Liège , avec leurs noms & celui des endroits où elles fe trouvent.
- 84
- Rive
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- able des titres.
- xvij
- Rive droite de la Meufe. 84
- Rive gauche. ^ M1 , ^
- Aut. II. Indication des mines de Houille dans quelques cantons des environs de Liège. 87 Mefures d’ufage dans la Houillerie. 88 SECTION XI. Des Mines de Charbon de terre dans £ autres pays. 88
- Art. I. Angleterre. 9°
- Tableau général des Mines de Charbon d’Angleterre ; des matières qui s'y rencontrent le plus ordinairement ; des particularités les plus remarquables dans les veines de ce pays , &c. 9^
- Maries, Argilles, nommées en général par les Anglois Clays. ibid.
- Cliffs, Rocks, Pierres. . 93
- Bats, ou Rubbish, Couches minces, Ardoifes charbonneufes. 9 4
- Cliff, Clifft, pendage des Veines. 97
- Enveloppe des Veines. ibid.
- Tête des Veines. ibid.
- Traps, Gags, Dikes, Ridg's, Rubbles , Obfta-cles , Troubles pierreux. 98
- Art. II. Des couches de Charbon de terre de Mendip dans le Comté de Sommerfet. 99 Art. III. Staffordshire. 104
- Defcription des différentes couches de Terre, Pierre, Charbon , trouvées dans une mine de Charbon à l'occident de Dudley, dans le Comté de Stafford ; par M. Feltiplace Bel--lers, de la Société Royale. . ibid.
- Etat des couches qui compofent la mine de Charbon de terre de Wedneyfbury, à trois milles de pofte de Lichfield , communiqué par M. Godefroy de Villecaneufe, 21 Mars 1753. . 106
- Art. IV. Buckingham-shire. 108
- Lancashire. ibid.
- Mine de Cannel ou Canole-coal. 109
- Northumberland. in
- Newcaftle Coal, Charbon de Newcaftle. ibid. Pays de Galles. 112
- Walles Coal , Charbon de Galles. ibid.
- Art. V. Ecoffe. 213
- Scoth Coal, Charbon d’Ecoffe. 114
- Defcription des différentes couches que l'on rencontre dans les mines de Charbon de terre quife trouvent en Ecoffe,par M. Jean Stra-chey. ibid.
- Irlande. 216
- SECTION XII. Allemagne. \\6
- Notice raifonnée des principales fubftances minérales les plus ordinaires dans les mines de Charbon d'Allemagne , indiquées par les noms généralement en ufage parmi les Mineurs. jij
- Stein - Fels , Stein , Pierres, Rocs , matières foiides. xxp
- Inclinaifon des Veines. 121
- Salband , enveloppe des Veines. 122
- Dérangement des Veines provenant des défec-
- tuofités du Soi ou du Toit.
- 123
- Fall, Sprung, interruption de la marche des Veines ; Saut des Veines. ibid,
- Efpeces de Charbons défignées par les Allemands fous des noms particuliers. 124 Art. I. Mifnie, Cercle de Leipfick. ibid. Lits qui accompagnent les couches de Charbon de terre des mines de Wettin. ibid.
- Charbon de Terre.
- Suite des lits qui accompagnent les mines de Charbon de terre de Lœbegin, à peu de diftance de Wettin. 12^
- Art. II. Haute Saxe. 127
- Turinge. ^ ibid.
- Suites des couches qui fe trouvent derrière Nordhaufen , dans le Comté de Hohenftein près d'Ihlefeld , de Newftadt, de Sachfwer-fen, d'Ofterode , de Wiegersdorf, Rudigs-dorf, & qui environnent tout le Hartz juf-qu’auprès du Comté de Mansfeld. ibid. Duché de Brunfwick. 129
- Suite des lits des mines de Charbons de terre à Morfleben, & à Wefenfleben près de Heim-ftadt. ibid.
- Art. III. Weftphalie. 13°
- Pays ou Duché de Juliers. t 130
- Territoire d'Aix-la Chapelle , nommé par les Allemands Aaeh , & par les Flamands Ac-ken. 131]
- Pays d’Outre-Meufe. 133
- Art. IV. Pays-bas Autrichien. ibid.
- Comté de Namur. ibid.
- Hainault Impérial. „ 134*
- SECTION XIII. France. 136
- Récapitulation fommaire & générale des matières qui fe trouvent dans toutes les mines de Charbon de terre. 4 3 7
- Subffances terreufes qui fe trouvent dans le voifinage des Charbons de terre. 140 Des différentes matières qui fervent de couverture au Charbon de terre. ibid*
- Provinces de France dans lefquelles on con-noît des mines de Charbon de terre. 143 Partie Françoife du Duché de Luxembourg.
- Haynauît François. ibid.
- Lorraine. ’ 14^
- Pays Meffin. ibid.
- Haute Alface. ibid.
- Franche-Comté, Champagné. 149
- Bourgogne; Comté d’Epinacq. iyo
- Breffe. ibid.
- Lyonnois. ibid*
- Haut Dauphiné, Briançonnois. iyi
- Bas Dauphiné. 132
- Provence. ibid.
- Haut Languedoc. ibid.
- Bas Languedoc. ibid.
- Partie Septentrionale. Quartier des Sevennes.
- Quercy. ibid.
- Rouergue. ibid.
- Haute Marche de Rouergue. ibid.
- Bas Limoufin. ibid.
- Auvergne. 1 y <5
- Baffe Auvergne , ou Limagne. ibid.
- Forez. 159
- Bourbonnois. 161;
- Nivernois. ibid.
- Généralité de Tours, Election de Saumur. 162 Poitou. 162
- Anjou. 163
- Maine. ibid.
- Haute Bretagne. ibid.
- Baffe Normandie, Pays Beffin. # 164
- Picardie, Partie Septentrionale ; Boulonois.iéjp Ifle de France , Confins de Picardie. ibid. Précis , fervant d'éciairciffement fur les impref-
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- xvüj TABLE DE
- fions curieufes qui fe remarquent dans l’enveloppe des veines de Houille. 168
- Table des principales Matières 3c des Termes relatifs aux veines de Charbon de terre dans les mines. 174
- Catalogue Alphabétique des différents Charbons de terre & des Subftances minérales qui
- s TITRES.
- fe rencontrent en les exploitant ou dans leurs environs ; augmenté des divers noms que les Ouvriers ae différents pays donnent aux uns & aux autres , 3c des termes qu'ont employés les Naturalilles 3c les Chiiniftes, tant pour les définir, que pour les diftinguer. i8r
- ADDITIONS ET CORRECTIONS. 196
- Fin de la Table des Titres.
- J
- N
- ART
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- DU CHARBON DE TERRE
- ET
- Par Mm MO R A ND, le Médecin.
- PREMIERE SECTION*
- Du Charbon de Terre examiné a Vœil nud, en particulier de ceux
- qui font d’ufage en Angleterre»
- N peut définir le Charbon de terre, une fubftance minérale inflammable, de couleur noire ou approchant, plus ou moins folide, plus ou moins
- N PEU"
- friable, tantôt compaéte, tantôt feuilletée, dont la partie efifentielle eft une portion indéterminée de matière bitumineufe.
- Les Naturaliftes le nomment en latin, Carbo fojfüis ,feu Lithantrax. Lithan-trax, feu Çarbo foflilis. Bitumen fumo, adore trifli, colore atro. Bitumen fchifli foiidum, Lithantrax. Lithantrax officinarum, Carbo petraus, parce qu'il s’allume, brûle comme le charbon , & fert aux mêmes ufages.
- Dans beaucoup de pays, on l'appelle vulgairement Houille, en latin Hulke> Hylla, dénominations que Ducange dérive d'un ancien mot Saxon, qui lignifie Charbon, d'où on peut tirer une étymologie plaufible du nom de celui
- auquel on attribue dans le pays de Liege, la première découverte de cette matière
- Les molécules dont la houille eft compofée, font des grains dont le noir
- varie aflez dans fes nuances; ils font quelquefois éclatants, argentins, bril-
- comme du cryftal, quelquefois ternes, & d'un noir matte comme le
- Lïueit?'ou^e^f/7 h h°nnkr Forgeron de Plenevaux .village à deu*
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- 1
- DU CHARBON DE TERRE
- jayet ; M. Briflon ni moi, n'avons pu, à l’aide du microfcope, y découvrir ce qui a été apperçu par M. l'Abbé de Sauvages, ( ‘) qui leur donne une figure cubique : je ne ferois pas éloigné de croire que ce Phyficien a pris, pour grains cubiques , les efpeces de fêlures longitudinales & tranfverfales qu'affeéle le charbon de terre, lorfqu'il fe caffe, de même que cela fe voit dans le bois qu'on étouffe pour le réduire en braife.
- Les fèuls morceaux d'après lefquels on pourroit porter un jugement liir la forme de ces molécules, & peut-être même fur leur arrangement primitif, {ont ceux où le charbon a touché quelque corps étranger, quelque portion du tort ou du plancher, fans avoir abfolument été gêné ou trop comprimé. Dans ce point de concaét , on reconnoît des couches grenues dont les molécules ne font pas entièrement unies enfemble, mais féparées fuperficielle^ ment par des traits diftinéts, entremêlés de façon à repréfenter un très-joli ouvrage de Paffementier. Voyez Planche V. Figure 2.
- Les molécules dont ce foffiie efl: compofé en général, paroiflfent angu-leufes ; mais leur difpofition diverfifiée à l'infini, empêche qu’on ne puifle aifément en reconnoître la figure.
- Dans quelques Charbons, ( c’eft le plus petit nombre,) ce ne font que des grains agglutinés enfemble, ne préfentant qu'une maffe qu'on prendroit pour un grès noir, coupée par intervalles par une matière terreufe, folide, qui n'eft point charbon.
- D’autres font diftirsélement arrangés par couches , fort brillants, tantôt très-minces, tantôt formant des bandes épaiffes, dans la compofition défi-quelles il en entre de plus petites, toutes fort brillantes, & agréables à l'œil; ces bandes, dans quelques charbons, font en tout fens.
- Quelquefois , ces lits font formés de filaments difpofés droit les uns contre les autres, 8c chaque lit efl: féparé par une petite couche de matière qui n'eft pas charbonneufe.
- Tantôt ce font desfaifceaux de filets plus ou moins déliés, difpofés en tout fens, 8c formant des mafîifs anguleux. Ces filets femblent dans quelques-uns être entremêlés , & comme tricotés.
- Quelques morceaux de Charbons ne paroiffent compofés que d'écailles appliquées les unes fur les autres, 8c placées en différens fens.
- Enfin la tête de ces maffes , ou la bafe , efl: quelquefois fàupoudrée d'une poufliere fuligineufe très-fine , qui tache les doigts, comme le noir de fumée , ou comme le charbon de Saule.
- Au lieu de cette matière , on trouve à quelques-uns, un enduit très-brif? lant, comme d’une matière quia été liquéfiée.
- ( 1 ) Suite du Mémoire contenant des observations lithologiques , pour fervir à Thiftoire naturelle du Languedoc. Mémoires de VAcadémie, an. 1747. pag. 70j.
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- et dé SES MINESï 3
- Il en eft enfin qui reffemblent affez à une fcorie, (1) tantôt impure , tantôt vitrifiée • Voyez les morceaux figures, Planche I. lettres A• B» C. D,=PL 111. A. A *
- = F/. 7^. N0. i. 2. 3.4. y. — V. fig. $.
- Les efpeces fans nombre de Charbon de terre, quon pourroit ramafTet dans un même canton, & dans divers pays, & qui font comprifes fous ce nom en général, loin d’être propres à fournir une définition exaéte de cette matière, ne la rendent que plus difficile. Dans les feules différences que l’œil apperçoit, il préfente des variétés confidérables, qui, fans doute n’y ont jetté que de la confufion, en donnant lieu, foit à différentes opinions fur la nature & fur l’origine de cette fîibftance, foit à quantité de dénominations, par lefquelles on a voulu défigner quelques-unes de ces variétés dans une même mine.
- Il feroit donc à fouhaiter, qu’on put comparer enfemble tous ces Charbons auxquels on a appliqué des noms particuliers ; en attendant qu on ait acquis la eolleélion qui eft néceffaire pour remplir cet .objet , je donnerai une notice raifonnée des différens Charbons de terre, qualifiés de noms particuliers, que je me fuis occupé à ramaffer depuis plufieurs années.
- Je commencerai par les efpeces générales, d’ufage à Londres : on fçait qu’en Angleterre la fcience de ces mines eft portée plus loin qu’en Allemagne; on n’y compte que trois efpeces de Charbon.
- Le Charbon commun, Common Coal, (Planche h fig» A fi) qu’on nomme Charbon de Poix, ( qu’ils appellent, Pitch Kohl, Charbon foflîle ; ) Stone Coal, Charbon de pierre ; Pit Coal, Charbon de mine; Sea Coal, parce qu’il vient par mer à Londres , communément Charbon de Neivcafile, parce que c’eft particuliérement de la province de Newcaftle qu’on apporte dans les provinces méridionales du royaume , & fur-tout à -Londres , tout le Charbon qu’on y confomme. Il eft cependant à obferver, qu’il y en a une grande quantité non-feulement dans le Northumberland , mais encore dans le Cumberland , 8c que le Charbon de Somerfetshire , de Gloceftershire, < ainfi que beaucoup d’autres, font de cette même efpece.
- Elle eft deftinée pour le feu des cuifînes de Londres, & c’eft prefque le feul chauffage employé à tous les ouvrages métalliques d’Angleterre.
- C eft auflî celui qui eft connu prefque généralement fous le nom de Char-bon de poix, ou Charbon de forge, ou Charbon de Maréchal• /
- M. Zimmerman qui ne diftingue que deux principales efpeces de Charbon de terre, relativement à la nature de ce foflîle, (*) appelle Charbon de poix , ou Charbon de forge, ( parce qu’on les emploie principalement pour les ouvrages de forge ) tous ceux qui font fermes 8c compaéts
- (1) Spumaferri : Récrément martial. Laitier.
- (2) Mémoire fur les Charbons de terre* Journal Economique du mois d’Avril 17S1,
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- 4 DU CHARBON DE TERRE
- dans leur texture , d’une belle couleur noire , ou d’un brun noirâtre , ayant une liirface luifante & noire comme de la poix , lorfqu’on les cafTe. Ils font pefants en comparaifon des autres, doux , fans donner de fcories, 8c renferment beaucoup de matières combuflibles.
- La fécondé efpece de Charbon, ( Planche l.fig. B, ) qui efl celui dont les gens de condition chauffent leurs appartements, & qu’on apporte en très-petite quantité à Londres, efl le Scotch Coal, Charbon d’Ecoffe ; il efl formé en bandes féparées par des couches plus petites, mais plus marquées & plus diftinéles , à-caufè de leur éclat. Il fe leve en groffes maffes bien folides, d’une texture fine, 8c ne s’effeuille point en tranches fi luifantes : il efl entièrement bitumineux, brûle librement, en faifant un feu clair, 8c tombe en cendres.
- La troifieme efpece , qu’ils appellent , the Culm, ( Planche Lfig* C.) fe trouve dans le Glamorganshire , & dans d’autres endroits de cette province. C’efl un Charbon fort léger, d’une texture plus lâche, & moins pefante, compofé de. filets capillaires, difpofés par paquets, qui paroiifent dérangés en quelques endroits , de maniéré à repréfenter dans beaucoup de parties des feuillets af* fez étendus , très-liifes & très-polis, qui pour la plupart affeélent une forme circonfcrite, en portion de cercle, avec des traits, ou des nuances divergentes.
- Ce Charbon efl: peu ou prefque point fulphureux ; il brûle librement * fait un feu vif, ardent, & âpre.
- Dans la Cornouaille, il efl: d’un très grand ufage, particuliérement pour la fonte des métaux , à laquelle on l’applique de préférence.
- On trouve dans le Lancashire , 8c le Cheshire , une efpece de Charbon qu’on n’apporte pas à Londres, mais dont je ferai mention ici, parce qu’elle paraît, plus propre qu’aucune autre à faire connoître la nature & la com-poficion de ce fofîile : c’efl le Kennel ou Candie Coal, (Planche L fig. D. ) Communément il fert de pierre à marquer, de même que ce qu’on appelle dans les mines d’Angleterre, le Charbon du toit ; ( 1 ) il a une verge 8c deux pouces d’épaiffeur ; il s’élève en groffes maffes très-folides, d’une texture extrêmement fine, 8c d’un beau noir luifant comme le jayet.
- Ce Charbon ne contient aucune portion pyriteufe ; il efl: fi pur & fi doux qu’on peut le tourner & le polir, pour faire des plateaux d’encriers, des tablettes , 8c quantité d’autres bijoux: la tabatière, (Planche L fig. 3. ) faite avec un morceau de ce Charbon, laiffe appercevoir des couches concentriques, comme on en trouveroit dans un tronçon de bois. Le feu du Kennel Coal, efl clair
- (1) On trouvera la defcription de ce Charbon du toit, à l’article ou il fera parlé du toit & du fol des veines,
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- £ T D Ë SES M ï N Ë & $
- & blalic ; comme la flamme, d une bougie , d’où peut-être lui vient fôft nom, Candie Coal, à moins que ce nefoit le nom d’un endroit d’Ecoffe > Cam nel où ce Charbon eft connu , & nommé Parotté Coal, Charbon Perroquet*
- LeKennel Coal brûle librement, & fe réduit en cendres; le Charbon qu’ ôû exploite au Nord de la province de Leycefler, que l’on dit tenir de la nature d’un bitume durci, pourroit être de cette efpece.
- Soit que ces quatre Charbons doivent réellement être diftingués entr’eux > à raifon de leur qualité, ou qu’ils foient les bancs les plus confidérable! dans les mines ; il paroît quon peut comprendre dans cette divifion toute! les autres efpeces, qui en général ne font réputées que des couches de peu de conféquence, ou l'encroûtement des autres. Cependant quelques-unes de ces couches, remarquables vraifemblablement par des qualités fenfibles* ont obtenu des noms particuliers ufités feulement parmi les ouvriers de mines* On aura occafion de connoître ces variétés dans la fuite de cet ouvrage > no* tamment par la defcription des couches de Charbon de terre de Mendip ait Comté de Sommerfet> & de celles du Comté de Stafford.
- SECONDE SECTION*
- Comparaison de la Houille ‘avec h Charbon de bois fojJileé
- y
- .L/Examèn de différentes Houilles, ou Charbons de terre , ne permet pal de douter que ce foflile ne foit une concrétion de matière bitumineufé , qui s’eft féparée des entrailles de la terre, & qui s’eft diverfement réunie , durcie, confondue avec des fubftances terreufes ou pierreufes, falines, py-riteufes, métalliques, ou même avec des débris de végétaux qu'elle a rencon^ très ; on eft à portée d’en reconnoître fréquemment des traces à la Ample vûe, & fur-tout des dernieres fubftances.
- Ces idées tirées de la feule infpeélion du Charbon de terre, fembleroient exiger que l’on s’arrêtât ici à fon origine & à fa formation ; que l’on examinât fi c’eft un foflile natif ou étranger au globe ; mais je m’en tiendrai fur ces points de difculfion qui méneroient trop loin, à renvoyer à des Auteurs qui ie.s ont le plus approfondi , & à comparer les Charbons de terre avec les bitumes folides ; j’obferverai feulement en paffant, que cette corn-* pofition du Charbon de terre eft fènfible dans quelques efpeces, ou dan! quelques variétés ; que d’ailleurs, outre les impreflions de plantes, aflez communes dans le toit de ces mines, on rencontre fréquemment dans leur voi-* finage, ou dans les fouilles qu’entraînent leur exploitation, des portions de bois, & même des arbres entiers.
- Auprès de Luxembourg, à peu de diftancê des mines de Charbon di Charbon de Terre. B
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- 6 DU CHARBON DE TERRE
- terre , dans un pays abondant en Schiftes,. on trouve beaucoup de bois
- M. l’Abbé de Sauvages fait mention dans les Mémoires de^l’Académie Ç ), de fragmens de bois pierreux, fortement incruftés du côté de l’écorce cfun ou deux pouces de Charbon de terre, dans lequel s’étoit faite cette pé-
- trification.
- Il eft très-ordinaire de trouver au-deflus des mines de Houille, du bois qui n^eft point du tout décompofé ; mais à mefiire qu’on le trouve enfoui plus profondément, il efl: lenfiblement plus altéré.
- A Brull près de Cologne & de Bonn, M. de Bury , fameux Houilleur de Liege, en faifant fouiller dans un vallon, trouva une efpece de Terre Houille qui n’étoit autre chofe que du bois, qui avoit été couvert par une montagne de terre.
- Il y a plufieurs mines dans lefquelles on ne peut méconnoître des troncs & des branches d’arbres qui ont confervé leur texture fibreufe, compaéte, comme on en trouve à Querfurt, dont la couleur efl d’un brun-jaunâtre : Dans la Planche X. fig. 5. j’ai fait repréfenter un de ces morceaux de bois tiré par M. D’arcet (*), de la mine de Charbon de terre qui efl près le Wenter-caftle (5 ) : il efl plus dur, plus ferré & plus noir que celui qu’on rencontre dans toutes les autres mines des environs ; il appartenoit à un tronc dont le diamètre étoit bien égal à celui d’un grand mât de vaifleau de 400 tonneaux : ce tronc étoit implanté dans l’argille, tout-à-fait à l’extrémité, & hors de la mine ; la' partie fupérieure étoit du vrai Charbon de terre abfo-lument femblable à celui de la mine, tandis que la partie de defldus de ce même tronc étoit encore bois, Sc ne fautoit pas en éclats comme celle de deflus : mais elle fe fendoit, & la hache y étoit retenue, comme elle a coutume de s’arrêter dans le bois.
- Outre ces troncs d’arbres épars, ces débris de bois qu’il n’eft pas rare de trouver quelquefois en aflfez grande quantité dans les environs des mines de Charbon de terre, comme ailleurs, il efl des endroits où on ne connoît pas de ces dernieres mines, & où l’on rencontre à une grande profondeur des amas de bois fofliles, difpofés par bancs , féparés les uns des autres, par des lits terreux, & qui préfentent en tout des foupçons raifonnables, d’un palfage de la nature ligneufe, à celle de la Houille, d’une vraie tranfmutation de bois en Charbon de terre ; c’eft ce que les Allemands appellent Holtz Kohlen; devant la ville d’Afcherleben, il s’en trouve qu’on nomme Charbon de Bois brun (4).
- (1) Mémoire fur différentes pétrifications, tirées des Animaux & des Végétaux. An. 1743.
- Pa&- 4I3*
- (2) Dofteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris , Médecin des camps & armées du
- Roi.
- (3) Château du Prince Landgrave de Heffe, à deux petites lieues de Caffel.
- (4) Effai d'Hiftoire naturelle des Couches de la terre; par Lehmann , tom, III. pag. ji.
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- et DE SES MINES. 7
- En France , on trouve de ces Charbons foffiles près d'Alais, dans le fond de quelques ravines (
- article premier*
- Mine de Charbon de bois fojfde de France.
- Entre Bourg-en-Brefîe & Lor^-le-Saunier, à un quart de lieue environ & au couchant de Cuizeaux, au bas de cette chaîne de montagnes qui règne depuis Lyon jufqu'à Strafbourg, fur la grande route qui conduit de l'une de ces deux villes à fautre , M. Fontaine, Penfionnaire vétéran de l'Académie des Sciences, a rencontré une de ces forêts fouterreines, dont il a fait ap-porter à Paris une grande quantité prife au hazard, que nous avons été chargés> M. Macquer & moi, d'examiner.
- Nous y avons reconnu deux fubftances différentes l'une de l’autre.
- La première eft décidément du bois qui s'eft confervé en terre dans fort état naturel ; il* s'y en trouve dont la couleur tire fur le brun ; d'autre eft entièrement noir ; d'autre n'a éprouvé aucune altération dans l'affem-blage des fibres qui compofent le corps ligneux, dans les nœuds qu'elles prodyifent, dans leur poids Sc dans leur couleur : le parenchyme de l'écorce qui a été pourri, eft remplacé dans ces morceaux de bois foffile pat une matière fabloneufe qui tient fortement au bois, dont il eft recouvert. Ces morceaux, dont le corps ligneux eft dans fon intégrité , brûlent bien, & fe convertilfent au feu en un bon & véritable Charbon végétal*
- Il s’y trouve des portions qui font encroûtées d’une affez grande quantité d'un maftic groffier, imparfait & très-mélangé * auquel ces morceaux font très-adhérents , & dont on a de la peine à les détacher.
- Dans plufieurs échantillons, on trouve des portions dont les fibres li-gneufes font interrompues dans leur continuité, & réduites en une matière charbonneufe , qui fe détruit fous les doigts, en les tachant comme fait le Charbon de Saule.
- Nous y avons rencontré un morceau très-curieux dans les changements qu'il a fubis : les fibres ligneufes y font encore fenfibles dans leur difpofl-tion; mais la totalité a contracté une minéralifation complette ; toutes les extrémités de l'enfemble de ces fibres, font noires, brillantes comme le jayet le pl us poli, ainfi qu'on le voit dans quelques#caffes de légères couches de ^bon Charbon de terre ; le morceau eft extrêmement pefant, comme les morceaux connus de bois pétrifiés.
- La fécondé fubftance eft purement terreufe, & formée en grandes maffes, de couleur noirâtre, très-pefante, très-compaéle dans fa totalité, au point
- (1) Mémoire contenant des Obfervations de lithologie, pouf fervir à THiftoire naturelle du Languedoc, par M. l’abbé de Sauvages, Mém, de l’Acad. des Sciences, an. 1745. pag. 720,
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- 5 DU CHARBON DE TERRE
- de ne pouvoir être brifée que difficilement, même avec l’inftrument. Néanmoins une courte macération dans l’eau, défunit affez promptement les molécules qui la compofent fans aucun ordre régulier, & alors ce n’eft plus qu’une terre femblable à la terre fangeufe & bourbeufe qui fe trouve dans les marécages.
- Elle eft remplie d’une quantité prodigîeufe de débris de coquilles, dont le plus grand nombre appartient à une feûle St même elpece de limaçons fluviatiies, & univalves.
- Si Ton enleve cette portion teftacée d’un morceau qui n’a pas trempé dans l’eau, la matière qui s’y eft moulée, fe trouve enduite d’un vernis noir trèsr-brillant , dont on retrouve de temps en temps dans le refte de ces mafles, de petites lames très-minces, mais bien diftinétes St bien fui vies.
- Nous avons remarqué à prefque tous ces morceaux une partie qui en différé eflentiellement : elle eft très-peu mélangée de coquilles, St tire davantage fur la couleur noire. Elle fait corps avec elle, dç l’épaiffeur de quelques pouces, & eft fenfiblement formée par couches qui font gercées profondément, & éclatée dans une étendue confidérable, comme cela fe voit fur l’écorce malade des gros arbres. Nous jugeons aufli que cette couche eft végétale comme la première fubftance que nous avons décrite; que c’eft fon écorce qui a perdu fa contiguïté avec le corps ligneux, St qui tient à cette fécondé fubftance coquilliere : les endroits ou ces lames font caffées laiffent appercevoir Mes filets diftinéls & bien fuivis d’une fubftance lifle , polie, noire, brillante, entièrement femblable à du jayet.
- ARTICLE SECOND.
- Mines de Charbon de bois fojjile en Allemagne.
- Dans plufieurs endroits de l’Allemagne, entr’autres à Saalfeld , près de Heiligènbronn, de Gonderfdorf St de Waldaubach, au pays de Dillembourg, St en plufieurs endroits du voifinage, ainfi que dans la Wétéravie, au-deffous du village de Bettenhaufen , dans un terroir tout dépourvu de bois , on a découvert de ces mines de bois follile , connu fous le nom de Holtz~ Kohlen.
- Les contrées ou on en trouve font pour la plupart hérilfées de montagnes éloignées de près de fept lieues de la Lahn, & de 12 ou 15 lieues du Rhin, & il n’y a pas d’autres fleuves plus proches dans ces environs.
- Ces Charbons de bois font couchés fous terre , de la hauteur d’un degré jufqu à 10 , diftribués non par veines , mais par laves * par bancs ,
- 6 par couches, comme les vrais Charbons de terre : les montagnes qui les renferment, ne font pas efcarpées, mais font en pente douce, St l’on
- ' y découvre
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- Ë T DE SES MINES. 9
- y découvre les Charbons de bois, tantôt au pied, tantôt vers le milieu * tantôt au fommet de la montagne.
- Ceux de Breitfcheid au pays de Dillembourg * font fitués fur la plaine du fommet, quoiqu’à environ deux, trois, quatre, jufqu'à 5 lâchers fous terre. (l)
- Ceux de Hoen, pays de Nafïàu, font élevés de 9 lachters, au-deflus de la riviere.
- Ceux de Bach , même canton , fe trouvent au pied de la montagne, tout près de la riviere.
- Les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences de Paris (a) , font mention de cette derniere mine du pays de Naffau; j’en donnerai ici la defcrîp^ tion , en faveur de ceux qui voudroient comparer ces mines avec celles de Charbon de terre. Ce Mémoire a été drelfé fur les lieux, par ordre du défunt Prince d'Orange , à la requête de M. Allamand ProfelTeur de Philofb-phie à Leyde, qui a bien voulu m'en communiquer la copie.
- ARTICLE TROISIEME.
- Difpojîtion des bancs de ' Holtz-Kohlen dans la Mine de Hoen, & dé
- Stockhaufen, Comté de Najftiu.
- «Les mines de Holtz-Kohlen , ou Charbon de bois fojfile , trouvées aux » différents endroits du pays de Nafïàu, Sc aux environs, font à Hoen, & à » Stockhaufen, fur le territoire de Hadamar, à Marienberg ; à Bach, dans » le territoire de Beilftein, & à Breitfcheid, au pays de Dillembourg, les j> quatre premiers endroits font éloignés Pun de l’autre d’une demie ou trois-» quarts de iieue jufqu'à une lieue ; le dernier endroit eft éloigné des pre-* » miers de 4 jufqu'à y lieues.
- » La mine de ces Charbons, en plufieurs endroits, confîfte en 2 ou 3, » même 4 bancs nommés Fletz, dont les inférieurs font ordinairement les »plus riches.
- » A Hoen , toutes les couches font à peu-près de la hauteur de 2 lach-» ters (J) , le banc le plus fupérieur eft épais de 4 pieds : il eft^couvert d’u-» ne argille bleue, de l'épaiffeur d'un pied.
- » Deffous eft une autre couche de Holtz-Kohlen, d'environ trois pieds J » cette couche eft furmontée d’une argille bleue, jaune ou noire d'un, oü » d’un pied & demi.
- » Suit une troifieme couche de Holtz-Kohlen, d’environ deux pieds; celle-» ci eft couverte d’argille comme les autres; & on parvient à la quatrième
- (pl Jr*chteir’.mefure de 7 pieds. I 17 jo. pag. 35-.
- (2) Ublervations de Phyfique générale. Année J (3) ou 14 pieds.
- Charbon de Terre.
- C
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- IO DU CHARBON DETERRE
- y> couche de Holtz-Kohlen, qui n’a qn’un pied d’épailfeur; elle efl: enduite » d’une mince couverture d’argille, laquelle eft lui vie du toit, nommé aufïï le » Pendant formé par une argille ferme & blanche, ou par une terre fabloneufe.
- » A Bach, les couches font fituées comme les précédentes, à la profon-» deur de deux pieds fous la furface de la terre, avec cette feule différence, » que celles-là font au milieu, celles-ci au pied de la montagne où elles fe » trouvent.
- » Quand, en cet endroit, on eut percé le lit fur lequel repofela couche » la plus baile appeliéè Sohle (T),àla profondeur de quelques lachters , Sc » que f on eut trouvé qu’il y avoit encore fous cette femelle d’autres couches, » on jugea qu’elles augmenteroient à mefure que la montagne s’élève, Sc » ayant ôté une partie de ia furface, on avança plus avant en terre, Sc l’on » trouva en effet les couches de la hauteur de huit pieds, devant la Rufche.
- » Les couches ou bancs de Holtz-Kohlen , augmentent ordinairement à » proportion avec ia hauteur intérieure des montagnes ; de forte néanmoins , » que cet accroiflement fe renferme entre un Sc deux dégrés, Sc lorfqu’on y 5) avance par le flotte (%') jufque fous la ligne horizontale de la montagne , » ces couches vont en diminuant par les mêmes dégrés que la montagne » approche de fes pentes extérieures, de maniéré qu’elles donnent fur la fe-» melie de l’autre côté de la montagne ; cependant ces Holtz-Kohlen avan-» cent dans les montagnes régulièrement comme les autres couches , Sc » ne s’y trouvent que rarement difperfés fans ordre, & par tas.
- » On n’a pas encore trouvé la fin de ces couches, de maniéré à pouvoir » reconnoître jufqu’où elles s’avancent : on n’a pas encore trouvé non plus » où elles donnent fur 1^ femelle, parce qu’il faudroit des flolles plus pro-» fonds , Sc plus difpendieux.
- ARTICLE QUATRIEME.
- De la maniéré dont on tire les Holtz^ - Kohlen.
- » On n’a encore tiré ces Charbons, que par des ftolles, fans pouffer les » travaux par des galleries dans les montagnes ; on les a cherchés par des ftol-» les avancées fur la face ou la pente de la montagne, autant que les » terres ont pu fe foutenir ; mais comme les couches ne font pas bien ap-» puyées, Sc que pour la confervation des mines, il faut laiiler plufieurs piles » de Charbon pour le foutien de la montagne , on a commencé les travaux » à Bach en levant la furface de terre, qui n’a en cet endroit que 2 lachters » d’épaiffeur, fur la première couche des Holtz-Kohlen.
- » On a pouffé enfuite une ftolle dans la montagne fur les Charbons à en-
- ( 3 ) Semelle, ou Couchant du Charbon.
- (2) Foffe, ou menée fouterreine.
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- 5)
- et DE SES MINES. n
- viron 5 jufqu’ à io lachters de profondeur* & on a pris les Charbons tels » qu'ils fe trouvoient devant le ftolle.
- » Pour continuer, il faut avancer le ftolle, 8c après l'avoir couvert de » pierres,on continue d’enlever la furface de la terre jufqu’aux Charbons, & » on prend de haut en bas les Charbons, jufqu à la femelle du ftolle ; Sc » en continuant toujours de lever la furface , Sc de remplir le vuide par der* » riere, on pourfuit la recherche des Charbons autant que l’on peut avancer » les ftolles, fans trop grande difficulté, qui fe rencontre en ôtant la furface, » dont l’épaiffeur augmente toujours; & lorfqu’il n'y a plus moyen de la le-» ver, il faut alors tirer les Charbons hors de la montagne, par en haut, » Sc établir des Schachts ou Puits.
- ARTICLE CINQUIEME.
- Nature des Iloltz* - Kohlen.
- »Ces Charbons font de différentes efpeces, Sc dlftingués autant par » leurs couleurs , que par leurs propriétés.
- » Il y en a de durs comme du bois,bruns, mêlés de fouffre fubtil.
- » D’autres font tout noirs, mais moins durs, Sc pénétrés d’un foufre affe£ » grofïïer.
- » On préféré ceux de la première efpece à caufè de leur dureté & de leur » foufre fubtil, qui fait qu’ils brûlent mieux, &fans répandre tant de mauvaife » odeur.
- » La derniere efpece eft moins bonne à brûler, & a une odeur excéfîive » de foufre.
- » Quand ces Charbons font amenés à l’air, ils fechent dans une heure » de temps, fans changer de beaucoup, Sc fans diminuer de poids : mais quand » on les expofe trop long-temps au foleil, fans les mettre à couvert, ils corn-» mencent à fe fendre en morceaux ; en moins d’un an ils fe confument d’eux-* » mêmes, en fe réduifant en’poudre : tandis qu’au contraire, la pluie Sc l’hu-» midité ne leur font rien, brûlant également bien, fecs ou humides.
- » Ils font pelants, Sc propres pour le ménage de ceux qui demeurent à la » campagne , où leur mauvaife odeur eft plus fupportable ; car en communi-» quant beaucoup de chaleur, ils font en même temps d’une affez longue » durée.
- » Les autres Charbons que l’on appelle communément Charbons de bois, » font au contraire de peu d’ufàge, tels qu’ils fortent de la terre : mais quand » ils font a demi-brûlés, comme on fait pour le vrai Charbon de bois, ils » deviennent très-propres à l’ufàge des Serruriers, Sc jufqu’ici je n’ai trouvé » entr eux d’autre différence , fînon que les Charbons fofîiles font plutôt » confumés par le feu du foufflet, Sc qu’ils laiffent plus de craffe.
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- la DU CHARBON DE TERRE
- » Lorfqu’ûn a brûlé à demi ces Charbons fofhles, comme on le pratique » à l’égard des vrais Charbons de bois * on a remarqué qu’ils ont diminué » d’une troifieme partie de leur poids, & de la moitié de leur quantité* »
- Quelques Auteurs mettent ces fubftances ou bois foffiles, au nombre des vrais Charbons de terre ; ils ne leur donnent pas d’autre nom : & lorfque George Willing diftingue ceux - ci en Charbon de jour, en Charbon de toit, & Charbon de poix , il fait de la fécondé efpece , une defcription , qui relativement à fes couches, à fà furface, à la femelle , fe retrouve exactement dans les Charbons de Wefterwald. Il remarque que ces Charbons de toit ou de bois, font allez fouvent changés dans les endroits les plus profonds , en véritables, bons & gros Charbons de terre ou de poix f1).
- Quoi qu’il en foit, il eft évident que ces efpeces de mines de Charbons folfiles , appellés quelquefois indiftinélement Charbons de terre, ne doivent pas être confondus avec les mines dont il s'agit; elles ont à la vérité enfem-ble beaucoup de rapport, par la couleur, l’odeur de leur fubftance, par leur difpofition régulière en bancs, par les terres argilleufes interpofées entre chaque banc, par les fels alumineux qu’on en tire, en les faifànt bouillir, ou qu’on obtient de leurs cendres, principalement après les avoir laiffé quelque temps expofés au foleil, enfin par le maftic bitumineux, qui dans les Charbons de bois foffiles, fe trouve mêlé à une fubftance vraiment végétale ; mais ils en different aufîï par des caraélères eflentiels ; leur bitume eft toujours plus fec Sc moins gras, que celui des Charbons de terre, Steen-Kohlen » les matières terreufes ou végétales enveloppées ou pénétrées par ce bitume , n’ont point été altérées; elles n’ont pris aucune configuration, aucune nature qui leur foit étrangère; enfin il eft d’obfervation confiante, que ces Charbons de bois foffile, Holtz-Kohlen, fe rencontrent plus près de la fuper-ficie, que les Charbons de terre, qui font en général enfouis plus profondément , dont les couches fe trouvent toujours dans une pofition telle que fes bancs occupent la partie la plus baffe, & la plus inférieure du terrein, Sc les bancs fchifteux occupent la partie du milieu.
- Quelques Auteurs penfent que ces amas de bois foffiles peuvent conduire
- (i) Traité fur la génération des métaux & des minéraux , par George Willing. pag. 28. Seël. 28.
- Il y a ordinairement trois fortes de ces Char-bo ns , Charbon de jour, Tag Kohlen; Charbon de toit, Dach Kohkn ; Charbon de poix, Pech Kohlen. •
- La fécondé efpece , qui s’annoblit dans les montagnes, Sc devient un Charbon gras de la troilîeme efpece , appellée Charbon de poix , contient un foufre groftier; ils font mieux coagulés de fels , mêlés d'une argille plus épurée ; leur corps en eft d'autant plus durable & ferré ; ils font différents félon la différence dp l’argille dont ils font compofés : quand 'celle-ci eft jau-
- nâtre , le Charbon devient brun Sc femblable au bois pourri dans la terre, ce qui le fait aufti appeller Charbon de bois : l'argille entre bleue Sc blanche , fournit des Charbons plus bruns, 8c qui cirent fur le noir. Quand l’argille eft noire, Sc de couleur de fer, le Charbon fera aufti noir: ces Charbons de toit, Dach Kohlen, font aflêz propres à l'ufage des Maréchaux , Sc autres : pour les rendre meilleurs Sc plus durables au feu, on les pile, Sc on les pétrit avec une argille bien imprégnée de bons fels ; leur femelle eft ordinairement compofée d'une pierre argilleufe, graffe, Sc quelquefois fabloneufe , félon la nature des montagnes.
- à trouver
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- ET DE SES M INES. 13
- à trouver du Charbon de terre; que fi ces Holtz-Kohlén ne font pas encore Houille , c’eft qu’ils ne font pas aflez profondément en terre , pour que le bois ait été décompofé jufqu’au point néceflaire, qui fait le vrai Steen Kohien ; mais cette prétention ne paroît nullement fondée, fi Ton fait attention qu’il fe rencontre alfez fouvent du bon & vrai charbon de terre très-peu avant en terre & quelquefois même aflez près de la furface, comme on le verra dans la fuite*
- Il paroît plus naturel de chercher la eau fe qui a empêché ces Charbons de bois foflile de devenir vrais Charbons de terre dans les différentes fubftances terreufes, {aimes ou bitumineufes dans lefquelles ils fe font trouvés, 8c qui ne font point de nature propre à opérer cette minéralifation ou même qui l’empêchent
- C’eft effentiellement par cette partie bitumîneufe quon peut rapprocher les Holtz-Kohlen des Steen Kohien ou Charbons de terre j ceft par cette partie conftituante commune , qu’ils donnent à l’analyfe les mêmes produitSi
- ARTICLE SIXIEME.
- Jlnalyfes de Charbons de bois fojjîle s.
- D’après Wallerius ( 1 ) les Charbons fofliles donnent à la diflillation unâ liqueur phlegmatique, un efprit fulphureux très-acide , une huile ténue femblable à celle du naphte , une huile plus groffiere qui refiemble au Pétrole , laquelle tombe au fond de la précédente , & paffe à la diftilla-tion lorfqu’on donne un feu violent, un fel acide femblable à celui du Suc-cin & une terre noire qui relie dans la retorte, qui n’eft plus inflammable & qui ne donne plus de fumée.
- M. Monti ( z) prétend que non feulement l’huile des Charbons fofliles a, comme on en convient, un rapport décidé avec l’huile de Succin , mais encore que la réfine qui provient de fa diflillation, eft femblable à celle du Gayac, & peut être , comme elle, appliquée aux ulàges de la Médecine.
- Quant au Sel volatil qu’on obtient par la diflillation des Charbons fof-files, à la derniere violence du feu ( 5 ), « il ëft auflï femblable à celui du Suc-* » cin, qui eft un fel volatil acidulé , faifant effervefcence avec les alkalis » ; » mais on ne peut nier qu’il y ait auflî un fel urineux. »
- Je joins ici l’analyfe que nous avons faite M. Macquer & moi, du Charbon de bois foflile de Cuizeaux : i’exiftence d’un bitume y eft inconteftabiè ; il s’allume aifément au feu, ainfi que le bois foflile, dont il eft une dépendance ;
- Ci) Introdu&ion à la Minéralogie , par Val-Jenus , traduite par le Baron d’Holback, tora. I. pag. 360. -
- Charbon de Terre.
- ( 2 ) Comment. Bononienf. Tom. III.
- ( 3 ) Noce de Walerius à la page b2* des Tenta* mina Chimica de Hyerne*
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- 14 DUC HA RB O N DE TERRE
- il donne une flamme bleue en jettant d’abord une odeur de foufre abfolument pareille à celle de quelques charbons de terre. A cette odeur qui fe développe promptement, enfiiccede bientôt une autre, qui eft une espece d’odeur de Succin très-pénétrante, & d’autant plusfurprenante, qu’elle devroitfe dîftîper promptement, attendu la petite quantité de bitume qui eft confumée.
- Le feu prompt de cette matière, n’eft pas fi vif que celui du Charbon de terre ; elle s’y éclate en petites parcelles, & ne peut pas fouffrir l’eau.
- Ayant voulu l’eiïayer par comparaifon avec les effets du Charbon de terre pour la forge , nous avons trouvé que la foudure ne prend que par fils , encore très-difficilement & d’une maniéré pénible pour l’ouvrier.
- La maffe foliacée qui refte après avoir éprouvé l’aétion du feu, donne une vraie fcorie, feulement plus légère que celle du Charbon de terre , entremêlée d’une Chaux rougeâtre fcorifiée à la furface.
- Les portions qui contiennent beaucoup de coquilles après avoir pafîe au feu, font effeuillées comme certaines argilles, <3c feroient auffi compactes , fans cette matière teftacée , dont elles font femées.
- Un morceau de cette maffe foliacée jetté dans l’eau y a fifflé , comme fe-roit un morceau de chaux médiocrement vive.
- L’eau s’eft couverte d’une fleur ou pellicule pareille à celle qui couvre les eaux de chaux ordinaires.
- Après quelques heures, cette eau a pris une couleur verdâtre approchante de celle du foye de foufre préparé avec l’eau de chaux.
- Une fpatule d’argent y ayant été plongée , s’eft noircie ; & tant les al-kalis que les acides en ont précipité, les uns une terre calcaire 7 les autres un véritable foufre.
- Aucun des moyens connus n’a pu y faire reconnoître de l’alun & du vitriol.
- Quoiqu’il ne fût pas befoin d’expériences chymiques pour y découvrir la terre calcaire , nous avons cependant mis un morceau de cette lubftance ter-reufe dans l’acide nitreux affoibli ; l’argille, ainfi que le bitume, y font demeurés intaéls. La partie calcaire s’y eft diffoute, & elle a été précipitée avec un alkali fixe.
- Enfin nous avons mis une livre de cette matière dans une bonne cornue de grès , & ayant porté le feu par degrés, jufqu’à faire rougir cette cornue pendant une bonne heure ; nous avons obtenu en trois portions différentes quatre onces de liqueur, & tout au plus demi-once d’huile analogue à celle que fourniflènt plus abondamment les Charbons de terre.
- Les liqueurs étoienten différents degrés, affez fenfiblement alkalinespour verdir le fyrop violât ; cependant en y verfant de i’alkali fixe ou de la chaux
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- E x D B S Ë S Ml N ES. ij
- vive, 11 fe développe une odeur urineufe plus forte & plus abondante > ce qui montreroit que cet alkali volatil, foupçonné par l’aétion du fyrop violât, y eft en grande partie fous la forme ammoniacale.
- Le réfidu de la diftillation pefoit près de 12 onces; nous l’avons calcine dans une cuiller de fer, & il s’y eft comporté précifément comme la mafle reliante de la combuftîon à la forge , Sc y a préfenté les mêmes phénomènes* Si on ne peut établir une comparaifon abfolument luivie > entre les mines de Charbon de terre & ces amas de bois fofliles , confervés par du bitume , on ne doit pas davantage mettre au rang des Charbons de terre quelques fubftances terreufes, combuftibles , qui donnent au feu la même couleur, la même odeur. Libavius s’eft déterminé fur ces relfemblances , à compter parmi les Charbons de terre , la terre appellée communément Terre de Cologne, parce qu’elle vient de cette ville, plus connue cependant fous le nom de Terre d’ombre, JJmbra objcurè fufa, Cette terre d un brun-fonce , qui eft uneelpece de dépôt ocreux, ordinairement noirâtre & un peu bitumineux , me fe rencontre pas uniquement à Cologne. Aux environs de Theu, dans le Marquifat de Franchimont, au pays de Liège, on en trouve un lit de 4 pouces d’épailfeur entre des rochers. Les Aétes de l’Académie de Stockholm, tom. IL pag. 88. renferment une analyfe très-détaillée de cette terre de Co* logne , qui eft appellée par Wormius Creta Umbria.
- Pour la terre combuftible, nommée én Ecolle , Mojfe Earth , Peut , Turf > dont il eft parlé dans les Tranf. Phil. ce n’eft pas une Houille*
- TROISIEME SECTION*
- Parallèle entre les Bitumes folides, & le Charbon de terre.
- Y
- Quant à la clalfe à laquelle on peut rapporter le Charbon de terre, tout concourt à le faire ranger dans celle des Bitumes folides : ce nom eft donné à des matières inflammables & concrètes, qui ont féjourné dans les entrailles de la terre, & qui font impénétrables à l’eau.
- L'Hiftoire naturelle de plufieurs mines, telles que celles de Goflar, des Carrières d’alun, d’ardoifes, des mines de fel commun, de fel gemme, & de plufieurs eaux minérales, qui contiennent du bitume , fait connoître qu’il y a quantité d’efpeces différentes de ce fofflle répandues dans tout le globe (l). Les anciens Naturaliftes font mention d’un allez grand nombre , fur lefquels ils etoient partages de fentiments ; la plupart de ces fubftances telles que lAmpelitis, la pierre de Thrace, le Spine , & plulleurs autres, n’étant au-
- O
- JO ,E'é,T' Chimie . fui vaut les princ. de Becher, de Stahl, traduit du latin de Juncker, par M. de Machy, tom. IV. pag. 2p.
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- i6 DU CHARBON DE TERRE jourd'hui connus que par les defcripcions qui en font reliées, robfcurké nâ fait qu'augmenter.
- Ce que Ton peut dire, c'eft que les Anciens regardoient les Houilles de Liege* qu'ils appelloient terra Ampelis, comme une elpece d'ambre ; quelques-uns ont pris la pierre de Thrace pour le Charbon de terre ; d'autres pour une elpece de Jayet. On les paffera ici en revue * afin d'en rendre la compa-r-aifon plus aifée.
- La terre médicamenteule, appelleeTerre Ampelite ou Pierre noire ; Swartz-Steen of Aarde* par les Latins Suc cinum nigrum, Ampelitis. Agricol. Terra Ampelîtides, terra Pharmacites; Pharmacitis * terra hiturrûnofa fojjilis, Wallerii* tom. L pag. 35p. eft une terre opaque * feche * folide* qui fe trouve dure dans quelques endroits * plus tendre dans d'autres ; elle n'eft pas fufible * mais elle efl: facile à s’enflammer* & en brûlant donne une flamme vive* blanche* Sc brillante ; elle ’eft noire comme de la poix* d'un brillant doux * & d'une teinte qui n’eft pas auffi foncée ni aufli brillante que le jayet : elle ne fermente pas avec l'eau-forte ; elle repréfènte de longs Charbons; elle eft aifée à fe fendre par éclats : • lorfqu'elle eft broyée * elle fe fond aifément* fi on y met de l'huile ; ce qu'on appelle Pierre noire ou Pierre à marquer* Craye noire (1), qui fe trouve dans quelques parties de l'Angleterre* Sc près d'Alençon en France* en eft une elpece.
- Il y a de ces pierres noires, dont la dureté eft lupérieure à celle du jayet* qui reçoivent le poli * Sc pourroiënt être employées, à différents ouvrages d'ornement ; on pourroit croire que celles-cifont ÏAmpelitis, Sc queles autres qui lui reffemblent * mais qui font plus tendres* font celles qu'on a appellé Ampelîtides.
- Ces propriétés* ou du moins quelques-unes * rapprochent Y Ampelitis du La-* pis Hybernus (a ) * delà pierre que Wormius nomme Pnigites (5 ) * qui eft décrite par Pline Sc par Diofcoride ; enfin on trouve dans les propriétés de ces différentes pierres Ampelites Sc Ampelîtides * de l'affinité avec l'elpece de Charbon de terre d'Angleterre, qui peut être poli * fculpté, Sc gravé* fut lequel je reviendrai en fuivant la comparaifon que j’en fais avec les fubftances foiides.
- Le Jays * Geeft* Jayet* Gagathes Dioforidis* Fangitis Strabonis* Gagathes, Succinum nigrum ojficinarum * Gagas * Obfidianus lapis ,* Gemma Samothraeea Plinii. Bitumen dunjfimum * lapideum nigrum. Waller. tom.î. pag, 363 * G. Berg-Wachs. En Anglois Agaat Steene, eft une lubftance dure * feche * luifante * d'un beau noir * brûlant comme de la poix, en donnant une fumée épaiffe.
- Cette matière fe trouve en Angleterre * dans les mines de Charbon * d'ou
- { I ) Fijjilis mollior , friabilis, piftorius. Nigrica. Creta nigra , Cretafuliginea. Worm. Craye de fuie. Angl. Black lead. JVadt. Zwarte Kryte.
- (2) Tsgula Hybernica. Irish Slate, Pierre d'Irlan-
- de. Le célébré Fuller la fait entrer dans une pou* dre compofée, réfolutive.
- (3) Pnigites ojfic. Terra pnigites. Aldovrand. Angl, Black earth, B. Zwarte aerde, Terre noire.
- l'on peut
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- et DE SES MINËS: 17
- Pon peut préfumer au elle tient de la nature de ce dernier ; iï y en a auflî à Moon, en Baffe-Normandie , à trois lieues de Littry, où il y a une mine de Charbon de terre.
- D'après la defcription des Anciens, leur jayet reffemble à dubois pourri J on trouve en effet de cette matière, dont l’intérieur reffemble fort à une écorce de bois ; Wormius ne regarde le jayet que comme une efpece d’Ampelitis, qui n’en différé que par la dureté. Ce même Auteur prétend que le diamant de Samo-Thrace de Pline (’) , n’étoit pas autre chofe que le jayet poli & travaillé; ainfi que la pierre de Thrace de Nicandre, & la pierre d’Ethiopie nommée Verre Obfidien & Pierre Objidtenne, dont parle le même Pline (z).
- D ans la province de Stafford, en Angleterre , on croit que le Charbon de terre efl cette Pierre Obfidienne des Anciens : toutes ces différentes opinions ne peuvent être éclaircies que par la vue de ces matières , dont la plûpart font inconnues ; tout ce que l’on peut en dire , c’eft que pour ce qui eft du Verre Obfidien , ceux qui croient que c’étoit un Charbon de terre , (ont ab-foiument dans l’erreur ; la Pierre Obfidienne gravée , antique Romaine, trouvée à Rome en 1760, & deux autres petits Bijoux de cette matière , qui fe voyoient dans le riche Cabinet de feu M. «fe Caylus, font d'une matière vifant à la diaphanéité, & qui peut-être ont été vitrifiées ; elles ne paroiffent guère différer d’une Améthyfte claire tirante fur le noir.
- L’Ampelitis & le Jayet ont entre eux cette différence , que ÏAmpelitis ne fait point de flamme , à moins qu’elle ne foit aidée par des foufflets , & que fon feu ne donne point d’odeur bitumineufe , au lieu que le Jayet s’embrâfe au feu en répandant une odeur de bitume.
- Le Lapis Thracius cfficinarum (5) étoit une fiibfiance bitumineufe , dure, fragile , très-inflammable , ayant au feu une odeur défagréable. En voici la defcription : (4) Si Lapis uratur canâenti Thracius igné, & P ojl madejiat aqud ,flagrabit totus, & idem Mox oleo affujb penitus reflinguitur.
- On dit que * quoiqu’elle fe trouvât quelquefois dans la riviere de Ponto » elle fe rencontroit auflî dans les entrailles de la terre, d’où il efl: vraifembla-ble qu elle avoit été entraînée : d’ailleurs cette pierre bitumineu fe efl: ordinairement alliée avec un fel vitriolique, qui s’effleurit quelquefois fur fà furface. Voyez fes différens noms dans le Catalog, Alphabétique.
- Le Stinking Vem, ou la Veine puante , qui efl: un Charbon d’une odeur fuï-phureufe, & dont la dureté le rend propre aux ufages méchaniques, paroît a cet egard n etre pas different de la Pierre de Thrace ; ainfi que le Spinus ou Spilus des Anciens, 'hnXœç, autre efpece de bitume folide, qui étant expofe
- Gemm& Samothracea. Lapis Objîdianus. J (3) B. Thracierfe Steen 3 A. Thracian Stom•
- (2) XXXVP c. 26, I (4) MathioL ex Galène*
- Charbon de Terre. E
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- 18 DU CHARBON DE TERRE
- en monceaux au foleil, s’enflammoit, fur-tout lorfqu’il étoit mouillé, & qui pourroit être le Spin Coal, dont il fera parlé à l’art. IL de la Seétion io.
- N’en feroit-il pas de même de l’Afphalte ? Afphaltos, Bitumen Judaicum ojfi-cinarum; Bitumen nigrum crajfum ; Afphaltum. ( Planche Lfig* F)
- Sa pureté fait qu’il furnâge l’eau ; on en a vû des morceaux de deux pieds de longueur Sc de largeur , très-noirs , allez durs, pour être fufceptibles de poli. L’Afphalte eft luifant, d’un noir pourpre, & donne une odeur forte , dans laquelle on démêle quelque chofe d’approchant du Succin. La matière qui refte dans la rétorte après la diftillation du Succin , ( Planche L fig. E ) ne différé prefque point de l’Afjphalte du commerce, que l’on efl; porté à préfumer matière faélice ; cependant on ne peut pas nier que ce bitume ne foit natif des entrailles de la terre ; Hermann dit en avoir trouvé dans une ifle du Cap de Bonne-Efpérance. Voy. le Catalog. alphabétique.
- Parmi quelques Charbons de terre, il en efl; qui, à l’odeur près * reffem-blent fort à l’Afphalte, quant à la pureté Sc au coup-d’œil, comme il en efl; qui different peu du jayet ; comme auflî on voit du jayet, que l’on' pourroit à la vue confondre aifément avec l’afphalte & quelques Charbons de terre.
- La matière bitumineufe qui fe tire dans le voifînage de Virtemberg , fort reffemblante à du fuccin qui n’auroit paffé que légèrement au feu , & qu’on appelle Succin , paroît tenir un milieu entre le Charbon de terre & le jayet, & n’être qu’une efpece de houille. Le morceau,Figure G, Planche L efl un exemple de cette grande affinité du Charbon de terre avec le jayet ; c’eft un Charbon foffile de Vienne en Autriche , fur lequel on reconnoît diflindte-ment une couche de bitume très-pure, g, femblable à du beau jayet, ou à du Kennel Coal, placée entre deux couches de Charbon de terre.
- Les ouvrages dont j’ai parlé , que l’on fait avec le Kennel Coal, ( Planche L fig. 3 D ) repréfentent à la vue, la matière reftante dans la diftillation du fuccin, ( Planche h fig. E) ; ce Charbon d’Angleterre , qui efl extrêmement pur, confidéré brut, lorfqu’on le caffeau hafard , (Planche h fig. i. D, fig. 2. D ) fait voir à la furface defes fragmens, dont un côté efl concave Sc l’autre convexe, comme le Silex, des traits difpofés en rayons divergents, ainfi qu’on en remarque dans plufieurs bitumes folides, tels que le jayet, le foufre vif ou natif, tranfparent, l’afphalte, ( PL Lfig. F) l’orpiment rouge, même dans le goudron folide, dans cette matière réfineufe qui refte au fond du vaiflfeau après la diftillation de la térébenthine, & qu’on nomme Colo-phone, ainfi que dans les onguents folides , dans l’emplâtre de cérufe, l’emplâtre Diapalme , le Diackylum fimple, & tous autres, après la cuite defquels on ne mêle pas une grande quantité de matières liantes ou pulvérulentes.
- C’eft abfolument le même effet que dans les cailloux Sc dans les dendrites
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- ET DE SES MINES. ip
- de Cavereaux près d’Orléans , dont chaque portion défunie laifle apperce-voir fur les furfaces, par lefquelles elles fe tenoient, une portion de cercle convexe* & une autre portion de cercle concave. Entre les Charbons de terrO que j’ai ramafTés de quantité de pays , cette particularité ne s’obferve bien que dans le Kennel Coal? fur d’aflfez grandes furfaces ; 8c dans une efpece de houille grafle de Liège * tirée de la fofle appellée delnouvé Pair, c’eft-à-dire , la nouvelle Paire , fur la hauteur de Montegné, à un endroit nommé Verd-bois î ces facettes y font très-multipiiées, mais dans des efpaces d’un pouce au plus*
- Il n’y auroit donc point d’àbfurdité à avancer que tous ces différents bitu* mes , tant ceux qui font connus* aujourd’hui, que ceux qui ne le font plus , font des efpeces de Charbons de terre * n’y ayant entre eux d’autre différence linon que le charbon de terre * proprement dit * eft celle de ces fubftances qui eft plus groftîere , moins dure & moins dénuée de parties terreufes : cô font ces parties terreufes qui en divïfmt le bitume du Charbon de terre, empêchent qu’il ne puilîe * comme les autres bitumes , fe liquéfier au feu & s’allumer fi promptement ; mais auflî c’eft de toutes les matières combuf-tibles de ce genre, celle qui conferve le feu plus long-temps & plus fortement.
- Quoi qu’il en foit , les matières terreftres qui altèrent le bitume des Chat-» bons de terre, ne font pas * du moins dans quelques efpeces * celles qui s’y trouvent en plus grande quantité. Le coup-d’œii eft luffifant pour porter quelquefois ce jugement fur la quantité du mélange de matières terreftres avec les autres parties du Charbon de terre* & fournir des idées fur les parties conftituantes de cette matière; mais une expérience de M. Zimmerman femble en être la preuve (,).
- Il dit que deux onces de Charbon de terre brûlées jufqu’à calcination i perdent une once * fix gros & feize grains ; qu’elles donnent par la ieffive fept grains de fel fixe ; qu’il n’eft foluble ni dans l’huile, ni dans l’eau, ni dans l’ef» prit-de-vin.
- Cette expérience conduit naturellement à examiner lés parties que le feu détruit dans le Charbon de terre, au point de ne s’y plus retrouver, lorfqu’ii a été brûlé.
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- SECTION QUATRIEME-
- Des Matières combujlibles alliées au Charbon de Terre.
- T
- <e Charbon de terre confidéré , quant aux parties qui neréfiftent point au feu, prefente effentiellement une matière qui eft par elle-même inflammable*
- (i) Fondements de la Chymie pratique & théorique, pag* 1252* Ouvrage Allemand. 2. vol. iri-jSt
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- üo DU CHARBON DE TERRE Eft-ce uniquement du pétrole, ou une autre elpece de bitume , comme Ta prétendu M. Berger ? Eft-ce la pyrite que la vûe fait appercevoir dans tous les Charbons de terre ? Eft-ce le foufre que plulieurs Naturaliftes alTurent ne s’y trouver jamais l
- Ces recherches étrangères à l’Article de l’Exploitation nous méneroient trop loin ; je me contenterai de paffer en revue les parties conftituantes du Charbon de terre.
- ARTICLE PREMIER.
- Des Pyrites.
- Parmi les matières les plus frappantes à la vûe, lorfqu’on vifîte les mines de Charbon de terre , on peut mettre les Pyrites , auxquelles on doit attribuer les différentes exhalaifons inflammables, ou non inflammables, qui font fi communes dans toutes les mines.
- La pyrite eft connue parmi les Naturaliftes fous les noms de Lithos Pyrites, Lapis Pyrites, Pyrita , Lapis igniarius, Lapis ignifer , Lapis lucis , en François $ Pierre-à-feu , parce qu’expofée à l’air, ou mouillée elle s’échauffe, ou parce qu’elle étincelle quand on la frappe avec un corps dur On lui a aufîï donné les noms de Mondique, Pierre à Peu, Pierre d’arquebufade.
- On donne le nom de Pyrite en général à toute fubftance minérale, pe-fante * brillante & cryftallifée, dont les principales parties conftituantes font d’une part, ou le Soufre ou l’Arfénic , 8c de l’autre, ou le Fer ou le Cuivre.
- Le plus communément , ainfi que le remarque M. Henckel, les pyrites font martiales 8c accompagnées d’une pierre calcaire , leur couleur eft
- rougeâtre , jaunâtre , changeante comme la gorge de pigeon : la plûpart ont une aflèz grande facilité à fe déliter à l’air, 8c enfuite à fe détruire ; il y en a de plus ou de moins blanches : la pyrite du Charbon de terre paroît être celle qu’on nomme Pyrites jlavus, que les Allemands appellent Schweffel-kies, Pyrite de foufre.
- Dans quelques provinces de France on a confèrvé à ces pyrites, ou aux charbons qui en contiennent, le nom Allemand de Kieff ; il fe trouve des charbons qui n’en montrent qu’une forte d’enduit fur la furface ; tel eft en particulier celui que les Anglois appellent la Queue de Paon ; c’eft en général à cette matière qu’il doit fes teintes plus ou moins fortes, variées comme l’iris , ou de couleur d’or, quif e remarquent dans plufleurs variétés ; les re-préfentations d’animaux, 8c le tableau original dont Munfter (2) donne la defcriptîon, d’après des charbons d’une mine de Saxe, n’ont point d’autre origine.
- (1) Sulphur ferro miner ahfatum , miner à difformi, pallide jlavâ, nitente. Pyrites fulpkureus rudis. Pyro~ machus Veterum. Kies. Kyss. G. Kupfer Steyn, Kupfer ert%. B, Vuur-fieen* Voye\ le Catal. Alphab.
- (2) Cofmogrph. L. V. p. m. H7y.
- D’autres
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- E T D E SÈ S M 1 NE S.
- D’autres fois ees pyrites font en mafTes, irrégulièrement figurées & arrangées mêlées avec beaucoup de fchifte, de mica (') ; on trouve des veines de Charbon qui font prefque entièrement pyriteufes , 8c qui par cette raifort font verdâtres , jaunâtres , bleues, violettes ou pourpres, donnant les couleurs changeantes de la queue de paon, ou de la gorge de pigeon ; les Houilleurs Liégeois les appellent Bouxtures, On verra à l'Article des Charbons de Liège , ce que c'eft que cette efpece ; tous ceux qui font de nature pyri-teufe, confervent, lorfqu'ils ont paffé au feu, les couleurs jaunes, rouges> bleues & violettes, qui les rendoient, agréables à la vûe.
- Sur ce que les eaux qui filtrent à travers les mines de Champagne en Erah-che-Comté, ont ces mêmes teintes ; des Ouvriers de Bâle ont emporté de ces morceaux pyriteux, nommés à Champagné Quijfes , pour effayer de teindre des toiles en Indienne ; ce qui feroit peut-être poffible, fi 1 on en juge par une expérience de M. Demandes, confignée dans les Mémoires de l'Académie (*).
- De la cendre de houille infufée dans de l'eau-de^vie, & mêlée avec de la limaille de fer, produit une teinture noire qui s'éclaircit à^mefiire qu'elle s'échauffe ; lorfqu’elle commence â bouillir, elle prend une couleur plus douce que le gris-de-fer ordinaire : M* Deflandes donna à de la laine crue cette agréable teinture , 8c aucun Ouvrier ne la put imiter.
- Plufieurs Auteurs penfent que le Mother-hiftus, avec lequel oh teîgnôit leS laines, 8c dont Pline fait mention , étoit de la cendre de Charbon de terre, ou de la tourbe confumée ; ce qui eftaffëz conforme à ce quon trouve dansAgri-cola , de la propriété des cendres du Charbon de terre pour colorer en noit les poils 8c les cils , attribuée aufïi à ŸAmpelitis 9 dont on pourroit rapprocher quelque efpece de Charbon de terre*
- Quoiqu'on trouve par-tout des pyrites, M. Henckel prétend qu*ii y a entre elles & les Charbons de terre une forte d'affinité Q. Mais fans difcutef ce fentiment, je ne traiterai ici que des expériences qui ont rapport au foufre , comme fubftance qui peut fe trouver dans les Charbons de terre*
- ARTICLE SECOND*
- Du Soufre.
- Ce compofé d’acide vitriolique & de phlogiftique, le Soufre (4), ne fe trouve point dans tous les Charbons, plufieurs Phyficiens prétendent même qu'on n'y en trouve jamais ; il eft cependant fenfible dans quelques-uns; & attendu que l'on ignore les changements qui arrivent au foufre dans les entrailles de
- (i) Talc en petites lames, au lieu d'être en grandes maiïes. Argirites Kundmanni. Sued. Schin-wer. G. Ghmmer. C'eft ordinairement le Mica blanc, appelle argent de chat, Mica alba,'Micà ar-
- Charbon de Terre.
- gentea, argehtum Felium* Argyrolithos.
- (2) Hift. de l'Acad. des S. 1713* p< 12. ($) Origine de la Pyrite*.
- (4) Sulphur. B. Solpher. Levendige %wavdÀ
- F
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- ï
- 22 DU CHARBON DE TERRE la terre, il efl permis de le foupçonner dans les Charbons qui ne le lailTent pas appercevoir ; puifque les pyrites font les feules fubflances qui fourniffent le foufre commun. Il efl: même vrai de dire que la plupart du temps, lorfqu'on taxe un Charbon de terre d'être plus ou moins fulphureux , il faut entendre qu'il efl: plus ou moins pyriteux ; en effet * le Charbon efl conftamment * fenfiblement ou infenfiblement , pyriteux, & il efl certain que tous les Charbons de terre ne contiennent point de foufre naturel ; le fçavant Traducteur de Henckel obferve même que s'il y a quelques Charbons qui en contiennent, il leur efl: entièrement étranger, & qi/il y efl: communément fous la forme d'une pyrite, que l'on fçait être la vraie matrice du foufre.
- Il feroit donc évidemment faux, comme l'avance très-bien M. Kurella Q) , de prétendre qu'il ne fe trouve du foufre dans aucun Charbon ; dans celui de Zwickaw en Saxe, il fe manifefté en quantité, foit parla nature des vapeurs qui s'en exhalent, foit par la maniéré dont il brûle. Cet Auteur ajoute qu'il ne faudroitpasnon plus conclure que les Charbons au milieu defquels paffent des filons, qui ne donnent que des pyrites fiilphureufes, doivent par conféquent avoir suffi du foufre, ce qu'il efl: aifé de voir dans le Charbon de Wetin.
- Dans la mine de Witeharen , province de Cumberland, au-deffous de
- Morefby, où les mines de Charbon font les plus profondes, les côtés du
- fchiftte qui forme l'enveloppe des veines de Charbon , fe foijt trouvé entié-
- »
- rement incru fiés de foufre (*). r *
- On trouve dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, deux expériences fur le Charbon de terre d'Angleterre, d'après lefquelles il paroît qu'il contient du foufre (*).
- Les différentes analyfes du Charbon de terre , dont on donnera un extrait dans cette première Partie, feront voir que tous les Charbons ne contiennent pas de foufre. Voyez fes différens noms dans le Catalog. Alphab.
- ARTICLE TROISIEME.
- Des Sels accompagnant le Charbon de Terre.
- Le Charbon de terre contient fenfiblement, en quantité plus ou moins grande , différents fols natifs > c'eft-à-dire , qui réfultent de la décompofition des pyrites.
- Ils font tous fols neutres, deT'efpece de ceux qui font formés dePunion
- ( i ) Eflais ôc Expériences chimiques, in-8°, Berlin , 17$6 , où Ton trouve un examen chimique du Charbon de terre; Ouvrage Allemand que j'aurai fouvent occafion de citer. J'en dois la traduction à la complaifance de M. de Machy connu par Tes travaux chimiques, & par le plaifir qu’il trouve à fe communiquer volontiers. Les def-
- criptions ou définitions chimiques que l'on trouvera en note dans plufieurs endroits de cet Ouvrage , font absolument telles que ce Chimifïe les énonce dans fes Cours particuliers.
- (2) Tranfadions Philofophiques. Ann. 1735.
- (3) An. 1713. p. 12.
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- et de SES MINES. 23
- de l’acide vitrlolique & d’une terre crétacée 5 ou qui font le produit de l’a* eide du foufre uni avec une terre métallique.
- Alun.
- Plusieurs Charbons fe décômpofent à Pair , s’y réduifent entièrement en une poulîiere d’un gris de cendre qui prend la forme de fils déliés, dont on peut tirer de l’alun (’) ; d’autres en préfentent des marques fenfibles à leur furface extérieure.
- Beaucoup d’Auteurs obfervent que dans les endroits où il y a du Charbon de terre > il fe rencontre auffi des terres alumineufes : il paroît que le plus ordinairement la Houille > comme toutes les pierres combuftibles > eft alu-mineufe ; on en trouve de ce genre près de Commodau en Bohême > 8c dans beaucoup d’autres endroits ; Wallerius en a fait une efpece quil ap* pelle Lithanthrax aluminaris (*).
- Bruckmann (') cite une efpece de Charbon de terre de Nordhaufen, dont on tire de l'alun. D’après M. Hellot> la mine de Charbon de terre de Laval dans le Maine 5 eft de cette efpece (4).
- L’analyfe que je donnerai des eaux des Houillieres de Liege, prouve que le Charbon de terre de Liege eft alumineux ; dans plufieurs mines j’ai trouvé une grande quantité d’alun formé en cryftaux fur les pierres fehifteufes du toit, & attaché aux fentes des pierres qu’ils appellent Grès.
- Tout le territoire de Liege ouvert pour des mines de houille , l’eft également pour des terres d’alun, dont les mines font appellées Alunnieres.
- Sur la rive droite on en trouve au-deffous de Vifé, à Argenteau* dans les environs de Ramioulle ; fur la rive gauche * il y en a à Chokier, à Warfufée > à mi-côte fous le château ; à Ingis, à Flemal & à Huy ; le tout comprend une étendue de huit lieues de pays, des deux côtés de la Meufe > depuis Huy jufqu’à Vifé , occupée auffi par les bures à houille > comme on le verra par l’état qui en fera donné : l’alunniere de Chokier eft côtoyée par une veine de Charbon à Roijft y qui eft à quinze ou vingt toifes de-là.
- La pierre qui fert de matrice à l’alun du pays de Liege > eft un fchiftte (*) cendré , affez femblabie à quelques portions fehifteufes du toît ou du plancher des veines de houille } mais plus fec;enfe caffant il fait voir la plupart des chofes qui ont été obfervées dans le Kennel-coal & dans les bitumes foiides, de façon qu il ne différé peut-être de l’autre que par le défaut de bitume & par la furabondance d’alun : la Pierre de porc qui fe trouve ordinairement
- . C1) Alumm. Angl. Common Alum, A. Gemeen Al-vm: G* Oemeiner Alaum. Sels neutres dont la nature invariable peut ioufirir quelque différence extérieure félon les terres ou pierres dont ils font extraits.
- (2) Tom. I. p. 305*.
- (3) Epiflolœ Itïnerarice, p. 20. n. 13.
- (4) Effai fur les Mines.
- .Cf) ^ijjilis pinguis , in aere deftruêlibilis , accenjî-bilis. Alumen lapide JiJJili mineralifatum. FiJJilis alu-minofus. FiJJîlis aluminare. Waller. Terre argilîeufe qui doit ion état feuilleté à lapréfence ou à lac* tion d’un acide vitriolique.
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- 24 DU CHARBON DE TERRE
- dans le voifinage des mines d’alun, fournit une huile femblable à celle qui par la diflillation vient du Charbon de terre ; elle reffemble au pétrole, & a une odeur forte. Voyez le Catalog. Alphab. & Wallerius,pag. 121. tom. r.
- Vitriol.
- Les terres argilleufes contiennent prefque toujours du vitriol martial ; on Verra que les différentes terres qui couvrent les veines de houille, font argilleufes ; auffi plufieurs Charbons de terré renferment-ils un acide vitriolique ordinaire, qui efl le même que celui de l’alun ; lorfqu’un monceau de terre alumineufe a été long-temps expofé à l’air, le vitriol Q) qu’il contient, fe montre en plufieurs endroits de la furface en formant un très-joli coup-d’œil, & fe travaille à part, avant d’en tirer l’alun ; de la décompofition à l’air des pyrites & de la houille réfultent le vitriol Sc Talun.
- Bruckman fait mention (*) d’un vitriol verd , fait par M. Meyer Apotî-caire à Ofnabruck , avec des Charbons de terre de la mine de Berghlob , & il ajoute que l’expérience en a été répétée. On pourroit ajouter au Charbon alumineux dont je viens de parler, une efpece qu’on nommeroit Lithanthrax vitriolicum.
- Dans la mine de Champagné en Franche-Comté, on trouve fur les Charbons une grande quantité d’efflorefcence faline que les Ouvriers prétendent être de l’alun ; mais en ayant diilous à la chaleur la plus douce, dans une demi-once d’eau , environ un gros qui m’avoit paru avoir un goût fliptique -vitriolique, martial; ce gros a donné à l’eau la couleur de folution de vitriol, de maniéré qu’après la filtration il n’eft relié qu’un fort mince précipité noir, terreux.
- Verfé fur la noix de galle il a fur le champ donné une teinte violette f qui s’efl enfuite foncée en noir tendant au pourpre mêlé de bleu, comme la noix de galle la donne à l’encre.
- L’huile de tartre a produit une couleur verdâtre très-foncée, comme la-donne le fer précipité du vitriol martial par l’alkali fixe.
- Sel de Glauber. Sel Marin. Sel Ammoniac.
- Il fuit de plufieurs expériences que beaucoup de pyrites vtirioliques ne donnent pas moins par la décompofition un fel marin, ou la bafe de ce fel, unje terre qui fe vitrifie , un fel de Glauber cryllallifé. D’ailleurs M. Hellot a fait voir du fel de Glauber tiré du vitriol verd d’Angleterre, fans y avoir ajouté aucune matière étrangère.
- Le fel marin que quelques Chimiftes foupçonnent par tout où il y a du fel de Glauber, fe trouve par les mêmes raifons dans le Charbon de terre.
- (1) Vitriolum. Chalcanthum. Atramentum.
- (2) Epijïolœ Itinçrariœ* Epift. 84.. p. ip, N°. 7. & 8.
- A Nicolaï
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- ET DE SES M INES. a y
- À Nicolaï en Siléfiè * c'eft le fel marin f1) quf domine dans le Charbon de terre ; les pierres & les terres qu'on tire de la mine de cet endroit , fe trouvent même quelquefois couvertes dune grande quantité de fel gemmef2)
- r ,
- ou de fel marin, * 1
- D'après ce que rapporte Libâvius > que les anciens Zélandois avoient avec
- les Efpagnols un commerce ouvert du fel quils tiroient de leurs Charbons de pierre , & quils préparaient pour leurs ménages; il n'y a'pas'iÜeu de douter que le Charbon de terre de Zélande contient du fel marin. "
- Dans la mine du Charbon de terre près de Neucaftle, on trouve du fel ammoniac Q)> m J
- On pourroit faire ici une queftion : à laquelle des ftibftances, bitûmineufes > pyriteufes, fulphureufes , le Charbon de terre doit-il davantage fa nature com-buftible ? L’examen de la qualité plus ou moins inflammable, de dirferents Charbons, que je remets à la fécondé Partie de cet Ouvragé, fàtisfera, je crois, à tout ce que l'on peut demander a ce fujet,
- J
- ARTICLE QUATRIEME,
- De la Matière Bitumineufe du Charbon de Terré*
- Le Charbon de terre contient particuliérement une efpece de réfine ter-reftre (4J , qu'on pourroit comparer au Naphte, ou Pétrole , félon fon degré de pureté , & de confiftance. r
- Cette poix minérale eft vraifemblablement la bafe du Charbon de terre* puifqu'elle concourt le plus à fon inflammabilité, 8c qu'elle rend plus ou moins* gralfe, plus ou moins feche, plus ou moins combuftibie la terre avec laquelle elle efl: mêlée*
- Il n’y auroit point d’abfurdité à croire que c'eft cette portion bituminéu-fe qui, lorfqu’on touche le plus légèrement poflîble , un morceau de houille* graifle les doigts fi facilement, & qui efl: particuliérement fenfible dans l'e£ pece de Charbon qu'à Liege on nomme Charbon gras , appellé par-tout ailleurs Charbon de Forges.
- On peut de même préfumer que c'eft félon qu’il s’y en trouve plus ou moins dans quelques Charbons de terre, que les uns font flamme 8c fe collent en brûlant, tandis que d'autres ne font pas de flamme 8c ne fe collent point.
- Dans la mine de Champegné en Franche-Comté, on tire de l’huile du Char-? bon qu’on en exploite.
- (I) A. Sait. B. Z oui.
- \ Steen A: Sal ëem' ZouU G. Stein Salti. Cd) • Ammoniac Zout. A. Sal Armoniacky qui peut le rapporter au Sel Ammoniac des Volcans.
- Charbon de Terre.
- Minéralogie de Wallérius , jPÆg.343. iom. 1.
- (4) Bitumen fegne, crajfum, nigrum. Maltha. iCç-dria terrejiris. tValer. tom. 1. pag. 3 jy.
- G
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- *6 DU CHARBON DE TERRE
- Cette même matière bitumineufè qui exifte inconteftablement dans le Charbon de terre, quon reconnoîc dans plufieurs mines fous différentes formes, n’y eft point toujours dans un état égal de confiftance &deficcité ; il eft des endroits où cette fubftance liquéfiée devient une efpece de Guhr Q) onCtueux & réfîneux qui coulé des montagnes : on voit de ce pétrole liquide en Auvergne , où il efl: appellé Pege, ce qui fignifie Poix liquide. Dans les Tranfac-tions Philofophîques, M. Lifter fait mention d’une liqueur minérale trouvée dans une mine de Charbon (2).
- Les eaux qui traverfent les mines de Charbon de terre, en tiennent quelquefois en a (Te z grande quantité pour y être fenfibles , comme on le fera ob-ferver à l’Article des Eaux des Houillieres.
- ARTICLE CINQUIEME.
- Du Charbon de Terre conjîdéré chimiquement.
- \
- Les variétés fenfibles qui fe trouvent dans l’alliage du Charbon de terres tendent néceffairement à en faire adopter les différences fans nombre, que l’on a défignées dans plufieurs pays fous des noms particuliers.
- Je remarquerai avec M. Zimmerman (*) , qu’on n’a peut-être pas fait af-fez d’attention à ces différences lorfqu’on a voulu établir une opinion fur la nature Sc fur la formation de ce foffiie ; chaque Naturalifte ayant décrit & examiné l’efpece de Charbon de terre qu’il a eue fous fes yeux, ce qui a été avancé pour une efpece, n’a pu fe foutenir pour une autre , & a donné lieu à la variété d’opinions que l’on trouve entre ceux qui en ont écrit.
- Le Charbon de terre traité par la diftîllation , offre des différences confi-dérables dans içs produits; en confultant les Auteurs qui ont fait part de leurs travaux en ce genre, la plupart annoncent dans ce fofîîle, i°. une double huile ; une qui eft fubtile Sc légère , une autre pefante & noire ; 20. un efprit ; 30. un fei concret ; 40. ênfin un réfidu terreux : mais ils ne font pas d’accord fur la nature de cette huile & de ce fel, ni même de la terre.
- Quelques-uns vont jufqu’à avancer qu’en diftillant le Charbon de terre on en tire les mêmes produits que de la vraie réfine des arbres ; ce qui a induit le fçavant Traducteur de Henckel à regarder ce fofîîle comme un décorn-pofé d’une madere ligneufe qui contient, outre une fort grande quantité de terre, une matière graffe de la nature des huiles végétales , ou des corps ré-fineux ; il femble en général, que les bitumes ont un très-grand rapport avec les huiles végétales épaiflîes par les acides.
- Pour ce qui eft de l’huile du Charbon de terre , celle qui eft la plus
- (1) Pleurs des mines, ou une exhalaifon des (3) Mémoire fur le Charbon de terre. Journal
- galleries , Sc qui s'y arrache. Medullafluida. (Economique du mois d’Avril ijfi, p. J7.
- (2) Ann. 1666. N°. 8. art.
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- BT DE SES MINES, 2j
- groflîere, qui paffe en fécond , a i odeur & la couleur qu auroit la première après y avoir diffous un peu de foufre minéral ; elle noircit les vafes d’argent , comme feroit le baume de foufre, ou la folution de ce dernier qui fèroit faite dans de l’huile (’). A Liege, dans les temps de pluie, la fuie qui a été lavée dans les cheminées, donne abfolument la même odeur que cette fécondé huile*
- Le fel des Charbons de terre a été pris par quelques Auteurs pour une ef* pece de falpêtre (2) ; par d’autres, pour un fel marin ; il en efl: qui le prétendent fel acide, femblable à celui du fuccin.
- Les uns regardent la terre qui fert de bafe à la houille, comme une terré fchifteufe ; les autres, comme une terre argilleufe : la décifion de ce point fuivra naturellement de la connoiffance exaéle que j’effaierai de donner de la matrice de ce foffile , 8c de toutes les matières au milieu defquelles il a cou-*
- tume de fe trouver* '
- Je donnerai ici l’abrégé de quelques analyfes qu’ont données de cette fubftance des Chimifces accrédités, ce qui formera pour cette Partie , le Tableau chimique du Charbon de terre > d’autant plus remarquable, que ces analyfes appartiennent à des Charbons de différents pays*
- L’examen chimique du Charbon de terre d’Ecoffe (3) a produit dé huit livres de ce Charbon, treize onces d’une liqueur, ou d’un efprit : une once de fel volatil, fix onces d’huile de couleur noire, tirant fur celle du fruit de ronce, d’une odeur du pétrole, appellé Pétrole noir : fix livres 8c demie de réfidu, ou de Caput mortuum.
- L’efprit approche pour l’odeur de l’efprit de fuie, a prefque la même là* veur d’amertume ; là couleur efl roufle
- Le phlegme qui accompagnoit l’huile, étoit d’une couleur fafranée, telle qu’eft ordinairement celle de l’efprit de fel, d’une odeur forte, d’un goût femblable à celui de l’efprit de fel ammoniac.
- Le fel volatil de ces Charbons avoit toutes les marques d’un fel urineux. Les folutions de mercure & d’argent y annorïçoient un foufre caché, d’ou l’Auteur conclut que ces charbons abondent en un fel urineux, quoique lié par un acide qui y efl: mêlé au moyen de beaucoup d’huile Q) 8c d’un peu de fel fixe , lequel, à proprement parler, n’efl: ni lixiviel, ni alkalin, mais qui efl: un compofé de fel marin, de foufre commun & de terre.
- (1) Eléments de Chimie fuivant les principes de Becher & de Stahl, traduits du Latin par M. de Machy , Tom. IV. p. 2 29.
- (2) Sal nitrum offic. Sal petrœ. Geoffr. Hali ni-trum ScheWi A.Salt-petre.B. Salpéter. G. Sal niter.
- (i) AB. Chim. Holmienf. Tom. II. p. 79. Tenta-
- mm IY\ $e v°latüi urinofo, in Regno minerali.
- par M. Urbain Hierne.
- (4) M. Rouelle regarde aufïi les produits du
- Charbon de terre comme à peu-près les mêmes que ceux de la fuie, à l'acide près, qu'il ne trouve pas dans les Charbons de terre*
- G) L'acide du Charbon de terre eft laiteux * parce qu'il contient un peu d’huile $ mais après l’avoir redifié , on trouve qu'il a toutes les propriétés de l'acide vitriolique. Elém. de Chimie de Juncker, trad. u IV. p* 230*
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- r3 DU CHARBON DE TERRE
- La terre noire qui relie dans la retorte , efl: une terre légère charbon^ neufe Q).
- Les Charbons d'Angleterre , de Siléfie & de Wetiii, traités à feu nud Sc fans intermèdes, éprouvés par différents menftrues (1 2 3), ont donné un efprît de nature alkaline volatile C) > une huile ténue Sc fluide , femblable au pétrole , une petite quantité de fel ammoniacal, dont Palitali fixe dégageoic une odeur urineufe, pareille à celui dont M. Hierne fait mention.
- Le foufre naturel ne s'y efl: pas montré, mais bien un efprit acide vitrioli-que , une fcorie martiale, une terre argilleufe brûlée Sc quelque bafe martiale.
- Le Charbon de Wetin a été aufll ânalyfé en particulier par le célébré Hoffman, dont on peut confùlter les ouvrages (4).
