Descriptions des arts et métiers
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- DE
- CHARBON DE TERRE.
- Par M. M O RA ND , Médecin.
- SECONDE PARTIE.
- DE L’EXTRACTION, DE L’USAGE
- ET DU COMMERCE
- DU CHARBON DE TERRE.
- M. D C C. L X X 111.
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- DU CHARBON DE TERRE
- ET
- DE SES MINES
- Par M. M OR AND, Le Médecin.
- SECONDE PARTIE.
- Art d'exploiter les Mines de Charbon de Terre*
- près avoir préfenté dans la première Partie au' Minéralogifte, au Natu-ralifte , au Chymifte , ce qui peut les intéreflèr ou piquer leur curiofîté dans les Mines de Charbon de Terre ; après avoir expofe en faveur des Ouvriers i employés à la fouille de ce foffile, l’arrangement, la difpofition des différentes couches qui le précédent, qui l’environnent, qui l’accompagnent dans le fein des montagnes : il eft naturel d’envifàger maintenant ce qui relie à faire fut cette produétion par l’induftrie. A ce titre, elle exige d'abord des travaux multipliés , pour la débarralfer de toutes fes enveloppes, & la mettre en état de vente. Ainfi dégagée , elle conftitue une forte entreprife de commerce dans laquelle il y a ceci de remarquable, que malgré la valeur modique, on pourroit dire le vil prix auquel cette marchandife eft livrée au fortir de la Mine, elle dédommage immenfement, & en peu de temps , des frais confidérables qu’a entraîné fon exploitation. Cette divifion nouvelle me donne lieu de traiter tant des différentes opérations fhperficielles Sc fouterraines relaLîv^ç a l'evtraélion du Charbon de Terre, que des circonf* tances qui tiennent à fes ufàges, à fbn négoce.
- Les premières manoeuvres pour enlever ce foffile des entrailles de la terre , ne font point, comme on l’imagine aifément, particulières aux Mines de Houille ; elles font communes à toutes les fouilles dans lefquelles on veut exploiter des filons ou veines métalliques. Oh pourroit d’abord, par cette raifon, regarder comme affez inutile le détail que j’annonce, & penfer qu’il auroit fiifS de renvoyer le Leéleur aux Ouvrages qui ont traité de l’exploitation des MinèSi Charbon de Terre. II. Part* Ddd
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- Si ce travail eût été décrit par quelque Ecrivain François ; fi l’Art en eût été publié parmi les Arts de l’Académie , je me ferois difpenfé d’entrer dans tant de détails ; je n’aurois traité que ce qui eft abfolument pro. pre au Charbon de Terre , & j’aurois renvoyé pour tout le relie aux def criptions déjà faites ; mais j’ai été privé de ce fecours, comme je l’ai obfervé, page i. del’Introduélion. Les Anglois, & fur-tout les Allemands, peuvent citer un grand nombre d’Ouvrages où les travaux des Mines font décrits : les François n’en peuvent citer aucun. Parmi les Auteurs Latins, George Agricola, Médecin de Kemnits, capitale de Franconie, donna en ij'j’o fon favant Ouvrage, intitulé De re Metallicâ, qui fut imprimé à Balle en Nous pour-
- rions nous approprier cet Ecrivain, fi le nom de la province de Franconie vient de ce que Sigifiner, fils de Clovis , y régnoit, & s’y étoit fait un état avec les François. On peut dire que fon Traité précieux , très-connu de ceux quî font des Bibliothèques , renferme la plus grande partie des connoiflances d’aujourd’hui lur l’art de l’Exploitation, Sc n’ell point connu comme il le mérite.
- M. Louvrex, (r) a donné d’après M. Bury pere, (z) un détail de 16 pages fur l’art d’exploiter les Mines de Houille ; (3) mais ce morceau dans lequel l’Auteur n’a eu en vue que de guider les Juges compofant la Jurififiétion relative aux Houilleries à Liege, ne renferme que les principes néceftaires pour cet objet ; j’ai cependant profité de tout ce qu’il contient , en expofànt dans un ordre plus clair, & plus détaillé , les pratiques lùivies au Pays de Liege pour l’exploitation.'
- On voudra bien fe reflouvenir de plus, que j’ai principalement en vue toutes les perfonnes intéreffées ou attachées à l’exploitation des Mines de Charbon, foit en qualité de Propriétaires, foit comme Directeurs, foit autrement. (dt).
- Les réduire à la néceflité de recourir, dans les cas de curiofité ou de befbin , à des ouvrages fouvent difficiles à trouver * même dans les plus riches Bibliothe* ques, c’eût été, à mon avis, manquer à l’intention de l’Académie, qui, en publiant féparément les Arts , a voulu ménager aux A r rifle s la facilité de fepro-curer a peu de frais, les Traités des Arts quils exercent. D’ailleurs on ne fent que trop qu’un Entrepreneur uniquement conduit par le défir du gain , ou des Ouvriers, dont lefavoir n eft qu’une vraie routine, font trop éloignés de goûter les fpéculations théoriques, propres à éclairer leur pratique, pour aller conlulter des Traités dont l’utilité n’eftpas, à beaucoup près,pour pnv, une chofedémon* trée. La préoccupation dans ceux qui conduifent ces travaux, la force des préjugés & des habitudes, chez ceux qui en font chargés en fous-ordre, ne font pas
- de Looz, &c. accompagné de Notes, &c. Part. IL c. 25. fe&ion 22. 2 24. 25*. 26. 2j.
- (4) Voyez l’Avant-Propos de cet Ouvrage.
- (7) V. l’Avertiflement publié par l’Académie,' en commençant l’entreprife de la Defcription des Arts & Métiers , inféré à la tête de l’Art de faire le Charbon de bois, & PHifL de l’Acad. an. 1761.
- (1) Ecuyer ^Seigneur de Ramlot , Confeiller au Confeil-privé de S. A. Echevin de la Souveraine Juftice de la Cité & Pays de Liege, jadis Bourgmeftre.
- (2) Houilleur Liégeois, très-expérimenté.
- (3) Recueil des Edits, Réglements,Privilèges, Concordats & Traités des Pays de Liege & Comté
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- ici une allégation gratuitement hafardée ; ces vices capitaux ont été obfervés avant moi; des perfonnes inftruites, à portée de voir des exploitations de quelques-unes de nos Mines , fur les lieux mêmes, s’en font plaint vivement. (*) La fource du défaut de nos fuccès dans ce genre , néanmoins bien intéreffant, tient peut-être à ce premier vice, puifqu’à l’exception unique des Mines du Haynaut François, on peut plutôt affûrer que l’exploitation de prefque toutes nos Mines de Charbon n’eft pas plus exempte de ces inconvénients que celle de nos Mines métalliques.
- Pour y obvier, autant qu’il eft en moi, d*une maniéré fimple 8c facile , & pour remplir le but que je me fuis propofé, d’être utile aux Propriétaires , aux Entrepreneurs, aux Ouvriers , j’ai dû fùppofer les uns & les autres ignorant F Anatomie, fi cela fe peut dire, des Montagnes , l’art de profiter des effets de l’air, de conduire les eaux, de conftruire des machines. (z) Il a fallu ne point dé-» tacher de mon Ouvrage, ces articles importantspour les Citoyens auxquels il eft particuliérement deftiné; il a fallu rafïembler, au contraire, toutes les inftruéHons, même minudeufes, capables de les diriger : tel a été mon fèul & unique but ;• auffi je n’ai pas craint quelquefois de tomber dans des efpeces de répétitions qui font abfolùment nécefîàires. Mon deffein eft de rapprocher fans celle les idées du Leéteur qui voudra me fiiivre , de l’éclairer fur un Art que nous voyons avancet de fiecle en fiecle vers là perfeélion , à la vérité , par les tâtonnements de f induf trie de nos plus proches voifins ; fur cet Art demeuré chez nous dans l’obfcurité où il naquit, regardé prefque comme un Art de tradition, auffi éloigné de fou plus haut degré de perfeétion, qu’il en eft voifin chez d’autres peuples, peut-être, le doivent autant à leur aélivité qu’au concours des lumières de la Méchanique.
- Comme donc l’Ouvrage que je publie eft le premier de ce genre qui foit entrepris en France, j’ai eu foin de faire connoîcre le Diétionnaire, c’eft-à-dire, les termes ufités dans tous les Pays étrangers, par les Ouvriers des Mines, pour exprimer les chemins, les emplacements , les travaux fouterrains: cette nomenclature comparée, fervira, à ce que j’efpere, pour les autres defcriptions d’Arts, où il s’agira d’exploitation des Mines métalliques.
- Quelques perfonnes pourront penfer que j’aurois dû retrancher de mon Ou-" vrage la plupart de ces termes multipliés , qui ne préfentent aucun fens , aucune idée, & leur en fubftituer d’autres plus fignificatifs : cette innovation dans laquelle je n’aurois peut-être pas mieux réuffi que les Ouvriers de Mine , auroit entraîné, à mon avis, deux défauts confidérables ; celui d’introduire un langage qui n’auroit été entendu que de moi, 8c celui de diminuer 1 utilité dont mon Ouvrage pourroit être aux pays auxquels il eft particu-
- (1) Voyez le Dictionnaire Encyclopédique. ,Tom. 2. pag. 302. aufujet des Mines d’Adface.
- (2) Je.ne parle point ici des connoiffances de Geometne fouterraine, importante dans les tra-
- vaux de Mines métalliques, mais de peu de con« féquence, à mon avis ? pour les Mines de Charbon de terre*
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- liérement confàcré , 8c dans lefquels j’ai recueilli avec peine toutes les expref-fions convenues entre les Ouvriers pour s’entendre les uns les autres ; c’eft ainfi, par exemple que le mot hauteur, ufité à Liege pour exprimer l’é-paifleur de la veine , défigneroit bien mieux dans les drejfans, c’eft-à-dire, les veines perpendiculaires, la hauteur de la veine confidérée à l’égard de Ion élévation, oppofée à fon pied j mais il ne feroit point aifé de changer ces conventions.
- Seulement, autant qu’il eft poffible de fuivre les traces des altérations infen-fibles furvenues dans ces mots, j’ai cherché la railon véritable 8c originaire des notions qui pouvoient leur être attachées ; 8c lorlque j’ai cru reconnoître une analogie régulière & vraifemblable, j’en ai indiqué l’étymologie, afin d’aider à comprendre la force de ces termes.
- J’entre en matière par ce qui concerne les travaux de l’exploitation au pays de Liège, en détaillant la marche & l’inclinaifon des veines , qui ne demandoient dans la première Partie, qu’à être annoncées fommairement & d’une maniéré générale ; je paflè de-là, aux travaux nécefifaires pour les exploiter.
- L’Art des Houilleurs confifte à fe mettre à portée d’une ou plufieurs veines de charbon , dans quelque pendage qu’elles foient fituées , à quelque profondeur qu’ell es {oient enfouies , dans quelque nombre qu’elles fe trouvent placées les unes au-deffus des autres, 8c à dépouiller la veine , comme on *dit dans les Mines d’Allemagne , ce qu’on appelle la defpiejfer au pays de Liège , c’eft-à-dire , détacher de fa gangue.
- En fe rappellant les matières qui compofent l’écorce fuperfîcielle des montagnes où font renfermés les Charbons de terre, on voit que pour le premier travail, qu’on peut appeller en général la fouille, il faut pénétrer au travers d’une couverture terreufe , 8c d’une autre pierreufe : la première n’eft ni auffi dure ni auffi compaéte que la fécondé , mais elle ne laiffe pas d’en approcher , puifqu’elle s’éloigne de la confiftance friable des terres.
- La fécondé diffère de la première par la dureté 8c la liaifon des parties ; quoique cette dureté & cette denfité ne fuffifent pas toujours pour diftinguer une pierre d’une terre. - *
- La différence de ces fubftances par la folidité, indique, pour la première fouille, des outils propres uniquement à fëparer, à remuer les terres, & pour lafécondé fouille des outils capables'd’attaquer des matières plus dures 8z plus difficiles à entamer : enfin la troifeme fouille eft précifément celle de la nline , c’eft-à-dire , du charbon même ; cette fouille èft toujours dirigée 8c bornée par la gangue, fervant d’enveloppe à la couche ou à la veine de houille, comme le fou-chu dans les carrières de pierre.
- Cette divifion du travail, fuppoffi une certaine divifion dans le nombre 8c dans la qualité des Ouvriers ; elle luppofe de plus l’ulàge de machines , d’inf-truments, d’outils, d’uftenfiles différents, des manœuvres variées * des ouvrages
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- ET DE SES MINES. IL Part. ior multipliés. Pour ne point interrompre l'hiftoire foivie de ces manœuvres, jê m'occuperai d abord à donner l'état des Ouvriers , enfoite à décrire ces info truments, ces outils , ces uftenfiles, ces machines ; je les ferai connoître dans l'ordre qui femble le plus naturel, dans celui par lequel on procédé aux ouvrages de la première, de la fécondé 8c de la troifieme fouilles, pour* comme dirent les Houilleurs, fojfoyer, avaler les bures , & faire autres ouvrages.
- La première fouille exige la connoilïànce des outils employés pour l’enfoncement d es bures, en traverfànt, avant toute chofe, l'enveloppe la plus foperfi-cielle, que j'ai appellé couverture terreufe.
- Pour la féconde fouille , je décris les outils qui ont rapport à l'enfoncement de la couverture pierreufe; tels font les maillets, les marteaux, les cifeaux, les leviers, les coins 8c les autres outils bien trempés, fans oublier ceux qui font quelquefois néceflaires pour faire jouer la poudre à canon.
- Enfin, les outils fervant aux ouvrages intérieurs, comme ceux avec lefquels on fàpe 8c on détache la veine, appartiennent à la troifieme fouille.
- Je viens, après cela, à tout ce qui compofe l'équipage d’un Attelier de HouiL lerie, commençant d'abord par les approvifionnements de ferrures, 8c continuant par les matériaux de charpenterie.
- Je paflé en revue les uftenfiles fervant à traniporter le charbon, 8c je les di« vife en deux claflés.
- Dans l'une , je range ceux qui font uniquement deftinés à porter les houilles du fond des fbuterrains à l'endroit où elles font chargées, pour être tirées au jour, 8c qui reftent conftamment dans la Mine ; tels font les traîneaux , les chariots , 8cc. Je range dans l'autre les paniers, les cailles, les coffres, 8c les autres meubles de ce genre, for lefquels on charge les houilles au fond du bure, & qui s'enlevent au jour, ainfi que les féaux 8c tonneaux.
- A la defcription de ces uftenfiles, je fais fuccéder ceux qui font appliqués aux mêmes ufàges pour les eaux, 8c enfin les appareils employés à la circulation de l'air dans l'intérieur de la houilliere ; j'ai joint la figure de tous ces objets par pièces affemblées , ou par pièces détachées pour celles qui demandent ce dernier parti.
- La derniere clalfe renfermera les angins 8c les machines que l'on conftruit à la foperficie, pour enlever du fond des Mines, par le moyen des moufles, le Charbon de terre détaché de fà veine, ou les angins qui tirent les eaux.
- Celles de ces machines, qui, par l’importance de leurs ufàges ou par la multiplicité des pièces dont elles font compofées, méritent des détails, feront repré-fentées dans leurs développements, ou avec des coupes & des profils, qui en feront connoître l'intérieur 8c le jeu.
- La Pompe à feu eft la feule machine hydraulique intéreflànte que l'on emploie dans les Mines de Charbon de terre. L'ouvrage de M. Blakay, agréé par l'Aca^ demie, for la fabrication des pompes à feu, me difpen/é d entrer, a ce fojet^ Charbon de Terre. IL Part. Ë e e
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- dans les détails que f avois raflemblés ; je ne la ferai connoître que fous le point de vue qui convient au Direéleur de cette machine; je ne négligerai point de faire mention des appentis ou charpentes, ou des baraques plus légères, qui compofent l’établiflement d’un bure, & qui fervent d’atteliers, ainli que de ma-gafins aux .Ouvriers.
- Ce qui vient d’être expofé, n’eft, en quelque' façon, que le préliminaire de l’Art d’exploiter le Charbon de terre ; je viens à 1 exploitation meme , pour faire connoître l’architeélure louterraine des Mines : je décris les differentes elpeces de puits néceflaires pour l’exploitation , ceux aux moyens delquels on arrive à la veine, & par lelquels on enleve le Charbon au jour\ ceux né-ceflàires pour fe débarrafler des eaux, où on pour donner de l’air à ces habitations fouterraines.
- En prenant l’idée de la dilpofition des veines, on doit fe les repréfenter comme des folides de plufieurs pieds d’épaiffeur, qui s’étendent à des diftances plus ou moins grandes dans les autres dimenfions ; ces folides de Charbon de terre ne peuvent être exploités qu’avec la précaution d’y former des boyaux de mines , des chambres , des paflàges de communication , pour les Ouvriers ^ , pour l’air , pour le tranfport des charbons, ou enfin pour les eaux auxquelles on ménage encore au-deflous du niveau des travaux, foit des rigoles, foit des canaux , foit des réfervoirs, d’où enfuite on les enleve à l’embouchure du puits.
- Je donne fur chacun de ces articles des notions générales, & je pafle enfuite à la defcription méchanique du travail relatif à l’ouverture d’une folle ou puits de mine, à la pourluite d’une veine dans quelque pendage quelle fe trouve, Sc quelque marche, régulière ou irrégulière, qu’elle luive.
- J’entre dans tous les détails néceflaires fiir la maniéré dont on emploie le Charbon de terre dans le pays de Liege , aux mêmes ulàges que le Charbon de bois & le bois même ; la différence de ce combuftible doit néceflàirement entraîner des différences dans la maniéré de le brûler : je m’arrête à cet article, pour décrire d’abord les appareils dans lefquels on place le charbon ; fon arrangement dans ces elpeces de corbeilles; la conftruétion des cheminées, qui doit être variée fuivant les lieux où elles doivent être placées, dans les appartements pour fe chauffer, dans lescuifines pour cuire les nourritures, & tous les uftenfiles relatifs à ce feu.
- Je termine cette première Seélion par les ulàges & les coutumes obfervés à Liege dans ce métier, par la Jurilj^rudence & les loix qui le régiffent ou qui fervent à y maintenir le bon ordre.
- L’exploitation du Charbon de terre en Angleterre étant aulïï portée au degré de perfeélion dont elle eft lùfceptible , j’ai cru devoir commencer la fécondé Seétion par ce pays*, le commerce de Charbon de terre y forme un objet delà plus grande importance ; les Loix s’en font occupé d’une maniéré très-particu-liere ; je m’étends lur cet Art delà maniéré la plus circonftanciée qu’il m’a été po£
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- fible, en fuivant le même plan de la première Sedion; je décris avec foin latarriere Angloife. Quoique cet outil ait beaucoup de rapport avec celui qu’on emploie dans le pays de Liege Sc en France, cependant la defcription qu’on en trouvera dans cette féconde Seétion, ajoute aux connoiflànces que j’en avois données précédemment, fur-tout par rapport à la maniéré de fe fervir de cet outil.
- L’article de l’Angleterre eft fùivi de celui du pays d’outre-Meufe , de celui du Hainaut Autrichien, de celui du Hainaut François, & fucceflivement de celui qui eft particulier pour chaque Province de France , Sc notamment pour celles du Forez, du Bourbonnois Sc de l’Auvergne, dont les Mines fervent à l’approvifionnement de Paris ; j’ai raffemblé fur chacune de ces Mines le détail des différentes exploitations qui y font établies; j’ai inféré quelques particularités fur les couches terreufes, ou omifes ou défeétueufes dans la première Partie ; enfin, j’ai cherché à completter autant que j’ai pu cette Partie de lArt de la Houillerie*
- Après avoir expofé dans les premières Seétions les pratiques ufitées dans chacun des pays que j’ai fait parcourir au Leéteur, il ne refte plus qu’à donner des principes généraux fur cette même exploitation, & à joindre, en quelque façon, les fecours de la théorie à celui de l’expérience ; c’eft à quoi je m’attache dans la troifieme Sc derniere Seétion.
- On ne devra donc pas être fiirpris de voir, dans cette Seétion, les mêmes titres répétés ; renfermant dans les deux premières ce qui eft pratiqué dans cha* que endroit dont je parle, Sc rapprochant dans la troifieme tout ce qui tient eflen* tiellement à chacun de ces articles.
- Je reviens fur les indices auxquels on peut reconnoître ou foupçonner lé Charbon de terre dans un endroit ; je donne une idée de la difpofition des montagnes Sc des couches terreftres qui compofent le globe ; cette partie eft extraite du favant article de Géographie-phyfique que le Diétionnaire Encyclopédique renferme, Sc dont le Public eft redevable à M. Defmarets mon Confrère.
- Je réfume enfùite ce qui a rapport au pendage, au fondage des Mines, à l’é-puifement des eaux ; je fais entrer dans ces articles des détails intéreflànts fur la force des hommes Sc des chevaux, fur les dimenfions à donner au manege, fur la dépenfe néceflàire pour l’établiffement & pour l’entretien des machines.
- Tout le refte de la pratique de l’exploitation eft une comparaifon des métho-» des ufitées dans prefque tous les pays de l’Europe ; j’y fais ufàge de tous les Ouvrages imprimés, publiés en différentes langues, de grand nombre de Mémoires qui m’ont été communiqués, enfin, de toutes les connoiflànces que j’ai pu me procurer, tant fur l’ouvrage, l’étançonnage des Mines, que fur la force des Cordes comparée à celle des chaînes de fer pour enlever de grandes charges hors dest bures j article intéreflànt pour la confervation des Ouvriers qui montent Sc àe£* cendent fou vent avec les coffres.
- Je paffe enfuite aux calculs de la dépenfe dé l’exploitation d’une Mîneî les
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- prix fur cet objet ne peuvent que varier infiniment; mais il eft aifé de fètitir com-> bien une première bafe > quelqu’ incertaine quelle puifîe être, eft encore pré-cieufe pour ceux qui veulent former des entreprifes de ce genre.
- Ces détails font fiii vis d’une difcuffion fur les ufages du Charbon de terre, tant de ceux que la Médecine peut en faire, que de ceux que les Arts en font; fès ùfages pour les travaux métallurgiques , y font retracés fous un point de vue méthodique ; j’y réduis en principes le procédé de défbufrer ce fo£ file, afin de parvenir à perfectionner ce grillage* J’ai décrit celui qui eft ufité dans chaque pays , pour employer économiquement le Charbon de terre au chauffage 8c aux ufages domeftiques,, en l’alliant avec des terres graffes. L’inv» portance de l’objet m’a engagé à difcuter dans cette derniere Section * la nature, les effets, les propriétés & les avantages du feu de Charbon de terre ainfi apprêté, à développer cette méthode en déterminant la qualité de chaque efpece de Charbon, 8c en donnant les caractères qui peuvent fervir à les diftinguer. J’entre dans les mêmes détails fur les argiles ; j’indique quelle efpece d’argile convient à chaque efpece de Charbon 8c réciproquement. J’ai tourné particuliérement mes connoifîànces pour l’ufàge de la Ville de Paris, & je décris tous les endroits de les environs, où fe tirent la glaife 8c les autres terres graflês propres à cette impajlatlon ; enfin , je donne l’art de cette fabrication ; je défigne les manipulations , les atteliers qu’il feroit nécefîàire de conftruire ; j’indique les Ouvriers qu’il faudrait y employer.
- 1 Par-tout j’ai confidéré le Charbon de terre fous les faces les plus propres à faciliter à tout Propriétaire l’exploitation d’une Mine, en quelque lieu qu’elle foie fituée, par la comparaifon des frais 8c du bénéfice ; fur-tout je me fuis attaché à mettre dans un jour auffi clair que frappdnt, les avantages économiques Apolitiques qui réfultent de ces travaux, non-feulement pour chaque canton, pour chaque province, mais encore pour l’Etat en général.
- La partie du commerce du Charbon de terre en France, ne m’a point paru à négliger dans mon Ouvrage; on y trouvera tout ce que l’on peut défirerà cet égard, tant pour l’intérieur du Royaume que pour la Capitale,
- PREMIÈRE
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- ET DE SES MINES. II. Part;
- PREMIERE SECTION*
- Différais degrés de pendages des Veines ; maniérés de les déjignet dans les travaux de l’exploitation au pays de Liege.
- A u milieu de cette rüalïe volumineufo de lits différents que nous avons expofés dans la première Partie, que nous y avons fuivis auffi avant qu'ils peuvent l'être , que nous avons mis y pour ainfi dire, à découvert ; le Charbon de terre forme une couche particulière : comme les autres bandes terreufes, dans lefquelles il eft enveloppé, il fuit une marche que l'on obferve être réglée comme elles fur les inégalités montueufes qui Jillonnent le pays parcouru par ces couches de Charbon foflile, c'eft-à-dire, qu'elles luivent l'élévation & l'abaiflement alternatif du terrein ; il convient maintenant de traiter dans le plus grand détail de leurs pendages 9 ainfî que nous l'avons fait ci-devant pour les autres couches.
- Les veines de Charbon tiennent communément leur pied au couchant, & commencent toutes à fe former au jour, en plongeant plus ou moins, Sc remontant à la liirperficie, dans le même ordre qu elles fe font éloignées de cette fuperficie en s'enfonçant , fi le terrein n'efl: point coupé par quelques collines.
- La maniéré la plus ordinaire dont elles tombent ou panchent jufqu'à une certaine profondeur, efl en Roijfe : fi le terrein n'efl: point coupé par une coliine , les veines fe mettent en Platteure, puis elles reprennent leur fituation. Voye^ %• 3 , Planche XI , de la première Partie, & Planche I, fécondé Partie.
- Cette marche a été décrite foulement en général, Seél. VIII, de la première Partie, & expofée aux yeux PL IV ; mais à raifon des différens degrés de ces inclinaifons, les Ouvriers y ont établi des fous-divifions fur lefquelles il efl; à propos de s’arrêter.
- Pendage de Platteures^ S
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- Il faut donc fe rappeller ici que les veines de Charbon ont une marche ou une pente qui tombe au-deffous du vingtième degré du quart de cercle, c eft-à-dire , parallèle à l'horifon, ou qui s'en écarte peu. Nous avons appellé ces veines Platteures , Planeures, quoique jamais elles ne préfentent une fuperficie exaéle* ment plane ; on exprime cette marche peu inclinée ; en difànt que la veine va en pente, quelle a une belle platteure, quelle fe fait en platteures, quelle va en pente de planeure; ainfi le pendage de ce nom, défigne une veine quife prolonge a plat, ou qui efl peu inclinée, & convient à toutes veines qui font au-deflus de la ligne diagonale d'un quarré. V'oye£ PL I.
- Charbon de Terre. IL Part* F f £
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- *o6 DU CHARBON DE TERRE
- Les differents degrés quelle peut avoir dans cette inclinaifon , s’expriment par tiers , par quart, par demi ; ainfi on dit un tiers, un quart de platteure, une demi-platteure , cette derniere eft un vrai pendage.
- Lorfqu’en quatre toifes de longueur le pendage éloigne la platteure d une toife (!) , c’eft-à-dire, que fur quatre toifes de longueur, une veine penche de l’étendue d’une toife, elle s’appelle un quart de platteure, ce qui s exprime en difànt que la veine penche a quart.
- Une platteure qui en quatre toiles de longueur, s’éloigne de deux toiles, le nomme demi-platteure, & on dit quelle pend a demi.
- Quand enfin fur trois toifes, une platteure penche d’une toife, on l’appelle tiers de platteure.
- La platteure conferve ce nom, jufqu’à ce qu elle vienne à s’écarter de ces degrés d’inclinaifon ; alors la veine prend un pendage de RoiJJè, qui ordinairement eft demi-Roifle. Foyei Planche IJ. de cette fécondé Partie.
- La partie où la veine fe courbe & fe ploie pour prendre un autre pendage en fe relevant ou en fe plongeant, s’appelle, dans les Houillieres du Limbourg , le Dévoyement.
- Les deux extrémités d’une pente de platteure, compofent, dans les travaux de l’exploitation, deux parties qui font défignées par un nom particulier, dont il eft à propos d’avoir la clef pour entendre la maniéré dont fe travaillent ces platteures.
- L’une b , PL XVIII. Fig. r, qui eft la plus élevée, c’eft-à-dire, qui approche le plus de la luperficie, & qu’on pourroit appeller à cet égard, fi on le vouloir , tète de la veine , eft nommée Amont pendage ou veine & Amont pendage , en tant quelle eft la partie montante de la platture : dans quelques pays, on la nomme de dejjous la main. L’autre e, plus éloignée du jour, qui eft par confisquent la plus baffe , 8c que l’on pourroit nommer la laye d'en bas, ou le pied de la veine, eft défignée fous le nom de la partie d3 Aval pendage ou veine d'Aval pendage, comme fi l’on difoit veine defcendante ; à railon de l’inclinaifon de là pente, plus marquée que dans la partie d’Amont pendage : on l’appelle auffi en avant-main.
- Pendage de Roijjè.
- La fécondé elpece de marche, connue dans les veines de houille, eft à peu-près perpendiculaire; c’eft-à-dire, que la veine eft pofée en terre dans une in-cîinaifon qui approche d’une fituation droite ; elle s’enfonce de même infenfible-ment en partant prefque du rocher ou de la liiperficie. Voye[ PL //, ///, IV, 8c V, de cette fécondé Partie.
- D’après les mêmes régies adoptées pour caraélérifer les variétés de platteures^ on divife les Roiffes, par demi-RoiJfes, par tiers 9 & par quart%
- (i) Toife de fiac pieds.
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- ET DE SES MINES. II. Part. 207
- Une veine Roilîe qui fur quatre toifes de longueur s'éloigne d’une toife, efl; appellée quart de Roife.
- Celles qui fur quatre toifes de longueur, s’éloignent de la ligne perpendiculaire d’une toile, fe nomment demi-RoiJfes, lelquelles deviennent pendage de platteure, comme le tiers de platteure devient pendage de Roiffe.
- Cette platteure, qui fuccede à une Roilïè, eft appellée dans les ouvrages ? grande veine ou platteure. Voye£ PL IV’.
- Celles que les demi-Roiffes forment de diftance en diftanee, font appellées Platteures de Roiffe. Voye[ Pl. II.
- Une veine qui penche en Roifle dès Ion commencement de la fuperficie, & qui parcourt ce pendage dans toute l’étendue qui lui efl: propre ( environ de trois lieues ), efl: nommée maître Roiffe ; par-là elle efl: diftinguée des Roiiïes qui, avant d’avoir parcouru cette marche ou cette étendue, changent en un autre pendage ; celles-ci font appellées faux Roiffes, parce quelles ne font pas Roiffes, comme elles le paroillent d’abord.
- On pourroit comprendre dans cette claffe les Roiffes qui, ayant leur tête à la fuperficie du jour, & ayant d’abord plongé dans cette direétion, reviennentfoper su jour après avoir marché en grande veine ou platteure : il s’en rencontre auffi qui fe redreffent tout de fuite, pour venir foper au jour dans la même direction;
- Voyei PL V.
- Celle annoncée en 1767 dans un Ouvrage périodique (*) comme une fingu-larité découverte , à Roche-la-Moliere en Forez, n’a rien d’extraordinaire pour quelqu’un au fait des Mines de houille difpofées par veines, Voye£ la premiers Partie Seél. VIII, page
- On conçoit qu’il doit y avoir fur cela des variétés; mais elles reviennent toujours à cette maniéré uniforme, de finir après avoir parcouru plus ou moins régulièrement un efpace de pays plus ou moins étendu ; il paroît qu elles ont cela de remarquable, dans le pays de Liege fur-tout; c efl: pourquoi nous nous en tenons ici aux PlanchesI, II, III, IV, V.
- Elles fè trouvent dans l’Ouvrage de M. Louvrex% d’après l’elquilîe en traits donnée par M. Bury pere, & gravée par Duviviers. J’ai rendu ces profils plus inté-reffants, en remettant fous les yeux les différentes couches qui les accompagnent dans toute leur marche, afin de faire connoître cette marche.
- Pour ne rien laiffer à délirer fiir ce point, nous inférerons les autres variétés dans la troifieme Seétion, que nous deftinons à développer les pratiques de l’exploitation , par celles qui font fui vies dans d’autres pays.
- Ces pendages inclinés en demi, en tiers, en quart de platteures ou en demi ; en tiers, en quart de Roiffes, établilîent dans la maniéré de travailler les unes ou les autres, les différentes méthodes qui forment l’Art de la Houiilerie ; ce font
- (1) Avant-Coureur, y Oftobre, n°. 40.
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- 208 du charbon de terre
- ces inclinaifons qui exigent dans les puits, dans les galleries, les différences dont nous ferons mention chacune à leur place.
- Nous rappellerons feulement ici, qu’une veine de Charbon n’eft jamais feule. Voy. SeéL VIII, Art. IL de la première Partie ; Sc que fa marche ou la pente qu on reconnoît à une veine rencontrée en fofloyant, annonce infailliblement le pen-dage de celles qui font placées au-deffous de cette première, conftamment acconx. pagnées de plufieurs autres à peu-près parallèles, Sc ayant la même direélion.
- De cette efpece de parallélifine de plufieurs veines placées les unes fur les autres, dans un même canton, il s'enfuit une différence d’étendue en longueur, dans celles qui font placées fuperficiellement, & dans les autres qui font placées en~deflous. On conçoit que plus les veines Sc les couches intermédiaires, fui-vront dans leur direélionune pente douce, plus l’extrémité des veines qui font les plus enfoncées, dépaffera celles qui font fituées au-deffus.
- Ainfi, dans le cas où une première veine fe trouvera parcourir un efpace d’un quart de lieue, la fécondé en parcourra un plus confidérable, en proportion de la diftance qu’il y aura entr’elle & la première ; fi, par exemple, cette première veine penche à quart, la fécondé fuppofée à dix toifes au-deflous, dépaflera à chaque extrémité la première veine de quarante toifes ; il en fera de même de la quatrième , placée au-deflous de la troifieme, cette quatrième dépalîèra la troi-fieme à proportion quelle en fera rapprochée ou éloignée par les bandes inter-; médiaires.
- L’épaifleur du banc de roc, intermédiaire entre chaque veine, pour ce qui efl: des veines plus enfoncées, produira à cet égard, par fondéfaut d’uniformité, des différences confidérables : à Houfe, on a vu de ces bancs de pierre de neuf pieds, un autre de vingt-un pieds ; on les diftingue par le nom de grande Sc de petite vache.
- Ce point de différence entre plufieurs veines qui s’accompagnent dans une marche en platteure, efl: rendu fenfible par huPlanche I ; elle repréfente une coupe de Mine où les veines font plattes : le Leéfeur fuppléra en idée à la pofition de la faille, qui, au lieu d’être panchée, doit être droite , comme dans la Planche III, de la première Partie.
- La portion des veines qui touche ce rocher devant Sc derrière, efl: pour l’ordinaire dans la direétion exaéle de fa courfe, comme on l’a remarqué, PL XI , Fig. 2 ; de la première Partie ; mais l’interruption de cette marche par lafaille, occafionne quelquefois dans les deux parties de la veine qui touche ce rocher, le dérangement qu’on a cherché à exprimer dans cette première Planche de la fécondé Partie.
- ARTICLE
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- ET DE SES MINES. II. Part.
- article premier.
- aop
- Ouvriers employés dans une Houïlliere & a la Houilleru
- au pays de Liege.
- Les travaux qui concernent l'exploitation d'une Mine, tant renfoncement ou tavakmem d'un bure, que la pourchajfe des travaux fouterrainsy (ont indiftinc-tement exécutés par tous les Ouvriers attachés à une Houilliere, excepté les femmes & les enfants.
- Les premières ne peuvent que tranfporter la denrée dans les paires ; il leur eft interdit par les réglements de defcendre dans les travaux.
- Les enfants, à raifon de la foiblefle de leur âge, ne font employés quà tirer des petits traîneaux dans les galleries ou voies fouterraines. ,
- Ceci eft néceflàire à obferver, afin quon ne prenne pas une faufle idée de la maniéré dont je vais palier en revue ce corps d Ouvriers attachés à un bure , qui tous lavent précifément ce qu’ils doivent faire dans leurs journées, & qui font indiftinéfement appliqués à tous les ouvrages.
- Je les ferai connoître dans la progreflion correlpondante aux ouvrages , comme s'ils étoient par bandes ou par clalTes, dont les uns ne feroient chargés que d’un diftriél, &les autres d'un autre; cette façon m'a paru la plus commode pour laiffèr dans l’efprit du Leéteur une idée nette de l'ordre obfervé dans les travaux. 1
- Lors donc que nous confîdérêrons d’abord les Houilleurs travaillans aux manœuvres relatives à la première & à la fécondé fouille, enfuite ceux qui manœuvrent dans l’intérieur de la Mine, il faudra fe rappeller que ce font les mêmes Ouvriers qui pafîent fùcceflivement des travaux de la première fouille à ceux de la fécondé , & enfin aux fouilles intérieures. Nous indiquerons enfoite les outils qui font particuliers à ces befognes.
- * Aucun de ces Ouvriers ne font étrangers. Toute la banlieue qui confine à l'extrémité des fauxbourgs de Liege, d'où fe tire auffi une grande quantité de Charbon de terre , fournit le nombre d'hommes néceftaire pour la prodigieufo quantité de Mines, dont quelques-unes peuvent employer de quatre-vingt à cent Ouvriers. La terre ouverte & creufée de tous côtés, les tracés de cette marchandife qui eft perpétuellement fous les yeux de ces familles laborieufes , décident dans les enfants une efpece de vocation générale qui, depuis l'an 1200, du temps du Prince Albert fécond , fe perpétue avec l'expérience. De génération en génération , ils fe regardent comme deftinés par leur naiflâncè meme, à prendre parti dans le métier de leurs peres, & à vieillir par inftinél fous le mafque de la Houillerié. Cette portion du peuple portant for le viiàge la couleur , je dirois prefque la livrée de fon métier dominant, & queFiSEtf, Charbon de Terre. IL Part, Ggg
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- 2tà DU CHARBON DE TERRE
- Hiftorien de Liege, fa patrie, appelle affez mal-à-propos miferrimum mortalium genus,neft pas la moinsavantageufe au pays. Voyez ce que j’en ai ditpag. xiy9 de V Avant-propos : elle eft fi nombreufe quelle fournit des Houilleurs à toute l'Europe.
- Trairejfes au jour.
- Femmes qui tournent les bras du treuil, & tirent à elles les paniers fortant au jour, pour les amener à la main, lur le pas du bure, ou en les accrochant avec un bâton ferré par le bout, dont on donnera la defcription à fâ place.
- Avalleur,
- Premier Ouvrier qui profonde le bure, & tourne quelquefois le bouriquett
- Royteu.
- C’eft le plus expert des Avalleurs ; il eft chargé de commander aux autres, de diriger, finir, parfaire leurs ouvrages : ce Maître ouvrier revient à ce que nous appelions Piqueur.
- Stanjeuu
- )
- Ces Ouvriers placent tous les bois pour étançonner les ouvrages, & font chargés des cuvelages quand ils font néceflàires.
- Mejlre Ovry ou Maître Ouvrier.
- Le percement des veines avec le foret, pour reconnoître les vieux ouvrages des anciens, qui fouvent font remplis d’eau, regarde ce Mettre Ovry : fon office eft des plus*importants, puifque ceft lui qui garantit les Travailleurs & la Houiliiere des inondations. k
- Boiffeur , Bojffîeu , ou Faifeur de voies•
- Fait les chemins dans les tailles , pratique dans la pierre différentes rigoles ou coupures, nommées, en terme de métier, Bojpement| d’où fans doute eft formé le nom des Ouvriers quon emploie à cet objet.
- Coupeur y Defpiejjeur.
- Coupe, defjpieffe la veine quand elle eft tombée.
- Xhaveur.
- Coupe la veine aux deux côtés des tailles : ce font les moindres Ouvriers ; oiï emploie toujours à ce travail les plus jeunes.
- RipaJJeur.
- Fait fouter la houille par quartier, repaffe après le Boiffeur, pour prendre 1® niveau exaél, afin que l’eau ne coule quinfenfiblement.
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- air
- ET DE SES MINES. II. Part,
- Rijlapleur.
- Cet Ouvrier foccede au Ripaflêur; fon office le rapproche du Stanfeur: il raC-femble les gangues Sc triguts, que Ton emploie à faire des ftappes ou piliers pour appuyer le toit.
- Traîneur ou Chargeur au bure.
- Ces Ouvriers font conflitués pour emplir ou faire emplir les paniers dans le bure, pour ramener dans le chemin qui defcend perpendiculairement dans la veine & aux entrepôts, les caillons, les coffres & paniers , & les tonneaux, pour conduire ceux de ces uftenfiles qui s’enlevent au jour.
- Il a fous lui deux Ouvriers qui font les petits Chargeurs au bure, & les Hier-cheurs.
- Petits Chargeurs.
- On les appelle ainfi de leur fonéiion, qui confifte à charger les houilles & Charbons for des petits traîneaux, appelles Sployons , Bâges, Selys.
- Ils ont la direction des Hiercheurs, & font obligés de les procurer conjointement*
- Hier cheurs.
- C’eft le premier ouvrage de houillerie, par lequel on fait commencer les enfants à lage de neuf à dix ans ; cet apprentiilâge, accommodé for-tout à leur taille, qui ne les oblige point de fe* trop courber, confifte à traîner & à amener les houilles depuis la taille jufquau chargeage, & jufquàlabufe du bure ; quelquefois à traîner les tonneaux remplis d’eau pour aller les vuider : pour les former à cet exercice, on leur attache à chaque main une elpece de petite Jellette de quatre à cinq pouces.
- Quelquefois il n y a qffun Hiercheur pour tirer le Sployon ; d’autres fois il eft traîné à cope, c eft-à-dire, à deux.
- Waxhieur ou Repajjeur £ airage.
- Sa fonélion eft de veiller aux ouvrages de la houilliere.
- Déchargeurs.
- Reçoivent les paniers, caillons, coffres, féaux & tonneaux qui arrivent au1 jour.
- Maréchal.
- Son office appellé Marchandage, confifte à veiller à tout ce qui fe travaille à la forge, comme ferrure des chevaux, entretien des chaînes & férailles nécefe làires à la houillerie, il les vifite, les accommode, &c»
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- 2.12
- DU CHARBON DE TERRE
- JVade-fojJe ou Garde-fojfe.
- Efpece de Commis qui commande à tous les Houilleurs occupés dans la hutte, & dont le polie eft dans la hutte ou dans le herna^> comme Chaffeurs au bure , les Berwettreffes & les B ottereffes : le feu dont on a belbin pour les ouvrages, l'examen des outils & autres chofes femblables , font de fon diftriél.
- Conducteurs des chevaux ou Chaffeurs au Bure•
- On défigne par ce nom , les Ouvriers chargés de faire marcher, arrêter, ou retourner les chevaux. Ce font les Chargeurs au bure qui en donnent l'avertif-fement, par une fonnette placée dans le Hernaz.
- La houille une fois hors de la folfo, ne pafle plus par les mains des hommes : les femmes exclufes, par les Réglements, de l'intérieur des bures, trouvent un moyen de gagner leur vie en tranlportant à bras ou for leur dos cette marchandifè. Cette main-d'œuvre eft réfervée aux femmes, entre lelquelles les Réglements donnent la préférence à celles qui ont actuellement ou qui ont eu leurs meres , leurs peres employés aux ouvrages.
- Rakoyeux , Berwettrejffes , Monreffes, Meneufès.
- Les femmes qui ramaflent le Charbon fortant des bures & le transportent for àes berweties dans les paires, diftants quelquefois d’une demi-lieue, font délignées par ces noms. Le premier dérive félon toute apparence de recueillir•
- Bctterejjes.
- Les femmes qui viennent chercher le Charbon dans les paires, pour le porter dans des hottes appellées B ots, font nommées Botteresses ; elles font fameufos dans tout le pays circonvoifin, par le métier quelles font defe charger des plus grands fardeaux, & de rélifter aux plus grandes fatigues (*),
- ARTICLE SECOND.
- Des Infiniment s, Outils* U fl enfiles & autres équipages de Houillerie
- au pays de Luge*
- 1°. Infiruments.
- Sous ce titre général nous comprendrons tout ce qui eft néceflaire pour les ouvrages relatifs à nos Mines ; mais nous confacrerons le nom d'Injîrument 9 pour les outils employés dans les opérations mathématiques des Mineurs de houille ^ foit en-dehors, foit en-dedans des bures ; & nous traiterons fous le nom dt Outils
- ( * ) Carbones trudit vel portât bajula qualo, J Fœmina majorî non flringïtur ulla labore,
- Gram 6* eft illi no fie dieque labor. 1 Quam quœ Legiacis bajula nata locis.
- Yms tires d’une vieille Carte de la ville de Liege.
- tout
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- Ê t DE SES MINES. II. ?AftT. âî|
- tout ce qui fert aux ufàges méchaniques : nous allons lès faire connoîtré tous dans le même ordre fous lequel nous venons de repréfonter les Ouvriers,
- Les inftruments d’ufage pour le nivellement, font une Régie de Menuifier&’ de Charpentier, appelle Rule9 mot Anglois, qui lignifie une Réglé; elle eft de bois& d e différente longueur ; elle eft platte & étroite, piétée d’environ dou£© pieds (’) ou deux toifes (z)b
- Tableites ou Cartabelle : (Pugillaria).
- Composées de trois ou cinq ardoifes de cinq à fix pouces en quarré, encadrées dans un étui de bois, pour y porter les réfultats du nivellement fait avec le Rule & la boujjole ou platteau. La figure b9 PL VI, repréfente ces Table t-t tes ouvertes, la figure a les repréfente fermées ; c 9 en fait voir l’épaiffeur.
- Platteau*
- Les Houilleurs Liégeois fe fervoient autrefois, pour meforer les ouvrages fou^ terrains, d’une piece de bois appellée Platteau, à caufe de là forme approchante; d’une affiette ou d’un petit plat : il eft tout à fait inconnu aujourd’hui ; on ignore même la maniéré dont on s’en fervoit. M. l’Avocat Raiek, homme conlommé dans la feience de Houillerie, n’a pu en donner aucune eonnoiflànce. M. le Mayeur-Sacré , âgé de plus de 70 ans, aflure que du temps de fon Pere , il n’étoit point en ufage; il n’a pu en rien dire, finon que cet inftrument étoit d’environ quinze pouces de Roi, traverfé de diagonales parallèles, & marqué de nombres for le tour,
- La Figure qui m’en a été envoyée de Liege, annonce quatre pinules fixes , & des nombres dans un tour, partagé de trente à trente-un degrés ; il eft à pré-! fumer que c’étoit le cercle des Arpenteurs, nommé vulgairement t équerre des Arpenteurs ; il eft abfolument conforme à celui que nous connoiflons & qui fe trouve gravé dans le cinquième Tome des Planches de l’Encyclopédie, fig, $ PL XI.
- Au Platteau, inftrument imparfait, a foccédé la Boujjole, A r, A iyPL VI$ nommée en patois de houillerie Liégeoife Cadran, qui eft le Berg compaJJ des Allemands , bouflole de Mine ; elle a confervé le nom de Platteau dans les defcriptions de nivellement : ainfî on dit faire la mefure au Platteau, quand on emploie le Cadran à reconnoître for la foperfieie tous les pafîàges faits fous le terrein où l’on travaille.
- Les bouffoles dont on fe fort, ne different que par la forme ; il y en a de rorH des> il y en a de quarrées ; la fig* B i, PL I > en repréfente une de quatre pou-
- (1) La toife de Houillerie eft de 7 pieds de 1 (2) Le pied de Paris ne fait que 11 pouces 1 U®
- Liege ; au pays de la Reine elle eft de 6 pieds, j gnc & un tiers dé Liege.
- Charbon jde Terre* IL Part,
- Hhh
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- ftI4 DU CHARBON DE TERRE
- ces de grandeur dans fa boîte de bois ; la jig. 5 2, une de trois pouces de gran-3 rieur ; B x , une bouffole dans fa boîte avec fon couvercle de cuivre ouvert, & B 2 y en repréfente une fermée,
- - C’eft une boîte qui le plus communément eft de bois ; elle a un demi-pied de diamètre ; au milieu de la plaque, s’élève une pointe ou pivot perpendiculaire a, fur laquelle eft pofée en équilibre une aiguille d acier aimantée c c > dont la pointe b, eft toujours tournée vers le Nord, à moins que le voifinage du fer ou quelqu’autre caufe ne lui fafle changer cette direction.
- Sur la boîte on adapte, afin d'empêcher la poufliere d’y pénétrer, un verre blanc, autour duquel on met un lien ou cercle dddd , qui fert à indiquer les heures ou les parties de l’horifon. d
- La circonférence eft divifée en trente-deux chiffres ; ces chiffres font fous-di-yifés en demis & en quarts. Afin de pouvoir s’en fervir lorfqu’on eft hors de la Mine, il eft néceflaire de faire graver fur le cercle des heures les quatre points du ciel: lavoir, l’Orient, Levant, Eft; le Midi, Sud; l’Occident, Couchant,' Ouéft ; & le Septentrion, Nord.
- Une piece qui eft une dépendance de la Bouflole, eft ce qu’on appelle la chaîne c, dont toutes les pièces font ramaffées pour la rendre portative ; on en a développé en D D quatre membres qui fe tiennent les uns aux autres ; ce font des brins de menu fer d’archal, & qui feroient mieux en laiton, ayant chacun un pied ou un pied & demi de longueur environ.
- Le premier eft formé en étrier E e , appellé Manette de la chaîne, & reçoit un anneau FFF, qui s’adapte avec la première piece, contournée dans cette extrémité G GG, en crochet, ainfî que dans l’extrémité oppofée, afin de jouer de même avec les pièces fuivantes qui s’y joignent de la même façon.
- Tous les membres de la chaîne, dont on en a marqué un en grand G G, ainfî réunis, forment enfemble une longueur de huit, neuf, dix toiles : chaque toile eft marquée par des anneaux HAA, barrés en travers exactement dans leur milieu, & munis de deux oreilles oppofées l’une à l’autre, qui débordent & reçoivent chacune le crochet du membre auquel il s’attache. )
- Ces gros anneaux, plus grands que les autres, placés à chaque longueur de toife, font pour marquer cette mefure ; ils exigent que le membre de la chaîne, joignant ces anneaux, foit dans la partie joignante moins long que les autres qui font Amplement unis par un petit anneau.
- Le dernier brin de la chaîne reçoit une petite anfe i u
- Dans la partie qui approche de la Bouffole, c’eft un bout de ficelle vu en pe-lotton k, laquelle eft de la grofleur des membres de la chaîne, & peut avoir un, deux, trois nœuds à la première toife, puis un nœud de demi-toife en demi-toife.
- Il eft des endroits oh on fe fert uniquement d’une ficelle au lieu de chaîne > Sç on eft actuellement dans cet ufàge au pays de Liege où on la trouve plus
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- ET DE SES MINES, il. ÊARti 2ï J
- commode ; on a feulement attention de la mouiller avant de s’en fervir, afin que fhumidité fouterreine en l’accourciflànt ne trompe point ; la même raifo nin^ dique la néceflité de la mouiller de nouveau, lorfqu’on vient à adapter fur la fuperficie, la mefure des ouvrages fouterrains.
- i
- 2°. Outils pour reconnaître t intérieur*
- Dans le Cours des ouvrages de Houillerie, on a fréquemment befbin de faire des trous, dont on expliquera les motifs & l’intention à mefure ; c’eft ce qu’on appelle en général forer ou percer un trou, & dans quelques occafions pareujfer ; alors ces trous font nommés pareufjages ou pareujfes.
- L’outil qu’on employé à cet ufige eft appellé en général Sonde , parce qu’il eft toujours employé pour fonder; Foret ; on le nomme encore en Liégeois Aweïe à forer y Tarré y Tarier y Teret.
- Les circonftances pour lefquelles on l’emploie, font, ou pour reconnoltre dans un terrein s’il y a du Charbon, afin de ne pas courir les rifques de la dépenfe d’un bure, ou lorfqu’il s’agit de reconnoître le voifinage des eaux, afin de pourvoir à la confervation des Houilleurs, de garantir les ouvrages de fubmerge-ments, lorfqu’on veut faire des trous pour donner aux eaux communication d un endroit à un autre, ou juger fi au-deflous d’une veine il s’en trouve une autre, & à quelle diftance elle eft de la première.
- Nous nous réfer von s à traiter chacune de ces circonftances à leur vraie place j nous bornant, quant à préfent, à faire connoître cet infiniment, qui, comme on vient de le voir, a quelquefois lieu au premier début d’une entreprife de Mine.
- Du Tarré.
- On appelle donc ainfi une Sonde ou Tarriere, compofée eflentiellement de trois pièces ou verges de fer, qui s’adaptent les unes aux autres ; chacune * excepté la première n°, I, P/. Vil y qui n’eft que le conduéteur, eft double n°. 2, afin de pouvoir être remplacée fur le champ , & terminée différemment à fi tête pour être employée félon les circonftances , de maniéré que toutes les pièces quand elles font appareillées, font au nombre de huit, dix & davantage.
- Par cette raifon elles font toutes, excepté la première piece, terminées dans le haut en vis, pour pouvoir- être vérinées au moyen de deux clefs ou pinces de fer, d’environ un pied de longueur & du poids de deux livres chacune : ces clefs, avec lefquelles on embraffe la verge que l’on veut ajufter à une autre, fe nomment Hacon.
- Amorceux.
- La première piece du Tarré, fig. 1, PU f^II * à laquelle on donne Ct noiq
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- hrf DU charbon de terre
- & qui va avec toutes les autres, eft munie d un manche de bois de vingt pouces de longueur & de deux pouces de diamètre , attaché fortement en travers dans *une douille qui termine cette extrémité lupérieure : la longueur de l’Amorceux eft de demi-toife ou de trois pieds ordinaires , qui font quarante pouces de Liege; elle ne doit pas être plus confîdérable , afin d’avoir jeu lur les autres pièces : fa groiTeur eft «l’un ou deux pouces ; fon extrémité, renflée en maniéré de campane, eft forée intérieurement dans fa profondeur , Sc fillonée de maniéré à recevoir la tête des autres pièces.
- Longue Verge.
- On appelle de ce nom la piece que Ton fait fuccéder à l’Amorceux, auquel elle s’adapte au moyen de fa tête formée en vis ; fa longueur eft de foixante-dix pouces ; elle eft terminée & creufée de même dans fon extrémité oppofée, afin de pouvoir recevoir la fuivante ou les autres pièces que l’on juge à propos de lui adapter félon les différents cas.
- Courte Verge•
- Celle-ci n eft qu’un double de la longue Verge ; elle doit être moins longue , n’ayant guere plus de deux pieds ou trente-quatre pouces : c’eft en cela feulement qu’elle différé de la longue Verge, ce qui fait qu’on ne l’a point repré fen-tée fîir la Planche, ces deux pièces pouvant n’être regardées que comme formant enfemble la fécondé piece du Tarré.
- Lorfqu’on n’a à percer que dans des couches terreufes, on fe contente d’adapter à la première piece la Languette.
- Languette.
- Cette partie, n°. 9. PL VIII, appellée aufll à Dalem Mouche9Moxhe, & quelquefois Moxhe de veine9 parce quon s’en fert pour fonder la veine, & la pareuf-ler eft la véritable meche du Tarré ; dans fa tête il eft tourné en vis, afin d’être reçu dans l’écrou qui termine l’Amorceux : prefque tout le refte de cet outil peut être regardé comme une forte de vrille à taillant tranchant continué fur la longueur ; & afin de produire fon effet avec facilité , il eft échancré dans le bout de fa lame de maniéré qu’il forme deux pointes en angle, dont l’une eft plus courte que l’autre.
- Erp et y Fermoir»
- Quand on rencontre la pierre, on termine le Tarré par cette piece 3,3,' Fl. VII y qui eft faite en bifeau, afin de tailler & de couper ; fon taillant a un pouce de large: la piece a en tout huit pouces de longueur & une livre de poids ; on en a cependant de différentes longueurs.
- X\
- Fermoir
- t
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- ET DE SES MINES. IL Part.
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- Fermoir à quatre côtes.
- Si la pierre que l’on touche eft du roc ou du Greit> on emploie le Fermoir y 9 ÿ 9 nommé à quatre côtes à caufe des quatre tranchants qui accompagnent fà mèche dans l’extrémité voifine de la pointe : cette verge peut s’adapter à toutes les pièces. Au moyen de la difpofitionde fes tranchants, on voit qu’elle coupe ou définit en quatre endroits la partie pierreufe fur laquelle on la fait agir ; il en ré-fuite quatre pièces que l’on emporte en tournant le Fermoir : fa longueur, qui eft de deux pieds Sc demi ou trois pieds, a une certaine incommodité.
- • Toutes ces pièces, mifes bout à bout, creufent à vingt-cinq toifes de profondeur, ce qui compofo le trou de tarré entier, appellé long jeu, pour le diftin-guer du trou de demi-longueur, nommé court jeu, pour lequel on n’emploie qu’une partie de ces pièces.
- La dureté du roc ou autres matières, fur lefquelles agiflent ces differentes pièces, ou la qualité du fer dont elles font faites, font fouvent caufe que les unes ou les autres fe caftent Sc relient dans le trou de tarré.
- Afin de n’être pas obligé d’aller recommencer ailleurs un autre trou de tarré, il faut retirer la piece qui eft caftee, & qui empêcheroit de pourfoivre l’enfoncement du trou.
- Pour cela on adapte à l’amorceux ou à la courte verge la piece fuiyante nommée :
- Rapeheüy Tirehoux.
- Cette efpece de Tireboure a environ douze pouces de longueur en tout ; la partie qui fe vérine à la longue ou à la courte verge eft fillonnée pour cela ; l’autre extrémité eft: pointue, Sc tortillée en forme de vis, Voye^ n°. 4.
- Outils de Ferronerie d’ufage au pays de Liege , pour fojfoyer,
- avaler Us Bures«
- Les Outils employés par les Houilleurs Liégeois, font à peu-près de l’eïpece de ceux dont fe fervent les Terrafliers Sc Pionniers pour ouvrir la terre, comme Pioches en forme de Pic ou de Marteau large & aigu; Pics à hoyaux, ayant une pioche d’un côté & une pointe de l’autre ; des Pics a tète, des Pics à roc, des Bêches de differentes formes, félon qu’on veut féparer de petites ou de grandes pièces , des Pelles de fer, celles appellées Louchas de Flandres ou les outils communs aux Carriers, pour déraciner, détacher les pierres de leurs fieges ou bancs.
- Les outils de Houillerie peuvent être diftingués en deux claffes, foit par rapport à la nature des matières qu’il faut enfoncer, remuer Sc démolir avec ces outils, foit par rapport à la qualité differente dont ils doivent être, en raifon de
- Charbon joe Terre. IL Part. I ii
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- aig DU CHARBON DE TERRE
- ces circonftances, bien pointus , & plus ou moins acérés dans leurs pointes, dans leur tranchant , &c.
- Le plus grand nombre de ces outils eft emmanché, c efl-à-dire, garni d’un manche ou dune poignée, qui tient ou au milieu dans un œil, fi le fer a deux bouts, ou dans une douille confervëe à la tête du fer lorfqu il n a qu’un bout.
- Les dimenfions de ce manche font en général proportionnées à la lame ou au fer; elles différent encore félon la largeur du bure, de même que cette poignée, dans les outils employés aux travaux fbuterrains, efl en raifon de la largeur ou de l’épaiffeur de la veine ; c efl; tout ce qui efl à obferver à cet égard : du refie , nous ipécifierons la forme, le taillant, le dos des lames, la tête, la pointe droite, moufle ou courbe de ces outils que nous allons décrire , en fui van t la divifion que nous avons annoncée ; elle jettera fur toute cette matière une clarté fans laquelle nos Leéleurs ~ne pourraient nous iuivre que difficilement.
- P R E M 1 E R E F O V I L L E.
- Outils employés pour la wowverture terrciife,
- Uawe, Louchet* v
- Le nom de TLouchet , très-ordinaire dans la langue Flamande, efl celui fous lequel, dans plufieurs Pays & dans plufieurs Manufactures, font connues les Pelles, appelle es ordinairement B êches.
- C’eft une Pelle de fer applatie, large & tranchante far fes cotés, comme fur le bas, afin de pouvoir être enfoncée plus aifément; il y en a de différentes formes, relativement aux matières dures & fotides que bon a à trancher ou à couper.
- Le premier qui efl néceflaire A , PL VII, a fa lame à peu-près quarrée longue^ plus étroite du côté de l’extrémité ; fa longueur efl d’environ un pied, fa largeur de huit à neuf pouces.
- C’eft avec ce premier Louchet que fe fait Favallement du bure quand les terres font grades ; il reflemble à l’outil de jardinage, appeUé improprement houlette, & à la bêche d’ufàge parmi nos Vignerons..
- Le fécond Louchet ayant rapport aux ouvrages fouterraîns, fera décrit avec les Outils employés dans la fécondé fouille.
- Pics*
- Les Houilleurs en ont de plufieurs fortes, comme tous les Ouvriers nommés TerraJJiers, 8c fe fervent des uns ou des autres, félon l’ouvrage qu’ils ont à fairep ou félon la nature des fubflances qu’ils ont à travailler, qui exigent que le corps de cet outil foit plus ou moins courbe, plus ou moins long, & que le fer fait pointu ou large, & tranchant par le bout; le manche des Pics efl depuis un pied
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- ET DË SES MINES, II. Part. 3Ip
- & demi, à deux pieds St demi, quelquefois de vingt-fix pouces de longueur,
- P le S Av ale ur ou £Av alerejfe.
- Comme les terres font quelquefois fomées de pierres, de cailloux, de Fleny j ils font quelquefois obligés de fo forvir du Pic nommé gros Pic £Avaleur, qui eft du double plus fort que l’autre; le fer en eft du poids de fix livres, & de douze pouces de longueur ; le manche engagé dans une douille eft régulièrement de quatre pieds de longueur : on pourroit le comparer à l’outil des Charbonniers de bois nommé Hoyau, Pioche, & à la Pioche à pré, Voy. lettre Ci*
- Hàways, Sapes.
- C’eft ainfi qu’on appelle les Pioches deftinées à remuer les terres, à écarter des ma (Tes dures, à les fàper St à les démolir ; leur manche eft de trois pieds Sc demi à quatre pieds, joint au fer par une douille.
- Ils en ont de deux efpeces, Tune B i, employée à ravalement pour les terres graffes, eft d’une forme un peu courbe en approchant du manche; fon bout tranchant a deux pouces & demi de large, & toute la longueur du fer eft d’un pied. L’autre B %, pour les terreîns durs, ne différé que par fa force qui eft plus conftdérable ; le fer n a qu’un pouce St demi de large dans fon bout. Cel outil eft à peu-prés fomblable à la Pioche platte des Jardiniers.
- r
- .J S £ C O N D \B F O U I L L E.
- Outils dont on fe fert pour la couverture pierreufe.
- ; Uotteux.
- Pic que Ton pourroit comparer à foutîl qu emploient les Charbonniers de bois, St qu’ils appellent Crochet il eft plus gros que le Pic des Avaleurs , étant deftiné à entamer le banc de pierre dans fon joint, ce que dans les carrières on appelle délarder : il y en a dont le fer eft d’un pied de longueur.
- La manœuvre que l’on fait avec le Hotteux D, eft pour former la plice du Aweye qu’on y enfonce enfuite en frappant defliis, ce qui s’appelle botter.
- v Aweyes, Aiguilles.
- Sous le titre général d’Aiguilles, les Houilleurs comprennent, non-feulemen* les bras ou leviers pointus St acérés au bout, mais encore les pièces de fer à faces , aiguës par leur extrémité, defquels on fe fert pour fendre & écarter, & que nous connoiflons fous la dénomination de coins, & tous les outils qui ont be-foin d etre chaffés à coups de marteau pour frayer un chemin : par cette raifon ils defignent, fous ce même nom, les outils qui fervent à faire un logement pour la poudre à canon , dont nous traiterons à leur place, ne parlant ici
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- DU CHARBON DE TERRE que des Aiguilles ou coins à pans, terminés en pointe, n . n , PL VIIÏ ; on les diftingue par le nom de la matière à laquelle ils 1 emploient ; fi elles font employées à la pierre , ils l’appellent Aiguilles de pierre ; lorfqu elles font pour la veine, on les nomme Aiguilles de veine : il y en a de deux, de quatre livres de poids, & de dix pouces de longueur. Perfonne n ignore la grande utilité de cet outil aidé dune légère pereuffion , pour féparer les parties d un corps dur, ce qu’à peine pourraient faire beaucoup de machines & de grands efforts de bras. Tous les Auteurs qui ont écrit des Méchaniques, rangent, par cette rai-fon, le coin parmi les principales machines; mais fon effet confiftant plutôt à entamer 8c à rompre, il paraît appartenir davantage à la claffe des outils. Le coin a cet avantage, que plus il eft aigu, moins il faut de force pour l’enfoncer ; la pefanteur deTinfi:rument qui le frappe, & la longueur du levier, ceft-à-dire, du manche quile chaffe , concourent a cet enfoncement.
- Le Mât-bêche,/7, PL VII, eft un marteau à deux têtes formées en coin; on lui a donné fon nom, de ce qu’on peut s’enferyir à ramener & à bêcher la fubftance qu’on a entamée , féparée* .
- Alât de fer*
- Mailletj de fer, G, VL VII, du poids de quatre, cinq 8c fix livres, félon qu’on l’emploie à cafler les pierres, les houilles, ou à battre for des pieux de bois pour les enfoncer : le corps de cet outil, avec lequel on peut frapper des deux côtés , eft quarré ; il eft femblable àla maffe des Mineurs.
- Ils en ont encore un autre, ' Voye^ n°. io, PL VIII.
- Leviers*
- Les Houilleurs ont fouvent befoin de ces fecours, pour lever par un bout des mafles de grand poids, 6c formonter la réfiftance qu’elles donnent ; auffi ces Leviers font-ils de l’elpece qu’on appelle pinces, parce que ces barres font toutes de fer.
- Hamainte, H ameute*
- i
- L
- Cette Pince, n°. ï, VL VIII, deftinée à foule verdegrofles parties, eft la même chofe que la Vince de fer des Carriers ; elle eft moins forte du côté de la prife , 8c d’une longueur proportionnée à la largeur du bure, ou des galleries fouter-, raines.
- Pied-de-B iche.
- /
- i -
- Autre elpece de Hamainte, n°. i, VL VIII, auquel ils donnent ce nom, 'parce qu’à l’extrémité oppofée à celle qui fert de prife, il eft fourchu : il eft rond , de la groffeur de deux pouces, 8c eftpeut-etre la meme pince que celle qui eft connue fous le nom de pied-de~chevre ; fa longueur eft quelquefois de deux à troispieds 8c demi, quelquefois de huit à dix pieds.
- Quand
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- ET DE SES MINÉS. II. Part: iax
- Quand la pierre eft trop dure pour pouvoir être attaquée avec les gros pics ou les aiguilles, il faut recourir à la poudre à canon ; cela s'appelle en terme de métier , Fer de Mine ou Eier di menue.
- Outils pourfaire jouer la poudre à canon, Fier di menne,
- Fer à Mine.
- Les Outils réfervés à cette opération, font tous à peu-près de la même longueur, fàvoir de quatorze pouces de long ; comme ils ont pour la plupart befoin d’être chafles à coups de Mats, nous parlerons d’abord de ce maillet,
- Le marteau avec lequel on frappe fur plusieurs de ces outils , eft appellé Mat ou marteau ; il eft de fer, à deux têtes quarrées, & du poids de lîx livres. Voyez lettre e, PL. VII,
- , / ‘
- Brokette de Mine; *
- Le fer à Mine avec lequel on Fait la première opération, qui confifte à ouvrir le chemin aux inftruments, eft nommé B roquette de Mines9 a9 PL VII. Ce Fleuret allez femblable à ïAiguille des Carriers, munie à fà tête, comme l’Amorceux , d’une poignée en travers, eft de quatorze pouces de long, fur trois pouces & demi de groflèur , & va toujours en diminuant jufqu à former une pointe moufle.
- Un Ouvrier tient à deux mains la Broquette, tandis quun autre la chafle à coup de mât.
- Fer de Mine 9 fer à Mine*
- Le fécond outils, PLVII,retient fpécialement cette dénomination; il eft rond dans toute fa longueur, & eft terminé par l’extrémité qui entre d’abord en terre , de maniéré qu’il brlfe & fait éclatter par menues parcelles la pierre fur laquelle il eft prefle avec force en frappant fur fà tête : fi l’on trouve trop de réfiftance de la part du rocher, on emploie pour faire ce trou le Fermoir à quatre côtes y* PL VIL
- Rinetieux, Renettoyeux*
- Pour fe débarrafler de ces ordures produites par la pointe du Fer de Mine, on fubftitue à ce dernier le Renettoyeux c ; il eft le plus long des outils employés a cette opération, &fert à deux fins ; parfon extrémité recourbée en maniéré de cuilleron, on rapporte ce qui a été haché dans le trou : quand ce creux eft; mouille, c eft 1 exrrémité oppofee du Renettoyeux qu’on fait agir ; on la garnit Charbon de Terre. IL Part. K k k
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- 222 DU CHARBON DE TERRE
- d’étoupe qui s’arrête dans l’anfe ; on faiilt l’outil par le cuilleron, & on promené la tête dans le trou à plufieurs reprifes.
- Bourreux.
- Le trou nettoyé & efluyé, on y introduit le Bourreux /yqui eft creufé dans fon extrémité, afin de recevoir une cartouche ou un pétard, & de bourrer la terre au fond du trou fur la charge de poudre , dont f eft le fourniment en fer-blanc.
- Outils pour charger la Aline dans Veau•
- Les eaux, en rendant inacceflible aux main-d’œuvres les veines de Charbon quelles couvrent, ne font pas un obftacle moins difficile que le roc même.
- Pour aller attaquer fous Beau la Houille ou les fubftances qui l’avoifinent & y porter à foc la poudre, ou les différentes pièces de Fer de Mine , on les fait agir dans une boîte de fer-blanc, appellée petite biifi g g9 PL VII, qui peut avoir dix ou quinze pieds de longueur.
- Les différentes pièces qui ont befoin d’être employées dans certains cas pour cette opération, peuvent former une longueur de vingt ou trente pieds ; quand on veut forer dans le grès , on y adapte les pièces du Tarré.
- Outils employés pour attaquer, tailler > détacher, defpiejjer la veine.
- Pic de veine. \ /
- Ce Pic, n°. 3, TL VIII, doit être un peu courbe & avoir vingt pouces de Ion-? gueur ; il eft de moitié moins fort que le Pic d’Avalleur, &plus aigu.
- Aweye, Aiguille de veine*
- Efpece de coin, n°. ir,P/. VIII, à pointe très-fine, ayant une tête quarrée; on s’en fort lorfqu’on a xhavé la veine pour la faire tomber, ou la lever, ou la defpiejjir en frappant fur la tête avec le Mat dont on va parler.
- Mat.
- Gros marteau de fer, n°. 10, PLVIII, rond, à deux têtes d’acier, avec lequel on frappe 13Aweye ; fon poids eft de dix livres; fon manche a vingt-fix pouces de long : fi c eft pour frapper en haut, il doit être moins lourd,
- Haches.
- Ce mot défigne en général, tout gros outil de fer propre à couper ou à tailler ; il change de nom fuivant la partie tranchante qu’il a, fuivant l’emploi qu’on en fait & fuivant fa forme : nous ne parlerons pas ici de la hache pour couper les bois quand ils fo trouvent trop longs.
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- ET DE SES MINES. IL Part;
- Conpay y Copray.
- 223
- Outil à l’ufage des Boifleurs & Ripaffeurs : les Coupeurs, les Xhaveurs s’en ‘fervent auffi pour couper la veine fur les côtés ; il différé peu de loutilfuivant, 8c eft emmanché de cinq poignées de longueur.
- Bada. *
- Efpece de hache, n°. 4 , P/. VIII, à manche court : fon fer eft tout-à-fait plat*& épais d’un demi-pouce ; les Coupeurs 8c Xhaveurs /en fervent.
- Rev le t y Rifvelaine.
- Cet outil, n°. 6, PLVIII, eft en fer, & a dans là longueur deux parties, l’une qui eft ronde fervant de poignée ; l’autre qui eft platte, fert à xhaver ou à dé-? tacher la veine.
- Xhavrejje.
- Outil de fer plat, pelant deux livres, Sc ayant huit pouces de longueur^ n°. 5*, PL VIII; il eft emmanché fort long jufqu’à vingtdïx pouces, & eft ordinairement de bois de cerifter : on l’emploie pour couper la veine quand elle a été xhavée avec le Rifvelaine.
- Trivelle y Truelle.
- Efpece de Louchet de fer, nos. 7, & 8, dont on fe fert pour remuer lai houille & les fouayes ; la lame eft plus grande que celle du Louchet A, PL VIII, dont on fe fert pour la première fouille : il y en a d’entièrement plates, il y en a qui font tant foit peu recourbées.
- Riflay, Rafiau♦
- Râteau tout de fer, n°. 12, PL VIII, for un manche de bois, dont fe fervent les Hiercheurs pour ramaifer les fouayes & trigus, dont on a befoin pour faire des épaulements dans l’intérieur des ouvrages.
- 30. Vfl enfiles employés dans les ouvrages intérieurs»
- Coffres y Paniers , Traîneaux pour charger & exporter les Houilles
- dans limer leur.
- s
- De ces Uftenfiles, les uns fervent dans l’intérieur des ouvrages à porter d’un endroit à un autre les Houilles & Charbons : ceux-là ne font proprement que des Coffres ou Traîneaux, qui ne fortent jamais du fond de la Houilliere quand on 1 exploite avec des machines à chevaux.
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- 234 DU CHARBON DE TERRE
- Les autres font ceux fur lefquels on charge en dernier reflort ce qu’on extrait de la mine & qu’on enleve au jour; les uns font de vrais Traîneaux qui gliflent dans les voies en les tirant ; les autres pour les chemins allant en pente, font montés fur des roues.
- Touts ces differents uftenfiles dont nous allons donner la defcription, tant ceux pour les houilles que ceux pour les eaux, & qui doivent emporter la houille intérieurement & extérieurement, font doubles, pour en avoir toujours un vuide prêt à envoyer au fond des ouvrages quand le trait eft arrivé au jour*
- .‘Bâche, B âge , Bac*
- Ce font de grands Coffres, Fig. A 9 PL VIII, de fortes Bâches ou planches ( car ces deux mots, parmi les Houilleurs, font fynonymes ) ; on s’en fert pour amener le Charbon au bure par le moyen d’un Tort anneau placé fur le devant, 8c qui reçoit un crochet e ; ils ont vingt-quatre pouces de longueur fur quinze de large & dix de haut; la partie de deflbus, fur laquelle traîne le Bage, efl: formée intérieurement dans là largeur de fix pièces de bois , à quatre pouces de diftance l’une de l’autre, ayant chacune environ deux à trois pouces ; le tout efl: renforcé en-deflbus & aux longs côtés , par des bandes de fer appellées Royons , d’un demi-pouce de largeur 8c de quarante pouces de longueur.
- V
- On peut regarder celui-ci, lettre B, PL VIII, comme la moitié d’un Bage qu on auroit partagé en deux dans fa longueur par une feétion diagonale, de maniéré que dans là partie de face par laquelle on le tire , il a moins de hauteur que dans fà partie de derrière.
- Sa forme efl: plus longue que large ; il amene quelquefois le Charbon du fonds de la Mine au pied de la bufe du bure, en même temps qu’un autre Coffre monte dans le bure : pour cette raifbn, il a vers le milieu.de fà partie de devant, un gros anneau de fer, auquel on adapte une chaîne qui s’attache au fond du coffre qui efl: enlevé au jour en même temps ; il tire encore quelquefois après lui un tonneau rempli d’eau, dont nous allons parler, qu’on attache à un autre anneau placé au derrière du Vay.
- Sployon des Hiercheurs, improprement Charriotv
- Petit bâtis de bois, plus long que large, & de differente grandeur, félon les buvrages dans lefquels on s’en fèrt ; il efl: tant foit peu exhauffe fur quatre petites poulies qui tiennent lieu de roues. Voyez Fig. r -, PL IX.
- Les Hiercheurs traînent cette petite voiture de dix en dix toifes , au moyen d’une efpece de bricole ou de bretelle repréfentée fur ce traîneau. C’eft un treflage de corde formant une bande de trois doigts de large, terminée par un anneau
- auquel
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- ET DE SES MINES. II. pAET. 2îy
- auquel s’attache le crochet qui tient au Sployon ; je l’appelle Sployon des Hier-cheurs, afin de le diftinguer du Traîneau employé à un autre ulàge dans le manège.
- Met:
- Cette elpece de petit cailîon étroit, Fig, 2, PL IX, a peut-être pris Ion nom de la huche dans laquelle on paîtrit la pâte qui fait le pain quand elle eft cuite, & quon appelle en plufieurs endroits , May, Met,
- Son fond eft percé dans la partie qui peut être regardée comme celle de derrière , pour recevoir une cheville de fer tenant au train lùr lequel il eft monté, £c au moyen de laquelle il eft plus fiable.
- Ce train à roues, nommé Galhiot, n°. 3 , fur lequel on monte le Met, a cela
- *
- de remarquable, qu’étant deftmé à parcourir des galeries inclinées, les roues de devant font plus ou moins grandes, mais toujours plus petites que les roues de derrière, n°. 7, félon la pente du terrein ou de la veine.
- Le Galhiot n’eft , comme on le voit dans la Figure , autre chofe qu’un chaflis de fer plat allongé comme le Met, qui doit être placé deflus.
- La partie formant le derrière de la voiture n°. 3, eft cintrée & percée de deux petits trous , dans l’endroit où elle fe forme en arc : chaque bande de ce cintre qui vient former les deux côtés longs du chaflis, eft terminée dans la partie moyenne noS. 3 & 7, en anneau fermé pour s’unir aux deux autres bandes qui achèvent la longueur du Galhiot : le tout porte fur deux efîieux 4 & y , recourbés en bas dans la partie où ils approchent des roues , de façon que le Met le trouve comme emboîté & retenu à droite & à gauche. Voye£ n°, 6,
- L’eflîeu de derrière 4, porte dans là liiperficie , précifément au milieu, une longue clavette de fer pointue, qui entrant dans le Met, achevé de maintenir ce coffre & de l’aflujettir dans lès mouvements.
- L’eflîeu de devant y, reçoit feulement auprès des roues l’extrémité des deux bandes qui forment le proldfi^ement antérieur du cintre, & eft muni en devant & au milieu d’un fort anneau 3, par lequel s’accroche toute la machine pour la tirer.
- Ces développements font exprimés liir la Planche IX, où la Figure 2 repréfente le profil du Galhiot & fon fonds ; la Figure 6, la coupe du Met monté liir le Galhiot, ainfi que le crochet Figure 8, pour traîner la voiture.
- Vftenjiles quife tirent au jour par les Cabejlans.
- Les Coffres, Paniers, Mannequins, CailTons & autres elpeces de vaiflèaux portatifs deftinés à tranfporter la Houille du fond du bure à la liiperficie , par
- le moyen de cordes ou de chaînes qui roulent liir des poulies, font de plufieurs efpeces.
- Charbon de Terre. 11. Pan,
- lu
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- 426 DU CHARBON DE TERRE
- Ils différent fiiivant leur ufàge, leur figure, leur capacité, & fe nomment différemment, félon qu’ils s’enlevent à bras ou par le moyen des chevaux.
- Les premiers, c’eft-à-dire, ceux qui s’enlevent à bras, font appelles Paniers; les féconds prennent le nom de Coufades : arrivés à lafuperficie du bure pour être déblayés & faire une mefure, ils changent de nom , félon l’efpece de Houille dont ils fè trouvent 'chargés* ou félon la mefure qu’ils rapportent ; mais ce nelî plus que pour le commerce & dans les aétes publics de Police : nous en parlerons à cet article.
- Panny ou Panier.
- C’eft un bâtis de planches afîemblées en forme de caifie quarrée, ouvert par le haut, avec lequel on monte les Houilles & Charbons ; il eft fufpendu I de grandes chaînes. On appelle quelquefois indiftinétement Panier, le grand coffre qui va être décrit , lequel fe nomme Coufade.
- fCoufade*
- O’eft la plus grande de toutes les Cailles employées à amener les Houilles 8c Charbons au jour ; fon nom dérive peut-être de Cophinus ; c’eft une efpece de coffre de même efpece que le précédent & de différente grandeur , félon les foffes ; il y en a d’entiers., n°. r, PL X, contenant la charge d’un tombereau , & des demis^ n°. a; les plus grands ont trois pieds & demi de haut & autant de longueur : ils font fufpendus aux quatre encoignures, par de fortes chaînes réunies enfemble par un anneau., & attachées à leur point de réunion à une groflè chaîne .$u moyen de laquelle ils s’enlevent.
- Au milieu de fon fonds en-dehors > eft un autre anneau très-fort auquel s’accroche quelquefois une autre chaîne qui tire en même-temps le Vay, PL XXI, dont il a été parlé lorfqffon a fait connoître les Coffres ou Caiffons qui ne fortent jamais des ouvrages intérieurs, PL VIII, B+
- Hft enfile s ou Haijfe aux pour V épuifemfàt & pour l'enlèvement.
- des eaux.
- Sous ce titre feront renfermés les Cuveaux, Bacquets & Tonneaux de différents genres, pour épuifer, ou comme ils difent, pour xhorrer les eaux : ce terme familier en Houillerie, Sc dont nous aurons plus d’une fois occafion de nous fervir,^ainfi que celui de xhorre, dérivé, fans doute, du latin haurire, exprime toujours l’aétion d’enlever ou décharger de l’eau d’une maniéré quelconque.
- Tous ces Vaiflèaux font compofés de douves ou de planches exactement & différemment appliquées les unes aux autres.
- Il eft quelques-uns de ces Vaiffeaux qui relient toujours dans les ouvrages îouterrains, où ils font deftinés à tranfporter feulement les eaux d’un endroit à un autre, lorfqu’on n a point de décharge pour verfer les eaux fur quelque
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- ET DE SES MINES. Il;pART. 227 Xhorre : d’autres fe remplirent d’eau pour être enlevés comme la Houille jufqu au jour,
- Les féaux deftinés à monter les eaux, font appellés en general Scilles ; ceux qui fe lèvent à bras, s’appellent quelquefois Tinnes : nous n avons , difent les Houilleurs , d’autre Xhorre que les Xhorres del tinne : on comprend cependant fous ce même nom les gros tonneaux attachés au bout de la chaîne, que les chevaux font tourner dans le Hernaz.
- Il paroît quon peut réduire ces vaiileaux à deux elpeces : les tonneaux qui s’enlèvent au jour après avoir été remplis d’eau, 8c ceux qui ne font qu’être traînés dans les ouvrages d’un endroit à un autre.
- Les premierspréfontent deux différences, foavoîr, les plus gros, tel que celui Fig. A, PL XI, pour les eaux du principal puiford, appellé B ou gnou 9 dont il va être parlé ; les moindres C, PL XI, vraifomblablement pour les Torrets ou petits puits ouverts dans l’intérieur des ouvrages, 8c les tonneaux B , PL XI, tenant un milieu entre ces deux.
- Ces tonneaux, avec iefquels on enleve auffi quelquefois des déblais de la Houilliere, ou des matériaux pour l’intérieur des travaux, font différemment fortifiés dans leur fonds, dans leur pourtour & dans les joints des pièces qui les corn-pofent, par des ferrements qui les rendent fofceptibles d’enlever des charges extrêmement confidérables.
- Les pièces qui compofent ces cuves, font maintenues par de forts cerceaux de fer; elles font encore Naillelées, c’eft-à-dire , liées enfomble par des lames de fer applatties, qu ils appellent N aille s y a, b, dont nous renvoyons la defcription à l’état des ferrements relatifs au travail de Houillerie,
- Ghyots•
- On fo fort de ce mot pour déflgner de grofles tonnes cerclées de quatre cerJ clés de fer, 8c capables de contenir une grande quantité d’eau, foit en les em-plifîànt à bras, foit en les pouflânt dans les vuides qui tiennent lieu de réforvoir* On s’en fort pour tranlporter des ouvrages éloignés, les eaux qu’on ne peut tirer avec les pompes.
- Il y a de deux efpeces de Ghyots, un, n°. i, PL XI, qui pourroît s’appeller Ghyot à roues9 parce qu’il eft monté for deux effieux à roues, dont celles de devant font plus petites que celles de derrière, comme celles du Galhiot, 8c pour les mêmes raifons. Ces effieux font cintrés en demi-cerceaux , pour embralfor le Ghyot dans une partie de fon corps , comme le Galhiot embraffo le Met.
- La fécondé efpece de Ghyot, n°. i, efl: montée 8c attachée à demeure for un Sployon ou traîneau , au moyen de trois pièces de fer qui tiennent au traîneau 8c au Ghyot : tous deux ont dans la partie oppofée au devant une ouverture quarrée, proportionnée à la grandeur du Ghyot : fur cette efpèce de fenêtre eft adapté en-dedans un clapet de bois, failant fonélion de foupape ; lorfque le Ghyot entre
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- aaS DU CHARBON DE TERRE
- dans l’eau, ce clapet eft repouffé par l’eau qui s’y introduit ; & torique le Ghyot eft plein, le clapet fe rapplique par le poids de l’eau fur fouyerture , & ferme ainfi le Ghyot : ce méchanifine eft connu par-tout.
- Outre cette ouverture, le Ghyot en a une autre quarrée dans le milieu & vers fà fommité, en le confidérant en place; elle fe ferme avec une bonde de bois quand le Ghyot chemine, & on fôte quand on veut le vuider.
- Le Ghyot à roue & le Ghyot à fployon font attachés derrière le Vay, & tirés avec les coufades, à l’aide des chevaux; tout ce trait prend alors le nom de Cowée*
- U fienfile s fervants au tranfport de la Houille arrivée au jour*
- Bot 9 Hotte«
- Ces Uftenfiles , comme dans tout Pays , font un ouvrage de vannerie, étroit par le bas & large par le haut, dans lequel les femmes tranlportent la Houille fur leurs épaules, au moyen d’un doffier, d’un collet & de bretelles qui le maintiennent; ces femmes font nommées B otterejfes, du nom de Bot. Voy.page 212*
- Berwette, Brouette„
- Petit tombereau qui n a qu’une roue, & qui eft auffi d’ulage par-tout ; les femmes qui s’en fervent, Voy.p. 212, font appellés Berwetterefies, du nom de cette Berwette qu’elles pouffent devant elles pour mener les Houilles dans les paires.
- Les Berwettes font de deux elpeces, une n\ 2, PL XV, entièrement pleine ou fermée de toutes parts, finon en-deffus, dans laquelle s’emporte le Charbon menu ; une autre entièrement à jour, n°. 1, fur laquelle on charge feulement le Charbon en gros quartier, nommé Houille, & que eonduifent les femmes appellées Monrejjes , Meneufes,page 2x2. Le poids de cette charge différent de celui qu’ont à pouffer les Berwettereffes, eft allégé, Fig. 3, au moyen de planches, contiguës les unes aux autres, qui couvrent la longueur du chemin du bure au paire,
- Uftenfiles relatifs à quelques manœuvres & opérations extérieures•
- Cet Article comprend quatre pièces différentes, dont deux outils & deux uftenfiles.
- Rayetray,
- On appelle ainfi un bâton de trois pieds & demi de longueur, & de la grof leur de trois doigts, qui entre par fon extrémité dans un fer recourbé en bec de corbin ; il eft afïujetti au bâton qui lui fert de manche, en recevant la pointe de ce bâton par des clous qui l’y retiennent fixe Voy. n. 14 , PL VI.II; il fert aux Traire(fes pour, dans les grandes foffes , amener fur le pas du bure les paniers,
- coufades
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- JET D Ë SES MIN Ë S. th Part. lîÿ
- toüfades oü tïnnes, lorfqu’ils fe préfentent au jour , en les accrochant. Le n\ IJ eft un autre Rayetray qui a plus davantage, en ce qu’il fert à deux fins.
- Quand les TrairefTes n’ ont pas réuffi à amener les voitures comme il faut, elles quittent prife pour repouffer ou renvoyer ces caiffons avec l’extrémité du Rayetray qui eft muni d’un fécond fer pointu.
- Stikay, Fêta , Stiket.
- Bout de perche ronde en bois de chêne, armé aux deux bouts d’une pointe de fer crochue, repréfenté n°. 13 , FL VIII : fbn ufage eft d’arrêter le hernaz, Fig. 1 , lettre B, PL XII.
- Sployon du Bure , ou de Herna^j
- Après ces outils, il faut remarquer un traîneau long 8c étroit, entouré d’une forte chaîne que l’on fait quelquefois tirer par un des chevaux agiflànt dans le manege, quand le coufade montant pefe moins que celui qui defcend : en char-géant alors ce traîneau de pierres, il fert de contre-poids : autrefois on l'atta-' choit à un des bras du cabeftan. Ce traîneau , vu en longueur & en largeur, Fig. 5 , FL XII, s’appelle Sployon ; pour le diftinguer de celui des Hier-çheurs, il feroit mieux nommé Sployon du Bure ou de Herna
- S ta lire.
- Afin de n’avoir point à donner de delcriptîon de tout ce dont il fera parlé dans le cours de cet Ouvrage, nous rangeons ici une grande planche de neuf à dix pieds de long, & de trois quarts de pied de haut, lur laquelle fe marque avec de la craie le nombre des paniers ou cailles arrivant au jour , à meftire qu’on en amene hors du bure; cela s’appelle marquer les en feignes des Maîtres, c’eft-à-dire, la part dés aflociés; ce tableau fe nomme Stalire*
- Ufl enfile s à feu, U fl enfiles à9 Airage.
- i ___
- J’appelle ainfi les Uftenfiles dans lefquels on tient du feu allumé , pour don^ ner du mouvement à l’air dans la mine ; précaution dont nous parlerons en détail à l’article du Bure et airage. Ces Uftenfiles font nommés, dans les Houil-iieres de Liege, Fers <ï airage, T oc fieu.
- C’eft quelquefois un fimple chaudrorl de fer à pieds ou fans pieds, b > c, FL X, muni d’une anfe mobile & en cintre qui tient à deux endroits du rebord oppofés l’un à l’autre ; c’eft par cette anfe qu’on le lulpend à la chaîne : det uf-tenfile ne remplit pas bien l’objet qu’on fe propofe, le feu n’ayant pas d’air.
- Le meilleur Toc-feu eft un grillage, a, PL X, ou aflemblage de tringles de fer coule, diftantes les unes des autres de maniéré qu elles forment une cages Charbon de Terre. IL Part^ Mmm
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- •b3t> DU CHARBON DE TERRE
- itoute à jour, quarrée & ouverte en-deflus ; Ja qualité du feu qu’on y allume & *qu’on y entretient, dépend du befoin que Ton a de plus ou de moins de chaleur ; lors même qu on veut avoir un feu flambant, on y met du bois.
- Forge du Maréchal ou approviflonnement de Maréchaudage.
- On appelle en Houillerie Maréchaudage, tout ce qui tient aux ouvrages en fer , qui le font à la forge du Maréchal.
- Outre les uftenfiles d’airage que Ton vient de faire connoître, on juge de la quantité prodigieufe de fer & d’acier qui doit être néceflaire pour la fabrique des outils. La machine à feu, dont il fera parlé à fa place, les échelles des bures à pompe, dont les traverfes font des verges de fer, en exigent beaucoup; Les travaux des Houillerie emportent toutes fortes d’elpeces de ferrures, comme les Royons ou bandes de fer pour ferrer les Bags ; cerceaux pour fortifier les tonneaux & les coffres dans lefquels on enieve la houille ou les eaux ; pour garnir les roues, les poulies; enfin , une grande fourniture de N ailles pour nailleler les pièces des cuves deftinées à contenir les eaux : ces nailles, a9 b > PL XI, font des plaques de fer toujours de la forme qu’on leur voit, mais de différente grandeur. Ces parties qui débordent en angle obtus, fe reploient & deviennent alors des pointes que Ton fait entrer l’une dans une planche, l’autre dans la planche qui avoifine celle-là, ce qui retient ces deux pièces.
- Les ferrures les plus de conféquence par leur volume, leur poids Sc leur rapport direét aux uflenfiles de Houillerie , font les chaînes qui attachent les coufades & autres caillons qui s’enlevent au jour; on les appelle, en terme du métier, Chivres , Chiefs.
- Des Chivres ou Chiefs»
- L’attention que l’on doit avoir pour ces chaînes, eft que le fer qu’on y emploie foit ploiant & non caiîànt, de la meilleure qualité, appelle fer fort à la lime, dont on fabrique les canons de fufil : ce choix eft de la plus grande importance , pour éviter les dangers que courroient les Ouvriers fi quelqu’anneau yenoit à manquer ; ce qui arrive encore quelquefois, malgré la vifite que le Maréchal en fait tous les huit jours.
- • Ordinairement ces chaînes pefent depuis 30 jufqu’à 40 livres, pour une toile du Pays. Une grofle chaîne fe nomme Chivre ; quelquefois la maîtrefle chaîne ; dans les grands bures, eft appellée Chaîne du bure ; d’autres fois , Chief de fojfe, ou Amplement, Chief, Chivre. Elle pefe foixante livres pour la toife. La longueur du Chief de foffe doit être différente, félon la profondeur du bure : dans quelques occafions le Chief doit être compofé de plufieurs membres que l’on lepare ou que Ton réunit à volonté ; ces différentes pièces s’appellent alors fause membres,
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- ËT DE SES MINES. II. pAR*#
- Les quatre parties de la chaîne, qui tiennent aux quatre angles ducoufade, I* %9Pl.X, & qui fe réuniffent enfemble au crochet d, s’appellent en particulier Cordée*
- Une pièce unique en ferrure, Sc qui! ne faut pas oublier, cell la fonnette dont j’ai parlé à l’article des Conducteurs des chevaux qui font agir la machine » Sc dont la corde defcend dans le fond du bure*
- Matériaux de charpenterie*
- Outre la grande quantité de différents bois que confomment les outils & uften-files qui viennent d’être décrits, les hangards, les grandes charpentes fervanÉ de magafins, d’atteliers , en exigent beaucoup dans leur conftruéUon & pour leur entretien; les ouvrages extérieurs, pour les fupports, les manivelles, les tambours de Treuils, les moufles, les poulies, les planchéyages , n en exigent pas moins que les ouvrages intérieurs : ces derniers, par le grand nombre d’ap-puis, patins, fommiers, pilotis, madriers, étançonnages , revêtifîements, préfentent le tableau d’une forêt fouterraine, fans compter les tuyaux depom* pes, les portes d’airages & autres, dont il fera parlé dans le cours de la defcrip-ïion dans laquelle on va entrer.
- Il ne fera pas inutile de faire Connoître ici fommàîrement les elpeces de bois auxquels on donne la préférence, Sc l’emploi de quelques-uns de ces bois préparés. Le Leéteur pourra aifément y rapporter les outils ordinaires au travail de ces mêmes bois, comme fcies, vilebrequins, vrilles, PL XIII, ainfi que les piquets employés à marquer, communément appelles Stipeaux.
- Ouvrages extérieurs»
- Pour emmancher les mâts Sc les outils avec lefquels on ufe de force , le bois de cornouillier mâle, celui de houx, font employés à caufe de leur dureté ; on fe fort auffi du bois de prunier, & de cerifîer.
- Les madriers qui ont jufqu’à fix ou fept pouces d’épalfTeur, font de bois dé frêne.
- Le bois d’aulne que f on prétend ne pouvoir pourrir dans l’eau, Sc s’y durcir au contraire, & le bois de cerifier font deftinés pour les tuyaux de pompe.
- Le chêne qui a auffi la propriété de fe mieux conferver qu’un autre dans l’eau," eft employé à ce même ulàge, étant de plus celui de tous les bois qui fe tourmente le moins & qui réfîfte le plus à l’air ; il eft peu de gros ouvrages pour lesquels on ne s’en ferve.
- Dans cette clafïe on peut ranger les treuils, moulinets, tours ou cabeftans, que 1 on eft obligé d’établir à la fuperficie des grands Sc petits bures, lefquels em-ployent de groflè$ pièces de bois, tant pour l’axe du tambour qui eft lui-même
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- -Dï7 CHARBON DE TERRE
- \m tronc d’arbre, d’où il eft appelle, par corruption, Aube, Abe, arbre de Fojfe j «jue pour les fupports & manivelles qui s’y adaptent pour le faire tourner.
- Les différents travaux relatifs à l’enlèvement, ne peuvent fe faire fans un appareil de poulies, appellées en Houilleries Rolles : il y a de ces molettes employées dans des machines à la fuperficie, PL XIII, B 9 B9b9b9 & dans l’inté-j rieur, C, E, PL XIV ; elles font de chêne, & on choifit ordinairement la partie de la louche qui forme les racines.
- Ces poulies , faites aufli de bois de hêtre, font creufees à leur circonférence <en forme de gorge, afin de recevoir une corde ou une chaîne , & font traverfees par un'boulon ou eflieu, afin de tourner dans une chape ; les moufles, polyfpafli, formées de plufieurs poulies, font retenues dans une piece de bois, communément appellée Echarpe ou Chape.
- Après les grandes & fortes pièces de bois de charpente, on ne doit pas omettre de faire mention des bois de fciage. Les planches font employées à différentes conftruélions ; le terrein du pourtour du bure eft garni de fortes planches , qui forment un fol commode pour les manœuvres qui s’y exécutent. Depuis cet endroit jufqu’au paire , éloigné quelquefois d’une demie lieue , le chemin en eft encore couvert. Ces planches , appellées Meneches , doivent être renouvellées , quand les trous des brouettes y ont imprimé leur trace trop profondément, comme on le voit n°. 3, PL XVy
- ? Intérieur des Ouvrages»
- Cette partie des Houillieres renferme encore force bois Sc poutrelles de différentes groffeurs, 6c différemment arrangées félon la profondeur des Houii-lieres, & la grandeur ou l’étendue des chemins fouterrains, qui ont befbin d’être plus ou moins fortement étayés. Toutes ces pièces portent différents noms % félon leur ufàge, leur arrangement, de même que les bois de fciage, employés pour former le fol des cloifons, &c.
- U étançonnage fe fait avec des bois de différentes groflèurs, félon la grandeur; du bure, l’épaiiîeur des veines, ou la qualité du toît.
- Les dojfes dont on fe fort pour foutenir les terres voifines de la fuperficie, Sc les empêcher de crouler dans les bures, qui fe travaillent à bras d’hommes, font des efpeces de fagots de menu branchage. Ces armements garnis ordinairement de planches aux deux côtés, font appellés, en terme de houiilerie Liégeoifo, Roijjes.
- L’entrée d’un bure eft quelquefois féparée jufqu’à une certaine profondeur i & dans une direétion oblique, par une forte cloifon de planches, formant à part un paflàge nommé Parti bure, aa9 Fig. %, PL XVII, dont je ferai connoî-: tre, à fa place, la conftruéiion & l’ufage^
- Le*
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- ET DE SES MINES. II. ï>Ar*4 *33
- tes ouvertures deftinées à communiquer l’air des galleries avec laîr du bure , que Ton nomme Portes d’airage, font encore différemment garnies & conftruites en bois ; quelquefois elles n’ont befoin que d*être étayéesd’un côté par Un boulon qui lùpporte une traverfe fervant de foutien au toît ; dans ce cas le poteau d’étai, qui eft unique , s’appelle Bele.
- D’autres fois il faut un encadrement complet, comme on le voit en grand félon féchelle & en petit, Fig. 2, PL XV : alors les deux piliers ou poteaux fe nom* ment Potes ; celui de traverfe qui eft foutenu par les deux extrémités fur la tête des potes , le nomme Clige. . •
- Ces différences dépendent de la nature du fol & du plancher ; fi bien que dans quelques occafions, ce chaffis le fait en pierre.
- Pour traîner & glifier aifement dans l’intérieur des ouvrages les traîneaux & paniers, on forme un afïemblage de gros bois, qui porte liir le fond de la voie ; c eft ce qu’on appelle Çliperou.
- Quand on ne met qu’un bois difpofé fur la même ligne que la voie ou route , on le nomme Bois de Rotte.
- En général on donne aux pièces de bois qui foutiennent un poids, & dont là grofleur tient le milieu entre la poutre & la folive, le nom de fommiers. Les Brafleurs François appellent de même les pièces de bois fur lefquelles font placées les cuves , les bacs & les tringles de la touraille»
- En Houillerie, une Gije eft une poutre ronde de la grofleur de la cuifle, suffi longue que le bure eft large, & pointue dans fes deux bouts, dont un tiers fb chafle à coups de mâts dans le pied du bure, & l’autre pointe regarde tœil ou la bouche du bure.
- Quand on enfonce une cheville dans une piece de bois, on ne manque point d’aflujettir cette cheville avec une Gife.
- On fait encore quelquefois dans les ouvrages fbuterrains des féparations de planches attachées avec des clous les unes contre les autres ; c’eft ce qu’on nomme en Houillerie Bachire de planches, d’où on appelle quelquefois ùn plancher un Bâche. '
- Les vallées, les chemins des Hiercheurs , doivent être auffi planchéyés* en terme du métier bâchés.
- Enfin, en différents endroits des ouvrages, on eft obligé d’employer de gros bois placés les uns auprès des autres pour l’écoulement des eaux y c’eft ce qu’on appelle d’un terme général Mahay, Areine.
- On verra encore que le cuvellement de différentes parties 3u bure & des ouvrages fbuterrains, confomme une quantité immenfè de bois*
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- Charbon z>e Terre. IL Paru
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- DU CHARBON DE TERRE
- ARTICLE TROISIEME.
- De la Houtte ou Houtchey & du Hernaz>*
- Tous les différents ouvrages que comporte renfoncement & les travaux dune folle, entraînent nécessairement des hangards ou lieux couverts,fermés ou non fermés, pour retirer les agrès 8c équipages.
- Dans quelques Pays, on appelle Harneix, d’un terme générai, les meubles ou uftenfiles deftinés à l’ufàge de certaines profelîions, même les outils dun Artilan ; il eft vraifembiable que de-là eft venu le mot de Herna{ , adopté au pays de Liege pour lignifier l’enceinte couverte, Cafa putealls, AgricoL dans laquelle fe palfe le principal mouvement des travaux de Houillerie, où eft établie la machine qui fert à l’enlèvement des Houilles & Charbons au jour, & qui en prend elle-même le nom la plupart du temps ; ainfi quand on dit le Herna£, on entend tantôt les machines à mollettes ou autres qui y font conftruites, 8c dont l’aélion dépend toujours d’urt treuil, différent feulement par là pofition horizontale ou verticale ; tantôt le hangard fous lequel ces machines font à couvert 8c où font le Stalire, 8c la fonnette dont j’ai parlé.
- Quand cette baraque eft faite groffiérement, 8c n’emporte que peu de matériaux , elle retient le nom de Hutte, en patois Houtte ; mais elle n’a lieu que pour quelques petits bures.
- Lorfque c’eft un grand puits ou bure pour une Houilliere, dont l’exploitation peut fe continuer pendant un temps confidérable par la même fofle, on fe détermine à faire une plus grande dépenfe, 8c à enfermer fon enceinte d’une façon plus folide , comme on le voit, Fig. I, PL 12, 8c PL 13, qui repréfente le plan du bure 8c de la charpente en perfpeéUve A, 8c fon profil en B , B ; ce font de fortes pièces de bois formant une cage à claire-voie, anciennement ap-pellée en Houillerie Beljleude, garnie, excepté fur le devant, de planches à hauteur d’appui, recouverte d’un toit de clayonnage, de paille , &c.
- Dans ce toit, au-deffus de la bouche du bure, font fulpendues deux poulies, nommées Rôles du bure B B ybb, d’environ trois pieds de diamètre, & garnies de cerceaux de fer c, c, dont l’une fert à monter, l’autre à defoendre les caillons, paniers, tonneaux, &c. Le refte du Hernaz, B, PL 13 , eft à jour , afin de donner la facilité convenable à c es différentes manœuvres.
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- ET DE SES MINES. II. Part.
- Machines établies à demeure fur la fuperficie & dans Vintérieur des Houillieres pour les travaux fouterrains.
- Je comprends fous ce titre general, tout ce qui fert à régler & à augmenter les forces mouvantes, les différentes méchaniques, comme treuils , qui, au moyen de poulies, de cordes, fervent à enlever ; les machines hydrauliques qui éle-yentles eaux par differents moyens; tous les ouvrages de Charpenterie en dépendants & faifant corps avec ces machines ; les différents angins auxquels on applique différentes puiflànces, de même quaux cabeftans dont ils tiennent lieu, ou pour enlever au jour les denrées, ou pour élever les eaux hors de la Houil-Üere.
- Ils font en général appellés Herna£, du nom de la Hutte en paille ou du han-gard qui les renferme , lorfqu’on exploite avec des chevaux.
- A railon de ces deux différentes deftinations, pour les Charbons ou pour les eaux, les fécondés font diftinguées des premières par le nom $ Angins a pompes ou Bouriquets. ' ~
- Tantôt le hernaz eft tourné à bras ; il fè nomme Herna^Jîmplé, Herna£ à bras, Herna£ h main : tantôt il agit par des chevaux, & alors il prend le nom diftinélif de Herna{ ou Machine à chevaux. Relativement à ces deux maniérés dont agit la machine, la pofition du cylindre mobile, appelle Treuil ou Tour t fur lequel roule la corde qui enleve, eft auffi différente.
- Herna£ à bras , Herna£ a main, Herna^Jimples.
- Torique cette machine eft mue par des barres que Ton conduit avec les mains, Ce rouleau ou cylindre eft horizontal, 8c > foie qu’on emploie ou qu’oii rry emploie point de rouage pour augmenter fa force ,[ on lui donne en général ces différens noms. Cette machine n’eft autre choie que ce qu’on appelle proprement Singe, Virevaut, & en général An gin > nommé par Vitruve Ergata.
- Les plus communs font de deux elpeces, lavoir, le tourniquet ou bouriquet à la bouche du bure, & le torret dans l’intérieur des ouvrages.
- Tourniquet, Bouriquet.
- Le Tourniquet ou Bouriquet, dont on fe fert en avalant un bure, Voy. PL %, de la première Partie, eft le treuil le plus fimple, connu par-tout.
- Il eft compofé de deux tréteaux, ou chevalets, ou* liipports triangulaires, au fommet defquels eft enchaffé un petit treuil horizontal, lur lequel file une corde, qui, au moyen de deux manivelles, attachées aux extrémités du treuil,
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- *36 DI/ CHARBON DE TERRE
- «enleve tantôt les Houilles & Charbons dans des paniers, tantôt les eaux du bure dans des tinnes. On y met quelquefois deux perfonnes de chaque côté.
- Les fupports, nommés ordinairement Jambes, Taquets, Traquets, Chevalets } font appelles par les Houilleurs Liégeois Triquets : les anfes du tour, ou barres à tourner, fe nomment quelquefois Triquets du bure9 Coubles, manivelles ; ils font ordinairement de quinze à feize pouces de longueur, ce qui fait jufte ce qu il faut pour former en tournant la circonférence des bras d’une perfonne qui les fait agir.
- Cette machine eft fiiffifànte pour enlever deux ou trois cents livres environ, à la hauteur de vingt, trente ou trente-fix toifes.
- /
- t
- Torret. 1
- La derniere & la moindre efpece de treuil eft un petit Singe volant, tout fem-blable au treuil ordinaire, mais qui s’emploie dans l’intérieur de la Houilliere fur des petits puits ou bures, par lefquels on enleve dans des travaux fupérieurs les eaux & les houilles qui fe tirent dans des ouvrages que l’on travaille au-deflbus.
- Le tambour pour ces petits treuils doit être coriftmit d’un bois bien léger, & de différente groifeur, lorfqu’il fert à enlever des charges un peu fortes : il y en a depuis fept jufqu’à treize pouces de diamètre, & rarement davantage ; les moindres font également propres à tirer des poids confidérables, mais plus lentement,
- j
- Bouriquet à bras»
- (
- Pour les bures confidérables, on fo fèrt dune feconde efpece de Her-naz à Rouage : la Figure I, P/. XVI, le fait voir en place fur un bure de neuf pieds de longueur, ainfi que toute la charpente qui en dépend; fa conftruétion particulière, fes développements, & fon plan géométral, font repréfentés, jFig. 2, 3 & 4, de maniéré à n’avoir pas befoin de defcription détaillée. On met quatre perfonnes à chaque manivelle, dont la longueur eft de fix pieds.
- Grand Herna[ a bras,
- Dans ce Hernaz, qui pourroit être à chevaux , l’axe du treuil, au lieu d’être horizontal, eft vertical ,Voy. A, Fig. 2, P/. XII, où il eft repréfenté de face du côté quil regarde le bure; il eft alors formé d’un gros tronc de bois, nomm® en Houillerie Aube : le pivot fupérieur garni en acier, eft faifi , par un collet appliqué dans une groffe piece de bois traverfante, qu’ils appellent Soprejfe,
- &
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- ET DE SES MINES. II. Part; *37.
- & le pivot inférieur garni de même, repofe fur une crapaudine en cuivre ou en fer , anciennement nommée P ailette , aujourd'hui Plumas, qui eft fcellée au milieu d'une pierre placée dans le centre du manege, Fig. 3.
- Le tambour a fix pieds de diamètre à pemprès dans le haut Sc fept environ par le bas, afin de recevoir deux ou quatre bras de leviers , d'environ vingt-quatre pieds de longueur chacun, difpofés en forme de croix , Fig. 3, on les appelle vulgairement Hamaydes, parce qu'ils barrent le chemin du trotoir , comme ces clôtures ou barrières fervant en Allemagne à empêcher le bétail d'entrer dans les chemins, Sc qu'on y appelle Hamaydes. ^
- On voudra bien, pour l'intelligence du jeu de ce Hernaz , tel quil eft repré-
- fenté ici pour une opération particulière, ( l'enlevement des eaux, pendant la
- nuit , avec des tinnes ) , luppléer à une faute du Delîinateur qu’on a laiffé
- fubfifter par inadvertence dans la gravure. Le tambour Sc la charpente qui en
- dépend dans tout le trajet de la chaîne , ainfi que le fauconneau qui la releve *
- devroient être exhaufles , de maniéré que cette chaîne, lofqu'on n'a pas befoia
- de lui faire prendre la- direction montante fur les poulies du fauconneau, foit en
- allignement aux rolles du bure Fig. 1, fur lefquels on voit le bout de la
- chaîne F , pour enlever Sc defcendre les uftenfiies dans la fofle. . ^
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- Herna£ ou Machine à chevaux %
- Les machines à chevaux ne différent du grand Hernaz qui vient d'être dé^ crit, qu'en ce que le tambour vertical B, PL Fig. I , eft traverfé dans
- le bas de plufieurs bras de leviers , longs de vingt-cinq pieds , munis de palon-niers pour y attacher des chevaux ; la chaîne qui tourne fur ce cylindre, répond à deux rolles ou poulies Ay A, ajuftées dans le chafïis de la charpente.
- Le Herna^ à chevaux, fuppofànt un bure confidérable & très-profond, on juge aifément que l’éloignement des denréesy traînées des routes qui ne font point dans la direction du bure, PL XXI, exige une augmentation & une direélion particulière de force pour le trait : l'artifice que l'on emploie à cet effet eft fort fimple Sc très-aifé à concevoir , en jettant les yeux fur les Planches XIV &XXL
- Dans laMahire, où vient fe déboucher la voie penchée y d'où l’on veut apporter dans la bufe du bure des voitures d'eau ou de charbon, on aflied bien fb-lidement un ouvrage de Charpenterie, deftiné à l'enchâflure d'une poulie de renvoi. Ce corps de Charpenterie A y A, B y B y PL XIV, eft compofé d'un bâti bien folide, & bien fixe, lequel fupporte deux jambes ou montants A A y fervant de chappe aux rolles C, E, tournant fur un goujon F, F y qui les traverfé.
- Ces deux rolles, exaélement placés vis-à-vis l'un de l'autre, ne font point de meme grandeur, comme ceux qui font dans la charpente en élévation à la Charbon z>e Terre, IL Part, O 0 o
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- *3V DU CHARBON DE TERRE
- Superficie, ni fituées à une égale hauteur ; le rolle C, qui regarde la bufe du bure eft le plus grand , & celui E9 qui eft derrière du côté de la voie, eft le plus pe~ xit : le jeu en fera expliqué à fa place dans tout le détail qui convient,
- Machines Hydrauliques.
- Nous comprendrons fous ce titre général, les angins avec lefquels on éleye les eaux de la Mine, par quelque moteur que ce foit.
- Les plus fimples, ne font compofés que d’un petit tour ou tambour nommé Treuil, mu à bras d’hommes, pour defcendre ou remonter des féaux.
- Quand il faut fe débarrafler d’un volume d’eau conlidérable & à une grande profondeur, les angins que l’on emploie & auxquels on applique différentes puiflànces, doivent faire agir deux corps de pompes, dont l’un eft de pompes foulantes, l’autre de pompes afpirantes : on les appelle Angins à pompes , Sc en terme ordinaire de Méchanique, Machines à mollettes.
- Lorfqu elles font mues par des chevaux, Sc qu elles fervent en même temps pour extraire les eaux & les houilles, on les diftingue à Liege par le nom de Bouriquets ; dans d’autres Pays on les appelle Tourniquets.
- L’angin à pompe qui étoit autrefois en ufàge dans le pays de Liege, uniquement pour l’épuifement des eaux , étoit appellé Bouriquet, Angin a pompe : d’après la figure qui m’a été envoyée de ce Pays, fur les renfeignements qu’en ont donné plufieurs perfonnes, c étoit ce qu’on appelle ordinairement Manivelle à tire-point ou tiers-point ; mais on ne s’en fert plus.
- Dans quelques anciens Bures, dont on voit encore les veftiges, attenant la Folle Chaudder, près le village de Beine9 on droit les eaux à l’aide d’un moulin à vent : cette maniéré connue dans plufieurs Pays, n’eft pas entièrement aban? donnée au pays de Liege; le bure nommé Hau'te-clair au village de Jupille9 tire avantage d’un femblable moulin appellé Herna[ a venu
- Quelquefois on profite d’un ruifleau pour faire agir les angins à pompe; comme à Erf9 fur le chemin dë Liege, à Aix-la-Chapelle. A trois lieues de Liege, à Herftal, on voit les reftes d’une pareille machine ; à la Fofle Chaudder, dont je viens de parler, il y en a une plus compofée que celle de Erf. On peut fe former une idée de ces machines, par celle qui eft établie pour porter les eaux de la Seine dans les Jardins de Marly & de Verlàilles : cette machine fameufe^ fans doute par l’énormité de fà conftruétion, n’eft qu’une imitation de celles qui de tout temps font employées dans le pays de Liege , à la différence qu’elle a été exécutée d’une maniéré trop compliquée, & que la plupart des pièces en font très*! mal deffinées : on n’en doit pas être étonné, l’entreprife de cet ouvrage ayant été livrée à un Ouvrier, habile dans la pratique feulement.L’invention ou l’exécution de cette machine, eft fouyent attribuée au fieur Deville, qui en a été le premier
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- Dlreéteur.Le Do&eur Defaguliers,dans Ton Cours de Phyfique expérimentale(i), eft tombé dans cette erreur : mais une épitaphe qui fe voit dans l’Eglife de Bougi* ralentît la ChauJféeSc la Machine de Marly, a confervéle nom du Conftruéieur* Rennequin Sualem, Liégeois , qui ne Javoit ni Lire , ni écrire ; ( on ne fefpeélera point d’infidélité la pierre fépulcrale d’un homme du commun & étranger;) c’étoit un Charpentier de Liege, amené de ce Pays par M. Deville, François de nation, & non Liégeois, ainfi que l’a avancé le Doéteur Defàguliers. Ce François avoit époufé à Liege une Demoifelle de la ville de Huy, au même Pays, où il de-voit avoir vu beaucoup de ces machines. La terre de Modave, diftante de Huy de deux lieues, & que cette Demoifelle lui avoit apportée en mariage, lui en avoit donné toutes les facilités ; le Château & les jardins de cette Seigneurie f auffi élevés que l’aqueduc de Marly, recevoient de l’eau par le moyen d’une femblable machine fimple, affife for la petite rivière de Hoyou. Quoique Rennequin ne foit point l’inventeur de la machine de Marly, quoiqu’il ne fût ni Philofophe ni Mathématicien , l’honneur de l’exécution, toute défeéfueufe quelle eft, ne lui appartient pas moins, comme l’origine de l’invention en appartient au pays de Liege ; c’eft ce qui fait que quelques termes & dénominations relatives à la machine, font dans la langue du pays de Rennequin, auquel on pourroit attribuer, plutôt qu’à M. Deville, plufieurs pièces qui peuvent être employées à differents ujages , & bien des inventions ingénieujes qui ne Je trouvent point ailleurs (2).
- Dans de très-grands ouvrages où les eaux fe trouvent ne pouvoir abfolument être épuifées par des Bouriquets mus à bras d’hommes, ou par des chevaux, ou par d’autres machines, on fe fert de pompes dont le pifton haufle Sc bai fie, au moyen de l’eau échauffée par le feu ; à raifbn de ce premier agent, elles font ap-pellé es du nom diftinétif de Pompes ou Machines à feu.
- Il paroîtroit naturel de s’arrêter dans ce moment à ces pompes; mais nous voulons nous renfermer ici dans une defcription pure Sc fimple de l’exploitation des Mines de Houille, telle qu’elle fe conduit au pays de Liege : les circonftances relatives à l’équipage Sc méchanifîne de la pompe à feu entraîneraient des détails qui nous écarteroient de notre plan. La derniere Seétion de cette fécondé Partie étant deftinée à raflèmbler un corps de théorie-pratique fer l’Art que nous décrivons , nous y renvoyons le Leéteur pour tout ce qui regarde la pompe à feu : il feffira, quant à préfent, de prendre dans le Deffein général de fes principales parties , une idée de la conftruétion Sc du jeu de cette machine : elle préfente , au coup d’œil, un appareil très-compofé ; mais les pièces dont dépendent fes opérations eifentielles, font en petit nombre ; les autres qui font fort multipliées, comme tuyaux, robinets, leviers, &c. ne font que concourir à fon jeu, Sc
- <v cet -Ouvrage traduit de PAnglois I (2) Cours 4e PhyCque expérimentale du Doc-* par le ere Pezcnas, Paris 1752, Tome 2. page I teur Defàguliers, Ibid. pag. 517.
- $A7. -«dit I
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- â4® BU CHARBON DE TERRE
- ne fervent qu’à régler fes mouvements ; de maniéré que toutes les pompes à feu employées aujourd'hui dans beaucoup de Pays , ne différent que par quelques pièces acceffoires, ou par la grandeur, félon l’objet qu’on fe propofe ; elles font abfolument toutes , quant au fond, dans la derniere forme quont donnée à cette ingénieufe invention le fleur Newcomen, Ferronnier, & le fleur Jean Cawley, Vitrier , de Darmouth en Angleterre.
- Le principe du mouvement de cette pompe, eft un balancier A9B, de vingt-quatre à trente pieds de long, mobile for deux tourillons E , placés a fon milieu ou à peu-près. Ce balancier porte à l’une de fes extrémités D , /, l’attirail G, O, des pillons des pompes qui doivent élever l’eau à une hauteur donnée, Sc à fon autre extrémité C, la tige d’un pifton de métal qui remplit en le parcou-rant la capacité d’un cylindre auiïi de métal F9 deftiné à recevoir la vapeur de l’eau qui bout dans la chaudière ou l’alembic V.
- Une injeélion d’eau froide venant d’un tuyau for le cylindre , & qui condenfe fubitement les vapeurs, forme le vuide dans le corps du cylindre ; êc le pifton , porté tant par fon propre poids que par celui de la colonne de l’at-mofphere qui lui correlpond, retombe & éleve en retombant les pillons des autres pompes.
- D’après cet expofé foccint, on voit que tout le méchanifine confîfte dans Tac* tion alternative de la vapeur de l’eau & de la preffion de l’atmolphere, combinée avec les réfiftances qu’il faut vaincre.
- ARTICLE QUATRIEME.
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- De VArchitecture fouterraim des Mines.
- C’e s t à l’aide des outils, uftenflies Sc machines que nous avons décrits * qu’on parvient à arracher des Mines le foffile qu elles renferment.
- L’expérience a établi des réglés confiantes, tant pour la maniéré de fo fervir de ces moyens, que pour travailler dans ces Mines économiquement, commodément , & avec le moins de rifque poffible de la part des eaux trop abondantes , & de l’air trop dilaté ou trop comprimé.
- Tout l’art d’exploiter une Mine de Houille, porte for deux opérations géné*^1 raies, l’une confifte à approcher, l’autre à travailler la uatiere de la veine.
- Pour le premier objet, on pratique le plus ordinairement à la foperficie du? terrein où Ton foupçonne la préfence du Charbon , des ouvertures perpendicu-: laires ou approchant de cette direélion, & que l’on appelle dans quelques parties d’Allemagne Puits de Mines ; à Liege Foffes a Houille ; Bures, du verbe Anglois bore, qui veut dire percer avec une tarriere.
- Quelquefois on va joindre la mafle ou la veine de Charbon, par une gallerie percée au pied de la montagne ; cette maniéré d’arriver à la Mine, eft appellée
- Borne f
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- ET DE SES MINES. Il Part. 241
- Baume, qui, dans le patois de Liege , lignifie les terriers que les lapins 8c les renards font fous terre. Cette dénomination par laquelle on entend en Dauphiné 8c en Provence un antre ou une caverne, fur-tout fi elle eft fur une montagne ou fur un lieu élevé, convient dès-lors davantage à Vaqueduc de Mines, appellé fpécialement en latin Cuniculus. Ce canal fouterrain, qui eft de grande conféquence pour les travaux , lorfqu’il eft praticable , devant être conlîdéré comme décharge pour les eaux, fera décrit quand il s’agira de cette partie de l’exploitation : nous ne traiterons ici que des ouvertures creufées perpendiculairement en forme de puits, & qui établilîent, du dedans au-dehors de la Mine & même dans l’intérieur, des communications indifpenfàbles pour tou-3 tes les circonftances dépendantes des ouvrages.
- Le fécond objet du travail eft celui des veines qui ont été rencontrées en creufant ces routes perpendiculaires ou à peu-près ; ce travail s’exécute au moyen de chemins prolongés dans l’intérieur de la Mine, fuivant la marche & la direélion de ces veines.
- Ces hoyaux ou galeries de Mines, fervent à faciliter le tranfport du Charbon des parties les plus éloignées de la Mine, ou quelques-uns à donner un cours libre 8c aifé aux eaux 8c à l’air, qui gêneroient ou mettroient en danger les Ouvriers.
- Pour l’un & l’autre but, il eft befoin de l’Architeélure fouterraine • 8c c’eft auffi fous ce double point de vue, que nous établirons ce qu’on peut regarder comme les principes 8c les régies fondamentales de la pratique de l’exploitation que j’entreprends de faire connoître.
- Il n’eft point de travaux de Mine , en majje ou en veine, pour lefquels on ne foit obligé partout Pays de creufer de ces fofles perpendiculaires, de percer en-fuite dans le corps du Charbon, des dilatements9 c*eft~à-dire , des excavations de toute efpece, appellées quelquefois Tailles, qui fe prolongent 8c fe multiplient à la longue, félon les circonftances indiquées par l’expérience, 8c relatives à la fituation, à la pente, au nombre de veines qui fe rencontrent les unes au-deflîis des autres, ou à l’incommodité des eaux, ou à la profondeur de la Mine, qui exige toujours dans fes vuides un courant d’air ; ces routes font conduites dans! une direélion horizontale, penchée , ou latérale.
- Afin de difpofer la defcription de l’Art d’exploiter le Charbon de terre, dans un ordre méthodique qui en facilite l’intelligence, je dois la faire précéder d’une connoiflànce générale de l’Architeélure fouterraine, qui fait la bafe de cette partie pratique. Je divife donc cet article en trois branches ; la defcription des bures, celle des galeries, celle des conduits pour l’air 8c pour l’eau.
- Charbon de Terre. II. Pan.
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- BU CHARBON DE TERRE
- Des Bures ou Fojfes à Houille en général.
- Les ouvertures ou folles profondées de la foperficie en defcendant prefqu a plomb, nommées dans tous les travaux de Mine, Puits de Mines, font appel-
- lées par les Houilleurs Liégeois Fojjes ou Bures.
- Il y en a de quantité d’efpeces ; on peut cependant les divifet en deux claffes ; la première préfente des bures qui communiquent direélement du fond à l’extérieur de la Mine ; la différence qui fe trouve dans ce premier genre dépend des ufàges auxquels ils font deftinés ; les uns fervent à defcendre dans la Mine, à monter les denrées ; les autres font pour extraire les eaux* ou pourvoir au renouvellement de l’air, à la liberté de là circulation dans les voyes fouter~ raines.
- A raifon de ces différents ufàges, les bures font de forme & grandeur différente, felon qu’on en tire le Charbon par le moyen des chevaux, ou félon qu’on le tire à bras d’hommes. Lorfqu un Bure eft travaillé de la première maniéré, on l’appelle Bure à chevaux , ou Foffe de grand Athour, ou Herna£ double ; lorfqu’il n’eft pas considérable, & qu’il eft exploité par bras d’hommes, c’eft un Herna^Jimple, autrement dit, Bure à bras ou FoJJe de petit Athour^ Quelques-uns de ces petits puits nommés encore Tourrets à bras , ne durent que trois ou quatre mois, n’étant que pour travailler des BouyaVoye£ première Partie, page 68.
- Les Particuliers qui ont de la Houille dans leur terrein & qui ne veulent tirer que pour leur confommation, fe fervent uniquement de ces petits Tourrets pen-dant qu’ils font extraire leur provifion pour l’année.
- Selon d’autres circonftances, les Bures font encore profondés dans des directions différentes : par exemple, ceux qui font pour tomber for des Roijfes, ne font pas toujours entièrement d’à-plomb , ils vont, comme difent les Houilleurs , enpittant, c eft-à-dire, en pente douce.
- Je fais une féconde claffe des Bures,qui quoique creufés dans la forme de puitsy différent de la première, en ce qu’au lieu <fe déboucher au jour, ils débouchent feulement dans un endroit de l’intérieur de la Mine, tels que ceux que nous appellerons , avec les Houilleurs Liégeois, Bouxtays, Torrets.
- Tous font défignés par des noms particuliers, & feront chacun décrits à leur place.
- Nous ne confîdérerons ici que le grand Bure, après avoir fait précéder un fommaire for les circonftances qui en dépendent fous ce même point de vue, telles que la profondeur de ce puits, l’endroit de fon affiette, les différentes maniérés de défigner les parties qui le compofent.
- Toutes les Fojjes à Houille , quelles qu’elles foient, ont des profondeurs différentes; elles varient félon le plus ou moins d’inclinaifon, ou de profondeur de
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- ET DE SES MINES. IL Par*. 343
- îa veine : on eft quelquefois obligé de l’aller chercher à mille pieds ( 1 ) fous terre, même jufqu’à cent foixante-cinq toifes & davantage : on en a vu dans la Jurif* diétion de Seraing ( 8c cela peut être regardé comme très-extraordinaire, ) quî alloient de cinq à fix cents toifes ; telle étoit la foffe del Marihaye, celle del Ridonte, for la rive droite de la Meufe ; celle du vieux Romarin à Jemeppe, fur la rive gauche de la Meufe : au Val-Saint-Lambert fur la rive droite, il y avoit un Bure de cent toifes de profondeur, autant de vallées de gralles 8C des tor* rets au-defîous. Voye[ première Partie , page 6j.
- La profondeur la plus ordinaire, eft depuis cent jufqu’à deux cents toifes, de fept pieds chacune, ce qui fait lix cents cinquante pieds.
- Cette dimenfion d’un Bure eft diverfement rendue en termes du métier ; le plus ordinairement on dit un plomb de Bure> pour défigner là profondeur. Cette expreflion fert à défigner généralement la longueur de quelques ouvrages fou-terrains, lorfque cette longueur eft égale à la profondeur du bure : on emploie auftï quelquefois le mot Stampe\ par ce dernier cependant, les Ouvriers enten* dent le plus fouvent finterval d'une veine à une autre. Voye{ première Partie , page 69.
- La diftance d’un bure à un endroit, s’appelle abattement : on dit, il y a tant à* abattement.
- Fojfe à Houille, nommée Maître Bure, grand Bure,
- Bure de chargeage.
- On appelle ainfi la principale Foffe à laquelle répondent toutes les différentes routes fouterraines ; dans les Mines d’Allemagne, c’eft ce qu’on appelle Puits de jour, Bure a tirer, Bure et extraction , Bure de chargeage, &c.
- La première attention à avoir for le choix de l’affiette à lui donner, c’eft de faire cette ouverture for la partie de la veine qui forme ce que l’on pourroit ap-* peller la tête de la veine, voye^ page 206; 8c que l’on nomme Phier de Buree
- Les différentes dénominations par lefqueües on défigne Ce bure, indiquent fes ufages ; il eft aifé d’en déduire, que fervant d’entrée & de {ortie pour tout ce qu’il eft néceffaire de porter dans la Mine, c’eft dans cette foffe que les ouverte res, les galleries prennent leur commencement ou viennent fe rendre. On juge de même que dans ce prolongement s’ouvrent dès le premier début des ouvrages les communications de la Mine, & des travaux particuliers néceflaires à l’exploitation ; qu’il fe pratique enfin dans cette foffe perpendiculaire , à mefere qu’on la forme, des excavations, des coupures, des réfervoirs pour les eaux, des conduits pour l’air, &c.Tout ce trajet, confidéré en longueur , eft donc important à connoitre.
- Comme ce feul article ne laiffe pas d’être compofé , il faut diftinguer trois
- (ï) Ce qui fait iq,2 toifes de Liege : les io pouces de Liege , valent 11 pouces de France.
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- *44 OU CHARBON DE TERRE
- parties dans les bures, la bouche ou toril du bure, fon fond, & fes côtes ou fit parties latérales , d’où réfulte ce conduit perpendiculairë, plus étendu en longueur qu'en largeur, communément appellé Bu/e, Bufe du bure.
- L’œil ou la bouche du bure, eJfl: l'ouverture extérieure de la fofîe : dans les foffes de grand athour, fa forme eft quarrée, plus longue que large ; la dimenfion des deux côtés longs, doit avoir ou feize pieds de long, ou dix ou huit tout au moins, fer fept ou huit pour les deux côtés étroits, cela dépend de la profondeur la proportion ordinaire eft de fix à neuf pieds , ou de huit à douze pieds , ainfi du bure ; refte : cette entrée feperficielle d'un maître bure, a la forme d'un parallélo-grame, Voye^ PL XII, n°. i. Fig, 4, & eft difpofée relativement à la veine de Charbon, de maniéré que les côtés les plus longs répondent aux deux côtés de la veine, confidérée dans Ion étendue en pente, & que les côtés les plus courts tombent en travers far le corps de la veine qu'iis partagent.
- Tout le terrein feperficiel, circonfcrit autour de l'œil du bure, où fe tiennent les Ouvriers employés à enlever les coufates, eft nommé Pas du Bure.
- Le pied de cette bufe, ou l'endroit oppofé à l'ouverture, & auquel vient tomber cette ouverture extérieure, eft dilaté en largeur dans fà partie haute , Sc forme un efpace concave en maniéré de dôme, appellé Couronne de chargeage ou Couronne des chambres.
- Ce couronnement eft le principal carrefour de cette habitation fbuterraine, qui fera décrite partie par partie ; c’eft-là que x viennent s’ouvrir toutes les routes de la Houilliere, Sc que fe prennent dans le Hernaz à chevaux, quelquefois auffi dans le Hernaz à bras, les voies ou chemins perpendiculaires à la principale taille dont il fera bien-tôt queftion.
- Toutes les différentes manœuvres qui s'y exécutent pour recevoir le panier defeendant à vuide, pour le détacher de la chaîne , pour le remplacer par un autre qui eft toujours tout prêt, exigent, pour la facilité de ces opérations cet élargiftement du pied du bure en forme concave : la fureté des Ouvriers demande en même temps que cette chambre , nommée le premier ou le principal Chargeage, foit non-feulement bien étançonnée par-tout, mais encore foit toujours un peu détournée de la direction de la fofle, c'eft-à-dire , quelle fe trouve à côté de la bufe ou de la vallée.
- Quoique cette partie de la bufe du bure feit, à proprement parler, fon extrémité ou fà fin , il y en a cependant encore une portion allez confidéra-ble, qui, par l'ufàge particulier auquel il fert, peut être confidérée à part, corn*, me n'appartenant plus au bure : c’eft un prolongement de cette bufe deftiné à fervir de principal puifard aux eaux , Sc qui pendant que l'on travaille eft haché»
- Il eft connu dans le métier feus le nom de Bougnou : nous en parlerons à l’article des Eaux ; il feffira de lavoir, pour le préfent, que cette partie du bure profondée au-delà de la bufe, eft toujours de trente-cinq ou quarante poignées plus bas que la dieille inférieure de la féconde ou troifieme veine qu'on veut travailler. Voy. 2,3,4 Sc Planches* y Dans
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- Dans toute fon étendue, labufe du bure eft différemment étançonnée depuis le haut jufqu’en bas, ou feulement en quelques parties; la direction de la foflè, là largeur, fà profondeur, le terrein pierreux ou terreux dans lequel elle eft enfoncée, donnent fur ce point les réglés à fuivre.
- Les Foffes de petit Athour, comme les moins confidérables, n’ont befoin d’être épaulées, dans la partie terreufe qu’avec des Roijfes retenues par des boulons, n°. 3 , Fig. 4, FL XII, ou par des pièces de bois de fciage, n°. 4.
- Pour les Foffes de grand Athour, les parties qui font profondées dans la couverture terreufe, ne font communément revêtues que de gros bois, de forts madriers de fix à fept pouces d’épaîffeur.
- L’afîemblage de cette charpente, eft telle que les deux côtés oppofés des madriers fervent d’eftrefillons aux madriers des deux autres côtés , & que les uns &les autres , portés fiir de bons poteaux de'huit pouces d’épaifïèur fur deux pieds de long , font affemblés comme les douves des tonneaux.
- Cette maniéré fuffit pour épauler les terres, pour empêcher les filtrations des eaux dans l’intérieur du bure, foit par la compreflîon quelle produit fur ces terres, foit par l’iftuë qu’elle ferme aux eaux.
- Il eft des occafîons particulières où l’on eft obligé de garnir la bufe depuis l’œil jufqu au fond du bure ; ce qui s’appelle Cuvellement : il en fera traité en détail.
- Dans quelques parties, les parois de la bufe font foutenues par une maçonnerie jufqu’au roc, dans lequel ce revêtifîèment fe continue : au pays de Liege, cette conftruélion , défignée en pierre , n°. 4 , eft toujours en brique.
- Nous avons maintenant à confidérer les quatre côtés qui forment les parois du bure, ou de cette bufe du bure , fuppofée de figure quarrée-longue ; les Houilleurs leur donnent le nom de Mahires, qui veut dire Murs.
- Les travaux de l’exploitation demandent que ces mahires foient diftinguées entr’elles par des noms particuliers : la différence de leur longueur confîdérée de face ou en largeur, donne la maniéré de les défigner.
- Comme dans les foffes de grand Athour, les bufes font profondées en parallélogramme , de façon qu’il y a deux côtés correfpondants qui font plus longs, & deux autres correfpondants aufîi entr’eux qui le font moins, on a appellé longues mahires, les deux mahires les plus étendues en longueur ou les plus longs côtés du bure qui répondent aux côtés de la veine, & les deux autres qui font plus étroites, font nommées courtes mahires.
- Selon différentes circonftances, & félon le terrein, le tour ou tambour eft élevé en traverfe fur les longues ou fur les courtes mahires.
- Dans les foffes de petit Athour, ou dans les cas qui exigent deux treuils, l’un pour les eaux, l’autre pour les houilles, le tour porte fur les longues mahires : lorfque le bure eft plus profond , le tour doit porter fur les courtes mahires, Charbon e>e Terre. IL Part. Qqq
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- DU CHARBON DE TERRE
- afin que les chaînes puiflent courir fans trop s’approcher , fe toucher & fe doubler.
- Des grandes ou longues Mahires 9 8c du Parti-Bure.
- Elles font particuliérement remarquables par les avantages variésattachés à la différence de prolongement, quon a vu qui peut leur être donnée , page 244.
- Ceft fur ces Mahires que fe prend à l’œil du bure, jufqu’à quelques toifes en profondant, une 'porcion même de Té tendue de cette ouverture que 1 on fé-pare de l’autre, ce qu’on appelle Parti-bure ; 8c dans le cas où on en a befoin , on fait [œil du Bure encore plus long qu’à l’ordinaire.
- En jettant les yeux fur la PL XVII, Fig. 2 , on voit d’abord le but qu’on fe propofe par ce retranchement ; le coufate , lorfqu’il approche de l’œil du bure, venant à rencontrer la Planche a > s’éloigne infenfiblement de la Mahire, 8c eft conduit au pas du Bure.
- Cette fauffe féparation qui, comme on le voit, ne s’étend pas dans toute la longueur de la bufe, eft très-ingénieufo, quoique fort fimple. C’eft uniquement une forte cloifon de menuiferie nommée Lutte, faifant corps avec un cintre qui eft fixé à la tête du bure ; elle eft plus ou moins longue folon que le pas du bure avance de l’œil du bure : la forme , la longueur de cette cloifon, font donc proportionnées for les paniers qui montent & qui defoendent. les planches dont elle eft compofée, fe nomment Bois de parti-bure, 8c le boulon auquel font attachés ces bois, s’appelle Bois de many , c’eft-à-dire, qui s’emboîte dans une entaille, Many.
- Cette efpece de faux bure a encore d’autres objets d’utilité ; on y place quelquefois les échelles fur lefquelles les Ouvriers defoendent dans les ouvrages 9 8c en remontent.
- D’autres fois , on enleve par ce parti-bure , avec des foaux , les eaux d’une veine fopérieure, ce qui difpenfe de profonder exprès un autre bure, comme il fera dit à l’article des eaux.
- On y fait même defeendre auffi les tuyaux de pompes : au moyen de cette féparation, ces conduits font garantis de lapouflîere de la houille qui s’échappe des paniers 8c coufates dans les fecoufles ; alors ce parti-bure eft un vrai bure de forme ovale & en maçonnerie de brique ; fon épaifleur, ainfi que toutes les cir-conftances de fà conftruétion, font «réglées for la nature du terrein qui pourroit travailler contre cette muraille.
- Au-deffôus de ces mahires, au fond du bure , fe prennent des chemins nommés Levays ou niveaux du bure. Ces routes font les principales de toutes celles que l’on eft obligé de pratiquer pour l’exploitation ; elles feront traitées fous ce titre.
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- E T DE SES MINES. II. Part.
- H?
- Des deux courtes Mahires.
- Les deux Mahires ou côtés du bure, qui dans fà. forme de quarré-long, rendent le bure plus étroit, ont befoin d'être diftinguées Tune de l'autre par deux dénominations différentes.
- Courte Mahire, appelleé Mahire d'Athier, ou Mahire d'Amont pendage*
- La courte Mahire qui eft en tête de la veine, c eft-à-dire, fur le haut du peft^ dage, s'appelle ainfi ; on pourroit l'appeller feule Courte Mahire, étant en effet plus courte dans fon étendue, le long de la bufe , que la Mahire oppofée qui defcend plus bas.
- C'eft à cette Mahire, dans le fond du bure, fur le haut du pendage, qu'eft attaché le fupport de la poulie de renvoi, décrit page 237.
- On doit remarquer ici en paflant, le tuyau de defcente, dont le commencement fe voit en d9 d, Fig. 5, FL XII ; il appartient moins au grand bure qu'à celui qui eft attenant b , & qu'on nomme Bure d'airage, d'où il conduit l'air au bas de la bufe du grand bure, & de-là dans les extrémités des ouvrages ; auffi nous en parlerons en détail à cet article auquel il fe rapporte direélement.^
- Cette coupure eft nommée Roy on ; il n'en eft queftion ici que comme dépen. dance de la Mahire d'Athier, & comme étant appuyée contre le grand bure,$£ fe profondant en même-temps ; elle peut donc auffi être regardée ,<’à quelques égards, comme appartenante au grand bure ; elle n'en eft féparée que par une muraille de brique; je trouve dans Louvrex cette féparation appellée Machine.
- Mahire Courte , nommée Defcendante ou de Defcente ; Mahire d'Avallée
- ou d'Aval-pendage.
- La courte Mahire oppofée à la Mahire d'Athier, &qui eft fur le bas du pendage , fe défigne par ces différents noms; elle doit être un peu plus large que la Mahire d'Athier, & davantage au deie qu'au toît. '
- Dans le pied de la Mahire daval-pendage , on pratique quelquefois, pour les eaux des Fendants, une excavation qui peut contenir deux à trois cents tinnes d'eau.
- Comme ce puifàrd , nommé Caribou, fe ménage auffi dans une veine, j'en rejette le détail à la conduite des ouvrages. A ~
- C’eft fous ces deux Mahires d'Athier & d’Av allée, que doivent commencer les Voyes que l'on prend dans une veine en defcendant, c'eft-à-dire, qui coupent - le pendage à demi.
- Telle eft la conftruélion du Maître Bure ; îl eft des occafions ou il faut en profonder deux pour une feule veine fur une différente partie de pendage ; lun eft
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- M8 du charbon de terre
- avallé fur la tête de la veine , & pour cela eft nommé Fojfe Amont-pendage ; l’autre tombe fur le pied de la veine, d’où on l’appelle Fojje Aval'pendage. Voye^ Fl. XVIII, de cette fécondé Partie.
- U en fera parlé en détail, lorfqu’on décrira l’exploitation àesPlatteures.
- Outre ces différents bures d’extraétion , il ne fe fait point de travail de Mine de Charbon , qu’il n’y ait lieu à en conftruire un autre d’un ufàge tout différent ; c’eft celui qui a rapport à l’airage delà Mine. Les Tranfaétions Philofophiques (i) en ont donné la defcription ; cette piece a été publiée en François par les Rédacteurs de la Collection Académique (2). M. Genneté, Méchanicien de S. M. Impériale, en a donné une idée & un profil (3) qui ne diffère de la planche inférée dans Lehmann (4), que par le tuyau élevé en maçonnerie fur l’ouverture de ce bure, comme il fe pratique à Liege.
- En faifànt ufage de la première defcription que je viens de citer, j’y ferai quelques additions relatives au plan de mon Ouvrage.
- Burtay , Bure <T Airage.
- Cette petitefojfequi prend fon nom de l’airage auquel elle eft deftinée, s’appelle Burtay, FL XII, Fig. £ : comme elle communique à plufieurs endroits dans le grand bure par des taillements, elle s’affied à quelques toiles du voifinage , & ordinairement plus amont-pendage du grand bure que l’on veut foJJ'oyer fur la même veine que le maître bure : cette pofition s’exprime en difànt, quelle ejl profondée à thier du bure ou plus athier que le grand bure.
- Le détail de la conftruction dans lequel nous allons entrer , donnera par 'avance une idée de fès ufàges & de fon importance.
- Ce petit bure dont il faut affeoir le fond dans le roc vif ou fur quelque matière ferme, doit avoir pour le moins douze toi fes de profondeur , Sc être bien folide-ment maçonné dans tout fon trajet qui eft dirigé perpendiculairement.
- La paroi qui confine au grand bure eft à différentes profondeurs qu’indique le manquement d’air, excavée par une ouverture prolongée en fe ravallant, juf-qu’affez près du grand bure, ou quelquefois même jufques dans la bufe de ce bure, pour y déboucher, lorfqu’on voit qu’on n’a pas eu l’air par le royon. Chaque bouche de ces taillements c, c, c, nommés Pierçures, comme fi l’on di-fbit perçures, ouvertes dans le burtay, font nommées Ruwalette, Sc on les défi-gne par première , fécondé , troifieme ruwalette ; la muraille du burtay, entre chaque ruwalette, foutient une couple d’échelles. Voye1 PL XVII, Fig. I.
- ( 1 ) Année 1755*. Art. 1. n®. y. fous ce titre : Moyeu qu’on emploie à Liege pour renouvel-ler l’air dans les lieux fouterrains. Par M. Robert Moray.
- ( 2 ) Tom. 6. pag. 3.
- (3) Defcription d’une partie d’un foutcrrain
- d’où l’on tire le Charbon de terre , près la ville de Liege, où fc fait une circulation artificielle de Pair, pag. $6 , de la Brochure intitulée : Afaw-pelle conjlruftion de Cheminée , qui garantit du feu & de la fumée, &c. Paris, 175$).
- ( 4 ) Art des Mines, &c, Tom. 1. pag. yo.
- La
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- ET DE SES MINES, ir. Part*
- ta première pierçure, à l'endroit où elle vient fe rapprocher de ia mature dü bure, s’abouche avec un autre taillement ou canal D, D, creufé dans la pierre, & qui defeend à plomb le long de la mahire jufques dans le fond du grand bure, pour fervir de paflage à l’air ; c eft ce conduit quon appelle Roy on,
- D,D.
- On fe contente quelquefois de conduire l’air entre des planches appliquées le long des mallires jufqu’en bas, & de-là dans le fond des ouvrages. Les planches dont on forme ce canal ont befoin d’être bien garnies d’argile ou d’autré matière ; & le total eftféparé du grand bure, comme on le voit, parla maçonnerie ou muraille de brique, qui s’appelle Machine. A la firperficie du terrein & fur les rebords même du Burtay9 eft bâtie une efpece de cheminée de brique A9 A: ce conduit appelle, en terme du métier, Chetcur, à caufe de fà forme conique , comparée par les Houilleurs à celle d’une ruche, ainfi nommée dans le patois de Liege, eft en effet d’une figure à peu-près quarrée jufqu’aux deux tiers de fa hauteur, & va enfidte en fe retrécilîànt en maniéré de cône tronqué ; fbn épaif feur eft d’une brique & demie ; fbn diamètre dans fa partie inférieure eft de fept pieds, celui d’en haut de dix-huit pouces, le tout mefiiré intérieurement, 8c la hauteur de trente-huit pieds au-delfus du terrein.
- Selon la néceflité, elle peut avoir vingt-huit, trente, quarante, cinquante, feixante pieds ; car plus cette cheminée ou cheteur eft élevée, mieux elle attire l’air: cette augmentation fe fait par degrés , en efîàyant toujours fi la cheteur tire, & on ne ceife de prolonger fbn élévation que lorfqu’elle tire bien, & autant qu’on le veut.
- La cheteur a, a, Fig. y , PL XII, 8c AE, Af Fig. t, PL XVII, eft confe truite de la même maniéré & à peu-près dans les mêmes vues qu’on a coutume de le faire dans les fourneaux chimiques; elle accéléré le courant d’air dans les puits d’airage au moyen de la communication D9 D , Fig. 2. P/. XVII, ouverte avec le fond de la mine, où elle va en fe rétreciflant jufqu’à fe réduire à dix-huit pouces en quarré.
- Au niveau du fol, on fait une porte à-peu-près de la hauteur d’un homme , & on établit en dedans un treuil, PL XII. Fig. y, pour defcendre le feu qui doit établir la circulation de l’air.
- Au bas de la cheteur, à environ trois pieds en terre, il y a dans l’une des murailles une ouverture quarrée, dont chaque côté a neuf à dix pouces ; c’eft par-là que s’introduit l’air : on fixe dans ce trou quarré un tuyau de bois, quarré auffi, lequel doit s’y adapter bien jufte.
- Les pièces de bois formant ce conduit, doivent être bien jointes enfemble, afin que l’air ne puifle entrer dans le tuyau que par fbn extrémité qui eft ouverte.
- A mefure quon avance fous terre, on allonge ce tuyau dans l’intérieur de la Çharmon de Terre. IL Pan. R
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- *y0 DU CHARBON DE TERRE
- Mine en y adaptant d’autres pareils tuyaux, toujours bien exaélement joints, qui compofent une bufe allant entre les deux mallires du bure jufqu en bas, & de-là dans tous les ouvrages de la Mine où Ton a befoin de renouveller 1 air.
- C’eft par ce burtay que dans les bures perpendiculaires ou inclinés à l’horifon , on introduit un nouvel air dans toute l’étendue des ouvrages fouterrains, que Ion attire le Fouina du fond de la Mine , ou (pour corriger le langage des Houilleurs, ) que Ton remplace continuellement le mauvais air par l’air extérieur, en faifànt quelquefois deux puits félon le befoin.
- Mais ce qui achevé de remplir cet objet, c’eft le feu qu’on entretient avec foin dans un des uftenfiles £ airage décrits page 229, & repréfentés PL 10. L’air dilaté par ce feu devient plus léger que l’atmofphere ; il eft par conféquent obligé de monter & de s’échapper par l’ouverture fupérieure du puits, tandis que l’air de l’atmofphere s’introduit par d’autres ouvertures pour remplacer celui-ci.
- L’un ou l’autre des uftenfiles à feu eft fofpendu, Voy. Fig. y. PL XII, par quatre chaînes de fer qui fe réunifient dans un crochet, lequel termine l’un des bouts d’une chaîne plus forte, nommée Cot^ée.
- Cette derniere chaîne dévalé fur un petit treuil ou tour, placé à la bouche du burtay au bas de la chepteure.
- Ce treuil vu en plan, Fig. y, PL XII, eft uniquement formé d’un cylindre de bois traverfé dans fa longueur par une broche de fer forg é, dont une extrémité eft coudée à quelque diftanee du rouleau pour fervir de manivelle.
- Bure à pompe.
- Lorfqu’on ne place pas le jeu des pompes dans le parti-bure, on profonde tout exprès une fofle nommée Bure à pompe. C’eft une fofle ou voye percée d’aplomb en terre fur une veine, pour y établir les pompes foulantes & afpirantes , employées à l’épuifement des eaux en les enlevant au jour.
- Cet objet de deftination laifife à juger que ce bure fùrpafle beaucoup en profondeur la fofle appellée Maître bure.
- Il eft ordinairement eftanfillonné depuis le haut jufqu’en bas, de même quel les bures qui font à Roijfes.
- Les Bures à pompes font planchéyés quand ils font quarrés ; mais il vaut mieux qu’ils foient muraillés, & alors quoiqu’ils foient percés en quarré, les angles de cette maçonnerie tfont arrondis pour lui donner plus de force.
- On difpofe dans fà longueur les corps de pompes, qui font tantôt en bois, tantôt en fer.
- On fupplée quelquefois à ce bure , par un canal que l’on appelle Xhorre oiï Areîne : je le range , ainfi que je l’ai annoncé, dans la claffe des routes fouter-raines, & j’en rejette le détail à l’article des eaux.
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- Spouxheux , Puifiux , Bure avant-pendage.
- Cetce rofle, dont les noms indiquent l’ufàge & l’endroit où il s’affied, fo profonde lorfqu’on veut tirer les eaux d’un bure fuperieur , auquel on a dé(ferré, ceft-à-dire , auquel on a donné communication ; c’eft le parti-bure en brique défigné page 246, 8c vraifèmblablement le puits défigné dans Agricola, pag. 82 , lib. y, puteus qui iacunæ loco eji: en Allemand, Waffèr Schachu
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- Des Tailles & des Voyes fouterraines en général»
- Les bftres tombent toujours, comme on l’a vu, fur une veine de Charbon , ils font même prolongés au-delà, Voy. PL 2, 3,4, 5; la Houille étant détachée 8c enlevée, laifle entre le toit & le fol, des efpaces vuides qui fe continuant â mefore qu’on avance les ouvrages, forment de véritables galeries.
- Les Houilleurs pratiquent dans ces chemins des dégagements , afin que les différentes manœuvres paillent s’exécuter avec aifance; des Coupures pour fup— piéer au peu d’épaifïèur de la veine ; des routes de communication pour aller rencontrer une veine placée au-defîiis ou à coté d’une autre ; des voyes pour iè tranfporter d’une partie de veine à une autre ; des conduits pour faire aller le vent ; des canaux pour procurer des écoulements ou des iflues aux eaux ; enfin tout ce que leur befbin indique à leur induftrie.
- Il faut en confequence diftimguer dans une Houilliere plufieufs efpeces de routes : je renvoie à leur place naturelle celles qui font deftinées à des ufàgeS particuliers, telles que les voyes pour l’air ou pour les eaux; il ne fera ici queftion que des principales galeries ; j’appelle ainfi les fouterrains qui ont une longueur relative à la veine de Charbon, 8c qui ont trait au feryice immédiat de la Houilliere, c’eft-à~dire, qui ont pour but l’élargillement, appellé dans le métier dilate-ment des veines, & la facilité du tranfport de la Houille de proche en proche jufquau bure de chargeage. La longueur de ces dilatemems n’eft fixée dans aucun ouvrage ; la nature du toit 8c de la houille, établit feule la réglé fîir ce point.
- Ces boyaux de Mine font quelquefois appellés veines ; mais comme ils réful-tent de la taille de la veine dans laquelle on les coupe, ils font plus généralement appelles Tailles, & les décharges des tailles font appellées du nom collectif Voyes, qui revient au mot latin via ,8c au mot françois pajptge. Les Houilleurs difent qu’ils travaillent à la taille dans telle voye, dans telle coiflrejfe.
- Les côtés des ouvrages & tout ouvrage qui en eotoye un autre dans fa longueur , s’appellent en générai Pareuffes ; on dit Pareuffes de la voye , Pareuffes de lu taille, Pareuffes de veines, Pareuffes de Vairage, Pareuffes de jlctppe.
- On prefome d abord que ces rameaux de Mine ne forment point dans toupe
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- leur longueur un vuide abfolument continu ; de diftance en diftance on laiffe des piliers, après lefquels on recommence une Taille. Voici ridée qu’on doit fè former de cet ouvrage. •
- Après avoir déchargé une Hevey c’eft-à-dire, détruit foit en largeur, foit en profondeur, foit en hauteur, un quartier de veine, qui produit alors ce qu’on -appelle une Taille ou £ouvrage d'une Taille , on fe ménage un épaule-ment.
- Les Tailles ont ordinairement trois ou quatre pieds d’élévation , for quatre, cinq ou fix de largeur, 8c fix ou dix toifes de longueur fuivant les circonftances ; quant aux épaulements, on indiquera à leur place les circonftances lur lefquelles on fe réglé pour donner à ces maffifs de Houilles plus ou moins de volume, & les effacements qu’on doit leur laiffer : il fuffira de lavoir, quant à préfent, que ce maffif que l’on conferve en houille ( & qui eft quelquefois d’autre matière , ) a cinq ou fix toifes de long; à ce' pilier on fait fuccéder une fécondé Taille de même longueur que la première, puis un autre pilier, & ainfî de fuite, en allant toujours en avant ; c eft ce qui s’appelle c ha fer les ouvrages ; & pour que les fployons puiifent être tirés plus aifément, toutes ces tailles doivent être bâchées.
- La houille étant tirée, on laiffe dans la partie fupérieure de la Taille un petit chemin qui fert pour pafer le vent, & dans la partie inférieure un autre plus large pour paffèr les Ouvriers : le refte ou entre-deux, eft rempli de Triguts, en obfervaht qu’on laiflè quelquefois plus ou moins de largeur, fur-tout dans les yoyes qu’on appelle montées ; après quoi on prend encore dix toifes de largeur , puis on en marque autant qu’on peut en travailler commodément.
- Comme les maffifs dont il vient d’être parlé, que l’on conferve dans la pour-chaffe des Tailles, foit en charbon, foit en matière qu’on y affemble à fà place, ont dans les ouvrages différents points d’utilité , qui exigent de les multiplier & de les diftinguer entr’eux par des dénominations différentes, il eft néceflàire de donner des généralités préliminaires fur ces épaulements ; les uns uniquement deftinés à foutenir le toît, font appellés Serres, lorfque c’eft une maftè de Charbon qui les forme.
- Çes Serres y dans quelques circonftances , font employées à un double ufàge ; elles deviennent un chemin dérobé, par lequel on peut aller d’une taille à l’autre, d’un ouvrage à-l’autre ; alors elles font ouvertes d’un bout à l’autre : on les nomme Serres refendues ; l’ouvrage s’appelle refendement de Serre ; & on dit qu’on déferre, que l’on perce une Serre. Cette voye de traverfe ménagée dans une ferre, outre l’utilité quelle a d’abréger le chemin, & c’eft la principale, a encore celle de faire fuivre la lumière, comme difent les Ouvriers, c’eft-à-dire, de donner la liberté à la circulation de l’air.
- Quand ces piliers font artificiels, c’eft-à-dire , compofés de gengeSy 8c de triguts 7 afin d’oppofer une digue aux eaux, ils font nommés Stappesf on leur
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- fconferve néanmoins plus particuliérement cette dénomination, lorfqu ils font uniquement deftinés à fervir de foutien au toit & de sûreté au chemin des Ouvriers.
- Il eft des occafions où ces maffifs prennent le nom de Serrements ; on y fait comme dans les tailles des trous de tarré, dont on parlera à l'article des eaux.
- Enfin, d’autres piliers ne font ménagés que relativement à la circulation de l’air.
- Comme moyens concourants à conduire, à contenir les eaux & à faire circuler le vent, les Stappes font renvoyés à l’article particulier où il fera traité de ces deux objets. Comme piliers ou ferres, ils feront traités lorfque je décrirai les travaux. Je reprends donc, les généralités qui regardent les tailles & les voyes, afin de donner une idée de la diftribution des différents rameaux de Mine.
- L’elfentiel de tous les articles que je vais traiter, & qui achèveront ÏAtt d’exploiter ces Mines au pays de Liege, eft renfermé dans l’Ouvrage que j'ai cité page 20; mais à la faveur de l’ordre que j’ai donné à toute cette matière, & de l’étendue que j’ai donnée à plufieurs points qui m’ont paru le demander, la con-noiffance des principes fuivls à Liege pour ces travaux, deviendra à ce que j’ef pere plus fimple & plus facile.
- Les voyes ou décharges des tailles, fe conduifent auflî d’une façon qui leur eft particulière ; il faut y confidérer la pente qu’on doit leur donner, les diftances qu’il doit y avoir entre chaque voye, leurs dimenfions & la maniéré de les épauler.
- Elles doivent pancher du côté de l’œil de l’areine pour la facilité de l’écoule^ ment des eaux.
- Dans les ouvrages bien réglés, il y a ordinairement dix toiles entre chaque voye ; il doit cependant y avoir quelquefois plus de diftance entr’elles : ces cas feront expliqués chacun à leur place ; on leur donne communément quatre pieds & demi de hauteur, fur cinq de largeur, afin de pouvoir faire une longue pourchafïe*
- Les voyes font auffi, félon différentes circonftances, étayées fimplement en maçonnerie, que foutiennent des bois placés de diftance en diftance : on exprime cette conftruétion par le mot Mitrailler *
- C’eft au commencement de chaque voye que fe pratiquent dans toutes les tailles de diftance en diftance des dilatements. Ces niches font non-feulement deftinées aux eaux, & on les appelle alors Serrements ; mais elles fervent en-8 core d’entrepôts, & on les appelle chargeages. i°. On y amene les denrées poür les mettre fur les bâches 8c/ployons, que les Hiercheurs conduifent au principal chargeage répondant à la bufe du bure. A raifon de cette deftination , il y a plufieurs chofes à obferver fur ces repos. On leur donne la même forme qu’au prin- ^ cipal chargeage, avec cette différence, qu’ils n’ont pas la même étendue. 20, Ils. font diftribues dans des places qui font fixées felon les différents ouvrages. Charbon de Terre. IL Pan. S $ s
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- aÿ4 , DU CHARBON DE TERRE
- Ces chambres font ordinairement disantes les unes des autres de dix toifes, 8c de vingt toifes dans les borgnes vallées 8c dans les demi-gralles.
- Ainfi lorfqu’on veut défigner des ouvrages confidérables, on exprime le nombre de ces chargeages, on dit : Dam cette taille, dans telle vallée, dans telle gralle, nous avons tant de chargeages.
- Au-delà de chaque chargeage, on dilate encore fix toifes de largeur, ce qui donne une nouvelle taille dans laquelle on fait un chemin, & au-delïus de la Ttaille on en fait encore un autre pour retourner le vent.
- Entre ce dernier, au-deftiis de la taille & le chemin fait dans la taille, on fait
- une Stappe.
- Chaque taille renferme encore des endroits à remarquer , favoir des entrepôts pour la houille, qu on appelle Hiercheages, Sc les ramalfes-d’eaux quon nom- ' mme Pahages.
- Les Hierchages font des dilatements 9 dont l’étendue eft proportionnée à la grandeur des S ployons ou à la hauteur de la veine : quand les veines ont une bonne largeur , & que le toit eft folide, on n’a pas beloin de faire ces repos ; quand on en établit, les diftances qui font entre chaque , dépendent de la maniéré dont la houille eft traînée par un ou par deux Hiercheurs, ou comme ils di-fent ? à un feul ou à cope, c’eft-à-dire à deux. Ces enfants la transportent ainfi de diftance en diftance dans les gralles,pour rendre leur charge à d’autres Hiercheurs qui la conduifent ainfi de proche en proche jufqu’à la bufe du bure , d’où ces repos ont pris leur nom. Il y a , dit-on, tant de hiercheages depuis Vendroit cù r on travaille, jufqu a la bufe du bure.
- Dans des efpaces marqués, on conferve aux tailles ou on y ménage des Creux, danslefquels on laifle paître les eaux ; ces différents puifàrds font fépa-rés par desftappes, & fe communiquent entr’eux ; nous ne ferons que les indiquer à chaque voye où il convient d’en pratiquer : nous ferons un article à part de ce qui les regarde, & de leur épuifoment.
- Après ces différents conduits ou chemins, il en eft d’autres qui pour être peu étendus, n’en font pas moins de conféquence pour établir des communications entre ces différentes voyes, ou leur donner une hauteur convenable, ou pour former des conduites aux eaux , 8c aider la circulation de l’air.
- Dans tous les ouvrages on pratique des petits chemins, des coupures, des paflages relatifs aux vues& aux circonftances ; ces canaux de Mine font quelquefois exprimés par des noms particuliers, comme nous avons vu le royon qui eft de ce nombre, page 247 ; on les comprend cependant fous le nom général de Teymenty qui veut dire taillement, & qui renferme fous lui le Bo£îement9 dont nous donnerons des exemples.
- Un Teyment eft donc une coupure prife dans le toît ou dans la Deie 9 félon que l’un ou l’autre font plus faciles à xhaver ; fon objet eft d’aggrandir les tailles, afin d’avoir plus de jeu pour les travaux.
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- Lorlquun canal va d une veine a 1 autre ou ailleurs, on 1 appelle Ba.cneu.Te , quelquefois Efpetteure ; c eft un petit chemin de traverfe pour arriver à une veine en évitant les levays ; les petits partages blancs & pointés, PL 3 » 4 & y , expriment ces communications.
- Quand on travaille par Bouxtay ou Bure fouterrain, ces coupures changent 1 de nom»
- Parmi les voyes qui ont pour but la circulation de l’air 8c qui fe nomment * d’un terme général Airage, celles qui ne forment qu’un petit canal, font défi-gnées par le mot Ruwailette, comme fi Ton difoit petite Ruelle : nous Confidérè-rons à part ces différents conduits.
- Tout ce qui provient de ces différentes recoupes, tant de pierres que de Fouaye, ne fort pas des travaux fouterrains : en les employant à différents ouvrages que Ton fera connoître, ils ne forment ni embarras, ni obftacles à la pourfiiite des ouvrages; on les appelle alors Stoüpputes, du verbe Stupare, qui veut dire boucher; quand par quelqu’accident ces décombres du toit de fouaye, ou d’autres dérangements qui entraînent des réparations à faire, ne laiffent point d’accès libre pour palier ; ces voyes ainfi embarraffées, prennent le nom de Voyes tempejlées ; expreffion employée quelquefois dans les rapports d’Experts, dont nous ferons mention* }
- On peut en général établir trois tailles remarquables, diftinguées entr’elles dans finllitution primitive de la houilierie par des noms particuliers que je leur conferverai. Ces tailles qui fe multiplient toutes félon l’exigence des cas, font les levays ou niveaux, Iqs grattes 8c les vallées ; je range dans cette même claflé, ces ouvertures ou foliés, creufées comme des puits, que l’on appelle Torrets, & celles que l’on appelle Bouxtay s.
- Parmi les tailles du premier genre, on doit regarder comme principales celles appellées Niveau ou Levay, 8c quelquefois Niveaux ou Levays du bure, en les confidérant comme partagés en deux par la bufe du bure , dans laquelle l’ouverture de l’un & de l’autre levay le rencontre fous chaque longue mahire , oppofee par conféquent l’une à l’autre. Les Planches XXII, XXIII, XXIV & XXV, doivent être examinées ici d’avance, afin de comprendre le détail qui va fuivre ; on y a préféré amç chiffres ou lettres de renvoi, les noms de chaque route & de chaque taille : en confultant chaque Planche à chaque article, le Leéteur aura beaucoup de facilité pour concevoir le plan de Ces travaux.
- Outre ces niveaux du bure, il y en a d’autres que l’on diftingue par fécond & troifieme niveau.
- Il en eft aufli qui appartiennent à laitage»
- Les tailles qui font enfuite confidérables, font les gralles 8c les vallées.
- Une voye prife dans la veine en defcendant dans cette veine, 8c qui eft perpendiculaire à la voye du niveau, eft une gralle d’après Louvrex, de maniéré > qu il paroit qu on doit appeller Gralle, une voye perpendiculaire a unp autre
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- qu’on a fait quejîer dans une vallaie ou vallée, & qu’on nomme CoifireJJede vaille.
- Le mot Vallée préfente plus naturellement fa lignification ; on a fans doute voulu exprimer par ce nom la pente douce de cette taille à la maniéré d Une v allée ; ces deux dénominations, grailes 8c vallées, font fynonymes félon Louvrex, 8c lignifient toute yoye perpendiculaire au niveau : les détails dans lefquels nous entrerons en les traitant féparément, feront voir en quoi different ces deux voyes.
- Chacune d’elles en reçoit d’autres à droite & à gauche , qui font nommées , fans doute par corruption, Coijlreffes, Queftrefes ; il eft permis de préfumer quon a voulu annoncer qu elles marchent d’un côté ou d’un autre , ou bien que c’eft par ces chemins qu’on va à la recherche , à la quête des parties latérales de chacune des voyes à laquelle elles appartiennent ; effectivement ces routes s’ouvrent dans les deux côtés des chemins, & font Pareujjes de la voye ; cependant il ne faut prendre ce terme que dans l’acception générale donnée au mot côté, qui fe dit non-feulement de ce qui efl: à droite 8c à gauche, mais encore de tout ce qui eft autour & aux environs,
- Louvrex appelle Coijlrefles toutes voyes faites entre deux vallées ou gral-les , ou entre deux montées, ou fur une vallée : elles comprennent & renferment tout l’ouvrage fait par la taille dont elles font queftreffes, 8c coupent le pendage en montant.
- On en fait fecceffivement plufieurs les unes après les autres, 8c lorfqu’on revient à en faire de nouvelles, cela s’appelle remonter la main.
- Le pied ou la partie baffe des Coiftreffes, lorfqu’elles font vuidées & abandonnées , devient un baflin naturel pour les eaux.
- Ces routes comprennent enfuite fous elles d’autres voyes qui fe pratiquent dans des directions différentes félon leur pofition au-defîiis ou au-defîbus des Mahires, 8c for-tout des Levays, ou félon qu’elles font parallèles ou perpendiculaires à cette taille, ou félon le pendage de la veine , &c.
- Il en eft que l’on appelle Borgnes; mot qui ne doit pas fe prendre dans l’acception qui fe préfente, 8c qui conviendroit à toute voye qui n’a qu’une entrée fans ilfoe. Les Houilleurs ont jugé à propos de nommer ainfi les routes qui marchent en biaifant, fans doute parce que cette direélion empêche que^du fond de cette voye on ne puiffe voir fon entrée ; on dit faire boirgnir la vallée•
- Des Tailles & Voyes fouterraines en particulier.
- Niveaux ou Levays du Bure.
- D’après ce qui a été dit en parlant de la couronne des chambres, page 244* l’ordre naturel des chofes exige que l’on faffe connoître d’abord ces routes, qui font comme le point de ralliement des Houilleurs, 8c d!orientement de
- tous
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- E T D E SES M INES. TL Part.
- tous les ouvrages , qui de plus réunilTent beaucoup d’utilités.
- 1°. Elles fervent de paflàge aux Ouvriers, tant à ceux qui vont à la taille ex-: traire les Houilles & Charbons , quà ceux qui les mènent dans les char-geages.
- 2°. On peut y conduire Sc embouter £ airage, au moyen d’une conftruélioit particulière, & c’eft toujours par ces deux tailles que l’air prend fon entrée dans les ouvrages fouterrains.
- 3°. Les levays doivent être dirigés à jufte niveau, de maniéré que depuis leur fond jufqu’à la bufe, il y ait dans chaque levay une inclinaifon fuffifànte pour procurer, en même temps une décharge des eaux par ces levays dans le Bou~ gnou.
- Ces deux tailles, ainfi que leurs voyes ou chemins, font nommées refpeéfive-ment Levays, niveaux du bure, Sc ont befoin dans la conduite des ouvrages d’être diftinguées par un nom différent : on fe fert communément de l’expreflion de main droite , & de main gauche du levay,
- Main droite & Main gauche du Levay.
- Pour entendre Cette façon de s’exprimer, ufitée parmi les Ouvriers, il ne s*à-*; gît que de confidérer le niveau ou levay du bure , comme s’il fe trouvoiù placé à droite ou à gauche d*un Ouvrier qui feroit couché fur le dos près de la veine, ou fur la veine, dans une pofture telle que fes pieds feroient du côté où cette veine va en pente ; il eft tout fimple qu alors le côté qui répond à la main droite du Houilleur, foit le levay de la main droite ou la main droite du levay, Sc qu’en confequence le levay de la main gauche, fera à Top-*
- La largeur des niveaux du bure eft de fept à huit pieds , Sc leur longueur de huit à dix toifes, félon les veines Sc félon la folidité du toît.
- Ces voyes de niveau fe travaillent tantôt féparément, tantôt à la fois, Sc fè conduifent avec le temps, lé plus loin poffible de la bufe du bure, autant que cela fe peut en fureté, en y pratiquant le long à’xmzferre, des pahagesou puifards, & de diftance en diftance des chargeàges commodes, d’où toutes les houille^ qu’on apporte des vallées font tirées par le herna
- Lorfqu’on né travaille point par vallée, on y prend des grattes , des demi* grailes \ on y profonde même un torret. Parallèlement aux deux voyes dé niveau, un peu plus bas on établit deux autres voyes pour fèrvir de réfervoir aux eaux du bure & des ouvrages, Sc qui communique avec le principal puifàrd, appelle JBougnou.
- Charbon de Terre. II. Parti
- Ttc
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- BU CHARBON DE TERRE
- B oigne levay , ou Borgne niveau, ou Coiflrejje , Queflreflé du niveau
- du Bure.
- Selcft Louvrex, ce terme fignifie une ouverture dans le haut de la veine, & à proprement parler, c’eft une coiflrefle conduite entre deux montées prifes aux deux côtés du levay du bure , mais qui fait un coude dans fà marche.
- Cette voye ou taille fe prend au commencement du niveau du bure , montant à demi-pendage quinze toifes ou environ, afin d’avoir une taille de fix toifes de largeur, perpendiculairement au niveau du bure, & une ferre de quatre toifes d’épaifleur entre les niveaux & les borgnes niveaux.
- Les borgnes niveaux fe dilatent parallèlement au levay du bure, & on y prend enfuite perpendiculairement des montées, comme jfar les niveaux.
- Des Montées. "
- Les tailles & voyes levées perpendiculairement fur les niveaux du bure ou dans ces tailles, en montant athiers avec les pendages, font défignées par ce nom ; on les prend aufli fur les borgnes niveaux , & alors le borgne niveau peut être regardé comme une coiflrefle prife dans une montée ou fiir une montée.
- On en fait toujours plufieurs, & on les diftingue par première, fécondé, troi-fleme, &c.
- On appelle première Montée , celle qui va à la tête de la veine.
- Seconde Montée , celle qui favoifine en approchant du bure.
- Troijîeme Montée, celle qui vient après, & ainfi de fuite.
- Leur nombre fert à défigner la pourchalfe des niveaux du bure ; car quoique la longueur des dilatements de ces tailles ne foit pas réglée pour l’ordinaire, non plus que tous les autres ouvrages d’une folle* elle paroît fixée à dix toifes; ainfi quand on dit le levay de la main droite efl de quinze, vingt, vingt-cinq montées * cela défigne qu’il eft dilaté en longueur autant de fois dix toifes, que l’on exprime de montées : dit-on, par exemple * tel niveau efl de quinze montées, cela veut dire qu’il efl travaillé fur cent cinquante toifes de longueur.
- Coiflrejfle ou QueflreJJe de Montée,
- Parallèlement au niveau du bure, on dirige fur une montée des tailles ou voyes, nommées Queftreflfts ou Coiflrefles de Montée, qui coupent le pendage de la veine en defeendant, & s’inclinent en douceur comme la veine, afin que les Hiercheurs puiffent monter : elles font toutes à dix toifes les unes des autres,
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- ET DE SES MINES. II. Part. 259
- à proportion qu’on dilate & qu’on pourchaflè la montée, & peuvent, comme toutes les autres tailles, le multiplier félon le beloin.
- Il y a encore des Coiftrefïès, appellées fauffes Quejlrejjès, dtmi-QueJlrejJesi
- 4 Demi-Montées.
- On appelle ainfi les tailles ou voyes, qui, au lieu d’être précifément à plomb comme les Montées, s’élèvent infenfiblement en traverfant toutes les montées, afin d’abréger le chemin qu’il faudroit faire pour exporter les denrées de la Montée la plus éloignée ; ces tailles fe dilatent à proportion du niveau du bure & des montées.
- Des Vallays ou Vallées.
- Au-deflus du levay fur le plancher, fe prend un chemin commençant à la bufe du bure , en defcendant perpendiculairement dans la veine fous la mahire d’A-vallée : on l’appelle Vallée > quelquefois grande Vallée ; elle différé d’une gralle en ce que cette derniere eft d’amont-pendage , & que la vallée eft d’aval-pen-dage ; la Vallée d’ailleurs eft plus large & plus haute : ajoutez à cela, que ce qui en provient eft tiré par un hernaz à chevaux.
- Les Vallées doivent avoir fïx , fept ou huit pieds de large, & de quatorze à feize poignées, c’eft-à-dire, de cinq pieds en hauteur fur le B âge ou plancher.
- La dimenfion en long n eft point réglée ; on fait fouvent les Vallées d’un ou deux plombs de Bure de longueur, c’eft-à-dire, auffi longues que le bure eft profond ; de maniéré qu’on exprime fouvent la longueur de la vallée, en difànt qu’elle eft une ou deux fois auffi profonde que le bure.
- On fait dans la Vallée, comme dans les autres tailles, des chargeages.
- La diftance qu’on laifle entre les chargeages de Vallées, eft réglée à dix toifes l’un de l’autre ; il faut cependant en excepter le premier qui fe trouve à la tête de la Vallée ; comme il faut fe ménager fous les niveaux du bure deux bonnes ferres pour foutenir les eaux des Pahages, ce premier chargeage eft à'quatorze ou quinze toifes. Louvrex donne à ces ferres le nom de Serres de Vanix : le nombre de chargeages fert quelquefois à défigner la longueur de la Vallée, cette longueur faifànt autant de fois dix toifes qu’on exprime de chargeages; dix chargeages, par exemple, veulent dire cent toifes, & dans cette longueur on prend dix tailles d’un côté de la Vallée, & dix autres tailles de l’autre côté.
- Dans la Vallée, on pratique au-deffous de la taille un chemin pour retourner le vent. 1
- Au fond de la Vallée, on pratique un réfervoir femblable au Bougnou qui eft dans la bufe du bure, dans lequel fe rendent toutes les eaux de la Vallée 8c des ouvrages qui y aboutiflent; ce réfervoir eft nommé jPahage.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Demi-Vallay ou demi-Vallée*
- On appelle ainfi celle qui coupe le milieu de la veine ; cette diftinétion de Vallée en demi-Vallée eft peu ufitée ; elle paroît d'ailleurs fe rapprocher de
- la Vallée qu'on appelle B oigne ou Borgne.
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- . ^ 4 - B oignes Vallays ou Borgnes Vallées.
- •5
- On appelle ainfi toutes les Vallées, qui, au lieu d'être perpendiculaires au niveau du bure, vont obliquement & en biaifant, c'eft-à-dire, en fe reployant couper le pendage à demi, comme la demi-gralle.
- Les borgnes Vallées font avantageufes quand la veine pend en forme de talu; elles doivent fe commencer de même que les Vallées fous la Mahire d! Av allée ± & fe conftruire fuivant les mêmes régies que les Vallées : elles ont fouvent un ou deux plombs de bure de longueur ; mais cette dimenfion qui fe défigne comme celle des Vallées par des plombs de bure & par les chargeages , neft pas fixée.
- Dans ces tailles, les voyes font diftantes les unes des autres de la longueur de vingt toiles. De quinze en quinze toifes, de dix-huit en dix-huit, ou de vingt en vingt toifes, félon que l'on fait boirgnir ou biaiferla Vallée , on pratique un chargeage, afin d'avoir des tailles de fix ou fept toifes de largeur, & des Serres de trois ou quatre toifes ; les chargeages font toujours, ainfi que ceux des Vallées au commencement de la voye dont il va être parlé.
- Les Vallées & borgnes Vallées, doivent être bâchées, ainfi que les chemins des Hiercheurs, afin qu'on puifte y traîner avec plus de facilité les paniers & les vays.
- Coiflrejfes, Queflrejfes de Vallays ou de Vallées.
- Aux deux côtés d'une Vallée font des voyes qui comprennent tout l'ouvrage fait par la Vallée ; c'eft ce qu'on nomme Coiflrejfes , Queflreffes de Vallée.
- Chaque Coiftrefle de Vallée a dans fon commencement le chargeage de la Vallée & de la borgne Vallée.
- Grattes*
- La Gralle a lieu pour l'ordinaire dans les ouvrages, quand le pendage eft fort plat ; c'eft proprement une voye qui fe prend dans la veine en delcendant, & qui eft perpendiculaire à la coiftre/Te de vallée : il ne faut point la confondre avec une vallée qui en différé effentiellement, & par fes dimenfionsbien plus grandes SC par la maniéré dont on en extrait ce qui en provient.
- Les
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- E T DE SES MINES. II. Part. <l6i
- Les Gralles fe prennent en différents endroits, félon certaines circonftances ; quelquefois c’eft à la bufe du bure comme les vallées. Quand il y a: une vallée on les prend for la derniere coiftrefle de vallée ; lorfqu’on ne fait point de vallée elles fe prennent, ainfi que les demi-Gralles & les torrets* for les niveaux du bure,
- Deml-Gralle. ~ :
- Lorfque le pendage eft trop roifle, on prend une voye qui defeend très-peu * & quon appelle demi~Gralle; elle ne différé de lagralle quen ce qu’elle coupe le pendage à demi-obliquement, afin que les Traîneurs ayent moins de peine à tirer les houilles.
- On peut prendre plufieurs Gralles & demi-Gralles les unes for les autres ; entre chaque demi-Gralle il doit y avoir environ vingt toifes, afin d’en avoir dix perpendiculairement, comme pour les borgnes-vallées.
- CoijlreJJes ou Quejlrejjes de Gralles. ?
- A l’extrémité ou aux environs d’une Gralle ; on fait une autre voye appellée Coiflreffe de Gralle : le nombre que l’on peut prendre de ces voyes eft indéterminé , c’eft félon que l’ouvrage le permet ; elles font toutes diftantes les unes des autres de dix toifes.
- T or rets.
- On appelle de ce nom une voye ou chemin de même nature qu’une Gralle , allant comme le pendage de la veine ; elle fe pratique lorfque la veine pend fort en roijje, afin de tirer la houille avec deux paniers, & les eaux avec deux tonneaux, dont l’un monte & l’autre defoend for un petit treuil comme dans les bures à bras; ce treuil appellé Torret, a donné fon nom à la voye fur laquelle on s’en fert. La profondeur du Torret peut aller jufqu’à quarante toifes; là largeur eft proportionnée à cette dimenfion ou à la grandeur de la machine à l’aide de laquelle on enleve les denrées.
- Les Torrets s’enfoncent en différents endroits félon les circonftances ; lorf* qu’il n’y a pas de vallée, ils fe profondent for le niveau du bure.
- Quand il y a une vallée, ils fe prennent for la derniere Coijlrejje de vallée , comme les gralles & les demi-gralles.
- On peut prendre plufieurs Torrets les uns for les autres, alors on les diftingue entr’eux parla qualification de premier, fécond, troifieme Torret.
- Sur la fécondé Coiftrefle, par exemple, dans le fond du Torret, on en prend un appelléy2co/z^ Torret ; dans le fond de celui-ci, fur la fécondé coiftrefle, on en porte un troifieme. On y prend auflî quelquefois deux 8c jufqu’à quatre coijlrejjes, deux d un côté, deux de l’autre , comme les coiftrefles de vallée.
- Charbon de Terre. IL Part. V y y
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- *€* DU CHARBON DETERRE
- . Ces coifireiîès de Torret fedirigent parallèlement aux coiftreflesde vallée, ou parallèlement au niveau du bure, lorfque les Torrets fe font fur ces tailles.
- Dans le pied de chaque Torret on ménage auffi un puifard ou réforvoir, de l’elpece de ceux nommés Pahage, dans lequel les eaux de cette voyedc des environs viennent fe verfer ; on Tappelle quelquefois petit Bougnou, en confi-dérant le Torret comme un petit bure.
- B ouxtays.
- Dans un des niveaux du bure, quelquefois fur des montées ou des coiftreffes de montées, rarement néanmoins dans les grades & dans les vallées, on pratique une autre eipece de voye fouterraine, qui efl: plus décidément dans le genre des foflès ou bures ; mais fcn ufàge regarde les travaux les plus enfoncés, & on pourroit l’appeller Bure fouterrain.
- Les cas particuliers dans lefquels on profonde ces Bouxtays feront expliqués à mefore qu’on décrira une pourchafle d’ouvrages ; il fuffira de faire mention ici de ce qui les concerne en général, ainfi que nous avons fait pour les autres tailles & voyes fouterraines.
- On donne au Bouxtay, Voy. PL I & IV, la forme , ou quarrée, ou ovale * fà largeur efl: dirigée for les mêmes circonftances du Torret, & il efl: profonde perpendiculairement depuis une veine jufqu’à l’autre.
- Les ouvrages s’y conduifent comme ceux des bures ordinaires ; on y fait de même defcendre & circuler le vent, & on multiplie ces folles les unes for les autres comme les Torrets.
- Ce qui provient du Bouxtay efl: tiré à bras d’hommes par le moyen d’un Tôr-ret ou tour à manivelle qui porte une chaîne , ce qui les fait appeller quelquefois, mais mal-à-propos, Torret, dont il différé, en ce qu’il efl: profondé d’à-plomb depuis une veine jufqu’à une autre.
- Le conduit ou canal nommé au pays de Liege Xhorre, Canal, Areine, dont nous n’avons dit qu’un mot en paflant, page 241, pourroit, à raifon de fa direction qui le rapproche des galleries fouterraines, être rangé dans le nombre des voyes ou tailles que nous venons de pafler en revue ; mais comme ce n’efl: proprement qu’un aquéduc, j’en renvoyé le détail à l’article où il fera traité des moyens de fe débarraffer des eaux.
- De l'Air dans les tailles & voyes fouterraines des Houillieres.
- Nous avons diftingué avec les Houilleurs Liégeois, deux elpeces d’air ou de vapeur dans les Mines de Houille, lefouma page 33 , & le^ feu grieux page 37.
- Ces deux vapeurs peuvent n’être regardées que comme le même air, différent feulement en ce que le fouma, qui n’efl: qu’un air ftagnant, venant à contracter quelque qualité accidentelle en abforbant les exhalaifons des Ouvriers , les
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- ET DE SES MINES. Il Part. %6$
- vapeurs de chandelles &de$ parties humides qui lui ôtent Ion élafticité, ou venant à fe charger quelquefois d’acide ou de foufre, devient alors fufceptible dp /enflamme** avec détonation , & prend le nom de feu grieùx.
- ,, H neft point de pays renfermant du Charbon de terre, où Ion n’aie des exemples de ces éruptions enflammées, & où on ne çonnoifle encore quelque Mine en feu. Nous ne négligerons point d’en parler lorfque l’occafion s’en pré-fentera.
- J’ai annoncé dans la première Partie, que je me réfervois à traiter ici de ce qui a rapport à ces deux phénomènes , pour ce qu’ils exigent de la part de ceux qui font expofés à leurs effets, ou qui n’ont pu s’en garantir. Nous allons donc confidérer fur lefouma, comment on peut juger de là préfonce, ou pour parler plus correélement, de l’état plus ou moins ftagnant de l’air ramaflé dans les Mines ; ce que les Houilleurs Liégeois appellent tâter le fouma : nous ferons con-noître la façon de le diflîper quand il n’eft pas bien fort : nous indiquerons les méthodes pratiquées à Liege pour tout ce qui a rapport à ces vapeurs , c’eft-à-dire, à la circulation de l’air dans les bures.
- Nous nous réforvons à éclaircir en grand détail ces différents moyens à la troifieme Seétion, où il s’agit d’expofer tout ce qui eft pratiqué en différents Pays.
- Maniéré de tâter le Rouma.
- Il eft des Mines dans lefquelies ce défaut d’air eft tellement exceflif, qu’il feroit imprudent d’y entrer làns précautions, fur-tout quand la foffe a chômé , c’eft-à-dire, quand les ouvrages ont été interrompus un foui jour : il eft donc queftion de détruire l’effet de cet air qui s’y eft amafle, & qui y a féjourné plus ou moins de temps.
- Tout ce qui peut s’imaginer pour battre Pair, eft en général fuffifant pour cela : l’Ouvrier s’enveloppe d’un làrrau de toile de chanvre non-roui, & qui n’a pas été lavé, & muni de branchages qu’il agite, il fe trouve à l’abri de tout inconvénient : ce moyen fort fimple eft du moins de toute ancienneté parmi les Houilleurs. Fifen, Hiftorien Liégeois, qui donne un tableau raccourci des ouvrages de Houilleries, fait mention de ce procédé (i). Il eft des drconftances ou il faut quelque chofe de plus efficace ; on fait defcendre & remonter à plufieurs reprifes dans le bure, des roijfes ou fafcines fufpendues à une corde; on eft encore quelquefois obligé d’y jetter de l’eau à grand flot : en un mot, on emploie tout ce qui eft capable de brifer, de mettre en mouvement le Fouma, c’eft-à-dire , d’imprimer de l’agitation à Pair. Les Ouvriers difent qu’ils font circuler
- O) igitur nullatn pajfâ macerationem tefti, ( ijiam quippe ab ejufmodi jîammis nihd lædi, longo jam experimento compererunt, ) armatique fuftibus aut virgis ijiammam jam excitatarn aggrediuntur , & tan-
- diu crebris diverberant iùlibus, donec aere quo alebatur dijjipato , dejîciat. Barthoîomei Fifen , Leodienfis , è Societate Jefu. Hiftor.Leod. in fol. m.dc. xcvi. Leod. lib. xi. Pars P"™, P^g, 272.
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- a64 DU CHARBON Df TERRE
- le vent ou lefoumaavec le vent, parce qu’ils confondent ce qui n’eft pas différent. r': —
- Le moyen ufité parmi les Houilleurs , pour tâter le Crowin, confifte à defcendre par un des bures une chandelle allumée : fi après avoir été jufqu’en bas, cette chandelle revient fans être éteinte, on defcend hardiment dans le bure.
- Maniéré de Je préferver des Vapeurs.
- • - - i
- L^ttention des Houilleurs Liégeois à multiplier les bures d’airages aü point qu’il n’y a pas de petit bure qui n aie fon bure d’airage, eft caufe que l’inflammation des Moufettes eft rare dans les Houillieres de ce Pays. On y en a cependant vu quelquefois des effets très-effrayants; dans une de ces explofîons près d’Argenteau , les bandes de fer qui lient le coufade furent détachées , & s’entortillèrent comme un tire-bourre autour des étançons. On a fait connoître dans la première Partie de cet Ouvrage, Seélion V , Art. II , les lignes avant-coureurs de ce dangereux météore.
- Nous ne donnerons toujours ici que ce qui eft ufité à ce fujet dans les Houil-î lieres du pays de Liege , pour le difliper , ou le prévenir.
- Il arrive quelquefois que cet air retourne par la même route qu’il étoit venu j & va s’éteindre dans l’endroit où il s’étoit formé; mais fi le vent ne peut le chaffer , on va le fuffoquer ou le tuer, comme difent les Ouvriers : la façon ordinaire de le fuffoquer, confifte à allumer des charbons & à les faire defcendre dans l’endroit où eft le feu grieux ; il faut avoir attention de choifir les charbons les plus fecs que l’on puiffe trouver; car s’ils étoient mouillés, ou fi on prenoit de l’eau quelque part, on allumeroit cette vapeur de plus en plus.
- Enfin , fi par ce moyen on ne peut parvenir à l’éteindre , on eft alors obligé de boucher le bure & le burtay, 8c il s’éteint faute d’air.
- Un autre ufage qu’ils fuiventà cet égard, eft d’obferver le temps, le fouma étant plus confidérable lorfqu’il fait grand vent.
- Pour tuer le fouma, le moindre chiffon, un mouchoir, un habit, de la fouaye, tout ce que l’on peut trouver fous fà main , jetté fur ce météore , le détruit ; c’eft un des amufements des Houilleurs. Ces Ouvriers, gens grofliers, s’en em-barraffent affez peu, & trouvent moyen de fe venger de ceux qui leur ont envoyé les eaux, en leur envoyant le fouma. Cette petite malice confifte à pofer l’airage de maniéré que ce mauvais air recule de leur côté au moyen des portes : j’ai oui dire qu’ils avoîent même entr eux le fecret de faire cet envoi dans une houilliere voifine , d’où ils ont à fe plaindre de la même chofe : on verra, lorf que j’en parlerai dans la derniere Seélion , que ce ne feroit pas chofè impoflible.
- Quand on n’exploite pas une foffe confidérable ni bien profonde, il n’y a pas grande façon pour donner de l’air , & fe garantir de la poujfe ; on parvient à peu de frais à éviter la dépenfe d un puits d airage, au moyen d’une piece de toile,
- mouillée
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- JE T DE SES MINES. II. Part. 26$
- mouillée & adaptée fur des cerceaux qui forment alors une efpece de tuyau quon defcend dans le bure ; cet expédient fufüt dans cette circonftance pour pouvoir y travailler fins incommodité.
- Du renouvellement de Vair par le Bure d9 Airage.
- Une fofle de grand athour qui fuppofè de longues pourchaiïès d’ouvrages; entraîne un appareil fort compliqué & fort difpendieux, qui, au furplus, eft fur dans fes effets ; c eft le Bure d’airage dont nous avons donné la defcription. U refte à faire connoître fbn utilité , & ce qui a rapport à la circulation de lair , qui dépend effentiellement de ce bure ; tout ce qui appartient à cette méthode, eft compris indiftinélement au pays de Liege fous les expreflions airage, lumière : on fè rappellera que dans toutes les galleries fiuterraines on ménage une coupure pour cette deftination.
- L’air porté au fond du bure par le royon pratiqué dans la pierre entre les deux mahires, ne fuffiroit pas à beaucoup près, pour la pourfùite des ouvrages.
- Il s’agit d’affurer encore à cet air qu’on a introduit dans le bure, un libre cours dans les levays ou niveaux > dans les montées, dans les vallées, dans les char-geages, dans les queftreiïes, dans toutes les tailles & autres voyes qui corn-pofent cette ville fouterraine.
- Faute de cet artifice pour établir un libre courant d’air, les lampes ne pourraient s’y confier ver allumées, les Ouvriers ne pourraient y refpirer ; c’eft ce qu’on nomme faire circuler le vent, oufaire paffer V airage.
- L’importance d’avoir du fejp dans le bure d’airage aufll fouvent Sc aufiî longtemps que le befoin l’exige, la néceflité de l’entretenir avec foin, indiquent celle d’avoir double celui des deux uftenfiles que l’on emploie. Voye£ PL X, afin de pouvoir, au cas d’accident, en avoir toujours un prêt à être fobftitué à l’autre ; il n’eft pas moins eflentiel, lorfque le feu paraît près de finir, de remonter la cage ou le toc-feu, pour y remettre du charbon.
- Toute efpece de charbon n’eft point indifférente, le briha£, page S2, première Partie, eft quelquefois fuffifint; d’autres fois il faut du charbon fort, page 79, première Partie ; il eft des occafions où l’on a befoin de mettre le feu d’airage en train avec du bois pour le faire flamber, ce qu’ils appellent Blamey.
- Ç’eft pour le fervice néceflàire à ce feu que la muraille de la cheteur eft ouverte a la fuperfici-e du terrein, de trois pieds & demi de haut environ. Le JPadefojfe chargé de veiller au feu d’airage , a aflez pour agir commodément de cette porte, & pour donner de la force au feu en faifint defcendre de temps en temps au fond du bure l’uftenfile qui le contient, félon qu’il voit que le feu va bien ou mal.
- Çharbon de Terre% IL Part;
- Xxx
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- $66
- DU CHARBON DE TERRE
- Ruvalwettes ou Voyes d'airage.
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- Les chemins ou voyes quî ont rapport à l’airage, à mener le vent, comme di~ fent les Houilleurs, font de plufieurs efpeces, à raifon de leur pofition ou à raifon des tailles auxquelles on veut conduire le vent : j’éclaircirai, autant qu’il eft poffible, leur defcription , en fuivant leurs communications entr’elles, après avoir expofé la maniéré d'embouter & de conduire l'airage , pour parler en termes du métier.
- Le premier chemin deftiné à mener le vent, fe prend dans la vallée, un peu plus haut que le niveau du bure ; c’eft par cette voye, qui pourroit être nommée Niveau clairage, Sc qui eft féparée d’une Stappey que Von pajje & retourne le vent) c’eft-à-dire, que l’air fe rend au bure d'airage.
- Les Voyes d’airage, conduites le long des ferres, font diftinguées par le nom de Pareujfes de Vairage ; elles ne font muraillées que du côté du ftappe, comme les Pareujfes de la voye.