- QUATRIEME SECTION-
- .Météores qui accompagnent le Charbon de terre•
- Outre les differentes matières que nous venons de remarquer dans la houille, ce minéral efl: toujours accompagné, comme tous les autres foffiles, de deux phénomènes qui menacent à chaque inftant la vie de ceux qui font employés à l'exploiter.
- Ces deux phénomènes , oppofés l'un à l'autre , font l'eau Sc le feu.
- Perfonne n'ignore qu'il fe trouve fous terre , dans des profondeurs de placeurs centaines de toifes, des réfervoirs immenfes d'eaux qui montent Sc s'élèvent quelquefois avec rapidité : il n’efl: donc pas étonnant, pour peu qu'on fe promene autour d'une houilliere, d'appercevoir quantité de rui£> féaux qui fortent de ces mines. Il ne fera pas hors de propos de parler de ces eaux, relativement à leur nature & à leur qualité, remettant à l'Article de l'Exploitation ce quia rapport à la maniéré de s'en garantir dans les ouvrages.
- ARTICLE PREMIER.
- Eaux des Houillieres.
- Les fources qui coulent des houillieres font de différente nature ; il en eft
- (1) C’eft d’après cette derniere fubftance que pluüeurs attribuent au Charbon de terre une origine végétale : M. Rouelle obferve que ce Charbon léger brûle à l’air libre en étincelant, comme le charbon de bois, fans donner de la flamme ni de la fumée,
- (2) Effais & Expériences chimiques , par M. Kurella , imprimés à Berlin , en Allemand, 17 iw-8°.
- (3) Le célébré M. Henckei dans les Ephémé-
- rides d’Allemagne, prétend avec plufîeurs au-
- tres Chimiftes, qu’il exifte dans les Charbons de terre un alkali volatil minéral, ce qui donne lieu à M. Rouelle de penfer que le bois a été décompofé.
- La vapeur qui s’élève de l’efFervefcence que produit î’alkali volatil du bitume des Charbons de terre avec les acides , a l’odeur du Pifafphalte de Pologne ;?ce qui le fait regarder par M. Rouelle comme un produit du Charbon de terre.
- (4) Fred. Hoffman. Operum Supplément, Pars altéra.
- qui
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- et de S ES M I N Ë S. 2'9
- qui font abfolument dégagées de toutes parties étrangères, c’eft-à-dire , qui n'ont entraîné avec elles aucune des fubftances quelles ont traverfé > ou qui ne viennent que des couches de terres fituées au-dèfliis des bancs dé charbon ; ce font des eaux douces, bonnes à boire.
- Dans le quartier de Liege appellé Pierreufe > eft une Fontaine nommée Fon^ taine de Lhail > qui fort de la montagne de la citadelle , 8c qui donne une eau quon prétend très-fine & la plus pure du pays ; c’eft une eau de cette efjpece.
- Lorfque les four ces viennent du fond des houillieres , il eft naturel de préfiimer qu'elles tiennent des hétérogénéités dues aux Charbons de terre* Elles font donc quelquefois bitumineufes ; on en verra des exemples dans le détail des mines de différents pays ; & elles peuvent alors être d'un bon augure pour la qualité du Charbon. Cependant il ne feroit pas jufte de conclure de la qualité ferrugineufe ou bitumineufe de ces eaux * quelles peuvent être un figne certain de la préfence du Charbon de terre dans leur voifinage ; puifqu'il eft beaucoup de four ces de ce genre qui font évident* ment très-éloignées des mines de houille.
- Dans la Fontaine du Pego, auprès de Serrât en Languedoc, voîfine de mines de Charbon de terre * le pétrole nage fiir les eaux.
- Dans les eaux minérales d'Iouzet 8c de S. Hippolyte, même province * le bitume du Charbon de terre fe manifefte au goût 8c à l'odorat.
- Dans plufîeurs endroits de la mine de Champagné, il coule des eaux dont la fiirface eft couverte d’iris ; on voit la même chofe autour de plufîeurs au-très houillieres * ce qui annonce le paflàge de ces eaux au travers de fubftances minérales différentes , dont elles le font chargées , de maniéré qu'elles deviennent prefque médicinales* 1 « -
- Le plus communément les eaux des houillieres font vîtrioliques ; mais le vitriol martial quelles tiennent en diffolution, eft lui-même altéré par dit férents mélanges , par différents accidents , 8c ces eaux en font faturées à différents dégrés, dans lefquels on remarque une grande & continuelle variation : celles qui coulent dans les Areines , qui font des canaux fouterreins de décharge, quoique mal faines, font prifes par quelquesperfonnes adeft fein de fe purger.
- On prétend que les eaux médicinales de Marimont ne font autre chofe que des eaux de houillieres : les analyfes qu’on connoît de ces eaux , n’y font voir aucun acide fixe , tel que celui dont font compofés l’alun 8c le vitriol > aucune efpece de feleniteni de terre calcaire Q),
- C i ) -Analyfe des Eaux minérales qui fe vent an Château Koyal de Marimont en Hay par Servais-Auguft. de Villers , Profeffenr et decine de Univerfité de Louvain,A Louvain
- Charbon de Terre.
- DiJJertado Medica de Aquis mineralibus Fonds Ma-rimontenjis, auttore Henric, Jofeplu Rega, Lovanii*
- *7*o.
- H
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- 3o DU CHARBON DE TERRE
- Par l’examen que j’ai fait des eaux qui fortent des houillieres, on pourra juger de la parité qui doit être admife entre elles & les eaux de Marimont.
- Il n’en eft pas entièrement de même des fourcès minérales de S. Amand, près de Tournay Sc de Valenciennes. M. Geoffroy qui les examina en 1698) 3VL Boulduc, dontl’analyfe eft inférée en extrait dans le Volume des Mémoires de l’Académie pour la même année, n’y ont reconnu aucun indice ni d’acide ni d’alxali ; mais le foufre & le bitume fournis par le Charbon de terre qui abonde fur-tout dans les environs de S. Amand, paroiflent être les principes dominants dans ces eaux & dans leurs boues minérales f1).
- L’Eau de la fontaine qui coule d’un rocher fur le grand chemin de Mas de Borne en Languedoc, laifte à la bouche une amertume mêlée d’une forte acidité; qu’elle contracte en traverfant les mines de Charbon qui font au-delfous de la fource (2).
- Pour reconnoître le fel de ces fortes d’Eaux , j’ai traité l’eau qui fert à faire jouer la machine à feu, & j’en ai examiné les réfidus par les moyens Chimiques les plus fimples ; j’ai réitéré ce travail à Paris avec M. deMachy.
- Examen des Eaux des Houillieres du Pays de Liege.
- Eau commune , dans une bouteille tenant cinq gros quarante & un grains,’
- Le lyrop violât n’y produifit aucune altération, non plus que l’eau de chaux.
- L’eau qui coule naturellement dans les houillieres, a laifle un dépôt blanchâtre, talqueux , infipide, & comme verni d’une matière onélueule , qui eft la petite portion d’eau mere d’alun que laiflent ces fortes d’eaux , comme on le verra inceffàmment.
- Eau de la machine à feu, froide ou non évaporée.
- Odeur très-légérement fœtide.
- A juger par le moyen que j’ai employé au défaut d’aréometre pour reconnoître fa pefanteur, il ne paroît pas qu’il y ait à cet égard beaucoup de différence entre elle & l’eau commune.
- Le fyrop violât l’a verdi.
- L’eau de chaux lui a donné une teinte d’opale foncée, failant à la furface une pellicule d’iris comme furies eaux putréfiées.
- L’efprit de vinaigre n’y a caufé aucun changement, pas même développé d’odeur.
- L’huile de tartre a fait précipiter un dépôt allez pefant, fans néanmoins al-j térer l’état louche de l’eau.
- (1) Mémoires de l’Acad. des Sciences, an. 1743. p. 1. fur les Eaux minérales de S. Amand en Flandres , par M. Morand pere.
- (2) Mémoires de l’Acad. des Sciences, an, 1746. p. 720. >j2i, an. 1747.p. 711,
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- et de SES MINES> 3î
- I/akali volatil a produit un depot comme muqueux * d'une couleur jau^ nâtre.
- L'eau mercurielle lui a donné une couleur blanchâtre* comme feroit unê goutte de lait verfée dans beaucoup d'eau. Je dois avertir que l'eau mercu® rielle était faite félon le Codex de Paris.
- 1. Après deux fois 24 heures* l'alxali volatil a préfenté les mêmes phénd*^ menés, à l'exception que le dépôt étoit plus abondant * flocculeux & comme tenace.
- 2. La liqueur où l'on avoit verfé l'alkali fixe ou huile de tartre* ayant repris fa limpidité * il s'ell trouvé au fond un dépôt légèrement flocculeux qui paroiflok blanc à travers le verre * & fale en le considérant à travers la liqueur*
- 3. Après 24 heures de dépôt la liqueur où l'on avoit verfé l'eau mercu^ rielle* s'eft éclaircie enfaifant iris à la Surface* & laiflànt quelques petits grains pelotonés d'un précipité dont la couleur etoit blanc-laie.
- L'Eau évaporée * ou chauffée par la machine à feu* donnoit une odeur marquée * approchante de celle que donne la poudre détonnée, ou le foye de loufre.
- Elle a la même pefanteur que l'eau pompée du fond de la houlliere* qui n'à - pas été évaporée par la machine à feu.
- Le fyrop de violette l’a verdi.
- L'eau de chaux a diflipé fon odeur J & elle a pris une teinte d'opale très-* légère en donnant quelques floccons.
- L'efprit de vinaigre développe davantage l'odeur d'hépar * fans faire nâî* tre de précipité.
- L'huile de tartre a produit un dépôt peu abondant* Sans néanmoins que la liqueur perdît fa couleur louche.
- L'alxali volatil* ou l'efprit de fel Ammoniac fait avec la chaux* a mon4* tré à peu près le même phénomène.
- L'eau mercurielle y a fait affez de dépôt * pour que fur la fin l'eau devînt louche. D'ailleurs elle y a préfenté pareil phénomène que dans l'eau froide de la machine à feu * mais un peu plus foncé.
- Après avoir repofé 24 heures * les parois du verre fe font trouvées gar-» nies d'un dépôt pareil à celui qu'a formé l'eau froide qui tombe fizr la machine à feu * à l'abondance près.
- L'akali volatil au contraire n'a donné qu’une terre fale, comme feroit celle qui relie après la diflipation Ipontanée d'un alkali volatil.
- La liqueur étant eclaircie * le dépôt s'ell trouvé légèrement jaunâtre * un peu plus abondant.
- Une livre cinq onces de l'eau chaude de la machine à feu ayant été fourni-fe à 1 évaporation * a donné trois grains d'un dépôt grisâtre. On s'en eft pro-
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- 32 DU CHARBON DE TERRE
- curé une plus grande quantité en évaporant'plufieurs mefores pareilles dô
- cette eau.
- 1. Ce dépôt fait effervefcence avec les trois acides minéraux.
- Il paroît abfolument de la même nature que le banc de terre, commun dans ces mines , qu'ils nomment Bifmaye, Sc nous le diftinguerons ici fous le titre de n°. i. ou craie Alumineufe.
- 2. L’un Sc l’autre ont été éprouvés par les mêmes acides, en prenant trois dofes du dépôt produit par l'évaporation , Sc trois dofes de bifmaye, mis chacun dans un verre Sc faturés avec les trois acides minéraux , dont aucun n’a fourni d’odeur de foufre : ils ont donné les phénomènes fuivants.
- L'acide vitriolique agit violemment for le dépôt qui a réfolté de l’évapo^ ration ainfi que for la Bifmaye.
- L’acide nitreux diffout pareillement l’un & l’autre avec une violente effer-vefcence ; la folution devient jaunâtre un peu plus foncée, dans le Na. i. & le dépôt eft à peine fonfible.
- L'acide marin les diffout auffi, avec cette différence qu’il développe de la bifmaye, une odeur teftacée finguliere : fa diffolution eft légèrement faf&a-* née & fans dépôt.
- La diffolution du No. i. ou de la craie alumineufe, eft louche, & fournit un léger dépôt. Les deux diffolutions ont befoin d’être étendues pour deve-nir claires, & quoiqu’il y ait forabondance d’acide, ils n’en dépofent pas moins une très-grande quantité de leur poids ; le N°. I. ou la craie alumineufe , fous la forme d'une poudre grifè ; Sc le No. 2. ou la bifmaye, fous la forme d’une poudre très-blanche (*).
- ARTICLE SECOND.
- Vapeurs & Feux qui s'exhalent de la Houille ; aUion de ces Météores
- fur les Houilleurs à l'ouvrage.
- vrage.
- Quoique les exhalaifons ordinaires dans les mines de Charbon de terre ne puiffent être réputées différentes de celles qui fe forment dans tous les fouterreins, Sc aient une caufe commune dépendante d’un air ftagnant tou-< jours dangereux, il eft naturel d’en dire ici un mot par rapport aux moyens dont je parlerai à l’Article de l’Exploitation, Sc que l’on eft indifpenfable-* ment obligé d’employer, foit pour fe garantir de ces exhalaifons, foit pour les détruire autant qu’il eft poflible, foit pour remédier aux effets quelles produifent.
- M. Lifter en diftingue quatre fous le nom général Damps ou Vapeurs. '
- La première elpece qui a lieu au fommet des mines de Derbyshire, eft
- (1) Voyez ci-après les Expériences fur la Marie & fur la Bifmaye, Se<3.6e, Art. 1,
- nommée
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- et DË SES MINES. , ^
- nommée the Veas bloom damp , Exhalaifonfleur de pois, à caufe de la rèflemblancè de fon odeur avec la fleur de cette plante.
- On prétend quelle a toujours lieu dans Tété , mais qu’elle n’eft point friôr^ telle : l’origine qu’on donne à cette vapeur eft ridicule ; on l’attribué à une quantité de chèvrefeuille qui couvre les prés, dont le fol contient de la pierre à chaux.
- La fécondé eft nommée the fulminating Damp > Exhalaifon fulminante Elle eft fréquente dans les mines de Charbon de terre particuliérement ; à la feule approche d’un corps allumé elle prend feu , produit la lumière d’uri éclair , ou de poudre à canon détonante.
- La troifieme eft nommée the common Damp , Exhalaifon ordinaire.
- Celle-ci caufe une difficulté de refpirer, & rarement produit des effets plus graves, à moins qu’on n’y ait été expofé affez long-temps pour qu êllé conduife à i’évanouiffement ; car alors il fiirvient de violentes convulfions* On reconnoîtla préfence de cette exhalaifon à la flamme de la chandelle qui commence à tourner orbiculairement, & dont la lumière diminue par degrés, jufqu à ce qu’elle s’éteigne entièrement*
- La quatrième efpece d’exhalaifon eft appellée the globe Damp, Exhalaifon en globe, parce quelle a la forme d’un ballon, qui feroit fulpendu au haut de la voûte.
- Les ouvriers font dans l’idée que celle-là , qu’ils regardent comme pouvant à la longue dégénérer & devenir mauvaife , eft due àl’exhalaifon dé leurs corps 8c de leurs chandelles ; qu elle fe ramaffe en haut fous uiie forme ronde, & s’y maintient envelopée par une pellicule de l’épaiffeur d’une toile d’araignée. . u .. *
- Ce globe venant à s’ouvrir étouffe ceux qui fe trouvent dans fon voifinage ; aufli, lorfque les ouvriers apperçoivent cet amas , ils le crèvent avec un bâton muni d’une longue corde, en s’éloignant le plus qu’ils peuvent : lorA que cette opération eft achevée , ils purifient l’air en allumant du feu.
- J’obferverai feulement que l’on doit réduire ces exhalaifons à- deux ef* peces.
- L’une n’eft qffun fimple brouillard épais ; les Angloîs l’appellent aufli Bad air , mauvais brouillard ; dans toutes les mines d’Allemagne elle eft nonv-mee Schwaden, Vapeur Jouterreine ; les Liégeois la nomment Crowin > Fouma 9 Pouffe , Poutture, Moufette, dérivée fans doute de Mephitis , Exhalaifon : c’eft ce Follet fouterrein que les anciens Minéralogiftes regardoient comme un mau* vais Genie habitant les mines, & que quelques-uns appelloient Cobolt, D’au* très Vapeur minérale, Vapeur peflilentielle.
- La pouffe eft plus abondante lorfque les travaux ont été interrompus quel* ques jours ; & comme c'eft parmi les Houilleurs une obfervation de fait > Charbon de Terre. # j
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- 34 DU CHARBON DE TERRE
- ils n'entrent point dans les mines fans avoir pris des précautions , pour s*af^
- sûrer s'ils peuvent s’y expofer en sûreté.
- On verra que lafortie ou la concentration de cette vapeur a beaucoup de rapport avec la fumée des cheminées, qui fort ou refoule félon le vent qui fouffle.
- Dans les grandes chaleurs de l’été , ce brouillard eft quelquefois fi fort, que l'on eft obligé d’interrompre les ouvrages ; on allure que c’eft dans le temps de la fleur des grains qu’il eft plus abondant, ou plus fréquent ; qu’il eft des mines qui y font plus fujettes que d’autres; les Houilleurs prétendent que ce font les mines grades & fulphureufes ; cette opinion fe rapporte avec celle de M. Triwald qui en donne l’explication dans un Mémoire fur cette vapeur, inféré dans ceux de l'Académie de Stocxholm (*)', & que je réferve pour l’article de l’Exploitation, comme y ayant une relation plus directe.
- Si l’on recherche les effets de la moufette, on remarque, quant aux chan-* déliés , quelle les éteint ; Sc ,• quant aux hommes , qu'elle eft afToupilfante f fuffocante Sc ftupéfiante.
- Ces effets s’opèrent quelquefois fl rapidement, qu’ils caufent une mort fu-* bite, fans qu’on ait eu la moindre annonce d’incommodité.
- On a cependant vu des ouvriers qui ne donnoient aucun Cgne de vie, Sc qui en font réchappes lojrfqu’on les a expofés au grand air : il y a tout lieu de penfer qu’il ne faudroit pas avoir demeuré long-temps dans la mine.
- M. Triwald a eu le courage de l'éprouver lui-même : la lumière s'éteignit dans là main, fon corps s'appefantiffbit, le fommeil s’emparoit de lui ; on Je ramena au grand air qui le rétablit fur le champ (*).
- M. le Monnier le Médecin ,< a fait les mêmes expériences dans les mines de Charbon de teure de la Compagnie Royale d’Auvergne, Paroifle de Braf* fac 0.
- Je ne m'étendrai pas davantage pour le moment fur la pouflè, Sc fur les phénomènes qu'elle préfente : je renvoie le Lecteur aux détails intéreflànts qui fe trouvent à ce fujet dans les Tranfactions Philofophiques (1 2 3 4) , dans les Mémoires de M. Triwald Q), dans ce qu’en ont dit Mcs. le Monnier Sc l'Abbé de Sauvages (é).
- Lorfque je traiterai de la partie de l’exploitation qui renferme les moyens de garantir fes mines & les Ouvriers de cette vapeur , on verra que les idées générales de Phyfique fufflfent pour en faire connoître exactement la nature, Sc, pour -indiquer aflez Purement la maniéré de la corriger, ou d’en diminuer les effets. Je remarquerai feulement quelle, a beaucoup de rapport avec la
- (1) Année 1740.
- (2) Mém. de F Acad, de Stockholm, An. 1740.
- (3) Obferv. d’Hift. Nat. faites dans les Provinces Méridionales de la France. Suite des Mémoires de FAcad. An. 1740.
- (4) An. 1665*. N. 3»^Vn. 1667. N. 26. Id, N.
- 136. An. 1677. N. n$>. An. 1676. N. 130. An; 165)4. N- 208. An. 1708. N. 318. An. 172p.
- N. 411. An. 1733. N. 425). An........N. 442.
- H. col. N. 1. Art. 2.
- (j) Année 1770.
- (6) Mém. de FAc. des Sc. An. 1748. p. 702.
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- E T DE SES MINES, 3|
- Vapeur du bois de Charbon allumé , à celle du vin qui fermente , éfequ'ellê préfente les mêmes effets que l'on obferve dans les mines de fel gemme de Pologne j ainfi que ceux de la vapeur de la Grotte du chien en Italie, dont on peut voir des détails très-curieux dans un Mémoire de M. l'Abbé Noliet> On peut & on doit encore comparer fes effets à ce qui fe paffe dans là machine pneumatique , lorfqu'on en a pompé f air. La pouffe agit ordinairement de la même maniéré fur toute forte de feu ; c’efl à quoi les ouvriers reconnoiffent la préfence de cette vapeur : fon aétion efl telle que la chaii* delle qui efl éteinte , ne donne pas la moindre fumée, & qu’un charbon ardent qui a été fournis à la moufette , revient fans aucun veftige de chaleur* On trouvera à l’Article des Mines de Charbon de terre du Languedoc, uri détail fur cette vapeur 9 tiré d’un Mémoire de M. l’Abbé de Sauvages.
- La fécondé efpece d’exhaiaifon qui accompagne ordinairement la houille * efl: vraifemblabiement la même que la moufette dont il vient d’être parlé t elle en différé en ce qu’elle efl fenfîble 8c inflammable avec détonation * d’où les Anglois l’appellent très-bien Dampfire, Exhalaifon qui s'enflamme.
- Non feulement on l’entend quelquefois pétiller dans les fentes des mines* danslefquelles elle eflgênée 8c comprimée, lorfqu’elle cherche une iilue; mais même en refiant quelque temps à l’arrivée des denrées, c'efl-à-dire, des blocs de houille, hors des bures , on reconnoît facilement que cette fubflance recelé de ces exhalaifons , qui font très-difpofées à fe dégager ; elle fiffle & mugit dans les tas de charbons. Quelques Auteurs afliirent, quoiqu’il n’y en ait pas d'exemple au pays de Liège , que dans Tété, quand il fuccede un bèau foleil après la pluie , on a vu des amas de houille s'enflammer quelquefois.
- M. Duhamel dans les Mémoires de l'Académie des Sciences (*) , remarque que le Charbon de terre brûle fouvent à fond-de-cale dans les vaifleaux qui l'apportent, lorfque leur traverfée efl longue , & que le gros temps ne permet pas d’ouvrir les écoutilles : il cite un exemple curieux de cet embra* fement fpontané.
- Les pyrites, les fels vitrioliques 8c alumineux., alliés aux Charbons de terre, offrent dans ces tas de Charbons les mêmes phénomènes que les cou* ches d’ardoife qui contiennent de l'alun , lefqueiles s’enflamment Ipontanéé-* ment & dans les mêmes circonflances (z).
- « i°. Ce feu s’allume dans l’intérieur, & ce qui efl fâcheux , c'eft qu'il à » fouvent duré alfez longtemps dans le tas, avant qu’on s’en apperçoive » a 1 extérieur : 2°. on ne peut point éteindre ce feu, à moins que de pou* » voir inonder entièrement tout le tas : 30. on n’apperçoit la flamme qui fe » dégage que pendant la nuit ; dans le jour on ne voit que de la fumée * C1) Anneep. 2. ôc p. 1 jo.
- (2) raite Phyi. d’Hifl. Nat. de Minéralogie 3c de Métallurgie, par M. Lehmann. Mémoire furies Eaux minérales de Freyenwald > P. 339, . ô ^
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- 36 DU CHARBON DE TERRE
- » 40. rôdeur qui en part eft très-pénétrante ; elle eft acide Sc fulphureufe ; ce* » pendant elle n’eft pas la même que celle du foufre ordinaire; elle reffem-» blë à celle de la fumée des Charbons de terre : quand on tient le nez directement au-deflus * elle ôte la refjairation * & fait touffer : y0. par cette in-» flammation* il fe forme une grande quantité de fleurs de foufre à la furface » du tas ; elles ne different en rien des fleurs de foufre ordinaire * finon qu’el-» les ne font point d’un fi beau jaune ; elles font d’un jaune pâle Sc impur : » 6°. avec les- fleurs de foufre , il s’attache fur les côtés une matière graffe qui » brûle très-aifément* Sc qui répand une odeur fulphureufe & arfénicale.
- » Cette matière fe féche Sc devient friable à la chaleur ; mais elle attire * fortement l’humidité de l’air* elle devient blanche & vifqueufè ; elle eft d’un » goût amer * dégoûtant Sc prefque métallique : 70. par cet embrafement le » Glacies Maria fe calcine Sc fe réduit en une efpece de chaux foluble dans » l’efprit urineux ; & quand on filtre la diffolution * il fe dépofe fous la for-» me d’une terre d’un rouge pâle ; mais l’efprit urineux donne un fel blanc » d’un goût amer Sc doucereux : 8°. enfin, par l’embrafement la mine d’a-» lun eft réduite en une terre d’un brun rouge foncé * qui n’eft propre à rien » qu’à peindre les murailles à l’extérieur ».
- Près de Schmiedberg en Saxe, un efpace confidérable de terrein vitrio-lique 8c alumineux s’alluma ; cet embrâfement fut précédé d’une grande chaleur qui avoit été fui vie d’une pluie douce.
- Dans un champ près d’Aix-la-Chapelle * voifin de l’endroit d’où l’on tire la pierre calaminaire , on trouva en creufant un puits * une fource remplie de pyrites vitrioliques ; en continuant la fouille on aboutit à une cavité d’où il fortit du feu. Schwedemb.org qui rapporte ce fait f1) , obferve qu'à peu de diftance de-là il y avoit trois montagnes * dont une contenoit du Charbon de terre ; une autre contenoit de la pierre à chaux rouge * violette Sc grife ; & la troifieme -contenoit de la pierre calaminaire.
- A demi-lieue de Kyrkaldy en Ecoffe * dans une grande plaine appellée Dyfert-moor, près le bourg d’Yfart * ou Difert * le Charbon de terre qui y abonde * brûle prefque fpontanéement. On en voit fortir quelquefois des flammes pendant la nuit & une fumée noire dans le jour.
- Ceux qui habitent les environs de cette plaine* difent qu’aux approches des grands orages, on entend dans les trous Sc dans les cavernes des bourdonnements Sc des fifflements effrayants * & qu’il en fort beaucoup de flammes ; ce qui fait qu’on ne tire pas toujours ce charbon fans danger.
- Il y a quantité d’exemples de ces embrafements fpontanés du Charbon de terre dans les mines de différents pays ; fur un monticule qui fert aujourd’hui de belveder au jardin de l’Abbé du Val-S.-Lambert près Liège ? on voit
- (!) Oper. minerai, de Cupro.
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- ET Û Ë SËS MINES. 3f
- encore les veftige's d’un pareil embrafement qui s’eft produit au-dehors> & qui s’eft confervé long-temps fous terre.
- Par raport à la refîèmbiance de cette vapeur minérale avec ce qu'on nomme vulgairement Feu follet , les Anglois lui donnent auffi le nom de JTûdefire, Feu
- Dans les hôuillieres fituées entre Mons , Namur, Charleroi, Sc ailleurs , on l’appelle Ter ou , Feu brifou.
- A Liege on le nomme Feu grilleux , Feu grieaiï,
- La matière de ce feu fpontané fera ici confidérée dans Tintérieur des mines, c’eft-à-dire, non développée , Sc uniquement fous la forme d’exhalai-fon prête à devenir fulminante & à s'enflammer*
- Pour ne point me départir du plan que je me fuis propofé de paffer légèrement fur les recherches qui ne tiennent pas effentiellement à la connoiffan-ce pratique de la matière que je traite, je ne m’arrêterai pas à rechercher la nature du feu grieux, que les uns attribuent à la partie bitumineufe de la houille, que d’autres attribuent aux vapeurs fulphureufes ; je me contenterai d’obferver que cette derniere opinion ne pourroit fe foutenir ,fi l'on admettoitavec plu-fleurs Phyficiens que rarement ou même jamais, le Charbon de terre ne fe trouve uni avec du foufre natif; mais il n’y auroit point d’abfùrdité à penfer que les unes & les autres, fçavoir les matières bitumineufes Sc fulphureufes > donnent origine à cette exhalaifon.
- Les Houilleurs fçavent reconnoître qu’ils en font menacés, Sc qu’elle va s’allumer, par l’effet très-naturel qu elle produit de repoufler l’air de l’endroit où elle vient ; auffi dès qu’ils s’en aperçoivent ils fe hâtent d’éteindre leurs chandelles*
- Ils fçavent même le prévoir alfez jufte, lorfqu’àutour de leurs lumières il fe forme des ' étincelles bleuâtres, comme il s’en fait en jettant quelque fel ou quelque pouffiere feche fur une flamme.
- Dans les hôuillieres où l’air circule librement, on ne s’en inquiette pas > Sc il fert de divertiffement aux Ouvriers ; inftruits que la mine eft bien aérée , ils guettent ces vapeurs, qu’ils entendent pétiller Sc qu’ils voient fortir fous la forme de fils blancs ; ils les faillirent avant qu’ils arrivent à leurs chandelles, les écrafent dans leurs mains.
- Ce feu grieux préfente une grande différence dans l’inflammabilité ; il eft des hôuillieres dans lefquellesil y auroit danger de mort fi on y entroit fans lumières.
- Dans d’autres hôuillieres qui font très-fouffreufes, & où cet accident eft très-fréquent, l’Ouvrier uniquement éclairé par l’art Sc par l’induftrie, y entre , y travaille dans la plus profonde obfcurité. L’expérience leur a montré le danger d y travailler avec des lumières.
- Du coté de Serraing Sc de Jemeppe, les hôuillieres font fi fujettes au feu Charbon jde Terre* K
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- 38 DU CHARBON DE TERRE grieux , qu'il faut éloigner les chandelles de l'endroit ou 1 on travaille , Sc avoir autant l'œil à fa lumière qu'à fon ouvrage , pour éviter que cette vapeur ne prenne feu , & ne fe communique dans les Grailes. On en a plus d'un exemple dans quelques mines ; Pair comprimé par l'elpace étroit produit une explofion comme la poudre à canon étouffe , brûle les Ouvriers, & emporte en fortant de la mine tout ce qu'il rencontre ; le feu s'y conferve quelquefois, ce qui oblige d’abandonner l'exploitation.
- M. Triwald (1) a été en 1724. témoin d'une de ces exploitions à une mine près de Neucaftel, où d'un feul coup 31 Ouvriers & 15? chevaux furent tués.
- Dans ces fortes de cas, tout ce détordre purifie l'air par la grande agitation qu'il y a produit ; 8c s'il n'a pas caufé dans la mine de dérangement qui s'oppofe à la pourfuite des travaux , il n'y a plus de danger d'y defcendre jufquà ce qu’il fe foit formé de nouveau feu grieux.
- C'eft par cette même raifon que quand les ouvrages ont été interrompus j cette matière qui n'a pas été mife en mouvement par les allées & venues des Houilleurs , par les manœuvres He leur métier , fe ramaffe & fe développe par le défaut de courant d'air ; ce qui préfente des moyens aufîl fimples que faciles pour fe précautionner du feu grieux en général ; c'eft-à-dire, dans les mines qui n'y font pas extrêmement fujettes, ou dans les temps où l'on prétend qu'il eft moins ordinaire.
- Dans le pays Liégeois , les Houilleurs prétendent que les bures dans lef-quels le feu grieux eft plus fréquent, font ceux qui font fltués le long de la Meufe , & que cette vapeur eft plus à craindre, plus commune , lorfqu'ii fait chaud.
- En Angleterre, l'opinion eft que les mines ne font jamais fujettes à cette exhalaifon inflammable & fulminante , avec plus de fréquence Sc plus de violence que pendant l'hiver, lorfque le temps eft nébuleux, froid, Sc qu'il fait un grand vent.
- Les mines où il y a beaucoup d’eaux, font auffi, à ce qu'ilparoît par quelques exemples, celles où cette vapeur fulgurante eft plus dilpofée à Ce marquer , & plus fréquente.
- Ce n'eft pas fur ce feul article qu'on eft arrêté par les allégations incertaines & fouvent contradictoires des Ouvriers : on rencontre cette même difficulté dans la conduite qu'ils tiennent.
- Je crois feulement néceflaire d'obferver, Sc la chofe paroît toute fimpîe à imaginer , que la nature des Charbons ajoute quelque chofe à la difpofi-tion du local ; que plus les Charbons font purs & compaéls, moins leurs mines ont de ces vapeurs : ce qui fe trouve fondé fur les houilles appeliées en Angfeterre Kannel-coal, qui font plus difficiles à s'enflammer.
- (1) Mémoires de l’Académie de Stockholm. Année 1740.
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- et de ses MINES.
- ARTICLE TROISIEME,
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- Des effets que produit à la longue• l’air des mines de Charbon de terré
- fur la fanté des Houilleurs.
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- L'air des mines de Charbon de terre doit donc avoir différents effets Sc différentes qualités , félon que l'acide fulphureux, ou vitrioiique, pénétrera par la refpiration dans la poitrine ; par la falive , dans l'eftomac ; par les vaib féaux inhalants , dans toute l’habitude du corps : ou félon que cet acide fera, un acide pur , qui ne produira qu’une légère irritation fur les fibres de l’eftomac, ou félon que fon acrimonie n’agira que légèrement fur la trachée-artère Sc fur les poumons.
- On obferve Ç) que dans les endroits où il y a un efprit de vitriol fulphu-reux répandu dans l'air en grande quantité, comme à la grande mine de cuivre de Falhum , il fe trouve des gens fort pauvres, des femmes fur-tout, qui vivent jufqu’à cent ans, ou cent dix ans, quoique plufieurs foient très-éloi-gnés d’un genre de vie propre à conferver la fànté, Sc qu’au contraire ils foient grands mangeurs , ufant de boiffons fortes > de vins brûlés & autres liqueurs : ce qui feroit préfumer que cet acide excite leur appétit.
- On trouve parmi les Houilleurs des gens qui pouffent leur carrière aufll loin que dans d’autres métiers : l’Ecoffe fournit l’exemple d’un homme actuellement vivant dans4a 132 e. année de fon âge , qui fouille depuis 80 ans les mines de Charbon de terre de Darkeith près d’Edimbourg.
- Si on confidere fimplement l’atmofphere qui réfulte de cette fiibftance minérale , comme chargée des parties fines Sc intégrantes du foufre bien combiné, on conçoit qu’alors loin d’être malfain à retirer, il peut être falutaire Sc très-favorable dans certaines phthifies pulmonaires, en portant fur les ulcérés des poumons un baume déterfif Sc déficcatif naturel ; ce que l'Art imagine tous les jours dans la pratique fous différentes formes.
- Un Médecin Anglois a avancé que jamais cette maladie n’attaque ceux qui emploient le Charbon, dont le chauffage (z), en généraln’eft point malfaifant#
- On trouve dans le Journal de Médecine de Janvier 1763. une Obferva-tion de M. Clapier, Doéleur en Médecine, qui tendroit à prouver ce qui vient d’être avancé : un Artifan de la ville d’Alais , attaqué d’une phthifie pub monaire caraélérifée, fut entièrement guéri en allant refpirer l’air d’une mine de Charbon de terre.
- D’après les Mémoires de l’Académie de Stockholm , ceux qui habitent les endroits où l’on travaille le foufre à Dylte enNéricie, Sc dans la paroille d’Ax-
- (O -ASt, Chem. Holmienf. Tom. II. p. 15-8. Objeryationes de falubritate acidi vitriolïd ac fui-phurçit
- (2) De Carbonïbus fofjîlib. & eorum vapore non ideb noxio. Objerv. PhyficQ-chimiçar. felefl* Obferv* ÜÜV. Hoffman.
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- 4o DU CHARBON DE TERRE
- berg près d’Orebro , capitale de la même province de Suede, ceux qui font occupés dans le même attelier à la diftillation des pyrites , à la purification du foufre , Sc non à la cuite du foufre, ne vivent pas fi long-temps, mais ils font rarement incommodés de toux , de difficultés de refpirer , 3c d’autres maladies de poitrine.
- Ceux qui travaillent dans les houillieres ou Pair n’eft pas bien vif, contractent une refpiration difficile, que les Médecins appellent Aflhma montanum,Pe~ ripneumonia montana , qui paroît un afthme convulfif dépendant de 1 alteration de Pélafticité de Pair.
- Du refte on ne voit pas que les Houilleurs de Liege foient fujets à aucune maladie particulière qui puiffe contredire la qualification de bon Métier , qu’ils partagent avec les autres métiers de la cité 3c banlieue.
- Par ce que Ton a vu des exhalaifons ordinaires dans quelques mines, joint aux différences de Charbons, 3c aux attentions qui concernent Pairage des houillieres , on fentîra que le moyen qui a réuffi à PArtilàn de la ville d’Alais, neft pas indifférent, quil peut & doit fouffrir des précautions particulières, relatives à la nature des Charbons dans lefquels il domine des principes différents , dans lefquelsùl y auroit du plomb, ou quelqu’autre minéral nuifible.
- SIXIEME SECTION.
- Des Signes qui peuvent faire reconnaître à la furface £un Terrein
- quil renferme du Charbon.
- A pre’s avoir examiné le Charbon de terre en lui-même dans toutes les parties qui le compofent ordinairement, il eft important de confidérer les lignes qui peuvent être l’annonce de cette matière , 8c enfuite la façon dont elle fe trouve placée dans le fein des montagnes.
- M. Triwald dans fon Mémoire intitulé, Théorie complette de tout ce qui regarde le Charbon de terre, dont je ferai ufage à la fécondé Partie de cet Ouvrage, établit plufieurs marques qui font tirées des vapeurs que le Charbon de terre répand dans fes environs, des racines des plantes qui croiffent au-deflus des veines de ce foffile, des eaux qui s’écoulent des coteaux voifins des houillieres, de leur inlpeélion , de leur évaporation ;une elpece de fchifte remarquable par des empreintes très-exaéles de feuilles de plantes, eft aulîî ( lorfqu on en rencontre quelque part ) regardée comme une marque qu’il y a du Charbon de terre dans le voifinage.
- (3) Pyritologie de Henckel. Précis d’un Traité des Maladies auxquelles les Ouvriers qui travaillent aux mines, & aux fonderies, font expofés. p.
- La plupart
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- et de s e s m ï N E S. 4I
- La plupart des Nàturaliftes femblent avoir adopté tous ces indices : Bro-mel (1) penfe que lorfqu'on veut chercher une mine de Charbon de terré * on doit fur-tout prendre garde aux endroits où Te trouvent beaucoup d'ar-doifes noires * mêlées de foufre ; ou ceux dans lefquels une matière grafTe fe fait fentir en terre avec une odeur fulphureufe : enfin plufieurs Auteurs ob-fervent qu'où il y a du Charbon de terre * il fe rencontre auffi des fourbes d'eau falée* & même des terres alumineufes (*). Je ne croîs pas néceffaire d'entrer dans une grande difcufîîon pour démontrer l'infuffifànce de ces indices : quant à ceux qui font abfolument extérieurs 8c fuperficiels* quoique donnés prefque tous pour être d'ude grande confidération* on fent qu'ils doivent être très-équivoques.
- Il eft dit quelque part que dans le Lahcashire proche Vigan * on rencontre la fubftance minérale qui indique le voifinage des mines de Charbon de terre ; mais c'eft tout ce qu'on en annonce.
- Dans le pays' de Liege les Houilleurs ou Borins les plus expérimentés difent qu'il n'y a point de marque affinée d’une mine de Charbon ; la feule notion qu'ils ont que les veines de ce minéral ne fe trouvent que dans quatre lieues de pays en largeur* détermine à faire une fouille dans un terrain que l'on fçait en donner ; auffi l'exploitation eft pour l'ordinaire entamée avec: affiez d'incertitude pour le fïiccès, & beaucoup de bures font abandonnés faute de principes affiez confiants * pour régler la conduite 8c le raifonnement dans cette première entrepdfe. En effet la difpofition 8c les productions du terrein * fur lequel font ouverts les bures de houilles * & que parcourent les veines de ce minéral* ne paroiflent nullement capables de guider fur ce point : en vain examine-t-on la fuperficie du fol * pour tirer quelque induction favorable à la recherche d'une mine de Charbon de terre * on n'y voit rien * ( quoiqu'il puifle influer fur ce qui croît dans fès environs ) on n'y voit* dis-je * rien de particulier qui puiffe être attribué à ce voifinage; & s'il exifle des indices de Charbon de terre * on peut affurer qu'ils n'appartiennent point à la fliperficie*
- Quelques terres * ou quelques pierres * qui fe trouvent plus communément avoifiner le Charbon de terre * 8c qu’on pourroit à ce titre regarder commé Indices de cette matière* ou comme des fujets de compter raifonnablement fur la rencontre d'une veine de houille * n'approchent que par accident delà
- furface du fol affiez pour fe montrer au jour * ou pour en laiffer voir quelque éclat.
- Il en eft de même d'une terre légère * tendre * noire , ou tirant fur cette couleur * qu ils nomment Thiroulle * Teroulle * que l'on a coutume de ranger
- r 1 Suecaria.
- U) Kurdla, Examen chimique du Charbon de terre, SefiF» 3*
- de Terre. L
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- 42 DUC HA R B O N D E TERRÉ
- parmi les indices de Charbon de terre , Sc dont il fera parlé en fa placé* On peut dire que c’eft la feule matière qui garantiffe aiïez fûrement l’exif-tence de la houille dans un endroifrôù elle fe trouve ; mais ce n'eft pas plus un ligne certain que quand le hafard, au commencement de l’ouvrage, fait tomber fur l'extrémité d'une veine qui vient fe terminer à la fuperficie fous la forme de teroulle. Outre qu’elle ne fe trouve pas fréquemment à la furface ; lorsqu'elle fe rencontre dans un terrein dont on a déjà tiré de la houille * il eft encore douteux , ( quoiqu’elle annonce le voilinage d’une veine ), qu'on ne profondera pas un bure inutilement, cette teroulle n’étant quelquefois que la tête ou l’extrémité d’une veine qui a été travaillée , puis laiffée, ce qui fait qu’après avoir chaffé les ouvrages à un certain point, oru tombeJur les Vieilx Hommes , ou les Vieux Ouvrés, c’eft-à-dire , fur les anciens ouvrages.
- Tout ce que l’on peut dire , c’eft que la préfence ;de la houille , plus ou moins enfouie dans le fein de la terre, ne nuit pas à la fertilité du quartier où elle fe# trouve. Glauber foupçonne que le Pétrole Sc les mines de Charbon de terre qui fe trouvent abondamment aux environs du Mein Sc du
- Rhin , concourent à la bonté des vins de ces cantons.
- \
- Defcription du fol du pays de Liege,
- A confidérer le fol extérieur du pays de Liege dans la banlieue de cette Capitale , la Nature ne peut être taxée d’être avare de fes bienfaits. Des courants d’eau ruilfellent de toutes parts , augmentent la fertilité des endroits qui leur donnent pafîage , Sc rendent la terre auffi riche à fa furface qu’elle l’eft dans fon intérieur : par-tout le fol répond aux foins du Cultivateur, Sc procure l’abondance, foie fur le fommet des montagnes qui forment l'enceinte où la ville de Liege efl: aflîfe, foit dans les vallons qui partagent ces montagnes en prairies 9 que parcourent les petites rivières de Weze Sc d’Ourte , avant de venir fe décharger dans la Meufe, au-deflùs de cette ville.
- On conçoit d’après cet expofé que fi les mines de houille ont à leur furface, ou près de la fùperficie, des indices qui les décelent ; ces indices font très-aifément confondus , pour ne pas dire, perdus dans la foule de ri-cheffes que la Nature y étale : du moins efbil certain que cette diverfité qui
- fixe & qui toujours étonne le premier coup-d’œil, ne lignifie rien pour aider § ^ à juger s’il y a de la houille dans un terrein de cette efpece.
- Ce qui fe remarque enfuite prefque au milieu'de toutes les produélions utiles Sc agréables répandues fur le fol extérieur , c'eft une pierre fehifteufe ou fehifloïde, qui fe trouve en fi grande quantité, qu'elle paroît former une partie du fol du pays de Liege : on ne peut faire un pas qu’on ne marche defîus, ou qu'on ne l’apperçoive de tous côtés autour de foi. Amoncelée fur la cime des montagnes, dont elle efl comme la bafe Sc le foutiem elle forme fur leurs
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- Ë T D E S E $ M ï N E S. _ 43
- 1 -Upc bériffées de feuillets aigus & tranchants * fimplèmènt
- pentes des murâmes
- ii ués les uns fur les autres, que le temps & 1 air leparent en detail com-
- me des non-valeurs , fi l’on peut parler ainfi.
- En avançant vers le fond de la terre, on trouve encore du fchifte éri uantite, approchant davantage de la nature de l’ardoife: des yeux vulgaires le prendroient pour un autre rebut, ; mais le Connoiffeur éclairé , ou guidé par l’intérêt, ne s’y méprend pas ; il reconnoît d’abord que la Nature déploie en fecret-fa richeffe & faprofufion dans ce fchilte. Efpece de parafite ob-fcur, cette pierre formée dans le fein de la terre, s’y eft engraiffée de vei-nés de bitume ; elle y eft imprégnée de fucs que l’Art fçait en extraire pour nos befoins ; elle cache dans fa texture des fels acides unis avec des fubftances métalliques , des terres fulphureufes , des terres abforbances. L’alun > le foufre y font enfemble formés par un feul & même acide diverfe-ment combiné, différemment uni avec des principes phlogiftique & terreux. En un mot, ce fchifte dans quelques endroits eft vitriolique ; dans d’autres il eft alumineux ; ailleurs il eft fulphureux (') , & accompagné ou avoi-liné non-feulement, de différentes terres ou pierres calcaires,& vitrifiables , mais encore de métaux (*), de toutes fortes de matières, la plûpart inflammables, comme on l’a vû, auxquelles il fuffit prefque d’être entaffées pour s’échauffer,même pour s’embrafer, aumoyen d’une décompofition particulière;
- Mais ce qui eft principalement a remarquer dans ce fchifte , relativement à notre objet, c’eft qu’il a un rapport tres-évident avec le Charbon de terré > auquel fouvent il fert de bafe & de couverture , dont il peut être regardé comme la matrice. Comme il tient par-là eflentiellement à ce foflîle : je renvoie fa description détaillée à l’Article où je traiterai des veines de Charbon de terre, dont il devient alors un indice certain.
- Huy 3 & dans le Limbourg , on tire de la Calamine 3 Calmefen, Calamy Steen : à Prayon , près de la Rochette, on travaille une ruine de plomba
- (1) A Prayon au-defîus de Chau - fontaine on tire du foufre Sc de la eouperofe, ainfi quà En-gis.
- A la Malhieux , dépendant d’Engis, près de
- SEPTIEME SECTION-
- Matières terreufes & pierreufes communes dans les Houillieres du pays
- de Litege*
- L e fond du fol & du territoire de Liegè , tel qué je viens d^éri donner une idée, eft, comme par-tout, entrecoupé de bancs de Marnes (*), de Craies Q)$
- (1) Marga off. Mergel. G. Stein mart. B. Merg in de Steenm. On donne ce nom en général à toute terre capable d’engraifter le fol ; c’eft le plus iouvent ou une argille calcaire , ouunear-
- gille fableufe.
- (2) Subftance calcaire qui a perdu par des in° filtrations tout ce qui pouvoit lui donner de la! confiftarice;
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- 44 D U CHARBON DE TERRE
- d’Argîlles (0 de différentes efpeces, arrangées par couches, de bancs de pierres différemment placés refpeélivement les uns aux autres fur les bancs de houille : je me fuis d’abord occupé de ces différentes matières pour confi-dérer leur état, leur nature & toutes les circonftances qui leur font propres»
- Les houillieres fans nombre que l’on exploite dans les environs de Liege, ne pouvoient m’aider en rien dans le delfein que je me propofois avant tout, de faire l’examen de ces matières. Les bures > c’eft-à-dire, les puits d’une mine abfolument en train , font en plufieurs endroits étayés de gros bois , de grandes planches, ou autres, pour foutenir les terres, & dans les parties où de diflance en diflance on n’a pas jugé cette précaution néceft faire, la poufîiere du Charbon que l’on y monte continuellement, détrempée par les eaux qui égoutent de tous côtés , donne aux terres qui font à nud, la teinte de la marchandife qui y paffe fans ceffe , & il n’eft pas poflible d’y rien diftinguer.
- Il m’a fallu faire la perquifition de quelque bure nouvellement entrepris ; lorfque c’eft un petit bure , fes côtés , ou mahirs, ne font point planchéiés, les terres fe fbutiennent d’elles-mêmes ; toute la maffe qui défend inutilement la houille contre les recherches des hommes^ y paroît à découvert ; on peut en fuivre les couches fort diftinélement, avec cette différence néanmoins que pour s’enfoncer dans le fein de la terre par un Avalerejfe, ( Flan--che IL AA ) on n’efl; ni ‘fi commodément, ni fi à fon aife , que pour defcen* dre dans un bure, ainfi qu’on le verra dans la fécondé Partie de cet Ouvrage»
- Je fus informé qu’on en commençoit une entre le fauxbourg fainte Wal-burge le quartier dit Xhovêmont, à un quart de lieue de la ville ; la montagne fur laquelle elle eft , eft une des plus considérables dépendances de la chaîne qui accompagne le cours de la Meufe de ce côté.
- Son fommet efl: terminé en une furface très-étendue , dont l’expofition par rapport au foleil efl: au midi ; fa pente, eu égard à fa hauteur, n’efl: pas absolument roide.
- C’eft à cet endroit nommé aujourd’hui le Bure, ou la Fqffe Filoz, que j’ai examiné la pofition des couches de terre qui fe trouvent le plus commune-: ment avant les veines de houille ; les bancs de pierre couverts parles terres ne font pas, à beaucoup près, fi nombreux, & avec le fecours des échantillons que je me fuis procurés, on peut compter fur l’exaélitude de l’état que je vais expofer de ces matières terreufes & pierreufes.
- On fçait que ces matières peuvent être confidérées fous différents points de vue ', & fe divifer à l’infini, félon que Ton voudra avoir égard à leurs couleurs,
- (3) Argilla. A. Clay. B. Kley, Lera. Letten. Terre réfultante de la deftruftion humide des fubflances animales 8c végétales ; elle eft vifqueufe, duftile,
- fe durciflant, fe liant & prenant corps au feu 5 elle ne fe décompofe point par les acides.
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- à leurs
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- à leurs ufages, leurs confiftances , leurs mélanges; leurs effets dans le feu * ou quon les envifagera relativement à leur origine.
- Laiflant à part toutes ces divifions, je les examinerai relativement à leur fîtuation.
- Les matières placées aü*<defltis 8c au-defïbus des bancs de houille, 8c dont la plupart font difpofées par lits qui occupent une étendue confldérable en profondeur 8c en fuperficie, feront ici diftinguées en deux efpeces , à rai* fon de l’union plus ou moins intime de leurs parties.
- Je les comprendrai fous la qualification générale de Couverture terreufe, de Couverture pierreuje»
- Celle qui fe préfente le plus communément fous Vhumus, eft formée par des lits différents, dont la plûpart font des Terres (1 2) Apyres (*) , Calcai* res (3) , & Vitrifiables (4) : fai tâché, autant quil a été poffible , de les ranger dans leur vraie clalfe , à Paide de très-légères épreuves*
- La couverture pierreufe qui pour Fordinaire vient après la précédente * qui dans les montagnes eft la dominante , admet au-deffus d’elle peu de couches terreufes > 8c comprend des pierres vives > dont la bafe eft compofée des mêmes fubftances que la couverture terreufo , intimement liées enfemble , des rocs fauvages & rebelles (5) , qui réfiftent aux inftruments, 8c qui different encore entre eux par leur dureté.
- Je ferai une claffe particulière des pierres qui ne fe trouvent point étendues de la même façon que ce que j’appelle la Couverture pierreuje, c eft-à-dire, qui ne formant point des couches 8c des lits, font fituées en maniéré de piles 8c de montants ; on peut, fans les rencontrer , pénétrer dans toute lamaffe d’une montagne, 8c fuivre même les travaux.
- ARTICLE PREMIER*
- Couverture terreufe, ou état des différentes Terres dans Vordre ou elles fe rencontrent communément fur les bancs de Houille dans
- de Liege.
- Sous la couche ( Flanche IL ) appellée Terre labourable , Terre de jardin, Terre fi'anche, &par les Latins, Humus , quin’eft pas un véritable foffile, fe rencontre une terre jaune qu’on nomme Arzée, c’eft-à-dire, Argille,(PL IL n. i.) & qui a
- (1) Terre : nom générique d une fubftance très-commune & très-abondante dans le régné minéral , & dont le caradère général eft d’être en molécules ,. peu liées, rarement homogènes, quelle qu’en foit d’ailleurs la nature.
- (2) Apyres y réfraiïaires : mots génériques pour defigner les fubftances pierreufes qui réfiftent fans intermede au plus grand dégré de feu connu : on donne ordinairement ce nom aux argilles: mais il ne convient à aucune terre*
- (3) Calcaire y calcinable : alkaline, plutôt alka-
- Charbon de Terre. ,
- lefcente, terre très-peu liée qui fait effervefcence avec tous les acides , 6c qui loin de fe vitrifier, rend opaques les malles vitrifiées où on la fait entrer.
- (4) Vitrifiable }fujible : efpece de terre dont les molécules font anguleufes , dures , ne faifant pas effervefcence avec les acides, 6c plus où moins aifément convertie par le feu violent Se aidé de quelque fondant, en une maffe tranfpa* rente.
- (5) Appellées îVin Rock par les Angloisi
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- fept pieds d’épaifleur : elle s’attache un peu à la langue, & ne fermente point avec l’eau-forte : c’efl: un limon très-doux qu’on pourroit comparer à une argille très délavée, femblable à la terre dont on fait de la brique (*) , à la terre pourrie (*), à la terre cimolée Q), à la terre d’ombre, nettoyant fort bien l’argent : elle doit cette propriété aune partie de fable très-fin qui y eft mêlé.
- La troifieme couche (N°. 3.) appellée communément Awjlere, ne fermente pas non plus avec l’eau-forte. Elle tient moins fenfiblemçnt àlalan-; gue que l’arzée , avec laquelle elle fe trouve prefque confondue , jufques-là que les Houilleurs regardent ces deux terres comme une feule Sc même couche ; c’efl une terre martiale d’un goût auftere, qui ne diffère de la pre~ miere qu’en ce que la proportion du fable s’y trouve plus abondante ; elle efl: tenace, ne durcit point au feu, Sc paroît être une fubftance argilieufe délavée, pareille à celle dont on fait le mortier à gâcher, entièrement la même que celle dont on garnit des fours*
- Vient enfiiice un fable fec (1 2 3 4) ( N°. 4. ) dont la plus grande partie efl: en poufliere, Sc d’autres fois dont les grains font en mafle ôu pelotonnés : il efl fouvent mêlé avec quelque débris des couches au milieu defquelles il efl: placé ; ce qui fait qu’il n’eft pas abfolument d’une couleur uniforme, & que félon la proportion de ce mélange , il fermente un peu plus ou un peu moins avec l’eau-forte. Ce fable forme un lit d’environ trois toi Ces d’épaif-feur, Sc en couvre un cinquième dont la matière efl blanche comme de la craie, on l’appelle Bipnaye ou Faujfe Maye : par la calcination elle fe convertit en partie en chaux vive ; l’acide vitriolique agit fortement fur cette terre avec un fifflement 8c un bruit pareil à celui que feroit le même acide fur de la craie, ou fur de la chaux.
- A proprement parler, la Bifmaye (N°. y.) efl le commencement de la couche fiiivante , qui efl d’une clalfe particulière, relativement à fa confit-tance moyenne , n’étant ni fi dure, ni fi compaéte que les pierres , mais ne lailfant pas d’en approcher, Sc n’étant prefque plus terre. Ils lui donnent les noms de Blanke Maye, Grije Maye, Adaille Maye , Vraie Maye. Ils l’appellent auflî Marie, Craie ( N°. 6, ). C’efl une marne crétacée , ou plutôt une véritable craie (0. fort blanche, employée à blanûhir les murailles, & que l’on mêle avec la chaux dont on fe fert dans le pays pour la maçonnerie ,
- (1) Argilla tejfularis, feu Figulorum. Argilla la-teritia. A. Klay. B. Khy. Lera. Sued. Krukmakqr-ler. Tarninge-ler, Terre-glaife. Terre à potier. Argille ferrugineufe tenant fable.
- (2) Ordinairement c efl: une argille entièrement privée de fon gluten.
- (3) Marga argillacea, pinguedinem imbibens ,
- cal&re indurabïlis. Cimolia alba. Killoia. Molliufcula, Leucargilla PliniuTerre de fayence, terre à pipe. Argille blanche,qui ordinairement abonde en terre calcaire.
- (4) Arena. Grus, Sand, Flyfand. On appelle, ainlî lamas de différentes miaffes dures , détachées accidentellement de maffes folides, vitrifiables & autres , Sc qui font fufceptibles de fe recombiner en forme folide. Suivant la groffeur de fes molécules on le nomme Gravier, Sabulum.
- (y) Creta cohœrens folida. Creta argentaria. Craie blanche, différente par fa folidité de l'autre ef-pece appellée Creta non faxofa, Creta rara, mollis Kentman, A. Chalk. G. Kreidt, B. Kryu Craie fria-s ble.
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- qui Te fait avec une pierre grife très-compa&e (') : c’eft elle qui' fe trouve mêlée dans l’eau de la machine à feu, & que j: ai nommée Craie alumineufe , pa e 32 ; elle eft fi abondante quelle fe dépofe en lits fort épais > dans les endroits où fe déchargent les eaux de la machine à feu ; la marie a or-* dinairement 7, 8, IQ, 12 toifes d’épailfour, y compris la bifmaye ( N°* particuliérement dans la contrée de Liege nommée Hesbaye : mais ce n’eft pas par-tout de même ; elle ne fe trouve même pas dans toutes les fouilles; on ne la connoît point dans celles de Charleroy. La marie refte en grande partie indilfoluble dans l’acide vitriolique ; & après y avoir fait une effervefcence confidérable, elle s’en précipite : les acides nitreux & marins la dilfolvent en entier ; mais elle ne cryftallife pas avec ces acides. On commence à cette couche à trouver l’eau ; elle eft fujette à en donner en très-grande abondance , ce qui gêne beaucoup dans l’exploitation : la Fontaine la plus eftimée de Liege pour la bonne eau , eft une |eau de marie * dont il a été fait mention , p. 29. La marie eft ordinairement mêlée de beaucoup de fdex O diverfement figurés, auxquels ils donnent le nom de Plein ( N°. 7. ) : mais ces pierres àfufil fe trouvent particuliérement fur la tête d’une couche qu’ils appellent par cette raifon Pléniere (" N0. 8.) 8c qui eft \in détriment fableux, mêlé avec dès débris de terre ocreufe^& créta-* cée : la flénierej ne fermente point avec l’eau-forte qui y refte très-colorée, à raifon d’une portion de fer, & elle précipite une partie blanchâtre > qui n’eft autre chofe qu’une portion de marie indilfoluble, qui fous une croûte fuperficielle de fléniere , fournit aux Jtlex une enveloppe très-épailfe , & dont ils paroilfent être une décompofition , conformément à l’opinion de quelV ques Naturaliftes.
- Au refte, le Flein ou flény ne fe trouve point généralement : dans le Comté deNamur, il ne s’y en trouve pas ; mais dans les folfes de Frefiie, d’Anzin, dù vieux Condé, dans le Haynault François, on en rencontre entre la marie & le roc.
- Sous la marie fe préfonte quelquefois tout de fuite le premier banc de houille.
- D’autres fois on trouve au-deflous une elpece de terre lavée, grafle., glai-feufe , graveleufe, ( PL IL N°. 9. ) appellée Dielle, ordinairement placée à la luperficie de la terre, & qui ne fe rencontre que dans quelques endroits*
- Quelquefois elle eft alliée avec une terre d’ocre (*), & alors elle eft
- (1) Danslevoifînage des houillieres de Liege ôn trouve beaucoup de carrières de pierres à chaux. Les Anglois appellent cette pierre Lime Jtone. G. Zechflein. B. Kalck fteen.
- (2) Pierre à Ml,caillou.A. FLint. B. Kegel.G. Kiefel Jtein.Conctétion folide, demi-tranfparentej faifant feu avec le briquet, compofée vraifemblablement des memes parties conftituantes que le quartz, &
- finguliérement remarquable par fa manière de fe caffer.
- (3) Ocra. Ôchra. Aldovr. B. ùeel oker. Ocre rou* ge. Huit kryta'. Gyttia. B. A. Yellow okefi B* Geel oker. Rubrica fabrilis. Ocre. Rubrique.Ter-* re martiale jaune , dépofée de pyrite, ou dë vitriol martial décompofé*
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- d’une couleur jaunâtre mêlée ; il s’en trouve qui eft prèfque entièrement exempte de ce mélange, de façon qu’elle eft reconnoiflable pour être une glaife (*) , très-bonne à enlever les taches ; elle eft li fine quelle retient les eaux dé la fuperficie, qui s’imbibent en terre : aufli peut-elle être employée à faire des digues pour retenir les eaux : c’eft cette glaife que Ton mêle avec les Charbons, pour leur donner une confiftance propre à être formés en bou-lets , appeilés Hochets en forme de Briques.
- Cette glaife combinée avec l’acide nitreux, fait une violente effervefcence.
- Quoique la dielle foit louvent éloignée des couvertures pierreufos qui foc-cedent aux couvertures terreufes * elle peut néanmoins être regardée comme la première croûte des pierres qui fe trouvent au-delfous ; on en trouve de femblables dans les premiers bancs des plâtrieres.
- Elle eft remarquable par des maffès qui s’y rencontrent, dont il y en a de plus grofles que le poing, qu’on nomme Pierres de dielle, O, 0,0,0 ; c’eft malà-propos quant à leur confiftance, mais cependant elles rendent la dielle très-difficile à percer quand on en rencontre. Ces pierres d’ârgille, Lapides Borborif font un bol (2) durci, doux, tendre au toucher, tenant fort à la langue ; on y apperçoit en aflez grande quantité des corps de forme annulaire , de la grandeur d’un écu de trois livres ; ils font de la même nature que la diefle, & y font fortement enchâfles.
- La dielle a environ un pied ou huit pouces d’épaifleur ; d’autres fois elle en a bien davantage : du côté de S. Nicolas & de S. Gilles, elle a lèpt ou huit toifes d’épais ; elle a quelquefois julqu’à douze toifes de profondeur, y compris un lit qui lui eft particulier, mais qui ne fe rencontre pas conftam-ment : ce lit ( N°. io. ) qui appartient directement à la dielle, eft une terre bolaire durcie, qui commence à devenir glaifeufe ; on l’appelle en terme de houillerie Tourteau de Derle , Tortai Daille, ou Tortey del Dieille ; ce qui proprement fignifie Gâteau de Dielle, du nom de Tortey que l’oh donne à un petit pain formé en gâteau.
- Dans la Helbaye ce lit parcourt une grande étendue de terrein ; dans les houillieres fituées du côté du Nord, il n’a qu’environ un pied d’épaifleur ; c’eft à peu-près fon épaiffeur ordinaire , qui quelquefois eft un peu plus confidérable.
- La dielle fe termine à une efpece de pierre tendre, ou de terre grafle qui fe défunit où fe délite à l’air ; cette matière nommée Agaz ( N°. n.) paroît être un dépôt régulier quis’eft arrangé par lits : c’eft une terre marneufe (*) de couleur bleuâtre, fenfiblement feuilletée, mêlée de beaucoup de parties talqueufes ; tenant à la langue, & qui n’éprouve aucune action de la part des acides, lef quels ne font que s’imbiber dans fa fubftance.
- (1) Argille imprégnée d'acides auxquels elle doit fa confiftance.
- (2) Argillapinguis. Sued. Jordafler, Efpece d'ar-
- gille finguliérement empreinte de fubftance fer-rugineufe & fort délavée.
- (3) Marga in aère deliquefeens, pinguefaciens.
- L’agaz
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- L’Àgaz ne Te trouve que dans quelques endroits/tels que les montagnes où font les vignobles * à cinq ou fix pieds de profondeur , même à la fupcrficie ; elle eft propre à l'engrais des vignes ; TépailTeur de fon lit eft d'une demi-toifé Ou d'une toife : on la trouve quelquefois fur la pierre ; quelquefois le Charbon de terre fè préfente deffous l'Agaz , de maniéré que cette fiibftanee forme le fol de là veine qui alors eft particuliérement nommé le Deie de la veine.
- Àu-defTous du Tortai del Dieiîle, ou au-deffous de la Marie > ( quand la dieilie Sc le tortai manquent ) vient la derriiere terre aflez femblable à l'À-gaz, Sc que l'on nomme Craw ; quelquefois elles fè trouvent placées Tune fur l'autre ; tantôt l’Agaz manque 3 tantôt c eft la Craw.
- La Craw ( N°. 12. ) a cinq toifes d'épaifleur, Sc ne différé des terres quifè rencontrent à la furface, qu’en ce que fa plus grande profondeur a donné plus de fineffe à fes parties.
- Elle eft grade, tendre au toucher * féche Sc de couleur bleuâtre : c eft uti humus lavé , une efpece de marne > propre à polir les métaux : on peut s'en fervir pour engraiffer les terres : elle fait une grande eflèrvefcence dans l'eau-forte. On pourroit la comparer à la terre argilieufe fine déliée, qui accompagne les filons des mines, Sc que les Allemands nomment Bejleg.f1 2)
- Cette terre qui ne fe trouve pas dans les mines des environs de Charle-roy, fe nomme autrement BouJJîn ; effèélivement elle paroît tenir la même place & avoir la même qualité, que ce que Ton nomme dans les carrières BouJJîn y Bourjîn (z) ; on peut la regarder comme une efpece de pierre ten-dre qui fe forme dans les endroits où la terre s'eft amaffée en quantité fur la pierre.
- La Craw, ou le Bouflîn eft pour les Houilleurs f annonce qu’ils font tout près de la veine.
- Dans tous les environs de la chauffée S. Gilles, tirant après le quartier nommé la Neuville, derrière Sainte-Véronique, où rencontre fous la craw* ou fous le fable, un lit de cailloutage, nommé dans le pays Gravier ; mais qui eft véritablement un amas de cailloux , femblables à ceux qui fe trouvent fur les bords de la Meule ; il y en a quelquefois feize pieds d’épaiffeur.
- D’autres fois fous la craw fe retrouve de la marie Sc d'autreS couches pier-reufes, dont je vais parler, après avoir remarqué qu’il eft quelquefois arrivé de rencontrer parmi c es terres des débris de bois Sc des arbres entafles, plus ou moins altérés. Voyez SeÜionfécondé, page y.
- Dans ce quartier du fauxbourg d’Avroy, on en a rencontré à la profondeur de dix-huit pieds > en profondant un puits de mine.
- (1) Ils appellent foUvent PArgille , Letten,
- a ne * quoique cela foit différent.
- (2) L, elt une couche particulière , le plus foli-
- Charbon de Terre.
- vent placée fur les lits des pierres $ elle eft moins dure, & paroît moins formée que celle à qui elle eft attachée, d’où on lappelle aufti faujft pierre
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- ARTICLE SECOND.
- Couverture pierreufe, ou état des différentes Pierres * dans tordre ou elles fe trouvent fur les bancs de Houille. ( Pl. III. )
- Aux couches terreufes dont je viens de donner l'énumération* fiiccedent des mafTes de pierres entre lefquelles je crois néceflàire d'établir une dif-tinélion* qui eft effentielle* quant à la fituation différente qu’elles occupent dans les houillieres.
- Les unes font fituées dans l’intérieur des mines* de maniéré qu’elles y pro-duifent des efpeces de piles ou de murailles qui peuvenrn être pas rencontrées dans les ouvrages * quoique les Ouvriers en fbient quelquefois très-près. J’en parlerai dans un Article féparé, après avoir fait connoître les pierres qui forment ce que j’appelle Couverture pierreufe* parce qu’elles s’étendent en fu-perfide dans un efpace confidérable , ce qui fait qu’en fouillant un puits de mines* on ne peut éviter de rencontrer ces bancs pierreux.
- Cette couverture pierreufe fe trouve à différente profondeur, ainfi qu’on peut en juger * & ainfi qu’on le verra par les détails particuliers de quelques mines de Charbon de terre.
- Les pierres qui la compofent different entre elles parleur dureté ; celles où cette qualité eft plus marquée * font comprifes en général* quelque parc où elles fe trouvent * de quelque maniéré qu’elles foient placées * fous la dénomination de Grez f1 2)-
- Néanmoins la première couverture folide qui fe préfente avant ce grez* c’eft-à-dire, après les lits de terre , eft un très-beau fchifte bien ferré.
- Je ne m’arrêterai point à décrire cette pierre * défignée tantôt fous le nom d’Arjaletre , tantôt fous le nom de faujfe Ardoife * ou Ardoife groffiere Q), parce qu'elle n’a pas la même qualité que l’ardoife véritable * mais qui du relie pa-roît dans plufieurs de fes parties très-peu différente de l'ardoife* foutient avec elle une comparaifon entière * fi ce n’eft qu’elle ne peut pas être employée aux mêmes ufàge œconomiques. Comme il fera fouvent queftion de ce fchifte dans la fuite de cet Ouvrage* je me contenterai derappellerici* que de même que l’ardoife quife trouve fouvent avec le Charbon de terre * ce fchifte a auffi un rapport décidé avec ce foflüe ; que les premières foncées des carrières d’ar-doife fe rapprochent * on ne peut davantage* des couches qui fervent de couverture aux veines de Charbon de terre ; on y rencontre de même des dendrytes*
- (1) Le Grez, ou ce qu’on doit appelier Grq, eft un fable très - délié qui doit fa confiftance pierreufe à uïie matière animale ou végétale.
- (2) FiJJilis ,folidus durijjimusy in lameüas non di-vifihilîs. FiJJilis rudis. FiJJilis inutilis. Schîftus dijji-
- culterfcindendus. Waller. Lapis fchijius folidus. Sued. Skifer. A. Shiver. Sprack Hallan, Ces fauftes ardoi-fes, quoique pierres feuilletées, fe caftent comme la pierre à fufil.
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- des empreintes végétales * des pyrites ; elles contiennent plus ou moins de parties grades * inflammables * qui dans les incendies donnent plus fujet de craindre pour les maifons couvertes d'ardoifes .* que pour celles qui font couvertes de tuiles
- Quoiqu'une bafe calcaire entre quelquefois dans la compofition des fchiftes > l'eau - forte n'a aucune aétion fur la fiibftance de celui-ci ; il rougit & fe calcine promptement au feu en s'effeuillant ; comme c'eft la fubftance la moins dure de toutes celles qui fe rencontrent dans la fuite d'une fouille> on lui donne le nom de moindre Pierre ( N°. 13 .PL IL & PL III.) ; cependant fa confiftance* ainfi qu'on l'obfèrve dans toutes les pierres enfouies en terre * devient plus décidée à melure quelle eft fîtuée à une plus grande pro* fondeur* & que l'on approche de la houille qui quelquefois fe trouve immédiatement fous ce fchifte * comme on l'a repréfenté * PL III. let. A.
- D'autres fois* au lieu de houille, à ce lit fchifteux fuccede une efpece dé roche grife * dont l'épaifïeur va quelquefois à une ou deux toiles * ce qui n'eft jamais réglé ; tantôt elle fe met en pelote * tantôt elle eft interrompue* tantôt elle fe trouve fous l'arzée * tantôt elle vient mourir à tair comme les veines*
- Cette roche que l'on nomme généralement la Pierre * fait feu contre l'acier * & eft inattaquable par les acides : on remarque parmi cette pierre quelques variétés*
- Les plus communes ( PL III. let. B. ) font difpofées par feuillets quart-zeux 0 * mêlées de paillettes luifantes de mica, très-étroitement liées les unes aux autres ; ce qui fans doute les fait auffi nommer Grez , à caufe du brillant.
- Il s'en trouve de très-difficile à réduire en grains , Sc qui pourroit fe travailler*
- Une autre efpece fort tendre let. C. eft employée à polir les canons de fufil t celle-là fe rencontre fiir-tout dans les veines appellées Chagnelays, au village de S. Nicolas* & dans fes environs* de même qu'au village de Flemalle.
- Enfin * ce grez préfente une autre variété * dont les grains font très-peu liés enfemble ; c’eft une pierre morte (3) qui ne fe fépare point par feuillets * & qui eft très-friable ; elle eft connue dans le Haynault * où on l'appelle Quarelle pourrie : elle eft femblable à un granit décompofe. On fçait que le granit (4) fe trouve fouvent mêlé avec le fchifte * qu'il femble être un pa£ fage à l'ardoife, & qu'il conduit ordinairement à des pierres noires ou à du Charbon de terre.
- ( 3 ) Ou effleurie. ut Vitra. En Suédois. Pierre altérée ou décompofée par l'air, & dont les grains étant peu liés enfemble font tendres.
- (4) Pierre compofée de mica, de fable & d’ar** giUe*
- (1) Voyzi l’Art de tirer des carrières la Pierre d ardoiie, de la fendre & de la tailler, par M. de Fougeroux.
- (j) Kijfel. Sued. Pierre compofée , très-commune dans les mines, allez ordinairement cryftallifée en pointes de diamants, failant feu avec l’acier*
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- Telles font les différences qui fe remarquent dans ce que les Houilleurs nomment Pierre ou Grez , après lequel vient la veine ( A , A. PL III, ) qui eft féparée d'une fécondé veine par un autre banc de pierre micacée , auquel fuccede une troifieme veine , de maniéré que les veines de Charbon font féparées les unes des autres dans le fond de la mine , par des bancs de fchifte ( ay a. PL HL ) , qui leur fervent d'enveloppes, & par des bancs de grez (B, c, PL 11L ) ; c'eft toujours une pofition fâcheufe pour l'exploitation , lorfqu'une veine eft directement fous cette roche: en général, toutes les pierres ne font point par-tout bien unies les unes aux autres ; celle-ci fur-tout eft fujetta à donner fous fes feuillets, ou par des breches, ou par des fentes dont il fera parlé dans la fécondé Partie, une grande abondance d'eaux, incommodes pour la pourfuite des ouvrages.
- Au refte , on n’en trouve pas par-tout , &lorfque ce grezfo rencontre , la veine de houille en eft ordinairement féparée par un banc de moindre pierre, FL IL & 1IL N°. 13.
- Cet arrangement des bandes de terre & des lits de pierre, qui précèdent les veines de Charbon , n'eft pas le même par-tout.
- Il eft des endroits où ces couches font placées dans l’ordre que je viens de décrire ; ce qui néanmoins n'eft pas ordinaire, étant rare qu'il n'en manque point dans la plûpart.
- , D'autres fois l'argille nommée par les Liégeois arzée, eft fui vie du fable * <de la craw , d'un autre lit de fable, d'un lit de cailloux & de la pierre.
- Tantôt fous la craw le trouve de la pierre, tantôt de la marie, & encore de la pierre, fouvent des bancs de mica , enfuite de la .pierre, puis enfin la veine.
- Il en eft où dès la fuperficie on rencontre la pierre {ans difcontinuer juf* qu'à la veine.
- Dans d'autres il ne fe trouve que l'arzée,puis la pierre.
- Dans d'a.utres, l'agaz feulement, puis la pierre ; & affez communément ce lit terreux eft placé fur le Grez, quand cette pierre fe rencontre.
- Sous l'arzée quelquefois vient la marie, enfiiite la craw qui eft jointe à la pierre.
- Il arrive aufll que le fable nommé auffi Mergel, forme le lit fùperficiel, au* deffous duquel vient le gravier qui eft pur caillou, jufqu'à la pierre, & cela fans aucune réglé.
- Cependant, lorfqu’on approche de la riviere de Meufe , le premier lit qui fe rencontre, eft la terre franche, fous laquelle fe trouve le gravier mêlé quelquefois de fable, d'autres fois rempli de cailloux.
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- ARTICLE TROISIEME.
- De VEnveloppe des Veines de Houille.
- Vient enfin la vraie coüvertüre du Charbon de terré ( PI. III. a, a, $ laquelle eft toujours contiguë aux veines de ce foffil , qui non - feulement les couvre, mais les accompagne par-tout dans leur marche fupérieü-rement & inférieurement, en lui fervant d’enveloppe : cette enveloppé eft aux Charbons de terre , ce que , dans les mines de cuivre du Canada, dans les mines d’antimoine de Mercœur en Auvergne, & ailleurs, l'on nomme Ponte , la Ponte, ou ÎEponte ; termes qu’avoit adoptés feu M. Hellot.
- Dans les mines de Charbon dé terré, c’eft un banc de fchifte ou fàufle ârdoife, de la nature des fubftances dont tout le terrein eft compofé, ftiâis que l’on pourroit prononcer avoir avec la houille une analogie &une affinité plus décidées que toutes les autres terres ou pierres, qui ont été rencontrées avant de parvenir à la houille. Après le Charbon de terre, c’eft ce qu’il y a de plus remarquable dans ces mines ; il n’y a pas de houille fans ce banc fchifteux ; fon épaifleur qui varie confidérablement, va quelquefois jufqu’à iix ou fept toifes environ : elle eft le produit d’un nombre infini de couches entaftees, & plus ou moins ferrées les unes contre les autres, cômpofées comme les talcs (k) , les mica & d’autres pierres calcaires , de lamés plus ou moins tendres , plus ou moins dures , plus ou moins caliantes , plus ou moins liées ; toujours entremêlées de matières pyriteufes.
- Ce dernier minéral s’y trouve ramaffé, comme on l’a repréfenté ( PL III. ) en blocages de pierres de la groflèur de noyaux de pêches, qu’ils nomment Petits Cloux, pour les diftinguer de ceux qu’ils nomment Gros doux, dont ils ne diffèrent que par le volume.
- Ce font des marrons pyritèux , tels qu’en général on en trouvé aflez fréquemment dans les lits de mines par couches (z); ceux-ci ont pour écorce &pour bafe une fubftance fchifteufe ; torréfiés, la couleur bleue de la flamme y annonce une partie fulphureufe : l’eau-forte réagit puiflamment fur la partie métallique; expofée de nouveau à l’aétion immédiate du phlogiftique, ellé prend la couleur du cuivre de rofette, qu’elle conferve obftinément affèz long-temps.
- Le mélange varié de toutes les matières qui font confondues dans ce lit* donne l’explication de ce que ces fchiftes tiennent plus ou moins des pro-
- Ci) Talgeften. Pierre Spéculairé. Efpece degyi dont la combinaifon plus intime ne permet • de la decompofer auflï facilement que lui.
- Charbon de Terre.
- (2) On appelle ainlî, ou mines par dépôt, toutes les mines placées entre deux couches d’autres terres, & qui en fuive la diredion.
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- priétés qui les feroient appartenir à la clafle des pierres calcaires , ou a celle des pierres vitrifiables , Sc de ce qu’il eft fouvent difficile de décider li elles font Tune ou l’autre. ’
- En les examinant feulement à l’œil , ces couches reunies prefèntent de diftance en diftance des différences fenfibles ; fur-tout, comme l’a obfervé feu M. Antoine de Juffieu Q? dans les parties qui avoifinent plus ou moins le Charbon de terre.
- Les lits de fchifte qui en font éloignés , font tantôt verdâtres , tantôt d un gris cendré ; quelques-uns font d’un beau noir , remarquables par la quantité de pouffiere pyriteufè, par des malles de pyrites dont ils fontfemés.
- Ceux qui approchent du corps de la veine font noirs, luifants, Mes, polis, relevés par un éclat approchant du vernis bitumineux de la houille ; ils font même réputés Charbons de terre , fe trouvant toucher direélement la veine de Charbon : ils different encore entre eux par une qualité plus ou moins inférieure , félon qu’ils ont prêté paffage à quelque portion bitumineufe > char-bonneufe ou pyriteufe. Il ne feroit pas impoffible, en portant attention dans l’examen de ce banc vu de front, de reconnoître la plupart des fchiftes dont on a fait des efpeces ou des variétés C) ; mais fans admettre dans ces différents lits dont efl compofé ce banc , des efpeces diftinétes qui pourroient n’être qu’arbitraires , Sc jetter de la confuflon dans fa defcription, il ne fera confidéré ici que dans les parties qui approchent, ou qui touchent la veine , que les Houilleurs défîgnent par des noms particuliers, Sc qu’il efl: utile de connoître pour l’exploitation.
- Pour entendre clairement ce qui va fuivre, il efl néceffaire d’avoir toujours égard à la pofîtion de ce banc, comme enveloppe d’une veine, de maniéré qu’il s'en trouve conftamment un banc au-deffus & un fécond banc au- defîous (PL 1IL a, a, a,a.).
- Envifagé de cette façon , il efl aifé de concevoir que celui de ces bancs fchifteux qui efl placé fur une veine , touche cette veine par fa partie inférieure , qui pour la veine, Sc pour l’Ouvrier qu’on y fuppoferoit travaillant, devient le fommet ou la tête : Sc qu’au contraire dans le banc fchifteux qui fe trouve au-deffous de la veine, c’eft la partie ou la couche fupérieure de ce banc qui fert d’appui & d’affife à la veine , & qui efl dire élément fous le pied de l’Ouvrier.
- La première table qui porte fur une veine, efl un banc de 4, 5,6,7, 8 pieds d’épaiffeur , fujet néanmoins à s’enfoncer confidérablement Sc à donner beaucoup d’eaux par des fentes Sc même par des ouvertures très-grandes. En tant qu’elle occupe la partie fupérieure , elle fe nomme commu-
- (1) Mémoires de l'Académie Royale des Sciences. An. 1718.
- (2) FiJJilis friabilis nigricans. friabilis fufcus. friabilis cinereus. ru dis, lamdlis confpiçuis* rudis, la* mdlis non confpicuis. V, Wallerius.
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- nêment la Couverture de la veine, ou lé Toit de la veine> parce quelle lui en tient lieu excepté dans les Veines RoiJJès > comme on le verra à l'article de l'Exploitation. On en a repréfenté à la Planche V.fig. 2. un morceau vu én-deffus , Sc un autre fig. 3. vu de côté.
- Sa confiftance moyenne la rend facile à être mile en poudre , 8c cette poudre eft noire ; le morceau qui a été ratifie paroît d'une couleur pâle 3 aP“ prochant de celle d'un métal luifant, comme le Molibdena (*)> & peut fans aucune façon ni apprêt fervir de crayon.
- Les alentours des atteiiers font couverts d'amas de ce fchifte qui a été employé aux feux des hures d1 airage : les feuillets innombrables dont cette maflé eft formée , font tous détachés les uns des autres ; ayant pris au feu une couleur blanchâtre 8c jaunâtre, ils confervent cependant leur couleur noire fi on les calcine à feu couvert , & fe vitrifient lorfqu'iis font expofés à un feii violent.
- Le fécond lit fur lequel eft afîis le banc de houille , eft moins foncé en couleur 8c moins dur que le toit ; ce ne font pas cependant deux matières différentes ; c'eft un vrai fchifte martial > dont les tables plus ou moins éloignées du Charbon, faifant plus ou moins corps enfemblè , préfentent des couches diftinéles dans leur épaifleur : il a, félon le terrein ou ilfe rencontre 3 plus ou moins d'épaiffeur ; cela va quelquefois à 40 pouces : ordinairement il a l'épaifleur de l'efpace qui fe trouve d'une veine de Charbon à une autre veine*
- Comme dans les travaux il fert de plancher, on l'appelle aufii le Plancher ou le Sol (2) : dans les mines de Charleroy on l'appelle le Mur. Dans les environs de Liège on l'appelle communément Deie ou la Diée d'une veine, en obier* vant que tout ce qui fe trouve fous une veine de Charbon eft aflez généralement appellé de ce nom 3 c'eft-à-dire, que cette deie, ou cette diée , eft quelquefois formée par l'aga, d'autres fois par ce qu'ils nomment Craw, ou par les autres matières qui fe trouvent fur le banc de houille , lefquelles alors peuvent être regardées comme le Salhand Q) des Mineurs Allemands.
- Quand la deie de la veine tient abfolument de la nature du fchifte 3 la portion qui porte fur le plancher ou fol eft moins fenfiblement difpofée*par feuillets ; elle paroît différente de toute la mafle des lames qui compofent 1 enveloppe de la veine ; les Houilleurs l'appellent Pierre ; lorlqu'ils trouvent cette pierre fur le plancher, ils difent quelle eft toujours l'annonce certaine du Charbon ; cette portion qui touche le plancher, ainfi que la partie du plancher qui tient directement à la houille , eft inattaquable par les acides*
- (1 ) Sued. & Allemand Bleyertç.
- (2) Dans les mines de Holtz-kohlen. Semelle.
- (3) Salband. Foffile , placé entre le filon 8c la foctie dure ; ce qui donne ridée de l'enveloppe
- ou de l’écorce du filon : d'autres fois ils expriment par ce mot falb&nd > la difpofition ou lars rangement des pierres en général*
- &\& CNAM RESERVA
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- En examinant un peu attentivement cette pierre, on y remarque une cïr-confiance que je croirois être ce qui décide les Houilleurs à tirer cette in-duélion.
- Plulieurs points de fa fubftance font marqués de teintes pyriteufes, ver-s dâtres & interrompues, mêlées confufément de petites lames de couleur blanche, qui pénètrent cette pierre affez avant : je n'ai point fait cette remarque fur toutes les autres parties de cette enveloppe fchifteufe : ces taches fur lefquelles l'eau-forte fait effervefcence > font nommées par les Houilleurs Liégeois Hitte d’AgeJJe , qui veut dire Fiente de Pie, ou Hitte d’Arange, Fiente d’Hirondelle.
- Un dernier renfeignement , immanquable pour eux du voifinage de la matière que l'on cherche, fe trouve dans la portion de ce banc fchifteux* fituée entre la veine & le toit * immédiatement avant la veine ; ce font des impreifions répétées à l’infini, de plantes de même genre dont fe trouve ordinairement chargée une grande partie de ce banc, dans une épaiffeur afïez confidérable excepté dans les mines dont les couches font horifontales*
- Je ne crois pas devoir palfer ici fous lilence une remarque qui vient à l’appui de celle de Swedemborg (*) & de plulieurs Naturaliftes, d'après laquelle il fèroit poflîble de tirer quelque induèUon fur la nature de ces fchiftes ; c'eft que la plupart, & principalement ceux qui font chargés d’empreintes, étant fciés deviennent rouges, ou tirant fur le rouge, comme le minium faélice, dans les parties qui ont éprouvé le frottement de l'acier ; que d'autres acquièrent en peu de temps cette couleur rougeâtre, plus ou moins chargée, approchante de celle que prend le papier bleu plongé dans une fblution d'alun, de fel ammoniac, de couperofe ; dans quelques-uns cette couleur confondue avec celle qui eft naturelle à cesfchiftes, lesferoitprefqueregarder comme une Hématite (2).
- ARTICLE QUATRIEME.
- Accidents à remarquer dans Venveloppe fupérieure & inférieure des
- Veines de Houille.
- Si le fol & le toit frappent la curiofité des Naturaliftes, auxquels cette enveloppe du Charbon offre des repréfèntations agréables, elle n'attire pas moins l'attention des Ouvriers, puifqu'elle leur préfage, ( fur-tout quand elle eft chargée des tableaux dont il vient d'être fait mention ) qu'ils font près de toucher le Charbon ; mais cette enveloppe a encore cela de remarquable pour les Houilleurs, quelle eft fujette en différents points defon épaiffeur, â différents accidents qui lui donnent un rang diftingué parmi la quantité de
- (1) Emmanuel Swedemborg deFerro.