- Il y a deux maniérés de faire paffer l’airage ; l’une confifte à faire ce qu on appelle des Serrements ; on les fépare du niveau du bure : le fécond moyen' n eft autre chofe que de faire double Serrement fur le levay.
- On peut encore s’exempter de ce double ferrement fur les levays, Sc conduire l’air dans la largeur de cette taille de la maniéré fùivante ;
- On le fépare de cette voye par une bahire de planches bien aflemblées, Sc retenues avec des clous, foutenues par une rangée de fommiers d’un pied de diamètre , placés debout. Cette charpente commence au bout des chargeages, & fe continue jufqu’à la première montée ou à l’airage de cette montée ; on garnit les joints de fouaye, pour empêcher que l’air ne puifle s’y glifler, & afin que le vent puiffè fe porter dans les endroits les plus éloignés.
- On doit obferver cette même précaution pour les vallées & pour les ouvrages. Depuis une trentaine d’années, cette méthode eft en ufàge dans les Houillie-res du pays de Liege, & elle eft alfez généralement fuivie aétuellement, fur-tout dans les terreins fermes.
- Par ce que l’on a vu en fuivant la conftruélion du bure jufqu’à fes deux levays , & ce qui vient d’êtrfc dit fur la méthode d’embouter Sc de conduire l’airage , il en réfùlte que l’air doit fe partager èn deux. Il arrive cependant quelquefois qu’on ne veut faire aller le vent que d’un feul côté : la chofe eft toute fimple, on prend des fouayes, ou toutes autres décombres qui fe trouvent fctus la main, &avec ces matières on bouche un des niveaux du bure; c’eft ce.qu’on appelle fermer la porte , & quelquefois fermer les niveaux par des fiouppures.
- Pour l’ordinaire , l’entrée des niveaux du bure, par laquelle l’air trouve un palPage, cuniculi oftiolum , eft conftruite d’une façon particulière qui en facilite la circulation à volonté ; on y a adapté de véritables portes quarrées toutes en
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- ET DE SES MINES, il. Part. 267
- bois, ajuftées fur un chaflis, munies de gonds. Nous avons donné page 233 , la defcription de ces portes d’airage, repréfentées PLXV. Figg 2.
- Lorfqu’on n’a pas Befoin de beaucoup d’air dans une Mine, on peut fauver cette dépenfe au moyen d’une piece de toile qui ferme jufte l’ouverture ; on a foin de la mouiller, afin quelle ne donne point tant d’accès à l’air , mais dans quelques Mines, & fur-tout celles qui font fujettes au feu grieux, cette toile feroit inluffilànte.
- . Ces généralités établies touchant l’airage, il eft facile, en jettant les yeux fur les Planches des ouvrages fouterrains, de voir tout le chejmin qu’il parcourt.
- La partie du vent allant fur les niveaux du bure, entre dans la montée, au bout de laquelle il enfile la coiftrefle de cette montée , puis la taille de cette queftrefle, de-là pafle dans l’airage en allant au royon & remontant.
- Pour faire entrer le vent dans le borgne niveau, il faut fermer la porte d airage placée au commencement de la montée ; par-la^, le vent eft oblige d enfiler le borgne niveau ; en circulant dans fa longueur, il entre dans la taille, enluite dans l’airage du borgne niveau, qu’il parcourt jufqu’au premier refendement de ferre qui ferencontre ; de ce refendement il pafle dans la queftrefle de montée , puis dans la taille de cette queftrefle & de fuite dans l’airage.
- i '
- Airage des Montées.
- £>
- L’air luit la même marche dans l’autre niveau du bure en entrant dans la première montée, d’où il va à la taille de cette montée ; il tourne à droite de cette montée, entre dans l’airage qui communique au royon , derrière le mahin d’A t hier.
- On fait aller le vent à la fécondé montée, en fermant la première montée par une porte, comme on a fait à l’autre niveau du bure.
- Pour le conduire dans la troifieme, il faut de même fermer la fécondé, & de fuite la quatrième, la cinquième.
- Cette cinquième montée étant bouchée, l’air fe porte dans le niveau du bure, retourne par l’airage de ce niveau jufqu’à l’airage de la cinquième montée, où il remonte dans fa taille ; redelcend enluite l’airage de cette même cinquième montée, jufqu’au refendement de ferre qui fe communique dans l’airage de la quatrième, & continue ainfi d’aller dans toutes les taillas de la montée jufqu’à la première qui communique a^ royon.
- Airage des Vallaies.
- Dans la Vallée, au-defliis de la taille , on a loin de pratiquer un chemin pour retourner le vent.
- Pour faire defcendre lèvent dans les vallées, il faut fermer les niveaux du
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- l
- bure par des Stouppures ; alors il defcend la vallée, entre dans les premières queftrefles ou chargeages de vallée où il fe partage en deux, de même que fur le niveau du bure, ( à moinsquon ne le fafle pafler fur un feul côté & repaflèt par l’autre) pourfuit fon chemin dans les voyes de ces queftrefles , & dans les tailles, d’où il retourne par les airages qui fe communiquent au niveau du bure, pourfuivant fa route dans les niveaux du bure jufques dans les tailles, & de fuite.
- Pour faire defcendre Sc aller le vent au fécond chargeage ou queftrefle, il faut
- fermer les premiers j en fermant le fécond, on le fait defcendre jufqu’au troi-
- Cerne, Sc de fuite jufqu’au quatrième Sc cinquième; il entre dans les tailles de ces
- queftrefles, retourne par les airages jufqu’au premier refendement de ferre qu’il
- rencontre, qui fe communique à la première queftrefle plus haut, puis dans la
- taille de cette queftrefle, entrant dans l’airage de cette taille ou queftrefle; en'
- circulant de dette façon dans toutes les coiftrefles & dans toutes les tailles juf-
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- qu’au niveau, d’ou il va dans le burtay. Enfin, on porte le vent par-tout ; car en fermant toutes les queftrefles de la vallée , on le fait entrer dans les gralles , dans les torxets , dans les demi-gralles, & il retourne par les airages décrits ci-deflus.
- Aewes. Eaux.
- Travaux relatifs aux objlacles qui en refultent.
- Les Mines de Charbon ont Cela de particulier, qu elles font plus fhjettes que toutes les autres à donner des eaux, foit à caufè des couches argileufes qui les avoifinent, & qui par leur nature retiennent par-tout des volumes d’eaux, foit à caufè de la qualité des pierres qui compofènt une partie de leur enveloppe ou de leur couverture, Sc qui font fujettes à en donner beaucoup , comme on l’a vu dans la defcription de cette enveloppe, première Partie, Art. I. Seét. V.
- L’endroit où les eaux commencent à paroître, eft défigné dans les travaux par le nom générai Verfage d! eaux ou endroits verjants ; il eft tantôt plus, tantôt moins avant en terre, & il eft toujours important de fàigner ces eaux. On indi-quera dans le courant de l’exploitation, les réglés pour les fàignées différentes félon les endroits verjants.
- On s’arrêtera ici à r$pafler en revue celles de ces couches ou fubftances les plus fujettes à cet inconvénient : en particulier la Craye ou Marie en donne fou-vent une aflez grande quantité pour faire tourner des moulins; leur abondance eft quelquefois telle, que 1 on eft force de fiifpendre tout ouvrage, pour ne s’occuper que de faigner ces eaux , leur procurer une décharge qui exige 9c avant de paffer outre, un travail fort embarraflànt.
- La Crawe eft encore fùjette à en donner.
- Les fubftances plus folides qui font placées au-deflous de ces premières > &
- qui
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- ET DE SES MINES. II-Part. 269
- qui forment ce que fai appelle Couverture pierreufe. Voy. première Partie, Seét. VII, Art. XI, ne fournirent pas une moindre quantité d’eaux que la couverture terreufi. On doit fe rappeller que quelques-unes de ces pierres font plus ou moins dures, plus ou moins tendres , & la plupart dilpofées par couches ; à raifon de cette texture feuilletée, ou de la fblidité différente de chacune des matières pierreufes qui couvrent la houille, les eaux fo font jour de tous côtés, en petite ou en grande quantité. Tantôt elles trouvent feulement à fe filtrer, & tantôt à venir en pleurs, ou en torrents , ou par les Jîeges , où les lits de pierres qui n étant pas bien liés enfemble, forment quelquefois des ouvertures con-fidérables.
- Le Grès, nommé par les Houilleurs Liégeois Greit, qui eft un mica feuilleté, eft, entrautres , toujours plein de fentes & d’eaux, qui incommodent fort dans la pûurfoite des ouvrages.
- Les failles, appellées par les Mineurs Suédois Befvaer, Bryne , par les An-glois, Fou Flone, pierre de devant, Spring, font dans le même cas : les inconvénients qui réfultent de ces maftes, ne fe bornent pas à empêcher, comme nous en avons prévenu, première Partie, Article V , Seélion VII, & comme nous le verrons bien-tôt, que la veine ne commence 8c finiffe à la lùperficie; elles Tendent encore f exploitation des Mines très- difficile & très-dangereulb par le très-grand volume d’eau qui en jaillit communément par les fentes dont elles font entrecoupées. V*oye^ PL III. première Partie.
- Ces fentes de la faille, ont quelquefois une hauteur affez confîdérable, qui néanmoins va rarement jufqu’à une toife.
- Quant à leur direélion, il s’en trouve de toute efpece, elles font perpendi* culaires, tantôt obliques, & tantôt horifontales.
- Quelquefois la faille ne donne de l’eau que du côté quelle penche, & point du tout de l’autre.
- Toutes Ces différentes Ouvertures, tant des couches terreufos, que des lits pierreux, 8c des failles , ont reçu dans les travaux de l’exploitation des noms particuliers qui les défignent, & dont il convient d’être inftruit.
- Les grandes ouvertures qui appartiennent aux fieges de pierres, fo nomment Fagnifjes, Vendant s y 8c leurs embouchures s’appellent Copes : Nous avons acquis tant d’eau par jlege, par fendant ; nous avons rencontré un fendant qui nous a apporté un cheval et eau ^ ou deux chevaux dt eau. Cette expreffion familière en Houillerie , fignifie qu’il faudroit employer un ou plufieurs chevaux pour épui-fer les eaux acquifes : ces fendants donnent une fi prodigieufe quantité d’eau 9 que venant quelquefois à être touchés par les Travailleurs, ils font remonter leurs levays. En détaillant la conduite des ouvrages, on verra comment on fo debarraffe des eaux de fendants.
- Enfin, il y a même des veines de Charbon qui ne lailïènt pas que de donner beaucoup d eau , celles for-tout qui font au-deflous des eaux : on conçoit
- Charbon de Terre. IL Pan. Y y y
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- a7o DU CHARBON DE TERRE
- qu’il eft difficile & même impoffible quelles ne fe reffentent point de cette pofi-tion qui les avoifine de l’eau. Nous verrons à part ce qui regarde ces veines, appelles à Dalem, Veines layeufes\ au pays de Liege , Veines non-xhorrées, c’eft-à-dire, qui ne font point fechées, dont les eaux ne font pas épuifées.
- En un mot, la partie la plus pénible des travaux de Houillerie, font les eaux :
- J plus on fait d’ouvrages, plus on eft gagné par les eaux ; c eft un principe de Houillerie.
- Des ouvertures Sc des fentes répandues dans les maftes pierreufes que nous avons pafîees en revue, il en eft qui ne fe forment que dans l’exploitation par l’extraélion de la houille; je comprends dans cette claftè les fentes que le toit ou le fol de la veine, ne fo trouvant plus foutenu également, ou étant peu épais ou peu folide, forme en dévalant; celles-là, comme accidentelles en partie, font rejettées au détail de l’exploitation. Je vais confidérer les eaux par les noms qu’on leur donne dans les travaux pour en défigner, foit les différentes fources, qu’on appelle Nourritures, foit leur différent volume.
- Les eaux qui fe font jour par des filtrations continuelles d’où il rêfulte des petites fources, font nommées par les Houilleurs Pixkas ; elles viennent principalement du toit.
- lien eft qui coulent peu-à-peu par gouttes, mais qui, croifîant & diminuant félon les temps fecs ou pluvieux, femblent appartenir aux eaux pluviales ; on les nomme Leveaux d’eaux, Levays de l'eau, Levays ordinaires, afin de les diftin-guer de celles qui viennent des vuides anciens où elles font amaffées, & donc nous parlerons bien-tôt.
- Si c’eft la tête de l’eau qui fe rencontre dans les ouvrages foutemms’: oft dit les Levays de T eau font très-hauts, ou très-bas ; nous avons rencontré le Levay de l’eau repofant dans tel endroit : on dit encore, c’eflun même Levay, un même niveau d'eau, pour lignifier qu’elles remontent jufqu à leur nourriture : ces levays font quelquefois fi forts, qu’on ne peut arriver à la veine que par un tailiement de traverfo.
- Enfin,les vieux ouvrages y ceft-à-dire, qui avoient été précédemment abandonnés, & que les Houilleurs Angiois nomment Old man> fe rempliffent d’eaux qui jailliffent dans un volume énorme quand on vient à reprendre les travaux : ces maffes d’eau font nommées, en terme de Houillerie, Bains, Bagnes, mer d’eau : Nous avons, difent les Houilleurs, à l’entour de nous, ou à notre voifina-ge y une mer d’eau.
- Ces eaux qui proviennent de beaucoup d’endroits, forment quelquefois des irruptions dont il eft facile de préfiimer les inconvénients, foit pour la vie des Ouvriers quelles mettent en danger , foit pour les travaux auxquels elles font très-incommodes &préjudiciables.On ne peut fe mettre à l’abri de ces malheurs que par des précautions & des attentions multipliées ; elles confiftent à ménager aux eaux des écoulements par des pertuis ou trous, qui au moyen de ri-
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- ET DE SES MINES. II* Part. lyt
- goles ou de coupures en pente fur le fol des voyes fouterraines, les partagent, les diftribuent, les conduifent dans des vuides qui leur fervent de repos, en attendant qu on s’en débarralfe. Nous donnerons ici les moyens généraux relatifs à cette partie de la Houillerie, c’eft-à-dire, les moyens d’empêcher leur com~ munication en les partageant, de leur donner un courant par des Clignées, & de les contenir par des réfervoirs pratiqués inférieurement. Nous donnerons enfuite les maniérés de s’en débarraffer entièrement.
- Pratiques obfirvécs pour fe rendre maître des Eaux avant de les enlever
- au jour.
- Pour réufiîr à fe garantir plus aifément des eaux,à prévenir leur iflue imprévue* enfuite,à empêcher leur communication,la première attention que l’on doit avoir eft de reconnoître leur voifinage à l’aide du Tarré : les circonftances dans lef quelles on emploie cet outil, ont le plus fouvent rapport aux eaux ; leur voifinage dans un endroit où on ne peut les voir, & qui eft à la proximité de ceux où l’on travaille, étant ce qu’il y a de plus dangereux, il faut d’abord s’en aftli-rer pour mettre en fureté la vie des Houilleurs, & garentir les ouvrages de fub-merfion.
- Si dans la pourchalfe d’un ouvrage, on craint d’être au voifinage de quelque bain y on fait le long des voy es ou des tailles , un ou plufieurs trous de tarré; en court jeux ou en long jeux, c’eft-à-dire, plus ou moins profond.
- Lorfqu’en cherchant à reconnoître un bain, on eft venu à le toucher, on dit* Nous avons bouté les trous outre, en tel endroit de la veine y pour lignifier que le trou de tarré eft arrivé jufqu’aux eaux du bain.
- Ces trous de tarré que l’on eft lans celle obligé de faire dans la pourfuite des ouvrages, fe diftinguent par différents noms, félon les parties des ouvrages où ils fe font, ou félon les direétions qu’on leur donne; cette même opération s’exprime encore d’une façon particulière , félon les endroits ou parties de la veine que l’on perce.
- Quand on les fait devant l’ouvrage, on les nomme trous de taille, lorfqu’ils fè font le long des voy es ou des airages reliant dans les ferres à côté des tailles, ils font appellés Pareujfages,
- Faire des trous aux deux côtés de la veine , de maniéré que ces deux trous montant infenfiblement fe rencontrent, s’appelle PareuJ/er , parce qu’ils font faits dans les pareuffes ou parois, & ces trous de tarré font encore auffi énoncés par des termes propres.
- Sonder dans la direélion du canal, enpareujjant, en queftant, c’efi-à-dire, en montant infenfiblement en pendage de veine, s’appelle forer de niveau, dreu de Jloc, en ligne de la voye ou de Vouvrage, en avant-main.
- Celui qui vient de haut en bas & à plomb,comme on en fait dans les ferrementsy
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- a7a. DU CHARBON DE TERRE
- fe nomme Tombeux ; celui qui vient de bas en haut, s’appelle Bolleux.
- Des Repos , Puifaràs ou Réfervoirs, & des Coupures ou Rigoles
- qui y conduifent les eaux.
- Les obftacles les plus confidérables aux manœuvres de l'exploitation venant de la part des eaux, une des premières régies de Houillerie, du moment qu on avance dans les ouvrages, eft de pratiquer des baflins pour contenir les eaux, en attendant qu’on les xhorre, ou que les endroits travaillés & abandonnés , produi-fent des bas fonds ou des vuides qui puiffent les recevoir, & ou on ne s’en em-barraffe plus.
- La plupart de ces différents réfervoirs fe communiquent entr’eux , par des conduits qui détournent les eaux, & par des rigoles dont les noms fe rencontrent fouventlorfqu’onparle d’ouvrages.
- Tout canal par où s’écoulent les eaux, fe nomme en général Maxhais ; cette dénomination eft néanmoins reftée en propre aux canaux du grand aqueduc de Mine,dont nous parlerons en finiflànt cet article; mais on doit’ranger dans cette clafle, ceux qui fùivent. Un conduit fbuterrain qui va rencontrer une décharge, fe nomme Tranche ; c’eft dans un conduit de ce genre qu’on verfe les eaux du bure dans Tareïne, en attendant que les ouvrages ïiipérieurs foient achevés.
- Une coupure faite dans la dieille, où elle forme un canal pour fervir d’écoulement aux eaux, eft appellée Royon9 de même que la coupure prolongée entre les deux mahires du bure, & qui a rapport à l’airage; ce nom dérive fans doute du vieux terme de coutume Roye, Raye, qui lignifie une ouverture le long d’un chemin en labourant.
- Toutes les ouvertures faites dans les ferres des Serrements, pour le pafîage des eaux, s’appellent Ckambreau, Chambray ; on leur donne trois à quatre pieds de largeur, & on les dirige en droiture, d’une taille à l’autre au travers d’une veine.
- Les vallées font auffi pourvues d’une rigole taillée dans la dieille, pour fervir de communication du pahage de la vallée au bougnou ; c’eft ce qu’on appelle Teyment.
- Les différents puifards auxquels ces différentes rigoles viennent porter les eaux, pourroient être diftingués en deux efpeces ; favoir les réfervoirs qui ont leur place marquée dans différentes parties des ouvrages, dans leur même niveau, 8c ceux qui fe font en pendage de veine.
- Ayant en vue de faciliter au Leéleur l’idée de la conduite des travaux de Houillerie, je paflerai ici en revue ces réfervoirs dans l’ordre qu’ils fè préfen-tent à mefure que l’on pourchaffe.
- Le premier repos que l’on ménage aux eaux dans l’enfoncement du bure , iorfqu’il fe rencontre quelque fendant avant qu’on arrive à la veine, eft le
- x Caribou f
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- ET D E SES MINES, II. PAR*. 2?^
- Caribou, dépendant de la Mâhire £ Av allée. Ceft une excavation qui fait dans cet endroit l’office d’une cuve pouf retenir les eaux pendant quelque temps. Nous ne nous étendrons pas pour l’inftant fur ce puifard : j’en traiterai plus au long quand il fera queftion de le pratiquer dans une veine.
- Les endroits qui fervent de canaux aux eaux, font compris fous lé nom général de Rottices, qui veut dire routes, terme qui néanmoins eft confacré aux branches de l’areine.
- Du Bougnou , & défi conflruclvom î
- Le Bure, comme on l’a vu page 244, eft profondé plus basque la JD ieille in* Férieure de la veine qu’on veut travailler, de maniéré que dans quelques oc-cafîons, il eft continué au-deffous de la troifieme veine pour former le Bougnou ; c’eft ce qu’on a voulu repréfenter dans les cinq premières Planches de cette fécondé Partie.Les différents endroits où il s’établit,félon différentes circonftances^ feront indiqués dans l’article fûivant, qui fera connoltre toute la marche pro~ grefîive des travaux d’exploitation*
- Cette partie de la bufe du bure eft deftinée à fervir de principal réfervoir pouc retenir pendant le jour toutes les eaux provenantes de cette bufe , celles qui fe déchargent des ouvrages par le levay, & celles qui y font apportées du puifard ou réfervoir de la vallée, par le teyment.
- Comme avant de xhorrer le Bougnou , il faut qu’on puiffe travailler pendant toute la journée, ce premier ou principal puifard eft couvert de madriers placés en travers & calfatés de fouaye, appelle auffi quelquefois fin Papin. Par leur arrangement, ils forment fer fon ouverture, pendant qu’on extrait les denrées * une efpece de plancher; ces madriers appelles fiommiers de B ougnou, pour lefe quels on réputé le bois de frêne préférable, ont ordinairement un pied ou un pied & demi d’épaiffeur ou à peu-près*
- Outre ce premier & principal réceptacle des eaux d’une Houillierè, on eii pratique d’autres affez confîdérabies ; le bougnou lui-même en a dans fes dépendances : ce font deux voyes parallèles aux deux voyes de niveau, dilatées un peu au-deflbus, qui communiquent avec le bougnonde la maniéré que nous ferons connoître bientôt, & qui fervent de réfervoir aux eaux du bure & des ouvrages £ on les nomme en particulier Pahages.
- Des Réfervoir s de la vallée, nommés en particulier Pahages*;
- Toutes les tailles & voyes fouterraines dont nous avons parlé, cômnie Niveaux du Bure, Vallées, Grailes & Tàrrets, ont chacune leurs Pahages , d’oui
- les eaux fe rendent enfoite par des rigoles à d’autres Pahages, que 1 on xhorré de différentes façons.
- Charbon de Terre* II Paru ^ %%%
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- On a cependant attaché cette dénomination aux Réfervoirs pour les eaux de la vallée, & des ouvrages qui y aboutirent ; on en pratique un au fond de cette taille où il fait l’effet du Bougnou, dans lequel ces eaux de pahages viennent fe rendre.
- Cette communication des pahages dans le bougnou, fe fait par le teymeni creufé dans la dieille de la vallée.
- Afin d’empêcher que ces eaux ne débordent de cette rigole dans la vallee, on adapte aux trous de tarré, des tuyaux qui fe conduifent dans le fond de la coupure jufqu’au bougnou ; afin que ces eaux, quand elles viennent à hauffer , puiffent foivre leur courant fans s’écouler dans la vallée, on confirait quelquefois le long de ces tuyaux une digue que l’on foutient avec une Gife.
- Pour faire les pahages de maniéré que les eaux puiffent s’y ramaffer & s’en décharger fans incommoder les Ouvriers, on a attention tous les matins, après que les eaux en font vuidées, d’y faire derrière les Ouvriers une petite digue en argiile, au moyen de laquelle les Ouvriers travaillent à fec.
- Les pahages font féparés comme les voyes par des Jîappes ; ces piles ou parties de veines, plus ou moins confidérables, auxquelles ori ne touche point, afin d’empêcher la communication des eaux de toute efpece d’ouvrage à un autre, s’appellent quelquefois Serres ou Serres de pahages, & plus communément pour le cas dont il s’agit, Serrements. Dans quelques voyes fouterraines, comme par exemple for le niveau du bure, on conduit les pahages le long d’une ferre ; il eft alors nécefîàire de faire le long de ces puifàrds un murray qui empêche les Happes de crouler dans le pahage & qui foutient tout l’ouvrage ; d’autres fois on renforce ces ferrements par un ouvrage de Charpenterie, de maniéré qu’ils forment for un niveau une barrière ou digue, qui en arrêtant les eaux, les empêche de couler plus bas, & de faire obftacle aux travaux dans les vu ides inférieurs ; lorfqu’il y a refendement de ferre, ils retiennent les eaux en les gardant, & tiennent lieu de puifàrds.
- Quand ces ramaffes d’eau font entre des ferres ou piliers, & des vieux Happes^ qu’elles gagnent au-deffous du niveau, on les nomme Affloxhements d’eaiii expreffion de Houillerie qui fe trouve dans le Spadacrene, page y, venant, félon f Auteur, du mot Effihoi, qui veut dire couper plus bas que le niveau. De même qu’on y fait des refendements pour le pafïàge de l’air & des Ouvriers, on pratique auffi quelquefois au travers de ces ferrements un écoulement aux eaux des pahages & des bougnous par un ou deux trous d’un ou deux pouces de diamètre en quarrérqu’on fait au pied de ces ferrements, & qu’on rebouche avec des chevilles après que les eaux ont empli les pahages.
- ’ Il eft une maniéré fort fimple de s’exempter de reboucher ces trous; il n’efl queftion que de clouer for le haut de ces ouvertures, au-delà du ferrement, une piece de cuir qui porte une petite planche à laquelle le cuir fort de gond ou de charnière, comme dans le Ghyot, PL XI, Fig. I, Fig, a*
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- ET DE SES MINES. Il pAKTt
- Le poids de l’eau qui arrive dans ces trous ouvre cette fenêtre, & f eau s’écoule dans les vuides ; lorfque les vuides font entièrement remplis, les eaux parvenues jufqu’au ferrement appliquent le clapet fur l'ouverture qu’elles bouchent par4à ; ces eaux ne trouvant plus alors où fe loger, remontent jufques furie xhorre , ce qui fait quelles pouffent fur le ferrement & fur le clapet à proportion de la'hauteur ou elles montent.
- Cela fe peut faire quand on eft obligé d’abandonner un ferrement, ou quand on quitte une veine pour en travailler une au-deffus.
- On voit par-là, les différents points d’utilité que réunifient ces ferres & ferrements ; il eft facile de juger quil eft de conféquence d’en établir une aflez grande quantité. On na point de peine à imaginer que faute de piles en nombre fuffifànt pour étayer bien également le toit, fon enfoncement ou fon abbaifle-ment donne lieu à des ouvertures, à des crevafles qui deviennent des fources incommodes & dangereufes en fubmergeant les Ouvriers, & en obligeant d’abandonner les travaux. Ces ouvertures, dont on ne tarde pas à s’appercevoir dans la bufe du bure par les eaux, s’appellent d’un terme général, jus , AJfîage jus ; lorP qu’on reconnoît cet accident, on dit : Nous avons acquis beaucoup d'eaux par un AJJîage jus qui nous ejlJurvenu.
- Il s’en forme quelquefois de très-étendues, jufques-là qu’il s’en eft vu de vingt-cinq toiles qui fe remarquoient à la ferface de la terre ; celles-là fe nomment traites.
- La feule façon de fe mettre à l’abri des inconvéniens de ces fentes aqueufes , c eft, comme je l’ai dit, de laifler de diftance en diftance une ferre ou un ferrement.
- FaxhiJJes.
- On doit enfin mettre au nombre des repos d’eau, tous les vuides réfîiltant des ouvrages qui ont été faits dans le plus grand enfoncement, & dans lefquels les eaux s’arrêtent faute de pouvoir defcendre plus bas, pendant que les ouvrages fupérieurs s’achèvent à moins de frais & d’embarras : ces efpeces de bougnous pour les travaux les plus éloignés du bure, font ordinairement diftingués dans le langage du métier par le nom de Paxhijjes, & fouvent par celui de vuides infé-rieurs : on dit communément, nous avons de grandes Paxhijjes, pour annoncer que les ouvrages d’en haut fe feront fans avoir befbin de tirer les eaux.
- Il y a toujours au-deflus des Paxhiflès, un petit torret pour les xhorrer de temps en temps jufqu à ce que les ouvrages foient finis ; Sc cela s’opère par la xhorre délit tinnes , ou en les déchargeant fer une tranche du xhorre, lorfqu il s y en trouve.
- Ces pratiques ont lieu dans le courant d’une exploitation ordinaire, qui n e-prouve point d accident de grands volumes d’eaux difficiles à contenir & a gouverner ; mais il n eft point rare que les eaux qui fe portent vers le bure, fe trouvent
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- 376 DU CHARBON DE TERRE
- d’un volume fi énorme que ces moyens font inluffilànts : en entrant dans le détail propre de l’exploitation, les circonftances dans lefquelles ce fâcheux accident arrive, feront indiquées. Nous ne ferons qu’ajouter ici aux maniérés d arrêter l’abord des eaux dans le bure, une façon qui eft plus ou moins compliquée félon ie cas ; c eft ce quon appelle Cuvelage, Cuvellement, ou Cuveler une fojfe.
- Cowellement, Cuvellement, Cuvelage.
- Par ces exprefïions on entend la méthode d'arrêter les eaux, au moyen d’une conftruétion en charpente qui tient lieu de cuve : on dit, nous avons tant de toifes de cuves, pour fignifier qu’on a été obligé de mettre dans la bufe du bure des cuves pour faire remonter les eaux depuis tel endroit jufqu’à tel autre : on dit encore, les eaux de telle veine [ont cuvelées, c eft-à-dire, arrêtées par des cuves.
- Pour cela , on établit dans les quatre mahipes de la bufe , où viennent déboucher les différentes voyes, un corps de charpente, dont les pièces, aufïî rapprochées les unes des autres que faire fe peut, produifent, à cela près, quelle eft ouverte dans le fond & dans le haut, un encaiffement ayant les mêmes di-menfions que la bufe, & qui retient les eaux depuis un endroit jufqu’à un autre.
- Pour s’arrêter à détailler la maniéré dont on joint c es pièces les unes aux autres , afin que ce bâti fbitfait régulièrement, il faudrait fuppofèr que cet ouvrage ne fut pas conduit par un Charpentier. Je crois fùffifànt de faire remarquer les circonftances générales & principales qui ont rapport à ce Cowellementy après avoir obfervé qu’il exige nécefîairement & continuellement un entretien exaél , lorfque les madriers ont trop de portée & font expofés à crever : onfent d’ailleurs que fi cette garniture de charpente donne jour, cela entraîne beaucoup d’embarras pour les Ouvriers quand ils montent ou quand ils defcen* dent. .
- Les poutres ou fommiers employés à cette conftruéHon , font de forme quarrée ou à peu-près, & ont d’épaifïeur un pied ou un pied & demi : on préféré le bois de frêne pour ces poutres.
- On commence d’abord par chercher dans la bufe du bure, l’endroit le plus ferme & le plus folide ; cela eft effentîel pour que les fommiers que l’on veut affeoir autour des quatre mahires, ne puiffent point éprouver de déplacements A mefure qu’on les place les uns fur les autres & qu’on les fait entrer à force, on les calfate à chaux Sc à ciment, on les garnit de moufle : enfin ce cuvelage fe prolonge jufquà ce que les ouvertures des veines fupérieures foient fermées, de maniéré que les eaux qui font derrière ces cuves, ne puiffent pénétrer dans la bufe du bure.
- La partie ouïes fommiers ont leurs pieds, s’appelle tafffe des Cowes,
- La
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- E T D E SES MI N ES. II. Part* s.77
- La partie dans laquelle ils montent, fe nomme la tête des Couvés,
- Ce Cuvellement eft continué félon les circonftances, dans une partie ou dans la totalité du bure.
- Si dans la bufe il fe trouve une veine fupérieure ayant une décharge connue par une xhorre, on fe contente de porter ce cuvelage jufqu’à cette veine, parce que feau venant contre ces cowes, & ne trouvant point d’ouverture, eft obligée de remonter jufqu’à ce qu’elle rencontre une décharge, quelle trouve quand elle eft parvenue à la tête des cowes.
- Cet ouvrage de cuvellement fe conftruit dans certains cas, d’une autre ma *
- niere, & s’appelle Flatte Couve,
- )
- : Flatte Couvé*
- Lorfque, par exemple, il fe trouve , for-tout dans le Voifinage, quelques bal-»' gnes & qu’on les foupçonne aifez confidérables pour avoir lieu de craindre que les montées de la veine inférieure ne viennent à s inonder, au point de nuire aux travaux de la veine placée au-deffus, ce qui ne manqüeroit pas d’arriver ; voici la maniéré dont on fe met à l’abri de cet inconvénient : on établit au-deffus de la veine inférieure, une féparation appellée en terme de Houillerie, P latte Couve.
- C’eft une efpece de plancher formé de gros bois placés en travers, & de fortes planches bien naillelées & fi bien foutenues, que les eaux d’en bas preffées par celles qui font dans les montées, ne puilfent revenir dans la bufe du bure jufqu’à la veine inférieure,
- Eputjement des Eaux*
- Nous venons de faire connoître les moyens ufités pour fe rendre maître des feaux dans le cours des ouvrages , mais pour un temps feulement ; il s’agit maintenant de pourvoir à ce que leur volume qui s’accroît toujours , ne devienne point un empêchement à la continuation des travaux.
- La maniéré de ft débarrafler des eaux en dernier reftort, & de les porter hors de la Houiiiiere, varie félon differentes circonftances, ou félon les voyes où elles font raflemblées.
- Les eaux du bougnou fè tirent pendant la nuit dans des tinnes attachées au bout du chief, enlevées par le hernaz à chevaux, ou bien elles* découlent au pied de la montagne par la xhorre , nommée autrement Areine. Voy. PL XXV*
- Lorjfque la Houiiiiere eft: à la portée d’un courant d eau , 1 épuifement du buré fe fait par un angin à pompe, de l’efpece de celui qui a fervi de modèle à Ren-* nequin Sualem pour la machine de Marli * & peut être aux pareilles machines qui font employées pour la mine de Cuivre en Suède, lefjuelles font for le meme Charbon de Terre, IL Part* A aaa
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- 27g DU CHARBON DE TERRE
- principe que la machine gravée dans le Diétionnaire de Mathématique & Phyfique de M. Saverien, Tom. I. Fig. 2J3 , PL XLI. Le nom Allemand Feld gtftange, lignifiant Angin qui court les champs, différencie affez bien cet angin de tous les autres, puifqu’en effet on le conduit par defîus des montagnes & des vallées, même autour & au travers des montagnes: je lui confier-verai ce nom , lorfque j’en donnerai les développemens parmi les machines hyd rauliques, dans la derniere Seétion de cet Ouvrage ; je m en tiendrai, quant-à-préfent, à placer ici la Defcription abrégée d’une machine de ce genre, qui fe rapporte davantage à celles de Liege, telle qu’elle fe trouve dans Belidor.
- A feffieu de la roue que fait agir l’eau, eft une manivelle, qui, par le moyen d’une bielle pendante , communique le mouvement à un varlet vertical ; ce variet fè meut fur un efîieu & tire alternativement deux chaînes foutenues de diftance en diftance par des balanciers portés fur des chevalets : les chaînes tirent à elles alternativement la tête de deux autres varletSj donnant le mouvement aux tiges des piftons qui répondent aux puits.
- Ainfi l’on voit que les chevalets & les balanciers peuvent fe multiplier à vo-* lonté, & que de même l’axe de la roue, peut au lieu^ d’une manivelle en avoir deux, qui feront agir quatre équipages de pompes.
- En épuifànt les eaux du B ou gnou, on deffeche les pahages de la vallée, dont on doit fe rappeller que les eaux ont leur décharge dans ce principal puilàrd, par le teyment communiquant dans le pahage des niveaux du bure.
- Les eaux des gralles Sc des demi'grailes s’enlèvent de la même maniéré, elles font quelquefois traînées dans les ghyots par les Hiercheurs, qui vont les verfor dans le pahage de la vallée, que l’on épuife ainfi que les vallées & borgnes vallées a l’aide des bouriquets, ou au moyen du ghyot.
- Ce vaiffeau qui s’attache derrière le Vay, auquel tient auffi la coufade, def-Cendant avec le vay dans la vallée, on le pouffe dans le pahage où il s’emplit d’eau par la foupape décrite page 277. Voye£ auffi Pl. XI.
- '* On laiffe couler pendant quelque temps dans le bougnou les eaux du ghyotf par le trou placé à fa partie antérieure, qu’on bouche avec une cheville.
- Les eaux des T or rets fe tirent ou par des pompes, ou par des tinnes que l’on attache au chiefde Torrets. ®
- Celles d’une veine ou d’une folfe fopérieure, auxquelles on adonné communi-* cation, fe xhorrent par lefpouxheux ou puifeux, voyez page 2 y 1, à fon défaut par le parti-bure, à l’aide du fauconneau que nous avons fait remarquer page 237, & que fon voit à la PL XII.
- Ce gruau efl: appellé en Houillerie Chat ou Winday, terme général par le-» quel ils femblent vouloir exprimer toute charpente qui renferme des poulies & qui reviendroit à ce que l’on appelle généralement Chape. L’arbre de cette charpente efl, comme on le voit, pôle hors d’à-plomb de la première poulie, placée vers le milieu de fa partie montante ; la chaîne du bure au lieu d’aller en
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- ET DE SES MINES. il part# ^ droiture fur les rolies, eft détournée de cette direction pour remonter en haut fur deux rolies placés dans le bec ou dans la partie faillante du gruau, d où le chief, auquel on attache un fceau, retombe dans la partie du puit F.
- Areine, Xhorre, Canalis, Cuniculus.
- Dans le nombre des moyens propres à épuiler les eaux, on ne doit point ou* blier le grand aqueduc fouterrain que j’ai eu occafion de nommer plufieurs fois, & par lequel on fupplée en certains cas au bure à pompes, dans les mines ou carrières qui ne font pas travaillées à une grande profondeur. Les Houilleurs Liégeois défignent ce chemin couvert de Mines par ces deux différents noms ; le premier tire peut-être Ion origine de Via Arenata , ou ex Arenâfacla , voie ou chemin fait à ciment & à pierre. Voye£ PL XXV. lettres A A.
- La fécondé dénomination expliquée à l’article des uftenfiles pour l’épuîfè-ment &l’eniévement des eaux, page 2.269 femble avoir été donnée fpécialement à cet aqueduc, parce qu’il porte les grandes eaux hors des ouvrages'; ainfi on doit entendre par ces deux termes, une grande décharge, Sc tout ce que l’on comprend fous le titre d! abbattifiement y d’abbattement d’eaux , ou conduits pour l’areine,
- Lorlque l’épuifement fo fait par d’autres moyens que ce canal, ils ajoutent au terme le nom de l’uftenfile ; ainfi on dit, xhorre delltinne, épuifement à l’aide de tonneaux. Voye^ page 227.
- Pour fe déterminer à abouter, ou à avant-bouter ce canal, il faut qu’il y ait lieu Üe foupçonner qu’on atteindra à la veine, en la perçant autant que faire fe peut, approchant ou même dans la partie d’aval-pendage, c eft-à-dire, qu’on la fup-pofe en avant-main, félon l’exprefïïon ufitée en Houillerie.
- U s’en fuit qu’une areine eft une gallerie fouterraine établie ( quand il y a lieu de la pratiquer ) au pied d’une montagne ou dans là partie la moins élevée , marchant en pente depuis la partie la plus déclive de la couche de Charbon, jufqu’à l’endroit où elle vient déboucher au jour.
- Les avantages infinis qui rélùltent de ce percement de jour, font aifés à préfumer : en ouvrant une Houilliere à la cime de la montagne qui la renferme, on ne parvient à rencontrer la houille que par des ouvrages confidérables ; il faut l’aller chercher plus ou moins profondément; il faut fe faire jour au travers des couches de terre de différente épaiffeur, au travers des pierres, des rocs, plus ou ttioinsfiers ; on a àfurmonter làns celle les empêchements qui réfultent des eaux.
- Ce percement,quelque dilpendieux qu’ilpuiffe être, affure une exploitation peu embarraflante de toute la partie d'amont, & d’une partie d!aval-pendage, dans la ligne de niveau, & dont les eaux ne permettraient d’approcher qu avec beaucoup de difficultés.
- Dans le cas où 1 on n’arriyeroit point à la veine par
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- pas moins utile pour bénéficiery c eft-a-dire, décharger une grande partie des eaux de la Houlliere, diminuer par conféquent l'embarras & le coût des pompes des autres épuifements , &c. Telle Areine , dit-on, porte le faa^ ou poids de l eau de telle fojfe ; c'eft de-là quon appelle quelquefois la partie du terrein qui y répond, verfage d'eaux ou endroit verfant»
- On juge fufîifamment par-là, que pour former une areine ou xhorre, félon les
- bons principes, il y a plufieurs attentions à avoir,
- x°. Chercher par un nivellement exaéf du terrein, 1 enfoncement qu on doit lui donner pour atteindre la veine en avant-main.
- 2 . Établir l'ouverture dans un endroit le plus bas poffible à l'extérieur, de maniéré que la xhorre aille toujours en montant infenfiblement vers l'endroit qu'on veut bénéficier ; les eaux qui ne tardent jamais à fe montrer en avançant, guideront d’une façon affez certaine fur les fautes que l'on pourroit commettre en s'écartant du nivellement.
- Un ruifléau ou filet d'eau qui fe trouveroit au voifinage, indiqueront encore la pente à donner à cet aqueduc.
- Les lettres A A expriment la pofîtion & la pente de ce canal* On y diftingue plufieurs parties.
- i°. L'endroit de là décharge, qui s’appelle proprement xhorre ou œil de ta* reine.
- tt°. Les canaux nommés Mahais, voy. page 233 , par on découlent les eaux; 30. Ses différentes routes ou branches nommées Fourches , Rottices.
- 40. Les endroits auxquels fe rendent les rottices de l'areine, & qui font distingués par les noms de Wafdage , Waidy ; on dit, une Areine wade, ou aboutit à telle folfe.
- y°. La tranchéç de rencontre B , fèrvant de naiflancè à la xhorre, établie à fon niveau & qui fe nomme tranche.
- L’areine s'entame , comme on vient de le voir, par le lieu de la décharge, en tâchant de s'afliirer à l'endroit ou aux environs du lieu où on fe propofe de l'ouvrir, s’il y a quelque veine au travers de laquelle elle paffera , ou un terrein fo* lide de roc.
- Dans le premier cas, la pourfuite du Canal fe fait dans la veine même , & cela s’appelle travailler l’areine par œuvre de veine ; c'eft le plus avantageux en ce qu'en même temps qu’on pourfuit l'areine, on tire de la houille pour une partie des frais, & que de plus, il arrive quelquefois, chemin faifant, de rencontrer les veines inférieures.
- Une areine $ aboute d'une veine fupérieure à une veine inférieure, pour que les eaux qui fe feroient écoulées de la première ou de la fùperficie du jour dans les montées, puiflent fe décharger dans cette areine , ce qui donne la facilité de travailler dans la veine inférieure, ce que les anciens Maîtres auroient pà y laifler.
- On
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- ET D E SES MINES, n. pARÏo è8ï
- On fait un trou de tarré, appellé Bolleux.
- L’expreffion travailler par œuvre de veine, difiingue l’autre maniéré de pour-* fuivre & conduire \àxhorre enkurre de pierre , ou par maxhaisy c'eft-à-dire au travers de la pierre.
- La longueur de lareine par œuvre de veihe ou par mahais, eft toujours afiez confidérable pour exiger qu'on ménage des ouvertures extérieures, propres à faciliter la refpiration de ceux qui agiflent dans fon intérieur. Audi pendant que l'on conduit cet aqueduc depuis fon œil jufqu'à la rencontre de la veine, on établit un 8c même piufieurs bureteaux ou petits bures, qui communiquent du dedans à la fuperficie.
- On les appelle communément Bures de xhorre ou Bures iareine, en latin Æfiuarium. •
- De temps en temps, les ordures qui s’amaffent dans les rottices, gênent le cours des eaux ; on dit alors que l'areine eft Jlanchée ou étranglée ; il faut de fois à autres, nétoyer Ion canal ,1e conduire quelquefois d un plus bas niveau ou même l'élargir, ce qui s'appelle faigner, nfaigner ! areine*
- La communication d'une areine à l'autre, ferait une incommodité très-grande ; il eft également important de pratiquer dans cet ouvrage , des ferres ou ferrements qui empêchent les eaux de couler dans les endroits inférieurs, ce qui gêneroit le travail; on dit, les areines font fparées par telles ou telles ferres.
- Les areines fe conftruifent & fe dirigent dans certaines formes décidées pat des loix fixes 8c précifes.
- Les eaux auxquelles ce conduit fert de décharge , donnent lieu fouvent à des conteftations : lorfque le voifinage d'une Houilliere occafionne de la jaloufie on fe renvoie les eaux de l'un à l'autre, quelquefois d'une allez grande diftance : la maniéré dont on s'y prend n'eft pas trop connue.
- Ces objets, ainfi que tout ce qui a rapport à la confefvation, à l'entretien , de l'areine feront traités à l'article de la Jurifprudence de Houiilerie.
- Les différents ouvrages qui viennent d’être décrits chacun en particulier fous leurs titres, compofènt les connoilïànces générales fur lefquelles porte l'Art d'exploiter une Mine de Houille : on a dû en prendre par avance une idée fur les Planches XXII, XXIII, XXIV, XXV, qui repréfentent ces travaux félon l'ancienne méthode : nous donnerons ici l'explication de ces Planches, 8c nous entrerons enfuite dans le détail de l'Art, tel qui! fe conduit aujourd'hui.
- PLANCHE XXIL
- Travail fur les deux niveaux du Bure«
- La veine qui a été defpieflee eft en blanc, & tout ce qui eft noir, marque les -, ferres.
- A 9 eft la B ufi du bure ; B , eft le Ckargeage.
- I. Place deferrement à gralle, qui fe pourfuit d'une y allée à cheval* Charbon joe Terre. II. Tan. B b b b
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- aSi DU CHARBON DE TERRE
- . Sur cette vallée on a levé fix Coijlrejfes•
- 3. Torre t y établi à main droite fur la fixieme coiftreflè , avec fèpt coiftrefles de Torret.
- 4. Demi-gralle levée fur la fixieme coiftreffe à main gauche, avec huit coif-treflès, auxquelles on a laifle dts ferres & on a repris le refendement de ferrer
- 5. En retournant vers le bure , une montée levée en droite ligne fur le niveau idu bure pris à main droite. Une bagne qu’on a trouvée lur cette montée, a exige qu’on y fore trois trous de tarrè,
- . Sur cette même montée deux coiftrefles, & fur la fécondé coiftreflè, deux demi-montées.
- 7. Sur le même niveâu de la main droite, on a confirait un torret qui a donné occafion d’en conftruire un.fecond, renfermant à eux deux, dix coiftrefles.
- 8. Sur la derniere coiftrelTe de ce torret à main droite, on a levé une demi», gralle > avec quatre coijlrejj'es.
- 9. Reprenant le niveau du bure à main gauche.
- 10. On y voit une montée prife en droite ligne, dans laquelle ôn a foré trois trous de tarrè à caufe d’une bagne.
- 11. Sur cette montée on a levé deux coijlrejj'es, & deux demi-montées fur la fécondé , y laiflànt les ferres , & on a repris le refendement de ferre,
- 12 .Sur le même niveau>denû-gralle prifè avec place de ferrement & fix coifrejfeSà
- PLANCHE XXIIL
- Travail d'une veine qui sejl trouvée dans la bufe du Bure À*
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- A y Bufe du bure avec les deux niveaux.
- i°. Sur le niveau de la main droite, on a levé trois montées: la première efl levée en ligne droite ; on y a levé deux Coiftrefles, y lallfant les ferres & reprenant les refendements.
- 20. La féconde a été prife à demi-montée, àcaufé dupèndagequi étoittrop roiflè.
- 30. La troifieme montée a été prife à demi-montée, par la même raifon que pour la fécondé montée; on y a confirait deux eoiftrejfes H.
- Sur la fécondé coiftreflè on a levé encore une montée & une coijlrejfe prifè fur ladite montée, & on y a laifle des ferres, parce que le toit n’étoit pas bon.
- 40. Retournant vers le bure fur le même niveau, on a levé une gralle D, prifè en ligne droite, afin de reconnoître fi le pendage continuoit en roijfe : on a levé une coijlrejfe à droite, & une coifrejfe à gauche marquée F.
- Le pendage s’étant trouvé trop roijfe, on a pris fur le même niveau une démit gralle pour la commodité des Hiercheurs.
- Sur une fécondé demi-gralle, on a pris deux coijlrejfes, une à droite, l’autre
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- ET DE SES MINES. II. pART. 283
- â gauche , afin de laiflèr paître les eaux/qui le font trouvées dans les ouvrages d* Athier*
- Sur la main gauche du niveau du bure , on a levé deux demi-montées ; lür la première font deux coifereffes qui traverlènt le bure; là on a pris une, deux, trois, quatre 8c cinq montées ; à la cinquième & derniere montée, on a levé trois coijirejjes, y laiflànt les ferres, 8c repris le refendement de ferre , afin de faire fuivre la lumière.
- Pourlùivant le niveau de la main gauche, on y trouve une fécondé demi-mon* tée, à laquelle on a levé une, deux, trois, quatre coiftrejfes, 8c fur la quatrième coiftrefle on a levé une, deux, trois, quatre montées,y laiflànt les ferres 8c repris le refendement de ferre.
- Nous avons fait connoître dans le plus grand détail,page 268, tout ce qu’il eft utile de lavoir touchant les eaux dont on eft ménacé ; c’eft principalement dans le premier début qu’il faut ne point perdre de vue ce que Ton a à craindre de leur part, la prudence exige quen commençant on ne poulie pas les pre-* miers ouvrages de trop loin.
- PLANCHE XXIV.
- Ouvrages deffous eaux4
- A, Bufe du bure;
- B, Chargeage.
- On a d’abord commencé en droite ligne, à la bufe du bure, une place àtfef-^ rement de gralle de .quinze toifes.
- On a dilaté en cet endroit pour former une taille de quatre toifes de large, que l’on a travaillée par deux coijirejjes à un côté, deux coiftreJJ'es à l’autre côté , en y laiflànt les ferres.
- Dans le cas ou on viendroit à trouver de feau, on pourroit faire un ferrement pour les retenir.
- Venez enfùite reprendre aux deux niveaux du bute , avec mie place de ferrement de quinze toiles environ, félon que l’ouvrage le comporte ; de-là vous y formez une taille qui pourluivra tant que l’ouvrage le permettra.
- Sur ces deux niveaux, levez quatre montées, 8c au-delà de ces quatre montées laiflez encore lur ces niveaux une place de ferrement, afin de féparer les ouvrages les uns des autres, & éviter de communiquer les ouvrages, ce qui ferait nuifible.
- i* Place de ferrement à gralle ; là on a pris quatre coijirejjes, deux à un côté , deux a 1 autre.
- 2,. Place de ferrement au niveau du bure; là on voit quatre montées prifes eri perpendiculaire.
- 3* Sur ces quatre montées y on a pris quatre coijirejjes qui traverlent les quatre montées*
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- a$4 DU CHARBON DE TERRE
- 4. On voie encore fur les mêmes niveaux une place de ferrement prife à gralle9 8c entre les deux places de ferrement un pahage , & plus loin une demi-gralle*
- y, Retournant vers le bure 9 place de ferrement avec montée ; & en cas que 1 ou rencontre de l’eau, on fait un ferrement,
- PLANCHE XXV,
- Pour ouvrage à faire dejfous eaux.
- 1. Maître Bure , avec le parti-bure 9 pour y placer une machine à feu, fi le befoinle requiert.
- 2. On voit dans la longue Mahire, un grand emplacement pour y foflôyer un fécond bure.
- 3. Arrivé à la veine, on y trouve une place de ferrement ; à droite, vallée du bure avec quatre coifereffès prifes à droite, & quatre autres prifes à gauche.
- 4. Niveau du hure à main droite, travaillé par une place de ferrement, avec trois ou quatre montées à faire pour un premier ouvrage.
- y Demi-gralle prife par place de ferrement, & cinq coiftreffes prifes à main droite.
- 6. Niveau du bure à main gauche, travaillé par une place de ferrement, 8c Quatre montées '; & au-delà de ces quatre montées reprenez encore une place de ferrement, afin d’y former une fécondé courfe d’ouvrages.
- 7. Sur ces deux niveaux , une demi-gralle, prife avec place de ferrement% & cinq coifereffes prifes à main gauche en defcendant.
- 8. Serres marquées en noir, confervées afin de travailler deflous eaux.
- 9. Refendement de ferre , marqué en blanc, 8c deftiné à faire fuivre la lumière.
- ARTICLE CINQUIEME.
- Marche & conduite des ouvrages de Houillerie > depuis le premier enfoncement fuperficiel> jufquaux travaux dans une Mine de Charbon,
- à la plus grande profondeur poffeble.
- C e qui fera la matière de cet Article, efi proprement l'exploitation. Pour traiter d’une maniéré fimple 8c claire cet objet, auquel nous avons conduit le Leéteur par degrés, nous fuppofons que l’onfe difpofè à une entreprife de cette efpece ; elle peut avoir lieu dans deux circonftances ; ou c’efl: une ancienne foffe que l’on veut remettre en valeur , (nous en traiterons féparément,) ou bien ceft un terreinqui na jamais été travaillé, dans lequel la veine eft dans fon.
- entier
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- B T D E SES -MINE S. II. pArt.
- entier, 8c félon la maniéré ordinaire de s’exprimer en Houillerie, ria jamais été violée, Ti & jamais été difpienée : ils difent encore que la veine efi en plein vif thier y qu Uy a amant de veine que de ga^on.
- L’endroit ou Ton veut s’établir une fois décidé, on fait drefîer la houtte, fj ceft un toure a brasy autrement dit bouriquety ou une petite fiffe. Voy. pag* 234*,
- Si ceft un grand Bure y on conftruit le Herna^y fous lequel on tiendra les agrès ou équipages différents, félon que ceft une fofle de grand ou petit Athour y 8c on établit à côté la forge du Maréchal : on procède enfuite à la rup~ ture du ga^on. Cette façon de parler, ufitée en Houillerie , exprime naturellement la première chofe à faire, pour, comme l’on dit yfojjoyer, avaler y efean* dire un bure y rendre ouvrable une mine de houille y bouter, pourfîiivre, avant-mener y conduire y xhorre, areine, abattement d’eaux , ajfeoir pourjîiites & cour* fes d!ouvrages, quil s’agit maintenant de faire eonnoître d’une autre manierez
- L’expolition dans laquelle je vais entrer, comporte une fous-divifîon auffi utile que raifonnable : je partagerai donc le travail entier d une Houillère en trois parties ; dans la première feront détaillés l’enfoncement 8c toute la conftruc-tion d’un bure ; la fécondé reprendra ce défoneement à l’in fiant ou 1 on commence les véritables ouvrages, c’eft-à-dire , l’ouverture de routes & de paflages dans le corps de la Mine, qui devient profitable à l’Entrepreneur 8c à fes AfTociés ; la troifieme traitera du travail des veines dans chaque efpece de pendage, ou dans des circonftances pour lefquelles l’exploitation fe gouverne, d’après des réglés qui font relatives à ces différents cas.
- De tavallement d’un Bure & des Ouvrages qui en dépendent*
- Toutes les opérations relatives à cette premier^, fouille, fè nomment Aval* lementy comme elles fo paffent à la forface, à l’aide du Bourriquet qui enleve au jour les terres, & /’ Avalleur qui les détache, ces manœuvres font le plus ordinairement confiées à des femmes.
- Ce font elles qui tournent le bourriquet y qui, comme l’on dit, tirent lestriqueU du bure. On voit que dans cette façon de s’exprimer, le nom des fopports du treuil eft tranfporté aux barres à tourner ; mais nous avons demandé la permîflîon de ne rien changer aux termes admis entre des Ouvriers qui paffànt la moitié de la journée fous terre, & l’autre à dormir, ne fongent point à s’aflùjettir à perdre 1 ancienne habitude qu’ils ont de s’exprimer dans le langage Atuatique ; lan-; gage qui étûit vraifomblablement celui des premiers qui ont découvert la houille en Fublemont (1).
- Ces femmes que l’on pourroit appeller les Aides de VAvalleur, font celles
- <0 Selon la chronique des Pays-bas , in Monte publico , ou eft 1 Abbaye de S. Laurent ; félon
- Charbon de Terre IL Fan.
- la chronique de Tongres Sc celle des Carmes de Liege, dans la montagne des Moines,
- C ccc
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- 28g D U CHARBON DE TERRE
- qu’on nomme Trairejjes , Trairejjes au jour, & qui ont toujours en partage les befognes extérieures d une folle; ce font elles aulîi qui marquent a 1 eftablir• Voye^page 229 , ou ce nom eft écrit comme il fe pronnonce Stalire.
- On emploie aufîi à tirer les triquets du bure, les Berwettrejjes, qui enlèveront du pas du bure les charbons quon y déchargera au fortir de lafoffe; on en met au moins deux & quelquefois dayantage a chaque bourriquet ; elles fo placent de chaque côté aux deux coubles du tour.
- Le premier bure par lequel on commence lorfqu’on ne veut faire qu un bure à bras, eft nommé Av aller ejj'e ; félon la folité du terrein , il eft fofloyé en rond, ayant environ cinq pieds de diamètre , ou en quarré.
- Le Louchet, le Hàway, le Plc , font les feuls outils qui foient alors d’ufàge : quand les terres font grades, l’œil du bure fe fait avec le premier outil, en défaifant cinq ou fix pieds de terre qu’on jette dehors; on défonce avec le pic, on reprend avec le louchet pour emplir de cette terre les paniers qui fe lèvent avec le tour et à bras, mu par les Traireiîes.
- La journée achevée , l’Avalleur remonte par la même corde à laquelle s atta-; che le panier.
- Lorfqu’on eft arrivé à la couverture pierreufe, on rencontre quelquefois une aireure de veine, qui en annonçant le voifinage du Charbon, encourage l’Avalleui: & tous les Employés.
- Quand on veut faire un grand bure, on donne tout de fuite à fon œil la grandeur & la forme parallélogramme , décrite page 244. La terre qui fe tire de la folle fe ramafle autour de l’œil du bure, de maniéré que cette partie de la bufè fe trouve élevée au-deffus du niveau du terrein qui eft alors formé en petit monticule de 12 à 15 pieds de hauteur, & plancheyé avec foin comme il a été dit page 232 , afin de donner aux Rakoyeux la facilité d’attirer en bas la charge qui arrive au jour, Sc qu’elles renverfent enfoite pour être reprifo par les Meneufes.
- Le premier déblai de cette fouille fe fait comme pour les petits bures, par le tourret à bras, jufqu’à ce quon foit arrivé à la profondeur de quinze ou vingt toifos.
- Ce petit bure refte quelquefois feul; d’autres fois il eft employé dans la fuite des ouvrages à forvir de burtay pour 1 airage de la mine, ou il devient quelquefois bure à hernaz.
- Dans les cas où il s’agit d’ouvrages qui donneront pour long-temps, il eft or~ dinaire de fijfoyer deux ou trois bures, le maître Bure, le Burtay, le Bure â pompes,tous trois profondés différemment félon l’ufàge auxquels ils font défîmes,' félon le pendage de la veine ou fuivant dautres circonftances.
- La principale fofle pour les grands ouvrages & que nous avons nommés maître bure, qui porte à thiers de bure, s’enfonce toujours d’une toife plus bas que la veine , à proportion que le pendage eft roifje.
- L’autre petit bure qui eft toujours néceffaire à fa proximité, qui peut fe
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- ET DE SES MINES IL Part. 287 multiplier & qui fe multiplie même prefque toujours, doit être profondé de quelques toifes au voifinage de ce maître bure & plus à thiers de bure, faute de quoi il n'y auroit point affèz d air pour les Ouvriers, & les lumières ne pouroient pas y relier allumées : cette avallerejfe ou ce petit bure conftruit exprès, prend alors le nom de Burtay, ou , à caufe de fon ulàge, celui de Bure d'airage* Lorfqu il eft profondé, on revient gagner le grand bure par le canal de communication , appellé Pierfure. En même temps que le Royteu a foin d'achevec la befogne de ï Avalleur, en applaniflànt les inégalités qui font reliées dans les mahires du bure, le Stanfeurfe met à l'ouvrage à proportion qu'on fe débarralfe des terres & des eaux ; le poids de ces dernieres, fur-tout, augmente à proportion que la folle s'approfondit ; leur volume s’accroît par de nouvelles ilîues que les travaux donnent nécelfairement aux fources renfermées dans l’épailfeur que lesOuvriers enlevent.Une des opérations qui accompagnent l'avallement,eft donc de fe pourvoir à meliire qu'on avance contre les eaux de marie, qui, dans quelques endroits, font très-abondantes , Se contre les fendans, très-fojets à en donner qui fe rendent au fond du bure, & forgagtient les houilles. Voye[ page 268. 269.
- Pour faigner ces eaux, on ménage à côté de la bufe du bure, un conduit fou* terrain qu’on nomme Tranche, qui en paflant à travers les ouvrages d’une veine fopérieure d’un bure voifin, fe prolonge julques vers l'endroit où l’on veut enfoncer un nouveau bure : là, après avoir profondé jufqu'au tourteau delle dieille, un bougnou plus étendu en largeur que l'ouverture du bure , on fore for la tête de cette veine ou taille, un tombeux ; lés eaux de marie fe trouvent déchargées, & alors on enfonce le bure nouveau.
- On s’occupe encore à fe rendre maître de ces eaux par le carihou dont nous avons parlé, qui eft une excavation pratiquée au-deffous du fendant, dans une Veine la plus voifine qu'on rencontre ; ce puifard ou pahage qui peut contenir deux à trois cents tinnes, fe remplit de fe Vuide à plulîeurs reprifes ; cela s'appelle faire un carihou , fe fervir de carihou : il forme une elpece de cuvellage au moyen d'un robinet de bois qu'on y adapte dans fon fond, Se par le quel l'eau fe vuide for la xhorre ; ou bien on en tire l'eau au jour avec des tinnes.
- Si l'on fe recoiinoît menacé d'une irruption d'eau de bagne, il eft indifpenfeble d’établir dans les mahires un vrai cuvellement qui oppofe à ces eaux un folide rempart. Cet ouvrage confidérable de charpenterie a été détaillé en particulier.
- Le bure profondé jufque for la veine, il faut avant de commencer les tailles, établir le principal pahage, appellé Bougnou : ce puilàrd doit être pratiqué plus bas que le niveau de la veine inférieure, c'eft-à-dire, d'une toife & demie ou deux toifes au-deiïous d'elle, & cela en proportion de fon pendage ; car plus la veine a de pente, plus il faut profonder le bougnou , afin de pouvoir former les chargeages, & couper & applanir la dieille dans laquelle on forme ce bafîîrl qui reçoit la chute des eaux de plufieurs autres pahages, Voy. pag. 24J. & 273.
- Il doit etre profondé d’une toife & demie, en proportion que les .veines font Toifes*
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- Quand ceft un pendage de veine, le bougnou fc fait dans la veinemêrtiei
- Lorfquon travaille par vallée,, il doit être affis au pied de cette taille , & fe dilater à côté.
- Si l'on travaille par niveau , il doit être à côté du bure.
- Quant à la capacité qui! faut donner au bougnou, elle fe réglé fur la quantité d eau qui arrive , & qui peut y relier, fix, dix , ou vingt-quatre heures.
- En travérlànt toute l’épaifïeur de la veine pour faire le bougnou, on prend autour de la bufe du bure au pied des mahires , la Houille & le Charbon qui s y prouvent; il en refulte rélargiflèment en forme ronde Iphérique dans le haut , comme un dôme dont fai parlé page 244.
- Ceft à cette couronne des chambres, qui par la fuite deviendra le principal chargeage, que doivent répondre chaque voye que Ton ouvrira bientôt après ; c’eft là que tout ce que Ton extrait de la Houillère doit être apporté du fond dé la vallée par les Chargeurs au bure, ainfi que les paniers & coufades qui feront enlevés au jour. Voye[ Planches XXVI & XXVII.
- Ceft pour cette raifon que là partie fupérieure, nommée couronne de char* geage, ou couronne des chambres, eft configurée de la maniéré quon vient de le dire, afin que les Chargeurs au bure ne fc trouvent pas directement pendant leur belbgne, fous les mahires, & foient ainfi à l’abri dè ce qui pourroit fé détacher d’eri-haut.
- Œuvres de Veines, ou travaux qui s9exécutent dans le Charbon de terre.
- Les opérations que je viens de décrire, ne font, pour ainfi dire , que les préparatifs des véritables travaux. La qualification à3Œuvres de veines, que j’ai trouvé adoptée pour l’établiffement dcfAreine au travers du Charbon, m’a paru propre à dlftinguer de l’opération précédente, la conduite des ouvrages qui le font dans le corps même du Charbon, pour exploiter la Mine en entier.
- Les bancs de Houille qui parcourent un terrein, font ou de grandes veines ou des veinettes , voyeç première Partie, page 6ÿ ; l’efpérance que l’on doit concevoir de la hauteur (1) des unes & des autres, les caraéleres qu’elles doivent avoir pour être de bon rapport, font des points jur lefquels il n eft pas indifférent de faire ici quelques obfervations.
- On feroit difpofe à croire qu’une grande veine, (c’eft ainfi qu’on nomme toute veine dont la hauteur eft au-deflus de deux pieds ) eft plus riche & plus lu-fcràtive dans l’exploitation; cela eft vrai eri général, puifque plus une veine eft riche, plus elle peutJe dilater, c’eft-à-dire, le travailler en long & en large; cependant il eft des circonftances particulières, qui contrebalancent quelquefois beaucoup cet avantage.
- (1) On doit fc râppeller le fens dans lequel ce terme doit êtfë pris * lorfqu’on parle des veines*
- La
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- La longueur même de ces dilatements, quoique dépendants de la richeffe de la veine, ne peut pas être déterminée, parce qu’il peut fe rencontrer des obfta* clés qui ne permettent pas de foivre à cet égard une réglé invariable.
- Les frais de bois néceflàires pour étayer les voyes dans les veines qui paflent douze poignées, font une raifon pour laquelle ces riches veines eftimées en gé-*-néral par le nombre de poignées, ne font pas toujours, comme nous l’avons ob-fervé page 69 , celles dont le travail donne plus de bénéfice.
- Relativement à la pofition des veines dans l’épaifleur de la mafle du terreîn * que l’on foppoferoit vu dans une coupe perpendiculaire, ces veines ne promettent point autant les unes que les autres : le verfage d’eaux que nous avons dit s’ap^* peller endroits verfantSy auquel on peut rapporter l’areine ou d’autres parties de la houilliere, qui donnent beaucoup d’eaux, annonce fur cela ce qu’on doit attendre, félon que les veines font fituées dans un bure, plus haut ou plus bas que V endroit ver faut.
- Les premières que l’on diftingue parles qualifications de veines xhorrées * veinesfituées fiurla main du xhorre, en menant le niveau comme il fe doit, ou veines fupérieures, Sc dont le Charbon prend le nom de Charbon xhorréy font les plus lucratives.
- Les fécondes veines fituées aU-deflous des eaux, appelléeS de dejjous la main* veines au-de (fous du niveau du xhorre, veines non-xhorrées, veinés inférieures * veinés fubmergées, demandent y des attentions particulières qui fo conçoivent aifément, Sc qui feront expliquées à leur place.
- Le pendage des veines dont on a fait connoître toutes les différences, eft en-; core une des circonftances qui influe le plus fur la facilité des travaux, & en conféquence for le bénéfice*
- Les plus avantageufos, fans contredit, font celles dont la pente eft douce & peu inclinée par rapport à l’horifon. Les veines roifles ne le font pas tant : nous en donnerons les raifons lorfque nous en ferons à l’exploitation de chacun de ces pendages.
- Cette pofidon différemment inclinée des veines, donneaüfll aux ouvrages qui fe font dans leur profondeur les dénominations propres à les défigner ; mais là maniéré la plus fréquente de diftinguer les ouvrages d’une mine, porte for l’efo pece de féparation que le niveau du bure fait de toute la Mine en deux parties * ainfila pourchafie d'une veine peut être confidérée fous deux faces; fon exploitation jufqu’au niveau ou au-deflus de cette taille, Sc fon exploitation au-deflous du niveau.
- Les ouvrages qui fe font dans les montées, dans les coiftreffes prifes au-deffos
- du levay, font nommés ouvrages d'amont-pendage, Sc comprennent les veines xhorrées.
- Ceux qui fo conduifont dans les vallées, dans les gralles , dans les coiftrefîes au-deflous du levay, s’appellent ouvrage d'dval-pendage, Sc renferment les Charbon de Terre, II. Part. Dddd
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- veines non - xkorrées , veines fubmergées. Ce fera la diyifion que nous allons iuivre , en reprenant les travaux où nous les avons laifles#
- Le chargeage achevé, les Xhaveurs font, ou dans la veîne, ou au-deflous , c’eft-à-dire , dans cette partie de veine que nous avons appellee Houille morte, que Ion nomme quelquefois mal-à-propos Terroule, ( voyeç première Partie , page 72,) une ouverture plus ou moins grande, felon que la veine eft facile à xhaver, mais toujours fuffifànte pour la faire tomber, & en décharger une heve.
- En travaillant à l'entame de la veine , par cette ouverture que les Xhaveurs appellent une choque, on prend garde de percer au pic ; c’eft la maniéré dont ils s expriment, pour fîgnîfîef donner dans quelque baigne.
- On a vu page 271, les moyens pour reconnoître le voifinage de ces anciens ouvrages remplis d’eau.
- Cette choque eft l’entamure des niveaux ou des levays du bure y elle fe fait en attaquant & fàppant la veine avec le bada , comme on feroit avec un coupay , & laiflànt la veine à découvert fur les côtés ; quand la veine fe montre ainfi des deux côtés des tailles, l’Ouvrier dit que la parois ou. la pareujje ejl découverte aux deux cotés.
- On procédé de cette maniéré à droite 8c à gauche, à la fois ou féparément, afin de pouvoir y faire des ferrements, & defcendant le plus bas poflîble dans la veine. Chemin faifant, on fe pratique des paxhiffes pour les eaux des ouvrages inférieurs ; & de ces réfervoirs, les eaux vont fe rendre dans le bougnou par un teyment que l’on peut voir Planche XXVI.
- * Les Xhaveurs coupent la veine aux deux côtés des tailles. Quand la taille eft toute coupée, les Ripafleurs y entrent pour faire fauter la Houille par quartier } vont pouff er au niveau, c’eft-à-dire, recouper le niveau exaét, afin que l’eau ne coule qu’infenfihlement, & ils continuent de proche en proche.
- Les ouvrages parvenus à ce terme devenants de conféquence, les Houilleurs attachés à la fofle fe partagent en deux ou trois bandes ; l’une travaille le matin, une autre travaille le foir, Sc la troifieme la nuit : chaque bande peut être coin-pofée de vingt-cinq hdmmes.
- Nous avons fait connoître les différentes routes qui viennent fe rendre dans le chargeageau-deflus & au-deflous du niveau du bure, les conftruélions qui leur font propres, relativement à la fureté des Ouvriers, à la circulation de l’air , aux décharges des eaux, aux irruptions aqueufes; il ne refte plus qu’à fuivre ces Ouvriers dans la progreflion de leurs travaux, & à donner l’enfemble du tableau général que nous avons tracé; enfin, à décrire par ordre l’exploitation d’une grande Houilliere. Les Planches XXVI & XXVII, fe rapportent particuliérement au détail qui va être donné, conformément aux réglés obferyées aujourd’hui à Liege.
- Je les ai adoptées telles qu’elles fe trouvent dans Louvrex; je dois feulement prévenir de plufieurs circonftances auxquelles il fera aifé de fuppléer en idée.
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- L’impoflîbilité de fe faire entendre parfaitement dans ces Planches, qüi ne devraient repréfenter qu un plan géométral, a obligé de repréfenter en élévation plufieurs parties qui devraient être en plan, mais qui alors n auraient pu être apperçues; faurai foin d’en foire la remarque lorfqu’il fera nécefiàire.
- Attendu que toute veine a une inclinaifon, & que la faine pratique diète là méthode d'aller toujours le plus bas poffible, on peut commencer par prendre une Gralle à la bufo du bure. Voye[ Planches XXIV & XXV.
- Après avoir travaillé autant qu'on a pu dans cette Gralle, on remonte la main par une coiftrelïe de dix en dix toifes, laiflànt unpahage dans le fond de chaque nouvelle coiftreflè que l'on fait.
- On va toujours en déchargeant une Heve9 afin de pouffer plus loin, & comme on dit, afin de chafjer les ouvrages.
- Dans chaque taille on fore trois trous, un en montant, un fécond qui va infenfiblement , & un troifieme qui va en alignement de la voye ou de l'ouvrage, ou comme difent les Houilleurs, qui va en avant-main. Dans les parois d'en-haut, on fait en outre deuxpareufjages. En proportion que l'on avance les tailles, ces trous, nommés trous de tailles, font toujours replongés. Les points blancs marqués dans les Planches XXVI & XXVII expriment les trous de fonde.
- Cet ouvrage dans lequel les Houilleurs vont toujours démolifiànt, ne peut fe faire fans beaucoup de décombres ; la veine ne peut fe détacher qu'en entraînant des éclats du toit & du fol auxquels elle tenoit ; on comprend ces recoupes éparfes dans les voyes fous le nom général de Genges ou Triguts, quelquefois bojfiements, & lorfqu'ils font embarras * Jlouppures.
- Il en coûterait beaucoup pour s'en débarraffer, & leur extraélion prendrait for le temps employé à celle des Houilles & Charbon ; les Ripajjeurs les remettent dans les tailles, pour être employées à faire de diftance en diftance les épau-lements ou piliers qui économifent le bois, & les fiouayes, qui autrefois étoient appliquées à cet ulàge.
- Ces épaulements nommés ferres, & quelquefois ferrements, réunifient plufieurs avantages; ils foutiennent les ouvrages, empêchent l'écroulement du toît, s’oppofent aux fentes aqueufes qui en réfulteroient, donnent paffage aux eaux & à l'air. Quant à ces deux derniers points, les ferres ont été traitées à chacun de ces articles auxquels elles ont rapport; elles n’ont plus befoin d’être confidérées que comme piliers d’étai ; afin de les fortifier, ils font maintenus par des petits murs bâtis fans ciment, qu’on appelle murays , & la ferre étayée de cette maniéré s’appelle Stappe, d’où vient l’expreffion refiapler9 parce que contre une ftappe on en met une fécondé.
- On reftaple quelquefois de cette même façon une ferre , c’eft-à-dire, une pile formée entièrement en Charbon,qu’on n’a point attaquée & qu’on a laiffée exprès entre deux tailles ou deux ouvrages;l’épaifleur de cette mafie de veine,pour avoir la folidite requife, doit être de quarante ou cinquante poignées,
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- Cette précaution efl: encore indifpenfable dans certaines parties d’ouvrages y & avec quelques différences relatives à la pofition de ces endroits qui ont befoir* d’être foutenus,
- Lorfque, par exemple, la voye va le long d’une ferre, comme il efl: marqué à la Planche XXVI, par les* coiftrefles de vallée, demi-gralle & torrets, appellees Pareuffes de lavoye, onia muraille feulement du côté du ftappe; quand la voye efl: entre deux ftappes , les deux côtés font néceflàirement murailles de diftance en diflance à plomb for la deille foutenant le toit.
- Après que les places des ferrements font achevées for les deux niveaux du bure± & que l’on a travaillé tout ce que l’on peut hors de la partie inférieure au levay ? on commence for chaque levay ou niveau, des tailles que l’on appelle montées, cela fe nomme lever des montées. Elles peuvent fe dilater autant qu’il efl: poflible pour le profit, 8c autant que rien n’en empêche. A mefore que les niveaux du bure avancent, on leve chaque montée de dix toifes de diftance l’une de l’autre. Sur ces montées on fait des quejlrejfes, jufqu’à ce qu’on ne trouve plus rien à travailler , à moins que ce qui refte ne vaille point la peine des frais ; alors il feroit mieux de le laiffer pour le tirer enfuite par des petits bures.
- En fe figurant les levays ou niveaux du bure comme une très-longue rue qui régneroit au bas d’un coteau, & les montées comme des chemins, venant parallèlement les uns aux autres s’ouvrir dans cette longue rue ; on voit que lorfqu’il fo fait de grandes pourchafles d’ouvrages, les Hiercheurs ont un long trajet à parcourir pour gagner ceux de ces chemins qui débouchent dans le levay à fon extrémité, ou pour en revenir; puifqu’avant d’arriver au principal chargeage avec leurs /ployons , ils ont non-feulement à aller dans les montées, mais encore dans le niveau du bure. Il n’eft pas indifférent, fi l’on veut travailler avec profit , d’abréger ce chemin. Pour remplir cet objet, on a une méthode fort avanta-geufe, voye^ PL XXVII : elle confifte à faire une demi-montée, qui en s’éloignant du commencement du levay dans une marche diagonale médiocrement inclinée, pafle au travers de toutes les montées qui communiquent dans cette principale taille.
- Outre que de cette façon le chemin efl: beaucoup raccourci, la pente de la demi-montée facilite l’exportation des Houilles & Charbons des montées.
- On remplit encore cet objet en faifànt un refendement de ferre.
- Quand les ferres des ferrements font très-épaiffes,on a recours aune autre pratique qui évite de defferrer ; elle confifte à faire au travers de la veine même, un petit boyau de cinq , fix ou huit pieds de largeur, ou comme on dit, de fèpt à huit poignées de large y qui forme un paflàge d une taille à l’autre; c’eft ce qu’on appelle travailler par chambraysyà\\ nom chambrayy chambreau donné aces chemins.
- A l’extrémité de ces chambrays on fait des trous de tarré; à la faveur de ces ouvertures qui ont communément un pouce & demi de diamètre, dans lefquelles on adapte des tuyaux de fer blanc que l’on conduit des pahages jufqu au
- bougnou *
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- bougnou ; 8c afin que les eaux venant a hauffor & baifler , tant dans les pahages que dans les bougnous, ne puiflentfe répandre dans la vallée, on place unegife for ces tuyaux.
- Outre que les ferres des ferrements font quelquefois très-épais, 8c ne comportent point le refende ment de ferre, ces chambrays ont encore l’avantage de ne pas embarraffer les ferres , 8c de conduire les eaux des pahages dans le bougnou*
- Nous avons dit que les deux levays ou niveaux du bure , fe faifoient tantôt féparément, tantôt à la fois ; quand l’ouvrage permet de les travailler de cette derniere maniéré, on communique l'air par la pierfure; enfoite on pourfuk ces deux niveaux dans leur longueur ordinaire, afin de pouvoir y faire les pahires qui aboutirent dans le bougnou par le teyment.
- Parallèlement aux deux premières voyes , un peu plus bas, on conduit deux autres puifards qu’on nommz pahages, dont il a été parlé page 273, & qui fe dilatent au niveau de l’eau du bougnou, ^
- Comme il eft prudent de s’aflurer d’un nombre foffifont de ces confrves d’eaux , afin de conduire à bien les ouvrages d’une folle, il faut après que ies niveaux font pouffes convenablement, attaquer la veine en avant-main 9 comme diient les Houilleurs, ou autrement dans la partie d'aval-pendage.
- Ouvrages d'Aval-pendage ou au-dejfous du levay, comprenant la pourchajfe des veines non-xhorrêes, autrement appellées Veines de delfous la main, Veines fobmergées, Veines inférieures , Veines au-deffous du niveau du xhorre.
- L a pourchaffe des ouvrages dans une veine de delfous le niveau, fe fait par vallée, borgne vallée, gralle, demi-graile ou torret.
- L’avantage qui réfolte de cette elpece de travail efi: facile à fontir ; on peut laiffer couler les eaux du bougnou 8c du pahage lorfqu’on travaille la veine en avant-main; 8c quand même il pourroit encore en travaillant par ces ouvrages fe rencontrer des eaux qui obligeraient de faire quelques ferrements pour les arrêter, rien n’empêche qu’on ne puiffe toujours y laiffer courir les eaux des pahages 8c du bougnou par un ou deux trous laiffés à cet effet dans les ferrements, qu’on rebouche lorlque ces vuides font remplis d’eau ; des chevilles de bois fof-fifent pour cela, ou encore on cloue for ce trou, au-delà du ferrement, une piece de cuir attachée for un morceau de planche en forme de petit clapet fulpendue par le haut. L’eau venant à entrer dans ce trou , pouffe la foupape 8c s’écoule dans les vuides ;. 8c lorfque ces vuides font remplis, elle la referme en la pref; font dans un autre fons.
- On pourfoît de cette façon, tant que les eaux ne mettent point d’empêche- • ment, ce qui s’appelle chaffer la vallée : nous avons, difent les Houilleurs, chaffe une vallée jufqu à dix, douye ou plus de chargeages bas•
- Charbon de Terre. IL Pan. E ece
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- 2^4 DU CHARBON DE TERRE C’eft ordinairement le plus loin qu’on puifle creufer les ouvrages fans trouver de Feau ; on a vu cependant (mais c’eft chofe rare ) des ouvrages fi fecs, qu’on a été dix-fept , dix-huit, vingt chargeages bas, 8c qu’on s’eft rendu julqu’à la bufe dn bure, avant de rencontrer les eaux.
- Selon que les veines font plus ou moins placées dans le degré d’enfoncement que l’on a voulu defigner par le titre fous lequel nous les renfermons ici, elles peuvent produire des embarras plus ou moins confidérables : il arrive quelquefois que les eaux du fécond ou petit bougnou, c’eft ainlî que nous avons appellé les paxhijfes de la vallée, communiquent avec celles du grand ou principal bougnou ; il eft difficile de remédier à cet inconvénient quand il arrive ; on doit donc avoir attention à ne point fe trouver dans ce cas.
- Lorfqu’il y a plufieurs veines de Charbon dans un même endroit, ce qui arrive le plus communément j les bons principes de l’art demandent que l’on commence par travailler les veines de delfous, appellées veines non-xhorrées, pour finir par celles qui font placées au-deflus, & que l’on nomme veines xhor-rées. Les raifons fur lefquelles eft fondée cette méthode, fe préfentent d’elles-mêmes ; fi on ne fe conduifoit pas de cette maniéré, les eaux qui fe trouvent fù-perficieliement, & auxquelles on donneroit jour par les travaux qui fe feroient des veines fopérieures, tendant toujours à gagner le fond des ouvrages , ren-droient l’exploitation des veines inférieures très-difficile 8c peut-être impratiqua-ble ; au lieu qu’en commençant par travailler ces veines inférieures, les endroits qui ont été travaillés dans les bas fonds, deviennent (à mefùre qu’on abandonne les tailles ) des réfervoirs d’eaux, dont on ne s’embarrafîe plus 8c qu’on ne s’occupe point d’extraire au jour, dans lefquels, comme difent les Houilleurs, on l?;fle paître ou pake les eaux; d’où ces endroits font appellés vuides inférieures ou paxhiffes.
- Dans le cas dont il s’agit, où l’on juge rencontrer plufieurs veines par un même bure, on enfonce le bure, de maniéré qu’en arrivant à la première veine ; on extrait toute la portion de houille qui occupe l’efpace entre les quatre mahi-r es ; cela s’appelle jet ter feulement au jour le fond du bure, fans avoir tourné dehors y ou comme ils difent y fans avoir tourné hors de la bufe du bure , ni a droite , ni à gauche.
- Cette veine eft traverfée dans tonte fon épaifïeur par le bure, & quelques toi-fes au-de flou s pour y afleoir le bougnou.
- Ce n’eft qu’après le bougnou fait qu’on travaille à tourner hors de la bufe du bure, afin de fe dilater & de former le chargeage, enforte que les mahires d’en-bas ne correfpondent point aux mahires d’en-haut, parce qu’il y a plus d’efpace entre les premiers, qu’entre les féconds.
- Le chargeage bien étançonné, on defiend dans la veine le plus que Ton peut; c’eft-à-dire, qu on la travaille en defeendant > & après l’avoir dilatée à droite 8C à gauche, on remonte iafenfiblement au-deyant, ce qui s’appelle Stroulen
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- II y a cependant des circonftances dans lefquelles ce maître bure neft point commode pour travailler les veines inférieures ; les moyens de fuppléer à cette difficulté dans quelques occafions, font importants à connoître; comme, par exemple, lorfque le maître bure eft affis for une baigne, ou lorfque cette forte eft déjà bas avallée*
- Il eft, for-tout dans le premier cas, de la plus grande conféquence de garantir le travail des veines non-xhorrées, des accidens que peut entraîner 1 ouverture de ces baignes. Les Réglements y ont pourvu , en impofant f obligation de ne point travailler de veine fous la main fans avoir d’abord fait des trous de tarré. L’abondance des eaux qui fe font jour, avertit qu’on a donné dans une baigne, & alors on bouche le trou de tarré avec une cheville garnie de chanvre, & encore mieux de moufle foutenue par une ficelle.
- Il y a plufieurs maniérés de fe pafler du maître bure pour l’exploitation d’une veine inférieure; la première eft de travailler cette veine par Bouxtay , comme difent les Houilleurs, c eft-à-dire, d’enfoncer dans un des niveaux du bure, tin bouxtay qui traverfe tout leJlampe. Kyye{ Seélion VIII, Art. XI, de la première Partie.
- La fécondé maniéré qui eft plus fimple & plus ordinaire , vraifomblablement parce quelle difpenfe du bouxtay, confifte à pratiquer une voye ou un chemin de rencontre, qui va de la bufo du bure à la veine inférieure que l’on veut at-> teindre.
- En fe rappellant la maniéré dont les veines pendent plus ou moins dans leur marche, on juge que la partie d’une même veine, nommée Amont-pendage, fe trouve éloignée du bure qui tombe toujours autant qu’il eft poffible for la par* tie d* aval-pendage* La première partie fo trouve par là diftante du point de ralliement pour l’extraélion : afin d’aller rejoindre la partie & Amont, & d’éviter 1’enfoncement d’un fécond bure, on pratique du côté où la veine s’élève en amont, une Bacnure qui va rencontrer ïamont-pendage que l’on fe propofe de travailler par ce conduit. Ce chemin de niveau pratiqué en hurre de pierre dans la mahire du bure, doit donc fo prolonger dans une direélion montante infenfiblement jufqu’à la bufo du bure où il va s’ouvrir.
- Le tableau que nous avons tracé de l’intérieur des Mines de Houille, tant de la difpofttion des veines que de leur exploitation,] eft maintenant aflèz avancé pour qu’il foit aile de juger d’abord de toutes les facilités qu’on retire des B amures, & de la néceffité de les multiplier dans beaucoup d’occafions ; d’ailleurs les avantages de ce canal ne fe bornent point à un feul objet ; une bacnure fort à l’écoulement des eaux, & par cette raifon on la fait pencher du côté de la xhorre ; elle fert en même temps au partage des Ou vriers & à l’exportation de£ denrées : fon ufage eft donc très-étendu & très - fréquent , & une bacnure fe multiplie au befoin , de dix en dix toifes.
- Quelques exemples achèveront d’éclaircir les idées prifes fiir les Planches
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- II , III, IV & V. Etant fuppofée une veine qui ne vient point s abouter à la bufe du bure, mais feulement à fon voifinage, il eft clair qu à la faveur de la bacnure on parviendra à cette veine, 8c qu’on la travaillera par le bure.
- On juge fans peine que fon peut auffi quelquefois aller par bacnure d une veine à une autre, voye£ Planches II, III, IV, V. Enfin, quand les levays d^au font très-forts, on eft auffi obligé d’aller chercher la veine par cette communication , qui eft encore avantageufe pour aller travailler le refte d une veine fubmergée , c’eft-à-dire , non-xhorrée.
- On travaille auffi la veine fupérieure d'aval-peniage, foit par borgne vallée ^ foir par gralle, fur lefquelies on prend des coijlrejfes; foit par demi-grailes, au fond defquelles on peut travailler une partie des relèvements par des montées ou par torrets, afin que quand on a travaillé toute cette partie de veine, les eaux du bougnou & du pahage puiflent couler dans ces vuides réfultants de f exploitation.
- Le côté cTamont-pendage s’ouvre pardes montées ; les roiffes le travaillent par bacnure, le refte des relèvements peut être travaillé par d’autres bures.
- Dans les roifles ou Drejjans, on travaille la veine au-deffius du niveau du bure par des montées prifes dix toifes les unes ffir les autres ; 8c comme les Hiercheurs, lorfquéle pendage eft trop précipité, aurôlent trop de peine à agir, à traîner leur {ployon, on fait des demi-gralles, en coupant néanmoins le -pendage à demi, afin de rendre la pente plus douce, 8c le chemin plus plat.
- Dans fon fond on ménage un pahage pour les eaux de la demi-gralle.
- Lorfque la nature du pendage oppofe un obftacle abfolu à l’extraélion de ce qui eft éloigné, il faut travailler par torret ouvert dans le bure à la tête d’une grande vallée*
- Eaux des ouvrages 'inferieurs*
- r
- C’eft dansles ouvrages inférieurs que fe rendent les eaux, & comme elles ne peuvent tomber plus bas, il s’y en fait néceflàirement de très-grands amas ; on leur aménagé desréfervoirs dès le commencement des travaux ; mais ces pax-biffes ne s’empliffent qu’à la longue, de maniéré qu’en déchargeant ces eaux des ouvrages inférieurs fur une tranche, ou en les tirant par xhorre del dnne, on a le plus communément à peu-près le temps de travailler à fcc les ouvrages ffipé-rieurs, avant que ces endroits foient remplis; ce qui fait dire aux Ouvriers : Nos lairant waidi nos aewes d’inuin nos paxhifes , ou vis ovreges : Nous laiderons repofer nos eaux dans nos paxhifles ou vieux ouvrages*
- Malgré ces paxhifes 8c toutes les précautions réunies pour cet objet, il peut quelquefois fe faire que les vuides inférieurs fe rempliffent ayant que les ouvrages foient achevés, 8c que les eaux remontent en aflez grande quantité dans bure pour apporter obftacle à l’exploitation de la veine fupérieure.
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- * Le feu! moyen afliiré d’empêcher les eaux de fe rendre dans la bufe du bure , ’efl de les cuveler lorfque la nature du terrein le permet. Cuveler les eaux ceft les arrêter au moyen de l’encailfement en charpente dont on a vu la defcrip-Xxonpage 276» &que Ton appelle cuvellement ou cuvelage, terme qui s'applique également à la veine.
- Le volume d’eau que l'on retient par-là eft quelquefois tel, que fi on foroit un trou de tarré de dix-huit lignes dans un des madriers, le jet qui en fortiroit iroit prefqu’en ligne droite frapper la mahire oppofée.
- Si, par exemple, avant daller travailler une veine inférieure, on en avoit travaillé une ou deux fiipérieures, il faut, quand on veut venir à cette veine inférieure, condamner toutes les ouvertures qui auroient été faites dans la bufe du bure lors du travail des veines fupérieures : ce cuvelage étant établi dans la forme que nous avons décrite, les eaux qui font derrière ne trouvent point de jour pour fe décharger, & remontent néceflàirement jufqu’au haut de ce cuvelage. Nous allons eflàyer d’éclaircir le tout par la Planche XIX.
- La veine fupérieure E E, ayant été exploitée dans le bure B , avant la veine inférieure G G, cuvelez la veine E E, c’eft-à-dire, la bufe du bure par des cuves marquées en jFF, & qu’il faut fùppofer aux quatres mahires; par ce moyen les eaux provenant des montées de cette veine JE E , ne fubmergeront point la veine GG, puifqu’en remontant jufqu’en D, elles trouvent leur décharge en Ci d’où elles fe rendent à l’œil de l’areine C; & dès lors on peut travailler la veine inférieure G G*
- Il eft des occafions où, n y ayant pas de verfement au jour, ce prolongement de cuve doit être dans toute la profondeur du bure, même jufqu’à deux toiles au-deffus de la fuperficie: on s’eft vu forcé quelquefois à cet ouvrage pour des folfes ouvertes dansdes prairies, ou près du bord d’une rivière.
- L’inconvénient dont nous nous occupons actuellement, provenant de la part des eaux qui remontent, arrive fur-tout quand dans le voifinage ilfe trouve quel* ques baignes : dans ce cas très-dangereux pour les Ouvriers, & très-préjudiciable pour les travaux, on a recours à l’efpece de conftruéiion que nous avons nommée platte-couve.En fe rappellant en quoi confifte cet ouvrage de charpenterie, on fent que de cette maniéré on travaille la veine fupérieure, fans que les eaux de la veine inférieure viennent remonter dans la bufe du bure, ce qui ne manqueroit pas d’arriver, fi la platte-couve n’y mettoit obftacle ; c’eft ce qu’on a eflàyé de rendre fenfible par la Planche XX ; on y peut voir qu’avec le temps les paxhiffes de la veine inférieure B > faits jufqu’en D, étant remplis , viendront à remonter en F ; il feroit donc alors de toute knpoflibilité d’approcher de la veine fupérieure E > par la bufe du bure A A ; mais après qu’on a abandonné la veine B D, les eaux retenues par la platte-couve C, ne pourront remonter par la bufe du bure A A9 plus haut que cette couve ; Sc en conféquen-ce, on pourra, fans craindre les eaux, travailler la veine E dans la bufe du bure* Charbon. de Terre IL Paru Ffff
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- *9S DU CHARBON DE TERRE
- Ouvrages d'Amont-pendage , comprenant la pourchajje des veines fupérieures ou veines xhorrêes, appellées aujji veines fur la main.
- Les travaux qui viennent d’être décrits font prefque la feule partie embarrat fante d’une exploitation ; il n’eft plus queftion que de venir aux veines fupérieu^ res , & tous les dangers contre lefquels il falloit fans ceffe fe prémunir dans la pourchafle des ouvrages cTaval-pendage, n’exîfient prefque point dans ceux qui fe font en amont, lorfqu on a commencé par les veines xhorrêes : cet article conféquemment fera fort court.
- La première veine inférieure entièrement travaillée deflùs & defïous les le-, vays, on remonte la main pour venir à la hauteur du levay, & atteindre les vei-> nés fupérieures afin de les exploiter.
- Le tout fe fait avec beaucoup moins d’incommodité de la part des eaux dans les montées & dans les coiftrefles faites au-deflus du levay, parce qu’elles le portent d’elles-mêmes dans les paxhifles des ouvrages inférieurs.
- Il peut cependant arriyer qu’une veine foitâxhorrée dans un bure, & ne le /bit pas dans un autre qui feroit plus aval-pendage ; Sc une même veine peut encore dans un même bure être xhorrée dans là partie lupérieure, & non-xhor-rée dans là partie inférieure.
- Les eaux des ouvrages fupérieurs le déchargent par des trous de tarré, dans l’areine ou xhorre que l’on a aboutée d’une veine lupérieure jufqu’à une veine inférieure , ou dans les vuides qui fe rendent fur la xhorre.
- Ces trous de tarré le font avec des attentions particulières, & dans des directions relatives aux circonftances, dont les principales ont déjà été indiquées à leur place , ou vont l’être bien-tôt.
- La defeription fuivie que l’on vient de voir de la conduite des ouvrages de Houillerie, eft celle qui a lieu pour les veines régulières & dans les circonftan-ces quife rencontrent le plus communément : fi l’on a préfent à l’efprit les différentes efpeces de pendages de veines & ï anatomie des terreins à houille qui U été expofée dans la première Partie, il fera facile de juger que ces régies générales dont nous venons de donner l’efpece de fucceffion, doivent néceflàirement fouffrir des changements félon les terreins, & dans plufieurs cas particuliers. ^
- Il refte donc à faire connoître les travaux qui font propres aux différentes e£ peces de pendages, & nous terminerons par la façon d’exploiter le Charbon ^ lorfqu il fe rencontre quelques défeéluofités dans fes veines. Comme on a dâ remarquer qu’il eft fouvent nécefîàire de procéder à la reconnoiflànce des degrés d’inclinaifbn que les veines fùivent dans leur marche, ce feroit laiflèr imparfaite l’explication qui a été donnée Art. I, de la maniéré de les défigner par tiers, pat quartsi Sc Art. Il, des inftruments de Mathématiques d’ufage en Houillerie pour cet objet, que ne pas dire un mot de la façon de s’en fervir ; quoi qu’au refte il1
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- ET D E S E S M 1 N E S IL Part. 199 riy ait point de Traité de Mathématiques, & fur-tout de Géométrie-Pratique, où ion ne trouve les principes du nivellement.
- Du 'Nivellement fouterrain.
- Reconnoître le pendage dune veine ou la pente des voyes fouterraines, mesurer la longueur de ces galleries, c’eft à quoi fe réduifent les opérations propres à ces Mines.
- 1 La plus ordinaire pour trouver la fituation, c’eft-à-dire, l’inclinaifon ou le pendage de la veine, confifte à niveller, c’eft-à-dire , à chercher la hauteur verticale des deux extrémités de la ligne, &ce mefurage s’appelle Nivellement; ceft le feulobjet de la Géométrie fouterraine, relatif à ces Mines. Les Houilleurs n’ont befoin que de lavoir fi deux points font fur un plan horifontal, ou s’ils s’en écartent : rien de fi facile & de moins embarraflànt que cet Art ; auffi pour réfoudre les triangles reétilignes, ils n’employent que des pratiques mécha-niques.
- Une réglé, un niveau, & les inftruments que j’ai fait connoître Art. II, page 213, comme les principaux , & une échelle qu’ils s’établiflènt, forment tout l’appareil qui leur fiiffit.
- Perfonne n’ignore qu’on appelle Echelles en Mathématique &en Géométrie , plufieurs lignes tirées for des tablettes ou for du papier, divifées en parties égales ou inégales. On lai/ en même temps combien ce moyen eft commode pour repréfenter en petit Sc dans leur jufte proportion, les toifes, les pieds, les pouces, la profondeur, la longueur, les diftances que Ton a pris for le terrein.
- L’échelle C, eft conftruite, comme on voit, de maniéré que les parties qui la divifent font égales : à chaque extrémité de la ligne horifontale de toifos repré-fèntant le niveau, s’élève une ligne perpendiculaire de toifes ou de pieds, de ma* niere qu’en portant la ligne horifontale autant de fois que l’on veut, on a une échelle du même nombre de toifes, Voye^ PL XXVII.
- Il eft facile de voir que lorfqu’une veine foit fon pendage, le niveau de la voye ne change point de pofition, & que c’eft le contraire dans le cas oppofé; .ainfi dans un pendage régulier la veine pendante à tiers, on aura deux pieds , d’à-plomb ; à quart, un pied & demi; quand elle pend à demi, on aura trois pieds fur la toifo , & fi elle pend davantage on trouve toujours la même proportion.
- . Le fécond cas où l’échelle eft d’ufàge, eft lorfqu’on veut meforer les voyes fou-terraines qui marchent obliquement ; c’eft ce qu’on appelle dépendementy pratique qui fera développée à l’article de la Jurifprudence, qui a recours à cette menfora-tion fouterraine pour reconnoître que les ouvrages font parvenus jufqu’à tel ou $el endroit.
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- D U C HA RB ON D E TERRE
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- Maniérés de conduire les ouvrages dans les différentspendages de veines & dans quelques occajîons particulières.
- Travail des Planaires.
- Ce pendage eft le plus favorable de tous pour le produit d une exploitation: on n’a point tant à craindre de la part des eaux, & conféquemment on peut tra« Vailler ces veines plus long-temps ; il eft d’ailleurs d’obfervation que cette marche fur un plan horifontal régulier, eft communément dans toute efpece de lits & couches de terres ou mines, l’annonce d’une grande étendue.
- Une autre circonftance très-importante, c’eft que ces platteures fourniflent en tout avec abondance, que le charbon y eft de la meilleure qualité, &qu’enfin l’exploitation s’en fait avec un avantage décidé.
- Dès le premier inftant de l’entreprife, ces pendages préfentent une facilité qui n’eft pas indifférente ; onn’eft point dans le cas & avaler les bures fi profondément que pour les autres pendages : ils vont perpendiculairement en terre , & le bougnou eft profondé dans la pierre fous la veine.
- L’étendue du trajet des platteures oblige de travailler ces pendages par parties & félon des réglés différentes , qui tiennent aux différents degrés de pente de la platteure, & à quelques particularités dans lefquelies on va entrer.
- Cette maîtrelfe foffe eft ici à confidérer pour des différences particu-* lieres.
- Les bures ouverts fur l’une ou fur l’autre partie d’une platteure, font, comme' la longueur de ce pendage , diftingués entr’eux félon qu’ils tombent fur la laye d’en-bas ou for la tête du pendage: le bure profondé fur la partie montante^ s’appellzfojje amont-pendage, pour marquer la plus grande élévation de la veine j le bure cavé fur la partie defcendante, fe nomme fojje aval-pendage. Lorfque * par exemple, voye£ PL XXII, une folle étant enfoncée dans un endroit égal, quant à la fuperfieie, la même veine qui fe rencontre dans les deux foffes, fe trouve la plus éloignée ou plus près de cette fuperfieie que dans l’autre foffe, comme dans la figure 1 ; alors on dit qu’une foffe eft plus amont ou plus aval-pendage, que telle autre foffe ; la même expreffion s’applique aux ouvrages fou-! terrains, gralles, tailles, &c.
- On doit néanmoins faire attention que Ü amont & taval-pendage ne doivent pas fe juger par la fituation de la fùrface, attendu que fouvent le penchant de h veine eft directement oppofé en terre, & dans ce cas, on dit, que P endroit qui ejl thier au jour, eft vallée dans la veine.
- On commence d’abord par extraire toute la houille à une certaine hauteur i 'commençant du pied ou du fond de la veine 8c remontant à la tête j on laiffe écouler les aewes dans les vuides qui deviennent inutiles, & cela fe répété jufqu’à
- fentier
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- Et D E SES MINES. îl Part. |ôf
- rentier ëpuifemenc de la mine ; les platteures fe travaillent par Bouxtays , faits fur les niveaux du bute , PL I j El. IV.
- Lorlque les pendages font fort plats , on travaille ia veine par niveau , borgnê niveau , 8c une montée for laquelle on prend des coijlrejjes de montées.
- Cette montée fe dilate aulïi loin que fonvrage le permet , & fur elle on prend des coiftrefles de dix toifes en dix toifes*
- Lorfque le pendage eft plus roifle, on travaille la veine au-deffus du niveau du bure par des montées prifes à dix toifes les unes des autres.
- Les niveaux pouffes à une longueur lu Allante & pourvus de pahages, on traJ vaille la veine d’aval-pendage par vallée ; cette voye prife au-deflous du levay, en delcendant dans le lit mêmedela veine, a été décrite en général page 261 ; on fappelle auffî droite vallée, pour la diftinguer de celles que Ton fait boirgnir, & ordinairement grande vallée , quelquefois vallée a cheval, parce que l’extraélion du Charbon qui en provient s’exécute par le hernaz à chevaux<
- On a pu facilement reconnoître qu’il n’a pas été poffible dans les Planches XXVI & XXVII, de tracer la direélion exaéle de la vallée à fa naiffance ait niveau du bure. Pour repréfenter le pendage en demi * platteure y & pour rendre fenfible tout ce qui appartient à cette autre taille principale , on n’a pu faire autrement que de la figurer comme une borgne vallée : cette néceffité a influé dans le plan fur la largeur des coiftrefles 8c des tailles de la vallée, auxJ, quelles on doit foppofer la même largeur que les coiftrefles & tailles de torre£ de la graile qui eft à droite.
- C'eft par la même raifon que les ferres d’entre les tailles n’ont pas la même épaifleur qu’elles doivent avoir, & qu’enfin les borgnes vallées font repréfentées comme une droite vallée.
- Pour ne point aggrandir mai-à-propos ces deux Planches, nous avons porté à part ftir le haut de chacune, la gralle & les ouvrages de là dépendance, qu’il faut rapprocher par le point Cau point C, en allignement du pahage de la vallées
- Les points blancs tracés autour des tailles, expriment les trous de tarré forés pour reconnoître les endroits où il y a de l’eau, afin de garantir les HouiL leurs & les ouvrages d’inondation.
- Le petit fillon, laiffé en blanc à droite & à gauche du hougnou, PL XXVI j Sc d’un feul côté, PL XXVII, marque la place du teymenti on voudra bien fo rappeller, quant au hougnou repréfenté ici dans la veine pour le tableau de tout l’ouvrage , que ce püifard doit être dans le Jldmpe dé deflous la platteure.1
- Tous les quarrés, ou à peu-près de cette forme, iaifles aufll en blanc &ifolés* font les ferres ; ce qui les fépare de diftance en diftance y marque des ferres refendues.
- Ce qui eft pointé eft airage f où conduit pour l’air*
- G ggg
- Charbon se Terre. II. Part,
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- 303 DU CÜARBON DE TERRE
- Exploitation des Veines en pendage de RoiJJes.
- Pour bien entendre ce qui va être dit fur le travail de ces veines 5 il eft a pro* pos de revenir aux Planches II, III, IV & V, afin d’avoir bien préfente à 1 idée la façon de marcher des roiffes. On voit d’abord que les pendages qui fuccédent à celui dont les veines tirent leur nom, fe trouvent néceiîàirement de plus en plus enfoncées en terre; elles font en conféquence fùjettes aux eaux dès quon a atteint quelque profondeur ; cet inconvénient en rendant leur travail plus difficile & plus embarrailànt, ne laifle pas que d’effacer ou contrebalancer beaucoup le mérite qu’ont ces veines, de donner du Charbon plus gras Sc d’une qualité plus compaéte que les platteures.
- Comme la plupart du temps les roifles foppent au jour, voye^ première Partie, page 6$, les Houilleurs Liégeois fe comportent d’une maniéré particulière dès le premier début de l’exploitation, dès l’enfoncement du bure.
- Parce qu’il feroit difficile dans quelques veines de ce pendage d’arriver au pied de la veine en profondant un bure à la maniéré ordinaire, c’eft-à-dire, à plomb , on le fait tomber de biais dans le corps de la veine du milieu, en inclinant comme elle, & on dit alors, que le hure pitte, va en pittant; dans ce cas le toit fe trouve converti en une haute muraille qui devient l’appui de la veine ; alors il s’appelle Troujjement, ce qui proprement veut dire foutien ; il a lui-même be* foin à mefure qu’on avance le travail, d’être épaulé dans toute fon étendue, afin d’empêcher fon écroulement.
- Cette méthode de profonder la folle en pittant dans la veine, n’eft point généralement adoptée dans tous Pays ; mais elle efl: d’ufage parmi les Houilleurs Liégeois : on doit préfumer affez favorablement de leur grande expérience, pour croire que s’ils n’ont pas encore changé fur ce point, c’eft qu’ils y ont conftam-ment reconnu des avantages; & en effet il s’en préfente qui ne paroiflent point à négliger.
- L’enfoncement de ce bure & fà marche rampante dans'la maffe même de la veine, mettent d’abord, & fans grand embarras, en polîefîion du Charbon : on fe trouve en même temps à portée d’exploiter quand on voudra, de la maniéré que nous détaillerons dans un inflant, les autres veines fituées parallèlement dans la même marche.
- Dans les bures enfoncés fur les roilles, lorfque l’on appréhende de tomber fur quelque bagne en faifant un trou de tarré d’une veine fupérieure à une veine inférieure ; ce trou doit, pour plus grande fureté, être fait en talu, ce qui s’exprime en difànt qu’on doit le faire pitter hors de la mahire du bure.
- Les différents pendages qui fe fuccédent les uns aux autres dans ces veines > félon les terreins quelles traverfent, donnent à juger que la conduite qu’il faut tenir dans la pourchaffe des ouvrages, doit également être variée.
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- E T D E SES M I NÉ S. U. jART. m
- Afin d'entendre les détails que nous allons expofer fur l'exploitation des pen* dagesde roifles, exprimés fur les Planches II, ÎII , IV & V, nous appellerons première veine, celle qui le feroit effeéHvement, fi au lieu d’être d’à-plomb, elle marchoit davantage en platteure; la veine de deflous, qui dans les Planches fè trouve celle du milieu, fera nommée jeconde, & celle qui eft la plus inférieure * fera appellée la troifieme. '
- Le bure enfoncé, comme on le voit fur les roiflês de la Planche II, vient à rencontrer un pendage de platture ; alors on profonde en pourfuivant dans la pierre jufqu'aux veines fituées inférieurement & parallèlement ; lorfqu’on a at^ teint la veine plus inférieure, on la travaille dans le fond du bure par le levay.
- La partie d’aval-pendage fe travaille par une vallée fur laquelle on prend des queftrelfes; dans le cas où cette vallée rencontre un roifle, une partie peut fe travailler par un bouxtay, qui eft ce petit bure repréfénté Planche IV, avec fon bougnou: on donne à droite & à gauche des coiftrefles à ce bouxtay, comme à un torret.
- L'utilité dont ce petit bure eft dans le cas dont il s'agit, achèvera de faire con* noître complettement cette fofle fouterraine ; elle eft ordinairement profondée d’une vingtaine de toifes environ.
- Au moyen de cette profondeur, on a la facilité de lever fur le bouxtay, com-me on l'a dit page 2fi, quatre tailles ou quatre coiftrefles, deux d’un côté, deux de l'autre, femblables aux deux coiftrefles ou tailles du torret , mais qui fe travaillent d’une autre maniéré.
- Dans le fond de ce bouxtay on peut afleoir fur fa derniere queftreflé un fécond bouxtay, & de fuite encore un troifieme fi l’ouvrage le permet, de maniéré que toute la platteure de roifle fe trouve partagée en deux, trois, ou quatre portions.
- La première veine, (qui eft cependant la fécondé que l'on a rencontrée) étant travaillée, celle fur laquelle le bure eft profonde s’attaque par une vallée , en faifànt, comme à la veine de deflous, des bouxtay s.
- Pour travailler la veinefupéneure au fond de la vallée, ôn fait une baenure juf» qu'à la roifle qu'on travaille par bouxtays ; & afin d’exploiter le refte de cette veine, on fait à l'endroit où la veine du milieu fe dévoyé pour devenir pendage de platteure, deux niveaux ou levays, que l'on renouvelle de dix en dix toifès en remontant.
- Les veines féconde & troifieme fe travaillent par bacnures>reipréfentées en blanc* entre lefquelles on lailîe une diftance de dix toifes par chaque baenure i on fait deux tailles ou coijlreffes, l'une d’un côté, l’autre de l'autre ; on pourfuit de meme par des baenures ; & pour travailler le pendage de platture de la première veine, on fait a 1 endroit où le pied de la roifle fé forme en planeure un torret avec des tailles ou coijlrejfes de deux côtés ; dans le fond de ce torret on peut en prendre un fécond.
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- 3o4 DU CHARBON DE TERRE
- Pour travailler la continuation de ces trois veines, il faut profonder un fe j cond bure, repréfenté à la Planche II, traverfànt les trois veines; fiir la première quon rencontre, on delcend deux vallées aux deux côtés du bure ; à fon fond, il atteint les platteures 8c pendages de platteures qui vont gagner la faille , & qui fe travaillent jufqu’à cette faille par une gralle fur laquelle on prend des coiftreffes.
- L’ouvrage des deux autres veines fe fait de même.
- La derniere veine doit toujours, d’après les principes que nous avons établis , être travaillée la première, afin de pouvoir y laiffer pake ou paître les eaux.
- La partie des veines, formant un angle aigu, peut fe travailler par une vallée.
- Les roiffes exprimées fur la Planche III, fe travaillent comme les précédentes par le bure profondé fur la veine du milieu, 8c par des vallées au fond def* quelles on peut travailler par des torrets, gralles ou demi'gralle s.
- Si l’on rencontre les roiffes, on y peut faire des bouxtays.
- Les trois demi-roiffes de la Planche IV, qui reprennent des pendages de-platteures, peuvent être atteintes par un bure traîné dans la veine du milieu en pittant. .
- Lorfqu’on rencontre les platteures , elles fe travaillent par vallées, torrets , gralles 8c demi-gralles ; la troifieme veine peut fe travailler par bouxtays.
- Ces pendages de platteure de la veine fe travaillent par bouxtays, faits fur les niveaux du bure.
- La première veine fe travaille par hacnure, & la partie des pendages de platteures par torrets, gralles, demi-gralles, qui fe commencent à l’endroit où cette demi-roiffe fe dévoyé pour fe former en platteure.
- Les roiffes de la Planche V, peuvent fe travailler partie par le bure, commençant fiir une roilîè qui rencontre, chemin failànt, le pendage de platteure 8c qui eft profondé fur ce pendage jufqu’à la troifieme veine.
- La partie d’aval-pendage fe travaille par des vallées, torrets, gralles ou demi-gralles , au fond defquelles on peut travailler une partie des relèvements par des montées. Le côté d’amont-pendage s’ouvre par des montées. Les roiffes fe travaillent par bacneures. Le relie des relèvements peut être travaillé par d’autres bures.
- Ce grand éloignement du pied des roiffes les plus enfoncées au principal chargeage & à la fuperficie du jour , fait d’abord naître l’idée d’un retardement confidérable 8c dilpendieux à l’exportation , tant intérieure qu’extérieure , des houilles quon a dégagées de la mine, ainfi que des eaux furabondantes qui fe rencontrent dans ces ouvrages. L’induftrie la plus admirable par û fimplicité, eft parvenue à faire concourir à cet enlevement les chevaux agifîànts dans le hernaz, pendant le même temps qu’ils enlèvent le panier dans le bure. Nous allons décrire la maniéré dont s exécute cette double opérati on»
- Méthode
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- ET DE SES MINES. ït Par?*
- %°S
- Manière de profiter de la machine à chevaux pour enlever à la fois tout les Charbons d'une Houilliere, tant ceux qui proviennent des ouvrages d'amont, que ceux qui proviennent des ouvrages d'avaUpèndage, & pour amener au Bougnou les eaux trop abondantes des Paxhiffes*
- C e ne fèroit point affez de faire avec art & dans tontes les réglés diélées par les circonftances, le dépouillement des veines dans leurs différents pendages J il faut encore amener & tranfporter jufqu’au jour le Charbon qui en provient* Nulle difficulté pour toute la partie de cet Attelier fouterrain qui ayoifinè ces deux grandes voyes de traverfe, appellées levays ou niveaux : le maître bure établit un débouché aifé à la fuperficie \ mais la Houille arrachée avec plus de danger des endroits les plus éloignés en profondeur au-deffous de ces levays, neft point également à portée de cette folle d’extraflion. îl fufiît dé jetter un coup d’œil fur les Planches relatives à l’exploitation, pour voir tout l’avantage cju’on retire alors de la vallée ; car en même temps que cette voyé eft pour tous les ouvrages correfjpondants au-defîdus des levays , ce que ces levays font pour les ouvrages qui en dépendent ; la vallée peut encore être regardée, pour cette partie d’une Houilliere, comme un fécond bure traîné eri pente au travers des ouvrages inférieurs.
- Sous ce point de vue particulier , la vallée doit être envifagée d’autant que la manœuvre d’extraéiion, ainfi qu’il eft aifé de juger, eft différente de celle qui fè fait par enlèvement dans la longueur du bure. Cette defcription forme Un fommaire de tous les ouvrages décrits chacun précédemment, tant ceux que l’on pourroit appeller ouvragés des levays, que ceux qu’on nomme ouvrages de la vallée : cet article fe rapporte en entier à la Planche XXVII.
- Le bougnou fait, & les chargeages achevés, on commence les deux voyes appellées niveaux de la xliorre ou du bure : on les dilate prôportionnément à la nature du toit , laiffant la veine fur les deux côtés , afin que fi en travaillant les niveaux & les montées , qui fe prennent fur ces deux voyes principales, les eaux exigeoient de faire des ferrements, on fe trouvât à même d’en faire*
- L’airage peut être conduit & embouté dans toute la largeur des niveaux dû bure : nous avons expliqué page 266, la maniéré d’y difpofer la conduite dé f air ; au moyen de cette féparation, on n’a befoin de faire qu’un ferrement fur un niveau du bure, fans quoi il faut faire paffer Pairage féparé des levays en y laiffant des ferrements Comme dans tous les autres ouvragés.
- Dans les casoules ferres des ferrements forment des maffifs bien épais, on y fait des chambrays ouverts à leur extrémité par des trous de tarré qui aftürént la communication des eaux du pahage dans le bougnou, comme on l’a vu precedem* ment.
- Charbon de Terre* //, Parté
- Hhhh
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- 3C6 DU CHARBON DE TERRE
- Les places des ferrements achevées furies deux niveaux * on leve une montée fur chacun de ces levays à mefure qu'on les avance , dans le cas où il eft poffible de les travailler tous deux à la fois ; on pourfùit enfuite ces deux niveaux dans leur largeur, afin d’y faire les pahages communiquant au bougnou, en remontant toujours la main dans la pourchaffe des niveaux ; on abrège, s'il le faut, par la demi-montée, le chemin qu’occafionne la répétition des montées.
- Les niveaux du bure poulies aufli en avant que 1 on veut, les veines d amont fe laîflènt en ferres, Sc on travaille celles d'aval-pendage par vallée , borgne-vallée , gralle, demi-gralle ou torret : les raifons de cette marche ont été données pages 2574 & 296. (
- Pour bien régler & conduire une vallée dont tous les ouvrages font faits, il faut, lorfqu’on a laifîe la place des ferrements, defcendre la vallée avec fa taille feulement jufqu'à ce qu'on foit arrivé au point où l'on veut ; alors on fait un pahage , puis enfuite deux chargeages avec deux queftreflès Sc deux tailles.
- Pendant qu'on travaille dans ces coiftreffes, Sc qu'on a pouffé en avant, le pendage décide des voyes qu'il convient de faire ; dans le cas où la pente efl douce, on fait des gralles, fi elle efl:un peu trop forte,on fait des demi-gralle; enfin fi le pendage eft trop confidérable, on enfonce des torrets par lefquels on travaille.
- On fait dans ces bures fouterrains des petits pahages qui fè vuident, comme il a été dit page 278, ( dans le cas où ce font les Hiercheurs ) par le fècours des tinnes qu'ils vuident dans des ghyots pour aller les verfèr dans le pahage de la vallée ; lorfqu'elles font xhorrées avec des pompes , ces petites machines à bras font placées dans le torret fi le terrein eft bon, fînon dans un autre petit torret établi exprès à côté.
- Lorfque par ces gralles, demi-gralles Sc torrets, on a épuifé la veine, on re* monte la main en lailfant écouler les eaux dans les vuides de ces tailles qui ne feront plus fréquentées.
- La veine entièrement travaillée par ces coiftreffes, elles font abandonnées à leur tour, on remonte Sc on fait les chargeages Sc coiftrefïès qui ont été préparées pendant que l'on travailloit les queftreffes plus bas : les genges Sc triguts dont on peut avoir befoin dans toute cette pourchaffe , font portés dans les gralles, demi-gralles Sc torrets, afin de ne point avoir l'embarras frayeux de les enlever.
- On continue toujours de cette façon à remonter la main plus haut, à mefure quon a travaillé ces coiftreffes inférieures, laiiîànt toujours écouler les eaux dans leurs vuides qui font abandonnés.
- U ne refte plus actuellement que d’inftruire de la maniéré dont fè fait l'im^ portation de tout le Charbon réfultant des ouvrages de vallée, c’eft-à-dire, de toutes les tailles dont la vallée eft comme la maîtrefîè branche ou le tronc.
- TL XXVI & XXVII.
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- ET DE SES MINES. U. part. $o7
- La diftance qui (e trouve du fond du bure au fond de la vallée 5 exige que fous la longue maHire ou eft prife cette voye , c eft*à*dire ^ aux Cnargc^ggs des niveaux du bure* on applique une force mouvante qui agifle par celle du hernaz; placé à la fuperficie , en même temps qu’il enleve la coufade*
- C’eft faffaire du moufle, appelle chat, dont nous avons donné la defcriptîoil en faifànt connoître les matériaux de Charpenterie page 268, & PL XIV*
- Nous avons ici à le confidérer dans fes détails, afin d’en faire mieux fentir le jeu , qui cependant eft bien fimple.
- Il doit y avoir quelques différences dans la pofition de ce chat, félon les pen-dages.
- Plus la veine eft platte, plus le chat doit être bas; plus elle eft roijfe, plus le chat doit être haut, 8c alors le rolle doit être de niveau*
- Lorfqu’on travaille une platture, un rolle de chat fuffit.
- Pour les veines roijjes, comme ce pendage s’éloigne davantage de la force mouvante, il faut deux rolles au chat.
- Avant d’en venir à l’effet de cette machine, il convient de prendre l’idée du refte de Ion appareil ; j’appelle aînfi les chiefs qui doivent jouer fur les rolles 9 qu’on nomme chaîne de vallée, & les uftenfiles qui s’y attachent pour en rapporter les denrées.
- La chaîne qui va dans la vallée , s’appelle Cowette ou chaîne de vallée ; elle doit avoir un membre plus grand & plus large que l’autre. 1
- Les uftenfiles, comme vay, ghyot, nommés alors voitures de vallée, prennent le nom de cowée, lor(qu’ils font attachés les uns à la fuite des autres, comme on le voit en partie Planche XXI, & comme on le voit encore Planches XXVI & XXVII : on doit fe rappeller ici qu’outre ceux qui font au fond de la vallée, il y en a toujours de tout prêts au chargeage principal.
- Toute la cowée arrivée à la bufe du bure, on enleve ce qu’apporte le vay , pour le recharger (ur la coufade qui doit être enlevée par le bure.
- Tandis qu’on eft occupé à cette befbgne, on fe débarrafle auffi de ce qu’a rapporté 1 q ghyot^ on ôte les chevilles qui bouchoient ce tonneau, & les eaux s’écoulent dans le bougnou.
- A mefure que les chevaux tournent le hernaz , la coufade defeend, & toute la cowée monte en proportion 8c en même temps dans la vallée, de maniéré que-quand la coufade defcendante eft arrivée au fond du bure, les autres venants du fond de la vallée ne tardent pas d’arriver aufli au chargeage ; 8c afin de ne point arrêter le hernaz, on détache la coufade aufli-tôt qu’elle touche à terre pour attacher au chiefle trait qui eft tout prêt.
- De même pendant que ce nouveau trait remonte, celui qui vient de refter au fond du bure après avoir été détaché du chief, redefcend la vallée accompagne du vay 8c du ghyot vuides, auxquels on en va (ubftituer d autres tout chargés 8c prêts a remonter quand la coufade redefcendra.
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- Pour les ghyots on n a point cet embarras ; car fi-tôt qu'ils font arrivés an fond delà vallée, on les poulie dans le pahage, & ils s'emploient au moyen de la petite fenêtre que nous avons fait remarquer à fa partie de derrière.
- Lorfqu'on eft remonté jufquau milieu de la vallée, c'eft-à-dire, que la vallée îi’eftj comme on dit, poulfée quun plomb de bure bas; on peut, fi 1 on veut faire plus d'ouvrage & ne point faire tourner inutilement les chevaux aux hernaz , faire monter deux fois la voiture de la ' vallée pendant le temps que la coufade ou le panier redefcendent dans le bure : voici la maniéré dont on s y prend, qui a encore cet avantage que les chevaux n'ont pour lors que des demi-voitures de vallée à enlever.
- Voulant donc faire deux voyages de vallée pendant que la coufade redefcend, il faut placer au milieu de la chaîne de la vallée le membre plus grand dont nous avons parlé, afin de pouvoir y attacher la voiture de la vallée ; au moyen de cette difpofition, lorfque la coufade eft defcendue jufqu à mi-chemin du bure, la voiture de la vallée eft arrivée dans le chargeage du bure, & le bout de la chaîne de la vallée eft encore dans le chargeage de la vallée : à ce bout de chaîne on attache une autre voiture qui arrive au bure, comme fi elle venoit du fond de la vallée immédiatement après que la coufade eft defcendue.
- S'il s'agit d'une vallée, ayant , comme ils difènt, deux plombs de bure , c eft-à-dire, n'ayant qu'un plomb de bure, & d'en amener les denrées , voici le procédé.
- Il faut premièrement que le chief n ait de longueur que ce qu'il en faut pour aller Sc venir du fond du bure à la fuperficie du jour, avec deux crochets à fe$ extrémités, comme fi la vallée n'étoit que d’un plomb de bure.
- Secondement, la cowette ou chaîne de vallée doit être de la longueur de la * vallée, mais divifée en deux parties égaies, afin qu'on puilfe féparer ou réunir à Volonté ces deux parties.
- Enfin, on fait aufli monter dans le chat deux rolles, difpofées comme le montre la PL XXI, de maniéré que la chaîne puifïè tourner d'abord fur l’une , enfuite fur l'autre rolle.
- Veut-on faire arriver de cette vallée un trait, on commence par attacher les deux cowettes l'une à l'autre par un crochet & un fort anneau : par ce moyen elles ne forment enfemble qu'un feul chief qui eft le faux membre, traînant du fond de la vallée jufqu’au bure.
- Il faut pareillement accrocher avec ces cowettes le chief du bure, en le fai-faut pafier derrière une des deux rolles du chat ; alors on donne avec la fonnette le fignal pour faire aller les chevaux, jufqu'à ce que la coufade defcendante foit arrivée dans le chargeage du bure ; on avertit alors de nouveau par le moyen de la fonnette d’arrêter les chevaux ; pour lors la voiture eft montée de la vallée un plomb de bure, & un bout de la cowette eft arrivé au jour : on fait retourner les chevaux, on détache fur le champ la cowette attachée par le milieu^ on rattache
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- la partie reliante dans la vallee a 1 autre cote du chief qui a defcendu la coufade > le faifant palier derrière l’autre rolle du chat de vallée.
- Cette coveette efl: tirée en haut par le même méchanifme que l’autre : arrivée au jour, la voiture fe trouve auflî arrivée au bure ; alors on attache le trait au bout du chief qui a defcendu la première cowette tirée ; à mefure que ce trait monte, la fécondé cowette defcend, tellement que lorfque le trait efl arrivé au haut du bure, la fécondé cowette tirée arrive par un bout au milieu de la vallée; là elle efl fur le champ attachée à l’autre moitié, qui pendant ce temps a été traînée par un bout jufqu’au fond de la vallée ; ce qui fait que les cowettes tournent continuellement. 1
- Travail des Veines défeclueufes.
- En décrivant dans la première Partie de cet Ouvrage la compofition de l’en-' veloppe des veines, nous avons compris fous un titre féparé, page 56, les accidents qui fe rencontrent ordinairement dans cette partie des Mines de Charbon; nous y avons fait voir de combien de maniérés cette enveloppe peut influer fin: les veines qui y font renfermées ; il en réfulte néceffairement une différence pout les travaux de l’exploitation : c’efl par où fe terminera cette Partie-pratique de l’Art de Houillerie, conformément aux réglés du pays de Liege.
- Pourchajfes des ouvrages, quand les veines Je trouvent interrompues•
- Nous avons décrit les travaux des veines en les fuppofànt régulières, Sc par conféquent fui vis fans autres difficultés que celles qui proviennent des eaux i les différentes efpeces de difcontinuités de’s veines , (voye£ Art. I, Seét. VIII, de la première Partie,) comportent des pratiques & des méthodes relatives aux différents dérangements qui fè rencontrent dans les veines*
- Les obftacles les plus confidérables, à raifbn de leur dureté, de leur étendue j font les failles qui font faire à la veine un rihoppement. Voyez page 6 4 ; il s’en trouve de foixante toifes de niveau, & de cinq à fix cents pieds d’épaifleur ; ces différences, l’inclinaifon même de ces maffes de roches , influent fur les rihop-pements de la veine renaifîànte au-delà de la faille, & fur la maniéré d’en reprendre le travail à raifbn de leur hauteur ; il. s’eft vu de ces rihoppements de veine en haut de quatorze toifes de plomb : on les appelle en général Saut, S00*
- A raifon de leur épaiffeur, la veine peut quelquefois ne fe retrouver qu’à cinq cents pas au-delà de la faille.
- Enfin, pour ce qui efl du dérangement de la ligne de niveau, que la faille produit dans la veine, il ne faut pas ignorer que fi elle s’incline du côté du couchant, la veine ne peutfe rihoppe qu’en faut de mouton, c’eft-à-dire fe relevant.
- Si la faille retombe ou fe renfonce, la veine au lieu defaire faut en haut, s’ab~ baiffera. Voye£ PL XII, de la première Partie, Fig* 2.
- Charbon de Terre. IL Part* ï iii
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- Celle de ces fituations la plus avantageufe & la plus à fouhaiter, eft le rihop-pement en bas, ou comme difent les Ouvriers, retrouver la veine fous le pied% parce que la veine remontant d’un plus grand enfoncement, peut être pour-chalîee plus long-temps avant qu’on atteigne le foppement.
- Quelquefois la veine n eft pas entièrement féparée par la faille ; & c eft ici qu’il faut fè rappeller ce que nous avons rapporté Seélion VIII, de la première Partie, page 63 , de la marche des veines, toujours accompagnées des mêmes couches ou lits terreux ou pierreux ; c eft fur l’examen de ces bandes qui avoi-finent l’autre côté de la faille, que porte la maniéré de retrouver le Charbon , dans le cas dont nous parlons.
- Quelque part qu’on aille reprendre la continuation d’une veine de Houille, foit de l’autre côté d’une riviere, loit de l’autre côté d’un vallon , on retrouve les mêmes lits terreux qui l’avoifinoient dans la portion oppofée : c’eft la même chofe pour la laye d’une veine fltuée de l’autre côté d’une faille; fi donc on y reconnoît la même efpece de lits pierreux, ou de couches terreufes, ou la même efpece de Charbon que l’on avoit à la veine qui eft perdue, on eft afluré de retrouver le Charbon à la même hauteur de la pofition de ces matières environnantes.
- On s’eft vu plus d’une fois, lorfqu’une veine s’eft trouvé coupée par une faille, affez heureux pour rencontrer au-deflous d’elle une velnette qui l’ac-compagnoit , & d’avoir eu par-là une certitude que la grande veinette ou veine principale qui étoit perdue , dévoie fe retrouver à quelque diftance en arriéré.
- Quand cela arrive, la direction & l’élévation de ces couches homogènes, dirigent furement dans ce que l’on a â faire pour l’exploitation.
- Si en perçant un burtay au-delà de la faille, on venoit à reconnoître où Iè reporte la veine , la première idée qui fe préfente feroit de percer cette faille avec le fer, ou de s’y faire jour par la poudre à canon ; mais on fent l’incertitude de ces moyens, vu l’épaiffeur quelquefois confidérable de cet obfta-cle, 8c par rapport à la nature de ces focs qui réfiftent aux outils ; les Ouvriers font obligés de chercher de l’autre côté ce qu’eft devenue la veine qui ne fe retrouve quelquefois qu’à une très-grande diftance de la faille.
- Cette perquifition eft donc de tous les Ouvrages le plus important ; elle demande beaucoup d’intelligence & d’attention, tout au moins une grande expérience , ou l’un & l’autre réunis enfemble.
- Pour n être pas arrêté par cet embarras qui eft très-confidérable, il eft un guide fur 8c bien connu des Ouvriers; mais il ne paroît pas l’être bien exactement de ceux qui ont fuivi les opérations de Mines, & qui en ont écrit; per-fonne n’en a rien dit de pofitif. M. Lehmann a bien parlé du JFegweiJir ou guide, voye[ première Partie, page 222,227,226; mais ce n’eft point dans le cas dont il s’agit. Cet article eft néanmoins d’autant plus intéreflant , que
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- je ferois porté à croire que ce guide des veines de Houille perdues, pourroit Ce trouver de même dans les Mines métalliques. L’Auteur de l’Extrait du troifieme chapitre de Lehmann fur l’exploitation des Mines en filons , inféré dans le Dio tionnaire Encyclopédique au mot filon, s'eft contenté de dire, qiiil faut alors faire attention aux différentes couches de la montagne, & aux changements qui ont dû y arriver pour caufer la perte desfilons. Il n eft perfonne qui ne voye tout ce qu’on a laifîe à défirer dans cet avertifTement. M. Triewald, dans fon Mémoire fur les parois ou failles, a négligé auffi de répandre des lumières fur ce point il dit feulement qu’il faut s’attacher à ce guide * nommé par les Ànglois Wife , & qu’il appelle indice du parois : je m’expliquerai d’une maniéré fatisfaifànte pour ceux qui, travaillant une mine de houille , pourroient fe trouver dans le cas d’avoir à rechercher une veine égarée*
- On a vu, première Partie, Article VIII, que toute veine qui devient irrégulière, ceft-à-dire, qui eft prête de fe difcontinuer, s’amincit par degrés de plus en plus : une veine qui approche une faille Ce trouve ordinairement rétrécie dans fon épaifïeur, au point d’être réduite à un filet de quelques lignes , & d’être par conféquent imperceptible : on juge combien cette trace , qui n’a l’apparence que d’un cheveu, eft difficile à fiiivre dans le deie , fans lequel ce petit filet charbonneux ( appellé à Dalem, lyon, guide ) , ne va jamais : fi on ne l’examine pas avec un œil très-attentif, on confond aifément en-femble ces deux parties extrêmement fines, & qui fe rapprochent beaucoup par la couleur. M. Blaife, alors Directeur des Mines d’Aix-la-Chapelle, m’en fit voir un échantillon que j’ai dans ma collection.
- Le Deie peut être feul fans le lyon ; mais ce dernier accompagne toujours le deie, & eft couché deffus ou deflous. Quand c’eft platteure, le lyon eft couché deflus, & quand c’eft roiffe, il eft un peu incliné deffus , Sc debout; quand la veine eft en dreflànt, il eft droit & à plomb. v
- C’eft donc toujours, ou ce lyon ou le deie, quand ils font enfemble, qui fervent à fe reconnoître ; fi on vient à perdre le lyon, on s’attache bien à obferver le deie qui ne manque jamais, & on ne s’embarrafïè en aucune façon du toît de la veine.
- Ce lyon ou le deie aident auffi à juger du rihoppement de la veine en-haut ou en -bas, de l’autre côté où elle doit fe retrouver.
- Dans le cas où elle rihoppera en fe renfonçant & marchant du couchantau levant , il faut alors, pour tourner le leveau, tourner à gauche.
- Dans le cas où c’eft rihoppement en relevant, il faut tourner à droite, en exa-* minant toujours à chaque coup de pic ce que cette manœuvre fait apperceyoir, afin de ne point s’égarer du deie qui eft le lit de la veine.
- Avant de percer la faille, on doit s’attacher à ce veftige obfcur du rihoppement en-haut ou en-bas, & le fiiivre avec attention pour conduire le maxhais félon que ce filet imperceptible s’élève ou s’enfonce.
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- De la conduite particulière à tenir dans texploitation , relativement aux principales défecluojités du toit des veines.
- Dans le deîe, 8c de temps en temps dans le toit, fe rencontrent des marrons, gros & petits, bien polis, de couleur noirâtre, qui font feu contre f acier 8c gâtent les outils; ces clous dont nous avons parlé page 61, font appelles à Houle pays de Dalem, Klavays, K oyons de chien ; lorfqu ils font d un très-grand volume, on les y nomme Koumailles*
- La maniéré dont ces brouillages noueux font chatonnés dans l’épaifleur du toit, raifure en général fuffifamment contre la crainte que Ton feroit fondé à avoir fans cela, qu’ils ne viennent à fe détacher, ce qui, tout au moins , dérangerait prodigieufement les ouvrages, en entraînant dans leur chute des ruines très-confidérables de tqut ce qui les avoifine. Quoique cet inconvénient fem-ble devoir arriver rareméht, il feroit imprudent de ne jamais prendre de précautions â cet égard : parmi ces nœuds auffi effrayants qu’ils font dangereux, il en eft fur-tout une elpece dont la forme 8c la maniéré dont il eft implanté , fufEfent pour décider la néceflité de mettre empêchement à là chute, qui feroit capable de blefïer ou d’écrafer les Ouvriers ; fon volume qui par fois eft confl-dérable, au point d’avoir julqu’à fept ou huit pieds de diamètre , là figure pyri-forme, la pofition de là pointe en-haut, ont fait donner dans les Mines de Dalem le nom de cloche à cette Koumaille finguliere.
- Lorfqu’on en rencontre, il faut tâter le toît avec le pic, pour reconnoître la nature, fa confiftance & fà qualité, & félon ce qu’on trouve, il eft indifpenlable d’étançonner direélement à l’endroit où eft la cloche en avant 8c en arriéré.
- Quand la veine eft coupée ou interrompue ' par un banc de fchite ou de pierre calcaire, ce que nous avons nommé Krin, 8c qu’on appelle au Pays de la Rein t débauchement, on commence avant tout par détruire ces brouillages, on étaye l’endroit où ils étoient, enfuite on reprend l’exploitation; & comme on a dilaté fous la main, les eaux s’en, retournent du côté de l’areine par les vieux ouvrés.,
- Travail par baffe taille, ou exploitation des Veines qui ont peu d*ipaiffeur.
- Quoique les veines de peu d’épaifleur ne méritent gueres la peine d’être travaillées , néanmoins lorfqu’on ne veut point les négliger, on en arrache le plus de veine que l’on peut, en y remettant à mefore une partie des triguts pour épargner le bois, ou bien on ftançonne avec des roiffes, & on tire la veine au jour en fo procurant fur-tout une décharge pour les eaux qui ont plus befoin d’écoulement dans ces veines que dans les autres.
- Il arrive encore de rencontrer des veines de l’efpece nommée Mavaffdeie >
- (voye{
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- (voye? page 83 , de la première Partie ;) on a voulu fans doute exprimer par-là une veine dont le toit eft mauvais ; cette défeâuofité peut tenir à la nature peu folide du toit ou aux copes.
- Ce que l’on doit obferver lorfqu’on véut exploiter ces fortes de veines, c’eft de multiplier les ferres & de les rapprocher les Unes des autres ; il y auroit de la témérité de faire dans ces veines aucune pourfuite & courfe d’ouvrages, fans laiiferde trois en trois pieds de bonnes ferres, que l’on exploiterait enfuite en revenant.
- Mines par Tombes.
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- Dans la partie du Recueil de M. de Louvre*, relative aux Houilleries, & que j’ai eu foin d’adapter en entier à mon Ouvrage , FAuteur fait une /impie men^ don de Mines, appellées fans doute par les anciens Houilleurs, du nom que je conferve ici, lefquelles ne forment point entre deux lits de pierre une couche re* marqûableparfa continuité,
- L’expreffion antique, quoique peu recherchée , & ce qu’a ajouté FAuteur , donne fur le champ une idée claire & diftinéle de ces Mines ; elle les différencie complettement de celles que j’appelle Mines par veines , dont je me fuis occupé uniquement dans tout cet Ouvrage.
- ^ Ces Mines enterrées ou par tombes, font celles qui font aujourd’hui connues, tant au pays de Liege qu ailleurs, fous le nom de Bouya£, dont j’ai dit un mot lorfque j’ai parlé en général des différentes fortes de mines. Voye^page 68.
- Ces efpeces de magafîns naturels de Houille, ne font pas toujours d’une auffi grande importance que les mines par veines ; ils ne comportent pas tous également le même art dans leur exploitation ; ils méritent cependant place dans un Ouvrage tel que celui-ci : on verra qu’à raifon de l’étendue plus ou moins confidérable du terrein qu’ils occupent, ôn pourroit établir parmi ces Mines plufieurs fous-divilîons , & qu’elles peuvent quelquefois être comptées, parmi les richelfes réelles d’une Province. Mais une confidération. particulière , fous laquelle je me bornerai à les envifager ici fommairement, c’eft que ces Mines enterrées ou par tombes, très-communes dans le voifinage des Mines par veines régulières dont elles ne font que des portions détachées , font fùjet-tes à être rencontrées en même temps qu on travaille ces Mines de première qualité , formantes tm chapelet qu il feroit poffible de fuivre à la trace. Une chofe même intéreffante à obferver, c’eft que ces bouya£ font fi bien des détachements de veines, qu’il arrive quelquefois de les rencontrer en fuivant attentivement le lyon d’une veine perdue , & qu’ils tiennent d’un autre côté à un autre lyonsqui reconduit à la veine ; dans ces occafions, on a remarqué que ce noyau a pour l’ordinaire la même épaiffeur que la veine dont il eft égaré : nous ne négligerons donc point dans la fuite de cet Ouvrage de faire connoître ce genre de Mines dans toutes fes différences.
- Charbon de Terre. IL Part.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Reprifes d'un vieux Bure.
- Lorfqu on fe remet à d’anciens ouvrages qui avoient été abandonnés, les opérations qu'emporte cette reprife, font renfermées dans les expreilions ratteler, re~ difcombrer un vieil bure : quelquefois on donne à la foffie plus d’étendue quelle n’en avoit ; cela s’appelle alors rexhaver une foffe : quand on ne fait que nettoyer le vieux bure, on fe lert du terme difcombrer. La recherche ou la con* quête de ces vieux ouvrages , & des piliers, ferres ou vieux Happes qu’on y avoit laiffés, eft défignée par l’exprelfion rapeyter.
- Si alors on retrouve des veines qu’on avoit laiiïees , on renettoye la xhorre , & félon le cas, on l'aboute comme il a été dit page 280.
- ARTICLE SIXIEME.
- Coutumes & ufages de Houillerie.
- Des ouvrages de la nature de ceux que l’on vient de décrire, qui changent & dérangent beaucoup tout un terrein, tant en deflus qu’en deilous, donnent néceffidrement dans tout le temps de leur durée, occafion à des prétentions ou des méfintelligences de diverfes efpeces entre les Co-propriétaires d’un même terrein où fe fait l’entreprife, & les Aflociés dans l’exploitation.
- Il n’eft pas d’endroits fouillés pour l’extraélion de minéraux, qui ne donnent matière à des conteftations, fouvent aufli difficiles à inftruire qu’à juger, lorfqu’el-les portent fur des points dont il faut aller chercher le nœud dans l’oblcurité des routes fouterraines.
- Les Mines du pays de Liege n’ont pas le privilège d’être plus que celles des autres Souverainetés, exemptes de ces inconvénients attachés à toutes les fouilles fouterraines pour la recherche des minéraux ; mais la fagelfe du Gouvernement a lu, par des loix courtes, fixes & précifes , obvier à la fréquence des procès fur cette matière ; ces Réglements ont auffi l’avantage de bannir de ces conteftations les lenteurs que l’avarice & la mauvaife foi cherchent toujours à appeller à leurfecours, & on fent tout le préjudice qui en réfulteroit pour le Pays & le Particulier. On reconnoîtra dans ces Réglements qui vont fuivre, que la^raifon & la droiture ont mis un prix railonnable aux chofes, ont balancé avec un heureux fuccès les intérêts des Particuliers, & ont affiné à chacun la libre poffieffion de fes biens, de fes héritages & de fes droits.
- Je crois devoir faire remarquer qu’on doit être prévenu d’autant plus favorablement lur cette Jurifprudence de Houillerie fuivie dans le pays de Liege > quelle eft le réftiltat d’un travail férieux fait par commiffion des trois Ordres qui compofent l’Etat. C’eft à la fuite de ce travail qu’eft émané le Concordat intitulé, Paix de S, Jacques, en 1487, ratifié par le Prince Jean de Hooie,
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- È T DE SES MINES II. Part. 31 j
- dont quelques points ont enfuite été expliqués par différentes dédiions de MM. les Echevins de la Souveraine Juftice de Liege en 1439, par plufieurs Sentences de la Jurifdiétion du Charbonnage , & quelques Edits de Princes de Liege.
- La Police de l'exercice du métier, dans toutes les parties qui en dépendent, eft affurée par des Réglements très-circonftanciés. Ces Statuts marqués au coin de l'attention la plus réfléchie pour le bien & pour l'encouragement des Compagnons Houilleurs , pour obvier aux fraudes , aux monopoles , & autres abus dans la vente, donneront à jufte titre de la Police de Liege , une idée Fort différente de celle qu'en ont voulu donner quelques Voyageurs mal inftruits.
- Ce que l'on peut dire, c'eft que les Liégeois , par la fàgefle de ces Réglements, éprouvent à leur grand avantage, la vérité de ce que dit Héfiode dans fa Théogonie, que la Juftice fait profpérer les ouvrages & le travail des hommes.
- Cette matière qui comporte un article intéreflânt dans le pays de Liege, SC dont les Etrangers peuvent faire leur profit, fera traitée ici dans tous fes points , afin de former un corps complet de Houillerie ; il pourra fervir de bafe & de comparaifon à ce qui y a rapport dans les autres Pays. M. de Louvrex a inféré ces Statuts dans fon Ouvrage (1) Partie II, Chapitre XXV, fécondé Edition. Pour embraffer l'enfemble fous un coup d'œil, & y retrouver tout ce que renferme chaque article, j’ai difpofé le tout dans un ordre plus commode.
- Je diviferai cet article en trois parties ; dans la première, je décrirai la Jurisprudence qui s'obfèrve pour les travaux de Houillerie ; dans la fécondé, je ferai corinoître les Statuts de Police fur l'exercice du métier, les différentes charges & fondions qui concernent les ouvrages de la fuperficie , les Offices de Houillerie relatifs aux travaux intérieurs; & dans le troifieme, je donnerai un tableau des mefures & des prix du Charbon.
- Cour des Jurés ou Echevins du Charbonnage.
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- Fonctions, Obligations & Droits de ces Juges.
- I l eft confiant par les anciens Records (2) du Pays, que l'on y exploitoit déjà plufieurs Mines de Houille au treizième fiecle : la Jurifdiétion primitive & ordinaire qui connoît en première inftance des caufes touchant la Houillerie & matières de Mines , y eft prefqu'aufli ancienne que la découverte de ce fofllle ; les Juges qui l’exercent font nommés Jurés du Charbonnage.
- (1) Sous ce titre, Coutumes Cf JJ Cages de Houil-Zerie, confirmés par la Paix de S. Jacques, de l’an
- (3) Déclarations 3 Attestions de Juftice.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Ce font proprement les gens des Seigneurs Echevins ; on appelle de leur Sentence aux Echevins , Sc en dernier reflort au Confèil privé , fans qu il foit permis d’interjetter appel, ni propofer caufes de nullité de ces Jugements.
- C’eft un privilège particulier donné à la ville de Liege par l’Empereur Maximilien IL Ce Prince ainfi qu il le déclare dans fon Diplôme du 21 Juillet IJ71, jugeant que les caufes fur le fait de Houillerie, ne fe peuvent décider le plus fouvent fans infpechon oculaire des ouvrages, ni fans defcendre dans lesfoffes fouterrai-nés d'où ton extrait le Charbon pour les vifiter 9 enforte qiiil n appartient point indifféremment a tout le monde de prendre une jufle information de ces difputes, & même que Us caufes font le plus fouvent de nature à requérir des provifions dont Vexécution ne puife être empêchée par aucune oppofition ; leurs fufpens entraînant le plus ordinairement & le plus fouvent un grand péril, a voulu qu il ne fo it permis à perfonne, en quelque cas que ce foit, d’appeller des Sentences de tE-vêque & de fon Confeil , ni propofer caufes de nullité dans toutes les a ffaires ou il s agira du droit ou non droit de fouiller & tirer des Charbons9 appellés vulgairement Houilles, comme dans celles qui regarderont les cens & redevances dues à raifon dudit droit de terrage, ou de Vufage des canaux fouterrains fervant a la décharge des eaux, & dans toutes autres caufes quelles qu elles foient, concernant le droit & l’art de tirer lefdits Charbons, ou les fojffè s mêmes & leurs ouvrages , ou qui félon les droits & coutumes 9 appartiennent à la connoiffance & Jurifdiction defdits Jurés du Charbonnage.
- Dans l’origine, ce Tribunal des Jurés du Charbonnage n’étoit compofé que de quatre perfonnes, aujourd’hui il eft compofé de fept Juges ; la Paix de S. Jacques a pourvu à ce que cette augmentation nécelfaire n’augmentât point les frais qui regarderoient les Parties.
- L’article XV porte que les droitspour exploits & autres fonctions, demeureront les mêmes que fi les Jurés n’étoient que quatre.
- Par les articles XVI, XVIII, XIX, ils ne peuvent, pour quelque chofe que ce foit de ce qui eft de leur Charge , prendre qu’un patard ; & pour vacations particulières, deux patards & demi chacun ; dans quelques cas, trois gros.
- Un Recès (1) du 15 Janvier 1687 , leur donne pour Aflefleurs pour vuider les procès, deux Prélocuteurs ou Procureurs, qui dans les cas où cette Cour du Charbonnage feroit partagée dans fon avis, ont conjointement voix délibérative : ces deux Commiflàires font tenus de fe contenter d’un honoraire modéré.
- Par l’article XXI, ils font obligés de donner records toutes les fois qu’ils en font requis , & de n’exiger pour cela qu’un gros ; & dans le cas où ils auroient à délivrer une expédition foellée, ils ne peuvent demander que fept gros.
- (i) Le mot Allemand Reifch , défîgne le Re-giftre des délibérations ; fade qui contient une réfolution prife, fe rédige avant que raftemblée
- fe retire , d’où eft venu le terme Rzcès, Receffu* de Recedere,
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- È T DE SES MINES. Il Part. 317
- Les droits des Jurés fur renfoncement d une nouvelle foffei n:'ont lieu* par l'article IV du Recès du 15 Janvier 1687 , que quand on eft parvenu à la veinette & à toutes les deies d'autres veines, for lefquelles peut couler le niveau d'eau de quelqu’areine : du relie, par l’article XXIV, de la Paix de S. Jàcques, ils ne peuvent fe mêler d’aucune difcuffion pour dettes, conventions particulières ou
- marchés.
- Dans le cas où les Parties conferïtent que les Jurés décident par eux-mêmes * les frais qui réfulteroient de la néceffité de demander recharge ou avis, tombent fur les Jurés. * *
- Si la chofe exige d'eux qu'ils prennent recharge y ils ne peuvent demander au-* cuns droits aux Parties ; s'ils font obligés de prendre une demi-recharge, il leur revient de droit trois gros pour chacun, & trois gros pour le Clerc.
- Les différentes maniérés d'obtenir de la Cour du Charbonnage les enfeigne-ments de Juftice , atteftations, déclarations ou permiflîons, feront fpécifiées chacune aux articles auxquelles elles fe rapportent*
- Pour obvier à toute efpece d'injuflice ou de malverfàtion de la part des Jurés & Echevins du Charbonnage, l'Article XIII de la Paix de S. Jacques, ne permet à aucun d'eux d'acheter & d'acquérir des Houillieres fous quelque prétexte que ce foit, même par donation , ni d'y être intéreffés en aucune façon. Ils ne peuvent y avoir d'autre part, que celles qui pourroient leur appartenir précédemment, ou leur venir par focceflion ah intejlat, ou par teftament ou par legs;
- C’eft for les Jurés du Charbonnage que le Magiftrat fe repofe en particulier , pour la garde des A reine s de la Cité de Liege : on appelle ainfi quatre xhorres fouterrains qui ont fervis à d'anciens bures , 3c qui aujourd’hui entretiennent d'eaux une grande partie des Fontaines publiques & particulières. Pour cette raifon , il eft défendu de les approcher en aucune façon fans enfeignement de Juftice , ce qui fait qu'on les nomme areines franches, pour les diftinguer de celles que l'on appelle areines bâtardes , parce qu'on en peut toucher les féparations fans permiffion. Les quatre conduits de décharge privilégiés y font l'areine dite de Richon-F ontaine, qui eft la plus baffe ; l'areine de Mejfire Louis, plus baffe que celle de la Cité ; l'areine de la Citéy qui eft plus baffe que la quatrième & dernîere y nommée Areine du Val S. Lambert.
- Les areines bâtardes qui font au voifînage des areines franches, & qui peuvent les abbatre, font l'areine de Gerfôn-Fontaine , ayant fon œil à la Meufe*
- Les areines bâtardes de Faloife & de Borrety qui ferendent à Jemeppe*
- Celle de Brande-Sire, & celle de Paron ou Brojfeux, qui fe rendent du côté de Vignis , peuvent préjudicier à l'areine franche de Richon Fontaine.
- Le Juré doit donc avoir une connoiflànce parfaite des quatre franches areines y de leur courfe, de leur branche & de leur débouché ; favoir en même temps les ferres & limites défendues , qui font placées pour la eonfervation de ces aqueducs.
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- 3i8 du charbon de terre
- Auffi on exige de celui qui prétend a 1 office de Jure, qu il lâche les endroits ou font placées ces ferres.
- Il y en a une à S. Nicolas en plein jardin, gardant l’areine de la Cité, communiquant aflez près de la folle Gordine, pafîànt d’amont au travers de la ville S. Nicolas.
- Il y en a une au lieu dit beau Crucifix, allant amont à la chauffée, failànt réparation de l’areine de la Cité à l’areine du Val S. Lambert.
- Enfin, parmi les qualités requifes, les principales confiftent à être înftruit des ulàges & coutumes obfervées en Houillerie, afin de juger équitablement ; à lavoir la pratique, & comment il faut fe gouverner pour donner à chacun ce qui lui appartient.
- Il convient qu’il ait la hardiefle de dévaler bures & foffes, for lefquelles il y a matière à conteftation, d’y faire defcente & vifitation requifes par les Parties ou par Juftice , & même qu’il lâche mefurer & dépendre ; qu’il connoifte les pen-dages pour pouvoir être de bon confeil for ^toutes les matières de là compétence ; attendu, en un mot, que ce font ces Juges qui condamnent aux amendes, 8c qu’ils font crus for leur ferment ; ils doivent pofféder parfaitement l’art de Houillerie.
- Et lorfqu’ii eft reçu, il eft tenu par l’article XXIII de la Paix de S. Jacques, d’affirmer par fermenta MM. les Echevins, en préfence des Maîtres Houilleurs de la Cité, s’il leur plaît, qu’il n’a fait aucune promeflè ni accord pour obtenir fon office.
- Des Sentences & des Amendes.
- L’enregiftrement des Jugements rendus for les différends, ou des déclarations que l’on veut rendre plus authentiques, fe fait par le Clerc, qui ne peut exiger qu’un gros.
- Dans les cas cependant où il y auroit beaucoup d’écriture, la taxe s’en fait à proportion.
- Lorfqu’on veut avoir une expédition lignée du Clerc , d’une piece qu’il a en-regiftrée, les frais font les mêmes que pour l’enregiftrement.
- Les peines pécuniaires impofées en différents cas, feront détaillées chacunes dans les articles auxquels elles ont rapport : dans quelques occafions, après un laps de temps, elles font au profit du Procureur général, comme, par exemple, lorfque le Seigneur ou Officier du lieu négligeroit de faire exécuter dans le temps limité dans l’un ou l’autre de fes points, l’Ordonnance des Jurés du Charbonnage.
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- Des differents Propriétaires & des differentes cejfftons de leurs droits , àppdiées
- Rendages, Redditions de prifes^
- Les différents titres de propriété d’un terrein, emportent de toute nécefîîté différents droits fur les Charbons de terre qui fe trouvent dans un héritage. Les droits d’en faire l’extraéUon que l’on acquière de ces différents pofîefteurs for lefquels on va conduire les ouvrages de Houillerie ; l’immiflion en poffeflîon appellée dans la coutume de Liege décretement de Saijîne, varient en conféquen-ce de bien des maniérés.
- La légiflation Liégeoife a prévu amplement toutes les modifications du tien 8c du mien, fource éternelle de défordres dans la fociété.
- Elle a fagement ftipulé les intérêts des Seigneurs de la fuperficie qu’on appelle Hurtiers, & des Seigneurs du fond qu’on appelle Terrageurs> ainfi que les intérêts de ceux qui fous la foi des conventions, faites de particulier à particulier, & en vertu des formalités prefcrites par les Loix, font devenus Maîtres des Mines.
- Une autre propriété, non-moins fojette à difcuffion, celle qui arrive par foc-ceffion, difputable entre le forvivant des chefs de famille & les enfants, a été auffi l’objet de l’attention des Réglements en matière de Houillerie.
- Il eft décidé par une atteftation des Echevins, en date du 12 Juillet 1601 , i°. Qu’au cas de mort du mari ou de la femme, les biens héritables qui ont appartenu au défunt, appartiennent ab intejlat au forvivant pour l’ufofruit coutumier, & à l’enfant venu dudit mariage pour la propriété coutumière, foi* vant l’Edit ufofruéluaire. 20. Que fi du vivant de l’ufofruéluaire on vient à ouvrir foffe 8c tirer Charbon hors de l’héritage appartenant au forvivant pour les humieres, c’eft-à-dire, en ufofruit, & à l’enfant pour la propriété, la moitié de ce qui provient des foffes & ouvrages doit appartenir à i’ufofruétuaire, & l’autre moitié au propriétaire pour fon intérêt.
- Et dans le cas qu’au fo & au vu dudit ufofruéluaire on aiiroit ouvert fofîe & tiré Charbon, il s’enfuit préfomption de fon confentement.
- Avant d’entrer dans la diftinélion des différents propriétaires & de leurs droits, il eft à propos de faire connoître les droits des particuliers qui tiennent des pro* priétaires celui de tirer de la Houille dans leur terrein. • } ‘-v
- Cette ceffion, en vertu de laquelle on a prife for tel ou tel bien, eft communément appellée les prifes\ celui qui en obtient la prife devient Maître des Mines , & s appelle Arnier.
- L expreflion de prifes, très-ordinaire en matière de Houillerie, a néanmoins deux lignifications différentes; quelquefois on entend par prifes 3 les héritages de ceux qui ont cédé les droits de prifes for leur terrein, 8c qui font demeurés maîtres du fona ; c eft pourquoi on dit : Les prifes appartiennent à M\ le Chevà* lier de HeU{y, à M. l'Avocat Raick*
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- Il n eft pas néceffaire de pofleder la fuperficie d’un terrein pour y avoir prif * on peut faire deux aliénations différentes d’un même bien, en tranfportant à une perfonne la fuperficie de tel ou tel terrein, & à une autre perfonne le pouvoir de faire exploiter les Mines ex' tantes y comme ils difent, dans ce terrein, ou celles qui pourront s’y trouver.
- Et comme les prifes £ une fojj'e peuvent appartenir à plufieurs Ter rageur s, le fond 8c la fiiperficie peuvent en même temps être poffédés par une feule per-? fbnne, qui alors efl: à la fois Hurtier 8c Ter rageur*
- On diftingue les prifes en celles d’en-haut ou de deffus , 8c en celles d’en-bas ©u de deflbus.
- Lorfqu’il s’agit de la propriété acquife par les Entrepreneurs ou Maîtres des Mines, ce mot fignifie tous les endroits fous lefquels ils ont acquis le droit de tirer les Houilles & Charbons : alors on dit, les prifes de telle fojje.
- C’eft dans ce fens qu’on dit, Une partie des prifes de telle foffe appartient à M, Kints, une autre parue à M. de Jeune-Champ ; & dans ce cas, l’un & l’autre a le droit de terrage, d’où on les appelle Terrageurs.
- Il arrive dans quelques occafions qu’entre deux endroits, où les Maîtres ont droit de prifes, il y a une place dans laquelle ils ne l’ont point ; ils font obligés de paffer de leurs prifes au travers de celles d’autrui : cela fe fait par chambray * mais on ne peut le faire que par enfeignement, c’eft-à-dire, par permiffion de Jug es : les formalités à fuivre pour c,e cas, font arrêtées dans un Record de MM. les Echevins, de l’année 1439 , en explication de la Paix de S. Jacques.
- Les conditions impofées, font de faire une eftimation par les Voires Jurés, ce qui entraîne une defcente juridique dans les ouvrages.
- Arnier ou Maître des Mines.
- Celui qui obtient prife for un bien, devient par-là le Maître des Mines , 8c fe nomme Arnier \ on eft dans l’ufàge dans les contrats de reddition de prifes, de mettre pour condition, que Y Arnier fera tenu de travailler ces prifes d’un bout à l’autre, ce que Ton exprime par le mot de chief a queue.
- Comme donc l’Arnier a toutes les charges, 8c court tous les rifques, fes droits font plus étendus que ceux du Ter rageur ; il conferve toute l’autorité pour faire mettre la main à l’ouvrage, pour le faire continuer fans relâche, 8cc. de maniéré que dans les cas où les Maîtres de foffe manquent à quelqu’un de ces points, il peut les dejfaifir de leurs prifes, c’eft-à-dire, rentrer dans fes droits, en faifànt femondre les Maîtres : cette expreilion vient fans doute du mot latin fubmonere, avertir , 8c comme ici c’eft un avertiffement juridique, cettefemonce fignifie ajfgnation, adjournemenu
- Dans le cas où un Arnier ou un Terrageur fait femondre les Ouvriers d’ouvrir le travail, il faut par l’Art. XI de la Paix de S. Jacques, fignifier la femon-çe à tous les Aflociés qui dépendent du Seigneurage : fi c’eft pour faute do
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- ET DE SES M I N E S. II. Part. 321
- paiement fur quelques Ouvriers, le defaillant doit (tntt femonce , parlant a. fa perfonne , ou à quelqu'un de chez lui ; s'il ne paye pas , ou s'il ne fe juftifie pas convenablement, on décrété faijine au Terrageur ou à l'Àrnier fur le défaillant par un ajournement, & on n'a point de recours fur les autres affociés.
- Pour défaifir une couple de Maîtres, l'Arnier doit d abord faire femondre tous les Maîtres en particulier ; fur cette affignation l'Arnier obtient heure Wardée > ou une nouvelle affignation à jour marqué. .
- La contumace écoulée, il obtient ajournement, pour en vertu d'heure Wardêe de ladite femonce , obtenir faifine , c'eft-à-dire, être mis en poffeffion ; après une fécondé fommation il prend fàifîne, s'il n'y a point d'oppofition ; Sc toutes les formalités remplies, la fàifîne ne peut plus être purgée.
- Le maître Arnier qui auroit auparavant conquefté ou acquis des prifes, & les auroit vendues à quelques Maîtres , peut faire une femblable femonce : on dit mettre ces Maîtres en faute. En tout il a une plus grande autorité que le Terrageur, il peut envoyer deux ou trois fois l'année aux frais des Maîtres de foffes, pour vifiter & mefurer leurs ouvrages , afin d'avoir une connoifîànce exaéte de.la conduite, pourchaffe Sc difpoficion des travaux.
- Ce point délicat en Houillerie, la vifite des ouvrages, fera traité féparément après que nous aurons fait connaître les différents titres fous lefquels on peut avoir droit dans le produit des travaux de Houillerie.
- Hunier ou Maître de lafuperfcie ou VoJJ'effeur des combles#
- Le Maître de la fùperfîcie d'un héritage où l'on enfonce un bure , s’appelle Hunier : par l'Article VIII, d'une atteftation des Jurés du 1% Mai 1593 , celui qui eft trouvé poffefteur des combles , eft réputé maître du fonds Sc des Houilles , tant que perfonne ne les lui difpute , Sc tant que fà non-propriété n'eft pas légalement infirmée, il y eft maintenu par Juftice , en donnant caution des fonds Sc des Mines, jufqu'à ce qu'il y ait preuve fuffifànte contre lui.
- On prend auffi quelquefois ce terme pour lignifier le maître du fonds, nommé Terrageur ; il y a cependant une différence à faire , qui eft eftentielle*
- Par exemple, lorfque le Maître du fonds a cédé les prifes à quelque couple de maîtres, s'il eft refté maître de fon fond, il eft vis-à-vis de ces maîtres Hunier1 Sc Terrageur à la fois.
- Mais lorfqu'une perfonne a acquis un fonds, &qiïe celui qui en eft le vendeur a retenu Mines Sc Charbons, le vendeur eft appellé Terrageur quand il a cédé fon droit aux Maîtres de foffe, ce qui fe fait ordinairement à la charge qu'on lui payera le trentième.
- Et le preneur eft fimplement nommé Hunier, parce que le droit de terrage ne lui appartient pas, quoiqu’il y ait quelques avantages comme on va le voir*
- LHurtier, comme maître de lafiiperficie dun terrein que 1 on veut fouiller, Charbon de Terre. IL Pam M mmm
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- fe trouve dans le cas d'être dédommagé des dérangements que les travaux, l’£j tabliffement des chemins, de magafins & autres chofes femblables, occafionne-ront néceffairement fur fon terrein; ce dédommagement eft porté for le pied d'une année en avance.
- Celui donc qui veut faire travailler fur le fond d'autrui, eft tenu de commencer par donner caution à Y Hunier, pour le dédommager d’avance des torts qu'il fupportera dans telle ou telle piece de terre, & pour marque d'hommage, une piece d'or : cela s'appelle donner quelque chofe pour la rupture du ga^on.
- L'Hurtier ne peut exiger que le double dommage qu’on pourra lui caufer ; on appelle ainfi le double de la valeur du bien occupé, 8c qui lui eft donné tous les ans; par exemple, il un bonnier (i) vaut cent florins (2), il doit lui en être payé deux cents, ainfi du refte.
- N'y ayant que les Mines & Charbons qui ne foîent pas à fà dilpofition, il feroit même peut-être en droit de retenir les pierres que l’on rencontre dans le bure, comme maître du fond depuis la foperfîcie jufqu’au fond.
- L’ufàge eft de laiffer au Hurtier les fumiers des chevaux qui font tourner le hernaz, 8c qu'on appelle les anjinnes du pas.
- Les droits font differents, félon la nature des productions qui fe trouvent for la terre.
- Lorfque dans le terrein occupé il y a des arbres plantés, afin d'obvier au dommage & aux difficultés qui pourraient s’élever s’il venoit à en mourir quelques-uns , ces arbres doivent d'abord être eftimés.
- Quand un ouvrage exige que l'on coupe quelque haie, on évalue la haie en longueur ; le pied de la haie en longueur eft eftimé, conformément aux Réglements des Vignerons, à dix fols.
- La plantation de houblon for le terrein que l’on veut travailler, eft eftimée différemment ; s'ils font anciens plantés, chaque plan eft compté for le pied de fept fols ; s'ils ne font que de l'année, on ne les paye que deux fols & demi.
- Par l'Article V de la Paix de S. Jacques, les vignes doivent être rétablies aux frais des Maîtres jufqu'à la quatrième année.
- Si la fofle fe trouve placée dans une prairie ou dans un jardin potager, cela fait des différences ; outre l'année qu'il faut payer for tous les autres biens, à la derniere année on en ajoute deux autres que l'on évalue, qui font néceflàires au gazon pour y revenir dans fon premier état, ce qui s’exprime par la phrafe ; remettre t héritage en fon prijline gayon.
- Par-tout où il fe fait un verfage d'eaux, il appartient encore un droit à l’Hur-tier ou poffeflêur de l’héritage dans lequel fe verfent les eaux.
- Dans le cas où les arbitres ne s’accorderoient pas dans l’eftimation des dom" mages, la décifion en appartient à MM. les Echevins.
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- (1) Le Bonnier revient à vingt grandes verges I (2) Le florin de Liege vaut 1 liv. ± foI$ de France.
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- ET DE SES MINES. II. Part. 315
- Perfonne ne peut faire aucun ouvrage, ni embarraffer en maniéré quelconque l’areine d’autrui, fans le bon plaifir de l’Hurtier, qui feul eft en droit de pourchajfer par-tout où perfonne n a prife.
- Des Maîtres du fond ou du Seigneur âge.
- Seigneurage eft une maniéré de parler figurée, qui dans le fait de Houilieriô s’employe en plufieurs cas.
- * Sous ce titre générai on comprend des perfonnes qui ont différents droits, & qui peuvent aifément fe confondre fous le titre de Hunier 8c Terrageur : on fait actuellement ce que c’eft que l’Hurtier ; l’article du Terrageur établira la diftinction de ces deux titres.
- Seigneurage lignifie les Maîtres , ou le Maître , ou Seigneur du fond , fous lequel il y a quelque Mine à travailler : ce Seigneur du fond fous lequel fe conduifent les ouvrages, ou celui qui a été Seigneur de ce fond , eft fouvent défigné dans les coutumes de Liege, fous le nom de Propriétaire des minéraux, & fous celui de Terrageur (1) ; il peut travailler les Houilles qui font dans fon fond, à moins que l’Arnier ou d’autres, n’y ayent prifes ; par un Record de la Cour des Jurés du iy Mai 1603 , fi dans fon fond fe trouvent des grands chemins où il y a des minéraux, ils lui appartiennent, avec cette exception , que tout ce qui eft dans le voifinage des chauffées & terre-pleins, foit houille, foit argille, ne peut être fouillé.
- Propriétaire des minéraux ou Terrageur.
- Avant qu’on entreprenne aucun ouvrage, & tant qu’il s’en exécute * on eft dans une dépendance très-rigoureufe de ce propriétaire ; pour le premier temps* par le confentement qu’il faut avoir de lui en bonne forme ; & pour le fécond, par différents droits dont il jouit, ainfi que par le cens de terrage qui lui appartient (2).
- Nous allons raffembler ici ce qui concerne le Terrageur fous ces deux points de vue; c’eft-à-dire, i°. quant à la maniéré d’acquérir de lui le droit de tirer des Houilles & Charbons ; 20. pour l’exercice de fon droit de terrage.
- Pour foftoyer, profonder bure, extraire Houilles 8c Charbons, en comble 8c fond d’autrui, prendre paires, voyes 8c toutes facilités relatives à l’ouvrage, fur le bien , héritage & fond d’autrui, il faut avoir le confentement exprès des Maîtres pofîelfeurs & propriétaires, fous les peines portées par les Loix, à moins qu’il n y eût réferve de droit ou contrat de pouvoir le faire.
- (1) Ce mot eft connu dans plufieurs de nos Coutumes Françoifes, 8c quelquefois celui de Terrageau, ailleurs champarteau y champart, Agrur,
- (2) Solarium veôtigal ,folarium gUbarium ; redevance annuelle qui fe paye en nature fur le pro-
- duit du fol: quand cette redevance tient lieu de cens, elle eft feigneuriale ; quand elle eft due à un autre Seigeur, elle n’eft confédérée que comme rente foncière.
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- Cette fùjétion exprimée dans les termes les plus ftriéïes , & par laquelle il riejî point permis de travailler les Houilles en pojjejjion d autrui , fans avoir au préalable, le confentement du propriétaire , tient aux Loix fondamentales du Pays (r) : c’eft une claufe fàcrée, ftatuée par-tout dans les uiàges & coutumes, établie dans f Article VI de la Paix de S. Jacques, reconnue par la Cour du Charbonnage le 23 Mai 1567, 8c cimentée dans un Record de MM. les Echevins de Xlege, de l’an 1623, portant défenfe de faire aucune forte d’ouvrage de Houil-lerie fans le confentement du propriétaire : quiconque ne fe conformerait point à cette réglé, ferait aélionné pour fait de fpoliation ; dans le cas où le propriétaire ne fe contenterait point de la reflitution des Charbons fans frais, il ferait poursuivi extraordinairement, comme atteint du crime de forfaiture , 8c pourrait être traduit pardevant les Seigneurs Vingt-deux (2).
- Par f Article X de la Paix de S. Jacques, le propriétaire a quarante jours,’
- (1) Il eft étonnant qu’aucun Ecrivain n’ait parlé des Loix fondamentales du Pays de Liege; elles méritent d’être connues, ce pays étant républicain.
- (2) Ce ne fera point fortir de notre fujet qile de faire connoître ici hiftoriquement ce Corps de Juges célébrés, qui n’a point fon pareil dans aucun Etat, ôc qui réunit les avantages de la fa» meufe Inquifition politique de Venife fans en avoir les dangers : la procédure vive & févere de Cette Jürifdidion , rempart de la conftitudon du Pays, fera juger au Leéteur combien elle doit en impofer à un Citoyen qui voudroit s’emparer du bien d’un autre Citoyen.
- Le Tribunal des Vingt-deux a été établi au commencement du quatorzième fiecle; on l’appelle autrement Tribunal de la foule, ôc mieux, contre la foule, du mot fouler.
- Il eft: compofé de quatre Membres de l’Etat noble, &de quatre Bourgeois de Liege; les autres Membres font nommés par l’Etat tiers, dont deux par les Bourgmeftres, deux par le Peuple, & dix par les Villes qui ont intervenu aux paix des ,Vingt-deux.
- Pour y être admis, il faut être né, ainfi que le pere, au pays de Liege : les Bourgeois doivent avoir y y ans, ôc être gens de loi. Ceux qui com-pofent les deux autres Ordres, font admis à 2y ans.
- Ce Tribunal efl inftitué pour connoître de tontes les violences faites à un Citoyen Liégeois quel qu’il foit ; s’être oppofé à l’exécution de la loi; arrêter un Citoyen fans les formalités préalables,lui infliger une peine fans le jugement pref-crit; corrompre un Juge ; refus de la part de celui-ci de rendre juftice, ou violer la loi dans quelque point que ce foit : voilà les caufes qui reflor-tiftent à cette Jurifdi&ion. Les affaires conten-tieufes , les jugements incompétemment rendus, tous les torts judiciaires regardent les Tribunaux établis pour rendre la juftice. Le Prince feul & fes revenus , ne font pas fujets aux Vingt-deux. La Conftitution nationale, amie du droit des hommes , a fenti que le caraftere augufte du Souverain , auquel tout eft porté , pour être confirmé de fon autorité principale, devoit à
- jamais être à î’abri d’un outrage ; elle en a écarté jufqu’à la poffibiîité ; la loi veut qu’aucun ordre du Prince ne puiffe s’exécuter s’il n’eft vidimé, 3c contresigné enfuite par un des Secrétaires du Confeiî privé ; fi l’ordre eft contraire aux Loix,il fe trouvera difficilement quelqu’un -qui veuille le ligner ; car alors, finfra&ion de la Loi tomberoit fur celui qui aur.oit mis fon nom fur cet ordre ; quel qu’il fût, il feroit appelle devant les Vingt-deux ôc puni.
- Ce Tribunal s’aflemble aufti-tôt qu’il en eff requis , fut-ce la nuit; il ne connoît point de retard ; Paccufé n’a pour répondre que trois heures,’ dont une pour premier terme,'une pour le fécond , ôc une pour troifieme ôc dernier.
- Si l’accufé fe trouve abfent, le délai fe réglé fur l’éloignement ; le condamné paye une amende proportionnée au délit, & les frais, qui font fort chers: s’il refufe d’obéir ( cas extrêmement rare, ) fes biens font aufti-tôt arrêtés Sc vendus à l’encan ; il eft banni, déchu des droits de Citoyen, ôc privé du feu ôc de Peau ; le Prince n’eft pas maître de lui faire grâce, il faut que ce foit le Tribunal même : l’appellant qui fe feroit plaint à tort paye les frais, Ôc fa partie eft renvoyée ; les Sentences font portées à la pluralité.
- Les Membres de ce Tribunal fe renouvellent tous les ans le jour de laSte. Luce ; s’ils ont pré-variqué, ils font eux-mêmes cités devant le nouveau Tribunal, ôc punis.
- On appelle de ce Tribunal à un autre, nommé les Etats révifeurs, la commiffion d’une partie de ceux qui lecompofent eft à vie; ils font en tout au nombre de quatorze, dont quatre Membres de l’Etat primaire, dans lequel deux font choifis par le Prince ; ces deux-ci font amovibles : quatre font tirés de l’Etat de la nobîeflê, choifis par le Corps, ôc fix de l’Etat tiers qui font les deux Bourgmeftres régents, avec îes deux ex-Bourgmeftres de l’année précédente ; leur commiffion ne dure que deux ans 5 ôc les deux autres font choifis par les Villes qui ont le droit de nommer aux Vingt-deux; la commiffion de ceux-ci eft à vie.
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- pour réclamer Sc revenir contre un travail de Houillerie fait dans fon héritage par enfeignements de juflice ou autrement ; mais enfùite il y a prefcription contre lui, à moins qu’il ne fafle ferment qu’il n’a pas eu connoilîànce de la fignifî*. cation ; alors il eft maintenu dans fon droit.
- Cette polfelfion des quarante jours a été expliquée & développée en 13*23 $ par une atteftation de MM. les Jurés du Charbonnage : en voici la teneur*
- La polfelfion de quarante jours à l'égard des Polfelfeurs du comble & dit fonds, en particulier contre les Orphelins & les Communautés, eft nulle, fi on ne juftifie préliminairement qu’on a payé aux Polfelïeurs le droit de terrage & aufli le cens d’areine , dans le cas où on verfe les eaux au jour ou fur le comble*
- Cette polfelfion de quarante jours au fû Sc au vu des Poileffeurs ou de ceux qui ont intérêt aux Mines, encore qu’elle fût valable fans les autres formalités re-quifes, ne s’étend Sc ne doit fe prendre que pour l’héritage du Polfelfeur, Sc ne donne pas droit de travailler par d’autre bure que celui par lequel les ouvrages ont été fuivis pendant ces quarante jours, de maniéré qu’il n’eft pas permis de profonder de nouveau bure pour extraire ces Houilles acquifes par prefcription.
- Cette prefcription ne date que du jour que le Propriétaire du fonds a con-noiflànce de l’ouvrage ; avant le terme de ces quarante jours le Propriétaire peut . arrêter le travail des houilles qui lui appartiennent ; fon ordre doit être, avant tout, mis à exécution, jufqu’à ce qu’il en fbit autrement ordonné par Juftice*
- Le droit qui eft dû au Terrageur de la part des Maîtres de folle, eft d’un pa-nier fur quatre-vingt ; le Terrageur pour l’exaéle rentrée de ce droit, a quelquefois parmi les Ouvriers un homme à lui, payé par la fociété, connu fous le nom d'Ouvrier trayeur, pour compter le terrage, c’eft-à-dire, les* traits qui fortent au jour : il eft libre au Terrageur de s’en rapporter à la fidélité Sc au ferment des Maîtres, ce qui’ alors lui fauve la dépenfe du trayeur.
- Les Maîtres de folle ne font abfolument déchargés du droit de terrage, qu*en faifànt applanir au gré de l’Hurtier ou d’un Expert, le terrein qu’ils ont occupé.
- Ce droit de terrage appartient à différentes perfonnes, félon les endroits où fo fait la fouille ; quand elle fe fait dans les coutumes, il appartient au Seigneur.
- En conféquence de l’Article II d’un Record de la Cour du 23 Mai 161^ , perfonne, à titre de Seigneur de paroilfe, ne peut exiger des Maîtres de folle aucun droit de terrage ou autres pour caufe du bien & fonds d’autrui, ou de quelqu’héritage fùperficiellement polîedé par le Maître de ce fonds.
- Art. IV, les Maîtres de folle travaillants dans un héritage appartenant à plu-fieurs, doivent faire citer ces Seigneurs pour régler les droits du terrage.
- Lorfque quelqu’un tient à plufieurs terres qui confinent, la mefùre des terrages a départir doit être faite par les Jurés du Charbonnage, qui font ajourner le Terrageur.
- Charbon de Terre. IL Part.
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- 32Ô DU CHARBON DE TERRE
- Lorfque les connoifleurs ne font point d'accord fur le fait de l’eflimation des dommages faits à 1'Hurtier dans fon héritage., pour remettre le prlJUne ga^on , MM. les Echevins de Liege font les Juges qui décident.
- Les Maîtres de fofle font également tenus de payer le cens de terrage pour les veines qu'ils jettent, ou quils auroient jettées au jour pendant que les eaux rempliroient les vuides, foit dans leurs vallées, gralles ou autres ouvrages for lef-quels l'Arnier a Ion droit.
- Quand un Arnier ou Terrageur fait femondre for les Ouvriers de quelqu'ou-vrage que ce foit faute d'ouvrir, on eft tenu d'en informer tous les Parchon-niers qui tiennent dudit Seigneurage : alors le Terrageur fe refàifît de la part de ceux qui font défaillants & occupe leur place ; à moins qu'ils n'apportent une excufe légitime.
- Quand les Maîtres d'un fonds ont fait rendage de leurs prifos, ils font en droit de fommer les Maîtres d'une fofle, qui tardèroient de mettre main à l'œuvre, & de les y contraindre par ordonnance de Juftice ; cela s'appelle Jemoncer les Maîtres 9 ou les faire femoncer, à l'effet de fe voir refaifir dans leurs prifes, c'efl>à-dire, dépoffeder de leurs prifos dans le cas où ils ne travailleraient point.
- A l'article des Maîtres de foffe , on verra les formalités ufitées pour ce cas, & tous les engagements particuliers de ces Maîtres vis-à-vis des Propriétaires des fonds.
- Des Maîtres de fojfe, leurs Droits & leurs Privilèges.
- Les ouvrages de Houillerie , pour peu qu'ils foient confidérables, font rare-j ment entrepris par une feule perfonne.
- Ceux qui s’affocient dans cette entreprifo, font appelles Parchonniers, Par-k chons, Maîtres comparchonniers, nommés dans quelques Pays pour d'autres Sociétés comperjonniers, comme qui dirait ayant leur portion dans l'affaire.
- Il arrive fou vent qu'entre les Maîtres d'une foffe, il s’en trouve un ou plu-fleurs qui font refpeélivement Huniers ou Terrageurs ; cela dépend de circonfo tances dont les détails renfermés fous chacun de ces deux titres, donnent l'é-clairciffement ; on doit alors confidérer ces Maîtres de fofle félon les diverfos qualités qu'ils ont.
- La Société forme ce que l'on défigne fous le nom colleétif de Maîtres de fojfe, couple de Maîtres, on fous-entend de la Société, qui commence par fe pourvoir d'un Compteur, d'un Garde-foffe & d'un Maréchal, d’un Maître ouvrier, de Hiercheurs, &c.
- Liés enfemble d'intérêts, d'engagements, ils font obligés de fournir la quote-part des dépenfes ; c'eft ce qu'on appelle fournir à la fcédule ; le Compteur envoyé à chaque maître une afiale de ce qu'il doit payer pour fo part ; ce qui s’exprime en difànt qu'il envoyé fcédule. Comme le manque de fournir à la fcédule forait un préjudice porté à la Société, les Loix ont pourvu à lui faire renoncer
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- ET DE SES MINES. II. Part* 327
- promptement aux droits quil avoit, ou à fe mettre en réglé pour les con-ferver.
- Le Compteur ou tout autre, dans les cas de défaut de paiement , peut drefïèr une femonce avec déclaration de la dette du Maître, afin de le conftater en faute.
- On lui fait un fécond ajournement, après lequel On prend une faifîne , c’eft-à« dire, qu’il entre en pofTefîîon, s’il‘n’y a pas oppofition, décrétement de faifîne * & fi la foffe efl: en veine : lorfque le Maître ne comparoît pas , on fequeftre les denrées de la part faille ; 8c au défaut de la part du Maître faifi de remplir les formalités pour rentrer dans fà part, elle refte au profit des Afîbciés , après néanmoins avoir conftaté le tout devant leur Arnier, qui peut en huit jours purger l.e renfeignement à fbn feul avantage*
- Dans une Société tous les Maîtres peuvent chacun en particulier mettre des chevaux à l’ouvrage à proportion de la part qu’ils ont dans l’affaire ; celui y par exemple, qui y a un quart peut mettre une couple de chevaux , celui qui n’y a qu’un huitième ou un feizieme, doit s’arranger avec d’autres pour former une couple, & au cas que ceux-ci ne fournifîent point, ceux qui ont des couples de chevaux peuvent en tirer leur part.
- Lorfqu’il efl: queftion de faire quelques changements à un ouvrage, ils doivent tous être prévenus ( c’efl le Wade-fofîe qui efl: chargé de cette fonétion ) pour qu’ils fe rendent à lieu, jour & heure défignés.
- Ils n ont pas tous voix également ; c’efl: en raifbn de la part quils ont
- . •
- mis.
- Dans le cas où les voix feroient égales, le Statut & Réglement décide que ce feroit ceux qui ont le plus grand intérêt à la chofe qui l’emporteroient ; c’efl: fur ce principe qu’il pourroit arriver qu’une feule perfonne pourroit l’emporter fut tous les Parchonniers.
- Quand les Maîtres d’une foffe ne font point encore affez avancés dans les travaux pour en tirer du profit, ou lorfque dans la pourfuite des ouvrages on vient à tomber court, les Maîtres font obligés de contribuer chacun en proportion de leur part, 8c à cet effet on leur envoyé à tous une jcédule ; cela s’appelle un A la* ge à tou, Alage à ïentour.
- Par l’Art. III. de la Paix de S. Jacques, & par un Record de la Cour du Char* bonnage du 7 Oétobre 162$, les Maîtres & Ouvriers font tenus de fuivre leurs ouvrages de chief à queue, c’eft-à-dire, fans aucune interruption, auflî bien les longs que les près, & les près que les longs, foit defîiis, foit deffous eaux : il n’y a que les cas où les eaux, ou le manque d’air, ou un temps de guerre , feroient un empêchement abfolu.
- Les Maîtres peuvent de la même façon que VArmer 8c que le Terrageur, de/aijîr leurs Comparchonniers en défaut de paiement ; mais ils font pour lors tenus de faire lignifier aux défàifis, qu’ils ayent à purger leurs parchons en huit
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- jours ; ce terme expiré, ils n’y peuvent plus revenir : ceux-ci néanmoins font encore obligés de faire confier à leur Arnier, que tel Parchon eft défiiifi, & fi, l’Arnier le juge à propos, il peut le purger à fon profit, fans rien payer que ce que le défàifi peut devoir pour la cotte-part à ladite fofle.
- Les Maîtres de fofle doivent payer le cens pour l’areine dont ils fe font fer-yi en faifimt leurs ouvrages.
- Du Seigneur A renier, ou Hunier de f Areine, & de fes prérogatives.
- L’aqueduc fouterrain, nommé Areine , en latin cuniculus, conftruit pour décharger au jour les eaux d’une ou de plufieurs Houillieres, forme un ouvrage qu’il eft facile de juger auffi confidérable que dilpendieux; aufli il eft'rare qu’un Maître de folle entreprenne tout feul ce canal de Mine : celui qui eft maître de ce canal fe nomme Seigneur Arenier, quelquefois Hunier de l’areine 9 Sc fes alîociés Parchons à l’areine.
- Attendu que la décharge de ces eaux, en facilitant un ouvrage public, l’exploitation des minéraux, tient au bien général, & tourne également au profit de l’Etat, & à celui du maître du canal ; les Magiftrats & les Princes de Liege , à l’exemple de tous les Souverains de l’Allemagne , ont accordé au Seigneur Arenier, toute la protection poflîble; il eft réputé premier Auteur & Fondateur primitif de l’areine', Dominas cuniculi. Dans l’efprit de la Loi, les Maîtres Sc Ouvriers de folle, font tenus à beaucoup de devoirs Sc de refpeél pour lui.
- Cette matière qui eft un des chefs intérelfants de fe Juriiprudence de toutes les Mines , exige que nous traitions féparément ce qui a rapport au Seigneur de l’areine, & ce qui concerne en particulier cet aqueduc fouterrain.
- Les deux premiers articles de la Paix de S. Jacques, ont ftatué fur les points relatifs aux areines : par le premier, quiconque de quelque qualité Sc condition que ce foit, qui par ordonnance & renleignement des Voyres-Jurés du Charbon** nage Sc de Juftice, a établi xhorre, tranche ou abattement d’eaux , par œuvre de Iras (i) , leveau d’eau, ou d’une autre maniéré, a donné les moyens de recouvrer Houilles Sc Charbons de folles Sc ouvrages noyés qu’il n’étoit plus poffi-ble d’atteindre, tant fur les franches que bâtardes areines , acquiert pour récorm penfe de fon induftrie Sc de fes frais , & devient maître , lui, fes hoirs & fiic-ceffeurs, des Houilles Sc Charbons que procure la décharge qu’il a procurée des eaux, Sc les fait extraire au jour à fon profit, en payant les droits de terrage, le cens d’areine Sc autres droits d’ufage.
- Et aucune couple de maîtres, ni perfcnne, ne peut troubler dans cette polîef fion , ni apporter empêchement.
- Cette conquête de Charbons par tranche, areine, Scc. au profit de celui qui
- (i) En matière cTareine on appelle œuvra de | tonneaux, appel lé xhorre del tinne. bras, répuifement par le moyen de féaux Sc de J
- aura
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- E T DE SES MINES. II. Part: 5^
- àtfra xïiôrrè les minéraux, eft affinée par un Edit du Prince Erneft, donné au Ghâteau de Stavelot le 20 Janvier 1582, & mis en garde de Loi,
- Par un Record de la Cour du Charbonnage du 18 Novembre 1625, une ateine prife par Ordonnance de Juftice, acquiert le privilège de pouvoir être pourfoivie dans les limites & dans les rottices au travers de tous les biens Sc héritages de ceux qui ont été intimés, & de tous endroits où il fera néceflàire de la conduire: non-feulement les Maîtres &Poffèfleurs de ces héritages ne peuvent y mettre oppofition ; mais ils font obligés de fe contenter de la redevance ordinaire.
- Le droit qui fe perçoit pour le fervice de l’areine j fbit qu’on travaille deflus j foit qu’on travaille deflous eaux, s’appelle quelquefois verfiage dedux / ordinal, rement cens d’areine, jus cuniculi.
- Ces droits font réputés biens-fonds, foccedant des peres aux enfants, comme toute efpece d’héritage fixé par la Loi, & dont le vrai maître Hurtier & poflefo four propriétaire , ne peut être débouté que par Lôix.
- Il eft cependant à obforyer que le cens d’areine n’eft exigible qu’à des con^ dirions confignées dans les Ordonnances; premièrement, il faut que l’areine porte lés eaux des ouvrages ; fecondement, il faut qu’il confté que ce canal ou cette tranche a xhorré les ouvrages de la fofle, ou comme on dit encore , que la fofle eft bénéficiée par farci ne, c’eft-à-dire, que les eaux de cette fofle fe dé-J chargent fur ce canal.
- Et quand les eaux fe tirent au jour, le cens d’areine appartient au poflefleur de „ la foperficie du fond.
- Les Maîtres & Ouvriers de folle ne peuvent pourchafler à volonté , nï deflerrer fans diftinélion d’une areine à l’autre, fans réglé, fans ordonnance & fons avoir intimé les Parties intéreflees, [notamment leurs Seigneurages, Ar-niers & TerrageurSé
- Ces différents objets font fixés par le Record de la Cour du Charbonnage, du dernier Juin 1607, auquel beaucoup d’Experts ont adhéré, comme conforme aux ufoges reçus de tout temps en Houillerie.
- Les Areniers font de plus en droit d’envoyer deux ou trois fois l’année, faire vifîter les fofles qui travaillent for leurs Areines ; cette defoente fe fait aux dépens des Maîtres de fofle, qui font obligés de donner la main à tout ce qui eft néceflàire pour faciliter l’examen des Jurés, en vuidant les eaux & en foivant tout ce qui eft prefcrit dans le cas de vifite, dont nous ferons un article à part#
- Des affujetiijfements coutumiers concernant les Areines.
- Après avoir folidement conftitué le Seigneur de l’areine dans les prérogatives que l’équité naturelle lui décerne, la Loi a également pourvu à toutes les cir-conftances Sc dépendances de ce travail félon diverfes occafions, afin que les avantages refoltant de cet ouvrage, ne foufftcnt point d’atteinte prejudiciable» Charbon x>e Terre, IL Tan. 0 000
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- 33o DU CHARBON DE TERRE
- - Les areines , appellées areines franches , ou areines de la Cite, dont il a été fait mention en parlant de la Cour du Charbonnage, ont mérité principalement l’attention de la Magiftrature : comme elles feryent de conduite aux eaux qui entretiennent les fontaines du Palais 8c d’une moitié des maifons de la Ville , ce qui leur a fait donner le nom & areines de la Cite, il étoit de grande confé-quence quil ne fût pas permis indiftinélement d’y toucher ou d’en approcher afin d’écarter toute elpece de rifque de détourner les eaux.
- Un Edit du Prince Erneft, dé l’an 1600, & publié au Perron de Liege 5 a réglé irrévocablement toutes les formalités à obferver pour pouvoir fe fervir légalement de ces areines, ainfi que les droits à payer aux Areniers de la Cité : cet Edit déclare conquife à la Cité, toute areine qui vient fe détourner & fe join~ dre à l’une de ces quatre nommées franches. . '
- Pour toutes les affaires relatives aux franches areines de la Cité, il y a un Prépofé, revêtu du titre de Syndic, qui, par cet Edit, eft autorifé de pour-foivre criminellement les infraéleurs de l’Ordonnance ; 8c en vertu du Recès du 15 Janvier 1687, la Cour des Jurés eft obligée de fervir gratis le Syndic des areines dans tout ce qui regarde les fonétions de fa charge.
- Par l’Article VIII de la Paix de S. Jacques, & par un Record des Jurés du dernier Juin 1607, il eft expreffément défendu aux Maîtres 8c Ouvriers de foffe, de deferrer, xhorrer 8c profonder aucun bure d’un ouvrage à un autre,' pour s’accommoder d’une plus bafïe xhorre, & y envoyer fes eaux, de percer xhorre d’une xhorre à l’autre en maniéré quelconque, lans la permiflion des Sei-: gneurs Arniers, 8c enfeignement de Juftice ; autrement les Maîtres de foffe font coupables de foule, 8c tenus par contrainte de payer le cens aux Maîtres des deux Areines.
- L’un des Aflociés acquérant les minéraux exiftants dans un fonds fitué devant i’areine ; les autres ont droit à une part en reftituant au premier proportionnellement le prix qu’il en a donné.
- Les areines doivent, par-tout où elles font, être franches dans leurs cours^ nonobftant toute elpece d’oppofition , 8c leurs Propriétaires peuvent s’en fervir pour travailler deftùs 8c deffous eaux.
- Elles doivent aufli demeurer libres 8c franches dans les fonds où elles auront été conduites, à moins que l’ouvrage n’eût été fait àl’infu du Propriétaire, dont il faut avoir la permiflion.
- Le Propriétaire de I’areine peut la nettoyer en payant les dommages au Pro^ priétaire du fonds.
- L’entretien des areines failànt fourches, doit être aux frais communs des Areniers , jufqu’à cette fourche 8c plus haut, à proportion quelle eft profitable à chaque Alfocié.
- Tous les vieux ouvrages & ceux faits par le bénéfice d’une areine franche, font réputés limites, pourchafle 8c rottices de I’areine qui a feryi à tirer les Houilles
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- ET DE SES MINES. II. Part. 331 de ces places. Par un Record de la Cour du 8 Novembre 1623 , on ne peut faire une fécondé areine au préjudice de la première, fi ce n eft après que les Maîtres de cette première ont achevé de travailler tout ce qu'ils ont pu.
- A ces différents points concernants l'areine comme canal d'eau, on peut ajou« ter que fi Ton fe fert d'un ruifleau pour y verfer l'eau, ou pour faire agir quelque machine ; on eft auffi tenu à payer un droit.