- (2) Hxmatim nïger, Tritura rubmst Waller. Jriçhrus. Hématite. A. Bloodjïone. B. Bloed-fîeen.
- matières *
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- matières terreufès ou plus folides , qui fervent de couverture à la houille ; il fera aifé de juger qu’il n’efl; pas inutile de faire entrer dans fa defcriptiôn ces divers accidents.
- Ces accidents 3 fâcheux pour l'exploitation à laquelle ils apportent du retardement (*) , fe réduifent à deux.
- Les premiers qui fe remarquent dans quelques veines, confifient dans des portions affez étendues du toît ou plancher, ramalfées en tourbillons, qui dans des endroits étant devenues plus dures & plus ferrées , forment des efo peces de pierres différentes en apparence , de la fubftance à laquelle elles appartiennent, qui ffaffeétent point une figure déterminée , & qui réfiftent aux inftruments, jufqu’à les brifer , comme feroient les autres matières pier-reufes dont il a été parlé : ces maffes particulières font nommées au pays de Liege , Krouffe', d’un terme général, qui dans le patois fignifie Bojfe , d’où les BofTus font appellés Kroujjïeux \ dans le Haynault elles font nommées Brouil* lages.
- Ordinairement ces Krouffes n’ont pas une grande étendue ; cependant ils couvrent quelquefois toute la veine, & fuivent même allez conftamment fon pendage ; alors on les nomme Kreins ; on en a repréfenté un morceau ( PL V, fig, i. ) : il s’en rencontre qui s’étendent à douze, vingt toifes, Sc encore au-delà.
- Il eft aifé de fentir que ces boffes, épaiffes quelquefois de plufîeurs pieds, produifont for là veine de houille des changements qui varient félon la ma-' niere dont elles font placées for la veine : fi elles excédent le niveau du toît, elles rendent la veine un peu plus petite (PL IV, N°.^.ktt, c, c. ), au point d’en faire perdre une partie, de Farrêter dans fon étendue , ou de l’inter-rompre entièrement ( PL 1. N°, 3. ) ; for-tout s’il fe rencontre une de ces krouffes dans le banc fupérieur & une autre dans le banc inférieur ; alors ces deux nœuds s’approchant l’un de l’autre ferrent la veine, placée entre eux, la font perdre ; mais on la retrouve à deux pieds, à une ou deux toifes environ , foivant Tépaiffeur du kroufïè,
- Lorfque ces krouffes ne féparent pas la veine en entier, qu’ils n’en empêchent pas la continuité , on les appelle communément Vory.
- Leur couleur & leur nature ne different point du banc fupérieur ou inférieur , dans lequel ils fe trouvent. On voit clairement que ces accidents appartiennent à cette partie de la mine qui enveloppe le Charbon de terre ; ce font, pour ainfi dire , des maladies ou des jeux de pierres forve-
- (1) M. Triwald , dont on trouve dans les Ac tes de l'Acad. de Suede , plufîeurs Mémoire concernant la pratique de l'exploitation des mi nés de Charbon , a fait de ces obftacles , aini que de ceux qui vont être traités à l'artich
- Charbon de Terre.
- fuivant, l'objet d’un Mémoire particulier : année 173p. tom. I. Ce Morceau intéreflant a été publié en François, dans le Journal (Economique de Mai 175*2. pag. 60. fous ce titre : Théorie complette de tout es qui regarde le Charbon de terre.
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- nus dans le corps même de la couverture , dont la fubftance toujours recon-* noiflable nefi point dénaturée , mais n'a confervé ni Ton organifation, ni fa difpofition uniforme.
- Il eft une fécondé efpece de ces accidents ; c’eft une forte d'extravafa-tion, ou de cette même matière fchifteufe qui enveloppe le Charbon , ou des autres matières placées quelquefois au-deffus de la couverture , lefquel-les font retenues en mafles 8c étroitement enclavées dans l'enveloppe, ce qui fans doute leur a fait donner dans le pays de Liege le nom de Klavais ; on les appelle auflï Roumaines. On les trouve cependant quelquefois , mais plus rarement * dans ce que les Houilleurs Liégeois nomment Gràz : ce qui ne peut être que dans les mines où la veine eft directement placée fous ce roc, de maniéré que la natüre , la couleur de ces concrétions qui ont acquis plus ou moins de confiftance , font différentes à raifon de la différence du lit de terre fitué au-deflus de la couverture , ou de la couche même de la couverture , dont ils font une efpece d'épanchement. Si ce font des extravafations de la craw , fous laquelle vient quelquefois le Charbon de terre, ces klavais ou koumailles , tiendront de la nature de la craw ; comme ils tiendront de la marie, de l'agaz, de la moindre pierre 8c du grez, félon que le Charbon fe trouvera fous ces différentes couches. Au furplus, ni les klavais, ni les koumailles ne font attaquables par les acides.
- Cette courte expofition fait voir que ces nœuds & ces engorgements qui font tous des dérangements de la matière du toit ou du plancher, ne different réellement entre eux qu'en ce qu'ils font les uns ou les autres plus ou moins compaéls , qu'ils font des épanchements ou de la moindre pierre, ou de l'a-gaz , ou de la craw , ou du fchifte. Elle fait voir encore que leurs effets fur une veine de houille doivent varier à raifon de ces circonftances , ou à raifon de la preflïon des klavais & des koumailles dans un ou deux points delà veine ; & que les krouffes influent fur elle d'une façon d'autant plus décidée, que leur dureté, leur volume, leur étendue & leurs jaoids font augmentés par la faillie qu’elles font au-delà du niveau du toît ou du plancher.
- Comme d'ailleurs l'épaiffeur & la confiftance du fol ou plancher, ne font pas les mêmes dans toute fa marche , elle s'affaiffe néceflairement fous cette charge dans quelques parties, 8c donne jour aux eaux par les fentes 8c les ouvertures , quelquefois confidérables, qui en réfultent.
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- ARTICLE CINQUIEME,
- Des Failles.
- À ces engorgements qui font des défeéluofités du toit ou du fol de la cou* yerture, il faut ajouter d'autres obftacles qui ont avec ces nœuds un rap-* port commun, quant aux effets qu'ils produifent fur les veines de Charbon & fur leur enveloppe. Mais ils en different en ce qu'ils font d'un volume plus confîdérable ; aufîi arrêtent*ils prefque en totalité , ou féparent-ils quel-* quefois les veines de houille, ( Pl, 1IL F> F, F, F. ),
- Je les range dans une claffe indépendante de la couverture pierreufe, parce que ces obftacles ne font pas couchés fur les bancs de houille, comme la plupart des roches appellées ci - devant Couverture pierreufè. Ces rocs font des jettées, portées dans tout cet enfemble, en maniéré de montants, de co-* lonnes, de piles droites ou penchées qui traverfent profondément l'intérieur des houillieres, en ayant une tendance oblique vers le centre de la terre.
- Afin de n’avoir plus à revenir aux matières qui environnent ou qui avoi-linent la houille , il eft à propos de parler ici de ces piles appellées Failles dans le pays de Liege.
- Pour l’ordinaire la faille s'incline tant foit peu vers le centre de la terre > biaife quelquefois dans fa marche , mais ne fe releve jamais. Lorfqu’elle s’élève du fond , elle tend toujours à la fuperficie , 8$ y paroît quelquefois à découvert, comme celle qui fe voit dans le chemin allant de Tileur à Ougray, entre Jemeppe 8c Sclefîîn ; laquelle prend du quartier de la Fontaine-S.-Lambert , va paffer derrière S. - Laurent, devant S. - Gilles, 8c descend dans le fond du chemin de Tileur, où elle forme un grand banc qui fe montre au jour, après avoir parcouru plus de trois quarts de lieue. Il y a un de ces maffifs à Xhovémont, que l’on nomme la grande Faille, à caufe de l'étendue confîdérable de fa marcheront on peut juger par le détail que je joins ici.
- Rive gauche de la Meufe, elle commence du côté de l'Abbaye de Vivignis; S’allonge du côté de la riviere jufqu’à Herftal, Sainte-Walburge, Ans & Moulin , S.-Laurent, Sainte-Marguerite, Glain, S.-Nicolas, vers S.-Gilles, Avroy > Vaibenoit, Tileur, Jemeppe, Flemal, Pas-S.-Martin, s'arrête contre la roche de Chokier du côté du Nord , s’étend à S.-Gilles, Roufoffe , Montegné > Berleur, Grâce, Hologne , Mons, Souxhon , & même au-delà du côté d’A* mont, ou Couchant ; ce qui donne quatre lieues de longueur s ou tout au plus fix lieues par des contours. s.
- Au côté droit de la riviere elle commence un peu au-deffous de Vifé,
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- 60 DU CHARBON DE TERRE s’avance far HoulTe , Tegnée, Saive, Jupille, Benne, Fieron , Queuë-de-bois, Grivignée , Chenaye , Angleur , Ûugray, Seraing * Yvoz.
- Ces rocs de ry ou 20 toifes d’épaiifeur, plus ou moins, & très-communs dans quelques endroits , paroiffent n’avoir jamais un cours réglé ; il y a des failles verticales, d’obliques , d’horifontales , de perpendiculaires ; elles produifent par conféquent différents effets fur les veines quelles touchent, ou qu’elles approchent, qu’elles ferrent quelquefois en s’étendant plus ou moins , en traverfànt différemment le terrein d’une mine , depuis la fur-face de la terre jufques vers le centre, plus ou moins à plomb , depuis le Levant jufqu’au Couchant; elles traverfent la veine elle-même, la troublent conféquemment, la partagent, la compriment, la dégradent, la mafquent f ou la mettent -même en défaut.
- Soit par rapport àl’efpecede dérangement que ces mafîîfs occafionnent dans les veines , ou par rapport aux effets qu’ils produifent les uns fur les autres , & À leur direction ; on en diflingue plufieurs efpeces.
- Dans le pays de Liege il y en a qui allant du Levant au Couchant coupent toutes les veines qui marchent un peu inclinées horifontalement.
- Lorfque les veines font plates, la faille fe trouve toute droite comme une muraille.
- Il y a enfin des failles qui font fortir les veines des bornes dans lefquelles elles étoient contenues ; mais pour l’ordinaire elles coupent alors en tout fens , & la veine de houille qu’elles rencontrent, 8c la fuite des pierres qui accompagnent ce foffiie.
- On fent aifément que félon l’épaifTeur & le local du plancher ou du toit , qui efl rencontré par la faille, félon la fituation quelle occupe ; la'partie de la veine qui s’en trouve la plus voifine, fe relient toujours de ce voifina-ge ; la preffion qu’elle éprouve de la part de cette pierre, la dérange dans fbn organifation, altéré la qualité du Charbon, y produit un déchet confidérable, jufques-là que le Charbon, écrafé, pour ainfl dire, brouillé par ce poids étranger, fe trouve tenir de la nature d’un rocher pelotonné ; il fe caffe en petits morceaux comme s’il avoit paffé au feu ; & M. Triwald (r) penfè que les Charbons colorés comme l’arc-en-ciel, doivent cette fîngularité au voifinage de ces haies de pierre.
- Comme en total ces failles dénaturent conftamment du plus ou du moins le Charbon, félon que la faille l’approche plus ou moins, il eft très-raifon-nable de fbupçonner qu’il y en a une dans les environs d’un Charbon fur lequel on apperçoit un changement confidérable.
- Ces pierres qui paroiflent avoir occupé leur place poflérieurement à celle
- (i) Seconde partie du Mémoire déjà cité. tom. I. pag. m.
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- des bancs de houille , fi Ton en juge par le dérangement qu’elles produifentfof eux , font dans leur étendue d'une nature differente. Peut-être auflî n’eft-il pas bien prouvé que ces failles foient des roches de l’elpece qu'on nomme en terme de Mines Roches entières, c’eft-à~dire, qui foient pleines dans toutes leurs parties, & que ce foit le même maflif qui fe continue dafts un elpa» ce de terrein aufli confidérable ; les Ouvriers Anglois , comme on le verra dans la Seétion 11e* où il fera traité des mines de Charbon des pays étrangers, appellent ces efpeces de montagnes fouterreines , Ridge, mot qui lignifie chaîne , & qui donne de cette fuite de pierres engagées les unes dans 7 les autres , la véritable idée qu’on doit s’en former.
- Dans la plupart des autres pays on eft affez uniformément dans l’opinion que ces pilles font un même rocher continu ; mais en examinant des échantillons donnés pour être des morceaux de faille , il s’en trouve dont l’organifation eft différente ; ce qui dépend abfolument des matières que la faille avoifine, comme lorfqu’elle traverfe fimplement des bancs de terre , ou des bancs de rocher, intermédiaires à la houille , ou bien même quelle traverfe une veine de Charbon & l’éponte tant fupérieure qu’inférieure* Toutes ces failles ne font, à bien confidérer, que des fragments de ro-ches, ou terres pierreufes éboulées dans les vuides de la terres De plufieurs échantillons de faille que j’ai ramaffés, il s’en eft trouvé de la nature dhine terre bolaire qui a acquis une confiftance, telle que ces pierres brifent les outils qui les rencontrent ; calcinés ou non, ils ne font aucune effervefcen-ce avec les acides.
- D’autres portions de faille qu’ils nomment Grez-faf, ne reffemblent en rien aux fragments dont je viens de parler ; elles paroiffent plutôt de la nature des kreins, les acides s’y imbibent promptement & facilement, fans y produire aucune effervefcence ; c’eft un fohifte délavé qu’ils regardent comme la partie de la faille la plus enfoncée en terre. La pierre dure que les Ouvriers appellent Grez, eft auffi quelquefois une faille*
- Enfin, il y a de ces maffifs qui ne tiennent rien du premier ; c’eft un véritable fohifte comprimé, qui éclate au feu en décrépitant, & fe divifo par feuillets ; les acides n’y font aucune effervefcence : il a une couleur luifonte> noire comme le Charbon, 8c fe trouve auffi tout près de ce minéral ; ce qui fait qu’ils appellent cette faille véritable Faille ; ils reconnoiflènt cette véritable faille à des taches blanches marbrées, femées non-feulement for l’extérieur de cette maffe, mais qui pénètrent dans fon intérieur, 8c qui font de la même nature que celles dont j’ai parlé, qui fe trouvent dans le plancher , appeilees Hitte à AgeJJe, ou Hitte d'Ar ange. Voyez page y 6.
- Les inconvénients que la faille fait naître font en grand nombre ; il Charbon de Terre. Q
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- fuffira d’obferver ici qu’outre que ces mafiîfs empêchent les veines de com-mencer 8c de finir à la fuperficie de la terre ; ils rendent encore l’exploitation de la mine très-difficile, par l’intelligence & l’expérience qu’ils exigent des Ouvriers pour retrouver la veine lorfqu’elle eft interrompue , ou détournée par ces troubles. Enfin , ces maflifs font des roches fendues, c’eft-à-dire, remplies de vuides & de fentes, par lefquelles cette pierre eft fujette à donner de l’eau, foit de fa propre fubftance ( P/. 1IL ) qui, quoique fort ferrée , paroît aifée à s’imbiber dans quelques-unes de fes parties , foit par les écartements, les efpeces de brèches qu’elle produit dans la portion du fol, ou dans la portion du toit contre laquelle la faille vient porter.
- Les manœuvres qui conviennent aux difficultés réfultantes de ces dérangements occafionnés, ou par les failles, ou par les kreins, ou par les kou-mailles, par les dorys, ou les autres brouillages, feront expliquées dans la fécondé Partie de cet Ouvrage qui traitera de l’Exploitation.
- Je vais maintenant entrer en matière fur les veines de houille, dont j’ai décrit les fubftances environnantes & les enveloppes ; je m’attacherai à confî-dérer les veines dans toutes leurs particularités, comme la profondeur à laquelle elles font enterrées, leur épailfeur , la qualité de la fubftance qui les forme dans leur étendue , &c.
- De ces circonftances il en eft de principales, effentielles à connoître avant tout, fçavoir leur direction & la maniéré dont elles font placées dans cette mafle énorme de couches accumulées les unes fur les autres.
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- SECTION HUITIEME-
- Des Veines de Houille & de leur marche. *
- C ommunément on trouve la houille difpofée par bancs, par lits, ou cou-- ches ; ces veines ne font jamais exactement droites; elles fè continuent dans une longueur confîdérable , toujours en s’abîmant infenfiblement, s’élevant & s’enfonçant alternativement dans leur marche, fîiivant la pente du terrein qui leur fert d’afîîfe ; s’élevant lorfque le terrein s’élève, & s’abaiffant de même que lui, avec cette particularité que fi le terrein a une pente de plus de dix dégrés ,1e banc de houille ne s’élève que de cette quantité, & fe trouve par conféquent plus avant fous terre; ces veines paffent même par-defîous les rivières , & il eft de fait que celles qui fe trouvent dans ce voi-finage, ainfî qu’aux environs de la Mer, fè baifîent vers ces régions , qu’elles femblent même fe précipiter brufquement, ou s’enfoncer par dégrés imperceptibles , à proportion qu’elles font plus ou moins éloignées de l’eau.
- En même-temps les veines que l’on fouille de l’autre côté d’une riviere 9
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- cPune montag ne, oa d autres veines /répondent exactement aux autres ; les mêmes couches de terre ,.les mêmesbancs de pierre accompagnent les unes Sc les autres ; le Charbon s'y trouve par-tout de la même efpece, de maniéré que fi l'on pouvoit luivre une veine dans toute fon étendue, on trouveroit toujours la même continuité. Ce fait a été plufieurs fois vérifié par les fondes qui ont fait reconnoître les mêmes terres à plus de 400 pieds ; mais les eaux qui s'amaffent dans le fond des fouilles qui ont une certaine profondeur, ou rimpolTibiiité de donner à la mine l'air nécelfaire, empêchent qu'on ne puifle atteindre le pied d'une telle veine.
- Tout cela donne lieu de préfumer que ce font d'un côté Sc d'un autre les mêmes veines qui ont fuivi leur train par-deffous une riviere , pour aller dans la montagne fituée de l'autre côté, ce qui compofè les veines nommées par les Allemands Gegen trœmner, en François , Vénules oppofiées.
- On feroit fondé à conclure de la marche de ces bancs , que les veines de Fouille dont abondent le pays de Liege Sc le territoire d'Aix-la-Chapelle > ne prennent point naifîànce dans ces cantons, mais qu'elles font des relevages les unes des autres; que de même celles du même pays dë Liege, Sc de Charle* roi, de Namur en particulier, ne font point des veines principales de leur can* ton ; que ce font les unes ou les autres qui fe font relevées ; la difcontinuité obfervée dans les veines de quelques-uns de ces quartiers , rend cette pré-fomption affez probable.
- Les bancs de houille partent du centre de la terre, en commençant de leur extrémité, c’eft-à-dire, de cette partie inférieure qu'on ne peut atteindre, Sc viennent en montant, comme difent les Houilleurs, près du jour, ou autrement mourir, tantôt près de fagaz, tantôt près de la craw, comme on l'a vu* Seél. 7e. Art. ïer.
- On connoît rarement l'une & l'autre de ces extrémités d'une veine appellée indiftinélement, lorfqu'elle eft unique, Tête ou Soppe , c'eft-à-dire, le pied de la veine, ou la portion enfoncée bien avant, Sc la tête qui vient à la fiirface de la terre, ou, félon l'expreffion du métier, près du jour.
- Mais une veine fe termine de différentes-maniérés ; quelquefois elle finit en s’aminciffant, en devenant très-petite & de peu de conféquence; alors on la nomme Airure de Veine : quelquefois elle fe partage, comme cela fe voit dans les autres mines , en vénules , ou vrais cordons minces , nommés par les Allemands Trremuer , lefquels fe réuniffent à un filon principal, ce qu'Agricola nomme V?nœ ramofie, Veines qui jettent plufieurs rameaux, & les Allemands, Flacken gangh, Filons branchus : tantôt elle va en fe perdant tout-à-fait dans la jfierre par petites branches, que les Houilleurs Liégeois nomment Crins de la V?ine} Sc a Charleroi, Cheveux.
- Si 1 on confidere une veine dans l'étendue de fon trajet, on obferve qu elle
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- garde une direction particulière; c’eft ce qu’on nomme Allure d'une Veine*
- Allure des Veines•
- Quelques veines que Ton exploite, on remarque qu’elles vont toutes , au moins dans certains endroits, en montant de l’Eft à l’Oueft.
- Lorfqu’elles vont du Nord au Midi, les Houilleurs appellent cette allure un Caprice de pierres , & entendent fans doute par cette façon de s exprimer, que ce n’eft qu’un écart accidentel : il eft en effet occafionné par quelque faille ; mais on obferve que la veine revient toujours à fon allure propre, c’eft-à-dire , quelle reprend fon vrai cours du Levant au Couchant.
- La direction des veines ne fe juge que par leur fituation perpendiculaire, ou inclinée à fhorilbn, défignée en général par le nom de Pendage.
- Pendage des Veines•
- Lorsque la veine de houille, dans une partie de fon trajet, garde une pente douce, prefque parallèle à l’horifon , de maniéré qu’elle femble plate, on Tappelle une Veine plate; cette marche appellée Planure9 Plature, s’exprime en difant que la veine va en pente. Voy. PL IV. N°. I. Et toute elpece d’in-clinaifon plus marquée , tenant encore de la pente horifontale , quoiqu’elle s’en éloigne ,&qui en tout n’eft pas encore autant marquée que le feroit fin-clinaifon de la diagonale d’un quarré, fe nomme Pendage de plature. Voy. PL IV. 2V°. 2. 3. & 4.
- Les veines en planure, ou à pendage de plature, cheminent de cette façon, jufqu’à ce qu’elles aient infenfiblement defcendu environ 300 , ou 400 pieds ; quoiqu’on en connoiffe qui ne fe forment en plature qu’au-deffous de 700 pieds ; enfuite elles remontent, ce qu’on appelle Relèvement de pendage. ( PL IV. let. R. ) qui fe change en une inclinaifon oppofée à la marche horifontale , & forme la fécondé elpece de pendage , dont il fera parlé dans un moment, non comme continuité, ou fuite de celui dont il s’agit, mais comme tête ou loppe d’une nouvelle veine.
- Les platures ont ordinairement une extrémité qui va du côté du Midi en montant dans 1 ’agaz, à moins qu’elles ne foient arrêtées par une faille.
- Du côté du Nord elles fe foulevent encore jufqu’à ce qu’elles finiffent.
- Il faut fe rappeller à l’occafion de la faille, toutes les fois qu’il en fera parlé, que toute veine qui rencontre cet obftacle pierreux y finit, & que fa marche eft dérangée d’une façon particulière ( PL III. Veine A. 1. A. 2. PL IV. N°. 1. )*
- La partie de la veine qui s’y termine efl: toujours pendage de plature. •
- Au-delà, la veine fe trouve rihoppêe (PL III. Veine A. &c.) ou renfoncée, foie
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- ta peu plus haut * Toit un peu plus bas* de façon qu'elle reprend partie à pen-dage de plature * partie à pendage de roijje.
- Il y a cependant des veines qui vont en pendage de plature* depuis là faille jufqu'à la fuperficie.
- Les veines qui defcendent à-plomb de la fuperficie au centre de la terre* ou qui fe préfentent au jour à peu-près à pique, ( car jamais les veines de houille ne font exactement droites ) forment le fécond pendage*
- Leur fituation prefque perpendiculaire à l'horifon * les fait nommer Perpendiculaires * en terme de Houillerie * Roiffes ; il eft des pays où on les nomme RoiJJures* Droit Roiffes* Dreffant * Droiture. ( PL IV. N°. j*. )
- Dans les houillieres que font exploiter les Religieufes de Robermont* les veines font de cette efpece * mais peu confidérables.
- Toutes les veines roiffes * ou celles dont la pente eft plus inclinée vers la perpendiculaire* que ne le feroit la diagonale d un quatre , font nommées Veines à pendage de roiffes* & tendent de l'Orient à l'Occident* ayant la tête au Midi* le pied au Septentrion pour l'ordinaire * & peuvent avoir jufqu à trois lieues de longueur. 1
- Elles ont toutes des allures différentes * félon les endroits où elles fe trouvent.
- Après avoir parcouru un long efpace de terrein enroiflè* c’eft-à-dire * après un enfoncement beaucoup plus confidérable que les autres* elles fe replient pour l'ordinaire en pente de plature * qui fe nomme Plature de Roijje ; enfuite elles redeviennent roiffes*après ce pendage ( PL IV. N°. 5. ) elles fe rele-y ent en montant * ou fe précipitant encore en en-bas * & continuent leur marche de cette façon * jufqffà ce quelles reviennent à la fuperficie* û elles ne font pas arrêtées par une faille*
- Quelques-unes avant de s'être beaucoup abîmées en terre* reprennent d'abord un pendage de plature qui au lieu de les remettre en roiffes * les rele-ye vers la fuperficie.
- D'autres veines roiffes * lorfqu'elles font prêtes à faire leur plature * vont petit-à-petit gagner le centre de la terre * en prenant beaucoup plus de pendage & s'écartant davantage de la ligne perpendiculaire* fans être cependant horifontales ; on les nomme Vnues obliques * ce qui répond aux filons défignés par les Mineurs de quelques pays fous le nom de Touleges*
- Toutes les autres différences de pendages ne confiftent que dans une plus grande déclinaifon de la ligne perpendiculaire & de la ligne horifontale* elles n'ont été diftinguées que par rapport aux manœuvres que chacune d elles exige * & dont on verra Pufage dans la Partie-pratique de cet Ouvrage , en forte que pour expliquer d’une manier© qui foit plus à la portée Charbon de Terre• R
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- du Leéleur , ce qui vient d’être exprimé en termes du métier, le tout peut fe réfumer de la maniéré qui fuit :
- Etant fuppofé un quarré dont la furface de la terre fait la ligne horifon-taie , & tirant dans ce quarré cinq lignes, entre autres , dont la troifieme fe-roit la diagonale parfaite ; alors les veines ou mines, en partant de la ligne horifontale, peuvent la longer par une pente infènfible, puis par une pente plus marquée , enfuite par la vraie diagonale , Sc s’en écarter de plus en plus en fe rapprochant de la perpendiculaire. Les mêmes pentes pourront dans l’efpace donné du quarré, être interrompues* varier dans leurs degrés, être plus ou moins marquées, fe trouveront la quitter, foit pour devenir plus parallèles à l’horifon, ôc enfuite plus tendantes à la ligne diagonale, ou bien fe rapprocher davantage de la perpendiculaire * pour redevenir enfuite parallèles à Thorifon, & former des bien ou mal tracés.
- ARTICLE PREMIER.
- Des Veines de Houille eonfidérées dans leur filage en fuperficie &
- en profondeur.
- Au moyen de la marche qui vient d’être décrite, les veines acquièrent par les pendages qui fe fiiccedent les uns aux autres , un prolongement qui occupe tant en fuperficie qu’en profondeur , un efpace de terrein * tantôt plus , tantôt moins confidérable.
- En fuperficie, le filage des veines, fi l’on veut bien me paffer ce terme, par comparaifon avec la trace uniforme que l’on remarque fur la furface des eaux après le pafîàge d’un bâtiment, c’eft-à-dire , la longueur fuperficielle du terrein qu’elles parcourent ordinairement, efl; de deux cents toiles du Levant au Couchant : il y en a même dont cette étendue en longueur efl: du double* & va à deux ou trois lieues.
- Pour ce qui efl: de leur filage en profondeur * ou de leur enfoncement en terre, il faut avoir préfente la différente compofition de la couverture ter-reufe & pierreufe : on a vu Seél. 7. Art. 1. & 2. que dans la couverture terreufe & dans la couverture pierreufe * il manque tantôt un lit, tantôt un autre, que la pofition du banc de houille varie beaucoup , que quelquefois il efl fous l’un ou fous l’autre de ces lits terreux ou pierreux, fous la marie * fous la craw, fous la moindre pierre * fous le grez ; d’autres fois, ( fans rencontrer ni agaz, ni dielle, ni marie, ) à la fuperficie de la terre ; enfin, il efl: clair que la pente du terrein fillonné par les veines, doit entrer pour quelque choie dans la différence de la profondeur à laquelle fe trouve la houille.
- Par-tout autour de Liege, dans les fauxbourgs même * les foppes des veines
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- approchent très-près de ia fuperficie * les uns à une toife près* d'autres davantage ; au point qu’il en eft qui fe montrent au jour , comme difent le$ Houilleurs, avec toutes les couches qui les accompagnent. Cette terminaifort d'un banc de houille à la furface eft ordinaire dans les endroits oùles veines font pofées en roijfes.
- Dans les endroits ou il n'y a pas beaucoup de terre , les veines joppenl au rocher : mais dans les cantons où les veines fe trouvent du côté du Nord * comme à Herftal, à Sainte-Walburge * à Ans, à Glain, à Montegnée » les veines font très-enterrées , 8c viennent mourir fous la craw.
- C’eft dans le canton de S.-Nicolas, près de S.-Gilles , que font les veines de houille les plus confidérabies à cet égard , c’eft-à-dire, pour leur profond deur : on peut regarder ce quartier comme le centre * ou la maîtrefle tige des veines qui vont fe terminer vers le Nord * les unes plus courtes , les autres plus longues, à proportion de leur profondeur : il s'y en trouve les unes fur les autres jufqu’au nombre de vingt-quatre * dont il en eft de fi profondes qu’elles ne peuvent être exploitées ; j en remets le détail particulier à l’Ar-* ticle premier de la dixième Seélion ; j’obferverai feulement que ces dernier res qui font les plus enterrées,fo lèvent toujours vers le Nord* & font toujours moins enfoncées que dans le quartier S.-Gilles»
- Ce trajet des veines de houille depuis leur foppe jufqu’à leur pied* n'eft pas toujours continu ; il eft quelquefois interrompu à plufieurs reprifes * ou com-* me prêt à s’interrompre ; c’eft ce qui a donné lieu de diftinguer les veines en Veines réglées ou régulières, 8c en Veines irrégulières*
- Veines régulières & Veines irrégulières.
- On appelle Veines réglées ou Veines régulières, les rameaux qui en confervaiit toujours une même direélion du Levant au Couchant, houillent fans interruption, c’eft-à-dire, contiennent de la houille dans toute leur longueur.
- On nomme Veines irrégulières * toutes celles qui avant d’être parvenues à la craw ou à l’agaz, auxquelles la plupart viennent fopper , manquent de temps en temps, foit que cette interruption ait pour caufe la rencontre d’une Faille, (PL UL F,F*F, F . ) ou d’une Krouffe * foit que ce dérangement ne vienne d’aucun des obftacles qui font particuliers au falband fupérleur ou inférieur* (PL IIL lett. a, a y a, a,') comme Kreins * Koumailles , ou autres brouillages > lefquels d’ailleurs n’empêchent point que quelques veines irrégulières ne prennent un pendage régulier, mais qui interrompent ce que j’appelle leur Sillage.
- Les veines dont l’irrégularité dépend de ces troubles, font ordinairement femeesde petits clouds, pareils à ceux qui fe rencontrent dans l'enveloppe de la Veine, (PL 11L lett. a, a, a, a,) 8c dont j’ai parlé dans la Seéiion 7% Art. 3#
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- La nourriture, interceptée, pour ainlî dire , par ce manque de continuité * entraîne dans le corps de la veine une autre défeéluofité ; les veines irrégulières en effet ne font pas également pleines dans leur étendue ; de diftance en diftance, leur épaiffeur varie beaucoup , ce que les Houilleurs expriment en dilant que ces veines font maigres dans leur étendue.
- Le Charbon pour les Forgerons, que les Liégeois nomment Charbon à ufme, ou à ufuine, eft le plus fujet à fe former en veines irrégulières.
- Peut-être pourroit-on faire plufieurs claflès de ces veines.
- La première comprendroit les veines dont le fillage eft interrompu de db fiance en diftance, & qu'on nomme Chahay.
- La fécondé feroit de celles dont les amas, ou les diftanees d’interruption font moins confîdérables , & qui font appeilées Bouyaz; ordinairement elles font affez près de la fuperficie : ce ne font que les petits Houilleurs (x) qui travaillent ces mines dont la fouille n’exige pas une exploitation en forme.
- Ces mines de bouyaz ne fe trouvent que dans les cantons où il y a beaucoup de failles & de krouffes ; on voit que celles-ci font des mines formées ou amaffées par tranfport , qui font en petit ce que font en grand celles que les Anglois nomment Schoads, les Allemands Seiffen-werck ou Stock-werck , les François Mines en marrons ou Mines en majfes, les Latins Minera cumulât a, le£ quelles font plutôt des blocs immenfes de Charbon rempliftant de grands vuides dans le fond de la terre , & dont on verra des exemples dans les mines d’Allemagne & de France.
- On pourroit faire une claffe particulière des veines irrégulières, dans laquelle feroit comprife la fécondé efpece de roiffe, dont j'ai parlé page dont la planure fe change tout d'un coup en un pendage de roifle, qui reporte la veine au jour, ce qui forme un fillage à peu-près demi-circulaire * que les Houilleurs expriment en difant que ces Vei nés font leur retour fur elles-mêmes ; elles courent de cette maniéré du côté de Baine , dans le Bailliage d’Amercoeur.
- ARTICLE SECOND.
- Circonflances générales à remarquer dans les Veines de Houille.
- Le plus communément, il y a jufqu’à quatre veines les unes fur les autres conftamment entre deux bancs de fchifte ; (PL III. a, a, a, a, ) chaque veine eft encore féparée l’une de l’autre par les bancs pierreux dont on a fait mention , ( Voy. page 61. & PL 111.b. c. ) quelquefois affez près l’une de l’autre.
- L’extrémité d’une Veine fupérieure s’appelle Haye.
- L’extrémité de celle qui eft placée au-deffous fe nomme Soyou de la Veine,.
- ( i ) Titre par lequel on diftingue ceux qui ne s’adonnent qu’aux ouvrages extérieurs des Bures d’avec ceux qui font employés, dans l’intérieur. On les nomme aufli Regmtws, 9
- Elles
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- Elles font prefque toutes parallèles ; il h’eft cependant pas rare quelles s’écartent ou s’approchent plus ou moins les unes des autres * en laiflant entre elles des diftances extrêmement variées * & toujours remplies par des maftes d’autres fubftances pierreufes, outre 1 ’éponte fupérieur & inférieur.
- Cet intervalle quJil y a entre deux ouplufieurs veines, fuppoféesles unes au-deflus des autres, fe nomme dans l’exploitation Stampe (*) : il y a quelquefois double ftampe : elle eft communément de 8, Iy , 20 pieds : plus fouvent & prefque toujours > depuis une * deux , jufqu’à fept toifes ; cela varie à l’in* fini, félon les quartiers que les veines parcourent.
- L’épaifïèur des veines qu’on appelle auflî Hauteur des veines , eft après leu£ profondeur ce qui les fait eftimer le plus ; on défigne cette dimenfion par poignées & par nombre de poignées (3). Une veine, dit-on, a 4 à y poignées; elle eft réputée belle quand elle en a 9 ; elle l’eft encore davantage quand elle vient jufqu’à 12 ; celles qui ont cette hauteur ne font cependant pas les plus profitables*
- L’épaiffeur des bancs de houille n’eft point, à beaucoup près, la même par-tout : il eft des pays où les veines n’ont fouvent que 9,12, 16 pouces d’épaifleur ; dans d’autres, on en rencontre qui ont une toife & même plus ; vraifemblablement ce font des Mines en majfe.
- Dans le pays de Liege, il y en a qui n’ont qu’un demi-pied d’épaifleur, & qui ont prefque toutes leur cours du Levant au Couchant : il s’en trouve même qui n’ont pas aftez de hauteur pour faire les voies, c’eft-à-dire > les chemins , Sc chajfer les ouvrages ; cela n’empêche pas néanmoins qu’on ne les exploite par des manœuvres particulières, que l’on fera connoître dans la fécondé Partie de cet Ouvrage.
- En général, chaque banc a depuis demi-pied d’épaifleur jufqu'à cinq.
- Dans quelques quartiers une veiné de quatre pieds eft nommée Daignée.
- Une veine de cinq pieds eft appellée Cinq-pieds : à Jemeppe on trouve des veines qui ont fept pieds de hauteur: félon quelles en ont plus, on les nomme grandes Veines ; félon qu’elles en ont moins, elles font appeliées Veinettes*
- Enfin le banc de Charbon dans les lurfaces par lefquelles il eft appliqué au toit & au fol, eft lifte, jdoII, luifànt comme un miroir; les parties de houille qui ont été intimement rapprochées par la compreflîon que la veine a foufe ferte fupérieurement ou inférieurement, forment une croûte mince tout-à-fàit différente du refte de la mafle entremêlée de quelques légères couches de matière charbonneufe , arrangée en rézeau, comme je l’ai déjà remarqué, ( Voy*
- (O Les couches difpofées par lits de manière JPÏ! trouve une mafle d’une autre fubftance
- a 11 6 entre cflaquc lit, font nommées par les Allemands Gefchutte, Couches mêlées.
- Charbon de Terre.
- (2) Ce mot Stampe eft employé aufli en général pour lignifier la profondeur.
- (3) On trouvera à la fin de la Seftion ÏX. Art. 2. un Tableau des Mefures uûtées à Liege.
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- a PL Vfig. 2. & 3. ) C’eft entre ces deux croûtes * défignées dans quelques pays fous le nom d’Ecaille fiipérieure & Pc aille inférieure * qifeft ramaflee la houille * autrement dite Charbon de terre * Sc diftinguée par M. Zimmerman en Charbon de poix, dont on a donné la définition* Seétion ire (*), & en Charbon d’ardoife > le plus commun de tous * qui eft celui-ci * nommé ailleurs Char* bon du toit* ou le toit des autres (2). Leur texture eft caftante & diftinélement feuilletée ; ils ne font pas fi noirs que la première efpece ; ils ont un luifant clair* demandent un feu découvert & léger* &laiffent beaucoup defcories : c*eft pour cela qu’ils font exclus des forges * & qu’on les employé uniquement pour les befoins du ménage.
- , Les différentes qualités particulières au Charbon donnent enfiiite quelquefois le nom à la veine qui les produit.
- Quelques-unes* par exemple * telles que la plupart des veines fituées du .côté de la Meufe , au-deftiis de Liege , qui donnent des Charbons appellés Charbons gras * font nommées Veines grajfes.
- Celles qui font au-deftous de cette ville * font plus communément des veines maigres
- Dans quelques houiilieres * comme dans tout le quartier S.-Gilles* à Mon-tegnée * à Ans * il fe trouve des bancs de houille qui donnent un Charbon très-folide * & qu’on appelle Dure Veine.
- La dure veine eft plus ou moins profonde * félon les endroits où elle eft fituée : dans la Fofle-aux- champs du côté de Glain * dont les bancs font d’environ deux pieds d’épaifteur, elle eft à trente toifes de profondeur ; à S.-Gilles, elle eft à cent toifes ; la veine A. 2. figurée dans la PI. 111. a été dellinée fur un morceau de cette efpece.
- Le Charbon qui vient delà dure, veine eft toujours une houille grafte fu-Jette au Nerf : on nomme ainfi une efpece d’arrête pierreufe de deux doigts environ d’épais, qui traverfe horifontalement le banc de houille * le fuit toujours* & le coupe dans fa longueur ; comme on le voit à la PL VIL fig. 3 .n,n. fur un morceau venant du bure de Bonne-fin près de S.-Gilles.
- Cette féparation qui eft très-fenfible & qui eft de la même nature que toutes les argilles durcies * répandues dans les houiilieres * ne fe trouve pas dans toutes les veines de houille ; fouvent elle oft au milieu de la veine* & ne fe met ordinairement que dans celle de l’efpece dont je parle.
- Quelquefois il fe trouve deux nerfs dans une même veine ; mais le fécond eft placé vers le fol; il eft d’une couleur moins noire* &nefe continue pas comme l’autre ; ces nerfs fe détachent de la houille que l’on veut employer.
- (1) Lithantrax durior. Schiflus carbonarius. Waller. Charbon folüle dur, ou Charbon de pierre. Charbon foflile friable. Voyez Seftion première p. 4.
- (2) Lithantrax fragilior. Waller. Charbon de terre. Voy. le Mém. de M. Zimmerman , Journal (Economique d’Avril 1771 pag. J7*
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- ACharleroy, où les Houilleurs régardent cette nervure comme ce qui donne la nourriture à la houille , ils l’appellent Veine.
- La houille graffe efl: encore entrecoupée dans Tes couches par des feuilleté abfolument de la même nature que le nerf,, mais de quelques lignes d’épaifc feur feulement, Sc que l’œil apperçoit aifément ; ce corps étranger ne peut pas en être féparé auflî facilement que le nerf ; quand la houille qui en contient efl: au feu, elle répand une mauvaifé odeur que lui donne vraîfembla-blement ce petit nerf, appellé à caufe de cela Poulture ou Pouteure..
- Outre ces différences particulières de la qualité d'une veine dans touté fon étendue, le Charbon qu'elle donne fe trouve auflî avoir des qualités relatives à la place qu’il occupe, dans les foppes, dans le milieu dé la veine, & en approchant ces differents points de la veine.
- La houille qui fuit immédiatement les foppes de veine, efl: d’abord pure houille , tantôt plus, tantôt moins dure ; quelquefois c’efl: tout Charbon formé en banc bien épais, qui a acquis toute fa qualité ; Sc comme on remarqué qu’un même banc de pierre devient plus folide Sc d’une nature plus homogène , à mefure qu’il fe trouve plus enfoncé en terre, de même le banc dé Charbon efl: d’autant meilleur, qu’il efl: éloigné de la furface , tandis qu’au contraire dans la partie qui remonte au jour , il femble dégénérer de plus en plus , d’abord en Charbon maigre, enfui te en faux Charbon , puis à fon extrémité appellée Soppe ou Tête , en une matière terreufe , friable , noirâtre, nommée tantôt Houille morte , tantôt Tiroulle ou Téroulle,
- C’efl: toujours fous cette forme que les veines fe préientent à la fùperficié ; mais ces deux dénominations de Houille morte , de Tiroulle, ne doivent pas être employées indiftinélement : les obfervations fùivantes fiiffiront pour donnef à ce fïijet un éclairciffement précis* -
- De la Thiroulle ou Téroulle»
- Le plus ordinairement quand les veines foppent au jour, cette fubffance en pouflîer noirâtre, plus ou moins grenu , inférieur pour la qualité à tout ce qui provient d’une houilliere, foit Houille, foie Charbon , defeend fur la veine ; c’efl: pour cela quelle efl: communément, (lorfqu’elle fe rencontre) réputée un indice du Charbon. C’efl:, à l’examiner attentivement, une véritable foppè ou tête, c’eft-à-dire , l’extrémité la plus élevée d’une veine , confondue dans cette portion commençante ou fîniflante, avec lesfiibftances pierreufes, argile leufes, ou autres qui l’avoifinent, ou quelle traverfe, qui n’ont retenu rien, ou qu une très-rnodique quantité de molécules de houille. Si elle tient quelque portion de houille , elle n’eft pas entièrement de rebut, & quoiqu’elle foit privée de fon bitume dans fa plus grande partie, il s’y trouve des différences marquées, defquelles il réfulte des téroulles plus ou moins fortes, plus ow
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- 72 DUC HA RBO N DE TERRE
- moins foibles, comme on le verra lorfqu’il fera queftion des Houilles 2c des
- Charbons cTufage.
- La téroulle de Liège, éprouvée dans le creufèt, s’y allume auflt paifible-ment que le feroit de la poudre de Charbon un peu humeété , Sc elle s’éteint aufîî-tôt que le creufet eft hors du feu, fans laïflèr de cendre comme la Houille Sc le Charbon, ;
- L’acide nitreux ne fait aucune effervefcence avec cette fubftance ; l’eau lui donne une conf fiance de pâte très-friable ; en l’étendant avec beaucoup d’eau Sc la faifant bouillir, l’eau fe colore très-légérement , & ne donne par l’évaporation ni fel, ni fubftance particulière remarquable*
- Ces expériences, quelque fuperficielles qu’elles foient, fe trouvent, à plu-lieurs égards, répondre à celles qui ont été faites fur la téroulle de Marimont dans le Haynault Impérial, avec cette différence à laquelle on ne croit pas devoir s’arrêter ici, qu’on a trouvé dans cette derniere un fel volatil alkaii, & un fel de la nature du fel de Glauber, dont l’exiftence réelle paroît doit-teufe aux Auteurs même de ces Recherches Q)*
- De la Houille morte.
- Il arrive cependant quelquefois que cette fubftance le montre au jour fens émaner de la veine , quoiqu’elle vienne à fa fuite ; elle eft extrêmement différente de tout ce qui l’a précédée , elle n’en eft qu’une faufle trace fans en être une vraie continuité ; ce feroit donc improprement qu’on l’appelieroit Téroulle ; ce n’eft qu’une Mine morte & fierile ; le nom de Houille morte, ( qu’on ne lui donne cependant que lorfque cette partie de la veine finiffante fe rencontre dans l’agaz ) lui convient davantage > n’étant ni terre , ni Charbon , quoiqu’elle paroiffe tenir des deux. C’eft une fauffe téroulle différente de la vraie , avec laquelle on voit qu’il ne faut pas la confondre, en ce que celle-ci participe affez des qualités de la houille pour pouvoir être de quelque ufage ; Sc que l’autre, fçavoir la houille morte, n’eft abfolument d’aucune valeur. ; .
- Depuis les foppes de veine, à commencer de la Tiroulle qui conduit pour l’ordinaire à du faux Charbon, communément en pouflîer, enfuite, à mefure que la veine s’enfonce, à un charbon bien gras, bien conditionné & d’un bon chauffage, puis à de la Houille pure, qui conduit de nouveau dans l’extrémité oppofée de la même veine à du Téroulle , on remarque une gradation que les Houilleurs ou Borins regardent comme confiante, ce qui a donné lieu à cette expreffion : En avançant dans les travaux nous verrons comment la veine Je fera du fond : c’eft , ( pour parler toujours le langage du métier ) en chajjimt,
- (i) Vdyei le Supplément aux Traités des Eaux de Marimont pat les Doéteurs <Sc ProfefTeurs Rega & Devillers. Couvain, 17^2. p. 43. 5c 5J.
- en défendant
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- g t DE SES ÆT INESi
- m défendant, qu’ils forment leur jugement fur là qualité de la veine > qui au dire des Houilleurs, dépend de la profondeur à laquelle elle eft en-terrée : généralement ils font tous d'accord, & affurent que les veines de Charbon font régulièrement plus riches, plus abondantes, plus épaifles> à mefure qu’elles s’éloignent de la fuperficie. M, de Genfane prétend que cette idée, reçue dans les mines de toute efpece , eft une erreur ; que cette réglé n’a lieu que pour certains filons, 8c que c’eft tout le contraire dans d’autres. Cette remarque d’un homme confommé dans la matière des mines peut être importante; je ne fais que l’expofer ici, en obfervant qu*à cet égard il y a deux chofes avouées par les Houilleurs ; la première, c eft que plus les veines approchent de la forface , moins elles font compacités ; la fécondé, que dans le pays de Liege où il y a plus de cent bures on va chercher les veines les plus profondes , 8c c'eft toujours la couche la plus enfoncée qui eft la Veine capitale, c*eft-à dire , la principale & la plus forte : celles qui font au-deffus, n'ont quelquefois que cinq à fix pouces d’é-paifleur, & font abandonnées comme ne pouvant dédommager des peines du travail*
- NEUVIEME SECTION-
- Du Charbon de Terre confidéré dans fes particularités extérieures.
- Cl es maffes confîdérables ramaffées d’une façon très-particuliere dans le feiri de la terre en veines diverfement placées, plus ou moins continues, en vei^ nés plus ou moins enfoncées, en bandes plus ou moins dures , plus ou moins épaifles , plus ou moins mélangées des matières qui les avoifinent, ou de celles qui font entrées dans la première formation de la houille, préfentent des variétés relatives fans doute à ces différentes circqnftances, lefquelles peuvent avoir contribué à rendre une houille dé telle ou telle nature.
- Comme certainement les diftinétions, bien ou mal établies, de différentes efpeces de houilles portent fur la plupart de ces circonftances , fenfibles pour les Ouvriers , c’eft ici la vraie place de parcourir fommairement celles de ces particularités qui peuvent par quelque rapport avec les qualités des houilles, éclaircir les différences que les Ouvriers ont adopté.
- La qualité de tout Charbon de terre , à bonté égale, paroît eflèntiellement tenir a la partie de la veine plus ou moins éloignée des foppes , 8c de la fuperficie de la terre dans laquelle il eft placé ; on a vu que les veines font régulièrement plus riches & plus abondantes, félon qu’elles font plus ou moins enfoncées : il en eft de même du Charbon ; en examinant tout un filon de houille dans un trajet aufîi fiuvique faire fe peut, l’œil du Naturalifte décide
- Charbon de Terre, T
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- 74 DU CHARBON DE TERRE
- que généralement le Charbon paroît tendre à la fuperficie de la terre , que le Charbon des extrémités d'une veine eft plus terreux 8c moins fait que celui du centre ; les épreuves pyrotechniques démontrent quil n’a pas , à beaucoup près j la même force : l'expérience des Houilleurs prononce encore que le plus enfoncé , réputé communément le meilleur 8c le plus parfait, eft pour l'ordinaire le plus folide ; c’eft-à-dire , que la confiftance de la houille qui annonce un Charbon plus ou moins formé , fe trouve être en proportion «de la profondeur à laquelle le Charbon eft enterré, Que ce foit préjugé ou opinion fondée, on eft par-tout d'accord fur ce point, c’eft-à-dire, fur le rapport confiant de la confiftance de la houille à fa profondeur, 8c fur ce-» lui de fa profondeur à fa confiftance. Cela paroît affez naturel à croire : M. le Monnier le Médecin , obferve que ce n’eft qu’à une grande profondeur que fe trouve à Braflac en Auvergne (l) le plus beau Charbon, dont fans doute on a voulu défigner la perfeélion par le nom de Puceau , qui pourroit répondre à l'exprefîion ufitée dans les mines , de Mine-vierge (2) ; comme on appelle Mercure-vierge celui qui eft dégagé de terre ou de toute matière étrangère , 8c qui fe raffemble en certains endroits dans le fond des mines.
- Cependant le Puceau, tel qu’il eft décrit par M. le Monnier, (en mottes féches , fragiles > légères , brillantes, ) femble contredire l’idée reçue delà confiftance de la houille relative à la profondeur, 8c donner du poids à ce qu'avance M. de Genfàne ; à moins que l’arrangement du Charbon de terre qui à BrafTac eft difpofé en maffe 8c non en veines , ne faffe une exception 8c une différence , comme l’obferve ce Phyficien.
- On conçoit aifément qu’après la place qu'occupent plus ou moins profon-* dément en terre, les Charbons de terre ; la nature, l’efpece des différentes matières qui réunies enfemble ont formé les veines de ce foffile , influent né-ceffairement fur fà qualité , en fe rappellant les principes conftituants de la houille, Seél. IV.
- Il eft évident que félon que la bafe combuftible de la houille s’eft trouvée en plus ou en moins grande quantité dans la veine, la maffe de houille avec laquelle cette bafe bitumineufe s’eft incorporée, préfente davantage le ca-raélère d'un Charbon bien ou mal conditionné , plus ou moins pur , plus ou • moins gras, plus ou moins compaél, plus ou moins fec, plus ou moins maigre; de-là des variétés qui ne font point abfolument imaginaires.
- En effet , en confidérant même affez légèrement tous les Charbons de terre qu’on peut rafîembler, on eft autorifé à préfumer que leurs différences ne confiftent réellement que dans le dégré d’imprégnation de matières bitumi-neufes ou pyriteufes, qui font jointes aux matières terreufes, pierreufes, vé-»
- (i) Voyez les Obfervations d’Hiftoire Naturelle faites dans les Provinces Méridionales de la France, année 1739. pag. cxcv. à la fuite de la Méridienne de Paris.
- ( 2 ) G. Gediegen.
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- ET DE SES MINES. ' 75
- gëtales & falines, Sc que toutes les modifications des parties conftituantes dü Charbon produifont les efpeces ou les variétés que Ton peut admettre»
- On trouve dans ce réfumé de la compofition de la Houille les Charbons dé cerre appellés par les Grecs yeeéJnç, lefquels furnagent Feau ; la terre qui les accompagne étant affinée, épurée & confumée , ils font peu ferrés 3 clairs & légers : d'autres qui s’éclatent aifément par feuillets, font mous ; d’autres enfin font pierreux Sc plus durs : dans quelques - uns, les
- matières bitumineufes & pyriteufes fe font exactement combinées avec les fubftances argilleufes , ou autres, les ont altérées de maniéré que le tout en-femble eft réduit en ce qu’on appelle en général Charbon de terre * fans qu’on y puilfe appercevoir aucune trace de ces dernieres.
- D’autres fois ces matières ne fe font pas réunies en aflez grande quantité pour altérer les differentes fubftances dont le Charbon de terre conferve quelquefois des veftiges ; ni même pour changer la nature du bois* qui paroît pour la plus grande partie., entrer dans la compofition des Charbons de terre. Sur la plu-* part d’entre eux on apperçoit diftinétement une couche luifànte & filamen-teufe comme du bois confiimé qui refte aux doigts.
- Si les Charbons de terre reftent long-temps expofés à l’air, il leur fur vient des altérations auffî variées qu’il eft de Charbons d’efpece Sc de nature différentes > & dont quelques-unes peuvent déceler en général leur qualité intrin-feque.
- Il en eft qui fe décompofent à l’air & tombent en efflorefcence ; dans quelques-uns Fhumidité de l’air, ou celle qu’y ajoute la pluie, ainfi que le principe acide qui exifte toujours fous une forme quelconque dans le Charbon * y développe à la fiirface une pouffiere rougeâtre d’une odeur Sc d’un goût ferrugineux ; ce font les parties Martiales, qui dans ces Charbons ne font pas intimement unies à la fubftànce bitumineufe > Sc à la terre vitrifiable * & qui ayant été diffoutes par cette légère macération * fe font converties en une chaux jaunâtre, qui eft une efpece de rouillure de fer ou de Saffran de Mars, ex-; cepté dans les Charbons qui font très-gras.
- La plupart des Charbons de terre, lorfqu’ils ont refté quelque temps dans l’eau * laiffent échapper cette efpece de rouille qui furnâge fous la forme d’une pellicule onétueufe, avec les mêmes couleurs que l’on remarque fur les eaux minérales ferrées.
- Quelques-uns fe couvrent à leur furface d’un enduit qui fait corps avec la portion à laquelle il tient * où il fe fait diftinguer par une légère incruftation emaillée, de couleur de turquoife * ou comme l’écume de verre.
- Il en eft qui perdent infenfiblement beaucoup de leur poids, & on eft affez communément dans l’idée que les Charbons de terre expofés long-temps à 1 air libre * deviennent à la longue moins propres à entretenir le feu j il s’en
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- rj6 DU CHARBON DE TERRE
- trouve neanmoins qui refient intacts &folides à l’air : les gens de journée qui travaillent les hochets, dont on parlera tout-à-l’heure, les mettent au foleil pour les fécher,ils prétendent, (lorfqu’il furvientune pluie d’orage qui les lave) que les hochets font meilleurs : mais cela vient peut-être de ce que la pluie en enlevant de la dielle > a mis davantage à découvert la pouffiere de Houille*
- ARTICLE PREMIER.
- Des Houilles & Charbons de Terre du pays de Liège 2 en particulier*
- Tout ce qui eft compris dans une veine que Ton exploite , eft appelle en patois de Liege Hoye, vulgairement Houille : ce mot néanmoins fe prend allez fréquemment pour la Houille pure, c’eft-à-dire, celle qui fizccede dans la veine à un Charbon bien conditionné, laquelle paroît formée de grains très-fins arrangés vifiblementpar couches , & que les Borins paroifïent difiinguer du Char-bon proprement dit : car lorfqu’ils veulent parler d’une veine riche Sc abondante y ils difent : Cette veine houille bien ; entendant par-là quelle eft plus abondante en Houille qu’en Charbon ; en patois quelle eft plus kauchteufe ; en conféquence le prix courant de l’un 8c de l’autre eft différent, ainfi qu’on le verra quand il fera queftiondes Houilles & des Charbons comme faifimt partie du commerce*
- ' Dans l’idée commune, la Houille eft tout ce quife maintient en maffes vo^ lumineufes , d’une confiftance approchante d’une pierre tendre, 8c que l’on appelle ailleurs Charbon de pierre, qui s’allume plus difficilement, quoique gras.
- Le relie qui n’eft ni fi dur, ni fi compaét, qui ne peut s’enlever de la houil* liere en gros quartiers , que l’on nomme autrement Charbon de terre , s’allumant plus aifément, parce qu’il eft plus tendre, eft ce quils appellent Charbon.
- Des Ouvriers accoutumés à ne juger que par l’extérieur & au premier coup-» d’œil, n’ont pas dû difiinguer autrement ce foffile ; mais à cette divifion fort vague 8c fort générale, ( la première fans doute qui ait pu fe préfenter à leur idée, ) a fuccédé une divifion mieux raifonnée qui porte fur la propriété réelle du Charbon , non pas de s’allumer aifément, comme fait le Charbon de terre ou la Houille , ni de s’allumer plus difficilement, comme fait le Charbon de pierre ou Charbon, mais for la propriété qu’ont les uns ou les autres de don^ ner un feu 8c une chaleur plus ou moins nourrie, & de dégrés d’intenfité différente.
- Pour exprimer les qualités qu’ils ont jugées dans les uns ou dans les autres , ils ont qualifié les Charbons du nom de Charbons forts, de Charbons foibles ou doux; ils défignent différentes efpeces de Houilles fous les noms de Houilles fortes, de Houilles douces, de Houilles féches•
- La diftinétion générale de Houille grajfe on chaude 8c de Houille maigre,de Charbon fort,8c de Charbon foible, eft celle qui paroît devoir être uniquement fuivie, étant
- affez
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- ET DE SË S Ml N Ë S, 77
- àfTez certaine pour que rhabitude permette de ne pas fe tromper à la fimplë vûe, lorfqu’il s’agit de diftinguer le Charbon gras à fa couleur dun noir matte, à là pefànteur* & àfon œil poudreux ; d’avec le Charbon maigre qui eft plus léger, plus fec * Sc dont la couleur eft plus luifante, un peu argentine ; ce fera la divifion que je fiiivrai comme la plus propre à éviter la confufion. D’ailleurs elle fait retrouver* pour les qualités* les trois efpeces de Charbon qu’ils recon-noiffent, fçavoir :
- Le Charbon , nom que les Borins femblent en général confacrer particuliérement à tout Charbon fervant aux forges * nommé parmi eux Charbon à ujuine * qui eft une de leurs principales fortes * ainfi qu’à tout Charbon propre à êtrê employé au chauffage dans des foyers qui feront décrits à part.
- Les efpeces moindres qu’ils admettent font à l’ufâge des Maréchaux Sc des Cloutiers.
- Enfuite ceux pour cuire les briques Sc pour calciner les pierres à chaux.
- Ces trois Charbons vont être traités, & je terminerai cet examen pat celui de la Téroulle ou le Tfairoulle * qui vient après les Charbons d’ufage pour le feu.
- ARTICLE SECOND,
- De la Houille grajje * en patois Krâffe Hoye ; ou Houille chaude, en
- patois Chode Hoye. -
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- Cette Houille préfente à l’œil des variétés diftinéies ; il en eft qui ont affez de reffemblance avec le Charbon d’Ecofle : c’eft un compofé\de bandes épaifc fes* formées de plus petites * très-brillantes, réunies enfemble : lesmoléculeà de ces bandes font lamellées * & à facettes rayonnées comme les caftes du Kenne 1-coal; les bandes font feulement féparées d’efpace en efpace par unè matière charbonneufe manquée. Voy. Se(5Hon ire. page 4.
- D’autres fois la Houille graflfe n’eft qu’une maffe brute * formée de grains aflemblés fans ordre : le tout pourroit être comparé à un granit ferré Sc uni* noirci au feu * ou même à un morceau de fuie liquéfiée * puis refroidie.
- Tantôt la Houille graffe eft compofée de mafles irrégulièrement difpofées par couches en tout fens : ces couches & ces mafTes fe trouvent fouvent mêlées de matières femblables à des portions de bois réduites en charbon. Toute la hauteur qui dépaffe la chauffée de Liege fur Tongres à Haffel * allant vers le Midi * Sc les fonds d’Avroy * Scleffein * Jemeppe * Serain > Ougrey * en donnent de cette efpece.,
- La Houille du Burc-anx-Femmes * d’après laquelle on a exprimée pendage* ( N°. 3. P//IF-. ) Sc que quelques-uns regardent comme tenant de la grade Sc de la maigre* eft vifiblement difpofée par lits d’un demi-pouce * mais en dé^ Charbon de Terre. V
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- 7S DU CHARBON DE TERRE
- fordre : c’eft une très-bonne Houille , faifant un très-beau feu, & qui en tout tient davantage de la Houille graflfe ; les Brafleurs s’en fervent indiftinétement comme telle.
- La Houille grafle eft celle que l’on emploie communément à Liège dans les foyers : pour cela on la moule dans des formes en boulets appelles Hochets; Voy. un morceau de cette Houille. PL VII. fig. r.
- Ces hochets laiflent après quils font confumés, des efpeces de charbons enbraife appelles Krahay> qui chauffe encore jufqu’àfon entière deftruélion.
- Si on confidere cette efpece de houille , dans fon état brut, c’eft-à-dire, fins être apprêtée, elle paroît compofée de petites bandes très Juifintes > appliquées les unes fur les autres, formant enfemble dans quelques parties des couches d’environ quatre lignes d’épaifleur en tout fins : on y diftingue des facettes lifïes & fillonnées , pareilles à celles qui font en grand dans les caffes du Kennel-coal : c’eft fur un morceau de cette Houille qu’on a figuré le pendage * N°. y. PL IV.
- Lorfqu’on l’emploie * elle eft remarquable par les circonftances fiiivantes 2 elle fi colle alfez aifément au feu en s’enflammant, parce quelle eft plus bi-tumineufe que la Houille maigre , ce qu’on a fins doute voulu exprimer en l’appellant Krdjfe Hoye, Houille greffe : elle rend beaucoup plus de chaleur que la Houille maigre , ce qui l’a fait appeller Chode Hoye , & fe réduit pour la plus grande partie en pouffiere grifâtre comme la cendre de bois, maisgra-veleufe.
- De tout cela il fuit que d’une part fon feu feroit trop ardent pour les ouvrages des Maréchaux-ferrants ; & d’une autre part, que cette Houille eft trop grafle pour que ces Ouvriers puilfent s’en fervir à travailler leur fer.
- Les Braflferies & les grolfes Verreries font les principales Manufactures qu| les employent.
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- ARTICLE TROISIEME.
- De la Houille maigre ; de la Clutte.
- La Houille maigre eft plus foible que la Houille grafle, & eft très-propre aux feux des tourailles : elle eft prefque généralement en ufige pour les feux domeftiques, fur les deux rives de la Meufe, depuis Liège , jufqu’en Hollande.
- Elle diffère de la Houille grafle en ce qu’elle donne moins de chaleur : les Brafleurs peuvent la mêler avec cette derniere ; elle dure au feu plus long-temps qu’elle , & lorfque fon peu de bitume eft confumé , eJle fi réduit en braife oukrahay, qu’on allume fans qu’ils donnent d’odeur prefque fins qu’ils donnent de fumée, ce qui les rend plus propres pour les tourailles
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- et de ses MINES,
- que les Krahay de la Houille graifo.
- La Houille d’Ans * dont un morceau a fervi à repréfenter le pendâge * ( N°. 4. Fl* ^ ) Par°î'c être f°rmée de petites molécules friables, qui femblent n'avoir pu s'arranger par couches faute de bitume ; c’eft une Houille qui paroît appartenir à la clafle dont il s'agit.
- La bonne Houille maigre fe trouve communément dans les environs dé Herftal, & de Vivegnis ; celles de Houffe & de Cheratte, leur font en général très-inférieures.
- Dans ces quartiers & dans quelques autres de la rive droite, on exploite une efpece particulière de ce Charbon, qu'on nomme Clutte7 & qui pour l’ordinaire, efl: d’une qualité très-foible.
- C'ellun Charbon tenant de la nature du Charbon tendre & de la Téroulle, compofé de grands faifceaux de fibres dilpofées en tout fons , qui fe croifent de toutes les maniérés.
- La clutte chauffe affez bien, dure affez long-temps, faifant un petit feu bleu comme les bomtures , & donne plus de cendres ; mais lorfqu elle brûle, il ne faut pas y toucher, parce quelle tombe^oit en pouffiere, comme font les houilles maigres.
- On en fait des hochets qu’on employé dans des foyers ouverts, &dans les poêles ; ils font de deux tiers plus petits que les hochets de Houille gtafle, & ils font communément appellés Cluttes ; mais ce n’efl; qu’un hochet ou boulet fait avec la Houille maigre, comme celui de Houille graffe.
- ARTICLE QUATRIÈME.
- Des Charbons forts ; du Charbon à Üfuine (x) V du Charbon jônfrèûx*
- Ces Charbons qui font fojets à fe former en veines irrégulières > ( Voy% Seélion 8e. Art. i.) font d'une couleur noire plus décidée & plus frappante que ceux qui font appellés Charbons foibles.
- Sous les doigts ils paroiffent onélueux, ce qui annonce beaucoup de bitume ou poix minérale, & leur fait fans doute donner par quelques Houilleurs le nom dg Charbons gras. Voyez Seét. IV. Art. 4.
- On en trouve qui font diverfement compofés : les uns font des mafîîfs de filets très-mats & très-grofïiers ; d’autres font régulièrement arrangés par lits très-minces, formés de filaments, difpofés perpendiculairement à côté les uns des autres : ces lits font de proche en proche féparés par de petites couches de terre charbonneufè. Voyez la PL IV. N°ê 2*
- (1) UJîne, Ujuine, nom très^ufité dans le pays de Liege pour lignifier en général toute grande Fabrique où Ton fait chauffer de grands fourneaux. Ce mot qui ne fe trouve dans aucun Dictionnaire François, dérive fans doute du Latin UJlrina, que
- Feflus emploie polir lignifiér lé lieü où Ton brûle les corps morts, 3c par lequel Pline exprime un endroit où Ton forge les métaux : Forgerdn fe dit en Latin Fabcr fmarius, ou Mallcator ad ujiri-nam4
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- So DU CHARBON DE TERRE
- Les Charbons forts, quels quils foient, font toujours excellents ; ils pêne* trent d'abord & également les parties du fer* les rendent propres à recevoir toutes fortes d’imprefïïons, réuniffent même les parties qui ne feroient pas alfez liées ; encore eft-on fouvent obligé d’arrêter {a trop grande activité en jettant de l’eau defîîis.
- On voit clairement par la qualité & par les effets de ce Charbon * qu’il ne peut pas plus être employé par les Maréchaux ferrants que la Houille grafle*
- Celui qui eft nommé à UJuine , n’eft guères employé que dans les Verre* ries aux gros verres , les Alunneries, Souffieries, les Manufactures de fer * les Forges à marteau & les Fenderies, où l’on a befoin d’un feu d’une grande violence * capable d’échauffer les barres 8c de les rendre propres à palier par les fentes.
- Il fe trouve cependant parmi ce Charbon de Forgerons des efpeces qui tien* nent un milieu entre le Charbon fort & le Charbon foible.
- En général * les Liégëois regardent ce qu’ils nomment Charbon fort , comme delà meilleure efpece & qualité, parce que, félon eux, il contient plus dù foufre.
- Ils diftinguent dans cette forte une efpece dont ils font communément le mélange avec des Charbons foibles ; ils lui donnent le nom de Charbon fou* freux ; étant dans l’idée qu’il contient plus de foufre que le Charbon appellé proprement Charbon fort. Voyez SeéL IV. Art. 2.
- ARTICLE CINQUIEME»
- : V“
- *
- Des Charbons foibles ; des Charbons de brique ; des Charbons de four»
- , /
- Cette efpece préfente à la vue deux variétés ; il en eft qui font compofés de couches régulières , brillantes, difpofées en tout fens : d’autres ne paroiP fent qu’un amas de groupes & de faifceaux.
- Du côté de la Hefbaye, dans tous les environs de Hombroux> d’Alleur> le Charbon eft particuliérement de cette nature.
- On a vû que le Charbon foible eft toujours un Charbon des extrémités d’une veine, il contient félon les Houilleurs beaucoup moins de foufre que les Charbons forts, aufli ne peut-il fervir feul qu’aux Cloutiers, aux Maréchaux ferrants", aux petites Forges, pour lefquelles on a befoin d’un feu plus doux & moins vif.
- Pour les autres ouvrages qui demandent de la chaleur, on y fopplée en y mêlant plus ou moins de Charbon de la plus forte qualité, comme dans les Fenderies où ce Charbon foible ne pourroit échauffer ou pénétrer les groP fes pièces : fi tout au plus on pouvoit y parvenir avec ce Charbon, il faudroit
- pour
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- et D E S E S Ml N E S. St
- pour cela plu s de temps : il en réfukeroit quune partie du fer fefoit à fort degré de chaleur, tandis que l’autre ne feroit point encore affez pénétrée ;
- & pendant que l’on feroit obligé de chauffer une partie , l’autre rifqueroit de brûler : de plus ce Charbon , comme tous ceux qui contiennent une plus grande quantité de terre, chargeroit le fer d’une matière étrangère qui em-pêcheroit la réunion de fes parties.
- Son ufage ordinaire efl pour les briqueteries & les fours à chaux, ou le feu trop violent des Charbons forts pénétreroit trop promptement les parties de la terre Sc de la pierre, les diviferoit & les détruiroit ; on l’appelle communément par cette raifon Charbon de brique ou Charbon de four, qui efl toujours, comme celui de Maréchal, un Charbon menu, nommé en terme de Houillerie , del Fouaye (*).
- Parmi les Charbons foibles il faut ranger celui que les Houilleurs nomment à jufle titre Charbon tendre, dont ils fe fervent de meme pour les fours — à chaux & pour cuire la brique ; on en trouve dans la Fofle appellée Sainte-Anne. Il efl compofépar couches très-minces , brillantes à l’œil ; mais on ne peut en manier un morceau qu’il ne fe définiffe dans toutes les parties , & ne tombe en pièces feuilletées, puis en pouffiere.
- Comme ce dernier tient du charbon & du Téroulle , que même il luî équivaut, en y mêlant un peu plus de terre glaife qu’au vrai Téroulle ; les Houilleurs l’appellent encore Charbon mixte.
- Après ce Charbon vient celui qu’ils nomment faux Charbon , efpece très-maigre qui efl toujours en pouffier, fi ce n’efl dans les houilles foibles ou mai* grès , où il efl quelquefois en maffe.
- Au détail des Charbons d’ufàge pour le feu , fuccedele Thiroulle ouïe Téroulle; nous n’avons parlé de cettefubflance qu’en général, comme indice de Charbon de terre , Seélion VL & comme Soppe de Veine, Seélion VIII* Art. 2. nous achèverons de la faire connoître par fes propriétés.
- Les Liégeois paroiffent qualifier de ce nom, tout Charbon de l’efpece la plus foible ; leur Terroulle à brûler dans les foyers , & dans les poêles , n’efl pas autre chofe , & on pourrait regarder comme Téroulle, le charbon Clutte. Voyez Art. 3. de cette Seélion.
- Le Téroulle proprement dit , s’extrait dans les petits Burtays , fur les hauteurs. Malgré fon peu de valeur, on en tire partie , en le réduifant avec très peu de Dielle en boules de la groffeur d’une favonette, pour être employée par les femmes du commun dans leurs chaufïrettes : ces efpeces de Hochets de Thiroulle, ne donnent qu’une petite lueur bleue, lente, & très-douce.
- On en trouve dans le Bailliage d’Amercœur, du côté de Baine, dans les
- ( 1 ) Appellé à Maftricht Gemul.
- Charbon jde Terre. X
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- 82 DU CHARBON DE TERRE bois de la Rochette, à la rive droite de la Meufe, des rivières d’Ourte 8c de Weze, n’y en ayant à la rive gauche que du côté du Val-Benoît, à S.-Gilles 8c aux Tawés derrière la citadelle.
- \ Il ne faut pas oublier quil s’en trouve de différentes efpeces pour la force ; celle de Liege doit être diftinguée de celle qui fe trouve dans le Limbourg, qui y eft employée pour le feu dans les grillages 8c dans les poêles.
- ARTICLE SIXIEME.
- De quelques Houilles & Charbons du pays de Liege les plus ejlimés , & de ceux qui font de la plus mauvaife qualité.
- De la compofition différente du Charbon de terre , du mélange de matières qui peuvent s’y rencontrer dans des proportions inégales, ( Seétion IX. ) comme font les argilles fous différentes formes, les pyrites, les Tels , les bitumes , ( Seélion IV. ) il doit réfulter, outre les Charbons que je viens de décrire , qu'il y en a encore d’une qualité fupérieure & d’autres d’une qualité abfolument inférieure.
- Aufîî dans les efpeces générales, les Houilleurs diftinguent - ils par des noms particuliers celles qui font les plus eftimées , & celles qui font delà plus mauvaife qualité.
- La matière d’une belle & riche veine qui a une bonne hauteur , telle que des veines appellées Veinettes , ou qui eft entièrement exempte d’alliage de parties qui réfiftent à l’aéHon du feu, fe nomme Krufny , ( PL VIL jig. 4. )
- La veine Krufny a 12 poignées d’épaiffeur, 8c eft compofée de lames à fa^ cettes, difpofées en tout fens ; quelquefois par bandelettes , laiflànt de temps en temps appercevoir fur leurs fîirfaces des portions pyriteufes 8c féléniteufes.
- On en trouve de cette efpece aux extrémités des fauxbourg S.-Laurent, de S.-Gilles & de Sainte-Walburge, fur la hauteur, & généralement ou il y a delà Houille graffe : celle que l’on exploite à Xhovemont, à portée du fauxbourg Ste. Walburge > eft auffi veine de Krufny. Voy. la Carte des environs de Liège.
- Il s’en trouve une autre de ce genre, mais plus vers la fuperfîcie. de la terre, 8c qui à l’œil paroît avoir la même texture que le Krufny ; elle a 14 ou 1 y poignées de hauteur ; on la nomme Veine Cerifiere, le Charbon qu’elle donne s’appelle Siercy ou Tiercy. (Voy. PL VIL jig, 5.)
- Plufleurs veines ( 8c affez communément cette derniere) font traverfées par une couche de quatre doigts d’épaiffeur, qui tantôt appartient au corps de la veine , tantôt appartient au toit, tantôt au Deie ; cela n’a point de réglé.
- Il n’eft pas befoin de l’examiner avec beaucoup d’attention pour l’apprécier : entremêlée d’amas fchifteux, dont les lames appliquées lâchement les unes fur les autres , confervent un mauvais pouffier de Houille, elle tient plus dufchifte que du Charbon de terre, 8c eft prefque entièrement abandonnée
- \
- !
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- F
- et de ses mines 83
- aux pauvres fous le nom de Brihuz , f PL E»jîg, 5* )
- Il n'y en a jamais qu'une couche, & elle fert de réparation à un lit de très-peu d'épaiffeur * de maniéré à pouvoir être regardée comme une efpece de nerf, dont les lames ne font pas auflî rapprochées les unes des autres.
- Lorfque les Charbons de terre font comme pierreux 8c chargés de pyrites* ( PL V.fig. 4« on les appelle Bouxtures.
- Cette efpece des plus chétives , ( fi on peut même la ranger parmi les Houilles ou Charbons, ) remarquable par fa dureté, fà pefanteur, affez commune dans les houillieres du pays de Liege, fur-tout dans quelques-unes, n’eft qu'un minéral ignoble, dans lequel la Houille a été remplacée par un amas confus de pyrites, ou jaunes, ou argentines , ou couleur de rouille, mê-* lées avec de la pierre ou de fargille dure, affemblées quelquefois en rognons* quelquefois en gâteaux ronds ou applatis, d'autres fois arrangés par feuillets ; ils pourraient être appellés Drufa Pyritacea.
- Outre la mauvaife qualité de cette MarcaJJîte , il eft aifé de concevoir que ces bouxtures doivent comprimer, déranger 8c dégrader de toutes fortes de maniérés la veine qui les renferme * & celles qui l'avoifinent.
- Lorfqu'on foumet à l'aétion du feu une bouxture, on reconnoît aifément fa compofition ; il n'y en a qu’une très-petite portion qui fe confume : elle rougit & fe couvre d’une petite flamme bleue violette > en répandant une odeur de fbufre très-forte, qui fuffoque ; ce même morceau tiré du feu relie rouge très-long-temps, conferve même fa chaleur ; toute fa mafle qui avoit une dureté conlidérable * fe trouve réduite en une terre rougeâtre d'une couleur mêlée * comme le mâche-fer ; 8c on reconnoît que ce n'eft abfo-lument qu'une glaife dans laquelle les pyrites ont été Fortement paîtries.
- ' Du côté de Jemeppe, ilfe trouve encore une efpece de mauvaife veine de Charbon, dont le Deie eft extrêmement tendre, 8c fe fépare en même temps qu'on en détache la veine ; on l'appelle pour cela mavaJJ'Deie.
- as
- DIXIEME SECTION*
- Etendue de ter rein qu occupent les Houillieres dans le pays de Liege.
- T elles font les différentes efpeces, qualités 8c variétés reconnues dans le pays de Liege par les Borins : l'effet quelles produifent lorfqu'elles font mifes au feu, vrai guide pour décider de leur fupériorité & de leur bonté relatives ; Timmenfe quantité que l'on confomme de cette matière dans ce pays, ont pu feuls fixer l'accord affez général que l'on trouve fur ce point parmi ces Ouvriers , ainfi que la grande habitude où l'on y eft depuis environ cinq à fîx cents ans, d'exploiter ces mines fur l'un 8c l'autre bord de la Meufe.
- j
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- 84 DU CHARBON DE TERRE
- Le terrein qu'elles occupent dans une étendue de plus de fix lieues de Ion-* gueur à droite & à gauche de cette rivière , fur à peu-près autant de largeur, comme on le verra par l’Etat qui va fuivre , préfente une vingtaine de Bures que l'on travaille à l’aide de chevaux ; il y a environ neuf ou dix de ces Bures très-confidérables, & une quantité d’autres qui font moindres , que l’on travaille avec des tours à bras.
- A la rive droite de la Meufe, elles commencent du côté de Ramay, def-cendant vers le Val S.-Lambert, Seraing, où elles s’étendent le plus fur la droite ; Ougrey, le long de la Meufe ; Thiernefie * Angleure , Baine, fur la hauteur ; Robertmont ; & fe terminent dans les environs de Cheratte.
- Le fécond Etat appartient à la rive gauche , où les houillieres commencent du côté de Ampfîn, & vont toujours en devenant meilleures ; c’eft-à-dire, à mefiire qu’elles defcendent fur Chokier, Flemal, Jemeppe, remontant alors à Tileur , S.-Gilles, S.-Nicolas, Ans, à Herftal, où elles paffent dans les environs de Oupeye & Vîvegnis. .
- C’eft ainfi que tout le territoire de Liege fournit non feulement la Capitale & fes environs pour les Ufuines, les Brafferies & le chauffage, mais encore la province de Hefbaye qui eft confidérable ; une partie de la Campine, fans parler de ce,que l’on mene par terre, à Louvain , à Malines, & de ce qui en eft emporté chaque année en Hollande fur le cours de la Meufe , que l’on fait monter à une plus grande quantité que celle qui fe confomme dans le pays.
- Afin de mettre le Leéleur à portée de juger de l’abondance de ces Mines dans le pays de Liege, dont elles peuvent fans contredit être regardées comme une des principales richefles, je vais faire fuivre l’énumération qui a précédé, d’un Etat de tous les Bures ouverts dans les environs de Liege, & j’indiquerai ceux qu’on y exploite dans d’autres cantons du même pays.
- ARTICLE PREMIER.
- Etat de tous les Bures & Mines de Houille des environs de Liege, avec leurs noms & celui des endroits ou elles fe trouvent.
- Rive droite de la Meuse.
- Noms dæs Buræs. rire. FofTe , Bonne-Efpérance ,
- a. Haute Clair,
- 3. Flairante Vonne (1). Chaîne Sifrot,
- y. Chauthier,
- tf. Francoeur,
- (1) Puante Veine.
- -iv
- E X P LOI TA T I O N,
- aux bras.
- aux chevaux, avec machine à vent, aux bras, aux bras.
- aux chevaux ^
- & machine hydraulique, aux bras.
- Situation.
- Vis-à-vis le Monaftere des Dames de Robertmont.
- Village de Jüpille.
- Au-deffus de la précédente à Sevelette.’ Bois de Breux, près le Château de Gail-lardmont.
- Village de Baine.
- Joignant la précédente.
- Rive
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- et de ses mines.
- Rive droite de t a Meuse.
- 2}
- Noms d m s Bu r m s. Exploitation,
- '7e. Foffe , la neuve Houilliere , aux bras.
- 8. Guiermont, Gaillardmont, aux bras.
- p. Aux Piefroufe , aux bras.
- io. Foffe Sainte-Anne, aux bras.
- ii. Foffe diffeppe * aux bras.
- li2. Kodmzée, aux bras*
- U 3. Du Capitaine , aux bras.
- 14. De la Rochette , aux chevaux*
- 1 y. Pougnée d’or , aux bras.
- 16. L’Efpérance.ou foffe Quitiffe, aux chevaux* ,
- 17. Foffe des Maires, 18. Thierneffe, vis-à-vis le Val-Benoît.
- ip. Gourmette, Petits Bures aux bras.
- 20. Hubert Louisj 21. Marie Catherine; 22. Marie Micha Chapa; 23. Honay, 24. Sépulcre, 25*. Sottelet, 2 6. Brifon, 27. Badon Donay, 28. Matthieu Renard g 2p. Dumoulin*
- 30. Gillefon.
- 31. Jarbinet, aux bras*
- Rive gauch
- Noms des Bures» Exploitation,
- 'îre. Foffe , Lambermont, aux chevaux*
- 2. Buffy, aux bras.
- 3* Buffy, aux chevaux* •
- 4. Du Greffier Buffy i
- y. Foffe Makay, aux bras*
- 6. La Beaume, aux bras.
- 7. Del Vigne, aux bras*
- 8. De la Feuille d’or; aux bras.
- p. Delbouc, aux bras.
- fio.
- 11. Al Male baretre, aux bras*
- '12. Del Vignette. aux bras.
- <13. Rigu, 114. Du Bois, aux bras*
- aux bras.
- iy. De l’Efpérance, aux bras*
- ii 6, Dé bleu Mantay. aux bras.
- 17. Moftardy ,
- 118. Dé Bonni, aux bras, aux bras.
- ip. Goffin Daniel, aux bras.
- 20. Vi Filleux, aux bras.
- 21. D’amave, aux bras.
- 22. Du petit Filleux;
- 23. Del Vie Pair, aux bras, aux bras,
- 24. Del Nouve Pair; avec machine à feu.
- 2y. Dé Coquay , aux bras.
- 26. Bouffa, aux bras.
- 27. Petite Potte, aux chevaux,
- 28. De Pery, avec machine à vapeur.
- 2p. Del Pelotte, aux chevaux.
- 30. Beur à Kaff, aux chevaux. •
- SITUATION,
- Près Aley haut.
- Au-delTus du village de Chefnée; Au-deffus de Chefnée.
- Dans les Biens de la Maifon de Gail«s lardmont.
- Près le village de Fleron.
- Près de Fleron.
- Près Veaux , fous Chivremont» Au-deflus du Château de la Rochette g dans la Forêt.
- Au-deffus de la précédente*
- Serraing.
- Serraing.
- Serraing*
- Yv 02;
- Charbon de Terre.
- Situation Flemal baffe.
- Entre Flemal baffe §c SouhOïft A Flemal baffe.
- A Flemal.
- A Jemeppe.
- A Jemeppe*
- A Jemeppe. '
- Au Bois de Mre. Rofe,haut. de Jemeppe? Au Village de Grâce*
- A Grâce*
- A Grâce*
- A Grâce.
- A Grâce*
- A Grâce.
- Au Berleur, hauteur du Village de Môn« tegnée*
- Près de Berleur.
- Hauteur de Montegnée*
- A Montegnée.
- Hauteur de Montegnée*
- Hauteur de Montegnée, au lieu nommé Chantrain,
- Hauteur de Montegnée,près la chauffée-Hauteur de Montegnée, au lieu nommé Verdbois.
- Au Verdbois*
- Au Verdbois.
- Proche l’Abbaye de S.-Gilles.
- Hauteur du bois de St, Gilles, quartier d’Avroy.
- Entre l’Abbaye de S. Laurent Sc FE-* glife de Glain.
- X
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- 86
- DU CHARBON DE TERRE
- Rive gauche.
- Noms dæs B u res*
- B X P LOI TA T I O N»
- Situa t,i»o Ni
- 31e. Fofle , du Lieutenant Bury,
- 32. Jacques Brafleur ,
- 33. Du Bailly Planchar,
- 34. J’affame,
- 3 y. La petite*eau aux champs,
- 3 6. Gilkin , ,
- 37. De la Fontaine,
- 38. Frafette,
- 39. DéCroupet,
- 40. Bourgrave,
- 41. Bonnefin,
- 42. Namotte,
- 43. La Bacneure,
- 44. Le grand Beur,
- 47. Pierre Gille,
- 46:Beau Temps,
- 47. Des Maîtres del Fofle de Ha-remme ,
- 48. Filoz (1),
- 4p. Pechi ,
- 50. Henri Pireme,
- 5*1. Novell Folle,
- Beur Creyr 53. Darimont,
- 5*4. Tibiet,
- 55. Beur des Maifes del Brouck, 36. Le Vertger, •-
- 3*7. Une Fofle, yé.dCrompire ,
- 59. Des Maîtres du Cerifier,
- 60. KouteJoie,
- *.
- <>i.Es Paradis ,
- 62. La Fofle,
- 63. La Fofle ,
- aux bras, aux bras, aux bras, aux bras.
- : aux chevaux,
- aux bras, aux bras, aux bras, aux bras, aux chevaux* aux chevaux.
- & machine à vapeur, aux chevaux, anx chevaux, avec machine à vapeur, aux chevaux.
- aux bras, aux chevaux.
- En Glain-îès-Liege.
- En Glain-lès-Liege.
- Ans.
- Hauteur d’Ans.
- Hauteur d’Ans.
- Hauteur d'Ans.
- Hauteur d’Ans,
- Hauteur d'Ans.
- Proche le fauxbourg Sainte-Walburge. A Sainte-Walburge.
- A Xhovémont.
- Près Herflal.
- A Biernamonr.
- Fauxbourg de Vignis, près la Maifon des Freres Célittes.
- Au-deflus des Tawes.
- Près la ruelle de Wotem.
- Au-deflus des Tawes.
- aux bras.
- aux bras, aux bras, aux bras. aux bras, aux bras.
- aux bras, aux bras, aux bras, aux bras, aux bras, aux bras.
- aux bras, aux bras.
- aux bras.
- Sur la pente de la montagne de la Ci-tadelle.
- Sur la Montagne Paradis.
- Sur le Jardinage de Paradis.
- Près le chemin de Biernamont.
- Près le chemin ci-deflus.
- Près le chemin qui va de Milmortes à J Liege.
- Près le Château du Bouxtay.
- *Même canton que ci-deflus.
- Près la Cenfe appellée Molax.
- Près la Prealle.
- Près le chemin des hayes del Brouck. Au-deflous des prairies de la Commune près du chemin Thierdemont. Commune.
- Dans la campagne des Monts , Jurif-diftion de Herflal.
- Dans la campagne des Monts.
- 64. La Fofle des Dames Religieu-fes de Vignis,
- 65. Des Maîtres Naiveurs ,
- 66. Des Mefliçurs des Beur,
- 6j. La Fofle,
- aux chevaux,
- 1
- Près la Cenfe Ponthier.
- aux bras, aux bras, aux bras.
- Près le Bois Ponthier.
- Village d'Oupeye.
- Près la Maifon ZoIIet, dans une campagne proche Oupeyc.
- (1) Le premier Banc, à la fin de 1761, finifioit à 17 toUès de la fiirface de la terre.
- Des différentes Mines de Houille du pays de Liege qui viennent d'être indiquées , la plus riche eft celle qu'on appelle Hidelette, nom de la première veine , dont les foppes font toujours Jous le gazon.
- Elle eft fituée entre le Monaftere des Chanoines-Réguliers de S.-Gilles & la Chapelle S.-Nicolas * rive gauche de la Meufe ; & fort de centre à toutes les veines de ce canton qui eft entouré par la riviere.
- Elle a 40 toifos de profondeur, & s'étend du côté du Midi jufqu'à la faille, & vers le Septentrion jufqu'à la chauffée de Glaiii & jufqu'aux fauxbourgs de
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- E T D Ë S E S MI N ES. Sf
- JLÎege • enfin du côté du Couchant, les montagnes de St. Laufent > de St* Gilles de Tilleur Sc de Jemeppe , lui fervent d*enceinte. Voy. la Carte fur laquelle Jemeppe qui n’a pu être marqué, répond à la Houilliere /.
- Parmi les veines qui la compofent , il en eft quelques-unes qui ne méri^ tent point d’attention ; d’autres font irrégulières quant à leur volume dans leur étendue , c’eft-à-dire , qu'elles n'ont pasla même épaifleur. En voici Fénumé*
- ration*
- Noms des Veines. Dillance Epaijfeur.
- de îune à ïautre.
- 1 Hidelette Q) ,^. 9 6 ,oifes . r P°»gné® 0 JL.
- 2 Pauvrette, . . . 9 IO 9 0 . 8
- 3 Trovée,. ... 9 IO . 6
- 4 Chagnay, . . . 9 9 • S
- y Monfloige, . * 9 8 . 2
- 6 Baume, .... 9 10 • 6
- 7 BelTeline, . 9 1 . 6
- 8 Moyen (*) , • • 9 12 . 3U2
- 0 Grande Veinette Q) • 12 . io
- 10 Domina, ou grande Vena , 12 . 4*'
- 11 Serilière, * . . • 12 . 10
- 12 Crufny , ... • 12 . 16
- 13 Rofiere (4) , Rofy, ♦ 6 • 8
- 14 Peftay, . . • . • 16 • 9
- 15 Grande Veine, . 9 16 9 9 • *3
- 16 Charnaz prez (*), 9 il . 5
- 17 Maray, .... 9 S • 9
- 18 Quatre-pieds , . . 0 S 9 9 . 10
- 19 Cinq-pieds, 9 IO .
- 20 Koutay, ... 9 S . 6
- 21 Veinette, . 9 6 • S
- 22 BeiTeline, . . . 9 s . 6
- 2 3 Dure Veine, . . • 7 • 9
- 24 Mena, .... • 9
- 25 Gaufmain, . . . • d •
- 26 MavalT Deie, . • • 0 •
- (1) Elle contient une étendue de yo ou 60 journaux.
- (2) Celle-ci, de même que la fuivante, occupe toujours plus de terrein avant de revenir à la furface de la terre, au quartier S.-Nicolas.
- (S) C’eft la plus riche de toutes celles qui fe rencontrent dans ce terrein, auffi eft-elle prefque
- épuifée » ainfi que les veines fupérieures auxquels les on s’eft plus attaché.
- (4) De la couleur de rofe que donne le feu de ce Charbon qui ell très-bon à brûler ; cette veine a 74 toifes de profondeur.
- (f) Les bouxtures y font très-communes.
- ARTICLE SECOND.
- I
- Indiçatjom des Mines de Houille dam quelques cantons des environs de
- Liège.
- JE
- Dans le pays de Limbourg on trouve de Telpece de Houille appellée 2V« roulle. Voy. Seétion 9e. Art. 6.
- 1
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- 88 DU CHARBON DETERRE
- Dans la Seigneurie de Soiron à Fojje, il y a un Bure.
- Ces mines font très-abondantes à Herve ; elles fourniffent non-feulement ce Bourg & fes environs, mais encore la ville de Verviers ; le pays de Lim-bourgfe fournit aulfi de même que les Flamands, aux mines de Saivelette> dont fai parlé , Hameau dépendant de Saive près Belaire , au-delfus de Jupille, & où les Houilles tiennent un peu de celles qu’on nomme graffes.
- Dans la Jurifdiétion de Theux , près du Bourg de ce nom, on a depuis quelques années travaillé à une mine de Téroulle,
- Dans la Hesbaye, on tire de la Houille à Warfufée, fur la hauteur près de la Meufe, venant de Iehay à Liege, de même qu'à Trégimont fur la "chauffée de. Vïrviers.
- Près le village de Bois, & dans fes environs, province de Condroz, on exploite plufieurs mines dont le Charbon eft un charbon tendre.
- Au territoire de Vames , à deux lieues de Mons.
- A Momigny., & dans quelques villages des environs, fur la Sambre, il y a plufieurs Houillieres que l'on confond avec celles de Charleroi, dont la’ balle ville, eft pays de Liège. ' ^
- Mefures (Tufâge, dans la Houïllerie.
- Le Pouce, vaut io lignes.
- Une poignée, 4 pouces environ, hauteur verticale du poing fermé, ftirmofité du pouce.
- -Le pied, 10 pouces
- La toife du côté de Liège, de Serraing, 6. pieds de Liège; de l’autre côté de la Meufe , 7. pieds ou 21. poignées.
- La Verge différé à raifon de la toife.
- La petite Verge, efl: évaluée à 16. pieds quarrés.
- La grande Verge, à 20. petites Verges.
- . SECTION ONZIEME-
- Des Mines de Charbon de Terre dans d'autres Pays•
- uelque circonftanciés que foient les détails dans lefquels on s*eft engagé précédemment fur le Charbon de terre en général, puis enfuite fur celui de Liege en particulier ; comme ces derniers fur-tout fe bornent à ce qui efl: connu & reçu dans un feul pays, ils peuvent* être regardés comme in-fuffifants'pour donner une jufte idée des Mines de Houille , dans le point de vue où l’on le propofe de rendre applicable à d'autres endroits tout ce qui a trait à cette matière.
- Il eft vraifemblable que cette fubftance eft répandue dans toutes les parties de l'univers ; il en eft peu où on ne foit alluré de l’exiftence de ce minéral.
- Les
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- et DE ses mines. 8^
- Les Mémoires de l'Académie Royale de Stockholm démontrent que cette partie , Tune des plus feptentrionales de l'Europe, ne manque point de Charbon de terre. En Suede les Troubles pierreux font nommés SuRjEts , SuperjeÜm
- La partie méridionale de ce Royaume appellée Sund Gothie > ou Gothïe Méridionale, quelquefois Scanie , Schone ou Schonen, poffede à HelfimboUrg une mine de Charbon, dont la veine la plus profonde na qu’un fixieme oti deux quarts d'aune d'épaifieur (a), au lieu de 45 pieds que lui donne l'Auteur de cet article dans l'Encyclopédie,
- A» Gioerarpemolla, près de cette derniere ville, le Salband de charbon efi une pierre calcaire.
- A Bofrup les couches fopérieures laîflent appercevoir fenfibletnent nü tilïii ligneux, & on y trouve une terre d'ombre folide (3), mêlée avec le Charbon.
- Dans la partie orientale de ce Royaume appellée la Weftrogothie à Moetlorp, dans ûne mine d'alun, on trouve du Charbon de terre argilleux.
- Quelques morceaux du Charbon de cet endroit faifant partie de la riche Colleélion de M. Davila, préfentent un refié de nature ligneufe au point que dans quelques-uns on croit reconnoître le tiffdu Heftre.
- L’Amérique Septentrionale a trois principales mines de Charbon dans iTflé Royale ou le Cap-Breton.
- La première efi dans la Bayé de Mordienne.
- La fécondé efi dans la Baye des Efpagnols. ^
- La troifieme efi dans la petite Ifle Bras-d'or s Sc elle a cela de particulier que fon Charbon contient de l'antimoine (4) ; le toit de ces mines efi aulîï chargé d'empreintes.
- L'Amérique Méridionale en pofiede dans le pays de Cumana.
- Un nombre infini de Cantons de l'Allemagne Sc de la Grande Bretagne * doivent à cette production de leur fol l’état brillant de leur commerce, fois par les propriétés du Charbon pour le feu, foit par l'exportation qui s'en fait au-dehors.
- La Suifle, dans plufieurs endroits du Vallais.
- A Luftris, Canton de Berne.
- Dans le pays de Vaud , à Bemond, près Laufanne.
- Dans le Canton de Zurich, près de Schinberg Sc de Thaï, où il s'emploie à cuire la chaux.
- (1) Mine de Charbon de terre, découverte dans la province de Scanie par M, Bentzelftierne, Confeiller du College des Mines, Année 1741. Vol, II. p. 237.
- y) L aune de Suede revient à peu-près à la demi-aune de France.
- (3) Cette terre bitumîneufe appellée quelque-CHARBON DE TERRE,
- fois Momie végétale, dont il a été parlé Seft. If art. 6. efi tantôt folide , tantôt friable , & fe trou^ ve dans beaucoup d'endroits ; il s'en rencontre derrière les Bains de Freyem&fald, dans un endroit nommé le Trou noir.
- (4) Stibium. Platy ophtalmon. B. Spis-glas. Spiu* glas* Antimonic. A.Antimony*
- Z
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- DU CHARBON DE TERRE
- M. Scheutzer (x) fait mention d'une mine fituée dans des endroits bas à Horgen, près le bourg de Kapfne ou Kapfnach.
- Elle eft compofée de trois veines, dont la première a deux pouces d'é-paiffeur ; la fécondé, trois pouces ; la derniere , huit pouces : le Charbon en efl: pyriteux Sc vitriolique (2), femé de débris de coquilles : la première veine efl féparée de la fécondé par un banc de pierre & de terre noirâtre , ainfî que la fécondé de la troifieme.
- La première efl placée fous un lit de terre noirâtre,
- La derniere porte fous une couche de marne pleine de coquilles, Sc ^'Observateur a reconnu que fur la croupe de la montagne voifîne les différentes couches de la mine s’y continuent en bon ordre dans toute fa longueur.
- De ce que cette fubftance fe trouve dans tant de pays ; il réfulte quil efl poffible de rendre complette l'hiftoire naturelle de ce folfile, qui doit rendre plus faciles les moyens de rechercher , de découvrir Sc d'exploiter une matière qui ne peut manquer de Sè rencontrer par la fuite des temps dans-beaucoup d'autres endroits, Sc qui néceffairement deviendra un objet de la plus grande confédération de la part des Gouvernements.
- Je ne me permettrai que l'ébauche de cette entreprise en donnant ici une. courte notice des mines de cette efpece qui fe trouvent en Angleterre Sc en Allemagne ; elle fera accompagnée des différentes descriptions des couches qui les forment dans ces pays étrangers, telles qu'elles ont été données par des Phyficiens & par des Naturaliftes.
- # Ces Morceaux rapprochés les uns des autres dans l'Eflai que je publie aujourd'hui Sur cette Partie, donneront une connoiflànce auffi exaéte Sc auSïi entière qu'il efl poflible de l'avoir jufqu'au jour d'hui de ces mines , de la nature, de la qualité des Subftances terreufes, pierreufes Sc autres, qui avoifi-nent le Charbon de terre dans le fein des montagnes.
- ARTICLE PREMIER.
- Angleterre.
- Le Pays le plus remarquable fans contredit pour l'abondance des mines de Charbon de terre , c'eft la partie méridionale de l'Ifle de la Grande-Bretagne appellée Angleterre : cette partie de cent dix lieues environ dans Sa plus grande longueur, Sc de cent lieues dans fa plus grande largeur, peut être absolument regardée comme un amas prodigieux de Charbon de terre , dont les
- (i) Itineris Alpini Defcrlptio, Autk. Joh. Jacob. Scheutier<>4 Med. D. Mathef. Profejfore. Tigurino.
- (2) Voyez TAnalyfc de ces Charbons dans le même Ouvrage.
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- Ë T D Ë S E S M 1 N Ë S. 9t
- mines y font appellées Indes noires, pat comparaifoü avec les précietifes prô*» durions qui font propres à cette partie de l'Afie.
- Les Provinces ou Shires, dans lefquelles il s’en trouve en plus grande quam tité^ font le pays deSommerfet, aux environs deBath, particuliérement du côté de BrifloL
- Le Glocefler, ( dans les Parties Méridionales ) où le toit des mines eft chargé des mêmes empreintes, qu’à S. Chaumont dans le Lyonnois en France.
- Le Cumberland où tout le terrein eft mine de Charbon Sc Plomb à crayon (*); les mines de cette Province à Witehaven, au-deflbus de Moresby, font les plus profondes que l’on connoifle.
- Le Lancashire dans le voifinage de la montagne nommée Pandl chille, à l’en-trée de Lancaflre, où le charbon eft employé au chauffage Sc à faire des bijoux* comme on fait du Kennel-coal ; à Colne, dont le charbon eft mêlé de pyrites fort dures.
- La Province de Darby dans la partie du Nord.
- Le Nottinghàm.
- Le Northumberland à l’Orient, où fe voient des mines dont le puits a 50 toi* fes de profondeur (1 2), /
- A Nevjcaftle fur la Tine où la mine dont la couverturé eft comme dans cel*> les de Stafford Sc d’Ecoflè, de la pierre à bâtir, préfonte une fingularité re* marquable ; il s’y trouve un fol que l’on dit être ammoniacal. Voyez Seét. IV. Art. 3. Selon M. Geoffroy f3),c’eft un fol marin fublimé par la violence des feux fouterreins , donnant à la cryftallifation des cryftaux cubiques qui an* noncent toujours le fol commun , Sc qui font bien differents du fol ammoniac ordinaire,
- UYorck Shire dans tout le pays de Richemont* *
- Le Shrop Shire.
- La Province de Leycefler, principalement dans les quartiers du Nord , où le Charbon tient de la nature d'un bitume durci.
- Enfin le Comté de Durham où ce foflïle fo trouve ü près de la forface de la terre, que les roues des voitures le mettent à découvert, Sc que les habitants de ce canton en ont aflez de ce qui fo préfente au jour pour leur ufage, pour celui de leurs voifîns, Sc même pour s’en faire un de leurs meilleurs revenus.
- Les Tranfaétions Philofophiques contiennent des defcriptions fort circonfo tanciées de ces mines : je n’ai pu rien faire de mieux que de choifir celles qui fe rapportent le plus avec la méthode que j’ai fuivie dans la defcription des Houiliieres du pays de Liege, ou qui font les plus intéreflàntes par quel*
- (1) Nigrica fabrilis. Mer* Pin* 218. Plumbum nigrum. off. Worm. Majfa nigra ad pnigytham refer enaa. Voy. Sam. Dal pharmacol. pag. 22.
- (2) Le pouce d Angleterre eft de 8 lignes» Le
- pied* 11 pouces 3 lignes* La verge ,yard, 2 pieds 9 pouces 9 lignes de France. La brade, fathorn , 6 pieds. Latoife eft la même chofe*
- (3) Mat. Medic» Tom* I*
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- DU CHARBON DE TERRE
- ques particularités : ainfi toute cette Section eft extraite de cette fameufe Collection.
- Pour y mettre un certain ordre, je préfenterai d'abord un Projpeffus général qui épargnera les Notes, & facilitera la lecture fuivie de ces Morceaux détachés.
- TABLEAU général des Mines de Charbon d’Angleterre, des Matières
- qui s'y rencontrent le plus ordinairement , des particularités les plus remarquables dans les Veines de ce Pays > &c*
- Toutes les couches au milieu defquelles fe trouve le Charbon de terre > font entremêlées de lits formés de fiibftances terreufes peu compactes ; voy* Sect. VIL Art. i. & de fub fiances pierreufes qui les féparent de diftance en diftance. Voyez Sect. VII. Art. 2.
- Les terres font pour la plupart glaifeufes ou marneufes, c’eft-à-dire , du genre des crétacées , & tenant plus ou moins des argilles.
- Marnes, Argilles, nommées en général par les Anglois Klays,
- Les Naturaliftes en ont établi beaucoup d’efpeces, que les Agriculteurs Anglois ont réduites à fïx ; comme la plupart de ces marnes fe rencontrent, ou peuvent fe rencontrer dans les fouilles de Charbon de la Grande-Bretagne ou d’autres pays, il peut être utile d’en donner ici l'énumération, telle qu elle fe trouve inférée dans les Notes dont le fçavant M. le Baron d’Olbach a enrichi la Traduction quil a publiée de la Minéralogie de M. Jean-Gotfchallc Waikrius.
- Cowstu Marle, qui tire fur le brun & qui efl mêlée de craie.
- Stone Marle , Marie-pierre ; Stale Marle , Marie vieillie ; Flag Marle , Marie foible, de couleur bleue, qui efl: comme pourrie, 8c que la pluie ou la gelée décompofent facilement (‘J.
- Peat Marle , T^ing Marle , qui fe trouve dans les montagnes, de couleur brune, d’un tiiîii ferré 8c compact, très-grade au toucher.
- Claye Marle , de couleur bleue ou rougeâtre, relfemblante à l’argille, mais entremêlée quelquefois de pierre calcaire.
- Steel Marle , ou Marne dure, qui fe trouve communément dans les galle-ries des mines , & qui fe partage en cubes.
- Paper Marle, qui fe trouve dans le voifînage des Charbons d.e terre femblable à des morceaux de papier gris, d’une couleur quelquefois plus claire : les defcriptions connues des mines de Charbon n’en font point mention , du moins fous ce nom : mais en voici d’autres dont il efl fbuvent que£ tion dans les defcriptions des terreins qui avoifinentle Charbon en Angleterre,
- (1) Cette efpece fe rapporte allez à TAgaz, ou Agai. VoyeiSçet. VII, Art. 1, p, 47.
- fçavoir
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- £T DE SES MINES. ^
- fçavoir, le Malm ou Loam , Terra mifcdla, Terre partie glaifeufe & partie fa* bionneufe, c’eft-à-dire, tenant de la glaife & du fable dans une égale pro*
- portion C)k
- Le Clunch -, Argille , ordinairement tirant fur le bleu ; j’en ai un morceau dont la confiftance eft pierreufe , d’un grain très-fin & fofceptible de poli : le /çavant Auteur des Notes ajoutées à la Traduétion des Expériences Phyfn-ques de Hauklbée , dit que cette argille bleue & fine eft celle que Wallerius dans là Minéralogie, Tom. I.p. 3t. défigne fous cette phrafe, Argilla plaflicè particulis fubtïlioribus, dont on fe fert en Angleterre pour faire des tuiles qui font extrêmement dures.
- Dans le Cambridge-Shire le Clunch eft une argille blanche, dure , contenant du fable, ou de petites pierres rondes. Voyez l'Abrégé des Tranfaétions Philofophiques de Lowthorp , Tom. II. p. 455*
- Le Cow-shot eft encore une marne, ou terre marneufe, tantôt dure, nom-? mée alors Cow-shot stone , tantôt moins folide. il s’en trouve une élpece dans les mines de Charbon d’Yorck-Shire, connue fous le nom de Cow-shoI?
- clay ; elle eft favoneufe & feuilletée. Voyez le même Abrégé qui vient d'être
- * >
- cite.
- Ils ont une autre efpece de marne douce quils appellent Gubbing.
- Enfin , une troifieme très-rare , dont il fera parlé à fa place*
- Ceux qui feront curieux de connoître la variété prodigieufe des terre! répandues dans le voifinage des mines, peuvent cônfulter le détail inféré dans le Volume de l'année 1679. des Tranfàétions Philofophiques fous le titre > Enumération des différentes Matières quon trouve en creujant le Charbon de terre dans lè Comté d'Yorck, communiquée par M. Maleverer d'Arncliffe au Doéteur Martin Lifter, du College des Médecins Sc de la Société Royale , N°. 250. Art. 2* & on trouvera fur ces fubftances minérales, tant celles qui font répandues dans le fol de la Grande-Bretagne, que celles qui font connues ailleurs, des éclaircilfements très-intéreftànts dans le Traité d'Hiftoire Naturelle de M*
- HiI1 C).
- Cliffs, Rocks, Pierres.
- Les matières pierreufes qui fe trouvent dans les minés de Charbon d’Am* gleterre,& qu'on appelle eri général Rocks , cliffs (3),Thorny clifts , font en général d'une roche défignéefous le nom de Sand stone, Freé stone (4), qui eft une efpece de grez ordinaire , dans lequel fe font appercevoir dé
- ( 1 ) Cette efpece pourroit fe rapporter aux deux premières couches qui forment communément les premiers lits de la couverture terreufe du pays de Liege. Voye\ Sed. IV. Art. i.
- (2) A general Hiftory, Or riew and accurate Defcriptions of the animais, vegetables , and minerais, &c. Lond, in fol. iyyy.
- Charbon de Terre.
- (3) On verra par la fuite que ce mot Clifb à dans les mines de Charbon de la Grande Bretagne différentes lignifications.
- (4) Saxurrt arertarium. Saxum petrôfum arenaceo» Jiliceum. Saxum petrôfum arenaceum. Waller. Ammi^ tes. Pierre fabloneufe, B. Zand-fteeh. Moriel-ftèen*
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- 94 DUC HA RB 0 N DE TERRE
- petits cailloux qui font comme cimentés enfemble dans du fable.
- U s'y trouve encore un Roc très-dur appelié Rock flins stone (*) , des Roches de pierres à paver* d'ou elles portent le nomPAViNG stone, ou Pe-nant , & des efpeces de cailloux qui fe trouvènt en couches entières , & non en mafTes détachées comme les cailloux ordinaires ; ils les nomment Whin > Rock (1 2) ; dans quelques parties de l'Angleterre on les nomme Chirt, ou Whern,
- j
- Bats ou Rübbish * Couches minces, Ardoifes charhonneufes♦
- Toutes les mines de Charbon qu'on connoît en Angleterre font formées de beaucoup de lits, compofés de couches diftinéles, mais dont un grand nombre font trop terreufês, ou fchifteufes , ou n’ont pas alfez d’épaifleur pour être profitables ; ce qui fait que dans plufieurs cantons on fe contente de creufer avec des bêches, & qu'on ne s'engage dans l'exploitation que lort qu'on a atteint la maûrejfe ou principale veine , à laquelle on s’attache feulement , négligeant abfoiument toutes les autres de peu de conféquence, qui fervent de féparation aux couches des mines de Charbon : les Experts pour les mines de Charbon, appellés en Angleterre Viewers, confondent ces lits > de quelque nature qu’ils foient , fous le terme générique Bat : dans quelques endroits on les appelle Rubbish , qui fignifie Rebut, Fretin : les Ou- , vriers paroilfent même comprendre fous ce nom tout Charbon groffier, ou qui a peu d'épaiffeur, & à cet égard on pourroit le regarder comme le Brihaz des Liégeois. Voyez Seét. IX. Art. 6, & PL V’. fig. p
- Les Bats font quelquefois ferrugineux, ou même de bonnes mines de Fer.
- Àffez ordinairement ils font noirs , liés enfemble par une matière qui leur eft propre , Sc dont le grain paroît marneux ; il en eft qui forment des lames entremêlées d’une fubftance argiileufe pareille à celle des ardoifes que l'on a vues, ( Seét. VIL Art, 3. ) être la fubftance dominante dans les couches de Charbon.
- M. Mendès da Cofta dans fon Hiftoire Naturelle des Fofliles (3) * donne la defcription fuivante de deux efpeces de ces fchiftes.
- Schiftus niger, Shale, Bajfy Shiver, Lithantraxflerilis nigraJquammoJa, Short's, Nat. Hift. of the minerai Waters of England , Vol. I. p» 25. 27. 33. & fajjim alibu
- Black Shale, a fort of flate ftone, Phil. Tranfaél. N°. 407. nouvel Abrégé des Tranf. Philof. de M. Martins. Vol. VIL pag. 190.
- Schiftus nigricans friabilis, Jcriptura alba. Linn. Syft. Nat. p. 1^4. N°. 3.
- (1) Rocher en peloton, connu en général dans les mines fous Te nom de Roche fauvage.
- (2) Pierre fabloneufe difperfée indiftin&ement
- & ifolée comme des pierres avortées. Voyei Sec-
- tion VII. pag. 41.
- (3) Natural. Hiftory of Foflils. Vol, I. part. 1. London, m-40, I7J7»P* 167* N°. 3.
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- ET DE SES MINE Si 95
- Fitt'üh mollior. Fijfilis frtabilis. Waller. Species 70. Ardefia Eijlebenjîum mollior nigricans. HenckcÜ Epbem. Nat. Cur. Tom. V. p. 328.
- Ceft une terre fchifteufe grofliere, de couleur noire foncée, inégale Sc terne à fa furface ; elle efl: médiocrement dure & plutôt légère que pefante j d'une texture ferme & ferrée , qui la rend impénétrable à i’eau ; fi l’on y trace des caractères,ils font blancs.
- Cette efpece appellée communément Shale dans le Derbishire, eft formée de beaucoup de couches depuis le Day ou la furface de la terre, juf* ques dans la profondeur ; la couche qui efl: près le day, efl: toujours plus tendre que celle qui efl: la plus enfoncée , au dire des Houilleurs, ( Colliers ), qui afîiirent qu'elle fe trouve plus ou moins dure , plus ou moins compaéte, félon que les couches qui Tavoifînentfont plus ou moins folides, plus ou moins tendres : fa texture varie , comme fa confiftance, en proportion de la profondeur à laquelle elle efl: placée ; de façon que la même couche dans le point qu'elle approche de la furface de la terre , acquiert quelquefois une contexture très-feuilletée : mais fi on la fuit dans fon enfoncement en terre, on remarque qu'elle devient plus dure , & prend une forme de plaque, elle eft quelquefois femée de loupes ou nœuds , qui tiennent de fa fubftance ; ce qui varie félon la couche fïipérieure ou la couche inférieure ; parce que fi la fiipérieure efl: pierre à chaux, elle devient plus féche, plus dure , plus caflante, & fe délite à l'air ; fi elle efl: deflus une couche de Bind , qui efl: plus mafîive & plus coriace, elle efl: plus terreufe & plus tendre.
- On le trouve aufli en couches très-larges dans les cantons de ce Royaume qui renferment du Charbon, & généralement au-deflus du Charbon.
- Ce fchifte expofé à l’air s’effeuille d’abord , enfuite fe décompofe au moyen des fels dont il efl: généralement très-impregné , qui s’effleuriflent : il efl: trop tendre pour faire feu avec l'acier, & prend en brûlant une couleur cendrée.
- La fécondé efpece de Schifte de M. da Cofta efl: nommée Schijlus ter-rejlris niger carbonarius p. i<58. IV. FîJJïlis Jinelamellis niger, quoad particulas tantum cum fijfilibus conveniens, FiJJilis carbonarius. Waller. Spec. 6j. p. 130. Schif-tus fijjîlis vulgaris nigricans friabilis. Append. Ephem. Nat. Curiofor. Tom. VI. p. 132. N°. 2. De Schiflo , ejusindole atque geneji Meditationes Theophr. Lang.
- Celui-ci efl: fort terreux, de couleur de jayet, doux, poli, & brillant à fa furface : tantôt fa texture efl: ferme, tantôt elle efl: friable & lâche, jufqu’au point de fe divifer facilement en lames.
- Ce fchifte efl: pefant & d’une moyenne confiftance ; cependant l’eau ne le pénétré pas , & étant ratifie il donne une poudre noirâtre.
- Il efl: trop tendre pour faire feu avec l’acier ; en brûlant il prend une couleur d un rouge pâle & blanchâtre, reffemblant exaélement, à cela près qu’il eft feuillete, a un morceau de terre à pipe féche.
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- S>6 DU CHARBON DE TERRE
- Ce fchifte fe trouve dans les terreins d’où fe tire le Charbon en Angleterre , & eft toujours placé fur le Charbon, particuliérement dans le Sommer-shire & dans l’Yorck-shire.
- Dans fes cafles il fait voir entre les lames dont il efl: formé , des empreintes très-diftinéles & très-agréables : dans les fchiftes les plus mous & les plus friables, comme dans ceux de Sommer-shlre , on rencontre plus fouvent les impreffions de la fougere , du rofeau & des plantes graminées ; mais dans les fchiftes qui font plus durs , & qui ne s’éclatent pas fi facilement en feuil-- lets, comme ceux d’Yorck-shire Sc du pays de Galles, les impreflîons font très-rares, elles forment des rézeaux > des écailles & des ouvrages en nœuds, Sc ils font marqués de deffeins de plantes inconnues.
- Cette efpece fe trouve fur le Charbon dans plufieurs parties de l’Europe Sc d’Angleterre, & efl toujours chargée d’empreintes.
- Tous les fchiftes qui fe rencontrent dans les mines de Charbon de quelques endroits de l’Europe, ne font que des variétés de celui-ci, de même que celui que les Anglois appellent Bind , qui efl le Schijlus teireflris carbona-rius, cœruleo-cinereus deM. da Cofta, pag. 167. N°. 3. qui au toucher, a la même douceur, & à l’œil, la même apparence feuilletée que l’agaz, ou l’agay, & la craw des Liégeois. Voyez Seét. VII. Art. 1.
- Toute efpece de fchifte qui fe trouve dans ces mines efl: nommée Ardoije charbonneuje , & peut fervir de pierre à marquer : on en trouve de différentes couleurs, mais ce qu’on nomme Schtflus carbonarius, Ardoije charbonneuje, eft toujours un fchifte gras, dont plufieurs bitumes folides, inconnus aujourd’hui, font peut-être des efpeces. Voyez Seét. III. p. 16. Sc fui vantes.
- Il y en a une efpece qui fe rencontre fréquemment, défignée dans les mines fous le nom de Tile stone , Pierre de tuile, efpece de grez feuilleté d’un rouge-brun , mêlé avec un fable ferrugineux, & fe divifant en écailles minces , ce qui fait penfer à M. Defmarets que le Tile ftone feroit bien nommé Grez ardoije
- C’eft au milieu de cette maffe auffi confufe que variée, que les veines de Charbon fe prolongent dans une étendue confidérable de terrein d’une façon qui leur eft particulière, en maniéré de grandes bandes nommées par les Anglois Sïreack, lefquelles ont une direction régulière communément de l’Eft à rOueft, que les Anglois expriment par le mot Drift, manège, ou allure. (Voyez Seét. VIII. p. 64.) dans une inclinaifon, qui conftitue le pendagedes veines ; ce qu’ils nomment Cliff, Clift, Penchant, Pente, ou Defcente.
- (1) Voyez fes Notes fur la Defcription d une Mine de Charbon du Comté de Staffort, Volume II; des Expériences Phyjïques de Haukfbée.
- Cliff
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- Cliff , Cltft. Pendage des Veinest
- Lés veines , ainfi qu’ il a été dit, Seét. VIII. p. 64. s’élèvent ôu penchent ïî infenfiblement, qu’on n’apperçoit que difficilement leur déclinaifon de la ligne horifontale : les unes ne s’enfoncent que d’une braffe , dans une éten^ due de dix jufqu’à trente braffes ; d’autres dans l’étendue de cinq pieds, déclinent d’un ou même de deux pieds ; d’autres même s’élèvent prefque à-plomb du centre de la terre à la fuperficîe.
- Ces pendages font défignés par des noms particuliers ; ils appellent la pre-miere elpece Flat broad coal , parce que la veine ne s’élève ^ ou ne le penche qu’en pente douce.
- Ils appellent la fécondé elpece Hanging coal, Charbon pendant*
- Enveloppe des Veines*
- Le Charbon confdéré dans fon épaiffeur préfentê dèux parties; fçavoir § le faîte & l’affile de la veine : le ïoît ou fommet, nommé Pitch , ordinairement Roof of the coal, eft un roc noirâtre & dur ; il reflemble beaucoup par fa couleur au Malm; mais en-deffous il eft d’un gris-rougeâtre, variant dans fa folidité , plus dur en quelques endroits que le maim ; d’autres fois fi dur, qu’il faut faire jouer la poudre à canon pour le brifer : par-toüt où l’bn rencontre ce rocher, nommé par les Mineurs Cliff, On eft fur de trouver du Charbon de terre , dont il fuit l’allure & le pendage , devenant de plus en plus noir à mefure qu’il avoifine le Charbon de terre. Voyez Seél. VU. Art. 3. p. 54. Le détail des mines d’Angleterre fera voir que dans ce pays c,etté partie du toît qui touche le Charbon , eft nommée différemment dans plusieurs cantons. Affez communément fon épaiffeur eft de trois pieds.
- Dans une mine du Comté de Cumberland> éloignée delà Mer de 20 verges , le Plancher ou Sol eft nommé the Sile of the coal ; dans quelques mines il s’appelle Bottom , qui veut dire le Fond ; dans d’autres ils le nomment Floor , Fondement, Voyez Seél. VII. Art. 3. p. yy.
- A Witeharen (') il s’eft trouvé un accident trop iïngulier pour n’être pas mentionné ici; la couverture compofée d’un roc noir, épaifle de 6 pouces, en* foncée en terre à la profondeur de 42 braffes, étoit fendue régulièrement en quarrés d’environ fix pouces de diamètre, de maniéré qu elle paroiffoit com® pofée d’autant de pièces rapportées.
- Tête des Veines*
- L extrémité ou la tête des veines, qui vient fe montrer aü jour avec îei (1) Tranfaftions Philofophiques , ân* 1763.^®. 429. pag. ïOp.
- Charbon de Terre. B b
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- 9s DU CHARBON DE TERRE
- couches qui les accompagnent, eft nommée Cropping of the coal , ou fim-plement Crop , & dans les Parties Septentrionales Basseting.
- La lubftance qu’elles donnent dans cette extrémité eft bien un vrai Charbon , mais foible & très-friable. Voyez Se<5t. VI, St Seél. VIII. Art. 2. C’eft peut-être auflî ce qu’ils nomment quelquefois Day coal, Charbon du jour , Charbon de la furface.
- Traps,Gags,Dikes Ridgs, Rubble s. Obftacles, Troubles pierreux.
- L’étendue que les veines parcourent en longueur (Stréack) leur manege, (Drift) leurpendage (Cliff^ les veines elles-mêmes fe trouvent différemment altérées & dérangées par les pierres qui les approchent, plus ou moins , qui les reflerrent & les dégradent de différentes maniérés.
- Les Ouvriers Anglois défignent en général ces dérangements fous le nom de Trap, dikes , qui revient affez à Pexpreffion françoife Digue, pour lignifier fans doute l’obftacle qu’oppofent à la marche ou à la continuité des veines ces jettêes pierreufes formées la plûpart par le Flins stone , quelquefois par le Whin rock; St qui font d’autres fois de la nature du Free stone ou Sand stone.
- Relativement aux dégradations que ces Dikes produifént fur le Charbon de terre, ils en diftinguent deux efpeces qui fe rapportent avec celles reconnues au pays de Liege.
- Sçavoir , i°. les Dikes qui appartiennent au toit ou au plancher de la veine , qui portent fur là tête , ou compriment le plancher ; ils les nomment Traps
- GAGS.
- 20. Ceux qui appartiennent, pour ainfi dire , au corps de la montagne , qui féparent en entier toutes les bandes dont elle eft compofée, St par confé-quent les veines de Charbon qui s’y rencontrent ; ceux-là font nommés Rubbles , Ridgs.
- Les Gags ou traps qui preffent la veine en en-bas, c’eft-à-dire, qui la font enfoncer plus qu'elle n’auroit fait fi elle n’avoit pas été dérangée de là direction naturelle , fe nomment Down gags , Trapsdown, Down DiKES^’eft-à-dire , Parois qui font enfoncer.
- Ceux qui élevent la veine plus quelle ne fembloit devoir s’élever, fe nomment Ups gags , Ups dikes.
- Les Troubles qui n’appartiennent point à la couverture des veines, mais qui ne font pas moins contraires & à leur continuité St à l’exploitatiom font des roches brifées, accumulées en défordre, de maniéré à former une lùite plus ou moins vafte, plus ou moins volumineufe, qui coupe St fépare en profondeur tout le terrein d’une mine.
- On le nomme tantôt Ridges , c’eft-à-dire. Chaîne deferre, quoique ce mot
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- ET DE SES MINES. 99
- fignifie suffi Sommet, tantôt Rubbles , Rubbish, c’eft-à-dire, Ruines, 'Décombres> Débris, ce qui rend affez bien l'idée quon doit fe former de ces troubles qui font abfolument ce que les Houilleurs Liégeois appellent Failles, à raifon fans doute de ce qu’elle fait manquer ou faillir la veine , du vieux mot Faille qui vouloit dire Faute, Manquement. Voyez Seél. VIL Art. y.
- Il paroîtroit cependant que ces Rubbles ne font quelquefois que des brouillages dans un des lits de terres Sc quife trouvent par intervalles dans les minesè
- * ARTICLE SECOND,
- Des Couches de Charbon de terre de Mendip dans le Comté
- de Sommer [et (x).
- Près de Chéwmagna Sc dans toutes les mines de ces contrées , les veines oh! Une pente oblique , approchante de celle que l’on a coutume de donner aux toits des bâtiments , & qui* au rapport des Ouvriers, eft de 22 pouces fur une bralfe.
- Ce pendage n’eft perpendiculaire ou horifontal., que lorfqu’il eft interrompu par une Ridg, chaîne pierreufë , compofée en partie d’argillè, en par-‘ tie de roc, Sc que l’on pourroit regarder comme l’effet de quelque violenté fecouffe, laquelle en féparant Sc en confondant les veines, a produit des vui-des dans lefquels s’eft fait cet empilement de Roches (z).
- Dans les mines de Stowy, comme dans celles de Faringdone , la veiné court vers le Nord-oueft , Sc le puits eft du côté du Sud-oueft : mais plus on avance vers cette partie, plus la veine s’incline de ce côté, Sc c’eft tout le contraire lorfqu’on pouffe la fouille du côté du Nord-eft : fi les Ouvriers en avançant les travaux , viennent à rencontrer une Ridg, ils remarquent que la veine au-delà fe trouve plus baffe : c’eft au point que la veine coupée par la Ridge devient fupérieure , Sc fe trouve au*deffus de la tête des Ouvriers, lorfqu’ils font au-delà de cette chaîne de pierre ; au contraire quand ils continuent leurs ouvrages au travers de la Ridg, en dirigeant la fouille vers le Nord, ils dilènt que la veine s enfonce, ce qui fignifie qu’ils la trouvent fous leurs pieds Q) ; dans les ter-reins bas ou dans les vallées , la fuperficie eft en général d’un fol rougeâtre i à environ deux pieds de profondeur, il dégénéré en Malm ouLoam ; fouvent il couvre un Roc rougeâtre , Frée-ftone , qui a 4 , y , même 12 , 14 toî-fes de profondeur ; alors on rencontre une Roche dure , d’abord grifâtre, en** fuite d’une couleur brune ou noirâtre, appellée Cliff, coal clives, Couche en pente <£r réglée, comme le charbon : mais dans cette partie on ne rencontre jamais le Frée-flone dans le charbon , comme à Newcafile, comme dans le Staffordshire ; la
- C1) Tradudion d’une Lettre de M. Jean Stra-chey au Dodeur Welfted. Voyez les Tranfadions Pniioiophiques, année 171p. JNK 360. Art. 4,
- (2) Voye% Sed* VII. pag. 6i. 0) Voyez Sed. VIII. pag. 6f.
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- ÏOO DU CHARBON DE TERRE .
- confiftante de ces couches varie beaucoup ; il en eft dans quelques endroits qui font un peu plus dures que le Malm ; il s’en trouve d’autres qu’on eft obligé de faire éclater par le fecours de la poudre à canon : elles ne different pas moins entre elles par la couleur qui vers le Top eft rougeâtre ou grife, 6c devient noire foncée à mefiire qu’elle approche du Charbon de terre :* quand les Ouvriers apperçoivent cette couleur noire , ils font sûrs de ne pas tarder à rencontrer le Charbon ; il arrive feulement quelquefois que ce premier Charbon n’eft pas encore d’une qualité qui puifle les dédommager.
- A Bishop Sutton près de première veine eft appellée Stinking vein.
- ou Veine puante : le Charbon en eft dur mais d’une odeur fulphureufe ; il eft bon pour les ufages méchaniques. Voyez Seétion III. p. i j.
- Environ à y braffes Sc demie , quelquefois , mais rarement, à 7 braffes de ce premier banc, Je préfente une fécondé veine non inflammable , pierreufe* qu’on nomme Cast head , Cath ead , Tête de chat (') , ayant 2 pieds d’é-paifleur.
- AJ ou 7 braffes à peu-près au-deflous de cette fécondé veine , fe trouve le Three coal vein , la Triple Veine, ainfi nommée parce qu’on y apperçoit dif-tinéfement trois efpeces : entre la première 6c la fécondé couche qui la corn* pofent .> fe remarque un lit pierreux d’un ou deux pieds d’épais ; mais la féconde Sc la troifieme paroiflent appliquées l’une fur l’autre, fans interpofition de matière quelconque ; en tout il a 3 pieds d’épaiflfeur (*).
- A 8 ou 10 braffes du Thrée coal fe préfente la veine Peacokoupeaw vêïn, ainfi nommée des marques en forme d’yeux , diverfifïées de plufieurs couleurs, qui ornent la furface de ce Charbon (3), dont le fommet Cliff eft entremêlé de coquillages foflïles 6c d’impreliions de fougères ; ce qui eft conftam-ment un indice de cette veine qu’on cherche toujours à environ iy braffes au Nord-eft de la première ; mais ce Cliff qui fépare le Peaw vein du Thrée coal, eftiujet à donner de l’eau (4).
- A la profondeur d’environ y ou 6 braffes fous le Peau-veîn, on parvient à la veine de Charbon de forges, Smith coal , qui eft dur 6c de Tépaiffeur d’une verge.
- (1) Les Ouvriers ont peut-être voulu exprimer par ce nom la dureté de cette couche, qui n’eft point par-tout de mauvaife qualité.
- (2) Cette triple veine, ou veine de trois Charbons , prend peut-être encore fon nom de fon épailfeur qui eft de trois pieds, comme à Liege une veine de cinq pieds eft appellée Cinq-pieds.
- VoyeçSed:. VIII. Art. 2. Comme auiïidans lamine qui eft à l'Occident de Dudley, il fe trouve une veine dite Charbon de pied.
- (3) La defcription de ce Charbon qui eft fou-vent nommé dans les mines d'Angleterre, a be-foin d'être éclaircie fur deux points, i°. Cette partie ou la furface du Peaw-vein n’eft que le joint des lits horifontaux. 20. Pour ce qui eft des marques agréables qui lui ont fait donner fon nom, il
- A peu-près
- paroit d apres ce qu’on a vû Seftion IV. Article 1. Sedion VII. Article p. page 60. Sc ce que l'on verra à l'Article des Mines de Stony Eafton , & de celles de Buckingamshire , où il fera queftion de ce Feaw-vein, que ce ne font pas toujours de véritables yeux de plume de paon qui y font repréfentés, mais que ce n'eft quelquefois, Sc peut-être allez fouvent, qu'une forte teinte jaune , comme dorée Sc changeante, dont le faux éclat imite les couleurs d’une queue de paon ; il s'en trouve de pareils dans les mines de Charbon de beaucoup de pays , foit dans le voifinage des troubles pierreux, foit ailleurs ; ou il pourroit n’ê-tre regardé que comme une variété particulière du Charbon commun.
- (4) Voyei Sed. VII. Art. 4. p. c8.
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- jç X D Ë SES 34 INES. io±
- À peu-près à la même profondeur fe trouve la Veine coquiliiere , ShellY vein ; Sc au-deflous une de dix pouces d épais , laquelle eft d’une qualité G médiocre , quon ne la travaille pas : on croit que cette derniere porte fur une autre veine,
- A Faringdone y environ à quatre milles des mines de Suttône > on trouve les mêmes veines , ou du moins des veines qui conviennent en tout avec celles de ce dernier endroit ; mais comme Faringdone eft à 4 milles au Sud-eft de Suttone y les veines y font un mille & un tiers plus profondes ,' & fuivent un cours régulier*
- Cependant comme de fait le puits n’a à peu-près que la même profondeur , les veines qui s’enfoncent en un ou en plufieurs endroits , & qui acquièrent une profondeur en tout égale à celle qu’on obferve dans les autres mines , donnent lieu de préfumer qu’il y a dans le voifinage un Trap Q) qui occafionne cet enfoncement*
- Entre Faringdone Sc High Littleton , les mêmes veines paroiflent tenir un cours régulier ; dans ce dernier endroit les plus enfoncées d’entre elles donnent le meilleur Charbon, au lieu qu’à Faringdone le Charbon le plus enfoncé eft de moindre qualité (*).
- D’un autre côté les mêmes veines fe retrouvent dans la Paroiflè de Stanton Dreuo, à un mille au Nord-eft des mines de Stonon7 avec cette différence que dans ce dernier endroit elles fe détournent un peu, en fe dirigeant prefque vers le Nord, Sc rencontrées comme elles y {ont par une Rxdge elles fe plongent du côté de l’Eft.
- La ftirface de la mine de Stanton eft un mélange de Malm rougeâtre, mais immédiatement au-deflous, elle dégénéré en Iron gritte Q), ou en Tile stone une couleur grife > qui eft un avant-coureur du Coal clives : du reftd
- elles font femblables aux mines de Stoivy.
- Dans la même Paroiflè de Stanton Drewy en tirant vers l’Oueft y il y a une autre mine de Charbon en exploitation; mais les veines en font, à tous égards, differentes de la précédente ; leur direction ou leur cours eft au Soleil de cinq heures, ( ou dans l’Azimut de cinq heures du matin ) comme ils s’expriment; elles tendent au Soleil de cinq heures du loir, c’eft-à-dire, qu’elles courent à peu-près du Nord-eft au Sud-oueft. •
- Quoiqu’il y ait dans cette mine plufieurs veines * on n’en travaille que trois* La fiipérieure épaifle d’environ trois pieds y produit un Charbon menu, propre à la cuiflon de la chaux, d’où on l’appelle Lime coal Q).
- La fécondé, placée à environ 3 bralfes au-deflous de la première, eft épaifle de deux pieds Sc demi, Sc donne un Charbon propre aux feux des cuifines*
- (1) Voyez Art. i. pag. p8.
- (2) Voye% Se<3:. 9. fur la qualité du Charbon relativement à fon enfoncement en terre,
- Charbon de Terre.
- (3) Fer commun*
- (4) Voyez pag. 96.
- (/) Voyez Seét. Art» jf*
- j
- C 6
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- ioî DU CHARBON DE TERRE
- La veine la plus inférieure eft à peu-près à la même profondeur au-def-fous de la précédente, elle n’a que io pouces d’épaiffeur : le Charbon qui en provient eft dur & bon.
- A Cluîton, à environ deux milles de ces dernières, 8c dans la même Drift , c5eft-à-dire, vers le Sud-eft quart Sud , on retrouve les mêmes veines ; le fol eft dans ce quartier d’une couleur rouge, à la profondeur de io & quelquefois 14 braffes: durefte il ne différé point de celui des mines de Stanton Drew.
- A Burnet, Queen-Charlton 8c Brifleton, on connoît quatre veines qui fe dirigent prefque vers le Nord, 8c par conféquent la Drift fe trouve à peu-près Eft 8c Oueft : le fol eft formé d’une terre rouge jufqu* à la profondeur de 4 ou 5 braffes. A Brifleton , la première ou la fupérieure de ces quatre veines a depuis trois jufqu’à fix pieds d’épaiffeur ; à Charlton 8c à Burnet, elle eft un peu moins confidérable. La fécondé nommée Pot-vein , fe trouve à fix braffes au-deffous de la première elle a 18 pouces d’épaiffeur, & contient un Charbon dur (Hard), La troifieme qu’ils appellent Trench-vein, fe trouve àfept braffes au-deffous de la précédente,elle a depuis deux pieds & demi jufqu’à trois pieds d’épaiffeur, 8c eft toute d’un Charbon folide. La quatrième que l’on ef-time fe trouver à fept braffes au-deffous de la précédente , fe nomme Rock vein : ce nom lui vient d’une couche de plus de vingt pieds d’épais, qui lui ferr de couverture ; la fubftance de cette couverture eft le Paving stone , appellé aufîî Penant.
- La couche de Charbon dite Rock vein, n’eft jamais exploitée par le même puits ( Pit ) , que les veines précédentes, 8c ce puits a 200 verges plus en tirant vers le Sud, ou comme ils s’expriment, to Land.
- Toutes les veines de ces contrées ont le même pendage oblique, couvertes chacune de leur Clive qui fuit la pente de la veine : elles s’enfoncent ou s’élèvent d’environ 22 pouces par braffe , 8c font accompagnées des mêmes bancs de terre , de marne & de roche ; mais leur Drift , leur épaifîeur , leur qualité font différentes. Comme le Charbon fe tire en général dans les vallées, on remarque pareillement que les montagnes qui fe trouvent entre ces mines, ob-fervent auffi quelque chofe de régulier par rapport aux différentes couches de terre 8c de pierre qui les compofent ; car dans ces montagnes, ( celles qui fe trouvent entre ces différentes mines ) toutes les couches de pierres 8c
- de marnes ont un cours borifontal : ce qui forme la cime eft un tuf mêlé avec
- \
- une terre jaunâtre fpongieufe 8c avec de l’argille (*) , puis des lits de Lyas ou Lime stone.
- A 8, 10 pieds de profondeur environ, 8c 6 pieds au-deffous du Lyas,à travers des marnes jaunâtres, ou trouve dans plufieurs couches une terre bleue approchante de la marne, qui a environ trois pieds d’épaiffeur : elle en couvre une autre de couleur blanchâtre & de trois pieds d’épaiifear.
- (1) Ce Tuf eft nommé Stony Arable.
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- ET DE SES MINÉS. 10$
- Le lit qui lui fuccede eft une marne d’un bleu foncé , qui eft molle , graffié 8c favonneufe ; l'épaiffeur eft de fix pieds (*), dont fix pouces font une couche de MarcaJJites ( )•
- Ayant obfervé les couches (?) de pierres , d'argille, de marne , qui compofent les collines lltuées dans cette partie , où le rencontre auffi une terre jaunâtre , fpongieufe , placée au-dellous d'une Marne noire (*), j'ai reconnu les mêmes fubftances au-deflus du fol 8c de cette couche de terre rouge légère (Mould), que l'on a vu former la fuperficie des vallées, dans lefquel-les fe trouve le Charbon ; 8c comme cette terre rouge fuperficielle fe change en* marne, la même vers le Nord-oueft, du même canton & du côté de Win» fort, où elle eft éloignée des couches de Charbon, devient une Ocre rouge dont on fe fert principalement pour marquer les moutons, 8c que l'on emploie auffi à la place de l'ocre d'Efpagne , dans la préparation des toiles pour les Peintres ; on s'en fert auffi fréquemment pour fophiftiquer le Bol d'Arménie (1 2 3 4 5).
- Mais je ne fçache pas qu'il fe trouve du Charbon de terre à l'Oueft ou au Sud des collines de Mendip. Les mines de ce Charbon me paroiffent fe terminer du côté du Nord-eft à Cotjiuold, 8c aux collines de craie des Dunes de Marie-borough , dans le Wiltshire 8c aux plaines de Salisbury, Capitale de la même Province , du côté de l'Eft 8c du Sud-eft , dont lafig* 2. Pl. XL peut être regardée comme une coupe en allant du Sud-eft au Nord-eft, 8c comprenant toutes les veines depuis la fuperficie jufqu'au fond : la fig. 3. PL XI. comme une coupe faite à angles droits avec la première, & dont la direétion eft du Sud^ pueft au Nord-oueft.
- La Fig ure IL fait voir une de ces interruptions formée par un Rîdge ou Ru-ble qui arrête la continuité des veines, & qui tantôt les fait élever (Trap up}, tantôt les fait abaiffer ou enfoncer (Trap down); cesRüBLES n'ont pas quelquefois plus d'un pied d'épais ; d'autres fois ils s’étendent à plufieurs milles.
- (1) Vraifemblablement c'eft le Cow-shot Mark, Voyez pag. 93.
- (2) Sulfur ferro mineralifatum , formâ cryftalli-fatâ. Marchajita. Cryftalli pyritacei. Drufa pyritacea LWalIer.
- (3) Defcription des couches de Charbon de terre ,par M* Jean Strachey. TranfaEHons Philofo-phiques, an. 1725*. N°. 391. Art. 1. (ce qui fuites eft une Traduction).
- (4) Efpece rare & peu connue ; près de Cel* îerfeld au Hartz il s'y en rencontre une dont Bruck-mann fait mention. Epiflol. Itinerar. 44.
- (y) M. Hill dans fes Notes Phyfiques & Critiques du Traité des Pierres de Théophrafte , ob-ferve que l'ocre rouge eft auffi commun & auffi
- bon en Angleterre que l'ocre jaune ; qu'ils fe trouvent l'un 8c l'autre tantôt en couches entières , tantôt dans les fentes perpendiculaires des couches d’un autre genre * qu’il s'y en rencontre d'une couleur admirable 8c d une finefte extrême : il fait mention d'un Morceau venant de la forêt de Dean au Comté de Glocefter, qui égale pref-que celui que les Peintres eftiment tant, & dont ils font un fi grand ufage fous le nom de Rouge Indien , Terra perjica, Terre perjîque, au point qu'à Londres il fe débite fous le même nom , Indian Red , quoique plus pâle, mais d'une contexture plus belle , ce qui fe rapporte avec l'ocre de Winfort, 8c feroit croire que c'eft le même*
- (
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- Dü CHARBON DE TERRE
- ARTICLE TROISIEME.
- Staffordshire.
- Dans les mines de cette Province le deffus des couches de charbon eft Formé par le Frée stone.
- Il s’y rencontre aullîune autre pierre nommée parles Ouvriers Fire stone, comme s’ils vouloient Fappeller Pierre de feu : l’examen du morceau qui m’en a été envoyé, ne peut fournir à l'explication de ce nom ; c’eft une efpece de grez. qui frappé avec l’acier ne donne des étincelles que dans quelques parties, & qui doit fa confiftance à une très-petite quantité d’argille.
- A la vûe il reffemble à la craw des Liégeois. Voyez SeéL 7. Art. 1. Il en différé par fa pefanteur qui eft plus confidérable , & par là confiftance qui approche davantage de celle d’une pierre.
- Outre les différentes efpeces de charbon défignées dans les mines qui vont être décrites, il y en a une efpece très-dure, que l’on y croit être la Pierre Obfidienne des Anciens (’).
- Dans la Partie Septentrionale de cette Province appellée Moore Lande, le charbon eft dur, luifant & léger , mais il fe coupe facilement par pièces ; c’eft peut-être la même efpece nommée à Charlton & à Burnet Trench-vein. Voyez pag. 102.
- Defcription des différentes Couches de terre, Pierre, Charbon, trouvées dans une Mine de Charbon a VOccident de Dudley dans le Comté de Stafford, Par M. Feltiplace Beîlers, de la Société Royale (1 2).
- Epaisseur* pieds, pouces,
- I. Argille jaunâtre, immédiatement au-deffous de la terre végétale. 4
- II. Argille tirant fur le bleu ... y
- III. Argille tirant aufîi fur le bleu, mais plus compaéte & plus ferme, appellée CluncH par ceux qui travaillent aux mines ; elle eft pour eux un indice certain du voifinâge du Charbon t on y trouve des empreintes de plantes, Minerals plantes ... 24
- IV. Argille de même couleur que la précédente , mais dont les molécules étoient plus tendres' & moins ferrées...................p
- V. Un banc de Pierre grijè d’un grain fin i elle fervoit de bafe im-
- médiate à la couche précédente ; cette efpece ne fe trouve que dans quelques mines feulement • • . . . . 4
- (1) Voye% Seétion III. pag. 17.
- (2) Voyez les Tranfa&ions Philofophiques. an. ^712. N°. 3 $6. Art. xi. Ce morceau a été inféré en François dans le fécond Volume de la Traduction des Expériences Phyjiç[ues de Haukfbée,
- fécondé édition augmentée de Remarques par M. Defmarets : celles que j’y ai ajoutées, quoique de peu de conféquence, ne m’ont pas femblé inutiles.
- /
- VI. Argille
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-
- V
- et DE SES MINES:
- VLArgille aflez femblable à celle du N°. I. excepté quelle étoit plus blanche* . * • * • • 21
- VIL Un banc de Roc dur Sc d’une couleur grife ; on y remarquoit quelques empreintes de végétaux , dont les traits n étoient pas diftinéis. . . . . . . . • 1$
- VIII. Clunch tirant fur le bleu Sc compaél, aflez femblable à celle
- décrite au N°. III. on y trouve auffi des Minerals-Plantes. . £
- Cette couche qui eft alTez femblable à celle indiquée au Numéro XIII. que Ton verra > n’a pas été prife* , x
- IX. Bench coal , Charbon en banc. . . . x
- X. Slipper coal (') , Charbon moins noir & moins luifent que le
- précédent. . . , . - • • «3
- XI. Spin coal , Charbon plus noir Sc plus luifant (z), . . 4
- XII. Stone coal , Charbon de pierre aflez femblable à celui que
- Ton appelle Cannal coal • . . • .4
- Ces quatre derniers lits étoient féparés les uns des autres par des Bats de Pépaifleur d’un écu de fix livres Q) , en tout, X
- XIII. Subftance noire appellée Dun-Rony bat , c’eft-à-dire, Lit ou
- Suite de Terres dures. • ’ . • . . . r
- XIV. Mine de Fer grife , dure, appellée Dun-Row , Banc gris ; Iron stone, Pierre de Fer en grenailles (4)
- XV. White-Row , Banc blanc > quoique bleuâtre; Bat bleuâtre,
- dans laquelle fe trouve I’Iron stone , femblable à celle de la couche qui fuit. . . . . .
- XVI. Mine de Fer noirâtre dure , formée en petits grains, (*) qui
- étoient féparés par une fubftance blanche, d’où elle eft appellée par les Mineurs White-Row grains , Banc blanc grainelé, ou Iron stone , Pierre de Fer. . . . . .1
- XVII. Mine de Fer grife dure, tachée de blanc, appellée Midrow-
- grains , Banc grainelê mélangé (6f ....
- XVIII. Gublin-bat , Subftance fiflile noire Q),
- 1O5
- fîedft fonces.
- 3
- 2
- 2
- (1) ec Efpece de'Charbon rempli de trous ; il » préfente une mafie fpongieufe , ouverte comme M une pantoufle ( V. note 8. p. 107 ), allez fem-
- blable à la mine de Fer percée de trous, nommée 33 Mine à tuyau
- (2) Voyez Seft. III. pag. 17. & 18.
- (3) Voyej pag. 5)4.
- (4) Argille brouillée ferrugineufe, très-pefan-te , mêlée confufément de lames fpatheufes très-épaifles, qui font effervefcence avec les acides.
- (5) Minera Ferri nigricans. Mine de Fer noirâtre en grains, cc Elle eft compofée de petits grains » iemblables a la dragée ou petit plomb ; on peut 35 les féparer à coups de marteau.... Cés grains 35 font tantôt grands , tantôt petits ; on l’appelle
- Charbon de Terre.
- 33 quelquefois pour cela Grainelée. Waller, p. 463 ™
- (6) Minera Ferri grifea punffiulis micaiu. Mine de Fer cendrée, remplie de points brillants» Waller. pag. 464.
- (7) M. Defmarets foupçonne que c’eft la Terre bitumineufe feuilletée, décrite par Waller. Efpece 207. p. 37p.Vol. I. Terra bituminofa fijjilis. Ampelitis Agricolæ. Pharmacitis. Voy. Sed. III. du préfent Ouvrage. « Elle fe divile par couches 6c par feuil-53 lets , comme les Charbons de terre Sc l’ardoife. « Elle eft dure dans certains endroits , Sc plus ten-33 dre dans d’autres : outre cela , vû la proximité 33 des couches de mines de Fer qui avoifinent cel-33 le dont il eft queftion, elle peut contenir de
- Dd
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-
- xo6 DU C HA RB O N D E TERRE
- pieds, pouces.
- XIX. Gublin-iron stone , Mine de Fer dure, noirâtre , tachetée
- de blanc (*)• ••••••• 9
- XX. Bat , fort relfemblant au N°. XVIII. • . . .16
- XXL Cannoc ou Cannoc-iron stone, Mine de Fer dure , grife. 6 XXII. Bat , un peu plus dur que le N°. XX. . . . r
- XXIII. Ruble-iron stone , Pierre de Fer en débris ou en grains ;
- Mine de Fer gris-foncé Sc dure. ^ 6
- XXIV. Table-bat , fe trouvant immédiatement au-deflous du précédent lit. ........ 2
- XXV. Foot-coal , Charbon de pied , Charbon grolîier ('3). _. r
- XXVI. Bat , noire , caftante Sc brillante. . . . ,6
- XXVII. Heathen-coal. . . . . . . 6
- /
- XXVIII. Subftance alfez femblable au Charbon de terre ordinaire,
- Sc que les Mineurs nomment Bat, peut-être à caufe qu5il ne broie pas bien (4). . . . . . . ' . x
- XXIX. Bench-coal , Charbon en banc.. . . . .2
- XXX. Bat , dont la profondeur eft égale à celle de toutes les cou-
- ches précédentes , fçavoir de 188 pieds Sc demi au-deflous duquel eft encore un Bat. ....... 6
- 93 la Mine de Fer noirâtre feuilletée , Minera Ferri 99 nigricans lamellofa. Cette mine fe divife auffi par 99 feuillets 5c elle eft compofée de lames très-ai-93 fées à diftinguer. Voyez Waller, p. 464. Àinfi on 99 peut confidérer cette couche XIX. comme une » mine de fer, dans laquelle la terre bitumineufe 99 feuilletée eft abondante , ce qui fera applica->9 ble aux fubftances des Numéros XX. XXII. 5c 33 XXIV.»
- ( 1 ) Minera Ferri nigricans, punSlulis micans. « C'eft la Mine de Fer noirâtre & pleine de points 3» brillants de Wallerius. Elle eft , dit cet Auteur,
- pieds. pouces«
- Total. . . 180 6
- 99 remplie intérieurement de pailles 5c de raies lui-99 fantes ; il s'y trouve des paillettes brillantes quî 99 varient pour la fîneffe. pag. 463 99.
- (2) Voyez pag. pp. ce que Ton entend par le mot Rüble.
- (3^ L'épaiffeur de ce Charbon paroît fournir l'explication du nom qu'il porte. Voyez Seft, VIII. Art. 2. Sc pag. <24.
- (4) Ce que j'ai dit pag. P4. explique la raifon pour laquelle les Ouvriers l'appellent ainfi, Bat, défignant toujours une couche mince ; une brique oupiece de Brique , eft nommée Brick-Bat.
- Etat des Couches qui compofent la Aline de Charhon de terre de H^edneyjbury (*), à trois milles de Pojle de Lichfîeld, communiqué par M. Godefroy de Villetaneufe, 21• Mars 1765,
- verges« pieds. pouces,
- 1. Brïck-kiln-clay , Terre à brique. ; . 4
- 2. Wratch ou Rotten-stone , Pierre pourrie. . 2
- 3. White-flackey clunch (2), Marne feuilletée
- 5c blanche. ....... 6
- 4. Thi n-coal, Charbon maigre, léger, bon à brûler. 1J
- 5. Black-rock , Roc noir................. 2^
- 6. Black-bat , plus foncé que le N°. III. . 6
- ( 1 ) On n’ufe pas pour le chauffage d’autre Charbon que de celui-ci à Birmingham, Walfall, Willenhall, Wolver Hampton, Bidfton, 5c autres endroits.
- (2) Elle eft blanche feulement par comparai-fon ; elle eft dans un état plus pierreux , 5c ref-ferable au N”. XIV. mais plus douce au toucher.
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-
-
- et deses mines.
- 107
- 7-
- I.
- II. in. IV.
- .v.
- VI.
- VII.
- VIII.
- IX.
- X.
- XI.
- XII.
- XIII.
- XIV.
- XV.
- XVI.
- XVII. XVIII.
- XIX.
- XX.
- Short-earth , Terre courte ou maigre. Bluc-clay , Ciay bleue. .
- White-clay, Clay blanche.
- Iron-stone, Pierre de Fer. . .
- 8. 'Vein, qu’on enleve avee la pique.
- 9. The Benchs , c’eft un Bac dur 8c noir do. Hard-bat, Bat dur. .
- !i i. Heathen-coal , bon pour le feu.
- 12. Table-bat (i), Bat feuilleté.
- ,13. White-clunch, tendre , environ.
- 124. FLACKEY-Rock (2). Pierre feuilletée, environ ij. White-cutting Rock, fe taillant aifément(3)
- environ. . . .
- 16. Fire-stone...............
- 17. Bind feuilletée (4). . . •
- 118. Whet-stone , Pierre à aiguifer , environ Hp. Clunch (y) , mêlée de Bind.
- 20. Grey-rock , Roc gris., environ.
- 21. Clunch. .
- 22. Gubbing , Marne douce (6).
- 23. Tough-peal.
- 24. Sheep-skin , environ. .
- 2y. Black-bat , Bat noir. .
- 26. Cha.nce-coal , premier Charbon
- 27. Clunch. . • . i
- 28. Main-coal , Mafle principale de Charbon,
- compofée des lits qui fuivent :
- 28. Premier plancher nommé Bright-peal (7). 2p. Rough-floor.
- 50. ToPP-SLIPPER (8) PARTING. .
- 31. Topp-slipper.
- 32. Gey-clay parting , environ.
- 33. Geys-coal geais (9), Charbon.
- 34. The-lamb.................
- 35. The Kitts. . .
- 35. The Benchs. . .
- 37. The Corns ou Brazils.
- 38. Bottom-slipper coal, Semelle du fond.
- 39. Bottom-coal, Bat-coal , demi- verge, fça
- voir le Rubbifch.
- 40. Slips-coal. Charbon mêlé, brouillé.
- 41. Stone-coal parting. .
- 42. Stone-coal , Charbon de pierre. ,
- 43. Springs-coal. . . ,
- 44. Slipper-stone .
- 4y. Slippers.................
- 46. Humphrys-black bat. .
- 47. The Humphrys. .
- Cette mine en couvre une autre par même gradation, commençant par l’Iron-ftone, enfuite une Terre légère, puis un bon Charbon de trois-quarts de verge.
- verges, pieds, pouces.
- 2
- y
- 10
- 2
- 2
- 1
- 1
- 2 r
- 2
- 6
- 27
- 30
- 2
- 2
- I
- 4
- 2
- I
- ±
- (1) Noire, luifante 8c crevalfée, elle va en pente, donne de Peau qui porte fur la couche fuivan-te, N°. XIII.
- (2) Les acides n’y produifent aucune effervef-cence, il ne fait point feu avec le briquet. C’eft une argille très-folide qui hape légèrement à la langue , 8c qui eftfemée de mica ; à l’œil elle eft très-femblable au Grez des Liégeois. Voyez Sed. VII. Art. 2.
- (3) Efpece deRidgepofée perpendiculairement.
- (4) Voyez Art. 1. de cette Sed. pag. 9 6.
- (y) Ce-Clunch eft plus doux que le N°. XIII.
- (6) Le morceau que j’ai de cette matière, rek
- femble fort à l’Agai ou Agaz des Liégeois , c’eft une argille pierreufe 8c très-pefante, mais qui n’eft pas feuilletée.
- (7) Appelié Charbon de 10 verges.
- (8) En prenant dans la lignification littérale ce mot Slipper, qui donne d’abord un fens finguîier 8c qui n’en donne aucun, il eft vraifemblable que ce N°. 30. & les autres appelles de même , font réputés la femelle, une couche ou un charbon qui fert d’alïife nommée à Liege Sol, par les Allemands Sholl,
- (9) Lapis Gagates, Qharlet. A. Jet. Voyez Sec? tion III. p. 16.
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- io8
- DU CHARBON DE TERRE
- ARTICLE QUATRIEME.
- Buckingham-Shire*
- A fîx milles au Nôrd de Stony Eaton, il y a fix différentes mines de*Charbon, dont quelques-unes renferment des particularités remarquables qui font inférées à la fuite d’Obfervations faites dans les mines de Charbon du Comté de Sommerfet (*) : voici en quoi elles confiftent.
- La couche qui fe rencontre ordinairement fur le Charbon, ( dont fai donné à part (une connoiffance fuffifànte, page 97. ) eft jonchée d’une infinité d’empreintes de plantes de plufieurs efpeces (*)>
- Au-deffus de ce Cliff. eft placée communément une autre couche , femée dans toute fon étendue de Marcassites arborescentes (1 * 3 4 5 *) ; les Marchands l’appellent Thormy-clïfT , ) ce qui pourroit fe traduire en François par Pierre herborife'e , ou mot à mot, Roche représentant des huijfonsi
- On trouve dans ce quartier des veines plus Julphureufes les unes que les autres ; on y en trouve une où ce minéral eft répandu en fi grande quantité dans fes joints, qu’elle en eft comme toute dorée ; les Marchands lui donnent j à caufe de fbn brillant, le nom de Veine à queue de paon (j).
- Enfin dans une de ces mines on a trouvé jufqu’à deux ou trois cents pe-fant d’une excellente mine de plomb, en Anglois Load (s ) > formé’fur une veine ; & la fubftancé de ce Charbon étoit femblablement teinte de jaune par le foufre, ce qui a été regardé comme une fingularité qu’on n’avoit pas encore obfervée dans ces mines (*).
- Lancashire.
- Cette Province maritime d’Angleterre, le long de la Mer d’Irlande, abonde en mines de Charbon ; il y en a plufieurs dans les environs de Wigan ; la fiiperficie eft d’une terre communément blanchâtre, couchée fur une pierre feuilletée, qui couvre un Roc dur fous lequel fe rencontre une pierre métallique (7), très-compaéle & d’un bleu foncé (8).
- (1) Obfervation faite dans les raines de Charbon du Comté de Sommerfet par M Jean de Beaumont. Hoock Collection, N°. 1. Art. 2.p. 61.8c dans l'Extrait de Lowthorp. Vol. II. p. 4.5*8.
- ( 2 ) L'Obfervateur donne à cette couche le nom de Branched-clift, qui littéralement lignifie Caillou chargé de dejfeins en ramage, comme on a vu que les Houilleurs de Charleroy le nomment Caillou fleuri. Voye% Seft. 12. Art. 4.
- (3) Cette expreffion Angloife que nous avons confervée, me paraît lignifier que cette couche eft pyriteufe 8c femée d’impreflions de plantes.
- (4) Foye? fur les Charbons colorés Sed. IV. Art. 1. à la pag. 100. Sed. VII. Article 5*. & ce qui en a été dit au fujet de celui qui fe trouve dans la mine de Bishop Sutton.
- (5) Plumbum. G. Bien. B. Lood. Sued. Bly.
- (JS) Les Anglois plus réfervés que les Liégeois
- quand il s'agit de défigner par des noms la qualité fulphureufe, grade ou maigre du Charbon ', en ont un qui pourroit etre le même que celui dont if eft queftion : je le placerai ici afin que les Curieux aient fur cela tout ce qu'il eft polîible de raffembler, c'eft le Fat coal , ou Charbon gras , nom qu ils donnent au Charbon fujet à prendre feu dans la mine ; vraifemblablemenc par la quantité de pétrole qu’il contient : ils ne font cependant pas ufage de ce Charbon. Voye% ce qui a été dit, Sed.-IV. Art. 2. fur le foufre du Charbon de terre.
- (7) On n’a pu s’affûrer fi elle eft bien carac-terifée, ou fi c'eft uniquement d'après fa couleur quelle eft appellée Métallique.
- (8) La partie du toit qui approche la veine, eft nommée dans cette Province Black baft.
- Vient
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- et DE SES MINES. ïô^
- ' Vient enfuite une nouvelle couche de pierre bleue compare , quoique tendre.
- Par intervalles on trouve fous cette pierre une mafle que les Ouvriers ap* pellent Devils pape, en François Teton du Diable. C’eft une Pyrite cuivreujh en filons, qui différé des Pyrites en roignons , en ce quelle décrépite aü feu , ÔC qu'elle a befoin d’un fondant pour donner fon métal. Outre ce que je viens d'en dire pour la ranger dans la claffe à laquelle elle appartient ; j'ai obfervé que cette fubftance étoit fufceptible de recevoir des empreintes à fa fuperficie* Un des morceaux qui m'ont été procurés par M. Godefroy de Villetaneufe, laiffe appercevoir dans plufieurs de fes furfaces qui font très-iiffes & très-polies , une couche très-mince , marquée diftinéïement de bandes ftriées*
- C'eft: principalement dans les mines de cette province & dans celle du Cheshire que fe trouve le plus beau Charbon de l'efpece appellée Kannel* coal, dont il a été parlé Seét. I. & qui fe rencontre auffi parmi d’autres Charbons dans quelques cantons de l'Angleterre. Il eft aflfezremarquable par fa nature, par fa différence d'avec lesefpeces ou les variétés nombreufes que l'on cônnoît maintenant , pour ne pas profiter de l'occafion de s'y arrêter en particulier.
- Il s’en trouve proche Haigh, une mine dans laquelle les Ouvriers donnent le nom de Black>baft à une Pierre d’ardoifie noire, que Woodward obfervé être le Schiflus terrejlris, niger, carbonarius, ou une variété qui ne différé qu'en cé qu'elle eft plus dure & moins feuilletée (fi). Voyez Seét.XI. Art. i.p. py.
- La mine dont je vais donner l'état, qui m'a été communiqué par M. Godefroy de Villetaneufe , eft à un mille de Wigan ; elle a 76 verges de profondeur.
- Mine de Cannel ou Canole-côal.^)
- De la fuperficie au roc , fon épaiffeur eft depuis 3 jufqu’à 8 verges.
- Le roc a % pieds d’épais ; il eft couché fur la pierre métallique bleue foncée, qui a 46 verges d’épaiffeur.
- Deffous fe préfente un Common-coal , dont la veine a y pieds d’épaiffeur.
- A 30 verges au-deffous eft placé le Cannel-coal, dont fépaifTëur eft d’une verge & deux pouces.
- Ce Charbon appellé par M. Hill Ampelites (*) , « efl: un foffile dur, fec, opa-» que, inflammable, qui fe trouve par veines continues & étendues, d'une » ftruéture fine & liffe , qui fe caffe facilement en tous fens , qui eft fort lé-» gere , très-dure , non fufible, mais très-inflammable, & qui donne en bru-» lant une flamme blanche, vive & éclatante.
- (3) A général Hiltory or new and accurate De£> criptions of the animais, vegetables , and minérales, of the differents parts ofthe world; by John. Hill. Lond. 1748. in-fol. Art. des FoJJiles Jimpks inflammables, première Suite.
- (1) Woodward , Cat. b. a. 108»
- (2) Qu on ne s’étonne pas de voir ce mot écrit de plufieurs maniérés ; les Ouvrages Anglois que j ai confultés , paroiffent avoir prefque chacun une façon de 1 ortographer.
- Charbon de Terre.
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- no DU CHARBON DE TERRE
- » Il a déjà été obfervé que plufieurs Auteurs ont jufqu ici confondu le Jay » avec la fubftance ci-defliis : cependant la dureté de celle-ci qui eft plus » confidérable , Sc la circonftance de former des lits continus, n’y eût-il en-» tre elle Sc le Jay d'autre différence , fuffiroient pour les faire diftinguer , le » dernier caraétere étant fi effentiel au fofiile dont il s’agit ici, qu’il faut faire » de lui & du Jay deux ordres différents de foffiles.
- » U Ampelites y quoique de beaucoup inférieur au Jay y a plufieurs égards , eft » cependant un très-beau foffile : c’eft un corps d’une lubftance tres-dure , » compacte , d’une contexture ferrée , unie Sc régulière y & cependant mal-»gré fa dureté il eft finguliérement léger. Safurface eft affez douce &unie, » quoiqu’il le foit moins au toucher que le Jay. Il le trouve par couches ou » lits y qui ont fouvent douze pieds d’épaiflfeur Sc plus ; Sc qui font fiijets à » être coupés ou interrompus par des cavités y les unes perpendiculaires , les » autres horifontales , aux parois des plus grandes defquelles on trouve fou-» vent du Spar cryftallifé , Sc dont les plus petites fe trouvent remplies de » fubftances de même nature , qui forment alors des veines blanches d’une » affez belle apparence. Cette fubftance eft fort dure, fe cafte également » en tous fens, & les caflures en font affez liftes , & ont quelque chofe de bril-» lant lorfqu’elles font nouvellement faites. Elle eft d’un fort beau noir ; mais » ce noir n’eft ni aufll foncé, ni aufli luifant que dans le Jay, Sc quelque mince » qu’elle foit, elle n’a aucune tranfparence.
- » Elle ne fermente pas avec l’eau-forte.
- » Vue au microfcope, elle paroît d’un tiffu uniforme & régulier, & fi on » l’examine avec plus de foin, on la trouve formée d’une infinité de petites » lames fortement adhérentes les unes aux autres, & parfemées d’un grand » nombre de petites taches d’un plus beau noir & plus luifantes que tout le refte, » qui font vifiblement formées par une matière bitumineufe plus pure en ces » endroits que dans le refte de la mafle. Ces taches font répandues par-tout » uniformément.
- » On trouve ÏAmpeUtes dans plufieurs cantons de l’Angleterre ; mais le plus » beau nous vient de Lancashire Sc de Cheshire. Pour l’ordinaire il eft fitué à » une grande profondeur. Il donne un feu très-vif, s’enflamme violemment » pendant un court efpace de temps, forme enfuite un feu rouge Sc ardent qui » dure long-temps, Sc fe réduit enfin en une cendre grife qui eft en petite » quantité, la plus grande partie de cette fubftance s’étant diflipée pendant » la déflagration. Outre cet ufage , ÏAmpeUtes eft fiifceptible d’un très-beau » poli ; & dans les pays où on le trouve, on le travaille au Tour, & on en fait » une infinité de Bijoux, des Tabatières, Sc autres chofes femblables, qui fo » prêtent à toute la délicatefle du Tour, & font extrêmement brillantes lor£ » quelles ont reçu la derniere main».
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- ET DE SES MINES.
- NoRTHUMBERLÀNDk
- lit
- De tous les endroits de la Grande-Bretagne qui renferment du Charboft de terre > les environs de Newcaftle font ceux qui en fournilferit le plus communément pour les feux de Londres Sc ceux de la plus grande partie du Royaume;il s’y en débite par années 600000 chaldrons (*), & il en part tous les ans deux mille vaiflèaux qui fe chargent à Scheals : cette Ville doit autant fon accroiflement à fon port* qu’au grand trafic qui s’y fait du Charbon de terre. Une defcription circonftanciée du Charbon de Newcaftle, dont j’ai parlé, Seét. I. pag. 3. ne fera point déplacée ici : la voici telle que la donné M. Hill dans fon Hijloire Naturelle.
- Newcastle coal , Charbon de Newcaftle. Lithantrax lucida>
- friabilis. III.
- » Ce Charbon friable 8c luifant, d’une texture douce Sc égale > eft plus » léger que toutes les autres elpeces , & tient un milieu entre le Kannel-coal » Sc 1 ’Ampelites.
- » Sa furface eft irrégulière Sc inégale ; il nous arrive ordinairement en mafleS » larges Sc épaifles, qui ne font pas abfolüment* applaties, & qui ont diffé^
- » rentes formes.
- » Dans la mine, il eft dilpofé par grandes couches, difpofé irrégulièrement » par lames : il fe détache de la mine en pièces qui affeélent naturellement » une configuration large Sc platte , plutôt qu’aucune autre , mais qu’elles né » confervent pas long-temps , parce quelles font fi fragiles quelles fe fépa^ » rent tranfverfalement : fa furface eft douce, polie , très-brillante, d’une » couleur noire, foncée Sc éclatante ; fous les doigts,il eft moins rude qu’aux. » cun autre , il fe rompt avec une aifànce allez grande.
- » Il ne fait point d’effervefcence avec l’eau-forte ; examiné au micrôfcopé » il paroît irrégulièrement feuilleté, d’un tilîii ferré Sc d’un très-grand briL » lant : il s’enflamme très-aifément, mais ne s’en réduit point pour cela plus » promptement en cendres.
- » On tire ce Charbon de plufieurs endroits, Sc différent en qualité ; le » meilleur eft connu parmi les Marchands fous le nom de Fanfield moor, » parce qu’on le tire des marais de Fanfield ; celui-là eft fec, léger & d’une » belle couleur argentine ».
- La fécondé efpece de la meilleure qualité eft le Charbon de Heam , ap-* pellé de même Charbon de Nevocajlle, quife coagule au feu comme le Fanfield*
- Ils en ont un dans cette Province nommé Crow coal, qui fe trouve auffi dans le Cumberland.
- (1) Contenant 35 boifleaux.
- \
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- na DU CHARBON DE TERRE
- Le deflus de la veine nommé Pon-top , eft encore une bonne elpece, de même que le deflous appelle Top ; qui l’un & l’autre font 1 écaillé fupé-rieure Sc l’écaille inférieure du Charbon, Charbon du toit. V. pag. 4. & p. 70:
- Le Clift nommé dans les mines'de Birmingham Branched clift , marqué de Phymypolithes 9 de tiges ou de feuilles de plantes , Sc qui eft un-indice de Charbon, eft nommé dans cette Province Plate , ainfi qu’à Durham.
- D’après les remarques de M. Jean Stçachey* inférées dans les TranfaBions Thilofophiques , an. 172J. N°. 391. art. 12. p. 396. les mines lituées à Widring-ton près Berwick qui confine à l’Ecoffe, font compofées d’un litd’argille de quatre verges d’épais, qui peuvent être évaluées à douze pieds.
- Au-deffous vient un lit de Charbon d’environ fix pouces ,-qui ne mérite au-i
- 1
- cune attention.
- Suit un lit de Pierre-de-taille.
- Puis une couche de pierre dure, plus dure que le grez, appellée Whin. Voy ez Art. r. de cette Seél. page 94.
- Au-deflous eft un lit de terre-glaile de deux braffes d’épaifleur.
- Plus bas, une pierre blanche tendre.
- Après laquelle fe préfente la veine de Charbon qui â 3 pieds 9 pouces
- df /
- épais.
- Les veines de ce quartier courent vers le Sud-eft, Sc leur inclinaifon eft d’une verge fur 20. ,
- Le Charbon en eft menu ( Small ) , & de la même nature que celui de Newcaftle, que l’on tranfporte à Londres ; mais il lui eft inférieur en qualité.
- Pays de Galles. .
- Walle-s coal,Charbon de Galles, Lithanthrax lucida, durior.
- II. Hill. page 417.
- La province de Galles eft remarquable en ce que «Je Charbon dur, lui-» fant qui fe vend quelquefois à Londres fous le nom de Charbon d’EcoJfe, Sc » que l’on eftime beaucoup , parce que c’eft celui qui donne le moins de fu-» mée , vient de la province de Galles ; aufli, quoiqu’il s’en trouve de lèm* » biable dans d’autres parties de l’Angleterre, il eft connu dans quelques-» unes fous le nom de Charbon de Galles,
- » Il eft ferme * compacft, d’un tilfu ferré, uni & régulier ; il eft très-pefànt : » la furface eft au toucher aflez liffe & polie.
- » On l’apporte d’ordinaire à Londres en morceaux plats, irréguliers Sc peu » volumineux.
- » Dans la mine, il eft difpofé par couches très-Jarges Sc très-épaifles ; fa tex-» ture écailleufe fait qu’en le frappant, ou en le caffant, il fe divife naturel-' * lement en feuillets.
- » C’eft
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- et DE SÈS MINES* lt$
- » C’eft l’efpece la plus dure de tous les Charbons, fans néanmoins i’êtré » autant que 1 Ampelite.
- » Quoique les feuillets qui compofent fa maiïe ne foient pas réguliére-^ ment affemblés dans une direction horifontaie, il fè fépare plus aifément » dans cette direélïon que dans aucune autre : lorfqu’ii eft nouvellement brifé , » il eft d’un luifant très-éclatant & d’un très-beau noir foncé.
- » Il ne fait pas effervefcence avec l’eau-forte : examiné au mictofcopë, fort » tiflîi feuilleté paroît fi nud qu’il en eft remarquable , étant un compofé’de » nombreufes molécules fortement jointes enfemble * dont chacune compa^ » rativement eft beaucoup plus mince & beaucoup plus fine : le microfcope y » fait cependant diftinguer quelques parties de ces molécules très-minces, qui » font infiniment plus pures , plus noires, plus luifantes que le refte de la mafle*
- » Il s’enflamme promptement au feu , donne une flamme vive, éclatante 3 » ne fe confume pas fi vite que le Charbon d’Ecoffe, &prefque fansfumée; » il ne brûle pas tout à la fois, de maniéré à fe réduire en cendre , mais il fe » réduit en fcorie.
- » Ce Charbon eft fi bien connu pour ne pas donner de fumée , que dans » quelques parties d’Angleterre, & en général dans le pays de Galles, ort » l’emploie fans le brûler au préalable, pour préparer le Malt Ç) ».
- ARTICLE CINQUIEME.
- Ecossë,
- L’Angleterre n eft féparée de l’Ecofïe que par les montagnes de Chevîot, & ce royaume a environ 55 lieues de long fur 20 de large , il va de pair avec la Partie Méridionale d’Angleterre, pour le Charbon de terre.
- Les troubles pierreux, connus ailleurs, fous le nom de Dickes , y font appellés Gags.
- Près d’Edimbourg on voit la mine de Darkeith.
- Dans le Comté de Lenox, une autre près de Dunbarton ou Dumbritton, aux environs de la riviere de Clyde.
- Dans le territoire de la province de Fife.
- Dans la Partie Orientale de la Province de Sterlirt.
- Dans le Sutherland , le territoire de Dornoch, fa Capitale, & la campagne de Brora, à l’Occident de ce Chef-lieu, font remplies de mines de Charbon, dont on fe fert principalement pour cuire le fel.
- Dans la Province appellée Liddesdale.
- La plus grande partie du Charbon qu’on exporte d’Ecofle fè tire d’auprès Li-mington, ce qui fait que dans beaucoup d’endroits on le nomme Limington coal*
- i
- (1) Nom donné au grain germé avec lequel on braffe les différentes bierres# ^
- Charbon de Terre. F f
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- ii4 DU CHARBON DE TERRE
- C'eft celui dont on fait communément ufage à Londres 8c dans d’autres provinces d’Angleterre , quoique ce nom foit donné à d’autres efpeces. Voyez l’examen chimique de ce Charbon Seél. IV. Art. 5. pag. 27.
- Scoth coal, Charbon d’Ecoffe. Lithanthrax durior,fordidè .
- nigrefcens• Hill. I. p. 417.