- Des conteflations cl vuider par une defcente des Jurés dans les ouvrages fouterrainsy de la mejiire en terre & au jour, du mefurage des eaux ,
- & de tout ce qui a rapport aux vifites de fofjes,
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- Tout ce qui fepafle dans les foüterrains de Mine, éloigné de la clarté dù jour, tout ce qui s'y trouve eft aifément matière à conteftation ; les Houilles 8c Charbons que l'on y va chercher à grands frais, les eaux dont on eft fans ceffé occupé de fe garantir ; l'air même qu'on s'y procure par le fecours de l'induftrie, deviennent fujets de difcorde entre les Travailleurs de foflès voifines les unes des autres ; en même temps les intérêts des différents Poffeffeurs du fonds, quant à la part qui doit leur revenir des Charbons tirés de leur terrein, font entièrement à la difcrétion des Maîtres de fofle, qui feuls fréquentent les ouvrages in* térieurs : il ne doit point paroître extraordinaire que les foupçons 8c la défiance gagnent quelquefois 8c fouvent à propos, le Ter rageur, l'Arnier, 8c c. 8c que du fond de ces habitations ténébreufes, il s éleve des querelles entre ces Seigneurs 8c les Maîtres de fofle.
- On peut ranger fous le titre que nous allons développer, les circonftances dans lefquelles les Maîtres de fofle ^trouvent en faute fur différents points, 8c qui ont été exprimées aux articles du Terrageur, de l'Arnier, Scc. Nous n'avons ici fur ces objets qu'à donner une idée de la marche qui s'obferve dans les cas particuliers, pour faire femoncer ou envoyer Jemonce.
- Nous viendrons enfùite aux affaires contentieufes, dont les dédiions exigent le tranfport des Experts dans les ouvrages intérieurs.
- Lorfque c'eft pour faute de travail qu'un Terrageur ou Ârnier fait femondrè les Ouvriers, la femonce doit, par l'Article XI de la Paix de S. Jacques, être fignifiée à tous les Parchonniers qui dépendent dudit Seigneurage.
- Si c'eft pour faute de payement, elle ne doit être fignifiée quau défaillant," en parlant à lui, ou à quelqu'un de chez lui, afin de pouvoir l'ajourner au cas qu’il ne réponde point.
- Comme la Loi a voulu que celui qui néglige trop long-temps fes droits, n'y rentre plus, ces femonces, quand elles ont lieu de la part d'un Propriétaire des minéraux, vis-à-vis des Maîtres qui fe défiftent du travail, donnent à l'afligné quinze jours pour juftifier les raifons de leur délai, & cela à leur dépens ; la
- quinzaine expirée fans avoir répondu à la femonce, les Maîtres font refaifis dans leurs prifes.
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- 33a DÜ CHARBON DE TERRE
- Les conteftations les plus fréquentes for les opérations fouterraines, tiennent £ux plaintes qui peuvent le faire de ce qu on a empiète fur un terrein ou on n a-voit point prife; de ce qu on n’auroit point rendu fidèlement la part du Charbon provenant des ouvrages ; & enfin, de ce qu on auroit envoyé de fes eaux dans des ouvrages voifins.
- Quant au premier cas, attendu la facilité de continuer quelque temps cette uforpation avant qu elle parvienne à la connoiflànce du Propriétaire , on n a pas de peine à croire , que fi cela n arrive pas fouvent, î'1 doit y avoir fiir ce point des demandes fréquentes pour s’en aflîirer par Juftice.
- La difficulté n’eft pas fans doute de reconnoître au jufte fous terre, la marche Sc la longueur des ouvrages; il s’agit de rapporter à la fiiperficie du terrein, cette même marche mefurée avec exaélitude, & de la rapporter de même allez exactement, pour pouvoir prononcer que les ouvrages de telle folle ont ftipé dans tel endroit de la prairie , du jardin de Pierre, ou de Paul, c’eft-à-dire , quils font parvenus à tel endroit qui répond à la fiiperficie du jour ; ce n’eft qu’alors que la Juftice peut attribuer à chaque Polfeifeur le trentième, que la Loi lui a donné for le travail fait fous fon bien ou dans fon bien. Cette pratique qui conduit à juger des pourchaffes faites fous un terrein , comporte deux opérations, l’une fouterraine, Sc l’autre fuperficieile ; on peut* fi l’on veut, la regarder comme la même répétée. La première mefure eft la mefure fouterraine, qu’on appelle mefure en terre, dépendement i dépendre lignifie en Houillerie , mefiirer combien il y a d’à-plomb fur chaque toife. La foconde mefiire n’eft que la mefiire fouterraine, rendue à la fiiperficie avec les mêmes inftruments , qui font la boulïole , la chaîne ou la ficelle , on l’appelle mefure hors du bure, mefure ou refaiwe au jour, Sc l’opération fe nomme refoiwer au jour.
- Voici le procédé ufité pour l’une Sc l’autre ; la Planche XXVIII , dans laquelle on a cherché à rendre aux yeux la manœuvre du dépendement, qui eft bien fimple, fera entendre tout d’un coup > la mefiire ou la refaiwe au jour.
- On commence par plumer le bure -, c’eft-à-dire, par prendre fa-plomb du bure ou mefiirer là profondeur ; pour cela on barre l’œil du bure avec une planche ; celle que nous avons appellée lutte, s’il y en a, & pour peu qu’elle foit avancée dans la bufo, eft quelquefois propre à cet ulage : on y lulpend la chaîne ou la ficelle que l’on defcend julqu’au bas avec un plomb, en failànt à cet endroit de la planche une marque contre la ficelle.
- Dans quelqu’endroit que vienne tomber le plomb, on pofo la boujjole ; quel-; ques Houilleurs dreflènt pour cette opération le cadran fur une petit fiipport à quatre pieds ; mais cette maniéré ne paroît pas favorable pour donner à l’infini-’ ment une afliete nivelée : il eft mieux d’amallèr à l’endroit où vient tomber Ie plomb, du menu Charbon ou des ganges, & d’en faire un petit tas for lequel
- on
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- E T DE SES MINES. II. Part. ^33
- on pofe la bouffole ; il eft plus facile, de cette maniéré, de la bien placer de niveau ; ceft le principal de toute l’opération; & l’Ouvrier qui eft chargé de ce point, nè doit avoir for lui ni boucle de fer, ni couteau : dans le cas où il fe trouveroit quelque ferrement qui ne pourroit pas être éloigné de la bouffole, il faudroit in-terpofer une planche entre ce métal & la bouflole.
- Ce difpofitif achevé, il eft queftion de prendre les diftances & les angles, ou courbures qui terminent les voyes, en vifant autant que la vue peut fe porter, ou jufq u’au bout de la portée de la chaîne, ou jufqu’au premier coude que fait la voyé fouterraine ; pour cela, on mene la chaîne ou la ficelle en droiture , tant que la voye le permet, en ne fe coudant point: il faut obferver avec foin que la cordé foit toujours dirigée bien droite & quelle ne touche à rien ; lorfqu’elie eft arrivée à un endroit où il n’eft plus poffible de la conduire fans la détourner , on regarde la marque du milieu de la bouffole, qui fait la direction, & qui affore l’alignement : l’Ouvrier qui gouverne la bouflole en regardant le numéro , dit à l’autre qui mene la chaîne , Vlume^-la ; celui-ci laiffe tomber doucement & directement d’aplomb une petite pierre ; on marque le nombre for lequel l’aiguille tombe, & on dit, Dix toifes, vingt pieds, dour^e pouces de longueur ; après les avoir marqués for les tablettes, on rapporte la bouffole à l’endroit où eft la petite pierre, for un petit tas de fouaye qu’on y a amafle , Sc on remarche en avant avec la chaîne, en obfervant avec foin les mêmes attentions & opérations jufqu’au fécond détour , où l’on plombe de nouveau, & où l’on rapporte encore la bouffole, en reprenant comme au premier , & ainfi dé foite jufqu’à ce que l’on foit parvenu au bout de la voye.
- Pour éviter de marquer les demi-pieds & les demi-pouces, il y a une maniéré que nous ferons connoître dans les détails particuliers qui entreront dans la derniere Section de cette fécondé Partie.
- Par cette opération exécutée avec foin par deux Meforeurs, les chemins que la veine a fait parcourir fous terre font reconnus : il ne refte plus qu’à revenir au jour pour refaiwer les dimenfions fouterraines ; les Experts fortent du bure , & commencent par placer la bouffole for la même planche , au-deffous de laquelle elle avoit été placée dans le fond du bure, & au même point marqué avec de la craie, d’où l’on étoit parti pour faire defcendre la chaîne : on tourne la bouffole jufqu’à ce que l’aiguille ramene le premier numéro qui avoit été noté for les tablettes; on conduit alors la chaîne de la même façon qu’elle a été conduite pour la mefure en terre, & on prend la même longueur qui avoit été également notée for la tablette ; de-là on marche de même jufqu’à la longueur où s’eft trouvé le premier coude , & on continue toujours en réitérant les mêmes operations jufqu’à la derniere longueur qui rapporte exactement le même point trouve par le dépendement.
- Une fécondé circonftance for laquelle il eft suffi facile de ne pas trouver les Maîtres de folle d’accord avec le Terrageur ou Arnier; c’eft for la quantité de Charbon de Terre. IL Part. P ppp
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- Charbon à revenir à ces Seigneurs, & qu ils prétendent ne leur être pas payé fidèlement ; les Jurés font appellés pour faire la vifite Sc la mefiire des ouvrages fouterrains : rien de plus fitnple que cette eftimation ; elle confifte à décharger une Heve : cette maffe de veine que Ton abbat, eft d’une toife en quarré ; on mefiire combien elle donne de paniers, ou de traits ; on compte combien de fèmbla-bles Heves, ou parties de veine , c’eft-à-dire , combien de toifes de veine il pourroit y avoir dans une certaine partie d’ouvrages, Sc fur ce pied on fait reftime, cela s’appelle raparier , c’eft-à-dire, rapareiller une Heve.
- Cette conteftation eft fbuvent difficultueufè, Sc elle peut fe terminer diverfè-ment, ou à l’amiable entre les Parties intéreflees, ou par autorité des Jurés.
- L’Article IV de la Paix de S. Jacques, a fixé ce qui eft à obferver dans l’un ou dans l’autre cas.
- Lorfque ces mefures Sc eftimations fe font de gré à gré de la part du Seigneu-rage, & des Ouvriers ou Parckonniers, les Jurés font tenus de s’en rapporter au ferment des Parties intéreffées.
- Dans le cas où la mefiire fe feroit trouvée fauflè, ou manquer par l’exaélitude, les dépens Sc les frais font payés par celui qui eft en tort ; en même temps pour quelachofène foit plus matière à conteftation, chaque Partie paye pour l’en-regiftrement qui s’en fait , une groffe monnoie commune , Sc autant au Clerc.
- Si après que la vifite des Jurés eft faite, les Maîtres de folle difputent la mefiire & veulent qu’elle foit recommencée, c’eft aux frais des demandeurs.
- Différentes circonftances exigent que l’on reconnoilTe la force de la nouriture de l'eau dans les ouvrages fouterrains.
- Un Houilleur, par exemple , a envoyé à fon voifin des eaux qui l’incommodent ; il s’agit d’en fayoirla quantité, afin de l’obliger à les remettre dans fes ouvrages fi elles ne viennent pas d’en haut , ce qui eft le plus ordinaire & le plus facile , ou pour en être défintéreffé du tort qu’elles occafionnent fi elles ne peuvent être reprifès ; l’opération à laquelle on procède pour cela, s’appelle xhancier, mefurer les eaux ; elle confifte à ramafler les eaux dans le bure ou dans une autre partie des ouvrages ; c’eft pour l’ordinaire au moyen d’une efpece de canal appellé ckenaç, formé de planches dont on lutte les joints avec de la dielle, pour y faire couler l’eau que l’on veut jauger, d’où eft venu l’expreflion ordinaire dont on fe fert, mettre les eaux fur le chena,j ; la hauteur de ces planches eft indifférente ; mais il y a environ un pied de largeur dans l’intérieur, afin de porter un volume d’eau de douze lignes, & en cas que le volume d’eau foit plus fort, on aggrandit ce canal à proportion, ide maniéré qu’une ligne d’eau doit former un pouce quarré dans la largeur du chenaz.
- U faut pour le fuccès de ce jaugeage, avoir attention de placer le chenal dans un endroit où l’eau fe trouve tranquille , & de lui donner une pente in-fenfible.
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- Lorfq u’un Propriétaire foupçonne que Ton eft entré dans fon bien par buré ou par ouvrage fouterrain, il a pour s'en aflurer la voye de l'ajournement des Ouvriers, ainfi quil eft prefcrit par l'Article XIX de la Paix de S. Jacques, 8c par un Record de MM. les Echevins en Mars 1439 , qui oblige ces Ouvriers de déclarer par ferment, combien ils font entrés dans le terrein d'autrui , combien ils en ont tiré de denrée, &c. Le Propriétaire a encore pourfe faire rendre juftice la vifite des Jurés des Charbonnages, qui alors eft aux frais du demandeur : cette defcente dans les fofles eft une des fonétions importantes des Officiers de cette Cour : nous traiterons ici en particulier celles qui au lieu de fe faire à la réquifition des Parties, fe font d'office ou par Ordonnance des Jurés,
- Vijîtes des Foffès par autorité de Jujlice.
- Par l’Article XX de la Paix de S. Jacques, il eft enjoint aux Jurés de ne point employer à leurs vifites & mefiires plufieurs journées, & de les achever tant que faire fe peut en un jour. A l'Article XIIÎ, qui leur a ôté toute occafion de partialité , voyc{ page 317, il faut ajouter l’Article XIV, portant défenfe à eux d’acquérir aucune part dans une foflè litigieufè.
- Outre ces vifites, dont nous parlerons enfiiite , il en eft qui le font régulièrement , lavoir celles des folles de grand athour de quinzaine en quinzaine, & celles de petit athour dans quelque cas particulier : c’eft un acquit de leur charge, réglé par un Recès du 15 Janvier 1687, qui comprend fix articles.
- Leurs honoraires pour cette vifite de foflè de grand athour , 8c tout ce qui à trait à la procédure qui peut avoir lieu, eft fixé à quatorze florins Brabants & demi à répartir, favoir chaque Juré 8c Greffier trente patars, au varlet quinze patars, pour ceux qui defeendent dans le bure cinq patars chacun, 8c le refte au Greffier pour fon enregiftrement & pour l'expédition de la copie qu'il délivre ; bien entendu que le Greffier ne fera pas obligé de le retrouver aux vifites qui fe feront d’office, & que le jour de la vifite , les Jurés ne peuvent s'arroger aucune Houille de la foflè. v
- Il en eft de même pour les vifites qui peuvent ou qui doivent fè faire aux foflès de grand 8c de petit athour , travaillées à la faveur d’une areine bâtarde , ou qui avoifine une des jranches areines.
- Les fofles de petit athour qui font xhorrées , ne comportent de vifite que lorfqu’elles viennent à être travaillées defjous eaux; alors ces vifites font plus fréquentes. En général les fofles xhorrées font fujettes à trois vifites par an.
- Parmi les cas qui entraînent la vifite des fofles, celui où l’exploitation êft portée au point d’avoir déhouillé toutes les prijes, celui ou l’on eft forcé d’abandonner la pourchaflè, font les plus ordinaires ; il eft d’ufâge 8c d’obligation, avant d abandonner les ouvrages , que les Maîtres ajournent de temps en temps les Areniers & les Terrageurs, afin de pouvoir, lorfqu’une fois il n y a plus rien
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- à travailler avec profit, obtenir enfeignement, d’abandonner tel ouvrage, telle gralle, telle coiftreffe ; à cet effet, ils demandent la vifite par laquelle on constate que les travaux 8c ouvrages ont été conduits félon les régies de lart ; & la coutume eft d’offrir en même temps auxAreniers &Terrageurs tous les agrès de Houillerie, afin de pouvoir pourfuivre les ouvrages à leurs frais s’ils le jugent à propos^
- Dans les occafions où cette vifite eft demandée par les Areniers 8c les Terra™ geurs, les Maîtres 8c Comparchonniers, font tenus pour ces vifites , aux mêmes formalités qui font obfervées dans toutes les conteftations, & qui vont être détaillées.
- La defcente des Jurés a encore lieu à la réquifition des Maîtres de foffe en di£ pute avec d’autres; le Record des Voyres-Jurésdu Charbonnage, du 17 Novembre 1761, a décidé comment les Parties doivent fe régler quand l’une ou l’autre demande à maintenir fon droit par une vifite.
- Dans ce cas, ceux dont on vifite les ouvrages, font tenus de contribuera tout ce qui peut rendre cette vifite profitable à la décifion des Jurés ; ils font obligés de délivrer, comme on dit ordinairement, houttes, herna^ScujlenJiles, ainfi que voyes d’airages, de repréfenter même le vif thiers} 8c montrer les parois découverts ; lorfqu’il eft queftion de vifiter la difpofition des rottices & courfes d’eaux, d’examiner s’il n’y a point de xhorrement 8c de trous de tarré fait par delïus eaux ; enfin, ils font obligés de débarrafler les voyes, des eaux, des ftouppures, 8c de tout ce qui pourroit empêcher de reconnoître par cette vifite jufqu’où vont les pourchaffes, dans quel état font reftés les ouvrages : dans ce cas les demandeurs avancent les droits judiciaires 8c autres dépens de cette vifite pour la première journée, 8c les frais tombent enfuite fur la couple de Maîtres qui fe trouve en tort.
- Tous les ajournements à fin d’obtenir vifite, portent toujours ces claufts exprimées , pour obliger les Maîtres de telle folle à livrer voye 8c airages foffilànts, avec parois découverts jufqiia vif thiers qui a été abandonné, c eft-à-dire, que des deux côtés d’une taille la veine paroiffe à découvert.
- La vifite des foffes a encore lieu toutes les fois que les Maîtres 8c Comparchonniers 8c Ouvriers de folle veulent abandonner des ouvrages qu’ils tiennent de Seigneurage, foit Arnier ou Terrageur. Par l’Article XXI de la Paix de S. Jacques , il eft défendu de quitter un bure, ou d’abandonner veines, tailles, voyes & vieux ouvrages, ni de laiffer remonter les eaux, ou remplir les folles qu’avec le confentement exprès des Seigneurages, à moins qu’on ne foit bien 8c due-ment autorifé par enfeignement 8c ordonnance de Juftice, après avoir intimé les Seigneurages, leur avoir fait offre de vifite, afin que les Arniers ou Terrageurs puiffent enfuite, s’ils le veulent, profiter de leurs prifes 8c areines, & continuer les travaux.
- Ces rapports de vifite d’ouvrages fouterrains, étant une partie difficile de la
- Houillerie,
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- Houillerie ; nous terminerons cette matière par quelques modèles de ces Rapports dreffés dans la forme ordinaire, & nous en faciliterons l’intelligence par la Planche XXIX : furquoi il fera facile de prendre une idée de tous ceux qui peuvent fe faire mutatis mutandis.
- Modèles de Rapports de Vifites des Fojfes♦ f ! Premier Rapport;
- P a r ce premier, Fig. r, on foppofe que les Jurés du Charbonnage ou des Experts ont tourné tout alentour d’une folle ou dés ouvrages Ibuterrains ; & on les fait retrouver dans leur vifite, précifément au même endroit d’où ils étoient partis.
- L’an de.... le.... du mois de... font comparusrï . lefquels ont fait rapport de la vifite qu’ils ont faite par ordonnance de MM»à la
- fofle......& ce en la forme & maniéré foivante. Savoir, que le jour d’hier,
- à..... heure, ils ont defoendu & dévallé en ladite folfe jufqu’à la deie de telle veine marquée A ; ayant rentré dans le levay du bure pris à main gauche, marqué B 9 6c après avoir marché dans ce levay jufqu’à pareille diftance de la bufe du bure, ils font entrés dans une vallée ou gralle marquée C, prife fur ledit levay B; & après avoir avancé dans cette gralle ou vallée autant de toifes de longueur, ils font entrés dans une quejlrejje marquée D, prife à main droite for ladite gralle, laquelle coifireffe venoit fo rendre par fon extrémité à une autre gralle E E9 prife for le levay du bure a main droite B ; & ayant remonté ladite gralle dans ce levay marqué B, ils ont marché à main gauche deux ou trois toifes ; là ils ont rencontré une montée F F, prife for ledit levay • étant entrés dans cette montée, ils ont encore marché quelques toifos, 8c ont trouvé une quefirejje G, prife for cette montée, laquelle coijlrejfe terminoît à une autre montée H H, prifo for le levay du bure à main gauche ; & après avoir defoendu ladite montée, ils fo font retrouvés dans ledit levay a main gauche, ayant rentré dans la bufe du bure par le même endroit où ils avoient commencé leur vifite, & ayant par ce moyen tourné tout alentour du bure par les ouvrages fouterrains.
- Second R apport.
- Dans celui-ci, Fig. 2, dont l’objet eft de prononcer for les endroits ou les pourchafies ont été conduites, on fe borne à faire entrer les Experts dans une gralle ou vallée, pour les faire retourner enfoite en arriéré for leurs pas, vifiter une ou deux coiftreffes, & de-là, retourner par le même endroit qu’ils font en-* très par la bufe du bure.
- ^ an de......, 6cc. &c. Nous fommes entrés dans le levay du bure de la
- Charbon de Terre. IL Part. Q q qq
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- main droite marqué B , & nous avons trouvé à la diftance d’autant de toifes j une gralle marquée C9 prife fur ledit levay, de laquelle nous n’avons pu atteindre le bout, Tayant trouvée remplie d'eaux ; (i) étant retournés fur nos pas; nous avons trouvé une coijîrejje marquée E , dans laquelle nous n’avons pu pénétrer, parce que les voyes étoient tempeflées ; en remontant toujours ; nous avons trouvé une autre queflrejfle marquée F, dans laquelle nous fom-mes entrés {ans obftacle, ayant trouvé la parois découverte aux deux cotés, & le vifthier au bout de cette queflrefle ; & après avoir fait mefire, & refaiwe au jour9 nous avons reconnu que les ouvrages faits dans ladite coiftrefl'e , avoient flippé dans un tel jardin où nous avons planté un ftipeau, pour marquer où ledits ouvrages font parvenus.
- Troifleme Rapport.
- Dans ce dernier, Fig. i, par lequel on prononce que toutes les prifes font épuifées, on fait entrer les Experts, du levay du bure pris à main gauche dans une montée ; & après avoir fait une efpece de demi-cercle, on les reconduit jufqu’à la bufe du bure, ^dans laquelle ils rentreront par le levay du bure pris à main droite.
- L’an......... &c. &c. Nous fommes entrés dans le levay du bure pris à main
- gauche, où nous avons trouvé à la diftance d'autant de toifes, une montée HH; prife fur ledit levay ; nous avons vu qu'il y avoit une queflrejfe G, prife à main gauche en montant; puis étant montés dans ladite queflrefle, & parvenus à fon extrémité, nous fommes entrés dans une montée F F, prife fur la main droite du levay du bure ; & après avoir defeendu cette montée, nous nous fommes retrouvés dans ledit levay B, ayant rentré dans la bufe du bure , en faifànt parce moyen une efpece de demi-cercle; & nous avons reconnu que les ouvrages font conduits félon les réglés de Houillerie, & qu'il n'y a plus rien à travailler à profit.
- Tolice pour les Bures & ouvrages que Von interrompt pour un temps,
- ou que ton abandonne tout-a-fait,
- L’interruption ou l’abandonnement abfolu des ouvrages, félon l’exigence des cas, ne pouvoit manquer detre un objet de réglement.
- Il eft facile de fentir à combien de dangers, à combien de malfaifances, des foffes reliées ouvertes en pleine campagne, pouyoient donner occafion ; c’étoit néanmoins les fuites que l’on devoit nécelfairement attendre de la négligence ou
- (i) On fuppofe que les eaux étoient remontées dans cette gralle jufqu’à Tendroit marqué D;
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- de 1’indifFérence des Propriétaires, quittant des ouvrages dont ils ne retirent plus de profit; mais une fage légifiation annonce que ces fofles ne cefiènt point d’être l’objet de fa vigilance du moment qu’elles ceflent d’être profitables à la République.
- Le Prince George-Louis, par un Mandement donné à Seraing le 17 Juillet 273o, publié au Perron de Liege & mis en garde de Loi, a établi fur cela une po-* lice qui fait honneur à fa mémoire , & au Chapitre de l’Eglifè cathédrale de-* Liege , dont il prit l’avis.
- Quand, pour quelque raifon que ce foit, un bure à Houille ou bure de mar liere fe trouve devoir être difcontinué & abandonné, les Maîtres de folfes & Propriétaires des fonds, font tenus de déclarer dans l’efpace de fix femaines au Greffe du lieu où font fituées les fofles, leur intention de renoncer abfolument à leurs ouvrages, ou de l’interrompre; & alors, pour éviter que ni homme, ni bête n’y tombent ou n’y fbient jettés, le bure doit, dans le premier cas, être rempli , ou bien on efl: obligé d’y placer une voûte capable de le fermer, & cela fix femaines après la déclaration faite.
- JL
- Dans le cas ou ce ne feroit qu’une interruption momentanée, 8c qu’il y auroit efpé rance de pouvoir reprendre les travaux, l’Article III enjoint d’environner l’œil du bure d’une muraille de cinq pieds, comme la mardelle d’un puits, ce qu’on appelle axhuer un bure.
- En ne faifant point la dénonciation, on encourt folidairement l’amende de vingt-cinq florins d’or, au profit du Seigneur ou Officier du lieu, de même que fi l’on ne fe conforme point à l’article ni.
- Les Officiers ou le Seigneur du lieu qui néglîgeroient de faire exécuter cette Ordonnance dans l’un ou l’autre de fes points aux termes limités, perdent le profit de l’amende, qui efl: alors due au Procureur Général, lequel a droit de faire fou-; mettre à l’amende , 8c de faire contraindre par le Juge du lieu après un nouveau délai dont le terme ne doit pas excéder fix femaines, à peine de cinquante flo* rins d’or à payer en amende par les contrevenants, de punition arbitraire, ou même corporelle félon lé befbin.
- Pour ce qui efl des bures profondés fur l’une ou l’autre des franches areineS de la Cité, la dénonciation doit fe faire à la Cour des Voyres-Jurés du Charbonnage, qui ordonne de remplir, de voûter ou d*axhuer le bure félon l’exigence du cas, ou félon qu’il paroîtra à la Cour plus convenable pour la confervation des areines de la Cité.
- Les délais font les mêmes que pour les cas ordinaires, & les frais en retombent fur les Maîtres ou Propriétaires qui y font tenus aux mêmes claufes comminatoires.
- Les fix derniers articles de ce Réglement, font en interprétation de quelques articles de la Paix de S. Jacques, fur les interruptions relatives à quelques cir-conftances, comme, par exemple, pour le cas où le travail cefleroit à caufe des
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- eaux ; alors ce neft quaprès qu'ils auront quitté cette befogne qu'ils font tenus à l'Ordonnance, qui ne les oblige à rien, tant quils font occupés à xhorrer.
- Les interruptions de trois mois, en exceptant celles occafionnées par les grandes chaleurs, qui produifent 1 ajourna9 ou par un temps de guerre qui obligeroit de folpendre l'ouvrage avec intention de le reprendre, doivent être dénoncées aux Greffes defdites Cours, & les bures remplis ou voûtés.
- Dans ces deux dernieres circonftances, les Maîtres de foflès ne font tenus que d’axkuer leurs bures avec une bonne muraille de pierre ou de brique, làns y fop-pléer par aucune fermeture de planches, fafcines ou autres.
- Quant aux marlieres, cette Ordonnance enjoint aux Propriétaires des terres ou elles font fituées, de les faire remplir en flx femaines, fous les mêmes peines & amendes, Sc n admet aucun prétexte pour les laiffer ouvertes, attendu la facilité qu'il y a de redifcombrer la première folle, ou d'en faire une nouvelle.
- De la reprife des bures abandonnés ou interrompus ; formalités à obferver lorfque ceJont de nouveaux Maîtres qui entreprennent le travail.
- Le même principe qui maintient le Propriétaire dans fon droit, ne permet pas que perfonne puifîe remettre la main à l'ouvrage quitté par un Maître de foflè fans s'être mis en réglé vis-à-vis de ce poflefleur ; il faut lui envoyer fcédule, afin de pouvoir conquérir la part qu’il avoit, s'il ne vient pas y fournir dans un temps limité.
- A l'appui de ces Conftitutions faites pour les différents întéreffés aux ouvrages de Houillerie, viennent des loix pour les Ouvriers, touchant l'exercice, la conduite & pratique du métier, des Réglements qui mettent ces Citoyens utiles, à l'abri de l'injuftice.: nous allons entrer en matière for cet objet,
- Chartres & Privilèges du Métier des Houilleurs de la Cité, Franchife & Banlieue de Liege, concernant la Police du métier Ô du commerce,
- Tout ingrat que paroiffe le métier des Houilleurs (i), ne l'exerce point qui Veut; il n'efl: pas libre à tout le monde, je ne dis point de travailler aux bures , mais même de brouetter, de vendre ou débiter le Charbon, à moins que l'on ne foit incorporé dans le métier.
- Ce véritable corps d’Ouvriers a fon rang dans les ordres qui compofènt la Gé-i néraiité de Liege ; il eft compofé de Jurés, d'Officiers & de Suppôts bien auto-rifés par des Réglements arrêtés Sc convenus d'un commun accord entre les Jurés, interprétés par MM, les Mayeurs Sc Echeyins de la fouyeraine Juftice de
- (i) Au jugement de Fifen, que j’ai rapporté I XI, pag. 272 ; en parlant de ces Ouvriers 1 page 210 3 & qui ajoute au même endroit* Lib, | CmQulorumpotiùshomimm vitam agentes.
- Liege ,
- )
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- ïiîege, par MM. les Bourgmeftres 6c Confeil, confirmés, ratifiés, 6c mis en garde de Loi, félon l’ufage > par une ratification du Prince»
- La première époque de la rédaétion de ces Réglements , qui étoient épars ou égarés, eft du ai Juillet 1593, ainfi qu’il paroît par l’Ordonnance du Prince Erneft, fuivie de l’approbation en langue latine, fous ce titre : Approbatio Statut torum Collegü Hullariorum, 24 Jul. 1593 ? avec le fceau du métier repréfenté à la Planche XXVIII.
- Ce Réglement a été renouvelle en 1684 avec quelques changements, dont j’indiquerai à leur place ceux qui font parvenus à ma connoiflànce ; il a été en-fuite augmenté de quelques Mandements du Prince George-Louis , & du Prince Jean-Théodore^
- Comme le tout renferme des articles difparates, j’ai jugé utile, ainfi que j’en ai prévenu, de faire de ces différents Statuts 6c Réglements, un dépouillement méthodique, qui, en préfentant fous un foui coup d’œil tout ce qui, a rapport à chacune des parties du métier, donnera une connoiflànce exaéte de cette Police * que nous divifons en trois parties ; Police du Corps de Houillerie, Police entre les Maîtres de fofle, leurs FournifFeurs & les Ouvriers Houilleurs , Police' de Commerce.
- i°. Police du Corps de Houillerie.
- Des Gouverneurs & Jurés du métier*
- O N appelle ainfi les Officiers prépofes au Corps de Houillerie ; ils foi tit au nombre de deux, fiijets dans l’exercice dé leurs charges à des régies très-exaéies, âc créés tous les ans le jour de la S. Jacques.
- Les Officiers du métier doivent certifier de leurs bonnes mœurs 6c de leur bonne réputation ; ils doivent être nés enlégitime mariage au pays de Liege ; toute élection dans laquelle quelqu’un de ces points fo trouve fautif, eft nulle y & les Compagnons du métier peuvent licitement procéder alors à une nouvelle élection.
- Afin qu’ils foient en état de fatisfaire à tout ce qui eft de leur office, ils doivent auffi, par l’Article III, avoir hanté le métier pendant trois années confécuti-ves, à moins que l’éleétion n ait été unanime»
- Le manque de l’une ou l’autre de ces conditions emporteroit de même nullité de l’éleétion, & incapacité à être revêtu de ces offices, ainfi qu’une amende de trois florins d’or, ou la valeur à répartir; un au Prince où à fon Officier, un à la Cité, 6c l’autre au Métier & aux Officiers, pat moitié.
- L Article IV fixe la forme de ces éleétions en préfence des Officiers anciens 8c nouveaux, 6c du Greffier qui en tient regiftre.
- Les Officiers élus prêtent ferment de bien fidèlement & loyalement s acquitter de leur office dans tout ce qui dépendra d’eux, de garder les Chartes 6c Charbon de Terre* IL Part. Rrrr
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- Privilèges du métier , de ne recevoir aucun revenu du métier , Sc de payer en leur habice au profit du métier, trois florins Brabants chaque Gouverneur, deux florins chaque Juré, fans quoi leleétion feroit nulle.
- Pour ôter toute occafion aux procès & aux querelles à naître touchant les contraventions aux Chartes, & touchant les amendes, il eft ordonné par l’Article XXXIV, que fur ces objets les Officiers du métier feront crus fur leur ferment.
- Par l’Article VI, chaque Gouverneur a un département fixé, hors duquel il ne peut avoir voix pour les élections qui fe font pour les autres départements.
- Ce font ces Officiers qui donnent les permiflions, en vertu delquelles on relevé du métier ; leurs droits font fixés pour ces réceptions , ainfi que les droits de relief, au profit du métier, & par l’Article XXV, les Gouverneurs qui ne fe conformeroient point à ces taxes, ou qui les excéderoient, ou les mettroient au-deflous de ce qui eft fixé, encourent une amende de trois florins d’or, & la fomme entière de relief ; & dans le cas où ils ne fe foumettroient pas à l’amende une fois lignifiée par le Clerc, ils font trois jours après, privés irrémifliblement du métier.
- Des differentes Permiffons.
- L’Article XI ordonne que perfonne ne puifle s’immifcer dans le métier, s’il n eft reçu au métier , fous peine d*une amende dé deux florins d’or, à répartir comme ci-devant.
- On diftingue deux fortes de permiflions, celle qui incorpore au métier de Houillerie, & au moyen de laquelle on eft Compagnon du métier, pour les ouvrages tenant à l’art ou au métier, c eft ce qu’on appelle grande Rate ou Raete du metier.
- La permiflion d’exercer les ouvrages qui tiennent à la Houille une fois fortie des bures ; c’eft ce qu’on nomme petite Raete ou Rate du métier.
- Tous ceux qui acquièrent le métier, foit par grande Rate9 foit par petite rate 9 font d’abord tenus par l’Article XXVII, de faire ferment folemnel d’être fideles au Prince, à la Cité, à MM. du Magiftrat & au métier; de procurer autant qu’il eft en eux, le bien & l’avancement du métier, de faire connoître tout ce qui peut lui apporter préjudice, de fe conformer aux Chartes & Privilèges, ainfi qu’aux Réglements qui pourroient avoir lieu par la fuite, & de dénoncer ceux qui uferoient du métier fans avoir fait relief, c’eft-à-dire, fans avoir fotisfaità tout ce qui eft prefcrit par les Chartes.
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- Des Compagnons du métier, ou des Ouvriers qui ont acquis la grande Rate.
- Sous ce nom font renfermés ce que l’on pourroit appeller proprement Owi vriers Houilleurs, & qui ne peuvent s’immifcer d’autre chofe, fans encourir la; mende d’un florin d’or.
- Par F Article VIII, tous Compagnons qui voudront avoir voix fur les affaires du métier & à l’éleélion des Offices, font infcrits le lendemain de la S. Lambert par Je Greffier ou fon Subftitut, afin qu’ils puiflènt être mandés Sc a Semblés au befoin , foit pour chofes concernant la Houillerie , foit pour le cas où il faudroic faire guet pour garde & confervation de la Ville, foit pour la facilité d’être recherchés dans le cas où iis auroient entrepris fur autre métier, &c. (i)
- Conformément aux plus anciens ufiges & privilèges du métier de Houillerie, perfonne ne peut acquérir la grande rate, à moins qu’il ne foit né en légitime mariage,dans la Franchife & Banlieue de Liege : il paye au Receveur vingt florins Brabants, lavoir, la moitié tout de fiiite, & le reftant dans le courant de l’année fuivante ; en outre deux florins aux deux Gouverneurs enfemble, cinq patards Brabants au Greffier pour l’enregiftrement, & autant à l’Huiflîer.
- Pour être reçu, il faut au préalable avoir exercé pendant l’efpace d’un an entier.
- Tout Prétendant au métier qui feroit étranger, demeurant ou non au Pays,' doit d’abord apporter un certificat bien en forme du lieu de là naiflànce & réfi-dence, de fon nom de famille, de bonnes mœurs & de catholicité.
- Quand ces atteftations font jugées valables par les Officiers, & le Sujet dans le cas d’être accepté au métier , les frais confîftent en quarante florins , & outre cela, quatre-vingt florins aux Gouverneurs, Greffier & Huiflier.
- Ceux qui prétendroient ufer du métier fans pouvoir exhiber les chofos requi-fes par l’ufàge, font condamnés à une amende de fix florins d’or, ou la valeur à répartir ; entre le Prince ou fon Officier deux florins, autant à la Cité, autant au bon métier de Houilleur & Officiers par moitié.
- L’Article XV ordonne expreflement que toutes perfonnes qui ne feroient point nées en légitime mariage, payent pour relever du métier ou acquérir la faculté de l’exercer, le double des autres.
- Par l’Article XVII, ceux qui font dans le cas de juftifier qu’ils relèvent du métier par leur pere ou mere, par leurs femmes ou autrement, doivent le faire à leurs dépens par voye judiciaire, ou pardevant les Officiers du métier, en pré-
- (i) Le Réglement de 1684 a changé cette forme ; aux trente-deux Métiers ont été fubftituées leize Chambres qui reprefentent la généralité du -Peuple 3 rcprefentant chacune deux Métiers, <Sc
- dans chacun defquels il doit y avoir trois Arti-fans; parmi eux on dre à tour de rôle un Gouverneur.
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- fence du Greffier, & payer après toute vérification faite, les droits de relief,
- dont leurs prédéceffeurs le fer oient trouve redevables.
- Les Articles XVIII, XIX, XX, XXI, XXII, XXIII & XXIV, ont établi différentes claffes de ceux qui ont appartenu au métier, pour les traiter différemment iur les droits.
- Les fils de Maîtres, nés de légitime mariage, font tenus de payer tous les droits des deux Gouverneurs, deux pots de vin de France ou du Rhin ; au Gref-fier pour fenregiftrement,deux patards & demi de Brabant,& autant au Serviteur,
- Les filles de Maîtres ou leur mari, nés en légitime mariage dans la Cité, Fran-chifo 8c Banlieue de Liege, font tenus, lorfqu ils veulent relever du métier, de payer au profit dudit métier, cinq patards de Brabant ; item aux Gouverneurs en-fomble un ftier de vin, au Greffier pour Tenregiftrement, cinq patards de Brabant , & autant au Serviteur.
- Si ces Prétendants font natifs du Pays ou Comté de Looz, hors la Cité, Fran* chife 8c Banlieue de Liege, ils payent au métier fept patards 8c demi ; item aux Gouverneurs, au Greffier & au Serviteur, comme ci-devant.
- Les maris étrangers des filles de Maîtres, payent au métier dix patards Bra-; bant ; item aux Gouverneurs, au Greffier, & au Serviteur, le double.
- Les veuves des Maîtres du métier, lelquelles foroient nées de légitime mariai ge en la Cité, Franchife 8c Banlieue de Liege, peuvent leur viduité durante , ufer du métier; mais le cas arrivant quelles n’en euffent pas fait relief, ou quelles priffent un fécond mari qui ne feroit pas du métier, ni lun, ni 1 autre ne peuventufor du métier, fous peine d’un florin Brabant d’amende, à répartir comme ci-devant; à moins qu elles ou leur fécond marin’acquierentde nouveau la rate du métier , ou ne faffent nouveau relief ; ce quils peuvent faire en payant audit métier, aux deux Gouverneurs, au Greffier & au Serviteur, les mêmes droits fixés pour ceux qui font nés dans la Franchife & Banlieue : dans le cas où ils feroient natifs du Pays & Comté de Looz, ils payeront pour leur relief quinze patards Brabants au profit du métier ; item aux Gouverneurs, au Greffier & au Serviteur comme d-deflus : dans le cas où ils foroient nés hors du Pays 8c en lé-; gitime mariage, ils payent pour leur relief un florin Brabant aux Gouverneurs ; au Greffier & au Serviteur, le double.
- AJJemblées du Métier de Houillerie*
- Le lendemain de la Saint Lambert, tous Compagnons du métier de Houif* leur prétendant avoir voix à l’éleétion des Officiers, font tenus de fo trouver à la Chambre de la Cour du Charbonnage à huit heures du matin fcnantes à l’hor-; loge de la Cathédrale. v
- Toutes les fois que les Officiers jugent à propos de convoquer une affemblée," les Compagnons avertis par l’Huiffier, font obligés de s’y rendre, à peine
- d’encourir
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- ET DE SES MINES. II. Part. 34^
- d encourir l’amende infligée par les Officiers, proportionnée aux affaires qui obligent de tenir laflemblee.
- Les Officiers du métier encourent eux-mêmes par leur abfence une double amende, à moins quils n’ayent un motif d’excufe légitime , comme maladie , abfence du Pays, &c.
- Le Réglement pourvoit auffi par le même article, à la tranquillité & à la décence qui doit régner dans ces affemblées, & à l’ordre dans lequel on donne fà voix, en commençant par les Officiers en charge, puis les anciens, enfuite les perfonnes qualifiées.
- Ceux qui contreviennent à ces articles du Réglement, ou font difficulté de payer l’amende, font privés de voix Sc ne peuvent être éligibles pendant un an*1
- Petite Rate du métier.
- Acquérir la petite Rate du métier, c’efl: acquérir la permiffion d’entrer en la fofle, de capeller, ou mefurer, de mener la berwette, de charger ou décharger les Houilles, d’en tranfporter à dos ou à cheval, en vendre par hotte , &c.
- Ceux qui font natifs du Pays, & en légitime mariage, payent pour les droits du métier deux florins Brabants, Sc aux Gouverneurs , au Greffier Sc au Servi", teur les mêmes droits que les filles de Maîtres.
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- 20. Police entre les Maures de fojfe, leurs Fournijfeurs, & les Ouvriers Houilleurs*
- Dans tous les travaux de fofle, les Maîtres de fofle, leurs enfants, leurs do* meftiques, font préférés aux étrangers, fans néanmoins que l’Ouvrier étranger puifle être congédié pour être remplacé par ces premiers ; c’efl: une très-ancienne coutume qui a force de Loi, comme aflife fur le droit de l’équité.
- Malgré la fàgeffe des Réglements arrêtés par les différents Corps de l’Etat, Sc dont on vient de donner la teneur, on va voir qu’il reftoit encore des objets intéreflànts, fur lefquels il n’y avoit rien de ftatué : Jean-Théodore donna le 28 Mai 1746, un Mandement qui caraélérife le Prince ami du Peuple, & attentif à détruire les abus préjudiciables au bien public, Sc au bien particulier.
- Par l’Article VII de ce Réglement, il efl: défendu aux Maîtres de fofle de faire aucune avance aux Ouvriers Sc aux Employés, foit en argent ou en mar-chandife ; il n’y auroit que le cas d’une véritable néceflité, où les Maîtres peuvent faire quelque petite avance, qu’ils font libres de retirer de quinzaine à autre , ou de leur lai fier par motif de charité.
- Par l’Article XXVIII des Chartes & Privilèges, il efl: défendu aux Maîtres de fofle de garder un Ouvrier qui auroit quitté un Maître', dont il auroit reçu d avance 1 argent ou la marchandife fur fon travail à venir, Sc qui n auroit point travaillé jufqu’à ce qu’il fût acquitté.
- Charbon de Terre. IL Part.
- S ss s
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- Le Maître de fofle , au fervice duquel l’Ouvrier feroit paffé, étant averti, eft obligé ou de lui donner congé, ou de payer la dette en huitaine, après lignification faite, à peine de deux florins de Brabant.
- Sur ce qu’on s’apperçut de l’abus qui s’étoit introduit dans quelques commerces, ainfi que dans la Houillerie ; que les Maîtres obligeoient leurs Ouvriers de recevoir en paiement des marchandifes ou denrées, qui fouvent leur etoient livrées à un prix au-deffous de leur valeur, ce qui fruftroit les Ouvriers de leur fàlaire légitime; intervint le 22 Mai 1739, Mandement du Prince George-Louis, imprimé, affiché au Perron de Liege au Ion detro mpette , publié & mis en garde de Loi le 23 Mai fuivant, portant défenfes aux Maîtres de Houillerie & autres , de payer leurs Ouvriers autrement qu’en argent, fous peine d’une amende de dix florins d’or pour la première fois, de vingt pour la fécondé, & de la privation ipfo facto de la Bourgeoifie & du Métier au cas de récidive.
- Ce Mandement, diélé par l’elprit d’humanité & de protection envers les Ouvriers, a été renouvellé plufieurs fois.
- Des Journées des Ouvriers , & de tordre établi pour les contenir dans leur devoir.
- Par l’Article I, du Réglement émané du Prince Jean-Théodore, tous les Employés aux. folles doivent être payés régulièrement par les Maîtres, de quinzaine en quinzaine, fans qu’il fbit permis de leur rien déduire, ni retenir fur leur làlaire.
- Par l’Article II, leurs journées doivent être payées fur un pied fixe & uniforme par-tout dans un même quartier, afin d’éviter les tranfmigrations des Ouvriers d’un Maître à un autre ; l’inexécution de cet article emporte une amende de dix florins d’or, applicable pour la moitié à l’Officier du lieu, & l’autre au dénonciateur.
- Cet article ne peut pas être obfervé bien régulièrement ; on conçoit que les journées d’Ouvriers peuvent ou doivent augmenter félon qu’il y a difette ou abondance d’Ouvriers; cependant il y a fur cela un taux courant qui s’obferve, lorfque les Ouvriers travaillent comme on dit, à lapaelle, c’eft-à-tfire, lorfqu’ils lavent chacun en particulier la tâche qu’ils ont à faire.
- Quelquefois aufli ils fe relayent de fix en fix heures, & alors ils gagnent tous également & travaillent pèle mêle, en en exceptant néanmoins le Maître Ouvrier , le Chargeur de fely, le Foreur & le Chargeur au bure, qui ne font jamais employés chacun à d’autre fervice.
- Le Maître Ouvrier gagne une journée appellée Saler, c eft-à-dire, quatorze florins, ou dix-fept livres dix fois de France tous les quinze jours, quand bien même il n’auroit pu travailler qu’une partie de ce temps aux petites foffes aux bras.
- Le Wade-foflè a fes gages particuliers.
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- E T D E SES MINES. II. Part. 347
- Le Maître Ouvrier ne gagne par jour qu’un fol de plus que les autres ; mais tous les quinze jours il a trente lois de furplus.
- Les Stanfeurs, les Boiffeurs , les Foreurs, n’ont que leur fimple jour-née.
- Celle des Xhaveurs le paye par choque.
- Les Chargeurs au bure , les Ripafïeurs, gagnent journée & tiers ; mais les premiers font tenus de découvrir le Bougnou , & de le recouvrir toutes les fois qu’on veut xhorrer les eaux du bure.
- Les Chargeurs de Sely gagnent communément une journée & tiers, c’eft-à* dire, que fi la journée étoit de dix-huit fols, ils auroient une livre quatre fols.
- Le défaut d’exaélitude dans le paiement des Ouvriers , eft la feule caufe quî leur foit tolérée de faire arrêter les travaux ; ce qui s’appelle mettre la main au chief; plus communément cependant on dit, mettre la main h la chaîne pour faire ceffer les ouvrages.
- Il étoit réfervé à un bon Prince tel que Jean-Théodore, de delcendre juf* qu’aux petits embarras qui pepvent empêcher les Ouvriers de gagner leur vie , afin d’obvier à ce que les dettes des Ouvriers ne portent de préjudice aux Maîtres de folTe Sc à l’utilité publique, par les oppofitions que des Créanciers pourroient faire au làlaire journalier des employés, qui pour lors manqueraient de liibfiftan-ce, ou feroient détournés des ouvrages ; il eft décidé par l’Article VIII, que cette paye ne peut être arrêtée qu’à la concurrence de deux efcalins par chaque quinzaine.
- Par 1 Article III, tous les Ouvriers & Employés doivent s’acquitter exactement làns refus ni délai de leur devoir, fans pouvoir rien exiger au-delà de leur journée fixée & réglée ; fans pouvoir non plus demander plus de chandelles que ce qu’il en faut précifément pour leur journée ; ils ne peuvent de même exiger de chauffage pour leur ulàge particulier, devant fe contenter de la Houille & du Charbon indilpenfàblement néceflaire aux beloins journaliers des folTes.
- Dans le cas où ces Ouvriers congédiés pour caufe légitime ou de défobéiflànce ou autres, feroient convaincus d’avoir fait aucune menace aux Maîtres, il eft enjoint à tous Officiers de les pourfuivre en toute rigueur de Juftice.
- Par l’Article XVII, aucun Ouvrier ou Employé aux folles , ne peut quitter l’ouvrage fans en avoir préalablement averti le Maître Ouvrier ou les Maîtres de folle quatre jours auparavant*, & ce, fous peine de perdre là quinzaine.
- Par l’Article XXXIII, toute perlonne du métier qui conlpireroit ou feroit affemblée contre le bien public ou celui du métier, ou qui donneroit conleil , ou mettroit empêchement contraire aux Ordonnances de la Cité ou aux Chartes du metier, encourt l’amende de trois florins d’or.
- Par 1 Article XVI du Mandement de Jean-Théodore, tout Ouvrier qui fait fetoyer lesjoffes fans incommodité ou maladie duement vérifiée, eft relponlàble envers les Maîtres du dommage qu’il aura caulé.
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- Faire fêter ou fêtoyer la foffe, fignifie refufer le travail.
- Les Ouvriers ont recours à ce moyen lorfqu ils ont quelque mécontentement ou qu ils veulent faire tort aux ouvrages, ou faire augmenter le prix de leur journée : le lignai de cette mutinerie eft de mettre la main à la chaîne.
- Il y a encore une autre maniéré de cabaler dans les mêmes vues, elle s’appelle bouter le cochet ou le cochetay : c eft un des Hiercheurs qui commence en prenant un morceau de Houille qu’il donne à Ion voifin, lequel le donne a un autre jufqu’à ce que de main en main, il ait pafîe au dernier ; alors tous les Ouvriers , qui font dans les voyes fouterraines quittent leur ouvrage, fans quoi ils courent les rifques d’être maltraités par ceux de leurs camarades qui ont formé le complot.
- On juge combien eft grave cette émeute : par l’Article V du Mandement du Prince Jean-Théodore, les Ouvriers ou Employés coupables de cette rébellion font traités comme féditieux ; & outre l’amende ils font contraints par Juftice à tous frais, dommages & intérêts envers les Maîtres.
- Les Officiers des diftriéls où arrivent ces cabales, font obligés de châtier en toute rigueur les délinquants, comme brouillons & féditieux, & de rendre les peres & les meres relponfables de leurs enfants envers les Maîtres.
- Ces mutins font en même temps déclarés incapables pour aucun ouvrage, & d’aucun emploi, jufqu’à ce qu’ils ayent fàtisfait au contenu de l’Article V, qui défend à tous Maîtres de leur donner de l’ouvrage, fous peine d’amende, & à peine d’en répondre en leur propre & privé nom, & d’être contraints par les mêmes voyes au paiement de l’amende.
- Afin d’ôter aux Hiercheurs toute occafion de commettre cette faute fous prétexte de laftîtude, l’Article XIV leur permet defe repofer au befoin, chacun à leur tour la dixième partie d’entr’eux.
- Par l’Article XVIII, il eft défendu aux Hiercheurs de chercher prétexte à faire fêtoyer la folle en demandant d’être deux Hiercheurs, ayant la diftance réglée & ufitée de onze toifes de fept pieds de pourchafîè , à peine de répondre eux-mêmes, ou par leurs peres & meres , des frais qu’ils auront caufés.
- Articles de Police en faveur des differents Fourniffeursï
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- Les Chartes & Privilèges du métier, ont aulfi établi la fureté de ceux qui ont fait des fournitures relatives aux ouvrages de foffe, comme bois, chandelles , &c. L’ Article XXXII a pourvu , de la maniéré qui a été dite page 3yo, à la fidélité de leur paiement ; mais un Record de MM. les Echevins, en datte du 16 Juillet 1705) , a développé cet article , lu jet à plufieurs conteftations : les Articles I & II de ce Record, déclarent qu’un Marchand qui a livré des mar-chandifes à une fociété de Maîtres, peut citer la Société entière après avoir reçu une partie de la dette d’un des Maîtres à qui elle avoit été aflîgnée , pourvu que
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- Ce Marchand fe foie mis en réglé vis-à-vis de ce dernier avant le terme de fix mois,
- Tous les Maîtres deviennent débiteurs envers un fourniffieur de chofes né^ ceflaires aux travaux, de maniéré que ce Marchand qui a délivré où bois , ou chandelle, ou autre chofè * n eft pas obligé de s’en tenir au Maître fur lequel il eft ajlallé, mais peut avoir recours fur tous , dans le cas où il s’en trouverait un qui 11e ferait pas folvable ; cela devient une dette de la généralité de la fbciété * dont l’acquit eft divifé par les proportions des parts que chaque Maître a dans la folle.
- Il eft jugé par le IIIe Article, qu’un Marchand qui a fait compte avec l’un oü l’autre des Maîtres de folfe * n’eft pas réputé avoir renoncé à l’obligation foli-* daire.
- Par l’Article IV il eft de droit qu’un Marchand qui à donné quittance à un des Maîtres pour fà part, n’eft réputé avoir divifé fà dette qu’autant que l'afli» gnataire eût exprimé dans fa quittance que fon intention * en acceptant la part du débiteur ajlallé, eft de le libérer des autres parts.
- Par l’Article V, l’obligation de la Société envers le Marchand étant foli-daire, la Société ne peut fe décharger de cette obligation, qu’en donnant au Marchand fcédule ou ajlallé, fans que celui-ci foît obligé de la demander, 8c la Société n’eft pas obligée par cette aftalle envers le Marchand : par l’Article XXXII des Chartes & Priviieg es , la Société eft entièrement libérée, fi le Mar-; chand laiffe écouler fix mois à compter de la datte de la jcédule ou de t ajlallé f fans fe mettre en réglé contre le Maître ajlallé.
- 30. Police de vente ou de commerce de Houillei
- Aux manoeuvres intelligentes, à l’aide defquelles les Liégeois tirent parti dé cette production de leur terre, fuccede ün genre d’occupation qui donne encore, un travail & un falaire ; c eft la circulation de ce foffile dans l’intérieur du Pays*' & l’exportation d’un fupernu très-abondant de cette même matière.
- Ce que nous avons dit page 20 de l’Avant-propos* & page 84 de là premiers Partie, donnëà juger de la quantité prodigieufe de Houille qui fe débite,tant pour i’Etranger que pour les différentes Provinces de Liège. Il y a déjà plufieufs fiecles que ce Pays riche en lui-même par une grande indépendance où il eft de fes voifins pour le plus grand nombre de fes befoins, tirait des fommes confidérables de la vente de ce foffile (1). Guiccardin faifoit monter très-haut le revenu qué produifoit ce qui en paffoit chez l’Etranger ( 2 ).
- Par-tout ailleurs, un trafic de cette Conféquence ferait là matière d’un Codé
- (1) Qiiadragmta îauri rédeunt mihi mïllia in annô,
- De Carbone atro quem mea mittit humus. Carol. Langn, Augufta Éburonum Leodicurii.
- (2) Scd & forâs quotannis pretio nimirum Centeno-
- Charbon de Terre. IL Part,
- riim millium Scutatorumr L* Guïc. Epîfcopat. Léo-diens. Vid. de Leodienfi Republicâ Auftores praè-cipuè, Ed. Marc. Zuerius, Boxhorilius, AmfteleM dami, apud Joan. Janfonnium , 1633*
- , T11%
- c
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- 350 DU CHARBON DE TERRE
- economique & politique, qui eût embraffé dans une vafte perfpe&ive l^g moyens de protéger, de conferver un négoce d’un auffi grand rapport : la chofe n’a pas été âpperçue de cette façon dans les Loix de Liege; la première inclination laborieufe qui a fçu amener du fond de la terre à la foperficie tout ce Charbon , les figes Réglements dont j’ai donné la teneur, 8c par lefquels on a eu en vue d’écarter tout ce qui pouvoit apporter du découragement, du retard dans ces travaux, font prefque les fouis foutiens de ce commerce ; il a été uniquement jugé néceflaire de pourvoir à ce qu’il y eût pour tout le monde une parfaite égalité dans la facilité à fe défaire de fon Charbon , 8c que ce commerce fût exercé loyalement.
- Les Commiffàires prépofés fous la protedion des Seigneurs Bourgmeftres & Confeil, à la rédadion des Chartes & Privilèges du métier, ont pourvu à cette derniere partie de la Houillerie dans les points eftentiels, 3c le Prince Jean-Théodore dans fon Réglement que nous avons déjà cité, a confirmé quelques-uns de ces articles en y en ajoutant de nouveaux.
- Ils vont être expofés ici, après que nous aurons dit un mot des Offices de Houillerie, 8c des différentes mefures de ventes.
- Offices de Houillerie, ou Offices dune fojje.
- Dans la coutume de Liege on comprend fous ce titre quelques emplois relatifs aux principales opérations de Houillerie, dont les uns appartiennent aux ouvrages fouterrains, & les autres regardent les travaux qui s’exécutent à la fo-perfide : le premier emploi eft celui de Maître Ouvrier , chargé de la conduite des travaux intérieurs, & qui pour cela, a fous lui les Ouvriers employés à ces opérations.
- Le fécond eft le Boutteur de Rule , ainfi nommé d’une mefiire appellée Rule voyez page 213, dont il fe fort pour mefurer les journées des Xkaveurs & Coupeurs fur lefquels il a l’infpedion.
- Les emplois relatifs à la fuperficie font ceux dont font chargés en particulier le Garde-foffie 3c le Maréchal, que nous avons rangés parmi les Ouvriers y page 212 : la difpofition de chacun de ces Offices appartient à ÏArenier • on pourroic mettre au nombre de ces Offices de la fùperficie, celui du Garde-magajîn, ou Receveur, appellé auflî Maqullaire.
- Nous ne parlerons ici que de l’Office du premier emploi, nommé Wardage, Comptage. Cet Office qui tire fa première dénomination du Wade-foffie ou Garde* foffi par qui il eft exercé , eft auffi défigné par la foconde qualification, parce qu’outre les fondions qu’il remplit vis-à-vis des Ouvriers, voye^page 212 9 Sc pour lefquelles il eft logé auprès de la fofle , il eft en même temps l’homme de la fociété des Maîtres, d’où on l’appelle le Compteur ; c’eft lui qui tient un état des Houilles 3c Charbons qu’on vient acheter dans les paires.
- Il eft auffi chargé de faire les comptes entre les Maîtres de foffe, voye^pag*
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- 326 : rArticle XXXII des Chartes & Privilèges, le tient quitte, ainfï que la Société des Maîtres, vis-à-vis des Marchands qui auroient fourni de la marchant dife ou quelqu’ouvrage pour les folles & autres travaux , & qui auroienC tardé fix mois à recouvrer ce qui leur eft dû pour leur fourniture ; de maniéré que pafle ce terme, il ne peut rien être demandé à la Société par affignation ou autrement. \
- L’ufàge dans quelques endroits, eft de donner au Compteur un panier de Houille fur quinze ; mais ce panier nommé panier du compte, eft un tort pour le Terrageur, Sc n’eft pas de droit ordinaire. M. de Louvrex confeille de ftipulet fur ce point, afin d’éviter toute difcuffion.
- Il y a outre cela, l’Ouvrier Trayeur ou Compteur pour le Terrageur, voye£ page 323; cet Ouvrier paroît ne devoir pas être confondu avec le Compteur, dont la charge eft Office.
- Mefures de Houille & Charbon»
- Les différents coffres ou paniers dans lefquels on enleve au jour les Houilles & Charbons, voye^page 22$ Sc 22 5, prennent différents noms lorfque les Déchargeurs reçoivent ces vaifïeaux.
- S’il appartient à une grande fofîe Sc s’il en revient rempli de pure Houille, il s’appelle Panier.
- Quand ce qu’il rapporte eft mi - parti Houille Sc Charbon, on le nomme une Coufade ; lorfqu’il n’eft chargé que de fimples Charbons ou de beaucoup de Fouailles, il eft défigné par le nom de Pelée.
- Ainfi ils difent nous faifons par jour tant de paniers ou tant de coufades, ou tant de pelées.
- Dans les petites fofîes que l’on appelle fojfes aux bras y ce que l’on nomme pq* niers eft nommé un Gros ; la coufade eft nommée Hourdée, la pelée eft un Piffard.
- Tous font compris indifféremment fous le nom général de Trait : nous faifons par jour, difent les Ouvriers, tant de traits , foit paniers y coufades , pelées y Scc.
- Lorfque les Mines font aifées Sc peu profondes, on peut tirer d’une fofîe depuis quarante jufqu’à quatre-vingt traits de Charbon, Sc même davantage par jour.
- La Houille le détaille par paniers, par tas ou par mefure.
- Dans quelques parties du Pays, la Houille fè vend au poids, d’une mefure de cent-vingt, cent-trente livres, appellée Gongue ou Gangue.
- La Gongue de groffe Houille, poids de deux cents livres prife à la Houilliere,' fe vend une livre de Liege, ou une livre cinq fols de France.
- Les Officiers chargés de préfider au mefurage, {ont appellés Jaugeurs de me* Jure ou Mefureurs, & leur fonélion de mefiirer fe nomme dans le langage de
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- 3*a BU CHARBON DE TERRE
- Houillerie capeler : c’eft la Chambre de S. Hubert qui conféré ces Offices.
- Dans la Ville , le Charbon 8c la Houille fe vendent toujours par tombereau, qui contient vingt berwettes de l’efpece de celles qui font pleines , voye[ PL XIX, d’ou ces berwettes font appellées Mejures ; elles reviennent à peu-près au bichet ou au quart de France.
- Le long de la Meufe on l’appelle Charrie, ou voiture évaluée de quarante à cinquante mefures, le tout de quatre mille pelant, ou a deux grands tombereaux qui reviennent au Bourgeois, tout frais faits, depuis huit jufqu à neuf livres de üege, ce qui feroit onze livres de France : il y a auflî des demi-charrées.
- Le Charbon delà plus foible qualité , appellé à Liege Thiroulley Teroulle ,
- ( H°y* page* 8 r de la première Partie ), eft à plus bas prix : la melure fur le lieu ne revient qu’à lix liards.
- Articles de Police concernant le commerce.
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- L’importance de mettre des entraves à la monopole, d’empêcher qu’un Maître de foffiè ne renchérifle la marchandife mal-à-propos , ou ne veuille fe rendre maître dans Ion canton, a excité la vigilance du Prince Jean-Théodore. Par l’Article XI du Réglement émané de ce Prince * le a8 Mai 1746 , il n efl: point libre de faire hieroher à cope ou à voye , par rapport aux frais qu’entraîne ce hierchage, & au prix plus haut que le Public feroit par-là obligé de payer fon chauffage 1 il efl: férieufèment défendu à tous Maîtres de foffe, de le permettre, 8c aux Chargeurs ou autres Ouvriers de lé pratiquer, à peine dê cent écus d’amende : veut & ordonne le Prince, que tous les Hiercheurs grands & petits s’attelent enfemble lorfque le pendage & la fituation des veines le requerront.
- Par l’Article XIII, efl ftatué que lorfqu’il fera nécelîàire de mettre des petits Hiercheurs avec des grands , ils travailleront enfemble d'un bout à l’autre, fans qu’il foit permis d’aller à la voie, ce qui ne feroit qu’au préjudice des petits Hier* cheurs, qui trop fatigués, fè trouveraient forcés dé bouter le cochet ou le ca« chetay.
- Par l’Article XXXI, des Charrtes & Privilèges, tout Charetiers, toutes Ber-' wettrelTes ou Bottereffes, qui en portant des Houilles des folles ou des paires * en détourneroient quelque chofe ; les hommes font condamnés pour la première fois à l’amende d’un florin Brabant, outre la reftitution ; à deux florins pour la fécondé fois, & à la privation irrémiffible du métier ; & les femmes à la moitié de cette amende.
- L’Article XIX du Mandement , défend d’envoyer à la rencontre des Payfans ou Voituriers qui viennent chercher dés Houilles & Charbons ; les Maî-! très qui s’attireroient par cette voye les Marchands, ou en décriant le Charbon des autres, encourent une amende de dix florins d’or pour l’un 8c l’autre cas.
- Par
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- E T DE SES MINES. II. Part.
- Par rÀrticle XXIX des Chartes Sc Privilèges , les Maîtres de fofle convaincus de fraude dans la livraifon des Houilles vendues par paniers, ou par tas, ou par mefure, ou qui en retiendront Sc recèleront la moindre chofe, font condamnes à reftitution Sc à une amende de trois florins d'or pour la première fois, à fix pour la fécondé, Sc à deftitution irrémiffible du métier.
- Par l'Article XXX, les Maîtres de fofle aux bras qui ne livreront pas fîdele * ment, encourent les mêmes peines : toute la Houille arrivant hors du bure doit être livrée dans tout ce que comporte le trait aux acheteurs ; les Maîtres de fofle , Maquilaires, Commis, Receveurs & autres Employés qui feroient convaincus de s'en être approprié ou d’en avoir détourné, vendu ou diflîpé d'une façon quelconque , encourent, par l'Article XX du Réglement du Prince Jean-Théodore, une amende de dix florins d’or pour la première fois, vingt florins pour la récidive , & en même temps la privation de Bourgeoille Sc de tout métier.
- ARTICLE SEPTIEME.
- De Tutilité de la Houille dans le pays de Liege.
- La richeffe du pays de Liege en Mines de fer d'une qualité fupérieure à celle qui fe remarque dans celui de tous les Pays qui Favoifinent ; la quantité confî-dérable de Forges & Fourneaux à fer, ne font pas les feuls articles qui rendent à cette Principauté le Charbon de terre important. Les prodiges de l'induftrie ac* coutumés à éclore du fein de la néceflîté, prennent ici leur fource, non-feulement dans l’aélivité, dans la dilpofition laborieufe ; mais encore dans le génie : l'utilité de cette produétion eft fentie dans l'intérieur des ménages; elle s'étend au befoin le plus eflentiel, en ce qu'il eft de toute néceflîté. On fait que plufieurs Pays trouvent dans ce fofllle, tel que la nature le préfente, un feu dont la chaleur fupplée abfolument à celle du bois à brûler pour les ufages domeftiques : les Habitants de quelques Pays, conduits par des vues raifonnables d'œconomie , ménagent la matière première , en l'empâtant avec des terres grafles avant de la brûler au feu ; il paroît que cette impaftation eft connue des Chinois : quelques-uns parmi le peuple broy ent le Moui (c’eft ainfi qu'à Peking on appelle le Charbon de terre, ) qui fe tire depuis quatre mille ans des montagnes des provinces de Chen-fi, de Chan-fi, & de Pe-che-li, à deux lieues de cette Ville J en mouillant la poudre & la mettant comme en pain(i) cela fùppojfè un amalgame pour faire corps.
- L'induftrie des Liégeois, auffi féconde Sc aufli variée que le fol dont le Ciel les favorife, n'a pas peu ajouté au mérite de ce chauffage ; la maniéré dont on emploie dans ce Pays le Charbon de terre pour ce fèul objet, réunit à la fois tous
- (i) Nouvelle Relation de la Chine par le Pere Gabriel Magalhaens* Hiftoire generale des Voyages, Tome VI, p. 486.
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- Charbon de Terre. II. Paru
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- 3^4 BU CHARBON DE TERRE les avantages que Ton peut délirer dans une matière combuftible; les principaux font d’augmenter la durée de l’inflammation & de i’ignition, de corriger l’odeur, de confommer une moindre quantité de Houille que fi on l’employoit fans mélange , de la rendre d’un ufàge auffi commode que peu difpendieux. Celui qu’en font généralement les riches comme les pauvres, eft une preuve de la perfeétion de la méthode Liégeoifo.
- Elle confifte à mêler la Houille avec une terre grade ; à la bien corroyer, 8c a en faire à la main , ou dans des formes, des pelottes, que les Liégeois nomment hochets.
- Cette façon eft ufitée en Angleterre dans le Comté de Pembrock ; elle eft connue en gros à Briançon dans le Dauphiné , où on s’en fert pour le chauffage des Troupes dans les corps-de-garde : les pauvres de Rive de Gier dans le Lyon-nois, en ont une idée, quoiqu’ils ne fo doutent pas de la chofe ; le Hainaut François a adopté pour fes Charbons, la préparation Liégeoifo, avec les différences relatives au local.
- Dans ces deux derniers endroits , où elle eft généralement ufitée, il n’eft point dans la populace, d’homme , de femme ou d’enfant , qui n’y réuflifle toujours également fur le Charbon du Pays.
- A Liege, une Bottereffe une fois inftruite de quel bure vient la Houille qu’on lui donne à mettre en hochets, ne manque pas de les faire bien conditionnés i il fembleroit d’après cela, qu’il y ait peu de chofo à dire for une fabrication de cette nature, Sc que pour l’exécuter dans d’autres Pays, il fufîiroit de foivre à la lettre ce qu’on auroit vu obforver ailleurs : c’eft une erreur dans laquelle on eft tombé en publiant dans l’année 1770, (comme je vais publier la méthode ufitée à Liege ) le procédé foivi dans le Hainaut François, communiqué par un Particulier : il n’en eft pas moins à propos de faire remarquer, & «il fora facile de s’en convaincre dans la Seélion IVe de cette fécondé Partie, que ces deforip-tions ne peuvent former une connoifïànce réelle Sc utile. L’Auteur d’une fem-blable defoription, lorfqu’il viendroit à l’exécuter avec le plus grand foin Sc la plus fcrupuleufo précifion à Paris, en Auvergne, en Forez, ne tarderoit pas lui-même à la reconnoître fautive ou incomplètte ; Sc ceux qui voudroient fo conformer à la méthode, douteroient fort, en ne réuffiflant point, de l’attention & de l’exaélitude qu’auroit apporté dans fon examen celui dont ils tiendroient le
- La texture variée que l’on obforve dans ce foffile fortant de la Mine, & qui dans quelques efpeces fo reconnoît mieux lorfqu’elles ont paffé au feu, annonce que de tous ces différents Charbons, les uns peuvent Sc doivent être regardés comme plus ou moins propres que les autres à donner un feu d’une qua-, lité différente, comme on le voit dans les Charbons de bois, avec lefquels il ne foroit pas impoffible de les mettre en comparaifon.
- En effet, cette maniéré d’apprêter le Charbon de terre, pour en obtenir un
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- ET DE SES 'MINES. II. i>AriT; ^
- chauffage qui acquière des avantages que na point celui de la même matière brûlée pure ou brute, doit être réglée fur plufieurs circonftances qui demandent à être éclaircies, relatives à la qualité, à l’efpece de Charbon que Ton veut ou que Ton efl: à portée d’employer, & qui préfente un nombre confidérable de différences à juger, à fixer au préalable.
- Il luit de-là, que cette pratique fi familière dans deux Pays très-voifins de nous, comporte dans fà fimplicité des connoiflânces préliminaires , particuliérement celle du Charbon de terre du Pays où l’on fè trouve : je ne fais pas difficulté d’en dire autant de toutes les tentatives pour faire des Charbons torréfiés, nommés par les Angiois Coaks, & ceux qu’ils appellent cenders ; un fuccès ob-* tenu dans un endroit , ne rendra pas la chofe plus facile & plus allurée ailleurs , tant qu’on ne connoîtra que le procédé pur & fimple.
- Dans la quatrième Seélion qui fera particuliérement employée à éclaircir toutes les matières de Houillerie,traitées fur les principes de quelque Pays,je donnerai fur l’objet dont il s’agit, des renfeignements fi exaéts, que ce procédé pourra être regardé comme entièrement connu & facile à être exécuté par-tout avec fuccès : quant à préfent, je vais donner uniquement la méthode de Liege.
- Méthode d'apprêter 1e Charbon de terre pour le chauffage , dans le pays de Liege»
- Lorfqu’on travaille une veine de Houille dans la Mine, ou ne peut, à moins que cette veine ne fe defpieffe facilement en menus, comme il s’en trouve, dé-* tacher ni enlever de gros quartiers, quil ne s’en fépare en même temps une grande quantité en pouffier ou en éclats d’un volume allez peu confidérable pour pouvoir facilement être ramaffés à la main ou à la pelle ; ce ne font que ces débris qui font deftinés au chauffage, & fiir-tout une partie à laquelle on fait fùbir la préparation dont je vais parler après en avoir donné une idée générale.
- Elle confifte à en retrancher autant que faire fe peut les gangues Sc triguts qui fe trouvent mêlés inévitablement, ainfi que les pouxteures : les premières pouroient éclater dans le feu, s’élancer dans l’appartement, & inquiéter ; les pouxteures donnent, comme on doit fe le rappeller, de l’odeur & de la fumée vraiment défàgréable; elles font pour le feu de Houille, ce que les Allemands nomment dans les Charbons de bois brandy & les François fumerons.
- On en fépare aufli les gros morceaux de Houille, afin de n’avoir plus que ce qu’il y a de plus menu, appellé fouage ou delfouaye, qui n’a befoin pour être achevé d’être réduit encore en groffe pouffiere, que de pieds d’homme ou de ceux des chevaux5, félon la nature des Charbons que l’on veut mettre en hochetst
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- 3fi DU CHARBON DE TERRE
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- Préparation en grand des Houilles & Terroules pour le chauffage.
- Une ou plufieurs charrées de Houille, félon la provifion qu’on délire , amaf-fée dans un endroit commode , eft remuée avec des pelles de fer dans tout le tour du tas, de maniéré qu’on rapporte perpétuellement en haut ce qui fe trouve au pied de la pile.
- Ce remuage en fépare naturellement ce que l’on veut en retrancher , fur-tout les morceaux allez gros, qui ne pouvant relier fur une furface en pente, tombent toujours au bas de la pile; les morceaux les plus gros, approchant de la tête d’un enfant ou des deux poings, font nommés roulans, ou par corruption roi-lans ; les morceaux d’une moyenne grolfeur, comme d’un œuf ou d’une noix y font appellés Kauchetays. A mefiire que tous ces différents morceaux tombent, les Ouvriers qui font le remuage les éloignent de la pile pour être mis de côté y devant être employés féparément dans le feu, comme on le dira tout-à-l heure;
- Tout le tas remué à plufieurs reprifes, de maniéré que la pile ne refie plus formée que delfouaye, qui eft propre à fiibir la préparation; on écarte avec la pelle ce qui forme le haut de la pile pour y former un creux, dans lequel on doit jetter de l’eau & de la dielle ou de Variée ; la première eft nommée glaife ; la fécondé fé trouve de deux efpeces, une fàbleufè 8c une grafle ; la dielle ou tardée ont d’abord été mêlées avec l’eau, de détrempées autant qu’il a été poffible.
- Le degré auquel on doit la tremper, c’eft-à-dire, la quantité d’eau qu’on doit lui donner, différé félon les Charbons que l’on a à empâter.
- Le mélange de dielle ou deft auffi dans des proportions relatives à la qualité du Charbon que l’on employé ; quelquefois il faut la moitié ou les deux tiers d’ar^ée , d’autrefois le quart fuffit : la quantité ordinaire eft d’une hottée fur quarante mefures de Houille ; plus le Charbon eft gras, plus il faut de dielle ou d’ar^ee ; il en demande en général une plus grande quantité que le Charbon maigre ou la Houille maigre ; fi c’eft une Houille de cette derniere efpece, on met jufqu’à douze parties de dielle.
- La dielle ou l’arme détrempées convenablement, ou l’eau ajoutée avec la dielle à h fouaye, il s’agit de mêler le tout enfemble.
- Pour cela on commence par retourner ce tas fens delïus-delïous avec les mêmes pelles; comme elles font de fer, elles font très-commodes pour manier toute cette malle à volonté, la labourer & brifer les morceaux qui paroîtroient encore un peu gros; lorfqu’ona bien reffalfé de cette façon tout le tas, les Ouvriers marchent delfus en appuyant fortement à diverfes reprifes les pieds fur cette malle, écrafànt tant qu’ils peuvent tout le menu ; de temps à autre ils l’arrofent â la main félon qu’ils jugent que cette maffe à befoin de plus d’eau, jufqu’à ce que le tout falle un feul ;corps, & forme une efpece de mortier bien lié, qu’ils bêchent de temps en temps avec un marteau à pointe, pour le refouler de nouveau fous leurs pieds. Cette
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- ET DE SES MINES. ÎI. Pauïç 3^7
- Cette manœuvre eft .ordinairement l’emploi des Botterejfes, qui, chauffées <Je gros fouliers, 8c les mains appuyées fur leurs dos, piétinent ce tas : cette manœuvre s’appelle tripler les hochets ; elle reflemble à ce que l’on voit faire dans la préparation de la tuile aux Ouvriers qu’on appelle Mar choix. _
- Dans les Communautés , comme il faut un grand approvifionnement , cette ' derniere opération s’exécute autrement ; un homme monté fur un cheval, en tenant quelquefois un fécond par la bride, les fait paffer tous deux fur cette mafTe, les y promene autant de temps qu’il le faut pour que ce mélange foie exaét.
- Plus la mafte eft paîtrie,plus les parties fe rapprochent, & forment un moitiés: ferme 8c pefant : on reconnoît que le tout eft bien mêlé iorfqu’il eft confondu à ne repréfenter qu’une même matière, dans laquelle on ne reconnoît plus de dielle ni &ar[ée9 qui ont pris la teinte du Charbon, 8c que le tout lonne fous les pieds comme fi l’on marchoit fur de gros graviers ; alors on en fait des boulets 8c ordinairement des hochets : il y a deux maniérés pour cela*
- On paîtrit cette pâte avec la main en la ferrant de nouveau, & on lui donne . une forme à peu-près ovale, du volume que peut embrafler la main ; l’autre façon produit des hochets 81 \m volume double: la lettre A, VL XXXII, qui en repréfente un gros, 8c la lettre x, PL XXXIII, qui repréfente le moule dont on fe fert, donnent une idée de la forme 8c du moule 8c du hochet. Ces moules appellés lunettes, font de fer; ils ont dix pouces de circonférence, fur deux de hauteur, 8c font plus ouvert d’un côté que d’un autre. Voici comme on les emploie.
- Des Ouvriers agenouillés autour de la mafTe toute préparée , munis chacun d’une lunette qu’ils ont d’abord trempée dans l’eau, pour que la pâte puiilè fortin de la forme lorfqu’ils veulent, attirent avec la lunette qu’ils tiennent d’une main } 8c dont ils fe fervent dans ce moment comme d’une truelle, autant de cette pâte qu’elle peut en contenir ; elle s’en remplit par la partie oppofée à celle qui regarde la main de l’Ouvrier ; ils en reprennent encore de l’autre main, & en rem-pliflent la lunette par l’ouverture qui les regarde, la frappent fortement avec les deux mains pour quelle foit bien enta/fée, de maniéré que communément il y a toujours une partie de cette pâte qui excede l’ouverture de la lunette.
- Quelque pénible que foit cette manœuvre, à laquelle les Liégeôis n’emploient que les mains, elle s’exécute avec tant de promptitude, que la plupart des Metteurs en moule font environ cent quatre-vingt hochets en un quart d’heure.
- Dès ce moment, ces hochets de houille peuvent être employés au chauffage ; fi on veut les garder en provifion, on les laiffe étendus à terre, on les retourne au-bout de quelques heures pour qu’ils fe fechent; dans les grandes chaleurs, douze heures fuffifent pour les fécher ; en d’autre temps il faut trois jours.
- En deux jours de temps, quatre femmes occupées depuis le matin jufqu’au Charbon de Terre. U. Part. X xxx
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- 3.$g DU CHARBON DE TERRE
- foir, moyennant un falaire très-modique, font dans la faifon de l’été , îa pro-vifion de l’année d’une maifon bourgeoife, pour trois feux par jour.
- On les porte enfuite où on doit les ferrer ; on a la précaution alors de jetter fur chaque lit de hochets de la Iciure de bois, afin qu’ils ne fe collent pas en-femble.
- Préparation de la Terroule.
- La Terroule (i) fe prépare comme la fouaye, c eft-à-dire, qu’on la fbumet au même remuage, & à un mélange avec de la dielle ; il n’y a de différence que dans la proportion de cette terre qui doit y entrer ; cet alliage n’y eft pas uniquement pour lier la terroule, il eft encore néceflaire pour retarder facombuA tion, & fi on n’y mettoit qu’autant de dielle qu’il en faut pour lier la terroule , elle fe confommeroit trop promptement.
- Néanmoins, quoique la terroule demande plus de dielle ou d’arzée que la Houille, ou le Charbon proprement dit, la quantité qu’il en faut eft encore différente felo-n la terroule qu’on employé ; fi elle eft de l’efpece la plus forte , on met une mefure de dielle fur cinq de terroule , & une del fouaye ; fi c’eft une terroule ordinaire foible, on n’ajoute que la fixieme partie d’arzée ; celle pour les chauffrettes, nommée fine 8c douce , voyez pag. 81 , n’en de* mande prefque pas.
- La terroule ne fe forme point en hochets, mais en boulets, paîtris avec les mains ; on les fait fauter d’une main à l’autre jufqu’à ce que la maffe fe foutienne, 8c on leur donne la figure ovale dont j’ai parlé page 3 j1 r.
- On a foin de choifîr une belle journée pour former ces pelottes de terroule , afin de les faire fécher au foleil, de maniéré quelles retiennent le moins qu’il fe peut d’humidité; faute de quoi, elles feconfbmmeroient fans rendre prefque de chaleur ; ce qui n’eft pas la même chofè pour les hochets de Houille.
- Méthode de fie fiervir des Houilles Ù* Terroules pour le chauffage.
- Le Charbon de terre fubftitué au bois pour tous les ufàges domeftiques auxquels 011 applique le feu, fe comporte d’une maniéré particulière dans toutes les cir* confiances relatives à ce combuftible ; il ne s’arrange point, ne fe gouverne point comme le bois : nous allons donc confidérer ces différences dans tous leurs articles , fous lefquels feront compris les uftenfiles qui fiippléent aux chenets pour le bois que l’on veut brûler , les particularités qui ont rapport*aux cheminées, 8c ce qu’on appelle communément les garnitures de jeux.
- (1) Nous parlons ici de la Terroule, ainlï nommée par les Houilleurs Liégeois, & que Ton a vu Se&. IX, Art. V de la première Partie, n’ê-
- tre qu’un Charbon de l’efpece la plus foible f qui préfente encore beaucoup de différences, cQtfii me on le voit par celle qu’on nomme douce*
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- ET D E SES MINES. II. pARîV
- ÎÎ9
- Des Porte-feux y nommés à Liège Fers à feu,
- On juge d’abord que le Charbon de terre employé brut où en hochets, au chauffage ou autre ufàge pour lequel on a befoin de feu, doit être contenu Sc foutenu dans quelqu’uftenfile, de maniéré que ce feu puiffe s’y allumer, s’y entretenir fans fe déranger, Sc fur-tout de maniéré que l’air ait une aétion libre fur les Charbons, & que les cendres, à mefure qu’elles fe forment & qu’elles fè féparent, n’éteignent & n’étouffent point le feu.
- L’uftenfile deftiné à cet ulàge, c’eft-à-dire, à favorifer fa combuftion par laîr, peut être regardé comme une efpece de coffret, cage ou corbeille , qui contient tout le feu arrangé; on penfe bien qu’il peut y en avoir de différents, quant à la forme Sc aux ornements ; il en eft de même des accompagnements qui font relatifs aux ufàges auxquels le feu eft deftiné , outre le chauffage ; la cheminée n°. 3 & la Figure 4, Planche XXXI, en font voir la conftruélion générale quî eft efïentielle. Pour ce qui eft de la grandeur de ces cages, elle doit de même varier fans contredit , félon la grandeur de l’appartement ou de la che* minée.
- La Figure $ repréfente les détails d’un fer à feu commun, vu de face en A y Sc vu de côté en a> contre une maçonnerie de brique c, établie comme on le voit en C, Fig. 6 y à l’endroit où il eft d’ufage pour toute efpece de feu de placer une plaque de fonte , afin de garantir le contre-cœur de la cheminée.
- En B eft une potence tournante, faifànt l’office de broche , au moyen qu’elle peut tourner de bout, & préfenter au feu la piece de rôti que l’on fufpend à fon bras B ; cette même partie fert aufli au befoin de fupport à un gril b9 vu en place fur le bras de la potence.
- Je rejette la defeription de la muraille de briques à l’article des cheminées, comme vraie garniture de l’âtre , Sc je yais toute de fuite faire connoître ce quî dépend du grillage. Quant à la difpofition qu’on doit donner au feu, c’eft-à-dire , à l’arrangement des hochets ; cet article conftitue un point qui n’eft indifférent ni pour le chauffage qu’on veut fe proc^er, ni pour l’économie qu’on veut y apporter à fon gré.
- Des feux de Douille ; maniéré de les difpofer dans les cheminées*
- On commence par garnir le fond du fer à feu de morceaux de hochets neufs,’ & de hochets de la veille à plufieurs doigts de hauteur ; ce premier lit arrangé * on place au milieu quelques morceaux de menu bois allumés, ou un petit tifon en état de flamber ; on recharge le fer de morceaux de hochets vieux Sc neufs , entremêles de roulans ou Houille brute, afin d’animer le feu Sc de lui donner de la force ; on continue d emplir le fer à feu de cette maniéré.
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- 36o du charbon de terre
- Sur toute cette pile on place , félon le feu plus ou moins grand que Ion veut avoir, une, deux, trois rangées de hochets entiers 8c couchés en travers fur le côté, ce qui en emploie quatre, cinq ou fix dans les grands fers à feu.
- On a foin de les entremêler auffi de roulans, en plus ou moins grande quantité, félon le temps plus ou moins froid.
- On peut au lieu de ces hochets neufs, couvrir le tout de krahays de la veille. T^oye^ pag. 78.
- Les morceaux de Charbon de terre, ou bruts ou apprêtés, ainfi arrangés dans le fer à feu, offrent à la vue une forte d’édifice élevé en monticule ; les parties qui le compofent, doivent être amaffées adroitement, de maniéré que la flamme de très-peu de menu bois qu’on allume dans le centre, puifle fe porter librement par-tout, & que l’air puifle y circuler de même ; pour y réuflir•, il faut fur-tout avoir attention que les morceaux de Charbon ne foient pas trop entafles : car alors le feu ne les attaque point ; on perd fon temps, & tout le bois qu’on vou-droit employer ; le Charbon de terre fe gonfle, il fe colle de toute part ; le paflàge de l’air , la communication du feu font interceptés,» la flamme efi étouffée ; fi c’eft un Charbon qui a de l’odeur, elle fe fait fentir davantage , & il s’en exhale une vapeur qui peut affeéler les perfonnes qui ne font pas accoutumées à ce feu.
- Ce n’eft pas autrement que par ce manque détention ou par défaut d’a-drefle dans l’arrangement, que cette méthode , reçue dans quantité de Pays, paroît au premier coup d’œil devoir être fiflée 8c rejettée ; mais c’eft à tort : vous pouvez fans peine reconnoître que cette difficulté que vous éprouvez en allumant lé feu, ce retard à fentir de la chaleur, font accidentels : fùfpendez votre jugement, & ne renoncez point à la partie ; prenez la verge de fer pointue^", PL XXXIII, plongez-Ia dans le centre du porte-feu en foulevant toute cette pile mal arrangée , en feparant toutes ces pièces trop ferrées les unes contre les autres ; à l’inftant tous ces morceaux deviennent la proie de la flamme ; le feu que vous défefperiez de voir briller, gagne, s’étend par-tout, l’embrafement de toute cette mafle produit un coup-d’œil récréatif par les formes, les couleurs, la marche 8c le progrès du feu & de la flamme : ici, ce font des rhombes qui s’élèvent avec rapidité, des tourbillons de différentes figures, des bouillons impétueux ; là, les flammes repréfentent des nappes, des ruilfeaux ; le feu enchaîné dans quelques morceaux, lance des éclairs, des étincelles agréables; enfin , le porte-? feu embrafé dans toute fon étendue, repréfente une montagne enflammée, dont la chaleur furpafle toute autre efpece de feu d’un pareil volume par fà durée, fà continuité;, fon égalité , & par la maniéré dont la chaleur fe propage.
- Ce n’eft pas où fe borne le mérite de ce chauffage; le feu en eft d’une durée remarquable , 8c peut fe gouverner de maniéré à prolonger encore à volonté cet avantage.
- Maniéré
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- Maniéré de conduire, d*entretenir (b* de renouvell&r le feu lorfque les hochets
- ont produit la plus grande partie de leur effet.
- Ce feu, tel qu’il vient d’être décrit, fe conferve fans qu’on y touche : chaque hochet entier ou brifé devenant un tifon qui tient long-temps le feu, & renvoie plus ou moins de chaleur, jufqu’à ce qu’il foit entièrement réduit en cendres. On n’a communément befoin de le renouveller que deux fois par jour dans les temps ordinaires, jufqu’à trois fois , lorfqu’il fait un grand froid, tant dans les appartements que l’on veut chauffer, que dans les cuifines.
- L’attention qu’il faut avoir de temps en temps, c’eft de fecouer un peu avec la pincette le fer à feu, pour en faire tomber toutes les cendres qui feroient restées fur les tringles de fer ou fur les krahays9 qui empêcheroient le feu d’aller, en mettant obftacle au courant d’air.
- Du refte, il n’eft plus néceflàire, & au contraire cefèroit déranger le feu, que de détifer ou attifer : les tifbnneurs n’ont pas beau jeu ; en récompenfe, ce feu tranquille doit plaire à d’autres ; il refte pour amufèment de féparer des cendres qui font tombées dans le cendrier, les krahays qui ont pafle au travers des tringles du fond, Sc que l’on remet tant qu’on veut fur le feu î le rateau ou la pincette dont on fe fert pour cela, PL XXXIII, feront décrits à leur place, ainfi que le fourgonnier, qui font les feules garnitures qui paroiflent indifpenfàbles pour ce chauffage.
- Quand le feu eft bien en train , on peut ( afin qu’il ne fe confume pas trop vite, ou qu’il n’échauffe point trop la piece, ) jetter défîus avec une pelle, de la menue Houille, appellée fouaye, qu’on a trempée avec un peu d’eau ; cela s’appelle mettre au feu del fouaye.
- On tire auffi parti de la teroulle en l’employant à cet ufàge.
- Lorfque le feu a befoin d’être renouvellé, on fecoue tout le fer à feu pour que les cendres en tombent ; on arrange de nouveau tous les krahais reftant avec des hochets neufs y comme on avoit fait la première fois qu’on avoit allumé le feu, & on emporte les cendres.
- E eux de Teroulle.
- Ceux-ci fe font de la même maniéré que les feux de Houille ; on doit feulement favoir qu’ils ne conviennent pas pour les cuifines, & que c’eft uniquement pour les appartements.
- Les feux de teroulle doivent être élevés fur une petite grille de fer battu ou coulé , dont les bandes doivent être barrées, de maniéré à former des ouvertures quarrées ; comme la teroulle eft d’une qualité bien inférieure à celle de toutes les autres Houilles & Charbons , elle a moins befoin d’air, & doit être moins Charbon de Terre. IL Part. Yyyjr
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- jgi du cbJrëon dè Terre
- élevée que les feux de Houille chaude ; la grille doit être montée fur quatre pieds de deux pouces de hauteur.
- Le feu étant dreffé, on le laiflè allumer jufqu’au degré de chaleur qu on veut donner à la piece ; puis on prend de la cendre réduite en pâte avec de 1 eau, on en jette fur le feu, de maniéré à l’en couvrir entièrement, en ne laiflant en haut qu’une très-petite ouverture, afin de lui donner de 1 air.
- Ce feu ainfi arrangé, ne fe confirme pas trop promptement, & dure jufqu a vingt-quatre heures , en chauffant joliment & jufqu’à rendre encore de la chaleur le matin quand on vient refaire le feu ; les hochets de teroulle ont cet agrément , que lorfqu ils font bien^allumés, ils ne donnent pas plus d’odeur que la braife de Boulanger ; mais ils font comme toutes les Houilles maigres, plus de cendre que les Houilles grades.
- Ce chauffage eft très-bon & très-avantageux pour la modicité du prix qu’il coûte ; les plus grandes maifons qui s’en fervent pour les pièces où l’on fe tient, n’en confument que deux cents ou deux cents cinquante mefùres.
- Les boulets de teroulle pour les chauffrettes, avant d’y être placés, s allument au feu; il n’y faut plus toucher enfuite ; trois fuffifent, & leur chaleur fe foutient une journée ; ils s’achètent tout allumés un liard piece*
- Feux de Poêles.
- Pour échauffer un appartement avec un poêle, on n’emploie point de hochets de Houille grafle, parce que non-feulement ils donneroient une chaleur trop forte, mais encore qu’ils pourroient faire éclater le poêle.
- On peut bien pour mettre le feu en train, y faire entrer d’abord quelques hochets de Houille grade ; mais il n’y faut enfiiite employer que des hochets de Houille maigre ou de teroulle, comme ils l’appellent.
- Dans le Marquilàt de Franchimont où fe trouve une vraie teroulle d’une qualité différente de celle des environs de Lîege, cette teroulle s’emploie dans les poêles, au lieu qu’à Liege ils ne fe fervent que du Charbon de l’efpece la plus foible, qu’ils comprennent indiftinélement fous le nom de Teroulle ou 77-roule.
- Ce chauffage ne demande de différence dans les poêles, qu’à l’égard de leur ouverture qui doit être relative au fèrvice de ce feu.
- La maniéré d’y arranger les hochets, confifte à les difpofer dans le poêle, de façon qu’ils forment une pyramide formée en pain de fucre, élevée à un pied de hauteur fiir le devant ; pour cela on met dans le poêle un gril qui a un rebord fur le devant ; on éleve ce gril de quatre à cinq doigts , de maniéré qu’on puifle aifément tirer les cendres hors du poêle ; il eft encore poffible de fe paffer de gril; on croifê quelques morceaux de bois fec les uns fur les autres ; dès qu’ils ont pris feu & qu’ils commencent à brûler , on arrange les hochets en les croifint. ^ans les trop écarter, ni les trop approcher, de maniéré que la flamme puifle fe promener librement par-tout,
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- ET DE SES MINES. Il Pak?. 56^3
- Ces feux durent ordinairement douze ou quinze heures, fans quil foitnécef-îàire d’y toucher
- Non-feulement on réuffit par ces procédés à prolonger la durée du feu de Houille ; mais on parvient encore à en confommer une moindre quantité qu’on n’auroit fait fi on l’eût brûlé feul dans l’état qu’on le tire de la Mine : ce réfui* tat de l’impaftation de la Houille avec la terre grafte, fera expliqué dans la dernière Se 61 ion.
- Par ce moyen économique, deux cents livres pefànt de Houille fuffifent pour huit à dix feux dans une maifon pour toute l’année.
- Il y a des maifons bourgeoifes, qui pour le feu de leur chambre, & pour leur cuifine, ne conformaient dans leur année que quatre charrées de Houille.
- Les plus fortes maifons n’en conformaient pour le chauffage & pour les autres befoins du ménage, que dix à douze charrées.
- Un petit ménage qui n’a qu’un feu allumé depuis le matin jufqu’à dix ou onze heures du foir, confomme à peu-près deux charrées de Houille, coûtant d’achat, tranfport, dielle ou ar^ée & façon, environ quinze livres de France, félon l’auge mentation ou la diminution des prix relatifs au charroyage.
- Des Cheminées et appartements*
- Ces hochets de Houille ou de teroulle, propres à faire un très-bon & très-* beau feu, demandent, pour qu'il fe foutienne également, pour que la chaleur augmente & que la dépenfe foit diminuée, une conftruétion particulière des cheminées.
- Cette conftruéHon eft encore différente, félon qu’il s’agit ou de chauffer une piece de compagnie , ou de donner du feu pour la cuifine, ou de chauffer un appartement , & y faire en même temps une petite cuifine.
- A quelqu’objet qu’elles foient deftinées, elles ont toutes ceci de commun , qu au contre-cœur eft adoffé un bâtis de brique, maçonné avec de la glaife, à laquelle on mêle un cinquième de fiente de cheval ou du mortier ; ce muray C, Fig. 6, PL XXXI, eft pour défendre de la grande chaleur le mur contre lequel portera le fer à feu ; il a encore cet avantage, qu’il prend lui-même la chaleur jufqu à rougir, laconferve long-temps, & la renvoie dans la chambre.
- Les briques fe mettent les unes fur les autres, tantôt de queue, c’eft-à-dire à plat, tantôt de face, c’eft-à-dire, de côté, de maniéré quelles forment en avant fur le foyer une petite muraille d’une brique Sc demie ou deux d’épaif-feur, formant cinq pouces d’épais, un pied en travers, deux pieds en longueur, d un pied ou dix pouces de hauteur fur la partie qui ferme le fer à feu, & d uft pouce & demi fur le derrière.
- L epaifleur que 1 on donne à ce muray, eft en raifon de la profondeur du fer à
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- feu ; moins il y a de briques, plus il faut de chauffage.
- Les briques qui occupent le haut de ce muray Ce, Fig. 6 , font po~ fées de maniéré quelles font inclinées du côté de l’âtre , ce qui augmente la capacité de l’efpece de corbeille à laquelle il fert d’appui, & rejette en meme temps les cendres en dedans, ainfi que les hochets à mefure qu’ils s affàiilent en le confomant.