- » Celui-ci d’un noir foncé eft dur & compaét, d’un tiflu modérément ferré ; » il eft aflez lourd , naturellement grofîîer , rude & poudreux à fà furface ; fes » morceaux forment ordinairement des mafles plattes , quoiqu'il foit difpofé » dans la terre par couches étendues & continues : mais fa texture étant feuil-» letée , il fe rompt en mafles feuilletées * quand on le détache de la mine j 8c » fe cafle plutôt horifontalement que dans tout autre fens, ne le faifant ce-» pendant jamais d’une façon unie & régulière. Au toucher il efl: rude , fà cou-» leur eft d'un noir foncé ; mais il n’eft point par-tout entièrement luifant, 8c » lorfqu’il eft cafte, il a moins de luftre que toute autre efpece de Charbon.
- » Le Charbon d'Ecofle ne fait aucune efïervefcence avec les acides : fi on » l’examine au microfcope , il paroît irrégulièrement feuilleté, brillant , 8c » d’une texture compacte , aflez ferrée ; il eft finguliérement luifant ; il prend » feu aifément, & brûle vivement, donnant une flamme blanche éclatante ; » il fe réduit promptement en cendres , & non en fcories, comme fait le » Charbon commun ; propriété qu’il tient de ce qu'il a plus de bitume pur, » & de ce qu’il s'enflamme uniformément dans toutes fes parties, différent en-» cela du Common-coal dont les mafles s'éteignent avant d’être à moitié con-» fumées, tandis que celles du Charbon d’Ecoffe ne s’éteignent pas qu’elles » ne foient- entièrement détruites ».
- Defcription des différentes Couches que Von rencontre dans les Mmes de Charbon de terre qui fe trouvent enEcoffe; par ML, Jean Strachey 0).
- En Haddington-shire près de Tranent, dans l’Eft Lothiane, la veine de Charbon fe porte, comme celles de Widrington dont on a parlé (P. 112), vers le Sud-eft avec la même déclinaifon, mais à Baldoe, Paroifle de Campfy, à trois milles de Kilfyth, elle va vers le Nord-eft;ainfi qu’àMadeftone près de Falkirk , Bourg de la Province de Sterling , à dix lieues d’Edimbourg, 8c la proportion en eft la même, les couches de terres & de minéraux font à peu-près les mêmes dans ces quartiers.
- Elles ont félon l'élévation & l’abbaiflement du terrein, une, deux ou trois brafles d’argille.
- On trouve çnfuite onze brafles d’Ardoife ou de Coal clives.
- Une brafle de Pierre a chaux.
- (ï) Tranfa&ions Philofophiques, Année 172^. N°. 391. Art. r. Suite des Mémoires de Sommershire
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- et de SES MINES, lt*
- Au-delfous de cette couche , deux bralfes d'ardoife , de terre 8c de pierre*
- Enfin , la couche de Charbon Q.
- Toutes ces mines ont cela de commun, que lçs galleries en général n^nt pas befioin d’être étayées, & ont toutés des fondements folides, fupportés pat des piliers de Charbon qu'on a foin d'y lailfer.
- A Baldoe , le lit de Charbon a communément 4)* pouces d'épailfeur , 8c en fe portant de-là vers l'Eft ; on y trouve dans l'étendue de quelques milles, en tirant vers l'Eft , fur le penchant des collines, l'extrémité ou la tête de la veine appellées Crop , mêlée avec de la pierre à chaux : ceux à qui ces mines appartiennent , tirent de ces Crops fitués au-delfous de la première couche* de terre , ce qu'il leur en faut pour leur ufage feulement, parce que la ma-3 tiere ne dédommageroit pas de la dépenfe, & que d'ailleurs il n'y a aux environs aucun débouché pour le commerce.
- Du côté du Nord-oueft & du Nord, on rencontre vers le penchant dei collines, des veines de Spar (z) 8c de Plomb, dont la direélion eft vers le Nord-eft, &la fituation perpendiculaire au lit de Charbon qui fe trouve dans les terreins les plus élevés , 8c qui font par conféquent au-delfus de ce lit, mais dont Pobliquîté, lorfqu'il s'en trouve, tire vers le Sud-eft.
- A Auchenclaugh, àfix milles à l'Eft de Kilfyth , il y a une mine de Charbon qui a 18 pieds d'épailfeur ; elle a un pied d'inclinaifon fur trois, & eft travers fée par des fources qui s'oppofent à l'exploitation Q) : d'ailleurs , comme il n’y a dans les environs aucun Marché, on ne trouveroit pas à fe dédommager des frais.
- A Madeftone, le lit de Charbon eft épais de quatre pieds 8c demi, 8c eft à plus de trois verges 8c demie de profondeur ; on le fait tranfporter hors de la mine fur le dos de jeunes filles, comme il fe pratique en plufieurs autres endroits.
- Auprès de Tranent on travaille trois différentes veines.
- La plus profonde eft à environ 18 verges au-delfous de la fuperfîcie de là terre, & la couche de Charbon a quatre pieds 8c demi d'épailîeur*
- Le Charbon qu'on en tire , appelié Splenty coal , eft dur, petit, donne un feu clair 8c vif, & fe trouve à dix verges au-delfous de la principale veine, qui eft de neuf ou dix pieds d'épais, 8c dont le Charbon eft fort gros : le fol en eft de Frée stone , Pierre de taille.
- Je n'ai point eu d'occafion de faire aucune obfervatîon fur la couche fu-périeure, linon qu'elle a environ quatre pieds d'épais, & que le Charbon n'en eft ni fi dur, ni aulfi gros que le précédent.
- (1) Prefque toutes les Mines cTEcoffe ont leur: veines dans le pendage qui fait nommer le Char bon Hanging goal , ou de la troifieme efpece Voye\ Sed. XI. Art. 1. pag. 97.
- ( 2 ) Spath♦ Spar. Spathum. Marmor m&allicum
- Glarea Brukmanni. Selenites.
- (3) Seroioce la même raifon qui donneroit à un Charbon de la mine de Wedrefbury, Comté de Staffort, le nom de Springs coal , comme fi Ton difoit baigné par les eaux ? Voye\ page 107. No.
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- ii6 DU CHARBON DE TERRE
- Irlande,
- L'Irlande ne manque pas non plus de Charbon de terre.
- Outre cinq ou fix endroits remarquables à cet égard, la feule mine du Village nommé Idof, Province de Leinfter, ( au Comté de Caterlagh ) qui eft la première qu'on ait découverte en Irlande, eft II abondante qu'elle fournit toute la Province.
- Le Charbon de Maréchal s’y trouve répandu en grande quantité à la ferface8
- Les Charbons de la mine d’Idof fent très-pefànts , produifent au feu le même effet que le charbon de bois, en jettant une petite flamme, & rendant néanmoins une grande chaleur, mais ont de plus l'avantage de relier en cet état fept ou huit heures de temps.
- SECTION DOUZIEME.
- Allemagne.
- 13 ipférents Cantons de l'Allemagne abondent en mines de Charbon de terre. Il s'en trouve un précis très-curieux dans la Préface du troifieme volume de Lehmann. .
- La Haute Saxe, aux environs de Marienbourg, province de Mifhie.
- Le Duché de Magdebourg , territoire de Halle, territoire de Drefde, de Pyrna , de Zwickaw , de Freyberg, de Wetin.
- La Thuringe , à Mansfeld , à Quedlimbourg.
- La Principauté d'Anhalt, à Bernbourg.
- Le Cercle du Haut Rhin, à Ay près Calfel, où le premier lit de terre fitué immédiatement ferla veine de charbon, eft tout femblable à la kraw des Liégeois.
- En Baffe Saxe, dans le Duché de Magdebourg, dans celui de Brunfwick, dans le voifinage des eaux minérales de Helmftad.
- Dans le Duché de Meckelbourg, à Plaven.
- En Bohême, aux environs de Tœplitz , prefque dans le même quartier où on trouve l'étain minéralifé danslefpath (*) , qui eft très-rare. A Hansdorf, Comté de Glatz.
- LaSiléfie , à Gablau, à Rothenbach & à Gottsberg, au Duché de Schweid-nitz , où il fe trouve une variété du Schiflus terreflris , niger , carbonarius, mentionnée par Woskman (2) , à Reichenftein, où il y aune mine d'or f3), à deux lieues de Glatz.
- La Franconie, où il eft à remarquer que du côté qui eft vers Nuremberg & Altdorf, parmi des couches horifontales de charbon & de pierre à chaux,
- (i) Lapides fpathacei, Jlanniferi. Waller, p. jyo. (2) Silejîa fubterranea.
- Tom. I, (3) Aurum, A. Gold, B. Gond.
- il fe
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- ET DE SES MINES, nj
- il fe trouve du Marbre qui eft un amas de Cames (*),] de Tellines (•), de Bois pétrifiés (f), de Cornes d’Ammon (4) , d’Etoiles Q), de Bélemnites (6)»
- Haut Palatinat, autrement nommé Palatinat de Bavière, à eent pas de la four ce des eaux minérales de Sultzbach.
- Bas Palatinat, appellé auffi Palatinat du Rhin, à Bazharach, Comté de Span-heim , & à Trimerftein , dans le Tonnerfberg , c’eft-à-dire , Montagne du Ton* nerre. .
- A Kirn, chef-lieu d'un Comté du même nom, diftant de Creutznach dê fix lieues, & où le charbon eft pyriteux,
- Comme les defcriptions que je vais donner d'après M. Lehmann (7), de quelques mines de Charbon de terre d’Allemagne, fe bornent à indiquer, lits par lits, les couches minérales dont elles font compofées, il fera à propos, afin d’aider la comparaîfon que Ton peut établir entré ces mines & celles qui ont été décrites, de tracer d’abord une géographie fouterreine des mines de Charbon d'Allemagne fur le même plan que j’ai fuivi pour celles de Liege & d’Angleterre,
- NOTICE raifonnée des principales Suhfiances minérales les plus ordinaires dans les Mines de Charbon d’Allemagne, indiquées par les noms généralement en ufage parmi les Mineurs.
- ' Thon-erden. Terres argilleufes.
- Th on. Leimen. Ziegel erde. Terra lateritia. Glaife*
- Düng-erde. Mergel. Marga. Marne.
- Letten. Leime. Thon. Argilles & Terres durcies.
- Les Terres argilleufes qui fe trouvent profondément en terre, ou qui fbn mêlées avec les minéraux, font appellées par les Allemands d un terme gé* nérique Letten , qui lignifie plus particuliérement Argille.
- Il en eft une de texture feuilletée , d’un noir luîfant & femé de -.pyrites, ( Feuer stein ), à laquelle ils donnent le nom de Lochen.
- Quand l’argille accompagne les filons, ( ce qui eft le plus ordinaire ) elle eft appellée Besteg , Enveloppe : la plupart des Mineurs la regardent alors comme indice de la qualité de la mine, vraifemblablement parce quelle eft colorée.
- Ces Terres, Glaifes, Marnes, Argilles, peuvent être confidérées dans les différences qu’elles préfentent, quant à leur pureté , Sc quant à leur confiftance.
- (1) Chamiten.
- (2) Tellmufcheln. Tellinites,
- (3) Hokiverjîeintes.
- G) Verfteinte Ammons-horner.
- Charbon de Terre.
- ($) Stem Soleil. Ajlerien.
- (6) H. Albfchos. G. Luchjtein. Pierre de lumière»
- (7) Œuvres Métalliques de M. Jean Gotlôb Lehmann, publiées en trois volumes.
- G g
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- n8 DU CHARBON DE TERRE
- ' En même temps quelles s’éloignent quelquefois de la confiftance terreufe qui leur eft propre, au point d’approcher quelquefois davantage de Tétât de pierres qui retiennent alors le nom de Pierres marneuses, Pierres argilleujes, ou Pierres d'argille, Thonischte stein * Kleyschlag ; elles fervent de bafe à la plupart des matières folides qui font répandues dans les mines de Charbon.
- Elles font fur-tout la bafe del’ardoife quiparoît avoir été formée dans (on origine par une fubftance ( Kneiss ) , qui n’eft ni pierre à chaux , ni fpath , ni caillou, 8c qui s’eft arrangée par couches.
- Le Kneiss, ou la Pierre de kneiss des Allemands n’eft communément qu’une efpece d’ardoife * mais dont les parties font fi intimement liées qu’elle n’eft point feuilletée comme le fchifte. Au moyen de ce mélange intime elle a une couleur plus foncée : le quartz, le mica ftérile, le grez, qui font unis avec elle, forment une roche d’un gris noirâtre , dû en plus grande partie, au mica : il y en a cependant de gris , de verdâtre ; quand les Ouvriers rencontrent cette pierre, ils efperent trouver bientôt une mine de bonne qualité.
- Toute pierre de Pefpece nommée par les Latins Lapis jijjilis, en François, Ardoife ou Schifle, commune dans les mines de Charbon , eft nommée en Allemand Schieffer ; celles qui ont une dureté décidée , fe nomment Schieffer stein.
- Il faut rapporter à cette clafîe les pierres calcaires feuilletées , dont on trouve quelques efpeces dans plufîeurs mines de Charbon, qui ne manquent jamais de s’y faire obfèrver lorfqu’on vient à les frotter ; parce qu’alors elles répandent une mauvaife odeur, les Allemands les nomment Stinck schieffer.
- M. da Cofta dans fon Hiftoire Naturelle la défigne fous le nom de ScMJlus fufco-cinereus. Lapis fœtidus diffus. IX. Tom. I. p. 172. Schiflus fujcus, fragilis , fœti-dus. Lapis feiinus, qui ferro attritus urinam felium redolet. Gronow. Supell. Lap. p. 10. N°. 7. &8.
- Le Tufebe ou Marbre noir (*), & d’autres pierres Jfont connues desNatura-liftes pour avoir cette propriété qu’ils tiennent de parties bitumineufes très-ténues. Voy. le Mémoire de M. Guettard fur la Minéralogie de l’Auvergne Q),
- Outre les mines en lits ( Fletz-erzte ) , qui fe rencontrent quelquefois parmi ces couches, les argilles ou bandes fchifteufes font elles-mêmes plus ou moins métalliques, quelques-unes font légèrement ferrugineufes ; toutes les fubftances qui ne contiennent ce métal qu’en petite quantité, font nommées par les Allemands Eisen ertze.
- Celles qui fourniffent un fer de bonne qualité , acquérant par cet état dé-
- (1) Marbre noir compad. Minéralogie de Wallerius, Tome I.pag.pi. V. aufli FiJJîlh ,friabilis, ni-gricansy pag. 70.
- (2) Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, année 17^5?»
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- cidément métallique , une folidité qui les fait approcher de la confiftance de pierres, reçoivent le nom de Eisen stein.
- De toutes les argilles différemment modifiées qui fe trouvent dans les mines de Charbon , celles qui doivent fixer davantage l'attention relative**-ment à l'exploitation , font celles qui approchent ou qui touchent le char-* bon en-deffus ou : en-deffous ; nous en parlerons à l'article du Salband.
- Stein-fels* Stein. Pierres, Rocs, Matières folides.
- Les fubftances marneufes, glaifeufes, argilleufes, dont il vient d'être parlé* mélangées avec de vraies fubftances pierreufes * forment des Rocs très-com** paéts & très-durs : en général, toute roche ramaffée en peloton dans les mi-nés, & qui furpaffe en dureté les autres pierres répandues dans la montagne* eft appellée Knaur , Knavel , Knaver (*) ; c'eft la même chofe que le Roc vif, autrement dit Roche Jauvage , Roche Jourde ou flérile , placée au-defîous de la terre végétale, où elle forme quelquefois des maffes confidérables qui traverfent 8c écrafent le filon. Le Knaur, félon M. Henckel (1 2 3), eft un corn-pofé de quartz blanc mêlé de mica gris.
- Les matières pierreufes communes dans les mines de Charbon , feront ici rangées en trois clafîès : la première renfermera celles qui ne font pas éloignées de la furface ; la fécondé comprendra celles qui approchent le Charbon de terre ; & la troifieme, celles qui apportent quelque dérangement dans les veines de Charbon.
- Les pierres qui compofent ce que l'on pourroit appeller ïEcorce, c'eft-à-dire, qui occupent la partie la plus extérieure de la malfe d'une montagne, reçoivent différents noms.
- Le Roc dur fitué fuperficiellement fous la terre franche 8c revêtu d'une croûte très-folide , fe nomme Rauwakc , & n'eft qu’un tuf très-dur, Saxum arenarium Tophus Q) diÜum. Da Cofta , Tom. I. p. 135.
- Celui qui fe trouve dans cette même place 8c qui eft entremêlé d'un roc tendre , eft appellé Kamm ou Crête.
- La pierre tendre & feuilletée qui fépare le roc inférieur tout-à-fait dur d'avec la terre franche, eft nommé Gemss ; elle forme communément une couche fuivie fous le gazon.
- La fécondé clafîe renferme des pierres de différents genres , des pierres calcaires (Calck stein ) , des grez (Sand stein) de toutes couleurs , ou des pierres fablonneufes ( Rogen stein) , dont les plusgro(fieres 8c qui font martiales, font connues fous le nom de Rother grober sand , Sable rongé
- (1) Les Carriers le nomment Bruchstein.
- (2) Pyritologie, Ch. V.
- (3) , Tophus, Porus. G. ToEf stein. Sued. Mom 3 Mot générique par lequel on défigne toute pierre poreufe ; le tuf préfente des variétés allez
- nombreufes ; tantôt il eft graveleux ou fableux | tantôt il eft ocreux, même ferrugineux ; tantôt il eft compad, & peut-être de la nature du caillou , de la pierre à bâtir, &c.
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- DU CHARBON DE TERRE
- greffier ; celles qui font compofées d’un fable plus délié , font nommées
- KLAERERRoTHER SAND.
- Dans toutes ces roches on en remarque un très-grand nombre défignées fous le titre de Roche grife ou Pierre grije, Saxum commune grifeum (') , compofées ordinairement de fpath, de quartz & de mica , &[qui ne different entre elles que par celle de ces trois fubftances qui sy trouve en plus grande quantité , \ mais qui contenant ordinairement un fpath gris ou blanchâtre,reçoivent le nom de Roche ou Pierre grije > félon la remarque du Commentateur de Wallerius (")•
- Celle de toutes ces pierres qui a lejflus befoin d’un éclairciflement, c’eft celle nommée par les Allemands Hornschlag , & communément Horn-stein , par les Latins, Corneus , Lapis acerojus (*),
- On eft dans fufage dans les mines d’appeiler ainfi toutes les pierres qui ont une tranfparence comparable à celle de la corne ; ainfi les bancs de pierre à fufil (1 2 3 4) dans les craies,* les cailloux épars dans les couches ou de fable ou de terre, font confondus fous cette dénomination générale par les Ouvriers.
- Ils donnent même quelquefois mal-à-propos ce nom à des lits qui font calcaires & argilleux.
- Les Naturalises défignent la pierre cornée par le nom Petrojllex opacus, niger y Pierre de roche opaque noire de Walleriüs, que M. Henckel (5) compare au caillou , & qu’il nomme avec quelques autres Naturaliftes, Pierre de corne, à caufe de fa couleur.
- Mais ce nom ne convient réellement qu’aux pierres vitrifiables, faifànt feu avec le briquet, & qui comme le Silex fe rompent par éclat, de maniéré qu’une portion éclatée préfente une furface concave, & l’autre portion fait appercevoir une furface convexe : elles ne different des cailloux que parce qu’elles font en maffes qui ont une certaine étendue, tandis que le caillou eft en maffes marronnées.
- Les uns & les autres peuvent être plus ou moins gerfés, plus ou moins colorés , ce qui fait que la pierre de corne comprend fous elle les chalcédoi-nes, les cornalines , les agathes , les jafpes & autres pierres de couleurs vives Sc qui prennent le poli, enfuite les filex dont le tiflîi efl: plus groffier & la couleur moins belle.
- On trouve auffi un autre genre de cette pierre nommée particuliérement Roche de corne, dont il y a de plus ou moins dures, de plus ou moins iui-fantes, mais elle a cela de particulier qu’elle eft arrangée par couches , ou par feuillets difpofés perpendiculairement & for le tranchant (j).
- (1) Saxum mixtum* Petramixta. Waller. Sued. Grasten.
- (2) Minéralogie.
- (3) Sued. Hornberg. Sand stein.
- {^) Silex* Fever stein. KrssEL stein. Wac-
- KEL STEIN. RlEFEL STEIN.
- (y) Pyritologie , p. 218.
- (6) Minéralogie, ou Defcription générale des Subftances du Régné Minéral, par M. Jean Gots-chalk Wallerius. Tom. I. p,
- Inclinaifon
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- et de ses mines» 1%t
- ïnclinaifon des Pleines*
- Dans ces montagnes par couches les veines de Charbon font, comme ailleurs, placées diverfement, plus ou moins fiiperficîellêinent > plus ou moins approchantes delà ligne perpendiculaire ou horifontale.
- Quoique dans les deforiptions particulières que je vais donner, cette in-clinaifon des veines de houille ne foit pas exprimée, le LeCteur fera bien aife de connoître la maniéré dont on défigne en Allemagne rinclinaifon de tous filons de mines, laquelle {ans doute peut être appliquée aux veines de Charbon de terre, & je donnerai un précis de la Nomenclature Allemande relativement aux filons de mines en général.
- A T Article des Mines de Houille du pays de Liege j’ai eu recours, pour rendre fonfibles les différents dégrés d?inclinaifon(des veines, Seéi. VIII. p. 66. à la fuppofition d’un parallélogramme, dont la diagonale fervant de me-fure moyenne, déterminoit les dégrés d’inclinaifon fupérieure ou inférieure à cette diagonale. Les Allemands, & vraisemblablement les Anglois, Voyez Seét. XI. Art. 2. pag. 101. emploient pour faire cette même eftimation, une machine qu’ils nomment Boujfole manuelle (’), divifee d’une part en deux fois douze heures , & de l’autre en dégrés , comme l’eft tout cercle ; & ils jugent cette inclinaifon par les heures, en difant Heures du matin , pour les veines qui vont depuis une heure jufqu’à fix, & Heures du foir, pour celles qui vont depuis fix jufqu’à douze , indépendamment des dégrés d’inclinaifon quifome*4* forent par les dégrés ordinaires du cercle : ainfi ils appellent Filon debout, celui qui court depuis douze heures jufqu’à trois.
- Ceux qui ont leur cours depuis trois heures jufqu’à fix, s’appellent Filons du matin ou du Levant : ceux qui ont leur cours depuis fix jufqu’à neuf heures* s’appellent Filons du Joir ou du Couchant : enfin les filons dont le cours eft depuis neuf heures jufqu’à douze, fe nomment Filons inclinés.
- Selon les Mineurs Allemands un filon eft de cette efpece lorfqu’il eft in-* cliné du 50e. jufqu’au 20e. dégré.
- Le Filon couché eft celui dont l’inclinaifon eft au-deflous de 20 dégrés.
- Celui dont l’inclinaifon eft moindre que de 5 dég. s’appelle Filon horifontal.
- Le filon qui eft incliné depuis le 90e. jufqu’au 80e. dégré , s’appelle Filon perpendiculaire ou droit.
- Et dans la Langue Allemande on appelle Tonlege un filon dont l’incli-naifon eft depuis le 60e. jufqu’au 80e. dégré.
- Le mot Gang s’applique à tout ce qui a directement rapport à la veine. Ainfi les Allemands expriment indiftinétement par ce mot la veine elle-même , fon allure, fà marche & ce qui l’accompagne.
- (1) Voyei dans Lehmann Tufage de cette Machine, dont on renvoie la defeription à la II. Partie#
- Charbon de Terre. H h
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- ii2 DU CHARBON DE TERRE
- Dans quelques Auteurs fur la Minéralogie on trouve cependant l’expref-lion das Strichen des Gang , pour défîgner la maniéré dont les veines courent 8c s’étendent, /
- Ils nomment les extrémités des veines Clüffte , 8c en particulier la tête des veines das Ausgehen des Gang.
- Les veines perpendiculaires font nommées Bleywage Linie :
- Celles qui approchent de l’inclinaifon horilontale, Liegendes , couchées.
- Celles qui font horifontales, Flotz.
- Celles qui font obliques , Quergang , Tonlege.
- Salband, Enveloppe des Veines.
- Il n’eft aucune des matières qui ont été mentionnées ci-devant, qui ne puiffe fervir d’enveloppe aux veines de Charbon ; tantôt c’eft une roche fa-blonneufe , tantôt c’eft une glaife ; quelquefois c’eft une fubftance fpatbeufe ; quelquefois même les pierres cornées entrent dans fa compofïtion.
- En général, cette enveloppe eft nommée Salband , mot par lequel les Mineurs Allemands entendent fouvent la difpofition 8c l’arrangement des pierres en général.
- Communément le Charbon eft dans une enveloppe ardoifée, c’eft-à-dire, glaifeufe ou fchifteufe, qui eft ce que l’on nomme en Minéralogie FiJJiüs car-bonarius , SeéL VIL Art. 3. pag. 5*4. Seét. XI. Art. 1. pag. 98c 96. Lés Allemands le nomment Kohl schieffer.
- La portion qui occupe le faîte de la veine eft nommée Dach , Toit.
- Le lit fur lequel porte la veine , eft nommé Sohle , Semelle.
- Dans leur épaifleur le toit ou le fol donnent conftamment à remarquer que la partie qui approche le Charbon eft femée d’impreffions de fougères , 8c que félon que ce Salband fchifteux eft plus ou moins éloigné du Charbon, il prend une couleur bleue, bleuâtre ou noirâtre.
- La couche argilleufe de ce genre la plus remarquable , eft une elpece d’ar-gille noire, gralfe au toucher, que les Allemands nomment Wegveiser, gwâafc* enfeigne , montre le chemin.
- M. Lehmann remarque que ce lit qui participe de la nature d’un mauvais Charbon , &qui annonce qu’on n’eft environ qu’à deux ou trois verges (*) du Charbon de la bonne elpece, n’eft pas par-tout de la même forme, de la même nature, ni de la même épaifleur ; tantôt c’eft un plan fans aucune trace, ni empreinte étrangère ; tantôt il eft plus épais, ou plus mince, ayant quelquefois à peine un pouce d’épaifleur, qui en augmentant infenfiblement va jufqu’à trois ou quatre pouces ; tantôt on le trouve compaét, dur & cendré,
- (1) Ou Lachter, trois aunes & demie de Drefde : l'aune vaut deux pieds, elle n’eft pas la même partout.
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- ET D E S Ë S MINES. I2 3
- quelquefois tirant fur le noir, divifé par lames cafTantes ; tantôt il eft de nature calcaire, tantôt de nature argilleufe, quelquefois interrompu par une efpece d’ardoife plus bleuâtre, dont il fera fait mention dans un inftant ; d’autres fois portant un lit de marrons pyriteux. ' •
- Dérangement des Veines provenant des defeStuoJîtés du fol ou du toit*
- De quelque nature que foit le Salband , ou lafiibftanee fervant de couver^ ture au Charbon , elle efl: quelquefois femée dans fon étendue de nœuds * de brouillages , qui en excédant le niveau de fon épailfeut , nuifent au corps de la veine, au point non-feulement de la comprimer , mais encore d’en interrompre la continuité, & de la faire perdre dans un trajet affez eonfîdérable.
- ' Les matières mêlées avec ces efpeces~de loupes àrgilleufés ,'^ont de différentes efpeces. ,:
- Les pierres mollaffes & comme pourries, qui produifent cet effet ) font nommées Fauies. v r 5 : f
- Quelquefois elles font d’une fubftance Ipatheufe, quartzeufe , &c;
- Outre les marrons pyriteux en|blocagé$ ou en couches, auxquels"elfe éft fu-jette à fournir un lit, Voyez Seél. VIL Art;3. elle efl: elle-même quelquefois enfoncée par une autre efpece d’ardoife bleuâtre ( blavf ScheiIter)* ^
- T J •'/ ' ' *- i T .lo ‘ / V;
- Fall, Sprung, Interruption de la makche des P’eine.s,
- Di. -(.J a! iiip_.a.;iïGroi;9 ’f.i t
- . -• Sauts des Veines? r-ro t /• ^ ^ rf fI c .
- Il n’efl point de montagne qui Lorfqu’on vient à pénétrer dans fa profond deur, ne préfente des veftiges d’affaiffements & de bouleverfements confia dérables : les intervalles qui fe font formas aloA/oAt été'remplis par des matières de différente nature, détachées & brifées en grandes maffes, de maniéré à former dans l’intérieur de la mine des efpeces de montagnes acci-< dentelles , proportionnées pour l'étendue en hauteur, épaifleur & largeur, à la même étendue de l’excavation qui s’étoit produite : ces chaînes pierreufès font appellées en langue du pays, par rapport à l’effet qp’elle^ produifent, Sprung fall ; d’où peut-être les Liégeois ont fait le mot Faille^Voyez Seél. VII. Art. jf. & Seél. XI. pag. 98. ' r
- Les dérangements qui réfiiltent de ces roches ou de ces montagnes fou-terreines, ont été expliqués. Les Allemands les appellent Weschel , Chan-gement. On rappellera ici en peu de mots, dans les mêmes termes dont fe fert le fçavant Auteur (') de qui j’ai emprunté le fond de ce Morceau, ce qui arrive aux veines de Charbon quand elles rencontrent un Fall.
- « Une veine qui couroit horifontalement, venant à être arrêtée par un ob-
- ( 1 ) Voyez l’Art des Mines
- des mines Métalliques. Tom, III
- ou Introdudion aux Connoiflances néceflaires pour l’exploitation
- • Pag* 437*
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- 124 DU CHARBON DE TERRE
- » ftacle pierreux, s'enfonce de quelques toifes; Sc de l'autre côté dé cet obfta-» cle, la même couche continuée fait un faut > Sc remonte ainfi que le terrein » qui eft au-deflus, de maniéré cependant que la veine Sc les différents lits » qui l'accompagnent, confervent leur parallélifme ; Sc les autres lits retomr » bent plus bas qu'ils n'étoient ».
- Efpeces de Charbons défignèes par les Allemands fous des noms
- particuliers.
- Pour ce qui eft des efpeces de Charbons de terre, on ne trouve défignés dans leur langue que le Stein kohlen , ou Charbon de pierre en général, qui comprend fous lui le Charbon de jour ( Tage kohlen ), le Charbon de toit ( Dach kohlen ), le Charbon de poix ,( Peck kohlen ) , les Charbons bitumineux mois ( Weich stein kohlen ) , les Charbons bitumineux durs ( Pech stein kohlen f Ils ont un Charbon qu'ils appellent Schwefel kohlen 9 Charbon de foufre, parce que ce Charbon en brûlant ne donne pas d'odeur de bitume, mais une odeur de foufre.
- Cette efpece mauvaife pour la Forge employée toute feule , mais bonne pour cuire la chaux, tombe en cendres de couleur de rofe à mefùre qu'elle brûle : c’eft le Crow coal du Comté de Cumberland Sc de Northumberland. Voyez Se£t. XI,.. Art. 4. pag. m.
- Les defcrîptions qui fe trouvent dans le troifieme Volume des Ouvrages Métalliques de M. Lehmann (J) , achèveront de mettre le Phyficien, Sc le Naturalifte au fait de la-Matière que nous traitons.
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- -it.-K, . jnan»j oé -s :*>
- A- RTICLE „ P R E M I,E R.
- ~,n t c,
- Mtsnie, Cercle de Leipsick.
- « Lits qui accompagnent les couches de Charbon de terre des Mines ~ ' de Wettin (*).
- Terre Végétale, demi-verge d'épaiffeur (3).
- Sable rouge, 2 jufqu’à 3 verges.
- Glaife rouge, un quart de verge.
- ^ Subjlance rouge9 7 à 8 verges.
- •- Ardoije brune\ argilleufo, efpece d'ardoife ne faifànt point effervefcence avec les acides, 2 verges.
- Ardoije argilleuje d'un brun clair, 2 ou 2 verges & demie.
- Mélange de Glaife , de Charbon de terre, d'Ardoife, une demi-verge.
- ( 1 ) Intitulé : EJai d'une Hiftoire Naturelle des Couches de la terre.
- (2) Dans l'endroit nommé Schachtberg.
- (3) La verge eft de fept pieds de Drefde.
- Très-bon
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- et de S E S M I N E S. I2 y
- Très-bon Charbon de terre, mêlé de pyrites fulphureufes (*) ; ce lit a une demi-verge d epaifîeur.
- Banckberge, roche argilleufe fort pefante (4) ; 8 à 9 verges.
- Lit de Charbon mêlé d’une argille graffe noire; i2^ou 14 verges,
- Sol fur lequel porte ce lit de Charbon: c’eft une Roche compaéle , grife ; compofée d’argille pour la plus grande partie, avec une petite portion de terre calcaire Sc de mica ; 6 verges.
- Ardoife noire, parfemée de pyrites fulphureufes, efpece de Charbon de terre d’une mauvaife qualité que l’on nomme Wegvoeifer : lorfqu’on le rencontre , on n’eft ordinairement qu’à 2 tiers de verge du Charbon de la bonne efpece.
- Lit de Charbon de terre d’une très-bonne qualité ; 8 à 9 verges.
- Sol fur lequel eft porté le lit précédent ; c’eft une Roche argilleufe, grife 8c compaéte , mêlée de beaucoup de mica ; 2 verges,
- Ardoife d’un gris noirâtre, dans laquelle on trouve quelquefois des empreintes de plantes ; une verge ou un quart de verge.
- Lits de très'bons Charbons de terre ; 7 ou 8 verges.
- Lochen , fubftance argilleufe feuilletée , d’un noir luifant, femée de pyrites fulphureufes ; 2 pouces.
- Mélange de Charbon de terre, de pyrites fulphureufes, d’ardoife , de fpath ; 2 pouces.
- Suite des Lits qui accompagnent les Mines de Charhon de terre de Loebegin , à peu de dijlance de W'ettin (3).
- Terre végétale ; une ou 2 verges d’épaiffeur.
- Glaife comme à Katzenthal (4) , ( c’eft une glaife mêlée ) ; 2 ou 6 verges.
- Sable rouge comme à Wettin; une verge ou une verge & demie.
- Pierre noire feuillete'e, gralfe au toucher, argilleufe; une verge & demie.
- Pierre appeliée Pierre grife ; c’eft une pierre calcaire grife, d’une odeur fœtide quand on la frotte, mais pas fi pénétrante que celle de la pierre puante ordinaire ; une verge & demie.
- Dans ce lit de pierre grife on trouve deux fortes de pierres quon nomme improprement Cailloux gris , Cailloux rouges.
- Les premiers font une pierre calcaire , grife, mêlée avec un fpath blanc féléniteux , faifant effervefcence avec les acides.
- Les féconds font, une roche rougeâtre &ferrugineufe, qui eft entremêlée d’un fpath féléniteux, rouge , qui ne fait pas une fi forte effervefcence que la première ; 2 à 3 verges.
- (i) ScHWEFFEL-KIES.
- ^an£*us 1 c;• obferve que la couverture du Charbon de Wettin eft toujours formée par le Schijtus terrejtris niger, carbonarius. Voyez ce qui a
- Charbon de Terre.
- été dit des Charbons de Siléfle 8c de Wettin, con-fidérés chimiquement , Sed. IV. Art. y. pag. 26, (3) Dans cet endroit il y a deux Mines.
- (1) Ou Vallée des Chats , près Rothembourg
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- 1DU CHARBON DE TERRE
- Roche bleue ,folide, roche grife compofée d’argille & de terre calcaire; elle eft fort épaifle, mais inégalement : elle s’entremêle Sc fe coupe fouvent avec la couche fui vante.
- Roche rouge, c’eft une terre purement calcaire qui tire un peu fiir le gris, & non fur le rouge.
- Le Guide Q) , efpece d’argille noire, graflc au toucher, entremêlée de Charbon de terre comme à Wettin.
- Pierre argilleufe, noire ; 2 à 3 verges d’épaifleur.
- Autre à peu-près de même nature (1 2 *) ; une demie jufqu’à un quart.
- Charbon du toît, ou écaille fîipérieure , efpece de Charbon de terre , gras au toucher & luifànt (*).
- Quartz, lit d une fubftance fpatheufe, féléniteufe \ Sc non quartzeufe, dans lequel on trouve quelquefois du Charbon de terre ; mais quelquefois cette fubftance coupe Sc fait perdre le Charbon ; elle fe trouve auffi allez fouvent dans le Charbon du toît.
- Charbon de terre gras, de 5 huitièmes de verge d’épaifleur.
- Schramberge, efpece de. Charbon de 3 à 4 pouces.
- Ecaille inférieure , Charbon qui n’a prefque pas d’épaifleur; un tiers dé pouce (4).
- Sol blanc, efpece de roche calcaire grife ; une demie ou trois quarts de verge.
- Roche bleue, ardoife noire pefante , graffe , luifante ; depuis trois quarts de verge jufqu’à trois verges.
- Pierre cubique d’un gris clair, compofée d’argille Sc de terre calcaire, qui eft placée dans ce lit en forme de coin.
- Cette pierre cubique eft de plufieurs efpeces ; ou c’eft une pierre calcaire pure, ou c’eft un mélange de terre calcaire & d’argille ; on peut en diftinguer 6 ou 8 efpeces : fa couleur eft grife.
- « Ces couches ont quelque chofe de particulier , & peuvent être plutôt re-» gardées comme un blocimmenfe de Charbon à caufe de fa grandeur, que » comme des couches ; cependant fes différents lits prouvent qu’on doit ran-» ger cette mine dans le nombre des mines dilatées : c’eft un amas de cou-» ches qui ont été extrêmement dérangées ; on peut fur-tout le remarquer » dans les derniers lits qui font d’une pierre formant des efpeces de coins ; » c’eft cependant une mine par couches, comme on le voit par tous les lits qui » la compofent, qui font un mélange d’argille & de terre calcaire ».
- (1) C’eft ce qu’on nomme à Wettin Wegweiser.
- (2) « On trouve fouvent des mafles détachées
- ou des marrons d’une terce calcaire , entremêlés de pyrites fulphureufes : ces corps fe ren-
- contrent en général aflezi fréquemment dans les
- » lits des mines par couches ».
- (3) C’eft celui qu’on appelle quelquefois Charbon d’ardoife. Voyt\ Se<ft. VIII, Art. 2.
- (q) Voyei Seét. VIII. Art. 2.
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- ETDESES mines.
- Ï2J
- ARTICLE SECOND.
- Haute Saxe.
- Thuringe.
- Suite des Couches qui Je trouvent derrière Nordhaujen dans le Comté de Hohenflein , prés d'ihlefeld, de Newjladt, de Sachjwerfen , d’OJlerode, de Wiegersdorf, Rudigsdorf, & qui environnent tout le Hartz, jujqu auprès du Comté de Mansfeld (l).
- 1. Terre végétale.
- 2. Lie de Pierre puante, pierre calcaire de couleur grife qui* quand on la frotte* a Todeur d'urine de chat ; ce lit a environ 6 verges d’épaifleur.
- 3. Pierre de gyps (2) * qui dans ce pays occupe la place de pierre à chaux ; l’épaifleur de ce lit varie depuis 4 jufqu’à 6 * 10* 20 Sc 30 verges ; près d’Ellrich* d’Ober-fachfwerfen > de Nieder-fachfwerfen , il y a des montagnes entières de cette pierre qui ont jufqu’ à 30 verges de haut.
- 4. Rauwake, roche brute dans le pays ; vrai tuf : il a 12 verges & 20 pouces d’épaifleur.
- y. Zech-flein, pierre à chaux commune qui fait effervefcence avec les acides : elle a ordinairement 2 verges d’épaifleur.
- 6. Ober-fauk, pierre calcaire remplie de fable & mêlée d’argille : elle a ordinairement une demi-verge d’épaifleur.
- 7. Uber-JchuJf, glaife durcie qui n’a communément quun pouce d’épaifleur.
- 8. Faule délié ; mélange confus de terre calcaire Sc argilleufe * qui a les trois quarts d’une verge.
- 9. Le Toit ; pierre feuilletée ou ardoife grife * compofée d’argille & de pierre à chaux : elle a feize pouces.
- 10. Mittel-berg * ou Roche moyenne ; efpece d’ardoife qui eft uniquement, ou du moins en grande partie * compofée d’argille ; elle eft noire comme les ardoifes qui contiennent du cuivre ; mais elle tient très-peu de métal : elle a lix pouces d’épaifleur.
- 11. Kamfchale * ardoife noire qui contient très-peu de cuivre Q) ; elle n’a qu’un pouce d’épaifleur.
- 12. Mittel-fchiefer, ardoife moyenne ; elle a le coup-d’œii de celle qui eft riche en métal, quoiqu’elle n’en contienne que très-peu : fon épaifleur eft de quatre pouces.
- 13. Bonne ardoife cuivreufe, qui contient beaucoup de métal : elle n’a qu’un pouce d’épaifleur.
- (1) Cetvç defeription eft de M. Lehmann, Hif-mn Naturelle des Couches de la Terre.T. III, p. 30r.
- (2) Gypfum. Marmor fugax. Linn. On appelle Terres ou Pierres gypfeufes, celles qui fe changent
- au feu en plâtre , qui ne fe diffolvent dans aucun acide, & qui réfilîent plus long-temps que les vrais gipfes à la vitrification.
- (3) Cuprum. B. Koper. G. Kupffer,
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- ia8 DU CHARBON DE TERRE
- 14. Elle eft accompagnée de Flœtz-ertzte , ou mines en lits, qui font aufll com-* pofées en partie d’une efpece d’ardoife riche en métal* mais qui ne font aufli alfez fouvent qu’un grez verdâtre , mais fore chargé de cuivre : ce lit a un pouce d’épaifTeur.
- Il faut obferver ici que fouvent au lieu des ardoifes cuivreufes & de la mine en lit, on rencontre une efpece de pierre qui paroît fe fuivre comme un filon ; le fpath en fait la plus grande partie ; elle efl: placée perpendiculairement , Sc contient des mines jajunes de cuivre très-pures Sc très-compactes. On y trouve aufll du cobalt (^ainfi que de la mine de plomb (2 ); cette efpece de lit efl: nommé Wechsel ou Changement, parce que l’ardoife y efl: changée en une efpece de roche finguliere, joint à ce que fapofition, au lieu d’être horifontale, efl: devenue perpendiculaire.
- 1 ÿ. Horn-flein , pierre cornée : pierre improprement nommée ainfi par les Ouvriers des mines : elle efl: compofée d’un mélange de terre calcaire & argilieufe Sc d’un fable greffier entremêlé de pierres de moyenne grandeur : elle a communément une demi-verge d’épaifTeur (3).
- 16. Letten-fchmitz, argille bleue qui a 2, 4 Sc quelquefois jufqu’à 8 pouces d’épaifTeur.
- 17. Zarte todte , Mort fin ; roche compofée d’argille, de terre calcaire , de mica, de talc Sc de fable, & qui paroît entièrement rouge à caufe des parties ferrugineufes qu’elle contient : elle a une verge d’épaifTeur.
- j 8. Wahre Rothe-todte , le vrai Rouge mort : roche rouge très-compaéle, compofée de terre calcaire, de gravier , de cailloux, Sic. Sc qui efl: très-ferru-gineufe : fon épaifTeur efl de 20,30,40,50 & même de 60 verges (4).
- 19. La Roche : roche feuilletée dure, compaéle , rouge & ferrugineufe, qui ne fait point effervefcence avec les acides, Sc qui efl de la nacure du jafpe ou de la pierre cornée ; on y trouve de la mine de fer par marrons ou par morceaux détachés ; mais elle efl difficile à fondre & peu riche : cette roche prend le poli, Sc elle a 6 > 8 Sc même 16 verges d’épaifleur (*).
- 20. Gravier grojjier, pierre rouge, ferrugineufe, mêlée de gravier : fon épaifTeur efl de trois quarts de verge.
- 21. Le Sable rouge qui fe trouve au-deflous, efl femblable au lit qui précédé, excepté que le grain en efl plus fin : ce lit a une verge d’épaifTeur.
- 22. Ardoife rouge , compofée d’une argille mêlée de fer : fon épaifTeur efl ordinairement de 4, 6, jufqu’à 8 verges.
- (1) Cobaltum. Cadmia vitri cœrulei. G. Zaffir.
- (2) Ce feroit peut-être une blende ou une fauffe galène. Pfeudo-galena.
- (5) C’efl vraifembiablement le Corntus folidus3 granulis compaBis. Waller.
- (4) « C’elt ce lit qu'on avoit jufqu’à préfent » regardé comme le dernier amas des couches , « ou comme la bafe fur laquelle tous les autres 33 lits étoient appuyés ; mais mes obferyations
- » m’ont fait connoître qu’il fe trouve encore « au-deffous de ce dernier différents lits qui ap-” partiennent proprement aux lits de Charbons « qui font au-deffous de ceux d’ardoife ; ces lits 33 font ceux qui fuivent »>.
- (5) Cette defeription porte à croire que c’eft une Roche de corne cryftallifée, de l’efpece que les Allemands appellent Shorl.
- 23. Pierre
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- et de SES MINES. l29
- 223. Pierre couleur de foie, compofée d’argille , mêlée d’une très-petite portion de fer ; ce lit a 6 ou 8 verges.
- 24. Pierre bleue de Charbon ; ardoile de 6 à 10 verges d’épaifleur.
- On trouve enliiite le toit, ou ce qui fert de couverture aux Charbons de terre ; c’efl: une pierre argilleufe grife , dure & compaéle > qui a depuis un huitième jufqu’à un quart de verge d’épaifleur.
- 26. Charbons de terre qui dans cet endroit ont un quart de verge d’épaifleur,
- 27. Ardoifes bleues : vraies Ardoifes , mais dont la couleur eli plutôt noire que bleue : on y trouve fouvent des empreintes des fleurs de l'After prœcoiï pyrenaicus, flore cæruleo , folio falicis : l’épaifleur de ces ardoifes efl; d’un quart de verge.
- 28. Rorn-flein , pierre cornée ; pierre feuilletée noire , extrêmement dure, qui a 6, io & même if toifes d’épaifleur.
- 2p. Le Sol, ou la Bafe des Charbons : lit compofé d’argille, de pierre calcaire, de fable & de cailloux ; il a depuis 7 jufqu’à 10 toifes d’épaifleur.
- 30. Le Rouge mort : ce dernier lit touche immédiatement à la montagne à filon ; il fert d’appui aux charbons : il efl: compofé de terre calcaire &de terre argilleufe, mêlées de fable : fa couleur efl: rouge à caufe de la portion de fer qui s’y trouve : fouvent ce lit a jufqu’à 30 verges d’épaifleur. On y rencontre communément des pierres arrondies, de la groflfeur d’un œuf de poule ou d’oie : elles font de la même fiibftance que le relie du lit ; mais elles s’en détachent aifément.
- 31. Enfin , la Roche de la montagne à filon, ou montagne primitive.
- La Fig. h Planche XL copiée d’après M. Lehmann tom. 3. pag. 314* montre feulement comment ces lits font placés les uns fur les autres.
- Duché* de Brunswig.
- Suite des Lits des Mines de Charbon de terre à Morfleben & à Wefenfleben,
- près de Helmfladt.
- J. Terre végétale. 1
- 2. Subflance jaune & brune, compofée d*un fable argilleux & ferrugineux ; une verge d’épaifleur.
- 3. Argille grife, dans laquelle on ne remarque rien de calcaire; 3 à 4 verges.
- 4. Subflance fabloneufe, grojjiere, véritable grez ; trois verges.
- 5. Subflance ferrugincuje d’un brun d’ocre mêlée de fable, d’une verge & un quart
- . d’épaifleur : on trouve dans ce lit des marrons d’un grez ferrugineux, corn-
- paél, gros comme des œufs d’oie.
- 6. Grez d un gris-clair ; deux à trois verges*
- Charbon de Terre.
- Kk
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- i3o DU CHARBON DE TERRE
- 7. Roche qui eft un mélange cTargille Sc de fable pur ; une demi-verge , ou deux verges.
- 8. Pierrefabloneufe bleue, calcaire, feuilletée Sc mêlée d'argille, ayant cinq huitièmes jufqu'à trois quarts de verge.
- 9. Roche d’un blanc clair : argillegrife, durcie, feuilletée ; une verge & demie.
- ic. Roche fabloneufe blanche , pierre formée par un mélange d'argille & d'un
- peu de terre calcaire ; elle fert de couverture aux Charbons , Sc les Charbons y tiennent : elle a une verge Sc demie.
- A fa place on trouve fouvent une glaife blanche , qui pour lors devient le toit des Charbons, & qui eft communément de trois huitièmes jufqu’à une demi-verge (*).
- 11. Lit de Charbon de terre, de l'épaiffeur de 10 jufqu'à 18 verges.
- 12. Pierre fur laquelle pofe le Charbon ; c'eft une Ardoife d'un gris noir, ayant une verge trois quarts.
- 13. Autre Lit femblabie & noir: c'eft une glaife noire, grafle, feuilletée, ayant une verge trois quarts.
- 14. Roche fabloneufe grife , qui eft un fable lié par i'argille qui fe rencontre au-deftbus du fol. .
- iy. Second Lit de Charbon de 4 à y verges d'épaifleur, Sc d’une très-bonne efpece Q).
- 16. Sol, fur lequel repofe cette fécondé couche de Charbon, Sc qui eft une glaife noire, grafle, feuilletée, ayant une verge d'épaifleur.
- 17. Roche grife y fablonneufe, qui eft un mélange d'argille & de terre calcaire, femée de pyrites fulphureufes, d'une Sc demie jufqu'à deux verges d’épaifE
- ARTICLE TROISIEME.
- ¥estphalie.
- Dans la partie qui eft au Roi de Prufle, il y a des mines de Charbon à Bochlorft, à Sneiker, à Ibenbuzen ; dans le Cercle de Weftphalie , Berghlob du côté d'Ofnabruck, ( Voyez Seél. IV. Art. 3. p. 24.) Sc quantité d'autres endroits en ont de très-riches. Il ne fera ici queftion que des parties de ce qu'on nomme Provinces de iFeftphalie, lefquelles avoifinent le pays de Liege, afin de rapprocher le Leéleur de la France par les Pays-Bas.
- Pays ou Duché de Juliers.
- 1
- Les Houillieres de ce territoire font toutes près de Juilback, Sc s*étendent du côté du Nord au pays du même nom.
- (1) Dans cette partie de l'Allemagne, comme en Siléfîe, en Angleterre & dans plufieurs pays de l'Europe, le toit du Charbon eft formé
- par le Schifius terrefirls carbonarîus , cœTideo-cinereus, Da Cofta , Hift. Nat. of Foffils. XII.
- (2) Voye% Sed.VIII. Art. 1. des Veines irrégulières.
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- i31
- et de ses mines.
- t
- Les veines y prennent leur train du Nord*oueft au Sud-oueft.
- Aux environs de Stolberg , dépendance de l’Eleéteur Palatin, ou il y a une Fonderie confidérable de cuivre, il fe trouve une mine de Charbon dont la ville d'Aix-la-Chapelle , qui n’en eft qu’à une lieue, droit beaucoup avant que cette Fonderie fût transférée à Stolberg; mais ilne s’en confomme aéluel-ment que très-peu, feulement par quelques Fondeurs & quelques Maréchaux ; ce Charbon eft moins folide , plus léger & plus bitumineux que celui d’Aix*
- On trouve près de ce même endroit des pierres de grez pour les moules dans lefquels on coule le laiton. Voyez Swedemborg,
- A Efchweiler , bourg fur la route d'Aix à Cologne, par Dueren,la veine eft en planure, & donne un Charbon de l’efpece nommée QluttQ au pays de Liege. Voyez Seét. IX. Art. 3.
- Territoire $ Aix-la-Chapelle nommée par les Allemands A a ch ,
- & par les Flamands Acken.
- La connoiflince des couches de ce quartier & de leur difpofîtion , feroit très-intéreflante par le parallèle qu’elle donneroit lieu de faire avec les lits qui forment le fol du pays de Liege, dont il y a peu qui foient inconnus ; mais les fouilles de mines de Charbon n’y font pas en a {fez grand nombre pour fournir à cette comparaifon ; on mettra feulement le Leéieur à mê-me de prendre une idée de la compofition du fol des environs d’Aix-la-Chapelle par un fimple énoncé des fubftances que les Naturaliftes peuvent y remarquer : fçavoir, des Terres argiileufes de différentes couleurs félon leur mélange.
- La Terre à Pipe.
- La Terre à Brique.
- Une vraie Terre à Foulon qui eft une marne, (‘).
- Différentes Terres bolaires , qu’il eft aifé d’apperceVoir dans plufieurs chemins de traverfe, qui font marqués de la couleur de ces bols. M. Lucas, Médecin Anglois, Auteur d’un EJfai fur les Eaux d? Aix-la-Chapelle, prétend qu’il s’y en trouve de femblables au bol d’Arménie (a).
- Plufieurs Ocres ; une jaunâtre ; une qui eft brune ; & une qui approche de la terre-d’ombre pour l’apparence extérieure.
- La Marne.
- La Craie en différents endroits à l’Oueft d’Aix-la-Chapelle.
- Autour de la Ville , fur-tout au Nord & au Sud-oueft, on trouve des couches de Sable de Mer de toutes couleurs , mêlé de coquilles de Mer, la plupart du genre des bivalves, en partie confervées, en partie pétrifiées.
- La Pierre-de-tailie , ou Pierre de fable ; une de couleur brune, fabloneu-fe & comme pourrie ; une autre, partie fabloneufe, & partie talqueufe.
- (1) Voyei Waller. Argille à Foulons , p. 34. Ôc Marne à Foulons , p. 43. Tom. I*
- (2) Voyei leChap. II. de ce Traité, traduit par M. Okean, Médecin de l'Armée. Liege, 1762*
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- 132 DU CHARBON DE TERRE
- L’Ardoifè commune.
- Du Grez ordinaire Sc des Pierres à aiguifer de différentes efpeces*
- La Pierre à chaux commune , de couleur grife.
- Deux efpeces de Pyrites. I. Globuli Pyritacei pallide-flavi. 2. Globuli Pyritacei nïgricantes ,* ceu Minera Martis Solaris HaJJia. Wal. Tom. 1. pag. 283. Voy. la nature de ces Pyrites. Seét. V. Art. 2.
- Un Marbre’ dur, pefant, de couleur bleue, veiné de blanc, fervant à faire la chaux Sc à décorer les bâtiments.
- M. Lucas dans l'Ouvrage qui vient d’être cité, a trouvé aux environs du Loufberg ( montagne voifine de la ville ) , « une pierre de couleur de bri-» que,, tirant fur le pâle, d’un tiffu lâche , léger, d’une confiftance fàbloneufe; » qui étant frottée, donne une odeur forte , femblable à celle que l’on diftin-» gue dans une étable à cochon « ; il la nomme Lapis arenojus latericei ferè coloris , haram porcinam redolens.
- Tous ceux qui font un peu inftruits dans les Arts ou dans l’Hiftoire Naturelle , fçavent qu'une des principales productions du territoire d’Aix-la-Chapelle eft la Calamine ou pierre calaminaire , Cadmia fojfilis. Agric. Cadmia lapi-doja. Schrod (l). L’endroit où on la fouille eft nommé dans le pays Calme-berg, en François, montagne de Calamine y ou Calmine.
- On peut confulter fur cette fùbftance minérale l'Article de Swedemborg, inféré à la fuite de l’Art de convertir le Cuivre rouge ou Cuivre de rofette en Laiton ou Cuivre jaune, publié en 1762 par M.Galon, Colonel d’infanterie , Cor-refpondant de l’Académie Royale des Sciences, & les notes fur Wallérius tome 1. p. 154.
- Le Charbon dont on fe fert le plus à Aix-la-Chapelle, efl: tiré d’une Houilliere nommée laTuteyûtuée au Nord-eft dans fes dépendances à environ une lieue.
- J’ai reconnu que le toit &Te fol de ces mines font formés par un fchifte, qui pourroit fe rapporter au Fiffilisfriabilis cinereus de Wallér. p. 136.
- M. Lucas prétend qu’on y'rencontre -, de même qu’aux environs de Spa, le Lapis Hybernicus. Voyez Sect. III. pag. 16. v
- Le Charbon qui provient de cette mine n’eft pas fi gras que celui de Liege, Sc par conféquent n’eft pas fi propre pour les Maréchaux & les Fondeurs : mais il eft très-bon pour les ufages ordinaires ; fes grains font très-ferrés : il eft plus pefant, plus compaél, plus fec que celui de Liege ; il brûle lentement, ne donne que peu de flamme Sc de fumée, comme celui de Kilkenny en Irlande , dure long-temps, fournit une grande chaleur , Sc eft d’un très-beau chauffage.
- Les bancs de houille des mines d’Aix-la-Chapelle ont jufqu’à 400 toifes de trajet. <
- (1) Zinci minera terrect, colore jlavefcente 3 velfufco. Lapis colaminaris. Cadmia officinarum. Waller, pag. 497. tom. 1. 8c pag* Cadmia FoJJilis, aliis lapis colaminaris. Worm. A. Calamesen. Cala-minar.stone. G. Calmen, Calmen-Steln.B Calamint-steen. Calamy-steen.
- Pays
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- Pays dïOtître-Meufe (t).
- Dans le Limbourg nommé Pays c£ Outre-Meufe, territoire de Rôlduc , ou Rode le Duc, la mine deHaemlich donne le Charbon qui eft du meilleur ufa^-ge; elle s'étendaupays de Juliers jufqu'à Bademberg, où elle s'appelle laVorte*
- ARTICLE QUATRIEME*
- Pays-bas Autrichien»
- Comté de Namur.
- Les fubftances minérales que l'on connoît dans ce quartier font ( à Am* denne^) la Terre à Fayence , ou Terre à Pipe , de même que près de Huy vers le Condroz. A
- Une Terre noire, forte , Me & favonneufe, que l'on emploie à faire les creufets pour la calamine, & qui fe trouve à Nanines près de Geronfart.
- Les environs de TAndenne, de Velaine, de Hayemonet, de Terne-am-grive , donnent auffi de la calamine ; fa couleur tire fur le rouge , & efl: différente de celle du Limbourg, qui efl: trop graflè , mais plus douce, plus pe-fante 8c d'un jaune pâle.
- Dans le Comté de Namur, cette fubftance tirée de la luperficie , efl: d'une auffi bonne qualité que celle qui s'exploite plus en profondeur. M. Gallon , Colonel d'infanterie , Correlpondant de' l’Académie Royale des Sciences , indique les différences de la Calamine de Namur d'avec celle du Limbourg , fa dilpofltion dans la terre , &c. (*).
- Tous les environs de Charleroi tant du pays de Liège que du comté de Namur, font remplis de Houillieres, comme à Chatelineau , route de Char-leroi, à Namur, à Fontaine-l'Evêque, à Jumet (**) , vers le Couchant dans les Bois : quelques mines de ce dernier endroit ont jufqu'à 400 toifes de profondeur, perpendiculairement.
- La partie du toit chargée d'empreintes, efl: nommée dans cette province Caillou fleuri.
- A Durmy il y a 2 ou 3 veines : le Charbon efl de l'elpece qu’ils appellent Charbon fort.
- (1) Il n'y a pas de pays des environs de la Meule , qui ne puifle être ainfî nommé par rapport au bord oppofé, qui eft à Ton égard, de l’autre côté de la Meufe. Le quartier de la ville de Liege, fîtué à la droite de cette riviere , dont un bras forme une petite ifle, eft nommé Ou-tre-Meufe.
- Dans les Annales des Pays-bas , & du pays de Liège , de même que dans les anciens Traités, la partie du pays de Liège & du Limbourg fituée entre l’Ourte,la Meufe & le pays de Juliers , eft nommé Pays de par-delà, fous-enten-
- Charbon de Terre.
- dant Meufe % à la fuite des temps, on a di tPays d’Outre-Meufe ; les Efpagnols & les Hollandois dans le Traité conclu pour le partage des trois quartiers de Dalem , raulquemont* Hertogen-rade, ou Rolduc , fe font exprimés de cette façon qu’ont adoptée les Souverains des Pays-bas, & du pays de Liege, parce que la majeure partie de leurs Etats , étoient en-deçà de la Meufe.
- (2) Voyez l’Art de convertir le Cuivre rouge en Cuivre de Rofette , en Laiton ou Cuivre jaune. 1762.
- (3) Ces deux endroits font du pays de Liege,
- L 1
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- i34 DU CHARBON DE TERRE
- Dans les Bois de Soleilmont, le Charbon eft tendre & approchant de la
- Téroulle.
- Celui des Bois de Flerus, à une lieue 3c demie de Charleroi, quoique tendre & mauvais, fert pour cuire la chaux & la brique.
- Du côté de Namur, & dans les mines de Charleroi, la plupart des veines ne font pas réglées : les Houilles en font léchés 3c maigres , excepte cependant celles des mines des fauxbourgs de Charleroi> qui font d une bonne qualité ; 3c celles d’H ode lin-fart appelle par abbreviation le Sart, diftant de Charleroi d’une demi-lieue au Couchant, dont la veine eft régulière ; toutes celles qui font dans ce canton font très-fujettes au Feu Terou.
- i
- Voyez SeéLV. Art. 2.
- Aux environs d’Andenne, tirant vers Namur , du côté de la Meufe , on trouve du Charbon de terre difpofé en mafïe, dont la fuite manque à tout inftant : on l’emploie aux Briqueteries 3c à cuire la chaux.
- A Gillis , au Levant de Charleroi, il y a beaucoup de veines qui, félon la maniéré de parler des Houilleurs , font leur retour fur elles-mêmes , dont j’ai fait une clafle particulière , ( Seél. VIII. Art. 1. ) laquelle peut fe rapporter aux Veines Roilfes, (Seél. VIII. page 65. )# ou aux veines irrégulières, ( page 68. ) : le Charbon en eft d’une bonne efpece , & d’une qualité plus forte que celui du Sart, quoique coupé par des veines de Brihaz , ( Seét. IX. Art. 6. ) ainfi que celui de Viviers, village diftant de Charleroi d’un quart de lieue : on ne trouve pas de brihaz à Hodelin-fàrt.
- Le langage de Houillerie de cette Province n’y eft pas différent de celui du pays de Liege auquel elle confine ; la Houille la plus enfoncée y eft de même réputée la meilleure, la plus parfaite, & , comme ils difent, Houille marchande ; la Houille menue dans les Fonderies des environs eft appellée Spiure de Houille J Spiure en Wallon lignifie éclat.
- 1
- Haynault Impérial.
- Il y a plus de 700 ans que cette Province des Pays-Bas connoît le Charbon de terre.
- Cette matière ne s’y trouve que dans le Pays Montois, depuis Quievrain diftant de Valenciennes de deux lieues & demie, & de Condé d’environ deux petites lieues, jufques vers Marimont ; ce qui fait fept lieues de longueur : le terrein où fe trouvent les veines , a environ deux lieues de large.
- Les feuls environs de Mons font fi riches en mines de Houille, qu’on y a vu plus de cent vingt Bures en exploitation, lefquels ont pendant long-temps fiiffi à la confommation de toute la Province, tant de la partie qui eft au Nord, que de celle qui eft au Midi.
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- ET DE SES MINE S*
- La veine de Charbon y eft toujours enfermée entre deux bancs de Roc très-dur , qui dans quelques endroits de cette partie des Pays-Bas ne fe trouve pas fi profond en terre ; quelquefois on trouve ces rochers à io , 12 pieds de la fuperficie : on penfe aifément que c’eft une grande avance pour l'exploitation* Il s'en faut de beaucoup qui] en foit par-tout de même , au Levant de Quie-vrain, frontière du Haynault Impérial, les rochers commencent à s'enfoncer au point qu'à Blan-midderon, Comptoir de la Reine , qui n'en efl: qu'à unê lieue, on les trouve à plus de 20 toifes de profondeur.
- Ils font féparés du fol par des lits très-épais de terres marneufes, de pierrei blanches très-poreufes.
- A 20 toifes de profondeur on commence à trouver la Téroullec
- La plûpart des Bures ont environ 35 ou 40 toifes dé profondeur.
- La veine n'a jamais plus de 3 à 4 pieds d'épailïeur , Sc autant de larges
- Lorfque les Ouvriers ont percé le banc de roc qui la couvre, Sc qui à rarement plus de 3 à 4 pieds d'épailfeur, ils font obligés d’être continuelle-* ment fur leurs genoux pour travailler, Sc quelquefois couchés fur une épaule*
- Les veines vont toujours en pente, & continuent de marcher dans cette inclinaifon jufqu'à 150 toiles de profondeur ; après quoi elles remontent.
- Du côté de Quievrain les veines ont jufqu'à 200 pieds de profondeur*
- Les mines principales de Charbon du pays Montois font à la Louviere près de Mons, du côté du grand Roeux.
- A Sarlonchamp près la Louviere.
- A Ouday, Sc dans les petits environs contigus*
- FofTe Gatte, du côté d'Autreps. ( Autreps efl: entre la riviere d’Ânneau & le bois de Rampemont ).
- Folfe Breze du côté d'Autreps.
- Fofle de la grande Veine fur Etonge.
- FolTe Hanat, du côté du Moulin d'Etonge* »
- FolTe Tappe, à Tons fur Etonge.
- Folfe Veine à l'Aune, du côté du Moulin du Bolfu.
- Folfe Carlier, du côté du Moulin du Boilîi, qui çft près dé fHôpkal ruk ne , a la porte de S. Guillain, chemin de Valenciennes à Mons.
- Folfe Bibée, fur la campagne d'Hornée, à la porte de S. Guillain.
- Folfe Builfon.
- ABlaton, village à deux lieues environ de Condé*
- A deux lieues de Mons, territoire de Vames, ( pays de Liege J on tire à plus de 75* toifes de profondeur de la Houille de très-bonne qualité.
- 'Marimont, Mailon de plaifance de S. A. le Prince Charles , à 3 lieues Sc demie de Mons.
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- 136 DU CHARBON DE TERRE
- La Hôuilliere de cet endroit eft dans le parc \ Tes veines vont du Levant au Couchant / entre deux bancs de Roc affez dur, que les Houilleurs difent tous être approchant de la nature du grez , un peu moins gris que l’ardoife, tirant davantage fur la couleur cendrée.
- J’en ai remarqué de deux efpeces ; l’une feuilletée , femblable à celles que l’on trouve dans toutes ces mines du pays de Liege ( Seét. VIL Art. 2. ) ; l’autre d’un grain plus fin, qui pourroit être propre à aiguifer comme celle des Houillieres de S. Nicolas 8c de Flemalle au pays de Liège , page y I.
- Quelques portions du toit font ftriées fiiperficiellement, ou chargées d’em-preintes pareilles à celles repréfentées dans la Planche VLfig* 2.
- Les veines de cette Hôuilliere ont 4, 6, 8 ou 10 paumes d’épaiffeur (*) : celles qui vont jufqu’à 8 font les plus riches lorfqu’elles font allez dures pour pouvoir s’exploiter en grandes malles & donner du Charbon de pierre.
- Celles qui ne peuvent fe détacher en gros morceaux, àinfi que tout Charbon riable, font nommés FeJJi.
- En général, le Charbon de Mari mont ne donne aucune odeur en brûlant, & ne fe réduit pas en cendres : il eft eftimé autant que celui de Ouday.
- nA demi-quart de lieue du Château de Marimont il y a une fécondé Foffe appellée Foffe de l'Olive, dont la veine a huit paumes d’épaiffeur. Mais cette veine eft féparée dans fon milieu par un nerf de plus d’un pouce d’épaiffeur, qui quitte difficilement la couche de Houille à laquelle il tient, Séét. VIII. Art. 2. Ce nerf eft traverfé de temps en temps dans fon épaifleur par un filet très-délié de Houille en miettes qui viennent à l’appui de la compa-raifon que j’ai faite du nerf avec le brihaz. Voyez page 83-
- La houille de la Foffe de l’olive eft plus dure que celle du parc de Mari-mont , 8c moins bonne.
- SECTION TREIZIEME.
- FRANCE.
- Il a été facile de remarquer par tout ce qui a précédé, qu’il y aplufieurs efpeces de Mines de Charbons.
- Les unes donnent de la mine par rognons ou par pelotons, qui font des efpeces d’écarts, n’ayant entre eux aucune forte de communication : les autres donnent de la Houille par bouillons, c’eft-à-dire ,par intervalles, quelquefois ramaffée en grands blocs qui compofent un terrein en entier. Voyez page 68.
- Les mines de Charbon de la fécondé claffe font compofées de celles dans
- ( 1 ) Huit paumes font plus de fept pieds.
- lefquelles
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- ET DE SES Ml N ES.
- lefquelies on obferve fenfiblement un ordre , un arrangement particulier l lâ matière de ces mines eft difpofée en veines d’une épaiffeur plus ou moins confidérable , & qui fuivent entre deux couches particulières * comme dans un foureau , une direction , une marche réglée , 8cc.
- L'extraélion du Charbon dans les mines en roignons ou en bouillons, n'efî point compliquée de fouilles régulières, de manœuvres indullrieufes, tandis qu’au contraire la fécondé efpece de mines comporte indifpenfablement dans la maniéré de les travailler , une efpece d’art établi par l'ufage 8c par l’expérience , relativement tant à la direction , à la pente réglée qu'affeélent lès veines de ces mines, qu’à leur enveloppe, qu’il faut connoître dans toutes feâ circonftances.
- Les mines de Charbon les plus confidérables en France, ou dont on tiré une plus grande quantité de matière , fçavoir , celles d’Auvergne, du Fore^ & du Bourbonnois , font de la première claffe , & n’ont pas befoin de ce qu'on appelle proprement Exploitation. Ce qui n empêche pas que celles dé la fécondé clafle n’y foient en très-grand nombre. Delà vient qu’on ne connoît dans ces dernieres , excepté les Houillieres du Haynault François > que fort peu de termes pour défigner les fubftances terreufès & pierreufes > foit celles qui précèdent le Charbon , foit celles qui parle retardement qu'elles entraînent dans les manœuvres, ont un rapport particulier à l'exploitation.
- En conféquence les mines qui vont être paifées en revue , ne donnent point matière à un Vocabulaire de Houillerie , femblable à celui dont j’ai fait précéder la defcription des mines d’Angleterre 8c d'Allemagne.
- Pour fuppléer au défaut de ce Tableau de comparaifon, je réfumerai d’abord fous un point de vue général les principales matières que l’on a vû com-pofer l’écorce 8c le noyau des montagnes par couches , dans lefquelies fe trouve le Charbon de terre, & en indiquant enfuite dans chaque Province les mines qui y font, je ferai connoître les expreffions ou les dénominations qui y font ufitées relativement à ces fubftances , dans leur état ordinaire ou dans leurs défeéluofités, ou relativement aux dérangements qu'elles produifent dans la marche des veines* *
- Du relie les travaux de M. Guettard ne peuvent manquer par la fuite dé jetter du jour fur cette partie de l’Hiiloire Naturelle, tant particulière que générale, pour laquelle je renvoie le Leéteur aux différens Mémoires que ce Sçavant a donnés à l’Académie des Sciences pour quelques Provinces du Royaume. »
- Récapitulation fommaire & générale des Matières qui fe trouvent dans
- toutes les Mines de Charbon de terre.
- Les matières qui fe trouvent dans le voifînage des Charbons de terre ou Charbon de Terre. • M m
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- 138 du charbon de terre
- entremêlées avec fes couches, varient à l'infini ; on y trouve non-feulement du foufre, du bitume , des pyrites, des fels, dont fai traité en particulier SeéL IX. mais encore des pierres argilleufes, fchîfteufes , des roches quart-zeufes, {patheufes, fablonneufes, féléniteufes ou gypfeufes.
- La pierre à chaux s'y rencontre dans fes différents états ; fefpece de ce genre dont le luxe emprunte une partie de fa magnificence pour la décoration des édifices , Sc dont on fait le plus de cas pour la propriété qu'elle a de prendre le poli ; le marbre véritable (£) accompagne les couches de Charbon , comme on le voit du côté de Nuremberg en Franconie, à Langeftein, où il fert de toit à ce foffile.
- Mais de toutes les pierres contenues dans les montagnes de Charbon de terre, il paroît que les plus communes, font des pierres reffemblantes à des granits décompofés.
- Les Naturaliftes ont obfervé que le granit (z) fe trouve fouvent mêlé avec le fehifte ; que c’eft une forte de paffage à l'ardoife, qui conduit ordinairement à des pierres noires , ou à du Charbon de terre ; &, félon la remarque de M. Triewald (1 2 3), les Charbons foffiles fe trouvent communément dans le voifinage des carrières d’une efpece de grez Sc des pyrites, aux mêmes endroits que l'ardoife alumineufe.
- Outre les parties propres au Charbon , comme diverfes fubftances minérales terreufes, pierreufes, falines Sc fulphureufes quelconques, on y trouve auffi des fubftances demi-métalliques Sc des fubftances métalliques.
- On a vu, ( Seét. XII. Art. 2. ) que le Cobolt (4) fe rencontre parmi les Couches du comté de Hohenftein.
- Le fol du pays de Liege eft auffi abondant en Calamine qu’en Houille ; cette matière particulière, fe trouve fur la rive droite Sc fur la rive gauche de la Meufe, au-deiïbus de Huy , dans les bois de Hampfain , du côté de Hombray, & ailleurs. Voyez Se6l.VI.pag.43.SelonM.de Genfanne, les Charbons de terre, les terres alumineufes & les fables nués diverfement*, entre-
- coupés de petites veines couleur de lilas, font des indices de la Calamine (*).
- Les fubftances métalliques les plus ordinaires dans les mines de Charbon, font de nature martiale : telles font les Ocres , Pierres d'aigle (6), Geodes (7), Marrons, Marcaffites Sc Pierres ferrugineufes.
- (1) Marmor. Marmel-ftein. Dans le feu & dans les acides il produit le même effet que la pierre à chaux, d'où il fuit que l’un & l'autre font des produits de terre crétacée , ou calcinable , ou même plutôt de terre du genre des marnes ; le marbre n’eft donc qu’une pierre calcaire diverfement colorée & fufceptible de poli : cette derniere propriété fait que dans plufieurs pays les chaux grifes font appellées Marbres.
- (2) En Cayenne il fe trouve une efpece de granit nommé Griffon.
- (3) Mémoires de l’Académie des Sciences de Suede , an. ijqo. pag. ioo.
- (4) Cobaltum ojficinar. Cadmia metallica. Worm.
- Cadmia metallaris, aiiis Cobaltum metallicis. Schw. A. Cobalt, B. Kobalt.
- ( S ) 4e- Vol. des Mém. préfentés 8c lûs à l’Ac. pag. 163.
- (6) Ætites. Lithoiomi cavitate latente àonati. A. Eagle-Jlone. B. Arend-flein. Efpece de mine de Fec argilleufe ou fableufe, reconnoiffable à ce que fon intérieur contient une matière différente.
- (7) Ætites terrâ inclusâ. Pierre d’aigle bâtarde. A. Baftard Eagle ftone. B. Harjlart arend ftein. Sued, Jodhaltig. Concrétion globuleufe quelconque, dont l’intérieur efl parfemé de cryflaux quart-zeux ou fpathiques, félon la circonftance.
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- ÉT DE SES MINES,
- Non-feulement on découvre dans le Charbon de terre une bafe martiale * mais la mine de Fer elle-même fe rencontre dans les couches qui accompa-v gnent ce foflile : l'efpece qualifiée Minera Ferri faxea} y efl: très-commune; on en a vu dans les mines d'Angleterre quantité d'autres. Seét. XI. M. Wood a voit retiré d'un Charbon de terre de très-bon Fer, qu’il préfenta au Roi d'Angleterre : enfin , l’on fçait qu’il efl: des mines de Fer rangées entre des lames d'Ardoife & de Charbon foflile.
- Il en efl: de même du Cuivre , qu'il efl: aflez commun de trouver mêlé avec le Fer. Swedemborg obferve qu’on rencontre des veines martiales & cuivreu-fes dans les mines de Charbon, principalement dans celles du Comté dé Stafford (1). c
- Le Charbon de la mine de Hartna près Chémnitz en Saxe, contient un très-beau Verdet (2), & donne dans quelques eflàis 36 livres de bon cuivré de rofette, & cinq onces & demie d'argent Q) par quintal.
- On pourroit croire avec M. Kurella (4) , que la plupart des fchiftes cuivreux (s) font une elpece de Charbon de terre, ou du moins qu'il a déjà été mêlé avec beaucoup de foufre & une bonne partie d’arfénic (6). Ce Chi-mifte fonde fon opinion fur ce qu’un fchifte cuivreux placé fur un têt, fous la mouffle, pour le griller à un feu aflez violent, s'allume non-feulement & répand une flamme brillante qui dure long-temps, mais encore fur ce qu'a-lors il fort par fois de ce fchifte une matière bitumineufe : la liqueur que cè fchifte adonnée à M. Kurella par la diftillation, avoir la*même odeur que celle qu'il a obtenue du Charbon de terre.
- Dans l'état des matières rencontrées en perçant un puits de miné dans lé Comté d'Yorck , il efl: fait mention d'une fubftance placée entre un banc de Charbon Sc un lit de Cowshot-ftone, que l’Ouvrier défigne dans ces termes > G ood métal for Jowing. Voyez année 1689, N°. 2$o. Art. 2.
- Une des mines du Cap Breton, ( Seét. XL pag, 8p. ) contient de l’antimoine.
- M. Kurella fait mention d’une Colleétion de minéraux, dans laquelle il a vu un morceau de Charbon de terre qui laiffoit appercevoir une veine entière d'argent pur.
- Dans le Charbon de Hefle on trouve des morceaux d'argent natif.
- La mine de Charbon de Richeftain en Siléfie, contient de l'or. Seét. XL pag. 89.
- Le mélange de plomb dans les mines de Charbon fous différentes formes*
- U) Emman. Swedemborg,Regnum fubterraneutn, Jïve minérale* De Vend G Lapide Cupri. Clafl". 2. Tom. III. Drejd. & Leipf 1734. infol.
- (2) Verd-de-gris. A. Verdigrife. Kupffer gruti. Koper roejl. B. Spaans groen.
- ( 3 ) Argentum. A. Silver. G. Silber. B. Zilver,
- (4) Eff. & Expr. Chimiques. In-8°. paragr. 7^ (j) Mine de cuivre dans une pierre feuilletée , Ardoife cuivreufe , ou mine de cuivre en ar~ doife. Cuprum in lapide fcifjili»
- (6) Ce qui conftitueroit une pyrite arfénicale*
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- i4o DU CHARBON DE TERRE
- particuliérement fous la forme terreufe, fablonneufe, rare dans nos mines de Charbon de France Sc d’Allemagne , ne paroît pas l’être également ailleurs , particuliérement dans la Grande-Bretagne , félon la remarque de M. Triwald, confirmée parce que nous avons dit d’une des'mines du Buckin-gham-shire , SeéL XL Art. 4. p. 108. de celles de Baldoë en Ecoffe, Art. 4.
- L’étain (0 auflî rare que le plomb dans d’autres fubftances minérales, fe rencontre dans le Charbon de terre. SeéL XII. p. 116.
- On ne peut douter enfin que le Charbon de terre ne fympathife avec tout ce qu’on appelle Métal parfait (2).
- Subjlances terreufes qui je trouvent dans le vo if nage des Charbons
- de Terre.
- A examiner les différentes matières moins compares que les précédentes, qui forment les montagnes où font renfermées les mines de Charbon de terre, on reconnoît qu’elles font prefque toutes des terres argilleufes &glai-feufes ; fubftances que l’on fçait varier à l’infini dans leur couleur, Sc être toujours compofées, quand même elles ne le feroient pas vifiblement.
- Leur couleur , différente de la blanche, doit toujours être attribuée à l’ex-halaifon minérale de quelque foflîle qui n’eft pas éloigné de ces couches. M* J. Ambr. Beurer a remarqué avec plufieurs autres Phyficiens , que le fiiccin foflîle fe trouve toujours dans des terres bleuâtres confondu avec du bois fo£ file , du charbon de terre , de la mine de vitriol, & fouvent avec de l’alun (3).
- Ces terres ne varient pas moins dans leur confiftance ; car en même temps qu’elles contiennent toujours de l’eau dans une certaine quantité, au-delà de laquelle elles ne peuvent en recevoir davantage , elles y deviennent impénétrables lorfqu’elles ont fouffert de la compreflîon , ainfi que le démontrent quelques fchiftes, Sc deviennent fufceptibles d’acquérir par la chaleur une dureté décidée.
- Des différentes Matières qui fervent de couverture au Charbon
- de Terre.
- Il a été facile de remarquer par la defcription de la Couverture terreufe, ( SeéL VII. Art. 1. ) & de la Couverture pierreufe, ( Art. 2. des Veines du pays de Liege ) ainfi que par les détails des couches qui couvrent ce foflîle dans plufieurs pays, (SeéL XI. &XII.) que tous les lits ou les bancs, au-deffus ou au-deffous defquels il eft placé , ne préfentent abfolument aucun ordre dans leur arrangement, de façon que le Charbon peut indiftinélement fe trouver, Sc fe trouve réellement fur toutes efpeces de couches ; malgré cette irrégularité
- (1) Stannum. Plumbum album. A. B. Tin.
- (2) Nom que l’on donne à tous ceux que l’Art n’a encore pu décompofer s comme Tor, l’argent.
- (3) Extrait d’une Lettre écrite à M. P. Collin-fon , de la Société Royale, fur la nature du Suc-^ cin, Tranfactions Philofophiques, an, 17^3. N°. 46S.
- dans ce
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- et de SES MINES. dans ce mélange de matière, confirmée par les Lithologiftes de• différents pays, conftatée par la fuite des Obfervations de M. Strachey dans les Mines d'Ecofle 8c de Northumberland, il eft de ces fubftances qui ont cela de particulier , qu elles femblentfe rencontrer par-tout où il y a du Charbon de terre, fe trouvent même le plus ordinairement fur la tête de fes veines , 8c fervent d’indices de leurs voifinages.
- Telles font les glaifes & argilles, appellées dans les Houillieres de Liege Agaz ou Agày , Craw , (Seél. VIL Art. i.) celles de la couche qui porte fur la mine de Charbon d’Ay près Calfel, Seél. XII. pag. n 6. celles que les Allemands nomment Besteg , quelquefois Let'ten , ( Seél. XII, p. 117. ) ce que les Anglois nomment Clunch , femblable à celles qu ils nomment Tile-stone , ( Seél. XL p. 93. 8c 96.) toutes fubllances qui ne font différentes que par leur couleur, leur mélange 8c leur dégré de folidité.
- Les unes ou les autres en fourniflant au Charbon une efpece d'étui ou de fourreau qui le fuit dans toute fà marche , rompent le poids énorme de roches qui fe trouvent placées au-defliis, mais pour peu que cette enveloppe foit altérée dans fon étendue, ou inégale dans la portion de fes furfaces qui touchent immédiatement la veine , elle ne lui préjudicie pas moins que les matières contre lefquelles elle lui fervoit de rempart. Il efl inutile de rap-peller ici les dégradations que produit dans le corps de la veine la corn-' preflion réfultante des nœuds qui excédent le niveau de l'intérieur du Sal-band fupérieur ou inférieur, ni l'interruption quelles occafionnent dans la continuité de la veine, &c. ces circonftances ont été détaillées auffi amplement qu'il étoitnéceflàire, Seél.VIL Art. 4. Seél. XI. Art. 1. p.98. Seél.XII. p. 123.
- Parmi le nombre prodigieux de matières différentes fous lefquelles le Charbon de terre fe rencontre indiftinélement dans les montagnes, on ne peut s’empêcher de remarquer fur-tout cette fùbftance qu’on appelle Schifle, Schif* ms fiflilis, Glaife durcie , plus ou moins fenfiblement feuilletée , félon qu'elle efl mêlée avec de la véritable ardoife , toujours bitumineufe 9 8c tirant plus ou moins fur le noir, qui enfin varie à l’infini félon fes différents mélanges , ou félon qu'elle eft voifine ou éloignée du Charbon de terre. Voy. Seél. VIL Art. 3. Seél. XL Art. 1. pag. 95. Seél. XII. pag. 122.
- Quelque part que fe trouve le fchifte, fur-tout celui qui tient de la nature de l'ardoife, ou qui en conftitue une véritable , il eft toujours plus ou moins imperceptiblement bitumineux ; l'efpece d'affinité qui s'entrevoit d'abord, entre le fchifte, 8c le Charbon de terre, ceffe d'être conjeéture en faifànt attention que les Naturaliftes, ainfi que tous les Houilleurs, regardent pref-que unanimement ces fchiftes comme des avertiflementsdu voifinage du Charbon de terre : les dénominations employées en Allemagne , C Ie Guide, Wegweiser) en Languedoc, ("Gardes du Charbon) pour défigner ce Charbon de Terre, N n
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- 14* DU CHARBON DE TERRE
- fchifte , ne peuvent avoir leur fource que dans l'expérience. En effet, toutes les defcriptions de ces mines font voir que le fchifte fe trouve conftamment, ainfi que la véritable ardoife , dans le voifinage du Lithcmtrax, dont il accompagne ou fépare les couches plus généralement que toutes les fubftances nom-breufes enfermées dans le fein des montagnes.
- Quant à ce que l’on avance ici fur cette efpece d’homogénéité, plus ou moins parfaite, elle eft telle que ce fchifte n’eft pas toujours entièrement à négliger, ou pour l’attention qu’il peut mériter lorfqu il fe rencontre dans des fouilles, ou pour les ufages auxquels il peut être appliqué.
- En Allemagne il eft affez commun de trouver le Charbon de terre fous les carrières d’ardoifès : dans l’Ardoifiere de Mansfeld, on trouve un vrai bitume qu’on appelle Schieffer-stein , même des morceaux de bois, & une matière abfblument femblable au Lithantrax, laquelle expofée à la pluie s’enflamme de même : ajoutez à cela l’emploi que l’on fait de ces fchiftes pour entretenir du feu dans les Bures d*airage > ôc pour d’autres ufages communs des Houillieres.
- Dans les Ardoifieres d’Angers on apperçoit des veines ôc des fiions, qui tiennent de l’ardoife Sc du Charbon de terre : par la diftillation on en retire un fel volatil huileux, comme on en obtient du Charbon de terre ÔC du Suc-cin (*).
- Les détails dans lefquels je luis entré fur cette couverture des mines de Houille du pays de Liege , ( Seét. VII. Art. 3.) les nœuds, les drufen pyri-teux auxquels elle eft fujette, & qui dérangent Ion organifation , font, à peu de chofe près, dans cette enveloppe ce qu’on appelle Chatz dans les carrières d’ardoifès, & démontrent quelle a beaucoup de chofes communes avec ce qu’on nomme ÏArdoif.
- Toutes ces couches ardoifées quelconques ne font conftamment que des argilles ou fchiftes variés, nommées différemment, ou en tant qu’elles forment le toit, le fol ou la bafe des veines, ou en tant quelles font charbon-neufes, bitumineufes, métalliques, pyriteufes, &c.
- Après ces couches diverfifiées qui entrent, pour ainfi dire, dans la com-pofition des montagnes de Charbon Sc qui leur appartiennent effentielie-ment, la pierre ou terre Ampelite Sc le Jayet qui ne font point rares dans nos provinces , qui foutiennent une comparaifon allez fuivie avec le Charbon de terre, ( Voy. Seéh III. ) méritent d’avoir une place dans cette récapitulation générale.
- L9 Ampelite connu en France n’eft pas abfolument la même fubftance que celle qui étoit défignée fous ce nom parles Anciens : c’eft néanmoinsun vrai
- (1) Art de tirer, de fendre Sc de tailler les carrières de pierres d’Ardoifes, par M. de Fouge-roux.