- Les cheminées qui fe voient dans le pays de Liege font en général de deux efpeces.
- 1°. Cheminées en chapelle.
- Ces fortes de cheminées, appellées fans doute ainfi, à raifon du dedans & du dehors fait en ziCyfornixy caméra, font repréfentées Fig. I, 2,3,4, y, Planché XXX.
- Dans la Figure r , le foyer eft prefqu’élevé à la hauteur du trumeau, & peu éloigné des jambages.
- La grille qui eft de même hauteur que lé muray, eft élevée du niveau du carteaü de douze pouces fix lignes; elle a un pouce quarré.
- Entre le foyer & la hauteur d’appui du grillage, eft une traverfe efpacée jufte entre les deux.
- Le foyer n’a qu’un chaffis de trois barreaux , efpacés les uns des autres de deux pouces à deux pouces & demi.
- Les grillages en élévation peuvent être à barreaux droits , comme on le voit dans la figure 2 ; mais il fembleroit qu il y auroit plus d’avantage à les placer en longueur, étânt par-là plus propres à retenir les hochets réduits à un volume qui leur permettroit de tomber hors du fer à feu, dont les barres feroient pofées perpendiculairement.
- Dans la derniere efpece de cheminée à chapelle, Fig. 3, le grillage fur lequel eft pofé le feu , eft compofé de fîx traverfes de fer de même épaiffeur que les autres, dont quatre de face, deux de retour, de maniéré qu’il n’y a que la première traverfe de devant qui eft fcellée dans le jambage ; les barres font espacées de quinze à feize lignes , ou de trois pouces environ, ou de quatre polices , ou de deux bons pouces.
- Le muray eft d’environ trois pouces for la moitié de la largeur.
- 2°. Cheminées en œil de bœuf.
- Celles-ci, Fig. C, 7, prennent leur nom de l'ouverture ronde du foyer; elles font élevées de feize pouces du niveau dii plancher ; la traverfo du cendrier a fix pouces fix lignes ; dans l’intervalle des deux font des ornements en for chantournés , formant balcons. A la cheminée, Fig. 7, on a réfervé un coin de l’âtre , dans lequel la chaleur fe communique pour un pot au feu caché par la petite porte M* 30. Cheminées
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- 3°. Cheminées a deux ufages.
- Pour les petits ménages dont une même piece fert à la fois de piece de com* pagnie, de falle-à-manger & de cuifine, ainfi que chez les Marchands, on dit* pofe l’âtre comme on le voit à la Fig. i, PL XXXI, dans la cheminée Fig. i , deffinée dans fa hauteur & dans fa largeur, depuis le pavé jufqu’au plancher ; le haut de f ouverture de deflous le manteau eft muni en D , d’une platine de cuivre poli, fervant à renvoyer la fumée; le bas eft de marbre avec des moulures de cuivre tant autour du foyer qu’autour des fourneaux, appelléspotagers, placés lun à droite, l’autre à gauche EE, pour y faire un pot-au-feu ou autrechofe fans déparer la chambre, comme dans la cheminée en œil de bœuf, Fig. 7, PL XXX.
- Les fourneaux pour ragoûts & poêlons, s’allument avec des krahays ; mais il faut que ce foit des krahays de Houille maigre, ceux de Houille graflè donne-roient trop de chaleur.
- A la Figure 2, on voit le plan d’une cheminée dans ce même genre , ouverte fur les côtés & garnie en fayence, & des moulures en cuivre.
- En O, eft une cheville de fer, dont on ne peut voir ici que le bouton en cuivre , qui fert à retirer cette cheville, à laquelle on attache une ficelle pour rôtir une piece de viande.
- La Figure 3 repréfènte une autre cheminée de ce genre, avec des petits apports de fer en profil, en plan & en face, fur lefquels on place caffetieres, bouih lotes ou autres petits uftenfiles que l’on veut faire réchauffer.
- Des Cheminées de cuifine.
- Pour cet objet on emploie quelquefois la TerouÜe ou Houille foible de Liege ; mais ayant moins d’aétivité que la Houille forte, les viandes s’y cuifent plus lentement, & il faut plus de temps.
- L’avantage du feu de Houille pour la cuifine, eft de chauffer de par-tout, foit de côté, comme on l’a vu PL XXXI, foit en face, foit en delîus ; fufpendant. une grande partie de la batterie de cuifine, comme on le voit PL XXXII, où l’on voit Fig. 1 & 2, deux cheminées pour cuifines de grande Communauté, 8c une pour cuifine de Seigneur ou de grand hôtel, defîînée Fig. 3 , en perfpeélive & en plan géométral, Fig. ÿ , en obfervant que l’échelle de la Planche XXXII i eft une fois plus grande que celle de la Planche XXXI, pour une plus grande gence.
- On y voit au côté du feu de chaque cheminée, un potager dont un en profil, FΣm 4 > laquelle repréfente aufïi le profil du fer à feu & du potager, recevant la chaleur par 1 ouverture quarrée, celui du manteau de la cheminée Fig, 1, le plan ou la largeur 8c épaiffeur de la barre qui porte la crémaillère, & qui peut fe Charbon de Terre. II. Paru Zzzz
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- reculer à volonté fur les barreaux de fer : on y a pendu une chaîne faifant en tout l’office de crémaillère, & un fer tournant fur un clou à tête a, pour rôtir quelques menues pièces.
- La Figure 3 repréfente une grande cheminée, pour y faire, fi l’on veut, un grand feu avec potagers, & une grande marmite fur le côté, afin d’avoir de l’eau chaude en tout temps.
- Outre l’efpece de crémaillère qui s’étend dans la largeur de la cheminée dont on va détailler les différentes pièces & ufàges, il s’en trouve à un des côtés une particulière, en potence tournante fur fon pied' dans un pivot, & arrêtée de même dans le haut ; elle eft ornée en figure de poilfon : la branche qui va regagner fon extrémité, eft garnie d’ornements auxquels on peut accrocher une bouillote , un coquemar & d’autres petits uftenfiles de ménage, qui s’entretiennent chauds au feu.
- La Figure 5 repréfente l’élévation du fer à feu de cette cheminée 3, avec les potagers ; les barres de fer y font pofées félon l’ufàge dans une fituation perpendiculaire en b. 1
- L’étendue du fer à feu eft diminuée, & le feu reflerré à volonté, par un grillage en fer ccccc, Fig. j, mobile dans toute la longueur du fer à feu, de façon que le feu fe porte d’un côté ou d’un autre , félon l’idée ou le befbin qui exige que le feu foit en plein ou à moitié.
- Ce grillage eft vu dans fes plans, dans fès profils & dans les élévar tions.
- En dy \tfer àfeu a fes barres pofées horilbntalement.
- Garnitures, Fers de feux , ou Ufienfiles de cheminées.
- L’ordre des chofes exige de diftinguer ici les uftenfiles des cheminées d’appartement & ceux de cuifine ; on en a compofé la Planche XXXIII.
- Les premiers confiftent d’abord en une petite caillé ou efpece de petit bac-quet pour porter la Houille & les hochets dont on doit compofer le feu, ou remporter les cendres ; on en fait de plus ou moins fimples ou élégants : cette boîte aaaaytiQ va jamais fans un marteau b, pour cafter les Houilles*>, & hochets xx9 lorfque cela eft néceffaire pour l’arrangement du feu.
- Les pincettes de cabinet, ou pinces à feu c, deftinées aux appartements ; font à charnières & terminées en cuilleron, pour ramafler commodément les braifbns bu ikrahais 'fl, qui s’échappent avec les cendres.
- La pelle à feu d9 nommée Valette, pour ramafler les cendres, Sec.
- Le Rateau e, nommé à Liege Raf9 & dans le Limbourg Graiteux, pour fe-parer les krahais des cendres, & les faire rentrer dans le feu pour achever de s’y confumer.
- fy Broche de fer pointue emmanchée, nommée en François Fergony à Valen-
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- tiennes Tifonnier, au pays de Limbourg Fourgon, pour écarter les hochets les uns des autres quand ils n’ont pas affez d’air , & faciliter l’embrafement en changeant leur pofition dans le fer a feu.
- Les feux de cuifine demandent les mêmes uftenfiles que ceux qui viennent d’êtro décrits, différents feulement en ce quils font plus grands, comme la pelle A ; les râteaux , dont une efpece B 1, pour attirer les hochets & les changer de place, & deux de différente grandeur B %, B 3, femblables aux rateaux de cheminée d’appartement : tous ces fers, excepté la pince C, ne différent de ces derniers qu*en ce que la poignée eft recourbée pour pouvoir être fufpendus à la barre de fer que l’on voit dans les cheminées 1,2,3, tinfi <lue tous ^es uften“' files néceffaires pour faire la cuifine.
- Le garde<endre E, efpece de Raf, pour amener les cendres des grandes cuifines.
- La principale piece d’une grande cheminée de cuifine eft ce grand & fort barreau de fer rond à fes extrémités, & chaffé dans le mur mitoyen ou dans le mur de refend. ( Voy. Fig, 1,2,3, PL XXXII*
- La Planche XXXIII, en fait voir de deux efpeces , n°. 1,2 , avec leurs gonds, & les différentes maniérés dont ces barres font encadrées dans la muraille*
- A cette barre de fer s’attachent les chaînes 2,2, forvant de crémaillère qui peuvent jouer for toute la longueur de ces barreaux de fer 1, r ; cette chaîne eft terminée à chaque extrémité par un crochet, repréfenté à part en ££, & au moyen duquel elle peut être raccourcie, foit en haut, foit en bas , & auquel on fofpend tout ce que l’on veut, plus ou moins élevé au-deflus du feu, au moyen des crochets 1, 2, ou anfes à charnière, plus ou moins ouvert, félon l’uftenfile qu’on y attache.
- Les membres ou anneaux de la chaîne doivent être ronds, afin qu’ils ne s’ufent pas au même endroit.
- Les autres pièces repréfentêes dans cette Planche XXXIII, font un gril dant ordinaire, n°. 3 , qui fe fofpend aux chaînes.
- 4. Demi-cercle de fer qui fe fofpend à la chaîne, & terminé dans fon diamètre par une bafe en étrier, de maniéré que l’on peut y pofèr un poêlon, une cafle-* rôle ou autre vaiffeau de ce genre, comme C, lequel peut auffi s’accrocher.
- A la cheminée Fig. 2, PL XXXII, on en voit un d’une autre forme.
- 5 5. Deux differents trépieds for lefquels on affiedla lèchefrite, un plat, un poêlon, &c.
- Lorfqu’on ne veut pas faire une grande cuifine, ton fopplée à cet attirail de chaîne & de pièces qui doivent s’y adapter, félon les yaifleaux dont on a befbin, par la crémaillère n°» 3, en potence tournante, plus fimple que celle qui eft en place dans la cheminée 2 , PL XXXII , au moyen de laquelle on éloigne ou on rapproche du feu à difcrétion la piece à rôtir.
- Un autre uftenfile moins compofé encore, eft fo fer tournant /z°. y, fixé au
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- manteau de la cheminée par un gros clou ou par une vis, afin d’y attacher une ficelle, à laquelle on fufperid la piece que l’on veut faire rôtir, comme elle fe voit en y, PL XXXII, Fig. 4.
- 6. Eft une platine de fer, qui fe place derrière la piece qu’on rôtit, pour renvoyer la chaleur.
- L’extradlion ou exploitation du Charbon de terre, fon commerce & fon emploi , font les trois points de vue fous lefquels je me fois propofé d’envilàger ce foffile : le pays de Liege a été le champ qui en tout m’a fourni le plus de matière; on fefera certainement apperçu que for l’exploitation j’aihafardé d’encourir le reproche de prolixité. Le fojet tout-à-fait neuf m’a déterminé à pafier par-, deflus cette crainte. Quoique d’ailleurs je n’aie rien épargné pour épuifer la matière , ceux auxquels elle n’eft point étrangère, reconnoîtront que cette pratique toute développée dans fes différents points, ne forme encore pour les perfonnes qui n’en ont aucune idée, qu’une théorie très-incomplette, fofceptible dans mille occafions de variations & d’obfervations : il a été difficile de n’en point laiffèr écha-per quelques-unes dignes d’attention ; je les réparerai dans la Table des matières, que l’on peut regarder comme un petit fopplément, dans lequel je renfermerai des correétions & des additions pour toute cette fécondé Partie. Avant de faire connoître le même fojet en Angleterre & en France, je vais m’arrêter au voifi-nage du pays de Liege, où il fe trouve quelques circonftances remarquables {ht le même objet que j’ai traité.
- Pays £OutrczMeufe, Comté de Dalem.
- Cette partie du Limbourg qui confine au pays de Liege, m avoir paru, pour les Mines de Charbon qui s’y exploitent , d’une très-petite conféquence £ en comparaifon de celles de Liege , d’Aix-la-Chapelle & autres que je vifitois alors ; il n’eft queftion dans la première P artie de mon Ouvrage, de ce Pays , quant à cet objet, qu’à l’occafion de la teroulle du Limbourg, page 87, & de la Houillierede S. Hertogenrode , en François, Rodede-D uc ou Rolduc, page 102^ La rencontre que j’ai faite à Paris du fiéur Hubert Firket, natif de Dalem , qui a conduit très-long temps les Houillieres de ce territoire ; & dont j’avois entendu parler comme d’un homme très-expert en ce genre , n’a pu être pour moi une rencontre indifférente ; ^négliger l’occafion quelle me préfontoit d’acquérir de nouvelles connoiflànces for le fojet que je me fuis engagé de traiter dans toute l’étendue qu’il me feroit poffible , eût été manquer à l’Académie & au Pu-i blic, qui ont au moins for mon zele & fur ma bonne volonté, des droits que je refpeéle.
- Mes vues ont été à cet égard pleinement fatisfaites ; j’ai été à portée de fré-'
- quenter le fieur Firket ; de fon côté il s’eft prêté vis-à-vis de moi, aux entretiens
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- tretîens que j’ai déliré avoir avec lui fur fexploitation des Mines de Charbon & for celles de Dalem, dont je n’ai pris par moi-même aucune connoiflànce.
- Le langage de Houillerie dans ces Mines, différé en beaucoup de chofes de celui qui m’eft le plus familier, celui des Houilleurs Liégeois , quoique bien voiflns ; mais cette difficulté n’a point été auffi grande qu’elle auroit pu l’être ; le heur Firket a une facilité naturelle à s’expliquer clairement & en termes convenables : à cet avantage, rare dans les perfonnes qui ont exercé toutes les parties du métier de Houilleur, 8c dont il eft redevable à la première éducation qui a été cultivée , cet Etranger joint effentiellement une expérience encore plus rare; je ne dis pas cette expérience du Forgeron, qui s’acquiert par un long ufage, mais cette expérience appuyée for le génie de la chofe, guidée par le jugement, qui, déplus, fait rendre raifon des pratique* à adopter ou à rejetter félon les divers cas, félon le local, &c. & je crois rendre fervice aux compagnies chargées en France de l’entreprife de ces Mines, de leur indiquer cet Etranger comme capable de donner des lumières for les meilleures maniérés de conduire une exploitation ; auffi ai-je mis à profit mes liaifons avec le fieur Firket, pour tous les matériaux que j’avois déjà affemblé concernant le pays de Liege : le détail qui va foivre pour le pays de Dalem, eft entièrement le réfoltat des con-verlàtions que nous avons eues enfemble.
- Les Ouvriers ou Employés dans les Houillieres de Dalem, font le Wade-foffe, qui mefore les Houilles arrivées amont, comme ils difent, c’eft-à-dire, au jour: dans les petites foffes, il reçoit l’argent.
- Le Rawhieu qui fupplée au Maréchal, pour les outils, former leur pointe, les* raccommoder, &c.
- Le Maître O vry.
- y Le Feu de voye, ou Faifeur de Voyes»
- Les O vry de Teie, ou Ouvriers à la taille qui xhavent & defpiefïent la Mine , pouffent le Charbon derrière eux quand le pendage eft plat, & le laiffent tomber fous eux quand on monte une Raie.
- Les Bouteux ju qui boutent en bas les Houilles & Charbons, & les con-duifent dans la voye pour y être chargés.
- Le Guieteüy petit garçon qui conduit les paniers au haut du torret, empêche qu’ils ne s’approchent des mahires , Sc que les chiefs ou chaînes ne fe mêlent en montant.
- Le Torleu chargé de faire agir le tour qui enleve le panier du fond du torret, & d’accrocher le panier aux côtoies.
- Les RetroJJeux qui reprennent la Houille apportée au paire , 8c la mettent en tas.
- A;
- CHARBOH de Terre. II. Tan.
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- BV CHARBON DE TERRE
- Ouvrages ou Bois de Charpenterie employés pour U étançonnage & autres
- travaux fouterrains.
- 11 Architecture fouterraine des Mines en charpenterie, eft, comme on le penfe bien, par-tout la même, quant aux réglés ; mais le langage du métier y eft particulier , comme il arrive dans tout les pays. Le but que je me fuis propole de rendre mon Ouvrage utile dans le plus d’endroits poflible, en donnant la clef du langage (i), me détermine à faire connoître ici les différentes maniérés ufitées à Dalem, pour défigner les principales pièces de charpenterie qui entrent dans les ouvrages des Houillieres.
- L’étançonnage qui accompagne la fouille d’un bure, s’exécute au moyen d’un bâtis de bois en forme de cage quarrée, qui s’encaiffe dans la foife ; fà grandeur eft proportionnée à celle de la profondeur du bure.
- Quand ce bâtis eft encailfé en entier dans le bure, il s’appelle joxhlé, lès longs côtés fe nomment longs membres,!es plus courts font nommés courts membres; les quatre montants qui tiennent les deux joxhlé l’une à l’autre, s’appellent pof-felays.
- Le tout eft refîerré par des fpringues de trois ou quatre pieds de long environ, placés derrière, félon que les joxhlé font éloignées les unes des autres.
- Sous le nom de fpringues ou flips, on comprend tous morceaux de bois employés à foutenir la terre ou pierre : on dit fpringueler pour lignifier afiurer , reffèrrer.
- Quand ces pièces de bois font arrangées en forme ovale, pour fervir d’aflife à un mur de maçonnerie, on les appelle chames.
- Lorfque la joxhlé n eft pas complette en forme quarrée, on l’appelle faujfe
- Les creux pratiqués pour recevoir un bout de madrier d’étai, portent différents noms : on appelle pottey l’excavation dans laquelle on affujettit d’abord le pied du bois d’étançonnage ; l’entaillement qui fe fait enfuite dans la partie oppofée , pour recevoir l’autre extrémité de ce bois , le nomme lauje.
- Les pièces de bois pour arrêter & ferrer la pofe des madriers contre le toit, s’appellent auflî différemment félon les circonftances.
- Une forte cale d’un demi-pied ou plus de longueur , 8c d’un pouce & demi d’épaiffeur, chaffée à plat, entre la tête du madrier & du toît, fe nomme une bayle9
- Au lieu de cette cale , on emboîte fous la main , dans un poteau, une piece beaucoup plus longue & plus folide , qui fe chaffe comme la bayle\ c’eft ce qu’on nomme clige ; elle fe place au toît en différents fens, félon la fente que l’on veut étayer.
- ?
- (i) Voyez
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- Quand il y a'des réparations à faire dans quelqu endroit, on y conftruit avec de gros bois placés les uns auprès des autres, un plancher fur lequel fOuvrier travaille en afîurance : c’eft ce qu’on appelle Poly,
- Les bâtis de bois en maniéré de portes, deftinés à foutenir les voyes, & qui n’ont point de traverfe en bas, fe nomment Poittes.
- Les poteaux affis de plomb , qu’ils difent être fur la main, s’appellent jambes de Poittes.
- Ceux placés en travers , au-deftus de la poitte & qui foutiennent les pierres dans ce fens, font nommés tyeffes ou têtes de poittes
- Dans une Teiey ou les triguts ne font pas furEfànts pour appuyer le toit, on eft obligé de placer trois ou quatre pièces de bois, arrangées en triangle , ou en quarré, ou autrement, à certaine diftance l’une de l’autre, félon l’idée de l’Ouvrier,& l’intervalle de ces bois eft,au défaut de planches,rempli avec des triguts ; ce ftappe eft appellé trok del teie, ou troc de taille.
- Les bois arrangés le long d’une voye que l’on pourchaffe deiïus la main, & for lefquels on fait les murrays de ftappe, fe nomment Bois de roue. *
- Ceux qu’on relie par le haut avec une clige, pour foutenir une cope, ou une autrejdéfeéluofité du toit, fe nomment Bois de rotte a clige.
- Mettre au fond de la voye les cliprous, ou bois for lefquels traînent les paniers, s’appelle clipuer.
- Le terrein qui renferme les Mines de Charbon, de Houfe au Comté de Dalem, & de Sarrolay, terre libre tout au voifinage, offre des particularités dignes de remarque dans les fobftances qui accompagnent ou qui avoifment le Charbon : je vais les paffer en revue, conformément au plan que j’ai foivi, toutes les fois que cela m’a été poffible.
- Détails particuliers fur les Mines de Charbon de H ouf & de Sarrolay.
- La fouille de Sarrolay fait voir fous la terre franche , une couche déargille, quelquefois enfuite un lit de fable, puis du bècheux, ou une terre quelquefois caillouteufe, & fous le véritable bécheux de la pierre morte, qu’on appelle mort agay, fous lequel vient le toît du Charbon*
- On y appelle agay , la première pierre non-formée qui fe rencontre à lafoper-ficie ; lorfqu’elle eft bien avant en terre, elle eft plus dure dans cette partie qui forme l’enveloppe des veines.
- Je n’ai pas manqué de faire connoître dans toutes les occafîons, les différent tes couches dont l’enveloppe fopérieure & inférieure du Charbon font corn-pofées dans leur épaiffeur, & for-tout celles qui font le plus contiguës à la veine, (Voyei page 1, page 69 , &c. )
- Les Houilleurs habitués dans le quartier de Houfe & de Sarrolay, fomblent avoir ete plus attentifs que ceux des autres Pays, for la couche terreufo^ qui
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- forme ce que Ton pourroit appeller la véritable ligne de féparation entre la veine Sc le plancher, Sc fur la couche interpofée entre la veine Sc le toit.
- Soit que ces fubftances intermédiaires n’exiftent point dans d’autres terreins , foit qu’on n’y ait point fait attention, ils en diftinguent trois différentes, celle appellée del be^i ou be[in, efpece de mauvais Charbon tenant en partie du toît, Sc en partie de la veine, qui fe réduit au feu en petites écaillés blanches.
- La fécondé nommée Wh, del pec, eft une petite couche placée deftbus la veine, entre la veine Scia, deie, où elle forme une épailfeur plus ou moins approchante de celle de la lame d’un couteau, vue du côté du dos ; cette fubftance eft compaéfe & a la propriété de retenir l’eau, ce qui la fait reconnoître allez aifé-ment : c’eft vraifemblablement le Papermarle des Anglois : voye£ première Partie , page X04.
- L’autre petite couche qui le rencontre encore dans ce quartier , tantôt entre la veine & la deie , ce qui arriye fou vent, tantôt au toît, tantôt entre deux membres de veine, eft appellée haavreie ou douceur, parce qu’elle eft; tendre Sc molle : félon la différente place que cette couche occupe , elle eft: quelquefois charbonneufe , quelquefois terre mêlée ; donnant une mauvaife odeur, comme les pouxtures, voye[ page 100, & on la nomme puante , afin de la diftinguer de l’autre appellée bonne Haavreie : lorfque la Haavreie fe trouve au toît, on dit : il faut lever la veine quand elle efi xhavée ; lorfqu’au contraire elle eft: au lit ou deie, on abbat la veine avec les coins.
- Tout le banc de Charbon lui-même, quoique ne formant en apparence qu'une fuite abfolument continue, eft interrompu dans tous lès fens ; ces féparations dont la trace s’apperçoit à peine quelquefois, deviennent fenfibles dans les travaux; lorfqu’on vient à ébranler ou à foulever une grande mafte de Charbon, on la voit fe féparer d’elle-même en grands quartiers , dont les furfaces liffes Sc unies dans les parties où ils fe font disjoints, font voir clairement que cesportions n’étoient qu’appliquées les unes contre les autres.
- On appelle layes, ces efpeces de joints naturels, qui fe trouvent dans un banc de Charbon ; les veines qui en ont beaucoup, font nommées layeufes.
- Il y a plufieurs obfervations à faire fur ces layes, les unes ne fe continuent pas Sc s’appellentfaujfes layes ; les autres ne font point nettes, le Charbon ne fe détache point aifément Sc en grands quartiers; les Houilleurs nomment celles-ci, layes pouilleufès\ d’autres font continues, & les quartiers de Charbon qui s’en féparentlaiffentapperce voir dans les furfaces par lefquelles ils fe touchoient, un pouffier charboneux très-fin.
- Ces layes qui donnent quelquefois paflage aux eaux, font les plus favorables pour le Hament : un bon Ouvrier doit toujours picquer dans cette laye pour ne point hacher en menu ce qui doit tomber en Houille ; cette mauvaife manœuvre pour laquelle il faut avoir l’œil fur l’Ouvrier, s’appelle rokter\ elle fait une diminution des trois quarts fur le prix de la denrée, Sc eft par conféquent préjudiciable au Maître. Dans
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- Dans les eipeces de Houilles particulières à ce quartier, on doit fur-tout remarquer la téroule qui en eft une véritable, comme celle du Marquifat de Fran-chimont aii pays de Liege , 8c qui eft bien diftinéte de celle que les Liégeois dé-fignent par cette même qualification.
- Dans la fabrication des hochets avec la Houille maigre, ils font entrer la marie grafie à la quantité d'une manne, fur une demi-manne d’armée 8c trois mannes de Houille; cette marie qui fe tire de Falchaemp , près Biigné, terre des Etats généraux, eft la même que celle de Try, proche Valenciennes, dont je parlerai : les moules font appellés Formes , Foumes.
- Les pendages de veine ne font point exprimés autrement qu’on ne le fait au pays de Liege, fi ce n eft les dreftànts obliques, qui font appellés roijjes ouf.
- L'exploitation des Houilles & Charbon dans le quartier de Dalem, eft moins compliquée dans la dénomination des voyes fouterraines.
- Quoiqu'il y ait des Houillieres, dont les veines font.d’une belle épaifteur, on ne les travaille que par vallées, coiftrelfes & torrets ; on n’y connoît point les montées, les gralles.
- Les queftreftes qui ne fe contiennent pas en longueur, font appellées faujjh quejlrejjes.
- Les Tailles font nommées Teies.
- De diftance en diftance, quand les voyes ne font pas bien larges, ou lorfque le toit n’eft pas bien bon, on pratique fous la main, des petits dilatements très-bien imaginés pour l’exportation des Houilles : le Hiercheur revenant à vuide, rencontrant un Hiercheur qui va au chargeage, fe détourne avec fon panier dans ce fourneau ou repos, afin de iaifler paiïer fon camarade; ces repos font appellés changeâmes.
- o n
- Enfin , le percement entre deux Charbons , ou la voye de communication du niveau fupérieur au niveau inférieur pour l’airage, s’appelle rulle ; ainfi on dit monter on ou un rulle, pour dire defterrer d’une voye à l’autre en pendage de veine , afin 'de communiquer l’airage.
- Les uftenfiles portatifs, comme traîneaux Amples ou à roue pour les eaux & pour les Charbons, font appellés autrement que dans le pays de Liege ; les tonnes renforcées de cercles de fer, fe nomment tonnays à correaux.
- Les quatre Ferrements placés aux quatre coins de la coufade, fo nomment foihelts.
- Les paniers des Traireftes, font appellés pannis, pannins, 8c on appelle goges les crochets de fer qui font fur le devant 8c for le fond.
- Dans les Houillieres de Rolduc, tous les traîneaux de bois ou d’ozier formant caifle, & deftinés à tranfporter les Houilles 8c Charbons, s’appellent chiens , nom qui fe trouve dans Agricola, pag. 204, & qui a pris fon origine dans le bruit confus que font ces traîneaux en cheminant dans les voyes.
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- 374 DU CHARBON DE TERRE
- A Dalem , le panier remontant au jour /chargé feulement de Charbon, s’appelle pelée, treque grije.
- Quand il rapporte toute Houille, on le nomme double pannéel en Flamand y double treque, double trait.
- Quand il y a Charbon & une bordure de Houille, ils l’appellent enguel treque, panier livrable.
- Les conteftations fur toutes les matières de Houillerie , font portées du Ref fort , à la Chambre établie à Herf pour les Domaines & Tonlieu; de-là, au Confeil fouverain de Brabant à Bruxelles.
- L’Huiflîer ou Sergent, eft nommé Furejlier.
- Exploitation d'une veine furjettée ou débauchée en fur jet.
- Le dérangement que les failles occafionnent dans la marche des veines, eft varié à l’infini, félon les différentes circonftances qui tiennent à ces obftacles pierreux, comme leur forme, leur pofition , &c. Cet article feul mériteroit une étude particulière de la part d’un Maître Ouvrier : le fait dont je vais rendre compte, fervira d’exemple pour ce qui a été dit page 3H, fur la néceffité d’obferver foigneufement le guide ou lyonyquand on trouve la veine interrompue, & comme on dit à Dalem, débauchée.
- Le dérangement dont il s’agit, & auquel le nom deJïirjet, que je trouve dans M. Triewald, convient très-fort, fe rencontra à Sarrolay, Village dépendant d' Argente au, confinant avec la terre de Cheratte, du côté de Jupille , entre la Meufe & un ruiffeau allant à Argenteau , dans un terrein dont la pente eft au Levant & affez roide.
- En pourfuivant une baume du Levant au Couchant dans la voye du niveau , à peu de diftance du ruiffeau, au lieu de rencontrer la veine que l’on cherchoit à atteindre, on tomba au flanc d’une faille, dont la configuration s’annonçoit arquée en dos d’âne, c’eft-à-dire, ayant deux fiirfaces oppofées l’une à l’autre qui aboutiffoient à peu-près en pointe comme le tôît d’une maifbn ; cette forme lui fit donner par les Ouvriers le nom de rein de chevau ou dos de cheval.
- L’une de ces deux furfaces, ou le flanc de ce trouble, contre lequel on donna, portoit le lit ou la pierre de la veine, émincée dans fon épaiffeur, qui étoit furjettée fur cette faille, Sc montoit en haut avec elle.
- D’après ce que nous avons obfervé page 340, fur ce qui arrive aux fùbftances voifines du Charbon, àl’occafion d’une compreflion étrangère deflus le toît, ou fous le plancher, Sc de l’indication à en tirer pour la recherche d’une veine débauchée ou interrompue, on étoit affuré que le lyon, ou cette trace infenfible du lit de la veine, redefeendoit enfùite fur l’autre furface du Jurjet, depuis fbn fbm-met jufqu’à fbn pied.
- La routine ordinaire diéloit le parti de tourner à fentour du Jurjet, pour aller
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- ET D E SES MINES. II. Par*. 37j
- rejoindre la veine de l’autre côté ; mais cette voye de contour eût manqué d’air, à moins qu’on n’eût pratiqué un bure d’airage ; Ton établilfement augmentait les frais; le fieur Firket en homme intelligent & qui fait juger des cas que la pratique ne lui a pas encore préfentés, fut d’avis d’abréger ce chemin & ces dépen-fes.
- Il fb décida à aller rechercher l’autre partie de la veine, en continuant fa route par bacnure, au travers du rein de chevau ; il encouragea l’Ouvrier qui n’ap^ prouvoit point du tout cette entreprife ; il lui annonça qu’il y avoit dans le milieu une pierre placée en dreflant, que c’étoit ce parois qui relevoit la veine par-deflous, de maniéré que les couches qui fervoient de fol ou de plancher à la veine, reprenoient leur vraie dimenfion à la bafe du parois, qu’il falloit le trouver : qu’arrivé à la pierre qui produifoit le dre(fant9 il étoit arrivé à la moitié de la bacnure. Les chofes fe trouvèrent comme le fieur Firket l’avoit prevu ; & aycUit continué l’ouvrage, la veine de l’autre côté reprenoit fa marche ordinaire.
- Exploitation d'une Mine en niaie ou en bouroutte.
- Un autre cas aflez particulier, qui s’eft rencontré dans un terrein de la campagne de Houfe , tout au voifinage du Hameau, appellé Bouhouille , eft un relèvement du corps de la veine, accompagnée à l’ordinaire de fon toit Sc de fon plancher, qui remontoient avec la partie de veine débauchée.
- La pofition de ce krouffe de Charbon au-deflus de la tête des Ouvriers, lui fit donner le nom de Mine en niaie ou nid9 foit à raifon de l’efpace étroit dans lequel le Charbon étoit reflerré, foit à raifon de fa pofition écartée, comme cachée & élevée comme un nid.
- On pourchafloit un ouvrage en pendage de veine : ce roignon, placé au-def. {iis de la voye s’ouvrit, la Houille qui fe répandit fur le paflàge, donna lieu d’examiner d’où elle provenoit; par l’ouverture qui s’étoit faite on fonda le deie avec la havrejje, on détacha enfuite la Houille avec une longue perche : cette manœuvre bien fimple, fut continuée jufqu’à ce qu’il ne vînt plus rien ; le bouil Ion donna jufqu’à dix-neuf cents paniers de Charbon, qui étoit une clutte.
- La pourchaiïe du pendage fut reprife enfuite, après avoir flappelé en cet endroit.
- Cette rencontre aflez bifàrre, mérite quelque attention ; le volume de Houille quon ne peut point juger, pouvant écrafer les Ouvriers en fe détachant, & em-barrafler la voye & les travaux.
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- > 1 i.iiimu« Wju, anjgnawmMB*
- SECONDE SECTION.
- Exploitation & Commerce du Charbon de terre en Angleterre.
- Dbpui s la publication de la première Partie de mon Ouvrage , fai eu communication de l’état de quelques Mines de Charbon de terre de la Grande-Bretagne. Les conjectures plaufibles que la rencontre des couches reconnues par la fouille d’une Mine dans un canton, peut préfenter pour d’autres endroits qui n’en feroient pas éloignés d’une trop grande diftance, rendent importantes & même néceffaires ces fortes de defcriptions ; on ne peut donc en ramaflèr un trop grand nombre, par la raifon même que telles couches qui couvrent le Charbon dans un territoire , ne fe retrouvent pas dans un autre qui en eft tout yoifîn. Cet exemple de diflimilitude dans ces bandes ter-reufesdun endroit à un autre, fe trouve dans la fuperficie des Mines en Nor-thumberland , & dans le Comté de Stafford, qui eft très-différente de celle des Mines de Sommerfet, & dans le Comté de Glocefter, quoique les Charbons de ces deux Provinces n’annoncent aucune différence, quant à l’efpece. L’Auteur d’une Brochure fur les Mines de Charbon (1), qui a paru un an après mon Ouvrage, appuie très-judicieufement fur cet objet : j’ai cherché à connoître cet Ecrivain, dont les vues & la correfpondance euffent été fort avantageufes pour la perfection de cette faconde Partie, mais je n’y ai point réuffi; je lui fuis toujours redevable d’être à même par ce qu’il a publié, de rectifier quelques inftruc-tions fautives que j’avois eues fur quelques points, & je ferai ufage à leur place des corrections qu’il me donne lieu de faire.
- Je vais commencer par achever de faire connoître plus amplement différentes fubftances, fur iefquelles j’ai eu occafion de me procurer plus d’inftruction.
- Des Terres marneufes & argilleufes.
- Les argilles étant les matières qui fe trouvent les plus répandues, & fous la forme la plus variée , comme celles que les Anglois appellent clunch , clay , (voy. page 103 , de la première Partie ), elles m’ont femblé mériter le plus , mon attention ; d’ailleurs, il eft certain, 8c cela a été remarqué (2) , qu’il y a * parmi les Économiftes Anglois, une confufion fur les fubftances argilleufes.
- Lorfqu’ils en parlent comme engrais pour les terres , ils nomment
- (1) Ayant pour titre : Treatije upon Coal-Mi- | (2) Di&. Encycîopéd. Article des Marnes, au
- nés, &c. London 1765?. in-8°. ioy pages. I mot Cultiver. Tom. 3.
- indifféremment
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- indifféremment clay (1) , lengrais qu’ils confeillent pour les terres froides & pour les terres chaudes.
- Dans la première Partie de la defcriptîon de cet Art, page 92 , nous ayons fait connoître les fix efpeces auxquelles les Agriculteurs Anglois réduifent les marnes : l’Auteur moderne de la Brochure fur le Charbon de terre, qui les comprend fous le même no m d’argille, en reconnoît le même nombre & leur rapporte fix des lubftances ordinaires dans les Mines de Charbon ; lavoir, la pierre de taille groffiere, la pierre à chaux groffiere, l’ardoifè feuilletée , le rocher bleu très-dur, les couches de fables groffiers, & la pierre de fer iron-fton.
- Les terres marneulès, d’après le lavant Rédaéteur de l’Encyclopédie, font les cinq efpeces que j’ai annoncées dans la première Partie, page 92 : le Cowshui marie , terre a bauge , félon cet Auteur , qu’il dit être une elpece de giaife brune , veinée de bleu, mélangée de petites mottes de lime Jlone ou pierre à chaux.
- LeJlate marie, qu’il définit une maniéré d’ardoife gralïe, bleue ou bleuâtre.
- Le twing marie, qu’il écrit diring marie.
- La claye marie ou marne argilleufe, fortfemblable à la glailè, tenant de là nature , mais plus gralïe, & quelquefois mêlée de chalk (loties , ou craie en .pierre
- Le Jleel marie , qui le trouve communément à l’entrée des puits que l’on creufe.
- C’eft au rapport de ce Savant notre véritable Marne , & elle appartient au genre appellé Chalky land.
- Chalky latid.
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- Cette elpece que f on peut appelier terre a chaux, terre Marneuje, ou crê-tacée, eft très-commune en Angleterre, où le terme chalk, dérivé de la langue Teutonique Kalck> lignifie chaux & craie calcinée ; en France, Marne calcinée, & paroît fe rapprocher du lime Jlone.
- On en diftingue de deux fortes, une dure, lèche, forte, & qui eft la plus propre à être calcinée ; une autre tendre & graflè qui le dilfout facilement à l’eau & à la gelée, qui mêlée avec du terreau, de la valè, ou du fumier, eft très-propre au labourage & à améliorer beaucoup de terres, principalement celles qui font froides ou aigres.
- (0 Qui fignifie Giaife, Marie, que nous rendons différente de notre Marne, laquelle eft brû-par Marne, ; & iis appellent Marie ou Marne, une lante. terre grade, froide de fa nature, & qui eft bien
- cj
- Charbon de Terre. 11. Part.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Clay lands.
- tes terres argilleufes, appellées clay, clay lands, font de cinq fortes ; la première eft appellée pure , il s’en trouve dans les puits de Marne , qui eft d’un jaune pâle ; elle eft tendre & molle fous la dent comme du beurre ^ fans le moindre mélange graveleux ; elle eft plus parfaite félon fon degré de plus grande pureté ; elle fo divife elle-même en plufieurs qualités, dont on tire la terre à Foulon, jaunâtre à Northampton, brune à Hallifax, blanche dans les Mines de plomb de Derby, & c’eft la plus rafinée.
- Une qualité appellée foup ou fope féal, écaille de fàvon, fo rencontre dans les Mines de Charbon.
- Enfin cette glaife brune tirant for le bleu, que les Anglois appellent indifféremment clay & marie, dont ils font un très-grand ufâge dans la culture des terres maigres, légères & fàblonneufes ; elle fo trouve ordinairement for le penchant d’une colline, fous une couche de fable de la profondeur de quatre ou cinq pieds.
- La bonne glaife eft bleuâtre, fans aucun mélange de fable, compaéte, grafle & très-pefante ; elle eft très-bonne à faire de la brique.
- La fécondé eft une glaife rude, qui fo réduit en poufllere iorfqu’elle eft foche ; c’eft proprement de la craie : il y a d’autres qualités comprifes fous cette efpece qui fervent aux Potiers ; elles font jaunes pâles, bleues ou rouges, plus ou moins grafles.
- La troifieme efpece eft une pierre; quand elle eft foche, fà couleur eft blanche,' bleue ou rouge.
- La quatrième efpece fe trouve mêlée d’un fable ou gravier rond.
- La cinquième efpece eft diftinguée par un mélange de fable gras ou très-fin & de talc luifant. Dans la province de Derby, il s’en trouve de blanche que l’on emploie à faire la fayance à Nottingham ; il y en a une autre qualité grife ou bleue dont on fait à Hallifax des pipes à fumer.
- Les terres argilleufos labourables qui font noires, bleues, jaunes ou blanches ; les unes font plus grafles, les autres moins, mais toutes fojettes en général à garder l’eau : ces terres fo reflerrent par la féchereffe,& fe durciffent à l’ardeur du foleil & au vent.
- La terre nommée en Anglois Loam, dont j’ai parlé page p 3 , eft légère 8c un peu graftè , 8c elle fo trouve communément aflez profondément ; le fol du territoire de la province de Norfolk, paroît en général en être formé.
- Les mots Rubly 9 Rubbles, demandent encore quelques réflexions. L’Auteur de la Brochure Angloife, prétend que les Mineurs comprennent fous la dénomination générique de Baty tous ces Rubbles : il m’eft difficile de ne point déférer à cet Ecrivain; mais étant certain de l’acception que j’ai donnée au mot
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- ET DE SES MIN E S. II. Part. 379
- Baty page 106, il eft à croire que ce qu’avance cet Auteur, eft exaét dans quelques parties de T Angleterre feulement, fans que l'entente des Ouvriers en foit pour cela plus appropriée; car cet Auteur nignore point, & il obferve IuL même que ces Rubbles font de différentes efpeces ; il eft à préfumer que c eft dans l'acception que j'ai donnée à ce mot, page 107, qu'on a appellé du même nom Rube y une Mine du Potofi, dont le métal étoit hors de terre, en maniéré de rocher, comme dans les Mines de Cornouailles. Ces Rubes ou rochers qui empêchent la pourfuite des travaux, font appelles Jam.
- Supplément aux descriptions des Mines de Charbon d!Angleterre, par ordre des couches qui les compofenu
- Au fopplément qui vient de précéder for les terres graffes, connues en Angleterre , & qui fe retrouvent différemment modifiées dans les terreins de Mines de Charbon (Coalery), je vais en joindre un autre fur les Mines de Qiarbon même, confidérées à la faveur d'une coupe fuppofée, comme nous avons fait dans la première Partie de cet Ouvrage.
- Ce fupplément fera formé; i°, de nouveaux Etats de Mines que j'ai eus, depuis ce temps ; 20, d'un tableau raccourci & reélifié dans plufieurs points , de celles dont les Tranfàétions Philofophiques Sc mes correfpondances m'avoient fourni les defcriptions.
- Je fuis redevable de ce changement au petit Traité Anglois dont je viens de parler, & qui mériteroit la peine d'être traduit dans notre langue. L'Auteur qui paroît très au fait de la matière, qui de plus en lent toute l'importance, annonce par-tout un homme jaloux de l’exaélitude ; je ne fais pas difficulté de remettre fous les yeux du Leéteur ces Etats que je regarde comme plus correéls.
- Lorfque je les ai fait entrer dans mon Ouvrage, il étoit indifpenfable de les accompagner d'éclairciffements fur la nature de chaque couche, & fur les noms par lefquels ces fubftances font défignées : j'ai conforvé ici ces noms techniques, dont plufieurs font fofoeptibles de différentes interprétations, pour lefquelles il faudra avoir recours aux premiers Etats que j'ai publiés, & aux pages que je marquerai.
- Je rapprocherai de quelques-uns de ces noms, les explications que j'avois placées dans l’Errata , ou des éclairciflements particuliers qui me font parvenus depuis la publication de cette première Partie.
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- DU CHARBON DE TERRE
- '3$ o
- Etat des différentes couches (bed) , dont ejl compofée la Mine de Charbon de Tipion y près Birmengham & Wolverhampton en fFarimck Shire , avec la hauteur de chaque couche y félon les mefures Angloifes*
- A Verges. Pieds. Pouces,
- I. Clay , roufle, fablonneufe (i). • . . il 3
- IL Poussier fàl 8c noir. ..... 13
- III. & IV. Deux couches de Clay, propre à faire de la brique I 2
- V. Clunch tendre & mollafle. • . . 1 s
- VI. Clunch plus obfcure, tirant fur le noirâtre. I s
- VII. Fire clay, propre à faire de la brique réfiftante
- à la plus grande chaleur. . . . 1 X 2
- VIII. Roche blanche. * • • -2 11
- IX. Clunch blanche, tendre . • • • I 1
- X. Bat noire, tendre. • * * 2 10
- XI. Charbon volant, maigre. « # • I S
- XII. Clay a potier, bonne à faire des creufets pour
- fondre le vieux fer. . . . 1 2 6
- XIII. Bat noire. • • • 10
- XIV. Clunch tendre . • * a X 9
- XV. Bat noire . . . < • a . 1 6
- XVI. Charbon volant, maigre. • a * X S
- XVII. Clay ou Terre a pipes . : a X
- XVIII. Clunch feuilleté , entremêlé d’une couche i
- dlRON-STONE qui y eft vaguement difperfée. 2 2 *
- XIX. Banc fuivi d’iRON-STONE . » • t| %
- XX. Bat feuilleté. • • 6
- XXI. Clunch tendre • • 9
- XXII. Balt noir. ... % • 1 9
- XXIII. Roc noir .... . * • 2
- XXIV. Clunch tendre • 3 1 6
- Où fe trouve de huit en neuf pouces d’inter-
- vaiie un banc d’iRON-STON, ayant depuis un quart de pouce jufqu à un demi-pouce d’é-paiflèur.
- XXV. Rognons d’lRoN-sTONE,qui le trouvent dans le lit
- précédent, marqué iron-Jlon.
- XXVI. Clunch d'un gris oblcur. . . . 1 1 £
- (1 ) Dans ce même quartier, entre Bermingham 1 confie! érable, d’où l’on voit fortir de la flamme, 6c Wolverhampton* il y a une étendue de terrein i Ôc la fuperfîcie ftérile n'eft que du Charbon.
- XXVII.
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- ET DÈ SES MINES. II. Part. 381
- Verges. Pieds. Pouces*
- XXVII. Bat. . . # • •
- XXVIII. Teste de Charbon menu . . x
- rxxix. Bat noir, tendre. .1
- ÏXXIX. Divifion ou féparation qui fe trouve dans la couche précédente. .....
- Jxxix. ïron-stone. « ; ...
- XXX. Bat noir , dur. . r
- XXXI. Benches. • * .
- XXXII. Terre maigre, friable. . • • •
- XXXIII. Clay blanche. . . * * ♦
- XXXIV. Grizzle : bande claire;obfoure. * * «
- XXXV. Iron-stone, Mine dans laquelle fe matrice de Ïlron-Jlone. trouve la terre • • »
- XXXVI Iron-stone qui fe trouve dans le dernier lit ,
- épaiffeur incertaine. . . , *
- XXXVII. Bat noir, dur. ; . . . .3
- XXXVIII. Deux couches d’iRON-STONE , qui fe trouvent
- •dans le dernier n°, de 3 à 3 pieds de diftance Tune de l’autre, fous la Mine d’Iron-ftone, ap-pellée Iron~(lone noir, de cinq pouces chacune.
- XXXIX. Charbon volant , maigre. . * * *
- XL. Soft bat , bat tendre. ; • < 1
- XLI. Iron-stone. • , A «
- XLII. Clunch forte. • • •
- XLIII. Iron-stone, du n°. précédent, incertaine.
- XLIV. Binds , ou nerf pierreux. * * *
- XLV. Clunch forte, grafle. . . , . * < ^
- XLVI. Binds pierreux. •' . X
- XLVII. Fire-stone, ouPel-don. . . .X
- XLVIII. Binds pierreux. . . . X
- XLIX. Clunch forte . . . • 7
- L. Iron-stone ou Binds , qui fe trouve dans le der-
- nier /2°. à fîx ou fept pouces de profondeur /
- & d’un à trois pouces d’épaifleur 8c de Round-
- ftone de fix à fept pouces d’épaifteur incertain.
- LI. Binds ou nerf pierreux, gris. • m * *
- LII. Clunch forte. . , . 2
- %
- X
- 2
- 2
- X
- 2
- 2
- X
- 2
- 2
- 1
- 2
- 2
- S>,
- 6
- 5
- 6
- 4.
- 3
- 6
- 6
- 3
- 6
- 10
- Toute la profondeur du fond du terrein, jufqu’au lit de Char- Verges. Pîeds, Povcw
- bon, eft de , . . ....................S6 1 10
- Et 1 epaiiïeur du lit (Bed) , eft de . jo verges ou 30 pieds Anglois.
- Charbon de Terre. IL Part. D 3*
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- 382
- DU CHARBON DE TERRE
- Duché de Cumberland.
- Les Mines les plus profondes qu on ait travaillées en Angleterre, font dans cette Province maritime, à Witte-haven , au-deflous de Moresby , éloignées de la mer de vingt verges ; leur profondeur eft de cent-trente braifes (1) ou cent
- quinze toifes, trois pieds, quatre pouces..
- On y connoît vingt couches de Charbon, dont trois font exploitées ; leur allure eft du Nord au Sud ; leur inclinaifon à l’Oueft ; leur pendage approche de la ligne horizontale plutôt que de la perpendiculaire ; elle eft communément d’une toife perpendiculaire,*fur fix àfept toifes de longueur.
- Comte de Durham, a quelques milles du chemin de Newcafile.
- Dans la première Partie de cet Ouvrage, il eft fait mention de cette Province qui a plufieurs Mines de Charbon , diftantes de peu de milles les unes des autres.
- J’ai avancé page> j>r, que dans quelques-unes, aux environs de la Capitale, le crop fe montre à la-fùrface de la terre, &c.
- L’Auteur de la Brochure Angloife, obferve qu’il y a dans ce quartier des Mines ouvertes pour les marchés du Pays, pour le commerce de terre, & d’autres pour le commerce de mer feulement ; mais que toutes font à une profondeur confidérable, & exploitées à grands frais ; il ajoute, qu’à la vérité, le Charbon fè montre fuperficiellement dans plufieurs endroits, mais par accident ; il cite entr autres le fire quater coal.
- Cette malfe eft fi fuperfîcielle à Lumley, & en plufieurs endroits le long de la riviere près de Durham, qu’un Meûnier & d’autres Particuliers, tirent le Charbon fur des traîneaux de deflbus les bords delà riviere,& par ce feul moyen en ont alfez pour leur ufàge. L’excavation qui réfulte de cette fouille eft fi grande, que les Gentilshommes & les Habitants affurent avep raifon, qu’ils vont dans de bonnes Mines de Charbon, fans avoir jamais defcendu dans une folle. Feu M. Jars m’avoit donné fur ces Mines les détails fuivants.
- En général la fuperficiè, jufqu’à la profondeur de fix, huit, dix braffes au-plus, eft d’argille, fable ou gravier; mais le plus communément d’argille.
- De-là à la profondeur de vingt-cinq braifes, roc d’un bleu pâle , qui fe coupe avec des mattocks ; point d’Iron-ftone. Le Charbon eft compofe de trois membres , appellés feam ou joints.
- La première feam eft nommée fire quater ou cinq quartiers, parce que fà com-pofition eft telle, qu’on peut la diftinguer en cinq membres ou quartiers; ce Charbon eft dur & fe confume en cendres blanches. Le lit fuivant eft le main coal,
- (1) Une biatte a deux aunes de Paris, ou cinq pieds quatre pouces.
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- ET D E SES MINES, n. Part.
- placé à dix brades environ au-deflous du fire quater , & de la meilleure qualité ; il a en général depuis cinq à fix pieds d epaifiêur ; dans quelques Mines près de Newcaftle, il a environ huit pieds d’épaifleur.
- La féconde feam eft le marlin coal, à environ dix brades au-deftous du main coal\ il eft de meilleure qualité que le fire quater, & inférieur au main coal9 mais pas tout-à-fait fi épais que ce dernier.
- A huit, dix , quelquefois douze brades fous le marlin coal, vient une autre feam nommée hutton\ il a cinq pieds environ d’épaifleur, & eft d’une bonne qualité : il y a encore d’autres feam au-dedous ; mais on n’y connoît prédfément que les trois qui viennent d’être décrites.
- Ecojfe.
- A Carrony proche Falkirk, la Mine eft très-confidérable ; le Charbon s’y voiture dans l’intérieur, fur des chariots à chevaux, & fur des chariots à bras d’hommes , félon les galleries.
- On y connoît trois couches de Charbon, dont la première eft à environ quarante toifes de profondeur ; le pendage de ces trois lits, eft d’une toife perpendiculaire, fur dix à douze de longueur du côté du Sud; néanmoins les ridges font varier cette allure. v
- La veine du milieu, diftante de la première de dix toifes, préfente dans fon épaiffeur qui eft depuis trois jufqu’à quatre pieds, trois Charbons nature de Charbon, diftingués par des noms particuliers, d’où on pourroit la nommer veine de trois charbons, thréc coal vein, comme celle que l’on appelle ainfi dans les carrières de Bishop Sutton , en Sommertshîre* (Voy, page ïoo ).
- Le Floor ou la partie füpérieure, ou le Top, Topp coal de cette veine de Carron, eft appelié Splint coal ; ce qui annonceroit que ce Charbon fe fépare en feuillets.
- La partie du milieu eft d’une qualité moins compaéte ; fon Charbon eft feuilleté & fe fépare auffi par lames ; mais leurs interftices renferment du pouflier de Charbon; cette partie centrale eft appellée clod coal y mot qui annonceroit que ce Charbon, quand il brûle, fe met en grumeleaux; niais feu M. Jars m’a dit qu’il fe colloit très-peu en brûlant, & alors clod coal fignifieroit Charbon fe caftant en mottes.
- La troifieme partie ou dernier lit qui eft le plus inférieur, eft très-Compaéie ÿ & fouvent approchant de la confiftance de pierre dans la partie qui approche du mur \ c eft celui que l’on vend pour la confbmmation, & dont on fe fertpour la machine. /
- A Edimbourg , on connoît deux veines parallèles ayant environ quarante ou cinquante degres d inclinaifon ; cette incünaifon n’eft [point correfpondante à celle des rochers que 1 on rencontre dans les environs, qui approchent beaucoup plus de la ligne horifontale, & qui font inclinés au Nord-Oueft,
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- 384 D U CHARBON D E TERRE
- A Workington, dont j’ignore la Province, feu M. Jars a obfervé fix veines diftantes les unes des autres de dix toifes ; la première, qui efl: la moindre, a deux pieds trois pouces d’épaiffeur : il y en a une de quatre pieds d’épaiflfeur pour la partie de Charbon, & de fept pieds y compris fes couvertures ou enveloppes : le corps de la veine eftféparé par deux lits appeilés mettle.
- Tableau plus corrèïï & plus abrégé des Mines de Charbon d Angleterre, décrites dans la première Partie, Extrait de la Brochure Angloife ^ publiée en j
- Pays £ entre Durham & Newcastle , rempli particuliérement de Mines
- de Charbon.
- ULpAISSEUR*
- Verges.
- I. Clay, fable ou grayier, & plus ordinairement clay. 12, 16. 20
- II. Roc bleu pâle, qui fe laiiîe attaquer par les outils. . . 50
- III. Fir quater coal, Charbon de cinq quartiers, groffier, .
- mais d’un très-bon ufage. . . . . . .
- IV Roc très-dur. . . . . . . ...
- V. Main coal , mafle principale de Charbon, vraie Mine ou
- grande veine, x . . . . . ; ; .
- VI. Roc très-dur. . . . . ï ...
- VII. Marlin coal. « . .. • ....
- VIII. Roc très-dur. . . . . . , ; . ;
- IX. Charbon Hutton. . . . . i . ; .
- 1 -
- 4.:
- 20
- 2
- 20 I Ü 20 1 T
- Total 116 verges, ou 348 pieds de Rok
- t*ancashire.
- EpAISSRURm
- Verges.
- 3 à 8
- 46
- I. Terre blanchâtre , pofée fur une pierre de. . ? v
- II. Roc très-dur. . . . . . . ...
- III. Pierre métallique fort compaéte, & d’un bleu foncé. ,
- IV. Charbon commun. . . . ....
- V. Pierre molli bleue, compaéte , accompagnée de cou-
- ches de pyrites cuivreufès. . . . ï ;
- VI. Kennel coal (1). . . . . . .3.
- Total 87 verges, ou 261 pieds de Roi
- 3°
- T ta)
- (i) A ce que nous avons dit fur ce Charbon le i que ïorfqu’il efl: allumé, il conferve fa flamflic plus pur de tous, pages ^ lop » il faut ajouter | jufqu’à ce qu’il foit confumé.
- Northumberland^
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- ET DE SES MINES. IL I>art.
- 38*
- 'Northumberland, à Widrington près de Berwick*
- J. Clay : l’épaifleur n en eft point indiquée. ; ï
- II. Seam , joint fort mince de Charbon. . ; ;
- III. Frèe-stone blanc ; (1) épaifleur non-indiquée ; 2
- IV. Whin-stone, pierre dure; épaifleur non-indiquée,'
- mais vraifemblablement très-grande. ;
- V. Clay. » * • « . • « .
- VI. Pierre blanche tendre; épaifleur non-indiquée.
- "VIL Charbon. * . • . • • .
- EpsfZSSRÜR*
- Verges.
- 8
- 4
- Total 87 verges ou 261 pieds de Roi» Scotlanda ï O rient de Lothian, Tranent, Baldoe, Maidjlone , Falkirk;
- I. Clay , elpece non-indiquée; * * * *,
- II. Slate ou Coal clives. .... •
- III. Lime-stône. . > s *
- IV. Slate , terre & pierre; . . . * 3
- y. Charbon ; fa confiftance, fon épaifleur non-mentionnées.
- Total 32 verges ou p6,pieds de Rol<
- Stasfordshire, tirant un peu à TOueft de Dudley.
- ËPj4IS$EVRi
- Verges.
- 22
- 2
- I. Cl a y jaunâtre, immédiatement fous la terre végétale.
- IL Clay bleuâtre. .
- III. Clay bleuâtre, plus compaéïe & plus ferme. .
- IV. Clay de la même couleur, plus tendre. . a
- V. Pierre grise d'un grain fin. ; ‘ y ;
- VI. Clay d’une couleur claire. . ; , .
- VII. Roc dur, de couleur grife. ; y , v
- VIII. Clay bleue, compacte. ; ; «
- IX. Charbon formé de quatre differents bancs. 4
- X. Iron-stonë , de quatre ou cinq couches, menues à
- differents intervalles; g g ;
- XI. Charbon. * * ? g * *
- XII. Charbon d’une autre elpece. ; . .
- EpjIZSSMVrI Verges,
- *7
- î ï 8
- 3
- if
- 7
- 34
- Ai
- 3
- (1) Cette pierre, d’un grain doux & gris blanc, communément employée pour paver les maifons &les baffes-cours, doit être différente du paving
- Charbon de Terre. II. Fart,
- Total 71 verges ou 213 pieds de Roi;
- Jlone, page iü2, Sc prend vraifemblablemcnt le nom de Pierre de taille, à raifon de ce qu’elle fers auffi, à plufieurs ufages des bâtiments.
- E s
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- 3 85
- X) y c HJ RB O N DE TERRE
- Près Litchfield.
- ff
- *
- «
- EPAISSEUR;
- Verges.
- I T
- %
- 6
- 20
- I. Clay ou terre à brique. . . • « *
- II. Rotten-stone , Pierre pourrie. ... *
- III. Marle Flaky , Marie feuilletée, légèrement colorées
- IV. Charbon menu. ...» , * ,
- ,V. Bat noir (*). . . . * * *
- VI. Charbon. . . . * •„ *
- VU. Roc & Clunch à différents intervalles. . » >.
- VIII. Couche de Clunch feui, placé dans la mafTe du lit précé-
- dent. .... . . »
- y
- IX. Main coal , compofé de plufieurs couches. „
- X. Rubbish ou Bat. . . . % *
- XI. Charbon de différente efpece. • . .
- XII. Iron-stone, terre légère, & c. couches dans la même gra-
- dation ; épaifïeur non-mentionnée. .
- XIII. Charbon. * . . . * * i
- Total 42 verges ou 126 pieds de Roi,
- A Burnety Queen-Charleton, ou Brifleton dans le Comté de Sommer feu
- 7
- A A
- 4 4
- X
- a
- 4t
- I. • » Terre rouge , à la furface. * v * s t J» EpAÏSSEVRi Verges. 9
- IL Une couche comme ci-defïus , c eft-à-dire, Clives.1 r-. « *
- III. Charbon. « * 17
- IV. Clives. . . * j( m 12
- V. Pot-vein coal. » ii
- VI. Clives. 0 « H
- VII. Trench-vein coal. <S K 8s 1
- VIII. Clives. * £* a 7
- IX. Roc. ♦ ... * § u 7
- X. RockVEiN coal; épaiffeur non-indiquée. rH * * »
- Total 70 verges ou aïo pieds de Roi«
- ( *) Schifîus terrefiris bitumînofus : ce n’eff point une efpece réelle de Charbon,
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- ET DE SES MINES. II. Part.
- 387
- S ommerfi tshirt. Chew-magna; à Sutton près Stowy<
- E*PAl Verges«
- I. Sol rouge; * . .
- IL Malm ou Lo am , & dans quelques places, Pierre franche
- rougeâtre. . î * • ♦ * * 8. 10,2^
- III* Roc changeant par gradations, de gris en noirâtre * appelle Coal clives 5 profondeur non-indiquée, mais probablement confidérable ......
- IV. Charbon de veine puante ; épaifleur non-indiquée .
- V. Coal clives. ... .
- VI. Castead vein (i) ; épaifleur non-indiquée . . w
- VII. Coal clives. ........
- VIII. Veine de trois Charbons. . ...
- IX. Clift ou clives , mêlé de Cocicle Shells & d’impreflions.
- X. Veine queue de Paon. . . .
- XI. Coal clives. . .
- XII. Charbon de Maréchal; . .
- XIII. Clift ou clives. . ...
- XIV. Veine feuilletée, Shelly vein ; épaifleur non-mention-
- née
- * • « • • . * «
- XV. Une autre veine de Charbon. , . v . : i t
- <
- Total <po verges ou 2jo pieds de Roh
- y
- Stony-EaJlon9 plujieurs Mines.
- 12
- t%
- 8
- 1%
- ir
- r
- 10
- I. Thorny clift ou Arborescent marc as site. IL Branched clift. ....
- III, Charbon.
- o
- o
- o
- Shropshire dans le B rofely, le Bently, Bitcheford, Ù’c,
- Lit d’un Roc noirâtre ou de pierre dans plufieurs endroits, & immédiatement après fe trouve le Charbon, dont lepaifleur ni la profondeur ne font point marqués*
- (1) Cette Couche efï ma! nommée veine; ce n eft pas un Charbon , mais une maffe applatie & marronnée de Iron-ftone, minera ferri faxea, la-
- quelle fe trouve dans quelques couches , SI contient toujours de jolies impreffions de plantes.
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-
- DU CHARBON DE TERRE
- 3S8
- Exploitation des Mines de Charbon en Angleterre , conjidéree dans quelques
- points particuliers.
- Les travaux 8c ouvrages concernant le Charbon de terre , appelles Coal Works, ne peuvent guere comporter des opérations différentes de celles qui ont été amplement décrites Articles in , IV, & V, de la première Seélion de cette fécondé Partie : percer un bure, B or ings ; creufer ou fouiller, Digging * couper, Felling ; établir des puits d’air, Air fchajt ; des chambres, shamble ; des galleries & aqueducs, Drifts ou Difs : niveller ou orienter, Diaïling, plumming (i), & autres femblables manoeuvres, forment l’enfemble d’une exploitation*
- Elle s’exécute auffi avec des outils & avec des uftenfiles qui doivent être à peu-près les mêmes par-tout; comme pelles, Shorel; pics, B eel, cornish tubber\ hoyaux, Mattocks ; marteaux différents, Gadds, Sledge ; coins , JFedges ; féaux, Keables\ bages, Bathen ; bacquets, Buckets ; brouettes, Wzelbarrows; échelles, Laders ; bouffole, Dial, 8c quantité d’autres connus actuellement, quant au fond , Articles I & IL
- De ces pièces, dont le célébré Doéteur Franklin doit meptocuter des def-feins faits à Newcaftle, celles qui mériteront attention, auront place dans une Planche de cet Ouvrage. Je ne décrirai en particulier, que la Tarriere ou fonde employée dans ce Pays pour les Mines de Charbon. 8
- ; , Tarriere Angloife,
- ÀtJGAR , AüGRE , AüGER , WHIMBLE2
- Feu M. Jars, dans fes Voyages Minéralogiques, na pas oublié de faire mention de cet outil important ; mais la defcription qu’il en donne eft très-peu détaillée , & laifîe beaucoup de choies à délirer.
- Ce Phyfîcien fe contente d’obferver que le foret eft conftrüit comme celui dont on le lert en France, & il fe borne à ce qui luit.
- Chaque partie a trois pieds , trois pieds & demi de long; terminée dans une extrémité par une vis, & dans l’autre par une boîte à écrou, à l’aide defquelles routes les pièces jointes enfemble, compolènt un foret de telle longueur qu’on le veut; chaque piece eft notée, afin que le foret conferve une feule ligne droite.
- La derniere piece du foret a deux pouces & demi, trois pouces de diamètre dans fon bout ; là forme approche de celle d’un cifeau ou plutôt d’une aiguille de Mineur y avec laquelle on fore des trous pour faire jouer la poudre à canon; mais comme en frappant dans le trou avec le foret ils’ufe & diminue de diamètre,
- (i) D’où fans doute les Liégeois ont emprunté l’expreHion plumer, Voy, page 333;
- on
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- ET DE SES MINES. IL £arï, 38^
- ùn lui fobftitue, après quon la retiré & qu’on a nettoyé le trou, une tringle de fer, dont l’extrémité eft formée d’un morceau d’acier bien trempé, de figure exaéiement ronde, & du diamètre qui doit être confervé au trou, de maniéré quelle fait l’effet d’une mafTe*
- En battant le fond du trou avec cette efpece de mafle d’acier, on lui redonné le diamètre que le foret ufé ne pouvoir plus lui conferver dans fa même étendue. L’attention que l’on doit avoir pour ne point engager cette maffe dans lé trou, de maniéré à ne pouvoir la retirer, confifte à la faire entrer chaque fois qu’on a retiré le foret.
- La tarriere la plus utile pour toutes les opérations He fonde, eft celle qui fait partie du Theatrum machinarum Hydrotechnicarum deLeupold , perfectionnée en Angleterre. On juge bien qu’un outil de cette conféquence na point été négligé par les Auteurs de l’Encyclopédie ; on en trouve dans cet Ouvragé (1) toutes les pièces & tout l’appareil gravés d’après les Mémoires de l’Académie de Suede, dans lefquels M. Triewald en a donné le détail & la defcription (2). Lé Journal Economique du mois de Février 1753 y a publié cette defcription tra-* duite en François, qui ne fe trouve point dans l’Encyclopédie : je lui donne ici la place qui lui convient pour éclaircir davantage la Planche XXXIV, dans laquelle j’ai ajouté le développement de quelques-unes de ces pièces*
- Defcription de la Tarriere Angloife , ( BirÎc boreR , MiTZNGEïfoHRLeupoidi)
- par M. Martin Triewald, de /’Académie Royale des Sciences de Suede*
- Cette fonde a9b^c , Fig. r. PL XXXIV, & qui peut creüfer 60 brafles , eft compofée de trois pièces, une poignée A9 une branche B , & un fouilloir C.
- La poignée eft toujours de bois; la branche eft compofée de différentes pièces qui s’engagent les unes dans les autres.
- Il faut obferver que toutes ces pièces ne doivent avoir que trois pieds de longueur, afin quelles ne deviennent pas embàrrafïàntes dans là manœuvre ; pour celles qui font terminées par un écrou, chaque écrou ne doit avoir, tout au plus* que cinq pas, attendu que fi les Vis qui devroierit y être proportionées excé-doient cette longueur, elles féroient fefeeptibles de fe faufler dans la violence jdes manœuvres*
- Enfin, tous les écrous & toutes les vis doivent être faits fur les mêmes tar-raux & for les mêmes filières, fans quoi, quelque bout de la brancha venant à fe cafter en terre, on feroit très-émbarrafle fi toutes les vis n’étoient point adaptées jufte aux écrous, & fi on ne pouvoit pas for le champ y fobftituer un autre bout : du refte, il eft extrêmement important que tous les pas ou les diftaneés
- (1) Hiftoice Naturelle ôc Mineralogiè. Tom. VL Planche I. Charbon minéral*
- (2) Tom. I. Année 17^0. page 216.
- Charbon jde Terre, il Tarn E $
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-
- 35o DU CHARBON DE TERRE
- qu’il y a entre chaque cannelure ou arrête de vis, foient bons & (olides, autrement il (èroit impoffible que ces vis puiTent réfifter à l’effort qu’elles ont à fou-tenir quand on leve ou quand on defcend une grande longueur de la branche,
- Lorfqu’on veut faire ufàge de la Sonde, on marche avec une petite caille partagée en plufieurs cafés pour y placer les différents échantillons des (ubftances qu’on ramènera avec les différentes cuillers ou fouilloirs, qui s adaptent au be-{bin à la Tarriere.
- En confidérant cet outil dans le détail de fa conftruétion , on peut y diftin-guer trois parties, une fupérieure, une moyenne , une inférieure ; on doit en-’ juite y diftinguer plufieurs efpeces de clefs différemment formées, avec lefquel-les on embralîe chaque piece dans fa gorge, lorfqu’on veut les tourner, les vif-fer ou les déviffer.
- 'Partie fupérieure ou tête de la Tarriere.
- Cette partie n°. r, mérite, à proprement parler, le nom de tête de la tarriere % ce n’eft autre chofe qu’une barre de fer, longue "d’une braflè, épaifîè de trois quarts de pouces en quatre \ dans le haut elle a un gros anneau par où on pafïè la poignée de bois A, de la longueur d’environ 42 pouces & demi de France.
- Environ un pied au-deffous de l’anneau, on fait (ouder deux frettes quarrées F, F, éloignées l’une de l’autre de la diftance de deux pouces ; leur principal ufage eft de recevoir dans l’elpace qu’elles laifîent entr’elles , une clef, un levier de fer fourchu 2.
- L’extrémité inférieure de cette tête de la Tarriere, efbde l’épaifleur de cinq quarts de pouces, & il y a un écrou d’un quart de pouce de diamètre.
- Partie moyenne.
- Un des bouts qui la compofent 3, eft fait d’une barre de fer quarrée, qui a trois pieds de longueur, & trois quarts de pouce d’épaifïèur.
- Aux deux extrémités, ces bouts font d’un pouce & demi d’épaifîèur.
- L’extrémité fupérieure eft munie d’une vis, l’extrémité inférieure a un écrou; il'eft à propos d’avoir en même temps quelques bouts de moindre longueur, pour s’en fervir dans l’occafion.
- Partie inférieure.
- Elle eft formée de fîx pièces ,4 9 >9* cïue f on eboifît félon les
- couches de terre ou les bancs de pierre que l’on rencontre, & elles (ont toutes terminées fupérieurement par une vis.
- La première piece rz°. 4, eft un Fouilloir de dix-huit pouces de longueur, Sc de deux de diamètre ; au-deflous de la yis à l’endroit t, ce fouilloir eft quatre
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-
-
- ET DE SES MINES. îï. Par^ 39f
- & forme une gorge dans laquelle les clefs 2 puiflent avoir prife 9 quand il faut joindre ce fouilloir à la tête de la tarriere 1 ; àu-deflous de cette quarrure fè trouve un fer étendu en lame, & tourné en rondeur ; le tuyau qui en réfolte eft ouvert extérieurement dans fa longueur par une rainure large d’un quart de pouce , afin que le labié pour lequel ce fouilloir eft principalement deftiné * Sc les autres matières que Ton peut rencontrer, puiflent entrer dans là cavité & en lortir après que la machine a été retirée : au bas de l’embouchure il y a un bec tranchant, qui fert à couper la terre & à faire entrer dans le tuyau les pe-^ tites pierres qui arrêteroient la manœuvre. Quand on rencontre de Fargille , on fe fert du fouilloir n°. y, qui ne différé du premier que par Ion tranchant & pat ion embouchure qui font unis.
- La piece vue féparément n°. 6, s’adapte à la piece qui forme la tête de là tarriere, Sc a fix pouces de longueur & deux de largeur ; Ion épaiflèur va toujours en augmentant jufqti’à l’endroit t, où elle eft précifément de quatre pouces en quarré, afin que la clef 2 puiffe y avoir prife#
- Comme cette piece fert à ouvrir les bancs d’ardoife ou d’autreS pierres, Ion tranchant dent être d’une très-bonne trempe* afin qu’il ne s’émouffe pas prompte-» ment. Par la même railbn de la qualité des matières que l’on a à forer ; il faut toujours avoir une douzaine de ces pièces de rechange toutes prêtes, & aigui* fer celles qui ont fervi à melùre qu’on les ufe.
- La piece en langue de ferpent n°# 7, eft non-feulement pour nettoyer lé • creux qu’on vient de faire, mais encore pour reconnoître la nature des couches que l’on a traverfées ; fa longueur eft de fept pouces * & fon épaiflèur inférieure de deux pouces. Cette piece ne différé point * quant à fa figure, de la tarriere dont les Mineurs fe fervent quand ils veulent faire feuter le rocher.
- Quand cette piece a creufé jufqu à une certaine profondeur, on emploie pour retirer les matières réduites en poudres, le fouilloir n°* 8 ; il reflemble par la longueur * la largeur & la forme * aux pièces 4 & y * & en différé uniquement en ce qu’il eft fermé par le bas : cette difpofition eft néceflàire pour empêcher que les matières écrafées qui y fent entrées * & qui font eflèntielles à remarquer à mefore que l’on fonde * ne puiflent en fortir & retomber aifémen^ : pour cette opération on met ces différentes matières dans la caiffe dont j’ai dit qu’il falloir être pourvu, & on marque exactement à quelle profondeur on a rencontré telle ou telle fubftance, Ce qui eft très-aifé par le moyen du nombre des bouts dé branches qui ont été employés*
- Cet autre fouilloir n°. 9 * eft tout-à-fait femblable au premier n?é 8, excepté qu il eft déjà fermé en x * à huit pouces au-deflùs de fon extrémité inférieure j fon ufage a lieu quand on s’apperçoit qu’il entre beaucoup d’eau dans le trou qu on vient de faire * pour, ramaflèt les matières écrafées & l’eau qui s’y eft mêlée. Pour reconnoître la nature de ces matières, on tranfVuide dans un vaiflèau tout le mélangé qu on a amené, & on le laiflè repofer*
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- DU CHARBON DE TERRE
- Du Trou de fonde, & delà maniéré de fefervir de la Tarriéré*
- 39*
- L’endroit où Ton veut porter le trou de fonde , demande d’abord un difpofitif particulier : on commence par former, avec quatre pièces de bois, longues d’une demi-aune ou de trois quarts, & jointes enfemble, un chaffis ou une efpece de boîte de fix pouces en quarré*
- On enfouit cette caiffe au niveau du terrein où l’on fe propefe de faire agir la ïonde, ce qui repréfente à la furface un efpace que l’on pourroit nommer Trou de fonde xxxx, Fig. a & 3 ; le quarré que ces bois laiffent entr’eux, eft couvert de quelques bouts de planches fixées avec des clous, & au milieu de cette platteibrme on fait avec un foret un trou de trois pouces de diamètre*
- Ces préparatifs achevés, le Maître Ouvrier prend la tête de la tarriere ; il fait entrer la vis du fouilloir y , & le ferre par le moyen du tourne a gauche, qui eft cette clef marquée 10, fervant à vider & dévider les pièces de la tarriere ; on la poulie enfùite par l’ouverture de la caifîè, & l’on fait tourner la machine : fi néanmoins en commençant on rencontroit de l’argille , il feroit bon de ménager le fouilloir ) Sc d’employer tout de fuite celui marqué y.
- Un fèul homme fuffit, en commençant la manœuvre , pour faire tourner la tarriere , par le moyen du bâton A , qui pade dans l’anneau de la tête n . 1 : Cette opération fe continue jufqu’à ce qu’on ne voye plus le fouilloir y ; alors il eft temps de retirer la tarriere, afin d’en ôter la terre ; après quoi on fait la renfonce , Sc la même manœuvre fe continué tant que l’on ne rencontre que des matières peu réfiftantes, en n’oubliant pas, à mefure que la tarriere pénétré plus avant, d’allonger toujours la branche par les bouts décrits ci-deflus.
- Lorfqu’on touche des lits d’ardoife ou des bancs de pierres, le fouilloir y ne peut plus être d’ufage; il faut alors enlever la tarriere, ôter ce fouilloir, & lui fubftituer la piece 6 ; il faut alors deux manœuvres pour faire agir la machine de la façon qu’on va efïàyer de décrire.
- Chacun d’eux prend un bout du bâton A, que Ton a pade par l’anneau de la tête 1* ils lèvent la tarriere Sc la laiffent retomber ; mais il eft à obferver qu’à chaque fois qu’on l’a levée, il faut lui faire faire un huitième de tour ; fans cette précaution, elle retomberoit toujours de la même maniéré, Sc ne produiroit qu’im-parfaitement fon effet'.
- Quand on s’apperçoit de trop de fécherefîe dans ie trou que l’on a foré, on y verfe un peu d’eau pour humeéler la pierre, la rendre plus aifée à percer, donner de la molledè aux matières déjà réduites en poudre, Sc de la fraîcheur au fer qui travaille. De cette maniéré on peut continuer de faire lever, tourner & tomber la tarriere, pendant des quart-d’heures, des demi-heures, Sc même des heures entières.
- Lorfqu’enfin les matières réduites en poufliere fè trouvent en trop grande
- quantité
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- ET DE SES MINES. IL Part. 3^3
- quantité pour pouvoir remuer la machine avec facilité, on la retire, on ôte la pièce n°. 6, Sc on la remplace par lefouillolr y : après lavoir fait defcendre ju£ qu’au fond, on recommence à tourner; Sc quand on juge que fon vuide s’effi rempli de pouffiere, on leve la tarriere pour nettoyer le fouilloir.
- Dans le cas où la pierre que Ton touche efl: fi dure, que la queue d’aronde n© peut pas bien y mordre, on emploie la piece 7 ; mais comme de pareilles fubfi tances peuvent fe trouver à une très-petite profondeur, & qu’alors la tarriere n’a point encore allez de jeu par fa longueur pour pouvoir en tombant écrafer ces matières par fbn propre poids, il efl; nécefïàirè, à la place de la tête 1, de fe fervir d’un bout de branche ufé ; on frappe deflus avec un marteau 13, comme iorfqu’on veut faire fauter le roc avec la poudre ; mais dès que la tarriere gagne trois ou quatre b rafles de profondeur, elle devient affez pefante pour faire fon effet. '
- Plus la branche efl: allongée, plus la tarriere efl: difficile à gouverner, Sc plus on a de peine à la retirer. Pour faciliter la manœuvre, on a imaginé deux machines , dont l’une efl: deftinée à faire élever Sc tomber la tarriere, Sc l’autre à la retirer entièrement.
- -Appareils pour élever & faire retomber la tarriere, ou la retirer
- du trou de fonde»
- Il confifte dans un poteau a, Fig. 3 ; on l’enfonce en terre, à la diffiance Sde près de 2 pieds de l’ouverture de la caiffe : ce poteau doit être bien étayé Sc çonferver au moins fix pieds de hauteur fur là furface du terrein ; il efl: percé d’outre en outre, & efl: vuidé de la largeur de deux pouces depuis le haut juf-qu’en bas ; dans les deux autres parois de ce poteau, on perce un certain nombre de trous correfpondants, danslefquels on paffe, à telle hauteur qu’on le veut, un boulon ou 2 clous de fer qui fervent d’appui au levier n°. 2* Sc vu en place en h\
- Ce levier a de H en K y dix pieds de longueur, & fon extrémité K, efl: fourchue à la longueur de dix pouces , afin qu’elle puifle avoir prife entre les frettes quarrées F F, de la tête i. Au côté inférieur du levier, il y a dans l’endroit où il porte fur'les clous, deux échancrures qui l’empêchent d’avancer Sc de reculer: pour l’affurer encore davantage, on perce les deux bouts de l’extrémité fourchué ; on y enfonce un clou ou une cheville après que le levier a embraffé la tête du fouilloir, afin que cette piece ne puiffe pas tomber pendant la manœuvre.
- Cette machine étant dreffée, l’un des Ouvriers prend la poignée C, que l’on a vue èn A, Fig. 1, il tourne la tarriere un huitième de fà circonférence ; cela fait, l’autre Ouvrier leve la tarriere avec le levier KHy à la hauteur de fix pouces ou plus, & la laide tomber enfuite: du relie, on continue la manœuvre détaillée ci-devann
- Quand la branche a gagné dix toifes ou plus de longueur , la tarriere devenue Charbon de Terre. IL Pan, Gy
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- 52Ï DU CHARBON DE TERRE
- *£rop lourde, ne peut plus être gouvernée par les feules mains dun Ouvrier-; «en fupplée à cette circonftance par un appareil plus compofé : Voy. Fig. 2. On éprend trois fortes perches de la longueur de 22 pieds ou même plus fi on peut les avoir (1) ; on les enfonce en terre par les plus forts bouts, & on les y affer-"mit avec des pierres; par le haut T, ces perches fe réunifient, on les lie enfem--ble avec des attaches de fer ou de corde* afin de pouvoir ÿ afîujettir une poulie que Ton voit en grand n°. 14, avec fa chape nos. 1J & 16.
- L’une de ces perches eft traverfée dans des diftances égales d’échelons /z, n, qui fervent à monter jufqu’à l’endroit où la poulie eft fufpendue : dans cette poulie paffe une corde, qui d’un bout s’enroule dans le moulinet k, & qui à l’autre extrémité a un anneau dans lequel on pafle une piece * qui, dans le cas dont il s’a* git, devient la tête de la tarriere ; cette piece n°. ir, qu’on peut appeller le îbonnet de la fonde, dont il eft facile d’ôter la corde autant de fois qu’on a retiré quelque longueur de la tarriere, eft employée dans la manœuvre repréfentée Fig. 2, à lever une longueur de tarriere de quatre à cinq brades, félon la hauteur des perches : quand le crochet a été paffé dans l’anneau, deux Ouvriers vont faire tourner le moulinet h , afin de lever la tarriere jufqu’à la poulie ; alors l’un des Ouvriers arrête le moulinet, pendant que l’autre va paffer les tenailles 5, /2°. 2 , entre le rebord de l’une des pièces de la branche • & la caifie.
- Tandis que ces tenailles foutiennent la tarriere* on ouvre la vis de la piece qui eft la plus proche de la caifte par le moyen des clefs p, v, n°. 17, & après avoir ôté enfuite toute la longueur de la branche qui fe trouve au jour, on remet le crochet 11, fur le bout foutenu par les tenailles, que l’on retire en recomment çant la première manœuvre. *
- Quand on a remonté la derniere longueur de la branche , on ne fait qu’ouvrir la vis de la cuiller ou de la piece qui travaille, afin de nettoyer la première, où de changer l’une 8c l’autre, félon les matières que l’on a rencontrées.
- * Pour redefeendre la tarriere dans le trou , on baiffe la branche reliée fufpendue à la corde, jufqu’à ce que le rebord du bout fupérieur approche de 1& caille: alors on remet les tenailles entre deux; on leve une autre piece, on la joint à la première par le moyen des clefs, & on continue cette manœuvre jufqu’à ce que la tarriere ait atteint le fond.
- On doit fouvent s’attendre à perdre la tarriere dans le trou que l’on vient de forer; cela arrive principalement en deux occafions; i°. quand les bouts de la branche ont fervi long-temps, ce qui ufe leurs vis; 20. faute d’avoir eu attention de bien aflurer les tenailles : l’inconvénient qui réfulte de cet accident eft confidé-râble ; tout le travail fait eft perdu, ainfi que l’inftrument ; il faut aller forer dans un autre endroit. On a été long-temps dans les Mines de Newcaftle à imaginer un moyen de retirer une partie de la tarriere caffée dans le trou : on doit à M*
- La figure n’en laifle appercevoir que deux, afin d’éviter la confufion<
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- E T DE SES 'MINES. II. Part, 39$
- Triewald l’invention de la machine fuivante , qui eft très-propre pour retrouver & retirer la tarriere de telle longueur & de tell^pefanteur qu’elle puifTe être. Ce Savant allure que cette invention lui a fait honneur par le fuccès* & lui a valu des récompenfos confidérables.
- La longueur de la piece 12 eft de dix-huit pouces; à fon extrémité fupé-rieure , elle a une vis ; la partie inférieure de cette machine a la même grofleur que les trous qu’on peut forer avec la tarriere : depuis le plus mince bord de Ion ^extrémité inférieure , elle eft taraudée en dedans jufqu’à l’endroit t, où Ton applique la clef 2 , pour en ferrer la vis»
- En abbaiftànt cette piece ou ce bonnet de fonde perdue,il faut néceflàirement que l’extrémité de celle-ci entre dans l’écrou de l’autre ; & fi-tôt qu’on s’apper-çoit que cette opération eft exécutée, on frappe avec un marteau fur la tête de la tarriere; par ce moyen on afîure la vis & l’extrémité du bout de la branche qu’on a rencontré dans Fexcavation conique, de façon que la piece tombée ? eût-elfo * vingt ou trente brafies de longueur , peut fe retirer*
- P1 t-Man, Ouvriers Mineurs.
- Les différentes fonctions des premiers Employés font exprimées par différents noms en différentes Provinces; on peut en général rapporter ces Ouvriers à la divifion fuivante»
- Lés View ers ou Survey, Arpenteurs , Experts. TJOver-man ou Overjeer , *
- Intendant. Le Steward, Contrôleur, Receveur. Chaque Particulier ou chaque Compagnie, aune efpece ^Entrepreneur ou Maître Ouvrier , qui dirige les ouvrages & qui veille à ce qu’il ne fe faffe point d’extraétion dans un endroit dont la ceffion n’eft point concédée.
- Les Journaliers employés aux Minés, font de deux efpeces, lesmns qui tra* Vaillent dans l’intérieur, les autres qui travaillent hors de la Mine. Tous font * engagés pour l’efpace d’un an au moins : il y a des peiqes portées même contre ceux qui les débauchent, & aucun ne peut être mis à l’ouvrage par d’autres que par ceux qui les ont loués, fans encourir l’amende.
- Ils font pr efque tous à prix fait ; le moindre prix pourceux avec qui on n’en a point de convenu, eft d’un shilling (1) par jour, ou douze pences (2) poul les Ouvriers du dehors.
- Neuf ou dix heures de travail font ordinairement payées dix-huit à vingt pences, ce qui revient à trente-fix ou quarante fols.
- Les Traîneurs du dedans reftent dix heures de temps dans les ouvrages; ils ont quatorze pinces, c eft- à-dire, vingt-fept ou vingt-huit fols de France.
- Dans quelques Mines, il y a des chevaux qui n’en reffortent jamais* Quelques-
- (l) Le Chelin ou douze fols d’Angleterre,'
- (a) Le peny vaut un fol 112 pences valent par conféque&t 12 fols^
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- B96 DU CHARBON DR TERRE
- unes en employent jufqu'à*trente, qui y entrent & qui en fortent. L'Entrepreneur a deux Chelins par jour pour chaque cheval.
- En EcoiTe, dans la Mine -de Carron, proche Falkirk , chaque troupe de Mineurs fe divife en deux bandes, celle du matin, & celle de l'après-dîner.
- La troupe du matin coupe la veine quils appellent inférieure, c’eft-à-dire ^ qui eft attenant le mur.
- La troupe de l'après-midi abat les deux lits fupérieurs qui ont été déchaufîes avec des coins de fer.
- Les Maîtres Ouvriers font obligés de fournir les outils & la chandelle -, aux Entrepreneurs*
- On leur paye une pince & demiey-qui fait environ trois fols de France, pour le quintal de cent-douze livres de bon Charbon, c'eft-à-dire, celui du lit fupé-rieur, & feulement une pince du quintal de Charbon inférieur, qui fe vend dans le Pays.
- Il y a des Ouvriers qui fe font jufqu'à vingt fchelmgs par femaine , 8c qui ne travaillent cfue fept à huit heures par jour, ce qui leur fait près de quatre livres de France à chacun pour ce temps.
- L'état des frais courants d’une Mine de Charbon ne fera point hors de placé à la fuite des dépenfes qui ont précédé : je le tire des A êtes de l'Académie de Suede, où M. Triewald l'a inféré à la fuite d’un de fes Mémoires fur le Charbon de terre. Tom. I. Art. V, page 314. Cet état appartient à une Mine dont la profondeur eft de douze , quatorze ou feize braffes ; elle fe nomme BleJJay 8c eft diftante de cinq à fix milles du Port de.Blyth, où fe fait rembarquement de quelques Charbons d’Ecoflè.
- Pour détacher de la Mine vingt paniers. t t s
- Xes conduire au bas du puits. * * *
- Pour le dépôt 8c les chandelles. * . * y
- Brouettes & autres petites voitures. v . ,
- Tirage de vingt paniers hors de la Mine. •* %
- Bofage des paniers. . . . - ;
- Pelle, traîneaux & autres.outils. . .
- Pour l'établiflement des puits,charpente, raccommodage d’uf*
- »
- -tenCles, à raifon de vingt paniers. , •* *
- Cordages à raifon de vingt paniers. . ; . è
- Infpeéleurs : leurs appointements à raifon de vingt paniers. ♦
- Conduite des Charbons au grand dépôt. , * -, y
- Pour àiguifer les pics & autres uftenfiles. . * *
- Tranfport, réparation des routes , chemins, & autres. .
- Réparation des chariots. . % . *
- Cages de différents Prépofés , 8c réparation des treuils.
- Ckelins,
- i
- x
- $mces%
- 3
- a
- 1
- 3
- is
- 9
- 6
- xf
- 3
- a
- 8
- Total ip Chelins 8 Pences.
- Du
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- B97
- ET D E SES M I N E S. II. Part.
- • - V.
- Du Maître Foreur.
- Maniéré de traiter avec cet Ouvrier, Je s engagements.
- Cet Ouvrier doit tenir le premier rang parmi tous les Employés de Mine ; ic eft lur lui que roule l'opération qui doit décider de l'entreprifo , & on jugera bien-tôt de toutes les qualités qu on doit délirer dans le Foreur.
- Aux environs de Newcaftle, il y en a un qui fait ce métier depuis fi long temps, & qui a eu occafion de faire des trous de fonde dans un fi grand nombre d'endroits, que toutes les couches de terre, tous les bancs de rochers, lui font connus à vingt milles aux environs, jufqu'à cent toifes de profondeur.
- Ce Foreur fo charge de tout ce qui a rapport à la partie, & de déterminer la profondeur à laquelle le Charbon eft placé.
- On fait prix avec lui ; l'ufàge général eft de cinq Chelins par toife , pour les dix premières toifes, le double pour les cinq toifes au-deflous , Sc ainfi en augmentant de cinq Chelins pour chaque toife.
- Dans ce marché on excepte ït forage des rochers, qui eft payé à part, à raifort des obftacles plus ou moins confidérables qu'ils oppofent à la tarriere, 8c à raifon de la fraéture des parties de fonde.
- Pour cent toifes, qui font la plus grande profondeur, les frais font de quatre mille fept cent foixante Chelins, ou deuxcents- trente-huit livres fterling.
- Cette fomme ne forme encore que le tiers de la dépenfo pour commencer Tentreprife.
- Du refte, le Maître Foreur fo charge de tout ; il fournit les outils, paye les Ouvriers qu'il emploie à fon forage ; le làlaire de ces derniers eft réglé fur fé-paifteur des couches.
- Pour chaque panier ils ont cinq farthings (i)*
- Le choix de ces Ouvriers eft de conféquence pour ie Maître Foreur ; un maladroit peut rendre inutile un forage déjà avancé en profondeur, en mettant un trou hors d'état d'être fuivi, & faire manquer en un jour une befogne commencée depuis plufieurs années, & prête à fe terminer heureufement ; ce qui obligeroit alors d'en recommencer un autre*
- Le tout dépend de la précifion avec laquelle on dirige la tarriere, pour enfoncer le trou bien d'à-plomb, creufé bien rond & d'un diamètre égal ; il ne faut rien forcer afin de ménager les fondes, & en perdre ou en cafter le moins quil fo peut; c'eft une affaire de patience, & Ÿouvrage du temps : on a quelquefois dépenfé quatre, cinq, fix, & jufqu à vingt milles livres fterling, avant d avoir vu les couches ; c’eft uniquement fur le rapport du Maître Foreur que 1 on continue l'ouvrage.
- (1) Fardin ou liard d’Angleterre.
- Charbon de Terre. IL Tarn H y
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- 398 DU CHARBON DE TERRE
- Lorfque la tarriere eft arrivée au Charbon, le Maître Foreur va lui-même y mettre la main , & diriger loutil; il en ramene de point en point un échantillon à l’aide duquel il reconnoît la qualité du Charbon , Fépaifleur des couches qui le précédent, la quantité d’eau qui l’avoifine, la profondeur à laquelle elle fe rencontre, &c.
- C’eft donc fur Ion rapport qu’on le décide, & des-lors on voit que 1 opération du Maître Foreur demande un homme expert Sc exerce, & en même temps un homme de probité ; rien n’eft plus facile que de placer dans une fonde,-^après l’avoir retirée, des matières & même du Charbon qui n’auroient pas été rencontrées par cet outil.
- » Roy aide ou Privilège Royal, & autres ufages concernant la fouille
- Sun terrein,
- La première dépenfe de cette recherche fuperficîelle ne fe fait point, qu’au préalable on ne fe foit mis en réglé vis-à-vis de celui qui a fur la fùperficie, le Royalde ou Droit Régalien ; cette prérogative eft ainfi appellée, parce qu’en Angleterre le Roi a, comme tous les Princes & Souverains de l’Europe, le droit d’entame de la lurface d’un terrein où fe trouve des Mines & carrières; Pour quelques Provinces , il en a été fait une aliénation dont l’époque remonte félon la tradition à Fan 1066.
- Le droit de Royalde appartient ordinairement à des Particuliers ou a des Seigneurs riches, qui poffédent une partie des mêmes terreins ; les uns exploitent pour eux-mêmes, les autres afferment & la Mine & louvent le terrein.
- A Stafford, aux environs de Newcaftle under tyne, le Roi, comme Seigneur foncier du pays, jouit du Royalde à plufieurs milles à la ronde ; il afferme ces Mines moyennant dix pences ou dix lois qu’on lui donne par chaque mefure de quinze quintaux, évalués à cent-douze livres pelant.
- Il eft des terreins pour lefquels celui qui a fait acquifition de la furface, s’eil réfervé la claufe expreffe, qu’il n’y feroit fait aucune fouille làns fon confente-mentfpécial, quoiqu’il n’ait pas lui-même droit d’y faire aucune ouverture.
- Ce Royalde emporte avec lui le droit de pratiquer un chemin dans toute l’étendue du terrein ; mais l’établiifement des voyes publiques a infenfiblement modifié ce pouvoir, & conduit les propriétaires & les poffeffeurs du Royalties à compofer enfemble de la lurface ou il eft à propos de pratiquer un chemin.
- Les baux font communément de vingt & un ans, temps fuffifant pour dédommager l’Entrepreneur de fes frais : au liirplus, on peut faire ces baux fous les conditions qu’on veut.
- En payant au Propriétaire la lurface du terrein à l’amiable ou à dire d’Experts* on peut faire ouvrir, fouiller, & exploiter dans le fond d’autrui ; les dédommagements à payer pour chaque arpent de terre, les difficultés auxquelles ces ar-
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- ET DE SES MINES. II. Part. $99
- rangements font réglés , font fixes foivant les Provinces, par plufieurs Aéles du Parlement.
- Une perfonne qui croit avoir dans fon terrein du Charbon, s arrange avec celui qui a le droit de Royalties pour faire faire à frais communs une fonde, ou bien ils font enfemble une convention, que dans le cas où le Charbon fe découvrira , l’un fera défrayé par l’autre de ces frais de fonde.; quelquefois ils conviennent de s’aflbcier dans la continuation des travaux, au cas de réuffite.
- S’ils ne s’accordent point, celui qui veut exécuter fon deifein, refte le maître , en obfervant feulement d’éloigner fon forage le plus qu’il peut du fonds de fon voifin.
- Des recherches préliminaires à Venfoncement d'un puits dè Miné.
- On commence donc par reconnoître avec la fonde, à quelle profondeur fo trouve le Charbon, en portant premièrement la tarriere à la partie la plus élevée delà pente du terrein.
- Si dans cette partie on n’arrive point au Charbon, ôn fonde for le milieu de cette pente; fi enfin cette nouvelle fonde ne conduit à rien, on fouille dans le bas du terrein ; mais cela ne fe pratique qu’à la derniere extrémité : l’exploitation de la carrière en devient plus dilpendieufe par la difficulté de placer la pompe à feu qui doit toujours être dans un endroit plus bas que la carrière.
- Une circonftance intéreflànte à déterminer enfuite , c’eft l’inclinaifon des couches ; ce n’eft pas toujours chofe bien aifée : elle eft néanmoins poffible quelquefois ; lorlque, par exemple, il y a des Mines voifines où fe rencontrent les mêmes bandes, par lefquelles on peut juger de l’inclinaifon des autres.