- Voyei aufli le Mémoire de M. Guettard fur les Ardoifieres d’Angers, dans les Mémoires de
- TAcadémie Royale des Sciences, an. 1757»
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- ET DE SES MINES. I43
- bitume, mais fec 8c friable, difpofé par écailles , plus ou moins liées enfem-ble de maniéré qu’il s’en rencontre de dur 8c de tendre ; celui qui eft particuliérement en ufage fous le nom de Pierre noire, vient d’auprès de Séez ou Sais en Baffe-Normandie, où il fe tire de la cour d’un Curé qui s'en fait un revenu: ' les Ouvriers s’en fervent comme de pierre à marquer, ainfi que de plufieurs autres de ce genre, qu’ils nomment indiftinélement Craie noire par rapport à la trace quelle laiffe, comme la Craie blanche, fur les corps folides. V. Seél. I. p . 4. Dans quelques endroits on l'appelle auffi Terre à vigne , parce qu’elle
- tue les vers qui montent aux vignes.
- _ *
- Le Jayet non moins commun en France que ne l’eft dans quelques mines de Charbon de terre de la Grande-Bretagne celui que l'on y range parmi les Charbons de terre fous le nom de Kennel-coal, ( Seél. I. Seél. XI. Art. 4. )’ eft une fubftance folide dont la première bafe eft plus fupérieurement dans l’état de minéralifation propre aux bitumes, 8c par conféquent qui eft jplus dénuée de parties terreufes. Voyez Seél. III.
- L’entiere reifemblance du Jayet avec le Kennel-coal confirmée par les effets de l’un 8c de l'autre dans le feu & fous la main du Tourneur , où tous deux s’éclattent 8c s'émiettent comme le grez Pouf ou le marbre Pouf / nous permet d'envifager le Jais de même que le Kennel-coal, au moins comme un analogue du Charbon de terre , ce qui déterminera à indiquer à part les endroits où l'on connoît ce bitume, foit qu’il fe rencontre dans des Provinces où l’on ne connoît pas de Charbon de terre, foit qu’il fe trouve dans le voiftnage de ces mines.
- Provinces de France dans lefquelles on connoît des Mines de Charbon
- de Terre.
- D'après la quantité de Charbon de terre qui eft importé tous les ans à Paris par le Canal de Briare , pour nos Maréchaux, nos Taillandiers, Serruriers & autres Ouvriers de ce genre, perfonne n'ignore que ce foffile fëltrouve particuliérement dans l'Auvergne, dans le Forez 8c dans le Bourbonnois ; mais ces trois Provinces, pour être les feules qui en fournilfentpour le préfent à la Capitale, ne font pas les feules, à beaucoup près, dont le fol en contienne.
- La preuve fera inconteftable dans le Fouillé par lequel je vais terminer cette première Partie, à laquelle il eft lié naturellement. On ne doit pas le regarder comme chofo de pure curioflté; il fe trouve lié auffi ayecla fécondé Partie de cet Ouvrage, dans laquelle cette matière traitée par rapport au Commerce, fera confidérée en particulier dans fes propriétés 8c dans fes qualités, comme matière propre à concourir aux moyens fuggérés depuis long-temps par des Citoyens auffi diftingués par leur zele patriotique que par leurs lumières, pour obvier à la confommation effrayante de bois de toute
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- ï 44 DU CHARBON DE TERRE
- . efpece : des Ouvrages (J) que tout le monde a entre les mains , ont annoncé les expériences utiles que leur fage prévoyance leur a fait entreprendre avec fuccès, foit pour naturalifer des arbres étrangers , foit pour conferver ceux du Royaume en décidant les temps fixes où on doit les couper dans les circonfe tances les plus avantageufes, &c. (a).
- I/introduétion du Charbon de terre dans nos foyers n’eft pas, comme on peut le prelfentir, fi étrangère à ces vues (économiques * puifqu’elle offre a la France une reflource utile contre le dépériffement de fes forêts qui commencent à ne pouvoir plus fuffire à nos cheminées : ceux qui fçavent que dans P Auvergne, 8c dans le Forez principalement, Fufàge du Charbon de terre n eft pas reftraint aux célébrés Manufaétures dont il fait le foutien * que les Habitants des environs de S. Etienne en particulier , ( fans aller au loin chercher des exemples que nous avons près de nous ) y trouvent encore les avantages d’un chauffer commode 8c peu difpendieux ; ceux-là, dis-je , afr furés de l’exiftence du Charbon de terre dans la plus grande partie de nos Provinces, reconnoîtront qu’il eft facile de fe mettre à l’abri d’une difette dont le danger femble tôt ou tard inévitable (3).
- Pour indiquer les endroits de notre France où l’on connoit aétuellement du Charbon de terre, je conferverai la divifiongéographique par Provinces, en commençant par celles qui font limitrophes du Pays étranger, par lequel j’ai fini la Seélion précédente (4) : je profiterai toutes les fois que je le pourrai , de Mémoires qui auront rapport à quelques endroits en particulier, fai-fant le tour de la France, commençant par le Cambraifis, finiffant par la Normandie & rifle de France, ce qui comprendra :
- Le Cambraisis.
- La Lorraine.
- L’A L S A C E.
- La Franch e-C o m t é.
- La Bourgogne.
- ( i ) Voye% le Mémoire intitulé, Réflexions fur l’état >des Bois du Royaume, & fur les précautions qu'on pourroic prendre pour en empêcher le dépériffement 8c les mettre en valeur, par M. de Reaumur. Mém. de VAcad. Roy. des Scienc. an. 11721. p» 284.
- Difcours fur la nécefîité de perfectionner la Métallurgie des Forges pour diminuer la con-fommation des bois , &c. par M. le Marquis de Courtivron. Mémoires de VAcad. Roy. des Scienc. an. 1747* P• 287.
- (2) Mémoires fur la confervation 8c le réta-bliffement des Forêts, par M. de Buffon. Mém. de VAcad. Royale des Sciences, an. 1739. p. 140.
- Dictionnaire Encyclopédique, au mot Bois , en citant les Mémoires de M. dç Buffon fur la culture, l'amélioration 8c la confervation des Bois.
- La Bresse.
- Le Lyonnois. <
- Le Dauphiné.
- La Provence.
- Le Languedoc.
- (3) Joannis Philippi^Büntings Sylva fubterra-nea, ou Différente utilité des Veines Mines de Charbon de terre, leur exploitation & emploi pour le bonheur des hommes, & fur-tout des endroits où il n'y a pas beaucoup de bois, in-12. 8. feuilles en Langue Allemande. Halle. 16c?p. Quel que foit cet Ouvrage , je ne fais que citer le titre relativement aux vûes d'utilité qu'il annonce , n'ayant pu le découvrir dans aucune de nos Bibliothèques.
- (4) Feu M. Hellot, dans la Traduction de Schlulter que j'aurai occafion de citer , n'a pas crû devoir exclure de l'état qu'il a donné des Mines de France , celles du Charbon de terre ; on verra de combien j'ai augmenté cet état ; le lien n'en tient qu’une trentaine, que j’ai marquées d'une afférifque.
- La Guyenne
- 1
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- ET DE S E S M 1 N Ë S.
- La Guyenne.
- Le Rouergue.
- Le Limousin.
- LTV U V E R G N E.
- Le F o r e z.
- Le Bourbonnois» LeNivernois.
- Partie Franpoife du Duché9
- *41
- La Touraine*1 L*A njou.
- Le Maine. LaBretagnë.
- La Normandie.
- L'I s l E de France
- de Luxembourg.
- . ... 4
- A Signy & à Montaiibert > ( Duché de Carignan ) un Liégeois a entamé une mine de Charbon qui! a abandonnée faute de pouvoir fournir aux frais* On prétend qu’à Frémoy , près Montmédy 9 on a tiré de la Houille qui faifoit un très-bon feu.
- Ha Y haut François.
- Ce n’eft que depuis la réunion de cette Partie Méridionale du Hâyiiaut au Domaine de la Couronne > que cette branche importante de Commerce fleurit dans cette province.
- Elle en a l'obligation à feu M. le Vicomte des Androuins, que les échecs ordinaires dans toute efpece d’entreprife, n’ont pû détourner de hazarder fes talents & fa fortune pour l’utilité de fa patrie*
- En vertu d’une Permiflion particulière & d'un Arrêt du Confeil > il Commença fi heureufement fes recherches au village de Frefnes, qu’en 1717* il y découvrit du Charbon de terre ; cette mine fut inondée par une (burce ? & les Intéreffés en abandonnèrent la pourfiiite.
- Le Vicomte des Androuins ne perdit point courage ; une nouvelle tentative favorifée parle Confeil de Sa Majefté , ne fut pas tout-à-fait fans fuc-cès ; en 1723 on trouva du Charbon, mais qui ne convenoic qu'à la cuiffon des briques 8c de la chaux.
- L’elpoir d’une réuffite plus marquée n*étdit donc point chimérique ; l’existence du Charbon de terre dans ce voifinage étoit aulîî indubitable que là ruine des Entrepreneurs avoit été prochaine.
- La confiance que s’étoit acquife le Vicomte des Androuins par fa probité * foutint leur courage * & couronna leurs travaux recommencés fur Anzin , près la Porte de Valenciennes , nommée la Porte Notre-Dame 9 ou la Porte de Tournai : en 1734 on rencontra du Charbon de terre qui fut jugé par les effais convenir à toutes fortes d’ufages * & être pour le moins égal en qualité à celui de l’Etranger : on peut voir dans le Journal (Economique de 17/2 (')> les détails de ces travaux qui doivent rendre la mémoire de M. des Androuins immortelle dans le Haynaut.
- (1) Sous ce titre, Journal des travaux faits dans le Haynaut François pour la découverte & l’ex-5 ploitation des Mines de Charbon de terre. Mois (TAoût:pag* 82*
- Charbon de Terre. O 0
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- i4<f DU CHARBON DE TERRE
- Cette découverte a donné lieu à celle de toutes les autres mines qui font aujourd’hui très-nombreufes dans ce quartier, depuis Haine- S.-Pierre, juf-qu’à Mons , 8c au-delà , fçavoir :
- A Freines , où le Charbon de terre efl: en plature & s’effeuille par lames : il fe tire gros & menu indiftinélement ; on y compte 3 folfes, la première appellée dur fin, la fécondé folfe de la Pâture , la troifieme folle S. Lambert.
- A Anzin , près Valenciennes, où il y a trois petites veines plattes, lune fur l’autre courant Eft-Ouefl:.
- ' Les autres Folfes de ce voifinage font une dite folle d’en haut 8c une autre folfe d’en bas a Raifmes , au Nord d’Anzin, Mouton noir, Comble, Pied, la Croix, 8c Midy.
- Il y a environ deux ans qu’on a découvert une nouvelle mine de bon Char-* bon dans le jardin de Madame du Pérolle , près Notre-Dame du S. Cordon.
- Les Houillieres du vieux Condé font celles appeliées Fojfe des trois arbres, gros Caillou, Ste. Barbe, S. Roch, du bon Carreau; au bois de Condé le Ca-niftere,le Chefne. S. Vaaft au Midi. Pied fur S. Vaaft. Bois de Bonne Efpérance.
- Le Charbon de cet endroit, au fortir de la mine , n’a rien de ce noir que l’on fçait être particulier à ce folfile ; c’eft plutôt une couleur brune , qui fe diffipe à la longue , mais que l’on y démêle toujours.
- Les veines de cette Province ont du Nord au Midi environ deux lieues.
- Elles font d’une très-bonne qualité, à l’extrémité du côté du Midi, mais petites 8c irrégulières.
- Celles qui font à l’extrémité du côté du Nord font d’un Charbon fec.
- Ce n’eft qu’au milieu de cette largeur de deux lieues qu’on en trouve d’abondantes 8c d’un bon produit.
- Généralement leur direction efl: de l’Efl: à l’Ouefl: ; quelques-unes ont leur pendage à l’Horifon, tantôt plus, tantôt moins incliné.
- On donnera ici l’état des matières qui ont été reconnues dans la fouille d’Anzin ; le Journal (Economique du mois de Septembre 175 6. a rendu public ce détail (l) ; mais la facilité que j’ai eue de juger des fubftances qui y font nommées me permettent d’y ajouter plus de précifion.
- A trois toifes de profondeur fous des pierres ou Marlesbïmchzs fe rencontre d’abord une terre qu’on appelle Bleu Mark, qui a neuf pieds d’épaifïèur.
- Cette fubftance glaifeufe porte fur une pierre grife fous laquelle on trouve un lit de Marie que l’on emploie à faire les boulets. Voy. Seél. IX. Art. 2.
- La marie couvre un banc de terre grife de 8 à p pieds d’épaiffeur, & plein de coupes, à laquelle fuccede un troifieme bleu mark féparé comme les précéder d’un 4e. Bleu-marle ; il couvre un lit de glaifè qu’ils appellent Dieve * 8c quelquefois Mark ; elle différé des autres maries par fà couleur qui
- (1) Intitulé, Suite du Journal des travaux faits dans le Haynaut François pour la découverte Sc rexploitation des Mines de Charbon de terre, p. y8.
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- ET DE SE S MINES. H~
- ^ft verdâtre ^ elle eft impénétrable a 1 eau , a 11 toiles d epaifleur environ* Ce lit de dieve eft fuivi d’une autre couche de huit pieds d’épaifïeur, formée d'une terre verte , pelante , fans coupes, féparée de la dieve par de petits cailloux roulés, qu’ils nomment des Caillettes Q).
- Le tout forme 34 toifes de couverture terreufe depuis la furface jufqu’à là tête des rochers qui commencent fous la dieve0
- Les Houilleurs du Haînaut François diftinguent lix rochers qu'ils défi-* gnent par leur place , de premier Roc ou première Pierre , fécond Roc ou fécondé Pierre, 8cc. iefquelles font toutes femées de mica blanc * font, dans quelques parties, feu contre l’acier, & reffemblent beaucoup au Fire-ftone des Anglois, & à ce que les Liégeois appellent Grez. Ces rochers quoique durs , fe déA trempent peu à peu , par le féjour des eaux, 8c alors s’éboulent fort aifément* La quatrième Pierre qui compofe la couverture pierreufe, eft la feule qu'ils délignent par le nom particulier de Coirelle, Qouarelle ; laquelle ne femble point différente des autres.
- Lorfqu’on a traverfé ces rochers , on parvient aux veines de Charbon : le premier le rencontre à 58 toifes de profondeur.
- L'extrémité d'une veine nommée à Liege Te'roulle, ÇV. Seét. VIII. Art. 2. ) efl: appellée par les Houilleurs de cette Province Affleurement ; 8c lorfque cette trace n’eft pas continue à la veine , ( Voyez Seél. VIII. Art. 2. ) ils lui donnent le nom d’Affleurement volant : ces veines qui viennent fopper au jour , reviennent aux filons que dans les mines métalliques du Tirol & d’Allemagne on nomme Coureurs de jour (a).
- Le plancher de la veine qui y eft défigné fous le nom de Mur, & le toit font de la même nature ; leur épailfeur eft d’environ deux ou trois pouces.
- Ces deux couvertures , fupérieure 8c inférieure, lont fujettes aux obfta-* clés pierreux , dont il a été parlé, ( Seét. VII. Art. 4. ) 8c qui portent le nom général de Crins.
- Le Charbon hors de la Houilliere eft diftingué en deux elpeces générales* Celui qui eft brifé, qui ne fe tire qu’en parcelles, fe nomme Menu Charbon ou Charbon de Forge, parce qu'on l’emploie à la Forge, de maniéré même qu’on l'appelle quelquefois Ipécifiquement Forge , d’ou ils appellent celui qui eft mêlé de gaillettes ou Gallets, Forge galleteufe ; on le nomme aufîî Charbon légerm Ce charbon appellé Forge galleteufe, eft oppofé à la fécondé vefpece dite gros Charbon, qui eft celui qui refte en gros morceaux ; ilfe vend au poids ; ce
- ( 1 ) D’après Aîphonfe Barba , c’eft une très-mauvaife marque dans une mine de rencontrer une terre remplie de petits cailloux, à moins qu’elle
- i»a °j ^ Une aLltre* fe Métallurgie , ou
- 1 Art de purifier les Métaux , traduit de TEfpagnol,
- in-12. Paris, 175*1. 1. vol. G 25*.
- (2) Dans les Mines métalliques les filons qui donnent de la mine au jour font rarement avantageux.
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- i48 DU CHARBON DE TERRE
- qui donne peut-être l'explication du mot Charbon de poids fous lequel il eft connu dans cette Province & dans plufieurs autres.
- La portion de ce gros Charbon qui fe tire en petites maffes , eft appellée Charbon en boule O-
- Cambraisis.
- Il n’y a qu'une mine à Carnieres.
- Lorraine (*).
- * A Hargarthen , à trois lieues au Sud-eft de Sar-Louis , il y a une mine dont le Charbon, renfermé dans une matrice fablonneufe, eft entremêlé de galène (1 2 3).
- Ce métal s'y trouve fous différentes formes ; on y rencontre non-feulement la Mine de Plomb la plus ordinaire , qui varie feulement dans l'arrangement & dans la grandeur de fes cubes, mais encore la Mine de Plomb Savonneuse à parties plus vifibles, regardée comme rare par M. Henckel : on voyoit un échantillon de chaque , provenant de cette mine, dans le Cabinet de M* Davila.
- Dans les foffés de Nancy, ( vieille Ville ) ilfe trouve une Ardoiflere , entremêlée d'un banc de Charbon de terre & d’un banc de Jayet.
- P a y s Messin.
- Hors la ville de Metz, près des glacis de la porte de la ville nommée Porte des Allemands on trouve du Charbon ; mais en général le Charbon de Lorraine n’eft pas eftimé.
- Haute
- ÀL SACE
- Vd de VHier s, qui lignifie, Ville près de Vtllers, à deux lieues de Scheleflat, dans un endroit fornommé la Ley.
- * A S. Hippolyte fur les confins de l'Alface, au pied du mont de Vofge, à une lieue de Scheleflat ; cette mine donne deux fortes de charbons.
- (1) Attenant Mortagne, dernier porte François dans le Tournaijis, entre Condé 8c Tournai, fur le bord de l'Efcaut , il y aune mine de Charbon au village de Flines, Flandre Wallone.
- (2) Dans le voifînage de Tuttweiler, petit village fur le chemin d'Otteweiler, ( Lorraine Allemande ) à une lieue 8c demie de Sarbruck , il s'en voit une près de laquelle on trouve une ef-pece d’ardoife 8c une mine d'alun. Etat des mines par M. Hellot.
- M. Davila, dans fa magnifique Collection, avoit un morceau de pierre de cette mine, remarquable par le falpkre qui s'y effleurit en quantité ; ainfi qu'un échantillon de mine de Plomb ter-reufe blanche d’Artaunjinden à Tuttweiler 3 Terra
- plumbaria alba, efpece de Marne faifant effèrvef-cence avec l'eau-forte, 8c tenant plomb.
- (3) Plumbum partîculis cubicis, Galena fragment is micantibus. Galene a facettes.
- (4) En Baffe Alface font les mines de Lampertfioch proche Haguenau qui donnent un véritable'afphal-te ; la première couche de ces mines forme une maf fe terreufe , feche, extrêmement compacte ; la fécondé eft la même fubftance qui ne diffère de la première que parce qu'elle eft plus graffe, plus molle, 8c que les grains qui la compofent ne font pas liés enfemble ;on en tire à l’alembic deux huiles différentes feulement par leur épaiffeur que l'on emploie depuis quelques années à quantité d'u-fages.
- Franches
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- et de SES MINESfc i4p
- ' Franche-Comté^.
- T Champagne (,).
- La veine de cette mine eft très-abondante ', & les Ouvriers eftiment qu ellè ne pourra pas être épuifée de i y ou 20 ans*
- Le charbon eft d’une û bonne qualité qu’on vient en chercher de Klingen-toi, ( Manufacture Royale d’Armes blanches ) en Alface , qui en eft éloigné de 30 à 33 lieues, quoiqu’il y ait une mine de charbon à dix lieues de cette Manufacture.
- Parmi les charbons de Champagné on en trouve , ainfi que dans beaucoup d’autres mines, qui font chatoyants, c’eft-à-dire, dont les écailles bleues ou vertes , comme dorées, ou de couleurs mêlées , tantôt diftinéles, tantôt réparées , le font paroître moucheté de maniera, à pouvoir être comparé au Charbon queue de paon des Anglois, ( Voyez Seét. XL Art. 2. ) : on pourvoit le nommer Lithanthrax vafiegàtuM , Lithanthrax heliotvopium•
- La découverte de la mine de Lure a donné lieu à une autre tout près dans une monticule couverte de beau bois ; elle appartient àM. le Baron de Reinach & à M. Dandelot.
- Le Charbon s’y trouve fous une épaifleur de 30 toifes de Roches feuilletées.
- A fix lieues de S. Hippolyte , attenant Morteau, près le Mont-Jura, qui fépare la Suiffe de la Franche-Comté , M. de Genfanne fait mention d’une mine de Charbon de terre de très-bonne qualité , mais dont on ne fait point d’ufage : il y a aux environs beaucoup de terres alumi,neufes;M. de Genfanne, d’après fon opinion fur les indices de la Calamine, & qui demande confirmation y préfume qu'il fe trouve de ce minéral dans ce quartier ; le ter*^ rein lui paroît être de la même qualité que celui d’où Ton tire de la Calamine près d’Aix-la-Chapelle (*).
- Le même Phyficien a reconnu auffi des annonces de l’exiftence du Charbon de terre près de Salins.
- Aux environs de Lons-le-Saunier il y en a une grande quantité.
- A quelque diftance de-là, tout près du village de Sainte-Agnès, on trouve une couche de matière foffiie, qui paroît être la même que celle dont j’ai fait mention, Art. 1. de la SeéHon II. C’eft une mine de Holtz-kohlen, ou de Charbon de bois foffiie , qui • vraifemblablement eft la continuation de celle de Cuizeaux : « M. de Genfanne en a obfervé des morceaux de cinq pieds de » long fur lîx pouces de diamètre ; ils ne font pas ronds > mais ovales ôc un
- (1) Près de Ronchamp, Prévôté de Faucogney, a deux lieues^ de Beffort y eile eft dépendante de 1 Abbaye Princiaire Je Lure. Les Allemands écrivent ou prononcent Ludders.
- Charbon de Terre.
- (2) Mémoire fur l’Exploitation des Mines cTAl-face ôc du Comté de Bourgogne ; quatrième Volume des Mémoires préfentés à TAcadémieS Royale des Sciences.
- Pp
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- Ijo DU CHARBON DE TERRE
- » peu applatis : leur écorce efl très-bien confervée, 8c refTemble à celle du » chêne : la partie ligneufe , fi on peut l’appeller ainfi, efl: d’un brun noir 8c » refTemble fort au jayet. Lorfque ces tronçons ont été un certain temps à » Tair, ils fe cafTent tranfverfalement, 8c la cafîùre qui efl très-luifante , laiffe » voir très-diftinélement les cercles de croifïànce comme ceux que Ton voit » au bout d’un fapin qu’on a fcié * avec cette différence feulement qu’au lieu » de cercles ce font des ovales concentriques ».
- Bourgogne. (i).
- Comté d*Epinacq.
- Entre Autun & Baune , à trois lieues de diftance de l’un 8c de l’autre, près de Noie , la mine de Charbon efl fort peu enfoncée : la première veine qu’on y a découverte, efl une platture de fept pieds d’épaiffeur , 8c donnant du charbon de bonne qualité : c’eft ce qu’en rapporte le Journal (Economique de Septembre 1756, p. 66.
- A GuerfeSeigneurie dépendante de Marigny, Paroiffe de Banci, il y a une carrière de Pierres meulieres (2), 8c une mine de Charbon , qui n’ont pas été exploitées. Marigny efl fitué à une demi-lieue du Mont S. Vincent, à fix lieues de Charolles, à une lieue du grand chemin de Dijon à Charolles.
- « Bresse
- Meillonaz , à une lieue 8c demie de Bourg, à demi-lieue de Tréfort, de Jafferou 8c de Ceyferia.
- L Y ON N OI S.
- Le Charbon de terre efl la feule ri ch elfe de quelques cantons de cette belle Province, en particulier du territoire de Gravenand, de celui de Mouillon.
- La matière y efl fi abondante que fix à fept puits fuflifent aux befoins de la Province , d’où il s’en exporte encore par les ports du Rhône , Givors, Condrieu 8c S. Rambert.
- On diftingue dans ces mines deux efpeces générales de Charbon de terre.
- On donne le nom de Charbon Peyra, qui vraifemblablement veut dire Charbon de pierre, à l’efpece de charbon qui, lorfqu’on l’attaque dans la mine, fe détache en mafles confidérables, comme on détacheroit des pierres dans une carrière ; il efl luifant à l’œil > léger au toucher, 8c fonne clair quand on le frappe. *
- On a donné le nom de Charbon menu au charbon tendre qui, à la différence' du précédent, ne peut fe détacher comme lui en gros morceaux , mais ne s’enleve qu’en moindres portions, ainfi que feroit de la terre dont les parties
- (1) On a prétendu avoir trouvé du Charbon de terre dans le Mâconnois aux environs de Cluny.
- (2) Voy. le Mémoire très-curieux de M. Guet-
- tard , fur ces pierres , la defcription de leurs Carrières, ôcc. Vol. de PAcad. Roy. des Sciences. An. 17J8.
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- ET DE SES MINES. j5i
- ne fe foutïennent pas affez pour pouvoir être enlevées en bloc ; ce qui pour-roit avoir donné lieu à la fauffe dénomination de Charbon de terre ; on rappelle auffi Charbon de Maréchal & de Forgeron.
- £nfîn, ils ont une troifieme efpece de Charbon qu’ils nomment Charbon grêle; on appelle ainfi celui qui eft entremêlé de cette Arrêtepierreufe dont il a été fait mention , ( SeéL VIII. Art. 2. ) que les Houilleurs Liégeois appellent Nerf ; dans le Lyonnois on le nomme Gorre Q), 8c les mines qui y font fujettes 3 font appellées Veineufes ; il s’en trouve qui font prefque moitié Gorre, moitié Charbon.
- Les endroits d’où l’on tire le Charbon de terre dans le Lyonnois, font \
- S. Genis Terre noire.
- S. Martin la Plaine.
- S. Paul en Yareft.
- Rive de Giez , fur la petite riviere de Giez.
- *S. Chamont, ou S. Chaumont fur le Giez , eft auffi connu non-feulement par la mine de Charbon qui s’y trouve , mais encore par les recherches fça-vantes que feu M. Antoine de Juffieu a faites fur les empreintes dont l’enveloppe de cette mine eft chargée ('*).
- Ce fchifte feuilleté qui forme le fol &le toît du Charbon dans cet endroit* eft appellé Schallet, nom qui différé peu de celui que donnent les Anglois à l’ardoife charbonneufe de ces mines, (Shall.) Voyez Seét. XI. Art. 1. pag.
- Dauphine’ Q).
- Dans l’état général du Commerce de l’Europe, le Haut 8c le Bas Dauphiné font mis au nombre des endroits de la France qui ont du Charbon de terre Q)t
- Haut Dauphine’.
- Bnanponnois*
- Dans les montagnes voifines de Briançon on a ouvert depuis plufîeurs an* nées une mine de Charbon de terre pour l’ulàge des Troupes du Roi.
- (1) Cette nervure qui altéré toujours ôc amincit la veine, eft appellée par les Houilleurs de Charleroi Veine. Voye% p, 71.
- (2} Voye\ les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences , an. 1718. p. 287.
- (3) Chorier dans fon Hifioire du Dauphiné, fait mention d’une efpece de minéral folide, commun dans cette Province , dont il y avoit des mi-* nés abondantes à la Croix Haute, Paroiiïe dont dépend la Terre de Lux, & dans une partie de ion territoire. Il ajoute qu’on venoit depuis quel-
- ques années d’ouvrir auprès de Vienne une mine de ce minéral connu fous le nom de Trabnech, dont le commerce étoit très-avantageux.llne refte plus dans cette Province aucune trace de ce vernis minéral, qui fans doute étoit du genre dont on a parlé, pag. 148, note 4.
- (4) Voye\ le Diftionnaire du Commerce, Article du Dauphiné & de fa Généralité.
- L’année derniere on a découvert dans un endroit nommé Bofc , une couche très-épaifte de mauvais Jayet,
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- i;a DU CHARBON DE TERRE
- * Entre Cezanne & Seftriches, dans le même endroit ou Ton trouve la craie de Briançon , à trois lieues de cette ville.
- Bas Dauphine1 2 * * 5.
- * A Ternay, Ëleélion de Vienne.,.on avoit en 1747. des indices d’une mine de charbon, fituée au bout d’une plaine féche Sc aride qui fe termine par un vallon, dans le haut duquel elle a été attaquée.
- Provence^),
- Pre’s d’Aubagne , à Pépin , route de Marfeille.
- Les montagnes de la Provence ont auffi de ces mines.
- On en apperçoit fur les collines du Cap Couronne au Fort de Bonc, Principauté de Martigues.
- Haut Languedoc Ç).
- On connôît à Crame an ou Caramos près d’Alby, & dans la Généralité de Montauban des veines de Charbon, fur lefquelles il ne m’eft rien parvenu d’in-térelfant.
- 1
- Les Obfervations Lithologiques du Languedoc par M. l’Abbé de Sauvages (3J, contiennent des détails intérelfants fur les mines de Charbon qui fe rencontrent dans le bas Languedoc, nous croyons faire plaiilr au Leéleur en inférant ici tout ce morceau.
- \
- Bas Languedoc,
- » Ces mines régnent dans différents endroits de la chaîne de montagnes > » qui s’étend depuis Andufe jufquà Villefort (*) & au village de Vergou-»gnoux (5).
- » Les principales & celles qui en fournilTent à prefque tout le Languedoc, » font aux environs d’Alais, ( fur la rive droite du Gardon ) & du Château des » Portes, ( entre le Gardon & la Caze ). Elles affeélent toujours les endroits » dont le terrein ou les rochers font une efpece de grez d’un grain quartzeux, » grifâtre, irrégulier dans fa forme & dans fa groffeur, & dont on pourroit » quelquefois fe fervir pour des meules à aiguifer. On trouve dans leur voifi-» nage des Geodes & des Pierres d’aigle.
- (1) Jayet dans les territoires de Peynier, Ma-zaugues, Forcalquier, & les dépendances de la Sainte-Baume, au terroir de la Roque.
- (2) A Tendroit nommé la Bajlide dd Peyrat, il
- y a eu cinq mines de Jayet, auxquelles il y a eu jufqu’à 300 hommes d’employés ; une autre à
- AufTone; & à deux lieues des Paroifles de Cam-
- penes & de Baffenet, Jurifdiftion de Goujeac,
- des mines de Bitume, dont on tire du goudron, & dont on fait de Tafphalte.
- (3) Mémoires de l’Acad. Royale des Sciences, an, 1747. pag. 700.
- (4) Non loin de la fource de la riviere de Chafefac.
- (T) Ce qui fait une étendue d’environ dix lieues en longueur.
- » Les
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- et D E SE $ MINE S. 153
- fc Les mines des environs d’Alais Q) font ordinairement pat veines > refo y> ferrées entre deux rochers au fond d’un vallon. Le charbon y paroît entaffé » fans aucune diftinétion de lits : lorfque les veines aboutirent à la fuperficie* » le charbon eft altéré dans fa couleur & dans fa confiftance , jufqu’à une toife » de profondeur : on ne tire d'abord que de la terre noirâtre. A mefure quon » creufe, le grain devient plus ferme, d’un noir plus foncé Sc plus luifant: » c’eft le charbon dont on fe fert pour les fours à chaux C)+
- » Ces mines font toujours accompagnées de deux efpeces defchiftes, connus » parmi les Mineurs du pays fous le nom de Fijfe, qui fembleroit être un dérivé ou une corruption du latin FiJJîlis.
- » La première efpece de Fifïe qu'on appelle auffi les Gardes du Charbon * » parce qu'elle lui eft immédiatement appliquée, Sc qu'elle l'accompagné » par-tout, eft une pierre bitumineufe , mince , tendre Sc noire ; elle ne dit-» fere de ÏÀmpelitis ordinaire , que parce qu'elle eft pliée ou ondée, Sc qu elle » a fouvent le poli Sc le luifant du Jayet travaillé.
- » Au-deifous de cette première Fijfe on en trouve une autre dont les couches » font plus nombreufesplus applattîes ; c'eft une Ardoife feuilletée (1 * 3) > » tantôt noire , tantôt rouffe, Sc toujours fort grofliere ; elle fe diftingue prin-* » cipalement de la première par les empreintes végétales (4).
- Eaux*
- » Quoiquè nos mines de Charbon foient à l’abri des eaux pluviales, el-* » les ne laiffent pas quelquefois d'être humeélées par des fources bitumineux » fes (5), auffi anciennes peut-être que les mines, Sc qui font plus fréquen-» tes à mefore que les mines font plus profondes. Les Ouvriers des mines en » font fouvent incommodés ; mais ils affûrent qu'en revanche il n'y à pas dë » meilleur Charbon que celui qui eft dans le voifinàge de pareilles fources (6)
- . En traitant, ( Seél, V. Art. 2. ) des météores qui s’obfervent dans les mines de Charbon, j'ai renvoyé pour les détails phyfiques qui concernent les va*-peurs fouterreines des Houillierës , aux Mémoires de M. l’Abbé de Sauvages Sc de M. le Monnier le Médecin : ces morceaux ne feront point étrangers aux Provinces dans lefquelles ont été faites les obfervations : le Leéleur curieux dejs'inftruire pleinement de cette partie des Mines, peut auffie recourir aux Mémoires de ïAcad. R. des Sc. de Suede, Tom. I. p. 2y 2* (7), Sc au premier Volumë
- (1) M. Hellot indique quatre mines de Charbon dans le Marquifat d'Alais, & deux au Marquifat des Portes.
- (2 ) J’ai un morceau de Charbon des mines d’Alais, qui eft pyriteux.
- (3) Dans le pays des environs de Beziers Par-
- doife eft appellée Laoufa ; celle qui eft plus ten-
- dre & friable le nomme LaouJïL
- , (4) Schîftes des mines de Charbon qui font a S. Jean de Vallenlle, Doyenné de S. Ambroife, dont Auteur ne parle pas , font remarquables par
- Charbon de Terre.
- cette même circonftance.
- (y) Ou vraifemblablement devenues telles ert traverfant les mines de Charbon. Voye% Seél. V* Art. 1.
- (6) Ce Charbon pourroit fe rapporter à celui de la mine de Wedneyfbury dans le Staffordshire, & à celui d'Ecofie nommé Springs~coal. Voyez p* 107. & p. i i j.
- (7) Des exhalaifons mortelles qui fe tfouvenë fouvent dans les mines de Sten-kol, par M. Mar* tin Triewald»
- Qq
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- 154 DU CHARBON DETERRE
- de Y Art des Mines , ou Introduction aux connoiffances néceffaires pour îexploitation des Mines métalliques , par M. Lehmann
- Touffe*
- » Les Mineurs ont à combattre quelque chofe de plus dangereux qui les » force fouvent à abandonner entièrement un puits ou une gallerie , & à fouil-» 1er ailleurs , c'eft une Mouffette ou un Mephitis , que les Ouvriers du pays ap-» pellent la Touffe.
- » La touffe de ces mines de Charbon eft une exhalaifon probablement très* » chargée de parties volatiles de foufre 8c de bitume, qui n’eft fenfible ni à la » vue, ni à l’odorat : elle s’élève à différentes hauteurs, du bas des puits ou des » galleries : lorfqu’on y plonge une lumière, elle s’y éteint prefque fubitement j » la vapeur femble fe terminer fans nuances par le haut & fur les côtés, puif* » qu’une lampe allumée pofée dans certains endroits, ne fouffre aucune dimi-» nution dans fa lumière, on ne fait que tourner la lampe fur elle-même; ce qui » fait trois ou quatre pouces de différence fur la place qu’occupoit la lumière 5 » 8c elle s’éteint. > r
- » Lorfque la touffe ne s’élève que fort peu au-deflus du fol, les Ouvriers » n’en font autrement incommodés que par un goût d’amertume qu’ils fen-» tent à la bouche ; mais lorfque cette exhalaifon gagne la Charbonnière\ ils » fontent un grand efloufflement,' ils pâliffent ? ils perdent la refpiration , 8c * ils y perdroient la vie, s’ils ne fuyoient au plus vite, 8c s’ils n'étoient promp-» tement fecourus.
- » La touffe qui ferencoigne communément au fond d’un puits ou d’une galle-» rie, ou dans quelque trou, marque toujours, félon les Charbonniers, un fond » de Charbon dans les endroits d’où elle fort; car il ne s'en éleve jamais de ceux » qui font traverfés à deux ou trois pieds de profondeur par un rocher ou par » une couche de terre.
- » Ce n’eft au relie que dans le temps des chaleurs que la touffe fe manifefle j » elle commence vers le mois de Juin, 8c elle dure jufqu’à la fin de Septem-» bre ; de plus, il eft rare d’en trouver même en été dans les mines qui font » expofées au Nord : tout femble indiquer que ces exhalaifons ne font excitées » par aucun feu fouterrein qui les feroit élever en toute faifon , hiais feule-» ment par la chaleur du foleil & de l’atmofphere : les Charbonniers fe dé-» livrent de la touffe lorfqu'ils peuvent pratiquer des foupiraux au haut de la » mine , ou percer des contre-galleries ; ils établiffent de cette façon un cou-» rant d’air qui diffipe Fexhalaifon à mefore qu'elle s’élève ».
- (1),Traité des Mouffettes ou des exhalaifons pernicieufes qui fefont fentir dans les fouterreins des mines, traduit du Latin de Zacharie Theobald, & enrichi de remarques par M. Lehmann»
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- e t d è S ë S M ï Ne ^
- Partie Septentrionale.
- Quartier des Sevennes.
- c , ,
- Dans le Bas-Languedoc, la pierre-à-fufil y eft connue fous le nom
- èefoux.
- A une lieue de Vigan , on trouvé cinq mines.
- Paroifle de Nefiez, dans les environs de Pézénas, entre cette ville & Clair-mont, on a ouvert une mine qui n’eft pas éloignée d'endroits où il y a eu des Volcans (J). Au même endroit il y a une montagne où l'on trouve des cailloux tranfparents.
- * Gabian, près la fource du Tongiie, au Bas-Languedoc (*)*
- Le Mont Condour, près de Boujfague , renferme du Charbon de terre, de£ mines de plomb 3c d’azur.
- QüERCYi
- * S. Bolis.
- Aux environs de Montauban, mal indiqué cbdeflus dans le Languedoc^
- Rouer gue Q).
- * Cransac, ou Carenfac, entre Marfillac & Albin , près la petite rivierê d’Elle , peu éloigné d’une mine d'alun & des eaux minérales ; le vafte terrein appartenant au Marquis de Bournazel, dans la Communauté de Cranfac, n’eft, pour ainfi dire 3 qu'une mine de Charbon.
- * Feumi.
- A Severac-le-Caftel , fur une montagne , au bord de l'Aveiro , on a découvert depuis peu une mine de Charbon de terre qui eft très-remarquable : il fuffit de voir ce Charbon pour reconnoître qu'il eft très-riche en Vitriol Martial (4) ; il eft d'ailleurs très-pyriteux, fort fchifteux & un peu cuivreux. Plu-fleurs excellents Chymiftes l’ont analyfé*
- Haute Marche de Rouergue*
- A Mas’de Bonac , Election de Milhaud ou Millau*
- ^ Bas Limosin.
- En Avril 1765. oh eh a découvert au village de Lalmais, Paroifle de Bofi moreau, dépendant de l’Ordre de Malthe, à une lieue de Bourganeuf, Paroifle du Palais*
- ( 1 ) Voyez le Mémoire de Mé Montet fur un grand nombre de Volcans éteints qu'on trouve clans Ie ^as-Languedoc , inféré dans le Volume de l’Académie Royale des Sciences pour Tannée 1760. pag. 466.
- (2) On y trouve àuiïl un bitume gras dont
- on fait du goudron*
- (3) A Lavilanet, & à Levan , Dioeefe de Mi-repoix, Jayet.
- O) Ce Charbon n’eft pas le premier que Tort ait connu de cette efpeee ; celui de la mine dé Eerghlob, ( Sed* IV. Art. 3. ) en eft un exemple*
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- i$6 DU CHARBON DE TERRE
- Dans les environs £ Argentai élection de Brive.
- Dans les environs de Meymac * élection de Tulle* c’çft la feule dont on faite une extraction abondante.
- Paroifle de Varets * à peu de diftance de Brive * il y en a une de bonne qualité* mais que Ton croit peu riche.
- Auvergne.
- Tout le fol de cette Province fe relient de la matière fofllle inflammable qui en compofe prefque généralement la mafle ; on y trouve beaucoup de Pierres-ponces Q) > de pierres noires * femblables à celles des Carrières de Vol vie ; par-tout on retrouve des traces de bitume. Tout ce détail curieux fe trouve renfermé dans les Obfervations de M. Guettard & de M. Dutour fur la Minéralogie de l'Auvergne Ç) ; mais c'eft particuliérement dans la Li-magne que les mines de Charbon font très-abondantes.
- Basse Auvergne ou Limagne 0.
- Le Charbon dans cette Province n'eft pas dilpofé par veines ; ce font des mines en Mafles, dont on a vu la définition* ( Seél. VIII. Art. 2. & Seét. XIII. p. 137. ) elles font traverfées de temps à autre par des bandes fehifteu^ fes qui ne fe continuent pas.
- Au village de Lampres * Paroifle de Champagnat * Bureau de Mauriac * à cinq quarts de lieue de Bon * il y en a une mine qui eft ouverte depuis long-temps.
- Il s'en rencontre beaucoup le long de la Dordogne du coté de Bon, placé au confluent de la petite riviere appellée Rue ; mais elles y font très-négligé es* & donnent peu de bénéfice. Les endroits remarquables par cette produélion* font ceux qui fuivent :
- Sauxillanges * à fept lieues de Clermont du côté du Sud.
- Salverre.
- Charbonnière.
- * Sainte Fleurine.
- Lande fur Alagnon.
- Ces trois dernieres fourniflfent à Paris ; mais celles qui font les plus connues * & dont le rapport eft le plus étendu* ce font celles des environs de Brejfager , village dépendant de Brajfac, près Brioude, fur P Allier * à neuf lieues de Clermont-Ferrand.
- Frugere.
- Anzon. Bofgros.
- * Gros Menil. *Folfe.
- La Roche.
- <*
- (1) Porus igneus lapidis Lithanthracis. Waller. Pu-mex. Sued. Keiflein. Pierre légère & poreufe, donc le tiflu eft quelquefois foyéux, & qui doit fon état à des Volcans.
- (2) Voye.\ les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences pour l’année 17yp.
- (3) Au-deftous de Montpenfier , mine de Bitu--me, de même qu’entre Clermont & Montferrand,’ fur une monticule nommée Couëlle ; on peut voit dans le Mémoire que je viens de citer fur la Minéralogie de l’Auvergne, la defeription de cette monticule & du puits de Pege, pag, 572.
- Il y a
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- ET DE SES M INES.
- a cinq mines, dont le Charbon eft de différente qualité.
- Une appellée les Lacqs, qui tire à deux puits.
- La 2e. la Mouilliere, deux puits.
- La 3 e. Chambilkve , un puits. La 4e. ks Gourds , un puits. La 5e. la Roche , un puits.
- Il y en a encore plufieurs autres 9 comme les Mines de la Méchévote, la Leuge, la Mine Rouge , la Barate Sc l’Orme , mais dont le Charbon ne s’envoie pas à Paris ; il n’eft propre qu’à cuire la chaux, d’où on l’appelie vulgairement Chauffne.
- M. Guettard , dans fon Mémoire fur la Minéralogie de l’Auvérgne (’) indique entre Fontanes Sc la Motte un terrein de peu d’étendue, dont la lu-perfîcie eft d’une terre noire, mêlée de fragments de Charbon de terre.
- L’exhalaifon la plus commune dans les mines de Charbon j appellée par les Liégeois Fouma, Mouffette , Sc par les Ânglois Bad-air c. à. d. mauvais Brouillard* ( Seéh V. Art. 2. ) n’eft pas inconnue dans les mines d’Auvergne ; cette vapeur y a été obfervée par M. le Monnier le Médecin, dont nous rapporterons ici les propres termes publiés dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences C).
- De la Pousse.
- «Dans les grandes chaleurs de l’été, les culs-de-facs, les puits de def-» cente Sc les galleries font fouvent remplis d’une vapeur appellée la Pouffe, » Sc qui devient quelquefois funefte aux Ouvriers qui travaillent aux mines : » elle n’y régné jamais avec tant de violence que dans les plus grandes cha-» leurs, & alors il faut abfolument ceffer les travaux de la mine ; on y cour-» roit rifque de la vie.
- » La nature Sc le cours de la poulie prélente des phénomènes bien fingu-»' liers ; elle s’élève de cinq à fix pieds dans les culs-de-facs , elle pâlie rare-» ment deux pieds dans les galleries, fouvent elle rampe à terre, & s’élève » à peine de fix pouces : un Mineur me conduilit une fois dans un coin au » bas d’un puits, où il ne paroilfoit pas y avoir de pouffe , il fit un trou qui » avoit à peine neuf pouces de profondeur, il en fut aulîi-tôt rempli. Elle n’a-» bandonne pas ordinairement le parterre des galleries ; mais j’ai été fort fur-» pris d’en trouver une lame épaiffe d’un pied Sc demi, qui traverfoit une gal-» lerie, en forte que le haut Sc le bas de cette gallerie étoient abfolument vui-» des de cette pouffe.
- » Elle ne préfente rien à la vue, au toucher > ni à l’odorat ; elle n’eft point » inflammable ; on n’apperçoit non plus aucune humidité ; on ne delcend ja-» mais dans les mines fans avoir plufieurs lampes allumées : auflî-tôt que la » lampe eft dans un endroit où il y a de la pouffe, elle s’éteint comme elle
- (U !^fnJ-0.*res de l’Académie Royale des Sciences , année 17yp.
- (2) A la fuite de la Méridienne de Paris , année 1740.
- Charbon de Terre. Rr
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- i58 du charbon de terre
- » feroit, fi on la mettoit fous le récipient de la machine pneumatique. La viva-» cité & la promptitude avec laquelle la lampe s’éteint, fait juger de la force » ou de la qualité de la pouffe ; & en promenant cette lampe fucceffivement » en différents endroits , on détermine fon étendue & fa direction. On a grand » foin quand quelqu’un defcend dans les puits, de regarder avec attention la » lumière de la lampe que tient celui qui defcend, & on ne manque pas de » retirer la corde aufîî-tôt qu’on l’apperçoit s’affôiblir ou s’éteindre. Ceux qui » vont dans les galleries dans les temps où on craint la pouffe , portent tou-as» jours une lampe en avant, Sc dès qu’elle s’éteint ils ceffent d’avancer, & » viennent la rallumer à d’autres qui font fixées d’efpace en efpace pour cet » ufàge ».
- Le Phyficien dont nous communiquons en entier les obfèrvations, ( ré-fervant pour la féconde Partie de cet Ouvrage les expériences qu’il a faites pour mettre les Ouvriers à l’abri de ces inconvénients ) « regarde cette va-» peur comme du genre de celles qui ont la propriété de fixer & de détruire » l’élafticité de l’air , telles que celles qui s’élevoient des caves du Boulanger » de Chartres * dont il eft parlé dans l’Hifloire de l’Académie , année 1710: «telles que font encore celles qui s’élèvent du charbon de bois allumé, qui » fuffoquent ceux qui en brûlent dans des lieux étroits & bien fermés : enfin » celles de la vapeur d’une chandelle, d’une mèche de foufre & d’une infî-» nité d’autres matières qui tuent fur le champ les animaux qu’on y enfer-» me. Du moins la conformité des effets de la pouflé avec ceux que produit » la vapeur des matières dont je viens de parler, femble autorifer ce fenti-» ment : cependant je ne fçaurois difïïmuler que l’air dans lequel fe trouve la » pouffe, m’a paru avoir autant de refïbrts que celui qu’on refpire dans la » mine ; car y ayant mis mon baromètre, j’ai trouvé la hauteur du mercure » dans la pouffe de 26 pouc. 8 lig. 7 douzièmes, tandis qu’au haut du puits » de la forge il n’étoit fufpendu qu’à la hauteur de 26 p. 6 lig. 7 douzièmes.
- » De plus, le thermomètre qui au haut du même puits de la forge étoit dans » l’air libre à 22 deg. au terme de la congélation, n’étoit plus qu’à 16 un » douzième au fond de la mine & dans la pouffe : ainfi la plus grande élévation du mercure dans le baromètre, & le plus grand abbaiffement du » thermomètre prouvent que l’air dans lequel nâge la pouffe, eft plus denfe » que l’air extérieur.
- » Voici maintenant les expériences que j’ai faites pour détruire cette va-» peur ; elles font fondées fur une conjecture qu’elle détruit l’élafticité de l’air. » J’ai fait defcendre un bon réchaud de fou avec une bouteille de vinaigre ; » j’ai fait mettre ce réchaud dans un cul-de-fac où il y avoit beaucoup de » pouffe ; & comme le feu s’en éteignoit rapidement, je me preffai de ver-» fer quelques cuillerées de vinaigre qui achevèrent de l’éteindre, & ne diffi-
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- ET DE SES M INES. 1^9
- » perent point la pouffe : elle me parut, quand j’y mis la lampe, prefque auffi » vive qu avant que j'y euffefait mettre le réchaud. Je remontai à terre, & je » fis allumer de groffes mottes de Charbon que j’enfermai dans une cage de » fer ; je fis auffi rougir à la forge une douzaine de gros cailloux, & je pris des » morceaux de toile à faire des facs , avec une bonne provifion de vinaigre. » Dès que je fus arrivé en-bas avec tout cet appareil, j’allai à un endroit où il »y avoit de la poulie : après avoir fait l’effai avec la lampe, j’y jettai deux 53 ou trois de mes pierres enveloppées dans de la toile imbibée de vinaigre : » il s’éleva auffi-tôt une vapeur épaiffe d’une odeur forte de vinaigre, que » j’eus foin d’entretenir en y verfànt quelques autres cuillerées. Quand jere-» mis la lampe, là lumière fe conferva très-vive & fans s’éteindre : j’allai faire » la même expérience à divers endroits; elle me réuffit de même,& j’en chaf-» fois la pouffe allez promptement ; mais au bout d’une heure 8c demie, quand » je vins à l’endroit où j’avois fait la première expérience, je trouvai qu’elle » commençoit à revenir, & le lendemain il y en avoit autant que la veille, » avec cette différence feulement quelle paroiffoit moins vive ; j’ai projetté » du tartre en poudre fur des charbons ardents que j’avois mis dans la pouffe, » la fumée qui s’en eft élevée a détruit la pouffe : mais elle eft pareillement re-» venue au bout d’un certain temps. Je crois qu’on trouvera toujours cetin-» convénient, quelque matière qu’on emploie pour diffiper cette vapeur t » fçavoir qu’on chaffera bien celle qui eft prélente, mais qu’on ne pourra pas » empêcher qu’il en revienne d’autre à la place. Comme je n’a vois pas dans » ce village quantité d’autres chofes que' j’aurois pu éprouver, je m’en fuis » tenu à ces expériences ».
- Forez.
- Le Charbon de terre eft connu dans cette Province depuis fort long-temps. Guillaume & Jean Blaeu (*) remarquent près de Saint-Etienne dé Furen ou de Furand, trois montagnes qui jettoient du feu ; l’une de ces montagnes y eft appellée Mine ; l’autre, Viole ; 8c la troifieme, où fe trouvent des Charbons de terre, Bute.
- Ce volcan entretenu fans doute par ce foffile bitumineux > a produit fur la furface de ce quartier des changements confidérables.
- Deux petites buttes qui fe voient attenant Fougerolles, ne formoient autrefois qu’une feule montagne ; un embrafement fouterrein l’a féparée en deux, lorfque le Charbon qu’elle renfermoit a été confumé.
- Les mines de Charbon du Forez fe trouvent dans la Partie fituéeau Midi, nommée le Haut Forez.
- La nature du pays qui eft montagneux exempte l’exploitation de cette matière de l’affujettiffement 8c des précautions que l’Art des Mines exige orckf
- (1) Le Théâtre du Monde , ou nouvel Atlas. Amfterdam. cio 10 cxlvii. II. Part. p. 29*
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- T6o DU CHARBON DETERRE
- nairement dans ces fortes d’ouvrages ; ces montagnes percées dans le flanc donnent tout Amplement iflùe aux eaux qui embarralferoient les fouilles, & facilitent l’extraélion du Charbon.
- Dans les fonds on ne peut pas s’y prendre de la même maniéré ; mais le Charbon y efl fl abondant qu’on ne s’attache qu’à enlever celui qui fe préfente fuperficiellement, 8c qu’on en refte-là quand les eaux commencent à
- gagner ; 8c en général, une fouille efl dans ce pays abandonnée prefque au même temps qu’elle efl: entamée : le nombre des mines dont on tire le Charbon par des puits, efl: fort peu confidérable ; il s’extrait par des foiïes qu’on prolonge horifbntalement en fuivant les veines : il s’en rencontre plufieurs les unes fur les autres, & plus ou moins enfoncées : quelques-unes font prefque à la furface de la terre ; il en efl dans lefquelles on n’arrive au Charbon qu’après avoir creufé jufqu’à 22 toifes ; mais celles-là font rares.
- Leur marche efl en planure , ou à pendage de plature.
- Les mines de Charbon de terre du Forez, vulgairement appellées Came-res, font très-abondantes autour de Saint-Etienne, dont le territoire peut être regardé comme le centre des mines de cette Province.
- Elles embralfent une longueur de terrein d’environ fix lieues du Levant au Couchant, occupant un vallon dont la plus grande largeur, c’eft-à-dire, du Midi au Nord, ne va pas à une lieue.
- Les matières pierreufes ou folides ne paroiiTent dans cette Province être diftinguées qu’à raifon de leur fituation, au-deflûs ou au-delfous des veines.
- Les Ouvriers appellent le Faîte ce qui forme le banc du ciel, c’eft-à-dire, le deflus de la veine , 8c ils gomment Coulé la partie fur laquelle porte la veine.
- Les efpeces de petits nerfs qui fe trouvent mêlés avec la veine s’appellent Gor, (F. Seél. VIII. Art. 2. V. auffi page xyi. ) nom qu’ils donnent communément aux matières qui forment la croûte ou la fuperfîcie des mines, dont ces nerfs font un mélange.
- Dans les environs de Saint-Etienne, entre cette ville 8c le village de Saint-Rambert, on connoît une carrière de Charbon à Montfalfon.
- Les plus remarquables Carrières de Charbon des environs de S.-Etienne, font :
- Au Treuil, qui efl le feul endroit de tout le pays où l’exploitation fe fait par un puits.
- A Monthieu , où il y a deux fofles.
- A Terre-noire, une folle.
- A S, Jean de Bonne fond,
- A Villars, où il y a deux folfes.
- Au Bois Montfier, deux folles.
- A Roche la Moliere, trois folfes.
- A la Bêraudiere, deux ou trois folfes.
- A la Rica Marie, trois folles.
- Aux environs de Chambon, fur le chemin de Saint-Etienne, où il y a eu pendant long-temps un incendie fouter-rein, trois folles.
- A Firmini, deux ou trois folles.
- lr A
- A S. Germain ÎErpt, 2 ou 3 folfes.
- * Cremeaux, huit mines.
- Bourbonnois
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- Et DE SES MINES-. i6r
- Boureonnois.
- La mine de cette Province qui fournit Paris depuis plus d’un fiécle, eft dans la terre de Fins ParoifTe de Châtillon , Généralité de Moulins , à quatre lieues environ de cette ville. Il y a dans cet endroit quatre puits de mine*
- Le Journal (Economique de Septembre 1756. pag. 66 9 dit que les veines font de Droiture 8c ont cinq pieds d’épais ; elles Joppent à la fuperficiè du fol , & s’enfoncent au-delà de 40 toifes en terre.
- Depuis quelque temps on a ouvert, à une demi-lieue plus près de Moulins que celle de Fins , une mine de Charbon. L’endroit où elle eft fituée eft dans unè terre appellée Noyant , fur la route de Limoges*
- Le Charbon de cette mine eft en beaux morceaux très-folides , féparés feulement de diftance en diftance par des feuillets confidérables d’un très-beau Ipath.
- Nivérnois.
- ..
- Celles-ci font fitùées autour dé Decize, Généralité de Moulins, dans une montagne fur la Loire, où il y en a deux en exploitation.
- Avant d’entrer dans aucun détail j’obferverai qu’on rencontre dans cet endroit une fubftance minérale & un demi-métal, fçavoir, dans le voifinage du Charbon une mine d’Antimoine folide, renfermée dans une ocre fulphü-reufe : il s’en voyoitun échantillon dans le Cabinet de M. Davila.
- A Decize on trouve aufli une efpece d’Âlabaflrites, ou de Pierre à Plâtre clair &tranfparent, marqué de fibres ondoyées; il a une légère teinture de rouge, comme l’alun de Rome, &il conferve cette couleur après ^qu’il a été calciné*
- Les deux efpecesde mines, dont il a été parlé, ( Seél. VIII. Art. 1. ) l’une régulière, 8c l’autre irrégulière, ( ou par fragments ) peuvent s’obfervet à Decize.
- On connoît jufqu’à quatre ou cinq veines régulières, les unes âu-deflûs des autres, courant parallèlement ou de front, ayant depuis dix jufqu’à vingt toiles de diftance les unes des autres latéralement.
- Communément elles viennent jopper au jour, ou depuis deux jufqu’à fix pieds a la furface , fuivant la fituation du lieu : on dit «alors que le Charbon fouffle ou prend vent • mais il n’eft bon que lorfqu’on parvient à fon enfoncement de quatre ou dix toifes de profondeur, félon la richeffe de la mine > ou la qualité du terrein.
- 3 Leur enveloppe eft communément de deux à cinq pieds d’épaifleur, quelquefois de la même épaifTeur que la veine ; elle eft aufli plus ou moins corn-paéle 8c formée de deux fubftances : l’une eft une terre douce , entremêlée de bandes qui augmentent fon épaiffeur particulière ; on la nomme Beaume |
- Charbon de Terre. SC
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- -i6i BU CHARBON DE TERRE
- on y remarque des couches fur lelquelles font imprimés des débris de fougère , on les nomme auffi Fougères ; ces deffeins y font regardés, ainfi que l’eau teinte en jaune., comme une preuve certaine que la veine n’efl point éloignée, 8c que le charbon eft de bonne qualité.
- La fécondé matière qui compofe l’enveloppe des veines n’efl: pas terreule, » c’eft une elpece de Grez comme pourri ; on l’appelle Grez : il ne fe rencontre pas toujours , mais le charbon eft conftamment placé entre deux Beaumes , ou entre une Beaume 8c du Grez ; la Beaume au-defîbus de la terre > toujours la première , 8c au-delfus du charbon.
- Les veines de Decize font pour l’ordinaire des planures.
- Quelques-unes ont jufqu’à 2 pieds de pente par toife, d’autres un peu plus* Leur épailfeur eft depuis deux jufqu’à cinq pieds.
- Les mines amoncelées en malfes , ou en bouillons Q), appellées Veines ir~ régulières , c’eft-à-dire , qui ne font pas entièrement continues , font mêlées de beaume 8c de grez 5 tantôt de l’un , tantôt de l’autre feulement, mais communément entre ces deux lubftances (1 2) : la qualité du Charbon n’en eft pas d’une moindre qualité , û d’ailleurs la veine eft de bonne elpece.
- Le Charbon du Nivernois eft très-pyriteux, à en juger par les effloreft cences qui fe produifent à fa lizperficie ; c’eft la railbn pour laquelle il eft très-fujet à prendre feu Ipontanément dans les magafins où il refte long-temps amaffé, faute de confommation. Voyez Seél. IV.
- A deux lieues de Decize, au-deflous des deux mines précédentes fur le même côté , 8c en fuivant le cours de la Loire > à Druy, il y a auffi une mine de Charbon ? mais qui n’eft pas exploitée.
- O
- Ge’ne’ralite’ de Tours.
- Election de Saumur.
- * S. Georges.
- L’étendue de ce terrein où lé trouvent les veines, eft d’environ une lieue de longueur, 8c d’une portée de fulîl de largeur.
- * Paroijfe de Courjon. * Chaudefonds.
- * S. Aubin de Lugnié. * Chalonne.
- On prétend que tout le Charbon de terre de cette Province donne cinq grains d’or par quintal : M. Hellot remarque très-bien que cela ne lui eft pas particulier ; on en «a vu un exemple , Seét. XIII. pag. 139.
- Les Veines de l’Eleétion de Saumur ont environ cinq pieds d’épailfeur fur trois pieds de large , 8c font accompagnées latéralement d’une terre noire caillouteufe. . '
- (1) Les Efpagnols appellent ces mines Sont-bnro.
- (2) Les Efpagnols donnent aux rochers parmi
- lefquels fe forment les mines, ou la pierre qui tou* che immédiatement les veines, le nom de Caxas? ChambreBoîte.
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- et de ses mines. ^3
- Dans cette partie , c’eft-à-diré , fur les cotés de la veine, le Charbon eft d'une moindre qualité que celui du milieu.
- La fuite en eft quelquefois interrompue par des Kreins qui s’étendent plus ou moins , & qui varient de même dans leur épaiflèur ; ce qui fait que quand les Ouvriers en ^rencontrent ils abandonnent l’ouvrage pour aller travaille^ ailleurs , à moins qu’ils ne préfiiment que ce Trouble n’a que peu d’épaiflèur.
- Le Têroulle conduit à 18 pieds de profondeur, à une elpece de Charbon qui n’eft pas encore de bonne qualité, & qu’ils nomment Houille, mais qui eft un >indice du bon Charbon que l’on atteint à ij1 ou 20 brafles* & qui devient toujours meilleur à melure qu’on avance davantage.
- Anjou»
- * Montjean fur Loire»
- * Noulis.
- Doué, Eleélion de Saumur*
- V
- Maine#
- Feu M. Hellot en traitant de l’eflai des mines d’Àlun (*) , Fait expfelTé-ment mention d’une mine de Charbon de terre près Laval : je l’ai donné d’après ce témoignage pour exemple des mines qui fourniflent un charbon alu-mineux. Voyez Se£t. IV. Art. 3. Malgré les recherches les plus exaétes il m’a été impoflible de parvenir à avoir connoiflance de l’endroit où étoit fitiiée cette mine, qui peut-être a été abandonnée après avoir été trouvée, mais qui aujourd’hui n’eft point connue dans ces cantons*
- Haute Bretagne.
- A Nord ; fur la petite riviere d’Ordre près Saffri.
- A Vielle-Vigne , fur la petite riviere d’Ognon, près de Montaigu, confiné du Poitou.
- La mine la plus connue dans la Bretagne eft à Momrelais ou Chapelle Mon™ trelais, nommée quelquefois Mine d'ingrande.
- Ce terrein qui n’eft pas embarrafle de rochers > renferme plufieurs bancs de Charbon ; dans certains endroits on compte jufqu’à cinq à fix veines * fans quelques autres qui ne méritent pas les frais de l’exploitation : ces veines font, à peu de chofe près, parallèles, & à peu-près dans la direction du Nord-oueft ou Sud-oueft ; elles font toutes prefque roifles : leuif inclinaifon eft de 7^ à 80 dégrés, leur épaiflèur eft depuis un pied & demi jufqu’a trois pieds Sc demi ; elles foppent à y ou 6 pieds de la fuperficie*
- (1) Effai des Mines 8c des Métaux, ou de la Fonte des Mines , des Fonderies, &c. traduit de 1 Allemand de Chriftophe-André Schlutter , aug-
- menté par M. Hellot de l'Académie Royale des Sciences. Paris. 1750. m-40* Tom. Lchap» 20* p. 260.
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- 1^4 DU CHARBON DETERRE
- Je me fuis afluré de ces circonftances par M. de Borda , de l’Académie Roy,4 des Sciences , & Ingénieur ordinaire du Roi.
- Le Charbon y eft entrecoupé la plupart du temps par ces bandes de fchifle groffier, appellées dans les Houillieres de Liege Nerfs, dans celles de Charleroi Veines,, dans le Lyonnois, dans le Forez , Gorre. Elles font plus ou moins épaif-fes, plus ou moins étendues, & dans les mines de Montrelais elles font nommées comme dans le Haynaut François Caillettes.
- On y appelle indiflinélement Krein toute défeéluofité , toute efpece de nœud qui fe fait remarquer dans le fol ou dans le toit, dont ces elpeces de loupes rendent fépaiffeur inégale. Voyez Seél. VII. Art. 4.
- La continuation d’une veine après une interruption , comme on a vu qu’il en furvient à l’occafîon d’une faille ou autre obftacle qui fépare en entiet une veine , efl: nommée Pelai. Voyez Seéh VIL Art. y.
- Basse Normandie.
- BeJJitié
- La mine de Charbon de cette Province efl à Littry (*), peu éloigne dit chemin de Bayeux à S. Lo, derrière la Forêt de Cerify : elle a cela de particulier , que le Charbon efl fous un lit de mine de fer ; il efl à propos d’être averti à ce fujet que la Normandie efl une des Provinces de France, dans laquelle il fe trouve une plus grande quantité de mines de Fer.
- Elles occupent pour la plupart une affez grande étendue de terrein ; gé^ néralement elles font très-fliperficielles, & n’annoncent aucun ordre dans leur difpofition.
- A deux lieues de Caen , près de l’Abbaye de Fontenay-fùr-rOrne, il s’en trouve une qui à l’extérieur ne paroît pas différente de celles qui abondent dans la Province > & qui cependant efl très-particuliere.
- Le roc dur connu dans toutes les mines de Charbon, &'que les Houilleurs Liégeois nomment Grez, dont j’ai donné la defcription, ( Seét.VII. Art. 2. ) qui efl une pierre graveleufe ou un granit décompofé, de l’elpece appellée par M. Guettard Pierres de Sel ou Salières (*) , efl nommé dans lamine de Littry Coirelle ou Quoirelle, de même que dans les Houillieres du Haynaut François. Voyez page 147.
- Feu M. Hellot, d’après les expériences qu’il avoit faites fur le Charbon de Littry , penfoit qu’il ne cede en rien à celui d’Angleterre ; fur quoi je crois devoir renvoyer ici à la Seét. VIII. Art. 2. & Seét. IX. où il a été obfervé que dansle trajet d’une veine le Charbon efl nomfeulement d’une nature différente*
- (1) A trois lieues de-là, dans un endroit ap-pelîé Moon , fur la riviere d'Elle, on trouve du Jayet; & des carrieresd'Ardoife à Planquery,àpeu
- de diftance du grand chemin de Caè'n à S. Lo.
- (a) Mémoires de l'Académie Royale des Sciences , année 1763* p. 8o,
- mais
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- et DE SES MINES. r6j
- mais encore, que dansl'épailfeur de la veine les couches elles-mêmes font va-riées.V. SeéL IX. de maniéré qu'on "y rencontre plufieurs fortes de Charbons : de-la il fuit clairement que fi Bon veut bien juger d'une mine , il faut en voir les magafins , ou une très-grande mafle ; ce n*eft que de cette façon qu'il eü poffible de juger de la quantité de matières hétérogènes dont la mine eft plus ou moins furchargée , tandis que des morceaux pris au hafard, ou choifis à la main , peuvent induire en erreur.
- Un de nos Lithographes à qui nous devons beaucoup pour les progrès de cette partie de l'Hiftoire Naturelle > ( dans un de les Mémoires fur la Minéralogie des environs de Paris (*) ) indique des mines de Charbon ouvertes du côté de Valognes : c'eft à l'occafion de mafTes globuleufes, prefque Iphé-riques , de marbre noir, de plus d'un pied de diamètre, faifant partie du Cabinet de S. A. S.M. le Duc d'Orléans * 8c qui ont été données pour venir de ces mines de Charbon. x
- Un féjour de fix mois que j'ai fait en 175 <5. à Valognes pour le fervice des Hôpitaux militaires des Camps de la Hougue & de Cherbourg, m'a mis à même de connoître particuliérement, non-feulement laPrefqu'ifle du Cotentin dont Valognes eft avec la ville de Carentan l'endroit principal, mais suffi tous les petits quartiers qui lui font contigus. Je puis alfûrer qu'il n'y a en Balle Normandie d'autre mine de Charbon que celle de Littry, dont le même Auteur fait mention dans le Volume de 1763 , de maniéré à faire penfer que les environs de Valognes ont suffi du Charbon.
- Picardie.
- Partie Septentrionale. Boulonois (2).
- * En 1739? on découvrit une mine de Charbon de terre dans la Paroilîe d’Ardingheim proche Boulogne.
- * Une autre dans la Paroilfe de Rethi, dont le Charbon eft très-bon pour les Briqueteries, les Fours à chaux 8c l'ufage des Maréchaux.
- I s l e de France Q).
- Confins de Picardàe.
- En 174° > Pr^s du Couvent des Chartreux deNoyôn , à environ un quart de lieue de la riviere d'Oife , on découvrit une mine de Charbon de terre t
- (1) Volume de TAcadémie Royale des Sciences de Paris pour Tannée 1764. p. 506.
- (2) A une portée de fufil de Marfaux en Cham-pagne , près de Courtagnon, village connu de tous les Naturaliftes 8c de tous les Amateurs, on voit deux puits de 200 pieds de profondeur, dont on allure avoir tiré un peu de Houille.
- Charbon de Terre.
- (3) M. Hellot, pag. 2. de fon Etat des Mines du Royaume, dit que près de Villiers-fur-Morin, ( Haute Brie ) à^üne lieue de Crecy, ôn a tiré du vrai Charbon de terre ; qu’on en a remarqué des indices à Bazemont près de Mante-fur-Maudre, ( au deflous de Mante-la-Jolie, ) autrement ap-pellée Mantes-fur -Seine 8c au village de Boiüe
- Tt
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- 166 DU CHARBON DE TERRE la Société qui exploite le Charbon de terre à Valenciennes * après avoir examiné celui de Noyon * obtint un Brevet pour le faire exploiter ; les Chartreux en ont enfuite obtenu le Privilège exclufif, dont ils ne font point ufage.
- A Candor, fuivant la même chaîne de montagnes* il y en a aufli.
- Tout nouvellement on vient d’en trouver dans une terre de M. le Marquis d’Eftourmel* nommée Fretoy * à deux lieues & demie de la riviere d’Oife.
- La mine eft fituée à peu de diftance d’une fource d’eau ferrugineufe * très-abondante j près d’une pente aiïezroide , qui a au moins 80 pieds de hauteur.
- Les fubftances terreufes qui précèdent la veine* & dont M. Sage m’a procuré des échantillons * font * une Marne grife de fix pouces d’épailfeur, pareille à celle décrite à l’Article des Houillieres du pays de Liege , où on la nomme Dieille , Derle. Voy* Seél. VIL Art. i.
- Une Argille ocreufe* de la nature du Tortey del Dieille des Liégeois* ibid>
- La couche fchifteufe qui couvre le Charbon de terre* a à peu-près trois pieds d’épailfeur ; elle devient plus compacte à mefure qu’elle eft enterrée plus profondément.
- Parmi ces couches on en trouve une femblable à celle qui eft connue près de la ville de Laon en Picardie* citée dans la reftitution de Pluton* comme terre d’Ambre jaune, dont M. d’Argenville f1) fait mention par rapport aux parcelles de mauvais fuccin qui y font mêlées, & qui * au rapport de M. Hel-lot, ne différé pas de celle qui a été trouvée (*) « en 1733 & en 1734 aux » Côtes dites les Marais fous le Chaînet * dépendant de la Pareille de S. Martin-» la-Garenne : quelques morceaux en furent éprouvés avec alfez de fùccès par » le Maréchal du lieu ». Cet elfai donna vraifemblablement lieu à la fouille qui fut faite en 1748 , mais cette tentative n’a eu aucune fuite.
- Le même Sçavant * dont je donne le texte , « regardoit comme la même une » terre pyriteufe * trouvée en 1735 dans la Faifanderie de rifle-Adam* en fai-» fant conftruire un puits ; cette terre brûloit * & par la diftillation a donné la » même liqueur inflammable qu’on retire du Charbon de terre ».
- Quoique les terres bitumineufes * fulphureufes ou vitrioliques * n’ayentavec la Houille rien de commun que leur origine * qu’elles ne foient pas plus un indice du Charbon de terre * que les eaux minérales ferrées, les vapeurs qui s’exhalent de l’intérieur des mines au-dehors, les racines des plantes qui croi£ fent fur leurs fuperfîcies* & autres dont i’infuffifance eft évidente; (Voyez Seét. V.
- (plaine de MeuIan-fur-Seine) fur la même côte de la Paroiffe de Flins ; c’efl en effet une tradition du pays très-ancienne. 11 y a une douzaine d’années qu’une compagnie y fit une fouille , jufqu’à environ 600 pieds de profondeur. Parmi les différentes couches que j’en examinai, j’y remarquai une Argille jaune & feche, une couche de Craye, des Coquilles d’huitres 8c de Cames, des Pyrites , une terre noirâtre légère, d’un tifïu lâche, mê-
- lée de Cryflaux de vrai gypfe ; cette terre en s’allumant donne une odeur de tourbe ; elle fe confu-me lentement 8c laifîe des cendres du plus bel ocre rouge qui fe puiffe.
- (1) Enumeratio FoJJïlium quæ in omnibus Gallice Provinciis reperiuntur Tentamina. Parif. 175^ 1. p. 11,
- (2) Fonte des Mines , des Fonderies, &c. traduit de 1 Allemand de Chriffophe-André Schlut-ter, 1750. in-%°. Tom. I. p. 2. par M. Hellot.
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- ËT DE SES MÏNË S. j67
- Art. i. & Seél. VI* ) cependant cette terre combuftible mêlée dans les couches de la mine de Charbon de Fretoy, fera examinée ici dans un certain détail , comme compofant une étendue de terrein confidérable, &nefe trouvant pas feulement dans les environs de Noyon.
- La feulé vue de ces deux terres décide qu'il n’y a abfolumént entre elles aucune différence : j’avois Fait venir beaucoup de celle de Laon ; il paroît qu’elle eft abondante dans les environs de cette ville , car il s’en trouve non-feulement à l’Abbaye du Sauvoir , au bas de la montagne de Laon /mais encore à Morgny qui eii eft à trois lieues > à Pinon diftant de cette ville de quatre lieues, à Cefliere , à Foucoucoür, aü village de Bedurain fitué au Sud-eft de Noyon (*) : cette couche s’étend donc fort au loin,& vraifemblablement du côté de S. Quentin*
- Sa couleur eft plutôt brunâtre que noire, on n’y apperçôit abfolumént aucun veftige du régné végétal ; le Charbon de terre provenant de là Houiliiere de Bonne-Efpérance près de Condé , a lorfqu’il eft nouvellement forti de la mine , le même coup-d’œil brun qu’il cohferve longtemps après.
- J’en ai reconnu deux éfpeces ; l’une très-compaéte , difficile à brifer 8c à mettre en morceaux , quoique gercée dans fa maffe.
- L’autre plus terreufe , qui fe trouve placée dans l’eau, formant une veiné diftinéte de la première.
- Celle-ci foumife à l’aélion du feu y devient roüge comme un charbon ; tirée du feu elle fe dérougit affez promptement, exhalant une odeur fubtile de foufre jufqu’à ce qu’elle foit refroidie, 8c alors elle eft devenue abfolu-ment femblable à un morceau de brique cuite, bien folide, dans lequel bit diftingue les différentes molécules qui entroient dans fa compofition.
- La fécondé fe réduit en poudre au foleil > à l’air & a la gelée ; ellë préfente des effets différents dans le feu ; il lui faut plus de temps qu’à l’autre pour rougir, elle conferve fa chaleur l’efpace de plus d’une demi-heure, en exhalant pendant ce temps une odeuf très-marquée d’Hepar fulphuris, 8c finit par fe réduire en terre, dont le, goût eft fenfiblement vitriolique , 8c dont là couleur de rouille fale annonce la nature de la pyrite qu’elle contenoit.
- M. Sage , connu par plufîeurs Mémoires intéreflans fur la Chimie, a examiné avec beaucoup de foin la terre de Baurain ; il en a communiqué l’année derniere à l’Académie l’analyfe que l’on peut, fans héfiter, appliquer à là terre de Laon, & qui démontre que cette fubftance eft martiale , fulphu-reufe 8c vitriolique ; ce dernier principe y domine au point que la cendre de cette terre donne près de vingt livres de vitriol par quintal.
- , ( 1 ) Ç.fik de Baurain eft délignée dans M d Argenviiie,pag. io,
- H» Hellot rapporte qu'en 1736. une Compa-
- gnie avoit fait dans une étendue de deux lieues en circuit des fouilles qui n'ont eu aucune fuite avantageufes
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- DU CHARBON DE TERRE
- P REC IS fervant d'éclair cijjement fur les imprejjtons curieufes qui fe remarquent dans ïenveloppe des Vunes de Houille.
- En parcourant les defcriptions que Ton a fait entrer dans cet Ouvrage, on doit fe rappeller qu’un très-grand nombre de ces mines au milieu d une multiplicité prodigieufe de fubftances minérales, renferment des empreintes curieufes qui font allez diftinéfes & affez remarquables, pour avoir mérité de la part des Ouvriers des dénominations particulières : ceux d’Angleterre les défignent par les expreffions Branched-clift , Arborescents-marghassits , Thorny-clif't (*) ; ceux du Comté de Namur appellent les pierres qui ont cette Angularité, Caillou fleuri. Scc. V. le Catalogue Alphabétique.
- Il eft affez vraifemblabié qu’une partie de nos Leéteurs, en remarquant qu’il eft très-ordinaire de rencontrer de ces deffeins fur la partie des mines qui fert de toit aux veines, ait déliré quelque détail à ce fujet ; on s’eft contenté, à tous les endroits où il s’en trouve , d’en faire mention , après avoir prévenu en général que ces efpeces de delfeins ou gravures, nommés par les Natura-liftes Phytotypolithes, Phytobihlions , ( lorfqu’on les rencontre en faifànt une fouille ) annoncent le voifinage du Charbon de terre : l’expérience à laquelle dans les Arts on ne contefte jamais l’avantage fur les raifonnements & fur les vrai-femblances les plus démontrées , exclut abfolument pour la partie des mines de Charbon de terre , les lignes dont il a été parlé, ( Seét. VI. ) que la plupart des Auteurs ont voulu adapter aux mines de Charbon de terre ; les indices qui fonda matière d’un chapitre de l’Ouvrage curieux de Gabriel Flattes Q), ne font pas davantage marqués au fceau de l’expérience ; les feuls & véritables lignes qu'un terrein renferme du Charbon de terre , 8c même de la bonne qualité de ce foffile , font à la fuperflcie, la vraie Téroulle, (Voyez Seét.VIII. Art. 2. y8c plus avant dans les mines, les empreintes fur lefquelles nous allons nous arrêter ici , afin d’achever d’inftruire le Leéteur des circonftances particulières à une Angularité dont il a dû nécefîàirement être frappé, & qui plus d’une fois a peut-être diftrait fon attention.
- Une chofe remarquable , dit M. Lehmann (3) , c’eft qu’on ne trouve des empreintes de plantes & de fleurs, que dans les lits d’ardoifes qui accompagnent les mines de Charbon.
- (1) Le Sens que nous avons donné à ce mot; dans les mines de Buckingham - shire , ( Seét. XI. Art. 4. ) nous a été fuggéré par la phrafe dans laquelle il fe trouve employé ; nous devons avertir que par cette expreffion Thoiiny-clif , qui littéralement veut dire Rocher épineux , il pourroit fe faire qu on entende quelquefois les Crins, les Cou-mailles , les Doris, 8c autres nœuds qui fe rencontrent quelquefois dans le toît. V• Seél. VII. Art 4.
- (2) Découverte des T réfors fouterreins 8c de
- toutes les Mines des Métaux 8c Minéraux, depuis l’Or jufqu'au Charbon de terre, avec des régies pour les trouver dans tous les pays du monde, les fondre 8c les affiner, 8cc. Londres. En Anglois, 173P- ffi-40. C. 2. p. 47. Cet Ouvrage de 60 pages a été fouvent imprimé à Londres.
- (2) Effiai d'une Hiftoire Naturelle des couches de la Terre ; Seét. VII. des autres Pierres qui fe trouvent dans les couches de la terre, & par lits.
- M. l’Abbé
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- ET DE SES M ï N È S. 169
- M. F Abbé de Sauvages dans le Mémoire que j'ai eu occafion de citer pinceurs fois, contenant des Obfervations Lithologiques pour fervir à FHifl-toire Naturelle du Languedoc, Vol. de FAcadémie , année 1747, fait la mê-me obfervation, avec cette circonftance que ces Phytobiblions ne fe rencontrent pas «dans d'autre terrein (J) , ni dans les endroits de ce terrein trop éloignés des mines de Charbon ; qu'enfîn ces fortes de pierres ne font jamais mêlées avec le Charbon , qu'elles ne foient placées immédiatement après la première FiJJe (2), qui non plus que le Charbon n'a conftamment aucune de ces empreintes.
- On eft certain par les obfervations réunies de plufieurs Naturalifles, i°. quë les impreffions qui fe rencontrent dans un endroit font toujours des^imprefo fions de plantes étrangères au fol dans lequel elles fe trouvent : 2°. que le plus grand nombre de ces plantes eft connoiflàble pour être d'une des familles les plus élégantes, ( qu'on me pafle l'expreffion ) & les plus délicates dans la difpofition régulière, dans la ftruclure de fes feuilles , je veux dire, les Fougères , les Polypodes , les Capillaires, dont les femences même que l’on fçait être fymmétriquement arrangées fur le dos des feuilles, fe retrouvent quelquefois empreintes dans les lames fchifteufes*
- On y reconnoît cependant quelquefois, & prefque suffi fréquemment, lè Glayeul, la Prêle, le Rofeau . le Caillelait, ï Airelle ; les Mémoires de l'Académie de Berlin renferment une Diflertation de M. Lehmann fur les fleurs de VAfler, mentionné, Seél. XII. Art. 2. Il eft encore très-ordinaire d'y remarquer des empreintes de côtes de feuilles de palm ier, de branches ou de tiges d'arbres étrangers , même du bois qui n’a éprouvé que peu d'altération, mais qui ont tous le même caractère de plantes que confervent ces fchiftes , de ne pouvoir être applatties fans fe rouler, Voyez Seél. II. pag. 6.
- Ces tableaux font frappants par le brillant également répandu fur leur champ qui eft d'un poli achevé, & for les empreintes même ; & il n'effi befoin d’être ni Connoiflfeur, ni Amateur pour les examiner avec plaifir.
- De quelque pays que l'on puiffe fe procurer ces Dendrolythes fchifteux des mines de Charbon, ils préfentent conftamment la même uniformité dans la maniéré dont les plantes y font gravées ou imprimées.
- Chaque lame fchifteufe donne le relief de plantes toutes différentes , Sc couchées en divers fens les unes for les autres, quelquefois croifées par d'autres
- (1) Ces empreintes ne font cependant pas fi particuliérement affedées aux veines de Charbon de terre, qu'on ne les trouve auffi aux environs des mines de Cuivre & dans les Ardoifieres ; dans lesquelles les plus anciens Naturalises en ont ob-fervé ; une fuite d’ardoiles très-curieüfes tatnaf-fées autour d'Angers, par M. de Montigny, de 1 Académie Royale des Sciences , appuie incon-teirablement ces obfervations. Il eft vrai que les plantes qui y font empreintes, font d’un genre
- Charbon de Terre*
- différent. Voyei à ce fujet le Mémoire de xM. Guet-tard fur les Ardoifieres d'Angers , Vol. de l'Académie Royale des Sciences pour l'année 17^7.
- (2) On a vû les différents noms donnés en Allemagne, en Angleterre j à cettç pierre appellée auffi dans les Houillieres dé Namur, Crayon , fans doute à caufe de fa couleur, ou de la propriété qu'elle peut avoir quelquefois de fervir de pierref à marquer, Voye% Seft, VIL Art. 3.
- Vu
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- 170 DU CHARBON DE TERRE d’efpeces différentes appliquées fur elles. Voyez les Mémoires de 1 Académie Royale des Sciences, année 1718. p. 287. (I).
- Une Angularité qui n’a pas échappé au célébré Académicien, dont je ne fais qu’extraire les obfervations, c’eft que les deux lames fchifleufes ne re~ préfentent chacune fur leur fuperficie interne par laquelle elles fe touchent, qu’une feulé face d’une feuille de plante en relief d’un côté , ôc en creux da l’autre côté qui lui >eft oppofé.
- Je ne m’arrêterai point à l’explication qu’a donnée de ce phénomène M. de Juflieu,je crois feulement pouvoir ajouter que dans l’examen des différentes caufes qui y ont concourues, on doit avoir égard à la nature du fchifte, argille compofée qui doit fon exiftence à une forte de décompofition des végétaux,
- ( Sect. VIL Art. 3. Seél. XIII. p. 141. à la qualité du pétrole ou du bitume du Charbon de terre, ( Seél.IV. Art. 4. ) & fur-tout celle du vitriol, acide commun à cette fubftance ( ibid. Art. 3. ). On ne doit point non plus perdre de vûe fefpece de plantes qui s’en trouvent empreintes & répétées à l’infini fur ce fchifte , ce font toujours les mêmes appartenantes à la famille des plantes nommées par M. de Linnée Cryptogames, ou d’autres qui croiffent dans des endroits bas, plus mobiles 3c plus fujets aux changements, qui n’aiment que les endroits humides, dont les fibres , malgré cette circonftance ,*font ligneu-fes & dures , qui par i’analyfe chimique donnent prefqueles mêmes principes ftyptiques , beaucoup d’acide & beaucoup de terre, enveloppés dans une huile confiftante ; un genre enfin de plantes que l’on pourroit dire avoir une forte de convenance avec les terres ou les eaux martiales , puifqu’où il y a de ces eaux & des plantes aftringentes, on trouve une terre martiale noire, qui eft une terre réfultante d’une décompofition de pyrites tombées en effloref- / cence.
- Enfin, pour rapprocher ici toutes les cîrconftances qui appartiennent à l’Hiftoire des Mines de Charbon de terre, & à ces empreintes la plupart du temps végétales, je placerai ici deux remarques qui ne s’éloignent aucunement du fujet.
- Il eft facile en vifitant beaucoup de ces mines, ( M. Strachey l’a auffi ob-fervé dans une mine de Sommerfet-shire f2) ) d’obferver que ces Phytotypo-lites, quels qu’ils puiffent fe rencontrer, ne fe trouvent pas feulement dans la partie fchifteufe du toit des Charbons.
- Les pierres appellées à Liege Grez , ailleurs 'Roc ou Pierres, en font chargées d’aufft exactement & aufli bien deflinées ; je crois cependant qu’en les
- ( 1 ) Examen des caufes des impreffions des Plantes marquées fur certaines Pierres des environs de S. Chaumont dans le Lyonnois, par M. de Juiïieu l’aîné. Voyez auffi dans les Obfervations Phyfico-méchaniques fur différents fujets, ôcc. traduites de PAnglois de M. Hauckfbée , par feu M. de Brémond, de l’Académie Royale des Scien-
- ces , revûes & mifes au jour, Scc. par M. Defma-rets, ira-12. Tom. IL p. 25*44. Remarques & Additions furies empreintes des Végétaux que préfentent les Pierres des Minières de Charbon.
- Tranfaftions Philofophiques* année 171^.
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- et DE SES MINES. i?î
- examinant attentivement on peut y reconnoître une trace fiiperficielle de bitume , ou que c’efl: toujours cette fubftance grafle qui a favorifé l'empreinte.
- jVj. Varnier, Doéteur en Médecine de i’Univerfité de Montpellier, parmi une très-belle fuite de ces empreintes des mines de Charbon d’Alais & de S.-Jean de Valerifcle en Langudeoc , conferve un Grez micacé , venant de ce dernier endroit, lequel eft gravé d'une grande portion de fougere.
- Quelques bouxtures du pays de Liege , le Devils-Pape ou Tefion du Diable de la mine de Wigan en Angleterre , fur lefquels s’apperçoivent quelque-fois de ces empreintes > démontrent ce que l’on avance.
- Les mines de Charbon ne font pas propres à conferver feulement des traces végétales.
- La mine de Bishop Sutton en Angleterre, dans laquelle le trouvent des coquilles y d'où la veine prend fon nom Shelly-vein , ( Seél. XI. Art. 2. ) le Mémoire de M. Jelïop (*), & quelques empreintes rares lîngulieres , ne permettent pas de douter que ces mines ne préfentent aulîî des veftiges de parties animales : M. Lehmann, dans fon Eflai d’une Hiftoire Naturelle des couches de Ja terre (2) , rapporte que près d’Ardesheim, Principauté de Halberfladt > ( Cercle de la Balle Saxe ) la couche qui fert de toit au Charbon de terre > fe montre à la lùrface , & que c’efl: comme à l’ordinaire une couche de pierre calcaire remplie de coquillages pétrifiés , parmi lefquels fe trouvent les En-crinites qui font fi rares Q').
- Quiconque auroit le loifir de relier long-temps dans des cantons où l’on exploite des mines de Charbon , y feroit certainement dans ce genre des découvertes , defquelles il pourroit réfulter un éclaircilfement fur. des révolutions lîngulieres, vraifemblablement très-anciennes, puifqu’on n’en trouve aucune trace dans PHifloire, 8c vraifemblablement des plus confidérables , puifqu’à en juger par les veftiges confervés dans ces pierres* de corps qui ne font pas connus & qui n’exiftent plus, on ne peut douter qu’il n’y ait eu dans ces révolutions beaucoup d’elpeces perdues".
- On fe rappellera fans doute que les fchiftes qui approchent la veine font décidément charbonneux ou bitumineux, que ces différentes qualités les rendent propres à fuppléer à la Houille iorfqu’on veut ménager le bon Charbon ; c’efl: dans ces ardoifes fchifteufes qui ont palfé au feu, qu’il faut aller voir & la compofition de ces lits argilleux du toit & du plancher de la Houille, & toutes les empreintes qu’ils pourroient renfermer ; le feu les a privés de leur couleur, de ce brillant d’or ou d’argent bruni, de cette fleur qui les rendoit fl agréables à l’œil, elles ont perdu l’elpece de fuie charbonnée & bitumineufe
- (1) Hiftoire des Subftances minérales trouvées
- dans les Mines de Charbon de Terre & de Fer : Tranfadions Philofophiques, année 1675. N°. 100. Art. 1. J
- (2) Préface du troifieme Volume, p»
- (3) Encrirtus, G. Lien-ftein. Il eft à propos d’ob-ferver que ce n’eft point du tout l'empreinte de YEncrinus 3 ou Lilium lapidum, mais celle du Caput Medufœ,
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- i7a , D U CHARBON DE TERRE
- qui tenoit étroitement liées & collées les unes fur les autres cette immenfitl de lames dont elles font compofées, & qui fans cela ne fe féparent jamais également ; mais ces monceaux de fchiftes jaunis & diverfement colorés, félon les parties bitumineufes, charbonneufos ou autres, qui ont été détruites au feu , repréfentent aflez bien dans leur entaflement autour des Houillieres une forte de Bibliothèque de vieux parchemins échappés à un incendie ; c’eft-là qu’il faut confulter ces fchiftes ; l’enfemble des feuillets forme des livres de Botanique très-précieux par leur ancienneté > un véritable Herbier , ou les plantes fe trouvent appliquées 8c imprimées avec la même exactitude que l’on a coutume- d'en apporter lorfqu’on les difpofe pour faire un Herbier.
- On trouve plufieurs de ces Phytomorphyjes dans les Ouvrages de quelques Sçavants (*) r mais ceux de nos Leéteurs qui n’en auroient pas d’idée, ne me fçauront point mauvais gré de ce que je viens d’en dire ici, afin de leur rendre fenfible tout ce qui a précédé. C’eft auffi dans cette vue que j’ai fait un choix d’empreintes des mines du pais de Liege & de Montrelais , que je mets fous les yeux, dans quelques planches; en voici l’explication.
- PLANCHE VL
- C ette Planche repréfente des impreffions qui fe font trouvées dans le toit des mines de Houille de Liege ; on en rencontre auffi dans la Houiiliere du Parc de Marimont.
- La Fig, i. & la Fig, 2, font alfez femblables ; on en trouve auffi dans les Houillieres du Parc de Marimont y 8c même un Charbon qui eft marqué de bandes abfolument pareilles placées les unes à côté des autres.
- En général, elles font très-communes dans le toit, ainfi que celle de la Fig, 4*
- La Fig, 3. eft des plus extraordinaires & des plus régulières.
- La Fig, y. demande à être examinée avec attention pour y appercevoir dans une partie du bord où l’empreinte eft enlevée , des petits faifceaux* ftriés g, g,g, dont j’ai vu de pareils dans la Collection deM. Varnier, fur un fchifte de la mine de Charbon de S. Jean de Vallerifcle en Languedoc.
- PLANCHES VIII. & X.
- Elles font voir de ces impreffions du toit venant de la mine de Charbon d’ingrande, autrement nommé de Montrelais, en Bretagne.
- Les Morceaux figurés 3. y. 6, 8c 7. PL FUI. font du Cabinet de M. Bomar.
- (1) Voyez Silejîa fubterranea. ^cAékmznn,. Schtutztx. Hifloria Lapidum figaratorum, hmomsi Saxonia fubterranea illujîrata. Mylius. En Allemand. Rudera Diluvii Tejles, Ruttner.
- Lithographia Handeburgica. Herbarium diktvianum,
- Mais
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- f
- E T D Ë S Ê S M I N Ë Si J?3
- Mais je dois avertir que la Figure y. eft entièrement manquée ; pour y fup-pléer il fuffit de fe repréfenter l’impreffion exaéte que lailTeroient ces fortes de coutils dont font faites les balles de caffé Mocka.
- PLANCHE IX.
- -
- Les Fig» i. Sc 2. font l’empreinte Sc la contre-empreinte d’un même morceau* Les Fig. 3. &4. repréfentent un genre de fchifte que j’appellerois Schijlus variolis deprejjis , variolis elevatis, ÿ
- Ces impreffions varioleufes font tantôt à puftulës faillantes * Fig. 4. tantôt à puftules déprimées > enfoncées Sc un peu ufées ou dégradées > Fig. 3*
- La Fig. 5. & la Fig. 6. pourroient bien être des contre-empreintes du ihof ceau N°. y. Planche VIII, elles font informes Sc couvertes de pouffiere de Houille.
- FLANCHE X
- LesPhytôtypolithes numérotés 2.3. Sc 4. viennent auffi des mines d’ïngran^ de , Sc font communes dans celles de beaucoup de Pays, les Fig. 2. Sc 31 font voir les deux faces fchifteufes qui fe touchoient avant d erre léparées*
- F 1 M
- Xx
- Charbon de Terre.
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- i74 DU CHARBON DE TERRE
- TABLE DES PRINCIPALES MATIERES-
- Et des Termes relatifs aux Veines de Charbon de Terre dans
- les Mines.
- A
- cciDEN TS dans le toit. Sol du Charbon. Noeuds de plufieurs efpeces, félon la nature de ce qui forme le deffus ou le delfous de la veine.
- Page SI
- Acide du Charbon de terre. 27. Vitriolique. 21.
- .23,24.28.39
- Affaissements du toit réfultants de fa compofi-tion qui efl comme feuilletée, & des noeuds qui s’y forment. 5%
- Affleurement, 147. vraie Téroulle. 71. 147.
- Volant, 147. fauffe Téroulle 72. ibid.
- Air des Mines. 39. Ses effets, ibid. N’eft point contraire à la famé. ibid. Courant d’air, fes avantages dans les mines. 38
- Airage des Houillieres, diminue les exhalaifons des mines. 40
- Airure de veines. 63
- Alkali volatil, efprit de Charbon. 28
- Allure, Le. train, marche , diredion des veines, 64, Drift, 96. communément régulière. 64 Analyse chimique des Charbons de bois fofîile. 13. Du Charbon de terre d'Angleterre. 28. D'Ecoffe. 27. De Siléfie. 28. De Wettin. ibid. Appui du Charbon de terre. Rouge mort. 129 Arrangement ou difpofition des lits de Pierre.
- Voye% Saleand. 77. 122
- Arreste pierreufe. Voyez Nerf, Gorre, Caillette. 70. 171. 160
- Asthme, auquel font fujets les Houilleurs, dépend du manque déîaflicité de Pair. 40
- Ausgehen des Gang. G. Tête des Veines. 122.
- Soppe. 163. 122
- Avaleresse. 4d?
- Avant-coureur du Charbon , Coal-clives, Tile Stone. 101. 114
- B
- Bancs de Houille. Fletz. G. Bench. An. 127.
- Leur épaiffeur ou hauteur, largeur différentes. 69 Bandes qui compofent le Charbon. 2
- Base, femelle, fol, couchant du Charbon. 10. 129 Base conflituante du Charbon. 74
- Basseting. Crop. Cropping. An. Soppe. Le. 98 Baume , couverture des Charbons. 161
- Baume de Soufre, la fécondé huile du Charbon en a quelque propriété. 27
- Bitume , caufe de la maniéré différente dont le Charbon de terre fe confume au feu. 23. Rapport du bitume avec les huiles végétales. 26 Bleywag. Linie. G. , perpendiculaire. 122
- Blocages de Pyrites dans le toît. 73. 123
- Borins, Le. Houilleurs.
- Bottom. An. Plancher ou Sol d’une veine. 97. Coal. 107
- Boule, ( Charbon en ) 14^
- Boulets, hochets, briques. 78. De Houille graf-fe. ibid. Maigre ou Clutte. 79• de Téroulle. 81 Boussole manuelle, 121
- Bouyaz, Mme en marrons, enroignons ou par
- tas. Hisp. Sombrero , mine en chapeau. 68 Branchus , Filons. Flacken-gangh. G. 163 Breches du fchifte qui forme le toît. 72
- Brihaz. 83. Rubbish. An. 94
- Brisou , Terou. Feu. 37
- Brouillages, Krouffes. Dory. Kreins 99. 123 Brouillard mauvais. Bad Air. An. 33,
- Bures, Le. folles, puits déminés de Houille, 44.
- Etat des Bures du pays de Liege. 84
- Burtays, Le. petites Bures d’airage. 8ij
- Calamine,Calmine. i32.Calaminede Liege,43 du Limbourg, de Namur. 133. Indice de Calamine félon M. de Genfanne. 149.
- Calmeberg. 132
- Calciné, Mine.
- Capital , Filon. Couche la plus enfoncée, 73
- Caprice de pierres. 64
- Carrières d'Ardoife. 164. De Charbon de terre , ou Mine. 160. De Volvic. 176
- Câxas , Hifp. Voyez Salband.
- Cendre Charbon de terre fe réduifant en cendres. 21
- Cerisieke , Veine donnant du Siercy. 82
- Chagnelays, Veines ainfi nommées au pays de Liege. ^ ^ 71
- Chahay , efpece de veine irrégulière , du pays de Liege. 68
- Chaîne pierreufe , Faille. 79; 123
- Changements , Weschel. G. 128.12g
- Charbon de terre , l’entreprife de fon exploitation toujours incertaine. 41. Plufieurs efpeces. 77. Voyez Houille. Variétés & différences. 74. De qualité excellente, moindre , 77. en Angleterre. 3. Ses changements à l'air. 77. Diminue de poids. 77. Parties conflituantes. 75. Enfeigne ou guide du Charbon , Wlgwei-ser. 122. 126. Gardes du Charbon , ou FiJJe.
- Charbon de chauffage. 77. Commun, pour cuire la chaux. 80.101.147. 173, 134. Appellé Chaujjîne. 177. Pour cuire la brique. 80. 81. 147. 134
- Charbon de cuisine. De Forge ou de Maréchal, Smitz-kohlen. 3.80. 116. 1 s 1.A ufuine. 77. Grêle. 171. Gras, ou Charbon de Forge. 2$' 11' 19' Gros , de poids, ou de poix. 3. 147. Groffier, léger. 94. Maigre. 77. Menu, ou de Forge , ou tendre. 170.147. 177.mixte, 81. Pendant.97. chaud, doux.De faule. 2. Sec. 77. de Soufre. 79. 80. 124. Du toît ou d’ardoi-fe* 40. 70.112. 124. 127,
- Chemine’es de Liege , ( odeur de la fuie des) 27 Cheveux , crins d'une veine. 6g
- Chode Hoye , Le. Houille chaude ou graffe. 77 Cliff , Clift , An. rocher, pente. 97. Coal. 99 Clift , An. pendage. , 9-7. 98
- Clüffte , G. extrémité d’une veine. 122
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- et de ses MINES,'»
- *7>'
- Cloüs , gros. 5-J. Petits. Dans la veine y3. 67 Clütte , ou Houille maigre. 78. 131
- Colliers, An.Borins, Houilleurs. Marchands
- de Charbon. A S>S
- Colophone. Se carte de meme que le Çannel coal.
- 18
- Combustible, quelle eft la partie combuftible du Charbon de terre ? 20
- Composition de la Houille. i
- Concrétions. Voy. Klavais, Koumailles. 38
- Configuration des molécules de Houille. 2 Consistance du bitume du Charbon. 26
- Consistance du Charbon. 74
- Convulsif , afthme , Peripneumonia montana , Ajlhma montanum. 40
- Couches du Charbon , leur difpofition. 2. Du Charbon de bois foffile. 10. Schifteufes, forment ordinairement l'enveloppe du Charbon de terre. 53. Mines par couches, ou par dépôt, fujettes aux marrons pyriteux. J 3
- Coule'. Ar. 139
- Coureurs de jour, veines qui viennent mourir à la fuperfîcie. 147
- Course des veines. 62
- Couverture des veines, pierreufe & terreufe, variée à l’infini. S2
- Couverture fchifteufe du Charbon de terre, ou enveloppe fupérieure 3c inférieure : fa compo-fition. SS
- Crevasses , fentes des pierres, de la couverture , des veines 3c de leur enveloppe , donnent de l'eau. 52. 38
- Crins , cheveux d’une veine. 63
- Crop,Cropping, Basseting, An. Sofpe,98.113 Croupe du Charbon. Cropping of the coal.
- ibid.
- Cuisine , ( Charbon pour la ) 3
- Cuivre mêlé avec les mines de Charbon, 139
- Cumulât a Minera , Mine en maffe. , 68
- D
- Dach , G. toit des veines de Charbon. 12.122 Daigne’e , veine de quatre pieds, ainfi nommée à Liege. 69
- Day-coal, An. Charbon du jour ou de la furface. 98
- Damp. An. cobolt.G. Vapeur,exhalaifon. 32, 33. Common , exhalaifon ordinaire. 33. FiRE,qui s’enflamme. 33. 33. Fulminating, exhalaifon fulminante. Globe. 33. Peas-bloqm , fleur de pois. 33
- Décomposition des pyrites, des fchiftes. 43
- Dépôt , ( Mine par ) ou par Couches. 33
- Dérangement des veines , interruption par des écoulements. 59.98. 123. 128
- Descente,pente des veines,CLiFF,CnFT. AN.97 Deie , Diée d’une veine , nom qu’à Liege on donne en général à toute matière placée fous une veine. 49. yy. Ma va. yy. 83.
- Dire. An. Sprung. fall. G. Digue, jettée de pierre. 99* 98.123 Gag , parois * muraille, fur-jet , faille. 98. Down , digue qui fait enfoncer les veines, ibid. Up , parois qui fait élever la veine, ibid.
- Diée ou Deie* Plancher, fol, mur d’une veine, 35 Direction des veines. 64 Drift. 96. Maniéré de l’exprimer. ioi. 121
- Uisposition, arrangement des pierres, Salband.
- Distillation du bois foffile. 13. du Charbon de terre. J
- Down-dike , Dovn-gag. 98
- Dressant , droiture, veine perpendiculaire. 63 Drift, manege, train, allure de veine.96. An.
- 102
- Droit , Roiffe ou Roiflure. Le. Veine* 65 Droiture , Dreffant, Roifle. ibid.
- Drusen, G. Druse, boffe, noeuds de différente ef-pece dans les veines de Charbon , tant dans le toit 3c dans le fol, que dans les veines elles-mêmes. s " 83
- Dure Veine,Le. parce que le Charbon en eft très-folide. 70. Rock Vein. An. 102
- E
- Eaux desHouillieres, de différente nature, 28. Tantôt pures, douces Sc bonnes à boire. 29* Bitumineufes. 29. 153. Minérales. 30. Vitrio-liques. 29. Ne font pas des indices du Charbon de terre. ibid»
- Ecaille du Charbon, partie la plus extérieure de la furface du Charbon* 70. Supérieure. 112* Inférieure. 126
- Ecorce des montagnes. 119
- Embrasement fpontané du Charbon* 33. Dans les Houillieres. 35. 36. Ses vertiges à Liege* 37. Dans le Forez, 139. Hors des Houillieres. 162. Dans les vaiffeaux. - 35
- Empreintes fur le toit. 5 6. 100. 104. 108. 168* Pyriteufes. 109
- Enfoncée , Le* veine rihoppée. Renfonce’e. 64 Enfoncement , Trap. 38. 103. ior
- Engorgements, loupes, noeuds dans le toit 3c dans le fol des veines. 38
- Engrais , ( Terre propre à) 49
- Enveloppe des veines, vraie couverture des veines. 33. Sill. Bottom. Floor. An. 97, 122 Epaisseur des bancs de Houille , appellée à Liege Hauteur des veines. 69. Différente , va quelquefois à plus d une toife. 69. A fept ou huit paumes. 136. Plu fleurs verges. 123, Et cependant ne conjiituent point pour cela ung mine en maJJ'e, comme il eft dit, page 69. Eponte , Ponte , nom ufïté dans plusieurs mines métalliques pour lignifier l’enveloppe des veines. 53. Que les Elpagnols défignenc par celui de Caxas, boîte , chambre*
- Ertzte , Flets, G. mine en lit. 118
- Esprit du Charbon de terre, produit de fa distillation. 2 6. De fel ammoniac, femblabîe pour le goût au phlegme qui accompagne l’huile du Charbon de terre. 27. De fuie , a beaucoup d’analogie avec l'efprit du Charbon de teneâbid» Etendue des veines. 63. 146
- Examen chimique du Charbon de terre. 26* Des eaux des Houillieres de Liege. 30
- Exhalaisons minérales qui fe forment dans les mines de Charbon, leur caufe. 32. 33. Fleur de pois. 33. Fulminante, ibid. Inflammable. ibid. Ordinaire. ibid» 134. 137
- Expériences fur le Charbon de terre d’Angleterre. 22
- Explosion dans les mines de Charbon. 38 Extravasation des matières qui fe trouvent fur le toit des veines de Charbon. y 8. 123
- Extrémité des veines. Soppe, Le. Crop. An* Ausgehen.G. 113.98.122. Donnent des char* bons différents. 71.
- F
- Facettes qui fe remarquent fur quelques Char* bons. . . *9
- Failles, montagnes fouterreines qui occafion-nent une interruption dans les veines, différemment nommées en.Allemagne Sc en Angleterre. 39. 123.173..Différentes à raifon de leu£ étendue, de leur diredion, &e. 60. Véritables
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- 176 DU CHARBON
- qui fe trouvent très-voifines du Charbon. 6i. Leurs inconvénients. 62. 64. 65. 6j. 99. Description de deux grandes failles. 99
- Faite,fommet de veine. Pitch.Roof.An.p7,i55> Fall. sprung,G. interruption. Voyei Faille. 59.
- 98. 123
- Fanfield-morr , efpece de Charbon de Ne\r~ caille. . ni
- Fentes dans le toit des veines» 52. 62
- Fessi , Ha. Charbon friable. 136
- Feux qui s’exhalent de la Houille. 35*. Brifou, Terou, Grieux ou Grilleux. ibid. Volâge. Wild-fire. Damp-fire, 37. Feu-follet. ibid»
- Fiente de Pie , d'Hirondelle , en Patois de Liège , Hitte d’Aronge , Hitte d’AgeJfe, tache dans le toit des veines, pi. indice du voifinage du Charbon. . g6. 61
- Filets , quelques Charbons paroiffent compofés de faifceaux de filets. 2
- Filon, (Montagne à) ou montagne primitive 129 Filon, expreffion ufitée pour les filons métalliques , adaptée aux veines de Charbon de terre.
- 121. De jour. ibid. Branchu , Flacken-gang , Vente ramoftz. 63. Couché,Lieginde. 121.122. Du Couchant ou du foir. 121. Capital, maître fie veine, maîtreffe tige. 63. 67. 73. Hori-fontal. 121.
- Droit ou perpendiculaire, ibid. Incliné, ibid. Oblique, Tonlege, G. 6g. 121. Du levant ou du matin. 121. Mince, veinule,Træmner.G. 63.
- .Fire-dàmp,exhalaifon qui senflamme. 3p. Wilb, feu volage, ou feu follet. 37
- Fixe , ( Sel ) fe trouve en petite quantité dans le Charbon de terre. 27
- Flacken-gangh, G. Filon branchu. 63
- Flamme, ( Charbon faifant)& fe collant au feu. 2p Flat-broad coal , An. veine platte» 97. 64 Flatz-ertzte , mine en lit. 118
- Fletz , G. banc. Bench , An.
- Floor , An.fondement, fond, plancher, fol d'une veine. 97
- Flotz , G. veine horifontale. 122
- Fond , fol, plancher d’une veine, Sill. bot-tom. An. 97
- Fontaine de l'Hail, à Liege , 29. 47. efl: une eau de Marie , bonne à boire, ibid. Du Pego Sc d'Iouzet, bitumineufe. 29
- Forge , ( Charbon de ) porte beaucoup de noms.
- 3.100. 147
- Fosse , menée fouterreine. Stolle. G. 10
- Front d'une veine , Soppement. 6g
- Fuligineuse, pouffiere qui fe remarque à la fur-face de quelques Charbons de terre. 2
- G
- Gag , Trap , Dike , Faille. 98. Down, qui fait abbaiffer une veine, ibid. Up-gag, qui fait élever une veine. ibid.
- Galleteuse, Forge, ou Charbon léger, ou Charbon de forge mêlé de gaillettes. 147. 164 GANGH,mot qui dans les mines a différentes lignifications parmi les Allemands. I2I.Flacken, filon branchu. 6g. Strichen , courfe, train, extenfion des veines. 122
- Garde du Charbon, Fiss. 122. 12p. 126. igg Geshutte , G. couche mêlée. 69
- Globe-damp , An. exhalaifon des mines. 33 Goudron, bitume gras dont on fait du ipp Grains du Charbon , différents. 2
- Grande veine, Veinette, Le. 69
- DE TERRE
- Granit , fa définition, pi. Très-commun aux environs des mines de Charbon de terre , & effc un palfage à l’ardoife. ibid-.
- Gralle, Le. gallerie desmines deCharbon. 38 Grasse Veine. Le. donnant un charbon gras. 70 Grieux, grilleux Feu. 37
- Griffon, granit de Cayenne* 138
- Guide,Wegweiser, G. efpece de mauvaife ardoi-j fe charbonneufe , indice du voifinage du bon Charbon. 122.12p. 126
- H
- Hànging coal , An. Charbon pendant. 6g. 97»
- np.
- Hauteur des veines , exprelfion ufitée à Liege pour lignifier Pépailfeur. 69
- Heures du jour , maniéré d’exprimer l'inclinai-fon Sc la direction d’une veine. 101.121. Ainll une veine qui va par les trois heures, elf une veine qui, court Nord-ell 8c Sud-ouell, & par conféquent efl: perpendiculaire à l'horifon. Hochets, Brique, Boulets, Houille à hochets. 48. 78. De Houille grade, maigre, Outre. 79. De Téroulle. 81.82
- Houage , fillage des veines , longueur de terrein que parcourent les veines en profondeur. 66.En fuperfieie. ibid.
- Houille gralfe , Krusny. 77. 82. Se met en pouffiere , Sc fe colle au feu. 77. 78. Chaude, ou Houille gralfe, Krasse Hoye. 771, Maigre, Clutte, fes différences. 78. Où elle fe trouve. 79. Marchande. 134. Morte, fauffe Téroulle, Mine morte ou fférile. 72. Pure. 71. Du Bure aux Femmes , à Liege. 77
- Houillieres, Collworks, An. Graffes, fulphu* reufes , fujettes au feu. 38
- Houilleurs , Colliers. An. 9y. Petits. 68 Huile du’ Charbon de terre. 26. Végétale. 26, Rapport des huiles végétales avec les bitumes.
- ibid.
- Hyver , temps des vapeurs. 3 g
- I
- Impression dans le toît des veines. 96. 122 Incendie fouterreine du Charbon de terre. 3p.
- 36. ip9
- Inclinaison des veines , appellée à Liege Pen-dage. 64. En Angleterre Cliff, Clift. 97. Différemment exprimée par les Allemands. 121 Indices du Charbon de terre, y en a-t-il ? 40.41.
- 104. 168
- Indices des Gags, félonM. Triewald:Charbons colorés. 60
- Inférieure, écaille du Charbon. 126
- Inflammation des couches d ardoifes alumineu-fes. 3p. Des pyrites vitrioliques. g6. Des ter-reins alumineux Sc vitrioliques. ibid.
- Interruption des veines , Faille. P9.’ En An-glois, Trap , Ridge , Dike. E11 Ecoffe, Gag. 98. En Allemand , Fall-sprung. 123
- Intervalle d’une veine à l'autre,Stampe. Le. 69 Irrégulière , Veine. 67.134
- J
- Jettée de pierres qui coupent les veines.FailIe.99 Jour, (Charbon de ) Dach Kohlen. 12. Day-coal. 98. Coureurs de Jour, Veines qui viennent fopper à la fuperfieie. 147. Près du Jour, Charbon qui vient mourir. 6g
- Kannel
- )
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-
-
-
- et de ses mines.
- 177
- K
- Kannel-Kennel, Cannel ou Canol , Kandle-coal Ampelites, Charbon très-pur. 4. Ton car-raftere effentiel. Mine de ce Charbon. 109.ibid. KAUcHTEUSE,LE.Veine plus abondante en Houille quen Charbon. 76
- Kilkenny , ( Charbon de ) en Ecoffe. 132 Kbahay , Le. Charbon de terre en braife. 78 Kkasse Hoye,Houille grade. ChodeHoye.Le.77 Krowin, Le. Pouffe, Fou ma, Pouture, Mouffette, Cobolt, vapeur minérale, vapeur peftilentielle.
- Bad-Air. An. 33* Ii’4* 1S1
- Krusny, Le. Charbon d’excellente qualité. Veine
- 82
- Laitier, fcorie, récrément martial, Spuma Ferri ;
- quelques Charbons reffemblent à une fcorie. 3 Lames ,( Charbon difpofé par ) 146
- Lachter, mefure de fept pieds. 122
- Liegendes, G. veines dont l’inclinaifon approche de l’inclinaifon horifontale. 122
- Limington-coal , efpece de Charbon d’Ecoffe.
- 115
- Lisiere d’une veine. Salbànd. G. 5L* 122
- Lit , ( Mine en ) Fletz-erzte. G. 118
- Loupes. Argilleüses. 9T* 123
- Lyonnois , ( Province du ) on a oublié dans le nombre des endroits où il y a du Charbon de terre , de citer Saints Foix-l’ Argentiers,
- M
- Mache-fer. Voyez Laitier,
- Maigre , foible. Charbon. 80. 71. 81.Veine.
- 70
- Maîtresse tige , ou veine principale. 6%
- Manege , allure , train des veines. 64
- Marbre , fe trouve dans les mines de Charbon.
- 138. Noir, appellé Tusebe. 118
- Marche des veines, diffère félon la pente du terrein. 62
- Maréchal , ( Charbon de ) Del Fouaye. Le. 3 Marimont, ( Eaux minérales de ) 29
- Marrons , ( Mine en ) 68
- Masse ,( Mine en ) 68.134
- Massifs de Pierres, Faille, &c. 79. 98. 123
- Mauvais brouillard , Bad-air , An. Krowin.
- Lf* . , , 33
- Màvass deie, mauvaife veine dont le toit eft fort tendre; 83
- Menée fouterreine, Foffe, en Allemand Stolle.
- i°
- Métalliques, ( Charbon pour les Ouvrages ) Charbon commun ou Charbon de poix. 3.4 Mine d’Alun , abonde dans les terreins où il y a du Charbon de terre. 23. Détail des Alu-nieres du pays de Liege. ibid. Calcinée, par couches ou par dépôt. 73. Graffe , plus fujette au feu. 34* En lit, Fletz erzte. 118. Eii marrons. 68. En maffe , Schoad , Minera cumulât a. 68. 69. Morte ou ftérile. 72. Sulphu-reufe. 34.Veineufe,ou femée de Nerfs. Lu.151 Mine d’Or, eft quelquefois voifine du Charbon de terre , ou mêlée avec ce foffile* 116 Minera cumulata. 68
- Minéral , Subftance qui indique le voifinage du Charbon de terre. 41. Liqueur trouvée dans une mine de Charbon. 26. Sel alkali volatil exiftant dans les Charbons de terre. 28. Va-
- Charbon de Terre.
- peur, exhalaifon. 3 ~
- Minérales , ( Eaux) font-elles indices du Charbon de terre ? 29. Participent quelquefois dès
- principes du Charbon de terre. ibidi
- Minium faftice ; quelques fchiffes vifaht à la nature de l’Hématite , étant fciés donnent une poudre rouge femblable au miniumfadicei 8i Mi xte , Le, ( Charbon foible, tendre. ) 8l
- Molécules de la Houille, leurs configurations. 2 Montagne'à filons. 129. Primitive, ibid. Par couches, ibid. Souterreine, faille* 79.98.123 Montana Peripneumoniaj afthme convulfif. 46 Montbar en Bourgogne. Oublié à l'article de cette Province, pag. 170. M. de Buffon y a trouvé du Charbon de terre à une grande profondeur* Moon , en Baffe Normandie, on y trouve du Jayet. 17,
- Morte , ( Mine ) ou ftérile , Houille mortes 72 Motherbistus , ce que c’étoit. 2ii
- Mouffette, Krowin , pouture, pouffe. 33.174^
- 1S7
- Mourir au jour , ( veine qui vient ) 63
- Muraille , parois de pierres , Dire , Mur. Ha'« plancher, fol d’une Veine. 73. 38. 98. 125
- N
- Nature du Charbon ; ce qui empêche qu’on ait pu jnfqu’à préfent établir une opinion fur cé point. 26. De la Mouffette. 33. 154. 137 Naye/extrémité d’une veine fupérieure. 68
- NERF-Caillette. Ha. Gorre. Lu. 70, 71. 83 Nœud, Drusen. 83.97. 123*
- Nomenclature des minés de Charbon en Angleterre. 92. Des mines en Allemagne. 117 Noueux , ( Schiftes ) Krouffes , Kreins, Dorys j Koumailles. 77
- i3i
- Noyau des montagnes.
- O
- Oblique, (Veine)Tonlege. Quergang. G. 6j, Orange , ( Principauté d’) Voyez Piolene, Pio=
- LENS OU PlQULENE.
- Or , Mine d’Or mêlée avec le Charbon de terre;
- ou voifine des Houillieres. 116
- Origine végétale, le Charbon de terre paroît avoir cette origine. 28
- Ouvriers de Mines de Charbon , nommés à Liège Houilleurs, Borins • par les Anglois Col-» LIEES.
- Parties conftituantes du Charbon. 26
- Pendage des veines, inclinaifon, pente. 644 Cliff , Clifft. 97. 98. Maniéré de l’exprimer parmi les Mineurs Allemands. 121
- Pendage de platture. 64. de Roiffe. 67
- Pendant, ( Charbon ) 97.Les Allemands nomment aufîi Pendant le toit du Charbon. 10
- Pente des veines, ou Pendage. 64. 96
- P eripneumonia montana. 40
- Perpendiculaire. Veine. Roiffe Dreffant 67.
- BleYvag-linie. j 22.
- Pestilentielle, ( Vapeur) Bad-air. An. 33
- Peyra , Lu. Charbon de pierre. 170
- Phenomenes de la Mouffette. 34.174. 157 Phlegme accompagnant l’huile de Charbon de terre,eft le même que refpritdeSelammoniac^pi Phthisie , n’attaque jamais les Houilleurs. 39 Pied , veine de quatre , veine de cinq pieds. 69 Pierre. 77* Morte , Quoirelle. Coirelle pourrie. 7i.Gypfeufe, 127. Ponce, en Auvergne. 176
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-
-
- i78 DU CH A RB O
- Pierreuse , ( chaîne ). Dike, Faille. 4J. 123 Piles > rochers en. Faille Dike. ibid,
- Piolene , Piolens ou Pioulene , Principauté d’Orange, entre Orange & Mornas, il y a des mines de Charbon qui s’exploitent fort ai-fément ; ce Charbon ne coûte pas cinq fols le quintal, 3c eft employé dans la Manufacture d’Orange à chaufferies fourneaux,, oublié. p. 15*2 Pit , Coal An. Charbon de terre. Coal Pit mine de Charbon. 120.
- Pitch , An. Pitch coal. Charbon de Poix , faîte , toît. 97
- Plancher, mur , Sill. An. 5 y
- Planure , Plature , plate veine. Le. 64. 65
- Plate Veine. ibid.
- Plature. ibid. De RoifTe. ibid.
- Poids du Charbon, diminue à Pair. 7$. Charbon de poids, pourquoi on l’appelle ainfî.
- Poignée , Mefure de Liege.
- Poix , Charbon de poix.PiTCH coal An. Pon-top , An. deffus de la veine.
- Ponte, Eponte. Salband.
- Pousse , Mouffette. 33. 154
- Poussière fuligineufe.
- Pouture. Pouteure, Poutenure, petit nerf. Le.
- 7i
- Primitive , (Montagne ) 129
- Principale , ( Veine ) maitreffe tige. 73
- Principes conftituants du Charbon de terre. 75" Produits de la diffillation du Charbon de terre.
- 26. 27
- Profondeur des veines , Stame. 69. Sillage des veines en profondeur. 74.. 133
- Puante , ( Veine ) Stinking-vein. An. ioo
- Puceau, Charbon. Ar. 71
- Pyrites , très-communes dans les mines de Charbon. 20
- 147
- 69
- 3
- 112
- 53
- 1S1
- 2
- Qualité du Charbon de terre. 71. 73. 76.82 Quergangh , Tonlege. G. Veine oblique. 122
- Ramassée , ( Mine ) 68
- R^éMOSÆ VjSJVÆ. . . 63
- Réglée, Régulière, (Veine) 67. 134
- Regratteurs , petits Houilleurs. 137
- Relai , faut d’une veine. 164
- Relèvement de pendage. 64
- Renfoncée , ( Veine), Rihoppée. 64. 98. 123 Riche , ( Veine ), quelles font les veines les plus riches. 73. Appellée Veinette. 72
- Ridge , An. fe prend en différens fens ; fignifie Faite, Sommet ; mais pour l’ordinaire eft employé par les Anglois pour défigner une chaîne pier-reufe qui reviendrait alors à ce que les Liégeois appellent Faille. y 9,98.123
- Rihoppée, (Veine) 64. 123
- Roc , Rock, cliff , An. pierre. 9 3. Vein. 102 Roches entières. 61* Fendues. 62. Sauvages , fourdes , ftériles, 119
- Roignon , ( Mine en) ou par tas. 62
- Roisse, Le.(Veine en) dy.d7.d8. 134
- Roissure, Veine en Roiffe,Droiture,Dreffant.ôy Roof, Sile,Sill. Bottom. floor, An.plancher , fol, fondement des veines. 97
- Rouille ou Rouiliure de Fer. 73
- Rubble , Rubbisch , fe prend par les Anglois en différens fens, fignifie tantôt un Charbon de qualité inférieure, tantôt il paroîtroit défigner ce que les Liégeois appellent Faille, ou ce
- N DE TERRE
- qu’ils nomment Kreins. $7*9$
- S
- Saffràn de Mars. , f 75
- Salband , eft pris par les Allemands en différens fens. SS- 122
- Saule , ( Charbon de ) quelques Charbons de terre paroiffent faupoudrés de poufliere fuligineufe, que l’on pourroit comparer au noir de fumée, ou au charbon de faule. 2
- Saut des Veines , Relais. 123,
- Schacht G. bure, Pit, Schaft , An. puits, foffe. Schoad , fragment de veine, mine par fragmens, mine tranfportée, mine ramaffee à la iurface , Minera cumulata ; nom que les Anglois donnent aux mines en maffe, appellées par les Allemands Seiffen-werck, Stock-verk. dS Scorie , Slagg. Su. 304
- Sec , ( Charbon ) 146
- Seiffen-werk , mine en malle. 68,
- Sel du Charbon de terre , toujours fel neutre. 22* Ce qu’ils deviennent dans l’analyfe chimique. 27. Des Eaux des Houillieres de Liege eft alumineux. 30
- Semelle du Charbon. Plancher, Sol. 22. y y, Signe , ou indice du Charbon. 29. 40
- Siercy. Charbon. Tiercy. Le. 82
- Sill, toît, Seuil. Plancher. iSol. Sile Fond. 97 Sillage , prolongement d’une veine en fuperfi-cie ou en profondeur. 66
- Slagg , Su. laittier, feorie , mache-fer. 3.4 Slipper. An. 107
- Sohle,G. couchant, femelle d’une veine. 10.122 Sol d’une veine, bafe des Charbons, y y. 129. 130 Sombrero ; les Efpagnols appellentainfi les mines par tas. Voy. Bouyaz. 168
- Sommet d’une veine. 34. 98. Les Anglois nomment cette partie de la veine Pitch.
- Soppe de veine. Crop. Cropping. 63. 66. 71. 98 Soppement , front d’une veine. ibid.
- Souffle , ( Charbon qui ) ou qui prend vent fauffe Téroulle , ou Houille morte. 72. idi Soufre , le Charbon de terre en contient-il de naturel ? 22.Charbon de Souffre. 124.
- Soyoux d’une veine, Le.extrémité d’une veine qui fe trouve placée au-deffous d’une autre. 68 Spiure de Houille , Houille menue. 134
- Sprumg-fall , mot dont fe fervent les Allemands pour exprimer les maffifs pierreux qui coupent les veines. Voyez Faille.
- Stampe. Le. intervalle d’une veine à l’autre. 69 Stérile , ( Mine) ou morte. 72
- Stinking vein, Veine puante, Charbon fui phu-r eux. • 100
- Stock Werck. G. Mine en maffe. 68
- Stolle, G. foffe ou menée fouterreine. Streack , An. bande , veine de Charbon. 96 Strichen des Gang , courte, extenfion des veines. 17. 122
- Substances , métallique, demi-métallique , ful-phureufe , indiquent-elles le Charbon f 37. 41 Superficie , ( Sillage des veines en ) 66
- Supérieure , Ecaille du Charbon , ou Charbon du toît. 12 6
- Suie des cheminées de Liege, fon odeur dans les temps de pluie. 27
- Suie liquéfiée , refroidie ; quelques échantillons de Houille graffe reffemblent à un morceau de fuie de cette efpece. 77
- Sulphureux , ou Souffreux , Charbon, efpece de Charbon Fort des Liégeois , qu’ils me-
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- ET de S F. S M 1 N E S,
- 179
- lent avec Ceux qu'ils appellent foibles. 8o.Steen-king Vein. Veine puante. 100. 108
- Surjet. Su. Trouble Pierreux. Faille* 89
- Tendre. Foible, Charbon mixte. 81
- Terou. Bris©u. Feu. 37
- Teroulle. Thiroulle. Peut être indice, de Charbon de terre. 41. comme Soppe de Veine. 71. & alors nommée Vraie Teroulle. 8î. oun'eft qu'une fauffe Teroulle, nommée ailleurs Affleurement Volant. Différences des teroulle s pour les ufages. Si
- Terr® 5 du Charbon de terre fervant de bafe à la Houille, fchifteufe ou argilleufe. 27
- Terreuse , ( couverture ) des veines , compofée délits, tantôt plus, tantôt moins nombreux. 52 Teste de veine, foppe. Crop* Cropping. * 3 Tige , ( maîtreffe ) de veine.
- Toise de Namur, vaut cinq pieds.
- Toit de veine, Ponte, Eponte. Sup. 33.Charbon du toit, ou le toit d es autres» 4.70
- Touffe , Mouffette, Fôuma* Pouffe. 3 3. 174.177 Tonlege , G. veine oblique, Quergang. 65* 121.
- 122
- Tourbillons, Troubles pierreux dans l'éponte fupérieure 8c inférieure des veines. 5-9.98. 122 Træmner. G. Veinules minces. 63, Gegen.
- Veinules oppofées. ibid.
- Train des veines, allure, manege» 64
- Trap.An. (Down) (Up). 9o
- Trengh-vein. An. 202
- U
- Up-gac. Voyei Trap. dire. 98
- Urineux , (Sel ). le fel volatil du Charbon a toutes les marques d’un fel urineux. 27
- Usine ou Uzuine. (Charbon à ) 79
- Uzuine ou Usine. ( Mine d') M, Lucas donne ce nom à la Calamine» ibid.
- V
- Vapeur des mines de Charbon» 32. Différente félon les faifons, félonie local des Houillie-res. 38. Maniéré de la reconnoître. 37. Son analogie avec la vapeur du Charbon de bois allumé. 35-. Avec celle du vin qui fermente. ibid. Avec celle de la Grotte du chien en Italie. ibid. Avec celle de la machine pneumatique.
- ibid.
- Variétés 8c différences de Charbons. 74. De Houilles. 73. D'où elles peuvent dépendre. ibid. & fuiv. 26. Voy. Charbon , Houille.
- Végétale , (Huile) la partie graffe du Charbon de terre, félon quelques Naturaliftes, eft de la nature des huiles Végétales ; le terme Kedria donné par les Grecs à la poix minérale, fournit la même idée. Voye\ fur le Naphte de Gabian, le Mémoire de M. Bouillet à Beziers* 1732. L'Afphalte de Haguenau, dont il a été parlé pag. 148, a été auffile fujet d'une Differtation
- Latine, qui a pour titre : Jo. Theoph. Hoeffels hif toriaBalfami mineralis Alfatici,fcüicet Petrolei VaU lis S. Lamperd. Argent. 1734.
- Végétales , ( Traces ) indices de la veine. 49* Se trouvent par-tout dans les Houillieres. 7y Veine , Gangh, ( Charbon de terre diipofé en ) 62. Airure de veine. 63. Allure , direction des Veines, 64. nommée par les Anglois Drift. 96. Par les Allemands Strichen. 122. Capitale. 73. Coquilîiere, Shelly-vein. îoi* Dure. Charbon folide. 70. Grande. 69. Graffe * qui donne du Charbon gras. 70. Qui houille bien » parmi les Houilleurs Liégeois eft une veine qui donne plus de Houille que de Charbon. 7 6. Nerf de veine, Caillettes, Gorre. 91. Irrégulière , Chamay» 67. Quels font les Charbons qui fe forment en veines irrégulières. 79. Maigre. 6y. 70. Maîtreffe. 94» Profondeur des veines » différentes remarques relatives à cette circonftance. 73. &/. Perpendiculaire, Roiffe. Ô5.97. 121. Principale* Maîtreffe. 94. Puante » Stinking-vein. 100. De Quatre-pieds* Daignée. 69. De Cinq-pieds, ibid. Réglée , régulière. Qui efl uniforme & confiante dans fort, étendue. 67. 77. Riche. 73. Rihoppée, renfoncée. 64. Roiffe* ou perpendiculaire» 6y. Sol* plancher, mur, deie de veine. 33. Tête de veine , extrémité qui vient à la furface. Crop. 63. De trois Charbons, ou triple veine* 100
- Veniette , Krusny, Tiercy. 82. Grande. 69*
- 82
- Veineuse. Lu. (Mine femée de petits nerfs») 15*1 Veinules, Træmner, Filons minces. 63. Oppofées , Gigen-træmner. 63
- Venaissin , ( Comté ) à S. Didier , petit villagè à portée de Venafque, Charbon de terre, mais on n’en fait pas ufage.
- Vent , Charbon qui prend vent, ou qui fouffle»
- 161
- Vierge, ( Mine) Mine pure, Charbon puceau, 74 Volage , (Feu) Wild-fire.
- Volant , Affleurement. Fauffe Térouîle. 177 Volvic, en Auvergne. 156. (Carrières de). On en peut voir la defcription dans le Mémoire de M. Guettard , fur quelques montagnes de la France , qui ont été des Volcans. Mém. de l'Acad* des Sciences, pour l’année 1772* Elle préfente une comparaifon intéreffante , avec une montagne du voifinage de Gabian, mentionnée dans un Mémoire de M. Riviere ,fur quelques Jîngularités du Terroir de Gabian , principalement Jur la Fontaine de Pétrole qui y coule. Voyez l’hiftoire de la Société Royale de Montpellier* Tom. 1* pag. 220. Par M» Bouillet» Vorte , Houilliere de Haemlik, Pays de Juliers.
- w
- 133J
- Wechsel. G. changement. 123.128
- Wegweiser , efpece de mauvais Charbon. 123* Guide. 126
- Witeharen ( Province de Cumberland )» Les Mines de cet endroit, dont il eft parlé pag. 97, ont cent trente braffes de profondeur*
- Fin de la Table des Matières•
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-
-
- i8o
- DU CHARBON DE TERRE
- LETTRES Initiales Latines qui ont fervi pour défigner les différentes Nations & Provinces, dont on a emprunté le langage ou les termes.
- Mots usitées DANS Mots usite’s DANS
- An. l’Angleterre. Le. le pays de Lîege;
- Ar. T Auvergne. Lu. le Lyonnois.
- B, la Hollande. O. le Languedoc;
- G. rAliemange. Sa. la Saxe.
- Ha. le Haynault. Su. la Suède.
- Hr. FElpagne. Sc. TEcoflè.
- APIS AU RELIEUR.
- es Planches doivent fuivre la Table des Matières, Sc précéder le Catalogue Alphabétique»
- CATALOGUE
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-
-
- ET DE SES MINES.
- 181
- \
- CATALOGUE ALPHABÉTIQUE
- des differents charbons de terre,
- Et des Subjlances minérales qui fe rencontrent en les exploitant,
- ou dans leurs environs;
- AUGMENTÉ
- Des divers Noms que les Ouvriers de differents Pays donnent aux uns & aux autres $ & des Termes quont employé les Naturalises & les Chimifles 3 tant pour les déjinir
- que pour les diflinguer.
- A
- bdrucken ; (Krauter. ) G. Branched Clifr. An. ii2. Phytotypolithe. 112. *68
- Acerosus Lapis. Horn-stein. G. Saod-sten. Su.
- 120
- Achat. Achates. Agate. 120. iyy
- Achètes immatura. Petrofilex. Whern. Chert. An.
- 94
- Adaille maye. Grife Maye. Blanke Maye. Le. 46 Adler-stein. G. Lapis ætites. 1*8.152
- AFrarius Lapis. Pyrites. 20. 54. 83. 132
- Ærde. B. Terre. Erde. G. Earth. An. Jord. Su.
- *>7
- Ærugo æris.A. Verdigrise. B. Spaans groen. 139.
- Verdet. ibid.
- Ætites Lapis.Pierre d’aigle. i38.Baftarde, Geo-de. Terra inchtsâ. ibid.
- Aftryck. Imprefiions. 112.168. Stenar med af-tryck af oerter. Su. ibid*
- Agaat steen. B. jet. A. Berg-wachs. G. Jayet.
- 16.143
- Agate. Agaat. B. Achat. An. 107. 120
- Agaz. Agay. Le.48. 55. 64. 107
- Aigle , ( Pierre d') 138.Bâtarde, ou Geodç.ibid. Aiguiser, ( Pierre à) 51.132. 136.Meule. 152 Air. Bad. Mauvais brouillard. Damp. AN.Vapeur humide. 33
- Alabastrites. Marmor Agricol. Gypfe blanc.
- Pierre à Plâtre. 161
- Alaun. G. Su. Alun. B. Alum. An. Alun 23. 138 Albschos. Luch-stein. G. Belemnites. 117
- Alkalescente , ( Terre ) calcinable. 45
- Alkaline, (Terre). Voye\ Calcaire. ibid. Alkalischer spath. G. Spathum calcareum. Alum. An. Gemeiner Alaum. G. Gemeen Alvin. B. 23.43
- Alumineux , ( Charbon de terre ) 23. Craie. 32.
- 47. Pyrite. Schifte. 23. 35. Terre. 23. 149
- Alun jord.Su.Terraaluminaris. 149.SKiFVER.Su.
- FiJJilis aluminaris. 23
- Aluniere. Mine d'alun. 23. 155
- Alvin gemeen. B. Alun commun. 23
- Ambre noir des Boutiques. Gagas. Jays. Jayet. 19 Ammites. Saxum arenarium. Sand ftone.AN. Pierre fablonneufe , grez ordinaire. 93
- Animochrysos.Stérile aureum.Mica jaune. 25. 51 Ammoniack Zout. B, Salmiack, Sel Ammoniac.
- Charbon de Terre.
- 25. des Volcans. 91
- Ampelite. Ampditis. Terre. 16. 17. 105. 109.
- 113. 153
- Amp elttides. i 6
- Antimoine. Platy ophthalmon. Spïess glas. G.
- Spits glas. Su. Antimony. An. 89. 161 Apyres. Pierres. Terres. Réfra&aires. 45*
- Aç>uzlznus Lapis. Pierred’AiGLE. 138
- Arable stony.An. Efpece de Tuf Grouetteux.102. Arborescent marcasite. An. lofe. 168
- Ardesza. Slates. Shi er. A. 94. Skifer. Su. Ar* doife. 50. 54. 153. Eiflebenjium. 9$. Hybernica Tegula. iRiSH slate. An. 16. 132
- Ardoise. Lapis fijfilis, fcijjilis. SchiJH fpecies Ârde« fia difta. Schieffer. G. Shale, Bas. Shivek. AN.Ley B.50.54. 94.95.Argilleule. 124. Bleuâtre. Blaue schieffergeburge.G. 122. Bleue. Vraie Ardoife avec empreintes. 129.Brune. 124. Charbon dutoîr. 126. Charbonneu(e. FiJJilis car-» bonarius. Schifius terrejîris bituminofus. Bind. An. 95.96. Coal clives. An.99. 1 lô.Communei 132. Cuivreufe 127. 139. Fauffe. 50. Feuilleté. Fisse, i y 3.Grife. i 18.127 Grife noire fur laquelle porte le Charbon. 125. Grife-noirâtre. ibid. Groffiere. Arjalêtre. Faulïe ardoife. 50. Métallique. 128. Moyenne. Mittel schieffer. G. 127. Noire. Pierre d\ 108. i09,Pyriteu(e. Kup-fer hiecken. G. 125. Roche bleue, ibid. 126. Rouge. 128. Tendre. Laoufil. Oc. iyj.yitrioli-que. Kupfer hiecken. G. 12$
- Arena. Sand. G. An. Flysand. 46. Mergel. 49.
- 52. Ferraria. Jarnsand. 129
- Aremaceum. Arenarium Saxum. Sand-Stone ou Frée-Stone. An. Sand*Stein. G. Zand-Steen. Morzel Stein. G. 93
- Arend steen. Adler-Stein. G. Ætites. 138. 152 Argent. Silfver. Su. Charbon contenant de l’argent. 139. De chat. 21. Natif. 139. Pur. ibid. Argentasza. Terra. Argilla Fiftularis, Cimolia alba• Terre à Pipe , terre de Fayence. 46. 131
- Argente a Mica. Argyrites Kundmanni. 21 Argentum Felium. Schinmer. Su. Mica blanc.
- ibid.
- Argilla Fijlularis. 46. Ore liquefcens. Bolus. Jord afttr.-q8. Pinguis. 48. Plaflica. 93. Tejjularis feu Figulorum. Tarninge ler.Su. Terre à Brique. Terre à portiers 131 46
- Akgjlle.An. Clay. Su. Kley.B.Letten.G. 112.
- Zz
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-
-
- 182 du charbon de terre
- 114. Potter's ci, a y 4 6. Clunch. An. 93. Bleue. I04.LETTENSchmitz. 128. àbriqueL<z-teritia,Brown clay. AN^é.Brouillée. 105.Calcaire. /i. Couleur de.foie. Ferruginepfe. 46. 128. 127. Feuilletée. JLocheN. 117* I2J.» à Foulon/131. Grifé. 122. Durcie feuilletée. Roche d'un blanc clair. 130. Noire, guide du Charbon. 122. 127. 126. Pierre d'Argille* 118. Ocreufe.138. à Potiers, Creta Figularis. 4<5.Py-riteufe. 117. Rouge. Sableufe. 43. 130
- Argilleüx , ( Charbon de terre ) 12/. Mine de Fer, ou Sableufe. Voye{ Pierre d’aigle. Loupes. xa^.Marga. 46. Pierre. i2.Couverture des Charbons. Toit. 127.129. Roche. 127. Sable, 125». Subftance. T erre. 13 1
- Argyrites Kundmanni. Mica. Glimmer. G. Skim-mer. Su. 21
- Argy rodamcas. Talck.AN. B. Su.Taîch. G. Talc.
- 20. 139
- S5
- Argyrolithos, Lapis glacialis.Sélénite. 21 Arjalestre. Fauffe Ardoife. Schille. 50
- Arma. Sabulum. Su. Grus. 4^
- Arménie, ( Bol d’) 131
- Armoniack Salt. Sel Ammoniac. 25*
- Arquebusade , ( Pierre d’) 20. Fever-Stein. G. Vuur-Stein. B. Fire-Stone. A. Mondique, page 133. Pierre à feu, Lapis Pyrites. Pyrita. Lapis ignifer.
- Arsenic. An. Arfenick.
- Arsenicale , ( Pyrite )
- Arzée. Le. Argille. '
- Asphalte. Jews pitch. An. Joden. Lym. B.
- juden pech. G. 18. Mine d'Afphaîte. 148. 132 Asterien. Stern Solen. G. Etoile. 117
- At ram e nt a ri us Lapis, Vitriolum lapide minera-lifatum. 24. 3 6
- Atramentosa Pyrites. Pyrite qui contient du Vitriol tout formé. 20
- Atramentüm. Chalcanthum. Vitriol. 24
- Aueezous. Oc. Pierre à fufil. 177
- Aureum. (fterile.) Aurum Fdium,Mica jaune.21.71. Awstere. Le. Subltance argilleufe. 46
- Azur , ( Mine d') 177
- B
- Baerg beck. Su, Jews Pitch. An. Bitumen judai-cum Afphaîte. 357. 356
- Baerg becks jord. Terra bituminofa. 16.107 Baerg fetma. Sv.Bitumen. Salt. Sal gemme» 25* Baergolja. Su.Oil of petre. of Eartn. AN.Aaard-olie. Steen olie. B. Pétrole. 27. 29. 42
- Baft. ( Black. ) An. Pierre d’ardoife noire. Plate. An. Caillou fleuri. 108. 109
- Banck berge. G. Rocheargiîleufe. 125
- Barnsteen B. Amber. Barnfteen. B. Succinum.
- 18. 140
- Bass. Shale. Slate. An. Ardoife, 97
- Bassets coal. Charbon qui fe trouve en Yorck-sbire.
- Bastard eagle stone. An. jordhaltig. Su. Baf-ter Adler-ftein. G. Geode. 138
- Bat.An. éclat, couche mince. 94.107.106. Coal.
- ou Bottom. An. Charbon grofïier. 107
- Be AUME. l6l
- Beck. Su-Bitume. 27.115
- Belemnitæs. Belemniti. Lapides lyncis. Il J Bench An, Banc. coal. An. Charbon en banc.
- 105. 106
- Berg.(Horn.)sand stein. G. Corneus Lapis. 120 Bekge (banck.) G. Roche Argilleufe. 127 Berge beck. Su. Jord beck. Afphaîte. 18.
- Mittel. G. Roche moyenne. 127. Saltz. G. Sel gemme. Wachs. Jayet. 16. ly. I1Q Berck saltz.Sal niter. G. Nitrum. 2j. i4§ Bernsten.Amber. Su. G. Bernstein. Agftein. G.
- Succinum. 16
- Besteg. Letten. G. Clunch. An. 49.93. 117 Bimmstein. Keistein. Su. Pumex. 176
- Binde. Su. Bind An. Schijlus terrejiris, carbona-rius , cœruleo cinereus. 96. Clunch mêlé de. 107. Feuilleté. ibid.
- Bis maye. Fauffe Maye. Le. 46. 47
- Bitume. Su. Beck. G. Peck. Poix minérale. JSi-tumen.27. 115. durci.91. Solide. 17
- Bitumen durijjimum , lapideum , nigrum. 16. Jm-daicum. 17. lapide fijjili mineralifatum. Charbon, Fossil. Nigrum, crajfum. ibid. Segne. 27* 127. SchiJU folidum. il7*
- Bitumineux, Charbon. 4.74.Pierre.Fiffe. 173.
- Source d'eaux. 29. 173.Terre.Feuilletée. 16.1O7 Blackleed wads. An.* Nigrica fabrilis. Craie noire. plomb à crayon. 91. Baft. i 08.109
- BLANKEMAYE.Grife Maye. Le.Vraie Maye. 46.47 Blao-lera. Su. Argïllaplajlica. 93
- Blaum. (GEMEiNER.)G.Alum. An. Alun commun.
- 23. 43
- Blaues schieffer geburge. G. Ardoife bleuâtre.
- 123
- Blenden. G. Fauffe Galene. Blende. Su. 128 Bleue. Marie. Ha. 146
- Blev. G. Lood. B. Lead. An. Bly. Su. Plomb.
- 108
- Bleyertz. G. & Su. Molybdæna. ' 57
- Blocages de Pyrites. 73
- Blocaille. Rubble. Rubbish. An. 94.103
- Bloed steen. B. Hæmatites ojf. Hématite. 76
- Blood stone. An. Lapis hæmatites. i id•
- Elut stein. G. Hématite. ibid.
- Bly, Su. Plomb. 108. £rts. Su. Molybdær.a, 57. Glantz.Su. Galena. 148. Jord. Su. Terra plum-baria. s ibid.
- Bois. 7. Charbon de bois brun. 6. Foffile. Lignum bituminofum fojfile. 6. 7. 149. Amas de bois foffile. 6. Débris de. 49. Pétrifié. 7. Pierreux. Bol aire , Terre. 131
- Bol. Jordarter. Su.48. D'Arménie. 131. Durci.
- 48
- Borborz Lapides. Pierres d’Argille , Thonifchte-Stein. G. 118. Pierres de Dieille. 48
- Bottom. Bat. Coal. An. pag. 107
- Bouillon, Charbon, en mine. 136. 137. 162 Boussin. Bourfin. Fauffe Pierre. Craw. Kraw. 49 Bquxture. Mauvais Charbon pyriteux.20.117.
- 127.173. 162
- Boüyaz. Charbon. Voye% Chahay. Table des Matières.
- Boysalz. Bat Saltz. Merfaltz. G. Sal marinum. 117 Branched clift. An. Plate, i i2.Thorny Clift. Marcafite Arborefent. A&. 108. Caillou fleuri.
- 108. 168
- Branches-fern. Minerais Plantes, ibid. & p. $6.
- 100.104. 108
- Brazils. Efpece de Charbon. Corns. An. 107 Brihaz. Le. 82.83
- Brick batt. An. 106
- Brickiln clay. An. Terre à brique. 46. 131 Brique , Terre à. Ziegel. G. Terra lateritia. ibid. Broad. Flat broad coal. Veine plate. 97.64 Brouillages. Krouffes. 37, 99/123
- Bruch stein. Knauer. Knaur. Knavel. G. 119 Brute , ( Roche.) Vrai Tuf. RauwacK. G. 127
- Byrn stein. G. Gagathes. ~ ‘ 16
- p.182 - vue 203/242
-
-
-
- et de ses
- c
- Cad mi a metallica» Calamine. Pierre calaminaire. 4,2. i32. 138. Officinarum. ibid. Vitri cceru-lei. Kobalt. B. Zafbr. G. Cobalt. 128
- Caillou. Pierre à Mil. 47. 120. Aubezou. Oc.
- 1 y y. En couches. Petrojîlex.WüEm. Chert.
- An. 9P
- Caillou fleuri. 104. 108.133. Gris rouges. 12 J. Petits Caillons roulés,Caillettes. Gail-lettes. 147. Traniparens. iyy
- Calamesen. An. Calmin stein. G. Calamine.
- 36. 43. 132.138 Calaminaire , Terre. Pierre. Calaminar stone.
- An. Calamint steen. Calamy steen. B. ibid. Calamine. Cadmia fojjilis Aldrovand. Cadmia lapis.
- 8p. 43.132. 133. 149 Cala mit a alba. Leucargilla Plin. Argilla JiJhilaris.
- Terre à pipe. 9 y. 131
- Calamint steen. Calamy steen. B. Calamine. 43 Calcaire , Pierre. Calck Stein. G. 43. 1 19. Pierre puante. 118. i2y. 132. Subftance. 43. Terre, oualkaline. 43.54. Marrons de terre. 126 Calcarivs lapis officin. Saxutn calcarium. Mar-mor rude Linnæi. Lime Stone. An. Zech Stein. G. Pierre à chaux. 47.114.11(5.127. 132 Calk stein.Kaick Steen.. B. Zech Stein.G.Lime-
- Stone. An. ibid.
- Calmen. G. Voyez Calamine.
- Calx Martis. Crocus. 73
- Cames. 117
- Ca^dle. Kennel. Cannel. Canoîe. Canal Coal.
- 4. lop.Peacock. 20.21. 60. 100. 108. 149. Cannel. Canole. Candie. Coal. An. ibid.
- Canole. Cannel. Candie. Coal. ibid.
- Cannoc. An. Mine de fer. 106. Iron ftone. ibid. Capparosa. ( MarcaJJita. ) Pyrites. 109
- Caput Medufœ. 171
- Carbo fojjilis Theophrajl. Petrœus. 1. Carbon de Terre , en patois d’Avignon, Charbon de terre. Carbon djeubse, même patois , Charbon de fau-
- le , par la reffemblance du Charbon de terre avec le bois de faule. 1
- Cast head.Cat head An. ioo
- Crm æ nt a ri u<s Lapis. Nayaeelle. Pierreàbâtir. 91 Cendrée , Mine de Fer. ioy
- Ceratoides. Cornu Ammonis lapidea. nj
- Chalcanthum. Atramentum. Vitriolum. 24
- Chalçedoine. Chalcedonier. G. 120
- Chalk. An. Kreide. G. Kryte. B. Craye, 43
- Chamiten. Chamites. Chamiti. 117
- Chance coal. An. 107
- Chapeau, Mine en. Hi. Sombrero. i<52
- Charbon de bois foflil. y. &fuiv. 149. B’ardoife ou du toit. 126. De bois brun. 6. De Saule. 2. En bouillons, en boule. Bou-yaz. 68. 137.148. 162. Dur. 102. Faux. 71.72. 81. Maigre 71. 81. Feuilleté. 70.81.112. 114. Fefli, ouChar-bon friable. Lithantrax fragilior. 70. Si. ni. 136. Foflil dur. 3. 70. De Fouaye. Le. De Maréchal ou de Forgerons. 8i.yi.De galles. 112. De Jour. Tage Kohlen. G. 107. 124. Leger. 4. En Mafle. 81.111. Menu.Small. An. 10ï. i 12. De Maréchal ou de Forgerons. Voyez Fouaye. De perroquet, y. Peyra, ou de pierre 70. 76. iyo. De pied. 100. De pierre. 70. 76, iyo. Houille 76. Voyez ce mot à fa place. Pierre bleue de. 129. Puceau. 74. Sec. 146. Du toit. Ecaille fupérieure' du Charbon. Charbon d'ar-doue. 4. i2. 70.112. 124.12y. Veine de trois, ou Triple Veine, ioo. Alumineux. 23. Ammo-
- MINES. 183
- niacal. 2y. 27. 28. Argilleux. 89. i2y. Bitumineux. 4. 2y. 74. 78. 79. Pyriteux. 22. y 4. 83* 90.91.117.12y. iy3. Soufreux, de foufre. 79* 80. 124. Sulphureux. 22. Vitriolique. 24. 90* iyy. Contenant Antimoine. 88. Voyez ferrata» Argent. 139. Cobalt. 138. Cuivre- 139. Etain. 116.140. Fer. 139. Or. ibid. 116. 162. Plomb. ibid. Peyra. iyo. De Pierre. 70. 76. De poix, ou de poids. 3. 70. 124. 148. De terre* Kohl. Kohlen. G. Kol. Su. Col. Sa. Coal. An. Carbon deibse , patois d’Avignon. 70. 76. Terreux. 74. Si. Pour les Briqueteries. 77. 80. 81. Des Cloutiers. 77. 80. Des Forgerons ou des Maréchaux. Schmit Kohlen. G. Smith coal. An. 81.100. Des Fours à chaux. Lime coal. Chaufline. 77. 80.81. iy3«Des Maréchaux. 81. 110. Dutoîr. 112. àUsuiNE. 79. Voyez la Table des Matières.
- Charbonneux. Ardoife, FiJJilis carbonarius. 9y. Kohl Schieffer. G. 122. BiNDE.AN.9y. Argille. Wegweifer. G. 126
- Chat , ( Argent de ) G. Katzen silber. Mica.
- 21. Tête de. An. Cath ead. Caft Head. 100 Chatz. Noeuds dans les Ardoifes. 142
- Chaux. Charbon à cuire la. An. Lime coal. âr. Chaufline. iy7. Pierre à.KALK steen. G. Zech stein. G. An. Lime stone. 36.47. 114. 116. 127. 132. 138. Grife. 132. Marbre. 138
- Chert. Whern. Whin Rock. An. Cailloux. 94 Chode Hoye. Le. Houille chaude. 77
- Cimolée. Terre. Leucargilla.
- Ci mo lia alba. ArgillaJiJiularis. T erre à pipe. Terre de fayence. Terre cimolée. 46. 13 *35
- Cis. Cistras. Oc. Rocher de granit. y 1
- Clay. An. Argilla nojiras Figulina. 44. 4<5. 92. Brickiln. An. Argilla lateritia. 106.46. Cows-hot. An. 93. Marie. Paper Marle. *An. 92. Potters. An. Terre grade.FVye? Argille. Cliff. Clifft. An. Roche. 93.96. Branched. An.Caillou fleuri. 108. 133. Plate. An. 108.
- 112
- Thorny. An. 93. 108. 168
- Clive coal. An. Roche. 97. 99
- Clous, yy. Gros, ibid. Petits. ibid.
- Cluffte. G. Su. Clufft. Roc. 122
- Clunch. An. Marne feuilletée. 93. 104. ioy. Mêlée deBind. 107. Blanche. 106. Bleue. 93.
- loy. 106
- Clutte. LE.Houille maigre ou foible. 78.79.131 Coal. An. Charbon. Baflet. An. Bench. roy.
- Bat. Bottom 107. Brazils, ou Corns. 107. Fiat Broad.97. Candie. 4. 18. 19. ioy. 109. Chance. 107. Clives. 99. Common. 3. 109. Corns. Brafils. 107. Crow. 111. 124. Culm. 4. Day. 9y. Fat. 108. Foot. 106. Geys. 107. Heathen. 106. 107. Kannel. 103. Kitt. 107. Lime. 101. Main.
- 107. Newcaflle. 3. m. Parotte. 3. 20. 100.
- 108. 60. 149. Pit. 3. Sea. ibid. Small. 42. Slip-
- per, ioy. 107. Slips. 107. Smith. 100. Spin. 18. ioy. Splinty. ny. Springs. 107. ny. 123. Scoth. 4. 114. Stone. 3. 10s. 107. Thin. 106» Walles. 112
- Cobalt. Cobaltum. Cadmia vitri cotrulei. 128.138 CoCKLE SHELLS. I 3 I • SHELL Y VEIN. An. IOI
- Coirelle. Quarelle. Ha. yi. Grez. Le. iyi. 147.
- 164. Pourrie, y 1
- Col. Sa. Kol. Su. Kohlen. G. Coal. An. Charbon. Combustible , Terre. 167.
- Common. Alum. An. 23. Coal. 3. 109. Foflile Pitch. An. Joden Lym. Su. Piflaphake. Voyez Bitume.
- p.183 - vue 204/242
-
-
-
- /
- i
- 284
- DU CHARBON DE TERRE
- Corns. Brazils. An. 107
- Concrétions. Bitumineufes. y.Globuleufes.GEo-des. 138
- Copper. An. Koppar. Su. Kuppfer. G. Cuprum. Cuivre. 20. 127. Dres. Mine de cuivre. 128
- 139
- Coquillage. Coquilles. SHELLs.AN.90.101.131 Coquilliere , Marne. 8. 90. Veine. 101
- Cornaline. Sardonyx. B. Zardus. Carneool. 120 Corne d’Ammon.Sherhorn. 117
- Cornée , Pierre. Hornstein. G. 120.128.129 Corheus folidus• 128
- Cos. Oder schliff. G.VoyeçGrez.
- Couches , Mêlées. Geschutte. 69. G. Minces. 4.
- 9g. Schifleufes. 93. 94. yy. 94. 118
- Couperose. An. Copperas. B. Koperrood. 43 Couverture des veines. Pierreufe. yo. Schifleufe.
- 93. 9\'95% 96-122. Terreufe. y4
- Cows-hot. An. Terre marneufe. 93. Clay. ibid.
- Stone. ibid.
- Cowstu-Marle. An. 92
- Crauw. Kraw. Boufïîn. Bourfîn. Le. 49.116 Craye, Chalk. An. Kreide. G. Kryt. B. Creta. 43. 46. Alumineufe. 32. 47. De Briançon. 192. Friable. 46. Noire. Pierre noire, Pierre à marquer. 16. 169. Kanel coal. 4. Ampelitis. 16. De fuie. Crayon noir. Creta Fuliginea. ibid. Crayon, yy. 169. Noir. 4. 16. Toit de veine, à Namur. 169. UmbriaWormii.Terre d'ombre. 131 Creta. Terra calcaria Craie. 43.46. Argentaria. 46. Figularis. Argilla Figulina. Argilie à Potiers. ibid. Fuliginea. Craie de fuie. 16. Creta Umbria Wormïi. Terre d’ombre. iy. 89.131 Crétacée , Marne. Chalky Clay. An. 46
- Cristallz Pyritacei. Drufa Pyrit. Marchafîta. 103 .Cristallisée, Roche de corne. Shorl. G. 128 Crocus. Calx Martis. Saffran de Mars. 79
- Crow coal. An. 111.124
- Cubique , Pierre. Plufîeurs efpeces. 126
- Cuivre, Koper. B. Su. Copper. A. Kuptfer.
- G. Cuprum. 20.109. 127. 128. De Rofette.i 39 Cuivreux. Ardoife. 127. 139. Charbon. 139. iyy. Grez. 128. Minerais vert, tenant cuivre. Paos. Hi. Pyrite. io9.Schifle. 139. Veine. 139 Culm coal. An. 4
- Cuprum Officinarum. Æs Veneris. Koper. B. Su. Kupffer. G. Copper. An. 127. In lapide fcijjili, Mine de cuivre en Ardoife, ou Ardoife cui-vreufe. 139
- D
- Dactylvs Idceus. Belemnites. 117
- Daille. (Tortai. ) Le. Terre Bolaire durcie. 48 Deie. Diée. d une Veine. Le. yy. MavafT. 83 Demi-métallique. Subfiance. 138
- Dendrytes. 50
- Dendrolythe Schifleux. Phytobiblion. 169 Derle. Dieille. Le. Efpece de glaife. 47. 48 Dewils Pape. An. Pyrite cuivreufe. 109
- Diable, ( Téton du). Dewils Pape. Pyrite cuivreufe en filons. ibid.
- Vi^soli stercus. Teuffels dreck. G. Bitumen fegne , crajfum, nigrum. Maltha. Kedria terrefiris. Poix minérale. 2y. Voyei Huile Véget. Table des matières.
- Dieille. Derle. Le. 47. 48. Pierres de. Lapides Borbori, 4S. Tourteau de. Tortai d’Aille. Tor-tey del Dieille. Le* 48
- Diere. Dieve. Ha. Marie. 146
- Dike. An. 98. Gag, Sc, i i 3. Faille. Le 99. Surjet. 89. Down, Gag. Down Dik. An» 98
- Dilate’e. Mine. 126
- Dory. Le. Efpeces de Krouffes. 97
- Dreck (Teuffels.) G. Maltha,Kedria terrtjlris. 2y Drusa. Drus. G. Noeuds. Groupes. Pyritacea.
- Marcaffite. 83. 103
- Duck steen. Su. Toph stein. G. Mom. Tophus.
- Porus. vrai Tuf. 102. 119.127
- Dueng erde. Margel. G. Marga. Marne. 49. 117 Dun row. An. Lit, banc gris ou , fuite de. ioy Dun row batt. Iron stone. An. Mine ferrugi-neufe grife , très-dure. ibid.
- Dur , Charbon. Hard coal. An. ioo. 102. Bat.
- 107
- Durcie, Terre. Letten. Leime. Thon. G. 117 Dure , Veine. Le. Voye\ Houille maigre. 78 Dy. Su. Mylla. Su. Letten. G. Lime. Mud. An. Argilie. Limon. Limus. 46
- E
- Eagle stone. k'tx.Aetites. 138. iy2. Bâtard, ibid. Earth. An. Terre. Black. An Zwarte Aerde B.
- Terre noire. Pnigites Offic, 16
- Eaux des Houillieres. 28.153. Bitumineufes. 29. 193. Ferrugineufes. 29. Minérales, ijy. Vitrio-liques. 29
- Effleurie. Morte. Pierre. Su. Utvitrat». yi Ek. (Meliwer.) Gedigen eisen. G. Mine de fer.
- 119
- Eisen. G. Jern. Su. Ferrum. Glimmer. G. Mica ferrugineux. Voye\ Fer.
- Eisen Ertze. G. Minéraux ferrugineux. 118. Gedigen. G. Stein. G. Mine de bon fer. 119
- Encrinite. Encrinus. Lilium lapideum. Pierre de
- lis. 171
- Erde. (Tamm.) G. Humus. 117. (Dueng ).. ibid» (Thon.) ibid. ( Ziegel.) Terra lateritia. ibid. Oehl. G. Pétrole. 26
- Erden. G. 117
- Ertz. G. 9. 118. (Flaetz.) 118. i28.(Kuppfer.)
- Pyrite. 109. ( Roth.) Mine de fer. 119
- Espagne , ( Ferret d' ). Pierre fanguine. Pierre hématite. A. Blood-Stone. B. Bloed-Steen. y6 Etain. Tenn. Su. Tinn. G. Tin. An. Stannum.
- Plumbum Candidum. 116. 140
- Ethiopie , (Pierre d’). Pierre obfidienne. 17 Etoiles. Stern-Solen. Aflerien. G. 117
- Eubse ( Carbon d'). En patois d’Avignon, Voy. Charbon de terre.
- Fabrilis. Nigrica. Plumbum nigrum ojjicinarum. Worm. B. Zwarte krït. An. Blacklead. Craie noire. 91
- Facettes , ( Galene à ). 148
- Fat coal. An. Charbon gras. 79. 108
- Faule. G. 123. Pierre calcaire. 127. Déliée.
- ibid. ( Ober. ) Supérieure. ibid.
- F AussE.GALENE.Blende.Su, 128.Maye ou Bifmaye. Le. 46. Pierre. Boudin, Bourfin, Craw. Ti-roulle. 49. j 2
- Faux , ( Charbon ) ou maigre. Le. 72. 81 Fayence , ( Terre de ) Cimolia alba. 46.133
- Felznus lapis. 118. Stinck Schieffer. G. 127,132 Fels stein. Stein. G. Pierre. Roc. 119
- Fer. An. Iron. G. Eifen. B. Yfer. Su. Jaern. Mines de fer commun 126. par marrons. 128 Feret d’Efpagne. Pierre hamatite. Su, Swartak-tig. Hæmatites niger triturâ Rubens• y 6.
- FERRUGiNEux.Couleur de fer.129.Mine. 1 2Dum Row. Ikon stone. An. Fire stone. ioy 128. Eaux. 104. Grez, 129. Roche, Sable. 128. 129
- Füsible
- p.184 - vue 205/242
-
-
-
- et de ses mines.
- Fhssi. Ha. Charbon friable. Veine tendre. i55 Feu en Stein. Kissel stein. G. Kegel. B. Si ex.
- 47. 120
- Feu Pierre à feu. Lithos pyrites. 20
- Feuilletée, C Argille ). Lochen. 117. Glaife. Soi des charbons. 130. Grez. Tile stone. An. o6. 13<5.Marne.Clunch. 93. Cows-hot-Clay. An. ibid. Pierre. 127. Roche, 71. 128. 129. Toîr. ^ 127
- Figulixa Argilla.Terre à Potier. 46
- Filon , lifâ Veine. Ignoble. Dégénérée. 83. Pyrite en Filon. lop
- Fin. Morfin. Zarte Todte. G. 128
- Fire stone. An. Pierre à fufîl. Pierre à feu. 104. Fisse. Oc. Schifte. 122. 125*. 173
- Fissilis. yo. 54. Aluminaris, Alun. Skïfver. Su. 23. Carbonarius. Ardoife charbonneufe. Binde. py. 122. I2y. Corneus. 120. Friabilis. Loes skïfver. Su.ÿ f.Nigrkans. Lithantrax. 70.118. jLz/df. Ardoife. ibid. Sine lamellis. py. Mollior, friabilis, piftorius py. nigrica, creta nigra. 16. Pinguis , ire aère dejlru5libilis , accenjibilis. 2 3. Solidus , durijjîmus, in lamellas non dwijîbilis ,jij-h inutilis, fchijlus difficulter fcindendus. Waller. JchiJius folidus. Ardoife groffiere , fauiTe Ardoife. Arjaiêtre. yo. Terra bitwminofa. Ampe-litis. i<5. ioy. 142. 143. Fojyey Charbonneux. Fistularis Argilla. Pipelera. Su. Terre à pipe.
- 46. 131. 133
- Fiver stein. Kiesel. G. Kies. Su. Pyrite. SiZear.
- 47. 120
- Flàg marie. Stone Marie. An. Marie foible. 47.
- p2
- Fl at broad coal, A N. Charbon large & plat.p7 Flaetz. G. Bench. An. Banc, Lit. p. loy Flein. An. ( Pierre de ) Flint. Flinta. Su.
- Flenny. Le. Silex. 47. P4
- Flennisre. Le. 47
- Fleuri , ( Caillou ). Chargé d*empreintes. Krau-ter abdruken. G. Branched ciirt. An. Phyto-îypolithe. 108. 112. 133. 162. 1(58
- Flins. Rock. G. P4. p8. Stone. pS. Pierre à fu-fil. Silex. Aubeiou. Oc. 47. p8
- Flint. Flinta. Su. Haille Flinta. Su. Flint. Flint stone. An. Caillou. Pierre à feu. Silex.
- 47- S>8
- Flos teris. Ærugo. Verdigrife. An. Spaans groen.
- Koper Roeft. B. Kuppfer groen. G. Verdet, 139 Fluor. Fluss. G. Drusen. G. Spathum. 126
- Flysand. S and. Su. An. Grus. Mcrgel. Sable menu. Arena. 46. 4p
- Foible. Voye\ Charbon , Table des Matières. Marie. Flag Marie. An. 47. p2
- Follet fouterrein. Voye^ Vapeur, Table des Matières,
- Foot coal. An. iq6. Foot coi.. G. Charbon groflier. 106
- Forge. Galleteufe. Ha. 147
- Forgerons, (Charbon des). Charbon gras. 2y.7p.
- Smith coal. An. ioo. Smith Kohlen. G. 124 Fort , ( Charbon ). 7<5.7p. 133
- Fossile , (Bois). 6. 7. 14p. Charbon. 3.18.70. Bitume. Pitch Common. An. Beck. Joden 3lym. Su. Peck. G. iy. 2y. 157. 176. (Sel.) Rock salt. An.Gegraben saltz.Saltz stein. G. Sal gem. An. 2y
- Fossilts. ( Muria. ) Sel commun. 24.27
- Fouaye. Le. Charbon menu. Charbon de Maré-chai. 81
- Fougere. 162. Impreffion de. Branches Ferns, An. 100. Caillou fleuri. 108. 112. 12?, 168
- Charbon de Terre.
- ,83
- Foulon, (Argille à). 131. Marne, ibid. Terre. Fül-lers earth. Clay. An. ibid.
- Foul Air. An. Fouma. Krowin. Le. $$.Voye\ Mouffette , Table des Matières.
- Free stone. Sand stone. An. Pierre de fable.
- Pierre de taille. 93«5>8.pp. 104. ny
- Fugax, ( Marmor. ) Gypfum. Pierre à plâtre. 127 Fuliginea Creta. Craie de fuie. Crayon noir.
- Pierre noire. 16.142. 143.16g.
- Fullers eart. Clay. 13 ii
- Fusible, (Terre) , ou Vitrifiable. 43
- Fusil. Pierre à fufil, ou d’arquebufade. Flins stone. An. Silex. Aubefou. Oc. 47.157
- G
- Gagas. Objîdianus lapist Agaat steen. An. Jayet.
- 16. 104 107. 148. iyo. 131. 132. 164 G ag at es Diofcoridis. Bitumen durijjimum, lapi-deum > nigrum. Panguis Strabonis. ibid.
- Gaillette. Ha. Caillou roulé. 147
- Galejva. 148. Fragmentis micandbus. Galene à facettes, ibid. Pfeudo. Su. Blende. ibid.
- Galene à facettes. Plumbum pardculis cubkis, G aliéna fragmentis micantibus. 148
- Galleteuse. (Forge.) Ha. 147
- Galmeje-jord. Su. Terra calaminaris. 133 Gang. G. 121
- Gangue , lignifie quelquefois en général, Roche propre à la Mine , oppofée au Knaver. Garde du Charbon. Fisse. Charbon de mau-vaife efpece. Wegweiser. G. 122. 123. iy3 Geburge. Blave schieffer. G, Efpece d’ardoife bleuâtre. 123
- Gediegen. G. Vierge. Charbon puceau. 74 Gedigên eysen. Mine de Fer. 118
- Gediget silfver. Su. Argent natif. 139
- GeeL ôker. G. Ocher. An. Ochra. Ochra ojfi-cinarum. Ocre. 47. 103. 131
- Gegraben. Saltz. G. Rock fait.An. kSaltz. flein.
- G. 6. Sel gemme. 27
- Gema achlt stein. G. Lapis engraphus, Lytho-morphus. Phytomorphyfe. 172
- Gees. Jays. Jayet. An. Jet. Berg waehs. Agaat lleen. B. Gagates. Succinum nigrum. 16. 17. 11O Gelb- Berg. Oker. Gilb Erde. G. Ocher. An. Ocra. Su. Sil Goflarienlîs.Kentman. Ocra Aldro-vandi. Gyttia. Ocre. 47. 103. 131
- Gemen alvin.B. Gemeiner blaum. Su. Alun. 23.
- 43
- Gemeiner blaum. Su, Alum. An. Alun commun.
- ibid.
- Gemma Samothracea Plinii. Pierre Obfidienne.
- Verre Obfidien. 16. 17. 104. Voye\ Jayet. Gem meus Sal. Sal gemmæ. SalfoJJile. Sal montahum. Rock lait. An. Gegraben ialtz. Saltz Rein. G. Sal gemm. An. 27
- Gemms. G. Roche. 119
- Gemul. Téroulle. Si
- Geodes» Su. Jordhaltig. Pierre d aigle bâtarde.
- 138. 172
- Gestein. Weeck stein. G. Weth stone. An.
- Grez. Pierre à aiguifer. 71. 172.132.136,107. Geys coal. An. 107
- Gilb erd. G. Voye\ Ocra.
- Gilb hart. Gilbe dur. V, Réfra&aire. Oker. G. Voyei Ocra.
- Gipp salt. Argyrolithos. Lapis fpecularis. Glacies marice. Sélénite.
- Gyttia. Rod kryta. Su. Ocrarubra. . 103
- Glacies Mari#, Lapis fpecularis. Sélénite. 117.36
- Aaa
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-
-
-
- DU CHARBON DE TERRE
- 1S6
- Glaise. Diere. Dieille. 47. 48. 112. 117. 125*. Blanche. Toit du Charbon. 150. Bleuârre.Bleue marie. 146. Durcie.ÜB&R schuss. G.127. Feuilletée. Sol des veines, 130. Jaune mêlée. 48. Noire. 103.130. Soldes charbons. i30.Rouge. 124. Terre à Potier. 4^
- G larea Bruckmanni. Spar. Spathum. Selenites. 1 iy. Glas ( marien. ) Su. Talc. 115.36.48
- Glas (spies.) G. Glats spits. Su. Antimoine.
- 8p. 161
- Voye% FErrata.
- Glimmer. (Erden.) G. Su. Terrœ micantes. Mica.
- 21. 51. 5*3
- Globe. Damp. An. 33. Vapeur , exhalaifon. Voy. Table des Matières.
- Globuleuse, (Concrétion). Geodes. 138 Globuli Pyritacei, pallidè jlavi. 132. Nigricantes, yè« minera Martis folaris hajjîa. i&ii.
- Gold. An. G. Goud. B. Guld. Su. Or. 116 Gorre. Gor. Lu. Ar. 151.160
- Goud. B. Guld. Su. Gold. An. G. Or. 116 Grainelée, ( Mine de Fer ). ioy. Voyez Minera Ferri.
- Grains. ( Midrow. ) An. Pierre ferrugineufe.ioy Grains. (White row.) An. Iron ston. An.ibid. Grang limmer. Weck steen. Greis gestein. Sand Stein. G. Weth stone. An. Pierre à aiguifer. y 1. 132. 136. Voy. Pierre de Meule. Granit, y 1. (Rocher) de. Cis. Cistras. Oc. Graphivm album. Terra calcaria. Kreyde. G.
- 43. 46 Voyez Creta , V. craye.
- Gras , ( Charbon). 2y. 108. Houille. 77. Terre.
- Potters clay. An. Voyez Argille. Graosten. Su. Saxum mixtum. 120. Voy. Pierre grife.
- Granes eisen ertz. G. Minera ferri grifea,punc-tulis micans. Mine de Fer cendrée. 105
- Gravel. Sand. An. Sand. Flysand. Su. Grus.