- Si ce cas ne fe rencontre point, le Maître Foreur eft obligé de faire deux autres fondes à des diftances tellement égales les unes des autres, que ces deux dernieres forment avec la première, un triangle équilatéral, & par la différente profondeur à laquelle on rencontre les couches dans chaque trou de fonde, il juge de quel côté inclinent les veines.
- Nous nous arrêterons à cette méthode, dans la quatrième Seétion ; il foffira de fe rappeller ici ce que nous avons obfervé dans la première Partie, page 90 , for les fignes extérieurs, d’après lefquels on pourroit fe déterminer à cette recherche par les fondages.
- La première dépenfe que comporte cette recherche, & qui eft confidérable ; comme on l’a vu tout à l’heure, eft en général affez avanturée, puifqu’à moins que la Mine ne vienne s’affleurer à l’air, rien ne peut l’indiquer à la première foperficie.
- Quelques Mineurs Anglois prétendent néanmoins pouvoir fe guider dans ce premier foupçon, par la nature de l’eau qui fort d’une montagne. Gabriel Plates, dans l’Ouvrage rare & curieux que j’ai déjà cité, fait mention page 47,
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- ^od DU C H R B O N DE TERRE
- Chapitre H, de ce figne qui eft un petit myftere entre les Mineurs. M. Triewald, Article IV de fes Mémoires fur le Charbon de terre , Ta publié (i) : feu M. le Vicomte Defandrouins m’a paru y. avoir confiance. Quelque peu de confidération que mérite, à mon avis, cette pratique , on ne fera pas fâché de favoir en quoi confifte le fecret : d ailleurs il fera aifé aux perfonnes à portée des endroits où il y a des Mines, de s’atnufer à conftater un moyen auffi fimple que facile ; il ne s’agit que de prendre l’eau qui fe fait jour hors d’une montagne, dans laquelle on foupçonne qu’il peut y avoir du Charbon de terre ; cette eau eft ordinairement chargée d’ocre jaune : & voici comme on en fait l’expérience. On prend une ou plufieurs pintes de cette eau ; on les fait évaporer à feu doux dans un vaiffeau de terre neuf verniffé : lorfque le fédiment qui refte au fond du vaifîeau efl: de couleur noire, ils ne font point de doute que la montagne ne renferme du Charbon de terre. On regarde encore comme indice fur, la rencontre du Shelly-Jlone (2) , fous lequel vient ce que dans quelques endroits de la Grande-Bretagne, on nomme Pierre métallique, à caufede là couleur bleue, voy. Seél. XI, Art. IV, & qui eft mieux caraélérifé par les noms Bass, Shale , S la te. Uoy. page 95.
- Telles font les opinions vulgaires des Charbonniers Anglois , auxquelles il faut rapporter ce que j’ai dit, Seâion VIe. de la première Partie* Il ne refte donc toujours, pour ne point faire des remuements de terre bien plus difpendieux, d’autre moyen que de fonder l’endroit*.
- j. ravau quL
- Dans le cas où on a reconnu un banc de Charbon, on enfonce un puits qui traverfe les différents bancs fitués au-deflbus du premier : on doit fe rappeller qu’en Angleterre, leur nombre va quelquefois jufqu’à fept, qu’ils font tous fé-parés les uns des autres par des couches de glaije ( clay ) ou de caillou, ou de roche de cinq à fix braffes d’épailfeur, que l’on eft obligé de faire fauter avec la poudre à canon,
- La pierre qui fe rencontre affez ordinairement à cinq ou fix braffes de profondeur , eft un rocher quelquefois dur, quelquefois friable, auquel la marne & d’autres terres plus ou moins compactes, ou le Charbon même fervent de bafe.
- Arrivé à la veine, on avance dans le Charbon par un chemin horifontal, qui va en montant pour faciliter l’écoulement des eaux : cet ouvrage fe prend de la hauteur ou de l’épailfeur de la couche & d’une longueur proportionnée à la fb-s lidité du toit de la veine, depuis cinq jufqu’à quinze pieds de large, félon 1 es
- (1) Tom. I, des Mém. de rAcade'mie de Stockolm. An. 1740. page 226.
- (2) N’ayant vu en aucun pays de véritables traces ou empreintes de coquilles dans les couches de Charbon de terre, je crois pouvoir, &
- pour cette pierre & pour une veine de Charbon îurnommées de même Shelly, traduire ce mot par feuilletée ou en écailles, & qui eft vraifemblablement
- ce Granité appelle prefque par-tout ailleurs Cre{.
- endroits
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- ET DE SES MINES. II. Pa&T, 40f
- endroits, & on avance toujours en laiflànt des piles à chaque diflance de qua^ rante ou quarante-cinq pieds.
- Près de Chewmagna, dans le Comté de Sommerfet (i), » on commence les » ouvrages d’une Fouille par percer le crûp , ou bien on entame le cliÿ9 dont » la direélion eft toujours régulière comme le Charbon, & fuivant le même pen-» dage, » voy. page 97. Il y a ceci de remarquable pour cette maniéré ufitée dans cet endroit, » que le Charbon fe trouve par-tout dans cette Province » fltué obliquement, comme on voit les tuiles dilpoféespour former la couverture. » d’une maifon : à moins qu’un Ridge compofé en partie de clay-floue ou un » Rubble, ne vienne couper le banc ou la veine de Charbon, il n’eft jamais per-y> pendiculaire , ni horizontal ».
- Je rappellerai en paflànt, à Foccafîon de ces interruptions, les lignes auxquels on peut conjeélurer qu’une veine fera interceptée dans fa marche par un trouble*
- Pour peu que les Viewiers ou Experts s’apperçoivent que la veine s’enfonce ou s’élève plus quelle ne le doit par fa direélion naturelle, ( voy. PI. XI, de la première Partie Fig. 2 ), ils préfument qu’elle fe trouvera gênée par le Dike, nommé Gac dans les Mines d’Ecolfe.
- La couleur de queue de Paon du Charbon, regardée par M. Triewald comme confiante dans les Charbons qui avoifinent ces Dikes ou Gacs,(Voye^ Seét. IVe* de la première Partie, Art. I, page 20, & Seét» VII, Art. V, ) pourroit être ajoutée à ce renfeignement»
- . » Au furplus, cette obliquité (pitch) du Charbon fe trouve d’après le rap-» port de l’obfervateur, dans tous les ouvrages de Chewmagna, d’environ vingt-» deux pouces ou d’une bralfe ; & l’apparence fùperficielle du lit ou de la veine » appellé Crop dans cette Province, eft nommée Bajjedng dans les endroits » fi tués vers le Nord. Voy. p. <?8i
- Dans la Ve. Seétion de la premiers Partie de cet Ouvrage, Art. Xl9pag. 32, où il a été queflion des vapeurs & exhalaifons particulières aux Mines de Charbon de terre, nous avons fait connoître ces météores d’après l’expérience des Liégeois & des Anglois. Les Tranfaétions Philofophiques renferment fur cet article des particularités remarquables obfervées dans les Mines de Newcaftle 4 lesPhyficiens qui, d’après les fimples obfervations des Ouvriers, peuvent en faire des objets de Ipéculations intérefîàntes, nous fuiront gré de ne point les paffer fous filence.
- (0 Tranfaft. Philofoph. Ann# 172/, no. 360, Art 41
- Charbon de Terre. IL Part.
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- DU CHARBON DE TERRE
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- Des Vapeurs de Mines dans les carrières de Charbon de Newcajlle*
- Les Pit-Mens ou Ouvriers qui s’adonnent aux travaux des Mines de Charbon ^ dans cette partie de l’Angleterre, diftinguent deux efpeces de vapeurs, l’une qu’ils nomment Stith, peut-être par corruption du mot Stink , Stenck, qui veut dire puanteur, n’eft autre choie que le common Damp, appelle dans d’autres Mines d’Angleterre foui air.
- La fécondé eft une vapeur fulphureufè , différente de la première par Ion inflammabilité & fes autres phénomènes : en effet, loin de concentrer la flamme des chandelles ou de l’éteindre, elle l’augmente & l’étend à une hauteur marquée ; cette flamme de chandelle fait alors l’effet d’une meche à feu qui allume toute la partie de la Mine où il fe trouve dans ce moment de cette vapeur ramaffée. A Penfneth-chafen , le feu a pris de cette maniéré par une chandelle , dans une carrière de Charbon, Sc depuis ce temps on en voit fortir la fumée & quelquefois la flamme (1) : dans le Fiintshire, à Moftyn, il fort de temps en temps d’une Mine des exhalaifons de couleur bleue, qui prennent feu avec ex-plofion.
- Une circonftance par laquelle cette vapeur fulphureufe & inflammable * FuU minating Damp , ou Vapeur fulminante, eft remarquable, c’eft que dans quelques Mines elle fe pelotonne & fe ramafle au haut des galleries, en forme de ballon qui s’apperçoit aifément à l’œil. Dans la Mine de Wittehaven, on en a vu une d’environ huit pieds de diamètre ; elle a encore ceci de fingulier, s’il faut en croire ceux qui fréquentent les Mines de Newcaftle (2) , que, quoiqu’elle s’allume par la flamme des chandelles, les Ouvriers fe fervent utilement & impunément dans les ouvrages occupés par cette vapeur, de leur briquet St de leur pierre à fufil, pour en tirer une lumière éclatante, à la faveur de laquelle ils s’éclairent fans encourir le même danger qu’avec des lampes & chandelles.
- Cette remarque toute Ample, faite d’abord fur des étincelles paflageres tirées à différentes reprifes d’une pierre à fufil, a conduit les Pit-Mens à imaginer un moyen de tirer avantage de ce feu qu’ils ont, dès-lors , conçu incapable de produire fur cette vapeur l’effet fi redouté du feu des lumières avec tefquelles ils s’éclairent ; ils en font tellement perfuadés, qu’ils fe procurent à volonté St pendant un temps fuivi, de la'clarté en faifant tourner une petite roue d’acier fur une pierre à fufil.
- Toute la machine eft nommée FUnt mill, ce qui veut dire littéralement, mou-* lin à filex ; elle refîemble fort pour les effets, aux rouets de nos Arquebufîers 9 St pourroit être véritablement appellée Rouet a fufil des Mineurs. La delcription
- (1) Tranfaft. Philofoph. An.... Nos. 42p. 10p. fur une vapeur de la Mine de Charbon de M. 1® £42. 282. Chevalier Jacques Jumher.
- ( 1 ) Tranfaft, Philofoph. An. 1733. Art.....
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- Ë T D È SES M ï N È ïI. Part* 4o|
- en a été donnée telle qu’elle va fuivre, dans lès Mémoires de l’Académie, année 1768 (1), Sc M. le Roi m’a aidé à l’éclaircir par la figure 4, Planche XXXV, Elle eftcompofée d’un cadre de Fer, d’environ quinze pouces de long, fur huit pouces de large, dans lequel eft renfermée une roué dentée de fept à huit pouces de diamètre, qui engrene dans un pignon pouvant avoir un pouce & demi ou deux pouces : ce pignon porte Fur fon axe une 'petite roue d’acier dé quatre à cinq pouces de diamètre, & fort mince.
- L’Ouvrier tenant ce moulin à pierre à fufil contre fon ventre d’une part, M fur un endroit fixe de l’autre, appuyé contre la roue d’acier une pierre à fufil * & tourne une manivelle adaptée à l’arbre de la grande roue, qui, par fon engre* nage, fait tourner avec rapidité la petite roue d’acier, dont le frottement contré la pierre à fufil tire beaucoup d’étincelles.
- En rapportant ici ce moyen de fùppléer aux lampes & aux chandelles dans les Mines fujettes au feu, il eft indifpenfàble de faire quelques remarques importantes. Il eft aifé de le figurer les gerbes confidérables & fucceffives que donne la pierre à aiguifèr contre un morceau d’acier ; il y a Certainement une différence entre ce feu, toujours accompagné d’un vent frais très-Confidérablé * & celui d’une lumière ; néanmoins l’amadoue s’allume aux étincelles que produit en air libre & dans une cave la roue d’un Rémouleur frottée par les inftruments qu’il repafle : quoique du bon efprit-de-vin ne s’y enflammepas, Ce moyen Curieux de difliper dans la Mine une obfcurité gênante pour les travaux, n’eft pas fi certain , que l’on puiffe s’y fier avec une pleine fécurité : M. Jars cite lui-même dans fon Mémoire, l’exemple d’une inflammation qui réflilta des étincelles du F Vint milL Tout ce que l’on peut dire, c’eft que, dans le cas où l’exhalaifon ordinaire Ccmmon dàmp, autrement appelle mauvais brouillard, & par les Liégeois fou-> ma, exifte à un certain degré, c’eft-à-dire , que dans les endroits où il y a mam que d'air, le rouet à pierre à fufil ne donne point de lueur, Sc doit être réputé un des moyens les moins dangereux.
- Les tranlàélions Philofbphiques font mention d’une manière fimplé & très-* , ingénieufe , qui fut employée pour donner cours à cette vapeur hors de la Mine* en la laiflant amalfer derrière un cuveiage de planches; on cimenta à ce cuvelagè un tuyau de deux pouces de diamètre, qui d’une part s’ouvroit derrière les plan* ches, & de l’autre, s’élevoit au-deffus de l’orifice du puits à plus dé douze pieds#' Pendant près de trois mois , ce tuyau pompoit continuellement , & avec une même force cette vapeur inflammable.
- L’expérience dont eft accompagné ce récit, mérite d’être rapportée. Si ori met fur le tuyau un entonnoir renverfé, dont le petit orifice foit adapté à une grande veflie aifujettie avec la main, cette veille au bout de quelques minutes, eft remplie de ces vapeurs, & elles peuvent s’y conferver plufieurs jours, ü tranfoorter même, & produire les mêmes effets*
- (0 Obfervations fur la circulation de l’air dans les Mines, par Jars, Second Mémoires
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- 404 DU CHARBON DE TERRÉ
- En comprimant la veflie pour faire fortir cette vapeur au travers d’une chandelle allumée, la vapeur prend feu & continue de brûler tant que la veflie en contient &eft exprimée. Cette expérience fut faite enpréfence delà Société Royale de Londres, au mois de Mai 1733, quoiqu’il y eut un mois que la vapeur eut été enfermée dans la veflie.
- On connoît les expériences des vapeurs fomblables , avec des mélanges artificiels ramafles dans une veflie ; il y en a eu de faites par feu M. de Bremont, dans des féances de l’Académie Royale des Sciences de Paris.
- Les Mines fujettes à cette exhalaifon font fur-tout dangereufes, lorfque les ouvrages ont été interrompus; il ne faut que vingt-quatre heures pour que cette vapeur fe foit ramaflee & devienne plus fâcheufe.
- En Angleterre & en Ecoffe, les Ouvriers ont imaginé une façon très-parti-culiere de s’en débarrafler ; elle confifte à ne pas attendre que le feu foit arrivé au point de faire explofion, ce qui fou vent feroit imprévu & fâcheux pour eux : ils décident cet effet en fe mettant en garde* comme on le juge bien * pendant leur opération* dont voici la marche.
- Un homme couvert de linge mouillé ou de toile cirée defcend dans la Mine tenant à la main une longue perche , dont l’extrémité porte une lumière qui eft afîujettie dans une fente ; il s’approche de l’endroit d’où vient la vapeur en avançant fa lumière ; 8c comme le choc de l’explofion fe porte toujours fur le toît de la mine * qui eft la partie fiipérieure des galleries , il fe tient étroitement appliqué fur le plancher pour fe garantir du choc ; la vapeur prend feu fur le champ , détonne avec un bruit femblable à celui du tonnerre ou de l’artillerie, & s’échape par un des puits. L’Ouvrier qui procédé à cette exécution, reconnoît d’abord fi ces vapeurs font ramaffées en trop grande quantité, parce que, dans ce cas, la lumière de l’Ouvrier s’éteint; alors il s’appuie davantage contre terre , avertit fes camarades en criant d’en faire autant; la matière enflammée ne rencontre point ceux qui ont été les plus prompts à fe conformer au confeil, 8c ceux qui n’en ont pas eu le temps , font tués ou brûlés.
- Cette explofion purifie l’air par l’agitation qui lui a été imprimée ; il n’y a plus de danger à fe mettre à l’ouvrage.
- Travaux pour détourner les eaux, Stream-Works.
- Les principales opérations relatives à cette partie des travaux de Mines, con-fiftent à épuifer les eaux dans les endroits où elles incommodent, & à en enlever beaucoup au dehors : je me fuis permis de comprendre ici ces travaux fous l’exprefiîon générale Stream-Works ufiteedans les Mines d’étain en Angleterre. Les machines hydrauliques qu’on emploie pour cela dans ce même Royaume, font de même efpece ou fur les mêmes principes que les machines qui ont été décrites Seélion I de cette première Partie, page 238.
- Il y a eu vers Eglington, je ne fois dans quelle partie de la Grande-Bretagne,
- une
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- E T DE SES MINES. IX.
- ùne Mine de Charbon , dont bil droit les eaux à la faveur d’un moulin à vent* conftruit fans doute comme ceux que j’ai indiqués page 238.
- Les machines ou pompes à feu font particuliérement appliquées à ces grands épuifements dans quantité de Mines de Charbon de la Grande Bretagne , & Pu-fage y eft que les Conftruétèurs qui viennent procéder à leur étâbliflèmént ^ garantirent l’effet de ieur ouvrage.
- A Hartley Pool, d’où il vient communément du Charbon à Londres, il fo voit une machine à feu, dont l’exécuteur & l’inventeur a obtenu un privilège ex-*; clufif pour quatorze ans. A Kinfington, à une petite lieue de Londres , on eri voit une conftruite par le Capitaine Savery, & qui n’a qu’un feul récipient. La plus confidérable eft celle de Walker , où les eaux ramaffées à cent toifes de profondeur , s’élèvent à quatre-vingt-neuf toifès, jufqu’à un percement ou aqueduc de quatre pieds de haut, & de deux-cents-cinquante tôifes de long ; fo puiflànce eft de 34416 livres; elle a d’effort à faire 31096.
- L’application de cet agent extraordinaire pour le mouvement de machines propres à élever les eaux, a été l’objet des fpéculations & des effois de trois Savants (i)dans trois Pays en même temps ; mais le génie a prefque toujours befoin d’ê-tre aiguifé, échauffé, éclairé par une néceflîté réelle & préfente.L’abondance des Mines de Charbon de terre en Angleterre,l’impoffibilîté de chercher le Charboft à des profondeurs que les eaux rendent inaccefîiblés, dévoient néceffoirement pi^ quer l’attentiondes Anglois plus que celle de toutes les autres nations; car ces machines apportent une augmentation importante dans leur richeflè en Charbon de terre ; auffi ce moyen a été particuliérement pour le génie Anglois, un fujet de profondes recherches. LesPhyficiens de cette nation fe font occupés [utilemenÊ de calculer les forces, de proportionner les parties de ces machines, de déterminer la quantité de vapeur néceflaire à leur aélion, &c. Il n’y a pas eu jufqu’à de fîmples Ouvriers, un Féronnier, un Vitrier, voy. page 240, un jeune Potier de Dumfries ou Dumfreries au Comté de Nithifdale , dans Y Eco (Je méridionale j qui ne puiffent être regardés comme ayant concouru avec fuccès à la perfeélion’ de ces machines ; ce font précifément ces derniers , qui par hazard, ont eu la plus grande part aux découvertes qui reftoient à faire pour obtenir d’une pompe à feu tout l’effet qu’on pouvoir déflrer.
- L’hiftoiredes progrès fucceflîfs de ces machines eft diftinguéeen deux époques;! fovoir, celle où le premier pas a été fait , & que le Médecin Papin a tracée dans la conftruétion de fon Dîgefteur ; celle des véritables conftruc-rions de pompes à feu , qui permet de les regarder en tout comme une in-; yention Angloifo.
- Pour ne point changer la marche que j’ai annoncée, & traiter mon fujet d’une
- r. ( j Papin, de la Société Royale de Lon* à Londres ; M. Amontons, de l’Académie Royalô
- dres, & Me ecin François ; le Capitaine Savery, des Sciences, à Paris.
- Charbon de Terre. II. Paru K 5
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- U
- CHARBON
- DE
- TERRE
- façon qui préfente en même temps l’hiftoiredu Charbon de terre dans chaque Pays en particulier, je donnerai ici le détail d’une machine à feu, employée à Té-puifèment d’une Mine de Charbon en Angleterre : le Savant dont j emprunte la defcription (i), ayant en même temps fait exécuter cette machine, perfonne n’a été plus en état que lui de traiter cette matière, pour laquelle la pratique & la théorie demandent abfolument à être réunies.
- En parlant de ces machines à l’article de Liege, je m’en fuis tenu à dire uni-; quement en quoi confifte leur opération,page 24 o ; pour cela il n’étoit befoin que d’en prendre une idée très-générale, dans le fimple énoncé des principales pièces qui les compofent, en jettant un coup d’œil fur une pompe à feu : j’ai renvoyé, à cette occafion, à la machine à feu de Frêne, proche Condé, au Hainaut Fran* çois, dont j’ai penfé devoir auffi faire entrer les Planches dans cet Ouvrage , à çaufe de l’avantage que l’on peut retirer de la comparaifon de deux de ces machines.
- En procédant ici à ce que j’appelle la véritable defcription de cette pompe telle que l’a donnée le Doéleur Defaguliers, j’en retrancherai tout ce qui pour* roit en troubler ou interrompre le fil, & en rendre l’intelligence embarralïante à un Direéteur de Mine, ou à un Ouvrier habile : les chofes doivent leur être pré-fentées autrement qu’au Phyficien, pour lequel le lavant Auteur a travaillé d’une maniéré digne d’éloge.
- Cela ne changera rien à l’ordre qu’il a gardé dans là defcription, qui donne avantageufement à quelqu’un qui n’auroit aucune idée de ces machines, la con-noilfance de leur conflruélion & de leur ufage.
- La Figure r, Planche XLVIII, où fe trouvent quelques-unes des principales parties de la machine, luffira pour conduire le Leéteur comme par degrés, des parties les plus fimples aux plus compofées.
- Je renvoie à la quatrième Seélion, les détails explicatifs des autres Planches^ 8c des développements qui leur appartiennent, ainfi que tout ce qui concerne les dimenfions des differentes pièces qui feront portées fous un feul titre.
- En faveur de ceux des Leéleurs qui auroient befoin d’explication de quelques termes dans tout le cours de cet Ouvrage, j’ai fait entrer dans la Table des matières, une efpece de Diélionnaire des termes de Phyfique, de Mathémati-. que & des Arts.
- M. Defaguliers commence par examiner fommairement les idées qui fe pré** fenteroient en cherchant à remplir l’objet pour lequel on a imaginé la pompe à feu : nous luivrons là même marche.
- On veut tirer de l’eau d’un puits ou d’une Mine P, à cinquante verges dû profondeur, avec une pompe de fept pouces trois quarts de diamètre, &
- (1) Le Do&eur Defaguliers, de la Société 1 Expérimentale, fraduit en François, cité pagt Royale de Londres, dans fon Cours de Phyfique 1 2
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- ET DË ses Min ES. II. PARÏ. 40f
- par conféquent la colonne d eau a crever pefe ( en nombres rondes ) trois mille livres. La verge de la pompe i9 eft attachée à la chaîne i H, qui eft fu£ pendue à l’extrémité la plus éloignée de l’arc H h 29 9 fixé à l’un des bouts d’une grande poutre b 2 9 8 h9 qui fe meut autour du centre 8.
- En joignant à la chaîne H L9 attachée à l’autre bout de la poutre , une cen-taine de cordes dont chacune feroit tirée en bas par un homme dans la direéiion Lly on réulïïroit à ramener en bas l’extrémité h9 de la poutre 9 Sc par conféquent à en élever l’extrémité oppofée h2 : alorsla chaîne H i9 fe roulant autour de Ion axe, le pifton de la pompe & la verge feroient élevés dans la direction Pp 9 ce qui feroit monter une quantité d’eau proportiônnelle au corps du pifton, Sc la feroit couler en P.
- On pourroit faire cela quinze ou vingt fois par minute , attendu que chaque homme ne pourroit élever que trente livres, de la même maniéré qu’on #gite les cloches.
- Mais fi on ne veut pas que la Mine foi: inondée par les fourees qui font dans le fonds , on n’a pas de temps à perdre; il faudroit relever ces cent hommes par cent autres ; & aucune Mine ne peut fe trouver affez riche pour défrayer cette
- En comparant la force d’un cheval à celle de cinq hommes, vingt chevaux employés à la fois fuffiroient ; & comme :1s ont plus befoin d’être relayés, il en faudra environ cinquante pour agir conftamment, & pour amener l’extrémité k de la poutre feize fois par minute, afin d’avoir le nombre de coups requis dans la pompe : la pefanteur de la verge après chaque coup, abailfant le bout h 2 , & l’amenant le long de la tangente i H, cela feroit encore très-frayeux.
- Dans cet embarras, notre Savant luppolè qu’un Philofophe vient Sc imagine le moyen fuivant d’abaifler l’extrémité de la poutre fans le fecours des hommes ou des chevaux. Il attache à la chaîne H L% un pifton L C9 qui entre dans un cylindre de cuivre L9C9d9n9 d’environ huit ou neuf pieds de longueur , Sc de vingt-deux pouces de diamètre intérieurement ; ce cylindre eft fi bien poil en dedans, que le pifton C9 bien enduit de cuir, peut glilîer dans là longueur fans donner aucun paflàge à l’air. Il luppofe que ce grand cylindre de cuivre eft bien arrêté, & qu’il y a un tuyau D d au fond, avec un robinet pour ouvrir ou fermer à volonté le paflàge de l’air dans le cylindre.il fuppofe encore que le Philofophe applique en E une pompe pneumatique9 laquelle , avec quelques coups de pifton , tire tout l’air qui eft dans le cylindre C dn , fous le grand pifton; En ce cas l’atmolphere , avec une colonne qui pelèra environ cinq mille huit cents livres, preflera en bas le pifton C, dans la direétion L C , vers d n; ce qui abaiflera l’extrémité h de la poutre , & fera monter l’autre extrémité h.2 ; de-la refultera un coup de pifton (égal àla longueur du chemin que le pifton fait dans le grand cylindre ) pour décharger l’eau par la pompe en J\
- Le robinet étant d abord après tourné en D, & l’air s’introduiiànt dans lâ
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- qo* DU CHARBON DE TERRE
- cylindre, le pifton fera foutenu contre la preffion de ratmofphere par fair qui 's’introduira, en forte qu’iln’aura plus que fon propre poids qui le tienne en bas; mais ce poids étant de beaucoup inférieur à celui de la verge delà pompe qui eft à Fautre extrémité de la poutre , cette extrémité h 2 , tombera de nouveau j & amènera le pifton vers L ; de-là on pourra Fabaifler encore par une fécondé opération de la pompe pneumatique en Z, & produire un fécond coup de pifton. Cela feroit bon fi Fair pouvoit fe retirer affez promptement ; mais on ne peut évacuer le cylindre que deux fois environ par heure, & Savoir en confequence que deux coups de pifton, au lieu quil en faudrait avoir neuf cents foixante dans le même temps, parce que pour empêcher Feau de la Mine d’inonder tout, il faut feize coups par minutes.
- Or on a trouvé une méthode efficace de produire feize fois par minute ce vuide fous le pifton C; & cela en employant au lieu de Fair , la vapeur de Feau bouillante (car fon reflort devient aulîi fort que Fair) , elle fait autant d’effort que l’air pour élever le pifton C, &elle eft enfuite condenfée & diffipée par une injeélion d’eau froide (de maniéré quelle produit un vuide ) en moins de deux fécondés ; & cela s’exécute au moyen de la conftruélion fuiyante que nous allons décrire.
- Etat de la Pompe à feu exécutée pour la Mine de Charbon de Griff,
- près de Cowventry en IVarwick-Shire,
- Sous le cylindre Lcdn9 on arrête un grand alambic B , de la figure D o 000 Aaaa, qui communique avec le tuyau E D d; un diaphragme nommé Régur lateur 10 Z, gliffimt par une plaque en Z, fous le tuyau D d, ou s’en éloignant par le mouvement du manche 10, ferme ou ouvre la communication de ralambic avec le cylindre félon le befoin. L’alambic étant plein d’eau jufqu’à la hauteur S B s 9 on allume le feu en A, pour faire bouillir Feau , ce qui éleve fur fa furface une vapeur un peu plus forte que Fair, & feize ou dix-fept fois plus rare : alors ( le pifton C étant fuppofé en d n arrêté par la preffion de Fair) on poulie le manche 10, de 10 vers 12, pour ouvrir fiibitement un paf fige d’environ quatre pouces à la vapeur, qui fortant de l’alambic entre dans le cylindre , où agiffant fous le pijlon, elle le foutient autant qu’auroit fait Fair ordinaire; & contrebalançant la preffion de l’atmofphere en bas fur le pijlon, elle laifle la liberté à la verge de la Pompe qui eft fufpendue du côté oppofé da fi poutre , de defcendre pour produire un coup de pijlon,
- Lorfque le grand pifton eft monté jufqu’en C ou un peu plus haut, on poulie en arriéré le manche 10, vers O ; la plaque du Régulateur JS, arrête toute coim implication, enforte qu’elle empêche qu’il n’entre plus aucune vapeur dans le cylindre. Alors on éleve le levier O /, (qu’on défigne par la lettre F,) en
- forte qu’il falfe tourner, par le moyen de fes dents > fi clef du robinet £ injection
- en
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- ET DE SES MINES. IL Part,' 4op
- en N- ce mouvement laifle palier l’eau du réfervoir etinjection g, par le tuyau g M N; il fè fait un jet d’eau froide par n, contre le bas du pljlon, qui éparpillant les gouttes d’éau dans tout le cylindre, condenfe la vapeur & la fait redevenir eau. Son volume devient quatorze mille fois plus petit que dans l’état de vapeur, ce qui produit un vuide fuffifànt pour faire agir la preflîon de l’atmo-fphere qui n’eft plus contrebalancée, & pour élever l’autre bout de la poutre avec fà pompe qui décharge l’eau en P. Cette opération fe fait dans deux fécondés , ce qui revient au même que fi une machine pneumatique pouvoit dans cet efpace de temps tirer 1 air du cylindre. On ferme le robinet d’injection, & on ouvre le Régulateur pour lailîer entrer la vapeur jufqu’au pijlon avant qu’il descende aflèz bas pour écrafer le tuyau d, 8c il s’élève de nouveau vers L, qui efl une coupe pleine d’eau ( dont on expliquera ci-après l’ufàge : ) de-là on le fait de nouveau defeendre en fermant le Régulateur 8c ouvrant le robinet d’injection comme auparavant, &c. en forte qu’un homme ouvrant 8c fermant alternativement le Régulateur io E, le robinet d’injection N> peut faire produire à cette machine feize coups par minute.
- Tel efl: l’état préfent de la machine à feu, extrêmement fimple 8c intelligible, où l’on produit tout d’un coup une force immenfe, pour faire agir des pompes, (carie mouvement ferait précifément auflî aifé quand l’aire du cylindre feroit dix fois plus grande ), en faifànt Amplement tourner alternativement deux robinets : cependant un homme qui ne connoîtroit pas cette machine & qui la verroit pour la première fois, pourroit s’imaginer qu’elle efl: fort compofée, vu le nombre des parties qui fe préfèntent tout à coup à les yeux. Mais on doit bien diftinguer ici ce qui forme les opérations eflentielles de cette machine, 8c ce qui n’efï que pour la convenance & pour mieux régler fes opérations ; car on n’emploie pas la centième partie de la force dans cette machine (telle que celle de Griff dont on parle ici, & qui travaille depuis plus de vingt ans , ) ni la millième dans les plus grandes machines à feu, pour tourner les robinets 8c régler tous les mouvements, comme on le verra lorfqu’on expliquera chaque piece par ordre ; premièrement fur cette figure Ie relative à l’état préfent, 8c enfuite fur les figures qui repréfentent fucceffivement toutes les parties de la machine, & la maniéré dont on les voit toutes enfemble.
- i°. Comme il faut toujours avoir de l’eau dans le réfervoir g, pour faire l’in-jeétion dans la vapeur & la condenfer , on a fixé un arc à la poutre auprès de h qui porte une chaîne avec une petite verge de pompe k , laquelle tire l’eau d’un petit réfervoir auprès de l’entrée du folié, ( ce réfervoir efl: entretenu par une partie de l’eau qui s’élève en P) & la contraint de monter par le tuyau mm9 pour entretenir le réfervoir d’injeélion toujours plein.
- 2,°. Comme le pifton C, qui fe meut en haut 8c en bas dans le cylindre, ne doit donner aucun paflage à l’air, on doit maintenir dans l’humidité Y anneau de cuir ou autre piece qui 1 environne, afin qu elle fbit toujours enflée par l’eau. Il tire? Charbon de Terre. il. Part, L $
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- 4iô DU CHARBON DE TERRE
- cette eau de la fontaine d’injection par un petit tuyau qui coule toujours en bas fur lepijlon, mais en très-petite quantité il l’ouvrage eft bien fait. L eft une coupe de plomb, dont la fonétion eft de contenir l’eau qui eft fur le pijlon ; autrement elle s’écouleroit par-defîus, lorfque le pijlon eft a fà plus grande hauteur dans le cylindre, comme en W ; mais en même temps fi la coupe eft trop pleine, l’eau s’échappera par le tuyau L V, dans le puits vuide Y.
- 3°. Comme l’eau dans talambic B, doit diminuer par degrés, à mefure qu elle s’exhale conftamment en vapeurs ôc que ces vapeurs en fortent continuellement pour mettre la machine en mouvement, il faut conftamment fournir de l’eau nouvelle à l'ébullition. Cela fe fait par le moyen du tuyau F f, d’environ trois pieds de longueur, lequel defcend d’environ un pied au-defîous de la furface S de l’eau dans l’alembic, ayant un entonnoir F au-defîus, toujours ouvert & entretenu par le tuyau Wy qui fournit l’eau du haut du pif on, laquelle a l’avantage d’être toujours chaude, & par conféquent de ne pas arrêter autant le bouillonnement de l’eau, que fi elle étoit entièrement froide.
- 40. Comme Valambic rifque de fe brûler, fi l’eau en bouillant fe diffipe trop vite , & fi fà furface defcend beaucoup au-defîous de S s, & qu’au contraire fi on l’entretient trop, on n’aura pas le moyen d’avoir au-defîus de l’eau une quantité fuffifante de vapeurs , on a placé deux tuyaux d'épreuve dans la platine G, (laquelle platine s’ouvre par occafion lorfqu’il faut qu’un homme entre dans l’alambic : ) l’un de ces tuyaux a fbn extrémité inférieure placée au-deiîus de la furface de l’eau , & l’autre a fon extrémité inférieure plongée dans l’eau : la fonétion de ces tuyaux eft d’indiquer fi la furface de l’eau eft trop haute ou trop bafïe, ou fi elle eft exaétement dans la ligne S s ; car alors en ouvrant le robinet du plus court, il ne donnera que de la vapeur ; & en ouvrant celui du plus long, il ne donnera que de l’eau. Mais fi les deux robinets donnent de la vapeur, l’eau eft trop baffe dans l’alambic, & s’ils donnent tous deux de l’eau, elle eft trop haute. On y remédira en ouvrant afîez le robinet nourricier du tuyau en V, pour entretenir l’alambic, enforte que l’eau n’y foit ni trop baffe, ni trop haute.
- y0. Comme il fe fait une injeétion d’eau froide dans le cylindre à chaque coup; cette eau pourroit, avec le temps, remplir le cylindre & empêcher l’opération de la machine; c’eft pourquoi on y a foudé au fond du cylindre, un fécond tuyau d T y > qu’on nomme Rameau d’évacuation y par lequel l’eau d’injeétion s’échappe lorfque la vapeur entre dans le cylindre. Ce rameau d'évacuation eft un ou deux pouces fous l’eau dans le puits y , & il a fbn extrémité tournée en haut & fermée par une foupape y, qui empêche que l’air ne preffe en delîiis dans le rameau, & qui permet à l’eau d’injeétion d’en fortir pour fe décharger : par ce moyen le cylindre refte toujours vuide.
- 6°. Si l’homme qui fait tourner le Régulateur en E, 8c le robinet d'injection N, lorfque le pifton defcend, ouvre le Régulateur & laifîe entrer trop tôt la vapeur pour élever le pif on une fécondé fois, le coup fera plus court qu’il ne
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- doit être; 8c s’il n’ouvre pas le Régulateur affez tôt* le pifton defcendant avec une force prodigieufe , heurtera probablement contre le petit tuyau Dden d, 8c le mettra en pièces. De même lorfque le Régulateur eft ouvert, la vapeur entrant dans le cylindre 8c le pifton s’élevant, le coup n auroit pas toute fà longueur fi la vapeur étoît détournée, 8c fi l’injeélion de l’eau froide fe faifoit trop tôt ; ou fi elle fe faifoit trop tard, la vapeur poufferoit le pijlon tout-à-fait hors du cylindre au fommet en L. Ainfi pour prévenir tous ces accidents, ceux qui ont perfectionné cette machine, ont trouvé le moyen de faire enforte que là machine elle-même ouvrît 8c fermât le Régulateur 8c le robinet d*injection au temps 8c au lieu convenables. Cela fe fait en fixant un autre arc vers h9 d’où part une chaîne qui porte une petite poutre ou coulijjeperpendiculaire (dont on voit une partie en Q, ) laquelle s’étend à travers le plancher, au-delîous de la bafe du cylindre, & qui eft guidée en pafîant par le trou fait au plancher où elle entre jufte. Cette piece ayant une fente ou coulifle & plufieurs pointes, donne lé mouvement aux différents leviers qui ouvrent 8c ferment le Régulateur 8c le rô-binet d'inje&ion aux temps convenables, comme on le verra mieux dans la def^ cription particulière que nous en donnerons ci-après.
- 7°. Afin que la vapeur ne devienne pas trop forte pour talambic 8c ne lé brûle pas, il y a une Joupape placée en b avec un fil d’archal qui lui eft perpendiculaire , pour y placer des poids de plomb, félon la force de la vapeur que l’ort veut avoir ; en forte que fi elle eft plus forte qu’on ne veut, elle puiffe lever là foupape & fortir; on l’appelle ordinairement cliquet ou ventoufek
- Lorfque le Régulateur en D eft fermé, toute la vapeur eft contenue dans l’e£ pace S D s, 8c alors comme M. Beighton l’a trouvé, la machine travaille bien s’il y a le poids d’une livre fur chaque pouce quarré de la ventoufe b , ce qui fait voir que la vapeur eft d’un quinzième plus forte que l’air ordinaire* Mais comme la hauteur du tuyau nourricier, depuis l’entonnoir F, jufqu’à la furface S s de l’eau n’eft pas de trois pieds (trois demi-pieds d’eau étant égaux à un dixième de la preffion de l’atmofphere ) , fi la vapeur étoit un dixième plus forte que l’air , elle poufferoît l’eau en dehors vers F ; 8c puifqu’elle ne le fait pas, elle né peut pas être plus forte que l’air même lorfqu’elle eft le plus contrainte. ( J’ai fiipprimé le N°. 8. qui eft étranger au plan de ma defcription );
- Lorfque le Régulateur eft ouvert, la vapeur donne un coup au pifton en deflbus, & il s’éleva un peu ; enfuite la vapeur occupant un plus grand efpace,1 elle fe met en équilibre avec l’air extérieur, & ne fait que foutenir le pifton ; mais le poids excédent de la verge des pompes du côté oppofé de la poutre h cl tire en haut le pifton au-delà de C, jufqu’en W. La vapeur étant alors répandue ju£ qu à remplir tout le cylindre, ne pourroit plus fupporter le pifton fans le poids excédent dont on vient de parler. Si cela n’étoit pas vrai, lorfque l’extrémité h %, eft auffi bas quelle peut l’être, & quelle ceffe d’agir fur la poutre qui porte fon centre, la chaîne L H y au-deffus du pifton, deviendroit lâche, & le pifton feroit quelquefois pouffé hors du cylindre, ce qui n’arrive jamais.
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- Déplus, lorfque la vapeur commence à entrer dans le cylindre, elle pouffe en dehors feau d’injeélion par le tuyau dévacuation dTYySc cette eau eft toute Ihors du cylindre pendant le temps que le pifton monte vers C. Si donc la vapeur étoit plus forte que fair, elle fortiroit après feau par j (la foupape, n'étant pas plombée, ) ce quelle ne fait jamais.
- io°. Comme il y a de fair dans toute feau d injeétion, & qu on ne peut pas tirer cet air ou le condenfer avec la vapeur par f injeétion d eau froide qui entre dans le cylindre en /z, toute l’opération doit être dérangée , & il ne doit fo faire qu’un vuide fort imparfait ; mais on a inventé le moyen de faire fortir cet air, & il fort effectivement : voici comment.
- On doit fe reffouvenir que lorfque la vapeur eft devenue auffi forte que fair, elle eft plus de feize fois plus rare ; en forte que fair doit s’y précipiter comme le vif-argent dans feau. Ainfi tout fair détaché de feau d’injection * refte au fond du cylindre au-deffus de la forface d’autant d’eau d’injection qu’il en vient à d n. Maintenant il y a hors du cylindre en 4, une petite coupe avec une fou-pape , & du deflbus de la foupape, un tuyau qui vient latéralement dans le cylindre au-deflus de fon fonds, pour recevoir fair dans la coupe, lequel à chaque ouverture du Régulateur, eft pouffé en dehors dans cette coupe , & fort par fa 'mfoupape lorfque la vapeur la pouffe avec une force plus grande que celle de fair, ce qui fait fortir tout fair du cylindre. La vapeur cependant ne fuit pas, parce qu’étant alors devenue plus foible que fair, comme nous l’avons fait voir, fair extérieur étant plus fort,ferme le cliquet en 4 NB : ce cliquet fe nomme cliquet reniflant y parce que fair en le traversent, fait un bruit femblable à celui d’un homme enrhumé.
- Différences de qualités dans les Charbons d Angleterre.
- La fopériorité attribuée unanimement au Charbon qui vient de Newcaftle, lui donne naturellement la première place dans f elpece de revue que nous allons faire des Charbons d’Angleterre, for lefquels il nous a été poffible d’avoir des renfeignements.
- Des Charbons de Newcajlle & de ceux qui font dune qualité approchante.
- V
- Le terrein de Caftle-Moor & de Caftle-Field, d’où fe tire le Charbon de terre, proche Newcaftle, fert de commune aux Habitants pour le pâturage du bétail, &pour y extraire du Charbon & de fardoife ; il forme une étendue de deux milles de long for un mille de large ; on y voit des puits de fept pieds de Idiametre & de cinquante toiles de profondeur.
- En lix ou fept heures de temps, on extrait d’une Mine depuis vingt jufqu’à
- yingt;tinq paniers pefant feize quintaux de cent douze livres chaque*
- ' Le
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- ET DE SES MINES. ÏI. P a ut*
- Le Charbon des environs de Newcaftle fe vend communément * rendu dans les magafins , depuis douze jufqu a quinze cheiins le chaldron > félon fà
- Le chaldern de Charbon de Newcaftle, mefure de Londres , pefant efivitoft deux milles trois cents livres, revient à Londres au Propriétaire d’une Mine * tous frais faits, à treize cheiins.
- Celui de bonne qualité s’emploie avec avantage dans les Verreries; celui qui eft pierreux refte pour chauffer le fourneau delà Machine à feu* Sc fe vend à bas prix.
- On a vu m delà première Partie, les différentes efpeees de Charbort que donnent les Mines de ces environs : nous allons achever de les faire connoîi tre ici dans toutes leurs circonftances.
- Le Charbon de Newcaftle contient beaucoup de matière pyriteufe, & laiflê en fe confùmant une fcorie où l’aimant fait découvrir du fer ; la maniéré dont il fe coagule au feu, y annonce aufîi une bonne partie de bitume; c’eft ce bitume qui, en fe liquéfiant par la chaleur, remet ce Charbon en maffe, croûtes ou gai teaux, Cake ofcoals, d’où on l’appelle aufli Caklng coal.
- Un autre phénomène qui lui eft éminemment particulier dans fa combuftlon^ c’eft fa durée au feu ; il fe confume fi lentement, que pour exprimer cette pro* priété, on dit communément, quil fait trois feux. Nous donnerons la raifort de cette qualité, iorfque nous confidérerons dans la quatrième Seétion, tous les phénomènes de la combuftion des Charbons de terre, & les induétions qu’ort peut en tirer pour juger de leur qualité.
- Le Charbon de Newcaftle éteint lorfqu’il n’eft confomé qu’en partie, s’appelle1 communément Fraijfe, Fraifi, peut-être du mot Anglais to Freeqe, refroidi j durci par le froid : ce même terme F refil, Frafil, Frafin, a pafle aux Charbon-* niers de bois ; ils appellent ainfi les Charbons à moitié brûlés & confumés : il paroît cependant que dans l’expreflion Angloife, on comprend aufll allez fou-vent , foit la totalité de la cendre qui réfulte du Charbon brûlé, foit la cendre légère dont le Charbon fe couvre lorfqu’il s’éteint avant d’être détruit eri entier.
- J’aurai occafion de m’étendre davantage fur ces braifons ou frafils, appelles généralement ailleurs Cinders , qui font ce que les Liégeois nomment Krahays.
- Quoique le Charbon de Newcaftle foit plus léger que celui d’Ecofle, il eff meilleur; & on a coutume pour plufieurs ouvrages , de marier ces deux Charbons enfemble, chacun employé feul ne faifànt pas fi bien.
- Par cette raifon , le Charbon d’Ecofle & tous ceux que l’on croit en générât pouvoir comparer à celui de Newcaftle , feront examinés à la fuite de ce premiers, avant les Charbons des autres Provinces.
- Celui de Sheffield, dans le Northumberland, eft à peu-près de meme nature Çharbon DE TerreML Part* M |
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- 414 DU CHARBON DE TERRE
- que celui de Newcaftle ; il eft cependant moins bitumineux.
- La Mine de Witte-haven, ainfi que celles de Wars, de Haring> de Mariport; en donnent une efpece qui paroît approcher de celui de Newcaftle ; on ne i’eftime cependant pas autant, peut-être cela dépendroit-ii des deux qualités que nous avons obfervées qui fe vendent à Witte-hayen ; c eft avec le Charbon de ce dernier endroit qu’ont été faits les premiers eflàis de Coaks , dont nous parlerons tout à l’heure : ces Mines produifent chaque jour mille tonnes (i).
- v Le Charbon de Worfely en Lancashire, eft beaucoup moins bitumineux que celui de Newcaftle.
- Celui des environs de Briftol, fe colle au feu comme celui de New-3 caftle.
- Maniérés particulières d'apprêter les Charbons de terre pour divers ufagesi
- On eft en général plus que raifbnnablement prévenu fur la fumée qui s’exhale du Charbon de terre lorfqu’il s’allume ; il eft certain que cet inconvénient marqué dans le plus grand nombre de Charbons , eft contraire à beaucoup d’o-; pérations ; le Charbon Gallois en eft exempt, ce qui le fait eftimer des Braffeurs,1 pour fécher le malt, voy. pagexiy mais on ne peut fe procurer ce Charbon dans tous les endroits où on fait la bierre : la néceflîté, mere de l’induflrie , a Vraifemblablement donné la première idée de fe fervir pour le même objet; d’autre efpece de Charbon ayant déjà produit une partie de ion effet au feu , & réduit dans l’état appellé à Newcaftle fraijil ; il n’étoit queftion que de prépare*; de cette maniéré une grande malfe de Charbon , c’eft-à-dire, de lui faire efluyer au préalable un degré de chaleur fuffifànt pour épuifer la fumée, fans le priver de toute fa qualité combuftible.
- L’opération ufîtée pour faire du Charbon de bois, a fèrvi naturellement de guide de de modèle. La première defeription qui ait paru de ce procédé , fe trouve dans Swedemborg, (2) Tom. 2 , page 161 (3) ; elle ne répond point à ce que ce favant Ecrivain annonce dans l’intitulé (4), où le fimple grillage du Charbon eft confondu avec la calcination : de plus, ce foffile fournis à i’aétion ménagée du feu, & que l’auteur appelle alors cinders, ne fe trouve point calciné, puifqu’il eft encore inflammable après l’opération.
- Quelqu’imparfaite & quelque défeétueufe que foit cette méthode, telle qu elle étoit dans fa naiflànce, je vais la donner ici fous un titre général qui lui
- (1) La tonne ou le tonneau ( Ton ) eft une snefure évaluée du poids de deux milles livres ou quatorze quintaux, & davantage dans quelques endroits.
- (a) Emman. Swedemborg. Regnum fubterraneum five minérale de ferro, &c, cum figuris ceneis. Drefd. & JLeipf. 1734.
- Ù) Paragraphe XII2 mode venm çoqumdi ,ferz
- rumque crudum recoquendi Angliœ, pag» 1^4. Tom*
- 2.
- C4)Maniere de torréfier en Angleterre les Charbons de pierre , & de leur faire efluyer un feu de calcination, qui les prive de leurs foufres fuper-flus. Voy. page , de la quatrième Sedion de
- l’Art des Forges Ôc Fourneaux à fer, traduit par Bouchu^ Çorrefpondant de rAcadémie,
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- ET DE SES 'MINES. II. Part. 4ty convient mieux, & je l’accompagnerai de ce que j’ai pu.raffembler de relatif à cet apprêt en Angleterre.
- I
- Des Charbons de terre étouffes & torréfiés au feu*
- On donne à un grand tas de Charbon une forme de pyramide, dont le bas eft formé par les plus gros morceaux : en arrangeant ainfi les Charbons à une hauteur convenable , on laiiïe dans le milieu un vuide qu'on emplit de menu bois fec , facile à s'allumer, de maniéré que le feu gagnant petit à petit de tout côté en brûlant d'abord le milieu, va enfuite exercer fon aélivité fur le contour du bûcher.
- On obferve ce qui fe paffe dans cet embrafement, afin qu'il s’étende également : lorfqu'on s’apperçoit que le feu eft trop fort dans un endroit , 8c que les charbons paroilfent fe perdre en étincelles , ou fe réduire en cendre, on couvre fur le champ cet endroit avec de la terre ou toute autre chofe en pouffiere qui bouche exactement cette place.
- Par ce moyen on rallentit le feu, on l'empêche de s’étendre, d'agir en liberté & avec toute fà force fur toutes les parties du bûcher, ce qui réduiroit les Charbons dans un état qui ne leur permettroit plus d’être enfuite combuftibles.
- Enfin, la flamme éteinte 8c le feu appaifé, les Charbons fe trouvent également brûlés tout autour. Pour les éteindre plus Sûrement, on les couvre de. poufliere, 8c on ferme au feu toute iflue.
- Quand le tas eft entièrement refroidi, on le découvre en ôtant la terre 8c la poufliere.
- Ces débris de Charbon ainfi calciné 8c privé de fbn phlogiftique , réduit en braifons ou petites miettes grifos, cendrées , très-poreufes 8c folides * font em-; ployés à échauffer les étuves du malt ; & par la même raifon qu'ils ne peuvent plus donner de fumée, quelques perfonnes s'en fervent pour échauffer leurs appartements.
- Je tiens de feu M. Jars, que l'efpece de Charbon la plus favorable pour être1 foumifo avec fuccès à cette opération, eft celle qui fe trouve au milieu des vei-; nés, telle que le Charbon nommé dans les Mines d'Ecofle Clod coal ; il en eft aufli deux efpeces, le top coal ou le fommet du Charbon, & le felling coal { voy. pag. 383 , quife convertiffenr Séparément en coaks.
- Je ferois porté à croire que ces coaksSc ces cinders ou fraifils peuvent être di£ tingués comme ayant différents degrés de torréfaélion; c'eft du moins l'idée que j en ai pris fur ce que m'en a dit cet Académicien : il * avoit remarqué que le coak réfoltant du clod coal, devenoit plus léger 8c étoit moins noir que les cin^ ders , 8c que le coak du top coaly ainfi que du felling coal., approche des cinders tres-poreux : voilà donc deux différences clairement établies. Lorfque je rapporterai dans la quatrième Seélion l'application heureufe que ce Savant a faite de
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- 4x6 DU CHARBON DE TERRÉ
- cette méthode Angloife fur les Charbons de Rive de Gier, pour fondre la Mine ^de cuivre de S. Bel en Lyonnois, je traiterai en particulier de ces Charbon* nierez, afin de fixer fur cet objet des régies & des principes que je crois nécef-faires pour en mieux aflurer la réullite.
- Les Charbons de terre ainfi apprêtés, font aujourd’hui dans quelques parties üe rAngleterre, adaptés avec avantage à plufieurs opérations métallurgiques,1 M. Jars, lorlqu’il fut dans ce pays compta jufqu’à neuf fourneaux (i) occupés à ce grillage ; les plus grands contiennent un chaldron & demi , mefore de Newcaftle ( 2 ) : les autres n en contiennent qu’un ; on ne le remplit jamais.
- Le déchet du volume des Charbons , après cette opération, eft évalué à un quart environ, folon la qualité du Charbon qui a été employé : aufîî les cinders fe vendent à Newcaftle un tiers de plus que le Charbon à volume égal.
- En 172.9, on tenta en Angleterre de fondre de la mine de fer avec le Char-; bon de terre apprêté dune autre façon. M. Swedemborg qui en rapporte le pro-; cédé (3), dit que ce fut à trois mille de Witte-haven que l'expérience fut faite fur de la mine de fer du Duché de Cumberland.
- Nous rapporterons ici tout au long la defcription de l’Auteur, & les réflexions qu’il y a ajoutées.
- Tentative faite en Angleterre pourfondre lamine de fer dans desfours de rèverbere
- avec des charbons de pierre.
- La mine de fer fut écrafée & réduite en poudre comme du fable, & les charbons furent pulvérifés fous une meule ; cela fait, on mit dans un fourneau de rèverbere le mieux établi & verfé qu’il fut poflible, huit mejures ou cent-foixante & douze livres (4) de la mine réduite en poudre ; en huit ou dix minu-» tes, elle fut grillée ou calcinée.
- On éprouva que des huit mefores, il "en refla fix & demie ou cent qua-^ rante-quatre livres ; on y mêla une demi-mefore d’autre mine, le tout enfemble pefant alors cent cinquante-quatre livres , fut mis en poudre fine fous une meule; on prit en même temps quatre cinquièmes d’une mefure , ou trente trois livres de Charbon de pierre, & une mefore de terre à Potier qui furent mêlés & paîtris exactement avec deux féaux d’eau, & la maffe de cent cinquante-quatre livres qui étoit reliée,pour réduire le tout en pâte.
- (1) Il n’eft point déraifonnable de préfumer qu’on entend par ee mot, comme pour les Charbons de bois , la maffe de Charbon de terre arrangée de la maniéré qui convient pour être torréfié.
- (2) Le chaldron ou chaldern de Newcaftle différenj de celui de foires \ hui): chaldrons
- de Newcaftle font quinze mefures de Londres
- (3) Page 160. Tome II. On en peut voir U tradudion dans la IVe. Sedion des Forges & Fourneaux à fer, page 96,
- (4) C® qui annonce un,e mefure de vingt-un® livres & demie,
- Alors
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- Ë T D E SES MINES. II, Part. 4*7
- Alors on la mit au fourneau de réverbere, & ayant été étendue par-tout fur Taire, on donna le vent en ouvrant les regiftres ; on la laiiïà l’efpace dune heure quarante minutes fans avoir ouvert la bouche du fourneau qu'une fois : la Mine fe trouva au bout de ce temps liquéfiée par ce feu caché, & elle étoit rafîemblée en une mafîe grofîiere ; elle fut enfuite retirée de ce gouffre & battue avec des morceaux de bois pour en féparer les fcories 8c autres matières étrangères ; après quoi on la remit au même foyer pendant une demi-heure, afin de mieux détruire par plufieurs fois à l'aélion du feu fes parties vicieufes, & de pouvoir la battre fous un marteau de trente-cinq livres de poids, 8c la mettre en barre;
- Ce fer ainfi chauffé fe trouva être mou, 8c les coups de marteau y entroient profondément.
- On avoit employé à toute cette opération un peu plus que huit mefures & demie , ou cent quatre-vingt-fept livres de Charbon.
- Tandis que j'en fuis fur l'article de l'induftrie Angloife pour faire fervir à plufieurs ufàges le Charbon de terre, je parlerai d’une autre efpece d'invention qui appartient encore à cette nation (i) ; à la vérité, ce n'eft point précifément ce foffile qui fert à la fabrication que je vais décrire, mais c'eft une fubftance qui fe trouve dans fes Mines, & qui vraifemblablement en différé très-peu, & une bonne efpece de Charbon pourroit être traitée de même, pour en tirer de la poix, du goudron & de l'huile. Je commencerai par eftàyer de faire connoître cette pierre, qui, dans l'ouvrage dont j'emprunte ce détail (2), n'eft pas défi-gnée autant qu'elle auroit dû ou qu'elle auroit pu l'être.
- M. Lifter dit feulement que c'eft une pierre noirâtre du Shropshire ; il ajoute quelle fe trouve au-deifous de prefque toutes les Mines de Charbon dans le Brofely ^ dans le Bently, dans le Pitchford 8c autres endroits des environs; il obferve que dans cette partie, cette fubftance eft par couches, qu'elle a quel-. qu'épaiffeur, qu'elle eft poreufe, & qu'elle contient une grande quantité de matière bitumineufe alliée à des matières pierreufes ou graveleufes.
- Ces circonftances auxquelles il manque l'indication plus précife de la place que cette matière occupe dans les Mines de Charbon, annoncent quelque Jlratum fchifteux de l’efpece de ceux dont nous avons donné page & 96 9 la defcription d'après M. Mendés d’Acofia : peut-être même feroit-ce aufîî quelque banc de la veine, comme le flipper coal ou femelle duÇharbon ,voy. pages 97 & 107, ou quelque floor, c’eft-à-dire , quelque couche qui lui 1ère de plancher i voici le procédé de cette fabrication de goudron foffileV
- On broyé cette pierre à force de moulins qui fe meuvent par des chevaux, tels que ceux qu'on emploie à moudre les pierres à fufil pour faire des glaces de miroir ; on la jette dans des chaudières de cuivre remplies d’eau, & on les fait
- (1) Inventée par M. Eie;
- (2) Tranfaâ:. Philofophiques. An. 1697, n°* Art*
- Charbon de Terre. II. Part.
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- 418 du charbon de terre
- bouillir : cette ébullition fond & difîout une partie bitumineufequi fumage, & les matières graveleufes ou pierreufes tombent au fond de l'eau : l'huile qui for-nage étant raffemblée & égouttée, prend la confiftance de poix; elle eft employée fur les vaiffeaux & à d'autres ufages de la Marine.
- On a remarqué dans les eflàys qui en ont été faits furplufieurs batte aux, qu’au lieu de fe gerfer comme la poix & comme le goudron ordinaire, celle-ci con-ferve toujours fon liant & fa douceur, ce qui empêche les vers de s'introduire dans les bois des vaiffoaux, pour lelquels on s’eft feryi de cette poix minérale.
- On a auffi diftillé de cette même pierre une huile dont la Médecine pour-roit tirer quelqu'avantage : j’en parlerai dans la IVe. Seétion, à l'Article defo tiné à faire connoître toutes les propriétés du Charbon de terre pour tous les Arts, & en particulier pour celui qui s'occupe des moyens de guérir ou de fou-lager les maladies.
- L'acide de cette huile diftillé , mêlé avec la première qui ne la pas été, devient moins épaiffe que le goudron, & ces deux matières font employées aux mêmes ufàges que la première.
- La Planche XXXVI, copiée for celle des Tranfoélions Philofophiques, repréfonte tout ce qui a rapport à ces différentes fabrications.
- A A, Rivière Severne, venant du côté du Nord, & coulant vers l'Oueft,
- B B, Montagne ou Rocher dans lequel font les Mines de Charbon,
- C, C, C, Mines d’où on tire ces pierres.
- Z>, Magafin où on apporte ces pierres.
- Z?, Z?, Z?, Trois Moulins qui fe meuvent par des chevaux pour mettre ces pierres en poudre.
- f> f> f> f> Chaudières dans lefquelles on fait bouillir les
- pierres.
- Gy Laboratoire où fe diftillé l’huile.
- H 9 H y H y Chemin des Mines de Charbon à la riviere de Severne.
- /, Un Puits qui fournit de l’eau aux Chaudières.
- Qualités de Charbons d* autres endroits de VAngleterre, de VEcojfe,
- & de £ Irlande.
- Province de Mercie;
- Il y a des Provinces méditerranées où le Charbon fait un feu très-clair ; mais il fo confome plus promptement que celui de Newcaftle Sc de Sunderland, nommé communément Sea coaly Carbo marinus , parce qu'il vient par mer j tel eft celui de Stafford, qui , lorfqu'il eft une fois allumé, fo confome très-promptement, Quoique voiiin de Nev/eaftle, le Charbon qui en vient n eft pas
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- ET DE SES MINES. II. Part. 419
- toue-à-fait aufïî bitumineux; il eft cependant dune aflez bonne qualité. Néanmoins celui de Wedneysbury, ( voy. page 106 de la première Partie ) , dure long-temps au feu, & n’a jamais befoin du foufflet; la cendre en eft blanche ; mais elle eft dépourvue de Tels, ce qui fait quelle n’eft d’aucun ufàge : ce Charbon n’en eft au furplus, que plus excellent pour le feu, fur-tout pour les ouvrages de fer, & de Clinquaillerie.
- Le Glocefter dont j’ai parlé première Partie, page pi, a auffi \ Manger fie ld , à Weflerlet, beaucoup de Mines de Charbon de terre. On remarque comme une fingularité, que le fraifi de ce Charbon repafle au feu après avoir été employé à la fonte, donne une grande quantité de fer.
- Ce métal eft-il particulier au Charbon ? cela n’eft pas împoflible, par ce que nous avons dit pages 7 y & 139, d’autant que cette Province ' abonde en riches Mines de fer & d’acier , dont le travail emploie quantité de forges Sc de martinets, qui ont prefque ruiné la grande forêt de Dean. N’eft-ce que du fer refté dans ce fraifi par la négligence des Fondeurs, ou qui y a été retenu par la qualité particulière de ce Charbon ? Eft-il développé par l’aétion de l’air, dont ce fraifi a été imprégné de nouveau \ Nous laiffons aux Chimiftes l’examen ces queftions curieufes.
- Province de ÏVetfex*
- De tous les Charbons qui fe trouvent dans le Sommertshire , Province maritime d’Angleterre, celui des Meudip-hylls ou Montagnes de Meudip, Montes minarii, voy»page 99, paffè pour avoir le plus de force; en quelques endroits le Charbon eft dilpofé comme une muraille, dans d’autres il eft plus fuperficiel, tantôt plus étroit, tantôt plus large ; mais il ne forme qu’une majfe, & il contient du plomb pur.
- Du côté de From-Schrood, dans le voilinage de la Riviere de From > il s’en tire, au rapport de Cambden, une efpece dont les Maréchaux fe fervent pouf amollir le fer, c’eft-à-dire, felon toute apparence, comme ayant cette propriété plus éminemment qu’un autre; car tout Charbon produit cet effet à un feu violent.
- Le Pembrockshire, Province occidentale & maritime, &le Comté de Gla-morgan au pays de Galles, font remarquables pour leur chauffage, dont j’ai parlé pages 213 & 392 ; mais fer-tout pour le Charbon qu’on y emploie, appelle Culm, par les Allemands Kolm , voy» page 4; il eft principalement en ufàgè chez les Grands & chez les gens riches , fer-tout vers Milford - Haven. Boyer, dans fon Diélionnaire Anglois, définit le culm une ferte de Charbon de terre dont fe fervent les Forgerons.
- M, Wiedman, Chimifte Allemand , dit qu’il fe trouve de ce charbon Kolm dans 1 ardoife A lumineufe de Maetorp à Willingue en Weftgothie, Sc le regarde comme uni avec une plus grande quantité de terre argilleufe , & fbn acide
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- 4*o DU CHARBON DE TERRE
- vitriolique femblable à celui du Charbon de terre ardoifê, Schiffer Stjein : le même Auteur obferve quil eft plus mat quand on le cafle > qu’il fait flamme en brûlant, qu’il ne fe conftme point 8c qu’il lailîe autant de fcories que celui qui n’eft pas brûlé ( i ).
- La maniéré de l’employer n’eft autre chofe que de le fabriquer à la maniéré Liégeoife, en en mêlant deux tiers avec un tiers de terre grafle, mud (*) , & formant le tout en grolîes boules après l’avoir paîtri ; ce Charbon fait alors un feu excellent, agréable , 8c de durée, qui malgré l’humidité que lui a donné l’apprêt qu’on lui a fait fubir, eft prefque fans fumée (3).
- Ce Charbon eft aufîl le meilleur de tous , foit pour brûler de la chaux, foit pour fécher l’orge & pour faire la biere ; à cet égard il eft d’une grande utilité;
- Dans la partie feptentrionale de l’Angleterre, qui eft 1 ’EcoJJe, la Province maritime 8c méridionale de Lothiane, vers la mer du Nord * près la barre de Fortk 8c le Comté de Fife, près de la mer, entre le Golfe & Edimbourg ou Fyrth of Forth, 8c la barre de Tay ou Tay-Forth, abondent principalement en Mines de Charbon, voy. page 113 ; fi on en excepte un petit nombre, il y eft par-tout de l’efpece appellée//tf/zg'zTzg' c<?tf/,c’eft-à-dire,couché de biais qui eft réputé le meilleur. Dans le voifinage du Château de Thorton, à quelques milles de Innerwick, il y en a de très-bon.
- Le Charbon d’Ecofle qui eft plus bitumineux quepyriteux, dure très-peu; en tout il brûle agréablement avec peu de fumée , fait un feu bien plus clair que celui d’Angleterre ; mais il n’eft pas fi bon pour la forge, quoique les Ecoflois s’en fervent à cet ufage 8c pour faire leur fel : ils en font un très-grand négoce hors de chez eux.
- Le Charbon de la belle Mine de Carron au Comté de Sterling, 8c dont j’ai parlé page 396, à l’Article de l’exploitation & des fàlaires des Ouvriers , ne fe confomme point dans le pays ; on l’envoie à Londres, où il eft préféré à celui de Newcaftle pour les appartements.
- Celui que l’on tire de la campagne à l’Occident du Bourg de Br ora, lieu principal du Sutherland, fitué à l’embouchure de la rivière du même nom, eft employé particuliérement à cuire le fel.
- Les Charbons nommés Scoth Blyth , font ainfi appellés du port où on les charge.
- A deux ou trois milles au Nord-Oueft de Bruton, à moitié chemin du Bourg de Shepton mallet, on trouve des Mines au village de Everiche , de l’autre côté de Bruton au Sud, à trois ou quatre milles de diftance près du Bourg de W'mei
- ( 1 ) Voy. EflTai d’une nouvelle Minéralogie, Traduit par M. Dreux , aujourd’hui Apothicaire gagnant Maîtrife de l’Hôtel Royal des Invalides. Paris, 1771.
- (2) Ce mot eft fouvent employé au lieu de
- clay, ilparoît le plus ordinairement lignifier toute efpece demauvaife terre grafle ou limoneufe,Dirt* (3) Ftat de la Grande-Bretagne par Chanibetrî laîn. Tom.I }page 181.
- çaunton \
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- E T D E S É S MINES. II. Part, 421 caunton ; mais le Charbon en eft dangereux dans l'ufage, Sc les Mines en font abandonnées.
- Celui de Kinneil ne colle pas au feu ; il fe caffe par lames, Sc eft inférieur pour la forge au Charbon de Newcaftie; il eft moins fumeux, donne une flamme plus claire & une braife plus ardente, qui fe réduit toute en cendres, ce qui le rend propre pour les feux d'appartements.
- On en fait des cinders, mais plus légères & plus poreufes que les cinders du Charbon de Newcaftle.
- Il fe vend à la Mine un cheiin Sc demi les trois quintaux.
- Le Charbon de Clifter Firnace ne brûle pas fi aifément que celui de Cournon; il eft plus dur, plus compaéte, plus bitumineux, & ne peut fe réduire en coak par le même procédé.
- Le Charbon de terre eft la matière dont on fait ordinairement du feu à Dublin , & dans tous les endroits d'Irlande proche de la mer, où en temps de paix il en vient beaucoup d'Angleterre , d'Ecolfe, du pays de Galles ; ce qui fait que ce chauffage y eft à afîèz bon marché.
- Les Mines du Comté de Carlo, dont nous avons parlé, fort éloignées des rivières, fourniflent aux parties qui les avoifinent,
- Gérard Boate, Médecin des Etats d'Irlande, qui a publié une Hiftoire naturelle (1) de cette Ifle, obferve que dans beaucoup d'endroits, la pierre de chaux eft très-commune fous la terre franche ; ce qui explique la nature du fel que l'on reconnoît dans la plupart des Charbons d’Irlande. L'acide vitriolique de ces Mines, voy. page 68, participant de cette terre calcaire qui leur fert de première couyerture, fedécompofe, & fe préfente fous la forme de Sélénitt gypfeufe (2).
- , Gérard Boate fait auffi mention d'une certaine elpece de Charbon de terre fort menu, dont les Irlandois le fervent pour cuire la chaux , Sc qu'ils appellent Peigne ; mais fur lequel il ne donne aucune indication.
- Parmi les Mines de Gajllecomer, de Tontogton, de Douane en Irlande, celle de Kilkenny dans la Province de Leinfter ou Lagenie, près du Canal de S. George, eft remarquable par le Charbon qui en provient ; il ne donne, à ce que l'on prétend, nulle fumée ; auffi eft-il réputé une des merveilles de ce beau pays : Air fans brouillard , animaux fens venin, eau fens limon, feu fans fumée.
- Cependant c’eft le Charbon du* Cumberland, que l'on exporte de Witte-haven pour l'Irlande, qui dépend, pour ainfi dire, à cet égard, de ce port.
- De toute cette elquiffe fort abrégée d'une très-petite partie des Mines de Charbon d’Angleterre, on peut juger des différences fens nombre qui fe trouvent
- (1) Traduite del Anglois. Paris 1606.
- (2) ViTRloLUM cretaceum , vitriol de craie tfélénite.
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- certainement dans leur qualité; il envient quelques-uns en France dansdiffé-rents Ports, même à Rouen, quelquefois à Paris , rarement depuis une vingtaine d'années ; mais on n en a point davantage la facilité d’établir des comparaifons de nos Charbons avec ceux que produit la Grande-Bretagne : les expériences qui fe font faites pour cela au feu de forge ou autrement, ne doivent point du tout être regardées, à beaucoup près, comme décifives. Il y a quantité de nos Charbons que l'on dit être fupérieurs ou égaux en qualité a celui d’Angleterre ; lorf-que je parlerai de ces Charbons , je le dirai de même d’après l’idée commune ou d’après le jugement qu’en ont porté des perfonnes qui les ont examinés ; mais faute d’avoir pris garde à l’efpece de Charbon d’Angleterre avec lequel on les a mis en*parallèle, & de l’avoir défigné, il eft clair qu’on ne peut compter fur ces éloges.
- Commercé du Charbon de terre en Angleterre, fon origine & fes progrès-
- La première mention du Charbon de terre dans la Grande-Bretagne, fe trouve dans une Charte du Roi Jean, qui à la requête des Habitants de Newcaftle fur la Tyne, accorda la permiffion de fouiller des pierres de Charbon dans le terrein commun appellé Caflle-moor, hors de fes murs, & de les convertir à leur profit en aide de leur cenfe de cent livres par an. Il érigea cette Ville en Corps, & donna de très-grands privilèges à fes Habitants, nommés dans cette Charte, Honejl-man , Probi hommes, Prudhommes ; il les exempta de la Juriidiélion du Sheriff & du Connétable, pour ce qui a rapport à ces Officiers.
- Le Roi Henri 111, à la requête de ces mêmes Bourgeois, confirma la Charte du Roi Jean Ion pere, qui oélroyoit cette permiffion ; il confirma leurs Privilèges de Bourgeois libres, & ils y'ont été maintenus fucceffivement paf les Rois Edouard /, Henri IV, &c. (
- En 1357, le Roi Edouard III, dans la trente-unieme année de Ion régné, fit plus en leur faveur ; il accorda aux Bourgeois de Newcaftle, la permiffion abfo-lue d’exploiter en propriété le Cajlle-moor, 8c le Caftle-field, pour, en tirer à leur ufàge le Charbon, la pierre 8c l’ardoife : il eft probable que ces Charbons qu’on y exploitait, fervoient feulement 8c principalement au moins à leur propre ufage & à celui du voifinage. La ville de Londres étoit alors entourée de tout côté de forêts & de taillis, dont le tranfport, foit par terre, foit par eau étoit à fi bon compte, que cette Capitale avoit peu befoin de ce Charbonpour fon chauffage ; d’ailleurs, apporté de Newcaftle, il eût coûté plus que le bois 8c la tourbe exploités dans Ion voifinage 8c fur fon terrein.
- Ces différentes matières combuftibles, épuifées par le laps du temps, ont naturellement conduit à fe rejetter fur le Charbon de terre, dont quelques provinces faifoient déjà ufàge. Les gros Fabriquants qui confommoient beaucoup do bois, ne tardèrent point à recourir à ce combuftible; tous ceux qui riétoiçn*
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- pas dans le cas d'un befoin auffi confidérable , effayerent de mettre obftacle à cette introduction dans une grande Ville; ils réuffirent même à mettre l’auto-* rite de leur côté, comme je le remarquerai dans la 1 Ve. Section , lorfque je traiterai en particulier des avantages de ce chauffage ; mais nêcefjïté ri a point de loi , les oppofitions, les défenfes y les peines annoncées contre les contreve-* nants, ne purent empêcher que ces Commerçants de Londres ne tiraflent du Charbon de Newcaftle ou d’ailleurs ; les Provinces qui avoient de ces Mines, en débitèrent de leur côté : les Habitants de la Capitale s’accoutumèrent peu-à* peu au feu du Charbon de terre, à la vapeur, à Fadeur de ce foffile, contre lequel fe récrient tant de gens dans beaucoup de pays ; Sc de mémoire d’homme , il ne fe trouve plus un national qui ait ofé réveiller les vieilles plaintes de leurs peres.
- Le Roi Guillaume 1 II y né Prince d’Orange , furnommé le Stathôuder des Anglois y & le Roi des Hollandois , a peut-être été le feul que l’on puifle citer en Angleterre pour avoir eu fur ce chauffage une averlion marquée. Jean Hub-ner, Docteur en Droit à Hambourg y rapporte ( 1 ) que ce Prince ne pouvoir point fupporter le chauffage de Charbon de pierre , & qu’il faifoit venir de la tourbe de Hollande. Les perfonnes un peu inftruites de FHiftoire des Rois d’Angleterre, fe rappelleront aifément, à ce ffijet, le reproche que les Hiftoriens font à ce Prince, d’ailleurs d’un mérite rare, de ne rien aimer du peuple dont il avoit reçu la couronne ; on ne peut s’empêcher d’avouer que c’çft avoir porté auffi loin qu’il fe puiile ce caraétère de fingularité, & avoir juftifié bien pleine-» ment jufques dans les plus petites chofes, le penchant déréglé dont on l’a taxé auffi pour tout ce qui étoit étranger ; puifque Lothian en Ecoffe, qui produit le Peat Turf y ou cette tourbe légère, appellée par cette raifon Moffy Fille de Man y qui en fournit une dont les Habitants fe'fervent pour faire du feu, le Lancaftre & quantité d’autres parties de l’Angleterre, pouvoient fournir au Roi Guillaume plus de tourbe qu’il ne lui en eût fallu pour la conlommation. Un Anglois diroit avec raifon, que c’eft grand dommage qu’il n’eût pas été en même temps poffible à ce Prince de ne point refpirer cette vilaine, êpaifje & puante fumée du Charbon de terre y dont tous les Habitants de la Capitale faifoient ufage, & reconnue par Gui Miege (2), pour un des décréments de Londres» Cet Ecrivain Anglois , dont j’applique ici par occafion les expreffions lùr l’exha-lailon de ce chauffage, n’auroit pas dû craindre de déplaire aux perfonnes qu’il autorife à fe prévaloir de là franchife , en faifant obferver que l’air de beaucoup de grandes Villes, pour jouir de la douceur d’une autre elpece de chauffage moins fumeux, dilons même plus agréable à quelques égards, n’en eft pas moins fuffoquant (3) dans certains temps de brouillards & de grandes chaleurs ,
- (1) Géographie univerfelle. Balle 175*7.Tom. II. Liv. V. du Royaume d Angleterre, page, 116.
- (2) Etat préfent de la Grande-Bretagne.
- (3) Fumofœtet aer Londini un Auteur.
- Lutetiœ luto , a dit
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- 8c que les vapeurs infeétes qui s’exhalent alors , ont quelque choie de contraire à la farité : feroit-il permis d’ajouter que les Habitants de la Province, appelles par leurs affaires dans nos Capitales, fe plaignent autant de cette incommodité, que les Etrangers qui vont faire quelque féjour à Londres, fe plaignent de la vapeur du Charbon de terre, dont le danger pour le corps humain refte encore à prouver (i).
- Je ne m’étendrai pas davantage fur cette anecdote concernant le Roi Guil-laume ; je me réferve dans la IVe. Seélion, à expofer à part les avantages du feu de Charbon de terre, en mettant en parallèle ce chauffage avec celui du bois confidéré dans un temps de rareté ou de difette, tel que celui où fe trouvoit la Grande-Bretagne, lorfqu’elle l’adopta : je reprends l’hiftoire de Ion commerce , qui, par le degré de puiflance qu’il ajoute à l’Angleterre, m’afemblé mériter d’avoir place ici. Elle fe trouve éparfe dans deux ouvrages Anglois très-connus , i’Hiftoire Chronologique du commerce d’Angleterre, par M. Anderfon (Y), le Dictionnaire du Commerce, traduit du François de Savary en Anglois , 8c augmenté par Malachy Poftle-twaiyt (3).
- Un Ouvrage intéreflant imprimé en 1755 fbus le titre EJfai fur £ état du Commerce d'Angleterre (4) , m’aaufîî fourni quelques articles, mais fur-tout des réflexions très-judicieufes qui m’ont paru propres à rendre intéreflànte la lecture de cette partie, fur laquelle j’ai cherché à fixer l’attention & la curioflté.
- L’épuifement total des forêts 8c des bois taillis qui approvifionnoient la ville de Londres pour le chauffage, ayant achevé de faire entièrement oublier l’ancien combuftible, la province de Northumberland a fait époque dans l’hiftoire du commerce de Charbon de terro.
- A en juger par l’établiflement des Commiffaires Mejureurs d! Allégés, dont nous parlerons à l’article des droits , l’exportation ou confommation étrangère des Charbons deNewcaftle étoit déjà confidérable en 1241.
- Dès 1379 , il venoit à Londres beaucoup de navires chargés de Charbon.
- En 161 y , le commerce de Newcaftle employoit quatre cents navires, dont deux cents pour l’approvifionnement de Londres, & deux cents pour le refte de l’Angleterre.
- Un Gouvernement dont toute la force eft fur mer, ne pouvoit manquer de fentir la protection que méritoit une Marine aufli nombreufe, toujours exercée,
- (1) Voyez la Thèfe de Médecine foutenue aux Ecoles de la Faculté de Médecine , Paris, le 8 Mars 1771 , An Lithanthracia , vulgo Hullæ, (Houilles ou Charbon de terre) pabulum igni præbeant fanitati innoxium. Proponente Jacob. Fran-cifco de Vilîiers, antiquo exercituum Regis in Germa-niâ Medico, Salub. Facult. Parif. Baccalaureo. Conclu/. affirmât ; ou l’extrait de cetteThèfe dans le Porte-feuilJe hebdomadaire, Ann. 1771, feuille quarante-unieme & quarante-deuxieme.
- (2) Deux volumes in+fol. Londres i66^.Voy. la
- Table,au mot Nemaftle) & au mot Coal. Tome T.
- (3) Deux volumes in-fol. Londres 1/57, Tome I. au mot Coal,page y 17.
- (4) Qui eft une traduftion & un développement, d’un écrit très-fuccinét & très-eftimé, publié vers la fin du fïecle dernier, & dont l’Auteur eft John Cary, Anglois, célébré Marchand de Briftol, fous le titre : EJ/ai fur Pétât de l'Angleterre , relativement aux différentes branches de fotl commerce,
- qui
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- qui en tin inftant fe trouve en état de fournir des Navires, des Matelots, & qus effectivement, par ces fecours, a rendu fervice à plufieurs Princes dans leurs guerres »
- Cette reflource, à la vérité, n’eft plus dans le cas d*entfer aufii fortement ëfi Confidération , aujourd’hui que fétat de la Marine Royale eft très-différent de ce qu’il étoit dans ces premiers temps & avant que le Souverain fut bâti, puifqu’ellé efi: triplée ou quadruplée. La cherté du Charbon de terre dans Londres, à la* quelle contribue cet éloignement de la Capitale, & divcrfes autres circonfian* ces, fembleroient indiquer quelques changements dans la formequa prife foft commerce.
- Dans un Livre intitulé, Griefs de ïAngleterre, publié en ï 6y y, il efi obfervê que dès cette année i<5y y, les Charbons de Newcaftle étoient communément vendus au-deffus de vingt chêlins par chalder. L’Auteur penfoit qu’il étoit à fouhaiter que les Propriétaires de Charbon dé Northumberlànd & de l’Evêché de Dur* ham puffent avoir la liberté de vendre direétement leurs Charbons aux Maîtres de Navires , Sc d’avoir un marché franc, ( Shields) avec permiffion d’y mettre du left ; pardi, dit l’Ecrivain, on auroit les Charbons toute l’année à vingt che* lins par chalder, au lieu que préfentement, les propriétaires des Charbons doivent d’abord les vendre aux Magifirato de Ne\wraftle, ceux-ci aux Maîtres do Navires, ceux-là aux Maîtres des Quais ou Ports, & ces derniers aux Confbm-mateurs, ce qui à chaque changement de propriété, augmente le prix de la denrée. L’Auteur obferve que les provifioris feroient à bien meilleur compte pour les Habitans, ainfi que pour la multitude de Mariniers, ( y ayant plus de neuf cents voiles, ( & que les Charbons étant achetés direétement de la premiers main, il fe feroit plus de voyages à Londres pendant un mois, qu’il ne s’en fait préfentement dans une année; qu’il y a à Newcaftle trois cents vingt allégés, chacune defquelles porte annuellement à bord des Navires huit cents chalders de Charbon , mefure de Newcaftle, & que cent trente-fix chalders de Charbon mefure de Newcaftle , font équivalents à deux cents dix-fept chaldfons, mefurè de Londres»
- M. Anderfon, dont ceci eft tiré, ajoute à ces réflexions, que Faugmentation* du prix du Charbon depuis ce temps, ï6yy, eft réellement devenue un grandi fardeau à tout le Commerce & à tous les Fabriquants d’Angleterre, aufli bien qu’à tous les pauvres Ouvriers, & aux environs de Londres, & que Ce feroit rendre un grand fervice au commerce de trouver un moyen pour le réduire ; même, fi cela étoit poflible , de le mettre à un prix fixé ; ce qui au moyen dô quelques réglements, pourroit être effeétué, au moins en temps dé paix ; qu’il fembleroit en un mot digne de l’attention du Gouvernement, qu’une monopole aufli grave ne vienne point écrafer au moins deux millions de Citoyens pour lè plaifir feul d’aggrandir & d’enrichir quelques familles financières, qui dans Ces temps fe multipliaient prodigieufement*
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- La Marine de Charbon tle Newcaftle, continue l’Auteur, eft préfentement cf environ quatre-vingt mille tonneaux , & ne pouyoit alors être au-deffus d’un quart de cette quantité ; parce que Londres eft peuplée du double ; parce que fufàge du Charbon eft aufli doublé pour le moins : on en ufoit alors rarement <lans les appartements, ce qui maintenant eft général ; on ne cuifoit point la brique avec ce foflîle comme aujourd’hui, & les Habitants des deux rives de la Tamife n’en faifoient point encore ufage.
- Ces rationnements font extrêmement {pécieux ; cependant en examinant cettd branche de commerce domeftique, folon l’elprit de la nation, ils perdent beaucoup de leur force. Plus un commerce s’exerce par un grand nombre de personnes, Sc plus il eft utile à l’Etat : le repos & l’intérêt des grands Royaumes, font attachés inconteftablement à tout ce qui multiplie pour les Habitants les moyens & les occafions de travailler. La maniéré dont fe régit le négoce du Charbon en Angleterre lui afliire ces avantages, & en conféquence n’eft pas J3 abufive.
- Les marchandifes,forcées de pafîèr en plufîeurs mains,augmentent, à la vérité, 3u décuple de leur valeur; mais de-là il réfulte une circulation animée, dont les profits nourriiTent plufieurs millions d’ames, qui autrement languiroient dans la mifere, & groffiroient le nombre des gens oififs.
- Enfin, cette quantité de vailfoaux Marchands, occupés au tcanfport du Char-- * bon, fourniflent d’abord de l’emploi aux Mariniers, que l’Etat eft obligé de li-* centier à la paix;
- Quelque brillant que folt le pied for lequel nous avons vu en 1745 & eiï 1751 la flotte Royale d’Angleterre (1), on ne peut que faire toujours grand cas de la Marine Charbonnière, telle quelle fe comporte aujourd’hui : d’après l'Ef-fai moderne fur V état du comment de la Grande-Bretagne, imprimé en 173* y ; quinze cents navires, dont cinq cents gros montés de canon, foffifent à peine pour le tranlport du Charbon (2), & dont cinq cents de dix à trente pièces de canon en portent continuellement à Londres (3).
- Ce ne doit pas être une chofe indifférente de conferver à un plus grand nombre d’hommes occupés à ce tranlport fait de loin, un moyen de fobfiftance, de négliger même des avantages qui paroîtroient devoir l’emporter for d’autres ;
- (i) Dès 1704, elle étoit compofée de cent Vingt-deux'vaiffeaux de ligne, & d’environ cent foixante-deux bâtiments de différente grandeur ; parmi les cent vingt-deux de lignes,on en comp-toit fept du premier rang qui portoient depuis quatre-vingt - feize jufqu’à cent-dix pièces de canon ; quatorze du fécond rang, prefque tous de quatre-vingt-dix pièces de canon; quarante-quatre du troifieme rang, de foixante -dix à quatre vingt pièces de canon; cinquante-feptdu quatrième rang, depuis quarante-huit pièces de canon jufqu’à foixante.
- En 1746, de cent quatre-vingt-huit vaiffeaux de
- ligne, & d’environ quatre-vingt-huit bâtiments de différente grandeur, parmi les vaiffeaux de ligne il y en avoit fix du premier rang, treize du fécond , feize du troifieme, vingt-cinq id. trente du quatrième, trente-cinq id, vingt-fept du cin-i quieme, trente-fix du fixieme.
- En 175* 1, deux cents foixante-dix-neuf navi-' res, parmi lefquels quatre-vingt-neuf de ligne , cent vingt-trois de guerre a Sc foixante-fept bâtiments plus légers.
- (2) Tom. II. Chap. I. page 4.
- (3) Idem. Chap, V ? page 11$%
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- aufîî le Gouvernement n’eft-il pas difpofé à tenir aucun compte des moyens de procurer dans Londres le Charbon de terre à meilleur marché; il n’y auroit rien de plus facile. Il y a en grande quantité de ces Mines bien plus voifines de Londres que Newcaftle , comme aux environs de Black-head, dans la province de Kent: on pourroit en profiter ; mais par une {âge politique*, il n eft point permis d y en ouvrir ; ce qui a précédé, fliffit pour juftifier l’attention du Gouvernement Angiois à favorifer les Propriétaires des Mines & ceux qui s’adonnent à fon négoce ; mais fur-tout les gens de mer auxquels ce Royaume doit fes richefles, fà puifiânce, & qui, foit en paix, foit en guerre, font les fondements fur lefquels la nation aflied fes efpérances.
- Ce fyftême foutenu fucceffivement par plufieurs Princes, a fait éclore dans toutes les parties de la Grande-Bretagne le génie commerçant. Les fabriques , les manufactures de tout genre fe font établies de tous côtés ; il s’eft élevé une Marine Marchande compofée de feize cents vaiffeaux , & en état de fbutenir la Marine Royale.
- Le tranfport du Northumberland, de la province de Cumberland , du pays de Galles , qui font les magafins dont l’Angleterre Sc l’Irlande tirent leur con-fommation, forme feul un article des plus intéreflants pour la Grande-Bretagne*
- Il fera peut-être agréable an Leéleur 9 do voir ici à quel point cette Marine ^charbonnière eft exercée,en mettant fous fes yeux les différentes parties de l’An-gleterre qu’elle approvifionne : en voici le tableau fuccinét, tiré de l’Eflai fur l’état du Commerce d’Angleterre (1), d’après le Diétionnaire du Commerce de Poftele-towayt.
- Newcaftle, Sunderland, Blith & quelques autres places voifines dans le Nord de l’Angleterre, envoyent du Charbon à tous les Ports qui fè trouvent le long des côtes depuis Newcaftle ou Sheals, lieu de rendez-vous des bâtiments, jufqu’à Londres & même jufqu’à Portfmouth dans la Manche ; des Villes maritimes le Charbon paffe dans l’intérieur du pays.
- De Linn il fe répand dans l’Ifle d’Ely, dans les Comtés de Lincoln, de Nor-ïhampton, de Leicefter, de Buckingham, de Bedford, de Cambridge, de Nor-* folk.
- Les Comtés d’Eflex & de Suffolk s’en fourniflent par Colchefter & par Har-Vich ; il en remonte par la Tamife dans les parties fupérieures du Middlefex, dans l’Hertford-Shire, le Buckingham-Shire, dans une partie du Glocefter, dans le Berk-Shire, le Hamp-Shire & le Comté de Surrey.
- Les provinces de Kent & de SufTex reçoivent celui dont elles ont befoin par les rivières de Medwai & de Stour.
- Malgré l’étendue qu’a cette branche du commerce en Angleterre, celui de la Principauté de Galles Sç du Cumberland, eft encore trè$~confidérable«
- (1) Chap. V. Tom, 1^
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- L’Irlande dépend, pourainfi dire, intérieurement à cet égard de Wite-haveh;
- Dans le Devonshire, ainfi que dans quelques Provinces voifines , on ne brûle *point d autre Charbon que celui qui y arrive du Port de Swanzey dans le pays de Galles.
- Les Charbons S. EcoJJe s’embarquent à Blyth , Comme on Ta vu,
- La ville de Manchefter en Lancashire eft fournie de Charbon par un canal qui unit la navigation du côté de Chershire & de Lancashire, à travers la rivière navigable appellée Irwel; il pafTe au-deflbus d'elle dans des aqueducs qui ont ju£ eu à trente-huit pieds d’élévation, coule à travers des montagnes quil a fallu percer, ce qui y forme un conduit fouterrain qui parcourt dix milles dans une direétiontortueufe&r felpace d’environ lîxcents pieds. Cet ouvrage, l’un des plus furprenants que Ton puifle citer dans l’hiftoire des Navigations dans l’in-» térieur des terres, & que l’on avoit l’intention de continuer jufques dans la province de Chefter, m’a femblé allez digne de curiofité pour en donner la re-' préfentation Planche XXXV, & l’accompagner d’une courte defcription que j ai extraite d’une Brochure Angloife publiée en ij6$ (i).
- •Cet aqueduc de trente-huit pieds de long, dont le projet eft de M. Brindleyy s’appelle Canal de Bridgwater , vraifemblablement du nom du Duc de Bridg-water, à qui appartiennent les Mines de Charbon , 8c qui peut-être a fait les frais de conftruétion,
- .Il eft fitué dans un endroit nommé Seutton Sluice, à fept milles environ de Manchefter ; là tête eft au moulin de Worcelay, au pied des montagnes où loi* exploite le Charbon;
- C’eft-là qu’eft creufé au pied d’une grande montagne un baflin fèrvant de réservoir à l’aqueduc, Sc allez grand pour contenir tous les bateaux que l’on1 charge dans l’intérieur de la montagne, qui ont quarante à cinquante pieds de longfur quatre pieds & demi de large, y compris l’épaifFeur des bords, & deux pieds trois pouces de profondeur.
- Les conduits fouterrains font creufés de cinq pieds en profondeur, & ont une largeur fuffifànte pour laifler pafler à côté l’un de l’autre deux bateaux de quarante à cinquante pieds de long, fur quatre pieds & demi de large, y compris l epaifteur des bords, & deux pieds trois pouces de profondeur , contenant cha-cun fept à huit tonnes de Charbon, ou lèize milles pefant, & prenant, loÆ qu’ils font chargés, deux pieds fix ou fept pouces d’eau,
- Le voyage de ces bateaux, fe fait à bras d’homme ; pour le faciliter, on a ménagé aux deux côtés de l’aqueduc des trottoirs qui aident à tirer , & à chaque côté du bateau, il y aune barre au moyen de laquelle on tire à la main fix ou vingt-un bateaux tous attachés les uns aux autres ; on le fait fi ailement, que c’eft l’affaire d’un jeune homme de dix-fept ans, pour tirer cent quarante-fept
- (i) The hiflôry ofinland navigations. Particularly thofe J &c. Londres, l'inféconde Edition augmentes» cf t'ae Duke of Bridgimerin Lancashire and Gheshirr, I lettre fécondé , i Juillet aytff', pag, $$ &4^
- tonnes
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- tannés à une certaine diftance , que la conduite s'en fait alors par quatre ou fix mulets ou chevaux qu'on amene de Manchefter.
- Du commerce de Charbon de terre à Newcajlle en particulier & de fes Loixi
- De toutes les Villes de l'Angleterre qui font le plus redevables de leur état floriliant au négoce de ce foffîle, la principale eft la ville de Newcaftle fur la Tyne (r), à près de quatre lieues de la Barre de la ville Tin-mouth , ainiï nommée Tinæ oJlium9 parce que c eft-là où la riviere de Tyne fe débouche dans la mer. Les Saulniers ont d’abord trouvé dans ce foflile une refiburce à leur portée ; elle n'a pas été moindre pour les forges en batterie & en ouvrages de fer, 8c ces forges y entretiennent, à ce qu'on prétend, trente mille Ouvriers* L'exportation de ces differentes matières fabriquées, a donné occafion de construire des navires fur le lieu ; une grande partie des vaifieaux Marchands dont fe fervent les Anglois, fe conftruifent aujourd'hui à Newcaftle ; enfin cette ville qui n'étoit qu'un petit village (2) remarquable feulement par un Château que le Duc Robert, fils de Guillaume le Conquérant, avoit fondé en allant à une expédition contre l'Ecolle, eft devenue par degrés une ville, grande, riche & peuplée.
- La première importation de Charbon de terre, le rang qu*il tient entre les differentes branches de commerce, ont du donner lieu à des Ordonnances 8c des Statuts qui lui fervent à la fois de foutien & d'encouragement.
- Il eft de toute néceffîté que les circonftances faffent naître des raifbns, tantôt de révoquer ou de rétablir en tout ou en partie des Réglements anciens, tantôt d'en faire de nouveaux; par-là les Statuts récents rappellent fouvent ceux qui ont précédé ; le tout forme une chaîne fort entrelaflee qui demanderoit qu'on rapprochât tous ces Statuts les uns des autres, ou plutôt des circonftances à l'occa-fion defquelles on a anéanti les uns, ou fait revivre les autres ; cela tient alors à l'hiftoire particulière ou momentanée de la chofe, Sc ne nous intérefle point. Nous nous contenterons donc d’indiquer les objets généraux de ces Réglements.
- Quoique la conftitution du Royaume auquel ces Réglements font bornés j différé en tout de la nôtre, ces loix ne renferment pas moins des maximes générales appliquables à quelqu'Etat que ce foit, & qui compofées ou modifiées, peuvent faire naître des idées utiles.
- Je rapporte ces Réglements à deux articles, en confidérant ce commerce dans deux inftants diftinéls.
- Le premier article comprendra le port du Charbon des magafins de Newcaftl©
- (1) Pour la difhnguerde Newcaftle ou New-cafte dans le Comté de Dublin en Irlande, d’où il le tranlporte aufli par eau beaucoup de Char-
- Charbon de Terre, II, Part.
- bon de terre à Londres. f2) Appelle Montkefler.
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- à bord des vaiflèaux, pour de-là circuler dans toute l’Angleterre ; les prix différents de cette marchandife dans quelques endroits de ce Royaume; les différents droits qui ont été perçus en différents temps. Le fécond article traitera de cette denrée arrivée dans la Capitale pour y être débitée.
- L’ufàge Sc la légiflature d’Angleterre confient à une Compagnie de gens de mer, plufieurs articles de police concernant la navigation des côtes Sc des rivières, particuliérement ce qui regarde le lamanage Sc le lejlage des Navires.
- L’origine de la première Compagnie de ce genre remonte à Henri VIII. Par Lettres-Patentes du mois de Mars, ce Prince, dans la quatrième année de Ion régne, incorpora les Mariniers Anglois fous le nom de Maîtres gardiens & ajjlj-tant s de la Société ou Confralrle de la très-glorieufe Trinité & de S. Clément, ap-pellée communément Trlnlty Hou/e, Maison de la Trinité ; elle fut érigée entre Londres Sc Greenwich, Paroiflè de Deptfordjlrond, chef-lieu des autres corporations qui ont été créées depuis ; d’où il eft à préfumer qu’à quelques différences près, ces Confrairies ont les mêmes attributs. Ce qui regarde les Mariniers de Newcaftle qui ont auffi été incorporés, ne m’étant connu qu’en partie, je donnerai ici à part (i) , celle de la Malfon de la Trinité , dont le reflort particulier eft la police de la Tamife, depuis le Port de Londres jufqu’à la mer Sc encore au-delà , comme la Confrairie de Newcaftle en a un femblable fur la Tyne.
- Gouverneurs , Intendants & Clercs de la Confralrle des Hoast-men de Nevjcaflle*
- L’hiftoire de cette corporation de Marine de Newcaftle fè trouve dans une Charte de la Reine Elizabeth en 1600, quarante-troifieme année de fon régné, quelle érigea en Corps les Hoafmen de Newcaftle.
- Cette fage & habile Princeftè, confidérant l’importance de la réputation que s’étoit fait la ville de Newcaftle, noble et ancienne Ville de Marchands ( porte cette Charte, ) qui de temps immémorial a eu une certaine Confrairie appellée Hoast-men , occupée de décharger & de dijpojer au mieux dans le Port & fur la rlvlere de Tyne, les Charbons de pierre, de pierre cl meule, de pierre à faux, de pierre à égulfer, incorpore cette Confrairie fous le nom de
- (1) En formant le Trinity Houfe, le Roi Henri, avant lequel il n’y avoit point de Marine entretenue fur un pied fixe & confiant, obligea les Confrères à fournir des Pilotes pour la flotte Royale, toutes les fois qu’ils en feroient requis, & leur donna une forte d’infpeftion fur les vaif-.feaux qui compofoient cette Société, & fur l’équipage de ces vaiffeaux : c’eft ce que l’on voit par le préambule d’un Aéte du Parlement paffé en 15*28, huitième année du Régné d’Elizabeth, dans lequel on trouve les droits attribués à cette Maifon de la Trinité,& par lequel elle eft autori-fée à donner aux gens de mer, la permilîion d’e- . xercer fur la Tamife le métier de Batelier} fans
- que qui que ce foit puiffe leur apporter aucun empêchement. A ces privilèges la même Reine, qui, par un principe d’économie, avoit été allez long-temps indifférente fur la Marine, en ajouta de nouveaux ; c’étoit dans la trente-fixie-me année de fon régné : elle accorda à la maifon de la Trinité, ( à l’égard de tous les vaif-feaux qui navigueroient dans la Tamife,) le droit de leftage , c’eft-à-dire, d’enlever dans cette riviere le balaft néceffaire pour lefter les vail-feaux qui y font à l’ancre : ce gros fable ou cailloutage , Pibble, Pebble, Stone, eft alors appelle par les Marins Singe!.
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- ET D Ë SES M INES. II. Part. 43 r
- Gouverneurs , Intendants & Clercs de la Confrairie des Hoajl-men de Newcajlle
- (0.
- Sa JurifdiéÜon fur la rivière de Tyne eft à l’inftar de celle du Trinity houfe fur la Tamife ; celle de Newcaftle eft de lèpt milles (2) depuis la mer jufqu’à la ville, Sc de fèpt milles depuis le pont jufqu’au-defîus de la ville , relativement à la navigation, à la Jurifdiétion de T Amirauté & à la Pêche:
- Elle jouit en particulier du privilège exclulif & perpétuel de vendre de tous les Charbons exportés de la riviere de Tyne,fans aucune perception des droits du Roi fur le Charbon deftiné pour le Royaume, qui fe perçoivent dans les différents Ports où on fexporte.
- Ces Charbons voiturés fur la Tyne, payent deux fortes de droits, un de cinq pences par chaldron, qui revient à la ville de Newcaftle pour tout Charbon def tiné â l’Etranger & exporté fur un vaiffeau Anglois , & feize pences, ou 30 fols 4 deniers f- argent de France, fi c eft fur un vaiflêau étranger.
- Il revient au Duc de Richemont un chelin par chaldron ; celui deftiné pour l’Etranger eft exempt de ce droit.
- Les privilèges des Hoaft-men pour l’exportation ont quelquefois reçu des atteintes paflâgeres. Le Roi Richard, à la requête de fes Ports du Nord , & particuliérement dés Ports de Scarborough, qui en deux ans de temps avoient efîuyé de la part des Corfàires François , une perte de mille livres , ordonna l’armement de quelques vaifleaux pour la défenfe de cette côte, 8c impofa divers droits à cet effet ; il impofà entr’autres fix deniers fterling par tonneau , chaque quartier de l’année fur tous les Navires de Newcaftle, char*? gés de Charbon.
- Dans les Griefs de l’Angleterre, Chap. 19, il eft dit qu’en 1637, le Roi Charles, dans la treizième année de Ion régné, accorda pour l’efpace de vingt-un ans à fleur Thomas Tempeft & autres, nonobjlant le privilège des Hoajl-men de Newcajlle, le fèul pouvoir de vendre de tous les Charbons exportés de la riviere de Tyne ; il paroît par ce même ouvrage que cette permifîîon fut bientôt révoquée, & eft différente de celle mentionnée à l’année 1638. Il eft rapporté au Chap. 22, qu’en 1638, des Maîtres de Navires formèrent une Compagnie de Monopoleurs de Charbon '9 qui obtinrent du Roi Charles le pouvoir d’acheter tous les Charbons exportés des Ports de Sunderland, de Newcajlle
- (1) A en juger par les fondions exprimées dans cette Charte, le titre de cette Confrairie paroît être un dérivé des termes Anglois , Hor-seman-Ship , Boat-man , Batelier expert à remonter un vaijfeau ; Boerswain , Bosseman ,
- Maître ou Officier de Navire : il n’y auroit pas non plus d abfurdité à penfer que Hoast-men pourvoit etre une corruption du mot Honest-man , ont on a vu que les Bourgeois de Newcaflle ont d abord été qualifiés dans les anciennes Chartes.
- ( 2 ) Il y a en Angleterre des milles de divers
- grandeurs : ceux dont on fe fert ordinairement pour les diftances de terre ou routes, répondent à environ un tiers de nos lieues de France , donc vingt-cinq valent un degré ; ainfi trois de ces milles Anglois font une lieue commune de France , à peu de chofe près.
- Les milles dont la plupart des Navigateurs Anglois fe fervent pour eftimer leurs routes font plus grands ; trois de ces milles font la lieue marine Angloife, Ôc il en faut vingt pour un degré conformément à lalieuemarine deFrance.
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- 43a DU CHARBON DE TERRE
- de Blith, de Berwick , en payant au Roi un droit d’un chelin par ehalder, & de les revendre à la ville de Londres à un prix qui n excédât pas dix-fept chelins en été, & dix-neuf en hiver par ehalder, aux conditions quils euflent à Newcaftle un marché libre Sc une jufte mefure.
- 'Les remarques de cet Auteur fur la cherté du Charbon de terre à Londres ^ voyei ci-devant page 42 y, font connoître la maniéré particulière dont fe fait ce commerce à Newcaftle, depuis l’inftant que ce Charbon eft tiré de la Mine juf-qu’au moment qu il fe tranfporte fur les bâtiments. Il s’agit maintenant de tout ce qui concerne cette marchandée paflànt dans différentes mains, & de fon embarquement fur les Navires.
- Police pour les Débitans de Charbon , les Propriétaires de Navires , les Allégés du Port dans Newcajlle , &c.
- Tout débitant de Charbon en détail dans le Port de Newcaftle, eft obligé de mettre à bord d’un Navire un chargement de Charbon , fur l’offre à lui faite du prix courant dans cet endroit ; au cas de refus , il eft fujet à une amende de cent livres, recouvrable par procès ou par une plainte portée devant le Juge.
- Le chargement eft de feize chalders mefure de Newcaftle, ou trente-fix mille ; le chaldron doit pefer deux cents foixante à bord du vaifleau ; vingt-un chaldrons de Charbon paflent pour la vingtaine, ce qui eft exprimé par le mot Score, compte*
- Il eft défendu à tout acheteur de Charbon , d’être l’agent d’aucun Maître ou Propriétaire de Navire apportant du Charbon, fous peine de deux cents livres d’amende.
- Parmi les Maîtres de Navires, on diftingue ceux qui fe font fait paffer Maître en faifant fept ans d’apprentiflage ; par là on acquiert le privilège de ne point payer à la ville de Newcaftle le droit de cinq pences par chaldron, Sc ce Pro* priétaire de Navire eft appellé Fre'e-Man, homme libre.
- Les Vaifleaux ne viennent point jufqu’à Newcaftle ; Sheelds ou Scheals, à la cliftance de fept à huit milles de Tin-mouth, eft l’endroit où ils fe tiennent ; ce font des Gabares ou Allèges, Lighter, qui feules peuvent arriver dans le Port de Newcaftle, & qui tranfportent les Charbons des differents magafins dans les vaiffeaux.
- Le chargement s’en fait à Wallington-Ballas-Key, à une lieue au-deffùs de Sheals. De cet endroit à Newcaftle, il y a le long de la riviere plufieurs Quais conftruits pour la commodité de ce chargement : ceux de Newcaftle s etendent dans l’efpace d’un tiers de lieue des deux côtés de la riviere, & on y voit tou-" jours une grande quantité de vaiffeaux qui y font amarrés.
- Le nombre de voiles qui font la traite de Charbon fur la riviere de Tyne, eft évalué à environ cinq cents, outre le convoi de neuf Vaifleaux de guerre que ce commerce doit toujours avoir. Sixième & fepdeme année de Guillaume ///« Chap. i.
- Ces
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- ET DE SES MINES. IL Part. 433
- Ces Navires exportent chaque année trente mille chaldrons mefore de Newcaftle, fins compter cent-cinquante mille chaldrôns qui font importés & exportés fur la rivière de Sunderland, dans le Comté de Durham , & qui font exempts du droit pour le Duc de Richemont.
- Les chaloupes occupées à tranfporter les Charbons des différents magafins au chargement, font un voyage par jour; elles defoendent avec la marée , & attendent fon retour pour remonter à vuide*
- Pour le tranfport dans fallege jufqu’à bord du vaiffeau , on paye dix-neuf chelins quatre pences pour chaque allégé, fi le Maître du vaifleau donne de la, bierre au Maître de l’allege ; fînon il paye deux pences de plus par chaldron, attendu que ces allégés ne font pas commodes à charger.
- Chaque allégé ne doit pas contenir plus de vingt chaldrons contenant deux tonnes & demie, pefàntvingt quintaux de cent-douze livres chaque (1), poids d’Angleterre ; & c’eft for cette charge de vingt chaldrons qu’eftimpofé le droit du Roi.
- La fituation de l’Angleterre au milieu de la mer, a introduit un ufàge qui ne fympathife point du tout avec la liberté, & dont l’odieux ne peut être juftifié que par le motif de fureté delà nation, qui dépend du bon état de la flotte royale r en temps de guerre les Capitaines des vaifleaux de Roi ont le droit de prendre, non-feulement les Vagabonds, les Bateliers, les Fisher ou Fisher-Man, ou Pêcheurs , mais encore d’enlever for les vaifleaux Marchands, les Matelots, Skipper, Sea-Man, dont ils ont befoin pour former ou pour recruter leur équipage ; c’eft ce qui s’appelle to prejfe, 10 impreffe, Forcer*
- Dans plufieurs circonftances qui intéreflent fortement le commerce, on a affranchi les vaifleaux Marchands de cette fervitude ; les Allégés de Newcaftle jouiflènt d’une immunité qui montre bien l’attention du Gouvernement pour faj vorifor ce commerce. Deux Mariniers pour chaque cent de tonneaux de cargai-fon, font déclarés libres de prejfè, c eft-à-dire, exempts d’être enlevés de force pour fervir ailleurs ou for les vaifleaux du Roi : la Charte de Guillaume III, qui leur accorde cette difpenfe ( Sixième & Septième année, Chap. 1. ) impofe dix livres fterling d’amende à quiconque les forcera.
- Il eft défendu fous peine de cinquante livres d’amende, qu’il ÿ ait dans le Port de Newcaftie plus de cinquante bâtiments à la fois chargés de Charbon*
- Il n’eft point permis de tranfporter du Charbon fur un bâtiment * avant que fallege n’ait été meforée & marquée ; cette mefore fe prend non for la grandeur du bâtiment, mais for la quantité d’eau qu’il prend lorfqu’il eft chargé ; toutes les allégés qui font trouvées fans marque de contenance font confifquées avec les Charbons ; 6c le changement ou l’altération de la marque emporte la peine de dix livres d’amende.
- (i) Le quintal ou grand cent éfl: différent l livrés pour quelques-unes, de cent-quatre pou£ fuivant les marchandées, étant de cent-douze | d’autres.
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- 434 DU CHARBON DE TÈRRÊ
- Les Commiflaires mefureurs & marqueurs de quilles, bateaux 8c voitures •font nommés par le Roi, & font leur vifite tous les ans.
- La création de ces Officiers eft de Tannée 1241; on trouve dans un aéte de la neuvième année du régné de Henri V, Chap. 10, que le Roi ayant un droit Je deux deniers fteriings par chalder fur tous les Charbons vendus à ceux non-exempts dans le Port de Newcaftle fur la Tyne, on fraudoit ce droit en faifant conftruire des allégés qui contenoient vingt-deux ou vingt-trois chaldrons, tan* dis qu’elles ne dévoient contenir jufte que vingt chalders, fur laquelle charge eft payée ce droit : pour la confervation de ce droit on a établi ces Coin miliaires mefureurs de quille. Il y a outre cela des Mefureurs de Charbon, 8c c’eft fur ces derniers que roule la Police établie pour la vente.
- Les B ateliers à* Allège noteront rien du Navire qu’en préfènee du Mefureur Ou du Confommateur.
- Le Charbon vendu pour mesure de Quai ou du Port, fera mefuré en préfènee d’un Ouvrier mefureur. ( Seizième flatut de la dix-feptieme année de Charles IL
- Le Vendeur payera deux deniers par chalder à T Ouvrier mefureur de Charbon, autant au principal Mefureur à terre, lefquels délivreront des billets portant les noms de l’acheteur, du vendeur, la quantité du prix du Charbon du jour de.. .
- Sur ce billet délivré par le Voiturier au Confommateur, celui-ci payera pour le mefurage.
- Tout Voiturier qui altérera ou ne délivrera pas le billet, payera l’amende de cinq livres fterüngs.
- Des voitures chargées de plus de huit boifleaux, envoyées fins un pareil billet , le Marqueur fera mis à l’amende de cinquante livres , & le Conducteur à celle de cinq. Dix-neuvieme année de Georges IL Chap. XXXV.
- Tout marché contracté directement du bateau d’allege au Confommateur, pour non-moindre quantité que cinq chalders , fera pour pool meafure chargé fé-parément dans l’allege 8c délivré fins être meforé, à moins que l’acheteur né le Veuille. '
- Prix des Charbons de terre en différents endroits de la Grande-Bretagne.
- Tout Charbon qui fe confomme dans le pays, fe vend à raifon de trois pences, ou fix fols de France le quintal de cent-douze livres, 8c ne paye aucun droit.
- Dans l’Edition de M. Stryppe de ! Examen ou Vue de Londres, par Stowe9 on trouve qu’en 1536, le prix du Charbon de Newcaftle étoit à deux chelins, 6, 5? pences par chalder, ce qui pou voit être à Londres environ cinq chelins : félon l’Eftai fur l’état du Commerce, il ne s’achette à Newcaftle que cinq chelins , 8c la taxe n’eft que de cinq autres chelins#
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- A Stafford aux environs de Newcaftle Under-Tyne , les quinze quintaux fé Vendent fur la mine trois chelins fix deniers , revenant à trois livres quinze fols»
- En York-shire, la charge de Charbon contenant trente-fix boifleaux com* blés ou trente-fix chaldrons, devant pefer deux mille livres , vaut neuf livres fterlings, & cinq chelins.
- Au Comté de Carlo, province de Leynfer en Irlande, la chargé d*une chaj rette (r) tirée par une paire de bœufs, ne coûte au Port que neuf pences, ou *7 fols I denier dont 6 pour le propriétaire, & 3 pour celui qui conduit la chargé*
- Le Charbon de JVitte-haven pris à la mine & deftiné à être confommé dans le pays, fe vend deux pences ou quatre fols de moins par chaque tonne ; mais on ne vend que celui de moindre qualité : il s’envoie en grande partie, 8c c’eft Traifemblablement le meilleur, en Irlande ; mis à bord des vaifleaux , il fe vend trois chelins & demi la tonne, produifint quatorze quintaux.
- Stryppe , Stowe & plufieurs Auteurs modernes, rapportent qu’en ïypo, au moyen d’une aflociation faite à Newcaftle fur la Tyne, les Charbons montèrent à Londres au prix excefîîf de neuf chelins parchalder, faifint la différence de quatre chelins, prix courant de plufieurs années précédentes.
- Il fe vend quarante-cinq & cinquante chelins, à Abington en Bafkeshire fut la Tamife, & à Oxfort fur la même rivière, dans l’intérieur de l’Ifle> d’où on le conduit à Londres partie par eau , partie par terre ; ce qui renchérit cette mar-chandifè par les frais de transport: car à Newcaftle il ne s’achette que cinq ché-lins, & la taxe ri eftq ue de cinq autres chelins.
- Des DroitsJur les Charbons de terre.
- Les droits qui fe payent pour le Charbon de terre, font ceux pour la vilfo de Newcaftle, ceux pour le Duc de Richemont, & ceux pour le Roi ; il y en a eu quelquefois d’impofés pour fervir de fubfide paflàger dans des circonftances particulières.
- Les Propriétaires des Mines & les Vendeurs de Charbons tranfportés de Newcaftle & de Londres, foit par terre, foit par mer, offrirent d’eux-mêmes en 1622 fïx deniers fterlings par chalder, pour contribuer aux frais d’un petit armement deftiné à protéger la navigation des allégés de Newcaftle contre des Corfiires des Pays-Bas Efpagnols. Tome XVIII, (Fœdera) fol. 904.
- Quoique le pouvoir d’impofer un nouveau tribut ne puifîè s’exercer par lé Roi, que du confentement du Parlement, Charles I, en 1634, de fi feulé autorité, mit un droit de quatre chelins par chaldron flir tous les Charbons 'de pierrtfea coal,ftone-coal, pit-coal> exportés d’Angleterre au pays Etranger. *lom. XIX, fol. 547, Fœdera\ il prit pour prétexte l’équipement d’un petit
- (i) Une charette chargée qu’un feul cheval . gleterre, pefe environ deux tonnes ou vingt-huif peut ure.r a la diitance de cinq à üx milles d’An- | quintaux*
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- 43^ DU CHARBON DE TERRE
- armement deftiné à protéger la navigation de Newcaftle contre les incurfiôns de quelques Corfàires, 8c pour fubvenir aux frais de fentreprife : je ne fuis pas fur que ce foit fimpôt appelle Ship money, que le Peuple refulà de payer. Pour la douzième année, Ch. 17, il fut accordé pour réparer la breche de Dagenham, un droit d’un demi-chelin par chaldron fur les Charbons 8c Culm, 8c d’un denier par chaque tonneau de contenance de vaiffeau arrivé dans le Port de Londres ; les bâtiments Charbonniers, 8c les bateaux de Pêcheurs en furent exempts.
- Ces droits font enfuite différents, félon les différentes mefures auxquelles ils fe Vendent félon qu’ils font importés dans le Royaume ou qu’ils en fortent, 8c félon que les Navires fur lefquels on les charge font Anglois ou Etrangers : quelques efpeces font encore fujets à des droits particuliers, félon différentes circonftances;
- Les droits du Roi pour le Charbon exporté, font évalués à environ un chelin par chaldron de Newcaftle.
- Le Charbon importé payera cinq chelins de droit par chalder, Scie Culm^ forte de Charbon pour les Forgerons, payera un chelin.
- Les Charbons qui fe vendent au tonneau payent cinq chelins par tonneau; le tout payé à la place d’importation.
- Un Statut de Guillaume III ( Chap. 13 , de la neuvième & dixième année ) a ôté ces droits & a impofé celui de deux chelins par tonneau ou fept chelins 8c demi par chalder fur les Charbons vendus par mefure ; ce droit doit être payé par l’importeur pour les Charbons apportés d’Ecoflè ou de tout endroit au-delà de la mer.
- Pour les Charbons chargés dans les Ports Anglois; trois chelins quatre deniers par tonneau, 8c cinq chelins par chalder; 8c un chelin par chaldron furie Culm chargé dans le Royaume. ( Neuvième & dixième année de Guillaume III. Chap. 13. )
- Charbon tranfporté de Port en Port, un chelin par tonneau, deux chelins par chalder accordés pour trente ans. Neuvième année, idem.
- Charbon Gallois porté en Irlande, &c. un chelin par chalder; porté dans les Colonies, deux chelins par chalder. Id.
- Charbons exportés fur Navires Anglois, payent trois chelins par chalder; exportés fur Navires Etrangers dix chelins par chalder. ( Sixième année, Çkap. 22.) '
- Cet aéle accorde un droit additionel de 3 chelins par tonneaux (1), de 4 ' chelins 6 deniers par chaldrons pour les Charbons étrangers, 8c trois chelins par
- (1) Toilage, Tonnage, Poundage * Pound, Pon-dage, appelle l’impôt de 165)0 : droit ou vieux fubfide accordé d’abord à Edouard VI,fa vie durant feulement, enfuite à Charles XII fur chaque tonneau de toutes les marchandifes à l’entrée & à la fortie du Royaume appellé Pound, parce quil eli fixé à tant par livre , c’eft-à-dire , d’un chelin par chaque livre fterling, ou un chelin fur
- no, ou félon notre maniéré de compter, le fol pour livre, & un chelin de plus pour les marchandifes d’Angleterre que les Etrangers emportent. Le Parlement accorde ordinairement au Roi le produit de cette impofition pour le mettre en état de bien garder la mer, & protéger le commerce 5 mais il faut qu’elle foie revêtue de l’autorité d’un a&e du Parlement.
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- chalder pour Waterborn-coal, Charbon venu par eau: ces droits appropriés â une lotterie. Huitième année , Chap. q.
- Charbons apportés des pays Etrangers , payent deux chelins par tonneau,' & trois chelins par chalder.
- Aujourd’hui lorfque le tranfport du Charbon fe fait fur un vaiflèau Etranger > il paie au Roi vingt-un chelins par chalder ; s’il fe fait fur un vaiflèau Anglois , le Roi n’a que dix chelins.
- En 1757 les droits fur cette marchandifè en Angleterre , fè montaient à cent-treize mille fix cents quatre-vingt-huit livres fterling, ce qui en fuppo-fànt le fterling à vingt livres , ferait deux millions deux cents foixante-treize mille fept cents foixante livres de France, & en le fuppofànt à vingt-un, ferait deux millions trois cents quatre-vingt-fèpt mille, quatre cents quarante-huit livres.
- Commerce ou trafic du Charbon de terre dans la ville de Londres. .
- Une ville dans laquelle on compte à peu-près un million quarante mille Ha* bitants, qui n’ont pour le chauffage & tous les jifàges domeftiques d’autre matière que le Charbon, doit donner par elle feule un grand mouvement à ce commerce ; il eft peu de jours où il n’arrive à Londres plus de cinq cents bâtiments de dix à trente pièces de canon chargés de Charbon , ou prêts à s*en retourner à vuide (1). Il entre chaque année dans cette Ville , fbi-xante-douze millions deux cents mille fàcs de cette marchandifè ; & la confom-mation, pour Londres feulement, eft évaluée à environ cinq ou fix mille chal-drons par an, de trente-fix (boifleaux en monceau chaque chaldron, fuivant l’étalon dépofé à la place de Guidhall (2).
- Le prix du chaldron y eft different dans les deux fàifons d’été & d’hyver ; en été il coûte trente-fix chelins ou quarante-une livres trois fols, en hyver quarante chelins ou quarante-cinq livres quatorze fols. Le Charbon de Newcaftle paie à Londres pour droit du Roi & autres, huit chelins par chaldron mefure de Londres.
- C’eft le Lord-Maire, comme chef de la police de Londres, & la Cour des Aldermans, qui ont le droit de taxer pour une année le prix de la vente en détail de tous les Charbons qui s’apportent à Londres & dans les Ports adjacents.
- Lorfque les Détaillants refufent de s’y conformer, des Officiers peuvent fe
- (1) Effai fur l’état du Commerce d’Angleterre.
- (2) Le chaldron de Charbon de terre apporté dans la Tamife & vendu, doit être compofé à Londres de douze facs ou trente-fix boiffeaux , chacun de dix-fept pouces quatre lignes de diamètre , fur fept pouces neuf lignes de hauteur, & encore on les mefure comble 5 le fac doit contenir quatre ( Bushd ) boiffeaux de Charbon net, 7. ed, VI. Chap. 7 9 cent-douze
- ÇuARSON de Terre, IL Paru
- livres au cent, fous peine de confifcation î & à bord on donne vingt-un chaldrons par Score ou compte.
- Il faut remarquer que dans les endroits où ce boifleau fert à mefurer le Charbon 3c le Sel, la mefure fe donne comble ; tantôt on donne cinq boiffeaux , & alors ils font combles ; tantôt on délivre cinq picotins rafes ; cela eft appelle mefure d’eau, ou mefure de fuai.
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- tranfporcer fur les Quais & ailleurs, & faire vendre par force au prix fixé ,
- & 17. Car. IL Chap. 2. Cette loi s’efl étendue aux autres Provinces. La dix-feptieme année du régné de George IL Chap. 3 y.
- Le prix du Charbon ne pourra être haufîe fur la Tamile, fous prétexte d’attendre fon temps pour en délivrer, fous peine de cent livres d’amende. Quatrième année de George //, Chap. 30.
- Toute perfonne vendant du Charbon, {bit hors d’un vaifièau, cour ou ma-gafin,à un prix plus haut que la taxe, paiera une amende de trente-fix chelins par chaldron, qui fera levée fur l’arrêt par l’autorité des deux Juges de paix, Seconde année de George II, Chap. 1 ÿ.
- Pour prévenir les fraudes des mefùres lors de la livraifon du Charbon dans les villes & franchifes de Weftminfter, cette partie du Duché de Lancaftre qui y joint les ParoilTes de S. Gilles-des-Champs, Ste. Marie4e-Bon, Sc telle autre partie de la Paroilîe de S. Andrew-Helborn, autant qu’il dépend du Comté de Middlefex, il fera nommé deux principaux Metteurs de Charbon a terre, lesquels nommeront un nombre fuffifànt de Metteurs à terre , pour melurer les Charbons fur les Quais & dans les magafins. Tous prêteront ferment de bien remplir leur emploi.
- Tout Mefureur faifant de faux billets ou faufïè mefure, fera déchu de fà com-miflîon , & paiera l’amende de cinq livres.
- On ne délivrera de Charbon au-deflus de la quantité de huit boifleaux qu’en préfence du Mefureur. Si l’Acheteur eft mécontent de la mefiire, les Charbons peuvent être remelurés par un Mefureur, en avertiflànt le Vendeur ou le Voiturier avant la délivrance & avant la décharge : alors le Voiturier averti par écrit par l’Acheteur même qu’il n’efl: point {àtisfait de la mefure, ne quittera point la place qu’il ne {oit venu un Mefurcuu Dix-neuvième année de GeorgeII, Chap. 3 y.
- Les facs de Charbon feront fcellés,^narqués, & auront quatre pieds deux pouces de long & vingt-fix pouces de large, fous peine de vingt chelins d’amende. Les Vendeurs de Charbon auront unboiffeau garni de fer, cacheté & eftampé, & trois boifleaux feront un fàc : quiconque fera ufàge d’autres mefures, paiera l’amende de cinquante livres.
- Les Juges de paix connoîtront des amendes au-defius de cinq livres, recouvertes par aélion de dette & delfous. Troijieme année de George II. Chap. 26.
- En même temps que les villes de Londres, de Weftminfler (1) & lieux adjacents, font principalement approvifionnés de Charbon par mer , des Comtésde Durham, de Northumberland & de la ville deNewcaftle (2), le prix raifonnable
- (1) En regardant Londres compofé de trois Villes, Londres au Levant, Weftminfter, féjour de la Nobleffe , au Couchant, & Soutivark , appelle communément Sodrik, demeure des Matelots, au Midi ôc de l’autre côté de la Tamife.
- (2) Les Charbons dont on fait communément lifage à Londres, fonde Scoth Coal, ou Char-
- bon d’Ecoffe , le Scoth Blyths, ou Charbon d’Ecoffe , chargé au Port de Blyth , le Shiremore, venant d’une plaine de la province de Sunder-land, le Hartley , ou Hartleypool ; beaucoup venant de Long-bington, de Walker , de Fanjîdd-moore aux environs de Newcaftlc.
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- de cette denrée a une influence marquée fur le foutien des manufactures. Il eft encore aifé de juger qu'il contribue à l'accroiflement du commerce Sc de la navigation du Royaume par les milliers de bons Mariniers que les bâtiments Charbonniers tiennent continuellement en haleine. C'eût été manquer eflentielle-ment contre la prudence, de ne point oppofer des barrières à la monopole , néceflairement préjudiciable à la marine, au commerce, aux manufactures du Royaume, au bien-être des pauvres, Scc.
- Le Parlement s'efl: occupé férieufement de difloudre Sc prévenir les aflbda-dons des Propriétaires de Charbons, Bateliers , Maîtres de Navires , Sc autres qui chercheroient à augmenter le prix de cette denrée. Dans la neuvième année du régné de la Reine Anne , Chap. 28, il y a eu fur cet objet en 1710 un Acte du Parlement, dont les articles femblent avoir depuis ce tems conforvé force de loi. Voici ce Réglement tel qu'il fe trouve inféré dans l'Hiftoire Chronologique du Commerce d'Anderfon. Tome II, page 2^3.
- Loi contre les Ajjociations tendantes à haujjer le prix des Charbons de terre pour Vufage de Londres & de fonyoijinage.
- I. Que tous contrats entre les Propriétaires de Charbon, Bateliers ou Maîtres d'Allégés, Fitters, Maîtres de Navires, Fadeurs, Agens de Charbon, &c. tendant à enharrer le Charbon, ou à empêcher qui que ce foit d'acheter, vendre, charger ou décharger librement, naviguer ou difpofer des Charbons de telle façon que la loi le permet, fera regardé comme illégal, nul & de nul effet en toutes fes parties.
- II. Tout Propriétaire de Charbon, Batelier, ou autre perlbnne ci-deflus dénommée, qui dorénavant entrera en façon quelconque dans une aflociation de ce genre , qui en fera convaincu par là fignature ou par fon cachet, fera mis à l'amende ; lavoir, le Propriétaire de cent livres, le Fitter de cinquante , le Maître ou Propriétaire de Navires de vingt, Sc pareille fomme pour tous Officiers , Commis, Agents ou Domeftiques.
- III. Les Fitters ou autres perfonnes, débitant ou délivrant des Charbons , donneront d'amples certificats lignés, & à chaque voyage, à chaque Maître de Navires, contenant le jour Sc l'année de tel embarquement ou chargement, le nom du Maître du Navire , l'exacte quantité du Charbon, avec les noms ordinaires des Charbonnières d'où il a été tiré , Sc le prix payé par le Maître pour chaque forte de Charbon que chaque Fitter a vendu chargé, à bord de tel Navire.
- IV. Ce certificat à l'arrivée du Navire à Londres, fora enregiftré à l'endroit appointé par le Lord-Maire, ou à la Douane d'aucun autre Port.
- Le refus de donner un tel certificat, um faux commis dans cette écriture , Ion enregiftrement non obforvé dans i'eipace de quarante-huit heures après
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- 440 DU CHARBON DE TERRE
- Farrivée a Londres ou dans un autre Port, emportent une amende de dix livres ; il en eft de même pour celui chargé des regrftres , faute par lui d’enre-giftrer le certificat dans les vingt-quatre heures, ou de le refufer , ou d’en faire un faux.
- V. Tout Batelier, Maître d’Àllege , Maître de Navires , Faéteurs Sc Agents de Charbon qui contractera , achètera, vendra , ou difpofera d aucune forte particulière de Charbon en préférence d’autres fortes ; qui chargera aucun Navire par préférence , ou qui difpofera d’aucuns Charbons pour tel Navire avant les autres Navires * ou vendra en connoiflance de caufe une forte de Charbon pour ce qu’elle n’eft pas , fera mis à l’amende de cinquante livres pour chacune de ces contraventions.
- VI. Les Délinquants qui dans l’efpace de trois mois déclareront les Propriétaires de Charbon, Scc, intéreffés dans de pareils délits, foront dédommagés, Sc recevront la récompenfe due à tout autre dénonciateur.
- VIL Tout Maître de Navire qui au-defïiis du nombre de cinquante, refiera chargé dans le Port de Newcaftle ou autres Ports, étant defliné pour Londres > à moins qu’il n’y foit détenu par vent contraire , befoin de 'réparation ou de convoi, ou de quelqu’autre caufe inévitable, fera à l’amende de cinquante livres.
- VIII. Tout Faéteur, Régifleur, Sc Agent de Charbon, qui en débitant à les propres Agents , aflociés ou employés , fera d’intelligence avec eux pour leur bénéfice ou pour le fien propre , fera mis à l’amende de cinquante livres.
- ARTICLE SECOND.
- Notice hifiorique de Mines ou Carrières de Charbons de terre en differentes parties du Globe.
- L’Auteur du Traité for les Couches de la terre, m’a donné la facilité d’indiquer dans les trois premiers Articles de la Seéiion XII de la première Partie de mon Ouvrage, un grand nombre d’endroits où il y a des Mines de Charbon en Allemagne, & de faire connoître la nature de ces terreins : j’avois efpéré , que, lorfque je publierois cette fécondé Partie, il me feroit polïible d’avoir quelques Mémoires for la pratique de l’exploitation dans quelques-unes de ces Mi-i nés ou de celles d’autres Royaumes.
- Les foins que je me fois donnés à ce fojet ont été inutiles ; il ne m’a été pof lîble que de recueillir de différents Ouvrages des notices de Mines dont je n’ai point fait mention, ou de la qualité des Charbons de quelques Carrières que j’ai indiquées. Ce fopplément n’eft pas indifférent pour le tableau minéralogique du Charbon de terre; je n’en ai préfenté la carte que pour le pays deLiege, l’Angle~ jterre Sç la Erance, Planche XII Sç XIII de la première Partie ; en réunifiât
- tous
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- ET DE SES MINES. IX. Part. 44 î
- tous les endroits qui feront marqués dans mon Ouvrage , on verra que pour démontrer que ce foflile exifte dans toutes les parties du Monde, il ne manque plus que d’en connoître dans celle fîtuée directement au Midi de l’Europe ; encore fi l’on fait attention à ces fameufes carrières d’où les peuples d’Egypte tiroient leurs obélifques, les Naturaliftes (i) trouveront un motif raifonnable de préfumer que ce beau marbre pouvoit couvrir du Charbon de terre à une très-grande profondeur.
- Dans la divifion générale, fous laquelle je vais parcourir les quatre parties du Monde, je finirai par l’Europe, afin de me rapprocher de la France après avoir examiné les Pays-Bas Autrichiens.
- Asie.
- En Tartarie, dans la province de Katay, Marco Paolo ou Marc Paul, Vénitien , dont les relations fur ce grand pays ont eu beaucoup de traductions & d’éditions en différentes langues , défigne clairement le Charbon de terre fous le nom d’une pierre noire que l’on tire des montagnes, 8c dont on fait grand ufàge dansplufieurs Provinces où le bois n’eft pas affez abondant pour fiiffîre à chauffer trois fois la fomaine les étuves & les poêles.
- En Sibérie, fuivant un Extrait des Journaux des Profelfeurs Gmelin 8c P allas, le premier a découvert dans les Monts Walda, entr’autres minéraux, quantité de carrières de Charbon de terre, près de Krejleyo-jam, fur les deux rives du fleuve Gremetfcha : aux environs du village UJlies , allez près de la riviere * Ktupi^a, le même ^Naturalifte a obfervé une autre Mine de meilleure efpece , qui s’étend à plus de vingt Werjls (2).
- Dans la Mer des Indes , parmi les Ifles de la Sonde, celle de Sumatra a de ce foflïle aux environs de Sillida : les montagnes appellées en latin Montes Taumbungenfes, riches en Mines d’or 8c d’argent, renferment aufli du Charbon de terre.
- Dans la partie la plus orientale de l’Afie, les Ifles du Japon ont du Charbon de terre aux environs des Provinces Septentrionales, 8c fur-tout dans la province de Chien^en (Tfiknfen) aux environs de Cujaniffe ( Cujanofla) où il s’en voit une qui a été incendiée (3).
- une
- Terres Arctiques ou Amérique Septentrionale , dite Mexicane.
- Dans une des Ifles Lucayes , nommée la Providence, appartenante aux An-glois , 8c fituée à l’entrée du Golfe du Mexique, on a découvert en 1 y68 Mine de Charbon de bonne qualité.
- (1) Appelle par les Italiens Granifo H# 3 par
- les Anciens Syenites, Pyropœcilon.
- (2) Quatre Werfts font une lieue de France.
- Charbon de Terre. II. Pan.
- (3) Extrait de PHiftoire Naturelle , Civile & Eccléüailique du Japon.
- T y
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- Dans la partie dite la nouvelle France ou Canada , le pays de Sagüenay au bord Septentrional du grand fleuve de S. Laurent, & dont Quebec eft la Capital^ j en a auflî.
- Sur les frontiers Orientales du Canada, la prefqu’ifle de l'Amérique Septentrionale appellée Acadie ou nouvelle EcoJJe> a de même du Charbon de terre.
- Sur .la côte Orientale en Groerdande, la Baye de Disko au détroit de Davoz , lous le foixante-douzieme parallèle, en contient auflî.
- Partie Septentrionale de l’Asie et de l'Europe,
- Dans la Ruflîe, nommée Russie d’Europe, il y a du Charbon de terre à Novogorod-W eliki ou Novogorod la grande (i). M. Model, Chimifte ( 2 ) , a examiné Sc analyfé ce Charbon ; c’eft, félon cet Auteur, un Charbon ardoifê dilpole par couches ; il eft rempli de crevafles ; là couleur tire fur le brun noir làns aucun brillant ; il làlit confidérablement les doigts quand on le manie ; dans quelques morceaux on apperçoit de véritables pyrites ; au feu il s’allume aifé-ment, donne une flamme claire & fe réduit en cendres grifes rougeâtres. '
- Mer Baltique ou mer Interne.
- Dans le Golfe de l’Océan, vers le milieu des côtes Occidentales de l’Europe , llfle Bornholm, fur la côte de la Suede, qui appartient aux Danois, laifle voir le long de fes bords des traces de Charbon de terre ; on y en a fouillé il y a une quinzaine d’années ; on en tire aufli du fond de la mer ; les pauvres vont le détacher, Sc l’enlevent fur des bateaux.
- Europe.
- La Norvège propre, dans la Scandinavie, entre Bergen & Chriftiana.
- Dans tlflande, Ifle dépendante de la Norvège, au Nord de l’Europe, Sc ou le trouve le Mont Hecla, le plus célébré des Volcans.
- Dans la partie la plus Septentrionale de l’Europe, la Suede en poflede en plufieurs endroits ; on s y eft appliqué depuis long-temps à la recherche de ces Mines, & on yen a déjà reconnu plufieurs: en 1738, dans la province de Scanie ( Schonen ) à unelieue de Helfingborg (3), il en fut découvert une très-abondante d’un bon Charbon qui ne donne point de déchet, qui brûle bien Sc donne un feu très-clair julqu’à ce qu’il foit entièrement réduit en cendres; la
- (1) Pour diftinguer cette Ville de Nifen ; Niefna, Niji-Novogorod, ou le petit Novogorod , & Nifen Niengarien.
- (2.) Supplément aux Récréations Chimiques. Peters-bourg. 1768 Trada&ion manufcrite, par M. Par-
- mentier Apothicaire Major de l’Hôtel Royal des Invalides.
- (3) Mémoires de M. Bentzelftierna, Confeilîer du College des Mines. jUes de R Acad. des Sciences de Suede, an, iy^j.Tom. ILpage 237.
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- matière de ce Charbon eft grafiTe, n eft aucunement chargée de foufre, peut fer-vir aux Orfèvres & aux Ouvriers qui travaillent en acier fin : la veine en efi cependant extrêmement mince, ce qui fait que l'exploitation ne peut s’en faire qu’à la maniéré des Saxons»
- M. Cronjledt, de l’Académie de Suede (i), a eu la complaifànce de me procurer un envoi d’échantillons curieux des pierres du territoire de Boferup, dans la même province de Scanie où il fe rencontre du Charbon de terre. Quoique ces échantillons ne feient pas numérotés dans l’ordre qu’ils tiennent en fouillant la Mine, je les indiquerai ici avec les phrafes du favant Auteur.
- Argilla grifea apyra ; terre pourrie, feuilletée, des campagnes de Boferup.
- Argilla apyra nigra ; pierre argilleufe, alumineufe avec efflorefcence ; elle n eft pas noire par-tout ; elle eft de couleur d’ocre fafranée de couleur vive.
- Argilla apyra nigra, croco tincla ; femblable à la précédente , noire en dehors & rougie en dedans pat un précipité martial.
- Bolus indurata; pierre bolaire, martiale, très-pelante , des campagnes de Boferup.
- Lapis Arenofus y Glutine argillaceo ; faux granité blanchâtre.
- Lapis Arenaceus Glutine argillaceo y des campagnes de Boferup; pierre d’ar-gille grife , femblable aux argilles fablonneufes ordinaires dans les Mines de Charbon : elle eft friable, fe durcit & eft fixe au feu.
- Lapis Arenaceus Glutine argillaceo : cette efpece eft un grès ou pierre à ai-guifer, tendre à grains affez fins.
- Schiflus phlogiflicatus ; mauvaife ardoife feche, femée de beaucoup de mica bianç ; elle brûle au feu en décrépitant d’abord, & répandant une odeur défà«-gréable de vapeur humide renfermée : c’eft le Brand Skiffer des Allemands.
- Gagas vel lignum Petroleo imbutum. La première dénomination de cette phrafe ne répond pas exactement à l’échantillon, qui auroit mieux été appelle Pfeudo-Gagas ou Gagas naijfant : ce n’eft autre chofe qu’un morceau de bois fofiile bien fein, entièrement femblable à celui que j’ai eu de la Mine de Charbon de Wentereaftle , voy. page 6 de la première Partie : il eft très-pefent peut-être parce qu’il eft ferchargé de matière martiale dont il eft un peu encroûté dans une de fes furfaces ; ceux qui çonnoiflent les bois de charpente qui ont refe té long-temps feus l’eau où ils acquièrent une pefenteur remarquable , & une grande facilité à recevoir le pqli, auront une jufte idée de ce fofiile que je crois être UEbenum fofjîle onlobithoxylon de Scheucbzer (2) ,<& le Sortur brandur des Allemands ; il brûle comme du bois, & on apperçoit dans là flamme les lignes d’un peu de bitume.
- Carbones lignei ex mumiâvegetabilL Cet échantillon provenant des campagnes
- (1) Grand-Maître des Mines de la Daîécarlie & dé jà Weftmanie, & auquel on attribue l’Effai de Minéralogie,traduite du Suédois en Allemand par M. Wiedman, & de l’Allemand en François
- par M. Dreux ^ fils.
- (2) Herbarium diluvianum. Lugd. Bat. 1723> Pag* $7&iop.
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- de Boferup , eft plus qu’un Charbon de bois, c’eft un vrai jayet par couches, entremêlé d’une terre turfacée couleur de fuie, mumia vegetabilis, très-fine, qui fàlit les doigts, & eft très-abondante dans tout ce morceau.
- Lithanthrax vel fiffilis fchijlofus, cum pauxillo Porcellaneæ albæ (i) , beau Charbon de terre fec, brillant comme le jayet. Ce que l’Auteur appelle Porcel-lanea alba, me femble être une efftorefcence alumineufe : il l’a défigné parmi ces terres de porcelaine pure , n°. i, en forme de farine , & maigre.
- Lithanthrax cum Carbonibus ligneis ; bois non charbonné ou trop pénétré par les acides.
- Dans la première Partie de mon Ouvrage , j’ai eu occafion de parler des Charbons ardoifis, des ardoifes combuflibles (2) 8c du Charbon de terre que renferment quelquefois les carrières d’ardoifes (3) ; ce foffile envifàgé alors purement & Amplement comme étranger & accidentel dans cette maflè au milieu de laquelle il fe trouve, n’a pas autrement fixé l’attention des Naturaliftes, qui n’avoient en vue dans leurs recherches que les carrières d’ardoifes. Deux Miné-ralogiftes Suédois, M. Hermelin 8c M. Cronftedt, font les feuls que je fâche qui aient obfervé fpécialement ces Charbons, & auxquels on foit redevable de pouvoir les claflèr dans les différents genres connus. M. Hermelin a décrit en Naturalifte dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de Suede, (4) une de ces Mines où le Charbon fe trouve dans le Schifte alumineux, 8c en même temps cette bande parafiu qui y eft renfermée, 8c que l’on a qualifiée du nom de Charbon de terre. Comme Chymifte , M. Cronftedt a affigné la nature & la qualité de ce Charbon : en empruntant ces defcriptions de ces deux ouvrages, je les accompagnerai de quelques réflexions que je foumets à l’éclairciflement que ces Savants peuvent en donner.
- Charbon de terre dans une Mine d’ardoife, fituêe près la Manufaclure dd Alun , terre de Maetorp, à Bellinger, Saeter > Seigneurie de Wadsbourg,
- en IV fgothie.
- Ce lit de Charbon de terre eft placé fous un monticule de pierre calcaire ; plus bas fe trouve une autre maffe de pierre à chaux, qui renferme les Schiftes alumineufes d’une aune & demie ou trois aunès de France, enfifite les couches de Charbon de pierre, puis une nouvelle couche d’alun qui couvre un banc
- (1) Terra Pcrcellanea , vulgo Argîlle apyre, Ar-gïlla apyra, félon cet Auteur, abfolument réfractaire au feu ordinaire de fufion. Cette argille ne peut qu’approcher de la vitrification ; mais elle conferve fa forme,quoiqu’elle foit molle par elle-même ; alors elle devient matte quand on la caffe/brillante & ferrée; frappée contre Tacier , elle donne du feu; elle a parconféquent les meilleures propriétés pour fabriquer des vaiffeaux deftinés à fondre, à cuire ou conferver des ma-
- tières falées & acides.
- (2) Br and Skijfir GermanorüMÏ Schiflus phlo-giflicatus, Cronstedt ; voy. la Table de la première Partie, fous les différents noms François, ôc fous celui de Schiflus.
- (3) Pages yo & 242.
- (^Remarques & Expériences concernant l’Art minéralogique de la province de Scaraborg en
- Wefl-Gothie,premier trimeflre de l’année 17^7 >
- page 3 2.
- d’Horflen,
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- 44 S
- E T D E SES M I N E S. IL Part.
- 'SHorjlen, au-deflous duquel fè trouvent encore des couches & Alun (i).
- Le Charbon fe trouve dans le fchifte, tantôt en petits morceaux plus épars que les Brand S kijfer, tantôt en couches diftinétes; cette couche eftprefque hori*; zontale Sc s'incline un peu du côté de l'Eft ; elle a deux à fix pouces d'épais.
- Ces Charbons font durs, ferrés & néanmoins légers; à la vue Sc dans tout l’extérieur ils reffemblent mKennel coal9 que l'on eftime davantage que tous les Charbons qui fe trouvent épars : ils fe laiflènt couper avec le couteau , Sc donnent une poudre d’un brun noirâtre ; ils le poliflènt aifément,&on s'en fert pour faire des boutons Sc des tabatières ; au feu ils donnent une flamme forte qui fe foutient plus que celle des Brand Skiffery Sc ils ne tombent pas fi facilement en feuillets que les Charbons ardoifés.
- Au lieu de cendres, ils laiflènt des fcories qui forment un volume égal à celui qu avoit le Charbon brut ; on les a eflàyés avec avantage dans les petites forges.
- La defcription du Charbon Kolm en Allemand, rangé dans la troifieme clafle de M. Cronftedt, §. 159, fe rapporte avec celle de M. Hermelin : » il ref* » femble au Charbon de terre ardoifé de Bofèrup ; mais il eft plus mat quand ou » le caiïe ; il brûle avec flamme Sc ne fe confume point, Scc. il fe trouve en An-» gieterre Sc dans l'ardoife alumineufe de Maetorp ». Il y a donc toute apparence que c'efl du même Charbon, que ces deux Auteurs ont parlé : néanmoins fi le Kolm des Allemands eft le Charbon Culm des Anglois, il y a ici quelque méprife dans la comparaifon de l'un ou de l'autre Savant; car le Kennel coal> auquel ce Charbon de Maetorp reflèmble, félon M. Hermelin, eft fort différent du Culm des Anglois, pour lequel on eft difpofé à le prendre d'après le nom Allemand.
- Ayant embrafle l'Hiftoire générale du Charbon de terre , je ferai paflèr en revue quelques fubftances particulières qui ont une affinité avec le Charbon.
- C'eft en rapprochant de cette maniéré l'hiftoire d'une même fubftance minérale , parfaite ou imparfaite, avortée, dégénérée, altérée par "une caufè quelconque , que l'on pourra parvenir à des idées raifonnables fur fà compofition Sc fur fà décompofition.
- '* Du nombre de ces bitumes fofliles dont je veux parler, & que l'on peut regarder comme fubftance analogue au Charbon de terre, eft celle nommée par les Mineurs Allemands Knopfflein, c'eft-à-dire, pierre a boutons , à caufe de l’ufàge que l'on en fait. Il paroît que cette efpece de jayet grofîier, qui fèroic peut-être mieux nommé Lithanthrax larvatum., eft de deux efpeces, une qui fè trouve dans plufieurs Mines de fer, qui eft très-aifée à fondre, Sc dont on fait du verre noir Sc des boutons ; l'autre, aflez bien nommé par les Allemands, & en François Charbon de terre Æ^ui/?,(puifqu'il fe rapporte au genre des ardoifés)
- (1) Les couches entre lesquelles fe trouve le Charbon de terre de la Gothie ou Goflande, partie la plus méridionale de Suede > font 9 d’après
- Charbon de Terre, II, Parc,
- les remarques de M. Triewald, d’un gros grès fpongieux , ou même de Whin.
- V;
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- qui eft facile à fe mettre en fufion , & forme un verre noir tranfparent, ce qui pourroit venir des parties martiales unies à ces fchiftes ; il y a des endroits où îon fait de même fondre ces pierres pour en faire des boutons & des petites boules; on peut aufli s’en fervir pour faire le verre des bouteilles.
- - Peut-être même y a t-il encore d’autres variétés de ce Knopf Steîn ou mauvais Charbon, dont ïampelites > (yoy. page 109) pourroit être une efpece.-
- Le Charbon de terre n’eft pas feulement propre à recevoir des imprégnations & même une portion métallique en abondance, (vuy. page 138, première Partie ) il eft de plus, fufceptible de s’unir fi intimement avec les métaux dans les entrailles de la terre, que ces Mines acquièrent la propriété combuftible , quoique la terre métallique l’emporte pour la quantité fur le phlogiftique bitumineux du Charbon de terre.
- De cette efpece on connoît une Mine de cuivre & une Mine de fer ; nous ne parlerons ici que de cette derniere, le mars étant la fubftance métallique qui le trouve le plus communément allié avec le Charbon de terre : cette Mine de fer combuftible fixe, Minera ferri phlogijlica> Cronjledt, ne différé pas beaucoup à l’extérieur des Charbons de terre ou de la poix minérale ; mais elle eft plus dure, elle donne à la chaleur de la calcination, une flamme petite 8c très-prompte ; elle conferve là forme extérieure 8c perd feulement de fa pefanteur ; mais elle retient quelquefois plus de loixante-dix pour cent. L’Auteur en fait deux efpeces,j une tendre & fragile, 8c une folide femblable à de la cire à cacheter noire (i) : on l’appelle dans la Norbeck, Wafch-Berg , qui veut dire jayet. Dans les Mémoires de l’Académie de Suede (2), M. Cronftedt a donné la defcription détaillée d’une de ces Mines combujlibles ; il obferve qu’elle eft répandue en marrons dans la Mine de Wæfterfiifberg dans des rochers compaétes , 8c enveloppée dans une pyrite couleur de foie : voici la defcription de ce minéral.
- Sa couleur eft noire, Ion tifiu compacte & luilànt, fàfraélure comme celle d’un caillou, 8c elle reflemble fi parfaitement à du Charbon de terre, que les meilleurs connoiffeurs y euflent été trompés; elle n’eft point attaquable par les acides ; là dureté n’eft pas confidérable ; on pourroit aifément la pulvériler 8c la racler avec un co uteau ; la pelànteur n eft: point allez grande pour la faire diftinguer du Charbon de terre ou delà poix minérale.
- La feule différence eft qu’elle n’eft point éieétrique, elle ne s’enflamme ni ne répand point de fumée dans la calcination, qui ne lui fait perdre qu’un cinquième de Ion poids ; il s’en exhale une odeur d acide fulphureux, & elle devient un peu brune : l’aimant l’attire un peu dès avant la calcination ; mais il
- (i)Dansîa nombreufe collection que fai faite de toutes les fubftances fofliles rencontrées dans les Mines de Charbon ou dans leur voilinage , & d’autres matières minérales qui pouvoient entrer en comparaifon avec ce bitume; j’ai plufieurs morceaux d’uqç matière qui reflemble fort à ces
- Knopfstein , à ces ÎVafch-Berg, <$cc. ils m’ont etc envoyés d’une fouille entreprife pour une recherche de Charbon de terre près le Château de Son Excellence M. le Comte régnant de Bernheim, dans la partieOccidentale ducercle deWeftph^li^ (2} An, 1771. Tom. XII.page 230,
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- ET DE SES MINES. II. Part. ^
- l'attire plus fortement lorfqu’elle eft calcinée.
- Un morceau pefant fept livres ( poids d’eflài ), a donné par l’e/ïài ordinaire douze livres par quintal ; cependant il y avoit une portion qui étoit paffée dans les fcories.
- Dans cette grande partie lîtuée au milieu de l'Europe ( 1’Allemagne ), le Charbon de terre abonde, comme on l'a vu page u6, dans quantité d’endroits* A la première defcription que nous avons donnée de la Mine de Wmin en Saxe, nous en ajouterons une fécondé publiée par M. Triewald , d’après Samuel Bufchenfelt, Arpenteur.
- Swart Mylla. . . . .
- Grolet Moer Stein ; pierre grife, légère , friable. •
- Une pierre jaunâtre dure. . . .
- Skiferigi pierre grife, légère & friable , ardoifée. . .
- Pierre pâle & dure. . . .
- Tak Stein, Pierre de toit jaunâtre en-defîus, & noirâtre en-defïous. . « . . .
- Lera9 argille grife, . . .
- Le toît qui dans quelques endroits fe trouve être un Charbon beau & folide. . . • . i ou r *
- Dans le milieu fe trouve une veine femblable à une argille dure , d’une' couleur grife claire. . . . . . 6,8, 10,12 pouces.
- Au-deflous de ce lit fè trouve une grande montagne de nul ufàge, ayant cependant quelquefois un bord de fable foufreux qui fè trouye même quelquefois dans le Charbon.
- Les Charbons de cette Carrière décrite page 124 , & tous ceux du yoifinage de Halle font remarquables dans l’Hiftoire Naturelle, & fur-tout dans l’Hiftoire de la Chimie, parce que le célébré M. Hoffman en a fait le fujet de fes obfervations (1).
- Ils font compactes & pelants, & difpofés par feuillets, dans lefquels on apper-çoit des lames pyriteufes très - minces > de couleur jaune brillante : ces paillettes qui jouent ¥ oripeau, font regardées comme lignes de la préfence de beaucoup de fbufre ; la propriété qu’ont ces Charbons de durer longtemps au feu, & de donner une flamme vive & fbutenue, les fait rechercher par les Forgerons ; après avoir brûlé, ils donnent des fcories très-compaéles. Le lavant Chimifte obferve que ces Charbons tiennent d’une nature bituminofo-JuU phureufe. En raffemblantdans la IVe. Seétion de cette fécondé Partie, toutes les marques ou tous les phénomènes qui conduifent à caraétérifer la qualité des differents Charbons que l’on peut rencontrer , j’aurai occafion de développer celle que 1 Auteur affigne ici au Charbon de Wettin ; il me fuffit de la faire re-
- (1) Fred. Hoffman, oper. Supplem* pars 2* Genev.pag.12* OryUogtaphia Halenjîs»
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- marquer ici en paflànt pour fe le rappeller alors, ainfi que la maniéré dont il s’exprimera fujet du Charbon du toit de Loebegin, dont il fera queflion tout-à-l’heure.
- La Mine de Charbon de Halle en Saxe, s’étend fort au loin, fous une grande partie de la ville & d’un fauxbourg, enfoite dans les campagnes vers le Midi, jufqu’au Bourg Lieben où on la rencontre fouvent lorfque l’on fait des puits, de même qu’à Dielau , à une lieue 8c demie de Halle ; là texture repréfonte un amas de morceaux de bois en copeaux.
- M. Hoffman a aufli obforvé en particulier les Charbons de Loebegin , dont j’aiparlé page 12 J : ceux-ci fe détachentde la Mine par pièces plus conlidérables; mais au feu ils deviennent plus légers, fe féparent aifément en pièces , 8c durent moins au feu ; après avoir fait leur effet, ils fe réduifent en cendres.
- Le Tage Kholen du Charbon de Loebegin efl bitumineux, il n’abonde pas tant en pyrite que celui de Wettin; il efl: beaucoup plus tendre & plus léger, s’enflamme plus difficilement que le tage kholen de Wettin, en exhalant une odeur Julphureo-acide ; il n efl: employé que pour la préparation de la chaux vive.
- Dans le même Duché, (de Saxe) aux confins de la Milhie, le Bourg de Diben ou Dieben fur la Muld, le voifinage de Neujlai 8c de Ihlefeld à Plaven, ont aufli du Charbon de terre ; celui de Bernebourg dans la baflè Saxe, efl de très-bonne efpece. M. Lehmann obforve que les Saxons ne conftruifent des galleries que d’une demi-aune en quarré, & que l’Ouvrier efl: obligé de travailler étant couché ; cela foppofe des veines d’une épaiffour fort peu confidérable.
- En Siléfie , le Charbon êlAltwaJJer 8c de Taunhaufen efl: excellent ; il efl employé aux blanchieries de toiles qui font aux environs.
- Le territoire de Kojluchna en renferme aufli de très-bonne qualité ; on y en connoît deux couches, dont une de fopt pieds d’épaiffeur : jufqu’à préfent on n’en tire point parti.
- Au Sud-Ouefl: de la France, 8c au-delà des monts Pyrénées, I’Espagne a des Mines de Charbon de terre dans plufieurs Provinces ; on y en connoît au Royaume de Léony du côté de Salamanque 8c dans les AflurieslLû Galice fituée à l’extrémité de l’Efpagne & environnée de deux côtés de l’Océan, riche en cinabre 8c en minéraux précieux & utiles ; la partie méridionale, appellée Bajfe 'Andaloujîe , dans les environs de Seville, poffédentdu Charbon de terre : enfin, dans la partie Septentrionale, ( la Cajlille neuve ou nouvelle Cajlille, appellée aufli Royaume de Tolède, ) dans la Sierra (x), près de la Vallée du Mancanares aux environs de Madrid, on y en connoît aufli.
- Entre la France 8c l’Italie, la Savoye a aufli de ces Mines, dont le Charbon
- ( 1 ) Par ce mot, les Efpagnols défignent les pays montagneux , dont les cimes de montagnes fonthériflees comme les dents d’une feie; ils en
- ont dans plufieurs endroits; mais la Caftille neuve eft entr’autrespartagée en plufieurs Jî^rras, dontj chacun a Ton furnom particulier.
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- ET DE SES MINES. Il Part.
- eft employé pour faire cuire le fel qui fe tire de fources d’eaux»
- A TOrient de là France, la Suiffey dans une étendue d’environ quatre-vingt-dix lieues de longueur & autant de largeur , a une quantité prodigieufe de Mines de Charbon, qui pourront un jour devenir une richefle réelle de ce pays : les bois 4 fe dégradent tous les jours ; celui à brûler a doublé de prix depuis 1750 : cela n’empêche point "que le préjugé contre l’emploi du Charbon de te/re dans les ufàges domeftîques ne fubfifte encore fortement ; on a vu le Magiftrat de police défendre d’en employer à Laufànne & même à Berne. Comment peut-on négliger des relfources femblables, tandis qu’on fe plaint fans celle de la cherté des bois? La ville de Balle en a cependant introduit l’ufàge dans les foyers domefti-ques: on trouve beaucoup de profit à fe fervir du Charbon de terre de Champagné, près de Ronchamp, en Franche-Comté.
- J’ai indiqué ; dans la première Partie page 114, les principaux Cantons de Suilïe qui ont de ce folfile ; je vais donner les endroits particuliers ou il s’y en ^encontre, tels qu’ils font défignés par M. Bertrand (1) ; j’ajouterai quelques-uns des détails que m’a fourni M. Sinner de Balaigne (2), fur quelques^ unes de ces Mines, & ceux qui fe trouvent dans l’EJfai Tune dijlribution mitho« dique des Fojjiles, par M. Bertrand.
- Dans fa troifieme clalïè qui contient les bitumes ou fucs fulphureux, il dif* tingue les Charbons de terre en fix clalfes générales, qui pour l’ufàge varient en bonté.
- 1°. Charbon ligneux par fibres : lithanthrax ligneum*
- st°. Charbon pierreux en malle î lithanthrax petrofum. Ceux-là font ftériles en bitume ; ils ne peuvent fervir que pour cuire les tuiles ; tels font ceux du Comté de Lingen en Weftphalie»
- 30. Charbon, terreftre & mêlé : lithanthrax terrejlre atque mixtum, lithanthrax terrejlre. Ceux-ci font friables, fe décompofent à l’air , font moins profonds en terre , s’allument aifément ; mais le feu n’en eft pas fi ardent.
- 4°. Charbon bitumineux ou de poix : lithanthrax piceum Jeu bituminqfum,
- 50, Charbon d’ardoife ou fifîîlc : lithanthrax fijjüe.
- 6°. Charbon métallifé : lithanthrax metallifatum vel miner ali fatum*
- Ceux qui font pyriteux & pénétrés de minéraux, ont une odeur forte»
- Dans le Canton de Zurich , à trois lieues de cette ville, entre Horg & Kapfnac , il y a une Mine dont M. Scheuchzer (3) a décrit quelques circonf* tances ; entr’autres fur un morceau dont les parties ne font point alfemblées en malle, mais en maniéré de tuyaux ramalfés en paquet ; ce Charbon eft compofé de filaments droits , ronds & larges, de la grolfeur à peu-près d’une petite aiguille à tricotter, lefquels fè tiennent debout & roides comme les foies d’une brolïè
- (t) Recueil de divers Traités furl’Hiftoire Naturelle de la terre & des foffiles, par M. E. Bertrand , Secrétaire de la Société économique de 3Berne, i/2-4. Avignon, 1766.
- Charbon de Terre, 11% Paru
- (2) Du Confeil Souverain Sc Bibïiothéquaîre de Berne, de la Société économique de cettê Ville.
- (3) far Alpinunh
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- 45» DU CHARBON DE TERRE
- fort rude, ou comme les dents d’une carde à carder la laine : cette ftruaure particulière donne lieu à M. Scheuchzer de chercher à déterminer quel eft le corps qui fe feroit ainfi minéralifé fous la forme de Charbon de terre (i).
- Ces Charbons de terre de H orge, font entremêlés de pyrites qui effleurif-fent en couperofe lorfqu’elles font expofées à l’humidité & au foleil ; M. Scheuchzer y foupçonne quelques parties d alun ; il a fait 1 analyle chimique de ce
- Charbon de terre.
- U s’en eft fervi dans les fourneaux pour les diftillatîons, en les pilant groffié-rement 8c les paîtriflant avec un peu de limon.
- A Hondelfangen, il y a auffi de ce foffile.
- Le Canton de Berne eft celui de la SuilTe qui a le plus de Mines de Charbon : il paroît que ce foffile eft répandu dans toute la longueur de cette domination ; mais aucune veine n’a encore ete exploitée regulierement : la qualité des Charbons y varie à 1 infini. M. Sinner dont il y a un Mémoire ftir ces Mines dans les Aétes de la Société Economique de Berne, An. 1768, en a compté une vingtaine d’efpeces très-différentes.
- A Fiiciiisbci'v, diftant de Berne de trois lieues, Charbon dur, pelant, qualifié pyriteux, exhale une odeur de foufre ; on n’en fait point d’ufage. M. Bertrand avance que fi on le gardoit long-temps hors de terre, 1 odeur leroit moins forte.
- Dans le Hafly, ou Val Hafel,\ou Ha[lelande> dans la montagne dtEngotlen.
- A Bruttelen, Bailliage de Cartier t ou Erlach.
- A trois lieues du Lac de Thoun, diftant de Berne d’environ quinze lieues, il y a une Mine de Charbon dont la veine a huit pieds d’épaiffeur; elle n’eft point exploitée parce qu’on prétend quelle ne peut fervir ni aux Maréchaux ni aux Forges ; elle eft très-différente des autres efpeces du canton, elle eft maigre & laiffe une fcorie rougeâtre ; elle reffemble beaucoup, dit-on, au Molybdœna.
- A Wynau ou Weinau fur l’Aar près d’Arbourg.
- Dans YEmme-tkal, Bailliage de Signau à Eggivil du côté du Nord, à fept lieues de Berne, Charbon très-fulphureux, fort bon, pourvu qu’il foit féché à couvert.
- Dans le Bailliage cTInterlacken , à Stechelberg montagne de Lounter brunnen-thaï, au Midi de Luterbrunn & à Müllithal dans le Hafli ThaL
- A Lenr$ourg9 à Nidau.
- En Argow, à Geijfnau, Gyjfnau, montagne, rocher & carrière près de Ber-toud9 jolie petite ville nommée en langue du pays B ourgdorf9 où il y a un bain allez renommé, qu’on appelle le bain d hn-Vaujl,
- A Gyrisberg, près de la même ville, Charbon de pierre fiflile, & bois foffile minéralifé, ferrugineux.
- (1) Inter introchos Jlcyonia ambigens. Luid. non Brush-iron & Brush-iron ore, Venaferri quant Lithoph. britt. n°. ioy. An Virgultum Corallinum depingit Grew. Muf. Societ. Reg. tab. 22. Beaumontii, Ad, Phil, Lond. iyo.. fig* z6, Nec
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- ET DE SES MINES. II. Part. 4;i
- • Dans f Argow à Suchgraben, à quatre lieues du Château de Fruttingen , au Midi dans ÏOberland ; à Cajlelen, du Bailliage de Schenckenberg^ Çharbon plus ligneux & plus terreux que celui de Bochat ; à Denschbeuren, Paroiiîè de ce Bailliage.
- Au pays nommé Pays Romand ou Pays François, le pays de Vaux, vers le Lac de Geneve, à deux lieues & demie environ au Nord de ceLac & a'tme lieue au Levant de Laufanne, on y exploite depuis une vingtaine d’années plufieurs veines; leur direétion générale y eft du Nord-Oueft au Sud-Ôüeft; elles s’élèvent avec les montagnes depuis le Lac de Geneve, & fe montrent "au jour de ce côté, fur-tout au bord d’un torrent qui s’y jette.
- Le Charbon de Bochat, au-defîous de Lutri à la Vaux, eft plus bitumineux que celui de Frienifberg r on n en fait aucun ufage, quoique le Lac pût en rendre le tranlport bien facile : on y voit alternativement une couche mince f 8c une couche plus épaifïè. M. Bertrand prétend que ce Charbon eft très-bon lorfqu’il eft: féché à couvert. ' *
- A S. Saphorin (entre Laulànne 8c Vevay,) Bailliage dé Laufanne, Charbon de pierre lùr les montagnes, dans un bois dépendant du domaine appèllé Pra-pourri.
- Bailliage d’Oron, Maracou ou Marcou, entre le coteau & ce village*
- Au^enda^, A^endaz ou Auvendas , haute montagne au Nord-Eft de B ex ; dans ce mandement, frontière du Valais, Bailliage d9Aigle, dont le fommet eft toujours couvert de neige & de glace.
- Dans le Bailliage &Orm, à trois lieues au Nord de Laulanne : M. Sinner a fait exploiter le Charbon de ce diftriél : on y en connoît plufieurs veines de cinq à neuf pouces environ d’épais ; elles lùivent à peu-près la même direélion que celles de Laulanne ; mais avec cette différence, qu’on ne les trouve qu’à leur tête, c eft-à-dire, où elles plongent, & que la fituation des lieux ne les prélènte pas au côté oppofé 8c au bas.
- M. Sinner a fait pouffer deux galleries lur une veine qu’il exploite, & de laquelle chaque Ouvrier tiroit cinq quintaux par jour ; cette veine fe montre au bord d’un torrent, le long duquel on en trouve environ fix les unes lùr les autres , à dix, douze ou quinze toifes d’intervalle de profondeur, dont chcune na pas plus de fix à fept pouces.
- U s’y en trouve à une petite lieue d''étendue, dix ou douze autres qui ont toutes une direction extrêmement inclinée à l’horifon : cela va à environ quarante-trois degrés.
- Entre le mont S. Gothard, le Crilpelberg & la rivière de Ruff, dans le canton d Uri on connoît du Charbon, & à la Vallée de Fontaux,près de Schimberg.
- A Schimberg on trouve auffi du malthe ou bitume greffier.
- M. Bertrand indique encore du Charbon à Millery9 au-defîous de 1 hermitage de Sainte Barbe, & il 1 appelle lithanthrax durius ; à Griefborn, a une lieue de1
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- 453 DU CHARBON DE TERRE
- Sarlouis, à Créange 8c à Puttelange ; il définit le Charbon de ce dernier endfoit lithanthrax fragilius.
- Hainaut Impérial ou Haïnaut Autrichien.
- Dans cette partie des Pays-Bas, lés veines de Charbon font plus fortes & plus fréquentes que dans le voifinage nommé Hainaut François ; on y en trouve peu en Roijj'e , Sc lorfqu’il s’y en rencontre, ce pendage ne fe continue guere. o On n a pas non plus à traverfer autant d’épaiffeur de rocher 8c de terre , ce qui difpenfe de profonder de grands Barques \ c’eft le nom que Ton donne aux Bures dans cette Province.
- On va* chercher le Charbon par xhorre, & on le tire par torret ; de cette maniéré on gagne prefqu entièrement les frais de l’exploitation, 8c le bénéfice eft plus considérable, voy. page
- Dans les Mines du pays de la Reine, on diftingue la maffe qui compofe l’é-ipaifleur de la veine en deux'ou trois couches, appellées membres , féparés par un lit d’agay, appelle dieve ou terre glaife.
- En foivant le même ordre que nous avons fuivi dans la première Partie *
- page 133 , le Comté - de Namur & le pays Montois, vont être paflfé ici en
- revue. * . -ni r
- t • Comté;, de Namur.
- . Ce que Ton nomme Roc^ dans les Mines de Charleroy, eft une pierre très-dure, de couleur ardoifée, & qui fo fépare par écailles aifez épaifles ; ces feuillets quelque temps après avoir été caftes, prennent, à l’endroit de la fraélure , une couleur fauve vüant à celle de tabac d’Efpagne, mais qui n eft que fuperfi-cielle.
- A Charleroy, un attelier comprend des Xhaveurs ou Ouvriers employés à tirer le Charbon, ayant pour làlaire dix-fept fols, fix deniers.
- A quatre Xhaveurs par jour. • 3 livres 10 fols.
- Deux Traîneurs pour remplir les paniers, à quin-
- ze fols chacun. 9 1 10
- Dix-fept SeLoueurs à une livre par douze toifes, fur
- deux cents toifes. • 12 IJ
- Dix-huit hommes à neuf torrets, deux hommes par
- torret. . . . . m O H ro H
- Deux hommes pour recevoir le Charbon. m r 10
- (Quarante-cinq Ouvriers coûtent par jour 3 2Üv. iy fols*
- 8c tirent par jour trente-fix milliers de Charbon.
- A trente-deux livres quinze fols, il faut ajouter les frais dqs chevaux, les
- Feux, l’entretien des machines, les gages des Commis.
- Ces
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- E T DE SES MINES. II. Part. 455
- Ces différents frais & autres non fupputés, deviennent d autant moins iourds quil y a plus d’exploitation. *
- Dans ces Mines on trouve quatre veines les unes fur les autres avant darrivêt à la profondeur de foixante-trois toifes.
- Dans celles de M. Défàndrouin, l’eau eft tirée de foixante toiles de profondeur ; le Charbon eft placé à cent-huit toifes àu-deffous, ce qui fait en tout cent foixante ^onze toiles. Les galeries font pouffées à plus de deux cents toiles J il y a à la fuperficie neuf treuils.
- La Houille du quartier de Charleroy a cela de particulier, qu’il faut qu’elle refte long-temps à l’air & à la pluie, même dans l’hiver, pour devenir meilleure * du moins c’eft l’idée de quelques bons Ouvriers. Si cette remarque n’eft pas un préjugé de leur part, elle autorifeà conjeéturer que ce Charbon tend à l’état vitriolique ou alumineux. Voy. première Partie pag. 75*.
- La Houille du village de Blatton, eft, comme celle d’Ândenne au Comté de Namur , bonne à cuire la chaux & les briques ; on l’emploie aufîi aii chauffage dans les poêles ; elle fe vend une livre dix fols le muid , pefant de fix cents à fix cents^cinquante livres.
- Dans quelques forges des environs de Charleroy , on fabrique des clous avec le Charbon de terre ; cette facilité eft caufe qu’il y a une quantité prodigieufè de Cloutiers établis dans les villages du Comté de Namur les plus proches de la Sambre, où il y a des Houillieres, comme à Durmy, & ailleurs. Ces clous paflènt jufqu’à Paris, & il s’en débite du côté de la Flandre, dans tous les Pays-Bas Autrichiens.
- On emploie aufîi pour platiner le fer, moitié Charbon de bois, & moitié Charbon de terre.
- La Mine la plus confidérable du pays de Charleroy * eft celle appellée Hoüil-Itère facree yütxxéç. à Gauchely, dépendante d’Emplumée, attenant les remparts de Charleroy : pofition qui, en s’étendant fous une partie de la ville , fui habilement mife à profit en 1747 par feu M. de Bélidor i de l’Académie des ' Sciences, dont le ftratagême décida la reddition de la place (r).
- C’eft dans cette Mine qu’eft arrivé le fait du Houilleur Jean-Baptifte Evrard,' inféré en extrait dans l’Hiftoire de l’Académie des Sciences (2) ; j’en avois recueilli le détail de la bouche même de cet Ouvrier, chez feu M. le Vicomte Dé** fàndrouin, dans fon Château du Sart, d’où je l’avois envoyé à l’Académie le Rédaéleur de l’Obfervation l’a attribuée par méprife à M. Santorrin, qui dans le moment prit foin de l’Ouvrier , & que je cite à ce titre.
- L’exemple de cet Ouvrier étant une preuve que des hommes ainfi renfermés font dans le cas d’être recherchés dans ces bouleveriements de Mines , fans avoir égard au temps depuis lequel le malheur eft arrivé ; je rapporterai ici le fait dans fon entier.
- (1) Voyez ce trait dans fon Eloge. Hifloire de l’Académie , année 1761. page lyS.
- {2) Obfervations de Phyfique générale. Hiftoirc de l’Académie, année ijdi.page 26.
- Charbon de Terre. II. Paru Y /
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- DU CHARBON DE TERRE
- Objervation d'une abjünence de nourriture fur un Houilleur enfermé pendant huit jours, dans une Houilliere de Char leroy*
- * Le 17 Décembre 1760, à huit heures du matin, un des Ouvriers employés dans cette Houilliere* où il n’y avoit qu’une veine & troisgalleries, ayantforé la veine avec le Tarré dans la gralle du fond* à cinquante-lept toiles de profondeur,’ donna avec cet inftrument dans une baigne d’anciens ouvrages qu’on ne connoif loit pas. Au moment que les eaux fe firent jour, neuf Ouvriers étoient en face de l’endroit, deux d’entr’eux s’échappèrent avec le bouillon, eurent le temps de regagner le bure de chàrgeage & de remonter dans le panier ; fèpt autres furent entraînés; de ce nombre, le nommé Jean-Baptifte Evrard, âgé de 30 ans , natif du Lodel en Sart, près le Château du Sart, après avoir été emporté par la mer d’eaux avec beaucoup de genges, piliers Sc autres décombres , gagna un petit chemin montant à la pointe de la veine , & qui répondoit à une gallerie de huit cents pieds de longueur, la première que l’on avoit prife; c’étoit précifé-ment la même où étoit venu l’eau.
- Les eaux ayant coulé dans les fonds de la Mine, Evrard fe trouvôit entre le bure de chargeage & le bure d’airage ; ce derrnier vehoit fe rendre à la galerie ; mais ces deux communications extérieures étoient abîmées ; Evrard avoit beau aller fans cefle de l’un à l’autre pour chercher quelqu’ouverture ou pour voir s’il n’entendroit perfonne ; fes habits étoient trempés, il avoit fouffert du choc de toutes les décombres avec lefquelles il avoit été entraîné ; le défaut d’air l’incommodoit beaucoup, tout cela ne l’empêcha point de crier, d’appeller long-temps & fouvent, de frapper avec un manier à pointe qu’il avoit trouvé , mais inutilement ; il regagna le petit chemin montant qui avoit été {on premier afyle Sc s’y endormit de fatigue, à Ion réveil fès habits le trouvèrent fecs comme s’ils n’avoient point été mouillés.
- Continuellement prelfé par la foif Sc par la faim, fins cependant fe fentir plus foible le dernier jour que le premier, Evrard ne perdoit point elpérance & ne le rebutoit point de fes allées & venues ; la plupart du temps il a été alïoupi, & il croit avoir palfé une partie du temps à dormir; il a aflez réfiflé à la foif pour ne boire que trois fois de l’eau qui venoit des anciens ouvrages fous lui.
- Pour relfource en nourriture, il avoit quatre chandelles entières, Sc quelques bouts qu’il avoit trouvés près de lui dans un coin de fa retraite ordinaire ; il m’a dit les avoir portés plufieurs fois à fa bouche, mais n’avoir jamais pu vaincre la ré-; pugnance que lui donnoit cette graillé : pendant tout ce temps il n’a pas été à la garde-robe Sc n’a uriné que trois ou quatre fois.
- Le 26 du mois de Décembre, à onze heures du foir, les Ouvriers fe mirent à la recherche des cadavres ; le bruit de ce travail du côté du bure de chargeage % attira l’attention de Jean-Baptifte Evrard, Sc il entendit clairement fès camarades
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- ET DE SES MINES. IL Paat.
- occupes cTèn tirer un qui étoit mort dans la galerie ou il fe trouvoit, & fe concertant enfemble fur les moyens de l’enlever ; les uns vouloient que ce fût en lui mettant une Corde au col, les autres en l’attachant par les épaules : Evrard quî s’étoit tranlporté avec ardeur à l’endroit où tout ceci fe pafloit, frappa avec fbn martier à pointé , en redoublant de force pour appeller & pour crier ; les Ouvriers très-étonnés de ce qu’ils entendoient, n’en prirent que de l’effroi; les Travail* leurs des Houillieres ne font pas plus exempts que les Mineurs de l’ancièfl! temps du préjugé de l’exiftence des mauvais génies , d’efprits dans les Mines ; ne penlànt point du tout à i’exiftence d’Evrard, ni de ceux qui n’avoient point été auflî heureux que les deux dont j’ai parlé, ils crurent que c’étoit un efprit : cependant pour s’en aflurer, ils frappèrent de leur côté ; Evrard répondit avec fbn martier à pointe ; cela fut réitéré de part & d’autre ; les Ouvriers vinrent par troupe, & entendant l’efprit prétendu qui déclinoit fon nom, fbn furnom, quî les appelloit de même, s’encouragerent à ne pas avoir peur ; vint enfin une bande qui, aflez heureufement pour Jean-Baptîfte Evrard , avoit une pointe de boifïon ; celle-ci fè détermina à fe mettre à la befogne : à peine fut'elle'parvenue àl’inftant de donner la moindre ouverture de communication fuffifànte pour permettre à Evrard d’appercevoir la lumière de fès camarades, qu’il y palîa les mains & fe jetta fur le premier qui fe trouva le plus près ; c’étoit un homme âgé de cinquante ans, nommé Baptifte Monnoyé, qui fàifi fans ménagement par la tête, penfà mourir d’effroi, ne pouvant fe perfuader que ce pût être autre chofe qu’un efprit ; toutes les lumières furent éteintes par le crowin ( ou mauvais air), & ne purent être à Monnoyé d’aucun fecours pour revenir de fon erreur ; on dépêcha l’ouvrage dans i’obfcurité ; Evrard lié par le milieu du corps avec une corde, monta le premier dans le panier, accompagné de Jean-Baptifte Monnoyé, qu’il n’avoit pas voulu lâcher.
- Le Curé du village qui s’étoit tranfporté fur le lieu, au cas que fbn mîniftere fût néceffaire , Sc plus de cent perfonnes affemblées au herna£, reçurent Jean-Baptifte Evrard, dont voici maintenant la fécondé partie de l’hiftoire.
- Au milieu de l’accueil & de l’étonnement de toute la foule du monde qui s’étoit groflîe infenfiblement, le premier effet du grand jour, dont il feroitavantageux de fe garantir en pareil cas en couvrant les yeux, ne lui fit éprouver aucune impreflion ; fa vue fe porta fur trois pommes qui cuifoient au feu de la machine, il fauta deffus & les dévora.
- Ce premier repas fut furie champ fuivî d’un demfverrede vin blanc doux, 8c par intervalle on lui en donna deux autres.
- On le conduifit dans une maifon voifine où M. Santorrin, Chirurgien-Major de Charleroy , en prit foin ; Evrard fut remis par degrés aux nourritures ordinaires ; pendant les fept premiers jours il ne prit par jour que fix taftes de bouillon , cinq ou fix bifcuits & quelquefois une taflè de thé , enfuite un peu de veau , de volaille ; il fut les fix premiers jours fans pouvoir recouvrer le fommeil ; il fe ré ta* blit cependant dans fès fonélions naturelles*
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- Au tout de trois femaines il s’en retourna chez lui à un quart de lieue de la ttiaifon où il étoit relié, ayant encore alors befoin de quelqu’un pour le conduire ; fes forces revinrent infenfiblement, & il travaille a la même Houilliere, avec cette différence quii eft employé aux ouvrages extérieurs. Depuis ce temps les camarades d’Evrard n’en font devenus que plus efclaves de leurs préjugés touchant les efprits habitants des Mines ; ils difent qu’il y en a un dans cette Houilliere,1 ils proteftent l’avoir reconnu pour un de leurs compagnons qui y font péris.
- Pays Montois,
- Outre les folfes de ce quartier que nous avons nommées/?^ 135 , il y a encore celles de la Petite veine, fur Jumet, & celle de N. D. au Bois de Jumet, ( au pays de Liege) ; entre le grand & le petit Warquignie , celles de Wafmes, Seigneurie de S. Guiflain, où on compte celle du Charbon appelle Six paulmes , & une autre nommée la Picarte de Wafmes.
- En rentrant dans la dépendance de Mons , on doit remarquer plufieurs Mines à Warquignie où il y a un Contrôleur du Charbonnage ; ces fofles font,
- La Platteure du Tas,
- La Loubergie, dont les Charbons font propres aux Forges.
- La Chaufournoire,
- Les Andris d'Etonge.
- La FoJJe veine a taune, du côté du moulin de Boilu, Sc une à, Ours,
- AFrameries j Seigneurie du Roi, la Bijiva.
- La bonne veine.
- Le CW^rappellé aulîi Commun.
- La Duriaux.
- Le Long terme.
- Le Cavalier , & plufieurs autres.
- Les couches terreufes ou pierreufes qui précédent le Charbon dans ce quartier, font dans l’ordre & dans le nombre foivant.
- La première couche eft nommée Argille ; c’eft en effet une terre argilleufo, délavée, légèrement ocreufo.
- La fécondé appellée Agay, Dieve ou terre glaife, eft encore une autre e£ pece d’argiile fàbleufe, d’un gris tirant fur le rougeâtre.
- La troifieme eft nommée du détour ; c’eft une glaife bleue ; elle a quelquefois cinq toifes d’épaiffeur. v
- La quatrième a cinq pieds d’épais ; quoiqu’elle foit compacte, elle eft fujette à donner de l’eau ; on l’appelle Rabot ; c’eft un compofé de grain de fable noirâtre, dans lequel il domine une couleur verdâtre; cette pierre a l’air volcanifee, & eft une argille que je foupçonne commencer à devenir Asbejle (1).
- (i)AJhefius immaturus viridis. Lapis acerofus, fibris rigidis. Caryftius lapis: on prétend qu’en Sibérie,!’*!* bcfte fe trouve danus une pierre verte très-dure qui tient de la nature du caillou.
- La
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- ET DE SES M I NE S. Il Pakt. 4S7
- La cinquième nommée Sable verd9e& une elpece de fable tapéformantcaiilou, compofé des débris du rabot, dans lequel font reliés les gros fables.
- La lixieme couche eft roc, avec un banc de pierre fàuvage qui en efi: léparé par un lit argilleux très-dur & très-compaéle, nommé cloya.
- La feptiemequi recouvre la veine de Charbon, efl appelléecraye; ceft une terre pourrie,compaéte & pierreufe, formant un tripoli (i) blanc, jaunâtre, avec des empreintes.
- Je ne dois pas oublier de faire remarquer qu’outre ces efpeces d’argilles on trouve encore dans ce canton, à une lieue environ de S. Guiflain, à Autroche , de la terre à pipe. D’après les obforvations de M. Rigaut ( 2 ), elle eft à vingt pieds de profondeur , 8c forme un banc de dix pieds d epaifleur divifé par lits : la plus grofliere eft employée aux poteries de terre & de grès.
- 1 Cette terre rangée mal-à-propos, par l’Auteur du Diétionnaire d’Hiftoire Naturelle, dans la clafte des marnes, & qui eft une véritable argille, ne fait point effervefcence avec les acides.
- Les expériences de M. Rigaut prouvent, quelle eft plus légère que celle d’An-denne au Comté de Namur ; fon poids eft de cent-quarante-trois livres, quatre onces, trois gros le pied cube ; & dix-fept pouces cubes réduits en poudre & tamifés, ont occupé quarante-deux pouces cubes qui ont imbibé quinze onces d’eau.
- Les principaux Ouvriers employés dans les foffes, font les Ouvriers de voye qui font le chemin pour mener les Charbons.
- Ouvriers du grand milieu, qui jettent le Charbon for la voye.
- Ouvriers du petit milieu, qui ne font que leur Charbon & le jettent au grand milieu.
- Ouvriers de fond9 qui coupent la veine pour faire écouler les eaux; ils ne laiffènt pas en même temps que de faire leur quotité de Charbon comme les autres.
- Tous ces Ouvriers travaillent de front en fe renvoyant la Houille l’un à l’autre, ce qui s’appelle efcoquer la laye ; ils abattent enfoite la Houille , la jettent au Meneur fur la voye, & la mènent de même dans le panier au burque.
- Les outils font les pics pour avaler les folTes, les hawe pour travailler dans la 'Dieve, Izsmats, les houppes qui font les trivelles des Liégeois, les Hâways> pour auler les layes9 c’eft-à-dire, exploiter la veine.
- (1) Argilla fubdlis macra, ufibus mechanicis aut polituris infervkns. WolsTerd. Glarea indurata cohœrens afpera, creta jlavefcens, Terra Tripolitana iWaller.Tripela Carthevs. & Mercat.Alana,& ’Samius lapis nonnullorum, Marga luteo-albafria-bilis. Linnæi. Tripel. G. Trippe 1. Sv. Tripela. An. Terre maigre, feche, tendre au toucher, facile néanmoins à écrafer; fubftance martiale, dont les efpeces font différentes par la couleur, par la pureté, Sc par quantité de circonftances Variées, qui ont donné lieu à différentes opinions
- Charbqn de Terre. U. Pan.
- fur la nature de cette terre ou pierre, improprement nommée par quelques Naturaliftes, Crayei regardée par plufieurs, comme une calcination faite par des feux fouterreins ; par d’autres, comme bois foffiles; & par M. Guettard, non fans fondement je crois , comme une fubftance mitoyenne entre les glaifes ôc les fehiftes. Sa propriété de réfifter à Taffion du feu, la fait employer par les Fondeurs pour faire des moules, (2) Art de faire les Pipes.
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- 4j8 DU CHARBON DE TERRE
- Le fopport du touret que Ton établit fur le petit bure, nomme Torret ou Tour-ret$ s’appelle Jlechement ; nous en avons placé la figure parmi les outils des Mines de Valenciennes, Planche XXXVII, lettre S.
- Le Wade-de-foffe gagne deux efcalins. Le Maître Ovry, une livre cinq fols.Lô Rawhieu, douze ou quatorze fols. L’Ovry de Teie., dix-huit fols : fe fournit de chandelles & d outils, excepté le mat & les away ; fi on ne le fournit pas de chandelles, on lui donne dix-neuf fols. Le Coupeur de pierre & de veine, dix-huit à dix-neuf fols. Le Riftappleur, dix à douze fols. Le Bouteux-jUf id* Les Chargeurs quatorze patars, ou fans chandelles, quinze fols. Hiercheux grands & petits, id„ Guieteu, fix ou fept fols, félon que le torret eft grand ou petit. Torleu, douze fols. Traireffes, fept fols. Retroffeu, douze fols.
- La Jurifprudence du Hainaut Autrichien furie fait de ces Mines, eft fort fimple & fort abrégée ; il n'y a pas un mot d'imprimé fur cette matière ; toutes les procédures, qui ne font point plus rares fiir cet article que fur d’autres, fè règlent uniquement fur ce qui fuit.
- Lorfqu une Compagnie des Charbonniers exploite fes veines 'dans certain terrein limité, elle les pourfuit fans interruption & fans empêchements, fiippofé même qu’il y eût quelques enclavements d’autres Seigneuries dans leurs lieux ou plutôt dans la marche de leurs ouvrages ; il y a la Seigneurie de Lambrechies, celle de Fleignies, celle de Warniquant, celle du Fleigmet, Commanderie de Malte, &c. ils paflent & exploitent leurs veines au travers de ces enclavements , en payant à ces différents Seigneurs des enclaves , les droits de cens, outre ceux de Charbon, comme ils font à Sa Majefté lorfqu’ils approchent de ces mêmes enclavements. Les regards font nivelés, & y étant parvenus ils payent les droits à qui il appartient for le pied des conventions, tel étant l’ufà-ge ; & s’il arrivoit autrement, il faudroit s’arrêter vers ces enclavements, y laif fer des ejponges, & par-là, les conduits deviendroient inutiles pour le Charbon qui fe trouveroit au-delà de ces enclavements.
- Il eft d’ufàge que lorfque quelques Seigneurs ont affermé leurs veines à quelques Charbonniers, 8c que la Compagnie y a fait un conduit pour exploiter ces mêmes veines, il n’eft plus au pouvoir du même Seigneur de les rendre à d’au-trçs Compagnies, tout le temps que la première Compagnie y travaille, foit en tirant Charbon, foit en queftant; fi les chofes étoient autrement, il n’y auroit pas de Charbonniers qui vouluffent faire les frais d’un conduit, s’ils pouvoient être privés de leur veine.
- Dès que le Seigneur veut profiter de fes droits, & exploiter lui-même les veines de fa Seigneurie, le droit des Entrepreneurs cefîe entièrement.
- Le Charbon de Mons flambe au feu, & fe colle en brûlant ; il eft réputé le meilleur pour cuire la brique ; on l’emploie auflî pour les braflèries, les forges 8c le chauffage dans des grilles que l’on appelle Tokoy. '
- La qualité du Charbon fè juge dans le commerce, à raifon de fà légèreté ; plus il eft léger, plus il eft eftimé.
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- ET DE SES MINES. II. Part. 4y9
- Selon l’elpece, la meliire de vente eft différente > le Charbon appelle comme au Hainaut François, Gayette, Gaillette, fe vend au muid> pouvant pefer fîx à fept cents, à proportion de la qualité ; ce muid fait quatre Mandes ou Mannes , dont il fera parlé à l’article de Valenciennes.
- La mefure ordinaire des Marchands, eft celle nommée Waque, de cent quarante livres pelant, & du prix d’environ quinze fols ; lut cela il y a douze lois pour le Marchand, deux fols ûx deniers pour le droit des Etats de Mons, & fix deniers pour d’autres petits droits établis fur les bateaux, pour la conftruétion & l’entretien des éclufes.
- La Waque eft auffi de cent cinquante-lix livres pelant : les déclarations qui le font pour Condé, fe font à la meliire nommée Barily pelant trois cents livres.
- Dans des Mémoires anciens, je trouve qu’autrefois on fe fèrvoit encore d’une autre meliire qu’on nommoit coupe, pefant cinquante livres, poids de marc.
- Il paiïè pour certain qu’avant la découverte du Charbon de terre dans d’autres endroits voifïns, il en lortoit des Mines du pays Montois plus de trois cents mille waques pour l’Etranger, làns compter ce que la Province conlommoit ; fur ce pied, les trois cents mille waques apportoient à la Province deux cents vingt-cinq mille livres d’argent clair tous les ans.
- Dans le temps que les villes de Condé & Tournay, qui font fur l’Elcautf étoient au Roi d’Elpagne, auffi bien que la ville de Mons, il en lortoit encore une bien plus grande quantité de Houille qu’il n’en fort prélèvement ; les bateaux defcendoient par Gand jufqu’a Anvers, d’où il en remontait à Bruxelles , enlorte que toute la Flandres & le Brabant ne conlommoient que du Charbon de terre des environs de Mons : mais depuis que Condé & Tournay ont changé de maîtres, la traverlè néceflaire de cette partie du pays de France a fait augmenter les droits fur le Charbon, Sc la marchandée étant trop renché-rie, les Flamands fe font habitués a en tirer d’Angleterre, qui n’eft pas toujours de bonne qualité, mais qui coûte moins.
- A Marimont, fiir la rivière d’Hailhe, diftant de Binche d’une lieue & demie le prix des Charbons dont nous avons diftingué deux elpeces page 13 6, eft très-différent félon ces deux qualités, à laquelle il faut ajouter une troifîeme.
- Chaque mille pelant de 'grojfe Houille, c eft-à-dire, de Charbon de pierre en gros morceaux, eft de quatre livres dix lois.
- Le mille de la moyenne Houille eft de deux livres dix fols.
- Le mille de la même Houille, appellée fejjy, par corruption du mot dont fe fervent les Charbonniers de bois (fraijîl')y eft de une livre dix fols ou de deux livres ; on le laiffe en terre pour qu’il perde moins.
- Les Mines de cet endroit s’exploitent par percement ou areine, en pratiquant à la diftance de cent cinquante ou deux cents pas, ou davantage, un petit bure d airage ; les eaux au-deftous du niveau s’enlevent par des petites pompes ou avec la machine à feu.
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- DU CHARBON DE TERRE
- - Differents ufages auxquels on emploie In Houille ci Tournay *
- Au moyen de la chauffée conduite de S. Guiflain à Tournay, le Tournaifis formant un diftriét féparé dans la Flandre Wallonne, jouit de plufieurs avantages
- que procure ce foflîle. v
- La Cendrée, connue fous le nom de Cendrée de Tournay, qui eft fi propre à entrer dans le mortier qu’on appelle du même nom, n’eft autre chofeque la cendre de Houille qui s’emploie dans ce quartier à cuire la pierre à chaux que l’on tire des Carrières d;Antoing & de Landrethun, au bord de l’Efcaut : c’eft lùr-tout celui de Frefnes, de-vieux Condé, deBlatton, dont on fe fert pour cet objet particulier. M.Fourcroy de Ramecourt, Colonel d’infanterie, & Ingénieur ordinaire du Roi en chef à Calais, Ja inféré dans la defcription de l'Art du Chaufournier, tout ce que l’on peut défirer fur ces fours à chaux. Le procédé particulier du ciment auquel la cendrée a donné le nom, a été publié à part (i) en 1770 ; j’ignore fi l’Auteur, M. Carrey, y a été plus exaéi que dans le procédé pour faire des briques poptes au chauffage, & dont j’aurai bien-tôt occafion de parler. '
- Le refie de la Houille qui fe confomme à Tournay, eft tiré des foffes d’Anzin, de Frefne , de Mons, d’Ours, de Frameries.
- Les briquettes ou hochets employés au chauffage, font formés avec une marie qui fe tire prés de Tournay; elle reffemble à celle dsTry, dont il fera parlé bien-tôt, mais plus compaéte & plus pefante.
- C’eft une terre argilleufe, calcaire, d’un blanc terne, faifant effervefcence avec les acides ; on y apperçoit des petites taches noires que l’on pourrait attribuer, ainfi que Ion poids, à la préfence de quelques parties bitumineufes : la quantité de cette marie que l’on fait entrer dans cette fabrication, eft une partie fur quatre parties de Charbon : on obferve en général que ces briquettes font beaucoup de cendres.
- (1) Différents procèdes pour employer le Charbon de terre * in-4% 32 pagts.
- TROISIEME
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