- Margei. Sable. 46. y2
- Graveleux , ( Rocher ). Granité décompofé. Pierre de Sel, de Saliere, de Salindres , Coi-reîle. Quarelle. Grez. yi. 132. 147. iy2. 164 Gravier. Sabulum. 46. 4p. Groffier, 52. Pierre ferrugineufe. ' 128
- Grés saf. Le. Faille. 61
- Greis gestein. Weeck steen. Grang. limmer. G. Weth stone. Grind stone. An. Pierre à aiguifer. y 1. 132. 136.^2
- Gresle , (Charbon). iyi
- Grez. Sand stein. G. yo 58. 104. 11p. 136 Fire stone, 147. A aiguifer. Greis gefiein. Weeck fleen. Grang limmer. G. Grind llone. Weth llone. An. yi. 132. 136. iy2. Ardoifé. Tile llone. An. Pierre de tuille. p6. Cuivreux. 128, Dure. Fel. G. Grez dur. yi. 136.
- Ferrugineux. 12p. Feuilleté. Tile stone. p6. 136. Marrons de. 12p. Pierres de. 131
- Grez ordinaire. Saxum arenarium. Saxum Jîli-ceum. 23.p3.107. 132. Pierre de. 131. Pourri. 51. 162. Quartzeux. 132. Saf, 61. Verdâtre. Cuivreux. 128. Véritable. 129
- Grind stone. An. Weth stone. An. Cos aqua-ticus. Meule à aiguifer. iy2. Voyez Grez. Grise, ( Maye ). Blanke maye. Adaille maye. Le.
- 46. Pierre. 104. Roche. ioy
- Gritte. ( iron. ) An. Fer commun. 101
- Grober ( rother Sand. ) Ge. Sable rouge groffier. 11 p
- Groen spaans. Su. Verdi grise. A. Ærugo ans.
- Verdet.Verd de gris. 139
- Grossière,Fauffe(Ardoife.) Arjalêtre.Schille.yo
- Grouetteux. Pierreux. Tuf. 102
- Grun. ( Kupffer. ) Span groen. G. Spaans groen. Koper roed B. Verdi grife. An. *39*Spak. g. Voy. Verdet. Verd de gris.
- Grus. Sabulum. Arena. 46. 4p. Voyez Arenk. Gubbing. An. Marne douce. p3* 107
- Gublin bat. An. ioy. Iron stone. An. Minera Ferri nigricans, punSlulis micans. 106
- Guhr. G. Medulla jluida. . 26
- Guide Argille noire. Charbon de mauvaife efpe-ce. WeG'veiser. G. Fisse. Oc. 122. I2y. 153 Guld. Su. Gold. An. G. Goud. B. Or. Katt. Argyrites Kundmann. Or de chat. Mica jaune.
- 21
- Gypse. Gypfum. Marmor fugax Linnœi Tarras plaistlr. An. Pleyster. B. Gips. G. 121. Blanc llrié.Pierre à plâtre. Alabajirites. Marmor Agricolæ. 161. Pierre de. 127. Pierre à plâtre. A Parget. Selenites. ny
- Gyttia. B. Roed kryta. Su. Oker gelb berg. G. Ocher. An. Ockra. Su. Ocra. 47
- H
- Iîæmatites. B. Bloed lleen. B. Blut Hein. G.
- Blood llone. An. y6. Voyez Schistus.
- Half metaller. Su. Semi-metallum. Demi-métal.
- 138
- Haell, Su. Saxum. Voyez Roche.
- Haeje flinta. Su. Petro-Jilex. Achates immatura.
- P4. 120
- Hali Nitrum. Salpeter. Salpêtre. 27. 148 Haltig [ jord. ] Su. Ætites ttrrâ inclusâ, Pierre d'aigle bâtarde. Geode. 138
- Hard coal. An. Charbon dur. 74. 100. 102 Hars tert. B. Akend s eeen. G. Haltig [ jord. ] Su. Pierre d’aigle bâtarde, Geode. 138
- Haute gilbe. G. Gilbe dure. Réfra&aire. Voyez Réfractaire, Table des Matières.
- Head cast. Cath eade. An. veine de Charbon de médiocre qualité. 100
- Heathen coal. An. 107
- Heliotropia. Variegata Lithanthrax. 100. 149 Hématite. Pierre. Pierre fanguine. Ferret d’Ef-pagne. 56
- HifCKFN [kupfer.] G. Pyrite Sulph. Cuivreux.
- 125*
- Hitte d’Agelîe. Le. y6. 61. D'Arange. Lf. ibid. Hochets , ( Houille à). Le. 48. 78. 79 Houille à boulets. ibid. G-8i
- Holtz kohlen. G. Bois pétrifié. 6. 149 Holtzver steintes. G. Bois pétrifié. 5. 117 Hokn berg. Su. Corneus. 120. 128. Schlag. Horn stein. G. Pierre de corne, ibid. Skif-ver. Su. Corneus JiJJilis. Shorl. G. ibid.
- Houille. Hoye. Le. i. 16. 76. 12p. KAuche-• tay. Le. 76. Clutte. Le. Houille maigre ou foible. 70. 78. 7p. 131. Forte. 76. Maigre. 76. Dure Veine. 70 Sèche. 76. Pure. 72. 76. Sèche , maigre. 76. Morte. Thiroulle. Therouile. Voy. Houille, Table des matières. 71,72. Pour les foyers , à hochets. 78.79
- Hoye. Le. Voyez Houille.
- Huit taeck. Su. Talck. An. B. Talch. G. TaU cum officinarum , aliàs Stella terræ. Argyrodamas. Talc.
- FLullæ. Hyllæ. Houille. Hoye. Le. i. 76. 77. 78 Humus. Tamm erde G. Terre franche. 45.117 Hibernica Tegula. Lapis Hybernicus. Irish slate.
- An. Pierre d’illande. 16. 132
- Hybernus Lapis. Bush slate. An. 16,
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-
-
-
- ET DE SES MINES. 187
- Hyllæ. Huila. Hoye. Le. Houille; V. Houille. Kegel. B. Riefel ftein. G. Fleïn. Flint. An. Silex.
- 47* 120. 15* y
- J Keistein, G. P<?r«j igneus lapidis lithan.thra.cis. Fume*. iy£
- Jaspe. An. Jasper. G. Jaspis. B. Jaspis ( edel Kennel coal. AN.4. 18. 19. 38. Foyef Coal.
- gesteente ), 120 Keyschlag. Thonifchte ftein. G. Efpece de pier-
- Jaern. Su. Iron. An. Eisen. G. Yser. B. Fer- re d’argille. 48. 118. 126
- rum. Fer. 126.139. 164 Kiesel. Su. Voye\ Silex.
- Jaern sand. Su. Arena ferrea. 129 Kibss. Su. Kiss. Schweffel kies. G. Pyrites fuir
- Jayet. Jays. Geest. An. Jet. i5.i7.no phureus. Ballar. Su. Glohuli pyritacei. 132.
- Jews pitch. An. Judin pech. G. Bitume de Ju^ Schweffel. G. Pyrite de foufrc. 20. i2y. 126.
- dée. Afphalte. Pijfelaum. 18. 28. iyj 130
- Joden Leym. B. Jews pitch. An. Afphalte. Bi- Kiess. Kisse. G. Fifïe. 20. 22
- tume de Judée. Jord beck. Berg beck. Su. Killoia molliufcula. Cimolia alba.Ttrrc cimolée.46' Jord. Su. Marie. An. Mergel. G. Voy. Marga. Kissel stein. G. Fever ftein. Wackel ftein. Rie-Jord arter. Letten. Clay. An. G. Lera. Argilla. fel ftein. Silex. 120
- Bolus. 44. 46. 48. Kiey. B. 92. 117. 140 Kitts. An. 107
- Jord beck. Su. Berg beck. Su. Bitume de Judée. Klaerer. Rother sand. G. 120
- Afphalte. Pix montana iyy. iy6 Klavay. Koumaille. Le. y8
- Jord (Galmaje). Su. Terre calaminaire. Voyei Klaye. An.Voye\ Clay.
- Calaminaire. Kley. B. Clay.A.Lera. Su. Letten. Argilla. 44. 46
- Jord haltig. Su. Hars tert. B. Aren fteen. G. Kleys schlag. G. Efpece de pierre marneuie ou Ætites terrâ inclusâ. Pierre d’aigle bâtarde. Geo- argilleufe. n 8
- de. 138 Klippa. Haell. Su. Saxum. Voye% Roche.
- Jour , ( Charbon de ). 12. Tage kohlen. G. 124 Klüfft. G. Roc. 522
- Juden pech, Berg pech. Erd pech. G. Bitumen Knaver. G. Roche ftériîe , fourde , fauvage , ap-
- Judaicum. Pix montana. Afphalte. Bitume de J a- pellée quelquefois en général Gangue. 94.119
- dée. 156 Knaur. Knavel. Knaver. G. Roc vif. Roche
- * I fauvage. ihid.
- Knaust. G. Lapis. Pierre pelotonnée. Pierre en marron. yi.94. 119
- Kies. 20. y 4. 83. 132. Voy. Pyrite. Silex. Lapis Kaol. Su.Kohl. Kohlen. G. Coal. An.Carbon corneus. Saxum cornutum. Silex cretaceus. 47.13*y d’Eubfe. Charbon de terre.
- Xgnifer Lapis. 20 Kobalt. An. Kobalt. B. Cobaltum ojf. 138
- Ignoble ,( Minéral ). 83 Kohl. G. Charbon de terre.
- Ilüana Terra. Cimolia alha. Terre à pipe. 46. 95* Kohl-Schieffer. FiJJilis carbonarius. 3*4.95*. 122;
- 131. 133 125*. 130. 116.169
- Kohlen. Kohl. G. Kaol. Su. Coal.An. Carbon
- XGNZAsiüs Lapis. Ærarius lapîs.'{VUUR steen. G.
- Indes noires. Mines de Charbon.
- Indian red. An. Rouge Indien. Terre Perfique.
- Terra Perjica. 103. Voy. Ocre rouge. himatura Achates. Whern. Chcrt. Whin Rock.
- An. Petro-Jîlex. 94. Voyez Silex.
- Inflammable ,( Terre ). 166
- Irish shlate. An. Lapis Hybernus. Pierre d’Irlande. 16. 132
- Irlande , ( Pierre d* ). Hybernica Tegula. ibid.
- Ikon. An. Yser. B. Eisen. G. Jaern. Su. Ferrum. Fer. 126. Cannoc. Canec iron stone. An.
- d'Eubfe. Charbon de terre. Peck stein. G. Charbon bitumineux dur. 124. ScHWEFEL.de Soufre G. ibid. Weich. G. Charbon bitumir neux mol. ibid.
- Koper rood. B. Copperas. An. Couperofe. 43 Koumaille. Klavay. Le. y8
- Krauter abdrukên. G. Branched clift. Minerais plante. Arboiefcent Marcafite. Thorny clif. An. Phytotypolithe. Phytobiblion.Caiilou fleuri. 100.104. 108. 112. I2y. 129. 133. 168 Mine de Fer dure, grife. 106. 107. Gritte. Kraw. Le. 49. 33. it6. Fire stone. 80. 124 An. Fer commun. 101. Gubbin. Iron stone. Kreyde.G. Graphium album.43. 46.Voye%CRETA. An. Minera Ferri nigricans, punftulumicans. 106. Schwartz. G. Black lead. An. Ampelitides.
- FiJJilis mollior, friabilis, piftorius. Nigrica. Creta nigra. . . 15.93-,
- Kreins. Creins. Le. Brouillages de pierre. 57 Krouffes. Dory. Le. Noeds. 37. 67. 98. 123.
- 12 6
- ter. B. Gypfum. Marmor fugax Limai. Gypfe. Krukmakar ler. Tarninge ler. Su. Argilla tef-121. Steen B. Lime stone. An. Pierre à chaux. fularis, feu Figulorum. Argilla lateritia. 46. Voye%
- Argilla.
- Kryt. B. Kreyde. G Chalk. An. Creta officia nar. Craie. 43. 46. 47. Witte. B. Terra argen-taria. Cimolia albat hippiatris veterinariis. Terre à pipe , de fayence. 46. 131. Zwa-rte. B. Ocra nigra. Nigrica fabrilis. Craie noire 106
- Stone [cannoc.] An. Mine de Fer. 106. 107
- 128
- K
- Kalck. G. Spar. Sax. Tarras. Plaifter. An. Playf-
- 47. io2.Sten. Su. Pierre à plâtre. ibid.
- Kalk salt. B. Kalk sten. Natrum.
- Kamm.Koc. G. 119. Sh al. Ardoife. 127
- Katt guld. Su. Ârgyrites Kundmanni. Or de chat.
- Mica jaune. 2*1. yi. y3
- Katzen gold. An. Or de chat. Mica jaune, ibid. _____b___................... ...........
- Katzen silber. An. Mica blanc. Argent de-vKRiTA. Su. Kreyde. G. Kryt* B. Chalk. An.
- c^at* ibid. Creta. Huit. Su. Roed. Su. Gyttia. A.Ochrana-
- Kàuchetay. Le. Houille. 76 tiva, feu Sil goflarienfis. Ocre rouge. 103*
- eorj a terrejlris. Maltha. Bitumen fegne .crajfum , Kul. Danois. Kohlen. Kohl. G. Voy. Charbon de nigrum. TeufFels dreck. G. Stercus diaboli. Pix terre.
- montana. 25. Voyei Huile végétale , TabU Kuppffer. G. Koper. B. Copper. An. Cuprum. des Matières. Voye^ Cuivre. Ertz. Pyrite. 20. Grun. Koper
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-
-
-
- 188 DU C H A RB O
- roest. Spaans groen. B. Verdet. 139. Hiec-ken. 12y. Steyn. MarçhaJJîta Capparofa. Pyrite. 109
- Kysel , oder kysel stein. G. Feur stein. ke-
- gel. Silex. 47. 117.120
- Kysling. [Eyn] G. ibid.
- L
- Lamb. An. Charbon. 107
- Laousa. Oc. Ardoife.
- Laousil. Occ. Ardoife tendre & friable. 173
- Lapides Borbori. Keyfchlag. G. Pierres d’argille.
- Pierres de dielle. 48. 118. 126
- Lapideum ( Lilium ). Encrinus. Pierre de lys. 171 Lapis acerofus. Lapis corneus. Hornftein. G. Saod
- ften. Hornoberg. 120
- Lapis œrarius. MarcaJJita Capparofa. Pyrites. 109, Arenofus latericei ferè coloris. 132. Belemnites. Be-lemniti. Lapides lyncis. 117. Cementarius. Pierre à bâtir. Navacelle. 91. Corneus. Saxum cornutum. Lapis acerofus. 120. Engraphus. Lithomorphus.Voy. Krauter abdruken. Felinus, qui ferro attrîtus urinamfelium redolet. 118. 127. FiJJilis. SciJJilis. Schifli fpecies, Voye\ Ardoise. Hcematites. Ferret d’Efpagne. Pierre fanguine. $6. Hibernus. Tegula Hibernica. 16. 132. Igniarius. 20. Ignifer. ibid. Knauft. Knaur. Knavel. Bruéhftein. G. 119. Lucis. Vuur fteen. B. Fever ftein. G. Fire ftone. An. Pierre à feu. Pierre à fufil. Mondique. 20. Lyncis. DaBylus Idæus. Belemnites. Thunder bolts, vulgb. An. Luchs ftein. G. Los fteen. Lochs fteen. B. 117. Obfidianus.Verre Obftdien. Pierre d’Ethiopie. 17. 104. Pyrites. Ignifer. Igniarius. Voye\ Pyrite. Sardius five Carneo-lus Boet. Cornelian. An. Cornaline. 120. Schi-tus folidus. y O. Voye\ Fis si lis folidus. Scifi filis. Ardejia. Slate ley. An. Ardoife. 118. Spa-thaceus. Stannifer. 116. Specularis. Glacies Mariez. Selenites. 3 6. Stannifer. Spathaceus. 116. Suillus. 23.132. Târaduj.Thracianftone, An. Thracier-fe fteen. G. Pierre de Thrace. 17
- Lateritia ( Argilla ). TeJjularis,feuFigulorum. 46 Lateritia Terra. Ziegel.G. 117
- Lauz. Occ. .Tajlk-haell, Su, Rocher talqueux.
- *31
- Lave de Voîcân. Grez bleu.
- Lead. An. Bley. G. Lood. B. Plumbum ojficina-rum. Plomb. ' 108. Black vads. Nigrica fabrilis. Craie noire. 16* 169
- Leim. G. Leimen. Argilla. Voyez Limus. Leimen. Leim. G. ibid.
- Lera. Su. Jordarter. Su. Letten. G. Clay. An.
- Kley. B. Argilla. Bolus. 44. 46. 92. 131. *4° Letten. G. Terre onftueufe, ténace. Argille. Limon. 44. 49. 117. Schmitz. Argille bleue.
- 128
- Leu c argilla. Plinii. Killoia molliufceda. Terre à pipe. Argilla Fifiularis. 46. 49* l3If I33 Levendige. Zwafel, Solpher. B. Soufre. Voy.
- 21. 108
- Ley. B. Slate. Shiver. An. Skifer. Su. Schief-fer. G. Ar défia. Ardoife. yo. y4, 94*95* IS3 Lignum bituminofum fojjîle. Stenhærdadt. Su.
- Holtz kohlen.G. 7*9*149
- Lilium lapideum. Encrinus. Encrinite. Pierre de lys. 171
- Lime. An. Chaux. Voye\ Clay. Mud. An. Limon. Voyez Limus.
- Lime *coal. An. Charbon pour cuire la chaux. 101. Stone. Lyas. An. 102. 114* Zech ftein.
- N DE TERRE
- G. Kalck steen. B. Pierre à chaux. 47. ï02;
- } *4* *32.
- Limmer ( Grang). Week fteen. G. Greis geftein.
- G. Weth Stone. An. yi.132.13$
- Limon. Argille. Limus. Letten. G. Mylla. Su.
- Dy. G. 46. 1 jy
- Limus. Mylla. Dy. Letten. Leim. Leimen. G.
- Limon. Argille. . ibid.
- Liusgrao jaern malm. Su. Minera ferri grifea. Voyeq Mine de Fer.
- Lys , ( Pierre de ). Encrinite. Encrinus. Liliumla-pideum. - 171!
- Lithanthramas. Anthramas. Lithanthrax. Voye\ Charbon de Terre*
- Lithanthrax , feu Carbo fojjilis. I. Aluminaris. 23. Durior ,fordidè nigrefeens. Scoth coal. Charbon dTcoiïe. 114. Durior. Schifius carbonarius. Charbon foftïle dur, ou Charbon de pierre. Fifi filis hituminofus. Bitumen lapide fijjili mineralifa« tum. Charbon foiïile. 3. 70. Fragilior. Waller. 70. Heliotropia. 100. 149. Lucidafriabilis. Charbon de Newcaftîe. m. Lucida durior. Charbon de Galles. H2.Sterïlis .nigra. fquammofa. Schifius niger. 94. Variegata. Heliotropia. 100. 149. Vitriolica. 24. 2 y y
- Lithomorphus. Engraphus lapis. Gemaachlt ftein.
- Voyeq Krauter abdrucken.
- Lithotomi cavitate latente donati. Ætites. Eagle ftone. An. Arend ftein. B. Pierre d'aigle. 138 Loam. Malm. An. Terra mifcella. Malm. Su.
- Minera. 93. 99. 10ij
- Lochen. G. Subftance argilîeufe feuilletée. 117.
- i2y
- Lood, B. Lead, An. Bley. G. Plumbum officina« rum. Voy. Lead. 108
- Loes skifver. G. FiJJilis friabilis. 70
- Losteen. Lochsteen. B. Lapis lyncis. Thunder bolts vulgb. An. Voyeq Belemnite.
- Luch stein. G. Albschos. Pierre de lynx. Bé-lemnite.
- Lumber stone ( WHITE ). An. Cimolia alba. Ta-baco Pipe Clay. 46. 97. 133
- Lumière ( Pierre de ). 20. 117
- Lutra C. Sten marga. G. Sijoe skum. Su. Marga.
- ojficinarum. 43. 48
- Lyas. An. Chaux. Pierre à chaux. Lime stone.
- 47. 102. 114
- Lym [joden. ] Common foftil pitch, Piftaphalte;
- ï8. 27
- Lyncis lapis. Voyeq Belemnite.
- Lytos pyrites. Voyei Pyrite,
- M
- Maye ( BLANKE ). Grife Maye. Adatlïe Maye. Vraie Maye. Marie. Craie. 46. Faufle. Bifmaye. ibid. Vraie. Voye\ Blanke Maye.
- Main coal. An. Veine maîtrefle, principale , capitale. 53. 73. 107
- Malm. Su. Minera. Loarn. Malm. An. Terra mifcella. * 93.99. 101
- Maltha. Kedria terrefiris. Bitumen fegne , crajjum, nigrum. Teuffels dreck. G.Stercus diaboli. Poix minérale. Pix montana. 25. 106. Voyeq Huile végétale , Table des Matières.
- Marbre. An. Marble. G. Marmer. B. Marmel fteen G. Marmor. 138. Bleu dur, 132. Imparfait. Zeck ftein. G. Pierre molle. Noir. Tufebe. 118. Pierre à chaux grife. Kalk. G. Marmor rude. 47. 114. 116. 127. 132
- Marçasite arborescent. An. io8. i 68
- Marchasixer.
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-
-
-
- ET DE SES MINES.
- 89
- Ma Rr HÀ ST TER. Su. Marcafîte. An. Marchajîta.
- Marcaftite. 105. 107. Capparofa. Voyez Pyrite. Marchassite. Mine morte. 103. Bouxture. 83 Maréchaux ( Charbon de ). Schmit kohlen. G.
- Flommel. # I][6
- jMarga officin. Lutra. Stein marck. G. Sjoe skum.
- Su. Marna. Marie. 43. 48
- Margel. G. Mergel. Su. Voyez Marne.
- Marien- glas. G. Glacies Marice. 3 5. iyi. Voyez Talc.
- Marin ( Sel ) , ou commun. Maria fojjilis. 24. 29 Marl. Clay. An. Marie. Argiîle Marga. 46. 92 Marle. Marga. 46. 47. Bleue. 146. Kraw. Le. 49. yy. A boulets. 146. Chalky clay. An. Marne crétacée. 46. Clay-Marl. An. 92. Cowshot. An. 93. Foibie. 92. Paper marl. An. marl. An. ibid. En groffes pierres. Tenant plomb. 148. Sto-ne-Marl. Steel marl. Flag marl. An. 92
- Marmel steen. Sparkalck. G. Marbre. 138
- Ma ÆjfOÆ.Spar kalck.i 15 .Alabaflrites.Gypte blanc. 161. Fugax, Gyps. Pierre à plâtre. 127. Met al-licum. il y. Rude Linnœi. Calcarius lapis. Saxum calcarium. Pierre à chaux. 3 6.47.114.116.127.
- 132.138
- Marne. Marge!.G. 5*2.ilfârmz. 43.47.49.92.117. 133. 1 <5(5. Moulme. 166. D’Acier. Marne dure. Steel marl. An. 92. Blanchâtre. Propre à en-graiffer les terres. Chalky marl. Chalky clay. An. 46. Bleue foncée. i03.Coquilliere.9. Crétacée. Chalky marl. Chaky clay. 46. 92. Douce. Gubbing. An. 93. 107. Feuilletée. Clunch. An. io<5. A Foulon. 131. Jaunâtre. 102.Noire. 103. 118. Savonneufe. 103. Cowshot clay. An. 93
- Marneuse. Pierre. 48. 118. Terre. 140
- Marquer ( Pierre à ). Kannel coaî. An. Ampelis. 16. 109. Crayon. Ardoife charbonneufe. Voyez Schijtus carbonarius. 96. Voyez Ardoife charbon-neuie.
- Marrons,Ferrugineux. i29.Mine de Fer par. 128. De grez. Ferrugineux. 129. Pyriteux. 93.123. De terre calcaire. 126. Rougemort. 128
- Martiale. Ocre. 47. Pyrite. 20. Schifte. yy.
- Terre. Awftere. Le. 46. Vitriol. 15 y
- Masse Pyriteuse. 94. Téton du Diable. Devils Pap. An. 109
- Medulla jluida. Guhr. Ert Safft. G. 26
- Medusæ (Caput.) 171
- Meliwer ek. Mine de Fer. Voyez Minera Ferri. Merge inn. de steen. B. 33
- Mergel. Su. Marne. 117. Le. Sable. 43. y2 Métal. Metaller. Su. Demi. 138. Parfait. 140 Métallique. Cadmie. Voyez Calamine. 138, Cobalt. Cobaltum. Cadmia Vitri cærulei. Zaffir. G. 128. Demi. 138. Pierre. 108. 109. Schifte. 118. 128. Subftance. 138
- Meules à aiguifer. Grind flone. Weth ftone. An. Greis geftein. Week fteen. Gang limmer. Schleifl Stein G. yi. 132. 136. iy2 Voyez Grez. Meuliere. (Pierre.) Lapis molaris. Molen fteen. B. Mica. Terra micans. Su. Skimmer. 21. yr. 73. Blanc. Argent de chat. ibid. Jaune. Or de chat. Argyrites Kundmanni. ibid. Ferrugineux. 128 Micacée. Pierre. y2
- 128. Dilatée. 126. Minéralifée. en Rôche. Mine de Fer. 94. Ek meliwer. Gedigen eifen. G. Roth ertze. 119. Grifc-dure. ou Banc gris. Dun row. An. Iron Stone. An. Voyez Can-noc. 106. Par marrons. 128. Noirâtre & pleine de points brillants. Minera Ferri nigricans, punêlulis micans. Gublin iron stone. An. 106. A tuyau. ioy"
- Mine morte , ftérile. 72. Par dépôt, par cou-; ehes. 53. De Plomb. 128. Vierge, Voyez Charbon puceau. 74
- Minera.Su. Malm. Mynen.B. Grube.G. F.Mine. Minera Ferri grifea, pun6tulis micans, Mine de Fer cendrée. ioy
- Minera Ferri nigricans. Mine de Fer noirâtre, grainelée. ioy. Lamellofa. 106. Martis folaris HaJJia. Globuli pyritacei nigricantes. 132. Nigricans , punâlulis micans. Gublin iron fton. An. 106, Saxea. 139
- Minera Zinci terrea. Voy. Calamine. 43. 89. 132.
- 133
- Minerais de Plomb. Hi. Saroche. iyy
- Minéral. Fontaine,fource.29.ignoble, 83. Plant. Branched cîif. Thorny clif. Arborélcent Mar-cafite. An. Krauter abdrucken. G. Phytotypo-lithe. Caillou fleuri. 100. 108. 112.129. 133. 168. Poix. Maltha. Stercus diaboli. Teuffels dreck. G. Kedria terrejlris. Bitumen fegne , craJJ'um , ni-grum, 23.106. Voy.HuiLE végétale, Table des Matières. 179. Vapeur. 32. Suc minéral. Ert. Safft. G. 26
- Miseella Terra. Malm. Loam. An. Marne 93.
- 99. lQIj
- Misspickel. Missputl. Su.Arfenicum Pyriticojum.
- Pyrite Arfenicale. 139
- Missputl. Misspickel. Su. ibid.
- Mittel berg. G. Roche moyenne. 127. Schief-fer. G. Ardoile moyenne. 127
- Moindre ( Pierre ). Le. 51. 52
- Molaris Lapis. Molen fteen. B. Grinde ftone, Mill-Stone* Weth ftone. An. Cos aquaticus. Pierre meuliere. Moullace iy2. Voyez Grez. Molen steen. B. Pierre de meule. ibid.
- Mollasse. Pierre pourrie. Faule G. wratch.
- Rotten Stone. An. y 1.106. 123
- Molybdena. Wafler bley. Reiff bley. G. Plumbum feriptorium. Bîeyertz. G. Su. y y*
- Mom. Su. Sugftein. Keiztem. Topfftein. Su. G.
- Bimm-Stein. Porus. Tofus. Pumex. 102. 119. 127 Momie végétale. Terre d’ombre. Terra limbria.
- Creta Umbria, 46. 89. 131
- Monoïque. Mundick. An. Fever-Stein. Vu us steen. B. Pyrite. 20. 94. 109. 132
- Montanum (Sal.) SalfoJJile. Sal gemmæ. Sel gemme. 2yr
- Mort fin. Zarte todte.G. Roche. 128. Rouge.
- 129
- Morte ( Mine ). ou ftérile. 72. Marchaiïite. 83 103. Pierre. yi
- Morzel steen. G. Sand stone. An. Saxum are-narium. Grez ordinaire. 93. Voyez Grez. MotlherBistus. 21
- Mould. An. Red Thruptomiêlhes. Truptomichthes nigra. Hill. 103
- Micans ( Terra. ) Mica. Schimmer. G. 20. y 1. 93 Moullace. Voyez P^rre de Meule.
- Midrow, ( Grains. ) Minera Ferri grifea, pun5lulis Moulme. MergelmSu. Marna. 117- Le. Sable.
- micans. Mine de fer cendrée. 109 43* f2
- Mine. Su. Malm. Mynen. B. Minera. D’Antimoi- Moulme, partie terreufe, grade, marneufe, fouvent ne folicle. 161. De Charbon. Indes noires. 91. feuilletée, des filons de Mine. V. Terra mifcella. De Cuivre , en ardoife. Ardoife cuivreufe. Cu- Mud. An. Mylla. Su. Dy. Su. Limon. Voyez Li* prum in lapidefcijjili. 139. De cuivre très-pure. mus.
- Charbon de Terre. / B b b
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-
-
- ipo
- DU CHARBON DE TERRE
- Mûri a (FoJJilis). Sel commun. 24. 25'. Foffitis pura. Sel gemme. 2 y
- Mylla. Su. Dy. Su. Mud. An. Limus. 45. 117 Mynen. B. Malm, Su. Grube. G. Minera. Mine. Ko per. B. De Cuivre
- N
- Naphte. Naphta. Bitumen. 25*. Fbjye? Pétrole. Natif ( Argent ). Gediget silfver. Su. 139 Navacelle. cementarius. Pierre à bâtir. 91 Nzgrzca. Creta nigra. Creta fuliginea. FiJJilis molli or ,friabilis , piftorius. 16. Fabrilis. Plumbum ni-grum officinarum. Maffia nigra, pnigyttm refe-renda. Craie noire. Black lead An. Plomb à crayon. 91
- Nitrum. ( Sal. ) Berk Saltz G. Salpêtre. 27. 148 Nœuds. Drusen. G. y 7. 83. 103
- Noire ( Marne ). 103.118. Pierre. Ampelitis. /4m* pelitides. i6. ioy
- Noueux ( Schifte ) Drufen fchifteux. 5*7. V.Drufa»
- O
- Obirfaule. G. Pierre calcaire. 127. Foye^Faule. Obsidien. (Verre. ) Pierre d'Ethiopie. Pierre Ob-fidienne. Lapis Obfiàïanus. 16. 17. 104
- Ocher. An. Ockra. Su. Gyttia. B. Ocra. 47
- Ockra.Su. Oker.Gelb berg.G. Gyttia.B .Ocra. ibid. Oc ra Aldrovandi. Gyttia. ibid.
- Ocra nigra. Zwart kryt. B. Schwartz Kreyde. G. Nigricafabrilis. Craie noire. i6* i$6. Rouge. Terre Perfique. Terra Perjîca. Rouge Indien. 103. Sulphureufe. 161
- Ocreuse (Argille ). 138 166
- Oehl erd. G. Voye\ Pétrole.
- Oehl stein. G. ibid.
- Oker. G. Gelb berg. G. Ocher. An. Ockra. Su. Gyttia. B. Ocre. 47. Gilb. Gilb erd. G. 47. Yel-low. G. Rubrique. ibid.
- Oïl of petre. An. Rock oil. Steen oly. Peter oly. B. Naphte, Pétrole. 2p. 29.42
- Oly (petir.) G. ibid,
- Oly (steen.) B. Pétrole. ibid.
- Ombre ( Terre d’). Momie végétale. 46. 89. 131 Opaque. Pierre de roche opaque noire. 120 Opp 1 anus (Lapis.) Objidianus. Voye\ Pierre Obsidienne.
- Or. Guld. Su. Gold. G. Gold. An. Goud. B. Aurum. 116. Mine d’Or. gold grube. G. n5. De çhat. Mica jaune. Argyrites Kundmanni.
- ni
- Orstin. Su.Wolf stein. G,LapisSuillus. 23.132
- Pacos. Hi. Minerais vert tenant cuivre. Pangitis Strabonis, Gagathes & Succinum nigrum officinarum. 16
- Paon ( Queue de , Veine de ). Peacok vein.
- Peaw Vein. An. 20.100.108. 149
- Pap.( Devils.) Pyrite cuivreufe, 109
- Paper marl. An. 92
- Parfait (métal.) 140
- Peat Marl. Twing Marl. An. 92
- Parutt coal. Sc. y
- Paving stone. Penant. An. 94. 102
- Pebble stone. Pibble. An. Caillou. V. Caillou. PtcH stein kohlen. Pech Kohlen. G. Charbon de poix Charbon bitumineux dur. 124
- Pech, G. Pitch. Tar. An. Poix. Bitume. 2y. 11 y.
- Voye\ Bitume. Kholen. G. Charbon de poix.
- i. 124
- Pege. Afi. Poix liquide. 25
- Pelotte. Roches en pelottes. Pierres pelotonnées. Pierres en marrons Lapides Knaufi. y 1.94 Penant. PavinGstone. An. Pierre à paver. 94.
- 102
- Perroquet ( Charbon ). Parott coal. Sc. . S Psrsica ( Terra.) Terre Perfique. Rouge Indien*
- 103
- Pestilentielle ( Vapeur).Fowl Air. An. 33, Peter oly. B. Voye\ Pétrole.
- P etr a mixta. Saxum mixtum. Su. Graoften. 120 Pétrifié ( Bois ). ^ 117
- Pétrole. Oil of petre. Rock oil. An. Steen oly* B* Oleum Petræ. 2y. 29. 42. Liquide. Pege. Ar. 25
- Peteroly. B. Rock oil.An. Naphta. Pétrole. 2y.
- 29. 42
- Petrosilex. Achates immatura. Whern. chert.AN* 94. Opacus niger. 120
- Peyra. (Charbon.) iyo
- Pfeiffer thon. G. Leucargilla Plinii. Argilla fiftu• laris. Terre à pipe. 45. 49. 131. 133
- Pharmacitzs. Terra Ampelitis. Terre à vigne.
- i5. ioy. 142. 143. Pied ( Charbon de ). 100
- Phytobiblion. 112. 168
- Phyto mokphyse. Phyto Morphus. Lapis engra-pkus. Gemalte. 172
- Phytotypolithe. 112. 168
- Pick. Pitch. An. Pech. G. Poix. Kohl. G. Charbon de poix. 3, 70. 124. 148
- Pierre. Roc. Stein. Stein fels. G. Klyft. Su. Clifft. Cliff. Rock. An. y i. yy. 119. V. Marl-Stone. D’aigle. 138. D’aigle bâtarde. Geodes. ibid. A aiguifer. Weth ftone. An. yi. 132. 135. A feu. 20. D’Agathe noire. Schwartzer agat ftein, Aid ftein. G. Voye\ Gagathes. D’ardoife. Slate ftone. An. 108. 109. D’ardoife noire. Schiftus terreflris niger , carbonarius. Black baft. An. 109. D’argilie. Kleyfchlag. G. 125. Argil-leufe. 118. ï2y. Couverture du charbon. i2y. 127. 129. A bâtir. Navacelle. Lapis cementarius, 91. Bitumineufe. Fiffe. Oc. 153. Blanche. 112. Bleue. 109. Calaminaire. 36. 43. 132. 138. Calcaire.92.12y. Ober faule. G. 43. 119. Charbon de. Stein kohlen. G. 70. 76. 124. A chaux commune. Zech ,ftein. Kalck fteen.* G. Lime ftone. An. 47. 114. ny. 116. 127. 132. Cornée. Hornftein. G. 120. 128. 129. Couleur de foye. 129. Cubique. 126. De Dielle. Lapides borbori. 48. Effleurie. Morte. Utvittrad. Su. yi. D’Ethiopie. Pierre Obfidienne. 17. Fauflfe. Bouzin. Bourfin. Bouftin. Le. Craw. Kraw. 49. De Fer en grenailles. Iron ftone. An. ioy. Ferrugineufe. 128. Feuilletée. Lapis Jiffilis. 118. Ardoife grife. Toit. 127. Noire. 15. Hornftein. Hornfchlag. G. 129. De Fiein. Flint. An. Flinta. Su. Silex. 47. 94. A fufil. Aubefou. Oc. 47. De grez, 131.]7oy*% Grez. Grife. 104. Roche grife. Saxum commune grifeum. 120. Gri-fe-puante. 125*. 127. Gypfeule, ou de gypfe. 127. Voye% Gvtse. Hématite. Bloed fteen. B. Blood ftone. An. Blut ftein. G. Hæmatites officinarum. Lapis hæmatites. y6. De Kneiflf. 118. De ly nx. Lofteen, Su. Lochfteen. Luchftein G. Thunder bolts , An. vulgb Pierre de lynx. 117. De lis. Encrinite. Encrinus. Lilium lapi-deum. 171. De lumière. Bélemnite. Albfchos. Luchftein. G. Pierre de lynx. 117. Marneufe
- t
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- ET D E SES MINES.
- ou argilleufe. Kley fchlag. Tonifchte ftein. G. 487118. A marquer. Kannel coal. An. 4. c'c. Ampélîte. 16. 105*. Crayon. Ardoife charbonneufe. Schiftus carbonarius. 5? y. 96. Métallique bleue. 108. Meuliere. Moullace. Voy. Lapis molaris. Micacée, y2. Moindre, yo. yi. y2, Molle. Morte. Effleurie. Utvittrad. Su. yi. Noire. 16. Feuilletée. 127. Craie noire. Craie de fuie. Creta fuliginea. 16. Obfidienne. Gemma Samothracea. Lapis Objidianus. Verre Obfi-dien. Pierre d’Ethiopie. 104. A paver. Pa-ving ftone.Penanc.AN.(dans quelques endroits, on nomme ainfi les gros cailloux. ) 94. 102. A plâtre. Gypfum. 161. 127. Ponce. Pimp flen. Su. Keiftein. G. Pumex. Porus igneus lapidis lithanthracis. iy<5. de porc. Stink fteim Saw ftein. G. Ornfteen. Su. Lapis fuillus. 23. 152. Poreufe. 139. Pourrie. Rotten fto-11e. Wratch. An. 46. 106. 123. 131. Puante. 12J. 127. Voyez Pierre de porc 8c Pierre g use. i2y. De Roche opaquenoire. 120. Rou. ge. Gravier groftier. 128. De fable , ou pierre de taille. Frée ftone. An. Saod ften. Su. 98. 99-ioj.. 1 j2. 11 y» 121. 13 1. Sabîonneufe. Rogen Ucin G. Ammites. 93. 119. 130. 1^1. De Salière. De Saiindre. Rocher graveleux, yi. 164. De Saiindre. De fel. ibid. Sanguine. Voyez Pierre hématite. Schifteufe. 42. Schiftoïde. ibid. De Sel. De Saiindre. De Saliere. Rocher gra veleux. Quarelle. Coirelle. yi. 132.147. iy2. 164. Spéculaire. Talc. 93. De taille. De fable. Fr *e fton. An. 98. 99. 104. 112. 115. 121. Tendre. 49. De Thrace. Thracian ftone. An. Thracierce fteen. G. 17. De tuile. Tile ftone. An. Efpece de Grez. 96. 101. Vive. 49 Pierreux. Bois. 6. Couverture pierreufe des Veines. yo
- Pimp sten. Su. Keistein. G. Pumex. Pierre ponce.
- iy6
- Pipe (Terre à). Tabàco pipe clay. An. Ci-molia alba. Argilla Jiflularis. Leucargilla. 46. 9 y.
- I3It I33
- Pip lera. Su. Terre à pipe. ibid.
- Pi ssaphalte. Common foftil pitch. An. Joden Lym. B. Juden. Peck. G. ib. 27. 148
- Pissæleüm Indicum ojficin. Hill. Piftaphaîte. ibid. Pit coal. An. Charbon Foffile ou Charbon de mine. Stone coal. Charbon de pierre. 3. 105. 107. Voye% Coal.
- Pitch. Tar. An. Poix. Coal. An. Charbon de poix. 3. 12. 70. 124. Common foftile. Joden lym. B. Piftaphaîte. Jews Pitch. An. Bitume de Judée. Afphalte. 18
- Pix Montana. Afphaltum. Bitumen Judaicum. ibid. Plants An. (minérals. ) 104
- Plasticx. [ Argilla ] particulis fubtilioribus. 93 Plâtre. (Pierre à ). 127.161
- Plate. Mettel. Black bapt.An. ïi6. i2y.Caillou fleuri. 108. 109. 112
- Platy ophtalmon. SpiefT glalf, G. Spits glas. Su. Antimony. An. Stibium. Antimoine.161 Voy. F Errata pour la page 139.
- Plomb. An. Lead. Su. Bly. G. Bley. B. Lood. Plumbum. 108. 139. 148. Charbon contenant plomb. 108. Marne tenant plomb. Terra plum-baria alba. 148. Mine de plomb, ny. 128. iyy. De plomb favoneufe. 148. De plomb terreufe blanche. 148. Minerais de plomb. Hi. Sa-roche.
- Plumbum album. ( Stannum.) Voyez Plomb. Nigrum
- oJJicinarum,Nigricafabrilis,BLACKL^ADWAiûs,AN,
- *91
- 91. Particulis cubicis ,fragrtientis micantîbus. 148.
- Scriptorium. Molybdcena. ^y
- Pnzgythæs. ( Terra. ) B. Zwarte aerde. Terre noire. 16.91
- Poids. (Charbon de.) 3.147
- Poix.(Charbon) de. 3.12. Pitch coal. 3.12. 70. 124. Poix liquide. Voyez Pétrole. Poix minérale. Kedria. Maltha. Bitumen fegne. 2y
- Ponce. ( Pierre.) Keistein. G.Pimp steen. Su.
- Porus igneus lapidis lithantracis. Pumex. iy 6 Porc, (Pierre de.)SAW stfin. G. Lapis fuilllus. 23.
- 132. Voyez Pierre puante. Poreuse. ( Pierre) blanche. 139
- Porus. Tophus. Toff stein. Sug stein. Zei stein. G. Pumice ftone. An. i 19. Igneus lapidis lithantracis. Pumex. Voyez Pierre ponce. Potters clay. An. Terre grade Voyez Argille. Pouf. (Grez). 143. (Marbre.) ibid.
- Pourrie. (Grez) 105. 162. Pierre. An. Wracth. Rotten stone. 46. 106. 123. i3i.Quarel-le. Ha y 1. Terre. 46. Mine pourrie, eventée. Pouxture. Le. Petit nerf. 71
- P s eu do Galena. Stérile nigrum. Blende. 128 Puante.(Pierre.) 127.Voyez aujji Pierre de porc.
- Veine. An. Stinking yein 100. K* Schiftus. Puceau. ( Charbon.)-74. Mine vierge.
- Pumex. Keistein. G. Voyez Pierre fonce. Pure Houille. Le. 72
- Pyrimachus. Silex corneus. Pyrita Jiliceus. Pyrita Siliceus. Silex igniarius. Lapis corneus. Sa-xumeornutum. 47. Pyritacei (globuli). 132
- Pyrite. Kies.Vuur sTEiN.G.ÆrariMJ lapis. 20. 94. 83. 132. Aiumineufe. 35. Des ardoiles. yi. Arfénicale. 139. Cuivreuie. Devils pap. An. 109. En filon. Devils Pap. An. 109. Jaune. Pyrites flavus. 20. De foufre. Sulphureufe. Schweffel kies. G. 20.22. 129.126. i30.Vi-triolique. Atramenteufe. 36
- Pyriteux. Argille. 117. Charbon. 20. 117.129. *13- 1S5* 162. Marrons. 93. 123. Terre. 166
- Q
- Quarelle, Coireüe. Ha. Grez. Le. yi. 136.
- 147. 164. Pourrie. yi
- Quartz, Su. Kissll. yi
- Quaktzeux. Grez. 192. Roche, yi. Spath. Feld
- SPATH.
- Queux. Pierre Naxienne , Schleiff ftein. Voyez Cos. Quisse, Kiess. Kisse. G. 20
- R
- Rawach. G. Roche brute. Tuf dur. 119. 127 Read(1ndian.) An. Terra Perjica. Terre Perfique.
- 103
- REBHL.(Fiîon) qui change fa direction. F0jy.Roc.4y Réfractaire. Apyre, non caicinable. Harte.
- Gilbe. G. 49
- Reiss bley. Wasser bley. G. Plumbumferiptorium.
- Molybdcena. y f
- Résiné, terrestre , Minérale. 29. Voyez Table des Matières. Huile vegetale.
- Riefel stein. G. Wackeî ftein. G. Kegel. B.
- Flein. Flint. An. Silex. 47. 120
- Roc.kliff. Rock. An. Stein. Stein fels. G. 93. 119. Blanc. 126. Feuilleté, y 1. 128. Frag-mensde. An. Rubbish. oi. Gris. Grey.AN. 107. Noir. 106. Rebel, iauvage. 49. Sauvage » rebel. Whin. An. 94 Voyez Knaver.
- Roche. Argilleufe. danck bi rge. G. 129. Rouge mêlé. 126. Zarte toute. G. Mort fin. 128.
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-
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-
- 1^2
- DU CHARBON DE TE R R E
- Blanc, clair. 130. Argille grife durcie. Feuilletée. 127. Bleue. 128.Ardoife noire. 126. Brute. Vrai tuf. G. Raüxvack. 119* I27- De corne. 120. 128. 129. Cryftallifée. Shorl. G. 128. Entière. 61. Fendue. 62. Ferrugineufe. 125-. 128. Feuilletée. 128. 149. Grife. Pierre grile. 5axiim commune grifeum. 120. VpjqKNEiss. 118. Moyenne. 127. Placée fous la terre. Gemss. G. 119. En peloton, 31. 94. Knàur. i 19. Rouge. Zart.todte. G. 12(5. 128. Rougeâtre. 129. Ferrugineufe. 125".Sablonneufe,blanche.Couverture des charbons. 130. Sauvage. Whinrock. An. 94. Knaver. G. 119. Appellée aulfi quelquefois en général Gangue. Sourde. Sauvage. Knaver. G. Whin rock. An. 94. Stérile. Sourde. ibid. talqueufe. Lause. Occ. Talk haell. Su. 13 i. Thorny clift. An. 93. Verdâtre. Kneiss. G.
- 118
- Rocher. Graveleux. Pierre de Sel. Coirelle. yi.
- 132. 147. iy2. 164 Rock. Kliff. Stone. An. Stein fels. Stein. G. Roche. 93.119. Flins Stone. An. en peloton. 47. 94. 9S. Oïl. An. Pétrole. Saltz. Sal commune. Murïa. Whin. An. Roche lauvage. 47.
- 94.98
- Rogen stein. G. Pierre fablonneufe. Ammites. 93.
- 119. Couverture des Charbons. 130. Grez. 131 Roignons , de Mine ou extra filons.
- Rost. (Kofer.)Su. Verdi grife. An. Spaansgroen.
- B. Ærugo cens. Verdet. Verd de gris. 139 Rosette. (Cuivre de.) 139
- Rosy. Veine. Le. 87
- Roth ertze. G» Mine de Fer. 119
- Rothe Todte. G. Vrai Rouge mort.
- 12S
- Rother grober sand. G. Pierre fablonneufe groffiere. 93. 119
- Rother (klaerer) sand. G. 120
- Ro uge mort. Lit calcaire & argilleux. Appui des charbons. 128. 129
- Rouge.(Glaife.) 124, Indien. Terre Perfique. 103.
- Sable. 124. 127. 128
- Row. An. Banc continue. Suite. 107. Dwn.An. ibid. Row batt. An. ibid. White. An. Pierre ferrugineufe. ibid.
- Rubble.An. Décombres. 103. Iron flone.AN. 106 Rubbish. An. 94. 98
- Rubrique.Sil. Plinii.YELLOW oker. 6.47. 103.
- *3*
- Sable. Grus. Mergel. Flysand Su. sand. Su. An. Gravel. An. 46. 49. 52. Argilleux. Ferrugineux. 129. De Mer. 131. Pierre de, ou Pierre de taille, ibid. Rouge. 124. 127. 128. Groiïier. Rothen grober fand. G. 119
- Sablonneux. Grez. 129. Marie en grofTes pierres. Pierre. Rogen ftein. 93.119. 130. Roche. 122. Roche blanche. Couverture des charbons.
- 130
- Saf. (Grèz.) Le. 61
- Saffran de Mars. Crocus. Calx Martis. 77
- Sal. An. Sait. Sel. Ammoniac. Salmiack. 27. 91 Sal Gemmeus. Sal gemm. G.Rock fait. An. Gegra-ben faltz. Saltz ftein. G. Sal fojfile. Sal monta-num. Sal gemmee. ' 2$
- Salmiack. Ammoniac zout. B. Sel ammoniac.
- 2^- 9l
- Sal Nitrum Officin. Salpetra. Berck faltz. G. 27 Saliere. ( Pierre de.) 164
- Salindre. Pierre de. Rocher graveleux, ibid. Salpêtre. Salpeter. B. G. Saltz peue. Sal niter G.
- Hali nitrum. Schw. Salrpetre. An.' 27. 14g Salt. An. Zout. B. Saltz. G. Sel. 27. 148
- Saltz berck. Nitrum. 27. 148. Stein. Sal gemmee.
- SalfoJJîle. Sal montanum. 2j*
- Samothracea (Gemma.)Pierre d'Ethiopie. Pierre Obfidienne. 16. 104
- Sand. G. An. Fly sand. Su. Gravel. Mekgel. An. Arena. 45.49. 72. Klaerer rother. G. 120. Rothen grober. G. 119. Sten. Su. Lapis ace-rofus. Hornftein. G. 120.128. 129. Stone.Frée ftone. An. Saxum arenarium. 93. 98
- Sanguine. Voye% Pierre. Hemathite.
- Sardus. Sarda. Carneoius officinarum. Zardus. car-neool. B. Cornaline. 120
- Saroche. Hi. Minerais de plomb.
- Sauvage. Sourde. (Roche.) Knaver. 47. 94 Savonneux. Marne. 93. Plomb. 148. Terre. 133 Saw stein*. Su. Lapis Juillus. Pierre de porc. 23 Saxum. Su. Hafll. Klippa. Voye\ Roche. Arenarium. Sand ftone. An. Grez ordinaire. 93. Arenarium.Tophus diêlum. 9 3.11 ç.Calcarium. Mar-mor rude. Pierre à chaux. Voye\ Chaux. Commune grifeum. Pierre grife. Roche grife. 120.Cor-nutum. Lapis corneus. Silex cretaceus. 47. Mixtum. Petra mixta. 120. Petrofum arenaceo Jîliceum. Grez ordinaire. 93
- ScHallet. Schifle feuilleté. 171
- Scheurte. Su. Shorl. G. Corneus cryjiallifatus.
- ' 128
- Sci ieffer. G. Lapis JïJJilis. 118. Blave Geburge. Eipece d’ardoile bleuâtre. 123. Kohl. G. Fif-fûis carbonarius. 122. Mittel. G. Adoife moyenne. 71.127 Stein. Lapisfijjilis. 118.Stinck. 118 Schimmer. Su. Silber katzen. G. Mica. Terra micans. 21. y 1. 33
- Schiste. Su. Skifvfr. Faillie ardoife. Arjalêtre. Lapisfehiftusfolidus. 42. 43.70. Alumineux. 23. 33. 43. Bancs de. 73. 74.37. Bitumineux. 43. 96.118. Cuivreux. 127.139. Avec empreintes. 40. 36. 122. 96. Martial. 33. Noueux. 38. Sul-phureux. 43. Vmiolique. 43
- Schisteux. ( Charbon.) 133. Schisteuse. Pierre.
- ' 42
- Schistoide. Pierre. ibid.
- ScmsTus Aluminofus. FiJJîlis aluminaris. Alumen lapide jïjfili mineralifatum. 23. Carbonarius. 70. 97. 96. 109, 116. 123. Carbonarius cæruleo ci-mreus. Bind. An. Binde. Su. 96. 130. Fufco cinereus, lapis fætidus diclus. 118. Fufcus fragilis fœtidus. 118. Hœmatites. $6. Niger. Lithanthrax Jierilis. Nigra fquammofa. 94. Terrejiris niger carbonarius. Black baft. 109. 116. 123. Pierre d’ardoife noire, 130. Voye% Ardoise. Schlag(Kley). G. Efpece de pierre d'argille. 118 Schlag (horn.) Hornstein. G. Pierre de corne.
- 120. 128. 129
- Schleiff stein. G. Lapis naxius. Cos. Pierre à ai-guifer. Pierre Naxienne. Voyeq Cos.
- Schmitz (letten. ) Argille bleue. 128
- Schramberge. G. Charbon. 126
- Schuss ( uber.) G. Glaife durcie- 127
- Schwaden. Sax. Fouma. Le. Vapeur fuffocante.
- Srhwartz ert. Aàget stein Traciekce steen. G. Thracian stone. An. Thracius lapis. Piérre deThrace. 17. Bernstein. G. Gagas. Succin. 164. KREYDE.Ampelkide.Kojq; Craie noire. Crayon.
- Schwefel G. Brim ftone. An. Soufre. 20.21. 30. kohlen. G. Charbon de foufre* 124. kies. G Pyrite de foufre. 20. 125. 126. 130
- SCOTH
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-
- F
- et de ses mines.
- Sôhweiffig. G. Sulphureux. F.Charbon. Schifte. Schweins stein. G. ( Lapis ) fuillus. 23.132 Scissilis Lapis. Schifti fpecies. Voyez Schiste.
- Ardoise. Slate. Shale.
- Scoth coal. Limington coal. An. Charbon d’Ecoffe. Lithanthrax durior , fordide nigrefcens.
- 4. 113. 114
- Scrtptorium ( Plumbum. ) Molybdæna. 77
- Sea coal. An. Charbon de Newcaftle. Lithanthrax lucida friabilis. 3. ni
- Sel. B. Zout. An. Salt, G. Saltz. Ammoniac. 24. 2y. 91. Commun. Marin. Maria. 24. 27. Foftile. 27. Gemme. Rock fait. An. Saltz ftein. G. 2 J. De Glauber. 24. Marin. Sel commun. Muria. 24. 27. Sublimé. 91. Neutre. 22
- Selenite. Argyrolithos. Gipp salt. An. Lapis fpe-cularis. Glacialis. Spéculum AJïni. 21. 73. 117 Seleniteux. Gypfeux.(Spath.) 127. 126
- Metallum. Demi-métal. Half metaller. Su. 138
- Shale. shiver. Bass. An. Schieffer. G. Ley. B.
- Schiftus niger. 70. 74. 94.97. Fc>y, Ardoise. Sheep skin. An. 107
- Shelly. An. Coquillages. 111. 131
- Shells cockle. An. Coquille de Pétoncle. 131 Shiver. Shale. Slate. Bass. An. Voy. Ardoise. Shorl. G. Corneus cryflallifatus. 128
- Skaller sten. Su Ætites. Aquilinus lapis. 138
- Skifver. Su. Fijîlis. Voyez Ardoise. Schiste. Loes. F. FiJJilis friabilis.
- Skimmer. Su. Mica. 21. 71. 53
- Skin ( sheep. ) An. 107
- Skum (Sjoe. ) Su. Sten marga. lutra. Voy. Marle. Sjoe Skum. Sten marga. Marga. luira. Voyez Marle.
- Sil Gojlarienjîs. Kentm. Ochra nativa, Ochra offi-cinarum. Voyez Ocre. Ocra.
- Silber katzen. G. Argent de chat. Mica blanc. Argentea mica. Argyrites Kundmanni. Argentum felium. 21. 71. 73
- Silex. An. Flein. Flint. B. Kegel. G. Riefel stein. 47.120. F. Cretaceus. Lapis corneus. Ignia-rius. Cretaceus. Saxum cornutum. Pyrita Jîliceus. Petro - Silex. Achates immatwra.
- Whern chert. An. Pierre fufiliere. 94
- Silfver. Su. Silber. G.Sklver. An. Argentum. 139 Si lic eu s ( Pyrita ). F. Lapis corneus. Silex cretaceus.
- Silex igniarius. Pierre fufiliere.
- Si^te. An. Schieffer stein. G. Voy. Ardoise, Schiste. Irish. An. Tegula Hybernica. Lapis Hybernicus. 16. 132. Stone. An. Pierre d’ardoile.
- 108,. 109
- Slipper coal. An. 103.STONE. An. 107. (Tofp.)
- An. ibid.
- Slips coal. An. ibid.
- Smith coal. An. Charbon des Forgerons. 100 Smits kohlen. G. F. Charbon des Maréchaux. Solpher. Levendige zwafel. B. Brim stone.
- An. Swafvel. Su.Soufre. Sulfur. 20. 21. 108 Soufre. Sulfur. 20. 21. 108. Charbon de. 124. Fleur de. 108. Naturel. Levendige zwafel. G. 20. 22. 108. Pyrite de. 130. F, Sçhwefel. Soufreuse.‘( Houille.) 37
- Sources d’eau. 117. iyy
- Sourde. ( Roche.) Knaver. G. 119,
- Sousterrein (Follet.) 133. Voyeq Exhalaison, Table des Mat. Vapeur, ibid. Voy. Table des Mat. Spaans groen. Su. Vert Greece. An. Verd de
- 139
- Spansk grcsna. Verdet. ibid.
- Span grun. Verdet.
- Charbon de Terre.
- Spar. Spath. Fluor. Fluss. Spathum. Marmot metallicum. Drusen. G. (Kalck.) Gypfum. Voyez Gypse. Quartzeux* Feld spath. G* Séléniteux*
- 127. 126
- Spath. 127. 128. Gris ou blanchâtre. 120
- Spathacez ( Lapides)ftanniferi. Zinn Spath. Su.
- iî6
- Spathum. Calcareum. Alkalischer spath. Opa-cum friftione fœtidum. Pierre porc. 23
- Speculaire. ( Pierre. ) Spéculum AJini. Talc. 73 Voyez Selenite.
- Spéculum AJini. Voyez Talc. Selenite.
- Spiess glas. G. Spits glas. Su. Antimony, An. Platyophtalmon. Stibium. Antimoine. 89.161 S pi lu s. Spinus. Bitume folide. 17. 1.8
- Spin coal. An. 17. 18. 10^
- Spits glas. Su. Voyez Antimoine. * Splenty coax. An. Charbon d’Ecoffe. 117 Sprak HALLAN.Su.Arjaîêtre. Lapis fchijiusfolidus.yo Sprick halls. Su. Schijioides faxum. 42
- Springs coal. An. 107. ny. 153
- Stale Marle. AN. Marie pourrie. Steel Marli.
- An. Marne d’acier, ou dure. 92
- Stahnum. Plumbum album. Tenn. Su. Tinn. G.
- Tin. An. 116. 14Q
- Steen. B. Pierre. (Agaat.) B. Berg-wachs. G. Jet. An. 16. Voyez Jayet. Blood» Hæmatites. ytL Calament. Calamy. B. 43. 132. Chalcedoniec fteen. B. Chalcedony. An. Chalcédoine. 120. Kalck. Pierre à chaux. 47. 114. ii6. 127.132# ( Marmel ). B. Marbre. Marmor. 138. (Moler). Morzel.Free ftone. Sand ftone* An. Sand ftein. Zand fteen. G. Saxum arenarium. 93. Oly. F. Petrole. Hornftein. Pierre cornée. 120. 128, 129. Tracierfe. G. Tracian ftone. An. Lapis Thracius. 17. Week. G. Voyez Marbre imparfait, weth. Pierre à aiguifer. y 1. 132. 136. Voyez Meule. Zout. B. Sel gemme. 27. Stenhaer-dadt. Su. Holtz kohlen. G. Lignum bitumino-fum fojfile. 9, 149
- Steern Solen. Afterien. G. Etoile. 117
- Steganium nigrum , friabile , aluminofum , quod Lapis Hybernicus auBorum. Hill. Voyez Lapis Hybernicus.
- Stein. G. Pierre. (Adler.) Lapis ætites. Pierre d’aî-gle. Arend.Aquilinus lapis. 13 8. Born. Bernftein. Byrnftein. Gagates. io. Calk. 47. Calmen. Voy* Pierre calamine. 132. Gemahlte. Su. Lapis en-graphus. Lithomorphus. 172. Eifen. G. 1 ip.Fels. G. Hoc. ibid. Fiver. Kiefel. G. Pyrite. 20. Horn. G. Pierre cornée. 120. 128. Mart. G» il9. Riefel. G. Silex. 47 120. Rogen. G. 119. Sand. G. Grez. 119, 120. Schieffer. G. Vrai bitume. Schleiff. G. Cos. V. Pierre a aiguiser. Schwartzert Aagat. Lapis Thracius. 17. Toff. Mome. Su. Tofus. Tophus.Porus. 119. Fug-Zeiftein, Topff ftein. ibid. Wackel* G. Riefel ftein. Kegel B. flint. An, Silex. 47. 120.Weecks. Pierre molle. Marbre imparfait. Wolf. G. Or-ften. Su. Lapis fuillus 23. Zech. G. Kalk ftein. Pierre à chaux commune. 47. 127
- Stella Terræ. Talcus fojjilis. Talc. Su. 73
- Stenak mod. Aflyeck. F. Su. Phitotypolithe* Sten. Su.(Hardadt.)Su Lignum ituminofum fof-file. Kalck. G.F.Gyps*. salt. 2y Holtz kohlen. G. 9. 149. Kol. Su, Charbon de terre. Marga Su, Sjoe skum. Su. Voyez Marle. Sand. Su. Cos. Voyez Grez. Pierre a aiguiser. Stercus Diaboli.Teuffelsdkeck. G. Poix minérale.
- 72
- Stérile. ( Mine. ) ( Roche. ) Knaver. 94. 119
- C c c
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-
-
-
- xp4 DU CH A RB O
- Stern solen. Asterien. G. Etoile. 117
- SriBiuM. Platyophtalmon. Antimoine. 89
- Stink stein. G. Lapis fuillus. 23
- Stinking Vein. An. Veine puante 17.100. Flairante Vonne. Le. # 84,
- Stone, An. Blood. Hématite, y 5. Brim, An. Solpher. B. 20. 21. Càlaminar. 132, Can-noc iron. An. 106. Coal. An. Charbon de pierre. 3. ioy, 107. Pit coal. Charbon demi-ne. 3. 10j. 107. Eagle. An. Ætites lapis. Voy. Pierre d'aigle. Bâtarde. Geodés. 138. Pire. Peldon, An. Voye%Verrata. Flins, Rock, Roc. 93. Frié. Sand stone. An. Pierre de fable. Pierre de taille, 93. V. Verrata pour la pag. 93. Güblin iron. An. Minera ferri nigricans, punc-tulis micans. 106. Ikon. An. Pierre de Fer en grenailles. 105. Lime. Pierre à chaux. 47, 114. 115.127. 132. Lumbbr (whit.) An. Ci-molïa alba. Terra iluana. Terre à pipe. 9p. 131. 133. Marie. 92. An. Paving. Penant. 94. 102. Voyez Pierre a paver. Pebble. Pibble. An. Caillou. Rotten. wratch. Pierre pourrie. io5.13 i.Rubbleiron. An. io5. Sand stone. An. Sand stein. Zand steen. Morzel stein. B. Saxum arenaceum. 93. Slate. An. Pierre dardoife. Voyez Ardoise. Slipper. An. 107. Thracian. An. Thracierse steen. 17. Tile. An. Pierre de tuile. 96.101. Wett. An. Vàetje «ten* Su. Pierre à aiguifer.107, Ware. An. V. Flint,
- Stony arable. An» Tuf Pierreux labourable. 102 Strié (Gypfe blanc ). Pierre à plâtre. Âlabaftri• tes. Marmor Agricole. 161
- Sucernum. 18. 140. Nigrum. Ampélite. i5. Ni-grum officinarum. i5. 17
- Suillus ( Lapis. ) Ornsten. Wolfstein. Su.
- Stink stein. G. 23
- Sulphur. Brim stone. An. Swàfvel. Su.Sol-pher. B. Soufre. 20. 21. 108
- SuLPHUREUx.(Charbon.) 22. 79. 80.124. Pyrite. Schweffelkies.G. 20. 22. 123. 126. 130. Terre, Blandning. Su. 43
- Swafvel. Su. Levendige zwavel. Solpher. B. Brim ftone. An.Sulphur. Soufre. 20,21. 108. Blandning. Su. Terrafulphurea. 43.166
- Swart Mylla. B. Tamm erde. G. Mould. An.
- Humus. 45*. 117
- Swart Grae, jarn MALM. Su. Minera ferri nigricans. 109
- Swartz steen ofaard. Ampelitis. i5
- T
- Tabaco-Pipe clay. An. Argilla Jiftularis. Leu-cargilla. Cimolia alba. Terre à pipe. 45. 9 J. 131.
- *33
- Table-Batt. An. 10 5. 107
- 3Tage kohlen. G. Day Coal. An. Charbon de jour. 12
- (Taille. ( Pierre de. ) ou Pierre de fable. Frée ftone. An. 93. K. Verrata pour la pag. 93. vTalc. Argyrodamas. Talgeften. Pierre fpéculaire. Talcum. Talcus fojjilis. Talcum, aliàs Stella terra.
- J?'
- .Talgesten. Huit talck. Su. Talc. ibid.
- lTalk haell. Su. Saxum talciferrum. Laufe. Oc.
- ibid.
- Xalqdeuse. ( Pierre.) (Roche. ) Talk haell. Su.
- Lauze. Oc. 131. Terre. 48
- ,Tamm erde. G. Mould. An. Voy. Humus. Terre franche.
- Tarninge ler, Kruk^aiur ler. Su. Argilla
- N DE TERRE
- tejjularis. , 4^
- Tegula Hybernica. Irish shlate. An. Lapis Hy-bernus. Pierre d'Irlande. 16. 132.V. Steganium. Telle musgheln. G. Tellenite. 117
- Tenn. Su. Tin. Pewter. An.Tinn. G. Stannum.
- Plumbum candidum. Etain. n5. 140
- Teroülle. Thiroulle. 71. Voyez la Table des Matières.
- Terra. Aerd. B. Erde. Erden G. Earth. An. Jord. Su, Aluminaris. Alun jord. Su. 23.149* Airipe-litis. Pharmacitis.Terrc à vigne. i5. ioy. Argen-taria. Cimolia alba. Tabaco pipe clay. An. Terre cimolée. 46. 131. 133. Bituminof,a fiffilis. Am« pelite. i5. Fille, 13*3. Calcaria. Creta. Craie. V, ces deux mots : Iluana. Cimolia alba. Terre à pipe.
- 45. 131. 133. Lateritia. Ziegel erde. G. 117. Micans. Voyez Mica. Loam. An. Mifcella. On pourroit lui comparer cette partie que dans les Mines de.France on appelle Moulme, dont la couleur varie fuivant les métaux qu'elle renferme. 93. Perjica, Indian red. An. Rouge Indien. Terre Periique. 103. Pharmacitis. Ampelitis. V; Pierre a marquer & Pierre noire. Plum-baria alba. Marne tenant plomb. 148. Pnigytes Aldrovandi. Zwarte aerde. G. Black earth. An. Terre noire. i5. io5. Umbra. Creta umbria. Momie végétale, iy, 89. Vegetabilis. Swart Mylla. B. Tamm erde. G. Mould. An. V.Humus.
- Terre.45*. Abforbante. 43. Alumineufe. 23.149# Ampelite. Médicamenteufe. Terre à vigne. Ampelites. 113. 109. Argilleufe. 131. Bleue. 102. 14,5. Bolaire. 131. A brique, ibid, Caiami-naire. Calmaje jord. Su. Voy. Calmesen : Coal. De ( Charbon ). Steen kohlen. Kohl. G. Charbon d'Eubfe. Charbonnière. Cimolée. White lumber ftone. An .Cimolia alba. 4 5. 131. 133. De Cologne. Voy. Terre D’oMBp. Combufti-fcle. i6y. Durcie. 117. A Foulon. 131. A fayence. Argilla tejfularis. 46. A pipe. Argillafif tularis. ibid. Voy. Terre cimolée. Flenniere. 47. Glaife , ou glaifeufe. 47. Graffe. Argille. Potters clay. An. Argilla lateritia. Terre à brique. Brïckiln clay. An. Voy. Clay. Letten. Gypfeufe. j 27* Marneufe. Lera. 140. Martiale.
- 46. Médicamenteufe. Ampelitis. Turf a montana Terre à vigne. 15. Noire. 133. Voy. Ampe-litis. Voyez Pnigytes. D’ocre , ocreufe. 47. D'ombre, tendre, Momie végétale. 89. Per-lîque. Rouge Indien. Terra Perjica. 103. A pigp. Terre de fayence. Cimolia alba. 131. 133. A Pottiers. Voyez Argille. Clay. Pourrie. 46. Pyriteufe. i55. Savonneufe noire. 133. Sul-phureufe. Blandning. Su. 43. i55. A vigne. Terre médicamenteufe. Pharmacitis. Ampelitis. Turf a montana. 16. Vitriolique noire. 166. 167
- Terreux. (Charbon.) 74.81
- Teston du Diable. Devins pap. Witch's pap. An.
- tefton de Sorcière. CalTe. Mâche fer. 109 Teuffels dreck. G. Stercus Diaboli. Maltha. Ke-dria terreflris. Poix minérale. Voy. Kedria. Thiroulle. Téroulle. Le. Houille morte. Le.
- 4i*8i. 134. 163. Voyez h* Table des Matières• Thon. G. Argilla. 117. Voy. Argille.
- Thon erden. G. Leimen. G. Glaife. Terre ar-gilleufe. ibid.
- Thonischti stein, G. Lapis argillofa. ibid. Thorny cliff. An; 95
- Thundir bolts vulgb. An. Luchftein. G. Lof-teen. Lochfteen. B. Bélemnite. 117
- Thracius Lapis. Thracian ftone. An. Thracierce fteea, G. 17
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- et de ses mines.
- 19$
- Tsoptomichtes rubra. HilL Red Truptomic- 17. 100. Rock Vein, Veine qui touche la thés. Mould. An. 103 pierre.
- Tile stone. An. Pierre de tuile, grès-feuilleté , Voûté. ( Minerais ) ou Libre. Hisp, V. Minera
- ou ardoifé. $6* 101
- Tin. PeWter* An. Tinn. G. Tenn. Su. Stannum.
- Plumbum candidum. Etain. 116. 140
- Todte. (Whare Rothe.) G. 128. Vrai rouge mort.
- (Zarte.) G. Mort fin. 128
- Toff stein. Zeistein, Sug stein. G. Topkus parus, Pumice-ftone. Pumex. 119. 15 6
- Tofus* Tophus. Porus.Su. Mom. Tuf. Pierre cho-
- queufe.
- cumulata* Voyez aujji la Table des Matières. Vraie. Ardoife bleue avec empreintes. 122. Maye. Btanke Maye. Grife Maye. Adaille Maye. Marie. Craie. Le. 46. Rouge mort. Wahre Rothe todte. G. 128. Tuf. Roche brute. Rawack. G. 119. 127
- Vuur steen.Kies.G. Cafte. Mache-fer. V. Pyrite.
- w
- Toit. ( Charbon de.) Ou Toit des autres. Tage kohlen. G. DayCoal. An. 12. 70
- Tortay daille. Tortey del Dieille. Le. 48 Tourbillons. Whern. chert. An. Cailloux. 5)4 Tourteau de Derle. Tortey d’Aille. Le. 48 Trabneçh. Vernis minéral. 148. 131
- Trench vein. An. 102. 104
- Trouble. An. Embarras, obftacle. V. Krouffe. Krein. Klavais. Kou maille. Le. 57. 38. Failles, 39. Rubbles. Rubbishs. An. Gravas, gravois, platras, par comparaison avec les matériaux réfuîtants d’une démolition. 98. Voye z aujji la Table des Matières.
- Tuf. Su. MQm. Porus. 102. 119. 127
- Tuile. ( Pierre de. ) Tile ftone. An. Grez ardoifé , ou feuilleté. 96. 101
- T\ftng marle. Peat marle. An* 92
- Tusebe. Marbre noir. 118
- Tuyau (Mine de Fer à). 103
- .U .
- Uber schuss. G. Glaife durcie. 127
- *27 Wackil stein. Riefel lfein. G. Kegel. B. Flein.
- Flint. Silex. 47. 120
- Wads black lead. An. Nigrica fabrilis. Plomb à crayon. 19 V. Plumbum Scriptorium.
- Wahre Rothe todte. G. Vrai Rouge mort.128 Wasch ( Berg). Jayet. 16. 17. no
- Wasser bley. Reifsbley. Bleyert. G. Su. Plum-bum Scriptorium. Molybdena. SS
- Weeck stein. G. Pierre molle. Marbre imparfait. Wegweiser. G. Charbon de mauvaife efpece.
- 12y.Guide, garde du Charbon.Fiffe. 122. 1 y5 Weich stein kohlen. G. Charbon bitumineux tendre. 124
- Wet steen. G. Vaerje lien. Su. Wett-ftone. An.
- Voye% Pierre a aiguiser-Wherle. Whirle. Whin. Whern. Chert. Tourbillon. An. 94
- Whern. chert. An. Caillou. ibid.
- Whet ston. An. Vaetje ften. Su. Pierre à aigui-fer. 107
- Witch's pap. V. tefton de Sorcière.
- White clunch. An. 106. 107. Row. An. ioy Vmbra. (Terra.) Momie végétale. Terre d’ombre. Whin. Rock. An. Roche fauvage. 4y. 94. 98
- 46 131 Wolfstein. Orften. G, Lapis fuillus. Pierre de Umbria ( Creta. ) Terre d’ombre. ibid. porc. 23
- Ut vitrad. Su. Pierre morte. Pierre effleurie. 31 Wratch, Rotten stone.An.Pierre pourrie.106
- Vaetje sten. Su. Weth stone. An. Pierre à ai-guifer. 107
- Variegata. ( Lithanthrax. ) Charbon. Queue de Paon. 100
- Veeck steen. G. Pierre molle. Marbre imparfait. Végétale. ( Momie ). Creta umbria. Terra umbria.
- Terre d’ombre. 46. 131
- Verdet. Verd de gris. An. yerdi grife. Verdi Greafe. Vert Greece. B Spaansgroen. 139 Véritable (Grez.) 129
- Vernis minéral. Trabneçh. iyi
- Verre Obsidien. Pierre Obfidienne. Pierre d'Ethiopie. Gemma Samothracea. 46. 104
- Versstein. Ammons hornee, Sher horn. Corne d'Àmmon. 117
- Vicktrills jord. Su. Voyez Terre vitriolique. Vierge. Gedigen. G.(Mine.)Charbon puceau. 74
- Yrllow oker. Rubrique. . 47
- Yrlande steen. G. Lapis Hybernicus. Tegula Hy-bernica. 16. 132. V. Steganium nigrum.
- I2<
- Zaffir. G. Cadmia Vitri Coerulei. Ccéaltum.
- Zand steen. 93. Voyez Arenarium Saxum.
- Zarte todte. G. Mortfin. 128
- Zech stein. Kalck stein. G. Lime stone. An. Pierre à chaux commune. 36. 47. 114. iitf. 127. 132. 138. Voyez Chaux.
- Zeistein. Topff flein. Tugllein. Mom. Su. To-phus. porus. 102. 119. 127
- Ziegel erde. Terra lateritia. 117
- Zincz Minera terrea , colore flavefeente vel fufeo. Lapis calaihinaris. Cadmia officinarum. Waller. Cadmia fojjilis, al'ûs Lapis calaminaris Wormii. , ... — . 36.43.132.
- Vigne. (Terre à) Terre ampélite. Terre médi- ZiircTUM>cujusmineraLapis calaminaris. Hill .ibid.
- camenteufe. Pharmacitis. Turf a montana. 16
- Vitrifiable. Fufible. ' 4y. 34
- Vitriol, 23. (Mine de.) 140. Martial. 23. iyy. Vjtriolique. (Ardoife.)Kupferhiecken.G. 123. Charbon. 24. iyy. Pyrite. jS.Schifte. Terre.
- 166. 167
- Zinn spath. Zinn sten. Su. Stannum Spathi. Lapis Jlannifer , fpataceus. 116
- Zout. B. Saltz. G. Sait. An. 22. Ammoniac. B. Salmiack. 24. 23. 91. Steen. Saltz ftein. Gem-men Saltz. G. Rock Sait. An. Sal gemm. An. Sal fojjile. Sal montanum. Sal gemmœ. 23
- Vitrûm Mofcoviticum , Ruthenicum. Voyez Sele- ZwARTh. Noire. (Aerde) B. Pnigites. Terre noire.
- nite. V. Talc. Objîdianum. Gemma Samothra cea. V. Pierre Obfidienne.
- Vive. (Pierre.) t 43
- Yosne Le. Grub. G. Vein. Àn. Veine. Flairante. Le. Puante Veine. 84. Stinking Vein. An.
- 16. 91. Kryt. Black lead wads. Nigrica fabrilis. Craie noire. ibid.
- Zwavel levendige. Solpher. B. Brim ftone. An. Swafvel. Su. Soufre, Sulphur. 30. 21.
- 100
- FIN du CATALOGUE ALPHABETIQUE.
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- it,5 DU CHARBON DE TERRE
- ADD iTfONS ET CORRECTION S.
- S As. î*lig, 8. il préfeme» lifez il Ce préfènte.
- ~ io. Notes aubas delà page, (3) (2), /z/êz,(i) (2).
- 11. 2*. fans changer de,/ir/èz , fans changer.
- 13. 32. qu’il y ait, ///èz , qu’il n’y ait.
- 14» 14» Mettez me virgule entre coquilles & après.
- Ibid• 22. Ajoutez, voyez l’examen Chymique de ce
- charbon , Seéh IV. Art. 5. p. 27.
- 16. 1 o. Fojftlis, lifez , Fifftlis.
- Ibid. 1 9. 8c près d’Alençon , lifez, & à laFerriere
- près d’Alençon.
- 17. 23. s’embrâfe, lifez , s’allume.
- Ibid. 34. Stinking vem , lifez , Stinking vein.
- 18. 2. Art. II. Seét. 10. lifez, Art. III. Sed. il.
- 10. 6. del neuve Pair , lifez , delnouvePair.
- 21. 2. on trouve des veines, lifez , des efpecès de
- ' veines avortées.
- Ibid. 6. les appellent Bouxtures , ajoutez , t/oyez
- Pl.V.fig.*.
- 22. zo* fchiftre, lifez y fchifte.
- 13. 10. Commodau, lifez, Commotau.
- Ibid. Note 5. Fifjilis aluminare, liC aluminaris•
- 24. 16. Lithantrax vitriolicum , lifez, vitriolica.
- 2?» 32. Champegné, /i/ôr, Champagné.
- 29. 6. fontaine de Lhail, /i/èz , d’el Hail.
- 30, 6. pour la même année, ajoutez, (i)«
- iWd. ^ 5, (1), fîf/èz, C2).
- Ibid, 15, au-deffous, /i/èz, au-defTus.
- Ibid, Au bas de la page tranfpojition de notei
- 38. y. Après à canon , mettez une virgule.
- 43» 14. Phlogiftique, /z/èz , Phlogiftiques.
- Ibid• No/e 1. Au-deffus de Chau-fontaine on tire
- du foufre, lifez, au-deiïus de Chaud-fontaine on fabrique du foufre.
- Ibid. à la Malhieux, lifez, à la Mallieux.
- Ibid. Note 1. au bas de la page , engraifTer, lifez,
- • > améliorer.
- Ibid. «4 /æ no;e (3) , /z/èz, (1).
- Ibid. Note 3. décompofe, /i/êz, difTout.
- 47» 11. Marins, /zyèz , Marin.
- 48. 27. Tortai Daille , lifez , Tortay.
- 49* 6. le Deie de la Veine , ajoutez , patois,
- li Deie del Vofne.
- 53» Note 2. enfuive, lifez, enfùivent#
- 5 9* 21. Ougray, lifez, Ougrey.
- Ibid• 52. Montegné , /zyèz, Montegnée.
- 6o. 2. Ogray, lifez Ongrey.
- 64» 23. (PI. IV. lett. R , ajoutez , N°.4*
- Ibid. lig. dern. PL III. Veine A. lif. Veine A. 2*
- 6*. 23, PI. IV. N°. V. ajoutez> P. P.
- 6^. Noie 3. Sedion IX. /zyèz Sedion X.
- 70. 17. maigres mettez un point.
- Ibid. Note ï.l.%. tranfpofée,fe rapporte ala Note z
- 27. fur fa qualité , mettez un point.
- 7l» n. volatil alkali, lifez , alkali volatil.
- 74. 28. Sedion IV. Ne point avoir égard à Valinea,
- & lire tout de fuite , il efl évident, &c. Ibid. 2,3. Sedion I. p. 4. ajoutez , & p. 9.
- 77« 26. puis refroidie, ajoutez , & calcinée.
- Ibid. 31. en donnent, lifez , en donne.
- Ibid. 20. quua , lifez , qu’au.
- 81. 20. Après connoître , ajoutez .‘ici.
- Ibid. 3. Tawés, lifez , Tawes.
- 82. 2. Voyez la carte fur laquelle, mettez un point
- 87* après carte, & retranchez toute la troifie-
- me ligne.
- 8p. 2i« Baye de Mordienne, lifez, Baye Indienne
- dans un endroit nommé Cap a Charbon. 89, .22. Baye des Efpagnols , ajoutez, à 2 lieues
- au Nord de la Baye Indienne.
- Ibid. 23* contient de l’antimoine, ajoutez , des recherches ultérieures me font préfûmer que ce n’eft qu’une pyrite blanche, quoique l’antimoine puiffe fè trouver dans le voifînage des Mines de Charbon. Voyez VErratapour la ligne 28. de la page 13p, ÿl. Note 1.1. 2. Pnigitham, liiez, Pnigithem.
- 9$' 1, Ajoutez, cette pierre d’un grain doux &
- ' gris blanc, communément employée pour paver les maifons & les baffes cours, doit être différente des Paving Stone , & prend vraifèmblablement lenom de Pierre es taille , à rajfon de ce qu’elle efl
- Pages %•
- 94*
- Ibid.
- P 8.
- ioo.
- Ibid.
- loi.
- .104.
- 10*.
- 106.
- 107.
- 108.
- Ibid.
- tMop,
- 110.
- 111.
- xip,
- 122. I32. Ï36. I38. 13 P.
- Ibid. ‘
- 147.
- 148.
- 152.
- 151.
- Ibid.
- 1*2.
- 2*6.
- Ibid.
- *19.
- 160.
- 161.
- Ibid.
- 163.
- 167.
- 172.
- Ibid.
- employée à plufîeurs ufâges des bâtimensj
- 17. Après le mot Bat , ajoutez, qui eft plutôt
- un Schiftusterreftris Carbonarius, qu’un bon bon & véritable charbon.
- 27, a vues , lifez, a vu.
- Titre, Dikes Ridgs, mettez une virgule après. Dikes.
- ip. Peau-vein, lifez Peaw-vein.
- Note 1. ajoutez, mais qui la plupart du tems, n’eft qu’une maffe applatie, & mai ronnée d'ironJlone. Mineraferri faxea. Note 3. fer commun, ajoutez , ou mine de fer en grains.
- 7. Ajoutez, il s’en trouve de différentes par
- le grain plus ou moins fin, elle eft quel-i quefois enduite d’une mince écorce Spa-thique , le nom qu’elle porte, qui la fe-j roit confondre avec la Pyrite , le Silex , lui vient de ce qu’on l’employe commun némemt à garnir les âtres , & même les chambranles de cheminée.
- Note 4.1. 3. ajoutez , elle fè rencontre dans quelques petites couches, & eft toujours marquée d’imprefïions Végétales; elle efl de la même nature que I^Cathead.
- 18. de 188. pieds & demi, lifez, 180. pieds. Effacez tous les points qui font immédiatement
- après le mot environ, chaque fois qu'il fe rencontre dans cette LiJle,
- 17. Load , lifez , Lead.
- Note 6.1.10. de ce charbon , qui n’eft qu’un Bat ou couche de peu de valeur.^, p. 94. Ligne dern. de la note 2. ortographer, lifez, orthographier.
- 32. de Lancashire , de Chershire , lifez , du.
- 16. difpofé irrégulièrement, lifez, rangées.
- 27. Arenarium Tophus, mettez une virgule
- après Arenarium.
- 28. Wegreifèr , lifez, Wegweifèr.
- 28. de Wallér. lifez, Wallerius. ij. Riable, lifez, friable.
- 27. Hampfàin, lifez, Ampfain.
- z 8, Une des mines du Cap Breton, (Se&.XI. pag. 8p. ) contient de l’antimoine , lifez, à la proximité des mines de Charbon du Nivernois, ( P. 161. ) on trouve de l’antimoine , de même que très-près de celle fîtuée au-deffous du défert des Pignedes en Languedoc , félon les obfèrvations de M. l’Abbé de Gua.
- Note 4.. Eff. & expr. lifez, Effais & expé-périences.
- 33. mêlé de gaillettes ou gallets, lifez, mêlé
- de petit§„nerfs pierreux , connus parmi les Ouvriers de cette Province fous le nom de Gaillettes.
- J. La retrancher ainfi que fon titre.
- 8. au Fort de Bonc, lif. au Fort de Bouc.' 10. font, ajoutez, à Ste. Foix l’Argentiere.
- Note 3. l. derniere, ajoutez: z moins que ce ne foit la pierre de Périgneux,
- 10. Cramean , lifez, Crameau.
- 33. auflie, lifez, auffi. it>« de cette, lifez , de ce.
- Avant-dern. ligne, Breffager, lif. Braflàger. 3*. les mines de Charbon du Forez fè trouvent , ajoutez, particuliérement. Cremeaux, 8 mines, ajoutez, dans le Bas Forez nommé Rouannois, il y en a une à S, Didier, diftant de Beaujeu d’une lieue. ^
- •2*. S. Georges, ajoutez, de Chatelaifèn,
- 28, Courfon, lifez, Concourçon, frovince
- de Poitou.
- 17. V. Seét. IV. Art. 3. fubftituez ce qui fuit,
- elle étoit fîtuée dans les landes de Rocha-las, près la Baconniere, à 3 lieues de Laval , mais elle a été abandonnée, lo. Bedurain , lifez , Beaurain.
- 27. partie du bord, ajoutez , inférieur.
- Ligne 1. de la Note 1. Volclcmaun, lifez j Volckmann.
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- PRINCIPALES ESPECES DE HOIIEIL DE LIEGE
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- CHARBONS DE TEKRE.D’INGRANDE. AVEC IMPRESSIONS DU TOIT.
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- Art d'exploiter lexAfmex de charbon de Terre
- (x°. x.)
- l^JPartze PI, XII.
- /
- Dr&rwe par le*r JV^Bua-cke et publie ctvee lélpprobatioa et xouo’ le Privilège de l’^dccvdemie dex Scie/ieor du ai. Septembre J. 76 8
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- Indication cLes Provinces ou ily a dee Mmes fi. Fifè %. Lermoæ ? 3. Liddeudale M. Zot/uan 1 6 Stcrlimj \6. Sutherland ^ 1, Cumberlana 03. 2. Darby
- 3. Durham
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